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pm£iMksiJÈ%^
ciLt r.
A PARIS,
OÂLERIl!.-NE'iY.E. f/V/.y* ?.
oN donnera toûjours un Volumt
nouveau du Mercure Galant au
premier jour de chaque Mois. & en
le vendra Trente fols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin,
-A PARIS,
Chez G. DIt LUYNE)au Palais,dansU
Salle des Merciers, à la Jullice.
T.GIRARD>auPalais> dans la Grande
Salle, à l'Envie,.
Et MICHEL BRUNHT, Galcric-ncuic
du Palaist au Pauphin.
M. DC. XCIII.
JAVEC PRiriLEGE DV ROY.
AVIS. QZJelques prieres quon aitfaites
jttfqu'àpresent de bien é-crireLesnwts de t~ePrm~mite' empf/loï yef~z,
dans les Mémoires quonenwyepovr
ce Mercure , on nela:jf l'tU d' manquerïcîtj'Oiirs.
Celacjtcaufcquilya.
deiettëpsentcn'psq;aLuies-uns de
cesMemoitescLwt onnefpeutfervireOn
teiterela mifaepriçr-e de
bien écrire ces noms,enforte qu'on
ne sy piïiffe tromper. On ne pn?.-d
aucunargentpour les Mémoires
,
&
l'onemployera tms les bons Ouvrages
à leur tour, pourveu qu'ils ne
desobligentperfinne
,
6" qu'il ny
ait rien de lïcentieux. Oi; prieseulement
ceux qui ksenvoyeut, &sur
AVIS.
tout ceux qui riécrivent que pour
faire employer leurs noms dansl'article
des Enigmes, <£affranchir leurs
Lettres deport,s'ils veulent qu'on
fatfe ce qu'ils demandent. C'eflsott
peu dechofepourchaqueparticulier,
& le tout ensembleefibeauco-up pour
un Libraire.
Le sieur Brunet qui débité présentement
le Mercure , a rétably les
ebofes de maniéré qllil efltoujours
imprimé au commencement de chaque
mois. Il avertit qu'à t'égard des
EnvotJ qui se font à la Campagne
il fera partir les paquets !de ceux
qui le chargeront de les envoyer avant
: que son commence a vendre icy le
Mercure. Comme ces paquets feront
flufieutsjturs en chemin,Parüne
laifltra'pasSavoir le Mercure longtemps
avant quilfoit arrivédans
AVI S.
les Villes éloignées, mais lIuffi les
Villes ne le recevront pIVi Ji tara
qiielles fai/oientauparavant. Ceux
quise le font envoyerpar leurs Jmts
sans en charger ledit Brunet) scxpofnt
u le recevoir toujoursfort tard
par deux raisons.Lapremière ,parce
que ccsAmis n'ont pas foin de le
venirprendre si-toflqui'l efi imprizné,
outre quit leferatoujours quelques
jours avant quon enfajfe le
débit i & l'autre, que ne [envoyant
fjllaprés quils l'ont leu,CI:x &
quelques autres à quiils le prljitnt,
ils rejettent la faute du retardement
furie Libraire
, en disant que la
vente n'en a commencé que fort
avant dans le mois. en évittra ce
Retardement par la voye dudit Sieur
Brunet, puisquil se chargede faire
les paquets luy-mesme & de les faire
A V 1 S.
porter à la poste ou aux Messager
sans nul inttlll, tantpourles Par
tïculiers que pour les Libraires de
Province, qui luy auront donnéleur
adrrJ/è. Iffera la mesmechose gentrdfClJJcntde
tous les Livres nouveaux
qu'on luy demandera,foit quil les
ddeébbitiete,ouquilsappartiennent à
, oti q'u'-«I~ .1 it
d'autresLibraires
, Jàns en prendre
pour cela davantage que le prixfixe
par lesLibraires qui les i'endront..
Jïuandilse rencontrera qu'on demandera
ces Livres à lafin du mois
il les joindra au Mercure , afin de
n'enfaire quun'mesme paqteet. Tacelafera
executé avec uneexdctitu~
de dont on aura tout lia* d'efire
content.
M-1i~ ~~IMr.~( r~ae-Jr.- i"i3\ni:&i.' #ta - - "1 3
It~,C-E1
1 -
r_1YÙII0
~'t)- -Pli
FEVRIER 1693. fwt
OULEZ-VOUS, Madame)
voir un Eloge
du Roy»qui
convienne parfaitement a cc
Grand Monarque ? Vous le
trouverez dans le Madrigal
que vous aillezlire.Ccft un
Ouvrage d'une petite étenduë,
mais il dit beaucoup en
peu de mots,& ilne faut pas
un grand nombre de paroles
pour faire entrer vivement
dans tout ce qu'on peut penfer
desmcrveilleufes qualitez
d'un Prince qui clt né pour
estre l'admiration de toute la
terre.
LOF1S efifage & gentfeux.
En ses dejfàns il est heureux
Ases Amis il ejlfdette.
Les Souverains de (a gloire jaloux,
Foudroient le prendre pourmodelie,
S'ilalloit moïrjssouvent aux coups.
Il se trouvera tant d'occasions
de revenir sur cette matière
avant que je finisse maLettre)
que je la quitte maintenant,
pour vous apprendre ce qui
s'est paffé à Tours au voyage
qu'y a fait Mr 1 Evcfque d'Angers,
Ce Prc lat
,
qui comme
- vous fçmz,est le Filsaîné
de M1 lePelletier, Miniftrc
d'Etat, y vint le Lundy 5. du
mois dernier, à deffcin de
visiter le Tombeau de Saine
Manin, & de se faire recevoir
en qualité d'Evêquc
d'A ngers en la fameuse Egliic
où repôsent les cendres de ce
saintPonttfr. MsduChapitre
quienavoicntcllé avertis^
envoyèrent au devant de Iuy
Mr labbé le Loyec, Chanoine
&ancien Ch antre de
çcttc Eglise> pour le conrvier
do prendre le logement
qu'ils luyavoient faIt préparer
chez M' l'Abbé Collin
,
aussi Chanoine & Prévoit de
Valicrcs dans la mcfme Eglise,
tantpour luy, que pour Mr
l'Abbé.dcJL.Aubin# (on Frerc>
Mrl'Abbé de Flamanville,
& tOijte sa fuite. Mrd'Angers
çftantarrivé à Tours, fut
complimenté par Mrl'Abbé
Saicher, aussi Chanoine &
Dig'-ni.-ié) avec fcpc Djgnitez,
f Prcvofts Ôc Chanoines députez
du Chapitre, & régalé
magnifiquement le foir aux
dépensjjdu même Chapitre. Le
lendemain, Feftc des Rois»
sur les [cpt heures du matin,,
Mr l'Abbé le Loyer
,
& les
autres Commiflaircs du Chapitre)
le conduisirent à TEglise,
oùMis du Chapitre,&
leur Clergé, qui cft fort nombreux
i lereceurentà la porte,
&dçu;après luyavoir prefencc
l'epu benite, & enfuitc
de la vraye Croix à baifcr, ilf,
kmppcrcntau grand Autel.
en chantant un Ripons da
Saint Martin ,àla fin duquel
Mr l'Ev-Aequedd'AAnnggeerrss aayyaannitr
chanté le Verset & i'Oraifori
du mesme Sajnt, donna la
benediction solemnelle au
Peuple
,
félonce qui se pratique
à la reception des Evéques
qui font Chanoines honorairesde
cette Eglise. Cela
estant fait) ce Prelat-fut conduit
folemncllemcnt par tour
, le Ciergéau lieu où se tiené
le Chapitre, &oùMrl'Abbé
Guedier, Chanoine & Sous-
Doyen, luyayant> en l'abfencc
du Doyen, prcfcnté
un ancien Lwecouvert de
velours rouge,eu font contenus
les Statuts de cette Eglifc,
avec le saint Evangile,
& le ferment des Evclqucs
Chanoines de Saint Martin
de Tours, M' d'Angers prêta
ceferment à haute voix) en
Latin. En voicy les termes
mis en noftrc Langue.
NOVSJ Michel le Peletier)
EfatfqueaAngers> jurons
& promettons que nous ferons
fidetles a cette Eglise du Bien.
heureux Saint Martin de Tours,
& principalement sur les chofis
qui luy appartiennent dans
Moflre Dioçese, 0* que nous
donnerons Yvette Eglise & au
CIJapitn: le conseil que nous
croirons le meilleur»toutes les
fois que nous en ferons requis>
<*Tque nous ne révélerons en
ancune manière les délibérations
du Chlitpitre, en forte - qu'il
en puiffi arriver quelquedommage
ouconfufon àtEglise
mesme, ou au Chapitrt. Ainsi:
7Jieunousaide, Cf ses faintes
paroles.
Apres avoir prété ce fenmenc
J
il remercia M" du
? Chapitre de-l'honneur qu'ils
luy faifoienr,les affuranr qu'il
le regardons comme un des
-.
plus nobles avantages de l'Evêché
d'Angers> parce qu'il
luydonnoiclica d'cfpererunc
protection particulière de
S. Martin, & le droit de demander
l'amitié d'une Compagnie
qui tient un si hauf
rang dans l'Eglise,&ayant
prononce les élogesd'homme
comparable aux Apôtrts) & de
frémier des Confejjeurs qu'on ait
honoré publiquement. dans
l'Eglise, quel'antiquitéa donnez
à S.Martin, il ajoûta qu'il
cfperoït qu'avec le fecoilrs de
leursprières qu'illeur derçian-
•
doit dansrctprit d'uneycritable
fraternicé,il obtiendroit
de ce grand Evêque,leur Perc
commun, dont ils conter
voient les cend res & le Tom
- beau dans leur E,:Ylifc
,
& rcC,
prit dans leurs o i moeurs, toute 1-affittance donc il avoit bc.
foin pour gouverner un Diocefcqui
avoitautrefoisreflinty
tanc d'ciFers du grand zele
de ce même Pontife. Puis il
quitta leCamail d'Evêque,&
s'eûant revestu des habits de
Chanoine, il fut conduit au
Choeur»oùMrle Sous- Doyen,
crij"abcence du Chantre, Tinftaua
dans la premierc place
du1 cfcfté droit- prés le grand
Autel. Il celebra cnfuitc la
MtÍfe au grand Autel, pendantlaquelle
on chanta un
excellent Mctct) de la cornpofinon
de M1Thierry, Majstre
de Mifique;après quoy,
M' d' A ngersrevintà là placeduChoeur,&
entendît la
Mcflc foiemneHc du jour des
Rois, dont il admira lesccre-
-monicsmajestueuses, & propres
a cette gr nde & ancienne
Eghfc, Os la commença auTombeau de Saint Martin
derrière le g»an.i Autel, en
M le Sous Dmn,quiestoit
*de fcmaineàl'Autel? pour 1er
Doyen,ne vint de ce Tombeau
que pour l'lntroitt
, accompagné
de vingtOfficiers
qui lavoient précçdé dans
toute la marche) qui clt longue,
puis qu'on fait le tour
du Choeur, & qu'ycftant ejitré,
on paflç à coftégauche
du grand Autel pourallcr' aiu
Tombeau de Saint Martinr
d'où on vicnt ensuite par le
collé droit au grand Autel.Après
la Mv(Tc,Mrd'Angersfut
reconduit comme auparavant
à son logis, .& y ayant dîné"
& toute sa compagnie> ay.ee
M1dc Miromcnil, Intendants
de la, Généralitéde Tours, &
un grand nombre de Mrsdu
Chapitre, qui avoient cfté
avec M! l'Intendantausouper
du foirpréccdcnt, il partir
pour Angers, cù il fut rcccu
aux acclamations publiques
de tout Ton Diocese.
Les Eveques d' Angers ont
coutume de venir ainsiprendre
poicflion de leurC nicatde S. Martin de TQUÎS.
LLeePPècrreeTThumaflinparledans
sa Dfcipline Ecclcfiafiiqqc'
des Charonés hororaires de
cette noble Egliie. Parmy IcsEvêques
qui le font
> on compte
les Archevêquesde Bourges
& de Stns, les Evêques
d'A ngers, de Poiriers, & de JLiege;& depuis le mois
Ïl d'Aoustjdpi. par les foins de
M'l'AbbédeGalliczcn,Chanoine
& Charirrc de cette Eglise,
ceux de Qucbec en Canada.
Outre ces Chanoines
honoraucsEcclesiastiques, ri
y en a plusieurs Laïques, dont
le Roy, comme Abbé fccn-
,; lier de cette Eglifc, en le premier,
les Ducs deBourgogee
& d'Anjou le font aussi
; les
Comtes de Fa'ajadre,dcDunois,
- V. -. ,'" .-.-
deDouglas en Eeolfc, & les
Ducs de Vendôme & de N"cvers
Mrle Duc MazarinTell
comme SeigncufiâcPartenay^*
& M1 le Maréchal de Hamieres
TeHoircommeBaron de
îi'cliilly. Ccft ainsi que les
Grands dans l'ordre Ecclefiastique
& Seculier fc l'ontxmprc(
T:z à rechercher une place
dans un Corps quieftoit consacré
à honorer la mémoire
d'un grand Evêque, quiest
un des Apostres& le Pauon
de cc florilTant Royaume.
Ce fera sans doute vous faire
plaHir. que de vous envoyer
la copie d'un Traité que le
Sçavant Mr de Comiers a fait
sur les Trcmblcmcnrdecerre>
au (ujet decelui qui fcfie fciuir
icy au mois de Septembre dernierVousle
trouverezrempli
de chofcstrèscuricufcs, qui
font connoistre par l'exemple
v de l'Auteur,quicil malheurcu.
sement devenu aveugle,qu'il
ya des gens en qui les lumières
de Icfpnt ne font point
fujectes à s'éteiodre.
r ? t ? ",) .t. ttà 1AA
-- --
SUR
LES T.R-EM.BL.EM'-EN"S. DE TERRE.
- - ."- ..- Au R. Pcie de la CHAIFC>2^
Contefleur DÎTKOY. cOmme vofire Revciemt
me fit l'honneur de me demander
au commencement du
mois de Décembre dernier À
,quoy je memployereis pendant
le refit de l'année»qvef^ppelie
f'annee generale des Terre- mm*
bles
J
ray cru
, mon Reverend
Pere
» vous en devoir rendn
compte & d'autant que Ouum
fine litteris cft fcpultura hominis
viventis
>
pourn*stre pas
enpvely dans linaSlion3 femprunte
lamain d'un Scribe, pour
vous dire que la"veuë nejiant
fas necejjaire pour raijonner de la
cause ,des?jf?ti, (y des presages
desTrembkrnens de terre, je
puist quoy qu'aveugle, lessentin
& dire ce gu,, sen pense.
1
Il ep facile dejxire un Vol$fime
entier de l'btjfoire des 7remblemens
de terre qui fontarri-
VCK;
DCZ.* Les Philosôphes gr Hifioriens
grecs en ont écrit. Ammun
Marcellin, Secrétaire de Juhtn
l'Apoflat, en a fait une fçavantc
Dftfcrtdtion. Le Poète Phi/cfaphe
LucrecedanshjixumcLi-
Dre dererum naturaJcomprend
en 74 Vers.ce qui concerne le
Tremblement de terre. Plineen
parle plus amplc,,ment dans [on
fécond L'ivre, d7 Senfque dons
fis quejhons naturelle>,Liv.Jixiémeûit
àson Arny Luctlle^qu'ilen
éLvoit composé un Volume dans
sa jeunesse.Ilefl difficile de preaire
les Tremblement de terre,
- & imfyofjib^e de se garantit
des horribles (gf jùnefles malheurs
qui les AccompAgnent;(t)
tomme dit Seneque,vous ne trouverez
jamais un plusgrand nomire
de Devins & de Prophètes
que quand la crainte entremêlée
de fuperllition
>
s*e(lemparée des
ejpJ ri1ts. Ncc ulquami plura
excmpla Vaticinancium invcnics,
quamubi formido mentes
Rcligionc mixta perçue
sir. --
Si les Tayens ont eftefaifts it
tant de cramte &atfraycur par j
les (uptrflttÎeufi, menaces de leursj
Devins
* nous devons a plus forteraisonapprehender
lei menacesj i
dtt Sauveur de nos ames,qui pour
marqttcr la fin du monde a dit
en S. Jttmhieu Ch. z+Ql"on
verra s'clcver Pcuplc contrc
Pcuplc
,
Royaumc concrc
Royaumc
,
& qu'il y aura des
pcllcs
)
des famines &, des
Trcmblcmens de terrc en divers
licux. ce qui estArrivele ip.
du mois deSeptembre de l'année
dernÚreJ
La Pbyftjuc nous apprend
que la pejle procedc des exbalaifons
vemmtujes s 1Ul sortant des;
entraiHes de fA tetre par les Tremblcmcm
, se m'flrnt dans I*air
que nous tefpirons: C'est a quoy
Sencque dttribue Umortfeudal*
ne d'unT'ouptau de six cens hrebis
quiftit ctoujfe lors dtun Trcm*
hlement de urte, arrive dans
un mois de Fevrier
, qui dbifm4
Idfamcufe VIlle de Pompeie ,&
renverfx la moiti; d'H^radee»
fous le ConfuUt deRrgulus
de Virgtnius.
Comme on ne peut emttr ny
frevoir les Tremblemens de trrrt,
tout le monde estjujlement effrayi
dans I'attentc dcs choses qui les
doiventsuivre, On ne voit de
tout cOflt'{ que des maux tque
des dangers, quedes sujets {fhor..
rent gjf de crAinte; car enfin
9,,"tft ce qui ptutfemblrr ajjrwe,
strllelmtlout le monde trembles
Siles parties lef p!u<fortes @J les
plus fohdes font ebranlees
,
où
pourra-t-on aller pour serrtettre
en seurete? Quelle retraite &
quelle ajjijlance ttowverons-nous, stDieu nousmenace>filemonde
entier nous donne par tout dei
marques de sa chute, & st ce
qui nous soutient, st) sur jpoy
les faillesfont bajiies
, commence
À s'entr'ouvrir (;)' a chancelt,?
riy a point de lieu où Ia,
crainte puiffi prendre LA fuite.
Le perilefl par tout egal3puis
que la menace du Sauveur efl
generate.Cbacun craint,commc
dit Lucrece,
Ne pcdibus raptitn Tcllus
fubftra&aicratur
In Barathrum,
de tomber vivant dans les En*
firsJainß queCoreyDatan
> &
Abiron qui furrnt abimrx dans
tin goiiffre horrible, que la tcrrc
en tremblant ouvrit tout a coup
Jottsleurspt'eds. Voule^mous
estre exempts des jrayeurs des
epouvantables Tremblemens de
terre ,
qui entrainent avec eux
tant de funefles malheurs f FaU
tes peu , d'etat de cette vie mQrtelle;
foye% bien avccDteu
>
rN.
ytte'woftreamefoit toujours presle
a parti,pour paroiflre devant (on
dernierJuge; danscette fituation>
& si fraûus illabitur orbis
impavidum fcrient ruipæ,
ejperant de puffer dans un Itttt
plur heureux& plus asseure.
J'enfirmt cette Differtation en
trois Articles. Dans le premier
je diraytoutes les differences des
Tremblemens de U terre. Dans
leJecond je rapporterayI'Hiftoire
de cjuelcjues uns des plus épou-
*vantables
>
rØ enfin dans Ie troi-
Jteme & dernier Article je donneray
en Pbilojophe les 'veritables
causesdes Tremblemens de
I faut premierement etablir
que dans la ttrre il y a prefqut
pir tout d" grandes cavite%, fÙ'
mifmt de pint<vafies fous lei
Adjntagnes ,.(!/ de tongues casernes
ou conduits jouterrains>
ce que Senecjue hv.3.Quest.nat*
-Ch.
1 6. enfigne. Tout ce quenous
Doyons au dessus de la terresfc
trouve de mrfme au dessous.Ily
a de grandes cavernes, ily a des
concaviteX^.t ilyAde Urgeseffaces
(jttisetendenl entre dts montagnes.
11yd des goujfres qui
ont quelquejvisengloutydeiVil-
Its entieres> quorum pcricrc
ruirae, & en ont cAché les ruiTics
damleur profondeur. Tout
ces espaces font rem^iis d*air,
d'eau, tJU de feu.lly a aujji des
Eflangs qui font cowverts de tenches
,
(jfy qui ocwuprnt beaucoup
de place.J'ay tumcfme
dans le Nivcrnois anjec tlOnnrmrnl
Ics tongues casernesdc Cba*
tenaj/9cjucn appelle aufjiles Grotcs
d'^Arcy^parcc que la Riviere,
a cjuelques pas dc ces Grotesioyant
traverse la Montagne,fort de
terre dans ce Bourg. tfAu contrairc>
les cavcrnes souterraines
womijfent les eaux de la Fontaine
de Vocluf? à quelques lieues
-
dtCarpentras.Je les ay c$nfide->
rér-s avec admiration, aujji-hien
que dansie Dauphin;) la (outce
des njents> quisortant des ca-
*verne$ pres de la Vtlle de Nionsy
souflent juftiptts a OrAnge) le
long de la riviere d'Aiguey trtsdangereuse
par ses fables mouwans
entre S. Maurice du Dauphine,
ã: ViUe-Dieu du Comtat.
Le Tigre, #;? des plusrapides
Flewves >ye peri au pied du
tSHont-Caucafc> Ø tflantfo'ty
de ['autre cofte, ilse perd encore
bien-toftapres Jltt rencontre d'au*
tres montagnes, EnfinAy.nl pArtl
rff I'autre cofllJ il mesle ses eaux
dans l%Euphrate pres de BabyUnc.
La Riviere AlphEt s'abime
en terrc dans I*Achate, &ayant
paftcpar der canaux souterrains
par dessous la Mer> qjicnt fòrtir
en Sicilepres de Sirdcufe
s
où il
-
firmt la grande fontaine Appellee
Aretbufe
> ce que les Grecs
ont demontre par l'fxperienct;
car ayant jette dans Ie goujfre
d*Alphee les immondices des animAUX
quonfacrifioitchaque qua*
trieme annee pendant cinq jours.,
depuis le on^iemejuf<juau quin*
':{itmt de la Lune du Solflice
d*Efle
,
dans lequeltemps ils celebroient
les Jeux Olympiques,
-
ces mefmct immondices sortoient
par la grande fontaine de Sira*
sust. De mesme la Rivtert Guadalquivir
1
autrefois jinas en Ef
pagne , (e perd prcs de Medeltne,
& ressort à aix liruër de lay ce
qui a donne lieu de dire, queit
Espagne il y a un Pont, sur lequel
font de tres-grandes prai*
ti-es &d7e grandjescampagncs.
En Elbiopie, le fletiveNiger
eslans arrcjle par les montagnes
de la Nubie,s'abîme, 0- ayant
passe fousces montagnes>ressort
du cofté de /'Occident.
Les Mers mcfme se communiljuent
leurs eaux par des canaux
fòuttrrains; (jT pour le protwcr*
il fufFt de dire qur la Me, Caf
pie* ou Mzr ClauseIrrçoit la
eaux de plufì:'urJ grands Flcul/
fj sansaurmentertnyrien laiffer
couler sur terre, farce que
cette Mer, qui ejl plzu hauet que
la Mer du Pont Euxin ,sy défbarge
par un goujfre qui tngloutit
leyVa'ffeaux>lesquelsensuite
ressortent dans la Mer du Pont~
Euxin; & lor* que le vent J.'Orient
foajle sur la Mr Clause,
I'f.AU en fort AVfC plui deviolen-
,ce & plus de bowllonnement au
Tont Euxin; &l'ean de la Mer
duSsinPe>jicjueetani powlors plus
-
batife que celle de IAMer Cafpit)
clle labisme
, &y coille par un
gouffrc qui essa deux journees de
B^ljara ; r!Jr au contraire ; lors
que les Dents dtOccidtnt font
forts, Feau de la Mer du Pont-
Euxin ejl poußér dans la Mer
Cafpir, dou elie defttna dans le
Setn Perfque, rendant ses eaux -
far le mrfme goujfre. La Mtr,.
tsWorte ,qui revolt lejouriain
3 est aussi clause, & se decharge
auecson 'Birumr par descanaux
fouterraim afJlxante-Jtux lieuifs
loin de la dam le Sein Arabiquei
ou Mer Rouge> du cossi di tArabie
deserte
>
pres du lieu appelti
Elcor. La iediterranee Je at.
chargedans la rouge,-ce
qui se demontre par un fait admirable
cjUAbnlhafenrapports
dans fin Livre du merveilles
d'Egiptt.
LrlJaf14 dcSue%>Jiwe sur I'angle
dc la tsH'r-rougc, ayant prii
dans lesfilets ungrand T)auphtn,
surpris de sa beaute le fit jetter
dans la *5Mer,apres luy avoir
fait attacker une lame de cmvrt
avec ces mots grave^ enLanpuc
jfrabc, Amcd Abdalla
J
ILfla
Suez t'a donné lavieaveecc
present. l'donêc 72.0. de tHcgirc;)
ce cpi efi en I'annie de
jftff4s-Cbriftijj.z,£emesme Danphin*
quclcjites moisapres,fut reprit
dans La Mediterranée pres
de Ðttmirtte.
Taflonsmaintendnt des vsjles
Regions fouterrames> dont plustUTSfont
babitees. Solin) plInt,
Julian> & en dernier lieu qaf
farel tn ont tcrit. Dans /'ljle de
A4alih?tnon loinde I'agreable lieu
nomme Busc hetto>ejl une Colline
,
dans les cn^ite^ de laquellt
habite tine semeusePeuplade,
Les hommesfont de grande taille
, & let femmes ajf}% be//(s.
jh n'ont du jour que par de petitesRentesdes
Rocbers. Ce lieu
est appellé Gaar Kcbir
,
,'efta
dire> lagrande Caverne. DAns
le Territoire de Viterbe en Tofcane
, est un grandJZourg fouterrain,
apptllé Meonio,au JffJUS
duquel font des prairiesydejquelles
on noit avec etonnement firtir
la fumee de leurs cuijìnes.
Mais tout cela nest rien en comparaison
des Regionssouterraines
que le Pere Martin A£artmifts^
dansJonAtlas Chinique
,
dit estre
au milieu. dti Royaume de JA
Chine
J
jòus laylus ejearpee & lapluswafteMontagne du monde.
Elle est percee
,
dit-il, de
part en part en plufteursendroits
par de wandes cavernes qui {ervent
de chemins pour alltr dune
Prøvinct a i'Autrt. 11 y a des
Lacs> des Rivieres rØ des poiffins,
des herbage*
> &des anim
maux de plusieurs especes
>
qui
jouissent £tinjourfortfombre qui
descend par des crevajju de U
Montttgne. Il ajoute, qui!faudroit
six mots entiers pour parcourir
& decrire toutes ces Ca-Z
vernes.
Disonsmaintenant quelque
-
choft des feuxsouterrains. Je ne
rapporteray pasicy les horribles
embraftmens du Mont Vefuve>
du Mont Ethna de quelques
autres qui vomijjent d'borribles
Rivieres desen de foujfre @J de
hitumc allume. Le Livre des
jimbajfades memorables de la
Compagnie des Indes Orientates
des Provinces Vnies
, vers les
Empereurs dujapon> nous apprend
>
quily a des Montagnes
qui lomijjentdesfeux & des
flames,& d'autres qui font couler
des ruijpaux de souffre alltime.
Mats je n'oublieray pas une
desJept merveilles duDauluíné,
qui eflla. Fontaine brulante pres
de Grenoble) de laquelle S. Augttfltna
fait mention,
l'ay lu autrefois dans un cl;s
Journaux d*Allemaqnc
,
qu'en
iannee16$6. on decowvrit à unt
lieue de Sibinic unefontaine dont
ittAU estfort trouble (!) noiratre>
()rt bouillonne a huit ou dix pouces
de hAuttUr. Cette eau est toujours
froide (y nefort jamais de
fonbajftn. Ce futen1671. quon
reconnut quelles%enftamoit> le
feu JY estant mis par bayard>il
continua pendant plujieurs ftmaincs.
EUr: s*enflame encorc
comme de ['tau de 'Uie
>
Jt ['on
presenteau.dessus de Veau une
cbandelle .llumée) &sa flame
continue pendant plujicurs jeurs
a la hauteur de trois pieds.
Jt: ne parleray pas icy non
plus des bainsd'eau chaude>
dont le principalestctluy de
Bourbon-Lapcy. 1'rn ay donne
dans Ie Mercure dumois de Indict
1681.U description^ cellc de
ses effetsyluy estant redevablepar
deux fois de Uguerifon du resse
dt's maux que je sentois par le
poisoncjhonm'avoit donne en
1666.de U façon de I'Homme
c.Apostat
,
premiert^Artifte da
fameux SceUrat Sainte Qroix
CT de sa Cabale
,
dont les
, perfections c& les menaces de
Uurs Amis & Protettcursnont
cesse que par la crainte du quatrieme
article de iEdit du Roy Jónné a Versailles , au mois de
faille:, & vcrifie en Parlemeni
le 31. d'jiouft1681.
La Sainte Ecriture quinefail
AHcune mention des Eclipsis,
parle par tout des Tremblemens
de terrt. Nous lisons dans les
iVombres Cb. 16. qu'au commandtment
de isUoyfe la terre
sowvritfous les pieds de Core,
de Datan &d"Abiron, qui defcendhent
tout divans dans les
Enfers. Job dtt au Ch. 9. que
Dicu transporte les Montagnes
& qu'il saic trembler la
terre ) en ébranlant les Co-
Jomnes qui la (buiiennenc*
(j;) Dwid dans le 4f. Pseaume
tnfcignc lA mesmechose, a la
voix du Seigneur la tcrrc s'cft
cmue. Le'TropheteAmos nous
apprend ,anteduos annos tcrix
motus,queduregne d'Ossas
efloit Arrive un horribleTremblement
de terre, ce que le Proj
pbttt Zacharie confirmeauchap*
I 14. ou apres avoir predit que la
Montagne des Olivesse findroit
j en deux> il ajoutes & vous fuU
1 rez de mesme que vous fites
: lors du Trcrnblement de ter- ,
» rc ,
qui arriva fous Ie regnc dOssas,Roy de Juda.
VEvangile nous apprend,
I quaUmortdu Sauveur laTerre
trembla, &que les deux Marries
allant auSepulchre,il fc
fit un grand Trcmblcmcnt
de tcrré, & dans les dttesdes
Apoflres au Ch. lÔ. Paul & Silas
cftant en pricrc, il fc fit touc -
d'un coup un si grand Trcmblcmcnc
de ccrre, quelcs fondemens
de la Prifoncnfurcnt
ébranlcz
, toutcs les portcs
s'ouvrircnt & les liens de tous
les Prilonnicrs furcnt rorapus.
Le plus grand & le plus hor.
rible
-
Trtmblement de tetYe y
est
ccluy qui Jepara tAmtrique de
l'E:Jyope & de ['Afrique. Voicy. j
ce (juc
ieque nous en apprenons. Ity a
.4 present.11-93. ans qae lesPresires
d'Egypte dijoient àSa/on d'Athenes
) ce que Platon rapportc
dans le Dialogue qu'il a intitule
Timee ; que par la anciennes
Traditions .ils avoient appris
quautrefois aupres de Gibraltar
ou Colonnes d'Hercule>ilyavoit
: une Iflcappellee Atlantidcj qui
efioit plus grande que I'Europc
1'jiff-Siqueenfembte
, £7*que
par un horrible Tremblement de
terre , CJT paY un Deluge de
*vingt-quatre jours
>
elle abimx
&jutcouvcrte. de la Mer. Et
en itannée 1497. Americ Fefpuce
JZlorentin en ayant decouvert It
reftsj luy donna It Horn J'Amerique.
atdeJemkUbles Tremllemens
de terre, la Sicile jut
separée de la Calabre
3
/-Ijle de
Chjipre de la Syriey & Ceilan
& lesMaldives dttContmint
deslndes.
Ily a io&6. ans quAriftote
ejlant encore fort jeune J
ebferiht
que la Comete qui parut au fyuchant
Ecjuinoxial
,
jut d'abord ì
comme il dit, Metaph. Liv. 5.
juivie d'horriblesTremblemens
de terre qui ruinerent I'Achate,
(;;' de debordemens qui fubrnergerent
dans le fein de Corinihe
icsrilles B*urin&J-Jdice3cjua*-
rum in alto vcfligia apparent.
comme dit Plme. Ovide en
fail
Aussi mention dansle JJ. Liv,dt
ses %$deum. ,
Siqua:ra<;Hcliccn&Buriru
Achaidasurbes»
InvcnicsTub acjuis3&adhuc
oftcridcie Naucæ
Inclinata folcnc cum rrcc*
-
nibusoppidamerfis.
Ld dtrnurc annee de l%Oylmpic
de z/o.plujteurs Bastimens dans Tjr & Stdon ,furent rcnverft^
pAr un horrible TrfmblemerJtJ
.& dccablerentJQUS letirs ruincs
une infinite de personnes
, r'7*
dans la troijieme annee de I'Q*
lympiade181. Rome jutebramee
pendant trois jours & trois nuits
consecutives» (7 Dirrachium
renverse) dufF-bien que plusieurs
Villes de la Cdmpanie. Pline dirJ
que Ion de lembrafement du
Mont Vesuve qui arriva de fin
temps, la terreJutjihorriblement
ebranlee,qu'on crut que tout iioit
I
fins dejjus dejjous. En la y.xnnee
du regne de Qopronime un horrible
Tremblement de terre rutna 14
Syrir. Un des plus grands Tftmblemens
de terrtf, jut celuy qui
arriva a Constantinople du temp$
de Haja^et II. 11 commensal.
Tentree de sa nuit,comme dit
Chalcondiledanssonu.Liv. de :'Hij?oíre des Turcs, Iesixiéme
du mots de ZuinMo. Ce Tremblement
dúra quaranttjours )
ptndant
/e(quels il ne se plfÀ pM
d'heure >Joitde jour,fòit de nuit,
Jans que I1onenrcjjentift de tresjgrandessecousses;
(y pour rétablir
da failley Baja^ety (mploya
iquatre-vingtmille Ouvriers.
Gregoire de Tours aitt quen
itannee ffo. une Montllgnr) apres
ravoirfaitdcgrands mugijjemenst
(è renversa dans le Khojne
s au
ibord duquel est bAflie la P^iUe de
Teurnon
9
ainsi appellee
, parct
ejtie la Afontagne avoit tournf
fins dessus dtjfous
> O* en 63*. /<t
lerretrcYllbla un moisentier.
En lannee 1180. unTremblement
de terrc ruina une pariie de.
la Vdledc Naples. Celle d'Jrtan
en fut engloHtte, @J celle del
Gire entlerement rtnverste. En
3456. le Z4. Aouftt il j'élerua sur
Li Asfevd'Ancone avec une nutt
cpaiipy ciT d'environ deux milleId'etendue'i
une sthorrible tempe-
Jle de vents )
defeu3 d*eau> d'é-
(lairs, 0* de Tonnotrres, que
creusant la Mer jufcfue dans le
plusprofonddeJes abismu, ellc
poxjja Jes flots ecumans jufcptc
d*tnh le Gel A'lJtc un bruit epouwantable9
(fifroula depuis une
beure auant Ie jour jttfque vers
Pife
x.
QH iette wAgeuje guerre,
&confusion depElemns se vins
rallentir. Cctte bourasque commsnpa
Af{)tc tent de bruit @J de
jru7 quelle endommageabedu*
coup la Tofèànt
>
deracina la
arbres
>
renverf* tout par terye,
jzttaplufieurspettiEsVilles à bai,
enleiiA plusieurs Qhajfeanx de
dtjJus leurs jvndemens,&por~
tant leurs debris bien loin hoys
de leur afifettc* donnoit dc U tfrrent
a tout le monde. Tout cet
wave fut causepdr la violence
avec laquelle sortoient Us vents
& les exhalations enflammees7
des ouvertures qu'tlles s'efioient
jmtes dans lefond de cette Mcr.
Le rtfle de cesexbalaijbns, &'
feux fouttrrains causa d'borribles
trrmb/tmens de terre , par
lejquels au moÏJ de Deccmbre
suivant le Royaumc de Naples
flit ruinej & toute lltalie en
porta de fiinefies marquts, Un
milliondemaisons {0 de Chafltatixfurentenfcvelis
fous leurs
ruines. Ily eat plus de trente mille
bommes ecrafe^y &uncgrande
rnontagne se renverpt dans Ie Lac
de la Garde.Petrarqfte eslans k
Naplesfut témoin aun trtmbltwent
de terre & d'une tempejle
pmbUhie> dontilfait la description
dans rune desesEpistres.
JosephAcofla> au lit
1%
cka*
fitre 2.8. dit que dans le Perou
cn [,année IJ81. un tremblement
de terre transporta deux IÚurs
loin de fonajjictte laVilled*Angoangum
yfans la demolir, parce
que tout leterritoire changeA de
plAce. En i6$i. au mois de Septembre
,
fous Amurat IV. il
* renversa la faille de la Mecque
aiec sa Mosquée; Ø peu de
temps apres une furieufcravin*
d:'eau fracajja gr entrainit fortloin
le Tombcan du grand MM
hornet,
Le doEle (ty curieux Af*Spont,
Jans fòn Hiifoiredela*Ville &.
de lEtat de (jeneve>dit qUi Ie
j6. de Septembre de ltannEe 1600.
Jepuis Ie matinjufqaef a onZe
beures ayant midy ,les exhalations
souterraines elevant beaucoup
de terrain par trois ou quarre
reprices
,
Ie Rhone eefla de
couler
> & eut commt autant de
flux&dereflux
3
&mime l*eAt*
du Lac laijja a fee des endroits)
où ilavoit auparavant cinq pied;-
d'eau. La mcme Hijloire rapporte
qu'en i'Année 1384..i demi-lieue
dela Ville d'/4igle au Canton de
7Jerne
>
apres degrands Tremblemens
de terre de dix ou dou'{t
minutes
,
qui redoublerent trots
jours defuites on vit un matin
entre neufft) dix heures
)
s*elancer
de i'entre-deux de pluseurs
rochers une predigicufe quantise
deterre,pottfieepar les exhalai.
fons renjirmees
y
qui tombA cam--
me une ravine dSe414
) & combla
pttfque en un injlant testations
e$r les campagnes "voijtnes*
Un hamean en fut d%abord.abi* m*>I. , la Itrre s'augmentant A
mefHre eptclle rouloit comme un
pcloton de neige,enfeneli: tout
tinPillage aveccent six g**figes
plrtnes de Jrnrérs. ll y cut cent
perjonnesecrasees, ø une gran*
dc quantite de1Jtflail. Ce Trtmblement
de lerft fut au reste st
violent>que pres du ViUage de
Motera
t
le Lac s'arvança plus
devingt pas au delk de fin lit
ordinaire.
En 1611. le 4. de Septembre
,
par un tremblement de terre
Pleure en Valtoltne> Pays da
Crifons>tres-riche <Bourgi sur
tout d'un coupenfevely par la
chuted*une montagne *voiftnr,&
-
quatre milleHabitansy ptrirtnt.
jiu miJis dejuin fte I'annee t66o%
yaran grand tremblemtnt de
eerre qui se fit feniirdebuts Bar.
deaux jusques a Narbonne) une
grange montagnt pres de Bigorre
abifma dans la teyrt, (p* aujjitost
fut converte de l'eau d*un
IMC. Cette montagne ayant boa*
che qutlque cAn41 par lequelpafsoient
la exbalaifbns d'un feu
fiuttrráin, qui laijjoient sortir
les eaux les plus chaudes det
Afontspirenect,elles devinrent
ExtrrmerJIent
-.
froides.
Vot'cy enfin quelque chosè IaujJì surprenantarriveen Gaf
fognt , au commencement du
mois dejmllet de I'annee ló711.
Les Memoires faits par I'ordre
de Mr Foucault>pout lors Intendant,
portent quun TremUement
de Itrre fit enfoncer une des hauics
montagnes des Pyrenees* laquetleprejjantteau
qui ejloit AU
deJfoM dans des Lacsfottterra1hs%
la fitsortir A'Vec 'Violence) & lei
Habitans des*Ba(]es -Pyrenees
remarquerent qu'tlle en sortoit
parplujieurscantux quelleJVftoit
faits, qui formant autant
de j-urteux tonens >
entrainerent
le terrain»les arbres & les plus
gros rockers dans da endroits m
ils netrouvoient que des pajpiges
imits.Veau qui twit le goust
itsMineranx,jali/Joit pAr tout
des flames de la montagne t
f!J
ces eauxcauferentenmemetemps
de grands debordemens ; car lA
Garonne s'accrut tout J'un coup
stfort pendant la nuit, que toUl
les Ponti&lei Adouiins au deffus
de Toutoufe
, en futent enU
porteZ, (:7 dans les plaines qui
Jont au dejjous. Cet horrible deluged'eauroulottavecun
bruit&
une rapiditesemblable i celle de
la Ma,ée emportant let maisons
,
des Habitans,@J leurs Beflìaux)
f0 precisementi la rrtefme beure
les 2{tvieres de I'jfdour, du GAJvct
9 &. autres qui proviewtent
--.
des Monts- Tjyrcnees,serejjen^
tt'rent de ce debordement inopinr.,
Les canaux des jardtns de M\
VEvefque de Lombe% furent
remplis d'unlimon puant du deiordement
de la Save, de maniere
que pendant buit jours, les
chevaux Ø" autres hejliaux ne
Doulurent point en botre. Trois
mois apres
i par une semblable
ratfon
,
I*jfrri'gc dehorda
> CT
lonremarquaalors quunefontaine
qui Jort d'un rocbersur Ie
Loth prés de Cabors
, '(!7 quirfl
conifdcrable par l'abonàance deses
taUXJquisOMe tourner trots meu,
les ifafource> demint toute rouge.
lors qucn ignore lA veritable
CAUft des Iremblemens de terre,
onen forge de ridicules. Quelques-
uns ont cru qtie U Terre
tftoit un gtAnd AnimAl, que ses
bruits prcvenoient de 14 cohque
quelle fòuffioit) que Jon Iremllement
efloit cause par les fiifsens
de quelque acccz de fieire>
fit que les inondations de la Mer;,
rØ mesme son flux & rtflux,
pr,vtnoient deJa rejpiration.
Les Cbaldeens> les Babilo»
niens,les Egyptiens tccufent
les AJlres de causer les Tremblemens
de LA terre y& les Ignorans
cn faisoient Auteur NtptuneJ
Dieu dela *JMcr> Q) Tlutoft
Dieu des Enfers. Les Anciens
Rêmains çroj/oient qm le Dieu
de /4 Terre, dont ils ignoraient
le nom,efiant en couroux lafaifoit
trembler.C'ejl pourquoy
Plinefinit le69. Ch. du Liv.z.
de(onHistoire naturelle par ces
termes> Numquam Urbs Roma
tremuic
J ut non sucurs
alicujus eventus id prænuntium
cflec. C'efl-a-dirc ,on a
observe dans &ome que les Tremblemens
de terre ont toujours pre-,
fagé quelqueprochaindefaflre.
Lrs Tontifes Payensa ignorant
le nom du Dieu qui ebranloit la
terregluy confacroientdesfesses
pour l*appaifer
, & luyfaisoient
des Sacrifices sans le nornmrr, de
peurde si tflmper, en prenant
UneDivinitépourtautre. V4rron
parleplus amplement de ces Sacrifices.
Pour moy qui crois avec
Job Ckif.Que*ien ne se fait
en terre sans un ordre particulier
d'enhaut,je dis que Dieu
seftrtà^scapfes fécondes>pour
faireùemblet la lourde *2Majje
de la terre, afin de jetter de la
frayeurdans le coeur endurcy des
Pécheurs,
Les feux & les vents fouterrainsfont
la premiere causePhy*
jiquedu Tremblementde terre*
Ceux qui devancent ordinairement]
les degorgemens defeude
foujfre allumédu Mont Vefwve, ù des antres Vulcains,ferivent.
à démontrer que la plus grande
partie desTremblement de terre,
procédédes feux foutertains. Perfoltne
nignore que dans l'intérieur
de la terre il y a des minesde
charbon> JeflujJrt edef.'d1-
pestre
>
dont la poudre À Canon
ejî composée
> C qu'une pierre
tombantsur une autre produitpar
leur collijtonlefeu qui les em*
hraJeJefqveHescavjent enfuitedes
tremblemens ($fde$renverfemens
deterre >sefaisantjour comme lamineaux
endroits lesplus foibles,
&cesfeuxpouffantd'abord avec
violence ( de meftne qu'une Eoltpile)
ïairraréfié dans les canaux
feuterrains. Ces vents y produi--
fent differens bruits suivant la
qualité des corps qu'ils rencontrent
à leur pAffag & suivant
la firme des cavernes gr des
conduits; car dans un défilé
étroit ils produisent un ftjflment,
dans des conduits tortus un son
• enroué ; s'ils rencontrent un corps
dur
> un son fremijjant
,
fl1 s'ils
roulent sur leseaux, un son fluc--
tuant par tniécs. En d'autres
endroitsjfacieux ils font des mà*
giffimens
, & quelquefois imitent
la voix humaineyainsi que
dans les Orgues. Tout ce que
dejjus s'efi vérifié par experiefnce
en l'année 163S.que toute la Calabre
fut presquedejolée par de
continuels Tremblement de terre7
qui de jour&de nuit recommensoient
d'heure à autre.
Le PerelQrkeryJefuitertjfure
quenyefiantéloignéque de trois
mille pas de la ViÙe deSainte
Eupheme
e
il sentit un horrible
vent fouterrain, qui partit de
dessous une montagne à [oixante
mille pas;que ce ventefiant .t1¡-',.-
rfaêfaits eux, le bruit,semblable
aceluy du plus éclatarit Tonnerre?
futfihorible &si pénétrant*que
l'oreille ne le pouvoit fiuffiir
> & que les secousses de la terre
furent sigrandu) qu'ils ne purent
demeurer debout. Il ajoute que
SainteEupbemefitibientojlcouverte
d'unépais nuage3 &qu'après
ils trouvèrent cette déplorable
Ville avecfti Habitansabîmée
dans la terre? 0* couverte,
d'un Lac.
Les Tremblemens de terre ne
font pas par tout sifunestes ; car
si la ficouffe esttoujours d'un même
cojlê, le centre de la gravite 1
du murAillessortant de lA ligné
d'appuj
yelles
font renversees;
métis si la terre efl cemme forcée
par les ftcouffis
t une firouffi temet
dans le premier état, ce que
l'autre en avoit ostéJ(7le danger
efl encore moindre lors que
le Tremblement de terre eleve
bien {0 a¡'issi * plomb.Je raporte
à ce sujet que le ÇhevalicrAntoine
de Villeydans son Livre
des Fortifications) affure qu'une ine ayant enlevé une muraille,
dr laissévoir le dedans de la
Place
9
elle retomba à plomb, dr
referma l'ouverture quelleav$it
faite en montant en haut.
L.t
LAfécondé sause Thyfichueefl
quil y a des Rivières, qui venant
asàpper dr a emporter par leur rapide cours des montagnes
de terre, qui[obtiennent desvoûtes
de plujieurs lieues d'etenduë,
eu voûtes nefiantplussoûtenues sajfaijjentpar leur proprepefanteur
,font reffeniir dessecousses
au'dejjus
> & en pouffanttout
l* coup avec impetuoftél'air eauquifont enfèrmez au dejJotaJ
font encore bien loin trembler
la terre. Ces voûtes j'abifment
encore lors que les Colomnes des
Rochers qui les fouticiinent
yiennent à estre calcinées par
lesfeux souterrains. e dis de plus> que lors qu'il
n'y a point de Rochers qui en
s'entrebutant soutiennent le derfas
de la terre>elleabisme dans
cesgouffres avec les ViUes quelle
portoit. C'eflde-la sans doute (comme fay deja dit ) que naiss
sint de nouvelles Rivières> &
que d'autres tatiflent pour toujours.
Cette chute de terrefermant
le cours ordinaire de l'eau> je
fait d'autres issuës en d'autres endroits.
Je finis en remarquant9 que le
dernier Tremblement de terre
qu'onrejjentit à Paris à deux heutes
dix-huit minuta aprèsmidy*
ledix-neuvième jour de Septembre
16pz.ayant estégénéral, fay
lieu de le prendre pour l'un de
ceux queJefus-Cbrifl a Jonnt1;.
fpoouurr mm-atrrqquuee de 1P"année Climate.-
«
riqut du Monde. comme l'an-*
née derniere dans la Jamaïques
le Port Royala pery par un
tremblement de terre le Mardy
f7. deJuin
> en moins d'un quart
dd''heeuurree lleessmmaasisfoonnss furenit aabhlïff+-
mies & couvertes d'eau. ~9~-
rante ttois Montagnes ont eslé
bouleversées; 0* du cosse du Nord
-
une contrée efl abtfmée avec les
Habitans.
- Mali ilfaudwitejlre un dutrt
Salomon3 lequel Ali:Ch. 7. de
fin Livre de la Sagejjetjfttïe #
que Dieu luyavoic donné la
vrayc science du commencexnent.,
du milieu. & de la
cpçfommatipn do temps. Ei 1
comme cette connoijfance nous
manque ,
profitons du falutairs
Avis queJefus-Chrijinomsdonne*
Veillez donc, parce quevous
De sçavez pasà quelleJieurc
voRre, Seigneur doit venir.*|
J'*yetii devoir éjouter icy 1
comment le monde peutpérir parj
fin ^Tremblement d*Jttrtt é :
- comment il peutcattfèr tont te.>
que la Sajnte Ecriture nous
ap-4 1 * .2
yrtnd devoir preceder la fin du
monde. Les paroles du Trophete.
Ifaye dans son 30. CI).font terribles
,
Dabo vobis pancm
afaum & aquam brevcm,le
pain fera rare & vous manquerez
d'eau» & cum cccidcrinc
rurres ,
&c. g lors que les
: Tours auront tfié renversées par
les Tremblemcns de terre, la
- lumicre dela Lune fera comme
celle du Soleil, & la lumière
du Soleil fera sept fois
,
aussi forte & aussi ardente que
l celle des sept jours. Lors que
f la terre senfoncera davantageversle
Soltil, centre deI'V,.
nivers, pour lors Eccc nomen
Domini venir de longinquo
ardens furor cjus ad perdendas
gentes in nihilum
>
&
flamma ignis devorantis
e &
flacus Domini ficuc torrens
sulphuris fucccndcns cam.
Voïcy le nom du Seigneurvenant
de loin plein de fureur pour perdre
& réduire au néant toutes
lei Nations de la terre par lafla»
me d'un feu devorant
> & le
foujjle du Seigneur comme un
Torrent de souffre aRum;
> con-
Jumera la terre. S. Jean dans
son Àpocalypse au Ch. 16. v* 8.
a vu paravance arriver à lafin
du monde ce qulfaje avoit Prophétisé.
Le pouvoir fut donné
au Soleil de tourmenter les
hommes par l'ardeur de son
feu
1
& les hommes furent
frapez d'une chaleur brulante.
Il faut expliquer comment un
Tremblement de terre peut causer
tout à coup cette ardentetyinfupportable
chaleur du Soleil. La terre,
de mêmequ'une des autres pla.
netesÀemeure dansle liquide de la
lumiere du Soleil en équilibre
y suivant la pejanteut de sonvolume
, ne souffrantVapogee eu
plusgrand éloignement du, Soleil,
que lors que les rayons de lumit:
te frappant sur cesparties solides
du Tropique d'Esté, font plus
d'imprejJion,& les repoussent plus
loin, que lors qu'il tombe sur la
Mers qui font aux Tiopiques
d'Hiver. Il efl confiantquafin
que le qlobe de la terre foit en
équilibre dans le liquide de sa
lumere
)
elle ne peut avoir que
trois ou quatre cens lieuës d'écorce
»
le dedans estant comme un
Soleil encroûté
)
e'rfi-d- dire un
espace infiniment grand, plein
d'uneflamme tres rarefiéeydont
llaa fsuimée a formé les mines de
sôussie & de bitume. Or ilep
confiant, que si par un Tremblementdeterre,
cette voûte inférieure
dufeu central vient à $'en';' trouvrir, toutes les eaux &L'air
que nous respirons s*abismeront
par leurgravité, & en ebafferont
ces feux souterrains comme
moins pesans> ainjt la terre
deviendra aride» & il faudra
respirercefeu fottterrain
>
quiaura
pris la place de nostre air; &
de plusnostre qlobe estant devenu
pluspesant s'enfoncera davantage
vers le Soleil
>
de mesme
qU"unVaiflîeaus'abismea4fond
de la Mer ylors que leau enyentrant
en a chapé l'air.Ils%enfuit
donc que la surface de la terré
nt'ayantplu1 s de.au" (d!?Irs''etant
trop approchée du Soleil,fA
lumieregrfonfeuréduiront tokt
en cendre, ri! la terre mesme deviendracouvertedesflammes
de
sonfoujfre qui fera partout allumé.
Le Philosophe Anaxlmandre,
MiUjîen, prédit aux Lacedemomens
le prochain Tremblement
de terre, & les avertît de prendre
garde à leurs murailles f!J
aux toits de leurs maisons>mais
leursfoins fièrent inutiles
» car
toute la Villefut ruinée & pour
comble demalheur>unepartie de
la montagne Taygete si renversa
sur les ruines de la Ville.
Ily a quelques signes avant"
coureurs des Tremblemens de
Terre. Veau des puits bouiUonne#
&4 s'élevc, dr les vapeurs fuipbureufes
remuant la vase des
puits, l'eau efi d'ungoujlinfupportable,
ce que fayremarque
lors du Tremblement de terre,
arrive lemois de Septembre derniertaux
eaux d'unpuits d'un des
plus beaux lieux des environs de
Paris. C'efi ce qui me fitfouvenir
des termes dePline,au sujet
des Tremblemens deterre; cft io
puccis turbidioraqua»ncc fine
odoris txdio. J'ajoute quort
reffint plus facilement les fecouffti
de la terre» pendant la nuit
que tout esi calme)ejeffaypar
txperience que les Aveugles s'apperçoivent
plufloft du Tremblement
de terre, parce qu'ils ont
les efpritsplus recueillis.
Voila) mon Révérend Pere9
l'occupation desderniers jours de
l'année, que je prens la liberté
de vous presenteravecmestres~
humbles refpeêls au commencement
de celle-cjy>queje vous fouhaitte
heureuje9pour vous rendre
compte de mon trop de loisir
, me
servant des termes deJupin dans
Ja prtficct: Simul & otii mcis
cujus & Cato rcddcndam
opcram putat ,
apud te ratio
conftarct. Jefutsvojlre
> &c.
VAVEVGLU COMIERS^Je I'Hosital
Royaldes<^uinz,t-rvingts.
Je vousay mande dans l'une
de mes dernières Lettres,
que Mrs de l'Académie Royale
de Nismes» ayant demandé
à cftre rcccus de temps en
temps dans les Affcmblécs de
TAcadtmic Françoise, cette
Illustre Compagnie avoit
çonfcnty avec plaisir à cette
cfpcce daflociauon qui avoit
cfié propoféc par Mr l'Evefque
de Nifmcs,Protcâeur de
cette premierc Academie.
C'cft ce quia donne lieu à Mr
de Guintrand y d'Avignon de
faire l'ouvrage que je vous
envoye.
,
L'ALLIANCE
DE L'ACADEMIE
DENISMESIAvec
l'Acadcmic Françoifc.
c ODE. 'EfJ ajfcz, garder le jiltnCf.
Tâchons par de nouveaux
efforts -j pi!..
De chanter thcureuje alliance
-IzlUejurentdeus illuflres Corps,
Vne celebre Academie
Reçoit en qualité d'Amie
Celle que Nismes voit fleurir;
La Fesie s'en fait au Parnajtf.
Afin d'en parler avec grâce
Dairne, Apollon> mesecourir.
Dans lefein d'une belle Ville,
DontNentaufc tjlte Fondateur,
S'élevoit une Ecole habile
Par les foinsdun grand Orateurt
Sous Cappuy de ce beau Genie ,
Dont l'éloquence efl injinita
Elle efloit des Mufes l'amour;
fitpar l'aveu mefsmmee du Prince
Jgue revere cette Province,
Elle croissoit de jour en jour.
Laçtntilluftmperfonn*gs
Charme^des douceurs des beauxArts,
Conficroient mille beaux Ouvrages
A /4 gloire d'un autreMars.
LOVISque Univers admire,
Dontla France estl'hiureux Empire,
Dettus leurs chants estoitl'objet.
Rien que sa valeur jsaprudence,
Safagcjfe &sivigilance,
N'en efioit l'auruflefuiet.
QuandlesMufes,ces neufPucelles,
Admirant leurs doEtes tcrits;
Ces beauxOuvrages, dirent-elles»
Nfritent bien d'aufft beaux prix.
NsIstre devoir nous sollicite
A tenir toujours au mérité
Aâs plus rares tresorsouvertss
Mais enfin quelle récompenfc
Peut couttnntr tant d'éloquence!
JguelsLauriers assez, beaux & verdjî
MesSxors,nefoyonspivi enpeine
DitThalle en haussant la voix.
Je m'ouvre une rtute certaine
-qui m'offre un prix digne de choix.
Je méditéavecconfiance
Vntriche&noble Alliance
En faveur de nos Nourrissons,
Et cette union ravissante,
.fi¿Nt nous fçaurons rendre confiante)
Sera le prix de leurs Chansons.
Vans une rieefpatieure.
Vous JfaveZaujjl-bien que moy
Jgu'une AfTtTl,btée ingenieuse
A pour Trotecfeurungrand ROJFarleftul
mrrite affermie,
Du beautitre d'Académie
Ellejouit éminemmenti
Et tout ce qu'etltRome & la Grcce
De fcavoir & de politeffc
,
Elle A' amplement.
F4ifins nosfoinsdvnir epfemble,
Par de forts & durablesnoodf,
Ces deux Corps dont chacun rassemble
Ce qu'il fautpourremplirnos voeux,
lit ont tous deux en habitude
Du pancbant pour la même étude>
Le mesmeRoypourleur objet.
Leurs humeurs n'ont rie. de contraire>
Et pour peu que nous voulions fairey
Tout répondd nostre projet.
Les autres Villes de Hemoire
Louantle drffiin de leur Soeur,
Veulent avoirpart alagloire
De le conduire avec hOllnellr.
liaispourmieuxréglérnojlre ze/e"
Ilfauty repritnojlre Pucelie,
£)ue phæbm en foit le garant.
Allons le trouver au plus vtfie.'
il di àl'écart qui médite
Les beaux faits de Louis le Grand.
r 'Âussi-tost laTroupe divine
Se rend à L'endroit du vallon ,
Oau proched'âne eau criftallinc
Refvûitdouc1ement Apollon.
Il gravoit, du défautdu marbre,
Cesmotssur le tronc d'ungros arbrei
MotSt dont lesyeuxfont éblouis.
Tucours, Ligue,apres unFantôme,
.TonGuillaume cft toujours Guillaume,
Et Louis toujours plus Louis,
LaTriupe enmemetemps savance,
Etserangeant autour du Dieu,
T.Ilechasse loin lesilence
J>)tti regnoit dans Ce charmant liaI.
Thalie alors dont la voixforte
Sur toutes les autres l'emporte,
Dit d'abord au long Ion deffeim
Tuis prie avec un doux sourire îh<shus qui l'écoute & i'admire
Dyprêler le feu de son feinr
llluflresNymphesdeTermeffe,
Leur dit ce Dieueurdauxfootien,
Le '{fie qui vous inlere/fl
Meplaist autant qu'ilvousfied bien.
Je donne dans vostrepensée,
Elle nepeut qucflre embrasée !
Puis que Fléchie^Jirapour vous.
--,»»,
4
,
Îera- po#r Ouy,FléchicYymaistreen tllrtdepillire;
Conduira luyseul cette affaire
Selon vos souhaits les plus doux.
En effet, rien n'ejtplus fici/t.
N'IlV(z.,-VOlls pascnfenibleenluy
Du premier Corppsi un mMeemmbbrree bhabilte,
Dufécond un tlluflre appuy?
Jjhie différéz,-vous davantage
D'employercegrandPersonnage
Jgui peuttoutsur tous lesefpritsi
Susdonc,Mu/è, partez sur l'heure-*
Four Cinformer danssi demeure
Da dejfetn que nous avons pris.
Comme le trait qu'une main ferme
Décoche avec un air aisé
,
Court en volant marquer le terme
Jgjte l'Archersefloit proposé;
Ainsi la Nymphe toute presle,
Sans qu'aucun autre foin tllrrtjlt,
Fena les vents sur Faijlé Courfitn
Et par une vistesse extrême
Bile arrive enfin le jourmefme
Au Palais du fameux Fléchier.
Ayant lairiidans l'ecurie
Ftgafe au plus gras rtttelierJ
La Mlifè danssa rêverie
Monte hardiment l'efalitr:
Etsans trouver aucunobflacle,
Ellevaconftlterl'Oracle
JXontCefpriteflsij-usse& net >
Et prenant la fins covrtevoyey
Elle le rencontre avecjOJt
A l'étude du Cabinet.
Hlle entre> non sans lefurprendrt
D'un agreable étonmment.
Ensuite eUe luy fait entendre
Sondessein parsoncompliment.
Ce grand homme aufft-tojls'engdge
A prtfterfis foins à l'ouvrdgr»
fuis quApollon le commandait.
En ayant donc reccu parole,
La Mufe derechefsenvole
SurPe?afè qui l'attendoit.
Alors Flechter devoit au Prince
Porter au nom des trois Etats
Le Cahier de cette Province
Sifertile envins délicats.
Il part plein. de cette éloquence
Vonttout reconnoift la puissançey
Ët quipeut àfoy tovtgdgner. --
Il vient, il Arrive, on admire
çQj*ilfoit tel enl'art de biendire,
.gUl LOVIS en rart de reçner.
CetOJpce considerable
.!¿ui lefaitparoiere 4 la Cour,
Ejl l'occajion favorable
IJ^li met enfin son oeuvre au jour parle toutfuitson beau zele.
D'abordcette union fidelle
Se contratfeaugri des neufSzurr;
ta Fcfte s'en faitau Parmafe;
Touty chante & danseavec grdee
lîefme les plusgraves Cenfeus.
Lesarbressuriecorcedure
Ifont voir, dÏPIoyantleurstresors,,
En chiffres, en fleurs,en peiutsre,
Les noms des deux illuflres Corps.
ta claire& la pure Fontaine
Se làisse boire a tajje pleine. -
phoebus tient ses coffres ouverts 1 : -
Chacun de Lauriersi couronne,
Mt tout le Finde ne resonne v
Jïue de Rif, de Chants,&de Vers. 1
Ma Lettre du moisd'O&o^
bre dernier vous apprit la
mort de M'le Duc de Mekelbourg^
Prince des eandâres.'
ilfaut aujourd'huy vous faire
sçavoir de quelle maniere ofl
a tranfporrc son corps dans
ses Etats ,
, & les ceremonics
qui fc font faites à ses funérailles.
Voicy un Extrait de
pluficurs Relations qui en dnti
esté envoyées par différenPtcers1*
toerfonnes à Madame la Ducffe
Douairière dz-Mik4-
bourg. Vous connoitfcztMadame,
avec toute l'Europe le
tareméritede cette PiincefiTe,
Soeur de Mr le MarcfchalDuc
IcL^xembourgxderIlluftrc
màîtondeMontpior^nry,
Lesdeferences que feu Mrdc ckelbourg avoit pour clhfT
feSSpagnées d'une diftinc-
Koft ré très- particulierc, la qua- de Regeme de Tes Etatst cilc a gouvernez pluficurs
innées avec une dépensè dimarquée
de sa conduite, eu
donnent des preuves incon*
testables. Il faut aussivous dire
que le foin que l'on a pris
de luy déguiser Tcmprcffcment
que le Prince a contu
nueilement témoigné>de la
revoir prés de luy
,
pendant le
cours de sa inaladie., & donc
elle n'aefié informée qu'après
sa mort, luy a donné dans une,
si grande perte un sentiment;
de douleur qui ne finira qu'a*
vec sa vie, puis qu'elle s'efl^
veuc privée de la confolatior)
de luy rendre ses derniers deJ
.vvoaiirrss.. CÇcePPrriinnçcce mmoouurruutàt là.alja
Haye le 19. de Juin dernier.
Le ij du mois de Juillet fuivani
Mrs de Lutzauade Varn- - - ftcdt, Dcfperlin&deDnlbcrrr
c y arrivèrenten qualité de Deputex
de la Rcgcnce de Mek
kclbourg & de Maréchaux de
cette Cour) pour prendre le
foin d'y faire transporter son
corps »
de le garder & de l'ac- :compagner dans tout levoyage.
M1 S l'Elpagnoi^. premier
Aumônier du dcfunt
Prince, ayant fait les Prières
ordinaires pour les Morts, le
;17. à trois heures du matin
Mriles Députez & les pre-*
fnicrs OfficiersdefortAltellè
S. portèrent son corps jusqu'au
plus proche Canal, oti
cftoit une Barque màgnifi.
quement tenduededciïil,
pour le transporteràAmfterdam.
Elle y arriva sur lesseps
heures du fair, & la maison
de Mr de Vicqucfort5 Ress-j
dent du Princeadonnant sur
le Canal, il y attendit les Deputezaupassage,
& IcurayanC
faitson compliment de condoléance,
il leuroffrit ses fervices
& son logis. La Barque
y demeura attachée pendant
joute la nuit, portant pavil*
lon de Dcüil aux Armes de Mccequi attira
dans ce quaiticr-là une foule
extraordinaire de Peuple.
Le is, Mr deYixquc£ûXijqui
ayoit obtenu les dcpcfchcs nc-
: ceflaircs de M" de l'Amirau-
;
té,semitdansla plus bellcde
leurs Barques avec les Officiers
du dcfunt Prince ,&allant
devant celle où estoit le
ë corps avec Mrs lesDéputez,
l l'une & l'autre traverserent
toute la Ville pour aller au
PortJ&sur le midy elles arri-
> vèrent à bord de la Fregatte,
eomméea le Mercure*montée
de trente pieces de Canonî
portant pavillon de deuil j
aux armes de Mekelbourg.j
L'on y mit le corpsdans une!
chambre tenduë dedeuil>& i
on en laissa la garde aux De-,
putez & aux Officiers de leur,
itiitte. Les équipages du Prince&
quelques-uns de ses gens
furent mis dans un autreBâtimcnticjuc
M15 de YAmirauté
avoient eu l'honocfteré d'accorder
pour aller de confcrvc
avec la Frégate de l'Etat.41
Le 19. au foir, on mit à la!
voile pour gagner l'embout
ehurcde la Mer d-Amficr.
-'---, - - - - -. 1
dam. L'on y arriva le 2.1. &
l'on y resta jusqu'au 18.
n'ayant pas de vent propre
pour en sortir & pour entrer
dans la grande Mer. Le 2.9.
au matin on mit à la voile
avec un bon vent, & l'on arriva
le 31 dans l'embouchure de
l'Elbe.
Le 1. jour d'Aoust l'on
mouilla l'ancre devant Altena.
Le 4. on transporta le
Llkps sur une Barque de Hambourg
, tcnduë de deuil dedans
& dehors & dont tous
-
les gens de l'équipage eftoienc
jufliycftus de deüil. Sur les
huit heures du matin, Ié\Fee;
gatc ayant fait une décharge
de tout l'on Canon, fit voilt
du cofté de Hollande, &
la Barque alla du cossé de
Hambourg, où l'on sonna
toutes les Cloches lors qu'elle
passa devant la Ville.
Le 16. on arriva devant Lawembourg,
qui est sur le bord
de l'Elbe. Pluficurs Officiers.
s'y trouvèrent avec;les Carrosses
de deüil, toutprc^iS
pour transporter le Corps, &
pour luy servir de cortege jufquauChaftcau
de Swrin. On
y arriva le 8. & plusieurs Ec*
i.clefiaftiques, parmy lelquels
cftoit le Chapelain du Châ-
[ teau,allèrent avec la Croix&
l'Eau benite le recevoir à la
,
premierc porte du Jardin. Ils
; estoient suivis des premiers
LOfficicrs de la Cour, d'un
grand nombre de gens qui
portoienc des Flambeaux, U
qui accompagnèrent leCorps
jusqu'à la Chapelle du Chaficau
>
où l'on avoit préparé
un Mausolée, appellé en ce
i pays-là Caflrum doloris, aussi
propre & aussi magnifique>
que la disposition du lieu pouvoit
le permette. Depuis cfc
jout-Jajuiquaceluy quiefioÍt
destiné pour faire les Obfcques
,on célébra tous les matins
plufieyrs Mesles dans Cette
Chapelle ardente
, & jour
&nuit il yavoit quatre Gentilshommes
) quatre Pages,
Ex Trompettes, six Valets
de Chambre, douze Hallcbardiers
*
souvent d'autres
peifonnes* & toujours quelques
Prestres qui faifoicnc la
garde.
LeMardy deScpccmbreJ
jour choisi pour les Obfeques9
on les commença le jmatinpar un Service detroisMetres
coniicutives
,
dont le
.premier Aumônier dit la derinicrç,
après laquelleil fit les
[prières & les aipeiifonsaccoutumées.
Sur les dix heures, le
Curé ou Chapelain dit la Mefte
des Morts, qui fut chantée
(en Mufiqtie
,
après laquelle: il
[ffit l'Oraison Funèbre enhaut Allemand, & prit pour texte,1
r. par ordre de la Cour, ces parolestirées
du premier Livre du Paralipomenc) chap. zj.
Etainsi David> Fils dlfajye,
! regna sur tcut jfraè'l
, * les
»purs qu'ilrégna, sur Ifraèlfarcit
quarante ans. Ilrégna fip: ans
8- Jr-..-.
tn Hebrorii fp trente-treis Atist
tn Jerufatemt £jr mourut en
bonne vieillejje plein de j'IIYS:tJe-,
ricbrffis & de gloire
, & Salomonson
Vils reqna pour luy.
Un Mmiftrc Luthérien faifoitauflîenmefme
tempsl'CX
raison Funcbrc) dansune Salle
du Chasteau
, en presence du
nouveau Duc, des Princes&
Princesses de la Cour. Ell.
avoit ordonne qu'on fist la
mcfme chofc dans toutes les
Eglifcs des Etats da Mekel.
bourgj& après l'Oraisonfinie)
l'on devoir lire la Genea-
!ogie& lesAlliancesdesPria,
.-- --- -- j1
ces dbfunts, & recommander
aux prières des Assistans les
Princes & Princesses de cette
BcrenififmeMaison,qui font
encore en vie.
k Le Mercredy
,
jour destiné
pour tranfportcr le Corps du
Prince défunt dans l'Abbaye
de Daubrcn, (epuWurc des
Rois& Princes des Wandales
Fes PredeceffeurSjOn dit toutes
les Méfies du matin ; &
Ênsuite on mit le Cercueil qui
feftoitvenu de la Hiye
>
dans
an autre de cuivre doré,magniifquement
travaillé, & sur
lequel il y ayoit un Crucifix
avec la Couronne ferméet'rcm
Supposts & ornemens neceffaircs>
le tout d'argent massif.
Tout estant prest pour le départ
, vingt-quatre Gentilshommes,
précédez de quatre
Maréchaux de la Cour, &da
plusieurs Officiers) tous en
grand deuil, tranfportereni
leCorps surun Chariot,qui
cftoit au milieu de la court
du Chaftcau, efeorté de vingt-,
quatre Hallebardicrss& d'un
détachement des Gardes du
Corps
Les Trompettes qui cftoient
à leur teste, ayant sonné la
marche d'unair fort lugubre,
le grand Ecuyer qui la regloic
fitavancer les quatre Marc.
chaux de la Cour, les fit fuivre
de vingt quatre Gentilshommes
,fit marcher le chariot
avec fou efeorte, & enfuite
le premier Ministre d'Etat>
le General Major
>
plusieurs
Conseillers d'Etat, &
quantité d'autres Officiers fui.
J virent le Corps, faisant une
cfpece de proccffion dans la
Cour do Chaftcau. On en fort
ticdans cet ordre& l'on fic
Jalte au premier Corps de
4
garde
»
assç de régler la mar.
che de la manière qu'elle devoie
fc faire pendant tout le
voyage. Une des Compagnies
des Gardes du Corps la commcncoit.
Ellecftoitfuiviede
quatre Maréchaux de laCour
&d'un grand nombre de Gentilsbommcs
à cheval,detrente
chevaux de main, du Corps
de son Altcflfc S. avec son cfcorce
,
& de douze carolffes de
deüil, tirez chacun par six
chevaux. Les deux premiers
cftoicnt vuides. Mr deBunfaw
,premier Ministre &
Confciller d'Etat, Mr DaU
ybcr-ft-a*d,*Ge-neralMajor& r
M de BibauJ Grand Essuyer,
ccoicnc=dansetroifiémc)& le
quatrième estoit reraply auf- th-bien que la fuite de Con-
Ifcillcrs d'Etat^ccrctaircs de la
chambre & d'autres Officiers.
Il y avoit un carosse, mené par
lie Cocher & par le Portillon
ordinaires du Prince deffunt,
ttiré- par les six chevaux dont
iil fc servoit à la Haye, dans
[lequel estoit son premier Auimônier,
avecle Secrétaire du
(nouveau Duc. Le reste des canofles
menoitles Prestres avec
les Chapelains & Clercs de
Chapelle On partit dans cec
ordre au bruit du Canon du
Chasteau. On passa première*
ment lePont, qui estoit bordé
des deux coftcz de deux
Compagnies de Soldats aux
Gardes. L'ontraversaenfuitte
toute laVille de Swcrin. dont
les Bourgeois estoient fous les
armes, rangez en haye aux
deux coftcz de la rué. Lots
que le Corps Ce trouva au milieu
de laVille>celuy duDuc
son Pere,mort depuis longtemps,
qui avoit cfté confcrvé
dansl'Eglifc Cathedrale,&
que l'on avoit mis ce jourla.
dans unchariot dedeuil, )oïy
gnit la marche , passant devantccluy
de son A. S. avec
, son efeorte de Gardes du
Corps de Hallebardiers. Les ;Ofliciers & Gentilshommes
qui1 Taccompagnoicnt en
grand nombre,fc joignirent
;
aussi avec les prcccdens
, &
-
tousensemble ne faisoient rqu'unme(me corps de Cavalerie
qui suiviten bon ordre.
rAu sortir de la Ville, on tira
le Canon du Rempatt) & dci,
puis la premiere porte jufgu'à
, lafcconde3 il y avoi t d'un
cofté deux Compagnies de
Dragons?& de l'autre deux
Compagnies dInfanterie qui
fuivirent le Convoy jusqu.,
dans la Campagne. LesBourgeois
dela Ville ayant formç*
deux autres Compagnies Io
fuivirent au(ïi,&l'une ôcloutre
s'cfiant trouvée dans u"
terrain commode,fè mirent
en Bataillons, &; firent trois*
décharges avant que de s'erp
retourner à la Ville, où l'on?
tiroit en mesme-temps le Ca.-J',
non des Battions qui font çW:
ce collé là. Lors que t'onfuc;
avancé dans la Campagne>les;<
carofles de deuil furent [uiviyj
de quantitéd'autres à six cheTaux
& de toutes fortes de
ealeches
3
qui appartenoient
aux Officiers de la Cour ou à
d'autres gens, qui estoient venus
par rcfpelt pour le Prince,,
ou par curiosite pour cette
cercmonie. Le nombre de
leurs Valets à cheval, estoit si
grand, que pour empefeher
qu'il n'en arrivait de la confusion
& du desordre
, on
obligea tous ceux qui n'avoicnc
pas de chevaux de
.main
)
de marcher par Briga.
de ,fous la conduire de six
1Officiers qui les commandoient
,
de forte qu'ils for-"
fiioicrltun gros Corps de Ci-:!
valcric qui finissoit la marché
duConvoy.
En approchant de la Ville
de Vifmar, quiestoit autrefois
du Duché de Mekclbourg,
l'on passapar un bois
ou il y«avoit une infinité de gens qui avoient campe, toute
la auic
y pour ne pas perdre
Poccafion de voir
paIfcr
le
Corps de leur ancicn Duc.
On y trouva an fii de grandes
tablescouvertes de viandes &
de toutes fortes de rafraichiffemens,
que M' de D'hertel
;
grand Tieforier delà Cour?
avoit ordonnées de son pro-?
pre mouvement »
afin de marquer
son attachement pour le
Prince désuni son estime
tpour tous ceux qui avoienc
|l'honneur de luy rendre leurs
| derniers devoirs.On arriva
] sur ies7. heures du foir au Vil-
; lage de Nicubourg
,
où les
?quartiers qui eftoienc prcpa- rez pour plus de cinq-cens
personnes
,
furentdistribuez
;par les Fouriersdela Cour. Le
lendemain sur le midy
,
l'on
Ac alte devant le Bourg de
:' Bukau
,
JVaorùnMJierddce»
JMaréchalde la Cour, & Depute
a la Haye,tient sa refi*
dence ordinaire en qualité de
Bailly. Lon y pritlesrafraU
chiflemens qu'il avoic fait pre-r
parer,&pour marquer la dit
- rinétion qu'il faisoit des principaux
Officiers,illes fit fervir
en vaisselle d'argent & de
vermeil doré. Enfin la nuit
approchant
,
l'on fit encore
altc à la veuë de l'Abbaye de
Daubren
> au milieu d'une
Plaine qui cftoit coftoyee
d'un bois de haute futaye. Les
premiers Officiers mirent pied
à terre, & allèrent au devant
du grand Maréchal quivenoit
les
lies trouver, & qui estoit aririve
depuis deux jours pour
idonncrles ordres necessàires.,
ayant avec luy M1 ZacKau,
iqui estoitchargé de prepàrer
les quartiers. Les quatre Maréchaux
de la Cour, & dautrçs
Officiersayantesté avec
Ile Grand Maréchal pour rerpnnoiftrc
le terrain des environs
de l'Abbaye & de
"entrée de TEgMfe3 l'on se
mit en état d'y conduire premièrement
le corps du Pere
le feu Ton Alte(Te Sereniflimc»
aifiant le fien dans la plaine,
fyee l'escorte ordinaire des
Gardes du Corps & de HaHebardiers.
La marche se fit à
peu prés de la mcfmemanière
qu'il a déjà cfté dit, avec cette
différence que les Gar des du
Corps portoient presque tous
un Flambeauallumé, qu'ils
cftoient suivis de vingtquatre
Eftendaits portez par
des Gentilshommes du Pays
qui alloient à pied, & qu'aux
deuxcodez de la marche ily
avoit une Compagnie d'Infanterie
fous les ArrocsJ qua"
trevingt Flambeaux portez
par des Pages & par d'autres
Seigneurs qui eftoienc en
grand deuil comme les pre- -cedents> ayant le manteau
trainant avec un long crcfpc
à leur Chapeau, & un autre
de mcfmc à leur Flambeau qui
y tenoit attaché le chiffre de
foQ Alteffc Scrcniffirne. Son
corps estant arrivédevantla
pone de l'Eglises douze Gentilshommes
le defeendirent
du Chariot, & le portèrent
dans le Caveau ou eftoiedéja
; le Cercueil de Madame la
Duché(leTon époufc,&où
l'on devoit mettre aussi le
corps de son Altcfle Serenifsime
son Fils.Cette première
Cctcmonic estant finie, l'on
retourna dans laplaine,& l'on
recommença la marche dans
lemefmc ordre que ronavoic
obfcrvé dans la precedcnte.
Il y avoit de plus la Croix&
l'Eau-benite, qui marchoient
devant le corps, à la teste de
pluficurs Prestres rcveftusqui
alloient deux de front. Le pre.
mier Aumônier du Prince défunt
les suivoit,marchanttout
seul en habitlong.Ilayoit der.
ricre luy deux Valets pour ar-j
rester dans le besoin la marche
des Chevaux qui tiroient le
Chariot,après lequelalloicnt à
pied les premiers Officiers de a Cour, suivis d'un. grand
fiombre de Gentilshommes
enhabit de deuil» & d'une
infinité d'aurres pelfonnes.
Le Chariot cfiant arrivé devant
la porte de l'Eglt[e
t douze Gentilshommesendefcendirent
le corps, & le por"
terent jusqu'au lieu desa Sépulture,
eu il fut mis au mi»
lieu des deux autres Cercueils.
Le Clergé qui l'avoit précédé
-Et les Prieres & les Cérémonies
accoutumées, après lefquelles
chacun alla dans le
quartier qui luy estoit marque.
Plus de deux cens Geiï«
tilshommcs qu'on n'avoit pas
veus dans la marche, & qui
estoient venus à Daubren en
habic de dciiil- fc trouvèrent
au Sou pe avec lesautres dans
la MaisonAbbatiale,où l'on
avoit dresse plusieurs Tablcs
dans divers Appartcmcns.
On y futservy avec toute
l'abondance & la délicaieflc
possible
,
& avec aussi peu
d'embarras que s'il n'y avoit
eu qu'un petit nombre de
per sonnes à traiter. Plusieurs
Maisons dépendantes de
l'Abbayeestoient aussi remplies
de gens, qui estant Ofhcicrs
de la Cour ou Sujets de
l'Etat, furent tous régalez
aussïIplcndidcmcnt que les
autres.
Le lendemain sur les dix
heures dumatin,on servitencore
un déjeuner fort propre,
&foit abond-ant en chair &
en poisson, après lequel"toute
la Noblcile vint prendre
congé des premiers Officiers
dic laCour,& fie un compli-
,• ment particulier au Grand
Maréchal
>
sur le bel ord re
qui avoit esté observé par ses
- foins durant tout le voyage>
de mesme que dans la cercJ
monie & dans les repas donr1
on les avoit régalez. Ils nnwr'i
rent l'un & l'autre par une in-i
finité de santez
,
qui furent
beuës à laprosperité du nouveau
Duc
,
des deux Sereniffimes
Duchesses Doüairiercs,
des deux Princes, Freres du
Ducregnant>&de la Princeflc
sa Soeur.
Cette Cour graffic tous les
jours au grand contentement
dela Noblesse & des Peuples,
qui avoienc esté privez si
long-temps de la presence de
leur Souverain,& maigre le
deuil & la tristesse qu'elle a de
sa pertr.i,ellc ne laisse pas de
fairedéjà quelque bruic dans
tout le Nord. L'on s'en pro- •
met encore toute autre chose
dans la fuite, & l'on el perc
qu'avec le temps, elle fera en
ctac d'imiter la splendeur &:
lapolitcffe des Cours voisines
les plus magnifiques.
J Le nouveau Duc s'appelle
Frédéric-Guillaume
,
-&nest
âgé que de dix-huit ans. On
'luy en donneroit au moins
vingt-cinq
,
si l'on jugeoit de
ronâge par ses manicres, qui
«l'ontrien de celles d'un jeune
Prince. Il efi, grand & bienl
fait, d'un tempcramenc fort1
êc robufic" civilenversles Da-j
mes, honneste à tout le monde,
d'un accès facile, & d'une
humeur gaye ,
gencreufe &
.bien-faifante:, Il aime paflîonnément
la chatre. On croit
qu'avec le tem ps il aimera la
guerre de m,c:fme,& qu'il aura
toujours desTrou pes sur pied
pour s'en servir au bcfoin.
,
Il ne
peut le faire qu'avec succés,
ayantàsaCcur&dans fesEtats;
une si brave Noblesse &tant,
d'Officiers experimcntez, qui
fouhaitcnt avec paiCon de le '; --< 1
Signaler au fcrvice de leurPrincc,&
de contribuer à(a gloire:
Comme j'ay dit dans cette
Relation, que l'Abbaye de
Daubren estoit le lieu de la
Sépulture des Rois & des
Princes des Wandales, je crois
devoir ajouter icy pour la fatisfaétion
des Curieux de
THiftoire & de rAntiquité)
que l'on voit encore dans
cette Abbaye l'Epitaphe &lc
Tableau dePribiflausjPrince
,
des Wandales, qui en a esté
Je premier Fondateur,&qui y
fut inhumé en izif. Il eftoic
Fils de Nicolot, rrence-neu"
vieme Roy des Va-ndaln>qui
mouruten 1155?. & dont
lei
Tableau s'estau-fficonfetvédepuiscerCff:
pslàdansk
Eghfe. aussi bien que "lesAT-J
mes delaFamille Royale,qcrr
fent les mcfmes que porteilti
encore aujouid'huy les Ducs
de MtKclbourg & queTon;
croit avoir tilé accordées au
premier Roy des Vandales
par Alexandre le Grand.
,
j
Il paroist au moins par ce
quenous fçavons de ce fameux
Conquérant, qu'il avoit fait!
»
peindre sur tous les Etendars
defcs Armées la teste defoft]1
-- - - - -. -- • - -- ---
Bucephalc
,
& l'Histoire des
Wajijalcs remarque que lors
quiAntirius quien fut le premier
RoyJvint du cofté du
Nord par ordre d'Alexandre,
avec une Escadre de son Armée
Navale, les Vaisseaux
qui lacompofoient portoienc
à la Prouë; à la Poupe & au
Pavillon la cette du Bucepha*
le,) & la figure d'un Griffon.
de la mcfmc manière que les
Rois & Princes des Wandales
les ont toujours porrées,
& que les Du:s de Mticck
bourg les portent encore au"
jourd'huy.
i
Je vous envoyé un Ouvra-
Ijc'dcMrl'Abbé deMaumcnet,
que vous sçavez avoir
remporté le Prix des Vers en'
plusieurs Academics. Cest
une preuve du talent qu'il a1
pour les bien tourner. Ceux-J
cy font adressez à un homme'
qui en peut juger parfaitement
bien, puis que l'on en
voit de temps en temps de sa
faCion,qUI font approuvez de
tout le monde. C'elt à Mr le
Prefidcnt deMontforan ,
Frere deM'B]3rruÙniïecFtTj G'Gâârîddic:
du Tresor Royal.La delicatefle
de son cfprit répond
a la pcnctration quil a pour
les affaires. Outre sa Charge
de Prcfidcnt en la Chambre
des Comptcs. il est Chef du
Conseil de Son Altesse Royale
Monficur ,& Conseiller honoraire
au Parlement de Pa.
ris.
EPISTRE. FAvory des nellfSæurJ, dont l'exi
cellentgénie
Connoi/î de leurs accords la parfaite
,
harmonie,
Et qui sçais dérober à tes Emploie
divers,
s Des montens confacrez* à l'amour des
f beaux Vers
>
Montforraen>nauojouurdv'heuilqlueeL'AnfiL , Je te viens par ces Vers renouveller
mon2ele.
Vlntereft*quifedwtJecceurdes Ctutrti/
ans,
N'a point, de son foison corrompue
mon encens; il estpur, &jamais mon coeur qui te
revere
N'offrit*h la vertu d'hommageplut
fineetc.
Maisquoy !t'offrirdesVers,quand
lesbiensde l'efirit
N'ont plusauxyeuxdesÇrands d'é-
Cldtnydecredit
Jgu'onnefiimtplus rien quetrain
dr qu'équipage,
guonsinge à s'enrihirplus qu'à devenirfage
,
Et quon croit trop payer lesplus Irih
Uns Ecrits,
s'tu en coûte unfcul mot,un clin d'oeil,
unfoâris !
ïTeft-ce point,si flaterdïun espoit
téméraire,
D'afpirejwpardeîrers à l'honneurde
le plaire
Et de croire qu'un Donsi méprisé des
GrJndl,
Teutparoifire 4 tesyeuxun Donplein
£Agrémens ?
Nonsansdoute. ChériduCiel, de la
For/line,
Von corur ne marche point dans le
foute commune; Upréfère à Céclat des fragiles grandeurs
U solide beauté du genie & des
moeurs.
rails elle, 4 ses dtjirs Chomme tot4-
joursen proye
Ne rejfentitjamais de véritablejoyel
Indigentaumilieude toussesvains
trefets
Iln'a de l'homme h'eureux que dé
pompeux dehors.
Mlj, qui contentdufort où le Ciel m"d
fait naistre,
Borne tous mes desirs à men rendre
le maistre
,- Je ne vais point du Riche,ennemy des
,
beaux Arts,
EfI servile Citent consulter les regards,
E"tdeses feux divins ladoffeMelpomene
Pour de lâches Mortels riechaujfci
point ma veine. i
Haispouf toj/t fuitranquille à l'ombre^
de tes bois
De milletendres airs fais refonntk
Emnois
>
I
Et Qui vangeant du fort l'infortuné
Titircy *
Fur l'objet deseschants&le Dieu desaLyre,
Tantque mesyeuxverrontlalumière
du jour
» Montforan,je fçauray ifgnaler mon
le amour. viens te lejuresettu nouvelle an- née,
Etside tes beauxans iJheurellfi défit- née Enmefuroit le cours au gré de mej souhaits,
Ainsi que ta candeurtu ne mourrois
jamais.
le c'est m.perjy^qUia traduit en Vers. '"nçois-hrt-fcgiogucj
de Virgile.
- J'ajoute deux Odes d'Hô^
race, que MrFayditdc Saint-
•
Bonnct a rcnducTcnnOlfic
Langue.
IMITATION DE L'ODE
d'Hordcc
3
atiicommence Mr,
Quantum distatab Inacho.
TElcphe,quetefertliquef
tous tesCoins
A chercher envain dans VHtJtoirt
Lc Prince qui regna Ie mains,
Ou celxj qui vecutleplus long-temps
en gloire ? -
Tourqitoy te fitiguerdemettreen t*
mmoire
Lencm de tINS Its JLois qui depüiJ
Inachus
Ont regné tour atourjufju'Atx An*
tmhus
Etle moindre ,JitltiJ-de leur moindrc
vicfoire?
Tu fais combien depuis Belus
Ont conic(sans jufqud Cyrus,
It tu peuxde nosjourspaffer pourlfi
merrutiUe.
fy consens; maisrépofJJ) combien
Vttllt la bouteiUe
De ce bon vinquo# vante tantf
Telephe, tu te tais! tu n'es qu'utt
innocent.
la plus belle science est deJfavotr
i
bien boire, Je ne fais du rcfle autun cat.
Se VdfJle plus Codrus ; &ß tuyeux
m'en croire, telte au feu tes ecrt'ts> & brule ton
Grimoire,
Et cowmenfonsnostre repAS.
CA , Laquais, quon nousserve> &
quechacun s'empreffc
A nOMS verser de ee bon win;
Carje sens que lafoismeprejfc,
Alions, Telepbe ,&beuvons plem
DecedivinjusdeU TrliUe.
Dans ces neuf verres que tuvoisM
C'est aux Mufes a qui je bois.
Vneflmbltlblt ardeurpourlesGracesm'eveille
?
Ajoútons-en encore trois..
C'tjl mrintenant que je veux
rtre.
Telephe, VAprendre ta Lyre,
Le vin &les chansonss'accordent toth*
jours hie".
f Ie bay les gens qui ne font rieH.
Maispourmieux celebrer la FeftcJ
De cesbouquets defleurs couronnonsX
nous latefc?I
Rions,cbantons,que dentschants
enLevvoiifeenuagxe retenttjfe ; Lycus de colere ttl
filise.
Amy, vivons toujours contcns,
Du vin &de tamourfaiflns nojlrc e, fartig
Des [evens vieillards negligeons lei
avis.
Lasagesse des Grccs est un sur badinage.
Qui boit le mieux est le plusf*gC
Vivons parmy les jeux, les flaprl , & les ris.
Profttons de la fteur de Vage
Anne toujours Chloe , j'aimtray GlJcerts.
14VTRE IMITATION
d'une autre Ode d'Horace, qui
coptmcnce paryOnata mccum
Confulc Manlio.
MEre des ris&AesquereUts*
bifpenfatricedu repos,
Source dejettx>aamours (louvel.
1e,
yicns, Bouteille, il est apropes.
Corvin pour ton dlJMX jus fill.
pirt.
Hdflc-toyJCobeir ases justes dejirs. -
Si de Caton en luy la vertu fOil admire,
11aimej gouter les fUtJirs;
Et cvnmc luy Ia bon vinmefait rire.
De tWfjfrvinNeffar viens assoupir
nos fats.
L*
14 venll sans ty ne peut pUirc.
Von lIQil souvent le plus severe
ycnir prendre en tonjus des pLiifiss
innocens. [ £eloquence;
Bacchus au plus grossier donne de
Au timide de L*affitran.ee.
Ce Dieufowvent au plus diferet,
Sans user dc contrainte, arrachc le
sestet.
11pent, qaattdil luy plaejl, dijjiper
1I4J tnfitjfcs i Il donneaux malbeurcux l'e}pojr,
LL elcve Ie pauvrc OH combIc des richtjfèsJ
RieN ne refifie a fin powvoir.
Vient, Bacchus,Awienc a /*?uiie
t
Les Ris, les Jtux
,
les Piaifirs&
l. ,;,"ìJCUr'.
PaJforsU null flusIt" conduitc,
Attendanttc retour
Du bd Afire4% iour.
Il ne faut qu'aimer veritablemenr
pour venir à bout de
tout ce qu'onveut. l£s entreprises
les plus difficiles que le
coeur conduit, font prefquc
toujourssuivies d'un succéss
heureux) & quelques obfia-,
cles qu'on y puisse rencontrer,
il y en a peu qu'on ne furrnente
avec le secours du
temps. Un Cavalier» né avec
de grands avantages du cofté
de la Fortune
>
puisque la
mort de sa Mcrc luy avoii
afTurédu moins quinze mill
<
livres de rente, outre le bien
que sonPere, qui eftoiç d'ailleurs
fort riche, luy dévoie
laisser, avoit cependant fujec
de se tenir malheareux
, par
l'avarice de ce mesme Pere
» qui devant joiiir de ce revenu
suivant la Couftumc de Normandie
a tant qffil ne fc remarieroit
pas5 ne luy en faifoit
qu'une fort legere parc.
Ainsi il auroit manqué de
beaucoup de choses,s'il n'cun:
pas eu un Amy qui c itant en
poffcflîon de deux belles Terresenufoit
pour luy sans nulle
rcfcivc. Le Cavalier n'en
abusoit pas pour ne point
incommodcr ion Amy il
moderoit le penchant qu'il
avoir pour la dépense,se contentant
de pouvoir foutnir à
celle qu'un honneste homme
qui est feur d'avoir du bien,
setrouve obligé de faire. L'étroite
amitif qui Funiffoit
avec cet Amy s'augmentoit
de jour en jour, & par les nouveaux
fccours qu'il en recevoir
, & par les sentimens de
reconnoissance qui portoient
jusqu'à l'excèsl'attachement
qu'il avoit pour luy. Il le
j voyoit fort [ouvent, & fis 1
fréquentés vifircs luy ayanc
donné un accès fou familierj
auprès desaMere, quieftoic
une Femme eftiméc de tout
le Inonde) & d'une vertu à
servirdexemple à toutesles
autres, il feplaifoit aussi à luy
rendre d'afltz grands devoirs.
Elle avoit cfié. fort belle
,
&
quoy qu'elle cuftplus de cinquantÂns,
elle auroit encore
paslé pourune jeune Pcrfonnc,
si son Fils quijcn avoir plus
de trente, n'eust fourny un
témoin contr'ellc pour prouver
son âge. Tous fcs foins
alloient à bien élever une Fille
qu'elle avoit,& en qui elle
youloit que la bonne éducationfuppléaft
par le mérité
au peu de bien que les Loix
de la Province où clic eftoic
néc>lisy pelmettoient d'efpcrcr.
Il estvray quesi la beauté
peut eftte comptée pour quelque
chose>elle efioit fort ru
che de ce collé. là,puis qu'elle
estoit née avec les Grâces*
& que les leçons qu'on luy
donnoit
»
& dont elle profitoit
avec beaucoup d'avantage
,la rendoient de plus en
plus une perfonneaccomplie.
Si douceur,son crpritaisé,
sisipie & naturel
»
& ses manières
toutes engageantes, fu^
tent des charmes ausquels le
Cavalier ne put resister. L'humeur
interefféc de son Pcrc
iuy faisoitconnoiftrc qu'il ne
i'accoinmoderoit pas d'une
Belle Fille donc la fortune
:fioit des plus médiocres
,
mais le plaisir de fatisfairc son
coeur l'emporta sur sa raison
)
&quand - la passion l'auroit
entraîné avec moins de violence
,
les extrêmesobligarions
qu'il avoit au Frcrc)rcmbloienc
demander ce qu'il
sentoit pour la Soeur. Flatté
des raisons qu'il fc donnoic à
luy-mesme pour autoriser
l'engagement qu'il prenoic>a
quel ques traverses que cet
amour le duft exposer, il crut
qu'il y alloïc de sa gloire de
ne le combattre pas, & qu'en
s'y abandonnant il remphfîoic
les devoirs de passait Amy. A
peine eut-il forme cedeiïein,
,qu'il le fit pa-fciitrc.aux-yeux:
dts Intdreffez. La Mette& la
"Fille s'èfl appcrceurent d'abordé
l'agrément avec le*
quel elles répondirent aux*,
premières marques qu'il leur.
en donna, l'enflamma de tellc
forte qu"il mit bientost son
secret dans les mains du Frerc^
Il n'eue pas de peine a cltrc
ccouté sur les inftanres pricrcs
qu'illuy fit
)
de mettre la chole
en état de rcüffir. La Mcre
& la Fille estoient toutes
disposées à luy accorder le
confentemenc qu'il deman-r
doit, mais ce qu'ily avoit de
plusimporcant >c'estoitd'obtenir
celuy de son Pere
*
qui
ayant esté instruit de Tes assi.
duitez dans cette maison,luy
ne de rades menaces s'il osoit
.penCcr au mariage. Le Cava.,
lur répondit qu'il ne dévoie
pas eftrc surpris qu'il vist souvent
un Amy qui l'obligeoit
en toutes rencontres)& que ne
pouvant fc difpenfçr de voir
quelquefoisfaMere&faSoeur,
il fc croiroit jndigne d'estre
néce qu'il cftoit s'il manquoic
d honnesteté pour l'une &
pour l'autre, mais qu'il bornoit
cette* hofinefteté à des
devoirs si indifferens
>
qu'on
n'avoit pas lieu de s'en alarmer,
outre qu'en l'cfiat où il
se trouvoit, il s'offriroit inutilement,
puis qu'il n'y avoir
personne qui le voulust accepter.
Son Pere luy dit, qu'il
le chargcoit volontiers de
son établiflcmcnt» mais qu'il
prist garde à ne le pas obliger
à des resolutions qui luy fcloient
defavantagetifesj qu'il
chcrcheroit un party qui luy
feroit faire uneagréable figure>
& que quand il verroit les
chofcs proportionnées à ce
qu'ilpouvoirpréten dre,illuy
remettroit le bien de sa Mère.
Cela fut dit d'un ton si impérieux
que le Cavalier vit bien
;qu'il falloit dissimuler, &attendre
un temps plus ravorable
pour voir si (on Pere ne - changcroit point de fentimens.
Il rendit compte de
-«rtoouure.iàà llaaBBeellleleà laquelle il
j' à
fit de nouveaux sermens dc!
mourir plustost que de rierv
souffrir qui nuifift à son amour.
Il voulut mcfme que
son Amy fust témoin de ces
protestations, & comme ils
estoient infcparables, ilavo,c
du moins le plaisir de luy parler
de la charmante personne
qu'il aimoit> quand il n'aboie
paas celuy de la voir. Il en eut liberté toutc entière,par un
longvoyage que fit son Pere
à Paris, pour une affaire qui
luy estoit d'une extrême consequence.
Il y demeura plus
de six mois) & pendant ce
temps, les deux Amans qui
fc voyoient à toute heure,
prirent l'un pour l'autre un si
fort attachemcnt. qu'il n'y
eut plus rien qui puft y donner
atteinte. Ils songerent à
tous les moyensqu'on pouvoit
imaginer, pour gagner
l'cfprudu Pere, qu'il y alloit
de leur intercll de ménager
1 puifquenon feulemeniil étoit
en droit de jouir jusqu'à sa
mort du revenu de tout le
.bien de foa Fils,mais qu'il
pouvoitluy faire grand tort,
touchant sa fucccifion,s'«il fc
tfianoit contre Ion gré. Cela
l'obligeoit à estre plus retend
dans la déclaration de fcsfci>j
timens, mais si cette contrainte
luy estoit fascheuse
,
il fc
trouva dans un embarras extraord
inaire,lors que son Pere
efiant revenui luy fit fçavoir
qu'ilavoit donné parole
pour luy )en le manant avec
une jeune Demoîfelie qui luy
apportoit cinquante mille
ecusell argent comptant, outre
ce qu'elle pouvoir encore
cfpcrer
,
lors que son Pere,
viendroit à mourir. Elle eftoic j
Fille d'un homme qui lavoit
fcrvy trcsrutilement dansion
affaire, &avec lequel il avoic
renouvelle une ancienne amitié
,
contractée par eux dans
leur jeunesse. Les Articles
eftoienc arrestez de bouche.
Il renonçoiten faveur du Ca*
Valier,à la joiiiflance du bien
de sa Mère
,
& s'obligeait
quand ilsjferoient mariezJà lesi
recevoir chez luy
,
sans qu'il
leur couftaft aucune chofc. Le
Cavalier étourdy du coup, fc
contenta de luy dirc froide.
ment , que l'union des esprits
estant necessaire dans le mariage,
il devoit apprehender
dç ne plaire pas à celle qu'il
avoit voulu luy choisir pour
Femme, lx.qu'il feroit mieux
qu'ils fc fussent vcus UR peu
de temps, pour fçavoir,-avant
que de rien conclure, s'ils fc
pouvoient affilier d'estre le
fait l'un de l'autre. Son Pcrc
luy ferma la bouche,en luy
disant yque sur le portrait
qu'il avoit fait de son cfprit
&de son humeur, la Demoifclle
cftoir fort contente, ÔC
que comme cliccftoir jolie &
fortaimable,il se tenoit fsur
qu'il ne le fcroic pas moins du
choix qu'il avoit fait'd'elle,
quainsi il falloir qu'ilse prejparaft
à terminer une affaire
quiluy devoir cftrc si avantageufe
,
& qu'ils partiroient
eafemblc un mois après pour
dégager sa promesse. Dans
quel defcfpoir le Cavalier ne
se vit-il pas rcduit par un ordre
si cruel? Il fut cent fois
tenté d'éclater, & de ne plus
cacher à son Pere
, que rien
au monde ne feroit capabtc de
le détacher de l'amour qu'il
avoit pris, mais dans la crain-
'te de facher ce qu'il aimoit,
il crut ne devoir rien faire que
de son contentement. Il alla
luv dire tout ce qu'il venoic
d'apprendreparut. à fer
yeux dans un état à faire pitiés
La Belle touchée de l'accabler
mentoùilefioit)ne pouvoir
se pardonner d'en cftre la cau-J
fc, & par un pur excès de cen-;
dresse »elle vouloit qu'il ac-j
ceptaft un party, qui dévoiej
luy faire une agreable fortune,
au lieu quelesfcntimens qu'il1
avois pourelle/s'il osoit les
foûc«nir, ne feroient que l'exposer
au ressentiment d'un
Pere
,
qui estant le Maistre de
son bien, le laifleroie toujours
malheureux. Il regarda ce
conseil comme un outragei
- V
qu'on faisoit à la confiancey
bz fc plaignit fortement de
l'indiffcrence de la Belle. La
Mcre & le Frere furent appeliez
pourregler leur démcfié)
& ayant appris rengagement
où son Perc l'avoit mis, ils fc
trouvèrent fort embarassez sur
les ressorts qu'il falloir faire
jouer pour parer ce coap. Le
Cavalier, à qui leursraifonnemens
paroissoient ne rien prai.
duire
,
prit sa resolution sans
j• balancer. Ce fut, si son Perc s*obftinoit à le vouloir contraindre
à partir, de fc dérÓl
ber de luy, & traller paflsi
quelque temps en Italie, pendant
quoy il employeroit ses
Amis pour luy faire entendre
qu'il fc refoudroit plûtost à
ne revenir jamais, qu'à se foumettre
à un mariage où il fcn.
tiroit son coeur opposé. Il fut
jugé à propos de ne confcntir
qual'extrémité à J'éloignement
dont il formoit le
dessèin; mais loin qu'il puft
reculer l'affaire quiTobligeoic
à le prendre
,
les nouvelles
qu'on rcceut furent un sujet
de l'avancer. Le Gentilhomme
qui luy promettoit sa Fille,
manda à sonPere, qu'il estoit
tout prest de faire le mariage
où il s'estoit. engagé, mais
qu'il ne vouloit point de retardement,
qy demeurer plus
longtemps dans l'incertitude,
parcequ'il s'offroit un homme
fort considerable pour qui on
le pressoit d'entrer en parole.
Le Pcre craignant qu'un patty
si riche ne
luy
échapaft,répondit
sur l'heure qu'il parloir
inceflammcnc, & en effet
il arrefta le jour du voyage,
mais ille fit inutilement, puis
que dés lendemain il fut furpris
d'une attaque de goure
fort violente, qui le prenoit
allez rarement, mais qui luy
duroit quelquefois deux mors
entiers. Le Cavalier ravi de
cet incident,cruteaencr beau- ,
coup en gagnantdu temps;
mais son Pere qu ne vouloic
point hazarder la chose
a envoya
chercher son Notaire*
qui dressaunaétc, par lequel
il donnoit un plein pouvoir
à son Fils pour fc marier, en
specifiant toutes les clauses
dont il estoit convenu avec
le Pere de la Dcmoifelle. II
accompagna cela d'une Lettre
qui portoit Texcufc de
son incommodité,&en donnant
le tout a son Fils,iliuy
ordonna de partir le jour fuivant,
Le Cavalier fort content
de faire (cul le voyage,alla
fairc Cesaditux)&ditàla Fille
devant sa Mere & son Frere,
qu'elle n'avoit rien à craindre,
puis quaffurément il se fcroit
refuser
J
quand il faudroit
pourcela deelarer l'amour qui
le rcndoic incapabled'enavoir
jamais pour aucune autre, &
qu'afin qu'il eust un conleil
llncere pour en trouver les
moyens, il croyoit que son
Amy voudroit bien l'accom.
pagner. Le Frcre y confcntic
avec joyc,&tout d'un- coupW
illuy tomba dans l'esprit un?
expédient auquel ils donner
rent tous les mains. On avoig»i
peint la Demoifcllc jolie>
cinquante mille écusqu'oni<j
luy donnoit en argent com-1
ptant accommodoient extré-H
mementTes affaires. Il proPO-6
sa d'aller lepoufer fous Ici
nom du Cavalier. La Lettre ]
& la procuration du Perej
xendoient la chose facile. Saj
naiflanee estoit des meilleu-•
rcs de la Province. Il avoit
plus de bien que le Cavalier,
à regarder feulementceluyj
dej
de sa Men:
,
dont son Pcrc
luyccdoit la joiiiflancc
,
& il
avoit l'cfprit si bien fait &
l'humeur si complaisante
> qu'il Cc tenoit feur, quand il
setois marié, de gagner assez
le Pcrc & la Fille, pour leur
pouvoir découvrir la trompctie.,
sans qu'ils eu fftntlieu
d'eneftre fâchez. LeCavalier
qui embralîa (on Amy cent
& cent fois dans le transport
de sa loye) le crut inspiré du
¡-Ciel. Il n'avoit enveue que le
plaisir d'cftrc dégagé de cette
.affairet & s'étant donné rendez-
vous sur le chemin, ils fc
rejoignirent au lieu marques
sans que l'on feeuft qu'ils alloientenfemblc.
LOJTqu'ils
furent arrivez, l'Amyfeuldu
Cavalier parut chez la Dcmoifelle.
Ils estoient tous deux de
la même taille, tous deux ea
perruque brune, & on ne pouvoit
avoir assez bien marque
les traits du Cavalier
) pour
craindre qu'on les trouvait
differensde ce qu'on avoit pu
dire. Ainsi son Amy passa ai-j
sè,ment pour 1luy,& i"1l eut d' ,
d'au-j
tant moins de peine à jouer ce
personnage, que la Lettre&
l^A&c dont il cftoit le porJ
ticur,lefaifbient paroistre ce
.qu'ilvouloir qu'on le cruÍt.
lift montra si galant, & attaqua
le coeur de la Dcmoifellc
par des manicres si vives & si
engageantes,que s'enestanc
fait aimcr d'abord, on serendit
avec beaucoup de plaisir
à lcmpreffcmcnt qu'il témoigna
de conclurre promptcmeat
le mariage.Il ht des
pretèns de Noces dont oneue
licudcftrc satisfait)&en pre-
,nant laqualitédeMary,il ne
quitta point celled'Amanr.
Le Pere du Cavalier ayanteu
nouvelles que son Fils estoit
marié,ne pouvoirassez Ioucf
sa soumission à ses volontez>
qui luy avoit fait sacrifier
une passion dont il avoit eu
sujet de craindre les fuittes.
Ce qu'il y eut de remarquable
dans le Cavalier)c'etf qu'apprenant
tous les jours par son
Amy,qu'il devenoie vrayment
amoureux,il ne voulut
voir la Demoiselle qu'après
qu'il l'eut épousée ; en 1core ne la vit il qua iEgtiifc
,
se rcfcrvant à luy allée;
faire compliment sur son
changement d'état, quand
fpnAmy aaroic trouve à praj
pos de fc découvrir pour ce
qu'ilestoit. Deux mois fc
paflercntdans tout l'agrément
que pcvt avoir le mariage le
mieux afforty
,
& pendanc ce
tempslcMarié fit paroître une
humeur siaccommodante, &
desqoaiiiez si peu communes,
que se voyant feur du coeur de
sa Femme, & de l'amitié de
son Beau pere >il crat que
pour se mettre à couvert de
ce qu'il avoit à craindre de
'quelques personnes qui le
connoiflbient >& que le hazard
luy avoit fait rencontrer,
il estoit tcmpsde leur deelarer
à l'un &à l'aurre la tromperie
qu'illeur avoit faite. Il tourna
la chofc si adroitement*
que leurayant parlé d'abord
de luy-même>comme d'une
pci fonnc étrangère, dontil
vouloit leur faire connoiftrc
le bien, la naissance
,
& tout
ce qui auroit pû le rendre dignc
d'obtenir fous son vray»j
nom , ce qui luy avoit eflcj
accorde fous celuy d'un au-j
tre , on luy pardonna sans
peine ce qu'il avoit fait en sa.
vcur de l'amour tendre te
ronflant que son Amy avoit
pour sa Soeur. On fouhaitta
de voir un Amant qui fça-
Voit si bien aimer
, & quoy
qu'on luy trouvait beaucoup
de mérite t on ne sur point
fâché de l'avoir perdu
,
puis
que la perteestoit reparée.d'une
manicrc si avantageufer
On luy prpmit) nonfculement
le secret entier auprés
de son Pcre, mais encore tous
les bonsoffices qu'on pourroit
luy rendre pour le faire consentir
a son mariage
J
quand
on luy auroit appris qu'il étoit
encore en état de le conclure.
Cependant par un incidenc
qu'>on n'11auroit jamais prefvI\u. ,
il n'eue pasbefoin de leur fez
cours. Son Pere qui le croyait
marié, & que la crainte de
perdre le revenu du bien de
ce Fils, s'il fc marioit luyménle)
ne recenoit plus, eue
envie de voir la belle pCIfonne
à qui il croyoit l'avoir dclobé.
Illa trouva tout à-fait
aimable, mais comme il ne la
put voir qu'il ne vit sa Merc
en même temps> il fut ttllcment
frappé de son mcritc)
qu'il fc resolut à l'époufer.
Elie convenoit assez à son age.
& avoit encore de grands
rçftes de beauté. D)aillcurs)j
:èUc: s'cftoit acquis une si grande
réputation par Con cfprit,
sa vertu,&sasagesse, qu'il
regarefoit cette affaire, comme
la chofc du monde qui
pouvoit le plus contribuer à
lay affeurcrune vie douce)&
dégagée de tous foins. Il fie
proposer ce mariage, & la Dame
qui comprit d'abord qu'il
pourroit faciliter celuy de sa
Fille, en écrivit sur l'heure à
son Fils, pour en avertir lo
, Cavalier. On tint conseil,&
rien ne parut plus avantageux.
Ce Mariage affeurant du bien
auCavalier
)
luy donnou
moyen de tenir parole a cè
qu'il aimoit
>
quand mcfmc
son Pcrc n'y voudroit pas
confcntir. On termina lacho.
se en fort peu de temps, &
elle ne fut pas si tost conclue,
que le Cavalier partit pour
aller felicitcr son Pere sur cette
alliance.Il en futreçu en Fils
dont il avoit tout sujet de fc
louera par son obeiflfanec
y
,
êc par Tintereft qu'il prenoit à
son bonheur. Ce fut pour cc
Fils un plaisir sensible de trouver
chcz luy l'aimable personne
qui pofTcdoit tout son
coeur,& deluypouvoir parler
presque à tous momens. Com.
me son mérité> qui se découvroit
tout entier de jour en
jour aux yeux de son Pere,
avoit faitsurluyde grandes
impressions
3
& que ramour
de son Fils luy paroissoit se
renouvellcr en la revoyanr,
il ne se put empêcher de dire
à sa Mere
,
foit pour la flateri,
foit qu'ille penfaft ainsi, que
s'il cust crû que sa Fille eust
estéaussi accomplie qu'il la.
trouvoit, malgré son peu de
fortune, il n'aurait eu nulle
repugnance à la recevoir pour
saBelle-Fille. Cetteoccasion
cftoit trop belle pour la laiflcr6^
échapcr. La Dame luyde-?
manda, si supposé que fon-
Fils devina enétatde difpofcf
de luy-mêmetelle pouvoic
sadurer qu'illuy laisseroit-i
epoufer sa Fille. Illuy protesta.j
avec un ferment si folcmnel ,i
qu'il n'y mettroit point ob*
ftacle, qu'elle crut devoir luy
découvrir tout ce qui s'eftoici
passé entre son Fils Ôc le fien.
Il en demeura surpris, & rê-r
va un peu de temps, mais
ayant fongé que quand ilfcroic
le difficile, il se broüilleroit
avec sa Femme
,
sans qu'il j
en jiraft aucun avantage, il
s'écria tout d'un coup >
qu'il
voyoit bien que les mariages
fc fuifoient au Ctel. Ainsi il
consentit de fort bonne grace
à celuy de son Fils avec la
vSellc, &-vous pouvez juger
de leur joyeaprès les traverfcs
que son opposition leuravoit
faiceffuycr.
Je ne vous diray point,
pour vous engager à lire l'Ouvrage
qui fuit, sur quelle ma*
tiercil aesté fait.vousdiray
feulement qu'il eftdcrillustre
Madame desHoulierer.,
-- "'ï -"- - .,. Pourriezvousaprès cela n'avoir
pas d'cmprcflémeotpouf
cccte lecture?- AMOSIEUR
LILEÉr rE-LXJLXIE&
-- -,
it
1DEs0uI.
JEnefçaurois m'enempêcher*
Il faut, Seigneur, que jevoùs
gronde.
Jevous cherche avec foin maisfty
beau vùus chercher
Je , ne jçaarois tous approcher3
j9~<? lors que r»ftre porte ouverte 4
toutlf monde
'Uemrjle avec les gens qu'on Aime dépefeber.*,
Quelque réflexion profonde
Quefajfe là.*de(fus mon ejprit alarme,
Je ne devine point sur qitoycela fc
fonde,
Mtjeriay pas accoutumé
Que dans lafoule onmeconfonde.
Si vous p:JuvleZ ffavoir les affligeansdifeours
..f<!!e me tient en secret le plus insurmontable,
Le plus dangereux de; amourst Vousferk^moins impraticable.
Vous esses etonm
,
Seigieur,
Mais cjuevoflre cfpritse rassure,
Jcriafpire pointaChonneur
D'aucune galante évanture.
L'amour dont je vous parle à luy~
mefmç efl borné»
Ilsaisi d'un peu d'encens toute si
nourriture.
La raison
,
laJagejp>e* vain font
condamné,
Avec nous cet amour tjl néy
Autant quenouscetamourdure.
C'eftun foible, il ejîvray , mais tout examiné, -
C'ejf un foible qxe la Nature
Aux plusgrands hommes a donné,
Terfonne nîejtassiz, PIlCtrt
pour avouer, comme je fais,
Tout ce que faitfoujfrirïamourprù*
pre en colere.
L'un dit, jenen aypoint> l'autre,je
nen ay gutre.
Si detelsdifeours ejfoient vrais,
Les Dames craindroient moins qu'oit
les vist négligées,
De n'avoir plUdorm)ftroiint moinÀ
aflfigées,
Ztn'emprunteraient jointdAttraits.
Les Amans, les Guerriers ne vontproientjoint
la tejîe
De leurbonnefortune,&de tous leurs
hautsfaits.
MtjfitNrs les beaux espritsseferoient
moins de frjleJ
Et quand,ce qu'ilsfont eflmauvais,
Ils fouffriroientdu moinsenfaix
^u'onfftde leur ouvrage une critique
honneste.
Mais que fais-je,& pourquoy dans
ma Lettre entasser
Bagatellesur bagatelle?
Seigneur, en la lisant vous font)en
Uspatfet,
Revenons à noflre querelle.
Comme vojtre bonté jointe a voftrc
pouvoir
J beaucoupdimportuns tous leslu"
vous expoJet
feut-efire crojc^vous queje ne veux,
vous voir,
jguc pour demanderquelquechofe*
En ce cas, ctjlbienfat d'avoirfit
porte close.
Dans un temps de befiins ri d'/1M.
haras tiffk>
Demandeur» quel quilJoitt dottefire
malreceu.
Mais, SeigllCM", un Portier, doit-il
efire barbare,
j^uand on vient pour remercier,
Et d'uncompliment aussi rare,
Doit-on fipeu.sisoucier ?
Ne dtmt'On pas a mentendre
Jgue le malheur du tempsfixe vojbç
bonté» 1
J$*t fourles mmx dautruy vous
devenez moins tendre,
Et tfuun remsrciment'doitfarsa rareté
Agnablementvous furprevdre?
Ah !Ji comme chacun ade difftrens
goufts,
Les rarctex*pouvaientvous flaire,
Ilfaudroitfourvousfattsfaire,
Vous faire voirdesgens qllisi flaU
gnent de vous.
Maisoù les rencontrer, quand chacun
vus honore,
J>)uand de tous cofiez, on n'en..
tend
Jt>ue des gens que l'excès de vos bon-
» u\,surprend,
J>)uisedifint,per/onne en vain ne
les implore,
Par tout il fait de coeurs une riche
moiffini
Et quoy qui'lserve bien, on ne voie
point encore
De malheureux de sa sason?
Que cet eloge eftgrAnd,Seigneur!
touteId gloire
^uau milieu desfangUns combats
Donne une célébré vtâoire,
A beaucoup prés ne le vaut pas.
D'un siprécieux caraUete
OnA vu 14 nAture Avare en tous les
temps, --
Et mesme dans le cour* des emplois
éclatans,
Un si beau naturel m se confervt
guere.
Cependant> moy qu'onneverra>
Ny juger brusquement d'une chose
j future,
Ny mettre volontiers mon bien a Cavanturea
1
Je gageraj ce qu'on voudtd,
.%me lors que de LOVIS
toutepure
Vous placera,Seigneur, augré de mes
Jauhaits»
L'abondance de ftsbitllfAils,
Vontleparfait mérité efi toujours
la mesure, - En vous ne corromprajamais
Ce qita mis de bon la nature 7
£t it x*Ç#eray ma rareure>
Eu*attendant cet heureux jour,
Ou par une conduite habile, jujle à"
fige)
Vous ramenerez ce bel âge
tûu le monde naissant, du bien &de
l'amour --
Fdifoit un innocent usage,
D,nlltZ ordre) Seigneur
>
qu'on ne
me diseplus
,
- Ce qu'en saceouturnea me dire]]
Souffrez, que faille enfin dans v
momensperdus j
pf/Ajflr vojîre ejprit de tout Vennui
qu'attire I
Unpénible travail&desfoins a[j'h dus•, -àmsyfeule«
Je nemenfiemypointàmoy filllt'
drjepense-i
,J~g_ua4vveecc mmOoyJ jJet vous lmlJeelnleeYraIIyJ
Desgens de vostre conuoiJJajtie, si
Horace, Virgile, Terences
Et peut-efîre avec eux je vous antH*
efray.
!t
Je vous ay parlé si fouvenc
de Madame deSaliez, ViguiN
rc d'Alby ,iSTlcsOuvrages,
que je vous ay envoyez de raj
façon vousont donné une si'
à
pfte cftitnc pour elle, que je
le fçaurois douter que vous
D'cntriez avec plaisir dans le
'ujfc de joye quelle a eu
icpuis peu de jours, par le
mariage deMrdeSaliez^ son
Fils, qui épousa MademoirdleduJJyj^
Je 15. du mois
pasle.Les Anceftrcs de cette
pemoifclle, qui est jeune,
belle
,
riche, & d'une noble
Famille, ont cfié longtemps
Seigneurs d'une petite Ville
qui fert de Fauxbourg a un
collé de celle d'Ably, où
ils vivoient avec éclat.Son
Ayeul, Simon du Puy
,
fut
tuuér en commandantltaa ÇC;aarrddee
Bourgcoifc en une sortie, dii
temps de la Ligue. Son Grande
perc, Hiciômc du Puy, miï
sur pied une Compagnied'ln,
fanteric
>
entretenue par le
Pays d'Albigeois.Ilsesignala
à la prise de Britexte. & au
Combat de Tillet, & yayant
perdu un oeil & un doigt, il
fut couché sur l'Etat des Capitaines-
Gentilshommes et
tropicz,avec six cens livres de
pension. Antoine duPuy,
Pcre de cette belle Mariée,
vit encore. Il fut huit ans
Mousquetaire du feu Roy
Louis XIII. & servit en-1
fuite
fuite: plpficursannées en
Flandre&en Picard ie. Q^ant aMrdeSaliez deFftoyicjjlc,
il efl:(TuneFamillediftinguée
par un caraacre fingulier
de probité & d'honneur.
La Charge de Viguier d'Alby
& Pays d'Albigeois, qui
s,'exerce avec 1e-pcJc:, l1. a elle
plus d'un siecle danscette
Famille.Pierre deFonvieille,
qui en suc acqucrcur en 1571.
l'ayant perdue par la more
,d'un d-e fcs FiU, auquel ill'avoic
resignée,elle luy suc
donnée patïcRoy Louis XIII.
& les Lettres patentes porcent,
que c'cft en récompenfc
des fcrviccs qu'il avoit rendus
à cinqRoisPredeceflcurs dcce
Monarque,à commencer par
Henry II. Antoine deFoiir
vieille,^dej^ffeus, Viguier y, mourut au Siege de
Montauban. Il avoit eu le
bonheur de gagner auCom-j
bac de Fauch en Albigeois
le premier Erendart qui fut
pris sur les Religionn'airesl'
Il reccut une chaîne d'or. daj
Roy Louis XIII. avec sa Medaille)
ôc depuis ce
tempsJà,
le Lion que cette Famille por-'
ttooiittddaannss sesarmes»accfftàlàccoostécsi
l'une chaîne d'or,& tient un
Drapeau de Sinople. Jeande
Fonvieille>troisiéme Viguier
i'Alby
,
Ca-itainedinfanterie
»
se signala dans plusieurs
nccafions* comme on peut
le voir dans l'Histoire du Ba.
tondeChabans, dde laguerre
-
la cucrre
des HuguenotS, qui fait une
glorieuiclmention de luy.
Antoine de FjQjavkiHc
, quatrième
Viguicr d'Alby
,
fut
- Cornette de Cavalcrie
, puis
commanda la Compagnie
d'Ordonnance de Mr le Corn-
:c de Bristol, General des ArtneeTdcSaMaicflé,
après luy
avoir fcrvy d'Aide de Camp;
par Brevet de Sa Majore:
dans l'Armée d'Italie. Il mou-
.rut à Paris en 1672.. & laiflaa
Madame de Salicz trois Garçons.
L'Aîné qui vient d'é.
poufer Mademoifclle duPstn
a fcrvy cinq ans dans la Ma.
rine.
Voicy des Vers qui onj
cfté faits sur ce Mariage. :; v J EniZ, Tlaijirs,venez, dans c
heureux moment,
Yentz régner tranquillement
Dms ces coeurs que le
C'telajfembk
Etce queL'on voit rarement, j
jtmour,&*Jtus
, Hymen tfoyez* toh
joursenfcmble.
faites goûter à ces jeunes Epoux
Tout ce que vous avez, defensible &
de doux.
Jgjée leursardeursjôientmllJutUef.
Vives, égales, éternelles.
Fr/veluz leurs' foins & hurs
-
voeux;
Entretenez, leurs desîrs amoureux;
Faites que vos douceurs leurfiient
toujoursnouvelles,
- Et que dans leurs plus doux mômens)
Ussoient longtemps Epoux sans eif-
Cer d'eflre Amans.
îur les rives du TarfAmour &
t rHymenée,
Ont rajjcmblé les Jeux> lesRisles
Plaijirs.
l'Union laplus douce& la plutftr*
t 1 tunée,
De deux Amans paffûts va Cûmblei
Itsdejîrs.
Le Bergerefi charmant, UBergereefi
sibelle,
.f<!!e les mjip tendres coeurs ont
soupiré pour tUe;
Mais son choix t(lsibeau, qu'il fait
dire auxJaloux
Quelle , a garde son coeur pour leflu
digne Epçux.
C/tjl le Fils de saphoa cette Nymphe^
immortelle,
Fameuse par ses Vers avoù'eT^ ilAl
pollon.
Elle forma sa voix dans le sacri
,
vallon,
Aujourd'hu) ses Chanfonsyfervent
de modelle-
Elle a seeuménager cet Hymen plein
d'appas )
On dit qu'à le chmter le Hwnajfs
lSapprtjle.
Si SApho ne le chante pas ,
- .,
Il manquera par U quelque chose à
r la Ft/If.
-
Madame dcjjjjaliçfc, qui n'cft
pasmoins estimée par les foins
qu'ellea pris de sa Fami Hc,quc:
par fcs Ouvrages en Vers &
en Prosey qui luy ont fait
mériter une place dans l'Academie
des Riconsrati de Padouë,
a fait ce qui fuit sur ce
jnêiTK Mariage.
pans cejourfortunequi mejlJl pré.
cieux,
Oferayj-e chanter ragreableHymenée
pe deux Amans faveriftz des
Cieux,
ON lamain du Seigneur grava leUr
dessinée?
D'lin Fils qui m'efl plus cher que la
clartédu jour,
AujourdîhuycouronnéparCHymen*
par CAmourt
Je vante feulement la passion ex-
A treme,
EtchantelesappasdelaBeautéqu'il
aime.
On voit en la voyant cent venus À
la sois-
EUe est bQnnet douce,prudente,
Et l'on voit éclater cette douceur
charmante
Vans sesyeux ,
dans ses airs, dans
leJon desa voix.
J£jte j'aime en eux ces rares jjmpatics
Far qui l'on voit les ames Asfir.
lies,
J Ht cette heurcufe égalité
D'âge, de moeurs >
de caraffcres,
Jjhti des dmans & tendres dr fin- Jceres yijfeurentla
félicité!
[ Sur cette union f&rtunée.
Seigneur,daignez, verser de durables
fiveurj.
c'ejl tout ce que je veux; cette fente
journée
Me dédommage enfin de vingt ans
r-
!
de malheurs.
k
R
*
r Jevous envoye une Medaille
qui a este frapécpour raPrîTedePhilisboùrgCe
lapremicrc Conqueste que le
Roy ait faite après avoir découvert
ce qui avoit esté rcrolu
contre fcs Etats a la
Ligue d'Aufbourg. Les Alliez
ne dévoient faire agir leurs
Troupes que quand le Prince
d'Orange se feroit rendu
Maistre de l'Angleterre. Le
Roy ne jugea pas à propos
d'attendre quel'orage fondift
pour chercher à s'en mettre àcouvert, '& ce Prince qui
n'avoit commencé à se pré- 1
parer que long-temps aprésJ
fcs Ennemis, mit fcs Troupes.
en Campagne avant eux, donc j
ils furent aussî chagrins que j
surpris. Ils n'ont pu Iuypar-:
donner l'extrême diligence
qu'il fit.en cette occasion
»
Se
lés Conseils que sa prudence
luy suggera, de forte que le
dépit leur a toujours fait
dire depuis ce temps-là que
ce MonarqueestoitTagret»
feur
,
quoy qu'il n'eust fait
autre chore que d'aller au devantdu
coup pour le parer.
La Médaillé que. je vous
envoyé frapée à l'occasion
de cette Conqucftc) dit beaucoup
en un fcul mot.
;.
L'on a depuis peu mis au
jour une Echelle Géographique,
dressee par Mr FarrotJ
Ingcnieur & GcograpTièTdu
Roy, Ouvrage trèsutile &,
ttesnçccÛkiic
, tant aux Ossi.
ciersGénéraux & Subalternes/
qu'aux autres personnes fçavances.
Ceux mêmes qui n'ont
aucune conjioiflancc de la
Geogiaphic>peuvent y voir
d'un coup d'oeil & sans compas
la distance qu'il y a de
l'une à l'autre des principales
Villes & Forteresses ,où est
prefemement le Thcâtrc de
la guerre , en commençant
par les Costes de Provence,
la Savoye , le Piémont, les
Frontières de Dauphiné, la
Suiflc> les Gouvernemens de
^Franche-Comté, de Lorraine,
d'Alsace, les EleCtorats du
,
Palatinat, de Mayence, de
r Treves & de Cologne, le
: Pays de Liege
à
la Flandre
Françoifc,lesPays Bas Etpa.
gnols & Hollandois, jufqu'aux
Coftcs de Normandie,
L'on y voit aussi d'une manicre
fort intelligible & tresi
breveune description GeoigVrailplhesiq
»uiuer de chacune de ces
quelles Rivières (;,(.
,
dans quels Pays elles fonr si.*
tuées, & particulièrement de
quelle forcéesdequelle lm,,
> portance elles peuvent cftrç.
Cette Echelle Géographique
(c vend à Paris chezl'Auteur,
logé chez leSrAuvray
,
Marchand
Bonnetier ,ruè S. Honoré
, aux Armes de France,
vis-à-vis le Grand Conseils
Le Roy voulant faire des
Infpeacurs Généraux des
Troupes de Marine, afin que
les Compagnies franches
soient encore plus belles, &
mieux disciplinées que par le
passé,a choisi, pour remplir
ces portes> des Ofifciers Majors
& Capitaines des Regimens
d'Infanterie, Leur fonction
doit cftre de faire faire
.- - - -- _-0 - -:.-.J
fouvenc la reveuë aux Compagnies
Franches, de leur apprendre
l'exercice des Troupes
de terre, & de garder une
gradecxaéXicudc, afin qu'elles
soient toujours en bon ord re.
Sa Majesté les a nommez au
nombre de trois, & leur a
donne rang de Capitaines de
Vaiflcaux. Ces trois Infpccteurs
font, Mr deChaulncs,
du départemente Rochefort.
Ii cftoic depuis un an
AideMajor de Marine) &
avoit esté auparavant Capiraine
& Aide-Major du Regiilncat
de Vdubccourt. M' de
- .-.-. t-- -.::-' -,-. -- .--':-
la Joncquierc, du Départi
ment de Toulon, çy-devari
Major,& Capitaine du R
gimencdcSoiflbnnôisj &Ni
- de Sorelle, du Departemenl
de Bccft, ey-devant Capitaine
& Aide Major du Regimeg
de Navar¡c. Ces Emploi
estant de difiinétion, i e
aisé de juger que Sa Majcfti
n'a voulu les confier qu'à dd
Officiersquientendiflerit par
faitement rInfantcric, & qui
fussentaussi vigilans qu'acl
tifs. j
Mr du Vignau, d'une vai
leur diliwguéc(il suffitdi
lepremierdansValcncienaeç
lors que la Place futfurpnfe.
Mrdela.m.otte,qui eftoic En..
iêtoujours doublement>par
a- manière dont il fait des
,r.erens , lodonna à M' de
Boutempspour son Fils,quelles
heures avant qu'il parité
pour venirà Parisassister
sson mariage. Jevous dis le
mois paffe qu'il avoir épousé
MadcrtooifcJle !e Vaflcur. C'cftoit
une agréable nouvelle à
porter pour un homme
,
qui
[l'a' jamais pris plaisir qu'à en
ionner de bonnes.
f
Mr deloflap-ge,FilsdeM'de
Loftange, Lieutenant des Gardeïctu
Corps qui fut tué malhcurcufcment
pendant le SicgedcMons,
a cpoulcMademoiselle
le Clerc dcJUçflfev^llc,
Ces Familles fo, n- --t.- si co-n--n.ue
dans l^Epéc& dans la Robe,
qu'il n'cit pas besoin d'en rien
dire davantage.
Le 14. du mois derniér)Ma.
dcmoifelle le Ftvrc de Cgumartinépousa
Mtiliie Marc-
Renédc-Yoyerde Paumi
Seigneurd'Argcnfoncnlou-,
rainc. ElleeltSoeur deMessire
Lotis-Urbain le Fcvrc de Cauniartin
,ConfeillcrcTÊrat &
Intendant des Finances, &
fccondeFille de feu Mcffirc
JLouïs-François le FcvlC de
cfaumartin,Confcillcr d'Etat
orHTnairc,mort en 1687. &
ic DameCatherine-Madelenc
de Vcrtamon
,
sa fccondc
Femme. Feu M1de Caumartin
eftoitFils uniquedeLoiiis
le,Seigneur
de Boissi
)
fucceffivement
Confcillcr au Grand
ConseiljMaiftre desRequestes
Presidenc des Requeltes du
Palais,&Coi)[cillci d'Etat ordinaire,
mort l'an 1614. ca
pliant Arnbalïadeur à Venifc,
&de Madclene de Choisi ; &
Petit-filsde LoiiisIcFévrcdc
Oumaitin,Seigneur de Boiflî>
& Baron de S. Port, Gardé
des Sceaux de France, mort
le ii. deJanvier de Tan 1623.
Dame Jeanne-Baptiste le FévredeCaumartin^
Soeufaînée"
deMadamed'Argenson, est
morte de la peti*t- -eve» role,le f.
de ce mois. Elle avoit este
mariée le p. de Janvier de l'an
J6yO avec MeflireBartelcmy
deMafcuaniSeigneur de la
Verricre» Maistre des Requefies)&
elle n'a laisse qu'une
Fille.
Dame Geneviève delaBarrree.,
VVeeuuvvee de MeffircJJaJccqquuees!
leFévre de Caumaitjn, Baron
de S. Port, & Scigncui de
Cailli JConfcilleId'Etatordinairc..&
Ambassadeur en
$uiflç>morceni668. est morte
le 15. du mois paflfé, âgée
de quatre vingt fcptanst Feu
Mr deS.PortfbnMary,efloit..
le croifïémc Fils de Mr le
Garde des Sceaux de Caumartin
, & Madame de S. Porc
eftoic Filled'Adam de la Barre,
Baron deNoyai*,&Seigneur
de la Baufferaïe>Prcfi-
,dent des Requestes.
S Mcffire Henry leJFcyiejJç
Caumartin de S. Port) Abbé
de"S.Quentin en l'isle,cft
mort sur la fin du dernier
mois. Il (fioit le fécond Fils
de Jacquesle. Févrcde Caumartin?
Baron de Saint Fort)'
& de Geneviève de laBarre.
de Dame Geneviève le Fevrc
de Caumartin, Soeur de feu
Mrl'Abbéde S.Po^', & de
Madame deHémoDt. j
M1 d*Argenlon, que je vous
ay dit avoir epouse Mademoiselle
de Caumartm ,
cft
d'une Mnfon des pfus nobles
fc des plus anciennes de la
Province de Touraine. Un
titre deFAbbaye de Bcaugctais,
apprend qu'Agate)Flmmed'Eitienne
deyo^er,Seigneurde
Paumi,donnal'an
1*45 une renteàcette Fgllfc,
Irfin quelle y fust cDterrée, &
le Sceau quineftd à cet âdc
rcprcfcntc deux Léopardsqui
font l'un sur l'autre.Cette
D^mc^cftoitFillede Roberr,
Seigneur de Beauvau en An.
jou , qui mourut ean 1227.
Pierre de Voyer, Seigneur de
Paumi, fut un des Seigneurs
de la Province de Touraine 9-
qui accompagnèrentCharleà
de France, Comte d'AnjouJ
Frerc du Roy S. Louis, lors
que ce Prince alla-à la conqueste
de NJples, dontil avait'
cité couronné Roy àRomc^
en 1166. Guillaume dc..Yoy**y
son Fils, Seigneur de^Paumiï
fit une allwncc- ,quiT; prouve^
»,f f » »n
bien en quelleconsideration
eftoiem alors sa Maison & sa
Pc:rfonne" puis qu'il épousa
Philippede Laval, Fille de
Gui VIIlrSîrclfcLayal^ de
"Vitré')& de Jeanne de Brienne
/laquelleestoitPetiteTîîîe
d"ëJ::an: de Brierme» Roy de
*Jerusalem"TT"Empereur de
Conttaritinople
,
& de Bererigerc
de^CattUlg. sa fcconde
Femtfre, Soeur de Blanche de
Cattilie, Mere de Saint Louis.
Jcàn^c^Vçyçr^ Seigneur de
Paaurnii^ Chevalier de 1 Ordre, de Tôuraine., qui
estoie forti au Centièmedegjé
de PhilippeJe Laval> fervit
avec tant de fidclicé, dhabileté
, & de valeur, les Rois
FrançoisI.Henry Il. & Charles
1 X. & dans les guerres
qu'ils eurent à soutenir
>
&
dans les Emplois qu'ils luy
confièrent
J que l'on fit sur
luy ce Distique Latin qui comprend
en peu de motsion Elogc.
- Duxi Legatusi Eques >fudi
fociavit, àdauxita
Hopes,HtfpanosiTitulos,
foedcrc»fama. »v
Il fut marié en 1538. avec
Jeanne Gud&ur
)
Ç)a|gCL
C– –- .- -. -–ta'-. -
ÏArgcnfoni & de la Roche.-
deGenesenAnjou$& ce fut
en confidcration de la nobletrc
de sa race »que le Roy
Charles IX. érigea en 1569.
cetteTcrre en Vicomte. Entre
les Enfansquiilaissa,& qui
furent René
>
& Pierre de
Voyer, René dc-V oyer, rainé»
.-Vicomtede Paumi,Bailly &
Gouverneur de
- Touraine,
rcpoufa Cfaude Turpin de
Criffé & c'cft de ce Mariage
>qu'cftoit iffn Armand de
Voyer> Marquis dePaumi, --f--iué en i6j$. au Combatde
Scncf.Picr[c deVoyer,
SeigneurdArgcnlon,&Bauly
de Tourainc, fecond Fil£ de
Jean dç JS£QJej-,& de Jeapnc
GueÉÊiUt, ayantépousé liabelle
Huraut>jsliece dePhi.
lippeHuraLut3CoiïKcdcjChU
^UQijChancelier de., France,
cette alliance l'engagea à faire
élever dans les Lertres René
de Voyer,son Fils ainé.
C'cft pourquoy après qu'il
eut exercé quelque temps la
Charge de Confcillcr au Parlement
, le Roy le pourvût
de celle de Maistre des Requestes>&
luy donna fucceffivement
les Intendances d'Anvcrgncy
de Roufrillot de
Catalogne, dePiedmont, àc
de Guicnne.il fut fait enfuitc
ConCcjllerd'Etat,& il moulut
l'an i<?5i. à Vcmfc;cùit
clioit Ambassadeur. Il avoic
épousé Hélène de la Font) &
il laissa de ce mariage René
de Voyer, Louis de;.-YQ¡.eIJ
.Abbé de Bcauhcu en Tourai-
.laine, & Doyen de PEglifc
de S. Germain l'Auxerrois,
Pierre de Vo££r,Vicomte
dlA£gc|i(£u^&BaillydeTourainc9
om a cHé longremps
Lieutenant General pour le
Roy au Gouvernement de la
nouvelle Francey JacquescW
Voyer* Prieur de Nau»rÀl>!
bé, & de S. Nicolasrde Poitiers
»& MadelenedeVoyer >
Femme, de J:an!dc*Bernaeet
mort Doyen du Grand Confcil,&
Pcrc de Mr deBernai
à present MaiftredesRcquefics.
René deVyoyer> CorQtç lc-r d AxgoxCaa-yMaiitre des Requcitcs,
Intendant de Saimonge
& du P"ysdtAunisJ& Ambatfadeurà
Venise,seconduifit,
de mesme que son Pere
avec tant de prudence aupfés
decette Republique ,que lors
qu'il revint en France enidfl.
îcSénat crut qu'il ne pouvoit
mieux, honorer leur Miniiierc
, qu'en leur accordant, te
à leur posterite
»
la pcrmififon
deporter le Lion de S. Marc
sur le tout de leurs Armes.
Mr d'Argentanle Pere vit
cncore~âvec Marguerite Hou*
1hwe*r sa FFcemmmmee) qu'ilepoufo
en i£jo. Filleunique dtHclic
Houhcr, Seigneur de laPoyadc,
ffiurcnant General<TA1P~
goûlcme, &il aeu de ce mariage
Mr d'Argejnlbn
,
qui
vient d'tpoufcr Mademoifellc
dcCaiinunm; deux aures Fils»
dont run estPrieur de Saint
- -. --
Nicolas de Poitiers>& l'autre
cft mortChevalier de MàlteJ\
& une Fille qui est mariée en
Touraine. Les Armes de la
Maifonde Voyer^fontd'azur
À deuxLéopards d'or,couronnez.
de- mtfme, e pofe7,, "un sur
L'aNtre) écarteic Jta'tgent à une
face de fablejqui efide Guejfaut
d''A*gtnfon.
L'Abbaye de S. Quentin en
rm., qui citait depuis pluficuïslicclcs
dans la Famille
de MiS de Caummin , cftanr
demcuréevacantc-pâf la mort
de M' l'Abbé de CaumartinJ
dont je viens de vous parler4
i
le Roy l'a donnée à Mr l'Ab.:
bé Çigngpu.Ccft a flez de vous
le nommer pour vous faire
entendre qu'il cft d'une Fa-w
mille * où le vray mérite sans
faflc
,
la sagesse, la probité) la
bontéJ &la profondeérudition
se rencontrent. Toutes
ces choses font si généralement
reconnues, que vous
demeurerez aisement d'accord
que le Publicn'aqu'une
voix là dcflùs.Cet Abbé,quoy
qu'encore fort jeune, a <;ouc
ce qu'on peut louhaiter dans
une personne qui ne s'étudie
qu'à réunir tant de belles quiliiez
cnfemble.Il a beaucoup)
d'érudition,&a déja prcfchâ
un Aucnc devant le Roy S
Vcrfaillcs. Vous n'avc.z pa4
oublié combien il s'attira
d'àpplaudiffcmens le pur dç
S. Louis dernier, par le beâj
,\ Sermon qu'il fit dans la Cha
pelle du Louvre, devant
-
de l'Academie Françoise.Il&
la direction dé fAcademiè.
des Sciences > à quôy il s'ap-^
-•* plique, ainsi qu'à ce qui reij
garde une partie des beaux
Arts dont il a lefoin. Je vous
ay parlé tant de fois deMâ
Famille de Mr,Bignon,quejci
ne vous endiray rien aujoue*
d'huy. Ce jeune Abbé cft fils
de McBignon^çy-dcvanp Avocat
General auPailemcnt de
Paris,&, prefcntcmentConfeil-
1er d'Etat ordinaire. Feu Madame
Bignon, sa Mere, eftoic
Ce Vaisseau cflantarrivé » lé
Dey en envoya chercher H
Capitaine dans la rcfolutioi
de le faire mourir, mais il al' eguapours'exeufer,que for
1 egua pour s.rxcu[(Lf, que for
équipage, & Ces Soldars la*
voient forcé de se retirer> d
qui ayant esté certifié, le Dej
secontenta de le bannir avec
vingt-cinq ou trente Turcs
Lors que la nouvelle de la prise
i de ces deux Vaiflfeaux fut re
- pandue dans la Ville*, toutft
les Femmes crierent dans lei
luës. l'une demandant for
! Mary, l'autre son Pcre
,
jï
l'autre son Frere) ce qui obI,
gea le Capitaine à demeurer
dans son Vaiflcau, n'ofanc
paroistre dans la Ville. Le
Dey envoya quérir le ContuLde
la Nation Fiançoifc
qui efioit retenu depuis la
rupture de la Paixayee les
Tripolins
, & luy dit quil
efloitlibre ,qu'il pouvoir
aller partout où il luy plairoit)
Yhefme en France, à quoy le
Consul répondit,a quil demeureroit
â Tripoly en attendant
(es ordresdu Roy son tJiïdaiflre
sans lesquels il ne potrvoit qutt-
Idlrrsorn pofle* SileDéy en a. btene. cç-n'a pascfté"
feulement à cause de la ter.
reur que les' François on
i
capfée: à tous ceux de cetti
Nation depuis la prise dc
deux VaisseauxTripolinsJ
maisaussi à la follicuanon du,
D*y d'Alger, qui n'a
pqint¡
cesse de parler pour ce Con
fui, &qui a it conr it - faitconnoUtrc^
aux Tripotins la necefficé ou
ils estoient defaire la Pai
avec la France. LeDey d
Tripoly hiy enayant dcmaal".
dé les moyens, celuy-cy luyj
a imndé que le plus feur é
toit de s'adresser direâementj
à Sa MajettcTrcsvCloiçfticpri
'net- Une Lettre du melme
lieu, arrivée à Marfeillc quelques
jours après celle qui contient
ces nouvelles, porte que
le Capitaine de Tripoly donc
çn a parlé aeulatessecoupée.
* Vous me demandez des
Nouvelles du granddc'm^lé
qui estejatre lesAuteurs qui
prennent le party des Anciens
&ccluy des Modernes. Je ne
vous en diray rien.,sinon que
çe déméLç dure toujours, &
fcjue l'on voit force Epigranv
mes de partôc d'autre. Si je
vous-en disois davantage, chacun
interprétant à samanière
çc<juc,jc diroisJoutiçndrou
quejeferoispour lesunsQU
pour lesautres, comme on a
déjàfait lors quej'ay parlé
du Livre de.Mt Pe£iau4t.'Cepend.
1ant je n'ayj&.-aa*is cir dçC
fein deme dçclarcrt &,meline
je nele day pasfAirc dans la
sïtuation oùjo-mè tfouve, qui
ne me permet aurre chofc, que
de rapporter tout cequise paffc
finsfaife paroiftçemes fehtimens.
J'aurois à tous momens
à juger, &il fèinbIeroic¡
que jem'attribuerais un droit
ded:cides> auqueljene pre
tens point. Il estvray quejq
mets quelquefois dans mes
Lettres des Dissertations con-
- tre quelques Ouvrages t mais
outreqne cc n'cft point moy
qui parle
, le champ est ou- vertsàceux qui veulent faire ,ceux qui veulent rraife
desreponfest, &ilm'estfou- vejnt arri.v,é qu'aprè1s avoir
misdans unmoisune Differtation
contre l'un de cesOavragesyjcvousay
fait voir unc Réponfc
le mois suivant. Je nen
puis donner une preuve plus
r
certaine quetv vous envoyant
presentement l'Ouvrage qui
iuic* POÚ¡;, réponfc à ce que *vousav^ealeudans* ma Lettre
de Javier, touchant la B~
guettedeLjosL --,i
t- ;Il 1-.-Z.
t *, K
* * v 4 Ous meiemande^M^n^
ficHfjquel efl monfentiment
fut lc&Lcttr&>qmfonldUfa
le JMenure deJanvier
>
.:(IJ qui
attribuent a opération du Démon
les effets de la 'Baguette, Je
vous vais dire en peu de mots
- .t-ce que illl pense ~p'eyt i& *,
vous faire voir>qu'encore Itit
ces Lettres renferment tout ce qui
se peut dire de plut fpcçjeux>
toutefois la dteifion pelles an*
tiennent n'a pas unfondement
solide ; car lors que pour fn*
iuvreun effet on employé une
-cau{t quia la îffct Cm la vertu
naturelle dele produire
,
l'effet
riesi pat fuperflitieux
> & ne
,rvient point d'un paéle avec le
Démon j pourvâ que d'ailleurs
onn%ditpa$jointà la causequelque
citconflancevaine Û inutile.
Ceux,parexemple,qui pour
seguérirde la morsured'unChien
tnrage ,disent, hax, pax)max;
teux qui pour faire tomber les
poireaux leur disent au matin
> bonsoir, gr le foir> bonjour j
font des aélienSveriiablëment
rfoulpetsrflititllft5, parce quecespaqu'ils
emploientpour CAUftS;
n'ont nulleefficace à l'égard dî
Fejfct; & si quelqu'unpour si
guérir de la fièvre si servoit Je
quelques herbes
, par la raison
que ces herbes autoientesiecueik
liesàieun (pnon après 'dvtii
Mdngi YIyatieroiit de lafuperfli-
.,ion à cause de la circonfiance
vaine. Mais enfin, s'il nyA
soins deces fortes de circonfian"
ces, ei que la cause naturelle
qu'onemployé aitU vertude
produirel'effet'»ilriefi point fuperflitieux.
C'efi la Doêîrine de S Thomas
dAnsfaJccondtpcondeJquejf.
?6*4rt, i. 0* art. 2. Je rapporlei
ray feuhmept ce qu'il dit dans
l'trt.i,en réponddant a li''ojbr.jeçrion
qu'il s'efioit proposee.Ilfib
que si .l'on appliqueifmplemcnt
des cayjesnaturelles pour laprodufhon
des effets que l'on croit
que ces causes peuvent produjr^
naturellement
à
il ny a en cela
aucune fuperfiition ny riend'illicite
; mais quesil'on ajoute queljquesCAta£
lcie$yquelquesparoles>
OH^uejguesautres observances,
tellesi>qui'l [oit ¡:anifrJqe quelles
n'ont en foy aucune force eu
vertu pour l'effetqu'on attend
)
en ce cat-là il y a fuperfiition
) bien entendutoutefois que ces
J'gnts ne fotent pas des [ttntt
inftitut'{ par J. C. ou par son
Egtife.- Tous les autres Theologiens
conviennent avec S. ThomM
de cette 'Doilrine. J
Or suivant cette regle
)
Il ny
a rien de superstitieux ou mA-i
gique dans les experiences qu'on
Hit quefaitAymar, car les eauses
qu'onemploye pour expliquer
le mouvement de la 'Baguette
ont la vertu de la faire plier,
puis que pour mettre un corps en
mouvement, il fujfit d'employer
unautre corps quifoit luy-mcfmt
en mouvement; çy cejlaujji ce
qu'on fait. Au surplus,que ce*
corpsI
lOrpl en mouvementfoit les çorpujcules
emane% du Meurtrier;
des A4etauxsde teau> &c.
flWony joigne,si l'en veut, la
matière subtile
J que ces corpufsu!
e_al,lffint sur ta Baguette
par, J L'entremise ?desécrits ani-
)L.v'~ inaux ou ,
cles muscles flechisseurs
j J - les doigts -
; ou enfin qu'onsexfli.
j«<r le pliement de la Baguette
de quetquaulfre mantereou
on j' ~~t~ * O~
Yvoudra.,on voit A toujours qu'on
fait mouvoir un corpspar un auttre
qui efl en mouvement
1 &
quel'onnemployepas,ou des
ifgures 'Vainrs, ou des Caydélcres.
ou quelquautre obfervahce bi-j
%arc, &inutilea,causerlé plié*
ment de la Baguette.
Ces MeJJieursnemanqueront
pas de me dire
,
quits ne font
soinssatisfaits dès raifortsqu'on
a apportéesjufquts à preflnt;
mais je leur demande>Jtc'eflla
Unfondement fufflfant,pour at.
trivueruneffetaquelque espece
de Magie ? A-t-on apporté jufqu'à
aujourd'hui des raisons qui
contentent tout le monde,sur ctw
que l'Aimant attire le fer *
Sur ce que l'Eléphant eW
furie s'appaift en voyant uri
- Mouton, cm devient aujjtdond
jue le Mouton? Sur ce que U
"ouleuvrea peur etunHomme
md,$fotirfitit celny qui efl
vêtu ? Sur ce qu'uneptrfonne qui
1la jauniffe- tn efi guérie auffi-
'oft quellevoid un Loriot? Sur
'e que le Lpup enroueceuxqu'il
'eg»rdelepremier? Surce que le
Illoq fait peur au Lion- Sur
ce
jue la Torpilleengourdit la main
luPefèheur ! Sur ce que te Baf/je
tué les Hornrms.Jt son regard?
Sur ce que le Qrapaudfaitvenir
ianssagueule la Belette maigre
luielle en ait? Tous ces tffctjsi
font donc aussi par forcellertc.
On n'a pasmesme apportesur les*
effets les pluscommunsides raisons
dont tout le monde foit content.
Tarexemple sur la chute des
corps pesans ; sur lémanation de
la lumiert,sur la produélionde,
la chaleur, &c. Et mesme lors.
qu'ils'agit de dire en quoy con-.
siflent ces effets
,
quelqu'un le
peut-il fairesi clairementy que
tous les Philosophes acquiescent
a[onexplication? Ils sefont des
Siflemes dfferensiilsfont oppofez
les uns aux autres : g nul.
d'euxnesi satisfait dts raisons
deses adverfiires: Amfi dans les.
principes dde nos Mffi' , tleurs, on)
devroit rapporter au Demon les
effetsmepne les pluscommunf.
D'Irio rapporte, quon a vu
en Espagne certains hommes,
iquon appelle Zàhuris, à cause
de leur veue de Linx. Il dit
quil en a vît un à Madrid, en
1375, & queces Zahurisejloient
m réputation de voir à travers
It*eéppaafsleêuurr de la tt,e,,rrrree les sources
d*eauy les tresors
> & lesveines
des Métaux. Il nous apprend
qu'encore que ces effets parufyentfort
furprenans, néanmoins
il les expliqua naturellement;
dr que plusieurs PhiloCophes les
rapportaitnî aussi à des caufcs wi
turclles. Cet Auteur, dis-je, quoi
riaccufera pas d*avoir douté di
texijlence des Démons &' des
Sorciers, efl pourtant plus referai
que nosMeJJieurs> lors qu'il ',t'tegit
dufait
y
sçavoirsitel ou tel
effetprovient duTDemon. Vsicy
comme il parledans le Livre I.
de fis Recherches Magiques tb.
f. q. J. fla. 5. en traitant [II
question,sçavoir,s'il*ejlpojjtblc
de faire de l*or par la Chimie.
Nous ignorons ( dit-il) les
caufcs naturelles de pluficurs
effets, & ilCe peut faire que
Ja caqfc de-l'or. foie du nombre
de celles que nous igDprpns
; £<bien que pluficurs
çhoses fp faffejit naturelle..
^çnç , ilya pourune des
gens qui p^rcçqu'ils ignorent
les cautesi nient le fait,
Jojs qu'ils ne le fçavcnt pas
aveccertitude> ou biea
ils foutisnrçent que la enofc
n'a pas esié. faire naturellement.
Ces paroles condamnent
ces tyMeJJieurs. Ils ignorant
tU cause du mouvement de la3a*
guette,l'explicationqu'on leur en
Jpnne ne leur platft pas, cela
leur fujfit pour recourir au Del
mon.
Valentia dit
» que quand bien
un elfit ftroit produit hors la
Spbere de l'aflivité de la caufey
si néanmoins quelque Philofophe
diftitt quil ignore la cause
decet effitJ on ne devroit pas
juger que l'effet neût pas esle
produit naturellement> attendu
que nous ignorons fort souvent
les forces des causes naturelles;
&Ddrioaprès avoir rapporte ce
fntiment de Valentia
,
ajoute
luy-mesme, que s'il y avoit entre
les Philosophes diverfiré de
sentimens
,
pourfavoir >si cet j
LZC-tse peut faire naturellement
ou non ,
l'on ne devroit pas juger
qu'il n'sust pas eslé produit par les
forces de la Ivature. Or les Sçanjans
font- partage% sur le sujet.
de laEaguette ; les uns tiennent
quelle tourne naturellement, les
autres que non. Il efl donc vray
que ValrntiaCm Delrio auroient
cherché la causenaturelle de ces
effets»&qu'ils les auroient tap•
porre% à la providence cLDieu9
,-& non à la con ddu.ite d1u DOnble,
On demeure ri'acord qu'ily a>
ou qu'tlpeutyavo^r de> Sorciers,
& qu'on peut faire des paéles
41vec le Diablç
,
mais - l'on doit
convenir "aUJF (g* observer qu'il
,/efl pas anpouvoir du Diable
défairecesparles ayee les hommes
toutes les fois qu'il le veut ,
- dr qu'il nejîpas non plus au
pouvoir des hommes de contrarier
çespaSles,toutes lesfois qtfils le
nioiidrwnt.Autrement tantde
Jcelerafs qui se font pendre on
rouir, ne s'y expoferoient pas
s'ils pouvoient satisfaire a leurs
pajjtons par le secours des 'Vi¿tbles.
VEcriture nous apprend
que le Démon n'eut le pouvoir«
tle tromper Acbotb
»
quaprèsen
avoir r-lceu la permijjton de Dieu;
elle nous apprend quil neuf pas
non plusle pouvoird'affliger Job,
quaprès que Dieu le luy eut-permis
; r!J le mesme Texte nous
fait ionnoiflre que cette permiffion
que le Démon obtint,estoit
refirainte par cette condition,
qu'il ne pourroit pas touchera l'dme
de Job. Les Démons que
Nostre Seigneur chassa des corps
de deux Geraseniens ne purent Je
jetter dans les cochons) quaprès
luy en. avoir demandé
la
ptrmtjjion
gr l'avoir obitnuë; mais
ilY a lieu de croire que depuis I4
mort du Sauvent du Monde%
Dieuaccorde bien plus rarement'
detelien permissions au Démon,
puis cjt/il r) "if dan* l'Apocalynj?
que le Démonejllie (jr Ç4-
rotèpourmilleans ; CICPI-à dire fuivantles Interprètes,pourde*,
puis la mort de N.),qre Seigneur < , jufytau dernif tmps de ¡',A.IJtecbrtjl.
Voyons maintenant
J',l-y a lieu de croire que Dieu
ait donnéau 'DémonUpermijjton
defairepaêle pour le mouvement
de la Baguette,
Suivant lesThéologiensilyA
de deuxfortes de paéhs, l'expliciteù*
l'implicite. L'expliciteJe
fait, lors que l'on convient ex -
prepiment par foy
, ou par au*
truy > avec le Démon; ou bien
lors que l'on fait quelque ,hoJê,
dont on attend un effet que l'on
(fait certainement provenir du
Démon. Eftius enson fécond livre
sur les Sentences
,
fait tellement
fort sur ces paroles
> que l'on
sçait certainement, qu'tl ajoute
que celity qui croirait avec queUx
que vray semblance que la choft
Je pourront faire naturellement,
feroit exempt defuperflitionybien
que peutefire la chose ne Je pufl
pas faire naturellement.
Lepacte implicite se fait,lor^
que sans convenir etpreflémenti
ny parfoy
, ny parautruy tveçi
le Démon
, cmsans quonsçache
certainement que l'effet qu'on Attend
luy doit estre attribue> on
pratique cependant des ebofis
4v*e certaines conditions vaints
flI inutiles, dr qui rient point
de rapport naturel avec l'effet.
Les exemples apporte^ cy^defjks
doivent fufflrc.
Ilefl bien certain» rg ces Mtf"
sieurs en demeurent d'accord
> que
l'Homme a la Baguette n'a fait
aucun pasle explicite avec */?
Demon. Il efimême persuadé que
les Diablesriont aucune part aU
mouvement desabaguette, Ild
l'approbation de son Curt) &efl
en bonne réputation auprès des
Pririces, & auprès des autres
personnes dont il ejl connu. Il n'y
a point non plus de paSIe implicite
en ce qu'il fait; car le paSsè
implicite confifle précisément i
faire Une aSlion> ou vaine en
tUe-même, ou à laquelle on joint
'quelques circonfiances vaines &
inutiles
,
c'efl a dire, qui riont
defoy aucune proportion avec
:/-effir qui est produit. Or si les
choses qu'Aymar pratique efioient
de cette Jorte-là> il arrivnoit
que tous ceux qui se sir'Viroien.
de la Baguette dans lesmêmes
tirconflances, dr pratiquantles
mesmes choses que luy
, contracteroient
le paÛe implicite avec
le Dtmon, {0 que par consequent
la Baguette tourneroit entre
mains,ce qui est tellement an*
ttrraaiirree. aà ll'eexxppeerriieennccee qu,,, ces
, qu • AfeJJteurs demeurentd'accord jue
d'un grand nombre de perjonnes
qui ontfait l'ejpty de la BagUtttf)
il ne s'en efl trouve que fort peu
entre les mains de qui elle ait
plié. Celajujlijie fort clairement lquaq lieude recourirà <f~ aucun
fafle
,
il faut necfjjairemçnl
àyoirrecoursaune certaine configuration
des pores,4uncertain
tempéramenty ou à telle autre
propriété qui ne convient qu'à
quelques pttrticulie's.
Ily a plus. Lavolontéimplicitedefaire
une ebofe esi incompatible
AVtc la volonté explicite
de faire le contraire. Dés qu'on
renonce positivement à toutpaéle,
lepa£le eflotédétruit ; autrement
il faudroit dire que le De-
-mon peut induire eM porter au
»péché un homme maigre yf0
contre ra propre<volon'é.
, L, Cardinal£ajé>an nousapprend
danssa Sommei auilfit
un jourune txptrienet, à dessein
derompre,pourl'utilité'desFiï
Jrl/ts, le patte diabolique. Ce
Cardinal dit qu'ayant pris une
bague attachée aunfil>,ilpr&~
ttfta que It8 versetqu'onfécite en
cette occasion,il^ne le disoitpoint
en intentiondefaire mouvoir la
bague ysuivant U convention
du diable; mais quil h disoit
pour louer Dieu3-fuivant ,J'intention
du Psalmiste. Et enfin il
dit qu'ayant recité te verset> la
bague qu'il tenoit suspenduedans
le verre > ne remua peint.
Ce fait que ce Cardinal nous
dit quil a éprouvé luy-mefmt
:
ifousMpljivwlpnttytxewnt qu'on
peut rçnorwr Wpttte ; fécondément,
qttapjés y ayoir renoncé,
ïtjfet.nesepfuit point? s'il to
attacâf aup^tle; troifiémerlent,
quesi norKobtfant cette renonciation
l'effets'enfuit»il doit avoir
une capse- naturelie, fauf aux
curieuxalarechercher. Or Aymar*
Il les autres quise font
efrvis de U Baguette» (èfqui
s'enefrvent encore tous les jours
pour découwir les Sources d'eau,
les Métaux, $fc.nonefulement
ne font point convennus avec le
Demon, & ne l'ont point inwoque,
mais ils nous protègent
encore, & nous declarent qU"jlJ
renoncent à tout paSle avec luy,
& qu'ils ne font cette aélion,
que parce qu'ils la croyent nA.
turelle, dr éloignée de toute fuperftition
; d'où il faut conclure
que dans le fait dont il tfi question
,il riy a ny paéleexplicitej
ny implicite avec le Drmon.
De quelie-force peuvent cfire
après cela lesraifons de ces Adcfi
fieun} La chose volée, tiiflnt-ifs,
cft la mefinequ'auparavant'>
mais f)/;ornmt qui vole eji-il dans
lamefme tranquillitéqu'aufaravantt&
m cause-t il point de
changement
> ~4~C/MC~ tant dans lacbofc
t,volée que dans les lieux ou il
passi ? Le chemineJt-Umefmc
avant & après que -le Maifirt
d'unCbien y a passé. Comment
sefait-il donc que leChien choiftt
si bien ce chemin
, e laijje les
autres f Comment sefait-ilqu'un
bon Chien de chajjeJutve (t
exactement tous les détours par
où le Lievre a paj$éf IIfaut regarder
Aymar après un Voleur,
:ùcommeunChiw aprfsun Lievre, ii ny a pas pins de lieu d'êtreJutpris
dece qu'ilnetonvient
pas Á toutes fortps d'hommes d'être
touche^ de la piste ou des corpujluies
du Voleur, que de ce
âjh.tl rie convient pas<4 toutei
fortesdeÇbïensde cbajjerleLie*
*Vft* Ilfautpenser la m,fmt\dJ{}fi
fies bornes tranfplantées*que dt
4* ehofe tyotie.
Mais commentsepeut-ilfwt
(disent ils) que les çorpufcylei
ernanez de I'Hitçide jou 4$
Voleur perseverentsiUng-tempï
Àansl'air, om- ne soient point Jifi
fiptZpar les ventsfle dentandi
aujjîpourquoy les corpufcults ou
les globules de la lumiere ne font
pas rmparteZ par les vents«
pourquoylapesteperfcvercsi long
temps dans l'air? Ces exemples,
grplufieurs autres qu'onfourni|
i
tftpwtir,fufjiroientpourexclura
l'opération du Dlmorl, quand
mefineMxChauvinnduroit pas
idéid répondu'à ces difficultt'{;
ï , mais on pourroit donner une rippnft
bien plus jolie>si le men.
Je efloit encore d'humeur à si
Vouloir contenter de ces qudlite.Z
qui se perpetuent par propagation
dans le sujet qui se rencontre.
> L'eau(difent• ils) quiefl a de*
couvert devroit agir plus fortement
pour le mouvement de la
fiaguette,que non pas l'eau qui
est cachée Jous terre; mais leur
bncfmcraison prouve que l'A'Y,,:-
mant qui tfl touta dccotiverhde-
*vroitagir plusfortementque Un
qu'il eji armé. Ceseul exemple
faitvoir l'inutilitédel*objection
&nous montre quilfautreçoit*
rir aux conjectures& non an
Démon. Ne pourroit on point
dire que /esvaleurs dé Veau nom
leurforce pour l'effet dont ils'agit>
que parce quelles entraînent
avec elles certaines terrejlteitf%
ou parce quentraversant lel
pores de la terre, elles prennent
certaines autresmodification* qui
nont point les vapeurs de l'ra.
quirfi à découvert ? MrsCh"uJ. 2! & Garnier & les Alltr1
-- qui
iqui ont fosé des Systemes pour
l'explication de ces experiences,
ontdéjà répondu aux principales
JifJiçulte'{; mais il ne s'enfuit
nullement que ceux qui ne se
trouveront satisfaits ny de ces
Systemes ny des réponses
à ayent
flus.de droit de recourir au Depion
danscette Dccafton, que dans
l'explication de tous les autres
tffets de la Nature, quisepajfcnt
ennousou hors de nous.
i
Delriyauroit eu bien plus de
faison. d'accuser deforcelleric
tsivicenrte
>
Al^indus> ParaceU
fè
,
Pomponace> AndréÇatanée,
.&d"aut,,es q'4i fouiiennentque
la force de limaginattàn tJl
irgeque non*feulement ellepeut
fafeiner des personnes fort éloi.,,
gnées, ou leur procurer la guei
rifoti
»
mais encore remuer le!
corps, exciter des tonnerres $
des pluyes. Cependant il ne traiti
pasde la forte ces Auteurs.Ildil
feulement que l'opinion contràifl
cfl plus commune parmy les Theoi
logiens, ü il tâchemesme di
concilier les deux sentimens
> ei
disant qu'il efl vrtty.flmbllCb/.
que la
force
de l'imetginatioi
peut causer que7lquechangement
dans les corps extérieurs, pouri
yeu qu'ils nesoient pà trop f/M
tnez
t cr il apporte cette rairont
qu'ilse peutfAire que its effets de
l'imagination soient du nombre
de ceux dont nous ignorons les
ffUfu.
If. Taarpt-ilxmfon encore après
toutetla d'attribuer à libertinage
Itjfayque,font. les Tbyjiciehs
d'expliquer par des causes naturellesleseffets
de la I;aguette
N'eftmcepav ancontraire un libertinageuneespece
d'idolatne
,À*attribuer au Démon les
effets de Dieu * de la Nature?
C'ep manquer de reconnoiffance%
,&. oster au premier Estre, ce qui.
luy appartietypar le Titre de sa
Souverainet'é,e ce riejl point
juger à l'antique (pourme servir
des termes de ces tsHeJîfeurs)
car l'àndennetê (si pour Dieu,
pour la Nature, & pour la ve-*
rite. Le Demon ejlpojlerieuryi*
n'en efi que le ftnge & le prrfli. ';
gièux imitateur. LesPhyjiciens
nefont icy que faire mouvoir un
corps tel quejl la Baguette,par
un autre corpi qui est en mouvement.
C'est ainsi qu'on a toujoursf
raisonné; & c'ejl une nouveauté
que de ne pas penser de la forte.
< Aussi ces Messieurs ne parlenti
qu'avec scrupule
, & ils ne pre-;
fendent pas (dfentiis ) que leurs,
çonjeéluressoïent regardéesçcm4
the des demonftrdtions. Pourquoy
Jonc trditer de cbimeres> de libertinage
j ed'impirté Yle fentiment
contraire au leur 3 Saint
.Thomas na-t-il pas aierty
qu'uneffet n'tilsuperstitieux que
lors quil efi tel
3
qu'il efi manifesie
que la cause qu'on employé
pour leproduire n'a aucune force
& ejjkace pour cela?
Quelle application peut avoir
au fait preftnt ce qutls disent de
Lartocratc Jdc la Rabdoman.
tic~ des verges dont sefervent
quelquefois les tJÏÏdagiciens
dans leurs fllperfiuioTls ? Ces
Messieurs powvoiejntjoindre à ces
exemples /0Lithomantie,rOiit3
phalomantie, l'Inotnamiei
dr cent autres mamens dediinnat'ton,
On trouver* dans toutes
ces efptcls, le veritable caractere
de la fuperflition. On trouvera
qu'avec les Zaguettes ou
avec les autres choses naturelles
dont ces-Magicienssefervoienty
ilsjoignoient quelques -paroles
ou quelques circonfiances> ou en*,
fin quelques autres signes qui W»ont aucune proportion AUcUn t aucun
raport avec l'effet qu'ils vou.
loientproduire, Pu,on life ce que
dit Ttydiginus de cetteRabdo*
mantie aprèsticrodote & Strafart,
on y trouvera U véritédt
ce que j'avance3 car enfin ) de
Qwl&irfaire p*ffer pour Sorciers
IssiS ceux qni*fe fervent de verges
si) de bitom
,
cesi vouloir
accuser de sorcellerie lesHedeaux
4e nos Taroiffesy & cent autres
personnes qui îfervent de ces
chases pour quelquesmarques de
difîinflion de leurs Charges ou de
leurs Emplois, sans parler de
Moyse qui s'eflservy de verges
pour confondre les Magiciens &
»
pour tant d'autreseffets merveilleux
en EgyplS & dans le Defirt,&
c'est a raison du mauvais
usage des vertes, &à rai[
on. desparoles & -in'IJocAtionj
diaboliques qui si rencontrent
dans la Rabdomaniie que l'Ecriture
&S.Jerosme la condamnent
, & que nous la condamnons
aujji.
Quantace qu'on dit, que Je9
Gens du Nord fondent des carafleres
pour tfujjir en differens
métiers, & du vent pour aller
sur Mer du cossé qu'on
veut, qui doute que dans ces
Decapons il riyait de laMagie
ou de la tromperie ? Car je
vous prie j
quel rfpporly a t-il
entre ce qu'ils vendent &..C't
qu'ils promettent f Pour ce xqui
efldes Suedois e des jéllemanst
qu'on dit qui trouvèrent en se
servantde 'Baguettes les tresors
cache3 ,ilriy. Avoit dans ce fait
là qUtpiUage,J sans plagie ny
fuperflition, pourvuqu'ils ne se
servissent de ces Baguettes que
de la maniéré que s'en fert Aymar.
triais ( difertcesM^ffieurs)
d'où vient que la'Baguette tourne
entre les mains de certaines personnes
feulement ?Î,aydiia dit
que cela doit l'jlre attribué a Inorganisation
ou propriétéparticulière
qu'ont ces perfonncs-la
y
de
mesme que à*autres hommes ont
d'autres propriete^fingulieres qui
font qu'ils.fontcapables de çer*
tains effets particuliers. S. Jugustindans
le Livre14., de la
Cite de Dùu. ch. z4p dit quily
ades hommes quiont des prC)p,ietez
naturelles d'autant plus furprenantes.
quellesfont rares &
tout-À fait différentes de celles
des autres hommes, ce qui cfl
caufc qu'ils font de leur corps,
comme iltleurplaifl,decertaines
thofes que les autres ne peuvent
du tout faire ny mesmecroire
qu'elles joient pojjibles.Ilyen a>
ditil,qui remuent les oreilles on
toutes deux ensemble,ou l'ûnt-
*
Apresl'autre>famremuer latefie9 üd'autres>sans la remuer aussi,
quifont descendresur leur font
toute la peau de leur tesse(ôj les
cheveux quiy tiennent, & la
remettent comme ils veulent en
son premier état. Ily en a qui
imitent (ü exprimtntfiparfaitt.
mentla voix des oiséaux e9 des
Autres animaux,qu'il efi impofsible
deriy tprt pas trompé, À
moins que de les voir fAire. Ily
en a d'autres qui avalent une »incroyablequantité de choses
toutes différentes,& qui en refferranttantfoit
peu leur efiomacy
rejettent toute entierscommed'urt
sac celle qu'il leurplaist. S. du*
gupin rapporteau mesmeendroit
beaucoup titiJutreschofts encore
aujji fîvgulieres ,(0de nos purs
nous avons vu le Buveur d'cath
& ['Avaleur decailloux.Albert
le Grand rapportequ'en Allemagne
ily eut deux Freres
,
dont
l'un avoittelle vertu, qu'en paffant
auprès des portes les mieux
ferméest&ypresentant le cosse
gaucbeyelles s'ouvrotent>&l'autreavoitlamesmevertu
dans le
roslé droit. Ces exemples &'
beaucoupd'autresque je pourrois
tapporter, juflifient ce que fay
ditde la propriétéparticulière de
ceux entre les mains de qui la
Baguette tourne. Je ne laifJeray
pas devousfaireremarquer,
Monsieur>quefous pretexté de
quelques experiences qui ont esle
faites par Aymar st) quelques
Autres, on en ajoute ungrand
nombre d'autres, qui font ou
ftuffes ou tres-douteuses.
On na point donné ( difentils)
une raison grnerale de tous
les effeti de la baguette. Je demeure
d'dccord que la cause qui
ne fathjaa pas à tout ne fera pas
suffisante.IlyadesThyficiens
qui en posant des Syfiemes ont
déjàdonné des raisons de tous les
moiivtmmsde la Baguette^j
pour moy qui rientreprens icy
que d'en éloigner le Dtmen> ledis
que l*infuffifanct des raisons
devrait feulement inviter ceux
qui rienfontpasfatufaitixÀ en
chercherde meilleures, puis qu'il
tfl. certain
,
commeml'a dija
montré, qriil doit y avoir une
cause naturelle de ces effets, f'efl
ainji que ctux qui ne font pas
ctmtens de ce qu'on-a dit jufqttk
presentsur le retour des fliwes
intermittentes
>
sur le flux &
reflux de la Mer,#c.t'chentdr
trouver quelque chose de nouveau,
mais ils nes*avifent pas
de recourir au Demon. Pourquoy
donc9disent ces MfffizurSiAymar
natildééouvertfontdlent qui
l'âge de vingt-six ansf On pourroit
demander auJF
>
d'où vient
qu'on a ejiè si long-temps à trou*
Ver la poudre à Canon»U circulation
du fangt&c. St Aymar
avoit fc-o.onnnnuuffuinnr-taalleennttiàtIl"'dâgne ddet
iringtans, eu mefmt de quinze>
tes Mtfjteurs nauroient-ils par
fait U mesmequejii$n
> &ainjt
pour Its contenter, il faudroit
qu'il tellft découvert-dans lt
ftin de sa Merc. Et que ffait.
vn encore 3s'ils n'auroient pas
fretendu -qu'ily tttft eu dans Kt
Foetus quelque opération du Pi-I
ton? Voila, Monjiur
, et qui
m'eflvenu d'abord en pensee
) en
lifxnt les Lettres deces MèjJiturJ.
Mande^-moyàvostre tour'votre.
Jentiment sur la mienne.
Le 7. dece mois,. l'Académie
-Françoifc fie une perre
très considerable en la personne
de Mr Pcliiïbtt Fontar.
nier. Maistre des Requcftes,
& l'un des quarante dont est
composée cetteillustre Compagnie.
Ilestoit né à Castres
en 1^14 & sa naissance répondoit
à'. son mérité. Son Peie
çftpit Cqnfeiilcr enla Çham-j
bre de l'Edit de Langucdoc;
son Grantl pere Confciller au
Parlement de Toulouse, &
sonBisayeul, Premier Prefident
au Parlement de Chambery,
auparavant Maistre des
Requcftcsi Ambassadeur en
Portugal
j & Commandant
pour le Royen Savoye,quand
François I. s'en rend it lemaifire.
N'ayant pas encore plus
de treize ans. il prit des degrez
en l'Univc:rfité d-c,Cahors,
où il le fit diftinçuer
d'une maniéré si-fort au dessus
de son âgey qu'il fut receti
avec des applaudiffcmens exr
traortlinaires. Il futSecrerairc
du^loyenpremierCommis
de Mr Fouquét en 1657'
& deux ans après on le reccut
Maistre des Comptes à Montpellier
1après qù'il eut négocié
le rétabliuemcnc de la
Compagnie quiavoitesteinterdite.
En I67O. il abjura à
Chartres la Religion Protcftante.
L'année suivante il fut
Maistre des Requestes > en
1674 Occonomc de Cluny;
en 1675. Occonome de Saint
Germain des Prez; en 1676$
PrcpofepourTadminirtration
du tiers des Oeconomacs &
'-- -.--- - i
en IG19. Oeconomc de Saint
Dcnrs. Sur Ir progrés des con.
Voriions par l'cmploy. des
deniers desOcconomats qu'il
fitvoir au Roy en i6ti. il porta
Sa Majesté à augmenter le
fond de ces deniers, de ceux
mesme de son Epargne. On
peut dire de luy, à le regar.,
der par rapport au monde,
qu'il aelle bon Parent, Mai.
stre libéral,Amifidclle»Serviteur
incorru ptible, Courufan
droit) Sujet zclé. Sa foritune
changea pluficurs fois,
mais son coeur demeura tou"
jours le meîme. Ce qui peut
abattrejce qui peur cortom-i
projuy laissa toute sa fermeté,
toute-sa droiturctlIl avoitde
la complaiiancefan& flaterie.
Il sçavoit obligc:r
) mais il nç
sçavoit point nuiro,! incapable
de s'avancer aux dépensde
son honneur, & d'abaisser les
autres pour séleversur leurs
ruines, Célébrer dignement
les giandfs a&ions' de son
Prince, aimer (ao perfonnç
d'une tendresse vive & fefpe-
«Stueufe, le fcrvirautant par
inclination que par devoir«
c'eltoit sa passion dominante,
& son occupation la plus•
chcrcapçés l'affaire, importante
du salut.Sionleconsidéré:
duçofté des bellesLettres,
combien d'cfprits differens
luytrouvera- t -on 1 Le
Droit, la Pejefie,l'Eloquence*
J'Hiftoke,Ue$Languesftout
Juycfioit; familier.Ilavoitejj
un mcftnc degré le don de
bien parler, & ccluy dc bien
-écrire.Il aimoit le[ravailJ il
.eninfpiroic l'amour auxautres
, sur tour quand ce travail
regardoit la gloire duRoy.
Les Prix de Poëfic de TAcadémie
Fraru^oife, dont il faifoit
la dépense, en font une
preuve, âufïibicn que l'état
bliflement de l'Academie dé
Soillons, auquel il contribua
autant que peifonne. Pour leS-I,
affaires une application forte
aux dépens de sa fanté
mêmei
beaucoup de netteté>de defirH
tereflement,de.pénétrationd
une équité parfane; un abord
sicile, des manières honnefies,
nulle prévention, nul]
préférence des Pcrfonnes; voila
son portrait.
A l'égard de la Religion,rt
rcfufa d'entrer dans la voyc
duCiel par des veuesterref-,
1res,quelque éclatantes que
fussent celles qu'on cherchoic
à luy donner. Ilfcrma ltoreille
aux tentations delafortune
J
& il ouvrit son coeur aux
inspirations de laGrace. Les
cfukcs de sa convcr (ion.quifut
le fruit d'une étude longue8c
appliquée de l'Ecriture & des
Peres, qlril. fie durant sa détention
à-, la Baftillc, ne
démentirent point les commcncemens.
Il quitta touc-
-à-fait la Pocfie
>
& n'écrivit
plus que pour Dieu, &pour
le Roy, qu'il avoit loücz
dans tous les temps ,
& dans
tous les états de ia vie. Il orna
IcsTemples du Seigneur, & il
yalla souvent marquer sa fo-jç
pour le Mifterequienavok,
cfté longtemps le plus grandj
cbftactc. Tous les ans ilcclc-S
broit le jour de sa réunion a
l'Eglise, en s'approchant des
Sacrcmcns. Illes recevoitaulfi
ddl'orddin.a.ire à, toutcs,*.1les granu
des F.des, &faifbit des
retraiiJ
tes frequentcs. Modeste
,
te^
cuciiiy, profteméj ilfaflîrtoit
chaque jour au saint Sacrifice1
avec la (implicite de la Colombc)
& non pis avec la pru..;:'
dcnce du Serpent. AL milieu
mcfmc de f:s iufirnutez,il ne
fc
fc dispensa point de ce devoir.
Sa charité pour le Prochainégaloitsafidélité
pour Dieu.
Depuis sa sortie de laBaftille,
ilne laissa point passer d'année
sans délivrer quelques Pri..
fonniers. Il estoit le Pcre des
Orphelins,)lefoutÍr:n des foiblés
» le protecteur du mcruc
oubliéou inconnu, l'azilc af.
furé de tous les mal heureux.
Eclairé par-la vérité, il ne cacha
point la lumière fous le
boiffcau
s
il la mit sur le chandelier.
Il tâcha de faire pour
les hommes ce que USeigneur
avoit fait pour luy. HecnviCt
il follicira,»1redoublalaforco
de Ces follicitacions Se de ses
"écritspar ses pieuses llberati-n,
tez.
Mr Peljjïbtaayant tant de
belles qualitez ,n'eut,pas de,
peine à s'attirer Tcftime glo.
rieuse & les precieufcs bODtc:,
du plus grand des Rois, ny à
acquérir pour Amis l'élite dq
la Cour, & ce que la Vtllc, la
Province, le monde sçavant,
eut de plus poly
,
de plusrai-,
fonnablc, depluséclairé. Sel
OJvragcs de Poefîc font quan.
tité de pieccs excellentes,dont^
il y a peu d'imprimées
, toutes,
ou galaptes
, ou morales
&chrc-ilicnnes, ou héroï ques,
Entre ces dernicies., le Poëme,
e" Eurimcdon de plusde treize
[censvers» ou le Roy en un
; pencnombre estloué d'une
jl®anierc»digncde luyiticnç,
Je premitrirarig. Le mcrme.
homme xjùi divertit & qui
pUist
>
initruit,édifie., & ne
fçait- pas moin*surprendre &; ;enlever. SAOavrages.de Pro-
;sefont U Par^pbtafi d<?s In-:
; (tuuces de Jjftmien
,
qu'tl fie
à- 1 âge dedix-sëpt ans) oùles
Sçivarus trouvent à apprendre,,
& les Dames à fc divertirez
s'instruisant; l'Hiftoirc dç
l'Academie Françoise, qui luy
procural'entrée dans cette illuire
Compagnie lors qu'il
n'y avoit point de place vacance
j le Panégyrique du,
Roy, prononcédans la mcfc(
me Academie, quifut si généralement
estimé> qu'il a
estétraduit en Latin, en Efpagnol.
, en Italien, en Anglois,
& mesme en Arabe par
le Patriarche du mont Liban,
dont l'Original est dans le
Cabinet de Sa Mijcfté i l'admirable
Preface des Oeuvres
de feu MrSarrafiii son intime i*fin.intima
,6
Amy, & plusieurs pieces détachées
qui ne font pas d'un
moindre goust ;' les Re.flexions
sur lesD'ffcrens de la
Religion en quatre Volumes)
où la Controveife esttraitée
[.lOSemportementJ[ans fecherresse,
&où l'on voit des élogcs
du Roy si par faits, qu'étant
charmé de tous, on a
r peine àconvenir lequel me.
[ rite la preference; les cour-
[ tes pricres durant la fainte
»
Metre i où l'on trouve une
S anâion quine peut venir que
[ du fofld d'un coeur pénétré de
la foy la plus vive; quelques
Ouvrages a la gloire«toi
Roy qui ne iont pasfinis, &
un Traite de l'Euchariftic
qu'ilachcvoit, lors qu'au milieu
de quelque^ineommoditez,
quine lcitipêchorcntny
de se lever ny d'agir, & qu'il
necroyoit pas dangereuses, il
fut surpris d'ùirô mort qu'on
appctkroit subite
)
s'ilne s'y
eitoit pas difpofc depuis longtemps
par l'exercice de laplus
pa-tfaitecharité) par une picié
sincere
, par un attachement
inviolable à fcs devoirs,&pat^
un zcleardent & infatigable^
pour la vraye Rejigion. Ctt -
Éloge qui convient parfaitement
à feu Mr Pcliffon, cft
d'une illustre Amie, cclcbrc
par ses Ecrit*>qui n'a pu refuser
à un-Amy si plcin de
mérite, la justicequ'elle rend
à sa memoire.
deI Picnrcricsqui brilloicnt
far luy. Elles auroient attiré
les regards de TAlTcmbléc
surune autre personne, mais
ce Princeest fait d'une ma^y
niere à les faire tourner tous
sur tuy) & l'on ne se laiTe
point de le regarder. La beauté
de fonamc répond à celle
de. son corps, & à la douceur
qui se fait remarquer sur
son virage, & l'on connoitf
par mille qualitcz dignes de
son rang ,ranguftcnaissance
qui l'y éleve.
Le Mardy 3. de ce mcfmc
mois, dernierjour duarna\'
al)il y eut aflcmblee deMafl
ques dans le grand Appartlement
du Roy à Vcrfailles. Ler-e
Roy &la Reine d'Angleterre,
y vinrent» & il ne se rrouva
dans cette assemblée que
ce
Prince
, cette Piinccfle
J
le
Rcy & Monficur sans eftic
déguisez. L'invention,la galanterie
& la magnificence fc
firent remarquer dans tous les
habits,dont le nombre alloit
à Tinfiny, &il feroit ma!aisé
de voir rien deplusbrillant.
Le Roy fc retira entre minuit
& une heure»&ce ne fut qu'aprés
que Sa Majesté fut fortic
<ju*onpcrmic d'entrer, aux
perfonncsïnafquécs, qui n'c-
Roient pas de la Cour. Le Bal
durajufqucs à cinq heures
du matin, que Monseigneur
le Dauphin se retira ,
apréff
, avoir changé plusieurs fois
d'habit. Le Prince Royal de
Dannemarck s'y trouva aussi
déguise. Le jour piéccdent,
ce Princeavoit vu incognito,
recevoir Monsieur le Comte
:
de Toulouse Chevalier du
Saint Efptit. 11a vû cequ'ily
a de plusremarquable à Paris
» & remarqué tout ce que
TGbkrvatoire a de plus curicux
& de plus sçavant.iCd
Prince a r cfté parcillerncn
auxInvalides> &ri'a,pûstcm;
pêcher de paro.ftrcfnrprisdc^
la grandeur & de la magnifi-;
ccnce du BJilimeot,) dunombre
de personnes qui y^font?
entretenues, & du bon ordre
qui s'y obfelVc, Un Soldar
Invalide luy ayant" dit qu'il
avoir fcrvy dans JcsTroupes
deDanncmarrk,& luyeir1
ayant monué un cernficac,
ce Piince luy fit aussi
-
10it
sentir des marques de la1 libéralité.
Ila liaà laRcvcuc que
le Roy fit le quatrième de c6
mois dans la plaine d'Oüillc,
des Regimcns des Gardes
Françoifcs&Suiffcs) à laquelle
le Roy & la Reine dtAngleterre
se trouvèrent aussi:
Il feroit difficile de voir en..
semble encore autant d'hommes
d'une grande tailleȕt
aussi bien faits. Le Roy passa
dans les rangs, leur fie faira
l'exercice) aprèsquoyils défilcrent.
Le Prince de Dannemarck
partit le ti. de ce mois,
pour s'en retourner par le
chemin le plus court. Il de.
voit aller en Angletetre, &
vifucr cnfuitc tout*e la Hollà
lanclçl'Allemagne
,
& iljj
auroiç mçmc feu un pluslong!
fçjoucen I?tanç;ç.i©iUl&,RpY1
son Pcrç le rappelleauprès ds
&perf^nne pouT desadirés
importantes. Quçy qu'il luy
restat cncoiTÇjbçau^Qwp4c cho. voir dans les Eraçs de Sa
Majtfié"HcRoie si reniplyd*
toutcc qu'il a vû, qu'il dit
avant sondépart, qtm lop,que
quelque Voyagent réçpniçrt e.
fl,n. Pays toutes lesmetveiflesde
France, on ne le croyoit paSi qu'il
alloit confirmerc€ qu'onrnatok
souventrapporte> &qu'on ne-h
crQtroitpas luy-méme.CePxixico
- - 1-. - --. -J
^en s'en retournant a passé par Saint;
Denis, pouren voir le Tr-for &,.
les Tombeaux de nosRois, Si'%
pris ensuite sa route par Chantilly,
où il devoit ellre receu par
Mdonsiieurr lce P-rin'ce; c'etf çou, Le 15. du mois paflfc, M. de Jz
Porte; Premier Prcfident du Sé4
nat de Nice , se rendit au Valai$
pour la Ceremonie de l'ouverture,
îuivant rufagç, qui est de la faire enceaulieude la Saint
MMea3retàinla. tAepfrtèesdaevoir entendu la
Meje la Co noa^ornie,* àla tcftc de i il fit chanter ÏExwdut pour le
Roy, qu'on n'avoit point accou-» tu"né de chanter auparavant. Il
avoitfait élever dans la.Salederèh
ivée à cette fonction,un Troaç
pour Sa Majeftc,au deffiu duquel
le picte le Roy remplit ce qu'il
doit à IJiej, quelle "est sa borné
pour ses Peuples, ce qu'ils, doivent
attendre de sa justice
,
& fit
remarquer en gencral
,
quelle eO:
la proreétion qu'il plaissà la Providence
de luy donner. Il entrad
ensuite dans le détail d'une partie
desJ"g^ndc5 chofcs que Sa Majesté
a faites pour la Justice, pour le
bien de sesSujets, & pour la grandeur
de l'Etat, & finit par les qualitez
merveilleuses de sa personne
qui le rendent aussi digne de l'admirationde
toute la terre, que les
glorieux évenemens de son Règne.
M. l'Avocat General fit apres
luy un tres-beau discours) aussi
en Latin. M: Gubernatis-r fécond
President du Sénat, ayant continué
de servir le Duc de Savoye à
Romeouil tist Envoyé de cePriri*
ce, le Roy a disposé de fàCharge
-en faveur de M. Tondmi,troiiîéme
Senateur,hommede qua- lité
,
de sçavoir & d'un mérité
djflingué. ***& ti !mn>vÈ
i
M.deViiîac,Officier degrau*
'*de réputation , Gouverneur de
Landau,étant mort, &cette PIa",
ce ("fiant fort considerablé,& d'une
-extrêmeimportance , leRoy;ena
donné le GouvernementaM. de
Melac.On nepeat'avoirplusdeva..
leur, ny plus d'intrépiditéquecet
Officier..;.& comme il ne paroist
point en Campagne, sans faire
trembler les Ennemis, sur lefqucls
il remporte toujours quelque avantage
, ily a de l'apparence y
qu'ayant pris l'habitudede le furr,.
ils n'incommcdcront pas les en^
virous de la Place.; 0i 1
les ton en compte deux,,-clwcuarde
quacre vingt; tonneaux , l'une
amenéepar M. de la Barbinaif^*
Troiiinqui comrriàndoit te Profond*
chargée de Sucre,dc de Tabac
pour Alicante6cpour Barcelone,
&: l'autre par M. Couimandant
le Dauphin, chargéede yinsde
Navarre. De troisPrifcs faites
par M. des SaudraisduFresne,
qui co-ainiiicloii-le.Vaiflègü", appellé
le Comte deRtv^x> il yen
avoit une de vingt-huit Canons,
de six Pierriers)de deux cens cinquante
tonneaux) & de soixante
& dix hommes d'équipage- Elle
estoit chargée d'huiles, de vins,
de paiTes, de plumets
, & de [el.
Lesautres Prises se fonttrouvées
chargées de morues, de sel
,
de
planches, de qeurre.) de cuirs, de
toiles, de graines à faire de l'huile,
Je charbon, de fucrc, de tabac)
de citrons» d'oranges", de vin
Id'Espagne,de figues, de fromages)
de harang ., de Saumon,de
fuis, de vins) de Canarie ,
de
plombvde bas.de laine, &c,
r Jepuisajouter à cetArticleune
aétion quimérité bien que vous
-claon(ictaacnhcieesz. J'en ay fçir les cirpar
une Lettre écrite
de Fescamp. Elle porte , que le
Capitaine Poulaiiupartant de ces
Coftesavec sa Barque, pour aller àladécouverte sur celles dAngleterre
, fit rencontre de deux
grandes Fregates Holbndoiiès,
qui luy. donnèrent la chaire, ainsi.
qu'à trois Bâtimens de Dieppe,
qui alloientau Havre. Ce Capitainealla
mouiller l'ancre fous le
Fort -, & les autres Bâtimensà Ba.
sisos. L'une des grandes Fregates
alla aussi moiiillcrà la portée itti
Canon duCafagnet. M. de San- ]
ion. Lieutenant de Roy,STCom-t
Mandant à Fescamp
, fît tirer si i
propos deux Volees de quatre
pieces à la fois
-boulets , quecinq ou six
donnèrent dans laFrégate,
dont elle eut son éperon enrporté,
Se son' cablecoupé. Le feu prit
-dans le Gaillard, ce qu'onrecon- Ilut dans lemoment parunegroflc
iumée qui sortit de l'avantdela
Fregate.Elle abandonnafon ancre,
êcfe retira suivie de l'autre. Airifi
lesBâtimens de Dieppe mirent à
la voile la nuit, & continuèrent
Jeurrouteen seureté; On afait
pescherl'ancre qui pese bien mille
livres. Le cablee(t de vingt-cinq
brades. Cette petite atlion, qui a
obligé les deux Frétâtes à Ce retirer
si promptement, doit appreadrc
aux Ennemis à quoy ils doivent
s'attendre, si leurs Vaisseaux
ofenr poursuivre lesnostres.
sa Baguette luy fit aussî-tçtfl con]
noiftre qu'ils n'efioient pas
fud
cette table lors qu'on les vola. On
en apporta une de moindre gran-,
-
deur, dont cette Princesse, qui
n'eiloitpas alors si grande, se fervoit
en ce temps-là. Il dit auffitofl
que c'efioit sur celle-là que.
L'j'on avoit volé les flambeaux, & j là Baguette luy fit découvrir chez i quel Orfèvre ils avoientefté ven- ¡i
dus. Je ne puis vous en dire davantage
, sinonque Mrle Curé
de Saint Sulpice en porta l'argent
le jour suivant,&. que Madernoifelle
de Condé le luy laissa pour le
dHlriBûer aux Pauvres. llaaufll
fait retrouverune assiete d'argent
chez Mr deGouryiUe
,
cachée
depuis très-longtemps dans du fumier.
Le
-
vmefnce hormmce a d(écoubas
furent choisis pour la danCe;
comme estant plus grands, & plus
à portée de ceux qui entroient &
sortoient à tous momens , &ceux
d'en haut pour le repas, comme
plus commodes & éloignez de la
multitude: Les Dames s'efiant
renduës dans Jla Salle du bas à
l'entree de la nuit, magnifiquement
parées, furent rangées sur
des échafauts couverts
de tapis
de Turquie. Le premier rang J"
élevé de plus d'un pied, lailToit
des places libres aux plus galans
Cavaliers, pour s'ageoir au deffous
d'elles. Mr le Marquis dç
Crejoaixcommença le Bal avec la
Marquise Lttdovico, & les Menuets
succederent à la Courante.Apres
plus de deux heures de danse,
une entrée de quelques Masques
surprit toute l'A flemblce.Cefut
un Spectacle qu'on n'auroit ofd
donner en France, mais il est permis
en Italie de se masquer fous
toutes fortes de figures. Une Squelette
qui representoit la mort parutla
premierei ensuite leDiable
tel que les Peintres le dépeignent
pour en donner de l'horreuri &
comme il n'y..a point en ce payslà
de Mascarade qui plaise si l'on
ny mesle des Arlequins, on ne
manqua point d'en mettre dans
celle-cy. La Mort. & le Diable
[tcuormesmencèrent une danse en pofridicules,
mais la pluspart
des Dames en paroissant effrayées,
quelques-unes plus foibless'ccrierêneque
c'estoit un Cattivoattgitrivy
Ainii l'on congédia ces Masques
lusubres, pour faire placeàd'au<
très plus agréables,ou il y avca?
du dessein. Ce fut Apollonau mu |
lieu des neuf Mufes. Pendant qm-l
laTroupe faisoit le tour de-la Sagt,
Fon- porta un Clavcflin dans le
centre, & d'autresInstrumens
avec des sîegesautour; Le Dieir-
& les Mufes estant assis, la danse
cellà, & un Concert d'une excellente
Musique
,
meslée de Voix
Se çT.Instrumens, divertit fDrtagréablementrAssemblée
)
par
: des Chansons faites à làlouange
du Roy. Après que la Mufique*
eut duré une heure, la danse re-J
commença, & pendantce tenips,
les apparteûJèns. joignant la Sal
du Bal,estoientoccupez parceusa
qui preferoient les plaisirs duJeu
a ceux du BaL Cependant
-, 1
Chocolat & le Café furent prg
«liguex avec abondance, tant aux
Daiifeurs qu'aux Joueurs ,
ainsi.
que des liqueurs glacées de toutes
tarres' Sur le minuit, le Bal fut
interrompu par un repas magnifique.
On mena les Dames priées
à l'appartement d'en haut
,
ou
l'on avoit préparé une table lonlgeuse;
c'estoient les plus belles &
plus jeunes. Elles y furent placées)
& ce fut pendant deux
heures un spectacle singulier, de
voir fixante fontangeshautélevees,
& artistement areiïl'es avec
des plumes
,
des aigrettes, des
fleurs naturelles, des Perles, &
de toutes fortes de Pierreries, se
mouvoir dans un alignement de
proportion ,f.-instO
y eti st r i ,sansqu'ilyeust rien
qui les troublaft
,
n'y ayant que
les Dames à table avec Mr de
Créaan* & quelques-uns des prin-1
cipaux Officiers à l'un des bouts. 1
J-e repas fut somptueux ; & pendant
qu'il se faisoit, deux cens
Officiers François, & autant de
Gentilshommes Italiens, mangeoienc
àd'autres tables, grandes
ou petites, suivant qu'ils se trou-j
verent de societé. Les plus galans
ièrvirent les Dames,& après cela
on retourna à la Salle du Bal,-
qu'on trouva éclairée tout de
nouveau, & où l'on dansa, jufques
au jour.
Le Sieur Brunet Libraire, Sale
neuve du IJâlaisauDauphin
,
debite
depuis quelques jours un Livre
des plus curieuxqu'on ait vûs
depuis long-temps. Il eH:*intitulé,
La Concordance des Prophéties de
NoflradamiiS-,avec CHifloire depuis
ffenry 11. jufqud Louisle Grand,
la vie & CÀpologic de cet ÂNteNr;
tnfemble quelques essais d'explicationssurplujieursdeses
autres Predirions,
tant sur le present que sur
l'avenir. CeTitre apprend les trois
parties de ce Livre qui font la
Concordance des Prophéties de
Nostradamus avec l'Histoire, la
Vie & l'Apologie de Nostradamus)
a: les ellais sur pluileurs
Prédidions qui ne font point contenues
dans la premiere partie.
L'Auteur de cet Ouvrage cil: M.
Quinaud, qui a esté Gouverneur
<I?s Pages de la Chambre du Roy.
Il a dédié 8c presenté ce Livre a.
S. M. qui l'a reçu* avec tout l'agrément
poffibJe. Il contient mille
choses curieuses & divertiilantes,
& l'explication des Prophéties
: par les Historiens y paroist si
vray-ièmblable
,
qu'il n'est pas i
permis de croire que Nostradamus
ait pensé autrement. Celle des
Prophéties qui ne font pas encore
accomplies fait un extrême plaisir
à lire. Enfin l'Auteur prétend
que Nostradamus estoit éclairé
de Dieu, & qu'il n'a pu faire ses
Prédirions que par inspiration
divine. Aussi jufiifie-t-il cet homme
merveilleux de beaucoup de
cbofes que (es ennemisavoient
l'injuilice deluy imputer. Peu de
personnes ont parléjuftedeNof
tradamus
, & cet Ouvrage détrompera
de toutes les fables qu'on
en debite parmy le Peuple.
Le mesme Sr Brunet. débite
aussi Les Agrémens &les chagrins
dtt Mariage. Je vous parlay il y à
qaaqur-,remps du premier Tome
quieftoitdédié aux Femmes. Le
fécond paroist depuis peu,&.
l'Auteur l'a dedié aux Maris.
Dans le premier te fQntles Hommes
qui parlent, Scquhattribuent
aux Femmes les causes des Agrémens
& des Chagrins duMariage
, Se dans le fécond
, ce font les
Femmes qui accusent les gommes
de tout ce qu'on y éprouve
de fâcheux. Les peintures y font
plaisantes & vives5 & le grand
succés qu'il à) est une preuve du
plaisir qu'on reçoit de
la
lecture.
Je vous ay dit que M. de Fer
préparoit deux Cartes nouvelles,
dont l'une eftoica Principauté dè
siémèns> Seigneurie de Verfeii, Duché
on JY41 d'Aoust» Marqmfat J'l-
Marqatfatde sllfl){;Ofblédi
Comte de Tarantaije, le CanàveA;
Comté de MQritnne, & deMonfer-1
rat5 & £autre
,
le Dauphiné
divis;
en H411t (} Bas ,
C subdivisê e. Viennois.
Valentinois.
j?4/. y Diois.
5 Tricaftinois. (
Et les Baronnies.
a Graisîvaudan.
7 Brianconnois.
H-iat, Ambrunois.
Gaperçois.
£Et Royanez."
Avecdivers Cols ou hff.gis,fU* 1
tit/NeZdans Ifl Alpespourentrerdans i
les Etats du Duc de Savoye
>
dans
1
Itfquels se trouvent les Valées des
Vaudoisou Bar/Jus. Ces deux Cartes
font presentement en vente,
&lepublicn'a pas feulement denestresatisfait
de l'exaâitude
l'on y a gardée, mais encore
de leur beauté. La graveure en
est admirable & d'une maniéré
nouvelle, ce qui convaincra d'abord
les Connoisseurs
, que M.
de Fer n'a pas épargné la dépente.
?
L'Enigme du mois paflfé a esté
employée sur YEpingle
,
qui en
estoit le vray mot, par Meilleurs
Bonnard del'Hoiteldu Quesnoy,
Place Royale; De Filourdy, de
i'Hostel de. ler veille-Matin, du Faux Bourgsaint
Antoinej Rousti &. Quentin) de
la rue de laVieille Moilhoye5
L'Arlequinj Le Hongrois&son
Amy, de la mesme rul)Z > la nouvelle
Société de BeaHregard de
Parisjle Berger ruiné, par la perte
d'un agneau ; Dorigniêcle
grand Bucephale, delà rue Quinquempoix
; l'A vocac Musicien j
l'Amoureux vangéj l'Amoureux
i tranquiliié de la mesme rue : le
Chevalier inviliblc) de la Bague
de Gigez :* & Boulanger)
de Roiien. L'Aimable. Brunet*
te, de la rué S. Hiacinthe ; la
toute Aimablemélancolique, de
Montreiiil
, & le plus tendre 'de
ses Amis.; la bonne Danseusè 6c
(es Compagnes; la prudente Giraulc
i l'Amie de la Jeune Mu[e)
la Charmante Azon & sa Compagne)
de la rue du Mailj FAdolescente,
la Gothique;laGisante; ]
les deux Genifratites de Paris:
la Brunette de Melun:la Bruncci
te du Diogene : la Brunette de la
Treille: l'Eblouinanic : la Blondine
du Marais: les Pieuses le
Noir:lacharmante Brûle: Diane
de la forest d'Alcleon : la Nimphe
Aimantée, & Mademoiselle
Lorin de Blois.
L'Auteur de l'Enigme nouvelle
que je vous envoyé, a eu ses raifons
pour souhaiter qu'elle parufl
ce mois-cy.
ENIGME.
LA Terre ayant produis mon Pere,
De mon Pere on forma ma Mere,
Pourservirà tons les Humains,
Tant aux lieux profillles) quaux
saintss
Mesme dans lesfierez, Misteres
Ils font tous deux tres-necefaircs ;
Maisaprès on les jette au fin?
Et là, consumez, peu à peu;
De leurfin je tire mon estre.
Devinez donc qui je puis estre ;
Si vous nave^pas ce pouvoir>
VIIjour vous le fera sçavoir>
Et ce jour marque chaque année>
Mon nomdequijefuis née.
Le choix des Airs nouveaux que
je vous envoye, est: toujours fait
par un fore habile Musicien. Ainú
vous devez cftre contente de celuy
que vous trouverez icygravé*
U dont voicy les paroles.
t AIR NOUVEAU.
] Çunc Iris, pourquoycraigne^
vous
.f<lIt le Berger qui povr vous a des
charmes , Refuse de rendre les Armes,
Et ne cede pAS à vos coups ?
Dé.'lIvre'{;IMY vostre mistere,
St-tostqutlfera dansces lieux Etjerépons t de vostre tffaire,
Avec vostrebouche& vosyeux*
Je ne mets point aujourd'hui
de nouvelles étrangères dans ma
Lettre, parce que vous les trouverez
dans rEtatpresentdes Affii",
res de l*Europe,qui la doit accompagner.
Vous y verrez leur ïicuaiion,
autant que l'on peut la decouvrir.
Il ne la faut regarder que
comme lit temps qui vole toujours,
& croire qu'elle (e pasle dans le
moment mcfme qu'on la tient,
V'estant pas possible que le nombre
iniioy de personnes intcreflfées
dans la guerre presente fuit
toujours dans la mefmc difpolition
d'esprit, foit ducoRede
leurvolontéqui change souvent
pariny les hommes
,
foit à çause
de l'inflabilité de la fortune dont
ils ne font pas les maistres. Il iVefè
question dans cet Ouvrage, ny de
raisonnemens Satiriques pour divertir
, ny de nouvelles à la manière
decellesqui se débitent dans
les Imprimez Publics. Ce n'effc
pas qu'iln'y ait du nouveau )
les
choses qui ne ibntpas feeuës,
cfteut toujours nouvelles pour
ceux quicommencent à les -apprendre
,&on en apprendra dans
ce Livre de l'interieur de plusieurs
Cours qui ne fonr encore
venuës à la connoissance que de
tres-peu de personnes. On y verra.
de quelle maniéré ces Cours' font
gouvernées, & les effets de ce
gouvernement. On y trouvera des
pieces originales touchant les Affaires
presentes,&quantitéd'extraits
de plusieurs autres. Enfin
on n'a encore rien vu depuis que
la guerre d'aujourd'huy est allumée,
qui ait donné tant de lumie-.
res des Affaires, & il n'y a prefque
personne à qui ce Livre ne
puisse apprendre quelque chose
qu'ilignore.
Je vous parleray le mois prochain
de M.l'Abbé Boileau ydonc
on mevient dapprendre la more]
Je fuis, Madame, .yolue)6ccr
TA»LE.
pRtlui<%
Madrigal. ,- 1
AcceptiondeMr d'Angerl' à Tours, 9
Tùjfèrtationp, les Tremblemens de
r terre. 21
DM- 8s
Tout ce qui s'etf passéau transport
du corps de feu Mr le Prince de
Mekelbourg)& àfis funcrdiUxs.$6
Epistre. 1^4
Imitation dune ode d',fforace-e. 140
Autre. 144.
Histoire. *46
Ëplftn de Madame des ffvulieres. 1 tSr
Mariage, d* Fers faitssur cefijti.
190
ÂEch-elrletGséoegrnapohiqmue.mez203 par
le Roy, 20Ç
Gouvernementdonnez,far le Roy. 211 ,M.ari4gts.- 211
Jbbayc de S. Quentin en fIjle ,dwnée
à M. ¡'¿tUe Bignon.* 2%6
NouvellesdtTripoly.£zp
Continuation du démêlé a III mode.
aî3
Reponseaux Lettres dn Vert de Milbranche.
a.62.
Morts. zto
Monsieur le Comte de Touloufc* tfi
rEecul Cîhpevalrieridetl'O.rdzred9u S6aint
Divertijfemensdu Carnaval>enfèmbleplufieurs
Articlesconcernantie
TrinceRoyalde Dannemark.• 2^7
Ouverture du Sénatde Nice, 303
Morts
,
Gouvtmemensdonne &
Regimensvendus. 306
Prises faitesparnos Armdteurs.,30'7 « DbietfisépfWVrrétl*B*gttrtfrde
Liop;faitesà Paris. 311
Gr,u¡lÚ.s Ftfîes & - Divertijftmens
donner a Ca^al. 313 Livres. lit
Cartes nouvelles. 32t
Articles des Enigmes. 323
VEflat present des Affaires de
l'Europe. 327
jttvis pour pldcer lis Figures.
la Medaille doit regarder là.
> 1 -1 '
.1
r
> 7- 1,r, 11 !
• ;1
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IL 1,1
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W!?1. L..-..,
-
h, (;; hi if, ,:::' (¡J3
pm£iMksiJÈ%^
ciLt r.
A PARIS,
OÂLERIl!.-NE'iY.E. f/V/.y* ?.
oN donnera toûjours un Volumt
nouveau du Mercure Galant au
premier jour de chaque Mois. & en
le vendra Trente fols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin,
-A PARIS,
Chez G. DIt LUYNE)au Palais,dansU
Salle des Merciers, à la Jullice.
T.GIRARD>auPalais> dans la Grande
Salle, à l'Envie,.
Et MICHEL BRUNHT, Galcric-ncuic
du Palaist au Pauphin.
M. DC. XCIII.
JAVEC PRiriLEGE DV ROY.
AVIS. QZJelques prieres quon aitfaites
jttfqu'àpresent de bien é-crireLesnwts de t~ePrm~mite' empf/loï yef~z,
dans les Mémoires quonenwyepovr
ce Mercure , on nela:jf l'tU d' manquerïcîtj'Oiirs.
Celacjtcaufcquilya.
deiettëpsentcn'psq;aLuies-uns de
cesMemoitescLwt onnefpeutfervireOn
teiterela mifaepriçr-e de
bien écrire ces noms,enforte qu'on
ne sy piïiffe tromper. On ne pn?.-d
aucunargentpour les Mémoires
,
&
l'onemployera tms les bons Ouvrages
à leur tour, pourveu qu'ils ne
desobligentperfinne
,
6" qu'il ny
ait rien de lïcentieux. Oi; prieseulement
ceux qui ksenvoyeut, &sur
AVIS.
tout ceux qui riécrivent que pour
faire employer leurs noms dansl'article
des Enigmes, <£affranchir leurs
Lettres deport,s'ils veulent qu'on
fatfe ce qu'ils demandent. C'eflsott
peu dechofepourchaqueparticulier,
& le tout ensembleefibeauco-up pour
un Libraire.
Le sieur Brunet qui débité présentement
le Mercure , a rétably les
ebofes de maniéré qllil efltoujours
imprimé au commencement de chaque
mois. Il avertit qu'à t'égard des
EnvotJ qui se font à la Campagne
il fera partir les paquets !de ceux
qui le chargeront de les envoyer avant
: que son commence a vendre icy le
Mercure. Comme ces paquets feront
flufieutsjturs en chemin,Parüne
laifltra'pasSavoir le Mercure longtemps
avant quilfoit arrivédans
AVI S.
les Villes éloignées, mais lIuffi les
Villes ne le recevront pIVi Ji tara
qiielles fai/oientauparavant. Ceux
quise le font envoyerpar leurs Jmts
sans en charger ledit Brunet) scxpofnt
u le recevoir toujoursfort tard
par deux raisons.Lapremière ,parce
que ccsAmis n'ont pas foin de le
venirprendre si-toflqui'l efi imprizné,
outre quit leferatoujours quelques
jours avant quon enfajfe le
débit i & l'autre, que ne [envoyant
fjllaprés quils l'ont leu,CI:x &
quelques autres à quiils le prljitnt,
ils rejettent la faute du retardement
furie Libraire
, en disant que la
vente n'en a commencé que fort
avant dans le mois. en évittra ce
Retardement par la voye dudit Sieur
Brunet, puisquil se chargede faire
les paquets luy-mesme & de les faire
A V 1 S.
porter à la poste ou aux Messager
sans nul inttlll, tantpourles Par
tïculiers que pour les Libraires de
Province, qui luy auront donnéleur
adrrJ/è. Iffera la mesmechose gentrdfClJJcntde
tous les Livres nouveaux
qu'on luy demandera,foit quil les
ddeébbitiete,ouquilsappartiennent à
, oti q'u'-«I~ .1 it
d'autresLibraires
, Jàns en prendre
pour cela davantage que le prixfixe
par lesLibraires qui les i'endront..
Jïuandilse rencontrera qu'on demandera
ces Livres à lafin du mois
il les joindra au Mercure , afin de
n'enfaire quun'mesme paqteet. Tacelafera
executé avec uneexdctitu~
de dont on aura tout lia* d'efire
content.
M-1i~ ~~IMr.~( r~ae-Jr.- i"i3\ni:&i.' #ta - - "1 3
It~,C-E1
1 -
r_1YÙII0
~'t)- -Pli
FEVRIER 1693. fwt
OULEZ-VOUS, Madame)
voir un Eloge
du Roy»qui
convienne parfaitement a cc
Grand Monarque ? Vous le
trouverez dans le Madrigal
que vous aillezlire.Ccft un
Ouvrage d'une petite étenduë,
mais il dit beaucoup en
peu de mots,& ilne faut pas
un grand nombre de paroles
pour faire entrer vivement
dans tout ce qu'on peut penfer
desmcrveilleufes qualitez
d'un Prince qui clt né pour
estre l'admiration de toute la
terre.
LOF1S efifage & gentfeux.
En ses dejfàns il est heureux
Ases Amis il ejlfdette.
Les Souverains de (a gloire jaloux,
Foudroient le prendre pourmodelie,
S'ilalloit moïrjssouvent aux coups.
Il se trouvera tant d'occasions
de revenir sur cette matière
avant que je finisse maLettre)
que je la quitte maintenant,
pour vous apprendre ce qui
s'est paffé à Tours au voyage
qu'y a fait Mr 1 Evcfque d'Angers,
Ce Prc lat
,
qui comme
- vous fçmz,est le Filsaîné
de M1 lePelletier, Miniftrc
d'Etat, y vint le Lundy 5. du
mois dernier, à deffcin de
visiter le Tombeau de Saine
Manin, & de se faire recevoir
en qualité d'Evêquc
d'A ngers en la fameuse Egliic
où repôsent les cendres de ce
saintPonttfr. MsduChapitre
quienavoicntcllé avertis^
envoyèrent au devant de Iuy
Mr labbé le Loyec, Chanoine
&ancien Ch antre de
çcttc Eglise> pour le conrvier
do prendre le logement
qu'ils luyavoient faIt préparer
chez M' l'Abbé Collin
,
aussi Chanoine & Prévoit de
Valicrcs dans la mcfme Eglise,
tantpour luy, que pour Mr
l'Abbé.dcJL.Aubin# (on Frerc>
Mrl'Abbé de Flamanville,
& tOijte sa fuite. Mrd'Angers
çftantarrivé à Tours, fut
complimenté par Mrl'Abbé
Saicher, aussi Chanoine &
Dig'-ni.-ié) avec fcpc Djgnitez,
f Prcvofts Ôc Chanoines députez
du Chapitre, & régalé
magnifiquement le foir aux
dépensjjdu même Chapitre. Le
lendemain, Feftc des Rois»
sur les [cpt heures du matin,,
Mr l'Abbé le Loyer
,
& les
autres Commiflaircs du Chapitre)
le conduisirent à TEglise,
oùMis du Chapitre,&
leur Clergé, qui cft fort nombreux
i lereceurentà la porte,
&dçu;après luyavoir prefencc
l'epu benite, & enfuitc
de la vraye Croix à baifcr, ilf,
kmppcrcntau grand Autel.
en chantant un Ripons da
Saint Martin ,àla fin duquel
Mr l'Ev-Aequedd'AAnnggeerrss aayyaannitr
chanté le Verset & i'Oraifori
du mesme Sajnt, donna la
benediction solemnelle au
Peuple
,
félonce qui se pratique
à la reception des Evéques
qui font Chanoines honorairesde
cette Eglise. Cela
estant fait) ce Prelat-fut conduit
folemncllemcnt par tour
, le Ciergéau lieu où se tiené
le Chapitre, &oùMrl'Abbé
Guedier, Chanoine & Sous-
Doyen, luyayant> en l'abfencc
du Doyen, prcfcnté
un ancien Lwecouvert de
velours rouge,eu font contenus
les Statuts de cette Eglifc,
avec le saint Evangile,
& le ferment des Evclqucs
Chanoines de Saint Martin
de Tours, M' d'Angers prêta
ceferment à haute voix) en
Latin. En voicy les termes
mis en noftrc Langue.
NOVSJ Michel le Peletier)
EfatfqueaAngers> jurons
& promettons que nous ferons
fidetles a cette Eglise du Bien.
heureux Saint Martin de Tours,
& principalement sur les chofis
qui luy appartiennent dans
Moflre Dioçese, 0* que nous
donnerons Yvette Eglise & au
CIJapitn: le conseil que nous
croirons le meilleur»toutes les
fois que nous en ferons requis>
<*Tque nous ne révélerons en
ancune manière les délibérations
du Chlitpitre, en forte - qu'il
en puiffi arriver quelquedommage
ouconfufon àtEglise
mesme, ou au Chapitrt. Ainsi:
7Jieunousaide, Cf ses faintes
paroles.
Apres avoir prété ce fenmenc
J
il remercia M" du
? Chapitre de-l'honneur qu'ils
luy faifoienr,les affuranr qu'il
le regardons comme un des
-.
plus nobles avantages de l'Evêché
d'Angers> parce qu'il
luydonnoiclica d'cfpererunc
protection particulière de
S. Martin, & le droit de demander
l'amitié d'une Compagnie
qui tient un si hauf
rang dans l'Eglise,&ayant
prononce les élogesd'homme
comparable aux Apôtrts) & de
frémier des Confejjeurs qu'on ait
honoré publiquement. dans
l'Eglise, quel'antiquitéa donnez
à S.Martin, il ajoûta qu'il
cfperoït qu'avec le fecoilrs de
leursprières qu'illeur derçian-
•
doit dansrctprit d'uneycritable
fraternicé,il obtiendroit
de ce grand Evêque,leur Perc
commun, dont ils conter
voient les cend res & le Tom
- beau dans leur E,:Ylifc
,
& rcC,
prit dans leurs o i moeurs, toute 1-affittance donc il avoit bc.
foin pour gouverner un Diocefcqui
avoitautrefoisreflinty
tanc d'ciFers du grand zele
de ce même Pontife. Puis il
quitta leCamail d'Evêque,&
s'eûant revestu des habits de
Chanoine, il fut conduit au
Choeur»oùMrle Sous- Doyen,
crij"abcence du Chantre, Tinftaua
dans la premierc place
du1 cfcfté droit- prés le grand
Autel. Il celebra cnfuitc la
MtÍfe au grand Autel, pendantlaquelle
on chanta un
excellent Mctct) de la cornpofinon
de M1Thierry, Majstre
de Mifique;après quoy,
M' d' A ngersrevintà là placeduChoeur,&
entendît la
Mcflc foiemneHc du jour des
Rois, dont il admira lesccre-
-monicsmajestueuses, & propres
a cette gr nde & ancienne
Eghfc, Os la commença auTombeau de Saint Martin
derrière le g»an.i Autel, en
M le Sous Dmn,quiestoit
*de fcmaineàl'Autel? pour 1er
Doyen,ne vint de ce Tombeau
que pour l'lntroitt
, accompagné
de vingtOfficiers
qui lavoient précçdé dans
toute la marche) qui clt longue,
puis qu'on fait le tour
du Choeur, & qu'ycftant ejitré,
on paflç à coftégauche
du grand Autel pourallcr' aiu
Tombeau de Saint Martinr
d'où on vicnt ensuite par le
collé droit au grand Autel.Après
la Mv(Tc,Mrd'Angersfut
reconduit comme auparavant
à son logis, .& y ayant dîné"
& toute sa compagnie> ay.ee
M1dc Miromcnil, Intendants
de la, Généralitéde Tours, &
un grand nombre de Mrsdu
Chapitre, qui avoient cfté
avec M! l'Intendantausouper
du foirpréccdcnt, il partir
pour Angers, cù il fut rcccu
aux acclamations publiques
de tout Ton Diocese.
Les Eveques d' Angers ont
coutume de venir ainsiprendre
poicflion de leurC nicatde S. Martin de TQUÎS.
LLeePPècrreeTThumaflinparledans
sa Dfcipline Ecclcfiafiiqqc'
des Charonés hororaires de
cette noble Egliie. Parmy IcsEvêques
qui le font
> on compte
les Archevêquesde Bourges
& de Stns, les Evêques
d'A ngers, de Poiriers, & de JLiege;& depuis le mois
Ïl d'Aoustjdpi. par les foins de
M'l'AbbédeGalliczcn,Chanoine
& Charirrc de cette Eglise,
ceux de Qucbec en Canada.
Outre ces Chanoines
honoraucsEcclesiastiques, ri
y en a plusieurs Laïques, dont
le Roy, comme Abbé fccn-
,; lier de cette Eglifc, en le premier,
les Ducs deBourgogee
& d'Anjou le font aussi
; les
Comtes de Fa'ajadre,dcDunois,
- V. -. ,'" .-.-
deDouglas en Eeolfc, & les
Ducs de Vendôme & de N"cvers
Mrle Duc MazarinTell
comme SeigncufiâcPartenay^*
& M1 le Maréchal de Hamieres
TeHoircommeBaron de
îi'cliilly. Ccft ainsi que les
Grands dans l'ordre Ecclefiastique
& Seculier fc l'ontxmprc(
T:z à rechercher une place
dans un Corps quieftoit consacré
à honorer la mémoire
d'un grand Evêque, quiest
un des Apostres& le Pauon
de cc florilTant Royaume.
Ce fera sans doute vous faire
plaHir. que de vous envoyer
la copie d'un Traité que le
Sçavant Mr de Comiers a fait
sur les Trcmblcmcnrdecerre>
au (ujet decelui qui fcfie fciuir
icy au mois de Septembre dernierVousle
trouverezrempli
de chofcstrèscuricufcs, qui
font connoistre par l'exemple
v de l'Auteur,quicil malheurcu.
sement devenu aveugle,qu'il
ya des gens en qui les lumières
de Icfpnt ne font point
fujectes à s'éteiodre.
r ? t ? ",) .t. ttà 1AA
-- --
SUR
LES T.R-EM.BL.EM'-EN"S. DE TERRE.
- - ."- ..- Au R. Pcie de la CHAIFC>2^
Contefleur DÎTKOY. cOmme vofire Revciemt
me fit l'honneur de me demander
au commencement du
mois de Décembre dernier À
,quoy je memployereis pendant
le refit de l'année»qvef^ppelie
f'annee generale des Terre- mm*
bles
J
ray cru
, mon Reverend
Pere
» vous en devoir rendn
compte & d'autant que Ouum
fine litteris cft fcpultura hominis
viventis
>
pourn*stre pas
enpvely dans linaSlion3 femprunte
lamain d'un Scribe, pour
vous dire que la"veuë nejiant
fas necejjaire pour raijonner de la
cause ,des?jf?ti, (y des presages
desTrembkrnens de terre, je
puist quoy qu'aveugle, lessentin
& dire ce gu,, sen pense.
1
Il ep facile dejxire un Vol$fime
entier de l'btjfoire des 7remblemens
de terre qui fontarri-
VCK;
DCZ.* Les Philosôphes gr Hifioriens
grecs en ont écrit. Ammun
Marcellin, Secrétaire de Juhtn
l'Apoflat, en a fait une fçavantc
Dftfcrtdtion. Le Poète Phi/cfaphe
LucrecedanshjixumcLi-
Dre dererum naturaJcomprend
en 74 Vers.ce qui concerne le
Tremblement de terre. Plineen
parle plus amplc,,ment dans [on
fécond L'ivre, d7 Senfque dons
fis quejhons naturelle>,Liv.Jixiémeûit
àson Arny Luctlle^qu'ilen
éLvoit composé un Volume dans
sa jeunesse.Ilefl difficile de preaire
les Tremblement de terre,
- & imfyofjib^e de se garantit
des horribles (gf jùnefles malheurs
qui les AccompAgnent;(t)
tomme dit Seneque,vous ne trouverez
jamais un plusgrand nomire
de Devins & de Prophètes
que quand la crainte entremêlée
de fuperllition
>
s*e(lemparée des
ejpJ ri1ts. Ncc ulquami plura
excmpla Vaticinancium invcnics,
quamubi formido mentes
Rcligionc mixta perçue
sir. --
Si les Tayens ont eftefaifts it
tant de cramte &atfraycur par j
les (uptrflttÎeufi, menaces de leursj
Devins
* nous devons a plus forteraisonapprehender
lei menacesj i
dtt Sauveur de nos ames,qui pour
marqttcr la fin du monde a dit
en S. Jttmhieu Ch. z+Ql"on
verra s'clcver Pcuplc contrc
Pcuplc
,
Royaumc concrc
Royaumc
,
& qu'il y aura des
pcllcs
)
des famines &, des
Trcmblcmens de terrc en divers
licux. ce qui estArrivele ip.
du mois deSeptembre de l'année
dernÚreJ
La Pbyftjuc nous apprend
que la pejle procedc des exbalaifons
vemmtujes s 1Ul sortant des;
entraiHes de fA tetre par les Tremblcmcm
, se m'flrnt dans I*air
que nous tefpirons: C'est a quoy
Sencque dttribue Umortfeudal*
ne d'unT'ouptau de six cens hrebis
quiftit ctoujfe lors dtun Trcm*
hlement de urte, arrive dans
un mois de Fevrier
, qui dbifm4
Idfamcufe VIlle de Pompeie ,&
renverfx la moiti; d'H^radee»
fous le ConfuUt deRrgulus
de Virgtnius.
Comme on ne peut emttr ny
frevoir les Tremblemens de trrrt,
tout le monde estjujlement effrayi
dans I'attentc dcs choses qui les
doiventsuivre, On ne voit de
tout cOflt'{ que des maux tque
des dangers, quedes sujets {fhor..
rent gjf de crAinte; car enfin
9,,"tft ce qui ptutfemblrr ajjrwe,
strllelmtlout le monde trembles
Siles parties lef p!u<fortes @J les
plus fohdes font ebranlees
,
où
pourra-t-on aller pour serrtettre
en seurete? Quelle retraite &
quelle ajjijlance ttowverons-nous, stDieu nousmenace>filemonde
entier nous donne par tout dei
marques de sa chute, & st ce
qui nous soutient, st) sur jpoy
les faillesfont bajiies
, commence
À s'entr'ouvrir (;)' a chancelt,?
riy a point de lieu où Ia,
crainte puiffi prendre LA fuite.
Le perilefl par tout egal3puis
que la menace du Sauveur efl
generate.Cbacun craint,commc
dit Lucrece,
Ne pcdibus raptitn Tcllus
fubftra&aicratur
In Barathrum,
de tomber vivant dans les En*
firsJainß queCoreyDatan
> &
Abiron qui furrnt abimrx dans
tin goiiffre horrible, que la tcrrc
en tremblant ouvrit tout a coup
Jottsleurspt'eds. Voule^mous
estre exempts des jrayeurs des
epouvantables Tremblemens de
terre ,
qui entrainent avec eux
tant de funefles malheurs f FaU
tes peu , d'etat de cette vie mQrtelle;
foye% bien avccDteu
>
rN.
ytte'woftreamefoit toujours presle
a parti,pour paroiflre devant (on
dernierJuge; danscette fituation>
& si fraûus illabitur orbis
impavidum fcrient ruipæ,
ejperant de puffer dans un Itttt
plur heureux& plus asseure.
J'enfirmt cette Differtation en
trois Articles. Dans le premier
je diraytoutes les differences des
Tremblemens de U terre. Dans
leJecond je rapporterayI'Hiftoire
de cjuelcjues uns des plus épou-
*vantables
>
rØ enfin dans Ie troi-
Jteme & dernier Article je donneray
en Pbilojophe les 'veritables
causesdes Tremblemens de
I faut premierement etablir
que dans la ttrre il y a prefqut
pir tout d" grandes cavite%, fÙ'
mifmt de pint<vafies fous lei
Adjntagnes ,.(!/ de tongues casernes
ou conduits jouterrains>
ce que Senecjue hv.3.Quest.nat*
-Ch.
1 6. enfigne. Tout ce quenous
Doyons au dessus de la terresfc
trouve de mrfme au dessous.Ily
a de grandes cavernes, ily a des
concaviteX^.t ilyAde Urgeseffaces
(jttisetendenl entre dts montagnes.
11yd des goujfres qui
ont quelquejvisengloutydeiVil-
Its entieres> quorum pcricrc
ruirae, & en ont cAché les ruiTics
damleur profondeur. Tout
ces espaces font rem^iis d*air,
d'eau, tJU de feu.lly a aujji des
Eflangs qui font cowverts de tenches
,
(jfy qui ocwuprnt beaucoup
de place.J'ay tumcfme
dans le Nivcrnois anjec tlOnnrmrnl
Ics tongues casernesdc Cba*
tenaj/9cjucn appelle aufjiles Grotcs
d'^Arcy^parcc que la Riviere,
a cjuelques pas dc ces Grotesioyant
traverse la Montagne,fort de
terre dans ce Bourg. tfAu contrairc>
les cavcrnes souterraines
womijfent les eaux de la Fontaine
de Vocluf? à quelques lieues
-
dtCarpentras.Je les ay c$nfide->
rér-s avec admiration, aujji-hien
que dansie Dauphin;) la (outce
des njents> quisortant des ca-
*verne$ pres de la Vtlle de Nionsy
souflent juftiptts a OrAnge) le
long de la riviere d'Aiguey trtsdangereuse
par ses fables mouwans
entre S. Maurice du Dauphine,
ã: ViUe-Dieu du Comtat.
Le Tigre, #;? des plusrapides
Flewves >ye peri au pied du
tSHont-Caucafc> Ø tflantfo'ty
de ['autre cofte, ilse perd encore
bien-toftapres Jltt rencontre d'au*
tres montagnes, EnfinAy.nl pArtl
rff I'autre cofllJ il mesle ses eaux
dans l%Euphrate pres de BabyUnc.
La Riviere AlphEt s'abime
en terrc dans I*Achate, &ayant
paftcpar der canaux souterrains
par dessous la Mer> qjicnt fòrtir
en Sicilepres de Sirdcufe
s
où il
-
firmt la grande fontaine Appellee
Aretbufe
> ce que les Grecs
ont demontre par l'fxperienct;
car ayant jette dans Ie goujfre
d*Alphee les immondices des animAUX
quonfacrifioitchaque qua*
trieme annee pendant cinq jours.,
depuis le on^iemejuf<juau quin*
':{itmt de la Lune du Solflice
d*Efle
,
dans lequeltemps ils celebroient
les Jeux Olympiques,
-
ces mefmct immondices sortoient
par la grande fontaine de Sira*
sust. De mesme la Rivtert Guadalquivir
1
autrefois jinas en Ef
pagne , (e perd prcs de Medeltne,
& ressort à aix liruër de lay ce
qui a donne lieu de dire, queit
Espagne il y a un Pont, sur lequel
font de tres-grandes prai*
ti-es &d7e grandjescampagncs.
En Elbiopie, le fletiveNiger
eslans arrcjle par les montagnes
de la Nubie,s'abîme, 0- ayant
passe fousces montagnes>ressort
du cofté de /'Occident.
Les Mers mcfme se communiljuent
leurs eaux par des canaux
fòuttrrains; (jT pour le protwcr*
il fufFt de dire qur la Me, Caf
pie* ou Mzr ClauseIrrçoit la
eaux de plufì:'urJ grands Flcul/
fj sansaurmentertnyrien laiffer
couler sur terre, farce que
cette Mer, qui ejl plzu hauet que
la Mer du Pont Euxin ,sy défbarge
par un goujfre qui tngloutit
leyVa'ffeaux>lesquelsensuite
ressortent dans la Mer du Pont~
Euxin; & lor* que le vent J.'Orient
foajle sur la Mr Clause,
I'f.AU en fort AVfC plui deviolen-
,ce & plus de bowllonnement au
Tont Euxin; &l'ean de la Mer
duSsinPe>jicjueetani powlors plus
-
batife que celle de IAMer Cafpit)
clle labisme
, &y coille par un
gouffrc qui essa deux journees de
B^ljara ; r!Jr au contraire ; lors
que les Dents dtOccidtnt font
forts, Feau de la Mer du Pont-
Euxin ejl poußér dans la Mer
Cafpir, dou elie defttna dans le
Setn Perfque, rendant ses eaux -
far le mrfme goujfre. La Mtr,.
tsWorte ,qui revolt lejouriain
3 est aussi clause, & se decharge
auecson 'Birumr par descanaux
fouterraim afJlxante-Jtux lieuifs
loin de la dam le Sein Arabiquei
ou Mer Rouge> du cossi di tArabie
deserte
>
pres du lieu appelti
Elcor. La iediterranee Je at.
chargedans la rouge,-ce
qui se demontre par un fait admirable
cjUAbnlhafenrapports
dans fin Livre du merveilles
d'Egiptt.
LrlJaf14 dcSue%>Jiwe sur I'angle
dc la tsH'r-rougc, ayant prii
dans lesfilets ungrand T)auphtn,
surpris de sa beaute le fit jetter
dans la *5Mer,apres luy avoir
fait attacker une lame de cmvrt
avec ces mots grave^ enLanpuc
jfrabc, Amcd Abdalla
J
ILfla
Suez t'a donné lavieaveecc
present. l'donêc 72.0. de tHcgirc;)
ce cpi efi en I'annie de
jftff4s-Cbriftijj.z,£emesme Danphin*
quclcjites moisapres,fut reprit
dans La Mediterranée pres
de Ðttmirtte.
Taflonsmaintendnt des vsjles
Regions fouterrames> dont plustUTSfont
babitees. Solin) plInt,
Julian> & en dernier lieu qaf
farel tn ont tcrit. Dans /'ljle de
A4alih?tnon loinde I'agreable lieu
nomme Busc hetto>ejl une Colline
,
dans les cn^ite^ de laquellt
habite tine semeusePeuplade,
Les hommesfont de grande taille
, & let femmes ajf}% be//(s.
jh n'ont du jour que par de petitesRentesdes
Rocbers. Ce lieu
est appellé Gaar Kcbir
,
,'efta
dire> lagrande Caverne. DAns
le Territoire de Viterbe en Tofcane
, est un grandJZourg fouterrain,
apptllé Meonio,au JffJUS
duquel font des prairiesydejquelles
on noit avec etonnement firtir
la fumee de leurs cuijìnes.
Mais tout cela nest rien en comparaison
des Regionssouterraines
que le Pere Martin A£artmifts^
dansJonAtlas Chinique
,
dit estre
au milieu. dti Royaume de JA
Chine
J
jòus laylus ejearpee & lapluswafteMontagne du monde.
Elle est percee
,
dit-il, de
part en part en plufteursendroits
par de wandes cavernes qui {ervent
de chemins pour alltr dune
Prøvinct a i'Autrt. 11 y a des
Lacs> des Rivieres rØ des poiffins,
des herbage*
> &des anim
maux de plusieurs especes
>
qui
jouissent £tinjourfortfombre qui
descend par des crevajju de U
Montttgne. Il ajoute, qui!faudroit
six mots entiers pour parcourir
& decrire toutes ces Ca-Z
vernes.
Disonsmaintenant quelque
-
choft des feuxsouterrains. Je ne
rapporteray pasicy les horribles
embraftmens du Mont Vefuve>
du Mont Ethna de quelques
autres qui vomijjent d'borribles
Rivieres desen de foujfre @J de
hitumc allume. Le Livre des
jimbajfades memorables de la
Compagnie des Indes Orientates
des Provinces Vnies
, vers les
Empereurs dujapon> nous apprend
>
quily a des Montagnes
qui lomijjentdesfeux & des
flames,& d'autres qui font couler
des ruijpaux de souffre alltime.
Mats je n'oublieray pas une
desJept merveilles duDauluíné,
qui eflla. Fontaine brulante pres
de Grenoble) de laquelle S. Augttfltna
fait mention,
l'ay lu autrefois dans un cl;s
Journaux d*Allemaqnc
,
qu'en
iannee16$6. on decowvrit à unt
lieue de Sibinic unefontaine dont
ittAU estfort trouble (!) noiratre>
()rt bouillonne a huit ou dix pouces
de hAuttUr. Cette eau est toujours
froide (y nefort jamais de
fonbajftn. Ce futen1671. quon
reconnut quelles%enftamoit> le
feu JY estant mis par bayard>il
continua pendant plujieurs ftmaincs.
EUr: s*enflame encorc
comme de ['tau de 'Uie
>
Jt ['on
presenteau.dessus de Veau une
cbandelle .llumée) &sa flame
continue pendant plujicurs jeurs
a la hauteur de trois pieds.
Jt: ne parleray pas icy non
plus des bainsd'eau chaude>
dont le principalestctluy de
Bourbon-Lapcy. 1'rn ay donne
dans Ie Mercure dumois de Indict
1681.U description^ cellc de
ses effetsyluy estant redevablepar
deux fois de Uguerifon du resse
dt's maux que je sentois par le
poisoncjhonm'avoit donne en
1666.de U façon de I'Homme
c.Apostat
,
premiert^Artifte da
fameux SceUrat Sainte Qroix
CT de sa Cabale
,
dont les
, perfections c& les menaces de
Uurs Amis & Protettcursnont
cesse que par la crainte du quatrieme
article de iEdit du Roy Jónné a Versailles , au mois de
faille:, & vcrifie en Parlemeni
le 31. d'jiouft1681.
La Sainte Ecriture quinefail
AHcune mention des Eclipsis,
parle par tout des Tremblemens
de terrt. Nous lisons dans les
iVombres Cb. 16. qu'au commandtment
de isUoyfe la terre
sowvritfous les pieds de Core,
de Datan &d"Abiron, qui defcendhent
tout divans dans les
Enfers. Job dtt au Ch. 9. que
Dicu transporte les Montagnes
& qu'il saic trembler la
terre ) en ébranlant les Co-
Jomnes qui la (buiiennenc*
(j;) Dwid dans le 4f. Pseaume
tnfcignc lA mesmechose, a la
voix du Seigneur la tcrrc s'cft
cmue. Le'TropheteAmos nous
apprend ,anteduos annos tcrix
motus,queduregne d'Ossas
efloit Arrive un horribleTremblement
de terre, ce que le Proj
pbttt Zacharie confirmeauchap*
I 14. ou apres avoir predit que la
Montagne des Olivesse findroit
j en deux> il ajoutes & vous fuU
1 rez de mesme que vous fites
: lors du Trcrnblement de ter- ,
» rc ,
qui arriva fous Ie regnc dOssas,Roy de Juda.
VEvangile nous apprend,
I quaUmortdu Sauveur laTerre
trembla, &que les deux Marries
allant auSepulchre,il fc
fit un grand Trcmblcmcnt
de tcrré, & dans les dttesdes
Apoflres au Ch. lÔ. Paul & Silas
cftant en pricrc, il fc fit touc -
d'un coup un si grand Trcmblcmcnc
de ccrre, quelcs fondemens
de la Prifoncnfurcnt
ébranlcz
, toutcs les portcs
s'ouvrircnt & les liens de tous
les Prilonnicrs furcnt rorapus.
Le plus grand & le plus hor.
rible
-
Trtmblement de tetYe y
est
ccluy qui Jepara tAmtrique de
l'E:Jyope & de ['Afrique. Voicy. j
ce (juc
ieque nous en apprenons. Ity a
.4 present.11-93. ans qae lesPresires
d'Egypte dijoient àSa/on d'Athenes
) ce que Platon rapportc
dans le Dialogue qu'il a intitule
Timee ; que par la anciennes
Traditions .ils avoient appris
quautrefois aupres de Gibraltar
ou Colonnes d'Hercule>ilyavoit
: une Iflcappellee Atlantidcj qui
efioit plus grande que I'Europc
1'jiff-Siqueenfembte
, £7*que
par un horrible Tremblement de
terre , CJT paY un Deluge de
*vingt-quatre jours
>
elle abimx
&jutcouvcrte. de la Mer. Et
en itannée 1497. Americ Fefpuce
JZlorentin en ayant decouvert It
reftsj luy donna It Horn J'Amerique.
atdeJemkUbles Tremllemens
de terre, la Sicile jut
separée de la Calabre
3
/-Ijle de
Chjipre de la Syriey & Ceilan
& lesMaldives dttContmint
deslndes.
Ily a io&6. ans quAriftote
ejlant encore fort jeune J
ebferiht
que la Comete qui parut au fyuchant
Ecjuinoxial
,
jut d'abord ì
comme il dit, Metaph. Liv. 5.
juivie d'horriblesTremblemens
de terre qui ruinerent I'Achate,
(;;' de debordemens qui fubrnergerent
dans le fein de Corinihe
icsrilles B*urin&J-Jdice3cjua*-
rum in alto vcfligia apparent.
comme dit Plme. Ovide en
fail
Aussi mention dansle JJ. Liv,dt
ses %$deum. ,
Siqua:ra<;Hcliccn&Buriru
Achaidasurbes»
InvcnicsTub acjuis3&adhuc
oftcridcie Naucæ
Inclinata folcnc cum rrcc*
-
nibusoppidamerfis.
Ld dtrnurc annee de l%Oylmpic
de z/o.plujteurs Bastimens dans Tjr & Stdon ,furent rcnverft^
pAr un horrible TrfmblemerJtJ
.& dccablerentJQUS letirs ruincs
une infinite de personnes
, r'7*
dans la troijieme annee de I'Q*
lympiade181. Rome jutebramee
pendant trois jours & trois nuits
consecutives» (7 Dirrachium
renverse) dufF-bien que plusieurs
Villes de la Cdmpanie. Pline dirJ
que Ion de lembrafement du
Mont Vesuve qui arriva de fin
temps, la terreJutjihorriblement
ebranlee,qu'on crut que tout iioit
I
fins dejjus dejjous. En la y.xnnee
du regne de Qopronime un horrible
Tremblement de terre rutna 14
Syrir. Un des plus grands Tftmblemens
de terrtf, jut celuy qui
arriva a Constantinople du temp$
de Haja^et II. 11 commensal.
Tentree de sa nuit,comme dit
Chalcondiledanssonu.Liv. de :'Hij?oíre des Turcs, Iesixiéme
du mots de ZuinMo. Ce Tremblement
dúra quaranttjours )
ptndant
/e(quels il ne se plfÀ pM
d'heure >Joitde jour,fòit de nuit,
Jans que I1onenrcjjentift de tresjgrandessecousses;
(y pour rétablir
da failley Baja^ety (mploya
iquatre-vingtmille Ouvriers.
Gregoire de Tours aitt quen
itannee ffo. une Montllgnr) apres
ravoirfaitdcgrands mugijjemenst
(è renversa dans le Khojne
s au
ibord duquel est bAflie la P^iUe de
Teurnon
9
ainsi appellee
, parct
ejtie la Afontagne avoit tournf
fins dessus dtjfous
> O* en 63*. /<t
lerretrcYllbla un moisentier.
En lannee 1180. unTremblement
de terrc ruina une pariie de.
la Vdledc Naples. Celle d'Jrtan
en fut engloHtte, @J celle del
Gire entlerement rtnverste. En
3456. le Z4. Aouftt il j'élerua sur
Li Asfevd'Ancone avec une nutt
cpaiipy ciT d'environ deux milleId'etendue'i
une sthorrible tempe-
Jle de vents )
defeu3 d*eau> d'é-
(lairs, 0* de Tonnotrres, que
creusant la Mer jufcfue dans le
plusprofonddeJes abismu, ellc
poxjja Jes flots ecumans jufcptc
d*tnh le Gel A'lJtc un bruit epouwantable9
(fifroula depuis une
beure auant Ie jour jttfque vers
Pife
x.
QH iette wAgeuje guerre,
&confusion depElemns se vins
rallentir. Cctte bourasque commsnpa
Af{)tc tent de bruit @J de
jru7 quelle endommageabedu*
coup la Tofèànt
>
deracina la
arbres
>
renverf* tout par terye,
jzttaplufieurspettiEsVilles à bai,
enleiiA plusieurs Qhajfeanx de
dtjJus leurs jvndemens,&por~
tant leurs debris bien loin hoys
de leur afifettc* donnoit dc U tfrrent
a tout le monde. Tout cet
wave fut causepdr la violence
avec laquelle sortoient Us vents
& les exhalations enflammees7
des ouvertures qu'tlles s'efioient
jmtes dans lefond de cette Mcr.
Le rtfle de cesexbalaijbns, &'
feux fouttrrains causa d'borribles
trrmb/tmens de terre , par
lejquels au moÏJ de Deccmbre
suivant le Royaumc de Naples
flit ruinej & toute lltalie en
porta de fiinefies marquts, Un
milliondemaisons {0 de Chafltatixfurentenfcvelis
fous leurs
ruines. Ily eat plus de trente mille
bommes ecrafe^y &uncgrande
rnontagne se renverpt dans Ie Lac
de la Garde.Petrarqfte eslans k
Naplesfut témoin aun trtmbltwent
de terre & d'une tempejle
pmbUhie> dontilfait la description
dans rune desesEpistres.
JosephAcofla> au lit
1%
cka*
fitre 2.8. dit que dans le Perou
cn [,année IJ81. un tremblement
de terre transporta deux IÚurs
loin de fonajjictte laVilled*Angoangum
yfans la demolir, parce
que tout leterritoire changeA de
plAce. En i6$i. au mois de Septembre
,
fous Amurat IV. il
* renversa la faille de la Mecque
aiec sa Mosquée; Ø peu de
temps apres une furieufcravin*
d:'eau fracajja gr entrainit fortloin
le Tombcan du grand MM
hornet,
Le doEle (ty curieux Af*Spont,
Jans fòn Hiifoiredela*Ville &.
de lEtat de (jeneve>dit qUi Ie
j6. de Septembre de ltannEe 1600.
Jepuis Ie matinjufqaef a onZe
beures ayant midy ,les exhalations
souterraines elevant beaucoup
de terrain par trois ou quarre
reprices
,
Ie Rhone eefla de
couler
> & eut commt autant de
flux&dereflux
3
&mime l*eAt*
du Lac laijja a fee des endroits)
où ilavoit auparavant cinq pied;-
d'eau. La mcme Hijloire rapporte
qu'en i'Année 1384..i demi-lieue
dela Ville d'/4igle au Canton de
7Jerne
>
apres degrands Tremblemens
de terre de dix ou dou'{t
minutes
,
qui redoublerent trots
jours defuites on vit un matin
entre neufft) dix heures
)
s*elancer
de i'entre-deux de pluseurs
rochers une predigicufe quantise
deterre,pottfieepar les exhalai.
fons renjirmees
y
qui tombA cam--
me une ravine dSe414
) & combla
pttfque en un injlant testations
e$r les campagnes "voijtnes*
Un hamean en fut d%abord.abi* m*>I. , la Itrre s'augmentant A
mefHre eptclle rouloit comme un
pcloton de neige,enfeneli: tout
tinPillage aveccent six g**figes
plrtnes de Jrnrérs. ll y cut cent
perjonnesecrasees, ø une gran*
dc quantite de1Jtflail. Ce Trtmblement
de lerft fut au reste st
violent>que pres du ViUage de
Motera
t
le Lac s'arvança plus
devingt pas au delk de fin lit
ordinaire.
En 1611. le 4. de Septembre
,
par un tremblement de terre
Pleure en Valtoltne> Pays da
Crifons>tres-riche <Bourgi sur
tout d'un coupenfevely par la
chuted*une montagne *voiftnr,&
-
quatre milleHabitansy ptrirtnt.
jiu miJis dejuin fte I'annee t66o%
yaran grand tremblemtnt de
eerre qui se fit feniirdebuts Bar.
deaux jusques a Narbonne) une
grange montagnt pres de Bigorre
abifma dans la teyrt, (p* aujjitost
fut converte de l'eau d*un
IMC. Cette montagne ayant boa*
che qutlque cAn41 par lequelpafsoient
la exbalaifbns d'un feu
fiuttrráin, qui laijjoient sortir
les eaux les plus chaudes det
Afontspirenect,elles devinrent
ExtrrmerJIent
-.
froides.
Vot'cy enfin quelque chosè IaujJì surprenantarriveen Gaf
fognt , au commencement du
mois dejmllet de I'annee ló711.
Les Memoires faits par I'ordre
de Mr Foucault>pout lors Intendant,
portent quun TremUement
de Itrre fit enfoncer une des hauics
montagnes des Pyrenees* laquetleprejjantteau
qui ejloit AU
deJfoM dans des Lacsfottterra1hs%
la fitsortir A'Vec 'Violence) & lei
Habitans des*Ba(]es -Pyrenees
remarquerent qu'tlle en sortoit
parplujieurscantux quelleJVftoit
faits, qui formant autant
de j-urteux tonens >
entrainerent
le terrain»les arbres & les plus
gros rockers dans da endroits m
ils netrouvoient que des pajpiges
imits.Veau qui twit le goust
itsMineranx,jali/Joit pAr tout
des flames de la montagne t
f!J
ces eauxcauferentenmemetemps
de grands debordemens ; car lA
Garonne s'accrut tout J'un coup
stfort pendant la nuit, que toUl
les Ponti&lei Adouiins au deffus
de Toutoufe
, en futent enU
porteZ, (:7 dans les plaines qui
Jont au dejjous. Cet horrible deluged'eauroulottavecun
bruit&
une rapiditesemblable i celle de
la Ma,ée emportant let maisons
,
des Habitans,@J leurs Beflìaux)
f0 precisementi la rrtefme beure
les 2{tvieres de I'jfdour, du GAJvct
9 &. autres qui proviewtent
--.
des Monts- Tjyrcnees,serejjen^
tt'rent de ce debordement inopinr.,
Les canaux des jardtns de M\
VEvefque de Lombe% furent
remplis d'unlimon puant du deiordement
de la Save, de maniere
que pendant buit jours, les
chevaux Ø" autres hejliaux ne
Doulurent point en botre. Trois
mois apres
i par une semblable
ratfon
,
I*jfrri'gc dehorda
> CT
lonremarquaalors quunefontaine
qui Jort d'un rocbersur Ie
Loth prés de Cabors
, '(!7 quirfl
conifdcrable par l'abonàance deses
taUXJquisOMe tourner trots meu,
les ifafource> demint toute rouge.
lors qucn ignore lA veritable
CAUft des Iremblemens de terre,
onen forge de ridicules. Quelques-
uns ont cru qtie U Terre
tftoit un gtAnd AnimAl, que ses
bruits prcvenoient de 14 cohque
quelle fòuffioit) que Jon Iremllement
efloit cause par les fiifsens
de quelque acccz de fieire>
fit que les inondations de la Mer;,
rØ mesme son flux & rtflux,
pr,vtnoient deJa rejpiration.
Les Cbaldeens> les Babilo»
niens,les Egyptiens tccufent
les AJlres de causer les Tremblemens
de LA terre y& les Ignorans
cn faisoient Auteur NtptuneJ
Dieu dela *JMcr> Q) Tlutoft
Dieu des Enfers. Les Anciens
Rêmains çroj/oient qm le Dieu
de /4 Terre, dont ils ignoraient
le nom,efiant en couroux lafaifoit
trembler.C'ejl pourquoy
Plinefinit le69. Ch. du Liv.z.
de(onHistoire naturelle par ces
termes> Numquam Urbs Roma
tremuic
J ut non sucurs
alicujus eventus id prænuntium
cflec. C'efl-a-dirc ,on a
observe dans &ome que les Tremblemens
de terre ont toujours pre-,
fagé quelqueprochaindefaflre.
Lrs Tontifes Payensa ignorant
le nom du Dieu qui ebranloit la
terregluy confacroientdesfesses
pour l*appaifer
, & luyfaisoient
des Sacrifices sans le nornmrr, de
peurde si tflmper, en prenant
UneDivinitépourtautre. V4rron
parleplus amplement de ces Sacrifices.
Pour moy qui crois avec
Job Ckif.Que*ien ne se fait
en terre sans un ordre particulier
d'enhaut,je dis que Dieu
seftrtà^scapfes fécondes>pour
faireùemblet la lourde *2Majje
de la terre, afin de jetter de la
frayeurdans le coeur endurcy des
Pécheurs,
Les feux & les vents fouterrainsfont
la premiere causePhy*
jiquedu Tremblementde terre*
Ceux qui devancent ordinairement]
les degorgemens defeude
foujfre allumédu Mont Vefwve, ù des antres Vulcains,ferivent.
à démontrer que la plus grande
partie desTremblement de terre,
procédédes feux foutertains. Perfoltne
nignore que dans l'intérieur
de la terre il y a des minesde
charbon> JeflujJrt edef.'d1-
pestre
>
dont la poudre À Canon
ejî composée
> C qu'une pierre
tombantsur une autre produitpar
leur collijtonlefeu qui les em*
hraJeJefqveHescavjent enfuitedes
tremblemens ($fde$renverfemens
deterre >sefaisantjour comme lamineaux
endroits lesplus foibles,
&cesfeuxpouffantd'abord avec
violence ( de meftne qu'une Eoltpile)
ïairraréfié dans les canaux
feuterrains. Ces vents y produi--
fent differens bruits suivant la
qualité des corps qu'ils rencontrent
à leur pAffag & suivant
la firme des cavernes gr des
conduits; car dans un défilé
étroit ils produisent un ftjflment,
dans des conduits tortus un son
• enroué ; s'ils rencontrent un corps
dur
> un son fremijjant
,
fl1 s'ils
roulent sur leseaux, un son fluc--
tuant par tniécs. En d'autres
endroitsjfacieux ils font des mà*
giffimens
, & quelquefois imitent
la voix humaineyainsi que
dans les Orgues. Tout ce que
dejjus s'efi vérifié par experiefnce
en l'année 163S.que toute la Calabre
fut presquedejolée par de
continuels Tremblement de terre7
qui de jour&de nuit recommensoient
d'heure à autre.
Le PerelQrkeryJefuitertjfure
quenyefiantéloignéque de trois
mille pas de la ViÙe deSainte
Eupheme
e
il sentit un horrible
vent fouterrain, qui partit de
dessous une montagne à [oixante
mille pas;que ce ventefiant .t1¡-',.-
rfaêfaits eux, le bruit,semblable
aceluy du plus éclatarit Tonnerre?
futfihorible &si pénétrant*que
l'oreille ne le pouvoit fiuffiir
> & que les secousses de la terre
furent sigrandu) qu'ils ne purent
demeurer debout. Il ajoute que
SainteEupbemefitibientojlcouverte
d'unépais nuage3 &qu'après
ils trouvèrent cette déplorable
Ville avecfti Habitansabîmée
dans la terre? 0* couverte,
d'un Lac.
Les Tremblemens de terre ne
font pas par tout sifunestes ; car
si la ficouffe esttoujours d'un même
cojlê, le centre de la gravite 1
du murAillessortant de lA ligné
d'appuj
yelles
font renversees;
métis si la terre efl cemme forcée
par les ftcouffis
t une firouffi temet
dans le premier état, ce que
l'autre en avoit ostéJ(7le danger
efl encore moindre lors que
le Tremblement de terre eleve
bien {0 a¡'issi * plomb.Je raporte
à ce sujet que le ÇhevalicrAntoine
de Villeydans son Livre
des Fortifications) affure qu'une ine ayant enlevé une muraille,
dr laissévoir le dedans de la
Place
9
elle retomba à plomb, dr
referma l'ouverture quelleav$it
faite en montant en haut.
L.t
LAfécondé sause Thyfichueefl
quil y a des Rivières, qui venant
asàpper dr a emporter par leur rapide cours des montagnes
de terre, qui[obtiennent desvoûtes
de plujieurs lieues d'etenduë,
eu voûtes nefiantplussoûtenues sajfaijjentpar leur proprepefanteur
,font reffeniir dessecousses
au'dejjus
> & en pouffanttout
l* coup avec impetuoftél'air eauquifont enfèrmez au dejJotaJ
font encore bien loin trembler
la terre. Ces voûtes j'abifment
encore lors que les Colomnes des
Rochers qui les fouticiinent
yiennent à estre calcinées par
lesfeux souterrains. e dis de plus> que lors qu'il
n'y a point de Rochers qui en
s'entrebutant soutiennent le derfas
de la terre>elleabisme dans
cesgouffres avec les ViUes quelle
portoit. C'eflde-la sans doute (comme fay deja dit ) que naiss
sint de nouvelles Rivières> &
que d'autres tatiflent pour toujours.
Cette chute de terrefermant
le cours ordinaire de l'eau> je
fait d'autres issuës en d'autres endroits.
Je finis en remarquant9 que le
dernier Tremblement de terre
qu'onrejjentit à Paris à deux heutes
dix-huit minuta aprèsmidy*
ledix-neuvième jour de Septembre
16pz.ayant estégénéral, fay
lieu de le prendre pour l'un de
ceux queJefus-Cbrifl a Jonnt1;.
fpoouurr mm-atrrqquuee de 1P"année Climate.-
«
riqut du Monde. comme l'an-*
née derniere dans la Jamaïques
le Port Royala pery par un
tremblement de terre le Mardy
f7. deJuin
> en moins d'un quart
dd''heeuurree lleessmmaasisfoonnss furenit aabhlïff+-
mies & couvertes d'eau. ~9~-
rante ttois Montagnes ont eslé
bouleversées; 0* du cosse du Nord
-
une contrée efl abtfmée avec les
Habitans.
- Mali ilfaudwitejlre un dutrt
Salomon3 lequel Ali:Ch. 7. de
fin Livre de la Sagejjetjfttïe #
que Dieu luyavoic donné la
vrayc science du commencexnent.,
du milieu. & de la
cpçfommatipn do temps. Ei 1
comme cette connoijfance nous
manque ,
profitons du falutairs
Avis queJefus-Chrijinomsdonne*
Veillez donc, parce quevous
De sçavez pasà quelleJieurc
voRre, Seigneur doit venir.*|
J'*yetii devoir éjouter icy 1
comment le monde peutpérir parj
fin ^Tremblement d*Jttrtt é :
- comment il peutcattfèr tont te.>
que la Sajnte Ecriture nous
ap-4 1 * .2
yrtnd devoir preceder la fin du
monde. Les paroles du Trophete.
Ifaye dans son 30. CI).font terribles
,
Dabo vobis pancm
afaum & aquam brevcm,le
pain fera rare & vous manquerez
d'eau» & cum cccidcrinc
rurres ,
&c. g lors que les
: Tours auront tfié renversées par
les Tremblemcns de terre, la
- lumicre dela Lune fera comme
celle du Soleil, & la lumière
du Soleil fera sept fois
,
aussi forte & aussi ardente que
l celle des sept jours. Lors que
f la terre senfoncera davantageversle
Soltil, centre deI'V,.
nivers, pour lors Eccc nomen
Domini venir de longinquo
ardens furor cjus ad perdendas
gentes in nihilum
>
&
flamma ignis devorantis
e &
flacus Domini ficuc torrens
sulphuris fucccndcns cam.
Voïcy le nom du Seigneurvenant
de loin plein de fureur pour perdre
& réduire au néant toutes
lei Nations de la terre par lafla»
me d'un feu devorant
> & le
foujjle du Seigneur comme un
Torrent de souffre aRum;
> con-
Jumera la terre. S. Jean dans
son Àpocalypse au Ch. 16. v* 8.
a vu paravance arriver à lafin
du monde ce qulfaje avoit Prophétisé.
Le pouvoir fut donné
au Soleil de tourmenter les
hommes par l'ardeur de son
feu
1
& les hommes furent
frapez d'une chaleur brulante.
Il faut expliquer comment un
Tremblement de terre peut causer
tout à coup cette ardentetyinfupportable
chaleur du Soleil. La terre,
de mêmequ'une des autres pla.
netesÀemeure dansle liquide de la
lumiere du Soleil en équilibre
y suivant la pejanteut de sonvolume
, ne souffrantVapogee eu
plusgrand éloignement du, Soleil,
que lors que les rayons de lumit:
te frappant sur cesparties solides
du Tropique d'Esté, font plus
d'imprejJion,& les repoussent plus
loin, que lors qu'il tombe sur la
Mers qui font aux Tiopiques
d'Hiver. Il efl confiantquafin
que le qlobe de la terre foit en
équilibre dans le liquide de sa
lumere
)
elle ne peut avoir que
trois ou quatre cens lieuës d'écorce
»
le dedans estant comme un
Soleil encroûté
)
e'rfi-d- dire un
espace infiniment grand, plein
d'uneflamme tres rarefiéeydont
llaa fsuimée a formé les mines de
sôussie & de bitume. Or ilep
confiant, que si par un Tremblementdeterre,
cette voûte inférieure
dufeu central vient à $'en';' trouvrir, toutes les eaux &L'air
que nous respirons s*abismeront
par leurgravité, & en ebafferont
ces feux souterrains comme
moins pesans> ainjt la terre
deviendra aride» & il faudra
respirercefeu fottterrain
>
quiaura
pris la place de nostre air; &
de plusnostre qlobe estant devenu
pluspesant s'enfoncera davantage
vers le Soleil
>
de mesme
qU"unVaiflîeaus'abismea4fond
de la Mer ylors que leau enyentrant
en a chapé l'air.Ils%enfuit
donc que la surface de la terré
nt'ayantplu1 s de.au" (d!?Irs''etant
trop approchée du Soleil,fA
lumieregrfonfeuréduiront tokt
en cendre, ri! la terre mesme deviendracouvertedesflammes
de
sonfoujfre qui fera partout allumé.
Le Philosophe Anaxlmandre,
MiUjîen, prédit aux Lacedemomens
le prochain Tremblement
de terre, & les avertît de prendre
garde à leurs murailles f!J
aux toits de leurs maisons>mais
leursfoins fièrent inutiles
» car
toute la Villefut ruinée & pour
comble demalheur>unepartie de
la montagne Taygete si renversa
sur les ruines de la Ville.
Ily a quelques signes avant"
coureurs des Tremblemens de
Terre. Veau des puits bouiUonne#
&4 s'élevc, dr les vapeurs fuipbureufes
remuant la vase des
puits, l'eau efi d'ungoujlinfupportable,
ce que fayremarque
lors du Tremblement de terre,
arrive lemois de Septembre derniertaux
eaux d'unpuits d'un des
plus beaux lieux des environs de
Paris. C'efi ce qui me fitfouvenir
des termes dePline,au sujet
des Tremblemens deterre; cft io
puccis turbidioraqua»ncc fine
odoris txdio. J'ajoute quort
reffint plus facilement les fecouffti
de la terre» pendant la nuit
que tout esi calme)ejeffaypar
txperience que les Aveugles s'apperçoivent
plufloft du Tremblement
de terre, parce qu'ils ont
les efpritsplus recueillis.
Voila) mon Révérend Pere9
l'occupation desderniers jours de
l'année, que je prens la liberté
de vous presenteravecmestres~
humbles refpeêls au commencement
de celle-cjy>queje vous fouhaitte
heureuje9pour vous rendre
compte de mon trop de loisir
, me
servant des termes deJupin dans
Ja prtficct: Simul & otii mcis
cujus & Cato rcddcndam
opcram putat ,
apud te ratio
conftarct. Jefutsvojlre
> &c.
VAVEVGLU COMIERS^Je I'Hosital
Royaldes<^uinz,t-rvingts.
Je vousay mande dans l'une
de mes dernières Lettres,
que Mrs de l'Académie Royale
de Nismes» ayant demandé
à cftre rcccus de temps en
temps dans les Affcmblécs de
TAcadtmic Françoise, cette
Illustre Compagnie avoit
çonfcnty avec plaisir à cette
cfpcce daflociauon qui avoit
cfié propoféc par Mr l'Evefque
de Nifmcs,Protcâeur de
cette premierc Academie.
C'cft ce quia donne lieu à Mr
de Guintrand y d'Avignon de
faire l'ouvrage que je vous
envoye.
,
L'ALLIANCE
DE L'ACADEMIE
DENISMESIAvec
l'Acadcmic Françoifc.
c ODE. 'EfJ ajfcz, garder le jiltnCf.
Tâchons par de nouveaux
efforts -j pi!..
De chanter thcureuje alliance
-IzlUejurentdeus illuflres Corps,
Vne celebre Academie
Reçoit en qualité d'Amie
Celle que Nismes voit fleurir;
La Fesie s'en fait au Parnajtf.
Afin d'en parler avec grâce
Dairne, Apollon> mesecourir.
Dans lefein d'une belle Ville,
DontNentaufc tjlte Fondateur,
S'élevoit une Ecole habile
Par les foinsdun grand Orateurt
Sous Cappuy de ce beau Genie ,
Dont l'éloquence efl injinita
Elle efloit des Mufes l'amour;
fitpar l'aveu mefsmmee du Prince
Jgue revere cette Province,
Elle croissoit de jour en jour.
Laçtntilluftmperfonn*gs
Charme^des douceurs des beauxArts,
Conficroient mille beaux Ouvrages
A /4 gloire d'un autreMars.
LOVISque Univers admire,
Dontla France estl'hiureux Empire,
Dettus leurs chants estoitl'objet.
Rien que sa valeur jsaprudence,
Safagcjfe &sivigilance,
N'en efioit l'auruflefuiet.
QuandlesMufes,ces neufPucelles,
Admirant leurs doEtes tcrits;
Ces beauxOuvrages, dirent-elles»
Nfritent bien d'aufft beaux prix.
NsIstre devoir nous sollicite
A tenir toujours au mérité
Aâs plus rares tresorsouvertss
Mais enfin quelle récompenfc
Peut couttnntr tant d'éloquence!
JguelsLauriers assez, beaux & verdjî
MesSxors,nefoyonspivi enpeine
DitThalle en haussant la voix.
Je m'ouvre une rtute certaine
-qui m'offre un prix digne de choix.
Je méditéavecconfiance
Vntriche&noble Alliance
En faveur de nos Nourrissons,
Et cette union ravissante,
.fi¿Nt nous fçaurons rendre confiante)
Sera le prix de leurs Chansons.
Vans une rieefpatieure.
Vous JfaveZaujjl-bien que moy
Jgu'une AfTtTl,btée ingenieuse
A pour Trotecfeurungrand ROJFarleftul
mrrite affermie,
Du beautitre d'Académie
Ellejouit éminemmenti
Et tout ce qu'etltRome & la Grcce
De fcavoir & de politeffc
,
Elle A' amplement.
F4ifins nosfoinsdvnir epfemble,
Par de forts & durablesnoodf,
Ces deux Corps dont chacun rassemble
Ce qu'il fautpourremplirnos voeux,
lit ont tous deux en habitude
Du pancbant pour la même étude>
Le mesmeRoypourleur objet.
Leurs humeurs n'ont rie. de contraire>
Et pour peu que nous voulions fairey
Tout répondd nostre projet.
Les autres Villes de Hemoire
Louantle drffiin de leur Soeur,
Veulent avoirpart alagloire
De le conduire avec hOllnellr.
liaispourmieuxréglérnojlre ze/e"
Ilfauty repritnojlre Pucelie,
£)ue phæbm en foit le garant.
Allons le trouver au plus vtfie.'
il di àl'écart qui médite
Les beaux faits de Louis le Grand.
r 'Âussi-tost laTroupe divine
Se rend à L'endroit du vallon ,
Oau proched'âne eau criftallinc
Refvûitdouc1ement Apollon.
Il gravoit, du défautdu marbre,
Cesmotssur le tronc d'ungros arbrei
MotSt dont lesyeuxfont éblouis.
Tucours, Ligue,apres unFantôme,
.TonGuillaume cft toujours Guillaume,
Et Louis toujours plus Louis,
LaTriupe enmemetemps savance,
Etserangeant autour du Dieu,
T.Ilechasse loin lesilence
J>)tti regnoit dans Ce charmant liaI.
Thalie alors dont la voixforte
Sur toutes les autres l'emporte,
Dit d'abord au long Ion deffeim
Tuis prie avec un doux sourire îh<shus qui l'écoute & i'admire
Dyprêler le feu de son feinr
llluflresNymphesdeTermeffe,
Leur dit ce Dieueurdauxfootien,
Le '{fie qui vous inlere/fl
Meplaist autant qu'ilvousfied bien.
Je donne dans vostrepensée,
Elle nepeut qucflre embrasée !
Puis que Fléchie^Jirapour vous.
--,»»,
4
,
Îera- po#r Ouy,FléchicYymaistreen tllrtdepillire;
Conduira luyseul cette affaire
Selon vos souhaits les plus doux.
En effet, rien n'ejtplus fici/t.
N'IlV(z.,-VOlls pascnfenibleenluy
Du premier Corppsi un mMeemmbbrree bhabilte,
Dufécond un tlluflre appuy?
Jjhie différéz,-vous davantage
D'employercegrandPersonnage
Jgui peuttoutsur tous lesefpritsi
Susdonc,Mu/è, partez sur l'heure-*
Four Cinformer danssi demeure
Da dejfetn que nous avons pris.
Comme le trait qu'une main ferme
Décoche avec un air aisé
,
Court en volant marquer le terme
Jgjte l'Archersefloit proposé;
Ainsi la Nymphe toute presle,
Sans qu'aucun autre foin tllrrtjlt,
Fena les vents sur Faijlé Courfitn
Et par une vistesse extrême
Bile arrive enfin le jourmefme
Au Palais du fameux Fléchier.
Ayant lairiidans l'ecurie
Ftgafe au plus gras rtttelierJ
La Mlifè danssa rêverie
Monte hardiment l'efalitr:
Etsans trouver aucunobflacle,
Ellevaconftlterl'Oracle
JXontCefpriteflsij-usse& net >
Et prenant la fins covrtevoyey
Elle le rencontre avecjOJt
A l'étude du Cabinet.
Hlle entre> non sans lefurprendrt
D'un agreable étonmment.
Ensuite eUe luy fait entendre
Sondessein parsoncompliment.
Ce grand homme aufft-tojls'engdge
A prtfterfis foins à l'ouvrdgr»
fuis quApollon le commandait.
En ayant donc reccu parole,
La Mufe derechefsenvole
SurPe?afè qui l'attendoit.
Alors Flechter devoit au Prince
Porter au nom des trois Etats
Le Cahier de cette Province
Sifertile envins délicats.
Il part plein. de cette éloquence
Vonttout reconnoift la puissançey
Ët quipeut àfoy tovtgdgner. --
Il vient, il Arrive, on admire
çQj*ilfoit tel enl'art de biendire,
.gUl LOVIS en rart de reçner.
CetOJpce considerable
.!¿ui lefaitparoiere 4 la Cour,
Ejl l'occajion favorable
IJ^li met enfin son oeuvre au jour parle toutfuitson beau zele.
D'abordcette union fidelle
Se contratfeaugri des neufSzurr;
ta Fcfte s'en faitau Parmafe;
Touty chante & danseavec grdee
lîefme les plusgraves Cenfeus.
Lesarbressuriecorcedure
Ifont voir, dÏPIoyantleurstresors,,
En chiffres, en fleurs,en peiutsre,
Les noms des deux illuflres Corps.
ta claire& la pure Fontaine
Se làisse boire a tajje pleine. -
phoebus tient ses coffres ouverts 1 : -
Chacun de Lauriersi couronne,
Mt tout le Finde ne resonne v
Jïue de Rif, de Chants,&de Vers. 1
Ma Lettre du moisd'O&o^
bre dernier vous apprit la
mort de M'le Duc de Mekelbourg^
Prince des eandâres.'
ilfaut aujourd'huy vous faire
sçavoir de quelle maniere ofl
a tranfporrc son corps dans
ses Etats ,
, & les ceremonics
qui fc font faites à ses funérailles.
Voicy un Extrait de
pluficurs Relations qui en dnti
esté envoyées par différenPtcers1*
toerfonnes à Madame la Ducffe
Douairière dz-Mik4-
bourg. Vous connoitfcztMadame,
avec toute l'Europe le
tareméritede cette PiincefiTe,
Soeur de Mr le MarcfchalDuc
IcL^xembourgxderIlluftrc
màîtondeMontpior^nry,
Lesdeferences que feu Mrdc ckelbourg avoit pour clhfT
feSSpagnées d'une diftinc-
Koft ré très- particulierc, la qua- de Regeme de Tes Etatst cilc a gouvernez pluficurs
innées avec une dépensè dimarquée
de sa conduite, eu
donnent des preuves incon*
testables. Il faut aussivous dire
que le foin que l'on a pris
de luy déguiser Tcmprcffcment
que le Prince a contu
nueilement témoigné>de la
revoir prés de luy
,
pendant le
cours de sa inaladie., & donc
elle n'aefié informée qu'après
sa mort, luy a donné dans une,
si grande perte un sentiment;
de douleur qui ne finira qu'a*
vec sa vie, puis qu'elle s'efl^
veuc privée de la confolatior)
de luy rendre ses derniers deJ
.vvoaiirrss.. CÇcePPrriinnçcce mmoouurruutàt là.alja
Haye le 19. de Juin dernier.
Le ij du mois de Juillet fuivani
Mrs de Lutzauade Varn- - - ftcdt, Dcfperlin&deDnlbcrrr
c y arrivèrenten qualité de Deputex
de la Rcgcnce de Mek
kclbourg & de Maréchaux de
cette Cour) pour prendre le
foin d'y faire transporter son
corps »
de le garder & de l'ac- :compagner dans tout levoyage.
M1 S l'Elpagnoi^. premier
Aumônier du dcfunt
Prince, ayant fait les Prières
ordinaires pour les Morts, le
;17. à trois heures du matin
Mriles Députez & les pre-*
fnicrs OfficiersdefortAltellè
S. portèrent son corps jusqu'au
plus proche Canal, oti
cftoit une Barque màgnifi.
quement tenduededciïil,
pour le transporteràAmfterdam.
Elle y arriva sur lesseps
heures du fair, & la maison
de Mr de Vicqucfort5 Ress-j
dent du Princeadonnant sur
le Canal, il y attendit les Deputezaupassage,
& IcurayanC
faitson compliment de condoléance,
il leuroffrit ses fervices
& son logis. La Barque
y demeura attachée pendant
joute la nuit, portant pavil*
lon de Dcüil aux Armes de Mccequi attira
dans ce quaiticr-là une foule
extraordinaire de Peuple.
Le is, Mr deYixquc£ûXijqui
ayoit obtenu les dcpcfchcs nc-
: ceflaircs de M" de l'Amirau-
;
té,semitdansla plus bellcde
leurs Barques avec les Officiers
du dcfunt Prince ,&allant
devant celle où estoit le
ë corps avec Mrs lesDéputez,
l l'une & l'autre traverserent
toute la Ville pour aller au
PortJ&sur le midy elles arri-
> vèrent à bord de la Fregatte,
eomméea le Mercure*montée
de trente pieces de Canonî
portant pavillon de deuil j
aux armes de Mekelbourg.j
L'on y mit le corpsdans une!
chambre tenduë dedeuil>& i
on en laissa la garde aux De-,
putez & aux Officiers de leur,
itiitte. Les équipages du Prince&
quelques-uns de ses gens
furent mis dans un autreBâtimcnticjuc
M15 de YAmirauté
avoient eu l'honocfteré d'accorder
pour aller de confcrvc
avec la Frégate de l'Etat.41
Le 19. au foir, on mit à la!
voile pour gagner l'embout
ehurcde la Mer d-Amficr.
-'---, - - - - -. 1
dam. L'on y arriva le 2.1. &
l'on y resta jusqu'au 18.
n'ayant pas de vent propre
pour en sortir & pour entrer
dans la grande Mer. Le 2.9.
au matin on mit à la voile
avec un bon vent, & l'on arriva
le 31 dans l'embouchure de
l'Elbe.
Le 1. jour d'Aoust l'on
mouilla l'ancre devant Altena.
Le 4. on transporta le
Llkps sur une Barque de Hambourg
, tcnduë de deuil dedans
& dehors & dont tous
-
les gens de l'équipage eftoienc
jufliycftus de deüil. Sur les
huit heures du matin, Ié\Fee;
gatc ayant fait une décharge
de tout l'on Canon, fit voilt
du cofté de Hollande, &
la Barque alla du cossé de
Hambourg, où l'on sonna
toutes les Cloches lors qu'elle
passa devant la Ville.
Le 16. on arriva devant Lawembourg,
qui est sur le bord
de l'Elbe. Pluficurs Officiers.
s'y trouvèrent avec;les Carrosses
de deüil, toutprc^iS
pour transporter le Corps, &
pour luy servir de cortege jufquauChaftcau
de Swrin. On
y arriva le 8. & plusieurs Ec*
i.clefiaftiques, parmy lelquels
cftoit le Chapelain du Châ-
[ teau,allèrent avec la Croix&
l'Eau benite le recevoir à la
,
premierc porte du Jardin. Ils
; estoient suivis des premiers
LOfficicrs de la Cour, d'un
grand nombre de gens qui
portoienc des Flambeaux, U
qui accompagnèrent leCorps
jusqu'à la Chapelle du Chaficau
>
où l'on avoit préparé
un Mausolée, appellé en ce
i pays-là Caflrum doloris, aussi
propre & aussi magnifique>
que la disposition du lieu pouvoit
le permette. Depuis cfc
jout-Jajuiquaceluy quiefioÍt
destiné pour faire les Obfcques
,on célébra tous les matins
plufieyrs Mesles dans Cette
Chapelle ardente
, & jour
&nuit il yavoit quatre Gentilshommes
) quatre Pages,
Ex Trompettes, six Valets
de Chambre, douze Hallcbardiers
*
souvent d'autres
peifonnes* & toujours quelques
Prestres qui faifoicnc la
garde.
LeMardy deScpccmbreJ
jour choisi pour les Obfeques9
on les commença le jmatinpar un Service detroisMetres
coniicutives
,
dont le
.premier Aumônier dit la derinicrç,
après laquelleil fit les
[prières & les aipeiifonsaccoutumées.
Sur les dix heures, le
Curé ou Chapelain dit la Mefte
des Morts, qui fut chantée
(en Mufiqtie
,
après laquelle: il
[ffit l'Oraison Funèbre enhaut Allemand, & prit pour texte,1
r. par ordre de la Cour, ces parolestirées
du premier Livre du Paralipomenc) chap. zj.
Etainsi David> Fils dlfajye,
! regna sur tcut jfraè'l
, * les
»purs qu'ilrégna, sur Ifraèlfarcit
quarante ans. Ilrégna fip: ans
8- Jr-..-.
tn Hebrorii fp trente-treis Atist
tn Jerufatemt £jr mourut en
bonne vieillejje plein de j'IIYS:tJe-,
ricbrffis & de gloire
, & Salomonson
Vils reqna pour luy.
Un Mmiftrc Luthérien faifoitauflîenmefme
tempsl'CX
raison Funcbrc) dansune Salle
du Chasteau
, en presence du
nouveau Duc, des Princes&
Princesses de la Cour. Ell.
avoit ordonne qu'on fist la
mcfme chofc dans toutes les
Eglifcs des Etats da Mekel.
bourgj& après l'Oraisonfinie)
l'on devoir lire la Genea-
!ogie& lesAlliancesdesPria,
.-- --- -- j1
ces dbfunts, & recommander
aux prières des Assistans les
Princes & Princesses de cette
BcrenififmeMaison,qui font
encore en vie.
k Le Mercredy
,
jour destiné
pour tranfportcr le Corps du
Prince défunt dans l'Abbaye
de Daubrcn, (epuWurc des
Rois& Princes des Wandales
Fes PredeceffeurSjOn dit toutes
les Méfies du matin ; &
Ênsuite on mit le Cercueil qui
feftoitvenu de la Hiye
>
dans
an autre de cuivre doré,magniifquement
travaillé, & sur
lequel il y ayoit un Crucifix
avec la Couronne ferméet'rcm
Supposts & ornemens neceffaircs>
le tout d'argent massif.
Tout estant prest pour le départ
, vingt-quatre Gentilshommes,
précédez de quatre
Maréchaux de la Cour, &da
plusieurs Officiers) tous en
grand deuil, tranfportereni
leCorps surun Chariot,qui
cftoit au milieu de la court
du Chaftcau, efeorté de vingt-,
quatre Hallebardicrss& d'un
détachement des Gardes du
Corps
Les Trompettes qui cftoient
à leur teste, ayant sonné la
marche d'unair fort lugubre,
le grand Ecuyer qui la regloic
fitavancer les quatre Marc.
chaux de la Cour, les fit fuivre
de vingt quatre Gentilshommes
,fit marcher le chariot
avec fou efeorte, & enfuite
le premier Ministre d'Etat>
le General Major
>
plusieurs
Conseillers d'Etat, &
quantité d'autres Officiers fui.
J virent le Corps, faisant une
cfpece de proccffion dans la
Cour do Chaftcau. On en fort
ticdans cet ordre& l'on fic
Jalte au premier Corps de
4
garde
»
assç de régler la mar.
che de la manière qu'elle devoie
fc faire pendant tout le
voyage. Une des Compagnies
des Gardes du Corps la commcncoit.
Ellecftoitfuiviede
quatre Maréchaux de laCour
&d'un grand nombre de Gentilsbommcs
à cheval,detrente
chevaux de main, du Corps
de son Altcflfc S. avec son cfcorce
,
& de douze carolffes de
deüil, tirez chacun par six
chevaux. Les deux premiers
cftoicnt vuides. Mr deBunfaw
,premier Ministre &
Confciller d'Etat, Mr DaU
ybcr-ft-a*d,*Ge-neralMajor& r
M de BibauJ Grand Essuyer,
ccoicnc=dansetroifiémc)& le
quatrième estoit reraply auf- th-bien que la fuite de Con-
Ifcillcrs d'Etat^ccrctaircs de la
chambre & d'autres Officiers.
Il y avoit un carosse, mené par
lie Cocher & par le Portillon
ordinaires du Prince deffunt,
ttiré- par les six chevaux dont
iil fc servoit à la Haye, dans
[lequel estoit son premier Auimônier,
avecle Secrétaire du
(nouveau Duc. Le reste des canofles
menoitles Prestres avec
les Chapelains & Clercs de
Chapelle On partit dans cec
ordre au bruit du Canon du
Chasteau. On passa première*
ment lePont, qui estoit bordé
des deux coftcz de deux
Compagnies de Soldats aux
Gardes. L'ontraversaenfuitte
toute laVille de Swcrin. dont
les Bourgeois estoient fous les
armes, rangez en haye aux
deux coftcz de la rué. Lots
que le Corps Ce trouva au milieu
de laVille>celuy duDuc
son Pere,mort depuis longtemps,
qui avoit cfté confcrvé
dansl'Eglifc Cathedrale,&
que l'on avoit mis ce jourla.
dans unchariot dedeuil, )oïy
gnit la marche , passant devantccluy
de son A. S. avec
, son efeorte de Gardes du
Corps de Hallebardiers. Les ;Ofliciers & Gentilshommes
qui1 Taccompagnoicnt en
grand nombre,fc joignirent
;
aussi avec les prcccdens
, &
-
tousensemble ne faisoient rqu'unme(me corps de Cavalerie
qui suiviten bon ordre.
rAu sortir de la Ville, on tira
le Canon du Rempatt) & dci,
puis la premiere porte jufgu'à
, lafcconde3 il y avoi t d'un
cofté deux Compagnies de
Dragons?& de l'autre deux
Compagnies dInfanterie qui
fuivirent le Convoy jusqu.,
dans la Campagne. LesBourgeois
dela Ville ayant formç*
deux autres Compagnies Io
fuivirent au(ïi,&l'une ôcloutre
s'cfiant trouvée dans u"
terrain commode,fè mirent
en Bataillons, &; firent trois*
décharges avant que de s'erp
retourner à la Ville, où l'on?
tiroit en mesme-temps le Ca.-J',
non des Battions qui font çW:
ce collé là. Lors que t'onfuc;
avancé dans la Campagne>les;<
carofles de deuil furent [uiviyj
de quantitéd'autres à six cheTaux
& de toutes fortes de
ealeches
3
qui appartenoient
aux Officiers de la Cour ou à
d'autres gens, qui estoient venus
par rcfpelt pour le Prince,,
ou par curiosite pour cette
cercmonie. Le nombre de
leurs Valets à cheval, estoit si
grand, que pour empefeher
qu'il n'en arrivait de la confusion
& du desordre
, on
obligea tous ceux qui n'avoicnc
pas de chevaux de
.main
)
de marcher par Briga.
de ,fous la conduire de six
1Officiers qui les commandoient
,
de forte qu'ils for-"
fiioicrltun gros Corps de Ci-:!
valcric qui finissoit la marché
duConvoy.
En approchant de la Ville
de Vifmar, quiestoit autrefois
du Duché de Mekclbourg,
l'on passapar un bois
ou il y«avoit une infinité de gens qui avoient campe, toute
la auic
y pour ne pas perdre
Poccafion de voir
paIfcr
le
Corps de leur ancicn Duc.
On y trouva an fii de grandes
tablescouvertes de viandes &
de toutes fortes de rafraichiffemens,
que M' de D'hertel
;
grand Tieforier delà Cour?
avoit ordonnées de son pro-?
pre mouvement »
afin de marquer
son attachement pour le
Prince désuni son estime
tpour tous ceux qui avoienc
|l'honneur de luy rendre leurs
| derniers devoirs.On arriva
] sur ies7. heures du foir au Vil-
; lage de Nicubourg
,
où les
?quartiers qui eftoienc prcpa- rez pour plus de cinq-cens
personnes
,
furentdistribuez
;par les Fouriersdela Cour. Le
lendemain sur le midy
,
l'on
Ac alte devant le Bourg de
:' Bukau
,
JVaorùnMJierddce»
JMaréchalde la Cour, & Depute
a la Haye,tient sa refi*
dence ordinaire en qualité de
Bailly. Lon y pritlesrafraU
chiflemens qu'il avoic fait pre-r
parer,&pour marquer la dit
- rinétion qu'il faisoit des principaux
Officiers,illes fit fervir
en vaisselle d'argent & de
vermeil doré. Enfin la nuit
approchant
,
l'on fit encore
altc à la veuë de l'Abbaye de
Daubren
> au milieu d'une
Plaine qui cftoit coftoyee
d'un bois de haute futaye. Les
premiers Officiers mirent pied
à terre, & allèrent au devant
du grand Maréchal quivenoit
les
lies trouver, & qui estoit aririve
depuis deux jours pour
idonncrles ordres necessàires.,
ayant avec luy M1 ZacKau,
iqui estoitchargé de prepàrer
les quartiers. Les quatre Maréchaux
de la Cour, & dautrçs
Officiersayantesté avec
Ile Grand Maréchal pour rerpnnoiftrc
le terrain des environs
de l'Abbaye & de
"entrée de TEgMfe3 l'on se
mit en état d'y conduire premièrement
le corps du Pere
le feu Ton Alte(Te Sereniflimc»
aifiant le fien dans la plaine,
fyee l'escorte ordinaire des
Gardes du Corps & de HaHebardiers.
La marche se fit à
peu prés de la mcfmemanière
qu'il a déjà cfté dit, avec cette
différence que les Gar des du
Corps portoient presque tous
un Flambeauallumé, qu'ils
cftoient suivis de vingtquatre
Eftendaits portez par
des Gentilshommes du Pays
qui alloient à pied, & qu'aux
deuxcodez de la marche ily
avoit une Compagnie d'Infanterie
fous les ArrocsJ qua"
trevingt Flambeaux portez
par des Pages & par d'autres
Seigneurs qui eftoienc en
grand deuil comme les pre- -cedents> ayant le manteau
trainant avec un long crcfpc
à leur Chapeau, & un autre
de mcfmc à leur Flambeau qui
y tenoit attaché le chiffre de
foQ Alteffc Scrcniffirne. Son
corps estant arrivédevantla
pone de l'Eglises douze Gentilshommes
le defeendirent
du Chariot, & le portèrent
dans le Caveau ou eftoiedéja
; le Cercueil de Madame la
Duché(leTon époufc,&où
l'on devoit mettre aussi le
corps de son Altcfle Serenifsime
son Fils.Cette première
Cctcmonic estant finie, l'on
retourna dans laplaine,& l'on
recommença la marche dans
lemefmc ordre que ronavoic
obfcrvé dans la precedcnte.
Il y avoit de plus la Croix&
l'Eau-benite, qui marchoient
devant le corps, à la teste de
pluficurs Prestres rcveftusqui
alloient deux de front. Le pre.
mier Aumônier du Prince défunt
les suivoit,marchanttout
seul en habitlong.Ilayoit der.
ricre luy deux Valets pour ar-j
rester dans le besoin la marche
des Chevaux qui tiroient le
Chariot,après lequelalloicnt à
pied les premiers Officiers de a Cour, suivis d'un. grand
fiombre de Gentilshommes
enhabit de deuil» & d'une
infinité d'aurres pelfonnes.
Le Chariot cfiant arrivé devant
la porte de l'Eglt[e
t douze Gentilshommesendefcendirent
le corps, & le por"
terent jusqu'au lieu desa Sépulture,
eu il fut mis au mi»
lieu des deux autres Cercueils.
Le Clergé qui l'avoit précédé
-Et les Prieres & les Cérémonies
accoutumées, après lefquelles
chacun alla dans le
quartier qui luy estoit marque.
Plus de deux cens Geiï«
tilshommcs qu'on n'avoit pas
veus dans la marche, & qui
estoient venus à Daubren en
habic de dciiil- fc trouvèrent
au Sou pe avec lesautres dans
la MaisonAbbatiale,où l'on
avoit dresse plusieurs Tablcs
dans divers Appartcmcns.
On y futservy avec toute
l'abondance & la délicaieflc
possible
,
& avec aussi peu
d'embarras que s'il n'y avoit
eu qu'un petit nombre de
per sonnes à traiter. Plusieurs
Maisons dépendantes de
l'Abbayeestoient aussi remplies
de gens, qui estant Ofhcicrs
de la Cour ou Sujets de
l'Etat, furent tous régalez
aussïIplcndidcmcnt que les
autres.
Le lendemain sur les dix
heures dumatin,on servitencore
un déjeuner fort propre,
&foit abond-ant en chair &
en poisson, après lequel"toute
la Noblcile vint prendre
congé des premiers Officiers
dic laCour,& fie un compli-
,• ment particulier au Grand
Maréchal
>
sur le bel ord re
qui avoit esté observé par ses
- foins durant tout le voyage>
de mesme que dans la cercJ
monie & dans les repas donr1
on les avoit régalez. Ils nnwr'i
rent l'un & l'autre par une in-i
finité de santez
,
qui furent
beuës à laprosperité du nouveau
Duc
,
des deux Sereniffimes
Duchesses Doüairiercs,
des deux Princes, Freres du
Ducregnant>&de la Princeflc
sa Soeur.
Cette Cour graffic tous les
jours au grand contentement
dela Noblesse & des Peuples,
qui avoienc esté privez si
long-temps de la presence de
leur Souverain,& maigre le
deuil & la tristesse qu'elle a de
sa pertr.i,ellc ne laisse pas de
fairedéjà quelque bruic dans
tout le Nord. L'on s'en pro- •
met encore toute autre chose
dans la fuite, & l'on el perc
qu'avec le temps, elle fera en
ctac d'imiter la splendeur &:
lapolitcffe des Cours voisines
les plus magnifiques.
J Le nouveau Duc s'appelle
Frédéric-Guillaume
,
-&nest
âgé que de dix-huit ans. On
'luy en donneroit au moins
vingt-cinq
,
si l'on jugeoit de
ronâge par ses manicres, qui
«l'ontrien de celles d'un jeune
Prince. Il efi, grand & bienl
fait, d'un tempcramenc fort1
êc robufic" civilenversles Da-j
mes, honneste à tout le monde,
d'un accès facile, & d'une
humeur gaye ,
gencreufe &
.bien-faifante:, Il aime paflîonnément
la chatre. On croit
qu'avec le tem ps il aimera la
guerre de m,c:fme,& qu'il aura
toujours desTrou pes sur pied
pour s'en servir au bcfoin.
,
Il ne
peut le faire qu'avec succés,
ayantàsaCcur&dans fesEtats;
une si brave Noblesse &tant,
d'Officiers experimcntez, qui
fouhaitcnt avec paiCon de le '; --< 1
Signaler au fcrvice de leurPrincc,&
de contribuer à(a gloire:
Comme j'ay dit dans cette
Relation, que l'Abbaye de
Daubren estoit le lieu de la
Sépulture des Rois & des
Princes des Wandales, je crois
devoir ajouter icy pour la fatisfaétion
des Curieux de
THiftoire & de rAntiquité)
que l'on voit encore dans
cette Abbaye l'Epitaphe &lc
Tableau dePribiflausjPrince
,
des Wandales, qui en a esté
Je premier Fondateur,&qui y
fut inhumé en izif. Il eftoic
Fils de Nicolot, rrence-neu"
vieme Roy des Va-ndaln>qui
mouruten 1155?. & dont
lei
Tableau s'estau-fficonfetvédepuiscerCff:
pslàdansk
Eghfe. aussi bien que "lesAT-J
mes delaFamille Royale,qcrr
fent les mcfmes que porteilti
encore aujouid'huy les Ducs
de MtKclbourg & queTon;
croit avoir tilé accordées au
premier Roy des Vandales
par Alexandre le Grand.
,
j
Il paroist au moins par ce
quenous fçavons de ce fameux
Conquérant, qu'il avoit fait!
»
peindre sur tous les Etendars
defcs Armées la teste defoft]1
-- - - - -. -- • - -- ---
Bucephalc
,
& l'Histoire des
Wajijalcs remarque que lors
quiAntirius quien fut le premier
RoyJvint du cofté du
Nord par ordre d'Alexandre,
avec une Escadre de son Armée
Navale, les Vaisseaux
qui lacompofoient portoienc
à la Prouë; à la Poupe & au
Pavillon la cette du Bucepha*
le,) & la figure d'un Griffon.
de la mcfmc manière que les
Rois & Princes des Wandales
les ont toujours porrées,
& que les Du:s de Mticck
bourg les portent encore au"
jourd'huy.
i
Je vous envoyé un Ouvra-
Ijc'dcMrl'Abbé deMaumcnet,
que vous sçavez avoir
remporté le Prix des Vers en'
plusieurs Academics. Cest
une preuve du talent qu'il a1
pour les bien tourner. Ceux-J
cy font adressez à un homme'
qui en peut juger parfaitement
bien, puis que l'on en
voit de temps en temps de sa
faCion,qUI font approuvez de
tout le monde. C'elt à Mr le
Prefidcnt deMontforan ,
Frere deM'B]3rruÙniïecFtTj G'Gâârîddic:
du Tresor Royal.La delicatefle
de son cfprit répond
a la pcnctration quil a pour
les affaires. Outre sa Charge
de Prcfidcnt en la Chambre
des Comptcs. il est Chef du
Conseil de Son Altesse Royale
Monficur ,& Conseiller honoraire
au Parlement de Pa.
ris.
EPISTRE. FAvory des nellfSæurJ, dont l'exi
cellentgénie
Connoi/î de leurs accords la parfaite
,
harmonie,
Et qui sçais dérober à tes Emploie
divers,
s Des montens confacrez* à l'amour des
f beaux Vers
>
Montforraen>nauojouurdv'heuilqlueeL'AnfiL , Je te viens par ces Vers renouveller
mon2ele.
Vlntereft*quifedwtJecceurdes Ctutrti/
ans,
N'a point, de son foison corrompue
mon encens; il estpur, &jamais mon coeur qui te
revere
N'offrit*h la vertu d'hommageplut
fineetc.
Maisquoy !t'offrirdesVers,quand
lesbiensde l'efirit
N'ont plusauxyeuxdesÇrands d'é-
Cldtnydecredit
Jgu'onnefiimtplus rien quetrain
dr qu'équipage,
guonsinge à s'enrihirplus qu'à devenirfage
,
Et quon croit trop payer lesplus Irih
Uns Ecrits,
s'tu en coûte unfcul mot,un clin d'oeil,
unfoâris !
ïTeft-ce point,si flaterdïun espoit
téméraire,
D'afpirejwpardeîrers à l'honneurde
le plaire
Et de croire qu'un Donsi méprisé des
GrJndl,
Teutparoifire 4 tesyeuxun Donplein
£Agrémens ?
Nonsansdoute. ChériduCiel, de la
For/line,
Von corur ne marche point dans le
foute commune; Upréfère à Céclat des fragiles grandeurs
U solide beauté du genie & des
moeurs.
rails elle, 4 ses dtjirs Chomme tot4-
joursen proye
Ne rejfentitjamais de véritablejoyel
Indigentaumilieude toussesvains
trefets
Iln'a de l'homme h'eureux que dé
pompeux dehors.
Mlj, qui contentdufort où le Ciel m"d
fait naistre,
Borne tous mes desirs à men rendre
le maistre
,- Je ne vais point du Riche,ennemy des
,
beaux Arts,
EfI servile Citent consulter les regards,
E"tdeses feux divins ladoffeMelpomene
Pour de lâches Mortels riechaujfci
point ma veine. i
Haispouf toj/t fuitranquille à l'ombre^
de tes bois
De milletendres airs fais refonntk
Emnois
>
I
Et Qui vangeant du fort l'infortuné
Titircy *
Fur l'objet deseschants&le Dieu desaLyre,
Tantque mesyeuxverrontlalumière
du jour
» Montforan,je fçauray ifgnaler mon
le amour. viens te lejuresettu nouvelle an- née,
Etside tes beauxans iJheurellfi défit- née Enmefuroit le cours au gré de mej souhaits,
Ainsi que ta candeurtu ne mourrois
jamais.
le c'est m.perjy^qUia traduit en Vers. '"nçois-hrt-fcgiogucj
de Virgile.
- J'ajoute deux Odes d'Hô^
race, que MrFayditdc Saint-
•
Bonnct a rcnducTcnnOlfic
Langue.
IMITATION DE L'ODE
d'Hordcc
3
atiicommence Mr,
Quantum distatab Inacho.
TElcphe,quetefertliquef
tous tesCoins
A chercher envain dans VHtJtoirt
Lc Prince qui regna Ie mains,
Ou celxj qui vecutleplus long-temps
en gloire ? -
Tourqitoy te fitiguerdemettreen t*
mmoire
Lencm de tINS Its JLois qui depüiJ
Inachus
Ont regné tour atourjufju'Atx An*
tmhus
Etle moindre ,JitltiJ-de leur moindrc
vicfoire?
Tu fais combien depuis Belus
Ont conic(sans jufqud Cyrus,
It tu peuxde nosjourspaffer pourlfi
merrutiUe.
fy consens; maisrépofJJ) combien
Vttllt la bouteiUe
De ce bon vinquo# vante tantf
Telephe, tu te tais! tu n'es qu'utt
innocent.
la plus belle science est deJfavotr
i
bien boire, Je ne fais du rcfle autun cat.
Se VdfJle plus Codrus ; &ß tuyeux
m'en croire, telte au feu tes ecrt'ts> & brule ton
Grimoire,
Et cowmenfonsnostre repAS.
CA , Laquais, quon nousserve> &
quechacun s'empreffc
A nOMS verser de ee bon win;
Carje sens que lafoismeprejfc,
Alions, Telepbe ,&beuvons plem
DecedivinjusdeU TrliUe.
Dans ces neuf verres que tuvoisM
C'est aux Mufes a qui je bois.
Vneflmbltlblt ardeurpourlesGracesm'eveille
?
Ajoútons-en encore trois..
C'tjl mrintenant que je veux
rtre.
Telephe, VAprendre ta Lyre,
Le vin &les chansonss'accordent toth*
jours hie".
f Ie bay les gens qui ne font rieH.
Maispourmieux celebrer la FeftcJ
De cesbouquets defleurs couronnonsX
nous latefc?I
Rions,cbantons,que dentschants
enLevvoiifeenuagxe retenttjfe ; Lycus de colere ttl
filise.
Amy, vivons toujours contcns,
Du vin &de tamourfaiflns nojlrc e, fartig
Des [evens vieillards negligeons lei
avis.
Lasagesse des Grccs est un sur badinage.
Qui boit le mieux est le plusf*gC
Vivons parmy les jeux, les flaprl , & les ris.
Profttons de la fteur de Vage
Anne toujours Chloe , j'aimtray GlJcerts.
14VTRE IMITATION
d'une autre Ode d'Horace, qui
coptmcnce paryOnata mccum
Confulc Manlio.
MEre des ris&AesquereUts*
bifpenfatricedu repos,
Source dejettx>aamours (louvel.
1e,
yicns, Bouteille, il est apropes.
Corvin pour ton dlJMX jus fill.
pirt.
Hdflc-toyJCobeir ases justes dejirs. -
Si de Caton en luy la vertu fOil admire,
11aimej gouter les fUtJirs;
Et cvnmc luy Ia bon vinmefait rire.
De tWfjfrvinNeffar viens assoupir
nos fats.
L*
14 venll sans ty ne peut pUirc.
Von lIQil souvent le plus severe
ycnir prendre en tonjus des pLiifiss
innocens. [ £eloquence;
Bacchus au plus grossier donne de
Au timide de L*affitran.ee.
Ce Dieufowvent au plus diferet,
Sans user dc contrainte, arrachc le
sestet.
11pent, qaattdil luy plaejl, dijjiper
1I4J tnfitjfcs i Il donneaux malbeurcux l'e}pojr,
LL elcve Ie pauvrc OH combIc des richtjfèsJ
RieN ne refifie a fin powvoir.
Vient, Bacchus,Awienc a /*?uiie
t
Les Ris, les Jtux
,
les Piaifirs&
l. ,;,"ìJCUr'.
PaJforsU null flusIt" conduitc,
Attendanttc retour
Du bd Afire4% iour.
Il ne faut qu'aimer veritablemenr
pour venir à bout de
tout ce qu'onveut. l£s entreprises
les plus difficiles que le
coeur conduit, font prefquc
toujourssuivies d'un succéss
heureux) & quelques obfia-,
cles qu'on y puisse rencontrer,
il y en a peu qu'on ne furrnente
avec le secours du
temps. Un Cavalier» né avec
de grands avantages du cofté
de la Fortune
>
puisque la
mort de sa Mcrc luy avoii
afTurédu moins quinze mill
<
livres de rente, outre le bien
que sonPere, qui eftoiç d'ailleurs
fort riche, luy dévoie
laisser, avoit cependant fujec
de se tenir malheareux
, par
l'avarice de ce mesme Pere
» qui devant joiiir de ce revenu
suivant la Couftumc de Normandie
a tant qffil ne fc remarieroit
pas5 ne luy en faifoit
qu'une fort legere parc.
Ainsi il auroit manqué de
beaucoup de choses,s'il n'cun:
pas eu un Amy qui c itant en
poffcflîon de deux belles Terresenufoit
pour luy sans nulle
rcfcivc. Le Cavalier n'en
abusoit pas pour ne point
incommodcr ion Amy il
moderoit le penchant qu'il
avoir pour la dépense,se contentant
de pouvoir foutnir à
celle qu'un honneste homme
qui est feur d'avoir du bien,
setrouve obligé de faire. L'étroite
amitif qui Funiffoit
avec cet Amy s'augmentoit
de jour en jour, & par les nouveaux
fccours qu'il en recevoir
, & par les sentimens de
reconnoissance qui portoient
jusqu'à l'excèsl'attachement
qu'il avoit pour luy. Il le
j voyoit fort [ouvent, & fis 1
fréquentés vifircs luy ayanc
donné un accès fou familierj
auprès desaMere, quieftoic
une Femme eftiméc de tout
le Inonde) & d'une vertu à
servirdexemple à toutesles
autres, il feplaifoit aussi à luy
rendre d'afltz grands devoirs.
Elle avoit cfié. fort belle
,
&
quoy qu'elle cuftplus de cinquantÂns,
elle auroit encore
paslé pourune jeune Pcrfonnc,
si son Fils quijcn avoir plus
de trente, n'eust fourny un
témoin contr'ellc pour prouver
son âge. Tous fcs foins
alloient à bien élever une Fille
qu'elle avoit,& en qui elle
youloit que la bonne éducationfuppléaft
par le mérité
au peu de bien que les Loix
de la Province où clic eftoic
néc>lisy pelmettoient d'efpcrcr.
Il estvray quesi la beauté
peut eftte comptée pour quelque
chose>elle efioit fort ru
che de ce collé. là,puis qu'elle
estoit née avec les Grâces*
& que les leçons qu'on luy
donnoit
»
& dont elle profitoit
avec beaucoup d'avantage
,la rendoient de plus en
plus une perfonneaccomplie.
Si douceur,son crpritaisé,
sisipie & naturel
»
& ses manières
toutes engageantes, fu^
tent des charmes ausquels le
Cavalier ne put resister. L'humeur
interefféc de son Pcrc
iuy faisoitconnoiftrc qu'il ne
i'accoinmoderoit pas d'une
Belle Fille donc la fortune
:fioit des plus médiocres
,
mais le plaisir de fatisfairc son
coeur l'emporta sur sa raison
)
&quand - la passion l'auroit
entraîné avec moins de violence
,
les extrêmesobligarions
qu'il avoit au Frcrc)rcmbloienc
demander ce qu'il
sentoit pour la Soeur. Flatté
des raisons qu'il fc donnoic à
luy-mesme pour autoriser
l'engagement qu'il prenoic>a
quel ques traverses que cet
amour le duft exposer, il crut
qu'il y alloïc de sa gloire de
ne le combattre pas, & qu'en
s'y abandonnant il remphfîoic
les devoirs de passait Amy. A
peine eut-il forme cedeiïein,
,qu'il le fit pa-fciitrc.aux-yeux:
dts Intdreffez. La Mette& la
"Fille s'èfl appcrceurent d'abordé
l'agrément avec le*
quel elles répondirent aux*,
premières marques qu'il leur.
en donna, l'enflamma de tellc
forte qu"il mit bientost son
secret dans les mains du Frerc^
Il n'eue pas de peine a cltrc
ccouté sur les inftanres pricrcs
qu'illuy fit
)
de mettre la chole
en état de rcüffir. La Mcre
& la Fille estoient toutes
disposées à luy accorder le
confentemenc qu'il deman-r
doit, mais ce qu'ily avoit de
plusimporcant >c'estoitd'obtenir
celuy de son Pere
*
qui
ayant esté instruit de Tes assi.
duitez dans cette maison,luy
ne de rades menaces s'il osoit
.penCcr au mariage. Le Cava.,
lur répondit qu'il ne dévoie
pas eftrc surpris qu'il vist souvent
un Amy qui l'obligeoit
en toutes rencontres)& que ne
pouvant fc difpenfçr de voir
quelquefoisfaMere&faSoeur,
il fc croiroit jndigne d'estre
néce qu'il cftoit s'il manquoic
d honnesteté pour l'une &
pour l'autre, mais qu'il bornoit
cette* hofinefteté à des
devoirs si indifferens
>
qu'on
n'avoit pas lieu de s'en alarmer,
outre qu'en l'cfiat où il
se trouvoit, il s'offriroit inutilement,
puis qu'il n'y avoir
personne qui le voulust accepter.
Son Pere luy dit, qu'il
le chargcoit volontiers de
son établiflcmcnt» mais qu'il
prist garde à ne le pas obliger
à des resolutions qui luy fcloient
defavantagetifesj qu'il
chcrcheroit un party qui luy
feroit faire uneagréable figure>
& que quand il verroit les
chofcs proportionnées à ce
qu'ilpouvoirpréten dre,illuy
remettroit le bien de sa Mère.
Cela fut dit d'un ton si impérieux
que le Cavalier vit bien
;qu'il falloit dissimuler, &attendre
un temps plus ravorable
pour voir si (on Pere ne - changcroit point de fentimens.
Il rendit compte de
-«rtoouure.iàà llaaBBeellleleà laquelle il
j' à
fit de nouveaux sermens dc!
mourir plustost que de rierv
souffrir qui nuifift à son amour.
Il voulut mcfme que
son Amy fust témoin de ces
protestations, & comme ils
estoient infcparables, ilavo,c
du moins le plaisir de luy parler
de la charmante personne
qu'il aimoit> quand il n'aboie
paas celuy de la voir. Il en eut liberté toutc entière,par un
longvoyage que fit son Pere
à Paris, pour une affaire qui
luy estoit d'une extrême consequence.
Il y demeura plus
de six mois) & pendant ce
temps, les deux Amans qui
fc voyoient à toute heure,
prirent l'un pour l'autre un si
fort attachemcnt. qu'il n'y
eut plus rien qui puft y donner
atteinte. Ils songerent à
tous les moyensqu'on pouvoit
imaginer, pour gagner
l'cfprudu Pere, qu'il y alloit
de leur intercll de ménager
1 puifquenon feulemeniil étoit
en droit de jouir jusqu'à sa
mort du revenu de tout le
.bien de foa Fils,mais qu'il
pouvoitluy faire grand tort,
touchant sa fucccifion,s'«il fc
tfianoit contre Ion gré. Cela
l'obligeoit à estre plus retend
dans la déclaration de fcsfci>j
timens, mais si cette contrainte
luy estoit fascheuse
,
il fc
trouva dans un embarras extraord
inaire,lors que son Pere
efiant revenui luy fit fçavoir
qu'ilavoit donné parole
pour luy )en le manant avec
une jeune Demoîfelie qui luy
apportoit cinquante mille
ecusell argent comptant, outre
ce qu'elle pouvoir encore
cfpcrer
,
lors que son Pere,
viendroit à mourir. Elle eftoic j
Fille d'un homme qui lavoit
fcrvy trcsrutilement dansion
affaire, &avec lequel il avoic
renouvelle une ancienne amitié
,
contractée par eux dans
leur jeunesse. Les Articles
eftoienc arrestez de bouche.
Il renonçoiten faveur du Ca*
Valier,à la joiiiflance du bien
de sa Mère
,
& s'obligeait
quand ilsjferoient mariezJà lesi
recevoir chez luy
,
sans qu'il
leur couftaft aucune chofc. Le
Cavalier étourdy du coup, fc
contenta de luy dirc froide.
ment , que l'union des esprits
estant necessaire dans le mariage,
il devoit apprehender
dç ne plaire pas à celle qu'il
avoit voulu luy choisir pour
Femme, lx.qu'il feroit mieux
qu'ils fc fussent vcus UR peu
de temps, pour fçavoir,-avant
que de rien conclure, s'ils fc
pouvoient affilier d'estre le
fait l'un de l'autre. Son Pcrc
luy ferma la bouche,en luy
disant yque sur le portrait
qu'il avoit fait de son cfprit
&de son humeur, la Demoifclle
cftoir fort contente, ÔC
que comme cliccftoir jolie &
fortaimable,il se tenoit fsur
qu'il ne le fcroic pas moins du
choix qu'il avoit fait'd'elle,
quainsi il falloir qu'ilse prejparaft
à terminer une affaire
quiluy devoir cftrc si avantageufe
,
& qu'ils partiroient
eafemblc un mois après pour
dégager sa promesse. Dans
quel defcfpoir le Cavalier ne
se vit-il pas rcduit par un ordre
si cruel? Il fut cent fois
tenté d'éclater, & de ne plus
cacher à son Pere
, que rien
au monde ne feroit capabtc de
le détacher de l'amour qu'il
avoit pris, mais dans la crain-
'te de facher ce qu'il aimoit,
il crut ne devoir rien faire que
de son contentement. Il alla
luv dire tout ce qu'il venoic
d'apprendreparut. à fer
yeux dans un état à faire pitiés
La Belle touchée de l'accabler
mentoùilefioit)ne pouvoir
se pardonner d'en cftre la cau-J
fc, & par un pur excès de cen-;
dresse »elle vouloit qu'il ac-j
ceptaft un party, qui dévoiej
luy faire une agreable fortune,
au lieu quelesfcntimens qu'il1
avois pourelle/s'il osoit les
foûc«nir, ne feroient que l'exposer
au ressentiment d'un
Pere
,
qui estant le Maistre de
son bien, le laifleroie toujours
malheureux. Il regarda ce
conseil comme un outragei
- V
qu'on faisoit à la confiancey
bz fc plaignit fortement de
l'indiffcrence de la Belle. La
Mcre & le Frere furent appeliez
pourregler leur démcfié)
& ayant appris rengagement
où son Perc l'avoit mis, ils fc
trouvèrent fort embarassez sur
les ressorts qu'il falloir faire
jouer pour parer ce coap. Le
Cavalier, à qui leursraifonnemens
paroissoient ne rien prai.
duire
,
prit sa resolution sans
j• balancer. Ce fut, si son Perc s*obftinoit à le vouloir contraindre
à partir, de fc dérÓl
ber de luy, & traller paflsi
quelque temps en Italie, pendant
quoy il employeroit ses
Amis pour luy faire entendre
qu'il fc refoudroit plûtost à
ne revenir jamais, qu'à se foumettre
à un mariage où il fcn.
tiroit son coeur opposé. Il fut
jugé à propos de ne confcntir
qual'extrémité à J'éloignement
dont il formoit le
dessèin; mais loin qu'il puft
reculer l'affaire quiTobligeoic
à le prendre
,
les nouvelles
qu'on rcceut furent un sujet
de l'avancer. Le Gentilhomme
qui luy promettoit sa Fille,
manda à sonPere, qu'il estoit
tout prest de faire le mariage
où il s'estoit. engagé, mais
qu'il ne vouloit point de retardement,
qy demeurer plus
longtemps dans l'incertitude,
parcequ'il s'offroit un homme
fort considerable pour qui on
le pressoit d'entrer en parole.
Le Pcre craignant qu'un patty
si riche ne
luy
échapaft,répondit
sur l'heure qu'il parloir
inceflammcnc, & en effet
il arrefta le jour du voyage,
mais ille fit inutilement, puis
que dés lendemain il fut furpris
d'une attaque de goure
fort violente, qui le prenoit
allez rarement, mais qui luy
duroit quelquefois deux mors
entiers. Le Cavalier ravi de
cet incident,cruteaencr beau- ,
coup en gagnantdu temps;
mais son Pere qu ne vouloic
point hazarder la chose
a envoya
chercher son Notaire*
qui dressaunaétc, par lequel
il donnoit un plein pouvoir
à son Fils pour fc marier, en
specifiant toutes les clauses
dont il estoit convenu avec
le Pere de la Dcmoifelle. II
accompagna cela d'une Lettre
qui portoit Texcufc de
son incommodité,&en donnant
le tout a son Fils,iliuy
ordonna de partir le jour fuivant,
Le Cavalier fort content
de faire (cul le voyage,alla
fairc Cesaditux)&ditàla Fille
devant sa Mere & son Frere,
qu'elle n'avoit rien à craindre,
puis quaffurément il se fcroit
refuser
J
quand il faudroit
pourcela deelarer l'amour qui
le rcndoic incapabled'enavoir
jamais pour aucune autre, &
qu'afin qu'il eust un conleil
llncere pour en trouver les
moyens, il croyoit que son
Amy voudroit bien l'accom.
pagner. Le Frcre y confcntic
avec joyc,&tout d'un- coupW
illuy tomba dans l'esprit un?
expédient auquel ils donner
rent tous les mains. On avoig»i
peint la Demoifcllc jolie>
cinquante mille écusqu'oni<j
luy donnoit en argent com-1
ptant accommodoient extré-H
mementTes affaires. Il proPO-6
sa d'aller lepoufer fous Ici
nom du Cavalier. La Lettre ]
& la procuration du Perej
xendoient la chose facile. Saj
naiflanee estoit des meilleu-•
rcs de la Province. Il avoit
plus de bien que le Cavalier,
à regarder feulementceluyj
dej
de sa Men:
,
dont son Pcrc
luyccdoit la joiiiflancc
,
& il
avoit l'cfprit si bien fait &
l'humeur si complaisante
> qu'il Cc tenoit feur, quand il
setois marié, de gagner assez
le Pcrc & la Fille, pour leur
pouvoir découvrir la trompctie.,
sans qu'ils eu fftntlieu
d'eneftre fâchez. LeCavalier
qui embralîa (on Amy cent
& cent fois dans le transport
de sa loye) le crut inspiré du
¡-Ciel. Il n'avoit enveue que le
plaisir d'cftrc dégagé de cette
.affairet & s'étant donné rendez-
vous sur le chemin, ils fc
rejoignirent au lieu marques
sans que l'on feeuft qu'ils alloientenfemblc.
LOJTqu'ils
furent arrivez, l'Amyfeuldu
Cavalier parut chez la Dcmoifelle.
Ils estoient tous deux de
la même taille, tous deux ea
perruque brune, & on ne pouvoit
avoir assez bien marque
les traits du Cavalier
) pour
craindre qu'on les trouvait
differensde ce qu'on avoit pu
dire. Ainsi son Amy passa ai-j
sè,ment pour 1luy,& i"1l eut d' ,
d'au-j
tant moins de peine à jouer ce
personnage, que la Lettre&
l^A&c dont il cftoit le porJ
ticur,lefaifbient paroistre ce
.qu'ilvouloir qu'on le cruÍt.
lift montra si galant, & attaqua
le coeur de la Dcmoifellc
par des manicres si vives & si
engageantes,que s'enestanc
fait aimcr d'abord, on serendit
avec beaucoup de plaisir
à lcmpreffcmcnt qu'il témoigna
de conclurre promptcmeat
le mariage.Il ht des
pretèns de Noces dont oneue
licudcftrc satisfait)&en pre-
,nant laqualitédeMary,il ne
quitta point celled'Amanr.
Le Pere du Cavalier ayanteu
nouvelles que son Fils estoit
marié,ne pouvoirassez Ioucf
sa soumission à ses volontez>
qui luy avoit fait sacrifier
une passion dont il avoit eu
sujet de craindre les fuittes.
Ce qu'il y eut de remarquable
dans le Cavalier)c'etf qu'apprenant
tous les jours par son
Amy,qu'il devenoie vrayment
amoureux,il ne voulut
voir la Demoiselle qu'après
qu'il l'eut épousée ; en 1core ne la vit il qua iEgtiifc
,
se rcfcrvant à luy allée;
faire compliment sur son
changement d'état, quand
fpnAmy aaroic trouve à praj
pos de fc découvrir pour ce
qu'ilestoit. Deux mois fc
paflercntdans tout l'agrément
que pcvt avoir le mariage le
mieux afforty
,
& pendanc ce
tempslcMarié fit paroître une
humeur siaccommodante, &
desqoaiiiez si peu communes,
que se voyant feur du coeur de
sa Femme, & de l'amitié de
son Beau pere >il crat que
pour se mettre à couvert de
ce qu'il avoit à craindre de
'quelques personnes qui le
connoiflbient >& que le hazard
luy avoit fait rencontrer,
il estoit tcmpsde leur deelarer
à l'un &à l'aurre la tromperie
qu'illeur avoit faite. Il tourna
la chofc si adroitement*
que leurayant parlé d'abord
de luy-même>comme d'une
pci fonnc étrangère, dontil
vouloit leur faire connoiftrc
le bien, la naissance
,
& tout
ce qui auroit pû le rendre dignc
d'obtenir fous son vray»j
nom , ce qui luy avoit eflcj
accorde fous celuy d'un au-j
tre , on luy pardonna sans
peine ce qu'il avoit fait en sa.
vcur de l'amour tendre te
ronflant que son Amy avoit
pour sa Soeur. On fouhaitta
de voir un Amant qui fça-
Voit si bien aimer
, & quoy
qu'on luy trouvait beaucoup
de mérite t on ne sur point
fâché de l'avoir perdu
,
puis
que la perteestoit reparée.d'une
manicrc si avantageufer
On luy prpmit) nonfculement
le secret entier auprés
de son Pcre, mais encore tous
les bonsoffices qu'on pourroit
luy rendre pour le faire consentir
a son mariage
J
quand
on luy auroit appris qu'il étoit
encore en état de le conclure.
Cependant par un incidenc
qu'>on n'11auroit jamais prefvI\u. ,
il n'eue pasbefoin de leur fez
cours. Son Pere qui le croyait
marié, & que la crainte de
perdre le revenu du bien de
ce Fils, s'il fc marioit luyménle)
ne recenoit plus, eue
envie de voir la belle pCIfonne
à qui il croyoit l'avoir dclobé.
Illa trouva tout à-fait
aimable, mais comme il ne la
put voir qu'il ne vit sa Merc
en même temps> il fut ttllcment
frappé de son mcritc)
qu'il fc resolut à l'époufer.
Elie convenoit assez à son age.
& avoit encore de grands
rçftes de beauté. D)aillcurs)j
:èUc: s'cftoit acquis une si grande
réputation par Con cfprit,
sa vertu,&sasagesse, qu'il
regarefoit cette affaire, comme
la chofc du monde qui
pouvoit le plus contribuer à
lay affeurcrune vie douce)&
dégagée de tous foins. Il fie
proposer ce mariage, & la Dame
qui comprit d'abord qu'il
pourroit faciliter celuy de sa
Fille, en écrivit sur l'heure à
son Fils, pour en avertir lo
, Cavalier. On tint conseil,&
rien ne parut plus avantageux.
Ce Mariage affeurant du bien
auCavalier
)
luy donnou
moyen de tenir parole a cè
qu'il aimoit
>
quand mcfmc
son Pcrc n'y voudroit pas
confcntir. On termina lacho.
se en fort peu de temps, &
elle ne fut pas si tost conclue,
que le Cavalier partit pour
aller felicitcr son Pere sur cette
alliance.Il en futreçu en Fils
dont il avoit tout sujet de fc
louera par son obeiflfanec
y
,
êc par Tintereft qu'il prenoit à
son bonheur. Ce fut pour cc
Fils un plaisir sensible de trouver
chcz luy l'aimable personne
qui pofTcdoit tout son
coeur,& deluypouvoir parler
presque à tous momens. Com.
me son mérité> qui se découvroit
tout entier de jour en
jour aux yeux de son Pere,
avoit faitsurluyde grandes
impressions
3
& que ramour
de son Fils luy paroissoit se
renouvellcr en la revoyanr,
il ne se put empêcher de dire
à sa Mere
,
foit pour la flateri,
foit qu'ille penfaft ainsi, que
s'il cust crû que sa Fille eust
estéaussi accomplie qu'il la.
trouvoit, malgré son peu de
fortune, il n'aurait eu nulle
repugnance à la recevoir pour
saBelle-Fille. Cetteoccasion
cftoit trop belle pour la laiflcr6^
échapcr. La Dame luyde-?
manda, si supposé que fon-
Fils devina enétatde difpofcf
de luy-mêmetelle pouvoic
sadurer qu'illuy laisseroit-i
epoufer sa Fille. Illuy protesta.j
avec un ferment si folcmnel ,i
qu'il n'y mettroit point ob*
ftacle, qu'elle crut devoir luy
découvrir tout ce qui s'eftoici
passé entre son Fils Ôc le fien.
Il en demeura surpris, & rê-r
va un peu de temps, mais
ayant fongé que quand ilfcroic
le difficile, il se broüilleroit
avec sa Femme
,
sans qu'il j
en jiraft aucun avantage, il
s'écria tout d'un coup >
qu'il
voyoit bien que les mariages
fc fuifoient au Ctel. Ainsi il
consentit de fort bonne grace
à celuy de son Fils avec la
vSellc, &-vous pouvez juger
de leur joyeaprès les traverfcs
que son opposition leuravoit
faiceffuycr.
Je ne vous diray point,
pour vous engager à lire l'Ouvrage
qui fuit, sur quelle ma*
tiercil aesté fait.vousdiray
feulement qu'il eftdcrillustre
Madame desHoulierer.,
-- "'ï -"- - .,. Pourriezvousaprès cela n'avoir
pas d'cmprcflémeotpouf
cccte lecture?- AMOSIEUR
LILEÉr rE-LXJLXIE&
-- -,
it
1DEs0uI.
JEnefçaurois m'enempêcher*
Il faut, Seigneur, que jevoùs
gronde.
Jevous cherche avec foin maisfty
beau vùus chercher
Je , ne jçaarois tous approcher3
j9~<? lors que r»ftre porte ouverte 4
toutlf monde
'Uemrjle avec les gens qu'on Aime dépefeber.*,
Quelque réflexion profonde
Quefajfe là.*de(fus mon ejprit alarme,
Je ne devine point sur qitoycela fc
fonde,
Mtjeriay pas accoutumé
Que dans lafoule onmeconfonde.
Si vous p:JuvleZ ffavoir les affligeansdifeours
..f<!!e me tient en secret le plus insurmontable,
Le plus dangereux de; amourst Vousferk^moins impraticable.
Vous esses etonm
,
Seigieur,
Mais cjuevoflre cfpritse rassure,
Jcriafpire pointaChonneur
D'aucune galante évanture.
L'amour dont je vous parle à luy~
mefmç efl borné»
Ilsaisi d'un peu d'encens toute si
nourriture.
La raison
,
laJagejp>e* vain font
condamné,
Avec nous cet amour tjl néy
Autant quenouscetamourdure.
C'eftun foible, il ejîvray , mais tout examiné, -
C'ejf un foible qxe la Nature
Aux plusgrands hommes a donné,
Terfonne nîejtassiz, PIlCtrt
pour avouer, comme je fais,
Tout ce que faitfoujfrirïamourprù*
pre en colere.
L'un dit, jenen aypoint> l'autre,je
nen ay gutre.
Si detelsdifeours ejfoient vrais,
Les Dames craindroient moins qu'oit
les vist négligées,
De n'avoir plUdorm)ftroiint moinÀ
aflfigées,
Ztn'emprunteraient jointdAttraits.
Les Amans, les Guerriers ne vontproientjoint
la tejîe
De leurbonnefortune,&de tous leurs
hautsfaits.
MtjfitNrs les beaux espritsseferoient
moins de frjleJ
Et quand,ce qu'ilsfont eflmauvais,
Ils fouffriroientdu moinsenfaix
^u'onfftde leur ouvrage une critique
honneste.
Mais que fais-je,& pourquoy dans
ma Lettre entasser
Bagatellesur bagatelle?
Seigneur, en la lisant vous font)en
Uspatfet,
Revenons à noflre querelle.
Comme vojtre bonté jointe a voftrc
pouvoir
J beaucoupdimportuns tous leslu"
vous expoJet
feut-efire crojc^vous queje ne veux,
vous voir,
jguc pour demanderquelquechofe*
En ce cas, ctjlbienfat d'avoirfit
porte close.
Dans un temps de befiins ri d'/1M.
haras tiffk>
Demandeur» quel quilJoitt dottefire
malreceu.
Mais, SeigllCM", un Portier, doit-il
efire barbare,
j^uand on vient pour remercier,
Et d'uncompliment aussi rare,
Doit-on fipeu.sisoucier ?
Ne dtmt'On pas a mentendre
Jgue le malheur du tempsfixe vojbç
bonté» 1
J$*t fourles mmx dautruy vous
devenez moins tendre,
Et tfuun remsrciment'doitfarsa rareté
Agnablementvous furprevdre?
Ah !Ji comme chacun ade difftrens
goufts,
Les rarctex*pouvaientvous flaire,
Ilfaudroitfourvousfattsfaire,
Vous faire voirdesgens qllisi flaU
gnent de vous.
Maisoù les rencontrer, quand chacun
vus honore,
J>)uand de tous cofiez, on n'en..
tend
Jt>ue des gens que l'excès de vos bon-
» u\,surprend,
J>)uisedifint,per/onne en vain ne
les implore,
Par tout il fait de coeurs une riche
moiffini
Et quoy qui'lserve bien, on ne voie
point encore
De malheureux de sa sason?
Que cet eloge eftgrAnd,Seigneur!
touteId gloire
^uau milieu desfangUns combats
Donne une célébré vtâoire,
A beaucoup prés ne le vaut pas.
D'un siprécieux caraUete
OnA vu 14 nAture Avare en tous les
temps, --
Et mesme dans le cour* des emplois
éclatans,
Un si beau naturel m se confervt
guere.
Cependant> moy qu'onneverra>
Ny juger brusquement d'une chose
j future,
Ny mettre volontiers mon bien a Cavanturea
1
Je gageraj ce qu'on voudtd,
.%me lors que de LOVIS
toutepure
Vous placera,Seigneur, augré de mes
Jauhaits»
L'abondance de ftsbitllfAils,
Vontleparfait mérité efi toujours
la mesure, - En vous ne corromprajamais
Ce qita mis de bon la nature 7
£t it x*Ç#eray ma rareure>
Eu*attendant cet heureux jour,
Ou par une conduite habile, jujle à"
fige)
Vous ramenerez ce bel âge
tûu le monde naissant, du bien &de
l'amour --
Fdifoit un innocent usage,
D,nlltZ ordre) Seigneur
>
qu'on ne
me diseplus
,
- Ce qu'en saceouturnea me dire]]
Souffrez, que faille enfin dans v
momensperdus j
pf/Ajflr vojîre ejprit de tout Vennui
qu'attire I
Unpénible travail&desfoins a[j'h dus•, -àmsyfeule«
Je nemenfiemypointàmoy filllt'
drjepense-i
,J~g_ua4vveecc mmOoyJ jJet vous lmlJeelnleeYraIIyJ
Desgens de vostre conuoiJJajtie, si
Horace, Virgile, Terences
Et peut-efîre avec eux je vous antH*
efray.
!t
Je vous ay parlé si fouvenc
de Madame deSaliez, ViguiN
rc d'Alby ,iSTlcsOuvrages,
que je vous ay envoyez de raj
façon vousont donné une si'
à
pfte cftitnc pour elle, que je
le fçaurois douter que vous
D'cntriez avec plaisir dans le
'ujfc de joye quelle a eu
icpuis peu de jours, par le
mariage deMrdeSaliez^ son
Fils, qui épousa MademoirdleduJJyj^
Je 15. du mois
pasle.Les Anceftrcs de cette
pemoifclle, qui est jeune,
belle
,
riche, & d'une noble
Famille, ont cfié longtemps
Seigneurs d'une petite Ville
qui fert de Fauxbourg a un
collé de celle d'Ably, où
ils vivoient avec éclat.Son
Ayeul, Simon du Puy
,
fut
tuuér en commandantltaa ÇC;aarrddee
Bourgcoifc en une sortie, dii
temps de la Ligue. Son Grande
perc, Hiciômc du Puy, miï
sur pied une Compagnied'ln,
fanteric
>
entretenue par le
Pays d'Albigeois.Ilsesignala
à la prise de Britexte. & au
Combat de Tillet, & yayant
perdu un oeil & un doigt, il
fut couché sur l'Etat des Capitaines-
Gentilshommes et
tropicz,avec six cens livres de
pension. Antoine duPuy,
Pcre de cette belle Mariée,
vit encore. Il fut huit ans
Mousquetaire du feu Roy
Louis XIII. & servit en-1
fuite
fuite: plpficursannées en
Flandre&en Picard ie. Q^ant aMrdeSaliez deFftoyicjjlc,
il efl:(TuneFamillediftinguée
par un caraacre fingulier
de probité & d'honneur.
La Charge de Viguier d'Alby
& Pays d'Albigeois, qui
s,'exerce avec 1e-pcJc:, l1. a elle
plus d'un siecle danscette
Famille.Pierre deFonvieille,
qui en suc acqucrcur en 1571.
l'ayant perdue par la more
,d'un d-e fcs FiU, auquel ill'avoic
resignée,elle luy suc
donnée patïcRoy Louis XIII.
& les Lettres patentes porcent,
que c'cft en récompenfc
des fcrviccs qu'il avoit rendus
à cinqRoisPredeceflcurs dcce
Monarque,à commencer par
Henry II. Antoine deFoiir
vieille,^dej^ffeus, Viguier y, mourut au Siege de
Montauban. Il avoit eu le
bonheur de gagner auCom-j
bac de Fauch en Albigeois
le premier Erendart qui fut
pris sur les Religionn'airesl'
Il reccut une chaîne d'or. daj
Roy Louis XIII. avec sa Medaille)
ôc depuis ce
tempsJà,
le Lion que cette Famille por-'
ttooiittddaannss sesarmes»accfftàlàccoostécsi
l'une chaîne d'or,& tient un
Drapeau de Sinople. Jeande
Fonvieille>troisiéme Viguier
i'Alby
,
Ca-itainedinfanterie
»
se signala dans plusieurs
nccafions* comme on peut
le voir dans l'Histoire du Ba.
tondeChabans, dde laguerre
-
la cucrre
des HuguenotS, qui fait une
glorieuiclmention de luy.
Antoine de FjQjavkiHc
, quatrième
Viguicr d'Alby
,
fut
- Cornette de Cavalcrie
, puis
commanda la Compagnie
d'Ordonnance de Mr le Corn-
:c de Bristol, General des ArtneeTdcSaMaicflé,
après luy
avoir fcrvy d'Aide de Camp;
par Brevet de Sa Majore:
dans l'Armée d'Italie. Il mou-
.rut à Paris en 1672.. & laiflaa
Madame de Salicz trois Garçons.
L'Aîné qui vient d'é.
poufer Mademoifclle duPstn
a fcrvy cinq ans dans la Ma.
rine.
Voicy des Vers qui onj
cfté faits sur ce Mariage. :; v J EniZ, Tlaijirs,venez, dans c
heureux moment,
Yentz régner tranquillement
Dms ces coeurs que le
C'telajfembk
Etce queL'on voit rarement, j
jtmour,&*Jtus
, Hymen tfoyez* toh
joursenfcmble.
faites goûter à ces jeunes Epoux
Tout ce que vous avez, defensible &
de doux.
Jgjée leursardeursjôientmllJutUef.
Vives, égales, éternelles.
Fr/veluz leurs' foins & hurs
-
voeux;
Entretenez, leurs desîrs amoureux;
Faites que vos douceurs leurfiient
toujoursnouvelles,
- Et que dans leurs plus doux mômens)
Ussoient longtemps Epoux sans eif-
Cer d'eflre Amans.
îur les rives du TarfAmour &
t rHymenée,
Ont rajjcmblé les Jeux> lesRisles
Plaijirs.
l'Union laplus douce& la plutftr*
t 1 tunée,
De deux Amans paffûts va Cûmblei
Itsdejîrs.
Le Bergerefi charmant, UBergereefi
sibelle,
.f<!!e les mjip tendres coeurs ont
soupiré pour tUe;
Mais son choix t(lsibeau, qu'il fait
dire auxJaloux
Quelle , a garde son coeur pour leflu
digne Epçux.
C/tjl le Fils de saphoa cette Nymphe^
immortelle,
Fameuse par ses Vers avoù'eT^ ilAl
pollon.
Elle forma sa voix dans le sacri
,
vallon,
Aujourd'hu) ses Chanfonsyfervent
de modelle-
Elle a seeuménager cet Hymen plein
d'appas )
On dit qu'à le chmter le Hwnajfs
lSapprtjle.
Si SApho ne le chante pas ,
- .,
Il manquera par U quelque chose à
r la Ft/If.
-
Madame dcjjjjaliçfc, qui n'cft
pasmoins estimée par les foins
qu'ellea pris de sa Fami Hc,quc:
par fcs Ouvrages en Vers &
en Prosey qui luy ont fait
mériter une place dans l'Academie
des Riconsrati de Padouë,
a fait ce qui fuit sur ce
jnêiTK Mariage.
pans cejourfortunequi mejlJl pré.
cieux,
Oferayj-e chanter ragreableHymenée
pe deux Amans faveriftz des
Cieux,
ON lamain du Seigneur grava leUr
dessinée?
D'lin Fils qui m'efl plus cher que la
clartédu jour,
AujourdîhuycouronnéparCHymen*
par CAmourt
Je vante feulement la passion ex-
A treme,
EtchantelesappasdelaBeautéqu'il
aime.
On voit en la voyant cent venus À
la sois-
EUe est bQnnet douce,prudente,
Et l'on voit éclater cette douceur
charmante
Vans sesyeux ,
dans ses airs, dans
leJon desa voix.
J£jte j'aime en eux ces rares jjmpatics
Far qui l'on voit les ames Asfir.
lies,
J Ht cette heurcufe égalité
D'âge, de moeurs >
de caraffcres,
Jjhti des dmans & tendres dr fin- Jceres yijfeurentla
félicité!
[ Sur cette union f&rtunée.
Seigneur,daignez, verser de durables
fiveurj.
c'ejl tout ce que je veux; cette fente
journée
Me dédommage enfin de vingt ans
r-
!
de malheurs.
k
R
*
r Jevous envoye une Medaille
qui a este frapécpour raPrîTedePhilisboùrgCe
lapremicrc Conqueste que le
Roy ait faite après avoir découvert
ce qui avoit esté rcrolu
contre fcs Etats a la
Ligue d'Aufbourg. Les Alliez
ne dévoient faire agir leurs
Troupes que quand le Prince
d'Orange se feroit rendu
Maistre de l'Angleterre. Le
Roy ne jugea pas à propos
d'attendre quel'orage fondift
pour chercher à s'en mettre àcouvert, '& ce Prince qui
n'avoit commencé à se pré- 1
parer que long-temps aprésJ
fcs Ennemis, mit fcs Troupes.
en Campagne avant eux, donc j
ils furent aussî chagrins que j
surpris. Ils n'ont pu Iuypar-:
donner l'extrême diligence
qu'il fit.en cette occasion
»
Se
lés Conseils que sa prudence
luy suggera, de forte que le
dépit leur a toujours fait
dire depuis ce temps-là que
ce MonarqueestoitTagret»
feur
,
quoy qu'il n'eust fait
autre chore que d'aller au devantdu
coup pour le parer.
La Médaillé que. je vous
envoyé frapée à l'occasion
de cette Conqucftc) dit beaucoup
en un fcul mot.
;.
L'on a depuis peu mis au
jour une Echelle Géographique,
dressee par Mr FarrotJ
Ingcnieur & GcograpTièTdu
Roy, Ouvrage trèsutile &,
ttesnçccÛkiic
, tant aux Ossi.
ciersGénéraux & Subalternes/
qu'aux autres personnes fçavances.
Ceux mêmes qui n'ont
aucune conjioiflancc de la
Geogiaphic>peuvent y voir
d'un coup d'oeil & sans compas
la distance qu'il y a de
l'une à l'autre des principales
Villes & Forteresses ,où est
prefemement le Thcâtrc de
la guerre , en commençant
par les Costes de Provence,
la Savoye , le Piémont, les
Frontières de Dauphiné, la
Suiflc> les Gouvernemens de
^Franche-Comté, de Lorraine,
d'Alsace, les EleCtorats du
,
Palatinat, de Mayence, de
r Treves & de Cologne, le
: Pays de Liege
à
la Flandre
Françoifc,lesPays Bas Etpa.
gnols & Hollandois, jufqu'aux
Coftcs de Normandie,
L'on y voit aussi d'une manicre
fort intelligible & tresi
breveune description GeoigVrailplhesiq
»uiuer de chacune de ces
quelles Rivières (;,(.
,
dans quels Pays elles fonr si.*
tuées, & particulièrement de
quelle forcéesdequelle lm,,
> portance elles peuvent cftrç.
Cette Echelle Géographique
(c vend à Paris chezl'Auteur,
logé chez leSrAuvray
,
Marchand
Bonnetier ,ruè S. Honoré
, aux Armes de France,
vis-à-vis le Grand Conseils
Le Roy voulant faire des
Infpeacurs Généraux des
Troupes de Marine, afin que
les Compagnies franches
soient encore plus belles, &
mieux disciplinées que par le
passé,a choisi, pour remplir
ces portes> des Ofifciers Majors
& Capitaines des Regimens
d'Infanterie, Leur fonction
doit cftre de faire faire
.- - - -- _-0 - -:.-.J
fouvenc la reveuë aux Compagnies
Franches, de leur apprendre
l'exercice des Troupes
de terre, & de garder une
gradecxaéXicudc, afin qu'elles
soient toujours en bon ord re.
Sa Majesté les a nommez au
nombre de trois, & leur a
donne rang de Capitaines de
Vaiflcaux. Ces trois Infpccteurs
font, Mr deChaulncs,
du départemente Rochefort.
Ii cftoic depuis un an
AideMajor de Marine) &
avoit esté auparavant Capiraine
& Aide-Major du Regiilncat
de Vdubccourt. M' de
- .-.-. t-- -.::-' -,-. -- .--':-
la Joncquierc, du Départi
ment de Toulon, çy-devari
Major,& Capitaine du R
gimencdcSoiflbnnôisj &Ni
- de Sorelle, du Departemenl
de Bccft, ey-devant Capitaine
& Aide Major du Regimeg
de Navar¡c. Ces Emploi
estant de difiinétion, i e
aisé de juger que Sa Majcfti
n'a voulu les confier qu'à dd
Officiersquientendiflerit par
faitement rInfantcric, & qui
fussentaussi vigilans qu'acl
tifs. j
Mr du Vignau, d'une vai
leur diliwguéc(il suffitdi
lepremierdansValcncienaeç
lors que la Place futfurpnfe.
Mrdela.m.otte,qui eftoic En..
iêtoujours doublement>par
a- manière dont il fait des
,r.erens , lodonna à M' de
Boutempspour son Fils,quelles
heures avant qu'il parité
pour venirà Parisassister
sson mariage. Jevous dis le
mois paffe qu'il avoir épousé
MadcrtooifcJle !e Vaflcur. C'cftoit
une agréable nouvelle à
porter pour un homme
,
qui
[l'a' jamais pris plaisir qu'à en
ionner de bonnes.
f
Mr deloflap-ge,FilsdeM'de
Loftange, Lieutenant des Gardeïctu
Corps qui fut tué malhcurcufcment
pendant le SicgedcMons,
a cpoulcMademoiselle
le Clerc dcJUçflfev^llc,
Ces Familles fo, n- --t.- si co-n--n.ue
dans l^Epéc& dans la Robe,
qu'il n'cit pas besoin d'en rien
dire davantage.
Le 14. du mois derniér)Ma.
dcmoifelle le Ftvrc de Cgumartinépousa
Mtiliie Marc-
Renédc-Yoyerde Paumi
Seigneurd'Argcnfoncnlou-,
rainc. ElleeltSoeur deMessire
Lotis-Urbain le Fcvrc de Cauniartin
,ConfeillcrcTÊrat &
Intendant des Finances, &
fccondeFille de feu Mcffirc
JLouïs-François le FcvlC de
cfaumartin,Confcillcr d'Etat
orHTnairc,mort en 1687. &
ic DameCatherine-Madelenc
de Vcrtamon
,
sa fccondc
Femme. Feu M1de Caumartin
eftoitFils uniquedeLoiiis
le,Seigneur
de Boissi
)
fucceffivement
Confcillcr au Grand
ConseiljMaiftre desRequestes
Presidenc des Requeltes du
Palais,&Coi)[cillci d'Etat ordinaire,
mort l'an 1614. ca
pliant Arnbalïadeur à Venifc,
&de Madclene de Choisi ; &
Petit-filsde LoiiisIcFévrcdc
Oumaitin,Seigneur de Boiflî>
& Baron de S. Port, Gardé
des Sceaux de France, mort
le ii. deJanvier de Tan 1623.
Dame Jeanne-Baptiste le FévredeCaumartin^
Soeufaînée"
deMadamed'Argenson, est
morte de la peti*t- -eve» role,le f.
de ce mois. Elle avoit este
mariée le p. de Janvier de l'an
J6yO avec MeflireBartelcmy
deMafcuaniSeigneur de la
Verricre» Maistre des Requefies)&
elle n'a laisse qu'une
Fille.
Dame Geneviève delaBarrree.,
VVeeuuvvee de MeffircJJaJccqquuees!
leFévre de Caumaitjn, Baron
de S. Port, & Scigncui de
Cailli JConfcilleId'Etatordinairc..&
Ambassadeur en
$uiflç>morceni668. est morte
le 15. du mois paflfé, âgée
de quatre vingt fcptanst Feu
Mr deS.PortfbnMary,efloit..
le croifïémc Fils de Mr le
Garde des Sceaux de Caumartin
, & Madame de S. Porc
eftoic Filled'Adam de la Barre,
Baron deNoyai*,&Seigneur
de la Baufferaïe>Prcfi-
,dent des Requestes.
S Mcffire Henry leJFcyiejJç
Caumartin de S. Port) Abbé
de"S.Quentin en l'isle,cft
mort sur la fin du dernier
mois. Il (fioit le fécond Fils
de Jacquesle. Févrcde Caumartin?
Baron de Saint Fort)'
& de Geneviève de laBarre.
de Dame Geneviève le Fevrc
de Caumartin, Soeur de feu
Mrl'Abbéde S.Po^', & de
Madame deHémoDt. j
M1 d*Argenlon, que je vous
ay dit avoir epouse Mademoiselle
de Caumartm ,
cft
d'une Mnfon des pfus nobles
fc des plus anciennes de la
Province de Touraine. Un
titre deFAbbaye de Bcaugctais,
apprend qu'Agate)Flmmed'Eitienne
deyo^er,Seigneurde
Paumi,donnal'an
1*45 une renteàcette Fgllfc,
Irfin quelle y fust cDterrée, &
le Sceau quineftd à cet âdc
rcprcfcntc deux Léopardsqui
font l'un sur l'autre.Cette
D^mc^cftoitFillede Roberr,
Seigneur de Beauvau en An.
jou , qui mourut ean 1227.
Pierre de Voyer, Seigneur de
Paumi, fut un des Seigneurs
de la Province de Touraine 9-
qui accompagnèrentCharleà
de France, Comte d'AnjouJ
Frerc du Roy S. Louis, lors
que ce Prince alla-à la conqueste
de NJples, dontil avait'
cité couronné Roy àRomc^
en 1166. Guillaume dc..Yoy**y
son Fils, Seigneur de^Paumiï
fit une allwncc- ,quiT; prouve^
»,f f » »n
bien en quelleconsideration
eftoiem alors sa Maison & sa
Pc:rfonne" puis qu'il épousa
Philippede Laval, Fille de
Gui VIIlrSîrclfcLayal^ de
"Vitré')& de Jeanne de Brienne
/laquelleestoitPetiteTîîîe
d"ëJ::an: de Brierme» Roy de
*Jerusalem"TT"Empereur de
Conttaritinople
,
& de Bererigerc
de^CattUlg. sa fcconde
Femtfre, Soeur de Blanche de
Cattilie, Mere de Saint Louis.
Jcàn^c^Vçyçr^ Seigneur de
Paaurnii^ Chevalier de 1 Ordre, de Tôuraine., qui
estoie forti au Centièmedegjé
de PhilippeJe Laval> fervit
avec tant de fidclicé, dhabileté
, & de valeur, les Rois
FrançoisI.Henry Il. & Charles
1 X. & dans les guerres
qu'ils eurent à soutenir
>
&
dans les Emplois qu'ils luy
confièrent
J que l'on fit sur
luy ce Distique Latin qui comprend
en peu de motsion Elogc.
- Duxi Legatusi Eques >fudi
fociavit, àdauxita
Hopes,HtfpanosiTitulos,
foedcrc»fama. »v
Il fut marié en 1538. avec
Jeanne Gud&ur
)
Ç)a|gCL
C– –- .- -. -–ta'-. -
ÏArgcnfoni & de la Roche.-
deGenesenAnjou$& ce fut
en confidcration de la nobletrc
de sa race »que le Roy
Charles IX. érigea en 1569.
cetteTcrre en Vicomte. Entre
les Enfansquiilaissa,& qui
furent René
>
& Pierre de
Voyer, René dc-V oyer, rainé»
.-Vicomtede Paumi,Bailly &
Gouverneur de
- Touraine,
rcpoufa Cfaude Turpin de
Criffé & c'cft de ce Mariage
>qu'cftoit iffn Armand de
Voyer> Marquis dePaumi, --f--iué en i6j$. au Combatde
Scncf.Picr[c deVoyer,
SeigneurdArgcnlon,&Bauly
de Tourainc, fecond Fil£ de
Jean dç JS£QJej-,& de Jeapnc
GueÉÊiUt, ayantépousé liabelle
Huraut>jsliece dePhi.
lippeHuraLut3CoiïKcdcjChU
^UQijChancelier de., France,
cette alliance l'engagea à faire
élever dans les Lertres René
de Voyer,son Fils ainé.
C'cft pourquoy après qu'il
eut exercé quelque temps la
Charge de Confcillcr au Parlement
, le Roy le pourvût
de celle de Maistre des Requestes>&
luy donna fucceffivement
les Intendances d'Anvcrgncy
de Roufrillot de
Catalogne, dePiedmont, àc
de Guicnne.il fut fait enfuitc
ConCcjllerd'Etat,& il moulut
l'an i<?5i. à Vcmfc;cùit
clioit Ambassadeur. Il avoic
épousé Hélène de la Font) &
il laissa de ce mariage René
de Voyer, Louis de;.-YQ¡.eIJ
.Abbé de Bcauhcu en Tourai-
.laine, & Doyen de PEglifc
de S. Germain l'Auxerrois,
Pierre de Vo££r,Vicomte
dlA£gc|i(£u^&BaillydeTourainc9
om a cHé longremps
Lieutenant General pour le
Roy au Gouvernement de la
nouvelle Francey JacquescW
Voyer* Prieur de Nau»rÀl>!
bé, & de S. Nicolasrde Poitiers
»& MadelenedeVoyer >
Femme, de J:an!dc*Bernaeet
mort Doyen du Grand Confcil,&
Pcrc de Mr deBernai
à present MaiftredesRcquefics.
René deVyoyer> CorQtç lc-r d AxgoxCaa-yMaiitre des Requcitcs,
Intendant de Saimonge
& du P"ysdtAunisJ& Ambatfadeurà
Venise,seconduifit,
de mesme que son Pere
avec tant de prudence aupfés
decette Republique ,que lors
qu'il revint en France enidfl.
îcSénat crut qu'il ne pouvoit
mieux, honorer leur Miniiierc
, qu'en leur accordant, te
à leur posterite
»
la pcrmififon
deporter le Lion de S. Marc
sur le tout de leurs Armes.
Mr d'Argentanle Pere vit
cncore~âvec Marguerite Hou*
1hwe*r sa FFcemmmmee) qu'ilepoufo
en i£jo. Filleunique dtHclic
Houhcr, Seigneur de laPoyadc,
ffiurcnant General<TA1P~
goûlcme, &il aeu de ce mariage
Mr d'Argejnlbn
,
qui
vient d'tpoufcr Mademoifellc
dcCaiinunm; deux aures Fils»
dont run estPrieur de Saint
- -. --
Nicolas de Poitiers>& l'autre
cft mortChevalier de MàlteJ\
& une Fille qui est mariée en
Touraine. Les Armes de la
Maifonde Voyer^fontd'azur
À deuxLéopards d'or,couronnez.
de- mtfme, e pofe7,, "un sur
L'aNtre) écarteic Jta'tgent à une
face de fablejqui efide Guejfaut
d''A*gtnfon.
L'Abbaye de S. Quentin en
rm., qui citait depuis pluficuïslicclcs
dans la Famille
de MiS de Caummin , cftanr
demcuréevacantc-pâf la mort
de M' l'Abbé de CaumartinJ
dont je viens de vous parler4
i
le Roy l'a donnée à Mr l'Ab.:
bé Çigngpu.Ccft a flez de vous
le nommer pour vous faire
entendre qu'il cft d'une Fa-w
mille * où le vray mérite sans
faflc
,
la sagesse, la probité) la
bontéJ &la profondeérudition
se rencontrent. Toutes
ces choses font si généralement
reconnues, que vous
demeurerez aisement d'accord
que le Publicn'aqu'une
voix là dcflùs.Cet Abbé,quoy
qu'encore fort jeune, a <;ouc
ce qu'on peut louhaiter dans
une personne qui ne s'étudie
qu'à réunir tant de belles quiliiez
cnfemble.Il a beaucoup)
d'érudition,&a déja prcfchâ
un Aucnc devant le Roy S
Vcrfaillcs. Vous n'avc.z pa4
oublié combien il s'attira
d'àpplaudiffcmens le pur dç
S. Louis dernier, par le beâj
,\ Sermon qu'il fit dans la Cha
pelle du Louvre, devant
-
de l'Academie Françoise.Il&
la direction dé fAcademiè.
des Sciences > à quôy il s'ap-^
-•* plique, ainsi qu'à ce qui reij
garde une partie des beaux
Arts dont il a lefoin. Je vous
ay parlé tant de fois deMâ
Famille de Mr,Bignon,quejci
ne vous endiray rien aujoue*
d'huy. Ce jeune Abbé cft fils
de McBignon^çy-dcvanp Avocat
General auPailemcnt de
Paris,&, prefcntcmentConfeil-
1er d'Etat ordinaire. Feu Madame
Bignon, sa Mere, eftoic
Ce Vaisseau cflantarrivé » lé
Dey en envoya chercher H
Capitaine dans la rcfolutioi
de le faire mourir, mais il al' eguapours'exeufer,que for
1 egua pour s.rxcu[(Lf, que for
équipage, & Ces Soldars la*
voient forcé de se retirer> d
qui ayant esté certifié, le Dej
secontenta de le bannir avec
vingt-cinq ou trente Turcs
Lors que la nouvelle de la prise
i de ces deux Vaiflfeaux fut re
- pandue dans la Ville*, toutft
les Femmes crierent dans lei
luës. l'une demandant for
! Mary, l'autre son Pcre
,
jï
l'autre son Frere) ce qui obI,
gea le Capitaine à demeurer
dans son Vaiflcau, n'ofanc
paroistre dans la Ville. Le
Dey envoya quérir le ContuLde
la Nation Fiançoifc
qui efioit retenu depuis la
rupture de la Paixayee les
Tripolins
, & luy dit quil
efloitlibre ,qu'il pouvoir
aller partout où il luy plairoit)
Yhefme en France, à quoy le
Consul répondit,a quil demeureroit
â Tripoly en attendant
(es ordresdu Roy son tJiïdaiflre
sans lesquels il ne potrvoit qutt-
Idlrrsorn pofle* SileDéy en a. btene. cç-n'a pascfté"
feulement à cause de la ter.
reur que les' François on
i
capfée: à tous ceux de cetti
Nation depuis la prise dc
deux VaisseauxTripolinsJ
maisaussi à la follicuanon du,
D*y d'Alger, qui n'a
pqint¡
cesse de parler pour ce Con
fui, &qui a it conr it - faitconnoUtrc^
aux Tripotins la necefficé ou
ils estoient defaire la Pai
avec la France. LeDey d
Tripoly hiy enayant dcmaal".
dé les moyens, celuy-cy luyj
a imndé que le plus feur é
toit de s'adresser direâementj
à Sa MajettcTrcsvCloiçfticpri
'net- Une Lettre du melme
lieu, arrivée à Marfeillc quelques
jours après celle qui contient
ces nouvelles, porte que
le Capitaine de Tripoly donc
çn a parlé aeulatessecoupée.
* Vous me demandez des
Nouvelles du granddc'm^lé
qui estejatre lesAuteurs qui
prennent le party des Anciens
&ccluy des Modernes. Je ne
vous en diray rien.,sinon que
çe déméLç dure toujours, &
fcjue l'on voit force Epigranv
mes de partôc d'autre. Si je
vous-en disois davantage, chacun
interprétant à samanière
çc<juc,jc diroisJoutiçndrou
quejeferoispour lesunsQU
pour lesautres, comme on a
déjàfait lors quej'ay parlé
du Livre de.Mt Pe£iau4t.'Cepend.
1ant je n'ayj&.-aa*is cir dçC
fein deme dçclarcrt &,meline
je nele day pasfAirc dans la
sïtuation oùjo-mè tfouve, qui
ne me permet aurre chofc, que
de rapporter tout cequise paffc
finsfaife paroiftçemes fehtimens.
J'aurois à tous momens
à juger, &il fèinbIeroic¡
que jem'attribuerais un droit
ded:cides> auqueljene pre
tens point. Il estvray quejq
mets quelquefois dans mes
Lettres des Dissertations con-
- tre quelques Ouvrages t mais
outreqne cc n'cft point moy
qui parle
, le champ est ou- vertsàceux qui veulent faire ,ceux qui veulent rraife
desreponfest, &ilm'estfou- vejnt arri.v,é qu'aprè1s avoir
misdans unmoisune Differtation
contre l'un de cesOavragesyjcvousay
fait voir unc Réponfc
le mois suivant. Je nen
puis donner une preuve plus
r
certaine quetv vous envoyant
presentement l'Ouvrage qui
iuic* POÚ¡;, réponfc à ce que *vousav^ealeudans* ma Lettre
de Javier, touchant la B~
guettedeLjosL --,i
t- ;Il 1-.-Z.
t *, K
* * v 4 Ous meiemande^M^n^
ficHfjquel efl monfentiment
fut lc&Lcttr&>qmfonldUfa
le JMenure deJanvier
>
.:(IJ qui
attribuent a opération du Démon
les effets de la 'Baguette, Je
vous vais dire en peu de mots
- .t-ce que illl pense ~p'eyt i& *,
vous faire voir>qu'encore Itit
ces Lettres renferment tout ce qui
se peut dire de plut fpcçjeux>
toutefois la dteifion pelles an*
tiennent n'a pas unfondement
solide ; car lors que pour fn*
iuvreun effet on employé une
-cau{t quia la îffct Cm la vertu
naturelle dele produire
,
l'effet
riesi pat fuperflitieux
> & ne
,rvient point d'un paéle avec le
Démon j pourvâ que d'ailleurs
onn%ditpa$jointà la causequelque
citconflancevaine Û inutile.
Ceux,parexemple,qui pour
seguérirde la morsured'unChien
tnrage ,disent, hax, pax)max;
teux qui pour faire tomber les
poireaux leur disent au matin
> bonsoir, gr le foir> bonjour j
font des aélienSveriiablëment
rfoulpetsrflititllft5, parce quecespaqu'ils
emploientpour CAUftS;
n'ont nulleefficace à l'égard dî
Fejfct; & si quelqu'unpour si
guérir de la fièvre si servoit Je
quelques herbes
, par la raison
que ces herbes autoientesiecueik
liesàieun (pnon après 'dvtii
Mdngi YIyatieroiit de lafuperfli-
.,ion à cause de la circonfiance
vaine. Mais enfin, s'il nyA
soins deces fortes de circonfian"
ces, ei que la cause naturelle
qu'onemployé aitU vertude
produirel'effet'»ilriefi point fuperflitieux.
C'efi la Doêîrine de S Thomas
dAnsfaJccondtpcondeJquejf.
?6*4rt, i. 0* art. 2. Je rapporlei
ray feuhmept ce qu'il dit dans
l'trt.i,en réponddant a li''ojbr.jeçrion
qu'il s'efioit proposee.Ilfib
que si .l'on appliqueifmplemcnt
des cayjesnaturelles pour laprodufhon
des effets que l'on croit
que ces causes peuvent produjr^
naturellement
à
il ny a en cela
aucune fuperfiition ny riend'illicite
; mais quesil'on ajoute queljquesCAta£
lcie$yquelquesparoles>
OH^uejguesautres observances,
tellesi>qui'l [oit ¡:anifrJqe quelles
n'ont en foy aucune force eu
vertu pour l'effetqu'on attend
)
en ce cat-là il y a fuperfiition
) bien entendutoutefois que ces
J'gnts ne fotent pas des [ttntt
inftitut'{ par J. C. ou par son
Egtife.- Tous les autres Theologiens
conviennent avec S. ThomM
de cette 'Doilrine. J
Or suivant cette regle
)
Il ny
a rien de superstitieux ou mA-i
gique dans les experiences qu'on
Hit quefaitAymar, car les eauses
qu'onemploye pour expliquer
le mouvement de la 'Baguette
ont la vertu de la faire plier,
puis que pour mettre un corps en
mouvement, il fujfit d'employer
unautre corps quifoit luy-mcfmt
en mouvement; çy cejlaujji ce
qu'on fait. Au surplus,que ce*
corpsI
lOrpl en mouvementfoit les çorpujcules
emane% du Meurtrier;
des A4etauxsde teau> &c.
flWony joigne,si l'en veut, la
matière subtile
J que ces corpufsu!
e_al,lffint sur ta Baguette
par, J L'entremise ?desécrits ani-
)L.v'~ inaux ou ,
cles muscles flechisseurs
j J - les doigts -
; ou enfin qu'onsexfli.
j«<r le pliement de la Baguette
de quetquaulfre mantereou
on j' ~~t~ * O~
Yvoudra.,on voit A toujours qu'on
fait mouvoir un corpspar un auttre
qui efl en mouvement
1 &
quel'onnemployepas,ou des
ifgures 'Vainrs, ou des Caydélcres.
ou quelquautre obfervahce bi-j
%arc, &inutilea,causerlé plié*
ment de la Baguette.
Ces MeJJieursnemanqueront
pas de me dire
,
quits ne font
soinssatisfaits dès raifortsqu'on
a apportéesjufquts à preflnt;
mais je leur demande>Jtc'eflla
Unfondement fufflfant,pour at.
trivueruneffetaquelque espece
de Magie ? A-t-on apporté jufqu'à
aujourd'hui des raisons qui
contentent tout le monde,sur ctw
que l'Aimant attire le fer *
Sur ce que l'Eléphant eW
furie s'appaift en voyant uri
- Mouton, cm devient aujjtdond
jue le Mouton? Sur ce que U
"ouleuvrea peur etunHomme
md,$fotirfitit celny qui efl
vêtu ? Sur ce qu'uneptrfonne qui
1la jauniffe- tn efi guérie auffi-
'oft quellevoid un Loriot? Sur
'e que le Lpup enroueceuxqu'il
'eg»rdelepremier? Surce que le
Illoq fait peur au Lion- Sur
ce
jue la Torpilleengourdit la main
luPefèheur ! Sur ce que te Baf/je
tué les Hornrms.Jt son regard?
Sur ce que le Qrapaudfaitvenir
ianssagueule la Belette maigre
luielle en ait? Tous ces tffctjsi
font donc aussi par forcellertc.
On n'a pasmesme apportesur les*
effets les pluscommunsides raisons
dont tout le monde foit content.
Tarexemple sur la chute des
corps pesans ; sur lémanation de
la lumiert,sur la produélionde,
la chaleur, &c. Et mesme lors.
qu'ils'agit de dire en quoy con-.
siflent ces effets
,
quelqu'un le
peut-il fairesi clairementy que
tous les Philosophes acquiescent
a[onexplication? Ils sefont des
Siflemes dfferensiilsfont oppofez
les uns aux autres : g nul.
d'euxnesi satisfait dts raisons
deses adverfiires: Amfi dans les.
principes dde nos Mffi' , tleurs, on)
devroit rapporter au Demon les
effetsmepne les pluscommunf.
D'Irio rapporte, quon a vu
en Espagne certains hommes,
iquon appelle Zàhuris, à cause
de leur veue de Linx. Il dit
quil en a vît un à Madrid, en
1375, & queces Zahurisejloient
m réputation de voir à travers
It*eéppaafsleêuurr de la tt,e,,rrrree les sources
d*eauy les tresors
> & lesveines
des Métaux. Il nous apprend
qu'encore que ces effets parufyentfort
furprenans, néanmoins
il les expliqua naturellement;
dr que plusieurs PhiloCophes les
rapportaitnî aussi à des caufcs wi
turclles. Cet Auteur, dis-je, quoi
riaccufera pas d*avoir douté di
texijlence des Démons &' des
Sorciers, efl pourtant plus referai
que nosMeJJieurs> lors qu'il ',t'tegit
dufait
y
sçavoirsitel ou tel
effetprovient duTDemon. Vsicy
comme il parledans le Livre I.
de fis Recherches Magiques tb.
f. q. J. fla. 5. en traitant [II
question,sçavoir,s'il*ejlpojjtblc
de faire de l*or par la Chimie.
Nous ignorons ( dit-il) les
caufcs naturelles de pluficurs
effets, & ilCe peut faire que
Ja caqfc de-l'or. foie du nombre
de celles que nous igDprpns
; £<bien que pluficurs
çhoses fp faffejit naturelle..
^çnç , ilya pourune des
gens qui p^rcçqu'ils ignorent
les cautesi nient le fait,
Jojs qu'ils ne le fçavcnt pas
aveccertitude> ou biea
ils foutisnrçent que la enofc
n'a pas esié. faire naturellement.
Ces paroles condamnent
ces tyMeJJieurs. Ils ignorant
tU cause du mouvement de la3a*
guette,l'explicationqu'on leur en
Jpnne ne leur platft pas, cela
leur fujfit pour recourir au Del
mon.
Valentia dit
» que quand bien
un elfit ftroit produit hors la
Spbere de l'aflivité de la caufey
si néanmoins quelque Philofophe
diftitt quil ignore la cause
decet effitJ on ne devroit pas
juger que l'effet neût pas esle
produit naturellement> attendu
que nous ignorons fort souvent
les forces des causes naturelles;
&Ddrioaprès avoir rapporte ce
fntiment de Valentia
,
ajoute
luy-mesme, que s'il y avoit entre
les Philosophes diverfiré de
sentimens
,
pourfavoir >si cet j
LZC-tse peut faire naturellement
ou non ,
l'on ne devroit pas juger
qu'il n'sust pas eslé produit par les
forces de la Ivature. Or les Sçanjans
font- partage% sur le sujet.
de laEaguette ; les uns tiennent
quelle tourne naturellement, les
autres que non. Il efl donc vray
que ValrntiaCm Delrio auroient
cherché la causenaturelle de ces
effets»&qu'ils les auroient tap•
porre% à la providence cLDieu9
,-& non à la con ddu.ite d1u DOnble,
On demeure ri'acord qu'ily a>
ou qu'tlpeutyavo^r de> Sorciers,
& qu'on peut faire des paéles
41vec le Diablç
,
mais - l'on doit
convenir "aUJF (g* observer qu'il
,/efl pas anpouvoir du Diable
défairecesparles ayee les hommes
toutes les fois qu'il le veut ,
- dr qu'il nejîpas non plus au
pouvoir des hommes de contrarier
çespaSles,toutes lesfois qtfils le
nioiidrwnt.Autrement tantde
Jcelerafs qui se font pendre on
rouir, ne s'y expoferoient pas
s'ils pouvoient satisfaire a leurs
pajjtons par le secours des 'Vi¿tbles.
VEcriture nous apprend
que le Démon n'eut le pouvoir«
tle tromper Acbotb
»
quaprèsen
avoir r-lceu la permijjton de Dieu;
elle nous apprend quil neuf pas
non plusle pouvoird'affliger Job,
quaprès que Dieu le luy eut-permis
; r!J le mesme Texte nous
fait ionnoiflre que cette permiffion
que le Démon obtint,estoit
refirainte par cette condition,
qu'il ne pourroit pas touchera l'dme
de Job. Les Démons que
Nostre Seigneur chassa des corps
de deux Geraseniens ne purent Je
jetter dans les cochons) quaprès
luy en. avoir demandé
la
ptrmtjjion
gr l'avoir obitnuë; mais
ilY a lieu de croire que depuis I4
mort du Sauvent du Monde%
Dieuaccorde bien plus rarement'
detelien permissions au Démon,
puis cjt/il r) "if dan* l'Apocalynj?
que le Démonejllie (jr Ç4-
rotèpourmilleans ; CICPI-à dire fuivantles Interprètes,pourde*,
puis la mort de N.),qre Seigneur < , jufytau dernif tmps de ¡',A.IJtecbrtjl.
Voyons maintenant
J',l-y a lieu de croire que Dieu
ait donnéau 'DémonUpermijjton
defairepaêle pour le mouvement
de la Baguette,
Suivant lesThéologiensilyA
de deuxfortes de paéhs, l'expliciteù*
l'implicite. L'expliciteJe
fait, lors que l'on convient ex -
prepiment par foy
, ou par au*
truy > avec le Démon; ou bien
lors que l'on fait quelque ,hoJê,
dont on attend un effet que l'on
(fait certainement provenir du
Démon. Eftius enson fécond livre
sur les Sentences
,
fait tellement
fort sur ces paroles
> que l'on
sçait certainement, qu'tl ajoute
que celity qui croirait avec queUx
que vray semblance que la choft
Je pourront faire naturellement,
feroit exempt defuperflitionybien
que peutefire la chose ne Je pufl
pas faire naturellement.
Lepacte implicite se fait,lor^
que sans convenir etpreflémenti
ny parfoy
, ny parautruy tveçi
le Démon
, cmsans quonsçache
certainement que l'effet qu'on Attend
luy doit estre attribue> on
pratique cependant des ebofis
4v*e certaines conditions vaints
flI inutiles, dr qui rient point
de rapport naturel avec l'effet.
Les exemples apporte^ cy^defjks
doivent fufflrc.
Ilefl bien certain» rg ces Mtf"
sieurs en demeurent d'accord
> que
l'Homme a la Baguette n'a fait
aucun pasle explicite avec */?
Demon. Il efimême persuadé que
les Diablesriont aucune part aU
mouvement desabaguette, Ild
l'approbation de son Curt) &efl
en bonne réputation auprès des
Pririces, & auprès des autres
personnes dont il ejl connu. Il n'y
a point non plus de paSIe implicite
en ce qu'il fait; car le paSsè
implicite confifle précisément i
faire Une aSlion> ou vaine en
tUe-même, ou à laquelle on joint
'quelques circonfiances vaines &
inutiles
,
c'efl a dire, qui riont
defoy aucune proportion avec
:/-effir qui est produit. Or si les
choses qu'Aymar pratique efioient
de cette Jorte-là> il arrivnoit
que tous ceux qui se sir'Viroien.
de la Baguette dans lesmêmes
tirconflances, dr pratiquantles
mesmes choses que luy
, contracteroient
le paÛe implicite avec
le Dtmon, {0 que par consequent
la Baguette tourneroit entre
mains,ce qui est tellement an*
ttrraaiirree. aà ll'eexxppeerriieennccee qu,,, ces
, qu • AfeJJteurs demeurentd'accord jue
d'un grand nombre de perjonnes
qui ontfait l'ejpty de la BagUtttf)
il ne s'en efl trouve que fort peu
entre les mains de qui elle ait
plié. Celajujlijie fort clairement lquaq lieude recourirà <f~ aucun
fafle
,
il faut necfjjairemçnl
àyoirrecoursaune certaine configuration
des pores,4uncertain
tempéramenty ou à telle autre
propriété qui ne convient qu'à
quelques pttrticulie's.
Ily a plus. Lavolontéimplicitedefaire
une ebofe esi incompatible
AVtc la volonté explicite
de faire le contraire. Dés qu'on
renonce positivement à toutpaéle,
lepa£le eflotédétruit ; autrement
il faudroit dire que le De-
-mon peut induire eM porter au
»péché un homme maigre yf0
contre ra propre<volon'é.
, L, Cardinal£ajé>an nousapprend
danssa Sommei auilfit
un jourune txptrienet, à dessein
derompre,pourl'utilité'desFiï
Jrl/ts, le patte diabolique. Ce
Cardinal dit qu'ayant pris une
bague attachée aunfil>,ilpr&~
ttfta que It8 versetqu'onfécite en
cette occasion,il^ne le disoitpoint
en intentiondefaire mouvoir la
bague ysuivant U convention
du diable; mais quil h disoit
pour louer Dieu3-fuivant ,J'intention
du Psalmiste. Et enfin il
dit qu'ayant recité te verset> la
bague qu'il tenoit suspenduedans
le verre > ne remua peint.
Ce fait que ce Cardinal nous
dit quil a éprouvé luy-mefmt
:
ifousMpljivwlpnttytxewnt qu'on
peut rçnorwr Wpttte ; fécondément,
qttapjés y ayoir renoncé,
ïtjfet.nesepfuit point? s'il to
attacâf aup^tle; troifiémerlent,
quesi norKobtfant cette renonciation
l'effets'enfuit»il doit avoir
une capse- naturelie, fauf aux
curieuxalarechercher. Or Aymar*
Il les autres quise font
efrvis de U Baguette» (èfqui
s'enefrvent encore tous les jours
pour découwir les Sources d'eau,
les Métaux, $fc.nonefulement
ne font point convennus avec le
Demon, & ne l'ont point inwoque,
mais ils nous protègent
encore, & nous declarent qU"jlJ
renoncent à tout paSle avec luy,
& qu'ils ne font cette aélion,
que parce qu'ils la croyent nA.
turelle, dr éloignée de toute fuperftition
; d'où il faut conclure
que dans le fait dont il tfi question
,il riy a ny paéleexplicitej
ny implicite avec le Drmon.
De quelie-force peuvent cfire
après cela lesraifons de ces Adcfi
fieun} La chose volée, tiiflnt-ifs,
cft la mefinequ'auparavant'>
mais f)/;ornmt qui vole eji-il dans
lamefme tranquillitéqu'aufaravantt&
m cause-t il point de
changement
> ~4~C/MC~ tant dans lacbofc
t,volée que dans les lieux ou il
passi ? Le chemineJt-Umefmc
avant & après que -le Maifirt
d'unCbien y a passé. Comment
sefait-il donc que leChien choiftt
si bien ce chemin
, e laijje les
autres f Comment sefait-ilqu'un
bon Chien de chajjeJutve (t
exactement tous les détours par
où le Lievre a paj$éf IIfaut regarder
Aymar après un Voleur,
:ùcommeunChiw aprfsun Lievre, ii ny a pas pins de lieu d'êtreJutpris
dece qu'ilnetonvient
pas Á toutes fortps d'hommes d'être
touche^ de la piste ou des corpujluies
du Voleur, que de ce
âjh.tl rie convient pas<4 toutei
fortesdeÇbïensde cbajjerleLie*
*Vft* Ilfautpenser la m,fmt\dJ{}fi
fies bornes tranfplantées*que dt
4* ehofe tyotie.
Mais commentsepeut-ilfwt
(disent ils) que les çorpufcylei
ernanez de I'Hitçide jou 4$
Voleur perseverentsiUng-tempï
Àansl'air, om- ne soient point Jifi
fiptZpar les ventsfle dentandi
aujjîpourquoy les corpufcults ou
les globules de la lumiere ne font
pas rmparteZ par les vents«
pourquoylapesteperfcvercsi long
temps dans l'air? Ces exemples,
grplufieurs autres qu'onfourni|
i
tftpwtir,fufjiroientpourexclura
l'opération du Dlmorl, quand
mefineMxChauvinnduroit pas
idéid répondu'à ces difficultt'{;
ï , mais on pourroit donner une rippnft
bien plus jolie>si le men.
Je efloit encore d'humeur à si
Vouloir contenter de ces qudlite.Z
qui se perpetuent par propagation
dans le sujet qui se rencontre.
> L'eau(difent• ils) quiefl a de*
couvert devroit agir plus fortement
pour le mouvement de la
fiaguette,que non pas l'eau qui
est cachée Jous terre; mais leur
bncfmcraison prouve que l'A'Y,,:-
mant qui tfl touta dccotiverhde-
*vroitagir plusfortementque Un
qu'il eji armé. Ceseul exemple
faitvoir l'inutilitédel*objection
&nous montre quilfautreçoit*
rir aux conjectures& non an
Démon. Ne pourroit on point
dire que /esvaleurs dé Veau nom
leurforce pour l'effet dont ils'agit>
que parce quelles entraînent
avec elles certaines terrejlteitf%
ou parce quentraversant lel
pores de la terre, elles prennent
certaines autresmodification* qui
nont point les vapeurs de l'ra.
quirfi à découvert ? MrsCh"uJ. 2! & Garnier & les Alltr1
-- qui
iqui ont fosé des Systemes pour
l'explication de ces experiences,
ontdéjà répondu aux principales
JifJiçulte'{; mais il ne s'enfuit
nullement que ceux qui ne se
trouveront satisfaits ny de ces
Systemes ny des réponses
à ayent
flus.de droit de recourir au Depion
danscette Dccafton, que dans
l'explication de tous les autres
tffets de la Nature, quisepajfcnt
ennousou hors de nous.
i
Delriyauroit eu bien plus de
faison. d'accuser deforcelleric
tsivicenrte
>
Al^indus> ParaceU
fè
,
Pomponace> AndréÇatanée,
.&d"aut,,es q'4i fouiiennentque
la force de limaginattàn tJl
irgeque non*feulement ellepeut
fafeiner des personnes fort éloi.,,
gnées, ou leur procurer la guei
rifoti
»
mais encore remuer le!
corps, exciter des tonnerres $
des pluyes. Cependant il ne traiti
pasde la forte ces Auteurs.Ildil
feulement que l'opinion contràifl
cfl plus commune parmy les Theoi
logiens, ü il tâchemesme di
concilier les deux sentimens
> ei
disant qu'il efl vrtty.flmbllCb/.
que la
force
de l'imetginatioi
peut causer que7lquechangement
dans les corps extérieurs, pouri
yeu qu'ils nesoient pà trop f/M
tnez
t cr il apporte cette rairont
qu'ilse peutfAire que its effets de
l'imagination soient du nombre
de ceux dont nous ignorons les
ffUfu.
If. Taarpt-ilxmfon encore après
toutetla d'attribuer à libertinage
Itjfayque,font. les Tbyjiciehs
d'expliquer par des causes naturellesleseffets
de la I;aguette
N'eftmcepav ancontraire un libertinageuneespece
d'idolatne
,À*attribuer au Démon les
effets de Dieu * de la Nature?
C'ep manquer de reconnoiffance%
,&. oster au premier Estre, ce qui.
luy appartietypar le Titre de sa
Souverainet'é,e ce riejl point
juger à l'antique (pourme servir
des termes de ces tsHeJîfeurs)
car l'àndennetê (si pour Dieu,
pour la Nature, & pour la ve-*
rite. Le Demon ejlpojlerieuryi*
n'en efi que le ftnge & le prrfli. ';
gièux imitateur. LesPhyjiciens
nefont icy que faire mouvoir un
corps tel quejl la Baguette,par
un autre corpi qui est en mouvement.
C'est ainsi qu'on a toujoursf
raisonné; & c'ejl une nouveauté
que de ne pas penser de la forte.
< Aussi ces Messieurs ne parlenti
qu'avec scrupule
, & ils ne pre-;
fendent pas (dfentiis ) que leurs,
çonjeéluressoïent regardéesçcm4
the des demonftrdtions. Pourquoy
Jonc trditer de cbimeres> de libertinage
j ed'impirté Yle fentiment
contraire au leur 3 Saint
.Thomas na-t-il pas aierty
qu'uneffet n'tilsuperstitieux que
lors quil efi tel
3
qu'il efi manifesie
que la cause qu'on employé
pour leproduire n'a aucune force
& ejjkace pour cela?
Quelle application peut avoir
au fait preftnt ce qutls disent de
Lartocratc Jdc la Rabdoman.
tic~ des verges dont sefervent
quelquefois les tJÏÏdagiciens
dans leurs fllperfiuioTls ? Ces
Messieurs powvoiejntjoindre à ces
exemples /0Lithomantie,rOiit3
phalomantie, l'Inotnamiei
dr cent autres mamens dediinnat'ton,
On trouver* dans toutes
ces efptcls, le veritable caractere
de la fuperflition. On trouvera
qu'avec les Zaguettes ou
avec les autres choses naturelles
dont ces-Magicienssefervoienty
ilsjoignoient quelques -paroles
ou quelques circonfiances> ou en*,
fin quelques autres signes qui W»ont aucune proportion AUcUn t aucun
raport avec l'effet qu'ils vou.
loientproduire, Pu,on life ce que
dit Ttydiginus de cetteRabdo*
mantie aprèsticrodote & Strafart,
on y trouvera U véritédt
ce que j'avance3 car enfin ) de
Qwl&irfaire p*ffer pour Sorciers
IssiS ceux qni*fe fervent de verges
si) de bitom
,
cesi vouloir
accuser de sorcellerie lesHedeaux
4e nos Taroiffesy & cent autres
personnes qui îfervent de ces
chases pour quelquesmarques de
difîinflion de leurs Charges ou de
leurs Emplois, sans parler de
Moyse qui s'eflservy de verges
pour confondre les Magiciens &
»
pour tant d'autreseffets merveilleux
en EgyplS & dans le Defirt,&
c'est a raison du mauvais
usage des vertes, &à rai[
on. desparoles & -in'IJocAtionj
diaboliques qui si rencontrent
dans la Rabdomaniie que l'Ecriture
&S.Jerosme la condamnent
, & que nous la condamnons
aujji.
Quantace qu'on dit, que Je9
Gens du Nord fondent des carafleres
pour tfujjir en differens
métiers, & du vent pour aller
sur Mer du cossé qu'on
veut, qui doute que dans ces
Decapons il riyait de laMagie
ou de la tromperie ? Car je
vous prie j
quel rfpporly a t-il
entre ce qu'ils vendent &..C't
qu'ils promettent f Pour ce xqui
efldes Suedois e des jéllemanst
qu'on dit qui trouvèrent en se
servantde 'Baguettes les tresors
cache3 ,ilriy. Avoit dans ce fait
là qUtpiUage,J sans plagie ny
fuperflition, pourvuqu'ils ne se
servissent de ces Baguettes que
de la maniéré que s'en fert Aymar.
triais ( difertcesM^ffieurs)
d'où vient que la'Baguette tourne
entre les mains de certaines personnes
feulement ?Î,aydiia dit
que cela doit l'jlre attribué a Inorganisation
ou propriétéparticulière
qu'ont ces perfonncs-la
y
de
mesme que à*autres hommes ont
d'autres propriete^fingulieres qui
font qu'ils.fontcapables de çer*
tains effets particuliers. S. Jugustindans
le Livre14., de la
Cite de Dùu. ch. z4p dit quily
ades hommes quiont des prC)p,ietez
naturelles d'autant plus furprenantes.
quellesfont rares &
tout-À fait différentes de celles
des autres hommes, ce qui cfl
caufc qu'ils font de leur corps,
comme iltleurplaifl,decertaines
thofes que les autres ne peuvent
du tout faire ny mesmecroire
qu'elles joient pojjibles.Ilyen a>
ditil,qui remuent les oreilles on
toutes deux ensemble,ou l'ûnt-
*
Apresl'autre>famremuer latefie9 üd'autres>sans la remuer aussi,
quifont descendresur leur font
toute la peau de leur tesse(ôj les
cheveux quiy tiennent, & la
remettent comme ils veulent en
son premier état. Ily en a qui
imitent (ü exprimtntfiparfaitt.
mentla voix des oiséaux e9 des
Autres animaux,qu'il efi impofsible
deriy tprt pas trompé, À
moins que de les voir fAire. Ily
en a d'autres qui avalent une »incroyablequantité de choses
toutes différentes,& qui en refferranttantfoit
peu leur efiomacy
rejettent toute entierscommed'urt
sac celle qu'il leurplaist. S. du*
gupin rapporteau mesmeendroit
beaucoup titiJutreschofts encore
aujji fîvgulieres ,(0de nos purs
nous avons vu le Buveur d'cath
& ['Avaleur decailloux.Albert
le Grand rapportequ'en Allemagne
ily eut deux Freres
,
dont
l'un avoittelle vertu, qu'en paffant
auprès des portes les mieux
ferméest&ypresentant le cosse
gaucbeyelles s'ouvrotent>&l'autreavoitlamesmevertu
dans le
roslé droit. Ces exemples &'
beaucoupd'autresque je pourrois
tapporter, juflifient ce que fay
ditde la propriétéparticulière de
ceux entre les mains de qui la
Baguette tourne. Je ne laifJeray
pas devousfaireremarquer,
Monsieur>quefous pretexté de
quelques experiences qui ont esle
faites par Aymar st) quelques
Autres, on en ajoute ungrand
nombre d'autres, qui font ou
ftuffes ou tres-douteuses.
On na point donné ( difentils)
une raison grnerale de tous
les effeti de la baguette. Je demeure
d'dccord que la cause qui
ne fathjaa pas à tout ne fera pas
suffisante.IlyadesThyficiens
qui en posant des Syfiemes ont
déjàdonné des raisons de tous les
moiivtmmsde la Baguette^j
pour moy qui rientreprens icy
que d'en éloigner le Dtmen> ledis
que l*infuffifanct des raisons
devrait feulement inviter ceux
qui rienfontpasfatufaitixÀ en
chercherde meilleures, puis qu'il
tfl. certain
,
commeml'a dija
montré, qriil doit y avoir une
cause naturelle de ces effets, f'efl
ainji que ctux qui ne font pas
ctmtens de ce qu'on-a dit jufqttk
presentsur le retour des fliwes
intermittentes
>
sur le flux &
reflux de la Mer,#c.t'chentdr
trouver quelque chose de nouveau,
mais ils nes*avifent pas
de recourir au Demon. Pourquoy
donc9disent ces MfffizurSiAymar
natildééouvertfontdlent qui
l'âge de vingt-six ansf On pourroit
demander auJF
>
d'où vient
qu'on a ejiè si long-temps à trou*
Ver la poudre à Canon»U circulation
du fangt&c. St Aymar
avoit fc-o.onnnnuuffuinnr-taalleennttiàtIl"'dâgne ddet
iringtans, eu mefmt de quinze>
tes Mtfjteurs nauroient-ils par
fait U mesmequejii$n
> &ainjt
pour Its contenter, il faudroit
qu'il tellft découvert-dans lt
ftin de sa Merc. Et que ffait.
vn encore 3s'ils n'auroient pas
fretendu -qu'ily tttft eu dans Kt
Foetus quelque opération du Pi-I
ton? Voila, Monjiur
, et qui
m'eflvenu d'abord en pensee
) en
lifxnt les Lettres deces MèjJiturJ.
Mande^-moyàvostre tour'votre.
Jentiment sur la mienne.
Le 7. dece mois,. l'Académie
-Françoifc fie une perre
très considerable en la personne
de Mr Pcliiïbtt Fontar.
nier. Maistre des Requcftes,
& l'un des quarante dont est
composée cetteillustre Compagnie.
Ilestoit né à Castres
en 1^14 & sa naissance répondoit
à'. son mérité. Son Peie
çftpit Cqnfeiilcr enla Çham-j
bre de l'Edit de Langucdoc;
son Grantl pere Confciller au
Parlement de Toulouse, &
sonBisayeul, Premier Prefident
au Parlement de Chambery,
auparavant Maistre des
Requcftcsi Ambassadeur en
Portugal
j & Commandant
pour le Royen Savoye,quand
François I. s'en rend it lemaifire.
N'ayant pas encore plus
de treize ans. il prit des degrez
en l'Univc:rfité d-c,Cahors,
où il le fit diftinçuer
d'une maniéré si-fort au dessus
de son âgey qu'il fut receti
avec des applaudiffcmens exr
traortlinaires. Il futSecrerairc
du^loyenpremierCommis
de Mr Fouquét en 1657'
& deux ans après on le reccut
Maistre des Comptes à Montpellier
1après qù'il eut négocié
le rétabliuemcnc de la
Compagnie quiavoitesteinterdite.
En I67O. il abjura à
Chartres la Religion Protcftante.
L'année suivante il fut
Maistre des Requestes > en
1674 Occonomc de Cluny;
en 1675. Occonome de Saint
Germain des Prez; en 1676$
PrcpofepourTadminirtration
du tiers des Oeconomacs &
'-- -.--- - i
en IG19. Oeconomc de Saint
Dcnrs. Sur Ir progrés des con.
Voriions par l'cmploy. des
deniers desOcconomats qu'il
fitvoir au Roy en i6ti. il porta
Sa Majesté à augmenter le
fond de ces deniers, de ceux
mesme de son Epargne. On
peut dire de luy, à le regar.,
der par rapport au monde,
qu'il aelle bon Parent, Mai.
stre libéral,Amifidclle»Serviteur
incorru ptible, Courufan
droit) Sujet zclé. Sa foritune
changea pluficurs fois,
mais son coeur demeura tou"
jours le meîme. Ce qui peut
abattrejce qui peur cortom-i
projuy laissa toute sa fermeté,
toute-sa droiturctlIl avoitde
la complaiiancefan& flaterie.
Il sçavoit obligc:r
) mais il nç
sçavoit point nuiro,! incapable
de s'avancer aux dépensde
son honneur, & d'abaisser les
autres pour séleversur leurs
ruines, Célébrer dignement
les giandfs a&ions' de son
Prince, aimer (ao perfonnç
d'une tendresse vive & fefpe-
«Stueufe, le fcrvirautant par
inclination que par devoir«
c'eltoit sa passion dominante,
& son occupation la plus•
chcrcapçés l'affaire, importante
du salut.Sionleconsidéré:
duçofté des bellesLettres,
combien d'cfprits differens
luytrouvera- t -on 1 Le
Droit, la Pejefie,l'Eloquence*
J'Hiftoke,Ue$Languesftout
Juycfioit; familier.Ilavoitejj
un mcftnc degré le don de
bien parler, & ccluy dc bien
-écrire.Il aimoit le[ravailJ il
.eninfpiroic l'amour auxautres
, sur tour quand ce travail
regardoit la gloire duRoy.
Les Prix de Poëfic de TAcadémie
Fraru^oife, dont il faifoit
la dépense, en font une
preuve, âufïibicn que l'état
bliflement de l'Academie dé
Soillons, auquel il contribua
autant que peifonne. Pour leS-I,
affaires une application forte
aux dépens de sa fanté
mêmei
beaucoup de netteté>de defirH
tereflement,de.pénétrationd
une équité parfane; un abord
sicile, des manières honnefies,
nulle prévention, nul]
préférence des Pcrfonnes; voila
son portrait.
A l'égard de la Religion,rt
rcfufa d'entrer dans la voyc
duCiel par des veuesterref-,
1res,quelque éclatantes que
fussent celles qu'on cherchoic
à luy donner. Ilfcrma ltoreille
aux tentations delafortune
J
& il ouvrit son coeur aux
inspirations de laGrace. Les
cfukcs de sa convcr (ion.quifut
le fruit d'une étude longue8c
appliquée de l'Ecriture & des
Peres, qlril. fie durant sa détention
à-, la Baftillc, ne
démentirent point les commcncemens.
Il quitta touc-
-à-fait la Pocfie
>
& n'écrivit
plus que pour Dieu, &pour
le Roy, qu'il avoit loücz
dans tous les temps ,
& dans
tous les états de ia vie. Il orna
IcsTemples du Seigneur, & il
yalla souvent marquer sa fo-jç
pour le Mifterequienavok,
cfté longtemps le plus grandj
cbftactc. Tous les ans ilcclc-S
broit le jour de sa réunion a
l'Eglise, en s'approchant des
Sacrcmcns. Illes recevoitaulfi
ddl'orddin.a.ire à, toutcs,*.1les granu
des F.des, &faifbit des
retraiiJ
tes frequentcs. Modeste
,
te^
cuciiiy, profteméj ilfaflîrtoit
chaque jour au saint Sacrifice1
avec la (implicite de la Colombc)
& non pis avec la pru..;:'
dcnce du Serpent. AL milieu
mcfmc de f:s iufirnutez,il ne
fc
fc dispensa point de ce devoir.
Sa charité pour le Prochainégaloitsafidélité
pour Dieu.
Depuis sa sortie de laBaftille,
ilne laissa point passer d'année
sans délivrer quelques Pri..
fonniers. Il estoit le Pcre des
Orphelins,)lefoutÍr:n des foiblés
» le protecteur du mcruc
oubliéou inconnu, l'azilc af.
furé de tous les mal heureux.
Eclairé par-la vérité, il ne cacha
point la lumière fous le
boiffcau
s
il la mit sur le chandelier.
Il tâcha de faire pour
les hommes ce que USeigneur
avoit fait pour luy. HecnviCt
il follicira,»1redoublalaforco
de Ces follicitacions Se de ses
"écritspar ses pieuses llberati-n,
tez.
Mr Peljjïbtaayant tant de
belles qualitez ,n'eut,pas de,
peine à s'attirer Tcftime glo.
rieuse & les precieufcs bODtc:,
du plus grand des Rois, ny à
acquérir pour Amis l'élite dq
la Cour, & ce que la Vtllc, la
Province, le monde sçavant,
eut de plus poly
,
de plusrai-,
fonnablc, depluséclairé. Sel
OJvragcs de Poefîc font quan.
tité de pieccs excellentes,dont^
il y a peu d'imprimées
, toutes,
ou galaptes
, ou morales
&chrc-ilicnnes, ou héroï ques,
Entre ces dernicies., le Poëme,
e" Eurimcdon de plusde treize
[censvers» ou le Roy en un
; pencnombre estloué d'une
jl®anierc»digncde luyiticnç,
Je premitrirarig. Le mcrme.
homme xjùi divertit & qui
pUist
>
initruit,édifie., & ne
fçait- pas moin*surprendre &; ;enlever. SAOavrages.de Pro-
;sefont U Par^pbtafi d<?s In-:
; (tuuces de Jjftmien
,
qu'tl fie
à- 1 âge dedix-sëpt ans) oùles
Sçivarus trouvent à apprendre,,
& les Dames à fc divertirez
s'instruisant; l'Hiftoirc dç
l'Academie Françoise, qui luy
procural'entrée dans cette illuire
Compagnie lors qu'il
n'y avoit point de place vacance
j le Panégyrique du,
Roy, prononcédans la mcfc(
me Academie, quifut si généralement
estimé> qu'il a
estétraduit en Latin, en Efpagnol.
, en Italien, en Anglois,
& mesme en Arabe par
le Patriarche du mont Liban,
dont l'Original est dans le
Cabinet de Sa Mijcfté i l'admirable
Preface des Oeuvres
de feu MrSarrafiii son intime i*fin.intima
,6
Amy, & plusieurs pieces détachées
qui ne font pas d'un
moindre goust ;' les Re.flexions
sur lesD'ffcrens de la
Religion en quatre Volumes)
où la Controveife esttraitée
[.lOSemportementJ[ans fecherresse,
&où l'on voit des élogcs
du Roy si par faits, qu'étant
charmé de tous, on a
r peine àconvenir lequel me.
[ rite la preference; les cour-
[ tes pricres durant la fainte
»
Metre i où l'on trouve une
S anâion quine peut venir que
[ du fofld d'un coeur pénétré de
la foy la plus vive; quelques
Ouvrages a la gloire«toi
Roy qui ne iont pasfinis, &
un Traite de l'Euchariftic
qu'ilachcvoit, lors qu'au milieu
de quelque^ineommoditez,
quine lcitipêchorcntny
de se lever ny d'agir, & qu'il
necroyoit pas dangereuses, il
fut surpris d'ùirô mort qu'on
appctkroit subite
)
s'ilne s'y
eitoit pas difpofc depuis longtemps
par l'exercice de laplus
pa-tfaitecharité) par une picié
sincere
, par un attachement
inviolable à fcs devoirs,&pat^
un zcleardent & infatigable^
pour la vraye Rejigion. Ctt -
Éloge qui convient parfaitement
à feu Mr Pcliffon, cft
d'une illustre Amie, cclcbrc
par ses Ecrit*>qui n'a pu refuser
à un-Amy si plcin de
mérite, la justicequ'elle rend
à sa memoire.
deI Picnrcricsqui brilloicnt
far luy. Elles auroient attiré
les regards de TAlTcmbléc
surune autre personne, mais
ce Princeest fait d'une ma^y
niere à les faire tourner tous
sur tuy) & l'on ne se laiTe
point de le regarder. La beauté
de fonamc répond à celle
de. son corps, & à la douceur
qui se fait remarquer sur
son virage, & l'on connoitf
par mille qualitcz dignes de
son rang ,ranguftcnaissance
qui l'y éleve.
Le Mardy 3. de ce mcfmc
mois, dernierjour duarna\'
al)il y eut aflcmblee deMafl
ques dans le grand Appartlement
du Roy à Vcrfailles. Ler-e
Roy &la Reine d'Angleterre,
y vinrent» & il ne se rrouva
dans cette assemblée que
ce
Prince
, cette Piinccfle
J
le
Rcy & Monficur sans eftic
déguisez. L'invention,la galanterie
& la magnificence fc
firent remarquer dans tous les
habits,dont le nombre alloit
à Tinfiny, &il feroit ma!aisé
de voir rien deplusbrillant.
Le Roy fc retira entre minuit
& une heure»&ce ne fut qu'aprés
que Sa Majesté fut fortic
<ju*onpcrmic d'entrer, aux
perfonncsïnafquécs, qui n'c-
Roient pas de la Cour. Le Bal
durajufqucs à cinq heures
du matin, que Monseigneur
le Dauphin se retira ,
apréff
, avoir changé plusieurs fois
d'habit. Le Prince Royal de
Dannemarck s'y trouva aussi
déguise. Le jour piéccdent,
ce Princeavoit vu incognito,
recevoir Monsieur le Comte
:
de Toulouse Chevalier du
Saint Efptit. 11a vû cequ'ily
a de plusremarquable à Paris
» & remarqué tout ce que
TGbkrvatoire a de plus curicux
& de plus sçavant.iCd
Prince a r cfté parcillerncn
auxInvalides> &ri'a,pûstcm;
pêcher de paro.ftrcfnrprisdc^
la grandeur & de la magnifi-;
ccnce du BJilimeot,) dunombre
de personnes qui y^font?
entretenues, & du bon ordre
qui s'y obfelVc, Un Soldar
Invalide luy ayant" dit qu'il
avoir fcrvy dans JcsTroupes
deDanncmarrk,& luyeir1
ayant monué un cernficac,
ce Piince luy fit aussi
-
10it
sentir des marques de la1 libéralité.
Ila liaà laRcvcuc que
le Roy fit le quatrième de c6
mois dans la plaine d'Oüillc,
des Regimcns des Gardes
Françoifcs&Suiffcs) à laquelle
le Roy & la Reine dtAngleterre
se trouvèrent aussi:
Il feroit difficile de voir en..
semble encore autant d'hommes
d'une grande tailleȕt
aussi bien faits. Le Roy passa
dans les rangs, leur fie faira
l'exercice) aprèsquoyils défilcrent.
Le Prince de Dannemarck
partit le ti. de ce mois,
pour s'en retourner par le
chemin le plus court. Il de.
voit aller en Angletetre, &
vifucr cnfuitc tout*e la Hollà
lanclçl'Allemagne
,
& iljj
auroiç mçmc feu un pluslong!
fçjoucen I?tanç;ç.i©iUl&,RpY1
son Pcrç le rappelleauprès ds
&perf^nne pouT desadirés
importantes. Quçy qu'il luy
restat cncoiTÇjbçau^Qwp4c cho. voir dans les Eraçs de Sa
Majtfié"HcRoie si reniplyd*
toutcc qu'il a vû, qu'il dit
avant sondépart, qtm lop,que
quelque Voyagent réçpniçrt e.
fl,n. Pays toutes lesmetveiflesde
France, on ne le croyoit paSi qu'il
alloit confirmerc€ qu'onrnatok
souventrapporte> &qu'on ne-h
crQtroitpas luy-méme.CePxixico
- - 1-. - --. -J
^en s'en retournant a passé par Saint;
Denis, pouren voir le Tr-for &,.
les Tombeaux de nosRois, Si'%
pris ensuite sa route par Chantilly,
où il devoit ellre receu par
Mdonsiieurr lce P-rin'ce; c'etf çou, Le 15. du mois paflfc, M. de Jz
Porte; Premier Prcfident du Sé4
nat de Nice , se rendit au Valai$
pour la Ceremonie de l'ouverture,
îuivant rufagç, qui est de la faire enceaulieude la Saint
MMea3retàinla. tAepfrtèesdaevoir entendu la
Meje la Co noa^ornie,* àla tcftc de i il fit chanter ÏExwdut pour le
Roy, qu'on n'avoit point accou-» tu"né de chanter auparavant. Il
avoitfait élever dans la.Salederèh
ivée à cette fonction,un Troaç
pour Sa Majeftc,au deffiu duquel
le picte le Roy remplit ce qu'il
doit à IJiej, quelle "est sa borné
pour ses Peuples, ce qu'ils, doivent
attendre de sa justice
,
& fit
remarquer en gencral
,
quelle eO:
la proreétion qu'il plaissà la Providence
de luy donner. Il entrad
ensuite dans le détail d'une partie
desJ"g^ndc5 chofcs que Sa Majesté
a faites pour la Justice, pour le
bien de sesSujets, & pour la grandeur
de l'Etat, & finit par les qualitez
merveilleuses de sa personne
qui le rendent aussi digne de l'admirationde
toute la terre, que les
glorieux évenemens de son Règne.
M. l'Avocat General fit apres
luy un tres-beau discours) aussi
en Latin. M: Gubernatis-r fécond
President du Sénat, ayant continué
de servir le Duc de Savoye à
Romeouil tist Envoyé de cePriri*
ce, le Roy a disposé de fàCharge
-en faveur de M. Tondmi,troiiîéme
Senateur,hommede qua- lité
,
de sçavoir & d'un mérité
djflingué. ***& ti !mn>vÈ
i
M.deViiîac,Officier degrau*
'*de réputation , Gouverneur de
Landau,étant mort, &cette PIa",
ce ("fiant fort considerablé,& d'une
-extrêmeimportance , leRoy;ena
donné le GouvernementaM. de
Melac.On nepeat'avoirplusdeva..
leur, ny plus d'intrépiditéquecet
Officier..;.& comme il ne paroist
point en Campagne, sans faire
trembler les Ennemis, sur lefqucls
il remporte toujours quelque avantage
, ily a de l'apparence y
qu'ayant pris l'habitudede le furr,.
ils n'incommcdcront pas les en^
virous de la Place.; 0i 1
les ton en compte deux,,-clwcuarde
quacre vingt; tonneaux , l'une
amenéepar M. de la Barbinaif^*
Troiiinqui comrriàndoit te Profond*
chargée de Sucre,dc de Tabac
pour Alicante6cpour Barcelone,
&: l'autre par M. Couimandant
le Dauphin, chargéede yinsde
Navarre. De troisPrifcs faites
par M. des SaudraisduFresne,
qui co-ainiiicloii-le.Vaiflègü", appellé
le Comte deRtv^x> il yen
avoit une de vingt-huit Canons,
de six Pierriers)de deux cens cinquante
tonneaux) & de soixante
& dix hommes d'équipage- Elle
estoit chargée d'huiles, de vins,
de paiTes, de plumets
, & de [el.
Lesautres Prises se fonttrouvées
chargées de morues, de sel
,
de
planches, de qeurre.) de cuirs, de
toiles, de graines à faire de l'huile,
Je charbon, de fucrc, de tabac)
de citrons» d'oranges", de vin
Id'Espagne,de figues, de fromages)
de harang ., de Saumon,de
fuis, de vins) de Canarie ,
de
plombvde bas.de laine, &c,
r Jepuisajouter à cetArticleune
aétion quimérité bien que vous
-claon(ictaacnhcieesz. J'en ay fçir les cirpar
une Lettre écrite
de Fescamp. Elle porte , que le
Capitaine Poulaiiupartant de ces
Coftesavec sa Barque, pour aller àladécouverte sur celles dAngleterre
, fit rencontre de deux
grandes Fregates Holbndoiiès,
qui luy. donnèrent la chaire, ainsi.
qu'à trois Bâtimens de Dieppe,
qui alloientau Havre. Ce Capitainealla
mouiller l'ancre fous le
Fort -, & les autres Bâtimensà Ba.
sisos. L'une des grandes Fregates
alla aussi moiiillcrà la portée itti
Canon duCafagnet. M. de San- ]
ion. Lieutenant de Roy,STCom-t
Mandant à Fescamp
, fît tirer si i
propos deux Volees de quatre
pieces à la fois
-boulets , quecinq ou six
donnèrent dans laFrégate,
dont elle eut son éperon enrporté,
Se son' cablecoupé. Le feu prit
-dans le Gaillard, ce qu'onrecon- Ilut dans lemoment parunegroflc
iumée qui sortit de l'avantdela
Fregate.Elle abandonnafon ancre,
êcfe retira suivie de l'autre. Airifi
lesBâtimens de Dieppe mirent à
la voile la nuit, & continuèrent
Jeurrouteen seureté; On afait
pescherl'ancre qui pese bien mille
livres. Le cablee(t de vingt-cinq
brades. Cette petite atlion, qui a
obligé les deux Frétâtes à Ce retirer
si promptement, doit appreadrc
aux Ennemis à quoy ils doivent
s'attendre, si leurs Vaisseaux
ofenr poursuivre lesnostres.
sa Baguette luy fit aussî-tçtfl con]
noiftre qu'ils n'efioient pas
fud
cette table lors qu'on les vola. On
en apporta une de moindre gran-,
-
deur, dont cette Princesse, qui
n'eiloitpas alors si grande, se fervoit
en ce temps-là. Il dit auffitofl
que c'efioit sur celle-là que.
L'j'on avoit volé les flambeaux, & j là Baguette luy fit découvrir chez i quel Orfèvre ils avoientefté ven- ¡i
dus. Je ne puis vous en dire davantage
, sinonque Mrle Curé
de Saint Sulpice en porta l'argent
le jour suivant,&. que Madernoifelle
de Condé le luy laissa pour le
dHlriBûer aux Pauvres. llaaufll
fait retrouverune assiete d'argent
chez Mr deGouryiUe
,
cachée
depuis très-longtemps dans du fumier.
Le
-
vmefnce hormmce a d(écoubas
furent choisis pour la danCe;
comme estant plus grands, & plus
à portée de ceux qui entroient &
sortoient à tous momens , &ceux
d'en haut pour le repas, comme
plus commodes & éloignez de la
multitude: Les Dames s'efiant
renduës dans Jla Salle du bas à
l'entree de la nuit, magnifiquement
parées, furent rangées sur
des échafauts couverts
de tapis
de Turquie. Le premier rang J"
élevé de plus d'un pied, lailToit
des places libres aux plus galans
Cavaliers, pour s'ageoir au deffous
d'elles. Mr le Marquis dç
Crejoaixcommença le Bal avec la
Marquise Lttdovico, & les Menuets
succederent à la Courante.Apres
plus de deux heures de danse,
une entrée de quelques Masques
surprit toute l'A flemblce.Cefut
un Spectacle qu'on n'auroit ofd
donner en France, mais il est permis
en Italie de se masquer fous
toutes fortes de figures. Une Squelette
qui representoit la mort parutla
premierei ensuite leDiable
tel que les Peintres le dépeignent
pour en donner de l'horreuri &
comme il n'y..a point en ce payslà
de Mascarade qui plaise si l'on
ny mesle des Arlequins, on ne
manqua point d'en mettre dans
celle-cy. La Mort. & le Diable
[tcuormesmencèrent une danse en pofridicules,
mais la pluspart
des Dames en paroissant effrayées,
quelques-unes plus foibless'ccrierêneque
c'estoit un Cattivoattgitrivy
Ainii l'on congédia ces Masques
lusubres, pour faire placeàd'au<
très plus agréables,ou il y avca?
du dessein. Ce fut Apollonau mu |
lieu des neuf Mufes. Pendant qm-l
laTroupe faisoit le tour de-la Sagt,
Fon- porta un Clavcflin dans le
centre, & d'autresInstrumens
avec des sîegesautour; Le Dieir-
& les Mufes estant assis, la danse
cellà, & un Concert d'une excellente
Musique
,
meslée de Voix
Se çT.Instrumens, divertit fDrtagréablementrAssemblée
)
par
: des Chansons faites à làlouange
du Roy. Après que la Mufique*
eut duré une heure, la danse re-J
commença, & pendantce tenips,
les apparteûJèns. joignant la Sal
du Bal,estoientoccupez parceusa
qui preferoient les plaisirs duJeu
a ceux du BaL Cependant
-, 1
Chocolat & le Café furent prg
«liguex avec abondance, tant aux
Daiifeurs qu'aux Joueurs ,
ainsi.
que des liqueurs glacées de toutes
tarres' Sur le minuit, le Bal fut
interrompu par un repas magnifique.
On mena les Dames priées
à l'appartement d'en haut
,
ou
l'on avoit préparé une table lonlgeuse;
c'estoient les plus belles &
plus jeunes. Elles y furent placées)
& ce fut pendant deux
heures un spectacle singulier, de
voir fixante fontangeshautélevees,
& artistement areiïl'es avec
des plumes
,
des aigrettes, des
fleurs naturelles, des Perles, &
de toutes fortes de Pierreries, se
mouvoir dans un alignement de
proportion ,f.-instO
y eti st r i ,sansqu'ilyeust rien
qui les troublaft
,
n'y ayant que
les Dames à table avec Mr de
Créaan* & quelques-uns des prin-1
cipaux Officiers à l'un des bouts. 1
J-e repas fut somptueux ; & pendant
qu'il se faisoit, deux cens
Officiers François, & autant de
Gentilshommes Italiens, mangeoienc
àd'autres tables, grandes
ou petites, suivant qu'ils se trou-j
verent de societé. Les plus galans
ièrvirent les Dames,& après cela
on retourna à la Salle du Bal,-
qu'on trouva éclairée tout de
nouveau, & où l'on dansa, jufques
au jour.
Le Sieur Brunet Libraire, Sale
neuve du IJâlaisauDauphin
,
debite
depuis quelques jours un Livre
des plus curieuxqu'on ait vûs
depuis long-temps. Il eH:*intitulé,
La Concordance des Prophéties de
NoflradamiiS-,avec CHifloire depuis
ffenry 11. jufqud Louisle Grand,
la vie & CÀpologic de cet ÂNteNr;
tnfemble quelques essais d'explicationssurplujieursdeses
autres Predirions,
tant sur le present que sur
l'avenir. CeTitre apprend les trois
parties de ce Livre qui font la
Concordance des Prophéties de
Nostradamus avec l'Histoire, la
Vie & l'Apologie de Nostradamus)
a: les ellais sur pluileurs
Prédidions qui ne font point contenues
dans la premiere partie.
L'Auteur de cet Ouvrage cil: M.
Quinaud, qui a esté Gouverneur
<I?s Pages de la Chambre du Roy.
Il a dédié 8c presenté ce Livre a.
S. M. qui l'a reçu* avec tout l'agrément
poffibJe. Il contient mille
choses curieuses & divertiilantes,
& l'explication des Prophéties
: par les Historiens y paroist si
vray-ièmblable
,
qu'il n'est pas i
permis de croire que Nostradamus
ait pensé autrement. Celle des
Prophéties qui ne font pas encore
accomplies fait un extrême plaisir
à lire. Enfin l'Auteur prétend
que Nostradamus estoit éclairé
de Dieu, & qu'il n'a pu faire ses
Prédirions que par inspiration
divine. Aussi jufiifie-t-il cet homme
merveilleux de beaucoup de
cbofes que (es ennemisavoient
l'injuilice deluy imputer. Peu de
personnes ont parléjuftedeNof
tradamus
, & cet Ouvrage détrompera
de toutes les fables qu'on
en debite parmy le Peuple.
Le mesme Sr Brunet. débite
aussi Les Agrémens &les chagrins
dtt Mariage. Je vous parlay il y à
qaaqur-,remps du premier Tome
quieftoitdédié aux Femmes. Le
fécond paroist depuis peu,&.
l'Auteur l'a dedié aux Maris.
Dans le premier te fQntles Hommes
qui parlent, Scquhattribuent
aux Femmes les causes des Agrémens
& des Chagrins duMariage
, Se dans le fécond
, ce font les
Femmes qui accusent les gommes
de tout ce qu'on y éprouve
de fâcheux. Les peintures y font
plaisantes & vives5 & le grand
succés qu'il à) est une preuve du
plaisir qu'on reçoit de
la
lecture.
Je vous ay dit que M. de Fer
préparoit deux Cartes nouvelles,
dont l'une eftoica Principauté dè
siémèns> Seigneurie de Verfeii, Duché
on JY41 d'Aoust» Marqmfat J'l-
Marqatfatde sllfl){;Ofblédi
Comte de Tarantaije, le CanàveA;
Comté de MQritnne, & deMonfer-1
rat5 & £autre
,
le Dauphiné
divis;
en H411t (} Bas ,
C subdivisê e. Viennois.
Valentinois.
j?4/. y Diois.
5 Tricaftinois. (
Et les Baronnies.
a Graisîvaudan.
7 Brianconnois.
H-iat, Ambrunois.
Gaperçois.
£Et Royanez."
Avecdivers Cols ou hff.gis,fU* 1
tit/NeZdans Ifl Alpespourentrerdans i
les Etats du Duc de Savoye
>
dans
1
Itfquels se trouvent les Valées des
Vaudoisou Bar/Jus. Ces deux Cartes
font presentement en vente,
&lepublicn'a pas feulement denestresatisfait
de l'exaâitude
l'on y a gardée, mais encore
de leur beauté. La graveure en
est admirable & d'une maniéré
nouvelle, ce qui convaincra d'abord
les Connoisseurs
, que M.
de Fer n'a pas épargné la dépente.
?
L'Enigme du mois paflfé a esté
employée sur YEpingle
,
qui en
estoit le vray mot, par Meilleurs
Bonnard del'Hoiteldu Quesnoy,
Place Royale; De Filourdy, de
i'Hostel de. ler veille-Matin, du Faux Bourgsaint
Antoinej Rousti &. Quentin) de
la rue de laVieille Moilhoye5
L'Arlequinj Le Hongrois&son
Amy, de la mesme rul)Z > la nouvelle
Société de BeaHregard de
Parisjle Berger ruiné, par la perte
d'un agneau ; Dorigniêcle
grand Bucephale, delà rue Quinquempoix
; l'A vocac Musicien j
l'Amoureux vangéj l'Amoureux
i tranquiliié de la mesme rue : le
Chevalier inviliblc) de la Bague
de Gigez :* & Boulanger)
de Roiien. L'Aimable. Brunet*
te, de la rué S. Hiacinthe ; la
toute Aimablemélancolique, de
Montreiiil
, & le plus tendre 'de
ses Amis.; la bonne Danseusè 6c
(es Compagnes; la prudente Giraulc
i l'Amie de la Jeune Mu[e)
la Charmante Azon & sa Compagne)
de la rue du Mailj FAdolescente,
la Gothique;laGisante; ]
les deux Genifratites de Paris:
la Brunette de Melun:la Bruncci
te du Diogene : la Brunette de la
Treille: l'Eblouinanic : la Blondine
du Marais: les Pieuses le
Noir:lacharmante Brûle: Diane
de la forest d'Alcleon : la Nimphe
Aimantée, & Mademoiselle
Lorin de Blois.
L'Auteur de l'Enigme nouvelle
que je vous envoyé, a eu ses raifons
pour souhaiter qu'elle parufl
ce mois-cy.
ENIGME.
LA Terre ayant produis mon Pere,
De mon Pere on forma ma Mere,
Pourservirà tons les Humains,
Tant aux lieux profillles) quaux
saintss
Mesme dans lesfierez, Misteres
Ils font tous deux tres-necefaircs ;
Maisaprès on les jette au fin?
Et là, consumez, peu à peu;
De leurfin je tire mon estre.
Devinez donc qui je puis estre ;
Si vous nave^pas ce pouvoir>
VIIjour vous le fera sçavoir>
Et ce jour marque chaque année>
Mon nomdequijefuis née.
Le choix des Airs nouveaux que
je vous envoye, est: toujours fait
par un fore habile Musicien. Ainú
vous devez cftre contente de celuy
que vous trouverez icygravé*
U dont voicy les paroles.
t AIR NOUVEAU.
] Çunc Iris, pourquoycraigne^
vous
.f<lIt le Berger qui povr vous a des
charmes , Refuse de rendre les Armes,
Et ne cede pAS à vos coups ?
Dé.'lIvre'{;IMY vostre mistere,
St-tostqutlfera dansces lieux Etjerépons t de vostre tffaire,
Avec vostrebouche& vosyeux*
Je ne mets point aujourd'hui
de nouvelles étrangères dans ma
Lettre, parce que vous les trouverez
dans rEtatpresentdes Affii",
res de l*Europe,qui la doit accompagner.
Vous y verrez leur ïicuaiion,
autant que l'on peut la decouvrir.
Il ne la faut regarder que
comme lit temps qui vole toujours,
& croire qu'elle (e pasle dans le
moment mcfme qu'on la tient,
V'estant pas possible que le nombre
iniioy de personnes intcreflfées
dans la guerre presente fuit
toujours dans la mefmc difpolition
d'esprit, foit ducoRede
leurvolontéqui change souvent
pariny les hommes
,
foit à çause
de l'inflabilité de la fortune dont
ils ne font pas les maistres. Il iVefè
question dans cet Ouvrage, ny de
raisonnemens Satiriques pour divertir
, ny de nouvelles à la manière
decellesqui se débitent dans
les Imprimez Publics. Ce n'effc
pas qu'iln'y ait du nouveau )
les
choses qui ne ibntpas feeuës,
cfteut toujours nouvelles pour
ceux quicommencent à les -apprendre
,&on en apprendra dans
ce Livre de l'interieur de plusieurs
Cours qui ne fonr encore
venuës à la connoissance que de
tres-peu de personnes. On y verra.
de quelle maniéré ces Cours' font
gouvernées, & les effets de ce
gouvernement. On y trouvera des
pieces originales touchant les Affaires
presentes,&quantitéd'extraits
de plusieurs autres. Enfin
on n'a encore rien vu depuis que
la guerre d'aujourd'huy est allumée,
qui ait donné tant de lumie-.
res des Affaires, & il n'y a prefque
personne à qui ce Livre ne
puisse apprendre quelque chose
qu'ilignore.
Je vous parleray le mois prochain
de M.l'Abbé Boileau ydonc
on mevient dapprendre la more]
Je fuis, Madame, .yolue)6ccr
TA»LE.
pRtlui<%
Madrigal. ,- 1
AcceptiondeMr d'Angerl' à Tours, 9
Tùjfèrtationp, les Tremblemens de
r terre. 21
DM- 8s
Tout ce qui s'etf passéau transport
du corps de feu Mr le Prince de
Mekelbourg)& àfis funcrdiUxs.$6
Epistre. 1^4
Imitation dune ode d',fforace-e. 140
Autre. 144.
Histoire. *46
Ëplftn de Madame des ffvulieres. 1 tSr
Mariage, d* Fers faitssur cefijti.
190
ÂEch-elrletGséoegrnapohiqmue.mez203 par
le Roy, 20Ç
Gouvernementdonnez,far le Roy. 211 ,M.ari4gts.- 211
Jbbayc de S. Quentin en fIjle ,dwnée
à M. ¡'¿tUe Bignon.* 2%6
NouvellesdtTripoly.£zp
Continuation du démêlé a III mode.
aî3
Reponseaux Lettres dn Vert de Milbranche.
a.62.
Morts. zto
Monsieur le Comte de Touloufc* tfi
rEecul Cîhpevalrieridetl'O.rdzred9u S6aint
Divertijfemensdu Carnaval>enfèmbleplufieurs
Articlesconcernantie
TrinceRoyalde Dannemark.• 2^7
Ouverture du Sénatde Nice, 303
Morts
,
Gouvtmemensdonne &
Regimensvendus. 306
Prises faitesparnos Armdteurs.,30'7 « DbietfisépfWVrrétl*B*gttrtfrde
Liop;faitesà Paris. 311
Gr,u¡lÚ.s Ftfîes & - Divertijftmens
donner a Ca^al. 313 Livres. lit
Cartes nouvelles. 32t
Articles des Enigmes. 323
VEflat present des Affaires de
l'Europe. 327
jttvis pour pldcer lis Figures.
la Medaille doit regarder là.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères