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1692, 06
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I..-fe1UR-.E
Jv1 N 1692.
A PARIS,
GALE(tIM-NLVrM UV PALAIS,
oN donnera toujours un Volun
nouveau du Mercure Galant«
premier jour de chaque Mois, & c
le vendra Trente fols rçlié en Veat
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais, dans la
Salle des Merciers,àlajuilice.
T. GIRARD,au-Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie
Et MICHEL BRUNET, Galerie-neuT«
du Palais, ao Dauphin.
M. DC. XCII.
AVEC PRIVILEGE DV ROT.
AV1S.
Q:ZJelques prières quonaitfaites
jufqa'à present de bien
ecrhcles noms d»e F-amill1e. employez,
dans les Mémoires qu'onenvoyepour
ce Mercure,on ne laiffi pasd'y manquer
toujours. Cela efi cause qu'iij a
de temps en temps quelques-uns de
ces Mémoires dont on ne se peutfervire
On reitere la mesme prière de
bien écrire ces noms, en fortequon
ne s'y puissè tromper. On ne prend
aucun argentpour les Mémoires
,
&
l'on employera tous les bons Ouvrages
à leur tour, pourveu qu'ils ne
desobligent personne
,
& qu'il ny
ait rien de licelJtieux. On prieseulement
ceux qui les envoyuit, &sur
tout ceux qui riécrivent que pool
faire employer leurs noms dans article
des Enigmes, c£affranchir leun
Lettres de port, s'ils veulentqu'on
faJ/è ce qu'ils demandent.C'elffort
peu de chose pour chaque particulier,
& le tout ensemble efl beaucoup pour
un Libraire.
Le fleur Brunet qui débité pre-
Jentement le Mercure , a rétably les
choses de maniéré qu'il efl toujours
imprimé au commencement de chaque
mois, il avertit qu'à l'égard des
Envois qui Jefont d la il Campagne , fera partir les paquets de ceux
lui le chargerontde lesenvoyer ava nt
que l'on commence à vendre icy le
Mercure. Comme cespaquets feront
plttJieursjours en chemin, Paru ne
lai/léra pas Savoir le Mercure longtemps
avant qùilfaitarrivé dans
les Villes éloignées, maïs aujji Us
Villes ne le recevront pas Ji tard
quelles faisoientauparavant.. Ceux
quisele font envoyerpar leurs Amis
sans en charger ledit Brunet, s'(xposent
à le recevoir toujoursforttard
par deuvraisons.Lapremiereparce
que ces Amis n'ont pas foin de le
venir prendre ji-tost qui'lefl%imprimé
, outre quil lefera toujours quelques
jours avant qu'on enftffi le
débit i & l'autre, que ne l'envoyant
qu'après qu'ils font leu, eux &
quelques autres àqui ils le prejlentIl
ils rejettent la faute du retardement
(ur le Libraire, en disant que lA
vente n'en a commence que fort
avant dans le mois. On evittra ce
retardement par la voye dudit Sieur
Brunet, puis quil se charge de ftire
lespaquetsluy-mesme & de les faiu
porter à la pojle ou aux MejJagers
sans nul intereJl., tant pour les Particuliers
que pour les Libraires de
Province
,
qui luy auront donné leur
Ildrcjfe. Ilf /u la mesme chose getitralementde
tous les Livres nouveaux
qu'on lui demandera,foit qu'il les
débite
, ou quilsappartiennentÀ
d'autres. Libraires ,sans en prendre
pour cela davantage que leprixfxk
par les Libraires qui les vendront* £)uandilsi rencontrera qu'on demandera
ces L ivres à Lafin du mois
9 il les joindra au Mercure, afin de
n'en faire qu'un mesme paquet.Tout
celafera executé avec une exactitude
dont on aura tout lit»d'tjfoe
content.
"/iERCVRE
CALP4%-,U,(Y
juin 16$I. l E commence cette
Lettreparun Difcours
qui a esté si
generalemenr applaudy.,que
je fuis persuadé qu'il vous
plaira, non feulement par la
jdignitéde sa matiere5 mais
cnccre par la force des vcritcz
qu'il renferme.AinfL quand
vous n'auriez pas pour leRoy
autant de zele que vous
en avez pour toutes les choses
qui peuvent contribuer
à sa gloire,ilferoicfore difficile
que cette leCture: ne
vous donnait pas beaucoup
de plaisir.
DISCOURS
Sur la Guctre presente. M
ESSIEVRS.
Deux des plus ordinaires &
des plus cruelles injuflices qui si
commettent dans la vie, font
d'attribuer ce qui n'arrive que
par un decret de la Providence,
(yue les Anciens appelloient un
Arrest du Destin ) uniquement à
ceux qui nn-'»eenn sJiont que les firn.
pla Exécuteurs Cm les Àdimflrest
& de rendre rrfponfables, non
feulement da évenemens, mais
encore des incident de ce qui furaient
occafivnnell, ment, st) des
flÛtes, ceux mesmes qui ont pris
les plus jitftesmesures pour les
sicch de leurs drfleznj, é' pour
empêihcrce qui n'efl arrivéenfin
que par une necrffité fatale, que
toute la prudence humaine ne
fouvoityry prévenir9ny éviter»
Les Trtnccs> dansquelque
élévation qu'ils soient, ne font
point à couvert de ces atteins
les, 0* quelque tendrrffi qu'ils
ayent pour leurs Sujets, is ne
trouventfowventdans leuresprit
que de la douleur, dans leur coeur
que de l'ingratitudr, & dans
leur bouche que du murmure, dés
qu'une» co0njonélure malheurruft,
telle quejllaguerre (rffet funefle
plut souvent d'unefatalitéinévi.
table, quede leur délibération )
lei necejjite d'exiger d'eux les Recours
qu'ils leur doivent, &
qu'ils ne demandent pour l'ordi-
"airrt que pour la defense ù le
propreinterest de ces ingrats.
Les Françoisseuls nefont point
capables d'un fentimentfiiniufle
&si condamnable. L'ur amour
pour leur rprÍnc"
> non seul'.ment
les tient dansune obeijjance rh'
une foumijjlonquifait leur plaisir
(gjr leur joye, mais il encbaijhe
leurs coeurs d'un lien tncore plus
fort çy plus étroit; (y quoy qu'ils
ayent quelquefoisapperceu de
loin les maux que la guerre caufe9
ilsl'ont toujours trouvéesijufle,
qu'ils nen ont pris que plus de
coeur&plusd'indignation contre
les Ennemis de l'Etat, qu'ils ont
regardezcomme lesfuis auteurs
de ce qui poitvoit alterer le rcpos
de
leur
vie.
C'efl la la situation dans laquelle
nous nous trouvons aujourd'huy.
Au lieu qu'on n$enm..
tend que murmure t;h('{ nos
Ennemis contre ceux qui les
gouvernent, on nentend qu'éloges
@J que benediflions dans la
France, pour celuy auquel le
Ciel nous a fournis pour nostre
bonhfur. Tout retentit des vaux
que t'on fait pour sa confirmation
, &l'en regarde lesalut de
tous comme attaché à sa feule
personne,
Quelles alarmes ne nous ont
pas donné les perils auxquels il
s'efl expoié pendant la guerre ,
@J lors que durant la paix la
maladie a ose s'en prendre à sa
Personne sacrée, navons- nous
pas plus tremblé>questelleavoit
Attaqué nos Peres &nos Enfans}
AiAÏS chajjons ces triflesidées
pour en prendre de plus agréa.
bles. Rappelle%
,
MeJJieurs, mais
que dis- je, rappeUeK? Ce temps,
cet heureux temps ne Sejfacera
jamais de nostre memoirt) auquel
la fanté de LOUIS LE
G R AND se trouva rétablir.
Quellejoye!quelplaijtr! quelle
agreablefenjibihtèlquelles aaïons
de graces à Dieu dans tout le
Royaume
, par tous les âges3 par
tous lessexesy par toutes les proférions
l Vous ¡-avez vu> vous
l'ave%senty; aujfinefumions•
nous vous l'exprimer.
Vous *voye% au
s 'Vous le
{enteZ
J comme dans l'eflat préfiinrtedrss
cafhfaaircesuchnascu'enms'empp~rtf7fi
à l'envy pour témoigner son '{l'le
& sa bonne volonté. Vous le
Jçave%, Messieurs
3 nom le fça-
,vezpar voftye propreexpertencey
quels foins les Afagijlratsse don.
nent pour remplir dignement les
fonélionsque Louis leur a commises,
Combien de fois avezvous
interrompu vojlre sommeil,
renoncé àvoc plaijirs, enegligé
mesme vos interejh pour rendre
la juflice,maintenir l'ordre,faire
Jleurir les Art.,, @J conserver la
tranquillitépublique?LaNoblesse
dejon coflc avec quel efnprejjement
demande.t-elledel'employ,
avec quellejoye l'accepte-Uelie,
avec quellevaleur CM quellefermeté
s'en acquitte- t-elle> dans
les occasions les plus dangereuses
& les plus fatigantes? Enfin
avec quelle attention pleine d'un
attachement cordial, & d'un
tendre interejl,lepeuple mesme>
maisleplu*grojjiery & jusques
à celuy que desoccupationsrufliques
ont prejquetiré hors du
monde) û confiné dans le (ejour
des bejies
>
prête-t-il l'oreille à
ce qui se dit de nos progrès &de
nos viéloires ? Avec quelle«grea.^
Me decilitétajchc-tild'ycontribuer
par toutce qui efl en son
pouvoir*Rjen de cela s'efl-ilja.
mais fait
, & quelque autre
Princeavant Louis auroit-ilpH
olen lfater ?
Qu'ejl- ce qui produit des
idifpo/itions si affiElueufs & si
extraordinaires£C*efl quenous
gommes convaincusque non feu.
bernent le Royn'a point recherché
la guerre>qu'ilneJe l'eflpas
wejme attirée
,
maisqu'il a fait
rJncore touteschoses pour l'éviter.
si a donne la paix; ses Enne.
wisau milieu de fesviétoires
iw qu'ilsefloientsans reffourceA
bien loin de rien exiger d'eux
pour leprix de ce quil leur latffoit,
dr qu'il efioit en son pouvoir
de leur arracher, il leur a
au contraire rendu ce qu'ilavoit
conquis, & qu'il avoit droit de.
retenir, nonfeulement à titre de
conqueste, qui.rft jufle parmy les.
frincu, mais par droit de fuccession
ou d'acquisition.Il afouf
fert que le plus illustre & leplus
pur fang -du RoyaumeJefoit exposépour
les interests de ceux qui
dans le mesmetemps se liguoient
conire luy. Pour leslaijjervaincre,
il a négligéfes avantages,
les conjonctures favorables dont
la politique "voulait qu'il profit
tasi, quoy qu'ilsuflparfaitement
inflruit qu'ils ne
Jerenaoientplus
puijjans & plus aguerris
t que
pour eflreen estat de l'attaquer.
Enfin si cequis'efioit pafié à
j4usbourg l'a obligédemettre une
barriere entre eux ew luy, que
ne leur a.t- il pas offert parfis
Jtfanifefle&
Ces fortes d'Ecrits qui ne
font ordinairement que pour jetter
de la poufftereaux yeux des
Peuples* (t) plajlrer de pretextes
sPecieux, fowvent contraires À la
vérité> une guerre qui va les
fairefoujfrir
>
n'ont estéJIDrfqut
Loüis les a publiez>que pour
guérir les Princes lig,ut:'{ d'une
jaloufte qui les deshonorey convaincre
toute l'Europe de leur
injustice, & leurfaire des offres,
qu'un aveuglement de coeur {0
d'espritpeut seulleuravoir fait
refuserJ puis qu'on leur offroitla
médiation de ceux mesmes *
quifont avec eux dans des interefis
communs, & qui paroiffint
indifJolubles.
S'eftonnera- t'on après celades
dispositions dans lesquelles se
trouvent le-s Sujets du Roy ?
Nejôntwi/spas perfuadeque
* La Republique de Venise.
Jiia Guerre a des fuitesfajchetifis
pour fies peuples* Lviïis ne la
fait que pour les dépendre; que
fia tendrejje pour eux luy fait
fientir -tout ce qui les affige) &
.(ju'au de/Jus il afies perils, fis
tfoinsy(èf fis fatigues ! Ne
fintent-ils pas la différence inst.
nie deleur eflati avec celuy dans
lequelfie trouvent les Sujets in-
.fortunek de ces Princes, ennemis
de leur repos, ede leur inttrejif
Ne voye-nt-ils pas avec autant
d'étonnement st) d'admiration
que de joye, que quoy que press
quetouteslesPuijfianccs de-l'Eu.
repe fioient lignées comte nous,
nonJeulementelles ,n'ont pû pen*
dant quatre années de guerre.,
& tant d'efforts inutiles, mettre
le pied dans nos limites) mais
que le Roy pour éloigner de Jes
Sujets lesmalheuis de la guerre,
l'a toujours portéeJur leurs terres3
dans leurspays, &jusque dans
leurspropresPalais ? Nenjoyent*
ils pas encore une fois que les
applications lesplus fortes de ce
Monarque* aujjitendre pour (èS
Sujets que formidable à sesEnnemis,
font de leur adoucir ce
dont il ne peut les délivrer !
Quelle dtfcipline na-t-il pas
établie parmy lesTroupes, aussi
jufle aussi severepour les
faire bien vivre avec fis Sujets
fendantl'hiver, que pour les
faire vaincre siJEnnernis pendant
l'Ejlé? Quel ordre na-t il
pas mis dans les EJlapes?A*t>on
aujourd'huyà l'arrivée desTroupes
les alarmes @J les embaras
quelles nous causoient il y a
vingt ans? L'égalité, C la juftice
dans les logemens, n'eft- elle
pas de son desir, 0? de ses
Ordonnances, &si elle ness pas
toujours observee
>
dà qu"i devons- nous nous en prenre qu'ànous*
mesmes, à nos complaiftnces, à
nosvangeanceS) ànospajjiomï
Le Laboureur Il.t-ilJamtÚstjf-i
plus tranquille
,
@J le 13ergtr
plus en seuretéf Enfin dans la
plusprofonde Paix9 avons nous
fait nos récoltés avec plus de reposy
e ne pourrions nous pas
les dppefter-heureufies7 s'il avoit
pieu au Roy du temps * des
piifons deles bénir>st) de les
rendre abondantes ?
<JMais brisons-là, puis qu'il
le faut, çy*plujl au Seigneur
qu'il riy eustpas tant de heu de
le,dire. Mous ne mentons guere
ces bénédi ctions divines. Ne nous
plaignons point d'autruy avec
injujlice, ce rielï que de nous
Jeuls
i
seuls que nous devons nous plaindre.
Laflerilitê
>
la guerre, tout
nos malheurs trouvent leur cauje
dans noflre propre fond, dans
noflre malice. Dieu dans l'Ecris
ture, n'a que menacé, & ne l'a
fait qu'une feule fois) de punir
ipar la guerre l'ojjinje d'un Sou-
>jverain;rencorelaijfa-t-ilàson
.,hoix dlaccepter l'effet de cette
1menace, ou de se eboifir un autre
geme d'expiation; mais il s'est
yprcfquetoujours njangé avec le
r.glaivc,Jes injures qu'il a recrues
\du Peuple. On en trouve à chaque
page des exemples tragiques.
r David.
Iratufque Dominus contrâ
Israël, cradiditeos in manus
diripientium
,
qui ccpcrunt
cos, & vendidcrunt, Cess ainsi
cjuilejîparlé dans le Lirure des
Juges. Et dans un autre endroit*
AddidcruntfiliiIsraël facerc
malum postmortemAoi,
& tradidit illos Dominus in
manus Jabin Rcgis Canaan.
Nous lirons ailleurs
>
Fecerunt
autem Israël malum in confpeau
Domini, qui tradiàit illos
in manus Madiam septem
annis. Enfin, puis que tous les
chaflimens dont Dieu punit, éJ4
niefmetuisque toutes lesmenaces
à
dont il voulut alarmer son peupIe)
pour le porter par la crainte
de Jacolère ( lors qu'il voyoit
que la reconnoissance quyildevoit
à sa bonté ne le penetroit pM
assiz) oe une exafle observation
de Jes faintes loix) font toutes
dufléau de la guerre: Obciflez
à mes Commandemcns) dit le
Seigneur dans le Leiitique , gafdez
& obfervcz mes Juge.
mens, sivous voulez habiter
sur la terre sans frayeur&(ans
crainte. Que si vous ne voulez
pas écouter lavoix de ma
; face) faire & oblerver ce que
i je vous ordonne, je vousfcray
tomber entre les mains de vos
Ennemis, dit-il encore ailleurs;
rù lors que Dieu s'est adoucy) &
a donné à la guerre un succes qui
en a faitoublier les malheursy
c'est à lajhflice, à la pieté, t) à
la Religion de ceux qui commandaient
quill'a accordé.Si donc la
guerre n'est le plus souvent que
le châtiment des fautes que les
Peuples commettent, sic'est nostre
conduite criminelle qui nous
l'attire»sielle n'est que l'execution
indubitable des ÎDetretsSouverains
de la Providtnce, qui
cherche par ce remedeviolant a
purger les humeurs peçcarHcS des
Etats
j
qui font des corps trop
souvent cacocbimes3 ou si elle
survient dans cescorps politiques,
de mefmequelamaladiedans le
corps humain> par la fatalité
d'une influence maligney ou la
necejfitc de lavicijjitude des chosesy
a quoy la Pltofortef-apie"
ire le plus exaél regime ne fesroient
refleer; si elle ne peut se
fAire, nyfefouteniejansSoldats,
sans armes9fans munitions if!les
Soldats,les armes
3
les munitions
ne peuventse recouvrer, ny jlentretenirsans
finances\files finances
ne peuvent se tirer pour la
pluspart que desSujets> auroienu
ilslieu de si plaindre (0 de
murmurer, <-:uar>d on leur en det
m.min'oïtcl^ns cetoccsjions exîï'.
it-'V. -'<st'Yfnvt !QrçP/'"P i'i ruerre V 1",.. J <i> ty nC't qia;ourles * 1/e Í (
'- j 1 ) /,.' r d
,- ,.. .t A .ri :¡ "F~ '1 ,'. ,:,.., n12jiucujte de de damnation> r:Y. ciVtt fAnf de
conquejlct & otte l'ir.tctejl de s.,r'd
Dciis'y trouve confondu avec
le leur }
Aîdis froit-il pojjlble qu'on
pufl soupçonnernostrezde de
prévention, ou de jlsterie ?
Non) Messieurs
>
cela n. sepeut,
puis que nos Ennemis les plus
paf!Onnez
,
nonjeulement conviennent,
mais publient euxmesmes
ce que nous venons de
dire) tant ilefl vray que la
véritéJe fait jour par tout.
fi¿::t'jl ce que ce Princedepuis
le berceau(s'il eflpermis
de f-arler ains) ennemy de la
personne, envieux de la grandeur
si) de l, vertu de LOUIS,
luy a imputé dans cette JfJemblée
s moins Jarneufè polit les affaires
qui sy traitoient,pour
le rang de ceux qui la compo-
Joienti que pour les bajflejfes qu'ils
y ont fûtes? Il a ditc que le Roy
travailloit a détruire leur 2{elie
Harangue du PrincedOrange à laHayeen16oi.
gion, c'efi a dire,aextirperl'Heresse;
que c'efloit un Prince auJfi
tlluflre par sa fogeffe que par sa
valeur, le fJ/wzrand qui ait regné
depuis les Ctfars) qui répandoit
danspsMmiflres un rfprit
superieur, vi£lorieux> invincible,
cm il a conclu qu'il menaçoit
l'Allemagne de ses chat'snes>&
cela, parce qu'il efloit luy seul
digne, non feulement dy commander,
mais encore de parvenir
à la Monarchie universelle.
Qifefl-ce qu'ont dit ces Mrmoires
imprimezàColone &
feme% avec tant defoin & dtttf
feSlationfousletitre faflueux de
Nouveaux interests des Princes
de l'Europe, sinonques'il
est vray qu'ily ait eu un temps>
auquel on a pû diregeneralcmttJt
de tous les Souverains
»
quils
tiennentsur la terre la place que
Dieu occupe dans le Ciel, ce
temps a passé ; que l'on ne peut
aujourdhuy faireaucune comparaison
de ces Pwffancesau Dieu
'Vivan!-; qu'elle ne peut cflre jufle
qu'en les comparant aux Dieux
de lAntiquité*parmy lefquelsil
y avoit un Jupiter pardessus les
autres Ç0 que ce Jupiter tfi le
Roy de france ; que ce Roy peut
servir demodeUe a toutesles tefies
couronnées>sansqu'ilfioit besoin
de recourir à ces Héros que lHistoire
nous vantetant? que c'ef1
unRoy fameuxpar quantité de
vittou\s,&parJaproprevertu*
ailfil hîbile dan5 la paix que dans
la guerre,Qui ne Jecontente pas
deJe faire voir a la ttfle deses
j4rmées, mais qui marche avec
elles dam le combat ; un Roy
enfin (lui ejlaujoutd'buy la terreur
des un) (y ?admiration des
autres5 envié d'un grand nombre
3
mais eflimégeneralement de
tous, tant il efl vray qu'on ne
jçauroitrefajerce qui esi dû à la
yertu> mais que[agrandeur04
[on hJbiletédoiventefîrejujpe»
fies à tous les Souverains qui entendent
leurs interejh ?
Voilà ce que les Ennemis de
nojîre Monarque luy imputento
VVoi'lfà' 1 1 h ce quZlS luy rep roch ent s ''Voilà ce dont ils se plaignent,
>voilà ce que publient ceux qui
mous font»la vueirt, voilà leur Jangagejleurs discours
,
leurs
propres termes. Ce font là les fugj]
fts de la haine,ce joritlà les
motifs de la guerre quia remué
ilant de machznrs, (!J mis l'Eu.-
rope dans le pitoyable tftat où
mous la voyons. On ne se plaint
st) on ne trouve a redireah Princeque
Ion attaque>quen et
quil efl trop fage, trop habilej
trop vertueux trop vaillant
x tropheureux, trop illujlre. On
veut qu'il ait tort de meriter une
plusriche Couronne que cellequil
porte ; onJeligue contre luy ; on
arme; on
luy fait la guerre,feu*
lement parce que cefl un Héros3
& que ceux qui l'attaquent ne
le font pas.
Fineons, frfejjieurs> en voili
trop pour des Auditeurs aujjt per.
fuadr:{ que vous l'estes, de ce
que nous venons de remontrer,
Mais permette% nous auparam
yant d'ajouter deux choses que
J'Historien de l'ancienne Rome a
ditessurson ton ordinaire
,
c'est
* dire fort gravement
3
touchant
Ve sujet que nous traitons. La
premiere regarde principalement
teluy qui commande,&elle comtat
tout ce que nos Enntmis
oourroient dire,quand mesme ils
-:hangeroient de langage) en faisant
voir que la guerre donne
- r - ueceffairement lieu àcertainsdif
tours) qui dans tous les fiee/es ont
rjie Ils mesmes dans de pareilles
çonjonélureç. Iniquiflîma belforum
conditio hxc cil) dit
cet Hiflorien.Proipcra omnes
Iîbi vindicant, adversa uni
impurantur.Lafécondéejlpoliï
les Sujets
y
aujjt« bien qut pour
les Princes. Elle doit fortifier les
Peuples dans leurs ejperances> les
confirmer dans leurs bonnes intentions,
f0 lesporter à concourir encore
plus puissamment par tout ce
qui dépend d'eux pour la défenft
commun\ Lesfages) dit cet Au..
teuryfont laguerrepour avoirU
Taix, & adoucirent leurstravaux
par ïejperancequ'ils njon\
s'affurer par (Ux un repos p!eii{
d'honneur (lf de gloire>qu'on
n'osera plus troubler. Sapicnrc;
paciscau sabellum gciunr, &i
laborcm fpc oui fuituuanc:
lu in pace sinc injuria vivant.1
N H.,eras
> C'ejl à quoy noflse Héros c 'Efl r cft
A lJuey nos Armées travaillent si
-
giorieufement.
Ce Discours a esté prononcé
dans une eelebre occasion,
par Mr Palmas« Avocat du
Roy au Presidial, & Scncchal
de
-
Roiiaguc.
Madcmoifclle de Sully,
dont le nom marque la haute
naissance, s'est faueReligieuse
depuis peu de temps> dans
le Monastere des Filles de
Sainte- Marie de Saint D-Ttis.
Elle s'y rendit(eule le Carê-
: me dernier, sansavoir pailé
de ion dessein à personne, &¿
quand on luyen demanda la
raison, elle n'en donna point
dautre,sînon que sefentanc
trop d'attachement pour le
mondeJ ellevouloit s'enpriver.
Sa vocation a continué,
& rien n'ayant esté capable
de l'ébranler. elle a pris l'habit
en prcfcnce de tout ce
qu'il y a de personnes de diC.
tinétion à Paris. Ce sucMr
rArchevefquc de Toulouse
qui fit la ceremonie.LePere
Bourdalouë, JcCuite) prêcha,
&charma Ces AuditeursàTon
ordinaire. Il y eut une cola^
cionmagnifique, fervic dedans
& dehors le Convcnt, &
tout Ce passa avecl'éclat qui
convenoit aunepersonne telle
qucMademoifclle de Sully.
Elleadel'efpnt, de la beauté,
& du mcrite) & il n'a tenu
quàelledechoifirentre plussieurs
grands Partis; mais la
'9,Gracc a prévalu, & elle a
: quitté sans aucun regret des
biens passagers pour s'apurer
un bien éternel. Elle cflFille
>deMaximilicn Pierre-François
de Bcthune,DucdeSully
,
Pair de France
,
Chevalier
ides Ordres du Roy , & de
Marie - Antoinette Scrvknr3
Fille d'Abcl, Marquis de
Sablé. Surintendant des Finances
i & Petite-fille de
Maximilien- François de Bcthnne,
Duc dè. Su Pair
de France, -Prince d'Enrichemont,
mort en 1661& de
Charlote Srgulcr) Fille de,
Pierre, Duc de Villemor, Pair-
& Chancelier de France
>
laquelle
prit une fécondé alliance
en 1668. avec Henry
Legitimé de France, Duc de
Vcrncûil, Fils du RoyHenry
IV. Ce sur de la main de
'Madame la Duchcffcde Verjncuil
,
Mcrc de Mr le Duc de
Sully, qu'elle reccut leVoile.
Il y a trois ou quatre ans que
Loiiife-Elisabeth de Bcthune,
sa '- soeurAi nér-) prit 1' l-–-bit sasoeur Ainée, prit l'habic
dans le mefmc Monastere.
La Maison de Bethune
5
qui
a pris ton nom de la Ville
deBethune dans l'Arrois) defccnd
deRobert 1. dit Faiflciis,
Sr de Bcthunc & de Richebourg/
Advoiié d'Arras, qui
vivoit enIOOI. & dont cil
^venu François de Bethune,
Baron de Rosny
, qui mourut
en ij75 laissantMxmihen
deBethuneI. de ce nom, Duc
de Sully, Pair & Maréchal
de France
,
Prince souverain
d'Enrichcmont
)
Marquis de
Rosny
s
qui a le plus contribue
à Taggrandiflcmcnt de
sa Maison, & Philippes de Bcthune,
Comte de Selles, qui
a fait la Branche de Charros.
Le 4. de ce mois, Marie de
Bourbcn, Princesse de Carignan,
mouruticy en sa quatre-
vingt- septiéme année.
Ellecftoit Fille de Charles de
Bourbon JComrc deSoiflbns
&de Dreux, Pair & Grand-
Maistre de France,Chevalier
des Ordres du Roy
,
Couveriicur
de Dauphiné & de Normandie,
& Fils puisné de
LoiiisdeBourbon I.dunom,
Prince de Condé, & de Françoife
d'Orlcins) sa fécondé
Femme. Charles de Bourbon)
Comte de Soiflbns
,
épousa
en 1601. Anne ,Coimefle de
Montafié,dontil eut Louis,
Comte de Soissons, tué à la
Bataille deMarfé,pr'és de Sedan
en 1641 Loiiile de Bour- )bon, mariée en 1617. à Henry
d'Orléans, Duc de Longueville."
dontest venuë Ma-
1 dame la Ducheflc dcNcmours,
>& Marie de Bourbon qui
vient de mourir. hlic avoir
épousé Thomas-François de
Savoye, Prince de Cangnan,
cinquièmeFils de Charlcs-
Emanuël I. dunom,Duc de
Savoye ,& de Catherine-Mi.
chelle d'Auftriche;& de ce
mariage font venus EmanucIPhilibert
Amedée de Savoye,'
Prince de Carignan* Cheyalier
de l'Ordre de l' A nnan-4
ciade,- né en 161.8. Joseph-j E-manueë 1 Jan d C' Sa v 0V c ne lJandeSavoye, ri
en j631 & morren 1656. EU-I
gene -
Maurice
)
Comte de
So (Ions. ColonelGeneraldes
Suilles"&Gufons de Fiance,.
qui en 16$7. époulaOlimps
deMancini,Niece du Cardinal
Mazarin, & mourut en
1(>73.laiflarit trois Fils, donc
l'Aine cft Thomas Loiiis de
Savoye, presentement Comte
1 deSoitrons.Les autres Enfans
de Madame laPrinccfle de
; Cangnan, ont esté Amedée*
Ferdinand
>
Charlotte Chre-
:Itienne, morts jeunes, .&
Loiiife Chrestienne,mariée à
^Ferdinand Maximihen, Prince
Je Bade) dont est venu un
f-:Fils;Lcuis-GjilIaumede Bade.
r
Madame la PrmcdTcde Bade
ictt morteauflidepuispeude :temps.
On aeu nouvelles de Mons
que Mr de Jonvellc y estoie
mort en trois jours de maladie.
Il estoit Capitaine-Lieutenant
de la Compagnie des
Mousquetaires noirs
,
dont
vous sçavez que le Roy est
Capitaine,& sestoit trouvé
en pluficurs occasions importanccs,
& entre autres à la
Bataille de Catfcl ,où il fit
merveillesà la cette des Mousquetaires,
qui fc signalerent.
Il y a vingt-cinq ans ou
environ que Sa Majeftc fie
choix des plus braves Officiersde
Ces Armées
J pour
les;
fIes faire Licutcnans, EnCei-
Igdneess, &Exempts de ses Gardu
Corps. Elle recompentfa
les Capitaines des Gardes
Iqui vendoient ces Charges
Hors qu'elles estoient vacanrtes,
& Elle lesa toujours données
depuis ce temps-là. Cel-
Des. des Gardes mesmes se
rvendoient, & à mesure qu'ils
Ifont morts, ou qu'ils on: quitté,
le Roy les a données, &:
elles ne fc font plus vendues.
(Ces Postes ont esté remplis
fies plus Braves Cavaliers, êc
jmefme de Lieuccnans: & de
(Cornettes de Cavalerie. On
ne doit pas s'étonner après
cela de la bonté de ce Corps,
& on peut dire que la libéralité
de Sa Majcfté cft admirableen
ce choix pour avoir
de bonnes Troupes. Dans le
rnefme tem ps quElle rendit
les quatre Compagnies de Tes
Gardes du Corps si bonnet
Mr de Jonvelle qui s'eftoic
acquis beaucoup de réputation
dans les Troupes) & sur
tout dans le Rcgiment de
Conry., fut appelle à la Cour
pour eftrc fait Officier des
Mourqueraircsy & il a
toujours
monté à mcfurc que lesl
Ffficicrs qui le precedoient
ifitntmorts. MleMarquisde
s - "Vingts de ccmefmcCorps,
rvientdemonter à sa place. Il
rft Beaufrere de Mr de Pom<
tone>&Officier General
: , a servy en cette qualité en
beaucoup d'occasions où les
Mousquetaires nestoient pas.
'1 s'estextrêmementdistingué
lans les Campagnes d'Italie.
Pfir deRignvi'lle qui cO: de.
puis long-temps dans Ic Corps,
'H: monté -à la place de Mr
le Vince. Il est br.¡ve > fage,
k, forratraché à son devoir.
le font des qualitez dignes
de iestime que Ion a pour
luy. i
L'Ambassadeur de Persea
fait fan Entrée à Conilanti..
nople, & a esté admis àl'Audience
du Grand Seigneur. Il
y fut conduit avec beaucoup
d'honneur &de grandes marques
de diftin&ion. L'cfcortc
desTurcs se trouva nombreuse.
La plus grande partie êcoit
vcftuë de neuf.I/Ambafladeurcfioit
précédé par celuy
que la Porte avoit-envoyé en
Perse pour. y donner part' de
l'élevarion de Sultan Solimanl
au Trône. La ceremonie comtiîençaparlesTunfs.
Quelques
Persans à cheval)DomeC..
tiques ec l' Ambassadeursvenoient
enfuicc. Ils estoient à
la tête de soixante Chameaux,
dont les quarante-cinq premiersestoient
très beaux, ritchement
enharnachcz
,
&:
[couverts de Tapis de Pcife
t.fort propres, les quinze autres
in'âvoient que des harnois ez
:des couvertures communes.
Les Chameaux estoient suivis
d'un Elefant, & de cinq au.
tres Persansaussi àcheval
chacun , avec un cheval de fain. Après eux vcngjc l'Ambaiïadeuû
Turc, quimarchoic
immédiatement devant l'Ambaffadeur
de Pei se. Ce dernier
elloit tout à faitgalamment
& -maoniifquemcnc venu,
aussi bien que tous ceux de sa
Maison, qui fermoient la
Cavalcade. L'habit Turc cft
plus grave, & a beaucoup plus
de Majtfté que ccluy des Persans,
maisaufli il luy cede en
cc que ce dernier cft infini.
ment plus brillant, plus ca.
valier & plus agréable. Longtemps
avant cette marche, on
avoit vcu passer trois Chameaux
cliargcz de grandes
IQuailles qui portoient les presensau
Serrait Ces presens
confiftoienc en plusieurs Tapis
de Pcrfe des plus riches,
des Turbans rare* & faits aux
Indesiquantité de cotmrturcs,
des
eeufTins biodcz
d'argent,d'or, & deperles
avec la dernier* magnificence;
tmai¡ ce qu'il y avoit de pius
tprecieu* &deplusconfidctlablc
1 ceftoiï un Bouclier,&
am Sabre garnis de diamant
J.avçç trois bsëres,dont Tune,
longue d'un pied surun dc-
1my pied de large, estoit pleine
de muf, & d'ambre. L'autre
de mesme grandeur cnfermoit
de grosses periesa &
la troiiiérne, moindre environ
de la moitié, cftoit rempliede
Pierreries. Toutes ces
choses furent données à Sa
Hautclfe, avec les soixante
Chameaux
,
les cinq Chevaux
& l'Elcphanr. L'Ambaf.
fadeur Turc qui précédait le
Persan, cft un Capigi-Baçhi
du Pacha de Bagdet, qui fut
fubflituéparson Maiftreàun
autre Capigi-Bachi que Sultan
Soliman avoit envoyé a.
Ispahan
, & qui mourut à
Bagdet, Celuy- cy a cfté saic
Capigi-BachiduGrand Seigneur.
Jtay à vous entretenir d'une
chose fort curieufc qui a cfté
découverte à Chartres depuis
quelques mois. Dans la démolition
qu'on y a faire de la
pointe du Clocherneuf de
Nostre-Dame, on a trouvé
une croûte ferrugineuse de
Tcpaiflcur de trois lignes) qui
s'estoit formée autour d'une
grosse barre de fer5 & entre
des pierres de Saint Leu, &
quiest tellement impreignée
de la vertu Magnetique, qu..
elle attire le fer
> aimante les
BouÍfoles
e
& produit tops;
les mesmes effets que produit
ordinairement le meilleur Ai. t
manc tiré des minières de la
terre/LesCurieux & les Sçavans,
nonfeulement font recherche
de ce nouvclAimanf,
iftâif mefrne ils Appliquentà
découvrir ce qui a pû contri*
buer à la production de cct
admirable Phcnomenc. M",
de l'Academie Royale des
Sciences ont donné au Public
leurs conjct\:urcs sur ce
nou-l
veau miracle de la naturejï
mais Mr de Vallemonr, Do-j
41cur en ilicolo0ic reur fcmblc~, -ferablc;
j
avoir épuise cette matière,
dans un Traité qu'il a composé
exprés surce sujet, &
qui a pour titre: Description
de l'Aimant qui /fjl formé a la
pointe duClocherneufde Nostre.
Dame de Chartres> avec plufturi
cxperiences ires-curietifss
sur iAimant> & sur d'autres
rnatieres de 7byflque, On ne
peut guere expliquerune matièredcPhilofophie
avec plus
d'agrément5c denetteté
J que
MrdcVailcmont a faitcelle de
l'Aimant. Quoyqu'il semble
queTondessein foit feulement
de parler deceluy que l'on
a trouve à Chartres
)
son Ouvragecontienteffenticllcment
tout ce qu'on peut souhaiter
de plus important & de plus'
curieux Cur l'Aimant en generai.
Tout ce qu'il y avance
est démontré par des cxpexicnces
trèsdivCfrilfantcs.Cet
Ouvrage que les Sçavans ont
receu avec plaisir
,
cft écrie
d'une manière qui rend trcsintelligibles
tous les miftercs
de la Philosophie Magnetique,
aux personnes mesme,
qui n'ont jamais eu aucune
teinture de la Philosophie
qu'on apprend dans les CoU
Icgcs, & il paroist par l'avertiflcment
qui cft à la teite de
l'Ouvrage
, que l'Auteur a
voulu insinuer, que pour l'étude
de cette belle Physique,
il suffit d'avoir un peu de bon
liens. Il n'y a point de doute
que le bon sens suffiroit pour
toute la Philosophie; si des
Ipcrfonnes incapables d'entrer
idans l'étude de la nature
finême, n'avoient fubllitué à
tfa place le vain amusement
tde mille questionsinutiles,
iridiculesSe extravagantes, qui
font aujourd'huy tout le fond
Itdicclleeuurrffcciiccnnccec?) & le nmléépprriiss
des honnestes gens. Enfiny
l'Ai.mant de Chartres a paru
une chose si rare & si précicufc,
qu'on l'a mefmc produit
à la Cour, & le Mécrcdy de la
Semàine-fainte, l'on en presènsa
au Roy un morceauarmé
ires- proprement, qui levoic
une livre pefanr
, quoy qu'il
fust aflfezpetit. Je ne vous en
parlera y pas davantage, ai- mant mibeux vous renvoycr à, j
tout ce que contient de curieux
la Dcfcri ption qu'en a
faire M1 de Vallemonr. Elle
fcvend chez Michel Brunet
au Dauphin
,
Galerie-neuve,
du Palais.
-- -~A -. - '-",")
J Comme je sçay que vous
avez une devotion particulière
à S. Joseph
,
je ne puis
differerà vous avertir que l'on
debite un Livre .vous nouveau que Il lirez avec grand plaiiir..
a pour titre, Ottave de S.
tfofeph9contenant ses vertus &
[fes privilèges.L'Auteurfcmblc
lavoirafk&é de raportcr tout
ice que les Ecrivainsanciens
<8c modernes ont dit à la
gloire de ce Saint, & il n'y a pasmal reiïOy. L'ordre qu'il a gardé paroist fort jutle.Ayant
jÉtably dans les deux premiers
discours la vérité & les
avantages de l'alliance de S.
Joseph avec la très -
Sainte
- Vierge>il parle dans les deux
suivans de sa qualité de Pere
de J Es us,& de la gloire qu'il
en a reccue. Ensuite il découvre
les vertus deceSaint, &
dans deux discours il en dit
des choses aflcz particulières
& bien méditées. Dans le
septiéme discours il a traité
de la gloire qu'il a dans le
Ciel, & (ans outrcr la manere,
il é l evéS. Joseph bien
haut. Il finit parun discours
pieux &Íàlide,où il faitvoir,
que nous devons prendre cc
I
Saint pour noftrc Protecteur,
& que le desir du Sauveur &
de sa Sainte Mere, l'exemple
de toute l'Eglise & nos- pro«
près interestsspirituels nous
y cogagent. Les Sçavans
doivent rechercher ce Livte,
[parce qu'il y a beaucoup de
dotèrine, & qu'elle y est
clairement exprimée. Le fiile
En cil:naturel, & l'élocution
ftflcz jufie. Il fc trouve àLyon
:hcz le sieur Antoine Bouder,
à Paris
,
i chez les Sieurs (tienneMichalet5& André
fralart.
t Les reflexions, quand on les
fait ferieufcmcnt> ont prefquc
toujours de grandes utilircz.
Une jeune Demoifclle ayanc
tous lesagrémens que peut
donner la beauté) accompagnée
du je ne sçay quoy qui
la rend piquante, joignoità
ces avantages un espritflateur
& insinuant qui luy faifoic
faire beaucoup deconqucftes.
Elle avoit perdu son Pere &
sa Mere dans Ces plus tendres
années, & vivoit chez une
Tante demeurée Veuve sans
aucuns Enfans,qui ayant toujours
aimé le monde:, eftoic
ravie qu'une jolie Niece luy
attira it une groile Cour. La
Belle tiroit tous les ans de
£)nTuteur une sommeaficz
considerable, qu'elle cmployoit
en a juftemens de mode,
& la Tante qui laregardoit
comme saFille. contribuoitde
sa part à luy fournir
toute laparure qui touche si
tort les jeunes personnes.
,,Alnficllc changeoit fort foulent
d'habitsJ & comme clJc
;avait les traits délicats & le
iteint fort vif, il n'yen avoit
'.aucun qui ne luy donnai
iquelque éclat nouveau. C'ctftoient
par làtous les jours de
nouveaux su jets de l'admirer
pour tous Ces AmansChacun
irouvoit à luy dire des douceurs
fclon son genie, & tout
ce qu'on luy disoit estoit
écouté avec un plaisir qui
marquoir assez que poureltrc
bien dans son cfprit, il ne
falloic que luy donner de l'encens.
L'avidité qu'elle avoit
d'en recevoirt luy faisoit ouvrir
l'oreille à tous ceux quii
luy en vouloient conter,
Pourveu qu'elle entendist dire:
qu'elle étoit aimable,ilimporl
,toit peu par quellebouchcl
Elle aimoit la chose, & non
ceux qui la difoitnt, & le
triomphe qu'ellecroyoït remporter
en fc faisant à toute
heure de nouveaux Adorateurs,
la rendit en peu de
temps une Coquette achevée.
Ce caïa&erc, si desa greablc
pourdesgens piquez d'amour
embarafloitceux qui l'aimant
de bonne foy eussent bien
voulu faire avec elle une liaison
de coeur. Sa complaifan-
-
cea. leur tenircompte de leurs
moindics foins,ne leur répondoit
derienj qui ne leur
parust commun avec leurs
f Rivaux, & tout ce qu'clle
jailoit de plus obligeant pour
entretenir leur passion
» ne
l'empeschoit pas d'en faire
autant pour les atitrcs, mais ils
avoient beau s'enappcrcevoir.
Dans quelque dcgouft que
cette égalité de faveurs les
puft jetter, sa beauté cfioit
.toujours un grand charme
pour les yeux, & elle avoit
d'ailleurs tant d'enjouemenc
dans refprit,&laconvention
si agréable, que quand
on l'avoir vcuë une fois, il
cftoit presque impossible de
ne pas chercher à la voir toujours.
Malgrélepeu.de foliduequi
se trouvoit dans les
,marques apparentes qu'clle
donnoir de répondre aux fentimens
qu'on prenoit pour
-elle
, que lques-uns ne lafferentpas
de s'abandonner aflez*
l'emportement de. leur a-
,mour,pour en venir à des pro-
Jpofitionsde mariage. La Belle
les reccvoit d'une manière
bonnette & reconnoiflantcf
mais comme aucun d'eux ne
Buy paroiiToic avoir le bien
iqu'elle eust fou haitté pour
soustenir la dépense où son
pCaonqcuheatntetsla portoit, & que les.
n'ont pretqucja-' t
mais le cceur touché pour
pcrfonnc, elle demandoit du
temps pour examiner si la
qualité de Fille qu'on luy vouloit
faire perdre n'cftoit point
,
à préférer à tout ce qu'avoit;
de plus flateur un engage-i
.ment qu'on ne sçauroit rom-j
pre; Dumoinsellevouloit
joüir encore quelque temps
de la douceur d'cftre maiftresse
de ses volontez
, & cette
exeufe qui n'eftoic point
un refus,luy confcrvoic ses. - conquestes
,
sans que Tefpc^
rance qu'elle vouloit bien
laifler la mifl dans aucune
obligation
[obligation envers ceux qu'elle
amufoit. Cependant les plaifirs
suivoient la Belle» & on
Ja voyoit par tout. C'cftoic
laujourd'huy la Comcd'e,de'
tmain l'Opéra,&il n'y avoic
iaucun lieu de promenade un
peu
frcqucncéjjùcite n'allait
étaler ses charmes. Ce fut dans
un de ces lieux qu'un Cavalier
fort bien fait qui cherchoità
laconnoistre, prit l'occasion
de luy parler. Il la loiia sur
:ct air brillant qui la diftinmoit
des autres, & quoy qu'il
pc luy dift que des choses si,
aes5 dont toute autre qu'elle
cust elle embaraflee, celilce rré'-
pondit à tout d'une maniéré
sivivey qu'il crut ne pouvoir
mieux employer certains momens
inutiles qu'on a quelquefois
à perdre, qu'auprès
d'une si belle personne.Ilalla
chez -elle peu de jours après,
& il luy trouva tout l'agrément
qui l'avoit frappé la
premierc fois. Il fut mcfmc
redoublépar l'envie qu'elle
eut de luy plaire affcz pour
l'obliger à grossîr sa Cour. Il
yavoit pour elle de la gloire
à acquerir à faire cette conqueste,
C'cftoit un homme
s
recherche de tout le monde,
& qui soutenoit mille belles
qualitez qu'il avoit receuës de
la nature, par les avanrages
du bien& de lanaissance. Il
avoit le goust fin en toutes
chofcs, beaucoup de dclicatefle
dans fc5 sentimens, &,
on ne POuvolt. avoir part à
son estime sans qu'on fust en
droit de se flater qu'on n'efioit
pas sans rncrite. La Belle
qui se fit un point d'honneur
de raflujetnr, y employa tous
ses foins. Elle avoit pour luy
des complaisances si particulitres,
qu'il ne put douter
qu'elle ne voulust luy parois
stre aimable préferablement à
tous ses Amans; & comme à.
la coqueterie prés, fait qu'iL
regardait l'esprit, foit qu'il
s'attachafi à la beauté
t
il
voyoïccnelle tour ce qui peut
engager un honneste homme,
il luy parut qu'il ne feroic
point indigné de luy de travailleràfixer
un coeur, qui
avoit esté jurquc-là si vagabond.
Ilentteprit d'en venir à
boutemploya pour cela des ;
manières douce'.ç,qui en peu de >
tem ps luy firent faire de fort
grands progrès; mais en luy j
voulant donner de l'amour,
infcnfiblementilen prit pour
clic, & il ne pue luy entendre
dire qu'il estoitaiméi
véritablement, uns laflurer
.à son tour que jamais perfonne
n'avoit fait sur luy une
impression si forte. Cela gara
tour. La Belle ne sur pas plûtostafleurée
desontriomphe,
qu'elle songea à se conserver
ses autres Amans.Elle en avoir
perdu quelques-uns que la jaloufic
dela préférence qu'elle
paroifToit donner auCavalier
.avoit éloignez
,
& pour ne plusfaire dcfemblablespertes,
clic commença a se montrer
plu-s- égale) & à reprendre
ses airs de faveur pour
ceux que sanouvelleconquête
II,luy avoir fait unpeu négliger,
-
Le Cavalier que ce changement
surprit, tâcha d'y metrre
ordre en s'en plaignant, &
en luyfaisantconnoiftrc le
tort qu'elle avoitd'en user de
cette forte, lors qu'elle sçar
•voitquillaimoitalTcz pour
faire tout son bonheur de ne
vivre que pour elle. Elle s'offenfoit
de cette forte de plainte,
& luy disoit qu'ayant tout
fuiet decroire, aptes lcsaiïurances
d'amour qu'elle luy
avoit données, quilcftoit le
fcul qui eust place dans son
coeur-, ilne devoir point luy
envier le plaisir qu'elle troucvfotioeità
fc faire dire qu'elle
aimable; outre qu'il
pouvoit fc faire honneur des
foins assidus de fcs Amans,
puis que c'estoitapprouver
son choix que de s'empresser
à luy rendre hommage. Le
Cavalier que cette conduite ne
contentoit pas) luy rcpondoit
qu'il setiendroit dans la foule,
éc qu'il joüiroit comme les
autres du privilege de voir
fouvcnc une fort jolie personne3
pleine d'esprit, &qui
ne pouvoit sadurer qu'elle
fun: belle, à moins qu'ellene
l'appriftà cous momens par
toutes rorres de bouches. Ces
reproc hes qui fefaifoient d'un
air fericux donnèrent fouvcnc
occnfïon à de petites querelles,
qui se terminoient pourtant
toujours d'une manière agreable,
parce qu'ils s'aimoient vcritablement
l'un l'autre. La
Belle pretendoit toujours que
le Cavalier se plaignift à tort,
puis qu'elle estoit preste à
l'époufer, après avoir amusé
tous ceux quiluy avoient propolé
le mariage, sans vouloir
y confcnrir pour aucun, & le
Cavalier luy répondoit fort
Íincercmcnc, que ne songeant
à s'engager avec elle que pour
estre heureux
,
il semois bien
,qu'il ne le feroit jamais a-
,vec une Femme qui fouffci-
Droit qu'on luy en contaft, & )qu'il falloir qu'elle prist ses
imefures là-dessus. Ayant enfin
remarqué que la declaration
l'embarafToit» il luy fit
lyoir qu'il n'y avoic point de
caractereplusindigne d'une
Fille raifonnablc que ccluy
dune Coquette;que si on
prenoit quelque plaisir à la
voir
,
c'eftoic feulement à
caufc que l'on avoit leplaisir
de luy parler une langue qu'on
ne souffroit pointailleurs) &
qu'après tout, quelque attachement
qu'on luy marquait,
c'eftoic un attachement qui
n'eftoitfuivydaucune estime.
Il mêla des traits si forts à
cette peinture, que la Belle
qui avoit beaucoup d'cfprit,
faisant agir sa raison, comprit
l'inutilité de ce quiavoitcfté;
toujours son plus fort pan-j
chant. Elle songea que le Ca-j
valierluy afluroic un établjfsement
fort confidcrablc
, &
faisant reflexion qu'il falloit
avoir un but en toutes chofesi
& le but le plus conforme à
Fes véritables interests
,
elle
devint plus reservée sur les
wifircs, & n'en receut plus
que rarement. Elle fit ce fazrificc
de fort bonne grace,
avouant pourtant que ce n'e-
Iloicpas sans se faire violence,
?uis qu'il falloit en quelque
raçon qu'elle renonçait à ellemefmc
, mais la raison luy
avoir ouvert les yeux sur la
Dagatclle, & connoilTant tout
à
le ridicule du caraéttre qu'clle
abandonnoit, elle invctèi.
voit centre les Coquettes d'un
air si naïf & si plaisant» qu'il
criait aise de voir que c'cftoil
un personnage qu'elle n'avoil
plus dessein de jouër. Deux
mois fc paffercnt sans quelle
changeait de fcntimcns. Le
Cavalier neTe fentoic point
de joycJ & toutse préparoil
pour leur mariage, lors que
la voyant un jour d'une hu.
meuraffez révcufc)il deman..
da en riant si sa réverie ne vc.,
noie point de cequ'elle regrejoit
sacoqueteric.Ellerépoiv
lit aussi en riant qu'il la trou-
'croit pcut-cftrc coquettc) fil
lllc avoüoit de bonne foy
lue ce qui la faisoit ainsirë-
)CC> estoit un Amant qui luy
[laifoit fort, & qu'il estoit
açfme à craindre qu'il ne
Emportait sur luy dans son
IEIH. Ce fut le sujet d'une
Driverfation allez enj 0üée.)&
iioy qu'elle luy tinft encore
lucres fois le mcfmc langap>
il eut d'autant moins fuit
de s'en alarmer, que sa
1ante ayantarresté le jour où
an devoit faire le Contrat
F mariage< elle n'y mit aucune
opposition. Ce jour arrivé)
le Cavalier se rendit
chez elle, & fut fort surpris
de ne l'y point rencontrer. La
Tante luy dit avec des marques
d'une inquiétude extraordinaire,
qu'elle ne sçavoit
ce que sa Nicce estoit devenuë,
& qu'elle savoit inutilement
envoy é chercher dans
tous les lieux où elle avoit fait
quelque habitude. LaCavaliei
dcfcfpcré de cette disgrace, mitdesEspions
partout cr
campagne, & non feulement
ce jour se passa sans qu'on en
puft Ravoir des nouvelles
imais encore quinze autres,
[pendant lesquels on ne cessa
[pointde raisonner. La Tante
rvouloit que quelqu'undeceux
KJutelle avoit bannis en faveur
)duCavalier, l'cust enlevée
pour fc vangcr de l'un & de
l'autre, & qu'il la fist si bien
jobferver, qu'elle ne puft leur
faire sçavoir en quel endroit
DD l'avoit conduite. Le Cavalier
disoitauconrraire qu'elle
avoit fuy volontairement,
puis que si quelqu'un l'avoit
enlevée, cette violence auloit
fait écl at) & ne feroit
pas dcvcnuë recrete. Il estoit
toujours frappé de l'Amant
qu'elle l'avoit menacé plus
d'une fois de luy préférer,
& sans sçavoir déterminement
ce qu'il devoit croire,
il estoit pctfuadé? quoy
qu'il arrivaft
,
qu'elle cftoit
perduë pour luy. Enfin il
forcit de cet embarras par
un billet desamain, quiluy
apprenoit qu'elle n'avoit pu
s'empêcher de suivre l'A mant
pour qui elleestoit contrainte-,
de l'abandonner, & que s'iL
I, vouloit qu'on luy en diffcda-r
vanrage il Pouvoir vc:nir- vanta ge, pouvoir venir r
le Porteur du billet le conduit
Jjl
Ítoit. Il ne luy fallut rien de
plus pour le confirmer dans
ce qu'il avoit pensé d'abord,
qu'elle s'efloit enfermée dans
quelque Convenr. Ce fut rffetoù en on le mena. La Belle
tfintà la Grille d'un air modesseimais
toute brillante par 'heureux calme d'esprit qui
aaroifloit surtoutsonvisage.
311e dit au Cavalier qu'elle
IP croyoit trop juste pour
vouloir se plaindre de (on
IEhdelité, puis qu'elle n-c le
luittoir, que pour un objetsi
Jigne de l'amour de tout le
,onde) que.pour peuquqn
1-P
s'appliquaft à le bien connoi-
Arc, on ne pouvoit plus aimer
que luy; qu'elle avoüoit
hautement qu'clle, luy efioit
obligée de son salut, & qu'en
luy falfant connoistre combien
la Coquetterieeftoitdétcftableil
l'avoir cirée comme
du fond de l'abifmc où la
vanité la précipitoit ; qu'il
estoit caufc qu'elle avoi t
pousse fcs teflexionsplus
loin, & quà force de confidcrer
la nêccflité qu'il y a de
se (auver, & le peu qu'est &
dure la vie,elle avoir voulu
fc mettre à couvert dt son j
ifanchant)en renonçant tout-
» fait au monde, pour qui elle
tfe fencoit un attachement
Itrop fort ; qu'cn y demeurant
EIIC auroit pû retomber dans
des foiblefles qui l'auroient
tendue indigne de fonefiimc,
au lieu que par le party qu'elle
avoit pris, elleestoit feure
:qu'il ne pourroit fc défendre i
de l'aimer & de l'cfiimer toujours.
Le Cavalier employa
ilviat ce qu'il put trouver de
çassons pour la détourner de
Ton de{lt:in, & luyfit voir
ivec combien d'innocence
die pouvoit vivre dans le
monde, & le permettre tous
les divertiflemens qui convcnoient
à une personne de son
âge. Ellese montra infenfiblc
à tout,& les larmes de sa Tante
qui luy porta de rudes attaques,
& qui ne pouvoit se
consoler desa perte, ne firent
aucun effet. Elle prit l'habit
de Religieuse au commencement
dumois pasle ;&.l'cfiat
qu'elle a choisi la rend si convente
, que tout ce qu'elle
souhaite, c'est de voir finir
sontemps de Noviciat pour
faire profession. !
i
t La troiiicmc partie de Fintroduâionà
la fortification-)
ou la fuite des forces de l'Eu-
; rope,vicnt d'estre mise au jour
[parleficur de Fer. Il nefaut
[point d'autre preuve du fuctces
de cetOuvrage,que d'en
:avoir veu la continuation
Ifeuhaitéc si ardemment du
lPublic. Cette troisiéme partie
rft composée de vingt-cinq
Feuilles comme lesautres pariics.
Le carcouche, qui renferme
le titre est très beau &
:res-ingénieux.Les autres
veuilles nous fontvoirOften-
Pe
,
Nacrdcn, Dcridcrmondc,
le Ouci-noy)Amblctcure,Ic
Havre de Grace, les e.nvirons,
&lePlan de S. Malo) les environs
& le plan de Brcft,
BelIflc,leplan delaVille"ac
du Château Palais, les environs
de Trcvcs, la forte Abbaye
de S. Martin, Hombourg,
Saar Louis) le plan &
la veue de Nice
>
Ville Franche
, Valence, veuë de Mongats.,
plan de Mongars, la
Bataille de Fleurus., & l'isle
de Wight; le tout cft trcsbien
gravé. On préparé la
quatrième partie pour lecommencement
de l'année162$.
t& elle se vendra comme celle
cy chez son Auteur dans
rifle du Palais, à la Sphère
Royale.
; la fantéestant le plus grand
de tous les bieis, & n'yayanc
rien quel'on doive préférer à
ce qui fcrc à sa conlcrvation
ou à son recouvrement, on
me peut trop estimer la Meidecineuniver
se lle que le fçarvant
Ml". Comiersd*Ambrun
;a donnée au Public par le
unoyen de mes Lettres» puis
-qu'clle couac trèspeu, &
quenon-seulement ellese peut
jconfcrver plusieurs siecles
ï *
dans toute sa bonté, mais que
l'on en peutporter en peu de
volumes pour des armées entiercs,
& que sa vertuestcomme
miraculcufe 5suivant les
grandes expericnces qui en
ont cfté faites. Je vous en
donnay un échantillon dans
maLettre du mois d'Avril
dernicr) .& je croy devoir encore
aujourdhuy vous faire
part de ce que Mr d'Auledc,
Premier President deBordeaux,
en écrivit lelo. Avril
dcernicer àà MM- 1l''Abbé Defrovches,
Voicy Ces termes. --
Me Jiemcdede M: Gomiers
~eflt
4
tJi certes excellent
> & fait des
effets merveilleux.Je l'ay éprouvé
deux fois pour la pleuresiè.
Mon mal produit tous les jours
,de nouveaux symptomes. Ily
\en a peu quesavois une demangeaifon
insupportable de tout
vnon corps:je me décbirois e me
ifaifois déchirer avec les ongles,
(ans que pourtant il païufisur
ma peau tandis qu'on la déchU
roït
y
pas mesme un changement
de couleur> aucun veflige
, aucune
enleveure. Je pris du Remede
de Mr Corniers, £sr il me
vois depuis Ion£ temps souffrit
dans le lit une de mes jambes
sur l'autre, ny rftre presque un
infant dans une mesmesituation.
Depuis cetemps-là cetteincommoditémapaf*.
Jemefuis guery
aufli d'un lumatifme avec une
tres-grande enfleure sur l'épaule,
le bras, & la main. J'ay donné
de ce remede a des Médecins qui
m'ont dit en avoirfait de vrayei
merveilles que je nefçaurois écri.
re > e ainsi fabrégé les circonf
tances. J'enay fait faire à troi,
dijferensj4rtifles» * ils en on
fait de trois couleurs, la premie
ri vert-brun, tirant un peu fil
Je rouge, & c'rfl celuy que fay
éprouvé. La fécondé efi jaune,
&la troisiéme tout-à-fait rouge.
*-fenay encore éprouvé ny IJ un
ny l'autre de ces deuxderniersy
Soupçonnant qu'ilpourroity avoir
du defaut dans la reélification.
Voicy comment elle a efiéfaite de
r,eluyqui est rouge. On a concentré
le nitre avec le charbon aprés
luy avoir donné deson esprit autant
qu'il a pu agir.Ensuite on
sa desseché * concentréjufquÀ
Iiverfisfois en le laifjant dijjou-
Ire a l'air après chaque concen- \fati'on;f0àla troifteme dijJoluion
ilfe refout,edevient trèsclair&
tres-propre )
à ce quon
croitsàfaire l'extraffion du vrajy
souffre d'antimoine. Je voudrois
bien que M1 Comiers ne me re.'
fufaft paslasienne
> &qu'il nous
JppriflJtson remede estsujetàJe
gasser par le temps, combien il
peut durer, & ce qr/ily a encore
de particulier danssa compojïtion
g? opération.
Personne
nteft plus p~eresuard~équfe ~m~oyyde sa bonté
3
je
luy ay donne icy une gran.
de réputation.Remercielet
mon cher Abbé
S
je 'VOflS
enI
prie.
Pour satisfaireaux deman4
des de cc sçavant & iliuftrJ
Magistrat, Mr Comicrsma
assoré que la Medecine univcrfçllc
ne perd jamais rien
de sa bonté, comme je lavoir croy déjà dit, qu'il est plus
facile -de la porter en poudre
qu'en liqueur, &queles trois
différentes cou leurs, que,Ic-s
Æroisdivcrs Artilles ont trouvées
dans leur préparation,
procèdent de quelque imp-uretedu.
salpestre3 qui n'est pas bien purgé, du fci commun,
& de 1alun qu'il contient, fcvant
que d'eiheconcentré.
Outre que le choix de luntimoine
y peut contribuer
,
le
meilleurcitantccluyquivient
de Hongrie* & quiporte
quelques marques rougeaftres.
Ainsi ces trois différentes
couleurs des trois Artistes
fontcomme indifférentes, la
couleur rougebrune pouvant
provenir de quelque partie
du pot de fer dans lequel on
fait concentrer le salpestre.j
Avant que de venir aux'
giands articles de guerre qui
rempliront. ce mois-cy la
plus grande partie de ma Lettre
, vous voulez bien que
je vous fafle part d'un Difcours
que Mr l'Evcfquc Comte
de Noyon fitau Roy le
J3. du dernier mois, quand Sa
Majesté passa par laVille de
Noyon. Vous y verrez beaucoup
dechofcscn peu de parolc.
s,& demeurerez d'accord
queccPlclattrouve toujours
à se distinguer dans tour ce
quil fait.Voicy ce qu'il die
au Roy.
SIRE,
Tour ne point retarder le cours
de voss,-e marche glorieufi, (y
-
dont ,. chaque pasvous conduit au triompht
J je modéré d'aboyl
l'excès de mon zele) & s'epuije
en peu de mots unematière infi.
nie. Dieu est en mepnetemps le
Dieu de grâce& de jufîice, le
'Dieu de grâce qui remplira voflre
coeur» vous fltrez Saint ; le
Dieu de justice qui soutiendra
vostre bras, vous fere%Viéloneux.
C'efl ainsi que les Ennemis
conjure^ de la Religion&
de. l'Etat, semblables à ceux de
David, 0* jaloux de la gloire
de LOUISiferont tous dijJifez
commi defioiblesnuages par
l'éclat st) la force de nojlreSoleilt
g? que nous verrons les pieux &
grandsdejjeins de Vostre &~~-
ijrflecouronne% d'un favorable
faccés. Mais revenez promptementySIRE.
La presence de
V&jlrc précieusesacrêe rper,..
sonne efl préférable à tout; rien
\ne peut nous rassurer sans vous*
& la Francs» toute puijjante
quelle est
,
tiemble & craint
toujours d'acheter trop chertous
"Vos Titres également religieux
I&: magniifques
,
de Defenfur de
la Foy) de Protecteur de rEg/if,
de 2{efiaurateur des Trônes ufurreK
>
de Afatflre de la Guerre.,
& s'il plaifl au Ciel> d'Arbitre
de la Paix.
Quand on fera l'atteruioa
que demande le Combat qui
vient de fc donner sur Mer,
entre les François, les Anglois,
& les Hollandois, &
qu'on en jugera sans prévention
, on trouvera qu'il ne
s'en est jamais donné sur ceq
Element, quiait esté si gloricux
à aucune Nation du
monde. Il y a beaucoup det
chofcs à considerer qui font
toutes à l'avantage de la valeur
Françoise, qui a triomphé
dans ce Combat. Il ho
faut pas que ce mot de triom^
phe vous surprenne.Voui
trouverez que je parle juste,
rii vous fcparcz le Combat de
tout ce qui l'a suivy. La va-
L
leur Françoise a eu toute la
i. part poffiblc au Combat, le ,,malhcur a seul contribué aux
Iifuites facheules d'une si vi-
^goureufe aCtion, pendant la-
^quelle la Fiance a combattu
r-conuc toutes les forces de
[deux Nations, dont chacune
ucfocupparémentluyefloic beausuperieuresur
Meravant
lie lcgnc du Roy, & qui pendant
tous les Siecles ont fait
rleur principaleoccupation de
ila Marine, de forte que c'cft
dun art quileur doit ettre familier
).
estanc comme né avec
l'une & avec l'autre. Outre
la grande intelligence que les
deux Nations ont pour la Marine)
elles avoient l'avantage
du nombre, & il s'en falloic
peu que ce nefust un combat
de trois contre un. Ce n'cft
pas encore tout,& si le vent
n'avoit point donné lieu à
tous leurs Vaisseaux d'agir,
dans le temps qu'il empêchoit
une partie du petit nombte
des Vaiflfeaux François. de
prendre, pair à la gloire, il y
a de grandes apparences que
nous aurions pu nousapplaun
dir d'une viétoire affcz confiderable.
Je diray plus. Si on
veut faire reflexion sur l'cftac
Loù estoient les choses quand
leCombac
a finy, nous avons
sujet de nous vanter de quelque
forte de victoire, puis
(que c'cft un fait constant que
,
)nous en sommes forris,* non feulement sans avoir perdu
^ucun Vaisseau ny aucun Brulot
,mais mesme sans en avoir
d, 1\ 1 eu aucun emate. NNous frça-
-vons qùc l vous que les EEnnnneemmiissnn'o'onntt
pasesté si heureux, & nous avons la certitude de quatre
fou cinq de leurs Brûlots qu'ils

ies'Jt inégalés. Cet Amiral
RCoic aussides complimcns à
^de Chafteau- Marant, & à
md'Infreville» qui ont fait
lenn ttrreèss--ggrraannddfefcuu sur lluuyy>,sféc--
lonccqu'il marque danssa
Lettre.Cette Lettre de TAmial
Russel, que je vous garantis
cftrc veritable, & dont j'ay
r.oute la certitude que l'on
teut avoir, doit fermer la
touche à tous les Ecrivains
le Hollande, quivoudront
iégnifcr la ventéeauront de
l: peine à avouer qu'avec des
'orces tellement différentes
flous ayons fait plus de mal
aux Ennemis qu'ils ne nousi
en ont fait, à ne regarder que
ce qui s'est pasle pendant la.
durée du Combat, les fuites
estant d'un malheur qui leur
pouvoitarriver aussi bien qu'à
nous, puis que s'ils avoienc
perdu leurs Navires depuis le
Combat,commedesdifgracc*
inopinées nous ont fait perdre
les nostres» ils auroient on
cicftre ruincz, estant séparez.
comme nous l'avons cfié. C
que je dis ne souffre aucu
doute) &ils ne peuvent nieaj
quemalgré lagrandeinégalitâ
de forccs, nous ne leurayonl
cau(é des pertes au deJUi
de celles que nous avons
faites pendant qu'on a com- atu. Vous attendez cedétail,
uk pour vous le faire mieux
omprcndre, je vous cnvoye
jdeux Relations. La premiere
fft d'un Officier qui entend
parfaitement bien la Marine..
¡yOUS y verrez toute la manoeuvre
de noftrc Flote, depuis
son départ de Bress;,&
[es circonstances qu'elle marquevous
feront plaisir. Elle
Fil écrite de S. Malodu4 de
ce mois. Il faut remarquer que E•ireluy qui l'a rcaite ne Irçavoit
point encorelors qu'il aécrie
cc qui s'cftoic paffé à Cherbourg
&à la Houguc.
Mr de Tourville ayant en
des ordres tres-pressans de partir
de'Brejlavcc les l^aijjeauxqui
se trouveraient prejls, appareilla
le 9. de Maymodilla à Berlaume
leIL.lesvents tflant vers
['Efi,(t)par conjequent contraires
pour entrer dans la Manche. Il
ne laissa pas de faire voile, avec
trente cinq VarjJèaux de guerrei
des Brûlots & des Bastimens de
charge. Nous naviguâmes bord
sur hordjusques au z6.ayantpresquetoujours
eu si mauvais tempA
que nous ne pûmes gagner juf
quesà ce jour-la que le Cap Gouftar.
La Perle si) le Modéréqui
efloient dans la twancbeovant
nous, C qui croifoientfur le Cap
la Hougue3 nous joignirent le J,.
Ayant eslechajp% paruneEsca-
,dre ennemie de douze VailJeaux,)
qu'ils trouvèrent dans ces parages-
la. Le zS. Mr de Filiale
nous joignit avec cinq autres.
.Le 2.7. les vents s'ejlantrange:;
c vers lOiïejltnousfjimcs
vtent arriere le long de la cMfle Angleterre. Sur le fOir)le Ccur-
•ilan dr le S. Esprit nous joignirent.
Ainjinout nous trouvames
alors quarante quatre.
Le z8. sur le (air) Portlant
nous refloit au Norti, a huit ou
dix /Úuë.j,f!} nous portions à l'Est
quart d'Est pour aller à la Hougue
,
les vents estantsurl'Ouefl.
Lezp. à trois heures du matina
nous apprrfúmu les Ennemisfou*
le vent qui prolongeoient une li,
gne vers le Cap Barfeur>duquel
quand nous les joignîmes
> na
efiions bien à dix ou dou'
Jieuês. I
j~ deTourville ayantfait U
fgnal d'ordre de Bataille arriva
sur euxy de la meilleure grace
du monde
J en formant si
r ligne il s'attacha a leur corps de
i bataille, M1le <J\ÎAYquïsd'An-
L frevitle, Amiral blanc &bleu)
-
commandantl'avantgarde>força
r de voiles pour empescher que la
tefle des Ennemis ne nousgàgnajl
le vent. vur de Gabaret Amiral
bleu>commandant l'arriéré-?ar~
o
-de
, ne pouvoit que ferrer noflre
Corps de bataille) ne luy eslans
'paspoJJt-Je de prolongersa ligne
idr maniere à faire front À toute
tEfcadrebleue des Ennemis.
Leur Améeefloitcomposêe
itout au moins de quatre-vingt
Wfi'eanisssoeiaxuaxnted>e ligne. Ilyen avoit
tous plia gros que
hsno/hcs. Les Hollandâis
avoient i'avantgarde., @rplierent
d'abord, craignant de s'engager
autant qu'ils avaient fait
ilya deux ans,ou bien lefaim
fant par rufe.L'Escadre rouge
des Anglois
,
le Corps de bataille
de leur Escadre -blrul
>
L'arriercgarde
qui ejloitsans contredit la
plusforte en nombre & en gres
Vaisseaux, avoient dcjfein de
nous mettre entre deuxefux.
LeCombat commençasurlesncuj
J ¡. :.J heures du matin
J par quelques
bordées de lauantgarde&deng
,heure après par le Corps de baJ
Saille, st) fnfuite par les Vivi:
lfions de nostre entre Amiral st)
Amiral bleu. Toutce qui fut attaqué
par nosVatffeaux plia au
1 commencement3 & si deux heures
aprèsque L'on fut aux prises,
'-Je calmeeujlfuccedé (comme c'est
l'ordinaire en parrille occasion)
t.Eftadre bleuedes Ennemisqui
aifOit l'arriéré-garde sufl deveutëinutile
;mais par malheur il aJfcz de vent pourquellese
Verrait* marchaften très bon or-
&rei(r? forçantdévoilés pour mettre
nos Vaijjeaux qui combattoient
entre deux feux. Les
roents même leur avaient addonné
de manière que les dix ojt dClu'{t
VaisseauxdeU queue ejloient
deja beaucoup au vent> &si
Jlfr de Panetier, Vice. Amiral
hleu, ne l'eufl tenus avec quatre
Vaiffiaux de l'arriére-garde
»
sa
perte ejioit infaillible>au lieu que
par cette manoeuvre 9il attira
vingt-cinq Vtijjeaux de l'arriérégarde
des Ernemis qui ne s'atta- ,., 9 1 cherent qua le pourjuivre pendant
plus de cinq hures> cfperant
lenlever à tous momens. Si tofi
que le vent calmoit ils /approchoient
à veue d'oeil
> & dés
qu'il venoitun peu plutfort, lei
nojlres les éloignoient. La brume
efîoitsiepaisse de temps en tcmpi
''lue
flUe nous ne nous voyions pasles
wns les autres. Elle ne nous fut
Sas desavantageuse
3
puis quelle
fycesser le combat à une heure
iïprésmidy. On fut bien quatre
w veures sans tirer que ties. peu.
On voyoit souvent de gfojjes funéesquis'élevoient
des ^Brûlots
vuils envoyoient sur nos Vaiftaux.
Af de TourviLIe ayanteslê
fligé de moüilfer à cause du flot,
frs que le temps s'éclaircit un peu)
combat recommença sur les
nq heures du foirtout de plus
rlle. Les vingt-cinqVùffeaux
ui chaffoient Mz le Pannetier
cr/Jerent leur chasse au premier
hruit
> & arrivèrentaussi-tofl
nient largue.Ejiant tombez. sur
nostrecorps de bataille qu'ils trou-,
verent à l'ancre)ils mouillerent
incontinent, &firent un
feust
terrible que c'est une chose furprenante
comment e~~ de Tuur-i
iille>ses Matetots)ü ceux qui
essuyerent ce feu
>
ne furent ny
corÛez bas ny brule^.Ilsenvoyèrent
sur nostre General jusquesA
quatre "Brûlotsà la fois.Illes
évita en coupant Jescables)
leurdonnant ses bordées. Ils[au
toienten l'airautour de luy.C
fécond combat continua jufqt/
jour couché. j
j Les quatre VaiJJeaux de l'Ark1ere-
garde Je rallierent à M
d'Anfireville qui avoit esté oblige
fauJli de moüiller, & il efloit imsople
à cause des courans de
flots quisse ralliaft ànostre corps
Je batajlle. Ilappareillavers les
dix heures & demie du foir au
wmmencement du Jusant
) & fefiantélevé un peu de vent* il
fit la meilleure manoeuvre que
t'on puissèfaire en Je ralliant à
M1 de
Tour-ville
3
sur les cinq
heures du matin,nonobjlant le
brouillard épaisquil faisait.
Nous fismes route à l'Ouest. Le
kmps s'eslans un peu éclaircjt
nous comptafmes nos Vaisseaux
(e nous n'en trouvâmes que31.
Parmy ceux qui nousmanquaient
, .1" ilyavoit trois Officiers Generaux)
M1 de Cabaret, Mr de
JNlemondçy*M1de Lanveron.Le
Õo. dés le matin) on aperçut les
Ennemis qui venoientsur nous,
@¡ qui nous donnerent chasse jufqueJur
les cinq heures du[cirique
nous fumes obligeZde mouiller a
cause du flot, & ayantbeaucoup*
gagnésur nos Vaisseaux @J n'en
eslans plus qu'à demy lieue) ils
mouillèrent comme nous. On doit
juger en quelle extremité on se
uoyoit. La pluspart des Alavires
qui avoient combatu efloien
j*jsans poudre, dr d'ailleurs pouf bout. Le Soleil Royal
eslans hors de combat,nostre
General rf/oit obligé de l'abandonner
pour aller sur ecluy de
Ji4*de VIllette. Quel party prtndre
? Il n'y eut que celuy de
passer entre leCap de la Hougue
ül'Isled"Ornay, ce quon appelle
le Ras- Blanchard, {0 cela
U la pointe du jour avec un rcfie
tJeJusant. @J le vent contraire.
\Ml
de
Tourville appareilla sur
l'les dix heures dufoir3 sans faire
aucuns jignaux
,
afin de tacher
[Je primer un peu la marée aruant
tes Ennemis> qui effectivement
ne firent leur signal d'appareiller
que quand nous fufmes fous voivleenst.
dCeomSmnericliiventa assiZgros
If, ilY eut de nos
Vaijjeaux(.<:uprirentleparty
d'allerà Oïl:siMord-ditsi>afini
(il;ufl afin
dedoublerluProches
qy.ifont à\
l'Oiïcjici'Ornay,£rqu'onappellelesCasquets.
L.yentut
une\
I., -Y en tut unei
vingtaine quidonnèrent dans le'
bas, C le Jusant leur ayant
Wanquê>ils furent obligez d'y
mouiller;maislescourans du flot
qui font d'une violence extremei
en cet endroitfirent dérader tousi
nor plus gros Vaisseaux) qui
apparemment furent contrainîsi
de pager parmy les Ennemis.
C'efloitle31.aumatin.Nous
ne fceumes point icy ce qu(nostre
General effoit devenu avec douze
Vaisseaux
t
@J quelparty il
avoit pu prendre dans une si
grande extrêmité. Onfut dansla
mesmeinquiétude pour Mts de
Gabaret. de Ncfmond) & de
Langeron.
Les Ennemis Je partagèrent
dés le matin.Les,Hollandais avec
quelques Anglois nous fuivirentt
Crie refle donna chasse, félon les
apparences, à M1 de Tourvtlle.
Nous mouillafmes sur lesfx
^heures du matin prés des Cafauets
pour étaler la marée. Les Ennemis
en firent autant à une lieue
denousAly eut denoi Vaiffiaux
quifurent fort embarajJcz dans
le parage,ne trouvant point de
fond parmy à*autres qui efloient
moüillcZ' dT dérivant sur la
Ennemis.Quelques autres qui
avoient déradé a cause des Couransyfurententraifne%
tout prés
J'eux; f0 j'il n'eftolt venu du
vent bien frais dans ce moment
qui les fit foutenir contre le courant
3
ils ne pouvoient s'empêcher
de tomber au milieu d'eux.
Surlemidj nous appareillâmes;
Ë,,r la plu/part furentoblige^ de
couper leurs cables. Nous apperçumessur
les neufheures du ma.}.
tin le Convoj que nous avions
laifié àBrestJ avec deux de nos
Vaisseaux qui senvenoientvent
ameree avec la marée. On leur
fit des signaux,(fèf aufjitoflils
tinrent le vent. Si les Ennemis
ne les ontpoint joints>cejl un
coup fort heureux. Nous vinfmes
mouiller le foir près de
GTfnezé, ayant beaucoup goU
gué de ce Jusant par dejJus let
Ennemis,Iln'y avoit pas d'apparence
aussi qu'ils viendroient
Rengager dans les roches avec
quarante Vaisseaux» le droit du
ïeu eslans poureux de nous aller
attendresurOuerfam> ce qu'ils
n'auront pas manque de faire)
puis qu'ils n'aurontpu penserque
nous soyons entrez icy.
Le i. deJuin> nous nous joignifmes
avec ceux qui avoient opajîî par leRas-Blanchard
> &
nous mouillafmes prés du Fort la
Late9 à quatre lieuës de Saint
Malo
3 & M1lePanetier> qui
est icy le Commandant,ayant.
pris le party Centrer dans la
rade de Saint Malo, nous yentrafmes
cinq dés le Joir3 £7* le
lendemain au matin le rcfle en
fit autant, e nous y sommes
vingt 0* un fort en seureté.
j Le 3o. du pasléJ le Sr jRe-«
na.ud)Ingenieur
, apporta des
,,paquets de la Cour a Mr de
TourviUe
j pour l'informer que
i; lesEnnemis e.fiJoic1nt quatre~vingt C":;J "VaiUeaux de ligne>ù qu'il
rieujl point à entrer dans la
Adanche.
Toute la Marine doit rendre
Jtne jufiiee autentique à noflre
lCeneral
à
qui a ejiéaux Ennemis ec toute la fierté possibley&a
'sOutenu le plus furieux choc qui
fut jamais) 0* ce la avec une
{confianceextrême.Jamais on riA
fait un si beau ralic-ment. S'il
,/ttvoit pas esté déradé, pouvoit.
on faire une plus heureuse retraite,
ayant les Ennemis si prés
de nous?S'ilJe pouvoit que nous
ne ferdiffions que peu ae Vaifféaux
dans cette occasion
,
quel
bonheur! S'ilseneujjent eu vingt
de leur Arritrt-garde de moins,
(éfque nous en eussions eu une
quinzainede'plus» on auroi£j
rendu bon compte d'eux> mats
einn'Veéritégla apartlieetflo.itjtrop On ne peut sçavoir icy le dom4
mage que nous pouvons avoIr en
cette occasion. Je sçay bien qu'il
ne nousa paru aucun
Vatjfead
démafié
9
qui eflun bonheur tres4
grand. Je ne croy pas qu'il en
(oit la mesme chose des Ennemis;
bon [çaurd, leur perte.
i Voicy la fccondè Relation
du Combat, dont je ne croy
pas que rien puisse donner une
plusjparfaite idée-Ellc cft faite
par un Officier Generaldu
plus grand mérite
, & qui est
Quffi brave qu'il entend bien
la Marine. Les a&ions generales,
& celles des Particuiers
y font marquées. Enfin
ette Relation cil écrite d'une
manicreque les plus mal
untentionnez ne peuvent fc
lifpenfer de croire quelle
cft sincere. Malgré le malheur
que les vents nous ont
causé, on ne laifle pas de
lire avec '«plaisir ce que les
François ont fait encette occasson3
& de s'applaudir d'estre
né fous le Regne du Roy,,
& d'une Nation que ce Monarque
arenduë si glorieuse.
"i
A la Hotiguc9ce7.deJuin1692.j
1E vous aurois écrit les prtmieres
nouvelles de ce qui /-» V 1 J. nous eJf arrive de glorieux &
malheureux, si lagrandefatigue
que j'ay eue pendant huit jours,,
ne mavoit rendu un peumalade.-
\Riennaeslé si grand nysi fierê
> que noflre Combat avec quarante.
quatre Vaijjeauxy contreune
Armée pour le moins de quatre..
vingt-dix,dans laquelle ilyen
idvoit quarante a trois ponts. Cffenatent
malgré cette inégalité,
d'honneur de la journee aurait
tjlé de nofire cossé. Nous avions
IVÛ desVaiffeauxoù lefiu avoit
pris
)
d'autres démaflez,,&quelm
?Auremséeu>ns quon a renvoye^ de
tandis que nostre petite
Flote se trouvoit entiere. Il ep
certain que les Ennemis temoivnerent
de la jviblejje en quelques
rencontrer > & que la nuit
ceux quiefloient enveuê de nous>
ne s'y croyantpas enftureté,paffirent
dans nos intervalles> aimant
mieux ejjuyer nos décharges à
bout touchant3 que de Ce trouver,
éloigne% de leu- rglros. LJe Combat
commença à dix heures, lesvents
efiant au Sud-oiïefl. Noflre Gene..
ral alla chercher celuy des An..
glois) qui estoit enfoncé dans le
centre deJon Armée. Ils lattaquerent
4 la petite portéedu
Ilse rendit en cet endroit le plusl
horribleCombat qu'on ait encore
'l)û. Cependantnostre tefle3autant
quelle se pouvoit étendre il
zombattoit les Hollandois, C noilre
Arriéré-garde une pairie de
telle des Ennemis; mais cejloit
a,vec une disproportion
> que huit
de nos Vai/Jeaux aboient affaire
i quinze ou seize. L'Amiral
d'Angleterre plia^arriva deux
fois vent arriéré3 cm je ne [çay
ze qui en ferait arrivé,si lesvents
navoient pas fautéduSud-ouejl il'Oû'eSl NordnordeftJ qui mit
Te* Ennemis en epat de nous enveloper
absolument.Af UMaru1.
s d[Amjrev;He qui commanjoit
l' Avant-garde, tint le vent
*m* rt à propos o , ce qui empefcbn les
HoihnJois- de nous doubler) st)
Ur Pannetier,Vice-Amiral de
n"oflrb Arriéré-garde3 en fit autantpouréviter
leme[me incon.
ventent
>
qui auroit envelopê not
Vaissèaux, f0 fait périr noftrj
Amiral qui efloit environné di
tous cosse'{) se battant des deux
bords> dans un eflat qui fai,
foit croiresa perte inévitable. L
ma parst que tout le monde avon
fait [on devoir5 mais il y en a
qui ont eslé en lieu de se Jiflinl4
guer, & qui nen arrt pas perdu
l'occasion. Leurs noms paroifirom
dans la Relation. Le Contre-
Amiral rouçe des Ennemisme*
cheut en partage. Cependant 1
BBagneuxJmon Matelot de de >rrion de
liant, eutCespremierscoups. Ce
CapitAinefit tres-bien tout ce jour.
rien faire de mieux que d'ailet
me mettre auprès de ce
General>
a qui j'oftay deux Vaiffiaux dej
dejjus les bras. Nous ejjuj/afmes
tout le rtfle du jour un feu qui
avoit paru grand à tout le mon1
de
>
sans oublier que nous évita*
mes quatreBrûlots de siprés)qu-c
nous en rejjentïons la cl)aleur
avec la crainte d'eneflre brûle^l
171rs de l:lautefordJ de Clerveret
de Croloy
) & d'autres, les détournèrent
avec les Grapins de
leurs Chaloupes. Il fè faiseit dt
belles allions en d'autres endroits,
que je ne pus remarquer. Le Vice-
Amiral; qui (fioit Mrle Mur*\
f
quis de Villette,y faisoit admirablement
bien, @J soutint avec
*
sa Division, celle de l'Amiral
qui auroit beaucoup plus foujfert*
AdïS de la Rcngeregr la Roche-,
alardessuyerent beaucoup defeu
dans
ce quartier. Ils furent fort
maltraite^ le premierefiant pour
tirer tautre d'affaires yy pensa
refler. Les Ennemisontparlé avec
1éloge d'un Vaijjeau qui anjoit une
\croix dans son Hunier. C'efioil
,celuy de M1de_Çhafieau-Mo~
\rand. Les Matelots dé l'Amiral
Il'ont dignementfécondé. MfS du
Magnoji_&eaujeu_ont bien
ïïeceu & donné des coups, aujJi..
bien queMrdel'Arteloire. Nostre
qeneraly afait des prodiges.
Il n'ajamais molly, qucy que
battu de tous cofte%9fyfon dernier
feu a ejléaufjt grand que le
premier. On n'a jamais vu un
VaiJJeau si perce. T^oflre Armée
releva l*ancre ayantmouillépen*
dant une maree. Nous connûmes
lors que lebrouillard fut dijJipé)
que neufde nosî^aijjeauxanjoient
pris une autre route, que les Ennemis
nous suivoient de prés,&
que le mauvais ejlatoueftoit nostre
Amiral retardoitnoflre retraite,
ce qui porta Mc le Comtej
de Tourville à prendre le party|
j
de se mettre sur le Vaisseau de
rjftf le Marquis de Villette,&
delaijfer à M.1Dcfnots la conduite
du SoUil Royal, Nous nous
retirionsbeureufement, & nous
Tious sussionsinfertjiblement êkitgntZ
âtsEnnemis*jï noflre mauvasse
fortune ne nous aïoit pas
nga!/'t.. dans le Ras'BUncbardy
ici quinze de nofVaiffiaNx ayant
erdu leurs cablesfurent obligeZ e mettre à la njoile, (;7 de prendre
une route opposée à la premie.
ret que nous ne pouvions plus
suivre. L'Ennemy nous fuiuant
de près3 on n'eut point a?'iutre
farty à prendresansestreaccable*
que de se retirer icy. Toute l'Armée
des Ennewisy parut au nombrede
cent Vaiffiaux.) avec
quantité de Brûlots & deBajlimens.
Je ne vous fais point le détail
du reste, vous le fçavcz,
& la perte de nos Vailfcaux)
dont nos Ennemis n'ont point
profité. Ainsi ils n'ont pas
tiré les avantages dont le
grand nombreavoit lieu de
lcb flater, puisqu'ils devoicnc
avoir pris plusieurs de nos
Vaisseaux dans le Combat;,
de forte que l'on peut dire
par rapportal'inégalité, que
la
a vittoirc nous est demeu-
'écJ& qu'ils nedoivent qu'aux
rents >aux roches & aux mauvais
fonds
,
le malheur qui
tous cft arrivé a prèsleComtat
finy. Je vous ay affcz CRrecenuc
de ce qui s'ycft4
sassé.Voicy un détail qui ne
egarde que lafuite,&dont
tcu de pcrfonnes font informées.
Ainsi je croy qu'il me- te vostre curiosité.
Le Jettdy ig. Mdy» l*Armée
plavale du R.oy, aU nombre de
payante - quatre Vaisseaux de
uerre> ayant combattu celle du
Ennemis,jorte d'environ quatre.
'Vingt-dix> st) le Soleil Royai
ayant esle extremement incommodé,
tant dans le corps du Vaij
seau que dans les mats, voiles,
Çï manoeuvres >le Vendredy au
foir 30. Vlfr de Toftrvillevoyani
qu'il ne pouvoit faire sur cei
Amiral la diligence necejfairt
pour là retraite de ['Armée, s'embarqua
Jur l'Ambitieux, 0
donna ordre à tji«ïd1 -TDDeesfnos de
ranger lescojlesde France., & de
tâcher de mettre le VaijJcau en
quelque Port, &en cas qu'ilJuJ\
prefépar les Ennemis
,
de don
ner plutost à la cosse que de 1
laiffir tomber entre leurs mains.
Lanuitsuivante nous levâmes
l'ancre avec l'Armée> & le lendemainmatin
Samedy, nous
moüiUafmes ensemble dans le
Ras Blanc/lard, pour étaler la
marée
>
où ayant perdudeux ancres
t outre une qu'un Brûlot nous
fit couper dans le Combat, &ne
nous en ressant plus qu'une sur
leDord nous filmes contraints
degagnerCherbourg) qui efloit
te lieu le plus proche. Le Vice-
Amiral rouge d'Angleterre, qui
fionsjuivoit de prés avec dix-fpt
'Naviresyyarriva peu de temps
afrcs nous. Comme le Navire
tiroit beançoup d'eau3nouséchoua*
mes d l'entrée de la sosJe du Galet>
ou noué esperions le mettre
avec la marie, pour tâcher à le
fauvet ; mais les Ennemis ne furent
pas plutojl moül*uez,
>
qu'ils
tenterent de nous envojer des ml,rr;b. qu'à Mrsd .JJ rUlots J dU);' - zen qu A e
Beaujeu & de Machault, qui
avoient pris le mesmeparty que
nous. Ils furenteepouflêk par
nostre Canon. 'Les Ennemis firent
avant la nuit une fécondé tentative
)
qui ne leur réujjitpas
mieux que la première. Le premier
Juin au tnatin.ilsenfirent
une troiftéme
,
quine leur fut Pat
plus heureuse; mais enfin le vent
leur eslans venu favorable toutÀ-
faitJ deuxde leursBrûlots arrivèrentvent
ârrieresur le Soleil
Royals sur lesquels nousfismes
un tres.grand feu, ce qui en
obligea un de s'écbouërd'y
mettre le feu à une demy portée
demousquetde nous: mais nous
nepûmesempefeber l'autre de venir
le mettre fous nostre Beaupré,
qui brûla en dérivant tout
le long d'unelfacade que nous
Avions faite du débris de nos
mats> noflre Canon tirant toujours
jufquc sur L'arriereJ sans
jjque le feu prist au VaiffiauJ&'
dans
ce moment nous nous crûmes
fauve%,mais malheureusement
le vent lestant jettefkr les voiles)
le renvoyafuïnojlre Pouppe.
Alors il ny eut plus de rcmede.
lout l'Equipage je jetta A la
Mer) & une partie dans les
B.:tcaux qui jfe trouvèrent l*.
M' i Aîss DDe,fs'tnos3&C("b1ampmejl'iJn' *
Freres)voyant la rhofe sans
rejofurce> prirent aussi le party de
se jetterà la Mer, dont ils furent
retirez.. par le dernier CAnot,
qui efloit commandé par M1s de
Vatry. La Chaloupe commandée
parMTTuillet> en sauva AUjJi
beaucoup. En arrivant a Hore le <
Soleil Royal fauta.Voilk le trifle
détail de noire malheur,dont nous
nousferions prêferve^s'ileujlplâ
à Dieu de feconder la,valeur des
Officiers du VaijJeau,& des Gar.
des de la J\4anne> commande/(.
parA4* de Coulombe. ilsseJont
ions furpa]JcZ> &wt non seulement
marque toute l'intrepidité
possible dans une conjoncture si
facheuse
3
mais encore toute la
conduite que liton pouvoitfoubaiter
y
pour contenirl'Equipage
ffi , ,{(, l J
effrayé>quilsont rassurépar l1eur
bon exemple.
Mrs Desnos & de Champmcflin-
Dcfnos, donc il est
parlé dans cetre Relation, qui
le jetterenc les derniers à la
Mer, & qui ne quiterent point
le SoleilRoyal, tant qu'il y
eut apparence de le pouvoir
fauvcr,font deux Frères, tous
deux Capitaines du Soleil
Royal, fous MrdcJE&urville,
Vice Amiral. Apress'estre
distinguez dans le CombatJ
ils firent encorc) comme vous
venez de voir) des choses furprenantes
pour la deffence
de ce Vaiffcau) que les Ennemis
ne firent pas perir aifément
& sans perte de leur
coftc, estant venus jusques à
trois fois, & ayant perdu des
Brûlots en cette occasion.
Vous avez vû qu'ils en ont
perdu plusieurs dans leCombat.
Trois qui venoient brûlans
sur le Soleil Royal, furent
écartez par les Chaloupes,
& le Canon de ce Vair.
seau en mit deux autres hors
d'estat de l'approcher. On ne
peut donner trop de loüan.
ges aux Capitaines des Vaiflcaux
qui composoient le
corps de Bataille. Ils ne quitterent
pas d'un moment MtJ
deTourvillc. Mrs dInfrevil:
- - -- .;
le,,du Magnon
,
Beaujeu *&'
les Chevaliers de faintc Maure
)& de Château-Morant,
estoient de ce nombre.Jamaison
n'a fait voir plus de
fermeté qu'ils en témoignèrent
tous. Lèventayant obligé
Mrde Coetlogon de quittersonposte
de Contre-Amiral
de l'Etcadre bleuë, parce
qu'il estoit doublé des Ennemis,
il vit le méchant cftat
où cftoit le Soleil Royal qu'on
battoit des deux costez, ce qui
fut cause que s'eftantvenu Po
fier contre il se mit entre ce
Yaiflcau &les Ennemis. Cela
luy fut d'un fort grand fccours.
Enfin tant qu'a dure
l'aétion, aucun de nos Vaiffeaux
n'a cftémis hors de
Combat. Ils fc font tous retirez
en ordre de Bataille,&
il ne paroît personne dans
l'un & dans l'autre party, qui
ne foit persuade que si nous
avions feulement eu quinze
Vaisseaux de plus, nous euf-
[ions remporté une victoire
Ggnalée. Cela doit faire connoiftre
aux Ennemis,qu'ils auroienttort
de garder quelque
:fpcrance de nous vaincre japaisavec
un nombre parcil;&
quau contraire nous avofll
sujet de nous tenir affurez di
la Viétoirc., quand ils ne sel.
ront qu'un tiers plus que nçu,
Jamais la Marine dans aucui
Etat du monde n'a fait l'essors
qu'on luy avu faire cette an<
née en France, puis qu'il 5
avoit quarante gros Vaiffcauj
prests dés 1a fin d'Avril
,
&
que l'Angleterre & laHollande
qui font si habiles pouj
la conftru&ion des VaiflTeauxsur
tout la derniere
,
n'ont pi
mettre en Mer
-
qu'un moi
plustard> de forte, que si lç
yents ne nous euiTent poie
fté toujours contraires, nofpc
Flotc n'auroit trouvé pen- ant un mois aucuns Vaifaux
Ennemis qui cuffent pû
icttrc obstacle à fcs desseins.
Le glorieux malheur qui luy
lift arrivé n'a point fait sortir
se Roy de son caraâere ordinaire.
Au contraire
,
il n'a
lervy qu'à faire éclater davantage
la grandeur d'amc &la
lucté de ce Monarque. Je
ino'arsy rien àme reprocher, dit-il,
qu'il apprit ce qui estoit
Arrivé à sa Flote. Je ne cernfwatiatnde
point aux vents> 1'aj
ce quidépendoit de moy 3
'Dieu a fait le refle. Puis quil
n'apasvoulu le rétablijjement du
Roy dsAngleterre>ilfautejperer
quil le reserve pour une autres
temps.Je ne puis rien diro
après ces earoles, mon rai-j
sonnement feroit moins d'im
pression qu'elles ne
doivent
faire. Il y a des choses qu'on
n'a pas bcfoin de faire remarquer,
tantelles font brillantes
d'elles-mcfmes
; ainsi je passe
à ce que je sçay que vous fou-I
haitez ardemment d'a pprendre
,
c'cft de quelle manicrc
les bonnettes gens, & qui
font amis de la vcrité, parient,
en Hollande de ce Combat;
car il fc trouve de la sincerité
dans tous les Etats du monde,
&les vertus, &les vices font
de tout pa ys. Quand les Ennemis
appcrccurent la Flote
de France,ils furent cxtrémement
surpris de la trouver
si peu nombreuse. Ils crurent
qu'il y avoit quelque ftratagême
, & qu'une partie des
VailTcauxestoient cachez; de
forte que l'Amiral Almonde
qui commandoit la Flote de
Hollande, s'imaginant qu'il ravoit de l'intelligence avec
ks Anglois
,
& que la Flote
de France elroit plutost venuë
pour faire une jonétion
avec eux) que pour les combattre
, envoya à Mr d'Elval
pour luy marquer son apprehhcennfnioonn
llàà-dessus. M1 cCEJval
-
d cnus. M~ d- vai
luy manda quil ne sçavoit rien
de ce qui cauflit ses soupçons
qu'il , efioit pourtxntperjuadé du
contraire> maisqu'en tout caé il
ne ltaffuroit que de luy &de[on
VaijJeau.L'AmiraI Almonde
envoya enfuitc dire la mesme
chose à l'Amiral Ruffelj qui
luy fie la mesme réponse On
voit par làleridicule des Ecrivains
qui sobftinent à dire !]
que les François avoient foixante
& dix gros Vaisseaux
dansceCombat &cela,afin
de leur en faire perdre cinquante-
six. Quand on parle
linfi directement contre des
:airs publics, & généralement
reconnus ,comme de pareiles
impostures se détruisent
l'elles mesmes, il n'cft pas
leceflaire d'y répondre. Al)
ontraire, il est avantageux
iuon les porte a cet excès, parc
que de semblables faufle-
:z citant trop manifestes, les
lus credules ne peuvent estre
pompez ,
& les mal intentionncz
mesmes n'osent dir<
que l'on doive ajouter foy a
de tels Ecrits, puis qu'ils paC
feroienc pour gens qui manqucroienc
mesme de [en:
commun) s'ils croyoieni
des choses qui n'ont pas h
moindre ombre de vrayfembiance.
En vérité il saus
que les Peup les qu'on veuj
ainsi abuser feyentbienignoj
rans des affaires du monde
s'ils donnent dans* des pan
neaux figrofïiers.Ilsauroicn
beaucoup de raison de vou
loir du mal à ceux qui cher
chent à les y faire tomber
lors qu'ils viennent à eitre
éclaircis
, ce qui arrive prcC-
,Guc toujours peu de temps
aprèsqu'ils ont esté abufcz,
parce qu'ils ne font pas trompez
avec art, & que les grandes
veritez ne manquent jamais
à se découvrir. J'ay vu
une Lettrede Hollande, d'un
homme de probité & denie- ire & à qui l'on peut
ajoûter foy. Elle porte? que
les Kollandois ont eu cent
.quarante hommes tuez sur
rieur Flote., & environ trois
[cens blessez3 & deux Navires^
fort endommagez. Les
e o
metmes Lettres ajoûtcnt;
qu'il ne faut pas s'étonner
qu'ils ayent souffert un dommage
si peu considerable,
puilquc les Anglois ont eu
tout l'honneur du Combat,
ce qui fait qu'on leur donne
deux mille morts & trois mille
blessez sur leur Flote. Ili
faut remarquer la prudence
de celuy qui écrit. Il ne dit
pas qu'ils ont eu, mais qu'on
leur donne. Selon la mefmc
Lcttre, Mr de Tourville avec
dix sept Vaisseaux.cut affaire
à l'A miral d'Angleterre, &
au gros de sa Flote pendant
quatre heures
,
le banc tort
bien, & avança en bonordrc:,
fc avec beaucoup de fermeté.
Enfin cette Lettre finit en
marquant que l'endroit du (Combat nous étoit defavantageux.
& queïi nous eussions
eu un Port dans la Manche,
l'avion cftoit fort belle pour
-n.us. Malgré le malheur que
rnous avons eu ) on est contraint
d'avouer qu'elle nous
jeft glorieuse. J'ay remarqué
.1ue les Anglais, & les HoljUndois
n'ont osédireque
ce Combat estoit une
-
che revan- de la Batailleque nous
gagnâmes dans la Manche, il
y a deux ans. Ils perdirent
dix-huit Vai{fcauxJ& ils les
perdirent dans le Combat.
Ainsi cette perte ne leur fut
causée que par la feule valeur
des François, au lieu que cel-,
le que les François ont faite
cette année
,
n'cft point u effet de la valeur de leurs Ennemis.
Ils ne peuvent en effet
cirer plus de gloire des
Vaisseauxqu'ils ont brûlez
qu'en auroit un Régiment
entier qui auroit donné la
mort à une douzaine d'hommes
qu'il auroit trouvezs
fieparez d'un plusgrand corps,
affoiblis, & ayant perdu une
partie des choses necessaires
a leur deffense,commeles
nostres avoient perdu leurs
ancres, & leurs cables dans
les Roches & dans les mauvais
fonds. Il faudroit pour la
¡gloire des Anglois & des Hollandois
,
qu'ils eussent pris
une partie de nos Vaisseaux
, & qu'ils en eu ffent brûlé &
;coulé d'autresà fonds. Illeur
efl:mesme honteux de ne l'avoir
pas fait, ayant une si
grande superiorité sur nous,
& tant d'avantages du coftc
duvent&dulieu. SiccCom3
bac par ses malheureuses fuiteç
a pu reculer le mal que nous
pouvions leur faire, il fait si
bien voir à toute l'Europe
qu'ils n'oferoienc paroistre
contre les François avec dei
forces égales) que je ne sçay
s'ils ne devroient pas fouhai-j
ter qu'il n'eust point esté don1
né, puisque noftrc perte nous
couvre de gloire,& que ICULI
Victoire les couvre de honte.j
Enfin c'est pour eux une
manicre d'affront, que nous
soyons fortis d'un Combat, où ils devoient nous abîlTIer,
sans
Ans que nous ayons perdu un
jeul matl, lors qu'ils avouënr
iux mcfmcs qu''iillss ont ppeerrdduu
juatre ou cinq Brulots pen-
Jant le Combat, sans avoir
pû porter la moindre atteinte
à nos Vaisséaux. Ils ont
oubliédabord> pour avoir
icu de se vanter de quelque
iiccés, parce queftant si lujerieurs
ils devoient au moins
'avoir emporté sur nous en
quelque chose pendant que
'on combattoit,qu'ils avoient
fû fauter trois Vaisseaux en
/air
,
& ilsl'ont dit dans
cdessein de reietter enfuicc
cette perte de nostrecofté,
ou plûtost parce qu'il falloii
marquer quelque cfpece d'avantage
à leurs Peuples, qui
se fcroient plaints, qu'un si
grand nombre de Vaisseaux
n'en eust remporté aucun
contre une Flote qui n'en
avoit que quarante-quatre
car les Ennemis ne fçavoiend
pas encore les pertes quflj
nous avions faites après 1<4
Combar. Cependant ils on
la honte de voir toute l'Eu
rope persuadée du contraire
puis que nous n'avons perdu
aucun VaifTcau pendant qu'on
a combattu; de fortequ'ilfaut
qu'ils ayentesté pertuadez de
la fausseté qu'ils ont avancée
en le publiant, ou s'il cft vray
que trois Vaisseaux ont fauté
en l'air, on ne peut douter
qu'ils ne soient Anglois ou
Hollandois. Vous pouvez juger
de l'cfiat dePArmée Navale
que le Roy a encore sur
l'Océan
, par la lifte des Vaiffcaux
qui relientà Sa Majeilé.
Je viens de la recevoir, & je
vous l'envoyé comme je l'ay
receuë, sans y rien changer.
yaijfeaux qui etoient au Combat
donné le 29.May.1fyz. proche
de Grenelé& Gerzé) & qui
font arrive^ à Bertbaume> &
entrez dans la Rade de Brejli
le 6. Juin 1692.
LtOrgucilleux,Mr de Gabarer.
Le Souverain, Mr de Langefan,
LePlinccJMrde Bagneux,
L'mustre, Mrde Cornue.
Autres Vaifjeauxvenus lep.
Juins &entrer dans la
Rade de Bre,f..?
Le Monarquc,Mrde Némond,I
L'Aimable, M'dePvéal.J
SVdiffeaux qui fontau Havre.
fLe Diamant) M'de FcUqUIC- rcs.
- ttEntcndu.
Mrde Ricoux.
Le Vermandoiî
Le Neprune.
Le François.
Rockefort.
Vàtfjcauxquisefontretire^ àS.Malo.
Le Grand.
La Couronne.
Le Conqueranr.
Le Saint Esprit.
Le Glorieux,
Le Brillant.
L'Excellent.
Le Courtisan.
Le Sérieux.
Le Courageux.
Le Laurir.
LaSirenc.
Le Henry.
Le Sans pareil.
Le Moderé.
La Perle.
LeContent. j
Le Fleuron.
Le More.
Le Brave.
Le Saint Michel.
1 Neuf Brulots.
Quatre Vaisseauxde charge.
Il entre encore trois Vaissèaus
dont je ne puis vous dire le
nom.
yaijfeatix detskC le Comte
d'Eflrées eslans en Rade.
Le Sce- jptre- .
Le Magnanime.
Le Lis.
Le Superbe.
L'Invincible.
L'Heureux. *
Le Courtaut.
Le Marquis.
L'Ardent.
Le Hardy.
Le Fortuné.
Le Précieux.
Le Bon.
JL'EcIatant.
VaiJJeaux qui rejlentdàns la Rai
de avec Mfdc- Cbajteaurcnaut
Le Formidable.
Le Pompeux.
LeBdliqueux.
Le D.iuphin Royal.
Le Fionffanc.
Le PJrfait.
L'f\grcablc.
Le Ferme.
L)Entreprenant,
L'Ecueil.
L'Arrogant.
Autres Vaisseaux qui efcortoicnl
les Baflimens de charge* j
Le Furieux.
Le Téméraire.
••-
L'Heureux-rçtour.
Le Trident.
Autres Vaijjeauxdel'Efcadrt
de Mr deUP.Qrtf, &
qui font revenus.
Le Fulminant>M1dclaPqac.
L'Intrépide, Mr de S. Hermine.
Li-Viétoricux, Mr d'Amble
mont.-~ Le Vigilant, Mr le Chevalier
Dcfmont.
L'Apollon, -. -Mr le Marquis
de Rouvrojr.
Venus de ^Port-Louis.
Le Vainqueur.
LeFidellc. DansleTorK
- Tous ces Vaiffcauxayant
leurs' Equipages, & ceux de^
Vaiffcaux brulez ayant cfté
sauvez, on s'en fert pouréquM
per plusieursVaisseaux detoutes
fortes de grandeurs> qui
ne dévoient pointservir pendant
cette Campagne.
Je vous envoyé un estat de
la Flote d' Angleterre & de
Hollande, que vous ne pourrez
lire sans redoubler vofire
admiration pour les François,
qui avec quarante-quatreVaiG
féauxontcombattuuneFlotc
qui devoit inspirer de la terreur
àtoute autre Nation.
- - -.----- --- - - ---
1FLOTE D'ANGLETERRE.
1 6. Vaisseaux de 100. Canons. io.de96.
23, de 70.
,6. s: 60.
7. de 50. TOTAL.
Vaiileaux
, 52,.i
.Canons 3680.
Ces Vaisseaux estoient mon*
tcz de 24736. hommes. Il y
avoit aussi dix huit Brulots.
* .Ylote de Hollande.
5. Vaisseaux de 92.. Canons.
5. de Si. --~-
6,de 11>)/j 73..
10. de 60.&C4I
J. de jo. TOTAL.
-v-a.i.li-eaux 3t. Canonszi66.
Ces Vaisseaux estoient montez
de 10^25. hommes.
Total des deuxFlûtes.
Vaificaux 81.
Canons J846.
Hommes35661.
Ces quatre-vingt un Vaiffeaux
avoient encore esté
joints par [cpt ou huit autres
quand le Combat s'cft: donné.
Quoy que vous veniez de
lire tant dcparticularitcz touchant
ce Combat, qu'il femble
qu'il n'y ait plus rien à
souhaiter là dcÍfus, je ne fçaurois
m'empcfcher dajoûter
encore icy un petit extrait,
qui vous confirmera que la
perte qqe nous avons faite
n'est point un effet de la valeur
des Ennemis. Voicy cet
Extrait.
Cependantnous nousretirâmes
rans avoir perdu un seul Vaif-
Jtau
y ce qui esi une choft fur-
Prenante;au contraire nous cou-
Vîmes cinq Brûlots des Ennemis;
ais comme il n'tuft pasejle pruent
de compter qu'une pareille
chose pourroit arriver unesecondï
fois-) aprèsavoiresié le lendemain
en presence des Ennemis, noui
nous retirâmes le jour fuivanrt
& l'on avoit dessein defortirdt
la Manche, lors que noflrt Armée,
que les EnnemU suivoient
toujours, alla au Ras.Blanchardi
qui est le détroit entre l'ijle d'O.,
riçny& la terre ferme. La reequinousefloit macontrai
t-t ree qui nous estoit contraire fsée-.
conda pour nous persecuter lei
Courd.ns,qui dans cet
endroitfont
furieux.Onfût oblig;dfJmoüil
1ery pour attendre qu'elle notai
suflfavorablej mais les ancrei^
de quinze de nos Vaisseauxni
purent tenir, f0 la mer les fortoit
sur les Ennemis. Le refle
pajpt» serendit à Brest.Troh
de ces quinkeyentrelesquels cjloit
le Soleil Royal, d'où Ml de
Tourville s'epoit retiré, entrerentdansla
FojJè du Galet de
ÇherbDurgpour éviter lesEnne-
Inis7 qui en avoient détache un
grand. nombre pour les ruivre.
ils s'échouerent à couvert d'un
fetit FortdeChetbourgt f0st
défendirent pendant deuxjours)
l Vous avez fccu leur deftipéc,&
celle des4puzcautres
qu'un mefmc malheur fit relâcher
à la Hoguc. Je ne
croy pas que jamais afraire aie
este mieux éçlaircic que cellecy.
Les Enhemis racfraes en
demeurent d'accord
,
fcntens
toutcèqu'il y a d'honnestes
gens parmyeu^, & non
pas lcsEcrivains» quine font;
pas moins connoistre la veritéj
efn oeutranrt to.ut p'o.ur l.a d1égui-j Je ne fejaurois finir cet ar-,
ciclej sans vous dire encorej
une circonstance que jeviensi
dapprendre) &.qui me paroist
aussi curieufc qu'elle cllvcri-j
ta ble.Ccft que le Vaiflcau de j
Mr de ToutVilicHc un feu si
- - ------ _-.-
faricux &si terrible, que tout
in rang des Vaisseaux cnncnis
qui cftoit à l'un de ses
:oficz, coupa Ces cables,& fc
étira, & qu'en mesme temps
lofire Avant-garde avec qua-
'orze Vaiffcaux, fit une si
)onne manoeuvre contre cele
des Ennemis* qui estoit de
rente-cinq
»
qu'elle lempê-
:hadc nous mettre entre deux
eux, leur dessein estant de
IOUS enfermer dans leur Li-
;ne. Enfin, quoy qu'ils foirnç
buvent venusavec des VaiU
:auxfrais, ils n'ont pû, cornac
vous l'avez fccu,& fuivang
ce que portent toutesles R<
ladohs~& ce que les Hollail
dois plus sinceres avouct
cux-mesmes, nous démalfr
feulementun Vaisseau. Ain
jamais Combat n'a estéplt
honteuxà aucune Nation
que celuy-cy Tcft aux An
glois & aux Hollandoi$
, qui ne nous ontpris» ny cou
lé nybrulé*aucunsVaisseau:
pendant le Combat. Nou
pouflarties la valeur bcaucouj
plusloin dans celuy qui su
donné contre euxil ya deu: U, ans, puis quecommejevou
l'ay déjàmarqué, touteleu
pheuritte, qui fiemontaa dix-
Vaiflcaux,fut un pur
effet du courage & de la bonne
manoeuvre des François,
&non du malheur, comme
celle qui nousetfarrivéc.cettc
année. Outre les Vaisseaux
quejevous ay dit que l'on
peut remettre en Mer preléntementï
nous avons ençofc
lesBaftimcns suivans.
7JRVLOTS DE VARMEE
t de M1 de Touryjjle.
LePétillant, Mr Scrpcau.
L'Enflamé.
JLcSéditieux.
Le Dragon.
L'Impcrtincnt,MiMarinfï.
FREÇATE.
La Gaillarde) Mr Boutevilk
Galiotcs à Bombes de lArml
deTrovence.
L'Eclatante> MrBeau, ssier
La Belliqueufc, Mr, Gom:
baur.
La Terrible, MldeRaifTondes
Chiens.
ÏÏrulots de l'Armée de Provence]
Le Fourbe:, MrVatguin,
LeLatin, MrGinette, -
i Le Violent, M.* Parai.
L'Indiscret, M) Àrigencî-
Le Cachet> M.Maudy.
* Asnon, M.Terrar.
k L'Ouvrage que vous allez
i
flire a esteadresse à Madame des Houlieres vpar Mr Cafiail
ligner de Tcrncheu, Auteur d'iune, Epistre surles Anciens
| & les Modernes,,, que je vous
r ay envoyée dans ma Lettre du
1 mois de Novembre dernier.
E PISTRE.
HEureux qui comme -vous mnflieffe
de la Rime,
joint L'Art.À L\Nature,&sans peine
s'exprime,,
Des omlieref ;pour moyqui n'écris
quauhasard>
LaNature sauvent veut .remporter
sur L'art,
DansfeségaremensmaMufe libertine
Neveut'rien qui l'arrefit & rien qui
la chagrine
Sujettefeulementauxloi* dela. raifen
Lacontrainte pourelle estun mortel
poison,
Traduifintquelquefois Virgile, ovide
i Hotace,
Elle negiigc trop les réglés duParnaJJe,
Et malgré les conseils defiJliNs chers
Amis,
FAT malheur AU Poete elle croit tout
permiJ.
Zuefaireerycet efiât,charmante des
Houlierez?* %,
Surellerréepandst/^v.os,criejiet-lumie- Elle admire vos Versy^leur^dcnce,
leurs fonti•
- Et cherche â profiter de leurs dalles
leçons*
Jjïui connotflmieux que vous les
bords de &HippQirene?
Jïuelstours harmonieux ! quelle fer- ;tiltvvefaei
Verte&fèîndnwosvoixauxmurmures
des eaux ;
aimablesRossignols,& vous, pftifs
Oiseaux
Jgu*on entende far tout vos- chants,
vojlie ramage,
Ont-ils riendef;douxquesondivin
langage?
LaRose, lefa/mint toutes les tllllfer
jlrllrs,
Doivent à son pincean leurs plus
vives couleurs.
paiffiZ,petits Moutons,fins crainte3
sans alarmes.
Si de voftte indolence elle A décrit les
chitrmeJ,
Par ses raisonnemens,si plausibles5
si doux,
Vous estes plus contens, & plus sa.
ges quenous.
C'ejlllinji qu'autrefois le Chantre de Sicile,(idile,
Sur de fcmblablessonscomposoit un
Jïue Bion & Moschusétroitement
IJniJ,
Plaignoient
?laignoientïAmourensuite , & la
mort d'Adoiiis,
£>tte Virgile exprimoitftn amoureuse
peine,
Et chantoitAU^U-iVollh»& Mecene.
Des siouiiereJ plusJage,aufji Jçavaréle
qvfdx
) ïonrioiftïAmourSfes maux ,
(7 ne
finipoint jesfeux.
;h(Z elle Cupïdon rd"Âorrt-tienl que
sa Hsre,
Mais commentpénétré d'unedouleur
amere, 'eplaint-ilà Venus des honneurs
que l'on rend
tux beauuZ de mon Prince, à fin
augup rang?
Jgvçlle douleur pour III) ! quelle
mortelle atteinte!
Ii chez, Anacreon ilformequelque
plainte,
Une Abeille la cause & troublesi
repos,
Mais icyp-ourRivât* c'estun jeun
Héros.
Agréable pinceau, plume toujom
fertile ,
6)ue vous nous peignet bien en i 1- Cour, en la Ville,
La jeunesse fougueuse ensa brutA
tité,
Ses emplois, fis travers ,fin inci
vilitét
guel portrait, quelcrayon
,
quel
divine Image!
Apollon voitM rien de plus beat
de plusfige ?
Quelles refitxions! lanature, si
maux ,
Vhomme,sa vanité, fis desirs ,si
dejfauts,
Ses inutiles foins, ce monde qu
l'amuse,
Sont les dignesJujetsquifontparler
JaMufe.
Contre le bel,ejprit elle s'anime en
vain,
Des Houliere's détruit ce que traceÃ
main,
Etfis productions sint autant de
merveilles
Ccjl refpritdeM, alherbe,&Ce/prit
des Corneillej>
,.tnand elle veut tracer les exploits
tnouis
»
La valeur, les combats, la grandeur
de LOVIS.
Mais quel Çujet nouveau pourfin
eJPrit j'apprtjfe! (conquefie.
LorIS party&jamarche allure une
LeJierNaJfaufrémit le Belge aux
Aou
D'un bras toujours vainqueur claint
la force& le poids.
Une égaléfortune en tous lieux tac.
compagne;
La Viftoire avec luy commence laCampagne.
Namurle voit affronter lesha'
zards
, Et déjà sa presence êblanleses ram*
parts.
En vain l'ZJ/urpateur assuré de si
perte
Demande du jècours) laTranchée efi
ouverte.
La Sambre pour coulercherche d'autres
canaux,
Et change pour Louis 14 pente defis
eaux.
Quellemoisson pour vous, fiavantt
des Houlieres!
Jî>uels exploits
,
quelVainqueur, que
de grandes mtiieres !
La Musl-qui chanta, la conqucfte de
MOttSy
B'n faveurdeL0VIS va chercherd'autres
tons.
Iln'y a guere de Villes en
France où l'on ne fafle des Panégyriques
du Roy. Le 14. de
May
3
jour où ce Prince monta
sur le Trône.) Mr de MonxaudicrjAvocatau
Parlement
, de Toulouse,&l'un des Membres
de l'Academie de la me-fmeVille,
fie l'élogedecet
Auguste Monarque, dans le
lieu destiné à ses ASemblées,
en prcfencede plusieurs pe-rsonnesd'un,
rare mérite. M1
Graverai, de l'Acadcmic d<
Nismes«estoit de ce nombre
Il doit bien-tost donner au
Public les Eloges des Hom-
Inçs Iiluftres de Languedoc,
& s'est déjà fait connoiil tc
-avec beaucoup d'avantag,,
dans la République des.Let<
très, par divers Ouvrages fui
leDroit, & sur plusieurs autres
matieres. M. deMontaui
dicr n'eue pas moins d'admirateurs
dans cetteaétion qu'il
eut d'Auditeurs.Mr deRoco
lci^ l'un des
Hiftoriographcî
du Roy, & des vingt quatre
Docteurs Honoraires de la
Faculté de Droit de l'Univer-
,lité de Paris, dans laquelle il
js'eftauflï fait assezconnoiftrc
par sa belle Litterature, & par
»quancité d'ouvragesqu'il a mis
tau jour,fc trouvalicettcmême
Assemblée )aufil. bien que Mr
MartelAvocac au Parlement.
de Paris, & fortdiftinguéparmy
les Sçavans par beaucoup
de Pieces éloquentes, & par
les Voyages qu'il a faits, sur
tout en Italie- où il a cfjé
aggrege à quelques-unes de
ces flonffaotes Academies, où
il est si glorieux d'avoir une
place. Ils font l'un & l'autre
des princi paux Í Membres d<
ccllc de Tuuloufc.'i.vjrfrfA i
ub Madame la Comteflc d<
.!\.hrfu) cft morte icy depuii
peu de jours. Elle s'a ppelloii
Mare d'AlBrct> & cltoit de
la Maison de ce nom, qui cfl
lune des plus nobles&rdcs plm
illustres du Royaume. Amanjeu
I. du nom >
Sire d'Albrer
vivoit dans le douzième Sicetc.
C'est de luyquVll defeenqp
Charles I. Sire d'Albrct
Comte de Dreux &Vicomte
de Tartas, Connestable de
France,tuéen 1415. à la Balaille
d'Azincourt) où il commandoit
ilAvant
-
garde de
l'Armée. Il avoitéposfé Marie
j Dame deSully. & de
Craon
à
Veuve de Guy VI.
Sire de laTremctiilk,& Fille
unique de Lcii^Sirc dc Sully.
De ce mariage forticCharles
II. qui laiflfa d'Anne d'Armagnac
une tres-belle poficrué.
Jeand'Alb!t.t
)
fonFils AinéJ
époufaCatherinede Roha-n,&-
il en eut Alain,Sire d'Albret.
qui prit allianceavccFrançoifc
d«^Bretagne,Comtefie de PerigordTPilîeaînée
& Heritiere
de Guillaume deChaftillonj
ditdeBretagne.JeansonFils
ainéj fut Roy de Navarre, a
Perc de Henry d'Albret II. dt
nom) aussi Roy de Navarre
Ce Henry d'Albret, Fils d<
Jclan & de Catherine de Foix
épousaMarguerite dOrleans
Soeur unique du Roy Fran
çoisl. dontil cm Jeanne d'AI
bret, Reine de Navarre, qu
époufaAntoine dcBouI bon^S
fut Mere de Henry IV.Roy d
France & deNavarre.il s'eftoi
fait une branche de la Maifoi
d'Albret, par un des Fils d
Charles II. Sire d'Albrec,mor
en r471. Jean d'Albret, Baroi
de Mio nens, qui en eftoitdcl
tendu, vivait sur lafin lia
dernierSitcle.. 11 épousa Sufanne
deBourbon3 Gouvernante
de la personne du Roy
H-cnry IV.& ilen eucHcmy
d>Albreç, qui d'Anne de
Gonclrin -,_Montefpan laissa
François- A lexandre,Sire de
Pons, &Ccfar Phoebus d'AlbretJComte
de Miossens,
Maréchal de France, Cheva.
lier des Ordres du Roy3 &
Gouverneur de - Guienne. Ce
dernier, épousa en 1646. Madeleine
dc^Gucnegaud, Fille
puifnée de GabrieldeJSuenegaud;
Sr du Pleffis-Bcllcville*
Trcforicr de l'Epargne, & d
Marie de laCroix, Vicomtcfl
deSemoine,dont il acu Ma
rie d'Albret, mariéeen pre
micrcs Noces pardifpenfedi
Pape en i66LÀ CharlesAman
jeu3 son Coufin, Fils de Fran
xjois-Alexandre
,
tue en 167S
Seen fécondés Noces àM' 1
Comte deMarfan. Cestccll
donc jevousapprens lamori
Vous fçavcz que MleComt
de Marfan cft Frcrc de M1 1
Comte d'Armagnac
»
Gram
Ecuycr de France, &Filsd
Henry de*Lorraine, Comt
d'Harcourt, fécond Fils d
Charles de Lorraine I.dunom,
Duc d'Elbcuf.Personne n'i-,
gnore combien feu Mr le
Comte dHarcourt a rendu
Ton nom ccdcbrc.
Voicy les noms de quelques
lutres Perfonnest: confiderables
mortes depuis peu de
çemps.
: Dame Claude de Menou;
Àbbesse de la Bourdtlliëre-,
qui est une Communauté de
Religieulesdel'Ordre de
Cifteaux> Diocese de Tours.
Elle eftoic la première Abbesse
de cette Maison, qui
Ravoireu auparavantqu'une
Supérieure perpétuelle. JI
vous parlay il ya quelque:
années des Lettres patente
que Sa Majesté luy accorda,
& je vous appris en melmc
temps que le Roy s'estoitre*
servé la nomination) qui étoii
à McffireLçiiis de Menou,
Fondateur de cette Maison3
& Frcrc de TAbbefledont je
vous apprens la mort. Elle
-
cftoit non feulement d'une
solide vertu, & d'une pieté
édifiante, qui servoit d'exem'
ple à tout ce qu'elle avoit de
Rcligieufcs fous sa condtiite,.
mais aussi d'un profond fça-J
voir dans ks belles Lettres.
Elle a reccu tous ses Sacremens
avec des sentimens si Chrefiiens
qu'on n'y peut rien
ajouter. Quand^on luy appor.
ta le Saint Viatique, elle (c
jetta à genoux dans la place
pour le recevoir,sans que les
personnes qui estoient auprès
d'elle s'apperceuflent de qu'elle ce avoit dessein dé faire.
Madame deMenoufa Nièce
Fille de MrdeMienou, leur
Fondateur, nommée par Sa
Majesté pour luy fcivir de
Coadjutrice, luy a succedé.
Cest une Dame d'un fort
- - - -
grand mcncc, & quimarche
dignement, pour la pieté
& la vertu) sur les pas de sa
Tante. Quand on a fondé ce
Monastere
,
il cftoit compose
de sept Soeurs, dont la défunte
Abbcflc clloitrAinée:
,
de quatre autres Rchgieufcs
du nom deMenou, Filles du
Fondateur) & Nieces de ces
[cpt Soeurs, de trois autres
de leurs Nièces,Filles d'une
de leurs Soeurs, de pluficurs
autres Filles, aussi leurs Pa*
rentes, & d'une personne de
qualitéde laMai[ondeCluis)
ce qui rend cette Comrnu-j
Haute la ptus fingulitre du
Royaume. Mrlabbé de Menou,
Frere de la défunteAbbeflfe,
cft Supérieur & Directeur
du Monastere. C'est un
homme qui n'a pas moins
d'érudition que de pieté. La
Maifôn deJMcnou cftoriginaire
du Perche, où ]a Teire
de ce nom est située. Il y a
prés de quarrc-cens ans qu'ctlc
cft établie en Touraine) &
ceux qui en font fortis ont
poncdétes plus belles Charges
de la Couronne, comme
celles d'Amiral, dc.Giand-
Echanson,& de Gouverneur
des Enfans de France. Ils oni
des Titres qui font voir que
dés l'an 1135. ils prenoient la
qualité de Chevalier. On en
voit où un Nicolas deMenou
fc qualifieNoble & Puiflanc
Chevalier, Grand Maiftredes
Arbalestriers de France. M"
deMenou, Fondateur de la
Bourdilliere, est le Chef de
cette Famille qui a fait diverses
branches) Il y en a eu toujours
au fervicc de nos Rois,,
& presentement il y en a cn-i
core onze; les uns Meftresdc;
Camp,d'autres dans les Mousc,
quetaires qui commencent
leur service, & plusieurs Chevaliers
de Malte. De Menou
porte de o-ueulesà la bande d'or,
f Messire Nicolas Gedoiiin,
Abbé deSaint Memin.Outre
sa naissance
,
il estoit d'un
mérité distingué par Ces qualitez
perfonncitcs, &sur tout
parsonéminente picréJ qui
ravoit porté à le retirer depuis
plus de trente années
dansunedes Maisonsde l'Hôpital
General, pour se donner
out entier à l'infiruétion des
Pauvres, qu'il afliftoit libellement
de fcs biens.Aussi
voit-il eu l'honneur d'eftie
nommé par le Roy à des Mil
fions très-importantes, don
on a vû toujours le succés ré
pondre àfon zele. Il estmor
le 14. de ce mois*âgé de foi
xante & quatre ans, apre
avoir donné des marque
d'une humilité profonde pa:
une amende honorable qu'i
fit pendant une demy heure
en presence de tous les Eccle.
(hitiques de la Maison
à
&
d'une partie de sa Famille.
Messîre Henry Arnaud
, Evesque d' Angers, mort dam
son Dioccfe, âgé de quatrevingc-
quinze ans. Il a toujours
rcfidé,&n'a jamais attendu
qu'on luy aie parlé des affaires
de sonEvesché, où il estoit
necessaire de remédier. Sa
vigilance le faifoic aller au
devant de tout, & quand il
a eu quelques procés) il n'a
idoinecherché d'autres folli-
.citarions que l'équité de sa
xaufe. A:uffi ses Juges disoient
que (on silence faisoit plus
pour luy que tout le credit
qu'il eust putrouveren follicitant.
Dans les années où les
récoltesontesté rnéchJntc!;)
il a toujours fnt: de fort crar.- dcs chantez t7) iaux Pauvres» (ans
qu'on ait fccu d'où elles venoicnc.
Sa grande application
à l'étude luy avoit fait
perdre la veue depuis quelqucs
années, mais la force de
son esprit n'avoic point diminué,
& il auroit mérité d'efire
de l'Academie d'Angers,
quand mefine les Evcfqucs de
ce Diocese n'cn feroient point1
Académiciens nez.On ne doitl
pasenestresurpris. puis quei
l'eforiccit un privilcgeacquiqj
à tous ceux de cette FamillcJ
Elle cft d'A uvergne, & nors
feulement noble & ancienne,
mais celebre par les rares qua-j
iitcz des grands Hommes qui
en font fortis. Pierre Arnaud,
Mestre de Camp du Régiment
de Champagne, General des
Carabins, & Gouverneur du
Fore- Louis basty prés de la
Rochelle) pour tenir cette
Ville en crainte, eut un si
D),orand génie pour la guerre)
lue le feu Roy voulut sçavoir
:oute sa manière d'armer
>
de
:onduirCj &d'e faire combatre
Ces gens, afin d'en tirer
es ordres qu'il voulut qu'on
)b fcrvaft dans toutesles
rrou pcs Fran^oises. Il eftoic
:rerc d'Antoine Arnaud,
Procureur General de la Reine
Catherine de dç: Médias, l'un
des plus -éloquens hommes de
son temps, dont MrMariop,
Avocat General, connut si
bien le mérite, qu'illuy fil
cpoufcr Catherine Marion sa
Fille, qui cltoit fort riche.
De ce mariage sortirent MçffireRobertA
rnaudd'Andilly;
Mcffire Henry Arnaud, Evcfque
d'Angers qui vient de
mourir, & Mcflîre Antoine
Arnaud,Docteur deSorbon-J
ne. îvlrd'Andilly,l'Ainédq
tto is, a yantesté fort jeune
à la Cour, y parut digue des
plus
plus grand,tllnplois, & en
soutint de tres-importans avec
une probité quirépond oità
sa fuffifancc. Le mépris qu'il
avoic pour tout ce qu'il y a
pc plus flateur dans le monde,
^'obligea de se retirer à lJAb..
paye de Port-Royal des
thamps> où sa Mere, six de
es Soeurs, & cinq de ses Filles
)nt elle Religieuses. Il eftoic
ilors âge de cinquante cinq
ns, &c'cfi pendant le temps
le cette retraite, qu'il afeomlofe
tant de beaux Ouvrages
, IUYil a imprimezen 8.volumesin
fuhoAl mourut en 674.
& dans les aqgiicres année:
de sa vie, il eue la consola
tion de voir son dcfintercffe.
ment] iécompenfé par la ju.
fiice que-leRoy rendit ai
mérite de Mr Arnaud d<
Pompone son Fils, en Iuy en
voyant le Brevet de Sccrctair
d'Etat, lors qu'il estoit An).
bafladeur en Suéde.
Dans le mcfme temps qui
la Ville d'Angers a vû mou
rir son Evesque,ellea perdi
,Mf d'Antichamp »Lieutenan
deRoydelàVille& duCha
tfcau. Il estoit d'une ancienn
Famille du Dauphiné, & avoi
quarante-aris de service, avant
qu'on luy fist occuper ce porte.
L*Academie d'A ngersJfort
:xa£te sur le choix des personnes
d'cfprit, l'avoit mis
~u nombre deceux dont son
rorps est composé.
t La Chambre des Comptes
le Pau a esté unie depuis peu
u Parlement de Bearn,& des
eux Ccrps on n'en a fcic
pliun.
LU se faisoit depuis quelque
:mps de grands préparatifs à
[urin contre-Pignerol) mais
pxecution du dessein que
pn avoit pourra estre rccule
par 1accident qui arriva
le 4;de ce mÓis" dans FArfenaldc
cette Place. UnOUH
vrier ayant donné un couB
demarteau surune Carcaffejj
pour voir si elle estoit bien
faite» il en sortit quelques
étincelles,qui mirentlefeu à
cet Arfcnal. Dix milleGrci
nades, quatre cens Bombes^
& plus de huit censCarcafled
chargées,Bl qui eftoienr déjà
surdes chariotst fautèrent c
l'air-, & firent un si horrible
fracas, qu'il y eut des poutre
-
pouÍfées jusqu'au milieu d
la Ville. La Tour oHeftoicn
les Poudres fauta de melme
, & plus de mille Mousquets,
autant de Fusils, une grande
quantité de mèc he
)
& plusi:
tirs charettcsRaffuts deCanon
furent blUlcz. aufli-bien
que la maison de MrrArchercfquede
Turin
,
le Convenc
le la Visitation, & trois ou
juatre autres maisons voifiles.
M'le Duc de Sayoyealla
uy-mcfme donner ses ordres
Tour étein d re le feu
,
In mais
n'en put que fore difIici-
[ment arrester la violence.
7n dit qu'elle a ouvert un
iaftion de cette Place.
n Vous cftes si curieuse d1
tourcs lesch osesextraordinai
res, que je ne puis m,cmpe1\.
(her" de vous padtr d'un Oi
seau très-rare, nommé Ca. fitdt ou Cafitarius,qui cf
a Jivau-udepuis que lque
temps. Il cft plusgros qu'une
Auftiuchc, & un peu moin:
haut. Il a(on corps tout couvert
de plumes de diffcrentci
couleurs que l'on prcndroii
pour du crin, sur tout Ion
qu'on le touche legeremenr,
parce qu'ellcs font fort tousues.
Le tuyau en est petiti
ce qui fait connoistre qu'cllci
1
d
tic pcrccnt pas bien avant dans
le corps de rOifcau. Il n'a
point d'aile, ny d'autres plumes
que très-petites. Il n'a
point- non plus de langue, Il
avale non feulement des morceaux
de pain durs &: rompus
de toutes fortes de figures, &
aussi gros que le poing, mais
encoïc du bois, des racines)
& des Métaux mcfmc. On
allure que quand il fc vuidc,
il rend tour ce qu'on luy a
donné comme il l'a pris. Il a
le cou garny de rouge dans
toute son ércnduë, à peu prés
pomme un Coq d'Inde, & ce
rouge elt, accompagne d de
quelque bleu. Ila sur late (le
une cfpece de caf^ue, dont la
matière ressemble à la corne.
On en a vû un pareil dans la
Ménagerie du Roy à Verfailles
, mais il n'estois pas d gros.
Ce qu'il y a de très fingulicK,
danscetOiftau, c'estTaver-
Eon qu'il a pour les Femmes
& les Filles. Il n'en sçauroit
voir sans les mahraiicra.
grands coups de pied quand
il en peut attraper quelquu-j
ne. Il luffit mefmc qu'un homme
se couvre la têted'un mouchoir
, ou qu'il ait quelque
autre choie qui approche dline
coifure de Femme, pour
faire qu'il coure après luy
,
&
le pcrfccute jusqua ce qu'il
piC: foie défait du déguifej-
ment. o
I Je ne doute point, Madak.
meque je ne vous fafle beaucoup
deplaisir en vous cnvoyant
un Ouvrage dont
tout le monde s'empresse
.d'avoir des Copies. Il est
.d'une personne qui tient
un rang extrêmement distingue
; mais dont l'cfprit
XurpafiTe encore la naissance.
^ous conviendrez dece que
je dis quand je vous auray
nommé Mr le Duc de
JbJcv£is. Tout ce qu'on a vu
de luy est d'un caraétcrc qui
le faitd'abord connoiftreJ
mais si vous avez toujours admiré
le feu qui brille dans
les Ouvrages, vous verrez
avec surprise qu'il aie pu
le confcrvcr dans une matière
qui cft fcchc pour les perfon-"
nes du monde;mais de quoy
un homme qui a l'esprit fin
& délicat, n'cft.il point capable}
Vous trouverez dans
ce cjue vous allez lire le
langage de Sainte Therere, &
de tous ceux qu'on appelle
CjcnsIntérieurs. Ilfaut de l'habileté
pour rendrecesfortesde
termes compatibles avec les
bcautez de la Poësie. ÏIÊ1 *4
.n dUÔtUOI "ÇIV&à "UV"
it l.f{)(J,
AMONSIEURL'ABBE'
1**DDEE LLÀA*' TTRRAAPPEE..
r-i. » *% «* /"* •%
+*Ï«+>»«t*«•#** 0UelAnge ,
quel Ejjril. m,
ravit&meclaire,
* Etjoutenantmafoiblevoix,
£ Mestil fourlafécondefois
Vu profaneHelicon f*Jfer sur le
calvaire,
Et chercher des Lauriers sur l'arbre
b
*
de UCroix? j --
Efi-c9e iker1eje eu cC<aft/herine
uifrét'Pit leurs clarttT^aud,tfeint
que j'ay prit,
M'ouvre les yeux del'ame,&portent
mes esprits
Dans l'abijme profond de l'Ejftncc
divir,e ? s
Déjà Ifut onction pénétrantdanf
mes Versy
De la crdjfl dessens débrouille mon
organe. fini
2 Devoflie faintt vie admirateur projibbé
, je vous invite à ces divins
Concerts,
Vous de Bernard imitateur rigide,
J^uifaites voir en vosfacrez, deserts
Tous les Pauls de la Tbebatde.
Heureux sejour> ou des biens de
L'esprit
On goûte la douceurfupreAmc -
Ç'efl entrer bien avant dans la mort
de foy-mefine,
<£>jfe de vivre comme on y vit.
jiffifcontemplateur vous petz vo.
flre vie,
Et de Marieen Marthe, &de Marthe
en Marie.
J'aurneeointvousprejlerlg'
Tournepointvousprefterk d'inutiles
foins,
POlir observer les faix dujeune& du
Jîlence,
MÙlijlrfs de la rrovidence,
LesHabttans del'airfervent4 vos befot.it,
Volent autourde vous, vousftiVeJlf,
vous efeortent,
Et reçoivent du ciel la Manne qu'ils,
vous portent.
Anachoretesfortune^
J?ue les Angesfont étonNe'{
De vous voir dans laJolitude,
En retrdite avec Dieu9quandfame en
ce moment
Dans un état de quietudea
Jouit de la Beatitude,
Et converse avec luy familièrement.
s
Mijleresincomprehenjibles!
Sans images fanigoufls finfiblel.
Sans raisonnement, sans ¿,¡collrs,
Dieu vousfait tout entendre, & vous
farte toujours.
DDa~nJsluPnion senlsible une a4mWef à DDi~e~u
liée
Jouit, &connoijl fin eflati
MAIScelle qui l'ignore tflplusglorifcc,
Et brille d'un plus bel éclat
Vans l'unioncrucifiée.
C%
Cefiainsi qu'on a vu dans dfljie alltrefois,
Du mystique parfait le plus parfait
modelie,
Abfiorbé tout en Dietè dans l'union
réelle.
Le Seraphique François.
Ce Saint tout rayonnant de vertus
éclatantes,
Porte encor tllljo.rd#hllJJesfiigmatts
JallglllTJttS.
?efipar un long travail & d'jffidgs
efforts,
Par des affligions&des telles) peinesmorQuonlaboure
de f1a'4mmée àà llaaffivueeuurr
du corps
- Les Terres Spirituelles. s
Le celefîe elixt.rpuisé dans l'Ornifort
inonde ious les sens avec tant d'abondancey
Qu'ilpénétre cecorps, &jarfox influence
,
LAve l'impuretédesonpremierlimon.
Cette terre arrosés avec tint de largessè,
Ne craint plus dis faïsons lA dure
secheresse.
Alorjl'Amour divin dans un creuset
sacré
Met cette matiere & £affines
SON feu circuleautour, l'eleve a tel
d^ré,
Qu'ellese chang: en efjlnce divine.
0celefle Chimie ! o transmutation, uidel'Ame&de Dieufaitl'étroi- teIInioll. de Dlcujàit i'étroiAinsi
que deuxcires fondues
L'une dans l'Autre pénétrant*
Vans un tout se reconcenirant,
Leurs naturesfont confondues.
£>uel excèsde douceur &desuavité,
QuanddeJefus mourantnoÇreame
efi enflammée
) Que dans le douxtransport de sifélicité
£nfin amour,ensaCroixiranfformée,
\.se dilatant elle efl toute abifn.ée
Bans des torrtns de volupté!
e l'entens , 0grandDieu, quimourante
& pâmée,
:lJ rompant ses liens, quand vous
la ravijjez,,
'écrie avecXavier, Ab SeigneurJ'(/t
tlflz,.
3.
Tourla ravirsurses afit. s perces,
,
Attire far ramour tz Saint EJpri,
defÙnd)
Venleve avec lecorps
3
lefoutient, h ftfjend,
Et Ittyfaitpenetrer les voûtesêtherees..
Dieu ! que cet extaje & ce vol
Ejlsurprenant) efi admirahlr,
Et qu'il mesemble préférable
Au ravissement de Saint faut!
Mais quelàde matière. mifiiques
Veut débrouiller monfoible efpriti
AAqquueelllleeEEccoolele,- efi ce donc quilapprit
Du monde intérieur les chifres firaphiques
?9
JOuclle honte) htlas ! quel malheur
g)esentirdans mon coetiridinio. tant
de merveilles)
D'en Jraper vosflintes oreilles3
Et de rien tjlre pas meiU(Uf.' g t>fatales grandeurs ! ; vantteT^ mon.
daines !
Sources de tant de maux qu'on voit
dansCZJnivers3
iÀcheJft,pompe»éclat, ambitionhumarne)
J^'evoustene7^ dans de rigoureux
fers
ta volonté captive> & l'esprit à 14
gène!
âquoyfert desgrands biens ïébleùif
fanttresor,
Qu'un prodiguerépand, & qu'un
avare ferre,
Tout cet argent & tout cet or
Que la rouillecorrompt, ou qu'un
Voleur déterre ?
- S
Sortons de cetabijme ,&par unfaim
tran/port.
Four vivre tout à Dieu mourons
avant lamort.
Abbé, prêuz-mf).f des armes
Tour combattre mes fins 4 la terrt
attachez,
,
- Et que pour pleurer mespechez,
Jepuijje avoir le don deslaimef?
P
Salutde nos Ames,grand Dieu,
Source de biens infnie,
Vous touchâtes le coeur du Publicain
Mathieu ;
Vous ,,!ordonnetquandPierre vous
renie.
Agneausans ttlche, immenje pureté,
Vins avez retire du desordre & du
crime,
PAS {é'xcé.r de vostre bonté
La PechcrtgJJi d,e Solyme.
gut n'avevouspoint fail)ô di-
- vin Rédempteur,
Apres avoir chassé la Chananie?
JElle encor dans sa Foy saintement
ebflinée, c&*r>
Vefatme voflre bras, à*fléchithojlrc
Du fatfie du Sicomore
Zacbée aussi-totfqu'il defeendt
Vous rcconnoift& vous adcre9
\jn rayon de Ufoydansson coeurse
répand
,
J*>ui le perce & qui le devore;
Mais vous ave^pius fait encore.
Un Aj/.jjïa, un Monjlre sur1-us
yêvûùc par Sttan aux tenebreux
» abfjhtés
youî degoutan, t de meurtres & de
( imes,
Trouvesa grâce, & monte afrec votts
dans les cieux. 9
O Clemtnce Eternelle en miracles
fécondé !
Sauveur misericordieux!
Vne goutte, ô jefis
J
de ton Sang
precieux,
Peut effacer tous lespechez, du monde.
VousyaiméduSeigneur> en qui si
grace abonde3
Tar roffre de ce $ang fléchijfe&fort
cçttroux.
Détournez, du pecheur le bras qui le
menace.
,!?,me des celejl>s fleurs que Dieu verse
sur vous,
Vodorante vertu, la senteur (./fi.
cace
Aillesi loin s'épancher,
.!?<!!e l'air tout embaumé desparfums
de la Grace,
Nousfrappe
,
&ncus invite à nous
en approcher.
Je vous envoyé le Campement
de l'Armée du Roy&
des Alliez, sur la Mchaine.
Vous y verrez le lieu où le
Prince d'Orange a demeuré le
plus long temps, & où il a
tant fait construire & abattre
de ponts. C'cft de ce mesme
lieu que font venues de sa part
tant de menaces de donner
bataille
, & que les deux
Armées se font canonnées. Il
n'y a point d'échelle à cette
Carte
, parce qu'il suffit de;
vous dire que nostre Armée,
occupoit prés de deux lieuës
de terrain»&qu'il y arrivoic
continuellement des Troupes
pour former la troisiéme Ligne
que vous voyez commenc
ée.
La Veuve du Sr Duval,Geo-':
graphe ordinaire du Roy, par
J'application continuelle qu'-
elle donne à la Gcographie3
a mis au jour une Carte nouvelle
,finguliere& fortétenduë
du Comté de Namur.
Cette Cattequi cftde la compoficion
duSrdu Vivier, Ingénieur
o
genieur du Roy, Auteur de
celle des environs de Paris, ne
peut cftre que fort utile aux
Officiers de Sa Majcfté
,
& fatissera
en mesme temps laeuriofiié
du Public.Cette Veuve
tait revivre par ses foins le zele
au feu S'JDavaljîOur la Geojraphie,
afindesuppléer ce
lui manque à sesOuvrages,
j'Velle débité sur le Quay de
tH)rlogc du Palais, au grand
tLoirs dd''orYavecceux ddeplul sieurs
autres Auteurs,
1 La Carte du Royaume de
10ngric) par le Pere Placide,
\uguftin Déchausse> Gecgraphe
ordinaire du Roy
, ;
esté si bien receuë, qu'elle
luy a donné lieu de conti
nuër son Ouvrage> de forte
qu'il donne presentement ai
Public, la fécondéfeuille
qui ne cede en rien à la pre.
miere pour l'exa&itude, U
netteté & la beautémrfme d(
la graveure. Cette fccondc
Carte comprend, non feule
ment la Moldavie, la Valaquie,
& laRomanie,maisaufl
la Podolic, l'Ukraine, la Pe,
tire Tartarie, la plus grande
partie de la Mer-Noire, avec
une partie de la NatoIic. Ainsi
l'on y trouve le grand Royausnc
de Hongrie dans son entier-
I, avec le Cours du Danudepuis
Irigolftat jufqu4à
on embouchutc; On ytroure
encore les Païs & Etats cirronvoifins
qui font en guerre
rvec les Turcs,ce qui fait que
:on y peutvoirfacilement
outes les marches des diffet-
nres Armées. Cette Carte
jui le vend chez la Veuve du
j'43uval>dontje viens de
ous p-irler, auroit paru plûv
Dft,si le Pere placide n'aoit
esté occupéà une Car-
: filanuii,èri« tc du DDaauunphhimné
qu'il$1 faite pour lp Roy"
L'eslime que Sa Majesté ci
fait, cftune marque
-
qp'c£lj
cft aussi benne & auflîc^Stc
quelle a parubelle àçeua^quj
l'ont vcuë. La gr?itifiaitioi
que le Roy envoya à son.Au
leur, quatre jours après l'a
voir rcceue) fait connoiftr*
qu'il en a esté fort fatisfair.
Au commencement de ci
mois, M1leMarquisdeJoyeu
se sir une course qui mit dan4
une cxtremc épouvante toui
l'Eleétorat de Cologne,
Cologne m.(me. Ilavoitfaij
divers mouvemens
pendad
huit jours aux environs de
Schelden» de Volftersheim,
& de Gemund; après quoy
plusieurs placards envoyez a
Mctcrnich, (èrvirent d'ordre
-aux Habitans du haut Ekûorat&
du Pays deJulicrs, pour
leur faire apporter dans huit
jours les Contributions? s'ils
fc vouloient garantir de l'Execution
Militaire.Sur cette
menace, les Regimens de Cavalerie
d'Hamilionde Truchses,
d'Iongheim & de Velen
se retranchèrent auprès de
Zulpich, pour obfcrver ce
Marquis, & soppofer à sa
marche,mais six.Rcgimer ,ddu'InLfuanxteemribeoquurg'o&n -adveo0ilta tMiroe
felle luyeftanc venus de ren
.fort,il attaqua les Ennemi
Je4. de ce mois
5
d'une ma
ssiere si vigoureusey qu'apré
avoir loutcnuune afiez rud
escarmouche,ils furent con
traints de se retirer proch
d'Euskirken, avec perte d
plus de cent cinquante hom
mes. Il y avoit trois ou quatr
cens hommes danscette Place
qu'il fit canonner enluite. Pet
dejours après, un détachement
deCavalerie & de Dra
gonsestantvenu.à traversin
fcois jufqa'àcroislieues de Cologne
» pilla & brûlad'abord
douze Bourgs ou Villages,
sans trouver personne qui s'y
ioppofaft. Ils enefnmenèrent
quantité de Bestail avec les
principaux Habitans. Mr le
Marquisde Joycufeeftantarrivé
à Nodtenshem au retour
de cette roussè, trouva les Ennemis
poftezderriereun ruiCseau
difficile à passer. Ils avoient
vingc-dcux Escadrons.
Ainsï ils se croyoicnt aflea
forts par leur nombre & par hSituation de leur Camp,
pournavoir rien a craindn
des Troupes Françoises. Mfde
Joyeuse feeut si bien couvrii
la marche qu'il fit vers eux; qu'ils n'en furent avertis que
par leurs Gardes re peuflees,
Ilstémoignèrent d'abord cftrc
resolus de fc bien défendre)
mais à peine eurent ils vu nos
Troupes paffer le ruiffcau, qu".
après avoir essuyé quelques
volées de Canon qui démontèrent
leurs ECcadrons., ils fc
xetirercnc en desordre. On les
pouffa avec beaucoup de vigueur,
& sans la nuit qui furvint,
ils ne se fuflcnr pasfau-i
-- - -
vez ailemcnr. On ne laiflapas
de faire pluficurs Prifonnicrs.
Mr le Marquis de Joyeufc
avoic envoyé ses équipages à
l'Abbaye de Steinfols avec
une grande garde,afin de n'en
eûre poiiu etnbarraffe dans
cette expédition. Dans tout
ce que je viens de vous rapporter>
il ne stefi rien fait que
felon les réglés de la guérie 9 puis qu'avant cela on avoic
fait afficher des placards pour
demander aux Ennemis lerefie-
des Contributions qu'ils
dévoient. Cependant on remarque
en tout la superiorité
du Roy,qui tandis qu'ileutreprend
un grand Siege, qu*
oppose une Armée de cer
mille hommes au secours qu
les Ennemis pourroienr tente
pour l'obligeràleverleSicg(
& qu'il a de tous costez d'au
tres Armées, trouve encor
de nouvelles forces pour in
quieter les Pays de plufieur
Princes liguez contre luy.
Quoy que je me fois déj.
foreétendu farce qui regardl
les affaires dela Marine,je ni
fçaurois m'empcfcher de reprendre
encore une fois le
mcfmc maticrc, mais aufli
j'auray l'avantage de l'avoii
p profondie de toutes façons
&.denevouslaifler rien à
,dcfircr touchant une affaire
sur laquelle les curieux ne
peuvent avoir trop d'éclaircifîemenr.
Aussi peut-on dire
que !on n'clt jamais parfairement
instruit qu'on n'ait cuy
piller le plus grande partie
des inccrc{fez, & que quelques
belles Relations que l'on
puifle avoir,il s'en trouve
.tou jours quelque autre où
l'on apprend quelque cho-
;,fc de nouveau. Il en arrive
¡.[ur Mer comme sur Terre, :où ceux qui combattent ne
^yoyent pas ce qui se paiTe aux
deux ailes, & dans le coït
de Bataille. Ainsi tous ceUJ
qui font dans une Armé4
Navale ne découvrent pa:
pendant un Combat
, roui
cc que font les autres Vais
fcaux, qui leur font fouveni
cachez par le feu& la fumée
de forte que pour lavoir la
vérité, & rout le détaild'une
grande aâion» il faut voit
tout ce que les plus habiles en
ont écrit, & le tout enfemble
donne une idée parfaite
de ce qui s'etf paffé, sans
quoy il cft impoflible de le
bien sçavoir> non feulement
- - -- - _- -. - - ".0 ._-, -----'
par ce que les uns oublient,
ou ont ignoré une choie qui
est marquée par lesautres,
maisme(me parce que de
deux ou trois personnes qui
écrivent la melmc chofc) il
n'y en a qu'une quelquefois
qui s'explique assez nettement
pour te faire entendre, & de..
veloper ce que les autres ont
écrit avec trop d'obscurité.
Toutes ces raisons font que
ceux qui nevoycnt qu'une ou
deux Relations sur la mefmc
affaire, n'en peuvent parler à
fond. Ccft ce qui m'engage
àvous en envoyerencore une
quine vionrqaede tomber
enrre mes mains, mais qui a
este faiteparun Officier que'
les ordres de son Gtncral Óntl
oblige de fc trouver par touc!
pendant le Combat.
;, ''Leij. de noee-1
bl^valefaisant routeàla Hou-1
gue > au nombre de^aîjpaux}
de guêtre tant grands que'pétifs
&rvisen'eiîdnt qu'afept eu huit*
heues auNord, noUsâpperlpimc*
n- aupointdujourl'/4ïmêe*erine-~*
mie, qui eftottfous levent a noust
environ'àuneiieuë:(3*cterfrie.•
Commeily dtfloit
>
dela- bt4urnel
nous ne la pûmes voir toute enlere.
Lapremière ebofe que fit
M1 le Comte deTourville sur
le mettre le Pavillon .d'ordre de
Bataille, f0d'arriver unpeu»-
wur donner le temps à chacun de
nenireson pojlej & commeVon
at s'y mettoit pas aujjl tofiquon
h-auroit [oùhaité, il mit un aute
Pavillon, qui avertit qu'il
y avoit des Vaijjeaux qui rie-
Soient pasoù ils devoientefire,
e- en mesmetemps il arriva vent
tiriere sur les ennemis5 qui l'floit
!'amure-ftribord, les ventsefiant
Sur Ouest. Ils avoient par conséquent
le capsur la terre de Franrea
Le vent efioit affe^frais> &
nous joignions les Ennemis ajje:
njifle ; mais à mesure que nous le
Approchions, le vent calmoit, <3
prenoit son tour du cosséduNon
par l'Ouest.
Quand nousfufmes prIs, nou
apperçumes que la partie nefioi
pas égale, car nous comptâmes 83
ou 8+. Vaisseaux aux Ennemis
qui avoient le petit huniersur le
mast, @f nous ne pouvionsencon
voir
lafin
de leur Àtriere-gàrde
mais comme il n'y avoit poim
d'autre partyàprendre que celuy
de combattr,
, & que le grana
nombre desEnnemis ne nous
étonnoit pas, M1 le Comte de
Toumille continua 4 faire go'u"
tierner droit sur l'Amirald'An*
gleterre
4
qui efloit au Corps de
Bataille>jusqua ce qutlfuflàla
fortee du Mousquet. JSM1 le
Marquis de Villette alla de mefme
au Vice*Amiral Rouge, qui
vftoità seizeVaecauxen avant
de l'Amirald'Angleterre. MCJe
failletteefloit mesme plus avance
que Mr de Tourvïlle jparce que
l'Ambitieux alloit mieux que le
Soleil Royal ; mais MrdeVil-
Jette ne commença à tirer que lors
qu'oneût tire denotre Amiralt
-& l'on eut le temps pendant un
gros quart d'heurt de confderer
de fort prés les gens à qui 01
avoit à faire.
, On commença à tirer sur les
jo. a il. heures du matin, @r ce
fut l'Avant-garde.On vit bitn.
toflaprès un sigros feu dans toute
la lignequ'àpeine pouvoit on
dijlinguerqui se battoit, ou qui
ne
sebattoit pas. Il y avoit
aucun de nos Vaisseaux quineuif
àfaire à deux ou à trois) {0fou-
't'tnt à beaucoup plus.
À une ou deux heuresaprès
midytl'Arriéré-garde des Ennemis,
que leventfavorifoit} efiant
venue au îvord-ouefl) tint le
vent pour nous mettre entre deux
fux. Mr Gabaret qui comman*
doitnojlre Arriéré-garde> tint
aussi le vent pour empescher cet
accident
J & pour tacher par là
.d'amuser les Ennemis> pendant
que nous aurions le temps de
prendre quelque party; mais il
.ne fut empescher quejonEJcadre
nesufl coupée.
M. Panetier: qui commandait
la derniereDivision de nostre
jirriere-gatde, se trouva coupé
Avec cinq Vaisseaux, & ne pouvant
Je réjoindre aux fient> il
prit le party de forcer devoiles,
.& de s'aller rallier à Mr le Marn
..quis d'dnjreville 3qui commandoit
iAvant - garde
t g qu
voyant les mouvemens des En.
7Jemis>avoit AUjJi tenu le vent
pour empescher que nous ne fui
fions -tous envelàpez;&c'efi p
quifut cause que nous ne fuècombafmes
pas.
NofireCorpsdeBataillependant
ce temps-là se battoitjon
vigoureufement>&mêmeilavoh
faitarriverpluseursfois celuy des
Ennemis;mais M1 gabaret, qui
ne pouvoit tenir contre uneforce
fifuperieure
,
tomboit infinfible..
ment sur nous y & y amenoit
par consequent toute l*Arrièregarde
des Ennemis
, qui ejloit t:.tefrai/che.
Von eut un peu de relaschesur
les quatre heures> parce que la
fumée du Canonavoitfaitune si
grosse brume que l'on ne sevoyoit
pas.
M* de Fillette dans cet inter^
"Valle de temps envoya M1 le
Chevalier de Chavagnac,CMajor
de la Division> au Bord de
Adrde Tourville> pour sçavoir
tjuel party il vouloit prendre.
M. de Tourville luy dit conformément
auJentiment de M. de
Villette> que ne pouvant semsêcher
<Tenvenir aux mainsa.,
vec lArriéré-g*rde des Ennemis,
.qui tftoit au vent, dr se trou
niant extrêmement prefépar le
uns & par les autres, il pren
droit, en cas que le calme conti
nuaft) le party de mouiller ai
flot, afin de tafeber de s'éloigne
un peu des Ennemis, qui eftoien
fous le vent, ede riavoirafai
re qui leurArriere-garde.Mrdi
Tourville ordonna aufJi à M*h
Chevalier de Cbavagnac d'alla
jusquau bout de 'la Ligneavertii
tous nos Vaïsseauxdu party qui
falloit prendre en cas de calme{
afinqui'lsfiffenidemesme.
L'on fut pour lors une grDrA
demyeoheure sans tirerj maisfui^
fiy/A: #Jtptheures>la plujpart
ie nos Vaisseaux efiant mciïiL
rez) Mr de Gabaret avec quel..
lues Vaij]eaux de son Escadre,
vint se mejler dansnoflre, Corps
ie Bataille.
M1 deÇoetlogon> quiejloit
Contre-Amiral de l'Escadre bleuh
tyantvâ, M. de Tourville fort
m presse JJe vint mettre auprès
ie luy , &ne le quitta plus. NoflreAmiral
eut besoin d'un tel fezours,
deceluy de sesSeconds
Mrs d'Injreville& du Mdgnon)
car il tut un tres.grand feu à
rffuyer.
LïArriéré-parde des. Ennemis
o
qui crut navoir plus a j-aire qu
cbs gens battus,vintmoù'iU
presque ptfle-mejle parmy nota 0- sur tout auprès de M. c
Tourville. Les Ennemis amen
rent quantité de Brûlots
> ma,
beureufement par la bonne cort
duite de Mli de C/airttcl dI-laj4
trfirt, &• de VAIry) qui corn
mandoient nos Chaloupes
,
ils le
defierent tous, ou par nofire Ca
non qui lesservoit fort à propoi
Enfin leurs Brulots ne firent aw
tun effet ; mais les VaisseauxcjH
ejioientvenus mouiller par le trA
'Vers de M.de TourviUe se troll.
overentribienfirvis, qu'ils ni
purent
lurent tenir? & couvrent leurs
tables pour s'éloigner. A mesurt
y*ils tomboient ils nous passoient
n reveuë,&ily en eut trois
u quatre eptifirent lamefmema-
\çeuvre par le travers de M. de
rillette. LesEnnemis mouillerenu
ls menèrent trois Brûlots
j
mais
}s furent démaftt'{;& enfin les
"aiUeaux couperentaujji pour se
ver de dessous le feu de noflre
rice-Amiral. La feule Chaloupe
yirefloit à noflre^Amiral, qui
loit commandee par le
bcnjalier dela Rochc-ahird
»
>eut rien à faire qu'à se pre:
nter.
L'onpeutdire que l'Arriérégardi
desEnnemisfut tres-maltraitee
carimesure que leurs Vaiffeau*
tomboientiilspajjoient parles ln.
tervalles des noflresnom trui
f-aiftonsunfurieux feu de noftn
Mousqueterie @J de noflre Ca.
non. Cela dura jufquanuit dose,
En ce temps-là nous eufmts re.
lasche
3
& chacun Jonaeoit à si
ralliera son Commdnrlantj mak
noflre Amiral & n^fl'cVice-
AnÛralnepurEnt s'entrevoir, (!)
rie
scat'oiint l'un de l'autre ce
qu'ils e(loi?ntdevenus; ce qui
fit prend1is lle party,à.. ddè
T&ur^illc de leverfon ancre, 0*
À Mr de Villette celuy de couperson
cableprefcjud.ttu4 ttnnefmmer,
temps, -fin deje tirer decleffous
lefeudes ennemis, dont ils nétoient
qu'a une demye-portte de
canon. Ms deVilletteavait pour
lors neufautres 'Vaif/taux avec
lesfîx de (4Jivijion) dont la pluf
Urt efloient de*-empare^.lift
foute à l'Ouest,
L'on oublioitadireqjéesur
es/.à8.heures du (air U vent
han^eaentièrement,?fiant te- \ual'Lj{\{£)quepjsrco>ifc<juent
d !.,TI.. e corps de l;.C;f,:Z, E-'
e des Ennemis*
'y lesI'Jolidnâjisft
trouvèrent
;1.);,;::r le
.A,.;:11t fut nous>de forte
qriétant trop éloigne% pour pou-
1loir joindre 'Add*Anfrcville»
parce quilavoit mouillede bonne
heure,ilJ firent tous routesur notre
corps debataille.Adirélavérité
il riy aveit pas d'aparencf qu'aucun
de nosvaijJeauxsi pufl tirer
de cette affaire. Cependant comme
le courant efloit extrêmement
rapide, les ennemisnepurentrien
gagnersur nous: & pour revenir
à nopre retraite, Mr de
Tourville la faisoit avec huit
VaifjtauxiMrdepaillette avec
quinze,& zJJird%Anfreville
avec doii^e.
Mr de Fillette se trouva au
foint du jour bien loin des fMnemrs,
& il ne tenottqu'a luy
de s'enaller à Brest sans nucun
risque ; maiscfiant en peine de
Ai1 de Tourville> il prit le party
de l'attendre. Pendant ce tempsla
MTdeVilkttesejoignit a Air}
£Anfrevilleiauquel il envoya
JbnAdajorpour luy dire le party
qu'il avoit pris. M1 aJnfrevilie
avoit aufJi envoyéen mefrrie temps
ijiïf de Mons
>
Capitaine de son
Vaisseau) dire à Mr de Villctte
le party qu'il avoit pris, & ilfè
trouva efire le mesme que celuy
deMxdeVîllçttc.
En ce lcmp$-lhM*d*dnfteville
& Mz dîVill^ite avoleni 17J
Vanjela' ux 1. ,. ?CT l' j^'trs'ejhintj.%it 1.-.t f. ¡..,
, clair9 cy l-ibrune sJ'e,sr¡ta-n,tdl j.j'1b' -J.J fré.e,, lils's..,p,ti'c[r,c.w1rK..t ncflre )il j- l.,.
11vecS.'VL->iijaux> O*'f1c _•'^w- rent kiuy. Les ennemisles fra;i'-
, r Î' l' *voi-:rt; lLe d'oientccï>-:ndar.t a
- '",,..j'\- i
{. "/- 1;.,,; ~~i' ). ",' s auneItcuc(fjdame, mais
malhcurcu/errum leSoleil Royal
se trouva ciller si mal qu'il noué
retint tous, (;;' tefoir quand le
flot fut venu , nous mouillafmes9
& nous ne nous trouvasmesqu'à
une demi-lieue' desEnnemi:,
zJfrt de Villette alla au bord
de t,G41. de Tournjille, & l'on
.4gita de quellemaniéré l'on pourroit
faiiier l\Armée.Onccnçlutqu'il
falloit paffir pâr un
endroit qu'on nomme le Ras-
Blanch Jrd)qui est le pi\ff';>?c de
l'Isle d'Ornaya la grandeTerre*
Comme ce lpafh'.?e tJqjJoJCxYi
a?:e~ ment dangereux, en çfloit bien è> .J
perj,.a. ad1é"queU, sEEnnemis ne nous
yCuivraen:pas. çj? qu'au moins
nous aurions une maréedevant
eux.
Noflre ^Amiral prit aujjt le
party de laijjer le SoleilR"oyal,
& de j'embarquer fiïr le Bord de
tJMv de Villetteyafin de ne point
retenirl'armée. Quand le Juffont
futvenu nous apparaîtjmes)
gr par nostre bonne manoeuvre
noue fifimes si bien? que
nous nows trotivafmesleS>medy
matin au point dujourà plus de
lieues des Euremif, & dans
;le Jp.Ji U' y-e duTis-Banchard °tusricn
Nouscroyionsn\no:r{nusrien ifairequ'ànvusrctirerà'Breji
avecbeaucoupruoins de mal que
nous n'en avions fiait aux Ennemis
j mais par un malheur qui
ne pouvoit eflre préven, en
mouillant l'ancre de tAlnbi..
tieux
>
l'ancre cajifa. On en
mouilla deux autres> quine tinrent
point, çj? il chaffi. Le
mefime accidentarriva à13, aurres
denos plus gros Vdijjeaux
:ommandeX^ par Mrs d'Anfrereville
t
Denlingue
9
de Coëtib
~e~<3~ ,Dc ~~C~ /f
<
S
<? -' 'ogon
)
Dcfhots qui avoit le Soeil
Royal, de Be^ujeu> deAda-
Ihiut
,
de Sipteme ,
deSepville,
le tH.trte!oirt
>
les Chevaliers
\*Anjrevillc e de la Rongere*
Le courant lui ejioit rapide
\ous mtnafoRS le vent des En<
umis
, & noussepara dnrefic
'e nojlreArmée>[ans efperancc
]-e le pouvoir rejoindre, car nous
vions les Ennemis entre deux.
Vous ffiions sans ancre; &
ous navionspoint d'autreparty
prendre quede tomberentrele*
mains des Ennemis> ou dalic
échouer à la Colle.
MI de Tourville choisit le
Houguepourja retraite
1\' of t ¡, 1 :: l'.? 1
;
¡ i rant>hla miniers qu'onluy
avoit déocint cctendroit- la. or:t
i [' )nous pourrionsy ef:reàÎ
des forts> c Ails Dcfnotti
de Machaut>&deHcauyn*st
uoyant trop prcjfce7^, aa~l~llècrreennttss'éé--
cchhouer a Cherbourg> ou nous arriou"
»e r aoor~ rous arril-i
vafmessurlesfpt heures. Nous
1vifmes bien qu'il n'y avoit plus
de Jalut a esperer. Cependant
nous nous tinfmes tout le lendelq
mân a Flot,mais enfin commq
I"on vit que les équipages Pm-,
roient> que le Cartonfetoitperdit
ïour le Roy, & que meÇme les
Vuifj,auxpouvoient tomber -en';'
\ye les maint des Ennemis»on
, 1 si 1 .J2L..1 leaalleréchouer,{0
icfMi^crleséquipages.C'ejlà
piyl'on travailla fortement
tendant tout le jour. On nepeut
ien ajouter à ce que firent C./ilrs1
le Tourville> de Villette3(Sfde
SetTogm, qui s'eslansernbarrUt':
t( dansunmesme Canotitaberent
par leur exemple d'a/pitr
tout le monde gjf s'expofeftnt
aux coupsdesmousquets des
Ennemis.
'Nousne noussommes apperçcuf
d'aucune mauvaise manceuvt
dans le combat.
Chacuny
a bie
fait, mais quelques-uns s'y son
diftihgut^> enty)autres Mrs à
Chafteaumorant)de la Rochea
lard, & de la Rongere
> qu
avoient de petits Vaisseaux, C
qui ont eu àfaire a de gros dr et
quantité. l's les ont [ouflenu.
avec une vigueur extraordinaire.
ttujJi ont-ils ejié fort mal-trai.
tc%.
La netteté de cette ReW
tion doit avoir achevé dd
vous donner une parfaite in-j
tclligencc du Combat Naval]
in cas que vous fbuhaitafîez
encore quelque chose sur
,cc Article. Quoy que les
Ennemis n'ayent avoüé la
)cite d'aucun Vaiflfeau
,
il est
leanmoinsconfiantque
luantÜéde Lettres venues de
;hez eux portent 1
qu'ils ont
)crdu le Vaisseaunommé le
)~aaiinntt Adnnddrréé,, & qu'il a fauté
,n l'air pendant le Combat.
Les Lettres d'Angleterre dient
qu'après qu'il fut finy, il
ftoic arrivé quatorze Vaifcaux
à POltfmouth, dont
leux avoicnt perdu leurs Capitaines,
& qu'ils y avoient
débarqué quinze cens blcfle;
D'autres Lettres du mcfm
lieu confirment ce que le
premieres avoientdéjà dit
fçivoir, que les Anglois on
çu dans ce Combat cinqrnill
hommes
» tant tuez que bief
fez, & qu'il y a eu viogc-cinc
Vaisseaux de la Flote Angloift
& Hollandoifc si maltraitezj
qu'on doutoit qu'ils pufleni
eflre eneftat defervir pendant
le reflfede la Campagne. Celles
de Hollande font connoifire,
que bien que leur perte
ne foit pas conifderable, il se-j
roit a- souhaiterpour eux que, i i
iC Combat ne le fust point
ionné, à cause des honnestes
gens qu'ils ont perdus. Je
yiens d'apprendre que leContre-
Amiral des Anglois, nomme
Cratèr)a estétué dans le
Combat qu'ils ont perdu
c Vaisséauappellé Ir Prince.
lis doivent cette perte à Mr,
l'Infrevillc,quile voyantve-
Rv,fitmettre double charge
lans ses Canons, & luy fie
âcher ses bordéesà la demyportée
du Pistolet.Je vousay
iéja. marqué ce que la pieté
!u Roy luy fit dire à l'occa-
[ion de ce Combat.Voicy ce
que le zelc de ce Monarque
pour' la gloire de la Francea
luya fait dire depuis ce tcmps. là.ay plus de joyzd'apprendre
que quarante-quatre de mesVaif*
[eaux en ont battu quatre-vingtdix
de mes Ennemispendantun
jour entier
, que je ne jens de
chagrin de la perte que fayfaite.
Je n'ay rien à vous dire làdessus,
sinon que toutlerc à
faire voir la grandeur du Roy.
En vous parlant des Vaisseaux
de Sa Majefié, & desautres
Bârimens, qui font encore en
estat d'agir
,
j'ayoublié de,
vous marquer les Brulots qui
lont aufli a Brcft
i
dont voiet
laLifte.
Brûlots tmez à Brest.
Le Boutcfeu, Afr Longchamp: - L'Eveillé,amp
em Boifonge.
LeFâcheux, laLande- Çoulhanl
Le Fin,
Mr Coullon.
-Infcnfé,
JJlr la tJïïdothe-Louvard,
.e Dur,
Mr Joly-7>on..GuaJe
La Jolie,
Al1DesLauriers,
Le Saint Joleph,
Ml" Tortel.
LeADév/or.anjt>Sf~<', Le Dangereux,
tSHrMoreau.
LeDéguisé,
<J14TTorteaul: ;
La Favpritc, M.xGirardirtJ
La Friponne?
MxjrUyol.
Le Marin,
M.p McflireJoseph dela Porte
àetfé receu premier Prefidcnt
de Nice, cù il arriva le 29. du
[Si-ois paiTe, . 11 trouva le LieU.r,-
tenant de Roy à une grande
lieuë de la ViUe, à la
teste de toute la Nobleffe > &:
de beaucoup d'Officiers du
Regiment de Sault
>
dont il y
& un Bataillon à Nice;& monta
avec eux à cheval pour
continuer sa route. Tous les
procureurs & Gens de Pratique,
qui estoient venus àche-
val audevant de luy , , lecomplimenterent
à un quart de
Ueuë de là, &le Sénat, aussi à
cheval & en manteau noir, fit
ta meLme chose à une dcmylicuëdelàVille.
Pendant que
ces derniers complimcns le
firent, le Lieutenant deRoy..
s'avança avec tous ceux qui-,
1 accompagnoienr, &àun;
quart delieuë dela Ville M*
dela Porte reccut ceux des
Consuls, qui estoient venus
avec le ConîeildeVille. LeSénat
paira outre dans le temps
qu'ils le haranguerent & il
demeura seul avec la Ville.
Tout le monde defeendit de
cheval à la porte de Nice, où
il fut faliié de onze coups de
canon. Cinquantc flambeaux
de cire blanche marchèrent
devant, & leconduisirent au
.arais duRoy,les ruës citant*
cordées d'Habitans & de Sol.
lacs fous les armes. Le Lieutclant
de Roy& la Nobleffc
'attendoient à la porte du Palis)
& le Senat dans la salle..
,cs complimens y furent
rnouvclcz, & il y eue un
magnifiquesoupé. Le lenemainMr
TEvcfque deNice
inc à la teste de son Chaitre
luy marquer la joye
uc l'on avoir de son arrivée.
estoit en rochcc & en calail.
Le Lundyt. de mois Mr
: la Porte alla au Senat)Ilcjmpagnède
tous les Officicrs
de la Garmlon. Il Fui
receu au bas de l'Escalier pai
deux Sénateurs qui le conduisent
à la Chambre du
Confcil, où il prie sa place à h
teftedu Bureau. Il presta Serment
sans qu'on l'exigeait3
toutts les portes estant ouvertes,
& prononça un Discours
Latin, auquel ccluy qui prefidoit
en son abfcncc fit une réponfeaussi
éloquentequ'obligeante.
Apres cela on fortita
& le Senat jugea deux pro*
ces, dont le rapport fut fait
en Iralien. Tous les Officiers
opincrent en la mesme Lan-j
gue, & Mrde la Porte opina
fch Fcançois. On allaenfuiteà
la Mcffc, après quoy le Senat
?n Corps& en Robe le recon-
Juific chez luy. Le jour fuirant
les Avocats qui parlèrent
i l'Audience publique, l'a.
Doftropherent tousen Latin.
ja naissance ne le rendoic pas
moins digne de tous ces honneurs
que la Charge où le Roy
!a élevé, puis qu'il est de la
>lus ancienne Nobleflc de
dauphins, & d'une famille
lui a donné beaucoup de Marlfl-&
ats au Parlement,& d'Of",
iciersconsiderables aux Arnéesde
Sa Majefié, & des
Chevaliers de Saint Michel,
dans le temps que cet Ordre
fleurifloit en France, avant
rinHitUtion de celuy du Saint
Efpric. En 1^7. il fut Con.
seiller de la Cour des Aides
de Vienne, Compagnie illuftre,
dontle fameux MIMusy,
Coufin germain de M1 de
Scrvien
>
Sur-Intcndant des
Finances, étoit premier PrcÍident.
LaiCour des Aidesayant
cftéréunie au Parlement de
Dauphiné peu de temps après,
Mr de la Porte fut pouiveu
d'une Charge de Con seiller
en la Cour Supérieure de
Bourg:
Bourgen Breflc, qquuii eCsat un
Païsde DronEcrie.Il suc auC.
(x Conseiller en la Chambre
ierFrancs-Fiefs>& en1661.
Gonfeillçr au Parlement de
Metz. Onze ans aprés on le
feeçut Prcfidcntcn la Chambre
des Comptes de Dauphiic,
dontMrde BpiiSeu, l'un,
les plusSçavans hommes de
:e temps,estoit premier Preldent.
La.probité de Mr de
a Porte a esté toûjours te llement
connuë dans la Provin..
;e,quil aesté Arbitre pre t-
}ue dans toutes les grandes
iiffiires, qu'on ya-remîtes au
jugcrrïcrit'jiîcc gcns^choifispal
les deux partîtes, & fouvert
cela s'est'fait par des Arrcft
duConleif. Ilépâufàronï^a
CharlotteChrefticnrià>-Scr.
vien, Fille de McffireEnc
mond de Strvien^qai-avî)ii
cfté Intendant- des«Armocs-dt
RoyenItalie-avahVlàPaixdei
Pyrénées,&Ambaîfladeuref
Savoye pendant virigé'huii
ans. IleftoirFrerc dc-midg
Servien Sur-Intendantdés-Finances,
de Meffirc Françoiî
Servien Evcfque de Baycuxj
& d'Alexandre Servien Che4
valier de Malte, qui sur zui
combattant contre les Turcs
sur les Galères de la Religion.
Le Procèsverbal d'élection
de l'Abbaye de HauicfciLU
en Lorraiiw?> proche de Sarebourg,
Ordre de GCUaux,
^cantepar la dërpo,-)Ijc
GlàudeBretagnedernier
Abbéjayantcitéprefen-
:é au Roy
,
Sa MaJcfié, du
nombre de cinqReligieux
jiii cft&ienc,clus[uivanrles
Drlyilcge'sacccr4wt aux A-fy-
^ycsdesPays Conquis) a
ionoré de Ton çhoi.x & de sa
i^minaçion Dom Moreaude
Quaincy, Sous-Prieur d
Chalis, de la Filiation de Por
tigny. Ileft Frere de Mr Mc
reau, Avocat General de]
Chambre des Comptes de D
ion;deMr Moreaude Mai
tour) Confeiller- Auditeure
celle de Paris; de Dom Mc
ruu ,
Religieux du mefir
Ordre de Cifteaux, Prieur d
Rcllec en Bretagne)1 Sindi
de la Province; de MrleCh<
valier Moreau,Capitaine dai
le Régiment Royaldes Vai
féaux,&Oncle de Mr Morea
dcBxafey, Capitaine dansi
- Régiment de la Sarre, Autei
des Journaux de Piedmoat.
Ces deux Officiersont Thonneur
d'estre de l'Armée du
^.oyauSicgc de Namur.
! Le Duc de Médina Sidoniay
yiceroy de Catalogne, ayant
osé se vanter qu'il entrcro;t
dans leRoussillion, & qu'il y
passeroit la Campagne toute
entière
, a fait plus que l'on
n'avoit entrepris depuis ccttc
guerre. Il cft venu camper sur
ks hauteurs du Roussillon,
ivec du Canon; & après avoir
fait des retranchcmcns & des
redoutes pour eûre maistre du
Col de Poiteils, qui en cO:
ientrec la plus aisee par Il
Lampourdan
,
il descends
pour venir se poftcr sur le
hauteurs de Mauiella?. M1 It
Duc deNoaiîl.çs, qui en eu
avis,aScmb!a l'Armée au Bou
Ion, & quoy qu'il n'cult pai
encore toutes les Troupes de
ftinées pour ce Pays là^s'estam
avancéàMaurcllas pourreconnoiftrc
la marche & Ici
desseins du Duc de Medina 51
donia, il trouva qu'il com.
mençoita sesaisirdesportes
I! prit aufïitost le party de
taireoccuper les hauteurs Ici
plus importantes par des dé\
raçhejncns quuavoïc amenez
?ycc Luy
>
&> ayant envoy é orr drcdpfaire,marcherl'Armé?
en toute diligence ilfortifia
ses. pçftçs à. mçlure que ICF
Xrpupes arrivpient, & preÇque
en moins de rien 1 En,-
nernyquiavoit cru venir campet
àj.Mautjçl^Jjinsobtfacle.
yiçqos D^peaujr sur toutes
Les,hauteur^.Cel^.Tariêtatout
courr, & l'obligea de se retirer
des poAcsavancez pour
re tenir sur les hauteurs) deM
dans sesretranchcmens.Aprés
luy avoir fermé tous les paSbecs
du Roufltllon, Mr lç
Duc de Noaillesavança se
poftcsà droit & à gauche poui
gagner du terrain, & resserres
l'Ennemy, qui cftoit campt
sur des hauteurs que desravfm
très- profonds rcndoicnt inaeceffiblcs
J avec des redoute!
sur le Col, où Ion ne pouvoil
aller qu'un homme
f
seul àM
fois Ladifficultéd'ysubsister
& l'tnquietude qu'on luy
donnoit pour la retraiteen
s'approchant de plus en plus,
]uy firent prendre le dessein de
décamper à l'entrée de la nuitj
& de rentrer dans son Pays,
c•e qu'ilfit fort à -lahafic, fanj*
pH ,-l
•que nos partis le puflenti inquiéter
dans sa retraite,à cauCc
rdes montagnes & des bois qui
tic couvroient. M1 le Duc de
:Noailles marchaensuite Féiit-
Jemrer luy mcfmc dans le Pays
-efinemy, & ille fit sans dlfli-
^cuJté. Il estoit cam péle 6. de
feemçis dans le Lampourdan,
-àHJiinqqicTe fousBcllcgardi*
tou; si1 co'nfutho!tous les fourorages.
Les Ennemis font rettranchezàFiguiere,
derrière
rla rivière- de Mouguc, ayant
t(bdelesg.rands ravins impratica* )? £ntrc les remèdes quipeuvent
contri buer à la guerifol
des maladies, on peut dirs
qu'il n'yen a point qui Remportent
sur les Etuves, Ceux
qui en ont fait l'experiencc
sçavent le soulagement qu'on
en reçoit dans les Rhumatifmes,
Goutcs) SciatiquesJ P~-
ral y fies, Dartres,Erefipelles,
,.
Maux de Rate, Vapeurs, Rc-j
taxations de nerfs, Surdités*
Douleurs de telle
,
Maux de
Dents.Fiévrcs intennittentefj
: & enfin dans toutes les maladies
qui font produites, ou
par une trop grande repletion^
euparleshumeurs
pituircu-j
les. La chaleurdouce &agréablede
rEtuvefaitfortir par les
sueurs les ferofitez qui causent
ces fortes d'lndifpofitions,
& purifient la mafle du fang.
Ct Rancde estoit le plus cffectifde
l'ancienne Médecine
, & les Allemans & les
Hollandoisjaussi bien que les
IraIiens& les Espagnols,n'en
ont point quittél'usage. C'cft
ce qui a obligé un Curieux,
de le reftablir- en faisant des
Eftuves plus propres que toutes
celles que l'on aveuës juCqu'icy
en France. Onlestroi*.
"c rue du Cimetierc Saint
- .- -- -- --- ---, - -- --"
Nicolas des Champs. Ilyaul
an que la Maison cft rebafti
tout de neuf; elles [e tienncn
pour les Femmes tous le
jours, & la nuit pour les hom
mes, afin d'éviter la confu.
fion & le fcandalc.
Voicylesnoms de ceux qu:
ont cxpliqné l'Enigme du
mois paffé sur la Lardoire qui
en cftoit le vray mot. M15 de
Yaflan Lieutenant General de
-
la Fauconnerie de France: de
Grnoiiillac
>
Conseiller au
grand Conseil : Ponticx, Pio~<
«ionotaire Apostolique, AutcufduCabinet
des Grands^
A. Benard chez M. de Blois
Notaire Royal & Apollolique:
Julioc AssesseurduCom-*
te de Benon : Madrcnes AvocatauParlement
de TouIouze
: JeanBaptifteBorzonruc
Saint Honore: Richard Ab.
bé Buillion : Bellaix de Mer:
le P. Hochereau Celcftin: De
la Marc Vieil deRouen:Clau3
deBourfter de laGibaudiere son aimable Javote: Jean
:Rcvcrend & son amy Grifon
de larueSaint Honoré: G.
Hutuge d'Orleans : L'Epinay
: Buret deVitré: Du Perron
&.sacharmante de Vcrfaillcs;
- -,.- - -- -.- -
Le Pcrc B.& fanilfLl{lte; filh
D. V.LeChevalier deLoibei
de la Place Maubert, lAbbc
Officieux de la rue des fcpi
Voyes: leComte de Q.uermci
no: le Petit Mcnage uny dq
Quayde la Mcgiflcrie zlcs si.
déliés Amans mariez de la
rue de Biévre:le Picard amans
inconnu de Madcmoifclle de
Burges de Caen: le Fidellq
amant de la belle Indifférer3
TC de la rue Noftrc- Dame de
la mesme Ville :jle Bon beauvere
du ChevalierBaflignyj
'de larueTisonne ; FAmani;
dela belle à 1 Anagramme )
Je
£ânche en amour,deHoudan:
Langlois de la rue deTournon
: A lexandre lePetit,penifonnaire
de l'Haftcl dorle
leans ; le grand Soliman de la
rue Gillelecoeur : l'Amanc
d"Amarante & ia<toute Cbar,
mante femme:le cher, petit
Bretonou & sa Brune de rMc
Nostre Dame: le beau mary
le la.i vertueuse epouse de
la Paroi(TeSaintîLoch le
rriumviratduCotombLcrL: le
Berger Tircncàl'anagramc
iSiededamour:leDroleç
de larué Sainte Marguerite l
l'cfliçicux Linot Brcan du
- -
Bourg deftrcpagny:Icpetii
Cocq sans poulettes;.le paf
fionné pour la charmanteMarie-
Anne voifinc de la Çontaji
ne: & le Chanoine folitairç,d^
plus agréable valon del'Hic
de FranceîMeCicmoifcUe^
petit marché de Rennc^pï^
che les Jefuitest; G.,,,Ic-. Nçr-i
mandruë dugrand horlogedq
Rouen:la belle Brpne >fde.l^
rue des Noyers: Dçfçhaippq
rue des Rosiers : Goton Bçiiy
lie de lamcfme rue ijMahy.
duBouillydeBlois:^'aimable
Jeannette d'Oiteans ^'agrea-j
-
ble penchante d'Erampes: la
sentinelle de la rue Hautefeuille;
l'aimable du RouIr,
dela rue desFrancsBourgeoif:
l'aimable Zizon dela rue neuve
Saint EustacheJ &lafpi;,
rituelle Lageret du bout de
larùe Perdue: la charmante
de la rue Pavée & son gros
de la rue Montorgüeil la
belle Nolan de la rue des Ecrivains:
les deux bellesCoufines
Italiennes & leur petite
Nièce maiftrefle de la
charmante Titi: Diane de
l'Estrapade;la plusaffligée
des Penfionnaircs des Urlu*
ines de Rouën : la petite du
Val: & la veuve Collé dc-:la
rue aux Ours de la meftni
Ville. LeChevalier Besnier
Tamiriftede la rue de la Ceri
faye: rengageante Babet
Amie du beau Chanteur d<
la rue S. Honoré: N. C. d<
Manicamp ; le charmant Hu.
gé, & Ton aimable Veuve prochc
S. Martin de Soissons: Laloin
de Vitry le François : le
Chantre Gervais? & la belle
Nannette duVin : la belle Babec
rue Macon: le Rouyer,
Procureur du Roy de No-
Kancourc.
Je vous envoyé une
EnigJ
me nouvelle, dont vous ferez
part à vbs Amies.
ENIGME.
lE nesçay Coutllmfs, ny Loix)
JJe riay ny parole
, ny voix
Etcependant àjtljle , titre
De bien desdifférends on me- prend
pour Arbitre,
£ue je juge toujours fort tquiiablemenL
Je ne crainspeine nysupplices
dinjjijene lia" point, ny !o/trquoJ,
ny comment Je me trouve erdinairewent
Dessous la main de la Juflice.
sîvantageufcmnt on peut parler cl:
fv>
J^uandpareille à la mienneejqtta
dexinée
Puis que leplus belHojle,ev un temp
de l'année,
Me fait l'honneur desilogercllt; PxOr.
J-n ce quides Mortelsfaitl'ardeur l
plus vive,
Parfois sur mon rapport on trouv
du déchet:
Jefuis duppe pourtant, cafsouven
il arrive
Jgue l'on meprend au trébuchei
Jeferois riche,& bien-tojl, drfatt:
peine,
Si ce que je reçoisborneiten mojfw
cours i
Mais parmalheur,jefiis toujours
LI Fresque aujji-tofvuide que pleine
L'Air nouveau que j'ajoûtc
icy)est d'un fort habile Maistre.
;'. 1.,
~; A2I~R&NOU7V~)EAU.
SIdouïfentiez* ff ,Iris, -jfènspour ce que je vous y- ., Vous m'aimeriez, feut-ejîre autant
que te vous aime.
,JIel.u.,! que vofire fort, & le mie" eroit doux
y rD'aimtr sitendnment
,
(jrà'ejlreai-
1 , J 6t:, , *méde mesme !
î.Le2.9.deccmoisilaReine
d'Angleterre accoucha hcuircufenient_
à Saint -Germain
r.co Laye. Elle n'a mis«p'urve
Fille
au monde , mais c'ett
toujours un grand avantage,
puis que cela fait connoifttt
l'insigne impofturc de ceu'a
qui avoienc osé publier dant
le temps de la naissance de
Monsieur le Prince de Galles
que cette Princefreeftoit hon
d'cftat d'avoir des Enfans.
Voicy un Journal exaib des
mouvemens que l'Armée du
Roy commandée par Mr le
Maréchal Duc de Luxembourg>
& celle des Alliez,
commandée par le Prince
d'Orange, ont faits pendant
ce mois. Le premier mouve..
ment que fit l'ArméedesEnnemis
,qui s'estoit aflcmblée
à Andcrlck fows Bruxelles,
fut de marcher du cofté de
Louvain,& de s'étendre vers
le Thil,ce qui obligea Mrde
Luxembourg qui les obfcrvoit,
d'occuper le Camp de
Gcmbtours jufqutau 5. de ce
mois; & comme il fut avercy
qu'ils avoient renvoy é leurs
gros Equipages à Louvain.,
dansle deffeindeles y laiflfer,
ce Duc renvoya aussi lestiens
à Dinanr,pour estre en estat de
faire des marches moins cmbarattantes.
Le ," 5. l'A rmée du Roy alla
camper à Longchamp
, parce
-que les Ennemis allèrentèam
perce mcfmc jour àTille
mon. Noftrc Armée qui si
regloit par leurs mouvemens
demeura à Longchamp jufqu'au
7.&ce jourlà lesEnnemis
allèrent camper à rAbbaye
de Hclefen sur Yoflej
s'avançant ducosséde la Mc.
hagne. Lemcfme jour l' Armée
de Mr de Luxembourg
alla carnpet à Emptines, pour
cftrc a portée de les prévenir,
ôc de s'oppofcr à leur passage , je quelque cofté qu'ils pussent
tenter de *passercette Rivière.
1 Le
i
Le p.les Ennemis firentun
petit mouvement>s'étendant
du cofté du grand & petit Gaieté
Mrde Luxembourg mar- cha au Camp d' Atoche>qu'il :établie tout le long de la Mehagne.
Les Ennemis estoient
campez de l'autrecollé, sur les
hauteurs. Ainsi les deux Arméesfe
trouvèrent en veuë l'une
de l'autre àla portée du Ca-
•non> la Riviere entre-deux.
;' Le io, le h. & le 12. jufqu'au:
IJ. les Ennemis firent
des ponts sur la Mchagne. IJ^
en firent autant qu'ils onc
de Brigades) & le bruit fc
répandit qu'ils vouloient paffer
en front de Bandiere, &
venir donner Bataille. D'abord
M1 de Luxembourg fit
faire quelques Batteries pour
les inquiéter) & lesempêcher
de travailler à leurs ponts;
mais ayant compris que tou.
tes leurs manoeuvres n'aboutiffoient
qu'à attirer quelque
affaire de poste, parce qu'ils
ont beaucoup d'Infanterie, &
'qluueecrcaraigIgnnaanntt eexxttrreêmmeemmeenntt
nostre Cavalerie ils ne veulent
point avoir une affaire
gencrale dans une plaine, il
recula son Camp, & leur don.
na le temps & le terrain donc
ilsavoient besoin pour passer
la MchagneJ s'ils l'avaient
voulu. Pluficurs détachemens
de i'A rmée duRoy se joignirent
à ce Camp, parce qu'on
pouvoit s'attendre à tous momens
que les Ennemis paflèroient.
Le 17 au lieu de paner, ilsfirent
un mouvement du coftc de leuc
droite, & allèrent camper sur le
Gécrà Leins, & l'Armée de M.
de Luxeiubourgjiecampa d'Aroche
pour revenir au Camp de Lonchamp.
Les deux Aimées fc trouverent
encore en presence à la
portée du Canon,ayant la Meh«i>
jgne entre-deux. Les Ennemis fai..
soient mine de vouloir palier, &
venir à nous au dessus delà source
de la Mehagne, Se on s'attendoit à
donner Batailles mais tour se paiïa
jusqu'au il. à s'obterver
, & à faire
lacommodcr les chemins, ainsi
squ'a faire des retranchemens où ils
croient necc fflires.
Le zi. ks Ennemis marchèrent,
& allèrent camper à Perüis en
Brabanet SeM* de Luxembourg
-alla camper au Chaftcau de la Falife.
Le 13. ils vinrent camper du
cofté de la Plaine de Fleurus à
Saint Amand»comme s'ils eussent
eu dessein de paffer la Sambre fous
Charlcroy, 6c M. de Luxembourg
cftant venu camper à Boquet, voya en- faire des Ponts sur la Sambre
du cofte du Chasteau de Fromonr/
cù il la passa il y a deux ans lors
qu'il donna la Bataille de Fleurus,
On s'apperceut alors, que tout le
mouvement qu'avoient fait les
Ennemis n'avoit elle qu'à dessein
de couvrir Bruxellc & Charleroy,
& qu'ils font déja consolez. de la
perte de Namur.
Il y a sujet d'estre surpris que
malgré les grandes Armées que le
Roy entretienten Flandre, & par
tout où les Princes liguez luy ont
déclaré la Guerre,il foit si puitfanc
lu'i} n'a pas laifle d'en avoir une
:n Allemagne en estat d'agir ,
tvant que ses Ennemis ayent pû se
nettre en Campagne. Cette Arnée
consume les fourages dans tous
es lieux où elle s'étend, & en vi-
'ant aux dépens des Impériaux/
ion feulement elle tire des contributions
, 8c inquiète Mayence
mais elle peut choisirlespoftes le
plus avantageux pour l'ouvertur
de la Campagne,5c pour empei
cher les Ennemis d'en prendre qt
luy puissent nuire.
On a eu nouvelles de la mortd
M. de Valdeck , arrivée à Maftri
dont-il estoit Gouverneur. Il avoi
cité fait Prince de l'Empire pou
recompense des grands service
qu'il avoir rendus. Feu Monficu
le Prince, Se feu MrdeTurenn
l'ont fort csismé. Il entendoitbiei
la guerre, Sd sur tout les Campe
mens, ce qui l'avoit fait appelle
lefin Renard. Ses Envieux difoieni
qu'il n'cfioit pas aufli brave dan
ion mestier, qu'ilestoit intelligent
*s Le Prince d'Orange qui avoit uni
grande confiance en luy, leproie
gea lors qu'il eut perdu la Bataille de
Meurus. Il est mort âgé de quatrevingt
ans.
Enfin le Grand Varadin a efl'é
reduit, après avoir soustenu plus de
six mois de blocus, & prefquedeux
de Siège dans les formes. Cen'a
pas este sans beaucoup de peine
<juelesAssiegez se font resolus à capituler,
puisque le General Heufler
les ayant fait sommer de se rendre le
3o. du mois paÍfé) le Bachafic retirer
le Tambour, 8c aufittost toutes
les pieces qui estoient demeurées
en eilat commencèrent à tirer. Le
foir decc,même jour quelques Officiers
Turcs ifrentdire à ce General
que s'ilenvoyoit quelqu'un, ils
nedoutoient point que le Bacha
ne capitulafi. Un Lieutenant qv-r futenvoyélelendemain,reprefema
le peril ou les Amegez s'estoient
exposez en differant à se rendrez
laBacha &l'Aga rompirent le pourparler,
endifant qu'ils n'ignoroicnt
pas qu'on fc preparoit à donner
l'assaut, mais aussi qu'ils fçavoienc
de certitude qu'il y avoit un secours
en marche, & que la Place valoit
bien qu'on la fist le prix du party
victorieux. Cette fermetéobligea
le General Heufler à faire tirer de
nouveau les Bateries, & lesbreches
s'estant trouvées raisonnables, les
Officiers & les Soldats de la Garnion
contraignirent le Bacha SC
l'Aga à faire paroistre l'Etendart
blanc, ce qui fut fait le 4. de ce
mois, &désJe:[oir mesmeonsigna
les Articles de part & d'autre au
nombre de seize. Il fut accordé que
la Garnison fortiroit avec armes
&bagages pour eflre conduiteà
Temefyvar. Il est forty du Grand
Vvaradin onze cens hommes armez
, Se deux mille autres perfonnes
sans armes). Hommes Se Femmes.
On confirme de Hollande du ziï*-
de ce mois,que danslaBataille Navale
il y avoic eu cinq mille Matelots
Anglois &. Hollandois tuez ou bleL
fez.On ajoûte que quarante rie leurs;
Vaifleauxoiitçîfcc maltraicez s
îju'ily enafeizc en si mauvais cftat,
qu'on ne sçait s'ils pourront estra
rétablis pour la Campagne prochai.
DeJ & que la Flote s'est remise en
Mer au nombre feulement de quarante-
deux Vaisseaux.
Les Armateurs de S. Malo y ont-./
amenédix-huit Prises depuis quinze
jours, & ceux de Bayonnc en ont
fait quatre,içavoir,une Flûte fiol
îandoife de quatorze pieces, deu
Vaiiîeaux Anglois chargez d'Ecain
dePlombSe de Cuirs, & un autr
chargé de Fer&d'Eau-de~vie. J
fuis, Madame, vofirc, &c.
Á Parisce30.Juin1692.
On diflribue avec le Mercure u;
Volume duSiege de Jsfamur.
T AB VE.
PRelude.

iroiftcme«Articlefort curieux touchât leCombatNaval. 1)
Receplion faiteaAd.lepremierTnfidit
de Nice. 2.1
Abbayedonnée par le Roy. ig
Nouvelles de Catalane. 19 Eotuvcs. 19 -9 Article des En.'<rmcs. 3°"
L*i R-r'ned'Ang1eterre
accouchéed\.n
Fille. Co> jo;
Les Campement des deux Armées
,
ceIl
du Roy commandée par M. de Luxem
hourt,& celle des Alliezpar le Vraie
d'Orange. 3lC
Nouvelles d'Allemagne,ll")
Adort du VrincedeV"aldech> 2.1î
Vrife duG .aud-Vltïadill. 2.15
Nouvelles a"Angleterre & de Hollande,
521
Prisesfaites par nos Armateurs.$11
FIN.
40
Le Campement des deux Armées
doit regarder la page 239.
L'Air doit regarder iapage305».
rATALOGVE DES LIPRES
nouveaux qui se vendentchez,
Michel BrufJtt, Gdéfit-neuve dit
PaUis,,AUDAUPHIN*,1691.
1-aIftoirc du Princed'Orange, rempliedeFigufes,
6c contenue èn.1
Uilieujii->ulogucs qui tout laonzième
r la- douzième partie des Affaires du
'emps. iz. 2- voL 4. livres.
Idem, Pasquinte Marforio, qui fc
knne tous les mois
,
1 7"f.
Affaires4» Temps, i-o. 'Volumes.
t." - - -
I5.L
Diôtionelaire de rimes dans un nontr.
ordrc,par M. Richeler. 12.. 2. 1.5.f.
iLe Royaume de Siam, par M. de la
Dubcre, iz,2. vol. -avec des Figuis.
-.1 * 4.. 1. 40, f.•
Journal du Voyage deSiam, de M,; "*
AbbcdçChoifjr-. lit -J.J.iJufi
Explication en Vers des Tableaux cw laGalleriedeVersailles. 40. q.
-
Recherches curieuses
d'antiquitezj
contenues en plusieurs Diflcrtationj
sur les Medailles, bas reliefs, ûatuëi
Mosaïques & inscriptions antiquesj
ciirichiesd'un grand nombre-de figureS
en taiile douce par M. Spon. 4. y. H
-Idem Histoire de Genèvedepuis let
premiersnecies
,
de la fondation delà
Xille,jusquàpresent. 1z. 2.vol. 3.L
Livres de Drois. 1 !La Nouvelle Pratique Civile, Cri.
minelle, lX. Beneficiale, ou le nouveal
Praticien François, Reforméfuiva*
les nouvelles Ordonnances,parfd
M. Lange, ancienAvocat en
Pad«
ment:) cinquième Edition
,
augmenée
de Notes en differensendroits, Dcdii
!l'l.M. Talon
,
P^efident en la Conrdj
F
Pirieoaçnt.4.
Traité desDonations.entre vifs,
IL Teftanientaircs,parM.Jean Marit
McMft derniere Edition. fol. 2. voL
2,4.L
Les Edits & Ordonnances des trcs-
Chrestiens Rois François I. Henry
II. François 1 I. Charles 1 X. Henry
111. Henry IV. Louis XIII. & Louis
XIV. sur le fait de la Justice & abréviations
des Procez,par M. Néron,
& Etienne Gérard, Avocats en Parlement
, augmentez en cette derniere
Edition, du Traité de la Jurifdi&ion
delàConnétablie& Maréchaulïée de
France,fol. 7. 1.
La Nouvelle Coutume de Paris,
avec les Notes de M. C. du Moulin reveuë ,
,
corrigée & augmentée de
nouvelles Remarques & de nouveaux
Arrests , rendus en interprétation de
quelques articles, par M. C. Beroyer
Avocat en Parlement, IL,2.vol.
3.1.
Di&ionaire Cii il & CanoniqUé.
40 5* 1.
Traité de la Subrogation, de ceux
qui fucccdent au lieu 3c placeàcs
Créanciers, 4.rf.<] Idem, Des Criées par M. Bruneau
As 4.]
Osestions Notables de Droit JI
Perier, 4. *1
fOeouvrles.de M,. CChhaarrlleess LLooiiicaà 7. 1
La Découverte des myfrcres ch
Palais, où il esttraité des parties et
général
,
des Intendans des grandej
Maisons
,
des Procureurs,Avocats1,
Notaires, & Huifficrs, 12. 1.L 1o.
Livres tfni./loires dr autres matièrek
Reflexions sur les défauts ordinair
des hommes,& sur leurs bonnes quarfrt iitez, 12. 1. 1.13. f * Lettres sur toutes fortes de fnjets-.,
12:2. vol.3.1. 10. C
Lettres Familières &: autres sur dif.
ferentes matières, par le Sieur MilJ
iDlcunt,12- 1. 1. ;o 1:
LetrresduChevalier M crc, 12- 2 Let,rcsdkiC-lievalicrNiC"r,é j 3y
Reflexions & Maximes, sur divers
ujets de Morale, de Religion & dz
Politique,12. i. l.ic. C
Prat;qucde Midecine generale d'Etnuler,
sur les maladies propres des.
riommes ,
des Femmes, &- des En.
ans, 8. 3 J..
fdemJPratique generale de Medccine de
ontlecorps humain de Mich:J. Ettmuer,
Traduction nouvelle, 8. 2.v.6. K
Nouvelle Chirurgie, Medicale 2c
rai[onnée de Michel Ettmuler, avec
me Diflertation sur l'infusion desli-
(«leurs dans les VailTeaux, 12. 1. L
10.f.
Traité des Fortifications,contenant
a Demonstration & l'examen de tout
te qui regarde l'art de fortifier les Pla»
;es3 tant regulieres qu'irregulieres,
suivant ce qui ce pratique aujourd'hui
> 12. parGaultier) Figure. 1.
1.1?. f.
Traite de l'Artillerie, expliquant*,^
ia différence, les proportions, les portes
, les affûts, & tout. ce^qui co&$
cerne les'Canons donton ie fërt
France, tant-sur Terre que sur Meri
avec plusîeurs Planches, parMonfieuj
Gautierde Nismes, 12.- 1. 1. 10. fl
Chevalerie, ancienne &moderne i
avec la. maniéré de faire h- preuvi
pour tous les Ordres de Chevalerie
12. 1. 1. 10. (4
Réflexroncfer l'A-cide & sur l'A11
Xali, 12.. r. liv.10.É
ObfervattGns d-c M Spoiï, surIci)
fièvres & les fébrifuges,12.I.M
Elsass de Morale&de Politique, oùj
il est traité des Devoirs de l'Homme
confideré comme particulier, & com.J
sue vi vant en Sbcieté., 12.z. vol. r. L EntretiendeTAftxologiejudiciaircj 12.1 1
OEVTRESDEJ~'
de FonteneIk.J
,[ Dialogues des
Mortsrot|
JugementdcPlutpn,12-1.L1o»1
fcrrtretieîTS sur lapluralité deslMbn'*'
les,i2 i. 1.1o..i
Histoiredes Oracles,i2. t. liv.iof.
PQëflCS Pastorales avec-un Traité de
a Nature de i'Eglogue,<Sc une Dijreffion
sur les Anciens & les Moderles
, i2. i. 1. Io.-f.
Lettres garantes deM. le Chevairt
d Her, l 2. 2. val. 3. 3".
Academie galante, 12. 2,vol.3.1.
Ducheire dvEftramene,12. 2.. vol. e1.
Les Dames Galantes, 12. 1. vol.
3.I.
Sentimens sur les Lettres & sur
ÎHiftoire
, avec des Scrupules sur V
tile,12. 1.1. io<. f.
Eleonor d'Yvrêe, parMademoifellt.
Bernard
, 12» 1. 1. 10. f
Idem
,
Le Comte d'Amboise par la
nefme, 12. î. vol. 2. L
LeNapolitain, IZ* i.
Le Mary Jaloux ,12. 1. 1.tG.Ci
Le SecretaireTurc, 12. i. l.ic. f.
Lc Serasxitr Bacha>12. 1. 1.10. f"
Etat present de la PuilTance Otto
mane,i2. 11,io.f
L'IIluilre Genoifr, 12. y11o. f
Le Grand ViiirjCara Mustapha
J2. 1.1.1o.f
Hidoirede Mahomet IV. dépossedé,
12,. } vol.4.1.10. f
Ambassades de M. le Comte d<
Guilleragues, &. de M. Girardin aa.
prés du Grand Seigneur, 12. 1. t
10. (\
Voyage des Ambassadeurs de Siam
tn France, remplyd'uneinfinité de
choses curieuses, 12. 4. vol. 6. li
Dialogues Satyriques & MorauxJ
Hn Vers)l2. 1. 1.
Dialogues Satyriques & Moraux.
11.1. vol. 3. )
Fables nouvelles enVers,12.1.1J
10. li
Epistres en Vers de M. Sabatiei
aeFAcadémie Royale d'Arles, 12.1. î
Caraderes de l'Amour, 12.. 1.1 lO. Secretsconccrn*ntUbçautc ôcLa
tnté, 8.1.voL €. 1,
oElt.at nouveau de la Francc 12. i. 1691.
Historedel'Afrique ancienne &
lodernc,enrichie de So.figures) I2.
'vol. S. 1.
L'Ariofte moderne, 12. 4.vol. 6,1.
Les nouvelles Conversations de
Aorales
,
Dedié au Roy, par Made-v
noifelle de Scudery, 12. 2. vol. 3.1.
La D-oûrine des; Moeurs, remplis
e Figure ,12. i. L 10.C
Quint-Curce de Vaugelas, 12. 1:
ol. 3. ].
Idem, de petite lettre, ï2.2.1.1o.O
Les. Conseils de la SagclIè., ou 1.
Lecueil des maximes de Salomon,
'.sphis necellaires à l'homme, deriere
Edition, 12. 2.vol. 3..1.
Ouvrages de Profes&de Poësies
es Sieurs Maucroy.,la Fontaine ,ii.,
vol. 3, 1..
[xithmetiqueraisonnée,12, 1,1.10. f.,
OtWrdges deMonfieurDablancourt*
Commentaire de Cesar, I2. 2.Y. 3
Lucen, l'. • vol. 4. 1.1o.
JrliftoiredeTucididc, 12. 3. vc 4.I.Io.
Tacite,12. 3.voL 4J.ic.
,
Guerres d'Alexandre 11. i.l.10.
Les Mémoires de feu M. le Duc <
Guise, 4. 6.
liLegChuemrineRo*yald.e3la Cro.ix,
Ouvragesd*Tere BthourJ.
La Vie de S. François Xavier) de
Compagnie de JEsus , 4. 6.
IdeM. La Vie de Saint Ignac
4-[ami, 6. La Maniere de bien penfî
dans les Ouvrages d'Esprit, 1.v. i.
Idem, Les pensées ingeni"uses d
Anciens &des Modernes, 1v. 2.
Idçemo. Reim2arqu,es1sur>la L1ang0ue F.ra
itte des Remarques nouvelles sur ta
ngue Françoise, 12. i. I.10 f.
rtlern) Entretiens d'Arriae & d'Uone,
u. 1: K 10. f.
..ettre à une Dame de Province, sur
Dialogues d'Eudoxe &: de Philan-
2,12. 1.1. io. f.
istoire de Normandie par Monsieur
MafleviUe, Il.3.1.
La Vie de la feue Reine d'Anîterre,
dans laquelle outre fcsadt'ions
rticalieresde pieté,on trouve ce qui
si pacte de plusremarquable pendant
> Régnés des Rois Charles I. &
îarlesIIS. a. 1. 10. f.
Histoire des Troubles de Hongrie, l.6.vol. 9.1.
hïiftoireMonastique d'Irlande, 12.
11.1.
Histoire du Monde,11. 5. vol.
r M. Chevreau. 9 1.
Hiftoirc Sainte,12.4.vol. par le
rcGautruche, 12. 4.1.ic. f.
L,a Sainte B ble
: , contenant le Vieil NouveauTeftamcnt, 12. 5.V.$.1.
Les Conférions de S.AtigLiflin, 12,
de Sentier. 1.1.10.i
IdemJLes Médications,12.i.l
1o.(
Histoire de France de Mezeray
, 4
3.vol. sigure.20.I
Idem, Par de Prade
, 12. 5. roi. 7. 1
Idem, DeBonnaire,n. 1.1.10.i
fLieBglasoundurPeercsM.e2nestrie-r, 121
Histoirede la Monarchie Françoifc,
feus le R.egne de Louis XIV.12. 3,
roi. 4.1.1o.f
Nouvelle Methode pour apprendre
facilement la Géographie uuiverfclle,
par le Sieur de la Croix, 12. 4. voL
remplie de figures. 8. L
Idem, de Robbe, 12. 2. yol. remplie
d.e si gures. 6.U
LesLettres deVoirure,12.2.vol.
3.1.1
Virgile, dela Tradu&ion deMartin
jsnac, 12. 3. voL figures. 6.1.¡
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le