→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Fichier
Nom du fichier
1693, 04
Taille
57.70 Mo
Format
Nombre de pages
346
Source
Année de téléchargement
Texte
Uu


S1 A PARIS,
&ALEMM~WFVrM DU PALAIS.
~ON donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure ~Galant au
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra Trente fois reLé en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais, dans la
Salledes Merciers, àlaJultice.
T. GIRARD,auPalais,dans la Grande1
Salle, à l'Envie.
Et MICHEL BRUNET, Galerie-neuve
du Palais,auDauphin.
M.DC. XCIII.
AvecPrivilege du Roy. '
A L
AVIS. QVelques prieres quon aitfaites
jusquà present de bien
écrireles noms de Famille employez,
délits les Mémoires qu'on enuoyepour
ce Mercure,on ne laijjepas d'y manquer
toujours. Cela efi cauftqu'ilY de 4 temps en temps quelques-uns de
ces Mémoires dont on ne sepeutfer*
vir. on reilere la mesme priere de
bien écrire ces noms, enforte qu'on
ne s'y puijje tromper. On ne prend
aucun argentpour les Memoires, é*
l'on employera tous les bons Ouvrages
à leur tour , pourvueuquils ne desobligent personne
, 6" qu'il n'y
dit rien de Ucentieux.Onpriefciu
lement ceux qui les envoyent, 6: Cur
A ij
AVIS.
tout ceux qui n'écrivent que pour
faire employer leurs noms dans l'article
des Enigmes,Âaffranchir leurs
lettres deport, s'ils veulent qu'on
fiJ/è ce qu'ils demandent. C'eflfont
peu de chose pour chaque particulier,
& le tout ensemble efi beaucoup pour
un Libraire.
Le fleur Brunet qui débité pre-
Jentementle Mercure, a rétably les
choses de maniéré qu'il ejl toujours
imprimé au commencementde chaque
mou. il avertit qual'égard des
Envois qui sefont à la Campagne, il fera partir les paquets de ceux
qui le chargeront de lesenvoyer ava nt
que l'on commence a vendre icy le
frîercure. Comme ces paquets feront
yluficuisjturs en chemin, Paris ne
laijjerapas Savoir le Mercure longtemps
avant quilfoitarrivé dans
-
AVIS;
les Villes éloignées,maà aujjiUs
Villes ne le recevront pas Ji tard
quellesfaisoient auparavant. Ceux
quisi le fontenvoyerparleursAmfc
sans en charger le*dit Brunet, sex- posent à le recevoir toujoursfort tard par deux rat-fons. Laprcmiere,parce
que ces Anus n'ont pas flin de le
venirprendresi-totf qu'il efi imprimey
outre quil leferatoujours quelques
jours avant quon en fassi le
debit i & L'autre, que ne fenvoJafil
qu'aprés qu'ils [ont leu, eux &
quelques autres à-qui UslepressentM
ils rejettent la faute du retardement
Çurle Libraire, en disant que la
vente n'en a commencé que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardement par la voye dudit Sieur
Brunet, puis qltïl se charge de faire
lespaquets luy-mesme cf de les faite
AVIS.
porter à la pojle ou aux Messagers
fins nul interest, tant pourlesPar*
ttcu/iers que pour les Libraires de
Province , qui luy auront donné leur
Adrcffi. Ilfera la mesmechose generalement
de tous les Livres nouveaux
qùon luy demandera,flit qu'il les
débité
, ou qu'ils appartiennent À
d'autres Libraires ,sans en prendre
pour cela davantage, que le prixfixé
par les Libraires qui les vendront.
J^uandilse rencontrera qu'on demandera
ces Livres à lafin du mois,
il les joindra au Mercure, afin de
n'en faire qu'un mesme paquet. Tout
celafera executé avec une exactitude
dont on 4ura tout lieu J'ejfrt
content.
AVRIL 1693.
~Q UEL plaisir pour
vous, Madame, si
jevous pouvoisrapporter
fidellement toutes les
belleschoses qui furent dites
- à l'honneur du Roy,le Mardu
31. du moispassé, dans la

niere du monde la plus favorable,
& son Discoursrépondit
parfaitement à ce qu'otv
avoit attendu de luy. Avec
quelle finesse d'esprit, &
quelle delicate ssed'expre ssion.
ne parla t il pas dela sagesse
de nostre Auguste Monarque
, qui sçait tou jours si
bien préparer ses grands desseins
,quele succés de tout ce
qu'il entreprend, quelquedifsicile
qu'il paroisse, peutestre
regardé comme infaillible, fi-,
tost qu'il l'a resolu!Il n'oublia,
ny la fureur des Duels
heureusement réprimée
, ny
l'Heresie étouféeentièrement:
dans tous ses Etats, ny les;
efforts impuissans de tant:
d'Ennemis liguez, qui par
leurs pertes continuellesapprennent
de jour en jour combien
il est dangereux de prendre
les armes contre un Prince,
qui si l'Univers ne devoit
avoir qu'un Maistre,seroit
trouve digne fcul de com.,
mander à toute la terre.
N'attendez point que pour
vous donner quelque foible
idée dece qui luy fit meriter
l'applaudissement de tousceux
qui l'entendirent, j'entre dans
aucun détail particulier. Tous
es termes dontil se servit pour
exprimer ses pensées, leur coient
si propres, que le moindre
changement leur feroit
perdre beaucoup de leur grace,
& il vaut mieux differer à satisairevôtrecuriosité,
jusqua
ce qu'il ait donné au Public
ne Pièce d'Eloquence si uni-
~pcrlcllcmcnt souhaitée, que
l'en faire des Extraits qui ne
~pourroient vous en marquer
les beautezque très-impar-
~faitement.
MrBergeret, Secretaire du
Cabinet, & de MrColbert de
Croissy,Secretaire & Ministre
d'Etar,alorsDirecteur de l'Académie,
nccnrrcr aussil'éloge:
du Roy dans sa réponse. Vous
sçavez quecette grâdematière
crt toujourstraitée noblement
par ceux qui composent cettes
illustre Compagnie, & lesi
Discours éloquens que Mr--
Bergeret ya déjà faitsen plusieurs
occasions,vous doivent:
estre des preuves de la justice
qui luy fut renduë en cellecy.
Ensuite Mr l'Abbé dela
Vau
,
dont vous connoissez:
le zèle pour tout ce qui regarde
la gloire de Sa Majesté, fit
"1
art à l'Assemblée d'une Deise
de sa façon que vous troucrez
fort juste.J'attens à
~ous en parler que je vous
~envoye gravée.L'explication
~ecette Devise fut précédée
~'un petit Discours, dans le-
~ucl il fie connoistre avec
ombien de raison les furpreantes
aérions du Roy font
dmirées dans les climats les
lus éloignez, après quoy il
~cut un Ouvrage en Vers de
tIr Boyer sur la delicatesse
~es caracteres, remply de
~eintures delicates
, qui ~iterentl'approbation me- des plus
Critiques. Cette Piece parui
digne de son Auteur, qui n'a
pas manqué d'y me fleradroû
cernent le Portrait du Prirv
ce. Mr l'Abbé de^Chosf^
ferma la Seance parla lecture
qu'il fit d'un autre Ouvrage
de Poefic de Mr Perraul-1
qui se voyant accusé d'a4
yoir peu d'estime pour let
Anciens, & de les traitel
d'Auteurs steriles
,
& qu
manquent d'invention, fui
bien-aise dedétromper lePu
blic,en luy faisantvoir qu'i
est entièrement éloigné de ce:
fcntimcus, & que s'il trouva
dans Homcre & dans Virgile
quelques endroits qui fcmalentn'estre
pas dignes de ces
grands Génies, il y admire cn même temps une infinité de
celles chofcs, que l'on doit
e proposer comme dexcelens
modelles ilse pour arriver, peut, à la perfection
lm les Modernes s'efforcent atteindre. Cet Ouvragecft
a traduction d'un endroit
lu sixiéme Livre de l'Iliade,
DÙ Homère fait representer à
Hector par Andromaque sa Femmeétat déplorableoù
la laissera sa mort,qu'elle
tient certaine,si continuant
toujours à s'ex poser, il fonge
si peu à ce qu'elle deviendra
quand elle l'aura perdu. Le
petit Astianax qu'il veut prendre
entre ses bras, & qui effrayé
de son armure ne veut
point quitter ceux de sa Nourrice,
eftune peinture fort vive
$1 fort naturelle de ce qu'un
âgesi tendre fait ressentiraux
cnfans.
Les Arts continuent toujours
à se perfectionner en
France,&le Roypar ses Let..
très patentes du 26. dumois
paffé, accordaà Mr deHau"
feuillejc Privilege- de fai-r/e fabriquer, vendre & debiter
les Horloges & les Montres
qu'il a nouvellementinventéespour
la perfection des Pendules portatives, & au- tres inventions nouvelles
d'Horlogerie,de rétablir les
anciennes de cette nouvelle
façon, & d'y mettre une mar- que particulièrepour connoi- stre celles qui feront faites
avecsapermission.Voicyun
Ecrit que l'on a rendu public
en forme - d'avis sur ce
Privilege.
V.J. "\j:.-'01 ».. :
PEV de gens ignorent que
depuis que lHorlogerie efl
7n usage,ilaesié- -imposs-i.b.le dye
faire des Horloges portatif&
des Montres jufles
, $ qu'il ny
a que
depuisdix-huit ansque
Mr de H-tutefeutllea propose le
moyenderéglerUsMfa& les
renuïs du VaUncier parles Vibrationsd'unRessort,
qu'onen
fait qui approchent de lajufteete;
maisquoiquecemoyen les rende
beaucoup plusj"stesVe"" nrftoient
auparavant, le défaut
qu'il fpecifi*dans [on Ecritprésentéa
ïAcadémie Feyale.des
Sciences en 1674. dont il a inféré
le Certificat dans jon Faéfum
contre Mr Huguens> a oblige
encore les Ouvriers d'apporter
une grande exactitude dans la
fabrique des Montres, sans laquelle
il leur aeflé impossible d'en
faire de bonnes. Il eficeriain que
ce feroit rendre un ftruice tresconfiderable
Public Ë,,r à confiderabie au & à la
posterité de perfectionner l'Horlogerie
, qui f/? un des plus beaux
.Arts que nous ajons
3
dont la
principale uzilite(eroit de faire
-des Pendules de Mer fort Jufles,
par le moyen desquellesonsuroît
la connoissance des Longitudes,
L'invention nouvelle que M*de
HÂut,rfeuiiie publie maintenant,
est un moyen de reélifier tellement
les inégaliiek des Dents,
des 2{ouè'i & des Pignons, de la
Fusée Ç0 du grand Ressort> que
lesOuvriers feronta l'avenir des
Horloges portatives e des Montres
dujjij-tflesquelesPendules;
non pasdelajujlefe desgrandes
Tendules à Secondes, comme
quelques ignorans se le fôntimagirlé,
mais aussi justes que les
Montres qui leur feront Homonymes
»
c'est a dire, de mefmc
dénornin-ition) ou queferaient ces
mefmtsMontressi elles efloient
mises en Ptndules; cardemesme
que la jufleffi des Pendules immobiles
efl dijj-rente felon laplus
petite ou la plus grande longueur
de la Verge & la pefanteur*de
la Lentill0e, celle de< s-/ Pendules
portatives différé pareillement
félon la force du RejjortSpiral,
&félonsa plus petite ou sa pins
grande longueur en forte que
plus il fera roide, &plusil aura
de Spires & de révolutions> &
plus tliesferont justes. Cemoyen
confiée particulièrement à rendre
les Vibrations du R.Jfort en Spirale
Ifocbrones, c'tfi à dire, d'un
temps précisémentégal> en forte
que les Tours f0 les Retours dit
balancier> Joit qu'ils soient
grands oupetits> riemployéntpas
plus de temps les uns que les autys^<>
&qu'il ny a entre- eux aucune
différence sensible
>
qui tfi
l'effet de la Cycloidtdu Rochet.
& le principe desPendules
immobiles, qui 'Vont toujoursrèglement
t quoy qu'on y ajoute
plus oumoins de poidsJ ou que le
Ressort tire avec plus ou moins de
rviolence. Cette nouvelle invention
qui met lesTendules portatives
dans le plus haut degre de
perfeëhon où elles puijjent parveniT)
se peut pratiquer en differentes
façons
»
dont il y en a de
fort simples, dr qui ne diffèrent
presquepoint de la maniéré ordinaire
& en usage> excepté que
le Rejjort Spiral t'st beaucoup plus
fort Cm plus long, er- que le Cer-,
cle du Balancier eJt solide,plus
pesant que les autres, & sans
Rarrettest quis'opposent a la jufieffi,
estant obligées de diviser
ïair continuellement. Cette pesanteur
du Balanciern'engagera
point4 augmenter la force du
Barillet, ce qui étonnera sans
doute les Ouvriers, qui croiront
aujJi, mais à tort, que les Pivots
dece Balancier ufrontleurs
trous en peu de temps. k4oy que ilprincipe de cette
inventionÇoitexecute depuisplu.
fleurs années dans les grandes
Pendules immobiles à Secondes
dont il en fait la perf-i£honi&
quoy quonl'expliquefort clairement
aux Horlogers,ils ne le
concevront pas néanmoins
> &
ils le désapprouveront mesme.
Ainfiil riy aur4 que la-veut'&
l'experience qui pourront les convaincrey
commeelle fit dans les
commencemens qu'on ajouta le
ReJJortSpiral, quils traitèrent
de chimérique {0 d'impossible,
a rce qu'ils ne pouvaient le comprendrea
prendre.L'inégalitédes VibrationsduRejjort
en Spiraleparoiss
dansles Montres,en ce que les
Horlogersyajoûtent rarement les
MinutesJ qui en font connoiflre
slénsiblement & en peu de temps inégalité, & que ceux qui les
ymettentfont oblige desefermir
de la Fusée, & d'apporter
bien de ïexatfitude à la proportionnerau
grand Ressort. Ons'en
apperçoit encore dans les PtnduJ
lesdeCarrosse> vulgairement dites
a Bouteille
9
ausquelles on
Ajoûte un Pendillon ou un petit
Pendule, qu'on osse en lestrans
portant, si) qu'on rtmet lors qn'm
elles doivent demeurer immola
lest parce que sans ce Pendillon
elles ne vont point également
>
Avançant au commencement, st)
rreettaarrddaanntt sstur la fin ; mais elle paroifl
encore plus dans les Montres
à huit jours, dont la moindre
inégalité de la Fusée yapporte
beaucoup de changements J'où
nient qu'il y en a tres-peu dont
on foit contenty 0' qu'elles font
toutes fort sujettesàs'arrester.
Cette nouvelle Invention rend
les Montresjujles, quoy que ta
Fuséefoit de figure irreguliere &
disproportionnée au grand ^effort,
C"est pourquoj les Horlogers
Pourront [ans crainte y ajouter
res Minutes. Ils nefiront plus
)bligek de mettre aux Pendules
le Carroffi ou à 13outeille, un
Pendillon dont ils connoissent
tjje% les incommoditez,) puis que
ans ce petit Pendule elles iront
kalement au haut &au bas. A
'tlgdlyJ des Montres à, huitjours,
Is les feront jtlfiçsJ e elles ne
reront point sujettes à s'arrrfter,
Pourvu qu'ils ne négligent pas
exaélitude du travail f0 l'avantage
de la Fusée; ce qui
lonnera lieu à l'avenir d'abandonner
les Montres à trente
nures 3comme on a fait autrefois
celles de quinze ,
à cause de l
sujetion incommode de les remon
ter sisouvent.
Ceprincipeferventaussi a con
tinuer le mouvement aux Pen
iules immobiles avectres-peu d
forcey on les fera communémen
aller un an sans les remonter,
répétition
, & avec un fculDa.
rillet. Ceux qui y en ont mi
JeuxJ ou un seul
, quoy que tres
fort)feronteLligtZ deseservi
du nouveau Balancier de Mr d
Hautefiüil/e
,
sans lequel leur
Pendules feront fort sujettes
s'arrejler
,
@r niront pas au]s
long-temps qu'ils lavoient pro o t
:etté, ny mesme avec tant de juhjje.
On remettra de cette nouvelle
maniere toutes les Pendules -
1 BouteiUe. On fourra aujjt renettre
de cette nouvelle façon
quelques Montres qui le méritéonty
& quon aura reconnues
lêfeélueufes pendantplusieurs aniées>
pourvu qu'ily ait de lA
,tact fujfîfamment pour ajouter
tn Rejjort Spiral plus fort c-
,lus long
» &un 'BalancierJolile
&sansDarrettes. Les gran-1
les Horlogespubliquesy & les
iu:resanciennes quifontencoreÀ
Balancier, eslans mises de cette
louvelle façon
>
iront aussijutte
quesi elles eftoientmifès en Pendules>
*il en coûtera, bien moin,
puis qu'il ny a aucune Roue i
ajouter.
On pourra aujjîchanger cellet
dont on
feJertdanslesChambres.
& d'immobiles les rendre portatives
>pour les faireserviri un
doubleusage
>
dans le Carrosses
st) a la Maison.
Mais comme la connoijfanct
deslongitudessur la Mer, que
Mr de Hautefeuille a euë'princi..
paiement en vuëdans la recherche
de cette Invention» en d'une
consequence infiniment plui
grande,que d'avoir des Monires
un peu plus jufîes&a huit
jours,,ou desPendules À un an, ce
quiln'a confidere que comme un
accejjoire & unefuite de ceprincipe
)
les Ouvriers feront dorefj
navant des Pendules de Mer à
Secondes
,
c'est à. dire,dont chaque
Tour & &etour du Balancierfera
d'une Seconde
,
lefemelles
auront la juflefje des cendu*
les quifervent aux Observations
jéflronomiques
> pour en fournir
les Vaisseaux
)
particulierement
ceux qui font des Voyages de
long cours.
Enfin cette nouve lle inven--
tion servira en plusieurs autres
occaftonsqu'il feroittrop long de
déduire, cequi doitfaireconnottre
aux MalfiresCm aux Compagnons
Horlogers, qu'elle leur
fera à tous trei-lucrative
3 e quelle en enrichira plusieurs
puifqucn changeant , 9 pour ainsi
dire, de face toute l'HOrlogerIe
> elle leur procure tant de travail
&des ouvrages en sigrand nombre.
Les Ouvriers intelligens, ou
qqu*iffeerroonntt aaiiddeez^Ctym inflruitsppaarr
de Sçavans Mathématiciens»
pourrontcffayer depratiquer cette
Invention
>
mais on leur ronseille
de voir auparavant che:c
M1Langlois>qui l'A conçue Ër
xecutee, toutes tesmanières diftrentes
dont il l*amije en pratU
ne ,
afin d'imiter celle qui fera
4 meilleure & la -plus simple , lUtils tâcheront mejme de reai-
:t:r d "d , gr de réduire encore A une
lus grande perft élion. Ilsy trouveront
des Pendules à 'Bouteille
y des Montres dont ils n'auont
jamais DU dtfemblablesJ&
Is verront les nouveaux Ejjais
lufquels il travaille pour les per-,
iélLOnner
, C. pour empefeker
jue l'agitationvioUnte deJ¡ Pob
& les secoussestrop fortes ne
es-alterent. Ceux qui ne pourçnt
pas let voir
3
attendront U
publication de L'Ecrit de Mr de
JF/autefeiïillc >dans lequel ils
trouveront les Nombres, le Calibre
&les Proportions des Mon..
très * huit jours
3 & des Tendules
de Mer & àun an , avec
une explication entieres tant de
cette nouvelleInvention
» que
des principes de la mesure du
temps de tout ce qui concerne
la spéculation de l'Horlogerie.
Cependantlespersonnes qui
Jouhaiteront acheter ou faire rétablirAecesfortes
d'Horloges &
de z^dontres> s'adrejjtront à
tJiïd Langlois) Maistre Horloger,
demeurant dans la Place
Daupbine.
J'ajoufteray à ce qui cft porté
par cet avis, que ceux qui
voudront traiter du Privilège
de Mr. de- Hautcfeuille ;
peuvents'ad reffer à luy. Il demeure
sur le Quay Malaqueft
à lHofteldeBouillon. Si la
Communauté des Horlogers
de Paris veut s'en accommoder,
ou pluficurs ensemble,
il les preferera à tous autres,
& leur en fera une composition
plus avantageuse. Il en
usera de la mefmc forte avec
ceux qui voudront traiter feparcment
& pour leur fait
particulier.
Vous vous fouvcncz, Mada-
-tnc)que Mademclle des Houlicrcs,
Fille de l'Illuftrc Madame
dcs Houlicres dont vous avez
vu tant de beaux Ouvrages,
remporta le Prix de Pocfie il y
a quelques années, par le jugement
de i'Academie Françoifc.
La beauté de cette Piecc
vous a saic Souvent souhaiter
d'en voir d'autres de sa fçon.,
& c'est ce qui m'oblige aujourdthuyà
vous envoyer celle
que vous allez lire. La perte
quelle a faite depuis quelques
mois par la mort de Mion
Pcre, & la patience dont elle
à besoin dans une santé fort
chancelante,luyont inspiré
les sentimens qui font la matiere
de ses Vers.
REFLEXIONS
CHRETIENNES.
AV milieu des ennuir, au milieu
des atarmtst
Où de nouveaux malheurs me plongent
tous les jours,
Quelle puissante main pAr d'inviftbles
charmes
Des pleursqueje répans vientfujl
pendre le cours ?
Qufuis-je? & dans mon coeur quel
calme vient de naijlre
jgjti me rappelleenfin alatranquillité?
Helas!cesstoy-.Seigneur* dont l'extrême
bonté
M'arfache au dififpoir quifait te méconnoifire
Dans Cexcèsdel'adversité.
Daigneachever cegrandOuvrage,
Ou,sijedois toujours foufrit,
Fais que de mon salut mes peines
soient le gage ;
Ne m'accablede maux que pour te les
offrIr.
Affermissi bien mon courage,
.!!<..u'au milieudespérils
»
qu'auplus
fort de l'orâge,
Jeconftrvelapaix queje viens d'acquérir.
L4 raisson qui de thomme efl le plus
beau partage,
Etdont ilse paretoujours> --
Efi quelquefois cheZ leplssfage
)ans les vives douleurs d'un difficile
Nflge,
Si tu ne viensasonsecours.
établis dans mon ame une vertu confiantei
ïpatgne-moy, Seigneur, Usdouloureux
umords
Que me donnentsouvent les coupables
transports
D'une douleur impatiente.x
hfuis fiible, & je sens que je ne
puissans loy
Soutenir toutlepoids du malheurqui
maccable.
Tout ce quil a d'affreux, de plut
insupportable,
Se preftnte sans cejft a moj.
Sans ceffe le coeur plein d'une daintt
mortelle,
Le COEHr déjàpercé des plus funejles
le coups) croy te voir Arme aunrigoureux
courouxi
Et quoy qu'à,tes ordrts/idelle,
Je croytoujours me voir traiter en
criminelle.
Eh!qui ne le croiroit?Par de nouveaux
malheurs
La fortune & la mort à me nuire
obfiinées,
Ontsur moysans relâcheexercéleurs
fureursy
Btjc n'ay pu trouver au milieu des
douceurs
J>)uoffrent les plus belles années,
Le lotjîr d'effiyer mespleurs.
'rifles réflexions qui revener. fins
ce-jji,
':tfut-it qui vu lurrttirs mon cccut
foit immoléi
:/oigncz
- vous de woy> dévorante
ttijlefe,
:,ijflt;moJ le refis que le Seigneur
me laisse,
Etcejjez,d'accabler mon writ défilé.
Mais quoy, vous redoublentJefins
que je friffinne.
Quel abtmede maux a mesyeux si
fait voir?
Àh!fl tagrâce niabandonne,
jefuis encor, Seigneur, en proye au
desespoir.
1
On voit tous les jours des
choses si furprcnantes & si extraordinaires
, que les plus
sensez sont obligez d'avouer
que nos connoissances font
bien foibles touchant la science
la plus necessaire à l'homme,
qui est la Medecine,&
sur tout à l'égard des principesdontnousavonsesté
faits
en nostre premiere conformation.
La dlff,aion anatomique
de deux corps, qui fuç]
faite icy il y a fort peu de
tem ps ,-a donné lieu à divers
raisonnemens. On trouva à
l'un & à l'autre la rate au cofié
droit le foye au gauche ,
&. les parties pectorales transl'orées
hors de leur place de
la mesme forte. Une si bizarre
transposition des parties internes
de ces deux corps,surprit
également les plus sçavans
Naturalistes, & les plus
habiles Physiciens. Sur tout
les Medecins furent étonnez
de voir la nature agir en cela
contre ses regles ordinaires.
Les uns confessoient ingenument,
que l'on n'est pas moins
sujet à s'égarer dans les tenebres
d'uneprofessionsi obscure,
que dans les destoursd'un
pays inconnu. D'autres plus
hardis ne voulant pas demeurer
d'accord de leur ignorance,
disoient que les choses qui
tiennent du merveilleux,n'estoient
point de leur competence
, & ils appelloient extravagances,
égaremens&irregularitezde
la nature, cequ'-
ils devoient traiter de Prodiges.
Il n'yen a point peut-estre
de plus remarquable que ce
quiestarrivéàun jeune Gentilhomme
,
d'un teint brun,
d'un re gard un peu severe ,&:
d'un tempérament chaud &
[te, quia passé desannées entieres
,
sans qu'il soit rien forV
de son corps de toute la
ourriture qu'il prenoit inessamment
avec une faim
u'on ne peut comprendre.
au mois d'Avril 1676. n'cfnt
encore âgé que ^equa-
>rze: a quinze ans,il futattaué
d'une fievre tierce înrernittente
,
qui devint double
icrce» après quelques acccz.
on Medecin ordinaire le fit
ligner du bras& dupied,&
omme beaucoup de remedes
ixatifsqu'il prit ne luy firent
ointvuider son ventre, on
uy conseilla de se fcrvir de
Pruneaux laxatifs pendant
quelques semaines, & de pren
dredes taverne purgatifs dC
rafraichiffans par intervalles.
Tout celan'ayant rien fait,on
luy ordonna le bain d'eau
douce & commune,& ce bain
luyestant devenu insupportable
,
il s'abandonna entierement
àson appetit, mangeand
parexcez, & presque sansaucun
relâche,s'imaginant peutestre
que cette abondance de
nourriture produiroit l'effet
qu'on attendoit. On s'apperçutalors
que toute la région
du bas ventre commençoit à
s,crrflc.r) ce qui fit continuer
les purgatifs & les Clysteres
rafraichissans & ramolissans.
On luy en fit prendre un fort
grand nombre, composez la
plus part de miel & de sel
commun, de decoctions, de
mercurial
, & de verjus. On
luy fit même avaler quelquefois
demi verre d'huile dta.
mandes douces. Ces remedes
ne l'ayantpoint soulagé,on
consultad'autresMedecins qui
furent d'avis de préparer une
decoction rafraich issante, pur."
gative &ramolissante,&d'y
mettre deux dra gmes de sené.
On la fit prendre au malade,
& le lendemain deux verres
de tirane laxative Ce dernier
remede luy fit rendre quelque
peu de matieres semblables à
des fumées de Cerf, & à des
crottes deChevres,non passi
dures, maisun peumollettes,
teintes & colorées debile jaune.
Ce furent les derniers remedes
qu'il prit, se portant
assez bien en apparence, &
mangeant beaucoup plus qu'il
ne faisoit avant ce mal, sans
autre incommodité, sinon
que le foir avant que de se
coucher,il se plaignoit d'une
grande lassitude par tout son
corps,
corps,qui est un esset assez ordinaire
du resserrement de
centre quicontinuoit comme
tuparavannt.Voicy la copie
l'uncertificat decette malalie
extraordinaire, attesté par
leux Medecins celebres, ôc
igné par le Malade mesme.
original cft entre les mains
le Mr Perron Docteur aux
Droits, connu de la plus parc
les gens de Lettres, parmy lcfquels
il passe pour homme diqne
defoy, qui ne s'attache
pointa la bagatelle.
VI1.r B. âgédezp.ansafctéïe
qu'alâge de quatorze ans •
illuyprit de si grandes douleun
deventre,alvitormina inftai
parcuricntis
,
qu'il senfallut
peu qu'il n'en mouruft. Ces dou.
leurs furent accompagnées è
failliesd'une grossifievre qui si
termina au quatorzième jour
dont il demeura si reffirré) qui
malgrétous lesremedes dontilsi
servit,ilfuttrois années entiere,
sans aller aucunement àlafeile
qnoy qu'il mangeaftparfaitemen
bIen, & qu'il bufl le plus fou
'Uent de la tisane pour se rafrai
chir à proportion de ce qu'ilavoi
mange. On remarquera que le,
vtmedesqu'on luy donnoii se ccrJ
umoient dans son corps ,
sans
st'illesrendtfl,{0Ce quieflentoredeplus
étonnant, c'efi qu'il vauoitaucuneévacuationna-
Welle,qui puftfuppleer aux(efrïesentierement
retenues, caril urinoit pas plus qu'ilbeuvoit»
pr nefuoit jamais que lors qu'on uyfaiseitprendre des temedes
'«urvutder son ventre. Ilfera,
'ncore remarqueque pendant ces
krois années, il n'eut aucune op-
>réJJtony ny deg'oust,point de dou-'
eur detefie nyd'insomnie, au 'ontraire,i/ dormoit bifn,cysi veilloit le re- corps fort biendifpefé,
teenefl quevers lefoirilfeplai.
gEnnofiitn de beaucoup de lajiftude.
Madamesa Mere Uffêe
de le voir en cet état, & de l'en-
-tendre gemir
>
fit un voeu pour
lityàSlcClaire de Seurre,petitevillesur
la Saône> autrement
dite Belle-garde* eloignee de quatre
liciïes defon pays natal> qui
:re litües de f(
efioit le lieuJe sa demeure. Au
bout de deux jours, ce jeune
homme croyantrevenir de Seurre
augrandgalop>cmme ily efioit
allé,avoitfaitapeine une demi-
liettë> qu'il luy prit une douleur
de uettfmClamofus instar
parturientis dolor pareille aux
premières quil avoitsenties.El-*
It futsigrande cettefois la
J
quil
:rut en mourir. Ainsicefutavec
lespeines inconcevables> qu'il
'è rendit à une maisondécamparnequ'ilavoit
àmi-chemin. La
Hevre continuele prit en tnefme
temps queles tranchées, Cr conrinuaneuf
ou dixjours. On le
faigna*&ilfutpurgéaprès que
(a fievre fut pajféaAlors les purgatif
firent leuresset, dr ilrenditparle
siege^quantitéde matieres
épaisses comme de la glu.
Apres ces purgations) fin ventre
jeremit danssontrain ordinaire
f0 nat/lrel, de se uuïder par les
Celles enquantité(kfqualitépro*
fortionnéc à ce qu'il avait muni
ré.Ily 4on%e ans qutil eutcette
maladie
J
@J depuis ce temps * sa fante a toujours ejléparfaite.
comme il l'asseure en homme
dhonneur
, C de bonne jby.
SIgné L, 73 Affirmévéritable
à Beaune le 2.0e janvier16,9-3.
*De Salinsl'aijhct Medecin ordinaire
duRoy.
, Le ZG. dumois pasle, Monsicur
& Madame firent l'honneur
à Mr le Comte de Laugere,
de letenir sur les sonds
dans la Chapelle du Palais
Royal, & le nommerent Phili
ppes-Charles. Il estFilsde
Mrle MarquidelaFare , Capitaine
des Gardes de Monfleur,
& de Mademoiselle de
Luxde Vantelet, Fille de Mr
leComte de Vanretet) autrefois
Envoyé vers les Princes
d'Allemagne. La cérémonie
fut faite par M1l'AbbéFages,
Aumônier ordinaire deIon
Altesse Royale.
Le 30.Festede l'Annonciation
le Roy nomma les Officiers
Généraux. Je vous en en--
voye la Lifte, qui ne fera
nouvelle, ny pour vous, il-Y
pour vos Amis,maisj'ay cru
devoir la mettre'icy
,
afin que
ceux qui la chercheront un
jour dans mes Lettres, puiflent
l'y trouver. Quoy que cette
Liste paroisse grande, il n'y
a que les Brigadiers de Cavalerie
&: d'Infanterie, que Sa
Majeitéaitcréez nouvellementOfficiers
Généraux. Les
autres n'ont fait que monter.
LieutenantÇeneraux.
Mrs dpBartillat.
Le Marquis de Vatteville,
Le Marquis de MontreveL
Le Comte de Tallard.
Le Marquis de la Valette.
Le Cointe de Ximenes.
De Maupertuis.
Le Marquis de Vins.
Le Marquisdela De Bufca. /l//rJtfttli/¿JALe
Comte de Montchevreüilinnn
Le Marquisd'Harcourt.
Le Marquis de Crenan,
Le Marquis de Larray.
De la Brercfcl-lc. /1/Z,ny
De Brissac. L?QJæ
Le Marquis de Feuquicres; M.;t
Le ComtedeGaffé.ç&fnC
Le Marquisde Villars.
De Melac. i.
-
<
De Saint Sylvestre. !
Le Marquis de Coign^|.^W^|j<<*^r
Le Comte de Quinçon. LeeCComomtedteedGeuGitèuairfdc&ard*--V' ''1-'î

DeReignac.
Le Ciacvalicr de la Farer
De Piechac.
Le Comte de Solrc.Chy
Le Marquis de Caftties».
De Pracontal.
Le Comte de Bourg.
Le Marquis d'Alegre.
Le Comte de Saint Fremond
LeComtede Mailly.
Le Comtede Nassau.; Le Duc de Montmorency,
Le Comte d'Avejan.Manes.
Mylord Lukan.
Brigadiersde Cavaleriel
Mrs le Comte de MontrevcL<^*"~
Le Marquis du Plessis.
Le Marquis de Rassan.
De- Sibourg.
Le Marquis de Grammont.
De Mazel.
Le Marquis de Blanchesort.
D'Imecourc. v*^j»AC
Le Marquis de Merainville.
Le Marquis deBissy.
Le Marquis de Marivaux.$
De SainteLivierc.
Le Mar quis du Cambout,
De Légal.
Le Marquis de la Salte~
Le Marquis de Flamanville
De Preste.
Le Comte de Roussî.4""3
De la Bessiere,
De Langallerie.
LDe'CAovmeterdneeQ.vuei-lu's£. ^0+$
DeSerignan.
DelaTaste.
lCRonlcry.
DeLestrade.
Skefton.
Brigadiers d'Infanterie.
Mrs le Marquis de S'jrviHc.
LeMarquis de Blainvillc.
De Vaguener.
LeMarquis d'Alincourt.^W1"
Le Marquis de Turi.
Le Marquis d'Anun.-
Le Marquis de Pompone.fanjud
Le Marquis de Chamarantc»^'
LeBailleul.
De Gravezon.
Le Marquis de Charost.
Le Marquis de la Chaire.
Le Marquis de Thianges.
Nicolaï.
Le Marquis de Bouligneux.
Le Comte de Chamilly.
Le Marquis de la Fayctte.
De Belnavc. Hessi.
DeCaixon.
D'Aligni.
De Beaudumanc.
Le Marquis de Novion.
Le Marquis deVervins.
DeSalis,
DelaChasTagne. .1
DcCharcogne.
Le Comte de Blanzac.-~~
D'Arencs.
De Sailli.
Le Marquis deCadrieux,
Des Alleurs cfoi- * Le Marquis de Fourille.
Le Marquis de la ValiercJSS*^
Le Marquis d'AmbouvillcJ/£iu»jtu/
DeWacop.
De Vigny.
Ce n'es point assez de vous.
avoir nommé un si grand
nombre de Braves,il faut vous
apprendre de quelsOfficiers
Généraux les Arméesdu Roy
pferaongt cnomepo.fféécfscscceetttteeCC1%aamm".
jétmet de Flandre.
Mr le Maréchal Duc de L11-
yuixembouryg.
MMe Maréchal Duc de Vil-
LeÇdy., -'
Mrle Maréchal deJoyxuse.
£* Lieutenans Generaux.
Mrs Rosen.
Le Marquis de Rubantel.
Le Duc de Bourbon,
Le Prince de Conty.
Le Marquis de Vatteville.
LeMàrquis de laValette.
LeComce de Ximemes.
Le Marquis derFcuquieres.
Le DuctjcPcLWick- ~7~~
Maréchaux de Camp.
Mrs le Duc deRoquclaure.
Le ChevalierdeGassion.
Le Comte daMarsia.
Le Chevalier deBezons,Basin
Le Comtede Soire. ~T~.
De Pracontal.
LeComte deMailly.
Le Duc de Montmorency.
MylordLukan.
Armée de la Meusè.
MrleMaréchal deBoustlers.
Lieutenans Généraux*
Mrs le Duc du Maine. ~Bourton
Le Marquis de Montrevel.~LeBourne
DeBartillat.~-.
,;Le Comte de Tallard.
Le Comre de Montchcvreüil.
De Busca. LeComte de Gassé.
MarrécbauxdeCamp.
Jvl's le Marquis deLariiQn..
Le Comte de laMotte.
Le Marquis deVandeuïl.
Le Marquis deCrequi.
J-eDuc d'Elbeuf.
Le Baronne Brcflcy*v
LeComtede NadaUt
Arméed'Allemagne.
-
Armée.
ges.MarcchalDDuucdc edeLoLrolr_-
leces. MaréehaldeChoifculGeneraux.
- J
M1*le Marquis de ChamillypIlitifi
Le Marquis de la Fetulléc.
Le Marquis d'Uxelles.^**^
MylordMontcaffel.
Le Marquis de Revel.
De la B£etefchje,
Le Marquis de Villars.
De Melac.
tSMarechaux deCamp,
Mrs le Duc de la Fcrté.
De Barbcfieres.
Le Comte duBourg.
Le Marquis d'Alegre.
Le Marquisde-Vaubecourc/^*2®*' - LeComte de Saint Fremond.
Arméed'Italie.
Mr leMaréchal deCatinat',
Lieutenans Generaux.
Mrs le Duc de Vendosme.
Le Marquis deL'angalleric»*
Le Comte de Teiïe.-1
Le MarquisdeVins.
LeMarquis de la Hoguette
Le Marquis de Larray.
Le Chevalier de Vcndormr.,#
*£}xand-Prieur de France.
çj%t*reckaux de Carnp,
Mrsd'Uffon,
Le Chevalier deTefle^i DeBachevilliers.
LeMarquis de Varennes.
Le Comte de Nlcdâvy.
-c Marquis deCastries. laCroix
Armée de Roussillon.
vit le MaréchalDucJe
Noailles.
- Lieutenans Generaux.
Mrs de Chaseron, ilUnuftuf
De SaintSilvestre.
-e Marquis de Coignics.
Le Comte de Quinçon.
isHarêchaux de £amp,JL 1virs le Marquisdc~jG~ulii~
)e Reinac. )cPréchac,
iARMEE SVR LA
Mofette,
Lieutenant General.
A\ le Marquisd'Harcomt.
r
Maréchal de Camp. MrdeLoëmaria
Rien ne fait mieux voir la
grandeur du Roy, que tant
d'Officiers Généraux nommez
a la fois. Quelques curieux
ontobservé que ce Prince
a jusques à trente cinq mille
Officiersdans sesArmées,
ce quimarque bien sa puissance
au dessus des Rois ses Predecesseurs
,
qui ont regardé
des Armées de trente cinq
nulle hommes
, comme des
Armées nombreuses, au lieu
que Loüis le Grand a autant
d Officiers qu'ils ont eu de
.-
Soldats
,
& souventmesme
ils enont eu beaucoup moins.
Je vous envoye une piece
lui ne m'est pas tombée entre
!es mains assez à temps pour
a pouvoir mettre dans le voume
de lessas present des af-
'aires de l'Europe,où il )Iuficurs yen a autres qui concernent
l'erection du neuvième
ileâorat. Ceux qui font cu- ieuxdavoir toutes les pieces
originalesqu'ona publiéessur
ette matière, font feurs de 'strouver toutes dans ce voime
-me de cellc- ,àl'exception cel ic- l
ACTE
¡tt\.
DE PROTESTATION
Et reservationdelaSerenissime
Maison de Brunswick,
interposé à la Cour de Sa
Majesté Impériale, au fu-
- jet de la prétention de la
,?DignitésjEle&oralc de la
Serenissime Maison de
Brunswick , Lunebourg *
Hanover. Mr$les Ducs dcJBjunfnjvickLunebourgBrttnif
wvicl^ se voyant dans cet*
— M
i
rr
affaire entièrement néglige**
lors d'égard & exclus de la
communication
, tant pour l'en^
treprise , que. pour l'exécution
d'undesseinqui lesregarde desi
iresy ils doivent du moinsfon~
rerà conserves leurs droits pour
rux £? pour leurposterité ,sauf
se garantir par des voyes permises
legitimes de toute entreprise
,
traitemensindignes
,
oppressions
» contre l'acte futurde
l'Investiture Electorale, par la
presente protestation solemmelle
de præservand isjuribusexpactisunione
&observantia domus
quæsitis, de declarer
publiquement
3 que quant aux
parlions unions de leur Adau
son Ducale, & tous les droits
en resultants
y
qui jusques icy
cnt ejléobferve^sansaucune inlerruptiont
ils ne reconnoiflront
aucune dignitéElectorale ou prée.
minence dans leur maison, &
qu'à l'égard de cette nouvelle dignité)
ils ne cederontpai la moindrechose
de l'entiere jouissance
de leurs droits, (0f que nonobflant
la cotation de la dignité
Eleéloraleysi le cas y ecbet,ils
se prévaudront & exerceront
toutes les dignitez prérogatives
alternativesfélon l'ordre &
le droit daifneffe foit dans l'in..
vefliture des Fiefs communs de
FEmpire> ou dans la Direélien
des Conseils de la Adaifon Duca-,
le unie, ou dans les deputations
de l'Empire, & exercicede la
condireélion duCercle de labasse
Saxe
> Crc. dans tous lefqueh
droits (Si prérogatives ils Je
maintiendront df conserveront
par toutes les voyes ~w~
permises,sansfoujfrir qu'ilyfoie
fait la moindre entreprise ou prevention.
x^i ces fins
»
Mrs les Ducs
de Brunpuviik.
,
Lunebourg-
Brunfvvuk
,
si recommandent'
tres-humblementavec ledroitdt
leurcause à la juflice (f) protesison
de sa Afajejîé Imperiale,
lafuppliant en mesmetemps de
vouloir ordonner que la presente
protejîation3refervation er déclaration
3
laquelle ils feroient
necessairement ob/ige{d'interposir,
foit couchée dans les Régifira
à
afinquelle ait l'effet f0
vertu d'sféîe authentique. Fait aBrunpvvick^lei\.Joujl169z.
On a beau vouloir fc défendre
de l'amour. Il vient un
temps ou loneftforcé deluy
ceder, & malheur aux Belles
,qui ccdent trop tard. Elles
loivent craindre la menace
que leur fait Mr de Calvy 6%;
lans les Vers qui suivent.
A LA BELLE ET INDIFFERENTE IRIS. CE qu'on diflit de vofire htt*
rnem> - •Alafinmonpropre malheur,
Aimable Iris, me le fait croire.:
A la honte de tant d) dmans,
-qui voussuiventatous momensy
YOHS cjles infcnfible, r:!r vous enfii-
'Ifs gloire.
je te sentis bien lautre jour, -
:
Jguandj'osay vous.Parlerd'amour*
, J'en psnfay mourir de trifltffi.
On n'a jamais eu tant d'ardeur,
Mtje vous vis d'un air mocqueut
ftire demesJoupirS) & railler ma, tendrede.
.!<.!!°J ! vous m'aimeZ) me ditesvous?
Ah !jen'ay pas l'airassez, doux
Tour prendre un coeur comme le
vojhe.
MaisJîvousm'aime^ croyez~moyy
AlltT^ojfrirailleurs vos voeux &vôtre
foy,
JRien ne mt peut toucher
, vous totit
cheriZ une autre.
Ainji les plus tendres amours
Sont rebutez, par ces diflours,
Desespoir d'un Amantfdelk\
,
Mais tofi ou tard, charmante Inh
VAmourvangera ce mépris,
t vousférufouffrit une peine CTueflc*
Avoir des appas si ckarmans ,
Btméprifer tous v'osAmans!
Votés en foitjfrvrez, davantage,
Lors quel'Amour>jujlevainqueurs
Viendra punir vojîrcfroideur,
;/ j'inutile abus du plus beau de VÔrl,
tre âge.
Tourvous accabler de ses coups
11 ne viendra fondre sur vous
Jgue quand VQUS n'aurez plus de
charmes.
Jïucls feront vos ttifles desirs!
Vousvous moquez de nosJoûpirs,
ïeux que vous aimerez, se riront de
vos larmes.
VouspenfereTji, ces appas9
JOuifont icy tant de fracas,
Mail vous neJerez plus la mesmes.
Ce teintsibrillantchwgera.
Alors, Iris, tout vous fuira,
Gomme aujourcthuy tout vous fuit
dl' vous aime.
Ne croyez, pas que mon malheur
M'aitfaitprédire à vostre coeur
Vne sifuncfle avanturc ;
C'cjl un tribut quau Dieu d'Amour
Chaque Mortel paye à son tour,
Âins que le tribut qu'on paye À 14
Nature.
ileureux,qui dansJespremiersans
Feutsentirses feux bienfaisans!
Ils font le bonheur desa vie.
euiref;ile en cettefaison ,
Rimantdansses vieux ansrferdrepos
Crrasion3
vj de mille tourmens voit si jiame
suivie.
Du plus tendrede vos Amans
Couronnez, doncles fentimtnsy
faites son bonheur& levofre.
Mais, belle Iris, choisissez, bienl
J^ueldesespoirferoit le mien,
Fi vous aimantJifort,vousenaimie^
un autre!
Mais Vamourseul vous reglerM
;
Ce btau prix nese donnera
Jgjtà la pafilon la plus tendre
>
Et Ji t'amour doit l'emporter,
BelleIris, je puis m'en fialtr).
.f<.!!rÙ quesoient mes Rivaux,fap
,
seul droit d'y prétendre.
je sçay qu'onoppojea mes feux
Du merite & des Noms fameux.
-
Mais en vain- onme le tonteifé;. -
Jjïuoy qùils étalent tour a touf7
Aucun n-egae mon amour,
Et Camour belle Iris, vaut mieutè
que tout le refle.
1 C'est un grand malheur
pour un coeur qui s'offre,que
de ne pouvoir se faire accepter.
Jugezen parce Madrig~
deM'deVijo.
- -
L'AFFAIRE EMBARASSANTE.
IliS voulus l'autre jour donner, en
honmEtrenne
-
Mon CfEur à lajeune CliwtttC»
J^uifroidement le refusa.
ha Jîere Iris le méprit4;
Çejrefus., cemépris déboutèrent£*«
- sestet
Je Voffris trop tard àNanette5
L" Belle s'en scandalisa.
njïnj'eus beau vanter Jesfeux de
sa confiance.
si le traita par tout avec indijfe-
- rence.
jimarante rienvoulut pas,
Et Philis n'en st pas grand cas.
0 Dieux ! Cembarajfante ajfaire
Jjhfun coeur donton ne ffait que
01~faire
Le8 du mois passé ,Mr de
laCourdeManneville épousa
/iadcmoifcllcd^Caumartin^^W
roifiéme Fille defeu Mr de
^umartip, Conseiller d'Etat,
Illc s'appelle Madelene.Charote-
Emiliele Févre deCaue
Pierre delaCour,Seigneur
,c Manneville,mortConseiler
d'Etat, & Presidentàla
Chambre desComptes, dont
a Veuve,Antoinette Colbert,
estremariéeavec LouïsSaadin
d' Anglure-de-Bourlemont,
Marquis de Si, & Duc
itulaire d'Arry au Royaume
le Naples. Louis de la Cour,
on Grand-pere, Seigneurdu
Buisson, successivement Inendant
dela Justice
,
des Filances,
des Fortifications, &
les Armées du Royen Italie,
- premier President au Conseil
Souverain de Pignerol,Conseiller
d'Etat, & Ambassadeur
en Savoye l'an 1644. avoit
>
épousé CatherineMorel, Dame
de Manneville: &de Garzelle,
& il estoit ilflJ au aua<
rriérnc: degré de Gabriel du
FFoouur-r,Seigneurddee laCCoouurr,,
deMaltoc, & du Budion.qui
vivoit en 1437. & fut compris
parmy les Gentilshommes de
Normandie
,
qui verifierent
leur Noblessedans la recherche
qu'en fit Raimond Montfaut,
Commissaire député par
le Roy Louïs XI. au mois
.d'Oétobrc:. 1463. Les Seigneurs
de Maltotsont les Ainez de

bert à Dampierre.Il estFils
de Mr de Morstin,Sénateur&
Grand Tresorierde Pologne,
qui avoit esté Ambassadeur
Exrraodinaire en France, &
qui mourut.à Paris dans son
Hostelle 8. Janvier dernier.
Ce jeune Comte est fort estijné,
5c commande un Règlment.
Il n'est pas seulement
brave dans le métier de la
guerre,mais il s'attache avec
application à ce qui regarde
les Fortifications & les Travaux
pour défendre & pour
assieger des Places. Mademelle
d'Albert est Soeur de Mc: la
Duchesse deMontmorency,
séconde Fille de Mr le Duc
e Chevreuse, dont la sagesse
la pieté,aussi-bien que le
javoir, sontconnues de tout
: monde. Honoré d'Albert,
deLuines, d'une Maison
noble,établie dans leComté
vignon depuis le Pontifiat
d'Innocent VI.rendit de
grands services au Roy Heny
IV.enplusieursoccasions,
\c il eut pour Fils Charles
l'Albert
,
Duc de Luines,
)air» Connestable & Grand
fauconnier de France» Cheralier
des Ordres duRoy, prenier
Gentilhomme de sa
Avril ifyj. H
Chambre, & Gouverneur de
Picardie & de Boulonnois.
Du mariage de ce Connestable
avec Marie
*
de Rohan,
Fille ainée d'Hercule de Ro.
han, Duc de Montbafon, Pair
& Grand Veneur de France,
qui estant demeurée Veuve cpoufaClaude
de Lorraine,Duc
deChevreuse,&:GrandChambellan
de France,forcit Louïs-
Charles d'Albert, Duc de
luines) Pair de France, Chevalier
des Ordres du Roy,
Pcre de Charles
-
Honoré
d'AJbcrt, Duc de Chevreule,
Capitaine-lieutenant desChep6a6u7x.
p-lreigt ers du Roy, qui en
alliance avcc Jeannevlarie
ThereseÇolbert, Fille
inée deJean-Bapufte Colvert,
Ministre dEtat. Cest
le ce mariage qu'est venue
Vladernoifclle d'Albert, preentement
Cometesse de Chastauvillain.
- -
Il n'y a point d'action du,
Roy qu'on ne puisse dire mer-.
veilleufc. Ce Prince, au rni-,
lieu des mandes affaires dont
» il est incessamment occu pt)
songe à récompenser ceux
qui le fervent bien
, & en
travaillant sans aucun relâche
pour l'ouverture de la CampJgne,
& pourtout ce qui
regarde la grandeur de son
Etat
,
il trouve le temps de
donner ses foins à L'insstitution
d'un Ordre Militaire, qui
estoit la feule chose çui sembloit
manquer à la gloire de
son Regne. Touché des actions
incompara bles de valeur
& de courage par lesquelles
les Officiers de ses Trou pes se
font signalez dans les Victoires
&: dans les conquestes dont
il a pleuà Dieu de benir la justice
de sesarmes,&les récompenses
ordinaires ne pouvanc
ufffireà la recon- no- issance que
grand Prince a de leurs
ervices, il a voulu chercher
lenouveaux moyens de leur
aire voir combienilest conent
de leur zele & de leur
idetire. C'est dans cette veuë
ju'il s'est proposé d'établir un
nouvel Ordre purement Miliaire,
auquel, outre les marjues
d'honneur extérieures
lui. y feront attachées, il y
lura en faveur de ceux qui
luront J'avantage de s'y voir
dmis, des revenus assc:ttez,.
5l des pensions qui augmente-
,-onc àproportion qu'ils s'en
rendront dignesparleur conduite.
Comme il ne fera receu
dans cet Ordre que des Officiers
des Troupes duRoy, le
mcritc) lavertu, & les (services
rendus dans (es Armées
avec distinction
,
feront aussi
les seuls titres qui pourront y
faire entrer. Le desseindeS M.
est d'apportermesme dans la
suiteune application particulière
àaugmenter les avatages
de cet Ordre, en fortequ
ait la fausfaction d'estre toujours
en estat de faire des grâces
aux Officiers de ses Troupes,
& que ces Officiers deleur
dé voyant des récompenses
surées à la valeursayent sujet
Cc: porter avec une ardeur
ouvelle à faire tous leurs efports
pour les meriter parleurs
étions. Les Statuts& Reglelens
qui ont esté faits pour
établir fous lenomdesLoüis,
ant au nombre de trente-six.
le Roy s'en est déclaré Chef
ouverain
,
Grand-Maistre &:
fondateur, & en a uny & inorporéla
Grande Maistrise
la Couronne) sans qu'elle
n puific citre jamais (eparée
jourquelqueoccasion que ce
bit. Cet Ordre de, S. Louis
doit estre composé du Roy;
& des Rois sesSucesseursen
qualité de Grands Maistres,
de Monseigneur le Dauphin,'
& fous les Rois Successeursde
SaMajesté, du Dauphin, ou
du Prince qui fera Héritier
présomptifde la Couronne,
de huit Grands-Croix, de
vingt- quatre Commandeurs,
&de tel nombre deChevaliers
qu'Elle jugera à propos d'y
admettre. Ils porteront tous
une Croix d'or, surlaquelle
il y aura l'Image deS.Louïs;
mais les Grand s- Croix la porteront
attachée à un ruban
large

écharpe, comme seront les
Grands-Croix & lesCornmandeurs.
I
L'intention de Sa Majesté
estant d' honorer l'Ordre de
S. Loüis le plus qu'illuy est
possible, Elle a déclaré qu'EUc
en portera la Croix avec celle,
del'Ordre duSaint Esprit,ce
que feront de la mesms forte
Monseigneur le Dauphin, les
Rois Successeurs deSa Majesté
, & fous eux les Dauphins
ou Heritiers présomptifs de
la Couronne. Ce mesme Ordre
fera conseré aux Maréchaux
de France, comme i
estantles principaux Officiers
des Arméesdeterrei à l'Ainiral
de France, & au General
des Galeres
, comme principaux
Officiers,l'un de la Marine).&
l'autre des Galeres, &;
à ceux qui leur succederont
dans ces Charges. Les Ordres
de S. Michel & du S. Esprit,
& celuy de S. Louïs feront
compatibles dans une mesme
personne,sans que l'un puisse
servir d'exclusion à l'autre, ny
les deux au troisiéme Le Roy
s'est reservé à luyseul
, en
qualité de Chef & Grand-
Maistre de l'Ordre de Saint
Louis, le choix & la nomination,
tant des premiers
Grands - Croix
,
Commandeurs
& Chevaliers» que de
ceux qui feront admis à l'aveniren
chacun de ces rangs,
& ils seront tous tirez à perpétuité
du nombre des Officiers
qui serviront dans ses
Troupes de terre & de mer;
en forte néanmoins qu'un des
Grands-Croix
,
trois des Commandeurs,&
le huitième du
nombre des Chevalier,seront
toujours tirez de celuy des
Officiers de la Marine & des
Galères. Après la première
Domination des - Grands-
Croix, des Commandeurs £4
des Chevaliers, quand il y aura
des places vacantes par
mort, les Grands
- Croix ne
pourront estre tirez que du
nombre des Commandeurs,
ny les Commandeurs que du
nombre des Chevaliers, le
tout par choix
,
& comme Sa
Majesté le jugera à propos.
sans qu'Elle s'oblige d'observer
l'ordre d'ancienneté. Dans
les Àssemblées & Cérémonies
de l'Ordre,les Maréchaux de
France, l'Amiral de France,
& le General des Galères, tiendront
le premier rang après lé
Roy,ses successeurs, les Dauphins
ou présomptifs Heritiers
de la Couronne.»& les
-
Princes du Sang qui s'y trouveront
admis. Les Commandeurs
feront précédez par les
Grands Croix, & les simples
Chevaliers par les Commandeurs.
Ceux qui auront aussi
1/Ordrc du Saint Esprit, précéderont
les Grands Croix,
Commandeurs & Chevaliers
de l'Ordre de S. Louïs,à cause
de l'avantage qu'ils auront
d'estre honorez des deux Ordres.
Aucun ne fera pourvu
d'une place de Chevalier, s'il
ne fait profcffion de la Religion
Catholique,Apostolique
& Romaine, qui fera justifiée
par une attestation de
l'Archeveque ou Evesque
Diocesain,& s'il n'a servisur
terre ou sur mer en qualité
d'Officier pendant dix années,
dont les Certificats des Généraux
& Commandans feront
foy, Les Lettres ou Provisions
que le Roy accordera à ceux
qu'il aura choisis pour estre
Chevaliers, ou pour monter
aux places de Commandeurs
ou de Grands. Croix, seront
signées, pour les Officiers fer:
vant dansles Troupes de terre,
par le Secretaire d'Etat qui a 1s
àdépartement de la Guerre; & l'égard des Officiers de Mer,
par le Secretaire d'Etat du departement
de la Marine & des
Gal ères. Toutes ces Provisions
serent scellées du Sceau de
l'Ordre? qui demeureraentre
les mains du Chancelier &
Garde des Sceaux de France.
Le Chevalier pourvû prestera
serment au Roy en se mettant
à genoux, & jurera & promettra
de vivre & mourir
dans laReligionCatholïque,
Apostolique & Romaine,
d'estre fidelle à sa Majesté ans se départir jamais de l'o-,
scissance qui luy cft deuë
, &
L ceux qui commandent fous
ses ordres, & enfin de se com-
)orter en tout comme un bon,
âge
, vertueux & vaillant
Chevalier doit faire
,
le tout
c lon la formule dont le Sdcretaired'Etat
qui aura expelié
sa Provision, fera la lectue.
Après que le Chevalieraua
presté le ferment, le Roy
uy donnera, l'accolade & la
Croix,ce qui estantfait, il
resentera,ou en cas d'absence
pour quelque empêchement
leginme,il fera presenter ses
Provisions à l'Assemblée,qui
fera cenuële jour de S.Loüis,
afin qu'on en sasse la lcâurc,
ainsi que des Picces qui y feront
arrachées, après quoy elles
serontenregilhécs dans les
Registresde l'Ordre,&renduës
ensuiteau Chevalier pat
le Greffier, qui fera mention
de cette lecture & de cet enregistrement
sur les Provisions
sans frais. Les Chevaliers &
Commandeurs qui auront obtenu
des Lettres du Roy pour
monter aux places de Comandeurs
& de Grands-Croix,
s presenteront ou feront
resenter pareillement à la
esme Assemblée, où après,
mblablc lecture
,
l'enregistrement
s'en fera aussi sans
ais& sans qu'ils soient obliez
de presser un nouveau
rment. Tous les Grands-
Croix
,
Commandeurs &C
chevaliers qui ne feront retelus
par aucun légitime emêchement
,
soit de malade,
foit d'absence pour le
ervice duRoy,serontobligez
le se rendre tous les ans autres
de sa personne, le jour
& Feste de Saint Louis, pour
l'accompagner à la Mené, qu
fera celebrée dans la Chapell
du Palais où sa Majesté fera
& qu'ils entendront devote
ment,pour demander à Diet
qu'il luy plaise de répandre
ses bénédictions sur Elle
,
su
la Maison Royale, &' sur l'Etat
L'aprésdînée decemesme
jour,on tiendra une Assemblée
de l'Or dre dans un des
appartemens du mesmePalais,
où les Grands Croix, Commandeurs
& Chevaliers qui
auront assisté à la MeÍfc le
matin, seront obligez de se
trouver. Quand le Roy n'y
urra estre present, non plu1s
aux autres Assemblées que
Majesté jugera à propos
convoquer extraordinaire-
:nc, Monseigneur le Dauin,
& en sonabsence les
inces du Sang
,
qui auront
é faits Chevaliers de cet dre
,
les Marechaux de
ance,l'Amiral de France,
le General des Galeres, y esuderontselon leur rang , à leur defaut, le plusann
Grand-Croix, Commanur
ou Chevalier de ceux i se trouveront dans cette flfcmbiée du jour de Saint
Louis,en laquelle on élira tou
les ans à la pluralité des suffra
ges deux Grands-Croix
, qua treCommaadeurr,& six Che
valiers, pour prendre foin de
affaires communes de l'Ordre
pendant l'année qui commer
ccra le mesme jour. Ceux qu
sortiront de Charge, seron
obligezdefaire dans cet
mesme Assemblée le rappor
de leur gestion, pendant
cours de l'année precedent
Il y aura trois Officiers dar
l'Ordre de Saint Loüis ,
qu
feront aussichoisis & pour
veusparSaMajesté. Ces Os
,
iciers
, qui feront un Tresorier,
un Greffier & un Huisicr
, ne recevront point l'acolade.
Ils pourront seulenent
porter la Croix d'or,
comme les simples Chevaliers.
LeRoyadotél'Ordre de
Saint Loüis de trois censmile
livres de rente,en biens &
evenus purement temporels,
destinezàcet effet, & cette
Comme doitestre remise tous
es ans entre les mains du Tre-
Corier, qui la payera & distribuera
fuivanc les deux états
îuc Sa Majesté arrestera au
commencement de chaque
année, l'un pour lesOfficiers
des Troupes de terre, qui sera
signé par le Secretaire d'Etat
,ayant le département de
la Guerre, & l'autre pour les
Officiers de la Marine & des
Galeres, que signera le Secrétaire
d'Estat, ayant le département
de la Marine,& des
Galcres. La distribution de
cette somme de trois cens mille
livres se fera de cette forte.
Aux huit Grands Croix,
chacun 6000 l.
A huit Commandeurs,
chacun 4000 l. •1
Aux fcize autres Commandeurs,
chacun 3000
A vingt- quatre Chevaiers,
chacun 2000 l.
A vingt-quatre autres Chealiers,
chacun ijoo l.
A quarante huit autres
chevaliers,chacun 1000 l.
A trente deux autres Chealiers,
chacun 800 l.
Au Tresorier 4000
Au Greffier 3000 l,
A l'Huissier 1400 l,
Toutes ces sommes monent
àcelle de deux cens quarc
vingt quatorze mille lircs)-
dont le payement fera
fait par le Tresorier de six
mois en six mois aux Grands-
Croix, Commandeurs &
Chevaliers,& elles ne pour
rontestre saisies pour quelque
cause que ce soit Les six mille
livres restant seront pour
les Croix & autres depenses
impreveuës
,
& l'employ ne
pourra s'en faire que par Ici
ordres deSaMajesté. Si quel
que Grand-Croix, Commandeur
, ou Chevalier contre
vient à quelqu'une des obli
gations de son serment, ou s'i
commet quelque crime emportant
peine afflictive ou
infamie, il fera privé & degradé
del'Ordre. L'Edit qui
en porte la Creation, fut enregistré
au Parlement le 10. de
ce mois,
- - Si l'amour se fait souvent
condamner parles facheux
effets qu'il produit, on n'en
doit rien craindre quand ilest
Fondé sur beaucoup d'estime,
& qu'il prend pour règle les
conseils de la raison. Un jeune
Marquis, d'une naissance des
plus distinguées, & que les
grands biens qui luy estoient
assurez après la mort de son
Père, pouvoient faire parvenir
à tous les emplois quisont
capables de flater l'ambition,
fit mené un jour chez une
Dame
,
oùle commerce du
jeu attiroit toujours assez bonne
compagnie. Elle n'estoit
que de gens choisis, & de la
maniere que les choses sepassoient
,on peut dire que sa
mission estoit une école d'honncfieté&
de politesse. Comme
la Dame avoit peu de bien,
ces petites assembléesluyestoient
avanrageu ses, puis qu'-
elle en tiroit d'assez grandsprofits
pour vivre commodement,&
sans avoir besoinde
personne. Avantque les tables
pour le jeu se puiTciit trouver
remplies, on joüissoitduplaisir
d'une agreable conversation
,
& si la Dame y brilloit
par son esprit,uneaimable
Fillequ'elleavoit faisoitadmirer
sa sagesse & sa conduite.
Elle parloit peu, parce qu'elle
étoit persuadée que la retenuë
est ce qui convient le mieux
a unejeune personne; mais
quand quelqu'un luy adressoit
le discours, ce qui arrivoit
assez ordinairement, toutes
ses réponses estoient vives,
& le tour aisé qu'elle leor
donnoit, faisoit aisément
connoistre que le silence qu'-
elle affeétoÍtde garder, estoit
uneffetde samodestie.Quoy
qu'elle n'eust pas les traits re..
gulicrs à les examiner tous
separément,ilenrésultoit un
je ne sçay quoy qui saisissoit
les yeux & le coeUfJ & qui
l'emportoir de beaucoup ~fuï
la beauté.Elle chantoit d'ailleurs
agréablement,&joüoit
du Lut& du Clavessin d'une
maniere touchante.C'estoient.
de grands charmes pour beaucoup
de jeunes gens qui estoient
~rcccus dans cette mai~
on. Cependant cette aimable
Fille s'observoit si bien, que
es douceurs les plus recherchées
qu'ils luy disoient,n'avoient
rien qui l'entestast. Ils
estoient tous écoutez de la
mesme forte, & quoy qu'elle
les traitast fort civilement, il
n'yenavoit aucun qui fust en
droit de s'imaginer qu'il l'emportast
sur ses Concurrens Le
jeune Marquis ne putresister
longtemps à tant de merite.
Il sentit son coeur touché, &
après beaucoup de foins rendus
sans se declarer,il trouva
enfin l'occasion d'expliquer
ses sentimens. La Belle
qui estoit presque sans bicn^
& d'une naissance fort au
dessous de la si enne, quoy que
de bonne Famille, luyrépondit
fort obligeamment, èc*
d'un air modcHc) qu'ayant
remarqué en luy les plus bel,:
les qualitez qu'on pust fou-ji
haiter dans un honneste hom
me,elle ~recevroit avec plaisir
les marques d'estime qu'illuy
donnoit par sa declaration, ~fij
elle pouvoit oublier ce qu'il
estoit
,
mais que l'inégalité
que la fortune avoit mise en-j
tre eux, luy faisant envisager
que
de l'attachement qu'il prenroit
.pour elle ne pourroit
~:rvir qu'à donner lieu à de
lauvais contes, elleleprioit
~e s'abstenir de la voir, ou -
étoufferce qu'elle avoit mis
malgré elle dans son coeur
il estoit vray qu'il l'aimast
utant qu'il vouloit le faire
roire. Une si sage réponfc ne
x qu'enflâmer plus fortement
: jeune Marquis. Cette refo
~tance piquasesdesirs,&l'obstacle
quelle voulut mettreà
~i
passion le fit s'attacher avec,
~ilus d'ardeur à luy en don-
~ler des marques. Tout ce
qu'il tenta fut inutile. Lesoin
qu'elle prenoit déviter qu'il
n'eust avec elle aucun entretien
particulier, luy laissoit à
peine le plaisir de luy découvrir
par ses regards, combien
il estoit vivement touché. Si
tost qu'il les tenoit attachez
sur elle, commeelle y voyoit
beaucoup d'amour, elle détournoit
ou baissoit la veüe
de peur de les enhardir à luy
dire trop, & hors l'incivilité
qui n'estoit pas de son caraacre,
elle em ployoit tout
pour le guerir. Le jeune Marquis,
se trouvant charmé de
DIUSen plus,suivit les mouvemens
desoncoeur,& prit
enfin une resolution
, qui
uy devoit ~affeurcr l'heureux
triomphe où il aspiroit. Ce
lit de s'adresser à la Mere. Il
lemanda à l'entretenir
,
&
~prés luy avoirexageré sa passion
pour saFille,il se plaignit
de l'outragequ'elle luy faisoit
en refusant d'accepter ses
soins, comme s'il avoit des
sentimens qui fussent contre
sagloire. Illuy protesta qu'il
n'avoiteu en l'aimant q.!e des
veuëstres-legitimes, & pour
'en convaincre, il s'offrit de
l'épouser, si l'on vouloitbien
tenir le Mariage secret. La
condition estoit indispensable
pour luy,àcause qu'il dépendoit
d'un Pere puissant & imperieux,
qui non seulement
ne luy accorderoit point ion
consentement s'il le demandoiCt
mais qui obtiendroit
desordres pour l'éloigner,&
le mettroit dans l'impossibilité
d'executer son dessein. La
Mere eblouië des avantages
d'une si haute alliance, entra
dans les raisons du Marquis,
&' consentant avec doye à la
proposition qu'il luy faisoit,
elleluy promit de menager 11
bien l'esprit de sa Fille
,
qu'il
trouveroit dans son coeur les
sentimens qu'il y souhaitoit.
En effet, elle se servit de toute
son éloquence, pour luy fai-
~revoir que ce fcroit estre ennemie
de son bonheur
, que
de balancer un seul moment
sur une affaire qui luy devoit
estre si avantageuse ; mais la
Belle qui vouloit peser les
choses, & qui n'alloit pas si
viste qu'elle, luy demanda
quelques jours pour y penser
Cependant la Mere qui appuyoit
fortement le jeune
Marquis, luy facilita l'occasion
de s'expliquer pleinement
avec sa Fille, & de luy
dire lu y-mesme ce qu'il loit vou- faire en sa faveur. LaBelle
n'épargna point la force des
termes pour luy en marquer
sa reconnoissance , mais quant
au Mariage secret,il fut impossible
de l'y faire consentir.
Outre qu'il n'avoit point l'age
que lesLoix demandent, elle
luy dit, que l'épousantseulement
par la violence d'une
passion dont il ne pouvoit
estre le Maistre
,
il feroit
presque impossible que quand
Il auroit ouvert les yeux sur
esavantages qu'elle luy auroit
fait perdre, il ne se repentift en
Fort peu de temps de s'y estre
abandonné, & que de l'humeur
dont le Ciel l'avoir fait
naistre
, ce repentir suffiroit
pour ne luy laisser aucun repos.
Elle ajousta à cela que le
Mariage qu'on luy proposoit
de faire secrettement, pourroitavoir
de certaines suittes
qui l'exposeroient à des bruits
fâcheux) dont la feule idée
l'epouvantoit
,
& que comme
pour les arresteril ne luy
seroit pas permis de faire connoistre
la vérité,cette contrainte
luy osteroit toute la
douceur qu'elle trouveraità
posseder le coeur du Marquis,
si elle pouvoit enestre aimée
sans mistere. La Mere eut beau
cherchtr des raisons pour
combattre ses scrupules
,
la
Belle demeura ferme dans sa
resolution
, & quoy que le-
jeune Marquisluy fistparoître
un vray desespoir de ce
que ses sentimens d'estime
de respect & de tendresse,
estoient si mal reconnus, tout
ce qu'il put obtenir
» ce fut
qu'il seroitnonfeulement du
nombre de ses Amis, mais
son Amy de distinction,s'il
vouloit bien luy promettre
qu'il supprimeroit à l'avenir
toutce qui pouvoit sentir l'amour.
La loy estoitdure,mais
ils'y failut accommoder. Ses
manieres aussi tendres que
soumises le rendirent digne de
toute sa confiance, & ce luy
cftoit quelque consolation
dans ce que la severité de sa
vertu luy faisoitsouffrir, de
remarquer qu'elle prcnoit plaisirà
levoir. Quand quelque
fois il s'échapoit à luy dire
quleque chose de trop vif& de
trop passionné
,
il craignoit si
fort deluy déplaire qu'elle
n'avoit besoin que d'un regard
un peu fier ppur le faire
rentrer dans les bornes qu'elle
luy avoir prescrites. Si cette
contrainte n'affoiblissoit
point les sentimens qu'il avoit
pour elle, pcut7estrè se
flattoit-il que le temps y apporteroit
duchangement ,
mais ce qui arriva trois ou
quatre mois aprés, ne luy permit
plus de l'esperer. Il y
avoit une vieille haine entre
saFamille &celle d'un Gentilhomme
qui avoit esté eaulée.
par des differens. qu'avoient
suscitez des terres voisines,&
meslées en quelque
façon l'une dans l'autre. Ces
differensavoient fait souvent
repandre du sang, & on avoit
inutilement cherché jusque
lààremedier à ces defoldICS.
Des Amis communs qui s'interessoient
à les finir) n'en purent
trouver d'autre moyen
que celuy d'un Mariage. Le
Gentilhommeavoit une Fille
fort bien faite, & qui estant
sa seule heritiere estoit un
Party tres-considerable. On
proposa de la marier au jeune
Marquis, & son Pere ayant
donné les mains à la chose, le
Gentilhommeselaissa gagner.
Il n'y avoit rien de mieux
assorty, soit pour le bien,soit
pour la naissance. On prevenoie
par là les malheurs qui
estoient à craindre si la Demoiselle
prenoitune autre alliance,
puis que les Enfans qui
en naistroient
»
pourroient
perpetuer la division qui n'avoit
déjà que trop duré.Ainsi
on donna parole de part &
d'autre, & ce fut un coup de
foudre pour le Marquis, qui
ne pouvoit se résoudre à la
enir. Quoy que l'on gardait
ssez le secret sur la résistance
lu'il y apporta,la Belle en
ne avertie, & ce qu'on n'auoit
peut-estre pas attendu
elle, l'affaireluy parut si imortante,
qu'elle entreprit de
faire reussir.Après avoir rerefenté
au jeune Marquis
outes les raisons qui le deoient
obliger à n'y estre pas
ontraire,soit pour sa fortuus
& sonétablissement
,
soit
arce qu'elle luy ostoit des
Ennemis qui pouvoient luy
ttirer de fort grands malleurs,
elleluy dit qu'ily alloitdesagloire
à elle-même
qu'il n'y mist aucun obstacle,
puisque s'il osoit s'obstiner à
un refus, on l'imputeroit à la
passion qu'on croyoit qu'il
eust pour elle, ce qui feroit
éclat dans le monde, & luy
feroic desavantageux. Tout
ce qu'illuy allégua pour obtenir
qu'elle luy laissast la liberté
de demeurer maistre de
luy mesme,ne fcrvit de rien.
Elle resta toûjours ferme à
dire qu'elle devoit compte de
saconduiteaupublic,&que
s'il connnuoit à s'opposer à
un Mariage qu'il devoit luyleinc
rechercher, le seul party
qu'elleavoit à prendre c'estoit
le cesser entièrement de 18
voir ,
afin qu'on ne la pust
endreresponsable de l'injuste
ntestement qui le faisoit réister
àce qui devoit réconciier
deux Maisons consideraples.
Elle parla siabsolument,
que le Marquis nedoutant
)arnt de safermeté s'ilfalloit
qu'elle entreprist d'executer sa
nenace ,fut contraint de luy
promettre qu'il tâcheroit de
>c vaincre pour la satisfaire.
Elle avoit trop de droiture
hns ses sentimens, pour fr,
contenter de cette promesse.
Elle en voulut voir l'esset,
& ne luy laissa aucun
repos jusqu'à ce qu'elle eust
appris qu'il avoir signé le traité
qui assoupissoit la vieille
querelle. La joye en fut
grande dans les deux Familles
, & les complimens
deréjoüissancey estoientreceus
de toutes parts, quand la
mort du Pere du jeune Marquis
interrompit les apprefts
qu'on faisoit deja pour le mariage.
Cet Amant charmé des
manières genereuses de la Belle
, ne put se voir maistre de
les volontez -sans reprendre
tout l'amour qu'e lle avoit
vouluqu'ilérouffast. Il s'en
expliquaavec la Mere, à qui
il ne cacha point qu'il estoit
résolu de rompre l'engagementoùil
s'estoit mis, pour le
donner entierement à sa Fille.
La Belle n'eut pas plustost sceu
cet emportement de sa passion,
qu'elle prit l'air fier qui
luy estoit naturel, & luy demanda
avec hauteur par où
elle pouvoit avoir merité,qu'il
luy crust l'ame assez basse
pour pouvoir souffrir
seulement qu'il man,qunaosnt
pourelle à son honneur cri
manquant à sa parole, mais
qu'il s'exposastau justeressentimcnt
d'un Ennemy
,
qui
ayant déja le coeur rcmply
d'une vieille haine, chercheroit
à se vanger de toutes manieres
de l'affront qu'il luy
seroit par cette rupture. Il eut
beau dire qu'il regardoit le
plaisir de luy marquer sa rendresse
presemblement a toutes
choses, elle persista toujours
à le refuser pour sonAmant,
& luy dit mefnle avec assez
de colere, qu'elle renonçoi
a estre de ses Amies, s'il ne
se montroit digne de son amitié,
en se mettant au dessus
des foiblesses de l'amour. Ce
differend ne finit qu'aprés
qu'ill'eutassurée qu'il acheveroit
le mariage. Il le recula
feulement d'un mois, pour
avoir le temps de terminer les
affaires que luy avoit suscitées
le changement d'état où il se
trouvoit. Cependant il continuoit
à voir la Belle sur le même
pied d'Amy, & fc souvenant
d'avoir entendu dire à
la Mere, que l'appartement
qu'elle occupoit ne luy plaifoit
pas, il luy dit qu'il en
sçavoit un où il croyoit qu'-
elle seroit logée plus commodement.
Il se chargea du
foinde l'examiner,& la mena
quinze jours après dans une
maison, eu il y avoit & pour
clle & pour sa Fille tout ce qui
pouvoir les accommoder. Elles
admirerent l'une& l'autre
la beauté & la propreté des
meubles de ceux qui quitoient
cette maison, & ce qui deutles
surprendre, c'est que tout y
étoitneuf. Illestua decette
surprise, en leur disant que ces
meubles estoient de l'appartement,
& que puis qu'on le
privoit du plaisir de passer sa
vie avec la Belle, on ne devoit
pasluy oster celuy de luy
donner par un presentdecette
nature une foible marque de
la parfaite estime qu'il avoit
pour elle. Il leur dit cela dans
un Cabinet où il y avoit une
grande armoire fort propre,
qu'il ouvrit. Elle estoit pleine
d'Etoffes de toute forte, de
Linge, de Dentelles, & de
tout ce qui qui peut estre à
l'usaged'uneFille, & après
avoir regardé la Belle comme
pour la con jurer de ne les refuser
pas, il en tira un Contrat
d'une somme fort confitiera..
ble qu'il avoit fait faire à son
profit, & qu'il remit entre les
mains de sa Mere. Le Marquis
estoit si riche, que cette dépense,
quoy que grande pour
un autre, ne pouvoit l'incommoder.
La Belle n'avoit presque
point d'autre bien que
son mérite, &. sa conduite
avec luy avoit toujours esté
si sage & si reguliere
, que
n'ayant rien à se reprocherais
le pouvoit accepter sans honte
ce quidevoit la mettre en
estat dese plaindre moins des
rigueurs de la fortune. Je supprime
les loüanges que donna
la Mere %ala generosité du jeune
Marquis, & ne vous dis
rien de l'embarras où fc vit la
Belle,qui ne put luy faire ses
remercimens sans l'assurerque
s'ils avoient pû changer d'état
l'un&l'autre, le connoissant
comme elle faisoit
,
elle
luy auroit fait voir qu'elle n'estoit
pas moins genereuse que
luy Ilavoittoutlieu d'enestre
persuadé par le procedé qu'-
elle avoit eu dés la premiere
déclaration qu'il luy avoit
faite, & qu'elleavoit depuis
foutcnu d'une maniere si no- 1
ble & si desinteressée. Auss
luy jura-t-il mille fois qu'ell
pouvoir faire fond sur luy
toute sa vie, comme sur l
plus sincere & le plus essentie
detousses Amis.
Mrle Nonce ayantoüy par
ler avantageusement de l'A
cademie de Peinture &d
Sculpture,établie par le Roy
&logée au Louvre, souhait
de la voir avec l'empresse
mentqu'il a faitremarque
depuis qu'il est en France
pour toutce qui s'esttrouv
digne de sa curiosité. Il y su
receu au bas de l'escalier pa
M
Mr Mignard, Directeur,qui
stoitaccompagné de pluieurs
des principaux Officiers
de l' Academie. On mena d'a-
)ord ce Prelat dans la Galerie
d'Apollon, qui estremplie
de quantité de Tableaux de
prix qui appartiennent au
Roy. Rien n'est plus beau que
a sculpture de cette Galerie,
j'y ayant pas un morceau de
errurerie qui ne puisse passer
our unchefd'oeuvre. Toute
:C'ttc Galerie est de l'ordonlance
de feu Mrle Brun.On oit y quelques Tableaux de sa
nain dans le plafond, ainsi
que des plus cxcellens Pein-4-
tres de France & deCalmara
, si fameux en Italie. -' Mr le
Noncevit la grandeSale d'Asfemblée.
Elle est ornée de*
chef-d'oeuvres de ceux qui
ont esté receus dans laca.
demie, de forte que l'ony
voit des Tableaux sur tous Ici
sujets qu'on se peut imaginer
& une infinité d'ouvrages de
Scul pture , comme statues
bustes,& bas reliefs. La Sal
du Conseil de l'Academie
est moins grande, & l'on n'y
voit que des Portraits de
principaux Académiciens
queceux qui ontesté receus
dans ce Corps ont cfté obligez
defaire avant que d'y cftrc
admis, pour donner des marques
deleur capacité sur ce
genre de Peinture. Mrle Nonce
fut aussimené dans les Ecoles
de Geometrie, Perspective,
Anatomie&de Dessein,
quisonttoutesdans lamesms
Academie, & entretenues le par Roy.Ce Prelat donna mille
louanges à tant de bciies
choses,admira la gran deur
&lamagnificence de Sa Ma-
jesté ,ainsi que son bon goust
pour les Arts, & salibéralité
pour les faire fleurir, & fut
reconduit par lesmesmes personnes
qui l'avoient esté recevoir,&
qui furent encoreaccompagnées
d'un plus grand
nombre.
Le Dimanche 5 de ce mois,
Mademoiselle,Anne Marie
Loüised'Orlean-,s, -- ,
Duchesse
de Montpensier, mourut au
Palais d'Orléans dans sa soixante
sixiémeannée. Je vous
parlay amplement lemois
passé de sa maladie, qui a duré
trois semaines. Pendant
ce temps on a fait pour la guérir
tout ce que la Medecine.
lRoit capable de faire, mais
il y a des fortes de maux contre
lesquelselleest inutileJ&
qu'elle ne peut smesme deviner.
Tel aesté ecluy de cette
Princesse qui cft morte d'une
pierre dans l'Uretere. Le Roy
& toute la Cour la font venus
consoler dans ses souffrances.
Monsieur n'a pas manqué un
jour à la voir, & Madame ne
l'a presque point quittée, l'un
& l'autre luyfaisant prendre
souvent )& luy donnanteuxmêmestout
ce qui étoit necesfaire
pour la faire vivre & pour
la mettre en estat de recouvrer
sa santé.Cette Princesse
estant generalement. aiméel;'
la foule estoit extraordinaire
dans son Palais pour sçavoir
s'il n'y avoit point d'amendement,
& une infinité de
Per sonnes du premier rang, &
d'un moindre,y envoyoient
tous les jours. Elle aesté
assistéeau Spirituel avec tous
le foin qu'elle pouvoit souhaiter,
Mr leCuré deS. Severin
l'ayant veuë tres souvent,
ainsi quelePereBourdalouë,
Jesuite Quoy que le Palais de
Luxembourg foit situé sur la
Paroisse de Saint Sulpice
,
elle

avoit obtenu que Saint Seve-
:in seroitsa Paroisse,à cause
que ccluy qui en étoit Curé;
tuy servoit de Directeur depuis
un fort grand nombre
d'années.Elleest morteaprès
avoir receu tous ses Sacremens
avec une entiere résignation
,
& des sentimens de
pieté fort édifians. Son Testamenc
aestétrouvéaprès sa
mort. Il est olographe, & ea
ces termes.*
AU NOM DU PERE
ET DUFILS,ET DU S.ESPRIT. NOUSy Anne-Marie*
Ldi se à[Orléans>par /4
grâce de Dieu Pnncejfe de Dum.
4 s, Fille aînée de feu Monjitur1
fils de France, Duc d'Orleam;
Dejitam mettre ordre a mes affaires
temporelles, pour nKejbe
occupée àl*avenir quede celle de
mon salut
, je dispose de mes
biensainji qu'il s'enfuit,
Je donne aux Carmelites de
3, Denis, dix mille livres•
Aux Augustins de S. Fargeau*
six mtll( livres, qu'ilsemployeont
en fondations pour la fub~
tftance de la Maijon.
A l'Hôpital de S. Fargeaui
lix mille livres,qu*on mettra
>n fond pour la (ubfftance des
Malades. Cet Hopital est servi
l>ar des Soeurs de laCongrégation
de la Charitéydont la principale
Maison est a Paris
>
Paroissê
S. Laurent.
A l'Hôpital des Malades de
la Tille-d'Euydix mille livresJ
qu'on mettraaujji en fondpour
augmenter des lits, dr pour une
Salle pour les femmes que je
pretens faire bajlir, en cas qu'ell.
ne le foit pas de mon mimant>
pareille fommt pour le bajiiment.
Aux Carmelites AeTrevaux
dix mille livress i pour fubvenit
à leurs btfoins> e,r autant aux
Urfehnes du me/me heu
, pom
achever leur maison
,
si elle n'efi
pas faite de mon vivant.
Je donne à l'Hôpitalgénérai ôpita l generaJ
de la Ville-dEu
i trois mille lu
Dresde rente, afin qu'on l'acheove)
en cas qu'il ne foit pas fait
de mon vivant.
Je donne à la JJlaifon deu
Soeurs dela Congrégation de l¡;¡
latitcque f*y établie en LA
lie- d'Eu, quatre mille libres
rente>afin quonacheve U.
ixifon
,
si elle nest pas faite
monvivante Je wtix que l'on donneames
tomeflaques leurs gags & leur
)urriture de toute l'année en
rgent »
(y*leprix de leurs Char;
M
à ceux qui en ont acheté
, &.
t valeur à ceux qui ne les ont
iS achetées.
Aihacune de mes J^illes^vingt
lille livres.
Achacune de mes Femmes,
}ou^e mille livres.
Je veux que l' on paye lot

ma Soeurde Guisefont char-
ZCresponsables par la Tranflion
..,'" que nuus avons paf.?e enmble
, surmes,pierreries M~/c P~rrf~
r meubles, si. cette somme ne
ffitpas.
Je donne m4 maison de Choisy
Monseigneur le Dauphin
» CM
1 surplusdemes meubles ü imeubles
» g Pierreries le fais
on Légataireuntverfel Mon-
?ur, Philippe de Frdnce, Duc
Oleans, dont j*ay l'honneu,
tjtrëConfine Germaine
» tm qui
te fuit celuy de me témoigner
eaucoup d'amitié.Vans le légat
niverfelferontcomprifeslesparti
&portions dont je peux dtfpofe,
st) toutes les SeigneuriesJ Terre,
lZomteautresïmmeubl qui0m"'appartiennent.
Je révoque tous les Teftamd
que iay cy- devant faitst non
vbtfant les clauses dérogatoin
que je pourvois y.avoir mises
atfqùcllcs ne me foavenant pdi
je ne les puis exprejlémentrévt
quer; mais fentens les annulit
par cette clause generale
> g
mon intention estque touslesTej
lamens anterieurs a celuy-cy de
meurent nuls &fonteffet
J vou
lant queceluy-cy seul. ait fo
tffit, que iay leu
9
reUu
e
C
tpbroHVc en tout [on contenu.
7ait aChoïfy ce t7. de Février
nit six cens quatre -sving- cinq.
^nhc- Marie- Loiiifc d'Or.
léans.
Ne pouvant trouver personne
ylus propre pour executer mon
rrefent Teflamentcjue iJ^\dc
Harlagj Procureur General du
parlement de Paris
, & connoissant
sa probité, son mérite
&Ja capacit;, e l'affeéîionque
sa persônne, & tous ses Anceflres
ont toujours eue pour ld
ÀdaifbnRoyale, & pour moy
en particulier5 je leprie de se
vouloir donner cette peine ,
é.
de recevoir un Diamant brilldn
Je douZe millelivres> queil
luy laijje pour Je Jouvenir d,
moy.éprouve les ratures.
1.1 c-A M. L.D.
Vous remarquerez que ce
Testament étant fait il y a huit
ans,Mr de Harlay
,
alors Procurcur
GeneranduParlement
de Paris, en est devenu premierPresident,
& queMrle
Comte deCharny,dont ilest
,
parlé, est mort depuis cc
temps- là. Pendant que le
Cor ps de cette Princesse est
demeuré exposé sur un lit de
parade, les Peres Feüillans ont
psalmodié autour, comme ils
ont accoutumé de faire à la
mort de tous les Princes & de
toutes les Princesses de laMaison
Royale. L'onadit continuellementdes
Messess dans le
icuoù ilestoitexposé&toute
la Cour & toute la Ville ont!
:fié luy jetter de l'Eau benite,
ce qui a esté fait en ccremo- 5
nie par leurs AltessesRoyales
Monsieur & Madame, Ni-onsieur
le Duc de Chartres, Ma^ré^
dame la Duchesse-de Chartres.
&Mademoiselle. Madame!*
grande Ducliefie de TpfcanZJK&W

Dames d'honneur de laPrincessedéfunte.
Le Samedy II.
le ce même mois, on 6c la
cremonie de porter sonCoeur
du Val de Grace. Ce fut Mr
Abbé deCombray
,
son prenier
Aumônier,qui le preenta,
Mademoisellefaisant
es honneurs du deüil. Il fut
nis dans la Chapelle où est
celuy de U Reine-Mere, de
a Reine, & de plusieursPrinces&
Princesses de la Maison
Royale. On porta aussiJesEtv«
railles en l'Eglise des Cele*-
ttins, & elles y furent inhumées
dans la Chapelle des
Princes de la Maison d'O
lcans. 2]
Le 14' qui suc le dernier jou
où on laissale Corps expofé4
Mr l'Archevesque de. Pari
accompagné de son Clergé
alla aussiluy. jetter de l'Eau
benite, & le mesme jour, su
les neuf heures du soir , 1
Corps fut mis sur un Chariot
couvert d'un grand pocsle d
Velours blanc, croisé de Mo
re d'argent,& bordé dheÉ
mine, & porté en l'Abbay
Royale de Saint Denis. Le
quatrecoins de ce poisl
estoientsoûtenus par quatsj
Aumôniers de la Princesse &
lsestoientàcheval. Ilyavoit
uit Chevaux au Chariot avec
les housses de velours blanc,
croisées aussi de Moire d'argent,&
ceux du carrosse des
Dames de sa Maison avoient
desemblables houssesLe Cha.
riot qui portoit leCorps,estoit
précédé de Pauvres vestus de
gris, des Pa gesde la Princeife',
&de ses Valets de pied avec
des flambeaux de Cire blanche,
& de tous ses Officiers&
suivi d'un grand nombre de
Carrossesavecles PagesduRoy
à Cheval
,
& ceux de Mou?
sieur ,ses Gardes & ses Suiffcs
qui portoient tous aussi des
flambeaux. Mtl'Archevesque
d'Auch presenta le Corps au
Prieur de l'Abaye de S. Denis,
qui repondit au Discours de
ce Prélat. C'estoit Madame
la Duchesse de Chartres, qui
faisoit ce jour-là les honneurs
du deuil. Le Corps reposera
dans cette Eglise
,
jusquàce
que tout foit prestpour la sepulture.
Monsieur fait travailleràun
Mausol ée. Celujl
qui fera l'Orailon funebre,au
la une ample matiere sur la
pietéde cettePrincesse.Cette
icté paroist parison Testanent
qui fait connoiftrc qu'el
a faitplusieurscharitez pen*\
ant (a>vie à divers Coa*
ents -&, Hôpitaux
,
s'attahant
particulièrement à faire
u bien aux derniers. Il n'y
point de charité plus utile,
c ne puis mieux vous marquer
la grandeur de sa naissance,
qu'en vous disant qu'elle
voit l'avantage d'estrepetite
Fille de HenryIV. Niece du u Roy, & Coufinc Germaine
de Sa Majesté. Elle estoit
néele29. May 1627. du premier1
Mariage de feu Monifeur,
GastonJeanBaptiftcd
France, Duc d'Orleans,On
clc du Roy, avec Marie d
Bourbon, Duchesse de Mont
pensier. Loüis de Bourbon ]
du nom, Prince de la Roch
Sur Yon,second fils de Jean
de Bourbon ComtedeVendô
me ,épousa Louise de Bour
bon, Filleainée de Gilbert d
Bourbon, Comte de Mont
pensier,& deClairede Gon
zague Mantoue, & il en eu
Leiiis de Bourbon, II. dt
DOmJDuc de Montpensier
Souverain de Dombes, Prin
ce delaRoche Sur-Yon, qu
d
de son Mariage avec Jaqueli-
1C deLongwic
,
Comtesse de
Bar sur Seine
)
laissa François
deBourbon, Duc de Montpénsier.
François fut marié à
Renée d'Anjou,Marquise de
Mezieres, Comtesse de Saint
i;;geau,Ftlte unique & Heriiere
de Nicolas d'Anjou , Marquis de Mezieres, Comte
le S. Fargeau,& de Gabriele
deMarcuil,qui le fit Pere
l'Henry de Bourbon Duc de
vlont-pen-fier. C'estoit le
gran d Pere Maternel de Maemoiselle
d'Orleans qui
ient de mourir.- Ilepousa
Henriette Catherine >tDu
chesse deJoyeuse & Comtefl
de Bouchage, Fïlle uniqueé
Heritierede Henry de Joyce
se, Comte de Bouchage ; l
de Catherine de la Valette]'*
il en eut Marie de Boutbor
Duchesse de Montpensier,(
Chastelleraud & de SaintFa
geaUi Souveraine de Dort
bes,Princesse de la Rochcr,
Yon
,
qui fut mariée le*
Aoust 1626. avec feu Moi
sieur,Gaston JeanBaptiste.
France, Ducd'Orléans,Siq
-mourut le4deJuin 161
sept jours après avoir acco
héde Mademoiselle ,Anne
rtaticLoiiifc d Orléans.
îLa Baguette de Lion fait vlV L~•« ;" -..,,;,.
- nals les sentimens des Sçaans
sur ses operations sont
plus differens qu'ils n'ont en-
:orc cHé,& il y a apparence
jue le public sera bien instruit
bien diverty par toutes les
pieces qui fc preparent. Je
roy que je ne si niray pas ma
«cure tans vous faire part de
quelque chose de tres- surpre.
nant sur ce sujet , & à quoy
e suis persuadé que vous ne
vous attendez pas, après tout
ce qui a esté écrit sur cette
matiere.Cependant je von
envoyé un nouvel ~ouvrag
"s£>
LETTRE
SUR LA PHYSIQUE
Occulte de la Baguette
Divinatoire.
MONSIEUR.
- Je me fuis bien imagine que i
Livre de Mfde Vallcmont (erol
reccti du TMic avec emprejje
t— - - - - t <.
-----'I rtnt, La Baguette qu'on a enu
loyer a la découverte du Meurster
de Lyont ejl une nouveauté
quoy trop de monde prend interft,
pour cjuun Ouvrage qui
raite àfondde cette marierr, fust
tgardé avec indiffertnce. D'ailrurs
la btlle Dijjertation que ce
lême Autfur publia l'année deriere
surl'Aimant de Charres,
4 donné heu de croire que
p qu'il diroit sur la Baguette
;roit exaél, & agreable. J'ayJ
rouvé tout ce qu'il dit sur t'hifoire
de la 'Baguette ajJt{ bien
eeherchéJ st) je ne doute point
refentement que l'ufaçe ntn ait
esié connu des Anciens, qtfp
qu'ils ne s'en servissent peut eflr
que pour la recherche des Tref&ri
Son fyflême touchant le mOJlllt
ment t (y l'inchnaifon de l
Baguette sur lesEaux, sur le
Afetaux
,
(ijsur les Tresors cta
che% en terre, me parotji tres,
naturel.A moin.rq,ue de s'aveugle
degayetéde caur>on riy trouver
pas plus de Magie
> que dans 1
mowvement%&/'inclinaison al
la verçe. de fer aimantée) put
que cest par le mêmemêcanifm
que ces mouvemensy & ces in
ctînaifcns se font. AuJJi ne fuis
je point dr ces gens qui penben
1Diablesur la Baguette pourlut
tire incliner, Ceux quifont de
p fentimenty disent apurement
r qu'ils nentendent pas. Le
)ere Adalltbranche a fort lien
tconniimdani sa Lettre au Pere
p Brun» qu'il ness pas pojfiblc le-Remontrer géomJ étfriqutement
lue le Dtmon produise le mou'aenent
de la Baguette. Ilpouvoit
lire davantage,& ajJurer qu'on
te le peut pas même prouver phykjuementOnma
dit cependant
luily aun habile homme, qui
Ç,it un Livre expres pour fouteùrque
le Diable imprime /* moupcment
de U Baguette. 1XE.N:f.
verrons comment il sy prendra
Ce nejl pas une petite affaire di
montrer qu'une fubjlance fpiru
tuetlc> une fubflancequi n' cfi
point érenduëJpuijSr: mettre un
corps en mouvernent. Ilfaudra
que cet tuteur consultefowvenl
ses cahiers de Theologie la-dejfm
car il ne trouveront pas [on compte
dans la Fhyfique. En effet,
comment se tireroit- il d'avec un
Ph.J:ficien qui raifonneroit comme
je Dais faire? Je dis que le Dia.
ble ne peut pas produire de mouvement
local, Ém quun corps ne
peut eflre r(mué que par un autre
corps. Je le prouve ainsien
PhilosopheCartefien* Un coyps-
$eflpoufféy queparce qu"un aure
corps
<
qui esi en rno-uvernento,
ttif tjfort pour continuer son
btmin.G'eJice qu'ilnepeutfaire
àns penetrer ce qu'il rencontre,
111
sans le déplacer,Uncorps ne
Yutpoint pénétrerun autre corps>
l faut donc qu'il le déplacej (;¡t
|«'r/le mette par consequent en
nouvement, ce qui ri, arriveroit
ras s'illepouvait penetrer; car
J continueroitJon chemin comme filn'y avoit nul obflacle. Or
Fuis que le. D-emon n'efi point un
rârps, il n'a point cette impenefiabilité
neccffaire pour rencvn.
trer>poufferuncorps. Doncil
ne peut pas luy imprimer de moucernent,
Comme ces Mfjlcursy
qui attribuent au Diable h mouvement
de la Baguette,fontd'ex.
cellens Cartesiens
,
ils nous se.
roient plaiftr de nous montrer
comment ils répondroient 4 ce
ratfonnement en demeurant dans
les bornes de la Pbyftque.jiinfi
le Pere Afallebrancbeaurott peuttftre
encore mieux fait Je dire
sans tour efansfafon, qu'on ne
peut démontrer ny geometriquemenr
J ny wÉwrphyfiqucment,
que le Démon produise le,
mouvement de la ^Baguette. Qt<
>uisque nous ne devons point aU
tendre de preuves gcomctrique.
ny phyfiqucs, mus ferons AppA.
remment regalezdevisions3, 0
reux qui nous les débiteront, ne
manquerontpas dt nous obligerà
leur tenir compte de leur travail*
& à se représenter comme det
gens lesquels rendent d'importans
services à leglire en se
soùtenant contre ce qu'ils appelleront
desfuperfltttons. Vousver*
relique je devine afje^juftt. On
aime à se donner du relief; (;J"
rien nen donne davantage que
l'idée par laquelle on seregarde
tomme ayant le van à la main
pour nettoyer l'Aire de l'E*
glise s'nm'tftpermis de meferliir
des terr/es de l'E.riture. Qejl
avec russon que Ml de Vailernont
remarquey que s'il y a defi
FOUI bes
,
qui font croire que 14
baguette leur tourne/ur les f~~A*~
sur les métaux
>
&c.kl ne faut
pas pour cela conclure qu'elle ne
tourne* personne. Eneffet
> outre
ptufeews Auteurs qu'il citer
qui avoient ce don delanature.
japprens qu'il st trouve à Paris
des gtns de qualité, des Ecclefiafilquesydes
Religieux
> & plujicurspersonnes
d'unetrèsgrande,
probït£y à oui la Baguette icur.
fie. Tour moy , je trouve que
ceux qui platfantentlà-defjus> em
qui Soutiennentquetout ce qu'on
raconte de la 'Baguettentfî que
chimereJ> fourberies &fadaises,
nesçavent ny ce qui efl dans un
très-grand nombre deLivres antiens
& modernes,ny ce qui se
Pratique en mille endroits de
(Europe. IlJe trouvera par tout iesgenstqui ontsi certainement
re don -que nos incrédules auront
Souvent le chagrin de reconnuififey
que quand on n*ejl pg (çavant
ny par les [ivres, ny par l'experienee du monde
,
fat il ne paseflrejîdéciftf;qu'en
voulant se faire l'honneur de
pajjerfourejprit fort
, en rtfque
quelquefois de perdre le mente
d'esprit raifonnablc.O
on nefç.turoit troppefir ce que
.;M: de Vallemont dit touchant
la difpcfitionqu'il faut aïoir>
foureftre fenflble a i'aÛion des
écoulement
,
qui font répandus
dans L'air, afin de pouvoir se fermirde
labaguette.Ildéclaré que
cette situation qu'ildécrity& oh
ilfaut rftre pour reiïjjir» t'si trts..
rare3 (ù mesme très-facile Àperdre
par une legereindifpofuon,
eu par quelque émotion fiubitee
vehemente
> ce qm faitquilfc
Àtouve peu de gens a qui la Baguette
tourne; Cm que dans ce
Priit nombre, p/ufirurs Je tromferont
quelquefoisdans la pratique,
iii ny apportentpasune
grande-dttention,t-Ain qui
Jant surpris que le Paypin de
Daufinése foit trompé, s'il est
uray ce quon assc [je d'en publier,
marquent quilsjejontformé une
idéede la Daguette *fausse &
indignedepersonnesquiveulent
se piquer de philosopher ; car
enfin il est évident qu'un ViUageoistrès-
ignorant
, C qui ne fçût pM dans quelle dfpofition
il doit epre pour operer avec st
Baguette
, peut se tromper factlement
; gjrilnestpasétrangt
qu'ilne puissepas demfier comment
ilse trompe, pourquoy fon
talent devient comme en syncop")
pourquoysa Bagurtte ffl
quelquefois immobile entre ses
mains, & pourquoy il est luymesme
quelquefoisinfenftblt
AUX
impressions des corpuscules
épars dans l'air. En verite,
prendre de là occasion de le decrier,
ce n'est pas montrer qu'il
est un fourbe; mars cefl proutver
qu'on raifenne mal. Comme
c'esiparunefatale & inévitÂblenecessîtè
quele corps
s'altere&deperitincessamment,
il estpareillement necessaire que etVillageois expérimente ces"
mesmes altérations en son corps;
& qu'ilfoitparconpquentquel*
que-sois beaucoup
, & quelque
fois point du toutsensible aux
actions des escoulemens qui se
destachent de tous les corps. C'est
parces admirables principes que
l'Auteur de la Physique occulte
démontre
, que Jacques
Aymar peutfort bien reussir dans
quelques circonstances, &qu'il
np fera rien qui vaille dans d'autres.
Enfin quoy qu'il en soit;
MrdeVallemont en. publiant
f1 Phyftque sur la Baguette» a
executé le dessein
, que AdLS de
l'AcadémieRoyale d'Angleterre
avoient pris d'entraitter parrap*
port aux utilité% qu'on en peut
tirer pour la rechtrche des Métaux
&des MinÏtrtJ. C'efi ce
qu'il montre dans sa PrefaceJoù.
il cite les Alles Philosophiques de
Londres du mois de Novembre
2666.pag. 34.4.quicontiennent
cent articles que MrBoyle srioit
JyeJfZ pour tout ce qui concerne,
les Àfnieresi & dont Doicy le
dixhuitiéme pour la Baguette*
Utrum Virgula Divinatoria
adhibeatur adb
fcem venarum propositatum
fodinarum. Et si sic ; quo id
fiat successu ? En voilaassez
pour cette fois. Je suis tout à
DOUS,
: Le Parlement de Dombes,
qui a droit de tenir le Siege
dans le Palaisde Lyon le Mercredy
de chaque Semaine,
entra le 15. de ce mois, en to_
~bes rouges, & à l'Audience,
~llcProcureurGeneral demanda
Jqnc S.A. R. Mademoiselle de
~[Montpenfier
,
estant morte ~Monfieur le Duc du Main>e
&ult mis enpossession de cette
Principauté & de ses dépendances,
envertu de la donation
qui luy en avoit esté faite
par cette Princesse
,
suivant
l'Acteenregistréen la Cour ;
que les Arrests & Tug^mens
qui interviend ront à l'avenir,
soient au nom de ce Prince,
& que celuy qui devoit intervenir
sur ses Conclusions,
fust leu,publié&affichépatous
les lieux accoutumez de
laSouveraineté, à la diligence
de ses Substiturts, qui seroient
tenus d'en certifier la Cour
dans la huitaine.Il fitaussi
un fort beau Discours à la
kmange de Mr le Duc du
Maine, & Mr de la Balmondiere,
President à ce Parlement,
Frere del'ancien Curé
de Saint Sulpice, répondit en
l'absence du premier Prefî»
dent, avec beaucoup d'élo-
, quence& de satisfaction des
Auditeurs. On allaensuite aux
opinions, & il y eut Aircft
rendu conformément aux
conclusionsprises.
La Planche que vous trouverez
icygravée porte le mo- delle & la description d'une
Montre de nouvelle invention)
construite d-e d.eu.x dlf---J
serentes manieres. Cette Mon.t
tre a sa beauté particuliere,
jointe àune fort grande utilité,
puis qu'elle ne fait aucun*;
bruit, &qu'ellen'est pas fu--
jette à tant d'incidens facheux
que les Montres à souës, parce
qu'elle consiste seulement
dansuntambour, qui cftune
boëte ronde,dans laquelle il y~
a de l'eau,ou quelque autre liqueur
semblable. Letambour]
est fait de léton, & divisé en
plusieurs petitescellules qui
retiennent la liqueur,&ne la
laissent écou ler qu'autant qu'-
il estnecessaire
,.
de forre que
l'ame & le principe du mouvement
de cette Montre cili
indépendant d'aucun ressort
ny d'aucune rouë. Il y a deux
fortes de Montres de cette nature;
l'une petite, qui marque
les heures d'une manière
toute extraordinaire, l'axe du
tambour servant d'aiguille
qui montre les heures, à me- sure que le tambour [urpcndo.
par son propre poids descend
en vingt- six heures du haus
de la boëte en bas. Plusieurs
font surpris de voir que ce pc"; tit tambour ne tombe pas
tout d'un coup, mais insensiblement.
Lachoseestnean- blement. --hoe estn
moins tre-simple &
très-naturelle.
On ajouteàces petites
Montres un Reveil matin,
qui est aussi seur que simple.
Enfin de petireschevilles appliquées
proche des heures de
la nuit, font aisément connoistre
dans l'obscurité quelle
heure il eO:, feulement en les
touc hant. lî
La grande Montre, bieiy
que presque toute semblable
à la petite, dans l'interieur&
dans la substance ,
dilfeie
ndréisapenomsoitmiinosnebxetaéuercieouurnpe.Pdraentms i,searement,
les heures font marquéessur
le haut de laboëte
dans un Cadran regulier, par le
moyen d'une aiguille qui faitle en touren douze heures.
Secondement, le tambourqui
descend dansles petîtcs,etf fixe
dans les grandes; &enfinun
petitSoleil qui paroist sur cellecy,
marque plusieurschosescurieuses
qui ne font pas sur les
petites,car en descendant eti
un mois du haut de la boëte
en basil marque le quantiéme
du mois, les Festes de
l'année, le Signe & Je degré
du Signe du Zodiaque, dans
lequelle Soleil fait son cours,
le lever & coucher du même
Soleil, & la longueur des
jours, le tout sans aucune
multiplicité de rouës,& d'une
manière tres nette & tresintclligible.
Un des principaux
avantages de cette grande
Horloge, est qu'il n'y faut
toucher qu'une feule fois par
mois pour la monter, en levant
au haut de la boëte: le
Soleil qui est descendu en bbaasspendantlecoursdeCceC
On a eu nouvelles que mcrsire
Roger de RabattraComte
de Bussy
,
cstoitmort d'Apoplexieà
Autun le 9. de ce
mois. Son mérite luy avoit
attiréde grands avantages. Il
estoit Mestre de Camp General
de laCavalerie, & Lieutenant
General des Armées du
Roy.Il nes'estoit pas moins
distingué par son esprit, que
par son courage,&la place
qu'il a laissée vacante à l'Academie
Françoise
, en une
preuve del'estime quc l'on faisoit. en Il avoir beaucoup de
politesse,& parloit toûjours
justesurlavraye signification
ôc sur le bon usage des mots.
On peut diremesme que~it
on pouvoit luy faire quelque
reproche
,
c'estoit d'avoir
trop d'esprit. Ce qu'il y a de
plus fin dans l'Empire de l'Amour
,luyestoit connu,&il
l'a fait voir par le grand nombre
de maximesqu'ilafaites.
La Maison de Rabutin donc
il estoit,est unedesplus nobles&
des plus anciennes
du Duché de Bourgogne.
Maicul de Rabutin vivoit en
1147. & sa Race a continué,
jusqu'à Christophe de Rabutin,
Baron deSully & Bourbilly,
quientre-autresEnfans,
cctdc Claude de Rochebaron,
Fille de Francois~Coriïle
de. Berzé & de Loüise de
Saillant,Guy & François de
Rabutin. Guy de Rabatin qui"
estoirl'ainé,futPere deChristophede
RabutinII. dunom
Baron Zc--Criantal
,
qui aprés
pluficurslervicës rendus au
Roy Henry IV. fut tué malheureusement
à la Chasse par
un de ses meilleurs amis. Il
avoirépouseé Jeanne François
seFremiot, cette (âge Dame si~luftrTpar sa pieté& pac
ses vertus, qui fut Fondatrice
d1e6l'O.rd-re-de la Vifitatioe,,
fous le nom de la Mere de
Chantal.Il en eut Celse Bénigne
de Rabutin,& Aimée
de Rabutin ,mariée à Jean de
Sales, Frere de Saint François
de Sales. Celse Bénigne de
Rabutin,Baron de Chantel &
Bourbigny, commandait l'Escadron
des Gentilshommes
* Volontaires, quand les Anglois
escendirent dans l'HIc
de Rhé
,
& il fut tué à cette
descente
,
laissant de Marie
de coulanges, Fille de
PhilippesSrdela Tour, Marie
de Rabutin , Dame de
Chantal & de Bourbilly, mariée
en 1644. à Henry Mar..
quisdeSevigné, Maréchal
jI
des Camps & - Armées du
Roy,qui fut tué en Duel en J
1651.DeceMariagefouirent ,.
Charles
,
Marquis de Sévijjné
» &Françoise Marguerite
de Sevigné qui en 1669. épousaFrançois
,
Adhemar dcâv&i
Monteil,Comte de Grignan
,
Lieutenant General du
Roy au Gouvernement de
Provence.
François de Raburin, Baron
de BuiTi, & d'Epery, Gouverneur deNoyers
,
Fils
puisné, de- Ghristophe de Ra.
butin Idu nom,épousa cpfèj
condes noces Helie Dalnas,
Fille de Leonor, Baronde
Thianges, dont il eut Leonor
deRabutin, Lieutenant General
en Nivernois, qui ayant
épouséen1608. Diane dc.Cngnac,
Fille de François, Sieur
de Da-nipi-e-rre, Chevalier des
Ordres du Roy, & d'Anne de
Loup de Pietrebrune,fut Perc
de Mrle Comte deBussiRabutin,
dont je vous apprens
la mort. Ce Comte s'estoit
marié deux fois, la première
à Gabrielle deToulongeon
sa Cousine Fille de Jean Sy
d'Alonze & de Françoise de
Rabutin
,
dont il a eu des
Filleslaplus partReligieuses,
& la seconde à LouisedeRouville
,
Fille de Jacques,Srde
RLouviolle,nCeroneeude cClin--
val Manicam.De ce Mariage ilaeuAme Nicolas de Rabutin,
né en 1656. Marie de Rabutin,
Dameà Remiremont.
&Loüise Françoise Eleonor
de Rabutin.
Le13. de ce mois, mourus
au Palais Royal Dame Char-
- lotte de Saumaise de Chassan
l'une des , ucut
dela Feüe Reine Mere. Elft
estoit Veuve de Messire Nicolas
de HExelles, Comte de
Bregy,queaestéAmbassadeur
en pologne. Madame la Comtesse
de Bregy a eu l'honneur
d'cftce-- efbUléc: de toute la
Maison Royale dont elle avoit
desPensions ,&souvent
de nouvelles gratifications.
Le Roy la logcoit à Versailles
quand elle y alloit faire sa
cour, & Monsieur luy donnoitun
logement à Paris. Elle
avoir un cfprit singulier,
qui éclatoit dans toutes ses
expressions qui estoient vives
& énergiques.Il n'y avoit
pourtant rien de recherché.
Tout luy estoitfamilier, &
elle avoit des termes dans la
convcrfation la plus ordinaire,
que d'autres quiauroient
voulu méditer leschoses,n'auroient
pastrouvezfacilement.
Elle a fait imprimer quelques
Ouvrages,du nombre dcîquelsest
un Volume de Lettres.
Elle est morte dans sa
soixante & quatorzième année.
Sa mort a esté suivie le 15.
de ce mesme mois, de celle
ide Messire Pierre Cureau de
la Chambre, Curé de S. Barthclcmy.
Il âVOlt passé quel-,
que temps à voyager~& l'amour
qu'il avoir pour1 les
Arts l'avoit fait devenir Amy
du Bernin donr il a écritla
vie. Ila Fauaiifli le Panegyriquc
de Sainte Rare, & quelques
autres Ouvrages. Son
Cabinet estoit beau & curieux.
Il prenoit plaisir à voir
ses Amis chez luy
, & à lesregaler.
L'exactitude qu'il
avoit à remplir tous ses de-j
voirs, l'attachoit à sa Paroisse,
qui demandoit un homme
d'esprit & d'érudition, à
cause du grand nombre de
nouveaux Convertis qui s'y
trouvent. Il luy a laisséune
somme considerable,& a aussi
laissé de quoy racheter un Prisonnier
tous les ans. Outre
d'autres legs pieux qu'il a
faits, il s'cil fouvcnu de ses
Amis. Il estoit de l'Academie
Françoise
,
où il fut receu en
i6jo. C'estoit comme une place
hereditaire, puis que feu
Messire Marin Cureau de la
Chambre son Pere, futun de
ceux qui la composerent en
1635. peu de temps après que
[M' le Cardinal de Richelieu
eut étably cette illustre Corn..,
pagnie. Il estoitdu Mans,&
l'un des plus sçavans hommes
de ce siecle. La réputation
queson esprit luy avoit acquife
l'ayant fait connoistre àj
Mrle Chancelier Seguier, il
voulut l'avoir auprèsde luy
non feulement comme unexcellent
Medecin, maiscomme
un homme consommé
dans l'étude de la Philofophic
& des belles Lettres. Nous
avons quantité de beaux Ouvrages
de luy
,
écrits avécl.
; beaucoup d'éloquence&de
politesse, & entre autres, Ln
Claraéleres des passions; l'Art de
connoistre les hommes; de laconnoissance
des bestes
, Conjectures
sur la digestion;De l'Iris;
De la Lumiere ; Le Systeme de
l'Ame; Le débordement. du Nil;
TraàuElion de la Plryjtque d'Afijlote
; De laPhilosophie Platonique.
Il mourut en1669. dans
la soixante quinzième année
de son âge, laissant outre Mr
.l'Abbé de la Chambre qui
,.:.vicnt de mourir, François de
JaChambre, premier Mcdccin
de la Reine, homme d'un fort grand merite
,
& qui ne
lt'aesurmvêcupquesfo.rt peu de
Les Nouvelles publiques
ont tant parlé des divertissemens
du CarnavaldeHann'over>
que vous ne serez pas
fachée de voir une Relation
envoyée sur ce sujet à une
grande Princesse.
.:AALLAA_RR.EEJLIiNL-EP.
DESUEDE. 1.--..,.----
E ne puis trouver une meilleure
occafton de poursuivre la Relations
dont V. lVI. a daigne
feuhaiter la continuation
3
que
celle que m'offre le Carnaval de
Mannover. ghtoy qut les plaijirs
d'un temps que l'on a coutume d'y
aeflinerJ ne soient pal peut-eflre
ce qui autrela curiosité de Vofln:
VI1. l'occupationÇFlesdiver*
tiffemens des personnes en qui Elle
prend autant d'ïnterrft qu'en celtleessddeelleeuurrssA.
4l1teteslses de Hannover,
auront de quoy luy plaire pilM"
qu'aucune autre cbofe de cetpt
nature. La presencedeplusieurs
grands Princes & de plusieurs
Princejjesd'unmérité diflingut
&d'une beautéachevée3 jointe
a ce quecontientcette Cour, U
rendit très- belle & tres-mavnifiqut'.
rpour faire comprendre
cette véritéi il fhjJit de dire que
Mr l'Elcéleur de 'Brandebourgr
M* le Duc d'Eyfenacb» MI le
t-DucdeZrU) er /vif le Duc-
'J'Oflfrifi s'y trouvèrent avec les
Vucheffis leurs Epouses. Vostre
M. s'ift cent foisfait faire le
Portrait de Madaml IEleélric?
deBrandebourg. Elle eftinformée
deses belles qualité?., dont famois
moy-mesmeentenduparut
avec admiration>mais javouequ'ellesfwpajfent
encore de beaucoup
tout ce que l'on en peultlirt;1
Sapcrfonne esi toute remplie de
charmes qu'onnesçauroit expriMer.
Elle l'si parfaitement belle,
fpiriruelle, bonne> & Je la meilleure
humeur du monde.Madame
la Duchrffi de Hannoier ne
mérité pas un moindre éloge.:
Quoy que d'une beauté différente
,ellettjlparsfaaiitteemmeenntt bbeelllel.e.
Son esprit cft grande solide;
toutes ses maniérés nobles; Çon
humeur un peu serieuse f0 refir.
mée
, mais douce ü égale. Elfe a de la grandeur d'ame çy de la
kontey st) rien ne luy manquede
tout ce quifait la perfSlion du
foray merite" Celuyqui auroità
se decUrer entre ces deux Prin-
*tjps>setrouveraitfort emboeraPé.
On ne Uijje pas de DOIT
tous Ifsjours des difputts !à..de[-
fltii mais on ne les décidepresque
jdmais. On peut dire avec le
Marquis de Spinola
) que lune
tfl une beauté cbarmante)el'autre
une beauté tyrannt. En
eJfr" l'une charme> & l'autre
fait violence. Madame la Pri"
cep d'Eyfenach>f0 Madame
W Princesse d'Oflfrife font
JeuJt Beauté% blondes, dons
le meilleur Pinceau ne pourroit
imiter que faiblement la blancheur
e la délicate[fe du teint.
Elles ont avec cela dadmirables. ;fÙ. si Madame /<*
Princejifd-'Q-j, lfr- ife- a 1 une modeflis
Jerieujequi plaiflveneralement>>
ha jeunePrinceJJe cCEyfcnach A
de certaines manieres enjouées qui
la rendent toute aimable.
Je nentreprendray point dt
paret à V. çjiïd. des grAnda
qualité% de Mr le Duc ü de
Madame la Ducbejje de. Hanno,
ver.Elle la conntift par eUctnefme
; Elle les eslime &les ai*-
me 3
c'efltout dire. Je nose nonplus
toucher au merite de efi1.r le
Duc de Zell
> quoy que mon inclination
m'y POy.te. C'eflun
charmant rprince, s'iltn'ejlper±
mis* de le dire;plus ou le voit-**
plus
on l*aime.QtftvoflreSangt*
<sJMadame,fort coeur tfl tout
remply de vos propres fentimenr.
Madame la Duchejje de Zellst
distinguera toujours par une ver*
.tu Iolide
3
parun espritinfinimentéclairé,
Elle en heureufe*
digne de ïefîime que l'on a pour
ell.er» & merilt toutela f/o- rtune
dont elle joifit. Madame la Vu';'
chejje a'Offfrift qui s'est aussi
trouvée aux plaisirs du Carnaval>
a de la beauté, cm aton*•
jours enéune Prinçejfi si magni*
jiqueique sa presence na pas pe"
contribué à l'éclat d'une Cour r fit l'on na veu rien que de bril.
ïant & cTilluftre. Mille Autru
ferformes d'un rangfort confiefai/
f>i/owf il ne m'est pas poJFble
de parler en particulier, se
trouvèrent là en joule>des Mar-
-Ijuis d'Italie,desQomtes e des
Comtcjjes d'Allemagne>des Mimîlres
des Qavahers
, & des
Dames de toutes les Cours de
lEurope>moins attire% par la
beauté des fpeéîacles
> que par
Tadmiration pour le grand Prince
qui les a donne%. Il est vray
aleuse l'honnejleté avec laquelle
Etrangers font refeus en sa
Cour,efl extraordinaire. On les
comble d'honneur
f on les traite^
CInles regalej & outre dix ta*'
bles toujours delicatement fervies
en Cour, les maisons de plusieurs'
particuliers où la magnificence*
C7 la bonne-chere régnent, leter*
fontouvertes. La beautédesfpe-«
élacles a de quoy les étonners,
leur diverfitc les chaime, ùil1
y a tous les jours un plaisir ncti
veau.
Lesdivertijjemensdontfayai
fatre le récit à V. <~ com-
- mencèrent par un grand Wircfchaff,
où les personnes j~*ent
afforttes par Billets, ainft qu'on 4i
eoufhtme de fkiire dans les Fef-
Sts de cette nature. On efloit (on*
venm
venu de la maniere dont chacun
s'habilleroit, & les modes antiques
servirent de dessein à la
Mascarade. Les Fraises
,
les
Panaches & les Garde-Infants
furent misen usage. On ne peut
rien voir de mieux deguise que les
Dames le furent ce foir-là. Elles
ne laisserent pas d'estre plus belles
ainsi deguisées, que dans
leurs habillemens accoustumez.
Madame la Vuche/Je de Hanoversur
toutyparutd'une beauté
'& d'une magnificence filer";
veilleuse.Aprés ce jour , on continua
les plaisirs dans cet ordre,
un jour l'Opera, un jour la PeJoute,
un jour la Comedie4
Franfoife, dr de temps en ternps
un grand Bal
, ou un jour de
G.ila.. Entre tant de differens
fUiJitSy ceux qii tfloicnttouchez
de la Muftque donnerent laprésérence
à l'Opera. Il efl certain;
qu'ily avoit dequoy charmer les
(JuiF/es & Ils yeux. Lelieuoù iV
fis represente pourroit s'appeller><
la Maison d'or. Les Loges où Ui
CourJe place, font toutes en fculfture
& en or bruny
,
relevé par
de riches tapis d'un drtp dors
rayépar barresde Vclourscouleur
de fiu.Quand toutes lui
Loges font illuminées par des bou..
giCl blanr:hCl' ererniliesde belles
Princejjes Ù d'autres Vames
bien faites, toutes couvertes
de Pierreriesj cejï un fpellac/
e qui ria point d'égal. Celuy
qui lujy estopposé>ne contribue
pas peu auplaijir des Speâlateurs.
C'est un Theatre d'une tres-belle
t..A,-,hiteSure. La Perfpeéhve
efi merveilleuse
y
les habits font
magnifiques ü bien entendus
& la beauté des voix n'a riens
quon leur puijje comparer, il
fist de dire que Clementino.
ftrdinando»Nicolini>^ptéotofi»
fii
,
'Botini>Salvatore
,
@;r Landini
ontjouéenÇemble un Opéra9
JJour faire connoijïre qu'on nç
pouvoit rien entendre de pluSt
touchantny de plusharmonieux*.
La Comedie Françoise se joiïn
dans un autre endroitduChaf~
teau>fur unTheatre tout diffirenn
ou d'excellens dfleurs>($f de tresbonnes
Jttrices ont le talent des
faireparoiflre véritables, le*
passionsfeintesqu'ils expriment};
tantilslesimitentbien. La Re.
doutenejl pas un divertifftmem
moinsagreable. Ce font degrandi
appartemens à la Cour fortéclat
re% ,
où les M;t{ques ont per
mijjion d'entrer & de certaine'
beures. Ceuxquiaiment 4 dam
ferJ ont le champ librepourfair*
voir leur adreffi. Ceux qui Je
font un plaisirduJeu ,jy trouvent
vingt tables de 'BaJJette} &ceux
qui cherchent la conversation>
ne peuvent manquer de Je satisfaire
dans un lieu ou l'on rencontre
tant de personnes différentes*
quifous lafaveur du Aiafque ont
une entiere liberté de dire tout ce
quellespcnfent.
Ces divers plaisirs continue^
pendant ftxsemainesifinirent le
Aiardy Gras
y par un grand
wirtfchaff, dont le dessein ny
les habillemens navaient lien
qui fust semblable au premier..
C'efloient quatre Quadrilles
)
dont les apprejl) furent differens.-
Elles avotent chacune leur Chef
sçavoiry Madame tE/téIriee de
Brandebourg,Madame la Duchejje
deHin/iowr
,
Madame
la , Princesse de Hannoveri c-
Madame la Duchesse Dauricq.
Chacune d'ellesfitunsigrandsecret
du dessein de sa Quadrille
»
quel'on n'en put rien apprendre
qu'au moment que la chose
devoiteflre cxecuiéc. Cependant
on vojoitMadame l'Eleéîrice de
Brandebourg
) & Madame la
Princrjje de Hannover mettre
d?leursQuadrilles autantde per..
sonnes qu'elles pewvoient »se les
<
Jifputant
> e lé les enlevant
tune a Vautre. C'efloit à qui les
pourvoitengager lemieuxtou de
laBeautécharmante,ou de la
13e.au!é tyranneJ &ilnyavoit
tien de plusaimable que le différent
de ces deux PrÍncejJes
,
qui
tacboicnt de gagner des Partisans)
briguantl'une contre l'au.
ire. Enfin tous les Italiensse mirent
de la Quadrille de ^Madame
lelcélrice de Brandeb/ourg
> & tous les t-Allemans se rangèrent
du party de Madame la
Trincejje de Hannover. Ceux
qui ne voulurent point se detertninerentre
les deux ,ne se maf.
qiierent pointj ce qui arriva dà
MarquéMonajleral Envoyé
de MI"tEltéfeur deBaviere>&
au MarquisAnbeni qui
ne su..
rent point du Wirtfchaff, par
cette raison. Le jour de la Fesle tfiant venu> la marche des Quadrillescommença
sur lesppt heures
dufoir
>
pajptrit par toutes les
Galeries du Chaftrau. Elles
avoient pour rendez-vous une
grande Salle» où la Quadrille de
Madame ÏEleéîrice de Brandebourgjtarut
la premiere>&repayant
dans la Galerie
, pour
rencontrer celle de Madame la
Princejje de Hannover
>
elle
marcha dans cet ordre.
Une Troupe de Haut-bois l
suivie d'Orphée
>
representé par
Mr le Prince de Nafîau*
Le Comte Pdlmzeri, reprejentant
laçJMitfijue.
Mt*de la Citardie,rrpreJen:
tant la Pcejie.
2?acchus, Mr 0'landi.
Troupe de Satyres,le<J%îarquisSpinola
>
le BaronSpars> là
Baron Lielmanpc- -^j- -1 -M* Fu.
rccb &plusieurs autres. -
Nymphes
,
T^eurricieresde
BAcchus, Madame Fim/t, Mademoiselle
Bernatre,MademoifOillreenP,
e1lins&&-MMaaddeemmooiisfècllllet
Silène monté surun j4fne\
le Comte 'BernardjJ,
T' CupeJeBacchantesQqUuiIsfire.r.;-.
mer-ntla marche
»
AJadame
l%Eif'6lnce de Brandebourg> Mddame
la Comtefc de Lip>kAadenwifelle
Lt Comtesi..-VV^lkem*
ttin, Kiademoife/u Krofcah>M'
lePrincedeHanouert M1 le
Prince Erneflt-Auguste, Mr le
ComteVflrbii
»
Mr de Lefcoars.
Toutes les Bacchantes jouoient
desTambours delïafque. Leurs
babits efioient couverts de Sonnettes
J
@leur troupe si enjouée>
quellepensa par sonabord deconcerter
la gravité de l'autrt
Quadrille
,
qui reprejentoit la
Nation Turque
,
f0 qui au son
des Cornemuses>l/cutbois
» Tompettes (è7, Tymballes,mar~
choit dans L'ordre suivant.
Troupe de Mujtàens Turcs
jouant de plujieursJnjlrumens
Barbavefqucs-,suivie d'une Troupe
de JanniJSatres
,
d'une Troupe
de M,)res, &d'ungrand nombre
de Turcs le Sabre a la mai n ) reprefente%
par plujieursOfficiers
C7 gentilshommes.
Legrand Bacha de Hongrie
le ColonelVVeik.
Vn Autre Bacha >le. Comte de
JLevvcnhaupt»
Le GrandVirir) le Comte de
Konifruark*précédé d'une Trouve
deHautboisyde petites Timballes
à la Turque, e d'un Bacha
portant la queuedeCheval. t, é de CI)eva l
Le Grand Prophete
,
le Colonel
Gohtr.
Le Grand Sultan, Mr le
Duc d'Eyfçjtach»precedé par les
Trompettes& par les Timballes.
Le 'Beglierbey de la Greee)
Mr le Trinced'OJlfrife.
Le Beglierbey de l*JJîc
>
Mj
Qbeng.
Troupe d'Esclaves f~c~~f~J
La Femme du Grand Prophtte.
MmademoaiflilerMk. A*. Kon;!,!: .-
Trois Sultaner) Madame la
Princejje de Mannover, Madame
la Ducbejje d*Efeynach3Ma*
dame la Ducheffi dOflftife-
La Femrne du Grand Visir i
la ComtcjjeLevenkaupt.
PlusîeursFemmes deBachas>
Mademoiselle Rauchgrefinla
CAdette, la Marqulfe aÀlbereusê,
Madame VFangtnheiri%
Zfadame de Beauregard, M*da*
me Efcby & Madame Recchaû.
Troupe d'Esclaves qui finirent
ta mArche, MadameSefenpfnbourg,
Madame Korremberg
^HademoifeUeOjfen
)
eglade.
moifeïle Kneesberg> Mademol
jelieLeficours>Mademoiselle
ChAria, Mademoiselle la Mo.
the> Mademoifielle Leuk,»$
plusieurs autres.
Il ny avoit rien de plus magnifique,
f0 de plus fier que cette
uzzdrille. Si celle de Madame
l'Eleéliice de brandebourg parut
galante> çajie» or pleine de genttlleffi,
celle-cy efioit si majeftueufiè
& si brillante par t"e"clat
J'une quantité prodigteufie de
Pierreries3 & par làordre de la
rnarche
,
qu'on ne pouvait la voir
sans (urprifè. Ces deux Quadrilles
eslanspassées, en fie donnant
l'une à l'autrr beaucoupdelotiangesyceue
desTurcs se rendit la première
à la grande ~/f,o~ ellefut
receuè'oar troisautres Quadrilles.
M: le Vue deinnoverfoivi
des premiersdeJa Couj,,c, de plupeurs
Dzmes »tous hahille% en
Paysans & en Payfanes
>
astoit
Chefde ta premiere,ecomme sa
ÇerÇonne l'st toujours la mesme
en quelque eflatqu'ilJe montre.
cette Troupe ne manqua ny de
lupre ny de majeflé> quoy que
dans des habits sonJimples. Elle
rfloit de plus ornée de Bergers c4
de Berg/res d.un air fort galant
&propre, entre lefqueh Mr Girrini
> & MademoiselleIQaufc
grefin se diflingucrent.
Madame la Duci)eie.-de.Han
nouer ,
Chefide la fécondé Qua-
¿,i[le) menoit une bande de Scay~
O~C~~W~~ Femmes.
Ces habillemens> quoy que plaisens,
ne laijjent pas d'efire avan*
tageux pour des Darnes )
fil mê.
me modefles avec des juppes allant
à terre. Quelques-unes allerent
jufquà la magnificence,,
portant des ceintures de Diamans),
& des boucles de mesme bordées
de Pierreries. kir lePrince Maximilien
fut de cette Quadrille
mais Mr le Prince Chrifïiem
ayantchoiji un habillementafort*
gre qui luyfeioitparfaitement
bien
j ne se mit d'aucune.
LA troisiéme Quadrille avoit
pourChef-Madame la Duchesse
Dauricq. Le jujet en efloit fort
fingulier* mats comme il donna
occasion à defort beaux habits,il
ne laissapas deplaire,C'efloient
des Veflales & des Sacrificateurs.
Madame la Duchesseefioit si
lien mise & si belle9quappa*
remment les 'Viflimrs ne luy
manquèrent point. <Jïj:le Duc
de Zell efloit de cette ,Quadrille,
mais nayant pas evoulu s'emba-
Tasserdun habit de Sacerdoce, il
en pritun autre> dont la diffe•
rence fit un agreableeffet. Tanl
dis que ces quatre Quadrillesse
rangèrent ,
celle de ±%dadame
L'Eleélrice de'Brandebourg eut le.
temps defaireson entrée.Ilarriva
un petit desordre quineferait
qu'à divertirdavantage. Les
Turcs ayantfaittraîner une machine
qu'ils appellent un Oracle„
le Propbeteavoit fo>mé de grandsi
desseins sur cettemachine. Ilprc*>
tendoit détruire l'Oracle, Crf!ire!
J'autres miracles plus grands
j:
pour montreraBaccbus quil <'/?M~i
un Prophete digne de l'amitié)
d'un Dieucomm* luy>nemenant
pas moins de Beaute^deson Em
pi0re, pour s'unir a celles de EdcJ ..1.
chus
,
(!) ne faire plus qu'une
Troupeensemble* Tous cesprojets
obligeantfurenttr&uble^parl'df
ne du vieux Silene. CetAnimal
Je trouvant auprès de lamachine
quand lOracleje mitaparlerau
travers d'une Trompe, il en fut
épouvanté donnadegrands
coups de pied par derrtere
, mettant
toute la Quadrille en con- fusion ; dequoy lesBacchantes
firent grand bruits demandant
aux Turcs pourynoy on les embatafjoitdun
Oracle. Lej Turcsré,
ton iirent en rlarJl) que c'efioit pourdivertir leur Jfne LeTu4S*
) '-' ao - - -.-- - multe futgrand,@f ne ce}]*
qu'après que l'on eutfaitretirer
rAfnt & la machine
,
dont le
Grand Prophète fut au desespoir,
voyant tousfis desseins avorte
Enfin tout ce bruit eslans âppaiié,
O0rphée commençaachanter lhif- ,<' roww~ M~r ~~-
toired'Euridict , & sa funeflt
avanture.M'îfTrincedeNassau
a la voix très-agréable,
f0chante avec beaucoupde fhethode.
Le Cornu Palmieri qui
reprefmtoit
»
la Musiquequ'ils
fravent tous deux, laccompAgna.
d'un Clavejfm,er ils s'accordèrent
fort bien ensemble. M' le
Trimede<hantamJme
doutant mieux
, que lhifloire
d'Euridice aïoit quelque chose
yuireffemhloità la sienne propreJ
il auoitperdudepuis deux ans
Aiadame la Trincejje de NaffaufaFemme
qu'ilaimoit beaucoup,
& quoy qutl tacbafi de
riypointsonger> ils'enfouuint
à propos dans ce moment pour
rendre laMusque plus touchante.
Cependant on distribua des
Vers qui expliquèrent le dtfein
de cette Quadrille. Ils portoient
pour titre.
ORFEO Prigioniero dimanda
la libertà alle Bellissime
Sultane.
JLes -Ve-rs- I-ta-l-iens-ej-loi-f--nt Jtt
Comte Talmieriik la louante
des Sultanes, (;r les François
sur le mefmzsujet> de Mr de
la Citardie. On tie peut mieux
réujjîr qu'ilsavoient fait chacun
danssa Langue. Les Turcs reconnurent
l'honnefleté qu'ils afvoient
pour les Sultanes, par
d'autres Vers qu'ils donnèrent
a leur tour, * la femme du
Grand Propbete, à laquelle on
demanda des Prophéties? dif
trzbu.", celles-cy.
A MADAME l'ELECTRICE
de Brandebêurçr.
RareBeauté, Ménade sans pareille,
Vwusiuivc2, le Dieu de laTreille,
Et vous faites régner l'Amour.
-
Ondiroit que vous estesnée
Pour troubler la raison de ce qUI
-
voit le jour,
Mais ce n'est pas à quoy vous estes destinée.
Vous éclairez l'esprit parun divin
-
pouvoir,
Et par vous la raison fera toujours
fuivic,
En faisant concevoir
Qull fautvous adorer tout le
tcflaps de sa vie.
A M. L'ELECTEVR
de Brandebourg.
Vous faites reüair. de glorieux
projets.
Vous estes adoré de vos heureux
Sujets,
On ne voit point de coeur plus
noble que le vostre.
Par vos grands sentimenspréferable
àtoutautre,
C'est au dessus du Sort que vous
vous élevez.
Que voulez-vous de plus quece que
vous avez ?
A MADAME LA DVCHESSE
de Hannovcr.
Vous avez sur vousmesme uh
souverain empire.
Un esprit aussifort d'un mal fçaitî
faire un bien,
Dm
Du secret avenir que reite t'il à
dire?
Uous pouvez tout, & vous n'ignorez
rien.
A M. LEPRINCE
de Hannover.
Un merite solide
, une gloire par-.
faite
Sont dedignes garants d'un fort
heureux &doux.
Prince,contentez-vous ;
Vostre fortune est faite.
A M. LE Df/C DE ZELL.
Voicy des Souverains un illustre
modelle
Un Heros, do,nt le nom ne peutestre
effacé.
Pere de ses Sujets, & dêfenseur
fidelle
Parmy les immortels il se verra
placé.
N'eust-il que son grand coeur pour
tout bien de la vie,
Sans les vastes Estats qui font tant
d'envieux,
Son fort feroit toujours un fort digne
d'envie,
Par luy seul dlinlé, par luy seulI
glorieux. 1
Madame la Ducbejfede7AI
qui aime tendrement Madame
la PrincesseieHannoversa Fille
3se joignit à sa Troupe, habillée
en Sultane> en luy faifant
une surprise bien agreable.
On luy presentacetieProphetie,
j,
i
A MADAME LA DFCH£$SE
de Zell.
Lebel Astrequi pour vousbrille
Avec vos venus est d'accord.
Un Epoux,une illustre Fille,
Beniront toujours vostre fort. - Du Destin l'ordre irrévocable.
Prouve vostrefidélité.
Vne fortune véritable
C'est le bien qu'on , a mérite
Shioy que Madame la Princesse
dj_t£xnnwer_ne demandajl
-point de Prophétie à la Femme
du Profitete
, parce qu'elle efloit
de[«Quadrille, gr peut ejlre, parceqifellefçAvoii qu'elle n'a.
Doitpas Fejpritdevin,
cette Propbeteffi
ne taiffa pas deluy don*
fier cellccy.
AMADAME LA PRINCESSE
de H(innover.
Reine des cocurs & des Sultanes,
Tout cede à vos attraits divers.
Jamais les forces Orhomanes
N'ont veu tant d'Esclaves aux
fers,
Vous gouvernez en Souveraine,
Vousobligez chacun d'aimer.
X*!e faire que vaincre &charmer,
Voir des Rois porter vostre
chaîne,
Donner ou la vre ou la mort,
Sultane, ccft là voftrcforr.
plusieurs Nations toml-erent
Ataccord de cette Prophetie, e
lesTara ifnirent par meentrée
de Baiet, quifutdancée à U
Turque
,
aprèsquojy la marche du
Quadrilles recommença pour Je
rendre dans une autre SalleJ eu
unSoupe magnifique les attendoit,
& ou toutes les personnes du
WirÏsehafFye- placèrentà des tables
de différentes figures. Pendant
le repai, les Hautbois
,
les
*
Trompettes & lesTlmbalcssi firent
entendre alternativement
avec la tJH^fio^e»Lestables levées
le Bal commença , & dura
jujques a quatre heures dumatin.
Le lendemain nejutemployéqu'à
faire des Adieux)-& pour mesler
un tr4it de morale à ces dinjettijjemens>
jedirayauilsifnirent
comme la plu/part des plaifrs du
.jnonde} c'efl à dire, pAr des larmes.
Pour moy) qui me faisois
tint joye secrete d'en faire le Yapl
povtiV M. jtfus moinsûffli-.
gée que les autres, trop heureuse
si Elledaigne jetttr lesjeux sur
cette Relation Jfaite pour luy
marquer mon obeissance
, & la
soumission profonde avec laquelle
je fuis,
MADAME
De VoftieMajefté,
La plus humbley la plus
soumise, & la plusfidelle
Servante & Sujette
!
M.Il. K.
Jeviensd'apprendre la mort
deM le Marquis de Robias,^^
Secrétaire pei petuel de l'Academie
Royale d'Arles.C'estoie
un homme, dont l'esprit &
la vertu repondoientàsanaissance,
&qui s'estoit également
diftincrué dans les armes
& dans les belles Lettres.
Il laissedeux Fils dignes de
luy par leur mérité & par
leur conduite.
Mrs de l'Acadcmie Royale
de Nismes, ayant sceu que
Mr de la Chapelle, l'un des
quarante de l'Academie Françoise,
estoit arrivé à NiCmes5

s'cxcufa d'abord sur ce qu'il
n'avoit quevingt quatre heu*
les à passer à Nismes, mais
quand ils luy curent dit qu'ils
s'aflïmbleroient extraordinairement
ce jour là mesme.
parce que ce n'estoit pas un
deleurs joursd'Assemblée, il
fut obligé deleur promettre
ce qu'ilsfouhaitoient. Ils demandèrent
ion heure, qui fut
à quatre heures & demie le 14,
du mois passé, & le vinrent
prendre chez luy au mesme
nombre, pour ic conduire
dans la Salle où ilsriennenc
leurs Seances. Mr Flechier,
Evesque de Nismes
>
Protecterur
r de cette Académie Ji 61
aussi l'un dcî-qnatanre de rA:
çadcmic Frar ço.se le fit placerau
Gour dr la Table dans
un faut üi1 à codéde luy. Les
Académiciens de Nilmes étoient
au nombre de trente.
MrdelaChapellefit l'ouverturc
de cette Assemblée,en
leur disant en peu de paroles,
qu'il recevoit l'honneur qu'ils
luy faisoient comme eftanr
rendu au Corps dont ilavoit
l'avantage d'estre, & qu'il craignoit
qu'ils n'en-prisent pas
d'assez hautes idées, s'ils en
jugeoicnt par le peu de merite
qu'ilsreconnoistroicnten )uy$
que cependant il rendroit
compte à l'Academie Françoile
des honnestetez qu'ils.
luyjmarquoicnt. Letour spiricuel&
modeste qu il donna àcecompliment, luy atitra beaucoup de louanges.Mc
Cbeiron,Dire&cur de cette
, célébré Compagnie
,
répondit
par un autre D(cours
de mesme carattcre. Enfuitc
on lue des Ouvrages en Prose
&en Vers de MlsdelaBauL
nie, & Banthan,Confeiîlcrr
entaCourPresidiale de Nif >
Mes, & Académiciens, cequi.,,
suc suivi de la kaurc de quelques
Differrations du fçavanci
M1 Gravcrol
,
lurdes Médailles
antiques. Oii finir cétré:
Seance par une Piece achevée:
qui cfl: la trad âlou faitecm
VeisFrançois par Mrl'Abbé;
Saurin, des Himnes Latins
àla gloire de Saint François
de Sales, composées pan
l'aemrable MrdeSanteûil,
qui en a donné au Public une
Livre, que cet Académicien ai,
toutes trad uites, & que le Sr
Mazuelaimprimées. La Seancccitant
finie, les quatre Deputez
reconduisirent Mr de
la Chapelle chez luy. il;';)"
.,
Le Seigneur Loüis Pompec,
cet habile Profésseurdes Lan- -'
gucs Italienne & Espagnole,
est mort depuis peu de jours,
âgé seulement de trente-cinq
ans. Son dernier Ouvrage,
donnéau Public il y a deux
pu troismois,avoirpourtitre,
LesFables<HverJes de Leon Ale-
erti en Italien,qu'il a traduites
enFrançosi,&que débitent
les StsdeSercy & d'Houry,
Libraires. Il a fait encore d'au-
:res Traductions fort estimées
5d tres-utiles
, pour ceux qui
font curieuxd'apprendre l'Italien
& l'Espagnol Ce fond
Les ContesdeGuichardin,& lesi
Fables d'Esope. Al'égardde
celles d'Alberti,il ya des senîs;
moraux & politiques au bai:,
de chacune Mr de Vertron
Academicien d'A rles,qui le
atrouvez,a fait une Epitrc
la reste de ce Livre, dansla
quelle il montre l'axcellence
delaFable.
,:.:;, Jamais Souverain ne s'ef
tant attiré de coeurs que11
Roy. Quoy que ce Monarque
donne, il 1alla1forsne
demanières si obligeantes

luy demanda permissionde
pouvoir voir son Neveu ttVCstu
de cette nouvelle dignité.
S. M.permit en mesme temps
à Mr le Marechal Duc de
Villeroy ,
d'aller voir -M;
l'Archevesque de Lyon ,
&
luy donna cette Lettre pour
cpe Prréleat,émcriteadeisanpc.o-
-
VionfxeurÏJrchewJqucde>
Lyon. Jtery lesi avec bien du
rlaifirice que voustn écrit- • iftrjajusticequefayrendue***
DucdtViUcroyçpjqrcNeven
-
alamemoirede.fin Père & de
vos propresfcrvicts. Je (ouhaittE:
que cette nouvelle marque de
ma confiance & de mon eftimt,
vettîf$~ encorebien porter plusieurs
années
)
@r cflatderjLniricyv.ous mette en Terfonnefans
exception ne vousy 'Verrolt avec
pins de joyeque moy,quiprie
Dieu
,
Monsieurl'Archevesque
de Lyon, qu'il vous ait en fit
saintegarde. ÀVersailles le 13. Avril1693. LQVIS.
Le public a toujours csté si sarinait
des Carres du Pere Placide,
que vous serez bienaise
d'apprendre qu'il vient d'en
donner une nouvelle au pu- blicquise vend chez laVeuve
du Val. C'est une Carte d'Al:-
lemagne qu'il eut l'honneur
de presenter au Roy ces jours
passez. Quoy que Sa Majesté
sortist pour aller à la Messe,
comme Elle connoist le Perc
Placide qui luy a déjà fait
souvent des presens de cette
nature qui luy ont c{lé agreables,
Elle écouta son compliment
,& luy donna le loisir
de luyexpliquer la Carte,
qui est divisée en dix Cercles,
où l'on voit les Souverainetez
qui y sont renfermées. Le
Roy trouva la Carte belle
& bien diftin&e. Monsieur
le Marechal Duc de Duras
"qui l'avoit examinée pendant
plus d'une heure,& quiconnoift
parfaitement l'Allemagne
,poury avoir fait (buven^
uerre tant fous Mr
-de Turennc son Oncle, qu'en
y commandant en chef,en
parla au Royd'une manière
fort avantageuse.
J'aurois beaucoup de choses
à vous dire du Livre intituléMenagidna3mais
je laisse
(
à l'Auteur du Journal des
Sçavants,dont lesextraits sur
& tous les Livres font merveilleuxJà
vous en entretenir. ,,~ Ainû je ne vous en parle icy
que pour vous dire qu'il se
debite chez le sieur ap&oct
mon Libraire, Court neuve
du Palais au Dauphin. Outre
les bons mots de Mnage
, on trouvera dans ce Livre
, une partie de ceux de
feu Mr lePrincedcGuitnen~
& dautres que Mr Ménage
racontoit souvent à ses AnlisJ
& particulièrement ceux de
feu Mrde Bautru qu'il sçavoit
parfaitement bien , & qui
-aVOl[ cfié.êJn Amy particulier.
Jenedoute point que vous
ne soyez surprise de ce que
vous allez lire contre la Baguette,
aprés ce que tant de
sçavanshommes ont escrit
pour en justifier les CffètS. Je
vous le dis encore, je ne fuis
que Ra pporteur des Pieces de
toutes lesParties,&je ne me
tiens pas assez habile pourpronOllCCr.
Tant qu'elles en envoieront
pour & contre, je
vousenseray part ,
& jecroy
que vous en ferez mieux divertie,
aussi bien que Je public.
Personne ne se peut
plaindre puisque le champ
cft ouvert à tout le monde.
La Lettre que je vous envoye
vient del'Hostel deCondé,
& comme Jacques Aimar ya
joüé pl ufieurs Scenes,il est à
croire que ceux qui y demeurent
& qui ont esté témoins de
tous les faits, en font bien
instruits. D'ailleurs les témoignages
d'un grand Prince, &
la Lettre d'un des premiers
Magistrats du Chastelet, font;
de fortes pieces contre Jacques
Aimar,&, tout ce que l'on
peutdire à l'avantage des Sçavans
, pour mettre d'accord
les uns & les autres,c'est que
d'autres disent avoir veu ce
que les Sçavans luyimputcnte
& qu'il a l'adresse de faire
croire qu'il possede. Tout cela
n'estant pas vray, S. A. S.
Monsieur le Prince aura l'avantage
-
d'avoir détrompé
toute l'Europe, en l'émpeschant
de donner plus longtemps
daps les panneaux que
ce Paysansçaittend reà ceux
qui ont la foiblesse de le con-
(ui ter.
'VA MONSIEUR. OVS ave%raifort,
hlonfieur, de penser qu'il
ny a perjonne .qttipuise wo/té
faire un récitpites sïncere & fîm
jujle touchant la Baguette de
Jacques Aymar quemoy}puifque
j'ay eft*l'un de ceux que ton A
commis pour faire un rapport fxaEl de tout ce que je verro¡'
faire a ce Villageois. Ily a tant
de pevfonnes qui fomt témoins
desfaits quejvais V9US rappor.
tfr, qu'on peut dire qu'ils font
d'une notoucté publique., La reputation
que Jacques jêymaY
s'essenacqwfc >eJ}oi! venue à un
fih'aut point >
qu'àmoins d'un
examen tres. particulitr) &
d'une exaftitude telle que S.A,
S.,Nionft--ur le Prince a eue pour
ÇQIb*
connoiflre la vérité> ionferoit
encore dans l'erreur.
Aimar s'efiant rendu à Paris
sur les ordres de lAonfieur le
Prince,S. J, S. le fit mettre
cheZ Mr PeyrA, Concierge de,
l'Hoftcl deCondé>&après ly4-t
voir laifie reposerquelques jours)
Elle voulut éprouver Jon sçavoir
faire, Voicy l'ordre qu'on --voi r sa * 'y
garday pour léclaircir de ses
talens mervciileux. La premiers
épreuve fut dans un Cabinet où
ily avoit de l'argent en plusieurs
endroits. Cequtil fit nayantpas
pieu
)
ilditque l'or dont tout le
Cabinet efioit ornéi brouillant (a
'Baguette
>
l'empeschoit d'agir,
Cm cela donna occajiondefaire
cette autre épreuve.Von fit
faire plusieurs trous dans le Jardin.
On mit de l'argent dans un
deccstrouss de l'or dansun autre
)
de l'argent ù de l'or danr
un troisiéme, du tuivre dans un
quatrième» st) des pierres dans
un cinquième. Vonvouloit voir
enmrfmetemps> si ayant deviné
les Métaux par sa Baguette,
il pourroit aussi les difinguer
»
mais loin dedisltnguer quelque
chofe3 il donna dans le trou des'
pierres
)
st) une autrefois dans
un trou ou l'on riavoit rien cdchL
S. J. S. eut ensuite beaucoup
de peine a retrouver l'or e::;- targent", ne se souvenant plus
où iiavoit eslé mis.
Le prixde deuxpetits 171am..;'
beaux qu'on rapporta à Mademoiselie
de Çondé
3
ù- qu'elle
donna aux pauvres
)
mÍtAimar
en quelque réputation Voicy
commentcelafepajfa.Lalïdguette
tourna dans le Cabinet»
& aprh avoirfaitplusieurs tours
dans l'Hoflel»mesme à la Cour
des Ecuriesy ilfitpajfirleVoleurpar
la porte de ces mesmes
Ecuries qui esttoujours j?rméc9
ft}qu'on n'ouvre pï&fquejamais*-
- -. - .,.--.- - - ---
que pour UiJJer paJlèr le fumier:
Il alla i)is-à-vis du Cheval de
Uron^esurleQuay che% un
Orfèvre
, au coin de la rue de
Harlay, &comme il efioit tard,
en remarqua la e511aifon
>
f0
lvIonfteurle Princeyenvoya le
lendemain avec de pareils plam-
Ireaux* disantcjue lOrpvre en
devoit avoir acheté de mesme, f0
qu'onlesavoitvole UOrfevre
aihqu'ilnavoit aucune connois
farice de ceUiquil pourroit les a-'
.voiracl,etez:.sans rien crainJre>&
en donna les raisons.[(pendant te
lendemain ion en redonna L'argent,
0*comme onen porta, plu*
que les Flambeauxne valoienti
(gjf que les Orfevresensçavent
le jufle prix) on croit quÀimar
lujmêmeavoit envoyél'argent>
afin d'avoirde la reputatione
le regagnerau çentuple) car ;Jar';'
gentquiaeslé rapportér/ift que
dou'{e Ecus neufs
3
qui excedent
pourtant le prix des Flambeaux
qui nefloient que de vingt-huit
francs.
Il fut appelle a l'I10fiel de
Cuise, & dit à Madame la Du
chefs d'Hanover aprés pluseurs
ceremonies myflerieufes à son
ordinaire" que le Voleur qu'on
çherchoitavoitpajTépar la grandeporte.
Ilfit tourner la Baguette
au'Bujfct àcaufe de l'a,,,rent
&elle ne tourna poinisur une
Manne qui en efloitpleineàparce
qu'elle essais couverte. Ayant
étpperç'u un peu de dorure au bas
d'unsiege,il fitencoretournersa
Baguette
,
f0 voulut petfuader
quec*eflottéecette dorure dontelle
frenoit ce mouvementAl entra en
fuite dans un Cabinet, oùtous la
Jteges font dore%> mais couverts
de bouffes jusqu.en bas, Cr la Ba*
guette ne tourna point, non plus
que sur un grand Chandelier 4
bras d'argtntyfous lequel ilefloit*
0*auquel- il ne prenoit pas gau
de. Faites reftexion) Monfieut,
quejene vous dis rien dont des
Princes& des Princejjes
,
f&
une infinité d'autres personnes
ne
soienttesmoins.
Pourretrouver line affrété qui
avoitesié 'Voléeàe51dr de Çourville
3ilfit paffir le Voleur à travers
la Foire3 aprèsavoir
conduit ceux qui l'accompaghoicntjujqualadernicremaison
du ccflé des Incurables
,
il dit.
quilflaloit alleraVcrjailles. Vous
remarquerez que
.J'AjJiete ayant
efiévolée au mois d'Octobre, la Foire au travers de laquelle
il faisoit paffir le Voleur n'ef.
1 - - ----- - - -~ -. - -- toit pas ouverte en ce temes-là,
V01cy ce quis'tflpassé À Chani.
tilly. Monfnur le Prince voulut
fçavoirqui avoit volé les Truites
d'un'BaJJin. La Baguette tourna
sur plusieurs endroits de cr Bsj]în>
four marquer que ce n'ïssoit pas
par un seul qu'on avoitvoie les
Truites. La Baguetteconduisit
Aimar t sa Compagnie à une
petite maison
> & montra les
lieux où ellesavoient esié tnani
gées. Elle ne tourna pas pourtant
surlespersonnes qui efloient prefrntes,
maisun de la maison qui
(fioit abfentyji-toflqu'illefçcutt
allatrouverJacques Aïmar pour
*
féfaire decUrer innocentpar 14
1Jaguette. Aimar qui estoit pour
lors couché
j & qui se disoit fort
las iayantesïè obligé deJe lever
par l'importurtt'té de cet homme>
prit(aBaguette)(ijeUe tourna",
ce qui l'obligea de prendre la
fuite) dans lacraintequon ni
prijlcela pour une conviélion,
Uon fit en fuite monter le premierPayfan
qu'on rencontra,04
l'on dit
aJacques
l'onditàlacquesoAAiimmaarr qu'iil
y anjoit une personne dans la
compagnie que l'on foupçonnoit
du vol des Truites. Ilst tourner
fin peu sa 'Baguette sur cet homme
,(t) dit quil riavoit point
fcrvy i voler les Truites> mAis
qu'il en avoit mangé.Enfin
J
pour lemieux pousserà.bout,, l'on
prit un garçond'environdou^e
ou quatorze anJ, @J Mr de
ycrvillon insînuadouament
Comme en corfiiitrce à Jacques
0lmar que c' cfloitlefils de celuy
qui s'efloit enfiuy. vlimar
fie fit pas semblant de l'entendre^
maisilluyfit tourner la Haguctte
d'unerapiditémer-veilleuse)e
dit qu'ilavoit volé&mangéles
Truites. Remarque% qu'ilny 4
qu'un an que ce garçondemeure-k
Chantilly^(0qu'ily en a plus de
sept que les Truites ont été 1)oléesj
Ilya d'autres circonflances en
tesfaits» mais toutes à la confia
fion delacques-Aimar.
L'on voulut éprouver s'il
voit quelque habileté pour conriotflreleeaux
& leursfourcés,
qu'uneinfinité de gens sevantent
de découvrir
3
mais dans
cette recherche de l'eau, il pala.
troisfoissurla Rivierede Chantillyqui
est cachée par une vwt*
JepierreSi t7 par de la terre &
des arbres qui font dessus
)
sans
qui la Bxguctte tournasi. On luy
dit mefne
,
lors qu'il efioit sur
cette rivierct de prendregarde s'il
ne trouvait poj,nt,d)eau i tout ctlt
fut inutile, la Baguette ne tour*
rJA point. Mr "Bujpcre qui estoit
frefentltty demandasi les yeux
luyJerviroitnt pour deviner les
endroits qu'il venoit de marquer à
unealNe ou il disoisquilyavoit
de t'eau, &jdimarayant répondu
que non, on luy dit qu'il nt
fouvoitpasdonner un tefimoignage
de sa sincerité qui pleufl dauantagc
à Monficur le "Prince
que celuy quon luy alloit propo-
Br. C'estoit quon luy bandcroit
les yeux, &iu'aprés çela on
merroit si laBaguettetrouveroit
les mesmes endroits. Mais il ne
youlut pas je foiytiettre à cctte
épreuve. On luy demandaaujji
comment en cherchant des fources
& de l'eau, il diflingueroit
l'or çjjr argent
)
sil en rencontroit.
Il répondit que son intention
pourne sy méprend
dre pas.
ci/Jd*Goyonot
,
Greffier du
ConseilJ par ordre ü de concert
avec S,A.S. feignit qu'on l'avoit
voléy &fitcajjer un pan-*
neau de vitre. Aimar, qui fut
appelle, fit tourner la Baguette
sur la table3 (y*sur la vitre cafsée
, sans quelletournalfsur
lefcaliert Il lafit tourner au dessous de la fine[Ire, dans la
Cour>& dit que le Volcitr n'avoit
point pascsurl'efcaliertm^is que
le vol avoit esléfait par la fenestre
{0 la cour) st) continuant de
poursuivre ce evot cblrieriquC. il
auroit trouvésans doute un Voleur,
mais on se contenta de luy
demander par où atoiteslé le
ftyleur après qu'ilejloitforty de
la maison. Il dit que cessoit
a droite. parce que sa Baguette
tournoit par là, ftÎ ne tournoit
point du tout a gauche. z^Honsieur
le Prince ejtantinformé du
fait par Goyonot) fit venirche^
luy ce galant hommet er vous
pouvek penfir comment ilyfut
traité'
Mr Peyra, Conciergey .1 vous
témoignera qu'Aimar alla cheZ
un Parent de Ai1 de la Fontaine,
Maréchal des Ltgis du Regiment
des Gardes) eu l'on avoit forcé
une armoire, & vole huit cens
livres. Ce fourbe fit plufleurs
tours pour découvrir le vol> (7
comme il croyoit que c'e floit un
vol feint9 comme eduy de
Goyonot> la Baguette ne tourna
eu aucune forte. Ainsi ne tournant
point a, de véritables 'liols,
& tournant ades vols feintsJ on n'tnficauroit conclureautre chojê,
Jinan qu'il la fait tourner comme illuy plaifl. Tout le monde 1,4
f.a- -i-t ,. - - - ~- tourner aujji» pour peu quon
veuille s'en donner la peine. Il
nefaut que prendre deux plumes
neuves attachées par une fijcelle
du cossé qu'on les taille, une en
chaque main
, & les plier & les
ecarter pour lesobliger a faire
ressort ff) àJe mouvoir. Vous en
'Verrez un modelle imparfaitqui
ne laissera pas de vous surprendre.
Vn jeune hommey dans 1e
dvute que sa Adaijlreffesufl (àge,
différaittoujours a fcmarier. Il
alla confultcr l'homme à la Baguette
J pour sçavoir de luy si
ellenefloitpointgalante. Aimât
recrut aeux écus que luy donna
ce jeune homme»& ditensuite
au Fcdct de fhambre de Ad*
BBric!, , que , n rf{" ceneloittas
qu'il cujt rslérnyc"delamant,
qu'il levou loitejlre tfujJi dela
-
Pl de la
e/YaijlrtjJe
, & qu'il ireitla
trouver pour l'avertir qu'il fça-
'Voit de ses nouvelles
) - qu'il
falloit qu'elle luy donnait de l'argent
)
si elle vouloit qu'il diss
quelleejloit fage.
Peut- estre penfe^-vous que
je "Vous écris une Comediepeur
'Vous divertir. Non, Mor.si,wr)
ce font des faits certains dont je
vous fais part. farcisbien
d'autrescbojes à vous dire, qui
font aujji vrayes» & flw sur.
prenantes, si je vous parlois
de l'infidelité des Maris c& des
femmes que la Baguette connoifl.
& des innocens qui ont
esté accusez &misen prison par
la Baguette, ef que les vrais
coupables ont jufiifiez enfiuite.
Il y t des Scélérats d'une nouvelle
espece. qu'on prend pour
d*bonnefies gensi C qui entrent
en commerce avec Airnarè lls indiquent
les chemins>.&fontarrêter
la Baguette pardesmines»
des gefles, dr des parolesmefimeê
AUX lieux où ilsveulent. Ce que
fay à vous en dire fera le sujet
d'une autre Lettre.
Mr F-erreâi., Marchand
de Draps
,
de la rui des Mauvaises-
paroies
>
apptlla Jacques
Aimar leseir avantson deparh
dans la frenfee qu'il pourroit luy
faire recouvrer quatre ou cinq
piecesdedrap qu'on luy avaitdérobées.
Pour l'tngàger à cela, il
luy donna un habit) quAimar
fit porter par provision à l'Hofiel
de Condé. La Compagnie fut
,
,,o
~û * nombreuse
3
plusieurs Voisins
Ayantvoulu voir ce quil feroit.
Àit$Renierr TourtQn) du Chais.
ae"MOYIÎly) & autres en estoient.
LaBaguette les conduisitdUX
Jesuites par la Gi-eve, à Piquepuce)
a
iAontrtuiU & comme il
falloit Jereposer
> cjsr manger, on
dit à Ainjar)dans-un lieu où fort
s'efloit arreflé>qu'on luy donneroit
quatre Louis d'or, pourvtf
qu'il fifl tourner sa Baguette a
un demi-pied de ces Liiitt )
dans
un espace de seize pieds en quar:
ré où on les avoit cacl)e:r,. Il-re-
Jura le party , & comme il efloit
fort tard, il dit qu'il vicndroit
reprendre la. pisse le lendemain.
iflla reprit en effet. après quil
si fut débarafé de ceux qui lac<°
compagnoient> mena
¥ziYoù'&diàjusques a Nully>
après quoy il s'en alla. tAinfi le
Marchandperditsonhabit> (;;f
fit inutilement pour environ cin.;l
quante francs de depenfelje croy
qu'il nen faut pas davantage
pour vous convaincre qu'Aimât
ejl un fvurbe. On ma dit que la
Baguette tourne par le rrjjort que
silis chaque branche en la courbanu
comme deux forces quise
balancent3& qu'un mouvement
insensible du poignet lesdétermine
de telle forte
à que les mains font
comme deux pivots immobiles.
L'on penfott que la crainte de
tHommeà la Taguette pourroit
retenir les petites gens à ÏHoftcl,
Cependant dans le temps mesme
que cefourbey a eflét ton a volé
impunément aux Ecuries de Son
ji. S.U labeur de cent icm^fam
qu'il ait pu rien trouver. Vous
en apprendre^ encore davantage
par la copie de la Lettre que
'.tJous allez lire. Elle fsi detffîÀ
Robert> Procureur du Roy até
Chafletet de Pariu &adrefée an
Tere Cheviçny
,
son Oncle, Ar;.
flftant duPere'General de i«0-
JAtQZre
1
i w-
:
I,~ AUR.P. CHEVIGNY. L cfl: vray que sur routes les
merveilles qu'on disoit de
Jacques.Aimar & de sa Baguette,
Monsieur lePrincea
i eu la curiosité de le fairevenir
à Paris. Quand il y fut arj
rivé par son moyen ou à son
! occasion,on rapporta le prix
de deux Flambeaux d'argent
i qui avoient esté volez il y a
i deux ans. Monsieur le Prince
| me fit l'honneur de m'en par- î1er> non pas comme croyant
i le (ècret de JacquesAimar,
f rmaiscomme en doutant. & -
i «.-
voulant en éclaircir la fausseté
ou la verité. Je pris la liberté
de dire à 5. A. S. que je 1
necroyois point du tout l'habileté
de cet homme, que
c'estoitassurémentune belle
ou un fripon, &:. qu'encore
qu'il y ait dans la nature bien
dessecrets dont nous ne convoissons
pas les causes ,'&
dont leseffets passentnosraisonnemens
& nos lumieres,
néanmoins ce que disoitJacques
Almar estoit porté trop
loin pour estre veritable. J'ajoutay
mesme
,
qu'il n'estoit
pasmpermais dde dèourteresusr c.es
matières, &que toutes les folies
qui font faites tous les
jours par les gens qui cherchent
les Tresors cachez, &
d'autres choses par le moyen
desEsprits,& par tous lesChercheurs
des Secrets, n'estoient
point faites par des gens suadez, per- mais par des gens qui
doutoient
, & qu'ainsi pour
éviter ces inconvénients il
faloit estre ferme à rejerter
toutescesvisions,& à ne les
point croire. J'offris àS.A. S.
pour la détromper, de la mener
avec JacqucsAimar, des lieux, ou en des hommes
avoient esté ruez, & dans lesquels
il s'estoit commis des
vols,&luy dis que comme
on sçavoit où estoient les
coupables, & les chemins
qu'ils avoient tenus depuis
qu'ils avoient tué ou volé,
nous connoiftrions avec certitude
quelle estoit la vertu
de la Baguette. J'eus donc
l'honneur de l'accompagner
dans la ruë Saint Denis, en
un lieu où un Archer du
Guet avoit esté tué dequinze
ou seize coups d'espée par des
gens qui avoient esté menez
depuis au Chastelet. Jacques
Aimar passa deux ou trois
fois sur le lieu avec sa Baguette,
& elle ne tourna jamais.
Il dit pour s'exeuser
qu'ellene faisoit point d'effet
pour le meurtre commis par
un mouvement décoléré on d'yvrogrierie, mais feulement
pour des assassinats préméditez
, , commis avec cruauté,
ou pour voler, & qu'en toutes
fortes de crimes elle ceffoîc
de tourner, quand les cou- pables les avoient avouez
bien qu'ils
*
ne fussent pas
encore punis. Vous juo-cz
bien quelle consideraiionbondoit
faire sur ces fortes de
distinctions
,
mais afin qu'il
ne reftaft plusaucune difficulté
,j'eus l'honneur demener
Monsieur le Prince dans la
ruëde la Harpe en un lieu où
je sçavois qu'il avoir esté commis
un vol ,au moment duquelle
voleur avoir esté trouvé
en
flagrantdelit,saisy de
la chose volée & mené aa
ChqÍlelct ,
où néanmoins il
nioit le fait,quoy qu'il fust
chargé & convaincu par plusieurs
Témoins, mais la Baguette
ne tourna pointencore.,&
Jacques Amur n'en
, Il
put donner aucune raison.
Voila tout ce que je sçay
de l'affaire, J'ay ouy dire que
depuis en pluficurs autres experiences
faites à Versailles,
&à Chantilly , la Baguette
n'a pas estéplus heureuse;que
rnctlle: Jacques Aimar avoit
esté convaincu de supposition
,
& l'avoic avoüé, mais
je ne le sçay que par bruit
commun, n'ayant pas cru devoir
prendre aucun foin d'une
pareille fadaise
,
qui marque
combien les hommes
font faciles à donner creance
aux chofcs nouvelles qui
leur paroissent extraordinailes.
Je fuis &c.
Je vous diray pour conclujion
que S. A. S.veut bien qu'on af-
Jeure le Tublic pour le détromper,
que la"Baguette de Jacques
tAimarn'fft quune pure i/lusson)
éj une invention cbimerique.
Ce font des paroles de klo1l-J
sieur lePrince.
Le 6. de ce mois, Mr le
Chevalier de Grenier, Fils du
Procureur du Roy des Tresoriers
de France de Bordeaux,
qui avoit cuy tirer à crois ou
quatre lieuës deBayonne, ou
il commande une Cour bette
de Sa Majesté, alla joindre
trois Bastimens qui se battoient)&
ayant reconnu que
c'estoit un Marchand François
que deux Frégates de
Saint Sebastien attaquoient,
il l'aborda; & luy dit qu'il
prist sa route pour France
pendant qu'il feroit feu; &
arresteroit les Ennemis, ce
1. que le Marchand exccuta sans
estre tombé entre leurs mains.
Aprés un combat de cinq à
six heures, Mr le Chevalier
l' de Grenier fut enlevé, un
boulet des Ennemis ayant
mis le feu à ses poudres, &
en même temps la Courbette
coula à fond. Comme il fçaic
fort bien nager, il ne perdit
point courage, &s'estans dépciitllé~
dans l'eau, à l'exception
de ses Culottes, il râchoit
de se sauver. Les Espagnols
le voyant en cet estat
luy. envoyèrent une Chaloupe
qui le mena à S. Sebastien,
où on luy marqua une grande
estimecftime pour sa bravoure. Il
s'e st trouvéblésséau bras d'un
coup de Mousquet, mais la
blessure n'est point danger
! reuste Il avoitaussi levirage
£.égratigné>& les mains un peu ; brûlées. -. ;, ?i., Le14. decemesme mois,
t quarante Vaisseaus sortirent
! du Havre à la marée dumatin
avec un vent d'Ouest, & une
* escortedetrois Frégates. l'uf
1 ne montée de douze pieces de
1. Canon, & les deux autres de
?
six-Ils firent route vers Ca-
| lais& Dunkerque sous les dresdc or. MtdeS Michel,qui
f commandoit la Fregate de
f douze Canons,appelée la
Graiieuse. Le lendemain estant à tra vcrs Dicppe 1
I s app-r- .à travers Dieppe, ils apperi
ceurent deux Armateurs qui
venoient sur eux, Mrde Saine
Michel fit oster incontinent
la flammedu grand mast,ordonnant
à l'une des deux autres
Fregates de lamettre. Il fit
aussi boucher ses sabords, afin
de pouvoir passer pour un
Navire Marchand. Ce strata..
geme qui trompa les Armateurs
, eut tout le succésqu'il
en avoit attendu. Comme il
estoit à ravant. garde, ils ne
manquèrent point à venir sur
luy,mais ils. furent bien furpris,
lors qu'estans à la portée
du Mousquer,ilfit ouvrir ses
I
sabords, &tirer une bordée;
ce que l'on execura si à propos
qu'on démasta un des Armateurs
de son mast d'avant.Cet
Armateur se batit durant quatre
heures avec une vigueur
incroyable) jusqu'à ce qu'enfin
ayanc estédémasté de tous
sesmails.,il fut contraint de
se rendre. Il estoit monté de
huit pieces de Canon) & de
soixante hommes d'équipage.
On le conduisit à Dieppe.
L'autre Armateur se sauva à
force de voiles,&la Flote des
quarante Navires ayant poursuivy
sa route avec un vent
favorable, arriva le16. à Dun-,
kerque. Il n'y eue qu'un seul
homme des nostres blesle en
cette rencontre.
Le mesme jour 16. un Gentilhomme
Irlandois
, envoy é
par le Prince d'Orange avec
quatre rres beaux ChtVJUXJ
donc il faisoit present à l'Eletfteur
de Bavière, passa par
Arras. Il avoit débarqué à
Nieuport» & après quelque
rejour qu'il y fit, il en partit
comme pour se rendre à Bruxelles,
mais lors qu'il sur hors
les portes) il se lança avec les
Chevaux dans le Canal, qu'il
passa a nage, & vint à Furnes
&à Dunkerque, où on luy
donna un passeport. Il va à
Versailles On peut voir par
là qu'il ne manqueà la plusparc
des Sujets du Roy d'Angleterre
que loccasion pour
faire la mesme chose. Ce que
le remords feroit faireauxuns,
les autres le feroient parce
qu'ils ont receu par force le
Prince dOrange.
Vousavez sçeu ce qui s'est
passé à l'égard de l'Ordre de
saint Lazare. Comme ceux à
qui le Roy lavoit donné,ne
doivent plus en porter la
Croix, Mr Mansard & Mr le
< Nostre que Sa Majesté en
avoir honorez,ontestéreçeus
dans l'Ordre de Saint
Michel5&ils en ont prêtéle
ferment entre les mains de Mr
le Duc de Beauviliers. Jevous
ay si souventparlé deces deux
Illustres
» que je n'ay rien à
vous en dire aujourd'huy, si
non , que l'antiquité auroit
de la peineà produire d'aussi
bel leschosesqu'ils en ont fait
pour leRoy. En vous parlanc
de l'Ordrede Saint Michel,
jecroy que jevous feray plaisir
de voas entretenir de Ton
[niticution
,
qui fut faite a
Amboifelei.d'Aoust 1469.
par le Roy Louis XI. Fils de
Charles VII à l'honneur de
l'Archange Saint Michel,Gardien,
& Protecteur du Royaume.
Ce Prince ordonna que
tous lesChevaliers de cet Ordre
porteroientunCollierd'or
faitàCoquilles,lafiecs l'une
avec l'autre d'un doublcLaqs,
affifcs sur Chainettes >oa
Mailles d'or, d'où pendroie
une Médaille, dans laquelle la f9iguredeSàaintMichelse(crrooiiet
empreinte combatant, & foulant:
aux pieds le Dragon.
Cet Ordrefut particulièrement
établi en mémoire de
ce qu'on pretend que Saint
Michel combatit à Orléans
contre les Anglois, ce qui
avoit obligé CharlesVII.
à avoir toûjours l'de
cest Archange, que l'on portoit
devant luy quand il al- r
loit à la Guerre. Les Statuts
de l'Ordre furent de
foixantc & six Articles, donc *
le premier portoit qu'il y auroit
trente six Gentilshommes
denom & d'armes) sans
reproche,dont le Roy seroit
Chef &Souveiain, qui feroicnt
tenus de laisser tout autre
Ordre., excepté d'Empereurs
ou de Rois. Ces paroles
furent la devise de celuy cy,
Immensi tremor Occeani. Elles
faisoient voir que les François
ayant obtenu contre lesAnglois
plusieurs Victoirres sur
terre,un peu avant l'Institution
de cetOrdre,ne deviendroientpas
moins redoutables
sur Mer, parl'intercessionde
Saint Michel. L'établissement,
del'OrdreduSaint Espritfait
par Henry Ill. n'a pas empesché
que celuydeSaint Michel
n'ait subsisté en France
avec distinction. On ne rcçoitaucun
Chevalier du Saint
Esprit
, qui n'ait esté fait auparavant
Chevalier de Saint
Michel, & ceux qui ont l'avantage
d'en estre honorez,
portent ensemble les Colliers
deces deuxOrdres.
En vous envoyant la Lifte
des Officiers Généraux nommez
depuis peu parSa Majesté
,
j'ay oublié à mettre Mr
le Marquisde Longueval du
nombre de ceux qui ont esté
faits Marechaux de Camp. Il
doit servir cette année en
Roussillon. Quelques jours
aprés,SaMaj esté fitaussiMrde
Mégregny,quiestIngénieur
& Gouverneur de la Citadelle
de Tournay
,
Marechal de
Camp. Enmesme temps Elle
nomma trois autresIngenieurs
Brigadiers d'Armée, qui sont
MrduPuis- Vauban, MrLappara,
& Mr le Commandeur
du Bosc, toustroisdéjà Brigadiersdans
le Corps des Ingenieurs.
Ils ont ièlvi. avec
beaucoup dedistinction dans
tous les Sieges. Mr du IJuis-
Vaubanest Neveu de Mr de
Vauban,Lieutenant General
des Armées du Roy,& premier
Ingenieur de France,&
marche avec gloirc sur ses
traces. Mr Lappara a conduit
les Sieges de Nice & deMontmeillan,
& Mrle Commandeur
du Bosc
,
fous Mr d-e- Vauban Lieutenant General , -S"Cftemployé avec succez aux
travaux des principales attaques
du Siege de la Ville & du
Chasteau de Namur. Il fut
même blessé au bras dans la
derniere qui fut la plus forte
de ces attaques,& par laquelle
le Gouverneur se trouva
forcéàsortir enfin duvieux
Chasteau.
L'Enigme du mois passé
avoit cité faite sur les dtz..À
joüer,&ceuxquil'ontexpliquéedans
sonvray sens, font
Mts Moreau, Prieurdel'Abbaye
duRelec enBretagne:Ter
raultdela Cossonniere, Chanoine
de S. Pierre du Mans:de
Mon.rtzret:Bonnard de l'Hostel
du Quesnoy, Place Royale:
le Chevalier de la Chaise:
Guyon de la Sardicre
,
& Fon-
,tc:ny-, Officiers du Regiment
du Roy à Abbeville : Chavance
l'ainé de Lyon:Pamphile
: C. Hutuge dOrleans:
les Curez d'Auvillers & de
Bonnebos, duDiocesedeLisieux
:Boulerie de Romenuy,
Saunié de Corbon: de Boisimont
: des Fontaines, Directeur
du Pavillon des Ccleftins
: Rousselin de la Galerie
des Petits-Peres:Isidore & sa
Tranquille:le Medecin Mousquetaire
: le c harmant prétendu
Epoux de la belle Maconnoise
:le fidelle Berger de
l'Indifferente M. P. le Tendre
& passionné delabelleM.
l'A mant dela Belle à l'Anagrammely
panche en amour de
la grande ruë de Houdan ;
l'ErnprciTé de la nouvellealliance;
leChiron constant,
& la cruelleManon de lapor-
! te S. Antoine; le petitCoq
reveillematin du Faux- bourg
; S. Antoine, & la petite JaV<>
f te de la Porre de Richelieu,
l'Avanturier du quartier de
S. Pierre aux boeufs ;l'Amant ;confiant de la Bergere Fidelle
des bords duClain dePoi-
? tiers; la spirituellesocieté des
Prisonniers duFort 1Evesques
le grosControlleur & sachar-
1 mante de la ruë des Lombards;
le Docteur sans étude;
l'aimable Nocloifc à l'Anagramme
, le vray merite Bourt
geois
; Diane de la Forest
d'Aicleon;le Berger à l'Anagramme,
le siecle d'amour; la
Nymphe aimantée; le Chevalier
Invisible de la bague de
Giges:l'aimableAudran:l'aimable
AngeliquedeKervily
du Faux-bourg de Livierc
d'A ngers : l'aimable Tante&
sacharmante Niecede la ruë
Montconseil
,
& leur bien aimé
T. M. l'aimable Manon à
la gorge enchantée de la ruë
aux Ours:la jeune & la belle
delaBroisedeS. Lo: la belle
blondeà l'Anagramme merite
&. loyauté: les trois Vestales
du
du -
Rendez-vous: la belle
Photine: la societé de Beauregard
ruë d'Enfer;les deux
Rivales réconciliées & leur
parjure Amant: la nouvelle
societé du Jardin de Lion:
l'aimable Sanguin, de la rue
neuveS.Estienne : la Charmante
de S. Eloy d'Orléans:
l'aimable Madelon,& ses trois
Soeursrecluses.
L'Enigme nouvelle que je
vous envoye est de Madame
de laPrairieCairon deCaen
A ENIGME. it L'abry d'une peau Ugete Je tiens cèntHeraienf,rmez,
/> n
JLt pAr moy feulement leurs faits j
renommez
Sont à couvert de la poussiere.
Cependantfous l'éclat des ornement
divers
Dont ma jigure ejl reveftuè,
Je cache avec foin à la veue
pn corps qui bien souvent est tout
farcy de Fers.
jugez, de mes fmi/ois; quoy quefors
Ignorante,
En un ifpace Assèz petit
Je renferme beaucoup d'efirit;
Mais qui de me voirsecontente>
Sans regarderjamais ce que fy dans
le coeur,
Ejlfiuu doute un pauvre DocJcur*,


Les Amans comptent touours
pour le plus gtand des
malheurs, le chagrin de ne
pouvoirestre aimez de ce
qu'ils trouvent aimable. Si
celuy quia fait les Vers de la
nouvelle Chanson que je vous
envoye parloit bien fmeerer
ment, il fcroit à plaindre.
AIR NOUVEAU.
JAy vu pour mon mlllhelirla divineSHvie
;
Salis l'aveu de son Cfr/lrses beaux
yeuxm'ont charmé.
flelas ! sije n'en fuis aime
Je finsquejenperdray , la vie,",
Les Lettres de Turin portent
qu'il a percé à Monsieur 1
le Ducde Savoye un abcés
à la joüe & dans la bouche,
& que cet abcés, avant que
de percer naturellement, comjncil
a fait, avoit causé à ce
Prince pendant plusieurs jours
unefiévre, tantost tierce, tantost
double-tierce, dont i)..
s'est veudélivré,presqueaussitost
que cette heureuse operation
de la nature a esté faite.
Il en a eu pourtant de nouveaux
ressentimens quelques
jours après,& cela fait crain-
, dre qu'ellene revienne. Ce
Prince avoitfait écrire à Paris,
avant que son abcès fust
percé,afin d'avoir le remède
pour guérir les fièvres intermittentes
,
du feu Chevalier
Talbot, connu fous le nom
duMédecin Anglois.
On écrit de Milan qu'on y
va tenir une Conference au
sujet des affaires d'Italie, ÔC
de la Treve à la quelle l'Espagne
veut que toutes les parties
consentent. Les Nonces du
Pape s'y doivent trouver aussi
bien que les envoyez de Venise
& des autres Alliez, ôc
Monsieur leDuc deSavoye
ae pouvant yassister à cause
de son indisposition
, y envoyc
Mr le Marquis de ParcU
le. Le 16. de ce mois le Comte
de Caprara partit de Turin
pour s'y rendre avec l'Envoyé
extraordinaire de l'Em pcreur.
LesPrincesd'Italie y doivent
aussi envoyer des Deputez. Il
n'y avoit encore en ce tempslàaucun
mouvement deTroupes
en Piedniont,& l'on y
disoit hautement,que l'Empereur
estoit obligé d'enretirer
une partie des siennes,
pour les envoyer en Hongrie,
ou il en a grand besoin.
: Hn'y a point encore eu - de
Guerre qui ait plus déplacé
de Souverains,en les faisant
sortir de leurs Etats, que celle
qui agite aujourdhuy toute
l'Europe. Ils vont & viennent
sans cesse
, & ne s'en trouvent
pas mieux dans leursaffaires.
Les Bavarois font fort mecontens
de ne voir plus leur
Prince. Il les a épuisez d'argent
par celuy qu'il en a tirédepuis le commencement
de cette Guerre : le
Commercen'yen a point remis
,& un Etat sans Souverain
devenant desert, les
Étrangers s'empressent peu
d'y en apporter.
Quant à ce qui regarde les
affaires du Prince d'Orange,
il estaisédevoir qu'il est plus
embarasse que jamais. Le Parlementn'est
pas satisfait desa
conduite. Le reste de la Nation
l'est encore moins, &
quoy qu'ellen'eclate pas,tout
en en à craindre au moindre
mécontentement. Ses affaires
empirent tous les jours,& elle
ne voit rien à esperer pour
cette Campagne. Ce Prince
a esté contraint de partir avec
beaucoup moins d'argent &ç
de Troupes que les années
prccedentes. Les Hollandois,
qui de leur costé n'ont pu
remplir l'estat de guerre sur le
pied de l'année dernière, ne
font pas contcns de luy. Les
1. Alliezne peuvent fourniraux
: Hollandois-autant de Troupes
qu'ils ont fait par lepassé,
à caufc des broüilleries que
[ caufc l'erection du neuvième
Electorat, & parce que d'un
autre costé la Guerre doit estre
plus forte en Hongrie cette
Campagne, que les precedentes.
Les Armées de France
font plus nombreuses qu'elles
n'ont encore (fié. Les Magafinsfont
remplis; l'union regnédans
l'Etat,les Coeurs &
les Bourses sont au Roy;Sa
Majesté se porte parfaitement
bien
,
& Tes Ennemis
incertains où pourra fondre
l'orage, font dans de perpetuelles
apprehensions.
Vous me demandez cequ'on
pense icy, touchant la Descente
dont le Prince ci'Oran..-
gc menace la France. Je vous
diray qu'il est difficile de reussir
dans une entreprise, lors
que l'on en parle assezhautement
pour en avertir les Ennemis,
& que puis que le Prince
d'Orange affecte de la faire
publier dans toutes les
Nouvelles d'Angleterre & de
Hollande,il n'y a pas d'apparence
qu'il ait resolu dela
tenter.Commeil r/eft parvenu
où nous le voyons,que
par le Secret, & non par la
force des Armes, il n'est pas
à croire qu'il soit devenu
assezsincere & affcz malhabile
pour dire ce qu'il veut
faire. D'ailleurs il n'est pas
vray semblable que les Angloisrisquentune
Descente.
ayant eu un cinte entier pour
executer ce dessein
,
après 16
malheur que lesVents avoiene
causé à nostre Flotte
, & s'ils
ont reconnu quec'estoit une
chofc impossible
,
pendant
qu'ilsavoient deux nombres
ses Armées Navales en Mer ,
& que nous n'y avions pas un
Vaisseau, nous devons estre
persuadez,que le Prince d'Orange
a des vuës bien éloignées
lors qu'il fait publier,
& publie luy-méme
que lesAnglois vont faire
cette Descente.Voicy ce
que l'on peut penfcr surce sujet
avec quelque vray - femblance.
Les Anglois fontoutrez
du nombre infini de Bâtimens
qui leur ont esté pris
par nos Armateurs
,
depuis
le commencement de cette
Guerre
,
& je dois vous dire,
qu'un Armateur de Saint Malo
vient encore de leur en
prendrecinq.Tous les Afliireurs
d'Angleterre se trouvant
presque ruinez ,
aussibienque
le commercequi efi:
tout à -fait diminué,on ne
sçauroit faire un plus grand
plaisir aux Anglais, que de
leur parler d'une Descente en
Çrance, quand mesme le fuc^
cez leur en paroistroitfortincertain
, & c'est un moyen
feurau Prince d'Orange, de
venir à bout de beaucoup de
choses qui luy feroient rresdifficilessans
ce prétexte, Ce
Prince n'ayant point passé
l'Acte pour establir des Par- :
lemens triennaux, l'argent ordonné
par le Parlementnese
leve qu'avec peine, , parce que
les Peuples ne sont pas contens
, & le pretexte de la
Descente pourra faire aller les
levées d'argent un peu plus
viste. LesAngloisneveulent
point voir dégarnir la four;
"de Londres, de Canons & de
munitions, ny permettre que
leurs bleds soient tirez hors
du Royaume;mais lors qu'on
parlera de Descente enFrance,
ils verront embarquer toutes
ces choses avec plaisir
,
&
quand elles feront embarquées
& que le Prince d'Orange les
aura fait passeren Flandre, il
faudra bien que les Anglois
secontentent, lors qu'il leur
representera qu'il en avoit un
bcfoin extrême. Le prétexte
de la Descente luy donne aussi
lieu de laisser beaucoup de
Troupes en Angleterre
> en
faisant croire que c'cft pour
servir au débarquement.Toutes
ces Troupes n'y resteront
que pour tenir les Peuples
fous le joug, pour empêcher
lesMécontens d'eclac~r~~
pour faire lever plus facile^
ment l'argent ordonné. Le
Prince d'Orange a cru aussi - qu'en faifaut répandre en
Francequ'il avoir resolu d'y
fairefaire une Descente
,
ce
bruitobligeroit le Roy de dégarnir
sesArmées,enenvoyant
des Troupes sur toutes les Costes.
Sa Majesté y a préveu,
fgjps que les Armées soient
moins nombreuses ,&a jnc i
quoy que la Descente ne f,
pas à craindre;qu'ilfalloit
mettre en estat de repousser
les Ennemis sur toutes les Costes,
afin d'empêcher ses Su.
jets de s'alarmer; car parmy
le grand nombre, il y en a
toujours de plus timidesles
uns que les autres,
Mr le Maréchal d'Éstrées
doit commander d'uncosté,
& Msle Comte deServon,&
Ml" de Gaffion doivent Fcrvir
d'Officiers Généraux en Normandie,
sous le General qu'il
plaira au Roy de nommer,
Pluficurs Ingénieurs font partis;
ils doivent obeir à Mr de
Combes,& l'Artilleriecommandée
pour cette Province
esten estat. Jesuis, Madame,
vostre &c.
AParis ce 30. Avril 1693'
Je viens de recevoir de Turin
des Lettres duig.de ce mois, qui
marquent que dmx Couriers y
avoientapportela nouvelle de
/'ouvrture des Qonfertnces Pour
la Trêve à MiUn> que les
Peuples dr Piedmoni eftount fit
ItigueZ de la guerre) qu'ils-de-
!andoient hautement la Paix ou
I Trcvr. La fievre a repris a
dorijt ur le rDuc de Savoyf.
ton mal ,dont jevous ay déjx
trié dans cette Lettre,adifeonnue
de Juppurer,cequ'on attrilié
à la foiblcjfie de la nature,
tommeplufleurs Régimens deflie7,
pour le Piedmont ont pape
n Catalogne en Allemagne,
t bruit aveit couru que nostre
drmée feroit soMe en Italie>
nais il esi feur quelle ferafupeieure
à celle des Ennemisy (&f
lU'il y rejîeraetnt Bataillons
y soixante Escadrons.
ception de Mr IAbbe de la Motte-
FeneIon.
frivilege accordé à Mr de Hautefeuille.
16
Réflexionschrefliennes par Mademoiselle
des Hol/lieres. 37
Articlecurieux>quifaitvoir que les
connoissances de la Medecinefont
foibles. 41
Baptesme duCowte de Laugere.54
officiers Généraux,
Aile contenantlesaffairesduneuvième
Elefforat* 7'
Stances. 77
Madrigal, 1:
0
tiâflagts. ¥) e.f. Jr ordr,, us
Jiectption faiteà MrieNonee à VAcademie
de Peinture & de Sculpture.
144
Mort) Teftawcnt & Convoy de Mademoifelie
d'Orléans. 14r
htftrre fui la Physique occulte de ldx
BaguetteDivinatoire. 171
Nr le Duc du Maine reconnu pour
Souverain de la Principauté de
Dombes dans les lieux qui en dépendent.
18^
Morts. 15)4
Lettre écrite à laReine de Suede. 208
Mort de Mr le Marquis de Eobias.
2.47
Réceptionfaite àMY de la Chapelle J
£AcademiedeNi/mes, comme ACAxdemicien
de l'Academie do pdrir,
247
""iTtrcmort.'u$ JHadnieeresonblaigegantieas dnu Raoy..u25y4
lettres contfelaBaguette. 260
AvanturesdeMer. 294 Chevaux envoyez,par le Prince d'orangeàl'EUcfeur
de BavÍere envoyez,
en France. 300
Ordre de S. Michel donnéà Mrs Manfard&
le Noflre. 30Z
nouveauxBrigadiers faits par le
Roy. jod
Article des Enigmes. 3op
NONVelleJ de fiedmont de Mi.
Avis pour placer les Figures.
La Medaille doit regarder la
rpage 189.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le