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CMARS i6$3.
A PARIS,
GALERIZ-NÈV DU PALAfS*
ON donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galjnc au
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra Trente sols reliéen Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
ChezG. DE LUYNE,au Palais, dans la
Salle des Merciers, à la Jultice.
T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie
Et MICHEL BRUNET, Galerie-neure
du Palais, au Dauphin.
M. DC.XCIII.
JVEC PRIVILEGE DVRor
AVIS. QVelques prieres qu'on aitfaites
jufquà present de bien
-tcriiZ Ll es noms de t-amill,tef6 employez*
dans les Mémoires qu'on envoyepour
ce Mercure,on ne laijfi pas d'y manquer
toujours. Cela cflcause quily a
de temps en temps qmlqucs-uns de
ces Mémoires dont on ne se peutfer-
'Vir. On reïtere la mesmejpriere de
bien écrire ces noms, -en forte quon
pe s'y puissè tromper. On ne pret.d
aucun argentpourlesMémoires
,
&
l'onemployera tous les bons Ouvra-
, 1 ges à leur tour, pourveuquils ne
desobligent personne
,
& qu'il n'
ait rien de licemieux. 01J prie seulementceux
qui les envoycat ,.c>'ftr
tout ceux qui riécrivent que poun
faire employer leurs noms dans l'article
des Enigmes, <£affranchir leurs,
Lettres de port>s'ils veulent qte'onj
fajje ce qu'ils demandent.C'estfort1
peu de chose pour chaque pirticulier,
& le tout ensemble efl beaucoup pour
un Libraire.
Le sieur Brunet qui debite présentement
leMercure
, a rétably les
choses de minière qu'il ejl toujours
imprime au commencement dechaque
mots. Il avertit qu'à l'égard des
Envols qui se fontà la il Campagne , fera ptrtir les paquets de ceux
qui !e chargeront de les envoyer ava nt
que l'on commence a vendre icy le
MerCflre. Comme ces paquets feront
flttji.'UfJfturs en chemin, Paru ne
laisserapis d'avoir le Mercure longtemps
avant quilfoit arrivé dans
les rilles éloignées, maïs aujjiles
Pilles ne le recevront pas Ji tard
qu'elles faisoientauparavant. Ceux
quifele font envoyerpar leurs Jmù
sans en charger ledit Brunet ,
s'cxposent
à lerecevoir toujoursfort tard
par deuxraifons.Laprerniereparce
que ces Amis n'ont pas foin de le
venirprendre ji-lost qu'ileJlirnprime,
outre qu'il lefera toujours queldqéubesit
jours avant quon enfaffe le
; à* l'autre, que ne l'envoyant
qu'après qu'ils font leu, eux à*
quelques autres à qui ils le prejÙnt
ils rejettent la faute du retardement
ÇurleLibraire
, en diJànt que la
vente n'en a commencé que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardement par la voye dudit Sieur
Brunet, puis quil se charge defaire
lespaquetsluy-mesme & de les faire
porter a la poste ou aux J.,¡e¡l
sans nul interejl, tant pour les j
ttculiers que pour les Libraires
Province, qui luy auront donné1
IldreJlè.IIfera lA mesme chose gt
ralement de tous les Livres nouve,
qu'on luy demandera,foit quil
débité
, ou qu'ils appartiennes
d'autres Libraires ,fins en prex
pour celadavantage que le prixj
par les Libraires qui les vendra
uandilsi rencontrera qu'on
mandera ces Livres à lafin du m
illes joindra au Mercury, afin
n'enfairequunmefime paquet. 1
celafera exécuté avec une exafâ
de dont on aura tout litu J'e
content.
aARS i6}3. QUAND le Sonnet
que je vous envoyé
au commencement
de cette Letre, ne seroit pas
aussi beau qu'il l'est par luymesme
la matière en est si
noble, que vous le liriez avec
plaisir. Le Pcrc Mourgues;
JefimCjCn est l'Auteur. Vous
sçavez combien l'entreprise &
la conduite du superbe Canal
qui joint les deuxMers» l'ont
fait estimer.
u SONNET. V Roydeson Empire extermine
l'Erreur,
JEUe arme centre lui le tcjtede Id terre;
Etles bras quelleemploje À servirsa.
fureur
Devoient eftrt employez» à luy ftirt
la gHtrrt.
Tont siprête &se livre dufier VjÙrpateur,
JVuirtvage àson gréU perfide An- eleterre.-
-
ant £Ennemis faisoient craindre
uncommun malheur
Pour le Trone François, & le Siegede
Pierre.
Mais de tant de succes le Cid comble
nos voeux Qu'ils pajfiroien,t pour fableaufrés
,
de nos Neveux,
S'ils nesçavoientse direenleurjujle
JarpriJe;
LQVIS regnoit alors dans l'Empire
des Lis;
FIGNATELLI menoit le Fai/paa
del'Eglise,
Ellesdeux plusgrgnds Coeurs efoient
les plus unis.
Je vous ay déja fait part
d'unTraité qui vous a fait voir
combien il est rare que la Fcftc
de Pasque soit celcbrée le ax.
de Mars, comme il cft arrive
dans cette année. En voicy un
autre qui établit un Calendrier
perpetuel, en fixantpour
toujours les Festes mobiles qui
dépendent du jour de Pasque,
dontil fixe la célébration au
cinquième d'Avril. Personne
ne doutera que ce Traité ne
foit fort sçavant &curieux,
quand ilapprendra qu'il estt du
fameux Aveugle M' Comiers,
dont la profonde érudition
est si connuë.
CALENDRIER
PE--E---.R- .,P-ETTUE-,'-L-- - --
INVARIABLE,
Tant pour ., l'An-née'- .--,C,,-,)10i'v,"- ile, que,
pour l'AnnéeEcclesiastique SIR
Comme Dieu nous a donné le
Soleil & la Lune pour diflinguer
les tempstlesjours*&lesannées,
les djlronomes ont travaille a
connoijlreprécisément la durée
du mouvement de ces deux Luminaires
, (fyparce que la Lune
a defrequens st) vifbles change.
mens, les Hébreux & les Grecs
s'en font fervts pour dijlinguer
les mois les années.
Solon, grand Legijlateur des
Athéniens
>
régla l'année & les
jours des Equinoxes, par l'avis
de Thalés. Ce règlementfutfui-
*vy pendant deux siecles5 après
lesquels, du temps du Divin Platon,
on suivit la correlfion faite
par Eudoxe. Les années estoient
de différentes longueurs chez, les
Egyptiens, les Grecs, & les Arabes
t
Cmles mois ne commençaient
pas le mesme jour, ce qui tfioit
très-incommode dansle commer- cedans les affaires publiques.
Les Juifs avoient deux fortes
d'années. Leur année Civile commençait
à la nouvelle Lune du
mois Tifry de l'Equinoxe d'Automne,
à cause de leur année Sabu
batique »autrement ils auroient
esté deux Arif sans faire recolte.
Leur année sacree commençait
à lanouvelle Lune du mois Nifan
de l'Eluinoxe du Printemps,
depuis l'Ordonnance que Dieu
leur fit lors de laforticd'Egypte,
149 8. ans avant la nai[Tance de
J.C.
Les Hebreux commencent à
xompter leurs années dés lasortie
d'Egypte:dr par une semblable
Yaifon les Mahometoen:cm.m ncent
à compter les leurs de tHegire
, ou fuite de Mahomet hors
de la Mecque en la nouvelle Lune3
le Vendredy 16. Juillet 6zz%
en laquelle oncomptoit 10. dIndiSîion
, Cm if d- Nombre d'Or,
comme aujjt 10. deCyclefolâtre,
CjT4 on celebroit la Pafcpte le 4,
'a'Avril.
Les Grecs comptoient par 0-
lympiadest qui commençaientpar
lesSolflicesd'Eslé) e leurCycle
tfloit de quatre ans. Elles furent
rétablies776, ansavant la naif
rance dej. C.laquelle arriva tn
la Ip.Olympiadr.EtlesAnnées
de la fondation de Rome commensoient
aux féstes appellées Palilics
, q!4on celebrait à l'honneur
de la DEifft Pâles, le ji.
Avril.
Tour remedier 4 ce desordre
il ne falloit pas moins que l'ef
Prit du premierdes Cesars
Qui media inter pr,ælia
sem per
Stcllarum, colique plagis, Superisque
vacabat.
Ce premier Empereur des Ra
mains
, par le conseil de l'dflro
nome Sofigcncs, en l'année 4)
avant la Ctrconcifon de J. c
tnflitualannée Julienne, qu
commence AU premier Janvier
& par cette forme d'années le
mois commencèrent le meÇmejou
dans toute la vasse étendue' d,
son Empire. Il ne fut pas jiheu.
reux à reglerU longueur de l'annéeTropique
spuis qu'illa croyoi
estre précisémentde trois cen: foi
xante-cinq joursst)six heures
c'estpQxrquoy de ces sixheure
il forma de quatre en quatrean.
un jour entier, qu'il ordonna eftn
intercalé entre le 2.;. ù le z4
Tevriet.Ctjourfut appelle Bifsexto
Kalcndas Marcii; car le
J3.Fc'tJritr & le jour inttrcaléJ
ejloient l'un dr l'autreappellez
ÍixiémêdesCal-endcs de Mars,
cefladitcilefaiéme jour avant
les Calendes de Ars , <£r
par confecfuent l'annee lïiffextile
efloitde 566. jours. Ce bel
ordre fut lien-tojl interrompu par
l'ignorance des Pontifes, qui intercalerent
à chaque quatrième
annee prisè inclusivement. C'tfi
pourquoy dans trente-six ans ils
avoient intercale Joue jours,)
ceflà dire, trois jours de trop;,
mais Auufit corrigea cette
erreur en la troisieme annee dit
J. C. ayant ordonnéue ptndantt
cloute ans il n'y auroit point:
£anneeDiextile.
Cette reforme ne put long..,
temps faiisfaire aux Chreienf)
pour sçavoir le quatorzièmejour
de la Lune d'après laEquinoxe
du Printemps>afin de celebrer la
Pa/que Chreflienne le mesmejour
que J. C. l'injlitua,après qu'il
eut fait laPasque Legaleenme*
me temps que lesJuifs, ce que
Saint Luc a remarqué par les
deux Coupes.
Le défaut du Calendrier Ro
main lient de deux Chef.
Premierement, de ce que lEquiiioxe
du Printemps anticipait
d'lin jour entier en 130. uns le
veritable Equinoxe3parce que
VannéeTropiquenejlant que de
3dj. JOHrsl y. heyres t presque
4.9.minutes9les ij. mtnutes &
f.f.fecondes prises de trop chaque
année forment en 130. ans
un jour de IrQP, ü par consequent
font anticiper d'un jour
entierl'Equin&xe.Secondement
de ce que le Cycle Lunaire
,
inventépar
Meton Athenien*Pannée
430. avant la naissance de
Jeftts-Chrifl,dont on écrivoit les
jy. nombres en lettres d'orjne
marqnoit pas précisêment dans le
Calendrier les jours des Lunaisonstpuifque
dans ij. ans il s'et
faut une heure 27. minutes t
52. fécondés
>
d'où procedoit qUI
dans 312. ans lenombred'orfai
foit anticiper d'un jour les venta
bles Lunaisons.
De ces deux erreurs font née
entre les Chrestiens tant de diffi
éultr;7,, & de differends pour L
celebration de la Tafque>que;
l'annéeiftz. le Pape Gregoir,
XIIL prit comme siphonfe
Roy d'drragon,l'année Tropi.
que de 36y jours y. heures 49
minutes, & quelques fécondés
tellementqu'ilnes'enfaut pas ii
minutes que l'annéeTropique ne
foit Je36f. jours & Ó. hlures, @r
par consequent à chaque année
Hiffextile on n'e prend pas 44.
minutes de trop. Ce Pape
> pour
ramener ÏEquinoxeensonvéritable
jouri retrancha les dixjours
ânlicipedepuis l'année325. du
Concile de NicéeJ & pour cela
le lendemain du 4. Oflobrefut
compte le If. du mesme moisy
cesspourquoy dans l'Angleterre*
dans la Suede& autres endroits,
où Fon na pas receu le Calendrier
Gregorien
> on se fert de
double datte du jour du mois. Le
jeur du vieux fille est éçrit fut
une lignej& le jour,fuiuant le
nouveau jlile, ejl placé au dessous
de la mesme ligne.Ainsi
four marquer la datte d'aujour-
¡d'"hiutyIl12.. Decembre r692. on écrit u TToouurrrreemmeeddiieerarauuddéeflàauutt
des nombres d'or, on a fubftitu;
les Epaétes
, & outre ces deux
remedes ilfaut encore observer
que les années 1700. jSao. &
ipoo, ne feront pas Bi/fextiles3
&&¿fa'Vveeccttoouuttesscecess pprreéccaauuttiIoonnss
on n'd, jamais précisément lejour
des Lunaisons)puisqu'àlafeule
infpeàlion de la Lmeton reconnoifl
que les Epaflts avancent
ou reculent de deux à trois jours
les LunaiJons. Par consequent
il efl necejjaire de fubflituer un
nouveau Calendrier au Grégorien.
Ily a lieu d'esperer
>
SIl\EJ
qu'après que Vostre Majest;J qui
efl autantformidable dans toute
l'Europe aux Ennemis de la
France, que lefut fous l'Empire
de Tibere aux Peuples d'Afie, le
tremblement de terre Y
qui dans
une nuit renversa Joue de leurs
plus belles Villes, au rapport de
Pline; Maximus terræ mémoria
mortalium extititmotus»
Tiberii CæfatisPrincipatu,12..
urbibus Asias unanocte proftratiS)
ily a, dis-jejieud'efperen
que quand VostreMajrfléaur
sist cejJer le bruit des armes dans
toute l'Europe ,on dira J'Elle ff
que l'lIiftoire des Machblen
dans lei.Chetp. dit d'Alexandrn
leGrand>Siluit terra inconfpcéèu
cjus, toutes lesPuijfan—
Cesde la terre ont misles armesi
bas ensa presence.Apres ,uoy
Voftrt Majesté ordonnera poun
l'année 1700. un Calendriercivih
& Ecclesiastique, perpetael &t¡
invariable,ce que tous les Anciensavoientsouhaite3&
dont\
l*execution se doit faire fousa/o--
trejoignepleindemiracles> dansx
[rqudk:
À,
lequel PaUas & Minerve Je
font rlunïts pour faire fleurir en
mefinetemps les Arts
j
lesSciences
,& la guerre» car Vojlrc
Maiestéayemply ce quele Politique
florentin-souhaitoitàfort
Prince. Dcvc aacora un Principemotirarfi
amatorc delle
virtu.& honorareli exccllen. tiinciafcunaarte.Et.siqueU
ue vircuofô n'a point- depart"à
q;osroyales liberal'zre:{
,
ilpeut
dire commeleParaluiqueprés
de U Ptjcine miraculeuse de l-
.rufahm
,
Non habco homiriem
, Je riaypoint dePatron.
Atnfi Jbdolominavantqu'il
sufl connu d'tAItxAndrc leÇranà
mena une vie cachet
> 0* dansi
la necejJiri, maissapauvretélu
fut honorablej puis qu?aurapport
de k. Curce lib. f. Causa cii
paupertatis, ficuc plcrirque,.
probitas crac. Il efioit pauvre*
parce qu'il efioit homme de bien.*
VoflreMajefle" qui nese trempe
jamais en son choix»a pour*
espions du Ciel qui eflla véritable
Terre de Promiffionilesplu&\
sçavans rb lesplus uigtlans Jf-*
tronomu. Ils ont ce qui manquait 3
a ceux desfterle;palfek ; Il Deux t
dire3 le moyen de faire par les i
grandes Lunettes de nouvelles
s
découvertes dans les C'ieux, C-m
(tobferver avec la Pendule pré
cifément leDisque & le Diatnetre
de la Lune par le temps que
fin image employe à pajJèr un
brin de foyeplate> tendu verticalement
par le foyer du verre
objeflifde la Lunette,composée
de deuxverres convexes. jiinp
a present l*Agronomie
Transcanditad Astra
Disciplina audax , inquiric
y,cfificgdautqlautsmitoutuss,,oculisnova sideralustrat,
Et gemino fubnixa vitro R1i.
racula pandit.
J'ay donnéen Vannee i dansmonLivre de lanature (gjf
du préfacé des Cometçs
t
la. cn
flmclion des grandesLunettes
&lemoyen de s'en servir fan,
tuyau pour observer les Astres
FF'AJ depuis donnécm démontra
tout ce qui concerne l;a VT~cuë leJt
Lunettess& leurs differensufa—
ges. Le tout (inferédansonze)
ÀÎJYeurei Exiraordinairej» dcbipy^
le 19.
Tomejusqu'au 31./Àcfàjî-'i
Dément, @.f dans le Aiercme dn
Septembre 1683.J'dy dédie Ct"
Ouvrage à MonjetgneurlexDuii
de 'Bou~r-.gogne,parce que:1r' mcnS2
præragfuturi me le si't vom
homme dans le berceau
}
gr ce
Prince Je trouve digne Fils du
Pere {0 du Grand
- Prre, Quo
nec mehorem dcdcrc Dii, nec
potucrc clare.Ce fontles termes
du jeune plineJ dans le rpangyrique
de l'Empereur Trajan.
Revenonsmaintenant à nofire
sujet.
Les premiersCbrefliens comptoientdifféremmentleursannées*
ne convenant pas d'Epoque; ils
dijferoient dujjt du jour & du
temps de la célébration de rpaf-'
que. Les Grecs comptoient par tes
Olympiades cm fc servoïent du
Calendrier des luisi; &entre
les Latins, les uns se fernjoienà
de lepoquc de la Fondation de.
Romey les autres comptoieniï
par les annees du Règne dt,
j'Empereur Auguste. Ils dat**
toïentles Àtles par ces mots, An-.
nus crat regnantis Augusti,,
ceflà dire, entelle année du Re-,
gne d'dugufle: cefl pourquoy
par abréviation on necrivoit
que les lettres initialesde cette
maniéré ; A.E R. A. ce qui a
donné le mot Æra
,
qui ness
qu'une dénomination.
En l'année 437.deJ.C. Saint
Cyrille introduisit l'EpoqueDiodetienne
* on de la persecution
faite aux Qjrejticns par l'Ein
pereur Diodetien 3qui a tsts
J'An.tech,¡ft, dont SaintJean a
parlé danssonApocalypse, ce que
fay démontrédans mon Traité
des Prophéties, inferé dans les
Mercutes des moisd'Aoufi, Sep.
tembrey @¡ Décembre de l'année
iCZp. & dans le Mercure de
Septembre 1690. En l'année 444,
les Tables PAfchalel des Grecs CI'
des Latins convenoient Ji male
que ceux-cy celebroient la P;:.
que le sé. d'Avril. Pouraccommoder
le differendCentre les Tables
Pajchales des Grecs e des
Latins
?
Viftorin d'Aquitaine
employa en 465. le Cycle Lunai..
re ér le Solaire> pour former la
periodede532. ansy croyant que le
Dimanche de Pa/que rcnjiendroit
au mêmejour déclaraquon ne
la pouvoit célébrerrtyplftfiûflque
le 23. de Mar!
,
nyplus tard que
le14. d'Avril.Enmesme-temps
il inttoduifit l'Epoque A passo
Christo. Cette Epoque& ces
Tables Pafcbales
,
quoyquefaites
par l'ordre du Pape S. Leon
& de(on SuccesseurHilaire> ne
furentreceuè's qu'en France3 par
le fécond Qoncile d'Orleàns en
l'an 5"4i. C'efl pour plOY jusques
en l'n 814. les Françoiscomptetnt
les annees A Chriito passo,
rtpuis la mort dej. C.
En l'année f2f. Denis le Pe- itJAbbé Romain,continua les
Fables de saint Cyrilledonva
au Calendrier le Nombre
i'Or si) les Lettres Dominicales.
Il prit pour Epoque l'Incarnation
du Verbe, Ab Incarnato Ver.
bo; cest pourquoy ces années
commençaient le ij, de Mars.
Peu à peu on quitta l'Ære Diocletienneenfin
on se fernjit de lÆreDionifienneouChrefiien.
ne: mais conformément au fécond
Concile d'Orléans de l'an 541. on
continua de commencer l'année
par le jom de Pasque> ce qui de
epepratiquéjusquen l'ttnntlJdJ:
que CharlesIX. par l'Edit da
P.,ou.Tillon,ordonne de la commencer
au premier de Janvier. CrJl
oifervarionsJvntnecejjaire* poim
uertfier les dattes des anciensi
Edits
,
t_A>refls e 4tles ra..
blicstafin de n'être pas trompé pttM
ceux que l'onfabrique à plaisir..
J'en dis autant pourles Bulleste
Induits, Bref fÙ Réécrits drt
Rome) eslans à observer qu'à Rome
on commence les années cm
trois maniérés sfçavoir
3 tAnnéM
sacrée du mois de Md,rs à caufci
de l'Incarnation du Vtrbe, ['&Innéecivile
par Janviere le#i
Papa, parl'annéede leurelcnjaion
au PontrfiCâU
, eomme le Roy
ompte presentement la cinquantième
année deson Regne.
Le dijferendentrelespremiers
CChhrrecffltli'eennss a eessllée plus ggrraanndd r&i!'
ylus important ausujet du temps
& du jour de la célébration de la
Tafque. Les uns la celebroient
lejeudy,jour AuqUtll. C. /»-
flitua. Quelques- uns a cause dei
termes t Cccy est le pàflagc du
Seigneur, quifont dans l'Exode
ch. Il. verjlz/.fuijoientPaque
le Vendredy, parce quecefutun
Veniredy queJ'C, pafA de la vie
àU mort.Les autrespar les mêmet
termes, Hoc est transitus DCM
tnini,parc?quej.C.ayantpafî
de la mort à la vie,ressuscita V
jour du Soleilyqui efloit lepremic;
jour ou Feric de la femainc
ils la nommèrent DiesDominii
jour du Seigneur,ouDicsDo.
minica
,
7)jmanche
> auque,
jtfo,ur ilsfixertnt la célébrationdt\
Pasque> ce qui fut approuvé
par le Pape Pie en l'annéeIJOJ
& en l'année196. Theophilt do'
Cejarêe avec quelquet autres E.
*vejques ttfJemGltz par l'ordre dm
Pape Vléfor, reglerent qu'on net
froit point la 'Pasque avant les
zi.de Afars3&depuisS.Ambroifà
ajouta qu'on ne la pourroit cele.
brerplus tardque le 1$.aAvril.
Les Eglises Ajiatiques alléguant
la pratique de S Jean >celebroient
la rpa!1ue avec lès
Juifsindifféremment au jour de
la fimaine) qui arrivoit le quatoriéme'
jourdeJaLune d'après
l*EquifioxedîtpYintemps>(y
pour
cela ilsfurent appeliez Quartatdccimani,
danllé premier Concile
de Micéci qui en l'anné'e 3jordonna
qyon fdYO;t" la Pafqiie
le Dimanche d'aprEs le quatorzième
de la Lune qui arriveroit
I]4prés J'Equinox? duTrintempir.
y La difficultéreflàÀdéterminerJe
jour de ruinoxJ O* le qua.
orleme ae cette Lune dapn
l'Equinoxe. Le Concil, en sais)
lefoinàl'Evesqued*Alexandrie
où l'Aronomie ftoriffit. Ilen
voj/oit à &ome tous les ans a;
Pape le jour trouvé par le calcu
Afircnomicjue
, & au jour â
l'ëpiphant'e le Diacre l'anntnçtïi
au Peuple.
Pour rendre tout a 1,4 fois Il
CAlenrÍrier commode pour l'am
née Ecclejtajlique (gi Civile3 ii
faut accommoder l'année ak
cours du Soleil, (0 commencer
le mois de lanvierparle tour dm
Trafique d'hiver. Il faut aujfti
autant qu'on peut, rendre lev
mois reguliers: OM comme de
l'Equinoxe du Printempskl*E*
juinoxed'automne%ily4plus ne
toursquede l'Equinoxe£^Au~
tomne À celuy du PrintempsJ
ilfaut rangerces iours qui exctirnt,
du cafté du Tropique d'Eté,
udjnft depuisleSoljliced'hiver
de l'année1691. qui Arrive
te 2.0. Decemkrei 7. heures se.
minutes Aprtî midy
,
jusques a
l*Equinoxe du Printemps, qui t
ûrrivele IF. MATS 1695. i9. heures41.
minutes du foir sil n'y a
fue 9°. jours ou 3. mois chacun
de 30. jours. C'efl pourquoy
je reiette les jours qui jxcedent,
du cofte duTropiqut J'Et'
ce qui rendra lesmois plus n
gulvers, donnant30. iours ait
mois de Janvier> Fevrier c.
Mars & 31. iours auxmois d'j,
vril, May
,
Juin »luilLtc
<tAJu(!, & trznte joursAUXmo:
de Septembre, d'Ocîobre, N'
lembrecr Décembreylequel
n
4.en ans en aurajr.pour
jour intercalé, quand l'anni
jera de366". jours. Je ne crois pc
qu'on JajJè scrupule de rendre*
mois de fevritr les deux iom
dont on l'avoit muttlê^pouraug\
rrtenter d*, uniourlc1c.inquièfme 0
lefixiéme mois de l'année qui co,..,
merifoirparle rnoisdecar,
lesRomains\pO!*r honorerleurs,
premiers Empereursychangèrent * ,r~r t à ces deuxmois
5
Quintilis &
Sextilis
)
leuràneitnj>om,
leur donnèrentt- (*r/Auguftus,que nousappelionsJmlîet
(;7 tA.JUp.,
cTour fixer la pdfcm âll. Dimanche
d'après l'Equinotfe dn
Prin-temps yl,e. premîniourdt
Janvier fera toujours unj udy^
le premier de Févrierun Sarne
dy> & le premier dt_Avril fera
[touiours un Mercredy
) & i'E. tquinoxe ne fera jamais beaucoup
éloigné du premier d'LI..
IVrilJ (jj par conjequent le trotsiéme
d'Avrilfera un VendreJyJ:
çy le cinquième iour fera le Dimanche
de Pasque
> & par ce
moyenl'Eglise celebrera toutoursi
la solemnitedesMyfleres> aux
tnefmes iours qu'ilsontejté ope- rt >
efiantnjray que J. C. fut
crucifie le 3. dltAvriJJ iour de
Vendredyy{0quilressuscitale
Dimanche aurrrefmemois; Dimancbe
~u
»tt
ce que ie démontrerayaprès ; &
fin que le premier iour de l'an"
foit touiours un Jeudy & le cinquième
d't.Avri{ un Dimanche
te dernier iour de tan fera un
Jeudyy$dequatre en quatre
éns le mois de Décembre aura
trente-un "sur,& ce trente-unie*
me tour intercalé fera encore un
lelldy,& par cenfequent de 4.
en 4. Ans on aura une femdine
de trois leudis pendant lesquels
un celebrera la Fesie de la TnnZ/
e.
Le Afercredy des Cendres fefd
touiour*le iy*Fevrier ?
dinp
il nyaurapointdeFessesMo-
biles.L'Office Divin ne changfraplus3
c,,m les Myfieres de notre
Religion ferontcélébréz aux
mesmes tours qu'ils ont eslê operez.
le ne diraypasicy les avanfazes
que lannéeCivile, la
Navigation f0 LHorolograpbià
recevront de ce CaUtodïttr PerÀ
petuel f0 Invariable.
Bienojue dans mon Calendrier
perpetuel @J invariable je n'ayel
pas besoin duCycleLunaireny*
du Solairey d'Epaéles, delettres*
Dominlcales, ny de tlndiélion)i
néanmoins parce que le Concile'
de Trente dans le ebap. jg. de la
Session 2.3. ordonne que dans les
Séminaires on enseignera le Com-
7 t-)
put Eccleftajïique
y en voicy deux
maniérés;l'une efl générale1
l'autreparticulière.
La maniéré generale de trouver
pour chaque annéeproposée
tnombre duCycle Lunaire)ap
lellê le Nontbre d'Or> le nombre
lu CycleSolaire3 & le nombre
le ÏIndiélions qui font trois cafatleres
, par Icjquels tous les ans
rant diftinZtlt pendantJept mille
veufcens quatre vingt années?
qui tfl la Periode Julienne formée
du nombre 19. du Cycle Lunaire>
multipliepar18. qui tst
le nombre du Cycle Solaire
J &
reur produit 531. multiplié par If.
Cycle detIndiction cette Période
commence par l'année,en laquelle
si le monde avott rfié
, on
aurott comptéunde chaqueCycle.
C'efl pourquoy sçachantque
la premiere année du mondeefi
lA 7if. de la Période Julienne,
en auroit compte f. de nombn
d'Or.9> de LycieSolair(,.&15
d'Indiélion yen divisant?6f.pat
îp. par 2%. & par Tr. De me/m*
comme la premiere année de l*JEn
commune de J. C. eji la 4.714*
de la Periode Julienne, si on âi"i
*uïfe471+«par if.par28.&pm
if. refiera 2, de nombre d'Or> ior.
de Cycle Solaire
, &4. dtlndi-;
êlion.Atnjt en la presente anneù
tfyy quiefl la 64.06. année de Lx
PeriodeJulienne
>
divisant dtot*
par ig. par2?. & par tf. resse
de nombre d'Ol) 2.z. de Cycle So (
r"ire, @f r. dIndtcuon*
Or pour trouver queSe année
lela PeriodeJulienneest l'année
rrerente 169$. ajoute 4713 qui
ront les années de la Periode Jufrenne
aèvant U naijfitnce de Jertls-
ChristJvousaure 6406.à
W Prriode Julienne
9
@r pour
RavoirqueHt annéedepuis la
rreation du monde t'si l'année
Murante JeJ. C 169j. ôte'{ de
1+o6. de nostre Periode Julzenne,
les 764. ans dont la Peri,dt
Julienne devance la création du
monde
J
il refle jfyz. qui eF l'âge
du monde
t ou les années depuis
a eTealZon.
Ily a plus de calcul à f4irt
pour trouver l'annèe à ltquegeconviennent
les nombres drstrois4
Cycles que l'onptopofe.Parexem
pie) on demandequelle estl'année>
qui a 10. de Nombre d'Or
c
r. de Cycle Solaire, gr 8. d'ln..
diElion. Multiplie 4zoo. par10..
de Nombre-d'Or >mous aurez"
42000. Multiplit 4'45. par 1..
nombre du Cycle JolAire) vousi
au"e 4845. MHltiplit dUJP
6916. par S. de llndtélion> 'Vous '(
aurc^//32S. Aj,ûle ces trois x
produits 4Z000.4$4f.ffjzS. &*
diviseZ leur somme 101175. Par.,1
7;;80. qui ejllaPeriodeJulienne,
ç la
le nombre ressant est lannee de
la.^Periode Julienne
y
duquel
-nombre 6413.ofle% 764. qui font
.Usannées de la Per;QJ,¡ avant la
création du monde. reflera ffyp.
snomibre des années du monde. du me(me nombre 64'3.
Àfous ofk%471^. ui fontlesannéesdepuis
le commencement de
la Periodejxfques à la n^iJJj'.nce
JeJ.Ç.reisel'année 1700. qui
auraio. deNombre dOr,1. de
Cycle Solaire &8.dindiélion.
Voicy les maniérés particttlie.
res de trouver à chaque année
finNombre d'Or, de Cycle folâtre
,
ci'[ndiélion
1 &d'Epaffe
,
prenant pour exemple lannee
priftntt1'3. qui efi la f6+1.. de
la création du monde, en laquelle
nousavonspour nombre d'Or 3.
Epaéle 23. Cyclefolâtre zz. IndiElion
fymaine I. Lettre Dominicale
D.
Trouver à chaque année
proposée le nombre de l'Indidtion.
La premiere année de
llindiélion commence aui.de Septembre
de l'année3/3. en mémoire
de ce qu'en cette année-là Constantin
se fit Chrejlien>après
avoir fous le Labarum
» ou Etendard
de la Croix
,
combattu
& défaitMaxence
, mais les
Papes commencent l*Indi£liont
Cycle» Période ou Révolution
àeIJ ans du r.Janvierdel'année
3/3. Jjoute^toujours$. i
l'année proposée, cm divife% la
somme par ij. le nombre ressant
fera l*année de ïlndiBion. Ainsi
divisant 1696. par IJ. resse i. pour
l'Indiélion de l'annecpresente
1693.
Trouver le Nombre d'Or,
qui efile Cycle Lunaire, Période
, ou Révolution de r9. ans.
Ajoûte'{1. àCannée pyoposée
divise'{ la somme par 19. le
nombre ressant fr, a le Nombre
d'Ort & ainsi divisant 1694.
par ig. rejte 3. nombre d'Or dt
l'annéepresente 1693.
Trouver I'FPaâc de chaque
année proposée. Il faut
premièrement avoir trouvé le
Nombre d'Or dela mejmeannée,
puis éieve^ les trois prrmiers
doigts de la main gauche)sur lesquels
en commençant par le pouce
,
compteZ le Nombre ¿tOr, &
s'il finit furie pouce, le Nombre
d'Or fera l'Epaéle. gïue s'il
finit sur /'Index, Ajouste io.
au Nombre d'or, Cm vous aurt'
ÏEp*61e, s'ilfinitaudoigt
Médius, ajoute^ 20. au Nombre
d'or, e vous aurel'Epae
'dr lors que la femme paffe 30.le
nombre excedant feraceluy de
l'Epaéle. Ainft pour l'année
presente 16^3. le nombre d'Or 3.
eslans comptésur les doigts il finit
au doigt medius, c'est pcurquoy
ajoutant 20. aux 3. du nombre
d'Or, nousavons ij.d'Epaéte.
Trouver plus prccsfémcnc
l'âge de laLune. Ilfautcom*
mencerparle mois de Janvier a
compterfEpAéle puis ajoutera tEp"fle le quantième du moiss
& enfinajouttr le nombre que
j'appelle convenable a chaque
mots,sçavoirrien pour Janvier,
l. pour favrier , rien pourMais*
E iij
1. pour avril, 2. pour MAYJJpour
Juin, e. pour Jutllet, f.
pour Aousi y 7. pour le mois de
Septemb,r, 7. pour Oflobre &
enfin9. pour Novembre, &y.
pour le mois de Vtcrmbre. Voicy
le tout pour aider 1,4 mémoire.
Janus 0, Fcbru un, Martius O,
numeratodcinde,
Un, deux,trois,quatre,cinq, se.
.,' ptcm bis, atque novem bis.
jtitnfi pourfçavoiren l'annéepréfente
1693. l'âgede la Lune le 21.
Mars
)
ajoute^aux 23. de l'EpAéle
les 22. du mois/vous aurez 4f.
dont ayant otc 50. refle If- jours
de l'âge de la Lune ; donc la
Lune ejtflanc le n. de Mars.
tAujJile calcul Jflroncmique la
donne pleine le inesime, jour à une
heure 46, minutes du matin,&
comme cette pleine Lunetfl après
l'EcjWflaxe(fui arrive leip Mars
à y.heures41.minutes du foirf
cette pleine Lune eslansaprès
lEquinoxe> Cm le jour de Dimanche,
tsi Paschase
> & par
confequen. Pajqueeslans le 22.
Mars t
le jour des Cendres a eslé
le 4. de Fevrier.
Pour trouver le nombre du
Cycle-solaire, qui eflla Teriode
ou la Revolution de
2, 8. ans,aprés
le/quels les mêmes lettresDo-
E iiij
minicales recommencent leurKervolution.
font lesseps premièreslettres,
del'^lpbabeth> appo
ff,')" à chaquejour du Ca/endrilr,
commençant par la lettre A* visa-
vis dupremier deJanvier>&
commel*annce commune (si de
3Cf. jours lesquels tli'Vi[eZ par 7.
donnent si.frmaines
>
il refle
unjour ,qui est le commtnCfment
de la cinquanté-troijiéme
semaine> &parconsequent dans
l'année commune le dernier jour.
de l'an esi demejmifHûhf qoe son
premier jour, d'aud s'enfuit
que le premier jour de l'an efl un
autrejour de la semaine
) .&p.cr
onflqtlent la Lettre Dominicalc
rtesi pas la mesme que celie de
l'année precedente. CetuRévolution
s*asbefjcrêit dans les sept
Ans, mais a causedu jourBzjfxtil
» qtConintercale de quatre en
quatre ans ,
la Piriode desLettrès
Dominicales ne s'acheve que
dans vingt-huit ans 3
st) les,
annéesBifJextilesonl JtUX Lettres
Dominicales» dont la premitre
ne fèrt que iufquau 24.
Février>&lafécondéindique
le DtMdncbe pendant lè
rrfted l'année. Ce Cycle Je,
lettresDominicales rsi appelle
QycleSolaire du jour de Dimanche,
qui est le jour du Soleil TJe
mesme que les autres jours de la
semaine ont le nom d'une autre
dessept Planetes.
Pour trouver le nombre du
Cycle SoIaire,eij pAr ce nombre
la lettre Dominica le,ojle% un
de J'annéeproposée; di'Visè le
nombre ressant par quatre> er
sans avoir égard a ce qui resse>
ajoute le quotient au mesme
nombre divisé; & de la somme
four les années depuis if8Z. oste':(
10. pour le nombre du dix jours
yttranchl{ par le Calendrier
Çregorien ; & enfin di'Vist le
rtfltparfpt le nombre ressant
fera le quantième jour de la semaine
j a compter depuis le Dimanche.
Ainji9 pour avoir lalettre
Dominicale de l'annéepresente
lôp^.diDife^ 1692.par quatre;le
quotienteji413. qui eslans ajouté
a 1691, fait znf. dont ayant oté
dix
>
rtjle ziof. qui eslans divisê
par sept,rejle f. qui indiquent
que le cinquième jour, à compter
par le Dimanche, est le premier
jour de l'an. Or ce cinquième
jour t'si un JuJy. Si le premier
jour de l'anqui a toujours
la lettre A eji un Jeudy
>
donc 13
marquera le Vendredj, C le SA
mtdy) f0 par consequent D. est
la lettre Dominicale pour tannée
presente 1695, Cette connoijjance
des lettres Dominicalesfert bien
souvent à convaincre de ftuffité
pluseursÀftvs. Lafuitedes ltttrès
Dominicales fera interrompue
en l'année 1700, parce que
nejîantpasBiffextîle>elie n'aura
que la lettre Cpour Dominicale.
Pour trouver quelle lettre du
Calendrier est au premier jour
de chaque mois)prene les lettres
initiales des doukemotsfui-
1tans, le premier mot pour le mois
de Janvier, & dinfi defuite.
Au. Dos. D'un. Gros. Boeuf:
Est.Gros. Cuir. Fort. Au.
Droit. Fil. Ou bien les lettres
initiales de ces deux Vers Latins»
Alta Domat Dominus Gra
tis Beat Equa Gerentes.
Conttrnnitfactos) Augebit
Dona Fideli.
1 s4(njî(çdcbant la lettre dupremier
jour dumois
, cm fçgura quel
jour il est de la ftmæineJ par le
moytnJe la lettre Dominicale,
C'tftpourquoy dans l'ann-ée pr-efente
itipj. la lettre D du mot
DosJqui appartient au premier
jour du mois d. Fe-irifr,eftint
aulJilAlettre Dominicale>le premier
jur de FturiereflunDimanchey
parconjequent le 4
tflle Mercredy des Crndres.
Pour trouver le Dimanche
Paschal. Il faut observer) que
par lepremier Concile General,
tenu à Nicée en 315. auquel, en
prejence de l'Empereur CQnftantin,
Oziui) Evejque de Cordoué
presida au nom du Pape Silvejlre,
les tAjiAtiquts voulaient
que la Pasque se sijs le 14. de la
Lune9 quelque tour quil sufl de
la flmaine, & il fut ordonné,
qu'on ne la celebreroit que le
Dimanche d'après la pleine LuneJ
qui arriveroitaprès l'Euinoxe)
lequelfutréglé au 21. de Jïïiars,
UEvefaue d'Alexandrie, vu
r't.Astronomie florijjoit,fut* comme
nous avons déiadit> charge
i*envoyer tous les ans à Rome
,
tvant l'Epiphanie»lecalcul des
Eluinoxes,&delapleine Lunt;
:e qUI le Diacre publioit a U
Fesle des Rois.
Trouve^ premièrement la letrre
Dominicale de l'année proposée9
puis trou'Ve"{ le quanticme
de la Lune& le 2.1. de Mars,
car si elle a du moins quatorze
jours, le Dimanche suivant fera
le jour de Pasque. Que si avant
le n. de Mars le quatorzième de
la Lune n'etf pas arrivé
,
il ne
faudra celebrer la Pa/que que le
Dimanche d'aprés le qUAtorziéma
de la Lune suivante. C'efl pour-
,quoyen l'année 1666.laPajquft
ne fut celebrée que lezy. du mois,
d*AvriU qui eflle plus tard qu'e lita
suisseejlre> lors que lanouvelle.
Lune arrive le 7. ,JsAvrzl;&am
contraire, en l'année courante om
l'a celebrée le 2.2.. de Mars., quii
estle plutofl quelle puffi arriver
, lors que 14 nouvelle Lunei
arrive le s. de Mrs >
si on ob..
serve le Decret du Concile.
Systême du Calendrier perpetuel
& invariable
Vembarrasdes'variations qui
Je trouvent dans leCtAlendrierl\!!-
mail)pÃr les changementdesjours
de laJemaine> rù des Festes mobiles
de l*annéeEcclejiafiiquey
qui varientmejme de trente. cinq
jouri, ejloté parce nouveau (Vlendrier>
dans lequel les années
commencent toujourspar leJeudy
"premierJanvier &l la rparqueeflfixée
au Dimanche
J
qui fera:
toujours le cinquième jour liumois
d*Avril : ce qui n'apportera aIl."
cunealtération a l'annéeCiviley
& rendra les Offices du Service
Divin plus faciles& reguliers.;
rfiant exempts des Rubriques
dans tous les siecles à venir> ü
les Fesses folemnelles feront celebréesauxjours
que les Myfleru
de nojfreReligion ont estéoperece
que je crois avantageux
pour la prédication de l'Evangile.
C'est pour cela qu'en tannée
-1653. j'avoisinventé ce Calendrier
invariable> dans le dessein
de paffir aux Indu Orientales
avec tApostreduTcnquin
>
le
R. P.Alexandre de Rhodesyde la
Compagnie defefts. Or d'autant
que la PaÇqueejl la principale
denos folçmnittfygr quelle régle
le .trmps"desAutrl.(Fffi.es mobilJ,
ilefi necessaire de fçavoW
que Jesus-Çhrijl naquit la quarante-
cinquième,annéeJulienney
le Samedjt-tf. Décembre, fil
le lendemain'U Jjune.ïclipsa;
quilfutcirconcislepremier ianlier
de laquaranterjîxie'me année
Julienne B\quiefile commen- ., cement, -ou fremiere année de
l'Ære commune.
il, faut encore établir dans
Itielle. année
,
quelmois
, £<r
quels jours J. C. tsi mort &
ressuscitE. Pour parvenir à cela,
en doit faire convenir quatre
c*ratteres,OHmarques effentitU
les. Lesdeux frémérésfont dafii
l'Evangilede*Sahtf Luc. t J.C>foujfriten lafiximeFcriÀ
qui eflleVendreJty j que lestemiresfurehifaite}
surtvute ht
terre >
'&'"qu'# rrJJàfrita le troù
firme jour -r >
qui r-Jf la premiere
Ferie, ou jourdu Svltil, quieflôit
chez Ic'sjFJcbteiixleprcmttrjbui
de la semat'rte.LatrïïifcmtWar+
que est tirée deTHïJhiredt
Pblegon
,
djfùnchydtl'Ekipereurjdritn.
Hfajrt'rnetitroridb
ces tcnebres 'exttaofdinaïres dont
a parléSaint Luc; ce qu'onvoit
encore. par l'Ektrait.qâeJean
PhiUjhmMenfitfnrtOrignm*
CC''r~fi pourc^uoy Tertuïfien iinnAApdfoicàco,
renvoya ksPdyènt
Romains à leurs Archives. Le
quatrième caraéîert pjtttrêde là
Propbette dt -Daniel '-,Qu'lè
Chtift foufffircit au miliçti
de la 70rac Semaine. •Of tous ces caraEieret contour
rent m 3 LAlJriJ,sixieme Fcrie^
oujourde Vendredy en la trentetrotfirme
année de I. C. ij. de taLunapris l'Equinoxe du
"Printemps; 0* cetteEctipfeyoti
ces tenebres mlraculeufes
>
font
rapportéespar Phlegonaumefmc
¡our'ile'tf: quatrième arrnie dt, la
20z Olympiade,quieftla3yde
J. c. la 78e année luliennt,
la19e de Tibere3 le Soleil eslans
au premier degré trente minutes
@r vingt-quatre fécondes d'A..
riesy {0 lavrritable pleine Lune
enjerusalem
>
dont la latitude (si
ttrreennttee,-.ddeeuuxxddeegre% dix minutes,
eslans au premier degré dix-neuf
minutes f4. fécondés de la Balance.
C'eflpourquoy ces tenebres
miraculeusesquifurentfat.
tessur toute lasurface de la terre,
ne furentpascausées par l'E'c/ipfe
ordinaire du Soleily eslans à
remarquer que dans le Vieuxt ny
4ans le Nouveau Teftaent) il
riejlfait mention daucune Ecli-
Pît ; mais ce$épaijfeess IIccnneebbrrau
lui durèrent depuis midy,ou six
heures de l'Horloge Judaïque,
jusques à neufoutrois heures du
foir sur toute la surface de 1,%
terre,s'expliquent facilement;
parce que la Lune estant plein*»
l'Hemtfphereinférieur crjfA d'en
sflreéclairé,dés lemoment quelle
cessa de recevoir la lumiere du
Soleilqu'il axoit luy-mesme perdue
; & personne nignore les
beaux termei dont Saint Denis
VAfeopagite se ferait> écrivant
à Saint P$lycarpet au sujet de
.'tHl Eclipsè miraculfule
QuantalaPropbetie des jol
Semainesde Dantel>quifont490.
annéescommunes> & qui commencèrent
quatre cens cinquantequatre
ans avant la (irconcijion
4e 1.C.cm finirenten la36e année
de l'Ære commune3J. C. est
par Consequent mort en sa33e année
qui essais la 487e année de la
PrÓphetit, cefla dire en la quatrième
annre après la foixanteneuviémeSemaine>
& au milieu
de la 70e Semaine.
Cela posé pourfondement incontefiabletje
fixe le jour de Paque
au cinquièmed'Avril, qui :
fera toujours un jour de Dimar:---..
che..
che. Ainsi le Vendredy Saint se
trouvera pareillement le 3. dA-
*vrihfemblablejourde l'anfolaiie->
auquel J. C. fut crucifié: après
liuoy il efifacile de fixer perpétuellement
à mêmejour les sesits
qui en dépendent, comme aujJi le
jour cks Cendres,quifera de même
perpétuellement le Mercredy 19.
de Fevrier ; & les trois premiers
mois de l'annéeeslans chacun de
trente jours, comme ly deji
dit) le premier jour de l'année
fera unIeudy, éJ parconfeyuent
le premier de Févrierferatoujours
un oamedy,comme aufille premier
jwr de Mars fera toujours
un Lundyt (Si lepremieraAvril
un Mercredy, si) le jour de Noël
2.5. Décembre fera toujours un
VendrtJy.
Par ce Calendrier perpetuel&
invariable
} on tendra tAnnét
Civile,&l'année Scclejtafttque
tres-commoies» dr on evitera
mille embarras,{0 les disputes
qui de tempsen tempsfontjttrve*
nues À l'Eglise pour le iour de la
célébration de la Parque, comme
il paroistparÏHiftoire.
LtApore S. jean l'Evangelistefoujfrit
aux Eglisesdftjiaticpies
de celebrer la Pafcjue le i de la Lune après l'Ecjuinôxe-,
sur (juoy les Quartadccimani
sefondoient
en l'annéejzy. dans
le premierConcile de Nicée. Les
Orientaux en l*année 417. Id.
celebrerentle it. Avril* & les
Occidentaux le 2.5.Mars. Semblable
difficultéarriva en fan- née e le Pape S. Léon en
Vannée 4// eut débat contre les
Orientaux
3
Juurr llee jour de la ceélébration
de Pa~riqquuec.. EEnn ll''aannnnéé'eir
S#r.ily eut aussi debat,cm issut
réglé par un Concile d'Orléans.
On s'ytrompa à Conflantinople
en td.nnér'j'-TÓ. Les François r&
les Fr-inpagnolsn'en furent pu
d'accorden l*année$77*
Gregoire de Tours asseurequ*en
l'année fgo. & la IJ. de Chilperic,
on ne convint pas en Frarh
ce du jour de Pasque : car les uns
la celebrerent le t6. Mars ij. de
la Lunes &les autres le 2. Avril.
Il rapporte aussi qu'en l'année
f94. il y eutsur 1.4 Feftr: de Pâque
grand débatentre les Franfois
& les Espagnols. Ceux cy
firent Parque le21. Mars & les
François le 18. Avril. Enfin
on sy est trompé ordinairement
jusques en l'année 158t. ce qui
Je démontré par la refiorme du
Calendrier faite en la rnefme
Année ,
puis que les Equinoxes
éwoient anticipe de dix jours,
Nofire nouveau Calendrier
ne fera point fújtt à ces diffculte.
L'annéeEccleîfajliquefera
exempte de tant de Rubriques
embarayanteSi & l'Office Divin
se fera uniformément par toute
la Terre. Ily a lieu d'esperer
que lerliauivrifera ce Calendrier,
afin de fixer pour toujours au
Dimanche5.^Avril la solemnitédeParque
qui avoit cause tant
de débats f0 de dissentions entre
l'EgliseOrientale &Occidentalr,
que pour les terminerilfallut en
l'année3convoquerlepremier
Concile général
}
compoféde trois
cens dix.huit Evesques)pour interposer
leurautorité, &rfire un
règlement de dilcipline,gr qui
paroiss par les termes faivans,
tirez de l'Hifloire de ce Concile.
Casccrum, ôcc.rendusainisen
François. Au reste, pour ne
laiflcr quelque occalion de
diflcntionjilest ordonné que
la solemnité de Parque, de
laquelle peu auparavant les
Eglircsdilputoient, feracelebrec3non
suivant le Rit Judaïque,
mais suivant l'Apoitalique.
C'eftcequej'obférue
dans mon Calendrier invariable,
fixant la Paque au Dimanchef!
JlvrilJ qui fera toujours après
l'Equine"e du Prinumpsj@J je
n'ay point égard au 14. jour de
cette pleine Lune de Nisan
, que
les Juifs font leur pafqut. Je
riobferve donc rien du &it judaïque
»mais suivant la traJition
apostolique des Peres, ie fixe
Parque au Dimanche> en quoy
iesatisfais à tous les points du
Concile. le remarquequ'avant
ce Concile il n'y auoit point de
tourfixe pour la PAflqJUuet ; aauuttrree--
ment il. n'y auroitpoint eu de
dissention entre les Eglises d'Orient
st) celles d Occidtnt,& on
ne doitpoint régler laPâquepar le
14. de cette pleine Lune, qui n'efl
qu'une ceremonie des juifs que J. C. a abolie, puis que Christ
nostre Pafquc cft l'Agneau
qui a esté immolé depuis le
commencement du monde,
comme il est dit dans l'Apocalypse.
Enfin cepoint du Concile
de TSJjcêè parlant de la pleine
Lune d'aprés i'Equinoxe, efl une
pinclton 0 ordonnance Politique
& de discipline que le Pape
peut abroger
»
puis qu'on est hors
des occajions de diffintion
)
qui
avoient porté ce Concileafaire
cette prudente Ordonnance de
difcielintEcclefiaflique. Ellepeut
flre ituJfichanbfe en ce temps
our la facilite& lesavantages
tye j'aycy- devant remarque
?ejlainsî que les Apoflresmenes
ont changé leur Ordonnance
le discipline >permettant de mànder
du fang
)
qu'ils avoient dtndu
auparavant ; cr l'Ordontance
quifutfaite à tous de boire
g la toupé duSeigneur pour re.
ronnoijireles Hérétiques Manieens
> a esiéabrogée
, &même
l'usage en dest; interdit aux
Laïques
»
le Concile de Trente
ayant déclaré que le Pape pouvoit
en ordonner l'usage>fuïvant
quille trouveroit à propos. Les
termes du Decret de ce Concile ;
qui est à la fin du Chapitre n,
Session22. sonttrop beaux pour
riejlte pas icy rapporte Nunc
corum , pro quibus petitur
fahuticonsultum volens decrevit,
integrum ad sanctissi-,
mum Dominum nostrum Papam
esse referendum
, prout
præsenti decreto refert, qui
pro sua singulari prudentiâ,
idefficiat,quodutile Reipublicæ
Christianae
)
& salutare
petentibus usum calicis fore
judicaverit.
Le Ciel ayant heuretifement
uny pour le bien de la Cbrtflienté>
e cueur du Tape
>
Pere commun
le tous les Fidtlles, au coeur de
Voflre Majeflc
>
Fils aîné de
r'EllijeJ vous trez) SIRE
f'H(rcule Chrrflirn. Le "Bras
du Tout-Puissantfera vostrefer..
meappuy, (èf combattra toujours
avec vous pour la deJfinfê de fort
Eglise & ïinterefl de ses Oints.
C'tfl pourquoi
Crédite me vobis Folium
rccitarc Sybillæ.
Jefuis avec très-profond refpa"
SIRE,
DevoffreAfajtflêy
Ties-humble,tres-obeïssant &tresfiddle
Serviteur & Sujet,
L'AVEUGLE C O MIER S, Prestre
dans l'Hôpital Royal des Quinze^Vingts,
Je vous envoyé un Article
qui vous fera connoistre combien
l'Espagne a besoin d'argent
pour la guerre presente
, & quelle achevera bientost
de ruiner les PaysBas. Apres
avoir tiré sur eux lessubsides
ordinaires & s'estre souvent
fait donner extraordinairement
de grandes sommes
pour la guerre , on surcharge
encore les Etats de Brabant
d'une taxe par teste,d'autant
plus onereuse,que la Femme
paye aussi bien que le Mary
& que quoy que les sommes
paroissent modiques separément,
elles font néanmoins
tres-grandes pourunseul menage,
puis que le Cheval, le
Boeuf
,
l'A ne, le Mouton,
l'Agneau
,
le Cochon,& le
Cochon de lait, tout paye
jusqu'aux moindres animaux,
de sorte qu'il se trouvera
qu'un homme payera dix fois
autant pour les Animaux
qu'il nourrit, que pour sa personne.
ORDONNANCE
ET INSTRUCTION.
De la part des Sicurs d'Etat:
des Pays & Duchez de Bta—
bant, pour lever la Taxe:
par [cftcJ comme aussisur
( les Chevaux,Bestiaux
, ôc:
toutes personnes de quelle:
qualité&condition qu'elles
foicnt
,
les Hospitaux,
Villes, & Plat Pays.
Les Abbez, Abbesseschacun
par teste. 100. livres.
Tous les Nobles qui composentl'Etat)
chacun. 100.Itv.
Les Particul iers des Bourgs,
Villagesou Seigneuries, ayant
intrée dans lesdits Etats,
:hacun. 75.liv.
Les Prevosts & Doyens des
chapitres ., Colleges
,
les
Prieurs & Prieuresdes Chamoines
Reguliers
-,
chacun.
25liv-
Commandeurs & Protonoraires,
chacun.18.liv.
Les Parsonats, Tresoriers
Chantres, Regens & Vicaires,
chacun. 18.liv.
Les Receveurs Secrétaires
des Monasteres, Chapitres,
OEconomes,Facteurs
- ou
Agents. 6.liv
Les Dames deNivelle. 100.l
Le Prevost.25 liv:
Les Chanoines & Chanoi
nesses de Nivelle,chacun. 18.1;
Les Curez,chacun. 6.1iv<
Les Chanoines des Chapitres
des petitesVilles & Plat-
Pays,chacun. S.iiv
Les Vicaires & Chapelains;
chacun.
-
3 liy,1
Les Chapelains particuliers
chacun. 1.liv.10fois
Les Monasteres ,chacun. u
liv.6. fois
Les Religieux,Religieuses,
chacun.z. liv,12..Italiw
Tous les Religieux, tant
Hommes que Femmes, qui
possedent du bien d'heritage.
1. liv.
Les Beguines & Filles devoes,
chacune 1.liv. 6.fois.
Les OfficiersGénéraux.9.1.
Les Bourguemestres
,
cha- :un*p.liv.
Les Echevins, Jurez, Conseillers
,
Tresoriers dans les
petites Villes & Bourgs, cha
un. 4.liv.
Les Pensionnaires
,
Secrétaires
& Greffiers des petites
Villes& Bourgs,chacun. 5.1.
Lescault, Drossarts & Bailsiss
dans le Plat Pays, chacun.
1. liv.12. fois 6. den-
Les Secrectaires&Greffiers
chacun. 3.liv.
Tous lesBourgeois& Habitans
des petites Villes, tanhommes
que femmes quii
exercent quelque Profession,
Métier ou Negoce,chacun2.L
Chaque Noble, Rentier oui
Marchand dans les petites:
Villes ou Plat-Pays. 3.liv.
Tous ceux qui portent I'c—
pée Nobles & non Nobles»
chacun. 3. liv..
Chaque Dame ou Demoiselle
qui sedit Noble. -t.I.-
Chaque Avocat & Medecin.
3. liv.
Chaque Chirurgien&Barbier.
6.f.
Chaque Procureur & Notaire.
2.l.12. s
Chaque Huissier.1-l.16. f.
Chaque Brasseur dans les petitesVilles.
8. l.
Chaque Fermier, Laboureur.
1.1.16.f.
Chaque Brasseur dans le
*Plat-Pais. e..I.
Chaque Cabaretier dans les
petites Villes& Plat Pays. 3.l.
Tous ceux qui font quelque
Trafic dans le PlatPays
sans labourer, chacun 1. l.io.f.
Tous gens de Métier Cosfars
& Serviteurs, tant Hommes
que Femmes,& les Enfans
servant leurs Peres, âgezde
ij. ans. 1. 1.
Toutes les Femmesmariées
payeront la moitié de ce à
quoy leurs Maris auront esté
taxez.
Pour tout Enfant, tant Garçon
que Fille, âgcz de 14. ans
ou plus, qui n'ont pointesté
taxez cy-devant,ferapay
Tous les Enfans au dessus &
au dessous de 14. ans, qui bcritent
de quelqu'un, payeront
ce qu'auroit payé celuy donc
ilsheritent.
Sur les Chevaux {0 Bestiaux.
Pour chaque Cheval
,
âgé
de trois ans, à quelque usage
qu'ilsoit, fera payé - 1.l.6. s
Pour chaque Poulain,de- puisrè d'unan in-tqu'aN trois
sera payé .; 13. s.
Pourchaque Veau. 6.s.
Pour chaque Mouton Masle
ou Femelle. 1. s.6.d.
Pour chaque Agneau
,
Capret&
Cochondelait.3 liards.
Pour chaque besteàcorne,
soitBoeuf, Taureau ouVache.
16. f.
., Pour chaque Cochon. 3. s.
Chaque Beste à corne, au des-1
fous d'un an,sera estimée pour
un Veau,& depuis un an
jusqu'à trois, il fera payé 8 s
Le Titre de l'Ouvrage qui
fuit vous fera connoistre, qu'il
estde faison. Mr de Vin qui
en estl'Auteur,auroit travaillé
fort utilement, si la profane
& scandaleuse habitude
qu'on a de caufcr dans nos
Eglises, sans aucun respect
pour les saints Mysteres, pouvoir
estre réprimée par la
crainte de trouver derriere
soy quelque Uranie qui fïst le
conte des choses ridicules
dont on s'y entretient la plûpart
du temps.
LE SERMON.
n'Accommoderautemps ejîun trait
politique.
Fendantle cours du Carnaval,
Chacunsansscrupule f"applique
Aux douceurs des Jeuxdrdu Balt
Et dans cette faison qui leur ejl confierée
"tous lescoeurs ouverts auxflatfrs
s'étonnent du Carêmey & sen font
.i,une tdée, mise en les goûtant, leur
coûte dessoupirs.
Vn Jombre & noir chagrin, une douleur
profonde
Saijitason ajpea les Amateurs dtl
Mondei
Ils tremblent à le voir de prés.
Lafrayeurqu'ils en ontleur prtflhe
par avance
La retraite, la penitence
, Et tout ce qtti combat leurs coupables
txces.
Plus il approche
,
plus leur trouble
Les agite en Jectet,plus leur crainte
redouble,
Plus se chaffi.p/'Ûfirf leur devient
odieux,
Etplus leurs alarmesterribles
Seivent, quoy qu-entraifiuZ'l)(r.r
eux,
A les y rendremoinsfcnfibles.
Cependantdésquilejlvenu,
La coutume & la bicn-fcance,
veul ent
Veulent quonfauve l'appirence
Et que dans tEglft on (ait vil.
)nsemprJfe a s'yrendre, on s'y parc
d'un zele
Qui du vray, quoy que faux, prend
les airs &le riom;
*/, lacloche tintante, iln'efpasIUIC
Belle ui du lit ne coure ah" Sermon.
Ce rieftpas que l'en ait envie
yabandonnerfî-tofîles pUifirs de la
Vie;
l en coûteroit trop par un tel aba¡¡..
don,
Mais y manquer,qu'en direit-on ?
On ne veutpointdutoutfaireparler
deJoy.
Vnjour,suivant cette methode,
Iris,sansnul égardpour le Prédicateur,
Quelleinterrompt, qI/elle incommode
,
Et moins encor pour l'AliditcHr,
Dont si pâvejfe fatigante
Irrite à contre-temps ihumeur impatitnte;
Unjoury dis-je,après/'Avedit,
Irisarrive, & s'applaudit
Des regards qu'on jettesur elle,
Et qui, quoy ql/i,riteZ' luy disent
quelle eji belle.
J>)uelplaisirpoursa vanité!
A 14iJur sa chaïse ayant pris si
posture,
'(.t silence revient après quelque mur-
7nuret
Et l'oriteiur efl écouté.
Dans un endroitfortpathétique.
Où sa pieuse gravité
S'étendoit d'un flyle emphatique
Sur le peu de solidite
Des biens que nous offre le monde,
Etsur limmevfequantité
Des maux çuifiïis dont il "zbondtj
Helas! ma dJ:re til ej1 bien vrayy
Dit tout bas Iris à Climenet
'Jimpofleurn'apournous quetraverses
, que çdrie Et je viensdd'e' n faire i' /,T' l'e
Quelquebonheur quïl nous promette,
Malheur à qui s'yfie ! helas !
r'avois peu de raifor. d'en cftr?satisfaite>
norois ses faux apltlt.
Mais graces à Dieu,détrompée,
Cen eflfait, & dés aujourd'hay
Je romps pour toujours avec luy,
Etjenen Jeray plus dupée.
Le traijire ! le perfide? Aurois jecrû
jamais« Devoir Jlntir ainsilapointe deses
traits?
OCiel! queltonde Jeremie
Prens-tu là
3
répond son Amie ? it'afflige r qnas-tu ?pourroi.t,en
le ffavoir?
Tirets (croit-ilnfille?
1. Non, m. fms ce
m,nia /¡ ardeur tnafutvoir
ej'avoiJ" tout sujet de la ccrrooiirret
éternelle.
C pellt-ejlrt un mo'if pluschref*
tien
Te donnc-t-il du tmnde un degoufl
Çatutaire
, Et t'en a-t-il fait voir le néant, imifcreï
Tantmieux
,
-'1;/-;:.(" hot. ,.?/ n'en tft
Turi, Je r}j" trompt ,£;'j/djeunesse
On mJrtefpfii.qquuet- t<':'/ d'unetdisji-
Tu gemis cependant, toynie avec an
bien
,
Ettout ce que l'efpritdr le corps ont
de charmes.
.Zuo, le vieux Lycidas toftetoit il
le fien?
I.Non,jefuis là-deusfanrtrouble,
fins Alarmess
MonOncle, je lesçais, maime trop,
il ejl bon,
Etfay lieu de comptersursasucees
fion.
C. De quoy pourrois-tu donc te
plaindre ?
Te trouverois-tu mal,drquemefais-
III craindre ?
Parle
, oz ivz Lùsse tnfn entendre le
S-riro*.
I. IIcias!r.i chcre
,
helas! ma PdN. i'ycchienne (si morte,
Je,,,,; I/¡:S' Í;;','¿1jj IÕjable
,
dl' ce J'en sa'sincor.folable Pr¿di-
ô Prédicateur
A r.z¿/¿';,' Cuy ce Monde efi un
fourbe,untrompeur.
i e PcrareBichonnedelafirte!
J^clledouleur?queld;fifipoir !
A ccs mots un ficupir luy tranche la
parole,
:Elle vtrfe des pleurs, elleprendson
i mouchoir;
Et d'une pertesifrivole
Climene enfourtant de Ion mieux la
confoie.
Ce Dialogue efioit trop plaiflnt1 trop
bouffon,
Pour ne pas l'écouter, & la fige
Vranie,
Derrière Iris &son Amie,
Ne put, quoy quellefft,s'appliquer
au Sermon.
Le refpeff que l'on doit à la fainte
Eloquence
Retintseul leséclats que cetterxtra,
vagar/ce
Meritoitd'attirersurfoy,
eEtjavoueray de bonnefoy saurois àsa place oublié ma prudence.
Autantquelle fil Itrs ilfautsepos- seder,
Et tout autre sur si) n'eust pas été
tant de force:
Mais d'en rire tout haut refifiant Ii
l'amorce,
Bileferra les dents, &bien loin d)
ceder,
Ne le fit qu'ente cuir d* chair.
Mr Comiers est univr":!
tel Vous avez vû au commencement
de cette Lettre
un sçavant Traité de sa façon
sur un Calendrier fixe Se
perpetuel. Envoicy unautre
pour réponse à ce que le Pere
le Brun, Jesuite
, & le Pere de
Mallebranche
»
de l'Oratoire,
ont écrit sur la Baguette.
Qaoy qu'il foit Aveugle, il
voit tout. & rien n'échape
à la penetration de son esprit.
LA BAGUETTE
JUSTIFIEE,
ET
Ses e ffets démontrez naturels.
iAMeJJire Jules-Louis 1Jolt i
Marquis de Chamlay,Conftil-
1er du Royen ses Confeiht
Maréchal General des Camps
$0 Armées de Sa Afajefié.
E fuis persuadé, Monsieur,
qu'on n'a pas besoin de
Devins,ny deleur Baguette,
pour apprendre les obligations
que je vous ay ,
& que
je publie partout; mais je
croy que la Baguette quifait!
tant de bruic, auroic grand
besoin de vostre approbation..
Si ce bon heur luy arrive, per-.
sonne n'en ofcra condamner1
l'usage
, car toute l'Europeest
convaincue que parvostre pe.,
netration d'esprit, vous découvrez
si parfaitement le vrai
& le faux, que vous n'estes
jamais trompé par les fpecieufesapparences
de l'un ny
de l'autre.
Les Sçavans disoient hardinent
que la Divination par
a Baguette avoir des causes
Physiques
, pour produire
ans aucun mélange de Pacte
explicile ou implicite, tant de
faits furprenans ; mais lePere
le Brun ayant écrit de Grenoble,,
& demandé au Peie de
Malebranche son sentiment
sur les plus grandes difficultez
des effets qu'elle produit,
il n'en a receu d'autre réponse,
sinon qu'ils estoient diaboliques;
& comme j'apprehende
que l'on ne traite de
mesme l'Homme art'fiâtl Anemofèope,
Propbete Physique du
changement du temps, que j'ajj
donne dans le Mercure du
mois de Mars de l'année
1683. & dans la26. page de
jéêlx Eruditorum
, imprime
à Leiphe en l'année 11684 y veux répondre physïques
ment aux demandes du Pere:
Is Brun,afin de détrom per
ceux qui se laissantentraîner
par le poids du sentiment de
ce Philosophe, d'un sçavoir
& d'un merite distingué
,
feroient
de sinistres jugetnens
contre un grand nombre de
gens
*
de Robe&d'Epéc, tous
d'une probité connue, qui
nt le même talent que Jac.
ues Aymar Vernay, de Saint
rcran, prés de S. Marcellin
n Dauphinc. Mr l'Evesque
c Morienne, & MrGalc.c,
elebre Astronome,&grand
pcnitcncier do Carpentras,
ont le mesme talent que Jac-j
ques Aixiiar»aussî bien que
Eccleflaflique deLyon, que
d" Panthot, Doyen des Melecins
,
dans sa Lettre écrite
à Mr Daquin, premier Mede-
:in du Roy» assure trouver
l'endroit où font les corps
des Noyez.
Dans les choses obscures
& embarassées de difficultés j
je suspens mon
jugement»!
pour donner lieu à l'Accusé
de défendre sacause, ou pour
attendre que quelqu'un par le
pour luy. Cette maxime cft
de Droit naturel; c'est pourquoy
Seneque le Tragique
disoit
, Parte alterâ inauditâ
justum licet ftatuaty haud oequum
judicat. Pourquoy donc accuser
d'abord de diablerie ce
pauvre Aimar &sa Baguette?
C'est agitcontre les maximes
du Droit, car pour prononcer
sur de telles matières de
Pacte avec les Demons, Armenta
àttbent tjJe sole meri-
AYIO clariora
, outre que Odia
ent restringenda, favores amiandi.
Ce fut surce,principe àdesDamcs, plus sçavantes
fcrupulcs, que dans la conoiffancc
de la bclltPhyfiquc,
: fus obligé, pour satisfaire
leurs demandes, de leur
endre les effets de la Baguette
ors de foupçonde diablerie;
&cela fut cause que je m'exdiquay
comme il s'enfuie.
Dieu donc les secrets font
mpenctrables,a permis auxAnés
des deux personnes assasnés
dans leur cave à Lyon, ,
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol,
afinqu'ils ne mâchent
point leur suaire ou drap dans
lequel ils fontenfcvelis, &
pour empêcher que par quelque
sympathie
,
disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens,
dont les corps enterrez
ont esté trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit
autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouver les Sources,cela
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principcs font dans mes Letres
,
inférées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire.
Je n'ay rien a ajouter
:onccrnant les véritables & les
aux Prophètes, les Devins,
k les Pytons
,
m'en estanc
iflfezexpliqué dans mon Traité
des propheries. inseré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Décembre de
l'année1689.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par laBaguette.Je
dis que la Baguette n'cft point.
Justice les Impies &les Scélérats
de profession;ainsi l'homme
d'iniquité a eu ses Protecteurs.
J'espere guérir par démonstrations
Phyfiqucs ces Scrupuleux
,
dans la fuite de ma
Medecine Universelle
,
dont
on aveu les commencemens
dans les Mercures des
mois de Juin,Juillet,Aoust,
& Novembre 1687. où je démontreray
fcnfiblement tout
ce que Levinius Lcmnius ra pporte
De occultisNaturtoe miraculis
t tout ce que le gran d
Medecin Fernel a dit, De abdiris
rerum causis,tout ce que
Fromondus avance dans son
Livre De fascinatione
» routes
les vertus Médicinales & proprietezcurieuses
qu'Anselme
Boëce de Boot, Medecin de
l'Empereur Rodolphe 11. attribuë
aux pierres precieuses,
& enfin tout ce que l'on peut
croire,De transplantationemorborum,
dont le Sçavanc Tenczelius
& le docte & curieux
Mr Bartholin ont écrit.
J'examineray en dernier
lieuce qui obligeà present les
Polonoisàcouper lacetteaux
corps moresde leurs parens
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol,
afin qu'ils ne mâchent
point leursuaire ou drap dans
lequel ils font ensevelis, &
pour empêcher que par quelque
sympathie ,disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens,
dont les corps enterrez
ont cité trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit
autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouverles Sources,cel a
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principes font dans mes Letres
,
insérées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire.
Je n'ay rien aajouter
oncernant lesvéritables & les
aux Prophetcs) les Devins,
& les Pytons
,
m'en estant
assezexpliqué dans mon Trai-.
té des Prophéties, inséré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Decembre: de
l'année1685?.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par la Baguette. Je
dis que laBaguette n'est point
absolument necessaire
,
rnaiJ
qu'elle sert, comme la longueur
d'une aiguille d'Horloge
,
à rend re plus sensible le
mouvement de l'impression,
qui est d'autant plus grande,
qu'on serre plus fortement
les deux cornes de la Baguette
» demême qu'en pressant
fortement avec le pouce & le
doigt Index, le filet qui suspend
une bague au milieu
d'unverreà boire,lacilculation
du fang s'y fait ressentir
davarage, il ébranle peu à peu
le filet,&enfin la bague par
ses vibrations, va heurter les
ord s interieurs du verre,&
ors qu'on a compte l'heure
lue l'on croit qu'il soit, l'imagination
fufpcnd ce prompt
nouvement du sang, & on
:c fle de presser le filet ; c'est
pourquoy les vibrations finissent,
& la bague ne frappe
plus contre le verre.
Je disencore,que laBaguette
peut servir à la conduite
des corpuscules,jusque dans
la main, de même qu'un balay
trempé dans l'eau, mis
en la cheminée le manche
en bas, sert à attirer la fumée
en haut, ce qui a donne lieu
aux ignorans de dire que les
Sorciers ayant unBalay entre
jambes, montoient par la
cheminée pour aller au Sabat.
De plus, je dis que
l'homme armé des deux cornes
de la Baguette, doitestre
confideré comme un Ayman
armé
,
dont la force est tresnotablementaugmentée
Enfin
je remarque avec le P. de
Chales Jesuite, danssonMun-
Jus Mathematicus, que les Baguettes
prises sur les differens
arbres qui croissent sur différentcs
eipeces de Mines, sont
plus propres pour trouver la
même
même espece de mécal, & de
les Mines, parce que les pores
de ces bois font plus conformes
à recevoir les corpuscules
de même métal
, autour duquel
il se fait un tout billon
semblableàceluy de la pierre
d'Ayman. Ce Pere , qui est
d'un sçavoir
)
d'une probité,
& d'une vertu consommée,
ne traite pas de diablerie lufage
des Baguettes, pour trouver
les Mines & les Sources
d'eau, ce qui fait que je ne
crains pas de dire, que l'effet
de la Baguette n'est pas plus
criminel que celuy de la Baguette
de Moïse,qui trouva
de l'eau dans le Rocher.
Enfin il est constant, que
dans tous les siecles on a parlé
de la Baguette de Coudre.
Virgile dans leII. Livre des
Georgiques dit Pinguaque cum
rutrubus torremus exta colurnis,
Agricola dans son Livre de
Re Metallica, n'a pas oublié
de parler de l'usage de la Baguette
de Coudre,& de renvoyer
les Sçavans curieux au
Livre que le DocteAnglois
Flud a intitulé Philosophia
Mosaica ; ils seront satisfaits
u sujet de cette Dcvination
par la Baguette de Coudre.
Tess: un bois dont la contexure
des fibresadurapport à
me corde. C'est pourquoy si
Ivec cette Baguette on emwoehe
quelque petit oiseau
3
:crte broche tournera d'ellenemc)
a présquelleaura esté
res bien échaufée
, car l'humidité
du corps de l'oiseau
s'insinuant le long des fibres
de la broche, les détordra. &
elle tournera d'elle-même.
Cela me fait souvenir que
les Juifs pour rostir l'Agneau
Paschal,attcachoient les deux
pieds de derrière au montand
de la Croix, & les deux pieds
de devant etoient étendus sur
la traverse
,
& tournoient verticalement
la Croix.
C'estun fait incontestable,
que l'usage de laBaguette pour
trouver les Sources d'eau,les
Mines & les Tresors
, ou les
Métaux cachez
,
étoit connu
dans toutes les Provinces de
l'Europe; & il elt vray que
Jacques Aimar est le premier
qui par hazard a remarque
que ceux qui ont le talent de
trouver les Sources d't'au,J'ont
gufïi pour suivre lesVoleurs&
Assassins, enmarchant par
erre sur leursvestigessuivant
urroutesur laRiviere & sur
a Mer. Il l'a fait voir par excricoce,
ayant suivy par orre
de la Justice au mois de
uille dernier
,
depuis Lyon
ufqucs à Beaucaire les trois
'({affins:l tous trois natifs de
roulon. Il trouva dans ici
Pnfbns de Beaucaire le plus
cunc,nommé Joseph Arnoul,
)o[u. On le ramena à Lyon,
Du il fut roüé le 30.Aoust
dernier
,
à l'âge de dix-neuf
ans. Aimar donna la chasle
aux deuxautres Affaffins,I"Urî
nommé Thomas
,
Marinie
de Galere, & l'autre appelle
André Pese
,
Prevoit de Sale,
mariéàToulon. Ils étoient
sortis du Port quelques heures
avant l'arrivée de Jacques
Aimar, qui les poursuivit jusqu'à
l'entrée des Terres de
Gennes, ayant reconnu l'endroit
où ils avoient débarqué,
& les Oliviers fous lerquel,
ilsavoient couché.
Voicy comment Jacques
Aimar s'apperçut pour la premiere
fois qu'il pouvoit trouver
les corps assassinez & cachez
sous terre ,
& poursuivre&
reconnoître les Assassins.
Jacques Aimar naquit a SaintVeran,présdeS. Marcellin
en Dauphiné) le 8. Septembre
1662. entre minuit
ëc une heure. Ceux qui meritent
un logement dans les petites
Maisons, je veux dire
les Astrologues, font charitablement
avertis, que le Frere
du même Aimar ,né deux
ans aprèsdans le même lieu,
& au même mois de Septembre
,
n'a point le même talent.
Qu'ils n'attribuent donc
pas à l'influence des Astres ce
dont ils ignorent la véritable
cau se. Il n' y a que le Soleil
& la Lune qu'on doit considererdansla
Medecine,dans
l'A griculture te dans la Navigation.
Nostre Jacques Aimar dans
sa ilannée cherchant de l'eau
dans une cave avec sa Baguette,
se sentir intérieurement
agité avec plus de violence
qu'à l'ordinaire, & dit qu'il
y avoirune abondante Source
d'eau en ce lieulà. Oncreusa
& l'on fut étrangement sur
pris de trouver dans un Tonneau
le corps d'une Femme.
susédans de lachaux,onytrouva
aussi la corde avec laquelle
elleavoitéré étranglée,&cette
Femmeavoitdisparu il y avoir
quatre mois. La Baguette fit
des mouvemens extraordinaires
contre son Mary qui se
voyant découvert prit la suite.
Ce fut donc par hazard
, queJ.Aimar reconnut que son
talentde trouver des Sources
d'eau, s'etendoità trouver les
corps assassinez
,
à poursuivre
les Assassins&les Voleurs,&
à les reconnostre, après avoir
receu la premiere impression,
&s'estre,pourainsi dire,aymanté
au lieu où l'assassinat
& levolontété commis; car
étant ainlicornIne imprégné
des corpuseules & fcls volatilsou
fixesémanez du corps
des Voleurs ou Assassins. Il
ressent lamêmeagitation,lors
qu'il marche sur leurs vestiges,&
cette agitation interieure
est si violentc, lorsqu'il
mer son pied sur ccluy du
Criminel, qu'il tombe en désaillance.
Je répons maintenant article
par article aux demandes
& aux difficultez du R. P. le
Brun, proposées au R. P. de
Malebranche. La Baguette
étant fourchuë,on met de l'or
ou de l'argent dans les mains.
Pour lors si le métal caché est
de même cfpece que celui qu'-
on a dans les mains, la Ba guet.
te tourne avec plus deforce,ÔC
l'on juge de la quantité &de
l'espece du métal cachéce qui
a toujours réussi à l'Astronome
Mr Galet, grand Penitencicr
à Carpentras ; la raison en
est évidente. Ilsefait autour
de chaque métal
,
de même
qu'autour de toutes les pierres
d'Ayman,un tourbillon de
certains cor puscules , finguliers
à chaque métal. C'est
pourquoy si le métal qui cft
dans la main,cft de la nature
dumétal caché,ils s'unifient
& font une impression plus
grande. L'exemple est évident
en l'Ayman armé, dont la
presence agite davantage l'aiguilledelaBoussole,
attire de
plus loin, & retient plusfortement
le ser;& lors que le
métal caché est d'autre eCptce,
que celuy qu'on a dans les
mains, laBaguette ne fait aucun
mouvement, parce que
lestourbillons de differens
métaux, font de différente
configuration, & par confcquent
leurs effets font differens
; ce qui paroist visiblement
par l'eau forte, laquelle
disseut l'argent & les autres
métaux moins noblesquel'or,
auquelelle ne touche pas.
Quesiàlamêmeeau forteon
ajoutel'esprit de sel commun,
on fait l'eau Régale, dont les
parties acides du Nitre, devenuës
plus grossieres,font dans
les larges pores de l'or, l'esset
des coings, en separant les
parties compactes de ce Roy
des métaux, ce que l'eau forte
n'avoit pu faire, parce que les
parties acides duNitre étant
plus minces passoient librement
par les porcs de l'or, &
ne pouvoient passer par les
pores plusétroits de l'argent,
sans en ébranlerles parties
compactes & dissoudre sa
masse ; ffl par une raison contraire,
comme les parties acides
de l'eau Regale font plus
grossieres elles ne peuvent
entrer dans les petits pores de
l'argent,& ne peuvent par
consequent ledissoudre.
1 Leslarges pores de l'or font
que le Mercure monte tout à
coup le long d'une verge d'or
l, se même que l'encre monte
lans le tuyau de la plume par
a fente, quand elle n'est pas
rop seche
, ce qui cft encore
une autre raison de cc que le
Mercure nes'insinuë quetresdifficilement
dans le fer, dans
l'argent) & dans le cuivre, qui
ont les porcs plus secs & plus
étroirs que les pores de l'or.
J'ajoûte icy une curiosité
qui me sertà faire connoistre
que les corpuscules émanez
des Mines, des Métaux fondus,
des corpsassassinez,& de
l'eau,modifiezestantentrez
par les porcs de nostre corps
y produisent des agitations
intérieures, enaltérant, fermentant,
ou coagulant le
fang
,
les humeurs, & les esprits
vitaux & animaux. On
fait des mouches, ou autres
petits animaux que l'air foutient&
agite. En voicy la manière.
Ces mouches font premièrement
fonduësen argent,
puis couvertes d'une dorure
un peu épaisse; après quoy
ayantfaitquelques petitstrous
dans les parties les plus cachéesde
lamoucheonla jette
dans de l'eau forte qui dissout
tout l'argenténelaisse que
épaisseur de l'or, qui cft,
pour ainsi dire, l'epiderme de
la mouche,estant comme la
dépoüille du Serpent,ou dela
Cigale.
Quant à la demande pourquoy
tous les hommes n'ont
pas les mêmes talens que Jacques
Aimar, & pourquoy lors
qu'il est sur l'eau découverte,
ilnesent pas les mêmes émotions
,qu'il ressent quand il
setrouve au dessus des fources
d'eau cachées en terres
& comment on peut juger de
l'abondance de la Source, de
(à profondeur ,& des differentes
terres qu'on trouvera
en creusant,je répons que tous
n'ont pas les porcs configurez
pour donner entrée a. ces atomes,&
que les pores de leurs esprits
animaux font configurez
de telle maniere,qu'ils n'en
peuvent estre ébranlez ny alterez.
Pour la preuve de cela
j'employe l'exem ple de l'Eauforte,
qui dissout l'argent &
les Métaux moins nobles,sans
toucherà l'or, dont les pores
font disserens de ceux des au.
tres Métaux; & au contraire
les atomes de l'Eau Regale
cftantproportionnez aux pores
de l'or
, en font la dissolution,
& ne pouvant s'insinuer
dansles porestrop étroits
desautresMetaux,ilsn'en peuvent
ébranler les parties,n'y en
dissoudre tamanc. Jepourrois
ajoûter qu'il y a plusieurs personnes
qui tombent en défaillance
à certaines odeurs de
fleurs,comme de laTubereuse,
&autres, bien qu'elles soient
cachées) & que les mêmes
odeurs plaisent ou soientindifférentes
à d'autres. Enfin
qu'il y a des yeux tendres, far
lelquels les yeux d'autruy
J principalement des vieilles
Femmes mal saines,font de
malignes impressions
»
sur
quoy les Parcns disent que,
leurs Enfansont esté ensorcelez
; ce que Virgile n'a pas
ignoré, puis qu'ila die
Nescio quis teneros oculus mihifascinatagnos.
Au sécond Arricle
,
Pourquoy
l'eau qui est à découvert
ne fait pointressentir les
mêmesémotions que les Sources
cachées,je dis que sur l'eau
à découvert on ne fent rien
pour trop sentir, que les Sources
fous terre ont toujours
quelque degré de chaleur
ue ces vapeurs traversant la
erre changent la configuraton.
ainsi que l'eau, le vin
le vinaigre distilez, la Rose
du mois de May, & le Seein
du foir. Ces vapeurs stim";
regnent & fc chargent de rets
)U atomes de différente nature
des terres qu'ils traversent
en montant. Cette diffeente
modification que l'eau
reçoit par la différente filtra
rio de la diversité des pores de
la racine des arbres& des plantes
,
produit la différence des
herbes,des fleurs,& desfruits.
Demême la différente modification
des vapeurs & des ex.
halaisons des Sources & de:
Mines, fait sentir différente
émotions aux Devins à la Ba
guerre, sur lesquelles émotions,
de même que les Me
dccins sur les differens Batte
mens du pouls, après de Ion
gues experiences, formen
des regles pour juger del
quantité & profondeur de
Mines, des Métaux cachez,
des Sources & dela d ifferent
nature, ou espece de terr
qu'on trouvera en crcufanr.
Les Devins à laBaguette n
peuvent sentir d'émotion si
eau découverte, parce que
es parties cylindriquesn'étant
modifiées ny imprégnées
l'aucun sel terrestre
, ne peuvent
alterer ny faire fermenter
esang les humeurs, ny les
esprits animaux, & cependant
ils découvrent la vaiif,Ile,1 'or
& l'argentmonnoyé, en quelque
part qu'ils soient cachez
en terre , ou en autre endroit,
parce que les Métaux estant
forgez, frapez
,
& battus, acquierent
,
de même que le
fer trempé
,
destourbillons
fcmblablcs àceux de la pierre
d'Aiman;& d'autant que les
corpuscules qui émanent des
MMéé'ttaauuxx ffoorrggeezz, font durs, , durs
3, inflexibles, & infiniment plus
subtils que ceux de l'eau, ils
produisent sans autre secours
les altérations & émotions en
la personne des Devins à laj
Baguette.
A la demande, Comment
ces corpuscules, ou tels fixes
ou volatifs, émanez du corps
des Assassins
) peuvent fubfiner
sur la terre, sur l'eau, Se
sur la mer, malgré les vents
& les orages, jerépons qu'ils
subsistentdemême que les
tourbillons de lamatiere magnetique
gnetique autour de l'Aiman,
& que ceux qui font émanez
du Lièvre & du Cerfsubsistent
sur les Rivieres & furles
Etangs, dont les chiens
ressentent l'iiiipreffion
, ces
corpusculescausant des effervescences
semblables à celles
qui proviennent du mélange
de l'esprit de Vitriol avec
l'huile de Tartre, ou de tout
autre [cl Acide avec un tel
vuide
J ou Alkali. Il y a
plus de cinquante six ans que
j'avoisun Bar bet qui alloit
chercher, & trouvoir dans le
fond de la Durance entre un
millon de cailloux, ccluy que
j'y avoisjetté,aprèsque je l'avois
tenu quelque temps dans
la main. Cela me fait souvenir
d'avoir lû dans Wandel.
mont quelque chosedeplus
surprenant. Il dit qu'ayant
mis dans sa main certaine
herbe, & tenu ensuite quelque
temps la patte d'un petit
chien,ill'aimanta si fort»
pourainsi dire, que la Maisresseduchien
ne pùt l'em p êcher
de le suivre, quoy que luy-même le maltrairast.
La durée de ces corpuscules
& leurs effets se prouvent
par l'exemple des corpuscules
de la Lepre qui demeuroient
attachez aux murailles,ce que
Moyfc assure dans le Levitique.
A presentlesMarsillois,
où la Phtisie est fort commune,
raclent religieusement les
murailles des chambres habitées
par des gens infc£hz de
cette malad ie.
Jay connu des personnes
qui ont esté attaquées de la
Goute pour s'estre servies
du fauteuil d'un Gouteux
lesquellesen furent de livrées,
après avoir brûlélacbaife.
Ainli Hyppocrate confama
par de grands seux les atomes
de la Peste. L'expeicnce a
fait voir que sur les sieges
de ceux qui souffrent des Hemorroïdes,
oula Dissenterie,
il y demeure des corpufcu les
qui communiquent le même
mal aux autres ; & pour faire
conoistre la force que ces corpuscules
émanez de l'eau, des
Métaux cachez
,
& des corps
des Assassins, ont de faire
ressentirde violences impressions
& alterations aux corps
des Devins à la Baguette, il
suffit d avoirremarqué que
iors qu'une Femme en certain
estat entre dans une cave, tout
le vin se gâte,&lePouccacse
corrompmt dd'uUnMeeéCr{rr<a1rJr'rer.ïonrntc
dans le saloir. Enfin> pour
démontrer que les co* pulcules
dontils'agir, subsistent
malgré les vents & les nrags,
il ne faut que faire Kfbxion,
que de chaque point des objets,
même les plus éloignez,
parc une pyramide de rayons,
dont la bazeestant entrée par
la prunelle de l'oeil sur le cristassin
» forme par la pointe de
la mêmepyramide renversée,
ou Pinceau optique, lemême
point de l'objet sur la Retine.
sans que les vents puissent dé
tourner ces rayons qui viennent
en ligne droite. On voit
avecplaisirtoutlemisteredes
especes ou peintures des objets
sur undra p,ou papier
blanc dans une chambre ob.
scure;& ce que tous les Philosophes
ont de la peine à expliquer
c'est que dans le même
trou toutes les imagesdesdifferens
objets setrouvent confonduës,&
après s'estre entrecroisées
se debarassent à cerraine
distancesuivant la longueur
du foyer solaire du verre
convexe , qu'on a mis sur le
trou fait au volet de la chambre
obscure,pour se peindre
su le drap ou papier blanc,
avec leurs vives couleur,mais
en ~ation renversée. Pour
expliquer ce qu'il y a de plus
difficile dans l'Auguste Sacrement
du Corps de J, C. j'ay
emploié cette experience dans
ma nouvelle Instrution pour
réunir les Eglises P. R. à [tEglifè
Romaine. Ce Livre est imprimé
en1678. par le S' Pepie,au
grand S. Basile, ruë Saint Jacques.
Je ne puis croire ce que le
Pere le Brun avance, que le
consentement de deux Vai;
fins à ne plus se servir des bornes
plantées, oste la première
convencion) à moins que de
reconnoistre avec les Payens,
les Deux Thermes, & le pou.
voir de lesarracheràdes bornes,
& de les congédier quand
on ne voudroit plus s'en servir.
Si le me~me Pere parle juste,
lors qu'il dit que c'est un
fait constant, que les Devins
à la Baguette trouvent les chc«
mins perdus,ilestaussi vray
de dire que
LesPeuplesaffranchis de l'Em
pireIberois>
Quifournis a NajjaH ont cepe
d'eflrc RD!.Í.
( J'entens les Hollandois par
ces Peuple,) autoient grand
besoin de lacques Aimar-p( ur
trouver la hauteur de la route,
par laquelle estant vivement
poursuivispar lesVaisseaux
Anglois, ils abrogerent
leurs voyages en venant du
Japon par les Mers Scpteiv»
trionalcs.
Voicy quelque chose de
plus considerable & de plus
positif. ray leuautrefoisdans
le secondLivre des Machaont
faussé la foy promiseau
Sacrement de Mariage, les
deux Sexes vivrent dans une
réciproque fidélité
,
& on
n'aura plus besoin du sacrifice
de jalousie
, ny des eaux
ameres que la F\mmc soupconnée
écoit obligée de boire
en presence du Prestre & de
son Mary
,
suivant l'ordonnance
de Moyfc ,
écrite au
long dans le 5. Chapitre du
Livre des Nombres. Le Grand
Ausone danssonIdile15. digne
de la Muse Françoise de
Madame des Houlieres, ne
diroit plus-.
£)uoduit&fèfl&boritcr->si..-.-.
'; PoeIJæ.qu graves in coelibe
vitâ
1 conifigis, at gravior cuflodia
vinamaritis.
La crainte du mouvement
le la Baguette suffiroit au May
pour retenir sa Femme dans
.c devoir conjugal
, & par ce
noyen il vivroit tranquillement
dans son ménag) pourvu
que luy-même fuit dans sa
conduitetel qu'il veut paroitre
dans l'esprit de sa Femme.
Je dis que letalent des Devins
à la Baguettepeut éstre
^lteré ,& même se perdre pat
le changement d'air, de nourriture,
&par les agiémens du
mariage
, parce que leurtempérament
venant à changer,
les espritsvitaux &animaux
changent de configuration.
Je dis outre cela, que les Devins
à la Baguette peuvent
estre en défaut, lors que des
personnes d'autorité les insultrent
ou les rallient; car
pour lors la crainte caufanr
en eux de fortes & inférieures
émotions) ils ne peuvent ref- ;
sentir celles des corpuscules
étrangers, émanez des pieces
d'or cachées en terre. Par la 1
..----.- -- - - i
même raison les Médecins
ont souvent trompez au jugement
des maladies par les
prompts & differens batte
nens du pouls, que la memoie,
oula presence d'une personne
aimée, causent. Les Anciens
nous fournissent pour
exemple cePrincequi par une
agitation extraordinaire de
pouls à la presence de sa Belle-
Mere,fit connoistre à son Mc,
dccin qu'il en estoit secretement
amoureux, ce qui porttl.
son Perc à laluy ceder,afin de
luy faire recouvrer sa fanré
perduë. Je dis encorce,que plusieurs
personnes ont sans le
sçavoir, le même talent que
Jacques Aimar, & pour le reconnoistre,
qu'ils prennent ma
Baguette.C'est un jetde Coudre
,
les branches forment la
lettre Y. Le tronc a un pied de
longueur) & une des cornes
en aauuntjCar l'autre estcoupéeàtrois
pouces prés du
tronc Qu'ilsempoignent d'unemain
letronc de la Baguette,
& de l'autre la longue corne,
la paume des mains toutnée
vers le Ciel, la Baguette.
tournera sur l'or, de même que
la broche de Courdre tourne !'
uprés du feu. J'ajoute enin
qu'on peut facilement
oir l'experience de la Divilation
par la Baguette. M
Geofroy
, un des plus Sçavans
poticaires de l'Europe
J a
hez luy un Garçon
, nomae
Pierre Tonnelier, de Noent
sur Seine, né le 14. Serembre
de l'année 1669. Ce
Garçon a les cheveux noirs
la barbe rousse, & sans se
ervir d'aucune Baguerte, il
ent des pal pitations de coeur,
ors qu'il est dessus ou fort
rés de onelques d'or
) -1, .-1 ;.t.,. M Il uc L0~' 'i.d. éesensera-,Mr
Geofroy m'a asseuré en avoir
vû plusieurs fois l'experience,
lors même que ce jeune hom
me n'estoit point averty qu'il
eust caché de l'or dans son
Jard in. Letalentde cePierre
Tonnelier a quelque choie de
plus fingulicr que, celuy de
Jacques Aimar puis que sans
Baguette il trouve l'or caché
enterre. Ilena fait voir l'cx
perience à Madame _:-.Lo_u
>- vois en sa maison, ensuite à
Ml'Abbé de Louvois dans
le Jardin del'Acadcmie des
Sciences où à la vérité il
manqua au premier coup par
1.
les railleries,& les brocards de
quelques-uns de la compagnie
; mais ses esprits étant
remis
,
il réussit un quarcd'heure
après, puis qu'il trouva
plusieurs fois l'or que l'on
avoit caché. Il a encore depuis
prouveson talenrchez
Mr le President Nicolaïoù
l'on employa touterfortes de
ruses pour le tromper & pour
le surprendre
,
& depuis peu
de jours il a encorclétffiLtns
hesiter ,ayant trouvé deux
Louis d'or que Madame de
Morangis avoir elle mêmc/>
sachez en deux differensenuft'r
droits du Jardin de sa maison
ruë S. Louis, prés la Place
Royale. Ce jeune homme
vient souvent chez moy ; je
l'ay examiné à fond, ôcPay
trouve un bon Israëlite,dans
lequel il n'y a point de fraude,
& je fuis prest» quoy qu'Aveugle
,
à luy donner en qualité
de Docteur en Theolo.
gie,&de Chevalier de l'Inquisition
du S. Office, à luy
donner dis-je,mon Approbation..&
artefter que la Divination
par la Baguette a sescauses
Phyfiqucs naturelles, sans
mélange de pacte explicite ou
implicite.
J'ay crû, Monsieur, ne devoir
xicn obmettre de ce qui
peut servir à l'éclaircissement
de la cause Physique des effets,
de la Baguette. C'cft pourquoy
je joins icy la copie de
la Lettre que je viens de recevoir.
Elleestde Mr Geoffroy
le Fils,aux Etudes de Médecine
à Montpellier. Je fuis
avec beaucoup de rcfped,
Vostre très ,
&c.
L'AVEUGLECOMIERS,
Prestre dans l'Hôpital Royal
des Quinze-vingts.
LETTRE
CONCERNANT
LA DIVINATION
PAR LA BAGUETTE.
Ecrite de Montpellier par Mr E.
F. G. à MrComiers,Prestre,
Docteur en Theologie.
MONSIEUR,
Jr me fuis {lél Acquité de la
prome/fe que je vous tvois faite
tn partant de Paris, de vous
rendre compte de ce que je verrets
de remarquable dans mon
voyage. Vous a'Vc'{pû voiries
petitesRelations que en ay en- voyées, il ne me rtfloit plus
quà vous mander ce que j'avois
p/'t apprendre touchant cette avanture,
si extraordinairey arrivée
à Lyon
J & dent on commençoit
àparler à ryaris dans le temps
de mon départ. Je vvulois vous
écrire ce qu'on pensoit là-de/Jus
dans ces quartiers, mais ayant
vu , que quelques-uns»sans si
donner la peine de tefléchit deltus)
croyoient avoirplujiojl fait daccurer
Aimar de Magie & de
Pasle avec le Diable;que d'autres
rapportoient cette vertua U
£onjlellation;que quelques autres
quinefontpas les moinsfinceres>
avouaient leur ignorance
, &
qu'enfin les plus habilesgens d'icy
(ufPendoient encore leur jugement
&vouloient enavoiruneentiers
certitude, je me fuis crûobligéy
Monfttur
,
sans attendre lesfentimem
des autress d'examiner
moy mefmc avec methode unfait
si extraordinaireJ & de vous
mander ce que j'en penfeis.Com-
,me je ne doute pas que vous
nayt',
ti')ayt eu des defcripttons fort
xaEle; de la maniéré dont on
découvritaLyon le meurtre du
C*b*retier (sir def* Femme
J
je
ne marrettray pas a vous en marcher
les circonfiances ijr ne m'atttaacchbeerraayy
sfeeulement qu'a ce qui
regarde l'homme çy sa 'Baguette*
Jacques Aimat Vernay,âgé de
trente ans ou enVIron, rats de
S. Verdu ,prés de A3nilm
enDauphine>a lafculte de
découvrirles end¡,ci{ de Ltterre
où fntdeseaux, les Metux, les bornes des terres qui ont eÇé
changées,lrs Voleurs
,
les linvts
f0 mpes cdchéesi lesMeurtriers
gf les corps ajjajjine?cachent
& non.rcrtlem'nt cet homme a
cette faculté
? mais plusieurs personnes
l'ontcomme luy
,
&voicy
comme ils proccd 'nt pour déccoouuvvrrzirrcecessCciJhoo¡
seess..
Pour trouver les eaux & les
Métauxy ils prennent une nette fourchue de la figure
d'un T,& tenant les deux
branches dans leursmains3ils se
promenent jufjua ce que la troisième
pointe s'inclinant jusqua
ejirepresl: a rompre ,
inMyse le
lieuprecisement où fontles eaux
@ les Métaux, Quelques-uns
pour le mesme effet je fervent
du-ne Jtmple Baguette
3
qu'ils
tiennent par l'une des extrémitez
,ou qu'ils fufpcndenl
patlemilieusur le bout du doigt)
en forte que l'un des bouts foit
tourne vers eux) C lors qu'ils
paJJèn: sur l'eau ou surles Minc.<)
l'autre bout de la Baguette se
7baisse
, & montre par sa plus
jvib'e ou forte inctihaifon!e plus
ou le moins de p''ojondeur de la
matière qu'on cherche. 'Pour
trouver lesMeurtriers & les
corpsaf[aJfr}e^i> cet homme fait
plutfieujn7 j J tours dsns le lieu où a
esle fait l'jjJ.ijJiridtjufeu'à ce
qu'ayanttrouvéprécis.ment l'endroit
du Meurtre, tant par tinclinaifon
de la Baguettecjw par
un re(sentimentdanslequel (on
pouls devient extraordinairement
agitf)ilpâlitJilfOmbe en fiuur,
& mesmeendéfaillance9s'ily
refle long temps. P.- rl posant
les pieds sur les vefliges des Meurtriers,
illesfuit ainjipas a pliS'
ressentant a chaque pas de témotion
& le mouvement de la
Baguette. Les eaux qui pourrotent
se rencontreraupaffale>
nempefehentpoint que cet homme
ne découvre lu icjl'.es des
Meurtriers
>
carilfentlesmerties
agg}ittaattiloonnssjsuurr tte(tnZuH pd.a(tnrlSs llCeSs en- -
ârêits ou ctsgen.r ont paffé. Cette
émotion s'Augmente À mesurc
qu'il approche des Criminels,
jusques a tomber en dess-aillance
quand il en est fortproche> &
pour se remettre il est obligé de
quitter leurs traces.
Pour trouver la chosedérobée,
ilse transporte sur le lieu où elle
a ejié prtfe. Sa Baguette tourne)
&l'agitation interney commence.
Ilfuit la pisse du Voleur qu'il
connotjlinfailliblementyen mettant
fin piedsur lepen;, carpour
lors, &son agitationaugmente
&saBaguette tournesur le Voleur.
Ce font-la les principales
circonl'1'ances d1u fsai it ddont iOl sftt-'
git aupurShuy3 (:; queplusieurs
regardnt comme surnaturel. ou moy )
qui fuis tres-convaincu
du peu de connoissance
que nous avons des effets que la
Nature peutproduire>je ne vais
pas si viste, e crois que quand
nous nepouvons pas en découvrir
lesrefions 1,ilvautmieux
avouJe; r noflre igxnoranceque de
prétendrerenverser tout le bel ordre
étably dans les ebofes, eg- les
Lo:xinviolables de la Matnre.
Examinons donc sans préoccupation
cmavec excifliîiîdcidt quelle
manière les causesnaturellesfeues
peuvent concourir à tous ces
ffits, que l'on auroitattrÍbue
iUtrefois à lafympatbie
3&pour
ommencer,confierons d'abord
lue
Tous les hommes nofit pas ln,
faculté de trouver les eaux.
Que plusieurs de ceux qui ont
rafaçulté de trouver les eaux&
rt's Metaux
, ont aussi celle de
trouver les Voleurs3les Meurtriers,
dr les corpsafJaffinezrh
cacht
Q-ue ceux qui veulent décou- vrir ces f chojes, prennent une-
Haguette en main qui Je courbe
sur le lieu du Meurtre, ou du
FolÎ ou sur les infirumens tn leij
pasdesQim-nels(jr sur les Cri
mini Il mesme.
Ils doivent commencer par se
transportersur le lieu où le criumree
al,eesjiCé rcimominmeilse, n& delàfut,
vre les Crimines, tn emjeettttaanntt les
pieds sur les pas des Criminels
qui leur font indiquez par 1-t
Babette.
Ic>l nimporte de quel bois. ou
de quelle figure foit la Vaguette.
Ceux qui ont cette vertu J efiant sur le lieu où le meurtre
aura eslé comlllÍs
> ou efianfsur
les traces des Criminels>foujfrent
des agitationsitelles quunhomrnt
fjti entre dans la pevre ; leur
oouls s'éleve
> gp il leur prend
quelquefois des sueurs ù des dé..
Sulian::es.
Ilspeuventdiflinguerlestraces
ie dtfferensCriminels par les agilaitonsplus
ou moins fortes qu'ils
ressentent sur les unes t) sur les
Mîtes> ft} par la violence avec
laquelle la Baguettesehaisse vers
les uns dr 'fiers les autres.
Avant que de rendre raison de
tout ceque jeviens d'avancer,
en tombera d'accord avec moy
1. £$utlpart de tous lescorps
animez ou jnanime
y
des corpuscules
dont plusieurs ne s'écartent
que jujqua une certaine
dljl-.tYlce des corps d'où ils Jont
patis
> £7- peuventy retourner
aussi.fO.st3 & que qudques uns
de ces corpuscules en font f:carte%
&jettcz(l:1, hsQrd en dijfcrens
endroits
, çe nuel'on m'accordera
(ans peine
,
si l'on corfidere que
ny ayant point de corps
3
quelque
solide quilJoit, que la Matiere
subtile ne penetre continuellement
>
il est impojjible qu'en
sortant avec impetuoftte de ces
corps, elle rien enlcve des parties
qu'elle en dctacbe, dr dont
elle quitte les unesaussitojïquelles
font sorties9 leur laissant la
berte de retourner vers leur tout) yenpoujjequelquesautres
iin pour les empescher de revenir,
e etspartiesejlantensuite
\bandonne.espar la matiere fubile
s'attachent auxcorpsqu'elles
encontrent.
2. Qu'il part beaucoup de ces
,'orpufcu!es des liquidesj ce qui
'fl confirmé par leur diminution
renfible.
3. uJil en part une tres-gran: 3.Quil
très-grande
quantitédes corps Divans» ce
qui provient du grand mouvement
oussepafp continuellement
au deduns de ces corps.
4. Que dans ces hommesces
parues font ordinairementfui»
pbureufs ) ce que je conjeRur
des cxcrcm.r.iulpbureux, qu
parlant du cotps par les porcs d,
la peau
1
fkUfjcnt Uslinges Jun
le corps (
(ï c-niert t J cH"",,:crl
yQue ces fouphres qui/owfj|
pour l'ordinaire la baze de ces
écoulement )p>ntfowvent mélange7,,
de différentes parties, comme
de pels ou fixes ou 'volatiles> de
partiesterreflresou departies [pi.
ritueufesifui'vant les différentes
habitudes du corps.
6. £htc ces parties) pour la
plupart fulphureupes
>
doivent
sembaraffer dans les pores du
rpsqueues rencontrent> &y
erun très long- temps, a moins
le les parties de ce corps ne
lent détruites.
7. Que quoy qu'il feit fort
fficil(' de concevoir comment ces
xrties pourroientrejier surl'eau,
r dans l'air qui font dans une
mtinuelle agitation
>
elles y
'F' nt cependant, ce qui ne si
u fiiri que par U liaison & la, eme ces parties> que ousdu ïflrcfulphureuç
, 01:; entrelles9qui forment
oli? i;n;? ch un- (y qui efiant
'a:i!. tff-'Z ()}tiles
3
éebapeont
ai.è-iem auxparties de l'air
del'eau.
8. {P dans ces liquides, (
particulièrement dans l'eau, le£
parues qui en exhalentfont le
parties mefmcdu liquide*quim
changent point de nature3st) qui
fontenlevées par la matiere sib
tile9. dans les Métaux, &
sur tout dans leurs Mines, ily a
beaucoup deJouphres qui peuvem
s'élever avec quelques autrci
parties de ces Métaux
,
st) formercesécoulemens
métalliquesj
ce qui efl encore confirmé par le
odeurs que rendent l'argentj le
cuivre >e" le fr.
Cela posé, nous commenccronÀ
Par rendre raison du mouvement
le la Baguette entre f"smains 1 le certainesgens> en certains en-
Iroitsj &non en d'autres (;J'
n d'autres mains.
Nous chercherons ensuite quelle
'Jllacause qui la peut fairecourtrsur
les Eauxefur les Mines
'n certaines mains, enfin nous
adhérons d-exp!iqufY lacause du
n\oeuvement de la mcfJmeB*<liu'rt)-> desagitationsquer:JJènentcertainessurleslieux
)ù quelque crimea cfécommis,
rur les traces dr'sCtirnin,15
, CJf
Qir lesCrimineLmcfmes
Quant au premierchef, nout
avons dit qu'il partait de tom
ces corps ,
des écoulements fo
subtils. Cespartiesrencontra?ii
autour desCorps ¡'air qui ne hm
donne pas uu pàjjigr toutÀ fan
libret font repous en quaquo
façon par cet air vers le corp.
d'où ilies font partics.Si ces écoulemens
en fortam du corps J..
l'homme rencontrent un autrù1
corps qui ait des porcs e de::
canaux, c ni la flrufturc leu,,:
fsaavnosàr(ios,te';-i,Iitc-epcu&eflfaage,pluisl garamndwes la plus grandt--~
partie ce ces émanations coule—
rai (f) ,'7; sa cay.aux ou pore
de cc corrs> & le long de ces
orps, en d'autant plus grande
quantité, que l'air reffiera au
'ours de ces émAnations. Or rien
t'efl plus propre a faciliter ce
àffage a ces partiesqu'une Bavette
>
quelque figure quelle
uijje étvoir)ctrperfonnen"ignot
que les tlrbres, comme tous
'S végétaux, ont des canaux
anslesquelscircule une liqueur
ui va de la racine vers les exfemitedes
branches, t,)- de ces
refmrs extrémité% vers la racie.
Il arrivera donc que lors
u'un homme tiendrauneBaaette
en mtn, !,•** t'arties qui,
•
J -* r ,'" , wtront sa main mireront
dans les canaux, &Jeglijjeront
le long de la Baguette jusques a
l'extremité> & par une fuite
necejjaire il sy joindraaujjt
quelques autres parties qui éma.
nent du corps, en cas que ces
parties ayent aff:'{ de fubiilité
& de mouvement pouralleraudelà
de la Baguette. Je dis, en
cas que ces parties soient afek
subtiles )& ayent afie/^ dc mouuement
J parce que je pretens
quecef écoulemens nesoient pas
les mesmes dans tous les hommesy
ccm-ru je l¡''ay dd.it d,ans l1a cinquième
demande.
je crois donc que quoy que
{ans tout les hommes ces émana-
Honsfoient composéesdefouphres
des parties ratines, spiritueuses
g~ terrejlres> cependant dans
qttelquei-unes il n'y a presque
quedesfouphres 0* très- peu des
fels & d'écrits. Dam d'autres
ces fouphres font en moindre
quantité, ou plus exaltez.. C"
ecculemens contiennentplus d'cf
pritsy ou peut.efire plus defels
volatils. Si donc ces émanations
font fort craffcs
? t llesne
pourront pass'étendre fort loin;
il nyenduranuunetrès petite 1 f~e •y y quantité oi'!'.$cr?'?cra {'',r les * ,-.',f/"l';'" '(.,;) ,L
J pores d:la3.1quitte [ ; encore 'II' ,J.,. è:.'¿t. , 1'
mesmelair leur njtjtdnt au fôr
tir de cette 13uettt,empefèher4
que ces émanations neprodutfent
aucun effet. Si au contraire ces
parties (ont fortfubtiles& afJ;
en mouvement pour s'essendre
afftZ loin hors le corps, elles cn~
treront en quantité,& avec impetuosité
dans les pores de la
Baguettes gr mesme se glijferont lelongdesfibresextérieures, /<3~~ ~f~ f f~ff~CM~
st) les premieresferontfutvtes
de la maHeure partie des écoulent'ns
des autres parliei du corps
quise trouverontengagées àfui*
nj/C ces premièresvas la'Baguette,
(t) efloentarrivées à l'ex'
el'nité de la Daguette )
leur ac*
ion fera encore plus forte pour
roduire ces effits dent il s'agih
e premirement pourepey la Tauene
sémtUI sur les eaux @! r les Mines, nous avons dit
Uns la feconde demande qu'il
artoit descorpufeules de tous les
iquiaes
; entre autres de l'eau>
$ dans la huitième
, que ces
orpufcules nejloient autre ebofe
ue ces parties tnefmes du liuide.
Il arrivera donc que dans les
reUx oit ilyaura de ïeaujl s'ele-
)çtaunevapeur quisefaitmême
,oir quelquefoisi^ue ces vapeurs
strontplus condensées procbe del
la terre que dans l'air.Conjide-j
rons avec cela que ces émanations
qui sortent de l'extremité de la
Baguette ,rencontrant ces parties
d'eau, doivent trouver un paf]a
ge beaucoup plus libre entre ces
parties3 qui efiant plusgrojjïtres
que celles de l'ait
3 ont aujji de
plus grand>pores>-(0 que d'ailleurs
ces vapeurs ne permettant
pas a ces écciit1erriens dde 'i s 'écarter
si loin? ÙJ .; l'çr.y]'niphesrefler- i rées,¿ fontqu'ilsont plusjj de
fjycr 1CfJ'C:!;'rJsgJirque s1 se rlpan- JI f doieni de tous eotcOutrecela
ces fahintiticns ircuvani Uspar*
s d'eauplus condensées vers la
rte, 5avanceronttoujours entre
> pores ou clics rencontreront
oins de parties d'air. Ces émaliions
en fortunt de la Bzguetayant
une fois pris leur cours
,rs un certain coJfÍ
,
doivent
ir sur les parties de la 'Baguette
t
cossé de leur pente> les pouffer
suivreleurdétermination>
artant l'air d'un enflé obliger
ly qui pese sur la "Baguette de
tutre cojlé3 de la déterminer à
ivrele cours de cesccoahmcns;
que l'on verra plusclairement
ir unefigure.«
Soit 4. B. C. une B.1Mette o
que jesupposecreuse. Les points?
G,font les êcoulemens qui font
JttrmÍncZ àcoulervers F. Il
font effort sur la partie interne
du cossé C. de LA Baguette
)
st)
commençant à y donner la prt'
miere détermination pour la cour.,
ber vers F. lesêcoulemens cm,
sortant de la Baguette avec rtt-j
pidité écartent un pcu les parties
d'airquifontfous G. & quisonïs
reprtfintez. p-zr Us points. E.
aouil i'enfuivroit que l'effort
que font les autresparties d'air
sur U cojtê A. de la Baguette
nefljiitplusv contrebalancé ett
G. pouffera encore la Baguette
vers
#otrs F. ce quijefer*avec dautant
plus de force que U Baguette
fera longue.
La raifort pour laquelle les mêmes
choses arriventsur les Mines
&furies etaux >
nesspasfort
différente. Nous avom ditqu'il
partoit des corps a5/1etall11uu des
ècoulemens
, que ces écouhmens
font en grande quantité, puis
qu'ils se fontsentirpar l'odorat
dans l'argent,lefer & le cuivre,
& qu'ils font compofiz
t autant
que nouj le pouvons conjxlnrers
de beaucoup defôuphrcs) de quelques
fels ÇJT* de terre. Cela
posé, les parties subtiles &fpiri-*
îueufes rencontrant* lors quelle*
sortent de la Baguette, les émanationsdesMétaux
s'em,baraffi-
Yont dans les pores des parties
fulphureufes qu'elles diviseront
par leuraêlivité,a quoyellesse.
ront encore aidées par quelques
partiessalines qu'elles debdrajJeront,
ce qui fera une efpccr: de
fermentation, qui efiant une fois
commencée en cet endroit>fera
jour aux autres parties qui finiront
de la Bj,rguett, f0 qui ayant
pris leur détermination vers ce
cossé obligeront la B.t,Ti!ette de
s'ypanebers comme mus l'avons
fait voircy-dejjlti.
Nous avons encore à expliquer
la cause du mouvement de
la Baguette entre les mains de
certainespersonnes e. les agitations
qu'elles rrffintcnt sur les
lieux où quelque crime a esiécommis
,
sur les traces desCriminels
«sur les Criminels mêmes, &
pour cela je n'ay que deux çbofes
À considerer
)
sçavoir les corpuscules
qui partent du corps de celyy
qui veut découvrir
> & ceux qui
partent des corps des Criminels,
& qu'ils ontlaiffe% dans les endroits
oùils ont paPé.
Quant aux icoulemens qui
fartent du corps de celuy qui decouvre,
j'ay ditque je croy qu'ils
doivent ejlre foortfobttls
>
fycom*
posezde partiesJpintueufos>c»
qui mefoufoit.
Pour les autresj aprés avoir
examinéquelle peut efire Itl différence
d'un Crirninel à un atttre
homme
, j: ne trouve rien qui
puisse changerofbahïtudc de
soon corps, que ce qtase paffe en
luy
>
lors quilcommet un crime
,
l comriet ~-rime
qu'ilosçûsest'Ccrime, cc que je
croy fort capable de siireciZ luy
unfoort gran Li chairemcr;r.Lcrs
qu'un homme commet un crime,
file~jl agité d'une craintesaccem* d'une efopcce de cela c..
7s{ous fçaruons que quandlame
estaytr.e detrente>ceitecrainte
empejcbe que les cjprits ne soient
ports en AJlegrande quantité
vers les extrémité
> ce qui fait
queleplus souvent nous voyons
tes gens agitez de cette violente
pajjïon pajlir; leurs txtremite
deviennent froides-@J ils ont
peine à se soutenir & 4 agir par
le défautd'esprits.
Dans la colere
y
les efpritsfont
ordinairement portez avec rapiditépar
tout. Le fangcoule avec
impétuositédanslesvaisseaux.
On voit à cesgens- là les yeux Ce
le 'vifaze s'enflamer
,
lors que
cette pajfiàn efi feuhe> mais lots
qu'elleJe trouve jointeuvec taNK..
tre que nous tenons d'expliquer,
pour lors les ejprilsnefont pouf
fe% qu'avec peine vers les extremirez;
mais ils coulentabondant*
ment vers le coeur. Le fang coult
très-lentement dans les vaisseaux
un peu éloignez du coeur 0* comme
il fort abondamment du coeur)
& que trouvant les vaisseaux
er/Co?e pleins il le gonjle extrêmement
& CdPtJl au coeur les
palpitations par les -l'ffirts qu'il
fait pourvuider lefartg que celuy
des vasséaux empesche desortir>
dtujJi voyons-nous ces $ens là
devenir bouffis) ne rejpirerqu'avec
fane>& repentirquelquefois
degrands battement decaur.
Je(iay bien quedanstousles Criminels
il nesypcJse pat toujours
des mouvemens si confiJera hles,
maison ne peut pasnierqu'il ne
s'y ptfie quelque ebofè àpeu-prés
de mrfme.
Or ¿'hAbitude de leur corps ne
peut efire altérée> quelescorpuscules
qui en émanent ne fouJfrent
Aussi quelque changement
> &
je crois pouvoir tjfigner avec quelque
vrayfemblance
)
lA nature
des ecoulemens des corps de ceux
q'tz commettent quelque crIme,
endif«ntqu'ilf contiennentbeaucoup
de parties fulphureujesfort
crajjes qui envelopperont quelques
parties salines * très-peu
volatiles. Ces émanations fulphureufess'attacheront
aisémentaux
corps qui toucheront les Criminels
aux endroits où ilsmettront les
pieds, & où ilspaieront
>
{0y
refierontun Ifts- long-tempssans
s'exhjler
> cm principalement
lors que la paJJIon aura cfté lio*
lente, comme dans un meurtte
qui se rnaniffiemesme de temps
in temps au dehors par quelque
triflcjjc ou inquictude quils ne
peuvent pas toujours cacher, ce
qui fait que les corpufcults qui
jortiront de leurs corps pendant
un long- tempsferontapeu-prés
de la mesme nature que ceux qui
sortoient pendant laclion.
Nous naurons pas depeine a
concevoir presentement comment
l'homm-e à lyaBaguette>ou autre qui dit la mcfme vertu*srettanfportant
dans un endroit où un
meurtre dura tfté commis
> ou
quelque autre crime
)
découvrira
precisement avec la Baguette le
lieu du crime) car les ecoulemens
qui partent deson corps,e que
nous avons dit eflrefortsubtils>
le poumonyJe trouve remplt
presque aujji tost qu'il a fait effort
pour vuider quelque peu de
ce qu'il contenait
s
cequi l' oblige
'à faire desbattemensfrequens>
jusquà ce qu'enfin les accidcns
augmentant toujours, le coeur si
trouvera si tendu par laquantité
d:fangquiviendra jy décharger,
(y* dont il ne pourra vuider
qu'une petite portion , que fort
mouvement rrflera!u.(pendu,&
l'homme tombera en jincDpeJqui
fera accompagnée de sueur, parce
que le mouvement dufang efiant
tres-ftible,-te mouvement du coeur
ejl aussi affaibli> d'où il s'enfuivrque
les orifices desvaijjeaux
Emphatiques & desglandesréïanâiih
sur la superficie de [tt,
)ed.u) eflant relâche^ par le défaut
d'efprits>laijjeront couler Id"
'imphe qu'ilscontiennent
> $cet
lomme ne sortira de cet état que
orfque le fang eftnt unpeuhouré
des petits vasseaux du pounon)
permettra a celuy du coeur
le reprendre sa place, & pour
'Qrs lesfels
que contient le fang
1ui aura séjourne dans le coeur 3 'estant développé'^ par une petite
fermentationy obligeront le coeur ifairede nouveaux efforts, &
re mêlant ensuite dans le resse de
la rnajjeslafubtiliÇeront éJ loe
rétabliront dans son état naturel.
La rnaffi dufançr de cet homme
ejiant une fois dtfpope a Je
coaguler, pourra Jovffnr de nouveau
les mepnes accidens
>
quoi"
qu'il ne se rencontre qu'une cau., p fortfoible
3
comme les traces du
Criminel
i
qui ne les enflent peutêtre
pas pu produire dans cette
premiere disposition dans leftng.
Ces agitations doivent eflre ("Infiderables
vers l'endroit où l'on a
cachélescorpsdesgens tue , car
comme les plus grandes agitations
que les Criminelsayentfoujfertes
sefontpassees proche de ces corps,
aujJi les émanations doivent être
en grande quantité, @J toutes
brefqae ftlphureufes
, 0* lorsque
:et homme approchera des Criminels>
ces agitations doiventejlre
ïlus grandesàeauje de f'abon..
iance des corpuscules, (ysurtout
q cet homme efl 4rrefté, ou s'il
4it qu'on le poursuit ; car /4
:rainte qu'il aura remettra son
Qngprefque au mcfme état quil
uoit au moment du meurtre.
.,
On pourra maintenant donner
(es raisons des antipattfs (7 du
bmpatiesqui font entre cey,-ines
ïhofes, de l*amour (J) de U haine
entre les hommes. Je fuis uojlrc
E. F. G.
Cette Lettre contientdes
Demostrations Physiques. La
refticution du vol guérira la
conscience de ceux qui par la
crainte dela Baguette décrient
Jacques Aimar & jerenvoyc
les Scrupuleux au R. P. De
Chalet
,
Jesuite lequel dans la
page 190. du second Tome de
sonMunadus Mathmitieus arfurcqu'ayantcaché
de l'or&
de l'argent, un Gentilhomme
de ses Amis le trouva, s'citanc
servi d'une Baguottc fourchue
de Coudre, dont les Cornes
étoient d'un an, & le Tronc
de Tannée précédente. Surquoy
il ajoûte
,
Sunt tam multa,
in rerum nature quorum causas
ignoramuhutsi propterea>eafufpefla
baberemus quod captum no*
(Irum fuperant
, vix pedem movere
liceret. C'estpourquoy je
dis que ladivi'nation par la 'Baguette
n'ariende diablerie,non
plus que celuy qui avec l'Eguille
deBoussole montreroic
& suivrois la ligne Meridien
ne » ou une pierre d'Ayman
qu'onporteroitdevant la
Boussole. Tel est mon sentiment.
C. COMIERS,Prestre,
DocteurenTheologie.
Le vray merite a des charmes
ausquels il est mail aisé
de résister. L'impression qu'en
reçoit un coeur bien fait., a
quelquefois tant de force,
qu'elle engage les personnes
les plus raisonnables à des résolutions
dont on les croit
entièrement éloignées, &
c'est ce qui a paru dans l'avanturc
dont je vais vous apprendre
le détail. UneDamed'un
espritsolide&d'uneconduite
estimée par tout, s'estoit at- !
tiré beaucoup de louanges par
l'entière application qu'elle
avoit toujours montrée à ne
rien faire qui puft faire tore
à sa réputation, ou e stre contraire
à quelqu'un de ses devoirs.
Elle estoit demeurée
Veuve depuis huit ou dix
années; & comme elle avoit
encore assez de jeunesse &
beaucoup de bien, il s'estoit
offert divers Partis, qui auroient
sans doute engagé
toute autre qu'elle à un sécond
mariage, mais la manière dont
elleavoittoujours répondu
sur les propositions de cette
nature, avoir fait assez connainreJquc:
l'état deVeuve luy
paroissoit unestat heureux,&
qu'on auroit peine à l'y faire
renoncer. Il est vray que le
dessein de bien marier une Fille
unique qui luy estoie demeurée
de son mariage, pouvoit
y avoir contribué. Elle
avoit donné des soins tresparticuliers
à son éducation,
mais les dispositions ne s'étant
pas trouvées favorables, elle
n'avoit pû la rendre aussi accomplie
qu'elle auroit estsi
elle eust voulu profiter de ses
leçons.C'estoit un esprit imperieux
& bizarre, qui Le ré -
voltoit dés la moindre violence
qu'on tâchoit de faire
à ses inclinations. Ses fantaisies
luy sèrvoient de régle, &
quand on l'avoit ue foischoquée,
il falloit dutem ps pour
la faire revenir. Ce qu'il y
avoit de plus fâcheux? c'est
qu'elle avoir insensiblement
ateint l'âgedeseize ans, &
que son humeur devenoit de
DIUS en plus difficile & vioente.
Quant à sa petfoniie
ille estoit d'une taille fine &
grande, assez agréable, mais
noins belle que bien faite.
Sa Mere que sa tendresse n'ébloüissoit
point, n'oublioit
rien pour la corriger de ses
defauts
, & luy faisoit voir
qu'ayant bien-tost à se marier,
elle ne pouvoit ny estre heureuse
, ny rendre un Mary
heureux
J
si elle n'avoit
mille complaifanccs
,
qu'on
voyoit qui luy manquoient,
& qu'elle devoit tâcher d'avoir
pour estreaimée, & se
faire des Amis. Ces fortes,
d'avis estoient bien ou mal;
receus, sélon l'humeur fiere
qui la dominoit
,
& si elleI
se domptoit quelquefois
pour yfaire attention, elle
retournoit presque aussi-tost
dans ses inégalitez. Ilvous est
facile de juger que le bien que
son Père luyavoic laissé
,
&
celuy qu'elleattendoit encore it sa Mère, luy donnoit beaucoup
¿' Amans. Leur nombre
flattoit sa vanité, mais elle
:!l:oÏt dédaigneuse, & dans la
pensée qu'elle en auroit touours
affcz pour choisir, elle
se plaisoit à n'en ménager aucun,
laissant agir ses bizarreies,
sans se mettre en peine si
ses manières trop dures, &
quelquefois méprisantes
)
les
obligeaient a se retirer. La
Dame quiavoit pitié de -fa
foiblesses s'attacha fortement
en bonne Mere, à luy trouver
un Mary qui luy fust propre,
c'est-à-dire un homme
[age, ca pable de manier son
esprit,& de refrener par sa
douceur les faillies impetueuses
qui luy échapoient de
temps en temps. Elle jetta
les yeux pour cela surun Cavalier
un peu âgé, dont le
bien & la naissance répondoient
assez aux avantages
qu'il devoit trouver dans le
Mariage desaFille.Elle l'avoir
oit veu dans quelques rencontres,
& l'estime générale
oùilestoit,luy ayant faitsouhaiter
d'en faire son Gendre.
elle pria un de ses Amis, de
Vouloit bien l'amener chez
elle. Le Cavalier ne fut pas
fâché qu'on luy procuraitcette
connoissance. La re puraoco
tion de la Dame l' avoit frappé.
Il connoissoit sa vertu, ÔC
c'étoit un agréablecommerce
qu'il s'établissoiten la voyant.
Quelque prévenu qu'il fust
pour elle
,
il trouva encore
dans son esprit,& plus de delicatesse,&
plus de solidité
qu'il n'avait crû. Il avoit
beaucoup d'égards pour sa
Fille qu'il traitoitavec une
grande honnesté, mais il
necherchoit aucun entretien
particulier avec elle,& n'ayant
nullepensée pourleMariage,
il se contentoit de ce qui pouvoit
satisfaire son espritsans
que son coeur prist part aux
visites, qu'il ne laissoit pas de
rendre avec beaucoup deplaisir.
Ellesdevinrentinsensiblement
fort alIioiuë, & comme
il connut à fond le mérite de
la Dame
,
la Dame de son
posté fut fort penetrée de ses
belles qualitez; mais plus le
Cavalier luyparoissoit digne
decequ'elle avoir resolu de
faire pour luy
,
plus il luy
eftoic fâcheux qu'il ne fongeaft
qu'à estre de ses Amis,
sans faire voir aucun panchant
pour sa Fille, qui sur ses con- seilss'estoitassez bien contrainte
pour luy cacher ses
defauts. Cela l'obligeaenfinà
luy parler sans déguisement.
Elle établir pour maxime général
e que la bienseance obligeoitchacun
de rendre compte
au Public delàconduite,
& après luyavoir dit, qu'on
venoitde toutes parts la feliciter
sur ce qu'ilalloitépouser
sa Fille, elle ajousta,que, ses
affiduitez ayant donné lieu de
le penser, il luy feroit bien
desagreable d'avoir à se priver
duplaisirqu'elle prenoit à le
voir souvent,s'il estoit vray
qu'il le trouvait incapable
d'aucun sentiment d'amour;
qu'elle se croyoit assez de ses
Amies pour luy pouvoir dire
que le parry luy seroit avantageux
, puis qu'outre le bien
que la Fille avoit par elle- même,
clic consentiroit volontiers
à luy faire en sa faveur
i
telles avances qu'il pourroit
luy demander, & qu'il devoit
songes serieusement à la propositionqu'elleluyfaisoit.
Le
Cavalier que la déclaration
embarassa, ne put cacher à la
Dame qu'il trouvoittant d'avanta
ge à estre de ses Amis,
qu'il n'avoirenvisagé rien de
plus en s'attachant à la voir.
Il luy dit ensuite qu'il n'aimoit
;>as naturellement les jeunes
personnes, qui n'ayant rien de
solide,dégoûtoicnt souventau
lieu de plaire, & que si sa Fille
voit vingt-cinq ans,elleluy
conviendroit mieux ; que ccpendant
les bontcz qu'elleluy
faisoit paroistre l'engageoient
à des sentimens si forts de rcconnoissance
,que pour la
douceur de faire avec elle une
union que le temps ne puÍt
détruire
,
il se vaincroit sur
ce qu'il sentoit de répugnance
, & regarderoit sa Fille à
l'avenir avec d'autres yeux
qu'il n'avoit eus jusque-là,
mais que s'agiflfant d'unengagement
qui dévoie durer
autant que leur vie, il falloit
voir si leurs humeurs simpa- J
tiseroient assez pourleurlaisser
espererqu'ils vivroienti
heureux ensemble. Ce qu'il
demandoit estoit trop juste,
pour n'en pas tomber d'accord.
Il fit l'Amant de la
Demoiselle,& luy dit beaucoup
de choses flateuses qu'elle
écouta gracieusement.
L'honnesteté qu'elle luy marqua
, luy en attira bientost
de plus fortes
)
& l'amour
commençant véritablementà
naîstre dans le coeur du Cavalier
,
il fut fort content
pendant un mois, & de son
esprit,& de ses manières. Il
luy procura tous les plaisirs
qu'il se put imaginer par des
parties agreables & l'éclat
qu'il fit par-là ne permit
plus
de douter que ce mariage ne j
se dust conclurre. Sa Mcrc
qui luy vantant à toute heure
le mentedistingué du Cavalier,
luy donnoit aussi inec!:'i
samment des conseils, sur le
foin qu'elle devoit prendre
de ne luy faire paroistre aucune
inégalitéd humeur,crut
enfin qu'elle s'e stoitrendue
raisonnable
,
& avoir connu
le tort que luy pouvoient faire
ses bizarreries, mais elle
estoit bien éloignée de penetrer
par quel motif cette bi-»
zarre personne avoit cherchéàtoucher
le Cavalier,
fc s'estoit fait violence pour y donner de l'amour. Elle
avoit esté blesséecruellement
le ce qu'il s'estoit d'abord attaché
à voir sa Mere, sans luy
)aller qu'assez indifferemnenr.
Cette injure luy avoit
:Hé sensible, & elle ne s'estoit
)û imaginer un meilleur
moyend'en avoir raison
, que
le le faire devenir amoureux
l'elle,pour luy faire ensuite
sentir ses mépris avec plus de
rCt. En effet,elle ne crut
pasplustost avoir du pouvoir
ht luy ,qu'ellesuivit ses carriccs)
enluy donnant mille
sujets de se plaindre. La Dame
qui ne douta pas que le Cavalier
ne sedégoutast,luy representa
fort vivement qu'elle
n'avoit qu'à continuer si
elle vouloit le perdre;toute la
réponse qu'elle en eut,ce sur,
quecétoit assez qu'il fût aimé
de la Mere, & que s'il l'estoit
autant de la Fille, il te trouveroit
accablé d'amour. Un reproche
si piquant luy fit connoître
combien sonesprirétoit
indocile,&le peu qu'elle dévoit
garder d'esperance de la
voirjamais capable dese rendre
à la raison.
¡
Le Cavalier rebuté
dit à la Dame,qu'il la connoissoit
trop juste pour luy
demander un plus long engagement
; qu'il estoit fâchéde
l'avoir fait éclater, puis qu'il
sembloit qu'après la rupture ilneluy devoir plus estre permis
de lavoir;que cependant
il y avoit un moyen certain
de rendre éternel l'attachement
qu'illuy promettoit, si
elleavoitassez d'estime pour
luy j pour ,
se resoudre ellemême
à l'épouser. La Dame
rougit,& luyayantdit en termesemaratfez,
qu'ellecroy oit
que sa gloire l'obligeoit de
renoncer pour toujoursau
mariage ,
elle le pria de
se contraindre encore quelque
temps , pour voir si
ses foins ne changeroient
point l'esprit de sa Fille. Le
Cavalier, qui estoit habile,
tira avantage de cette rougeur
, & jugeant à cette marque
qu'il pourroit toucher le
coeur de la Dame, il confcntit
à tout ce qu'elle voulut.
Il continua de faire auprès de
la Fille le personnage d'Amant
,
& seignant que fcs
froideurs
, quelque dures qu'-
,es fussent ne le pouvoient
détacher, il luy assuroit un
faux triomphe dont elle s'applaudissoit.
Ces froideurs,loin
de luy estre sensiblesluy donnoient
un vrai plaisir,puis que
marquant à laMere que c'étoit
pour elle qu'il se contraignoit
à les souffrir
,
il entroit de
plus en plus dans son coeur.
Ainsi il poussa si loin les choses,
qu'ill'engagea enfin à luy
dire qu'elle pourroit consentir
àrépouser,maisqu'elle sentoit
qu'il luy seroit impossible
d'executer cedessein tant que
sa Fillene feroit point mariée.
Apres une pareille déclarai
tion,il n'y avoir plus que des
mesuresà prendre pour bien
con d utrel'affaireselonle projet
qui fut formé. La Dame
dit à sa Fille qu'elle voyoic
bien que le Cavalier ne luy
plaisoit pas; & quelle estoit
rclblucdene plus parler pour
luy
,
mais que s'ennuyant
de la garder, & d'avoir tou<
jours à effiîyer sa méchante
humeur) elle vouloir qu'elle
fîfl un choix parmy tant d'autres
Amans quife piefentoient
pour elle. La Fille luy répon-j
dit que si elle l'aimoit vcrita 1
blcmcntjcllc avoür-roit qu'elle
avoit raison de haïr le CavaJ
lier; ques'il luy avoïc rendu
quelques foins, ce n'avoit
pointelle de sonmouvement*
quec'ciloitelle qui l'y avoic
sngagé
,
& qu'ellerrouvoic
:n cela un il grand outrage
que pour s'en vanger avec
plus d'éclat,elleconlentoità
le donner à celuy de ses A.-
mans qu'elle luy confcillcrolt
de c hoi sir,pouiveu que
jUç le maruge (c sist en fecrer,
ifin que ce jour-là même clic
puft obliger le Cavalier à luy
donner une Fcftc, après laquelle
eue le reroic un trions
pho de luy pouvoir dire,qu'd
ne devoit plus rien ~pcrcr,i*
quelle avoit épousé un de ses
Rivaux. Iln'y avoit rien de
si bizarre que ce qu'elle proî*
posoit, mais elle ouvroit à sa
Mere unevoye feure devenii
à bouc de Tes deflfeins. Elle
avoua à sa Fille que le Cavaliec
n'eustjamais pense à elle, si
jugeant qu'elle feroit heurcuse
avec luyJelle ne luyavoiti
en quelque façon mis dans le:
coeur tous les sentimens qu'ill
luy avoir expliquez. Elleloua
sa delicatesse sur ce que cettc
îonduitc luy avoit donné de
aversion pour luy
,
& feignant
d'entrer dans les raisons
qu'elle prétendoit avoir de
'en vangcr, elle la détermina
épouser un fort honneste
homme qui luy *parut le plus
)ropre à supporter ses bizarcries.
On traital'affaire fort
~ccrettement, & afin que le
Cavalier n'en soupçonnast
ien, la Dame conseilla à sa
"ille de moderer un peu son
igrcurJ& d'avoir pour luy
~ilus de complaisance qu'elle
~l'enavoitdepuislong temps.
Onagissoit contreluy en ap-,
parence, & c'estoit travailler
àson bonheur. La Dame qui
l'avoit averty de tout luy promit
sans peine de l'indemnifer
de la vangeance que sa
Fille méditoit. Ils convinrent
des moyens qu'il falloit mettreen
pratique pour un double
mariage, & il fut aisé de
ménager celuy de la Fille
avec tout le mistere qu'elle y
demandoit, puis que le Cavalier
sermoit les yeux volontairement
sur beaucoup de
choses
, qui luy auroient fait
découvrir la verité s'il n'eust
pas cité besoin qu'il eust feint
de l'ignorer. La Demoiselle,
ayant affecté d'avoir avec luy
des manieres moins hautaines
& plus raisonnables ; suc
persuadée qu'ilestoit la dupe
de sa tromperie, tant il témoignoit
estre charmé d'un
changement qu'il ne devoit
pas attendre. Ainsi quand elle
exigea de luy une grandeFeste,
rien n'approche de la joyc
qu'elle eut de rempressement
qu'il fie paroistreà la satisfaire.
Cette Feste fut un Bal où ill'asseura qu'il auroit foin de
ne laisser rien manquer afin
de luy faire plus d'honneur.
Ce divertiuement estoit um
de ceux dela faison. Il luy
demanda son jour, & elle
choisit ccluy qu'elle avoit pris
avec son Amant pour se marier
,ce qui fut fait de fort
grand matin, & avectantde
fccrct que personne ne le sceur.
Il alla la voir l'aprésdînée
, &
elleluy ditmille choses obligeances.
Il parut le foir avec
un habit fort magnifique &
commença le Bal avec elle.
Les Malques y vinrent en
confusion, & pour leur laisser
la libercé de danser, on entra
une heure après dans une
chambreoù unesuperbe colation
se trouva fcrvie pour
es Dames conviées. Tandis
lue chacun estoit occupé aux
Dlaifirs de cette Fcftc> dont la
Dcmoifcllc faisoit les honicurs,
sa Mere & le Cavalier
l'eurent pas de peine a dirpa
oistre. Il estoit plus de miluit)
& on les attendoit à
'Eglifcjoùayantetfé mariez)
Is revinrent se montrer dans
',Assemblé'c.IlLa Fcftcfinie,
a Dcmoifcllc appella le Ca-
/alic:r'J qu'elle remercia du
'Cgale qu'il avoir bien voulu
uy donner,l'asseurant que
ce fcroit le dernier qu'elle
recevroit de luy puis qu'ellc
s'estoit mariée ce jôur.là-mè.
me,avec un fort honneste
Homme, dont elle prefcroii
la tcndrciïc à toutes choses
Elleluy dit, comme enl'insultant
,
les raisonsqu'elli
avoit eues de luy en faire ur
fccret jusqu'à ce moment) &
choisit pour s'expliquer le
termes les plus fâcheux qu
pouvoient la satisfaire. L<
Cavalier la*laifla parler tan
qu'elle voulut sans l'inter.
rompre, & luy dit enfui
te, qu'il vouloit luy rendre
ïonhuence pour conhdcncc
Y
:n luy a pprenant que son bonneur
estoit tel que depuisune
icure il avoit épousé la Mere,
lont le rncritc, refpric, la
àgefle & la vertu luy tenoient
ieu de tous les tresors du
lnonde. Elle écouta d'abord
:e qu'il luy apprit, comme
ine chofc qui ne pouvoir être,
mais ce qui Cuivit ne luy ayant
pas permis d'en douter,elle
fut au desespoir qu'on luy
cull fait perdre sicruellement
la gloire de son triomphe.
Outre une espece d'affront
que ce mariage luy faisoit,
eueavoitpluhcursraisons de
n'en estre pas contente. Sa
Mereestoie encoreassez jeune
pour pouvoir avoir d'autres
enfans,&ilFalloir,si ellen'en
avoir pas, que pour ménager
lesinterefts,elle fustenquelque
forte dans la dépendance
du Cavalier qu'clle avoit braver cru y en Ce mariant, maisil avoit aucun remede à la
chose, & le meilleur parry qu'elle pouvoir prendre, etc.
stoitde cacher lech grinqu'-
elle en avoit. 0
Si vous avez des Amiesqui
Payent point encore connu
l'Ainour
l'amour, elles en trouveront
uneagréable description dans
le petit Ouvrage que vous
allez lire.
I D I L L E. Llvrée À tt douleur amere
Venusvient de perdre fou Fils; jvoudra le rendre a,saM:rc>-
Dut s'dlJùrer d'un rare prix.
0-',0
Venus le déclare ; elle est preste
AcomhLYJes voetx les plus doux.
Jeune Iris, mettez-vous en q/ejlc
Mdis es Fils, le CI)lJnDjJê'{;V(}US ?
C'estun EnfantJimpie& timidea
Maissil'Ilejtfqu\vt trlpai;
L* Beauté I'dttirelegside.,
LA douceur ttrre/lt firt pas.
il9iltouche, toucke,
mieux >
Tous les charmesfont danspi bouche9
Toutes les graCjesydans sesyeux.
il efi diflret, il ejlfncere,
Cejîlafoysur tout qui luy plaifl.
He!quel malvoudroit-on luy faire,
Tendte & déliât comme il ejl? ç;ses drmes ilsebleffcassez,desesarmes
,
Mais en l'outrage tous les jours,
Et ce n'efiqu'aux soupirs
> aux lar
enmes, ses chagrins il 4 recours.
Vans ïojfenfeU plus (ttleDe)
S&umisy puis 'JI/ON veut le fUrJjr
Il Attendque l'on le rappelle,
Toujourstoutprejlà revenir. - Cherchaits ce Dieu, mais loin des
Villes,
Loin de leur tumulte confus,
Tous nos foins feraientinutilest
L'Amour ne sy retrouve plus.
Le Roy ayant esté informé
de ce qu'avoitfait Mr l'Eveque
de Laon en faveur des
Pauvres de son Diocese, a fait
ecrirc a tous les Evêques par
un Secretaire d'Erat, pour les
engager àl'imirert Voicy une
copie de la Lettre.
MONSIEVR.
Monsieur levêque de Ldon
prejïé d'un mouvement de charité
convenable à [on merite & a
son caraélere, ayant pensé aux
moyens efficaces de soulager les
Tauvres de son Dioceje
t
à cause
de la cherté des bleds, a faitune
Alfmblée deChapitre> desParoiffis
,
& des Comunaute%
de Laon, pour les exciter ày
contribuer avec luy; & pour
donner l'exemple, il s'est obligé
d'entretenir cent cinquantePauvres
par jour. Le Chapitre a
contribue quinze cens livres par
jifle Capitulaire, & il /rft fait
une queftc parmy les Chanoines
qui a produit deux mille cinq cens
ivres. Les CommunltutcZ, les
AbbAyes, & les Seculiers ont
contllbué(lailleurs prés de vingt
mille ivres> en forte que l'on
nourrit tous les jours depuis deux
mois douze cens Pauvres de la,
Ville de Laon1&l'on foulagei
troislieues aux environs ceux
de la campagne;& comme It
feule Ville Episcopalenepeutpas
contribuer à tous les besoins des
Tauvres des lieux éloigneZ, il
 écrit à ceuk qui possedent des
biens coYtfideTabres dans le Dwccfc
, aux Comrhunaute^ C7 ifu-4
tr-erJ pour les exciter à suivre
l'exemple du ClergédedeUVille
de LAon. Quelques-uns ont déjà
commencé, 0* il espere que ju[--
quaumoisd%Avril prochain les
Pauvres de son Diocese feront
tres- bien feconrus. SAMajesté
a esleiffatisfaitede ce zele vraiment
Episcopal
) & a trouvé la
conduite qu'il a tenue en cette
occafron si remplie de charité&
de fegejft, qu'EBem'a ordonné
de vous écrire @¡ de votts dire
quencore quEUefioit ptrfitadét
que vous t'fies animé du mefmc
tfPrit pour les Pauvres devoflre
Dioce^e,Elle ne peut s'empêcher
de revallervoflre %ele en cette
occasionJ afin que vous vous appliquiez
encore plus, s'il efl pof
jible, dans le temps de disette
des bleds, à exciter le Clergé, &
les Communauté^ Secnlieres (sijs
2{egulieres>&tous ceux quipof-
Jedent des biens conjiderablcs dans
'Uoftre Diocese
,
à suivre l'exempIe,
de ce qui s'efl pratiquékLaon,
Sa Majefiém*ayant donné ordre
devousajfiirer que vousne pouvez
rien faire en ce rencontre
qui luy foit plus agrtable. Je
fuis, tze.
ii nele peutrien de. plus
ternble ny de plus épouvantable
que la désolation que le
Tremblement de terre arrivé
au commencement de Janvier,
a eaufée dansla Sicile. Il
commença à Se faire sentirle 9.
fùr les 2.3.heures,& ne fic point
d'autre mal que d'ébranler les
maisons, mais le Dimanche
11. du mcfme mois, il se fit
sentir sur les u. heures avec
beaucoup plus de violence, &,
dura un quart d'heure plus
que le premier, abîmant mai..
fJns, Egliles,Monallcres, &
Villes entieres. Celle de Catalia
fut réduite en un monceau
le pierres, & de vingt- deux
mile personnes, il ne s'en faura
qu'environ deux mille. La
Cathédrale fut toute renverée,
à l'exception de trois Chaelles.
Le Monastere de Saine
Nicolas délia Ritta fut abîrné,
de cent Religieux qu'il y
voit de l'Ordre de S. Benoist,
n'en échapa que quatre. De
ix huit Monasteres de Filles,
n'y en eut que cinq de fauez,
& les deux mille persones
qui curent le bonheur de
e pas penr, se font trouvées
Duces, ou blessées, oueftropiées.
Il ne le iauva qui que
ce soit de la maison desJesuites.
Au premier tremblement
la Mer se retira prés d'un mil-/J
le,& emporta huitFelouques.}:
Cette Ville,que le martyre dct;:
Sainte Agathe,dont elleavoir>
lesReliques & leVoile,rendoit:
celebre, estoiedeja tres-confiderable
en 287. de Rome, que
le RoyHieron y mourut.On y
voyoic encore les restes d'un
Amphithcatre&plusieursInscri
ptionsqui faisoient connoistre
son ancienneté. C'cfioict:
une des plus grandes de laSicile,
ayant un Chasteau élevé
¡
ur un lochcr qui défendoit
entrée de,
-
son Porc. La plustart
des rues, qui estoient longes
& droites) aboutissoient
une grande Place où ily
voie de belles maisons. Dix
plomnes de marbre foûteoient
l'entrée de l'EgliseCaacdra
le) qui cnoie très mapifique.
On a eu nouvel-
: qu'il n'y est relié que la
chapelle de Sainte Agathe,
: que tout le reste a esté
bîmé, en forte qu'il s'y est
Lit un Lac d'environ quatre
illes de circuit.
Voicy ce que Mr le Chcyalier
de la Salle a écrit d'Agouftc,
du15. de Janvier.
Jefuit de retour depuis hier
d'Âgou{îe>$fayesle témoin
oculaire deson entiere def!ru{/ion.,
Nous estionsfouscette Vtlle avec
nos Galeres
)
lors qu'après plu-,
sieurs tremblemens de terre,qui
avoient abattu la moitié des
Temples dr des maijons» ilen
vint un si épouvantable
, quene
laissant pas feulement une
apparence de billet il ensevelit la
plusgrande partie duPeuple.En
,,
mesme temps une vapeur de fou..,
phre quexbaloit la terre> qui,
estoit entre.ouverte en miBe enlroits,
mit lefeualamunition
lelafortere/je,& faisant tirer
out d'un coup l'artulerie, éleva
nfques aux nuè's une si grande
oantité'deBombes.,de Grenades,
e de pierres) que nos Galères
Ii efloient dans le Port, en furnt
notablement endommages,
ieureufemsnt il avait cfié dé-
'ndu aux Chevaliers François
r descendre a terre. Sans cette rnfr nous en aurions perdu la
ufpart dans la Vtlle, car ce def-
-are arriva à deux heures après
dy. Il riy avoitalors quemoy
lUI en terre pour les intertfts du
Jrtfir, en qualité de Revifiteur.
Les gens qui mavaient accompagnéfonttousioumortsy
oubleiffz.
L'Ordrey a perdu qtiatrevinzt-
dix hommes
o > ou Soldats. ou Mariniers
j
quarante-deux
Esclaves> & trente-cinqdanee_
reusement biefez yque je fis rnfuiteretirerdedessousles
ruines.,
Mon bonheur voulut que j: n'avois
pas encore dîné à cette
heure
I, ce qui m'avoit f-Ilit ifortii
de la Ville, pour allermanvem
un morceau suries Çtleres. ta
tane >
la noble @f ancienne Sy
racufie
3
quantité d'autres petitei
Villes des environs du IJont1
Gibel
? ont eu le mesmemilhcurû
NoUS ne afnons rien encore de
MtjJint, je çroyquelle n'aur"
p4i eslé plus beureufe. Ce tremblementasuivyàxns
toute la
ÇdUbrejusquauÇolphc\de Veflife.
iojklesB*Jtimens qui efioient
mer I'QMrejpnty.
.;
(Quelques -.uns écriventa
L'égard du Chaftcau d'Agouac,
qu'ilfut reaverfé parle
econd tremblement
, que
comme en ce Payslà la plusart
des pierresiont des cailpux
semblables à des pierres
faG],j^aciq\ies'unes setouchant
lç,unGS les autres firent
eu,& lemirent aux poudres
du Magazin. Dés le tremble.
ment dup. la troisiéme partie
de la Ville avoit cité renverfée,
ce qui obligea leGouverneur
à faire fairedesTenrcs à
la campagne, & on en dressa
mesme par son ordre pour sa
Famille. Les Galères de Malte
qui estoientau Port,la Chiourme
estant en partie dans la
Villeà charier leBiscuitpour
Malte, furentobhgéesdecoui
pcr promptement leurs cables
qui estoient liez en terre, parce
que la Mer se seroientattt
large,& qu'elles feroient de
meurées à sec. 1
Saragouîic a cltc aussi abimécentièrement.
C'estoiautrefois
lafameufe Siracufequi
estoit parvenue à un tel point
de grandeur3 qu'on la divisoit
en quatre parties)quifaifoient
quatre Villes,appellées,Acra.
dîne,Naples, Tiche & Ortygic.
A pres avoir esté fouvent
assîegée sans estre prisc,
elle fut enfin cmportée en
741. de Rome
,
malgré tout
(efçavoirdArchimcde. Sara-
^oiiflceftoic aujourd'huy si.
:uéc dans une pretqu'mc de
sur Rocher
, qui la rendoic
atrémement forte avec un
Chaiteauiur un Rocher détaché
de la Ville
, par un sofle.
Ily avoit ctiverfes Eglises,de.
belles Maisons, & un PÔsc
très commode. L'EgliseEpiscopale
de Sainte Luce
3
estoit
anciennement le Palais de
Diane. Rien n'y est demeuré
debout.
Le Mont Gibel fitunbruit
épouvantable>qui fut entendu
jùsqu'à Meffinc
, ce qui
u'estoit jamais arrivé. Par le
second Tremblement, la Mer
s'estant retirée on vit les poissons
à fcc, & enfuite elle retourna
avec une telle furie,j
qu'elle entra dans-la Citadelle
J' & passantpardessus les
murailles, elle jerta des poiffolfSi
dedans. Il. tomba plus
de quarante Palaisdans McflU
ne. Voussçavcz combien cette
Ville-la.est importante,&;
que son Phate ouCanal estle
passage de tous les Vaisscaux
qui viennentduLevant.
Je serois trop long à vous
peindre les horreurs dont ce
Tremblement a esté suivy.
Ceux qui ont pu s'en sauver
n'osant , rentrer dans les Bourgs
ny dans les Villes, on a celébré
rofiiee danslescl-lampso
& le saine Sacrement y aesté
exposé par tout. Ce qu'il y
avoit de bien déplorable
c'estque laplupart de ces malheureux
y mouroient de faim,
& pour surcroist de misere
estoient exposez à la fureur
des Bandits.
Ces Villes ne font pas les
seules que le Tremblement
ait abimées ou détruites dans
la Sicile.Voicy le nom de
plusieurs autres quionteu la
mêmedestinée.
laci.
Lentini.
Carlentini.
Noto.
Modica.
Cicli.
Naguzza.
Vizzini.
Minco.
Litiguagrofla.
Catalanofecta/
Il y a eu encore plu ficurs
autres lieux,oudécruirs ou
ibimez, feavoir.
Catalabiano.
Viafcare,
>. Antonio.
-aC-itrina.-
rrccafiagni.
lia grande.
.a Pedaia.
Gioanni la
punto.
dvedere.
Gregorio.
S. Agata.
LiPlaghi.
Monpellicri.
Mifuercianchi.
Motta di San
Anaftafio.
Telue Noncada.
S.GioGalcrno.
Tremiftieri.
Metclli.
Aula.
Spoacca For-
BO.
La Ferla.
Lucafrero.
Bichierie.
Craratana.
Chiaramonte.
La Vittoria.
Monterosso.
Nicodia.
Palazzola.
Luciola.
Pallagonia.
Milerello.
Scardia.
Francofontc.
GggL
Les Villes ou il y aeu quelques
Eglises & des maisons
renvcriées,& où il n'a pas pery
un si grand nombre d'Ha..
bilans
,
font,
Melazzo,avec six autresVilles.
Ccfalu.
Termini.
Palctmo.
Monreaie.
Trapani avec d'autres lieux ;
&quelques Villes voibneso
H yert a eu d'autres à demy
dé[rui-res,& ce font,
Mandfazzo.
Paterno.
Cartagerona.
astrorao.
3ronti.
Piazza.
Castro Gioann.
Trancavilla.
La Novara.
Adorno.
S. Philippe
d'Airo.
Il ne faut pas s'étonner après
:ela ,
si on saic monter à cenc
inquantc mille perfonncs le
nombre de ceux qui ont pery.
Ainsi dans la dcfolation où est
presencement la Sicile, on
peut dire, quec'est un Royaume
perdu en quelque façon
pour la Monarchie d'Espagne.
Elle est divisée en trois vallé>
es. Le Val de Noto est tout
ruiné) & tous les arbres ont
estédéracinez. Le Val de
Move. n'a esté guere mieux
traité,& dans le Val de Ma-^
zara ,
il n'y a eu que quelques
maisons abbatuës. Le Tremblement
Ce fit sentir lep. à
Palerme
,
deux fois le 11. le
matin & le foirle îz. & feu-
-- lement
ementle matinle13. mais il n'yeutque la^ premiere fecouflfe
qui donna quelque ter- reur & le dommage ne fut
qu'en quelques Maisons &
Edifices dela ViHe,"& fort
peiTconfïdérable. LeViceroy
ne laissa pas d'aller coucher
dans une Galere avec toute sa
Famille >& quantité de personnes
se mirent dans des carrosses
au milieu de la Campagne.
iLa Ville de Malte a eu parc
tremblement. Il commença
à s'y faire sentir le 9. de
anvier sur le minuit, & de
nouveau sur les trois heures
du matin. Ces fecouflfes ébranlèrent
les maisons avec tant
de force, que dés que le jour
parut,roue le Peuple prit le
party de Ce retirer à la Campagne.
Elles durercnt tout le
jour suivant, mais moderées,
& le ii. sur les deux heures
aprèsmidy, il yen eut une si
violente
,
qu'en moins d'un
quart d'heure la vieilleVille
fut entièrement ruinée. L'air
devint comme en feu, & on
sentoit une odeur de fou phre
qu'on ne pouvoit supporcer.
Toutes les c loches ayanttinté]
d'elles mêmes dans la Villcneuve
par l'ébranlement des
Eglises;& de la -
plus grande,
partiedes niaironsle Dome de
Nôtre-Dame du Polar tomba,
&la Sacristie del'Eglse de S.
Laurent duBourg,futabbatuc:
par les pierres qui fc dérachètent
du clocher. Les Galcres
qui revinrent d'Agou-ffc à
Malte,y amenerentleGoaverneur
de cette premicre.Ville
avec saFemme)leurs Enfans
ayantesté écrasez fous les ruines
du Chasteau
)
quand le
Feu y prit.
Tout ce que je viens de
vous conter a dû vous donner
des idées si tristes
,
qu'il me
paroist qu'il n'y a qu'une maticre
galante qui foie capable
devousen tirer.C'estce qui
m'oblige à vous faire paît de
la piecc que vousallez lire.
Elle est d'un jeune Cavalier
de Riom, qui l'envoya à
une fort aimable personne
de Province, le jour de sa
Feste.
-
-r A
MADEMOISELLE RO***. tImagination galante.
L 4 E Sommeil dont les dons nous
font si prccieux,
k peine cette nuit m'avoit fermé
* les yeux,
ijue je crus traverser de riantes
Prairies,
It je me figuray
@
,
marchant d'un
pas compte
Jue je m'abandonnois en pleine
liberté
A d'agreables rêveries.
klle Philis,vous en estiez l'objeti
Je me reprefentois vos charmes,
Et me livrois à de douces alarmes,
En m'occupant d'un si tendre
sujet.
J'eneflois donc, Mademoiselle,
à des réflexionssur"vos g..ém£ns, sur cei maniérésaiféts &naturellesausquelles
feules j'attribue
prefaue la perte entiere de
mon coeu)"J lors quinfenfiblement
je me trouvay à l'entrée d'un
petit bois. Le Soleil qui mefemhloit
déjà fort élevé
,
l'épaiffiur
des arbres qui rendoient ce lieu
des plussombres> le filtnce qui
me paroissoityregner>les idées
dontpour lors ejloitrempliemon
imagination> tout me determina
ayallerpasser quelques heures.
J'y choisis(labord les routes les
plus écartées, & là
,
hors du
bruit, & entraîné par les douceurs
innocentesd'un repos chaYitpeflre,
fexaminois l'état de mon
coeur. Je me rendois compte à
moy-meme defesfentimens, &
ravy de les treuver à mongré>
déjà se formoient milleprojets
d'un attachementeternel> quand
je me DIS à l'extremité de la
Forefl.
Là s'élevoit un Temple à demy
ruiné,
Qui jadisestoit destiné
¨Pour faire tous les ans les Festes.
de M inerve,
Dont Lt figure encore s'y conl4erve.
O
A mesure que je m'enapprochoispourconsiderer
de près les
anciens refies de cefupcrbeédifice,
que vouseujfie^mieux mérite
que celte Dccjje dela SagrjJ»
1 j'entendais comme des gcmijjemens
d'enfant,& ma. curiojité
tnayantporte vers l'endroit d'où,
ils me Jembloient venir, j'y vis
l'dmour, & je le vis dans la
dernieYedejolation
,
abbatii par
tin excès de dou/eur. il efioit
appuyécontreunvieux Mtrthe.
Son bandeau tout mouille de larmes
me fit juger qu'il avoit pleuré
long-temps;mais quelque trifteffi
qui pteruft dans sisyeux
>
tant
dedouceurs'y mesloit
y que je regarday
ces petits desespoirscomme
lesfuites d'une ttndreffi contrariéej&
parcertainesplaintes
qui luy echaperent
> fentrevis
que son coeur irrité cherchoitàfe
revoltercontre unjoug incommode
& opposé à tous les pas que
commençoit à luy faire faire sa
passion. VOJeJ je vous prie tjî
je me trompois dans mes conjec*
tures. Le pauvre Enfant! Il
m'avouaingenuëment^uil avoit
eslé frtmaltraité desa Meyt;
que cette Deesse
y
poupée par les
niouvemens de j'à jaloujte ordi-
"AireJ menaçait de l'abandonner
s'il ne brisoit lout-a-faitses chaines,
e que dans l'aveugle preventionoùilla
sçavoit
> que hors
fis charmes rien aumonde nejloit
digne dJeftre airné, une obfttnation
d'attachementpour une Philis
dont elle ne pouvoit fottjftir
ny la beauté ny le merite, ne
manqueroit pas de la rendre pius
furieuse
J & de le perdre pour
toujours. Ces dernieres paroles
furentfuîmes de quelquesfôupirs,
cm d'un moment derêverie
eu lentrainerent ses diverses re.
flexions. Puis revenant tout à
coup comme d'un profondajfoupYFment)
il Secria.
J'aime bien mieux renoncer à
mes droits
Que dabandonner ceque j'aime,
Je ne vois rien que de doux dans
mes loix,
Et jeveux les subir moy-même.
Ilseplaignit enfuite de ¡lin';'
juflice & de Prnteftement présomptueux
de Venus, f0 pourse
juflifitr revenanttoujours au merite
desa Philis, il luy donnoit
dans ses maniérés
3
des airs de
grandeur; dans neffrit, du bon
goustYede là delicatesse; dans
sa conduite*uneégalitéahumeur,
&des allions des plus reglées;
dans la tendrtffe
)
du rtfinement*
&de lacirconfp(£lion. Il la representoit
referméesansifngula-
1 t - rite> e cnjciïéesansdijjipation.
Il la montroit autant remplie de
douceur que de politeUeJ & d'un
ton d'Oracle il ajoutoiti que si le
cceur decette bellePersonne zenoit
un jour à se ltliffir touchen
on le trouveroit aimable par sa
nouveauté) affure par sa boru.t
joy, inébranlable par sa confiance
3
tendre sans passion, &
aeltcat Jans jiloulie; & of pour me faiirreevvooiirr qquu'àà tfooUutteess ces qquuaallii-.
teK se jotgnoient encore une beauté
des plus touchantes, & un je
ne sçay quoy dans l'extérieur qui
interejjoit d'abora, cepetitDieu
tira de sonCarquois une boëtes (7 l'ouvrit. Eh! qui vis je? Fousmême
t Mademoiselle&peinte
parles mains de l'Amour. Je fus
interdit a cette veuèy mais heureuxalors,
pour nepoint paroistre
fufpcEl, davoir pu trouver dans
l'admiration que lattiroit cette
peintureyunprétexte à mon etonnement.
Tous vos traits ef/oient
vivans. Ce Peintre habile vous ""---..- .--
dvoit donné une parure deDéeJJe
qui vous fied parfaitement; tl,¡OIM
paroijJie'{ dans les airs sur une
ifPece de char a la Romaine, trainé
par des Qignes.Ace char étoit
enchaîné l'Arnour, qui bien loin
d'efire honteuxdeJadéfaite>n'en
fatfoit, ce semble
3 que rire,,&
Jon arcyses fléchés&Jon bandeauyquon
vous voyait entre
lesmainst vouf Jirvoientplutoji
de jouet que de trophées. Sur la
bordure efloient écrits ces mots,
Triomphe dela belle Ro.
sur l'Amour.
Etau bas ces Vers. I
ycnus n'eutjamais tant de charmes,
:.Auffi jamais Venus ne triompha
si Ce Dieub, Maigireedes cnoeurs,.patNr
l'effort de ses armes,
N'a donc pû garantir le sien
'M Pour montrer enfuite que ¡-A..
mourrontAmourqu'il ejhnepeut tftr à l'épreuve Je les propres
coups,£7* qu'aprts avoirtnfpirè
de la tndrrffe aux autres ,
il n'efl
pas impojjtble qu'il en rejjente en*
fin a son tour) sur le revers de
cette mesme Boete efioit un emblème
dont le corpsreprefenloit
un Cupidon pleurant, &ses larmes
venoient d'une douleur causée
parune blessure qu'il s'efloit
faite en tirant de son arc, avec
ces mots pourame.
Je ne fuis poinc invulnerablc.
Ait dejjous eftoint grave^ ces
Fers.
Je puis aimer, & j'aime un objet
tout aimable.
Je fuis sensible â ses appas,
Et par un fort inévitable
, Mes flèches ne m'épargnent pas.
Ce revers de boete e ftoit bordé
.de mille petits vrnemes. jj ad. miraysurtoutvoflrechtjre>
celuy de l'Amour) quientre
lacez ingenieusement par desi
branches de Mirthe) embellifAf
Joients & donnoient du prix k\
tout le refle.
Comme je fongeois à me retirer
pour rêver a mon aise à ce que je
venois de voir1tant cette avanture
meJurprenoit >Zepbire arriva
»
qui de la fart de Flore portoit
à ce petit Dieu une corbeille
de fleurs. Je pris gardequ'illes
reçut avecun vrty plaijir. Je
:onnf4$mejmeparsa maniéré de
remercier
i que ce present avoit
9fié demandé:) {0 juflement ces
Heurs vous essaient dejlinées;
mais l'Amour nejçavoit comment
vous lesenvoyer. Je le vis Íàiejjus
dans de petites inquietules.
Il sentoit qu'il ne pouvoit
iifpofer de qui que ce foit3 parce
que Venusirritée avoit déjà donnéfcs
ordres. Ainsi les Ris, les
Grâces, personne ne devoitagir
pour luy. Le pauvre Enfant me
toucha. Cesmaniérésmeparurent
trop duresy je le prévins ; je m'engageaya
vousfaire rendre les liberalite%
, ou plutofl le tribut de
cette DceJfe du Printemps:
foit que véritablement il mecrust
dansfes inlcrefis ,ou qu'un je ne
fiay quoy m'eufl attirésa confiance
J rnes offres furent acceptéesy
il membraffamiUe fois>
tant il m'ensceut bon gré, &
enfin nous nous feparames>après
que des remercimens faits de la
meilleure grace du monde eurent
succedè à ces témoignages de gratitude.
Je profite donc de la conjoncture
des temps ;je veux dire Mademoiselle
>
de labelle Fejie d'aujourd'huiy
pour m'acquitter d'une
commission dont mon caurfait
son affaire. Convaincue de lA
force de mes Çentimens,& par
consequent de la juflice que je
rens à vos charmes ,quisçait si
vous ne me trouverez point trop
peu de delicateJJe', dr sivousapprouverez
le pcrfonnage que j:
faisÀl'heurequil Onpourroit
rafiner dans d'autres rencontres >
,..-¡.e le sçay, mais icy fongtZ que
la tendreffi que L'Amour inspire
,.
eese fixepas ordinairement sur
luy
, que deses progrés dependent
peut-eflre les miens, & que toutei
les démarchés que luy fera, era fairedans la fuiteson penchant,
peuvent ne tendre qu'àm'ajjcurer
quelque jour i"entiere pojfejfton
d'un bien qui cft l'objet de tous
mes desirs.
Le Roy donna au commencement
de ce mois Audience
aux Deputez d'Arrois,
qui surent presentez par Mr
le Dac d'Elbeuf, Gouverneur
de la Province, & conduits
ar Mr le Marquis de Blain:.t
ville, Grand MaistredesCeèmonics,
& par Mr Dcgr_:'
gesMaistre desCcremonies.
Vif l'Abbé de DompmaLi"
Deputé du Clergé, porta la
parole. Ilestoit accompagné
le Mr le Marquis de Sainj:
loris, Député de la Noblesse,
4 de Mr DouaydeBaifncs,
Deputé du Tiers Estat, EIërïë:
in de la Ville d'Arras On
eue dire à la gloire de ccue
rovincc:)qu'cllc s'est toujours
istinguéedans fesdeputations
par le bon choix qu'elle a fait
es personnes qu'elle a dcputecs.
Cetf une chose dont on
ne sçauroit douter, puisqueceux
qui ont eu l'honneur de
porter la parole, ont toujours
receu de grands applaudissemens.
Je vous ay souvent
envoyé leurs Discours
entiers, que vous avez admirez.
Le dernier n'a pas esté
moins applaudy que les autres,
& vous devez croire
qu'il le meritoit,puisque l'on
n'est pas prodigue de louanges
dans un lieu où régnent
la delicatesse 5c le bon goust.
S'il estoit tombé entre nlCS'
mains, je vous en aurois fait
part.
;l..Ona parledepuis plusieurs
innées d'un Ouvrageconsiderable
» - pour t'cmbcUifIement
& l'utilité delaVillede
Paris. Les Peuples le sdouhaitoient
,
& estoient chagrins
qu'on n'en dist plus rien;
mais enfin le Roy qui ne se
plaist qu'à faire du bien, tant
au général qu'au particu lier.
accorda ces jours passez à
Mr le Maréchal Duc de Luxembourg,
la permissîon de
faire travailler à ce grand Ouvrage.
Ainsi il va faire construire
un Pont de Bateaux
notant sur la Rivière de Seine,
qui aboutira visa vis leGui;
chec de la ruë S. Thomas du
Louvre. Les Desseins ont esté
faits par MrduVal, Architecte
des Bastimens du Roy,
dont l'habileté est connue,
& à qui le Val de Grace
doit une partie de ses beauttZ.
Ce nouveau passage fera
d'un fort grand secours pour
avoir la communication des
Quartiers circonvoisins, tant
du costé de S. Honoré, que
du codé de l'Abbaye S. Germain,
qui sont les plus peuplez
de Paris. On fc dispose
à travailler inccfianlnlcnt à
ce
ce merveileux Ouvrage, donc
le Public attend l'execution
avec tant d'impatience. Vous
ne devez pas vous étonner si
: je luy donne le nom de merveilleux.
Ce n'est pas un Pont
de Bateaux ordinaire, & il
n'aura riende semblable à
ceux qu'on a déjà vûs de cette
nature. Outre les ornemens
qui seront une agréable décoration
sur la Rivière, il y aura
quantité de commodirez. des
Bains publics,.& plusieurs
Boutiques, non pas à la
manière de celles du Pontneuf,
mais ausquclles seront
joints des logemens,& de fort
belles Pieces, où ceux qui se
baigneront pourront s'aller
reposer. Ce qu'il y a d'admirable
dans ce dessein, c'est
que le toit de ces Boutiques
n'excedera point le niveau
du Pontsur lequel il y aura
deux Parapets pour plus de
commodité
, quoy que les
Carrosses ne doivent pas y
paffer. Toutes ces choses font
difficilesà faire comprendre,
principalement pour ce qui
concerne les Boutiques, mais
je croy que le Publicenverra
on Dessein gravé avant qu'on,
ait achevé ce Pont. Ilne fervira
pas seculement de passage,
mais de décoration àla Ville,
& de promenade: & si l'exe
cution répond à ce que j'en
ayvû, il y en aura peu de plus
agreables.
(
J'ay à vous apprendre la
mort de Mcflirc Jacques le
Sens, Marquis de Folleville, arrivée le 28. du mois
pasle.
Le Roy, dont il avoit l'honneur eu d'estre Page
,
luy
avoit donné l'Eseingene Colonellede
sonRegiment,àl'âge
dedix neufans. Ensute il fut Capitaine dans le même
dillingua en toutes fortes
d'occasions, Sa Majesté le fit
Colonel du Régiment de
Flandre, à la testeduquelil a
fait beaucoup d'actions remarquables,
tant dans le VM
varés où il commandoit en
chef,qu'à la Bataille deScaffarde
,
& aux Sièges d'Italie.*
Il est mort âgé seulement de
trente-cinq ans, & estoit Fils
de Mcflïre Guillaumele Sens,
Chevalier de l'Ordre duR^oy*
Marquis de Folleville, Lieutenant
Generaldes C ilnps &
Armées de Sa Majesté. Les
services considérables que
ce Guillaume de Sens à
rendus à la Couronne, l'avoient
fait honorer de plusieurs
Commissions importantes
,
fous le Règne du feu
Roy, & pendant la Régence
de la Reine Anne d'Austriche.
Ila servy trente-neuf ans
sans dscontinuer
, ce qui
avoit otligé Sa Majesté à luy
donner le Gouvernement de
Vitry le François,& cel uy de
Saverne en Allemagne. Le
Régiment de Flandre qu'avoitMr
le Marquis deFolleville,
son Fils,aeftédonïïfrà
Mrle Marquis de Tors. -J
Un a eu nouvelles, que
-
Mr le Vidame d',EsInevmal,Am- bassadeur de FranceenPologne
, y estoit mort en fort
peu de jours. Il avoit esté
invité aux Noces du Grand
Enseigne de Pologne, qui se
firent à Grodnau, leI. dumois
passé. Une fluxion qui le furprit
neluy permit pas des'y
trouver, mais s'estantsenti
< mieux le lendemain, il assista
à la suite des réjouïssances. Sa
fluxion augmenra le jour sui-
vant, accompagné'ecdi'u' ne snie, -
vre si violente,qu'il mourut
le8.IletfoitPetit FilsdeR03
bert le RouxdeTqui
enisqq.epousa Marie deBellievre
»FlUe de Pomponcde
Bellievre
,
Ambassadeur en
Suisse,enPologne & en An- • eterre
,
a Plenipotentiaire à
Paixde Vervins & enfin
Chancelier de France. De ce
mariage sortit entre autres
Enfans Claude le Roux
,
Baron
d'Aquigni, Chastelain de
Cambremont
»
& du Mesnil-
Jourdain, Seigneur de Becdal
, Vironvey
,
la Métairie,
Conseiller au Parlement de
Rouen,qui prit alliance avec
Madeleine de
-
Toumebu.
Fille d'Anne de Toyiflcbu,1
Baron deLivec, Seigneurde
Bouges, & de Françoise de
Prunelé, dont la Bisayeule
estoit Madame Anne de
Dreux, Princesse du Sang
Royalde France, Vidame de
Normandie, Baronne d'Esneval,
ChastelainedePavilly.
Mrle Vidame dEfnrvjl» Ambassadeur
en Portugal, puis
en Pologne, Fils de ceClaudele
Roux, & de Madeleine
de Tournebu, avoit
épouse Anne-Marie- Madeleine
deCanouville
,
Fille d'Adrien
de Canouvillc, Seigneur
deGromesnil;& de Mario
Elisabeth Brretel,& il en a eu
un Fils , Claude-A-Mm le
Roux,néàLisbonne le
Fevrier 1689.
fk. Je puis joindre à cette
mortecelle du Marquis de
Flcury» Amiral des Bateaux
iÏIlCZ en guerre que l'Empereur
fie équiper l'année dernière
sur le Danube. Ce Marquis
estoit Piedmontois
,
&
avoitesté Capitaine des Gar
des du feu Duc de Sdvoye;
& son Rival, ce qui Tavoit
obligédese sauverde sa Cour.
Il fit après cela diverses figu.
res dans le monde,sanssçavoir
eu il pourroic s'establir,
maisayant esté mieux receu
dans la Cour Imperiale, qu'en
aucune autre,il tâcha par ses
foins d'y mériter de nouveau
les faveurs de la fortune que
son amour luyavoit saic perdre,
& enfin il avoir pensé à
unarmement sur le Danube,
plustost pour son interest que
pour coluy de l'Empereur. Il
s'estoit donné de grands mouvemens
pour cet armement,
dont l'utilité n'a pas répondu
à la dépense. Tout l'avantage
que Sa Majcfté Impériale
en peut tirer est de compter
uni Amiral parmy ses Officiers,
& des Bastimens far
l'eau, qui feront peu sujetsaux
tem pestes qui regnent presque
toujours sur les Mers.
,
Il y a eu beaucoup de Maades
depuis quelque temps?
le leurs maladies onteste fort
curies. Mrdu M!t-.Gr(;flicc
lu Confcil ,a esté du nombre
le ceux qui font morts, sans:
voir esté malade que fore
.eu de jours. Ilavoit larepu
ation d'estre fort bonnette
somme
, ce qui luy avoir ac-i
uis l'estime de quantité de
personnes distingués.Il étoit
beau- Frere de M d He;:.rvillc,
Gouverneur de Pignerol,&
il a laissé un Fils,Conseiller
au Parlement.
On écrit de Tours,que le
6. de ce mois,Messire Gilles
de Pontz-Rafbré, Marquis de lsainé de Messire
Gilles de Pontz Ralbré, Baron
de Chantelou, avoit époufé
Mademoiselle de Saint Au.
dré. de Boisrougeron
,
Fille
unique de Merc Jeande
SaintAndrédeBoisrougeron.
premier Capitaine dans le
Regiment de Sutlaubc , qui
s'est distingué en Irlandeà la
BatailledeBoisne,&deDame
Marie .dc",Valfocé, Mr de Saine André descen-d deMessire
François de Saint André,
President à Mortier, qui l'an
560, fut assassiné à coups de
?ifi:olct) comme il sortoit du
Palais, pendant les premières
gMuaeirsroesn delaReligion. Cette estoriginaire de Tououze
»& elle a toujours esté
nviolablement attachée au
ervice de Ces Princes légitimés.
La Mariée, qui estd'un
resgrand merite & d'une
eauté parfaite
,
cft unique
Heritiere de Messire Jean de
Valfocé,Lieutenant-Colonel
du Regiment de l'Isle
,
son
Aycul Maternel, qui possede
de grands biens. La Ceremonie
de ce Mariage fut faite
par M' l'Abbé Martin,Docteur
en Theologie, & grand
Archidiacre de l'Eglise de
Tours, en presence d'un fore
grand nombre de personnes
de qualité qui s'y estoient
renduës. Ls Reveuës que le Roy
fait de toutes ses Troupes, &
particulierement de celles de
sa Maison , sont cause que
tous les Commandans redoublentleurs
soins,afin qu'elles
soient toujours en bon estat.
Sa Majesté pour ne pas fatiguer
la Cavalerie de Sa Maifan,
en la faisant venir aux
environs de Versailles, a bien
voulu se donner la peine d'altr
jusqu'à Chantilly
, pour
enfaire la reveuë dans la plaine
de Senlis, où ces Troupes
voient ordre de se rendre.
„e Roy y estant arrivé le Jeuly5.
de ce mois, fit dés le
endemain la reveuë des quarc
Compagnies desGar des
tu Corps. Le jour fuiyant)S
Majesté vit encore tous les
Gardes,ainsi que tous les
chevaux qui avoicnt esté achetez
pour la remonte. Le même
jour, Elle fit la rcvcuë des
Grenadiers à pied, & aprés
leur avoir fait faire diverses
évolutions,Elle vit ses Gardes,
Brigade par Brigade,à
pied, l'épéeà lamain. Ensuite
ilsmonterenttousàcheval, &
défilerent par Compagnies,
& aprés cela par Brigades,
& l'on peut dire que Sa Ma
jesté les examina un à un. Mr
le Maréchal Duc de Duras
commandoit cc jour- là tout
le Corps, Mr le Duc de Noailles
ayant le Baston. Mls les
Maréchaux DucsdeLuxemb_
ourrgg&&ddeeLLoorgregeei?fïaoloënÍCnj
à la telle de leurs Compagnies.
:Tl-uS les Capitaines des Gardes
avoientdes manteaux
bleus, qui sont prcfcnrement
des ornemensà Brever. Les
Officiers en avoient aussi»
mais les ornemenscitoienc
differens. Le Dimanche, le
Roy alla à la Chasse de la
Fauconnerie
,
cù toutes bs
Dames se trouverent en li-tbits
d'Amazones des plus magnifiques.
Le Jeudy, le Roy
vit la Gendarmerie.
Les Gendarmes.
Les Gendarmes Ecossois.
Anglois.
Bourguignons.
De Flandre.
De la Reine.
Dauphins.
Berry.
D'Anjou.
D'Orleans.
Les Chevaux-Legers.
Chevaux-Legers dela Reine.
Dauphins.
De Bourgogne.
De Flandre.
D'Anjou.
DeBerry.
D'Orléans.
Toutes ces Compagnies
estoient commandées par Mr
i le Comte de Marsin, Brigadier
des Camps & Arméesdu
Roy. Monseigneur le Dauphin
salüal'épée à la main,
toutes les fois que ces Compagnies
passerent devant Sa
Majesté. M' le Nonce ayant
souhaité de voir toutes ces
Reveuës, ne manqua pas de
, ,. s'y trouver, & aprés avoir
parlé plusieurs fois de la beauté
des Troupes, il dit au Roy,
c^iilefioit impossible de les DOIT
sans que leur prefînce imprimafl
du courage aux plus poltrons.
Le Roy luyavoit faitdonner
un des chevaux quiluy fervent
de monture, & comme
cecheval estoit un peu vif,
M' le Nonce dit, que c'estoit
un Bucephaley qui ne connoissoit
qu'Alexandre. Monficur le
Prince le regala magnifiquement.
Le Roy alloit à la
Chasse du Chien courant au
retour de toutes les reveuës,
quiauroientdeu lefatiguer,
s'il n'avoit pas toujours la
mesme vigueur,&s'il n'avoit
pas esté dans une santé parfaite.
Le Mardy, S. M. chassa
depuis onze heures juGjuafix
heures du soir,& au retour
en rentrantdanslepetit Parc,
Monsieur le Peince donna au
Roy & à Monseigneur le plai.
sir d'une battuë dans un petit
bois, d'où il forcit plus de
deux mille Faisans, & autant
de Perdrix. Quoy que tous les
Officiers du Roy fussent à
Chantilly & qu'il ysust servy :0lnmc:à Versail les,Mon sieur -c Prince n'a pas laisse d'imaginer
mille choses pour faire tous
es jours trouver à Sa Majesté,
& à toute laCour
,
des agrémens
nouveaux dans cette
delicieuse Maison. Le Mercredy
on vola à l'ordinaire.
Le Jeudy, le Roy fit la reveuë
de ses deux Compagnies, des
Mousquetaires,où les Officiers
nouveaux queSaMajesté avoit
fait recevoir à la dînée à Ecoüanen
allant à Chantilly;
parurent avec beaucoup de
magnificence. Ensuite le Roy
allaaux Toiles dans la Cour,
desquellesce Princenevoulut
point qu'on courust les Sangliers
; mais il les fit courro
en pleine campagne avec des
Levriers corps à corps, fanas
si
que personne en tuast aucun avec
l'épée
, comme cela se pratique
ordinairement. Le Vendredy,le
Roy alla à la chasse du vol, & partitle
Samedy pour retourner à
Versailles. Tant que la Coura
demeuré à Chantilly, il y a eu
tous les soirs appartement, ôC
rand jeu dans la Galerie. Monseigneur
le Dauphin a couru tous
es jours le Cerf ou le Loup
, avec
les équipages de S. M. qu'on appelle
les grands chiens, son équipage
du Loup,l'equipage de Mr
e Duc du Mayne pour le Cerf
équipage de Mr le Chevalier de
Loraine pour le Cerf, qui atou- oursdemeuré à Royaumont avec
celuy de Mr le Duc du Mayne.
JUoy que les Troupes ayent esté
charmées des manieres du Roy*
la respectueuse estime, & l'amour
qu'elles ont pour ce- Monarque
ont encore redoublé dans ces dernieres
Reveuës. L"'-;'
Je ne dois pas oublier de vous
dire icy qu'aux environs d'Ecouan
en allant à Chantilly, une chaine
de quarante à cinquante Galeriens,
fut si heureuse qu'elle rencontra
le Roy. Ils donnerent des
marques de leur joye, &firententendre,
quoy que de loin,qu'ils
esperoient que leur peine leur seroit
remise. Le Roy qui ne fait
rien avec précipitation, les laissa
pallèr)& le soirs'Mant informé
de leurs crimes,déclara qu'illeur
saisoit grace, à l'exception de
quelques-uns,à condition neanmoinsqu'ils
serviroient six ans
dans ses Troupes.
Je
»
Je vous ay parle des nouveaux
Officiers des Mousquetaires en
vous parlant de la Reveuë de ce
Corps,mais jen'ay pas crû vous les
devoir nommer dans cet article,
pour ne pas interrompre le fil du
decail que j'avois à vous faire, de
tout cequi s'est passé au voyage du
Roy, à Chantilly.Au mois deMay
de l'annéederniere, Sa Majestéallant
à Namur, fit une augmentation
de deux Maréchaux des
logis dans chacune de ses Compagnies
de Mousquetaires. Ceux
delapremiere,furent Mrs de la
Roque & de Malleville, & les
Brigadiers quiprirent leur places,
Mrs le Chevalier Defclgfel éc
Dumas. Les Maréchaux des logis
de la seconde, furent Mrs de Combes
& Baron, & les Brigadiers
Mrs Doucette & Grandchamp.
Mrde Jauvelle eslans mort queldqeues
jours après,Mr le Marquis
Vins fut nommé pour remplir
ce poste, & Mr de Rigauville,
alors Cornette, fut fait Sous-
Lieutenant , & receu le 13. Juin
à la teste du detachement, commandépourattaquer
les Ennemis
dans des carrieres
,
où ils
estoient bien retranchez, & d'où
ils furent chassez. Au mois de
Fevrier dernier,SaMajesté déclara
qu'Elle vouloit doubler les Officiers
à haussecol
, & nomma Mr
d' Artagnan, alors Cornette, second
Sous-Lieutenant,Mr de
Jan(Ibu
,
alors Capitaine de Chevaux,
premier Enseigne,& Mr
de la Luzerne, alors Colonel
d'Infanterie
,
second Enseigne ,
Mrs d'Aigrebert& des Aubricrc4
alors Maréchaux des logis, Cornettes
de la premiere Compagnie,
&: pour la seconde Mr leMarquis
de Mirepoix
,
alors Enseigne d01
la premiere ,second Sous-Lieutenant
, Mr de Canillac, alors
Capitaine aux Gardes,premier
Enseigne,Mr dHauteforc, alors
Lieutenant de Grenadiers aÍJ8111ème
Régiment, second Enseigne,
Mrs de Curly Se de Galibcr11\1lréchaux
des logis, Cornettes ; &
le 5. de ce mois enallantà Chantilly,
passant à la teste de la premiere
Compagnie
,
Mrde Alau-J
pertuis fit recevoir ensa presence
Mrs d'Aigrebert 6v d5 Aubrieres
,
les autres estant absens. Mr
delaLuzerneaesté receu depir&>
à la revenu que le Royfit des
deux compagnies, le Jeudy avant
son retour, ou Sa Majesté donna
'des pen fions aux Maréchaux des
logis, qu'il avoit nouvellement
créez. Mrsde Paule& Crené fu-
Tenc aussi receus Maréchaux des
logis ) Mrs de Mauveziniere Se
de Lâge Brigadiers, Mrs dePanffier,
laChassetiere, Dormé&
So~is- Briga SOlls-Brigadiers: JDc-là venant à
la tesse de la seconde, Sa Majesté
receut Mr de Vins, qui fit recevoir
après Mr de Canillac, Mrs
deCurly & deGalibert ; ( Mr
aHaütefort estoit absent ) &
pour Maréchaux des logis, Mrs
de Reillac
,
Doucette & Grandchamp,
pour Brigadiers,Mrsde
Massé, Monthoion, Chalais Se
S. LLiîtuirreeiniss,, SSootuiss--IB3rriigcyadadieir.s-.,és ,Mrs
de Keringard ,
duVignault,
Beaux hostes, Montaran, Batrada
& Marbeuf, & comme Mrs de
Jauvelle, de Vins & deqFrier
avoient des Brevets de retenue,
sur leurs Charges, le Roy a voulu
pour les acquiter, & afin queles
Officiers du Corps puissent monter
sans argent quand leur tour
viendra, que les deux Enseignes
de ahaque Compagnie sussent
vendues, non pas ce qu'elles valeur
, mais chacune trenre-cinq
mille livres, pour faire la somme
de 140000. livres qu'il falloit
donner, sçavoir 40000. livres
aux héritiers de Mr de Jauvelle.
50000. livres à Mr de VinsYèc
autant à Mr de Barrière.
L'Enigme du moispassé a esté
expliquée sur la Cendre) qui estoit en le vray mot, par Mrs Gilles
David, dela rue S. Martin; FAbbéMagnau;
Alger& Larimon,
de laruede la vieille Monnove;
de Hautotelde Rouen, & la Belle
à l'Anagramme,Excite à l'amour;
le Berger Tircis à l'Anagramme,
Siecle d'amour;laMarquise à l'Anagramme
) pure Imagede vertu>
Diane de la Forest d'Alcleon; le
Chevalier invisible de la Bague de
Gigcsj la Nymphe aimantée;l'Absente
aux jours filezdefoye;le
Berger aux Chataignes ,l'aimable
Nocloiseà l'Anagramme, Levray
mérité Bourgeois; le bon Sujet;
leFidelle dela charmante Nymphe
des Bois de Lyon; le Blondin
Servillede la rue de Poitou, &
son inseparable Amy ChaReliai
la Garnison du Fort de Meulan,
le spirituel Robin de la rue de la
Coutellerie);l'Amy de la plus belle
Vestalede Brie; le gros Contrôleur
à l'Amoureux de Chatou; le
petit Jeusneur de Versailles ; le
pbeotuirtgCoq reveille-matin du Faux-
rituelAS.voAcanttoine; le joly & spide
la rue de la Tifferanderie;
l'aimable le Mire de
la rue des Arcis;l'Amoureux P.
à la Devise, ce n'ejïpu pecher d'aimerlà
Commere; les deuxVoisins
du Roy Henry; Chevillard; & le
Grifon de lamême rue; leSecretaire
desLettresamoureuses duPalais;
l'Amant de six ans, & son aimable
Etiennette de la Porte de
Paris; le DissimuléAmoureux de
la rue de la Pelleterie; l'Amateur
des sciences de la rue de la Lanterne;
le Satirique ridicule à contrecClnps
;le Poëte amoureux & sou
Indifferente, de la vieille rue dii
Temple, & Mesdemoiselles Jeanne-
Angelique; Trocquet, de la
vieille Place aux Veaux; Marianne
& Madelon, de la rue de là
vieille Monnoye; LouiseMarie
Inspectrice de la nouvelle Societé
du Jardin de Lyon, 6: ses Compagnes;
l'Esprit tardifde la nouvelle
Societé de Beauregard, rue
d'Enfer;Gaudiche d'Orléans, &
le petit-Pere en secret du même
lieu; la complaifanre Boupiou
de la rue S. Antoine ; les deux Inseparables
de la rue S. Hiacinte, &
leurAmy la Servitude;l'incomparableDanseuse
du Bal duPont an
Change;la Gottique 5c Les deux
Vestales de longueve
)
&'Ij
CompagniedesAssurances & rofses
Avantures, dela, mesmerue;
le spirituel André Bernon, dela
Rochelle; le Chevalier dFLefta*
&sonAmy Desbricé; la Société
nouvelle des Celestins, & Mr
Ronfelin de celle des Tailleurs;
Hutuged'Orleans;l'Empressé de
la nouvelle alliance; le grand
Bayard du Marais, & Julliot Assesseurdu
Comté de Benon.
Je n'ay rien à vous dire de l'Enigme
nouvelle que je vous en.;
voye ,
sinon qu'elle vient de fort
bon lieu.
ENIGME.
E
Ncôf qu deUfermeté
N&f/rejïgHie ¡,il le jjmbote ordinatre,
rat no/ue ujage on connoijt quAU
contraire,
Chacun de nous ncjl fait que pour
ejlre agite.
ilarrivesouvent,lors qu'a nous on
s'applique,
Jguc nous chagrinons biendesgens,
Sur tout ceux qui des yeuxsuivant
do nos mouvemen
Ne trouvent pas leur compteànofirt
Arithmétique. g
pour nous mieuxtourmenter les Barbares
Humains»
Non contens Remployer les efforts de
leurs mains,
Nous jettent dans le fondd'une pri.
son ojèllre,
Ou quand ils nousontbien bernez,,
Ils nous en fontsortir, &pourcom*
ble d'inifrt
Viennent effrontement nous regarder
aunez,.
yajouste à ces Vers les paroles
d'un Air n boire que vous chanterez
avec plaisir.
AIR NOUVEAU.
AH ! Bacchu r, pourquoy dans ces
lieux,
Nous rens-tutaliqueurifrare ?
Du plus agréable des Dieux,
Deviendras-tu le plus barban?
fais-nous sentir ta liberalité
En répandant ta faveur sur nos
Vignest
Et nous te promettons que nous nous
rendrons dirnts,
Divin Bacchuso, de ta honte,
- Le Roy a nommé Mr l'Abbé
de Polignac, Ambassadeur en Pologne.
Il a demeuré plusieurs années
à Rome, & s'est acquis beaucoup
de reputation dans cette
Cour, où l'on n'estime que le solide
merite. Cet Abbéest Fils de
Mr le Vicomte de PoJigjjac,
Commandeur des Ordres du Roy
& Gouverneur du Puy. Madame
de Polignac
,
sa Mere, est de la
Maison du Roure.Mr de Polignac,
son Frere,aépousé Mademoiselle
de ^amb^res.
L'Evesché de Chartres ayant
dix-huit cens Paroisses, le Roy
qui ne pense pas moins àla conduite
des ames de ses Sujets, qu'à
Jeur gloire, a cru devoir travailler
à 1erecHon d'un nouvel Evêché,
pour soulager Mr l'Evesque
de Chartress & pour cet effet, Sa
Majestéanommé Mr l'Abbé Berthier
Evesque de Blois. Il él£Nêveude
Mrl'Evesquede Montauban,
&Parent de Mr l'Evesque
de Rieux. Son grand Pere estoit
premier President au Parlement
de Thoulouse. Il a toutes les qualitez
requisespour avoir foin des
ames, & la vie exemplaire qu'on
luy voit mener en cft une preuve.
Le Roy a donnépour faire partie
de la fondation de l'Evesché de
Blois, l'Abbaye de S. Laumer,
& de Bourg-moyen de Blois. Sa
MajestéaaussidonnéàMrl'Abbé
de Luxembourg
,
l'Abbaye d'Orcamp,
vacante par la mort de Mr
l'Abbé d'Elbeuf, sur laquelle il &
misdeuxmilleécusde pension pour
Mr l'Abbé Merille qui luy a remis
celle de S. Laumer. Mr l'Abbé de
Polignac dont je viens- de vous
parler a eu l'Abbaye de Bonport,
que Mr l'Abbé Colbert, dernier
Fils de feu Mr Colbert, Ministre
Secretaire d'Etat, a remis entre
les mains de S. M. pour prendre
le partydes armes.
Mr l'Abbé de Noailles, Frere
du Duc de ce nom,&qui soutient
le caractere de pieté qui a toujours
brillé dans toute cette Maison
, a
esté nommé à l'Abbaye de Montier-
Ramey, qui étoit à Mr l'Abbé
de Luxembourg.Celle de Gimont
quela mort de MrPelissonalaissée
vacante,aestédonnéeàMrl'Abbé:
Roquette, Neveu de Mr l'Evesque
d'A utun ; celle des Religieuses*
de S. Julien d'Auxerre à Madame
de Chanlay
, Soeur de. Mr de
Chanlay,sidistingué parlesservices
qu'il rend au Roy & à l'Etat,&
celle d'Essey présd'Alençon àMadamed'Osmont-d'Aubry;Religieuse
dans cette mesme ma, ison.
Après avoir fait ses largesses
à la Robe, le Roy n'a pas o ublié
l'Epée, & a donné le Gouvernement
de Castillon en Gascogne ,
à Mr Polastron,Lieutenant-Colonel
du Regiment du Roy.
• Le Gouvernement de Mont-
Dauphin enDauphiné, à Mrde
Larré,Maréchal de Camp.
La Lieutenance de Rov de
Mont-Dauphin,à Mr d'Augery,
Major du Regiment du Roy.
Le Couvernementde Ham, à
Mr de la Mothe-Vatteville, Maréchal
de Camp. ---
Le Gouvernement de Dinan en
Bretagne, à Mr de la Bretonniere,
Lieutenant-colonel du Régiment
de Cavalerie deS. Simon.
Le Gouvernement de Briançon
enDauphiné, à Mr de S.SilvellreJ
Maréchal de Camp.
Le Gouvernement de Crest
,
à
Mr du MesniL
<
Le Regiment du Roy
,
à Mr de
Surville
,
Colonel de celuy de
Toulouze, Fils deMr le Marquis
deHautefort, & Gendre de Mr
le Maréchal de Humieres.
La Lieutenancc Colonelle du
Regiment du Roy, à Mr de Lignieres,
premier Capitaine de ce
Regiment.
Le Regiment de ToLiloLize, a
MrdeCadrieux, Lieutenant-colonel
du mesme Regiment.
Le Regiment de la Reine, à M^i
de Chamarantc
,
Colonel Je Cç-2
luy de Perigord. ::11.
Le Regiment de Perigord à Mr
de Chemeraut, Colonelde celuy
de Forests.
Le Regiment de Forests à Mr
deMontmorency
,
Capitaine dans
le Regiment du Rov.
Le RegimentRoyal d'Infanterie
a
esté acheté par Mr de
Calvo. Il ya dix mille livres d'ap.
pointement auxGouvernemens de
Briançon & deMontdauphin.
: Le18. decemois,Mr leMarquis
de Soudeille prêta le ferment de
fidélité pour la Charge de Lieutenant
de Roy du Bas Limosin.
Vous avez sçeu la maladie de
Mademoiselle d Orleans,Fille de
feu Monsieur le Duc d'Orleans,
& Cousine germaine du Roy.
Cette maladie a esté plus dangereuse
que longue, & il a salu
cinq prises d'Emetique, dont
la derniere a esté donnée sans
preparation, pour sauver cette
Princesse. Apres cela la vigueur
de son bon temperament ayant
paru, sa fantë a commencé à se
rccablir,6e la Cour & la Ville à en
témoigner sa joye. L'affluenceaété
grande au Palais de Luxembourg
pour sçavoir des nouvelles de la
santé de cette Princesse. Toute la
Cour, & tous les Princes y font
venus plusieurs fois, & le Roy luy a
fait l'honneur d" venir luy-même.
Monsieur & Madame y ont esté
tous les jours. Je vous envoye des
Vers qui ont esté faits sur cette maladie
par Mrl'Abbé G_t.oy
qu'il parle en Vers, ce qu'il dit
n'est pointune fiction.
TOy ,dans qui toute chose abonde,
Séjour des flui grands Rois da
monde,
Paris, agréable Cites
Il riefaut plus verser de IArmès.
Tu peuxfirlir dt tes alarmes,
Et reprendre ton caime &lA tranquilii/
é.
La Princcjfînejlplus enproye
A l'impitoyable douleur
Le Citlveut encor qu'on lavoyet
Ce qui callftitnojlre malheur
Efi le fuj et de nojlre jOJe.
Que cetteCourdans 14riflefe
frefentoit un fpecfacle affreux!
JJunenjangeoitsurJes cheveux
Le mal que souffroit la PrÙlcejfi.
Vautre plus belle que lejour,
Faite par les mains de CAmourt
Dun ongle quanimoit 14 r&ge*• --
Tourmieux exprimerson malheur»
Ense déchirant le viflge
Voulaitygravêrfa douleur»
Loin d'icy ces trisses images,
Le nuâge s'efl écarté>
Etdéformaisfoursafante
vous n'avons que d'heureux préfiges.
Chacun danspeu, Trincejfe, espere detevoir,
deteVoir,.
Alors ma voix mieux arrangée,
Sanssesentir du troubleoh ton mal
l'a plongée,
S'acquitera defin devoir.
Quoy que le temps de l'ouverture
de la Campagne approche,
il Yeroit malaisé de vous en parler
jufle pour des raisons bien oppofees.
On ne dit rien en France,
oùleles
Ennemis sont tà empressez quand
il s'agit de faire des menaces, qu'ils parlent toujours trop tost
pour estre crus. Tout ce que les
Allemansont ditdepuisun mois,
est réduit àrien, quoy qu'ilsayent
beaucoup parlé,& toutce que l'on
en peut conclure est qu'ils ne sont
pas peu embarassez. Ils n'écoutent
que leur passion, & prennent
trop tost des resolutions pour n'en
pas changer. Il y a deux mois
qu'ils devoient envoyer un gros
Corps de Troupes en Picmont-
Ensuite la resolution fut prise d'en
retirer au lieu d'yen envoyer. Ils
murène après cela que les Turcs.
turoient peu de forces en Honrie,
& menacerent de paroistre
ur le Haut & sur le Bas Rhin,
avec des Armées tres-nombreuses.
Ils changent de langagepresentement,
& doutent s'ilsen feront
revenir leurs vieilles Troupes.
Ils nous menacent par tout
du Prince de Bade, & aprés avoir
dit qu'il commanderoit sur le
Rhin,ils ont public qu'il iroit en
Piémont, & ils ne sçavent à present
où il commandera
,
à cause
que l'Electeur de Saxeneveutpas
luy obéïr. Après tout un homme
seul n'est pas capable d'intimider
la France, & nous avons peutestre
cent Officiers Generaux qui
ne luy cederoient pas. Il s'est rendu
considerable
, parce qu'il efl:
Soldat, & qu'il a remporté quelques
avantages sur les Turcs pendant
leur plus grande foiblesse. Il
craint tellement de manquer de
Troupes & de munitions,qu'il
refuse de venir, lors qu'il croit
qu'il doit luy manquer quelque
chose. Il n'est pas merveilleux de
se distinguer quand on a tout à
louhait.
Le temps me presse si fort, que
je vous diray fort peu de chose de
Mr le President de Nesmond dont
la mort a este fortprompte. Il
efiaitzele pourla Justice, &: écoutoit
les parties avec bonté. On a
apporte son corps aux Religieuses
de la Conception, & rien n'a
manqué au Convoy funebre pour
le rendre magnifique. Le Parlement
aesté en Corps luy jetter de
l'eau-beniste. Il estoit Frere de
Mr l'Evesque de Baveux. Mr de
Lamoignon
,
Avocat General,
monte en sa place.
Mr Robert, Grand Penitcncier
est mort dans le mesme-tems. Il
estoit Frere de Mr Robert, Procureur
du Roy & du celebre
Avocat qui porte le mesme nom.
Il avoit esté Archidiacre de Chartres
d'oùsonmérite lefit appeller,
pour estre Grand Penitencier à
Paris. Son Archidiaconé de Chartres
fut donné à un de ses Freres
auquel il a resigné sa maison de
Chanoine. Mr l'Archevesque a
donné sa Chanoinie à ce mesme
Frere. On peut dire de Mrs Robert,
qu'ils sont d'une Famille, ou
régnent l'érudition,la sagesse, la
probité & la pieté.
MrFreson, Conseiller de la GLire du Parlement
de Paris, & Mr Henin,Conseiller
dans le mesme Parlement,
sont
sont morts aussi depuis peu de
jours. Mr Citer, Doyen des Enquestes,
estmonté à la Grand-
Chambre, à la place de MrFreson.
Je vous en diray davantage
dans ma Lettre du mois prochain.
Au lieu de faire l'Eloge deMr
rAbbc Boileau, comme je m'y
estoispreparé,envousécrivantsa
mort le mois passé,j'ay la jove de
vous apprendre que cet iHuîtreAb- ) fè portefort bien. Si j'endifois
lavantage,jeblesserois sa modes-
:ie.Ilvit,&sesdoctesPredicasions
vousferont souvent son
Eloge.
Dans le moment que j'allois ferner
ma Lettre , j'ay sceu que le
Roy avoit fait septMaréchaux de
France, dont je vous envoye seulement
les noms sans ordre, 10
temps ne me permettant rien d^
vantage., Ce sont?
-
! TJ
MrleDucde Noailks.
)
Mr le Duc de Villeroy.
Mr leComte de Tourville.
Mr le Marquis de Bouflers. ,
MrdeCatinat.
Mr de Joyeuse.
Mr le Comte de Choiseul.
Je suis fâché, d'estre obligé de
vous dire, que depuis ce que je
vous ay marqué de l'eut de la
santé de Mademoiselle d'Orleans,
le Ciel ena disposéautrement.
Je suis,Madame
,
Vostre ireslj,
&c. i.
A Ftris se JI. MAYS 1693
jé tufmspointifrfrtsque le
Volume de l'Estat des Affaires de
Europe ait faItIAnlde bruitdans
uofre Prévu?ce ; en a tant écrit
ians toute fEuropefar les ÂffiftS" faujvurd'huy, qudn ne crJoll pAS
)owvciraprendre quelque chojc de
wwvtau jur cette matière. Cepen-
1d-ant on-a(JlIlé) étonnéayf) i-oirt1'i.r' .~
trieur de plufcms Cours, & sur
9ut de Cf/ÙS de Vienne ,&Àe Marid.
Le P#blit'»'arien appris de
lus curieux depuis le commence*
tentde la Guerre presente.Il peut
l-dfjjusf formeratJ plans peur
e qui peut arriver dans la fuite de
t Guérit0 touchant la PAix, & tj.
pjsrx aiséderàiJinni*$<tonnojff'anf icaraéforf de flufitutsStuvetins,
celçy de leurs MllIifirtl): (S*
irtint, lesinterefo qu'ilsprennent,
& les rsifons qui les obligent J les
embrajp.r.Enfin je ne Jçaurois
mcmpefcher de dire, que perfenne
na Id ce Livre sans en avoir te*
moignè de la fatisfafîion. Sic'ejqoitun
Ouvrage où l'invention eiéjh
contribué ,je nauroisgarded'en parler
de alIlfirtf, maisjepuis donner
quelques louanges a et qui nevient
que de CcxatHtude des richerches,
& desbonnes corpejpondances.
Page 31. ligne 11. lirez, Les Latint>
celeburent la Pasque le 2$, Mats* eleçÇrtcjle;j.d"Àvrii,
Sonnet. f
Calendrier perpetuel & invariable
>
tant pourl'année Civile que pour
Cannée Ecclefiajltque.it>
Article ires-curieux touchantles levées
d'argent faitesdans lesPays--
Bas. 14
Le Sermon. 54
LaBagttettç jvftifiét» ($*ses effetsledtétmroenctorenzc,
enrantaunretUls.divinttiw*p0a4t
la Bagmtte* 16a
llijlOtrte; I. $!!*- - -*-; ,0
pl' -
-"
lettrefatitt À tous Us EVtjiJNtJ. 24e
Pttail du dernier IrembUmem de
tort, 24s
Imagination galant*.267
Audiencedonnée aux vé/Jlttetd'Artois.
1S4
Vont de Bateaux lfotantsurlaRwiere
de Seine 287
Article de Morts. igi
Jldariage. 3CO
Vsyage du Rcy à ChtmïBy3&foutce
quisyejî$02>
Nouveaux (pciers des dtux Compagnies
des Meujquttaires. 313
Anicle des Enigmes. 317
Serment de Jdelité prêté entrt Us
mains du Roy* 329
HaUcUt de MadenmfeUg d*Orltanst
325
pîHtvettesd*Allemagne* 331
*darticledej&ortu 53^
Retour 4M monde de Mr fAbbéBêU
leau, 537
Ut<trcch*mx dt France nommex, par leRV- 338
b-,
Fin de la fable.
jivis pour placer les Figures,
La Medaillé doit regarder la
page loi.
A PARIS,
GALERIZ-NÈV DU PALAfS*
ON donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galjnc au
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra Trente sols reliéen Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
ChezG. DE LUYNE,au Palais, dans la
Salle des Merciers, à la Jultice.
T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie
Et MICHEL BRUNET, Galerie-neure
du Palais, au Dauphin.
M. DC.XCIII.
JVEC PRIVILEGE DVRor
AVIS. QVelques prieres qu'on aitfaites
jufquà present de bien
-tcriiZ Ll es noms de t-amill,tef6 employez*
dans les Mémoires qu'on envoyepour
ce Mercure,on ne laijfi pas d'y manquer
toujours. Cela cflcause quily a
de temps en temps qmlqucs-uns de
ces Mémoires dont on ne se peutfer-
'Vir. On reïtere la mesmejpriere de
bien écrire ces noms, -en forte quon
pe s'y puissè tromper. On ne pret.d
aucun argentpourlesMémoires
,
&
l'onemployera tous les bons Ouvra-
, 1 ges à leur tour, pourveuquils ne
desobligent personne
,
& qu'il n'
ait rien de licemieux. 01J prie seulementceux
qui les envoycat ,.c>'ftr
tout ceux qui riécrivent que poun
faire employer leurs noms dans l'article
des Enigmes, <£affranchir leurs,
Lettres de port>s'ils veulent qte'onj
fajje ce qu'ils demandent.C'estfort1
peu de chose pour chaque pirticulier,
& le tout ensemble efl beaucoup pour
un Libraire.
Le sieur Brunet qui debite présentement
leMercure
, a rétably les
choses de minière qu'il ejl toujours
imprime au commencement dechaque
mots. Il avertit qu'à l'égard des
Envols qui se fontà la il Campagne , fera ptrtir les paquets de ceux
qui !e chargeront de les envoyer ava nt
que l'on commence a vendre icy le
MerCflre. Comme ces paquets feront
flttji.'UfJfturs en chemin, Paru ne
laisserapis d'avoir le Mercure longtemps
avant quilfoit arrivé dans
les rilles éloignées, maïs aujjiles
Pilles ne le recevront pas Ji tard
qu'elles faisoientauparavant. Ceux
quifele font envoyerpar leurs Jmù
sans en charger ledit Brunet ,
s'cxposent
à lerecevoir toujoursfort tard
par deuxraifons.Laprerniereparce
que ces Amis n'ont pas foin de le
venirprendre ji-lost qu'ileJlirnprime,
outre qu'il lefera toujours queldqéubesit
jours avant quon enfaffe le
; à* l'autre, que ne l'envoyant
qu'après qu'ils font leu, eux à*
quelques autres à qui ils le prejÙnt
ils rejettent la faute du retardement
ÇurleLibraire
, en diJànt que la
vente n'en a commencé que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardement par la voye dudit Sieur
Brunet, puis quil se charge defaire
lespaquetsluy-mesme & de les faire
porter a la poste ou aux J.,¡e¡l
sans nul interejl, tant pour les j
ttculiers que pour les Libraires
Province, qui luy auront donné1
IldreJlè.IIfera lA mesme chose gt
ralement de tous les Livres nouve,
qu'on luy demandera,foit quil
débité
, ou qu'ils appartiennes
d'autres Libraires ,fins en prex
pour celadavantage que le prixj
par les Libraires qui les vendra
uandilsi rencontrera qu'on
mandera ces Livres à lafin du m
illes joindra au Mercury, afin
n'enfairequunmefime paquet. 1
celafera exécuté avec une exafâ
de dont on aura tout litu J'e
content.
aARS i6}3. QUAND le Sonnet
que je vous envoyé
au commencement
de cette Letre, ne seroit pas
aussi beau qu'il l'est par luymesme
la matière en est si
noble, que vous le liriez avec
plaisir. Le Pcrc Mourgues;
JefimCjCn est l'Auteur. Vous
sçavez combien l'entreprise &
la conduite du superbe Canal
qui joint les deuxMers» l'ont
fait estimer.
u SONNET. V Roydeson Empire extermine
l'Erreur,
JEUe arme centre lui le tcjtede Id terre;
Etles bras quelleemploje À servirsa.
fureur
Devoient eftrt employez» à luy ftirt
la gHtrrt.
Tont siprête &se livre dufier VjÙrpateur,
JVuirtvage àson gréU perfide An- eleterre.-
-
ant £Ennemis faisoient craindre
uncommun malheur
Pour le Trone François, & le Siegede
Pierre.
Mais de tant de succes le Cid comble
nos voeux Qu'ils pajfiroien,t pour fableaufrés
,
de nos Neveux,
S'ils nesçavoientse direenleurjujle
JarpriJe;
LQVIS regnoit alors dans l'Empire
des Lis;
FIGNATELLI menoit le Fai/paa
del'Eglise,
Ellesdeux plusgrgnds Coeurs efoient
les plus unis.
Je vous ay déja fait part
d'unTraité qui vous a fait voir
combien il est rare que la Fcftc
de Pasque soit celcbrée le ax.
de Mars, comme il cft arrive
dans cette année. En voicy un
autre qui établit un Calendrier
perpetuel, en fixantpour
toujours les Festes mobiles qui
dépendent du jour de Pasque,
dontil fixe la célébration au
cinquième d'Avril. Personne
ne doutera que ce Traité ne
foit fort sçavant &curieux,
quand ilapprendra qu'il estt du
fameux Aveugle M' Comiers,
dont la profonde érudition
est si connuë.
CALENDRIER
PE--E---.R- .,P-ETTUE-,'-L-- - --
INVARIABLE,
Tant pour ., l'An-née'- .--,C,,-,)10i'v,"- ile, que,
pour l'AnnéeEcclesiastique SIR
Comme Dieu nous a donné le
Soleil & la Lune pour diflinguer
les tempstlesjours*&lesannées,
les djlronomes ont travaille a
connoijlreprécisément la durée
du mouvement de ces deux Luminaires
, (fyparce que la Lune
a defrequens st) vifbles change.
mens, les Hébreux & les Grecs
s'en font fervts pour dijlinguer
les mois les années.
Solon, grand Legijlateur des
Athéniens
>
régla l'année & les
jours des Equinoxes, par l'avis
de Thalés. Ce règlementfutfui-
*vy pendant deux siecles5 après
lesquels, du temps du Divin Platon,
on suivit la correlfion faite
par Eudoxe. Les années estoient
de différentes longueurs chez, les
Egyptiens, les Grecs, & les Arabes
t
Cmles mois ne commençaient
pas le mesme jour, ce qui tfioit
très-incommode dansle commer- cedans les affaires publiques.
Les Juifs avoient deux fortes
d'années. Leur année Civile commençait
à la nouvelle Lune du
mois Tifry de l'Equinoxe d'Automne,
à cause de leur année Sabu
batique »autrement ils auroient
esté deux Arif sans faire recolte.
Leur année sacree commençait
à lanouvelle Lune du mois Nifan
de l'Eluinoxe du Printemps,
depuis l'Ordonnance que Dieu
leur fit lors de laforticd'Egypte,
149 8. ans avant la nai[Tance de
J.C.
Les Hebreux commencent à
xompter leurs années dés lasortie
d'Egypte:dr par une semblable
Yaifon les Mahometoen:cm.m ncent
à compter les leurs de tHegire
, ou fuite de Mahomet hors
de la Mecque en la nouvelle Lune3
le Vendredy 16. Juillet 6zz%
en laquelle oncomptoit 10. dIndiSîion
, Cm if d- Nombre d'Or,
comme aujjt 10. deCyclefolâtre,
CjT4 on celebroit la Pafcpte le 4,
'a'Avril.
Les Grecs comptoient par 0-
lympiadest qui commençaientpar
lesSolflicesd'Eslé) e leurCycle
tfloit de quatre ans. Elles furent
rétablies776, ansavant la naif
rance dej. C.laquelle arriva tn
la Ip.Olympiadr.EtlesAnnées
de la fondation de Rome commensoient
aux féstes appellées Palilics
, q!4on celebrait à l'honneur
de la DEifft Pâles, le ji.
Avril.
Tour remedier 4 ce desordre
il ne falloit pas moins que l'ef
Prit du premierdes Cesars
Qui media inter pr,ælia
sem per
Stcllarum, colique plagis, Superisque
vacabat.
Ce premier Empereur des Ra
mains
, par le conseil de l'dflro
nome Sofigcncs, en l'année 4)
avant la Ctrconcifon de J. c
tnflitualannée Julienne, qu
commence AU premier Janvier
& par cette forme d'années le
mois commencèrent le meÇmejou
dans toute la vasse étendue' d,
son Empire. Il ne fut pas jiheu.
reux à reglerU longueur de l'annéeTropique
spuis qu'illa croyoi
estre précisémentde trois cen: foi
xante-cinq joursst)six heures
c'estpQxrquoy de ces sixheure
il forma de quatre en quatrean.
un jour entier, qu'il ordonna eftn
intercalé entre le 2.;. ù le z4
Tevriet.Ctjourfut appelle Bifsexto
Kalcndas Marcii; car le
J3.Fc'tJritr & le jour inttrcaléJ
ejloient l'un dr l'autreappellez
ÍixiémêdesCal-endcs de Mars,
cefladitcilefaiéme jour avant
les Calendes de Ars , <£r
par confecfuent l'annee lïiffextile
efloitde 566. jours. Ce bel
ordre fut lien-tojl interrompu par
l'ignorance des Pontifes, qui intercalerent
à chaque quatrième
annee prisè inclusivement. C'tfi
pourquoy dans trente-six ans ils
avoient intercale Joue jours,)
ceflà dire, trois jours de trop;,
mais Auufit corrigea cette
erreur en la troisieme annee dit
J. C. ayant ordonnéue ptndantt
cloute ans il n'y auroit point:
£anneeDiextile.
Cette reforme ne put long..,
temps faiisfaire aux Chreienf)
pour sçavoir le quatorzièmejour
de la Lune d'après laEquinoxe
du Printemps>afin de celebrer la
Pa/que Chreflienne le mesmejour
que J. C. l'injlitua,après qu'il
eut fait laPasque Legaleenme*
me temps que lesJuifs, ce que
Saint Luc a remarqué par les
deux Coupes.
Le défaut du Calendrier Ro
main lient de deux Chef.
Premierement, de ce que lEquiiioxe
du Printemps anticipait
d'lin jour entier en 130. uns le
veritable Equinoxe3parce que
VannéeTropiquenejlant que de
3dj. JOHrsl y. heyres t presque
4.9.minutes9les ij. mtnutes &
f.f.fecondes prises de trop chaque
année forment en 130. ans
un jour de IrQP, ü par consequent
font anticiper d'un jour
entierl'Equin&xe.Secondement
de ce que le Cycle Lunaire
,
inventépar
Meton Athenien*Pannée
430. avant la naissance de
Jeftts-Chrifl,dont on écrivoit les
jy. nombres en lettres d'orjne
marqnoit pas précisêment dans le
Calendrier les jours des Lunaisonstpuifque
dans ij. ans il s'et
faut une heure 27. minutes t
52. fécondés
>
d'où procedoit qUI
dans 312. ans lenombred'orfai
foit anticiper d'un jour les venta
bles Lunaisons.
De ces deux erreurs font née
entre les Chrestiens tant de diffi
éultr;7,, & de differends pour L
celebration de la Tafque>que;
l'annéeiftz. le Pape Gregoir,
XIIL prit comme siphonfe
Roy d'drragon,l'année Tropi.
que de 36y jours y. heures 49
minutes, & quelques fécondés
tellementqu'ilnes'enfaut pas ii
minutes que l'annéeTropique ne
foit Je36f. jours & Ó. hlures, @r
par consequent à chaque année
Hiffextile on n'e prend pas 44.
minutes de trop. Ce Pape
> pour
ramener ÏEquinoxeensonvéritable
jouri retrancha les dixjours
ânlicipedepuis l'année325. du
Concile de NicéeJ & pour cela
le lendemain du 4. Oflobrefut
compte le If. du mesme moisy
cesspourquoy dans l'Angleterre*
dans la Suede& autres endroits,
où Fon na pas receu le Calendrier
Gregorien
> on se fert de
double datte du jour du mois. Le
jeur du vieux fille est éçrit fut
une lignej& le jour,fuiuant le
nouveau jlile, ejl placé au dessous
de la mesme ligne.Ainsi
four marquer la datte d'aujour-
¡d'"hiutyIl12.. Decembre r692. on écrit u TToouurrrreemmeeddiieerarauuddéeflàauutt
des nombres d'or, on a fubftitu;
les Epaétes
, & outre ces deux
remedes ilfaut encore observer
que les années 1700. jSao. &
ipoo, ne feront pas Bi/fextiles3
&&¿fa'Vveeccttoouuttesscecess pprreéccaauuttiIoonnss
on n'd, jamais précisément lejour
des Lunaisons)puisqu'àlafeule
infpeàlion de la Lmeton reconnoifl
que les Epaflts avancent
ou reculent de deux à trois jours
les LunaiJons. Par consequent
il efl necejjaire de fubflituer un
nouveau Calendrier au Grégorien.
Ily a lieu d'esperer
>
SIl\EJ
qu'après que Vostre Majest;J qui
efl autantformidable dans toute
l'Europe aux Ennemis de la
France, que lefut fous l'Empire
de Tibere aux Peuples d'Afie, le
tremblement de terre Y
qui dans
une nuit renversa Joue de leurs
plus belles Villes, au rapport de
Pline; Maximus terræ mémoria
mortalium extititmotus»
Tiberii CæfatisPrincipatu,12..
urbibus Asias unanocte proftratiS)
ily a, dis-jejieud'efperen
que quand VostreMajrfléaur
sist cejJer le bruit des armes dans
toute l'Europe ,on dira J'Elle ff
que l'lIiftoire des Machblen
dans lei.Chetp. dit d'Alexandrn
leGrand>Siluit terra inconfpcéèu
cjus, toutes lesPuijfan—
Cesde la terre ont misles armesi
bas ensa presence.Apres ,uoy
Voftrt Majesté ordonnera poun
l'année 1700. un Calendriercivih
& Ecclesiastique, perpetael &t¡
invariable,ce que tous les Anciensavoientsouhaite3&
dont\
l*execution se doit faire fousa/o--
trejoignepleindemiracles> dansx
[rqudk:
À,
lequel PaUas & Minerve Je
font rlunïts pour faire fleurir en
mefinetemps les Arts
j
lesSciences
,& la guerre» car Vojlrc
Maiestéayemply ce quele Politique
florentin-souhaitoitàfort
Prince. Dcvc aacora un Principemotirarfi
amatorc delle
virtu.& honorareli exccllen. tiinciafcunaarte.Et.siqueU
ue vircuofô n'a point- depart"à
q;osroyales liberal'zre:{
,
ilpeut
dire commeleParaluiqueprés
de U Ptjcine miraculeuse de l-
.rufahm
,
Non habco homiriem
, Je riaypoint dePatron.
Atnfi Jbdolominavantqu'il
sufl connu d'tAItxAndrc leÇranà
mena une vie cachet
> 0* dansi
la necejJiri, maissapauvretélu
fut honorablej puis qu?aurapport
de k. Curce lib. f. Causa cii
paupertatis, ficuc plcrirque,.
probitas crac. Il efioit pauvre*
parce qu'il efioit homme de bien.*
VoflreMajefle" qui nese trempe
jamais en son choix»a pour*
espions du Ciel qui eflla véritable
Terre de Promiffionilesplu&\
sçavans rb lesplus uigtlans Jf-*
tronomu. Ils ont ce qui manquait 3
a ceux desfterle;palfek ; Il Deux t
dire3 le moyen de faire par les i
grandes Lunettes de nouvelles
s
découvertes dans les C'ieux, C-m
(tobferver avec la Pendule pré
cifément leDisque & le Diatnetre
de la Lune par le temps que
fin image employe à pajJèr un
brin de foyeplate> tendu verticalement
par le foyer du verre
objeflifde la Lunette,composée
de deuxverres convexes. jiinp
a present l*Agronomie
Transcanditad Astra
Disciplina audax , inquiric
y,cfificgdautqlautsmitoutuss,,oculisnova sideralustrat,
Et gemino fubnixa vitro R1i.
racula pandit.
J'ay donnéen Vannee i dansmonLivre de lanature (gjf
du préfacé des Cometçs
t
la. cn
flmclion des grandesLunettes
&lemoyen de s'en servir fan,
tuyau pour observer les Astres
FF'AJ depuis donnécm démontra
tout ce qui concerne l;a VT~cuë leJt
Lunettess& leurs differensufa—
ges. Le tout (inferédansonze)
ÀÎJYeurei Exiraordinairej» dcbipy^
le 19.
Tomejusqu'au 31./Àcfàjî-'i
Dément, @.f dans le Aiercme dn
Septembre 1683.J'dy dédie Ct"
Ouvrage à MonjetgneurlexDuii
de 'Bou~r-.gogne,parce que:1r' mcnS2
præragfuturi me le si't vom
homme dans le berceau
}
gr ce
Prince Je trouve digne Fils du
Pere {0 du Grand
- Prre, Quo
nec mehorem dcdcrc Dii, nec
potucrc clare.Ce fontles termes
du jeune plineJ dans le rpangyrique
de l'Empereur Trajan.
Revenonsmaintenant à nofire
sujet.
Les premiersCbrefliens comptoientdifféremmentleursannées*
ne convenant pas d'Epoque; ils
dijferoient dujjt du jour & du
temps de la célébration de rpaf-'
que. Les Grecs comptoient par tes
Olympiades cm fc servoïent du
Calendrier des luisi; &entre
les Latins, les uns se fernjoienà
de lepoquc de la Fondation de.
Romey les autres comptoieniï
par les annees du Règne dt,
j'Empereur Auguste. Ils dat**
toïentles Àtles par ces mots, An-.
nus crat regnantis Augusti,,
ceflà dire, entelle année du Re-,
gne d'dugufle: cefl pourquoy
par abréviation on necrivoit
que les lettres initialesde cette
maniéré ; A.E R. A. ce qui a
donné le mot Æra
,
qui ness
qu'une dénomination.
En l'année 437.deJ.C. Saint
Cyrille introduisit l'EpoqueDiodetienne
* on de la persecution
faite aux Qjrejticns par l'Ein
pereur Diodetien 3qui a tsts
J'An.tech,¡ft, dont SaintJean a
parlé danssonApocalypse, ce que
fay démontrédans mon Traité
des Prophéties, inferé dans les
Mercutes des moisd'Aoufi, Sep.
tembrey @¡ Décembre de l'année
iCZp. & dans le Mercure de
Septembre 1690. En l'année 444,
les Tables PAfchalel des Grecs CI'
des Latins convenoient Ji male
que ceux-cy celebroient la P;:.
que le sé. d'Avril. Pouraccommoder
le differendCentre les Tables
Pajchales des Grecs e des
Latins
?
Viftorin d'Aquitaine
employa en 465. le Cycle Lunai..
re ér le Solaire> pour former la
periodede532. ansy croyant que le
Dimanche de Pa/que rcnjiendroit
au mêmejour déclaraquon ne
la pouvoit célébrerrtyplftfiûflque
le 23. de Mar!
,
nyplus tard que
le14. d'Avril.Enmesme-temps
il inttoduifit l'Epoque A passo
Christo. Cette Epoque& ces
Tables Pafcbales
,
quoyquefaites
par l'ordre du Pape S. Leon
& de(on SuccesseurHilaire> ne
furentreceuè's qu'en France3 par
le fécond Qoncile d'Orleàns en
l'an 5"4i. C'efl pour plOY jusques
en l'n 814. les Françoiscomptetnt
les annees A Chriito passo,
rtpuis la mort dej. C.
En l'année f2f. Denis le Pe- itJAbbé Romain,continua les
Fables de saint Cyrilledonva
au Calendrier le Nombre
i'Or si) les Lettres Dominicales.
Il prit pour Epoque l'Incarnation
du Verbe, Ab Incarnato Ver.
bo; cest pourquoy ces années
commençaient le ij, de Mars.
Peu à peu on quitta l'Ære Diocletienneenfin
on se fernjit de lÆreDionifienneouChrefiien.
ne: mais conformément au fécond
Concile d'Orléans de l'an 541. on
continua de commencer l'année
par le jom de Pasque> ce qui de
epepratiquéjusquen l'ttnntlJdJ:
que CharlesIX. par l'Edit da
P.,ou.Tillon,ordonne de la commencer
au premier de Janvier. CrJl
oifervarionsJvntnecejjaire* poim
uertfier les dattes des anciensi
Edits
,
t_A>refls e 4tles ra..
blicstafin de n'être pas trompé pttM
ceux que l'onfabrique à plaisir..
J'en dis autant pourles Bulleste
Induits, Bref fÙ Réécrits drt
Rome) eslans à observer qu'à Rome
on commence les années cm
trois maniérés sfçavoir
3 tAnnéM
sacrée du mois de Md,rs à caufci
de l'Incarnation du Vtrbe, ['&Innéecivile
par Janviere le#i
Papa, parl'annéede leurelcnjaion
au PontrfiCâU
, eomme le Roy
ompte presentement la cinquantième
année deson Regne.
Le dijferendentrelespremiers
CChhrrecffltli'eennss a eessllée plus ggrraanndd r&i!'
ylus important ausujet du temps
& du jour de la célébration de la
Tafque. Les uns la celebroient
lejeudy,jour AuqUtll. C. /»-
flitua. Quelques- uns a cause dei
termes t Cccy est le pàflagc du
Seigneur, quifont dans l'Exode
ch. Il. verjlz/.fuijoientPaque
le Vendredy, parce quecefutun
Veniredy queJ'C, pafA de la vie
àU mort.Les autrespar les mêmet
termes, Hoc est transitus DCM
tnini,parc?quej.C.ayantpafî
de la mort à la vie,ressuscita V
jour du Soleilyqui efloit lepremic;
jour ou Feric de la femainc
ils la nommèrent DiesDominii
jour du Seigneur,ouDicsDo.
minica
,
7)jmanche
> auque,
jtfo,ur ilsfixertnt la célébrationdt\
Pasque> ce qui fut approuvé
par le Pape Pie en l'annéeIJOJ
& en l'année196. Theophilt do'
Cejarêe avec quelquet autres E.
*vejques ttfJemGltz par l'ordre dm
Pape Vléfor, reglerent qu'on net
froit point la 'Pasque avant les
zi.de Afars3&depuisS.Ambroifà
ajouta qu'on ne la pourroit cele.
brerplus tardque le 1$.aAvril.
Les Eglises Ajiatiques alléguant
la pratique de S Jean >celebroient
la rpa!1ue avec lès
Juifsindifféremment au jour de
la fimaine) qui arrivoit le quatoriéme'
jourdeJaLune d'après
l*EquifioxedîtpYintemps>(y
pour
cela ilsfurent appeliez Quartatdccimani,
danllé premier Concile
de Micéci qui en l'anné'e 3jordonna
qyon fdYO;t" la Pafqiie
le Dimanche d'aprEs le quatorzième
de la Lune qui arriveroit
I]4prés J'Equinox? duTrintempir.
y La difficultéreflàÀdéterminerJe
jour de ruinoxJ O* le qua.
orleme ae cette Lune dapn
l'Equinoxe. Le Concil, en sais)
lefoinàl'Evesqued*Alexandrie
où l'Aronomie ftoriffit. Ilen
voj/oit à &ome tous les ans a;
Pape le jour trouvé par le calcu
Afircnomicjue
, & au jour â
l'ëpiphant'e le Diacre l'anntnçtïi
au Peuple.
Pour rendre tout a 1,4 fois Il
CAlenrÍrier commode pour l'am
née Ecclejtajlique (gi Civile3 ii
faut accommoder l'année ak
cours du Soleil, (0 commencer
le mois de lanvierparle tour dm
Trafique d'hiver. Il faut aujfti
autant qu'on peut, rendre lev
mois reguliers: OM comme de
l'Equinoxe du Printempskl*E*
juinoxed'automne%ily4plus ne
toursquede l'Equinoxe£^Au~
tomne À celuy du PrintempsJ
ilfaut rangerces iours qui exctirnt,
du cafté du Tropique d'Eté,
udjnft depuisleSoljliced'hiver
de l'année1691. qui Arrive
te 2.0. Decemkrei 7. heures se.
minutes Aprtî midy
,
jusques a
l*Equinoxe du Printemps, qui t
ûrrivele IF. MATS 1695. i9. heures41.
minutes du foir sil n'y a
fue 9°. jours ou 3. mois chacun
de 30. jours. C'efl pourquoy
je reiette les jours qui jxcedent,
du cofte duTropiqut J'Et'
ce qui rendra lesmois plus n
gulvers, donnant30. iours ait
mois de Janvier> Fevrier c.
Mars & 31. iours auxmois d'j,
vril, May
,
Juin »luilLtc
<tAJu(!, & trznte joursAUXmo:
de Septembre, d'Ocîobre, N'
lembrecr Décembreylequel
n
4.en ans en aurajr.pour
jour intercalé, quand l'anni
jera de366". jours. Je ne crois pc
qu'on JajJè scrupule de rendre*
mois de fevritr les deux iom
dont on l'avoit muttlê^pouraug\
rrtenter d*, uniourlc1c.inquièfme 0
lefixiéme mois de l'année qui co,..,
merifoirparle rnoisdecar,
lesRomains\pO!*r honorerleurs,
premiers Empereursychangèrent * ,r~r t à ces deuxmois
5
Quintilis &
Sextilis
)
leuràneitnj>om,
leur donnèrentt- (*r/Auguftus,que nousappelionsJmlîet
(;7 tA.JUp.,
cTour fixer la pdfcm âll. Dimanche
d'après l'Equinotfe dn
Prin-temps yl,e. premîniourdt
Janvier fera toujours unj udy^
le premier de Févrierun Sarne
dy> & le premier dt_Avril fera
[touiours un Mercredy
) & i'E. tquinoxe ne fera jamais beaucoup
éloigné du premier d'LI..
IVrilJ (jj par conjequent le trotsiéme
d'Avrilfera un VendreJyJ:
çy le cinquième iour fera le Dimanche
de Pasque
> & par ce
moyenl'Eglise celebrera toutoursi
la solemnitedesMyfleres> aux
tnefmes iours qu'ilsontejté ope- rt >
efiantnjray que J. C. fut
crucifie le 3. dltAvriJJ iour de
Vendredyy{0quilressuscitale
Dimanche aurrrefmemois; Dimancbe
~u
»tt
ce que ie démontrerayaprès ; &
fin que le premier iour de l'an"
foit touiours un Jeudy & le cinquième
d't.Avri{ un Dimanche
te dernier iour de tan fera un
Jeudyy$dequatre en quatre
éns le mois de Décembre aura
trente-un "sur,& ce trente-unie*
me tour intercalé fera encore un
lelldy,& par cenfequent de 4.
en 4. Ans on aura une femdine
de trois leudis pendant lesquels
un celebrera la Fesie de la TnnZ/
e.
Le Afercredy des Cendres fefd
touiour*le iy*Fevrier ?
dinp
il nyaurapointdeFessesMo-
biles.L'Office Divin ne changfraplus3
c,,m les Myfieres de notre
Religion ferontcélébréz aux
mesmes tours qu'ils ont eslê operez.
le ne diraypasicy les avanfazes
que lannéeCivile, la
Navigation f0 LHorolograpbià
recevront de ce CaUtodïttr PerÀ
petuel f0 Invariable.
Bienojue dans mon Calendrier
perpetuel @J invariable je n'ayel
pas besoin duCycleLunaireny*
du Solairey d'Epaéles, delettres*
Dominlcales, ny de tlndiélion)i
néanmoins parce que le Concile'
de Trente dans le ebap. jg. de la
Session 2.3. ordonne que dans les
Séminaires on enseignera le Com-
7 t-)
put Eccleftajïique
y en voicy deux
maniérés;l'une efl générale1
l'autreparticulière.
La maniéré generale de trouver
pour chaque annéeproposée
tnombre duCycle Lunaire)ap
lellê le Nontbre d'Or> le nombre
lu CycleSolaire3 & le nombre
le ÏIndiélions qui font trois cafatleres
, par Icjquels tous les ans
rant diftinZtlt pendantJept mille
veufcens quatre vingt années?
qui tfl la Periode Julienne formée
du nombre 19. du Cycle Lunaire>
multipliepar18. qui tst
le nombre du Cycle Solaire
J &
reur produit 531. multiplié par If.
Cycle detIndiction cette Période
commence par l'année,en laquelle
si le monde avott rfié
, on
aurott comptéunde chaqueCycle.
C'efl pourquoy sçachantque
la premiere année du mondeefi
lA 7if. de la Période Julienne,
en auroit compte f. de nombn
d'Or.9> de LycieSolair(,.&15
d'Indiélion yen divisant?6f.pat
îp. par 2%. & par Tr. De me/m*
comme la premiere année de l*JEn
commune de J. C. eji la 4.714*
de la Periode Julienne, si on âi"i
*uïfe471+«par if.par28.&pm
if. refiera 2, de nombre d'Or> ior.
de Cycle Solaire
, &4. dtlndi-;
êlion.Atnjt en la presente anneù
tfyy quiefl la 64.06. année de Lx
PeriodeJulienne
>
divisant dtot*
par ig. par2?. & par tf. resse
de nombre d'Ol) 2.z. de Cycle So (
r"ire, @f r. dIndtcuon*
Or pour trouver queSe année
lela PeriodeJulienneest l'année
rrerente 169$. ajoute 4713 qui
ront les années de la Periode Jufrenne
aèvant U naijfitnce de Jertls-
ChristJvousaure 6406.à
W Prriode Julienne
9
@r pour
RavoirqueHt annéedepuis la
rreation du monde t'si l'année
Murante JeJ. C 169j. ôte'{ de
1+o6. de nostre Periode Julzenne,
les 764. ans dont la Peri,dt
Julienne devance la création du
monde
J
il refle jfyz. qui eF l'âge
du monde
t ou les années depuis
a eTealZon.
Ily a plus de calcul à f4irt
pour trouver l'annèe à ltquegeconviennent
les nombres drstrois4
Cycles que l'onptopofe.Parexem
pie) on demandequelle estl'année>
qui a 10. de Nombre d'Or
c
r. de Cycle Solaire, gr 8. d'ln..
diElion. Multiplie 4zoo. par10..
de Nombre-d'Or >mous aurez"
42000. Multiplit 4'45. par 1..
nombre du Cycle JolAire) vousi
au"e 4845. MHltiplit dUJP
6916. par S. de llndtélion> 'Vous '(
aurc^//32S. Aj,ûle ces trois x
produits 4Z000.4$4f.ffjzS. &*
diviseZ leur somme 101175. Par.,1
7;;80. qui ejllaPeriodeJulienne,
ç la
le nombre ressant est lannee de
la.^Periode Julienne
y
duquel
-nombre 6413.ofle% 764. qui font
.Usannées de la Per;QJ,¡ avant la
création du monde. reflera ffyp.
snomibre des années du monde. du me(me nombre 64'3.
Àfous ofk%471^. ui fontlesannéesdepuis
le commencement de
la Periodejxfques à la n^iJJj'.nce
JeJ.Ç.reisel'année 1700. qui
auraio. deNombre dOr,1. de
Cycle Solaire &8.dindiélion.
Voicy les maniérés particttlie.
res de trouver à chaque année
finNombre d'Or, de Cycle folâtre
,
ci'[ndiélion
1 &d'Epaffe
,
prenant pour exemple lannee
priftntt1'3. qui efi la f6+1.. de
la création du monde, en laquelle
nousavonspour nombre d'Or 3.
Epaéle 23. Cyclefolâtre zz. IndiElion
fymaine I. Lettre Dominicale
D.
Trouver à chaque année
proposée le nombre de l'Indidtion.
La premiere année de
llindiélion commence aui.de Septembre
de l'année3/3. en mémoire
de ce qu'en cette année-là Constantin
se fit Chrejlien>après
avoir fous le Labarum
» ou Etendard
de la Croix
,
combattu
& défaitMaxence
, mais les
Papes commencent l*Indi£liont
Cycle» Période ou Révolution
àeIJ ans du r.Janvierdel'année
3/3. Jjoute^toujours$. i
l'année proposée, cm divife% la
somme par ij. le nombre ressant
fera l*année de ïlndiBion. Ainsi
divisant 1696. par IJ. resse i. pour
l'Indiélion de l'annecpresente
1693.
Trouver le Nombre d'Or,
qui efile Cycle Lunaire, Période
, ou Révolution de r9. ans.
Ajoûte'{1. àCannée pyoposée
divise'{ la somme par 19. le
nombre ressant fr, a le Nombre
d'Ort & ainsi divisant 1694.
par ig. rejte 3. nombre d'Or dt
l'annéepresente 1693.
Trouver I'FPaâc de chaque
année proposée. Il faut
premièrement avoir trouvé le
Nombre d'Or dela mejmeannée,
puis éieve^ les trois prrmiers
doigts de la main gauche)sur lesquels
en commençant par le pouce
,
compteZ le Nombre ¿tOr, &
s'il finit furie pouce, le Nombre
d'Or fera l'Epaéle. gïue s'il
finit sur /'Index, Ajouste io.
au Nombre d'or, Cm vous aurt'
ÏEp*61e, s'ilfinitaudoigt
Médius, ajoute^ 20. au Nombre
d'or, e vous aurel'Epae
'dr lors que la femme paffe 30.le
nombre excedant feraceluy de
l'Epaéle. Ainft pour l'année
presente 16^3. le nombre d'Or 3.
eslans comptésur les doigts il finit
au doigt medius, c'est pcurquoy
ajoutant 20. aux 3. du nombre
d'Or, nousavons ij.d'Epaéte.
Trouver plus prccsfémcnc
l'âge de laLune. Ilfautcom*
mencerparle mois de Janvier a
compterfEpAéle puis ajoutera tEp"fle le quantième du moiss
& enfinajouttr le nombre que
j'appelle convenable a chaque
mots,sçavoirrien pour Janvier,
l. pour favrier , rien pourMais*
E iij
1. pour avril, 2. pour MAYJJpour
Juin, e. pour Jutllet, f.
pour Aousi y 7. pour le mois de
Septemb,r, 7. pour Oflobre &
enfin9. pour Novembre, &y.
pour le mois de Vtcrmbre. Voicy
le tout pour aider 1,4 mémoire.
Janus 0, Fcbru un, Martius O,
numeratodcinde,
Un, deux,trois,quatre,cinq, se.
.,' ptcm bis, atque novem bis.
jtitnfi pourfçavoiren l'annéepréfente
1693. l'âgede la Lune le 21.
Mars
)
ajoute^aux 23. de l'EpAéle
les 22. du mois/vous aurez 4f.
dont ayant otc 50. refle If- jours
de l'âge de la Lune ; donc la
Lune ejtflanc le n. de Mars.
tAujJile calcul Jflroncmique la
donne pleine le inesime, jour à une
heure 46, minutes du matin,&
comme cette pleine Lunetfl après
l'EcjWflaxe(fui arrive leip Mars
à y.heures41.minutes du foirf
cette pleine Lune eslansaprès
lEquinoxe> Cm le jour de Dimanche,
tsi Paschase
> & par
confequen. Pajqueeslans le 22.
Mars t
le jour des Cendres a eslé
le 4. de Fevrier.
Pour trouver le nombre du
Cycle-solaire, qui eflla Teriode
ou la Revolution de
2, 8. ans,aprés
le/quels les mêmes lettresDo-
E iiij
minicales recommencent leurKervolution.
font lesseps premièreslettres,
del'^lpbabeth> appo
ff,')" à chaquejour du Ca/endrilr,
commençant par la lettre A* visa-
vis dupremier deJanvier>&
commel*annce commune (si de
3Cf. jours lesquels tli'Vi[eZ par 7.
donnent si.frmaines
>
il refle
unjour ,qui est le commtnCfment
de la cinquanté-troijiéme
semaine> &parconsequent dans
l'année commune le dernier jour.
de l'an esi demejmifHûhf qoe son
premier jour, d'aud s'enfuit
que le premier jour de l'an efl un
autrejour de la semaine
) .&p.cr
onflqtlent la Lettre Dominicalc
rtesi pas la mesme que celie de
l'année precedente. CetuRévolution
s*asbefjcrêit dans les sept
Ans, mais a causedu jourBzjfxtil
» qtConintercale de quatre en
quatre ans ,
la Piriode desLettrès
Dominicales ne s'acheve que
dans vingt-huit ans 3
st) les,
annéesBifJextilesonl JtUX Lettres
Dominicales» dont la premitre
ne fèrt que iufquau 24.
Février>&lafécondéindique
le DtMdncbe pendant lè
rrfted l'année. Ce Cycle Je,
lettresDominicales rsi appelle
QycleSolaire du jour de Dimanche,
qui est le jour du Soleil TJe
mesme que les autres jours de la
semaine ont le nom d'une autre
dessept Planetes.
Pour trouver le nombre du
Cycle SoIaire,eij pAr ce nombre
la lettre Dominica le,ojle% un
de J'annéeproposée; di'Visè le
nombre ressant par quatre> er
sans avoir égard a ce qui resse>
ajoute le quotient au mesme
nombre divisé; & de la somme
four les années depuis if8Z. oste':(
10. pour le nombre du dix jours
yttranchl{ par le Calendrier
Çregorien ; & enfin di'Vist le
rtfltparfpt le nombre ressant
fera le quantième jour de la semaine
j a compter depuis le Dimanche.
Ainji9 pour avoir lalettre
Dominicale de l'annéepresente
lôp^.diDife^ 1692.par quatre;le
quotienteji413. qui eslans ajouté
a 1691, fait znf. dont ayant oté
dix
>
rtjle ziof. qui eslans divisê
par sept,rejle f. qui indiquent
que le cinquième jour, à compter
par le Dimanche, est le premier
jour de l'an. Or ce cinquième
jour t'si un JuJy. Si le premier
jour de l'anqui a toujours
la lettre A eji un Jeudy
>
donc 13
marquera le Vendredj, C le SA
mtdy) f0 par consequent D. est
la lettre Dominicale pour tannée
presente 1695, Cette connoijjance
des lettres Dominicalesfert bien
souvent à convaincre de ftuffité
pluseursÀftvs. Lafuitedes ltttrès
Dominicales fera interrompue
en l'année 1700, parce que
nejîantpasBiffextîle>elie n'aura
que la lettre Cpour Dominicale.
Pour trouver quelle lettre du
Calendrier est au premier jour
de chaque mois)prene les lettres
initiales des doukemotsfui-
1tans, le premier mot pour le mois
de Janvier, & dinfi defuite.
Au. Dos. D'un. Gros. Boeuf:
Est.Gros. Cuir. Fort. Au.
Droit. Fil. Ou bien les lettres
initiales de ces deux Vers Latins»
Alta Domat Dominus Gra
tis Beat Equa Gerentes.
Conttrnnitfactos) Augebit
Dona Fideli.
1 s4(njî(çdcbant la lettre dupremier
jour dumois
, cm fçgura quel
jour il est de la ftmæineJ par le
moytnJe la lettre Dominicale,
C'tftpourquoy dans l'ann-ée pr-efente
itipj. la lettre D du mot
DosJqui appartient au premier
jour du mois d. Fe-irifr,eftint
aulJilAlettre Dominicale>le premier
jur de FturiereflunDimanchey
parconjequent le 4
tflle Mercredy des Crndres.
Pour trouver le Dimanche
Paschal. Il faut observer) que
par lepremier Concile General,
tenu à Nicée en 315. auquel, en
prejence de l'Empereur CQnftantin,
Oziui) Evejque de Cordoué
presida au nom du Pape Silvejlre,
les tAjiAtiquts voulaient
que la Pasque se sijs le 14. de la
Lune9 quelque tour quil sufl de
la flmaine, & il fut ordonné,
qu'on ne la celebreroit que le
Dimanche d'après la pleine LuneJ
qui arriveroitaprès l'Euinoxe)
lequelfutréglé au 21. de Jïïiars,
UEvefaue d'Alexandrie, vu
r't.Astronomie florijjoit,fut* comme
nous avons déiadit> charge
i*envoyer tous les ans à Rome
,
tvant l'Epiphanie»lecalcul des
Eluinoxes,&delapleine Lunt;
:e qUI le Diacre publioit a U
Fesle des Rois.
Trouve^ premièrement la letrre
Dominicale de l'année proposée9
puis trou'Ve"{ le quanticme
de la Lune& le 2.1. de Mars,
car si elle a du moins quatorze
jours, le Dimanche suivant fera
le jour de Pasque. Que si avant
le n. de Mars le quatorzième de
la Lune n'etf pas arrivé
,
il ne
faudra celebrer la Pa/que que le
Dimanche d'aprés le qUAtorziéma
de la Lune suivante. C'efl pour-
,quoyen l'année 1666.laPajquft
ne fut celebrée que lezy. du mois,
d*AvriU qui eflle plus tard qu'e lita
suisseejlre> lors que lanouvelle.
Lune arrive le 7. ,JsAvrzl;&am
contraire, en l'année courante om
l'a celebrée le 2.2.. de Mars., quii
estle plutofl quelle puffi arriver
, lors que 14 nouvelle Lunei
arrive le s. de Mrs >
si on ob..
serve le Decret du Concile.
Systême du Calendrier perpetuel
& invariable
Vembarrasdes'variations qui
Je trouvent dans leCtAlendrierl\!!-
mail)pÃr les changementdesjours
de laJemaine> rù des Festes mobiles
de l*annéeEcclejiafiiquey
qui varientmejme de trente. cinq
jouri, ejloté parce nouveau (Vlendrier>
dans lequel les années
commencent toujourspar leJeudy
"premierJanvier &l la rparqueeflfixée
au Dimanche
J
qui fera:
toujours le cinquième jour liumois
d*Avril : ce qui n'apportera aIl."
cunealtération a l'annéeCiviley
& rendra les Offices du Service
Divin plus faciles& reguliers.;
rfiant exempts des Rubriques
dans tous les siecles à venir> ü
les Fesses folemnelles feront celebréesauxjours
que les Myfleru
de nojfreReligion ont estéoperece
que je crois avantageux
pour la prédication de l'Evangile.
C'est pour cela qu'en tannée
-1653. j'avoisinventé ce Calendrier
invariable> dans le dessein
de paffir aux Indu Orientales
avec tApostreduTcnquin
>
le
R. P.Alexandre de Rhodesyde la
Compagnie defefts. Or d'autant
que la PaÇqueejl la principale
denos folçmnittfygr quelle régle
le .trmps"desAutrl.(Fffi.es mobilJ,
ilefi necessaire de fçavoW
que Jesus-Çhrijl naquit la quarante-
cinquième,annéeJulienney
le Samedjt-tf. Décembre, fil
le lendemain'U Jjune.ïclipsa;
quilfutcirconcislepremier ianlier
de laquaranterjîxie'me année
Julienne B\quiefile commen- ., cement, -ou fremiere année de
l'Ære commune.
il, faut encore établir dans
Itielle. année
,
quelmois
, £<r
quels jours J. C. tsi mort &
ressuscitE. Pour parvenir à cela,
en doit faire convenir quatre
c*ratteres,OHmarques effentitU
les. Lesdeux frémérésfont dafii
l'Evangilede*Sahtf Luc. t J.C>foujfriten lafiximeFcriÀ
qui eflleVendreJty j que lestemiresfurehifaite}
surtvute ht
terre >
'&'"qu'# rrJJàfrita le troù
firme jour -r >
qui r-Jf la premiere
Ferie, ou jourdu Svltil, quieflôit
chez Ic'sjFJcbteiixleprcmttrjbui
de la semat'rte.LatrïïifcmtWar+
que est tirée deTHïJhiredt
Pblegon
,
djfùnchydtl'Ekipereurjdritn.
Hfajrt'rnetitroridb
ces tcnebres 'exttaofdinaïres dont
a parléSaint Luc; ce qu'onvoit
encore. par l'Ektrait.qâeJean
PhiUjhmMenfitfnrtOrignm*
CC''r~fi pourc^uoy Tertuïfien iinnAApdfoicàco,
renvoya ksPdyènt
Romains à leurs Archives. Le
quatrième caraéîert pjtttrêde là
Propbette dt -Daniel '-,Qu'lè
Chtift foufffircit au miliçti
de la 70rac Semaine. •Of tous ces caraEieret contour
rent m 3 LAlJriJ,sixieme Fcrie^
oujourde Vendredy en la trentetrotfirme
année de I. C. ij. de taLunapris l'Equinoxe du
"Printemps; 0* cetteEctipfeyoti
ces tenebres mlraculeufes
>
font
rapportéespar Phlegonaumefmc
¡our'ile'tf: quatrième arrnie dt, la
20z Olympiade,quieftla3yde
J. c. la 78e année luliennt,
la19e de Tibere3 le Soleil eslans
au premier degré trente minutes
@r vingt-quatre fécondes d'A..
riesy {0 lavrritable pleine Lune
enjerusalem
>
dont la latitude (si
ttrreennttee,-.ddeeuuxxddeegre% dix minutes,
eslans au premier degré dix-neuf
minutes f4. fécondés de la Balance.
C'eflpourquoy ces tenebres
miraculeusesquifurentfat.
tessur toute lasurface de la terre,
ne furentpascausées par l'E'c/ipfe
ordinaire du Soleily eslans à
remarquer que dans le Vieuxt ny
4ans le Nouveau Teftaent) il
riejlfait mention daucune Ecli-
Pît ; mais ce$épaijfeess IIccnneebbrrau
lui durèrent depuis midy,ou six
heures de l'Horloge Judaïque,
jusques à neufoutrois heures du
foir sur toute la surface de 1,%
terre,s'expliquent facilement;
parce que la Lune estant plein*»
l'Hemtfphereinférieur crjfA d'en
sflreéclairé,dés lemoment quelle
cessa de recevoir la lumiere du
Soleilqu'il axoit luy-mesme perdue
; & personne nignore les
beaux termei dont Saint Denis
VAfeopagite se ferait> écrivant
à Saint P$lycarpet au sujet de
.'tHl Eclipsè miraculfule
QuantalaPropbetie des jol
Semainesde Dantel>quifont490.
annéescommunes> & qui commencèrent
quatre cens cinquantequatre
ans avant la (irconcijion
4e 1.C.cm finirenten la36e année
de l'Ære commune3J. C. est
par Consequent mort en sa33e année
qui essais la 487e année de la
PrÓphetit, cefla dire en la quatrième
annre après la foixanteneuviémeSemaine>
& au milieu
de la 70e Semaine.
Cela posé pourfondement incontefiabletje
fixe le jour de Paque
au cinquièmed'Avril, qui :
fera toujours un jour de Dimar:---..
che..
che. Ainsi le Vendredy Saint se
trouvera pareillement le 3. dA-
*vrihfemblablejourde l'anfolaiie->
auquel J. C. fut crucifié: après
liuoy il efifacile de fixer perpétuellement
à mêmejour les sesits
qui en dépendent, comme aujJi le
jour cks Cendres,quifera de même
perpétuellement le Mercredy 19.
de Fevrier ; & les trois premiers
mois de l'annéeeslans chacun de
trente jours, comme ly deji
dit) le premier jour de l'année
fera unIeudy, éJ parconfeyuent
le premier de Févrierferatoujours
un oamedy,comme aufille premier
jwr de Mars fera toujours
un Lundyt (Si lepremieraAvril
un Mercredy, si) le jour de Noël
2.5. Décembre fera toujours un
VendrtJy.
Par ce Calendrier perpetuel&
invariable
} on tendra tAnnét
Civile,&l'année Scclejtafttque
tres-commoies» dr on evitera
mille embarras,{0 les disputes
qui de tempsen tempsfontjttrve*
nues À l'Eglise pour le iour de la
célébration de la Parque, comme
il paroistparÏHiftoire.
LtApore S. jean l'Evangelistefoujfrit
aux Eglisesdftjiaticpies
de celebrer la Pafcjue le i de la Lune après l'Ecjuinôxe-,
sur (juoy les Quartadccimani
sefondoient
en l'annéejzy. dans
le premierConcile de Nicée. Les
Orientaux en l*année 417. Id.
celebrerentle it. Avril* & les
Occidentaux le 2.5.Mars. Semblable
difficultéarriva en fan- née e le Pape S. Léon en
Vannée 4// eut débat contre les
Orientaux
3
Juurr llee jour de la ceélébration
de Pa~riqquuec.. EEnn ll''aannnnéé'eir
S#r.ily eut aussi debat,cm issut
réglé par un Concile d'Orléans.
On s'ytrompa à Conflantinople
en td.nnér'j'-TÓ. Les François r&
les Fr-inpagnolsn'en furent pu
d'accorden l*année$77*
Gregoire de Tours asseurequ*en
l'année fgo. & la IJ. de Chilperic,
on ne convint pas en Frarh
ce du jour de Pasque : car les uns
la celebrerent le t6. Mars ij. de
la Lunes &les autres le 2. Avril.
Il rapporte aussi qu'en l'année
f94. il y eutsur 1.4 Feftr: de Pâque
grand débatentre les Franfois
& les Espagnols. Ceux cy
firent Parque le21. Mars & les
François le 18. Avril. Enfin
on sy est trompé ordinairement
jusques en l'année 158t. ce qui
Je démontré par la refiorme du
Calendrier faite en la rnefme
Année ,
puis que les Equinoxes
éwoient anticipe de dix jours,
Nofire nouveau Calendrier
ne fera point fújtt à ces diffculte.
L'annéeEccleîfajliquefera
exempte de tant de Rubriques
embarayanteSi & l'Office Divin
se fera uniformément par toute
la Terre. Ily a lieu d'esperer
que lerliauivrifera ce Calendrier,
afin de fixer pour toujours au
Dimanche5.^Avril la solemnitédeParque
qui avoit cause tant
de débats f0 de dissentions entre
l'EgliseOrientale &Occidentalr,
que pour les terminerilfallut en
l'année3convoquerlepremier
Concile général
}
compoféde trois
cens dix.huit Evesques)pour interposer
leurautorité, &rfire un
règlement de dilcipline,gr qui
paroiss par les termes faivans,
tirez de l'Hifloire de ce Concile.
Casccrum, ôcc.rendusainisen
François. Au reste, pour ne
laiflcr quelque occalion de
diflcntionjilest ordonné que
la solemnité de Parque, de
laquelle peu auparavant les
Eglircsdilputoient, feracelebrec3non
suivant le Rit Judaïque,
mais suivant l'Apoitalique.
C'eftcequej'obférue
dans mon Calendrier invariable,
fixant la Paque au Dimanchef!
JlvrilJ qui fera toujours après
l'Equine"e du Prinumpsj@J je
n'ay point égard au 14. jour de
cette pleine Lune de Nisan
, que
les Juifs font leur pafqut. Je
riobferve donc rien du &it judaïque
»mais suivant la traJition
apostolique des Peres, ie fixe
Parque au Dimanche> en quoy
iesatisfais à tous les points du
Concile. le remarquequ'avant
ce Concile il n'y auoit point de
tourfixe pour la PAflqJUuet ; aauuttrree--
ment il. n'y auroitpoint eu de
dissention entre les Eglises d'Orient
st) celles d Occidtnt,& on
ne doitpoint régler laPâquepar le
14. de cette pleine Lune, qui n'efl
qu'une ceremonie des juifs que J. C. a abolie, puis que Christ
nostre Pafquc cft l'Agneau
qui a esté immolé depuis le
commencement du monde,
comme il est dit dans l'Apocalypse.
Enfin cepoint du Concile
de TSJjcêè parlant de la pleine
Lune d'aprés i'Equinoxe, efl une
pinclton 0 ordonnance Politique
& de discipline que le Pape
peut abroger
»
puis qu'on est hors
des occajions de diffintion
)
qui
avoient porté ce Concileafaire
cette prudente Ordonnance de
difcielintEcclefiaflique. Ellepeut
flre ituJfichanbfe en ce temps
our la facilite& lesavantages
tye j'aycy- devant remarque
?ejlainsî que les Apoflresmenes
ont changé leur Ordonnance
le discipline >permettant de mànder
du fang
)
qu'ils avoient dtndu
auparavant ; cr l'Ordontance
quifutfaite à tous de boire
g la toupé duSeigneur pour re.
ronnoijireles Hérétiques Manieens
> a esiéabrogée
, &même
l'usage en dest; interdit aux
Laïques
»
le Concile de Trente
ayant déclaré que le Pape pouvoit
en ordonner l'usage>fuïvant
quille trouveroit à propos. Les
termes du Decret de ce Concile ;
qui est à la fin du Chapitre n,
Session22. sonttrop beaux pour
riejlte pas icy rapporte Nunc
corum , pro quibus petitur
fahuticonsultum volens decrevit,
integrum ad sanctissi-,
mum Dominum nostrum Papam
esse referendum
, prout
præsenti decreto refert, qui
pro sua singulari prudentiâ,
idefficiat,quodutile Reipublicæ
Christianae
)
& salutare
petentibus usum calicis fore
judicaverit.
Le Ciel ayant heuretifement
uny pour le bien de la Cbrtflienté>
e cueur du Tape
>
Pere commun
le tous les Fidtlles, au coeur de
Voflre Majeflc
>
Fils aîné de
r'EllijeJ vous trez) SIRE
f'H(rcule Chrrflirn. Le "Bras
du Tout-Puissantfera vostrefer..
meappuy, (èf combattra toujours
avec vous pour la deJfinfê de fort
Eglise & ïinterefl de ses Oints.
C'tfl pourquoi
Crédite me vobis Folium
rccitarc Sybillæ.
Jefuis avec très-profond refpa"
SIRE,
DevoffreAfajtflêy
Ties-humble,tres-obeïssant &tresfiddle
Serviteur & Sujet,
L'AVEUGLE C O MIER S, Prestre
dans l'Hôpital Royal des Quinze^Vingts,
Je vous envoyé un Article
qui vous fera connoistre combien
l'Espagne a besoin d'argent
pour la guerre presente
, & quelle achevera bientost
de ruiner les PaysBas. Apres
avoir tiré sur eux lessubsides
ordinaires & s'estre souvent
fait donner extraordinairement
de grandes sommes
pour la guerre , on surcharge
encore les Etats de Brabant
d'une taxe par teste,d'autant
plus onereuse,que la Femme
paye aussi bien que le Mary
& que quoy que les sommes
paroissent modiques separément,
elles font néanmoins
tres-grandes pourunseul menage,
puis que le Cheval, le
Boeuf
,
l'A ne, le Mouton,
l'Agneau
,
le Cochon,& le
Cochon de lait, tout paye
jusqu'aux moindres animaux,
de sorte qu'il se trouvera
qu'un homme payera dix fois
autant pour les Animaux
qu'il nourrit, que pour sa personne.
ORDONNANCE
ET INSTRUCTION.
De la part des Sicurs d'Etat:
des Pays & Duchez de Bta—
bant, pour lever la Taxe:
par [cftcJ comme aussisur
( les Chevaux,Bestiaux
, ôc:
toutes personnes de quelle:
qualité&condition qu'elles
foicnt
,
les Hospitaux,
Villes, & Plat Pays.
Les Abbez, Abbesseschacun
par teste. 100. livres.
Tous les Nobles qui composentl'Etat)
chacun. 100.Itv.
Les Particul iers des Bourgs,
Villagesou Seigneuries, ayant
intrée dans lesdits Etats,
:hacun. 75.liv.
Les Prevosts & Doyens des
chapitres ., Colleges
,
les
Prieurs & Prieuresdes Chamoines
Reguliers
-,
chacun.
25liv-
Commandeurs & Protonoraires,
chacun.18.liv.
Les Parsonats, Tresoriers
Chantres, Regens & Vicaires,
chacun. 18.liv.
Les Receveurs Secrétaires
des Monasteres, Chapitres,
OEconomes,Facteurs
- ou
Agents. 6.liv
Les Dames deNivelle. 100.l
Le Prevost.25 liv:
Les Chanoines & Chanoi
nesses de Nivelle,chacun. 18.1;
Les Curez,chacun. 6.1iv<
Les Chanoines des Chapitres
des petitesVilles & Plat-
Pays,chacun. S.iiv
Les Vicaires & Chapelains;
chacun.
-
3 liy,1
Les Chapelains particuliers
chacun. 1.liv.10fois
Les Monasteres ,chacun. u
liv.6. fois
Les Religieux,Religieuses,
chacun.z. liv,12..Italiw
Tous les Religieux, tant
Hommes que Femmes, qui
possedent du bien d'heritage.
1. liv.
Les Beguines & Filles devoes,
chacune 1.liv. 6.fois.
Les OfficiersGénéraux.9.1.
Les Bourguemestres
,
cha- :un*p.liv.
Les Echevins, Jurez, Conseillers
,
Tresoriers dans les
petites Villes & Bourgs, cha
un. 4.liv.
Les Pensionnaires
,
Secrétaires
& Greffiers des petites
Villes& Bourgs,chacun. 5.1.
Lescault, Drossarts & Bailsiss
dans le Plat Pays, chacun.
1. liv.12. fois 6. den-
Les Secrectaires&Greffiers
chacun. 3.liv.
Tous lesBourgeois& Habitans
des petites Villes, tanhommes
que femmes quii
exercent quelque Profession,
Métier ou Negoce,chacun2.L
Chaque Noble, Rentier oui
Marchand dans les petites:
Villes ou Plat-Pays. 3.liv.
Tous ceux qui portent I'c—
pée Nobles & non Nobles»
chacun. 3. liv..
Chaque Dame ou Demoiselle
qui sedit Noble. -t.I.-
Chaque Avocat & Medecin.
3. liv.
Chaque Chirurgien&Barbier.
6.f.
Chaque Procureur & Notaire.
2.l.12. s
Chaque Huissier.1-l.16. f.
Chaque Brasseur dans les petitesVilles.
8. l.
Chaque Fermier, Laboureur.
1.1.16.f.
Chaque Brasseur dans le
*Plat-Pais. e..I.
Chaque Cabaretier dans les
petites Villes& Plat Pays. 3.l.
Tous ceux qui font quelque
Trafic dans le PlatPays
sans labourer, chacun 1. l.io.f.
Tous gens de Métier Cosfars
& Serviteurs, tant Hommes
que Femmes,& les Enfans
servant leurs Peres, âgezde
ij. ans. 1. 1.
Toutes les Femmesmariées
payeront la moitié de ce à
quoy leurs Maris auront esté
taxez.
Pour tout Enfant, tant Garçon
que Fille, âgcz de 14. ans
ou plus, qui n'ont pointesté
taxez cy-devant,ferapay
Tous les Enfans au dessus &
au dessous de 14. ans, qui bcritent
de quelqu'un, payeront
ce qu'auroit payé celuy donc
ilsheritent.
Sur les Chevaux {0 Bestiaux.
Pour chaque Cheval
,
âgé
de trois ans, à quelque usage
qu'ilsoit, fera payé - 1.l.6. s
Pour chaque Poulain,de- puisrè d'unan in-tqu'aN trois
sera payé .; 13. s.
Pourchaque Veau. 6.s.
Pour chaque Mouton Masle
ou Femelle. 1. s.6.d.
Pour chaque Agneau
,
Capret&
Cochondelait.3 liards.
Pour chaque besteàcorne,
soitBoeuf, Taureau ouVache.
16. f.
., Pour chaque Cochon. 3. s.
Chaque Beste à corne, au des-1
fous d'un an,sera estimée pour
un Veau,& depuis un an
jusqu'à trois, il fera payé 8 s
Le Titre de l'Ouvrage qui
fuit vous fera connoistre, qu'il
estde faison. Mr de Vin qui
en estl'Auteur,auroit travaillé
fort utilement, si la profane
& scandaleuse habitude
qu'on a de caufcr dans nos
Eglises, sans aucun respect
pour les saints Mysteres, pouvoir
estre réprimée par la
crainte de trouver derriere
soy quelque Uranie qui fïst le
conte des choses ridicules
dont on s'y entretient la plûpart
du temps.
LE SERMON.
n'Accommoderautemps ejîun trait
politique.
Fendantle cours du Carnaval,
Chacunsansscrupule f"applique
Aux douceurs des Jeuxdrdu Balt
Et dans cette faison qui leur ejl confierée
"tous lescoeurs ouverts auxflatfrs
s'étonnent du Carêmey & sen font
.i,une tdée, mise en les goûtant, leur
coûte dessoupirs.
Vn Jombre & noir chagrin, une douleur
profonde
Saijitason ajpea les Amateurs dtl
Mondei
Ils tremblent à le voir de prés.
Lafrayeurqu'ils en ontleur prtflhe
par avance
La retraite, la penitence
, Et tout ce qtti combat leurs coupables
txces.
Plus il approche
,
plus leur trouble
Les agite en Jectet,plus leur crainte
redouble,
Plus se chaffi.p/'Ûfirf leur devient
odieux,
Etplus leurs alarmesterribles
Seivent, quoy qu-entraifiuZ'l)(r.r
eux,
A les y rendremoinsfcnfibles.
Cependantdésquilejlvenu,
La coutume & la bicn-fcance,
veul ent
Veulent quonfauve l'appirence
Et que dans tEglft on (ait vil.
)nsemprJfe a s'yrendre, on s'y parc
d'un zele
Qui du vray, quoy que faux, prend
les airs &le riom;
*/, lacloche tintante, iln'efpasIUIC
Belle ui du lit ne coure ah" Sermon.
Ce rieftpas que l'en ait envie
yabandonnerfî-tofîles pUifirs de la
Vie;
l en coûteroit trop par un tel aba¡¡..
don,
Mais y manquer,qu'en direit-on ?
On ne veutpointdutoutfaireparler
deJoy.
Vnjour,suivant cette methode,
Iris,sansnul égardpour le Prédicateur,
Quelleinterrompt, qI/elle incommode
,
Et moins encor pour l'AliditcHr,
Dont si pâvejfe fatigante
Irrite à contre-temps ihumeur impatitnte;
Unjoury dis-je,après/'Avedit,
Irisarrive, & s'applaudit
Des regards qu'on jettesur elle,
Et qui, quoy ql/i,riteZ' luy disent
quelle eji belle.
J>)uelplaisirpoursa vanité!
A 14iJur sa chaïse ayant pris si
posture,
'(.t silence revient après quelque mur-
7nuret
Et l'oriteiur efl écouté.
Dans un endroitfortpathétique.
Où sa pieuse gravité
S'étendoit d'un flyle emphatique
Sur le peu de solidite
Des biens que nous offre le monde,
Etsur limmevfequantité
Des maux çuifiïis dont il "zbondtj
Helas! ma dJ:re til ej1 bien vrayy
Dit tout bas Iris à Climenet
'Jimpofleurn'apournous quetraverses
, que çdrie Et je viensdd'e' n faire i' /,T' l'e
Quelquebonheur quïl nous promette,
Malheur à qui s'yfie ! helas !
r'avois peu de raifor. d'en cftr?satisfaite>
norois ses faux apltlt.
Mais graces à Dieu,détrompée,
Cen eflfait, & dés aujourd'hay
Je romps pour toujours avec luy,
Etjenen Jeray plus dupée.
Le traijire ! le perfide? Aurois jecrû
jamais« Devoir Jlntir ainsilapointe deses
traits?
OCiel! queltonde Jeremie
Prens-tu là
3
répond son Amie ? it'afflige r qnas-tu ?pourroi.t,en
le ffavoir?
Tirets (croit-ilnfille?
1. Non, m. fms ce
m,nia /¡ ardeur tnafutvoir
ej'avoiJ" tout sujet de la ccrrooiirret
éternelle.
C pellt-ejlrt un mo'if pluschref*
tien
Te donnc-t-il du tmnde un degoufl
Çatutaire
, Et t'en a-t-il fait voir le néant, imifcreï
Tantmieux
,
-'1;/-;:.(" hot. ,.?/ n'en tft
Turi, Je r}j" trompt ,£;'j/djeunesse
On mJrtefpfii.qquuet- t<':'/ d'unetdisji-
Tu gemis cependant, toynie avec an
bien
,
Ettout ce que l'efpritdr le corps ont
de charmes.
.Zuo, le vieux Lycidas toftetoit il
le fien?
I.Non,jefuis là-deusfanrtrouble,
fins Alarmess
MonOncle, je lesçais, maime trop,
il ejl bon,
Etfay lieu de comptersursasucees
fion.
C. De quoy pourrois-tu donc te
plaindre ?
Te trouverois-tu mal,drquemefais-
III craindre ?
Parle
, oz ivz Lùsse tnfn entendre le
S-riro*.
I. IIcias!r.i chcre
,
helas! ma PdN. i'ycchienne (si morte,
Je,,,,; I/¡:S' Í;;','¿1jj IÕjable
,
dl' ce J'en sa'sincor.folable Pr¿di-
ô Prédicateur
A r.z¿/¿';,' Cuy ce Monde efi un
fourbe,untrompeur.
i e PcrareBichonnedelafirte!
J^clledouleur?queld;fifipoir !
A ccs mots un ficupir luy tranche la
parole,
:Elle vtrfe des pleurs, elleprendson
i mouchoir;
Et d'une pertesifrivole
Climene enfourtant de Ion mieux la
confoie.
Ce Dialogue efioit trop plaiflnt1 trop
bouffon,
Pour ne pas l'écouter, & la fige
Vranie,
Derrière Iris &son Amie,
Ne put, quoy quellefft,s'appliquer
au Sermon.
Le refpeff que l'on doit à la fainte
Eloquence
Retintseul leséclats que cetterxtra,
vagar/ce
Meritoitd'attirersurfoy,
eEtjavoueray de bonnefoy saurois àsa place oublié ma prudence.
Autantquelle fil Itrs ilfautsepos- seder,
Et tout autre sur si) n'eust pas été
tant de force:
Mais d'en rire tout haut refifiant Ii
l'amorce,
Bileferra les dents, &bien loin d)
ceder,
Ne le fit qu'ente cuir d* chair.
Mr Comiers est univr":!
tel Vous avez vû au commencement
de cette Lettre
un sçavant Traité de sa façon
sur un Calendrier fixe Se
perpetuel. Envoicy unautre
pour réponse à ce que le Pere
le Brun, Jesuite
, & le Pere de
Mallebranche
»
de l'Oratoire,
ont écrit sur la Baguette.
Qaoy qu'il foit Aveugle, il
voit tout. & rien n'échape
à la penetration de son esprit.
LA BAGUETTE
JUSTIFIEE,
ET
Ses e ffets démontrez naturels.
iAMeJJire Jules-Louis 1Jolt i
Marquis de Chamlay,Conftil-
1er du Royen ses Confeiht
Maréchal General des Camps
$0 Armées de Sa Afajefié.
E fuis persuadé, Monsieur,
qu'on n'a pas besoin de
Devins,ny deleur Baguette,
pour apprendre les obligations
que je vous ay ,
& que
je publie partout; mais je
croy que la Baguette quifait!
tant de bruic, auroic grand
besoin de vostre approbation..
Si ce bon heur luy arrive, per-.
sonne n'en ofcra condamner1
l'usage
, car toute l'Europeest
convaincue que parvostre pe.,
netration d'esprit, vous découvrez
si parfaitement le vrai
& le faux, que vous n'estes
jamais trompé par les fpecieufesapparences
de l'un ny
de l'autre.
Les Sçavans disoient hardinent
que la Divination par
a Baguette avoir des causes
Physiques
, pour produire
ans aucun mélange de Pacte
explicile ou implicite, tant de
faits furprenans ; mais lePere
le Brun ayant écrit de Grenoble,,
& demandé au Peie de
Malebranche son sentiment
sur les plus grandes difficultez
des effets qu'elle produit,
il n'en a receu d'autre réponse,
sinon qu'ils estoient diaboliques;
& comme j'apprehende
que l'on ne traite de
mesme l'Homme art'fiâtl Anemofèope,
Propbete Physique du
changement du temps, que j'ajj
donne dans le Mercure du
mois de Mars de l'année
1683. & dans la26. page de
jéêlx Eruditorum
, imprime
à Leiphe en l'année 11684 y veux répondre physïques
ment aux demandes du Pere:
Is Brun,afin de détrom per
ceux qui se laissantentraîner
par le poids du sentiment de
ce Philosophe, d'un sçavoir
& d'un merite distingué
,
feroient
de sinistres jugetnens
contre un grand nombre de
gens
*
de Robe&d'Epéc, tous
d'une probité connue, qui
nt le même talent que Jac.
ues Aymar Vernay, de Saint
rcran, prés de S. Marcellin
n Dauphinc. Mr l'Evesque
c Morienne, & MrGalc.c,
elebre Astronome,&grand
pcnitcncier do Carpentras,
ont le mesme talent que Jac-j
ques Aixiiar»aussî bien que
Eccleflaflique deLyon, que
d" Panthot, Doyen des Melecins
,
dans sa Lettre écrite
à Mr Daquin, premier Mede-
:in du Roy» assure trouver
l'endroit où font les corps
des Noyez.
Dans les choses obscures
& embarassées de difficultés j
je suspens mon
jugement»!
pour donner lieu à l'Accusé
de défendre sacause, ou pour
attendre que quelqu'un par le
pour luy. Cette maxime cft
de Droit naturel; c'est pourquoy
Seneque le Tragique
disoit
, Parte alterâ inauditâ
justum licet ftatuaty haud oequum
judicat. Pourquoy donc accuser
d'abord de diablerie ce
pauvre Aimar &sa Baguette?
C'est agitcontre les maximes
du Droit, car pour prononcer
sur de telles matières de
Pacte avec les Demons, Armenta
àttbent tjJe sole meri-
AYIO clariora
, outre que Odia
ent restringenda, favores amiandi.
Ce fut surce,principe àdesDamcs, plus sçavantes
fcrupulcs, que dans la conoiffancc
de la bclltPhyfiquc,
: fus obligé, pour satisfaire
leurs demandes, de leur
endre les effets de la Baguette
ors de foupçonde diablerie;
&cela fut cause que je m'exdiquay
comme il s'enfuie.
Dieu donc les secrets font
mpenctrables,a permis auxAnés
des deux personnes assasnés
dans leur cave à Lyon, ,
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol,
afinqu'ils ne mâchent
point leur suaire ou drap dans
lequel ils fontenfcvelis, &
pour empêcher que par quelque
sympathie
,
disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens,
dont les corps enterrez
ont esté trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit
autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouver les Sources,cela
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principcs font dans mes Letres
,
inférées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire.
Je n'ay rien a ajouter
:onccrnant les véritables & les
aux Prophètes, les Devins,
k les Pytons
,
m'en estanc
iflfezexpliqué dans mon Traité
des propheries. inseré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Décembre de
l'année1689.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par laBaguette.Je
dis que la Baguette n'cft point.
Justice les Impies &les Scélérats
de profession;ainsi l'homme
d'iniquité a eu ses Protecteurs.
J'espere guérir par démonstrations
Phyfiqucs ces Scrupuleux
,
dans la fuite de ma
Medecine Universelle
,
dont
on aveu les commencemens
dans les Mercures des
mois de Juin,Juillet,Aoust,
& Novembre 1687. où je démontreray
fcnfiblement tout
ce que Levinius Lcmnius ra pporte
De occultisNaturtoe miraculis
t tout ce que le gran d
Medecin Fernel a dit, De abdiris
rerum causis,tout ce que
Fromondus avance dans son
Livre De fascinatione
» routes
les vertus Médicinales & proprietezcurieuses
qu'Anselme
Boëce de Boot, Medecin de
l'Empereur Rodolphe 11. attribuë
aux pierres precieuses,
& enfin tout ce que l'on peut
croire,De transplantationemorborum,
dont le Sçavanc Tenczelius
& le docte & curieux
Mr Bartholin ont écrit.
J'examineray en dernier
lieuce qui obligeà present les
Polonoisàcouper lacetteaux
corps moresde leurs parens
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol,
afin qu'ils ne mâchent
point leursuaire ou drap dans
lequel ils font ensevelis, &
pour empêcher que par quelque
sympathie ,disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens,
dont les corps enterrez
ont cité trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit
autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouverles Sources,cel a
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principes font dans mes Letres
,
insérées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire.
Je n'ay rien aajouter
oncernant lesvéritables & les
aux Prophetcs) les Devins,
& les Pytons
,
m'en estant
assezexpliqué dans mon Trai-.
té des Prophéties, inséré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Decembre: de
l'année1685?.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par la Baguette. Je
dis que laBaguette n'est point
absolument necessaire
,
rnaiJ
qu'elle sert, comme la longueur
d'une aiguille d'Horloge
,
à rend re plus sensible le
mouvement de l'impression,
qui est d'autant plus grande,
qu'on serre plus fortement
les deux cornes de la Baguette
» demême qu'en pressant
fortement avec le pouce & le
doigt Index, le filet qui suspend
une bague au milieu
d'unverreà boire,lacilculation
du fang s'y fait ressentir
davarage, il ébranle peu à peu
le filet,&enfin la bague par
ses vibrations, va heurter les
ord s interieurs du verre,&
ors qu'on a compte l'heure
lue l'on croit qu'il soit, l'imagination
fufpcnd ce prompt
nouvement du sang, & on
:c fle de presser le filet ; c'est
pourquoy les vibrations finissent,
& la bague ne frappe
plus contre le verre.
Je disencore,que laBaguette
peut servir à la conduite
des corpuscules,jusque dans
la main, de même qu'un balay
trempé dans l'eau, mis
en la cheminée le manche
en bas, sert à attirer la fumée
en haut, ce qui a donne lieu
aux ignorans de dire que les
Sorciers ayant unBalay entre
jambes, montoient par la
cheminée pour aller au Sabat.
De plus, je dis que
l'homme armé des deux cornes
de la Baguette, doitestre
confideré comme un Ayman
armé
,
dont la force est tresnotablementaugmentée
Enfin
je remarque avec le P. de
Chales Jesuite, danssonMun-
Jus Mathematicus, que les Baguettes
prises sur les differens
arbres qui croissent sur différentcs
eipeces de Mines, sont
plus propres pour trouver la
même
même espece de mécal, & de
les Mines, parce que les pores
de ces bois font plus conformes
à recevoir les corpuscules
de même métal
, autour duquel
il se fait un tout billon
semblableàceluy de la pierre
d'Ayman. Ce Pere , qui est
d'un sçavoir
)
d'une probité,
& d'une vertu consommée,
ne traite pas de diablerie lufage
des Baguettes, pour trouver
les Mines & les Sources
d'eau, ce qui fait que je ne
crains pas de dire, que l'effet
de la Baguette n'est pas plus
criminel que celuy de la Baguette
de Moïse,qui trouva
de l'eau dans le Rocher.
Enfin il est constant, que
dans tous les siecles on a parlé
de la Baguette de Coudre.
Virgile dans leII. Livre des
Georgiques dit Pinguaque cum
rutrubus torremus exta colurnis,
Agricola dans son Livre de
Re Metallica, n'a pas oublié
de parler de l'usage de la Baguette
de Coudre,& de renvoyer
les Sçavans curieux au
Livre que le DocteAnglois
Flud a intitulé Philosophia
Mosaica ; ils seront satisfaits
u sujet de cette Dcvination
par la Baguette de Coudre.
Tess: un bois dont la contexure
des fibresadurapport à
me corde. C'est pourquoy si
Ivec cette Baguette on emwoehe
quelque petit oiseau
3
:crte broche tournera d'ellenemc)
a présquelleaura esté
res bien échaufée
, car l'humidité
du corps de l'oiseau
s'insinuant le long des fibres
de la broche, les détordra. &
elle tournera d'elle-même.
Cela me fait souvenir que
les Juifs pour rostir l'Agneau
Paschal,attcachoient les deux
pieds de derrière au montand
de la Croix, & les deux pieds
de devant etoient étendus sur
la traverse
,
& tournoient verticalement
la Croix.
C'estun fait incontestable,
que l'usage de laBaguette pour
trouver les Sources d'eau,les
Mines & les Tresors
, ou les
Métaux cachez
,
étoit connu
dans toutes les Provinces de
l'Europe; & il elt vray que
Jacques Aimar est le premier
qui par hazard a remarque
que ceux qui ont le talent de
trouver les Sources d't'au,J'ont
gufïi pour suivre lesVoleurs&
Assassins, enmarchant par
erre sur leursvestigessuivant
urroutesur laRiviere & sur
a Mer. Il l'a fait voir par excricoce,
ayant suivy par orre
de la Justice au mois de
uille dernier
,
depuis Lyon
ufqucs à Beaucaire les trois
'({affins:l tous trois natifs de
roulon. Il trouva dans ici
Pnfbns de Beaucaire le plus
cunc,nommé Joseph Arnoul,
)o[u. On le ramena à Lyon,
Du il fut roüé le 30.Aoust
dernier
,
à l'âge de dix-neuf
ans. Aimar donna la chasle
aux deuxautres Affaffins,I"Urî
nommé Thomas
,
Marinie
de Galere, & l'autre appelle
André Pese
,
Prevoit de Sale,
mariéàToulon. Ils étoient
sortis du Port quelques heures
avant l'arrivée de Jacques
Aimar, qui les poursuivit jusqu'à
l'entrée des Terres de
Gennes, ayant reconnu l'endroit
où ils avoient débarqué,
& les Oliviers fous lerquel,
ilsavoient couché.
Voicy comment Jacques
Aimar s'apperçut pour la premiere
fois qu'il pouvoit trouver
les corps assassinez & cachez
sous terre ,
& poursuivre&
reconnoître les Assassins.
Jacques Aimar naquit a SaintVeran,présdeS. Marcellin
en Dauphiné) le 8. Septembre
1662. entre minuit
ëc une heure. Ceux qui meritent
un logement dans les petites
Maisons, je veux dire
les Astrologues, font charitablement
avertis, que le Frere
du même Aimar ,né deux
ans aprèsdans le même lieu,
& au même mois de Septembre
,
n'a point le même talent.
Qu'ils n'attribuent donc
pas à l'influence des Astres ce
dont ils ignorent la véritable
cau se. Il n' y a que le Soleil
& la Lune qu'on doit considererdansla
Medecine,dans
l'A griculture te dans la Navigation.
Nostre Jacques Aimar dans
sa ilannée cherchant de l'eau
dans une cave avec sa Baguette,
se sentir intérieurement
agité avec plus de violence
qu'à l'ordinaire, & dit qu'il
y avoirune abondante Source
d'eau en ce lieulà. Oncreusa
& l'on fut étrangement sur
pris de trouver dans un Tonneau
le corps d'une Femme.
susédans de lachaux,onytrouva
aussi la corde avec laquelle
elleavoitéré étranglée,&cette
Femmeavoitdisparu il y avoir
quatre mois. La Baguette fit
des mouvemens extraordinaires
contre son Mary qui se
voyant découvert prit la suite.
Ce fut donc par hazard
, queJ.Aimar reconnut que son
talentde trouver des Sources
d'eau, s'etendoità trouver les
corps assassinez
,
à poursuivre
les Assassins&les Voleurs,&
à les reconnostre, après avoir
receu la premiere impression,
&s'estre,pourainsi dire,aymanté
au lieu où l'assassinat
& levolontété commis; car
étant ainlicornIne imprégné
des corpuseules & fcls volatilsou
fixesémanez du corps
des Voleurs ou Assassins. Il
ressent lamêmeagitation,lors
qu'il marche sur leurs vestiges,&
cette agitation interieure
est si violentc, lorsqu'il
mer son pied sur ccluy du
Criminel, qu'il tombe en désaillance.
Je répons maintenant article
par article aux demandes
& aux difficultez du R. P. le
Brun, proposées au R. P. de
Malebranche. La Baguette
étant fourchuë,on met de l'or
ou de l'argent dans les mains.
Pour lors si le métal caché est
de même cfpece que celui qu'-
on a dans les mains, la Ba guet.
te tourne avec plus deforce,ÔC
l'on juge de la quantité &de
l'espece du métal cachéce qui
a toujours réussi à l'Astronome
Mr Galet, grand Penitencicr
à Carpentras ; la raison en
est évidente. Ilsefait autour
de chaque métal
,
de même
qu'autour de toutes les pierres
d'Ayman,un tourbillon de
certains cor puscules , finguliers
à chaque métal. C'est
pourquoy si le métal qui cft
dans la main,cft de la nature
dumétal caché,ils s'unifient
& font une impression plus
grande. L'exemple est évident
en l'Ayman armé, dont la
presence agite davantage l'aiguilledelaBoussole,
attire de
plus loin, & retient plusfortement
le ser;& lors que le
métal caché est d'autre eCptce,
que celuy qu'on a dans les
mains, laBaguette ne fait aucun
mouvement, parce que
lestourbillons de differens
métaux, font de différente
configuration, & par confcquent
leurs effets font differens
; ce qui paroist visiblement
par l'eau forte, laquelle
disseut l'argent & les autres
métaux moins noblesquel'or,
auquelelle ne touche pas.
Quesiàlamêmeeau forteon
ajoutel'esprit de sel commun,
on fait l'eau Régale, dont les
parties acides du Nitre, devenuës
plus grossieres,font dans
les larges pores de l'or, l'esset
des coings, en separant les
parties compactes de ce Roy
des métaux, ce que l'eau forte
n'avoit pu faire, parce que les
parties acides duNitre étant
plus minces passoient librement
par les porcs de l'or, &
ne pouvoient passer par les
pores plusétroits de l'argent,
sans en ébranlerles parties
compactes & dissoudre sa
masse ; ffl par une raison contraire,
comme les parties acides
de l'eau Regale font plus
grossieres elles ne peuvent
entrer dans les petits pores de
l'argent,& ne peuvent par
consequent ledissoudre.
1 Leslarges pores de l'or font
que le Mercure monte tout à
coup le long d'une verge d'or
l, se même que l'encre monte
lans le tuyau de la plume par
a fente, quand elle n'est pas
rop seche
, ce qui cft encore
une autre raison de cc que le
Mercure nes'insinuë quetresdifficilement
dans le fer, dans
l'argent) & dans le cuivre, qui
ont les porcs plus secs & plus
étroirs que les pores de l'or.
J'ajoûte icy une curiosité
qui me sertà faire connoistre
que les corpuscules émanez
des Mines, des Métaux fondus,
des corpsassassinez,& de
l'eau,modifiezestantentrez
par les porcs de nostre corps
y produisent des agitations
intérieures, enaltérant, fermentant,
ou coagulant le
fang
,
les humeurs, & les esprits
vitaux & animaux. On
fait des mouches, ou autres
petits animaux que l'air foutient&
agite. En voicy la manière.
Ces mouches font premièrement
fonduësen argent,
puis couvertes d'une dorure
un peu épaisse; après quoy
ayantfaitquelques petitstrous
dans les parties les plus cachéesde
lamoucheonla jette
dans de l'eau forte qui dissout
tout l'argenténelaisse que
épaisseur de l'or, qui cft,
pour ainsi dire, l'epiderme de
la mouche,estant comme la
dépoüille du Serpent,ou dela
Cigale.
Quant à la demande pourquoy
tous les hommes n'ont
pas les mêmes talens que Jacques
Aimar, & pourquoy lors
qu'il est sur l'eau découverte,
ilnesent pas les mêmes émotions
,qu'il ressent quand il
setrouve au dessus des fources
d'eau cachées en terres
& comment on peut juger de
l'abondance de la Source, de
(à profondeur ,& des differentes
terres qu'on trouvera
en creusant,je répons que tous
n'ont pas les porcs configurez
pour donner entrée a. ces atomes,&
que les pores de leurs esprits
animaux font configurez
de telle maniere,qu'ils n'en
peuvent estre ébranlez ny alterez.
Pour la preuve de cela
j'employe l'exem ple de l'Eauforte,
qui dissout l'argent &
les Métaux moins nobles,sans
toucherà l'or, dont les pores
font disserens de ceux des au.
tres Métaux; & au contraire
les atomes de l'Eau Regale
cftantproportionnez aux pores
de l'or
, en font la dissolution,
& ne pouvant s'insinuer
dansles porestrop étroits
desautresMetaux,ilsn'en peuvent
ébranler les parties,n'y en
dissoudre tamanc. Jepourrois
ajoûter qu'il y a plusieurs personnes
qui tombent en défaillance
à certaines odeurs de
fleurs,comme de laTubereuse,
&autres, bien qu'elles soient
cachées) & que les mêmes
odeurs plaisent ou soientindifférentes
à d'autres. Enfin
qu'il y a des yeux tendres, far
lelquels les yeux d'autruy
J principalement des vieilles
Femmes mal saines,font de
malignes impressions
»
sur
quoy les Parcns disent que,
leurs Enfansont esté ensorcelez
; ce que Virgile n'a pas
ignoré, puis qu'ila die
Nescio quis teneros oculus mihifascinatagnos.
Au sécond Arricle
,
Pourquoy
l'eau qui est à découvert
ne fait pointressentir les
mêmesémotions que les Sources
cachées,je dis que sur l'eau
à découvert on ne fent rien
pour trop sentir, que les Sources
fous terre ont toujours
quelque degré de chaleur
ue ces vapeurs traversant la
erre changent la configuraton.
ainsi que l'eau, le vin
le vinaigre distilez, la Rose
du mois de May, & le Seein
du foir. Ces vapeurs stim";
regnent & fc chargent de rets
)U atomes de différente nature
des terres qu'ils traversent
en montant. Cette diffeente
modification que l'eau
reçoit par la différente filtra
rio de la diversité des pores de
la racine des arbres& des plantes
,
produit la différence des
herbes,des fleurs,& desfruits.
Demême la différente modification
des vapeurs & des ex.
halaisons des Sources & de:
Mines, fait sentir différente
émotions aux Devins à la Ba
guerre, sur lesquelles émotions,
de même que les Me
dccins sur les differens Batte
mens du pouls, après de Ion
gues experiences, formen
des regles pour juger del
quantité & profondeur de
Mines, des Métaux cachez,
des Sources & dela d ifferent
nature, ou espece de terr
qu'on trouvera en crcufanr.
Les Devins à laBaguette n
peuvent sentir d'émotion si
eau découverte, parce que
es parties cylindriquesn'étant
modifiées ny imprégnées
l'aucun sel terrestre
, ne peuvent
alterer ny faire fermenter
esang les humeurs, ny les
esprits animaux, & cependant
ils découvrent la vaiif,Ile,1 'or
& l'argentmonnoyé, en quelque
part qu'ils soient cachez
en terre , ou en autre endroit,
parce que les Métaux estant
forgez, frapez
,
& battus, acquierent
,
de même que le
fer trempé
,
destourbillons
fcmblablcs àceux de la pierre
d'Aiman;& d'autant que les
corpuscules qui émanent des
MMéé'ttaauuxx ffoorrggeezz, font durs, , durs
3, inflexibles, & infiniment plus
subtils que ceux de l'eau, ils
produisent sans autre secours
les altérations & émotions en
la personne des Devins à laj
Baguette.
A la demande, Comment
ces corpuscules, ou tels fixes
ou volatifs, émanez du corps
des Assassins
) peuvent fubfiner
sur la terre, sur l'eau, Se
sur la mer, malgré les vents
& les orages, jerépons qu'ils
subsistentdemême que les
tourbillons de lamatiere magnetique
gnetique autour de l'Aiman,
& que ceux qui font émanez
du Lièvre & du Cerfsubsistent
sur les Rivieres & furles
Etangs, dont les chiens
ressentent l'iiiipreffion
, ces
corpusculescausant des effervescences
semblables à celles
qui proviennent du mélange
de l'esprit de Vitriol avec
l'huile de Tartre, ou de tout
autre [cl Acide avec un tel
vuide
J ou Alkali. Il y a
plus de cinquante six ans que
j'avoisun Bar bet qui alloit
chercher, & trouvoir dans le
fond de la Durance entre un
millon de cailloux, ccluy que
j'y avoisjetté,aprèsque je l'avois
tenu quelque temps dans
la main. Cela me fait souvenir
d'avoir lû dans Wandel.
mont quelque chosedeplus
surprenant. Il dit qu'ayant
mis dans sa main certaine
herbe, & tenu ensuite quelque
temps la patte d'un petit
chien,ill'aimanta si fort»
pourainsi dire, que la Maisresseduchien
ne pùt l'em p êcher
de le suivre, quoy que luy-même le maltrairast.
La durée de ces corpuscules
& leurs effets se prouvent
par l'exemple des corpuscules
de la Lepre qui demeuroient
attachez aux murailles,ce que
Moyfc assure dans le Levitique.
A presentlesMarsillois,
où la Phtisie est fort commune,
raclent religieusement les
murailles des chambres habitées
par des gens infc£hz de
cette malad ie.
Jay connu des personnes
qui ont esté attaquées de la
Goute pour s'estre servies
du fauteuil d'un Gouteux
lesquellesen furent de livrées,
après avoir brûlélacbaife.
Ainli Hyppocrate confama
par de grands seux les atomes
de la Peste. L'expeicnce a
fait voir que sur les sieges
de ceux qui souffrent des Hemorroïdes,
oula Dissenterie,
il y demeure des corpufcu les
qui communiquent le même
mal aux autres ; & pour faire
conoistre la force que ces corpuscules
émanez de l'eau, des
Métaux cachez
,
& des corps
des Assassins, ont de faire
ressentirde violences impressions
& alterations aux corps
des Devins à la Baguette, il
suffit d avoirremarqué que
iors qu'une Femme en certain
estat entre dans une cave, tout
le vin se gâte,&lePouccacse
corrompmt dd'uUnMeeéCr{rr<a1rJr'rer.ïonrntc
dans le saloir. Enfin> pour
démontrer que les co* pulcules
dontils'agir, subsistent
malgré les vents & les nrags,
il ne faut que faire Kfbxion,
que de chaque point des objets,
même les plus éloignez,
parc une pyramide de rayons,
dont la bazeestant entrée par
la prunelle de l'oeil sur le cristassin
» forme par la pointe de
la mêmepyramide renversée,
ou Pinceau optique, lemême
point de l'objet sur la Retine.
sans que les vents puissent dé
tourner ces rayons qui viennent
en ligne droite. On voit
avecplaisirtoutlemisteredes
especes ou peintures des objets
sur undra p,ou papier
blanc dans une chambre ob.
scure;& ce que tous les Philosophes
ont de la peine à expliquer
c'est que dans le même
trou toutes les imagesdesdifferens
objets setrouvent confonduës,&
après s'estre entrecroisées
se debarassent à cerraine
distancesuivant la longueur
du foyer solaire du verre
convexe , qu'on a mis sur le
trou fait au volet de la chambre
obscure,pour se peindre
su le drap ou papier blanc,
avec leurs vives couleur,mais
en ~ation renversée. Pour
expliquer ce qu'il y a de plus
difficile dans l'Auguste Sacrement
du Corps de J, C. j'ay
emploié cette experience dans
ma nouvelle Instrution pour
réunir les Eglises P. R. à [tEglifè
Romaine. Ce Livre est imprimé
en1678. par le S' Pepie,au
grand S. Basile, ruë Saint Jacques.
Je ne puis croire ce que le
Pere le Brun avance, que le
consentement de deux Vai;
fins à ne plus se servir des bornes
plantées, oste la première
convencion) à moins que de
reconnoistre avec les Payens,
les Deux Thermes, & le pou.
voir de lesarracheràdes bornes,
& de les congédier quand
on ne voudroit plus s'en servir.
Si le me~me Pere parle juste,
lors qu'il dit que c'est un
fait constant, que les Devins
à la Baguette trouvent les chc«
mins perdus,ilestaussi vray
de dire que
LesPeuplesaffranchis de l'Em
pireIberois>
Quifournis a NajjaH ont cepe
d'eflrc RD!.Í.
( J'entens les Hollandois par
ces Peuple,) autoient grand
besoin de lacques Aimar-p( ur
trouver la hauteur de la route,
par laquelle estant vivement
poursuivispar lesVaisseaux
Anglois, ils abrogerent
leurs voyages en venant du
Japon par les Mers Scpteiv»
trionalcs.
Voicy quelque chose de
plus considerable & de plus
positif. ray leuautrefoisdans
le secondLivre des Machaont
faussé la foy promiseau
Sacrement de Mariage, les
deux Sexes vivrent dans une
réciproque fidélité
,
& on
n'aura plus besoin du sacrifice
de jalousie
, ny des eaux
ameres que la F\mmc soupconnée
écoit obligée de boire
en presence du Prestre & de
son Mary
,
suivant l'ordonnance
de Moyfc ,
écrite au
long dans le 5. Chapitre du
Livre des Nombres. Le Grand
Ausone danssonIdile15. digne
de la Muse Françoise de
Madame des Houlieres, ne
diroit plus-.
£)uoduit&fèfl&boritcr->si..-.-.
'; PoeIJæ.qu graves in coelibe
vitâ
1 conifigis, at gravior cuflodia
vinamaritis.
La crainte du mouvement
le la Baguette suffiroit au May
pour retenir sa Femme dans
.c devoir conjugal
, & par ce
noyen il vivroit tranquillement
dans son ménag) pourvu
que luy-même fuit dans sa
conduitetel qu'il veut paroitre
dans l'esprit de sa Femme.
Je dis que letalent des Devins
à la Baguettepeut éstre
^lteré ,& même se perdre pat
le changement d'air, de nourriture,
&par les agiémens du
mariage
, parce que leurtempérament
venant à changer,
les espritsvitaux &animaux
changent de configuration.
Je dis outre cela, que les Devins
à la Baguette peuvent
estre en défaut, lors que des
personnes d'autorité les insultrent
ou les rallient; car
pour lors la crainte caufanr
en eux de fortes & inférieures
émotions) ils ne peuvent ref- ;
sentir celles des corpuscules
étrangers, émanez des pieces
d'or cachées en terre. Par la 1
..----.- -- - - i
même raison les Médecins
ont souvent trompez au jugement
des maladies par les
prompts & differens batte
nens du pouls, que la memoie,
oula presence d'une personne
aimée, causent. Les Anciens
nous fournissent pour
exemple cePrincequi par une
agitation extraordinaire de
pouls à la presence de sa Belle-
Mere,fit connoistre à son Mc,
dccin qu'il en estoit secretement
amoureux, ce qui porttl.
son Perc à laluy ceder,afin de
luy faire recouvrer sa fanré
perduë. Je dis encorce,que plusieurs
personnes ont sans le
sçavoir, le même talent que
Jacques Aimar, & pour le reconnoistre,
qu'ils prennent ma
Baguette.C'est un jetde Coudre
,
les branches forment la
lettre Y. Le tronc a un pied de
longueur) & une des cornes
en aauuntjCar l'autre estcoupéeàtrois
pouces prés du
tronc Qu'ilsempoignent d'unemain
letronc de la Baguette,
& de l'autre la longue corne,
la paume des mains toutnée
vers le Ciel, la Baguette.
tournera sur l'or, de même que
la broche de Courdre tourne !'
uprés du feu. J'ajoute enin
qu'on peut facilement
oir l'experience de la Divilation
par la Baguette. M
Geofroy
, un des plus Sçavans
poticaires de l'Europe
J a
hez luy un Garçon
, nomae
Pierre Tonnelier, de Noent
sur Seine, né le 14. Serembre
de l'année 1669. Ce
Garçon a les cheveux noirs
la barbe rousse, & sans se
ervir d'aucune Baguerte, il
ent des pal pitations de coeur,
ors qu'il est dessus ou fort
rés de onelques d'or
) -1, .-1 ;.t.,. M Il uc L0~' 'i.d. éesensera-,Mr
Geofroy m'a asseuré en avoir
vû plusieurs fois l'experience,
lors même que ce jeune hom
me n'estoit point averty qu'il
eust caché de l'or dans son
Jard in. Letalentde cePierre
Tonnelier a quelque choie de
plus fingulicr que, celuy de
Jacques Aimar puis que sans
Baguette il trouve l'or caché
enterre. Ilena fait voir l'cx
perience à Madame _:-.Lo_u
>- vois en sa maison, ensuite à
Ml'Abbé de Louvois dans
le Jardin del'Acadcmie des
Sciences où à la vérité il
manqua au premier coup par
1.
les railleries,& les brocards de
quelques-uns de la compagnie
; mais ses esprits étant
remis
,
il réussit un quarcd'heure
après, puis qu'il trouva
plusieurs fois l'or que l'on
avoit caché. Il a encore depuis
prouveson talenrchez
Mr le President Nicolaïoù
l'on employa touterfortes de
ruses pour le tromper & pour
le surprendre
,
& depuis peu
de jours il a encorclétffiLtns
hesiter ,ayant trouvé deux
Louis d'or que Madame de
Morangis avoir elle mêmc/>
sachez en deux differensenuft'r
droits du Jardin de sa maison
ruë S. Louis, prés la Place
Royale. Ce jeune homme
vient souvent chez moy ; je
l'ay examiné à fond, ôcPay
trouve un bon Israëlite,dans
lequel il n'y a point de fraude,
& je fuis prest» quoy qu'Aveugle
,
à luy donner en qualité
de Docteur en Theolo.
gie,&de Chevalier de l'Inquisition
du S. Office, à luy
donner dis-je,mon Approbation..&
artefter que la Divination
par la Baguette a sescauses
Phyfiqucs naturelles, sans
mélange de pacte explicite ou
implicite.
J'ay crû, Monsieur, ne devoir
xicn obmettre de ce qui
peut servir à l'éclaircissement
de la cause Physique des effets,
de la Baguette. C'cft pourquoy
je joins icy la copie de
la Lettre que je viens de recevoir.
Elleestde Mr Geoffroy
le Fils,aux Etudes de Médecine
à Montpellier. Je fuis
avec beaucoup de rcfped,
Vostre très ,
&c.
L'AVEUGLECOMIERS,
Prestre dans l'Hôpital Royal
des Quinze-vingts.
LETTRE
CONCERNANT
LA DIVINATION
PAR LA BAGUETTE.
Ecrite de Montpellier par Mr E.
F. G. à MrComiers,Prestre,
Docteur en Theologie.
MONSIEUR,
Jr me fuis {lél Acquité de la
prome/fe que je vous tvois faite
tn partant de Paris, de vous
rendre compte de ce que je verrets
de remarquable dans mon
voyage. Vous a'Vc'{pû voiries
petitesRelations que en ay en- voyées, il ne me rtfloit plus
quà vous mander ce que j'avois
p/'t apprendre touchant cette avanture,
si extraordinairey arrivée
à Lyon
J & dent on commençoit
àparler à ryaris dans le temps
de mon départ. Je vvulois vous
écrire ce qu'on pensoit là-de/Jus
dans ces quartiers, mais ayant
vu , que quelques-uns»sans si
donner la peine de tefléchit deltus)
croyoient avoirplujiojl fait daccurer
Aimar de Magie & de
Pasle avec le Diable;que d'autres
rapportoient cette vertua U
£onjlellation;que quelques autres
quinefontpas les moinsfinceres>
avouaient leur ignorance
, &
qu'enfin les plus habilesgens d'icy
(ufPendoient encore leur jugement
&vouloient enavoiruneentiers
certitude, je me fuis crûobligéy
Monfttur
,
sans attendre lesfentimem
des autress d'examiner
moy mefmc avec methode unfait
si extraordinaireJ & de vous
mander ce que j'en penfeis.Com-
,me je ne doute pas que vous
nayt',
ti')ayt eu des defcripttons fort
xaEle; de la maniéré dont on
découvritaLyon le meurtre du
C*b*retier (sir def* Femme
J
je
ne marrettray pas a vous en marcher
les circonfiances ijr ne m'atttaacchbeerraayy
sfeeulement qu'a ce qui
regarde l'homme çy sa 'Baguette*
Jacques Aimat Vernay,âgé de
trente ans ou enVIron, rats de
S. Verdu ,prés de A3nilm
enDauphine>a lafculte de
découvrirles end¡,ci{ de Ltterre
où fntdeseaux, les Metux, les bornes des terres qui ont eÇé
changées,lrs Voleurs
,
les linvts
f0 mpes cdchéesi lesMeurtriers
gf les corps ajjajjine?cachent
& non.rcrtlem'nt cet homme a
cette faculté
? mais plusieurs personnes
l'ontcomme luy
,
&voicy
comme ils proccd 'nt pour déccoouuvvrrzirrcecessCciJhoo¡
seess..
Pour trouver les eaux & les
Métauxy ils prennent une nette fourchue de la figure
d'un T,& tenant les deux
branches dans leursmains3ils se
promenent jufjua ce que la troisième
pointe s'inclinant jusqua
ejirepresl: a rompre ,
inMyse le
lieuprecisement où fontles eaux
@ les Métaux, Quelques-uns
pour le mesme effet je fervent
du-ne Jtmple Baguette
3
qu'ils
tiennent par l'une des extrémitez
,ou qu'ils fufpcndenl
patlemilieusur le bout du doigt)
en forte que l'un des bouts foit
tourne vers eux) C lors qu'ils
paJJèn: sur l'eau ou surles Minc.<)
l'autre bout de la Baguette se
7baisse
, & montre par sa plus
jvib'e ou forte inctihaifon!e plus
ou le moins de p''ojondeur de la
matière qu'on cherche. 'Pour
trouver lesMeurtriers & les
corpsaf[aJfr}e^i> cet homme fait
plutfieujn7 j J tours dsns le lieu où a
esle fait l'jjJ.ijJiridtjufeu'à ce
qu'ayanttrouvéprécis.ment l'endroit
du Meurtre, tant par tinclinaifon
de la Baguettecjw par
un re(sentimentdanslequel (on
pouls devient extraordinairement
agitf)ilpâlitJilfOmbe en fiuur,
& mesmeendéfaillance9s'ily
refle long temps. P.- rl posant
les pieds sur les vefliges des Meurtriers,
illesfuit ainjipas a pliS'
ressentant a chaque pas de témotion
& le mouvement de la
Baguette. Les eaux qui pourrotent
se rencontreraupaffale>
nempefehentpoint que cet homme
ne découvre lu icjl'.es des
Meurtriers
>
carilfentlesmerties
agg}ittaattiloonnssjsuurr tte(tnZuH pd.a(tnrlSs llCeSs en- -
ârêits ou ctsgen.r ont paffé. Cette
émotion s'Augmente À mesurc
qu'il approche des Criminels,
jusques a tomber en dess-aillance
quand il en est fortproche> &
pour se remettre il est obligé de
quitter leurs traces.
Pour trouver la chosedérobée,
ilse transporte sur le lieu où elle
a ejié prtfe. Sa Baguette tourne)
&l'agitation interney commence.
Ilfuit la pisse du Voleur qu'il
connotjlinfailliblementyen mettant
fin piedsur lepen;, carpour
lors, &son agitationaugmente
&saBaguette tournesur le Voleur.
Ce font-la les principales
circonl'1'ances d1u fsai it ddont iOl sftt-'
git aupurShuy3 (:; queplusieurs
regardnt comme surnaturel. ou moy )
qui fuis tres-convaincu
du peu de connoissance
que nous avons des effets que la
Nature peutproduire>je ne vais
pas si viste, e crois que quand
nous nepouvons pas en découvrir
lesrefions 1,ilvautmieux
avouJe; r noflre igxnoranceque de
prétendrerenverser tout le bel ordre
étably dans les ebofes, eg- les
Lo:xinviolables de la Matnre.
Examinons donc sans préoccupation
cmavec excifliîiîdcidt quelle
manière les causesnaturellesfeues
peuvent concourir à tous ces
ffits, que l'on auroitattrÍbue
iUtrefois à lafympatbie
3&pour
ommencer,confierons d'abord
lue
Tous les hommes nofit pas ln,
faculté de trouver les eaux.
Que plusieurs de ceux qui ont
rafaçulté de trouver les eaux&
rt's Metaux
, ont aussi celle de
trouver les Voleurs3les Meurtriers,
dr les corpsafJaffinezrh
cacht
Q-ue ceux qui veulent décou- vrir ces f chojes, prennent une-
Haguette en main qui Je courbe
sur le lieu du Meurtre, ou du
FolÎ ou sur les infirumens tn leij
pasdesQim-nels(jr sur les Cri
mini Il mesme.
Ils doivent commencer par se
transportersur le lieu où le criumree
al,eesjiCé rcimominmeilse, n& delàfut,
vre les Crimines, tn emjeettttaanntt les
pieds sur les pas des Criminels
qui leur font indiquez par 1-t
Babette.
Ic>l nimporte de quel bois. ou
de quelle figure foit la Vaguette.
Ceux qui ont cette vertu J efiant sur le lieu où le meurtre
aura eslé comlllÍs
> ou efianfsur
les traces des Criminels>foujfrent
des agitationsitelles quunhomrnt
fjti entre dans la pevre ; leur
oouls s'éleve
> gp il leur prend
quelquefois des sueurs ù des dé..
Sulian::es.
Ilspeuventdiflinguerlestraces
ie dtfferensCriminels par les agilaitonsplus
ou moins fortes qu'ils
ressentent sur les unes t) sur les
Mîtes> ft} par la violence avec
laquelle la Baguettesehaisse vers
les uns dr 'fiers les autres.
Avant que de rendre raison de
tout ceque jeviens d'avancer,
en tombera d'accord avec moy
1. £$utlpart de tous lescorps
animez ou jnanime
y
des corpuscules
dont plusieurs ne s'écartent
que jujqua une certaine
dljl-.tYlce des corps d'où ils Jont
patis
> £7- peuventy retourner
aussi.fO.st3 & que qudques uns
de ces corpuscules en font f:carte%
&jettcz(l:1, hsQrd en dijfcrens
endroits
, çe nuel'on m'accordera
(ans peine
,
si l'on corfidere que
ny ayant point de corps
3
quelque
solide quilJoit, que la Matiere
subtile ne penetre continuellement
>
il est impojjible qu'en
sortant avec impetuoftte de ces
corps, elle rien enlcve des parties
qu'elle en dctacbe, dr dont
elle quitte les unesaussitojïquelles
font sorties9 leur laissant la
berte de retourner vers leur tout) yenpoujjequelquesautres
iin pour les empescher de revenir,
e etspartiesejlantensuite
\bandonne.espar la matiere fubile
s'attachent auxcorpsqu'elles
encontrent.
2. Qu'il part beaucoup de ces
,'orpufcu!es des liquidesj ce qui
'fl confirmé par leur diminution
renfible.
3. uJil en part une tres-gran: 3.Quil
très-grande
quantitédes corps Divans» ce
qui provient du grand mouvement
oussepafp continuellement
au deduns de ces corps.
4. Que dans ces hommesces
parues font ordinairementfui»
pbureufs ) ce que je conjeRur
des cxcrcm.r.iulpbureux, qu
parlant du cotps par les porcs d,
la peau
1
fkUfjcnt Uslinges Jun
le corps (
(ï c-niert t J cH"",,:crl
yQue ces fouphres qui/owfj|
pour l'ordinaire la baze de ces
écoulement )p>ntfowvent mélange7,,
de différentes parties, comme
de pels ou fixes ou 'volatiles> de
partiesterreflresou departies [pi.
ritueufesifui'vant les différentes
habitudes du corps.
6. £htc ces parties) pour la
plupart fulphureupes
>
doivent
sembaraffer dans les pores du
rpsqueues rencontrent> &y
erun très long- temps, a moins
le les parties de ce corps ne
lent détruites.
7. Que quoy qu'il feit fort
fficil(' de concevoir comment ces
xrties pourroientrejier surl'eau,
r dans l'air qui font dans une
mtinuelle agitation
>
elles y
'F' nt cependant, ce qui ne si
u fiiri que par U liaison & la, eme ces parties> que ousdu ïflrcfulphureuç
, 01:; entrelles9qui forment
oli? i;n;? ch un- (y qui efiant
'a:i!. tff-'Z ()}tiles
3
éebapeont
ai.è-iem auxparties de l'air
del'eau.
8. {P dans ces liquides, (
particulièrement dans l'eau, le£
parues qui en exhalentfont le
parties mefmcdu liquide*quim
changent point de nature3st) qui
fontenlevées par la matiere sib
tile9. dans les Métaux, &
sur tout dans leurs Mines, ily a
beaucoup deJouphres qui peuvem
s'élever avec quelques autrci
parties de ces Métaux
,
st) formercesécoulemens
métalliquesj
ce qui efl encore confirmé par le
odeurs que rendent l'argentj le
cuivre >e" le fr.
Cela posé, nous commenccronÀ
Par rendre raison du mouvement
le la Baguette entre f"smains 1 le certainesgens> en certains en-
Iroitsj &non en d'autres (;J'
n d'autres mains.
Nous chercherons ensuite quelle
'Jllacause qui la peut fairecourtrsur
les Eauxefur les Mines
'n certaines mains, enfin nous
adhérons d-exp!iqufY lacause du
n\oeuvement de la mcfJmeB*<liu'rt)-> desagitationsquer:JJènentcertainessurleslieux
)ù quelque crimea cfécommis,
rur les traces dr'sCtirnin,15
, CJf
Qir lesCrimineLmcfmes
Quant au premierchef, nout
avons dit qu'il partait de tom
ces corps ,
des écoulements fo
subtils. Cespartiesrencontra?ii
autour desCorps ¡'air qui ne hm
donne pas uu pàjjigr toutÀ fan
libret font repous en quaquo
façon par cet air vers le corp.
d'où ilies font partics.Si ces écoulemens
en fortam du corps J..
l'homme rencontrent un autrù1
corps qui ait des porcs e de::
canaux, c ni la flrufturc leu,,:
fsaavnosàr(ios,te';-i,Iitc-epcu&eflfaage,pluisl garamndwes la plus grandt--~
partie ce ces émanations coule—
rai (f) ,'7; sa cay.aux ou pore
de cc corrs> & le long de ces
orps, en d'autant plus grande
quantité, que l'air reffiera au
'ours de ces émAnations. Or rien
t'efl plus propre a faciliter ce
àffage a ces partiesqu'une Bavette
>
quelque figure quelle
uijje étvoir)ctrperfonnen"ignot
que les tlrbres, comme tous
'S végétaux, ont des canaux
anslesquelscircule une liqueur
ui va de la racine vers les exfemitedes
branches, t,)- de ces
refmrs extrémité% vers la racie.
Il arrivera donc que lors
u'un homme tiendrauneBaaette
en mtn, !,•** t'arties qui,
•
J -* r ,'" , wtront sa main mireront
dans les canaux, &Jeglijjeront
le long de la Baguette jusques a
l'extremité> & par une fuite
necejjaire il sy joindraaujjt
quelques autres parties qui éma.
nent du corps, en cas que ces
parties ayent aff:'{ de fubiilité
& de mouvement pouralleraudelà
de la Baguette. Je dis, en
cas que ces parties soient afek
subtiles )& ayent afie/^ dc mouuement
J parce que je pretens
quecef écoulemens nesoient pas
les mesmes dans tous les hommesy
ccm-ru je l¡''ay dd.it d,ans l1a cinquième
demande.
je crois donc que quoy que
{ans tout les hommes ces émana-
Honsfoient composéesdefouphres
des parties ratines, spiritueuses
g~ terrejlres> cependant dans
qttelquei-unes il n'y a presque
quedesfouphres 0* très- peu des
fels & d'écrits. Dam d'autres
ces fouphres font en moindre
quantité, ou plus exaltez.. C"
ecculemens contiennentplus d'cf
pritsy ou peut.efire plus defels
volatils. Si donc ces émanations
font fort craffcs
? t llesne
pourront pass'étendre fort loin;
il nyenduranuunetrès petite 1 f~e •y y quantité oi'!'.$cr?'?cra {'',r les * ,-.',f/"l';'" '(.,;) ,L
J pores d:la3.1quitte [ ; encore 'II' ,J.,. è:.'¿t. , 1'
mesmelair leur njtjtdnt au fôr
tir de cette 13uettt,empefèher4
que ces émanations neprodutfent
aucun effet. Si au contraire ces
parties (ont fortfubtiles& afJ;
en mouvement pour s'essendre
afftZ loin hors le corps, elles cn~
treront en quantité,& avec impetuosité
dans les pores de la
Baguettes gr mesme se glijferont lelongdesfibresextérieures, /<3~~ ~f~ f f~ff~CM~
st) les premieresferontfutvtes
de la maHeure partie des écoulent'ns
des autres parliei du corps
quise trouverontengagées àfui*
nj/C ces premièresvas la'Baguette,
(t) efloentarrivées à l'ex'
el'nité de la Daguette )
leur ac*
ion fera encore plus forte pour
roduire ces effits dent il s'agih
e premirement pourepey la Tauene
sémtUI sur les eaux @! r les Mines, nous avons dit
Uns la feconde demande qu'il
artoit descorpufeules de tous les
iquiaes
; entre autres de l'eau>
$ dans la huitième
, que ces
orpufcules nejloient autre ebofe
ue ces parties tnefmes du liuide.
Il arrivera donc que dans les
reUx oit ilyaura de ïeaujl s'ele-
)çtaunevapeur quisefaitmême
,oir quelquefoisi^ue ces vapeurs
strontplus condensées procbe del
la terre que dans l'air.Conjide-j
rons avec cela que ces émanations
qui sortent de l'extremité de la
Baguette ,rencontrant ces parties
d'eau, doivent trouver un paf]a
ge beaucoup plus libre entre ces
parties3 qui efiant plusgrojjïtres
que celles de l'ait
3 ont aujji de
plus grand>pores>-(0 que d'ailleurs
ces vapeurs ne permettant
pas a ces écciit1erriens dde 'i s 'écarter
si loin? ÙJ .; l'çr.y]'niphesrefler- i rées,¿ fontqu'ilsont plusjj de
fjycr 1CfJ'C:!;'rJsgJirque s1 se rlpan- JI f doieni de tous eotcOutrecela
ces fahintiticns ircuvani Uspar*
s d'eauplus condensées vers la
rte, 5avanceronttoujours entre
> pores ou clics rencontreront
oins de parties d'air. Ces émaliions
en fortunt de la Bzguetayant
une fois pris leur cours
,rs un certain coJfÍ
,
doivent
ir sur les parties de la 'Baguette
t
cossé de leur pente> les pouffer
suivreleurdétermination>
artant l'air d'un enflé obliger
ly qui pese sur la "Baguette de
tutre cojlé3 de la déterminer à
ivrele cours de cesccoahmcns;
que l'on verra plusclairement
ir unefigure.«
Soit 4. B. C. une B.1Mette o
que jesupposecreuse. Les points?
G,font les êcoulemens qui font
JttrmÍncZ àcoulervers F. Il
font effort sur la partie interne
du cossé C. de LA Baguette
)
st)
commençant à y donner la prt'
miere détermination pour la cour.,
ber vers F. lesêcoulemens cm,
sortant de la Baguette avec rtt-j
pidité écartent un pcu les parties
d'airquifontfous G. & quisonïs
reprtfintez. p-zr Us points. E.
aouil i'enfuivroit que l'effort
que font les autresparties d'air
sur U cojtê A. de la Baguette
nefljiitplusv contrebalancé ett
G. pouffera encore la Baguette
vers
#otrs F. ce quijefer*avec dautant
plus de force que U Baguette
fera longue.
La raifort pour laquelle les mêmes
choses arriventsur les Mines
&furies etaux >
nesspasfort
différente. Nous avom ditqu'il
partoit des corps a5/1etall11uu des
ècoulemens
, que ces écouhmens
font en grande quantité, puis
qu'ils se fontsentirpar l'odorat
dans l'argent,lefer & le cuivre,
& qu'ils font compofiz
t autant
que nouj le pouvons conjxlnrers
de beaucoup defôuphrcs) de quelques
fels ÇJT* de terre. Cela
posé, les parties subtiles &fpiri-*
îueufes rencontrant* lors quelle*
sortent de la Baguette, les émanationsdesMétaux
s'em,baraffi-
Yont dans les pores des parties
fulphureufes qu'elles diviseront
par leuraêlivité,a quoyellesse.
ront encore aidées par quelques
partiessalines qu'elles debdrajJeront,
ce qui fera une efpccr: de
fermentation, qui efiant une fois
commencée en cet endroit>fera
jour aux autres parties qui finiront
de la Bj,rguett, f0 qui ayant
pris leur détermination vers ce
cossé obligeront la B.t,Ti!ette de
s'ypanebers comme mus l'avons
fait voircy-dejjlti.
Nous avons encore à expliquer
la cause du mouvement de
la Baguette entre les mains de
certainespersonnes e. les agitations
qu'elles rrffintcnt sur les
lieux où quelque crime a esiécommis
,
sur les traces desCriminels
«sur les Criminels mêmes, &
pour cela je n'ay que deux çbofes
À considerer
)
sçavoir les corpuscules
qui partent du corps de celyy
qui veut découvrir
> & ceux qui
partent des corps des Criminels,
& qu'ils ontlaiffe% dans les endroits
oùils ont paPé.
Quant aux icoulemens qui
fartent du corps de celuy qui decouvre,
j'ay ditque je croy qu'ils
doivent ejlre foortfobttls
>
fycom*
posezde partiesJpintueufos>c»
qui mefoufoit.
Pour les autresj aprés avoir
examinéquelle peut efire Itl différence
d'un Crirninel à un atttre
homme
, j: ne trouve rien qui
puisse changerofbahïtudc de
soon corps, que ce qtase paffe en
luy
>
lors quilcommet un crime
,
l comriet ~-rime
qu'ilosçûsest'Ccrime, cc que je
croy fort capable de siireciZ luy
unfoort gran Li chairemcr;r.Lcrs
qu'un homme commet un crime,
file~jl agité d'une craintesaccem* d'une efopcce de cela c..
7s{ous fçaruons que quandlame
estaytr.e detrente>ceitecrainte
empejcbe que les cjprits ne soient
ports en AJlegrande quantité
vers les extrémité
> ce qui fait
queleplus souvent nous voyons
tes gens agitez de cette violente
pajjïon pajlir; leurs txtremite
deviennent froides-@J ils ont
peine à se soutenir & 4 agir par
le défautd'esprits.
Dans la colere
y
les efpritsfont
ordinairement portez avec rapiditépar
tout. Le fangcoule avec
impétuositédanslesvaisseaux.
On voit à cesgens- là les yeux Ce
le 'vifaze s'enflamer
,
lors que
cette pajfiàn efi feuhe> mais lots
qu'elleJe trouve jointeuvec taNK..
tre que nous tenons d'expliquer,
pour lors les ejprilsnefont pouf
fe% qu'avec peine vers les extremirez;
mais ils coulentabondant*
ment vers le coeur. Le fang coult
très-lentement dans les vaisseaux
un peu éloignez du coeur 0* comme
il fort abondamment du coeur)
& que trouvant les vaisseaux
er/Co?e pleins il le gonjle extrêmement
& CdPtJl au coeur les
palpitations par les -l'ffirts qu'il
fait pourvuider lefartg que celuy
des vasséaux empesche desortir>
dtujJi voyons-nous ces $ens là
devenir bouffis) ne rejpirerqu'avec
fane>& repentirquelquefois
degrands battement decaur.
Je(iay bien quedanstousles Criminels
il nesypcJse pat toujours
des mouvemens si confiJera hles,
maison ne peut pasnierqu'il ne
s'y ptfie quelque ebofè àpeu-prés
de mrfme.
Or ¿'hAbitude de leur corps ne
peut efire altérée> quelescorpuscules
qui en émanent ne fouJfrent
Aussi quelque changement
> &
je crois pouvoir tjfigner avec quelque
vrayfemblance
)
lA nature
des ecoulemens des corps de ceux
q'tz commettent quelque crIme,
endif«ntqu'ilf contiennentbeaucoup
de parties fulphureujesfort
crajjes qui envelopperont quelques
parties salines * très-peu
volatiles. Ces émanations fulphureufess'attacheront
aisémentaux
corps qui toucheront les Criminels
aux endroits où ilsmettront les
pieds, & où ilspaieront
>
{0y
refierontun Ifts- long-tempssans
s'exhjler
> cm principalement
lors que la paJJIon aura cfté lio*
lente, comme dans un meurtte
qui se rnaniffiemesme de temps
in temps au dehors par quelque
triflcjjc ou inquictude quils ne
peuvent pas toujours cacher, ce
qui fait que les corpufcults qui
jortiront de leurs corps pendant
un long- tempsferontapeu-prés
de la mesme nature que ceux qui
sortoient pendant laclion.
Nous naurons pas depeine a
concevoir presentement comment
l'homm-e à lyaBaguette>ou autre qui dit la mcfme vertu*srettanfportant
dans un endroit où un
meurtre dura tfté commis
> ou
quelque autre crime
)
découvrira
precisement avec la Baguette le
lieu du crime) car les ecoulemens
qui partent deson corps,e que
nous avons dit eflrefortsubtils>
le poumonyJe trouve remplt
presque aujji tost qu'il a fait effort
pour vuider quelque peu de
ce qu'il contenait
s
cequi l' oblige
'à faire desbattemensfrequens>
jusquà ce qu'enfin les accidcns
augmentant toujours, le coeur si
trouvera si tendu par laquantité
d:fangquiviendra jy décharger,
(y* dont il ne pourra vuider
qu'une petite portion , que fort
mouvement rrflera!u.(pendu,&
l'homme tombera en jincDpeJqui
fera accompagnée de sueur, parce
que le mouvement dufang efiant
tres-ftible,-te mouvement du coeur
ejl aussi affaibli> d'où il s'enfuivrque
les orifices desvaijjeaux
Emphatiques & desglandesréïanâiih
sur la superficie de [tt,
)ed.u) eflant relâche^ par le défaut
d'efprits>laijjeront couler Id"
'imphe qu'ilscontiennent
> $cet
lomme ne sortira de cet état que
orfque le fang eftnt unpeuhouré
des petits vasseaux du pounon)
permettra a celuy du coeur
le reprendre sa place, & pour
'Qrs lesfels
que contient le fang
1ui aura séjourne dans le coeur 3 'estant développé'^ par une petite
fermentationy obligeront le coeur ifairede nouveaux efforts, &
re mêlant ensuite dans le resse de
la rnajjeslafubtiliÇeront éJ loe
rétabliront dans son état naturel.
La rnaffi dufançr de cet homme
ejiant une fois dtfpope a Je
coaguler, pourra Jovffnr de nouveau
les mepnes accidens
>
quoi"
qu'il ne se rencontre qu'une cau., p fortfoible
3
comme les traces du
Criminel
i
qui ne les enflent peutêtre
pas pu produire dans cette
premiere disposition dans leftng.
Ces agitations doivent eflre ("Infiderables
vers l'endroit où l'on a
cachélescorpsdesgens tue , car
comme les plus grandes agitations
que les Criminelsayentfoujfertes
sefontpassees proche de ces corps,
aujJi les émanations doivent être
en grande quantité, @J toutes
brefqae ftlphureufes
, 0* lorsque
:et homme approchera des Criminels>
ces agitations doiventejlre
ïlus grandesàeauje de f'abon..
iance des corpuscules, (ysurtout
q cet homme efl 4rrefté, ou s'il
4it qu'on le poursuit ; car /4
:rainte qu'il aura remettra son
Qngprefque au mcfme état quil
uoit au moment du meurtre.
.,
On pourra maintenant donner
(es raisons des antipattfs (7 du
bmpatiesqui font entre cey,-ines
ïhofes, de l*amour (J) de U haine
entre les hommes. Je fuis uojlrc
E. F. G.
Cette Lettre contientdes
Demostrations Physiques. La
refticution du vol guérira la
conscience de ceux qui par la
crainte dela Baguette décrient
Jacques Aimar & jerenvoyc
les Scrupuleux au R. P. De
Chalet
,
Jesuite lequel dans la
page 190. du second Tome de
sonMunadus Mathmitieus arfurcqu'ayantcaché
de l'or&
de l'argent, un Gentilhomme
de ses Amis le trouva, s'citanc
servi d'une Baguottc fourchue
de Coudre, dont les Cornes
étoient d'un an, & le Tronc
de Tannée précédente. Surquoy
il ajoûte
,
Sunt tam multa,
in rerum nature quorum causas
ignoramuhutsi propterea>eafufpefla
baberemus quod captum no*
(Irum fuperant
, vix pedem movere
liceret. C'estpourquoy je
dis que ladivi'nation par la 'Baguette
n'ariende diablerie,non
plus que celuy qui avec l'Eguille
deBoussole montreroic
& suivrois la ligne Meridien
ne » ou une pierre d'Ayman
qu'onporteroitdevant la
Boussole. Tel est mon sentiment.
C. COMIERS,Prestre,
DocteurenTheologie.
Le vray merite a des charmes
ausquels il est mail aisé
de résister. L'impression qu'en
reçoit un coeur bien fait., a
quelquefois tant de force,
qu'elle engage les personnes
les plus raisonnables à des résolutions
dont on les croit
entièrement éloignées, &
c'est ce qui a paru dans l'avanturc
dont je vais vous apprendre
le détail. UneDamed'un
espritsolide&d'uneconduite
estimée par tout, s'estoit at- !
tiré beaucoup de louanges par
l'entière application qu'elle
avoit toujours montrée à ne
rien faire qui puft faire tore
à sa réputation, ou e stre contraire
à quelqu'un de ses devoirs.
Elle estoit demeurée
Veuve depuis huit ou dix
années; & comme elle avoit
encore assez de jeunesse &
beaucoup de bien, il s'estoit
offert divers Partis, qui auroient
sans doute engagé
toute autre qu'elle à un sécond
mariage, mais la manière dont
elleavoittoujours répondu
sur les propositions de cette
nature, avoir fait assez connainreJquc:
l'état deVeuve luy
paroissoit unestat heureux,&
qu'on auroit peine à l'y faire
renoncer. Il est vray que le
dessein de bien marier une Fille
unique qui luy estoie demeurée
de son mariage, pouvoit
y avoir contribué. Elle
avoit donné des soins tresparticuliers
à son éducation,
mais les dispositions ne s'étant
pas trouvées favorables, elle
n'avoit pû la rendre aussi accomplie
qu'elle auroit estsi
elle eust voulu profiter de ses
leçons.C'estoit un esprit imperieux
& bizarre, qui Le ré -
voltoit dés la moindre violence
qu'on tâchoit de faire
à ses inclinations. Ses fantaisies
luy sèrvoient de régle, &
quand on l'avoit ue foischoquée,
il falloit dutem ps pour
la faire revenir. Ce qu'il y
avoit de plus fâcheux? c'est
qu'elle avoir insensiblement
ateint l'âgedeseize ans, &
que son humeur devenoit de
DIUS en plus difficile & vioente.
Quant à sa petfoniie
ille estoit d'une taille fine &
grande, assez agréable, mais
noins belle que bien faite.
Sa Mere que sa tendresse n'ébloüissoit
point, n'oublioit
rien pour la corriger de ses
defauts
, & luy faisoit voir
qu'ayant bien-tost à se marier,
elle ne pouvoit ny estre heureuse
, ny rendre un Mary
heureux
J
si elle n'avoit
mille complaifanccs
,
qu'on
voyoit qui luy manquoient,
& qu'elle devoit tâcher d'avoir
pour estreaimée, & se
faire des Amis. Ces fortes,
d'avis estoient bien ou mal;
receus, sélon l'humeur fiere
qui la dominoit
,
& si elleI
se domptoit quelquefois
pour yfaire attention, elle
retournoit presque aussi-tost
dans ses inégalitez. Ilvous est
facile de juger que le bien que
son Père luyavoic laissé
,
&
celuy qu'elleattendoit encore it sa Mère, luy donnoit beaucoup
¿' Amans. Leur nombre
flattoit sa vanité, mais elle
:!l:oÏt dédaigneuse, & dans la
pensée qu'elle en auroit touours
affcz pour choisir, elle
se plaisoit à n'en ménager aucun,
laissant agir ses bizarreies,
sans se mettre en peine si
ses manières trop dures, &
quelquefois méprisantes
)
les
obligeaient a se retirer. La
Dame quiavoit pitié de -fa
foiblesses s'attacha fortement
en bonne Mere, à luy trouver
un Mary qui luy fust propre,
c'est-à-dire un homme
[age, ca pable de manier son
esprit,& de refrener par sa
douceur les faillies impetueuses
qui luy échapoient de
temps en temps. Elle jetta
les yeux pour cela surun Cavalier
un peu âgé, dont le
bien & la naissance répondoient
assez aux avantages
qu'il devoit trouver dans le
Mariage desaFille.Elle l'avoir
oit veu dans quelques rencontres,
& l'estime générale
oùilestoit,luy ayant faitsouhaiter
d'en faire son Gendre.
elle pria un de ses Amis, de
Vouloit bien l'amener chez
elle. Le Cavalier ne fut pas
fâché qu'on luy procuraitcette
connoissance. La re puraoco
tion de la Dame l' avoit frappé.
Il connoissoit sa vertu, ÔC
c'étoit un agréablecommerce
qu'il s'établissoiten la voyant.
Quelque prévenu qu'il fust
pour elle
,
il trouva encore
dans son esprit,& plus de delicatesse,&
plus de solidité
qu'il n'avait crû. Il avoit
beaucoup d'égards pour sa
Fille qu'il traitoitavec une
grande honnesté, mais il
necherchoit aucun entretien
particulier avec elle,& n'ayant
nullepensée pourleMariage,
il se contentoit de ce qui pouvoit
satisfaire son espritsans
que son coeur prist part aux
visites, qu'il ne laissoit pas de
rendre avec beaucoup deplaisir.
Ellesdevinrentinsensiblement
fort alIioiuë, & comme
il connut à fond le mérite de
la Dame
,
la Dame de son
posté fut fort penetrée de ses
belles qualitez; mais plus le
Cavalier luyparoissoit digne
decequ'elle avoir resolu de
faire pour luy
,
plus il luy
eftoic fâcheux qu'il ne fongeaft
qu'à estre de ses Amis,
sans faire voir aucun panchant
pour sa Fille, qui sur ses con- seilss'estoitassez bien contrainte
pour luy cacher ses
defauts. Cela l'obligeaenfinà
luy parler sans déguisement.
Elle établir pour maxime général
e que la bienseance obligeoitchacun
de rendre compte
au Public delàconduite,
& après luyavoir dit, qu'on
venoitde toutes parts la feliciter
sur ce qu'ilalloitépouser
sa Fille, elle ajousta,que, ses
affiduitez ayant donné lieu de
le penser, il luy feroit bien
desagreable d'avoir à se priver
duplaisirqu'elle prenoit à le
voir souvent,s'il estoit vray
qu'il le trouvait incapable
d'aucun sentiment d'amour;
qu'elle se croyoit assez de ses
Amies pour luy pouvoir dire
que le parry luy seroit avantageux
, puis qu'outre le bien
que la Fille avoit par elle- même,
clic consentiroit volontiers
à luy faire en sa faveur
i
telles avances qu'il pourroit
luy demander, & qu'il devoit
songes serieusement à la propositionqu'elleluyfaisoit.
Le
Cavalier que la déclaration
embarassa, ne put cacher à la
Dame qu'il trouvoittant d'avanta
ge à estre de ses Amis,
qu'il n'avoirenvisagé rien de
plus en s'attachant à la voir.
Il luy dit ensuite qu'il n'aimoit
;>as naturellement les jeunes
personnes, qui n'ayant rien de
solide,dégoûtoicnt souventau
lieu de plaire, & que si sa Fille
voit vingt-cinq ans,elleluy
conviendroit mieux ; que ccpendant
les bontcz qu'elleluy
faisoit paroistre l'engageoient
à des sentimens si forts de rcconnoissance
,que pour la
douceur de faire avec elle une
union que le temps ne puÍt
détruire
,
il se vaincroit sur
ce qu'il sentoit de répugnance
, & regarderoit sa Fille à
l'avenir avec d'autres yeux
qu'il n'avoit eus jusque-là,
mais que s'agiflfant d'unengagement
qui dévoie durer
autant que leur vie, il falloit
voir si leurs humeurs simpa- J
tiseroient assez pourleurlaisser
espererqu'ils vivroienti
heureux ensemble. Ce qu'il
demandoit estoit trop juste,
pour n'en pas tomber d'accord.
Il fit l'Amant de la
Demoiselle,& luy dit beaucoup
de choses flateuses qu'elle
écouta gracieusement.
L'honnesteté qu'elle luy marqua
, luy en attira bientost
de plus fortes
)
& l'amour
commençant véritablementà
naîstre dans le coeur du Cavalier
,
il fut fort content
pendant un mois, & de son
esprit,& de ses manières. Il
luy procura tous les plaisirs
qu'il se put imaginer par des
parties agreables & l'éclat
qu'il fit par-là ne permit
plus
de douter que ce mariage ne j
se dust conclurre. Sa Mcrc
qui luy vantant à toute heure
le mentedistingué du Cavalier,
luy donnoit aussi inec!:'i
samment des conseils, sur le
foin qu'elle devoit prendre
de ne luy faire paroistre aucune
inégalitéd humeur,crut
enfin qu'elle s'e stoitrendue
raisonnable
,
& avoir connu
le tort que luy pouvoient faire
ses bizarreries, mais elle
estoit bien éloignée de penetrer
par quel motif cette bi-»
zarre personne avoit cherchéàtoucher
le Cavalier,
fc s'estoit fait violence pour y donner de l'amour. Elle
avoit esté blesséecruellement
le ce qu'il s'estoit d'abord attaché
à voir sa Mere, sans luy
)aller qu'assez indifferemnenr.
Cette injure luy avoit
:Hé sensible, & elle ne s'estoit
)û imaginer un meilleur
moyend'en avoir raison
, que
le le faire devenir amoureux
l'elle,pour luy faire ensuite
sentir ses mépris avec plus de
rCt. En effet,elle ne crut
pasplustost avoir du pouvoir
ht luy ,qu'ellesuivit ses carriccs)
enluy donnant mille
sujets de se plaindre. La Dame
qui ne douta pas que le Cavalier
ne sedégoutast,luy representa
fort vivement qu'elle
n'avoit qu'à continuer si
elle vouloit le perdre;toute la
réponse qu'elle en eut,ce sur,
quecétoit assez qu'il fût aimé
de la Mere, & que s'il l'estoit
autant de la Fille, il te trouveroit
accablé d'amour. Un reproche
si piquant luy fit connoître
combien sonesprirétoit
indocile,&le peu qu'elle dévoit
garder d'esperance de la
voirjamais capable dese rendre
à la raison.
¡
Le Cavalier rebuté
dit à la Dame,qu'il la connoissoit
trop juste pour luy
demander un plus long engagement
; qu'il estoit fâchéde
l'avoir fait éclater, puis qu'il
sembloit qu'après la rupture ilneluy devoir plus estre permis
de lavoir;que cependant
il y avoit un moyen certain
de rendre éternel l'attachement
qu'illuy promettoit, si
elleavoitassez d'estime pour
luy j pour ,
se resoudre ellemême
à l'épouser. La Dame
rougit,& luyayantdit en termesemaratfez,
qu'ellecroy oit
que sa gloire l'obligeoit de
renoncer pour toujoursau
mariage ,
elle le pria de
se contraindre encore quelque
temps , pour voir si
ses foins ne changeroient
point l'esprit de sa Fille. Le
Cavalier, qui estoit habile,
tira avantage de cette rougeur
, & jugeant à cette marque
qu'il pourroit toucher le
coeur de la Dame, il confcntit
à tout ce qu'elle voulut.
Il continua de faire auprès de
la Fille le personnage d'Amant
,
& seignant que fcs
froideurs
, quelque dures qu'-
,es fussent ne le pouvoient
détacher, il luy assuroit un
faux triomphe dont elle s'applaudissoit.
Ces froideurs,loin
de luy estre sensiblesluy donnoient
un vrai plaisir,puis que
marquant à laMere que c'étoit
pour elle qu'il se contraignoit
à les souffrir
,
il entroit de
plus en plus dans son coeur.
Ainsi il poussa si loin les choses,
qu'ill'engagea enfin à luy
dire qu'elle pourroit consentir
àrépouser,maisqu'elle sentoit
qu'il luy seroit impossible
d'executer cedessein tant que
sa Fillene feroit point mariée.
Apres une pareille déclarai
tion,il n'y avoir plus que des
mesuresà prendre pour bien
con d utrel'affaireselonle projet
qui fut formé. La Dame
dit à sa Fille qu'elle voyoic
bien que le Cavalier ne luy
plaisoit pas; & quelle estoit
rclblucdene plus parler pour
luy
,
mais que s'ennuyant
de la garder, & d'avoir tou<
jours à effiîyer sa méchante
humeur) elle vouloir qu'elle
fîfl un choix parmy tant d'autres
Amans quife piefentoient
pour elle. La Fille luy répon-j
dit que si elle l'aimoit vcrita 1
blcmcntjcllc avoür-roit qu'elle
avoit raison de haïr le CavaJ
lier; ques'il luy avoïc rendu
quelques foins, ce n'avoit
pointelle de sonmouvement*
quec'ciloitelle qui l'y avoic
sngagé
,
& qu'ellerrouvoic
:n cela un il grand outrage
que pour s'en vanger avec
plus d'éclat,elleconlentoità
le donner à celuy de ses A.-
mans qu'elle luy confcillcrolt
de c hoi sir,pouiveu que
jUç le maruge (c sist en fecrer,
ifin que ce jour-là même clic
puft obliger le Cavalier à luy
donner une Fcftc, après laquelle
eue le reroic un trions
pho de luy pouvoir dire,qu'd
ne devoit plus rien ~pcrcr,i*
quelle avoit épousé un de ses
Rivaux. Iln'y avoit rien de
si bizarre que ce qu'elle proî*
posoit, mais elle ouvroit à sa
Mere unevoye feure devenii
à bouc de Tes deflfeins. Elle
avoua à sa Fille que le Cavaliec
n'eustjamais pense à elle, si
jugeant qu'elle feroit heurcuse
avec luyJelle ne luyavoiti
en quelque façon mis dans le:
coeur tous les sentimens qu'ill
luy avoir expliquez. Elleloua
sa delicatesse sur ce que cettc
îonduitc luy avoit donné de
aversion pour luy
,
& feignant
d'entrer dans les raisons
qu'elle prétendoit avoir de
'en vangcr, elle la détermina
épouser un fort honneste
homme qui luy *parut le plus
)ropre à supporter ses bizarcries.
On traital'affaire fort
~ccrettement, & afin que le
Cavalier n'en soupçonnast
ien, la Dame conseilla à sa
"ille de moderer un peu son
igrcurJ& d'avoir pour luy
~ilus de complaisance qu'elle
~l'enavoitdepuislong temps.
Onagissoit contreluy en ap-,
parence, & c'estoit travailler
àson bonheur. La Dame qui
l'avoit averty de tout luy promit
sans peine de l'indemnifer
de la vangeance que sa
Fille méditoit. Ils convinrent
des moyens qu'il falloit mettreen
pratique pour un double
mariage, & il fut aisé de
ménager celuy de la Fille
avec tout le mistere qu'elle y
demandoit, puis que le Cavalier
sermoit les yeux volontairement
sur beaucoup de
choses
, qui luy auroient fait
découvrir la verité s'il n'eust
pas cité besoin qu'il eust feint
de l'ignorer. La Demoiselle,
ayant affecté d'avoir avec luy
des manieres moins hautaines
& plus raisonnables ; suc
persuadée qu'ilestoit la dupe
de sa tromperie, tant il témoignoit
estre charmé d'un
changement qu'il ne devoit
pas attendre. Ainsi quand elle
exigea de luy une grandeFeste,
rien n'approche de la joyc
qu'elle eut de rempressement
qu'il fie paroistreà la satisfaire.
Cette Feste fut un Bal où ill'asseura qu'il auroit foin de
ne laisser rien manquer afin
de luy faire plus d'honneur.
Ce divertiuement estoit um
de ceux dela faison. Il luy
demanda son jour, & elle
choisit ccluy qu'elle avoit pris
avec son Amant pour se marier
,ce qui fut fait de fort
grand matin, & avectantde
fccrct que personne ne le sceur.
Il alla la voir l'aprésdînée
, &
elleluy ditmille choses obligeances.
Il parut le foir avec
un habit fort magnifique &
commença le Bal avec elle.
Les Malques y vinrent en
confusion, & pour leur laisser
la libercé de danser, on entra
une heure après dans une
chambreoù unesuperbe colation
se trouva fcrvie pour
es Dames conviées. Tandis
lue chacun estoit occupé aux
Dlaifirs de cette Fcftc> dont la
Dcmoifcllc faisoit les honicurs,
sa Mere & le Cavalier
l'eurent pas de peine a dirpa
oistre. Il estoit plus de miluit)
& on les attendoit à
'Eglifcjoùayantetfé mariez)
Is revinrent se montrer dans
',Assemblé'c.IlLa Fcftcfinie,
a Dcmoifcllc appella le Ca-
/alic:r'J qu'elle remercia du
'Cgale qu'il avoir bien voulu
uy donner,l'asseurant que
ce fcroit le dernier qu'elle
recevroit de luy puis qu'ellc
s'estoit mariée ce jôur.là-mè.
me,avec un fort honneste
Homme, dont elle prefcroii
la tcndrciïc à toutes choses
Elleluy dit, comme enl'insultant
,
les raisonsqu'elli
avoit eues de luy en faire ur
fccret jusqu'à ce moment) &
choisit pour s'expliquer le
termes les plus fâcheux qu
pouvoient la satisfaire. L<
Cavalier la*laifla parler tan
qu'elle voulut sans l'inter.
rompre, & luy dit enfui
te, qu'il vouloit luy rendre
ïonhuence pour conhdcncc
Y
:n luy a pprenant que son bonneur
estoit tel que depuisune
icure il avoit épousé la Mere,
lont le rncritc, refpric, la
àgefle & la vertu luy tenoient
ieu de tous les tresors du
lnonde. Elle écouta d'abord
:e qu'il luy apprit, comme
ine chofc qui ne pouvoir être,
mais ce qui Cuivit ne luy ayant
pas permis d'en douter,elle
fut au desespoir qu'on luy
cull fait perdre sicruellement
la gloire de son triomphe.
Outre une espece d'affront
que ce mariage luy faisoit,
eueavoitpluhcursraisons de
n'en estre pas contente. Sa
Mereestoie encoreassez jeune
pour pouvoir avoir d'autres
enfans,&ilFalloir,si ellen'en
avoir pas, que pour ménager
lesinterefts,elle fustenquelque
forte dans la dépendance
du Cavalier qu'clle avoit braver cru y en Ce mariant, maisil avoit aucun remede à la
chose, & le meilleur parry qu'elle pouvoir prendre, etc.
stoitde cacher lech grinqu'-
elle en avoit. 0
Si vous avez des Amiesqui
Payent point encore connu
l'Ainour
l'amour, elles en trouveront
uneagréable description dans
le petit Ouvrage que vous
allez lire.
I D I L L E. Llvrée À tt douleur amere
Venusvient de perdre fou Fils; jvoudra le rendre a,saM:rc>-
Dut s'dlJùrer d'un rare prix.
0-',0
Venus le déclare ; elle est preste
AcomhLYJes voetx les plus doux.
Jeune Iris, mettez-vous en q/ejlc
Mdis es Fils, le CI)lJnDjJê'{;V(}US ?
C'estun EnfantJimpie& timidea
Maissil'Ilejtfqu\vt trlpai;
L* Beauté I'dttirelegside.,
LA douceur ttrre/lt firt pas.
il9iltouche, toucke,
mieux >
Tous les charmesfont danspi bouche9
Toutes les graCjesydans sesyeux.
il efi diflret, il ejlfncere,
Cejîlafoysur tout qui luy plaifl.
He!quel malvoudroit-on luy faire,
Tendte & déliât comme il ejl? ç;ses drmes ilsebleffcassez,desesarmes
,
Mais en l'outrage tous les jours,
Et ce n'efiqu'aux soupirs
> aux lar
enmes, ses chagrins il 4 recours.
Vans ïojfenfeU plus (ttleDe)
S&umisy puis 'JI/ON veut le fUrJjr
Il Attendque l'on le rappelle,
Toujourstoutprejlà revenir. - Cherchaits ce Dieu, mais loin des
Villes,
Loin de leur tumulte confus,
Tous nos foins feraientinutilest
L'Amour ne sy retrouve plus.
Le Roy ayant esté informé
de ce qu'avoitfait Mr l'Eveque
de Laon en faveur des
Pauvres de son Diocese, a fait
ecrirc a tous les Evêques par
un Secretaire d'Erat, pour les
engager àl'imirert Voicy une
copie de la Lettre.
MONSIEVR.
Monsieur levêque de Ldon
prejïé d'un mouvement de charité
convenable à [on merite & a
son caraélere, ayant pensé aux
moyens efficaces de soulager les
Tauvres de son Dioceje
t
à cause
de la cherté des bleds, a faitune
Alfmblée deChapitre> desParoiffis
,
& des Comunaute%
de Laon, pour les exciter ày
contribuer avec luy; & pour
donner l'exemple, il s'est obligé
d'entretenir cent cinquantePauvres
par jour. Le Chapitre a
contribue quinze cens livres par
jifle Capitulaire, & il /rft fait
une queftc parmy les Chanoines
qui a produit deux mille cinq cens
ivres. Les CommunltutcZ, les
AbbAyes, & les Seculiers ont
contllbué(lailleurs prés de vingt
mille ivres> en forte que l'on
nourrit tous les jours depuis deux
mois douze cens Pauvres de la,
Ville de Laon1&l'on foulagei
troislieues aux environs ceux
de la campagne;& comme It
feule Ville Episcopalenepeutpas
contribuer à tous les besoins des
Tauvres des lieux éloigneZ, il
 écrit à ceuk qui possedent des
biens coYtfideTabres dans le Dwccfc
, aux Comrhunaute^ C7 ifu-4
tr-erJ pour les exciter à suivre
l'exemple du ClergédedeUVille
de LAon. Quelques-uns ont déjà
commencé, 0* il espere que ju[--
quaumoisd%Avril prochain les
Pauvres de son Diocese feront
tres- bien feconrus. SAMajesté
a esleiffatisfaitede ce zele vraiment
Episcopal
) & a trouvé la
conduite qu'il a tenue en cette
occafron si remplie de charité&
de fegejft, qu'EBem'a ordonné
de vous écrire @¡ de votts dire
quencore quEUefioit ptrfitadét
que vous t'fies animé du mefmc
tfPrit pour les Pauvres devoflre
Dioce^e,Elle ne peut s'empêcher
de revallervoflre %ele en cette
occasionJ afin que vous vous appliquiez
encore plus, s'il efl pof
jible, dans le temps de disette
des bleds, à exciter le Clergé, &
les Communauté^ Secnlieres (sijs
2{egulieres>&tous ceux quipof-
Jedent des biens conjiderablcs dans
'Uoftre Diocese
,
à suivre l'exempIe,
de ce qui s'efl pratiquékLaon,
Sa Majefiém*ayant donné ordre
devousajfiirer que vousne pouvez
rien faire en ce rencontre
qui luy foit plus agrtable. Je
fuis, tze.
ii nele peutrien de. plus
ternble ny de plus épouvantable
que la désolation que le
Tremblement de terre arrivé
au commencement de Janvier,
a eaufée dansla Sicile. Il
commença à Se faire sentirle 9.
fùr les 2.3.heures,& ne fic point
d'autre mal que d'ébranler les
maisons, mais le Dimanche
11. du mcfme mois, il se fit
sentir sur les u. heures avec
beaucoup plus de violence, &,
dura un quart d'heure plus
que le premier, abîmant mai..
fJns, Egliles,Monallcres, &
Villes entieres. Celle de Catalia
fut réduite en un monceau
le pierres, & de vingt- deux
mile personnes, il ne s'en faura
qu'environ deux mille. La
Cathédrale fut toute renverée,
à l'exception de trois Chaelles.
Le Monastere de Saine
Nicolas délia Ritta fut abîrné,
de cent Religieux qu'il y
voit de l'Ordre de S. Benoist,
n'en échapa que quatre. De
ix huit Monasteres de Filles,
n'y en eut que cinq de fauez,
& les deux mille persones
qui curent le bonheur de
e pas penr, se font trouvées
Duces, ou blessées, oueftropiées.
Il ne le iauva qui que
ce soit de la maison desJesuites.
Au premier tremblement
la Mer se retira prés d'un mil-/J
le,& emporta huitFelouques.}:
Cette Ville,que le martyre dct;:
Sainte Agathe,dont elleavoir>
lesReliques & leVoile,rendoit:
celebre, estoiedeja tres-confiderable
en 287. de Rome, que
le RoyHieron y mourut.On y
voyoic encore les restes d'un
Amphithcatre&plusieursInscri
ptionsqui faisoient connoistre
son ancienneté. C'cfioict:
une des plus grandes de laSicile,
ayant un Chasteau élevé
¡
ur un lochcr qui défendoit
entrée de,
-
son Porc. La plustart
des rues, qui estoient longes
& droites) aboutissoient
une grande Place où ily
voie de belles maisons. Dix
plomnes de marbre foûteoient
l'entrée de l'EgliseCaacdra
le) qui cnoie très mapifique.
On a eu nouvel-
: qu'il n'y est relié que la
chapelle de Sainte Agathe,
: que tout le reste a esté
bîmé, en forte qu'il s'y est
Lit un Lac d'environ quatre
illes de circuit.
Voicy ce que Mr le Chcyalier
de la Salle a écrit d'Agouftc,
du15. de Janvier.
Jefuit de retour depuis hier
d'Âgou{îe>$fayesle témoin
oculaire deson entiere def!ru{/ion.,
Nous estionsfouscette Vtlle avec
nos Galeres
)
lors qu'après plu-,
sieurs tremblemens de terre,qui
avoient abattu la moitié des
Temples dr des maijons» ilen
vint un si épouvantable
, quene
laissant pas feulement une
apparence de billet il ensevelit la
plusgrande partie duPeuple.En
,,
mesme temps une vapeur de fou..,
phre quexbaloit la terre> qui,
estoit entre.ouverte en miBe enlroits,
mit lefeualamunition
lelafortere/je,& faisant tirer
out d'un coup l'artulerie, éleva
nfques aux nuè's une si grande
oantité'deBombes.,de Grenades,
e de pierres) que nos Galères
Ii efloient dans le Port, en furnt
notablement endommages,
ieureufemsnt il avait cfié dé-
'ndu aux Chevaliers François
r descendre a terre. Sans cette rnfr nous en aurions perdu la
ufpart dans la Vtlle, car ce def-
-are arriva à deux heures après
dy. Il riy avoitalors quemoy
lUI en terre pour les intertfts du
Jrtfir, en qualité de Revifiteur.
Les gens qui mavaient accompagnéfonttousioumortsy
oubleiffz.
L'Ordrey a perdu qtiatrevinzt-
dix hommes
o > ou Soldats. ou Mariniers
j
quarante-deux
Esclaves> & trente-cinqdanee_
reusement biefez yque je fis rnfuiteretirerdedessousles
ruines.,
Mon bonheur voulut que j: n'avois
pas encore dîné à cette
heure
I, ce qui m'avoit f-Ilit ifortii
de la Ville, pour allermanvem
un morceau suries Çtleres. ta
tane >
la noble @f ancienne Sy
racufie
3
quantité d'autres petitei
Villes des environs du IJont1
Gibel
? ont eu le mesmemilhcurû
NoUS ne afnons rien encore de
MtjJint, je çroyquelle n'aur"
p4i eslé plus beureufe. Ce tremblementasuivyàxns
toute la
ÇdUbrejusquauÇolphc\de Veflife.
iojklesB*Jtimens qui efioient
mer I'QMrejpnty.
.;
(Quelques -.uns écriventa
L'égard du Chaftcau d'Agouac,
qu'ilfut reaverfé parle
econd tremblement
, que
comme en ce Payslà la plusart
des pierresiont des cailpux
semblables à des pierres
faG],j^aciq\ies'unes setouchant
lç,unGS les autres firent
eu,& lemirent aux poudres
du Magazin. Dés le tremble.
ment dup. la troisiéme partie
de la Ville avoit cité renverfée,
ce qui obligea leGouverneur
à faire fairedesTenrcs à
la campagne, & on en dressa
mesme par son ordre pour sa
Famille. Les Galères de Malte
qui estoientau Port,la Chiourme
estant en partie dans la
Villeà charier leBiscuitpour
Malte, furentobhgéesdecoui
pcr promptement leurs cables
qui estoient liez en terre, parce
que la Mer se seroientattt
large,& qu'elles feroient de
meurées à sec. 1
Saragouîic a cltc aussi abimécentièrement.
C'estoiautrefois
lafameufe Siracufequi
estoit parvenue à un tel point
de grandeur3 qu'on la divisoit
en quatre parties)quifaifoient
quatre Villes,appellées,Acra.
dîne,Naples, Tiche & Ortygic.
A pres avoir esté fouvent
assîegée sans estre prisc,
elle fut enfin cmportée en
741. de Rome
,
malgré tout
(efçavoirdArchimcde. Sara-
^oiiflceftoic aujourd'huy si.
:uéc dans une pretqu'mc de
sur Rocher
, qui la rendoic
atrémement forte avec un
Chaiteauiur un Rocher détaché
de la Ville
, par un sofle.
Ily avoit ctiverfes Eglises,de.
belles Maisons, & un PÔsc
très commode. L'EgliseEpiscopale
de Sainte Luce
3
estoit
anciennement le Palais de
Diane. Rien n'y est demeuré
debout.
Le Mont Gibel fitunbruit
épouvantable>qui fut entendu
jùsqu'à Meffinc
, ce qui
u'estoit jamais arrivé. Par le
second Tremblement, la Mer
s'estant retirée on vit les poissons
à fcc, & enfuite elle retourna
avec une telle furie,j
qu'elle entra dans-la Citadelle
J' & passantpardessus les
murailles, elle jerta des poiffolfSi
dedans. Il. tomba plus
de quarante Palaisdans McflU
ne. Voussçavcz combien cette
Ville-la.est importante,&;
que son Phate ouCanal estle
passage de tous les Vaisscaux
qui viennentduLevant.
Je serois trop long à vous
peindre les horreurs dont ce
Tremblement a esté suivy.
Ceux qui ont pu s'en sauver
n'osant , rentrer dans les Bourgs
ny dans les Villes, on a celébré
rofiiee danslescl-lampso
& le saine Sacrement y aesté
exposé par tout. Ce qu'il y
avoit de bien déplorable
c'estque laplupart de ces malheureux
y mouroient de faim,
& pour surcroist de misere
estoient exposez à la fureur
des Bandits.
Ces Villes ne font pas les
seules que le Tremblement
ait abimées ou détruites dans
la Sicile.Voicy le nom de
plusieurs autres quionteu la
mêmedestinée.
laci.
Lentini.
Carlentini.
Noto.
Modica.
Cicli.
Naguzza.
Vizzini.
Minco.
Litiguagrofla.
Catalanofecta/
Il y a eu encore plu ficurs
autres lieux,oudécruirs ou
ibimez, feavoir.
Catalabiano.
Viafcare,
>. Antonio.
-aC-itrina.-
rrccafiagni.
lia grande.
.a Pedaia.
Gioanni la
punto.
dvedere.
Gregorio.
S. Agata.
LiPlaghi.
Monpellicri.
Mifuercianchi.
Motta di San
Anaftafio.
Telue Noncada.
S.GioGalcrno.
Tremiftieri.
Metclli.
Aula.
Spoacca For-
BO.
La Ferla.
Lucafrero.
Bichierie.
Craratana.
Chiaramonte.
La Vittoria.
Monterosso.
Nicodia.
Palazzola.
Luciola.
Pallagonia.
Milerello.
Scardia.
Francofontc.
GggL
Les Villes ou il y aeu quelques
Eglises & des maisons
renvcriées,& où il n'a pas pery
un si grand nombre d'Ha..
bilans
,
font,
Melazzo,avec six autresVilles.
Ccfalu.
Termini.
Palctmo.
Monreaie.
Trapani avec d'autres lieux ;
&quelques Villes voibneso
H yert a eu d'autres à demy
dé[rui-res,& ce font,
Mandfazzo.
Paterno.
Cartagerona.
astrorao.
3ronti.
Piazza.
Castro Gioann.
Trancavilla.
La Novara.
Adorno.
S. Philippe
d'Airo.
Il ne faut pas s'étonner après
:ela ,
si on saic monter à cenc
inquantc mille perfonncs le
nombre de ceux qui ont pery.
Ainsi dans la dcfolation où est
presencement la Sicile, on
peut dire, quec'est un Royaume
perdu en quelque façon
pour la Monarchie d'Espagne.
Elle est divisée en trois vallé>
es. Le Val de Noto est tout
ruiné) & tous les arbres ont
estédéracinez. Le Val de
Move. n'a esté guere mieux
traité,& dans le Val de Ma-^
zara ,
il n'y a eu que quelques
maisons abbatuës. Le Tremblement
Ce fit sentir lep. à
Palerme
,
deux fois le 11. le
matin & le foirle îz. & feu-
-- lement
ementle matinle13. mais il n'yeutque la^ premiere fecouflfe
qui donna quelque ter- reur & le dommage ne fut
qu'en quelques Maisons &
Edifices dela ViHe,"& fort
peiTconfïdérable. LeViceroy
ne laissa pas d'aller coucher
dans une Galere avec toute sa
Famille >& quantité de personnes
se mirent dans des carrosses
au milieu de la Campagne.
iLa Ville de Malte a eu parc
tremblement. Il commença
à s'y faire sentir le 9. de
anvier sur le minuit, & de
nouveau sur les trois heures
du matin. Ces fecouflfes ébranlèrent
les maisons avec tant
de force, que dés que le jour
parut,roue le Peuple prit le
party de Ce retirer à la Campagne.
Elles durercnt tout le
jour suivant, mais moderées,
& le ii. sur les deux heures
aprèsmidy, il yen eut une si
violente
,
qu'en moins d'un
quart d'heure la vieilleVille
fut entièrement ruinée. L'air
devint comme en feu, & on
sentoit une odeur de fou phre
qu'on ne pouvoit supporcer.
Toutes les c loches ayanttinté]
d'elles mêmes dans la Villcneuve
par l'ébranlement des
Eglises;& de la -
plus grande,
partiedes niaironsle Dome de
Nôtre-Dame du Polar tomba,
&la Sacristie del'Eglse de S.
Laurent duBourg,futabbatuc:
par les pierres qui fc dérachètent
du clocher. Les Galcres
qui revinrent d'Agou-ffc à
Malte,y amenerentleGoaverneur
de cette premicre.Ville
avec saFemme)leurs Enfans
ayantesté écrasez fous les ruines
du Chasteau
)
quand le
Feu y prit.
Tout ce que je viens de
vous conter a dû vous donner
des idées si tristes
,
qu'il me
paroist qu'il n'y a qu'une maticre
galante qui foie capable
devousen tirer.C'estce qui
m'oblige à vous faire paît de
la piecc que vousallez lire.
Elle est d'un jeune Cavalier
de Riom, qui l'envoya à
une fort aimable personne
de Province, le jour de sa
Feste.
-
-r A
MADEMOISELLE RO***. tImagination galante.
L 4 E Sommeil dont les dons nous
font si prccieux,
k peine cette nuit m'avoit fermé
* les yeux,
ijue je crus traverser de riantes
Prairies,
It je me figuray
@
,
marchant d'un
pas compte
Jue je m'abandonnois en pleine
liberté
A d'agreables rêveries.
klle Philis,vous en estiez l'objeti
Je me reprefentois vos charmes,
Et me livrois à de douces alarmes,
En m'occupant d'un si tendre
sujet.
J'eneflois donc, Mademoiselle,
à des réflexionssur"vos g..ém£ns, sur cei maniérésaiféts &naturellesausquelles
feules j'attribue
prefaue la perte entiere de
mon coeu)"J lors quinfenfiblement
je me trouvay à l'entrée d'un
petit bois. Le Soleil qui mefemhloit
déjà fort élevé
,
l'épaiffiur
des arbres qui rendoient ce lieu
des plussombres> le filtnce qui
me paroissoityregner>les idées
dontpour lors ejloitrempliemon
imagination> tout me determina
ayallerpasser quelques heures.
J'y choisis(labord les routes les
plus écartées, & là
,
hors du
bruit, & entraîné par les douceurs
innocentesd'un repos chaYitpeflre,
fexaminois l'état de mon
coeur. Je me rendois compte à
moy-meme defesfentimens, &
ravy de les treuver à mongré>
déjà se formoient milleprojets
d'un attachementeternel> quand
je me DIS à l'extremité de la
Forefl.
Là s'élevoit un Temple à demy
ruiné,
Qui jadisestoit destiné
¨Pour faire tous les ans les Festes.
de M inerve,
Dont Lt figure encore s'y conl4erve.
O
A mesure que je m'enapprochoispourconsiderer
de près les
anciens refies de cefupcrbeédifice,
que vouseujfie^mieux mérite
que celte Dccjje dela SagrjJ»
1 j'entendais comme des gcmijjemens
d'enfant,& ma. curiojité
tnayantporte vers l'endroit d'où,
ils me Jembloient venir, j'y vis
l'dmour, & je le vis dans la
dernieYedejolation
,
abbatii par
tin excès de dou/eur. il efioit
appuyécontreunvieux Mtrthe.
Son bandeau tout mouille de larmes
me fit juger qu'il avoit pleuré
long-temps;mais quelque trifteffi
qui pteruft dans sisyeux
>
tant
dedouceurs'y mesloit
y que je regarday
ces petits desespoirscomme
lesfuites d'une ttndreffi contrariéej&
parcertainesplaintes
qui luy echaperent
> fentrevis
que son coeur irrité cherchoitàfe
revoltercontre unjoug incommode
& opposé à tous les pas que
commençoit à luy faire faire sa
passion. VOJeJ je vous prie tjî
je me trompois dans mes conjec*
tures. Le pauvre Enfant! Il
m'avouaingenuëment^uil avoit
eslé frtmaltraité desa Meyt;
que cette Deesse
y
poupée par les
niouvemens de j'à jaloujte ordi-
"AireJ menaçait de l'abandonner
s'il ne brisoit lout-a-faitses chaines,
e que dans l'aveugle preventionoùilla
sçavoit
> que hors
fis charmes rien aumonde nejloit
digne dJeftre airné, une obfttnation
d'attachementpour une Philis
dont elle ne pouvoit fottjftir
ny la beauté ny le merite, ne
manqueroit pas de la rendre pius
furieuse
J & de le perdre pour
toujours. Ces dernieres paroles
furentfuîmes de quelquesfôupirs,
cm d'un moment derêverie
eu lentrainerent ses diverses re.
flexions. Puis revenant tout à
coup comme d'un profondajfoupYFment)
il Secria.
J'aime bien mieux renoncer à
mes droits
Que dabandonner ceque j'aime,
Je ne vois rien que de doux dans
mes loix,
Et jeveux les subir moy-même.
Ilseplaignit enfuite de ¡lin';'
juflice & de Prnteftement présomptueux
de Venus, f0 pourse
juflifitr revenanttoujours au merite
desa Philis, il luy donnoit
dans ses maniérés
3
des airs de
grandeur; dans neffrit, du bon
goustYede là delicatesse; dans
sa conduite*uneégalitéahumeur,
&des allions des plus reglées;
dans la tendrtffe
)
du rtfinement*
&de lacirconfp(£lion. Il la representoit
referméesansifngula-
1 t - rite> e cnjciïéesansdijjipation.
Il la montroit autant remplie de
douceur que de politeUeJ & d'un
ton d'Oracle il ajoutoiti que si le
cceur decette bellePersonne zenoit
un jour à se ltliffir touchen
on le trouveroit aimable par sa
nouveauté) affure par sa boru.t
joy, inébranlable par sa confiance
3
tendre sans passion, &
aeltcat Jans jiloulie; & of pour me faiirreevvooiirr qquu'àà tfooUutteess ces qquuaallii-.
teK se jotgnoient encore une beauté
des plus touchantes, & un je
ne sçay quoy dans l'extérieur qui
interejjoit d'abora, cepetitDieu
tira de sonCarquois une boëtes (7 l'ouvrit. Eh! qui vis je? Fousmême
t Mademoiselle&peinte
parles mains de l'Amour. Je fus
interdit a cette veuèy mais heureuxalors,
pour nepoint paroistre
fufpcEl, davoir pu trouver dans
l'admiration que lattiroit cette
peintureyunprétexte à mon etonnement.
Tous vos traits ef/oient
vivans. Ce Peintre habile vous ""---..- .--
dvoit donné une parure deDéeJJe
qui vous fied parfaitement; tl,¡OIM
paroijJie'{ dans les airs sur une
ifPece de char a la Romaine, trainé
par des Qignes.Ace char étoit
enchaîné l'Arnour, qui bien loin
d'efire honteuxdeJadéfaite>n'en
fatfoit, ce semble
3 que rire,,&
Jon arcyses fléchés&Jon bandeauyquon
vous voyait entre
lesmainst vouf Jirvoientplutoji
de jouet que de trophées. Sur la
bordure efloient écrits ces mots,
Triomphe dela belle Ro.
sur l'Amour.
Etau bas ces Vers. I
ycnus n'eutjamais tant de charmes,
:.Auffi jamais Venus ne triompha
si Ce Dieub, Maigireedes cnoeurs,.patNr
l'effort de ses armes,
N'a donc pû garantir le sien
'M Pour montrer enfuite que ¡-A..
mourrontAmourqu'il ejhnepeut tftr à l'épreuve Je les propres
coups,£7* qu'aprts avoirtnfpirè
de la tndrrffe aux autres ,
il n'efl
pas impojjtble qu'il en rejjente en*
fin a son tour) sur le revers de
cette mesme Boete efioit un emblème
dont le corpsreprefenloit
un Cupidon pleurant, &ses larmes
venoient d'une douleur causée
parune blessure qu'il s'efloit
faite en tirant de son arc, avec
ces mots pourame.
Je ne fuis poinc invulnerablc.
Ait dejjous eftoint grave^ ces
Fers.
Je puis aimer, & j'aime un objet
tout aimable.
Je fuis sensible â ses appas,
Et par un fort inévitable
, Mes flèches ne m'épargnent pas.
Ce revers de boete e ftoit bordé
.de mille petits vrnemes. jj ad. miraysurtoutvoflrechtjre>
celuy de l'Amour) quientre
lacez ingenieusement par desi
branches de Mirthe) embellifAf
Joients & donnoient du prix k\
tout le refle.
Comme je fongeois à me retirer
pour rêver a mon aise à ce que je
venois de voir1tant cette avanture
meJurprenoit >Zepbire arriva
»
qui de la fart de Flore portoit
à ce petit Dieu une corbeille
de fleurs. Je pris gardequ'illes
reçut avecun vrty plaijir. Je
:onnf4$mejmeparsa maniéré de
remercier
i que ce present avoit
9fié demandé:) {0 juflement ces
Heurs vous essaient dejlinées;
mais l'Amour nejçavoit comment
vous lesenvoyer. Je le vis Íàiejjus
dans de petites inquietules.
Il sentoit qu'il ne pouvoit
iifpofer de qui que ce foit3 parce
que Venusirritée avoit déjà donnéfcs
ordres. Ainsi les Ris, les
Grâces, personne ne devoitagir
pour luy. Le pauvre Enfant me
toucha. Cesmaniérésmeparurent
trop duresy je le prévins ; je m'engageaya
vousfaire rendre les liberalite%
, ou plutofl le tribut de
cette DceJfe du Printemps:
foit que véritablement il mecrust
dansfes inlcrefis ,ou qu'un je ne
fiay quoy m'eufl attirésa confiance
J rnes offres furent acceptéesy
il membraffamiUe fois>
tant il m'ensceut bon gré, &
enfin nous nous feparames>après
que des remercimens faits de la
meilleure grace du monde eurent
succedè à ces témoignages de gratitude.
Je profite donc de la conjoncture
des temps ;je veux dire Mademoiselle
>
de labelle Fejie d'aujourd'huiy
pour m'acquitter d'une
commission dont mon caurfait
son affaire. Convaincue de lA
force de mes Çentimens,& par
consequent de la juflice que je
rens à vos charmes ,quisçait si
vous ne me trouverez point trop
peu de delicateJJe', dr sivousapprouverez
le pcrfonnage que j:
faisÀl'heurequil Onpourroit
rafiner dans d'autres rencontres >
,..-¡.e le sçay, mais icy fongtZ que
la tendreffi que L'Amour inspire
,.
eese fixepas ordinairement sur
luy
, que deses progrés dependent
peut-eflre les miens, & que toutei
les démarchés que luy fera, era fairedans la fuiteson penchant,
peuvent ne tendre qu'àm'ajjcurer
quelque jour i"entiere pojfejfton
d'un bien qui cft l'objet de tous
mes desirs.
Le Roy donna au commencement
de ce mois Audience
aux Deputez d'Arrois,
qui surent presentez par Mr
le Dac d'Elbeuf, Gouverneur
de la Province, & conduits
ar Mr le Marquis de Blain:.t
ville, Grand MaistredesCeèmonics,
& par Mr Dcgr_:'
gesMaistre desCcremonies.
Vif l'Abbé de DompmaLi"
Deputé du Clergé, porta la
parole. Ilestoit accompagné
le Mr le Marquis de Sainj:
loris, Député de la Noblesse,
4 de Mr DouaydeBaifncs,
Deputé du Tiers Estat, EIërïë:
in de la Ville d'Arras On
eue dire à la gloire de ccue
rovincc:)qu'cllc s'est toujours
istinguéedans fesdeputations
par le bon choix qu'elle a fait
es personnes qu'elle a dcputecs.
Cetf une chose dont on
ne sçauroit douter, puisqueceux
qui ont eu l'honneur de
porter la parole, ont toujours
receu de grands applaudissemens.
Je vous ay souvent
envoyé leurs Discours
entiers, que vous avez admirez.
Le dernier n'a pas esté
moins applaudy que les autres,
& vous devez croire
qu'il le meritoit,puisque l'on
n'est pas prodigue de louanges
dans un lieu où régnent
la delicatesse 5c le bon goust.
S'il estoit tombé entre nlCS'
mains, je vous en aurois fait
part.
;l..Ona parledepuis plusieurs
innées d'un Ouvrageconsiderable
» - pour t'cmbcUifIement
& l'utilité delaVillede
Paris. Les Peuples le sdouhaitoient
,
& estoient chagrins
qu'on n'en dist plus rien;
mais enfin le Roy qui ne se
plaist qu'à faire du bien, tant
au général qu'au particu lier.
accorda ces jours passez à
Mr le Maréchal Duc de Luxembourg,
la permissîon de
faire travailler à ce grand Ouvrage.
Ainsi il va faire construire
un Pont de Bateaux
notant sur la Rivière de Seine,
qui aboutira visa vis leGui;
chec de la ruë S. Thomas du
Louvre. Les Desseins ont esté
faits par MrduVal, Architecte
des Bastimens du Roy,
dont l'habileté est connue,
& à qui le Val de Grace
doit une partie de ses beauttZ.
Ce nouveau passage fera
d'un fort grand secours pour
avoir la communication des
Quartiers circonvoisins, tant
du costé de S. Honoré, que
du codé de l'Abbaye S. Germain,
qui sont les plus peuplez
de Paris. On fc dispose
à travailler inccfianlnlcnt à
ce
ce merveileux Ouvrage, donc
le Public attend l'execution
avec tant d'impatience. Vous
ne devez pas vous étonner si
: je luy donne le nom de merveilleux.
Ce n'est pas un Pont
de Bateaux ordinaire, & il
n'aura riende semblable à
ceux qu'on a déjà vûs de cette
nature. Outre les ornemens
qui seront une agréable décoration
sur la Rivière, il y aura
quantité de commodirez. des
Bains publics,.& plusieurs
Boutiques, non pas à la
manière de celles du Pontneuf,
mais ausquclles seront
joints des logemens,& de fort
belles Pieces, où ceux qui se
baigneront pourront s'aller
reposer. Ce qu'il y a d'admirable
dans ce dessein, c'est
que le toit de ces Boutiques
n'excedera point le niveau
du Pontsur lequel il y aura
deux Parapets pour plus de
commodité
, quoy que les
Carrosses ne doivent pas y
paffer. Toutes ces choses font
difficilesà faire comprendre,
principalement pour ce qui
concerne les Boutiques, mais
je croy que le Publicenverra
on Dessein gravé avant qu'on,
ait achevé ce Pont. Ilne fervira
pas seculement de passage,
mais de décoration àla Ville,
& de promenade: & si l'exe
cution répond à ce que j'en
ayvû, il y en aura peu de plus
agreables.
(
J'ay à vous apprendre la
mort de Mcflirc Jacques le
Sens, Marquis de Folleville, arrivée le 28. du mois
pasle.
Le Roy, dont il avoit l'honneur eu d'estre Page
,
luy
avoit donné l'Eseingene Colonellede
sonRegiment,àl'âge
dedix neufans. Ensute il fut Capitaine dans le même
dillingua en toutes fortes
d'occasions, Sa Majesté le fit
Colonel du Régiment de
Flandre, à la testeduquelil a
fait beaucoup d'actions remarquables,
tant dans le VM
varés où il commandoit en
chef,qu'à la Bataille deScaffarde
,
& aux Sièges d'Italie.*
Il est mort âgé seulement de
trente-cinq ans, & estoit Fils
de Mcflïre Guillaumele Sens,
Chevalier de l'Ordre duR^oy*
Marquis de Folleville, Lieutenant
Generaldes C ilnps &
Armées de Sa Majesté. Les
services considérables que
ce Guillaume de Sens à
rendus à la Couronne, l'avoient
fait honorer de plusieurs
Commissions importantes
,
fous le Règne du feu
Roy, & pendant la Régence
de la Reine Anne d'Austriche.
Ila servy trente-neuf ans
sans dscontinuer
, ce qui
avoit otligé Sa Majesté à luy
donner le Gouvernement de
Vitry le François,& cel uy de
Saverne en Allemagne. Le
Régiment de Flandre qu'avoitMr
le Marquis deFolleville,
son Fils,aeftédonïïfrà
Mrle Marquis de Tors. -J
Un a eu nouvelles, que
-
Mr le Vidame d',EsInevmal,Am- bassadeur de FranceenPologne
, y estoit mort en fort
peu de jours. Il avoit esté
invité aux Noces du Grand
Enseigne de Pologne, qui se
firent à Grodnau, leI. dumois
passé. Une fluxion qui le furprit
neluy permit pas des'y
trouver, mais s'estantsenti
< mieux le lendemain, il assista
à la suite des réjouïssances. Sa
fluxion augmenra le jour sui-
vant, accompagné'ecdi'u' ne snie, -
vre si violente,qu'il mourut
le8.IletfoitPetit FilsdeR03
bert le RouxdeTqui
enisqq.epousa Marie deBellievre
»FlUe de Pomponcde
Bellievre
,
Ambassadeur en
Suisse,enPologne & en An- • eterre
,
a Plenipotentiaire à
Paixde Vervins & enfin
Chancelier de France. De ce
mariage sortit entre autres
Enfans Claude le Roux
,
Baron
d'Aquigni, Chastelain de
Cambremont
»
& du Mesnil-
Jourdain, Seigneur de Becdal
, Vironvey
,
la Métairie,
Conseiller au Parlement de
Rouen,qui prit alliance avec
Madeleine de
-
Toumebu.
Fille d'Anne de Toyiflcbu,1
Baron deLivec, Seigneurde
Bouges, & de Françoise de
Prunelé, dont la Bisayeule
estoit Madame Anne de
Dreux, Princesse du Sang
Royalde France, Vidame de
Normandie, Baronne d'Esneval,
ChastelainedePavilly.
Mrle Vidame dEfnrvjl» Ambassadeur
en Portugal, puis
en Pologne, Fils de ceClaudele
Roux, & de Madeleine
de Tournebu, avoit
épouse Anne-Marie- Madeleine
deCanouville
,
Fille d'Adrien
de Canouvillc, Seigneur
deGromesnil;& de Mario
Elisabeth Brretel,& il en a eu
un Fils , Claude-A-Mm le
Roux,néàLisbonne le
Fevrier 1689.
fk. Je puis joindre à cette
mortecelle du Marquis de
Flcury» Amiral des Bateaux
iÏIlCZ en guerre que l'Empereur
fie équiper l'année dernière
sur le Danube. Ce Marquis
estoit Piedmontois
,
&
avoitesté Capitaine des Gar
des du feu Duc de Sdvoye;
& son Rival, ce qui Tavoit
obligédese sauverde sa Cour.
Il fit après cela diverses figu.
res dans le monde,sanssçavoir
eu il pourroic s'establir,
maisayant esté mieux receu
dans la Cour Imperiale, qu'en
aucune autre,il tâcha par ses
foins d'y mériter de nouveau
les faveurs de la fortune que
son amour luyavoit saic perdre,
& enfin il avoir pensé à
unarmement sur le Danube,
plustost pour son interest que
pour coluy de l'Empereur. Il
s'estoit donné de grands mouvemens
pour cet armement,
dont l'utilité n'a pas répondu
à la dépense. Tout l'avantage
que Sa Majcfté Impériale
en peut tirer est de compter
uni Amiral parmy ses Officiers,
& des Bastimens far
l'eau, qui feront peu sujetsaux
tem pestes qui regnent presque
toujours sur les Mers.
,
Il y a eu beaucoup de Maades
depuis quelque temps?
le leurs maladies onteste fort
curies. Mrdu M!t-.Gr(;flicc
lu Confcil ,a esté du nombre
le ceux qui font morts, sans:
voir esté malade que fore
.eu de jours. Ilavoit larepu
ation d'estre fort bonnette
somme
, ce qui luy avoir ac-i
uis l'estime de quantité de
personnes distingués.Il étoit
beau- Frere de M d He;:.rvillc,
Gouverneur de Pignerol,&
il a laissé un Fils,Conseiller
au Parlement.
On écrit de Tours,que le
6. de ce mois,Messire Gilles
de Pontz-Rafbré, Marquis de lsainé de Messire
Gilles de Pontz Ralbré, Baron
de Chantelou, avoit époufé
Mademoiselle de Saint Au.
dré. de Boisrougeron
,
Fille
unique de Merc Jeande
SaintAndrédeBoisrougeron.
premier Capitaine dans le
Regiment de Sutlaubc , qui
s'est distingué en Irlandeà la
BatailledeBoisne,&deDame
Marie .dc",Valfocé, Mr de Saine André descen-d deMessire
François de Saint André,
President à Mortier, qui l'an
560, fut assassiné à coups de
?ifi:olct) comme il sortoit du
Palais, pendant les premières
gMuaeirsroesn delaReligion. Cette estoriginaire de Tououze
»& elle a toujours esté
nviolablement attachée au
ervice de Ces Princes légitimés.
La Mariée, qui estd'un
resgrand merite & d'une
eauté parfaite
,
cft unique
Heritiere de Messire Jean de
Valfocé,Lieutenant-Colonel
du Regiment de l'Isle
,
son
Aycul Maternel, qui possede
de grands biens. La Ceremonie
de ce Mariage fut faite
par M' l'Abbé Martin,Docteur
en Theologie, & grand
Archidiacre de l'Eglise de
Tours, en presence d'un fore
grand nombre de personnes
de qualité qui s'y estoient
renduës. Ls Reveuës que le Roy
fait de toutes ses Troupes, &
particulierement de celles de
sa Maison , sont cause que
tous les Commandans redoublentleurs
soins,afin qu'elles
soient toujours en bon estat.
Sa Majesté pour ne pas fatiguer
la Cavalerie de Sa Maifan,
en la faisant venir aux
environs de Versailles, a bien
voulu se donner la peine d'altr
jusqu'à Chantilly
, pour
enfaire la reveuë dans la plaine
de Senlis, où ces Troupes
voient ordre de se rendre.
„e Roy y estant arrivé le Jeuly5.
de ce mois, fit dés le
endemain la reveuë des quarc
Compagnies desGar des
tu Corps. Le jour fuiyant)S
Majesté vit encore tous les
Gardes,ainsi que tous les
chevaux qui avoicnt esté achetez
pour la remonte. Le même
jour, Elle fit la rcvcuë des
Grenadiers à pied, & aprés
leur avoir fait faire diverses
évolutions,Elle vit ses Gardes,
Brigade par Brigade,à
pied, l'épéeà lamain. Ensuite
ilsmonterenttousàcheval, &
défilerent par Compagnies,
& aprés cela par Brigades,
& l'on peut dire que Sa Ma
jesté les examina un à un. Mr
le Maréchal Duc de Duras
commandoit cc jour- là tout
le Corps, Mr le Duc de Noailles
ayant le Baston. Mls les
Maréchaux DucsdeLuxemb_
ourrgg&&ddeeLLoorgregeei?fïaoloënÍCnj
à la telle de leurs Compagnies.
:Tl-uS les Capitaines des Gardes
avoientdes manteaux
bleus, qui sont prcfcnrement
des ornemensà Brever. Les
Officiers en avoient aussi»
mais les ornemenscitoienc
differens. Le Dimanche, le
Roy alla à la Chasse de la
Fauconnerie
,
cù toutes bs
Dames se trouverent en li-tbits
d'Amazones des plus magnifiques.
Le Jeudy, le Roy
vit la Gendarmerie.
Les Gendarmes.
Les Gendarmes Ecossois.
Anglois.
Bourguignons.
De Flandre.
De la Reine.
Dauphins.
Berry.
D'Anjou.
D'Orleans.
Les Chevaux-Legers.
Chevaux-Legers dela Reine.
Dauphins.
De Bourgogne.
De Flandre.
D'Anjou.
DeBerry.
D'Orléans.
Toutes ces Compagnies
estoient commandées par Mr
i le Comte de Marsin, Brigadier
des Camps & Arméesdu
Roy. Monseigneur le Dauphin
salüal'épée à la main,
toutes les fois que ces Compagnies
passerent devant Sa
Majesté. M' le Nonce ayant
souhaité de voir toutes ces
Reveuës, ne manqua pas de
, ,. s'y trouver, & aprés avoir
parlé plusieurs fois de la beauté
des Troupes, il dit au Roy,
c^iilefioit impossible de les DOIT
sans que leur prefînce imprimafl
du courage aux plus poltrons.
Le Roy luyavoit faitdonner
un des chevaux quiluy fervent
de monture, & comme
cecheval estoit un peu vif,
M' le Nonce dit, que c'estoit
un Bucephaley qui ne connoissoit
qu'Alexandre. Monficur le
Prince le regala magnifiquement.
Le Roy alloit à la
Chasse du Chien courant au
retour de toutes les reveuës,
quiauroientdeu lefatiguer,
s'il n'avoit pas toujours la
mesme vigueur,&s'il n'avoit
pas esté dans une santé parfaite.
Le Mardy, S. M. chassa
depuis onze heures juGjuafix
heures du soir,& au retour
en rentrantdanslepetit Parc,
Monsieur le Peince donna au
Roy & à Monseigneur le plai.
sir d'une battuë dans un petit
bois, d'où il forcit plus de
deux mille Faisans, & autant
de Perdrix. Quoy que tous les
Officiers du Roy fussent à
Chantilly & qu'il ysust servy :0lnmc:à Versail les,Mon sieur -c Prince n'a pas laisse d'imaginer
mille choses pour faire tous
es jours trouver à Sa Majesté,
& à toute laCour
,
des agrémens
nouveaux dans cette
delicieuse Maison. Le Mercredy
on vola à l'ordinaire.
Le Jeudy, le Roy fit la reveuë
de ses deux Compagnies, des
Mousquetaires,où les Officiers
nouveaux queSaMajesté avoit
fait recevoir à la dînée à Ecoüanen
allant à Chantilly;
parurent avec beaucoup de
magnificence. Ensuite le Roy
allaaux Toiles dans la Cour,
desquellesce Princenevoulut
point qu'on courust les Sangliers
; mais il les fit courro
en pleine campagne avec des
Levriers corps à corps, fanas
si
que personne en tuast aucun avec
l'épée
, comme cela se pratique
ordinairement. Le Vendredy,le
Roy alla à la chasse du vol, & partitle
Samedy pour retourner à
Versailles. Tant que la Coura
demeuré à Chantilly, il y a eu
tous les soirs appartement, ôC
rand jeu dans la Galerie. Monseigneur
le Dauphin a couru tous
es jours le Cerf ou le Loup
, avec
les équipages de S. M. qu'on appelle
les grands chiens, son équipage
du Loup,l'equipage de Mr
e Duc du Mayne pour le Cerf
équipage de Mr le Chevalier de
Loraine pour le Cerf, qui atou- oursdemeuré à Royaumont avec
celuy de Mr le Duc du Mayne.
JUoy que les Troupes ayent esté
charmées des manieres du Roy*
la respectueuse estime, & l'amour
qu'elles ont pour ce- Monarque
ont encore redoublé dans ces dernieres
Reveuës. L"'-;'
Je ne dois pas oublier de vous
dire icy qu'aux environs d'Ecouan
en allant à Chantilly, une chaine
de quarante à cinquante Galeriens,
fut si heureuse qu'elle rencontra
le Roy. Ils donnerent des
marques de leur joye, &firententendre,
quoy que de loin,qu'ils
esperoient que leur peine leur seroit
remise. Le Roy qui ne fait
rien avec précipitation, les laissa
pallèr)& le soirs'Mant informé
de leurs crimes,déclara qu'illeur
saisoit grace, à l'exception de
quelques-uns,à condition neanmoinsqu'ils
serviroient six ans
dans ses Troupes.
Je
»
Je vous ay parle des nouveaux
Officiers des Mousquetaires en
vous parlant de la Reveuë de ce
Corps,mais jen'ay pas crû vous les
devoir nommer dans cet article,
pour ne pas interrompre le fil du
decail que j'avois à vous faire, de
tout cequi s'est passé au voyage du
Roy, à Chantilly.Au mois deMay
de l'annéederniere, Sa Majestéallant
à Namur, fit une augmentation
de deux Maréchaux des
logis dans chacune de ses Compagnies
de Mousquetaires. Ceux
delapremiere,furent Mrs de la
Roque & de Malleville, & les
Brigadiers quiprirent leur places,
Mrs le Chevalier Defclgfel éc
Dumas. Les Maréchaux des logis
de la seconde, furent Mrs de Combes
& Baron, & les Brigadiers
Mrs Doucette & Grandchamp.
Mrde Jauvelle eslans mort queldqeues
jours après,Mr le Marquis
Vins fut nommé pour remplir
ce poste, & Mr de Rigauville,
alors Cornette, fut fait Sous-
Lieutenant , & receu le 13. Juin
à la teste du detachement, commandépourattaquer
les Ennemis
dans des carrieres
,
où ils
estoient bien retranchez, & d'où
ils furent chassez. Au mois de
Fevrier dernier,SaMajesté déclara
qu'Elle vouloit doubler les Officiers
à haussecol
, & nomma Mr
d' Artagnan, alors Cornette, second
Sous-Lieutenant,Mr de
Jan(Ibu
,
alors Capitaine de Chevaux,
premier Enseigne,& Mr
de la Luzerne, alors Colonel
d'Infanterie
,
second Enseigne ,
Mrs d'Aigrebert& des Aubricrc4
alors Maréchaux des logis, Cornettes
de la premiere Compagnie,
&: pour la seconde Mr leMarquis
de Mirepoix
,
alors Enseigne d01
la premiere ,second Sous-Lieutenant
, Mr de Canillac, alors
Capitaine aux Gardes,premier
Enseigne,Mr dHauteforc, alors
Lieutenant de Grenadiers aÍJ8111ème
Régiment, second Enseigne,
Mrs de Curly Se de Galibcr11\1lréchaux
des logis, Cornettes ; &
le 5. de ce mois enallantà Chantilly,
passant à la teste de la premiere
Compagnie
,
Mrde Alau-J
pertuis fit recevoir ensa presence
Mrs d'Aigrebert 6v d5 Aubrieres
,
les autres estant absens. Mr
delaLuzerneaesté receu depir&>
à la revenu que le Royfit des
deux compagnies, le Jeudy avant
son retour, ou Sa Majesté donna
'des pen fions aux Maréchaux des
logis, qu'il avoit nouvellement
créez. Mrsde Paule& Crené fu-
Tenc aussi receus Maréchaux des
logis ) Mrs de Mauveziniere Se
de Lâge Brigadiers, Mrs dePanffier,
laChassetiere, Dormé&
So~is- Briga SOlls-Brigadiers: JDc-là venant à
la tesse de la seconde, Sa Majesté
receut Mr de Vins, qui fit recevoir
après Mr de Canillac, Mrs
deCurly & deGalibert ; ( Mr
aHaütefort estoit absent ) &
pour Maréchaux des logis, Mrs
de Reillac
,
Doucette & Grandchamp,
pour Brigadiers,Mrsde
Massé, Monthoion, Chalais Se
S. LLiîtuirreeiniss,, SSootuiss--IB3rriigcyadadieir.s-.,és ,Mrs
de Keringard ,
duVignault,
Beaux hostes, Montaran, Batrada
& Marbeuf, & comme Mrs de
Jauvelle, de Vins & deqFrier
avoient des Brevets de retenue,
sur leurs Charges, le Roy a voulu
pour les acquiter, & afin queles
Officiers du Corps puissent monter
sans argent quand leur tour
viendra, que les deux Enseignes
de ahaque Compagnie sussent
vendues, non pas ce qu'elles valeur
, mais chacune trenre-cinq
mille livres, pour faire la somme
de 140000. livres qu'il falloit
donner, sçavoir 40000. livres
aux héritiers de Mr de Jauvelle.
50000. livres à Mr de VinsYèc
autant à Mr de Barrière.
L'Enigme du moispassé a esté
expliquée sur la Cendre) qui estoit en le vray mot, par Mrs Gilles
David, dela rue S. Martin; FAbbéMagnau;
Alger& Larimon,
de laruede la vieille Monnove;
de Hautotelde Rouen, & la Belle
à l'Anagramme,Excite à l'amour;
le Berger Tircis à l'Anagramme,
Siecle d'amour;laMarquise à l'Anagramme
) pure Imagede vertu>
Diane de la Forest d'Alcleon; le
Chevalier invisible de la Bague de
Gigcsj la Nymphe aimantée;l'Absente
aux jours filezdefoye;le
Berger aux Chataignes ,l'aimable
Nocloiseà l'Anagramme, Levray
mérité Bourgeois; le bon Sujet;
leFidelle dela charmante Nymphe
des Bois de Lyon; le Blondin
Servillede la rue de Poitou, &
son inseparable Amy ChaReliai
la Garnison du Fort de Meulan,
le spirituel Robin de la rue de la
Coutellerie);l'Amy de la plus belle
Vestalede Brie; le gros Contrôleur
à l'Amoureux de Chatou; le
petit Jeusneur de Versailles ; le
pbeotuirtgCoq reveille-matin du Faux-
rituelAS.voAcanttoine; le joly & spide
la rue de la Tifferanderie;
l'aimable le Mire de
la rue des Arcis;l'Amoureux P.
à la Devise, ce n'ejïpu pecher d'aimerlà
Commere; les deuxVoisins
du Roy Henry; Chevillard; & le
Grifon de lamême rue; leSecretaire
desLettresamoureuses duPalais;
l'Amant de six ans, & son aimable
Etiennette de la Porte de
Paris; le DissimuléAmoureux de
la rue de la Pelleterie; l'Amateur
des sciences de la rue de la Lanterne;
le Satirique ridicule à contrecClnps
;le Poëte amoureux & sou
Indifferente, de la vieille rue dii
Temple, & Mesdemoiselles Jeanne-
Angelique; Trocquet, de la
vieille Place aux Veaux; Marianne
& Madelon, de la rue de là
vieille Monnoye; LouiseMarie
Inspectrice de la nouvelle Societé
du Jardin de Lyon, 6: ses Compagnes;
l'Esprit tardifde la nouvelle
Societé de Beauregard, rue
d'Enfer;Gaudiche d'Orléans, &
le petit-Pere en secret du même
lieu; la complaifanre Boupiou
de la rue S. Antoine ; les deux Inseparables
de la rue S. Hiacinte, &
leurAmy la Servitude;l'incomparableDanseuse
du Bal duPont an
Change;la Gottique 5c Les deux
Vestales de longueve
)
&'Ij
CompagniedesAssurances & rofses
Avantures, dela, mesmerue;
le spirituel André Bernon, dela
Rochelle; le Chevalier dFLefta*
&sonAmy Desbricé; la Société
nouvelle des Celestins, & Mr
Ronfelin de celle des Tailleurs;
Hutuged'Orleans;l'Empressé de
la nouvelle alliance; le grand
Bayard du Marais, & Julliot Assesseurdu
Comté de Benon.
Je n'ay rien à vous dire de l'Enigme
nouvelle que je vous en.;
voye ,
sinon qu'elle vient de fort
bon lieu.
ENIGME.
E
Ncôf qu deUfermeté
N&f/rejïgHie ¡,il le jjmbote ordinatre,
rat no/ue ujage on connoijt quAU
contraire,
Chacun de nous ncjl fait que pour
ejlre agite.
ilarrivesouvent,lors qu'a nous on
s'applique,
Jguc nous chagrinons biendesgens,
Sur tout ceux qui des yeuxsuivant
do nos mouvemen
Ne trouvent pas leur compteànofirt
Arithmétique. g
pour nous mieuxtourmenter les Barbares
Humains»
Non contens Remployer les efforts de
leurs mains,
Nous jettent dans le fondd'une pri.
son ojèllre,
Ou quand ils nousontbien bernez,,
Ils nous en fontsortir, &pourcom*
ble d'inifrt
Viennent effrontement nous regarder
aunez,.
yajouste à ces Vers les paroles
d'un Air n boire que vous chanterez
avec plaisir.
AIR NOUVEAU.
AH ! Bacchu r, pourquoy dans ces
lieux,
Nous rens-tutaliqueurifrare ?
Du plus agréable des Dieux,
Deviendras-tu le plus barban?
fais-nous sentir ta liberalité
En répandant ta faveur sur nos
Vignest
Et nous te promettons que nous nous
rendrons dirnts,
Divin Bacchuso, de ta honte,
- Le Roy a nommé Mr l'Abbé
de Polignac, Ambassadeur en Pologne.
Il a demeuré plusieurs années
à Rome, & s'est acquis beaucoup
de reputation dans cette
Cour, où l'on n'estime que le solide
merite. Cet Abbéest Fils de
Mr le Vicomte de PoJigjjac,
Commandeur des Ordres du Roy
& Gouverneur du Puy. Madame
de Polignac
,
sa Mere, est de la
Maison du Roure.Mr de Polignac,
son Frere,aépousé Mademoiselle
de ^amb^res.
L'Evesché de Chartres ayant
dix-huit cens Paroisses, le Roy
qui ne pense pas moins àla conduite
des ames de ses Sujets, qu'à
Jeur gloire, a cru devoir travailler
à 1erecHon d'un nouvel Evêché,
pour soulager Mr l'Evesque
de Chartress & pour cet effet, Sa
Majestéanommé Mr l'Abbé Berthier
Evesque de Blois. Il él£Nêveude
Mrl'Evesquede Montauban,
&Parent de Mr l'Evesque
de Rieux. Son grand Pere estoit
premier President au Parlement
de Thoulouse. Il a toutes les qualitez
requisespour avoir foin des
ames, & la vie exemplaire qu'on
luy voit mener en cft une preuve.
Le Roy a donnépour faire partie
de la fondation de l'Evesché de
Blois, l'Abbaye de S. Laumer,
& de Bourg-moyen de Blois. Sa
MajestéaaussidonnéàMrl'Abbé
de Luxembourg
,
l'Abbaye d'Orcamp,
vacante par la mort de Mr
l'Abbé d'Elbeuf, sur laquelle il &
misdeuxmilleécusde pension pour
Mr l'Abbé Merille qui luy a remis
celle de S. Laumer. Mr l'Abbé de
Polignac dont je viens- de vous
parler a eu l'Abbaye de Bonport,
que Mr l'Abbé Colbert, dernier
Fils de feu Mr Colbert, Ministre
Secretaire d'Etat, a remis entre
les mains de S. M. pour prendre
le partydes armes.
Mr l'Abbé de Noailles, Frere
du Duc de ce nom,&qui soutient
le caractere de pieté qui a toujours
brillé dans toute cette Maison
, a
esté nommé à l'Abbaye de Montier-
Ramey, qui étoit à Mr l'Abbé
de Luxembourg.Celle de Gimont
quela mort de MrPelissonalaissée
vacante,aestédonnéeàMrl'Abbé:
Roquette, Neveu de Mr l'Evesque
d'A utun ; celle des Religieuses*
de S. Julien d'Auxerre à Madame
de Chanlay
, Soeur de. Mr de
Chanlay,sidistingué parlesservices
qu'il rend au Roy & à l'Etat,&
celle d'Essey présd'Alençon àMadamed'Osmont-d'Aubry;Religieuse
dans cette mesme ma, ison.
Après avoir fait ses largesses
à la Robe, le Roy n'a pas o ublié
l'Epée, & a donné le Gouvernement
de Castillon en Gascogne ,
à Mr Polastron,Lieutenant-Colonel
du Regiment du Roy.
• Le Gouvernement de Mont-
Dauphin enDauphiné, à Mrde
Larré,Maréchal de Camp.
La Lieutenance de Rov de
Mont-Dauphin,à Mr d'Augery,
Major du Regiment du Roy.
Le Couvernementde Ham, à
Mr de la Mothe-Vatteville, Maréchal
de Camp. ---
Le Gouvernement de Dinan en
Bretagne, à Mr de la Bretonniere,
Lieutenant-colonel du Régiment
de Cavalerie deS. Simon.
Le Gouvernement de Briançon
enDauphiné, à Mr de S.SilvellreJ
Maréchal de Camp.
Le Gouvernement de Crest
,
à
Mr du MesniL
<
Le Regiment du Roy
,
à Mr de
Surville
,
Colonel de celuy de
Toulouze, Fils deMr le Marquis
deHautefort, & Gendre de Mr
le Maréchal de Humieres.
La Lieutenancc Colonelle du
Regiment du Roy, à Mr de Lignieres,
premier Capitaine de ce
Regiment.
Le Regiment de ToLiloLize, a
MrdeCadrieux, Lieutenant-colonel
du mesme Regiment.
Le Regiment de la Reine, à M^i
de Chamarantc
,
Colonel Je Cç-2
luy de Perigord. ::11.
Le Regiment de Perigord à Mr
de Chemeraut, Colonelde celuy
de Forests.
Le Regiment de Forests à Mr
deMontmorency
,
Capitaine dans
le Regiment du Rov.
Le RegimentRoyal d'Infanterie
a
esté acheté par Mr de
Calvo. Il ya dix mille livres d'ap.
pointement auxGouvernemens de
Briançon & deMontdauphin.
: Le18. decemois,Mr leMarquis
de Soudeille prêta le ferment de
fidélité pour la Charge de Lieutenant
de Roy du Bas Limosin.
Vous avez sçeu la maladie de
Mademoiselle d Orleans,Fille de
feu Monsieur le Duc d'Orleans,
& Cousine germaine du Roy.
Cette maladie a esté plus dangereuse
que longue, & il a salu
cinq prises d'Emetique, dont
la derniere a esté donnée sans
preparation, pour sauver cette
Princesse. Apres cela la vigueur
de son bon temperament ayant
paru, sa fantë a commencé à se
rccablir,6e la Cour & la Ville à en
témoigner sa joye. L'affluenceaété
grande au Palais de Luxembourg
pour sçavoir des nouvelles de la
santé de cette Princesse. Toute la
Cour, & tous les Princes y font
venus plusieurs fois, & le Roy luy a
fait l'honneur d" venir luy-même.
Monsieur & Madame y ont esté
tous les jours. Je vous envoye des
Vers qui ont esté faits sur cette maladie
par Mrl'Abbé G_t.oy
qu'il parle en Vers, ce qu'il dit
n'est pointune fiction.
TOy ,dans qui toute chose abonde,
Séjour des flui grands Rois da
monde,
Paris, agréable Cites
Il riefaut plus verser de IArmès.
Tu peuxfirlir dt tes alarmes,
Et reprendre ton caime &lA tranquilii/
é.
La Princcjfînejlplus enproye
A l'impitoyable douleur
Le Citlveut encor qu'on lavoyet
Ce qui callftitnojlre malheur
Efi le fuj et de nojlre jOJe.
Que cetteCourdans 14riflefe
frefentoit un fpecfacle affreux!
JJunenjangeoitsurJes cheveux
Le mal que souffroit la PrÙlcejfi.
Vautre plus belle que lejour,
Faite par les mains de CAmourt
Dun ongle quanimoit 14 r&ge*• --
Tourmieux exprimerson malheur»
Ense déchirant le viflge
Voulaitygravêrfa douleur»
Loin d'icy ces trisses images,
Le nuâge s'efl écarté>
Etdéformaisfoursafante
vous n'avons que d'heureux préfiges.
Chacun danspeu, Trincejfe, espere detevoir,
deteVoir,.
Alors ma voix mieux arrangée,
Sanssesentir du troubleoh ton mal
l'a plongée,
S'acquitera defin devoir.
Quoy que le temps de l'ouverture
de la Campagne approche,
il Yeroit malaisé de vous en parler
jufle pour des raisons bien oppofees.
On ne dit rien en France,
oùleles
Ennemis sont tà empressez quand
il s'agit de faire des menaces, qu'ils parlent toujours trop tost
pour estre crus. Tout ce que les
Allemansont ditdepuisun mois,
est réduit àrien, quoy qu'ilsayent
beaucoup parlé,& toutce que l'on
en peut conclure est qu'ils ne sont
pas peu embarassez. Ils n'écoutent
que leur passion, & prennent
trop tost des resolutions pour n'en
pas changer. Il y a deux mois
qu'ils devoient envoyer un gros
Corps de Troupes en Picmont-
Ensuite la resolution fut prise d'en
retirer au lieu d'yen envoyer. Ils
murène après cela que les Turcs.
turoient peu de forces en Honrie,
& menacerent de paroistre
ur le Haut & sur le Bas Rhin,
avec des Armées tres-nombreuses.
Ils changent de langagepresentement,
& doutent s'ilsen feront
revenir leurs vieilles Troupes.
Ils nous menacent par tout
du Prince de Bade, & aprés avoir
dit qu'il commanderoit sur le
Rhin,ils ont public qu'il iroit en
Piémont, & ils ne sçavent à present
où il commandera
,
à cause
que l'Electeur de Saxeneveutpas
luy obéïr. Après tout un homme
seul n'est pas capable d'intimider
la France, & nous avons peutestre
cent Officiers Generaux qui
ne luy cederoient pas. Il s'est rendu
considerable
, parce qu'il efl:
Soldat, & qu'il a remporté quelques
avantages sur les Turcs pendant
leur plus grande foiblesse. Il
craint tellement de manquer de
Troupes & de munitions,qu'il
refuse de venir, lors qu'il croit
qu'il doit luy manquer quelque
chose. Il n'est pas merveilleux de
se distinguer quand on a tout à
louhait.
Le temps me presse si fort, que
je vous diray fort peu de chose de
Mr le President de Nesmond dont
la mort a este fortprompte. Il
efiaitzele pourla Justice, &: écoutoit
les parties avec bonté. On a
apporte son corps aux Religieuses
de la Conception, & rien n'a
manqué au Convoy funebre pour
le rendre magnifique. Le Parlement
aesté en Corps luy jetter de
l'eau-beniste. Il estoit Frere de
Mr l'Evesque de Baveux. Mr de
Lamoignon
,
Avocat General,
monte en sa place.
Mr Robert, Grand Penitcncier
est mort dans le mesme-tems. Il
estoit Frere de Mr Robert, Procureur
du Roy & du celebre
Avocat qui porte le mesme nom.
Il avoit esté Archidiacre de Chartres
d'oùsonmérite lefit appeller,
pour estre Grand Penitencier à
Paris. Son Archidiaconé de Chartres
fut donné à un de ses Freres
auquel il a resigné sa maison de
Chanoine. Mr l'Archevesque a
donné sa Chanoinie à ce mesme
Frere. On peut dire de Mrs Robert,
qu'ils sont d'une Famille, ou
régnent l'érudition,la sagesse, la
probité & la pieté.
MrFreson, Conseiller de la GLire du Parlement
de Paris, & Mr Henin,Conseiller
dans le mesme Parlement,
sont
sont morts aussi depuis peu de
jours. Mr Citer, Doyen des Enquestes,
estmonté à la Grand-
Chambre, à la place de MrFreson.
Je vous en diray davantage
dans ma Lettre du mois prochain.
Au lieu de faire l'Eloge deMr
rAbbc Boileau, comme je m'y
estoispreparé,envousécrivantsa
mort le mois passé,j'ay la jove de
vous apprendre que cet iHuîtreAb- ) fè portefort bien. Si j'endifois
lavantage,jeblesserois sa modes-
:ie.Ilvit,&sesdoctesPredicasions
vousferont souvent son
Eloge.
Dans le moment que j'allois ferner
ma Lettre , j'ay sceu que le
Roy avoit fait septMaréchaux de
France, dont je vous envoye seulement
les noms sans ordre, 10
temps ne me permettant rien d^
vantage., Ce sont?
-
! TJ
MrleDucde Noailks.
)
Mr le Duc de Villeroy.
Mr leComte de Tourville.
Mr le Marquis de Bouflers. ,
MrdeCatinat.
Mr de Joyeuse.
Mr le Comte de Choiseul.
Je suis fâché, d'estre obligé de
vous dire, que depuis ce que je
vous ay marqué de l'eut de la
santé de Mademoiselle d'Orleans,
le Ciel ena disposéautrement.
Je suis,Madame
,
Vostre ireslj,
&c. i.
A Ftris se JI. MAYS 1693
jé tufmspointifrfrtsque le
Volume de l'Estat des Affaires de
Europe ait faItIAnlde bruitdans
uofre Prévu?ce ; en a tant écrit
ians toute fEuropefar les ÂffiftS" faujvurd'huy, qudn ne crJoll pAS
)owvciraprendre quelque chojc de
wwvtau jur cette matière. Cepen-
1d-ant on-a(JlIlé) étonnéayf) i-oirt1'i.r' .~
trieur de plufcms Cours, & sur
9ut de Cf/ÙS de Vienne ,&Àe Marid.
Le P#blit'»'arien appris de
lus curieux depuis le commence*
tentde la Guerre presente.Il peut
l-dfjjusf formeratJ plans peur
e qui peut arriver dans la fuite de
t Guérit0 touchant la PAix, & tj.
pjsrx aiséderàiJinni*$<tonnojff'anf icaraéforf de flufitutsStuvetins,
celçy de leurs MllIifirtl): (S*
irtint, lesinterefo qu'ilsprennent,
& les rsifons qui les obligent J les
embrajp.r.Enfin je ne Jçaurois
mcmpefcher de dire, que perfenne
na Id ce Livre sans en avoir te*
moignè de la fatisfafîion. Sic'ejqoitun
Ouvrage où l'invention eiéjh
contribué ,je nauroisgarded'en parler
de alIlfirtf, maisjepuis donner
quelques louanges a et qui nevient
que de CcxatHtude des richerches,
& desbonnes corpejpondances.
Page 31. ligne 11. lirez, Les Latint>
celeburent la Pasque le 2$, Mats* eleçÇrtcjle;j.d"Àvrii,
Sonnet. f
Calendrier perpetuel & invariable
>
tant pourl'année Civile que pour
Cannée Ecclefiajltque.it>
Article ires-curieux touchantles levées
d'argent faitesdans lesPays--
Bas. 14
Le Sermon. 54
LaBagttettç jvftifiét» ($*ses effetsledtétmroenctorenzc,
enrantaunretUls.divinttiw*p0a4t
la Bagmtte* 16a
llijlOtrte; I. $!!*- - -*-; ,0
pl' -
-"
lettrefatitt À tous Us EVtjiJNtJ. 24e
Pttail du dernier IrembUmem de
tort, 24s
Imagination galant*.267
Audiencedonnée aux vé/Jlttetd'Artois.
1S4
Vont de Bateaux lfotantsurlaRwiere
de Seine 287
Article de Morts. igi
Jldariage. 3CO
Vsyage du Rcy à ChtmïBy3&foutce
quisyejî$02>
Nouveaux (pciers des dtux Compagnies
des Meujquttaires. 313
Anicle des Enigmes. 317
Serment de Jdelité prêté entrt Us
mains du Roy* 329
HaUcUt de MadenmfeUg d*Orltanst
325
pîHtvettesd*Allemagne* 331
*darticledej&ortu 53^
Retour 4M monde de Mr fAbbéBêU
leau, 537
Ut<trcch*mx dt France nommex, par leRV- 338
b-,
Fin de la fable.
jivis pour placer les Figures,
La Medaillé doit regarder la
page loi.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères