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REACURf;
rr-~ALMr
DEDIE' A MONSEIGNEUR
A PARIS,
CA1.Pp>E-:,hriK£ JU'U palaJS>
ON donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant au
premier jourde chaque Mois, & on 18 vendra Trente fols relié en Veau,
tk Vingt-cinq fols en Parchemin,
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE, au Palais, dan.
Salle des Merciers,àlaJustice.
T. GIRARD,au Palais, dans la Grande
Salle, à rlovie:,
Et MICHEL BRUNET, Galerie-neuve
du Palais, au^Dauphin.
M. DC. XCIî.
flI'E.C PRIVILEGE DV ROT.
rei~-El, -i -
~R
CALANT
e5J1. Ar 1,69z. I E croy, Madame,
que vous vous ferez
un plaisir d'entendre
lePseaume, Qmrc fremucrunt
Gentes, dans la bouche de
nostre Auguste Monarque.
On en a fait une version
dont je vous fais part. Pour
peu que vous fassiez de reflexion
à cc que contient ce
Pscaume,& àcequisepasse
presentement en Europe, il
ne vous fera pas difficile de
découvrir lesendroits paroù
il peut estre appliqué au
Roy.
VERSION DU PSEAUME
Quarefremuerunt Gentes.
QV:l fitjet de (ouro/Ix) quelle
nouvelle injure
De tant de Nations excite le mJlroa
rnute ?
Jgvueopreltetnddleeursfusreeur?inqm,ii-1'-
A mis à tant de Rais les armes à 14
main?
Rebelles au vray Dieujcorrupteurs
temeraires
De la Lc) que (on Verbe a tranfmtfe
a leurs Icrcs ,
Ou jaloux que le Ciel par toutfoit
monappuy , S'attaquent-ils à moy pourseranger
de luy ?
Sauvons-nous, diflnl-ils) des fers
quon nous apprejle,
Ala honte dujougdérobonsnotretetesi
Baruifons un bonheur qui nous blejjè
lesyeus.
Mais le Maiflre Eternel àe la terre
& des Cieux3.
Rira des vains projets que leur bouche
m'annonce,
Etses foudres feront entendre J.
réponse.
La distorde& l'ejfroytroubleront lent
conseil Je ; verray de leur haine avorter l'appareil,
C'cft msy,c'est moy qui fuis, parfill
ordre jublime,
De lafainte Sion le Prince legitinu,
C'tji moy qui publieray
, qui défendray
sesLoix.
Je IrO/lve un Vils entay,m'a ditce Roy
desRoisy
Aujourd'huy dans ton Dieu tu vas
trouver un Pere.
Veux-tu des Nationsconfondre 14
colere ?
Veux III de leur dépouille enrichir
tes Etats ,
Ou voir tout CVnivcrsaflervyfat
ton brasi
ftrlt, ton braifittdùn trme dems
tonnerre*
Brifera. tes jaloux» comme on brife le
verre,
D'lln opprobre eternel ta les verras
couverts,
ILAmper servilement fous le poids
de tes fers.
Vous donc, a qui ma gloire tfi un
mortel outrage,(langage.
Du Dieu qui meprotégé enttndtz,le
Fiers Monarques> JOlJffrt*{ qu'line
fainte terreur
Tourne en amour pour luy vofire
noirefureur.
yentt; mettez, l'orgueil quivous
sceuttropseduire,
Aux pieds Jefis Autels que vous
vouliez, détruire.
eoand il fait dans les airs tMHtt
fin jer connu»>
Heureux qui tout A luy n'en feut
craindre les coups.
La conservation de la personne
sacrée du Roy cil si
necessaire à toute la France,
qu'il n'y a personne qui ne
fasse tous les jours par les souhaits
de son coeur la mesme
priere que fit il y a fort peu
de temps Mr le Prieur de Briquemault
dans une occasion
solemnelle
,
où aprés avoir
marquél'obligation qu'avoient
les Peuples de lever
les mains au Ciel, comme fit :
Moyse ,
tandis que Josué;
combattoit à la teste de ses
Armées, & de demanderà
Dieu qu'illuy plaise de conserver
ce Monarque
,
il finit
par ces paroles.
- Ouy,Seigneur LOUIS
LE GRANrn efi voflre
ouvrages (y*vousejlesengagé à
sa défense. C'eji de
J
vous que
nous l'avons rece14, Cest a vous
4 nous le confîrvcr.C'efl pour
vous qu'il combatJ c'est pour
> vous qu'iltriomphe> & ç'ejl à
> vous qu'il se reconnoijl iedevai
ble de ses vifloires,Vcne% prem-
\ptcment, Seigneur*àsonfcccur;,
>& regarde^ d'un oeil favorable
un Roy qui n'a point d'autres
Ennemis que ceux devoflre Eglisi.
Ilsoùtient vos Autels, affertnijftz
son Trône. Il prend luy
seul en ses mains la dêfense de
la Religion> prene% vous seulle
foin de fis Etats. Il tft le bouclier
de la Foy, couvreZ, Sti. \,,Sei.
gneur J
sa personnesacrée de vo*
prt ombre
) comme d'unbouclier
qui le garantisse des dangers on
tous les jours sa valeur l'expose.
Dieu des 'Batailles >foûtene^ la
force deson bras.Ange dugrand
Conseil
y
dij]ipe% laLiguedeces
lâchesPrinces, plus jaloux de
voflre gloire que de la sienne.
Renversez le Trône chancelant
du [uperbe Montas» qui a l'tnfolence
de dire qu'il régnera sans
nous 9 & qui na déjà que trop
régné contre vous. 2{ende% aux
Rois que cetUfurpateurafèduits»
un coeur véritablementChreflien,
Vous qui tenez entrevos mains
les coeurs des Rois,faitesremon*
ter sur le Trône de ses Peres un
Roy fidelle» qui n'en est descendu
que parce qu'il vouloit vous
y faire monter. Mais pourquoy
preferire des bornes àvos bonteQ
Seigneurf Pourquoy vous importuner
pour tant de faveurs ?
Une feule nous fufft; que
,
5t ;
LOVIS LE GRAND'
*vive» c'en efl ajfe%. Le cours
de sa vie reglera celuy de nos
profperitr:{. Il vous fera régner
sur toute la terre i
malgré la
jalousie de ses Ennemis. Mais,
Seigneur, attendez, encore quelque
temps à lefairerfgner dansle
Ciel. C'ejtlagrâce que nous vous
demandons pour luy
»
dans ces
jours de grâcepournous.
Entre tous ceux qui ontce
zele sincere&empressé pour .-
le Roy,il n'y a personne qui
en donne plus de marques que
Mr le Comte de FontaineBerenger,
Capitaine au Regiment
deBouflers, qui outre
toutes les réjoüissances qu'il a
faites pour chaque avantage
lpeasrticulier qu'ont remporté
François, a voulu encore
consacrer deux jours de chaqueannée
par deux Festes
folcmnelles, pour demander à
Dieu qu'illuy plaise de benir
tous les projets de Sa Majesté.
L'une de ces Festes se ce le bï-c
le premier jour d'Octobrer,
Feste de Saint Remy
,
dans sa
Terre de Fontaine Berenger
prés Trun, Diocese de Sess
ôc l'autre le Mardy de la lemaine
de Pasques, dans sa
Terre d'Herengerville, Diocese
de Coutancc. La ceremonie
de cette derniere Feste
se fit le 8. du mois passé avec
beaucoup de magnificence.
MrVincent,Prieur de l'Hôpital
de Coutance, prêcha le
matin sur la Charité, & fit
l'Eloge du Roy avec une entiere
satisfaction de son Auditoire.
Mr Marqs, donrl'éloquence
est connue partant de
Sermons, où il s'cft fait admirer
dans les meilleures Chaires
du Royaume, fit l'aprésdînee
un nouveau Panegyrique
de ce grand Monarque,
ic on chanta l'Exaudiat en
Musique, avec les autres Prieres
que l'Eglise ordonne en
pareille occasion.Mrle Comte
de Fontaine Berenger traita
toute la Noblesse, & fit
distribuër de grandes aumônes.
Chacun estoit fous les
armes , & le foir tout son Logis
fut illuminé, ainsi que
tous lesarbres qui font autour
d'un grand Etang qui en frape
lesmurs. Aumilieu decet
Etang estoitdressé un bucher
d'une construction toute singuliere.
C'estoit un ouvrage
quarré , environ de douze
pieds, qui sembloit porté par
des poissons. Les victoires
que nous avons remportées
sur Mer se distinguoient sur
les bords e" qui touchoient
presque l'eau, & dans lemilieu
estoit unNeptune environné
de toutes les Divinitez
Maritimes
, qui avoient sur
leurs testesune espece de bassin
d'une fontaine
, avec un
jet d'eau. Ce bassin estoit
<juarré,& haut de deux pieds,
avec quatre Tableaux autour,
dontceluy qui faisoit face au : Manoir Seigneurial? regresentoit
le Temps, leplus ancien
des Dieux, qui chassoit
l'Hiver pour faire place au
Printemps, & favoriser l'ardeur
de nos illustres Guerriers.
Sur le costé droit on remarquoit
trois Aiglons sur
un Dauphin,contemplant le
Soleil qui dissipoit les nuages
malgré toutes les vapeurs quexhaloit
la terre. Sur les quatre
coins de la fontaine il y
avoir quatre Amours, & chacun
d'eux regardoit une des
Parties du Monde.Toute la
Machine estoit garnie de petards
& de fusées, avec quatre
petits Pierriers, & autant de
petits Canons autour. Lors
que la nuit fut venuë s
Mr le
Comte de Fontaine Bcrcnger
fit paroistre sur cet Etang le
portrait d'une belle Nymphe,
a qui il donna le nom de
Deesse des belles Eaux, par
allusionàceluy de Mademoisellede
Belleau. Costart d'auprés
de Livaro, l'une des plus
aimables&des plusspirituelles
per sonnes de la Province,
qui elt tellement charmée de
tout ce qu'a fait le Roy,qu'elle
a souhaité plusieurs fois
d'éstre homme pour avoir la
4
gloire de le servir. Ce Portrait
estoit suspendu adroitement
pbaerilldeeux cordes, sur une cortoute
garnie de lumieres
& d'artifice,&onlisoitdes
Vers aux pieds des Amours,
dont l'un Te plaisoit à faire
connoistre qu'il cherchoitune
belleeau pour sa fontaine, &
l'autre marquoit que jamais
belle eau ne gâta rien. Les
Vers des autres Amours n'avoient
pas moins de galanterie.
Le Feu, dont chacuu loüa
l'invention
,
fitun effet merveilleux,
& l'A utcur de cette
Fdlc: receut de grands applaudissemens.
Tout ce que je vous ay fait
voir de Mrde Senecé,aefté
si bien rcccu dansvostre
Province, qu'il fofEt presentement
de vous le nommer
en vous envoyant de fcs Ouvrages
, pour vous préparer
à lire quelque chose d'un bon
goust, & qui mérite l'empressement
quevous me marquez
d'avoir tout ce qui part
de sa plume. Le Dialogue qui
fuit eû de sa façon.
L'HYMEN.
L'HYMEN> L'AMOUR,
ET
LA RAISON.
L'HYMEN- MOn Frere, jflfiJu'iCJ j'aj
gardé le jilence.
Jltjqu'icy poufevivement,
Mon cteur de son rejfentimcnt
A reprimé la violence ;
Mais enfin il demande un éclairciiïcment,
Etje sens épuisèr toutesa patience.
Je Ççty
que tZJnivtrs estfournis à
vos loix
£)uelaNatu, resuspenduè
Efi Attentive à vofire voix,
Jgue dans l'affreux chaos régléfar
vostre choix,
Elleeuft tflé sans vous pour jamais
confondue,
me vos premiers Sujetsfont les
DittixelesRois
Jgue vous regnet pAr tout.De vos
augufies droits
Je connois la vajîeétendue*
JEtjen'ignorefointl'honneurqueje
vous dois.
Pourtant( vousleffave^)toutfuifsans
que nous sommes,
Ileflfardejjusnousunfouvoir dans
les Cieuxj
Un Dieu commande aux Rois) un
Roy commande aux hommes,
Et laRai/on gouverne& les Rois
,
&
les Dieux.
Ofirie'{:;volls toutseul corrompre cet >
Tour moy toujours injufie» d- toujours
rigoureux?
NefouJfrireT^vouspointqu'un Cadet
malheurenx
Joüiffi defin Apanagel
VAMOVR.
Véloquence four VOIIS, mon Frere,
n'tft qu'un jeu.
De tcs moralitez, où taftt de bon fcns
brille,
Vbivet au coin de vojlre feu ,
Vous endormez, vojlre Famille.
C'efi vofire fort, &sans vous of
senser,
Je pourroisajouter que de cette querelle
Je ne dois point m'embarijïer.
Vous voir grondeur, Hymen, nesi
pas chofi nouvelley
Vousnefçaurïez,vous en pAffir.
Mais qu'il foit un pouvoir que tnDn
pouvoir redoute,
Qu'ilfoitqttelqiiautre Dieu de mes
forces vainqueur ,
Cestun article dont je doute,
Etce ri estpas toujours la Raisonqu'on
écoute,
Quand nous parlons ensemble 411
fond du mesme coeur. Je veux bietftoutefois vous imposes
silence.
J*accepte la Raison pour discuter nos
droils.
De qttoy vous plaignez-vous? Pd,.-
lez; sans consequence
Je mysoumets pour cette fois.
L'HTMEN.
Vousmavez, outragépar plusdane
entreprise,
Je n'en réveille point le souvenir
cuisants
Mais dumoins rende7^mo)Cephifè,
De qui vous-mesme, Amour »vota
m'aviezfait present.
Toute jeune en mes mains elle fut
(orJigllée,
Rien fJ'lIpprocboit alors de ses lmpreffimtlls.
£)uand defin cher EpoNx elle ejloit
éloignée, *
Seschagrins inquietscomptoient tous
les mome>is.
Tourvuider finiàseul quelque ten*
dre querelle,
Cesioittoujours nouveau cartel.
Luy rendre une vijîte 1floit alorspouf
elle
Un outrage mortel.
Aux Amis, aux ParensinviCible, &
farouche,
Ce bienheureux Epoux l'occupoit en
tous lieux.
,
Ses folâtresdejîrs s'échapoient par fisyeux
jQuand la pudeurtâchoit de leurfermerla
bouche.
Tous ces amujemensqu'on Affilie p/aijirs) Opéra, Concerts, Afalcarader,
Parlaemparaifon rendus encorplm
fades,
Tour mes dons pretieux tedoubloient
sessoupirs. onluypropofaft quelquefee,
Une Comedie, un repas )
Apoint nommé, vapeurs, ou mal
detesie
La tiroient de ee mauvais pas.
Point d'ornemens, point de parure.
Aux agremens de la nature
Sonambitionse hornoit..)
L'air négligé desacoiffure
'71
Marquait à quels emplois elle 1ae
Jlinoit.
Combien de fois dans une promenade
Ont'ils sur des gazons fouIet
Fait brûler le Satyre, & rougir à
Hayade
# Par mes miseres revelez!
Latyranniquebienstance
Les forçoitelleÀ quelque autre entretien
,
Tous deux on les voyoit livret par
ma puiffince
A l'agréable impertinence
De faire mistere de rifn.
Par quelquecarressefurt'tve
Je nourriffiis leurfamé, &la rendois
plus vive.
De ceux qu'ilsregardoient pour lors
comme ennemis,
je trempais lafoule importune Etfçivotscfur*pl.rfrpermis,
Leur filirt une bonne fortune.
ue ces temps font chargeaiJgut
¡ ',,' 'i' ces doue urs tr"jJ/¡f),c,S
Ont quitté promptentent te partj du
devoirl
Elle paffe les jours ,
la volage, au
miroir
v Et les nuits dans les djflmhléeJe
Son quartierqui la croitsonplus rare
ornement»
Ne la voit jamais serieuse ;
BrlU.tnl par tout ailleurs d'un aimable
enjoumenty
Elle efl dans son logis muette , ou
quetelleufe.
Le seul nom de retraite allumeson
couroux,
Unefouie importune à tons tnomtns
(.Ju.l¿fc.
3eu, Ainjtyue,Fejlins , elle trouve r,able
Tout ce qui n'eflpointfin Epollxj
fourluy plus £'a*;-ct-evs,pour luy
plus de tendrejfs.
Side quelques sausses caresses
il cjl quelquefois honoré,
Aux plus pressans besoins la feinte
jè Irmite;
C'ejï pour en obtenir quelque habit
chamarréy
Cefipour entretenir la Bassette prof*
crite ,
Ou le Lansquenettoléré,
JVu'ena«utres temps mon ardeur
le réveille-,
Jzhie de ses droits il veuille ufir"
la bouche qui le fuit, dufoin de le
baiser
Charge négligemment l'oreille.
Seule avec luy ce ne font que lan.
gueurs.
Q.u9e~lque~auMtr/e~vient) i~ls2e r~et/iwre;
A lafeinte migraine>auxtrompeufcs
vapeurs
Succèdent les éclats de rire.
Un grand lit de px puds luy paroist
trop étroit ; Ilfaut en faire deux quandfon dlgoussaugmente9
Et d'un telchangementsonartifice
Adroit
Accuse la Lune Înnocelltt.
Far le chtgrin qui la tourmente
SonBomefiique efi en rumeur>
Ses Valets/foncht'enyfaSuivante
Souffrentdesa mauvaise humeur.
Sous ces trijlesdehors quelptifonsi
dlguiflf
De quels évenemens femmesnous
menace^?
Vous qui me livrâtes céphijt, --
Amour, n.ifi-a pointionsquime là.
ravijftz, ?
L'AMOYR.
0 /4 firprtnantc avaature>
Jiïuen pleine joiiijfance on jnijJè
d'aimer!
..A vous entendre déclamer»
t'Il} cru que toute la nature
D'un renaissantchaossedevoitalar*
Je mer. vois qne ces plaintes naïves
Tendent à me noircir d'un injuftt
Joupçon.
Vos peintures font un peu viver. ilfaut vous pardonner) vous vivez,
sans façon.
L'infaillible Raison prompte à vout
satisfaire
Vaterminer nojtrc débat )
Mais au nom du Mary, pour eclaircit
l'affaire
Sur certains faits cfuffrez, l'intcrroçat*
pe vos commencemens tardeur toujours
brûlante sexprimc-t-elle du mesmeair
N'efl- elle point un peu plus lentee
L'HTMEN.
Et le moyen, fuis-je deser
VAMOVR.
Dans la tranquillité de vojlre joiïif
since,
Du desir de plaire occupé,
En faites-vous toujours voflre foist
d'importance l
L'HTMEN.
Les affaires m'ont dissipé.
L'AMOYR.
ÂveZ-VQIIJ bien été l'induflrie
De vous montrer toujours par le plus
beau cossé
Dontonufe en ,galanurief
Quelques défauts choquans nont-ils
point éclat¿?
L'HTM E N.
Quelle contraintesevere
Aux coeurs pour toujours unis
Jeftis nudt je fuis fmeere.
Onmevoit tel quejefuis.
L'AM 0V R.
Fort bien.Qu'avez,
- vous fait de
Fimportune foule
De langueurs, de dégoûts, de murmures
, d'ennuis,
JVui par tout après vous dans les
maisonsse coule ?
L'HTMEN.
ils mobsedent les jours, ils moccupent
lesnuits.
L"A310rR.
Et la cruelle jalousie
A-1-elle encor suivi vaspasf
L'HTMEN.
J'en ay toujours l'ame faijie9
Nous ne mus defuniffons pat.
L'AMOVR.
, Etvousvoule^qu'onvous chtriffi,
Négligent, endormy
,
foupfonnetix,
dtjfipé,
Rdenty dansvoflre exercice,
Et d'un/oucyjalouxfollementoccupe?
Vous mesme Avez, causé le mal qui
vous accable;
Tour moy,jefuis hors d'interess.
O vous, qui vous piquez si fort
d'efire équitable Reine, , prononceZ nofheArrefl.
LA RAISON.
De fis conclusions Hymen efl debouté
t
Fautedavoir produit ardeur& notiveaute;
?logr avons, déclarant t'injallce criîninelle,
Ordonné qu'iltiendra prisonperpélueUe;
Dormeur toute la nuit, &grêndeut
toutle jour,
Et nous lè condamnons aux dépens
de CAmour?
L'HTMEN.
.!(JO)
>
perfide Raifln. quand je
vous croyois presle
Asoutenir la verité,
Les appas de la volupté
Vous font abandonner le farty de
l'honnefle ?
Allez-, si deformais dans v,ofire lâche
Cour
Fous me\oye7^chercher refuge..;
- L'AMOVR.
Courage,Hymen,poujftT^ Lesloin
donnent unjour
Tour declamer contre finJugte
Les personnes duhaut rang
font tant de bruit dans le
monde, que vous ne pouvez
ignorer la mort de Mrle Duc
d'Elbeuf,arrivée icy le 4,de ce
rnois.11 eftoic Gouverneur des
Provinces dePicardie, d'Artois,
du Boulonois,& Pays conquis,
Savoie épouséen1648.
estant alors âgé de 28. ans,
Anne-Elifabeih de Lannoy,
Veuve de Henry duPressis,
Comte de la Rocheguyon,
dont il a eu Charles de Lorraine,
né en 1650. &Anne-
Elisabeth de Lorraine, mariée
en1669. à Bar-le-Duc) avec
Charles-Henry Duc de Vau.
demont, légitimé de Lorraine.
Estant demeuré Veuf, il
prit une seconde alliance en
1656.avecElisabethdelaTour
d'Auvergne, Fille Ainée de
Frederic-Maurice de la Tour,
Duc de Boüillon. Les Enfans
qui font sortis de ce second
mariage, sont Marie. Eleonor,
néeenJ658. Françoise- Marie
néeen1659. Heluy, ne
en 1661. & mari-é, en 1677. a,
MademoiselledeVivonne,&
Loüis, né en 1662. Cette seconde
Femme estant morte,
MleDuc d'ElbeufépousaMademoiselle
de Navaille,Fille
de feu MrleMaréchal & Duc
deNavaille,presentementDuchessed'Elbeuf.
Elbeufestun
Bourg en Normandie, sîtué
sur la Rivière de Scinc, trois
lieuësau dessus de Rouën,&
érigé en Duché en 1381. en faveur
de Charles de Lorraine
I. du nom, Duc d'Elbeuf,
Comte d Harcourr, de Linebonne
Ôc de Rieux, Pair,
Grand Ecuyer, &Grand Vcneur
de France, Gouverneur
duBourbonnois.Ilefioit[orty
du mariage de René de Lorraine,
Marquis d'Elbeuf, Chevalier
des Ordres du Roy,
septiéme Fils de Claude de
Lorraine, Duc de Guise, avec
Loüise de Rieux, Comtesse
d'Harcourt, Fille de Claude I.
Sire de Rieux,& de Susanne
de Bourbon, saseconde Femme.
Charles de Lorraine I. du
nom, épousa Marguerite Chabot,
Fille de Leonor,Comte
de Charny, Grand Ecuyer de
France, & entre autres. Enfans,
il en eut deux Fils,dontHenry,
le Cadet, a fait la branche des
Comtes d'Harcourt. Charles
de Lorraine II. du nom,Duc
d'Elbeuf, Pair de France,
Chevalier des Ordresdu Roy,
Gouverneur de Picardie, qui
estoitl'Aine, épousa en
1619. Catherine
- Henriette,
légitimée de France, Fille
du Roy Henry I V. & de Gabrielled'Eitrées,
Duchesse de
Beaufort, & mourut en1657.
laissant Charles de Lorraine
III. du nom, Duc d'Elbeuf,
qui vient de mourir; François
qui aeu desEnfans; François
Marie. que d'autres nomment
Jule, Prince de Listebonne,
Catherine, Religieuse, & Marie-
Marguerite- Ignace, qui
mourut à Paris en 1679.âgée.
de cinquante ans, & qu'on
appelloit Mademoiselle d'El-
-
beufMrle Prince d'Elbeuf,
presentement Duc d'Elbeuf,
avoit la survivance du Gouvernement
de Mrle Duc d'Elbeuf
son Pere.
Mr de Rebenac
,
Envoyé
Extraordinairedu Roy auprès
du Pape, a eu audience de Sa
Sainteté, & je vous envoye ta'
Harangue qu'illuy a faite. Je
ne vous préviendray point sur
cette Piece, estant allure que
vous y découvrirez bien plus
de beautez en la lisant, que
tout ce que je pourrois vous
dire, ne vous en seroit attendre.
-J
HARANGUE
FAITE AU PAPE,
Par Mrle Comte de Rebenac,
Envoyé Extraordinaire
T de France. RESSJINT PERE.
Lors que feus l'honneur de
baifir lespieds de JIofl,,e Sainteté),
je luy renouvcllay par tordre
au Roy mon Maifirey les assurances
desonrefpeéî filial, &
de la haute eslime que Sa Adajefté
a conceuëpour les éminentes qualitez
de ProfiteSainteté. Je dois
aujourdthuy
,
fuis qu'Ellel'ap*
prouve >
obéir à l'ordre le plus
précis dont Sa Majefiémait
honoré. Elle veut que par une
,ouverture entier; pour V. S. je htycxpojelesfntimenslesplus ,secretsde (on caursur la conjon-
Rure pref nte
>
afin que réglant
>
saconduite sur les lumieresü hs
v.
,fA^-sconfL'il* de V. S.le Roy mon Maistre execute les resolutions
lesplus convenables au mainticn
de la Religion, & au repos de
toute laGhrtftienté.Ilfera,Tressaint
Tere, dans une confiance
d'autantplus grande de loir un
succés heureux des desseins que la
feulepietéluj infpzre)qu'ils auront
eu l'approbation du Pere
commun .drs Fidelles, & d'un
Papepour la personne duquelSa
Masifié a un refipeél si fincere>
& une tendrejje sirentable.
Vofire Sainteté"voitaussi-bien
que tout le refle de l'Europe, execuier
le plus grand des projets
que l'ambition ait jamais infpire%
à la Maisond'Auflriche.
Cette Afaijon>déjà siçuijjante
par
par Jeprodigieux nombre desPays
1
quelle afournis à fort autorité, :n'a pa4 cri néanmoins que le dtfir
>
quelle a de s'agrandir deufl eflre
l fatisfait*L'occasionluyaparufa-
*
vorable^rdie a jugé qutlt/loi£ itemps de sacrifier toutes
choses
à
l'uttlit? quelleesperoit en retirer.
7? fÇxy
J
Tres-saint Pere
,
quel
profondrefpeél toute la terre
>doit àla personne de deux grands
i Potentats qui gouvernent cette »tsWufon. Leur pieté est connue
i dans tout le monde, cW le Roy
mon Maiflre puniroit fèverrmcllt
i en moy la faute que je commettrou
sije m'éloignois de mon devoir
en ce rencontre; mais cefi
aujJi ce qui doit rendreplus déplorable
la confiance que Dieu
permet quecesdeuxgrands Princes
prennent en des Minières
qui en abusent
> & qui remplis
aune fureur criminellee d'une
Avariceinsatiable, portent la
déflation dans tous les lieux où
ils introduisent les arme; de leurs
Mxijlres. Cefont eux, Tres-ftint
Pere, qui par une conduite qui
fera le scandale de toute la posteritey
viennent de détruire la P\Cligionfatholique
en Angleterre,
si)de renverfr un Roy légitimé
pour établir sur son Trône un
Vfurpateur) qui ria eu de forces
que celles qu'il a trouvées
dans la protection de la Maison
J:AuftricheJ& de prétexte pour
autoriser son entreprise
> que la
pietéde ce F"^oy légitimé, son %ele
pour la Religion Catholique) e
son sincere attachement au Saint
Siège, Toute la terre sçait que ce
font les feulesraisons dont les
Vfurpateurs se fontferaisy clr
les seulsmotifs qui ont obligé des
Sujets Hereùquts à se révolter
contre leur Roy.
Combien de (acrileges, de vexations
pour les Catholiques) &
quelUs opprejjlons dansj
tous les
États Ecole/!t/tiques dei'AUemd-'
gne,ont l'fié les fuites de la prote&
onque les Mtniflres de l'Empereur
ont accordé? aux Pratertant
! Le (int^e (y véritable
récit en setois horreur à V. S.
mJis le san le plus pressant de
ceux que livterejl engxg?afuture
les sentimens des M!nlfires
d*At[trichef est d'en oster la connnjfance
a un ftint Pape> qui
pins doute futvron les mouvem*
ns qve sa confctence & sa.
véritable pieté luy infpircrQient
en ce rencontre. Il feroit inutile
J
Trrt-ftint
Pere,d'entrer avec V. S. dans
Une dîscussionplusample du de
siin qu'a formé la Maison (lAuifricbe
de Je rendremaiftnJfr
fewvcraixe de l'Italie, st) ay
établir une autorité qui détruise
tousles Princes qui lagouvernent*
Elle pretend que le titre d Empereur
quelle lient de rendrecom..
me hereditaire
,
luy donne un
droit naturel sur tout les Rois qui
formaient autrefois l'Empire de
Cbarlemagne
>
Çyetle croit chaque que Prince en son particulier
doit a l'avenir recevoir comme
Mne grâcelapojfeffon defes Doitnaines
utiles9 dans le temps qu..
telle sempare de tous les droits
attache% à la Souveraineté
?
@r
particulièrement descontributions
&des levéessur les Peuples. Ces
deux derniersarticles font toujours
l'objet que les Minières
4Autriche se propofcnt> parce
q<u~tl~s fitisfonté~gaJlefmWef~n~t l/ef~urr
ambition gîf leur avance. Ce ne
font pas,Très-saint Pere, des
accufations vaines
> ny formées
par l'aigreur qui paroiss ordinaire
entre des partis diffirens.
Cte/I une Jtmple attentionsur des
faits qui font inconteflables,
L'Hifloire nenous representeaucun
Prince de la Maison dtAu..
tfricbe> dont les veuc) & lesforces
riayentabouty à l'execution
de ce lasieprojet. Le zele apparent
pour la ReligionCatholique
(il la pieté cx/ericure" ont tfié
les njoiles dont les Mir,ifircs de
cette Maijonontcohitrt leurs
véritables dejfitins
,
lorjque l'union
de tous les autres Trinces
de l'Europe a traversé leurs
projfts) ou que la JcibieJJe de
quelques-uns deleurs icgncsi la
A mii hors à\jpertneed'y repfjir.
tJftdais
>
Saint Pere,toutes ici
fois que la eonjonéîure A efieja*
notable a la Maisondauflyithe.,
lqiue'zelle a Jeeu faire alcontre
leurs véritables inte.
refist &c[ue la dhijton dans kf
autres Etats luy of/oit la craints
d'en estre traversèe, on l*a vcue
rentrer défis fin caraélere ambilieux;
toutes les bien-seances ont
disparu
)
les Pays ont esié ufurfeZ;
la pieté (si la Religion
nontplus efiéquede vains prétextes
; Rome &Ces Eglises ont
tflé [accagéts. &les Tapes euxrnejmes
par le plus grand des sacrileges,
ont esie renftrmr'{, ffil
n'ont obtenu de liberté qu'en
payant des sommes excejjt'ves.
Le 7{oy mon Maiflre demande
à V.S. une feule chose
>
cest
defairereflexion sur le rapport
qui se trouve entre l'eflatoù
Jont les affairesfreintes de la
Cbrejhenté *celuy où les
jjijloirts remarquent qu'elles ont
ejié dans le plus grand péril. Elle
'Verra que jamais la Religion 1ry
la libertépublique n'ont ejié si
presles de fiuccomber
)
si on Tly
met des obfldclrs. La Maison
d'AujiricheJacrifie tout a fin
Ambition
, & c'ejt une ambition
fifunefle quellesemble pre~
Jerer les inttrefls des Ennemis
communs du nom Chreflien
, au
repos de la Chrestienté. Elle riA
point hesitê en 16.88. à abandonJ
net la jufit efperancc qu'elle
avoitde détruire l'Empiredes
Turcs, pour employer plus de
forces àla deflrullion des Catholiques
d'Angleterre) à appuyer
les rejjentimens des Calvtnifles
François3 à mettre les Protfflans
au comble delàprofperttéJdans
un temps où la pieté du Roy mon
Maiftrt avoit par tant de
mojens ,
rendu leur ruine inévitable
Ë7 si les Impériauxprétendent
alleguer la Vlélcirequ'ils
tiennent de remporter sur les
Turcs
i comme une chose qui jupu
fie leur conduite à cet égard,
toute l'Europe, &V. S. mieux
que perjonne
a
fait qu'elle est
idueà une Providence de Dieti
Ijuita ordonnéainjt ,
sans que
la prudence ny la raijon humaine
yayentaucune part. On vojoit
en effetcette derniere Campagne
que l'armée de l'Empereur efloit
beaucoup plus Joible en Hongrie
que celle des lnfidelles) dans un
temps où il destinoit /4 plus grande
partie de Jes Troupes au piU
lage de l*Italie.
LeRoy mon sJMaiflreconnoijl
encore avec unedouleur qui ne
peut rftreégalée que par celle de
V, S.que la Maijond'Autriche)
neviut réujJÙ dans la vtuë quelle
a deJe rendre maiftrefe de
l'[talie. qu'en y établissant ter
Heretiques
) & on voit que
l'Herfjtcy fait les me[mes progrès.
Crttc^/fdaifon ffaitqu'inj-
nlhblni(nt la prudence & la
:IV. ligïon doivent s'oppojcr un
jour au juccéi de ses dcjjewsj
que la prudencenepermet pat
qu'on souffre plus long- temps
l'usurpation quelle fait de la liberté
de tous les Etats qui composentl'Italieque
la Religion
veut que tout le monde court
à la défense duSaint Siege st) ail
soutien deson autorité) @J c'efi
ce qui luy fait employer avec
tént de foin les moyens quelle iE
\itrouvedans l'alrijlance des Heiweticjues.
Ils-font ennemis irréconciliables
du Snnt Siege, (drri les
rTfoupes de l'Empereur ont déjà
KUptrpé (es Etats de Tarme @'
ïkde Plaisance, qui font de toute
Kmto*iytc des Fiefs dépendans de
\,¡SEglise
)
les Herciijurs amont lbi"n moins de scrupule d'attaquer
le Patrimoine de Sùnt P.-erre
&de faireressentir à Rome Co
ééÀ,v. S,mesme, les effets de leur
\htine
?
&de l'ambition de ceux
qui les font açir.
Ce feroit uzee-,rcu,,, Très-
\Sxint Tere, sionse flxtoir que
,\Ja- pieté e U bien-jcance puffint
y mettre quelque obflacle. Toutesx
les bornes font renversées. Lesi
Etats de GenfS, de Parme & de':)
Tlaifanceconnoissentautour--
d'bujiparune trisse experience.
c
que l'ancien attachement auxy
interefls de cette Maison
)
lest
alliances du (~' le refpefiS
dû au Saint Siege, ne font pointw
desraifons qui loppofent; ¡-am.,:
bition & à l'avarice des Mini--
ftres Imperiaux. C'ejll'Italieï\
toute entiere que ces Mtnifirent
demandentsans diflinguer per--'
Jonne qu'autant que le peu de*\
forcesqu'ils ont encore lesobli~-\
zer." de lefairet c'ejî à dire)(
qu'avec les douze mille hommes
qu'ils ont eus cette annéejls nont
occupéqu'un Pays proportionné
à leurs ~~r~~ ils esperent par
le ficcagement * le pillage de
ce mesme Tays> qu'ils feront
bien-tost en epat d'augmenter
leurs Troupes> & d'en usurper
de nouveaux. Leurs desseinsfont
publics;ils n'enfontplus de miftere
eux-mesmes. Les allions Êg
les discours du Comte Caraffi, &
de tous leurs Adiniftrcsenfont les
marques assurées. On voit mesme
déja
>
Saint Pere, qu'ils abandonnent
leurs prétextes les plus
plauribles.I-esajîjires leurparoifJent
trop bien établies pouravoir
tefoin
y comme Autrefois, de colorer
leur entreprise. Leurs Emissaires
avoient répanduquils venoient
au secours de tItalie contre
la France, mais de quelle manitre
y font ils venus fLeur
jfrmee arrive à la fin du mois
clt AJUfl, eUt se retire à la my
Oïhbre,après avoir efié fort
inuti'emrntJîxsemaines en Campagne.
Ghie(l-ce qui ne voit PAS
que leur dessein n'a point eflî de
faire la guerre à la Jpranceï Ils
nontvoul.'t qu'unprétexte pour
avoir des Troupes dans l*ltalie,
&soumettre a leur domination
à cette grande partie de l'Eutope*
Conferve%
,
Tressaint1Jerey
> cet cfprit de pieté qui vous éle-
? "Ut au Gouvernement de l'Eglise
tdvec une approbation unvver-
VeNt. Soyez un Pere commun,
>^27*n%*ye% point de partialité
vour [tun ou pour ltdutre de vot
iEnfans.LeRoy mon Maifire ne
vvous demande rien qui 3yOMO-
&saplusgrande joye cft de
SWftOir sur le Trône de J'Eglije un
U>dpt dont le caur foit remply
\J'un amour égal psur tous ceux
ffluiluy fontfournis;mais connois
ùfe^leursfautes poury apporttrides
remedes qui dépendent de.
vousy (ü jugez de leurs ftntimens
par [rurconduiteJ afin de Liier
d'uYlcô¡é ce fjuimerliera de téue, e de condamner de taurTt ce
que V. S. trouvera de blâmable.
Vous verrez^ que le Roy mon
Jldaiflre sacrifie
les
interejls les
plus cbers desa Couronneau zele
qu il a pour la Religion Catholi*
quey lors que Jes Ennemis d'un
autre coIléfacrrfient cette Religion
à leur politique particulière
Sa Màjcfle dettuitl*HfreJie dans
Jes Etatsi en bannit un nombre
infiny defisSujets
, parce qu'ils
en ejloient inftéîe^ >grfin%ele
ia porte a soutenir la véritable
Religion dans tous les lieux où
elle Je trouve. La Maisond*Ju*
flriche protege sesSujets bannis;
& lesaime contre Itur Roy Itgitimé
>va attaquer la Foy Catholique
en Angleterre> pouryfaire
triompher la Prott fiante, cr c'efl
fous sa prQttélicn, ü par la
force de ses armes quon #l'oitaco
tuellementprêcheren publicl'Heresse
dans le rpiedmont, ù qu'un
culte profanes'etab tt t-i(ctant
de succésdansl'stasis me(me)que'
le Prince ci'Oiarge en a pris ls
pré1texte cr 1 si
<
\ng'orf<r, unwiS'
J'untriomphe qu'il rtmf nrtoiîfm
iEglife Romaine
>
dont il promet
le renverfemrnt toutes les fois
qutil veut animer son partj à
faire quelque grand effort.
Maïsy Saint Pere
J.
qui peut
rendre un témoignage plus grand
CM- plus formel que V. S. sur la
différence qui est entre la conduite
que tient le Foy, mon Maître
envers tEg/if, & celle que
tiennent les Ennemis f On aveu
depuis quelque temps une espece
de trouble que le malheur avait
élevé entre le Saint Siege (JJ Sa
Majefié? Quels pas, quelles démarches
nia t- Elle pasfaitespour
donner 4 IF. S. th aux Papessa
PredeceJJeurs les preuves les plus
\emdentes de lapaJFon f0 du de-
Virfineerequ"ElLe auoit de reftakblir
une union parfaite en't'. \ElleS. &quelle applicaiition
n'ont point eu [esennemis i
A traverser par mille calomnies fI}'
Ipar tous les artifices imaginables
aunercùnion que toute l'Egltfe
a demande à Dieu comme une de
':\fis plus grandes BenediSlionsf
\.La pietesolide qui réglé loftrc
t conduite nous donne une tjjeut
r4nce certaine de la fin de cu
s malheureux troubles, £sr v. S.
\jçaitparfaitement que les ejprits
linterejje^je mettentpeu enpeine
du bien qui en reviendra à ItE.
glise cm à la Religion> ny de la
réputation de V. S. pourvea
qu'ilspuijjent signaler leur zele
pour les pa/fions de leurs Biensasseurs3
& mtriter lacionti.
nuation de leurs grâces par une
complaisance si indigne.
Ils sçavent bien, Saint Pere,
qu'aujji long-temps que l'union
fera ptrfaite entre V. S. & le
K°y rf10n maiflre
>
le Saint Siège
ria rien à craindre de leur am-
JUlion, @T c'esset qui fait cette
grandeattention qu'ilsor.t À
vous désunir, parce que c'tsisur
Ct fui fondement qu'ils peuvent
établir leur autorité dans l'Eghfe-
Je scay, tres- Saint Pere, que
je ccmmetnois une faute si j'abufois
de l'audience qui V, S.
v/a bien loulu accorder, pour
oser luj avancer des faits qui
ne fufjtntpas d'une certitude tntiere.
IL le font, &je doute
mtjme que la témérité des ennemis
du F\-oy mon Maistrefoit af
,fz.. giande pour (n contredire
aucuni la Dente lésconvamcroit
surle champ
,
mais s'ils
veulent dlfa'l(ü:'y les dtjfeins
qu'on ne Ituz impute qu'avec
trsf de raison,ils scavent les
fondemenssurlesquels ils font
appuyé^. Il dépend d'eux de
les détruire. On les accuse de
contribuer 4 la perte de la Religion
Catholique; qu'ils abandonnent
l'alliance du Prince
d'Orange,cest le plus grand de
fis ennemis fi} de ses persecuteurs.
Quils ne remplirent pas
l'Italiede TroupesHeretiques>&
qu'ils ne protegent plus les Protestans
dans tous les rencontres,
On dit quilsveulents'emparer de
l'Italie. Qu'ils sortent des Elat,
qui nrfontpointa eux) & qu'ils
ny exercent aucune 'violenceê
S'ils trouvent mauvais qu'on les
accuse
hdccufe de manquer de refpeél enillovers
le Saint Siege, ils ont des
tTroupes dan; les Fiefs qui en
^dépendent;quils lesretirent, &
pfJutils réparent les dommages qu-
Wilsy ontfaits.CeÇont-la lesfenls
nmoyens qui leur ressent pour répondreJolidemenï
aux accufaétionsqui
sefont contre eux. V. S.
Mes comblera de benediélions çjr
kdelouanges, & toute la terre
çy donnera une parfaiteapprok
bation.
Mais comme il y a peu de
VujetJtefperer en eux un sigrand
tretour de confeience, £rqu'enfin*
CTrès saint Pere3 on voudrolt mutilement
sen fiater
,
le Roy mon
Afaiflrem'envoye exprès a V. s.
pour la prier desongerenmeÇmetemppss
aà In conservation de fort
Eghfet& au repos de toute la
Chreflientéi ou du moins a celuy
de l'Italie. Sa Majeflé a fait expliquerà
V. S. par Mx le Car.
dinat de Jjnfon les de/Jeins les
plus propres qutElle ait pu concevoir
pour y réujJir.
Elle demande que les Impériaux
cessent de ravager l'Italie,
@' dy établiruneautoritetirannique
(t) le l{oy mon Maistre
offre à l'inflantde la lailfr dans
une tranquillité parfaite. Il nt
veut point par là diminuer le
nombre deses Ennemts. Qu'ils
tiennent l'attaquer dans ses propres
Etats, il en aura de la jaye;
il méprtfe leurs effortsy f3 les
wiSloiyes qu'il remportt sur eux
dans tous les rencontres font des
preuves certaines de laprotcélion
que Dieu accorde à la juflice de
sa Cdufe.Mais3Tres-Saint PeTr,
~<L~<;~COM'UÏfMf~'E~f les
apprebende dans l'Italie.Lr culte
de ïH.refitquunt honteuse corn.
plassance les porte à y établir
publiquement, alarme la pieté
du Roy mon Mii1flré-,* luy fait
craindre avec raison que ses Sujets
nouvellement convertis ne
retombent par là dans leur ancienne
erreur. Il lesapprehende
) lors qu'en violant le reffteét que
tous lerFidelles doivent au Saint
SIege, ils établiJJènt une autoritéficrilegc
sur les Fiefs dépendans
de ÏEglife, & il les craint
encore lors que fous un pretexte
chimérique des. anciens droits de
[tEmpr:rrur. ils profitent de la
foiblesse où se trouvent les Princes
d'Italie, & se prévalent de
14 confiance que ces Princes
croyent devoir prendre en leur
ancien attachement pout la Maison
d'dufIriche)eaux alliances
du Sang qu'ils viennent de contraéler
avec elle pour les rendre
plus fournis à leur pouvoir, &
ne leur laisser enfin que laftmple
joüiUànct de leurs Domaines>
dans le temps qu'ilsusurpent tous
les droits qui fontattachek à lt
Souveraineté.
Cejl à vojlre pieté, Très-saint
Pere
>
dr à rvoftre prudence àfui-
IVre les moyens les plus propres
pour éviter de Ji grands malbeurs,
& c'cft à V. S. quil appartient
en ce rencontre de décider
entre les deux Partis quel efi
celuy qui opprimel'Italie, ou
celuy qui veut en soutenir la
liberté. Le Roy mon Maistre offre
d'enretirer Jes Ttoupes>pourvn
que l'Empereur en retire les fiennti.
S"il ne veut point accepter
cette propoJition) il rjl d'une évidence
entiere que [on dfjpin eji
d'en trou bler le d'in
détruire la liberté. Ç'est pour lors
que le 10) mon Maistre derlare
A V.S. @Tà tous les Princes &
Etats qui veulent éviter la ruine
& la dcflrufiion dont la Maijon
à*Aujlriche les menace) qu'il est
prejldefaire pajJèr a voftr-c secours
une Armée si cor/i lerable
parterre> e une Flote si puiffeintepourlaseureté
de vos Cotess
&pourfaire des cliverfions à vos
Ennemis communs, quils severront
dans la necejjitéd'abandonner
cesvassesprojets que la raison
cm la jufiice ies doivent cm..
pêcher de concevoir.
Mais la prudence de V.S. luy
fera sansdoutefaireunercflexion
importante; c'ejt que tous
ces efforts du Roy mon Adatfire
feront inutiles,si les etri'ncese
Etats de l'Italie> cr V. S. à letir
teste, neprennent entre eux des
mesures vigoureuses pour féconder
les intentions de Sa Majefie
) & faire reujjir un dejJein,
dont tout l'avantage revient au
Saint Siege
3
&à tout le relie de
l'Italie.
Si V. Sainteté,& les Autres
Princes prennent une resolution
siJaluîairC) lesuccês en fera heureux
> & la prudece veut qu'on
le tienneinfaillible; mais si par
le plus grand de tous les malheurs,
on se laissè surprendre aux artifices
Ç0 aux promessestrompeuses
que ce nombre prodigieux d'Emijfaires
) entretenus par la Mai.
son d'Autriche» répandent avec
si peu de bienseance & de venté,
il efl sans aucun doute que
tous les Princes demeureront dans
cette efptce d'assoupissement eu
on les voit> que leurs Ennemis
continueront à profiter de leur
foibleffi, & qu'enfinils achèveront
des'en rendre les maiflresi
& celamesme avec un si petit
nombre de Troupes ,que la moinde
résistance qui leur auroit esle
faite les eust oblige':{ dtabandon:
ner leurs depeins.
C'efi pour lors encore>Tressaint
Pere3 que V. S. doit aisément
comprendre que le Roy mon
Maiflrcjugeant que toutes ses
dépenses & tous ses ejjorts deviendront
inutiles à voflre Jecours)
la prudence le portera à
les employer aillturs) & à prasi,
ef au moins de l'abfencc des
Troupes Imienales» qui feront
o:.;'upées à voflre ruine,pour faire
d'un autre cost des conquefies
plus utiles à jon Etat ; mats si
St Mai'fié vous abandonne
dans cette occasion
» ce ne fera
QUavec une douleut extrême de
sa part, & feulement parce que
les Etats & les Princes d'llalie
auront préféréles malheurs qui
leur font inévitables de la part
des Jrnprriaux, au bonheur (y
à la tranqulilité qu'ils ne peuvent
plus trouver que dans la
feuledéference aux conseils que
la pieté &lasincereaffettion du
[Roy mon Maiflre leur donne
dans cette conjoncture, Usuelle
xfl sans doute ltp!usimportante
ou
¡
l'Italie si JOit jamais trourrvei
c.
M" le Comte de Roussï,
Filsaîné de fea M le Comte
de Roye ,
Colone l d'un Regimentde
Cravates,a ac heté
de Mrle Marquis de Mouy
la Charge de Ca pitaine-Lieutenant
des Gendarmes Ecoffois.
Sa naissnce, son merite
personnel
,
sa valeur, & sa
sageife luyen ont fait obtenil'agrément
du Roy avec la
manière obligeante ordinaire
a Sa Majesté
, pour les personnes
de distinction.
Mrle Marquis de Tilliere,
homme de qualité de Normandie
,
&Ca pitaine dans les
Cravates,en aacheté le Régiment
de Mr le Comte de,
Roussi ? & le Roy luy en a
aussi donne l'agrément.
Mr de Bethomas
J
sous.
Lieutenant des Gendarmes
Anglois)&quialong-temps'
servy dans les Gardes du
Corps) a eu l'agrément du
Roy pour la Charge de Capitaine-
Lieutenant des mesmes
gendarmes, sur la démifon
volontaire de Mr de
~cruly.Ilest Neveu de Mrde
~etchomas
,
fort connu par le
commandement qu'il a sur
z:s Galeres.
Voicy la dcrnicre Lettre du
~srger de Flore, touchant ses
societez galantes. Aprés le
saisir que vous avez pris à
Dre les autres, je ne puis douquecelle-
cy ne soit agrea-
~oement reçuë.
ALA BELLE
1
MARTHESIE. I
LA sixiéme & dernicrtl
Société dont je fis
parI
tie , est celle qui a le plus
éclaté dans le monde. Sonc
nomestoit l'Etat Incamadin;;
sa couleur l'Incarnat, & fiu
Devise, Tout du grand air. Les
Pastoral en futbanni; toute
y fut heroïque ; & l'on em-j
prunta dans la Cleopatre, les*z
noms des Heros & des Hereïnes
) pour les donner alncc
Cavaliers & aux Dames. Cette
2 Societé commença à Flore,
& & j'en fus, pour ainsi dire,
l'Instituteur. Tiridate sur le
nom qu'on m'y donna, &
LimonFrerc quienestoitaussi,
^y pritccluy d' Alexandre. Ce
ftfuf pour lors que je fis le trai-
Até d'amitié
, en faveur des
bdeux charmantes Soeurs,Angelique
& Cliritliiicàpour lcfquelles
nous ne manquions
qpas tous deux de penchant. Elilles
n'étoient pas encore de la
Societé, quand cet ouvrage
parut, mais elles s'en dbicn mirent tôt aprés, & parce qu'on
nous soupçonna d'avoir pour
elles, quelque chose de plus
tendre que l'amitié »on donna
à Chriftinc le nom d'Artcmise
, à cause du nom d'Alexandre
qu'avoitmon Frere;
Alexandre & Artemiseétant
dans le Roman l'Amant &
l'Amante, & l'on fit porter
à Angelique par cette mefmc
raison
,
le nom de Mariane,
sur ce qu'on m'avoit donné
celuy de Tiridate. Comme
cette aimable personne remontraque
le nom de Mariane
scioit mal à une fille, puis
que dans le Roman,aussi-bien
quedans l'Histoire, Mariane
avoit un Epoux, l'un de nos
Heros luy réponditassezplaisamment
, que son honneur
à garder feroit son Herode.
Cette réponfc donna occasion
àces Vers, que je fis en
faveur decette Belle.
Je croitQU bien que Chonneur à gar*
t
der,
Est ú Tiran d'une Coquette;
Jldais ce n'ejlpas ainji qu'on ledoit
1j régirder*
Dans une ame belle dr bien faite.
j Il exerce surelle un honnejte pou..
p|£>uivoir9
ne luy causè aucunt peine.,
-
Comme elie aduplaijir àfairesen
devoir3
- Elle en prendfoin;craint qu'on ne
le surprenne ;
En eflsideliegardienne,
Grands Diellx;) que je Jeroisheureux,
Si celle à qui j'offre mes voeux, Pouvoit mAimer unjour, tout autant
quelle l'aime!
Ah ! combien feroient doux nos
noeuds,
On la verroit m'aimercentfoisplus
qtielle-mesme.
La maniere dont je fisconnoissance
avec cette aimable
Personne,est assezsinguliere
raflez galante. Ellealloiten
temps de guerre avec sa Bellemere
, dans une VilleFrontiere
où une affaire d'importance
les appelloit; & sans
s'estre munies de passeportny
d'escorte, elles prenoient le
chemin d'un grandVallon
couvert de bois des deux
costez, où il y avoic presque
toujours des partis Ennemis.
Le hazard me fit apprendre
lerisqueoù elles s'exposoient.
C'estoient mes voisines de
quatre ou cinq lieuës; je les
connoissois de réputation,
j'accourus à leur secours. Les
ayant jointes, & m'estant fait
connoistreàelles, je leur témoignay
mon étonnement
pour leur hardiesse ;& ma
joye pour le service que je
leur pouvois rendre. La Bellemere
me dit qu'elles avoicnt
trouvélaCompagnie Provinciale,
de quiellesavoient tçû
que le passage estoit fin-, danger.
Un de mes Amis qui
m'accompagnoit, luy répliqua
qu'il y avoit toujours à
craindre d'heure à autre,dans
un pays si propre à mettre des
coureurs à, couvert; & comme
je vis qu'e lle s'alarmoit
de ce discours, je luy dis
que je la pouvois garantir
de la peur,aussi bien que
du mat, pourvû que Mademoiselle
sa Fille voulust
bien y donner Coq consentement.
A cela ne tienne, me
répondit aussi-tost la jeune
Demoiselle, encore plusalarmée
que la Dame, je le donne
de tout mon coeur. La
Belle mere me dit ensuite
qu'elle croyoit bien que iôtre
escorie les pourroit preserver
du peril, mais qu'elle
ne concevoit pas comment
je pourrois les exempter de
la crainte. C'est par le consentement
que Mademoiselle
vostre Fiile vient de donner,
luy repliquay-je
)
à quoy Madame
vous ajoûterez le voRre,
s'il vous plaist,car puis qu'elle
vcut bien se deffendre de
la peur, elle voudra bien
sans doute aussi prendre avec
vous le moyen infaillible qui
luy pourra fournir cette deffence.
Ceraisonnementétoit
plausible. Il ne fut plus question
que de les éclaircir du
moyen que je leur propofois.
Elles s'eninformerent, & sur
cela tirant de ma poche une
grande Pancarte imprimée,
c'estoit un passeport
, je dis
à l'Aimable Angelique. Le
Ciel,Mademoiselle, a pourwû
à vostre conservation.
Voicyla voye de salut,c'est
nostre Contrat de mariage,
vous lesignerez quand il vous
1plaira1 mais par avance vous
agréerez
,
s'il vous plaist, de
passer pour maFemme,puis-
) que c'est le seul moyen que
je sçache pour vous garantir
de la peur, aussi bien que du
t danger. Il ett malaise d'ent
tendre parler de mariage sans
se prend re à rire. La jeune
Demoiselle ne s'en put empêcher
, & rougit ensuite. Elle
cust bien voulu voir la premiere
ce que je leur presentois,
mais il fallut ceder à lai
Belle-mere. Cette Dameconnoissantaussitost
la pl.CCC,
& ayantvûqu'elleestoiten
bonne forme, remplie de
mon nom, & qu'elle portoit
qu'on me laissâtpasser avec ma
Femme, mes Enfans
,
vingt
personnes de ma suite , armes ,."
carosseûchevaux
elle se guerit premierement
de la défiance qu'elle avoit
euë jusqu'alors
> que je ne
fusse moy-mesme un Ennemy
qui leur en fist à croire, &
qui les allât conduire dans
quelque
quelque embuscade, puis regardant
sa Belle
-
fille avec
~igoyc
,
elle luy dit que c'estoit
un P-affe-porr) dont je leur
pouvois faire part; qu elles
ixftoient bien obligées à la
fortune, de leur avoir accorrtdé
ma rencontre; & à moy,
d'avoir tant de bontcz pour
telles,avec tant de galanterie;
S& qu'ilfalloit se resoudre à
soasser pour tout ce qu'il me
lolairoit
, pourveu que leur
omplaisance ne retournast
point à mon dommage. Ces
accompagnâmes ces Dames
par l'endroit oùestoitleperil,
sans leur donner le temps d'y
penser,en les entretenant de
toute autre chose
,
& de tout
ce qui parut le plus propre à
les divertir. Mon Amy voulut
bien me défererlecosté
duCarosse qu'occupait l'aimable
Angelique,& j'en prositay
le mieux que je pus. Cette
Belle estoit dans le grand
éclat de sa beauté qui avoit
peu d'égales; & commealors
unairsombre, un peu humide
& sans vent, la dispensoit
d'avoir le masque sur le visage,
j'eus le plaisir de la voir, & de
l'examiner à mon aise. Elle me
sembloitsi aimable que je ne
pouvois décacher mes yeux
de dessus elle. Je trouvois
dans les siens & dans son esprit
une douceur insinuante,
qui m'enchantoit; & lors que
mous arrivâmes à la porte de la Ville où nous voulions tous
;allcr
, je ne vis pas sans peine
approcher la fin d'un plaisir
Hi ravissant. Vous jugez bien,
IMadame, que je ne diff ray
guere à le rechercher Lelenbdemain
ne se passa pas sans
que je rendisse visite à cette
Belle. J'engageay mesme à
cette civilité celuy de mes
Amis qui m'avoit fait donner
le passeport, & qui estoit heureusement
l'une des personnes
dont la Belle mere avoit besoin.
Ill'entretint donc tandis
que j'entretins l'aimable Angelique.
Nostre rencontre, sa
peur,nostre Contrat de mariage,
& toute l'avanture de la
journée précedente estoient
des sujetsassez agréables pour
égayer nostre conversation,&
nous n'en parlâmes pas seulementcette
fois-là, mais beaucoup
d'autres,&toujours avec
une satisfaction qui me sembloit
bien égale. Ce fut parmy
ces entretiens cnjoiicz que
nous conccûmes le traité d'amitié
que je fis dans la fuite
du temps avec elle, & avec sa
Soeur Christine. Je n'osois luy
parler d'amour, quoy que
j'en eusse le coeur bienépris;
& quand mon Amyme reprochoit
cette timidité qui ne
m'estoit pas trop ord inaire,
je me souviens que je luy répondois
par ces petits Vers.
- Elle fiait bien qtfelle 11 la beauté
me(me
1
Elle liait donci cherAmy
» que je
c t'aime.
Jj)u4nd ses beaux yeuxpénétrent
dansmon ame,
N'eluy font-ils pas voirfin image,
& ma jl.tmel
tant de refpcftse joint a mon
martire,
JOue j'en mourray plutojl que de
le dire.
Sij'en parfoisjepourrots luy déplaire
,
Etfaime mieuxexpirer, & me
taire.
Ce procedé donna envie à
mon Amy, plus hardy que
moy, de découvrir comme en
confidence à Angélique, ce
que je luycachois avec trop
de fcru pule. Il luy en parla
donc, &luy apprit mes Vers,
comme autant de preuves de
laverité qu'illuy annonçoit.
La Belle luy témoigna qu'elle
me sçavoit bon gré de mon
silence, s'il estoit véritable
que j'eusse les sentimens dont
il Pavertissoit, puis que ce
n'estoit pas à elle à écouter
des di scoursde cette nature;
puis elle ajoûta que sa phisionomie
estoit un peu trompeuse
, & qu'elle estoit plus
incredule& plus fierequ'elle
ne le paroissoit: & enfin elle
l'assura que pour ne pas trahir
sa confidence, elle feroiten
sorte de l'oublier, & cesréponses
embarasserent si fort
mon Amy, qui ne m'avoit
rien dit de son dessein, qu'il
luy fallut du temps pour s'en
remettre>x& pour se résoudre
a m'en informer. Cependant
je continuois d'agir avec la
Belle avec la mesme liberté
d'esprit & la même ibumifuan
, de coeur que j'avois accoutumé;
& la voyant partir quelques
jours apréspouraller aux
champs avec une de mes Amies,
quiestoit devenuë la
Íicnnc) j. les priay de uour
ver bon que je leur donnasse
de temps en temps des nouvelles
de la Ville & qu'en
revanche j'en esperasse d'elles
de la campagne. Le parti fut
accepté. J'entray en commerce
de Lettres avec elles
,
&
Angelique m'ayant assuré une
fois ou deux qu'elle se fouve-
Doit fort de moy, je n'ay pas
oublié que je répondis à cette
douceur par celle-cy.
£)ue de bonheurpourmoy, degloift
&de plaif¡'r.,
De voir ddrunos Lettres galantes»
Parmyleurs douceurs innocentesy i
Jïttej'ay beaucoupde part À 'vojlrt souvenir 1
w
MAIS que je recevrons une bien autn
gloire,
Vn plaisir bien plus doux,un bien
plusgrand bonheur,
Sisans m'en faire accroire,
Voflre main massuroitquej'ay dans
* Autannmjtofdterepcaooertuqr,uie dranes vo.stre me ; I, Les raisons qui me retenoient
en cette Ville frontierevenant
à cesser,il me fallut
résoudre à partir, & ce fut à
propos que le Ciel me prépara
àm'éloigner de la charmante
Angelique
, par sa propre abfcnce.
Je l'allay voir pour
prendre congé d'elle,mais je
île pus luy parler en particulier.
La presence de sa Bellemen:
y fut un trop grand
obstacle. Je luy écrivis donc,
& je luy manday que mon
Amy m'ayant appris depuis
quelques jours feulement la
confidencequ'il s'estoit donné
la liberté, de luy faire,m'avoit
épargné le difficile pas
de la declaration; que l'ayant
franch y par ce secours imprévû,
mon silence pouvoit se
rompre sans offenser le rcfpe£
t>& que je la suppliois
-,d'cfirc fortement persuauai
e1 e.
LQu'elleavoit
beau dire & beam
faire, J'adorerGISjuÇquau trépas
La divine Angélique avec tous fiil
appas, D'cujjay-je,commeuntémeraire^
Avoir,ran$fiffion,
Lefort d'Icare, ou d'ixiorj.
Puis j'ajoûtay que j'espe'::
rois de la convaincre avec le:
temps, par ma confiance ec
par mes services, de l'amour
que m'avoient inspiré ses divins
charmes,& de desarmer
mesmesa fierté par mes foumissions&
par mes rcfjc<Sbsjt
eust-elle encore l'eepne plus
incredule, & l'humeur plus
iHcrc qu'elle ne l'avoit témoigné
à mon Amy. Six mois ne
se passerent pas sans que mon
bonheur la rapprochast de
moy. Son Pere avoit cinq ou
uix Terres, & la plus belle
estoit celle de mon voisinage.
Elle s'y rendit avec sa Bellemere,
& ce fut là où nous
achevâmes le traité d'amitié,
quoy nous avions déja pensé.
Sa Soeur Christine y entra,
soarce qu'elle estoit alors auorés
d'elle, & qu'elle a le coeur
noble, & tout-à-fait propre à
1-.ftrc bonne Amie;mais quand
Il fut conclu & signé, je ne
m'en trouvay pas trop content
, & je manday bien - tost
à Angelique qui lisoit alors
Clelie, qu'elle voyoit bien par
ce Liure, qu'il y avoit de
deux fortes d'amiticz, l'une
au grand A
,
& l'autre au petit,
que jecontinuerois toute
ma vie à avoir de cette premiere
amitié pour elle, comme
je l'en avois affurée à mon
départ de la Frontiere; mais
que j'en avois seulement de
la seconde pour sa Soeur, suivant
le traité: & qu'enfin
estant trop bien persuadé qu'il
estoit permis d'aimer ce qui
nettoie aimable. & que rien au
lmonde ne l'estoit tant qu'ellIe,
je ne changerois jamais
de pensée, quelques a pparences
contraires qu'il y eust de
mon costé, & quelque fort
obstacle qui s'y presentast du
sien. Elle me livra pourtant,
bde rudes assauts sur ce traité,
bdontjcusassez de peine de me
défendre; & pendant cette
guerre on m'en suscita une autre,
dontil neme futpassidisficile
deme parer. Une Socie- té d'une Villevoisine, qu'on
appelloit,Lesgalantes Vcfîaleh à qui Angeliqueavoit renoncé
pour prendre party dans
l'Etat Incarnadin, se tenanc
offensée de ce proced é,en fit
des plaintes contre moy, qu'-
elleenjugeoit la feule cause.
& les porta mesme jusqu'au
grand Conseil de cet Etat,
dans la forme que voicy.
Lefubtil Antione.Evtnindey?Ahin^
Trefentement appelle Tirïdate,
Nous a pris un COEHr tendre, une
amt delicate,
Vn esprit doux, honnejle &fin~y
Etpour mieux receler cet objet tout
d' - divin, t
Luy fait porter le nom de Ma-j
nane. j
0 VaNs) qui gouvernez l'Etat Incarnadin
, - j
Nous vous prions par la chajîc
Diane
L'Arbitre denojlre dessin,
De nous reftituev noflre bien sans
chicane,
Et de punir auffl l'Auteur de cr
larcin.
Le Grand Confcil des Inxarnadins
s'assembla sur cette plainte,& l'ayant examinée
lîl déclara de bonne guerre la
prised'Angélique & de ses
pareilles
, & fit remontrer
aux galantesVestales
, qu'il
seur suffisoit à son égard d'avoir
deux de ses Soeurs elles,sans parmy pousser leurs présentions
plusloin. Pourmoy,
qui ne sçavois que trop que!
je n'avois pas fait le vol qu'on< m'imputoit, quoy que j'eusse
bien voulu l'avoir commis,
je dcmanday réparation de ce
dont on m'accusoit injustement,
mais on m'en debouta,
en jugeant que j'en recevois
plus d'honneur, que dea
blâme. Cette plainte fitassez
d'éclat, & ne fit point de
mauvaise impression sur Pcf-^
prit de Mariane. Elle en rien
& en railla comme les autres,
& nous vécumes en bonne
intelligence pendant quelquesannées
, & jusqu'à coqu'enfin
des affaires à Paris,
& ensuite une Campagne en
Alsace m'ayant obligé à de
longues absences de sonvoisinage
)elle me laissa dans les
bornes que je m'estois prescrites,
de n'avoir jamais d'engagement
qui tiraft à conféquence
,
& trouva bon d'en
prendre un de contraire nature
avec un honneste homme,
qui ne cesse pas d'estre
son Amant pour estre son
Mary.
Quant à mon Frere
,
il fit
quelque-temps la cour à son
Attemise; mais ayant reconnu
a présles prem i ers éblouit- J
semens de la passion, qu'ils,
n'estoient pas le fait l'un de
raurrc
,
ils se separerent
,
&
prirent aussi divers partis.
Mon Frere ayant rencontré
sur sa route au retour d'un
voyage de Paris une Nimphc
de la Seine, pourvcuë de
beaucoup de mérite, fc laissa
captiver par ses charmes, lépousa,&
en eut deux beaux
Enfans
, un Fils qui fuit laFj
1 Fortune deson oncle Maternel
,
l'un des meilleurs Officiers
de la Marine, & une
Fille qui suit l'exemple de £M
Mere
J
l'une des plus fages
Veuves du Royaume. Pour
Arremise
, ayant perdu son
Pere & sa Belle mcrc, elle
se retira dans une de ces illustres
Abbayes dont la Noblesse
remplit les Places,à la faveur
de ses preuves ,
& d'un
peu de credit, & où l'on
peut demeurer sans engagement
, jusqu'à ce qu'il plaise
au Ciel d'en donner un dans
le monde, qu'on vcû1iletien
recevoir, & je n'ay point encore
appris qu'il ait fait quitter
à cette Belle, cette honotable
retraite. Peut-estre s'y
plaist clic aÍfcz, pour n'en
vouloir passortir.
Voilà, Madame, quelles
sont les principales SOClctcZ
donc j'ay cité
,
& les charmantes
personnes que j'y ay
aimées. Je suis Vostre ,
&c.
Le bien est fort necessaire
pour la commodité de la vie,
mais on tombe quel quefois
dans de grands malheurs pour
envouloir trop avoinsurtout
quand pour satisfaire cette
avidité, on s'aveugle assez
pour se vouloir charger de
liensquela seulemortapou-
- il
voir derompre, U Cavalier
riche de douze à quinze mille
livres de rente qui le mcctoient
encrât de vivreàson
aHè, d'autant plus qu'il estoit
porte naturellement à épargner
,devint amoureux d'une
fort jolie Per sonne dent le
tour d'cfprit & les manieres
ne le charmerent pas moins
que l'éclat de sa beaute. Elle
estoit d'une Province où la
Coutume n'est pas favorable
aux Filles, & comme elle
avoit deux Frères,la plûpart
du bien que son Pere avoit
laissé ,apparrenoit à l'Aîné,
IJ,qui depuis quatre ans avoit )ChOlÍi le party des armes, tandis que le plus J-une que
l'on destinoitàestre Abbé,
s'apphquoic avec assezde
gouit àl'étude. La Belle vivoit
avec sa Mere, quivoyant
le Cavalier extrêmementassidu
, ne s'opposa point à lès
fréquentés visites. Sa Fille
estoitassez belle pour l'engager
insensiblement
, & il
auroitesté dangereux de vouloir
qu'il s'expliquast, avant
qu'on l'eust vû assez touché
pour n'avoir pas lieu de craindre
de le faire deserter. Cet
empreAiment
empressement de foins dura
plusieurs mois. Comme on
luyfaisoit fort bonne mine,
le commerce luy paroissoit
agréable
,
& il n'y avoic à
souffrir pour luy
,
qu'en ce
qu'il trouvoit une vertu trop
rigide dans cette aimable personne.
Le reste l'accommodoit.
On ne luy parloitd'aucune
partie où il pustestre
obligé de faire quelquedépense,
& il voyoit toujours
unvisage ouvert dans la Metre
& dans la Fille. On commença
cependant à s'ennuyer
desesassiduitez qui n'aboli:
tissoient à rien
,
& dans la ne-"
cessiité où on le mit, ou de les
finir, pour ne pas donner maticre
à de méchans contes, ou
de parler une langue intelligible,
il déclara qu'il n'avoit
pris cet attachement qu'avec
desintentions tres-legitimes,
& qu'on en verroit l'effet sitost
qu'il auroit mis ordre à
quelques affaires. On l'obligea
de fixer le temps qu'il demandoit
>
& la déclaration
qu'il avoit faite, luy donnant
quelque pouvoir sur l'cfprit
de sa Maistresse, il la pria de
souffrir qu'il luyamenâtun
de ses meilleursAmis,afin
qu'il eustle plaisirdevoir son
choix applaudy par une personne
qu'il n'estoit pas aisé
d'éblouir. Il l'amena dés le
lendemain
,
& la conversation
fut des plus vives. C'étoit
un homme bien fait,
d'un goust delicat, &quijoignoit
à un enjouement tresagreable,
unfeu d'esprit qu'il
faisoit briller jusque dans les
moindres choses. La Belle
seconnoissoittrop bien en
; mente pour ne pas rend re
: justice à celuy decet Amy,
1
qui de son cofté ne pouvoit
donner assez de loüanges à
l'heureux discernement du
• Cavalier. L'estime qu'il fie
de sa Maistresse l'enflama
beaucoup
,
& malgré le peu
de bien qu'il en pouvoitesperer,
il se resolut enfin à ce
Mariage. La parole en fut
donnée, & le jour presque
arresté. L'interest seul touchoit
le coeur de la Belle, ôc
l'amour eut d'autant moins
de pouvoir sur son erpric que
le Cavalier luy amenant souvent
son Amy, elle ne pouvoit
fermer les yeux sur la
différence qu'il y avoit entre
l'un & l'autre. Le Cavalier
avoit toujours paru fort avare,
& tout l'excés desapassion
ne l'avoit pû engagerà
luy en donner des marques
plus essentielles que des protestations
qui ne coustent
rien. Son Amy estoit d'un
caractere entierement opporé
,& depuis qu'il avoit fait
connoissance avec la Belle,
il s'estoit fait un plaisir de
prendre toutes les occa fions
qui s'e stoientoffertes de luy
procurer quelque diversement.
Il s'en acquittoit de
fort bonne grace & rien n'étoit
épargné. On commençoit
à parler d'articles, &
cet Amy qui par jene sçay
quelmouvement qu'il ne songeoit
pas a examiner, s'interessoit
pourla Belle
,
tâchoit
d'obtenir qu'on l'en fist l'arbitre
tarin qu'il pust les faire'
dresser à son avantage, quand
une visitequereçut le Ca..
valier
,
affoiblit bien son
amour. Un petit homme
d'un nom fort obscur & digne
de sa naissance
,
luy vint
demander, si l'engagement
qu'il avoit avec la Belle
estoit de telle nature, qu'il
fust impossible de le rompre.
Il ajoulta que les marques de
sagesse & de conduire qu'il
avoit données,luy avoient
acquisunetelle estime parmy
les honnestes gens, que si une
Fille Cage,& toujoursnourrie
dans un Convent
,
pouvoit
devenir son fait, en luy apportant
cent mille écus,qu'on
luy feroit recevoir comptant
laveille du mariage , enattendant
la succession du Pere,
il n'avoit qu'à prendre les
mesures qu'il falloit pour
estre en estat de les accepter.
Le Cavalier fut ébloüy des
cent milleécus promis comptant.
Rien ne luy parut si
beau, & quand on l'eut aflulé
jusqu'à trois fois ,quecette
somme fcroit effective, &
peut-estre encore plus forte,
s'il en ufoit bien,il se déc lara
¡
entièrement pour la nouvelle
Maistresse. C'estoitlaFille
du petit homme qui luy
proposoit la chose,fort laide
a la vérité & un peu bossuë,
mais la promesse des cent mille
écus raccommodoit tout,
outre qu'il y avoit beaucoup
d'apparence que le petit homme
reservoit encore pour luy,
»
quantité de vieux écus. Ce
qu'il y eut de plus singulier,
c'efl que la Fille qu'on avoic
toujours élevée dans le Convent,
comme uneBourgeoifc
des plus simplesnesçavoit
pas elle-mesme,non plus que
celles qui la connoissoient,
qu'elle eust dcquoy devenir
grand' Dame. Le Cavalier
rendit lavisite au petit homme,
qui le voyant étonné dele
trouver dans une maison de
peu d'apparence,& avec des
meubles tout- à
-
fait communs,
voulut rassurer sones
prit douteux,en luy montrant
ce qu'il avoit mis à part
dans son coffre fort pour le
mariage de sa Fille. Cette;
charmante apparition fit un
effetmerveilleux sur le Cavavalier.
Il connut par là que
le tresor, non-seulement avoit
larealité dont ilauroit
pû douter ,s'iln'eneust paseu
ses yeux pour garands, mais
encore, qu'il s'étendoitbeaucoup
au-de-là des cent mille
écus qu'on luy promettoit.
Le petit homme estoit un de
ces gens intriguans, quifont
leurs affaires lourdement. Il
s'estoit meslé de rout , felon
ples occasions qui luy avoient
cparu favorables, & sa fortune
avoittoujours estéun secret,
5& pour ses Amis, & pour ses
Voisins. Il promitau Cavallier,
qui le pressoit de conclurre,
craignant que le marché
ne luy échapast, qu'il luy
feroit voir sa Fille qui êtolt en-
> core dansle Convent, & qu'il
dresseroit avec luy les articles
d'une manière dont il aurait.
lieu d'être content, dés qu'il
> connoiftroit qu'il auroitrom-
[ pu avec la Belle,parce qu'il apprchendoit
qu'estant prest de
l'épouser, comme le bruit en
couroit par toute la Ville, il
n'eust figné quelque chose qui
pust luy causer de rembarras,&
il vouloir voir avant que ;
de s'engager,tous lesobstacles
levez au dessein qu'il avoit
pris d'en faire son Gendre,
Le Cavalier luy donna parole
de le satisfaire sur cette ruptu- -
re , & fut fort embarrasse sur
la maniere dont il s'y prendroit.
Il alla voir la Belle avec
son Amy, dans la resolution
de luy expliquer luy-mesme la
chofc, ne doutant point qu'-
elle ne fust assez raisonnable :
pour entrer en bonne Amie :
dans les motifs qui le devoient
Obliger à ne pas tourner le
~los à la fortune qui venoit
s'offrirà luy sans qu'il la cher-
~hast;mais la parole luy man-
Ulua en la voyant. Il parut
dhagrin & inquiet,&tout ce
qu'il répondit quand on le
~tressa d'en dire la cause, c'est ~il rouloit dans sa teste une
~rande affaire qui meriroit
~en sesreflexions. SonAmy
~uy ayant demandé au sortir
:).c là s'il ne se reprochoit
~point de se montrer occupé
aucune autre chose que du
~laisir de penser qu'il alloit
:•«
estrele plus heureux de tous
les Amans avec la plus aimable
personne du monde, il
luy répondit que sila pofleCv
sion de la Belle estoitun bonheur
parfait, il n'empêchoit :
point qu'il ne se l'appropriast,
< qu'il n'estoit pas resolu de :
renoncer pour elle à desavan-
-
tages qu'il n'avoit pas eu sujet
d'esperer ; qu'illuy cedoit ses 2
prétendons, & qu'il luyseroit
grand plaisir de l'épouser,
file coeur luy en disoit..
SonAmy surpris decechangement
,luy voulut rcpre[cn--J
ter le tort qu'il avoit d'avoir
amusé inutilement une Fille
denaissance, dont les belles
qualitez devoicnt l'emporter
sur toutes les vûës interessées.
Ce fut encore la mesme rcponse,
que puis qu'il la conmoissoit
si accomplie, il ne
Hevoit faire aucune difficulté
hie prendre sa place; qu'il
pouvoit luy dire de sa part
qu'il s'éloignoit d'elle pour
toujours, & que si son procedé
paroissoitinjuste à ceux
Hui se piquoient de beaux sentimens,
cent mille écus qui
luy estoient feurs l'en consoîkroient.
Il demeura ferme
danssoninjustice,&sonAmy.
alla rendre compte de tout à
la Belle,sans avoir pû découvrir
avec qui il avoir pris ce
nouvel engagement. Il luy
,,
demanda ce quelle vouloit
qu'il fist pour empêcher le
dessein du Cavalier, en l'assurant
qu'il s'y employeroit avec
toute la chaleur qu'on
pouvoir attendre d'un vray
& sincere Amy, & que supposé
qu'il fust impossible de
le détourner de son inconstance,
si cinquante mille
écus dont il pouvoir la faire
inaiûrcffc, avoient de quoy
luy faire oublier la perfidie
qui luy estoit faite, il seroit
ravy de luy prouver que l'avantage
d'estre tout à elle ne
luy laissoit voir aucun bonheur
qui le touchast plus fen-
: siblement. La Belle rêva quelques
momens sans faire paroistre
le moindre chagrin,
comme si elle eust voulu
prendre ce temps pour lire
dans les yeux de cet Amy,si
son coeur estoit d'accord de
tout ce qu'il luy disoit; ôc
tout d'un coup ; par un effet
de la* fvlnpanc qui les avoit
faits'estimer l'un l'autre si.rôc
qu'ilss'estoient connus, clic
luydit que non seulement il
la desobligeroits'il cherchoit àmettreobstacleaux desseins
du Cavalier, mais que s'il
estoit vra y qu'il fust pourelle
dans les sentimens qu'il luy,
marquoir, il se pouvoit tenir
assuré de ceux de son coeur
pour luy. Cette réponse le
mit dans une joye incroyable.
Il ne sçavoitquels remercimens
luy faire, & il eut encore
à les redoubler, quand
luy a yant vou l u laisser quelques
jours pour examiner si
elle trouvoit en luy tout le
merite qu'il auroit voulu awoir
pour paroistre digne de
tIon choix, elle pritcela
pour une injure, & le laissa
seul avec sa Mcre
) pourarrefMtcr
sans plus de remise ce
qu'ils jugeroient le plus à propos.
La Mere qui avoit cfté
presente à tout, & qui entroit
mvement danstous les fcntimens
de sa Fille, fut davis
quele mariage se fist dans fort
peu de jours, afin de marquer
par là plus de mépris
pour le Cavalier. Quoy qu'il
l'eust fort souhaité
)
il ne put
l'apprendre sans quelque dépit
secret de la promptitude
avec laquelle on s'y estoit résolu
, & de la satisfaction réciproque
que les Mariez firent
paroistre.Toutempêc hement
cessant par là
,
le petit homme
fit venir sa Fille, que le
Cavaliereust trouvée d'une
laideur extrêmement dégoûtante,
si l'éclat de l'or qui la
suivoit ne l'eust fait briller
dans son esprit; en forte que
la voyant de ce seul costé, son
imagination rem plie d un objet
si cher la luy fit paroistre
aimable. Ali,,si il ne songea
qu'à flater le petit homme,
dont il ne pouvoir douter
qu'il ne possedast iVftimcf
puis qu'il l'avoit (b(--,Iif peur
son Gendre ,.tpréférabI(ment
à une infinité d'autres qui
auroient esté ravis d'époufer
sa Fille aux même* conditions.
Il yréüssit libien,
qu'il l'engagea à faire tous
les frais du mariage, sans
préjudice descentmille écus.
Cela luy estoit d'un fore
grand sicours Ai ssimitilà
profit une libéralité qui luy
devoit épargner des sommes
considérables
, & comme il
luy fut permis de faire telle
dépense qu'il jugeroit à propos
selon sa fortune & sa naissance
,
il achetales plus beaux
chevaux qu'il put trouver,
sit faire un carosse magnifique,
& se fournissant de ce
qu'il y avoir de plus beau,
tant pour les habits que pour
les meubles, il poussa les choses
d'autant plus, qu'en mettantsa
Femme dans un équipage
somptueux
,
il crut chagriner
la Belle qui n'avoit
point témoigné le regretter;
mais il ne prenoit pas garde,
que plus il contribuoit à la
faire remarquer par cette rna-i
gnisicence
,
plus il donnoit
lieu de raisonner sur le ridicule
choix qu'il venoit de faire.
La petite Créaturequin'avoit
eu aucune éducation
,
&
qui ne s'estoit jamaisattenduë
qu'àestre du rang le plusmediocre
, entra dans de tels
transports de joyr, de se voir
sainsi metamorphosee, qu'elle
perdit le peu de saison-qu'elle
avoiteujusque-là. Son beau
xarrosse
,
trois ou quatre laquais
qui estoient derriere,
une Demoisellemaniere de
[Gouvernantequil'accompagnoit,
& ses habits tout dorczsluy*
démonterent lareste
Ce fut, une vanité outrée.
Elle voulut prendre les grands
airs & disant presque autant
desottises qu'elle prononçoit
de mots, elle servit d'entre..
tien à toute la Ville. Le Cavalier
tâcha de mettre quelque
regle à la conduite,mais
ayant l'esprit aussi mal fait
que lecorps, elle méprisa tous
ses avis,& demeura dans une : indocilité insurmonrable, sur :
ce principe qu'elle luy avoit,
apporte assez de bien pour
pouvoir vivre à rs.a modde.«.
sans qu'il y dust nouver à rc«.
—..d1ire.
dire. Il fitsucceder l'autorité
aux remonttances,& ce fut
encore pis. Ce droit de Maî.
trise ne fit que raigrir. Elle
estoit méchanteàproportion
de sa laideur, & n'estant capable
d'aucune raisan
,
elle
s'appliqua avec étude à tout
ce qu'elle pouvoit deviner qui
luy causeroit quelque chagrin.
Il s'en plaignit plusieurs
fois au peut homme,
qduuin'ayaint pour tout ufagc
monde, que celuy de bien
faire sa partie, quand il s'a.
gissoitde s'associer dans quelque
affaire, luy répondoit
seulement que c'estoit jeunesse
, & qu'il falloit avoir
patience. La desunion qui se
mit entr'eux & qui alla bientost
à l'excez,le fit se repentir
serieusementdavoir préferé
le bien d'une aussi laide
personne que celle que son
avarice luy avoit fait époufer
, aux douceurs qu'il estoit
fcur de gouster s'il cust tenu
parole à la Belle, mais ce repentir
le fit souffrir beaucoup
davantage quelques mois
aprés
)
lors qu'ilapprit que la
Belleestoit devenue heritiere
de ses Freres
, morts l'un &
l'autre, le Cadet,de la petite
werole, & l'Aîné d'une blessure
qu'il avoit reçue dans la
derniere Campagne. Le bonrheur
de son Amy quijouïssoit
par là d'un bien trèsconsiderable
que son infidelité
luy avoit fait perdre ,
le
mit dans un dcfefpoir qu'on
me sçauroit exprimer. Salaide
Femme en souffit, puis
qu'il partit aussi-cost & qu'il
fia menaavec luy à une Terre,
d'où l'on affure qu'elle ne reviendra
point. Il n'est pas à
condamner de Ce vouloir épargner,
en l'y retenant, la
confusionqu'il faut qu'il çffuye
des extravagances conciinuelles,
où la fait tomber le
déreglement de (cm esprit,
mais aussi il n'est pas à plaindre
, ayant mérité tout son
malheur.
Je vous envoye un Ouvrage
sur les Affaires du temps.
dont je croy que vous ferez
tres contente.
REMARQUES
Sur la Réponfc faite par le
Roy dUpsgnc, au Bref
écrit par SaSainteté, pour
l'exhorter à la Paix. -:
lksw I tous les bons Catholiques
ont elleédifiez du Tele avec
[lequel le Pape a ;xhortéf)Em.
yfereur ù le Roy d'Espagne a la
iPaixt il n'y en a point qui ne
doivent estre afflige du peu de <Sfuccés que les Brefs de Sa Sain-
Urté ont eu, & de voir que bien
Voin de dijpoftrcesPrinces à procurer
le repos de laCbreflientéiils
n'ont eu d'autre effet que d'attirer
des Libelles contre la Francea
plûlOft que des réponjes coni'cna~
bits à la dignité d'un Roy, fous
le nom du .;uel on veut les donner
au Public; (ù à celle du Pere
commun des ChYt-jlzens) à qui la
réponje du Roy Catholique est
adressée.
On remarque aisément que cet
Ecrit riefl qu'une repetition des
inveÛives qui remplirent depuis
longtempsceux quisedébitent
toutes les semaines en HoUande.
Il n'y manque rien que les louanges
, que ceux qui les. composent
donnentordinairementau Prince
d'Orange, ee elles n'y auroient
paseslé oubliées,sitAuteur de
cet Ecritavoit cru pouvoirfaire
à la Maifàn d'Aujlriche un me..
rite à Rome, d'unealliance con.
traflée avecun Princequi ufiupe
le Trône du Royjon Beau-percy
cm qui se fert pour le dépojJèderJ
du prétextederétablir en jngleterre
la 2^ P. Reformée, opprlmées
a ce qu'il prétend, par un Prince
Catholique> Cm de celuy d' tftre
le défendeur & le proteéleur de
de cette mejme Religion
3
pour
allumer la guerre dans toute
l'Europe.
Mais comme on na pas juge
que la jalous de la grandeur du
Roy, &Vanimofiiê qui ont porté
les Cours de Vunne Cm de Madrid
4 entrer dans une L'gue
appuyer de. dejjeins aujjt , con-,
îraires
3
nonJluUment au bien de
la Religion
, mais encore auxvéritables
Souverains uent des
raiforts bienvalables pour juflier
les liaijons qUe ces Cours ont
prises avec le Trince d'Orange,
auprds d'un Pape qui remplit si
dignemtnt tous les devoirs du
mirHtere oùDitu l'a appellé, on
a grandJoin de ne rien dire dans
cette Lettre qui ptiifjc avoir le
titnoindre rapport au Roy d*dngle~
tnre,st) on a recourt à ces
mesmes
lieux communs trhployez^ pluceurs
fol.' sans fondement, d'ac»
) cuser la France d'avoirviolé les
i Taue%.
Cejl de cette raijon que l'on
> meut que l Roy d'EspagneJe fer-
*nje auprès du Ptlpe, pour faire
t Approuver d Sa Saintetéla Ligue
s
qu'il a fÚte, (tJ dans laquelleil
persist:, afiec les plus grands ent
nemisde laReligion Catholique; > cV/î crtte mesme ratfon qu'on
{ luyfait employer dans sa Lettre9
ten de* termes aussi peu conve- nables à la dignité Royale
> que
contraires à la vérité car enfinA
quand les Espagnolsreprochentii
lta France ltinfraélion des Trai-- ,
il faut necessairement oui
* i qu'zls oublient • s ouqt/zls nayenti
jamais lu iHifloire de leur Mo.,,,
narchie Ilsy auroientvûsiclaire-4
ment les Traitelles plusJolemnelsA
rompuspar laMaifondÀujlricheri
lors qu'elle a cru trouver lemoin-
« dre avantage à ne les pointobfer-
- ver>quil n'y apas d'afparenct
qu'ilsosassent se plaindre d'une
conduite que la France najamais
tenue : &sans aller chercher les
temps éloigne^
>
où la bonne fortune
qui favorisoit toutes les entreprifes
de cette Maijon*sembloit
AUtoriser toutes les règlesde
Politique quellesuivoityonpeut
s'arrcsser à ce qui s*eflpasédans
ces derniers temps, pour juger
s'ils peuvent eflre receus avec justice
)
à reprocher a la J^rance de
n'avoir pas observé les Traire\:
quelle a faits avec eux.
Ilftffit pour cet effet deJefouvenir,
sans aller plus loin" que
lors que les Jfollandois s'attire*
rent la guerre que S. M. jupement
irritéealla porter dans le
coeur de leur Paysd'Empereur &
le Roy d'Espagne estoient alors
également en paix avec S. M.
Ell,croyoitalvelc ralfon avoir
pris toutes les précautions ntceffaires
pour 1'"tJermir, tantpar le
Traitequ'Elleavoitfait en 1671.
avec L'Ernptrtur,queparlesajJù-.
rances quElle avoitfait donner
au Roy Catholiquee qu'al neferoit
fait de sa part aucune contravention
auTrattéd*Aix-la-Chapelle.
Cependantapeine les Etats
Gtnrrauxeurent trouvé le moyen
d'engager dans leurs interefis la
Coitr de tienne> que les EspAgnols
se flatant d'avoir rencontre
l'occaftonfavorable desevanner
de la France, crurent que le
Traitéd'Aix-la-Chapellenede*
fhvoit pas les empêcher d'en profitffr,
(if dsns le temps que les armes
de Sa Aîajefté efloient occupées
dans les Provinces Vnies)
t'ils vinrent attaquer la Tlace de
yZbarleroy,perfuade% que S. M.
5Ye reposant, comme Ellefaisoit,
¥ur la bonnt foy Ju Traite^t
wuroi, laissé cette Place dèmuée
de tout ce qui pouvoit ferwir
a sa Jiftnp. Le succés ne
trépondit point à leur attente.
V-eurmauvaise foy leur attira
iXtout le faix d'uneguerre qui leur
voûta une partie des meilleures
\Placel que L'Espas:,ne possede
dans les P<ajl~bas>£~7t~* lesctojn/quequejîes
de S. M. ne ifnirent que
par le Traite de Nimegue,Sautant
plus glorieux àSa Majestés
après avoir repoufé un aujji
,
nomtt..Es , grand nombreetEnnemis que
y lesEspagnols disent encore3 que
les conditions en furent plutost
admises que diCputécs.
On voitaujjipar lesplaintes
qui'lsfontàpresent de ce Traité,
qnen le concluant ilsnavoient
dessein de lobfervenquejufquà*
ce qu'ils trouvaient
les
conjonctura
favorable* qu'ils attendotent
, pour si faire accorder
des conditions plus avantageuses.
En effet> depuissa conciujtonils*
kbercherent toutes les difficulté^
imaginables pour en empefcber
"execution; enfin s'eslans
imaginé en l'année16S5. que la
guerre leurferoit plus convenable
\^uun accommodementamiable,
te Marquis de Grana
,
Gouverneur
des ^Tajs-PaSila declara à
.t. M. ne doutant point que
lUEmpereurnejoignijtJesforces,
'& mesme une partie de celles des
Princes de l'EmpÍrrJ pour alld-
\]uer la France. Mais la prise
Ae Luxembourg
, & le peu de
juccez des armes de l'Empereur
*nHongrie3firent connoijlre aux
Cours de Vienne q)- de Madrid,
qu'ellesiravoient pas bien pris
leursmefures*^qu'elless'efloient
trop prejïées de découvrir leur
mauvaise volonté> en forte que
lesconjonctures ne leur efiant pas
favorables pour continuer la
guerrt, ellesresolurent d'en at*
tendre de mfiUeurts, rUJesi teferver
des ratfons pour la renouweller,
quand les occasionss'en
prefenteroient. Mais quoy que
leursmauvaises intentionsparupfent
*Jp% à Sa Majesté, Elle
voulut bien néanmoins se con-
-
tenter*pour lemaintitn durepos
de l'Europe
y
de la joüissance'
provijionellc de cequelleejioit en
Adroitde prétendre
>
er qu'elle
®owvoit obtenir par un Traité de
ftaix définitif.
La trêve futfaite* On reconmut
si clairement dans les premiers
articles du Traité, que les
retentions de la France efioient
Solidement efiahlies sur ceux de
Munfler & de Nimegue
,
qu'il
tt-sY a pas de pllU forte réponse à
toutes les plaintes de la Maison
Allflriche. La bonne foy nouait
quelle se femifi du temps
me ce Traité luy donnoit pouras
\«rmir le repos de l'Europe par une
faixdéfinitive} ainsi qu'il anjoil
fiéflipulé ; mais on a vu depuis9
qu'elle ne l'aemployé qu'à faire:
desalliances *jfe%puisantes, @;''1
en oejftz grand nombre, poun
abatree comme le Roy d'f/FAgnC)
sen explique dans sa Lettre, Un
pouvoir du Roy de France. Cer
démarches se faisoient fort ou-\
ivertement. Les Admijlres yjufi
trichiens en patloient hautement
dans toutes le> Cours, cjuancu
S. M. nauroit pas eslé aujjt bietv
informée quEUe l'ejiott de leurt
projets> Elle n auroit pu les ignoç,
fer, par ce qu'ils en pubhoienx
eux-mesmes.
On ne peut s'empêchfr dédira
icy qu'il efi difficile de comprcmn
drc comment les Cours de Vienne
&de Madrid peuvent Je plaindre
que la France nobfcrve pas
les Traite%
,
quand elles entrait
voir par leur conduite quellet
ejloient perjuadées que rien néioit
capable de les faire rompre à
Sa Majrflé. Ilnen faut pas de
plusfortes preuves que ce que ccs
Cours ontfait contre Elle, perfuadies
que la Treve les mettoit
a couvert de tout ce quelles auraient
dû crAindrf, & quelles
pouvoient à l'abry de ce Traité,.
former des alliances contre Sa
/î ) k majefle) & tramer iarUlnf de
son Rojaume>s*imaginantau'El*-
le leur donnerait le tempsd'ext~
cuter leurs deffiins, plutojfque de
les prévenir par les moyens que
la prudence st) la prefifiante neçejjité
devoientconfietller.
C'efl dans cette confiance que
ces Coursysi %elees pour le bien
de la Religion Catholique lors
qu'elle convenoità leurs interefls,
Jeferioient alors pour animer les
PrincesProtefians contre S. M.
des foins quEllefie donnoit pour'
ramener dans le fin de l'Eglijin
ce qui ressoit encore de fies Sujets\
qui en efioient fepartZ' er pour,
extirper l'herefte desonFoyaume
» C'efi dans cette confiances
MU'tHes formoient avec eux des
lLigues pour détrôner un Rojy,
Voupfonnéflulementdtavoir des
^Traite^ avec S. M. & c'est
) cette mesme confiance que le 1\21
\d'Angleterre prenoit en la droi,-
\ture de leurs intentions, qui l'a
1U"ait tomber du Trône, riayant
(jamais crû que l'entreprise dont
i en le menafoit put tflre véritable>
> & encore moinsquelle pût ejlre
appuyée par des Princes que ta
i
Religion,les inretcfls communs
desSouverains,&lesAlliances
>
devoient unir avec luy.
- -
Le principal reproche quits
Lferoient donc à S.Ail.s'ils ejoient
ptrier sincerement, feroit de net

s'estre pas
repofeefurcettem,-fmeil,
ajjurance de leurs bonnes ¡nlen.
tions y& d'avoir préientt leurs
desseins dans le temps quils
efioient prefis d'éclater. Ils j/,
pourroientjoindre ceux des Conqueflesimportantes
quElteVt
faites depuis que laguerre dure5»
de tant de viéloi>es remportée>
sur un sigrand nombre d'Ennemis
9
perfuade% que S. M. ne
pourroit feulementse tenir sur la
dejfitnfive
> Cm qu'ils penetreroient
de tous coflek dans le
&Oyaume. Ils luy reprocheroicnt
encore ce qui leur efi infinzmenti
plus fenfble,sonapplication
,
sa
vigilanceison aéhvité , ses lumitres
; enfin toutes les grandes
qua/treZ qui augmentent tous
les jours sa gloire
J
(t) l'envie
deses Ennemis,
Mais comment ne crtfl,zgnrntilr
pas que le Pape à qui ils font
adresser le Roy d'Espagne dans
-'
cette Lettre, ne reproche a la
Maisond*j4uflnche la conduite
qu'elle tient fioppofée au zele
a la fourniffion quelle veut témoigner
pour le Saint Siègef
Car sansparler de la Ligue avec
les Ennemis de la Religion> les
violences que les Troupes de l'Em..
pereur exercent en Italie, le peu
d'égards que les Généraux ont
pour ce quon leur represente efire
Fiefs de l'Eglifc
, le peu de déférence
que la- Cour de Vienne témoigné
pour les inftancts que Sa
Sainteté y fait pour le repos de
¡t/ta/ie,JOnt"et desmarques bien
évidentes de cettesoumission pour
leChefde l'Eglise ? L'introduction
des iJeretiques dans le Piedmont,
les Livres des Caliinifles
rtpandus, non-seulement dans le
tSHilane^
,
mais mesmejufcju'd
Rome, l'exercice de leur Rtligion
permis dans les Etats d'Espagne
>
vu ils riavoient jamais
ef/l
pjle fouffirts
}
peuvent ils faire
ivoirle Zele de cette Maison pour
Me bien de la Religion Catholiçque>
ce %elemérité-t-il que
lSa Sainteté accorde à l'Empe-
Teux Argent que le 1(oy d'Efyagne
demande dans sa Lettre
pavec tant d'instances
>
fous le
yyetexte de continuer la guerre
xontre les Turcs? Le Tape ne
tffauroit ignorer que ce ne ferait
yOSledessein Je la Cour J, Vien.
meysi elle estoit mtuflrejjede conxlure
la paix avec la Porte
^qu*après avoir facnfif les avanvages
certains quelle Je pouvoit
promettre de remportes sur les
Turcsy au desir quelle a eu de
faire laguerre à la France,ilriy
a point de baffeffe quelle riait
employée pour obtenir la paix
qu'ils luy ont refusée jusqu'k
present.
Elle la recherchera même encore
avec plus d'empressement à present
que les Contributions quelle
a tirées d'Italie> & lafacilité
quelle trouve à exiger ce quelle
rveut des Princes qui font sans
deffense
j
luy donnent plus d'envie
d'y envoyer de nouvelles
Troupes pour achever d'y faire
reconnoistre des droits imaginaires,
d'yétablir l'autorité deIY.
Empereur, sur l'entiere ruine
We celle des Princes & Etats qui
,ont tant d'interest de sy oppofir.
Ilneftpasdifficile de faire voir
~M cette occasion combien ce procédé,
de la ç^Maifon d'dujlriche
\:st opposé aux facilitezque S.
M. vouloit apporter pour le reb'ablijjement
du repos de l'Italie,
)oar les avantages qu'elle aurait
\Iccorde'{ au Duc de Savoyepour
y procurer. Maissil'Empereur
trouve le fien à retenir ce Trinité
dans un party qui le ruine enlierement,
pour avoir un pretexte
'envoyer des TroupesenItaliet
y efl surprenant que les Efpagnols,
sijaloux autrefois de l'in-!
dépendance de leur Nation,se
: laissent a present tellement gou.
verner par les Allemans) quilsï
ne vojent pas le préjudice quci
leur tfifonarchie souffre du fe~-
jour de ces Troupes, & qu'ellen
rendront enfinl'Empereur, non..
feulement MaifireduMilane^.t4
mais encore desautresEtats qu'ilh
poffident en Italie
) en forte qm,\
leseulfruit qu'ilsretireront de la)
guerre quiils ontentreprisesquam\
le Roy leur proposoit d'obfervn
uneexaéle neutralité,fera d'àb
voir laissé le Prince d'Orange
tffiaiftre de ce qui leur reflO;,Q
Ham les rPaïs-eBas> @J d'avoir
abandonné à l'Empereur les Exats
dont ils tfioient Maistres en
Italie.
C'cfl le jugement qu'il efl aise
:
chacun de faire de leur conduis
* ; ($jf à l'égard de la Lettre du
R,:ryci'EspagneJ on la doit confi-
)!er("r comme une déclamation qui
t.ttisfait plutost l'animosité des
Ennemis de S. M. qu'elle ne per,
vuade qui que ce foitde la bonne
ciy
y & des sinceres intentions
-à.e
ïflalaMMaiasiosnondjl'Jruiche. Les
mveflinjes où elle a recours 3
font
,on trop foible voile pour empeser
ceux qui ont la moindre
connoissance des affaires, de dé..
couvrir les véritables motifs de
toutesa conduite. Elle a trop
fait connoistre ses desseinsavant
qu'ils éclataient, pour les cacher
à present, @T les Cours de Vienne
& de Madrid n'auront pas pe
de choseàfaire, si elles tnlrtprennent
de prouver que tout
ce qu'elles ont fait n'a esté que
dans la veuëdemaintenir les
Traitez;que c'est dans cette
vûë qu'elles n'ont point cejp des
former des Ligues contre la*
France pendant une Treve quiil
promettoit un repos de vmgt ~M—,
néesà tout l'Empireiqu'ellesfù)
Jont servies pour animer contre
telle lesTrinces Troteflans
>
de
%tout ce que S. M. fiaijoit pour
iramener ses Sujets dans le fein
bde ïEghfe j quellesnont rien
wubké pendantcette mefrne Trcrve
pour inspirer à ceux des Sujets
de S. M. qui avoient fait
habjuration de la R. P. R. les
îfentimens les plus contraires à
Heur devoir. Enfin il ne leurfera
$06facile de juflifier leurs bonnes
intentions pour le maintien
Me la paix, ni leur '{fIt pour la
Rcligiontdans talliance qu'elles
\mtfaite avec un Prince hérétique
, pour dépojTeder un Roy Ca
tholiquejon <Beaupere}Alliede la
Maisond'Auftriche, (&dontelle,
navoit aucunfitjet de Je plaindre.
Ainsi ton peut conclure que
quandlesEnnemisdeS.M, reprochenta
la France l'infraélion
desTraiteZ) Ils esperent seulement
par de pareilles propositions,
avancées sansfondement) fasciner
les yeux aes peuples qui les
doivent regarder comme les auteurs
d'unt guerre qui a deja fait
répandre tant de fang, er causê
tant de maux;toute l'Europe;
& ils nexaminent pas que 1.4,
conduite qu'ils ont toujours le..-
nue ,
na fait voir que le défit*
qutls avoient de renouvellerunt
guerre, qu'ilsefperoient qui leur
[croit avaintageufie.
Mais il ya lieu d'attendre de
la bonne cause que le &oy Jou•
tieut) & des bénédictions que
Dieu a répandues jufquà presentsurses
armes) quefèsEnnemis
connoifiront enfin, que quoy
que leurs mesures fussent mieux
prises en 1688. pour attaquer S.
M. quellesnejloient en 1671•
1685.1684.ils 1ZY trouveront
cependant jamais leur avantage
>
& que la continuation de l.
guerre neserviraqu'à leur faire
muux ressentir
ce pouvoir dont
ilsJe plaignent) ce queleurs i
Vnainsueffortsene peruien.t dimi- Quelque répugnance qu'on
ait à s'engager dans le Mariage
par les contraintes où il
faut s'assujettir
, on a peu de
peine à s'y exposer quand on
fait un choix qui a l'approbation
universelle. C'est l'agrément
qui fc trouve dans
ccluy de Mr le Comte d'Efteing
avec Mademoiselle de
Vaubecour, dont la ceremonie
fut faite le 30. du mois
passé dans l'Eglise de Saint
Loüis, par Mr l'Archevesque
d'Albi, Oncle du Marié. La
Maison d'Esteing,originaire
de Roüergue, où le Comté
de ce nom est situé, cft non
seulement une des plusanciennesdu
Royaume, y ayant eu
un Aldebert d'Esteing, qui
souscrivit vers l'an 100. une
Sentence renduë par Hugues
Comte de Rhodez, mais aussi
une des plus illustres
,
puis
qu'elle a l'avantage de porter
les Armes de nos Rois avec
un chef d'or pour briseure.
Cet honneur, le plus ancien
de tous les honneursquisoient
dans aucune Maison de Fran., L..-..
ce, fut accordé àDieu-donné
d'Esteing, Fils de Guillaume
I. en 1214. par Philippe
Auguste
,
aprèslaBataillede
Bovines, donnée le Dimanche
ij. de Juillet de la même
année. Le grand courage du
Roy l'ayant engagé dans l'endroit
le plus perilleux, son
cheval fut tué tous luy
,
& il
estoir en danger d'estre foulé
aux pieds des autres chcvatix,
si Dieu-donnéd'Esteing ne
fust accouru. Il eut la gloire
de luy faire bouclier de son
corps, de le relever, de luy
donner son cheval, & en le
sauvantil sauva l'Etat. Jamais
Sujet ne rendit un service si
important à son Prince; cependant
quand le Roy voulut
le récom penser
,
il demanda
seulement qu'il luy fust permis
de porter les Armes &
les Livrées de Sa Majesté.
Cette glorieuse distinction a
toujours esté conservée à.la
Maison d'Esteing, que quelques
Modernes nomment de tEstang" trompez par le nom
Latin de Stagno,qui se trouve
dans les Auteurs & dans les
Aétes anciens. Ainsi on voit
lesArmes des Seigneurs d'Esteing
sur leurs Tombeaux;
& sur divers autres Monu-
- mens de leur pieté,semées
de Fleurs de Lis sans nombre,
ou avec trois Fleurs de Lis, se-
Ion que nos Rois ont changé
d'Armes. Ce n'est pas seulement
dans l'Epée que ceux de
cette Maison se font signalez.
Pierre d'Esteing, quatrième
Fils de Guillaume III. Baron
d'Esteing,futfaitEvesquede f1
Saint Flour en 1366. Archevêque
de Bourges en 1370. ôc
quelque temps a prés) le Pape
Urbain V.à qui il avoit l'honneur
d'appartenir ducosté de
sa Mere Eminarde de Peyre,
ayant entendu parler de son
merite, eut envie de le voir
en Italie, où il avoit besoin
de personnes habiles & affectionnées
au service de l'E..
glise. Ayant reconnu qu'on
savoitrendu justiceà cePrelat
en tout ce qu'on luy avoit dit
à son avantage,ille fie Cardinal
à Montefiascone, où il
estoit alors, le nomma Camerlingue,&
le laissa Legat &
Vicaire General de l'Eglise en
[Italie. Gregoire XI. qui succeda
à Urbain, luy confirma le
mesme pouvoir, & ce Cardilit
nal continua de travailler
tres-utilement pour le Saine
Siege. Il employa avec avan
tage l'autorité & les Troupes
qu'on luy avoit confiées pour
remettre au devoir la Ville
de Perouse qui s'estoit révoltée
contre la puissance des
Papes, força le Duc de Ferrare
à payer un tribut annuel de
dix mille Florins auSaint Siege,&
ayant rétably le calme
dans toute l'Italie, il fc joignit
à Sainte Catherine de
Sienne, pour persuader aux
Papes de revenir à Rome,
d'où ils s'estoient abÜmczj
pendant soixante &douzeans.
Il y receur Grégoire le 17. Janvier
1377, & y mourut le 25.
Novembre suivant. Je pour-
X015 ajoûter à ce Cardinal,
Frar çois d'ERcirgt Evcfquc
deRhodez en 1501. qui après
savoir esté Ambassadeur Extraordinaire
à Rome, Vicelegat
& Gouverneur d'Avignon,
mourut l'an 1519. en
)odCUt de sainteté; Antoine
d'Esteing, Evesque d'Angoulesme,
Abbé d'Aubrac,Doyen
& Comtedel'Eglise de Lion,
Frere deFrançois, que le Roy
ULoiiis XII. choisit en 1498.
pour estreson Procureur
General en la dissolution
de son mariage avec Jeanne
de France;quantitéd'Abbez,
& quatorze Comtes deLion,
qui ne se sont pas moins di
stinguez par des vertus éclatances,
que par de glorieuxemplois
dans l'Eglise , tI\1is
ceseroit de quoy remplircette
Lettre. Je vous diray seul ement
que François d'Estein
II. de ce nom, eftanr devenu
Comte d'Esteing aprés la
mort de Jean-Louis son Frere :
Ainé, Capitaine de cent Chevaux-
Légers
,
qui mourut en
1628.laillant de Loüise,Com-
-
ricflc d'Apchon, Gilberte,mariéc
à Gilbert de Lanjac,Comre
d'Alet
,
fut Capitaine-
Lieutenant de deux cens hommes
d'armes fous le titre de la
Reine. L*e Roy luy donna en
1653. un Brevet pourestre
Chevalier de ses Ordres, en
recompense d'avoir empêché
en 1633. laprise des fortes Places
de Mozun & de Murot
Il mourut en 1657. laissant de
Marie de Bussy, Baronne de
Meurville, de Spoy, & de
: Sommellonne, Fille de Joachim
deBussyMarquis d'Interville,&
de Françoisede SaulxTavanes)
Joachim, Comte]
d'Esteingquis'est distingués
dans toutes lesoccasions par
son cfprit & par son courage,
& qui a eu entre autres Enfans)
deClaude-Catherine le Goux,
Fille de Pierre, Sr de la Berchere,
Marquis de Dinteville,
Comte de la Rochepot) Bavon j
de Toisy & de Cypiere
, pre- !
mier President au Parlementé
de Bourgogne,&puis en ce- *
luy de Dauphine
,
Françoise
Comte d'Etteing III. du nom/j
qui vient d'époufer Mademoi
seile de Vaubecour. C'est ¡'Ai-'
né de la première Branche de
1
sa Maison. Sa modestie qui
égale sa valeur m'empêche
d'encrer dans le détail de ses
jaéèions. Vous fç:>vez la gloire
que la Maison du Roy S'tft
acquise par tout où elles'est
trouvée. Il y a toujours elle
Officier,& cc sui a près la Ba.,
taille de Fleurus que le Roy
lluvconfia la Compagnie des
Gendarmes de Monseigneur
lie Dauphin- Ce poste cft aLfcz,
brillant pour vous faire prendreunejuste
idée de sonmerite.
Aussi peut-on dire sans
lie flater, qu'il donne autant de
liuftrc à sa. Maison qu'il en a
receu. Mr le Marquis du Terrail
,& Mrs de Sallian ses Frères,
en composent la seconde
Branche,&en soutiennent la
gloire avec beaucoup d'avantage.
Mademoiselle de Vaubecour
est belle, bien faite, &
ne se fait pas moins remarquer
par sa sagesse que par
sa
beauté. Elle est Petite fille de
Jean de Nettancourt ,
qui
s'est rendu si fameux fous le
nom du Baron de Vaubecour.
Il commença ses premières
armes par des prodiges d'intrepidité
& de valeur. Ce su;
en Hongrie fous le Duc de
Mercoeur, à qui l'Empereur
Rodolphe donna le commandement
de ses Aimées contre
Mahomer III. Son coup d'es-
May fut la prise de Raab, que
lfes fortifications & une bonne
garnisonparoissoient mettre
â. couvert de toute insulte.
Cela n'empêcha point le Ba-
Ton de Vaubecour daller atlacher
le petai d à la porte de
cette Ville, estans à la teste
file cent François. Ill'enfonça,
&ayant tué tous ceux qui se
orcsenterent, il se rendit maistre
de la Place aprèscinq
heuresde combat.Cette iaè^j
tion sembla si glorieusesau
Comte de Scharzembourg,
Gouverneur de Vienne qui
appuya l'entreprise du Baron,;
qu'en supprimant le nom de'
Vaubccourt dansla Relationqu'il
en envoya à l'Empereur,!
il prerendits'immolimmortaliter par
cette conquestr; mais IHi-'
stoire a rendu justice au Baron
de Vaubccourt, qui continua
à se signaler à Albe-
Royale, & dans tous les lieux
où les Turcs furent barrus
pendantcette guerre. Il revior
en France
, & se distingua, •par
toutà laveuë de Henry IV.
qui l'honora du Gouvernement
de Sedan. Il continua
Vous le feu Roy,& ayant esté
Tait Maréchal de Camp, &
Chevalier de l'Ordre du Saint
Esprit, il mourut enfin Lieutenant
de Roy des Evêchez de
Mets & de Verdun, &Gouiverneur
deChalon Nicolas de
Nettancourt de Vaubecoure
Don Fils. qui luy succeda dans
Doutes ses Charges,mérita de
nouvelles récompenses de Sa
Vlajellé
,
qui luy donna le
Gouvernement de Landrecy,
Deluy de Perpignan, & du
Roussillon. Il mourut en1673:
Lieutenant General des Arméesdu
Roy,&alaisseLouis
de Nettancourt de Vaubecourt,
Lieutenant de Roy des
Eveschez de Mcts& de Ver-j
dun,& Gouverneur deCha
Ion. Il commande un Regi-J
ment d'Infanterie de fonnom.*
Sa bravoure en mille occa-î
sions, sa sagesse dans la conJ
duite des Troupes, & ses sers
vices viennent de le fairca
nommer Maréchal de Campr
fous MrleMaréchal de Belle—5
fond, pour passeren Angleterre.
Il a un Frere Aumônien:
du Roy, dont la pieté & le
sçavoir ne font pas moins
confiderablcs que sa Naissance.
Ils sont tous deux Freres
de Mademoiselle de Vau-
-
becourt, presentémentComtessed'Esteing
La Maison de
*
NattancourdeVaubccourtest
originaire de Champagne,&
*tres-anciennc. Ellepoitepour
Armes de gueules au Chevron d'or. ; Le 8. de ce mois, Mr le
#,
Duc de la Feüllade
,
Fils de
feu M le Maréchal Duc de
, la Feüillade
)
& Colonel d'un
Régiment de Cavalerie,épou:
sat Mademoisellede ChaOE-ealti
peus, Fille Ainée de Mr 1-r,
Marquis de Chasteauneuf-
Secrccaire d'Etat, Commandeur
& Greffier des Ordres du
Roy. Mademoiselle deCbaficauncuf,
aujourd'huy MadamelaDuchessè
de la Fcüit-
Jade. est fort bien faite, &
ne-se.dilbnguc pas moins par
les agrémens de sa personne.
,que par son esprit & par fa/
sagesse. Je ne vous dis rien de
ces deux Maisons» vous en
ayant parléamplement daq5
jplJuelfive,uorutssLeentvtroeysé.tlaReIlation yy
«PtinCombat donne auxIsles
dont vous ne pouvez avoir
veu qu'un court Extrait. Toutes
les ciiconstances en font
marquées dans la Lettre que
vous allez lire.
s De la Capestere ) le 8. Mars l',)., I1--ttoostsqtuqeueAMd1fIletCCoominttetJdee
Blenac> Gouverneur des
- -
Jjlcs ,. i
)
fut arrivé a la Martini-
IjUf
t IfsYaiilDsti.audxisposa à partit avec
du Roy
1 pour aller
chercher les Anglon> &les combattre.
Il ajJèmbla pour cela tottt
les Capitaines le 18. Fécrier dernier
, & ilfutresoludans le
Conseil qu'on iroit à la Barbades
On appareilla le lendemain Aprés
miàjy&le 14. on prit urteBarque
dngloife a quarante lieues ail
large de eetteJjlc,jurlesavis
que ceux qui efloient dedans notés
donnèrent quil en devoit partir
au premier jour dou^eNavires
deguerreavec unconvoy confiderable
de Marchands, le vent
eslanscontraire, on prit le der-
Jein d"dller se mettre en croisiere
sur 1"lfl, de la DeJiJerade, où ces
dou^eNavires devoientpasser.
Comme M1 le Comte de Slenac
avoitordre derenvoyer en FrtCnce
cinqdes Vaifléauxde Sa Majefie
AU commencement de Mars,il affimbla
de nouveau tous les Capitaines
poursçavoir d'eux letemps
qutlles pourroit retenir
,
tsin de
donner dans la Croificre avant
qu'tlfeflexpire. Le z. deMarset
huit heures du * huitheures m:'1tin,lej Ennimis
parurent au nombre de vingt-quatre
Vor/es,& nous en tûmes avis
par-Mx de Vituxpont) qui avoit
esté détaché à la découverte ponr
nous en faire le Jignal
3
ce quifut
cxecuté desa part avecgrande
exaélitude.M' de Blenac envoya
ordre à .5Ilr de Pradine de le
joindre
, comme le meilleur
yoilier, d'observer les nouvtmensdes
Angfois, de le*garderlanuit,
C de nous en jwe les
signaux. Quelque temps après on
, in fit un a toutenoflreEscadre
Je forcer de vol-les. Le VermandotscommandéparsJM*
deLe•
mis>surlequel^il de*Blenac
tjloit embarqué
>
arriva le premier,
& long-temps avant les
autresy de forte qu'à minuit ilse
trouva fuiavec les deux Vais
féauxdétache^ à la petite portée
du Canon des Ennemis. Il
avoit eu lieud'apprehender qu'ils
neAuy écbapajjentfaniqu'il les
rufl combattus, puis que d'abord
<^uen les vityils ejloienl * six
ïieucs auvent à nous, dt
J
forte
gpç notes riaurionspu lesjoindre
Sfans qnr levant Ayant addonnéi
ûlsarrivèrent pour pafrr entre
,-Marie-Galande & la GUllde-
Moupe, mais nos troisNavires les
wn empecherenty&pendant qu'ils
y1occupoientàdonner à leurs Marichands
le IOlfir deJefauver>M*de
Waudricourty dcContrè-Blenac,
~~r TontacJ eurent le temps de
yjoindre le Vermandok* qui efloit
^foible^puis qu'ilriavoit avec luy
yque deux VaiffiAux,qUAnd les
1 Çrwemis en avoient dou^e.Ilêtoie
\feptheures du matin lorsqueM*
i de,lÀCtjfinicre nous joignit avt&
le rcftedeTEfcadre, On se mil
en ordre de bataille au fins près
du vent que nous avions ëonfirmésur
eux. M1 de Vaudricourt
efloit à la ttfle, le Vtrmandois
AU corps de bataille 3& e5Ilr de -
la Caffiniere à la queue de Jtarriere-
garde. Ilsurvint une grossi
pluje qui nous donna du calme,
&à Ad1 de Vaudrïcourt plus de
tempsqu'à nous.Awji le Vermandois
arriva vent arriéré sur
un des Vaijjeaux ennemisnommé
la Marée
,
jusques à la petite
fortee du mousquet> & commença
le combat seul> ayant
quatre Vaisseaux contre luj9 coflc
travers. il vouloit aborder
'tAng/ois après avoir envoyé sa
yremiere bordée; maisilsseprécautionnerent>&
ne pouvant
Soutenirnoflre feu) quialloitauJJt
yvifte au Canon qu'à la mou/que,.'
Utrie ileVaijjeau plia aujjt-bien
ique les quatre autres qui le felCondoitnl,
dontl'un eusson grand
iHunier rompu , & L'autre la
grande Vergue de hune
s
~randf Vergue Je hune. ppaarrAMi*
; LBarbeaux
>
Lieutenantyqui corn*
(tnanaolt lapremiere batterie. Le
bBrufque commandé par Mr de
i
Roussel,arrivasur les Ennemisa
&M1Julienquicommandoit la
petitefregatelaB$ufonne> fit
avec ce petit 2?affament touttîI
que l'on auroit pu faire avec u??
Vaisseau de quatre-vingt C<*JI
nons. Il canonna
prefjue à !¡f>
portée du Tiftelet> &pensa ejiré
couleàfond des boulets devingtquatre
qui avoieytt percé sa Fre*
gâte A l'eau. Mr de la Cajfinierê
chargea aujjt les Ennemisdepréss
&sirudement* que cela diminuât
lesu quilsfaisoientsur le Ver^
mandois.M1 de VaudricourttrouJ
ma du vent, & M1 de PontAt q luy ayant aujjt tofl attàquf
FAvant-garde >où efloit leVice*
Amiral> ils le firent plier/ôr arrivèrentpiufteursfoisprefqu'ald'
fartée,du Piflolet,surun Vaïjfeatt
1 , 1.1 ieplus de cinquante Canons*
tour l'aborder; mais tEnnemj
trrieroittoujours dés qu'ilavoit
tiré sabordée. Air de Vaudricouri
ic.fkifoitfeuque de sa t^Hbup*
jûéterie (7 de quelque Canon
en hAut) ne pouvant si fervtr e sa premiere batterie>à cauft
111,teste estoit extrêmement baffe*
**p,qticl'eau entrott danstes
ûrabords. Il fut suivy de prés par de Contré- Blenac, qui
ygtroit indubitablement, ainsî
4e luyy enlevé un Vaisseau
jEnnemjysans quls furent tous abordtz par un desnoirci
nommé le François. Enfin l'oti
chargea avec une sigrande vigueur
à coups de moufquet*que
les Ennemis ne purent soutenir;
no/ire fiu) quoy que nous leur
fussions fortinférieursen nombre\
de Soldats rIIr de Canons. Ils^
dvoient quatre Vaiffiaux dedo:
{0 fâ.pieces
, 0 le rejie de fL..
jusqu'À44. rIIr outre leurs équi-m
pages) ils portoient sept centa
hommes de Troupes avec des In
genieurs
>
qu'ilsdevoient appa-1
remment employeràfortifierleursi
Places) ou pour quelques entre<4
prises.IlyaveitdansnosVàifl
féaux pnfque le tiers des équipa-*
"gts mort ou tjtalade de la traversée
à venir de France. Lrs
,
Ennemis qui dans le commences
mentdu combat ne s'ejloientpoint
i
prépare^ à soutenir l'abordaget
t'V'yant qu'ilny avoit pas de
milieu entre le fouffri, ou plier.
prirent le party de fuir, e cou"
,,
perent toutes leurs Chaloupes &
Canots qu'ils avoient derriere
eux. La mer efloit couverte de
coffres
y
hardes, banques> prolli- ens, & generalement de tout
ce qu'on peutjrtter dehors poursi
souLager,& pour mieux aller À
toutes voiles. Nous tachâmes de
lesJuivre
à
mais ils allaientmieux
que nous, & malgré leurs mau
de hune, er leurs verguesKP#Îsues
,. à Soleil couché, ils a.
voient gagné quatre lieues de favant.En fuyant ainjtieurs
melfteurs voi
i~e~asnet ainfi ~~leurs
meilleurs voiliers se separoient
des autres. Mr le Comte de Blenac,
croyant les pouvoir rejoinare
,
fit force de voiles toute ta
nuit; mais nous ne vismes plus
rienJe matinquand te Soleilfut
levé
)
w nous nous trouvâmes a
iouT^e lieues du Canal» entre
Saint Aloufie & la Martinique
; de forte que 1tftUJ avions
chAPE les Ennemis plusdevingt
lieues. Nesçachant plus où. les.-
fyrendrt> nous auajmcsmouille*
auFort Royalpourfaire du boisy
de Veauy & du vivres> afin
de mettre en tftat de partirles
Vaisseaux pour France>Juivant
tordre de Sa MafrJffléé.. -QQuuooyv que
nous aYQn5 canonne lesEnnemis
pendant plus de quatre heures,
iC^T prepjue toujours a la,portée
\dumoufyuet, nous avons perdu
ifort peu de monde, il y a en
Veu de blr£fe%\ tjiïf le Comte de
ÏÈBlcnac efi lu jculeperfbnne at
xmarrjuequiFait eslé. Un éclat
un boute-feu luy a falt,%Jeué
-xontufions au bras. On ne peut
douter que les Anvlcisnayem
eslé fort incommode^. Nous let
chauffonsdeprés, &tirions *jft%
droit>puis qu'on leur a coupé des
mats, desvergues, dr des manauvresqu'ilsfuyoient
avectant
de précipitation. 'VZ)nnet de nnoossppee--
tites Darqueslonguesa pris trois
de leurs Vaiffidux marchands
chargejç de vivres> d'habits(fy
de hardes de Soldats>ede ne:1
cens Fusils
> avec autant de
Bayonnettes. Nous avons tu
nouvelles que deuxautre Baflimens
que ta
peur
avoit fait approcher
tropprés de lerre) y ontMI
pery à la cofte. Vun rftoÍt chargé
de poudre,& l'autre de vivres
pour leurs Troupes.
Il est étonnant que les Anglois
ayant douze grosVaifseaux
contre neuf beaucoup
moins considerables, & sept
cens hommes de débar quement,
comme vous venez de
le voir dans cette Lettre, outre
ce qu'il falloit de monde pour
lesdéfendre,se soient laissébattre
si honteusement, & qu'ils
ayent toujours fuy sans avoir
osé tenir un moment contre
nostre Escadre. quoy que bien
plus foible. On écrit qu ils
ont perd u unde leurs plus
gros Vaisseauxaprès le Combat,&
qu'ils doivent avoir
reccuun fort granddommagC)
puisque parmy les débris*,1
quiont esté ramassez lelong
delaCoste,onatrouvé plusieurs
Figures ayant plus que
la hauteur d'un homme, tra->j
veilléesassez proprement, &»
fort bien peintes,ce qui est une
marquerqu'elles sont de quelque
grand Bastiment. On en aI
trouvé trois autres d'une grandeurnaturelle
, trois grands
avirons de vingt-deux pieds de
longueur,trou grandes Cha.-
loupes peintes chacune de sa
couleur,bleu,vert & rouge,
une Vergue, pluficurs bouts
de Matsde la grosseur d\mc'
ancre ou plus, coupez de;
coups de Canon, & une porte
dont la moitié est nattée fort
[ proprement d'osier, & sur laquelle,
il yade la dorure. Mr
t de la Fcnsa aussi trouvé deux
efFigures qui se tiennent, & qui
sont une fois plus grosses que lenaturel.
Voicy l'ordre deBataille,
qui vous apprendra non feu- 1
ement le nom des Vanneaux
xjui ont combatu contre les
Anglois,mais encore ceux
des Capitaines qui les commandoient.
Le Vaillant, Mrde Vaudricourt.
Le Leger, Mrde Contre-
Blenac.
Le François, Mr dePontac.
L'Emerillon
,
Mr de Proffiliere.
Le Faucon, Mrde Saintes
Marie.
La Droite, Mr de Vieuxpont.
LE VERMANDOIS
Mr le Comte de Blenac.
Le Brusque,Mrde Rous
sel.
LeChasseur,MrleChevalie
de Valbelle, S. Symphorien.
f- Le Solide, Mr de Pradine.
La Boufonne,Mr Julien.
Le Gerfé,MrduBuisson.
Le Neptune,Mrde la Cassimere.
Avant que de m'éloigner
des Isles, il faut que je vous
détrompe sur une faussenouvelle
qui estoit venue dece
Pays là touchant la mort de
4M1 leChevalier Hinselin,Gouwerneur
de la Guadeloupe, que
ie vous manday lemois passé
comme estant certaine.Cependant
toutes les Lettres qu'on
a reccuës decetteIsledepuisce
>:cmps-]à, nous font connoit
tre qu'elle n'a eu pour fonde
ment que l'extrémité de ma
ladie, oùce Gouverneur a este
depuis le Siege de la Guadc
loupequ'ilsoutint l'année der
niere pendant vingt-sept jour
avec une fatigueextraordina
re, & où il eut besoinde la vi
< gilance& de la fermeté qu'ilà
toujours témoignée dans
toul
tes les occasions où il s'cf
agy du fcrvice du Roy,& d,
la conservation de cette Coi
lonie. Depuis trente-sept
anl
qu'il est dans cetteIsle,il s'ett
acquis une experience dont q
s'est heureusement servy dii^
tano
rant ce Siège. Tous les Habis'ans
le regardent & l'aiment
comme leur pere, aussi les a-
.-il secourus, & de ses soins,
& de son bien dans toutes les
maladies & les pertes qu'ils
lonc souffertes, & lors qu il y a
NI quelques occasions dange-
TufcSî il a beaucoup plus son-
~é à menager leur vie que la
ienne propre.
Comme je vous envoye
ous les mois de différentes
Médailles sur les actions du
Loy sans m'assujettir à garder
ordre des temps qu'elles ont
(Ile frapées, je croy vous en
pouvoir aujourd'huy envoyer
une qui regarde Tlflc de Ma-,
dagascar
,
après vousavoirs
fait part d'un Combat donnéi
vers lesIsles. La face droite de
cette Medaille represente les
Roy comme font toutes les
autres & dans le revers il y a uni
Boeuf du Pays auprès d'uni
Arbre, avec ces mots. I
ColonÍa Madagafc.
Elle fut frapée en itjf. a
sujet de l'établissement de lad
Compagnie des Indes, en mc",
moire de ce qu'on envoya
nombre deFrançois pour hajj
biter & cultiver l'isle de Madagarcar.
F

Les Vers qui suivent courent
fous le nom du Cavalier
d'Angers.On les a tro lVCZ fort
agreables; vous m'en direz
vostre sentiment.
1*Autrejoursur/'herbenaijf*nte^
LJCAS s entretenait ainsi.
.* Fuifque Climtne efi inconflante,
Ilfautqueje lefoisaujji.
Comment , le dis-je, indigne
Amant,
Vous Avez,le plaisir charmant
D'avoir enflamé cette Billey
EtmAigrevostre engagement
Vous ctffit d'ejlrefidelle,
Pour répondre à fin changement?
;, Ah,sij'avoistouchélecoeurde mA,
Sylvie,
^uAndellepourroit me changer3
L'uniquesouvenir d'avoir ffû
L'engager
- Me tienrdoitfousses Loix le rtfte de
mavie.
Vous ne ferez pas fâchée
d'oüir parler du Printemps.
Cette | faison, souhaitée de
tout le monde,semblene venir
jamais assez-tost.
SONNET. LE doux Printemps revientembellir
ces boccages,I
Jjhivet narrejt/«e plius lie cours ate nos ruisseaux.
Sur l'aimable gason ils promenent
Leurs eaux,
Les charmes, les Tilleuls ont 1epris
leursfeuillages.
ILes ventsimpétueux ne fontplus de
entenrsavages, tous nos Bergers chanter des
Airs nouveaux.
Xfout retentit icy dll[on deschalumea/
IX,
09.9 y pajje les jours en mille badinages.
Mais que tous eesplaijirs me touelunt
foiblement !
&Ielas!rien ne sçauroit soulager mon
tourment,
Depuis plus de trois mois je brûle,
jesoupire.
.OU) , le vous aime Iris, je mtNr;
pour vos appas.
>e nedemanderien, ne vous effrtlJtt
pas,
A vosjsie'desfeuxlemenptpermierttezequ.e
-
r
-
; Je n'ay rien à vous expliquer
sur le sujet de la Fablej
nouvelle queje vous envoye. f
Il suffit que l'on y parle d'un
f Cygne dont la blancheur a
fait des Jaloux
, pour vous
faire entendre dequoy il s'agit.
Elleeft de Mr Moreau,.;,
Avocat General de la Chambre
des Comptes de Dijon.
LE CYGNE
ET
L i j CANARDS.
FABLE.
7
0, A~
Es Canards dés long-temps
anime2 &jaloux
l n: un Cygnefameux farJÕ- n
<i..irmantplumage,
Tinrent conjèil , & conspirerent
tous
De ternirsa blancheur qui leurfûfoit
ombrage.
On lepropofe
, on le rtfiut,
Et pourmieuxenvenirà bout,
On sen approche) en l'entoure, on le
louey
Surfon chant&sur sabeauté,
Et cefendant chacun taflhe de fin
cosse,
Dupiedy du bec,del'aijle>ÀH C;jJ-:" vrirdehur.
Le Cygneparh.7^rdquifc
L'eauy
De ces vils animaux apptrçoitL'artifice.
il s'y plongeauffl-ttf, il m revient
plus heMt,
Et desesennemis il confond U ma*
lice.
Connois-tu de c.s Vers le sens rnyflerieux?
C'elf Pinnocent Damon> ce font ses
Envieux
JOuepartousces trAits0'1 dtjï:u:.
Jjhfils l'attaquent de lo:t:o 11rti>
Le CygntflrA toujours Cygne,
El les CanardsferonttoujQJs L'allArds.
Je vous envoyé la Liste de
tous les Vaissaux du Roy,
selon leur département. Vous
verrez par là ceux qui les
commandent,& combien il
y a d'hommes & de Canons
sur cette Flore. Il manque à
cet estatles noms de quelquesCapitaines
) mais comme
ils changent prcfque tous
les ans de Vaisseaux ,il est
quelquefois difficile de sçavoir
les derniers nommez.
Il peut yavoiraussi quelques
noms defigurez; vous y supplerez
dans ceux que vous
pourrez reconnoistre.
Outre cette grande Armée
Navale. qui doit faire tout
trembler sur l'Océan,&qui
ne sçauroitavoir à craindre
que la Mer seule, le Roy a
trente cinq Galeres bien armées
sur la Mediteranée, sur
chacune desquelles» il y a
un nombre considerable de
Troupes de débarquement,
& toutes leschoses propres, L
tant à le bien retrancher,qu'à
escalader une Place. Ces Ga- j
leres font accompagnées de [
quatre Galiotes à bombes,& ;
de deuxFrcgates,& le tout fait
plus de quatre-vingt Voiles
Vous croyez peut-estre,
qu'aprésle grand nombre de
Bâtimens sur l'une &surl'autre-
Mer dont je viens de vous
faire le détail, le Roy n'a
pius de Vaisseauxpour donner
de la terreur àsesEnnemisxôc
étendre la gloire de
la France ; cependant cinq
ou six gros Vaisseaux de guerre
& une Galiore à bombes
viennent encore de partir,
pour punir la Ville de Tripoly
dont les Vaisseaux ont
osé prendre un Navire François-
contre la foy des Traitez
, dans la pensée que la
France ayant un grand nom'
bre d'ennemis à soutenir elle
ne seroit de long. temps en
estat de les punir de leur perfidie.
Tous ces Batimens dont
les deux Mers sont couvertes,
n'empeschent pas queSaMajesté
n'en ait aussi un grand
nombre dans toutes les parties
du monde,où diverses Nations
ont bien voulu reconnoistre
sa puissance, & il en reste encore
aujourd'huy huit dans
les Isles de l'Amérique
,
sans
les autres Bâtiens qui font
moinsconfidcrables.
,
Le Roy, avant son départ
donna audience aux Députez
des Etats de Bretagne, qui furent
presente par Mr le Marquis
de Lavardin
, Lieutenant
GenealesEtats decette Prc-j
vince. Le reste se passa avec lesceremonies accoutumées,
tant à cette audience qua celle
de Monfcigncur le Dauphin
,
& de Messeigneurs les
Enfans de France. Ces Députez
font ordinairement
trois, & viennent au nom du
Clergé, de la Noblesse, & du
Tiers Etat. Celuy du Clergé
qui porte toujours la parole
êtoitMr d'Argouge, Evêquc
de Vannes, Fils de Mr d'Argouges,
Conseiller d'Etat, &
du Confcil Royal ,qui s'attira
des applaudissemens de tous
ceux qui l'entendirent.
Mr de Mardy
,
Marquis
de Catuellan
, que le Roy
vient d'honorer de laqualité
de Brigadier de ss Camps
& Armées, & que les Etats
de Bretagne ont nommé De
puté de la Noblesse
,
n'en put
faire les fonctions dans cette
audience
, ayantu ordre du
Roy de suivre S. M. Britannique.
Ces Etats ne pouvoient
choisir un Deputé
plus illustre
,
la Maison de
Catuellan estant une des meilleures
de Bretagne. Ce Marquis
estalliéàtout qu'ily
a de plus grands Seigneurs
<Ians la Province. Il eut l'avantage
décommander dans
les Lignes la dernière Campagne
, & il s'est fait disingue
enplulkurs occasions par son
esprit & par sa conduite dans
tous les Commandemensqu'il
11 eus, ce qui luy vient d'attirer
les nouveaux honneurs
-q.'il a receus deSa Majesté.
- M* de Fer
,
Géographe de
Monfcigneur le Dauphin,
-
continuë à donner au public
des Cartes qui font plaisir
dans la situation où se
trouvent
les affaires. Il vient
d'en
faire paroistre une fort util e,
& fort commode, n'estant
que d'une étenduë, qui n)cm-'
pesche pas qu'en la colant sur
de la toille on ne la porte
dans la poche. Cependant elle
contient le Pays d'entre
Sambre & Meuse, & les en- :
virons de Namur, Dinant,
Charleroy, Mons, Ath, Louvain
& Huy. Cette Carte est
tirée sur les Mémoires de Jean
Blaeu
,
Nicolas Wifcher &
Abraham Vivien
, & se vend
dans Tlfle du Palais à la
~Sphere Royale.
Voicy les noms de quelques
personnes considerables
moretes depuis peu de teinps.
t Dame Françoise
- Marie
Brunet
,
Femme de M Bignon,
Avocat General de la
)Cour des Aides, morte en * couche de son premier Enfant,
& dans une fort gran- f de jeunesse. Elle estoit Fille
de MrBrunet, S' deChailly,
bgarde du Tresor Royal, Nie- edeMr Brunet,AbbédeVil-
D~cloin
)
Conseiller-Clerc en la
Grand'Chambre, de Mr Brunet
- de Montserrand, President
en la Chambre des Comptes,
& de Mr Brunet de Rancy,
Tresoner delaMaisondu
Roy,& Soeur de Mr Brunet
de Chalis. Conseiller au Paricmcnr.
Enc avoit deux Soeurs,
dont l'une est mariée à Mrdu
Tiller, Prcfident au Grand
Conseil, & Maistre des Requelles.
L'autre avoit épousé
Mr le Marquis de Villarceau;
rué à la Bataille de Fleurus.
Il y a encore de cette Famille
Mr Brunet le Goux de Serigny
, President en la seconde
Chambre des Requestes du
Parlement de Paris,& auparavant
Conseiller au'Grajnd
Confcil. Quant à M Bignon,
Avocat Général en la Cour
des Aides, il cft Fils de Mrh
Bignon,Conseillerd'E(,it- & :aUl-,atavant Avocat General
au Parlement de Paris, &c
Grand M»<ftrcde la Libraitte
duRoy,Petit filsde l'illustre
: HicrômeBibron,,Avocat
General au mesme Parlement,
& Grand Malstre dela Librairie
du Roy, dont lamémoire
regne parmy tous les Sçivans
dé l' Europe pour la profonde
nio£tîine, & Neveu de Mr
Phelypeaux de Pontchartrait,.',
Minière& Secrétaire d'Ecart
& des Commandcmcns de Sa
Majesté, Contrôleur General
des Finances. Mr Bignon,
aujourd'huy premier PrcÍident
au Grand Conseil, est
Frere daMrBignon, Conseiller
d'Etat.
Mr du Bois de Guedreville,
Il a esté MaistredesRequestes
& President au Grand
Conseil
,
& a marié deux
Filles; l'une à Mr Pelletier de
laHoussaye,Maistre des Requestes,
& l'autre à Mr Guinet
,
Conseiller au Parlement.
Le Frere de feu Mr du Boisde
Guedreville,estoit feuMrdu
Bois du Menillet Conseiller
en la Grand' Chambre du
Parlement de Paris, qui a eu
pour Fils Mr du Bois Bailler,
Avocat General en la Cour
des Aides
,
puis Maistre des
Requestes, & Intendant de
Justice à Pau, où il est mort.
Mr Lambert de Thorigny ,
ancien President en la Chambre
des Comptes de Paris.
Mr Lambert de Thorigny,son
Fils, est President en la même
Chambre.
Mr Barberye Saint-Contest,
cy-devant Maistre des*
Requestes, & Intendant de j
Jufticc à Limoge. Mr Barberye,
sonFils,estaussi Maiftrc ]
des Requestes.
Le SrNolinvientde donner 5
auPublic trois Cattes, donc
l'une est le Champ de Mars dans,
lesTays-Bas> où le Roy com- ]
mande ses ArméesenPerjonne ,
en la presente année lépz. Cet
Ouvrage contient le Comté
de Flandre, accompagned'une
Table de divisions Géographiques
;le ComtédeNa-
,
mur, où est le Pays d~rrrc
Sambre & Meure; une grande
partie de l'Evesché de Liège,
& une partie de l'Artois.,
du Hainaut & du Brabant,
avec un accompagnement des
Plans des Villesd'Ostende,
Nicuport, Ath, Charles-Roy,
Namur, Liege, & Mastrick.
Ces Plans font tres justes àc
conformes aux dernieres Fortifications
qui ont estéfaites
dans ces Places. Cette Carte
se peut mettre en Livre pour
la poche, ce qui cft d'une
grande commodité pour les
Officiers
,
qui pourront tout
d'uncoup, & à l'aide d'une
Table Alphabétique qui se
met en teste, trouver les Pla>|
ces dont ils auront be foin.1
La seconde Carte cft de la
Manche. Elle contient les Codes
de France depuis Belle- 1
Ille jusqua Dunkerque , &
s'étend dans les Terres jufqucs
à laLoirc.Elle contient aussi la
Cofte Meridionale du Royaume
d'Angleterre. Ces Costes
& les Provinces qui font dans
les Terres, font tres-exat'tcment
recherchées.
La troisiéme Carte est /r
Daupbiné. On n'en a point
encore gravé de si particulière.
On y a joint une Table
! des
des différentes divisions Geographiques
contenues dans ce
Gouvernement. Tous ces Ouvrages
se trouvent à Paris
chez l'Auteur, sur le Quay
de l'Horloge du Palais, proxhe
la ruë de Hirlay, à l'Enseigne
de la Place des Victoires,
& à l'Armée du Royen
Flandre,au quartier du Roy,
chez le Sr Mouchet
,
Marxhand
suivant la Cour. On ne
peutassezadmirer le genie
ptompt &actif des François,
Ils vont au delà de tout ce
que l'on peut attendre d'eux,
dés qu'il se presente quelque
matière sur laquelle leur travail
peutestreutile au Public,
& souventles Ouvrages se
trouvent faits avant qu'on ait
eu letemps de les souhaiter.
Le Siegedu Grand Waradin
est devenu si considerable par
la longue résistance desAffiegez
,
qui ont souffert le Blo
cus depuis plusieurs années,
qucJE croy vous obliger en
vous. faisant part de cequi
fuit. C'est la Déposition qui a
esté faite par un Transfuge,
de l'estat de la Garnison & de
la Place. Envoicy la traduction
littcrale.
Premièrement il sy trouve un
Bastion a la main droitedeU
grande Porfft vis à vis la Palanque
d'Oloia tnommépar tes Turcs
2inchini Sabiefi, dans lequelle
Bacha Ibrahim a fait faire une
maison* où il est loge aauellement.
Ce *BaJlion efl gardé par
iesSipalis yayant toutes les
muits cinqposses de Guet) com- poseKchacun de quatre hommes,
sçavoir deux avant, rn deux
,apré'sminuit) quifont releve^ la
cinquième nuit" tellement que
-chaque homme efiantquatrejours
exempt de la garde, il faut
Juivant le calcul ordinaire cent
hommessurceBastion pour releverlagardequiytjl.
Le fécond Dassion* , que les
Turcs nomment Capudan Lubiefi,
estgardé seul des Agrzrns.
Ily a trois posses dessus, qui font
dïvïfe%9 sçavoir l'un gardé par
les Sipbaïj l'autre par les Chu..
nuUis, È7* le troifiente par les
Befcblis, qui s'entre-relevent li,
sixiéme nuit. Comme ily a qua-,.
tre hommes dans chacun de cesi
postes) il en faudroit cent huit'
sur ce *Bafliontfuivant le calcul\
ordinaire. Ceux-cy font entrer
dans la Place ilyasixfemainesn
avec le dernier Convoy de farines
que les Turcs y ont jettéJ
Il en resse encore quatre-vingtdix
fains, & capables de monter
lagarde.
Le troisiéme ïïaftzon.cjue les
Turcs nomment Imum Lubiclï*
estgardé en partie par de la Cavalerie
de la Place nomméePeschlis,&
en partie par IrsJanifJaires.
Ils ont quatre postes de guet;
l'un desdits Janissaires, & les
trois autres desditsPeschlis. Les
Janissaires relevent la huitiéme
nuit,&lesPeschlis la cinquié.;
me. Ce Bastion demande quatrevingt-
douze hommes,suivent
le calcul ordinaire. Entre ce Bassien
& lesuivant doit estre le
commencementde l'eau, & lafini
Cet endroitest le plus humide
du rueeau. Il na
que dewyhomme
deprofondeur au milieu;
& proche de la muraille, il eJi
de la hauteur aun homrnr.
Le quatrième ion , que IfsTurcs rzomrnent le petitBassion3
efiantgardé- des Tara
d'Afappt11 & Sentchiï.r} a trots
posses qui font occupez ; sçai'oi/
deux des dfappen
, (7 l'autre
dcfdits SenrcÎ'iier, chacun compo.
se de quatre bomrre-ç, qui foni
JaujoPtrs rele'Vcz la quatrième
nuit. Ce Bafiion demande quarante-
huit hommes, suivant lï
calcul ordinaire.
Le cinquième Baflion nommé
par les Turcs> Agai Tubicd,
qui veut dire, Baftion*
des Janiflaircs
3 a quatre poBes
chacun de quatre hommes, dont
ilyena trviso-ardsK par Itsjapijjains
qui se re levent la huitième
nuit. Le quatrième fft des
ClJunulis, quise relevent laquatriéme.
Ce Ba/ben, Juimant le
calcul ordinaire
y
demande jix.:.
l
vingt hommes. lly a proche dt
la Porte un cprps de garde parti-
C-ulicrqui estoccupépar le Ccm*
mandant3 ou Dishar. Il riyrejîs
au plus que quarante bommes,
Enjin la Garnison qui refle dan.,
la Forterejjedu Grand Varadin}
monte juivant le calcul cy-defi
fusais, hommes.c*»
D'autres Transfuges, ainsi
1 que l'écrivent les Impériaux,
ont assuré que cette Garnison
n'est la pluspart que de jeunes
gens parmy lesquels il y a
beaucoup de Bobemiens. Si
cela est vray ,
il est exuêmément
surprenant que si peu de
gens & si mal conditionnez,
se défendent toujours avec la
mesme vigueur, & fassent des
sorties de deux cens hommes
capables de mettre en desordre
les Troupes qu'on avoit
choisies pourle Blocus.
Depuis le rapport de ces
Transfuges on a eunouvelles
que quoy que la tranchée ait
esté ouverte devant le Grand
Waradin, les Assiegez continuent
tou jours à se défendre
de lamanicrc laplusvigoureuse.
Iln'yapresque point de jour
où ils ne tirent prés de cent
cinquante volées de Canon,
ce qui ne s'accorde pas avec
ce qu'on a publié qu'ils manquoient
de toutes fortes de
provisions. Ils fontaussi fort
souvent de brusques sorties
avec grande perte des Assiegcans.
Le bruit s'cftoit ré:
pandu que ceux cy donne-:
roient un assaut le J5 de ce
mois, mais ityavoicacrâmdre
que les Turcs ne lesattaqu
flcnc en mesme temps, &
cause qu'on les flattoitdenou-
,,
veau de l'esperance d'un
prom pt recours.
- Cependant
,
trois ou quatre cens Raiciensj
qui s'estoient trop avancer
pour reconnoistreles Im péliaux
ont c£lé taillez en preces.
On a eu aussi nouvelles*
qu'ils fasoient travailler incessamment
à un aimement
Naval à Nicopoli
,
dans ledelLin
d'employer tous leurs;
efforts pour serendre maistre
d'unPoste présdel'Isle; d'Orloura,
quileur ostoit toute la
Navigation sur le Danube
pourBelgrade. Onnedit plus
qu'onait étranglé leGrandVisir
,
mais seulement qu'on l'a
reléguéauxDardelles.Selon
d'autresnouvelles,il marche
ita Teste de l'Arméc. Tout
celaest fort douteux, mais ce
qu'il ya de certain, c'est que
le Comte de Marfilly a cité
congédié de laPorte surce que
tout estantprest pour la Guerre,
avec apparence d'en reti..
rer de grands avantages , il
n'estoit plus question de par..
ler de Paix.
Voicy des Vers qui ont
esté faits par Mr Rousselet,
Principal du Collcgc de
Noyon, sur le voyage de Sa
Majesté, & qui doivent précéder
ce que j'ay à vous en
-
duc.
AU ROY.
GRAND ROT*fourrchauffer
le luflre de tagloire,
Pottrquoy voler encor toy-mefmc 4
la Viltoire ?
LaijflfiNS ton grand Nom à ttsbt
ves Guerriers
)
Sur ta Sambre ô* le Rhin te cueil,lir
des ltluriers.
Trop de fois ion t'a vu dans lt
Champ de Belionne
Des Héros deml-Dieux meriterU
Couronne)
Et Vainqueurencent lieux environ
nertes Lys
Des Lauriers immortels que toy-même
as cueillis.
plus Jage
,
& plus vaillant que le
Dieu de la Trace,
Tu /fdis d'un fier Tyran déconcerter
l'audace,
Il tremble à ton seul Nom, & déjà
devant toy
rolentjufqiïà la Haye, & U crainte
& l'effroy,
Pourra t.il fomenir Us écUtsde Foudre, ce gai malgréfesprojetsréduisitMons
en poudre,
Jguand pour vouloir braver le plus
grand des humains
Ilfefit , adorerde tant de Souverains?
Avectousces Guerrierssurpris dela
A tempête,
fut-il d'un seulmomentretardertu
conquête?
,
De tant de Rois liguez ce telé Protttteur,
Ve tagloire nefut qu'onjalouxSpectateur.
Au bruit de ta valeur 9Jes Troupes
chancelantes
Woferent voir de prés les tiennes
triomphantes,
Cachédansl'épaisseurde tousses BJ,"
taillons,
Du Soleil de l'Europe iUraig/ioit Us
rayons.
Mars en tous lieux te fuit, ta vertu
sansfécondé,
Ainsi quesur la Terre, éclate encor
sur t'onde.
L'Univers ensuspens va voirpaxtes
exploits
L'un & l'autre Neptune ajfervy.fous
tes loix;
Vn Grand Roy détrôné, dont III
prens la deffense,
Recouvrer par toy seul la fupremt
Puissance j
Le Ciel comme aux Cesars remettre
dans les mains
Le deJim chancelant de tous les Souverains
,
Succomber en tous lieux fius ton
Bras heroïque
UAigle,leLéopard leLion BeU
gique,
£t par tout de tsn Nom répandant
la ternltr, (valeur.
£tiretrembler la Terre aubruitdeta
J
cette valeur pourtant» aujourd'hui
sans égale,
A tes propres Sujets pourroit efire
fatale.
Tu ne refiesVainqueur dans les plaines
de Mdrs,
,Za'dpris avoir du Sort bravé tous
les hasards.
GRAND ROT,l'amour des tiens,
l'appuyde ton Empire,
faut*il que le rifpeO empesche de te
dire,
.!?uesiton Regnefaitnotre félicitét
Ta conservAtion en efi la fûreté ?
Tout brillant de Céclat de tagloire
suprème
Il ejl » temps decejfîr de vaincre par
toy-meme.
Dans lefein de ta gloire établis tan
reposy (Htros.
Etlailefous ton Nom triompher tes
Du UtdyjusquauNord,de L'Inde
jujcju'auTâge,
»
<3j*onvJfrc Àta Grandeurun vI/on-
»,,_ taire hiwmage; tesferiEnnemis, redoutant toit
toutoux,
„Afn de l'éviter tombent à tesgenoux,
SQu que les tiaits vainqueurs de ta
rare clemenct
\.Jaffent , aimer le joug de ta toute*
fuifftnce.
toujoursJeplitsfnge& 1*plus
, Grand desRois9
fyfiu'aux bords du Danube on "dfJ"
tes Loixy
après tantde beauxfaits lesFilles
de Memoire,
UEpuifènt tous leurs chants çour r("'
lebrer ta gloire
&egne sur FUnivers7 mais pour
nofhe bonheury
GRANDROT, modéréenf».
l'excès de ta valeur
Le Sonnet qui fuit est de
Mr Diereville.
SUR LE VOYAGE
du Roy,
GRAND En", sur vos DdJeins:
touslesyeux font ouverts,
On nenpeut pénétrer le Secret admirable
;
Vos Soldats> ivOI VaijfeauXy apidreil
firmidAhle,
Couvrent de toutes parts & la Terre :
& les Mcxjc
Jguand on "voit contre vous miue
Ennemis Jivers,
19à va sesignalervotrebrasindemptablel
xrit^vousdesTyranspunir le pluscoupables
'Et rendre la reposqu'il oie À>IVnivers
?
Mais des quo/tvous verracorn*
manderune Armée>
,0»entendît, QrandJtoj, parler1&*
Renommée..
,=h.' pourqmy demanderquelejlvotreprojet?
Le prodige tfl pour vous nn effet:
f.4ordinaire5 peut devinerce que vous allez. afrt.
On le comprendramoins lors que vous,
l'aurez, fait^ j
Jeviens su voyage du Roy
dont les suites qu'on ne peut
envisager sans étonnemeRt,,
doivent faire tremblertous les,
Ennemis de la France, &caufer
une crainte pleinede tendresse
à. tous les François, qui
ne peuvent penser sans frayeur
aux périls où va s'exposer
Prince, en quitant le sejour
des delices pour leur procurer
un repos qui doitestre de durée,
aprèsla guerre qui agite
aujourd'huy toute l'Europe
4u augmenter lagloire de la ;
"II,
Nation,si triomphante, &si
heureuse fous son Regne tous
remply de merveilles. Son
départ ayant esté arre sté au
dixième de ce mois, on vit
pendant pluficurs jours une
foule extraordinaire à Verfailles
de tout ce que la France
a de plus illustre , & qui se
trouva à porté. de faire sa
Cour. Tous les chefs des
Cours Supérieures, & des autres
Jurisdictionsens
,
après s'y
estre rendus en particulier,
yretournerentencorps,aussibien
que Mr le Prevost des
Marchands,accompagné de
Msde
,-
Ville, pour recevoir
les ordres de Sa Majesté.Plusieurs
particuliers excitez par
la seuleardeur de leurzele,
y allerent aussi, pour chercher
les occasions de pou-*
voir feulement jetter la vue
sur ccr Monarque pendant
quelques, momens. Enfin il
quitta Versailles avec son
secret, qui fut impenetrable
à tous ceux à qui l'experience, adonné le plus de lumieres,
pour conje cturerplus facilement
que les autres les entreprifcs
ausquelles le Roy pouvoir
fc determiner. Le meûnec
jour queSaMajeste partit*.
Mr l'Archevssque de Paris
donna unMandement, pour
l'ouverture des Prieres de
quarante heures, par lequel
il marquoir,qut leRoyn'ayantrien
épargné pour appuyer les
interests dela Religion, procurer
la paixà leui-ope,(& travaili
ler aurétablissement du Roy
d'Angleterre ,il estoit bien, juste
que dans le temps où. Sa Majestéexposoitsapersonne,
alloit
t/f mettre a la teste desesArmées,
..Ps fidelles Sujets employassent
Leurspriers particulières ù- publiquespourl'accomplissement
de*
si' grandedessins. Ce Mandement
sur publié dans toutes
Ic' Eoiîles deParis, d'une'
maniere qui sit voir cjucllc est
l'ardeur de tous le Curez pour lagloire, & la conservation
du Roy. M Macé,Chescier,
Curé de Sainte Oportune, qui
est toujours des premiers à signaler
son zele pour S. M. ôC
à l'inspirer à ses Paroissiens
comme je vous l'ay fait remarquer
en d'autres occasions,
ouvrit les Prières par
l'Eloge que vousallez lire, &;
qu'il prononça au commenceîsacrn
desa Me(Te deParoÍÍfcp
Apresi
Apres qu'il cut lû le Mandement
de M' l'Archevesque
de Paris.
Ce Prélat
,
dit il
>
toujours
exaél danssavigilancepour liE.
~/C
>
toujoursinfatigable dans
yfon ;Celc pour le Roy
> nous oridonne,
comme vous l*ave% vâ
ypar fin Mandement, de faire
ïdes Prieres de quarante heures
four l'hèureux succes des jufles
%dejfeins dr S. M. Ce Roy
,
le
iy>luspuissant de tous les Rois,
îleplus%elédetousles Chrejhenst
Ve plus jufle de tous les borimrs,
triompha depuis cinq ans, vous
Ve ftavtzJ detoutes les diverses
Nations
>
qui s'estoient unies
pourfondre sur luy. Ces injustes
Puijjances, liguées pour la plus
injuste de toutes les querelles,
devoroient dans leur avide orgueïllesEtats
de nostre invincible
Monarque. Tout autrepeupie
que les François aurait trembléauseul
bruit de leurs projets,
Ù LOI)IS a non-seulement
écarté le trouble, st) la terreur
de nos Frontieres
j
mais il l'a
porté jusque dans le fein de fès
Ennemut desalé leurs Campagnes,
pris leurs VilleJ, & puny
leur infolmce. Cependant dans
une force si redoutable tparmy
tant d'heureux succes qui enfle-*
roient tout autre coeur moins
Chrestien que le fien
,
il s'humilie
bdevant le Dieu des Armées,
bavouë queceji la puijjance divine
qui a formésa mxin aux
\combats
, en rapporte toute la
gloire à fin fiintnom> & ne
meuticomme David & comme
IS. Louis) pour triomphe que des
Mêlions de grâces> pour éloges
eue des Cantiques pour troplées
gue lesétandars ennemisappcr~
¡feZaux pieds de la Croix.Muis
vejï peu pour (J pieté decet Àugusle
Monarque de rapporter à
Dieu les heureux fuchdeCes
entreprises ; il luy en consacre
encore les commencement. Les
Grands du monde n'ont pas plulOst
conçu leurs vajles de/Jeins,
que sans consulter le Ciel, ils
s'appliquent tout entiers à les
faire réussir, rj)recherchent bien
plus le secours des hommes que
celuy de Dieu. Ilsemble mesme
qu'ilscraignent de l'implorer,
parct qu'ils ne font pas feurs de
l'obtenir, {0 foit par défiance a
J'égard du Souverain Estre
>
foit
parvanité pour eux-mesmes)foit
pAr honte du cossé des hommes
> ils ne parlent de la proteflion
divine que quandelle s'ejl decla.
rte en leur faveur
, em le rafinement
de leurorgueilysansritn
risquersurl'incertitude du fucceh
trouve le secret de glorifier Diett
de leur propregloire.Nofire
Monarque plus humble dansses
projets
t
pluj fnctrt danssapieth
&plus éclairédans feaF-oy.ffait
bien que Dieu efl le principe @!
U fin de toutes choses
> que cest
luy qui donne le vouloir & le
faIre) le dessein» &l'exécution,.
{0 ne prie pas avec moins dlar..
deur & de soumission en commençant)
qu'ila dereesnnoiffance
& de Kele après le succes.
Toujours esperant du Ciel un
traitement favorabley toujours
fournis à la Providence dans
ce qui feroit de plus fâçheux)
prest à tout (dire, c, à toutfouf
frir pour la querelle de Dieu
il se , remet à luy de toutes choses
j & trouve par-là le divin
secret de triompher infaillible*
ment.Avant que sa pieté enfl
rendu les Prieres pour les Rois si
fequentes dans nos Eglifes> ces
Mandtmens
, ces Prieres de
quarante-heures
3
ces expositions
du tres-saintSacrement sur nos
Autelsjfembloient porter la crainte
& les alarmes dans le coeur
des Peuples. Les FideUes ne
prioientqu'en tremblant, st)
parce qu'on ne pratiquoit ceschoses
> que dans les derniercs extremÚrz,
f!f que les extrémité%
font toujours 4 craindra
, on
croyoitquecefloi: en Atlquc
façon dealer le pfupte que de
l'avertir de prierJ st) la politi*
que s'opposant à la piet;, on privoit
l'estat de ce secours & le
Cieldecette gloire. Avaisgr*- » C5
ces à la dévotion de nostre Roy)
il nous esi permis>il nous eftenjoint
de luy marquer fowvent un
%c!eunanime par des Prierespubliques.
Songrandcceurne nous
en donne que de trop fréquentes
occafionr, e comme il s"eflfaii
une noble habitude d'affronter
les perils de la guerre3 nous nous
accoutumons sans trembler
A
le
'Voir partir, st) nostre tendrejje
rassuree parsa valeurJ Cotcupe
moins du danger oùil s*expofe>
que de la gloire qui l'attend. Jamais
nous n'avons eu de motifs
plusprrjfansd*élevernos bras &
nos Oraisons vers le Ciel, que
dans cette occajion.Ce Roy si tendre
pour ses Sujets»si cbery de
fies Peuples, court au dangerpour
nous en éloigner, Jacrifie son repos
à noflre commodité, prodigue
sa mie pour confervtr /4 noflre.
Peut-efite mesme
,
le diray-jt
sans trembler? Teut-cflreefl-il
aux matnç ppeut- estre fôutientil
l'effort de cent mille bras armez
contre luy; cm cent mille
voix nattaqueraient pas de
concert le Cil1 poursa deffcnfel
Mais si la tendrejje qu'il a pour -
nous
y
si le Kele que nous avons
pour Juy)si nostre propretnterefl
nous engage aux Priera, la
gloire de la Religion lesdemandeencoreàtouslu
Fidelles. Vn *IL~~
pieux Souveraindétrôné pour la
Foy
)
fugitif pour la Religion
qui ne trouve de secours que
dans les bome^de LOUIS
LEGRJNDyestalatefie
d'une Flotte redoutable pour
conquérirJes Etats ufurpe%>pour
faireamain armée dédire le
malheur qui le poursuït> & pour
tacher de réveiller Cujfeélion de -
Jb Peuples.irions Dieu qu'il
leur touche le coeur; confondons
ces ingrats par l'exemple de notre
Kele, cuinconstans parnoftrt
perjeverance dans la priere;*
faisonsquejaloux de noftrr bonheur,
ils imitent noflre obeïssance.
Enfin nous sômmesoblige%
de prier pour nostre Roy> pane
quenous ne pouvons luy donner
que ce secoursJ nj luy témoigner
d'autre reconnoissAnce. Noflre
vie»nos biensfont à luy> ($f
par droit de propriété}(fy par
droit de conservation ; nos prieres
nous appartiennent) & ccjt
ce que nous pouvons offrir pour
luy & tout ce qu'il nous demande.
Dieu riabesoin de rien,
dit un Pbilojopbe Juif; les Rois
riont besoin que de Dieu
, e
nos prierez le luy rendront favorable.
Unirons-nous tuus,Merfleurs,
dans un silouabledejjein.
£he ces Voûtesbâtiespar la pieté
denos Rois Yetentiffintdesvaux
que nous foifont pour le plu*Augurede
tous> C7 vtne^ offrir
Avec moy AU Terc Eternel le j
Sacrifice nor.-fangUntdej. C.
I
pour de si jufles dessein.c.|
Le Pere Avrillon, Minime
fort estimé pour les belles
Prédicationsy leut le mefrne
Mancirmcnc le jour dt1)Afcension,
dans l'Egise des
Minimes dela Place Royale,
& poursuivitences termes.
Ce Mandement ,
Mejjieurs>
nessqu'uneexplication de celuy
que S. Taulenvoye à fin Difi- f
ciple T.mothêe
y
pour l'engager
à fairedesprieres
,
des supplications,
des Oraisons&des aéltons
de grâces pour les Rois. Obfccra
igitur primùm omniumferi
obsecrationes
,
orationcs,
supplicationes, & gratiarum
actioncs pro Regibus. Nous
allons commencer par les prieres;
quelque glorieux fucce':{ nous
engagera bientostàfaire des actions
de gracu. En effet
>
si les
périls où la valeur de LOX) IS
LE GRAND levaexposer,
pluspourlagloire de la Religion*
que pour celle de fcs Etats
, nous
sont trembler
,
la certitude que
nous avons quelesseuls interests
deD'eufont agirce MOIJarque.
dissipe une partie de nos frayeurs.
Louis le Grand ne sçauroit combattre
pour une cause toute celesse
J'que le TDieu des Armées ne
prejide a ses combats. Louis le
Grand ne sçauroit vaincre que J. C. ne triomphe. Ilseservira
de ce Héros Chreflien pour foutenir
la gloire du Christianisme
opprimé. Ce premier-né de l'Eglise
fera protegé du bras toutpuijjant
de J. C. pour dtffendre
les droits factez de fan Epouse ;
ce nouveau Josué aura dansses
interests le Soleil dejuflice pour
vaincre plupeurs Rois
, parce
qu'il n'en porte la denjife que
pour le faire adorer de tous, les
Peuples, Ce Cedeon Chreflien,
protegédu Ciel,surmonterA tout
le5 Madianites con jure'{. ensemblepour
le perdre) puis quiil ne
combat que par l'o(dr( de Dieu.
Ce David de la Lay nouvelle,
peut prendre des armes dans le
Sanéluaire mesme
y
puis qu'il
ntxpofe une viesiprecieuse que
pour l'honneur du Sanfluaire.
En un mot, la guerre qu'entreprend
ce Monarque
,
cft une
guerre de Religion;sa cause zfl
la cause des Autels, saquerelle
est la querelle de Dieu, & fcs
armesfont les armes du Saint des
Saints. Disonsplussans craindre
de rien outrer; la confcrva*
tion de sa Personne sacree efl
celle de tout le Chriflianifme.
Fajfe le Cielyque dans un jour
ou le Sauveur du monde S'tft
rejîitueà luy.mesme parson jifcenfion
les trois Royaumes du
Ciel, de la terre, & de l'Eglise
qui luy epoientdisputez, par la
tirannie du Démon» il se serve
de la plus parfaite & de la plus
vive defisimages en terre,pour
remettre trois couronnes sur la
tefied'un autre Prince Chreftitn,
qui ne les a fterifiées a la tirannie
d'un lururpateur, que pour
se conserver celle qu'ilespere dans
leCielpour récompense desasi.
Mité. Signalons icy nofireele-r
offrons def Sacrifices) redoublons
nos Voeuxy st) demandons a
Dieu pour le Royi des armeïcelefles
5
des combattansinvincibles
j & dessucet'{ aujjiglorieux
quejesprojets fontCbrefliensr
& dignes du Dieu des armées
îpourlequelilva combattre.
Le Roy estant party de
Versai llesle dixième dec~
mois
, comme je vous l'ay
marqué,alla coucher à Chantilly,
où il sejourna le II. if
prit le divercissement de ta.1
Chasse qui est si delicieux dans
cette belle Maison où tous
abonde, ce qui ne l'empesch a
pas detenir divers conseils
& de dépécher pluficurs Couriers.
Sa Majesté alla coucher
le12.àCom piegne, le 13. à
Noyon
,
le 14. à Saint Quentin
,
où Elle donna des marques
de sa pieté, & ayant ensuite
couché au Quenoy, & à
Valanciennes ; Elle alla le i~.
sur les quatre heures aprcs'i,
midy au Camp de Gevry
qu'elle trouva sous lesarmes,
&dont Elle fie la Reveue. Jef.
me reserve à vous parler de;
cette Arméeen vous entrete-1.
menr de la Reveue Générale.ju
qui se fit le 20.Le 18.les Dames
allerent à Mons,&le Roy qui
n'avoit point encore esté dans
la Place depuis qu'elleest fous
son obeïssance, partit le Samedy
de l'Armée sur les quatre
heures dufoir en carrosse pour
s'y rendre. Sa Majesté en vifira
lesFortifications dont Elle
fut tres-contentc,& donna des
leüangesàceux quien avoient
pris soin, Elle vit aussi cent
cinquante Pieces de Canon,
& soixante Mortiers qu'Elle.
avoit resolu d'employer au
premier Siege qu'Elle seroit,
& qui n'estoit pas encore dc..
claré. Sa Majesté alla aussi
voir l'Hostel de Ville, & considera
avant que d'y entrer un
fort belArc deTriomphe, que
Messieurs de Ville avoient
fair construire. Il y avoit
plusieurs Devises à la gloire
de ce Prince par rapport à
celle de Nec pluribus impar, &
il y en avoit detres-ingenieusementimaginées,
qui faisoient
entendreauRoy que la Ville
de Mons fouhaittoit qu'il en
demeurattoujours le Maiftrc.
LesEschevins s'estant mis à
genoux pour falücr Sa Majesté,
Elle les fit relever en leur tendantla
main, & lesécouta
sans se couvrir. Leurs coeurs
ont esté si pénétrez de sa grandeur
& de sa bonté, qu'ils
font presentement aussi François
que ses plus anciens Sujets.
Le Roy alla ensuite chez
Madame l'Intendante, où
estoient les Dames, & a près
cela, chez les Dames Chanoinesses.
Leur Eglise est belle, &
spacicuse, & l'architetlure: en
est admirable. Elle ca toute
rem plie de marbre travaillé
avec beaucoup d'art. Ces
Chanoinesses sont majestueufcment
vêtues.Elles ont un
grand Manteau noirdoublé
d'hermine, & une tÎpcce de
petit Surplis qui couvre leurs
; habirs avec unegrande Coësse
de Gaze blanche qui leur
tient lieu de Voile, & qui
leur pend jusqu'à la ccinture
Elles sont parfaitement
,
bien coeffécs, & celles qui
; n'ont pas encore renoncé au 3
mariage, mettent des Fontanges
noires, avec un noeud
noir au devant de leurs corps,
en maniéré d'Engageantes. IL
faut
) pour estrereceuës Chanoinesses
qu'elles fassent
preuve de huit quartiers de
1
Noblesse de chaque cossé.
Leurs Canonicats ne leur
rapportent que mille livres
dans les meilleures années,
Leur nombre est fixé à celuy
de quarante; elles n'ont point
d'Abeue. Elles firent pre sent
de leur Crosse au Roy, qui leur
fîtl'honneur de l'accepter,Se
elles en marquèrent beau.
coup de joye. Elless'estoient
rangées en haye pour le recevoir,&
S M.lesfalua toutes.
MIS de Villeavoient fait préparer
un tres-beau feu d'artisice
; mais comme il en pouvoir
arriver des accidcns
,
à
CAUre du grand nombre de
magazins qui font dans laPlace,
S. M. ne jagea pas à propos
de le laisser tirer. CePrince
qui avoit donné ordre ce
jour- là pour une reveue gencrale
de son armée, & de celle
de Mr de Luxembourg, pour
le jour suivant
, y convia les f
Dames, & s'en retourna le
soir fort tard. Elles s'y trouvèrent
le lendemain, la pluspart
vétuës en Amazones.
Madame laDuchesse de Chartres
& Madame la Princcesse
de Conty la Douairière
estoientàchevalavec plu- sieurs
ifeurs autres ,& le reste des
Dames estoient en carosse.
Les Cavaliers marchèrent toujours
à costé du Roy. La reveuë
dura dix grandt:, heures
à marcher toujours au grand
pas du cheval ; il ne s'estjamais
vu de il belles Troupes*
Le terrain estoit disposé de
-
forte, queleRoypassa d'abord
la seconde ligne de son Armée
en revue. Les caroisses
maichoient le long des lignes.
Après avoir vû la seconde,
S. M. vint à la premiere
,où Monseigneur le
Dauphin s'estoit venu mettre
pour saluer leRoy & les Dames,
ce qu'il fit de la meilleure
grace du monde, l'épée
à lamain. Mr leComte d'Auvergne
qui estoit trois pas
derriere luy fit le mesme salut.
Rien ne peut estre plus leste
que la Maison du Roy. Monteur
le Comte de Thoulouse,
se mit à la teste de son Régiment,&.
falua S. M. Monficur
falua le Roy au bout de la ligne.
Mr le Duc de
Villeroy
fîtensuite lemesme salut. La,
fin de la premiere ligne de
l'armée du Roy, conduisit
aucommencement de la pre
miereligne dcccllcde Mr de
Luxembourg. Ce Duc estoit
à la teste,&salua S. M. qui
luy fit beaucoup d'accueil.
L'armée qu'il commande est
la plus nombreusequiait jamais
paru en Flandre, il filloit
une heure & demie au pas
du cheval, pour aller d'un
bout d'une ligne à l'autre. Le
Roy dit, qu'il n'avoir jamais
vu de plus belle Cavalerie.
LInfanterie avoir quelque
cho[e de si martial
, que des
Dames moins accoutumées à
'Voir des Troupes en auroient
)Cilé, effrayées. Veisle milieu
dela séconde ligne, Mrle Du
-
de Monmorency se. mitàla
teste d'un Regiment & salu
le Roy& les Dames.Ilsi
presenterune tres-belle cola
tion dans des corbeilles qu
l'on porta aux portières de
caroffes. La revuë finit à plu
de six heures du soir. Les Da
1 - mes retournerent à Mons,
.- le Roy revintau Camp. J
vous envoye l'état des Trou
pes de l'Armée du
Roya
ordre de bataille, &nedou
point que vous ne le vaYl
avec plaisiraprès ce que vod
venez de lire.
PREMIEREARMEE
de Flandre.
PREMIERE LIGNE.
LIEUTENANT GENERAL.
Mr le Comte d' Auvergne.
MARECHAUX DE ,-,CAMP.
Mrde Montrevel.
Mrde Bufca.
Brigade de Lignerie.
Escadrons.
Grenadiers du Roy, 1
Noailles, 2
1
Duras, 2
Luxembourg
,. z
Lorge, z
Gendarmesdu Roy,, z
Chevaux-legers du Roy, z
Il
Trigade de Rotembourg.
RoyalPiedi-notu, 4
Rotembourg,
3
Com. de Buffi, 4
Villequier, z. n
LIEUTENANT GENERAL.
Mr le PrincedeSoubise.
MARÉCHAL DE CAMP.
Mr de Congis.
'BrigadedeSezueyan.
- -- Bataillons
Gardes Françoises, 6,
Gardes Suisses, 4
10
Trifade de é
Toulouse, 1
Les Vai(féaux, 3
LeRoy,
,
4-
g.
LIEUTENANTGENERAL. -
Mr leDucdeVilleroy.
Brigade dImecourt.
Carabiniers, 3
Brigade de Girardin.
GKoqiuerpainer3din,.. 44
Cravates, 4
12..
SECONDE LIGNE. M.
LIEUTENANT GENERAL.
Mr deTillader.
DRAGONS.
Brigade d'j4le?re.
Escadrons:
DRoyaal,uphin»44 D'Asfeld, Etranger, + -> ix
- Bripadc de Bollcn
Royal Allemand, 3
Inlecourt, 4
Langalerie, 4 Eclainvilliers
, 2 Eclainvilliersji13
^Bri^dedeSaint Laurent,
Bataillons.
Dauphin) 3
LaReine, 3
Humicres, 2
Nice, 1
b-
Stoppa,49 SPtooppUa,' ier,. 448
Brigade deN'a(fait.
Ulgnion,Escadrons. p..,,, Puigniori, 4
Doc de Noailles) 4*
Nassau,
-
-
4
12,
LIEUTENANT GENERAL, -
Monsïeur le Duc.
Maréchat de Camp.
Mr le C. de MontchevreiiiL
DRAGONS.
Fallon, 4-
Caylus, 48 QHdrtïcr du Roy.
I. Comp.ctés Maufquetaires) 2
II Comp. des Mouiquecaires, z '4
ARTILLERIE;
Fufeliers, 3
Bombardiers, 1
- 4
1
Voicy l'érat des Troupes
de l'ArmeedeM de Luxembourg
; avec l'ordre d, bataille
de lamesme Armée. Il
peut y avoir quelquesBrigades
, & quelquesnoms d'Officiers
Généraux trani posez
dans l'un &dans l'autre. Il se
peut aussi que leurs postes
ayent esté changez après
que le premier étataesté fair,
ce qui arrive souvent
,
mais
tout cela va à peu de chose,
& personne n'est oublié.
SECONDEARME'E
de Flandre.
PREMIERE LIGNE.
LIEUTENANT GENERAL,
Mr le Duc de Choiseul.
MaréchaldeCamp,
Mr leGrand-Prieur.
Brigade de Marsin.
Gendarmerie) 8
Brigade de Phelypeaux.
Du Roy, 4
DauphinEttanger, 4
Bourgogne, 4- cc1z
Brigade d'Alou,
Danphin, - +
Berry, 2, Orleans, 1
Bourbon, j
Villeroy, 2
0-*
12
Brigade de Lomaria.
Vivons. 2
Lomaria, '4
Anjou, 2
Royal Etranger, 4-
1D«-
12
LIEUTENANT GENERAL;
Mr le Comte de Montai.
Maréchal de Campy
Mr le Marquis de Crequi.
'Brigaded*Albervoti,
Bataillons;
Champagne, 3 Guiche, z
Royal Italien, 1
Provence, 2. i>-+
Brirade de Solre.
Royal, - 3
Du Mayne, 2 LaSaare, i
Royal Comtois--2.
Solre, 1
if
'Brigade de au Perré.
Lionnois, 2.
Bourbon) 1
Maulevrier) 1
GrederAllemand, 2
Chartres)
1
S
'Briy:,tlde de la Rochrzuyon.-
Languedoc, 2,
Vermandois,
-
1 Orleans, 2 Navarre..
- - -, 3i
v
LIEUTENANT GENERAL;
MrdcRosen,
Maréchal de Camp,*
Mr le Marquis de Cognies.
Briçtde de Montfort. 1
E(cadrons.?
Royal Roussillon,4; Le Marquis de Biffi, 4-
Le Marquis de Noailles, -4- 12
Brigade de du Ro%el.
, Condé, -
Du Rozel, 4
BafTcnsr 4- 1
Furstemberg
, i f
12
Brigade de Précontat, 1
Carabiniers, 19
-. 'Brigade de Duoadt. .,
Kohan, z
Aubusson, z Pradin, 2, Quoadt, 3
Mesire de Camp general, 4
is
SECONDE LIGNE.
LIEUTENANT GENERAL,
Mrle Duc de Vendosme.
Maréchal de Camp.
BYi7a.de de S. Simon.
Escadrons.
Saint Simon, 4-
Sagny, 4
Finne, 4 -12
- Brigade de Montmorency.
Precontat, 4
Vaillac, 4
La Valliere, -4- 12
Brigade de Courtebonne.
-Levv, o 4
Du Chatelec, 4
Counebonne, 4
14
Brigade de LavaifJe.
Bataillons.
Bourbonnois, 2
Limosin, 2. Haynaut, 1
Ferigord, 1
Foi*, 1
Monferrât, ïà
LIEUTENANT GENERA1L,
Monsieur le Prince de Conty..
Maréchal de Ctmp.
Mr de Polastron.
!"Brigade de Stoppa le. jeune.
Stoppa le jeune, 4
SaIlis. 3»
1
ScheiIlberg, z-
9
Brigade de Greder..
Greder SuiÍfe, 4
Monin,. z- Courtent, 2. .-S,
Drimade deZurlauben..
Berry, r
Lamer,. n
Beauce Ï
Soiiïônnois, il
Zurlauben, 2;
Poitou, e.
"p7-
LIEUTENANT GENERAL,
MONSIEURr le Duc du MAINE,
Maréchal de Camp.
Mr deVatteville.
Brigade de Lagnion.
Romainville, 4.
Bellegarde, 4 1 4 GliÏÏî,4
1J
Brigade de Mtjfot*
Maflfot, 5
Coiflin, 4
Cleraionc, 4
22
Brigade de Magnac.
Gournay, 2,
Courlaudony 4-
Magnac, 4
Du Mayne, z iz DRAGONS,
OrIgade de Adailly
La Reine, 4
Barbefiere, 4
Chevalier de Gramont, 4
p-
IZ'
Commandant du Corps de Reftyve.
Monsieur le Duc de Chartres,
Mr de Befons. RESERVE,
Ejèlldronf.
D.de Seneterrc, 4
Chartres,
Zo',
Bêlons,
1
41
Montrevel y
4,.1
Sibours, 4 , framboifacy f 4 >-)
22i
DRAGONS,
Brigadé de Sailly.
Escadrons.
Vartigny) 4
Sailly, 4.
Asfeld, -4 12
Le Roy ayant convié les Dames
àdîner le lendemain, les traita
dans une Tente, £c leur donna
uneMusique guerriere, composée
de six-vingt Tambours aux.Gardes,
& de quarante Tambours,des
- Gardes Suisses, avec des Trompettes&
Timbales des Gardes du,-
Corps, des Gendarmes & Chevauxlegers
,au nombre de trenter, cinq, & tous les Hautbois des
Mousquetaires& du Regiment du
Roy. Tout battit ensemblela:
marche Françoise, & ensuite la.
marche Suisse.. Les Trompettes.
avec les Timbales donnèrent separement
le plaisir de la marche.
a cheval. Mr Philidor, à qui le.
Roy avoit laisse la conduitede ce.
Concert, avoit faitune finale pour
les fairefinir ensemble. Les Hautbois
jouerent les Airs dela. Grotte,
de Versailles, & Mr Philidor joüa.-
avec eux. Les Trompettes &les.
Timbales,ensemble donnèrent ensuitele
divertissement des vieux:
Airs de guerre, ce qu'elles firent
avec deux Choeurs, qui furent
entremêlez de Menuets que joüerent
les Hautbois. Toutes les
Trompettes, tous les Tambours,
&toutes les Timbales, battirent
la charge dans le mesmetemps, &
le Roy la fit recommencer trois
fois.Après cela on entendit les
trois derniers Airs de l'Opéra de
Psiché. On battit ensuite la Generale,
l'Assemblée, la Retraite
Françoise, & les Dianes. Tous
ces Airsestant beaux, bien concertez,
&joüez par tout ce qu'il
ya deplusexcellens hommes chacun
dans leur profeffioti, firent
plus de plaisir que lapluspart n'en
donneront à la Garnison de Namur.
Le Jeudy 22. on décam*
pa, & on alla à Erlemont, le
Vendredy à l'Abbaye de Saint-
Amant, & leSamedy à Mazy..
Ce jour-là, Sa Majesté pendant
son dîner déclara le Siege de Namur,
que Mr de Boufiersavoir
investy le mesme jour avec son
corps d'Armée. Monsieur le Prince
partit leDimanche 25.jour de
la Pentecoste, à la pointe du jour
avec:dixmille Chevaux pour se
rendre auai devant la Place; &
le Roy partit à deux heures après
minuit pour s'y rendre de bonne
heure,n'en estant qu'à deux lieuës.
Son Armée jointe à celle de Mr de
Bouflers, monteà soixante&neuf
mille hommes. Le Roy a investy
la Place depuis la banc Sambre
jusques à la basse Meuse; Mr de
Bouflers entre la haute & la basse
Meuse, & M. de Humieres entre
Sambre & Meuse. Mille Chevaux
estant sortis de la Place, dans la
pensée qu'on alloit invertir Charle-
Roy
y
n'ont pu y rentrer.
L'Armée de Mr de Luxembourg
a marché en mesme temps que
celle du Roy, & est campée a
Gemblours. Ainsi il barre l'Armée
du Prince d'Orange, &couvre
le Siege. Son porte est défendu
par cinq ou six Défilez, où six
mille hommes en pourroient arrerter
quarante mille. Quelques
fatigues que le Roy se soit données
, il est, graces à Dieu, dans
une santé parfaite.
Voicy les noms de ceux qui ont
expliqué l'Enigme du mois passé sur
le Tableau qu'on expose tous les
ans à Nôtre Dame le premier jour
de
de May. fyleffieurs De Perreuse,
Page de la Chambre du Roy,
âge de douzeans; Bonnard, de
l'Hosteldu Quesnoy,Place Royale
, & la charmante Brune, de
l'Hostel de Vaubecourt ;le Chevalier
Besnier;le Chevalier Loibel
dela Place Maubert;Gautier, Pré*
tre ,
Chapelain de l'Eglise de 'S\a
Pierre de Caën; Madrenss,Avo-
~at Parlement de Toulouse;
Baptiste de la rue S. Jacques; le
Clercde la rue S. Victor; Antoine
Benard
, rue neuve Nostre Dame;
De Lauverie; G. HutLigzd"Orleinsi
Carteron ,
Avocat en Parlement,
&leSénéchal de Veluize, Charles
Norbertde Beauvais; Theodore
AtinerPrieur de S. Ambroise de
Lion; l'Abbé Beffort Chanoine de.
tS. Justdumesme lieu ; Bellair Ça-,
picaine ; Bourot Prestre de S. Paterne
à Vannes;De Gaye; Coquebert
,•
Fraizer ,rue de Tournon;
L'Officier Marchand des trois
agneaux;le petit Menage uni
,
du
Quay de la Megisserie;leGalant
sans esperance
,
du Quay des Augustins
; le Jeune Heros des trois
agneaux, de la rue S Denis; le gros
Contrôleur ; le Cavalier de l'Isle
prés le ChasteauCarré;l'illustre
Solitaire, de la rue des Billettes;
l'Unique du Cloistre S. Mederic;
l'Enjoué; le Clerc lv- sa Belle, de
la rue aux Fers; l'Abbé Cinq Pré,
de larue des Tournelles, le Pescheur
de la Raquette;le Blonddoré de la
rue Verderer;le fameux Commis
de la porte S. Jacques je Pillot de
Nantes; l'Amant cocturne; l'Amoureux
impitoyable
,
de la rue
Montorgueïl,JeanReverend&
(on amy Grison
, rue S. Honoré,
le Camus de la rue de Richelieu &
sa compagnie; Cantzler Sereinier
de , la rue de la Cerisaye;l'Illustre
Merimberg
,
de la rue de Bussy
, &
son aimable Maistresse ; le Solitaire
Caraunin; la Fontaine, proche le
Mont-Parnasse, rue S. Jean de
Beauvais; PaulAlexandre Serin;
l'Abbé Ricard ; le Duc, dit le grand
Mogol de Versailles; l'Aimable
Jannoc, de larue Troussevache, &
son Amy du Soleil d'or; le M", de la
Rame, Cadet au Regiment de
Champagne
,
de la mesme rue ; le
Beau Sauteur de la rue S Paul; Iz
Controlleur, de la rue des Lombards;
Mesdemoiselles Belin; Monrier
; Gerare du Quay des Augustins;
de ladç, la rue de
l'Echange; la belleManon, &l'Amant
inconnu du Cimetiere Sainte
Anne de Rennes; la Toute-aimable
Louisette, de la rue S. Denis; la
Charmonte Manon,de la folle de la
Pelleterie; 1'1 ncomparable Babelj
d'auprès fainte Opportune, sa compagne,
& son incomparable amie,
de la rue du Petit Lion;l'Incomparable
Angelique de Caën; le Seigneur
du Cachemire, & l'Apollon
desnorables dumesme lieu;Marguerite
Cortereau, de la rue Guillebert,
de Caën ; l'Incomparable de
Monceron ) l'Innocente en amour ; labelle Vernesson & sa plus fîddlc.*
amie, de la rue des Bernardins;
la charmante Forest; la Toute Spirituelle
Soeur de M.leCuréid'Oizy,
proche Soissons ; l'I mage deVenus, )
de la Raquette ; le Bercer Tirçisà
l'Aï.'!grammc ,
Siecle d'Amour;
Diane de la Forest d'Alcleon; la
Fçavante Elconore ; la Maistressede
la charmante Titi.
le vousenvoyeune Enigme nouvelle
que votts, propolerez à vos
Amies. Peut-estre auront-elles beloin
de resver un peu ,pour en trouver
le vray mot.
ENIGME.
AvX Animaux vivat?sje ns
fais point la guerre.
De ma rig- ueurilsJeplaindr,o.ieni A,
torty
'- Mais il en est beaucoup
,
dans Cair *
&surla terre)
JQfti reçoivent de moy cent coups.
après leur mort.
-
M-il. queué est assiz LANGUE, &NW testeefifendue.
J'aygrand- coramerc-e ai,\que l,
PourcetlU,
Ilfaitpartout ma trace & quartdp
- m evertuc-,
J'en tntraifte toujours quelque petit
morceau.
Avant que de servir , je Juis fort
maigre>&seche,
Mais mon. travail bienîojim'engraiJ/
è un peu.
LeÏÏeur,je vais d'un mot teà, découvrir
la mtche
» Mon.ouvragen'efifait que pourle
mettre aufill.-
L'air nouveau qui suit, est d'un
bon Auteur. Vous en jugerez aussi-
- bien que des paroles.


AIR NOUVEAU.
ME Ssoupirs, mes feins ajjldus
-~
MI.
FÛUSparlent tous leJjours demon
cruel martyre.
Puis quils nefont pas entendus,
~7C moarray ,
Je belie iris fars ,jervatis mourray 3
belle Iris ,fins cfervous
tedire, -
Rien n'est si incertain que les
Lettres de Vienne, mesme les plus
sinceres. Je vous ay marqué dans
cette l' ettre ce ce portoient celles
du 8. Celles du 11. ne disent plus
que le Blocus du Grand Varadin ait
esté changé en Siege. Ainsi la
Tranchée n'ayant point esté ouverte,
on ne peut avoirresolu de
donner un assaut general. Ce qui
paroist certain, selontoutes les
Lettres des Ordinaires passez ,&du
dernier,est que la Garnison continue
àfaire beaucoup de feu avec
son canon, & des sorties qui ne
marquent rien moins que l'extrême
foiblesse où les Austrichiens veulent
qu'ellel'oitdepuislongtemps» Les
dernieres Lettres marquent qu'il y
a des provisionsaumoinspourtrois
mois dans la Place, & que les Troupesdestinées
pour la secourir feront
fciemoft en estat d'agir.La nouvelle
cie là déposition du Grand Visir se
confirme. Les Imperiaux seflatent
que sa place sera remplie par unMiol"
stre plus pacifique, maisilsignorent,
ou du moins ils -iff,-âent,iene pas
sçavoir,que le Grand Visirn'a este
déposé, que parce que son grand
âge le faisoit incliner àlapaix.Ilest
vray qu'il agissoit pour la continuation
de la guerre, & donnoitles ordres
pour les préparatifs, mais il y
estoit forcé, le Divan ayantresolu
tout d'une voix den'écouter
aucune proposition de paix. Ainsi
ily alloitde lateste de ne pas faire
travailler aux préparatifs de laCampagne.
Ilparoist putoutesceschosesquelenouveauGrand
Visir,en
casqu'il y enait un ,
n'oseroit faire
paroistre aucune inclinationpour la
paix, & qu'on ne l'auroit pas élevé
à cette dignité, si l'on croyoit
que son inclinationl'y portast.
J'apprens en ce moment des
nouvelles qui ne font que d'arriver
par un Courier extraordinai re. Ona
découvertque le Grand Visirqui
vient d'estre déposé, & qui doit
apprehender beaucoup pour sa teste,
en cas qu'il soit encore en vie, estoit
d'intelligence avec l'Empereur pour
laisser perdre le Grand Varadin sans
le secourir, & que s'il n'eust point
fait traîner les choses en longueur,
il y auroit dejalongtemps que cette
Place auroit t-fte secouruë. Les mêmes
Lettres portent que c'est le
Comte Tekeli qui a découvert cette
intelligence, & que le Grand Visir
déposé n'avoir pas fait travailler à
de si grands préparatifs de guerre,
qu'il faisoit croire auGrandSeigneur,
mais commeil y a deja du temps
que cette intelligence est découverte
, les Turcs demeurerent d'abord
persuadez, qu'ils en auroient
assez pour reparer les maux que sa
perfidie estoit sur le point de leur
couster, & sur tout le Grand Seigneur
ayant nommé pour Premier
Vizir, le Bacha d'Egipte, qui est
l'homme le plus accomply de tout
l'Empire Ottoman. Les Galeres du Roy ayant esté
l'année derniere devantOncille,
cette Place convint de payer les
Contributions pour éviter d'estre
bombardée, & pendant que l'on
travailloit àregler quelquesArticles,
le vent
ayant éloigné nos Galeres,
laVille ne voulut plus tenir ce qu'elle
avoit accordé. L'Armée Navale
que le Roy a sur la Mediteranée
ayant estéplus heureuse cette an-
[ née, elle a debarqué des Troupes,
qui ont forcé cinq cens hommes de
[ Troupes reglées, & quatre mille
hommes de Milices à se retirer.
On estensuite entré dans la Place,
qui a esté traittée selon les Loix de
fla Guerre, en forte qu'on la tienc
-
tout-à-fait détruite.On assure qu'on agagnélesHabitans qui ont lieu de
se plaindre de l'opiniastreté de leur
Prince, qui s'obstine à rendre ses
Sujets mal-heureux, plutost que de
vouloir accepter une glorieuse Paix.
Il perd beaucoup par l'état où se
trouve Oneille, & tout le Pays,
qui estant second en Oliviers, et*
Vins & en Fruits,augmentoit fo.,.
revenu. Oneilleest unMarquisat
situé sur la cofte de Gennes.
La Princesse d'Orange a envoyé
ordre à Edimbourg de faire embarquer
pour Yarmouth les Regimens
d'Argile, de Beaumont, & de
Seudled
,
mais le conseil ne l'a pas
jugé à propos sans de nouveaux
ordres, parce qu'il les croit necee.
faires pour la conservation du
Royaume, où l'on est si allarmé
qu'on a fait publier une Proclamation,
le 28. du mois passé, pour
faire mettre fous les Armes tous
les Habitans depuis seize jusques à
soixante ans. On pretend avoir découvert
une conspiration pour surprendre
leChasteau d'Edimbourg.
Depuis l'arrivée du Comte de PortlandautrementComte
de Benting,
envoyé à Londtes par le Prince
d'Orange, non feulement on a redoublé
la Garde à Vithall,maison
a fait mettre aux avenues des Sentinelles
plus avancées qu'à l'ordinaire.
Onaexpedié des ordres pour arrêter
plusieurs personnes démarqués,
entr'autres les Comtes Huntingdon
Malborough,Cardalle, & Lafth,
field. L'sd:nx premiers sont arrêtez,
Scies deux autres en fuite On aaussi
arresté le nommé Reidly qui a eu de
l'employ dans les Troupes du Roy
d' Angleterre. Le sieur Fergusona
cfté mis en prison i Neugate pour
crime de haute trahison ,au grand
étonnement de toute l'Angleterre
Milord Fanshau, & Milord Brudnel
cm aussi esté arrestez. Tous les
Messagers font en campagne , pour
en arresterplusieurs autres. On a
encore arresté trente-six Etrangers
dans la Province de Nortangton
&. ils ont esté amenez à Londres.
Ils estoient parfaitement bien mon..
tez. On a saisi dans la mesme Ville
, environ cinq cens chevaux en
diverses écuries, que personne n'a
reclamez & on affure qu'il y en a
un nombre considerable en divers
endroits du Royaume que l'on n'a
point encore découverts. On dit
~le le Maire& les Aldermansont
~olu de faire lever cinq Regimens
~ix dépeusdela Ville; ils serviront
commeTroupes auxiliaires aux
Milices. On fait marcher des Troupes
& du canon vers Porstmouth
,
&il ya une infinité de gens dansle
Royaume qui aiment mieux payer
l'amende,que depresterles Sermens.
Plusieurs Regimens qui sont en
Irlande, font en marche pour venir
en Angleterre. Le 16. de ce mois on
fit une Proclamation par ordre de
la Princesse d'Orange,pour assembler
le Parlement le 2 4.
Ona eu par les Lettres d'Espagne
des nouvelles de trois choses arrivées
à M. le Comte d'Estrées. Je
ne vous feray pas un long détail de
la premiere,qui est la seule qui soit
bien connue. Çest le naufrage de
deux Vaisseaux qui ont donné le
18. sur les Roches de Ceuta en
Afrique, Place appartenance aux
Espagnols. Le premier, nommé
PAjptrê, estoit commandé par M.
Je Chevalier de Chasteaurenaud,
&. avoit pour Capitaine en second,
M. de Septeme
, & pour Enseigne
M.deSondé, qui se sont heureusementsauvez
a terre. Le second
est le Vaisseau le Sage ,
commandé
par M. le Chevalier dela Guiche.
On assure que la plûpart des équipages
& des Officiersse font sauvez
le long de la côte.Depuis que le
Prince dOrange a mis le feu dans
toute l'Europe, le Roy n'a encore
perdu que ces deux Vaisseaux de
guerre, &: les Ennemis enont perdu
plus de vingt-cin q. M. le Comted'Estrées
alla ensuite à Malaga
,
,& fit arborer en approchant Pavillon
Hollandois
, ce qui attira plusieurs
Chaloupes
,
-
qui apporterent
des rafraîchissemensà la Flote. - M.
defluces fit tout arrester
, & éciiviz
; au Gouverneur,jf?#5// l'avoitconnu
autrefois & que comme il estoit un
ifortgaUnthomme, il ne croyoit pas
qu'ildesaprouvât la ruse de guerre -
* dont il s'ejloitse-rvy ;lueler prison- f
niers qu'il avoit faits neseroient ftF
moins bien traitezque les François,
&qu'il le prioitd'écrire,au Couver'
neur de Ceuta, de itin traiter ceuxqu'ilavoitentresesmains.
Le Gouverneur
de Malaga luy fit une rè-*
ponse fort honneste
) & luy envoya*
mesme de nouveaux rafraichissemens.
Ayant ensuite poursuivy sa;-
route autant qu'il pouvoir, c'dt-à--
dire, fort lentement, il découvrir
une Flote de quatorze VaiiTcau^
Marchands, tant Anglois que Hc,'---
landois, escortée par deux Vai£«-
seaux de guerre Anglois. Ilcoupa 1
trois des Vaisseaux Marchands dont
il prit les marchandises & les fie]
échoüer enfuitc
,
aprés quoy ayant
poussé les autres sur la ccfle, illes
contraignitaussi d'échouer &leurs
marchandises furent perduës. Quant
aux deux Vaisseaux de guerre, ils
sauverent leurs équipages, & voyant j
qu'on alloir à eux pour les remorquer,
ils lesfirentsauter. Le retour
de M. d'Estrées nous apprendra, s'il
y a plus ou moins dans ces nou- velles. Le Royen arrivant devant Namurallareconnoistre
la Place, 8c
s'exposa fort pour la bien voir. Il
disposatousles postes, choisit son
quartier
,
distribua tous ceux des
Officiers généraux, & fatigua beaucoup,
ayant demeuré à cheval depuis
la pointe du jour jusques a la
nuit.Jamais on n'a vu tant de netteté,
& si peu d'embarras danstous
les ordres que ce Prince donna. Il
mit son quartier dans un pré où il
est campé luy &toutela Cour.Il re
s'est trouvé qu'un seul Village de
son costé qu'ila donné pour les vivres.
Sa Majesté mit pied à terre
pour manger un morceau; pendant
ce temps Mr de Vauban la vint
joindre, & luy rendre compte de
la Place qu'il avoit reconnuë dés la
nuit précedente, ainsiquel'endroit
qu'il avoit destiné pour ouvrir la
Tranchée. Comme le Roy reconnoissoit
la Place le 16 il parut un
Trompette des Ennemis qui apportoitune
Lettre à Mr de ~Poufle rs,
car on ne sçavoit pas fnlore, ans laVillequele Royfust arrive. Sa
Majestésela fitapporter, & làJàf£
C'estoituneliste de plusieurs Femmes
dequalitéquidemandoient un
passeport pour se retireràBruxelles.
Le Roy dit au Trompette, quz c£-
n'estoit pas l'usage que les Femmes
sortissent d'une IJlaGe assiegée,&le
chargead'honnestetez pour les Dames;
illuy fit donner quelques pif.,
tôles, & le renvoya. Comme Sa
Majestésortoitlesoir ,onvintluy
dire qu'il paroissoit
- aux Gardes
trente ou quarante Femmes, Elle
envoya voir ce que c'estoit, &c on
luy vint dire que les Dames -G.ui, -
avoient envoyé le matin demander
un passeport, ayant sceu que Sa-
Majesté estoit Elle mêmeauCamp,
cile^ venoient s'abandonner à sa
misericorde, & se rendre plûtost
prisonieresde guerre, qnç dere fkn^
dahs-Ic Ville. Il y eut quelques allées&
venuës, & le Roys'estant
cjifin laissé coucher, les fit mettre
dans une maisonjusques au lendemain
,.& leur envoya, un Maistre
d'Hostel pour leur faire préparer.. à
souper, & le lendemainil leur envoya
des Carrosses, & les fil: con- - duire dans une Abbaye de Filles 'l
deuxlieuës duCamp, ou elles demeureront
jusques à la fin du Siege.
Ce qu'il y a de remarquable, c'est
Que les. premiers Soldats de nos
Troupesqu'elles ontrencontrez en sonanr) les ont serv ies & secouruës
comme auroientfait leurs pro- près dOln:O:iques.Ils - hardes ont porté leurs
,
leurs enfans. & leurs paquets
, sans leur faire aucun tort,
quoy qu'elles eussent quantité deÛ.
çiTciies: sur elles ôc dans leurs
Ofîetres, car tout ce grand nombre
de Femmes n'est composé que de
douze ou quinze Maistresses avec
leurs Domestiques.
Les Ennemis ont fait une sortie
du quartier de Mr de Bouflers, &
ils ont esté repoussezavec perte de
40. ou 50. hommes.
Le Roy allant reconnoistre quelques
Ouvrages sur les huit heures
du soir, sur sur le point detomber
dans une embuscade, mais comme
la Sentinelle fit de loin quelques
signes d'avertissement
»
Mrs de
Vauban & de Saint Vians prirent
les devants, ils e
ffuyerent une décharge
presque à bout portant dont
ils ne furenr point blessez.
La tranchée a elle ouverte le 28
Les Ennemis ont dressé un Cavalier
dans le Chasteau pour donner s'ils
pçavent dans le quartier du Roy.
timj ousix bouliersontpassé la nuit -
andelade la Tente deMonseigneur
le Dauphin.
l a Princesse d'Orange au désespoir
d'aprcndre que le patry du
Roy son pere greffit nous lesjours,
a fait proposer au Maire de Londres
de faire exciter une émotion
populaire par ses Creatures, afin
d'avoir lieu de faire main basse sur
- tous ceux à qui 1 on donne le nom
de Jacobites
,
à quoy le Maire n'a
pas consenty.
Je m'en tiens à ce que je vous.
ay dit le mois passé touchant la
Delcenredu Roy d'Angleterre, en
ses Essars, mais comme les vents
ont changé,je croy que vous sçaurez
avant que de recevoir ma Lettre
;
quel succez auraeu cetteentreprise.
Le Prince d'Orange n'en eOE
pas moins allarmé que du Siegede.
Namur. Il tâche cependant avec.
l'Electeur de Baviere derasseurerle
Peuple de Bruxelles,dont la consternation
est grande depuis qu'il a
apprisceSiege, qui doit achever sa.
ruine, la Placc ne pouvant eûre*
secouruë quand les Alliezauroient
quatre-vingtmille hommes; aussi,
les craint-on si peu qu'on a ouvert
la tranchée avant que les lignes
fussent achevées. Je suis, &c.
'0'
A Paris CI 31, May 169?.
APOSTILLE.
La Tranchée, n'a esté ouverte
devant Namur que le 29.&non lc.
28cemois.. f'
Cen'dl point au Maire de Londresque
la Pr incesse d'Orarge a;
proposâ.
,.r
proposé de faire exciter une émotion
populaire, comme il est marque
dans ma Lettre,&c. c'est à son
Conseil.
Les Seigneurs qui fonr le plus -aft'eàionnez au Prince d'Orange,
n'ofcnt sortir deVithall.
Il est arrivé à Brest un Vasseau
de la Flote de Mr le Comte d'Estrées,
pour donner avis que ce
Comte le suivoit, & qu'il arriveroit
incessamment.
, Page 323. ligne derniere, gagné,
lisez épargné.
Page 334. ligne 6.. du quartier,
lisezsur le quartier.
¥
TABLE
Remarquessur la rèponse ftittlar le b
Roy d'.Ejpoegne
) au Bref écrit par
Sa Sainteté,jour l'exhorter 4 VA
.MPaixa. riages.17S149 RelatiÓo'n exaffe du combatdonnéaux
Isles. 197
Galanterie. 219
LeCygne& lesCanards,Tabh. 223
Etat des forces de mer du Roy. 225
Audiencedonnée par le Roy auX
])IPNtt'{dUJ EtatsdeBretagne228
Carte du Faysd'entre Sambre&Meusi.
2.,1
Morts. 2.33
NouvellesdeHongrie. 242
Ouvragessur leVoyage du Roy. 2s Z Journal du Voyage du Roy^avecl'état
de ses Armées. 280
Article des Enigmes. 317
Nouvellesde Vienne. 319
Nouvelles de Constantinople. 321
Bombardementd'Oneille.3 2,3
Nouvelles de Londres 324
Nouvelles de la Flote commandéepar
MrleComte d.Ejlrées. 327
Nouvelles duS'tegedeNamur. 33
Dernieresnouvelles d'Angleterre,&
du Ptince d'orange, 336-
Jpojtille. -la melmCc
Fin dela Table.
La Liste de l'Armée Navale doit
regarder la page 225.
L'Air doit regarder la page J.I;)
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le