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'}})it• -- /';l'Ur1':';'' 1- és.
1 1 y
MERCURE
A PARIS,
CALiRlB-Npvrfi DV PALAIS
N donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant au
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra Trente fols relié en Veau,
& Vingt-cinq Cols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais,dans la
Salle des Merciers, à la Justice.
T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie,
fit MICHEL BRUNET, Galerie-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. XCIII.
Avecprivilege du BOl.
AVIS. QVelques prieres qu'on aitfaites
jusqu'à present de bie".
écrire Li es noms dfe t—arni•i77ieempltoyez,
dans les Memoires quon envoyepour
ce Mercure , on ne laiffi pas d'y manquer
fOttjours. Cela efi causequily 4
de temps en temps quelques-uns de
ces Mémoires dont on ne se peutfervir.
On reitert la tnefmeprière de
bien écrire ces noms, en forte qtïonne
sy puissè tromper. On ne prend
Aucun argentpour les Memoires;)&
l'onemployera tous les bons Ouvrages
à leur tour, pourveu qu'ils ne
1
desobligent perflnnt , & qu'il ny
ait rien de licentieux. on prieseulementceux
qui lesenvoye?itfut
tout ceux qui riécrivent que pour
faire employer leurs noms dans l'article
des Enigmes,c£affranchir leurs
Lettres de port, s'ils veulent qu'on
faJ/è ce qu'ils demandent.C'ejlfoit
peu de chose pour chaque particulier,
(7 le tout ensemble eji beaucoup pour
un Libraire.
Le sieur Brunet qui debite presentement
le Mercure, a rétablyUs
choses de maniere qu'il est toujours
imprimé au commencement de chaque
mon. Il avertit qual'égard des
Envoú qui sefont à la Campagne, il fera partir les paquet; de ceux
fui le chargerontde les envoyer ava ni
que fon commence à vendre icy le
fdercure. Comme ces paquets feront
flufeuisjours en chemin
, Parts ne
laiferapas d'avoir le Mercure longtemps
avant quilfoitarrivé dans
les Villes éloignées, maisaujjlles
Villes ne le recevront pat si tard
quelles faisoient auparavant. Ceux
quife le font envoyerpar leurs Amtè
sans en charger ledit Brunet,s'exposent
à le recevoir toujoursfort tard
par deux raisons.Lapremiereparce
que ces Amis n'ont pas foin de le
venirprendresi-tost qu'il eji imprimé
,outre qu'il leferatoujours quelques
jours avant qu'on enfajfe le
débit ; & l'autre, que ne l'envoyant
quaprès qu'ilsîont leu, eux &
quelques autres à qui ils le pressent,
ils rejettent la faute du retardement
ÇurleLibraire, en disant que la
vente n'en a commencé que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardement parlavoye duditSitur
Brunet, puis qu'il se charge de faire
lespaquets luy-mesme & de les faire
porter à la posse ou aux Messagers.
sans nul interest, tant pour les Particuliers
que pour les Libraires de
province , qui luy auront donné leur
Ildrcjfè. Ilfera la mesmechose genetalement
de tous les Livres nouveaux
quon luy demanderafoit qu'il les
débité
, ou quils appartiennent à
d'autres Libraires ,sans en prendre
pour celadavantage que le prixfixé
par les Libraires qui les vendront.
J)ttand il se rencontrera qu'on demandera
ces Livres à Ufin du mois,
il les
-
joindra au Mercure, afin de
n'en faire qu'un mesme paquet. Tout
celafera executé avec une exactitude
dont on aura tout lieu J'ejire
content.
MEBCVRE" -- JVIN 16Y3. 1 Ene puis mieux commencer
ma Lettre de
ce mois-cy
, que par
un Ouvrage de la nature de
celuyque vous allez lire.Non
seulement il cft de saison,
raàis il fait voir jusqu'où va
l'ardeur du zele des Sujets du
Roy, pour un Prince si digne
de leur admiration, de leurs
voeux,& de leur amour. y
PRIERE POUR LE ROY.
OuveraindesMortels, qui d'une
voixstconde,
As tiré du, néant les merveilles du
monde,
Toy qui tiens dansses bords tocellll
limitéi,
Etguides duSoleilleCharprécipite,
Alton bras, pour fluver une irjidcUe
Race,
Des PeuplesduJourdaindomptajadisl'audace
,
Et si les voeux ardens que poussoit
un Mortel,
: Livrèrent Amalec au glaive d'israel;
Grand Dieu, pour proteger le Héros
de laFrance,
Arme ce mtfme bras de ta toute-puif7
sance,
Et ne rejette paslesvoeux réitère
s'élevent à toy de nos Temples
fierez.
Ce pieux Conquérant que hait la
pâle Envie,
Et qui contre sarage en toyseulsi
confe»
A détruit pour jamaisl'impire dit
Demon,
Etforcél'Herctique a reverer ton
nom.
Tandis que nos Voisins demasquant
leur fauxz,ele,
Adorent leVeau d'orà leur honte éterntlb
,
Ces lâches deserteurs de la cause des
Rois,
Sans craindre ta co/trt,infllttllt À
- tes Loix.
A ces nouveaux Titans fais dont
mordre lapoudfe;
Flonge-lesfous les eaux,brûle-les de
ta foudre.
.Affit&trop longtemps unPrince AHdacieux
A viole les droits de la, terre & des
Cieux.
ccffi dejèparer le crime dusupplice, ftsur les Criminelssignale ta jti
stice.
Mais si tant de Combats qu'il t'a
plu de bénir,
Peuvent cftre garans d'un heureux
avenir)
.f<!!el espoir trop flateur,pourfinit
nos alarmesy
Voit la France attaquét interdire 4
ses âmes ?
|f>)jtAproduitjtifquicy ce redoutable
amas
De Guerriers ajfcmblez, decent divers
climats?
:foufé duvain desir d'envahir nos rivages>
te Bataveaquittéfesbourbeuxma*
recages..
Viberebasané, bien que cent fois
battu
y
( fil.
Ranime contre nousfamdurante ver-
Le belliqueux Germain ,
Ceffroy des
1
Janïjpiires
Fait luire y aux bords du Rhin Jes
X glaivessanguinaires,
LefierZJfurpateurquicommandeaux
Anglois,
Medite jour& nuit de tragiques ex-
~f
ploitsv
Et dessommets ntigeuxdefisfroides
montagnes
L'A/lobroge dtfcend dans nos richt
campagnes.
Maismalgréleurs efforts tes fit*
droyantes mains
Ont toujours renversé des projetsj
hautains.
Cesferes Nations contre nousfoule
véesy
Ont vu dejour enjour leurs Place.
enlevées;
Et Staffarde6 Fleurus blancs de leur
offlmenSi
Sont de nofire valeur d'éternels mû1
numehs.
Ainji, que CEnnemyfaffe autour d.,
nos tefies
7T-oonnnnee*r le bbriuuiitt Ialffreux des plus nob
res tempefies,
- Sur ton ftcours la France établitsoft
eJjoir,
Et r Vnivers armé ne sçauroit l'c«
mouvoir.
ret un ferme rocher, au milieu de l'o-
L rage J
pes
Autans & desflots domptel'aveugle
rage.
f Tandis que dans les yeux de nos
braves Guerriers
Vrille un noble défit de cueiHir des
Lauriers,
on voit nos champs couverts des L4.
boureurs tranquilles;
Le commerce entretient £abondance en
nos rillts.
LeRoy d'un frontégaltnce degrands
dejtfins,
Etla guerre en fureurnenuit qu'J
nos Voijins.
Nous les verrons bien-tofitces cohortes
si fieres)
Loin de nous attaquer, trembler pour
leurs frontières.
L'hive, fuit,&déjaj'apperçois dans
les airs
ZJn terrible appareil de foudres $
d'telairs.
Oufondra cet orage, & quel de tan*
dePrinces
Doit voirses Etatsmis ah tdng de
nos Provincesl
Delune à l'autre Mer tout efl remplyd'prO);
Et la pale terreiir donne par toat U4
loy.
Le Savoyardglacé sur les Alpes chenues
Croit voir à tous mornens crever le
fin des nuës.
VuijfantDieu des Combats, quelque
partque LOrIS
Aillesefaire craindre, & replanter
ses Lisi
Tour le bien de la France&Fhonneur
del'Eglise,
Dillne une fin heureuse a sa haute
entreprife.
fais que ses Ennemis gemissent dans
les fers»
Efconfons leur audace aux yeux de
fVnivers.
sur tout dans ce long cours d'une
guetre inhumaine,
rANve-le des périls ousa valetirl'en.
traisne.
Que les Anges armez, suivent ses
Etendarts,
Htgardentsa personne au milieu def
hasards.
Cependant, puis qu'ainsî ta fageffc fordonne
.f<!je toujours le Combat précédé la
Couronne
Lestravauxglorieuxdecefage Héro-s
Conduiront ses Sujets dans un heureux
repos.
Alors nous sentirons l'effet de tes
l paroles. t
Tu chafferas la guerre au de-la dlJ. deuxPôles.*J te ferneservira qua tendre
nos
moutons,
1 1
j
JI. fendre nos guerets, à couper nos
-
moijfonsl
Du métier de combattre on perdra la
memoirej j
Les hommes chercheront une plusju*
fie gloire; 1
£t leurs esprits charmez, par une Iongue
Paix, ]
S'unirontpour bénir CAuteur de ces bienfaits.- *j
à Jamais Monarque n'yant
fait tant dechosesexcraordinaires
que le Roy, pour élever
la France au dessus de toutes
les Nations du mon de,il ne
-
-
1
faut pas s'estonner si la France
fait de son côté des choses extraordinaires
pour ce Monarque.
Cest ce qui a obligé la
Villedc Paris à fonder un Pa-
- negyrique que le Recteur de
l'Université doit ptononcer
tous les ans, le 14. de May,jour
où a commencé le Regne de
t
Sa Majesté. Comme il invite
toujourslaVille de s'ytrouver,
celuy qui a esté Deputé cette r année pour faire cette invi-
(
tation, est M. des Auttieux,
fous-Principal du College de
t Harcourt, & Procureur de
,
laNation Normande. Voicy
le Discours qu'il fit à McC
sieurs lesPrevost& Echevins. MESSIEURS,
Cette faille , Capitale afl
Royaume, dr la premiere de
l'Univers
J tenant toute sa
gloire (fysafélicité du règne de
Loüis le Çrand» a cru ne pouvoir
mieux marquer sa reconnoissance
à son incomparable
Monarque, qu'enfaisantéclater
tous les ans seslouanges dans le
plus célébré Auditoire de son
Unwerfite,pourlesfaire delà
retentir jufquauxdernieres extremite%
de la Terre. Cette no-
-
vie institution, Messieurs, n"est
fas feulement l'ouvrage de tof.
fre prudenceconsommée ; maté
Sun illuflretémoignage de voflre
1cle pour la gloire de cet Jugufle
Prince> qui par la ftuijfance de
fis Armes s'est rendu la terreur
@J l'étonnementde[es Ennemis;
par sa Religion
, par sa juflice,
&par sa ciemence, l'amour du
Ciel g de la Terre, ü par le
refusdes honneurs& des applaudissemens,
lors mesmequ'il les a
mieux méritéle digne sujet
des plus grands Eloges. Quelque
beAux, quelque Çoltdesqutjoient
tous ces Portraits gravez sur lr.
Marbre> surle Bronze,(£fsur
l'Or mesme, ce ne font que des
Peintures muettes qui n'expri-,
ment tout au plus que les traits
extérieurs des personnes qu'ils
repreflntent, mais les Ouvrages
de l'Eloquence font des Images
vivantes qui rendent laftion
& la parole aux Héros
? (jr qui
en nous exposant les avantages
de leurs corpsy nous décou'Vrent,
& les jentimens de leurs cecurs,
& toutes les vertus de leurs
ames. Ce font-là
,
MejJieursJ
ces trophées par/ans, ces monumens
anime% que vous dressez, à
U memoire de Louis le Grand.
Rien n'efi à la vérité si peu
eflendu
>
si peu durable que la
voixj ce ness qu'une Image
legere> qui n'a pour tout appuy
qu'un peu à*air>un peu de venu
& 'dont les imprejjions je ptr-'
dent prefquaujji-toflqu'elles
échapent de notre bouche;mais
en vous fervent de l'organe de
cette fameuse Vniversité> que
toutes les Nations reconnoijjent
pour la regle la plus certaine de
- , la vérité, vous avez trouvé le
secret de donner à lA parole l'étendue
du mondemême
, & la
durée de tous les ficcles.Que
dis je9 MeJJieiirsï En. sassant renouveler
tous les ans par r.
touche de nos Refleurs le Panégyriquede
Louis le Grand
t ce
qui peutavoir été oublié par l'un
ejlant reparé par l'autre
, vous
ave% rencontré le moyen tïa~
chever un ouvrage que nul homme
en particulier nauroitjamais
pi fairey& par ces nouveaux
traits que vous faites ajouter à
son Eloge, vous joigneZ à l'é.
ternité de sa gloire> la grâce
d'une perpetuellenouveauté.
Voila
,
MeJJieurs
,
quel est
l'esprit de votre 1nflltution, &
vous pourrez voir au premier
jour)tvec quel zele cette Merc
des Sciences j'acquittra Je l'cmploy
dont elle s'est agreablement
^chargée.£omme If)OUS ejles les
kFondateurs de cette edatante
iaRion, nous esperons que vous voudrabien vous en rendre les )témoinsy &que ivous viendrez
l-nous honorer de voflre preflnce. IQuelle joye, Mejjteurs> pour
noflre Corps> de vous recevoir
avec cet illufire Chef, que son
seul mérité a élevé dans cette
premiere place quil occupesidi.
gnement> de qui la vigilance
procure
-
tous les jours de noumeauxornemens
3 & le reposa
cetteJuperbe Ville
,
fi} qui par
fin Eloquence autant que par lei
soliditédeses Jugemens, s'attire
l'admirationtïejiimc, le refpeél,
& l*amour de tout ce grand
Peuplef Maisde quelle ardeur
aufjll'Orateur luy-même ne Je
flntira-t-il point animépar vof
tre presence
y
^donfieur ? 13ien
loin que la grandeur de vofîre
mérite l'étonne, l'idée de voflre
éloquence soutiendra
,
relèvera
la sienne , &se faisant un effort
pour dire des ebofesdignes de
rvous ,il en dira sans doute qui
frontdignes de tout son auditoire.
C'efi donc
,
Monsieur
J
pour vous inviter
> & vous Cm
voslrc
voftrerIltuftre Compagnie., au
Panégyrique de Louis le Grand
que je viens aujourd'huy vous
porter cette semonce de la part de
nojire VniruerfÙé, vous affurant
de l'extrêmeplaijïrquelle
sefera toujours de fêconder vos
nobles inclinations
>
@T de repondre
a voflre '{ele ; sur tout
quand il s'agira de contribuer
en quelque chosek la gloire de
nostre invincibleMonarque.
- Ce que je vais vous apprendre
ne vous fera pas toutafait
nouveau, puis que c'est
une matiere donc je vous entretiens
tous les ans. Cependant
comme je sçay que c'est
vous faire plaisir que de continuer
à vous faire part des
foins que l'on prend pour inftruire
la Jeunesse de qualité
sur les exercices qui font dignes
d'elle, jevous diray que
le 6. du mois passé il se fit un
Carouzcl en l'Academie de
Mts de Vandeüil & Davricour.
La réputation de ces
habiles Ecuyers leur attire
beaucoup deGentilshommes,
que l'ardeur de la Guerre
leur enleve au commencement
de la Campagne, &
qu'ils ne laissent point sortir
de leur Academie
)
sans y
avoir auparavant donné des
marques en public, de leur
adre sse dans les Exercices
qu'ils leur apprennent. Ce
sur danscette veüe qu'ils firent
préparer des Fauteüils
fous leur Manege couvert,
qui furent remplis par quantité
de personnes d'un rang
distingué, qui s'interesssoient
à la plus-part de ces Gentilshommes.
La Feste commen-
, ça par une Course de Bague,
dont MrChelton
,
Fils du
Grand Ecuyer duRoyd'Angleterre,
remporta l'honneur.
Le prix estoitune Epéeenrichic
de figures trèsdelicates,
quiluyfutdonnée par Mademoiselle
la Princesse de
Carignan.Aussi tost que cette
Course fut achevée, les plus
habiles Gentilshommes changerent
de Chevaux,& après
s'estre mis en ordre, ilscommencerent
une marche autour
du Manege découvert,
qui est bordé de chaque côté
<ie trois rangées d'A rbres qui
formentunePerspective tresagreable.
M' de Vandeüil
estoità leur reste, monté sur
unCheval du Haras du Roy.
Les Gentilshommes parurent
ensuite sur des Chevaux d'école
; dont les crins estoient
ornez derubans de toute Corte
de couleurs. M' Davricour
fermoit la marche. Ils
passerent devant les Dames,
& après les avoir saluées de
fort bonne grace ,
ils entrèrent
dans le Manege découvert
en gardant toûjours le
mesme rang. Mt de Vandeüil
commença par une galopade
, & finit par des Piroüettes
& des Vol tes, qui
firentconnoistre aux spctateurs,
que les Chevaux de
France font aussi propresau
Manege
, que ceux d'Espagne
& de Barbarie, quand ilsfont
dressez par de sçavans Maitres.
Mt Davricour parut enfuite.
Sa fermeté, sa bonne
grace & son bon air, le firent
plus admirer que sahardiesse,
cjuoy qu'elle femblastpoussée
un peucrop loin. Il montoit
un Cheval d'Espagne des
plus vigoureux, qu'ilne rctenoit
qu'avec un simple ruban
qu'illuy avoit passé dans
la bouche. Ille fit manier de
cette façon avec toute la vigueur
& toute la justesse imaginable.
Les differents maneges
qu'il luy fit faire en observant
toûjours les temps,
firent recrier les Connoifseurs,
& il acheva de charmer
tout le monde par un Arrett
qui repondoitàtout ce qu'il
avoit déjà fait. On jugea
bien alors, que les Gentilshommes
qui apprennent sous
d'aussi bons Ecuyers ne pouvoient
manquer de se fignajer.
En effet quinze des plus
sçavanssi rent des mervei lles
dans les Galopades, dont les
changemens de main & les
Capriolles furent très- bien
executées. Ce- plaisir ne suc
pas plustot finy, que Mt le
Chevalier de Luxembourg,
hiis les Marquis de Cludon&
Dauroy &le Frere de Mt Davricour,
quiestoient les quatre
plusanciens, parurent sur
d'autres Chevaux pour courre
les testes. Ce fut dans cette
Course, que Mr le Chevalier
deLuxembourg fit voir toute
Padresse & la bonne grace
qu'on peut souhaitter dans
un jeune Seigneur. Vous sçavez
qu'il a déja fait une Campagne,
qu'il estoit Aide de
Camp de Mr le Maréchal son
Pere dans la Bataillede Steinquerke,
dans laquelle il donna
des preuves de sa valeur
&de son courage, & qu'on
leremit à la fin de la Campagne
en l'Academie
, pour se
perfectionner dans l'art de
monter àcheval qu'il possede
à present. Il disputa l'honneurde
la Course pendant
une heure & demiecontre les
troisautres,&l'eustentièrement
remporté, s'il n'avait
euaffaireà M' Davricour le
Cadet, qui fit voir dans cette
action les bons effets des sçayantes
leçons de Mr son FreJ
~ie , qui s'applique, tous les
jours à lerendre parfait dans
la Cavalerie. Comme cette
Course avoit donné beaucoup
de satisfaction aux Dames
,
Madame la Duchesse
deNevers, dont TeTprit est
aussidelicatque les manieres
font obligeances, fit un compliment
en donnant l'Epée à
M' Davricour le Cadet, qui
luyfitplus de plaisir que les
applaudissemens d'un tresgrand
nombre de gens de
qualité,qui vinrent lefeliciter
sur sa nouvelle victoire.
Pendant que tout le monde
s'entretenoit sur l'habileté
des quatre Academistes, qui
ne manquerent pas trois restes
dans dixsept ou dix-huit
courses qu'ils firent, on fut
fort surpris de voir sortir des
Ecuries pour la troisiéme
fois, neuf Gentilshommes
montez sur des Chevaux garpis
d'aigrettes, de plumes ÔC
de housses caparaçonnées
,
tres riches & fort bienajustées.
Trois se placèrent au
milieu,deux dans les côtez,
& les quatre autres dans les
- coins. Ils commencerent au
pas leur Manege,& un moment
aprés Mrs- Davricour &
de Vandeüil,les firent partir
tous en mesmetemps:sçavoir
lestrois du milieu sur les voltes,
& les six autres sur les demy
voltes avec tant d'ordre
&si peu de confusion, que
toutle monde s'en retourna
tres-satisfait de la capacité
des Ecuyers,& de 1adresse
des Gentils-hommes. Les
noms de tous ceux qui ont
paru dans ce Carrousel, rendroient
cet Article plus parfait,
si j'avois pû les avoir.
J'auray foin l'année prochaine
qu'il n'y manque rien.
lsiNous avons eu le Printemps
ta-rd , que vousne devez pas
cftreétonnée de la Piece que
je vous envoyé quand TEftc
commence.
SUR LE PRINTEMPS MAMafiidu Printempsrejefns- tnlepouvoirf
J!>uoyjai cetteJaijon Ji féconde redonne la vie au monde
Nefçaurtit-elleiémouvoir?
Pendant que CHivei danssaglaces
lenoitla Nature en prifln)
P»urjujîifcr tes disgraces menfaisois une uifw*
- Le grandfroidparsaviolence
Rcndoit percluschaque Element.
Tânt paroissoit muet, c~ dans cechan- çiment
jexeufois pour !stJ tonsilence;
Mais le Ftintetups efrde retour,
Cette belle faisonfo[licite
ta Veine.,
Bile te fournira cent fujels chaque
jour.
Serais-tuplus longtempssans forct
ân,s ha" aie ?
Teins-nous de ccs beauxjoursCcn-
ChdiJlane.;Jt nouveau , Ledoux bruit des rnisiaux, lesfeurs
&la verdure:
Mufe
,
fais-nons unsidelie Tableau
Des emb,litjjcsïteî>s qui parent laA7 zture.
Loin de la neige & desglaçons,
Dis-notts comment la rose ejlsur le
pointd'èclore,
Comme quoy les Zephirssejoignant
avec Flore,
Echauffent à l'envi les naijjantes
moissons.
Voy les Oifcaitx dans ce bocage
J)ai chantent leurs tendres ardeurs.
Leurs chants nauroientpoint ces
douceurs,
Si l'aimablePrintemps ne formait
leur langage.
Apprens-nous le bonheur des hojles
de ccs bois.
L'amourn'apoint de dures loi:,
Pourleurscoeurs qu;znd il les enchaîne.
Rien nes'opposè à leursdrJirs,
Leseulpancluvnt qui Usentraine
Sert de mejùre à leurs platjïrs.
Entens-tuceBergerafjlsfous ce vieux
chefnef
te fies accens sions doux! quit
chante tendrement!
L'eau qui fort de cette fontaine
SemblepourCécouter coulerplus len.
tement.
VHiver avoitinterditfitMifietiet
Lesieus Printempsa seeu leranitomner.
tourccjjed'cflremuette,
Neifçattrois tit te réfoudre a rimer?
Four vanter le Frintemps,ah,si rien
ne texcite,
Parmy tantdefinets divers)
Ecoute celuy-cy
, je fiais sieur qu'il
mer;te
1outCencens de tesVers.
•n
VJ
VinvincibleLOVIS,quifixe la.
Victoire,
efii (lit depuislong-tempstrembler
lemonde entier,
.PUOY que l'hiver par un nouveau
Jentier
Souvent le cenduife à la gloirea
De ce grand &famsuxHéros
c'est toujours au Printemps que la
valeur commence
A porter la terreur, à troubler le re-.
pos
chtZ les Ennemis de la France.
Peuples liguent dont l'aveugle fil"
reur
Pretend en vain nous donner des
a/armes)
Le retour des Zephirs vous cause autait
d'horreur,
J^ilramene chez nous de plaisirs
&de charmes.
Cest dws ce temps que nos Guer-
Tiers,
Superbes demille conquefies
, Vont Çe couronner de Lauriers
Dont la Gloire ceindra leurs tejles.
La Meuse, Escaut & le Rhin
Nefç.utroient arrêter leurcourage intrépidé,
Jlnimcz, par le Souverain
JOiti lescommande Crquilesguide>
On leurrefifteroit en vain.
A mes brttlans desirs fais que ton fca
réponde,
MNjè
) toy que l'on vit mobéir autrefois
;
Aujourd'huy prête-moy tt voix
Tour celebrer le plus grand Roy du
monde.
Mais) helas ! où rnemporte un projet
inftnsé?
A mes voeux trop hardisgarde-toyde
te rendre,
Réglé-toysur le temps passé,
Ou le fiul Appelles pouvait peindre
Alexandre.
Vous neferez pas fachée
sans doute,de voir l'Ouvrage
qui fuir. Il aesté faità
l'occasion des pluyesqui font
tombées au commencement
du Printemps; & il cil: sarc
curieux, mais l'on ne doit
pas le regarder comme si les
pluyes avoientcontinué, puis
que nous avons eu plusde
beaux jours qu'il n'y avoit
d'abord lieu d'enesperer.
A MADEMOISELLE
DE M. ****
~IL n'ejlpas aisé> CMaàemoi-
(elle
t
de vous satisfaire sur
iétonnement ou vous esses avec ucjt ,,. tout le monde, de ce quapres
tant de plujes que nous avons
eues l'esté pasé» il continueceluy-
cydepleuvoir de mesme;
car enfin, lefroid & les pluyes
font des rigueurs de thiver
, /4 chaleur & le beau temps
font l'appanagedel'Esté.Àinjt
cette inondation survenuë dans
l'air où coulent des Torrens de
pluye> dans une fuison où il
doit effre tout brillant des rayons
du Soleil, efl un accident toutà-
fait surprenant
J un prodige
de temps t
dont on ne [fait où
trouver la cause.
Cherchera.t-on cette cauft en
bas cm dans la terre, pour dire
qu'il en efl forti une infinité de
vapeurs,quise fontensuite condenfees
en pluyes ? Mais c'efl
affirmer une chose sans preuve.
Nosyeuxnen peuventeflre témoins
,car lors que les vapeurs
sortent de la terre, elles font si
subtiles qu'elles échapent à nostre
vtu!y e nous ne les appercenjons
que lors qu'ellessefont ah
semblées en corps, & qu'elles ont
composè dansl'air de grossis
nuées. Mais quand même on au..
roit pufaire une observation sensible
de cet amas extraordinaire
devapeurs >vou*aurie% toujours
sujets Mademoifclkide demander
qui efl-ce quiaexcitécettegrande
abondance dt Vapeursiplutoft
l'Eté passé & ccluy
- cy 9 que
les autres Eflez ; car lEjli
ncsi pas la JaiJon naturelle des
vapeurs.
Side la Terre on remonteen
hautj & qu'on j'eleut dans une
région de l'air, peut on avancer>
tiut ilii-crs ,orfuf-,de", dont
lespluycs font compofces>y ont
paruÏEflepc'jJé& celuy..cy,en
^aucoup plus grand nombre
qi/auparavantJ st)qu'ilsfont la
matiere f0 le principe de ces
pluyescontinuelles durant ['Esié,
qui font tant de peine à toute
forte de gens ? çjMais qui efi, ce
qui a remarque cet armas prodigieux
d'Atomes imhrtfens
>
de
corpuscules chaiue;,,de.pluyes ?
Quel Telescopeles a découverts ? ù quand celaferoit
>
MademoifeHe
Jn'e Il on pas toujours en
droit de s'enquerir,d'oùfont venues
les légions de ces atomes inon
ileÇj & qui efl-ce qui les a pu
dffembler & multiplierl'autre
Eslé & celuy-cy
,
plutost que
dans les autres Eflt'{ preccdensf
On peut encore ,
Mademoiselle
j
aller chercher dans le Soleil
unenouvelle pensée sur ce sujet.
Ily a des Philofopbes qui foutiennent
que ce grand Astre n'est
qu'une masse concave de feu9
qu'une Fournaise qui exhale in..
cefjarrimentdu feu de la flamme
J
qu'ilrxcite quelquefois
tant d'exhalalfon.¡ & dtfumees,
quils'en forme alors des nuees
plus frequentes & plus épaisses
qu'à l'ordinaire; que ccsi la ce
qui
quifait tomber des Deluges de
pluies; mais cette nouvelle hypothese
rieji pas probable à tout
'le mondecette idée du Soleil
efl extravagante ,
defaire de ce
bel t^4jlreunefournaise
> comme
le Mont-Vesuve 0* le Mont-
Etna; cm mesme puis que les
exhalaisonslesfumées du
Mont-EthnayneJont pas l'origine
despluyes txtrâordinairrs.
il ny auroit pas lieu de le croire
de celles du Soleil.
Faut-il s'élever encore plus
haut, & consulter les Offres
du firmamentf Il est vrayque
nous y trouvonssept Etoiles à la
upe du TaureAu, qui s'appellent
les E-lyades
,
st) que ces Eloi/el,
s'il en faut croire le nom qu'elles
portent, gr les difeours des Astrologues
3
font"venir la p/uye)
lors quelles se levent sur l'Horison
J & lors quelles s'en retirent
; mais supposé tout cela
)
il
n'y a pourtant là aucune raison
precise
,
qui nous montre la fource
des pluies continuelles de nostre
Esié; car les Hyades n'ont
pas changé le temps de leur lever
& de leur coucherl'autre année
& celle.cy. Elles se leventtoujours
vers la fin ¿"'Oélobre
,
@r
tlles se retirent à la fin d'Avril.
Orald bonne heure qu'ellesfaf~
sintpleuvoir en OBobre & en
Avril. tAvril & Oéîobre ne
font pas des moisd'Esté
)
{0 il
s'agit icy de pluiesextraordinaires
durant l'Eslé. Les Chevreaux
que l'on baptise aussi du nom de
pluvieuses fie levent a la -my- -;
Septembre
à
er se couchent le
lendemain
,
si bien que,si elles
font pleuvoir
J
c'esi en Automne)
@J non pas en Esset ce n'eftqwun
jourou cieux, çy nous voyons
des pluyes perpetuelles. Il n'y a
pas plus de raisond'alleguerl'Etoile
a"Ai-c'lurus
, que l'onérige
"1 <
en EtotUoragtufe;car outre
qu'un Orage ne fait que paftr,
& que nos pluyes ne cessent
point,cessqu^réturus seleve
en Septembre>$ se couche en
t^Avrilt qui font des mois hors
de l-'Etéi. l permist Mademoiselle,
de recourir encore au
Soleilsf'entens dire dans le monde,
qu'ily a des gens qui publienty
que le Soleil efl malAde,
qu'il eflfoible» £r que comme
on perdses forces dans la maladie
tce{lce qui fait qu'il ne peut
pas àprefent cbajfervers la rcgion
polaire du Septentrion, des
nuées grossis ù enceintes de
tipplluuyeJJ qui n'endoivent reve-
nir 7 ;' que dans l'hiver ; mais ceux
quiavec leThilofopbe^foutiennent
que les Cieux font incorru*
ptiblest f0 qu'il ne s'y fait ny
gtneration,ny corruption
> ne
conviendront pas d'un Symptome
AUJF étrangequ'eflceluy de la
maladie du Soleil ysans en afftgner
la cause par quelqueEclipse
extraordinaire
, ou quelque
Thenomene fibricitant. Certes
si le Soleil estoit malade>toute U
Nature lejeroit; car puis qud
-
eflleprincipe de la vie £r de la
fanté.Ptut-on concevoir ce grand
prinoipe estre infirme Ç0 indifpo*
j?tjans que tout le Genre humain
Cil fonjfre>& qur ses influences
si doucesC. sifiaiutaires
en deviennent malignes mor*
tellest Vous particulièrement
)
Afademoifielle>quiparl*éclatde
itojlre beauté avez tant de con..
fiormite avec ce bel Aflre dont on
'Vo.'4sJonnefifouvent le nom/nous
en rejfientirie%ungrandchangement
dans voflre personne.Ainsi
puis que ¡'enat de vofirefiante
nesipas différent cette année de
celuy de l'année pafifiee» e que
'VOUs brillez & éblouiffiZ toujours
comme le Soleil, il efl tresévident
que le Soleilnest pas
malade.
Il y a quelques mois quonapprit
letfuneftesnouvellesdesfeu;:
effroyables qui causerent des défolations
extrêmes dans lajamaique;
& peu de temps après il y
eut auss des feux terribles dans
la Sicile, qui ensouffritdegrandes
ruines. Ces feux souterrains
extraordinaires qui embrafoient
la terrei auroient-ils tire deses
entrailles l'humidité ctntrAle,
pour l'élever en nuées capables
de répandre toutes ces pluyes intemptjlives>
qui fonttantcraindre
pour la corruption & laperte
des fruits denoschamp s (ij. de
l'les Viçnes ? Cette cause efl trop
éloignée* Mademoiselle,pour lui
imputer lespeines & les dommages
que nous fÓuffions de nos
grandes pluyes. LaJamaïque rfl
dans le nouveau MondeJ & la
Sicile ejlJeparêe de nous par une
vasse étendue de terre&de mer.
Puis que nous n'avons point de
part aux tremblemens de terre
que cesfeux ont caufz avec des
calamité^si tragiques> il n'efl
pas raijonnakledefaire venir de
si loin le dégAJl & le desordre qui
nous arrivent dans les pluyes
continuelles.tïHais erfinjfijufques
icyilnyarien de positifs
(ST de convainquant pour trw;*
uer la cause des grandes plftyes
de l'EJlèi ny dans la terre> ny
dans la région de l'air, ny dans
les Etoiles des Hyades> ny dans
telles des Chevreaux dr d'Arc«•
turus*ny dans teSoleilmesme,
non plus que dans le prodige des
feux qui ont faitperir tant d*c~
difices ù tant de perfonnts, que
nous n'appercevons par tout là
aucune lumiere, aucun rAyon,
pour tirer de l'obfcuriié la quefiion
des grandes & excejjives
pluyes dcnoflre Esté, ny a-1* il
point de nouvelles obfcriations à
fairequelque autr(part?Je[çay
bien qu'on ditqu'il pleut beauc-
oup ddans l'A*xbiest)dansl'[E'Ethiopie
durant l'Efléimaiscejl
parce qu'ilnypleutpoint du tout
durantl'hiversmais nous qui
r H' '1 1 avens des Hivers ci*, lespiuyes
coulent comwe des Couves>pour»
aooio0 YyI av.,o. 0>'0:-:-- ;,.;c,., :'lnc,n4 .o0/"caf' e.7>f'ïïflt'eZ?' inont, d:plujes que les
Hivers ?
J'avoue> Mademoiselle> quil
(Il dififcile d'apporter icy aucune
raison décijive»f0 qui ait
lefond d'une véritéincontestable.
Neanmoins pour ne demeurer
pas? comme l'on dit, en si beau
chemin lofe propofcrencoreun
nouvel article de ce Discours, qui
fera comme l'apofltllede laLettre
qui le contient. Il me vient dans
tefp,-&,t quelque ebofe de finguher?
seir;qqui ade laccnnr.t:nce arec iti1 a deizccn-UnCealu t0 letal du Siècle. Nousinsommes
j
1 ,. -' donc aux dernieres arntes ddu
Siècle3comme vous tprouhons
ONe les dernurs moisde/'dnnée
fro. nt toujours yrs:hcux & (;. J'o.'U¡' Ju.. '/0..1,.. V
ndl d,,- inonde^dejrnuis>n:jeurrionsnctisPasdirequ'il
et; eJf de meÇme
desdernieres annéesduSiede
J
quelles ont cujfi leur rennteyfemtnt
de ter:! ps
)
Uurs accidenttrijtes&
tffl:'Sfan<? Lidermere
faisonar l'année (si-a)J-
?.
aJe9
(;J" nous en foujfronsdes peines
&des rigueurs extrêmes ; pourl
lJuuy la dernierefaisonduSiccle
riauroit-elle pas aussi ses fympto*
rnei etonnans >ses funefles chan';';:
gemens deccene)coMme il arrive
dans la vieillejjef Et si après
avoircomparé la fin du Siecle
Avec celle de l'année, nous en
continuons la comparaison avec
lafin de l'homme, qui est la
vieillejje,ilparoijlraunnouveau
jour pour iéclaircijfement duffa
jet present,&defa matiere. Les
dernieres années de l'homme, qui
font celles de lavieillejfe3 l'inondent
de toutesfortes de phlegmess
defluxions, de rhumes>de catha*
u
vcs,&luyfontsouffrir de grands
desordres, &de grandes pertes
danssoncorps. Voil" l'idée jujve
&ressemblante de la vicillejjc
de nojlreSiee/e. Nos pluyts botriblesrJlcontinudles
qui effrayent
tout le monde» @r qui menacent
defairepérir tous les biens de la
terre, fontlesphlegmesy lesfia*
xions,les rhumes, & les fAtbarres
d'un Siecle caducy & qui
en à la veille de sa fin. Ainsi ce
qui ne nous surprendpoint dans
la vieillejje de l'homme) pourquoy
nous étonneroit-ildanscelle
du Siecle, car ce qui arrive en
l'une & en l'autre vieillesse, de
lhomme e du Siccle3A ajttZik
conformité.LaiJJons dont pieu-
'Voir tant quil voudra pleuvoir;
il faut que ce période de lavieilleffi
& de la caducité du Sieclt
je passi. Vous qui esses jeune,
Afademoifdle
, ü qui rMrlttrie%
d'eflre immortelle
> vous
"Utrrez finir ce vieux Saturne)
ce Siecle défaillant*&vousvcr~
rez, naipre les beaux jours, les
beaux mois, les belles années du
nouveau Siecle qui doit bien-tojl
commencer. Horace composa autrefois
un Poème Seculaire pour
honorer le commencement d'un
Siecle, qui arriva de son ternps.
Tlinfra dans ce SiecleSéculaire,
qui est son Chefd'oeuvre, les Vi.
(loires de Crrar Aurufle) & il
engagea les Dames illûflres à
marquer leur ':(ele pour la prof
perité de l*Empire2{omain. Vous
qui estes, Adademoifelle> par
toutes les graces du corps Cm de
lefprit, le plus bel ornement de
rvoflre Sexe, vous fere'{ témoin
des Hymnes Séculaires qui celebreront
le commencement de noflre
Siecle. Ces Hymnes d'une
composition admir"ble, contiendront
lesfaméusesConquefies
les glorieux Triomphes de Louis
le Grcend, & les qja;ix ardens
dufauels vousprendre% part avec
passion, pour la conservation de
la Personne Jacréed'unMonar~
que incÕmparable, C pour 14
prosperitedel'étatJloriJjant de 14
France>dont les armes toujours
terribles &viSlorieufes
t
obscurcissent,
étonnent, abattent la Ligue
de ses Ennemis.
Je vous ay déja mandé que
Mr l'Abbé de Lavau avoir
fait voir à l'Académie Françoise,
le jour que Mrl'Abbé
de laMotte Fenelon y fut receu,
une Devise qu'ilavoit faite
à l'occasiondecette Ligue.
Ellefut generalement applaudie.
C'estoit un Soleil environné
de nuages épais & d'éclairs
qui sortoient de ces
nuages. Ilsefioientaussi remplisdegresse&
de pluye,avec
ces paroles,
Nec conjurata morantur.
Mr l'Abbé de Lavau les expliqua
par ces Vers.
Les Ennemis liguet, & U Nature
entiere
S'eforcent VtlÍlItment de suspendre
fin cours5
Sans jamais s'/tjfsiblirsans autre
fecouts
4#e celuy qu'il reçoit desapropre
lumiert
,
D'unpastoujurs égal il fournitfit
ccararierre,rtere) fitle Monde entier voit toujotiryf
De cet Aflre pmffan-tdépendre les
beaux jours.
1
Vous trouverez icy cette
Devise gravée.
Je vousenvoyé un nouvel
Ouvrage de Mr Comiers, qui
vous apprendra des choses
fortcurieuses touchant les
Tresors. Ainsi vous ne devez
point le regarder comme
estant fait purement sur la
Baguette. C'est seulement par
occasion qu'il reprend cette
matiere,après avoir répondu
amplement le mois passéaux
Lettres écrites contre ceux
qui en soutiennent l'usage.
Il restoit quelques articles sur
lesquels il s'estoit teu ,
&
qui demandoient l'éclaircissement
qu'il va vous donner.
OBSERVATIONS
touchant les Tresors
cachez. L'Vsàge de la Baguette qui
découvre les Sources d'eau,
les Mines" les Metaux cdchez-)
les légitimes 'Bornes des héritages]
O o les Voleurs, les Meurtriers, ri!'
les Empoisonneurs3 est si avantageuxau'Public,
qu'on neiffauroit
trop txaminer, si l'Auteur
des Lettres contenant les prétendues
Illusions des Philosophes, a
droit de l'appeller Diabolique.
On peut dire que cet Anonime
aime mieux je cacher dans
lestenebres> que de paroiflre aN
jour, &qu'il hait la véritépour
fioutenir le party du mensonge.
Il traite de ridicules les ventables
Sçavans.J'aveis finy mon
Traité de la Baguette jufitfiée
par les beaux termes du Pere
¡MilÙt de (hales) Jesuite, qui
lfarlant de la Baguette dans lA
page 190. de son Mundus Mathcmaticus,
dit.quilyatant de
cbofes dans la Nature, dont nous
ignorons les causes> que si pour
cela nous tenions pour fufpeSî
tout ce qui surpasse noflre entendementy
a peine pourrions-nous
remuer les pieds. A cette puissante
raison d'un homme aujjt lUuftre
parsanaissancequeparfan
vasse genie
J
l'Anenime répond
foidement dans sa page 194.
- que le Pere de Chales a crû
que de tout temps le Coudre
avoit fcrvi à trouver les Sources
,enquoy il a fait connoistre
qu'il n'estoit pas "si
vcrfé dans l'Histoire naturelle,
que dans les Mathématiques.
Enfin l'Anonime s'efforce
d'ôter à la Nature,&parconsequent
à Dieu» l'honneur du
effets surprenans de la Baguette.
pour les attribuer au Démon.
C'est luy, dit-ilà qui agit sur
la Baguette en vertu d'un paltc
,
du moins implicite &
tacite. C'estce qui luy fait dire
dans la page 4.31 Je fuis convaincu
de la diablerie. Si le
Démon
, que l'Anonime perche
comme un Fagotinsur la Baguettfc,
efl aureconnoijjant de l'honneur
de cet employ, que le fut
Bclphcgorenvers le PaysanJon
Compere , qui l'avoit caché &
dérobé à la poursuite des Sergens%
cet Auteur pourra un jour faire
des merveilles.
Lacenfure que ïAncnimefait
des Philosophes, ne peut servir
o.Hddêtoher à la Juflice les Voleurs
»les Meurtriers, (t) les Empoisonneurs>
eondamnant ceux
qui les découvrent e qui les dénoncent.
NOUS devons rendre graces
à l'Auteur de la Nature de
nous avoir donnédes moyenspurementPhyfeuestourdécouvrir
les Voleurs,&les faire rigoûP-1
reusementpunir.C'estainsiqu'en
usa Josué,legrandCapitaine
du Peuple difrail, envers A-1
cham, qui au pillage de Jerich,4
avoit dérobéune regle d'or, deux
censSicles d'argent, ùun manteau
d'écarlate. DieuditàJosué
On a dérobé & caché le larcin
; que celuy qui s'est soüillé
d'un tel crime soitexrerminé.
Josué ayant appliqué le
fort à chaqueTribu, reconnut
lquuy'Acham efloit le Voleur,&
dit. Avoue ton crime,pour
rendre gloire au SeigneurDieu
d'Israël. il lefitensuite lapider
avec
avecsa Famille, fitconsumer
par le feu leurs Tentes @r
tous leurs biens, dans le vallon
qu'on a depuis appellé Achor
dunom du VoleurAcham.
Devrois-je faire quelquereflexion
sur cet Ouvrage de Anonime,
pour luy rendre ce qu'il
m'a presté lors qu'il a parléainsi
page 244 ?Je vous avouë que
je fuis fort embarassé quand
je me trouve obligé de répondre
à certaines pieces, dans
lesquelles le ridicule domine.
'Il dit page:6z. Celuy qui cher..
che avec la Baguette, doit
estre censé estre en commer- |Juin G
,
ce - avec le Demon. Voicy
donc, ajoûte-t-il,comment
fc contracte le pacte. L'un
tient la Baguette
,
l'autre la
fait mouvoir; voila le com-
-
merce. Dans la page 266. il assure
qu'il arriva il y a prés
de deux ans qu'une Famille
nombreuse trouva une mort
fou daine là où laBaguette luy
avoit fait esperer de trouver
un Tresor. Je vous en diray,
ajoûte-t-il
J
ledétailquand il
vous plaira. S'ilfait ce détail au
juste 9ilnousapprend)asans doute
qu'on n'employa point la Baguette
, ou que celuy qui s'en
servoitn'ayant pas le don de la
Nature>y employaycomme on
dit, les Grimoires, l'lmpieté C
re (acrilrge, à quoy il faut im:
buter leurfin malheureuje,oui
du charbon allumé dans une cave
, ou à quelque exhalaijon venimeuse
qui Jortit lors qu'ils
:reufoient la terre.
Ceux que la Mature a favo-,
nfe% de cet heureux talent, pour
trouver des Tresors cachet n'ont
jamais (fié maltraitez par le
Démonjnon plus que ceux qui
tJar hasard» ou par quelque aurrr
indice, ont creusé la terre &
tnlevê les Tresors.
Lbiftoire du Tresor trouvépar
Esope efl tres connueiaujji-bien
que celle que Sigebert rapporte
dans fies Chroniques dans l'an
1038. UnApronomeArabe>prisonnier
de guerre de Robert l/Vifcardy
Duc de Normandie, ayant
remarqué dans la Fouille une
Statue de marbre, dont la tesse
efîoit d'airain avec cetteinscriptionsAulever
du Soleil aux
Kilendcs de May j'aura y la
tcfte d'or, trouva nn gros Tresor,
ayantfaitcreuser à l'endroit
où l'ombre decette tesie si termi.
noitde premier de May au Soleil
levé.C'efl ce que Marcinus Po*
onus confirme dans le quatric&
ne Livre de ses Chroniques.
Plutarque rapporte dans la
yiedeTompêe, qu'ejlantpapé
nEgypte avec six Légions Po.
naines>quelques Soldats parta.
:erent entre eux un Tresor qu'ils
voient trouvé, ce quisut caufi
ue toutes lesTroupes, malgré
7ur General
,
s'occuperentpenant
plujïeurs jours à ouvrir la
°rre, dans lefperance de décou.
mr d'autres TrrfOrs. Ce grand
'apitaincJepromenoit autour de
drmée»& rioit de voir tant
r milliers d'hommes attachez à
'cufir la terre. Ces Soldats
voyantleur esperance deceuë. di':'i
rentà PompétJ Mene-nousoù
tu voudras, nous sommes
assez punis de nostre folie.
Tacite dit que Néron donnai
dans les illusions de Ccccllius
Bassus, qui l'assuroit d'un fort
grand Trtfor, que Didonfuyant
de Tyr,avoitenfevely dans la
terre. Il la fit ouvrir inutilement
en mille endroits
i & Tacite
ajoûle, que l'attente de ce Trejoravoit
esié une des principales
causes de la pauvreté de l'Etat,
L*Empereur Ttbere> surnommé
1*Aumônier,futplus heureuxt
puis que Grégoire de Tours, son
contemporain, ditdans le ip. ch.
du5. Liv. de l'Hist.desFrançois,
que ce Religieux Prince ayantremarqué
une Croix gravée sur un
pavé de marbre de sonPalais,
s'écria, Crucetua, Domine,
frontem nostram munimus&
préèoraJ& ecce crucem sub
pedibus conculcamus. Il fit
d'abord enlever ce marbre,
deux autres quiestoient au desfou¡,@
r trouva une très-grande
quantité d'or d'argent monnoyé,
qu'il difiribua aux Pau.'
vres. Le mesmeHistorien assure
qu'un Vieillard luy découvrit
l'immensse Tresor que Narsés
dvoit cache dans une Cijleme.
Cefl ce que Paul Diacre confirme
dans son Histoire des Lombards.
Faites> s'il vous plaist
,
reflexion
que les Démons ne rnlt/ira;:'
terent aucun de ces Chercheurs de
Tresors, ü ne les empecherent
point de les enlever, parce qu'aucun
d'eux n'ujad'impiété ny de
fàcYi/tge.
Oien desgens croyent que les
Damons que Laurcntius Anamasyau
liv.4.de natura Dacmo
num dit s'appcller Thelchines,
fontgardiensdesTresors caclyez,
pour les livrer aux mains de
TÀnte- Chrifl. C'eslle fenûment
de S. Anfcime in Elucidario,
que tout l'or çy l'argent caché
luj fera découvert; & par ce
moyen ilengagera toutlesgrands
Princes dansfis interests. Pctrus
Comcftor
>
dans sonHisloir?
S-hoLtjlicjue sur le chapitre7.de
Daniely dit que l'AnteȂhrijl
trouvera les Tresorscache% ; d'où
je conclus que la Baguette doit
cflre mise en usage par les Chré- tflrernifeenuf>
tiens, pour osler par avance les
TrefQrscacbeza l'^ntc-ChriJî,
puis qui'slujdoiventservir de
moyens pour corrompre (t) attirer
dans Jon partyplujieurs grands
Princes contre les Oints du Sete
gneur, &leFilsaine de ÏEglise>
qui est le MonarqueJuivant
le coeur de Dieu.
J'ajoufle que sila Baguettedécouvre
les Jrefors cache%
, ce
ness pas par l'intervention *
par le manège du Démon> puis
qu'il agiroitcontre ses interefls
iù, ceux de l',A,-jtechrifl, e quil
détruiraitJon Regne. Leplus riche
& le plus sacré des Threfors
qui foit caché en terre pAr
main d'homme,cft celuy que depuis
2054. ans >
le Prophete Jeremie
par l'Ordre de DIeu, cacha
ans une des Cavernes de U
Montagne Ncbo, devant que
Nabuchodonosor eust pille lA
Vine de Jerusalem. Ce Trêsor
contient leTabernacle, l'Arche
d'Alliance, & l'Autel
des Parfums,ainsi qu'il eflportépar
lefécond Chapitre du fé-
-
cond Livre drs Machabées.
Leplusgranddes7refors profanes>
(p celuy que les Gothl
aprèslefacagemenide Rome que
j'ay décrit dans mon Traité des
Propheties
, enterrerent avec le
Corps de leur Roy Alatic. Voicy
comment Paul Diacre le raconte.
liv. 3. Miscel. cap. 18*
Alaric mourut subitement dans
Conjance. Les Goths par le tra:;
uail de leursEflavesdétournerent
la Riviere de Bafanfe &
enfevdirentaumilieu dit lit sec
de cette Riiiere le te">fd%Aigrie
avec des îrcÇors immenses
y après quoy ilsfirent reprendre à la
Riviere (on ancien cours, Je ne
doute pal qu'on ne trouve facihment
ce arandTrésor caché
fous cette Riviere> puis que KÀnonme
aJfurc dans la page 28r.
qu'a Grenoble la Fille d'urt
Marchand nomme Martin fut
la premieie sur qui on j?tta les
yrux pourune recherchede cette
nature. Elle estoit> dit-il, d'u..,
ne habiletéconnuëpar quantité
d'épreuves. Elle avoit
souvent découvert des metaux
dans la Cave,à la ville
& à la campagne, & il y a
peu de temps qu'on luy avoit
fait chercher une Cloche cachée
fous l'eau depuis le debordement
de la Rivière qui
avoit emporté le Pont du
Faubourg. On l'avoit menée
dans un Batteau
,
& la Baguette
avoit designé precisement
l'endroit où estoit la
Cloche.
Pourmettre au grand jour les
Illujions de notre Jnonimc Cen-
1
seur des Pbilosophes
,
j'employe
ses termes de la page 243. Il y ap
dit il, une infinité de gens
qui n'ont aucun goust ny aucune
justesse d'esprit, &, qui
sontnéanmoinsles plus decisiss
du monde sur ce qui les
passe
,
dont la teste cft un magasinde
plusieurschosesmal
digérées;& qu'ils appliquent
ordinairement de travers. Je
couvains l'Anonime d'Illusion
dés la 14. page de Ja Préface,
Un Archer du Guet avoit été
tuéde quinze ou seize coups
d'épée dans la ruë Saint Denis>
& ilavoit répandu tout
son fang. Cela
,
dit lanonime,
donnoit lieu de croire que
ce lieu estoit fort propre
pour faire impression sur Ailo
mar armé de sa Baguette On
lefaitpasser plusieurs foissur
lemêmeendroit, mais la Baguette
est immobile, & son
fang n'est point agité. l'Anonime
applique rg de travers
ltuflge'de la Baguette ,car aucun
Philosophe n'a dit que la 13aguette
tournast sur lesangrépandu
parle moyende ce qui en
jexhalej mais par le moyendes
Corpuscules exhalez par ceux
quiontcommis le meurtre avec
crainte 0* cruauté. C'rjl pour*
quoy Aimar répondit juste par
les termes que MT Robert, Procureur
du Roy au Chasteletde Paris
, rapporte dans la lettre inserée
dans le Mercure du mois
d'Avril, que la Baguette ne
faisoit point d'effet pour le
Meurtrecommis par un mouvement
de colere ou d'yvrognerie
,
mais seulement pour
des Assassinats premeditez ,
commis avec cruauté. L*Anonime
dans la page I3. dit, qu'à
Chantillyla Baguette n'avoit
tourné en aucun endroit de
laterrasse,sous laque lleariviere
coule.
J'ay dit dans ma Baguettejuf/
rftét
) que la Baguette ne tourne
sur le! sources quepar le moyen
des Vapeurs que la chaleur Jouterraine
pousse comme un jet
d'eau,imprégnées des sels @J au-
-
tres partiesterrestres, (tJ l'eau
qui coule à découvert n'a pas de
fimLlabLeS vapeurs, outre qu'elle
s'échape le long de la voute dela
terrasse
ne pouvant penetrer
les pierres. L'Anonimeajoûte
que dans un autre Jardin de
Chantilly, la Baguette n'avait
tourné que sur le trou recouvert
de terre, dans lequel un
sac de pierres avoit esté caché.
On nie lexclufion qu'il allégué>
&jesoutiens que la Baguette
a dû tourner preferablementsur
ce grand trou> dans le.
quelon avoit caché des pierres,
parce que ce fut le premier endroitpar
lequel on fit passerJacques
Aimar
,
ff) par la grande
quantité de vapeurs qui ensortoient
y ce qui arrive dans tous
les endroits où l'on creuse la terre>
je ne doute pas qu'à cette occasion
iJacques Aimarejîantrail*
lé dfvant un sigrand Prince ne
fut troublé al quesasensation ne
fust moins vive pour estre émett
par lesexalaifons & CorpuflHles
des métaux cachez en terre.
La mesme chose arriva au nom.
mé Pierre Tonnelier dans leJardin
de la Bibliothèque Royale
M de quoy j'ay fait mentiondans
ma Baguette justifiée. Par ces
trois rencontres, où la Baguette
futsans mouvement, l'Anonime
peut-il conclure que l'usagedela
Baguetteen diabolique?Quelle
Illusionpourluy
,
qui dans lapage
262. a dit que celuy qui
cherche avec la Baguette,
doit estre censé agir de commerce
avec le Demon?Voi.
cy donc,ajoute-t-il, comment
fc contracte ce Pat'cc. L'un
tient la Blguette
,
l'autre là
fait tourner ,
voila le commerce.
J'infere des propres termes
de lanonim:3 que tufazede
la Baguette n'en point diabolique,
puis qu'il n'a pas tournésur
le sangrépandu del'A~cher du
Cj(et) nysur la Terrasse de Chantilly,
parce que les causes Thysiques
du mouvement de la Ba* , guettenes'y rencontroient pas.
Voicydeplusgrandes Illusions
de l'Anonime.Dans la page24.
desa Préface
,
ilse déchaînecontrema
Medecine universelle,
&l'art de se conserver en santé
ÔC de prolonger sa vie. Çomme
7)tcU4 commande a chacun d'àl
voirfoin de fan ProchAin, unicuiquc
Dcus mandavit de
proximo fuoyj:donnayaupublicsans
nul interess ma Médecine
univerfellc danslesMer*
cures des mois de J'uin7Juillet»
Àoust, dr Novembre de l'ari
1Y87. àl'occafton de LouisGualdo
que. la Ça^ette de, Hollan~,
dedu3.^Avril16Z7. en l'articledeVenife
du7.Mars> oùil
aveitpafis, dit avoir donnédes
preuves, incontestables de fori
âbe"de quatre cens ans. VÂnonU -
me tombe d'abord dans les iilu"':
fions. Un homme,ditd-il, paslè
1 t-1
I-
-- .1 ,
paffc
à Paris, & se donne quatre
cens ans; ( ilprend Paris pour
Venise.) Voila d'abord de grosses
dissertations pour prouver
quecela est possible, & pour
indiquer, il met à la marge ces
deux lettres M. C. Il poursuit
son illusion par les termessuivans.
On prouvera même, si vous
voulez, qu'un homme peut
vivre toujours. C'est une Illusion
de l'Anonime.J'ay dit en
termesformels que ma Médecine
Universelle ne pouvoit pas
procurer l'Immorta lité.C'estbien
assezqu'elleguerisse tres-promptement
lesplus dangereuses mintiies>
sans travailler les Adart
lades. Mr Dolede
, premierPrévient
du Parlement deBordeaux,
l'aexperimemé plusieurs fois en
sapersonne & dans safamille.
l Les Lettres de ce Sçavant Ma
gistrat sont inserées dans divers
Mercures. Ce Remede contient
la vertu de tous les autres. Glauber
dans son Miracle du monde
,en a donne une description
)
quoyqu'enigmatiquement ceen
termes voileVoicy comme il
conclud. Medicina crit nulli
præterquam Philosophorum
lapidisecunda,post centum
annos ejusdem cum primo
confectionis die bonitatis;
pro quâ dignas Deo gtatias,
ntmo unquam mottalium
persolverit. Quel interest peut
avoir porté Innomme d'envier
aupublicce Remede Universel,
Est - ce parce que j'ay dit que
pour vivre longuement & en
santé,ilfautvivreSic.Aprés
tant d'illusions ,peut-ilesperer
que les honnestes gens fijftnt
quelque ejlime de ses opinions si
contraires À lavérité& au bien
public?
- Entrons maintenant dans le
corps du Livre de l't..Anonime,
unos verrons que dans les choses
- qui
tpii le furpaffint il employe a
tort e-àt travers fort magasin de
choses mal digérées. Ilfait un
grand fond sur le sentiment de
Mr l'e..Abbé de la Trappr. E-n
Doicy les termes en la
-
page /r.
Je croy qu'il se peut faire par
une vertu naturelle que la Baguerre
se remuë sur l'Eau Se
sur les métaux,qu'elle les découvre,&
qu'elle les fasse connoistre.
Cela ne paroist pas
estreau- dessus des - forces de
lanature,& , ne seroit pas plus
extraordinaire que le mouvcman.
La croyance de ce Prelat
en conforme à celle de Mr. Galet,
grandThéologien {0Tenitencier
à Carpentras à Adrj
Coüade,&enfin à tous les vrais > sçavansPhilofophes$dofies
Theologiens. Mais que la Baguette
Ce remuë , ajoute Mr
l'Abbé de la Trappe, qu'elle
dcfigne un Voleur entreceux
qui ne le font pas ,
qu'elle
marque une borne qui a esté:
changée,& qu'elle nela
marquepas lots qu'on n'a pas
incention de la trouver, c'esti
ce qui est impossible à la na-
-
ture.
J'ay autant de vénération
pour ce grand Prelat que pour
Saint ^ugujltn>mais je ne laiffi
pasdecroire qu'il y a des Antifodes
J & des causes purement
Phyftques qui desîgnent les Voleurs
e les Meurtriers par le
mouvement de la 'Baguette
a.
comme aussi les bornes
> parce
que quandonplante une borne
on fait un creuxprofond
,
dans
lequelon jette du Charbon, tl
la borne qui doitfortir hors de
terreyejl appuyée de deux ou
trois autres pierres qu'onappelle
Témoins, & par le moyen du
Charbon
1
cct endroit de la terre
est moins compaEle, f0 les 'Vd:
peurs en fortcnt plus abondamment.
J'ay declaré dans ma 'Baguette
juflifiee
i que c'elf un conte fait Àplaisir, que la Baguette ne
tourne pas sur une Borne, lors
que les Interege7, conviennent
de ne s'en plusJervir
» car cette
convention ou moralité ne change
rien à la difPofilion PhjJtque
de la borne. C'efi un Axiome genéral
>
qu'il faut expliquer les
choses en bonne part, quand on
ria pas de bonnes raisons pour
prouver le contraire, car pour
accuser du crime de Diablerie,
dcbcncefic argumenta foie
mcridiano clariora
, avant
que deprononcersur la cauje du
mouvement Je la Baguette à on
doit connoistre toutes lescauses
naturelles qui peuvent produire
les effets de U Daguette
> &
après les avoir meurement exa- minées l'on demontre qu'aucune
ne peuty avoir contribue?
on aura droit de conclure que ces
effetsfont au-de-là de la force
de la nature.
Comme il ne refle dans l'efprit
de ces Mejjieursqu'à pouvoir
penetrer comment l'homme
19% la Baguettepeutdiflinguer une
chose volle
> un Foleury st) un
Meurtrier> entre ceux qui ne le
font pas, & mesme indiquer le
cheminparlequel ils ont pastés
je répons que le Chien le fait
par le seulodorat9 difccfnantfin
cstdaiftrefyfesbardes entre plufleurs
autres. LHifloire des Antilles
nous apprend que les Negres
ont l'odorat si subtil, qu'ils
dijlinguent les nejtiges d'un Negre
,
d'un Espagnol, ou d'un
François, en sentant feulement
la place où ils ont marche; &
Alr de la Àdotthe le Vayer dit
que les Guides dont on se fert
pour passer les mers de fable eles deserts de l'Afrique»trouvent
les chemins en flairant le
terrain* On voit à Orleans) dans
la Salledu Pdiais,l'hifioirepeinte
d'un Chirn qui reconnut» combattit&
defit en duel, en presence
de la Cour,ctluy quiavoit
assassiné son Â4aiflre.Je dis premièrement
qne l'homme à la Baguette
ne peutsuivre ny connoÍ.
tre toutes fortes de Meurtriers
>
mais feulement ceux qui d'un
*dcffein prémedité commettent un
éffoefjinataveccrainte, frayeur
& cruauté}parcequ'ils exhalent
dans cet état des corpufeules qui
font la cause PhyÇique du mouuement
delaBaguette,Je dispat
la mefine raison que l'homme à
laBaguette ne peut connoistre
la chose volée, ny la pcrfbnne
qui a faitlevol en plaisantant;
c'estpourquoy la Baguette deJacques
Aimar ne tourna pointcon-
- tre Madame la Lieutenante Gènerale
deLyon, qui avoit pris
en plaisantant la bourse Mr Puget.
Laraisonen estévidente e
reconnüe ,mesme par l'Anonime,
puisque page ify. il dit, Un
homme entre dans une chambresansaucun
méchant dessein
; il voit sur la table une
Montre, il la prend, la met
dans sa poche, & s'en vz
Croye-vo us, Monsieur ,que
cet homme qui n'est pas agité
luy-mcfmc dans ce moment,
laisse sur la table un fond suffisant
de corpuscules qui durent
des années entieres, &
qui puissent agiter un homme
à Baguette?Je tombe d'accord
de tout cela avec luy, &
ce Voleur ne pourra estre connu*
non plus qu'un Meurtrierqui tuë
de sang froid.
Les partisans ii la Diablerie
n'ont pas assezdegenie pour dp*
profondir le mistere de L Nature.
Ils aimentmieux mettre le Diable
en jeu, leperchersur UBa*
guette ,
puis que l'Anonime dans
la page 43. dit, Je fuis convaincu
de la Diablerie, &
pour le prouver, dans la il page IfO. employe ces termes, Je ne suppose,
dit-il, qu'un principe.
C'est qu'une causePhysique
& materielle agir tou jours de
la mesme maniere dans les
mesmes circonstances Physiques.
Ce principe est beau &
bon.) mais l'Anonimenes'en
sertpas en rphilofOphe; car dans
tous les effetsparticuliers de la
Baguettte, qu'ilfait axaminer,
il suppose que les circonstances
Physiques sont toujours les mi,
tnts ; ce qui eJI tres-faux
3
comme
il me fera aise de le démontrer ;
car deux aiguilles de BoujJole
avant que d'rjlre aimantéest demeurent
immobiles quand on
leurpresente une Baguette defer.
neécfi une deces aiguillesejl tou-
~-~
ch1 é(cparla¡p.ierre rdr'Anan, bb.ien
qu'onnypuiseapperceioir -aucun
ehangtment, elle tourneraen
!uj présentant une Baguette de
fr, f0 l'autre aiguille demeurera
immobiletparce
que ces deuxaiguillesnefontplus
dans les mêmes
situationsThyfiques
,
l'une
efant aimantéey &l'autre ne
ïefiant pas de mejme. Si ayant
frotteavecunpied deLievrefut
la moitié d'un papier la poudre
faite avec noix de galle, vitriol e un ?:u de gomme,vous écrive%
avec de l'eau commune, les
lettres deviendront noires; ér
si l'on Ji les doigts suans en
gras sur la mcuiè d'unepage
de papiertla mesme maint la
mesme plume»&la mesme
ancrenypourront écrire, parce
que les ebofesnyfontplus dans
les mesmes circonflances Phyjîques.
C'eftpar unefimblahlerai-
Ton aue la Baquette a tournet J\; i c.
comme dit Vjfnonimc>sur les
fieces d'orsi)d'argent qu'on avoit
dérobées à Madame de Bourlemonty
& mesme sur les pieces
que les Voleurs aboient changées
à riJoJlel de la Monnoye,parce
que lorsqu'il les touchoit(;ïlesrnanniiooiitt,
ccrraaiiggnnaanntt ds'teredécouvert)
ilexhaloit lesmesmescorpuscules
gluansjefquels s'etoient altaeheZ
aux pieces qu'ilavoit toucheés.
Je répons en peu de mots à U
demande pourquoy la Baguette*
qui avoit tourné contre tousceux
qui avoient de l'argent dans la
maïn. ne tourna plus sur personne
lors que Vk/adame la Lieutenante
Generale fit chercherpar
Jacques x^imar la personne qui
avoit dérobé la hourfe de Mc
Puget. Qejl que le Devin changeant
la direfliond*intentionmit
adroitement dans chaque main
quelque morceau de sirJ ce qui
empefcha que la 'Baguette ne
tournafi pour l'argent> ainssî
que j'ay dit dans ma Baguette
juflifiée. Ilfit la me[me chose lors
qu'il voulut dijlinguerles pieces
d'or &d'argent qui avoient (Il;
'Volées, comme dit l't-Anonime
dans Up'ige i$r.car la Baytnte
avoittournésur l'or 0J l'argent
caché en terre, par l'odeur des
tsUetaux
, & Ayant du fer
dans les mains, l'odeur de ces
Métaux ne pouvantagir sur La
Baguette
,
il n'y eut que les parties
grasses (7 sulphureuses que
le Voleur avoit laissées sur les
pieces volées qui agirent sur la
Baguette. Voila en quoyconsiste
la direction de l'intention. L'Anonime
mesme, dans la page 287
dit que la Fille d'un Marchand
nommé Martin mettoit secretement
quelque chose dans lamain,
pour deviner de quelle espece estoit
le i/fihal caché, & dans la
page 287. il dit, Remarquez
cecy; quand la Baguette
tourne sur un Loüis d'or
,
une épingle qui la toucheroit
larrefteroic tout court. J'aj
qeja donné la raijon de cet tffet
dans rna Baguette jufiifiée. Les
Ctirieux sçavent qu'une epingle
empejcbe que l'on ne fajJe le
beurre. Le setarrefle les efpriis
arsenicaux du charbon allume,
&C??Ipefccl)e que le tonnerre ne
fajfe tourner le 'Vin.Sz i*sînonime
efloit dans un Pays ci'lnquijition,
ilje repentiroit bien-iojîd'avoir
employé si souvent le Diable de
la Baguette pour dijcerner les
Jaintes Reliques d'avec les choses
communes. Voicy Jes termes dans
la page 1S6. On posc sur un
banc un Reliquaire qui contenoit
plu sieurs ossemens venus
de Rome. La Fille d'un
Marchand, nommé Martin,
prend la Baguette. Tout à
coup on la voit tourner avec
plus d'impetuosité qu'elle n'avoit
fait ju taues alors. Voicy
la raison Physique du tournement
de la Baguette sur ce 2{eliquaire.
Le Scelerat qui l'avoit
manié dans le dessein plein d'impieté
& d'irréligion
,
de discerner
par le moyen du ~Dmon si
-
ces Ossemens estoient deveritables
Reliques de Saints, fut saisi de
crainte & de frayeur am
prompt chafliment de Dieu, &
dans cet estats par une agitation
tres-vehemente il avoit exhalé
descorpuscules sulphureux &
gluan!s,qui s'efloient attache^ au
Reliquaire quilavoit tenu dans
les mains. Ces corpuscules çftant
de mesme nature que ceux que
les Voleurs & les Meurtriers
laissent sur les chosesqu'ils touchent>
ouqu'ils ont dérobéesi la
Baguette tournasuurr ce Re li quaire Reliquaire
parlamesme raison Physique)
qu'elle tourne sur ce qui a eslé
dérobé ou touche par les Voleurs
gr les Meurtriers. L't-Anonime
ajoute que La Baguette n'eue
presque point de mouvement,
oin de tourner plusieurs fois
avec vîtesse surun paquet qui
ne contenoir que quelques
morceaux d'étoffe qui avoient
servi à une Carmelite de
3caur\ey morte en odeur de
grande pieté. La raison Physique
efl évidente. Celuy qui faisoitfaire
cet essay plein d'impieté,
n'avoit eslé qu'un peu agité par
une crainte legere en maniant ce
paquet , & par consequent ses
mains n'avoient pas laissé ecoulercesvapeurs
gluantesnecessairdeseplouar
Bexacigterulee ttmeo.uvement -
L\^Anonime dans la page 2.61:
ditqu'il est témoin que la Baguette
n'a point tourné aprés
qu'on a renoncé au Pa£te&
au Diable, gr dans la page
I6L.II ajoute. On a beau dire
que l'on renonce à tout Pacte,
les paroles sont démenties
par lesactions. Le Demon
a suffisamment averti qu'il agissoit
dans cette pratique.
Voila des contradictions manifestes.
Neanmoins voici la raison
Pbyjicjue> par laquelle le
mouvement de la Baguette a
cessé entre les mains de ceux qui
renonçoient au Pacte & aU
Diable.C'efique dans la crainte üfrayeur que l'bfage de la 13A"
guette ne fust diabolique3 lefang
Je retira dans le coeur ,
@¡ ils
changèrent toutà coup pour quelque
temps de temprrament) estant
dansun efiatcontraire autalent
naturel pour faire tourner laBa»
guette.
Jefinispar les termes de lapa..:
gezi. de l'e-Anonime. Si laBaguette
produit un effet determinc
en vertu d'un Pacîe exprès ou
tacite,cet effetdoitefîreproduit
entre les mains de quelque personne
que ce foit. Pourquoj le
mêmt Pasle nopercroit-il pas de
même maniéré dans les pirfonnés
qui ont les mêmes dejftrs,&
lesmêmes intentionsf Cependant
de cent personnes qui essayeront
sila7Jaguctte leur tourne, @J qui
fouhaiteroient même de bonne
foy quelle leur toutnajl»il n'y
en aura pas deux à qui elle tourne.
Iln'en esipas de même
>
ajoute
/'c.Anonime
,
de quantité d'effets
que produisent bien des gens de la
campagne, parcertaines paroles
ou figures, Il en efi peu qui
en usent .(an,,- operer les mêmes
effets,d'où je conclus que le toutnementdelaBaguette
a seseaufs
purement Pbyfiques. C'fjl si
<vous voulez, un de ces dont
particuliers cjueDieu communi;
que quelque fois aux hommes.
L'AVEUGLECOMIERS.
Mr deBonrepaux,Ambasfadeur
Extraordinaire de S4
Majesté en Dannemark
,
fit
son Entrée publique à Copenhague
le Lundy 18. du
mois passé, avec toutes les
ceremonies qui se pratiquent
en cette Cour là dans ces fortes
de receptions. En voicy
un détail cxa£t où je puis dire
que rienn'estobmis. Ce jourlà
,
sur les deux heures aprés
midy
,
Mrl'Ambassadeursortit
de sa Maisonde Copenhague,
pour se rendre dans une
autre, éloignée d'un quartde
lieuë de la Ville, qui avoit
esté preparée pour cela ,&
d'où toute la Marche devoit
commencer. Il s'y rend it dans
l'ordre suivant. Son Ecuyer
suivi de ses quatre Pages à'
cheval, & après ceux cy , de
deuxPalefreniersquiconduisoient
deux chevaux de main >
estoit à, cheval à la «teste de
tout le Corrcge. Douze defcsi
Valets de pied marchoient
cnfuicc deux à deux devant.
son
son premier Carrosse
,
qui
estoit couvet d'une Housse
de Velours Cramoisi, avec
une Crepine d'or. Mrde Bonrepaux
estoit dedans avec Mr
de Pradals, Gentilhomme
François, & son Parent. Son
second & son troisiéme Carrosse
venoient aprés ce premier,
remplis de ses Gentilshommes,
Secretaires & autres.
Il sortit de la Ville en
cet ord re par la portedel'Ert,
& lors qu'il fut arrivé dans la
Maison qu'on luy avoit preparée
,
MrVonstocken, faisant
la fonction de Maistre
des Ceremonies, vint l'avertir
que le Roy de Dannemarck
luy envoyoitMrGueux, Conseiller
Privé, Chevalier de
l'Ordre de Dansbroé
, avec
MrErenchil,ce dernier faisant
la fondtion de Grand
Maistre desCeremonies, pour
le complimenter de sa part sur
son arrivée & le conduire
dans ses Carrosses ,& ceuxde
la Cour dans une Maison que
Sa Majesté Danoiseluy avoic
destinée dans Copenhague.
Eneffet les Carrosses arrive-
- rent peu de temps après au
nombre de neuf ,sçavoir, le
premier Carrosse du Roy
avec une housse de velours
rouge ,
le premier Carrosse
de la Reine,avec une Housse
semblable, le second Carrosse
du Roy, le second Carrosse
de la Reine ,
le Carrosse du
Prince Royal de Dannemarck
le Carrosse du Prince
Christian,le Carrosse du
Prince Charles, le Carrosse
du Prince Guillaume, & le
Carrosse de la Princesse de
Dannemarck. Ces Carrosses
estant arrivez, Mrl'Ambassadeur
qui fut averti par Mr
Vonstocken, que Mr Gueux
estoit là, sortir & monta dans
le Carrosse du Roy, où se placerentensuite
Mr Gueux à sa
gauche,& M' Erenchild sur
le devant.La Reine ayant fouhaitté
que Mrl'Ambassadeur
mist deux de ses Gentilshommes
dans son premier Carrosse
»
ils y furent placez dans
le fond, & le Maistre des Ceremonies
sur le devant. Le
Roy de Dannemarck avoit
permis aux Gentilshommes
François qui sont dans ses
Troupes, de le trouver au
Cortege de Mc l'Ambassadcur.
Ainsi ils furent placez
avec ses Gentilshommes dans
les seconds Carrosses du Roy
&de la Reine,& des Princes
, & dans ceux de Mr dp
Bonrepaux.
Sur les cinq heures tout
estant en ordre, le premier
Carrosse du Roy dans lequel
estoit Mr l'A mbaffadeur
,
se
mit en marche
,
précédé d'un
Maréchal à cheval, & suivi
du premier Carrosse de la Reiv
- ne, des seconds Carrosses du
Roy & dela Reine,de celu y
du Prince Royal, de ceux des
Princes Christian,Charles&,
iguillautne'& du Cair-offc de
la Princesse. Les trois de Mr
l'Ambassadeur marchoient
ensuite, precedez comme auparavant
par son Ecuyer, ses
quatre Pages, ses Palefreniers
conduisant ses chevaux de
main _,& ses douze Valets de
pied allant toûjours deux à
deux devant son premier Carrosse.
Après cestrois Carrosses
que remplissoient quelques-
uns de ses Gentilshommes
& de ses premiers Dome
stiques,venoientceux de
Mr de Guldenlew, Frere naturel
du Roy de Dannemarck,
du Comte de Reventlaw,
premier Ministre, &
des autres personnes de qualité
de la Cour, au nombre
de seize ,ce qui saisoit en
tout vingt- huit Carrosses à
sixchevaux ,avec les neuf de
la Cour: & tes trois de Mr
, l' Ambassadeur. Le Major General
Schaq se trouva à cheval
avec les Orriciers Majors
de laPlace
>
hors la Porte de
la Ville, pour y falucr Mr
l'A mbassadeur
,
&lors qu'il
entra dans laVille,il lesalua
encore une fois. Si tost qu'on
fut à laveuëde la Rade, qui
cft à deux cents pas de la porte
de l'Oüest, parlaquelle ori
devoit entrer, un Vaisseau
de Guerre duRoy deDannemarck,
armé exprés & placé
en cet endroitsalua Mr l'Ainbassadeur)
de neuf coups de
Canon, & lors qu'il fut dans
les premiers dehors de la Ville,
on le salua de vingt sept
coups de Canon des Remparts
Dans la premiere place
quiestoit sur sa route dans la
Ville,onavoit postéun Bataillon
Tambour battant, Enseignes
déployées, presentant
les Armes, & les Officiers
saluant Mr l'Amba&-
leur avec la Pique. La mesme
chose se fit dans une seconde
Place qui se rencontra sur fou
chemin. Enfinayant traversé
lameilleure partie dela Ville,
ilarriva après deux heures de
marche dans une grande maison
,
meublée des meubles du
Roy de Dannemarck, que ce
Prince luy avoit fait prepater,
pour y estre traité trois
jours de fuite selon la coustume.
Il y trouva trois Gentilshommes
de la Cour qui l'y
attendoient
,
sçavoir Mr Rabe,
faisant la fonction de Marechal
de la Cour)Mr Trotk
faisant celle d'Echanson,&
Mr
-
Straldorf
,
faisant celle
d'Ecuyer tranchant
, nommez
tous trois par le Roy de
DannemarcK à ces emplois
qu'ils exercerent , tant que
dura la ceremonie. Dans tous
les endroits de cette maison
paroù Mrl'Ambassadeur devoitpasser,
on avoit posté des.
Trabans ou Gardes du Corps
deSaMajesté Danoise
, pour
sa garde
, avec un Officier &
quelques Soldats à la porte de
sa maison. Quelque temps
a près, Mrle Comte de Frise,
Chancelier du Roy de Dan~
emarck ,
vint le complimenter
de la part de ce Prin-
~e, MrGeismard
,
Surintendant
de la Maison de la Reine
,
de la part de cette Princesse
; Mr Hann, de la part du
Prince Royal;Mr Firec k de
la pait du Prince Christian;
Mr le Baron Vedell
,
de la
part du Prince Charles; Mr
Serteu,de la part du Prince
Guillaume, & Mr Aider, de
la part de la Prince de Dannemarck.
Sur le soir, leMaréchal
vint demander à M' l'Ambassadeur
à quelle heure il vou-
6.
loit souper, & lorsqu'il eu
fait servirles viandes, il lui
en donna avis. La table estos
de dix-huit COUVCIts, placé
sous un Daisde velours. Il i
avoit au milieu unFauteüil
pour Mrl'Ambassadeur,avec
une place vuide de chaque
costé, &.il- fut servi de la
mesmemanière que l'on fer1
le Roy dé Dannemarck. L~
Maréchal de la Cour,aprés
luyavoir presenté la serviete
pour laver les mains, & avoifl
indiqué les places aux
Personnes
de qualité qui estoient
nommées pour mangeràcet~
ce table
,
chacune selon ion
rang, alla ensuite tenir une
seconde table, qui estoit autli
de dix-huitcouverts, pour
les Gentilshommes de Mr
l'Ambassadeur. Le Gentilhomme
qui faisoit la fonction
d'Echanson, aprés estre
demeuré derriere son Fauteüil
jusqu'à
ce qu'il eust demandé
à boire,&qu'illuy eustdonné
& repris leverre,se rendit aussi
à cette seconde table. Deux
Pages du Roy de Dannemarck
servirent Mrl'Ambassadeur
en son absence pendant tout
le xefte du repas, qui fut accompagné
de Trompettes,de
Violons, & d'autres Instrumens
de la Musique du Roy
& du Prince Royal. L'Ecuyer
Tranchant estoit au milieu
de la table, debout vis à vis
deMr l' Ambassadeur, & servoit
les viandes. Toutes ces
ceremonies s'observent à celle
de Sa Majesté Danoise. On
servit en mesme temps une
troisiémetable pour les Pages
de M1l'A mbassadeur,oùceux
du Roy mangerentaussi; une
quatrième pour les Officiers
qui servoient Mr l'Ambassadeur,&
une cinquiémepour
!
ses Valets de pied. Ceux du
Roy de Dannemarck, qui
avoient servy, mangèrent aussi
à cette dernière table. La même
chose s'observa pendant
les cinq repas que Klc l'Ambassadeur
fit dans cette Maison,
où les trois Gentilshommes
de la Cour marchoient
toujours devant luy
,
ainsi que
les deux Maistres des Ceremonies.
Ils l'alloient tousrecevoir
à son Carrosse
, & ils
l'y reconduisoient lors qu'il
entroit ou sortoit.
Le Mercrcdy 10. du même
mois, après le disner, Mr
Toul,Conseiller Privé, Grand
Amiral de Dannemarck, &
Chevalier de l'Ordre de l'Elephant,
vint dans le Carrosse
du Roy,suivides huit autres
de la Cour,dans le mesme ordre
que le jour de l'Entrée, &
dit à Mrl'Ambassadeur que
le Roy de Dannemarck avoit
grande impatience de le voir,
& qu'il estoit prest à le recevoir.
Apres cela il monta en
Carrossè à la gauche de Mr
l'Ambassadeur. Les huit autres
Carrossessuivoient
,
ainsi que
les trois de Mrl'A mbassadeur.
Ce Cortege de douze Carrosses,
après avoir fait un sort
grand tour dans )a Ville,entra
dans le Chasteau avec tous
ceux qui les remplissoient-,
n'y ayant plus per sonne à cheval.
Les quatre Pages de Mr
l'Ambassadeur estoient à son
premier Carrosse, deux devant
& deux derriere, & l'Ecuyer
estoit placé dans le premier
Carosse de laReine.Il n'y avoit
plusaussiaucunCarosse deMif
nistre, ny de grand Seigneur.
Tout le Regiment des Gardesestoit
rangé en forme de
Croissant dans la place du
:"
Chasteau
,
Tambours battans,
Enseignes déployées, presentant
lesarmes, & les Officiers
salüantMr l'Ambassadeur avec
la pique.Sur le pont qui estentre
la premiere porte duChasteau,
&celle de la Cour du
mesme Chasteau
, on avoir
posté un double rang de Gardes
à pied, Tambours battans,
Enseignes déployées, &
dans la court duChatt,-au,una
double haye de Gardes du
Corps à cheval, en bottes,avec
leurs Cirabines. M1 l'Ambassadeur
fut receu au bas de
l'Escalier,par Mr Rabe, Maréchal
de la Cour, accompagné
des Gentilshommes de la
Cour, & du Grand-Maiftrc
des Cérémonies , avec lesquels
il marcha devant Mr l'Ambassadeur
,
qui avoit MrToul .,
à son costé. A la porte de la
Salle des Trabans ou Gardes
du Corps, Mr Knout, faisant
la fonction de Grand Maréchal
de la Maison du Roy
vint recevoir Mr l'Ambassadcur,
& le conduisit dans un
Sallon, eu il y avoir un Faujlcuil
pour luy. Pendant que le
Maistre des Cérémonies alla
avertir le Roy de son arrivée,
f.
l'Amiral Toul, Mr - Knout,
Je Grand Maréchal de laCour,
& le Grand Maistre des Cérémonies
,
demeurerent à l'entretenir.
Le Maistre des Cérémonies
estant venu dir^que
le Roy l'attendoir, il sortit de
ce Sallon, ayantà ses collez
MToul &MKnout, &estant
précédé par ses Gentilshommes,
le Maréchal de la Cour,
le Grand Maistre & le Mai.
stre des Cercmonies. En entrant
dans l'Antichambre du
Roy, Mr l'Ambassadeur fut
receu& complimenté par le
Fils du Maréchal Vedell, qui
l'accompagna aussi à l'Audience.
Dans le moment que Mi
l' Ambassadeur parutà la Salle
d'Audience , le Roy de
Dannemarck qui y estoit assis
sur une Estrade élevée d'un
demy pied » se leva, & à la
sécondé reverence qui luyfut
faite, il s'avança jusque sur
<
le bord de cette Estrade, sur
-
laquelle Mr l'Ambassadeur
ayant monté
,
& s'estant couvert,
illuy fit son Compli-
,
ment de la part du Roy son
Maistre , après quoy il luy
rendit sa Lettre de Creance,
&luy sitlesComplimens de
la part de Monseigneur
Dauphin,de Monficur &de
Madame. Le Roy de Danne
marck répondit en Danois
selon la coustume. Mr l'Ambassadeur
estant pallé de là à
l'A ppartement de la Reine,
ily fut receu à la porte de sa
Chambre par Mr Geismard
Surintendant de , sa Maison.
CettePrincesse quiestoit aussi
sur une Estrade
,
se leva dés
'Ju'il parut, & s'avarça jus-
Clues au bord de l'Estrade pour
l'y recevoir. Mr lanibaffadeur
y estant monté
,
luy sit
sa trosiéme reyerence , &
après avoir porté son chapeau
1
sur sa teste
,
& l'avoir osté au
mesme instanr, il la complimenta
de la part du Roy,luy
remit sa Lettre de Creance , '& comme elle ne parle point
Danois, elle fit répondre en
'cette langue par Mr Gueux.
Mr l'Ambassadeur passa en
fuite chez le Prince Royal.
Mr Hann, Maréchal, le receut
à la porte de son Appartement
,& ensuite Mr le
Comte d'Alcfcld à la porte
Cdee Con Antichambre CePrinluy
répondit en Danois.
Mrl'Ambassadeur allaausortir
de làà l'appartement du
i
Prince Christian, où Mr Fireck,
son Gouverneur, lereceut.
Ce Prince récondit au£
si en Danois,& comme lcj
petits Princes Charles & Guillaume
estoient malades, Mr
l'Ambassadeur ne les vit
point, quoyqu'ils eussentenvoyé
leurs Carrosses au-devant
de luy
, & qu'ils l'eussem
faitcomplimenter. Ilpassade
là chez la Princesse de Dannrmarc
k.,où ilfut reccu par
MrChell
,
cy-devant Ecuyer
du Roy de Dannemarck en
Ang leterre
,
& Chevalier de
l'Ordre de Danfbroé. Cette:
Princesse
Princesse ne sçachant pas le
Danois, il repondit pour elle
en cette langue. Enfin on remonta
en Carrosse dans le
mesmeordre qu'on estoitvenu
,
& Mr l'Amballadeur fut
remené dans la même maison
d'où il estoit sorti pour
aller à l'Audience. Cette lo^
gue ceremonie s'y termina
par un soupé qui dura jusqu'à
minuit) ainsi que les precedens.
La variété des matières de hîs Lettres
,
estant caufc
qu'il n' y a personne, de quelque
goust qu'il puisse eUre.
qui n'y trouve quelque chose
qui luy convienne
Y
je croy
, que les Sçavans d'un certain
genre, & les amateurs de la
Santé, feront bien aises d'y
voir ce qui fuir.
A MONSIEUR DE
s.:1
Sur la Pathologiedes Mahladiuesmexternaesidnu
.corps
MONSIEVR,
1
Je ne doute point que le livre
de CM' VerductDoacur en Medecine
,
riait eslé receu favorablementdupublic
; il y avoit
longtemps qu'on l'attendoit avec
impatience. Cet ouvragerinfirme
toute la Pathologiedesmalao
dies externes avec leurs remèdes,
expliquéesfilon les Principes
de la Pbyjique moierne. Il
y a trois ans qu'il donna au Pubhc
un Traitéfortcurieux sur
ÏOjlcologie
,
où il expliquemécaniquementla
formation (ijla
nourriture des os, avec le Squelete
du Foetus,èli une fçawnte
dissertation sur le marcbtr de
l'homme e des animaux sur le
loi des oiseaux
> & sur le nager
des Poissons.
Maintenant pour vous dire
que(queebofe du plandefan Sjfteme,&
des plus beaux endroits
decet ouvrage»ilsetonne que
la Chirurgiefait demeuréesi imparfaite,
dans un temps où la
philosophie moderne a fait tant
de progrès Il dit cependant,
qu'on ne doitpas en efire farprih
si l'on confidere que les principes
qui ont toujoursservi de fondement
à la Adedecincy font obsa
curs, embarraJJèz (jfyr tres faux.
C'estpotlrquoy) ajoute-t-i l >tout
-
ce que l'on a bâti depuis tant de
jiccles sur ces principes, tombe
en ruine. Ilfait voir que la Medecine&
la Chirurgiefontinseparables
de la Philosophie. En
tffèt, la Medecine ü laCbirurgie
separées de la Pbiiofopbie
1
ne peuvent non plus recervoird'accroissement
qu'une branche
d'arbreseparéede son tronc. La
Pbiiofopbie à laquelle il veut
qu'on s'applique, n'efl pas celle
d*Ariflote que l'on enseigne en-1
core parmi la poujjiere des Ecoles
> parce quelle esi toute remplie
d'erreurs grojjieres, mais la philofopbie
qu'il recommanded'étudier9
est celle du celebre Ai]
DescarteS) qui a dccêuvert les
véritables principes de la Physique.
C'est pour avoirsuivi des
principes certains {0 indubitables
) quil eF venu a bout de
donner toute une Pathologie
>
où ilriavancerienquineJoitfoutenu
de bonnes raisons, tant pour
ce qui regarde lescaufès des Ma*
ladies, que pour les Remedes
qui fetventa leurguérison.
Vous ffave7,,
>
Monsieur, qu'il
a raison de dire) qu'encore qu'il
n'ait rien avancé que declair&
d'é'vldent) il eflperjuadé qu'ily
aura pourtant des opiniâtres e
des entepez,, qui ne voudront
point quitter leurs anciennes erreurs
; mais il efperc aufft qu'il
s'en trouvera, beaucoupd'autres
qui feront tout prffts àsedefaire
de leurspréjugé?^, lors quilsappercevront
la vérité. Tout son
Syfieme des maladiesncftfondé
que sur une feule hypothejè qui
cenfjle dans le changement des
tuyauxor des liqueurs desparties
de notrecorps.Ildit qu'afin
quilnarrive point de change^
ment dans les tuyaux & dans
les vejjicules qui composent la
su bftance des parties fùhdes
»
il
jàut que leurs ouvertures fuient
-
égales par tout ; il fout que ces
canaux ne soient point rompus
qu'ils soient toujours flexibles
four laisser couler librement les
liqueurs qu'ils ayent tlffiz. de
forcepour refiler à leur mouvement.
Enfin il l'si necessaire que
tous ces petits tubes ayent du
reffirt pour cbajfer les liqueurs
ncunicieres>carfans cela il n'y
auroitpointde circulation. Lorsque
cette disposition naturelle ne
Je rencontre pas dans les vaiffeaux>
ilenarrivepluseurs changemens
quifont lescauses des malales.
Le pnmier cft une obftruélion
dans les tuyaux qui ernpeche le
ptlffoge des liqueurs nourricières>
ou bien ellesdécoulent, parce que
les Canaux ont eslé coupe^ par
uneplaye
> ou de quelquautre
maniere, ce qui efi cause quelles
J't'xtyavnt. Quelque fois ces
petits Tubes qui composent la
fubfiance des parties $'endurcis,
fent, deforte quils perdent leur
re[forty & foulent ils devien
nentfi minces qu'ils sirompent
a
parce quils nefçanroientfoûte-m
nir lafermentationdesfucs.
Aprés avoirfait voir les changemensquiarrivent
aux tuyaux
st) aux vejjirules qui composent
la fubflancc des parties de nojlrc
corps, on examine les cbangemens
qui arrivent aux Ii.
queurs qui coulent dans tous ces
petitstuyaux. On dit qu'elles
font quelqufjois en pt/ite c~~M- fontquelquefoisenpetitequantité)
Cm quellesdeviennentjou~
vent acrrs ,
& qu'elles peuvent
encore perdre leur mouvementpar
la dijjipation Je hurs particules
fpiritueuf.IJ:e qui ejlcauje qu'elles
s'cpaijjfjjent. Si les liqueurs
nourricières ne font pas en
grande quantité, elles s'arreltent
en faisant des obftrulhons dans
les tuyaux; si elles deviennent
acres, elles dechirent le tissù des
parties; enfinsi elles ont peu de
ouvement
j
eues ne payeront
avec, peine
3
elles s'épaijjiront
ise coagulant.
VoilaiMonfieury le plan de
n Syjieme, qui merite bien
[t'on life l'ouvrage tout entier.
Sa mâdejlie luy fait dire que s'il
si avancédes chojes qui nesefoutiennentpasassez
,il méritébien
qu'on les luy pardonne
1
puis
qu'avant luy personne navoit
rompu la çlctce dans une matiere
aUjJidifficile & auffl nnbroitillée
que le Syftrme dcs maladieso
Je vous dirayencore (npassàns)
<jue les Chirurgiens trouveront
dequoyse contenter. Mr Vtrduç
leurdonne d'abord les operation
qui'lsfontoblige^ de faire tou
les jjurs.Il les remplit de toute
lesObfcrzations quil a cru ne
cejjaires pour confirmer leur pra
tique. Ensuite il pajje à l'expli,
cation des tumeurs, des plays
des ulcérés, desfrallures Et) de
luxations, f0comme les banda,
ges font les plus grands remede,
de la maladie des os »
il s'attacbi
à les decrire le plus exaBemen,
qu'il eflpojjible. Mais parce qui,
fft fowventnecepairedefaire de
fortes extensions pour remettre
les os démisoucajje^
»
il explique
auparavant les principales
Achines de ^iecanique
, que
memploye pour leurréduction*
tlaluy donne occasion de parler
rcettepartie de Mathematique,
ion appelleMécanique
,
qui
dite des forces mouvantes.
La fecondepartie de fin Ouragerenferme
toutes les malaies
externes depuis la teste jufu'auxpieds.
Il examine les
loindres accidens qui arrivent
toutes lesparties: ilgardepourtntl'ordre
analytique
> en donant
d'abordunedescription de
t maladie
3 & quelquefois aussi
1 parle de son étimologie.Ensuite
! pajje aux signes que les Àfcde*
cms appellent Diigncfliques
> qu
Citraélerifènt chaque maladie f:
expliquant sa cause, finprognc
flic, ($f le régime que doit garde
le Malade dans chaque indij
position. Il s'attache pour la da
niere chose a la gutnfon de 1
l'naladie, qui efi la principale si
que le Mcdccinff) le Chiru)
gisn fie projrofcnt. Il con:men
ceparles remèdes internes
pourpasserauxexternes, eripte
firiuant la dose des uns (/;).de
autres. Il choi/il toujours les rîcii
leursMcdiea.menidela[hym,
& des plus habilesPraticiens a
tEIlYOf]e. C'efl la u1 ~:~~
toute cette pernicieuse pratique
des AnczensJfndée sur leurfauffe
tbeorie ; car il efi étrange de voir
pratiquer encore ahjourdbuj9
comme sil'onignoroit les décou- ,,
vertes d'Anatornie & deChymie.
Après vous avoirentretenu au
long du plan de son Ouvrage,je
ne (çauyois mieux finir qu'en
nous en faisantrer/i.irquer quel.
quesendroits des plus cuntux.
Vousjurere^ voui-mesme, Monfleur)
sil'Auteur entend la Tby*
(i :ue. En parlantde l'utilité des
Cauteres, pour faire comprendre
comment ils purifitntU sangs il
vfe fert de texperience que l'on
voit faire aux Cbymiftes* lors
qu'ils veulentfcparer une liqueur
maigre d'avec une liqueurgraffecomme
par exemple, de l'huile
& de l'eau m-fiées ensèmble. Si
c'efl de l'eau qu'ils veulent separer
d'avec l'huile, ils mouillent
leur cornet depapiergris dans de
l'eau; au contraire si c'efi de
l'huile qu'ils veulent separer de
l'eau, ils nemanquentp.isd'humester
leur cornet d'huile.
Pour expliquer clairement ce
p/Jenomene) Mx Vcrducdit que
les pores de l'eau Cf de l'huile
Jont differensi que lamatiere fabule
qui pajJe au travers des partus
branchies del'huile
>
estdifférente
de celle qui coule au travers
des parties delicates f0 polies
de l'eau. (:tft pourquoy lors
que le cornet efl mouillé d'eauxejl
l'tauquidoitpajjer}& non pas
l'huile,parce quelamature subtilequi
fort de l'eau qui remplit
les pores du papier3ne pouvant
sasser par les pores de ihuile,elle
nemanquepas de rtpouffe, l'huile
aux cipflek duxornet, fê) l'on a le
plaisir de voir l'eau se filtrer, &
l'huàcrefler dans le cornet sans
pajJèr..Au contraire,si l'on frote
le cornet d'huile
3
l'eau ne ptjferoe
j point,il n'y aura que l'huilequi
coulera facilement, parce que la
matiere fublile qui pajJe dans
l'huile efi différente de celle qui
traverse l'eaui à cau~sfee de la ddii~fffec-.
rence despores de ces deux liqueurs
»
ait'séprés avoirfait*rreeffiletxxiioonnssuurr
cette expérience3ilfcmble9 dit
fAuteur, que ïonn'aura plus de
peine àexpliquer tuti/ité du [au*
tere dans les maladiescjt lefang
tjiacide; car en sassant l'application
du cornet des Chymifles
avec l'ulcere que le Cautere afit
à la peau ,les humeurs qui circulent
librement
>
dans le bras par
exemple> ou efl le Cautere
, vefiant
a ejlreinterrompues dans
leur coursparlulcerey ellessy
aigrijjent par leurfjour, & croupissant
au fond de l'ulcerej il se
fait un ferment acide qui enduit
les pores du Cautere,
Si donc lefang qui pajje dans
toutes lesparties de nojlrecorps,
& qui efl composé de particules
dijfnentes
>
les unes grasses, les
<// o
autres sèreuses, les autres ameres,
&les autres acides) fait effort
pour Pélffir au travers des pores
du CaÚttre
,
qui font imbus de
ce
-
ferment acide, on njoit bien
qu'il ny aura que l'acide de
la majjedufang qui passera au
travers de ces pores, (jfrf que les
matières graffis & balsamiques
du fangferontrepoujsées par l<&
matiere Jubtiletde la mesme maniere
qUe vous d'Vez vû que la
filtration se faijeit au travers
du papier gris.
Il ajoute que l'experience de
l'Aimanfavorisèson explicatiollJ
car deux Aimans s'approchent
mutue llement l'un de l'autre, en
cbajjfant l'air qui efi entre deux.,
lorsqueles parties canneléesqui
Jortent des pores de l'un
> trouvent
les pores de l'autrefimblablespour
Jon passage. De mesme aujJi l'on
voit qu'un^Ârnan repoujje un
autre Aiman
» ou le fer
,
lors que
les parties cannelees qui foricnt
des pores d'unjûiman ne (sauroient
entrer par les pores d'un
autre. Toutes ces experiences luy
fervent à prouver commentros
humeursse filtrent par le Cautere
» £7* combien ce remedeefl utile
dans toutes les maladies longues
eu rebelles, où l'acide domine
dans lefang, En effetlefang se
purge tolU les jours en passant
par le Cautere, 6-r en se déchargeant
d'une grande partie de
racide, il en devient plus doux
eplusfluide,e toutes les ohjhuclions
cessent.C'etf cncore pour
lemesmeeffet queles jardiniers
ont coutume de percer les pieds
des arbres fruitiers avecune tarierey
pour donnerécoulement à
la feve ,
afin de la purifier lors
quelledevient acre, l'experience
leur ayant fait connoiflrc que
e'eftùit là le vraymoyen de faire
profiter les arbres.
A l'occafon des vesicatoires>
l'on trouve beaucoup de choses Cil.
rieuses sur les Cantharides, les
Sangsues
s & les autres Infestes
qui piquent avec leurs trompes
@J' leurs aiguiUons. Il fait rel
marquer que les Çantbarides
nulcerentfeulement pas la Veffieeny
causantde l'inftamrnation
, car l'expcrience fait voir
que ceux qui ont avalé des Qanibarides3
quoy qu'en petite doss,
sentent une grande douleur d'estomac,
avec beaucoup d'ardeur à
la gorgej ce qui ne peutvenir que
d'uneinflammation de l'eflomac
etJ des inteflins
»
quise communique
aux reins & à la vessîe>
parce que lefiel acre des Cantbarides,
en passant dans les reins,
a corrodé quelque petit vaisseau.
Ç'est ce qui fait que les urines
font quelquefoissanglantes, &
la raison pour laquelle on fent
plus de douleura lavessîe qu'aux
autres partiesy ne vient que an
fil acre des Cantharides quisi
dijjout dans l'urine
3
qui l'entraine
desreins dans la --vesie,sur
laquelle cesicaustique agitavec
violence.
du refle
3
les Çantharides
font si rongeantesy qu'eslansap.
pliqueesextérieurement sur une
playe
)
elles causent quelquefoii
une ardeur J'urine & d'autres
fâcheux symptomes qu'on ne
peut attri buer qu'au sel corrofij
des Canthji/ides,quisemêledam
le fan<r
,
grp.ifmtenfuitte avec
la(ero/Ùé dans Li vcjjie
, p oduii
les cjJdS que je viens de dire. C'eji
four:
pourquoy il ne faut employerces
remedes qu'avec beaucoup de
precaution. La filtratton par le
Seton s'explique comme celle qui
se fait par la languette de drapé
ou par le syphon àcar c'efl la mesme
chose ,puis que cette languet•
te ne dijfere point dufyphon.
Ce qu'il dit des Sangsue- lors
quelles s'attachent ala peau ou
aux cotez d'une fiole
à
l'st touti
fait curieux. VousffaveZ qu'on
a bien de la peine à les en arracher.
Elles s'attachent l la peatt
& au verre, parce que leur teste
s'applatitcomme un petit bourlet.
Enfuitte venant à respirera
leur corps s'enfle beaucoup, ce qui
déterminé le poids de l'air à les
approcher plus intimement contre
la peau vu contre le verree C
comme il n'y a plus d'air entre
leur tesseil'endroit où elle s'attache>
la pesanteur de l'air txterieur
lestientfortementattachées,
de même qu'uncuirmouillé que
Ton appltque sur un pavé bien
poli) sy colleflfortement, qu'onl
a bien de la peine à le separer.
C'est la mesmechose pour deux
Marbres polis qui 'tiennent ensemble
; quand on les veut feparer,
on fentune granderef~iffifilaann--
ce, kcaufe du poids de l'air qui
les unit l'un contre l'autre.
Lorsque la Sangsuê" est ainjî
collée à lapeau> ilfort desa tesse
un aiguillon quin'eji que la foin*
te de la trompeJ laquelle tftant
comme un tuyaudisposé de ma.:
nierequ'ilJe plisse pour s'accour-'
circm qu'il étendses plis pour
s'allonger>lorsque la SanufuE
meut tirer dufang,elle allonge
sa trompe en cherchant dans la
peau un pore ouvert pour l'y introduire
>
f0 l'y fourrer t7ffiZ
avant pouf trouver le fang quimonte
dans la trompe > a causè
de la dilatation dit corps de l'a*
nimal.
Pour bien examinerla flruatire
des parties dela Sangsuëtor,
ne lefçauroitmieuxfaire que fUj
celle qui s*attache au PoiJJon Xi.
pbias3 qu'on appelle Hcron d<
Mer
, parce que cette 5angfu,
ayant quatre ou cinq pouces dl
long
)
est bienplusgrande que le
Sangsués de rinjiere. On voitsa
cilement la fltuélure de sa trom
pe
J
e des autres vifeeres de ce
animal. Sa trompe tft en spirale
de maniere quelle entre dans II
ebair comme un Virebrequin en
tre dan> du bois. ily a lieu d
çonjcêîurcr que la trompe de
SanÓfuës de rivière

efi sah
tomme etHe de la Sangfui de
mer. Il ajoute que les Puces ü
les coujins nous piquent aiec une
trompesemblable> avec cette difsérence
qu'àlapiquure desCoufins
ilsurvient une enflure aJ]e'Z. confiderabh
i où la couleurde la pean
n'efl point changér. Cette peiite
tumiure{} causéeparune liqueur
acide quifort de la trompe. A la
piquure de la Puce, la peau eji
rouge y
maissansenflure. Cette
rougeur'Vient dufang quellefucce
avecsa trompe) de même que lefang vient à une partie où l'on
applique une ventouse. Comme
ce fang se trouve dans un endroit
où il navoit pas tlccoufluméd'estre
>
il sy fermente, &
cette fermentationenvoye de petits
corpusculesquidissolvent le
fang qui se trouve aux enviions
eu la Puceapiqué> deforte que,
tout à l'entour il paroiss un cercle
* rouge de la grandeur d'une
lentille.oLe o centre tft plus rouge
quele refle,parce que c'csil'endroit
que la Puceafait éleverxn
piqu-tnt. Ceji par le moyen de
cette liqueur acre que les Abeilles
(t) les' Guêpesfont élever la
partie quelles piquent avec leur
queue qui est armée d'un petit
aiguillon pointu
>
dur comme de
lacorne &percedun petit trou. ya dans le corps de l'injeéle à
l'embouchure du tuyau une petite
vejjie enveloppée d'un muscle
qui la pressi pour chaffir la liqueur
dansi*aiguillonquandl'animal
pique. Le plus souverain
remede contre la piquure des inpRes)
g contre la morsure des
autres animauxa cesid'êcrajcr
& d'appliquersur la partie, l'animalmejme
qui a mordu, parce
que les particules du venin
ayant des figuresparticulièress ne
sçauroienttrouverdes pores dijl
posez à les recevoir
! que ceux
d'eu elles fontJorties.
e./J1ais la plus belle matiere&
la plus curieuse
>
cefl le Chapitre
des difformité^monflrueufes?
des taches & des envies qu'on
apporte à lanaijJance, M1Verduc
explique par des principes
naturels la cause Physiquedeces
diffirrnitez nonflrueufes> & des
autres taches que nous apportons
du ventre de la Mere. Il entre
dans le Systeme du Pere de Mallebranche
s mais il explique plufteun
chosesdontcesçavant philojophe
na point parlé, comme
pourquoy un Enfant vient au
monde sans bras &sansjambes,
commesi l'on avoit coupécesparties
avecun coutrau, (&-fidans
ce moment là l'Enfant fort du
-*ventre de la mere 9 on Doitavec
horreur cette partiecoupée quifatgne
encore; mais si rEnfantrepe
dans la matrice jusquau temps
de l'accouchement) le bout qui
refle de la partie coupée? comme
le bras ou la jambe, secica*
trisse si bien
3
quilsemble que U
partie na jamais eslé entzere, (7
la partie couper qui refle dans les
envelopes du foe us, se réduit
en humidite, (l1 difparôifî à la
finentièrement. C'?{îun fait qu'il
pmuve par des expériences incon*
tcflables.
Les explications de ces Phenomenes
donnent Ài'esprit une idée
si claire & si mécanique) qu'il
ny a personne qui ne [oit capable
d'entendre tout ce qu'il en
dit ; comme pourquoy ces taches
riarrivent que dans l'Enfant,
£7" non pas dans la Mere ; pour.
qudy elles font de différentes figures;
d'où vient qu'elles ont tan.
tofi du relief, & tantofi qu'elles
font plattes & larges; enfin
pourquoy elles portent toujours
la ressemblance de ce que la Mere
a (Ouhaité.
Mais une chosequifurprend3
cesi de voir que ces marques
cbangentdefigurrede couléur,
"elles font plus vermeilles &
fp/ur relevées dans un temps que
¡Janf un autre. L'Auteur expli-
,que ce phenomene avec beau- |coup Je clarté. il parle des effets
que ton attribué. à /- l'on attribueàl*imagination
» quoy•qu'ils-nen dépendent
pas, comme ce que ton
dit des Oifedux @T des Ours
blancs dit Groenland. On prétend
que cette blancheurtsi un
effet de l'imagination des femel-
Itsyqui Jontcontinuellement dans
les neges de ce Pays froid, mais
il explique autrement ce Phenom
menesansavoir recours À I'I*Mil-i
gination. Pour ce que l'on Ydpporte
des Brebis de Jacob, qui
naijjotcnt de différentes couleurs>
farce qu'on avoit foin de mettre
des baguettes peintes auprès de
leurseaux> il fait dépendrecet
effet de l'imagination.
jdpréiqu'ilafait-voirieseffets
de l'imaginationde la Mere fut
le corfaefnEnfanhil rxamin,
le pouvoir de l'tmaginatlon fui
nous -
mefmts pour nous rendre
ma-ades;& comme detoutes les
obfervativns deA4 'Ùfinr, ilny
en a point qui fjffe mieux à son
sujet que Cobfèrv",tiGn ty();si!me
deKcikrin de son SpicilegiuiT
lanatomicum1 illa rapportepour
fervtr de preuve à son Systme»
En parlant de la Lepre, il dit
quily a en des Ladres qui ont
paru lumineux la nuit> 0* que
leur corpseftolt un phofphere. Il
explique cr Pbenomene tomme la
lumiere qui paroiss dans les poissans
ralez
j
le bois pourry) la
pierre de 13oulogne, & tom les
autres phofpborts>c'ejl à dire, par
des partiessalinesfulphureuses
qui portent du corpsdes Lepreux
i lesquelles par la vîtesse
de leur mouvement Or par la
figure de leurs particules salines
f fontautant de petitsdards qui
[
s'avancent hors de la fuperfcie
de la peauyquipoujjent avec
impetuofté le fécond Element
qui Je trouve dans les pores de
l'air d'alentour; carvousfçaveQ
Afonfïeur
>
qu'il ne faut autre
chose pour nous faire voir de la
lumiere que la prejjîon du fécond
Element par la matiere du premier.
Il rapporte cncore une bellct
observation de Marcel Donat t
1
dufang d'un Ladre qu'on vcnoiiï
de saigner,qui glaça, l'eau dans"
laquelle on le versa.ïlrend raifort
de cephenomene delamefme maniéré
que l'eau ou les auttes //-
tueurs se glacent en Efli,quand
m met autourduVaisseau dufal-
Pefire, @J de la neigeou de la
rlace
,
pilez en parties égales.
La liqueur du vaisseau se glace
ors que la neige vient a Je fon-
Ire, parce que la matieretrèsubtilequiejloit
dans les fores
le la neige & du fafpeflre rajJè
lans seau} f!} en arreste le mouvement.
Faisantl'application de
'et cffitnaturél à ce qui arriva à
jeau qui fut glacée par lefang de
* Lepreux, ce fang qui contenait
beaucoup de nitrt, ayanteslé
Verse toutd'un coup dans de l'eau
roide
j
il se coagula, g toutes
les particulesnitreuses s'eslan
approchétsdeplusprés,les pore
en devinrent plus étroits
t
(ij L
matière fabule qui en forti
riayant pas eu la force d'entre.
tenir la liquidité de l'eau» cesu
une necejjîtéqu'elle se glaçaft
car l'eau ne Je glace jamais qu
la matieresubtile qui en entre
tient lemouvementj ne devienn
plus subtile ou moins agitée.
Je rnr ferois ungrand pjaiji
de parcourir le refle desobferva
tions que MlVerduc fait sur h
maladies; elles font toutes très
belles>mlis l'idéegenerale qu
je viens de vous donner
, e
(uffifanre pour tous faire connoi-
(Ire le merite de Jon Livre. Il
fait espererdansquelque temps
une Pathologie de Medecine sur
les principes de celle-cy. Qommt
il s'ejltoujours appliqué à la
Physîque eà ÏHiftoire naturelle
,
ilpromet encore un Traitesur
les Animaux, qui ne fera d'àbord
qu'un essay; ilfera une
application des Mécaniques à la
jiruêlure des parties internes (f)
externes des Animaux, en rendant
raison de leurs mowvemens.
Ce ferafaire ce que MrBoreLli
n'a fait qu'engénéral. Ces essais
feront d'un grandfcours dans
l'Anatomie pourexpliquerl'uftgc
des parties. Personne n'eslans
plus capable de juger de ces maticrer,
que Messieurs de L'Academie
Royale des Sciences
j ce fera
i cette fçavartte Societé que
l'Auteurpresentera sa Differta*
tionjcomme à des Juges souverains
qui ont droit de prononcer
sur les Sciences. En voila bien
afft:C pour une Lettre. Je fuis,
Monfieur
;t
njojlre
,
ec.
Voicy les noms de plusieurs
personnes confidcrables de
l'un & de l'autre sexe,mortes
depuis peu de temps.
I Messire Camille de Neu-
,ville de Villeroy, Archevessque
de Lyon, Commandeur
.des Ordres de SaMaje:fié,&
,Lieutenant General au Gouvernement
de Lyonnois, Foircft
& Baujolois. Ilestoit aimé
& craint dans Lyon, où il
fcft mort âgé de quatre vin gt
i
septans, aprés avoir toûjours
vecu avec un éclat digne de
Ion o rang & de sa Naissance.
La MaisondeNeusvilledont
il estoit
, a produit de fort
grands hommes. Nicolas de
Neusville
,
1. du nom, àqui
Pierre le Gendre
,
Tresorier
de France, donna la terre de
Villeroy
,
fut Secretaire des
Finances, & Trelorier de
l'Ordinaire des Guerres, Lieutenant
General au Gouvernement
de l'inc de France,
Gouverneur de Pontoise,
Mante & Meulan
,
& Prevost
des Marchands de la Ville de
Paris, & laissa Nicolas de
Neusville II. du nom,Secrerai.
re d'Estat, & Grand Tresorier
des Ordres du Roy, qui s>acl*-,
quit beaucoup derepuration.
& unemerveiileuse ex periencc
des affaires, par cinquante
six années de service fous qua?j
irede nos Rois. Ce dernier
voit épousé Madeleine de
Laubespine
,
Fille de Claude
Srde Chasteauneuf, Secretaired'Estar,
& mourut en 1617.
laissantCharles de Neusville,
Marquisd'Alincourt
, Sr de
Villeroy & de Magny, &-
Gouverneur de la Ville de
Lyon, du Lyonnois,Forest
& Beaujolois. Celuy-cy épOll.
sa ensecondes Noces Jaqueline
de Harlay, Fille de Nicolas
Srde Sancy, Chevalier des
Ordres du Roy , & il en eut
Nicolas de Neusville III. du
nom;Duc de Villeroy >Pait
& Marcchal de France, Marquis
d'Alincourt
,
Chevalier
des Ordres du Roy
, mort
depuis quelques années, Camille,
Archevesque de Lyon
qui vient de mourir, & Ferdinand
,Evesque de Chartres
, mort aussi il y a quelques
années,& tous dans un
age fort avancé. Feu Mr le
Marechal Duc de Villeroy
,
avoit épousé en 1617. Madeleine
de Crequi,seconde
Fillede Charles, Sire de Crequi
, Duc de Lesdiguieres
Pair & Marechal de France
& de ce Mariage est sorty
François de Neuville Duc de
Villeroy ,quiaesté fait Marechal
de France dans la derniere
nomination. Il épousa
xn 1662. Marie Marguerite
de Cossé, Fille de Loüis, Duc
1de Brissac, & de Catherine
de Gondy ,&il en a eu entre
autres Enfans,François, Marquis
d'Alincourt
, que Mr
l'Archevesque de Lyon, son
grand Oncle, a institué son
Héritier.
MrduFay,Gouverneurde
Fribourg Il s'estoit acquis
beaucoup de gloire au Siege
de Philisbourg que firent les
Ennemis. Il deffendit cette
Place pendant pluficurs mois,
& ruina leur Armée à cc
Siege.
Messire Hierome de la
Mothe Houdancour, Evesque
de St Flour. Il cft mon
agé de soixante & seize ans ]
aprés en avoir residé vingtneuf
dans son Diocesesansen
sortir. PhilippesSt de la Mothe
Houdancour
,
épousa
LOÜlfc:Cballcs du PlessisPicquet,
& il en eut Antoine ~S
de la Mothe Houdancour
mort en 1672 PhilippesDuc
deCardonnc,ÇcmtedeBeaii' - mon
..,¡¡
mont sur Oise
,
Viceroy &
Lieutenant Generaldes Armées
de Sa Majesté en Cataogne
,
& Marechal de France
, mort en 1657. Daniel
Evesque de Mende ; Henry
> l'Archevesque d'Auch,Commandeur
desOrdres du Roy,
~morts aussi tous deux, 8c
Hierome ,sacré à Compie gnc
vergue de St Flour en 1664.
:'cO: celuy dont je vous ap,
prens la mort. Antoine de la
Mothe Houdancour
, Frerc
~liné du Marechal, a laissé
le Catherine de BeaujeuAntoineII.
Marquis de laMothe-
Houdancour, Gouverneur
deCorbie. Feu M' le
Marechal de la Mothe.
Houdancour
, épousa en
1650. Louise de Prie, de
puis Gouvernante, de Mon
seigneur le Dauphin & de
Enfans de France
,
Fille d
Louis de Prie, Marquis d
Toucy
,
& de Françoise d
StGelais-Lusignan, & ~ile
eut Françoise
-
Angelique
mariée à Louis Marie, Du
d'Aumont
,
Pair de France
PremierGentilhomme de
Chambre du Roy; Charlot
Eleonor Madelaine
, mari
à Louis Charles de Levy, Duc
de Ventadour, Pair de France,
& Marie-Isabel-Gabrielle,dite
Mademoiselle de Toucy,
, mariée àHenry deSenneterre,
Duc de la Ferté Senneterre,
Pair de France.
Dame Marguerite de la
Vergne. Elle estoitVeuve de
Mr le Comte de la Fayette, &
tellement distinguée par son
esprit & par son mérité
, qu'
elle s'cftoit acquis l'estime &
la consideration de tout ce
qu'il y avoit de plus grand en
France. Lors que sa santé ne
luy a plus permis d'aller à la
Cour,on peut direquetoute
la Cour a esté chez elle) de
forte que sans sortir de sa
chambre, elle avoit partout
un grand credit
,
donc elle
-
ne faisoitusage que pour
rendre service à rout lemonde.
On tient qu'elle a eu part
a quelques Ouvrages qui ont
esté leus du Public avec plaisir&
avec admiration. Ellea
laissé deuxFils. L'un est Mr,
l'Abbé de la Fayette,& l'autre
MrleComtede laFayette,
qui a épousé Mademoiselle de
Marillac, & qui fert presentement
dans l'Armée d'Allemagne
en qualité de Maréchal
de Camp.
1 Dame Catherine Boucherat.
Elle estoit Abbesse de
Saint Micheldela Ferté- Milon,
& Soeur de Mr de Boucherat,
qu'un méritedistingué
a fait élever à la dignité
deChancelier de France.
Messire Edoüard François
Colbert, Commandeur des
Ordres du Roy, Comte de
Matievrier Baron de la Frotgcrc
,
Seigneur de la Foresterie,
la Charte Bouchere, Vil- laeuptrreesu, la Haye-Bergerie,&
lieux. Il fut fait Licutenant
General des Armées
du Royen 1676. & Gouverneur
des Ville & Citadelle de
Tournayen1681. Il a estéCapitaine-
Lieutenant de la premiere
Compagnie des Mousquetaires,
& s'estoit distingué
par des actions d'éclat
en toutes fortes d'occasions.
Il fit des merveilles en Hollande,
où il commandoit un
corps de Troupes, que le Roy
avoit envoyées au recours des
Hollandois, dans le temps que
le feu Evcfque de Munster les
attaqua. Il s'est aussi extrémement
signalé aux Sièges de'
Candie, d'Ipre &de Fribourg*
&a fait paroistre en plusieurs
autres rencontres, un courage
plein de fermeté, & une intrépidité
surprenante.C'estait
le dernier des Freres de feu
MrColberc,Ministre & Secrétaire
d'Estat. Il avoir épousé
Madeleine de Bautru,Filic
de Mr le Comte deSerrant,
dont entre autres Enfans il a
eu une Fille, mariée à Mr de
Medavi, Fils deMr le Comte
de Grancey, & petit-Filsde
feu Mr le Maréchal de Granccy.
Il a laissé encore d'autres
Fillesun Fils qui commande
unRegiment.
Le Gouvernement de Tourmy,
vacantpar samort,acité
donné 9, Mr le Marquis de
Beuvron d'Harcourt, qui
joint beaucoup de prudence
& de valeur à une fort grande
expérience. Il a commandée
commande encore actuellement
en Chef, & possede routes
les qualitez qu'on peut demander
pour devenir un jour
un grand General d'Armée.
Il me reste à ajoûter icy la
mort de Dame Catherine le
Mairat, Femme de Mr Boulanger,
Seigneur de Hacqueville,
Maistre des Requestes
Honoraire;& celle de Dame
Marguerite Maillard, Femme
de Mr le Marquis du Freinoy.
Je vous ay déjà parlé de ces
Familles,& il est temps que
I
cettematière fasse placeà des
articles d'uneautre nature,
Je vous envoyay le mois
passé,ce que M. de Comiers
a écrit sur les Lettres des IL
lusionsdesPhilosophes touchant
la Baguette. Voicy ce
quel'Auteur de ces Lettres y
a répondu.
-
RE'PONSE
A MONSIEUR
DECOMIERS.
JE ne lia.)
,
Menpeur> commentvous
l'entendez. Remplir
J'injures uneLettre de foixantt
pages , parce que -vous cyoye,:\
qu'on vousa, dit une dureté, cela
ness nullement dans l'orare.
VouspAroiJJe% émit J'une force
ui ne vous laisse garder ni me.
hre ni vrai-semblance & qui
re mettroit dans un fort grand
\mbarras
y
si savois donné lieu
I* voflre colere. Par bonheur voreaigreur
na pour fin dement e vostre Ylléprifê. Apresavoir
dit mon sentïment sur tous les
systemesqui ont parusur la Taguette
3
j'ay ajoute que je n'avois
rien à dire sur les discours
en l'air que font certains
grands parleurs, dont la
testeest un Magasindeplusieurschoses
digérées,&
qu'ils appliquent ordinairement
de travers. Vous ave^
cru voir vojlre portrait dans ces;
paroles ,mais je riay point dt
part à l'application que vous en
&ve^ faite, & si vos Lréleurs
ne vous ont pas fût prendre le
change, vous avez du voir que
cetendroit nevousregardepoint>
ni personne en particulier
, &
qu'on ne parle de vous, qu'après
avoir fini tout ce qu'on avoit a
dire surces fortesdegens. Enfin
ai-je dit enfuite, il y en a qui
écriventou pour se divertir,
ou pour faire plaisir à quelques
personnes, ou pour se
dccharger viste des premières
pensées qui leur font venues
lansreCprit.C'est ra lefctil en*
Iroit oh l'on indique votre ouvrait
»
C? puis qu'il ne paroiss pas
jue cetendroitvousaitfait de U
)eine
, me voila hors de tout
,I.rupul1e. ~(,' Jefuisravi de neVOM
tvoir donné aucune o:c,.jlon dj-
:bagrin
3
&je ne lai/Je pas d'êtrefâché
que vous vous foye
nis en mauvaise humeursur un
;enndrrootittque vous n'averti vous /-n âve'{pu"'JOlt-S
tppliquer sans vous faire tort,
Ç'efl cependant cet endroit que
vous repetez si souvent? &qui
Vousfait dire tantd'injures. Ne
:raigne% pa. que je les repousse
vard'autres injures. Ce /<*#£*££
m'ejl inconnu; je sçay d*aillem
i quojy la Religion nous oblige e
ces rencentres à & je veux oh
Hiertoutcequevous niave% d
de désobligeant. Puisque *m
avouer aue vous ne ffaveZ qe
jefuis,
il
auroit eslé à propos qu
vous nttujJÙ:'{ rien dit deperjor,
nel. Si vous avt':( parlésur di
memoira
,
ils font apurement il
fidellesJje ne m'y reconnois poim
je ne connois point cette personn
qui court les Bibliothèques pou
me faire plaisir;je nefiay njje
de de:C
> ny jeu de caites) &le
railleries quevousfaites là-deffl
ne peuventmeconvenir.
-
Waurois-je pas aujji droit de me
plaindre de ce que vous vous
exerce% a deviner sur ce que
fay dit de quelques Ecoliers de
Philofopbie f Est-ilraisonnable
d'enfaire Itapplication à un jeune
homme bien elevêqui efldepuis
long-temps hors de Phi/ofol'hie
fVoila>Monjieur> ce que
jay cru d'abord devoirvous dire.
je ne voulais pas vous entretenir
plus long-temps3 parce que
nous voyant si fort en colere, je
craignois que vous ne prij]ie% en
mauvaisepart ce que je vous dirois
danslafuite ; mais jefaisre.
flexion que vojlre émotion efl
- <* ,
peut-eflre appatjee9 que - le
mépris avec lequel vous me traitc,
K)doit rriesyre un engagement
* vous refondrei de peur que vous
ne preniez mon silencepour un
méprisréciproque. Je vaisdonc
satisfaire a ce que vous criliquez.
- L'endroit que vous attaquez
Avec le plus de resolution, c'efi
l'Entretien d'Ariste,deTheodule,
& de Menalque. Vous -
neconnoijJe%pointyditesvoii$>ce$1
trois Messieurs. Ils paroissent
tout d'un coup ,comme crois
Carabins , qui tirent leur
coup de Pistolet& puis cjui^î
i retirent, sans qu'on puisse
deviner ni d'où ils viennent,
ni où ils s'en vont.
Quoy
3
Manfieur, un Dialoyts
ne peut - il 'Vous plaire a
moins qu'on ne dife>d'oùtiennent
ceux qui parlentj gr où ils
vont? Si tel est voflregoujï,je
ne sçay quy faire. En cas que
vous faflîek des Dialogues
3
j:
ton{ens que -vous le JîÛ'vÏtZo
Vous pourrieZ peindre ceux qui
parlent,décrire tout ce qu'ilsont
de particulier
)
dr faire mesme
leur GeneAlogie) que Je ny trouverais
point à redire. Agrer'{
feulement quejene (uivepas cette
méthode
> ü que jepréféré ceU
le de Platon
y
de Ciceron
»
de Lucien
y & de tant d'autres qui
pajjent pour bons connoeeurs.-
Dans le fond vous n'exige^
pas toujours qu'on dise d'où on
vient - t - y , ni en quel endroit on se
retire. Du moins ne 'Vous plai..
gne^-vous pas de ce que je n'ayr
point dit mon logis.Ii vous prendl
feulement envie de demander et
quejefaijois dans cette belle conversation
avec ces troisMejjîcurs
Apprenez- moy un peu, pour.
fuive^-ious>cjuclciloie là
vostre personnage
; car vous.
n'y dites pas un paie mor.
Vous nous avertissez seulement
qu'Ariste vous mena
chez Theodule La conversation
mesme s'y échaufa ; il
n'y a que vous qui cftes là
froid comme un Espagnol. A
vous voir remuer la tête sans
jamais desserrer les dents,on
vous prendroic pour une Pa
gode dela Chine.
v Aquoy pfn[è'{:'t'ous, Monsieurs
Dans un Dialogue de dou-
"ZJ eu treizepages ,je parle jusqu'à
ftpt fois; @ votif , pouravoir
lieu de coudre ensemble
quelques quolibets, vous avanse",
que je nedis pas un seul moz
aans cette conversation.je fuis
surpris oui- sur une f*ujjeté qui
peut epresi aisémentdécouverte*
nous aye% pris occasion de remplir
plusieurs pages de froides
1
1 îe 411 S railleries.Ejï-ce que vos Lecteurs
lous trompent » ou que vous
croyantoffense>vous n>alve-,
l'ejpritajp%l:l?rc t:::r cieuter ce
qu'onvous lu ?
Si vous aviez tan: d'envie de
critiquer ce né4,,* ne
l'examiniez 1)0:1S a~-ec attention?
Vous eufiitr veu a la
iSo.lime u * i i-Ï 6. un Mcna.^uc miSJ - tu lieu de Tneodulc. Com&?
cettefaute dérangetoutdans cc
Dialogue ,-joti; auriez en quelque
droit d'y faire remarquer
,.du dtfordre & de la confusion
»,
',@J' je n'aurois refondu à votre.
Critique>quen vous priant d'effacer
Mena/que, (7 de mettre
au-défias Theodule, Mais emû
au point que vous l'esses, il n'est
paspcjjibledevoirles objets tels
Quils font. N'appercevant pas
Hcs fautesreelles
> vous en croyez
voir là où il n'y en eut jamais.,
0r vous porte7, le trouble ju[qu'à
a^Cui,,rde garder le ftlence3 lors
ncfme que vous attaquez mes,
>;"ot'Cf paroles, dites en premïet?
p-rfonne dans ce Dialogue.
jfpres qujirifle a rapporte CI
qui tftditdans la Physique Oc~
culte , à l'occasion d'un homme
égorgea qui paroissant la nuit À
son ami f'vient luy dire qu'on 4
mis son corps dans un Chariot,
le que s'ilJe rend de bon matin
dans l'endtoit qu'il luy marque,
ily trouvera le Chariot chargéde
fumier,dans lequel on l'a cache»
comme on pretend attribuer a la
transpiration infen/iblt, &l'ap*
parition &ledétail de toutes ces,
circonstances
>
surpris d'une explication
si hardie
3 ou p/uflofl;
d'une idée si extraordinaire, me
tournant vers le defenfcur de lai
Phyjtque Occulte;Ah,Menalque
, luy dis-je
y que cela cft:
admirable! Des Corpuscules
qui viennent dire qu'unhomme
est aux prises avec Ton
Hoste, qu'il a este tué,qu'on
il'a couvert de fumier , &
qu'on le trouvera à la porte.
Rienn'est plus clair que ceffmoy
qui parle en cette occasion
pomme en bien d'autres; mais s'il
e(tejlonnant que vous ne ,ayez,
pasremarquéill'est encore bien
davantagequevous aye:( voultt
relevercet endroit>{£]- que 1'c..Auteur
de la Phyjtque Occulte ne
vous enaitpas détourné.
Parunm' Par un ménagement toutpdû
tkulier dontje puis donner des
preuves parlantes>savois pasé.
sur bien des chosès, &jenefaisois
queghjjcrfut cette exptcation
sans en developer l'abfurdite.
Il falloit assurement, Monfleur,
vous contenter des égards
que j'avcis eus »
st) rie pas traiter
de Soldaralméàla legere,& e à la lcgcrc,&
d'ignorant qul veut faire le
bel elprit> celuy auune telle
explicationfait fouure.
é:ro..y:';{
- tous qu'il foit fort
.raisonnable de fupvofer eue la.
transpiration de nos {O,'pS va dan7ss
un infiantfaireimprejftonsurnos>s
ÂmiSyi
Idmis> quoy qu'étoigne;m,denous?
-Une teUe supposition peul-elle, a
vostre avis) efire faite par un
Auteur qui pretend que la transpiration
des hommes demeure fixe
en fiortant du corps, quelle ne técarte point, Cquilelle ne peut
efire portée ai fleurs, ny par les
vents) ny par les tcmpejles., ny
bar que lque autre cauje que ce
(oit? Et quand il feroit permis
de faire JeuxsuppoftriariSsi opposées
une a autre, concevezvous
bien que la transpiration
le nos corpspuiffi nota fatrevoir à
jos Amis absens,tley avertir d:
e quifiepajje en nous?Est-ce que
'VOtM eflesbien perjuadt que comme
nous pouvons faire entendre nos
pensées par nos paroles) nouspuiffions
de mesme par la transpiration
donner a nos Amis tel avis
qu'il nous plaira,ou apprendre
par ce qu'ils exhalent> tout ce
qui leur arrivef S'il vous échapoit
jamais de direnuefansfertir
de vostre chambrevousauric*
appris des nouvelles par le moyen
de certains corpuscules rxIJalc::\¡
ducorps dtun Nouvelliste qui se
promenoit dans le jtrdin du Pa«
lais RoyaLçy* quevous entrepris
siZ de fournirune imaginaticr
(t chimérique
?
quelle idée pen.
(ez-'Vous qu'on ûttroitdevofîrs
habileté dans la Physique ?
Je ninjiflcray pas davantage
LÀ-dejjusije me contente devouS
renvoyer a Ciceron. Il rtfure
aJfeK agréablement ceux qui osent
faire des systemes de cette nature,
aussi-bien que ceux qui penferoient
* que les images qui nous
viennent en dormant, font formées
par ce qui se détache des
mesmes corps dont nous croyons
voir la figure.
Peut -
eflre vous ay - je déjà fatigtlé sur cet article, car si
vous me traite% de Soldat ar-
* L i. da Divinat. n. !30. & feq.
mé à la légère, lors que fuse
de quelque ménagement3 toujours
porté a critiquer, sans craindre
de vous contredire, vous grondez
d'ailleurs de ce que j'cntreprens
avec trop d'appareil de dé.
truireneufou dix systemes, @' de
ce que je parois trop bien informé
sur la matiere en auelfion.
- Il faut, dites-vous
, avoir
employé quatre ou cinq ans à
faire des experiences sur la Baguette,
pour dire si positivement
quelle tourne indifferemment
à des personnes d'un
temperament different, & aux
mêmes personnes,en des tems
eu la disposition de leur corps
n'cft pas la même;qu'elle tourne
à l'âge de dixanscomme à
celuy de soixante, pendant la
maladie comme dans une parfaite
santé;à jeun aussi-bien
qu'après avoir mangé.
- Non,Monsieur, il n'a pas
fallu quatre eu cinq ans pour
faire cette remarqueiil n'a fallu
qu'un demi-quart d'heurt; car
il ne faut pas plus de temps pour
lire deux Relations au courtes
que le fontcelles de Mr l'Abbé
de la Gardes f0 de Mrle Procureur
du Roy. Vous deviek faire
attention que je ne me fers des
paroles citées qu'après ces çJMeffiturs.
Ils ont fait ces obfervalions
en moins d'unest-maine, &'
dans les endroits où l'ontrouve
un grand nombre de gens quiJe
fervent de la Baguette. On peut
les faire en moins de deux jours.
Mais a quoy aboutissent les
reflexions que vous faites sur cc
nuon avoit traité la queflion
il y a quelques années ? Quel
inconvénient trouviez- vous tl
qu'après l'avoir examinéeil y ap
quatre ans, Cm écrit pour lorr
deux Lettres sur cette matiere»
on faffe à presentimprimer ces,
JeuxLeures , e qu'on montre
en mesmetemps les défauts de
tous les Sjflemesquiviennent
de paroijïre sur ce sujet ? Corn.
me l'onmavoitdtmandé plu"
fleurs fois quelque chose de plus
étendu que ce qui csi dans cespremièresLettres,
peutjlreavcis-
Je promis d'y travailler; mais si
y n'ay pu my déterminer quapféjavoir
vu paroijïre les nouveauxfyflémes
> a-f. on quelque
sujet dy trouver à redire?
£hel inconvénienttrouvezvous
encore,que pour examiner
ce qu'on doit penser des jÿfttmfS
sur le fait de Lyon> j'examine
les circonfiancesqui se trouvent
dins les diverjesRelations, oui
aans lesobsernations que nous
ont données les Auteurs de ces
jyflemesî
Il y a, dites-vous, dans toutes
ces Relations des choses
outrées; il y en a de fausses ;
il y a des contradictions manifcftes,
& surtout cela vous
prétendez pourtant décider
cc qu'on doit juger de nos
systemes. Nos systemes! Efl.
ce que vous en ave7, faitun,
(jf que vous cftrs chargé par les
autres Auteurs deplaider la cause
commune? Quoy qu'ilensoit,
'Voyez à quoy vous exposez ce
que vous m'opposéz. Si vous pre.
tendek que ces cbofes outrees, &
ces contradiftionsmanifestespartent
de l'ignoranceou de la malice
de ceux qui les rapportent
je vous renvoye à Mr tAbbéde
la Garde
,
à Adr le Chevalier de
Mong\rauty à M1 le Procureur
du Roy, à M1 Panthot3 & à
Mr Garnier, tr si lesRelations
font fidelles> comme je ne puis
rn douter
j
perjuadf de la bonne
foy
>
& de texaaltude de tous
':es Meffieuyr, ces contradictions
mamjrfles se trouvent dans ru-
Qge de la Baguette? Et qu'y at.
il de plus décisif pourmontrer
que le mouvement de cette Baguette
n'ejl pas naturel
)
(fy qu'il
ne peut ejlre que l'effet d'uncffn'lt
<,,~~,'j~(' ,.r ,c~l se¡n, tir, f0 defc f.. 4 , t.f. "J "-
, ') ,'>' it,,' 1 ., contredire ? £)u on Cattnbue a'1U
foouurrb~e~rieer~-Vcaeouàcelle de /-?.*un.>$,ouà ce lle
des espritsdereg??,ilm'importe
peu. On dontoujours conclurrt
, :r si. qu'untel ufy. ne r ut ere mii
au nombre des ferets de physique
; cejl tout ce que j'ay voulu
prouver.
Remarquc^ ,Monsieur, l'u*
Jage que j'ay fait de toutes ce.
Relations) & ce que j'ay obfervi
dans l'examen de tous ces fyfte.
pies. En examinant un fyfleme
j1e ne me .fu,isservi que des faits &•dis principes reccus par .llA' Autcur
; (7 lors que f.iy montre
exi: l n'eJto:!paspojfble (ju'on ex- ¡, n eJ t 0: ! p c1 S fjj tJ ¿f (i U 0 n explio'idjl
jamaisphyfJqucmcnt les
Phenomenes de la B.,iguette, je
r/ay raisonné que sur les obferi-
aticns rapportées dt la mcfme
mûYiiese danstextes ces diverses
P\,el,ctions-. Ce que j'ay dit efl a]-
.f"tZ clairy el je ne croy pas qu'on
y oppoftjamais rien de fo/ide.
J'apprens tous les jours que de
tres-babiles Tbyjiciens font dans
lesentimentquefay fttivi. Ai1
Chatelain
,
Dofleuren Medecine,
dontl'habileté doit vous
eflreconnuepar ses Ouvrages&
par sa rrputation, vient de meu
tre au jouruneDissertationPhysiqueoù
ilprouvefortfohdement
l'impojfibtlitéde faire un fyfleme
sur la Baguette\ff) si la pluspart
des Sçavans nient absolument
tous ces faits »nonfeulement ce
qu'un raconte d'Aimar>maïs généralement
tout cequ'on dit des
Phenoments de la Baguette
>
c'est
ouils croyent impojjiblequ'une
Baguette tenue des deux mains
puijJc naturellement se mouvoir
&fe tordre de la manière qu'on
le dit.
Gommentofe^vous donc irai*
ferde dupesydevifionnaires*
de mauvais Phyfciens ceux qui
font dans l'opinion que fay fui.
vie ? H^retende^
- vous eslre en
droit de traiterainji lesAtiteurf
Jesuites dont fayrapporte le sentiment?
&vousimagine^-vous
faire prendre le change au Public
en mettant lesJefuitesau nombre
de ceux que j'attaque? Je ne
yenfepas qu'on vous croye. Com,
me on a [uja de se défier de vopre
témoignage> on ira consulter
la huitième Lettre des Illusions
des Philofophcs far la Baguette
,
cm on y verra qu'outre les
* Page 173.
Z)
'dix AuteursJesuites que je cite,,
je dis nettement qiïà la referai
du Pere de (hales
3
qui n'a of
décider
, je ne connois aucun ait
ire Jesuite qui n'ait condamna
l'usage de la'Baguette.
Ptttt-efireaprès cela ne voudra-
t-on pas vous croire, lorsquevous
dites que sa) maltraitte
leP. Schott»dans un fdiiHc¡
qui ne paroisiplus;mais je veux
efire vofire Caution sur cet article.
J'avoüe donc que dans h
feuillet qui n'a pas deu paroifindès
que le Livre$efié mis er
vente>fay parlé des Ouvrages
de ce Tere
> comme de Recucd.
où iexactitude le discernement
ne regnent pas toujours; je
l'aydit) & je nay pas change
de fintiment. Diflingue^ bien le
Pere André Schott d'avec le
Pere Gaspar Schott. Celuy cy efl
d'un caraBere'fortdifférent du
premier. Le desir d'imiter le Tere
Kircher dont il avoit efié Collégué
à Rome
>
luy fit prendre le
dessein de ramasser braucoup de
choses sur l'Hijîoirc naturelle,
{0 cfuoy quitfçeuflles Mathématiques
,
il s'appliqua davantage
a compiler beaucoup de choses
> qu'a discerner le vray d'avec le
faux. Cent j'efuites vous diront
lamejmechoje
,& vous avoue-*
ront qu'il ne faut pas prendre
pour des vérité^ tout ce qui Je
trouve dansJesouvrages,
du refletje vous priedevous
accorder avec vous-mesme sur le
fujetde ce Pere. D'un cofté vous
faitessêmblant de prendre son
party contre moy, e de l'autre
vous le mettez au nombre des
4 Duppes, des Visîonnaires
, & des mauvais Pbyficiens.
Car prenez-ygarde> Monjicur,
Jon sentiment Jur la Baguette
neflpointdifférentdeceluyque
fay suivi. Voyele dans la
source, ou dans ce que jen ay
fideliement rapporté, f0 faites
corriger l'endroit de la Phyfiquc
Occulte, 014 il fsi dit que le P.
Schott a changé de fintiment.
C'eftunt erreur ; il est luray que
(1lepassage cité dans la Pbyfiquc
Occulte tfloit fidrlle
, on
Attroitfnjet de le penser ainsi,
mais il tsi tronqué; on y a retranché
un fcmpcr
>
Toujours)
& qui quidem non peifuaicrunt
, gr celte omijjtcn fait
Soutun autre sens.
Le beau champquamoit en
I#l)ostre humeur critique, Ji vous
*dvie% pu rencontrer une te lle
faute dans les lllufions de la
Bag uette ! Tar bonheur, iltu
s'y trouve rien qui vous ait don
néprist
> &vous riave^pu iou,
emporterquesur des fuppojitiom
f0 des fautes, dont vous esieJ
vous-mesme Auteur.
Souvenez vous que vous
tfles cause quej'ay parlé de
cette faute >quon pourvoitappteerlmleiYnauàneifnafiidreéulintéCaErtlolenmedé-
tmai:
termi,-ia àfaireunCarton, mai
., riofantouvertement
n'ofantowvtrtcment llaaffaaiirreeccoonn«.
noiftre
>
je me contentai de du
jlinguerToujours par un plut
gros caracîere.
ERU\)nneeiauaturetrreariasoionnmm'eennggadggeeaa4À
faire ce changement. C'ejt 1
rfloit a propos de ne pas parler
du Pcre Schott
>
d"une manière
'quicnfj pu faire de la peine à
quelques pCÍfcnYies, st) 'Vùus au.
rie7l bien dt4 ne pas receler ce
que j'avois condamne à ne point
parciflre.
Voilal'unique changement
que j',tyefait Smais si j'avois pu
prévoir que l'endroit que vous
DOUSapplique^ vous eu(L fait de
laappeuinnee, ,jjee alu'aruOrloSiVssjf)juurroemnccnnlt
retranche.J'aurois fait un fécond
Carton>preslken faire un troisiéme
ft7 un quatrième
, apaffer
réponge sur tout le Livre
plujlofl , quedefaire de la peine
a quiquecefoit. j
Tuis que vous a'Vf':( vu In
Illtlfionsdesi bonne heure3que
ne me faifte^vous-dire par lè
TLibraire que vousvous.ycroyie^
tnaliraittéïUn telavis n'auroij
pas esié auJJi inutile que celuy
que vous me donnez dans vofîrc
Lettre, Vous ne gardez pasassez
Id-ltes-vous)
,
la vray
feirM
blancc dans vos niions. Pcnsezvous
que ce soir une chose
bien imaginée que vostre
Lettre écrite de Paris à un
Chanoine de Grenoble, pour
l'instruire de ce qui s'est pasle
dansGrenoblemême?
Je nefçay d'oùvient quilne
-vousparoig pas vrayJemblable5
que j'écrive de Paris a une personne
de Grenoble, ce quisepaÇsa
ilyaquatre ans dans Grenoblemesme,
e que je luy nomme
les personnes qui furent témoins
dufait aujpbien que moy. Si cela
n'efl pas vtay semblable
3
il
tft certain que cela efl vray.
La Lettre dont vous parlez^{0
la Çuivante ont l'fié écrites le
mois de Fevrier dernier à Mf
Lions, Chanoine de Grenoble.
Ces Lettresfurent leue's par
ceuxqui yfont nommez > &
cornme ilsJçavent mieux que
vous cequejedévots dire ou taire,
le cas de conscience, & les rélfexions
que vous faiteslà-dejjus
font fort inutiles.
Pour la contradiction que
vous croyck voir
» vous ne la
'VerreZp'!us sivous donne=\. quelqueattention
à ce que jaydita
la page 160.
En un mot)onne doitiamais
se servir de la Baguette ,
lors
qu'on efl persuadéquellene peut
tourner naturellement. Quand on
en dotlte, lien nempeche de voir
l'exptrience
,
@" d'en obfrvef
tous les phtnomenes. Comment
Saffurerautrements'ily a de U
fourberie, ousi touty esi Phyft.
que? Et a l'égard de aux qui s'en
ferventcommunément,pourquoy
1 1 ne les portercit-on pas a aemander
a Dai dejairecejjerce mouvement
J en cas que le Demon y
ait part? Prier de cette maniéré
ce rieft pas tenter Dieu
,
mais * demander sa protection contre les
illusions du Tentateur*
Pourquoy me demandezvous
queCi-cequefentens par les
Phenomencs dela Baguette,
qui (ont ou faux ou surnaturels
? fctte expressîon ne fie trouve
point dans mes Lettres. Je
riay donc qu'à vous expliquer te
que fentens par surnaturel ;
puis que vousy trouve'{ tant de
difficulté. Je nentens pasparce
terme ce qui eflproduit par le Demon
>
mais en zeneral
> tout ce
qui n'efl pas naturel
,
c"eft-à.dire
tout ce qui n'est pas fait par une
fuite des Loix que Dieu a établies
pour la communication des
mouvemens. Quelquefois on reftraint
le terme naturel, &quelquefois
on luy donne une plus
grande étendue. On poarroit absolument
dire que tout ce qui se
fait par les Anges @J les Demonsefl
naturel, parce que s'ils
ont le pouvoir de remuer les
Corps?
CQrps) il efl aussi naturel qu'une
pierreséleve en l'air, lors qu'ils
le defirent, qu'il est naturel que
nostre bras se remue
3
lors que
nous le voulons. Mais communément
on entend par naturel,
ce qui sefaitpar la rencontre fÙ
le choc descorps>sans que les Anges
ou les D-mons s'en mélent.
C'eflen ce fensque je prens ce
terme. Je croy devoirmarrejler
iey. Si j'en difiis davantage
> lirois peut-ejire plus loin que
vous nefoubaitie^i car vous ne
paroijje^pas d'humeurà penetnr
un principe
, ny à suivre un
raisonnement. Je ne puis entrer
dans lefond de la question,par.,
ce que vous ne l'ave% pas tou.
chéey & cette feule raison decroît
bien me dispenser de vousi
faire aucune réponse. Scrieufement,
MonsieurJ à quoy aboutittout
ce que vous reprenez. dansles
Lettres qui découvrent
nilufion des Philosophes sur
la Baguette ? Quand ce que
Irvous avez critiqué ne rouleroit
pas sur de faussesfuppojtttons>
quand ilferoit vray que j'aurois
gardéleftlence dans une conversatio-
n * , ou que j'auroisusé de
quelque fieîion en écrivant une
LetlreJ quefl-ce que cela ftrort
au pointcontejte! Ils'agit de jçavoir
s'il est possible
,
qu'un écou-'
lement depetits corps aitfait tour.
ner la*Baguette. La queflionnefl
point embrouillée; elle est reduite
àdeux points * dans l'examen
des Syftcmes de M1 Chauvin,
de M1 Garnier, ù de l'Auteur
de la Pbyjtcjue Occulte. Cesllà
-oùil en falloit venir) & aux
reflexions que j'ay faites
? pour
montrerque dans l'usage de la
'Baguette il y a des moralite-,,-
incompatibles avec les causes
Physîques. Ne dites pas>je vous
prie, que je ne distingue pas af-
* Pag.82.&206.
fezl'u(age quequelques-unsson
de la Baguette en dirizeant Itui
intentionO o , d'avec ce qu'obfet-
Dent les autres sans former au.
cun iefir. Pour peuqu'on If les
Illusions sur la Baguette, on
fera convaincu du contraire. 1
estvray que je montre par de.
faits incontefla-des que la 'Baguette
s'accommodeJouvent aux
desirs & à l'intention de ceux
qui s'en fervent
,
maislorfqut fexamine les trois S)ftemrs don.
je viens de parler 3je ne dis pa.
un mot de l'intention.Jeraifenm
sur lesprincipes des Juteursne
m:s des Sjflemes
> & la concluion
que je tire, tfi jondeefut
des preuves purementPhyflquesi
Si l'on ne vient à tExamen de
ces diverses preuves , tout ce
qu'on obieélcra ferainutile.
Recourir aux inJures,&noe.
pojer que des mots vagues> c'cft
imiter les deffinfurs de i'cAprologie
judiciaire, toujoursptejlsd
étppellerDuppcs
,
les duteurs
qui ont détruit les principes de cet
art chimérique, st) qui en ont
découvertlesillusîons & les
mensonges. Chicaner sur certain
nes choses qui ne font rien à la
queflion,c'efl perdre le temps ü
lefaireperdreaux autres. Mais
jugeons de ce que vous firir'{
dans l'examen de la queflion
principale
y
parce que vous faites
dans tout ceque vous attaque
Combien defois a,,vez.,vous pris
le changef VoyeZ quelles ont
eflevos ressources ;
defauffisfup.
pojitionfre/ervées par de pures badineries.
En dis-je trop? N'efl-ce
pas tout au moins badiner que
de se f-a » faire un Phantome pour
s'en divertir, que de se forger
une Statueun Muet qui remue
la reste sans desserrer les dents,
pour pouvoirl'appeller Espagnol>
Pagode de la ChineJ
0* tout ce qu'il vousplaifl.
>Ce qui est asseK fwguliirtcefl
qu'avec tout cela vous parle%
fomme jivous Cfiiez bien redoutable.
Que vous epes heureux
d'avoir affaire a une personne
qui répond fmplemtnt à ce que
'Vousopposez.
» e quife feroit un
scrupule de vous attaquer sur
quoy que cefoitl II Jeroit affleurement
très-facile de vous pouffer
rudfment, mais à Dieu ne plaist
que je prenne ce party; j'aimeroisbienmieux
prendre celuy de
garder le silence, il me paroip le
meilleur,ü je neJçay d'où vient
que bien des gens Jouhaittent
>
queje tous réponde. Lamaniât
simple avec laquelle je lefais rit
leur plairapeut-ejlre pas >maii
pourveu qu'elle serveà me tenir
dans les bornes de la moderation.
&d'une juste dejfenfe, c'rfl tout
ce queje cherche.
Il feroit à fouhaitter
,
Monsieur>
que vous vous fifJfîeZ
prescritdetelles bornes en composant
votre Lettre, &que vous
eussiez aujji fait reflexion qu'on
ne doitjamais écrire lors qu'onse
fentému. Je n'oserois vous donner
des avis ; les Livres Saints
vous en fourniront J'admirables,
&fî vous en voule^ de moins
parfaits,Scneque vous en donfiera
qui ne laiffint pas d'ejlre
jâlutairrJ. J'en trouve deux
à
dans lefécond Livre de la Colere)
dontjecroy de-voir profittr. Le
ptemter rft de ramener par de
bons offices) ceux qui se mettent en colrere contre nous É7 l;e fécond
, des'eloignerd'eux, cjuand
ils veulent nous ftlpper. Je ne
pourray peut-est,efaireuifage du
premier que parmes dtfis
,
rnai5
fobftrveray exactement le fe-
• condtengardant le silence) si
,vousecrivek de nouveau contre
moy.
On a rétably le commerce
entre les Pays- basEspagnol.
& les Pays Conquis. Le ~Prince
d'Orange en a eu beaucoup
de chagrin, Il s'estoit imagi-
De dans le commencement de
cette guerre, qu'il prendroi
si bien ses mesures, que h:
France seroit ruinée faute de
Commerce. Cependant,quelle
quesoit l'autorité ar bitraire
qu'il a usurpée sur les Hollandois
, il n'a pû empêche:
celuy de Lettres de cette Re
publique avec la France; &
quoy qu'il soit défendu cr
Angleterre,toutes les Lettres
des trois Royaumes iiOu:
viennent par la Hollande.
Nous n'avons manqué de rien
depuis l'ouverture de la guerre
, que ses interests luy font
chercher à continuelle grand
nombre de Prises que nous
avons faites sur mer, & que
nous faisons encore tous les
jours, nous ayant fourny abondamment
de toutes choses;
& c'est par cetteraison
que les Armateurs qui avoient
accoutumé de desarmer pendant
que les Flotes estoient
en mer, ont eu ordre de la
tenir cette année.C'est une
marque évidente que nous ne
nous ne manquons point de
Matelots
, puis que suivant
l'usage, on auroit pris ceux;
des Armateurs dont onavoit
accoutumé de se servir,comme
faisoient les Anglois pendant
que les Flotes e stoient en
mer.
Les ReligieuxHospitaliers
de lOrdre du Saint tfpriç:
ne sont pas les seuls qui
aycnt rendu au Roy leurs
tres humbles actions de graces,
de la bontéqueSa Majesté
a euë de rétablir cet Ordre
dans tous (es biens & dans
tous les droits. J'oubhay de
vous dite ilya quelque temps
que les Chevaliers &Officiers
Laïques du mesme Ordre ont
eu part à cet houneur, & que
M' leChevalier Huë, un des
anciens Barons de Courson en
Auxerrois, Commandeur de
Saint Poursain,Sous-Vicaire
genera l, & premier Officier
d'Epée dumesme Odre, accompagné
de plusieursChevaliers
& Officiers, fut presenté
à Sa Majesté,par Mrle
Maréchal Djc de Duras, pour
la remercier , non seulement
durétablissement de
leur Ordre, mais encore de
la grace qu'Elle leur a faite
en agréant leRegiment qu'il
luy ont offert par le Place
rapporté par M' de Barbe
sieux.
LeRoy adonné plusieur
Bene fices ce mois-cy. M
l'Abbé de la Luzerne a cftf
pourvu de l'Evesché de Ci
hors. Il est homme de quali
té. Mr le Marquisde la Luzei
ne à
sonPere, avoiceHéGouS
verneur de feu M' le Ducd
Vermandois Il est Doétcui
de la Faculté de Paris, tres-efî
timé pour ses bonnes moeurs
il estoit Aumônier de Madai
mela Dauphine. M1le Comte
delaChaiseaépousé la soeur
de ce nouveau Prelat.
J L'Evesché de Comi nges 3:.
estédonné à Mr l'Abbé DénpnviHetQuiaefte
longtemps
Grand-Vicaire de Chartres.
M" Dénonville son Frere est
Aumônierde Monseigneur le
Duc d'Anjou,& a esté Vicetoy
de Canada.
L'Abbaye de Ligny a esté
donnée à Mrl'Abbé dcCamps
l~'lAiremiens. Jene pourroisrien
de ce qui le regarde, qui
nesoit connu de tout le monde.
Mrl'abbé de Candau a eu
1---- - ,. -.-.
l'Abbaye de l'Isle Chauvet
Mr l'Abbé de Meschatin;
Comte de Lyon, celle de Meinac,
& Mrl'Abbé de Sansay.
ce lle de Morcaux.Il esi Neveu
de Mrde Coulange
, & Parent
de Mrs d'Estrées. Mr Bitault
a esté pourvcu de l'Abbaye de
Poultiere. Ilaun Frere Capitaine
aux Gardes, & unautre
Conseillerau Grand Conseil.
M' l'Abbé DcHain, Comte
de Lyon, a eu le Prieuré de
S. Irenéede Lyon. Ilest Frere
de Mr de Saillant; Capitaine
aux Gardes. Je vous ay déja
entretenue fort au long de la
Maison d'Estain, l'une des
des plus illustres de France.
.e Prieuré dePartenay a cité
donnéàMrl'AbbéduRosel.,
Fils d'un ancien Officier de
jidinchon. Il a deux Frercs
Colonels. Mrl'Abbé Duché a
esté pourvû de celuy de Charrais.
Il est Fils de seuM.Duché,
Contrôleur General de l'Argenterie.
Le Pricuré de S. Florentin
à Rodez a esté donné à
Mrl'Abbéd'Aire,celuyd'ArguesàRodez,
à Mrde la Bordenne,
Aumônier de laseconde
Compagnie des Moulqueraires;
& ccluy de Marmande,
àMrl'Abbéde Paris, Filsde
de Mr de Paris, Maistre des
Comptes Il avoit une Chanoi.
nie de la Sainte Chapelle, que
le Roy a donnée à MrBoileau
, Doyen de l'Eglisede
Sens,&Frere de M Dé preaux,
C'est un homme d'un grand
mérite,& d'une grande érudition.
Il ne faut pas s'en
étonner, espritestant heredi.
taire dans toute cettueFamille.
La Chanoiniequ'avoit feu Mr
l'Abbé Langlois dans le même
Chapitre, a esté donnée
au Fils deMrBusire,Officier
de la Chambre du Roy.
Le Lundy 15. de ce mois,
M1 l'Abbé Bignon ,& M'
de la Bruyère furentreceus à
l'Academie Françoise. Mr
l'Abbé Bignon parla le premier
,& fit un Discours
, où
l'on n'admira pas moins l'ordre,
&la liaison ingenieuse
de chaque matiere, que la
beauté de l'expression, & le
tour agréable des pensées.Il remercia
Mrs de l'Academie,se-
Ion la coustume
,
de ce qu'ils
l'avoient admis dans leur
corps,& par une modestie digne
d'un homme, qui dans un
âge fort peu avancé, possede
avec beaucoup de distinction
tourcequ'il ya dans les belles
Lettres qui puisse contribuer
à polir & à élever l'e£
prit, ne sevoulant pas croire
digne de ce choix, il dit qu'il
nedoutoit point que la consideration
qu'on avoit pour
sa Famille,n'y eust eu beaucoup
de parer qu'on n'eust
voulu faire grace à la personneen
faveur du nom. Quoy
que l'Eloquence regnaft dans
tout son discours
,
elle n'eue
aucun pouvoir àl'égard decet
article,& ne persuada point.
Avec combien de delicatesse
entra-t-il dans lesloüanges de
Mrle Comte deBussi,dontil
remplissoit la place, & avec
quellefinessefit-il sentir que
si l'Ouvrage qui avoit causé
tous ses malheurs,avoit mérité
lacensure de tous les gens
fages, on ne pouvoit au moins
donner assez de loüanges au
repentir qu'il avoitmarqué
de l'avoir fait. Il fit enfuitc
l'Eloge deMr le Cardinal de
Richelieu,Fondateur de l'Academie
,
d'où il passa à celuy
du Roy, qu'il loüa très- dignement
,
si ce grand Monarquepeut
jamais estreassez
dignement loüé.CeDiscours
prononcé fort noblement âj
charma toute l'Assemblée,&
ce qui vous convaincra
, que-,,
les applaudissemens furent
sinceres,c'est que MM'Ar-*
chevesque de Paris estantarrivéquand
Mr rAbbeBignom
estoittoutprest définir, otti
le pria de ne le pas priver
de la satisfaction d'entendre,
ce qui venoit d'avoir une
approbation generale. Ce.Ii
grand Prelat joignit fcs prieofcs
à l'empressement que chacun
faisoit paroistre de joüir,
encore du mesmeplaisir, ôç\
Mr l'Abbé Bignon ne luy
pouvant réfuter ce qu'il demandoit
si obligeamment,
recommença son Discours.
L'applaudtncmcnc fut encore
plus fort qu'il n'avoit esté la
premiere fois, & l'on n'y
trouva pour tout défaut
, que
ccluy d'estretrop court.
Mr de la Bruyere y parla
ensuite
)
& quand j'ay à
vous rendre compte du succez
qu'eut le Compliment
qu'il fit à l'Academie,vostre
surprise sera grande de
me voir sortir de moncaradterc
)
mais j'espere que
vous voudrez bien me fair
la grace de suspendre vostre
jugement, jusques à la fin d
cetarticle. Mrde la Bruyere;
fait une Tr=\duétion des cai
racteres de Theophraste ,ô\
il y a jointun recueil de Por
traies satyriques, dont la plus
part sont faux,& les autre:
tellementoutrez,qu'il a cal,
aisé de connostre qu'il a voui
lu faire reussir son Livre à for
ce de dire du mal de son Prochain.
Cette voye est en effe
plus feure que celle de la mo'
deration, & des loüanges
pour le debit d'un Ouvrage:
On
On court acheter en feule ces
fortes de Livres, non pas
qu'on les trouve ny beaux ny;
solides, mais par le desirempressé
qu'ona devoir le mal
que l'ondit d'une infinité de
personnes distinguées. Je me
trouvay à la Cour le premier
jour que les Caractères "pa.!
rurent, & je remar quay de'
tous costez des pelotons où.
l'on éclatoit de rire. Les uns
distoient,CePortraitestoutré,
les autres, en voila un qui l'est
encore davantage. On dit telle
choÇe de Madame une telle, disoit
un autre e Monsieur un
tel
, quoy que le plus bonneste
homme du monde, est Ires. mal
traité dansunautre endroit. Enfin
la conclusionestoit qu'il
faloit acheter au plustost ce
Livre,pour voir les Portraits
dont ilcarcropIy,de: crainte
que le Libraire n'eust ordre
d'en retrancher la meilleure
partie. Voila les effets que la
Satyre produit. Les Auteurs
en font souvent ébloüis, &
attribuentà la beauté de leurs
ouvrages,ce qui n'est deu
qu'au mal qu'ils disent de
quantité de personnes. Un
des Illustres de ce temps e
homme denaissance & d'érudition
, & qui a l'honneur
d'estreauprès d'un Princedu
SangRoyal
en qualité d homme
de Lettres, ayant traité
serieusement un ouvrageintitulé
Discours sur les Anciens.
qu'il pouvoir égayer dequelques
traits de Satyre, dit
pageII5.Jesçay tous les avantages
que laurois trouvez à donner
un tour plusgay à ce discours.
Jesçay combien la railleriea de
charmespour les Lecteurs lesplus
chagrins ; combien il estagreable
- de rtre> ü de faire rire aux dépens
d'autruy
à
combien de feu,
de ine
) 0* d'agrement un pareil
tour répand dans tout un
ouvrage. Je fçajyque le ridicule
tflfouvemplus capabledepersuader)
& de tirerd'un pasghjfant,
que les raisonnements les plus
forts)(iec Le mefmcdit
pagez3r. En rèjouissant le
public, on esi toujours feur dit
succezde[1cause. On chatouille
lecoeur* on attache> onplaifîinfailliblement.
La plaisanterie
donneun airauxchoses qui fait
tout Paifrr,*Çouvent en faveur
d'un bon mOl, un Lefleur ne
voitpas,oune veut pas voir le
défaut dexafliîude}plusfevfi*
blea sonplaisir,qu'àson utilité;
mais quand onparle d'un tonJerieux,
les choses changent bien de
face. Pointd'égard,point de grace
)
point d'iniluigence
,
il faut
toujours fraper au but, toujours
fairesentir la droite raison
,
toujoursfaire briller lamérité.
Ces derniers mots font a ssez
connoistre que la verité ne
regne guere dans les Satyres,
& l'on voit en general dans
1. ces deux endroits,les privi-
: leges de ce genre décrire,~
qu'ilestaisé d'y reussir,par-
: ce que la medisance grossit
toûjours lesobjets,maiscomme
ce party couste fort cher
à la gloire,àl'honneste homme
,&aux bonnes moeurs, il
(e trouve peu d'Auteurs qui
le veuillent cmbraucr. Je ne
pretens attaquer icy personne
en particul ier
,
je parle de la
Satyre en général. Ceux qui
s'attachent à ce genre d écrire,
devroient estre pcrfuadcz
qu'elle fait souffrir la Pieté
du Roy, & faire reflexion
que l'on n'a jamais ouy ce
Monarquerien dire de desobligeant
à personne. La Satyre
n'estoit pas du goust de feuë
Madame la Dauphine; &
j'avois commencé une reponseaux
Caracteres des moeurs
du vivant de cette Princesse,
qu'elle avoit fort approuvée,
& qu'elle devoit prendre fous
sa prote ction
,
parce qu'clle
repoussoit la Médisance. L'Ol1..
via gede Mr de la Bruyete ne
peutestre appellé Livre, que
parce qu'il a une couverture, & qu'il est relié comme les
autres Livres. Ce n'cil: qu'un
amas de pieces detachées
,
qui
ne peut faire connoistre si celuy
qui les a faltcs, auroit asfez
de genie & de lumières,
pour bien conduire un ou.
vrage qui seroit suivi. Rien
n'est plus aisé
, que de faire
trois ou quatre pages d'un
Portrait qui ne demande
point d'ordre, & il n'y a
point de génie si borné, qui
ne soit capable de coudre ensemble
quelques medisances
de son Prochain, & d'y ajoûtercequi
luy paroist capable
de faite rire. Ainsi, il n'y a
pas lieu de croire qu'un pareil
recueil
,
qui choque les
bonnes moeurs, ait fait obtenir
à M' de la Bruyere
,
la
place qu'il a dans l'Academie.
il a peint les autres dans son
amas d'Invective,& dans le
Discours qu'il a prononcé,il
s'estpeint luy mesme
,
&
aprésavoirtâché de prouver
que les places de l'Academie
ne se donnoient qu'au mérite,
il a dit que la sienne ne luy
avoit couté aucunes sollicitations
, aucune démarche,
quoy qu'il soit constant qu'il
tac l'a obtenue que par les plus
fortes brigues qui ayent jamais
été faites. Quelle diffeirencc
des deux Discours qui
ioraresté prononcez en mesme
jour, & des manières des
deux nouveaux-Academiciens.
M' l'Abbé Bignontémoigne
beaucou p de reconnoissance
pour la place qu'on luy donne
; Mr de la Bruyere se croit
si digne du choix qu'on a fait!
de luy,par la haute réputation
qu'il prerend que ses cara ctères
luy ont acquise ,qu'il n'a
daigné faire* "U remerciement.
M 1 AbbéBignon,aussi
modestequ'il est distingués
par son sçavoir
, ne veut pOlntl
devoir sa place à sonmérite,
mais à la consideration que
l'Academie a pour sa Famille;
Mrdela Bruyere,sierde sept:
Editions que ses Portraits fatyriques
ont fait faire de son
merveilleux Ouvrage, exagere
son merite >& fait entendre
que c'est à ce seul merite qu'il
doit la place cù il cH: receu.
Jen'entre point dans le détail
du reste de son Discours,puis
que toute l'Assemblée a jugé
qu'il estoit directement audessous
derien. Il auroit tort de se
plaindre de la manière dont
j'en parle Je me sers des proprestermes
dontîls'est servi,
quand illuy a pleu de se divertirà
parler hors de propos du Mercure Galant,& je veux bien mettre icy le mesme galimatias,
pour ne dire ny plus
ny moins. Il n'y a dans cej;
paroles que l'intention qui
m'offence, car elles ne me
regardent pas, & je n'aurois
jamaischerc h é à les relever
sij'estoisseul offencé.Le Mer.,
cure n'etf point composé de
mes Ouvrages
J
& l'on ne me
doit regarder que comme une
Bouquetiere qui lie les Feurji
des autres,qui sont leurs Ouvragcs.
Ils consistent dans ce
que font deplusbeau les plus
illustres Orateurs de France
& les Poêtes les plus distingucz.
On n'y voit que des:
a
ïarangues faites au Roy, ou
l'ouverture des Parlemens,
lu à la reception des Acadcmiciens
François, des Fragtans
des plus beaux Sermons,
u des- Oraisons Funebres,
jÎeKs iRveenltations de guerre faites
par des Generaux
'Armées mesme, des Outrages
d'éloquence, & des
tlllèrtations sur tout ce que
: hazard fait naistrede plus
- urirux &de plus beau. On
pfeLuivtrdagierse que tant de beaux
soientdirectement au
Wjbusderien,àmoins que de
Buloirfaire entendre qu'il n'y
a pasunseul homme enFrand
capa ble de bien écrire, <3
comme le contraire paroit
visiblement,il suffitd'expo)
fer le fait, pour faire voir qui
Mrde laBruyere n'a pû mci
tre le Mercure au dessous dj
lien> sans y mettreen mefnj
temps tout ce qu'il contient
c'est à dire, une infinité dl
belles Pieces, tant en Vcp
qu'en Prose. Il n'a pas crû
qu'il a écrit, & s'il n'avoit
trouvé de h réputation à <
recueil de tant d'admirable
Ouvrages,ill'auroit jugé il
digne de sa colcre. C'c(H
haniere detousles nouveaux
Auteurs.Ils s'imaginent qu'ils
brilleront seuls quand ils au-
~pnt porté des coups qu'ils
~royent mortels à ce qu'ils
trouvent étably.Il y a dixppt
ans que le Mercure cft au
;ouO: du Public, il est un peu
sud pour l'attaquer. Le Public
~oit clair, vous lesçavez ; il
de bons yeux ,
& en grand
ombre,& s'il le laisse quclquefois
surprendre
, ce n'est
jamais pour longtemps. Je
suis fâché du chagrin que cet
article pourra donner à Mrde
Bruyere. Cependant, je le
repete, il aura tort s'il se plaint
puis que c'est luy qui est
l'agresseur. Quand il calomnie
toute la terre, il ne doit
pas vouloir em pêcher une le";
gere ébauche de ce qu'on luy
répondra, s'il replique jous'i»
ajoûte le moindre mot darH
son Livre,à cequesavanité
luya fait dire de gayeté de
coeur contre moy, qui ne mé
fuis rendu digne par aucut
endroit des plai fanteries qui
l'ont réjoüy. Quand oninsulte
lesautres, il faut estre pre
paré à tout,& ne pas donne
la Comédie au Public en
fachant comme les Enfans,
qui ont souvent peur, quoy
qu'onne fjfle que lesregarder.
S'il se plaint, j'ay la justice
pour moy. Il m'a attaqué sans
nulle raison
,
je fuis offencé, &
je défensuneinfinité de personnescruellement
outragées
dans les Caracteres des moeurs.
Un Ancien
,
recommandable
dans l'Eglise, ordonne d'attaquer
ces fortes d'Ouvrages,
de crainte que les Auteur ne
s'énorgueillissent, dans la pensée
que le mérite de leurs E«i
crits les fait acheter
, quoy
que le debit n'en soitdûqu'à
la médisance, qui excite une
curiositéàlaquellelafoiblesse
humaine ne peut resister.
Mr Charpentier répondit
aux Discoursde Mr FAbbe
Bignon & de Mrde la Bruyere
, en qualité de Doyen
de l' Academie, en l'absence
du Directeur &du Chancelier
Tant d'Ouvrages de
cette nature que vous avez
veus de luy, vous ont persuadée
de son éloquence & de sa
profonde érudition, que je
n'ay rien à vous en dire aujourd
'huy
,
sinon qu'ilrem
plit fort dignement l'avantage
qu'il a d'estre à la - teste
de ce Corpsillustre. Mr l'Abbé
de la Vau leut ensuite trois
Pieces deVers qui donnerent
beaucoup de plaisiraux Auditeurs,
chacune en son genre.
La premiere sur la Paraphrase
du Dies iroe» dits i/Ja) de Mrtk
laFontaine; la seconde, une
fuite des Caracteres de l'Amour,
dont Mr Boyer avoit
fdaaints voir le commencement
la derniere Assemblée
publique, & latroisiéme,le
second Chant du Poëme que
MrPerrault a fait de la Creation
du Monde. Tout yfoutint
avec avantage la gloire de leurs
Auteurs,à qui les applaudissemenS
nefurent pointépargnez.I Les Bleds s'estant trouvez rares
cette année en plusieurs Etats d
l'Europe,lesPeuples en ont beau;
coup souffert,& sur tout en Efpa-,
gne oùils se font vendus quatre fois
autant qu'en France. Ainsi
, quo
que nos Provinces n'en fussent pa
fournies abondamment
, on n'^
paslaissé d'y en porter ,
à cause dul
grand gain qu'on y faisoit. La di^
setteaestéaussifort grandeen AOl
glCterreJ & les Nouvelles publique
nous ont appris les Soukvemenj
qui y font arrivez en plusieurs en]
droits à ce sujet. La France
commJ
plus peuplés
, a fait voir plus de
malheureux qui avoient besoind'être
secourus, & les Ennemis qui il
peuvent vanter leurs Victoires,
1 n'ont pas manqué de publier qu'elle
estoitaccablée, que la Guerre avoit
causé ce malheur
,
& qu'elle estoit
hors d'estat d'ensoustenirles dépenses
,comme si un pareil accident
n'estant que pour un temps, les choses
ne devoient pas rentrer après
l'Aoust dansleur premiere situation,
supposé que la Recolte soit bonne
comme il ya lieu de l'esperer. Pari3
estant le refuge de la plus part des
1 malheureux à cause des grandes cha-
(
ritez qui s'y font, il yen est venu de
toutes parts chercher du foulagernent.
11 s'agissoit de les secourir. Ils
trouvoientdéja de grands adoucissementsàleur
misere danslesaumos-
¡; nesdes particuliers, mais cela ne si)ffifoit pas. Les Mandiansdeprosession
enlevoient ce qui estoit
destinè aux vrais malheureux,&
parmy ces vrais malheureux, il y en
avoit qui perdoient leur temps, &C
qu'on pouvoit employer. Dans cet- teembarassante confusion,les Echevins,
tant anciens que ceux qui
font en charge, les Conseillers de
Ville & les Quarteniers s'estant assemblez
dans l'Hostel de Ville sur
la fin du mois passé, Mr du Bois,Prevost
des Marc hands, leur fit connoistrepar
un Discoursfort pathetique)&
qui fut generalement applaudi
, la ntccflitê qu'il y avoit
d'employer aux travaux publics les
Mandians validasqui estoient pour
lors en fin grand nombre à Paris,
pourleur donner les moyensdesubsister
,
& bannir en mesme temps le
libertinage. Il offrit de fournir aux
frais d'une partie deladépense que
les Travaux dévoient couster, 5c sa
proposition fut si agréablement receuë
, que tous ceux qui composoient
l'Assemblée
,
contribuerent
en mesme temps à une charité si necessaireau
public. Le bruit de cette
Assemblée ,& des bons effets
qu'elle avoir produits,s'êtant répandu
,
divers Particuliers ont envoyéde
l'argent sans se faire connoistre,
& l'on a mesme reçu des
Pierreries, sans qu'on sçache de quelle
part elles viennent. Les malheureux
seront secourus plus longtemps,
& non feulement ceux qui sont à
Paris doivent leur soulagement au
discours de Mr du Bois, mais ceux
mesme qui font demeurez dans les
Provinces IlIY font redevables, son
exemple ayant produit de pareils
secours endivers endroits.
£
Le détail de ce qui s'est passé au
Voyage de Monsieur en Bretagne
en- trop curieux pour ne vous en
pas faire parr. Comme il n'est pail
ordinaire à ces Peuples de voir le;
Roy ny les Princes de son Sang*
leur joye a paru exceffive. Le peuplebordoit
les chemins, qu'il couvroit
d'herbes& de fleurs en criant
Vive le Roy & Monsieur. Son Altesse
Royalea fait de grandes liberalitez
sur toute saroute. Les 13our
geois se sontmis fous les armes
danstouteslesVillesoù Elle a paf"
sesles Corps de Ville l'ont haranguée,
& luy ont fait des Presens, SC
les Intendants l'ont suivie dans
leurs departemens, ainsi que les
Lieutenants de Roy pour recevoir
ses ordres.Tous les Gardes des
Maréchaussées de chaque Province
ona
ont fait de mesme. UnRegiment
de Cavalerie alla au devant de ce
Prince à deux lieues de Vitré. La
Ville estoit tenduë des plus riches
Tapisse ries, lors que S. A. R. y arriva,
&toutes les rues setrouvèrent
couvertes de Fleurs. Ce Prince
eut une Garded'Infanterie, 6C
une de Cavalerie. Le 2. dece mois
Monsieur étant monte à cheval,alla
marquer un Camp à troisquarts de
lieue de Vitté
, & fit faire des défences
fous peine de la vie, de commettre
aucun desordreOnnepeut
rien ajouter à la magnificence des
reras que Mr le Duc de Chaulnés
luy a donnez. Il a régalé
toute la Maison de ce Prince, 8c
pendant le Voyagequ'il a fait à
Saint Malo pour y porter ses ordres
, & faire tout préparer pour
sa reception en ce lieu-là
,
ses ra.
bles ont toujours esté servies à Vitré
de mesme que si ce Duc n'en
efloit point party.
Monsieur alla le 7. à Saint Ma.
lo,dont l'Evesque le vint recevoir!
à quatre lieues. Il y avoit à deux
lieues hors les portes, une infinité,
de peuple qui bordoit le chemin,
&: S. A. Royale rencontra à une
lieue de la Ville, Mr le Duc de.
Chaulnes à la teste de la ~Nobles
se à cheval. Elle fut haranguée
hors la porte de la Ville. On luy en
presenta leb Clefs, & un Dais ~qu
estoit porté par six des plus ~ancien'
Sindics. Lors que ce Prince appereut
les Clefs, il dit
, Vous gardez,
tropbienvojltcVille) MljJiCJUYf
pournevous en paslaisser les Chfsj
Contmui\ji la bien confirvtr,&
faire toûjoursparoistrelemesmezel
pour LeRoy. A l'égard du Dais, il
tèmoigna qu'il vouloircontinuer sa
route tans descendre de Carrosse.
Mr le Chevalier de Lorraine, Se
Mr le Marquis Deffiat estoient
dans le mesme Carrosse. Les rues
estoient tendues de Tapisseries,&
il y avoit des Tapis aux Fenestres,
qui estoient toutes remplies de monde
, ainsi que les rues. Il y en avoic
mcfme jusque sur les toits; toute la
Bourgeoisie efloit fous les Armes,
&c les rues en estoient bordées.
S. A. R.sur reçue au bruit du Canon
& de la Môusqueterie. Il feroit
fort difficile de vous bien exprimer
lesacclamations publiques, &
les cris de Vive le Roy, Monsicur&
laMaison de Bourbon- Monsieur
faisoit detempsentemps au Peuple
des inclinations de teste fore obligeances.
Il estoit environ deux heures
quand ce Prince arriva à l'Hotel
de Chaunes
,
où il devoit diner.
Il ne trouva qu'un Couvert surla
table qui luy estoit destinée
, & il
ordonnad'en mettre dix. Il fitasseoirMadame
la Duchessede Chaunes
à sa droite
, & Madame dej
Nointelàsagauche. Il y avoit un
espace de chaque costé entre Monsieur
& ces deux Dames. Mr de
Chaunes fut placé auprès de Madame
sa Femme, & Mr de Saint,
Malo auprès de Madame de NoinJ
tel,puis des deux costez, Mr
lei
Chevalier deLorraine, Mrle Marquis
Déifiât
,
Mr le Marquis de
4a Fare, Mr de polastron, & ~une!
autre personne de qualité. S.A.RJ
dit mille choses ~agwables & ~oblUj
géantes pendant le repas, Se regardant
l-a profusion des Mets, 8i
la magnificencedes Services, JElle
dit en se retournant vers Mr de
Chaunes, Si mon Neveu, le Prince
£Orange, vient en Francesje t'amlneray
cheZ vous, car onyfait bonne
chere. Comme le lieuoù l'onmangeoitestoitremply
de monde, Me
de Chaulnes demanda à Monsieur
si S. A. R. vouloir qu'on le fist for-
-
tir à cause de la chaleur.Non Madame,
répondit ce Prince,c'est une
marque du 7,ele qu'ils ont pour Sa
Majesté. Mrde Chaunes fit servir le
mesme jour trente deux Tables à
quatre Services, où l'on but d'un
tres- grand nombre de differens
Vins. Le Diner fini, Monsieur alla
au Palais Episcopal,où il reçut les.
complimens de ceux qui eurent
l'honneur de l'y venir salüer. Il
leur répondit fort obligeamment à
tous, & ses réponses parurent
d'autant plus honnestes
, & judicieuses,
qu'il les fit avec distinction.
S. A. R. ayant visité tous les environs
de la Place, se rendit enun
endroit fortifié de la Ville
,
qu'on
nomme vulgairement le Rempart d'où l'on voit , la Mer de tous costez.
Il y avoit là une infinité de
peuple assemblé
, & ce Prince estoit
encore suivy dune grande multitude
,
de forte que les Suisses voulurent
les faire écarrer en les menaçant
avec leurs Hallebardes,
mais Monsieur les en empêcha en
parlant fort obligeamment de lacuriosité
de ce peuple. D'abord que
S. A. R. fut arrivée en ce lieu-là,
les Fregates, les Galeres, les Barques
Longues, & les autres Bâtimens
destinez pour la défense du
Pott, qui estoient à la Voile dans
la Rade, firent une décharge de
tout leur Canon. Celuy des Forts
Royaux qui sont sur des Rochers
fortifiez,tiraensuite. Ils s'étendent
environcinq à six lieuës, & il y
en a dedistants d'une lieuë
,
d'une
demi-lieué, & d'un quart de lieuë.
Quand le premier de ces Forts a
tiré,tous les autres se rcpondent.
A l'endroit où les Ennemis peuvent
venir plus facilement avec la Marée,
on avoit ancré un Bateau,
sur lequel on jetta plusieursBombes.
La premiere tomba à la portée
duPistolet par delà le Bateau,
la seconde creva en l'air, & la
troisiéme tomba à deux brasses du
Bateau,ce qui fit connoistre que si
c'eust esté un Navire, elle auroit
fait tout l'effet que l'on en pouvoit
attendre. Il y en eut une tirée à
trait perdu, qui tomba à trois quarts
de lieue de l'endroit de son départ,
de forte que si les Ennemis se presentent
pour bombarder Saint Malo
, on peut les ruiner à coups de:
Bombes, sans qu'ils puissent insulter
la Place, puis que les Mortiers
font placez au pied du Fort qui tfi:
détaché de la Ville,àladistance
d'uneportée de Canon, & situé
sur le bord de la Mer qui l'environne.
Ce Fort qui s'appelloit auparavant
Lisilet,est presentement nommé,
Fort Royal.
Monsieurestant de retour sur les
sept heures du soir
,
fit assembler
tout ce qui estoit resté à Saint Malo
de personnes intelligentes dans la
Marine, & leur fit diverses questions.
IltintensuiteunConseil particulier
,qui ne futcomposé que de
sept ou huit. Deux Compagnies de
Grenadiers estant venuës pour
monter la Garde à l'Eveschéou devoit
coucher ce Prince, illes remercia
avec beaucoup d'honnesteté
, & dit cjttil vouloit estre ga>dé
pa*MeJJi^urs de Saint 31alo. On détacha
aussi-tost deux Compagnies
de la Bourgeoisie qui furent relevéesle
lendemain par deux autres.
Le Lundy 8. le Corps de Ville alla
le saluer
, & luy presenta quantité
de Confitures seches & liquides,
du Thé, du Caffé
»
du Chocolat,
des Eaux de senteur
,
des Pastilles,
& plusieurs autres choses de cette
nature, avec un petit Catalogue
pour trouver chaque chose dans
son ordre. Le remerciement :dCi
Monsieurfut fort obligeant. On
-
eutl'honneur, de le voir jusques à1
dix heures,&toutes lespersonnesdistinguées
de la Ville & des environs
firent leur Cour à ce Prince. D'autres
Particuliers luy firent present
de quelques raretez , & furent charmez
de sa conversation & de ses
bontez. Monsieur en quittant la
Compagnie allaà Cancall, quiest
environ à deux lieuës de S. Malo.
Les Ennemis auroient pû descendre
en ce lieu-là avec quelque facilité,
mais on y a fait des fossez & des
Batteries,où l'on a mis soixante à
quatre-vingtpicces de Canon. Son
A. R, envisita toutesles avenuës,
lesBatteries,& les retranchemens,
dont Elle parut fort satisfaite, &
demeura plus de cinq heures àche*
val. Elle revint sur les cinq heures,
& alla chez Mr le Duc deChaulnes,
oùl'Assemblée se trouva tres-nombreufe
pour la voir souper. Ce Prince
fit connoistre pendant le repas
qu'il estoit fort content des Habitans
de S. Malo, & dit plusieurs
chosesobligeantes à leuravantage.
Quand on eut servi le fruit, il donna
beaucoup de confirures [cehes
aux Dames; mais s'il parut galant
envers le beau Sexe, il fit voir qu'il
distinguoit le merite
,
& parla obligeamment
à toutes les Personnes
distinguées. On tira encore quelques
Bombes a prés le souper, &il
yen eut une qui tomba si proche du
Bateau dont je vousay déja parlé,
qu'elle fit entrer beaucoup d'eau dedans.
Ce Prince ne voulant pas par"
tir sans avoir vû tout ce que le service
t
du Roydemandoit qu'il visitast, agl
le lendemain au Chasteau, & erl
ayant examiné les fortifications,il
ordonna quelques Ouvrages poui
les rendre plus parfaites. Il partit le
mesme jour, -se dit qu'il témoigneroit
titi Roy qu'ilne croyoit pas que
Sa Majesté eustdes Sujeis plussiez*
& plus ditach(z à son service, que
les Habitans de S. Malo. Ce Prince
ne voulut point qu'on tirast le Canonà
sa sortie. Il passa par Dol, Be
alla coucher au Bois-Geffray
, & le
jour fui vant à Vitré, d'où il devoit
aller voir l'Armée qui s'assembloit
à Pontorson
, & dont les Troppes
font tres-belles, & ne respirent que
la presence des Ennemis.
Je ne vous parleray point aujourd'huy
du grand desavantage qu'ont
eu
-
lesAnglois dans la Martinique,
&aes pertes qu'ils y ont faites.Il en
a paru des détails,& il y en a même
d'imprimez qui ne se trouvent pas
justes. Onm'en a promis un que je
croy fidelle, ce qui m'oblige d'attendre
jusques au mois prochain à
vous en entretenir. Cependant je
vous diray que personne n'cft furpris
que Mr de Gabaret, Gouverneur
de cette Isle
,
ait donné dans
cette occasion des marques de son
intrepidité ordinaire.Il est d'un nom
qu'il suffit de prononcer pour faire
l'éloge de ceux qui le portent; SC
en défendant la Martinique avec
tant de conduite & decourage,il
vient de faireconnoistre quesa Maison
peut avoir de grands hommes
sur terre,ainsi que sur mer.
Je vous envoye une Lettre, où
vous verrez en original ce que vous
n'avez appris jusqu'icy qu'imparfait
eenlcnc,
D'Andrinople le 29.Mars 1693. L Audiencedu GrandSeigneurqui
avolt estépromit à M1lord Pagel)
fut remije au 6. de ce mois.Il expliqutà
SaHauteJlè l'ordrequ'ilavoit
eude MrleP.d'orange,son Maiflrc*
de travailler à ménager une paix entre
cet Empire, les âllenuins & les
Alluz*,& n'entra dans aucun détail
des conditions. Le GrandSeigneur luy
répondit,Nous Tommes Amis des
Amis;& quand Milord Pagct se retira,
il IUJ dit de prier Dieu pour sa
profpcrité.
MilordPagets'expliqua le 11. de
cemois
,
dansuneAudience particulière
du Grand riftr en prcfcnce dit
Mttphti
,
des proportions de iaix-,
dont /'Empereur&lcsAlliez,Cavoient
chargéi elles se reduisent à ce que
chacun garde ce qu'il a conquis>& QIItre
cela queKaminietsJeYarenduaux
Polonois.Si..tofl que Milord Paget fut
retiré
,
les deux Cadileskers & le
Janissaire Agise rendirent chez le
Grand riftr) drilsconfcrcrentensemblesur
lesproportionsdeMilordPaget.
Ils convinrent que le Grand Visir
devoit tenir conseil generlll) dans le.
quel il manderoit les trois Ambaffideurs£
Angleterre cr de Hollande qui
fonticylesferoitexpliquerenpresence
de tous les Chefs dt cet Empire«
ce quifut executétroisjours après.
Ov ne leur rendit point réponsesur le
chimp
, quoy quilsprffaffnt fort
pour l'obtenir. Elleferaencoredijfe\ée
de quelques jours, à cause de la déposition
du GrandVisir, qui vient d'arriver,
pour avoir resisté trop ouvertementaudtjfein
que le Grand Seigneur
avoit de perdre le Tefterdar,
ou grand Tresorierde£Empire, à
,
pire , a
caujè de{es extorsions. Le Caimacan
du GrandSeigneur a esté fait Grand
Visir.Il efi Beaufrcre de Sa Hautlifè
,
dont il a obtenu la grâce de
sonPledccefifur déposée qu'Elle voa,
loitfairemourir, C'ejlicseulf.-iiit
queceMiniflre infortunéretirera de
l'alliance qI/il avoit contractéedepuis
ptu avec celuy qui luy a fuciedé. LA
manière dont ie Caimacan a cbifé le
grand Visir eji fingulitre en ce Pays.
ils fotlirent tous deux de chiz, le
GrandSeigneur, commeside lien n'efloit,
& non feulement ils allèrent
Jouper enfcmble,maisils coucherent
dans la rnefme maison, qui efi celle
lu déposé.ilsy ont dtnéaujourdbuyy
tendant qu'on démenageoit les meubles
de l'ancien,pour les porter dans
U maifln du nouveau. Ctluycy
efl marie à la Soeur du GrandSeigneur.
Cette alliance n'empêcha pas ce
Prince de faire un compliment bien
extraordinaire 4 ce nouveau Minijlre,
loisqu'il luy demanda la grâce de
son predecesseur. Er quieft-ce, luy
dit-il, qui me demandera gracc
pour toy) quand je voudray te faire
périr, si tu ne fais pas ton devoir?
Le Grand Vijîr a ejlé Selittar de Sultan
Mehemet, di a pasé par tous les
grandsemplois. Il estoitCapitan Batba
du tempsque Mr du ÆUe}nt bombarda
Scioavoitdéjà pour lors le
vnefme Kiaia qu'il a aujourd'htlJ.
Dans les proportions que l'Empereur
a fait faire à la Porte, il nobmet
rien dts prétentions exorbitantes
des Polonois& des Venitiens ,
à de},
fein sans doute de frire valoir aux,
Turcs la resolution où il t'st d'abandonner
ses AllieZ
t pour obtenirplu*,
aisément de la Porte ce qu'ilfouhaitet
qui tjJ de garderee qu'il a pris, & i
toute extremité, autant que je puis
le penetrer,de ceder la Tranjilianie,
comme elle cjloitavant laguerre, C'tfi
à dire, dépendante des deux Empires,
dr tributaire du GrandSeigneur.
Le 2. dece mois, les Auguflins
de la Ville de Saint Fargeau voulant
donner des marques publiques de
leur reconnoissance des bienfaits
qu'lsont receus de feuë Mademoiselle
d Orleans, leur Fondatrice,
firent dans leur Eglise un Service
tres-solemnel pour le repos de son
ame. Il y avoit un lit de parade de
Damas avec une crêpine d'argent.
Les quatre faces estoient chargées
chacune d'un Ecusson en reliefd'or
& defoye, & les quatre colomnes,
ornées en hautd'aigrettes 8c de panac
hes blancs& noirs. Dessous il y
avoit une grande estrade à quatre
gradins, couverts de blanc, &
garnis de flambeaux d'argent & de
chandeliersde différentes grandeurs
avec leurs cierges. Sur cette estrade
qui estoitbarrée de bandes de crêpe,
il y avoit une Representation avec
un magnifique drap de velcurs.
chargé de quatre grands Écussons
de la Princesse, en relief de fil d'or,
ôc une Couronne couverte d'uri
crespe. L'Eglise estoit toute tendué
de noir,aussi-bien que les Autels,
&fort éclairée. Mrs de Ville, de
Justice, êc du Grenier à sel, affilèrentenCorps
à ce Service en habits
de ceremonie. Ilsoccupèrent lagauche
du Mausolée, &: les Chanoines,
qui estoient en habit long, leur
Doyen à la cette
,
furent placez à la
droite. Les Curez des Paroisses dépendantes
du Duché y assisterent
aussi
, & un grand nombre de Religieux
Augustins des Conventscirconvoisins,
qui s'estoient rendus à
celuyde S. Fargeau,contribuerent
à la solemnité du Service. Ce fut un
Religieux du melme Convenr qui
prononça l'Oraison Funebre.
Les Religieux de l'Observance
deS. Françoisont celebréà la Rochelle
,
la Fesie de la Canonisation
de S. Jean de Capistran & de Saint
Jean Paschal, Religieux de leur
Ordre, avebeaucoup de magnifitence.
Je vous ay entretenue tant de
fois des Festes de cette nature, que
je ne repete point que divers Corps
Ecclesiastiques & Religieux y allerent
faite le Service pendant l'octave
,&qu'il yeut chaque jour differens
Predicateursqui prononcerent
le Panegyrique des deux Saints
avec une entiere satisfaction de leur
Auditoire.
OnaeuavisdeCollioureque le
Roy fait nettoyer le Port Vendre.
Comme c'est le plus considerable
qu'ait Sa Majesté sur la Méditerranée,
Elle fait construire à sonemboucheure
un Fort pour contenir
trois cens hommes, & quarante
pieces de Canon,aveccinq Redoutes.
Ellea donné lecommandement
de cette Place à Mr du Pelloux,cydevant
Officier Majorà Collioure.
Ses longs services luy ont attirécette
recompense.
Voicyles noms de ceux qui ont:
expliqué l'Enigme du mois passê fun
fin Lavement, qui en estoit le vray
mot. Mrs Bernard, de Clermont en
Auvergne:de la Poupardiere de
Rouen; de Guillebert de Sr. Los
Macé de Cairon de Caën, le Chevalier
du Rocher de Mortain; de
Vallemont ; JulliotAssesseur du
Comté de Benon ; le Cheva lier
d'Amonville;l'Aimable du Cloistre
S. Honoré:l'Abbé de S. Jacques
du Bourg de Troyes; Bonnard
de l'Hostel Bruslard ; la Carrières
de Caën; Thurrault de la Cotron..
niere Chanoine de S. Pierre dm
Mans; Berthier demeurant à Rouvrayen
Bourgogne; la charmante
MadelondeS. Andheux; l'Amant
.éacfié de la ruë des Rosiers,& la
charmante Brune du Palais enchanté
; le Railleur de la rue des vieilles
Etuves, & sa jolie Commere : la
charmante Mariane sa voisine:le
Gros Controlleur;le Juré de Foin
du Bureau de Surenne; lecharmant
Epouxde la belle Maconnoise: le
Chevalier de Clodoré,& l'aimable
Louison de Mante: l,Affeffetir
nouveau de Mante, & sa riche Mineure;
Louis leFidelle, & son engageante
Bergere de Lion;l'Abbé
de S. Laurent les Tours, & les
aimables Soeurs prés S. Roch : le
Breton à l'Anagramme Gé mille
: Charmes ; le Philosophe à l'Anagramme,
ton malsera méchant ; le
Spirituel Prieur de S. Germain de
: Secqueval ; le petit Coq Reveille
matindu Fauxbourg S. Antoine;
le petit Arteilde la rue Geoffroy
Langevin: l'ancien Commissaire à
Soissons H. Le Chevalier Fleurant
de Sens; le Philosophe Bouru rue
d'A vignon:l'infortuné témoin du
bonheur de son Rival. Billeheu
surnommé l'Esprit de la rue faine
Martin : le nouveau Pensionnaire
du College de la Marche: Berangier
de Soissons: le fidelle Amant de
l'Hostel des Ursins:l'aimable solitairede
Villeblevin; les héritiers
brouillez de Soissons
: l'amy de la
plusbelle Vestale de Brie: lesieur
de la Rochelle: Mesdemoiselles
Trunnau : la Caladoife de Villefianche;
Fanchon Pichart: Troqhet
de la rue de la Truandrie : la
spirituelle Etiennette de laPortede
Paris: la belle Bataille, & la jolie
Cauvry: la jeune Nanette du Con-
.; vent
vent delasolitude agreable
,
& Manon
à-la belletaille:La jolie &: trèsdevote
Brune du Jardinet de la rue
neuve saint Etienne:La nouvelle
societé du Jardin de Lion. Les deux
charmantes de la rue neuve Nostre
Dame à l' Anagrame. LeSoleil des
François a borné Li Mer. La plus aimable&
la plusaimée dn Nanettes
: La jeune Uranieà l'A nagrame
Laterre ne mest rien. La charmante
Illustre du CloistreNostre
Dame:Le Blanc,rue des Coquilles
; le Berger ~Tirfis à l'Anagrame
Çecle d'amour; Diane de la Forest
d' Alcleon: Le Chevalier invisible de
la Bague de Gigés : la Nympheaimantée
: L'aimable Nocloise à l'Anagramme
, Le vray merite Bourgeois.
La nouvelle Enigme que je vous
envoye ,
mérité bien l'application
qu'y donneront vos Amies.
ENIGME. DE forme plus bigarre il rien
efipoint au monde ,
Jgue celle dont jeJuis.
ChtT^moy jepasse & les jours &,
les nuits
Dans une paix aJlèz profonde,
Ziioy que mon lieunatalfoit ordinalrement
Dans un étrange mouvement.
'^r
ela mïsson de cent chiens pourra
bienmedéfendre,
Ils nefeaurontparoitmeprendre;
Mais de L'homme cruel J'impitoyable
main
Me plonge le fer danj le fcin>
Etce barbarey trouve place
Par le defaut de ma cuirasse.
Souvent ainjî qu'au Noble on me livre
au Bourgeois, Etjufqua des Porte-mandilles;
M'ais il efides climats où je produis
desFilles
,tfii tiennent bien leur rang dans.
1 les Palais des Rois.
!
Les Vers dela nouvelle Chanson
que je vous envoy e, ont esté faits
par Mr Marcel, & c'est Mr de U
Tour qui les a mis en Musique.
AIR NOUVEAU. vOs concerts autrefois,aimable
Philomele,
Annonçaient les plaisirs de la faison
El pyeparoient nos Cfeurs au retourdu
nouvelle,
cjwurç retpurda
Printemps,
Tout dl changé ; les Tambours, les
Trompettes
Farletirs bruitséclatans
Vous fonttairedxnsvosretraites,
£tLOFIS seul qui part nous mar-.
que le Printemps,
-
La prise de Heidelberg estant
d'autant plus importante, qu'elle n'a
presque point couté de fang aux
Troupes du Roy, on en a rendu,
graces à Dieu dans toutes lesVilles


du Royaume.. Son A. R. Monsieur
fit chanter le Te Deun dans FEgitfe
deNostre-DamedeVitré,le 21. de
cemois, Ce Prince s'y rendir aa
travers de la Bourgeoisie, qui estoit
en armes depuis le Chasteau où il
logeoit,jusquesàl'Eglise. Monsieur
monta ensuiteàchevalavec toute
sa Cour, qui estoit magnifique SC
nombreuse, & se rendit au Camp
qui est auxenvirons de cette Villelà
,
où il trouva les Troupes en bataille
surune Ligne, & le mit à leur
teste. Il visira ensuite le parc de
Artillerie
, & revint voir les
Troupes. La Cavalerie fut admirée
jour sa beauté. Il y avoir douze Bataillons,
dont les Officiers faluërenc
Son A. R.avec l'Epée. Toutes les
Troupes firent trois salves en répondant
au Canon qui leur servoit
de signal; elles marquent beaucoup
de chagrin de voir que le
Prince d'Orange les rend inutiles en
manquant à sa parole, & la Cour
de Mon sieur,quienest encore plus
chagrine
,
employe au jeu le loisir
que cemesme Princeluy laisse. Il y
eut le foir des feux par toute la Ville
, Se un grand Bal, où l'on dansa
jusques à cinq heures du matin.
La guerre presente doit estre regardée
d'une autre maniere que
beaucoup d'aurres. Le Prince d'Orange
ne pouvant se maintenir sur
un Trône usurpé qu'en mettant
l'Europe en armes, a troublé le
repos que le Royluy avoir donné.
Comme ce Monarque ne fait la
guerre que pour rétablir ce repos, il
n'a en veuë que les Conquestes qui
peuvent avancer la Paix, & non
1 celles par lesquelles il peut acquérir
le plus de gloire, & agrandir ses
Etais. A infi illuy a paru plus avantageux
de tourner cette année ses
efforts du costé d'Allemagne. Il empêchera
par là l'Empereurdedonner
des Troupes au Duc de Savoye; il
mettra plusieursdes Princes d'Allemagne
,
qui en fournissoient au
Prince d'Orange, hors d'érat deluy
en envoyer à l'avenir; il fera prendre
la neutralité aux Cercles & aux
Villes d'Allemagne, qui en fournissoient
à l'Empereur, de forte
qu'il deviend ra difficile à S. M. I.
d'avoir une armée sur le Rhin, ses
Troupes n'ayant accoutumé que
d'en faire la moindre partie. Le Roy
s'ouvrira de plus de nouveaux passages
en Allemagne, & fermera par
les Conquestes que Monseigneur va
faire, les passages aux Allemans en
France; de maniere que si toutes-ces
choses ne produisent pas la-Paixà la
fin decetteCampagne,ellesl'avanceront
beaucoup la Campagne prochaine,
puis que Sa Majesté n'aura
plus besoind'employer ses forces du
costé d'Allemagne, & que la pluspart.
des Alliez que le Prince d'Orange
a de ce costé-là,ne pourront
plus luy envoyer de Troupes, à
causequ'Elle se fera saisiede leurs
Places,ou lesaura forcez à prendre
laneutraliré,ou àse rangerde son
party. Quand leschoses feront en
cet estat, commeil arrivera à lafin
de la Campagne, leRoy n'ayant
plusà resisteràtantd'Ennemis,pour.
ra réunir la plus grande partie de ses
Troupes,& pouffer le Prince d'Orange
en Flandre) & ce sera alors
que Sa M. pourra presque fc répondrede
redonner encore une fois la
Paix à l'Europe. Je ne vousmanderois
pas toutes ces choses, sije croyois
qu'il sustpossibleau Prince d'Orange
de parer lescoups que le Roy luy
doit porter par là. Il n'est plus en
son pouvoir de le faire,Monseigneur
le Dauphin esttrop avancé.Ilfalloir,
pour pré parer un aussi grand
COllp,tolitlemanege que le Roy s'est
donné la peine de faire luy-mesme
en Flandre, parce quesi on avoit
découvertsondessein, il feroir arrivé
deux choses quiauroient rompu
ses mesures. L'Empereur auroit
moins fait marcher de Troupes en
Hongrie, & le Piince d'Orange en
auroit moins fait venir d'Allemagne.
Ainsi le Roy a fait tout ce qu'il
glouhaité* & ce Prince a préparé
<1e seures voyes pour une prompte
Paix. Quand on a déclaré le voyage
de Monseigneur, il y avoit longtemps
qu'il estoit arresté, & que
l'on avoit chargé une infinité do
chariots à Namur. Ihn'a fallu que
les atteler. Les Ingénieurs qui marchent
avec ce Prince se font trouvez
dans la mesme Ville prests à
partir,lors qu'ilsont esté nommez. Jevousdonnay le détaildelaprise
de Heidelbergdans ma Lettre du
mois passé. La Garnison ne fut pas
conduite jusques à Hailbron,comme
il étoit porté par la Capitulation.
LePrince deBadeapprehendantque
l'on neconnustl'étatde son Armée,
envoya le Comte de Furstemberg
unedemi-lieuëau devant de l'Efcorse,
pour l'empêcher d'avancer.
On se tit d-es honnestetezdepart&
d'aurre ; des rafraichissemens surent-
apportez aux Troupes, & on
regala les Officiers qui furent servis
par les gens de Livrée du Prince de
Bade.CetteLivréeestoit sort nombreuse
& magnifique.
Mr leMaréchal de Lorge estant
arrivé quelques jours après à son
Camp sous Hailbron, il examina
celoy des Ennemis, & fit venir du
Canon pour les en chasser. On le
pointa sur la gauche où estoient les
HufTarcs. Ils en furent tellement
incommodez, qu'ils décamperent
sans se donner le temps de rien emporter
de ce qui estoit dans leur
Camp. Quand ils furent décampez,
,
on pointa le Canon sur le quartier
de l'Empereur, & ce fut pour lors
qu'on vit les Soldats qui se sauvoient
en courant de toutes leurs forces,
les Cavaliers au grand galop,&
d'autres dans des CarrossesOnremarqua
que les chariots se culbu- --
toienten fc disputant l'avantagede
passer les premiers,&que pendant
cette cotis(ssion,lecanon emportoit
des moitiez de chariots,descharettes,
des chevaux & des hommes.
Jamais l'Artillerie ne fut mieux
setvie. Les Ennemisayant abandonné
leur Camp, se mirent en bataille
au dessus de leur quartier general,
mais ils ne s'y tinrent pas longtemps,
On dressaune Batterie qui les culbuta,
& en emporta beaucoup,en
forte qu'ils furent contraints de se
retirer dans un Camp plus éloigné.
Le Prince de Bade auroit pû éviter
cette canonnade, s'il eust voulu se
ranger du fentimenr des Officiers
généraux de son Armée,quiavoient
estéd'avis de décamperplûtost. Mr
de Lorgesayant marché depuisce
temps-là du costé du VVirtemberg,
les Partis de son Armée ont esté
jusques à trois lieuës de Stugard.
Plusieurs Villes & Bailliages ont
traité des contributions, & la Ville
de Stugard a esté obligéede payer
mille Florins en huit jours.Le Prince
de Bade ayant pris pour la teste de
l'Armée les Partisquiont esté de ce
cofté-là y a envoyé une partie de
ses Troupes, dont il a esté dapuis
fort chagrin, ayant appris quetoute
cette manoeuvre n'avoit estéque
pour l'engager à faire le faux pas
qu'il a fait, & que Mr de Lorge
ayant changé deroute, ce Maréchal
a trois journéesd'avance sur luy
6c pourra par ce moyen laisser toujours
un corps entre l'Armée dece
Prince & la Place que les François
auront ordre d'attaquer.
Il y a eu de tres- grosses paroles
entre Mr le Duc de Savoye
, & le
Marquis de Leganez ,au sujet des
entreprises de cette Campagne. Les
Aillez,au lieu d'agir pour recouvrer
les Etats de ce Duc, voudroientfaire
des Conquestes qui les
enfermassent,& ce Duc demande
qu'on assiege quelqu'une des Places
que la France possede, ou que l'on
tâche à pénétrer encore une fois
ence Royaume là. Ce demeslé setant
échauffé,Mr de Savoyeadit
au Marquis de Léganez qu'ilcust à
sçavoir une fois pour toutes, qI/il
estoit le MlliJÙe, ce qui a obligé ce
Marquis d'envoyer des Couriersà
Vienne & à Madrid pour porter
ses plaintes. Le Prince Eugène
estant cependant arrivé, les a
appaifez en apparence, mais il faut
plus que des paroles à Mr de Savoye.
Depuis ce temps là, on a tenu
un grand Confcil à Milan, dans
lequel Dom Louis de Ferrar, Gouverneur
du Chasteau
, a representé
fortement,qu'il estoit des interests
du Roy Catholique, de differer
d'entrer en Provence, à moins que
l'on ne sçeust positivement L'arrivée
dans la Mediteranée
,
de la Flote
promise par le Prince d'orange, &
que jusqu'alors on n'avoit pas de
forcessuffisantes. Sur cela, il fut resolu
d'attendre la reponse des Couriers
envoyez à Vienne & à Madrid.
LesEspagnols n'ont point encore
joint leurs troupes aux Allemandes,
& à celles de Savoyc
, &:
ces dernieres sont au Camp de
Buriasque, avec celles de Savoye;
On assureque MrdeVandolme est
party le 19. pour Provence, &que
Mr le Grand Prieur demeure auprès
de Mr de Catinat. La Fievre
arepris à Mrde Savoye. Il nedoit
plus esperer que les Allemans puissent
conquérir (es Etats pour lesluy
rendre, puisqu'ils nepeuvent euxmelmes
se garantir des forces de
France en Catalogne & sur le
Rhin. D'ailleurs, les Allemans
n'ont fait jusqu'icysubsister leurs
Troupes en Piedmont, qu'aux dépens
des Princesd'Italie,&comme
en les ruinant ils les, ont mis hors
d'estat de leur rien fournir à l'avenir
,
Ir n'y a pas d'apparence que
cette Campagne faite, ils puissent
encore demeurer en Italie.
Le 17. de ce mois, les Vaisseaux
commandez par Mr le Comted' strées,
sortirentavec un vent sa orable
du Golfe de RaCet pour aller
joindre Mr de Tourville ,
qui
l'attendoit le 12. au Cap St Vincent
sort prochede Cadix. Il y a apparence
que ces Flores font jointes
presentement. La nostre l'a esté par
dix Frégates & six Barques longues,
chargées de toutes sortes de munitions.
La Princesse d'Orange ayant
appris que la Flore de France avoit
pris la route de Cadix
, a donné
ordre que l'on debarquaft tout ce
que l'on fuppofoit estre sur la Flote
d'Angleterre pour faire une descenteen
France, & que les Flotes
d'A ngleterre & de Hollande allaffent
jusquesà Cadix escorter leur
Flote Marchande, s'il estoit vray
que les Anglois eussent eu dessein.
de faire une Descente en France,
& que leurs préparatifs eussent esté
assez grands pour cela. Ils auroient
pû la tenter pendant l'eloignement
de nostre Flote, & on leur a fait
voir en l'envoy ant à Cadix, que
l'on ne les craignoit pas.
Monseigneur le Dauphinest presentement
par de-là Mont Royal.
Rienn'egale l'activitéde ce Prince
infatigable. Il seleve tous les jours
à une heure après minuit, & monte
à cheval à deux. Il a fait sur sa
route la reveuë de deux Compagnies
quisonten Garnison au Chafteau
de la Roche
, & commandées
pra Mrde Claroix, fameux Partifan.
Il y en eut une de Cavalerie,
&:l'autred'Infanterie. Tous ceux
qui les composent sont gens bienfaits
,
intrépides, & fort ie~e~
' J'allois vous faire un détail
du Siege de Rose, lors que j'ay reçu
une Lettre de Catalogne, qui
m'oblige à differer, jusqu'à ce que
i l'on m'aitenvoyé de nouvelles particularitez.
UneRelationduSiege
de Rose paroistra vieille le mois
prochain, si on n'en examine que
le titre, mais on la trouvera fort
nouvelle quand on lira ce qu'elle
doit contenir.
Je vous ay mandé dans quelque
endroit de cette Lettre,queMrdu
Fay Gouverneur de Fribourg, estoit
mort. Onm'asseure que le bruit qui
s'en est répandu est faux.
Ce que vous aviezjugé du Portrait
de/'Honncjie Homme de Mr l'Abbé
Goullaut,est arrivé.Vous avez
crû que ce devoit estre un meuble
pour tous les honnestes gens. Vostre
fenrimenraesté suivi.Onest venu
l'acheter en foule, & l'Edition
laeyanr manqu éen sort peu de temps, fiîurBruneiena fanunenouvelle
augmentée de trois (hJpirres,
dontledernier contient le Portrait
du plus honndte homme qui soit
sur la terre. Je m'e xplique assez pour
vous faireentendre quec'est deceluy
du Roy que je vous parle.
Qii:ay je à vous dire de plus pour
excitervostre curiosité ?
L'Auteur de laréponseà Mr Comiersemployée
dans cette Lettre,
ne voulant lien dire qui puisse blesser
personne, m'a fait prierde rendre
public l'article que vous allezlire.
C'est en parlant de cette Réponse.
ily a trois endroits que je uoudrois
pouvoir corriger* Cun mje me
fuisservi dumot de lidicule en par- laitdescorftquo.ctsouonpourrait
tirer de certaines jupp siliens. Ce terme
e^dur de qatlcjut mAnicrc qu'on
s'en (èrve ,je le condamne. L'autre
regarde La Physique Occulte. J'ay
dità taJjri du Di.,zleç-tie, qutly 4
quelques endroits dont plusieurs per-
Jonnes s'entretiendraient diêîcilement)
sans que'a Satyreu la raillerie
entraient dans laConverfatioo.
Ces paroles ont fut de la peine A
tA/J/eur de la Phylîque Occulte, je
'UoudroiJ les avoir omtfes.fay examinéexactement
tout le Sjfléme, &
je pourvois m'en tenir là Jans loucher
4 ce qui efl hotsaoeuvre.
Le troijléme endroit tfl celuy des
grands parleurs
,
don: laiefte
, &c.
Comme il nejlpaspojjlblequ'iln'y
aaiittdàaa~nîsslemondeunuonjfatz* grand
t')
nombre de personnes de ce carafierey
4y cru qu'en m'énonçant d'une ma*
nitrefi vague,personneenparticulier
nevoudroit se l'appliquerimairflt
vous avez crû que le mordepenlèroit
plujîofi à vous qu'a tout autre,
puis que vous avez, vu les lJlufions
défi bonne heure, que ne me fliftezvous
avertir par le Libraire f Un tel
avis ne feroitpas dtmeuréinutile.
Il me reste plusieurs Ouvragescurieux
& remplis d'erudition
,
qui
n'ont pu trouver place dans ma
Lettre;j'espere vous en faire part
le mois prochain. Il y en a d'assez
difficilesàlire, pour me faire douter
si je vous les envoyeray. Je suis
Vostre
, &c.
A FAris ccJ o.Juin165)3,
APOSTILLE.
Me de Luxembourg ayant envoyé
Mr le Chevalier de Pompone avec
un détachement, pour se saisir de
Tillemont
, ce Chevalier s'en est
rendu maistre;il y a trouve beaucoupde
provisions.
Les fourages sont très-rares dans
le Camp du Prince d'Orange, de
sorte qu'ilse trouve obligé de décamper,
mais il a ppre hend e beaucoup,
parce que Mr de Luxembourg
le ferre de sort prés.Illuy est honteux
d'estre ainsi sur la défensive,
&de voir les Alliez faire des pertes
de toutes parts, après leur avoir
promis la ruine totale de la France
en les engageant dans cette
guerre.
Mr le Marquis de Laray estentré
dans la Valléede Barcelonctret
il y a force cinq Retranchemens,
& a esté jusques à Meyrolcs & Arches.
TABLE;

Remerciement fait au Roy par les Chevaliers
& Officiers LaïquesdeCOr«
dre du S. Esprit, 151
JSfjefices donnez, par le Rty,154
Détail de ce qui s'est pasè à lacademie
JFrançoife
,
le jour de la réception de
BMr lr'AubbéyBigenonr&1de$Mr*de)la
Ce qui s'est passé à fMo(tel de Villele
jour JeIIIproposition faite par Mrle
Prevolf des Marchands,pourle soulagementdes
Pauvres. 184
Détail du royage de Monsieur en Bretagne.
188
Affaires de la Martinique.300
Lettre d?Andrinople..30Z
Service fait à S.Fargeau. 30$
Ceremonie faite a la Rochelle. 308
Fort conduit a Vemboucheure du Port
de Vendre. 309
jirticle des Enigmes.314
Suite du Vtyage de Monjteur. JIGArticle
touchant le retour du Roy. 318
Suite de Ifl Campagne d'Allemagne de-
- «tf
puis la prise de Heidelberg.;1t
Nouvelles de Pledmont, 326
Nouvelles des Flotes de France. ;1S
Nouvelles dé lamarche de Aîortfeigneur
le Dauphin. 330
Nouvellesdu Siège deRaft. 331
Retourde Mr du Fa] encem/mde. idem.
Nouveau Portrait de VhonnefieHomme.
Fin de la Table.
: 'Avis pour placer les Figures:
La Figure doit regarder la page
64.
L'Air doit regarder la page 316
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le