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1690, 04 (Lyon)
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Texte
Eur.
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wr: 511 · 46 50, 4
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Bayer. Staatsbibliothek
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• E. R CUK.E . •
- GALAN.T:
DEDlE~ A M 0 NSE IGNE UR:.
LE DAUPHIN··
A V R l L. 1 6 9 o.
,
A L Y 0 N ·,
~liez TH 0 MAS AM AU I: R Y,,
ruë Mercicre au Mercure Galant.
M .. D C. XC.
~'lit' Prirvileg~ "" RoJ,·:

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......... , ..... __ __......~

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• aaasa+222s
toe1~«e~+~4~!te
.· BSSStOEOESOEI:



-LE L 1 B R.A. 1 R E
·1 · au Lelteiir, ' ' · • ... 1 li { .. 1
'0 N Jijlribuira à LJm
_.thet.. !l 11 SieNr AmaN(ry
JI 1 l . J
iout11 l11 Seroa.ine, " ~ L•oay
•u m.iin lts A~IÎ de Befo•· ·
f o• po1W Jeu~ fols 1 chac1111.
-Et L·m continuir• ,,U.ffe ·• iijlri/
Jwr le Jou,otJ J1s SJ·~
-~' p,,;r. fi~ fol' 'b"'""· (
5' li Cl :J '5 1 ~ 11 !) l l Cl 0 f
• L 7 ni i . .
7
~ jt : u 1
, ~; .
I ) .. ·•-:t:


-
·Madame de Maintenon-, indi .
· 15.fols. ;• · .
· Sentimens des lcfuites toachant
r• le pcché Philofophiq
ue premiere :SC fecooàe Let-.
tre, ind. 1. v. 1 0 . f_
Defences du feêret du Jan~ •
fenifme contre l'écrit de Moa-
6eur Gery par le Pere Dc~-
c~amps ,.ind. 1; fols- ..
• ~ • .. J
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... l

AVRIL
• .1. •
UOY qt1e je com·n1ence
tol1tes ines Lettres par
des Elog~s dt1 Roy , dont !,en-

'
vie mefme ne peux fe défendre · ·
de toqlberd:accoro,puis qu,elles
font fondées f~r des faits ,
& non ft1r les loüanges vagues ·
~n'on donne ordinairement au
rang plûto!l ql1'aux perfon ..
ncs , & guc je vous en aycs...
.411r1l t 6? o. A
'

__ ....,.._,"' --------------
.
,_ MERCVRE
·envoyé que la verité a arr.acbées
de la bouche .mefme des
.. Enncn1is de Sa Majefl:é, ceux
qlli ,ne foot pas ·nez fes Sujets
tW: j>OU\vant. s'cmpcfcher de
irendre ju.fl:ice à une infinité
. d:a~ions qui vont au dela de
:tout ce qt1'on l1t de rcmar<Jua ..
ble dans i'Hifl:oire de fcs pll1S
fameux Prcdecelf.e uri , je ne,
vous a y encore rien marq uc
.qui doive faire plus d'imprefGon
fur vofl:re efprit , o y qui
foit plus digne que toute l'Eltrope
y falfe une attention particulicre
.,- que Ge qt1c je vais
vous tlpprendrc que le Pape,
qui iI~mpli·t aujourd'bu y li
dignement la Chaire de Saint
Pierre, a dit .. co parlant de cec
Augufte Monarque. Sa Saia;
tcté a y.a11t c.hoi (i Mo1)ficut'
J" rcvifani , Noble V cnitic.o ,
-
GALANif. i
. . foa Camcricrd'honneur, pou.r
po!"tcr en France le Bonnet de
Cardinal à Mr de Fourbin de
Janfon , Elle lu y die lors q u·il
fut prcfi à partir de Rome .,
'J", Elit '"' envi oil J'11v.11n111gt
g11' il 11//oit 1171oir Je voir #n ft
gr11nd Roy ., & qu'EUt 'VOU ...
Jroil 1111 pouvoir Jonntr EUe.mef-
~t [11 Beneaillion. Sa Sainteté
luy ordonna en mefme temps
de dire à ce Monarque , .!(u'il
,,,, 11vo11 potrJI Je Prinee dans
il' E#ropt fJM,EUt tH1m11Jl d4VAtJIA gt,
& 'J.M ·Elle le rtt,•raoit tomme
·Je fa11t "l'f"J dt /11 lttligioa C11-
tholiq11e.
1.. Vous ne ferez pas ·éconn~
aprés cela que l'on ait fait fur
le Roy , les Raflexions qui
fuivcnt. Elles font de Mr Taifand
, T.rcforier d(: f arncc l
.. Dijon, ~utcur du Difcou.rs
A 2.
-
----- • -
• 4. MERCVRE
fur l,Erernite que \tous -a ve.z
I& avec ta nt de plaifir dani -ma
r Lettre de F é v.rier..

,tt, sfitft.f,~~-~ A&t;f,/l;"'

.t/1. .E F l E X 1 0 N S
Sut S11 th[11 jef1é • •
LE caraél:ere du vray Heros.,
· ell d'avoir, comme le Roy.,
>lè: c-0urage d'un Soldat , &
.l'ame.d'uo Prince.
Le .R-oy eft un Heros en
:tant fens, & le plus accompli
.qui fut jamais.11 a mis les Fi:a11-
.çois f~1r I.e .pied de pou voi.r
vaincre en tout temps, n1~l
·gré le.s plas ,;gr.ands obfracles
.& la.rigu.et1r des Saifons. ~
:Ce .mefme Heros a rendu
paf fa ·moderation les Soldats
?françoi~ prefque a.uffi retenus
que des Bourgeois ; & par foio
1
• • '
- 5
cBurage , auffi braves , du
i11oins quelques uns , que les·
pl us fa1ncux Guerriers des.
G rccs & des Romains.
On n>a guere moins de peine:
à croire les exploits adm1 rables
du Roy aprésl qu'ils {o·nt'
arrivez , qu'on a de peine à les·
i rnagi oer a va nt q lt'ils arri v enc; ·
cet îocomparable Geoie qui·
feu 1 fçaic lt:s éxecuter , elr
au!Ii le ft!ul q11i foit .capable de
les bien concevoir & de les>
n1éccre en ellac de réuffir.
S'il ell: perilleux pour le·
Prince, & pour {es Eta es d 'e.x"
pofer fa perf~nne, en récon1-
penfe il lu y éfi glorieux de .
marcher fur les traces des Alcxandrcs
& des Cefars , je
veux dire , .de ne pas fi fort
compter fur la· bonne condL1itcv>
&. f.u r. la. bravoure de fes \
A 3



-----


6 MERCVRE.
Generaux, qu'il ne fe trouvê
quelquefois le premier au feu ,l
& que de temps en temps il ne
partage le per1l avec ceux qui
commandentfes Armées. C,e!t·
ai ofi que. le Roy en a ufé dans
tot1tes les occafions qui ont.
n1erité l'honneur de fa prc~
fe11ce ..
Ce Prince incon1parabl e 3.\
efi:é donné du Ciel, pour ell:rc·
l'admiration & les deliccs de:
la·Lerre.

Si ce Monarque ne regnoit:
pas, il feroit digne de regner·
preferablenlCnt à cout· al1tre.
On admire par cout fa profonde
fagelfe ; fa Perfon11e n'a ricn1
que d'augulle; elle répand u111
air de ~raodeur & de majellé ,,
qui le difl:ingue en qt1e.lquc:
lieu qu'il (oit , & qui. le fait·
d'abord reconnoifrre pour cc
GALANT. 7
qu'il ell, je ve11x dire , pour.
l,1n1age de Dieu la plL1s rcf-ferublaote.
L'tmpire François ell:· plus-grand
par (on Monarque que
p~r fes lim1tes, quoy qt1"ellcs
s'C!cnt1ent fort loin.
Bien que Loiiis le Grand ai,.
fait une infinité de chofes admirables,
& qui palfent pref- '
que l'imagination, iJ s'ell ren·
du plus confiderable encore
par les chofcs qu'il n'a pas·
voulu faire ayant les armes à
la main & pouvant tout entreprendre
, que par les chofes.
<JL1'1l a faites.
c Le Roy pet1t aug1nenter le·
nombre de {es · conqLtc:fies ,
mais il ne peut rien ajoûter à fa
gJoi re. .. . ,
€c Prince efi encore plus•
élevé par fon meritcr-quc par;
A . +,·

-

--

'



8 MERCURE
{on rang, bien que fo11 rang Ien1ctte
au deffus de tou~ ce qu.il
y a de plus haut & de plusdifiingué
dans le monde.
Quand -on ne veut jamais
rien f~ire qt1e de beau &. d'adn1i
rable, on a bien de la peine
à {ofttenir cou jotirs un ce\ ca•
raél:ere. L'Emperet1r des François
efi peut.-efl:re le feul dan9.
le monde, qui f~acl1e le {ofr~
tenir toÛ.jours également.
~oy que le premier ra11 g
dans un grand Royaun1e releve
iofiojmeot le merite, on peut
pourtant dire avec ver1té, que
<] uaod le Roy t:ie porteroia.
pas la plus belle Cot1ronne du
.monde , on ne ~ailferoir pas
de 1·ad111irer.
LoLiis XI V. eit fans contre.:. A
dit un des plus pui!fa11s Pri~
ces de la Terre. Il n'y a rien

. GAL. AN T. . ,9
qui prouve mieux ct:tte vert ce,
dans J'efiat prefent des chofes
. que de le voir refifl:cr feul ,
comme il faic , à un monde.
d' Ennemis,dont les nombreu.fes
& formidables ligues ne
fervent qu'à mettre fa gloiredaos
un plt1s grand jour.
- Je Palfe à un article fort eu.-
rieux touchant les Monnoyeso.
Le aoy ayant donné cours aux- '
Loüis d'or &. aux Pifioles .
q:Efpagne pout onze livres ·
douze fols, +ux Ecus d'or pour :
fix. livres, & altX Loüis d'argent
potJr troi~ livres deux fols, .
& aux derny Loüisd'or & d'argent
, &r derny-Ecus d'or à ..
proportion , ayant at1ffi· ol!.don~
né une nouvelle fabrique de .
L...o üis-d'or valant douze livres .
dix fols , & de Loü1s d'argent ~
valant trois livres fix fols,com"'
. A s.





J'O· M E R. è UR E.
me je vous l'a y. dit· da os une·
autre Lettre, Sa Majefié par fai
:9éclaratioo du 3. Janvier. dernier,
a permis jufqu'au dernier ·
jour du mois où nous fommes,, .
le cours des Reaux du poi-ds de .
11. deniers huit grains trcbuc.
l1anr po11r foixante-deu x fols , ,
&. ordonné que les legers fe ..
roieo.t,porteZ! aux . H~tels des ..
Monnayes de f.rance pour ê.treC~
o nvertis .eo efpeces aux coins ~
& Armes .de Sa Majell:é. Le 11.
du mefme mois , la Cour des .
Mon no y es arrefta. le Tarif> .
portantl'évaluatiOn & le prix·,;
de cc qui fe doit. donner des .
cf peccs legcres d'or &.d'ai-gent r.
tant de France qu'Etraogeres, ~
mefme des Barres, Baretons &:.
autres matieres d'or & d'ar ..
gent, co1nme auffi du prix de: ~
la.vaj[ellc de P.aris &._des a.u,

G~L:A"'NT · 11 ·
trcs Villes du Royaume, & :
l,on continuë coll.jours la fabrique
de ces nouvelles efpccc·s en ~
l'H~tel de la Monnoye de Paris
par les foins de Monficurr ·
Hourlier ,., Prefident en )a
Gour des Monnoyes, & de Mr
de Selve Procureur gcneral en;
la mef nie Cour . . Ces efpeccs ·
y font fabriquées par Monfteur ~
It<>ulfeau, Direélcur de cette.:
. Monnoye, & ne doutant point"
que vous ne foyez bic:n-aife.
de fÇa voir le remps de l'éca~
bJ ilfen1ent d.e la Monnoye an •
moulin , au lieu de celk: du
marc eau , comme les Loüis ,
d·or & les Loüis d'argent ont ·
cfié fabriquez , & la police &
l'cxaél:itude qui s'obfervc cnla .
fabriq uc des Monnoyes , je
• • croy ne pouvo1r m1et1x vous ,
2pp_rc:ndre ce détail qu'en vous !>
A . ...6.., ...

11· MERCURE
envoyant ce qt1i a cfté écria
fur cette matiere à i·1llufirc: M-rr
Menage. ·

t E T T R E DE Mr ·
le Cl1evalier Cl1aflèbras du
Breau, à Mr Menage.
L E1 c...htonno7es nt pe#vtnt pas:
· tjlrt fabrtquéts par 'tout ;.m11is ',
faulemet en dt cer111tns Lie Mx, choijis
po11r ce/n, afir' J 'e'vite1 les ah11s> .
tomme il s'tff pr11tiqut! chtz les .
J(omain; & P"'"'J Jes NAJto1's bien ,
palicée;. Auffi nos Roys ont· tls dtfli- j
ni Jes .ittux p11r~1cu/ie1s d11ns les
Ytllts àu plus grAnt.l co111merc4 Je .
tt Ro1aume , 1ippetlez Hôtels & ·
ch11mbr.es des Monnoyes~ ,
Âmt(,,ner»enl. ils foifoitnJ. !~ ,.
'.'.\ ..


G·A I.; AN T. 1.3
tlus far,vent fàbriq11er les Monnoyts.
en /etUs l'lJl11is & à leur Cour &.
J1111e, comme il fa pr11tiq11oi1 J11;
urnps de Ch8rlem11gne , & " ce
fa7et les officiers des Monnoyes faivore.
nt nos Rois , 11jin de faire mJJr-.
quer lcr,rs Monnoyes du lteN où ils.
~orent., & âe /11m1Jrq1't dt /11 f/i/lt.
'1'',tls -uenotent de conquerir.
De.puis ce ltnJps ~ l11 , ces B8tels
tles Monnoyes ont ejlé rend"s fixes~
é dei Ojfiçiers par1iculiers y ent-. ,
ijll établis, çommt tls le {ont encore
· À prrfanJ pot1tr Leur f1tbridjue 6 /e1Jr
fDlrce, & l'on reconno:ft lts litllX
où /11 Monnay( :1 t/léfohr1quée p111, .
/11 lettre que / '01; y mtt, qui eft or-.
tÛn111rement 11ne àe çe/les àe l' Alp,
habet, comme celle de Paris qui.
ejJ /a, premiere, & /1i printip4/e efo
t/14Y<J"e,e 1'1 L'A . C •e•n d ' 1• ce q111 11 op.ne '
li..tu flet proverhe, il efl des bons,.
il cfi m~rqué à l' A,~ ct111fe ~11e •




'

t4 MERCURE
111 /Jonno7t qu'on 11 de to11I ttmps '
f1briq11é-t À P11ris , 11 toûjours tjlé
lrJieux faite fRT /t foin(} /11.prtfanH
des Ojfi&1ers de ia Cout: dts-Mon- .
ntJ}tJ qui re(ident ·, & IJ'!Î fa fanr
111111ch('{i1 J vtifler. l11 ._Monno}t
Je llo#en.· eft · m11rquét Ml B. ce!/~
de S. Lo , 11u C. celle Je. Lyon À. /11 :
/ç/tre D. & 11inji des 1111tres • .
Les H~tels & · Chambres · àts
Monnoyts ét11bLis , prrfentement
to et Ro7111'me, & d11ns les Pays
des Conquejles àe S11 · M41 jejlé , .
fan PAris , Roiien , S. Lo, Lion , ~
Tours> ~ Angers , Poitiers, /11 R.oehelle
,Limoges, Boratif#X, BAJ9n- .
ne 'I<J1'Jw'.fe , Montpe!l1tr , Riom ' ·
Dij1n , Ntarbonne , Yille.neuveS11int
Anàré./ez-_ 4vignon, Reims,
Ni1tstes, Amiens , B1urges , Grenoit~
, M11rfai/le , Aix , . Rennes,
"Pignerol , Met'{ , Befançon , .
Slr11foourg_ , Lifl..e ; & f ~"' 111
G-A UA NT.. 11.
-N11v111re n011s 11vo1Jl P111' ér S. -
P~~is. ~
Dans · cb11que H8ttl dt Mo11.
· noJt il J ·li tint f 111idifllion p11r1it11-
litrt 11pptllét ChAmbrt .tlt Mon•.
no7e, e1mpof ée de plufie•rs officiers,
qui connoijfant & jugent t1int tn
ei"it q11' tn e1iminel tn 1r1mitrt ·
ir1~11nce Je ,tout ce q11i conctrnt les-MonnoJtS
, mé1a11x , Mines &~
poids , tn{tmblt àts Arts &Mitiers
, qui tmplo1ent l'or &l'argent
, & tr11'1J11iUtnl P-#X>:
mé11111x.
Les Confaillers. 1ugts-G4rats .
IJ"i tn fo11t /es pr-1miers 1uges, onl
foin q11e les Monno7ts foierJt {11itt1
a1tns leur '901111 inltriture 'poids , ..
bt1111tl & ptr{tllion. lis ptflnt &
tx11mine11t ch11q11t pitct tn parti -
çu/itr , & font rtfporJfables d11
p1iils. 1/s reh11tent & ciz11iUent ·
&b11q~t e[f tct dt Monnoye , /011 .
'
,
r
·16·· M· EtR· C V a Ir~
gp'i!SJ trouvent l~ mo1.ndrt faNtt·, .
i11jlra1fet1t & font le Procés 11ux
Cr1mi;;èL1 ' '
'
. L 'Ej]11.ye11r rlfond de . /~ · bontJ ·
interie111e de l11t Monnoye , dont iJ
f~it l'tffey.par1ic11-Lier po"r biet> s'e11
11Jforer.
. Le T1ti!lt11r grn.vt les fers &.
coins.de /11 Monnoye, & doit faYr nir
1tne q1111ntul Jùffif~nte de for,
& de coins ~11x·Monnoy,e11rs , f11ns
· foujfrir que. L'on trav111lle àe ceux ·
'JUÎ fan caffez JJU.. fa11lez.
Le Contre - "e_arde accorde ~
Jt,idr- fur le chmp les co?Jtefl111jons
ijMi naiffent 11u chtinge Je /A Mon.
f!OJt pour le prix dts m//lltitres d'or,
à' Argent & bi/!Bn, & de.s tfpects
legtres q11'011 appo,.te ~ lA Monn~yt~
dont il, tient Regiflre ex"lle. Il
fait 11-uffi /4 far,[/ion des Con.
faillers - Juges - G1Jràts. tn it11t.
JJbfance.- . . • , .
• • ..

G·A LAN T. 17
Lt Proc11re11r d." Roy veille .-1
l'o bfarv11tion des ordonn11n•es ,
Arrrfls & "R.eglernens des Mon.
noyes, Me11111x, Mines & Poids ,...
& les f11it publier & exect1Jer dtinl
l..e reffert de /11 Jurifd1c1jon àe '"'
Monnoye.
Le Greffier t,Jregiflre les 1uge~
mens & les 11Eles q111 Je p11jftnt en /11.
Monnoye.
Les fluif]iers mettent 4 txtc11tio11
&tS !11gt1J>en1,& 11.fJif/tnl /ts OjficitTJ
tn leurs vifites.
t;e Concierge àe l11 Monnoye 11 lt
foin de l'ouverture & de LA formtwre
de l'Hujlet àe l1i Monnoyt, &
ÛI garde de /11. Prifan q"i tjl trJ . !11~
<.}UonrJOJt •.
Les Ouvriers , Monno1e11rs ,.&
'I11iUtre/fe1 trtiv11il/enl 4 cette f11-
kriq11e. Lts Ouv1iers & T11iliereffes
. prepa1ent , f11çonnent & 11jufltnl
les jl11ncs des Monnoyts , & /e.s
tMonnoyeurs les m11rquent. c'eft 1111
1


,
1
---
Ji!' MERCVRE
àroit qui "pp11rJitt1t R dts F11miUe1
pArticu!itftS par /a, con&t.ffion qu~
· nos Rois Ltur ont fAite À Le•rs avene·
ment À l11 Couronne, qui p11jfe À lt11r
pojlerrtl. lts Fils arfnez font Monfloyeurs,
les Cadets font Ouvriers,
& les Filles T11illertj/es •. Les Fils
tlts Filles &011farvrut ce droit, m•Ü
Jts FJO· s dt Fille le perdent.
Ces Ouvriers, Monnoye"rs, &
'railltrtffes . ont pl11Jieu1s droits &.·
/1ttJiLtges. Tls nt font qu'un Corps •.
& ont des 1uges tntreeHx qu,i/J
ili/rnt, & qui eonnoif{tnt des dif•·
f .ntnds 'f "'1/s peuvent 11vo1r. On.
/ts 11pptll1 Ptt'f/ofJ , Lieutenant >
Froe11reMr-Sinat&, Greffier & Cltrc.
dt l" Commun1tuté.
Yôilà fomm11iremtnt /'oeconom;e,
police & '" l"rifaré11on ae ch11qut
Chllmbre & Hojlti Je Monnoye ,
àont l,11pptt VA trJ /11 Cour ats
,MQnnoyes q11i tjl 11n1 Comp11g_ni1 ..
• . ' •
· GALANT. 19
fr1111t A# PAiais .4 P11ris , 11niq11e
en et RoyatJme , afin 'J.f't Jts Monno7ts
faitnt 11nifarmes, Appel/ét h
1'it11 de Gtner"ux t/,ts Monnoyes
el1 'Fr11•1c1 .;11(q11'1111 rtgnt à'Hèflry
11. q11i '"' tJonn11 lt titre tle Cour
ths M.lJtl!JOJtS. Elit- connoifl /11ns
"?Ptl tles Mo11noJtS , Mttaux ,
ùlints & Poids cl11ns lo1'it l'éten ..
d•t â11 Royfl-umt, PaJS, Ttrres &
Stigne111i1s Je t•obe1jf11nc1 de S11
c.M11jtjlé, ;011it àes mejmes Jroi1s,.•
& priviJegts que· les 1111trts Compagnits
S11ptriturtJ de P11ris; tilt"'
{on r11ng Aux Ctnmo,,ies publiques
immtai11temen1 11prls /11 Co•r àes
Aides .,' les Prtfidens J porl11nt /11
Robt dt velours noir,lts C~nftillers,
,A'Cloe4ts Gentr1111x , Prot11reur .Gene111l,
& Gre/fttr tn chef, /11 r1ie
àt f111in noir. Ancitnntmenl lei
Monnoyts tfloitnl f11briqults p11r
le m11r1r1111. fltnry Il.f"' te P.remier.~·
- ..

-
....
2.o MERCURE
'JMÎ lt11bt11 t'ufagt àe /11 fabrique à•~
moNJ1n. Ce Prin&t qui 11voit beJiucoup
àe connoi/[11nct des Arts> j('gtia
que celte invèntion tjloit utile 11~·
Public, non feulement f"'r /çt..rtm .....
de11-r ex aile de !11 pie&t tle WJon'1oJt, .
9ui ne fa por,voit p11s ft:1ire ainfi 1111
• A m11rteau >ce q11t oterott 11ux F1111xmonnoye1'
N /t moyen f11ci/e dt la ro.
gner,mais entore p11r i?i beauté de /11
/Abrtque at J'efpttt. If fit À Ct fuitl
une #4/fambiee des officiers de f"
Courenne , àe fan Confei!, & d~
[11 Co#r des Monnoyes, 01'j l'on-re&
e1't favorablement cttte propoJi11on.
Ce c.Mon11trq11e ltllblit &ttte· .
<..Monnoye au.mou/in AN ttirain a~
forJ Pal111s à Paris , qui ejJ le /ittl ·
01~ej1 À prefent lti Place D11"llphine,
À L'tndroit oùt{foient A/or-s tes Et11-
'l/tS du P11/11is d.11 Roy. On/11 now.m11 ~
À 'e foitt /11 c..M.onnoyt des Etuves,
, le· j111din du 'R._oi s' etendoit ~n et ·
te111s là dtp11is fan P11l~is i"h.
.GALANT. 1 -1
·<JÛ, À /11 pointe de J' ljlt, À l,tndroit
oil tjl à prtfant la reprt(e11tation de
·"Rtnr1 le Grand. Le Pont. neuf
-n'efloit pas ~lors /;11.fl;; il ne commenç11
de l'tjlre que fous lt rtgne Je
-Hen1y 111. & fiït fini fo11s cel1'J dt
.. 11rnry /t Gtt:nd. Çette <.Monnoyed1'
moulin /Nt cor1Jposét de p11reils Ofjicirrs
que L'"'11cienne Mo1Jnoyt tle
P "ris qui c.ft en LA rt'ë de /11 Monnoye
p111 de là lt PorJt - neuf., dans
l' etendttë àe la P11rrotjfe de Saint
Germ11in t' Auxerr~rs. Re1;ry Il.
aonn11 t' lntend~nct de cette 1101'•
'Vtlle mo11noye "" moulin À Mt[ftre
Guil/1111me dt M 11rillac, Stigneur
de Ftr.rittres., 11/ors Con failler
Ge.ner11l en 111 Co11r tles monnoie!,
~. dep11ü m~ijtft dts Comptes ,
.& Surintend11n1 des Fin11nces, Pew
.. M' Urs /es G11rae des Sce1111x &
M 11rec'h11t de UJ-taril/ac. '
- Cette Monnoye fut rtceuë tJvtc
bt1111coup d'11p plllrtdiffemens dt Joui

12. MERC V R 'E
. lt Ptuple. On fabriq1111 àts pit&tl
à'o111ppellles d,, nom du Roy Henris.,
pef11nt cinq deniers dix gr11ins.
OtJ fit 1111ffi tlts t:lemy & quart Rtnris,
À proportion. Ils 11voitnl tl•11n
eô1e le Bujle du 'R,.oy Heor1 II.& f 1>11
nom 11/entour, & au rt·vtrS des H.
eosronnlt J farm11n:J une Croix ,
eanlonnle de q11111re Fle111s ât- Lis
& /'infcription , Dun1 totun1
compk~ orbem, & u millt/imt
gut ejl t'11n,1!t de /11 f11briq•e; &
À "1'1iu1res on voioil lcr11 " 111
gloire dt ce Prince .Optimo
Prin ci pi , & 1' /''"''%,"' Gal.
lia.

On y f46riq•t '""/fi tlts Te fions
tJ'1trgt11t a11 Port1111t dt et Print~
prf•nt ftrt 1'.eniers dix grAi11s, tfr
des dtrni .. Ttjlons, où à'"'' &ef/i tjloit
rtprefenté le B"/le d" 'T{oi Htnri //.
& "" rtvers l'EtM dts Armes Je
P111n&e, & 4 /11 /egt,,Jt , Chril:.
• •
• •
GALANT. 13
J°tUS vincit, Chrifrus regnat ,
c hrifltlS Imperat. A a'111'lres il
7 1111011 un Crorf[a.,t co11ronné, & Ill
Devife, -Dl1m totum c0n1pleat
orbem
Dep1,js on 11transf~rl cette Mon~
noie aes Etuves 11t1x G;iltrits d1~
ch"/1e1111 du Lo#111e" 1'aris, &on
' /1 f1briq11t P·'-'' LJJ voie du mo11/i11,
tJes do1,/Jlts & des àtniers de c•i'
Urt.. Ils ont tjll faits par lés Srs
Olivier, Enf:.ns du ct/ebre .A11bin
-6 l111iernati/ de Roiffeen F111nce,q11i
'f11b1iq1111/ts Henris & /ts Tejlons au
ieois Henri le GrAntl, fous les 01ares
-.Je M. dt M11ril/11e.
On s'efl flrvi 1111Jli Je /11 voit d11
CJ'11DM/in pour /11 fabri'J"t aesGros &
A#trt menuë Monnaie, IJ"i 11 ejlé
f aitt tn !11 Tour dt Ntjle ,f1'r lt bord
· ile la "Rivier~ de Strne, qui 11 efté
,11b.tuë de nos ;011rs. Elle t(lott ftt•ét
trl alatit1S ÛI J'r//t pris /11 porlt Je




~· ..... ----

14 M E R C U R E __
Nejlt, & joignant L'11ncjrn Hojleltle
Neverr, qùi 11 eflé abatt', & oùt'on
11 bajli en [11 ptact L'Hojlelde G"rMgaMd
, prefen11men1 nomrné H8ttl
àe Conti.
• · Louis le 1ufle voitint que àe fo11
temps it J avoit un gr11nd defardr.e
tn fas Monnoies par t'inobfaroati1111 au poiJs dts Monnoies, !11 f11!Jijic11-
tion, le rognemtnl , & /ej autres
Abus qrei s'i ejloient glijfez ., lts
Mcnr;aies d'or legeres e.ftant Je
p!11Jie11rs lieux mi(ts au prix àe
cet/es de poids; & conjider11nt 'lu'it
, tfloit de /11 dignité ae fA Co111_onne,
& de celle de.fanregnt, àene pas
permettre l'expojition d'aucun~
MonnoJe qu'11u poids rtquis p111 lts
Ordonnan.&es, & que /11 rondeur &
la bear,té des Mo,,noyts po11voi1
benucoup contribr,tr À emptfaher
q11'eilcs ne fuffe111 11/teries &
rognées, & que l11 f11hrit11tion 1111
mo11/1"

GALANT. 1J
mo1lin tlls kngttmps é111hlit tn fan
ChAHe1t1' âu Lo11v1e, rtnàoit l~s
tfpttts ae tYr!onnoyesht11uco•p plus
1'"rf11i1es q•,~llrs ne font ~'' fas
Monnoyes oràin11ires p111 tif VOJt à1'
#llf1lt111', il rtfal111.ii'tnreno11'1Je!tr
l'11f11ge ptir f• Dt&/11r•tion a# 14.
lJeçtmbrt J 6 3 9. él tn àonn" l, ln ...
1entl11rJee '1 fi• mon Ptrt , '!".'/
11voit 1111pAr11v11'1t honoré de Jivt1-
fas CommiffeJnS po11r fan farTJict ,
·l•nl tn te RoJ"""'' q11t vers pl11.
jiturs Rais & p,.inces Etrtingers
pour 11egoci11tions d'Et11J. ll ft1 fairt
/"' ordrt J.u Roy tlitveifes éprt"ves
' ,Je fes Monnoyes , ti'Onl Sa J}f ajtj/é
fal far1 {111 iJf aite. lin M "'s J 640.
-ee""Pri11et 01Jonnt1 qu·on fahriquaft
en fa MonnoJt Jes GAieries dt fan
Ch11~e11u Ju Lo11v1e Jes t/peces d, or
àe Mo•no7ts ,foiv1m1 lt dtlfein &
lts épreuves que mon Ptrt en llvoil
f11it faire, appellées "" norn du Roy,
Avril i690. B .

26 MERCURE
Louis, 1iy11nt d'un cofl/ le B•ifJe
"'" RoJ, & Ali f't'tltl'S d-ts L. coNr.••·
néts mifas tn .croix,, cantonnéts dt
'Jlllltre Fltt1rs Je Lis , & À J11 ltgent:
lt, Chrillus vincit \ regna.c
,& i m perat. On en flllJriqua de trois
Jortts , If avoir des Lo11is à' or, 11Jpetlezorain11iremtnt
demy louis,
aM poids ae deux deniers J 5 .grAÎllS
Jrth#chant., v•/11nt 11/ors c1n1.(o/1 , 1
Jcs Joubtrs Lo#is, no"'mezo1ài11Q;.
''"'""Louis, pe/11n1 ''"'f dtnie1s
jix grAins , v1il11NI Ji.:< {ivrt s, &
Jes ~11Adr11flts Lo11is. 11uffi nom.
t»t:\. ort:lintiiremtnl , Doubles ,
Louis , pt[Ant dix deniers do1"
gr11ins, 1"Î v11/oient vingt livrt s.
Et hitn q•'il y ttJj/ pl•ftturs f Ais
À fopporltT a4n! et COn'Vtrl if{tmtnl
IJ u'1l f11lloi1 f"irt Iles t/ptcts ûg1r11
q11i fart»t alors tJécriles , t~nl '1
&a,•fa atS J/ch(JJ qui/' tTOU'VDltnt
, ~n /11 fonte Je l 'or, que p 0"r le f11-
G~ 'L A NT. 17
l11irt àes Gr•'TJ~#TS , Ouv1itrs ,
Ut[onno1t1'rS q 1111/rtS OjftcitYS;
11t11nmoins lt Roy Lo#ÎS l1 !11.flt
tltjirant gr11tiptr fas SujetJ en çeltt
o&ç11fion , VIMilll p11yer toute J11 ai_
ptnfa tlt et 'onvtrtif]tmenl """fond,
at fan Ep11rgnt; & p111 ""' liht- .. ~
1'•litl non pr11tiquét p•1 11ucun J.e .
fa11'1edlct{fe1'rS Rois , il rtmtl foTJ
aroil de Stigoe11riAgf t11 et qai &Onetrnoit
ce convtrttffement , ér o,.
tlonn111J11e la i•/Jt v11le11r dt 'h•t[ue
efptct tl'or lrg<rt /eroit rtnduë potd$
pour porJs tn fa s M onnoyt s , à tml-S
&rax q•i 1 por,troient dtJ tfp~"''
tJ'or kgerts. ,' - ·
· L, •nnét foiv11ntt J 641. S•
M4jeflé •vo•l•t qtJ'o" f1ibri1•1J.fl
JIJUjfi etes moonoits d'111gent ,,, 111.
•~fm e Monnoit àe1 G11leries tl11
Lo11vrt , tii•1JI tl'•11 côtl fan B11pe
"vtc fan "°m, & AU revers t, E,11
M fas i..4rmes, & Couronnt roi11k
. B i. .


-

~8 M.ER CV Il E
1111 dejfùs , & pour lege11dt , Sit '
DQme11 Dornin·i beoediélum.
11vtc te 'mille fi me. OtJ en a- f11-briq11~
dt i""''e far le$, tio111es 11u.fli 11ppelJée1
L~uis , les 1111es val11r;1 1ilor1
Joix11nlt fols, pefant vingt & '!"
J-eniers h11it grains·, les 11utres v11-
lAnt trente fats, quinze fats., le f"ias ·
A' propo111.0 11. _
Lo•is k f.uf/e tj/Ant â.tcedé le
14. M11i ·164.3· aprésAvoirgoNvtrné
fan RoiA11me àt111m1 trente troi1 ..
11111Jées , 1111t11nt que te Prophete
D11vid gouvtrnA le Jien , Lo11is /~
GrAn/) fan Fils /,ti fMc&eà11n1 tom"''"
f" fan regnt p11r tJtJt Ytlloire
&tlehrt, qui 11 efll fuivie dt t11nt d~
eonquepes., qs'iJs'ejJ rendu le pl/ls
p11if{11nt & le plus v i florieu1e P1in- .
u dt l11 terrt.. Il 11 continul eette
f11h1ique des Louis à'or & Louis
À'11rgent , & fir1 111on pere tn 11
Jp11jo•rs eu J' Jntt»d1111te iuf'l"'~n
...
GALA NT: i,
i 6 46. q11e /4 fab1iq11t des mormoitl
f "' /11 voie Ju 111artet11' 11it1nt tjlé
fapprimée ,pourn~e11 plus f11briq11t,
" t'avtnir que p11r la voie d11 mo11-
lin ,on &1mmtnf a a,/911 de fRbriq11er
,es Louis tl'or ér d'4rgent tn touteJ
ies Monno1es ds Roi411me, tf11Î jufqu'
11/oys tJ,.Avoitnl efté f11·briq1,ez
gw À P11ris & À l1ion fatelrm en1 dep11ù
t'11n11le 1643. M, le an Yv11rin,
ftreno111mé e11 s~uplture , Gr11veu1e
t!r PtinlK1t, • eHI de fan viv11nl
Je (Ahri&#lt11r de ces LoNis tl'o1 &
tl' 11rgenf ..
. LA ptrfiélion tle ctltt no•vtlle
monnoit tle Lo11is ô111n1 11Nx P11#xmonnoir11rs
/11 /1/,erté de /11 rogner,
afin q"' on ne 111p11fl11ltere1 , Lo11"Je
luffe ftno11vel11 t' Ordo,,1111ncepo1111
le pefemtf!I des tfptces t~ 1640~
1Joul11nt qut 10114 fas S•Ïtls , Mar&
h4nelr ,Negot i ains & A#lres ,euffent·
A,es poids iNfJes ,. 11111rque~ àt fow
. ... . a J.

1

30 MERCURE
p9inçon tlt Fleurs de Lis , l111lfm'nttl
fur ltl Poids Originttux a~
'G'Mlte qNi fo1't foigmufamenl çr;nfr'Utz
en /11 CfJur rJes Monnoies,f11r·
le{quels tou-s ceux t.lt fa" Roia-ume·
1 font aiuftez , ét11lonne:;:; & rentl~
uniformes t fiii, mon Pert en lut /~
foin., fous Je rrgnt rJ11 fou Koi ; &
moi,àepuis l'annét 1668. i1tfqu'•
prefan.1 ie t'ay continué f11ns frAiS >
vll&Rtions, ni épir:ts ,f111fAnt m11r'
l"t' totl4 les poids d11 P11blic qlli·
font vtndH4 p11r lts MtJr&hJtnds >-
1tprés qt'e ie les.11i fn,it pef r,l tlflonner
& 11iufter L'11n a.prés l'autre en
ma prtf net, & j'ai e11 foin qut dans.
/es Yrl/e1 da Rot1111me it y tuft deJ
poids i11.jles polff y J ·rvtr d'étalons.,,
'j1't i'y ai envoie z e-x prés con fo rmes
AUX poids 01Jgint1ux de Sa M111 ejlfio
&t que 1'11i prat1q1eé aux rpaï.s de
ConqMtjles â11 Rot ~ mefme lors J~
l'étAbLiffemtnl de t1J. Monnoie .à·
L1f/e, 011 i,env1i~i tles poids iNjlts •
GALANT. 31
poùr 7 étalonner~ comme on 11 fa11,
'&tux de Flandre, ~tois & HainAfll,
-Jt f !JU I conformement ""~ Orào1'-
11"1tnces 11n,ienncs & moJ,·rnts,mt/me
,.1 celtes àu Roi Franroi:s 1 •. de
J,t1nntt 1 140 .. qui ordonne que tous
.les Poids & M•rcs dr fan Roi1111me_,
Àepui4 /e ~1i1111tl iujqu'aa Grais,
& ;, fas tl1minations, foienl atufle r;
·if, reodlld conformt s f Mr les poids
•rig,in1111x garde'{ p1ir Mrs /es
GenftA1'X llts MotJnoits tk
'lrMJtt. . .

Il paroi!t depuis qt11qucs
jot1rs un Ou vragc de Blafoo en·
une f~ ii1 Ile, i otitu lé, L11 FratJee·
ChrejJitnrJt, divisée en A1chevtf-
·,bez. & Evefahe'{ Les Armes de
"tous les Archevêq11es & Evêques
de France, qui font aujou
rd'b ù y vi Yans , s'y trou;.
.v.CJlt ,, & on.doit cette manicr.c:
B, ~-

'
31 M·ERC\1 RE
de Carte a.ux foins.de Mr c·hc~
villard qui l,a dretfee, & qui
s'e!l: do.oné la peine de che~
. cher- tous les Blafons de ces.
P.relats , a.liant s,éclaircir des.
difficultez de çeux qui ne luy
cfroict·lt pas tout à-fait connus ..
Cet. Ouvrag.e cfi d, 'aut.a nt pl.u iS
curieux qu 011 na vote potn~
encore vû to\1tes. ces Armes
enfcmble, & felon le 11ang que·
le temps d.e la nomio:uioo lenr
doit donner. L,Auteur efpcre
le remettre e11 meilleur ordre
da:ns la fL1~te, ta.nt pour la beaute
de la Gra vet1 re , quë pour
les orneme11s. necelfaires, &
prη<" ,Meffieu i:s du Clergé , s,ils
y trouvent quelque fat1Le, de
vouloir bien l'en faire avertir.
Il fe propofe , en faifant les
changemens qt1'on jugera à
propos qu'il falfe, d~ y ajo&tet·
· GALANT. 33
les Armes de ceux qui feront à
l,a venir nomn1ez à l'Epifcopar.
Cene Carte du Clergé fe de ...
bite chez le Sr Moncornet ,,
à· la Felicité , ru ë Saint. Jac ...
qucs ..
· Vousavezdéja veu des Vers,
ëc Mr le Pays fur la Tontine ,
& vous les avez Iôs avec le·
plailir·que donne cout ce qui~
part de fa Plume.En voici d'àu.;
tres du mef me M·r Je Pàys qL1e
vous troLt verez tres-agrcables •.
li los a .faits fur ce qu'il a.fcca1
. qu,un Particulier avoit mis.
· fon argent à la Tontine fous.
le nom du Roy, & c,en à- c~
Particulier inconnu, qp'il. Ies)
adretfc.- · · • ·.
.. • •
' ..
'
t .,
(. • \, i._\
3:4t M:E R CU R a
I NgtnitMJt. ~r11nçou ,. d1gnt Sujtlr
àu RDt. ·
/~nt tt &onnois pfJint, . & je, t~ port~~
• tnvtt ; ,
P.011r llffeurer ton liie11, ttt p1.efertis
[11 11it
.41ct//e que Clolo1J fH fiJe 'JfH polWt
1 oi •. .
. ~t m~ 11mt fa1oit r11-vit,
S.:i. tÇ noblt 1111nfp'°1'I tjloit vtnN J_t .

~ moi!
. • ()11i~j) a111MJ11nité at croire·
J .!ÏJ't llUS Y.trs te l'o~t. infpirl ;.·.
\ Ta m' ttf M-Aéro/Ji '"gloire,
· En façr~1;,tt>1Ji 11H1rm11rJ.
l>t mon Roi joNr & n11i1mon11me- '
p~ffe4't. , '
De'fJoit birn avant toi cmttv_oir•
cttttt idée •
.!J.!111ndon-·f11i1, quand on Jit-quet-...
que chofe at gr11nJ· ,
~; f.l11iJ1,t11:i Q.riUç, 'L•Ï [urf.ttntl;-.,

Ci ~ l A N:T:. ·3t5·
Pour /ouër, pour henir lt HtroS•
'f "t 1• 1ido1e , · •
1~ vouaroû trJ&htrir tnçort;
'
Ce forait four mon ç11Mr Je plJtifi;.,
lt plus doux.
Il me famblt envoiant tous/es j1NrS ·
fo11s /11 Preffe
TAnl " ,Eloges pour INi, q1''011 me les ~
vole tous ;
le fç11i q•'in;Mjlell'Hnl i't1111i Je lA•
tri{ltffe, ~
M4û ,,,, àoil p11rà1n1Jtr À mArltlic11ttffe.
Hel111 >on fa11jfrt /Jien 'l"," .411111,,lr
f <>it i•loax ..
Dçl foins f ","" ••tre prtntl po•rr
p,l•ire À f11 -M11ijlrtj{t •.
•' \ • ••
• • •

3;6 MERCURE

RESPONSE AUX
deMr le Pays ..
VERS
...-,, • ODE. •
l. •
Toi , qui àes Explt1Ît$ aè LoflÜ•
four & n11i1 occf'pes tes veitlts-;..
Itt11f11e & f11-T11eux le e aïs ,.
!l.f!i produis•tou iottN Jés T1n1veillt1J
.!l..,ue i'1time ton rejf4ntiment,
El que j?,.ppl11uàii a-. tourment>
~t ,I ~ d.o nne 11.1 1iourd'hlli J.' tnf.Ji~
J!J:e n wtHr/llJ mu &omme mo~
'l'on hitn fo116 lt nom de ton. R.oJ,,
NifIJ J' tintf i 6rJle ·YÎ4•! ..
~ '
t..Apprtns , 11gre11ble Envit"x ,,
~1e Jep11û que i'11i cette rente ,
lt nt cr<>i f'M IJ""e fom les Cie11x:
?,1nhom1»t Ait l'11me p/114 &onttntt.
ch11q~1 ÎPllT mt f.TOmtl. "" bitll ))
' .
-
.. G A L A N T .. 37'
Bt f 11ns ejlre Ep.1c1,1itn.
Le fort n'11 ritn IJ"i m'import1111t •.
Cr-4S & gr M · , it ril & it boi ,
Elie me v1111te ~lit le Roi
S:tr,.t'Auteur dt1rnt1 fort11nt. '
ffe~
On ne p~rte d11ns tout P11r~
-f2ued 1, b1nht"r 'ft'l ie m:1111irt >:
le n 'if,; i11m11i6 flrvi L01JÎ4 -
Contre. t•sfp11gnt nit' Empirt. .
Je n' Ai point> co11r• elt h1&z"rat ;..
J:'bn f M mtf m-MJÛ lts ramp111s i.
Bts Pl11&tsq11el'on .11tonq11ifls. '
~'1ti-ie don& foi1 ? /'11i pr-ié Diell;
BI mu mon Argent tn bon lieu,
/6oiJ4. les peints 'Jllt i'11j prifts;.. e . -
Lt P11Ïs, f'"' 11voi1 /'h'onnt•r·
Dts Rt#tts IJ"' it mt [ui1 f1titt s ,,
!l._11e 111 donneroû Je bon coeNr
Tes-11mof1rJ & tes 11mo11rtttes ! -
c' t/I d11ns vos Ouvr1ager ti.ivtrs ,,
~t 'VOi# liJNITtS f111.fa14rJ de Y.trs-, •


--
,1
I
• ..,
t8' ME R C V lt E·
Montrez. a• ~le & d11 111 ioit ·
A• Heros q•i nq114 rtnà. heNr.e11x , ,
"UAi$ moi • p~ur lui m11T-IJ!'tr. mesJ
'VOEMX·,
le m·txptique en lit/lt monnoit.~
~'.
Du· pl4ijir dt me 'Voir A111111r , ,,
le n'11i.pojnt /'4me emb11r11jét ,..
Bt it 'VOM q11e toNt môn bonhe11-r
Me vient d'une feule ptnse'e •.
En hot1 & ftdelie Suiet , '
1-e tJ'lli fJ#t Lo11is pour o.hitl ,.,
TiJMio11·rs prtfl à. lui rtndre homm11ge
,.
Bt àt mes io11-rs & àe mon bit» , ,
ü ne l11i refaft111i ritn ;. ·
~11e fNÛ· ie fair.t à11'tl11nlJtgt?
~
~ M4ü toi , !"i Je tts·rers thAr~
1'/JAnS
11n to114 lieux rlp4f'IS l 1hArmonit.
BI ioint mille 111ttres 11grémens! .
A Ja /;~11111t de ton g_tnit i .
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lit· PAÏ s ,i/tvt 111 voix ,
Et &hRnlt le p/114 grAntJ ats Roû.
12.._tH Tefp1t1tnt les àtjlinlts , ~
T11nâi4 q•11tlmi111n1 fas -ver/114.
(.e voil croiftremts revenus .,
El' /11 glo.irt tlt fas 1111ntes.. ..
Je vous cnvoye un' Air:
nouveau dont je ne vous di-:·
ra y rien. La connoiaànce q ac ~
vous avez de tout cc qui rc-...
garde la1Mufique, vous en fi:.fl.
ra. voir toutes les beautez. .-> .. .. J. 4
011 , h um1 oe peat: ,;~
.A!·"'. tont1t lafl pt1rf/ llÏI A#llJtn ; 'l t
Aprlf u•t 11bftntt cruelle .u
1,rtfJois mon Iris p/114 ttnart ~~
p lul ftdt Ile • .: t
t BI tlepuis J on ht11rtr1x reto11r 1 .,
1
1
~.. Çtlll fois le i1ur • , s :*



40 MERCV"' RE
Elit- ail A/ris moi ,. ie redis· •1rli·
. tUe. ,
N-on J le temps nt '/'tUI ritn untre
... 11n.p11rfn,i1 llf»QNr. i. ..
M'es. Lettf'es voü.s ont appris
que la mort de Mrs Doujat &
lé Halle, fameu;x-l'un & l'àutrc:·
par leur profonde érudition ,,
a voit- Jajffé deux <::haires va-:
cantes.dans la..Facult6-de Droit.
Ces Plac.es efi:anc. fort· con li·
· derables ~· pluficurs. Su jecs tCCSi
dignes de les remplir one. fait
lcuts. eff<Ut~ Rour y:en_t:rc.r:,. &:
comme l'ardeur. d'en venir à
bout, lc:sa obli.~ez de travailler
a ~e.c une application extra~.
ordinaire, c-eux· qui n'y ont
pàs réulfy ,. ont· eu d11 moins,
l'a vancage d~ pou!fer fi loin ..
l'étude de l'un & de l'autre·
Droit , q~<; les connoitfaacess'
. GALANT. .._.
ÇllÎ leLir en relleari, leur doi-
venc eltre infiniment prétieufes.
Les Préceodans elloicoc
Mrs de Bo11amour,. le Gc:ndr~,
AmyoL & Collelfon, ces quJ~ ..
tre pren1ieri , Doél:eurs & Aggregez
de la Faculté de Paris;
Mr Tol1blane , Doétettr &
Aggregé de. la Faculté d'An·
gers; Mrs le $acl1é, Cal1u:iat,
·Banide ,. Grolleau >- ces trots
derniers, Prell:rcs, & Mr Dl!'·
val , tous Doéleur~ en Droit .
Civ.il & Canonique-. Oo leur
donna à cl1acun de la matierc
de l'un & del'at1tre Droit pour
expliquer & pour (olitentr, &.
cela fut fait au fort. Les difptt;;.
ces ont ellé long-tl! m\)S ou ver~
'eS-, & honorées fou vent de la
prefence de,. plus celebres
M1g1 llrats, & des plus f ça vans
honuncs du. Royaum~. Enfin

-





41 MERC V RE
cl1acun a ya11t fourny fa carrie1.o
re , le Confeil nomma Mrs de
Fieubet de Harlay, Confeillers
d'Efiat , pour preûder a
1, Alfemblée, faire prcfrer fer·
me11t aux D l1él:et1rs,. qt1i de,
voie11c donner Jeurs fuffrages,
&. pour recevoir ces me(mes
!uffrages.· Cette A if emblée fc
1tintleJeudy9.du mois palf.é.
Mrs de Eieubet & de Harla·y
s,y rendirent , &. furent re-
ceus par Mr Bignon, Confeil-·
lcr d,Ellac, Doyen d'honneur
de Il Fact1lte , à latcfte Je tous
les Profeffeurs , Doél:eurs ~
Aggreg.ez· d'honneur , & au
·tres Agg11egez. Vous (~aurez,
Madame,. que dans la Faculté
il y a de deux fbrtcs d' Agg
·regez ,. les uns Aggregcz·
d'hoaoeur, tels que Mrs Pinf..
.fo.n, lffiily , D.efroarais, &. au;.

l
GALANT. 4J
tres famCLlX Avocats , & les
autres Aggregez. de profef-
600. Ces derniers en font
toutes les foaélions , & tant
les uos que les autres, ils ont
voix dans l' Aff"en1blée. La;
Compagnie fe rendit à Saint
Jean de Latran ; où 1·00 chan.t'a
une Me[e folemnelle, a prés
J.aquelle on proccda à l'Election.
Oo tendit jull:ice à toutks
Cou eu rrens , &: comme il
ctOE impoffible de mieux atta'""
qt1er & de m)eux défendre.
cque 6 rent les quatre premiers._
ils l'emportcrent fur les fix
autres Mr <le Fteubet fut I~
premier qui parla ,. &iil le fit
avec toute l'éloquence imagi·
eable. A prés qu'il eut fait
l'éloge de tous ces Meffieurs,.
il témoigna le regret qu'a voit:
Mt le Chancelier , auffi bic~



44 MERCURE
que tout le Confeil,. de dorr~
ner l'c.icclufio-n à Mr Amyot,
~ui s'efi:oit difi:ingué d'une
maniere cxtraordina.ire. Il en
donna pour raifon qu'ayant
parmy les Profelfèurs foa
Eeaupcre & fon Bea.ufrere, qui
font Mrs Baudin & Cttynet ~
c·efloit ttn obfracle qt11 le mec ..
toit horsd'ellat "''l'avoir lesfl1f ..
frages. On petit ~ire que faot
çeJa if y·auroit eu bono.c pàrc,.
puifque lts n1icieres. les plus·
dit1ic1les lciy efiant touj"Durs
tombées,. tl s'en eft tiré de la:
m~fliere monde la pllts aifée •
~ avec toute l'érudition poftible,
Mr Amyot efrant exclus,
on donna les fuffrages, & Mc
Big11on , le pr:emier des Vo-
.. eaux ,aya·nt ha.ran·gué de cette
maoierc: noble & éloquente
ciui lu.y a fait a.cq uc:rir tant de
· GAL~NT. 4-1
u putatio.n da os Je .Parlement,
conclut en faveur -Oe Mr le
Gendre & MrdcCollelfon. Mr
k Gendr.c eut toutes les voix.
C'cft ·un homn1e confommé
~an& l1étude du Droit , &. qui >J
cjuo·y q uc- dans tl o ~ge avancé,.
»e laiffe pas de s'a,ppl;qucr all
t.rav.ail avec une a.ffiduiré furprcnant<.
Mr Colleffon fut aufii
élcu, mais cc ne fat pas d'un
c-0nf entementft uni verfel, puis
. qu'il ne l'emporta· que d•l1ne.
feule voix fur Mr de Bonamour.
·{on Concurrent. Il cfi: vra·y
qu'il {croit f-0rt difficile de trouver
deux Sujets de la force de
l'un & de l'auue. Le premier
joint à une entiere connoilfance
du Droit Civil &. Canoni~
uc toute ceJie des belles Let·
t.res. li a tra<Vaillé ft1r Marcial,
' & fur Suctone. Ses Ouvrages

• •
...
-



46 MER CORE _
foot .dans ~s mains de toa-i-lc
monde , & Mr de La ana y ,
Do.él:eur & Profeffeur du Droit
Frac çois, dit ea lt1y donnant fa
voix , qu'il avoit un n1eritc
itnprimé, s~rt m'tjl ptrmis,a joilca·
t il, a'emp!oitr !t~ ttrmts dont IJMeL
'Jflts ""s dt Mrs drt' A~atltmieFrA.
fotfa fa Jtrvtnt en p11rl~nt dt &f-MX'
ftl1ts refoivrnl d11ns lt11r Corps far
ln. rtpt4.t ation "1"' ils fa font 1tcq111fa
/"''les O"vr;,grs qu'tls rmt donnez;,
11r1 P11blic. 11 polfede parfaitement
la I . angt1e Grècquc, &
on ne doit pas douter qu'il
n'e111l eu tot1s les fuffrages,ainft
qt1e Mr .le G~ndre , s'il n'a.,
voit eu .à con1baccre contre uo
homme du mer1te de Mr de
Bonan1our.Q uoy que l'éledion
ne foit pas tombée fur ce der~
ni(; , il n'en doit pas :ivoir
moins de gloire, puis que le peti
GALAN~. 47
qu'il s'en clt fallu, & les éloges
.que: luy ont donné ceux mefmes
qui ont efi:é pour Mr Col.
lclfon, font une preuve con-.
vaincaote de fa capacité. Il .
eft jeune, & il y a c11viroR
.quinze ans qu'il eut l'hoooeui~
e difpl1tcr une pareille Chaire
avec les plus grands Mailtres
de 1' Art, je veux dire~ Mrs
.Baudin~ Cuynct, & il Je fit
avec un fucc.ésqu'oo nedevoit
poi oc attendre d'ull h<>n1me qui
o 'cltoit ~gé que de vi ogt ans~
~ant à Mr Amyot, on a tou.. ..
jourselle fi pet'fuadé de fon mé·
rite, que lors .que Je Droit fut
rétabli ,..quoy qu'i~ ne full: pas
Doéteur le Roy ne lai!fa pas de
J'.iggreger à la Facalté , & Mr
le Pelleti er, Minillre d'Etat•
q ll i eO:oit alors Doyen d'hoo.
neur, lu y die que Sa Majefi:é




+8 MERCVRE
pleinemen.t inUruite de fa C*'pacité
, Je faifoit Doél:eur. IJ
n'y a pel1t-efire rien de fi ûogulier
que cc-Ia. On fçait qu'ua
E1npereu·r trouva mauvai$
qu'un Doéleur qu'il a voit CD•
11ohli, eu fr cité prendre place
.parmy les Cl1cvaliers , difana.
~u'i1 pouvoit bien f.aire plu.
liel:lrs Chevaliets , mais qu'il
ne pou voit faire u11 Doél:ear~
Auffi Mr Amyot feo{ibJc à
J'honneltr qu'il a rcceu de Sa
Majefié , ne manque jamais de
prendre la gualité de Dolfe•r u
/11 •omi11atio11 J11 Roi.
Il y a eu auffi t1nc grande
difpute poar la Cbairc de
Droit, vac.aote en l'Uni verûté
de Caën. Elle fut 0L1vcrte l'ann~
e dcrniere par Mr le Petit,
qui fit le Panegyrique de Sa
Maje!té > d'une manicre fort
éloq uence,
GAL AN·T.· ~' -
~Jftquente , eo prefence de M r
l'Evefql1e de Bayeux , de Mc
Fouèault , lnteodaot , & des
Perfonnes Jes plus confjJcrables
qc la Pr~vince. Cette dif..
pute a duré un an , à caufe du
grand nombre de Concurrens,
~Mt le Petit s'eGant trouvé le
plus habile, tant pour les b..;lles ,
J.-cttres , que pour fa profonde
érudiùonda.os le Droit Ci vil 8'
Çanonique, a cnerité le fl1ffrage
de tousfes Juges. Cette éJe.
~ioo fut confirmée fur la fin
du mois pa{Îé, par la nomina ..
iion du R.oy, q11i ~ime en tou ..
tes fortes d,occalions à rendre
jufiice à fcs Sl1jec.s.
Il n'y a rien de ft naturel qut;
k commerce , "' l'on ne f~au~
roit doacer que ceux qui le
veulent interdir~ ne foie nt en.
tie.rcmeot. .e nQCUlU de leurJ-
.A.·vr1l 16 !JO· C
r
50 MER CVRE
propres interefis. Auffi peut· 011
dire qu'un femblablefc:otimcot
marque pl ufrofi de )a rage & de
l'envie qu'1.1ne iàine politique,
puifque cette politique rctou5-
ne contr.'eux & contre les Pe'f-ples
qui font fous leur domination.
C'efi: ce que les Efpagnolt
ont reconnu, & ce ql1i lcsa
obligez à conclure Je Traité,
qui ft1t atrefié le 9. de Février
dernier fous le boo plaiftr tlLI
Roy , par Mr le Duc de Gramont,
à l'Ifle des Faifans fur la
Riviere de Bidalfoa qui feparc
la Franct d'avec l'Efp~goc:.
1 1 touchant le commerce d entre
JaFronticre de Bayonne, Pays.
de Labour k la Province de
Gui.pufcoà.,èctte Contrée qui
fdit la Froncîere d.u Royaume
vers les Monts Pyrenées, cllun
terroir Li ll:crile, que c'eft ~
1

GAL ~ ·NT. 51
bon droit qu'elle porcc le .nom
de Labour>'Ttr;r" IAb(lris, mais
quoy qu'ellefoitde peu derap-:i
port, elJe ne Jailfe pas d'abo.ndcr
en hommes , &. ies l1a fq ucs
qui l'habitent, non cootcns de
faire fruél:ifier cette T r.rrc in;
grate à force de travailler, oni:
la gloire d'avoir cfié les premiers
à découvrir de nouvel ... Lo
les Terres dans 1' Amertqqc t•·
& ils continuent encore pre~
fcntement à faire Ja Pefche de
la Morüe CD Terre. Ncu ve' ac
celle de la Baleine d~ns le
Groenland. On fçait quell~
utilité l'Ellat retire de leur
Ncgoce, non feuleme9t parce
qt1 '1ls fouroiil'cnt tot1te la FraQcc
d'huile de Baleine, mais
encore parce que la lvloruë des
Bafqucs le confume prefque
ioutc daqs l'Efpagoe ,, cc qui
c J,
• • • -
s1 MERCURE
apporte dans le Royaume des
fommes conlidcrablcs d'argent,
& toute la quantité de fer , &
autres Marchandifes dont on
a befoin. Quand cette raifon
ne ft1ffiroit pas pour fajtc voir,
cotnbien il efr nccelfairc que
le com1nerce foit libre en.
tre cette Frontiere & la Province
de Guipufcoa, il y en a
pluGeurs autres par lefqucllcs
on peut ellro convaincu do
cecte ncceffité. Il fen1ble que
Dieu ait fait ces detix Con-
, , Il , r, trees pour n e1Ire qu un me1~
me Pays, tant leur lituacion les
met hors d'efiat de fe pouvoir
palfer l't1nede l'autre. Elles font
renfer~ées toutes deux entre
les Monts-Pyrcnécs d'un coO:é,
& la ~Ier Oce~ne de l'autre. Ce
font comme deux Barrier es qui
lèur ollent wute forte de fKi~
...•.
'
GALANT: i1
lité d1a voir de la commuoica·
tion avec les autres Provinces
voifines. Celle de Guipufcoa
ne fçauroit a\'oir recol1rs à la
Navarre pour fe pourvoir des
vivres dont elle a befoio, puit:
que la Navarre ne produifaoc
que ce qu1il luy faut de grains,
les Loix de ce Royaume-là ,
défendent d'en laiffer fortir.
D'ailleurs ceux de la Province
de Gl1ipufcoa n'en fçauroieut
faire venir de Ja Cafiille, à eau.
~de la f eparation des MontsP
y renées, où le tranfport leur
coôteroit plus que lès vivres
ne valent, au lieu que par le
moyen du commerce libre ,
lz Frontiere de Bayon ne & le
Pays de Labot1r , en peuvent ·
fournir à cette Province dt.
Gu if pufcoa autant qu'elle en a
befoin,non pas qu'on recueille
c 3 •
j.f. MERCURE . .
da11s le Pays mefme une fi grandt:
qu:lnttté de grains , mais
.. par.cc qt1e la Charocrc & Ja
Gafcogne ea fournilfent abondamment
par la Riviered~ l'A·
dour qui dcfcend 4 Bayonne.
Les Ha:bita ns de Guipufcoa
ont encore la Lnefme oeccffité
pour la Moruë que les Bafqucs
apportent de Terre Neuve.
C-efa fait qu'ils preteodcn&
avoir un Privilege particulier
~c.cordé par ll!s Loix dt1 R oyau.
me d,Efpagne > àll Tirre d: !,:.
Cef Rs prohtbidt1s, qui le tir per•
mettent de faire entrer toute
forte de Provifions de bouche.
La mefme neceffité de cotnmer·
ce fe renco11tre du coflé de fa
Frontiered~ Bayonne & Pays
de Labour , parce qu'autre.
• • ment 011 oc pourrott entretenir
le nc:goce, ce qui qbligc;roicl.ri
•• •
\.
, GAI;:ANT. '' ~
Bafqucs à renoncer à la Navigation,
puis qu'il6 ne pot1rroicnt
dcbiter kurs MarchaDdi(
es, 8' partict1Iierement leurs
MQru ës , donc ils ont trcs peu
de de bit en France, d'où s·eofu
i vroit Ja ruine cnticrc da
Pays. loigncz à cela que l'uni~
formité de fa Langue Bafque ,
commune à ces deux Contrées,
contribuë fort au be{qto rcci•
proque qu·cllcs ont l'une de
l'autre,&: fert de fondement
à Jeur union .. En effet oo voia •
par expcriencc q\:lc ces Peuples
ont bcauco1:-1p de fimparie, au
lieu que 1·00 reconnoift que
~ct_te Langue inc:onnt1 ë at1x
4u,rcs :rcCt un obflacle qui détourne
les Bafques de s'adonner
à d'autres Negoces, où fans
douce ils ne reuffiroient pas
~oins. bien qu'à celuy, de la
c 4


~ s Ml! R. C t1 RB
Terre. neuve & des Bàleines.
C'efi pâr toutescesraifonsqlle
depuis que .ces Fronticrcs f4
font alfu jetties aux Cauronncs
de France k d•Efpagne, les
Rois trcs-Chrcfl:ic:ns & Ici
Rois Catholi~l1es lel1r ont accordé
Ja liberté du commetec:s
.Iurant les Guerres le.s plot
fanglancei. Le prcrnier Tr::aicé
dè bonne corl'e(ponda.oce: ,
don' on trouve- des ritrC$, foc
f.ait en• l'année • 444-· le fecond
en 1515·. & Je troifi tcne e1> 117,,,.
Ce mefme Tr:trEéa ellé ~rifuifcS
renouvelé dans J~s divcrfef
occurrences de la Guerre, &
fur tout en t•année 1653-· cntrG'
Mr le Comrc de TottlonjotJ s
alors Gou 'J eroeur & Liéute.:
nanc Geocral pour Sa Majcfil
en la Ville de Bavonne k Pay~
de Labour, & Dom.Diego da:

1 uuuuu
GA l A NT. ' ''
C:ardonas Capitaine Gcneral
de la Province de Guipufc02.
Ce ne fut point fans beaucoup
de peine qt1e la fronticre de
Bayonne & Pays de Labour
obtint la permiltion de conclurre
cc Traite. Les Provinces
"oifincs en efi:oicnt jaloufcs, &
f.aos la medtation de feu Mr le
Maréchal Duc de Gramont ,
on auroit dcfefpcré d,y réuffir s
mais il prit fi fortement cette
affaire à coeur , & rcprefenta
b bien au Roy la neceffité do
cette libctté de commerce ; · • qu'on l'accorda a cette FronJ
iicre,qaia Yécu dans ,Jlne pro~
fonde Paix , tandis que toUtd
l'Eutopcs"èlè veuë accabléédo
Guerres. Cc Traité a cité en .. ·
coreconfirtné deux fois depuis
l'année 16SJ· f~a'Yoiren 1668~
at. CD l-17 J· foiu le nom de c:,
c s


58 MERCVRE
mc:fme Maréchal; & enfin ia
communication des deux froQ•
tieres a y a oc ccOEé depuis le
mois de Mars de l'année dcrniere
par la dcclaration de Ja
guerre, le Pays des Bafquesa
tu recours de nouveau à foa
_ Proteéteur Mr le Duc de Gramont,
Gouverneur de Bayon.
ne & Pays de Labour, qui a
encore obtenu de Sa Ma je fié Ja.
pc.rm , ffi~ n de renouveler 1«
mefmt: TraJté de bonnecorrcf~
pondancc:, il s'y ell ~rou vé do
grandes difficulte:z. d·u cofré·dcs
Habtcansd~ Gu1pufc:oa ,-àcaufe
que le Roy Catho1iqye nt
lc.u.r a voulu doanci:4epotivoir
d& le confirmer, qu•én- rcfltci ... .
gnant deux articles. de- douze
qui le con1pofcnt. C'efr· ce qui
a donné lien ;\ beaucoup de
CoAfçreQÇCJ ~ dtEJ1tCC(VCUëi;...
- •
GA LA NT. 59
Tous les Princes Alliez à la
Gouronoe d,Efpagne oot fait>
joüer toutes fortes de rcfi'orts
afin d'c:mpcfchcrquc ce renou·
vcllcmcnt ne full accordé. Les
Amba!fadeurs du Prince d'Orange
& des Etats de Hollande,
cCl:oient à toute heure chez
le Comte d,Oropeza, auquel
ils reprefeotoient · combien
~c ·;rraité fc:roit avantageux
à Ja Fiaocc dans la fituation
prefc:ote des affaires •
Mais, enfin il fut coocJt1 par
M~i lc Duc. de Gramont le 9.
Février deroicr , comme je
•oi1sl'ay déja marqt1é, malgré
Ji:>us. te~ obftacles .qui s·y foot
r:r<>Uvc:a,,& contre tous l,cs efforts
des Pu·àlfanccs de l,Epropc
dans llDC coojooél:ure de temps
a.uffi facheufe qu'on en ait v~a
.....d.. ,e9uis pl~ficucs ûecles. 1:;, ,
c'
r: ·-:.


'" MERClJR.l! '
Mr Mariette, Parifteo., a f&ëE
des Tàblts 8 des Di vifions f4h'&)
Monde, du Firmament&: <f~
C l1mats,qu1 font d'une g.ra.nclC"'
uciltté. Le but principàl qu•it
s· el\: propoft eo les donnantae
Publi~ efi là Geogr~ph)c. E.Jl-=n"
ont que deux fc~illes , doa~
l'une con1prcnd les dct'lx prctnieres
Tables. Celle qu'on '}
•oit d·abord do~t\e la titoaticm
du Globe cerrt!tre , ftloo Ica ·
hipoibcfes de$ ttéis plus cclcs.bres
~fltonemcs , & fiit t~
triarqu~r en q&è"y· ~Je~ f<>M
diff etenrts , & CÂ quoy "dln
~'a-t,cordenc, par u~ divjfioa
li 'ô'aturdte, r.qo.c i·otJ fte ~rbit.
ras"q\1'oti la yu !tfc: :.cdlt't~r
Ce qui rend ccac T3.bac fblt
tJtiie à ceux <}lli ·veul~~t s'ap•
pliqt'fet'à l'a ~ogta.ph~ > .~
'lu' elle-~ ~A to i>f tÜ~ilaa~ • l' ·~
- ~ '
V"'"T"V""'""""",...,.----
'G A"U AN 11. 61'
pllis que fans la con11oitfancd
des ~hofcs qt1i y font traitées;.
il tlt cpmmc impofilbiè qu'oo
pl1ill.:c· comprendre parfaite""
ÎD"C:nt toutes lès di vi<ions dtt '
Glob= t~rreoeto , qui font c.ettc
partie de )a · Gcogra.phie ~ quo
le c~lebrc Mr Guillaume San ..
(o o appelle Aftrooomiq uè dans
fon ·intrôdud:ion à la Geogr:a.•
pnie .. L'autte qui fait p~rtic dei
la mefmc feüille 1 n'oft que d1.1
Firmament, qut 1' Auteur con ..
ndert par dtS' divitions qui
obc~n rapport tuut pcnticalict
a9ec celles duGlobe certellrèi
Il af'()Îc dretfb ceste TabJct
a.:Qot qoo ldI>~~ ~tdi~ Jefui ....
te, cufr donné aa Publjc ft~
(ix Ca.rées Altronomiquel ~ 5c
que Mr Caffi.nt con donné là
.Car~ dbs Etoik~1 du Fint\al
VJ~,,quil ttaio&tf~ru fut llbttl& ·
'







41 M.ERCVR E
hl>rifon; fur lcfqucllcs Ca1'~S
font marqués les· dc:grez de J~
1itt1de 8' de long1tudc que les
Geographes obfervent fur
leurs Cartes. Ayant vcu ain&
accorder le Ciel & la Terre, il·
crut que Ja.methode qu'il a voie
drclfée dans cette veoë pourrait
beaucoup contribt1c:r à
en faci.Jiter la pratique. Il voulut
neanmoins rcconnosRro
at1 para vaot les dafferentcs di~
vilioos qu'ont fart· des Can ..
fiellations. Elle~ fc. rtduifeot. i
1roi~. La premie rc ell (eJQ.n rla
di vc:rfité des conllellatioos s
la fecond-e feloo·Jcs Jang tuôes.,
& la troiûémc Celon les ~~
. tl. tu d es.. •' n . , ., t- l
. La premiere qui fe fait fek>l)que
les coofi:cllacioos reprefon.
tCllt' _des cbofes.1 apjmées &,
:Î.QAoi.mÇc;s_, ,JilJ a1 aarJL.l~ p! ..

GALANT. .G.J
inÜtile de tot1tes, parce qt1'ïl
ca aifé d'4n. faire la differcnco
en toute at1tre dïv1fton que
celle. là. Elie elt a\1ffi fa plus
embroüillée ,, à; ca.u fe que ces
conftcllattons~ font- entremef,.
Jée~ des tJoes & des aut1"es-, ce
')Ui eCl: la. chofe qu'oo doit Je
plu~ éviter dans les divifions
metbodiques. Les deux autres
font beat1coup plus imporcan•
tes, àaufe de la. longitude & de
la latitude, mais elles ne. peu_,.
'YCDC cllre fort jt11ks ., parce
')l1C la plàpa~ des conGcllatio'
ne peuvent cfioe comprifes
totalement da.os chacune de
ces diviûo&s.,.puis q,u.c ceux
qui les ooo in9cotêcs n'ont eu.
auct1n- égard.. à ces.. fortes de
di vifio.n~. .. J
<., La:prcmicre de ces dc:ux- cy
:li.ui ,tt,fcl.Gn I~, loogiwdes ,.{s:..
'if. MERCURE
divifc: en douze parties' ·fort
égales, que 1·00 peut appelles
fufcaux du Zodiaque, à caufo
de la relfemblànce de ces par!'
ties qui font pointu ës par lei
deux extr.cmitez, &. larges·par
le milieu. Cette di,vilioo fc
trouve c:xecutée dans toutes
les Cartes & les Globes celcilcs '
qui fe voycnt. La dernlc:re qui
eft fclon la latitude, fe di vifc
en trois parties fort incgalc:s
qtti font faites par le Zodia•
qt1c , dont les conficlla&iona
lônt une partie~los deux autrcrs
{ont hors le Zodiaque. De ce~
doeux parties l'une cft Scpten,
uionale., l'autre elt M-cridifh.
naltr.Elles.renferment ohacuM
dos.confiellatio.ns qJJi fo.ot 2.U•
tant Septentrionales .que· M~yfdromles,:,
G:c font acs raifdns>
1 aJe..ildfcio1 qu'ih. a: dti fa~
,
••
G "A L A ~ T: ' it
cerref pondtêt Je Globe cclefrcs
av cc: le terrell:re, qui Illy one
f.ait rechercher uoe mcihod~"
part laquelle en évicint cet de4
fctuts, &. profitant de cc qu ,~l""
l.cs ont de bon , il pt1fi: don~
nét que),q lle chofe de micuJC
concerte.
Cette Table cfi: d<>nc divifé4
en lix colomnc:s.. Dads la p~
mic:re on remarque ce qbe l'aa
encêod ·par le moi de Firma ..
menc ; dào~ la fecondCJ, la di vi.1
fion d~1.Etoile~ qui y fonr}daos
I~ troifiémc, les divifions gd..t
ncrâles de ces conftellations J
dans la quatriéme & cioquié~
me, Ids fubdivifions de ces di·
tifioos, & dans la dernietc, Io
dénombrement de toutes cc1
Conflellations , fclon l'ordre
des f ubclivifiot1s. Par ccluy
qu'il doànc de' diviCions dati•


'6 MERCVRE
la troiJié1nc colomne , en con•
fcrant la Carte du Firmamcnc
avec celles du Globe terrcfirc,
on fçaura d't1n coup d'a:il
quelles font les cooll:ellatioos
qui fQnt leur cours jouroalict
perpendiculairement au èclfus
de chaqt1c: reg ion du Globe tcrrcfrre.
Ces divifions commencent
par le Pole Artiquc d.o
monde, & finilfeot à l' Antarci-que.
Chaque fubdiviûon de la
quatriéme colomne cfr fclon
l'ordre des douze Fufeaux t>ll
111aifons du- Soleil a-u z ·udia.,1
que; de forte que la premierc
confrellati<>o de chaque fubdivifion
cet celfc qna fe tro.JJVC.
occuper le premier Fufea.11,qni
ell: ccluydu Belier, ou le plu~
voifio en revenant trouver cc
premier Fufeau. L'Autcur a
cfi:é obligé d' co 1.1fcr ai.ofi, Il~

Gt\LANT.f &y
ce que les Allronomes ne irot1 ..
~vent poinc de raifons qui puiC.
.f'eoc faire arreftcr le cofté de
1 ·orieot & de l'Occident , le
tdroit & le gauche, comme font
les Geographes, pour des rai ..
tons qui feraient trop Jongues
à rapporter. Par cette obfer .. '";)
vation on peut. juger durant la
nuit qu~llc heure il peut efire,
à c:haque lieu du Globe terrcflrc
; eu égard à cclu y où i·on
-c:fr , puis que cl1aque Fufcau
en detlX heures de temps à
palf~r chaque .Mcridicn tc:rrefire.
La pluf part de ces Fu.:feaux
ne renferment plus ,
comme ils faifoient, les Signes
011 ConG:cllations dont
ils portent le n.om , parce
qu'ils s'en font . éloignez ,
comme on le peut voir dans
les. Cartes & les Glob.cs du..
'

6'8 MERCURE
Firmament. La cinquiémc
colomoe ne contient qw:
.quelques divifions des fubdl\.
vifions de la quatrréme. Eltc:s
apprennent comment Je Soleil
fait deux faifons differentes
tout à la fois fur le Globe ter.
relire, & par confcquent elles
marquenc quels Signes il y
parcourt. La (oanoilfaocc de la
fituarion de chaque Con{WUacion
conferec avec lè lieu pr~
pofe que Ja Carte Gcographi-
, 13 ue teprcfente, fait juger pendant
la rtuit fi l'eadrolt où t•oa
-fe trouve cfr plus ou moins
éloigné du lieu où l'on fe pro ..
pofe d'aller, & lequel de plu.
:lieurs chemins qui f• traver.
fent l'on doit prendre pour s'y
rendre. •
Taus ces avantages font
bien voir dombietl ces Cartes,,

GALANT. 6, ~
&. la methode pour s'en ioftrui
re, peuvc:ncefire utiles au~ .
Gens de guerre, de Mer, 8' à
ceux qui voyagent en des pays,'
où les chaleurs ell:ant cxccffi- ·
ves durant le jour, les contrai· ·
gnent à ne marcher que la nuit.
Mr de Tralage, Neveu de Mr
de Ja Reynie, à qui le P. Coronclli,
Cofmogr.aphc: de la Republiqucdc
Veotfe, eft redevable
de cc qui peut cfirc de
n1eillc:ur dans les Cartes QUÎ fc
' publteoc fous fon nom à Paris,
ayant conf ulté i· Auteur touchant
ce qu'il trouverait à pro~
pos d'eftre executé fur le grand
Globe celeG:e de cc Pere, 11 luy
fit pa.rt des a vis que je viens de
vous marqucr,qu'il n~manqua
pas de luy envoyer en 1687.
t lles plurcoc tant au Perc Cotonelli,
qu'il fe fervi' dc:s t.er-

• •

io M.E RCUR E ·
mes qt1i fu1\fent pour l'en rc ..
merG:ier l'année fui vante! Son1 ..
f pi1i1ofi & trud1ti gl1 ricord.1 lltl
faggef/o mAnjato mi fopr11 il 110jl10,
GLobo ttlejle, & 11ggr11Jirei fo111-
tl?A"1'tntt ;.; conofçerto per J,tj1i11-
g#tt/i le mie ohtig11tio11i ..
La dcuxiéme feuïlle , oit
ttoifiéme Table., n'e.lt que des
Climats divifcz en cinq colomncs.
Dans la prcmicrc cR:
donné le non1bre des Climats,
la definition , les differenccs,
d'où ilsfecomptent, & cc qui
les cal1fe. La fecondc colomnc:
eflemployéc à faire coonoiftrc
· pourquoy il y en a deux fortes,
!?' quels noms gcneraux ils
doivent avoir. La tro·ifiémc
établir la raifoo des fubdivi•
fions que produifeot les divi•
lions de la fecondc colomne ,
& la con v coaoce des noms de
1
G A L AN T. Il 7'f ·
chaque fubdivifion . La qua~.-
aémc: fait voir quels font les
lignes de l'Ecliptique qui cauf<
nt les climats , combien' il·y
co a qui {ont plus oo moins
compris dan~ les diffetcns horif
ons que le Soleil décrit en ces
Signes fur le Globe tcrrcllre;
Enfin , qt1els font les climats
qui {ont plus ou moins coupez
également par l'horifon que le.
Soleil décri& det1x fois l'année
fur ce même Globe; & la cinquitme
colomne enfeignc.
fiJU~ls font lcspornts de chaque
Signe, qui caufent l4s climats,
de combienefi laduréedujour
art1fic1el , auffi-bien que de la
nuit en chacun , & par confe'!
uenlt combie~ chacun les a
plus ou moins grands les uns à
liégarddes autres, durant quel
t-cmps cela arrive. Enfin, l'ar;.
'
t
• •
• •
7'- M.~ R G U R E .
raagement que l'Auteur y fait.
<Je~ 1;limats femblo jnfinL1c11
~çiteroét qu'ils font mal comp-t
t~i de l1Equatçur, en a vanç_anQ
vers l'un & l'autre P&le dl.lMonde
, & qu'~n les devrai'
pl qc<>tt ÇQOJptcr de ces P &le•
jufqu'a 1. 'Equ~teltr, puis que
le tr<:ntiéme c;Jimac de chaque
hemifphere paralclle ell
ptod\lit par le Soleil dés le mo•
nient quïl y ~ntre, &. que !cr
~utrcs qu.1 fontauparavant, ne
fuot faJts que fac,ccffivetnent
(un aprésl'autre, c,efr à dire.
le vingt veu-viéme avant lo.
YJng~ huitiéme , & ainfi des
iutres. Mais op oc con1menc.c. '
à les con1pter. de l'Equateur
jufqu'à l'un ou l'autre P&lc d.a
Monde ; qu'à caufe qne Jes
jours efianc toujours cgaux à
à l~ ,P!emie.re latitude de c•h a~ guc

••
GALA NT. n
cjue premier climat de cesdcL1x
hcmifpbcrcs paralcllcs , qt1i
o'eftautre que l'Equateur, i! k:
u-ou ve que la durée du jour oa
de la nuit artificielle efr plus
grande d'une dcmi-het1rc à la
dcroicr.c latitt-1dc de chacun de
ces deox premiers climats qu'à
.Jeur prcmierc. Ainfi les climats
fc comptc:Dt plulloG felon que
cbacu-o (c tro\lvcavoir la durée
du .jour ou de la nuit artificiel-•
Je plus grande qu'à l'Equateur,
q.uc fclon ·le rang de: J~ur produélion
parles horifons que lé
fol cil décrit fur .le · Globe cerrc.
Gre aux points où il fc!rouve,
pa.rce_ que quand l' Auteur
é.oont lcs dc.ux vingt- quatrié.
mes climats, qui font les dci1x
de.r•ius climats folllicicns .,
cela veut dire que chacun de
ces deux vingt-quatri~m~s
~~riJi6,o. D

......
74 MERCVRE
climats a un 1our & tine nuic
artificieilc dont la àt1rcc ell:
vingt-quatre fois plus grande
qu'à l'Equatet1r , & ainfi les
deux vingt·cinquiemes cli ..
mats, qt1i fo11t les deux premiers
climats éclipticains font
nommez de la forte à eau fc
. qu'ils ont chacun un jour &:
une nuit artificielle d'un mois
de durée plus qu'à l'Eqt1ateur,
& ainfi des autres par propor-

tlOD•
Les Horifons des Points où
fe trouve le Soleil , do11t
l' Auteur fait men ci on en cette
Ta-hie, efi:ant ex primez fur
· les èartes &. les Globes Terre!
lres, en comptant en cl:f'J.cun
de ces Horifons les Meridiens
ou degrcz de longitude par
heures, c'èll: à dire par quinze
degrez, ou par dcm y-heures,

GALANT. 75
ou par quarts d'hcuce fur chaque
partie de paralelle qu'ili
renferment , montreront de
combien le~ jottrs & les nuits
artificiels y croilfent & décroiffcnt
au commencement, & •at1
milieu de chaque maifon ou
ligne, fi ces Horizons y cftoic:
nt multipliez au nombre de
160. en faifant en chacun 1·0-
peration qu'on vient de mar<
J ucr, on f~auroit la durée dtt
jour &. de la nuit de cbaq ue
jo\1toée à quelque lieu qu'on
voudrait. ·
Mr Moollart ayant recon. · ·
DU que:: ces principes font
boos pour détcrn1in cr L'étcndt1ë
des climats, a trouvé que
les lignes des grands jours que
Mr Mathion a donné pour Ja
fccondc Edition de )'Introduction
·i la Geograpbie de Mr
D 1
76 MERCURE
Saofon f01\0 ocle, fervent fo}c
bic:,n à marquer l'eceodi1 ë des
climats, ce qu'.11 a fa it marquer
fur:laCarte de la correfpodance
du Globe avec La Spher~ _, Oll
Sphe.re Aroeillaire cl.u {ça v.ant
M.r S.aof on fon G.raod ~ perc. Il a
mefme fait ajo.ûter en confi ..
dcraèion cle cette Table l'étcn~ l
,duë des climats mc:ridionaox
. qui n'.y a.voient point cfié
marquez. e .eux que l'A uteur a
'on fui cc: z fur celte 1"'able en
one efté fori .cont.eos} entre
autres Mr Sdileau dont il cG
· fait mention en plufiel1rs
J'ouroau x des Sça vans , les u os
& les autres tombant d'accord
qu'elle peut efire mife au nom·
bre des noL1velles découvcrt~s
que l'oll a faites en çerte Scieoce,
puifq ue perfon ne ne s'efioit
ayifé d'en éplLJchcr Ji precife.-,

GALA NT: 77·
~ent les caufes, la plus gra·nde
partie s'ell:aot contentée d'en·
donoer des Tablei des Jegrcz
où ils fe doivent trou ver fansc
n r9pporter aucune raifon tl
u ·ne autre partie les p-rouva·nt·
par la calcul Trigonometri-·
fiUC.
Ivlais toutes ces manieres·
fon' plulloCl des raifoos étudiées
& artificielles que des·
demonfrracioos réelles· & fca-·
fibles cfc la matici:e qm eth
propoféc:. , ,..
Si ces- Tables font· a-gyeee~
du public, l'Auteur en promet
quelques autres qui ne ferot1t
pas moins cooliderables.
On pourra accompagner li l'on
veut· ces trois Tables des
Cartes fui vantes pour une
plus grande intelligence ;,
fçavoit ,.
D 3

••




' 78 · MERCVRE
Les trois Cartes des Hi pothefes
de Ptolomée , de Copernic
&de Ticho .. Brahé pour
la Table des divifions du monde.
La Carte dll Globe du Fir~
ament, appelléc plus ordinairement
Planifphere do
GlobeCelefie en uue ou deux
feüilles.
L·Harmonie ou correfpon ..
dance du Ciel avec la Terre.
ou autrement , la S phere Armillai
rc du lieur Saofon, pour
la Table desClimats ..
Ces Tables des Divilions
du monde,du Firmament & deSi
Climats fe debitent chez le Si·
cur Gregoire Mariette qui en
cfl l'AL1tet1r , au Chef Saint
Jeao,au de!f us de Saint Beooifr,.
ruë Saint Jacques; chez le Sieur
Nicolas. Langlois à la Yiél.oire,.
.
G A L A !'1 T. 7 9
~uffi rut: Saint Jacques; & chez
le S'eL1r de Fer fur le qt>ay de
I' Horloge du Palais, à la S phere
Royale.
Le plai!ir que vous me mar-.
quez avoir receu de la Harangue
de Mr le Sourt, Redeur
de l,Uoi verfité , à Mr l, Archevcfqt1e
de Paris, fur fa nomination
au Cardinalat, m ·en ..
gageroit à vot1s faire part de
celle qL1~il fitl,année dcrniere
à cet illultre Prelac, ft1r fon
l1eureufe convalefceoce, quad
mefme i e ne vous au rois pas
. promis de vous l'envoyer.
V 01cy les termes dont il fe
fervit poltr lu y témoi goer la .
joye de ce Corp~. .
\

\
'
8 o M E R C U R.. E.
ONSEIGNEVB,,
L'excls <le Joll/e#r q11t 't!OIU ;..
cart5é 'flojlr.c mtilaàie ne ftt1I tpr~
co111pMé qt,,À l'excl s de joye 'l"~
nuus donnt /e rétA61'./fement de voflt'e
fanté. Nos coe.urs en font fi rt111 ..
plis , q11'iLs 11e peuvent /11 conte11iT r
O il nom fer oit !gaiement. impo/ftble
, 011 de la mfJntrer toute entier~ •.
011 de norts emprfahe1 d~er' mo1111tr.
tmt partie •
.2._ ue 1it ·puis.. it , M'On(e ig,,eur >vous
exprimer quels efloienl alor1
les yntirn~ns d11 Pab/1, ! Yoeu conno1ffrie.
z pa,rf f,tt ft mt»t quelle efl.
l 'tJl)me, & Ji 7e. l'ofe dire ,.t' ajfellton
& L'a.rnour q11e l'on~ po11r v ojlre
Gr$ndeur. Ja.maü voflre mtriten'11·
paru pleu grand·, pArce q"e fAm11ü
en ne i'll p/114 tt11dil. Telle efl 111:
r
,
GALANT. 81 .
faihltffe dt t'hommt dt s·11ccoût11mtr
11Nx 1b1t1s lts pl1U 111ervti!lt11x;&dt
les voir fans forpr1fa 'ais qu'il /rs
'Vl>ÏI 10111 les ;ours. Ain{i lt premier
Je tous les tjlrtsJi. 11dmir11b!t p11r la .
r11pitli1I dt fa cour{t , pnr /11 jt•-
fleffa de /es mouvtmtns , p11r J'/_.
e/111 dt fas r11yons, P"' fan lltv11 .. ·
lion au deffi1s dt no114, &enftnpar;
le. hitn q11ïl f11it 11. l'Vniv ers ,n' oc&u- .
pt;11m11u t11nt les rfpr1ts,qut q111J71tJ .
it. s,lcl1pfa ou difp11roift À nos yt11x •.
.Alors lt btf oin qu'~n a dt /117 -not4S
, . llltMht kll#CONP plus' & r/,AnS
#n·tft11t d' obfc•rité & ât l11ngt1tur, .
D# fa fanl CDfJVllÎfl&fl 'J1't IOllS les 1
.Aj/res du ·Firm11men1 nt pou' •.
101ent jAm11û rempl11cer . cttlt·
faurce immenfa dt lMr11ierts &. tle ·
ft#x. ,
'telles efloi1nt nos · rtfoxionJ ,
Monfaigruur, â11ns ce ttmps f11111t
où vol# tfJit'{invifi'1Jt pou' nsus . .
- D s·.

••

1
S'i._ M E lt C UR E
Les ptira,/eUes des p/11! grt1nds bJJflla..
mts tJvec Yoflre Grand1ur, ne fn-voient
qo'4.f4irt voir /11 dijfirt"ç~·
,de vous 4 eMx. Atnji ,.Monfaignt•I,
: . &tllt t& /tpfe 'Jllt 'V~tlS avez , Oii
plûto/f qp,e nous avons {oujfirtr ~ no11s.
IJJ"""t doné Jieu de nous ptrfuader.plt1s
que 711mau àe/11 perte irrf p11-
Nble qr1e not'J forions tn vous ptrJ.
t1nt, elle a ""t,menté f tjlime ,. /~·
,iefpe[f· , l11 venera1ion que no111
1ivions pour vo~re Gr11ndeur ,. t:fr
reâo fl bl ·r11 le1 voeux que nous coneontinurons
f ans ceffe tJ'adreffer 11•
Ci el pour l11 conferv11t1ion d'une
fanté Ji f'li/e àt~tAt ,Ji neceffe;rt·
R l'Eglifa , ft prlcieNfa 4 1011t ltmonâe.
M11-u fo11,jfre\,., tMonfai •.
gneur, qae i'aioûte , ft chere À tt
Corps, dont ie ne fou qu'un foihltt
lnterprete , poru v ous exprimer lt
p-11rf11 i1 111t11chrmtnl q11e no/#•
Avons po111 v.ojlre Gr•ntleur ,, cr..~
\
GA EA NT.· 8-J
f empire 11hfalM qHt 'VOU& Ave'{ for
nom. '
Mr l'Abbé Baudry, dont l'on
a: vll plulieurs beaux Ouvrages
en V ers Fran ~oi s à la gloire du
R.oy , a efié receu depuis peu
dans l'Academie Royale de
Ni fmes. Mr l' Abbé Flechier ~
nommé à cet Evcché,a cllé ela.
Protc:éteur de cette celcbrc
Compagnie , par tous les fuffrages
des doéèes Academicieos
qui la compofcnt. Elle ne
pouvoit faire un choi& plus
judicieux que de prendre pour·
Chef un Prelatégalcn1cnt fage. ·
cloquenr, habile & zelé.
Les effets que l'imagination

produit font fi cxtraordinai res, -
que quelquefois ils d\::vienncnt
i11croyables. Je vais vous en
· ~onter un qμi VOllS furprcodr~ . .
D6


8 4 MERCU'RE· . ,
Det1x Dames elloicnt ltecs-:
d·une am1t1é fort etro1te. Ont
les voyoit à route heure eofèmb
le, leurs i ncl1 nations tlla.nt
fcmblables, il efioic rare que;
liune· prift un plaiGr fans qu'il,
fufr commun à l'autre •. Auffi1
les appelloit-on les lnfepara•.
hies. Elles aimoie11t toutes
deux Je Jeu , & la liaifon qui,
ofioitentreelle ~ faifoit qu'elle5
partageoient Ja perte ou le
~ain ,. jL1fqt1e · là mefme quQ
l t1ne joüant· en l'abfencc de
l'autre, leur focieté fubflfioit·
tot1jours également' a moins
que la J<lüeufc n'cufi dit-tourh:
ittt G.n entrant au .Jeu, qu'elle
ne joüoit (}tJe pour elle feule.
Cela.n'arri voie prefq ue ramais.
Cepeodallt u11c: de ces Dames
s'efiant on jour trouvée en uo
J1eu où l'on propofa de jou ër a111
• -


6 A L A. N T; ~ Si·
[.aol<.1ucnct aux petites pieces
pa't" pttr di verttlfemcnt, en at-.
tendant qu·11 vinll: d'autre ·
monde pour jouër u11 plus gros.
jeu , elle dcclara qu"elle joüoit.
fans n1oitié , le gain ou la.
perte devant ellre fi mcdiocre
, qu"elle auroit cru qu'il Y'
cufr deu avoir de la honte à.
rien partager avec fon Amie ~
Les· ]oücurs furent . fagcs un.
quart d'heure; mais on fe p·Îq
ua. p refqt1c a.uffi,· toll:·,& a p.r és·
avotr commence attx petites
p.iecc:s, on alla aux Loüis d"or.
Ai ofi la Dame faifoit u o gain
fort confiderable lors que foo
Amie entra. Cette Amie qui .
prctendoit cü:re de moitié, .
montra de la joye de cc q ù" -
e\lc fa if oit fi bien fcs affaires>
& un des loueurs chagri o de
la perte qu1il faifoit , ~ luy dit ~ _. .

8' M"ERCURE
d'un con u -11 peu rude, qu1ellc
n'a voit qu.e faire de fe réjoüir,
puis qu'elle n'avoi\ al1cun in·
terelt au gain. Elle fe plaignit
de l'1njufl1ce de la Dame lorsqu'elle
eut appris qu'elle joüoit:
feulement pour elle; & la voyaol
en train de gagner, clic:·
lu y dit qu~ ellc pot1vo1t compter.
fon argent pour la mettre de
1noitie pendant le refie du jeu •.
L:.t. Dame la refu fa , & prit
pour pretex-te qt1e la fortune
lu y a y a nt eO:é trop fa verablc·
pour luy lailfer croire qtte fon
bonheur duit continuer, elle
ne vot1loit point qu'il y eu fi ce
jour #là de focieté entre.elles ,
puis qu'elle ne pou voit J'y rcce.
v<.lir, fans l'ex·pofer en quelq\1e man.te re a' une perte certa.in e. .
Cette raifon, & le caprice de la.
plûpart des Ioüour5 qui s01ma~

GALA NT. 17
ginent que le moindre changement
arrivé au jeu leur porte
malheur, firent ql1e la Dame
5,obllina fur le refus. Son Amie:
forcit., pour ne pas faire éclater
le dépit qu'elle en a volt, & ·
cllant revent1ë peu de ce1nps
a prés, elle trouva que foo gain
étoit augm~té de plus du tiers •.
C ette augmencacioo ll1y devint
fcnfible. C'eftoit un argent
qu'elle croyoit qu'on Iuy
fa1foit perdre fort injutlemenc,~
& foo chagrin ltty fuggerant le·
delfei11 de eau fer de l'inquictude
~ la Ioüeufcqu'elle connoif..
fott timide & fu Jette ~ s'effra
yer , elle s"appro<:ha de fon
oreille , & luy dit qu'( Jle fortoit.
d't,ne ma1foo où elloit la petite
verole & qu'elle venoit la luy.
apporter pour .. l.a pt1oir du mau-
'tals cour q~~ellc. luy fai fo1t. . ·
B8 M~ E RCUR E·
Elle s'en alla fort brufquement!
, aprés lu yi a v·oir parlé d.e cette.
for.te, .& la .Dame animée par
. !~ardeur. du jeu , . voulut faire
effort pour. vaincre l~extrêmc
: frayeur qui la.faifit,mais il lu y
- fu~ impoffible d·en veoir à bout ..
Elle fe troubla. , cha ogea de
couleur,. &.. oe f ~;lchant plus
ce qu'elle. faifoit , elle fut
contrainte de quitter le jeu,
en difaot qt1e. Je coeur comme11çoit
à luy t11anquer. La
p,afleur qu' OO VÎt tOU t à COU p
fur fan vifagc, fuc la.preuve de.
fon mal.On la remena chez. c:lJe.
& elle fc mit auffi.. t~t au lic.Oo
alla querir fon Mede.cin àqui
elle dit, qu'il lu y feroit inuLile
de chercher la eau fe.de ce qu'il
voyoit,& qu'il pouvoitlatraΕ
ter con1me une Femme artaquéc:
de. la RCtitc. verolc:. Elle.:

GALANT. 89·
Tuy contacnfoite ce que fonAmie
avolt fait contre elle. Il
fe moqua de ce qu"on efioit
venu lu y dire , &. 1 u y voulut
ralfeurer t'efprit, mais rien ne
put la. guerir de fc5 alarmes,&.
elle palfa la nuit dans cette penfée.
Les indices du mal qt1'elle·
apprchcndoit parutent aifcz
fortement pour faire dire au.
Medecin mefme qu'elle ne fe
t.tompoit pas. Son A1nie qui
fçeut la chofe vint la voir le
lendemain , & la. Dame luy·
detnanda fi· jamais p-crfoone
s'eltoit vangé fi cruc::Il emcnt.
Cette Amie (urprife de la voir
c n ce~ e fta t, 1\ l y pr 0 te na q u 'e 11 e
luy a voit dit L1ne fa ulfeté dans ·
le fcL1l dclfein de la mettre en·
peine , & juO:ifia li bien qu'elle
n'a voit cO:é que chez une Dame
voifine où il n·y. avoit au -

-




90 MERCVRE
cun malade , qu'on reconnut
impoffible qu'elle Iuy eull
apporté l'air contagieux qu'elle
croyoic avoir pris. Cependant
tout fon fang s'cll:oit meflé par
la crainte , &. l'imagination
a voie cfié fi puilfante en elle,
que la petite verole fe declara
des cc mefme jour. Le Medecia
dit d'abord que les fuites en feraient
tres - dangerenfes. Il
voulut qu'on appellall: du
fecours , & cout l'Art de fes
Confreres ainfi qL1e le fien, fut
incapable de fauver la Dame.
Elle mourut a prés les premiers
remedes. & lailfa fon A1nic
d'autant plus inconfolable. qu'.
elle l 'aimoit tendrement,& q u ·elle
fe voyait caufe de fa morr>
pour avoir voulu l'ioquietcr
dans le tems qu'elle joltoit, fans
avoir ci1 la moindre pcnféc:
,

GA ,LAN T. 91
qu'il full: poffible qoe la chofe
allall: plus loin.
le me fou viens de vous avoir
nüy dire quelquefois que vous
aviez peiné à croire qu'il y
eull: un amour alfez des- intc•
rclfé pot1r meriter le oom de
parfait. Vous le trouverez dans.
les V ers qui fui vent , s'il ell:
vray que l'Auceur foit auffi
lincere ,.qu'il paroiftavoir d'ef-
• prit ..
STANCE S.
O"jfr('{ moy fault11,ent, Tris, tlt
• v ous Atmtr,
Sans efptrtr jt111111is que vot's m' 11i· ·,
mitz de mtf me. ~
Yo~rt be11utl m,11 fat" th11r,,,tr,
1!.I et cb11rmt facret it tnD» io11-
he11r ex1remt. ·
'


,i. MERCVRE
~~
> le ff 111 q11e mille Am11ns· vous vonr
ft:1ire /11 cour;
MAÏS fans tjJre j11Jo11x q•e voft1t
eoeur s• e nvige ,
le iouiray dt mon *mour r
'/i)ll p/11ifir Je VOllS voir , & fl' M'11ff .
J11p11n111ge.
e
le fi'is à11ns mon Au!onne- ,. & vo11s
à-ans le Printemps ;
R·itn.n'ep ég11L en.no1's ,,t'Ageny ~
ttndre/fe,
JJ11is ;'AJ plus Je feu q,;.;, vingt·
ans·.
El l1111nour que i~ fa nsw;c ·titnt lie•
de jtMntffe.
~
1'Am11is un ftune A.mlfnt ne fi't plMI
en fltirné ,.
1·11m1JiJ un j1une Amant ne 'llOllS ·
trouv11 fi brl/e,
1'tm11is 1111cun n' 11 111nt 11irnl , .



GAL AN T. 91
I vous n11111rt'{i.A11111i; un .Am11nt
fi ftdellt,.
~~
m;'"~
ri!> un jeune A111111nt ne vous co,,.
11oijlr11pa.s •
e verr;e qr1'~ demy ·tant dt &bar ..
ma,,tes chofes ;
PArmy t11nl de divtrs 11ppas
Il n~ fçaur11loutrquevos its & vos
1oflJ.
~~
Moy, ie Jéco11v 1e en vous mille fa·
cr~tJ trefor1 ~
Do111 Lt CitL vol'r farm11nt à,unt
1f1Ain f11vorable
Orn11 voftre efprit, vojlre 'orps.
Et ie vo11s aime sut1111t qr1t vo11s
efles 11;m1ebk,
~~~
N6'l nt VD'fS farvir11 f11ns efpoir ·~
/JJ.n1 defirs ,
S4ns vous f11 1re v11loir fts fo11pirs.
& / es l11rm1 s; ,.
c ,



9+ MERCURE
Moy, ie nt veus d'11utrts plAijirs
.fl...ut et lu y de vous voir, .& d'11Jorc1
vos charttJes ,
~
J<_ut t•on goûte en 11mour les plaiji1s
Je s pltM doux ,
Mon coeur 11ux pl11s he11re11x ne porlt
poi11t d' envit ,
PoNrvû qùe toujours prés Je rvo111
1e p1iffe 4 vous 11imer le rejle àe m•
• vie .


Voie y d'autres V ers du
mefine Auteur , que vous ne
• trouverez pas moins agrca.
hies.
A MERCURE.
EleJle MtjftJgtr , rhtr conft~
dttJI des Dieux.
}lui tot's les moü partez. àes Cieux
Pour donner a11x Mortels des no•-
veUes du Monde , .
t '

GALAN,.. 95
rotez, Mercure, a.liez, p11reoN1t'{
t•rnrvers,
A llt~ t1011vtr Irù,jtt1nt, ch11rm1tn-
_.. tt, blonde;
1/011& verrez qr,'tUetjJ fansfacondt,
Yot~ n'avez jamai5 vû 111nt de
&h11r1nes divers.
~~
,
Po1'r 111 bitn divtrlir & ft11tt1 fas
dejirs
'l)onne'Zluy de ncuvtaux plaifirs.
choijiffez-luy to11jours q11tq11e rare
no11ve Ile.
Dites. luy qu'1111 milieu dtJ cbarr»tl
àt l11 CfJUT , .
.. Tirfl1 ég11/tmet amo"re11x & fideUt
· So11pirt fans ceffe pour eLle,
Et q11'tnftnvous n'avez ;amaû v4
l1t-nt d'amour.

Avoüez, Madan1e, que je
vo\lS doonerois beaucoup de
chagrin fi je manquois à vous
96 ME R·C V RE j
envoyer la fl1ite des Memoi- 1
res d'Efpagne,dont vous avez
lû Je comme.oceme·nt dans ma.
Lettre du mois pa!fe. L'applau·
diifemen.t general qu'ils ont
r.eceu ·me fait bien cooooifirc
quej'ay eu raifon de vous dire
. qu'ils ne peu ven·t ell:re partis
que d'l1ne Plume tres delicace,
& que celuy qui les a dretfc:z ~
s,'.e.ft attaché avec beaucoup
d'application .à étudier toutes
les intrigues de .cet-te Cour.
Souvenez - ~ous qu.e ce que
vous avez leu la dernierc fois
fi.nit à l'arrivee de leurs Majefl:
ez Catl1011ques au Retiro.
où Elles demet1 rerent j u fq u 'à
ce qtie tot1tes chofes eulfenc
ell:é preparées pour l,Eotrée
publique de la jeune Reine.
GALANT. 97
.'l?JITE
9E& -c.JKEMOlRBa
tlt 111 Co•r rJ' if! Agne..
A Camcrera Major avoit
r-Jcootinoé depuis Burgos
i; imprimer .dans r ef prit dn
Roy ceqa·ctle a voie comcncé
.auparavant à luy infpirer, qac
1a Reine cfloit one pcrfonnc
jeu ne & •ive , -élevée dan'S tes
.manieres libres de France ,
enticremcnt oppofécs à la {cvcrité
d'Ef-pagne. Elle luy fit
nvifager les confcquences de
cette liberté, capables de faire
imprcffion fur un cfprit not1rry
dans les préventions d'un Pays
'OÙ l'on .ne · a vert a
~ ·z n ,.._ erlactir E
<M.W' 1I llatsbtbllot~ .~1'
Mùnd\9n

• 1
98 MERCURE
des Femmes , qu'aucant qu·on
leur ace le pou voir d'y manquer
..
Pour joindre à ces premic:res
difpofitio11s le temps tsc les
mefures qui pouvoient aG"u ..
jecir entierement la Rcjne à
l'efclavage qu'on Juy prépa·
:roit, la Camerera decla-ra d'a·
bord que cette Princelfe ne re·
cevroit aucune vifice qu'aprés
fon Encrée , éloignant ainft
toutes les perfonnes qL1Î auraient
ptt lu y donner ou da
plaifir , ou de la confolation •
ou meftne quelques con{eils,
la tenant feL1le au Retira fans
{orcir de fon Apparliement ,
fans autres div ertilfemens q uc
quelques Comedies eoouycu ...
fes , & fans autre Compagnie
,:iue la Camerera Major , qui
Ja. craicoic avec le incfme cm-
• •

,
GA LA NT. 99
pire ~ u 'au roi t fait u 11e Gou-
\?er nan tc. · ·
Cependant le Marquis de
Villars jugeant qu'on Ambaffadeur
de France devoic voir
Ja Reine à fon arrivée à Ma- ·
drid, fit demander à la Du- ·
chelfe de Terranova qu'il pull:
falucr Sa Majell:é. Elle luy fit
dire que perfoone ne verroit
la Reine qu'aprés fon entrée ;
ainG l'Ambalfadet1r ne 1a vie
point a lors, & 1' An1balfadrice
ftir cet extnple jugea ~,i1'dle
ne devait point fe faire re-
1.fu fer. · , .
Mais deux jours ~prés la
Reine Juy fit dire que le Roy
trou voit bon qu'elle la vi nll:
voir dr facretB ,c·ea à dire, comme
tine perfonne particuliere.
La Marqoife de Villars envoya
un Geotilhomtne à la Came-
E 1
1
100 MERCVRE
rera Major pour l'en avertir ..
Elle luy fit la mefmc réponfe
qu'~ l'Arnbalfadeur ~ qu•elle
n'a voit point ordre de la fa.ire
entrer, & fur .cc q u.c le Gentilholl'JDC
la pria de 1e demandel'
;\.la Reine, elle le refufa. Le
foir me(me ih. Reine fit dire e 11-
core .à .la Marq·i.Z.Î fe par foa
Confelfeur qu'elle !a. vinG
voir ~ mais elle fic témoig.ller
à Sa Majefl:é qt1e Camerera
Major luy en olloit la liberté.
C'c:lloic une affez grande mar.
que .du pot1 voir qu'elle a voit
fLt.r l'efpric du Roy & fur ]a
perfonoe de la R.cine ..
Mais la Reine mere qui al-
1oit prcfq ue tous les jours :iu
Retii:o, voyant de quelle confeqt1cnce
il efioitde tenir dans
un eltat 1i contraint one jeune
Prince.ife ., nourrie dans la li.
GALANT. rot
bercé & dans la joye, dont la
fanté leur efroit fi neceLfaire ;l
obligea le Roy à prend-re des
mefL1 rcs moins aufreres , &. à.
fouffrir que l'Ambaffadricc
pu!t voir la Reiae; de forte
que qt1elques jot1rs aprés, la.
Marquife de Villars efiant al·
léc fa lu ër IaReine-mcre pour
la prcn1icre fois , elle en fut
traitée avec une extrême honnell:
eté. Cette Priocc:OEe Iuy dit
que le lendemain elle pourroit
•oi r la Reine, & qu'elle mefme
) .
s y trouvcrott.
En effet, Ja Marquife efiant·
allée le lendemain au Retiro ,..
y entra par l,apparteme11t de'
la Camercra Major , qui luy
parut fort radoucie. Elle trouva
la Reine avec le Roy&. la\
Reine-nlere, le Roy affis, les
deux Reines fur des Carreaux
E 3
'


101 MERCURE
:l J'ufa·ge d'Efpagne. On donna
un Carreau à l' Ambalfadrice
, qu·Î demeura quelque
temps avec leurs Majefrez ,.
j-u(qu'à ~e que la R.eine.mcre
cmrncnafr le Roy, & la laif.
fu(t feule avec la K eine ,. qui
ll'Y conta t'enou y & les chagrins
de la vicc qa'elle me-
• noie.
la Marquife chercha. à les
adoucir par d·es raifons qui
pulfen·t la confoler pour toejou.
rs._ Elle lu y fic confidercrque
dans un at1ffi· grand changement
que celuy q•1Î ltlÎ elloit
arrivé tout d'un coup,lc::scom•
me ncem~ ns efioient difficiles;
que la retraite &: la fol1 tu de
efroient en Efpa·gne un ufa~e
dont les Daa1cs ne pot1voienr
fe difpenfer ; qt1'il falloit t:tc.
her de s'y accoutumer. 1 &:.
..

V,-VVV'•..,.,.---

GA LA NT. toJ
qu'il efroit aifé de fe confoler
de bien des chof cs , quand on
{e trou voit une grande Reine;
qu'elle devoit prendre 1·efprit
& les vet1ës de foo rang;. que
celloit l~ moyen de fe mettre
au delfusde tout; qtic le fon ..
dcmeut de fa grandeur & de
foo repos ell:oit d·a voir pour le
Rov un verirable attachement,,
# de le luy faire conn-0iOEre par
une extrême compla1fance, 8'
de s'aba ndonnerentrerement à
l'amitié de la Rei ae. mere qui
Iuy tendoit les bras. 1:.lle luy fic
voir encore dans la cooduice4
qu'elle devoic tenjr avec Je t
refie de la Cour, plufieur$ i<
cbofes , qui pouvoienc luy
aider à fu pporter ces commencemens
, & à Iuy rc11dre les
fuites a g reables ..
~oy que la Reine deuOE.
E ~


1·04- ME R C V R E
bien (entir que dans fcs con ..
fcils , 1' Ambalfadricc.nc pou•
voit avoir d'autres vcuës que
celles- de fes vcritablcs ÏDlG•
r.efis ,.ils ne luy firent pas ocanmoins
alors toute l'imprcffion
qu'il auroiccfié à fouhai-.
ter pour. fon bien. Les préventions
contre Ja. Reine. meretqu'on.
Iuy. reoouvcloit fan'"
ceif c, balançoicnt la coo6anco:.
qu'elle dcvoit à l'Ambatfadri.
ce; foo efprit accoutumé feu.:
lcment aux chofcs agrcablcs,.
qt1i occu peQt les pcrfonnes d&foo
~ge , trouvoit. trop de
fatigues àdébroüillcr ces- COD•
uar1ett! Z. Elle demeuroit daat.
cet cmbaras faos pouvoir fc
donner la force d'eo forcir pa~
quelque refoll1tion, & peut•
efire c·cs difpoûtions luy 6reoq
. perdre la. conjonclutc qu'elle:
GALANT. 1oi ~ -
avoit dans ces commence.
mens de fe tirer de l'alfujeti!
fcmeot où.elle efi demeurée·
depuis.
La Reine·mere qui avait;
obligé le Roy à permettre que·
I' Amballàdrice vill: la Reine, .
lt1y fit cooooiltrc: al1ffi qu'il
efl:ott de la bienfeance que·
l'Ambalfadcur de France Ja
pofl voir. Aioû le 14. de De-~
cembre il v1fita la Camerera.
Major , qt1i IL1y fit paroiflrca!
fc:z d'honnefieté,& quelques·
jot1rs aprés il falüa la Reine , ,
avec laquelle il ne demeura.
qu'un moment, le Roy cfianc:
dans la n1ef me Galerie . .
Ce fut environ dans cemef..
me temps ql1e le Theatin Vin-·
timiglia continuaot fes intri~
gucs,doona à un Gentilhomme·
Rrançois, qμi efroit vcnl1 à la.L
• E s) -



-
10~ MERCVRE
fuite de la Rei11e, de not1 veaux
Memoires pou·r les lu·y prefenter.
C'eftott èncore des plans
pour le gouvernerne11t, & uad
·etail fur le cl1oix des M·inifi1e
s. Le Gentill1om1ne prit
d'abord· ces Mem'O Ï·re s- , mais il
' -
Jes luy rehdit peu d'heures.
~ a p rés , & le lendemain Vint-
im iglia receut t·1n ordre du·
Roy, q·ui le bann1lfoitde tous
fes Ecacs. li fut obligé de partir·
incelfammeEJt , for't en colcrc·
~oDtre l»Ambalfadeur de France
, auq11eJ 11 a'tt r:i buoic la caufc
d e fa d1(gra€e, qu'il ac devait
q ti 'à u 11e c~ d u Ït·e dé rcglée qui!
l'a voit préc1pit·é, fans que perfonne
Je puft plaindre.
Tot:1t le m o nd~ s 'attendoi~
qt1'inco1~tjnent a pré s Ieretot1r
du Roy J.'011 verroit éc~blir
ftu~lq.ue forte de g,<>u v.ci n.c:.-: -
!
-rvvoçrr....----
GAI.:; A NT. 107·
ment qui pull donner cours
aux affaires enticrement fufpenduës
depuis la n1orc de
Dom Juan. Quand cette n1orc
arr1 va, on eltoit prefi à partir
pot1r le Voyage d ont coute la.
Cour, & JeKoy plus que perfon
ne cltoic entieren1ent occupé.
La Reine- merc ne faifoic:
que de revenir de fon exil, 8C
perfonoe 11·,efroit encore alfcz:.
bien avec le Roy pour pretendre
au Mï oiftere .. Aio fi tout lcgou
verncment fe trou voir en.;.
· tre les mains d,un Roy de dixfeptans
qui n'a voit jamais entendu
parler de la moindre
chofe qui pull luy donner:
quelque- connoiifance de ce:
qui le ·t egardoit
Le feul h·omn1e qui decidoit:
avecluy du fore de l'Etat &des;
Affaires,étoitD.Gcronimod'E.~
E 6

110 ! ' ME R C 0 R E·
g .uia·,,Secretaire d'Efrat depuiss
quatre ans, oÙ:tl cfioit parvenll!
de G1nple C.omrnis. Ou conf11ltoit
fet1lement: quelquefois ..
le Conoefiable de Caaillc &.
le Duc de Medina· Ccli fur·
qu<;lques Affaires, dont le-Secrc:
caire- ne vouloit· point. fc·
1'.cndre.ref ponfablc,mais durant.:
tout le voyage oo ne refolutr
rien d'important,on·oe travailla
qu'au voyag~mefme,& aux:
ordres qμ•il fa1Ioit .oe.cc1faircment
y donner •.
T outc la Cot1r· efiant raf~
fcniblée par le rctot1r du Roy , .
chacun. con1menç~ à. fonget.à
des· établilfemeos , ou pour
foy-tnefme ou pour fes amis·.
dont-la fortune pou voit aider--i
la. uè11oe. On regardait· le ·
Duc. de Medina.Celi & le~
«.on ncfiable_ de.. Cail1llc. com!
GALANT. 1-09
me les deux hommes de Ja ..
Cour les plus en cfiat de pre-..
tendre à la premiere place. lis, .,
ell:oicnt dans les deu X· prcrnicres
Char~es de )a Cour , tous,
deux du Confeil d'rulat , tous·
deux Gr~nds S-etgncurs , les.
deux hommes du monde les
plus dtffereos , & les moins,
amis. On a voit tenté qt1elque ..
fois de les racomn1oder pour
éviter de fafcheufes fuites de
leur· des .. unioo, mais ç'a voit,
cfié inutilement.
Le Duc de Mcdina.Celi ~
illultre par fa nailfance qt1'il
pretend rapporter au fang de·
Foix & de Cafiille , fept fois
Grand d'Efpagne , riche par lt1
v mefine & par les biens dc:7
fa femme heritiere de la Mai.
fon de Cardonne, Sommelier;·
du.. Ci>rp,s) &_ rrefidcnt. du1
••
110 MERCVRE
Confeil des Iodes , fe trouvant
a·lors ~g é de quarante - c;i n
ans , & d'u11 genie dol1x &
honnc!te , fbn attachemcoc .
pour la per. fonne dL1 ROY, &
une, co nd utce égale & pailible
le Juy a voient r.c Hdu agreable.
Cec agrément qt1'0 0 ne voyoit
q u e pou r l t 1 y , 1 e fa i ( o i t reg a r -
der par la. plllfpart d e ~ Courlifaos
con1me celuy qui devoit
le plL1s prcte0dre à. la f.1veur
dans u~ne Cour où la grandeur
du raog & de la nailfance e~
une des plus e!rentielles qualicez
· pour devenir premier
Minifrre.
Le Connellable avoit déj~
dix ot1 douze ans plt1s que le
Duc de Medina Celi. Il ell:oit
grand Seigneur par de gran•
des Terres, mJis d'un revenu
mediocr e , di.x1 é m ~ Coonefia.ble
hercditaire de Cafi1llc li

• •
. GALANT. 1rr
Gr·and Maillre de la Maifoa
du p.,_oy 1 ~ Doyen du Confeil
d'E!l.tt , capable d'affaires par
fen gente & par l'e}fperiencequ
'11 a voit pù acqucr1r dans.
divers emplois & gouvcrnemens
dont le lier-111er avoit
cCl:é ccluy de F1a~dre , mais:
n atu rellemeoc particul1~r ,
a-ufi: erc: & peu acccffible.
C,eltoit le fc:l1l h-omrne que·
Dom. ) uan n'a voit ofé poL1f •.
fer , qu0y Elu'1J le haïll: &
par luy mc. fme,& par l'attache··
ment qu'il avott fait parailtre
pour la R.ei11e Mere. Le retour
de cette Princc:tfe ll1y·
fcmbll)it doo-oer de grandc:scf
perances d'entrer dans le·
mtnalbere. On ne dol1toic
point que le Roy ne d e fer ~c
beaucotip à ce •1u'elle IL1y infpirero1t,
8'. l'on ettoi.t l?~rfua.-
..

' '
'

1.1,.! MERCURE.
dé qu'entre ceux- dont'elle lur
recommanderoit· le mcrite ,
le Connefiable. feroit Je prc•
mier, qt1,1l fe rrou.veroit appuyé
de tot1t le party que D.
Juan avoit·mal traité, & de tout
cequi avoitconfervé de l,atta• ·
chemeot·poL1r la Reioe Mere.
Dans des apparences fi favorables
il ne faifoic paroill:rc
que des preteotioos moderé~
s, & foit gue le mauvais
cfiat des affaires&. Ja jeunelfc
du R:oy luy fi[enc aprehender·
les rifques du pre1nier poile,
ou que ne fo voyant pas en
cfiatd,y encrer de plein pied,
il vouluO: fe faire des degrcz·
pour y monter , il paroilfoit~
fo11l:iaiter une Jo11te pour le
gou verne1ne1lt , dans laquelle
il ferait l'Ioquifiteur
General , & ... entrer a.vcc. lc;
•"V""'M7'_.,,....,..-----
GALAN.T. 113
Marquis de Manfera , Grand
Maillre d'Hoflel de la i{cinc
. Mere.
Il fc:mbloit que par cette:
Jonte )a Reine Mere demeureroic
fecretement n1a.i ll:reLfè
des affaires, dont la di reél:ion
fera it entre le5 111ai os de trois
Ma niflres cnticremenc fes
Creatures , mais on pretend
q oc le CoancOEable perfuadé
que dans cette Jonte , il ic
trouv'C roit au delfus des d-eux
au t rcs Mi nifires , fe flattoit
d'y pouvoir trouver i·avan•
t-age d' ellrc le pre n1ier fa as
s'expofer à l'envie :t ny ~ répondre
du. f uccés des Aff ai·
res.
Comme cette Jonte at1roit
· mis toute 1·autorité encre les
mains de trois perfonnes feu-.
les, la plufpirt.dc ceux de cc

114 MER C O'R E
party qui la fouhaittoic:nt
plt1s partagée afin d'y voir
entrer leurs amis particuliers,
auroient voulL1 la voir auffi
nombreufe que durant Ja
Regence , &. la compofoicnr
du Connefiable & du Duc de
Medina-Ccli comme Grands
& dL1 Coofeil d'Efiat , du~
Marquis de Manfera qt.1•on aaroit
fait Prefident de Cafiillc,
du Cardi oal Portocarrèro-Archevefque
de Tc)ledc, de l'lnqt1iGteur
General , & de D.
Melchior Navarra , autref~is
Vice Chaocelierd'Arragon.
Ces propofitious de lontc
aflercnt 1010 , & environ uo
mois apres le rccour du Roy,
elles parurent fi avancés, ql1C
ceux à qui l,attachcmeotqt11ils
a voient eu pour D. luan ·faifoic
craindre le po.uvoir dcla
"'lrT._,V,.......,.....,,-----

GALA NT. II 5
R ei oe-mere & }'élevation du
ConoetlJble , en prirent l'alarme,
& fe rallierent au Duc de
Medina Celi, pour y trot1vcr
d=e la proceého1l , dans l'efperance
de le voir premier Mi- 1
nillre. . .,. ... ,_
C eux qnt.. penetroieot ta . . ..
vericab1 e._dÎTph.Gtio de la Cou~) .. -~~;,:::
vo yo i e.n#'t~u n1il1eu de
c e s d iffe rc:os partis le Ouc de
M~di na Ce li ne lai lfoit pas de .
s'avancer à la f{veur, n1ais foie
~~· par un tffet de prudence & de
modGrati9n, ou peut~etlre par
,,\les dif policJons de ceux qui étoieot
dans de~ intere..l l:s cont
rai;es , il ; ne s' élevoit que
lent'è 1n e nt. 11 fembloit 1n ê1ne ·
que la plu·s grande partie de fon
am b i t i o o v i o fi: de [es A in i s , & .
q a'tl ft1i voit moins fes propres
movcmcns qu~ ceux qu·'ils-s'at-

..' 1

1·16 MERC VRE
uchoient à lt1y donner.
Entre ces deo~ partis qui
fen1bloient e1nbtaLTc:r la plus
grande' partie de la Cour , Dom
Geronimo d'E.guia en formait
un croiGéme prcf que lu y feul~
Il s' elloit vft tout d'un eoup
Secretai re d'E!l:at , lors q uc
Valeo:zuela devenu Fa vory
olla cette Charge à D. Pedro
Fernan9ez del Campo , qu'il ne
1rot1 voit pas a!fez fou ple. D ..
Geronimo évita foi gneufemerlt
de tomber dans u11 pareil
defaut tant qt1e dura la fortune
de Va r ~ n z u ela. Si - colt q u '1 l la.
v1t ébranlée, . & que la Cour
tot1rn0it du collé de D. Iuao, il
prie avec luy des mef ures par
avance, & fe cooferva duranr
{on mio1fier-e par une excr~mc
foum iffion. Quelque temps
avant la fin de D. Iuao, il fc

v-rvvvçrçr·-
GALANT. 117
conduiût commeavantcelledc
Valenzuela; il entra en comcerce
avec la Reine mc:rc, &:
fccut par là fe maintenir quand
:elle revint à la Cou..-.
Dans tous ces changemens
il n'avoit fa C·harge que par
.commiffion, mais comme elle
Juy donnoit lieu de voir inceffammeot
le Roy, .& de traite.r
feul avec lu y detoutes les affaires,
il fe trol1va feul dans fa
confiance, & pour fe la conferver
on pretend qu'il Iu y i o fpira
une défiance gencrale de tout
.ce qu'il y avoit de perfonnes
plus conliderables , & !impie:
Secrctaire d'Ellat par commif ..
lion, d'un genie bor11é & de
peu d'expericnce, il fe vit en
pou voir de balancer pendant
un temps deux puilîans partis,
fans que l'un ny l'é!utrc pufr

118 MERCURE
.devenir maillre des affaire!
t.ant qu'il s'y oppofa.
Quelque panchant qu'cufl
le Roy pour le Duc de Me·
dina· Celi, D. Geronimo J"ar •
. reil:oit en lu y renou velaat
l'idée du Miniil:ere de Dom
JL1an, l'e.fclav~gc où il l'a voit
tenu, les pe. rlè cutio1Js l nd i gncs
faites à fa R ci 1Je fa Mere , cant
de pe r (on ne~ ·de qualité maltraitées
fans fuj et ,la m1fercdu
Peri pie, & plu fieu rs autres deford
res i11évirables qt1and on
.abandon ne le g ot1 verneme nt
au,caprice d'un feu!; & d'autre
partil luy reprefentoit lalo nce
comme une trol1pe de Minif..
tres q t1i tous vou d roÎf lJt corn·
mander.& embarafferoiét toujours
les affa ires par leurs ja·
loufies & .-Je urs co ntr~r i c tez ;
qu'elle luy f~rcic ·auta1Jt à char·

l"V"'TU'V~r-
GALANT. 11,
ge qu'1nut1le à l'Etat; que les
Iontcs pouvo1eot cll:re bonnes
pendant une Minorité mais
que Sa Majefré n'efioit plus en
âge de fe donner des Gouverneurs.
li ajo~coit à cela le
genic dt1 Cooneltable, fier 8c
imperieux dans l'autorité. Il ne
laitfoit pas mefme la. Reineinere
fa os quelque atcei oc~, ·
f•ifant' comprendre aL1 i{oy,
1 ' '\ qu accoutun1ee. a got1 verner
elfe redevie11droit aifé111en.t •
Mailtrelfe par une Ionte toute
aelle, & que le Roy à I'~ge ·
qu'il efioit, & marié, fe crouveroit
1nfe1lliblement reduit

au mefme eltat que dans le
temps de foo enfance.
Pendant qu'il tenoit ainli
·te Roy eo ft1fpens, il demeuroit
feul a vcc luy ma1fire des
.affaires. La Dt1cl1efi·e de Ter- -,
J io M E R C tJ R E
raoova fe trouvoit dans un •
pareil interelt d,éloigncr la
Rc~nc- mere, la Io1)tC, .& un
Favory. Durant cet interregnc
~elle gagnoit le ·temps de s'af ..
fer1nir dans l'efprit du R.oy,
auquel e'lle infpiroit de fcmblables
défiances ., & les éten
·doit mef me jufque fur la Reine.
·dont la jeuoelfe & la· facilité
Iuy lai!foient toutes les mefurcs
libres. le Coofe(fet1r iofpiroit
aifez au ao,y les n1efmes veu ës,
de ne point avoir de Minillrc
· -dont il puft dépeoJre.
La Cour ell:oit toujours aa
11.etiro , c,eft à dire , hors de
Madrid , eo attendant que la
aeine pull faire fon Entrée,
1pour aller enfuite loger au
Palai s. Les preparatifs de cette
·Ceremonie farent longs. On
crut


TV~V\.I'......,.,,,----
GALANT. 1s1
crut mcfmc durant quelque
temps que Ja Rei oe eltoit grolfc
mais cette cfpcrance cltant
finie au commencement de
Janvier 1620. le 13. du mefme
mois elle fit fun Et1trée.a cheval
fortaot du ae-tiro pour aller au
P.alais. Elle palfa fous cinq
Arcs de triomphe dtfpofez é\
di vcrfes difrances fur fon chemin.
Le Roy & la Reine- mer~
cfioient chez fa Con1celfe d'O·
gnate, à un Balcon doré fait
exp rés à la fcnetlre d'u o appartcme
nt bas fermé de jaloufie&,
qu'ils ot1vrireoc feulement de
quatre doits quand la aeinc
palfa.
Quelques jours aprés fon
E11trée, I 'o·n v1t à Madrid l1 ne
Fcfie de Taureaux la pll1S
magnifique qui s'y fufi faite
deF111s long temps. Le Duc
ÂVTll 16_90. F





11J MERCVRE
de Medina Celi Sidonia , le
MarqL1is de Pamarai.a & êic
P.1.badavia, Frcres, leC001tedc
Ca&palma, fecond Fils du Duc
~e Setfo; D. Fernando de Cea,
Gen1ilhommede Cordou.ë. &
D. ChriJloval dt Mofcofa fu.
ren t les Con1battan s , & fi renc
paroifire bea.u,oup d'adrclfe,
fur tout le Duc de Medina ..
Sidonia, f uivi en entrant dan)
la Place de cent Laquais habillez
à la TL1 rq ue. · Les a t1trcs
;ivoicn.t une Livrée nornbrc:ufe,
dont chacune rC'prefentoit
les ha.bits de ql1elques Na~
• tJons.
Ce f peél:acle elt ttn rc:ll:c é:lcs
Mores , dont le genie & Je,
' manieres ne foot pas coeitflC.
ment forcies d'Eîpagne Jor'
· qu 'tls en oot eftè chalfcz. Il
&emble tenir un peu du barba-

G ~LAN T. i13
~c, quand on y voit des nom.
:01es s'expofer , pour divertir
] ·e Fubltc , à combatre des
Taureal1x fauvagcs, & qu'il y
a peu dcFelles qu'il o~en coulte
la vie .à ql1et'3ues uns, mais Ja
't"eprcfentat-ion en efr grande.
Les Combattans y paroilfoient
f'ur les plus nobles chevaux dtt
monde, & rien ne fait une plus
bcl1e vcuë que la Place âu
combat , exttémement vâfle ,
toute environnée de fix ou fepc
étages de Balcons égaux,aucant
parez de riches étc,.ffc=s , ~ttc:
re1n pl1s d'tin non1brc 1nnn y de
• Spi.. él:aceurs. · '
Ta i1c qt1c la a ci ne a voit efré
au Retiro, elle a voit mené unê
v·ie folita~r-e " dcfag,eable en-·
·trellesmain&èc la Duchc:tfcdè
Tctranova , qui la gouver-1
noir comme un bnfa.nt, Elle•
F l.



-



114 MER CURE
continua la mefme vie au Palais
, li c.e n 'efi. qu'elle co mmença
de recevoir Jes v1fircs
de quelques Damei de qua litt,
qui fo11vcnt l'ennuyoient autant
que la falitude mefme.
La R<::ine. mere, & au Reti
·ra, & dépuis au Palai s , la
venait v-0it fort fouveot ,lu y
faifait bien des arniticz , &
qt1clquef.ois des prefens, mais
elle ne trouvait potnt dans
fa Belle-fille l'ouverture k la
corrcfpandance qu'elle attendait
d'elle , & qla,oy qoe la
Marquife de Villars & le Confetfcur
qu'elle a voit amené de
FI'.ancc , filf ent lct1 rs efforts
pout l'obli.ger à fe donner tal1tc
CEJ.lÎere a la RCÎnc-mere, & pat
devoir &. par rcconno1tfancc
de la tendre.lfc qu'elle luy tétQoignoit,
par la raifon de [es
...

• •
GAL A NT. 115
~eritables i a.1tcr<!fl:s, les défia o ..
ces que l'on concinuoit de lu y
infpia:er, la tcnoient dans u11
efiac indéterminé , qt1i l'em·pêcboit
de voir&. de fui •rc ce
qui luy convenoit le plt1s.
La a ei ne Mere cfèoit de
bonne foy avec elle, !< quoy
qu·11 fcmblafr que la rupture
du mariage d'Allemagne
dufr loy donecr quelque
éloigoemcnt poμr une Priocclfe
qui avoit prηS· la pJ.acc de
fa Petite-Fille ,. il cfr certain
q u,elle confideroit la Reine
comn1e fa veritable Fille. On
prctendqo'ellc n'avoit pasliea
d'cftre contente de l'Empereur,
qui dans tout fon malbeul' n'a.
voit pas fait la moindre démar.
che pour elle. 011 luy a·voic
. mefme fait entendre que le
Marquis de Graoa devant vc.-·
E l ·


I

ti6 MERCURE
nir Ambalfadct1r del'Empercur
~Madrid du temps de O. Juan,
a voit demandé qu·oo abaodoo.
nall: (es intercll:s.Ce traicemeo1
l'av·oit fcparée de {a Famille
d'Allemagne.
Daas toutes fes d·ifgraceJ
eile avo1t tl'ouvé de l'hoonefreté
du cofié de la Fra.ace.
La Reine tres Chrétteoac a~
oit toujours . clbé dans fcs
· intcrcfts , &. avait agy aYec:
cluleu.t pour fon retour.
L' Am.batfadcu.r de France s·é.
toit tenu dans une condl1itc
d0nt elle a-veit · Jj eu d'cftre
coorente. D'ailleurs la; R:cine
efioit bien faite. Elle avoir de
J.adouceor, de I'agrement & de
Ja beauté , & Ja Reine Mere
tfpcroit de luy voir bicntoft
des en fans , qu'elle regar~oit
comme le bonheur ~u Roy foD
• •
1 V""'TVV\.70"'..,,.----
:G A l .. A NT. 1 17
Fils&. Je falut de l'Efiat. Tou·
res ces confiderations Jay donnoicnt
du panchant pour la
l\:ei~e. Elle ne doutoit poÎOl ·
g uc la tendrelfe d,unc Femme
ne touchafi a!fez le l.\oy pour fc
l'attirer tout entier , &. ai nfi
elle croyoit qu,cllcs pourroicnc : .
cJlre en cfiat de le mcnager ~ . ·
da os un ~ge, où pour fon bien,
k pour celoy de,l'Efpagoe, il
a voit bcfoio de prendre con•
fiance en elles qui feules ·le
gou verncroient fans in~crcfr •
. Cc:ttevcuëpouvoitallerloin
li la Reine cufi pû y entrer de:
bdnoc heure, mais dans l'in.;
certitude où elle demeuroit ,.
elle efioit entre le aoy & la
Camerera Major, a vcc ft peu
de force&. de hardi elfe, q o ,elle
11c s'ouvroic pas mcfn1e à lat
1cinc Mere, qui fans ce!fc: Iur.
F 4.-
-

128 MERCVRE
fa1foit des avances.
Il efi vr.ày que dans la foire
l'Ambalfadrice de France la.
dctrompa alft:z des imprcffions
qt1 'on luy a voit données de la
&eioe Mere pou.r l'obliger d'a·
voir q~elque confiance en fcs
confcils ; mais la aeine Mere
n • ayant pas trouveI Ia me/\ mc
fatisfaél:ion avec fon Fils, & ne
fe voyant pas. a.lfc:z de pou Yoir
fur fon cfprit pour·p.rendrè des
mef ures certaines , cl'l'e paroi
fe retirer iofenfiblemenc ,.
foie qu'elle cruO: qu·e la ne ..
ceffité du gou·verocment obli.
geroic le aoy de revenir à elle,
ou· qu>-eo. effet le mi(erable
cftat des affaires ~ le fou venir
de fes ma.lhctirs , & fon
panchant· naturel pour le rc- .
pos , luy fi!fent prendre la
refolutioud~abi\ndonner couu:.
• •
• ..
GALANT.. 119
2utre vcuë pour ne peofer .
qu'à joüir d'une vie paifible ,..
il efi certain qu'un jour 1· Ambalfadrice
de France luy témoignant
combien il cfroit neceffaire
qu'elle cotraft· dans lcsfoios
dt1 gou verocn1cnt , elle
Juy répondit qu,elle voyoir:
fur cela tout ce que· l'on pou ..
V()it voir , mais qu,elle pre
:f~ roi:.fo u repos à tout le rcfie ..
On pretend que le Con-
. neltable jugeanr par cerce ·dif-.
p olÏtion dela R.eioc Mere,qu~ ..
elle devenoit. inutile aux deG.
{c i os q u'1l pou voit--a voir, prit ~
dc:s liaifons avec Dom Ger~
11imo d'Eguia , la G.amererà.
Major,& leCocfcfi'curdu R.·oy,
q t1i fit entrer le Duc d' Albe
tdlns cette nou.vclkConfédcra.. ..
tion .. Il parut que le dclfcio de ·
ces ttois derniers cfroj.c· d'op.-:·
F S.:i

-. ----- -
1;01 MER CV RE
pof-er le Conefiable au pue
de Medina Ccli qu,1ls voa
yoient s'avancer dans l 'efprit
du aoy.. Le Connefiablc d"uo
cofié 'Cherchoic à gagner pat
eux. a.uprés de Sa Maj cité tout
ce qt1 '1 ls feroient perdre aù
Dl1c de Medioa-Celi > mais.
co1nmc il cft naturellement
Î1n1perieux , il devjnt d•abord
redoùtable à ceux qui devoicot
le foutenir .. D. Gcronimod'Eguja
q t1i ne ch.erchoit qu'~
balancer ces deux hommes
l'un par l'auttc , éloigoa de
nouveau le Co11nefcableen rcvcillant
dans i'e{prit du aoy.
la crainte & l1av·crûon qu,tl
a voit pour luy. ·
Le ConncO:able ne fut· pa&
long temps às'cn appe~ce~oir ,.
~ ne trou ~ant point d'autr~.
ipoY.cns_ Je s'en vang~r , & .
. ... • •
GALANT. 1·311
dans le Confeild'Ellat de grao- ·
des plaintes fur le defordrc des
affaires qu'il imputoit à D. Geronitno
d,Eguia , qui fcul en·
a voit eu la dirc:étion avec le ~
.a.oy. Oo tient mefmc qu'il en-
'gagc~ D. Manüel de Lira, nou·veau
Secretaire d'Efiat du D.e ..
p.irtemenc d'Italie , à doonet\·
q uelg ues 1nen1oires dans le·
Confeil far di vcr{es affaires.
· dont il luy attribuoit le retar ..
dcment ou le mauvais fuccés.. ·
):.ira autoit pô. efperer de trou-
Yer dans la· perte d~ D. Geromi
oo un a vaocement confidcrable,
& les plaintes qu'il fai:foit
n·cfroient pas fans fo11de .. .
~eot ,.car il cll: certain qu'onj
:vo yoit alors en Efpagnc tout.
le: dereglement qui peut affiiger
un Efiac. fous un Prince·
jeune &. depourvcu· de con--
fcil ..
-

'
- ----
,
~Jit· M E R CU' I\ I!·
Cependa.nt ces- plaintes'
. n'eurent point· de fllÎt:cs:, &
le ConoeO:·ablechcrchantd1a~
tres moy.ens. de fe foûtenir.; ,
oenta de oou veau la v.oye c.ic Ja
R.etne merc. Il tâcha de la
réveiller en 1 u,y reprefentanc
vi vcmenc que Medina €cli.
elloit L1nc Creatl1rc de L>om
Juan ; que c>e.fioit luy qui
autrefuis luy a·voit porté &.
elle .. n1eftne l'ordre de fortir de • .M·adrid ; qu'il. pro~gcoic- CD·
core fe Prefident de Caltillc ,,
fi indignementdévoüé ~ -toutes .
les paffions de Dom.Juan; que
fi a \'ec ces: dif pofitions il
devenait le maifire des affaires
elle devoit $,attendre à voir
r.evivre D.Juan, &. toutes les .
perfect1tioos dont il 1·a,,oic:
accaolée.. .
Medina ~ Ccli a.f.crty de:
• •


- --- - rG Jt.,t A N' T. 1.13·
cette denlarchc , alla rrouver
la· aeine - mcre , l,alfura de
fon· refpc& & de·fon attache•
· men~, luy protefta, comme i~
a voit déja fait· d~autres . fois , .
que quelque bonté qu,euft le
Roy poltr luy , il né vouloit.
precendre à s~6lever que pal
clJe. Il fe jull:1fia fur tout cc .
')t1'onluy impt1toit de Da Iuan~ .
fic voir qu'il n,a voic·jamai s efré
Crcature , qu'il ne pou voit._
l!cllre q·ue du Roy , ou de
Rtrfonnes royales ; qu'à- l'é ...
gard du PreGdcnt de Callille,
. it voyoit qu,il ef\:oitdl1 fcrvicc
du Roy de le maintenir contre f
~es cntreprifes de Rome , alf uraot
que l'appt1y qu'il luy ayo~t :
donné dans le Confeii , ne
regardoit point fa perfonne ,w
mais l'autorité du f\oy q t1e le
Nonce attaq uoi-tdirt.él:emen;; .
• •
• •
""\:.llOV~'---- -


•3~ MERCVRE
La· Reine - merc en paru.e.
conrente ·, ou peut-efire oc
voulut pas prendre la peine de
s,cn foucier, mais l'on pretcnd
que dans cette coojonél:ure , le
Connefrable perdant 1•efpe-
. rance de voir forn1er une Iontc
où il pull: entrer , ny d,eO:rc
luy- mcfme premier Miniftre,
trou va occafion de dire au
Roy qu,il ne croyoit perfoon~
plus capable de Jôulagcr. Sa
Majefié dans les foins dq
gouver1Kme11t , que le Duc
de Medioa-Celi, foit qu,il
-voulull: par là Ce faire quel ..
qt1e merite dans l'cfprit du
-ROY doot· il fl3.toit l,inclina ..
tion, & dans celuy de M~
dina Celi , dont il croyoit la
faveur affurée , ou ~uc le ju~
geant peu ci\pable de gou ver
·ncr., il aimall ,P..1 ieux foufftir: •

• •
"V~VV'"""""~---
• GALANT.. r3!
qu'il fuft élevé qu'un autre,,
dans l'efperaoce de le voir pluf •.
con tomber ' & de rctrou ve"r
d.ans la fuite des n1cfures pour
fcs dctfc:ins ..

:Renda11t ces agitations du~
Palais le gouvernement clloitl
dans t1ne foihlelfe qui achevoit
d'abifmer i·Efpagne déja.
accablée depuis long-temps ~
Toutes les affaires qui rcgardoient,
ou l'Ellat n1cfn1e , OU;
les particuliers , cftoient égafi
J •
lcmcnt f u penduës, elles la-nguiffoicnt
entre les mains des.
Confeillers qui les examiDoicnt
avec Ja lenteur ordinaire
, ou fi elles allaient jufq
u es au Roy, c·cltoit pour y.·
â~ meurertout à.fait 1àns al1cu·.-
·ne re(oI ution. .
Les Minifires Ell:rangers fe·
elaigpoicnt.de la manicrc 000~
·- ·-----


P36 MERCURE
U:s iocerefr-s de leurs MaiClres·
eOEoieoc. traitez. Plufiears
d'entre eux arrcfi:cz dept1is·
lt>ng~emps à.folliciter le payement
des grandes fômmcs
deu ôs· ~ des· Princes alliez ,
eftoient rebL1tez dc·fe voir faoS!
r-éponfe , ot1 trompez pa.r de
faulfes affi gnatîoosi L'Envoy.é
de l'Elefuur de Brandebourg
fe ,r eti•roit .n 1al con1.e, nt, a prés·. \ fJU o~ a,vo1t n1a,nq ue a. coutes·
les prometfes q t1'i 1 a voit tirées.
. fur ce ql1Î ell:oit de11,à.(on Mai.
frre. Pluficurs autres cfioicnc·
.. ·en· eftat de prendre lé même
party; le N.oocc faifoit depuis
loogcems des ioll:ancesioutiles
pour·a vot r jt1 flice des entrepri•
fes du P·rcftdeot de Caft1lle ,, .
que le Pape 9l.voit declaré
f ufpcos. · .. . _
L'A mbaffildeuC. de Eraoce• ...

·- . -----
GAUANT. 1-37
qui fembloit devoir cll:re traité
avec quelq-uc d1fi1nél:ion à l'avencment
d.'une Reine F·rançoifc,
prcO"oit en va·tn depu·is
tix tnois pour avoir réponfc fur
. plufieurs infraél:tons faites au
dernier T ·rait·é de Paix , par
di vers Vicerois & Gou verncurs,
dot q uel<i u.es -tins a voiét
pris, & mefme brlilé des Vaiffeaux
François depuis la Paix
publiée. Loin de JL1y en faire.
jufiice, oo entreprit puofiquc..;
me nt à Madrid con~re Ja ju-
. ri fdi a ion· & les pri vileges de
fon qt1arwcr, ot1 'entre l'ufagc
nbfcrvé j·ufques alors. La
J·ufiice y pafi'a diverfes fois en
pleio jour, & fur ce qt1'ayanc
eu la· moderation Je ne s'en
point rclfentir p~r les voycs de
fait, il fe contenta d'en dcmah ...
der jufrice, on lu y dc:cbra que:
• •
- -- --
138 MEROEUR.E
Je Roy d'Efpagne n'cntendoic
point q.u'il y et1ll de quartier
franc à Madrid, quoy que
dans le mef me temps on ca
Jailfall: joüir pailiblement tous
les autres Ambalfadeurs.
Les affaires de l,fiflat n·cfioient
pas mieux conduites,
l'argent des Galions & de la
Flote fe trouvant diffipé, fans
f:ll1'00 pull. f ~a voir i· emploj
~u'on en avoit fait. On ne
pouvoit en r~mectre en Flao•
dre, ny ailleurs faute de fonds,
& les Traitaos ruinez par les
avances preccdcntes ,aufquclles
oo avoit manqué, n'e.
ftoient plus en e!l:at d'en fair~
de nouvelles. On. cfioit mê.
me embaralfé à trouver l'ar~
gent neceffaire pot1r Ja levée
de quatre ltegimens Efpagnol,
d'lofaoteriequ'on vouloi' cJ>..

- ..... ""--
G A Il. A ~I T ·. r 3 '
voyer· à Milan , dans l'appr~
. heofion des preteod us delfc:ins
de la France, & l'épuife1ncn'
cfroit venu à un tel point, que
le fond inanq t1oît pour les depenfcs
ordinaircs de la Maifon.
du Roy.
Le comble dL1 defordreécoit
le dércglement de la Monno~
e, qui a voie patfé fi avant
que la pill:ole qui ne peut a voit
en Efpagne de vcricable valeurquc
quara11te .. hüit Réâüx de
"el Ion ' c'ell: a dire, de cuivre'
avoit monté jufques à cenc
~ i x , & les pialtes ou Patagons
q.ui ne doi v,êtlt valoir q uc
douze Réaux de velloo , fc
chaogeoient publiqucn1ent i
trente. La caufe de ce deTordrc
~cooit de ~e que plus des crois
parts de ce'tce Monnoye de
i:uivre1eO:oitf.au!fe, 8' cepen~

-
r
140 ME R C tJ R E
dant l'ufage en e!toit public~
:iutorifé au mefme prix. que la
bonne. .
Autrefois cette petite Monnoye
efioit de cuivre pur•
fans plus de val~ur que celle
de fon poids. V ers l'année
1660.on écabtirde luy doMJcr
beaucoup de ~valeur pa~ 11n
foible alliage d·argent, mais
en l'année 1665. on propofa
de fl1pprimer cette .. Monnoye:
d'alliage, à caufe âc1 l .. excés
de fa valeur & de la facilité
Ile la contrefaire. Cette propofition
fi ncccOEairc alors ao
bien de l'Etat, fut rejett-éc pas
des.intcrefts particuliers, cou•
verts des appare11ccs de quel~
ques legeres pertes qu'elle auroit
apportée au Roy. te graod
gain qu'il y a voit à cooirefairc
<c:ttç Moanoy,c .. en. remplie.
1
~ .... ~---

G A LA NT.. 141
toute l,Efpagne, fic monter fans
borne le prix dç l'or & de l'ar·
gcni , & l'embaras de d1fringucr
·cette faulfe Monnoye
d'avec la bonne, ou plCltofl: la
corruption de ceux qui dcvoient
y mettre ordre, cc fic
a.utori{er l'ufagc.
• D. Iuao de~ enu premier
Minifrre, chercha à corriger
t1 n li grand déreglement, mais
en cela, comme da11s le relle,
· i.I conftJlta beat1coup fans rien
r.efoudre. 4,
' .- Enfin àl'arrivécdes Galions
. de )'année J 6 J 9. on propofa
d'aba1ifer la p1fiole d'un cant
par mois, iu fqu 'à ce q t1' elle full
rcduite à fa valeur cJatl1relle,
de rcg~er ·le pr1x de toutes
chofes à proportion , & de batt-
rc cependant 1 nce!famment
4lfcz de petite M"'nnoye· qui

-

141 MERCtrruE
fuit fa11c du nouvel argent
Tenu des Indes, pou1 2TOÎ
moyen de rc.tircr toute ccltcrde
cuivre, la meure au billon,,
en refaire urrc nouvelle Moosoye
d10 prix de l'aocicnacEaa
alJ1age.
Cet cxpedicnt pou!VoÎC
prcvenir de grands defordres,
s•il a voit cfl:é cxecuté, ma·
c:ommie en Ef pagne la naiaàactr
d'un déreglcn1cnt cfi d'ordia •
une raafoo pour J'autoriferd
Ja fuite, la propofition dcmcaQ
fans eff~t. Cependant .comftie
la M~ooye l1auifoit cou[oür.
~ qu'elle caufoit un cmb
prcfcnt dans le commcr",.d<AtCl,
les Cuites. 11~ pou voierw aller
qu'à li ruioc publique
delibera de nouvea f11r
moyens d'y rcmcdier. le brui
s'en rc~ndir; pacm~ le peuplé,


'G A L AN T.. . 143
perfonne ne voulut plus de cet~
te Monnoye , dans fa crainte•
q u, elle ne fu fi de criée; on ne
put plus rien acheprer, la Ville
fc trouva tout d'un coup fans
vivres .,. & to.u t le peu pie en
cfrat de perir. i
L'effet de ce changement,
fut que toutes chofes gardant ·
leL1r prix en cuivre, le dou.s
blerenc en or & ea argent ,
c'c!l à dire que ce qui valoic 1
auparavant vingt reaux value
vingt reaux de mefme , mais ccs
vingt reaux qui avant le
rabais ne valoient que quara
·nre fols de France, depuis le
rabais en valoieot cent , de
forte qu'il arriva qt1e 1·00-l
zi.éme de.Févrie1·, l,on acheptci
cent fols ce qu'on a voit ac l1epté
q uaranLe fols le jour pre- ·
~c:dcnt, qt1i fut.ccluy du ra-1
• '
- -----
14~ · . ·MER CV RE
bais, &:. t•homme qui cc jolll'
là devoit dix mille rcaux qui
faifoicnt cent p1fiolcs, trouva
que le lendemain ces mcf mcs
dix mille reaux faifoicnt prés
dedeux cens ·ciaquantë pifi:o.
les. '
Il efr aifé de s'imaginer le!
fuites d'un changement dë
d
, ,
cc.tee llatu re ans t10 .pays ou
toutes chofcs cfio1ent dcsja
tres cheres , fa11s ordre, faiis
police, & l'on pct1t juger par
Ja conduite de cette affaire ,
quel cll:o1t d,ans le rcfic le gcllic
du gouvernement.
O. Geronimo d•Eguia qui
jufqt1'alors n'avoic travaillé
qu'à fe maintC".111r fe.ul auprés
d.u Roy , ne fe vit plus en cll:at
d'y demeurer fans fc pcrdtc.Lcs
malheurs publics efioicnt trop
prelfaos , &. les partis contre

• luy


GAL AN T. 14s
Juy trop redoutables. ~1-c~da à
la neccffité , 8t l'on pretenâ
qu'il acheva de determ'ioer le
Roy à Cuivre ~le penchant, qu'il
a.voit pour l'élevation du Duc
de Medina Celi. "
Il put fe flatter que dans cc
.changement il delneur~croit
prefque au mefmc efrat qu,il
cftoic auparavant; qu'iJ feroit
abfolument nc. celfairc au Duc:.
pour le détail des affaires,...;
qu'il auroic coujol1rs par fa
Charge Je mef me partict1lier
avec: le R~Y. , & les ~c f mes
moyens de fe cGnferver daos
foo efprit; qu'avec J'avantage / '
d'entrer dans toutes les àffai-.
res du g~uvcrnemeot, il au.
roit ccluf. de ne repondre>
plus du fuccés. D'aillc-urs il.
pouvoi~ compter fur la bancé.
11atuitellc du D~c, &. 'dans la ·
· J."'ril 1 6 ~<i>· G
t

1i6 MERCURE
ncceffité d'avoir un premier
MiniO:rc , c,eO:oic celuy don't
il avoit moins à craindre. L.c
Confelfeur de la Camererâ.Major
ell:oit é1 peu prés dan~
les roefmes fcntimens. ;I
~inli tous ceux qt1i pou.;
voient âvoir quelque encréè
dans l'efprit du &.oy , s'.accordant
avec ~·j oclination q:u'il
Avoit pour le Duc de Medina~
Ccli , il fut declaré prcmicÎ'
Mioifire par un Decret de Sâ
Ma1efié ,que le Confelfeur luf
.appor:ta le 11 Fév. 1680. à dss
heures au foir. On ne fut point
furpris dans le monde de cette
declaration. Il y avoit dcsj~
qoeJ~ue~ jou~s qu,on s"y acten-'
doit ,'& que le D'tlc.cro;, 1( éli
cfrre a!furé. L,oo convcboll
geoeralcmenc qt1é Je Roy a voie
faia<lîoi.J d'aii rl1ftre,~om-
• , Q.èt. ij

• GALA.NT.. •~1
1mc de bien , plein de bonnes
.inte11tions , doux & agreablc
dans (es manicres extcricurcs,
&. l'on foul1aittoit qu'il joigni1\
à ces bonnes qualitez la capa•
cité & la force neceifairc pour
relcv cr UlJl cfrac accablé pat
11ne infinité~ de,. maux , telle•
ment établis par lé tetnps fit
par l'ufage , ' qu'il fembloit
qu'on n'y .pufr remcdier que
par=> un · changement total de
la conftitution du Gouverne
ment. .. . f ... b
:l • . ;:lz
• • • ... On travaille tOllJOUrs en
ft~nce à l'accroilf emt· nt des
S(it:nces& à la · perfc.élJoo des
A ts., &. la" fecondtté de l'cfpr•t
deslf tan çois produin fou ve.riê
quelque chofe de nouveal1,.,
€ tèOE ce <Jl!Ï clh1 caufc que jo
~ous fais part d'une nou vcllc
G i. ,

144· MERCVR:E
bais,.& l'homme qui cc jODI'
Jà dcvoit dix m1Uc rcauJt qui
faifoicnt cent p1frolcs, ·tro.u a
quc·lc lendemain ces mc(mca
dix mille reaux faifoicnt PJ•
de deux cens cioquaruë pi&
Jes .
. Il cG aifé de i'imagioer
f111ites d·un chaogcmcnt cl ·
cate llature dans un pays
toutes chofcs · c!\oicot ·
trcs cherfes • fat1s ord~ , C.
police, & 1-0n pcl1< juger PaJ'
la conduiLe de cctc:e affai t
quclcfio1t ~ans le refic lcgc ·
du gou vernemeoc.
D. Geronimo d'Egaia ·
jufqu'alors n'avait crava1Jl4-
qu'à tè maint{ntr fcul.aup~sr
du Roy , oc fe Ylt plus eo
d'y âcmeurcr fans fc pcrdic
malheurs publics clloico1 cr
pretfaos , & les parcis cop
- Jur
GAL AN T. 14s
J u y .trop redoutables. lh:~da à
la neccffité , & l'on pretend
qu'il acheva de detcrmiaer le
Roy à fuivre le penchant.qu,il
~~oit pour l'éfevation dl1 Duc
de Medina Celi. ~ .
· . Il put fe flatter gue dans cc
.chaogcmeo~ il de1neur..croit
prefque au 1uefmc eltat qu,il
cfi:oit auparavant; qu'i1 feroit
abfolumeot nccetfaire au Duc~
poqr le détail des affairesJ.
qu'il auroic coujol1rs par fa
Charge le mef me particl1licr
~vec le Roy_ , & les mc fmcs~
mo~ens de fc co-nferver dans
foo efprit; qu'avec )'avantage ,.
d. 'entre.. r dans to. utes les àffiili-.
res du gouvernement, il au ~
roit ccluy de ne reP.ondre
plus du, fuccés. D'ailleurs il,
pouvoi~ compter- fur la bonté
11atur.ellc du Duc ) & dans là ·
· A11rit 1 6 !JO· G '
'
- . -
îf 1~ MERCURE
neceffité d·avoir un premier
Minifi:re , c,ell:oic celtty dont
il avait moins à craindre. Le
Confetfeur de la Carnercra.Ma
jor ell:oit ~ peu prés dans
les mefmes fentimens. '
Ainû tous ceux qt1i pou.;
Noient .a voir quelque encréè
dans l'efprit du a.oy , s'.accordant
avec l'i oclination qu'il
Av-0it pour le DL1c de Medtna.i
Ccli , il fut declaré premier
MiniGre par un Decret de Si
· Ma1efié ,que le Coofelfeur luy
.apporta le 11 Fé:v. 1680. à'dsx
heures du foi.r. On· ne fut poiot
furpris dans le monde de ccctc
àeclaration. -Il y avoit dcsj~
quelt1ue§ jours qu'on s'y a:ttenJ
doit ,1 & que le D'tl c· cro 011: tn
eilre alfuré. [,on conveboi1
generalemenc qtte I~ Roy a voilf
fa1t:clïoi.1 d'an ~nillre, hnm-
. i:' f ~Q •
• G A E. A N ~. 1 17
;fue de bien , plein de bonne,
inte11tions , doux & agreablc
dans fes manieres, extc:rieures,
& 1·00 foul1aittoic qu'il joigni·a
à ces bonnes qualitez la capa•
cité &. la force neceffaire pout
Eclevcr un~ efrat accablé pat
tiOC inf.inite de maux, telle•
ment établis par lé temps &
par i:ufage ., ' qu'il fembloit
qu'on n'"! ~ pufr remedicr que
par un · changement total de
la confcitution du Gouverne
ment. · ~ , J :· .. , ...,

l ~ ~· t l.JÏ:>2
... 0n travaillè tot1jours en
France à 1·accroilf emt nt des
Sciences & à la · p~rftélJon des
A ts , & la fecondtte de l,efprit
des François produin fouve.nt
quelque chofc de nou vea11.
€ èOE ce q yi c&' caufc q11e~ JO
~ous fais part d'une nouvelle
G i ,
-

'
1:48 MERCY RE
Montre 6' pendule fans;roui:
de champs n y rou ë de reocQD ...
trc ~ par un nouvel .tcbapa&c.
Cc:c Ouvrage efi_ de l,inven.tion
de MonGcur Hcrq-uin ..
Horlog~ur en fa Profctlioo ,
·.k qui .a bcaucoup11dc gCH
llie pour les Machines. Mon
·fieur de :Comiers , qui joioc
:à. une :prof.onde. érudjoion· la
parfaite iotelligcncc dei bea
Arc.s ., prc!cnta le q11iDz.iémc
du mois .paifé à ' Mcfficurs
'1c l,Academic Royale .te
Science~ , de .la part de ~
Herquia, lz prèmtcmlJurJ•,.
gc de cette na~ure. 1\7.out;CQlll
Doifi:rcz par la .figure ~a• je
vous:énvo1c cn:quoy ~ aa•
fiil:c 11 artiûc:c. b: .grande taa,i
.c a. foixantc. quatre dents t tUo
.cJJgrcao dans un~igooa da~
• • • f (J
'
-
-



.Houuelu 11wn0"e 'a -.Powuü
.j'QJZJ' .11..tJÜe a e c/zanipJ', nl .R UÜe, de

Ouxrnb"~ par vn ,uruueJ, fchapag ~
,,
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,,,, / ,', .,, , ,, ,,. , ,, ,,,, ,. " . .,•, • • .• • , ,
,•, .• .,, . , . ,,,,
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aa~P~1W'
f' aietu.r ' .

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R ocke1· ,


• •

9"U-J(~;U!l • t,, 1
.B.
, .
- mu' -

.•



I
'"' G' AL l\ NT. .. . 1·4':-
d'e la rou ë moy.ennc O ,·qui a
t:inqt1ante - deux dents ; '>es
dents engrencnt dans un pignon
de cinq de Ja rouë·
de rochet M, qui a i 7. dents,.. ·
lefqttelles rencontrent alter-.
Bati vement deux palettes~, qui:
i-Oot , l,u11e dans l,axe I ,. l5C
}'autre dans l,a·xc E. Ces deur
axes font pofcz horizontalcn1cnt
J,uo à coll:é de i·autrc à ·l~
difr7nce d,une ligne & demie.·
lis ont chacun ua pignon de t ~·
qui cng·rene t•un dans l'autre.
E:Jhaque palette a une ligne de·
largeur. Lors qu'une dent de·
J.a rouë de rochet rencontre la·
palette du premier axer·, fon·
pignon cngrcnedans le pignon·
du tccond axe B , qui porte la·
Pendule R S. Sa palette s'aLJa1fi'ant
fc prefcnte à la dent:
~ · G. 3.

'
ffo • rJERCUR:E
de la rouë de rochet ,. & dct3'
fe fait en mefmc temps que I~
pale•te du pr mier axe I a
échapé. Atnli cette palette
ellat1t à fotl tour élevée , le
pignon de fon axe qui engrtoe
dans la pigoon de l'aucro
axe, lt1 y donne un mou vemeoc:
contraire,.& p~r coQfequcot:fa.
palette s,abaiif.: & fe prcfcncc:
à la denr Lie rochet , & atn~
toll Jours alternati veo1eot.
l::.n VOllS parlant des' lcttÔDSi
qe cette an née , je ne volts a y.·
rien dit ,ies deux que les Mai-.
fr r es C 11·irt1 rg i e os de Pari s ont:
fa1 t fr a per. Dans la face dr.oi~
tedt1 premier on voit 110 Bu ..
llcdeS. LoüJs, qui a ell~ prÏS;\
d'aprés une Anlique qt1i lt1~
relfemble , & qt1i efr CQ_nfcrvée
dans le Cabinet du Roy ..
0 a a a jofrté au bas dç fa fi,.



. . -"G~A t A NT. t 1.s.:
~g9re fon Sceptre & fa Main
:.de 1 u ll:ice , pol1 r marquer q u 'jl
fcc u" pa·rfaitement ac.corder
tJa raifon d'Etat avec la Loy d~
.Dieu, & pour faireconooifrre
eo mefme temps qu'aucua
. Prince avant luy n'avoit prati;
qt1é les vertlt~ heroïques dans
4 un degré plt.1s éminent. On peu
~ dire même qu'il les avoit fur:.
paffez tot1s par fon ardente
.-. charité envers les Pat1vres, 8'. partic~lieremcnc en Yers les
. Soldats qui a voient efié blelfez
à fon feJ"v ice1pl1Îs qu'il s'e!l fait
. fo11 vent un pl ai Gr de pan fer·
l·uy-mefm cleurs blelfures.Au·
pied du Bulle de ce Mooarq
ue font les Arme& de France,.
avec cette lege11de tOllt autour
du cercle. Div#U L,1dovic11& I x:
, Fr1111ccrum Rtx •. Au revers dans
.. tun cartot!chc orné de palmes
G. 4

15~ 1 MERGUR:!
font les Armes des MaiOErès
Chirurgiens <le P.aris , don~
·ce faine Roy a cfré le Fonda~
tet1r en 1168. à la follicitation
de Jean PitJ.rt , fon premier
Chirurgien, qui l'avoit fuivi
da11s fes voyages d'Outremer.
Il efr à remarquer que h:
champ de l'Ecu de ces Armes
- efr d'azur , chargé de trois
boifies d'arge11t , deux en face
& une en pointe, & qu'il _nc·fttt..
enrichi par Loüis XIII. d'une
Flel1r de Lis d'or rayonnante
pofée en coeur, qu'en conft-
. de ration des ferviccs que plulieurs
Chirurgiens difiingue-z
qui efioieot de cette Compagnie,
a voient rendus dans fes
Armées, & en n1cmoire de cc •
qu'11cfio1t venu au monde le ...
27. Septembre 1601. auquel
1.l'Eglife celebre la Fefi:e de S:

I
G'ALANT.t 1s1
oeof me & de S.Damieo,Patroos
des Chirurgiens, Sa Maje{\é &
la Reine fa Mere ayant bien
voulu s'aOEocier à leur Con-·
frairie , à limitation des plufieurs
Rois & Reines de France •.
On lie ces mocs autour de ces
Armes. Socitltltis chi111rgort'm
P,Ariftenjium FuntlAtor 1 i. 6 8 Cette
infcription elt ·à l'Exergue •.
Scholtt r ~gi4 chirurgo1um PArifonfium
16 90 .
.... Dan~ la face droite de J' autreletto
n cll: le Portrait de Loiits
le G rand , pour fervir de
monument éternel de -laproteél:
ion dont il a bien voulu
honorer la Compagnie des
Maillrcs Chirt1rg1cns de Paris
en plufi ~ urs rencontres, & fur% ·
tout,qu2nd il a eu l'occafion•
â e choifir un pren1icr Chirurgie11
pour fa.Perfonac facrée ,..
. G j .
••




115~~·- M'E R ~ v.·R 1!
a yank de fi ré que celu Y. qutt
rcn1plit-. prefentemcnt cette::
premie\re place: de la Chirurgie •.
eifuyall: la rigueur que ccic:c·
Compagnie exige de ceux qui!
(e prcfentent pour y. eGrc;
admis; &. lors qu'il empêcbat
par t111 Arrefl: de fon Confeil
d'Efrat, y eftant eo pcr(onae ~les
c:h1 rt1rgiens Hofpicalicrs
d, cOE·re.aggregez dans cette Societe
fans a vo1 r fait les· exercices
de TheorJe &. de pratique·
felon:-fa ' coût urne. Ges mats
r font al1tour du cercle, Luaovic•s ~
· M11gnus,chiru.rgorum P11rifie11f;M111·
Prof-,,[/!lr. Au revers elt la Devi-.
fe qtte la Compagnie a prife
depuis long· temps. Le corps
efl un .. trophée d'infir"umens-;;
de Chirt1rgîc: attaché dans une
Sa} le n1agoi6qt1e, &·difpofé de
là. n1anie~c q~c l~s Anciens

G A L A N T .. 1's t{
vlretfoicnt leurs Trophée$ d1 Armes
daas le Temple de Jupiter
, apre' s a vo.i r remporte, ·
ql1elqucs viétoircs. Au dellL1s.
paroi!l: ut1e table ornée d'un:
tapis fleurdelifé , &. éouvertc
de Livres de Chirurgie, pol1r·
faire connoifrre que l'avis de·
ceux qt1i ont écrit de cet Art, n 'elt pas moins necclfairc:·
pour bien faire les operations,
g t1e les in llrurnens dont on fe·
~ rt dans l'execucion. Ces pa-·
roles , Confiiioq1't manu!nt , fànc:-
1· ame de la De.vife, &. on les
a· expliquées par ce Madrigal,
l
B.11nd Art , Jont lt pouvoi'r ·
._.._.. · f"rmonte 111 N11ture , J
~ut du plus a&tompli 'des Corps
Sçait dèmêler to1'S les 1tj{or1s,
Bt fe"l en llS Ç()f11'1' z·11àmir11blt fl.r1'~
EJ11rt •.
.. G-65 . -

1 ,~ i M E R G U R: P:
font les Armes des MaiOEres
Chirurgiens de Paris , dont
·ce faine Roy a cfré le Fonda"
tet1r en 1168. à Ja folJic:itation
de Jean Pit~rt , fon premier
Chirt1rgien , qui l,avoit fuivi
dans fes voyages d'Outrcmcr.
Il clt à remarq ucr que le
~champ de l'Ecu de ces Armes
· efi d'azur , chargé de trois
boifies d,arge11t , deux en face
& une en pointe, & qu'il _neft.t~
enrichi par Loüis Xlll. d'aac
Fleur de Lis d'or rayonnante
poféetcn coeur, qu'en conft.
·de rati on des ferviccs que plufieurs
Chirurgiens diftingue.z
qui efi:oient de tette Compagnie,
a voient rendus dans fes
Armées, & en h1emoirc de cc
qu'il eltoit venu au monde le:
'
27. Septen1bre 160 1. auquel
ll'Eglife celebre la Felle de s ~


G.A LANT:1 ISJ
OEof mc &: de S.Damien,Patroos
des Chirurgiens , Sa Majeflé &:
la Reine fa Mere ayant bien
voulu s'affocier à leur Con-·
frairie, à i·1mitation do plufieurs
Rois & ReinesdeFrance •.
On lit ces mocs autour de ces
Airmcs. Soeie1~1i1 chi111rgort'm
P•rijienjium FMnd1110' 1 16 8 Ccttcinfcr
i pt ion ell: ·à !'Exergue.
5'holst regi tJ chir11rgo1um f 4Tifienfium
16 90.
_ Dans la face droite de l'autre·
J;c:tco n cll: le Portrait de Loiits
le G rand , pour fervir de
monument éternel de fa·
protc: él:ion ·dont il a bien voulu·
honorer ~ la Compagnie des
Maillrcs Cliirt1rg1ens de Paris
en plulieurs rencontres, & fur"
tout, qu~nd il a eu l'occafion i
â e choifir un pren1icr Chirurgie
1l pour fa Perfoncc facrée i-:rf
G. 1

1·5-~:. M"E R' ~ VJ R !!
ayal1t. de{iré que celuy qult
remplit prefcntcmcnt. cette;
premierc placç de la-Chirurgie ••
e!fuy~O: la. rigueur que ccrtcComvagnie
exige: de ceux quit
(e RrGfentent pour y.. efrre;
adL111s; U lors qu'il empêcbat
par t111 Arrefi: de fon Confeil,
d.Efht,,y. efrant en per(onne».
les c;:hirL1rgiens Hofpitalicrs ..
d, Gilre aggregez dans cette Soclete
fans a voir fai c les exerciGes
de Theor Je & de pratique-:
felon la cofttume. Ces mots
r fontalttour du ccrcle,.Ludovic•s·
· M1Jgt1us,chirurgorum Parifte11fl11•.

Prottéldr. Au revers elt la Devi·
fe qt1e la Compagnie a prife
depuis loog. temps. Le corps
cfi un . trophée d'infir-umens
de Ghirur.gic attaché dans une
Sa)lp n1agoi6qi1e, &·difpofé de,
là .. 111anie~c q~c les A11cic.ns

G'A LA N'T.. l!S îZ
wlrctfoicot leurs Trophées d, Ar .. -
mes dacs le Temple de Jupi- ter , apre' s a vo.i r remporte,
qt1elqucs vitloircs. Au defit1s
paroi!l: ut1e table ornée d'un~
tapis fleurdelifé , & couverte
de Livres de Chirurgie, pot1r·
fâire connoifrre que l'avis de·
ceux qt1i ont ecrit de cet Art,,
n'en pas moins necclfaire·
pour bien fai re les ope rations,,
gt1e les i nfrrumens dont on fe·
ft!rt dans l'execucion. Ces pa-roles,
Confilioque m11nu1Jnt, fànc·-
1' arne de la De.vifc , &. on )es
a· cxpliql1ées parce Madrigal, ,
'

R11nd Art , dont · lt pouvJJÎI'" ·
.......... · f1'rmonte !11 NAJU,t , ,;
~'''dt' plus a&tompti des Corps
Sç4it dèmêler to11s les rtj{orts,
B t fe"!en 11s connu l' 11dmir11ble jlr11~
l/11rt.. 1
. -

156 MERCURE
Comhien t'-hommt [Ans ton {tto•N
Yft101t~ il acco11rc1r le t101n'11e tJefn
. 7ours ? ,, ; , ·; :
P:arltlJ ceux q11r l'on voit tt conf••
" crer lt11rs veilles , .
'Les uns pleins tle fça,t;.,•oir ordonntnl
fa,gtment , ..
ze,s ·autres pleins a·ardeur prati•
quent fcu1tmen1 ,
'I11 pariages entre tllX tts àons (jr
.. , tes merveilles:
MAiJ Ji 111 voe:1x p,1ffer pour 1111·A11
_ pl"s qu' humAtn , .
F11iJ 1rouvtr en t~n far•/ le Confail-
~ & I~ M.111n. ·
On lit dans !'Exergue les
mefmes paroles q,11 font dans
celles du premier letton.
le . vie os à l'article des Bcntfices
qt!i furent donn~z par
le Roy, iur la fin du dern1en
mois, Sçavoir, .
1 •
GAI: A NT. ,·1~1f
.P:. Mr l' Abbé Beffiere, l,Ab-
,15aft: de S. Clement de Mets. U
cft Fils de Mr Befficre, excellent
Chirurgien , qui avec le
mer i te d, avoir c o t'l t r l bu é à 1 a
guerifon dt1 F.oy , a procuré la
fa11té, ou par fes confeifs, ou
par fon Art, ~ t1ne infinité de
p cr (on n c s con fi de ra hl es.
A Mr l'Abbé de Vat1ban ,
l'Abba ye de Belleville fur
Saone. It joint à beaucoup de ""
merite perfonnel celuy de M·r
de Vauban foo Oncle, qui efr
un des prem1crs hommes de
!~Europe , pour prendre des ·
Places ,. &. pou·r les défendre,
auffi . bien que pour les mettre
c11 eîtat den' efrre jamais pri (es,
Sa capacité ne fe borne pas là.
Outre un courage intrepide &
une froidet1r furprcnanLe, que
l.es plus grands pcrils n'altc:rc11t


'


-
-
-

\
-ifB MERCURE
p.oinr,il a tout cc qu'on foulia.itc
tians les Gcocraux, & de~ vlië&
mervcilleu(es pour Ja guerre ..
Il joint à cela une probité qui
.ne luy permet pas de d1ffin1ulcr~
pour quelque coofidcratioo
que ce foie,. cc qt1i peut aider
ou nuire au fervice, & avec ces
qualit.ez il a encorecelled'ellrc
J'homrr1e du monde le pluscbaritable
& . le plus humain.
· A Mr l, àbhé Benoife, J'Ab·
baye de Saint Sauve de Montr
eüil. Il a des Freres dans i'ua
& l'autre fervi ce de 'terre li.
de Mer , &. fes Ancellres ont .
. paru avec eclat da11s le Parle-.
me nt & dans le Confcil dll
Roy .
A M'r l'Abbé Brifacier ,..
Suprrieur du Seminaire des
Miffio11s Etra11geres, l'Abbayc
de F.Jabtmont Il cfi FJJs de Mr• • •
G'A L A~l ·T. · 1:1,.i
Brifacier, Gouverneur deCir·
que, & d'une capacité & d'une
fageffe generalemeot recon ..
nt1 ës.11 t:ll 1·a1ne de toutes les ..
Miffions qu,on envoye dans les.
l'a ys éloignez, & fes a vis fonc
fu1v is par cout où ces Miffions
s-,écablilfent avec tant de fruit:
& d' utilité pour la Religio114
Chrefiicnne. ~ )
. A Iv1r l' Abbé de Cofnac ,.

li\ Prcvofié de l'Eglife Cathedralc
d'Aix. Il efi: Neveu de;
Mr l'Archevefque d'Aix, at.}~
ar~vant E vefque de Valence , ~ ,,
premier A·um8r>ier de Monlieu
r. Sa Ma if on n'c:ll pas n1oins .
con fiderAble pa.r f es alliances,
que par la noblclfe de fa flace •.
· Cet A bl1é a beaucoup d'~ fp rit ..
& d ,~c q uis , & 00011e tou_t lieu.
de croire qt1'il tn1rchera fur les
Bas_de Mr fon Oncle , . q~i e!t:


-


rd'o M E R' C 0 R E
un· des plus illu(l rcs Prelats du~
Royaume.
A ' Madame Lambert de
Thorigny, Religicufc,en l'Ab.
ba yc de Villiers de la Ferté.
A lais. Elle ell· Soeur ot1 Tante
de Mr le Prefident Lambert.
A Madame Efperaocc de:.
Girard de Pr~ville, l'Abbayc
des Hayes. Elle efi:oit Rcligieu(
e dè ~et te même Abbaye.
Sa Maj~fié a auffi donné: le
Prieuré lloyal des Dames RcJigieufes
Hofpitaliercsde Pon.
roifc, à Madame de Seve, Sg.,
perieure de cette Ma1foo , &
N1ece de feu Madame de Gucnegal1d
, par qu1 ce Prieuré
efi:ott po!fedé. Celte Dame eth
de la Maifoo de Seve, qui a
donné tal"'t de Magillra's 8G
d'Evefqt1cs à la France· ; mais
elle cft en..:ore plus recotnnladable
par fa pieté, par fa pru~

. G A L A N· T. 1 61
dence,& par un genie fupe•
rieltr , qu·i la fera touj-ours di·tlinguer.
La Lieutenance de Roy dt1
Pays d'Aunis , vacante par la
mort de J.\1·r Millet, Sous Gou ..
verneur de ~onfeigneur le
Dat1phin, a efié donnée à Mr
de Guiry,Enfc:ignedesGardes.
Il y a long- ce1nps qu'il cfrdaas
ce Corps, où depuis que les
Charges ne fe vendent plus,
le Roy n'a- mi-s qae des perfonnes
d'un merite difiiagué.
Mr Je Comte de S. Simon
de S.indricourt, a cfré pourv à.
du Gouverncmen t de Nifmcs.
~11 ell: Brigad1et" des A rinées de
Sa Majcll:é, &- LicuLenaut Colonel
du Regimenc de P'icardie,
'dans lequel il s'efl fouvent.
fignalé par·des aéti.ons de yaleur..
& de prudence., ·




161 MERCVRE
On celehre chaque année
au jour du Dtmanc~c de
~tt11fo ~oào, dans l'f:gl1fc du
Coo\'"ent des Cordeliers de
Paris, une Ft:fie qt1e les pcrfonnes
qui ont viftté les Saints.
Liei1x , rendent folemncllc.
Cette Ceremooie commence
,par une Proceffion publiq"
~ d'un grdnd nombre de Rcligie\
1x, &: de ceux qt1i ont eu I~
bonhel1r de voir Je Sepulc&~
du Sauveur .. Ils po.rtcoi de'
p~lmes en leurs n1ains > 4ç
font preccdez de Trompetccs 7
de Timballcs, de Hautbois .,
k d'autres lnftrumcns de MuJique
, pour nlarquer la joyc
parti~ulierc: qu'ils rclfeptcot
de fa .a.efurreélion du Fils de
Dieu , 8' du triomphe qu'il
a rcn1porté fur fes eooetnis.
La· MeLfe fe chantç cc j~ur-là
GAL A.N ~· .. r63
en Grec, & c'cft un, ufag<:
ires anc1eq. Aprés l'Ev.ang1Ie'
il f. a eu cctfe année 011 Ser-
1t1on eo la m·~ fme Lang.ue •
.Ge fut le Fi·fs de Mr Lordcloc,. ·
Awocat , ~gé feulement de
tr~1zç ans qu L.Je pro11onça,
& il le fit avec une aifl1raoce _
A.ccompagnée d·uoe fi graode
modefric , d'u11 gelle fi · libre,
d'une articu.lat1on fi juO:e, 8'.
entin d'une grace fi excraor,..
di 11 ai r e ,. qu'il s'attira l 'ad mi.
r:ation & l'amour de tous fcsA
t1d i te u rs ,. qui· cftoient. au:
notnbrc de plus de crois mille,.
Mr Lordelx>t {on Pere s'eft.
d1fl:i ogué da os le Parlement ,l
par plufieurs Plaidoîers d'éclat
, & entre autres par celu
y qu'il fit pourlacques Baudry,
preteodu Religieux Cordelier
'· q.ui. contient l'hiLl:oire~



I


'i .64 M E R C V 1t E
de fa \1Îe,& un Traité toucb2nt
la validite des voeux d~s Rcti ...
gieu x , prononcé en la Grand'
Cha1nbre ; &; par· un autre~
prononcé en la Grand'€bam~
bre de la. Tournelle, contre uD
Enfant f u ppofé , dcclar~ lm•
p0Ret1r.
le vous envoye une liftC'
des differentes Armées ~
Roy.- Quelque exaélitudc
qu,on puiffe apporter pour na
rien oml!ttre dans ces fortes de
cho{es , il efr impoffible qu~W
· n'y ait des noms o~bliez ,. ~
quelques uns n1al ecrits. le
vous donne cette Jifre rclrc
qu,elle m,c:fl: tombée eotrc la
·mains, fans pretcndre donner
de rang ny aux Pcrfonncs~ Df.
aux. l\cgimens.. J •

GA LâNT~ 165

~R.,VE.'S D'ALLE M 4 GN E..
..
ONS EIGNEUll 1E0AUVHIN-e
Generaliffime, & fous fes ordres
, Mr :le Maréchal de Lor·
.ge.
L'ÎellltnAns Gent11111x..
Mrs le Comte de Choifeüil.
:Le Comte d>Auvergne ..
Le Marquis de Ioyc:ufe.. l
Le Duc de Villeroy.
Le Prince de Soubife.
Le Marquis de Tilladec.·' '
Rofe. . l

..
• •

..
Le l)uc de Vendofme. , J .t. ..
Le Marquis de la Feuillée.
M11richttt1X dt C11mp. i.
MonGeur le Duc. 1 f
Monfiet1r le Prince de Conty.. 1
Mr le Comte de Soilfons.
Mrs le Comte Mclac.
D.c Bertillac ..
-


'
16& MER CV ~E .
Le Marquis de Coigny .
I.:e Co1nte de Tallart.
l N F A N T E RI E.
Picardie , Batatllon-s s
La Marine, - ~
Fc!Utl utere ,
. Bourbonnois 1
Sault,
Royal ,
Lionnois,
Dauphin,
Cru!fol , .· '
Anjou, ·
Lalletne, r
- Li· ~ Vailfeaux ..
La ~ouronne, 1
..
Bretagne,
2.
• S •

1
..
J


1
La F erc ., - • ~ i
Béauvo1fis~ · ~ 1 !q,:\r 1
c l I
Roo~rgu , J
Languedoc, cr11
La Marine Royale, a r
Les Fufel1ers, .;, llr

a
i

G A: I.! AN T.
Gerzc ,
Royal Comtois,
Blainville.
Thiange,
Guyenne, •

DR AG ONS:
Colonelle generale,
J"' J
i
r •

1 •
f
. 3S
t • J
Barbezieres, . , . .... j
Gobert., .
(l t1 e 1 ~ 'i , •
l41mmarcon ,
Gramont,
c . J .
' if .
" " 3
c ,. • • i 8:
f C A V A L E R I E. ~ '"
Gardes du Corps Ecc1ifois, ,~
Gcndar mes, . 1,;
€bevaux-Ltgcrs, · J
Moufq uctai res , ' îJ r;
1 Grc: oadiers à cheval , t l·ti)cl ..
Colonel general ,
Roval,
L;e R.oy J

..
-

168 ME.RCUR.E
Cuirafficrs, ·
Dauphin,
Dauphin Etranger,
Anjou,
Berry, ·
Orleans , Bourbon,
Villequier,
l' lorc: of ac ,
:Bercourt,
S. Vallery,
S. Germain Beaupré,
Villeroy, .. '
D11ras,
Souvray,
Vivans,
Gamille,
Forfat,
t

I
S.Gcran, c 2
Ça yeux, 't s
Darlus, c
Brionne, -~
Villcpion, <
.Montpcroux, :
-
• 3
J
J
2
.. ~ ..
J
J
3
3
J
J
J
GALANT. 169
Du· Pleffis. • ... j
La B effiere, • 3
Belegarde, 4 3
Noailles Duc, ....._
.3
.ARME'B DE FL~NDRE.
GE NE RA L, Mr Je Maréchal.
Duc de Luxembourg.
Litutenans Generaux. .;
Mrs le Comte de Maulevrier.
l.e Comte de Calvo. •
Le Duc de Choifeuïl.
Le Marquis de Genlis.
Le Cheval.i er de Tilladec'. ......
Le Marquis de Gou.r ~a~
Le Marquis d, Auger. J
M11réchaux de c11mp.
Moofi et1r le Duc du Maioe.
~rs le Marqui~ de Vat~cYÎ!le . .
L:c Marquis de Ximencs.
Le Comte de Montche·vrcüil.
Le Marquis de Rivacol.r rl
l:.e Co~te de MontrevcT. · '
- Jfvri~ i6 o. H


..., ......... ~

170 MERCURE
Le Marquis de la Vallette ..
l N F A N T E R l E.
Gardes Frao~oifes,
.Gardes S{i!fes,
Vaubecourt, .
Regiment du Roy,
Chappe,
Guiche,
La Chafire ,
. Royal Rouffillon •
Fufeliers,
Cafi:re,
Gredder Allemand ..
S. Laurent,
Thouloufe
Stoupe,
Salis ,
'

Greddcr Suiffe,
Stoupe le jcu'rle't ,
AouO:e Piémontois ,
Nice Piérnontois,
La Marine Piémontois,
4
1'
1
;J
f
1
1
J.
~
1
J a
1
' 3
J
J
' - J
1
• • ' ' ·:s 0
V T''"""'"""'
GALANT.
DRAGONS.
Le Roy,
·Telfé ,
Asfelds Etranger, (
1Pomponne ,
Alle Etranger,

lj
PETITE CA V ALER.IE. t'
Gendarmerie. , 4.
Mefrre de Can1 p gene·rale, :J
Cra vattes , f - :J
l{oyal Rouffilion, J
Royal Alemand, · J
Bourgogne , 3
Pu tvlaioc., ~ ~
Cha Ions , 1 r 2 ·
Lumbre, : j
Praflio, · 3
AubuOEoo, i · l '" 2
Rohan , " · ,, 2
Magnac, · j
S. Simon ,,1 • .. 3
Coiflin, . J
H ~
171 . MERCURE
<
.Merinville,
Rotembourg ,
Courtebonne~
DuRofel. .. ., -- ..
Ma!fot,
Noailles.,
Langallerie, .
Bouflers, ...
- Goadz ,
Vaodeuvrc ~ .
FuG:embcrg,
Churlus,
t




'ARME'B DE LA (~woSEiLLE.
. Commandée par Mr. fé le
Marqttis de Bouflecrs.
Lituttn11ns Generaux.
Mn le Marquis de &ubanad.
De Saint Ruth. < l
MAréch~ux àt c11111p.
Mrs le 1Marquis de 'livaos. ·
+e Comte de Tcffé. c

· G ·A.bA N 'P.
Le Comte de Galfé.
Le Marqt1is de Lumbres.
INF ANTliRIE ..
Champagne,. "
Navarre,
· Piedmonnt ,
Normandie,
Auvergne,.
Poi colt ,
Touraine,,
Le Maine,.
t.imofin,
Orleans ,
Soilfons, · -
Condé,
Pourgogne ,.,
Vermandois ,
. Provence,
1\.oyal Italien ,
Bombardiers,
Soiffonnois,
Solre ,



'
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t94 M ERC VR. E.
CAVALER1E. •
CommiLfaire gcneral , li
Royal Etranger , • 3
Royal Piedmollr .. };
Charuc,, c ~
Condé, I a
Varennes,, .. &.
Lomaria, • .J;
Roquelaure,, %..
Melac ,. ~
Bertillac,, Il.
' Grignan, ~
Roquepine, ~ • J. • Bc{ons, 1 • J,
Chafiillon,. J.
Montrevel ,. 3,
R~main vi lie,, •
}
Precontal , • f,
Sibourg, '3
Du Terrail, })
Phelippcaux, J.
Dimccourt, 3
1
5&
1
GALANT.
DR A GON.s· ..
Dattpl1tn ,
Hasfeld,
S. Framont,. ·
Breteüil ,1
( . 3
3
3
3
12-
À P.. M E' E D' l TA' L 1 E.
Com1nandée par Mr dc·Catinac,
Lieutenant General.
Ma1éch11ux dt C11mp •.
Mrs le Marquis def euqnieres ..
Le Marquis d'Harcot.1rt.
T ~ A .
.c-ê \.JOlnte uC Q~1ln~9n .>.
Le Marquis de S. Silvefire ..
INFANT.ERIE,,
Grancey,.
Artois,
La Sare ,,
Bourbon.
Pleffis Belliere ,
Clcrambaud,
Perigord ,
Cambrcfis ,
;
\
' .

"'
(
J
1
I t
l



J'96 MERCVRE.
• Vexin ,
Robert,
Suffy,
• , .
, DR AGON S.
Mefrre de Camp, ,
Gramont,
l.a Land~, .
Gat1ge,
Catinat,
• •
l

l
la
.J
j
J
. J
. .t
Le fecond de Languadoc, 1
J .,
€AVALERIE.
Servon.
Helleporte , ·
S. Maurice,
So11gnc,
Challeler,
Greffemble,

3
' 3
3
16
ARME'E DE ROYSSILLON..
GENERAL, Mr le Duc
de Noailles.
·Lie NI tn11ns Gentr AllX.
G"A I.: 1\ NT. 197
Mrs le Marquis de Bulonde.
E.c Marq l1is de Lao galle rie.
M11réch1111x dt c11mp.
Mrs le Marquis de Seppeville!Le
M~rquisde Longueval.
Mr le Marquis de Vins , .
. Maréchal de c~mp comman~ - _
dera en Brelf e ; & Mr le Marquis
de Revel , au· Pays
d,Aonis,
MoNSEJGN"EUR. doit avoir.-
pour AidesdeCamp,
Mrs le Duc de llichcmoot.
Tue Prince de Taltnond.
Le Marquis d'Heudicourt , t
De la Cl1enaye.
Le Marquis de Cognée.. :
Le Con1ce de Sainte-Maure_
Vous remarquerez que Mefficurs
les l) r1nces qui font au
nombre des Maréchaux de
. Camp, font p.arvcous à cc de~
gré fans avoi~ pa!fé par celuy
de Brigadiers, le Roy ayan~
J;I jy

~vv,..,..,uui;;r....-----
198~ MER CUR: R:
l voulu faire cet.honneur à lcuer
nai!fance ..
La tnanicre dont Monfteur·
le Duc dt1 Maine s'ell:. difiingue
pendant la derniere Cam··
p.agn.e, a ell:é caufe que le Roy:
J:a, nommé pour,..comn1aoèier lt.
Cavalerie en Flandre.Ce Prince
s' e!t trouvé dans tot1ces les,
otcafiL>ns les plus perilleufes ,,
quoy .. qtte I'en1ploy. qt1.il a voit
pendant là Campagne ne demandait
pas qu'il fe trouva(\ ..
par tout . . li s~eft fait· aimer des
· Troupes , & a Couvent. traité=
les Officiers , avec une magni•
n~éce qui éga(oit fon courage._
-- Mr .de Vandeuil , Lieutc-

: na.tu. des -Gard-es~ du Corps, a.
efié nommé pour commander
la OEavalerie fous ce Rrince. Jl
fçaura.parfatt<:ment s'acquitct
'Yàè:.oct. tmP..lor..~r les lumicrc~
r. \
GALANT;. 19,
ql.t'il a prifes. pour y reuffir ,
dans ceux qu'il a eu d'AideMajor
des Gardes du Corps,
& de Maréchal des ~ogis de la
Cavalerie.
0 n a oublié· de mettre dans ·
la Lifie des Offici~rs Gencranx·
de la . dernicre promotion, que ~
Mr le Comte du Bourg, Commandant
du a.egimcot Royal!
C:av..,leric, a e!l:é nommé.Briga--
dicr. J
. Je vous ay dit qu'il clloit par-·
Je en Irlande des Troupes du .
~egimcnt de: FÎrmmarcon; & ·
j'ay dft vous d~re qt1c; c'cll:oienc .
des Troupesdeceluydc Fwnc•-
chon. . · •
Mr le -Comte dè Ettontcnac.- )
8Ui a voit ollé · déja plufteurs .
~nees Gouverneur-da Cana-da
ay~c une · cnt~re fa.tisfa.c.;. ·
f.Îon&ij tOc.tt tJe fl~ Y: efl r~ "
. Hf6,

- .
100 MERCVRE:
tourne en la mefme qualité:.
On aeu not1velles qu·il eOEoir
atri vé à Quebec le c 1. Oélobre
dernier·. Il mit pied ~
terte {ur les huit heutes du
fo1r, & fut receu aux Flambeat1x
· tant d~ Ja V1Jle ' que èl~
Ja Rade , par le Conf~il Souverain-.
& par tous les Habita
os qui s'efioient mis fous les
arme.s. On tit trois décharges>
& les Fet1x de joye ftirent ac•
cornpagnez· d'Illuminatioos
aux feoefircs. Ce foir mefme,
tous les. Corps de Canada le
compl1mcntereot , &. le lendemain
il fut viGté ·de toute!
les Dames. Mr de Villencu vc.-;
Ingeniet1r p<rur le Roy, 31yanc
CU avis de fon arrivec quêJqueS
jours auparavant, forma le dcffein
de faire un feu d'a:r.tifice
d.evaot fa porte , où .lu!tieur~
. ,.
- GA L A~I·'F·; . 2or
1'cipin·s furent plantez. Il fio
j-ouër ce feu le 14. 011 voyoit à
) -'une de fes feoefrres les mot!
-ë ·eVIVE LE ROY ET FRON-
~EN AC e11 Lettres d'or & illu· '
mi nez , avec t111 e i n fi o i té de
Flel1t·$ de Lvs qut co1npofoicnt
une ovale. Le· quarré de cette
Fe nefire ell:oit bordé de Jan- ·
ces de fi:u , de ferpentc-at1x ,
âe fufées volantes , & autres
artifices. PloGeurs Boëtes qui . ._
eltoient devant la porte, & u 11
grand oc>mbre de gi:ns arme.z·
de fuftls & de pillolets , firenit·
leur décharge à l"arri vée de Mr
le Comte de Frontenac. Le feu
s"alluma en mefme temps, ~
. -=-donna pendant une bonne derny.
heure un fort grand plai{ir
aux Spe8:ateurs. Au forttr dc-
1~,Mi' le Go11verneurqt1i a loit.
fou per l l,E vefché , paLfa par la .

-

••
,
J
-
·~o-i· MERCURE·
Place du Fort, où il trouva u111
fecond Fet1 re1nply d'artifices
de v aot la porte de Mr de
Bellefond , & ces mots• en gros
caraéteres , Yivt Fronltn11c. Des
fufées volantes furent tirées
pcndantque plufiettrs Girandoles
jettoient le feu de tous les
cofiez.11 y~ e11t un magnifique
rep.is à J"E vefché, & un regalc
:des plus agreables chez Mr<lc·
Villeneuve. Il fil1Îr par une
rejoü1lfance alfez lingl1licre:-.
:fous les conviez. efioicnt au-
tour de la Table le p1fiolct co
·t1ne main & le verre de l'aucre .. .
Ils defilotent vers la porte, oll
-chacun en fon rang beuvoit
1a Canté du R.oy ; & de Mr le
Gouvernet1r, en la faluant d'un
coopde ptftolet, & allam toujours
recharger 1ufqu,à ce quele
rang recommcnç~!t, cc q.,ï ... ,
' • , •
• •
, 6 'A t. A N.T:. 1-0$1
fâ i foi t paroi,llrc le· feu E:ooti;..
nu 1 & reglé. Deux.jours apr~s.,
Mr de Ftontcna'c alla viftter les
.&ecolcts, & . ils Juy donnerent ~
.des marques de la part qu'ils
pre noient à la joye pl1bliquc:
.par ltn fc:u qui fut a-llumé de.. .
~aot la porte de leur Eglife ..
I?lt1ficurs perfonnes des envi:. .
..rons s'y rendirens,&y firent di·
ver fes dccharges de l1 ufil s. Ces
rejoüiifaoces dL1rerent jufqu 'à
ce q u 'jl pa rti fi: pour le Mont- .
acal, ce qui cfi une marq lle du:
.p\atftr qu'on fe fait de fon re- ·
cour , & de l'a!feur~a1ce qt1e :
l'on a que par fa fagc conduite,~
il confervera dans le Canada la •
t~anquillité & le repos qu.il . ·
a coujouri fceu y maintenirBendaot
les dix années de fon . .
p,remier Gouveroel'r1eôt. Je ...

QC. vous rCE_CtC· p,01nt_cc. q UC.;

..


1"-4 MER c·uru E
je me fol1viens de vous ayof~
dit dans qltelqu'unc de mes
Lettres, de ce grand Pays des
l' Ameriqt1e Septentrionale ,
qu'on a nommé la nouvelle
France, parce que les François
·en occupent la meilleure partie.
On cotuprend fous .le nom
de Canada tot1t ce qui eG aux
deux coltez de la grande R..Ï vicre
d~ S. Laurent , depuis les
lfles qui font ag devant de (on
eniboucheure ,. eo remontant
le long de cette mef me R:ivicrc,~
· qui a del1x cens bralfes de profondeur
, & vingt ou trente
lieu ës de l•rgeur vers le Golfe
de Saint Laureos,oùellc fe décharge
dans la Mer , & depuis
- les Golf<:s & Décroîts de Dàv'Îs &de Hufdon,jufqu'àla nouvelle
Efpagne , c'ell à dire,
les !fies des Terres - Neu v.cs 1
- ..
-
. . G ~ L A N T. 2 o 5·
la- Terre de Labrado, le Canada
qui donne Ion nom au Pays,
i· Acadie, le Saguenay ,. & les
T1erres habitées par les Huron
s , les Iroq llOÎs , _les A1 g on•
quins, &c.
Le t4. dll mois palfé, Dame
Sufanne Phelypeaux ,Femme
de, Mr Bignon , Confeillet· ~ . .
d EfiatOrd111a1re, & Soeur de·
Ml'de Pontchartrain, Contr~-
leur Geo. eral des, Finances>-
mourut tcy cxtrem ~ menc regrecée.
c·elloit une Dame auffi.
dtlttnguée par fa vertu que pat
- fa naiffance , efiimee de tous
ceux qt1i la connoi!foient, 8'
cherie de toutes les perfonnes
. . ' . · qut a votent un acces particulier
auprés d'elle.
Darne Marie RouilJé, Veu~
ve de Mcffi,e Henry Feydeau~,.
Sei~neur de 1rou , l~ Ville-





%06: MERCVRE
neuve, Pru ncl.a y, Coofeilfcsen
la Grand,Chambre du Paf'lemcnt
de Paris , cll morte
environ dans le mefme temp$.
Elle eltoit d'une Famille qui
a donné di ver~ Confeillcrs.
aux Compagnies Supericutes~
, & dont il y a pref~ntemem
un Confeillcr d'Efiat, un J>ro·
eu r~ur General de la Chambre
des Comptes , uo Lieutenant
General des Eat1 x & ForcG~~ &
autres. ~atJt à la Famille des
Feydeau, qui efi originaire de
Ja Marche, elle a donné divets
Chevaliers de Maiche, Coofeillers
d'Efiat, Coofeillers au
Parlement , & aa x Compagt1i
es Superieures , Maifircs
des Req ucfi.es, 8c porte tl'1i{."'
A1' Chtvro1J d'or , 11cc1mp11gné J,
lroi4 coquiUes Je m1mt. ·
Ces morts ont. ctlé fui vies

GALANT. · 107
dè celle de Dame Madel"eine:
Colbert , Veu \>e de Mcffirc· .
Loüis ·erl1lart , Seigneur èlU:
BrolJffi11 , du Rancher, & autres
lieux. Elle e.fi:oit de la Fan1illc
des Colbert, qui a rend li:
de tres- grands fervices à l,Etac,,
&: Fille d'Oudart Colbert, fieur
de Villacerf. Celle de Brulart.
dcfcend des anciens Birons de·
Heez & d'Agnets au Comté·
d'Artois, & a donné à la Pl'an ...
ce plufieuri Officiers confidc~
rables , particul'1eremen~ Ulll
Chancelier d"'un. rare mcrit~
Elle porte de gueMles JI ln, h1111àe
1'•01 cht1rgée à'une trainée àe çÎnfJ•
BArique de [11/Jle, & elle a di-.
verfes branches. La premierc:
ell celle des Marqt1is de Sillery,
& des· Vicomtes de PuiGeux; la.
fcconde , des Sei gncurs de la.
8-()rdc, dont c1l Mr le premicLi
, •


--
l.08 MER cu·R E
Prclident du Parlemeot ac
Bourgogne, & la troiGéme des
Marqt1is de Genlis. c·efr da
cette troifiéme branche qa·cftoit
feu Mr Brulart dt1 Brouf~
fin dont la Veuve vient de
mourir. Il ell:oit Fils de Pierre
Brulart, Sieur de Crofne k de::
Genlis , '" Secretairc d'Etat ac
Petit-fils de Noël Brulart, Procurcür
General au Parlcmcna.
de Paris.
Je vais vot1s apprendre unC'
ehofe dont la nouveauté voas.
furpre11dra.,C ~e!.è uo.c que. fi:ièh
qt1e vous n auriez Jamais cra
qui cufr d& ell:re agitée ... Il fc
fait chez Mr le Curé de S. Sulpice,
dans la Chambre· & par
les foi os de Mr Morio, ancien
Prefire de cette Paroioe'e, une
Confcrence tous les·aos dept1i1>
I.e premier Dimanche d~ l'A"

GAL A NT. 109
.ye11t , jufq-t1'au Din1anche de
la Pallioo , à l,occafion des ·
Moufqt1etaires, & des Enfa11s
de qualité qui font à l'Acadcmic
, ou au College On les
-occupe là durant prés de trois
t::llcures , poor les détourner
... des Sped:acles , & des alfcmhlécs
, qui font d'ordinaire
l'éct1ë1l où leur vertu fait nau-
Sfrage . . Des pert-onnes diffcreotes
y parlent du Blafon , des
Fortifications , de la Geogra•
phie , de .l 'All:ronornie , de ·
.J'H1!toire, de la Ph1lofophie;
& cnfi11 Mr Morin y f-aic un
Entretien de pieté d'une ma-
41Îerc vi vc , tendre , &. toute
·Apotloliquc ·fur !,Evangile du
jou-r, -0u fur les vertus ics plt.!s
nécclfaires à la Jeu nclfe. Il ne
~egligéaucuns foins pour por ....
r les · eu1nes g'ins à la pitté •

~ 10 MERCVRE
V & il y réuffit fi a vaotageufement
qu'on peut. dire qu'il a
pour cela tin talent & une vocation
tres. particuliere. Auffi
Dieu répand il vifiblcmcnt
, ,beaucoup de benediél:ions fi1r
·les peines qu'il fe donne. I:a
·perfonoe qt1i y parlait fur la
,Geographie3 y a nt efié appclléc
en Province pour qt1elquc affaire,
Mr Morin excita Mr de
Villequoy à faire quelque pctic
Difcours fur la mefme matÏC·
re, le Dimanche {ui vanc, qui
étaie le quatriéme de l'Avent.
eomme il en a voie déja faic
quelquesCooferenccs ailleurs,
il ne s'en défendit point : &
fan Difcours n1afaDt ~as dép.
lu à la Compagnie, il continua
jufques au Dimanche
.. de la : Paffion , avec l'aFplau,
di.lfc~cnt. de pluficurs pcrfoa~

\
GA [AN T. 211
:n"es confidcrablcs ql1Î ont ac~<:
outumé de fe trouver à ces
A!femhlées. Mr de Villequoy
cil: Fils de Mr Pollart, Canfeiller
au Parlement de Paris.Feu
~adame Pollare,(~ Mere,étoit
liille. de Mr le Prelident Larcher,&.
Soeur de Mr l'intendant
de Roücn .. Ayant toûjours
parlé . ft1r ce que Ja Geogra•
phie a de plus ct1ricl1x, il démontra
dans la dcrniere Confercnce
qu'•it pouvoit y avoir
une femaine de trois Jeudis ..
€'cfr ne découvettc des dcr.
nicrs temps, & qui a efré in.;;l
.con11uë à tous les aociensGeographcs.
Moicy. à peu prés
commet il le pr.ouN-a~ A prés
.avoir dit que la_1 G·cographic
a voit fes Paradoxes-, al1ffibîca
que les autre$ Scieoccs,c, efl- à~
dire, de ces ~critez'furprcnàu~ ·
• u




~11 M"ERCVRE
.tes qu1. ne manque~ t gucre a\ cf .-
farot1Eher l'cfpric, il ajoûta que
celle qu,il pretendoit établit.
eOEoit de çe genre; & que le
monde cfi:oic tcimncnt prévenu
contre, qqe quand o.a
vouloi.t dice parmy le pcrit
Pettple C}ll'une chofe narri·
'teroit iamais ., on d1foit pro ..
verbiaJemcnt qu'elle arrive~
roit la femaine des trois JeudiSi
que cependant il a voit detfeia
de démontrer par la fciencc de.
la longicude, donc il avoit à
faÎlie un di fcou rs, qu'il n· cfroit
· pas impoffible qu'il 'f eufi une:
.. femai ne de trois Jeudis ,ï.cc qui
ferait voir que cette cxprcffioa
proverbiale-•& popuJa.rirc:, 0·03
fioit ~pas conceo ë fclon Je~
reglt'S de l'cxaél:e Geographie •
fi on pretenCioit s·en fcrvir pour
6gnitici: qu'une choiclnc pou•

VOlC

GALANT. 113
voit jamais arriver. Enfuite 11.
s~étcndit fur cc ')UÏ regard oit
la longitude qt1i eG:oit le fon.~
dement de la démonfiràtion
qu•il avoit promife, & pour:
fui vie en ces termes. Tout tel•
fapposl, ;e ail '1"~ tt ne fut ''"
a'Abord un pttit f11jet J,',1rJmir11-
t,Îon """ N11uto11nie:rstlts àt,nttrs
ptclts , lors q11'11prlJ Av1tr f 4il li
llJ•r ât lti ttrrt à•oeeitlent tn Ori
tnt, ils 11voitnt À leur 1t10111, ""
jo11, dt plSM que Ct UX à• PAJS, tif
!fortt q11e s' it 1 t~otl 1~11Jy, il ef/oil
J./111 Yentlrtdy f''" tt1x, & -.
e1n1111ir.t ct#X qui alloiept li.' Orient
m Oçcide,1t , 11voient Il le11r t'tlo(lr
On 7011r dt motnJ ,.ce q11i fa'.fo11 q•e
s'tt tjloit Jeudy poa1 ceux rJ," PAJS,il
tt-êtort encore 'J#t Méertdypo•rtux.
JI naij{oit dt li. t.le gr11ndts contefl"·
t·ions trJtre les NA11toonitrs {ilr Ut,
... ~11ril _1690 . . . .. l ..

•'
I


..
114 ME·RCURE
àiffertn&t qui fa trouvoit dAns ltllfl
JournJJllX ., & ils s'11&cufoi<nt ,,.,._.
tueO:ment d'.er1eu1 011 de ntglrgécl' •.
M ~u cel11tfl11rrivé fi fo11ve,,1 d1111s
./11 fuite, qu'on n'tn t{I pl1u furpri1
AUiour.d'ht'Y, & fur tuut depuù if#t
.les M111~em1111cit1'S fa font "f- .
pliqutZ 11.e11 rechercher la c11ufa.
&Oe n' tjl PM bien a1jficile À ITOM11t1,
ft /'on conjidrre que qutnzt dtg1rz,
t.le J' E qu11te11r v11Ltnt 11ne h'"'t,
& 911e ctluy qui v11 d:occtâtnt t•.
Orient preven11nl toujours le lever
Ju ~oltt/ a' AU/llnl J,'heurtS '1-,U'iJ .
pAr&ourt de fais q"inze dtgrez tk,
J' Equ11te11r, tl s'enfutt q11e s·11 /1111
Je louT de /11 terft, u far1124. he11rts
pour 14. fou 11·· degrez qui fa111
&ontrnU4 d.A.s lr.s Jrou cens fà1x11n1e
àe /'€q11ate11r. Att'Jji s'il ejl Dimiiche
a11ns lt Pays où it tH Je
rtloMr, il farJJ LundJ pou1 luJ. ll eu,
111110111 J1t1tremtnl . dt ~tlf'J 'JUi ~~

'

'
GALANT." 111
tl'oritnl .en O&citlt111. 1/ •11r11 ""
jo•r llt moios , & il nt fora '/"~'
SAnJtd.J po11r l•J .. Pt1Î&J tlo11c 'omt11~
fa tro•'TJeronl troû lt11Ju J11ns IA
1"efme famaint. S11ppo{or's fJ".""
Yo7J1gtu1 s'em/,11rque ~ BorJ,t•u1t .
po1'r 4'ltrfltrs lts Indes Orient A/es.,
~"""il far• 11rrivl 4 '" a1fl11n&t .
Je 18 o. J,egrtr, de /ongttNât, 'f•Ï
~fi t11 moi11é "" 10"' dt /11 ''''~,
iJ ""'" 4Ài11 min11it , lors f ", o•.
n1111r11 encore qut m1dy JI Bordt 411x.1
,
pAr&t 1"'1/ far~ 1111 Mer1die11 op.;.
po/', d'où 1t s'enft,it qu·tn 11chtv11n1
le to•r dt 111 ttrr.e it ""'""
vingt '!''"'''' heures dt Jiffi r t rJ-r:e J,'
11vtc ceux Je Borde1111x et q11i f11i1
•n JDllr entttr. Donc s'il 11rri11ort lt
MercrtaJ 4 BoratA11x , il faroil
tlttll /e11dy pour l#J , & Je l:ndt-.i
mJ1i11'l"1 faroil YtntiredJ pour 1111~ 1
il nt farotl q•t lt•a1 pour t#x.
4tnfl 'TJoi/11 dl111 Jt11x le•Àil~ Po11r. .
en 1ro#11tr 1111 1roifiime d.111s cette
1 J,


216 MERGVR.E
tJlêfllt {tm11i11e , no#J firons partir
à11 me f mt lieu un Alllrt Yoyagr11r ,
'JUÏ irJJ tl' Orient tn Occtdt nt.
JJJ'"""' il fer11 arrivé" /1111or1vèllt
G11inte , f "i tjl rn'lJi1on" 1 S ô· Jethgrtt:.
~t longitude dt Bordt11Nx,
il for11 1111 Meriaien oppoft , &
n'A•r• tneort ~•e .Ç~mtâJ • m1na11,
.g•A,,tl on 11ur11 J,é111 le mi;J,J -J •
»ima11che • Bort.le11ilx; & comiiit
l11 chofe t/I trts. poffiblt , ft t'êl•J
'l"i tjl 1181 tl11 cojlt tJ' Oritnl fa rt11•
controil Ili 11vtc cel•J q•i 11 pru fa
rouit ve1s t' Occitl,ent , ils fa lro•'
fJtroitnt en d1Jference dt i 4· 'ht••
rts, rar&t 'Jiil t'Mn t" llllfOtl pt,JM
tlo•\! tn s'éloignant infenjiblemfnl
tlu Soleil Je ctnl q•;itre-vingt Jt.
grez fNr l' Eq•11ttur, & que l'11•1'e
tn auroi1 "" c9ntrt1irt gagné ào111:.~,
~p préven11n1 dt cent quatrt-vingt
Pfgrt'{lt lever dtt. Soleil. Ainfi t:tl#
J 'J."i faroiJ allt/ d" t1Jé "·o,&i-
••


GALAN~. >•7
tltnt., 11t1,roi111JirJ11i1 "" S4mtay 11•
Dtn111nche; J"ns lt momtnt me/me 'lit &t J111 qui faroit 11/ll du eojll
J'o11erJt "'"TO'ÎI mia11it au DifllA#-.
tlN 1111 Lundy. Don& /i ,,/•y qui ~/I ·
af/é "'" co~ 1-a' Or1t111 11tbeve forx
tour, & qu'il ar1ivt Je Ie11dy À Bor ..
tJe411x, il ne fer A que MecreJJ pour
'"'' & k l1ntltt/J(.IÎ'1 q11i faroil renÎ,
redy à11n; &ttft Y1/te. /li , faroit
Je11dJ po11r lu7. YDil?. elonç 1roi4 lça•
-is Jans 11ne mefmt fam11i1Jt ; le
Mlcrtdy Je Borde1111x eft4pt le lt#"'
Je çcluJ q"j If f111t le tour dt I•
Ttrrt f Ar l' Orienl, P"'''t qu• il If
an iot1r àt p/111, le ltndem11in ejltJnt
Je l !t,dy pou1 cer~x de BordrJS r'x , &
t nftn le Ytndrtdy dt Bordt41'X ltAnl
le l r11dy de cel11y qui 11 tjJI dg,
cojlé de L'occident , parçe qu'il 4
un iour dt 11Jo1ns. L"1 r 1iifon fonà11_
mentale de te miflere Geographi!"'
, ,' ej1 ~ut ,efuJ 'JUÏ VA '1Jtrs;
1 3, .

V,-UU\.;TÇ,f'..,...-----
• •
21~ MERCUR~
f Oritnl v11 toujours vtrs lt jo11,, b;
tncontrt hitn plûtojl lt ltvtr al#
Soleil, qut tJe fait te/111 qui 'VII verr.
l?Occident , qut va 10#7011rs pert1An~
lr j o111, & pli# il vn en 11v11nt ,.pf 111
l'llrd le Solett fa Jevt À /on lgt1rà.OtS-.
po11roit encore co1Jc!ure Je /À 'JU.t tlt
de11x !11m aux q"i feroienl morts;
darJS le mifme llmpt, 1/ po11r101t J
~» 11voir un qui auroit vefc" dtu.Jt
jo11r.' pl11s q11.t l'autrt.Cel11tarrive,oi1
imrn11nqt1 ah!tmen1 , s'ils fti1/ottnt
tous de11x Lt tour Je la terre, fun
ptJ,r t' Orient & t' 11utre par L'Occitlêt
ctlu1 qui a11ro1t tj/I pn,;· l 1 Orrenl
ayant Je //e ndrrd7 "fan retour ,
q1111 rJd l'ar1tre n'a11rort que le MlC't
rdy. O•l p cttr 1011 encore po11ffircts
&one '11{totJS pl 11J /0111 ,pot'r égti)er {A
11Ja' , fr.e , TJ'Jats iJ me ft1ffi1 d'1.1voit
dé111ontre qut le Pe11-plr / :· trompe,
qu,;1r;t.4 1P. i /onnan1 par t'1,11poffiblt ,
po1,r<xpr1r1Jer qu~unt&hoflnt pt•I
G. AL A NT.. li,
;11mais a111vtr, il dit qu.'eOt 11rr,.
....
*Cler11 /A fem11int dts lrois le11d1s •
• 1
.. : · Il paroi A: dept~is q..uelquC':
.ce1nps un Livre nouveau, intitule,
Rem~1q11es .,_<Jtl Rejltxio11s
Cr111q.11çs, M~111les & Htflflrtquts,
{11r les p/11& belles & les plus At,re11-
· ~/es pensées q11i fa lfflUvttll àAnS
lts Ouvr11gts àes 11ncitns Aatturs
-ér modernes. Il y a qt1ant1té de
·!.ivres qoi promettent beaucoup,&.
L'on tro11Ye Jans cc- ,
-lu Y· cy. plus q uc fontitre ne fait
efpercr, pu-is qu'on y voit non
feulement les plus belles, & les
plus agreables penfées qui font.
-daas la plufparc des Ouvrages·
. des At1teurs anciens & moder-
nes,tnais encore t1ne infinité de·
_ · chofcs dires par beaucoup de:
grands l1ommes , à· propos de·
g uoy 1' A utcur fait leur hi ll:oire .
. 1. ~·


- . ----- • •
21b MERCUR2
en abregé. Ain fi l'on voit dan$
110 feul Lt vre des colleclions.
q u 'o o ne pc ll t faire q u 'c n plu-
- t1eu.rsannéesd-c lecfrure,& ceux
qu.1 v·culent fe dooner la~
n-e d• en faire ; y apprconcne
la man·ierc de faite un boa
~hoix. •
Rieo n'eft plu$ à la mode
que les Càrtes, ny d'un t1fagc
plus .grand que celles ~ui découvrent
les li.cu·x ou fooc
les Armées de Fra.Qce , & les
Troupes de routes les P~î&
fane es q ai lu y fon.t la. go.erre ..
C' efi: ce ~ui fe voit dans um:
Carte des dix,fèpt Pro•iucc;s.
des Pays b:ls, avec les Provinces
de Francè , d'Allemagne,
& t1ae partie .de l'Ao-·
gleterre. Elle a cfié faite: nouvellement
fur plufieurs Memo.
ires dre!fcz fu.r.1lcs lieu~ ,.

1
· G A L A N'T: i.1i 1 1•
pendant les derniere5 Guerre$,·
·par Mr Sangre , Secretairc & .
Geographe de S. A. Sereniffimc
Monlieu-r le Prince . . I.:c ~
ne fçaurois mieux louër 1· AutCl1r
de cette Carte, qu·cn di-~
faot·quefeu Mo11fi~ur Je Prince
qui a voit Qne ~ooooilfanceparf.
aite de la Geographie, l'cfiimoit
beaucoup,& que Mon·- fieltr
ls;: Prince d'au jourd'hu y ,l
dont les lumieres font connuës . . . . ~ ,
. dç: tout fe mon.de, le confiderf ,, ·
& s'en ferc· .. J '
, tl~ vous ~y déja parlé d.e ·
Mr TrevifânÎ , C"merier· ~-u•
Pape , mai~ i~ -ne VOlJS .ay · c9-.
c;;ore-rieo dit de cc qui fe pf\lfa ~
le jour qu~ Sa M.aj~fi~~pQnqat
le B-Onnei à Mr le Ga1ùinfllt
Forbin; ~r sr_rcvi Cwlqi · _aya--pc:
eflé cond1tit ~ Ja· ChaP-cllc dLlt
<t.hafrcau. de-· Verfaill~s , fpc:
f l i j )

-
-. -----
t •
:- 2 i-1 ·M E R C 0 R E
ptar·é à collé de l'Autel pour
~ e n t e t1 d re la · Mclfe du Roy,
-aprés laquelle Sa Ma jcllé
·ayant recet1 le Bonnet de la.
n1a1 o de ce Can1erier, le mit
·ft1r la tefie de Mr le Cardinal
de Forbin,& l,a ) â'.r fait relever,,
· Elle· dit· à Mr Treviîani 'J•'-'l
pou.11oi1· JJ.ffeurtr S11 S1iintt1é 'J•~il
. ·n'y 11voi1 point de PrtlAI .. dAn1-tO#I
rfon Roinume p.l11s 1111aehi 11• S•i•t:
3itge. Vous voy·ez par là, corn..
me je vous J'ay fouvét marquéh
qu'outre la. grace dont le Roy
: accompagne tout·cc qu'il fait,,
- j J y joint· t oo jours que 1 q u c s
paroles obligeantes qui ne:
chartnent pas moins que fos ~
manieres .. ~and les Gardinaux.
à· qu.i Je Roy donne Je·
,· Bonnet~, font Etra11gers,ils omt.
!,honneur de difoer avcec Sa..
; M.a.Jefié. l

• •
"G~TA r. fi NT: . 2.13
- Voicy la Copie du Breft
que le Pape a envoyé à Madame
de Maintenon. Cèttc·
E>ame elt G· fort au dcffi1s de
, toutes les louanges qu·oo luy
"peut donner, que le meilleur:·
party e!t de garder le filcnce •.
Ce Bref a pour fubfcription , .,
Ditell,i ;,, chrijlB Filu;.., nobiti ·
mulieri , Dominit. de - M,.inltnon •
St il cft conceu :en ces termes ,

A L E X AND E R· P P. YI 11~-: .
"tf)' 'lefl:S Î'I cbrijlô Fili11, nDhilil
·· mulier , S11l111e1n & Apo(lofμ
e11m BenttliE/'iiJntm. .Atle' no/Jis .:
·eogfJitit. Atqut perfrrl1~ 1101 prA;,:
fl."''1es 11c m11gnopert ·commend11hi:.
les 11obilil:..Jtù tu4 dotts & pr_tir"{,A•
·1;"~, "' p11ttrnt1111 tihi ch"Ari111ttm :
mft111m peculiArtm in motJ11m &oo.:
lilitnf •. H11j•fae ~IUtrn· ch11ri11.1~
I J. 6u
• •


-·-- ..,,_


\
·ai+. M~ R C -V RE'
Jif cr~tttS in pr~fans ttjlù tTÎI Ji~
{1111 FtiiMs Fr4ntifau.s '1'Tquif11•MS"- C
Cu/IJCN/ar.i1's no/Ur ,.'f"i pArftn:~
Jlirre.ttJWJ tl1l.tf;h FiJiQ noflr.o ~X"f(I·
no , CJJrdi,,11/i .Je Forbir1, 'Ufi.a
& docum~ntsi i.p{À , i11 oçufto"i/Nu
'}1J4~.fi offerent , luc"le111.i#s ~
t·1hi· u&J1&r11hu11t •. lll"d tti.i&i.ffe• •
t.e petimus, "' pr4tli0o.düello Fili•.-.
q:1t1n. ~irJ1,1e.1 p1A&l11r#m gtn•,
"qua11tts .injunil"mgtU infaper, i/JJ
411obu mun114 , pr 4cip1'1Î àign11111 e)
ljffi#Ationt conpi11J#lll, t' gtAt~~·
q1111m11p11domnts ordints, t>h fop111 .
tntmo.r~tAI tJotts. Jt& r~rDg11t "v44
11144 f»trito iflic ob1ints à1ligtnl#l
Atltjft 'fJtl11, nec minui &DIJtMIÏMH·
lt·-.tt ftagitll1111M' ., pli•lt• t~
1.rg11 f11nlf Am h""" Stàtl!' ot.j1~
'VAtJJÎAr» , 'JtlDIÎt fat1"1'/M.t ~-{'t_(t·
rj1 , fÀtmf.kre f41AgM , • 1.i•/Mtf
~J.i IS :r IMÎO#tS ÎS/l#Jt pl>llU_'flM
IM'·~e /j1_# ~/Ji/;,~ 1~JM
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Jl.ol.i&~m Btn.edil11.NJemμr1111J11f1r
Jer i.mptrtjmpr. DJIJ.JH'n Ro'1'~1f P""
-S,11004t» M'Ari11r» ~j1Jr1m, fi1/t-
11111111lo Pifct110..ru , tl1e X.YI l /-;~e.,. .
brSW'Î'Î ull. DC. ~XX~. Po,,,~:.
fiCAtU4 nojlri 4n110 ;r.iTTJo. Et .pl~·
J)as efi écrit , ~ Â R 11J~·
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Cc Bref a. cfié aiofi u•d.uip:.
~~o no~e ~angue. ~ l
._A NOS:f a-ili C~EJ.l.E F~oe-:
.,ea ]. C. la noble Femmc~ll
Madame de Main~non. •
AL.EXANDR.f:" VIII ..
_.., ·Het.e FiUe ~n 1· C. Nflblç D~-t.
it#mt •. Yos 'Utl'tlll inftgneJ ,. ér
.,.,os nob/t s & recomm4,,JtJ,bLes prl-r·
rog11tivts n.ous font ft '°"""ës ,, .
'Jlht U~s n.QJU tlJgAg~t,11 'V/HIS pan~
~"ries mArques 1011t(s pArJic"ii.t1es~
i.ean1JrtAjfe8ion p4ttr1Jtllt. P"Jl~.e
lf'S· Çkrt~J .. /S i.F,{Mlf~Ls 'X11rgi ff'f'Î. ,_,
- -----


' '"'~s6- M E ~€UR tr
·11ojlre Ca11Je1itr, 'VDll4 m ''"''•Ji·
~o#che un écl11t11n1 timoign.ge, e11
parlllnt /4 B11re1te q1t. "'"s tll
'tloyons ll ·noflrt trts-cher· Fils To•ff11i111î
, , C11,din11t · dt Fo' /Jin. Lts
tjfets voa lc ·foront tntort pl11s ~j;.
J11mment ·eonnoiflrt a'/IYJS /t S O&t•-

fjont qui potWronl je pn ftnttr. No•
'f!0/14 p1ior>s 11uffi de 11oflrt p11r1 , Je
·'1Jou!o1r hïtn Jonntr to11tt t' 11ffiH11nçe,
& to"lt !1e protrOion P.rifflbl1
... J11ns 111 GDur, Mt vos belles fJ•11li1n,
'ZJD#S · ~''' Acquis 11vec j11fJ1't #llt
f1tvtNr fJ#i tjl approu'Vle Je'""'/~
mtd-e,4.n~ir, fl1fd.11 Fils Trl'Vifa•i, ,
'l"i par un merite ég"I À fo n•iff11nct
, & fi,, to1't ·p11r 111 c1mm1Jl'11
']Ut nous 1111 donnons , ejl âignt
ctl'une diflinéfron pArtic•/Ît1t. NtJltS
'llOllS pr;ons · encore lffltt "" ~tlt ·
ég11Jemen1 fo rt ; àr [Aire VAioir foll-..
ltS /t! fou 1Jlle J"o'ccajion sin prtft,, ..
ltr11 .. , /'~N11chtmtnl ft/11/ !~ "'*-"
0 1 'O'
• • • • •
. ~GAL fl1.N: T: ·2~17'
.. 'llVt~ pour te S11int Sitgt, & tJ'tn ·
à./findre 10111 les i"ftts. inttrep~.
Fonrûz fur cette efplr1111ct, No11s
p1ionr 7Jitu 'l", if. eomh/t 'IJo~rt ·
. digne ptrfannt dt toutes {orlt-1 tJ'"•
; g,rlmens & de profperitez , & 'VOIH
·âonnons de /Jot1nevolon1é nojlre Be~
ned1ll1on ApojlJJltqu~ . .4· Rt>11Jt tt~
· 18.Fév.16~0 ..
~ Tandis-que tr0ute l'Europe lè:
ligue contre les vcritablcs interefls
de l'Eglife Caihofiqt1e, le ·
lRoy don ton 11e peut trop admr·
rcr la .pieté ·, redou blc fes foi os
au prés dlt Grand Seigneur,&:: ~
·par fes Lettres , & par les fol~
· licitations de fes Minillre$,
pour faire refiitucr al1x Reli~
·gieux-dc S.Fraoçois, les Sai.nts
· . ·Lieux q oe les Grecs leur <>m. .
-ufurpez depuis quelques aO'
·nécs, & pour les n1ettre à colfl. .,.,,,,
des.in.f al tes& des perfcca"'-
~:vv-~. ---- •
• dl-2it8 ME rtlÇ ·v R E
Ji·o.ns de ces Schifmatiq ues -
.ainli queide la tiraooicdcs of;
~ci~rs Tl1rcs de lcrufalcm qui
,Jes oppriment par des taxes k
par des a va nies exceffi vcs. Sa
Majefit a réuffi depuis peu CD•
.ce dernier poiot par la vigilaDP
~e de {es M.inifrres , qui oncobtco1'
·uo Comrpande1neot da
Grand ·Seigneur . contre 1c:s
.Grecs en fa vcur des Rcligieui
Latins, dpot l.cs plajoces aya-nc;
efl:é porties au G t·and ~ibr,
dans ll: mois de I,anvier dcrr
nier, p~r M. de Chateauocpf
de Ç~fragn~re,s, Ambafiàdeul'
du Roy à la Porte, ,c~ti;e lt:
Bacba.de JerL1falcm ·, cc Bacbjl
fut auffi cofi depofé pa-r ce premier
M>pifire de la Col1r Otw··
.m~ne , & appellé à CooGaoti··
nople pour y rendre compte d~
toue~'~ qu'1l avoit tir~lllqM~


. G A L A N T · · i i. ~
ment exigé des Rcligieu~ de Ja
S-:errc.Sainte,le Bacha de caza
qui le~ aimo1t , a y~ot cfre nommé
Bacha de Jcrufale.m en f~ ;'I
place. le Pere r..ouis Verdt1n ,.. ,
Religieux de la rcgl1liere Ob .. ·
fcrvancc , y a envoyé la Comme· ·
de dottze mille li v rcs , avec '. .
quantité 'de beaux ornemens · ·
d'Autel, Brcviaires , Mitfcls,. ·
Montre$ d'Horloges à la :Y.1.1 r, ~
que, & autres chofes du pri~
de n1ille écus ,_fous la conduite .
dc-'trois Rdigîeux de fon Or~
~re & de fa F.arnille ,.qui par ~
tirel'.lt de P.ar1s le 6.de ce mois>
pour' aller s·crnbarqucr à ldar ...
{eille , où ils doivent çfrr~
joints au coo1.mencemeot d~ ·
inois prochain par quatr~ &c,..
ligicux da mefme Ordre,que ce
mcfrnc Pcre LOUÎ-f v .er.dun,qu·
cfr Co1nmiOEa:irc G epctil cp
(.
- ·----- fi
'
.2.JO • M&/.R. c u RE
France pour ta Terre-Sainte, z
eu. pc:rn1tffion d'y fai rc paOEcr
pot1r y établir les :v1 itiions ncielfaires,
& admin1firer les Sacrcmens
del-'Egltfe ai la parole
de Dieu aux Fidclles de cc:
Pays-là. Sa M~jtfié luy a :recordé
en mefmct~1ps t1n Patrc:
J>ort,afin q uc: les au 111 à nes J'Elpagoc
fuient portées à JcFt1falem
en tO.\)tC feureté, fous la
(onduicc d'·un Rel1gteux Efpa.
gnol dt1 n1 : fme Ordre de S ...
Fran<îoÎs.. Toutes ces cht>ks
font voir.. q·ue lé Roy furpatfc
autant en picté' 1ous les a.uircs
i>rin-ces Catholiques ,qu'il les
·furpatfe par fes grandes q11alt-
1ez>.& par , la gloire doat il eft
environne.
:- .Ic vous manday d-an'S ma
Lettre du mois palfé , que la
Flote qui portoit des Tiou.p.ss,

- --- --
GAlANT~ 1J1 ~
ae·A:it1ées pour l'Irlande, eltoit :
partie de: Brefi Je . 7. compofée
de trente - .6x Va1lfeaux de·
guerre , de trois Brl1lots , de
èÎ1~q Flutes,& de plufieurs autres
B.iftimens de guerre & de
charge._ t.lle n1it dix lieuës au·
kirge des c~tcs de Bretagne, où
chaqt1e Va1ffeau fe rangea
fOus fa div1fion ,dont chacune
c~oit de douze Va1OEeaux,ceux
de charge, auffi bien que les
Brulots , efianc ft1r les a10cs.
-
-}' A van t garde · e fto i t • c o m 1n an ..
âée par M·. de N(..fmond, Chef
H'Efcadre, le Corps de Ba·t:iiJle,
par M. le Marqt11s d'AnfrevilJe,
& l' Arrieregardc par M. le
Chevalier de Flacot1r. On gar-
. da cet ordre fur l'a vis qu'on eut
que les Ennemis efloient fortis
.d. e leurs Ports au nombre de
trente-fix .. Vaiifeaux , pout


·-·-----

I


·s~i - ~ER€VR'E
s'oppofer au fecours que cerce
Flote p<.>rtoit au Roy d,Anglc-,
terre. Il efi de pl us de fept mille
hommes effcc1:ifs, dont plus de.
fix. mille font Troupes Franfioifes,
dt1 Regiment de Sur~
Jau.be , Tournely, I~ M~rchc,
FumechQtlr Merode, & Forcfi:J!
tous Reg1me11s d1
l1n trcs bon
fervice., & le relle clt de ~rou
pes 1 rlandoi fes,E.cotfois & An ...
glois c1t1i ont qt1irté le fervicdu
'I>r1nce d'Or~nge; po1,1r ail~
en Irlande.fofrcentr les Înt~rclls -
. du l'-<>Y d, Anglecerr~. Les mcil!
Jeures Y.oilieres d'entre 1~
fregates furentdétathées pour
aller faire la decou verte t'E••
por1icomrnandé par M. le Che,
A•al&~r de Genlis, le Modtri paf
.M. l~ Chevalier de Chaulieu,
& /'Akion par M. Bart, fe furem
9. peine éleve~ trpis licuës dc1
"V"""T'\Ol'V UU'V' __
G A L A: N ~. 2 3 3
vaot l,Arméc qui faifoit route
.au Nordoueft quart de Nort,
qt1c 1·on dé.couvrit fept Bafrim
e ns , qui fL1rent reconnu~
pref que a uffi-tofi pot1 r 1'1:!.f ca•
d1'c des Va1lfeaux du Roy qu'~
on atteodoit de Provence.
Elle eCloit de cinq gros Vaiffeaux,
d·u11e Fregatc, & d'un
Brulot, fous le corrunandemenc:
de ·M. de Paale, le plus ancien
des Capitaines de cette Efcadre,
qt1 i motoit la Fortune de 64.
pieccs. M. Chabert montait le
Eleuronde 60.M.de Perfein /tS.
Lo11i1 de 60. M.le Cheval 1er de
Chalais le Pigil~nt de 5 4.& M.
tic Ricoutfe le BrNfqt1e de s o.
Cette jonél:ion eau f~ beaucoup
dejoye~ l,Armeequi continua
f-a rot1te. Le lendemain J 8. ft1r
Je foir , le Moderé donna la
cha.lfe à un petit Baltiment à la




,
3.J4 MERCU1RE -
.clarté de la Lt1 ne, & s'en rc:.u.i
dit maifrre. C,efioJt un petit
·Cor faire A nglo1s de butt pic...
ces de Can"n, lefié Je bled. U
fut armé auffi tofl de 19. pcrfonnes
de la Flote que l'on mit
deifus On e.n pri.t encore un
autre de lix pieces de Canon 1
qui fe rendit au Serieux que
commandoit M. de R elt gue.
Ccluy-là cfioit envoyé par le
Prince d•Oraoge pour recon·
noifire 11 Flote , & a voit quatre.
vingt hommes . . Le 2 •· aa
matin on découvrit le Cap de
Caro, qui efi: le plus a·vancé
cflrlar1Je,& 1·on fe trouva trois
ou q11atre lie'1 ës fous le vent
du Port deKinfal,où une partie
de la Flote devoit entrer. Com.
me on Iou voyait pour gagner
cette e11trée fur le foir du mc:fme
jour~ M. du Quefoc: Mon-


""TU~,,,.----
GALANT. 131
~ier, & M. d'Ivry, qui commandaient
de u.x Frcgatcs du
Roy d'A11gleu:rre , 1·une de 36. .
pieces, & llau-tre de 2g, joigni-11
r.cnt M. le Marquis d•Anfrevil-·
le, & l'alfurercnt que toute la
Flote pou vo1 t entrer dans cette
Rade , où elle at1-roic une fort
grande con1mod1té pour le dé·
barqt1cn1ent , & où elle f-erou
.d ·a1llcurs .l1ors d'efl:at d'e!lrc
infulceeparles Ennen1is. Ainli
le 1,,. l:Ar.riereg:i rde , entra
dans la Baye de Ko<k , & la
plt1fpart des Bafrimensde cbarg-
e dans Kiotàl, av.ec cnv1011
2 5. Bafiin1ens Marcl1a nds. ~e
23. à unç l1eurc apré~ n1idy .,. le
Corps de Batatllt & 1 ·A rr1ercgarde
entrerent auffi dans
KorK, où toute l'Armé< moL1ïf.
) a à trois 1 i eu ë s de la V 11 le. La
.Eregate J' op111i11jlre de 3 6. pie-

- -·----


17 Ji • M· E R C {J Rt E
.ces, commandée par M. Hcr.
pin, ft1t jctLée fur la Ro~lie par
.}es courans , qui cat1ferçna:
quclq ues abordages &~chou ëmcos
, le -NtptNne & t' 4rc-~nCiel
ayant échoué, & lt S. lo#is,
i· A"•!,Afll &. f Alcion ctbordé ~
mais fa os recevoir aucun dommage
qt1i ne ft1A: aifé à repar\,ir •
pt1is q-t1c tout lemal cll:ant dans
les oeuvres n1ortes , la haute
marée de t•Equiooxe Jcs t"emit
à flot. Ai11fi il n,y a eu-que ILOpin1all:
re qui ait cll:é f(>rt endommagé.
Le 14. ond~a~qua
lt R.egiment ·de Fumechon, &
le 11. ccluy ·de Surlaabe. Qsi

continua jufqu'au 17. à faircs
ce dcbarquementdans les Cha·
Jou pes del, Armée qui portoiét
les 1"'ro·upes jufqu.'â t1ne ltcuë
de la Ville de Korx. 0n ~'
monter les Vailfeaux.dc charge
biea
·GAL A NT. )~t-J ,,
!Mien a va nt . s la Ri., iere de
ec me.fme nom , po11r y d~bar-
-qucr tous les Bagages., Arril\;,, .
lerie ~ Cavalerie, tl. attira11 de _
~oerrc. La Ville de Korc efi af:..
·fez gra ode , !! tout foo com
:merce conûtlc en -lai ne. Tou te
l,lrlande qt1i reconnoi fl le {{oy
d'Angleterre nt des feux de ·
ioyc dé l~arrivée da fccouts'..
f,cs Vailfcaux du·Roy d~i vent
.amener eo France quelques
Troupes lrlandoifos. · '
E n_·vous parlant de l'A bba·yc
de .N~trc DarBe deFlabtmont
eo Lottaine, Dioccfe de TouJ; -.w ~été donnée à M. l'Al;b~
i-o Brifacier, Supcrie-ur du Semia
· c des MilioniS é<<angc~
KI, j ay ctublté d.e ·VOUS dire.
~'.clleétoic vacaote par la mor~
c Mr Laarent de · Brifacier· ~
~gé de-plus de Io. aos. qui tnou-
A'llril 1690. K.

·~- . -----
,
2.JS MER CV R. E
.rut jl nlois le • de Fcvrier
der.111er Do.yen de S. Sauveur
de Blois.&: Abbé de Flabtmont.
li a voit eu 1·hon.neu.r de fair.e
durant q.uelqt1e. temps la fo.nc.
~t.ion de Précepteur du Roi, qui
.depuis ce temps-là J'avo1t toû ..
~ours honore de ·fa bienveillan.
ce , & qui par la confiance
.qu'il avoit en fa .vertu , lui
fa1foit difl:ribuer tous les ans
~ans le pays ! le fois quelques.
unes de fes aurn~ncs Roy ~ lcs.
S,if y av<>itdes remedes con ..
;irç la morc.,11 fc:mble que cc dc-
vroit ê crc la Theriag·ue,tant oa
. s'emprtlfe pour avoir de cet
.antidote. M. de Rou v icr.e en
.ayant fait l'anéedcrn1er poür
.la fecondc fois, comme je vous
fay marqué dans l'article eu- . . ,
rtcux que1e vous ay cnvoye
{ur Jac;opoficion de ce rcmcdc , ·
• •

GALANT. 13,
-on vient d'enlever pour J'armée
prefql1c tout ce qui en
('rcfioic,de forte q u· 11 fe trou vcra
bien-tôt oblige d'en refaire, ce
.qui ne l t1 y fera pas ai f e à caufe
de J a difficulté q t1'i1 y a d'avoir
toutes les drogues des Indes ·
·qui font necelfaires pour fa
· compofition, & dont il a toûjours
efi fuffifan1ment par les
grands foins qu'il a pris pour
n'en pas manquer, ce qui fait
qu'il 11·a point encore mis dans
fa Theriaquc les drogt1es qu'on
permet de fubfricuer en la place
de celles qu'on ne peut trou ...
ver.
Un gros party de Hulfars,
comn1andé par le plus fameux
Partifan q u'aycnt les eonem.is,
& qui enleva il y a quell]UCte1nps
du bctail autour de
Phtlisbourg, étant venL1 dans
K 2
·- ·-----
.s40 M E R a V R E
le même dcJfcin auxco~irons
deFribourO!, M. d.u Fay qui C'1
cfi Gouverbeur, en t·ut a~crty.,
.& ordonna un détachement de:
Dr;gons, comn1an.dé par M.
.de Haubot1rg , LieL1tenant
C-ole.nel, qui ,fit can.t de d1ligen•
~e qu,il gagna les palf2ges des
.ennemis. ·L·actaque fut v1gou,-.
Ieufe, ..&. l'ordre n'y par.a pa~
411oi1ns que la ·valeur. Quarante
des ennemis dcmcorcrent fui"
Ja place, & le Commandant du
party & fon Lieutenant furient
pris ,,.,avec dou·zc Dragons :5'
b eaucoup dccheval1x. On reprit
aufîi Je bétail qt1'il avoicM
~ocnmencé d'enlever .. Les ennemis
font fort confl:ergez de
Ja prife de ce Chef des Hufl""ars.
1dont ils atten doicot :beaucou~
pour les partis qu'il at1ro i<
c:ommande.z dans J~ GampagnJ:

GA L A ?'li". 2'4J!
procliainc ... li y a apparence.
qu'il ne fera pas e11 état de faire:·
parler de luy. -
M. de Crcvcccet1r ,. fils de •
feu Mr de Manevillettc, Rece- .
vcor Gen\ ral du Clergé de=
F.rance, Secrecaire des Commanden1ens
de Monfiet1r , a.
é-pou fe Mademoif elle de Harla.
y , fi lle de M. de Harlay ,.
Confe iller d'Etat,& de Dame ..•.
. Boucherat, fille de M .. le Chan•
cclier. M. de Crevecoeur cll i
pre(ent Ma1trc des Requeccs,
a.yant vendu fa Charge de
Secretai re des Con1mandcmens
de fon Altelfe Royale,.,
à M. A·l1bry de V a.tan. .
. Peu de tetnps auparavant,.
M. le Boindre, Seigneur de
Grofcheoct , Confcillcr au
Parle1nent en Ja premicre des
linq~êtes , & Fils de M .. l~
K 3

- __ .....,. __
241 MERCVRE
Boindce, Confe1ller de (3 Grad·'
Chambre, avoitépoufé Made·
moifelle Dou jat , fille de M ..
Doujat , cy devant Ma~trc
d'H5tel du K.oy, & niecc de
M. Doujat, Coofe1ller co la:
Grand'Cha1nbre, & de Madame
la Préftdeote de Maupeou •.
La Mariée ade la beauté,beaucou
p d'agrément dans fa per ..
fonne, & i11fi ni ment de l'efprit.
M. le Bo1odre de Grofchenct
eG: fore honoête-l1omme . . Je oc
vous dis rien de Jeurs familles;
elles Îont cc>ofiderables l'une &.
l'autre dans !a robe. •
Meffi re Jofeph de Pons.Baron
de Monclar , Chevalier des :
Ordres du Roy , Meil:re de
Camp ger>eral de la Cavalerie
] egere. L1 et1tenaotGc. neral des
Armees du Roy, & Commandant
en Alfacc, cA mort au..



GALANT. >43~
con1m·encemeot de ce mois. Il;
t!totcorig1oaire de Catalogoe,
& palfa au fe rvice de la France
dans le mêm~ temps que Dom
Jofeph de Margu·erite & le
Con1ce d'llle.Ses fervices coati·
n:u e l~ avoientécé reconnus par·
le don de cou ces les Charges &
de tous les emplois dont un
ho1nede guerre puilfe être honoré.
li o>à qu,u.ne fille mariée
à- M. le Comte de Rebé, Colonel
du Regin1eocde Piedmont,
qui a hertté de pl'ufi.eurs fiefs
qu'il polfedoit en Alfa·cc. Il·
exerçait la Charge de grand'
Bailly d~ Agneau qui a parte noie.
à: M. le Duc Mazaril;l, &. qu\>
s'en cfr demis en faveuri de M~:
le Duc de la Mailleraye fon fils.
avec le coofencement du Roy.
A1nli ce fera ce Duc qui l'exercera.
à l'avcn~r, M. le Marquis.
K 4. .
/

v.......·-----
1~ MERCtJRE
d, LJxe li es a\ e, te, nomme' pour
commander en Alface ·à la place
de M. de Monclar. Le Srcgc:
de Mayence a tant fait parler
de ce Marquis, qu'il n'èfi pashefoin
de vous en rien dir-c. 11:
11enoit d'être nommé pouc+
commander à tuxeml>ourg ,,
où M. le Marqui'S de Beuvron.
d'Harcour commandera .. ·cc·
derniers?efi diftingl1é en ëcaacoup
d·occafions , & a ét&
lnfpe&-:-ur gencra1 de }!armée~~
M. Rofc a, eré pot1rvft de lat
Charge de Mefi:rc de Camp
gencral de la Ca valeric, qu'il. ~
conno~t par&1tement. Il cOE
· Allemand , & vient de commander
en Irlande. · ·
Meffire Nicolas Parfait, €banoioe
de l'Eglife de Paris ,-&r
Abbé de Bonzonvillc, efi more
a.uffi depuis quclq,ucs jours. li
"TU\7'<7~ G K·[ K.: N'V:-, 2.45'
étoÎt igé· de 80. ans ' . & en ~
avait écé 6j. Chanoine. M. ,
l' Archevêque qui fait tol1jours ·
· de tres dignes choix, a donné~
fon Canonicat~ M. l' Abbé le·
Gendre. Il eOE de R'oüen-, & .
a voit abjuré. lo Cal vioifme , il1
y a déja quelques années. Il a.L ·


paru avec. applaudilfemeoc-:
~ns des Chaires tres-coniîdé-~
bies de Paris\ où il s'ell: ac--"
quis bc:aucoup de réputatio111
par Con éloq ucncc; . '
Le mot de t• Tontin1, qui{
étoit le vray fcos de l'Eoigme:
du n1oîs palfé, a été trouvé par:
Mts. Bouchet:, ancien Curé de ~
N ogent· le Roy; Digeon, voi·oc
fin de la -fontaine des Blancs•·
Manteaux; N, Bàril ·de Har•
fleur; N1du Builfet; Bucquctt
Damooville.: , àc. la 1uë dcts
. K .. 5j

..




1-4' C tJ RE
Prouvaires; du Val: l,Abbé
Mo11thclon;lc Marquis de Bo
: nefoy, ruëdelaHarpe;le Ch
valicr d es tv1in iore, ru ë d Ll P J
tre ; le Solitaire Inconnu d
faux.bourg Saint G ermain f l
Prifonniersdu Fort l'Evêqu
J'Amanc de Ja Marthe Royale
· Jou et 1,aif né , Chanoine de J ~
Cachedrale de Laon,.& l'A bbd
Courier du mclinelteL1;Cipierc
de Bordeaux; Palheres; des ln·
noceos ; ]a V crgue du Palais i
Linars de Foucade, & Lamorere
de Riviere de lamefmc Ville
Barierc.C. & A. de.Verfailles;
L. M. de Bacilly, de M. deH.;
Jpfeph Gallao de S. Malo; du
Gué,dic le Hollandois de Vitré.
en Bretagne ; Davier; Baurin
l'a1fnc; le Repeciteur des beau"
efp rits de la .ru ë. de Gue •
~V v - ----.-----
G A LANT.~. 247
b~. negauJ; le Cl1eva11er de Corn A
de& bla ville; le Narcilfede MouJi ns:
lcCt 8' par McfdemoifeJ{es le Roy ;
HuP/i Marie Jaqueline de S. P. de
DU a1 Compiegne & . îon fi dcJle .Ao,~
manc; la .PeLite_mere du Plcffi _.
è~v~i de Verfa1lles : des Landes de
r1~; Mance;le Duc de Con1piegoe)
ad1 A one de la Prairie Cairon de
~~ Caën >Mariane de l'Epi na y de
ierc faine Celerin; \1 arie i\ e11 ée du.
lo· Tezi11;L'aimableniéc~ Manon •
i>; d e la ruë fainte A voye; la
re· Charmante Gibon de la ruë
/fr. fai nt A ntoine;la Jolie Soli taire,
11 de la ruë faint Honoré; la Belle
1,; Pïcard; la Charmante Blonde
OE aux gros airs, de Ja butte S.
t. Roch ; la Brune Spirituelle du
Clotfire faint Jacqt1es de la
;aut1chcrie; lAimable Foncai ne ·
a
de la ruëfaint Hoooré;la Brebi-s ,
K 6 ·

'
V'VV""-
·~ MER! te o·R. E
Amoureufc ,, & {on Pallea~
Mouton bcllant J l'Amourcuft:
fàns amour, CarfucïJ, l'a1né dei
Marfc1lle.
La nouvellc .. Enigmc que je•
ous envoye, ne fe trouvera.
peut être pas fi facile à dcv.i~
ner, q11e celle de la Tontine. Jcii'en
coooois point l' Auteur ~
mais il me paroi A: a voir uo ..
génie particulier pour les 0~-
1\ragcs de. cette nat.ure.: ·
(
,..

"' ..



• (

...
.,



E N.I G-ME •.

. E vaû 1·4l'f'rtntl;t mo•t1eflï11; .
. 'f~ge s'il ejl he"re11x,o# tléplôr11/Jle,,
Dés f#t ie fuiJ fo1111é , .,.or>. Per~:
,. impitoiablt . .
Mt plonge lt fi1· JAns lefain .. ·
- Il fa;,s fait pour fervir •nt fttrlr
M11iflrtffe ,
· ~e po"''""' '' titns fous mt1;
Joix,
lil q11i fo•vtnt , pour 11111rqu,er f•?
· Nohttffe,
'PA· t111.· mefflJ.t pM·IJ"' lts' Rril •.
~
Si · etllè q•t iefirs eft. rithtr»tnJ fAJt .
/ . .
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Voicy un fccond Air de M.
de B ac 1 l I y • 11 e o fa i L au ffi 1 es p a ..
roles, eJ les font du c<:mps


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V IUVVVV


fr!\: LAN T ..
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AIR NOUV EA V .. \
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• . . ,
. Am11u Pr1nttmps· o~NI 111nt;
de charmes,
!2.._ue et lui q"e nous till<>ns floir •.
Ch Ac tin s'aprefte À ft1irt {on devoir,.,
El tl' un ieune Heros va feconrJer le.S f
armes._ t
· • T11ntlü q1'e les Bergers •
/lont ctiii/tir dans nos ch11711ps mille,·
& ,,,;zte f/turetteJ, .
· Tous nos hrave1 G11erritis.~
.Anime1p11r le fan des Tam1'11'rS ,~
- des Trompettes,
Y-ont dans les chAmps àe M Ars eueil-.
/1r l'JIJ.i/te LtiJuriers. •

Le Sr. Guerout; Li brnire al?ï
Palais,commence à débiter un
Livre qui doit êtred'unegran- ·
de utilité pour tous ceux qui·



i J·i.· MER«URE.
ont qt1elquc connoi!fance de làt
€hirurgie. c·cfr un Ouvrage
du Sça vant Ettmullerus qu'on .
atraduic.cn fr~oçois,8' qui a .
pour titre NfJNVel/e chirurgit
Mtaica/t, & raifannle. On l'appelle
ainli, parce qu'on y re11d.
Rifon de cout jL1fqu'aux moin•
drcs chofes,& qu'il n'y a point:
de li petites ctrconfiances , ny
d,abus fur les caufes, fur les.
Symptomes, fur la. care, & fur
lès remedes ·des maladies externes
qui font 1 'objec de lat
Chirt1rgie, que l'on n'y explique
avec aucant d'cxaélitudc
que de· netteté·. Il femblc que·
cet Auteur ait voulu écrire par•·
ticulierement en faveur des ...
Mcdecins, comme on lç peu(t
voir par le Titre même de 1-'0u.~
wage ,,afin d.c lcu.r fournir de~

. GAL'ANT. 1r3
cruoy foûtc11ir avec honneur
1,iolpeélion que la Medeci ne ar
cuë de tout tems fur la Chircurgie
.. On y a joint une Diffr1a1ion
f#r t'tnfufion ats fiqt1t#1S'
J~ns·lts'IJ111jfeaux. C'ell: lln Traii-
é fort fça vant dans lequel route
la Mecaniquedes corps, tanc
ao maladie qu~en faoté , eft
c:xpltquéc , & cela efr· foa ..
~enu d,unc infinité de belles,
'
• cx·pcr1ences. ·
· Le mcfme Libraire va com•
m-enccr le deb1t d'u·o autre Liv.
re nou veau,i ntitulé,Not1'1t8ts"
Jtejlexions 011 Stnlt#tts& M1tximts
mQr.11/ts & P1li1iq#ts.On leur ·
a donné cc titre, parce qu'on; .
e11 a iofcré pluficurs dans ccr.
0uvrage, qui one paru fort\
utiles pour fe bien conduire,
fujt par rapport aux moeurs &;.



·- Il.....,..,,..... __ _

~4 MERCURE
à la Religion, foit par rapport à
l'Eflat &#à la vieCiv1le.L·Auteur
avouë qu'il a compofe la
plufpart de ces Maximes, des
plus belle5 & des plus fo lides
p.eo{ées qt1'il att pft choifir
dans les Ü·L1vrages les plus cfi:imez,&
ceux qui les liront avec
1:10 eîprit defintere!fé,n'auront
pas de peine à rcconnoifirc,.
q u e 1 o i n d'avoir e o le de lf e i o
d'attaquer qui qt1e ce fc,1t co
particulier; il n'en vet1t qu'à
l'homme corrompu,& noo pas,
a' 1a ver. tt1. · ·
M. Touraine-, Vièairc ac
Villers-le- bel, a don né dep u Îs·
peu au public des lnflrui11011s
tJu Caltnd1itr N»Îvtrfal & perptt1'
el, qui font voir plufieurs cr .. ,
rcurs de calcul ou de 1·upputati-
0n Afrronomiquc dans le:

v-rvvvU"v---
• G AL A N T'. :t 1 J
Calendrier Romain. Ce petit
Livre contient des chofcs for&
curiet1fes.Ü;n le trouve chez le
Sieur l'Anglois, ruë faint Jacques
à la Viél:oire. .
Quoy que vous fçachiez-ia,
mort de Madaa1e la Dauphine,
votts attendez fans doute que
j.e vous parle de fa maladie, &
de ce qui s'efl pa!fé le derniet ·
jour dè fa vie.U fcmbloit qu'el- ,
le ne ft1fr pas malade,& cependant
il y a plufreL1rs année&
qu'elle témoignait être a!furéc
de ne pas vivre longtemps.Son.
mal oc1 plût8t fes maux éteient
du nombre de ceux dont on ne·
peut aiférnent· fçavo1r la caufe,.
p.arce qu'il la fau< dcvi)ter,tou·
tes les malatiies oe Ce manife·fiant
p~s au dehors. Dîvcrfes.
pcrfonnes l'ont traitée fuivano


- ---'-'-
%f 6 M ER C CJ R E
qu,ils ont cr& avoir coonoiC:..
fancc de foo 1nal. Quand· on
en ufe ainfi, on cfr en danger
de voir avancer fcs jours ,
au lieu que .li la vcr1ta.blc me
dccioe ne peut guer1r ce qui
cfr incurable , elle fe fert de
tout<! la fag t ff'e de foo art,poul'!
donner du foulagement, & oc
Fait rien q Lli pré ci pite le pzogrés
d'un mal , dont le m<>4-
meot de la maturité efi le dernier
de la v1è de Ja pcrfonnc
qui (euffr'i!. Eorîo cclu y. de
Madame la Dauphine , luy
:ayant donné du dégoltt pour
le monde pendant: quelques
anneI es, 1'1 a commcocc_ 1a\ lt· ac:-
cab1er depuis quelqt1es mois,
& dept11s ce temps-là on o·a
rien oublié dct tout ce qui pou.
woit c:eDaibaer à rétablir un~

r-~vv~--~---•
• GA LAN T. 217
fanté qui elloit fi chere , & ,
l'on pe\lt dire que les foins
que Monfeigneur le Dauphin
a pris là·de!fus font cxtraor •
. d1na1res , puis qu'il étott for~
foll vent au prés de cette Pri Dcelfe
, ou pour la conjurer de
,prendre les" remedes que l'on
croyoit necelfaires pour. le
:rétabl ilfement de fa fan té, 01:1
pour l'empêcbe.r de prendre
.cell x q u '0\1 app rehendoit qui·
D-~ l'alcc ralf c:nt encore da vaora•
ge. La natt1re. de fon mal Juy
faifan~ tout crai ndrc , elle
:voul llt recc voir le V 1ati que le
lcudy ·Saiot, fquoy qu'elle ne
fût pas encore atfe.z en pt:ril
pour fe le faire apporter, 1nais
elle aima mieux en donner
.l'ordre avant qu'o·n juge ~
qu'il en fût temps , que de
.r1fquer à mour1r fans cette

' .




,
118 MERCURE
confolation, Depuis cc jour. là
jufqu· à celu y de fa mort ,"clic a
prefque loÛjours fouffert faos
que l'exees de fes douleurs Juy
ait alteré le jugement, ou ait
fait chaoger en aucune forte la
fermete qu· elle a fait paroîtrc
toute fa vie Le 19.dc ce mois,
fc [entant affo1bl1r de plus en
plL1s , elle fouha1ta l,ExtrémcÜt1ét1on,
qu'elle reç\.1t avec un
jugement ad mirabl~.~1efq ucs
het1res aprés el~e demanda
· N8tre Setgoeur qu'on Juy
apporta, &ce fut polar elle une
factsfaélioo exlraordtnaire, ce
que l'on conaucpar les marques
qu'elle donna d'une enttcrc
réfigoation at>x ordres de D1cq
Le refic de la 11u1c fut tranquille,
& en1ploye t0Ûjl1urs avec
fon Confcif~ur , & a vcc M •

,........, ..... ""_....~---.--

,

1
~ 1
c.
i
1
)
,

. GA LAN T. 219
~J'E vêquc de: Meaux qui ne la
q u 1tto1 t p ~u.s depl1J s loogtem
ps . . Le !c:: ndemain au ma.
tl o {·ur les dix heures , elle
-voulut voir le Roy ~à qui elle
det?landa pardon de toutes
les cb-ofes dans lcfquelles
elle pou voit avoir eu le malh<
ur de luy déplaire, luy parJac
en fuite en particulier, mais
avec des manieres fi touchante·s
q t1 e fa r· s l'ente o d r c on tond o i c
en larmes, pendant qu'cll t o,ét
o tt qu·actcndr1e fan ~ f,> tblelfe.
Elleembralfa ce Monarqu e qui
la quitta feolib icment affligé.
A prés cc:la elle demanda Monfc1gncur
avec qui elle c ut à
pcu~ pré s la 1nême con verfatton
Je ne vous en dira y ric:n étant
impoffible d,ex pri·mer ce q t1Î fe
pa!fe en des motnens fi affi1-

,

":r-TVVVVV----
160 M E Il C V R E
geaas & G tendres. Elle l'cm•
bralfa deux fois , & dcma.11da
les l1rinces fesFils qui ~iorcar
.tous trois enfc:mble. Elle dJtJà
Monfetgneur le Duc de Bou1-
gogoe, Approchez-vouJ, mQ•r/ti~
pour ,eçtvoir m• dernit,t bc11tJ1ç.
tio11. Poy c7J' i1111 où Ît f1'io, prt>fi-111,
~n.& fou·vtnez.vous éttrnt/Jt#Jt'I
tlt '~ que Vt>U1 devez JI D1~11 &, •
vôtre Rtltgion. Nt vous tn éJ01g•1.'{
Ï1J1n11U.. Rffpe{lcz, & 11imtz le B"'/t
& mQnf tg11et,r.Connotffe'{ lt S~
.Joni vot1l fartez, '11Al6 n'tn "b.ji{
j11m11ù. Aimez !11 gU111àr"' & J'-4,,,,.
ploJez pqur /11 ve.r111. c..httiffi~ 111!41
.memoirt & /es ftn1iw1ens ~t i"I
po111 vo114 tn PJoNrAnt. A"1tA l!lf•
Fils, vot/11 n,11 ht'1'tl11~11. Yo114 1'111:1
11111rts E"far1s , it nt 'V""4 llû ,;,,, •
'110114 êtts IYtJ/ i~11nts . ll "°"' MlllN
.. ..'

v-rv·~...,.....---- •

GAL A NT. 26·1
À chacun en p11rti&ulie1 ma heneaielion.
Elle, ajo&ta en embraffant
Monfeignet1r le Duc de Berry,
'J.11,'tUe t•t:1imoit tt1,drtment, mAù
!"'il luy coûtoit cber. Elle croyoiL
avoir écé blelfce en ac cou chant
de ce Prince,. & que fa mort
venoic de cet accident. Lou-
: vcrture de fan corps a fait voir
· le contraire. Elle cmbraffa le
même jour, Moqfieur& Madame
, & leur dit , qa'eOe •011.; '
roit leur farv11111e.
· Cette Prinéetf'e dit enfuite à
Monfieur de Meatix , qut fa
fan111nl tncort •ts forets , cOc prt- .
'VOJDÏI '}Nt fan 11gonit fa1oi1 longue,
m11u q11' eUe efpe1oi1 IJ"t Dieu ne
l'lfbAndonneroit poinl dAns '' p11ffage
, AJAr>I tM toute fa vit gr11nll~.
eonfi1111ct tn [11 111i/tricoriJ. Il
fcmbloitaprés toutes ces chofes
A11rit 16 9e. L ,
\ • .....

- -----
"'61. MERCURE
1que le Roy dont la perfoone
.cfi li cherc & fi necelfairc à foa
Etat~ à la Religion Catboli ..
que, ne dût pltis revoir Ma.
dame la Dauphine , puis que:
la douleur de la •oir mourir ne
l'ou.Yoit que Juy cflrc pré.,
judici,a ble.,C e.p eodant ce Prin. . cc q u on o a Jam41 s vcu man.
quer à rien, de ce qu.ii a crà
· .de\t-Oir faire., ou de ce que fa
tend·relfc Juy a î,nfpiré, !C:VÎDC
chez cette Princctfe , i& la
youlut affifier j-ufques au der·
11ier moment. Monfcigocut
y revint at1fti, mais Sa Majeilé
cher.ohant à luy é~r~ncr la
vive dou·leur., dont on nc~an-.
que jamais d'être pcoctr.é en
~e li trilles momcns,, ~i0ttl"11
fouffr1r (eu le , & J~bligea, de
Ie ri:tirer , en luf _moniranc

GALAN:t!. 263
Madame la Dauphine , & en
luy difant., ~t c'ejloil 11infi q11~
jintjfojtnl Jes gfanàeurs du monJt.
·Je ne donne point icy de loüan.
gcs au l\oy. On n'a rien à dtre,
CJ uand la fermeté, la tendrelfe,
& la gr.andeur d'ame s'expJi.
quent fi clairement. Madame
Ja D.auphioe ft1t pr1fe de quel.
ques convulfions un peu a prés
q·ue le Roy fut revenu , mais
<Ile ne perdit potot con ..
noiffiince & parla tofi JOl1rs.
Enfi11 fur les fept heures du
foîr , elle entra da11s celles
de la mort, pendant Jefq uel~~
s elle répondit toÛjours à ·
M. de Meaux&: à fun ConfLffeur
qui l'exhortoient. Cclâ
. dura et1core une derny. heure,
& elle mourut avec alf ez de
u.aog uillité , cmbratfa11t le
L ~
• -



- . ------
164 MERC VRB
Crucifix, & en fe penchant du
c6té de foo Confellèu.r. On lpy
a trouvé les poulmons ulcerez,
· le ba.s ventre gangreoe • &
plufiet1rs abcés dans le mefentere.
Je croy vous a voir mar.
qué, qua na je vous par Jay de
. fon n1ariagc , qu'elle étoit
petite fille de Henry IV. an
même degré que Mqnfc:igncur
le Dauphin, Henry IV. Roy
de France & de Navarre·, fuc
• . pere de Louis XIII. & de
Chrill:i11e de, France. Louis
Xlll. epoufa Anne d'Autriche,
fille de Philippe Ill. Roy
d'Efpagne , dout efl: venu
Louts le Grand. Chrifrinc de
France ,époura Viélor Amedéc
de Savoye , dont .. ell: venui!
Henriette AdeJaïdedcSavoye.
Louis le Grand , époufa ,..Ma~
1
GA L1 NT. " i65
rie Therefe d A utricl1e, fille
de Philippe IV. R.oy d'Efpa ..
gne , le 9. }L1tn 1660 . & de
ce mariage efr forty Monfei- '
gneur le Daupl1in, né le prc•
~nier jour de N ovenbre r661.
Henriette Adelaïdc de Savoye,
époufa en 16~ 1. Ferdinand
Marie, Duc Eleél:eur de Ba viere,
&. de ce mariage .efi fortie
Marie Anne Chrêtiennc
V1tl:oire de Baviere, Dat1-·
phine de Frânce , née le
2 8. Navembre J 6 6 o. Cette
Princeife a fait , non pas un
.Teflament ·, mais quelques
legs fous le bon plaifir du Roy,
· & elle a écrit Ià -dc!fus fes
- intentions. Elle Iailfc.(

A Monfeigoeur, une bague
qu'elle aimoit fort , & elle
pri c ce Pri~e de la garder
L l .



i46 MERCVl\.~
pot1r fe fou venir. d'elle .
. A f\fadame , t1n diamant
.jau 11e en bague.
A Madame de Guife, un~
Croix de dian1ans.
. A Monfieur l'Elecleur de
Baviere foo Frere, ut1e bagu~~
A Moofie.ur le Prince Cfc ..
ment fon autre Frere , une ba·
gue.
A Madame la Princetfe de
Tofcaoe fa Soeur , i10-e &ag
ll .-• . .
Elle prie la Roy de troovcr
bon ql1e les Princes Ces en.
fans partagent ég:>.len1cnt fcs
• ,p1errer1es.
Elle lailf'e à, Mademoifcllc
Belfola , qui ell: vcnuë avec
elle Je Baviere , & qu'elle a
toÎijours fort confidcrée , foa
·Prié.Dieu & fon Bureau. &


GALANT. 167
. rr~e le Roy d'avoir foin
d'elle. SC\ Majclté Juy a déja
donné quatre mille livres_ de.
pcnfion.
Elle lai.ffe fix cens pill:olcsà
Madc:moifelle Patrocle ,.
l'une ile ·fcs fe1nnles de
Chambre.
A M. de Vandrevec fooe
Portemanteau , fix cen(.
t A la Femme de ,·hambrede
Mademo1felle de Belfola,.
troJs ce11 s.
Aux plus pauvres de: fes.
Oi1i c1ers, cinq cens.
éllc a fait donner toutes.
c es fommes à fon Confetfcur·
pour les d1firib~1er fclon fes~
• • 111cent1ons.
c Eilc prie le Roy d'avoir·
'°in de M. de Cbenedé , fans
t~:~icr.· .Y alcr. de r~ham-
. . l 4· .
1

·----- .------.,------

\


i14 MERCURE
Je ne Yous parle point des
ceren1ooies funebrcs qui fc
font faites pour cette Princelfe;
je lc:s joindra y toutes
·enfemble dans ma Lettre du
mois prochain. ·
l'a y à vous apprédre une nouvelle
qui vous fera du pla1ftr.La
perfonne qui a fait les Memoi .. '
res d'Efpagne dont je vous ay
parlé dans det1x de mes Lettres,
les va faire iinprimer en don.
nant au Public deux vol\1mes
de fes Voyages. Aiofi je ne
continuëray plus à vous don.
ner par lambeaux ce bel ouvrage
qui a efié fi gcoeralcment
approuve, , & v~t1s )'a urez
entier beaucoup pluflofl que
vous ne l'at1ricz eu fi )avois
continué à vous en envoyer la
fuite dans mes Lettres. Je fuis,
Madame , Vofirc, &c.
 PllTÎI , et 3 o. d'IJriJ 16 ~O·

• • ç •
(~ ~ ~ r\Î'1' ·'*': &, ~ ·~ '~ ~ .
~~~'t~~1t~1*=~
Loiianges Jonne'es "" Roy p111
le Pape. 4
Lttrt for1 çurieufa 11 M. MtntJgt
to1,ch11nt les Monntyts. 1 i.
]lor1vet 011v111gt du Blafon. 3 I
Oaltinterie dt M. lt Pays. 34
ode. . 36
ch11irts de Dtoil rtmplits ~ P111ü
& À Cën. · 48
Traité de Commtrce 11rrejlé p111 M •
te Ducat Grilmont. 49
TAblts dtS aivifions J,11 monde ~ ""
Firm11men1 & des c/1m11fs , 60
H1ir11ngue f11itt p11r M. le Rtflt11r
Ile t'Yniverji1;. .. 79
L 5

1

- ·-----
TA BLE.
~çAatmiciens rece-us" f A-ç11-Jr•i~
de N1fmes. 8 \
Hij/fJ1re. B+
StllrJce qrei m11rquent t'Amour pArfait
~ 9 f
Yers du me( me Auteu,.. 9 4
Suitt des Memoires tk lil Co•' ~
d'Efpag,,e. · 91
lettons q11e les 1Waiflreschir111gien1
de P"ri1on1 {tirift1ipt,. 150
Beneftcts t'onnt~ p11r le RoJ· 1s6
. Go1'vernemens tlonne., f "' S11 M 11 ..
. jeflé. . ~ 161
Ctremonit f11ilt a11x Cord(lftr1.
. . . l'J,;
Li/lt des Armles du RoJ. .. 16 j
J.teceptton tle M. lt Comte ilt Frow-
1en4c à ~uebtt. J 9 9
Morts. · 101
~efl/()" [Nrprtn11w.te. io 8
-Livres n1uveM1Jt. a J .f
CIUttnoM'Utl!t .. : · · i:10
TA- B L E. ·
• Lt_· Roy Jonne le Bor>ntl Ji M. lt
Cardin11t de Forbin , 211
Brtf du Pa pt.. \ . 1 z;
.Ac11on dt picté J,,, Roy. '127
Arrivée de t11 Flote au Roy rn Ir ..
l1inde. 2 3 o
Nouvelle Theri;1tJ11e, z 3 8
p;,rtJ de H11JfartJ défait pris de
Fribourg. &39
M11riages. ~4"
· Autrt 11r ticlt dt Morts 4".Jt& pluJit
urs Emplois & Ch11rgts df.,n•
nées pitr le Roy. 14z.
Article des Enigme!. 1.4f. 5
Nouvelle chirurgie. 151
Conflruel ·on du C11tenaritr uni'fJer
fal, & perpet11el. 1s1
Not•vtllts Re.flexions ou StnltnceJ ,1
M11ximesmor11/ts & polit1qr1es
2 53
Dl111il dt tout et fJ."i s·tp p11J!è À /11
• • •
..

TABLE.
mort tle M11d11mt tif DANphint.
ljj
No•vtl Article t.lts Mtmoi1ts tle l•
Co11r d'E/p1JgrJe. 3 3 2 - • •
'

• • Fin de la Table •

• • •

... ..



I
.........,....,..u~u~u""----




• •
------·---- --- ----._
'-.Avû po11r p!Acer !ts Figures.
L' Air qui commence par ;
Non te ttmps ne pt11t rie11, pag. 3 9
Nouvelle \.Montre, pag. J 48
L'Air qui commence par ,
l11m11is Printemps, pag.15 1_
'\
\

larerlache
1taatablbflothek
. uand\en
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le