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A PARIS,
AV VALAIS.
ON donnera--
Ndonneratoujours valumes
nouyeauduMcrCuço Galant .lq.
premier ieurde chaque Mois, & on
le vendra Trente foIs.,rehé en Veau
& Vingt-cinq sols en Pachemfn. -',.
A PARIS,
Chez G. DB LUYNE,au Palais>dansla
Salle des Merciers, à la justice
T. GIRARD, au Palais, dans laGrande
Salle, à l'Envie.
-
Et MICHEL GUEROUT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXIX,
AVEC PRIVILEGE DV ROT.
AVIS. QVelquesprieres qu'on aitfaites
jufqud presènt de bien
écrire les noms de Famille employer,
dans les Mémoires qu'on envoyépour
le Mercure, on ne laiffi poes d'y manquer
toujours. Cela, ejlcause qu'ily a.
de temps en temps quelques-uns de
ces Mémoires dont on nese peutfer-
'Vir, On reïtere la mesme priere de
bien écrire ces noms, t'n forte qu'on
ne s'y pff tromper. On ne prend
aucun argent pour les Mc.-noires
,
&
l'on employer*tous 1'- 'onsOuvrager
à leur tourypourveu qu'ilsne
desobligent perfinne, & qu'il n'y
ait rien de licentieux. On prieseulement
ceux qui les envoya t,ô.ftr
AVIS.
tàut ceux qui n'ecrivcnt que pour
faire employer leurs noms dans l'article
des Enigmep daffranchir leurs
Lettres de port,s'ils .veulent qu'on
faj/è. ce qu'ilsdemandent.C'eflfort
peude chose pour chaque particulier
& le toutensemble efl beaucoup poux
un Libraire.
Lesieur Cuerout qui débité pre*
Jentement le Mercure, a rétablyles
choses de maniéréqurilefl toujours
imprimé au commencementde chaque
mois. il avertit qu'a l'égard des.
Envois qui se font a la Campagne,
il fera partir les paquets de ceux,
qui le chargeront de les,envoyeravant
que l'on commence a vendre, icy le
Mercure. Comme ces paquets feront
plltjieursjours en chemin, Paris ne
Jaijferapas d'avoirle Mercure longtemps
a'1.'a./t quissoitarrivé da4s
AVIS.
les Villes éloignées, maisau/Jl les
Villes ne le recevront passi tard
quellesfaisoient auparavant. Ceux
quise lefontenvoyer par leurs Amis
sans en charger ledit Guerout,s'ex-,
posent à le recevoirtoujoursforttard
par deux raisons. La premiere, parce,
queces Amis n'ont pas foin de le > venirprendrejl-tojl qu'il efl impri
me, outre qu'il lefera toujours quelques~
jaursavant, qu'on en fajfele^
dibitr-$cr'l'autre,que ne l'ewuoyant
quaprès, qu'ils l'ont feu >eux ç-k
quelques autres a,qui.ils. Lepuflfnt*
Usnjment ia fmte duretardement
surû~.Libraire,eh. difffîtrfUe, lot
vê%t<t-. n'en \a:commejic^ queforù
avant dans le mois. On éviterac&
retardementpar la voye dudit sieur
Guerout,puisqui'lse charge de faire
les paquets luj-mefmc,& de lesfaire
AVIS.
porter a la poflc ou aux Mcjfigcrs
fins nul interef},tantpour Us Particuliers
que pour lu Libraires de
-ProvIincel, qui luyaurontdonr.é leur fera la mcfmechoje généralement
de tous lesLivres nouveaux
qu'onluy demandcrafoit qu'il les
débité
, ou qu'ils appartiennent a
d'autres Libraires,fins en prendre
pour cela davantage que le prix fixé
parles Libraires qui les.vendront
Jïuandilse rencontrera qu'on demandera
ces Livres à lafin du mois,
il lesjoindraauMercure
,
afin de
»'en faire qu'un mesme paquet. Tout
celafera exécuté avec une exactitude
dont on allra tout lieu d'tjlre
Cêntent.
~E~j~.
plusnobie ,ny qui vous donne
lin- plu^yexita^ble sujet d'admiererqu'en vous
faisant part dè- ce que Mr
l'Abbé du Jarry luy fait dire
par l'Eglise- Tous ses Ouvragez
sont fort estimez &
l'heureux talent qu'il a pour
les Vers l'amisau nombre
de ceux quiont le pluslibre
accès auprèsdes Muses. Vous
en jugerez en lisant ceux-cy.
çR.wd' Rpy"/l6rs-qu'en tes mairts
4; fnwwï èïicbr hPfo{idtèy--
;:
jZui'dio acattirfmJlnn!t.i. bliffl.; J,Ç1 Il4?j1, i h/ijèxxytç\\ldjfo • •i-quejfpfotilwi, iiÊiiiï
j,. _1 '1 ., 7 f' J ..1. 1 4 L J.;
eed'unpeuplebtutainlesChef-ç
humiliet
De leur orgueil puni rougissoient a
tes pieds,
EtquedesNationssur leurs bords fugitives.*
Xmkioesmconfacroit lesdépouilles
* captives, ; -
.Lpindu;bruitdes combats fay cm
que <£autres voix ,-
J)c.vmeqt chjtnter l'éclat de ces.
glans exploits,
-';.f!:!;! quand lit fais- tomber tous
ces murs,ja'criieges
£$ l'Srrettr^usurpAd'injufesprivilègesi
^ueta, main atriomphante osa met-
'<~~ , y.
4 tre le fer :,,' cetdrbre fatal,que.st germr l'Enferi::.;,:.
a Matth. c. 5. ? j:'
JVru*ieanntestrpj.risoldesiEgteats un furpre-
D'unculte-criminelne Lûjft aucune,
-vcftJge: ,'-'jhÔL.. ledois jttiques aux Cieux elevcr ldt,\
grandeur
D'un regnt qui me rend ma premières
splendeur; 'Et quand tout retentit du bruit de*h.
tes louanges, -j'entredOIS des concerts ouse
lent les Anges.
Le cloi?:deDieub
-
sursoy sedécou—w
«—r
y * V vre,i nosyeux,
Ton heure»je naijjanceetfunprejentxK
des Cieux.
Au pied de ton berceau la viffoire yr
Jit croifire
Des lauriers que depuis chaquejour
a veu croifire;
bExod.c. 8. ',~.
Parforce ou par amour tout aflnty
le poids
Dufuprévu afeendant quifaitsubir
tesLoix
Aux climats ennemis dans tes Provinces
calmes,
L'olivefur ton front se mêle avec Uspalmes:
Mais le Ciel de ton nom répandant
la terreur,
Préparoittoncourage à terrajfcrFErreur
:
Ton bras me filiflit vaincre en gagnant
des batailles,
Relevoit les Autels,foudroyantles
murailles,
Et le Monflre fatal à tes piedsabatti)
Tait voir que ton courage ajèrvJ tu
vertu.
Cejl ainsi qu'autrefois par d'éclatantes
marques,
Ce Dieff qui danssesmains tient le
coeur des Monarques,
Dlfiin^ua cecHerosy qutjïdelleases
loix
RipAf/¡ le premier l'opprobre de U
Croix.,*
Et:purgeant l'fmvtrsde cent cultes
frivoles.,
"A.CafpeMduwrayDieu.'sttomber
lesIdolçs.
- v.
Trompeuses. vifons.des Prùphetes
menteurs,: Songes extravagans fantômesfçdtôttax*.,-:
iQuiflatant dans„faMte.une. :fl{ff
injidèlle,
- t
Promette^'a:\cctte bJdre.une teflt v,:nouveUt.,. : i
D>éjànnoous'awvonssvu\Il ces temps é,vac
ConftaminIe-Grap<L.v
£)uï bornoient dans leur cours 1er.
exploits de LOPIS.
LeCiel a,dérpenty des présages fM- nefles: UErreur$v^tomberfis déplorable
rees,, ", ..:.,', -
Les- VieillardsJbus^fion ioug-sint
honteuxdehlanchir;-
Lejjeunes-dans mes bras,viennent
sen afranr.i'-
&&meitroupeaux accrusyn^s Tcm^
plés si remplirent,
pc, nouvellesmoissons leschampsfi&
crez iaunijfent,• -
Lesfugitifs laffeT^dunexilcriffiinej.
Reviennent da £envi cLws le fein
•• E-tp.at<desptraaittsedrinvienslï.eco-nnoijfant leurmçre, •-,
fI
d Luc.c, 15. v: r ,
Renoncent pour iamais à FefcUve s
étrangère.
Zu'un amas inconnu d'aveuglesi
dispersez,
pnifl flnr eao, corrompue en des ca* -
naux perceZ,
Les fontaines de vie eaux enfans v
découvcrtes,
Leur font abandonner des citernesv
desertes :
Au bord des vives tauxparla Grâce
conduits,
De fin germe immortel ils cultivent tt
les fruits,
Et d'un lait tout divin nourris dans u
t'innocence,
Réparent le poisonfatal a leur naiss
sance.
FugitifsobftineT^qu'unvainefpoir
seduit,
e Jerem.c.5.
\Vott>s icbApAX».;en:/v¡¡in au bras, qui
)0/tvre^ lvedosuye^eupsx^.uo>rfvritoaiyt\eg>z,efosujsl'effort
tfvïnbcrdesvains mortelslesfragiles
« v. ouvrages>
\Tendantqueceux du Çic/f de torrtns
inondez,
~Subfifent sur la pierre ou Dieu les asondeZ.
Telle efisurlessaints monts g Pinéeqo
", br&tlablçUglife "- Vanille à ces rochers où la vaçuc6 si brife,
Etlafureurdesflots qui l'osent attaquer
ZedeAU terme fatalh que Dieusçait
leurmarquer
yMatth. c. 7. 1[^Pf.86.
b Job.58.
- 6 vous ,-êfuisurvtâyèuxouvoftùX/S
erreur l'attache,
rfemette^, le:bandeaù quandté
-
CieL 1,
,
l'enarraché
T>uneSe£hqui meurytdmsfi&rtfi&slZv
errans, yrdns.
blflïrigurz :C-el/c toy quidômproe..lt3M{§
Dufang qu'ils répèndeient la fe—i
",: mtncè-feconde • ,!-
Remplitde mes enfanstout-les cli- -il -•;matsdûrtowâtè: D'un;M-arttyoPiîttmobrtveidéule-glo',ri'euxv.v ,-"
D'un Peuple de chrefiiéns deve-v:
.-:.:,. v poîs-te bereçat*, ..>', v.-:;V
Etdesfiecles nombretï^^ntnjeu ma^
: v;\;v'foffififjfkniè.j'•- '-:' V.Vvl ," f
Toûjoursew triomphante^r~>•- 1
Ainsijujquàcejour le»àWtfop.
tous lestemps ,2;..rf:.,[ *
<
Pif faite*surnemfrontdesfign^H
éclatansu à
Vtimettetnepeut,rien tontw uiï&
loy divine". :.\
StU'imà^farfit.fnmaftf«B>fo»*7?\
glnt. ( ,.-d':' );
/> "* -^Ap\fc$> fc*cfue<'te?fûinïs• ygraitil•
Princeorttfàitpourmoy,
Gïurfie ^liire^le Cki doit-il <v$r/èr
¡,,:, sur toy ?
<- -
** B~~-Dliupbmi,/uivà^ttj
'*-J 'iï&Bleï:tsa-ces
se rend maifre- delS '-" 11 wettfsenfoû~
- ;- ^mitant-le*-ffatcclY:
Ce jeune ConquérantYfur qui de **^ïàktçsparts' •• ',~ ,,'L
iVVniversattentifarrcfoit fis re - *gàr%s," • ,I|J^«/ de tes grdifrds exploits,r/frui w.»- t
i Sur la prise uc.Philiib-otirr.
Avoit à soùtenir te poids de si
naissance,
A peinea-t-ilreceu lafoudre de tes
maIns,
£ti'il en a terrassé les Ramparts ides
Germains,
£ue sa valeur naidante à philifbourgfatale,
Afufçendu le vol de lAigle [mpe.
riale
,
( nemis,
Et faitd'abordsentir à defers en-
JVue le grand coeur du Pereagissoit
dans le Fils.
Tlt pouvois
,
asseuré duneprompte
conquefie ,
De ce nouveau laurier parer encor
ta tisse.
Dé; que tu le voudras , par deplus
grands efforts
LeRhin , te reverra triomphant sur
,
fis bordst
Sans autre changement que la gloire
nouvelle
Qu'ajoute chaque jour à ta vie immortelle
: Mats tu n'as pu ldf/Jèr d~a/7nsj ~u/n? fins
long refos
L'impatiente ardeur de ce jeune
Héros ; , THfais quesa valeur qui gemijfoit
caftive,
Moijionne des Lauriers dont la tienne
se frive.
Tu veux bien de ton Fils recevoir
aujourd'huy
Vn rayon de l'éclat que tu réfands
sur luy
\Etfoujfrirdéform, ais quentre vous
f
la v;éfoire ( gloire.
Commence d'établir un commerce de
Pourfuy tes fatnts projets, Prince
religieux ;
Sois d9esr•oe1iuev0ru^stxdi^,Çj.(ïl:£jiifiïurnen$ y * ,
Vuplus-Chrefiiçrk.desQoisfoutienssi\
/'Uugujîc tittei-,,,.
U v,
Prens.vWJ™\ux,desdroits douteux.r.!iKj*i >, ;.b> c bontf pour arbitre;
Dupupilleri. part; ,c L
Eclaireunpeuple ,assis dans~-~
dela mort; - rreviensFéçueilfata( PÙ;,.' la, pudeur'jusuccombe
-
De ïojfeap ravjjeftt^ garant^M çût^ lombe
Et parle^foi^s^t^ce^ur K(ju$piem^i
, f.î£t à ion 1 re Ajcfitr-càl'rrmoçcnçexunajifafaCfic*v
Par tout^ ou ton npm yoleérïge tUI,n.
•
Gi^kdes.temples, •,- <«:.•
Cant.Zndi.,
Jll/Jr.NH~,,~- ~J i .- I~.j~ ',Y* J *) ~'j •-mortelsexemglçf»
1tt reboftoùi lis
Iteux(pfèjrûufprik
rI r J
! d 4II-,na,J. '1' .,. ~D nu 'jiZtAij],,b
&fitl\¥gl*feÀj/Mi&k.à\ kMtaqft
'1 r. r. 'J
,4, YDfJ) .J¡o,V
r T r',') J 1. ',. r
( v;--Àê^tAA::nuv,-r:ï [ I;i3#Wrçn?pliïPÏSjmitWi
~!¡Yç4jËj$~^y~fcpiclj MRflfqit
glAmr }$Ç^uphi#.çntf donné
ç£ca£$îv(ijÇjvpuloipvouseniççfcrtir^
jî^ô.qu'çljq^pnt fait
ijij!)e 9--"»1> rtoy<eJa:/Prance.
Ailiiî-ppv|rqefpasyouflecjcct-
$qiçftatiçrc;tr^p:4p^nA*jc me cpi)pçnperayçkvop5p.3rlcren-
WPn^dfpjx,9uLtrQis:Vilics,
~i~ le Tzflevc.us^fcra juger
de celuy des autres.Troye
s'est:distinguée par un feu
d'artifice, où lamagnificence
n'a pas moins paru que
l'invention. La machine avoir
esté dresseevis à vis l'Hostel
de Ville. Au milieu estoitun
Hercule qui atterroit un Taureau
; le tenant de la main
gauche par une corne, &
montrant de la droite l'autre
corne arrachée, avec cer..
te fin de Vers, A primo difce
futura.Le Taureau estoit peint
en couleur d'eau, & Hercule
avoit une cotte d'armes
semée de Fleurs de Lys& de
Dauphins.Voussçavez,Madame,
que la Fable nous apprend
que cevaillant Fils de
Jupiter combattit contre le
Fleuve Acheloustransformé
en Taureau. & qu'illuyarracha
une de ses cornes. On
peut dire de la mesine force
gue Monseigneur le Dauphin
écorné le Rhin par la prise
He Philisbourg &des autres
laces~ dont il s'est rendu le
wlaistre. Le Theatre avoit
juatre faces
,
à chacune defjuelleson
voyoitune desVilxs
qui ont esté prises. Tout
pela estoit orné
de
pluficurs
Dèiiifee-vdiirmwcyici
eipafespn w:yoLçitLbas>[*u
ajtantirtme aiflcipeCquradé-C-j
phMiàsQ^fisiplïïibôs fcdiCMi
pcufant en d'a,tr.UnDauphin
leQegardoit^yanb fafi.iefteKaji lmco ces - par-O-'!J-Q les*Mergtfutucuipenna,deeMx
Un Aigleavec Con foudre
& un Dauphin dans l'eau
Incassumfulmen undo
UnSoleil,Si ud Aiglequi. luj
voloità l'opposice,Degener
eji quoe non hure dfpîcit.
Un Soleil & un Dauphin nii
couronné- paroissant- -dws.';:rt.J
l'eau, tu,
r l'eau
»
Elle CoeiOi illeSolo, t On tira desfusées toute la
nuit, & tous les Capitaines
des
quartiers firent des feux
de joye devant leurs maisons.
II y eut encore des
([IlluVminatiionlslpear t.ou-te la I Les Magistratsde Luzy
Ont fait aussi de grandes réijoüHfances,
On avoit dressé
)dans la principale Place de la
rville, un piedestal haut &
(large de dix pieds en chaque
quarré, & sur ce piedestal
fcftoitune pyramide de quinze
pieds de hauteur., terminée
par un Soleil d'or, dont ini
les rayons illuminoient la-cH
Place de tous les costez. OnxiC
avoit mis deux Lions à deuxu:
descoins de la piramide suuul
le piedestal l'un peintdesb
gueules au champ d'or.) &aô'|
l'autre d'or au champ d'azur,
pour representer les deux pluszuL
considerables Provinces desaab
Pays- bas. Ilsparossoient ex-xa
pirans) & on lisoit au bas ces203
paroles» Nos pudeat fine Sole\§l
mort. Deux Aigles qu'onno,
voyoit sur les deux autres
coins ,
sembloient s'éleve
vers le Soleil. Ces motmoi
estoient au dessous
,
kuantum
distamusab illo, Monseigneur
le Dauphinestoit peine
en Generalisme autour de
la pyramide avec Mrle MaréchaldeDuras
,&fesLieuJ
tenans Generaux)ausquels il
monrroit avec un baiton de
commandement)l'inutile cffort
des Aigles
, avec ces paroles
, Tollunturin altum, ut
lapfu graviore ruant. Toute la
pyramide estoit garnie de
I feux d'artifice
,
de fusées, &
J- de grenades. Mrs 1 R epous , Ballard) Miraut, & Coujar, ! ayant fait mettre les Habitans
fous les armes, allerent
au logisde Mr Nault. Chastelain,
premier Magistratde
la Ville, chez qui tous les au.
tres s'estoient assemblez. Ils
firent faire une décharge de
Mousqueterie,& les conduisirent
en tres-bel ordre à
la Place, où aprèsqu'ils en
eurent faït trois fois le tour
au bruit des tambours, des
Fifres, desHautbois, &des
Musettes, le Chastelain précédé
des Sergens de Ville,
ayant chacun un flambeau à
la main, mit le feu à la droite»
& les autres Magistrats le mirent
aprèsluyaux autres endroits.
Pendant que les grenadcs
& les fusées faisoient
p leur effetleSoleilquieftoit
Ià la pointe de la pyramide Iparut tout en feu,mais sans rùlcr, & l'on fut fnrpris de
f voir au milieu trois Fleurs de
Lys aussi en feu) & ces mors
j|, en lettres d'or>Fraterno cm Jîmili (andO"f ccrujcant.Les iLions & les Aigles ayant esté
consumez
3
le Soleil demeura
| encore tout lumineuxplus
! de deuxheures) sans qu'il fust
dommae par les fiâmes.
Les Magistrats
furent reconduits
chez le Chastelain
,
qui
leur donna un magnifique
repas ,
aussi-bien qu'à la Noblesse.
Ilfutsuivy d'un grand
Bal
, ou toutes les Dames
avoientestéinvitées. Le lendemain
on chanta leTe Deum
dans l'Eglise princi pale) cùr
assistèrent les Magistrats,
conduits encore par les Habitans
en armes.
Marseille a fait voir dans
le Inefme tempsce qu'il seroit
malaisé de voir ailleurs, c'cft.
à dire, quaranteGaleres éclairées
d'un nombre infiny
de lumieres qui faifoienc
Marseille, se distingua particulièrement
dans cette réjciiiflance.
Il est de l'ancienne
&illustre Maison de Vin
timille
, & on peut dire qu'il
a hcrité de toutes les vertus.
de ses Ancestres. Il a donné
des marques de sa valeur &
de son zele en plusieurs occasions,
tant sur mer que sur
terre, & entre autres dans la
memorable Bataille deCassel
où il perdit le bras droit.
Pourmarquer sa joye de la
prise de Phslisbourg, il fit
illuminer la façade de sa
maison qui est environ de
douzetoises,& les deux ailes
qui en ont presque autant)
& qui forment une belle &
grande court. Cette courtest
fermée par une double muraille
enrichie des ornemens
aie l'A rchitecture. Comme
la porte est plus exhaussée,
ce fut là qu'on éleva un
grand Tableau, haut de dix
[pieds
, ôç large de cinq. Il
representoit Monseigneur le
Dauphin couronné de Laurier
dans un char de triomphe
, où la Victoireestoit
enchaisnée par un pied, ce
qui l'empeschoit. de voler.
Dans le Tableau mesme se
lisoient ces Vers, qui sembloient
sortir de la bouche
de la Vjétoire-,
Du bonheurdeLOUIS1
trop foibles Envieux*
Craignez
aeJonDauphinl'heu*
reusedessinée ;
Par un Arrcft du Ciel, à fin'
Charglorieux
Je me njoismoy^mepne enchai(
née.
Les armes du Roy &de
Monseigneur estoient à costé
duTableau dansdes cartouches
separez
, &: au dessous
du Tableau on voyoit
-
elles de Mr le Comtedu
rue. La porte estoitornée
l'un arc de laurier. & deux
randes pyramides lumineues
s'élevoient au milieu de
muraille. L'uneestoit à la
icoice3. toute parsemée de
fleurs de Lys. & l'autre à la
gauche
,
pleine de Dauphins.
outes les deux brilloient de
mières, & chacune avoit
eux Villes à les costez
,
fçaoir
Philisbourg, Manhein,
f:fankçndal & Heidelberg.
ftu dessous des Villes & des
yramides, estoientces dout.
e Devises&Emblêmes à la
gloire de Monseigneur loi
Dauphin.
Un Aiglon regardant loi Soleil&cesmots,Non degc-v
Un Aiglon portant la Fcu-u
dre de Jupiter
, J^/o me ~/M~
Jovis.
Un Torrenttombant d'unon
Montagne,&emportant tout.i:
pour faire voir larapiditédes
ses Conquestes
,
Currendo oh-A
jlantix vincit.
Un Lyonccau entrant dans
la Lice, qui est entourés
d'aurresAnimaux, V,¡;et ju—w
venta &patrius vigor.
| Un Belier abattant du premiercoup
un pan de murails
pour marquer sa premiere
Campagne, Impete primo.
t Un Heliotrope ou Touriefol,
SequiturvestigiaSolis.
Un Soleil naissant dans le
mgne de la Canicule, Splendet
jlUunrit ab ortu.
Cadran Solaire. Mi regro
alJuocorso.
f» Jupiter déguisé en Taureau
,
folatrant auprés d'Europe
>
Non tbo ancora , ma
[ Une épinenaissante, Non
rrima nasce che punge.
- Un foudre parmy les eau
du Ciel, pour marquer quup
Monseigneur a pris Philise
bourg malgré les pluyes,No-^Y.
me extingue.
Un Dauphin dans le Rhin
Cerco il mar Germanico.
Toutes cesDevisesavoien
des Cadres de Lauriers,ainsi
que quatregrands Tableaux:
qui
bouchoient
les fenestre
desaisles qui tournent dans
la ruë, & qui representoiennai
la Renommée ,la Peinture 3H
la Poësie, & la Sculptur
avec ces Incriptions.
LA RENOMME'E.
A servir Jupiter& le Dieu
des Combats.
aJe n'ay jamais eu tant àfaire compter les exploits rb du
Fils& du Pere.
Je me laffi asuivre leurs pas;
ïrPour remplir de leur nom lun
(7 l'autre Hemisphere
Mes cent voix ne suffisentpas
JJ, LA POESIE. &
Queje le vois avec plaifr
Parses faits étonnans remplir
nostre esperance!
MesVers déssa plus tendre ensance
Ontfouvent charmeson loisîr.
Que par eux les temps avenir tu
Admirent sa valeur & ma re—?\
connoissance.
LA PEINTURE ayant le Por—10
trait de Monseigneur devant
ses yeux&unetoile d'attent
làa ccoofslic,.
Le voilà ce Heroschery de U*\4
ViEloire, P
Mon '{cie à tout moment ~c~f~~
mefblliciter
De tracer les hauts faits qui lebl i
couvrent degloire:41
Afênpressant desir je tache à re--vt
sifier. 3
Je les vois déjàpeints au Tempk
de Mémoire
Sous de traits que mon art ne
fçaiâroit imiter.
LA SCULPTURE frappant sur
un~blo£ de Marbre.
1 - - -
Pourfàir-tsin.Portrait fidelle
JefçaisqHeje travailleenvain.
*nrt arty quellefçavamte main*
Peut donner du reliefa sagloire
immortellel
i- Un Feud'artifice s'élevoit
aumilieu de la rùë devant le
Tableau de Monseigneur le
Dauphin. C'estoit une grande
CouronneImperiale avec ses
ornemens, que ce Heros montroit
d'une main. Tous les
Tableaux estoient illuminez,
par derriere
, ce qui faisoit
,.
que les Figures paroissoient
s'en détacher. Mr le Lieutenant
General des Galeres,
tous les Officiers,&un grand
nombre de Peuple vinrent
voir tirer ce Feu d'artifice,
aprésqu'on eut fait jouer celuydes
Galeres.
Toutes les autres Villes de
France ont aussi montré un
fort grand empressement
pour marquer leur joye de
la prise de Philisbourg, mais
je ne puis que rendre justice
en général àleur zele. Ila
iàns doute esté grand,&l'on
voie par là que le Roy se
peut tout promettre de l'ardent
amour & de la fidélité
de ses Sujets Comme l'un égale
l'autre, la France n'est
point un Estat qui foit en
danger d'estre envahy, &
quiconque se proposera de
lattaquer, ne le fera jamais
qu'à la honte.
J'oubliayle mois passé de
vous apprendre la mort de
M1 le Marquis d'Esprés.
L*eftime qu'il s'estoit acquise
de tousceuxqui le connois
soient
')
leur laisseun regret
tres-sensible de sa perte. Sa.
santé qui depuis plusieurs
années estoit devenue fort
foible & fort languissante,
l'ayant obligé de quitter le
service où il s'estoit distingué
dans l'employ de Lieutenant
Colonel du Regiment d'Auvergne
,
il se retira à Mascon.
Comme les premieres personnes
de la Ville & de la
Province s'assembloient assez
ordinairement chez luy , on
y trouvoit tous les innocens
plaisirs qui peuvent occuper
agréablement une Compagnie
nombreuse. Il est mort
retour des Eaux de Bour,
bon que les Médecins luy
~ivoient ordonné de prendre.
I estoit de l'ancienne Maison
de Thibaut-Tullon,de laquelle
je vous ay autrefois
parlé) en vous apprenant le
nariage de Mrde la Roche-
Tullon ion Frere
, avec Mademoiselle
deBeaumanoir de
a Maison de Lavardin. Il
avoitépousé l'Heritiere du
Terrau en Charolois, de la
r1ai[on d'Arleloup» dont la
Mere descendoit de la Soeur
lu Mareschal de S. André.
Kestoit pour cela que Mr
d'Esprés plaidoitil n'y a pas e
long-temps au Parlement de~a
Paris pour des biens de ~las
succession de ce Mareschal 't l
quoy que mort il y a plus de~si
cent ans. Il laisse de cette~o:
Femme plusieurs Enfans a ; dont les Aisnez font ~Capi-i
taines dans le Regimentdesl
Piedmont auprèsde Mr ~leol
Marquis de Rebbé
,
dont il~ilsel.
sont proches parents.La ~Mere^i
de Mr le Marquis d'~Espréaè
dont je vous apprens la ~mortan
estoit Niece
de
Claude dwfc
Rebbé.
,
Commandeur des>>
Ordres duRoy, ~Archevefquoetj
~E
Narbonne,& Hugue fc-
~)nd du nom,Seigneur de
~ullon* son grand-Pere
, a-
Dit épousé Jacqueline Char-
~bony Fille du, Seigneur de
Terriere. Ilappartenoit par
~,s alliances aux premieres
lassons dela. Cour & de la.
:obe. Ses Predecesseurs.
~>ientaussi alliez aux Mains
de ViryGayand
,
de
~aurencin, de Nagu Varen-
,s.i deCharreton de la Salle,
3 Saint Romain, d'Archon,
:¡ de plusieurs autres des
us Illustres des Provinces
a Lyonnois & du Beaujol- IlS.
- On a perdu environ ~dansn*
le mesme temps le Pere Gi-iE
ry, Exprovincial des Mini-in
mes de
la
Province de ~France^D
Comme toute sa vie n'a~eftôft
qu'une pratique ~continueilulh
de vertu, sa mort a esté aufflU
celle des Justes,c'esl: à dire ~si
toute p1recieuse devant ~Dieum Il estoit âgé de cinquante.-:)]
quatre ans, dont il en ~avoMo
passé trente-cinq dans l'~Ordrnb
duquel il avoit embrassé 1«1 :
Regle, & il lesa passezd'~unclnt.
manière si religieuse, ~sifainnii
te & si exemplaire.)qu'on peum
dire que dans tout le ~counm
~d.b
desa vie, & dans les diffe-
~irens emplois qu'il a eus, il a
~toûjoursconservé la mesme
simplicité) lamesme ferveur,
ila mesmeexactitude, &la
miesmerégularité pour l'observance
qu'il avoit pendant
son Noviciat. Sacapacité, &
lasagesse qui paroissoit dans
toutes ses démarches,le firent
d'abord choisir pour enseigner
aux jeunes Religieux la
Philosophie & ensuite la
Theologie. Il termina ses le-
~ïbures par une These dédiée
au Roy, qu'il soûtint au
chapitre général de l'Ordre
tenu àMarseille en 1667. oui/o
par son érudirion s~inguliereoia
jointeà une modestie ~admi-irn
rable, il s'acquit l'estime &&
l'approbation d'une nom~/nc
breuseAssemblée. Aprés ceki/ao
on luy donna les ~Maisonmol
particulièresà gouverner) &8 c]
dans la suiteon luy confia~M c'-
foin de toute la Province. II .3
en a en deux fois la ~conduiniuf
en qualité de Provincial, 8 tj
son humilité estoit telle, qUllpi
meline dans le temps quLi
exerçoit cette Charge,il n'a Ii
avoit personne qu'il ne ~m 3
gardast beaucoup au dessus ~o ejjf
luy,tant il avoit des sentimens
abjets de luy-mesme.
Son oraison & son occupa- tion
en Dieu estoit presque
continuelleJ &il feroit difficile
de porter la mortification
plus loin qu'il a fait. Je
ne vous dis rien de son amour
pour la pauvreté
? ny de son
obeissance. C'estoit en luy
unevertu si parfaite) qu'a- -
prés estre forty des Charges
où il avoit esté employé
,
il
estoit toujours prest à toutes
les choses que l'on pouvoit
souhaiter de luy
, en forte
qu'il estoit impossible aux
Superieurs de penetrer ou.
son inclination le portoit puis qu'il n'en montroit , aucune
que celle de faire ce
qui luy estoit ordonné. On
n'a vû dans sa derniere maladie
& à sa mort, que le mesme
esprit qui l'a fait agir
pendant sa vie. Il a eu toujours
une si grande tranquillité,
qu'encore que les douleurs
qu'il souffroit fussent
fort aiguës, on n'a jamais
entendu sortir aucuneplainte
de sabouche,ny a pperceu
le moindre mouvementd'im-
-. patience. Bien loin de chercher
de petits foulagemens
dansl'etretien des creatures,il
seplaignoit quelquefois obligeamment
que les visites de
civilité qu'on luy rendoit, &
les assiduitez qu'on avoit pour
affifier
,
luy déroboient
des momens qui luy estoient
dperévcoiierux, & qu'il croyoit ne
employer qu'à s'occuper
de son Dieu, & à se laisser
penetrer de son amour.
Il estoitFilsde feu Mr Giry,
Avocat au Conseil, & l'un
des plus anciens membres de
L'Academie Françoise.
LeRoy pour marquer l'extrême
satisfaction qu'il a receuë
du retour de Monfcigneur
le Dauphin après ses
glorieuses conquestes, a fait
danser un Balet dans l'agreable
Palais de Trianon, que
l'on a tant deraison d'appelbrle
Palais de Flore. C'est
aussi le nom qu'a eu ce Balet
qui fut danséle5. decemois.
Le theatrenepouvoitavoir
de plus fi1perbedécoration
que Trianon mesme.L'éclat
desmarbres, & des beautez
de l'architecture attachent
d'abord la veuë sur cette
grande façadeappelléelePeristile,&
le plaisir redouble
lors que par l'ouverture de
ses arcades entre plusieurs
rangs de riches colomnes,on
découvre ces fontaines, cesl
jardins, & ces Parterres toujours
remplis de toutes fortes
de fleurs. C'estalors que l'on
oublie qu'on est au milieu de
l'hyver, ou bien l'on croit
avoir esté transporté tout
d'un coup en d'autres climats
,quand on voit ces delicieux
objets qui marquent
si agreablement la demeure
de Flore.
La premiere Entrée estoit
de Naiades & de Silvains,
qui venoient se réjoüir du
retour de Monseigneur le
Dauphin.MademoiselleBrion
qui representoit une Naiade,
parut d'abord en chantant
ces Vers.
Cesi l'ordre de LOYIS)ftgnalons
nojlrc zele.
AH retour duHéros que finamour
-
rappelle.
Le Choeur des Naiades &
desSil vains répondit.
0 doux momens! o favorable
jour
Du Dauphin triomphant célébronsUj
retour..
Aprés une danse des Silvains.
le Choeur reprit.
Chantons, dansons,
.!i(!!,e l'Echo réponde
A nor chanfins
, £)ue l'onde
S'êUnce dans les airs »
£)ue Jon bruit réponde
A nos concerts.
Alors on entendit un
Choeur chantant derriere le
Theatre.
Victoire victoire, viffoire.
&la Renommée representée
par Mademoiselle Varango,
parut, & chanta les Vers qui
suivent.
ïay franchy les monts (j-.,¡ les mers>
le viensd'apprendre a t'Yniv.crs>'
Des succesauil nepouvoitcroire.
ÏAuguJîe Héros des François
Trouveun Imitateur desesfameux
expL\:s>
Le Choeur ayant repeté,
Victoire3^ïétoire, la Renommée
continua.
Sur ces bords où LorIS triom.
phamille fois,
Son Filsfuit aujourd?huj les trr «
ces desagloire-
Le Choeur répéta ces
derniers Vers, & ensuite on
vit entrer Minerve & Bel- - lone ; la premiere representée
par Mademoiselle de la Lan-
- de, & l'autre par Mademoi- -
selle Rebel. Voicy le recit
ue fit Minerve. i-
Flore tient icyfinEmpire
J
Ses dons precieux
T charment les yeux
Etparfument l'air qu'on rcfpire.
wojfre jeune Héros dans ces lieux,
favoris
Jefis heureux exploits va recevoir^
leprix.
Rcpofons-nous
,
fierc Belionne,
Le Nekre & le Rhin fontfournis.
Ptfe LOVIS parle, qu'il ordonne,,
on voit tomber les Ramparts Ennemis
, Hais le plus grand plaisir que ce
succés luy donne,
CV/Ê de voir triompher (On Fils.
Bellonne luy répondit ce
qui suit.
Minerve vosfoinsJidelles
Ontguidé ce jeune Vainqueur,^
Vous imprimt'{ dansson caeurvm
De FAuteur de fies jours les vertusix
immortelles,
Toutes deux chanterent
enfuitc.
Ah, quel bonheur pour ce FilsiMy
gcnefeux
D'avoir ceforfait-modelie!
OPere trop heureux
D'en voir une ImageJideUe! i Ah
9
quel bonheur pource Filsge—y^
nereux !
0 Peretrop heureux!
Ces deux derniers Vers
ayant esté repetez par Ical
Choeur
,
Minerve poursuivit
de cette forte. 7)
Tour faire 4 l'Vniversconnoiftrt ) conno &,e t un Filsquil aime,
,'our Is rendre àson tour & craint
9
d-renommé,
,0rIS retient ce bras a vaincre accoutumé
) Et sejl privé de triompher luymesme.
\l donne a ce cher Fils fin fort
victorieux
Sapuijfancef,uprême,
les conflils,(on espritson exempie
, &fis Dieux.
Bellone reprit, & chanta
ces autres Vers.
Au seul nom de LOVIS toute^la
terre tremble;
Et que feront encor cent Peuples
etonntz
De voir un Fils quiluy rejfimble?
Nous les verrons tous deux, nou:M\
les verrons ensemble,
Vainqueursfortunes,
Au bout du monde couronnez.j
les Nymphes deFlore &
les Zephirsparurent icy estant
appellezpar ces Vers quttfjg
chanta Minerve.
Vous,Nymphes de Flore,
,
Vous, agreables Zcphirs
, c
Tarez, , ornez, ces lieux; qtïilKxw
foientplus beaux encore; ii
De ce ggrrainndd RBooyfecondez, les de&
Jirs.
Une Nymphe de Flore resi
presentée par Mademoiselle
Guignard
oS
finit cette Entré enchantant
ces Vers.
Sejottrpompeuxér-tranquille
bu mus passons les jours ainsi que
des momf:fJS,
FvTûaines-,lar-dins, PeriJHk,
Palais piem'd'agremens
,
Dant la royale main àquitoutefi
f.icite
Dsnsses nobles délâjjlmens,
A traceles ornemens ,
Montre'{ tous vos aitraits chaf*
mans.
Flore, representée par Mademoiselle
de Blois, & accompagnée
de deux de ses
Nymphes qui estoient Mademoiselle
d'Armagnac ôc
Mademoiselle de la Vrillere,
ouvrit laseconde Entrée.
QuatreZephirs dançans les
suivoient.MademoiselleGui-.-ii
gnard, Nymphe,&Mr Ma--b
tos,Zephir,chanterent d'a,::,£t
bord ces Vers.
A l'dfpell de Flore
Hafie^-vous d'éclore.
Venez, en Jes belles mains,
MoijfonJ odorantes)
Ricbefjes riantes
Roses, jasmins
Arumones, Amarantes,
Aimables lfeurs, venez, orner
Le frontvictorieux quelle vcut\w^
couronner.
Mademoiselle Chappe, autre
Nymphe de Flore, con.nc
tinua par les Vers qui suivent.
Toutfleuritftr nos rivages, , 1Voslardinsfont toujours verds**\\?
Jamais des trisses Hyvers
Nous nefentons les outrages
Nojlre Printemps dure to/liaurs,
Nous n'avons que de beaux
jours.
Ces autres Vers furent
hantez par Mademoiselle
Suignard seule.
c!i!.!!e Lame eJIicy contente! ilout nous ritjout nous enchante,
1 Le Ciel répandsur nous
t Ce qu'il a de plus doux.
1 Vans ces retraites aimables
Les biensflnt purs & durables.
Le Ciel répandsur nous
Ce qu'il a de plus doux.
'Le Choeur de Nymphes &
: Zephirs repeta, A l'afbeft:
de Floi-e, &c. & cela finit la
feconde Entrée.
La troisiémeestoit compofée
de Diane que representoit
Madame la Princesse de Conty
accompagnée de ses Nyrn.tn
phes & d'un grand nombre dc)b:
Chasseurs chantans & dançans.
Endimion
,
ÇhaflètirJi
chanta le premier
,
& fit enoô
tendre ces Vers.
Jamais du haut desa carrière
Sur ce Trône d'argentdontse parex\vu
lesCieux,
Diane n'avoit a nosyeux
Repanda tant de IlImÙre.
lAmais> quand de la nuit perf4,ùy
lesJhnbres voiles
Elle regne entre les Etoiles,
Elle ne tint mieux a son tour
La place de l'Afire du tour.
Deux Nymphes de Diane
poursuivirent par ceux-cy.
Sur les Autels
J^EpheJe nous vante,
A-t-elleainji ravy tous les Mortels?
0 vous Belostt vous,Bois d'Erimante,
Avez-vous pu /4 veir si charmante?
Sur les Autels
JVu'Ephe/è nous vante,
A-t-elle Ilinji ravy tous les Mortels*?
Une autre Nymphe de la
suite de Diane, representée
par Mademoisellede laLande
,chantacequi ssuit, en s'a.-j;C
dressant aux Nymphes &auxxu
Chasseurs.
Nymphes diligentes
Ji>ui jùiVfZ les loix
De la DetJlè des Bois,
Renouvelions les chassis iriom-'m
phantes
,
Ou de ses attraits
Diane embellit nos Forefis,
Renouvelions nos Telles éclatantesx\\
Et vous qui dit reposdédaignez, /A\ C
dOllcesr, (cerivages
chajJèJtrs tant celebre\", veneT^fu\ù\
Voir Cheroique chaffiur
A qui vous devet'VoJlre bammig,--,%b
Loin des affreux dangers occupe7^\<^
fin loijir
Par un noble plaijir.,
Cephale parut aussi - tost
avec Hippolite, & chanta ces
IV,ers.,
Le Dain timide & U Biche sanvage
N'évitoientjamais
L'atteinte de mes traits ;
Mais desesdards ilfait fin autre
ufige, ilabatfous ses coups fameux
Des Peuples belliqueux-
Voicy ceux qui furent
chantez par Hippolite.
J'exerfois comme luy dans les bois
solitaires
Ces vertus sinceres
J*>ui regnent parmy les Silvains,.
Loin ducommerce des Humains ,,
Mais je nay point appris , en ce&ft
eflatpaijtble,
Aforcer des ramparts; ïignoroà les vertu* que fin coeut\x\
invincible
Exerce aux champs deMars, j
Le chant de ces deux illustres
Chasseurs fut suivy duOiflu
Choeurqui repeta ces paroles.
Renouvelions les chttffiJ triom- w
phantts)
Où defis attraits
Diane embellit nos Fërejls;
Renouvelions nos Fejles éclatantesy (t\'
D~tse jeune Hsrosoccupons le Jaijir
Par un noble plaisir.
La quatriéme Entréeestoit
celle de la Gloire)reprsentfCparMadame
la Duchesse.
Madame de Valentinois, Madame de Florensac, &
Mademoiselle d'Usez l'accompagnoient
en qualité
d'Amazones. Il y en avoit
plusieurs autres, qui estoient
des Amazones chantantes, &
parmy elles Mesdemoiselles
la Lande & Varango, representoient
Pentesilée & Antiope.
Il y avoit aussi plusieurs
Heros chantans & dansans,
& parmy eux Ulysse
-
& Cyrus, l'un representé par
M Morel, & l'autre par Mr
Cebret. Pentesilée chantala
premiere en s'adressant à la
Gloire.
Reine des grandes âmes,
Ynique objet des plus noblesi
Vainqueursy
Gloire, qui de tes belles fiâmes
Brûles fins ceffi leurs coeurs ;
Toy qui leur fais trouver une vie
immortelle,
Toy duplusgranddes Rois la compagnefidelle,
Et qui Cascouronné de tes plus
nobles prix,
Vans ce parfait Heros fil vois un
tendre Pere,
Tu luy dtviens encor plus chere
Lors que tu couronnes fin Fils,
Le Choeur ajoûta.
0 Gloire éclatantel
Gloire brillante !
Nous imri
-
IXeussuivrons touiourstes pas.;
0 Gloire charmante!
Nous suivrons iufquautrépas ;
Tes triomphans appas.
Aprés cela Pentesilée &
Antiope chanterent enfemle.
iPrince heureux, le Dauphin t'imite.
Tes premiers Suiets
Sont ceux qu'un plus beau zele
excite
Afuiv<e tes noblesproiets.
Ces PtïnctshrilUns de ti Hcire,
Ces f!,JOf f'v,'trJi7 ele ton fang
,
Imme auprès de ton Trône, au
Ter.rjlc d? Memoire
Tic,lne,i',i le pnmierrang.
Pentensilée chanta feule
enfitirc, &appella ainsi les
Heros.
Vous quehGloirea, tadiscouronnez,
rv. f.rïvÇ>
reneZ' Héros ,'venez,. >"P
,YOJe'{,!)()ur nosGuerriers quel triompbe
s'apprefle VoyeT^danscette,beu,r„e.ufsee FFecsjs*e
Les biens qui leur font dejii-
¡J(-\;
Ulisse s'avantia)& se ifteonnoistreen
chantant les Vers
suivans. '•
J^jiel doux transport, o grand Ry, vi
.De voir un Fils digne de toy !
.tiee-,-eterniqtie ainjî pour mesyeux
eut de chatmes! - j
.f£ue te verfy de deveej larmes:!
JVjtel doux transport
,
ô grand
Roy
De voir un Vils digne de toy ! Cyrus continua par ces
Vers.
VnJilcnceprofond couvrit ma
noble audace,
)dllphin
,
ainji que vous dans les
flmbres Foriiqr,
En syoccupanta la Chajje,
y(ruAs d'ufnj/gnrajnldsâ.ejfcin dcgvifa les
fmply de et beaufeu dont l'ardeur
vous in[pire
le partis dufonddes Bois,
Pour courir aux plusgrands exploits,
Et rexverfer fin Empire.
Apres que l'un & l'autre
hanté,Pentefiléc ajoûta.
Ces Héros, Gloire Jmmorttlie"
.fi¿t,Û S'ieimolerentpour vous,,
Ne vousvirentpointJibelle
J$)ue vous Cessesparmy nous.
S'ils ont bravetant d'alarmes
Pour vofire nlJm glorieux,
JVu'eujfent-ilsfaitpourles char*<
mes
Que vous montrez à nosyeux
Le Choeurchanta ensuite..]
o Gloire éclatante,
,Gloire brillante
Noussuivrons toujours tes Pas..i
0 Gloirecharmante,
Nous suivrons jusquau trépas
Tis triomphons dppas.
La fureur fanglmte
Des cruels COlpbats"
La chaleur brûlante
Z.
La froidettr glaçante -
Des plus affreux climats"
De Bcllonne tonnante,
De IIIfoudre dcvorante
Lesbruyans éclatJ,
De la terre tremblante
L'horrible fracas ,
Nenous empefcherontpas
Desuivreses pas.
0 Gloire brillante,
Gloirecharmante,
Nous suivrons jufcfic'au trépas
Tes triomphans appas.
La joye accompagnée des
Plaisirs
,
faisoit la cinquième
Entrée
,
&chiiita d'abord ces
Vers.
La loye cf les Pla'fîrs
Viennent en ce beaujour combler tous,
vos desirs.
Les Grandeurs,les Festes pom-
J*armaies spacnuu)sesnoufs nee ferso-ien.t heu-. C'cflnous qui dans les Cieux
Profitions aux FefiesdesDieux.
Trois Plaisirs firent ensuite:
entendre ces Vers.
Rien n'est égal aux douceurs
DesPlaisirs quisuiventla Gloire,
Jtien n'légal aux douceurs
cF/He la Vtttoire
Metdns les nobles coeurs.
Apres que cestrois Plaisirs
curent chanté,un autre Plaisir
reprefenré par M: du Four,
chanta seulces autres Vers.
FameuxHéros,
Au piaifir Chonneur vous mene,
t Vndouvrepos
Suit le dang, r& la feint,
Lejplaifirslesplus doux,
Nobles Coeurs,sifitpour vous.
Voicy le jour, o divine Princee,,
< Que dimandoit vostre iufee ien--
dresse.
J^uc deplaiferÇcnt vofert coeur.
De revoir ce Vainqueur !
Le Choeur ayant ajoûté,
JVjf'i/ plaire à vos yeux
Ce i-a,;; quciirglorieux !
Un Trio répeta.
Ce Hcrosglorieux
J^'il dohplaire à 9 vosyeux !
La Jove& un Plaisir fermoient
cette Entrée par lès^I
Vers suivans.. ?
Dansfa crainte un véritable amoutxn^
Répand des larmes>
Mais ensuite un heureux retour
A plus de charmes.
Aprèsqtion a pleurédans sesten.ta%%
,
dres douleurs,
De ioye & de pÙtjir on verse au/fî^^
des pleurs.
La sixiéme & derniere EIWI3
tréc estoit generale
,
c'est as
dire, composée de Flore,dob
Diane;, de la Gloire, & dob- leur suite. Le Choeur chantons
d'abord.
Laloy.e&,les Tlaifirs
Viennent en ce beau iour comblevvA^
If/(IS.VQS desirs.
Les plaisirs les plus doux,
| Nobles Coeurs yfontfour v tus. Et un grand Choeur ajoû.
a.
Vous,grand Roy, vous, Dauphin,
digne Fils d'un tel rtYf, toujours heureux, & triomphez!
ouÍours.
Jgut le Cielconfiant à vous plaire
Iamats ne change le cours
De ces beaux iours,
Vivez,
,
triomphez, touiours.
Jpuc vos Héros na/ffins
, que
Augu(lePrincesse
£)ui les doy;neà vostre lendrtJ/è,
1vi dentavcc vous ce bonheurplein
d'attraits.
Qu'une Félicitesidouce &si char
mante
Tous les iours saugmente,
Quelle ne finisse iamais.
La Musique des Vers de
ce Balet a esté faite par MrJ
de la Lande, l'un des quatre
Maistres de Musique de la
Chapelle du Roy. Il doitestre
d'un merite fort reconnu»
puisque Sa Majesté luy vient
de donner la Surintendance
de Sa Musique qu'avoit le
jeune M de Lully qui est
mort sur la fin du mois paffé.1
Les Entrées du melmeBallet
sont de M de B:auchamp
f quidepuis qui depuisuunnttrreèss..ggrraanndd
nombre d'annéesaesté tou.
ours employé à travaillerux
Balets du Roy.
1: Je ne puis finir un si grand
Tride de Musique, sans vousaire
part d'un air nouveau
Mr de Bacilly. En voicy
zs paroles. AIR NOUVEAU.
IE me contrains incessamment
Pourcachermon amourextrême;
Mdis ie me contrainsvainement,
On dit par tàut jue ie vous aime..
B;lle Iris ,se pourroit-il bien
Jïue vous fe/ile n'en fceufflcz*.
rien ?
Monseigneur le Dauphin
s'est acquis une si haute reppi tation dans sa premiere Gam3
pagne ,
qu'il y a peu de de Lettres ge^o: qui ne se soient fiâu
un plaisir d'écrire à saglomiol
J'ay mêlé ma voix à celle db si
autres. Comme la matieam~
est belle, l'ouvrage ferooial
plus beau, si lesAffaires de Temps m'avaient 23 laissé plu
de loisir pour y donner derniere 10 main. On y remarquera
sulement mon zeros
pour un Prince auquel je fUJuÎ
attache;cest tout ce quej'ax^3~
prétendu faire voir,
ELOGE
DEMONSEIGNEUR
ILE DAUPHIN.
El Amais Monarque ne s'estoitveudansun
si haut
bdegré d'élévation, quel'Auguste
Souverain qui gouverneaujourd'huy
la France. Ses
sages Ordonnances l'avoient
fait mettre au rang des plus
ri justesPrinces, & sa valeurau
nombre des plus fameux
Conquerans. Sa pieré l'avoît
fait placer parmy ceux dont
onrevere le plus lesvertus,
& toutes ses avions ensemble
luy avoient fait meriter
le surnom de Grand. Rien
ne manquoitàsa gloire & à
son bonheur, & l'estat où ce
Prince avoit mis laFrance,
faisoit qu'elle estôit ellemes.
me étonnéede sa propre
grandeur.Elle nes'estoit jamais
veuë si puisante,&
n'aurait ose penier qu'elle
eust pu fairetant de conquestes,
& triompher seule
del'Europe entiere., n'ayant
jamais estési redoutable fous
aucun de ses Monarques.
Cependant quoy que le glo- trieux Conquerant qui l'a mil£
c encet estacparust estre au
..dessus des fouhaitsi & qu'il
1n'eust rien à desirer pour sa
[gloire>illuy manquoir une
chosepour sapropre satisfa-
£tion ,qu'Il n'estoit point le
Imaiftre d'acquerir. Rien ne
53uyestoitimpossible, si l'on
>cn excepte l'avancage de se
donner luy-mesme, ce qui
paroissoit n'estre pas en son
ouvoir. Il falloit que toute
lia terre connuft qu'il avoir
un Fils digne de luy, &cela
dépendoit de ce Fils seul
,
qui
pouvoir donner au plus grand
Prince du monde l'unique
chose qu'il avoir à souhaiter.
Il devoir apprehender qu'elle
ne luy manquast, puis qu'il
semble que par une destinée
fatale aux plus puissans Rois,
&aux hommes du plus grand
merite, ils n'ont eu jusques
icy que des Enfans, qui au
lieu de lesimiter, n'ont pas
mesme marché de bien loin
sur leurs traces. Si ces grands
hommes ont esté Conquerans,&
ont vaincu par la
force deleur courage, leurs
Enfansontesté sans coeur,
& n'ont, point: cherché la
gloire, ous'ils ont brillé du
costé de l'esprit, les Enfans de
ces Peres si cfUmez< & si
unies à l'Etat,n'ontsouvent
passé que pour des stupides.
L'Antiquité est pleine de ces
exem ples,deforte qu'on peut
dire que lors que le Ciel a
comblé le Roy de tous les
avantages qui ont fait separément
la grandeur &: la
gloire de tous ceux qui ont
cité élevez au Trône
,
il a
voul u pour le distinguer de
Capitaine, mais ayant aussi
misen pratique toutes les
vertus que l'on pouvoit souhaiter
dans un Héros de son
âge.Ces fortes de vertus ne
fervent pas moins à conquérir
des Places que les forces
les plus redoutables, puis
qu'iln'est rien qu'on ne surmonte
avec les coeurs des
Soldats,&.qu'un Prince qui
joint toutes les qualitez
d'honneste homme à celles
de grand Capitaine, attire
les louanges de ses Ennemis
mesmes
, & l'estime de l'Univers..
Le Roy qui jouit d'une
santé parfaite,estoit feurde
vaincre en se mettant à la
teste de ses Troupes) & l'on
ne doit pas douter qu'en
nommant Monseigneur le
Dauphin pourcommander
en la place, ilne connust
toute la grandeur, & toute la
: bonté de l'amede ce Prince
infatigable, & qu'il ne fust
assuréqu'en courant vers la
gloire, ilneferoitaucun faux
pas qui puft retarder d'un
seul moment l'execution des
pr ojets qu'il avoit arrestez
avant le départ de son augufte
Fils. Ce jeune Héros
avoir à soûtenir tout ce qui
s'est fait de grand du cossé
des armes, fous le regne du
ROYI Le plus grand Capitaine
auroit deu trembler,
mais leFilsde LOUIS LE
GRAND sentant couler le
mesme sangdans ses veines,
& l'exemple &leslevons de
cet admirable modelle des
Rois ayant profondement
gravé dans son coeur tout ce
qu'il devoit faire pour l'imiter,
marqua sur le point de
partir une joye si grande &si
naturellequ'elle fit connoistre
qu'il estoit feur de vaincre,
& couroit à la victoire..
Ce Prince attendoit ce moment
avecimpatience , parce
que quelque temps avant
qu'il partist, le Roy luy avoit
: communiqué son secret;mais
comme il imite ce Monarque
en touteschoses, il avoit
sceu cacher les mouvemens
idejoye qu'il ressentoitdans
!
le fond de son ame, afin
à d'empescher qu'on ne penctrass
ce qui luy avoit esté
Sconfié. Tout fit connoistre
lI'leexcés decette joye) quand
jour de son départ eut esté
J
'i
1
declaré. On la remarqua dans
ses paroles, elle anima toutes
ses actions, elle fit briller ses
yeux d'un nouveau feu, &
répandit sur toute sa personne
un certain air qu'il est
malaisé de décrire, & qu'on
ne peut avoir que lors qu'on
est vivement touché d'une
chose qu'on a souhaitée avec
ardeur,& qui cause une extrême
satisfaction.Cette joye
fut un heureuxaugure qui fit
voir que ce Prince marcheroit
sur les traces du Roy,
que lagloire alloitunir ceux
que le fang avoit joint, de
f
si
pres;
près,& que le Filsauroit une
glorieuse place dans l'histoire
du Pere,danscette histoire
fameuse que la posteriténe
pourroit jamais croire,si les
histoires dela plulpart. des
Souverains dé la terreneparloient
à l'avantage de ce Monarque,
les unes en publiant
sesvictoires, & les autres sa
magnificence & ses vertus.
C'est pour estre placé auprès
de ce Prince dans un si grand
nombre d'histoires
» que le
jeune Héros dont j'entreprens
d'ébaucher l'Eloge.
-vient de se couyrifsle glo'-i'"re-.
Quoy que sa joye eust redouble
au moment de son depart
; & qu'elle eust esté fï
forte) qu'il n'y avoit paslieu
de penser qu'elle puft s'accroistre
,
elleparut neanmoins
s'augmenter à mesure
qu'il approcha du lieu ou
l'attendoit la victoire. Il
marcha si viste que les équipages
ne purent le suivre, &
iiionta àcheval le jour qu'il
devoit arriver au Camp,sitost
que la plus foible lu-:-,
miere eut commence a paroistre.
A peine y eut-il esté;
receu,qu'aulieu d'aller prena
imité le Roy dés le premier
pas qu'il a fait dans le
chemin de la gloire, &
@
qu'il
s'estexposéau peril des sa
première démarche dans le
champ de Mars.' Ce Prince
continua àn'avoir
* aucun
ménagement pour sa personne;
il a paru infatigable au
travail, & d'un sang froid
pour le peril qu'il seroit difficile
d'exprimer, & qu'on
connoistra mieux en apprenant
tout ce qu'il a fait. Il
alloit tous les jours à la teste
de la tranchée, & visitoit:
toutes les attaques, & le parc;
deFArtillerie. 11 voyoit
méhtcr les gardés; il ïê faifoit
instruire detout ce qu'il
ne pouvoir voir par luy-même
j & donnoitexactement
lesordres sur tout ce qui
concernoit le sege. On l'a
veu aller souvent à la tranchée-,
mesme avec les Sapeurs.
Quand il avoitresolus
quelqueattaque consideratle_,
il prenoitle soinde
Tenjrcprifc sur luy
,
afin que
rien ne manquast. Il donnoit
ses ordres pour faire tout
préparer, & marquoit les cndroitsoù
l'on trouveroit tout
ce qui pouvoir estre necessairc
,
de forte que les Troupes
estant seures que toutes les
choses dont elles pourroient
avoir besoin, leur seroient
fournies pourles expéditions
qu'e lles devQient fùre, c lles
v alloient avec une ardeur
qui saisoit voir qu'elles estoientasseurées
de vaincre
& quand des Troupes ont
cette pensée, & qu'ellessont
échauffées du desir de plaire
àleur General
,
elles ne manquent
jamais de venir à bout
des entreprises les plus diffielles.
Ce Prince faisoit toutesces
chosesd'une maniéré
si aisée & si naturelle, que le.
Capitaine le plusconsommé
dans le métier de la Guerre,
n'auroit pu s'en acquitter
mieux. &quoy que le péril
doive étonner ceux qui n'y
sont point accoutumez, &
que la fermetéqu'ilstémoi-
-
gnent lors qu'ilss'y trouvent.
exposez, vienne de leur raison,
on connut bien que celle
de ce jeune Heros venoit
enticrement de ion sang. Des
sa première Campagne il a
paru grand Capitaine,&Soldat
intrepide. On a remarqueen
luy toute la prévoyance
du Chefle plus prudent, il
a joint la sagesseà lavivacité
du courage,; il a fait voi r de
la vigilance sans fatiguer les
Troupes,& il a en fintrouvé
l&e df'eacvreacncde'érbpeaarugcnoeurpl,eaysaanngt,
pris en vingt jours une Placé,
devant laquelle le grand Gustave
a demeuré dix huit
mois. Ce Prince eust pu
l'emporter encore pJCItoU)
s'il n'eustpas vouluménager
ses Troupes, Unautre se feroit
peut <:
estre laisse ébloüir
par le glorieux avantage d'uneaction
si éclatante&siextraordinaire
,
qu'à peine la
posterité y auroit pu ajoûter
fOY, La France ne manque
point d'hommes, il n'avoit
quaenexpo-1er un plusgrand
nombres quan d il en auroit
perydavanrage, on n'autait
pas sceu s'il auroit pu épargner
ce sang ou non; mais
sa bonté a prévalu sur tout
ce qui pouvoit donner de
l'accroissement à sa gloire.
Les plaisirs l'attendoient à
Versailles
,
il n'a point eu
d'empressementpour y veni r
joüir du fruit de ses travaux,
*&il amieuxaimé triompher,
;
plus tard & gagner les coeurs
de toute l' A rmée en remportantune
des plus fortes Places
de l'Europe. Cet Auguste
General a sceu inspirer aux
Trou pes une passion si ardente
pour luy
,
qu'il est seur de
la victoire, en quelque lieu
qu'il puisse aller, & quelques
ennemis qu'il puisse avoir à
combattre; de forte qu'on
ne peut douter qu'il ne fasse
plus de conquestes avec un
petit nombre de Soldats, que
ceux qui luy oppoferoient
des Arméesformidables.
Ainsi la première Campagne
de Monsegneur le Dauphin
doit faire doublement craindre
les Ennemis de la France.
Ils n'apprehendoientque le
Roy, mais le Prince qui marche
aujourd'huy sur les traces
decetAuguste Pere, leur
fair voir deux Conquerans
au lieu d'un, qui sçauront
toujours forcer la victoire à
suivre leurs pas. Pendant que le Vainqueur
de Philisbourg épargnoit le
fang des Troupes
,
il n'en expofoit
pas moins le sien
,
&
il le faisoir si naturellement,
qu'onpourroit dire qu'il
trouvoit des charmes dans
le péril. Il est difficile d'aimer
davantage le mestier de la
Guerre) & de s'y attacher plus
fortement. Ce Prince die
quelque-temps après r011 arrivée
au Camp, qu'il anjoit
toûjours bien sensé qu'unSiège
luy donneroit du plaisir, mais
qu'iln'avoit pas cru en devoir
prendreautant qu'il en ressentoit.
Aussi ceux qui avoient l'honneur
de commander fous les
ordres , se servoient ils fouvent
d'artifice pour em pefc
her qu'il ne fuit continuellement
exposé aux perils les
plus évidents; mais le Roy.
ayant appris qu'il usoit de
son autorité pour les affronter
, & qu'on faisoit mal sa
cour lors qu'on luy donnoit
des raisons pour empescher
qu'il ne s'exposast
, envoya
des ordres absoluspour retenir
la boülllante ardeur
de ce jeune Conquerant.
S'il avoit donné des marques
d'une intrépidité extraordinaire
,
il fitvoir son
esprit, & sa Coûn-ilffiondatis
la réponse qu'il fit à Sa Majesté.
Illuy marqua d'abord
en termes fort respectueux &:
fort soûmis
,
le chagrin que:
Tes ordres luy causoient ; mais
il ajoûta qu'il s'en consoloit -;,
parce qu'ilesperoitfaire voiren
luy
obeissant
)
des marques de
safoumiffton
, ~e donner en
mesme tempsl'exemple de l'obeiffance
qu'on luy devoit.
Le Siegeestant sur le point
de finir lors que l'ordre du
Roy arriva., il restoit peu de
périls à e flu y er ;
ainfI l'on
peut dire que Monseigneur
le Dauphin aesté ex poCé
presque pendant roue le S~~c ''J'',
ïcnccconsomméedansle
ïence consommée dans le
mestier de la Guerre, ne susirQiifenr
pas toûjours à un Germerai
pour venir à bout d'une
ntreprise.Il peut donner de
cocons ordres
,
mais s'il n'est
nimé il peut estre malobey ;
q Il peut se battre avec toute la
at'ialcur possible & n'estre econdé.Un pas Chefaiméanime
JOIOUS les coeurs d'une Armée,
:2& donne de la force à tous
2)le,s bras. Jay deja marqué
combien Monseigneur le
Dauphin elioit chery
, ou
vï.-rtliW.st adorédetoute l' Armée
,
s'il m'estpermis de
parler ainsi. Cette loüange
luy cir bien due
,
puis que ce
Prince imite parfaitement le
Roy.,qui n'a jamais rien dit
publiquement qui ait pu desobligerpersonne,
qui loin
d'accabler les malheureux,
cherche à excuser leurs fautes,
& qui n'a jamais puny.
lors qu'il a cru pouvoir pardonner,
ce qui a souvent fait
dire, qu'illilloit que ceux qui
avaient encouruson indignation
fujfefit bien coupables, Monseigneur
le Dauphin qui a le
mesmecaractère de bonté,
s'estfait aimer de toutes les
Troupes par une infinité
d'endroits qui meritent d'être
remarquez.
On ne peut porter plus
loin la generositéque ce
Prince a fait tant qu'a duré
la Campagne, n'ayant pas
laissé passer un seul jour sans
répandre ses bien- faits à pleines
mains. Il donnoità tous
les Blessez & n'atrendoit pas
qu'on luy demandast. Il faisoit
distribuer de grosses sommes
pour des Corps entiers.
k
Les Gardes de Tranchée se
re ssentoient touslesjours d c
ses liberalitez. Dés qu'il apprenoit
que quelqu'un s'estoit
t-iiitinguéilluy faisoit rccç—p:
voir la recompense de sa valeur
, & donnoit mesme auxxu
personnes de qualité quiavoient
receu quelquesbies
furcs, parce qu'on peut avoir
besoin d'argent lors qu'on ciWla
malade, & qu'on se trouve
dans un Pays éloigné.
dons estoient accompagnezson
de maniérés quicharmoient
&, qui faisoient oublier la violence
du mal à ceux que lesiM:
plus vives douleurs tourmentoient
Ces consolations é-à
toient suivies d'autres encore
plus couchantes. Ce Prince
-
visitoit non seulement tous
les Blessez de la premiere
qualité, mais on l'a mesme
veu faire l'honneur aux Subalternes
d'allcr jusquechez
eux lors qu'ils estoient d'un
mérité distingué.
Outre les largesses que ce
Prince généreux a faites aux
Soldats blessez
,
ilalloit visiter
les Hôpitaux, & avoirla
bonté d'entrer dans le détail
du soin qu'on prenoit de la
guerison de ceux que leurs
blessuresyretenoient. Il ordonnoit
que les Soldats qui
avoient beaucoup fatigué
dans la Tranchée, fussent
mieux nourris que ne le
sxxxxxxxxxont ordinairement ceux qui
n'ont point essuyé ces grandes
fatigues, ce qui faisoit
qu'ils reprenoient leurs forces
d'une Tranchée à l'autre.
Ainsi on peut dire que ce
Prince empeschoit que les
Soldats ne devinssent malades
,
& que les Malades
ne mourussxent. Aussi pleuroientils
de joye en le
voyant. Plusxieurs ont refusé
son argent, pour faire voir
que lezele qu'ilsavoient pour
l'ilunyte, rleesstengageoit plus que à exposer leur vie
pour le service du Roy, & du
Prince dont l'intreprdité &
les genereuses bontez leur
doinnoient de jour en jour de
nouveaux sujets de l'admirer,
ij Il ne se contentoit pas de fai-
Ire tout le bien qui estoit en
sa puissance , & d'honorer &
| récom penser le mérité ; il a-
,voit encore la bonté d'écrire
très souvent au Roy en faveur
de ceux qui se disxtinjj
guoient extraordinairement. Ilrendoït justice à chacun
sans avoir égard au rang, &
ille faisxoit avec d'autant plus
de joye) qu'il estoit persuadé
qu'il ne pouvoit faire un
plaisirplussensible à Sa Majetité
, que de luy faire connoistre
ceux qui faisoient
des actions extraordinaires,
& de luydemander des récompenses
pour ces gcnereux
défenseurs de l'Etat. Cet aimable
Conquérant ne parloit
jamais deluy dans toutes Ces
Lettres, elles faisoient voir
son esprit & sa genereuse
bonté pour les autres, donc
il prenoit plaisxiràvanter les
avions; de maniere qu'on
n'auroit point sceu les sxien-
: nes, si la Renomméen'avoit
pris foin de les publier. Il
n'avoit point d'autre occupation
que de travailler pour
la gloire, & pour le bien
des Trou pes , & ses li béralités
paroissoient inépuisables
; mais lors qu'on luy
demandoit des graces
-'
il
n'accord oit rien sans en écrire
au Roy, & répondoit,
qu'ilnesxtoit à /'sirmée que pour
commander pour Sa Afajejie»
pour obéir à fis ordres, (7
qu'illuy écriroit pour les recevoir,
apprendre (es 'Volontez.
Cela redoubloit l'admiration
& la haute estime qu'on
avoit pour ce Prince, & le
faisoitaimer davantage,&
c'esxt ce qui a fait dire qu'il
exstoit d'un caracxtere à foutenir
tout le poids dela plus
brillante gloire, sans qu'elle
fust capable ny de l'accabler,
ny mesme de l'ébloμüir. La
genereusefierté qui l'anime,
& le noble mépris des perils
les plus apparens, n'ont pas
moins éclaté en luy dans les
occasïons les plusdangereuses.
Illes a poussez jusques
ou
où le plus-grand & le plus
intrepide coeur les peut por
vtef: Ce Prince fcul av-oit de
larfcrmeté^uand toute l'Ar.'
mée estoit saisiedecrainte,
àc que t®uttrembk>it xjxusqu'a
Versaxilles ;
où l'onn'ouvroit
aucunes Lettres sans resxsentir
tous les mouvemens que caillentordinairement
de grandesalarmes.
Cette intrépidité
accompagnée de toute la
prudence
,
& de toutes les
qualitez qu'on peut souhaiterdans
le plus grand Capitaine,
a plus jette de consxternation
dans les coeurs des
Ennemis que la prise dePhi—h
lisbourg, quelque considerablé
que soit cette Ptace:&~
de quelque importance qu'
--
elle leur fust.Ce que coa
Prince vient de faire leur ap-cp
prend que rien ne luy resistera
,
qu'il n'y a point d'entreprise
dont il ne puisseve
nirà boutique lors qui~u
fuitles leçons du Roy,&qu'ils
marche sur ses glorieuses -frasai
ces,ilsauront encore à CJ j
défendre de ce Monarqueou
melme dans les endroits ouo
il ne fera pas. j lahaute réputation quup
Monxseigneur leDauphin sVft
acqultèdane. toutel'Europe,
&parmy les Troupes ,a fait
;£pnq:er les Ennemis en eux-
-inefmes pour faire reflcxtcni
-furie ridicule
-
de IeutS pensées
chimériques, &: de leurs
sxoles idées, lors qu'ils se
..p>.rfuadoÎenr qu'ilspouvoient
vangerleur gloiredesassiones
-qu.-ctlea receus pir-1et3rs4)cr
tes passées Ils or.c fait des
projets, ils le sont, liguez
sourdement, ils out.'cônv
mencé des lev'éçs,$; ie toit
préparez à .1r)'¡1" fiu pi*-irvv.: ;
-mais le R'¡ y 'reu;:'",", v ;->
lant , & toujours aGtlf pour
le bien de l'on Etat, qui n'ignore
rien de tout ce qui se
parte chez ses Ennemis, &
qui connoissant beaucoup
mieux qu'eux leurs propres
forces, sçait qu'elles font
beaucoup au dessous de leurs
lperuorjests,& fort inférieures à
mauvais de£Teins, par
une conduite toute prudente,
& par une fageprévoyance
a travaillé à dissiper ce
qu'ils meditoicnc contre la
France. Ce Monarque a pris
dans son Cabinet de justes
mesures contre la hardiesse
de leurs projets ; son Auguste
Fils a marché par ses ordres
il a porté la terreurchez ses
Ennemis> la gloire l'a accompagné,
la victoire l'a
suivy, & il anon sxeulement
fait évanouïr tous les desfeins
de ces Ennemis
,
polid"
ques mal-habiles,& qui devoient
accabler la France ea
la surprenant
, mais illeura
donné lieu de se repentir de
leur témérité mal ibuienuët
l& les a contraints, au lieu
d'executer les vastes projets
qu'ils avoient conceus, à
nous ceder des Places qu'ils
estimoient imprenables, &
qui devoient leur servir pour
se défendre, & pour nous
attaquer. Le digne Fils de
Loüis le Grand, en se couvrantd'une
immortelle gloire
par de si grands succés,
dans une saison où le Roy
seul a sceu triompher des Elemens,
& apprendre aux François
qu'ils pouvoient vaincre:
en rour temps) a paru aussî-i
infatigable que ce Monarque,
que les plus rigoureux
hyvers n'ont jamais pu arrester
un moment lors qu'il
voloit à la victoire. Que nC)1
luy devons-nous point pour
mous avoirdonné un Prince
qui luy ressemble si parfaitement,
qui joint à la grandeur
de courage une bonté,
toute genereuse & toute
kjeharmante, qui avec un air
:affable&desmaniérés engageantes,
nous fait voir,quand
il est à propos, sans quitter
ce caractere de douceur, tout
Loûis le Grand dans sa plus
haute majesté
,
qui sçait en
mesme tem ps conserver dans
son coeur, & faireparoistre
|fur son visage, & dans [fon tout
air & toutes ses manieres,
l'auguste & fiere majesté necessaire
aux grands Rois, &
la bonté qui doit regner
dans leur ame pour le bien
de leur Etat, & le bonheur
de leurs Sujets, parce qu'un
Prince qui peut tout, veut
souvent tout ce qu'il peut
lors qu'il ne sçait pas se moderer,
&qu'il n'a pasun fond
de bonté naturelle, & c'est
ce qui fait les Tirans, &rend,
les Sujets malheureux. Monseigneur
le Dauphin n'imite
pas feulement le Roy par ce
noble caractère de bonté,que
toute sa personne&toutes
sesmanieresdécouvrent,
sans qu'ille-f^fle descend re
delamajestéque la grandeur
de son rang l'oblige à conserver,
maisil a au ssi toutes
lesvertus politiques &morales
de ce modelle desSouverains.
Il sçait vaincre en genereux
Con querant;il sçait
obéir aux loix du Ciel
, &
commander aux hommes. Il
sçaitse faire aimer&craindre»,
distinguer le merite, dissimulerce
qu'ilest àpropos
detaire.,cacherles secrets
qu'il est important de ne
point découvrir,& se rendre,
si impenetrable là-dessus,
qu'il ne donne pas mesme lieu
de deviner qu'il est dépositaire
de quelque secret. Il se
plaist à faire du bien, & à
prévenir les souhaits de ceux
qu'il veutgratifier. Ilprend
plaisir aux exercices fatigans
, afin de s'y endurcir
pour servir l'Etat,ce qui luy
a faitsupporter avec une vigueur
si masle & une fanté si
parfaire les violentes fatigues
qu'il aessuyées pendant la
glorieuse Campagne qu'i l
vient de faire. Il elt jeune&
(âge, il estpuissant,&sçait
se moderer ; il écouteavant
que de décider, il aimeà
faire du bien, & ne fair ja-
I
mais de mal. Enfin il imite
I
LouisleGrand, c'est à dire,
le plus grand des hommes &
le plus parfait des Rois;aussi
ce Monarque
,
après l'avoir
mis entre des mains capables
de l'élever,& de le faire paroistre
un jour toutce que nous
le voyons aujourd'huy, a
achevéluy- mesme par son
exemple, & par ses leçons,
une éducation qui embellira
son histoire, & qui n'apprend
ra pas moinsaux Sou^
verains qui ont des Enfans,
ce qu'ils doivent faire,qu'il
servira de modelle aux plus
sages Potentats.
Apres ce que le Roy a fait
pour le repos &pourlagloire
de la France, nous n'avioiïs
plus de voeux à faire,
&-nous ne pouvions plus rien
souhaiter de ce grand Prince,
sinon qu'il prist foinde nous
donner un Fils formé sur
son exemple, qui joignist la
prudence à la valeur; la
bonté & la pieté aux vertus
guerrieres
,
la douceur à la
majesté,l'humilitéàla grandeur,"&:
qui fust en mesme
temps l'admiration & la terreur
de l Univers Nous avons
tout cela dans l'augusteDaufprhoiyn
qui vient de porter Ter
dans toute l'Allemagne,
d'agrandir nos Frontieres,de
fermer les passages qui testoient
à nos Ennemis pour
entrer en France, de jetter le
desordre & laconfusion parmy
eux & de les faire repentir
de leurs impuissantes
Ligues , dont le mauvais
succés les couvre de honte,
*& fait co, nnoistre leur foiblesse
contre le plus grand
Monarque qui ait esté [uuú
le Trônedepuis ~plusieurssi
des. En effet, rienn'estsisur
prenant que de voir que paixçj
la maniere toutemerveilleuse
dont il a regnédepuis qu'il
gouverne par luy-niecniei il
air mis la France en estat dt:
rcflftcr feuleà toutes les Puissances
de l'Europe, de le
faire avec avantage, & db
remporter sur tant d'Ennemisd'éclatans&
de lignaloi
triom phes. Nous avons lieaiiï
d'esperer que la vie de Fins't
fatigabl- Fils de ce reaourajjt
ble Monarnuei , nese IM nr:t
.1
moins pleine de merveilles
que celle de sonAugure
£c toûjoursvictorieux Pere.
Son intrepidité luya déja fait
donner le surnom d.L^ui* le
Hardy. Si dés sa première
Campagne ila merité un
nom qui lecouvre de gloire,
acuité rend redoutab e on doit croire qu'estantformé
d'un sang qui ne s'w st jamais
dementy
, & que le travail
,
& les perils n'ont point étonné
,
lors qu'il s'estagy d'ac-
:
querir dela gloire
,
illa cherchera
toûjours avec le mesme
-emprefTcment qu'il vient de
faire paroistre,&volera avec
la mesmerapidité, lors qu'il
fera question d'entrer dans
le Champ de Mars, & de
faire que la fuite de ses ex-
-
ploits réponde à de si glorieux
commencemens. Ce
Prince a non feulement remply
tout ce qu'on avoit lieu
d'attendre de son sang, & de
fbn éducation, mais il a
mesme fait des chofcs qui
ont farpafle de beaucoup
tout ce qu'on en pouvoit efpcrer.
Son rang luy avoit fait
donner le commandement:
de l'Armée; son intrépide:
valeur,> son extrême vigilance
,
son activité, sa continuelle
application
,
sa prefence
dans tous les lieux ou
:celle d'un General est ne- cdraire, ses soins à s'informer
de tout, à se faire rendre
compte, à voir plus par luymesme
que par autruy , 6c à faire enfin toutes les fon-,
ctions d'un grand Capitaine, & d'un General consommé
ppaarr l'ex perience> l'ont rend u son propre mérité
5
la & par parfaite connoissance qu'il
s'e stacqusse du mestier dela
Guerre
>
aussicapablede
l'employ de General ,que fit'
naissance le rendoitdignede
ce nOlll) qui honore toujours
celuy qui en est revestu
,
&
à qui un Prince ne fait pas
toujours honneur. Quoy
qu'on puisse commander des
Armées sans s'exposer à des
perils nianifestes) & qu'un.
General foit plus utile en
donnant ses ordres,qu'en se*
trouvant luy-mesme à toutes
les occasions perilleuses ,
nostre intrepide Héros a Cflllj
que dans ses premières Campagnes
,
il ne voyoit touni
p«u*luy-nulme sans avoir e~:
gard aux dangers) quelque
a.pp",ens qu'ils
1
fussent, il
n'auroit, pas toute l'experience
necessairepour commander
a &pour vaincre à
l'avenir ; ainsi il affrontoit
les perils à chaqne moment
dlj jour,aulieu que les Volontaires
n'estoient exposez
que les jours que leurs Régimens
montoient la TrancherTout
le Camp retentiffoit
des loüanges que les
Troupes donnoient à ,', ce
Prince, les Ennemis mesmes
n'ont pûluy en refuser,&l'on
doitcroire que si par une
bonté toute genereuse
, ÔC
dont on n'a point encore vû
d'exemple, leRoyen sacrifiant
ses propres interests,a
donné la Paix à l'Europe, la
valeur de Monseigneur le
Dauphin la forcera à la demander.
La joye que ce Prince
a donnée au Roy est si
egsrtande, que la France luy en
redevable? puis qu'elle
peut aider à prolonger les
jours d'un Monarque qui l'a
rendue si redoutable, & qui
l'a mise dans le plus haut degré
de gloire; d'un Monarque
qui fait toute sa joyc &c
toutes ses delices, & pour
qui elle donneroit, tous les
tresors, & verserois tout son
sang; d'un Monarque qui
peutencore luyestre si utile,
& dont elle souhaireroit que.
les jours durassent autant que
la gloire de ce Prince vivra
dans laPosteriré
, & qu'-
elle confervcra la reconnoisrance
de tout ce qu'il a fait
pour fonaccroiffcmenc, pour
faire fleurir chez elle les Arts
& le Commerce, pour la
rendregloneqfe& tranquille,
abondante en toutes choses,
redoutable à ses Ennemis, &
l'admiration de l'Univers. Il
n'y a point à douter que les
jours d'un Fils qui a si heureusement
travaillé à faire
prolonger ceux d'untel Pere,
par la joye & la faiisfachon
qu'il luy donne, ne soient,
augmentez. C'est ce qui a
causéen France une allegresse
si universelle après la prise de
Philisbourg; c'est ce qui a
fait allumer les feux que nous
avons vûs ;c'estce qui a pro«*
duit les acclamations de tous
ceux qui ont pûparler, 6c
les éloges de tous ceux qui
ont pûécrire; tout a publiée
les loüanges de ce jeune
Conquerant; le plus grand
des Rois a esté au devant de
luy
>
chacun s'est empressé
pour le voir, on a versé;
des larmes de joye, &
ce triomphe a esté infiniment
plus glorieux & plus
sensible à cet aimable Prince
que toutes les victoires qui
venoient de luyacquérir une
gloire qui vivra dans tous les
| siecles, puis qu'on lira les
Conquestes de ce Prince dans
l'histoire de LOUIS LE
GRAND.
Je croy vous faire plaisir
d'ajouter a cet Eloge
,
des
Vers qui ont esté estimez
de tout le monde. Vous dire
qu'ils font de MBoyer, de
l'Academie Françoise,> c'cft
vous affeurer de leur beauté.
Vous sçavez que tout ce qui
part de luy, a ce caractère
noble qui cft tant à souhaiter,
& qu'il est si mal-aisé
d'acquérir. Vous y trouverez
un paralelle fort ingenieux
des desseins forrnez contre
l'Angleterre
, avec ce qui.
s'dtpafteducoHe de Philif-,-
bourg.
o.
SUR
SUR LA CAMPAGNE
DE MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
STANCES.
MrSE, qui vois LOVIS reprendrefin
Tonnerre,
Tandis qu'on voit ailleurss'élever
une Guerrey
Dont l'appareilterrible étonne nos
regards, [neraire»
Compare l'attentat d'un Peuple te-
A ce beau mouvement d'un Monarque
dr d'un Pere,
£)nandila purfin Fils ouvert le
1 Champ de Mars.
Là linsolentorgueil arme d'une
imposture
Jnjurienfe aux Loix, au Trône, àla
Nature,
Touffe jusques an bout la barbare
fureur
lcy la genereuse&fage Politique
Arme four l'Equité le Courage héroïque
, Et PAmour de la Gloireanime la
Fa/cur.
Sous le poids étonnant d'une Flote
hjmbreuje,
le voy de fOcéan gémir l'onde éOtraeuse,
Et frémir d.i Complet desfers Rc-
!¡ 1.; : fI.¡,!'!juair;s.
Des Secours m.radiez
, desTroupes
'Àui.sécs
Jt>u'd fulvre leurs Drapeaux on a
prcfqueforcées
Vont portersurun Èùj leurs parricides
mains
Cependant un Héros plan d'une
noble audace
Soutenant hafttètmnt, la gloire de
sa 'Race, VapunirClnjujiict & laTc^er.tc
Etmenant , avec hty la Force 0:" Lt s >VangPe lresiDnrocitsefàsvrseze, d,'une grande
Et dusuperbeRhinabbasse lafcric.
JOnandleBAIAVEauxsansd'une
Eiircprlfc horrible
.1cr,;Iî"1 C7, '¡"1" îicrijïeunCommerceabondant&
I pa'fble, (Rois,
Et brave ferement la pulfKced.s
Nojlrejeune Heros poursuivant fit
carriere
,
A .chaque pas qu'il fait recule la
Frontière,
Et marque chaque infiant par d'illuflresExploits-
TrembleZ yfiersEnnemis du Pouvoir
Monarchique,
J>)ui voulez, envahir le Throne Britannique
,
PourtaurnersirLorIS un impuif
fant cal/roux,
sSoonn EFiillss va cChhadssier voflre jalouse
Yttget il a sur Philuboarg tjJryéfin Courage,
Et le Foudrevangeur qui doit tombersur
vous.
LOVIS a qui toujours la Victoire
eflJîdelle,
La cedant à son Fils qm soupire
pour elle,
Sefaitpar cet effort un Triomphe
plus beau.
Ces Combats, ces Exploits, cette
Gloire qu'ilaime Il , les veut retracer dans un autre
luy mesme,
Et donner à ses yeux un Spectacle
nouveau.
GardeZde vousflatterfur quelque
différence :
LeFils avecle Pere a trop de rejfm*
blance,
Il a mesme 4Afscceennddant, mesmeNom,
mefine Coeiir.
Mtftrtz- l'Avenirsur ce qui'l vient
de faire,
Et v"J(Zdans ce Filssidignedeson
Peu,
Le Second que le Ciel donne à voftrt
rainqueur.
FVoouussejepeerez-, en vain aux disgraces
communes,
Aux prompts abbaijfemens des plus
hautes Fortunes, De nosprofp¡s"ri,tez»rien ne bborne l¡e
cours.
Le Dcjlin de LOF/Sdh?;cnt tous vos
Oracles;
Cejl unfondde Grandeur,de Gloire,
de Miracles,
J9ui ne,taritjamais
,
& quigwjfe
toujours.
Voicy d'autres Vers adressez
au Roy par Mrdela Vie,
sur la premiere Campagne de
ce jeune Prince.
GRandRôy r de l'rnivers & l'amour
y0" L'effroy
6 , ne vis jamais fous ta loy,
Changer L'inconstante rif/oire,
JVuand sur lespas d'un Fils 1-aliq
dis de courir r
Tuf.ils en commençantsa gloire,
Que la tienne ne peut périrr
De ta vertu ,
de ton empire , ilparoisialafois L'héritierglorieux?
Il charme nos coeurs & nosyeux
Par tout ce qu'en toy l'on admire.
Tttfarce) ta clemeuce , & ton rare
bonheur,
Ton infatigable valeur,
Vainquent en luy plus que luyme/
me;
Ta bonté
, ta figejfe,& ta grande
équité,
En luy gouvernerontde mejmc
»
Nofire heureuse poflerité.
Ainsi le bonheur de la France Jffurédéformais "rend , nos dejîrs
contens;
On le voit au deJliu & dufort& du
temps)
Comme l'ony voit tapuissance.
Son fupsrbeEnnemy sisouvent terrassé,
Se vangeoittoujours du passe*
Par un Avenir en idéei
Mais il voit, en tombant fous «
nouveau Vainqueur,
La vanité de sipedèe
,
Et la fuite de (On malheur.
rn coup d'essay luyfaitconnoijhe,
.Zue le Heros, par qui tu l'abas
, aujourefhuy,
Devenant nofireferme apptty9 -
IDéSjeàra fin invincibleMaifire.
,
malgrél'bjver5par mille
beaux exploits
Dans Icfpace pvcfque d'an mois>
De lauriers ilfouvresa tefie;
Bien-tost, s'il acbevoit le cours de
fishautsfaits,
L'Europeferoitsa Conqueste,
Et tes Ennemis tes Sujets.
Mais fais, qua l'exemple du Pere,
Le Fils 3grand en valeur, &plus
grand envertu,
Ayantveu ce quilpourroitfaire»
soit satisfait de l'avoir Plie
En vous parlant des Vers
qui ont ont esté faits sur
cette heureuse Campagne,
je croy vous devoir entreteninin
d'une autre chose, qui contri--it
buera sans doute à faire con--n(
noistre combien le succès ~enaLn
esté important.Chacunayancjrif
faitparoistre son zele pour
la gloire de Monseigneurlesi
Dauphin, selon son genie &&
son talent, Mr Bonart ~az
donnné au Public une Ef--13
tampe de la prise de Philif- -lii
bourg, d'a près le Tableauus:
qu'ilen a luy-melmepeint,.an
C'est un Ouvrage confide- -DE
rable pour sa grandeur Se&
pdaonusr son travail, & qui estils
le goust de ceux de ab
cette nature qui ont esté
faits par les plus grands hommes.
Aussi Monseigneur le
Dauphin,àqui l'Auteur a eu
l'honneur de le presenter,en
at-il esté satisfait. Comme
ce Prince dessine parfaitement
bien,& qu'il sçait même
graves il juge tres-bien
de ces fortes d'ouvrages, &
en connoisttoutes les beautez
&tous les défauts. Cette
Estampese vend sur le Quay
des Morfondus, aux quatre
Vents.
L'erprit des hommes devient
plus subtil de jour en
jour; il n'y a point d'art quiiup
ne leur doive sa perfectionne
&onestsurpris de leur voirrio
toujours trouver de nouveaux XU
moyens pour faire appren-ns
dreles Sciences en peu deeb
temps, & pour éclaircir touttuc
ce qui peut faire naistre desecb
difficultez en quelque matiere
que ce puisseestre. Il vient de
paroistre une Table perpetuelle
des quatre principales
Phasesou a pparitions de la :
Lune, par laquelle sans aucun
calcul, & sans aucune
supputation, mais par le seullu
afpclft, on connoist pour tout 3uo
remps les jours des mois
où arrivent les nouvelles, &
les pleines Lunes, les premiers
& derniers quartiers,
comme aussi le lieu du Ciel
où elle se trouve dans le
temps de ces apparitions; on
y trouve aussi où le Soleil
est placé dans le Ciel au
temps de ces quatre Phases
de
la
Lune. Si cette Table
est bien receuë du Public,
commeil y a fort grande apparence
,
l'Auteur en promet
d'autres qui font toutes difrorées
J & qui tous les jours
a perpetuité, par le seul aspeck
; marqueront l'âge de la
liPJie& son lieu, aussi-bien
que du Soleildans le Ciel.
LeRoy a donné le Gouvernement
def Guyenne
,
qui
vaquoit, depuislamort de
MrleDuc de Roquelaure, à
Mr leComte de Toulouse,
Amiral de France.Les Princes
d'uneaussihaute naissance
que la sienne font si connus
,qu'il me seroit inutile
devous en parler.Sa Majesté
a aussinommé Mr leMaré-
.-chal'de Lorge pour commander
danslamesmeProvince
jusqu'à ce quecejeune-Prince
soit en âge de faire les foncétionsde
Gouverneur.Ce Maréchal
n'cft pas feulement
ggrand Capitaine du costé du
acourage,maisencoreducosté
? des manieres de faire la gutr.é:
re,s'estant appliqué à étudier
celles de feu Mr de Turenne,
son Oncle. La retraite qu'il
fit après la perte de ce grand
homme, avec une Armée
abattuë de douleur, &à qui
la consternation ostoit la
force & le courage, a passé
pour une des plus iàgcs & des
plus grandes ?.£tions
,
qu'un
>Ca pitaine consommédans le
métier de la guerre puisse ja..¡;(
mais faire.
Mrl'Abbé de laPerouze
Doyen de la Savoyeayant iz
a priere de Messieurs de Di
jon, engagé Mrs les Abbez
Brunet, du FIos, de la Ruë
Vivans,& les autresDocteur
qui l'avoient accompagné eos
la derniere Missionde S. Paul
à Paris, à en entreprendreune
semblable en cette Ville de :
Bourgogne, il la commença
le premier Dimanche de l'A.-Ael
vent, &elle n'a esté tenni-im:
née que depuis fort peu de
jours. Dieu y atellementré ;
pandu sa benediction, que
és deux heures du matin les
plesaccouroient en foule
Wrporte de l'Eglisepour y
Ktçnir leur placeaumoment elles'ouvroit ,
sans que la
Bjueur de la faison fist relâcher
leur ferveur. Messieurs u Parlement ordonnerent
~e l'Audience se tiendroit
Rutoft
,
afin qu'ils pussent
ssistter au Sermon de dix
eures
; outre ceux du ma-
Esn il y en avoit deux au- lesoir. Il s'est fait pen-
~ant ce temps plusieurs re-
~ires générales de per!cnnes
de tous Etats, dont la
moindre a esté de plus de
mille personnes. Je ne vous
rapporte point icy les prodigieuses
restitutions qui onw
esté faites, ny les réconciliationspresque
inetperéesdonc
on est venu, heureusement àe
bout. Ce détail pourroitfaire
peine aux personnes interessées,
quoy qu'on ne lesnommast
point. C'est la soixante
&: dixiéme Mission que M
l'Abbé de la Percuze a en,.
treprise depuis vingt- quacr^i
ans qu'il tn: Docteur de td
fameuse M.xifon de 50[--:
lionne.
Le 13. de ce mois, il se fit
une grande Ceremonie dans
FEghie de Saint Nicolas du
Chardonneret, al'occafioii
du Baptcfme detrois Turcs,
dont l'un nommé Mehemet,
natif de Thunis, elt âgé de
cinquante-cinq ans, & en a
passévingt- six esclave à Gennes.
Le second nommé Ibra
him, qui est d' Alexandrie en-
Egypte, & âgé de vingt Gx~
ans, ayant communiqu é au
Consul François l'envie qu'il
avoit d'embrasser la Foy
Chrestienne,gagna denuit
(, a la nâge un Vaifkau oui
estoit hors du Port à lai
rade, & passa en France; &:
le troisiéme, qui s'appelle
Achmer
:J
natif de Biserte,&
âgé devingt-deux ans, fut
pris prés de Barcelone par les2
Espagnols, qui le vendirent
aux Genois, chez lesquels ill
il a esté esclave trois ans..
leur bonne fortune les ayant
fait venir à Paris, ilss'adresserentau
Pere Verdun, Religieux
du Grand Convent des
l'Oservance de S. François
de Toulouse
,
qui travaille
depuislongtemps avec des»:
soins infatigables
,
& avec
tant d'utilité pour laconservation
des Saints Lieux, &
: pour lesecours des Religieux
de son Ordre qui les desservent,
aussi-bien que pour
tous les Catholiques de la
Terre-Sainte. CePere a fait
voir par l'ardente charité qui
l'a porté à instruire les trois
Turcs que je viens de vous
nommer, que rien ne le touche
plus sensiblement que la
conversion de ces Infidelles, ,
parmy lesquels il avêcu trois
ou quatre années,&Dieu a
beny sivisiblement les foins
qu'il a pris de leur expliquer
nos plus augustes misteres,
qu'en deux mois d'instruction
ils ont paru sçavans
dansles veritez de nostre
Foy,& dans les points princi
paux de la Religion Chrestienne
,
dont ils n'avoient
pas auparavant les moindres
principes. La Ceremonie de
leurBaptesme se fit à trois
heures après midy, en presence
d'un nombre presque
infiny de témoins. Des Personnes
de la premierequalité
leur servirent de Parrains &
de Marraines. Mehemetfut
nommé François ,
Ibrahim
Charles, & Achmet Antoine.
Le Baptesme fait,le Pere Verdunleur
fit un Discours en
Italien,pour leur faire comprendre
l'excellence du Sacrement
qu'ils venoient de recevoir
,
& l'obligation qu'ils
avoient de se servir utilement
dela grace qu'il avoit pleu à
Dieu de leur faire.Ils sontaux
Nouveaux Convertis, où ils
ont esté placez par le zele
de Mr le Theologal, Administrateur
decetteMai son.
Comme le Roy n'arien
souhaité avec plus d'ardeur
que de voir la Religion Catholique
regner feule dans;
tout sonRoyaume, ce Monarque
continuant ses bontez
pour les Nouveaux Convertis,
a toujours foin qu'il
se trouve un fond suffisant
pour le payement de leurs
Pcnfions. Aprés avoir pourveu
au quartier d'Avril de
ces Pensions par les deniers
qui pouvoient estre entre les
mains de ceux qui avoient
estécommis à la regie des
biens des Consistoires&des
Ministres, & autres de la Religion
Pretend uë '-: eformée
qui sont sortis du Royaume,
dans
dans les Provinces de Languedoc
& de Provence, &
dans les Generalitez de Mets,
Lion, & Chalons, Sa Majesté
voulant pourvoir au
payement du quartier de
Juillet sur les fonds qui font
entre les mains de ceux qui
ont fait la regie des mesmes
biens dans les Generalitez de
de Roüen
,
Caën
,
Bordeaux)
Montauban, Limoges, Tours,
Amiens, Poitiers, & Dijon,
& dans les Provinces de Dauphiné
& de Flandres au département
de Lille, a ordonné
-
que les Commis preposez
à la regie de ces biens dans
ces Provinces & Gencralitez,
feront obligez de remettre
incessammententre les mains
de Mr Clement, chacun à
proportion de ce qu'ils peuvent
avoir touché, la somme
de 121855.livres, pour estre
employée au payement daj
quartier de Juillet
,
suivants
l'estat quia esté arresté des
ces sortes de Pensions
, montant
à la mesme somme.
Cela est expliqué plus auu.
long dans l'Arrest du Con.()
seil d'Estat du Roy,donné
le 8. de ce mois.
De toutes les passions,
l'A mour estcelle qui donne
lieu à plus de bizarresavantures
; je vais vous en apprendre
une assezsinguliere.
Une Demoiselle fort bien
faite, ayant atteint l'âge de
vingt. deux ans sans s'estre
hâtée de se marier, parce
qu'elleestoit difficile sur le
choix, se rencontra un jour
chez une Dame, où estoit
un Cavalier qui avoit entendu
parler d'elle plusieurs fois
d'une maniere fort avantageuse.
Elle n'avoit point de
Mere, & comme beaucoup
de sagesse regloit sa conduite,
son Pere la laissoitvivre
sur sa bonne foy, & s'estoit
contenté de metrre auprés
d'elle pour la bien-seance,une
Femme assez âgée qui l'accompagnoit
par tout où elle
vouloit aller. Le Cavalier qui
depuis longtemps avoit grande
envie de la connoistre, ne
laissa pas échaper l'occasion
de s'assurer par luy-mesme
du merite de cette aimable
personne. Il s'attachaàl'entretenir,
& luy trouva un
tour d'esprit agreable&remply
d'honnesteté, qui passoit
.A
pencore ce qu'il en avoit oiiy
dire. Cette conversation l'autorisa
à luy rendre une visite
peu de jours après. Il eut
tout sujet d'en estre content, r& Ces manieres nobles & touchantes
luy ayant gagné le
coeur, les foins qu'il continua
de luy rendre auroient
>
este des plus assidus
,
si elle
) eust voulu y consentir;mais
comme il n'estoit pas siaisé
de luy donner de l'amolli
que d'en prendre en la
voyant, quelques protestations
qu'il pust luy faire que s'il avoit le bonheur de ne
luy déplaire pas, elle pouvoit
ordonner de sa destinée,elle
le pria de la voir plus rarement,
afin que sapassion nel'aveuglastpas,&
que demeurant
toujours le maistrede sa rai-
[ün, comme elle pretendoit
l'estre de la sienne
,
ils pussentexaminer
sans nullesurprise
, s'ils seroient afiez le
fait l'un de l'autre pour se
rendre heureux en s'épousant.
Cette retenuë ne fit que
l'enflamer davantage; son
coeurestoit tout occupé d'elle
; & n'a yant pu obtenir la
liberté de la voir aussisouvent
qu'il le souhaitoit, il
chercha à se soulager en luy
écrivant. Il avoit un talent
particulier pour bien tourner
un Billet, & il esperaque s'il
pouvoit l'engager à luv répondre,
il assureroit en quelque
sorte le succés de ion
amour. La Belle receut sa
Lettre dan;. le temps qu'une
jeune Veuve de ses intimes
Amies estoit avecelle,&elle
ne pretend oit que luy faire
faire une honnesteté de bouche
,
quand son Amie, la
pressa de luy répondre. Elle
repliqua qu'elle n'écrivoit
jamais, & que les Lettres les
plus innocentes,montrées indiscretement,
faisoient souvent
faire de si méchans contes,
qu'elle avoit bien resolu
de ne s'exposerjamais à un
chagrin de cette nature. Le
jeune Veuve qui écrivoit agreablement
-'
prit la plume
à son refus & quoy que la
Belle s'obftinast d'abord à
s'y opposer,ellel'obligea enfin
defouffrir qu'elle répondist
pour elle. Cette tromperie
ne luy devoit rien faireapprehender
de facheux. La
Lettre ne pouvoit luy enre.'
imputée, puis qu'ellen'estoit
pas de sonécriture,& quand
le Cavalier auroit eu l'indiscretion
de la faire voir, loin
d'en tirer aucun avantage ,
il
n'en pouvoit attendre quela
honte de s'estre vanté d'une
faveur qu'on ne luy auroit
point faite. Ilfutcharn éde
cette réponse Quoy que les
termesfussentassez generaux,
il y avoit une finessed'esprit
qui redoubla son amour.
Il crut mesme y découvrir
quelques sentimens qui le
flaterent, & rien ne luy avoit
jamais causé tant de joy c. Il
ne manqua pas le lendemain
d'aller voir la Belle qui ne
voulut point le détromper,
& qui receut pour son compte
tout es les loüanges qu'il
luy donna sur la maniere
d'écrire. Il eut grand soin de
continuer ce commerce de
Billets.La Btile iouffroit que
la jeune Veuve y répondist
toutes les fois qu'elle se trouvoit
chez elle dans le moment
qu'ils luy estoient apportez,
& elle trouvoit quelque
pretexte pour se défendred'écrire
dans les autres
temps. Le Cavalier relisoit
cent fois toutes les réponses
qu'il croyoit estre de cette
aimable personne , & il les
regardoit comme autant de
gages cjui luy répondoient
de son bonheur. Il fut troublé
par un Rival dangereux,
qui fut receu de la Belle
assez favorablement. Il avoit
du bien & de la naissance,
& il estoit fau d'une maniere
à ne pas rendre des foins inutilement.
Ses visites devinrent
suspectes au Cavalier. Il
contraignit d'abord fan chagrin,&
le laissaensuite éclater
sur ion visage sans oser s'en
plaindre à celle qui le causoit.
Il ne put enfin s'empescher
d'en témoigner quel
que chose à la jeune Veuvo
eent il s'estoit fait ani y ,
&U
prir le party de luy écrire
tout ce qu'il souffroit quand
il trouvoit son Rival chez sa
Maistresse
,
dans la pensée
qu'elle luy leroit lire ses Lettres,&
que lestendresexpresfions
dont il se servoit,seroient
capables de toucher
son coeur. La Dame ue voulant
pas luy faire connoistre
la tromperie qu'on luy avoit
faite, employoit la main do]
sa Suivante pour luy répondre,
& tâchoit de bonne foy
à luy rendre les bons offices
qu'ilexigeoit d'elle. Son
Amie qui ne se laissoit point
preoccuper par l'amour; &
Qui vouloit choisirà son
avantage, trouvoitfortmauvais
que le Cavalier osast
condamner les honneftetez
qu'elle avoit pour son Rival.
Les plaintes qu'il se hazarda
à luy en faire luy-mesme,
marquoient un caractere
d'emportement& de jalousie
qui ne l'accommoda pas. Elle
luy dit qu'il ne pouvoit prendre
une plus méchante voye
pour se faire aimer, que do:
vouloir agir avec tyrannie,
& qu'il prist garde qu'une:
conduite si peu raisonnable
pourroit ne servir qu'à avancer
les affaires deceluy qu'il
essayoitdedétruire. Ils eurent
ensemble plusieurs differens
sur ce Rival trop bienécouté
& la jeune Veuveempeschoit
souvent qu'ilsne se brouillassent
avec trop d'aigreur, rnal."
enfin comme il ne put mode
rer sa jalousie,la Belle se trouvasifatiguée
de ses plaintes
que jugeant qu'un homme
qui n'estant encore que son
Amant vouloit l'obliger de
se conformer à ses caprices,en
uferoit avec une autorité insupportable
quand il seroit
son époux, elleresolutde luy
oster toute l'esperance qu'il
avoit conceuë. Elle ne songeoit
à se marier que pour
estre heureuse, & les reproches
continuels qu'il prenoit
déja la liberté de luy faire,
luy faisoient connoistre que
sa conduite, toute reguliere
qu'elleestoit, ne le satisferoit
pas. Ce qu'elle avoit
resolu futexecuté, & dés le
premier demesté qu'ils eurent,
elle le pria de changer eru
amitié les sentimens qu'il
avoit pour elle. Elle ajousta
que sur ce pied-là elle le verroit
toujours avec plaisir , parce qu'elle avoit pour luy,
une veritable estime, mais
qu'après laconnoissance qu'il
luy avoit donnée de son caractere
,
il ne devoit pas at.;
tendre qu'elle s'aimast assez
peu,pour vouloir passer sa vica
avec un homme dont l'humeur
n'avoit aucun rapport
à la sienne. Le Cavalier fier
tout ce qu'il pût pour l'adoucir;
il employa son Amie,
& il n'y eut point de soûmission
qui ne fust mife^n
usage, mais tous ses efforts
furentinutiles, elle demeura
inebranlable, & il fut contraint
de renoncer aux pretentions
qu'il avoit euës. II.
alla s'en consoler chez la jeume
Veuve. Elle avoit del'agrément
& beaucoupd'esprit,
hôc comme une passion en
guerit souventune autre, insensiblement
il prit plaisir à
,11a voir. Il s'expliqua ,il sur
écouté, & le seul obstacle
qu'il trouvoit à son bonheur
venoit de la crainte que la
Dame avoir qu'il ne suil toujours
touché de la Belle. Illa
voyoit encore quelquefois,&
elleluyopposoit quec'estoit
un feu caché sous la cendre..
Ill'asseura qu'il n'alloit chez
elle de temps en temps que
par une pure bien seance, to
pour l'empescher de croire
que le dépit eust succedé à
l'amour, & qu'il ne fust paîîi
entierement dégagé. Sur cette
esperance la jeune Veuve
à qui le Cavalier ne déplaifoit
pas, alla demanderàfor*
Amie ce qu'ellevouloit qu'ItJ
elle lia de luy, parce qu'il
l'accabloit de visites, & la
voyant rire de cette demande
,
elle luy confia les fortes
protestations qu'illuyfaissoit
d'un attachement sincere &
tendre. La Belle répondit
qu'elle n'avoir qu'elle-mesme
à consulter, & que si son
caractere jaloux&bizarre ne
luy faisoit point de peine,
elle pouvoit suivre son panchant
sans craindre de luy
causer le moindre chagrin.
Leur mariage fut arresté en
fort peu de tem ps,& ils en
remirent la conclu sion au.
tour d'un voyage de deux
ou trois mois que le Cavalier
fut contraint de faire pour
un procésévoqué par les,
Parties à un Parlement fort
éloigné. Ils se promirent de
s'écrire fort souvent,&ils
se tinrent parole. La De-me
continua d'mprunrer la main
desa Suivante, parce que ne
luy ayant rien appris de la
tromperie qu'on luy avoit
faire touchant les réponses
qu'il croyoit avoir receuës
de la Demoiselle
,
elle trouva
à propos de ne luy
dire qu'ellesestoient de son
écriture, qu'aprèsque le mariage
seroit fait. Il y avoit
trois semaines que le Cavalier
estoit party,& la jeune Veuve
en avoit déja receu plusieurs
Lettres, quand son Amie
l'estant venuë voir,luy
en montra une qu'elle avoit
receuë de luy le jour precedent.
Ce n'estoit qu'un compliment
de civilité, dont la
Dame ne se seroit point inquietée,
s'ill'eust écrit à toute
autre, mais il luy parut
qu'à son égard, ce soin obligeant
estoitun reste d'amour,
& un mouvement jaloux qui
la saisit aussi-tost, luy fit
prendre le dessein d'approfondir
les plus secrets sentimens
du Cavalier. Elle eut
cependant l'adressede déguiser
sa surprise, &en affectant
vn air enjoüé,elle demanda
à son Amie si elle vouloit la
charger de sa réponse. La
Belleluy dit qu'elle devoit
croire que n'ayant jamais écritau
Cavalier,elleleferoit
encore bien moins après leur
rupture. Si-tost qu'elle fut
partie, la jeune Veuve qui
s'estoitflatée de posseder tout lecoeurde sonAmant,voulut
sçavoir ce qui en estoit.
L'occasion estoit belle pour
découvrir avec une entiere
certitude, s'il l'avoit trompée
en luyjurant qu'il ne
cesseroit jamais de l'aimer.
Elle prit la plume
, & luy
ecrivit au nom de la Demoiselle.
La Lettre portoit que
les marques de souvenir qu'il
venoit de luy donner luy
estoient fort agreables, quoy
qu'elle eust lieu de se plaindre
de ce qu'il s'estoitresolu si
promptement à n'estre que
son Amy; qu'un coeur bien
touché estoit incapable de
changer de sentimens ; qu'elle
l'éprouvoitpar ceux qu'elle
conservoit toûjours
, &
que si elle luy avoit causé
quelques chagrins,illuy feroit
peutestre aisé de les reparer
,si l'engagement qu'il
avoir pris, ne l'avoit pas mise
hors d'estat de luy marquer
tout ce qu'elle estoit pour
luy. Elle finissoitenluy donnantuneadresse
particuliere,
afin queson nom ne paroissant
point sur l'envelope,
ses Lettres ne fussent pas
en peril d'estresuprises par
les Curieux. Le Cavalier don-
-
na
na dans le piege,&le moyen
qu'il eust pu s'en garantir? Il vit la mesme écriture des
premiers Billets qu'il avoit
receus, & n'ayant point à
douter que ce ne fust celle
de la Demoiselle, il s'abandonna
à toute la joye que
weut causer une chose
?C}U'on souhaite avec ardeur,
&&: quel'on n'o se esperer.
2Si premiere passion se réweilla
toutàcoup. La précaution
de vouloiréviter les
Curieux sembloit l'asseurer
au'on avoit un véritable dcf*
sein de renoüer avec luy. Il
releut vingt sois la Lettre,&
tout remply d'une esperance
flateuse
,
il fit réponse sur
l'heure selon l'adresse qu'on
avoit pris foin de luy marquer.
Il se servit de termes
si tendres, & employa des
expressions sivives, qu'il fut
aisé de connoistre que c'estoit
le coeur qui les fournissoit.
LaDamequi avoir prïs
de justes mesures, ne manqua
pas de recevoir cette
Lettre. Elle y remarqua avec
chagrin que son Amie estoit
toujours aimée en secrer,&
qupyqu'il luy fust facheux
"de(renoncer àl'amour du
--Cavalier', elle resolut de n'en
-efire pas ladupe. La maniere
donc il s'expliquoit luy fit*
>comprendre qu'il n'y avoit
irien de plus dangereux que tdepouier un homme prevemu
d'une forte passionqu'un
rnouvel engagement n'avoit
Ipu éteindre, & ne songeant
jplusàMe conserver pour foli
^Amant ,
elle voulut pousser
rlnfidÿhlé qu'il commençoit à luy faue,jusqu'au plus haut
point où il pouvoit la por-
;:r.„Elle luy manda qu'elle
xftoit
fort satisfaite des affurances
d'amour qu'elle recevoit
de luy, & qu'elle avoit
beaucoup de panchant à y
répondre,mais qu'elle estoit
combatuë par le doute ouc
elle estoit qu'il voulust quitH
ter la Dame pour luy redonne
ner toute sa tendresse. Le Ca*C
valier ne balança point suos
le sacrificequ'on luy demandoit,
& comme pour letenir
tout-à-fait certain,on vouk;/ii
avoirtoutes les Lettres quup
la jeune Veuve luy avoit
crites
,
il eut l'imprudent
de les envoyer. La Dame quip ;
se donnoit cette Comedie,
"¡.oit senty vivement l'outrage
qu'il luy faisoit
,
si raffil-
Tance de l'en voir puny severement
ne l'eust consolée.
Tandis qu'elle luy écrivoit.
ainsi de sa main pour la Detiliolelle.,
elle se servoit de.
celle de sa Suivante pour luy
décrire en son propre nom.
Ce qu'il y eut de plaisant,
c'est qu'à mesure que lesLettres
qu'il croyoit venir de
son Amie estoient pleines de
tend resse, celles qu'il adressoit
àla jeune Veuve, marquoient
le degoust d'une personne qui:
les écrivoit avec contrainte.
Elle se divertissoit à luy en-r
faire de legers reproches, &.:
il s'excusoit sur ce qu'un
procés ne met pas les gens
de bonne humeur. Il accommoda
le sien & relâchamê-
-
me de ses droits, par l'impatience
qu'il eut de retour- -
ner au près de la Belle. Il revint
tout triomphant, & ne
doutant point de sa conquef- -
te. L'amour luy épargnoit
les remords de son infide--
lité, & il alla d'abord chez
la Belle dont il esperoit uni
accueil charmant. Il fut fort
surpris quandtoutau con-*-
traire il s'en vit receu avec
beaucoup de froideur. Elle
demanda s'il avoit veu son
Amie, & sut la réponse qu'il
luy fif qu'il sçavoir trop bien
aimerpour en avoir eu aucune
pensée, elle tomba dans
un tel étonnement qu'elle demeura
muette. Tout ce qu'il
luy dit ne servit qu'à augmenter
cetétonnement. Elle
n'y comprenoit rien, & comme
il ne s'expliquoit pas
nettement,parce qu'il croyoit
estre entendu après les Lettres
qu'ilprétendoitavoir d'elle,
l'embarras de cette Belle
Personne devenoit toujours
plus grand.Elle ne fut éclaircie
derien,à cause de l'arrivée
du Rival qui avoir esté
lacause de leur ru pture. La
Belle qui le devoit époufer
dans quatre jours, luy fit des
honnestetez si obligeantes,
que le Cavaliern'en put eflre
le témoin. Il sortitdesesperé,
& dit feulement tout bas à
la Belle, qu'elle auroit peutestre
lieu de se repentir de sa
tromperie. Une menace si
brusque mit le comble à sa
surprise.Ellecrut qu'en changeant
d'airil avoïc DC[Gll;
l'esprit, & ne sçavoit à quoy
imputer un procedé qui luy
paroissoit si extravagant. Il
alla chez une personne par
qui il pouvoir apprendre en
quels termes la Demoiselle
estoit avec son Rival. On luy
dit que les articles estoient
si gnez,&que le mariage se
devoit faire au premier jour.
Il ne comprit rien de son
costé à une conduite si peu
ordinaire. La Demoiselle
dont les manieres honnestes
estoient estiméesde tout le
monde, paru luy avoit toujours incapable d'untour pareil
à celuy qu'on luy joüoit,
& en cherchant pourquoy
elle le traitoit si indignement
,- il crut que tout cela
s'estoit fait pour obliget son
Anlant, qui par haine ou par
caprice pouvoir avoit exigé
de son amour un traitement
si injurieux. Il nevoyoit pas
pourtant quel interestluy
avoit fait souhaiter qu'il rra.
hist la jeune Veuve. Il n'y..
avoit qu'à ne point troubler,
leur union, & il n'eust jamais
repris de nouvelles esperances.
Quoy que la maniere
dont elle avoit agy avec
luy letouchaitsensiblement,
il ne put s'imaginer qu'elle
eust pris plaisir à le broülller
avec son Amie.Lelen demain
il alla chez elle comme ne
faisant que d'arriver. Les reflexions
qu'elle avoit faites
l'ayant renduë maistresse de
l'émotion qu'elledevoir avoiren
le renvoyant, elle le
felicitad'un air tranquille sur
son racommodement, & luy
dit en mesme temps qu'elle
n'auroit jamais cru qu'il eust
voulu la sacrifier à une personne
dont il n'estoit que
trop feur qu'il ne pouvoit
estre aimé. Le Cavalier
n'ayant rien à répondre àce
reproche, garda un profond
silence, &la Dame luy porta
le dernier coup en luy montrant
toutes les Lettres qu'il
avoit écrites, & à son Amie,
& à elle-meime. Il s'écria
qu'il n'y avoit jamaiseu une
telle trahison, & persuadé
par ce qu il voyoit que la
Demoiselle avoir tour remis
entre les mains de la Dame,
il sortit tout en fureur sans
chercher à s'excufer. Ilconnut
bien qu'illuy feroit impossible
d'en venir à bout, &.
dans ce mesme momentil
alla trouver la Belle. Il fit paroistre
tant d'emportemens
dés qu'il commença à luy
parler que pour en pouvoir
démester la cause elle resolut
de l'écouter sans l'interrompre.
Illuy reprocha l'artifice
de ses Lettres, pour tirer de
luy celles qu'elle avoit voulu
qu'il luy envoyast de la
jeune Veuve, & ajoûta qu'en
les publiant il la couvriroit
dehoncc. La Demoiselle demanda
à voir ces Lettres, &
les ayant luës avec beaucoup
de surprise,elle l'assura qu'il
n'y en avoit aucune que son
Amie n'eust écrite. Elle luy
conta ce qui s'estoit fait touchant
ses premiersBillets, &
luy avoüa qu'ayantreceuune
desesLettres un peu aprés ion
départ, elle l'avoit leuë à la
jeune Veuve,protestant que
c'estoit la feule qu'elle eust
euë de luy pendant son
voyage, & que puis qu'elle
luy avoit promis de le regarder
toujours comme son Amy
,
il luyfaisoit unegrande
injure,s'il luy croyoit
l'ame assezmal faite pour
avoir contribué à la tromperie
dont il se plaignoit;
qu'elle estoit au desespoir
quoneustemployé sonnom
pour l'abuser, & qu'en toute
occasion elle luy donneroit
avec plaisir des marques de
son estime. Le Cavalierconvaincu
qu'il n'avoit aucun
sujet de se plaindre d'elle,
voulut entrer dans les sentimens
que ses fausses Lettres
avoient remis dans son coeur,
& la Belle l'arresta en le
priant de vouloir bien s'en
tenir aux termes dont ils
estoient convenus, puis qu'-
elle eftoir preste à se marier
& quetoutce qu'il pourroit
luy dire de sa passion feroit
inutile. Il se voyoit dans une
facheusesituation. Les charmantes
esperances qu'il avoit
reprises estoient perd ues
pour tou jours. Il n'avoitrien
à attendre de la jeuneVeuve, à quiil avoit fait un outrage
qui ne pouvoit estre reparé-
& il auroit en luy - mesme
beaucoup de peine àluy pardonner
Testas malheureuxoà
elle l'avoit reduit, en rallumant
une flame qu'il cftoit
contraint d'éteindre encore
une fois, Dans ces agitations
il ne trouva point de plus
seur moyen d'oublier tous
ses chagrins, que de se donner
entièrement à la gloire.
On se preparoit pour aller
à Philisbourg; il prit
party dans les Troupes, & se
rendit devant cette Place,
où il a fait d'assezbelles actions
pour n'avoir pas taiflc
son nom inconnu.
J'oubliay le mois passé de
vous dire que le Pere Mourgues
Jesuite, avoit faitl'ouverture
des Ecoles de Mathematique
à Poitiers devant
tousles Ordres de la; Ville ,
& en presence de Mr l'Intendant
d'une maniere fort spirituelle.
Cet illustre Professeur
exposa à l'Assemblée la
place de Philisbourg,quiest
un heptagone qu'il avoitfait
relever tres proprement cn,
bois, & dans de justes mesures.
Tous les Bastionsétoient
couverts de leurs demy-lunes
, & les courtines garnies
de leurs ravelins. On y voyoit
l'ouvrage couronné & l'ouvrage
à corne, & dans le
centre du Fort, au lieu marqué
pour la Place d'Armes,
on avoit mis la Medaille de
Monseigneurle Dauphin, où
estoit la Devise de ce Prince.
C'estl'Etoile du matin avec
un Soleil sur l'horison. Cette
Etoile qui estnommée Lticj"
fer, se fait voir feule dans le
Ciel assez long-temps aprés
le lever du Soleil. Ces paroles
servoient d'ame a ce
Corps; Coram micat unus.
Comme le Pere Mourgues
sçait parfaitement les belles
Langues, il a fait aussi une
Devise Italienne àla gloire
de ce jeune Conquerant, &
je vous l'envoye. Le Corps
estun Aigle,portantunfoudre
dans ses serres, &ce mot
pour ame. Par Giove all'armi.
L'explication est fort juste
& l'application ne l'est pas
moins.
Fuggi /'Aquile inemi , Imbelle Stuolo,
Che ti vien Jopra il Re de
IlArla) e parmi
Degno delïalto Impcro
ait'armi, al volo,
Al volo Aquila, fy pur
Giove all'armi.
Je vous envoye
une
Me..
daille qui aesté frapée à l'ocLe
Roy d'Angleterre,
AU ROY.
SONNET. ROT,Protecteur des Rois dans
leur adversité
le , fondesur toyjeul toute mon ejperAnce,
le viens dans mes malheurs implorertavangeance
Contre lésacrilege & l'infidélité.
V-aymaintenu la Paix,par mon au*
torité1j
Les plus fiers Potentats brguoient
mon alliance,
2j7 dans ce haut degré de-gloire & de
puissance
Toutsembloitcons,pirer à ma fili.
cité.
Cependant an milieu de ma grandeur,
Jupréme
, Abandonné, trahi
)
je perds le
Diîdème;
Ce terrible attentat ftit horreur aux-
Mortels.
Contre un VJurpateur, Grand Prince,.
prens ta foudre,
Réduis dans mes Etats ces Rebelles
en poudre,
fange lesdroitsfdcrez:die Trône &
des Autels.
Je vous parlay il y a deux
ans de la Theriaque, que fit
MrdeRoviere,& vous appris
beaucoup de choses curieuses
sur ce sujet. Il n'en fit
alors que six à sept cens livres
pesant, mais ce grand remede
a esté trouvé si bon,& a produit
des effets si évidens pour
la fanté, qu'onpeut dire qu'il
a presque redonné la vie à
des personnes du Sang Royal,
de sorte que n'en ayant plus
que fort peu, &ce remede étant
recherchéavec empresse-
-
ment,il en va faire quatorze :
cens livres fous les auspices
de Mr le premier Medecin
du Roy. Comme il n'y a
rien n
rien de plus beau, & de plus
curieux à voir que les choses
qui compqiejrit ce remeie*
ellesseront exposéesà le censure
du public chez M de
Royiere. On y verra ce qu'il
yyaa jajammaa-iissceuu-ddeepplulussrarraeredefaut
dequoy on n'a fouvent
pasfaitdifficultéde substituer
-
d'autres Simples. Il
faut vous aprendre ce que,. c'est que cette lubftitutiQa>
que la. necessité oblige de
permettre. Lors qu'il est absrolumentimpossible
detrou- quelqu'une des drogues
qui doivent entrer dans la
Theriaque
, on permet d'en
mettre quelqueautre à la
place, qui ait une vertu approchante
de celle qui manque.
On verra parmy les choses
rares qu'onprepare pour
ce grand remede, beaucoup
de Falcitis
,
& de Baume desj
Judée
,
ainsi que toutes les?:
Fleurs necessaires
, commet
dans leur premiere beauté
par les soins que M1 de Izl
Rovicre a pris d'entretenir
commerce avec ceux qui er
ont dans les Indes.LaSalle
sera ouverte le 10, ou iz. ~deb
Fevrier prochain,& on y verra
ce curieux appareil pen- dant le reste du mois. Le Public
fera averty par un lillprimésurce
sujet.
Conseilles du Royen ses
Conseils,&Presidentnédes
Etats de la Province de Languedoc.
Charles-MauriceleTellier,
Archevesque DucdeReims,
premier Pair de France.
Pierre du Cambout de
Coissin, premier Aumônier
du Roy, Evesque d'Orleans.
Loüis- Joseph
, Duc de
Vendosme & de Mercoeur,
Pair de France, Prince d'Annet
& de Martigues, Gouverneur
& Lieutenant general
en Provence, Lieutenant
general des Armées du
Roy.
Loüis deLorraine
>
Grand
Escuyer de France, Gouverneur
& Lieutenant general
de la Province d'Anjou,
grand Senechal hereditaire
de Bourgogne.
Henry de Lorraine, Comte
de Brionne ,receu en survivance
de la Charge de
Grand Ecuyer de France, &
duLGeoPuvreinrnceemPehnitlidp'Apnejsodue. Lorraine.
Charles de Lcrr.-t«-ne>Conite
de Madan.,
Charles, Seigneur de la
Trimoüille,Duc de Toüars,
Pairde France,Prince de
Talmont, Comte de IaavaJ,
premier Gentilhomme de la
Chambre du Roy.
Emanuël de Crussol
, Duc
d'Usez,Pair deFrance,Prince
de Soyon , Comte de Crusfol
&autres lieux, Gouverneur
& Lieutenant general
des Provinces de Xaintonge
& d'Angoumois.
Maximilien-Pierre - Françoisde
Bethune
,
Duc de
Sully,Pair de France Prince
Souverain d'Henrichemont
& de Boisbelle
,
Marquis de
Rosny&autres lieux, Goi^
verneur & Lieutenant General
au Païs Vexin, Ville &..
Château de Mante ~ï"~ i
Armand
-
Jean du Plcfl'is,
Duc de Richelieu & de Fransac
, Pair de France.
François» Duc de la Rochefoucaut
,Pair de France
Princede Marcillac, Grand
Veneur,& Grand Maistrede
la Garderobe. Ht b&
Loüis de Grimaldi,Prince
de Monaco? Duc de N7alen-9-
tinois? Pair de France.
François Annibal d'Estrées
de Lauzieres,Duc d'Estrees
> Pair de France, Marquis de
Coeuvres
?
Gouverneur &
Lieutenant général au Gouvernement
de l'Isle de
France.
Antoine-Charles, Duc de,
Gramont
, Pair de France,
Souverain de Bidache,Gouverneur
de Navarre, & Païs
de Bearn, de la Ville & Citadelle
de Bayonne, & de
Saint Jean de Piedde Port.
Armand Charles ,Duc de
; Mazarin, de la Meilleraye
& de Mayenne
,
Pair de
France, Prince de Portiers
Comte de la Fere &de Marle,
Gouverneur de la haute &
[baflc-Al&cc, & dela Ville
& Château de Brizac.
François de Neufville,
Duc de Villeroy & de Beaupreau
,Pair de France,Lieutenant
général des Armées
de Sa Majesté
,
Gouverneur
de la Ville de Lyon, Païs
Lionnois
,
Forests & Beaujolais.
Paul, Duc de Beauvilliers
& de Saint Agnan
,
Pair de
France, premierGentilhomme
de la Chambre du Roy,
Chef du Conieil Royal de
ses Finances? Gouverneur &
Lieutenant général au Gouvernement
du Havre de Grace?
& Païs en dépendans,
Capitaine& Gouverneur des
Ville & Château de Loches
&Beaulieu.
Henry
-
François deFoix
de cWâlle
3
Pair de France,
Duc de Randan.
Léon Potier, Duc de GcCvres,
Pairde France,premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Conseiller de Sa
Majesté en ses Conseils d'Etat
& Privé
,
Lieutenant general
en les Armées, Gouverneur
& Lieutenant général
de la Ville, Prevosté &
Vicomté de Pans, Gouverneur
& grand Bailly du Païs
de Valois Gouverneur du
Château & Capitainerie
Royale de Monceaux.
;1% Anne Jules, Duc deNoailles
, Pair de France, Comte
d'Ayen & autres lieux; premier
Capitaine des Gardes
du Corps du Roy
,
Commandant
en Chef en Languedoc
,Gouverneur & Lieutenant
général des Comtez
& Vigueries de Roussillon,
Conflans & Cerdagne
,
Gouverneur
particulier des Ville
, Château) & Citadelle
de Perpignan , Lieutenant
général des Armées de Sa
Majesté.
Armand duCambout ,
Duc de Coisslin, Pair de
France, Comtedu Cambout,
de Crecy
, & autres lieux,
Lieutenant général des Armées
du Roy.
Cesar-Auguste
,
Duc de
ÇhojfciL5 Pair de France,
Comte du Plessis Praslain
Lieutenant général des Armées
du Roy.
Louis Marie d'Aumont de
Rochcbaron
, Duc d'Aumont,
Pair de France, Marquisd'sile
& autres lieux,
ipremier Gentilhomme de la
jChambre du Roy,Gouvertneur
de Boulogne& du BoutI
lonois. François-Henry deMontt
morency de Luxernbouro,)
*Duc Pair & Mareschalde
>France, Capitaine des Gardes
du Corps du Roy, Gouver-
1neur & Lieutenant general
[es Provinces de Champagne ¡t&. de Brie. François d'Aub"fl^"del.i
Feiiillade
, vicoiliredAu-
•btliTon> Comte de la Feüil- hde
)
Marquis de Boiss,Bai
ron de la Borne, premierroi
Baron de la Marche, Duc du
de Roanez
?
Pair & Mareschai
de France, Colonel du
Régimene des Gardes Fran*.-nj
çoises, Gouverneurdu Dau- -!JJ
phiné.
Charles Honoréd'Albert,
Duc de Chevreuse
,
Pair de
France, Capitaine Lieute- -33
nant des Chevaux Legers de
la Garde du Roy.
Bernardin Gigault Mar--i£
quis deBellefons, premier231
Maréchal de France, pre- -37
mier Ecuyer de Madame la £1
Dauphine.
10üifL deCrevant d'Humières,
Maréchal de France,
Général des Armées de Sa
Majesté,grand Maistre,Capitaine
général de l'Artillerie
de France, Gouverneur
?: Lieutenant général en la.
Province de Flandres
, Gouverneur
de la Ville & Gitafelçlle
de Lisle,& delaVille.
& Château de Compiegne.
Jacques-Henry Durfort,
[Diic de Duras, Pair
?
& Maréchalde
France, Capitaine,
des Gardesdu Corps du Roy,
Gouverneur & Lieutenant,
général du Comté,de BourOgoOçnie5
& de la Ville & Citadelle
de Besançon.
Guy
-
Alphonse de Durfort
,
Comte deLorge &
deQuintin
,
Vicomte de
Pommery
,
Maréchal de
France,Capiraine des Gardes
du Corps duRoy.
Armand de Bethune, Duc
de Charost
,
Pair de France,
Lieutenant général en Picardie
,
Gouverneur de la
Ville CitadelledeCalais,
& du Fort de Nieulay.
Jean d'Estrées, Comte
d'Estrées,premier Baron de
Boulenois,Vice-Amiral, &
Maréchalde France
,
Viceroy
de l' Amerique.
Charles. Ducde laVieuville
Pair de France, Gouverneur
& Lieutenant general
duhaut & bas Poitou.
Gouverneur de Monsieur le
Duc de Chartres.
Jean-Baptiste riffi~r.
Marquis 4c,Tilla.du,
nant General des Arméesdu
Roy
31
Capitaine-Colonel des
centSuisses de sa garde.
Louïs deCaillehot; Mar-
«juisdçlaJalic
,
Maistre de
la Garderobe du Roy.
Jacques Louïs, Marquisde
Beringhen, Comte de Cha-
TEïauneuf"~& du Plessis-Bertrand
,
Gouverneur des Citadelles
& Fort Saint Jean de
Marseille, premier Ecuyer
de Sa Majesté.
Philippes d^CûUJxillûJl^
Marquis de Dangeau, Comte
de Messe &de Cirray , Baron
de Sainte Hermine
,
de Sainte
Amant, &de Btessuire, Seigneur
deChaufferoye &- de
la Bourdaisiere., Conseiller du
Royen sesConseils, Gouverneur
de Touraine,&Gouverneur
de la Ville & du
Chastau de Tours, Chevalier
d'honneur de Madame
la Dauphine, & l'un dcg,
Gentilhommesd'honneur de
Monseigneur le Dauphin. f,.
PhilbertComte deGrandmont5
Seigneur de Semeac
:1 Hybos & Sarrovilles? cydevant
Gouverneur des Païs,
d'Aunis& de la Rochelle.
Louis François deBouflers»,
Marquis de Bouliers, Lieutenant
General des Arméesdu
Roy, Colonel General des
Dragons de France, & Gouverneurde
Lorraine. lï•w
François de
-
Harcourt
,< Marquis deBeuvron & de la
Mailleraye,Comte de Sezanne,
Conseiller d'honneur
au Parlement de Roüen,
Gouverneur du vieux Palais
de la mesme Ville, & Lieutenantgénéral
pour le Roy au
Gouvernement de Normandie.
Henry deMornay, Mar..
quis de Monchevreûil, Capitaine
& Gouverneur de
S. Germain en Laye.
Edouard-François Colbert,
Comte de Maulcvrier»Lieutenant
GeneraldesArmées
du Roy, Gouverneur de la
Ville & Citadelle de Tournay.
Joseph dePons
, Baron
IMontclar
»
Mettre de Camp
xlelaCavalerie Legere, Lieu-
Jtcnant général des Armées
)du Roy, grand Bailly de Ha-
>guenau ,
& Commandant en
uAlsace.
Henry-Charles, Sire de
[Beauirtanoir
?
Marquis de [Lavardin& autres lieux,Lieut
tenant general au Gouvernement
de la haute & baffe
Bretagne
,
Ambassadeur extraordinaire
de France à
Rome.
Pierre, Marquis de Villars,
",Licutc.Qant général des Armées
du Roy
,
Conseiller en
son Conseil d'Etat) cy-devant
Ambassadeur extraordinaire
pourSaMajesté dans
les Cours de Savoye, d'Espagns
& de Dannemark.
Comte de Thorigny, Mestre
de Camp du Regiment de
Cavalerie de Sa Majesté.
Jean-Armand dcJo-c,
Lieutenant général des Armées
du Roy, Gouverneur
de la Ville & Citadelle de
Nancy.
François de Çalvo , Lieutenant
général des Armées
du Roy, Gouverneur d'Aire.
Charles d'Aubigné, Marquis
d'Aubigné, & Gouverneur
d'Aigues- Mortes.
Charles de Montsaunin)
Comte dç,Nlont?l, Lieutenant
général des Armées du
,
Roy,&Gouverneur de Mont-
Royal.
ClaudedeThyard» Comte
de Bissy
,
Baron de Pierre, de
: Charny, Lieutenant général
des Armées de Sa Majesté
, &
de ses Provinces de Lorraine
& Païs Barrois, & Gouverneur
de la Ville & Chasteau
d'A uxonne.
tenant general des Armées
du Roy, Lieutenant général
au Gouvernement de Flandres,&
Gouverneur de Cambray.
Philippes-Auguste le Harkly,
Marquis de la Trousse,
Capitaine - Lieutenant des
Gendarmes de Monseigneur
le Dauphin, Lieutenanr gene- raldes Armées du Roy, 8c.
Gouverneur d'Yprès,
François deMonestay,
( Comte de Chazeron, Lieutenant
général des Armées
duRoy,delaProvince de
rRouffillon& Païs adjacens,
Commandant en chef les
Troupes deSaMajesté auxa
mesmes lieux, Gouverueur
de Brest.
Bernard de_ la Guiche,
Comte de Saint Geran &de
la Palisse, Lieutenant général
des Armées du Roy.
François d'Escoubleau ded
Sourdis, Baron de Gaujac&:~
d'Eflillée, Lieutenant générale
des Armées du Roy.
Philippe- Emanuel- Ferdi--il
nand - François de CroüyH
Comte de
--
Solre & autresza- lieux.BrigadierdesArméeszs:
du Roy, CoLonel d'un Re—o
mène d'Infanterie.
l'André de IJathoulat de
> Cossade ,Comte de la Vauguyon,
Marquisde S.Megrin,.
&autreslieux, Conseiller ordinaire
d'Epée aux Conseils du Roy, cy-devant Ambafladeurextraordinaire
pour
Sa Majesté en Espagne.
IL Georges de Monchy, Marquis
d'Hoquincourt Lieutenant
général des Armées de
; Sa Majesté,Gouverneur des
Ville&Chasteau de Peronne,
Bailly & Lieutenant general
au Bailliage&gouvernement
de Péronne, Mondidier &
Roye. X 11J
Olivier deSaint Georges , < Marquis de Verac, Baron de
la Roche de Bors & de Chaf- -
teau- Garnier, Lieutenant ge--
neral & Commandant pour
le Royen Poitou.
René Martel, Comte d'Ar- -'
cy, Ambassadeur extraordûnaire
en Savoye.
Alexis-Henry, Comte de
Chastillon & faites lieux,
«
premier Gentilhomme de la
Chambre de Monsieur, Frere
unique du Roy.
Nicolas duBlé
,
Marquis
d'Uxelles & de Cormatin,
Gouverneur de la Ville & y
Citadelle de Chalons sur
Saone , Lieutenant général
des Aimées du Roy & de sa
Province de Bourgogne.
* René de Froulay, Comte
deTessé Mettre de Camp
général des Dragons de France,
Lieutenant gêneral des
ArméesduRoy)& des Païs
du Maine, Perche & Laval.
Charles de Mornay ,
Marquis
de Vilarceaux, Capitaine
Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux-Legers de la
Garde de Monseigneur le
Dauphin.
Charles d'Estampes, Mar::
quis de Mauny
»
la Ferte-Imbaut
& autres lieux, Capitaine
des Gardes du Corps
de Monsieur) Frere unique
du Roy.
Jacinthe Quatre-Barbes,
Marquis de Rongere
, Comte de Saint Denis, du
Maine, & Chevalier d'honneur
de Madame,Duchessè
d'Orleans.
JeanDaudibert, premier
Gentilhomme de la Chambre
de Monsieur le Prince),
Comte de Lussan; & autres,
lieux.
la Maréchale de la Mothe^,
Gouvernante desEnfans de
France. Elle n'a pas encore
treize ansaccomplis. On assure
qu'elle a tout le merire -,., qu'on peut avoir à cet âge,
tantdu costé de l'esprit que
de la beauté, & que si ce merite
augmente , comme il ya
beaucoup d'apparence, elle
fera un jour une fort belle
figure dans le monde.
Des Dragons de Staremberg
s'y eltoient retirez, aprés avoir
fait main basse sur quelques
François
,
la plurpart
malades, qu'ilsavoient trouvez
dans un poste abandonné.
Ce Marquis ayant esté averty
qu'il devoir estre attaqué
dans le lieu mesme où il a
attaqué les Ennemis, prit le
party d'en sortir, & leur laissa
dequoy boire & manger. Les
Dragons de Staremberg apprenant
qu'il n'y avoit plus
de François danscette Place,
se persuaderent que la crainte
les avoit obligez de s'éloigner.
Ils profiterent des vivres
qu'ils n'avoient pas emportez,
& pendant ce tem ps,
M le Marquis de Feuquieres
revint sur ses pas, & les furprit.
C'est ce qui a fait dire
à la Cour, qu'il y a du coeur
& de la teste dans tout ce
qu'il enrreprend. Quelquesuns
de ces Dragons prirent
la fuite Il fit passer tous les
autres aufil de l'épée, & amena
tous les chevaux à son
quartier.
d'Orange, pour le recompenser
de la perte du Marquisat
de Bergopson, dont
la guerre que nous avons avec
les Hollandoisneluy peut
permettre de joülr. C'est la
seconde grace que Sa Majef-
~té vient de faire à ce Comte,
puis qu'Elle l'avoit nommé
Chevalier de l'Ordre,& qu'-
Elleabien voulu recevoir ses
excuses touchant les difficultez
survenues à cause du
rang. On sçait qu'il est d'un
très grand merite. Son intelligence
dans le métier de la
guerre est connuë ; il est brajve
& sage,& quand je diray
qu'il a la prudence& la valeur
des grands Capitaines, on en demeurera d'accord,
puis que ces qualitez ont
toujours esté remarquées
dans ceux de son fang.
Les nouvelles publiques
vous auront appris que le
i,20. du mois passé deux
Vaisseaux du Roy,en prirent
deuxHollandois entre
Messine&Livourne. Ils venoient
d'Alexandrette, & lestoient chargez de treize
cens balles de soye, &
d'autres riches marchandises,
estimées plus de quatre millions
de livres ; l'un estoit
armé en guerre & l'autre
Marchand. Mr de Septeme
qui commandoit un des
deux Vaisseaux du Roy,
enleva d'abord ce dernier,
sans qu'il luy en coûtaft
qu'un seul homme. L'Aquilon
que commandoit Mr
des Francs, combatit pendant
trois heures le Vaisseau
de Guerre, qui fut enfin
pris, après avoirperdu tous sesMats.Quoy que ces
Vaisseaux soient à Sa Majesté,
ils estoient neanmoins
~frettez par des Armateurs.
Ainsi le gain fera partagé
entre pluficurs particuliers
qui estoient interessez à
l'armement
, & il en doit
revenir au Roy un million
pour sa part. Cette prise ne
doit pas estre seulementregardée
par les quatre millions
qu'y gagne la France
, mais il faut songer qu'elle est
encore plus préjudiciable
aux Hollandois qu'elle ne
nous est avantageuse. On
leur a déja pris cinquantetrois
autres Vaisseauxdepuis
larupture, ce. qui est pour
eux un fort grand dommage,
rienn'estant si nuisible
que la guerre à des Peuples,
dont le Commerce fait le revenu.
En leur prenant ainsi
des marchandises
, on leur
oste ce qu'elles leur produiroient
de profit une autre,
année.
Le II. de ce mois, on donna
icy la premiere represenration
d'un Opera nouveau,
intitulé Thetis & Pelée. Il est
de Mr de Fontenelle. Il y a
tant de delicatessed'esprit
dans tous Ces Ouvrages, qu'on
se promettoit beaucoup de;
celuy-cy. & je puis dire
[ que la beautéde sesVers
a remply l'attente de tout
le monde. Les plus tepdres
sentimens du coeur y font
exprimez naturellement,
quoy. que d'une maniere
tres-noble
, & l'approbation
generale du public parle assezen
sa faveur, pour me
dispenser de luy.a donner
toutes les louanges qu'il
mérite. Quant au spectacle
de cet Opera, il ne peut
estreque grand
,
puis que
Jupiter & Neptune qui Jy
font Rivaux, peuvent remuer
à leur gré le Ciel
,
la
Mer & la Terre. Ainsi on
ny voit rien de forcé. Les
habits répondent au spectacle
& sont magnifiques, bienentendus & convenables
aux personnages. Le
tout a esté fait sur les desseins
de Mr Berrin, Dessignateur
ordinaire duCabinet
du Roy. Je vous ay parlé
de luy en plusieurs occa- sions.LaMusique est de
Mr Colasse
,
l'un des quatre
Maistres de Musique de Sa
Majesté. On sçait que le
merite a donné, ces places,
& que ceux qui yaspiroient
ont esté enfermezpourcomposer.
Les habiles Connoisseurs
affeurent que lescndroits
qui demandent une belle
Musique dans cet Opera,sont
si bien pouffez, qu'il est impossible
de faire mieux. Le
rcfte esttraité comme il doit
l'estre dans les Ouvrages de
cette nature, & il feroit
assez difficile de faire autrement
Pour la Simphonie,
elleme paroist extrêmement
applaudie, par tous ceux
qui jugent de bonne foy,
& sans preoccupation. Quand
je vous envoye de pareils articles
, & que je vous parle
de choses dont je ne puis
juger par moy mesme,vous
devez estre persuadée que
je vous mande le sentiment
le plus general.
Cet article de Musiqueme
fait prendre l'occasion de
vous faire part d'un second
Air nouveau , qui est d'un
excellent Maistre.
AIR NOUVEAU. NOn)je ne verrayplus Slîvies
Vn fort barbare l'a raûie
Au milieu defes plus beauxjours.
lIe ne sentiray plus la douceur de
m ses charmes,
LEt lors queses beaux yeuxsi fer.
mentfour touJours,
Lles miens nefont ouverts que pour
1 verser des larmes.
Il faut vous satisfaire sur
les vrais mots des Enigmes
tdu mois de Novembre que
vous avez envie de sçavoir
,
tôc qui n'ontesté trouvez de
personne. Le Marbre estoit
celuy de la premiere. Pour
[la seconde,elle estoit faite
sur la lettre V. tant consonne
> que voyelle. Cette lettre est
formée de trois pointes
..:::.
quand-elle est consonne,&
s'écritainsiv; elle a quatre
pointes quand elle est voyelle
, u. Ainsi l'u qui est dans
le mot ventre a trois poin.,.
tes, parce qu'il est consonne,
& il en a quatre dans coeur
où il est voyelle. Toutes les 2
sept sont dans le mot vertu, à cause que les deux sortes
d'u se rencontrent dans ces
mot, & il n'yen a que
quatre dans honneur, où l'onn
trouve le seul u voyelle.
Je ne vous envoye aU';'';'J
jourd'huy qu'une Enigme ,
pour venir plûtost au grandbj
artidot
article que je sçay que vous
attendez.
',' ENI G ME.
NOusfamines dans Chumilité
Cependant nojlre utilité
Fait quon nous prend sans répu*
gnance.
Quelquesgensse privent de nous
Par un efirit de penitence,
Les autres par necejjlté
,
:Mais ()l1, peut dire en vérité
J>)ue c'ejl contte la bienjear.ee.
Ce que je vous manday il
y a un mois touchant les Affairesdu
temps,sinissoitpar
d'arrivée de la Reine d'Angleterre
en France y&c parla
nouvelle qu'on receut que
le Roy avoit esté arresté
lors qu'il se preparoit à y pasfer.
Je ne vous fis alors aucun
détail de cesdeux évenemens,
dont les véritables circonstances
ne pouvoient pas encore
estre sceuës, & je n'avois
pas mesmedessein d'y
entrer, croyant queje devois
passer fous silencedeschoses
où la majesté des Rois paroist
abaissée. Cependant
comme l'infortunerehausse
l'éclat de la glÓireJ: qu'elle
1
n'estjamais honteule à qui
nes'en est point rendudigne,
& qu'elle ne fait rougir que
4 ceux qui la causent par des
moyens condamnables, je
me suis enfin resol u de fatif-
; faire vostre curiosité
,
& de
vous faire voir le Roy & la
Reine d'Angleterre exposez
pendant unsudehyver, dans
defoibles bastimens
,
sur un
Element où toutestàcraindtcy-
mais quoy qu'incertains
s'ils en seroient épargnez,
plus glorieux & plus triomplehuarnss
dans leur malheur qjc
Ennemis mefrnes, puis
de pcrfonnes en qui Sa Majesté
se pust confier,& quand
il yenauroit eu davantage, il<auroit esté maUaifc&de
trouver un homme plus intelligent,
plus aétjf & plus
fidelle que Mt le Comte de
Lausun
,
de forte qu'il eut laplus grande part à tout
ce
-
qui regarde cette fuite,
qui fut concertéeavecluy,
& avec quelques uns des
Domestiques du Roy qui
luy estoient les plus affidez.
On mit longtemps auparavant
des carossesen relais sur
trois routes differentes, ôc
ces carosses estoient fous le
nom de M1 de
,,
Laufun. Il
1 avoitestéresolu entre le Roy
& ceux quiestoient du secret,
que la Reine & le Prince
de Gailes s'embarqueraient à Douvre ; mais M de
Lausun qui se donnoit de
grands mouvemens , pour
fvire que ce dessein réüffiH:
heureusement
,
apprit avant
leJlov , mais seulement le
foi/;qui preceda la fuite de
la Reyne
, que la Ville de
Douvre avoit suivy l'exemple
de celles qui; s'estoient
dija rcvoiî;éçs:.j ce qui jÇg
songerà prendre un autre
party Le Prince de Galles
avoir esté ramené de Portsmourh
,&estoitlogéà Witheal
dans rapparrement de
la Reyne. Le foir du 19 Décembre
>
qui estoit le jour
choisy pour Tévasion do
cette Princesse
,
elle sortit
feule avec MtdeLausun; le
Prince de Galles dont Mr
Riva Italien & Domestique
de la Reyne avoit soin,étoic
sortyquelque temps auparavant
par un autre cotte. Il
leur arriva plusieurs avantuces
, tant avant que de mQn-,
ter dans un Carrosse de
loüage qui les devoit conduire,
qu'aprés y estre montez.
Un homme qui sortoït
d'un Cabaret avec une Jan,
terne , ayant entendu quelques
gens dans le chemin , vint pour les reconnoistre
avecsa lumière ; mais Mr
Riva l'éteignit en se laissant
adroitement tomber sur luy.
Cet homme voulut quereller
; & on l'appaisa à force
d'honnestetez. On monta en
Carrosse un moment après.
Mr de Lausun s'estoit chargé
des pierreries de la Reyne.
Mr dcSuint14tor Gen
tilhomme François, & un
Ecuyer de cette Princesse
nommé Leiboin, suivoient
le Carrosse à cheval. Ils xencontrerent
quelques Rouliers
qui crierent qu,e cessaient
des Catholiques'qui juyouni>
Aqui emportoïrntd'kr&ènt du
Royaume ,
&qu'il 'f:dloir les
ajjommer.- Onavança sans les
écouter,& les Cavaliers qui
passerent ais-inilleti, d'eux]
furent peut-estre cause que
leur insolence n'eut aucune
fuite. Cetteillustre Troupe
eut encore à essuyer une autre
s'avanture. Un Chartier luy
disputa un défilé, en disant
qu'il ne vouloit pas ceder a des Catholiques. Comme
l'on craignoit les incidens,
tant à causequ'on n'avoit
aucun temps à perdre, que
parce qu'ils auroient peutestre
faitreconnoistre la
Reyne & le jeune Prince, on
recula, & l'on marchaautant
que l'on put hors du chemin
à travers les terres. On
arriva enfin au lieu de l'embarquement.
Tous ceux qui
avaient accompagné la Reyne
montèrent sur un Yacht,
a
•
dont leCapitaine avoit ordre
du Roy de faire toutce que
Mr de Laulun luy ordonneroit.
Ilsétoientenvironquinze
personnes, sçavoir;laReyne)
le Prince de Galles, la Marquise
de Powis Gouvernante
du petit Prince, Dona Vittoria
Monrecuculy
,
Dame
d'Honneur de la Reynf.) la
Nourrice du Prince, la Nourrice
seiche
,
qu'on appelle en
France la Rcmueufe
,
Mr de
Laufun,MLeyborn, Ecuyer'
le Medecin, deux Aumô-.
lliers
,
quelques Femmes de
la Reyney Mr Riva
y
Mr
du Four, appellé Page de
l'Escalier secret
,
& qui a les
mesmesfonctions qu'ont icy
les Huissiers du Cabinet. On
avoit joint au Capitaine du
Vaisseau deux Capitaines Catholiques
, qui fc feroient
rendus maistesduBastiments
& l'auroient conduit si on
Ce suit apperceu qu'on eust
voulu faire quelque trahison.
Mr de Saint Victor fut le
,: seul qui ne s'embarqua point,
& il retourna à Londres pour
porter des nouvelles au Roy
de l'embarquement de la
Reyne, La Navigation fut
assez heureuse. On découvrit
de fort loin un Vaisseau
de Guerre qui estoit à l'Ancre.
On arriva sur les cinq
heures du foir à la hauteur
des Dunes, & on y mouilla
afin d'y passer la nuit ,
à
cause du gros temps qui
rempelchoit que l'on ne fist
; Voile. On fut inquiété par: deux coups de Canon que; l'on entendit tirer.;Ces deux:
coups marquoient laretraite ; de deux Frégates Angloises
que Milord d' Armout avoit
envoyées pour garder, l'en--
îtiée de la Tamise ,dansle ;
xkiTeinyà ce qu'on croit,
d'empescher que le Prince
de Galles.ne sortist d'Angleterre.
On entendit aussi la
cloche. de ces Fregates qui
sennoit la Priere. Pour vous
faire bien entendre cet arrticle
il faut vous dire que
ïàc mesmequ'on: bat la rera^
ite* pour les Soldats de
raerre, afin que chacun se retire on en observe une
;
aussisurMerqui est annon-
,.xéq par un ou ':
deux coups de Canon A l'égard dudes-
~&mde;Milordjd.Armouc»
2dopt je ^viens,de.vouspairler
,
il y a beaucoupd'ap
parence qu'il estoit tel que
je vous le marque,puis que
le Roy d'Angleterre luy
ayant demandé qu'il fist pas
ser le Prince de Galles en
France il luy avoit fait ré-..
ponte, que si Sa Masté /«
soubaitait , il le Ilireroit de%
"Portemouth oit 1 il estoit alors*:
pour l'amener à Londres;matÏ:\
que pour lefaire passer en -rran-r
cey il né lepouvait.;:
:, Enfin leai. au matin,journ
de S. Thomas,le Bastiement
0' qui portoic la Reine d'Angleterrearriva
à Calais)
avoir couru risque de faire
naufrage au Port, puis qu'il
honneurs à Calais; Le logis de Jf
ce Duc ne se trouva pas en
état de la recevoir,tout y étoit
ende[ordre&remply deMaçons
j à cause qu'on y bastisfoit,
de forte qu'elle alla loger
chez MrPonton Procureur
du Roy, où elle sur
traitée par lesOfficiers de :
Mr de Charost. Elle dit en se :
mettant dans un fauteuil
Quily avaittroismois quelle,s
ne s'estoit trouvée si enrepos ~si fort en sureté. La pre--
miere chosequ'elle fit
lorse
qu'elle futarrivée?cesusî
d'aller entendre la Messe auik
.Capucins.MrleDufcid'Aumont
ayant fccu qu'el!?cftoit
Calais., fit prendre les
armesà toute la NobleSeda
Pais'1 pouc aller au devant
d'elle. Apresqu'elle y eut
sejourné deux jours) elle en
sortit au bruit de l'Artillerie
de la Ville & des Forts, Le
Princede Galles estoit dans
uncarosse qui en precedoit
trois autres, dans. l'un desqaek'dloic
cette Princesse.Ils
estoient entourer d'environ
cinquante Dragons &: d'un
détachement de :1a Cavalerie * Bouibnoifd.Comme la Re-jrx
dévait faire quelque fejoiltï:
Boulogne jusqu'à ce qu'on
eust receu des nouvelles da
la Cour, elle demanda d'estre
logée au Convent des Urfulines;
mais Mle Duc d'Aumont
luy ayant fait préparer
l'appartement de Madame la
Duchesse sa. fenlnle;, ellc ne
put le refuser. Le Prince de
Galles- fut logé dans celuy
de Mr le Duc d'Aumonu
Quelques mortelles inquiétudes
dont cette Princesse
fust agitée) la majesté parut
toujours sur son visage, si
l'on y vit regner latristesse
;cflc:çitoic:meslée avec la
grandeur. Elle mangea seule
maisMr d'Aumont qui est
magnifique en toutes choses
fit servir pendanthuit jours
qu elle demeura à Boulogne,
pelsusieursgrandes tables pour
Anglois & pour les François.
Cette Princesse se laisfoit
rarement voir. On en,.
croit chez le Princelors qu'-
ellen'y estoit-pas; maiselle
y alloit cinq ou six fois par
jour, &elle y vouloit estra
feule. Le 24. veille de Noël
elleentendit trois: Messes aptçs
rnjúUÍt dansla Chapelle
duChasteau,& le lendemain
matin trois autres. Le jour de S Estienne
,
elle alla entendre
le Sermon àl'EgliseCathedrale,&
y fut conduite par
Mrle Duc d'Aumont, & par
Mrle Comte de Laufun,&le
jour de S. Jean elleentendit
la Messe aux Capucins. Elle
n'a point sorty pour alleren
aucun autre endroit jusques
aujourqu'élle efl partie pour
MontremkPendant tout le
sejour qu'elle a fait à Boulogne
,
elle a pfté dans de
cruelles inquiétudes
2,. quoy
qu'elle ait toujours caché sa
t douleur en public. Elle n'aft
fectoit pasaussi den'en point
( avoir, mais son air qui mar-
1 quoit une tranquillité,qui (venoitplûtostde sa pruden-
} ce que
de
la situationoù son îesprit se trouvoit. la faisoit
1 admirer & plaindre davantage.
Elle elloit inquiète de ce
qu'elle ne recevoit point de
r nouvelles du Roy son Epoux,
liqauuirlouiyt avoit dit qu'elle en àBoulogne,&luy avait
mesme fait esperer qu'il s'y
pourroit rendre. Cependant
IL le Roy ayant sceu que cettç
Princesseestoitarrivée en
cause des difficultezqui s'y
rencontrent à chaque instant.
Il jetta les yeux sur Mr le
Marquis de Beringhen, son
premier Ecuyer) & dit en le
nommant pour cette éclatante
fonétion, que M. de
Beringhenson Pere avoit eu un
pareilemploy, lors que la Reine
d'Angleterre, Aiere du Roy
aujourd'huyregnant
,
vint en
France. Ce Marquis eut ordre
de SaMajesté d'aller faire:
compliment de sa part à læ
Reine d'Angleterre, de lun
mener sa Maison, & de Fac".
compagner. Cette Maison
consistoit en
Controlleurs, & deux Gentilshommes
servans avec les
Officiers de la Bouche & du
Gobelet? & de tous ceux
qu'on appelle desfeptOflSces
dans la Maison du Roy.
Un Maréchal des Logis,& :
deux Fourriers.
Des Gardes de la Porte, &
un Exempt avec des Gardesa:
de la Prevosté.
Tout ce grand equipage
partit de Versailles le 14. &2
arriva à Abbeville le 28.Le 19. P,
au matin, Mr le Premien
ayant receu un Courrier de
Mr le Duc d'Aumont, qui
Luy marqua que la Reineder
voit partir le lendemain ;°.--
jugea à propos de prendre la
[
porte, & de se rendre à Boulognependant
que les Equipages
continueroient leur
route, & s'avanceroient jusquesàMontreüil.
Ainsi ce
Marquis presenta dés Boulogne
la Lettre du Roy à la
[Reine d'Angleterre, & luy
tfît les complimens de Sa Majesté.
Ils convenoient à l'état
iioû cette Princesse se trou-
^voit,&rouloient sur le chagrinque
le Roy avoit de
LÏon mal heur>& sur la joye
qu'il ressentoit en mcCma
remps de la voir en seureté
>t ainsi que sur desaflurancesz
obligeantes de tous les services
que ce Monarque luy
pourroic rendre. La Reines
répondit,quily ttvoit longtemps
quelle estoit accoutu--
mée à recevoir des bienfaits dam
Royimais quits ne luy pou.,
voient estre plus Jenftbles gAj
plus necessaires que dans cettes
occasion. Voilà le sens de son
compliment, qui fut plus
étendu,) & prononcé d'unar
maniéré noble & touchanteta:
Mrle Premier luy fit auflïïl
des complimens au nom de
Monseigneur le D'auphin, &
de Madame la Dauphine,
ausquels elle répondit avec
la mesme grace& lamesme
honneftcré. Il alla aussi faire
les complimens du Roy au
Prince de Galles, & fut receu
chez ce Prince par Madame
la Marquise de Powis,
qui luy fit rendre tous les
honneurs qui estoient deus à
son caraéterc , & au Monarque
dont il estoit envoyé.
Le 30. la Reine partit de
Boulogne pour se rendreà
Montrciiil. Elle estoit dans
un desCarosses deMr le Due
d'A umont p avec sa Dame
d'honneur, & sa premiere
Femme de chambre.Le Prince
de Galles estoit dans un,
autre Carosseavec sa Gouvernante
,sa Nourrice, sa Sous-
Gouvernante & sa Remueuse.
.Mf le Premier, Mde Laufun,
un Ecuyer de la Reine, &
M.le Marquis deMontecuculi,
rempliffoisnt un troisiéme
Carosse.li yen avoir un quacriéme
J.
dans lequel estoient
le Confessèur, les Aumô.
niers,& lesChapelains de la,
Reine. Elle fut accompagnée
par la Noblesse & par laMilice
duPaïs. Cette Princesse
fut saluée en arrivant par
tout le Canon de la Place ,&
trouva lesHabicans fous les
armes) depuis la porte de la
Ville jusqu'à son logis, où
tous les Officiers de Sa Majessé-
lldttendoient. Mr le Premier
luy fit de nouveaux
eomplimcns,& luy presenta
la Maison du Roy. Elle répondit
en marquant toujours a reconnoiflincequelle avoit
des bontez de ce Monarque
, & receut la Maison
qu'il luyenvoyoit avec des
manières tout-à-fait bonnet
fies. Mr le Premier luy avoit
donné la main droite a la
defeente du Carosse, & Mr
de Laufunla gauche. Elle
soupa en particulier, & ne
parut point en public jufqucs
au lendemain matin, qu'elle
sortit pour aller à la Messe.
Elle continua sa marche ce
jour-là,&arriva àAbbeville
le 31. Elle fut reccuë à la pottée
du Canon de la Ville par
quatre Compagnies de Bourgeois
sous les armes; il y en
avoit aussi une double haye
dans la Ville jusqu'àson logeois
avoient resolu de fii,
rc.• plusieursdécharges
mais la Reine leur fit dire
qu'ilsluy feroient plaifirde
retrancher cette ceremonie.
Elle sejournaà Abbeville le
premier de Janvier, parce
qu'elle se trouva un peu indisposée
; elle ne laissa pas
d'entendre la Messe, & de
communier dans l'Eglise des
Carmelites, dontlaSoeur de
M. de Fieubet est Supérieure.
Elle ne voulut point
qu'on luy fist de complIfllensb-
& s'excusa mesme d'y recevoir
celuy de Mr l'Evesque
d'Amiens.
Cette Princesse coucha à
Poix le2.de ce mois,& arriva
le lendemain à Beauvais sur
les quatre heures aprèsmidy.
Les Bourgeois estoient fous
les armes ,&formoientune
double haye dans tous les
lieux où elle passa. Mr rE.
vesque de Beauvais en habit
d'Eglise, & accompagné des
anciens du Chapitre, la receut
à la descente de son Carosse.
Le reste du Chapitre
s'estoit mis en haye pour rat.
tendre dans la Salle du Palais
Episcopal.Mrs du Presidial,&
Mrs de Ville s'y trouverent
aussi; ces derniers firent
les presens accoutumez.
Le 4. la Reine après avoir
entendu la Melïè dansson
appartement, où elle fut celebrée
par son Confesseur,
vintdans la Cathedrale entendre
une seconde Meslè
basse, qui fut neanmoins accompagnée
de quelquesmotets
chantez par la Musique
de cette Eglise. On avoit resolu
de la haranguer, & de
luy faire les mesmes ceremomes.
que lors qu'on receut
la Reine Mere d'Angleterre
en 1650. mais comme ellerefusa
ces honneurs, ellefut
seulement receuë par Mr de
Beauvais qui luy prefenra de
l'eau benite à la reste de son
Clergé. M. le Premier luy
donna la main jusques à son
Prie-Dieu, où elle adora la
vraye Croix qui luy fut presentéepar
M.l'Evesque.Elle
fut reconduite en marche de
Procession ,comme elle avoit
esté amenée Cette Princesse
alla l'aprésdînée aux Filles de
S. François, & apprit le mê-
; me jour sur les sept heuresdu
soir des nouvelles du Roy
d'Angleterre, par leChevalier
Schelcon, Ecuyer du
Prince de Galles. Il faut sçavoir
pour l'éclaircissementde
cet article, que le Jeudy 30.
Decemb.cette Princesseétant
sur le point de partir de Boulogne
sans avoir teceu aucunes
nouvelles de ce Monarque,
cequi l'inquietoit extrêmement,
on jetta les yeux
sur le Chevalier que je viens
de vous nommer, comme
sur un homme intelligent
pour en aller apprendre ~jut
qu'en Angleterre, d'où il
n'estoit passéque depuis
deux heures, & mesme de
;
la propre bouchedu Roy,
s'il trouvoit que lachose fuit
possible.Il alla s'embarquerà
Ostende,afin que s'il arrivoit
qu'il fust pris sur mer;onne
crust pas qu'il venoit de
France. Sonvoyage fut heureux,
-
& il trouva moyende
voirleRoy,&deluy rendre
uneLettre de la Reine. Il en
demanda répense,,& le Roy
'fins s'expliquer davantage.
luy dit qu'il prendroit foin
de faire sçavoir de. ses nouvellesà
la Reine. Ce Chevalier.
retourna le lendemain
matin dans le mesme lieu oà
il avoit vû le Roy le jour
precedent, & fut fort surpris
d'apprendre que ce Prince
s'estoit sauvé. Ilattendit
encore quelque temps pour
voir si le mesme
malheur
qui
luy estoit déjà arrivé, ne le
feroit pas encore arrester une
feconde fois; mais si-tost que
la nouvelle de cette évasion
fut confirmée, il trouva
moyen de s'embarquer, &
vint retrouver la Reine à
Beauvais. Il futarresté à la
porte de l'Evesché où cette
Princesse logeoit, & conduic
à M. le Premier, qui avoit
prudemment ordonnéqu'on
ne laissast entrer aucun Anglois
hors ceux qui estoient
connus pour estre de la suite
de la Reine. Ce qui l'avoit
obligé de donner cet ordre,
c'est que depuis que cette
Princesse estoit en France,
il estoit arrivéd'Angleterre
un Prestre Anglais,
qui sçavoit tout ce qui s'étoit
passé lors que le Roy s'estoit
échapé la premiere fois, &;
qu'il avoit esté repris. On
ne vouloit point que ce
Prestre luy parlait ; mais il
promit si fortement de ne
rien dire de ce qu'ilsçavoit,
qu'on luy permit de la voir.
Il n'avoir aucun dessein de
reveler le secret ; mais la.
Rey ne ayant trop d'esprit
pour n'en pas tirer tout ce
qu'elle souhaitoitapprendre,
futingenieuse sur ce qui
devoit accroistre sa douleur,
& engagea si bien le Prestre
a parler, qu'il avoüa ce qu'il
avoit resolu de tenir caché.
Mle Premier, à qui le Chevalier
Schelton fut amené
se souvint de l'avoir veu à
Boulogne, & le reconnut
pour celuy que la Reyne
avoit envoyé en Angleterre.
Ce Chevalier ne fit point de
difficulté de luy apprendre
les bonnes nouvelles qu'il
mpponoic, & Mr le Premier
lie menaaussi-tost à laReyne.
Elle receut cette nouvelle
avec une grande joye,mais
^îicnpas avec toute celle
qu'elle auroit fende, si elle
avoit sceu le Roy son Epoux
hors des perils que l'on doit
toûjours apprehender quand
on est sur Mer , puis que les tempestes y surprennent
souvent ceux qui s'y attendent
le moins
».
les dangers
1
y estant à craindre, mesme
pendant le plus grand calme. laReyne partit de Beauvais
le 5. de Janvier, & la
maniere dont elle parla à
Mr l'Evesque,après l'avoir
remercié, fut admirée. Elle;
luy dit, que ce qui luyfaisoit
le plus de plaisir dans la bonne
reception qu'illuy avoit faite,
'Venait de ce quelle efloit per-..:
fuadée qu'un homme qui con--
noissoit aussi-bien le Roy que luyn\
~& dont elle recevoit tant d'bonneurs
, estoit asseuréqu'il fui.i
voit ses intentions, & que^
comme elle remarquoit far IA\
celles de Sa Majesté
, & les
bontez qu'ilavoit pour elle,
elle en estoitvivement touchée,
& en ressentoit un véritable
plaisir. Cette Princesse obi
serva le vent avant que de
ffartir deBeauvais
,
& le
f trouva propre pour amener
f' le Royen Bretagne ou en
Normandie, mais elle ne ïlaissà pas d'avoir beaucoup
r d'inquietude
, parce que ce
t Prince auroit du estrearrivé
avant celuy qui avoit apf
porté la nouvelle de son dé-
| part. -
1 Avant que de finir l'article
de Beauvais
,
je vous diray
encore une chose qui s'y
passa, & qui sert à confirmer
la presenced'esprit de la
Reyne qui a paru dans toutes
les occasions où elle a jm
la faire paroistre. Cette Princesse
s'estant attachée a. regarder
l'élévation,& la beauté
de l'Eglise de Beauvais,
elle se recria en donnant:
desmarques de son admiration.
Mr de Beauvais qui
estoit present luy dit, que
cette Eglise n'estoit pas seule-
-
ment distinguée par la grandeur
de l'Edifice ,mais quelle l'efioit*,
encore-;
encore davantage par le mcritè
du Clergé qui la drffirvoit. Ce
Prélat entra mesme dans le
caractere de quelques uns de
c-eux qui le composent
,
&
la Reyne apres l'avoir écouté
111y dit d'unemanière aussî
bonneste que spirituelle,
quelleriefloit point ftrprije
detout ce nuil Itiy dfou dece
Glergé tJtÚScr/il en estoit le
:Cheif_*C>ette Princessearriva
le5.aBe-ucïionti-forttàtis-"
Ifkitc des honneursqu'elle taveilrcceus par ~nNour oMu lle
Javoit pass.. M le Premier
iloy jicfV.nta M dtBj&jau'
voyél'éclat de sa Charge,
&son illustre naissance. La
Reine continua de se faire
admirer par sesréponses toutes
spirituelles; & par une
honnesteré majestueuse, s'il
m'etf permis de parler ainsi.
Elle fit voircombien elle
estoit reconnoissante & sensible
aux grandes bontez du
Roy jÔc marqua aussi en termes
généraux la consideration
qu'elle avoit pour Mr
d' Armagnac,&l'estime quelle
failoit de sa personne.
Ons'étonnera peut estre qtte
Monseigneurle Dauphin
en cette rencontre, pour sacquiter
avec gloire de la commillion
dont cette Princesse
l'avoit honoré.
Mr le Marquis de Chastillon,
premier Gentilhom-.
medë-'îa Chambre de Monsieur,
& Mle Marquis de la
Rongere, Chevalier d'honneur
de Madame, eurent enfuite
audience de la part de-:
leurs Altesses Royales, &furent
pareillement presentez
par M deBonneüilIls remplirent
cettefonction d'une
maniere qui leur attira des
applaudissemensde tous ceux
qui furentpresensà cette au,
dienc.e)l¥la Reine répondit
à leurs complimens comme à
sure queM.de BOfloeüil prcr- sentoit tous ces Envoyez à
la Reine, & qu'il luy disoit
de quelle part ils estoient venus,
M. le Premier qui estoit
derrière cette Princesse, les
luy faisoit connoistre par
leurs noms & par leurs qualirez.
Ilseurenttous lieu d'estre
satisfaits de sa réponse.
Elle receut tous leurs complimens
debout; & quoy qu'ils
roulaflent sur le mesmesujet,
& qu'elle eust pu leur faire à
tous la mesme réponse, elle
en fit neanmoins de différentes)
mais dans le mesme sens,.
•
Roy luydépescha. Il y a icy*-
une chose à remarquer qui:
fait voir lamaniere obligeante
dont Sa Majesté fait
toutes c hùÍes. Sur le premier.
avis qu'onavoiteuà la Cour,
que ce Monarque s'eftoieembarqué
,on fittenir un::
Courrier tout prest à partir
pour allerporter à la Reine
a premiere nouvelle de. son
d ébarquementen France auffi-
tost qu'on l'auroit feeue.
On s'étonnera de voir qu'on
se préparait àla fatrcravoir"
deVersailles àcette Prince(se,
cjuiellant moins éloignées
; du lieu d'où on Fattendoit~
devoitvray-semblablement
la recevoiravantque la Cour
ensufl' inttruite; mais outre
qu'elle estoit hors du chemin
»
dé laposte, le Roy c11 si bien.i
servy> qu'on peut dire que
ses Courriers devancent mest
1 R - 1 * '.C me la enomlneeJ quijus-
.., ques icy a souventfait tort
auxaffaires des Sou.('rains)-.
en publiant trop dechoses
qui ne devoient d'abord <ftrc:
1 sceuës que d'eux : c'est ce
qui n'arrive plus en, France.
La Reyhecdoit en prieress
} Iprs que M le Premier entnj,x ik•
dans sa Chambre) pour luy
annoncer ce qui devoit luy
estre si agreable. Ele s'apperceut
d'abord qu'on entroic,
& mesme avec un peu de
précipitation. Celaauroit pu
luy causer de l'inquietude;
mais M' le Premierne luy
laiflint point le temps de
s'alartner) l'asseura que Sa
Majesté Britannique elîoiten
France. Elle dit aulïî-tost,
sans songer à la perte de ses
trois Royaumes, Mon Dieu,
je fuis la plus heureuje Femme
du monde. On ne peut rien
ajoûter à la joye qu'elle fentîtit.
Elle parutaussi vive quV
belle eftoicifncere. Cette
IPrincefle eut le me(me jour
mne attaque de colique neretique
à quoy elle est fulijette)
& dont les douleurs
luy durèrent plus de trois
rheures. Mle Marquis de
Beringhen receut un second
Courriér du Roy une heure
1 aprés le premier, avec une
Lettre de Sa Majesté pour
cettePrinccfle
, par laquelle ilieréjoùifioiravecelle de Trlu'hr'cutearrivée du Roy
Eâ'An^ierMT'?en rance.Il
c- ko:ut aussi un ordre par le
*racfine Courrier, qui luy
marquoit d'aller toute la
nuit au devant de çe Monarque.
Les douleursque la
colique faisoit souffrir à la
Reine estoientsi violentes,
que Mr le Premier ne luy
put rendre, la Lettre du Roy
que deux heures aprés l'arrivée
du Courrier , ny luyi
direle détail de l'évasiondu
Roy son Epoux,> & de font
heureux- débarquement. II(
luy dit de la part de Sac
Maj(fté> lors qu'illuy remi
;-'
la Lettre de ce Prince entre
les mains,qu'il auroitpû IUJt
écrire par le premier Courrier;
maïs qu'il avoit mieux aimé
le faire partir sur le champ
,
que de luy envoyer quelques
momens plus tardf les bonnes
nouvelles qu'il avoit à luy apprendre.
Cette Princesse parut
toute pénétrée des maniérés
obligeantes de Sa Majesté.
Toute la vie de ce Monarque
est pleine de pareilles actions
qui le rendent aussi aimable
qu'il est grand. Ce sont de
ces choses où l'histoire n'entrepoint
, & qui le distinguent
beaucoup du reste des
Hommes.
; MrlePremier après s'ètft
àcquité de sa commission
Auprès de la Reyne d'Angleterre
,qu'il auroit conduite
jusqu'à S.Germain sans
les nouveaux ordres qu'il receut
ne songea plus qu'a
partir la nuit mesme pour aller
au devant de sa Majesté.
Britannique.La Reyne luy
dit qu'elle allair écrire à ce
Monarque, & il attenditsa
lettré. Elle la luydonnàune
heure apres en luy disant
avec qunebonté, deunekohneïUré
qu'ilferoit difficile
d'exprimer) Monsieur, je'
'écris au &oy que pour luy parler
de vous, & de tous lesfoins
que vous anje^- eus de moy, dont
f je le prie de vous bien remercier.
Il luy rendit graces de
v cette bontéavec un profond
respe£t>&prit congé d'elle
pour aller toute la nuitau
devant du Roy d'Angleterre.
->
1
Le 6. cette Princesse partit
deBeaumont pour se rendre
à S. Germain en Laye
dont le Roy avoit fait meubler
le Chasteau pour la lo,
| gçr. Il avoit d'abord fait
( preparetceluy de Vincennes,
mais sa Majeste croyant l'air
de S. Germain meilleur pour
lafanté du jeune Prince &
ce Chasteau plus commode
peur voir la Reyne plus souvent,
avoit changé de dessein.
-
Le Roy partit le mesme
jour de Versailles pour aller,
au devant de cette Princesse.
Il estoit accompagné de
Monseigneur leDauphin.de
Monsieur,& des Princes, &
principaux Seigneurs de la
Cour. Il s'avança jusques auprès
deChaton, & les Gardes
.,du Corps, les Gendarmes,
lesChevaux-Légers, & les
deux Compagnies de Mousqueraires
s'étendoient dans
la plaine depuis le Pont du
Pecjusqu'àce Village. Quoy
que leurs habits ordinaires
soient assez riches, & que le
tout ensemble produrfe un
effet sort éclatant, chacun
s'estoit efforcé ce jour là de
se mettre proprement,& l'on
peut dire que tous les Officiers
estoient magnifiquement
vestus. Le Carossede sa
Majesté, & ccluy oùestoit
la Reyne d'Angleterre ayant
paru, chacun descendit de
sien
,
dans le mesme temps *
&leRoy & cette Reyne se
saluerent. Lp Roy luy presenta
Monseigneur, leDauphin,&
Monsieur,&laremit
ensuite dans le mesme
carosse, ou estant aussi-tost
monté il se plaçaàsa gauche,
& Monseigneur le Dauphin,
& Monsieur se mirent sur le
devant. Lors qu'on fut arrivé
à S. Germain, le Roy
conduisit la Reyne dans l'apartement
qui luy avoit esté
preparé. Il demeura quelque
temps en public avec elle
„
& luy presenta. Monsieur le
Prince
,
Monsieur le Duc.
& Monsieur le Prince de
Conty. Le Royen prenant
congé de cette Princesse luy
dit
,
qu'il alloit voir le Prince
de Gallespourapprendre s'il
n'estoit point fatiguéduuoyage.
La Reynevoulut l'y accompagner
,
& 1uidit,qtlelie
avoitesté ravie qu'il ne sustpas
en âge de connoistre (ès malheurs
; mais qu'à present elle
estoit bien fâchée qu'il ne sust
pasen état de recennoistrel'obligationquilluyanjoit.
Le Roy
revint ensuite à Versailles,
laissa, cette Princesse dans
Il
l'admiration de ses manières
toutes-engageantes &qui
avec le brillant delaMajesté
laissentparoistre un air tout
affable qu'ilseroitdifficile
d'exprimer. Ce Monarque
de son costé trouva beaucoup
d'esprit & de grandeur d'ame
dans cette Princesse, Elle a
l'air noble; toute pénétrée
qu'elleest desa douleur) elle
n'en paroiste point embarasfée.
Elle sent bien ce qu'elle
est, & quoy qu'elle foit fort
honneste, elle sçait placer ses
honnestetez selon les gens,
& est tout a fait maistresse.
d'elle-mesme. tf&rL
Jti viensà ce qui regarde
ille Roy d'Angleterre, qui
')('fioit arrivé le 4de ce mois àAmbleteuse,Comme on
estoit eninquiétude pour ce
Prince&que sur l'avis qu'on;
savoir receu de sa sortie de
RRochtfier, on l'attendoit à
chaque moment dans tous les
Ports de France, le Capitaine
d'une Fregate qui estoità
Ambleteuse
y envoya sa Chaloupe
& son Enseigne pour
voir s'il ne découvriroit
mpoinc quelqueBastiment qui
iqpuft luy en apprendre des
nouvells$. Il rencontra le
Bateau dans lequel le Roy
eJsto»it venu-. Ile-- stoit t-r-es-petit,
& servoit à un Pescheur
de Maquereaux, On appelle
ces Bastimen Smaques Pon.
tez L'Enseigne qui estoit
dans la Chaloupe cria d'abord
pour demander des nouvelles
de Sa Majesté Britannique.
Il n'y eut que le Roy qui parut,
mais il n'estoit pas
connu de cet Enseigne.Tous
ceux qui estoient dans son
Bastiment se trouvoient simal
que Sa.- Majesté feule estoit
en estat derépondre. Le
Roy qui vouloit sçavoir à qui ilavoitaffaire&s'il pouvoit
se découvrir seurement,fit
plusieurs questions à l'Enseigne;
maiscetEnseigne qui
n'avoir en testeque de iqavoir
des nouvelles de ce
Prince, continuatoujours à
<n demandersans répondre à
aucune des questions que le
Roy luifaisoit luy-mesme;
de sorte que ce Monarqu;
: connoïssant l'obligeance imr
patience decetEnseigne,
jugeant qu'elle partoit d'un
? zele sincere pour ses interdis,
crut qu'il pouvoit se decla-
[as-er/elor itsanspéril, & dit opd
lU'Y..rnefmr le Roy dont
01::
luy demandoit des nouvelles
avec tant d'empressement. L'Enseigne
fut ravi d'avoir trouvé
ce qu'on l'envoyoit chercher,
& le Roy se mit dans sa
Chaloupe. Voilà ce qui a fait
dire presque dans toutes les
Relations?que le Roy d'Angleterre
avoit trouvé une
Fregate Françoise en Mer :
dans laquelle il s'estoit mis..
Comme Ambleteuse est unilieu
fort peu habité,ce Princes
qui avoit essuyé de grandes
fatigues, allase reposer queUJ
ques heures chez un Inge-..:
nieur. On apprit apresqli.
fut arrivé, tout ce qui s'ctoit
passé lors qu'il avoit
fuy de Londres la premiere
fois
,
& de quelle maniere
il s'estoit sauvé de Rochester.
Il avoit changé de chevelure
dans cette premieresuite,
& avoit pris d'adcz justes
mesures pour n'estre point
découvert. Il se rendit en
effet jusques au lieu où il
devoit s'embarquer, & s'embarqua
mesme sans estre reconnu
; mais comme Sa Majessé
entend fort bien la
Mer, où Elle a commandé
long-temps, Elle s'apperceut
que le Bateau, où Elle s'estoit
mise n',ç stoit pas assez lesté,
& 'lu'iLne pouvoit porter Tes
voiles.Cela l'obligea de retourner
àterrepour prendre
du Lost. Les Païsans l'ayant
pris,ainsi que ceux qui l'accompagnoicnt
, pour des
Catholiques qui cherchoient
à se sauver
,
s'attrou perent
dans le dessein de les maltraiter.
On reconnut une
personne de sa fuite quin'étoit
pas aimée
,
& peu de
temps aprés , le Roy ayant
esté reconnu Juy. mesme il
sur remette à Londres avec
tous les honneurs dus à fort
caractère. Comme c'est urr
Prince d'une gran de fermeté,
& qui estoit satisfait d'avoir
fait sauver la Reyne & le
jeune Prince, il parut avec
sa tranquillité ordinaire &
quoy qu'il eust tout a* craindre
de ses Ennemis, il dit le
sleinbdieemnra:ipnonsutiqlun'ialvaoviotjiatmfaaiist
pendantJanuit.
A l'égard de sa sortie de
Rochester
,
elle n'a pas esté
si difficile qu'on se l'est perluadéjpuis
quece Monarque
n'yestoit gardé que pour les.
formes. Il avoit sa Garde ordinaire,
& celle que le Prince
d'Orangeavoit envoyée étoit
dans la Ville. Il y avoit seulement
deux sentinelles des
Gardes de ce Prince à la
porte du logis de Sa Majesté;
de forte qu'on eust dit que
les Troupes du Prince d'Orangeétoientplûtost
Il pour
empefeher que le Peuplene
retinstle Roy s'il avoit envie
de se sauver
, que pour luy
servir d'obstacle s'il prenoit
le party de fuir encore une
fois; c'est ce qui a fait dire
fort spintuellementà la
:: Reine, en parlant de l'éva-
„
fion du Roy
,
Qu'onn'auroit
pas cru que le Prince d'Orange
& elle, eussentjamais
souhaité une mesme chose. On
avoir demandé un Passeport
à ce Prince pour quelques
Catholiques qui vouloient se
retirer d'Angleterre
,
& il en
avoit donné un qui n'estoit
point remply,& qui estoit
entre les mains du Roy. Sa
Majesté avoit fait retenir le
Bateau donr je vous ay déjà
parlé par un Capitaine Catholique
de la Flotte Angloire,
qui a aussi passé en
c'est un avantage qu'ont en,
Angleterre ceux qui possedent
les Charges de premiers
Valets de Chambre. Quoy
que le Roy fust deguisé en
quelque maniere
,
il avoit
les propres cheveux, parce
qu'ayant mis une perruque
noire la premiere fois qu'il
voulue s'embarquer, il apprehenda
que s'il en mettoit
encore une, cela ne fist souvenir
de cellequ'on luy avoir
déjà veuë. Il fut obligé;
d'attendre deux Marées pour
sortir de la Tamise.
Ce Prince s'estant reposé
à Ambleteufe pendant quelques
heures voulut entendre
la MeiOTe
, & l'eust entenduë
dés qu'il arriva
,
s'il n'eust
pasesté trop matin pour
trouver unPrestre tout prest
à la dire. I' rit aisé de connoistre
par tout ce que fait
ce Prince ,
qu'il a pour la
véritable Religion tout le
zele des anciens Anglois.
On sçait qu'il n'y a jamais
eu de Royaumeplus Catholique
-,
qu'on l'appelloit
autrefois le Royaume des Anges
, & que l'amour & l'ambition
l'ont mis dans l'estat
où il se trouve aujourd'huy.
Mrle Duc d'Aumont ayant
apris l'arrivée du Roy d'Angleterre
à Ambleteuse, s'y
rendit aussi-tost, pendantque
toute la Noblesse & toute la
Milice du pays, au moins
tout ce qu'on en put assembler
dans le peu de temps que
l'on avoir, se preparoit avec
nirau devant de ce Monarque
Ce Duc trouvant sa Majesté
à la MtiTv
) ne voulut
point interrompre sa dévotion
,
& ne le montra que
lors que la Messe fut
achevée.
Il luy fit son compliment
» & l'invita de venirà
Boulogne, où illuy avoit fait
préparer à disner. Ce Prince
qui avoit beaucoup d'impatience
devoir leRoy,&de
rejoindre laReine,& qui vou- loitmesme coucher plusloin
que Boulogne, yvintdisner.
grand
, propre, & bien- antendu,
on donna beaucoup
de loüanges à la magnificence
de Mr le Duc d'Aumont.
Elle avoir paru toujours e-
.gale pendant les huit jours
de séjour que la Reyneavoit
faitàBoulogne. Le Royen
partit l'apresdisnée dans une
chaise roulante que ce Duc
rluy donna, & vintcoucher
à Abbeville d'où il partit le.
lendemain de fort bonne
heure,pour venir à Amiens.
M Dipitti
, Lieutenant de
Roy, avoit fait mettre dés
legrandmatin les Bourgeois
fous les armes. Il s'y trouva
plus de quinze mille hommes.
Les
f
quatre Compagnies
privilégiées ou des Chevaliers,
sortirent, & se mirent
en bataille hors de la Ville.
Elles furent precedées par
quelques autres de Cavalerie
qui estoient alors dans la
Place. La Bourgeoisieestoit
en haye depuis la porte du
Faux, bourg S. Pierre jusqu'au
Palais Episcopal. M Dipitti
alla une lieuë au devantdu
Roy, accompagné de plusieurs
Officiers, de MChauvelin
, Intendant de la Province,
& de quantité de Noblesseavec
beaucou p de Jeuneffe
à cheval. Il y avoitaussi
une infinité de peuple àpied.
desorte que ce Prince fut furpris
de l'empressement où
l'onestoit de le voir. Il fut
salué par tout le canon de la
Citadelle,6' complimenté à
la porte par le premier Echevin
à la teste du Corps de
Ville en habit de ceremonie.
Il traversa ensuite une partie
de la Ville pour se rendre à
l'Evesché,& il entendit retentir
tous les lieux par où il
passa des acclamations
Il
des
dresse des peuples répondit
à ce compliment d'une maniere
qui fit voir qu'il y étoit
sensible. Il entra ensuite
dans l'Evesché, où il trouva
le Presidial
,
les Tresoriers
de France. & les Eleus qui
eurent l'honneur de le (àluer.
Le couvert estors dres.
fé dans la troi siémeSalle.
Il n'yen avoit qu'un; maisce
Prince souhaita que l'on
en mist pl ufieursautres. Il
estoit prest de se mettre à
table, lors que Madame l'Intendance
arriva. Il luvfitdetres-
grandes honnesterez luy'
donna beaucoup de loüanges
, & souhaita que les personnes
de distinction qui se
trouverent-là,cussent 1 honneur
de manger avec luy.
Ainsi outre son Fils naturel,
&MrBill, il fit mettre à
table Mr d'Amiens, Mrl'Intendant
,Mrle Lieutenant de
Roy, Mrle Marquis de Boulinvilliersj
& Mr Descertaux
Ce repas fut magnifique, &
le Royen fit compliment à
Mr l'Evesque. Un moment
a près qu'il fut hors de table,
il trouva Mrsde Ville dans
une des Salles de l'Evesché.
Il leur dit,Qiïilefloitextrêmement
satisfait de la reception
qu'ils luyavoient faite, qu'il
leur en estoit obligé, qu'il en
parleroit au Roy
,
@¡ que la
joye&l'empressement que tous
les Habitans de la Ville avoient
temoigné à fvn arrivéejefloit
une marque de leur fidelité pour
leur Prince; puis qu'ils montroient
tant de zele pour cetrx
qu'ils sçavoient qu'il estimoit.
Il passa ensuite au travers
d'une double haye de milice
qui estoit encore
tous les
armes ,
accompagnédes Or
ficiers de la Place quile A con- ,
duisirent hors de lit Viile,
où il trouva de nouveau les
Chevaliers en bataille, & la
Mareschaussée qui l'avoit
toûjours precedé.
Mr Chauvelin receut lIce
Roy d'Angleterre àBreteüil,.
où illuy avoit fait préparer
unmagnifique appartement,
& un grand souper. Mr le
Marquis de Beringhen
, qui
n'avoit osé aller plus loin1.
de crainte de le manquer,
parce qu'ily a deuxchemins,
luy fit compliment en ce lieulàd
1 a partdu Roy, & luy
marqua en luy rendant, la*
tertre de Sa Majesté, la joye
qu'Elle ressentoit.de ce qu'il
estist si heureusement arrivé
en France,aprés tous les p erils
qu'il avoitcourus. Ill'a£
sura de l'impatience où ce
Prince estoitde levoir, &de
l'embrasser, & luy dit, que s'il
avoit esté assuré de laroute qu'il
devoit tenir, du jour de Jondc-\
~y~ de celuy de son Ayr;.",
vée
,
il auroit envoyé sa Maison
audevant de luy,& qu'il
y seroitvenuluymesme, comme
ilavoitestéau devant de la
Reine,mais que dans cette incertitude
il n'avoit eu que le
temps de luy ordonner de partir
en posse. Ce Monarque répondit
ilne doutoit aucunement
dela
bonne volonté &
de l'amitié du Roy, dont il avoit
eu tant de sensibles marques,&
qu'il esperoit en remercier dans
peu Sa Majedté, & luy témoigner
luy -mefene sa reconnoissance.
Il chargeaMr le Premierde
faire sçavoir tout cela
au Roy par le Courrier qu'il
alloit luy dépescher,suivant
l'ordre que luy en avoit donné
Sa Majeité en l'envoyant
vers ce Prince.
Mr le Comte de Chastil
au voyage en allant au devant
de la Reine, & qu'on yavoit
fait venir de Beauvaistoute
la nuit. M. le Premier & Mr
le Duc de Bervick entrerent
dans ce Carosse avec Sa Majesté,
qui alla ainsi jusqu'à
S. Germain en Laye, avec des
attelages du Royqu'on avoit
mis en relais. Tout S. Denis
estoit remply du peuple de
Paris, qui marqua sa joye
par ses acclamations lors qu'il
vit arriver Sa Majesté Britannique,
ce qui acheva de faire
connoistre qu'il n'yapoint
dePeuple au mondesi fidelle
,\Y.1
èc si zfeléque celuy de France,
ny qui seplaise davantageà
entrer dans tous les sentimens
de son Roy. Tout se
trouva remply de peuple,de
Carosses pleinsde personnes
de qualité
,
& deCavaliers
depuis Paris jusqu'à S. Denis,
& ce Prince n'entendit que
des acclamations, & ne vit
que de la joye sur tous les
visages. Sa Majesté receur
ceMonarque au milieu dela
Salle des Gardes de S. Germain.
La joye qu'ils eurent
de se voir parut dans leurs - embrassades. qui furent reiterées
plusieurs fois. Leurs
complimens estantfinis, le
Roy mena Sa Majesté Britannique
dans la chambre de
la Reine son Epouse, quiestoit
au lit
,
& après y avoir
demeuré quelque temps, &
l'avoir aussi mené chez le
Prince de Galles, il s'en retourna
à Versailles.
Le 8. le Roy d'Angleterre
vint l'aprésdînée à Versailles
rendre visite à Sa Majesté,
ayant dans tonCarosseM.le
Duc de Bervick, M. le Premier,
& M. de Laufun. Le
Roy le receut à la porte de
la Salle des Gardes
,
& le
conduisit dans son petit Sallon,
puis dans son Cabinet;
où ils demeurerent seuls
pendant plus d'une heure
:
& demie. Sa Majesté le conduisit
ensuite par la grande
Galerie à l'appartement de
Madame la Dauphine
,
qui
l'attendait dans sa chambre
avec un fort grand nombre
de Dames. Cette Princesse
estanc avertie qu'il vc..
t
noit par la Galerie; s'approcha
environ à trois pas de
laporte. Le Royd'Angleter- re entra, accompagné du
Roy, de Monseigneur le
Dauphin
,
& d'une tres-grande
quantité de Seigneurs de
la Cour. Il baisa Madame la
Dauphine des deux costez, &
ensuite Madame qui s'y trouva.
Il baisa après Monseigneur
le Duc de Bourgogne,
Monseigneur le Duc d'Anjou,&
Monseigneur leDuc
de Berry qui accompagnoient
tous trois Madame la Dauphine.
On ne fut point assis.
Madame la Dauphine estoit
du costé de la Balustrade, &
le Roy donnant toujours la
droite au Roy d'Angleterre,
estoit avec Monseigneur du
costé des fenestres. La conversation
dura un quartd'heure.
Ce Monarque prit
congé pour aller chez Monseigneur
,
qui un moment
auparavant cHoÎ("[orry de
chez Madame la Dauphine,
pour l'aller attendre dans
son A ppartement. Le Roy
accompagna ce Monarque en
sortant jusqu'au haut du
grand degré. Monseigneur le
receut à la porte delaSallede
ses Gardes, & leRoy fit tomber
la conversation sur la
Campagne de ce jeunePrince,
à qui il donna les louanges
qui luy font duës ; mais il
luy dit ensuite,Qu'il s'estoit
trop exposé)ij qu'à l'avenir il
devoit se menacer davantage.
Monseigneur luy répondit,
avec beaucoup de presence
d'esprit, Qu'estantDucd'York.
il ne s'estoit, pas moins exposé
lors qu'il combattoit dans
les
Troupes de France. Le Roy
repliqua
,
£hSilnejloit alors
qu'un malheureux Avanturier,
mais que comme il seroit presentement
le plus ancien Lieutenant
General s'ilaveitcontinue
,
il croyoit que le Roy le
feroit Mareschal de France.
Monseigneur le reconduisit
jusqu'au mesme lieu où il
avoit esté le recevoir. Il alla
ensuite chez Monficur
?
qui
estant veritablement indisposé,
gardoit le lit ce jourlà.
Comme il estoitassez naturel
de parler du Prince
d'Orange, ce qu'on en dit
fit tourner la conversation
sur la Bataille de Cassel,
& Monsieur fut loüé d'avoir
battu un Prince si fier, &
qui ne manquoit ny de hardiesse
ny de courage. Ce
Prince répondit là-dessus,
£hïil voudroit qu'unesemblable
occasion se presentast encore, st)
qu'il exposeroit 'volontiers sa
njic pourlefcrqjicc du RoyetAngleterre.
Ce Monarque alla
apréscela rendre visite à
Madame
,
& s'en retourna à
Saint GermaïnMlePremier
l'y accompagna ,
& luy dit
le soir en prenantcongé de
luy
) que la MaiTon du Roy
qu'il avoit menée au devant
de la Reine
,
avoit ordre de
demeurer auprès de leurs
Majestez pour les servir.
Le 9. Monseigneur le
Dauphin se rend it à. Saint
de sa Majesté. On luy avoit;
preparé un fauteüil qui essais;
à droite de ccluy du Roy,
& elle s'y mit. La convention
dura un quart d'heure, ,
& l'esprit de cette Princesse
se montra aussi brillant qu'il
avoit déja fait. Le Roy luy
dit Qu'il estoitsurpris de l'entendre
si bien parler François,
(2?" de ce qu'on ne luy remarquoit
aucun accent étranger. Ellerépondit
Quelle s'estoit toujours
senti de l'inclination pour la
France, & que c'estoit de là
que venoit la facilité quelle
avoit eue à aprendre le Fran-
L
~Úois. Leur conversation émant
finie, le Roy laconduij't
chez Madame la Daudhine
qui l'attendoit dans
Il Chambre avec un treserrand
nombre de Dames
5 uui estoient fortparées.
jQuand cette Princesse fut
wertie que la Reine venoit
~ar la Galerie, elle s'avança
jusque dans la porte.La Reine
a baisa d'un cofté
,
& MaÏCame
la Dauphine luy don-
~ant la droite
,
la mena dans
toon grand Cabinet. On y
>wcit preparé six fautelids;)
~çavoir pour la Reine, Madame
la Dauphine, les trois
jeunes Princes &
Madame
Celuy de la Reineestoit au
milieu de la chambre
,
& les
autres estoient tournez un
peu du costé du fauteüil de
cette Princesse. Toutes les
Duchesses furentaffisses. Madame
la Duchesse de Powis,
gouvernante du Prince de
Galles, & Madame la Comtesse
de Montecuculi,une des
Dames d'honneur de la Reine,
comme estoient icy les
Dames du Palais, puis qu'elles
sont pl u sieurs & qu'elles
fervent par semaine
, eurent
estabourets. On s'étonne-
~a que je donne icy le nom
aie Duchesse à Madame de
o°owis aprésl'avoirapellée
lolusieurs fois Marquise ; la
~s'aison de ce changement est
~que le Roy d'Angleterre deuouis
son arrivée à saint Germain
a recompenséle zele de
ÎVV1 de Powis fonmary en le
[traitant Duc. La conversation
Huraunedemy-heure. Onse
eleva
, & Madame la Dau-
~phine conduisit la Reinejusi-
n,u'à la porte de son cabinet.
~Cette Princesse allaensuite
lochez Monseigneur qui la receut
à la porte de la Salle de
ses Gardes,& la reconduisit
jusqu'au mesme endroit. Elle
alla a près chez Monsieur &
chez Madame qui luy firent
tous les honneurs dus à une
Reine. On raconte mille
choses de l'esprit de cette
Princesse. On a admiré toutes
ses reparties; mais elles
font en trop grand nombre
pour pouvoir estre raportées
icy. Elle a trouvé les manieres
du Roy au dessus de
toutes les expressions
,
& a
esté touchée de la bonté de
ses Peuples. Les Troupes de
'i
~il la Maisonde Sa Majesté luy
no ont paru d'une tres- grande
beauté, & elle a dit ~'f~
31 les eflimoit encore davantage,
parcequ'elle estoit persuadée de
--<J leurzele & de leur fidelité.
) Cet article m'a mené si
toi loin, qu'il ne me reste plus
~ab de tempsny de place, pour
ov vous donner une fuite des
A Affaires d'Angleterre
, que
oj je devois continuer en les
~pi reprenant où je les laissay le
~3b dernier mois, & en les traira
tant de la maniere que j'ay
ixS fait dans mes trois Lettres
up qui ont pour titre, Jjfaires
du Temps. Comme voussouhaitez
avoir dans un seul
Corps toutce qui regarde
l'histoire du Prince d'Orange*
afin de latrouver defuite,,
sans estre obligée de la chercher
en divers endroits, je
vous cnvoyeray le mois prochain
une quatriéme Lettres
sur ce sujet. Je puis vous
dire d'avance quelle sera
remplie de pieces originales,
& ne fera pas moins curieu—
se que les trois premieres quii
ont esté assez heureuses, pour
meriterl'estime de ceux quiii
ont le plus de connoissances
des mouvemens qui agitent
aujourd luiy toute l'Europe. Ilyadestemps& desraifons
pour toutes choses
, &
elles font souvent blâmées
ou
1
estimées, suivant qu'on
a égard à l'un & à l'autre
dans ce que l'on fait, & qu'on
se sert de tout ce qui en peut
faire valoir l'execution. Tout
cela se -rencontre dans la
Tragedied'Ester, qui a esté
representée depuis pen de
jours à S. Cir. On voit dans
cette Maison trois cens jeunes
Filles
, toutes de qualité; il
faut que la jeunesse se divcrtiffe)
& particulierement
quand elle n'a pas renoncé au
n10nde)coolme la pluspart de
ces jeunes Demoiselles. Ceux
qui en sontentierement retirez,
dont l'âge est fort avancé,
& qui fontmefme profession
de mener une vie toute [ainrc)
ont des heures pour leur recreation.
Ilne suffisoit pas d'en
donner à cette jeunesse toute
vive, les personnes meures
en font un bon usage.Lajeunesse
,& sur tout quand elle
est en si grand nombre, les
employé à des choses differentes
; mais quand lenombre
est si grand, il est malaisé
que tant de ptrfonnes
s'en fervent toujours également
bien. Il y a de la prudence,
& de l'esprit à trouver
une chose generale, qui
les occupe toutes, & longtemps,
& particulierement
dans un Carnaval, parce que
l'usage ayant autorisé les
plaisirs dans cette saison, on
n'en peutrefuser à la jeunesse.
C'est ce qui a obligé l'illustre
Personneàqui toute la Noblesse
de France a de si grandes
obligations du foin qu'-
élis prend de l'éducation &
delafortune de tant de jeunes
personnes
,
de faire faire
une Tragedie pour estre representéeà
S. Cir pendant le
Carnaval, par une partie de
cette jeunesse. Cela s'est fait
depuis pillficllrsllecles)& se
sait encore dans des Convents
tres-au steres,oùlesPensionnaires
representent des Tragedies
saintes. Quoy que ces
Pieces ne soient representées
que peu de fois, & qu'elles
durent peu d'heures, on s'occupe
à en parler pendant plusieurs
mois, on se divertit aux
repetitions3 on s'attache à la
representation, & quand on
est ainsi tout remply d'une
chose sainte& morale qui instruit
en divertissant, & qui
entre dans l'esprit parce qu'on
s' y plaist,on ne l'a point occupé
par d'autres choses, qui
non seulement pourroient
n'estre d'aucune utilité, mais
ausquelles mesme il seroit
mieux de ne le point appliquer.
LesujetdelaTragedie
qu'on vient de representer à
S.Cir, estEsther, & elle a
esté faite par Mr Racine. On
peut juger par la sainteté du
sujet, des effetsqu'il peut produire
dans les coeurs, & de la
1
beauté delaPiece parle nom
de son Auteur. Aussi le Roy
qui l'a honorée plusieursfois
de sa presence, y at-il pris
toutle plaisir qu'il a toujours
ressenty en voyant les Ouvrages
de MrRacine. Il y a des
Choeurs dans cette Piece de
vingt quatre Filles de S. Ctr,
faits parMr Moreau, qui font
d'une grande beauté, & fort
utiles à celles qui prennent le
party de la Religion, puis
qu'elles apprennent par là.à
chanter, ce qui est tres-necessaire
dans les Convents.
leur Commandant à leur teste.
M. de Feuquieres écarta avec sa
canne un pistolet que le Commandant
tira sur luy, M. de Pousay,
ancien Capitaine de son Regiment.
TABLE.
Morts. +;
Ba/et dancé à Tri/mort. 55.
Eloge de Moufeignenr le Dauphin.8
Stances- 14".
Autres. 151.
Estampe de laprife de Philisbourg. 1/4.
Table perpetue lle des quttre principales
Phases ou apparitions de la Lune. 1 fG
Gouvernement de Guienne donné 4
Monsieurle CâftttedeThoulonfe.158.
MiJlion. 160.
Baptesme de trois Turcs. 16;.
ufrreftdu,Conseild'Estat.. 167.
Hifioire. 171
Ouverture d'Ecole de MAthematiques,
1°9.
Preparation pour la Theriacfae.zif.
Noms
,
furmmu. & qualités de tons
les Chevaliers de l'Ordre de la derniere
promotion. 219
Bdle aftiondeMrdeFeitquicrs.251.
TABLE.
Confiscation de la Principauté d'Orange
donnée à Mr le Comte d'Auver- une,. Prise de deux VaisseauxHolandois. 25f
Operanouveau. 2fS
Explication des deux Enigmes de Novembre.
26;
Enigme neuvelle. 265
Suite des affaires d'Angleterre, ZG5.
Tragédie representée à S. Cir. 577
Autre détail de/'ABion de Mr de
Peuquieres. 383
Avis pourplacer les Figures. L'Air qui commence par, Il
me contrains incessamment, doit
regarder la page 83.
La Medaille doit regarder la
page 2.1j.
La Chanson qui commence par,
Nonje ne verray plus Silvie, doit
regarder la page 161.
SiWATALOGVE DES LIVRAS
k\%x, nouveaux qui se débitent cheZk
\")\Z Sieur Guerout
}
Court-neuvedît
kl Palais.
AAFfaires du Temps. 3.vol. in 12.
4. l. 10. f.
Voyage du Chevalier Chardin.
[,IV.-,.vol-* 4.l.10. f.
dAAbrège, nouveau de l'Histoire gei.
r£i3,crale d'Espagne
, contenant ce qui
estpassé dans les Pays dépendans de
sj~cce Monarchie depuis son origine
:plDufqu'aprêtent. 3.vol. 4. liv.10. f.
H Histoire Sommaire de Normandie.
I. l.10.f.
aY Voyage de Siam. 4.vol. 6. liv.
^,1 Le premier rolume a pour titre.
V
-
VoyagedesAmbassadeurs de Siam
[ n:n France
, contenant la reception
irAui leura esté faite dans lesVillesoù
ils ont pailê ; leur entrée à PafifrKI*ii
ceremonies observéesdansl'Audience
qu'ils ont eue du Roy-, & de la Maison
Royale; les Complimens qu'ils
ont faits ;ladescription des lieux où ils
ontesté;&cequ'ils ontditde remarquable
sur tout ce qu'ils oiitveu.- -
Lefécond Volume A pottrtitre.
Suite du Voyage des Ambassadeurs
deSiamen France, contenant ce qui
s'est paslé à l'Audience de Madame la
Dauphine, des Princesses du Sang,
$c de Meilleurs de Croissy & deSegnelay,
avec une description exacte des
Chasteaux, appartemens,Jardins &
FontainesdeVersailles, S. Germain,
Marly & Clagny
, de la Machine de
4arly, des Invalides, de POblerva*
toire „ deS. Cyr
,
&: de ce que les
Ambassadeurs ont veu dans tous les
autres lieux où ils ont esté depuis la
premiere relation, à quoy l'on joint le
discours qu'ils ont fait au RQ£
te tmïïcme Volume 4 pour titre.
TTroisiémepartie des Ambassadeurs
3.c Siam en France, contenant la suite
s-k la description de Versailles
, ôcc.
~es chevaux qui -font dans les deux
~Ecuries du Roy; ce qui s:'dl passé
~dans les visites qui leur ont esté
~enduës;les experiences de la pesanïL^
eur del'air faites devant eux; ladescription
des Galeries de Sceaux, & itiscs receptions avec toutes les haranp-
rj®u-£s qu'on leur a faites dans toutes
23CS Villes de Flandre.
%à Le quatrième Volumea pottr titre. - Quatriéme & derniere partie du
voyage des Ambassadeurs de Siam en ~rance,cequ'ils ont veu pendantleur
Voyage de Flandre
,
depuisValen-
~ienne jusqu'à Paris; la description
, zîies Villes où ils ont passé, & les ha-
~ngues de tous les Corps, ce qu'ils
untnt veu à Paris depuisleur retour b3^^ec , une description de tois les lieux
àeà ils ont esté.<St dela Feftc donnée
par Monsieur à S. Cloud, du Voyage
à Versailles
,
leur Audience de
Congé, & les dix-sept Audiences
qu'ils eurent le même jour, & tous
les complimens qu'ils ont faits, &
des presens qui leur ont esté donnez,
ce qui s'estpassé à leurdépart, les
noms des personnes distinguées qui
font parties pour Siam.
Notes deM.Corneille sur les Remarques
de M. de Vatlg-elaSI suivant
le sentiment du Pere Bouhours, &
de MessieursChapelain & Ménage
,
avec les Remarques mesmes. 2. vol.
in douze. 4. Liv. 10. f.
Relation de l'Afrique ancienne &
moderne, enrichie de 80.figures, 4.
volumesindouze. 8 liv.
Methode parfaite du Blason du Pere
Menestrier. 2. Iiv.
Arithmetiqueraisonnée.1.l.10.f.
Secrets concernant la beauté & la
famé. 3.l.
Second Volume des fecrcts de la
.s:mté& de la Beauté. 3. l.
Effetsde 'a force de la contiguité
des Corps, par lesquelles on répond
tnix experiences de la crainte duvuide,
&à celles de lapesanteurdel'air. Par
le R. P. Cherubin
,
d'Orleans, Re.
ligicux Capucin , de la Province de
Touraine. 2. liv.
Traite dela Transpiration. 1.l.10.f.
L'Artdelaver. 1.l.
Histoire deMa-homet IV. dépossedé
,
& de l'Elevation de Soliman ILI.
3 volumes in douze. 4. 1. 10. f.
Histoire des Troubles de Hongrie.
9. liv.
-
ElogesdesPersonnesIllustres de
l'ancien Testament.1. l. 10.f.
Dialogues Satyriques & Moraux.
2. vol. 5.1.
Le Secretaire Turc. 1. l.10. f.
Le Mary Jaloux. 1. l.10. f.
L'Estat present de la Puissance
Othomane. 1. 1. 10. f.
Chevalerieancienne& moderne,avec
la maniere de fairela preuve pourtous
J~s Ordres deCksvakiiB.» 1. 10. Í.
Poêsies Pastorales de M. de Fontunelle,
avec un Traité de la Naturedel'Eglogue
, & une Digression
sur les Anciens & les Modernes, I.
liv. 10. f.
Entretiens sur la pluralité des Mondes,
de M. de Fontenelle, augmentez
en plusieursendroits, avec un sixiéme
Soir qui n'a point encore paru ,
contenant les dernieresdécouvertes
qui ont esté El.ÏtéS' dans le Ciel.
I. I. 10. f.
Traité des Fortifications enrichy de
2-3 Figures,contenant la Démonfira.
tion & l'Examen de tout ce qui regarde
l'Art de fortifier les Places tant regullieres,
qu'irregulieres
,
suivant ce
qui se pratique aujourd'huy
,
le tout
d'une maniéré abrégée, & fort aisée
pour l'infinidfcion de la Jeunesse.
Essais de Morale & de Politique,
où il est traité des Devoirs de l'Homme
confideré comme particulier
,
&
comme vivant en Société, 2. vol. 2-.I.
Dialogues des Morts. 2.vol, indouze.
Jugement de Pluton sur les Dialogues
des Morts. 1.1. 10. f.
Histoires des Oracles. 1. liv. 10f.
Lettres galantes de M, le Chevalierd'Her.
2. vol.3..
Les Malheurs de l'Amour, ou Eleonor
dYvrée. 1.l. 10. f*
Ambassades de Mons. le Comte de
Guilleragues
,
& de M. Girardin,auprés
du Grand Seigneur,avec plusieurs
Pieces curieuses,tirées des Memoires
de tous les Amballadeurs de France à
la Porte
,
&c. 1.1.10, f.
Academie galante. 2. vol. 3. liv.
LaDuchesse d'Estramene. 2.vol.2.I.
Le Napolitain. I. l.
Sentimens sur les Lettres &: sur
l'Hstoire
, avec des Scrupules sur le
Stile. 1.1. 10. f.
Caractères de l'Amour. 1. 1. 10. f.
Le Grand Visir Cara Mustapha. l.l.10, f.
Lc-Sera-sY.ier.0.
L'Ariostemoderne.4. v. in 11. 6. L.
Le Chevalier à la Mode) Comedie.
; 1. 1.10. f,
mLa Déesolatdion dies jeoue.ufea, Co-: 15. f.
Fables nouvelles.
Epistres en Vers de M. Sabatier
de l'Academie Royale d'Arles. L. 1.^
Livres de Mufkjue de M. Martin, à
deux & trois parties, avec les accompagnemens
de Violons. 3. 1.
La Devineresse.
xRaéflleix.ioTiu surll'Aicvide.1&0su.rfl'A.l- Relation du Mariag e de Mademoifelle
avecle Roy d'Espagne. 1.1. 10.r.
Relation du Mariage de M'onllcur
le Prince de Conty avec Mademoiselle
de Blois. 1-i.10.
Relation du Mariage de Monter
gneur le Dauphin, avec la Princesse
Anne - C hreitienne-Viétaire de Baviere.
1. 1.10. f.
Journal du Voyage du Roy à Luxtmbourg
, contenant la description
des Places de la haute & basse Alsace,
&de celles de la Province & de la
prise de Luxembourg.I.liv. 10. f.
Débites des Armées Ottomanes
parles Armées Chrestiennes en Hongrie,
& dans la Morée, avec la prise
depluheursPlaces sur lesInfidelles.I.l.
Observations de M. Spon sur les
Fièvres&les Fébrisuges. 1. 1.
DiscoursSatyriques & Moraux en
Vers. 1. 1.
RdationduVoyage du RoyenFlandreen1680.
i.1.1o. f.
La Négociation du Mariage de
Monsieur leDucde Savoyeavec rinfante
de Portugal.. 1. 1. io.f.
Relation duSiegedeVienne.I.l.re,
Relation de ce qui s'est paile à Gex
nes. 1.1.1o.f.
Relation du Siege de Luxembourg
Histoire du Siege de Bude. 1.1. i o.f.
Recueil d'Ouvrages faits à la loüan*
ge du Roy, ssir l'extirpationde l'Heresie.
1.l. 10. f.
Relation des Prieres publiques qui
ontcité, faites par toute la France, en
avions de graces de la guerison du
Roy. 1. 1.10. f.
Antiquitez de M. Spon, Ouvrage
enrichy de plusieurs Figures. 7. l.
Divers Ouvrages en Musique de
M. deBacilly.
Outre Les Mercures dedouze années, àcommencer en 1677. il y a trentedeux
Extraordinaires, dans lesquels
font divers Traitez très-curieux
,
5c
AV VALAIS.
ON donnera--
Ndonneratoujours valumes
nouyeauduMcrCuço Galant .lq.
premier ieurde chaque Mois, & on
le vendra Trente foIs.,rehé en Veau
& Vingt-cinq sols en Pachemfn. -',.
A PARIS,
Chez G. DB LUYNE,au Palais>dansla
Salle des Merciers, à la justice
T. GIRARD, au Palais, dans laGrande
Salle, à l'Envie.
-
Et MICHEL GUEROUT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXIX,
AVEC PRIVILEGE DV ROT.
AVIS. QVelquesprieres qu'on aitfaites
jufqud presènt de bien
écrire les noms de Famille employer,
dans les Mémoires qu'on envoyépour
le Mercure, on ne laiffi poes d'y manquer
toujours. Cela, ejlcause qu'ily a.
de temps en temps quelques-uns de
ces Mémoires dont on nese peutfer-
'Vir, On reïtere la mesme priere de
bien écrire ces noms, t'n forte qu'on
ne s'y pff tromper. On ne prend
aucun argent pour les Mc.-noires
,
&
l'on employer*tous 1'- 'onsOuvrager
à leur tourypourveu qu'ilsne
desobligent perfinne, & qu'il n'y
ait rien de licentieux. On prieseulement
ceux qui les envoya t,ô.ftr
AVIS.
tàut ceux qui n'ecrivcnt que pour
faire employer leurs noms dans l'article
des Enigmep daffranchir leurs
Lettres de port,s'ils .veulent qu'on
faj/è. ce qu'ilsdemandent.C'eflfort
peude chose pour chaque particulier
& le toutensemble efl beaucoup poux
un Libraire.
Lesieur Cuerout qui débité pre*
Jentement le Mercure, a rétablyles
choses de maniéréqurilefl toujours
imprimé au commencementde chaque
mois. il avertit qu'a l'égard des.
Envois qui se font a la Campagne,
il fera partir les paquets de ceux,
qui le chargeront de les,envoyeravant
que l'on commence a vendre, icy le
Mercure. Comme ces paquets feront
plltjieursjours en chemin, Paris ne
Jaijferapas d'avoirle Mercure longtemps
a'1.'a./t quissoitarrivé da4s
AVIS.
les Villes éloignées, maisau/Jl les
Villes ne le recevront passi tard
quellesfaisoient auparavant. Ceux
quise lefontenvoyer par leurs Amis
sans en charger ledit Guerout,s'ex-,
posent à le recevoirtoujoursforttard
par deux raisons. La premiere, parce,
queces Amis n'ont pas foin de le > venirprendrejl-tojl qu'il efl impri
me, outre qu'il lefera toujours quelques~
jaursavant, qu'on en fajfele^
dibitr-$cr'l'autre,que ne l'ewuoyant
quaprès, qu'ils l'ont feu >eux ç-k
quelques autres a,qui.ils. Lepuflfnt*
Usnjment ia fmte duretardement
surû~.Libraire,eh. difffîtrfUe, lot
vê%t<t-. n'en \a:commejic^ queforù
avant dans le mois. On éviterac&
retardementpar la voye dudit sieur
Guerout,puisqui'lse charge de faire
les paquets luj-mefmc,& de lesfaire
AVIS.
porter a la poflc ou aux Mcjfigcrs
fins nul interef},tantpour Us Particuliers
que pour lu Libraires de
-ProvIincel, qui luyaurontdonr.é leur fera la mcfmechoje généralement
de tous lesLivres nouveaux
qu'onluy demandcrafoit qu'il les
débité
, ou qu'ils appartiennent a
d'autres Libraires,fins en prendre
pour cela davantage que le prix fixé
parles Libraires qui les.vendront
Jïuandilse rencontrera qu'on demandera
ces Livres à lafin du mois,
il lesjoindraauMercure
,
afin de
»'en faire qu'un mesme paquet. Tout
celafera exécuté avec une exactitude
dont on allra tout lieu d'tjlre
Cêntent.
~E~j~.
plusnobie ,ny qui vous donne
lin- plu^yexita^ble sujet d'admiererqu'en vous
faisant part dè- ce que Mr
l'Abbé du Jarry luy fait dire
par l'Eglise- Tous ses Ouvragez
sont fort estimez &
l'heureux talent qu'il a pour
les Vers l'amisau nombre
de ceux quiont le pluslibre
accès auprèsdes Muses. Vous
en jugerez en lisant ceux-cy.
çR.wd' Rpy"/l6rs-qu'en tes mairts
4; fnwwï èïicbr hPfo{idtèy--
;:
jZui'dio acattirfmJlnn!t.i. bliffl.; J,Ç1 Il4?j1, i h/ijèxxytç\\ldjfo • •i-quejfpfotilwi, iiÊiiiï
j,. _1 '1 ., 7 f' J ..1. 1 4 L J.;
eed'unpeuplebtutainlesChef-ç
humiliet
De leur orgueil puni rougissoient a
tes pieds,
EtquedesNationssur leurs bords fugitives.*
Xmkioesmconfacroit lesdépouilles
* captives, ; -
.Lpindu;bruitdes combats fay cm
que <£autres voix ,-
J)c.vmeqt chjtnter l'éclat de ces.
glans exploits,
-';.f!:!;! quand lit fais- tomber tous
ces murs,ja'criieges
£$ l'Srrettr^usurpAd'injufesprivilègesi
^ueta, main atriomphante osa met-
'<~~ , y.
4 tre le fer :,,' cetdrbre fatal,que.st germr l'Enferi::.;,:.
a Matth. c. 5. ? j:'
JVru*ieanntestrpj.risoldesiEgteats un furpre-
D'unculte-criminelne Lûjft aucune,
-vcftJge: ,'-'jhÔL.. ledois jttiques aux Cieux elevcr ldt,\
grandeur
D'un regnt qui me rend ma premières
splendeur; 'Et quand tout retentit du bruit de*h.
tes louanges, -j'entredOIS des concerts ouse
lent les Anges.
Le cloi?:deDieub
-
sursoy sedécou—w
«—r
y * V vre,i nosyeux,
Ton heure»je naijjanceetfunprejentxK
des Cieux.
Au pied de ton berceau la viffoire yr
Jit croifire
Des lauriers que depuis chaquejour
a veu croifire;
bExod.c. 8. ',~.
Parforce ou par amour tout aflnty
le poids
Dufuprévu afeendant quifaitsubir
tesLoix
Aux climats ennemis dans tes Provinces
calmes,
L'olivefur ton front se mêle avec Uspalmes:
Mais le Ciel de ton nom répandant
la terreur,
Préparoittoncourage à terrajfcrFErreur
:
Ton bras me filiflit vaincre en gagnant
des batailles,
Relevoit les Autels,foudroyantles
murailles,
Et le Monflre fatal à tes piedsabatti)
Tait voir que ton courage ajèrvJ tu
vertu.
Cejl ainsi qu'autrefois par d'éclatantes
marques,
Ce Dieff qui danssesmains tient le
coeur des Monarques,
Dlfiin^ua cecHerosy qutjïdelleases
loix
RipAf/¡ le premier l'opprobre de U
Croix.,*
Et:purgeant l'fmvtrsde cent cultes
frivoles.,
"A.CafpeMduwrayDieu.'sttomber
lesIdolçs.
- v.
Trompeuses. vifons.des Prùphetes
menteurs,: Songes extravagans fantômesfçdtôttax*.,-:
iQuiflatant dans„faMte.une. :fl{ff
injidèlle,
- t
Promette^'a:\cctte bJdre.une teflt v,:nouveUt.,. : i
D>éjànnoous'awvonssvu\Il ces temps é,vac
ConftaminIe-Grap<L.v
£)uï bornoient dans leur cours 1er.
exploits de LOPIS.
LeCiel a,dérpenty des présages fM- nefles: UErreur$v^tomberfis déplorable
rees,, ", ..:.,', -
Les- VieillardsJbus^fion ioug-sint
honteuxdehlanchir;-
Lejjeunes-dans mes bras,viennent
sen afranr.i'-
&&meitroupeaux accrusyn^s Tcm^
plés si remplirent,
pc, nouvellesmoissons leschampsfi&
crez iaunijfent,• -
Lesfugitifs laffeT^dunexilcriffiinej.
Reviennent da £envi cLws le fein
•• E-tp.at<desptraaittsedrinvienslï.eco-nnoijfant leurmçre, •-,
fI
d Luc.c, 15. v: r ,
Renoncent pour iamais à FefcUve s
étrangère.
Zu'un amas inconnu d'aveuglesi
dispersez,
pnifl flnr eao, corrompue en des ca* -
naux perceZ,
Les fontaines de vie eaux enfans v
découvcrtes,
Leur font abandonner des citernesv
desertes :
Au bord des vives tauxparla Grâce
conduits,
De fin germe immortel ils cultivent tt
les fruits,
Et d'un lait tout divin nourris dans u
t'innocence,
Réparent le poisonfatal a leur naiss
sance.
FugitifsobftineT^qu'unvainefpoir
seduit,
e Jerem.c.5.
\Vott>s icbApAX».;en:/v¡¡in au bras, qui
)0/tvre^ lvedosuye^eupsx^.uo>rfvritoaiyt\eg>z,efosujsl'effort
tfvïnbcrdesvains mortelslesfragiles
« v. ouvrages>
\Tendantqueceux du Çic/f de torrtns
inondez,
~Subfifent sur la pierre ou Dieu les asondeZ.
Telle efisurlessaints monts g Pinéeqo
", br&tlablçUglife "- Vanille à ces rochers où la vaçuc6 si brife,
Etlafureurdesflots qui l'osent attaquer
ZedeAU terme fatalh que Dieusçait
leurmarquer
yMatth. c. 7. 1[^Pf.86.
b Job.58.
- 6 vous ,-êfuisurvtâyèuxouvoftùX/S
erreur l'attache,
rfemette^, le:bandeaù quandté
-
CieL 1,
,
l'enarraché
T>uneSe£hqui meurytdmsfi&rtfi&slZv
errans, yrdns.
blflïrigurz :C-el/c toy quidômproe..lt3M{§
Dufang qu'ils répèndeient la fe—i
",: mtncè-feconde • ,!-
Remplitde mes enfanstout-les cli- -il -•;matsdûrtowâtè: D'un;M-arttyoPiîttmobrtveidéule-glo',ri'euxv.v ,-"
D'un Peuple de chrefiiéns deve-v:
.-:.:,. v poîs-te bereçat*, ..>', v.-:;V
Etdesfiecles nombretï^^ntnjeu ma^
: v;\;v'foffififjfkniè.j'•- '-:' V.Vvl ," f
Toûjoursew triomphante^r~>•- 1
Ainsijujquàcejour le»àWtfop.
tous lestemps ,2;..rf:.,[ *
<
Pif faite*surnemfrontdesfign^H
éclatansu à
Vtimettetnepeut,rien tontw uiï&
loy divine". :.\
StU'imà^farfit.fnmaftf«B>fo»*7?\
glnt. ( ,.-d':' );
/> "* -^Ap\fc$> fc*cfue<'te?fûinïs• ygraitil•
Princeorttfàitpourmoy,
Gïurfie ^liire^le Cki doit-il <v$r/èr
¡,,:, sur toy ?
<- -
** B~~-Dliupbmi,/uivà^ttj
'*-J 'iï&Bleï:tsa-ces
se rend maifre- delS '-" 11 wettfsenfoû~
- ;- ^mitant-le*-ffatcclY:
Ce jeune ConquérantYfur qui de **^ïàktçsparts' •• ',~ ,,'L
iVVniversattentifarrcfoit fis re - *gàr%s," • ,I|J^«/ de tes grdifrds exploits,r/frui w.»- t
i Sur la prise uc.Philiib-otirr.
Avoit à soùtenir te poids de si
naissance,
A peinea-t-ilreceu lafoudre de tes
maIns,
£ti'il en a terrassé les Ramparts ides
Germains,
£ue sa valeur naidante à philifbourgfatale,
Afufçendu le vol de lAigle [mpe.
riale
,
( nemis,
Et faitd'abordsentir à defers en-
JVue le grand coeur du Pereagissoit
dans le Fils.
Tlt pouvois
,
asseuré duneprompte
conquefie ,
De ce nouveau laurier parer encor
ta tisse.
Dé; que tu le voudras , par deplus
grands efforts
LeRhin , te reverra triomphant sur
,
fis bordst
Sans autre changement que la gloire
nouvelle
Qu'ajoute chaque jour à ta vie immortelle
: Mats tu n'as pu ldf/Jèr d~a/7nsj ~u/n? fins
long refos
L'impatiente ardeur de ce jeune
Héros ; , THfais quesa valeur qui gemijfoit
caftive,
Moijionne des Lauriers dont la tienne
se frive.
Tu veux bien de ton Fils recevoir
aujourd'huy
Vn rayon de l'éclat que tu réfands
sur luy
\Etfoujfrirdéform, ais quentre vous
f
la v;éfoire ( gloire.
Commence d'établir un commerce de
Pourfuy tes fatnts projets, Prince
religieux ;
Sois d9esr•oe1iuev0ru^stxdi^,Çj.(ïl:£jiifiïurnen$ y * ,
Vuplus-Chrefiiçrk.desQoisfoutienssi\
/'Uugujîc tittei-,,,.
U v,
Prens.vWJ™\ux,desdroits douteux.r.!iKj*i >, ;.b> c bontf pour arbitre;
Dupupilleri. part; ,c L
Eclaireunpeuple ,assis dans~-~
dela mort; - rreviensFéçueilfata( PÙ;,.' la, pudeur'jusuccombe
-
De ïojfeap ravjjeftt^ garant^M çût^ lombe
Et parle^foi^s^t^ce^ur K(ju$piem^i
, f.î£t à ion 1 re Ajcfitr-càl'rrmoçcnçexunajifafaCfic*v
Par tout^ ou ton npm yoleérïge tUI,n.
•
Gi^kdes.temples, •,- <«:.•
Cant.Zndi.,
Jll/Jr.NH~,,~- ~J i .- I~.j~ ',Y* J *) ~'j •-mortelsexemglçf»
1tt reboftoùi lis
Iteux(pfèjrûufprik
rI r J
! d 4II-,na,J. '1' .,. ~D nu 'jiZtAij],,b
&fitl\¥gl*feÀj/Mi&k.à\ kMtaqft
'1 r. r. 'J
,4, YDfJ) .J¡o,V
r T r',') J 1. ',. r
( v;--Àê^tAA::nuv,-r:ï [ I;i3#Wrçn?pliïPÏSjmitWi
~!¡Yç4jËj$~^y~fcpiclj MRflfqit
glAmr }$Ç^uphi#.çntf donné
ç£ca£$îv(ijÇjvpuloipvouseniççfcrtir^
jî^ô.qu'çljq^pnt fait
ijij!)e 9--"»1> rtoy<eJa:/Prance.
Ailiiî-ppv|rqefpasyouflecjcct-
$qiçftatiçrc;tr^p:4p^nA*jc me cpi)pçnperayçkvop5p.3rlcren-
WPn^dfpjx,9uLtrQis:Vilics,
~i~ le Tzflevc.us^fcra juger
de celuy des autres.Troye
s'est:distinguée par un feu
d'artifice, où lamagnificence
n'a pas moins paru que
l'invention. La machine avoir
esté dresseevis à vis l'Hostel
de Ville. Au milieu estoitun
Hercule qui atterroit un Taureau
; le tenant de la main
gauche par une corne, &
montrant de la droite l'autre
corne arrachée, avec cer..
te fin de Vers, A primo difce
futura.Le Taureau estoit peint
en couleur d'eau, & Hercule
avoit une cotte d'armes
semée de Fleurs de Lys& de
Dauphins.Voussçavez,Madame,
que la Fable nous apprend
que cevaillant Fils de
Jupiter combattit contre le
Fleuve Acheloustransformé
en Taureau. & qu'illuyarracha
une de ses cornes. On
peut dire de la mesine force
gue Monseigneur le Dauphin
écorné le Rhin par la prise
He Philisbourg &des autres
laces~ dont il s'est rendu le
wlaistre. Le Theatre avoit
juatre faces
,
à chacune defjuelleson
voyoitune desVilxs
qui ont esté prises. Tout
pela estoit orné
de
pluficurs
Dèiiifee-vdiirmwcyici
eipafespn w:yoLçitLbas>[*u
ajtantirtme aiflcipeCquradé-C-j
phMiàsQ^fisiplïïibôs fcdiCMi
pcufant en d'a,tr.UnDauphin
leQegardoit^yanb fafi.iefteKaji lmco ces - par-O-'!J-Q les*Mergtfutucuipenna,deeMx
Un Aigleavec Con foudre
& un Dauphin dans l'eau
Incassumfulmen undo
UnSoleil,Si ud Aiglequi. luj
voloità l'opposice,Degener
eji quoe non hure dfpîcit.
Un Soleil & un Dauphin nii
couronné- paroissant- -dws.';:rt.J
l'eau, tu,
r l'eau
»
Elle CoeiOi illeSolo, t On tira desfusées toute la
nuit, & tous les Capitaines
des
quartiers firent des feux
de joye devant leurs maisons.
II y eut encore des
([IlluVminatiionlslpear t.ou-te la I Les Magistratsde Luzy
Ont fait aussi de grandes réijoüHfances,
On avoit dressé
)dans la principale Place de la
rville, un piedestal haut &
(large de dix pieds en chaque
quarré, & sur ce piedestal
fcftoitune pyramide de quinze
pieds de hauteur., terminée
par un Soleil d'or, dont ini
les rayons illuminoient la-cH
Place de tous les costez. OnxiC
avoit mis deux Lions à deuxu:
descoins de la piramide suuul
le piedestal l'un peintdesb
gueules au champ d'or.) &aô'|
l'autre d'or au champ d'azur,
pour representer les deux pluszuL
considerables Provinces desaab
Pays- bas. Ilsparossoient ex-xa
pirans) & on lisoit au bas ces203
paroles» Nos pudeat fine Sole\§l
mort. Deux Aigles qu'onno,
voyoit sur les deux autres
coins ,
sembloient s'éleve
vers le Soleil. Ces motmoi
estoient au dessous
,
kuantum
distamusab illo, Monseigneur
le Dauphinestoit peine
en Generalisme autour de
la pyramide avec Mrle MaréchaldeDuras
,&fesLieuJ
tenans Generaux)ausquels il
monrroit avec un baiton de
commandement)l'inutile cffort
des Aigles
, avec ces paroles
, Tollunturin altum, ut
lapfu graviore ruant. Toute la
pyramide estoit garnie de
I feux d'artifice
,
de fusées, &
J- de grenades. Mrs 1 R epous , Ballard) Miraut, & Coujar, ! ayant fait mettre les Habitans
fous les armes, allerent
au logisde Mr Nault. Chastelain,
premier Magistratde
la Ville, chez qui tous les au.
tres s'estoient assemblez. Ils
firent faire une décharge de
Mousqueterie,& les conduisirent
en tres-bel ordre à
la Place, où aprèsqu'ils en
eurent faït trois fois le tour
au bruit des tambours, des
Fifres, desHautbois, &des
Musettes, le Chastelain précédé
des Sergens de Ville,
ayant chacun un flambeau à
la main, mit le feu à la droite»
& les autres Magistrats le mirent
aprèsluyaux autres endroits.
Pendant que les grenadcs
& les fusées faisoient
p leur effetleSoleilquieftoit
Ià la pointe de la pyramide Iparut tout en feu,mais sans rùlcr, & l'on fut fnrpris de
f voir au milieu trois Fleurs de
Lys aussi en feu) & ces mors
j|, en lettres d'or>Fraterno cm Jîmili (andO"f ccrujcant.Les iLions & les Aigles ayant esté
consumez
3
le Soleil demeura
| encore tout lumineuxplus
! de deuxheures) sans qu'il fust
dommae par les fiâmes.
Les Magistrats
furent reconduits
chez le Chastelain
,
qui
leur donna un magnifique
repas ,
aussi-bien qu'à la Noblesse.
Ilfutsuivy d'un grand
Bal
, ou toutes les Dames
avoientestéinvitées. Le lendemain
on chanta leTe Deum
dans l'Eglise princi pale) cùr
assistèrent les Magistrats,
conduits encore par les Habitans
en armes.
Marseille a fait voir dans
le Inefme tempsce qu'il seroit
malaisé de voir ailleurs, c'cft.
à dire, quaranteGaleres éclairées
d'un nombre infiny
de lumieres qui faifoienc
Marseille, se distingua particulièrement
dans cette réjciiiflance.
Il est de l'ancienne
&illustre Maison de Vin
timille
, & on peut dire qu'il
a hcrité de toutes les vertus.
de ses Ancestres. Il a donné
des marques de sa valeur &
de son zele en plusieurs occasions,
tant sur mer que sur
terre, & entre autres dans la
memorable Bataille deCassel
où il perdit le bras droit.
Pourmarquer sa joye de la
prise de Phslisbourg, il fit
illuminer la façade de sa
maison qui est environ de
douzetoises,& les deux ailes
qui en ont presque autant)
& qui forment une belle &
grande court. Cette courtest
fermée par une double muraille
enrichie des ornemens
aie l'A rchitecture. Comme
la porte est plus exhaussée,
ce fut là qu'on éleva un
grand Tableau, haut de dix
[pieds
, ôç large de cinq. Il
representoit Monseigneur le
Dauphin couronné de Laurier
dans un char de triomphe
, où la Victoireestoit
enchaisnée par un pied, ce
qui l'empeschoit. de voler.
Dans le Tableau mesme se
lisoient ces Vers, qui sembloient
sortir de la bouche
de la Vjétoire-,
Du bonheurdeLOUIS1
trop foibles Envieux*
Craignez
aeJonDauphinl'heu*
reusedessinée ;
Par un Arrcft du Ciel, à fin'
Charglorieux
Je me njoismoy^mepne enchai(
née.
Les armes du Roy &de
Monseigneur estoient à costé
duTableau dansdes cartouches
separez
, &: au dessous
du Tableau on voyoit
-
elles de Mr le Comtedu
rue. La porte estoitornée
l'un arc de laurier. & deux
randes pyramides lumineues
s'élevoient au milieu de
muraille. L'uneestoit à la
icoice3. toute parsemée de
fleurs de Lys. & l'autre à la
gauche
,
pleine de Dauphins.
outes les deux brilloient de
mières, & chacune avoit
eux Villes à les costez
,
fçaoir
Philisbourg, Manhein,
f:fankçndal & Heidelberg.
ftu dessous des Villes & des
yramides, estoientces dout.
e Devises&Emblêmes à la
gloire de Monseigneur loi
Dauphin.
Un Aiglon regardant loi Soleil&cesmots,Non degc-v
Un Aiglon portant la Fcu-u
dre de Jupiter
, J^/o me ~/M~
Jovis.
Un Torrenttombant d'unon
Montagne,&emportant tout.i:
pour faire voir larapiditédes
ses Conquestes
,
Currendo oh-A
jlantix vincit.
Un Lyonccau entrant dans
la Lice, qui est entourés
d'aurresAnimaux, V,¡;et ju—w
venta &patrius vigor.
| Un Belier abattant du premiercoup
un pan de murails
pour marquer sa premiere
Campagne, Impete primo.
t Un Heliotrope ou Touriefol,
SequiturvestigiaSolis.
Un Soleil naissant dans le
mgne de la Canicule, Splendet
jlUunrit ab ortu.
Cadran Solaire. Mi regro
alJuocorso.
f» Jupiter déguisé en Taureau
,
folatrant auprés d'Europe
>
Non tbo ancora , ma
[ Une épinenaissante, Non
rrima nasce che punge.
- Un foudre parmy les eau
du Ciel, pour marquer quup
Monseigneur a pris Philise
bourg malgré les pluyes,No-^Y.
me extingue.
Un Dauphin dans le Rhin
Cerco il mar Germanico.
Toutes cesDevisesavoien
des Cadres de Lauriers,ainsi
que quatregrands Tableaux:
qui
bouchoient
les fenestre
desaisles qui tournent dans
la ruë, & qui representoiennai
la Renommée ,la Peinture 3H
la Poësie, & la Sculptur
avec ces Incriptions.
LA RENOMME'E.
A servir Jupiter& le Dieu
des Combats.
aJe n'ay jamais eu tant àfaire compter les exploits rb du
Fils& du Pere.
Je me laffi asuivre leurs pas;
ïrPour remplir de leur nom lun
(7 l'autre Hemisphere
Mes cent voix ne suffisentpas
JJ, LA POESIE. &
Queje le vois avec plaifr
Parses faits étonnans remplir
nostre esperance!
MesVers déssa plus tendre ensance
Ontfouvent charmeson loisîr.
Que par eux les temps avenir tu
Admirent sa valeur & ma re—?\
connoissance.
LA PEINTURE ayant le Por—10
trait de Monseigneur devant
ses yeux&unetoile d'attent
làa ccoofslic,.
Le voilà ce Heroschery de U*\4
ViEloire, P
Mon '{cie à tout moment ~c~f~~
mefblliciter
De tracer les hauts faits qui lebl i
couvrent degloire:41
Afênpressant desir je tache à re--vt
sifier. 3
Je les vois déjàpeints au Tempk
de Mémoire
Sous de traits que mon art ne
fçaiâroit imiter.
LA SCULPTURE frappant sur
un~blo£ de Marbre.
1 - - -
Pourfàir-tsin.Portrait fidelle
JefçaisqHeje travailleenvain.
*nrt arty quellefçavamte main*
Peut donner du reliefa sagloire
immortellel
i- Un Feud'artifice s'élevoit
aumilieu de la rùë devant le
Tableau de Monseigneur le
Dauphin. C'estoit une grande
CouronneImperiale avec ses
ornemens, que ce Heros montroit
d'une main. Tous les
Tableaux estoient illuminez,
par derriere
, ce qui faisoit
,.
que les Figures paroissoient
s'en détacher. Mr le Lieutenant
General des Galeres,
tous les Officiers,&un grand
nombre de Peuple vinrent
voir tirer ce Feu d'artifice,
aprésqu'on eut fait jouer celuydes
Galeres.
Toutes les autres Villes de
France ont aussi montré un
fort grand empressement
pour marquer leur joye de
la prise de Philisbourg, mais
je ne puis que rendre justice
en général àleur zele. Ila
iàns doute esté grand,&l'on
voie par là que le Roy se
peut tout promettre de l'ardent
amour & de la fidélité
de ses Sujets Comme l'un égale
l'autre, la France n'est
point un Estat qui foit en
danger d'estre envahy, &
quiconque se proposera de
lattaquer, ne le fera jamais
qu'à la honte.
J'oubliayle mois passé de
vous apprendre la mort de
M1 le Marquis d'Esprés.
L*eftime qu'il s'estoit acquise
de tousceuxqui le connois
soient
')
leur laisseun regret
tres-sensible de sa perte. Sa.
santé qui depuis plusieurs
années estoit devenue fort
foible & fort languissante,
l'ayant obligé de quitter le
service où il s'estoit distingué
dans l'employ de Lieutenant
Colonel du Regiment d'Auvergne
,
il se retira à Mascon.
Comme les premieres personnes
de la Ville & de la
Province s'assembloient assez
ordinairement chez luy , on
y trouvoit tous les innocens
plaisirs qui peuvent occuper
agréablement une Compagnie
nombreuse. Il est mort
retour des Eaux de Bour,
bon que les Médecins luy
~ivoient ordonné de prendre.
I estoit de l'ancienne Maison
de Thibaut-Tullon,de laquelle
je vous ay autrefois
parlé) en vous apprenant le
nariage de Mrde la Roche-
Tullon ion Frere
, avec Mademoiselle
deBeaumanoir de
a Maison de Lavardin. Il
avoitépousé l'Heritiere du
Terrau en Charolois, de la
r1ai[on d'Arleloup» dont la
Mere descendoit de la Soeur
lu Mareschal de S. André.
Kestoit pour cela que Mr
d'Esprés plaidoitil n'y a pas e
long-temps au Parlement de~a
Paris pour des biens de ~las
succession de ce Mareschal 't l
quoy que mort il y a plus de~si
cent ans. Il laisse de cette~o:
Femme plusieurs Enfans a ; dont les Aisnez font ~Capi-i
taines dans le Regimentdesl
Piedmont auprèsde Mr ~leol
Marquis de Rebbé
,
dont il~ilsel.
sont proches parents.La ~Mere^i
de Mr le Marquis d'~Espréaè
dont je vous apprens la ~mortan
estoit Niece
de
Claude dwfc
Rebbé.
,
Commandeur des>>
Ordres duRoy, ~Archevefquoetj
~E
Narbonne,& Hugue fc-
~)nd du nom,Seigneur de
~ullon* son grand-Pere
, a-
Dit épousé Jacqueline Char-
~bony Fille du, Seigneur de
Terriere. Ilappartenoit par
~,s alliances aux premieres
lassons dela. Cour & de la.
:obe. Ses Predecesseurs.
~>ientaussi alliez aux Mains
de ViryGayand
,
de
~aurencin, de Nagu Varen-
,s.i deCharreton de la Salle,
3 Saint Romain, d'Archon,
:¡ de plusieurs autres des
us Illustres des Provinces
a Lyonnois & du Beaujol- IlS.
- On a perdu environ ~dansn*
le mesme temps le Pere Gi-iE
ry, Exprovincial des Mini-in
mes de
la
Province de ~France^D
Comme toute sa vie n'a~eftôft
qu'une pratique ~continueilulh
de vertu, sa mort a esté aufflU
celle des Justes,c'esl: à dire ~si
toute p1recieuse devant ~Dieum Il estoit âgé de cinquante.-:)]
quatre ans, dont il en ~avoMo
passé trente-cinq dans l'~Ordrnb
duquel il avoit embrassé 1«1 :
Regle, & il lesa passezd'~unclnt.
manière si religieuse, ~sifainnii
te & si exemplaire.)qu'on peum
dire que dans tout le ~counm
~d.b
desa vie, & dans les diffe-
~irens emplois qu'il a eus, il a
~toûjoursconservé la mesme
simplicité) lamesme ferveur,
ila mesmeexactitude, &la
miesmerégularité pour l'observance
qu'il avoit pendant
son Noviciat. Sacapacité, &
lasagesse qui paroissoit dans
toutes ses démarches,le firent
d'abord choisir pour enseigner
aux jeunes Religieux la
Philosophie & ensuite la
Theologie. Il termina ses le-
~ïbures par une These dédiée
au Roy, qu'il soûtint au
chapitre général de l'Ordre
tenu àMarseille en 1667. oui/o
par son érudirion s~inguliereoia
jointeà une modestie ~admi-irn
rable, il s'acquit l'estime &&
l'approbation d'une nom~/nc
breuseAssemblée. Aprés ceki/ao
on luy donna les ~Maisonmol
particulièresà gouverner) &8 c]
dans la suiteon luy confia~M c'-
foin de toute la Province. II .3
en a en deux fois la ~conduiniuf
en qualité de Provincial, 8 tj
son humilité estoit telle, qUllpi
meline dans le temps quLi
exerçoit cette Charge,il n'a Ii
avoit personne qu'il ne ~m 3
gardast beaucoup au dessus ~o ejjf
luy,tant il avoit des sentimens
abjets de luy-mesme.
Son oraison & son occupa- tion
en Dieu estoit presque
continuelleJ &il feroit difficile
de porter la mortification
plus loin qu'il a fait. Je
ne vous dis rien de son amour
pour la pauvreté
? ny de son
obeissance. C'estoit en luy
unevertu si parfaite) qu'a- -
prés estre forty des Charges
où il avoit esté employé
,
il
estoit toujours prest à toutes
les choses que l'on pouvoit
souhaiter de luy
, en forte
qu'il estoit impossible aux
Superieurs de penetrer ou.
son inclination le portoit puis qu'il n'en montroit , aucune
que celle de faire ce
qui luy estoit ordonné. On
n'a vû dans sa derniere maladie
& à sa mort, que le mesme
esprit qui l'a fait agir
pendant sa vie. Il a eu toujours
une si grande tranquillité,
qu'encore que les douleurs
qu'il souffroit fussent
fort aiguës, on n'a jamais
entendu sortir aucuneplainte
de sabouche,ny a pperceu
le moindre mouvementd'im-
-. patience. Bien loin de chercher
de petits foulagemens
dansl'etretien des creatures,il
seplaignoit quelquefois obligeamment
que les visites de
civilité qu'on luy rendoit, &
les assiduitez qu'on avoit pour
affifier
,
luy déroboient
des momens qui luy estoient
dperévcoiierux, & qu'il croyoit ne
employer qu'à s'occuper
de son Dieu, & à se laisser
penetrer de son amour.
Il estoitFilsde feu Mr Giry,
Avocat au Conseil, & l'un
des plus anciens membres de
L'Academie Françoise.
LeRoy pour marquer l'extrême
satisfaction qu'il a receuë
du retour de Monfcigneur
le Dauphin après ses
glorieuses conquestes, a fait
danser un Balet dans l'agreable
Palais de Trianon, que
l'on a tant deraison d'appelbrle
Palais de Flore. C'est
aussi le nom qu'a eu ce Balet
qui fut danséle5. decemois.
Le theatrenepouvoitavoir
de plus fi1perbedécoration
que Trianon mesme.L'éclat
desmarbres, & des beautez
de l'architecture attachent
d'abord la veuë sur cette
grande façadeappelléelePeristile,&
le plaisir redouble
lors que par l'ouverture de
ses arcades entre plusieurs
rangs de riches colomnes,on
découvre ces fontaines, cesl
jardins, & ces Parterres toujours
remplis de toutes fortes
de fleurs. C'estalors que l'on
oublie qu'on est au milieu de
l'hyver, ou bien l'on croit
avoir esté transporté tout
d'un coup en d'autres climats
,quand on voit ces delicieux
objets qui marquent
si agreablement la demeure
de Flore.
La premiere Entrée estoit
de Naiades & de Silvains,
qui venoient se réjoüir du
retour de Monseigneur le
Dauphin.MademoiselleBrion
qui representoit une Naiade,
parut d'abord en chantant
ces Vers.
Cesi l'ordre de LOYIS)ftgnalons
nojlrc zele.
AH retour duHéros que finamour
-
rappelle.
Le Choeur des Naiades &
desSil vains répondit.
0 doux momens! o favorable
jour
Du Dauphin triomphant célébronsUj
retour..
Aprés une danse des Silvains.
le Choeur reprit.
Chantons, dansons,
.!i(!!,e l'Echo réponde
A nor chanfins
, £)ue l'onde
S'êUnce dans les airs »
£)ue Jon bruit réponde
A nos concerts.
Alors on entendit un
Choeur chantant derriere le
Theatre.
Victoire victoire, viffoire.
&la Renommée representée
par Mademoiselle Varango,
parut, & chanta les Vers qui
suivent.
ïay franchy les monts (j-.,¡ les mers>
le viensd'apprendre a t'Yniv.crs>'
Des succesauil nepouvoitcroire.
ÏAuguJîe Héros des François
Trouveun Imitateur desesfameux
expL\:s>
Le Choeur ayant repeté,
Victoire3^ïétoire, la Renommée
continua.
Sur ces bords où LorIS triom.
phamille fois,
Son Filsfuit aujourd?huj les trr «
ces desagloire-
Le Choeur répéta ces
derniers Vers, & ensuite on
vit entrer Minerve & Bel- - lone ; la premiere representée
par Mademoiselle de la Lan-
- de, & l'autre par Mademoi- -
selle Rebel. Voicy le recit
ue fit Minerve. i-
Flore tient icyfinEmpire
J
Ses dons precieux
T charment les yeux
Etparfument l'air qu'on rcfpire.
wojfre jeune Héros dans ces lieux,
favoris
Jefis heureux exploits va recevoir^
leprix.
Rcpofons-nous
,
fierc Belionne,
Le Nekre & le Rhin fontfournis.
Ptfe LOVIS parle, qu'il ordonne,,
on voit tomber les Ramparts Ennemis
, Hais le plus grand plaisir que ce
succés luy donne,
CV/Ê de voir triompher (On Fils.
Bellonne luy répondit ce
qui suit.
Minerve vosfoinsJidelles
Ontguidé ce jeune Vainqueur,^
Vous imprimt'{ dansson caeurvm
De FAuteur de fies jours les vertusix
immortelles,
Toutes deux chanterent
enfuitc.
Ah, quel bonheur pour ce FilsiMy
gcnefeux
D'avoir ceforfait-modelie!
OPere trop heureux
D'en voir une ImageJideUe! i Ah
9
quel bonheur pource Filsge—y^
nereux !
0 Peretrop heureux!
Ces deux derniers Vers
ayant esté repetez par Ical
Choeur
,
Minerve poursuivit
de cette forte. 7)
Tour faire 4 l'Vniversconnoiftrt ) conno &,e t un Filsquil aime,
,'our Is rendre àson tour & craint
9
d-renommé,
,0rIS retient ce bras a vaincre accoutumé
) Et sejl privé de triompher luymesme.
\l donne a ce cher Fils fin fort
victorieux
Sapuijfancef,uprême,
les conflils,(on espritson exempie
, &fis Dieux.
Bellone reprit, & chanta
ces autres Vers.
Au seul nom de LOVIS toute^la
terre tremble;
Et que feront encor cent Peuples
etonntz
De voir un Fils quiluy rejfimble?
Nous les verrons tous deux, nou:M\
les verrons ensemble,
Vainqueursfortunes,
Au bout du monde couronnez.j
les Nymphes deFlore &
les Zephirsparurent icy estant
appellezpar ces Vers quttfjg
chanta Minerve.
Vous,Nymphes de Flore,
,
Vous, agreables Zcphirs
, c
Tarez, , ornez, ces lieux; qtïilKxw
foientplus beaux encore; ii
De ce ggrrainndd RBooyfecondez, les de&
Jirs.
Une Nymphe de Flore resi
presentée par Mademoiselle
Guignard
oS
finit cette Entré enchantant
ces Vers.
Sejottrpompeuxér-tranquille
bu mus passons les jours ainsi que
des momf:fJS,
FvTûaines-,lar-dins, PeriJHk,
Palais piem'd'agremens
,
Dant la royale main àquitoutefi
f.icite
Dsnsses nobles délâjjlmens,
A traceles ornemens ,
Montre'{ tous vos aitraits chaf*
mans.
Flore, representée par Mademoiselle
de Blois, & accompagnée
de deux de ses
Nymphes qui estoient Mademoiselle
d'Armagnac ôc
Mademoiselle de la Vrillere,
ouvrit laseconde Entrée.
QuatreZephirs dançans les
suivoient.MademoiselleGui-.-ii
gnard, Nymphe,&Mr Ma--b
tos,Zephir,chanterent d'a,::,£t
bord ces Vers.
A l'dfpell de Flore
Hafie^-vous d'éclore.
Venez, en Jes belles mains,
MoijfonJ odorantes)
Ricbefjes riantes
Roses, jasmins
Arumones, Amarantes,
Aimables lfeurs, venez, orner
Le frontvictorieux quelle vcut\w^
couronner.
Mademoiselle Chappe, autre
Nymphe de Flore, con.nc
tinua par les Vers qui suivent.
Toutfleuritftr nos rivages, , 1Voslardinsfont toujours verds**\\?
Jamais des trisses Hyvers
Nous nefentons les outrages
Nojlre Printemps dure to/liaurs,
Nous n'avons que de beaux
jours.
Ces autres Vers furent
hantez par Mademoiselle
Suignard seule.
c!i!.!!e Lame eJIicy contente! ilout nous ritjout nous enchante,
1 Le Ciel répandsur nous
t Ce qu'il a de plus doux.
1 Vans ces retraites aimables
Les biensflnt purs & durables.
Le Ciel répandsur nous
Ce qu'il a de plus doux.
'Le Choeur de Nymphes &
: Zephirs repeta, A l'afbeft:
de Floi-e, &c. & cela finit la
feconde Entrée.
La troisiémeestoit compofée
de Diane que representoit
Madame la Princesse de Conty
accompagnée de ses Nyrn.tn
phes & d'un grand nombre dc)b:
Chasseurs chantans & dançans.
Endimion
,
ÇhaflètirJi
chanta le premier
,
& fit enoô
tendre ces Vers.
Jamais du haut desa carrière
Sur ce Trône d'argentdontse parex\vu
lesCieux,
Diane n'avoit a nosyeux
Repanda tant de IlImÙre.
lAmais> quand de la nuit perf4,ùy
lesJhnbres voiles
Elle regne entre les Etoiles,
Elle ne tint mieux a son tour
La place de l'Afire du tour.
Deux Nymphes de Diane
poursuivirent par ceux-cy.
Sur les Autels
J^EpheJe nous vante,
A-t-elleainji ravy tous les Mortels?
0 vous Belostt vous,Bois d'Erimante,
Avez-vous pu /4 veir si charmante?
Sur les Autels
JVu'Ephe/è nous vante,
A-t-elle Ilinji ravy tous les Mortels*?
Une autre Nymphe de la
suite de Diane, representée
par Mademoisellede laLande
,chantacequi ssuit, en s'a.-j;C
dressant aux Nymphes &auxxu
Chasseurs.
Nymphes diligentes
Ji>ui jùiVfZ les loix
De la DetJlè des Bois,
Renouvelions les chassis iriom-'m
phantes
,
Ou de ses attraits
Diane embellit nos Forefis,
Renouvelions nos Telles éclatantesx\\
Et vous qui dit reposdédaignez, /A\ C
dOllcesr, (cerivages
chajJèJtrs tant celebre\", veneT^fu\ù\
Voir Cheroique chaffiur
A qui vous devet'VoJlre bammig,--,%b
Loin des affreux dangers occupe7^\<^
fin loijir
Par un noble plaijir.,
Cephale parut aussi - tost
avec Hippolite, & chanta ces
IV,ers.,
Le Dain timide & U Biche sanvage
N'évitoientjamais
L'atteinte de mes traits ;
Mais desesdards ilfait fin autre
ufige, ilabatfous ses coups fameux
Des Peuples belliqueux-
Voicy ceux qui furent
chantez par Hippolite.
J'exerfois comme luy dans les bois
solitaires
Ces vertus sinceres
J*>ui regnent parmy les Silvains,.
Loin ducommerce des Humains ,,
Mais je nay point appris , en ce&ft
eflatpaijtble,
Aforcer des ramparts; ïignoroà les vertu* que fin coeut\x\
invincible
Exerce aux champs deMars, j
Le chant de ces deux illustres
Chasseurs fut suivy duOiflu
Choeurqui repeta ces paroles.
Renouvelions les chttffiJ triom- w
phantts)
Où defis attraits
Diane embellit nos Fërejls;
Renouvelions nos Fejles éclatantesy (t\'
D~tse jeune Hsrosoccupons le Jaijir
Par un noble plaisir.
La quatriéme Entréeestoit
celle de la Gloire)reprsentfCparMadame
la Duchesse.
Madame de Valentinois, Madame de Florensac, &
Mademoiselle d'Usez l'accompagnoient
en qualité
d'Amazones. Il y en avoit
plusieurs autres, qui estoient
des Amazones chantantes, &
parmy elles Mesdemoiselles
la Lande & Varango, representoient
Pentesilée & Antiope.
Il y avoit aussi plusieurs
Heros chantans & dansans,
& parmy eux Ulysse
-
& Cyrus, l'un representé par
M Morel, & l'autre par Mr
Cebret. Pentesilée chantala
premiere en s'adressant à la
Gloire.
Reine des grandes âmes,
Ynique objet des plus noblesi
Vainqueursy
Gloire, qui de tes belles fiâmes
Brûles fins ceffi leurs coeurs ;
Toy qui leur fais trouver une vie
immortelle,
Toy duplusgranddes Rois la compagnefidelle,
Et qui Cascouronné de tes plus
nobles prix,
Vans ce parfait Heros fil vois un
tendre Pere,
Tu luy dtviens encor plus chere
Lors que tu couronnes fin Fils,
Le Choeur ajoûta.
0 Gloire éclatantel
Gloire brillante !
Nous imri
-
IXeussuivrons touiourstes pas.;
0 Gloire charmante!
Nous suivrons iufquautrépas ;
Tes triomphans appas.
Aprés cela Pentesilée &
Antiope chanterent enfemle.
iPrince heureux, le Dauphin t'imite.
Tes premiers Suiets
Sont ceux qu'un plus beau zele
excite
Afuiv<e tes noblesproiets.
Ces PtïnctshrilUns de ti Hcire,
Ces f!,JOf f'v,'trJi7 ele ton fang
,
Imme auprès de ton Trône, au
Ter.rjlc d? Memoire
Tic,lne,i',i le pnmierrang.
Pentensilée chanta feule
enfitirc, &appella ainsi les
Heros.
Vous quehGloirea, tadiscouronnez,
rv. f.rïvÇ>
reneZ' Héros ,'venez,. >"P
,YOJe'{,!)()ur nosGuerriers quel triompbe
s'apprefle VoyeT^danscette,beu,r„e.ufsee FFecsjs*e
Les biens qui leur font dejii-
¡J(-\;
Ulisse s'avantia)& se ifteonnoistreen
chantant les Vers
suivans. '•
J^jiel doux transport, o grand Ry, vi
.De voir un Fils digne de toy !
.tiee-,-eterniqtie ainjî pour mesyeux
eut de chatmes! - j
.f£ue te verfy de deveej larmes:!
JVjtel doux transport
,
ô grand
Roy
De voir un Vils digne de toy ! Cyrus continua par ces
Vers.
VnJilcnceprofond couvrit ma
noble audace,
)dllphin
,
ainji que vous dans les
flmbres Foriiqr,
En syoccupanta la Chajje,
y(ruAs d'ufnj/gnrajnldsâ.ejfcin dcgvifa les
fmply de et beaufeu dont l'ardeur
vous in[pire
le partis dufonddes Bois,
Pour courir aux plusgrands exploits,
Et rexverfer fin Empire.
Apres que l'un & l'autre
hanté,Pentefiléc ajoûta.
Ces Héros, Gloire Jmmorttlie"
.fi¿t,Û S'ieimolerentpour vous,,
Ne vousvirentpointJibelle
J$)ue vous Cessesparmy nous.
S'ils ont bravetant d'alarmes
Pour vofire nlJm glorieux,
JVu'eujfent-ilsfaitpourles char*<
mes
Que vous montrez à nosyeux
Le Choeurchanta ensuite..]
o Gloire éclatante,
,Gloire brillante
Noussuivrons toujours tes Pas..i
0 Gloirecharmante,
Nous suivrons jusquau trépas
Tis triomphons dppas.
La fureur fanglmte
Des cruels COlpbats"
La chaleur brûlante
Z.
La froidettr glaçante -
Des plus affreux climats"
De Bcllonne tonnante,
De IIIfoudre dcvorante
Lesbruyans éclatJ,
De la terre tremblante
L'horrible fracas ,
Nenous empefcherontpas
Desuivreses pas.
0 Gloire brillante,
Gloirecharmante,
Nous suivrons jufcfic'au trépas
Tes triomphans appas.
La joye accompagnée des
Plaisirs
,
faisoit la cinquième
Entrée
,
&chiiita d'abord ces
Vers.
La loye cf les Pla'fîrs
Viennent en ce beaujour combler tous,
vos desirs.
Les Grandeurs,les Festes pom-
J*armaies spacnuu)sesnoufs nee ferso-ien.t heu-. C'cflnous qui dans les Cieux
Profitions aux FefiesdesDieux.
Trois Plaisirs firent ensuite:
entendre ces Vers.
Rien n'est égal aux douceurs
DesPlaisirs quisuiventla Gloire,
Jtien n'légal aux douceurs
cF/He la Vtttoire
Metdns les nobles coeurs.
Apres que cestrois Plaisirs
curent chanté,un autre Plaisir
reprefenré par M: du Four,
chanta seulces autres Vers.
FameuxHéros,
Au piaifir Chonneur vous mene,
t Vndouvrepos
Suit le dang, r& la feint,
Lejplaifirslesplus doux,
Nobles Coeurs,sifitpour vous.
Voicy le jour, o divine Princee,,
< Que dimandoit vostre iufee ien--
dresse.
J^uc deplaiferÇcnt vofert coeur.
De revoir ce Vainqueur !
Le Choeur ayant ajoûté,
JVjf'i/ plaire à vos yeux
Ce i-a,;; quciirglorieux !
Un Trio répeta.
Ce Hcrosglorieux
J^'il dohplaire à 9 vosyeux !
La Jove& un Plaisir fermoient
cette Entrée par lès^I
Vers suivans.. ?
Dansfa crainte un véritable amoutxn^
Répand des larmes>
Mais ensuite un heureux retour
A plus de charmes.
Aprèsqtion a pleurédans sesten.ta%%
,
dres douleurs,
De ioye & de pÙtjir on verse au/fî^^
des pleurs.
La sixiéme & derniere EIWI3
tréc estoit generale
,
c'est as
dire, composée de Flore,dob
Diane;, de la Gloire, & dob- leur suite. Le Choeur chantons
d'abord.
Laloy.e&,les Tlaifirs
Viennent en ce beau iour comblevvA^
If/(IS.VQS desirs.
Les plaisirs les plus doux,
| Nobles Coeurs yfontfour v tus. Et un grand Choeur ajoû.
a.
Vous,grand Roy, vous, Dauphin,
digne Fils d'un tel rtYf, toujours heureux, & triomphez!
ouÍours.
Jgut le Cielconfiant à vous plaire
Iamats ne change le cours
De ces beaux iours,
Vivez,
,
triomphez, touiours.
Jpuc vos Héros na/ffins
, que
Augu(lePrincesse
£)ui les doy;neà vostre lendrtJ/è,
1vi dentavcc vous ce bonheurplein
d'attraits.
Qu'une Félicitesidouce &si char
mante
Tous les iours saugmente,
Quelle ne finisse iamais.
La Musique des Vers de
ce Balet a esté faite par MrJ
de la Lande, l'un des quatre
Maistres de Musique de la
Chapelle du Roy. Il doitestre
d'un merite fort reconnu»
puisque Sa Majesté luy vient
de donner la Surintendance
de Sa Musique qu'avoit le
jeune M de Lully qui est
mort sur la fin du mois paffé.1
Les Entrées du melmeBallet
sont de M de B:auchamp
f quidepuis qui depuisuunnttrreèss..ggrraanndd
nombre d'annéesaesté tou.
ours employé à travaillerux
Balets du Roy.
1: Je ne puis finir un si grand
Tride de Musique, sans vousaire
part d'un air nouveau
Mr de Bacilly. En voicy
zs paroles. AIR NOUVEAU.
IE me contrains incessamment
Pourcachermon amourextrême;
Mdis ie me contrainsvainement,
On dit par tàut jue ie vous aime..
B;lle Iris ,se pourroit-il bien
Jïue vous fe/ile n'en fceufflcz*.
rien ?
Monseigneur le Dauphin
s'est acquis une si haute reppi tation dans sa premiere Gam3
pagne ,
qu'il y a peu de de Lettres ge^o: qui ne se soient fiâu
un plaisir d'écrire à saglomiol
J'ay mêlé ma voix à celle db si
autres. Comme la matieam~
est belle, l'ouvrage ferooial
plus beau, si lesAffaires de Temps m'avaient 23 laissé plu
de loisir pour y donner derniere 10 main. On y remarquera
sulement mon zeros
pour un Prince auquel je fUJuÎ
attache;cest tout ce quej'ax^3~
prétendu faire voir,
ELOGE
DEMONSEIGNEUR
ILE DAUPHIN.
El Amais Monarque ne s'estoitveudansun
si haut
bdegré d'élévation, quel'Auguste
Souverain qui gouverneaujourd'huy
la France. Ses
sages Ordonnances l'avoient
fait mettre au rang des plus
ri justesPrinces, & sa valeurau
nombre des plus fameux
Conquerans. Sa pieré l'avoît
fait placer parmy ceux dont
onrevere le plus lesvertus,
& toutes ses avions ensemble
luy avoient fait meriter
le surnom de Grand. Rien
ne manquoitàsa gloire & à
son bonheur, & l'estat où ce
Prince avoit mis laFrance,
faisoit qu'elle estôit ellemes.
me étonnéede sa propre
grandeur.Elle nes'estoit jamais
veuë si puisante,&
n'aurait ose penier qu'elle
eust pu fairetant de conquestes,
& triompher seule
del'Europe entiere., n'ayant
jamais estési redoutable fous
aucun de ses Monarques.
Cependant quoy que le glo- trieux Conquerant qui l'a mil£
c encet estacparust estre au
..dessus des fouhaitsi & qu'il
1n'eust rien à desirer pour sa
[gloire>illuy manquoir une
chosepour sapropre satisfa-
£tion ,qu'Il n'estoit point le
Imaiftre d'acquerir. Rien ne
53uyestoitimpossible, si l'on
>cn excepte l'avancage de se
donner luy-mesme, ce qui
paroissoit n'estre pas en son
ouvoir. Il falloit que toute
lia terre connuft qu'il avoir
un Fils digne de luy, &cela
dépendoit de ce Fils seul
,
qui
pouvoir donner au plus grand
Prince du monde l'unique
chose qu'il avoir à souhaiter.
Il devoir apprehender qu'elle
ne luy manquast, puis qu'il
semble que par une destinée
fatale aux plus puissans Rois,
&aux hommes du plus grand
merite, ils n'ont eu jusques
icy que des Enfans, qui au
lieu de lesimiter, n'ont pas
mesme marché de bien loin
sur leurs traces. Si ces grands
hommes ont esté Conquerans,&
ont vaincu par la
force deleur courage, leurs
Enfansontesté sans coeur,
& n'ont, point: cherché la
gloire, ous'ils ont brillé du
costé de l'esprit, les Enfans de
ces Peres si cfUmez< & si
unies à l'Etat,n'ontsouvent
passé que pour des stupides.
L'Antiquité est pleine de ces
exem ples,deforte qu'on peut
dire que lors que le Ciel a
comblé le Roy de tous les
avantages qui ont fait separément
la grandeur &: la
gloire de tous ceux qui ont
cité élevez au Trône
,
il a
voul u pour le distinguer de
Capitaine, mais ayant aussi
misen pratique toutes les
vertus que l'on pouvoit souhaiter
dans un Héros de son
âge.Ces fortes de vertus ne
fervent pas moins à conquérir
des Places que les forces
les plus redoutables, puis
qu'iln'est rien qu'on ne surmonte
avec les coeurs des
Soldats,&.qu'un Prince qui
joint toutes les qualitez
d'honneste homme à celles
de grand Capitaine, attire
les louanges de ses Ennemis
mesmes
, & l'estime de l'Univers..
Le Roy qui jouit d'une
santé parfaite,estoit feurde
vaincre en se mettant à la
teste de ses Troupes) & l'on
ne doit pas douter qu'en
nommant Monseigneur le
Dauphin pourcommander
en la place, ilne connust
toute la grandeur, & toute la
: bonté de l'amede ce Prince
infatigable, & qu'il ne fust
assuréqu'en courant vers la
gloire, ilneferoitaucun faux
pas qui puft retarder d'un
seul moment l'execution des
pr ojets qu'il avoit arrestez
avant le départ de son augufte
Fils. Ce jeune Héros
avoir à soûtenir tout ce qui
s'est fait de grand du cossé
des armes, fous le regne du
ROYI Le plus grand Capitaine
auroit deu trembler,
mais leFilsde LOUIS LE
GRAND sentant couler le
mesme sangdans ses veines,
& l'exemple &leslevons de
cet admirable modelle des
Rois ayant profondement
gravé dans son coeur tout ce
qu'il devoit faire pour l'imiter,
marqua sur le point de
partir une joye si grande &si
naturellequ'elle fit connoistre
qu'il estoit feur de vaincre,
& couroit à la victoire..
Ce Prince attendoit ce moment
avecimpatience , parce
que quelque temps avant
qu'il partist, le Roy luy avoit
: communiqué son secret;mais
comme il imite ce Monarque
en touteschoses, il avoit
sceu cacher les mouvemens
idejoye qu'il ressentoitdans
!
le fond de son ame, afin
à d'empescher qu'on ne penctrass
ce qui luy avoit esté
Sconfié. Tout fit connoistre
lI'leexcés decette joye) quand
jour de son départ eut esté
J
'i
1
declaré. On la remarqua dans
ses paroles, elle anima toutes
ses actions, elle fit briller ses
yeux d'un nouveau feu, &
répandit sur toute sa personne
un certain air qu'il est
malaisé de décrire, & qu'on
ne peut avoir que lors qu'on
est vivement touché d'une
chose qu'on a souhaitée avec
ardeur,& qui cause une extrême
satisfaction.Cette joye
fut un heureuxaugure qui fit
voir que ce Prince marcheroit
sur les traces du Roy,
que lagloire alloitunir ceux
que le fang avoit joint, de
f
si
pres;
près,& que le Filsauroit une
glorieuse place dans l'histoire
du Pere,danscette histoire
fameuse que la posteriténe
pourroit jamais croire,si les
histoires dela plulpart. des
Souverains dé la terreneparloient
à l'avantage de ce Monarque,
les unes en publiant
sesvictoires, & les autres sa
magnificence & ses vertus.
C'est pour estre placé auprès
de ce Prince dans un si grand
nombre d'histoires
» que le
jeune Héros dont j'entreprens
d'ébaucher l'Eloge.
-vient de se couyrifsle glo'-i'"re-.
Quoy que sa joye eust redouble
au moment de son depart
; & qu'elle eust esté fï
forte) qu'il n'y avoit paslieu
de penser qu'elle puft s'accroistre
,
elleparut neanmoins
s'augmenter à mesure
qu'il approcha du lieu ou
l'attendoit la victoire. Il
marcha si viste que les équipages
ne purent le suivre, &
iiionta àcheval le jour qu'il
devoit arriver au Camp,sitost
que la plus foible lu-:-,
miere eut commence a paroistre.
A peine y eut-il esté;
receu,qu'aulieu d'aller prena
imité le Roy dés le premier
pas qu'il a fait dans le
chemin de la gloire, &
@
qu'il
s'estexposéau peril des sa
première démarche dans le
champ de Mars.' Ce Prince
continua àn'avoir
* aucun
ménagement pour sa personne;
il a paru infatigable au
travail, & d'un sang froid
pour le peril qu'il seroit difficile
d'exprimer, & qu'on
connoistra mieux en apprenant
tout ce qu'il a fait. Il
alloit tous les jours à la teste
de la tranchée, & visitoit:
toutes les attaques, & le parc;
deFArtillerie. 11 voyoit
méhtcr les gardés; il ïê faifoit
instruire detout ce qu'il
ne pouvoir voir par luy-même
j & donnoitexactement
lesordres sur tout ce qui
concernoit le sege. On l'a
veu aller souvent à la tranchée-,
mesme avec les Sapeurs.
Quand il avoitresolus
quelqueattaque consideratle_,
il prenoitle soinde
Tenjrcprifc sur luy
,
afin que
rien ne manquast. Il donnoit
ses ordres pour faire tout
préparer, & marquoit les cndroitsoù
l'on trouveroit tout
ce qui pouvoir estre necessairc
,
de forte que les Troupes
estant seures que toutes les
choses dont elles pourroient
avoir besoin, leur seroient
fournies pourles expéditions
qu'e lles devQient fùre, c lles
v alloient avec une ardeur
qui saisoit voir qu'elles estoientasseurées
de vaincre
& quand des Troupes ont
cette pensée, & qu'ellessont
échauffées du desir de plaire
àleur General
,
elles ne manquent
jamais de venir à bout
des entreprises les plus diffielles.
Ce Prince faisoit toutesces
chosesd'une maniéré
si aisée & si naturelle, que le.
Capitaine le plusconsommé
dans le métier de la Guerre,
n'auroit pu s'en acquitter
mieux. &quoy que le péril
doive étonner ceux qui n'y
sont point accoutumez, &
que la fermetéqu'ilstémoi-
-
gnent lors qu'ilss'y trouvent.
exposez, vienne de leur raison,
on connut bien que celle
de ce jeune Heros venoit
enticrement de ion sang. Des
sa première Campagne il a
paru grand Capitaine,&Soldat
intrepide. On a remarqueen
luy toute la prévoyance
du Chefle plus prudent, il
a joint la sagesseà lavivacité
du courage,; il a fait voi r de
la vigilance sans fatiguer les
Troupes,& il a en fintrouvé
l&e df'eacvreacncde'érbpeaarugcnoeurpl,eaysaanngt,
pris en vingt jours une Placé,
devant laquelle le grand Gustave
a demeuré dix huit
mois. Ce Prince eust pu
l'emporter encore pJCItoU)
s'il n'eustpas vouluménager
ses Troupes, Unautre se feroit
peut <:
estre laisse ébloüir
par le glorieux avantage d'uneaction
si éclatante&siextraordinaire
,
qu'à peine la
posterité y auroit pu ajoûter
fOY, La France ne manque
point d'hommes, il n'avoit
quaenexpo-1er un plusgrand
nombres quan d il en auroit
perydavanrage, on n'autait
pas sceu s'il auroit pu épargner
ce sang ou non; mais
sa bonté a prévalu sur tout
ce qui pouvoit donner de
l'accroissement à sa gloire.
Les plaisirs l'attendoient à
Versailles
,
il n'a point eu
d'empressementpour y veni r
joüir du fruit de ses travaux,
*&il amieuxaimé triompher,
;
plus tard & gagner les coeurs
de toute l' A rmée en remportantune
des plus fortes Places
de l'Europe. Cet Auguste
General a sceu inspirer aux
Trou pes une passion si ardente
pour luy
,
qu'il est seur de
la victoire, en quelque lieu
qu'il puisse aller, & quelques
ennemis qu'il puisse avoir à
combattre; de forte qu'on
ne peut douter qu'il ne fasse
plus de conquestes avec un
petit nombre de Soldats, que
ceux qui luy oppoferoient
des Arméesformidables.
Ainsi la première Campagne
de Monsegneur le Dauphin
doit faire doublement craindre
les Ennemis de la France.
Ils n'apprehendoientque le
Roy, mais le Prince qui marche
aujourd'huy sur les traces
decetAuguste Pere, leur
fair voir deux Conquerans
au lieu d'un, qui sçauront
toujours forcer la victoire à
suivre leurs pas. Pendant que le Vainqueur
de Philisbourg épargnoit le
fang des Troupes
,
il n'en expofoit
pas moins le sien
,
&
il le faisoir si naturellement,
qu'onpourroit dire qu'il
trouvoit des charmes dans
le péril. Il est difficile d'aimer
davantage le mestier de la
Guerre) & de s'y attacher plus
fortement. Ce Prince die
quelque-temps après r011 arrivée
au Camp, qu'il anjoit
toûjours bien sensé qu'unSiège
luy donneroit du plaisir, mais
qu'iln'avoit pas cru en devoir
prendreautant qu'il en ressentoit.
Aussi ceux qui avoient l'honneur
de commander fous les
ordres , se servoient ils fouvent
d'artifice pour em pefc
her qu'il ne fuit continuellement
exposé aux perils les
plus évidents; mais le Roy.
ayant appris qu'il usoit de
son autorité pour les affronter
, & qu'on faisoit mal sa
cour lors qu'on luy donnoit
des raisons pour empescher
qu'il ne s'exposast
, envoya
des ordres absoluspour retenir
la boülllante ardeur
de ce jeune Conquerant.
S'il avoit donné des marques
d'une intrépidité extraordinaire
,
il fitvoir son
esprit, & sa Coûn-ilffiondatis
la réponse qu'il fit à Sa Majesté.
Illuy marqua d'abord
en termes fort respectueux &:
fort soûmis
,
le chagrin que:
Tes ordres luy causoient ; mais
il ajoûta qu'il s'en consoloit -;,
parce qu'ilesperoitfaire voiren
luy
obeissant
)
des marques de
safoumiffton
, ~e donner en
mesme tempsl'exemple de l'obeiffance
qu'on luy devoit.
Le Siegeestant sur le point
de finir lors que l'ordre du
Roy arriva., il restoit peu de
périls à e flu y er ;
ainfI l'on
peut dire que Monseigneur
le Dauphin aesté ex poCé
presque pendant roue le S~~c ''J'',
ïcnccconsomméedansle
ïence consommée dans le
mestier de la Guerre, ne susirQiifenr
pas toûjours à un Germerai
pour venir à bout d'une
ntreprise.Il peut donner de
cocons ordres
,
mais s'il n'est
nimé il peut estre malobey ;
q Il peut se battre avec toute la
at'ialcur possible & n'estre econdé.Un pas Chefaiméanime
JOIOUS les coeurs d'une Armée,
:2& donne de la force à tous
2)le,s bras. Jay deja marqué
combien Monseigneur le
Dauphin elioit chery
, ou
vï.-rtliW.st adorédetoute l' Armée
,
s'il m'estpermis de
parler ainsi. Cette loüange
luy cir bien due
,
puis que ce
Prince imite parfaitement le
Roy.,qui n'a jamais rien dit
publiquement qui ait pu desobligerpersonne,
qui loin
d'accabler les malheureux,
cherche à excuser leurs fautes,
& qui n'a jamais puny.
lors qu'il a cru pouvoir pardonner,
ce qui a souvent fait
dire, qu'illilloit que ceux qui
avaient encouruson indignation
fujfefit bien coupables, Monseigneur
le Dauphin qui a le
mesmecaractère de bonté,
s'estfait aimer de toutes les
Troupes par une infinité
d'endroits qui meritent d'être
remarquez.
On ne peut porter plus
loin la generositéque ce
Prince a fait tant qu'a duré
la Campagne, n'ayant pas
laissé passer un seul jour sans
répandre ses bien- faits à pleines
mains. Il donnoità tous
les Blessez & n'atrendoit pas
qu'on luy demandast. Il faisoit
distribuer de grosses sommes
pour des Corps entiers.
k
Les Gardes de Tranchée se
re ssentoient touslesjours d c
ses liberalitez. Dés qu'il apprenoit
que quelqu'un s'estoit
t-iiitinguéilluy faisoit rccç—p:
voir la recompense de sa valeur
, & donnoit mesme auxxu
personnes de qualité quiavoient
receu quelquesbies
furcs, parce qu'on peut avoir
besoin d'argent lors qu'on ciWla
malade, & qu'on se trouve
dans un Pays éloigné.
dons estoient accompagnezson
de maniérés quicharmoient
&, qui faisoient oublier la violence
du mal à ceux que lesiM:
plus vives douleurs tourmentoient
Ces consolations é-à
toient suivies d'autres encore
plus couchantes. Ce Prince
-
visitoit non seulement tous
les Blessez de la premiere
qualité, mais on l'a mesme
veu faire l'honneur aux Subalternes
d'allcr jusquechez
eux lors qu'ils estoient d'un
mérité distingué.
Outre les largesses que ce
Prince généreux a faites aux
Soldats blessez
,
ilalloit visiter
les Hôpitaux, & avoirla
bonté d'entrer dans le détail
du soin qu'on prenoit de la
guerison de ceux que leurs
blessuresyretenoient. Il ordonnoit
que les Soldats qui
avoient beaucoup fatigué
dans la Tranchée, fussent
mieux nourris que ne le
sxxxxxxxxxont ordinairement ceux qui
n'ont point essuyé ces grandes
fatigues, ce qui faisoit
qu'ils reprenoient leurs forces
d'une Tranchée à l'autre.
Ainsi on peut dire que ce
Prince empeschoit que les
Soldats ne devinssent malades
,
& que les Malades
ne mourussxent. Aussi pleuroientils
de joye en le
voyant. Plusxieurs ont refusé
son argent, pour faire voir
que lezele qu'ilsavoient pour
l'ilunyte, rleesstengageoit plus que à exposer leur vie
pour le service du Roy, & du
Prince dont l'intreprdité &
les genereuses bontez leur
doinnoient de jour en jour de
nouveaux sujets de l'admirer,
ij Il ne se contentoit pas de fai-
Ire tout le bien qui estoit en
sa puissance , & d'honorer &
| récom penser le mérité ; il a-
,voit encore la bonté d'écrire
très souvent au Roy en faveur
de ceux qui se disxtinjj
guoient extraordinairement. Ilrendoït justice à chacun
sans avoir égard au rang, &
ille faisxoit avec d'autant plus
de joye) qu'il estoit persuadé
qu'il ne pouvoit faire un
plaisirplussensible à Sa Majetité
, que de luy faire connoistre
ceux qui faisoient
des actions extraordinaires,
& de luydemander des récompenses
pour ces gcnereux
défenseurs de l'Etat. Cet aimable
Conquérant ne parloit
jamais deluy dans toutes Ces
Lettres, elles faisoient voir
son esprit & sa genereuse
bonté pour les autres, donc
il prenoit plaisxiràvanter les
avions; de maniere qu'on
n'auroit point sceu les sxien-
: nes, si la Renomméen'avoit
pris foin de les publier. Il
n'avoit point d'autre occupation
que de travailler pour
la gloire, & pour le bien
des Trou pes , & ses li béralités
paroissoient inépuisables
; mais lors qu'on luy
demandoit des graces
-'
il
n'accord oit rien sans en écrire
au Roy, & répondoit,
qu'ilnesxtoit à /'sirmée que pour
commander pour Sa Afajejie»
pour obéir à fis ordres, (7
qu'illuy écriroit pour les recevoir,
apprendre (es 'Volontez.
Cela redoubloit l'admiration
& la haute estime qu'on
avoit pour ce Prince, & le
faisoitaimer davantage,&
c'esxt ce qui a fait dire qu'il
exstoit d'un caracxtere à foutenir
tout le poids dela plus
brillante gloire, sans qu'elle
fust capable ny de l'accabler,
ny mesme de l'ébloμüir. La
genereusefierté qui l'anime,
& le noble mépris des perils
les plus apparens, n'ont pas
moins éclaté en luy dans les
occasïons les plusdangereuses.
Illes a poussez jusques
ou
où le plus-grand & le plus
intrepide coeur les peut por
vtef: Ce Prince fcul av-oit de
larfcrmeté^uand toute l'Ar.'
mée estoit saisiedecrainte,
àc que t®uttrembk>it xjxusqu'a
Versaxilles ;
où l'onn'ouvroit
aucunes Lettres sans resxsentir
tous les mouvemens que caillentordinairement
de grandesalarmes.
Cette intrépidité
accompagnée de toute la
prudence
,
& de toutes les
qualitez qu'on peut souhaiterdans
le plus grand Capitaine,
a plus jette de consxternation
dans les coeurs des
Ennemis que la prise dePhi—h
lisbourg, quelque considerablé
que soit cette Ptace:&~
de quelque importance qu'
--
elle leur fust.Ce que coa
Prince vient de faire leur ap-cp
prend que rien ne luy resistera
,
qu'il n'y a point d'entreprise
dont il ne puisseve
nirà boutique lors qui~u
fuitles leçons du Roy,&qu'ils
marche sur ses glorieuses -frasai
ces,ilsauront encore à CJ j
défendre de ce Monarqueou
melme dans les endroits ouo
il ne fera pas. j lahaute réputation quup
Monxseigneur leDauphin sVft
acqultèdane. toutel'Europe,
&parmy les Troupes ,a fait
;£pnq:er les Ennemis en eux-
-inefmes pour faire reflcxtcni
-furie ridicule
-
de IeutS pensées
chimériques, &: de leurs
sxoles idées, lors qu'ils se
..p>.rfuadoÎenr qu'ilspouvoient
vangerleur gloiredesassiones
-qu.-ctlea receus pir-1et3rs4)cr
tes passées Ils or.c fait des
projets, ils le sont, liguez
sourdement, ils out.'cônv
mencé des lev'éçs,$; ie toit
préparez à .1r)'¡1" fiu pi*-irvv.: ;
-mais le R'¡ y 'reu;:'",", v ;->
lant , & toujours aGtlf pour
le bien de l'on Etat, qui n'ignore
rien de tout ce qui se
parte chez ses Ennemis, &
qui connoissant beaucoup
mieux qu'eux leurs propres
forces, sçait qu'elles font
beaucoup au dessous de leurs
lperuorjests,& fort inférieures à
mauvais de£Teins, par
une conduite toute prudente,
& par une fageprévoyance
a travaillé à dissiper ce
qu'ils meditoicnc contre la
France. Ce Monarque a pris
dans son Cabinet de justes
mesures contre la hardiesse
de leurs projets ; son Auguste
Fils a marché par ses ordres
il a porté la terreurchez ses
Ennemis> la gloire l'a accompagné,
la victoire l'a
suivy, & il anon sxeulement
fait évanouïr tous les desfeins
de ces Ennemis
,
polid"
ques mal-habiles,& qui devoient
accabler la France ea
la surprenant
, mais illeura
donné lieu de se repentir de
leur témérité mal ibuienuët
l& les a contraints, au lieu
d'executer les vastes projets
qu'ils avoient conceus, à
nous ceder des Places qu'ils
estimoient imprenables, &
qui devoient leur servir pour
se défendre, & pour nous
attaquer. Le digne Fils de
Loüis le Grand, en se couvrantd'une
immortelle gloire
par de si grands succés,
dans une saison où le Roy
seul a sceu triompher des Elemens,
& apprendre aux François
qu'ils pouvoient vaincre:
en rour temps) a paru aussî-i
infatigable que ce Monarque,
que les plus rigoureux
hyvers n'ont jamais pu arrester
un moment lors qu'il
voloit à la victoire. Que nC)1
luy devons-nous point pour
mous avoirdonné un Prince
qui luy ressemble si parfaitement,
qui joint à la grandeur
de courage une bonté,
toute genereuse & toute
kjeharmante, qui avec un air
:affable&desmaniérés engageantes,
nous fait voir,quand
il est à propos, sans quitter
ce caractere de douceur, tout
Loûis le Grand dans sa plus
haute majesté
,
qui sçait en
mesme tem ps conserver dans
son coeur, & faireparoistre
|fur son visage, & dans [fon tout
air & toutes ses manieres,
l'auguste & fiere majesté necessaire
aux grands Rois, &
la bonté qui doit regner
dans leur ame pour le bien
de leur Etat, & le bonheur
de leurs Sujets, parce qu'un
Prince qui peut tout, veut
souvent tout ce qu'il peut
lors qu'il ne sçait pas se moderer,
&qu'il n'a pasun fond
de bonté naturelle, & c'est
ce qui fait les Tirans, &rend,
les Sujets malheureux. Monseigneur
le Dauphin n'imite
pas feulement le Roy par ce
noble caractère de bonté,que
toute sa personne&toutes
sesmanieresdécouvrent,
sans qu'ille-f^fle descend re
delamajestéque la grandeur
de son rang l'oblige à conserver,
maisil a au ssi toutes
lesvertus politiques &morales
de ce modelle desSouverains.
Il sçait vaincre en genereux
Con querant;il sçait
obéir aux loix du Ciel
, &
commander aux hommes. Il
sçaitse faire aimer&craindre»,
distinguer le merite, dissimulerce
qu'ilest àpropos
detaire.,cacherles secrets
qu'il est important de ne
point découvrir,& se rendre,
si impenetrable là-dessus,
qu'il ne donne pas mesme lieu
de deviner qu'il est dépositaire
de quelque secret. Il se
plaist à faire du bien, & à
prévenir les souhaits de ceux
qu'il veutgratifier. Ilprend
plaisir aux exercices fatigans
, afin de s'y endurcir
pour servir l'Etat,ce qui luy
a faitsupporter avec une vigueur
si masle & une fanté si
parfaire les violentes fatigues
qu'il aessuyées pendant la
glorieuse Campagne qu'i l
vient de faire. Il elt jeune&
(âge, il estpuissant,&sçait
se moderer ; il écouteavant
que de décider, il aimeà
faire du bien, & ne fair ja-
I
mais de mal. Enfin il imite
I
LouisleGrand, c'est à dire,
le plus grand des hommes &
le plus parfait des Rois;aussi
ce Monarque
,
après l'avoir
mis entre des mains capables
de l'élever,& de le faire paroistre
un jour toutce que nous
le voyons aujourd'huy, a
achevéluy- mesme par son
exemple, & par ses leçons,
une éducation qui embellira
son histoire, & qui n'apprend
ra pas moinsaux Sou^
verains qui ont des Enfans,
ce qu'ils doivent faire,qu'il
servira de modelle aux plus
sages Potentats.
Apres ce que le Roy a fait
pour le repos &pourlagloire
de la France, nous n'avioiïs
plus de voeux à faire,
&-nous ne pouvions plus rien
souhaiter de ce grand Prince,
sinon qu'il prist foinde nous
donner un Fils formé sur
son exemple, qui joignist la
prudence à la valeur; la
bonté & la pieté aux vertus
guerrieres
,
la douceur à la
majesté,l'humilitéàla grandeur,"&:
qui fust en mesme
temps l'admiration & la terreur
de l Univers Nous avons
tout cela dans l'augusteDaufprhoiyn
qui vient de porter Ter
dans toute l'Allemagne,
d'agrandir nos Frontieres,de
fermer les passages qui testoient
à nos Ennemis pour
entrer en France, de jetter le
desordre & laconfusion parmy
eux & de les faire repentir
de leurs impuissantes
Ligues , dont le mauvais
succés les couvre de honte,
*& fait co, nnoistre leur foiblesse
contre le plus grand
Monarque qui ait esté [uuú
le Trônedepuis ~plusieurssi
des. En effet, rienn'estsisur
prenant que de voir que paixçj
la maniere toutemerveilleuse
dont il a regnédepuis qu'il
gouverne par luy-niecniei il
air mis la France en estat dt:
rcflftcr feuleà toutes les Puissances
de l'Europe, de le
faire avec avantage, & db
remporter sur tant d'Ennemisd'éclatans&
de lignaloi
triom phes. Nous avons lieaiiï
d'esperer que la vie de Fins't
fatigabl- Fils de ce reaourajjt
ble Monarnuei , nese IM nr:t
.1
moins pleine de merveilles
que celle de sonAugure
£c toûjoursvictorieux Pere.
Son intrepidité luya déja fait
donner le surnom d.L^ui* le
Hardy. Si dés sa première
Campagne ila merité un
nom qui lecouvre de gloire,
acuité rend redoutab e on doit croire qu'estantformé
d'un sang qui ne s'w st jamais
dementy
, & que le travail
,
& les perils n'ont point étonné
,
lors qu'il s'estagy d'ac-
:
querir dela gloire
,
illa cherchera
toûjours avec le mesme
-emprefTcment qu'il vient de
faire paroistre,&volera avec
la mesmerapidité, lors qu'il
fera question d'entrer dans
le Champ de Mars, & de
faire que la fuite de ses ex-
-
ploits réponde à de si glorieux
commencemens. Ce
Prince a non feulement remply
tout ce qu'on avoit lieu
d'attendre de son sang, & de
fbn éducation, mais il a
mesme fait des chofcs qui
ont farpafle de beaucoup
tout ce qu'on en pouvoit efpcrer.
Son rang luy avoit fait
donner le commandement:
de l'Armée; son intrépide:
valeur,> son extrême vigilance
,
son activité, sa continuelle
application
,
sa prefence
dans tous les lieux ou
:celle d'un General est ne- cdraire, ses soins à s'informer
de tout, à se faire rendre
compte, à voir plus par luymesme
que par autruy , 6c à faire enfin toutes les fon-,
ctions d'un grand Capitaine, & d'un General consommé
ppaarr l'ex perience> l'ont rend u son propre mérité
5
la & par parfaite connoissance qu'il
s'e stacqusse du mestier dela
Guerre
>
aussicapablede
l'employ de General ,que fit'
naissance le rendoitdignede
ce nOlll) qui honore toujours
celuy qui en est revestu
,
&
à qui un Prince ne fait pas
toujours honneur. Quoy
qu'on puisse commander des
Armées sans s'exposer à des
perils nianifestes) & qu'un.
General foit plus utile en
donnant ses ordres,qu'en se*
trouvant luy-mesme à toutes
les occasions perilleuses ,
nostre intrepide Héros a Cflllj
que dans ses premières Campagnes
,
il ne voyoit touni
p«u*luy-nulme sans avoir e~:
gard aux dangers) quelque
a.pp",ens qu'ils
1
fussent, il
n'auroit, pas toute l'experience
necessairepour commander
a &pour vaincre à
l'avenir ; ainsi il affrontoit
les perils à chaqne moment
dlj jour,aulieu que les Volontaires
n'estoient exposez
que les jours que leurs Régimens
montoient la TrancherTout
le Camp retentiffoit
des loüanges que les
Troupes donnoient à ,', ce
Prince, les Ennemis mesmes
n'ont pûluy en refuser,&l'on
doitcroire que si par une
bonté toute genereuse
, ÔC
dont on n'a point encore vû
d'exemple, leRoyen sacrifiant
ses propres interests,a
donné la Paix à l'Europe, la
valeur de Monseigneur le
Dauphin la forcera à la demander.
La joye que ce Prince
a donnée au Roy est si
egsrtande, que la France luy en
redevable? puis qu'elle
peut aider à prolonger les
jours d'un Monarque qui l'a
rendue si redoutable, & qui
l'a mise dans le plus haut degré
de gloire; d'un Monarque
qui fait toute sa joyc &c
toutes ses delices, & pour
qui elle donneroit, tous les
tresors, & verserois tout son
sang; d'un Monarque qui
peutencore luyestre si utile,
& dont elle souhaireroit que.
les jours durassent autant que
la gloire de ce Prince vivra
dans laPosteriré
, & qu'-
elle confervcra la reconnoisrance
de tout ce qu'il a fait
pour fonaccroiffcmenc, pour
faire fleurir chez elle les Arts
& le Commerce, pour la
rendregloneqfe& tranquille,
abondante en toutes choses,
redoutable à ses Ennemis, &
l'admiration de l'Univers. Il
n'y a point à douter que les
jours d'un Fils qui a si heureusement
travaillé à faire
prolonger ceux d'untel Pere,
par la joye & la faiisfachon
qu'il luy donne, ne soient,
augmentez. C'est ce qui a
causéen France une allegresse
si universelle après la prise de
Philisbourg; c'est ce qui a
fait allumer les feux que nous
avons vûs ;c'estce qui a pro«*
duit les acclamations de tous
ceux qui ont pûparler, 6c
les éloges de tous ceux qui
ont pûécrire; tout a publiée
les loüanges de ce jeune
Conquerant; le plus grand
des Rois a esté au devant de
luy
>
chacun s'est empressé
pour le voir, on a versé;
des larmes de joye, &
ce triomphe a esté infiniment
plus glorieux & plus
sensible à cet aimable Prince
que toutes les victoires qui
venoient de luyacquérir une
gloire qui vivra dans tous les
| siecles, puis qu'on lira les
Conquestes de ce Prince dans
l'histoire de LOUIS LE
GRAND.
Je croy vous faire plaisir
d'ajouter a cet Eloge
,
des
Vers qui ont esté estimez
de tout le monde. Vous dire
qu'ils font de MBoyer, de
l'Academie Françoise,> c'cft
vous affeurer de leur beauté.
Vous sçavez que tout ce qui
part de luy, a ce caractère
noble qui cft tant à souhaiter,
& qu'il est si mal-aisé
d'acquérir. Vous y trouverez
un paralelle fort ingenieux
des desseins forrnez contre
l'Angleterre
, avec ce qui.
s'dtpafteducoHe de Philif-,-
bourg.
o.
SUR
SUR LA CAMPAGNE
DE MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
STANCES.
MrSE, qui vois LOVIS reprendrefin
Tonnerre,
Tandis qu'on voit ailleurss'élever
une Guerrey
Dont l'appareilterrible étonne nos
regards, [neraire»
Compare l'attentat d'un Peuple te-
A ce beau mouvement d'un Monarque
dr d'un Pere,
£)nandila purfin Fils ouvert le
1 Champ de Mars.
Là linsolentorgueil arme d'une
imposture
Jnjurienfe aux Loix, au Trône, àla
Nature,
Touffe jusques an bout la barbare
fureur
lcy la genereuse&fage Politique
Arme four l'Equité le Courage héroïque
, Et PAmour de la Gloireanime la
Fa/cur.
Sous le poids étonnant d'une Flote
hjmbreuje,
le voy de fOcéan gémir l'onde éOtraeuse,
Et frémir d.i Complet desfers Rc-
!¡ 1.; : fI.¡,!'!juair;s.
Des Secours m.radiez
, desTroupes
'Àui.sécs
Jt>u'd fulvre leurs Drapeaux on a
prcfqueforcées
Vont portersurun Èùj leurs parricides
mains
Cependant un Héros plan d'une
noble audace
Soutenant hafttètmnt, la gloire de
sa 'Race, VapunirClnjujiict & laTc^er.tc
Etmenant , avec hty la Force 0:" Lt s >VangPe lresiDnrocitsefàsvrseze, d,'une grande
Et dusuperbeRhinabbasse lafcric.
JOnandleBAIAVEauxsansd'une
Eiircprlfc horrible
.1cr,;Iî"1 C7, '¡"1" îicrijïeunCommerceabondant&
I pa'fble, (Rois,
Et brave ferement la pulfKced.s
Nojlrejeune Heros poursuivant fit
carriere
,
A .chaque pas qu'il fait recule la
Frontière,
Et marque chaque infiant par d'illuflresExploits-
TrembleZ yfiersEnnemis du Pouvoir
Monarchique,
J>)ui voulez, envahir le Throne Britannique
,
PourtaurnersirLorIS un impuif
fant cal/roux,
sSoonn EFiillss va cChhadssier voflre jalouse
Yttget il a sur Philuboarg tjJryéfin Courage,
Et le Foudrevangeur qui doit tombersur
vous.
LOVIS a qui toujours la Victoire
eflJîdelle,
La cedant à son Fils qm soupire
pour elle,
Sefaitpar cet effort un Triomphe
plus beau.
Ces Combats, ces Exploits, cette
Gloire qu'ilaime Il , les veut retracer dans un autre
luy mesme,
Et donner à ses yeux un Spectacle
nouveau.
GardeZde vousflatterfur quelque
différence :
LeFils avecle Pere a trop de rejfm*
blance,
Il a mesme 4Afscceennddant, mesmeNom,
mefine Coeiir.
Mtftrtz- l'Avenirsur ce qui'l vient
de faire,
Et v"J(Zdans ce Filssidignedeson
Peu,
Le Second que le Ciel donne à voftrt
rainqueur.
FVoouussejepeerez-, en vain aux disgraces
communes,
Aux prompts abbaijfemens des plus
hautes Fortunes, De nosprofp¡s"ri,tez»rien ne bborne l¡e
cours.
Le Dcjlin de LOF/Sdh?;cnt tous vos
Oracles;
Cejl unfondde Grandeur,de Gloire,
de Miracles,
J9ui ne,taritjamais
,
& quigwjfe
toujours.
Voicy d'autres Vers adressez
au Roy par Mrdela Vie,
sur la premiere Campagne de
ce jeune Prince.
GRandRôy r de l'rnivers & l'amour
y0" L'effroy
6 , ne vis jamais fous ta loy,
Changer L'inconstante rif/oire,
JVuand sur lespas d'un Fils 1-aliq
dis de courir r
Tuf.ils en commençantsa gloire,
Que la tienne ne peut périrr
De ta vertu ,
de ton empire , ilparoisialafois L'héritierglorieux?
Il charme nos coeurs & nosyeux
Par tout ce qu'en toy l'on admire.
Tttfarce) ta clemeuce , & ton rare
bonheur,
Ton infatigable valeur,
Vainquent en luy plus que luyme/
me;
Ta bonté
, ta figejfe,& ta grande
équité,
En luy gouvernerontde mejmc
»
Nofire heureuse poflerité.
Ainsi le bonheur de la France Jffurédéformais "rend , nos dejîrs
contens;
On le voit au deJliu & dufort& du
temps)
Comme l'ony voit tapuissance.
Son fupsrbeEnnemy sisouvent terrassé,
Se vangeoittoujours du passe*
Par un Avenir en idéei
Mais il voit, en tombant fous «
nouveau Vainqueur,
La vanité de sipedèe
,
Et la fuite de (On malheur.
rn coup d'essay luyfaitconnoijhe,
.Zue le Heros, par qui tu l'abas
, aujourefhuy,
Devenant nofireferme apptty9 -
IDéSjeàra fin invincibleMaifire.
,
malgrél'bjver5par mille
beaux exploits
Dans Icfpace pvcfque d'an mois>
De lauriers ilfouvresa tefie;
Bien-tost, s'il acbevoit le cours de
fishautsfaits,
L'Europeferoitsa Conqueste,
Et tes Ennemis tes Sujets.
Mais fais, qua l'exemple du Pere,
Le Fils 3grand en valeur, &plus
grand envertu,
Ayantveu ce quilpourroitfaire»
soit satisfait de l'avoir Plie
En vous parlant des Vers
qui ont ont esté faits sur
cette heureuse Campagne,
je croy vous devoir entreteninin
d'une autre chose, qui contri--it
buera sans doute à faire con--n(
noistre combien le succès ~enaLn
esté important.Chacunayancjrif
faitparoistre son zele pour
la gloire de Monseigneurlesi
Dauphin, selon son genie &&
son talent, Mr Bonart ~az
donnné au Public une Ef--13
tampe de la prise de Philif- -lii
bourg, d'a près le Tableauus:
qu'ilen a luy-melmepeint,.an
C'est un Ouvrage confide- -DE
rable pour sa grandeur Se&
pdaonusr son travail, & qui estils
le goust de ceux de ab
cette nature qui ont esté
faits par les plus grands hommes.
Aussi Monseigneur le
Dauphin,àqui l'Auteur a eu
l'honneur de le presenter,en
at-il esté satisfait. Comme
ce Prince dessine parfaitement
bien,& qu'il sçait même
graves il juge tres-bien
de ces fortes d'ouvrages, &
en connoisttoutes les beautez
&tous les défauts. Cette
Estampese vend sur le Quay
des Morfondus, aux quatre
Vents.
L'erprit des hommes devient
plus subtil de jour en
jour; il n'y a point d'art quiiup
ne leur doive sa perfectionne
&onestsurpris de leur voirrio
toujours trouver de nouveaux XU
moyens pour faire appren-ns
dreles Sciences en peu deeb
temps, & pour éclaircir touttuc
ce qui peut faire naistre desecb
difficultez en quelque matiere
que ce puisseestre. Il vient de
paroistre une Table perpetuelle
des quatre principales
Phasesou a pparitions de la :
Lune, par laquelle sans aucun
calcul, & sans aucune
supputation, mais par le seullu
afpclft, on connoist pour tout 3uo
remps les jours des mois
où arrivent les nouvelles, &
les pleines Lunes, les premiers
& derniers quartiers,
comme aussi le lieu du Ciel
où elle se trouve dans le
temps de ces apparitions; on
y trouve aussi où le Soleil
est placé dans le Ciel au
temps de ces quatre Phases
de
la
Lune. Si cette Table
est bien receuë du Public,
commeil y a fort grande apparence
,
l'Auteur en promet
d'autres qui font toutes difrorées
J & qui tous les jours
a perpetuité, par le seul aspeck
; marqueront l'âge de la
liPJie& son lieu, aussi-bien
que du Soleildans le Ciel.
LeRoy a donné le Gouvernement
def Guyenne
,
qui
vaquoit, depuislamort de
MrleDuc de Roquelaure, à
Mr leComte de Toulouse,
Amiral de France.Les Princes
d'uneaussihaute naissance
que la sienne font si connus
,qu'il me seroit inutile
devous en parler.Sa Majesté
a aussinommé Mr leMaré-
.-chal'de Lorge pour commander
danslamesmeProvince
jusqu'à ce quecejeune-Prince
soit en âge de faire les foncétionsde
Gouverneur.Ce Maréchal
n'cft pas feulement
ggrand Capitaine du costé du
acourage,maisencoreducosté
? des manieres de faire la gutr.é:
re,s'estant appliqué à étudier
celles de feu Mr de Turenne,
son Oncle. La retraite qu'il
fit après la perte de ce grand
homme, avec une Armée
abattuë de douleur, &à qui
la consternation ostoit la
force & le courage, a passé
pour une des plus iàgcs & des
plus grandes ?.£tions
,
qu'un
>Ca pitaine consommédans le
métier de la guerre puisse ja..¡;(
mais faire.
Mrl'Abbé de laPerouze
Doyen de la Savoyeayant iz
a priere de Messieurs de Di
jon, engagé Mrs les Abbez
Brunet, du FIos, de la Ruë
Vivans,& les autresDocteur
qui l'avoient accompagné eos
la derniere Missionde S. Paul
à Paris, à en entreprendreune
semblable en cette Ville de :
Bourgogne, il la commença
le premier Dimanche de l'A.-Ael
vent, &elle n'a esté tenni-im:
née que depuis fort peu de
jours. Dieu y atellementré ;
pandu sa benediction, que
és deux heures du matin les
plesaccouroient en foule
Wrporte de l'Eglisepour y
Ktçnir leur placeaumoment elles'ouvroit ,
sans que la
Bjueur de la faison fist relâcher
leur ferveur. Messieurs u Parlement ordonnerent
~e l'Audience se tiendroit
Rutoft
,
afin qu'ils pussent
ssistter au Sermon de dix
eures
; outre ceux du ma-
Esn il y en avoit deux au- lesoir. Il s'est fait pen-
~ant ce temps plusieurs re-
~ires générales de per!cnnes
de tous Etats, dont la
moindre a esté de plus de
mille personnes. Je ne vous
rapporte point icy les prodigieuses
restitutions qui onw
esté faites, ny les réconciliationspresque
inetperéesdonc
on est venu, heureusement àe
bout. Ce détail pourroitfaire
peine aux personnes interessées,
quoy qu'on ne lesnommast
point. C'est la soixante
&: dixiéme Mission que M
l'Abbé de la Percuze a en,.
treprise depuis vingt- quacr^i
ans qu'il tn: Docteur de td
fameuse M.xifon de 50[--:
lionne.
Le 13. de ce mois, il se fit
une grande Ceremonie dans
FEghie de Saint Nicolas du
Chardonneret, al'occafioii
du Baptcfme detrois Turcs,
dont l'un nommé Mehemet,
natif de Thunis, elt âgé de
cinquante-cinq ans, & en a
passévingt- six esclave à Gennes.
Le second nommé Ibra
him, qui est d' Alexandrie en-
Egypte, & âgé de vingt Gx~
ans, ayant communiqu é au
Consul François l'envie qu'il
avoit d'embrasser la Foy
Chrestienne,gagna denuit
(, a la nâge un Vaifkau oui
estoit hors du Port à lai
rade, & passa en France; &:
le troisiéme, qui s'appelle
Achmer
:J
natif de Biserte,&
âgé devingt-deux ans, fut
pris prés de Barcelone par les2
Espagnols, qui le vendirent
aux Genois, chez lesquels ill
il a esté esclave trois ans..
leur bonne fortune les ayant
fait venir à Paris, ilss'adresserentau
Pere Verdun, Religieux
du Grand Convent des
l'Oservance de S. François
de Toulouse
,
qui travaille
depuislongtemps avec des»:
soins infatigables
,
& avec
tant d'utilité pour laconservation
des Saints Lieux, &
: pour lesecours des Religieux
de son Ordre qui les desservent,
aussi-bien que pour
tous les Catholiques de la
Terre-Sainte. CePere a fait
voir par l'ardente charité qui
l'a porté à instruire les trois
Turcs que je viens de vous
nommer, que rien ne le touche
plus sensiblement que la
conversion de ces Infidelles, ,
parmy lesquels il avêcu trois
ou quatre années,&Dieu a
beny sivisiblement les foins
qu'il a pris de leur expliquer
nos plus augustes misteres,
qu'en deux mois d'instruction
ils ont paru sçavans
dansles veritez de nostre
Foy,& dans les points princi
paux de la Religion Chrestienne
,
dont ils n'avoient
pas auparavant les moindres
principes. La Ceremonie de
leurBaptesme se fit à trois
heures après midy, en presence
d'un nombre presque
infiny de témoins. Des Personnes
de la premierequalité
leur servirent de Parrains &
de Marraines. Mehemetfut
nommé François ,
Ibrahim
Charles, & Achmet Antoine.
Le Baptesme fait,le Pere Verdunleur
fit un Discours en
Italien,pour leur faire comprendre
l'excellence du Sacrement
qu'ils venoient de recevoir
,
& l'obligation qu'ils
avoient de se servir utilement
dela grace qu'il avoit pleu à
Dieu de leur faire.Ils sontaux
Nouveaux Convertis, où ils
ont esté placez par le zele
de Mr le Theologal, Administrateur
decetteMai son.
Comme le Roy n'arien
souhaité avec plus d'ardeur
que de voir la Religion Catholique
regner feule dans;
tout sonRoyaume, ce Monarque
continuant ses bontez
pour les Nouveaux Convertis,
a toujours foin qu'il
se trouve un fond suffisant
pour le payement de leurs
Pcnfions. Aprés avoir pourveu
au quartier d'Avril de
ces Pensions par les deniers
qui pouvoient estre entre les
mains de ceux qui avoient
estécommis à la regie des
biens des Consistoires&des
Ministres, & autres de la Religion
Pretend uë '-: eformée
qui sont sortis du Royaume,
dans
dans les Provinces de Languedoc
& de Provence, &
dans les Generalitez de Mets,
Lion, & Chalons, Sa Majesté
voulant pourvoir au
payement du quartier de
Juillet sur les fonds qui font
entre les mains de ceux qui
ont fait la regie des mesmes
biens dans les Generalitez de
de Roüen
,
Caën
,
Bordeaux)
Montauban, Limoges, Tours,
Amiens, Poitiers, & Dijon,
& dans les Provinces de Dauphiné
& de Flandres au département
de Lille, a ordonné
-
que les Commis preposez
à la regie de ces biens dans
ces Provinces & Gencralitez,
feront obligez de remettre
incessammententre les mains
de Mr Clement, chacun à
proportion de ce qu'ils peuvent
avoir touché, la somme
de 121855.livres, pour estre
employée au payement daj
quartier de Juillet
,
suivants
l'estat quia esté arresté des
ces sortes de Pensions
, montant
à la mesme somme.
Cela est expliqué plus auu.
long dans l'Arrest du Con.()
seil d'Estat du Roy,donné
le 8. de ce mois.
De toutes les passions,
l'A mour estcelle qui donne
lieu à plus de bizarresavantures
; je vais vous en apprendre
une assezsinguliere.
Une Demoiselle fort bien
faite, ayant atteint l'âge de
vingt. deux ans sans s'estre
hâtée de se marier, parce
qu'elleestoit difficile sur le
choix, se rencontra un jour
chez une Dame, où estoit
un Cavalier qui avoit entendu
parler d'elle plusieurs fois
d'une maniere fort avantageuse.
Elle n'avoit point de
Mere, & comme beaucoup
de sagesse regloit sa conduite,
son Pere la laissoitvivre
sur sa bonne foy, & s'estoit
contenté de metrre auprés
d'elle pour la bien-seance,une
Femme assez âgée qui l'accompagnoit
par tout où elle
vouloit aller. Le Cavalier qui
depuis longtemps avoit grande
envie de la connoistre, ne
laissa pas échaper l'occasion
de s'assurer par luy-mesme
du merite de cette aimable
personne. Il s'attachaàl'entretenir,
& luy trouva un
tour d'esprit agreable&remply
d'honnesteté, qui passoit
.A
pencore ce qu'il en avoit oiiy
dire. Cette conversation l'autorisa
à luy rendre une visite
peu de jours après. Il eut
tout sujet d'en estre content, r& Ces manieres nobles & touchantes
luy ayant gagné le
coeur, les foins qu'il continua
de luy rendre auroient
>
este des plus assidus
,
si elle
) eust voulu y consentir;mais
comme il n'estoit pas siaisé
de luy donner de l'amolli
que d'en prendre en la
voyant, quelques protestations
qu'il pust luy faire que s'il avoit le bonheur de ne
luy déplaire pas, elle pouvoit
ordonner de sa destinée,elle
le pria de la voir plus rarement,
afin que sapassion nel'aveuglastpas,&
que demeurant
toujours le maistrede sa rai-
[ün, comme elle pretendoit
l'estre de la sienne
,
ils pussentexaminer
sans nullesurprise
, s'ils seroient afiez le
fait l'un de l'autre pour se
rendre heureux en s'épousant.
Cette retenuë ne fit que
l'enflamer davantage; son
coeurestoit tout occupé d'elle
; & n'a yant pu obtenir la
liberté de la voir aussisouvent
qu'il le souhaitoit, il
chercha à se soulager en luy
écrivant. Il avoit un talent
particulier pour bien tourner
un Billet, & il esperaque s'il
pouvoit l'engager à luv répondre,
il assureroit en quelque
sorte le succés de ion
amour. La Belle receut sa
Lettre dan;. le temps qu'une
jeune Veuve de ses intimes
Amies estoit avecelle,&elle
ne pretend oit que luy faire
faire une honnesteté de bouche
,
quand son Amie, la
pressa de luy répondre. Elle
repliqua qu'elle n'écrivoit
jamais, & que les Lettres les
plus innocentes,montrées indiscretement,
faisoient souvent
faire de si méchans contes,
qu'elle avoit bien resolu
de ne s'exposerjamais à un
chagrin de cette nature. Le
jeune Veuve qui écrivoit agreablement
-'
prit la plume
à son refus & quoy que la
Belle s'obftinast d'abord à
s'y opposer,ellel'obligea enfin
defouffrir qu'elle répondist
pour elle. Cette tromperie
ne luy devoit rien faireapprehender
de facheux. La
Lettre ne pouvoit luy enre.'
imputée, puis qu'ellen'estoit
pas de sonécriture,& quand
le Cavalier auroit eu l'indiscretion
de la faire voir, loin
d'en tirer aucun avantage ,
il
n'en pouvoit attendre quela
honte de s'estre vanté d'une
faveur qu'on ne luy auroit
point faite. Ilfutcharn éde
cette réponse Quoy que les
termesfussentassez generaux,
il y avoit une finessed'esprit
qui redoubla son amour.
Il crut mesme y découvrir
quelques sentimens qui le
flaterent, & rien ne luy avoit
jamais causé tant de joy c. Il
ne manqua pas le lendemain
d'aller voir la Belle qui ne
voulut point le détromper,
& qui receut pour son compte
tout es les loüanges qu'il
luy donna sur la maniere
d'écrire. Il eut grand soin de
continuer ce commerce de
Billets.La Btile iouffroit que
la jeune Veuve y répondist
toutes les fois qu'elle se trouvoit
chez elle dans le moment
qu'ils luy estoient apportez,
& elle trouvoit quelque
pretexte pour se défendred'écrire
dans les autres
temps. Le Cavalier relisoit
cent fois toutes les réponses
qu'il croyoit estre de cette
aimable personne , & il les
regardoit comme autant de
gages cjui luy répondoient
de son bonheur. Il fut troublé
par un Rival dangereux,
qui fut receu de la Belle
assez favorablement. Il avoit
du bien & de la naissance,
& il estoit fau d'une maniere
à ne pas rendre des foins inutilement.
Ses visites devinrent
suspectes au Cavalier. Il
contraignit d'abord fan chagrin,&
le laissaensuite éclater
sur ion visage sans oser s'en
plaindre à celle qui le causoit.
Il ne put enfin s'empescher
d'en témoigner quel
que chose à la jeune Veuvo
eent il s'estoit fait ani y ,
&U
prir le party de luy écrire
tout ce qu'il souffroit quand
il trouvoit son Rival chez sa
Maistresse
,
dans la pensée
qu'elle luy leroit lire ses Lettres,&
que lestendresexpresfions
dont il se servoit,seroient
capables de toucher
son coeur. La Dame ue voulant
pas luy faire connoistre
la tromperie qu'on luy avoit
faite, employoit la main do]
sa Suivante pour luy répondre,
& tâchoit de bonne foy
à luy rendre les bons offices
qu'ilexigeoit d'elle. Son
Amie qui ne se laissoit point
preoccuper par l'amour; &
Qui vouloit choisirà son
avantage, trouvoitfortmauvais
que le Cavalier osast
condamner les honneftetez
qu'elle avoit pour son Rival.
Les plaintes qu'il se hazarda
à luy en faire luy-mesme,
marquoient un caractere
d'emportement& de jalousie
qui ne l'accommoda pas. Elle
luy dit qu'il ne pouvoit prendre
une plus méchante voye
pour se faire aimer, que do:
vouloir agir avec tyrannie,
& qu'il prist garde qu'une:
conduite si peu raisonnable
pourroit ne servir qu'à avancer
les affaires deceluy qu'il
essayoitdedétruire. Ils eurent
ensemble plusieurs differens
sur ce Rival trop bienécouté
& la jeune Veuveempeschoit
souvent qu'ilsne se brouillassent
avec trop d'aigreur, rnal."
enfin comme il ne put mode
rer sa jalousie,la Belle se trouvasifatiguée
de ses plaintes
que jugeant qu'un homme
qui n'estant encore que son
Amant vouloit l'obliger de
se conformer à ses caprices,en
uferoit avec une autorité insupportable
quand il seroit
son époux, elleresolutde luy
oster toute l'esperance qu'il
avoit conceuë. Elle ne songeoit
à se marier que pour
estre heureuse, & les reproches
continuels qu'il prenoit
déja la liberté de luy faire,
luy faisoient connoistre que
sa conduite, toute reguliere
qu'elleestoit, ne le satisferoit
pas. Ce qu'elle avoit
resolu futexecuté, & dés le
premier demesté qu'ils eurent,
elle le pria de changer eru
amitié les sentimens qu'il
avoit pour elle. Elle ajousta
que sur ce pied-là elle le verroit
toujours avec plaisir , parce qu'elle avoit pour luy,
une veritable estime, mais
qu'après laconnoissance qu'il
luy avoit donnée de son caractere
,
il ne devoit pas at.;
tendre qu'elle s'aimast assez
peu,pour vouloir passer sa vica
avec un homme dont l'humeur
n'avoit aucun rapport
à la sienne. Le Cavalier fier
tout ce qu'il pût pour l'adoucir;
il employa son Amie,
& il n'y eut point de soûmission
qui ne fust mife^n
usage, mais tous ses efforts
furentinutiles, elle demeura
inebranlable, & il fut contraint
de renoncer aux pretentions
qu'il avoit euës. II.
alla s'en consoler chez la jeume
Veuve. Elle avoit del'agrément
& beaucoupd'esprit,
hôc comme une passion en
guerit souventune autre, insensiblement
il prit plaisir à
,11a voir. Il s'expliqua ,il sur
écouté, & le seul obstacle
qu'il trouvoit à son bonheur
venoit de la crainte que la
Dame avoir qu'il ne suil toujours
touché de la Belle. Illa
voyoit encore quelquefois,&
elleluyopposoit quec'estoit
un feu caché sous la cendre..
Ill'asseura qu'il n'alloit chez
elle de temps en temps que
par une pure bien seance, to
pour l'empescher de croire
que le dépit eust succedé à
l'amour, & qu'il ne fust paîîi
entierement dégagé. Sur cette
esperance la jeune Veuve
à qui le Cavalier ne déplaifoit
pas, alla demanderàfor*
Amie ce qu'ellevouloit qu'ItJ
elle lia de luy, parce qu'il
l'accabloit de visites, & la
voyant rire de cette demande
,
elle luy confia les fortes
protestations qu'illuyfaissoit
d'un attachement sincere &
tendre. La Belle répondit
qu'elle n'avoir qu'elle-mesme
à consulter, & que si son
caractere jaloux&bizarre ne
luy faisoit point de peine,
elle pouvoit suivre son panchant
sans craindre de luy
causer le moindre chagrin.
Leur mariage fut arresté en
fort peu de tem ps,& ils en
remirent la conclu sion au.
tour d'un voyage de deux
ou trois mois que le Cavalier
fut contraint de faire pour
un procésévoqué par les,
Parties à un Parlement fort
éloigné. Ils se promirent de
s'écrire fort souvent,&ils
se tinrent parole. La De-me
continua d'mprunrer la main
desa Suivante, parce que ne
luy ayant rien appris de la
tromperie qu'on luy avoit
faire touchant les réponses
qu'il croyoit avoir receuës
de la Demoiselle
,
elle trouva
à propos de ne luy
dire qu'ellesestoient de son
écriture, qu'aprèsque le mariage
seroit fait. Il y avoit
trois semaines que le Cavalier
estoit party,& la jeune Veuve
en avoit déja receu plusieurs
Lettres, quand son Amie
l'estant venuë voir,luy
en montra une qu'elle avoit
receuë de luy le jour precedent.
Ce n'estoit qu'un compliment
de civilité, dont la
Dame ne se seroit point inquietée,
s'ill'eust écrit à toute
autre, mais il luy parut
qu'à son égard, ce soin obligeant
estoitun reste d'amour,
& un mouvement jaloux qui
la saisit aussi-tost, luy fit
prendre le dessein d'approfondir
les plus secrets sentimens
du Cavalier. Elle eut
cependant l'adressede déguiser
sa surprise, &en affectant
vn air enjoüé,elle demanda
à son Amie si elle vouloit la
charger de sa réponse. La
Belleluy dit qu'elle devoit
croire que n'ayant jamais écritau
Cavalier,elleleferoit
encore bien moins après leur
rupture. Si-tost qu'elle fut
partie, la jeune Veuve qui
s'estoitflatée de posseder tout lecoeurde sonAmant,voulut
sçavoir ce qui en estoit.
L'occasion estoit belle pour
découvrir avec une entiere
certitude, s'il l'avoit trompée
en luyjurant qu'il ne
cesseroit jamais de l'aimer.
Elle prit la plume
, & luy
ecrivit au nom de la Demoiselle.
La Lettre portoit que
les marques de souvenir qu'il
venoit de luy donner luy
estoient fort agreables, quoy
qu'elle eust lieu de se plaindre
de ce qu'il s'estoitresolu si
promptement à n'estre que
son Amy; qu'un coeur bien
touché estoit incapable de
changer de sentimens ; qu'elle
l'éprouvoitpar ceux qu'elle
conservoit toûjours
, &
que si elle luy avoit causé
quelques chagrins,illuy feroit
peutestre aisé de les reparer
,si l'engagement qu'il
avoir pris, ne l'avoit pas mise
hors d'estat de luy marquer
tout ce qu'elle estoit pour
luy. Elle finissoitenluy donnantuneadresse
particuliere,
afin queson nom ne paroissant
point sur l'envelope,
ses Lettres ne fussent pas
en peril d'estresuprises par
les Curieux. Le Cavalier don-
-
na
na dans le piege,&le moyen
qu'il eust pu s'en garantir? Il vit la mesme écriture des
premiers Billets qu'il avoit
receus, & n'ayant point à
douter que ce ne fust celle
de la Demoiselle, il s'abandonna
à toute la joye que
weut causer une chose
?C}U'on souhaite avec ardeur,
&&: quel'on n'o se esperer.
2Si premiere passion se réweilla
toutàcoup. La précaution
de vouloiréviter les
Curieux sembloit l'asseurer
au'on avoit un véritable dcf*
sein de renoüer avec luy. Il
releut vingt sois la Lettre,&
tout remply d'une esperance
flateuse
,
il fit réponse sur
l'heure selon l'adresse qu'on
avoit pris foin de luy marquer.
Il se servit de termes
si tendres, & employa des
expressions sivives, qu'il fut
aisé de connoistre que c'estoit
le coeur qui les fournissoit.
LaDamequi avoir prïs
de justes mesures, ne manqua
pas de recevoir cette
Lettre. Elle y remarqua avec
chagrin que son Amie estoit
toujours aimée en secrer,&
qupyqu'il luy fust facheux
"de(renoncer àl'amour du
--Cavalier', elle resolut de n'en
-efire pas ladupe. La maniere
donc il s'expliquoit luy fit*
>comprendre qu'il n'y avoit
irien de plus dangereux que tdepouier un homme prevemu
d'une forte passionqu'un
rnouvel engagement n'avoit
Ipu éteindre, & ne songeant
jplusàMe conserver pour foli
^Amant ,
elle voulut pousser
rlnfidÿhlé qu'il commençoit à luy faue,jusqu'au plus haut
point où il pouvoit la por-
;:r.„Elle luy manda qu'elle
xftoit
fort satisfaite des affurances
d'amour qu'elle recevoit
de luy, & qu'elle avoit
beaucoup de panchant à y
répondre,mais qu'elle estoit
combatuë par le doute ouc
elle estoit qu'il voulust quitH
ter la Dame pour luy redonne
ner toute sa tendresse. Le Ca*C
valier ne balança point suos
le sacrificequ'on luy demandoit,
& comme pour letenir
tout-à-fait certain,on vouk;/ii
avoirtoutes les Lettres quup
la jeune Veuve luy avoit
crites
,
il eut l'imprudent
de les envoyer. La Dame quip ;
se donnoit cette Comedie,
"¡.oit senty vivement l'outrage
qu'il luy faisoit
,
si raffil-
Tance de l'en voir puny severement
ne l'eust consolée.
Tandis qu'elle luy écrivoit.
ainsi de sa main pour la Detiliolelle.,
elle se servoit de.
celle de sa Suivante pour luy
décrire en son propre nom.
Ce qu'il y eut de plaisant,
c'est qu'à mesure que lesLettres
qu'il croyoit venir de
son Amie estoient pleines de
tend resse, celles qu'il adressoit
àla jeune Veuve, marquoient
le degoust d'une personne qui:
les écrivoit avec contrainte.
Elle se divertissoit à luy en-r
faire de legers reproches, &.:
il s'excusoit sur ce qu'un
procés ne met pas les gens
de bonne humeur. Il accommoda
le sien & relâchamê-
-
me de ses droits, par l'impatience
qu'il eut de retour- -
ner au près de la Belle. Il revint
tout triomphant, & ne
doutant point de sa conquef- -
te. L'amour luy épargnoit
les remords de son infide--
lité, & il alla d'abord chez
la Belle dont il esperoit uni
accueil charmant. Il fut fort
surpris quandtoutau con-*-
traire il s'en vit receu avec
beaucoup de froideur. Elle
demanda s'il avoit veu son
Amie, & sut la réponse qu'il
luy fif qu'il sçavoir trop bien
aimerpour en avoir eu aucune
pensée, elle tomba dans
un tel étonnement qu'elle demeura
muette. Tout ce qu'il
luy dit ne servit qu'à augmenter
cetétonnement. Elle
n'y comprenoit rien, & comme
il ne s'expliquoit pas
nettement,parce qu'il croyoit
estre entendu après les Lettres
qu'ilprétendoitavoir d'elle,
l'embarras de cette Belle
Personne devenoit toujours
plus grand.Elle ne fut éclaircie
derien,à cause de l'arrivée
du Rival qui avoir esté
lacause de leur ru pture. La
Belle qui le devoit époufer
dans quatre jours, luy fit des
honnestetez si obligeantes,
que le Cavaliern'en put eflre
le témoin. Il sortitdesesperé,
& dit feulement tout bas à
la Belle, qu'elle auroit peutestre
lieu de se repentir de sa
tromperie. Une menace si
brusque mit le comble à sa
surprise.Ellecrut qu'en changeant
d'airil avoïc DC[Gll;
l'esprit, & ne sçavoit à quoy
imputer un procedé qui luy
paroissoit si extravagant. Il
alla chez une personne par
qui il pouvoir apprendre en
quels termes la Demoiselle
estoit avec son Rival. On luy
dit que les articles estoient
si gnez,&que le mariage se
devoit faire au premier jour.
Il ne comprit rien de son
costé à une conduite si peu
ordinaire. La Demoiselle
dont les manieres honnestes
estoient estiméesde tout le
monde, paru luy avoit toujours incapable d'untour pareil
à celuy qu'on luy joüoit,
& en cherchant pourquoy
elle le traitoit si indignement
,- il crut que tout cela
s'estoit fait pour obliget son
Anlant, qui par haine ou par
caprice pouvoir avoit exigé
de son amour un traitement
si injurieux. Il nevoyoit pas
pourtant quel interestluy
avoit fait souhaiter qu'il rra.
hist la jeune Veuve. Il n'y..
avoit qu'à ne point troubler,
leur union, & il n'eust jamais
repris de nouvelles esperances.
Quoy que la maniere
dont elle avoit agy avec
luy letouchaitsensiblement,
il ne put s'imaginer qu'elle
eust pris plaisir à le broülller
avec son Amie.Lelen demain
il alla chez elle comme ne
faisant que d'arriver. Les reflexions
qu'elle avoit faites
l'ayant renduë maistresse de
l'émotion qu'elledevoir avoiren
le renvoyant, elle le
felicitad'un air tranquille sur
son racommodement, & luy
dit en mesme temps qu'elle
n'auroit jamais cru qu'il eust
voulu la sacrifier à une personne
dont il n'estoit que
trop feur qu'il ne pouvoit
estre aimé. Le Cavalier
n'ayant rien à répondre àce
reproche, garda un profond
silence, &la Dame luy porta
le dernier coup en luy montrant
toutes les Lettres qu'il
avoit écrites, & à son Amie,
& à elle-meime. Il s'écria
qu'il n'y avoit jamaiseu une
telle trahison, & persuadé
par ce qu il voyoit que la
Demoiselle avoir tour remis
entre les mains de la Dame,
il sortit tout en fureur sans
chercher à s'excufer. Ilconnut
bien qu'illuy feroit impossible
d'en venir à bout, &.
dans ce mesme momentil
alla trouver la Belle. Il fit paroistre
tant d'emportemens
dés qu'il commença à luy
parler que pour en pouvoir
démester la cause elle resolut
de l'écouter sans l'interrompre.
Illuy reprocha l'artifice
de ses Lettres, pour tirer de
luy celles qu'elle avoit voulu
qu'il luy envoyast de la
jeune Veuve, & ajoûta qu'en
les publiant il la couvriroit
dehoncc. La Demoiselle demanda
à voir ces Lettres, &
les ayant luës avec beaucoup
de surprise,elle l'assura qu'il
n'y en avoit aucune que son
Amie n'eust écrite. Elle luy
conta ce qui s'estoit fait touchant
ses premiersBillets, &
luy avoüa qu'ayantreceuune
desesLettres un peu aprés ion
départ, elle l'avoit leuë à la
jeune Veuve,protestant que
c'estoit la feule qu'elle eust
euë de luy pendant son
voyage, & que puis qu'elle
luy avoit promis de le regarder
toujours comme son Amy
,
il luyfaisoit unegrande
injure,s'il luy croyoit
l'ame assezmal faite pour
avoir contribué à la tromperie
dont il se plaignoit;
qu'elle estoit au desespoir
quoneustemployé sonnom
pour l'abuser, & qu'en toute
occasion elle luy donneroit
avec plaisir des marques de
son estime. Le Cavalierconvaincu
qu'il n'avoit aucun
sujet de se plaindre d'elle,
voulut entrer dans les sentimens
que ses fausses Lettres
avoient remis dans son coeur,
& la Belle l'arresta en le
priant de vouloir bien s'en
tenir aux termes dont ils
estoient convenus, puis qu'-
elle eftoir preste à se marier
& quetoutce qu'il pourroit
luy dire de sa passion feroit
inutile. Il se voyoit dans une
facheusesituation. Les charmantes
esperances qu'il avoit
reprises estoient perd ues
pour tou jours. Il n'avoitrien
à attendre de la jeuneVeuve, à quiil avoit fait un outrage
qui ne pouvoit estre reparé-
& il auroit en luy - mesme
beaucoup de peine àluy pardonner
Testas malheureuxoà
elle l'avoit reduit, en rallumant
une flame qu'il cftoit
contraint d'éteindre encore
une fois, Dans ces agitations
il ne trouva point de plus
seur moyen d'oublier tous
ses chagrins, que de se donner
entièrement à la gloire.
On se preparoit pour aller
à Philisbourg; il prit
party dans les Troupes, & se
rendit devant cette Place,
où il a fait d'assezbelles actions
pour n'avoir pas taiflc
son nom inconnu.
J'oubliay le mois passé de
vous dire que le Pere Mourgues
Jesuite, avoit faitl'ouverture
des Ecoles de Mathematique
à Poitiers devant
tousles Ordres de la; Ville ,
& en presence de Mr l'Intendant
d'une maniere fort spirituelle.
Cet illustre Professeur
exposa à l'Assemblée la
place de Philisbourg,quiest
un heptagone qu'il avoitfait
relever tres proprement cn,
bois, & dans de justes mesures.
Tous les Bastionsétoient
couverts de leurs demy-lunes
, & les courtines garnies
de leurs ravelins. On y voyoit
l'ouvrage couronné & l'ouvrage
à corne, & dans le
centre du Fort, au lieu marqué
pour la Place d'Armes,
on avoit mis la Medaille de
Monseigneurle Dauphin, où
estoit la Devise de ce Prince.
C'estl'Etoile du matin avec
un Soleil sur l'horison. Cette
Etoile qui estnommée Lticj"
fer, se fait voir feule dans le
Ciel assez long-temps aprés
le lever du Soleil. Ces paroles
servoient d'ame a ce
Corps; Coram micat unus.
Comme le Pere Mourgues
sçait parfaitement les belles
Langues, il a fait aussi une
Devise Italienne àla gloire
de ce jeune Conquerant, &
je vous l'envoye. Le Corps
estun Aigle,portantunfoudre
dans ses serres, &ce mot
pour ame. Par Giove all'armi.
L'explication est fort juste
& l'application ne l'est pas
moins.
Fuggi /'Aquile inemi , Imbelle Stuolo,
Che ti vien Jopra il Re de
IlArla) e parmi
Degno delïalto Impcro
ait'armi, al volo,
Al volo Aquila, fy pur
Giove all'armi.
Je vous envoye
une
Me..
daille qui aesté frapée à l'ocLe
Roy d'Angleterre,
AU ROY.
SONNET. ROT,Protecteur des Rois dans
leur adversité
le , fondesur toyjeul toute mon ejperAnce,
le viens dans mes malheurs implorertavangeance
Contre lésacrilege & l'infidélité.
V-aymaintenu la Paix,par mon au*
torité1j
Les plus fiers Potentats brguoient
mon alliance,
2j7 dans ce haut degré de-gloire & de
puissance
Toutsembloitcons,pirer à ma fili.
cité.
Cependant an milieu de ma grandeur,
Jupréme
, Abandonné, trahi
)
je perds le
Diîdème;
Ce terrible attentat ftit horreur aux-
Mortels.
Contre un VJurpateur, Grand Prince,.
prens ta foudre,
Réduis dans mes Etats ces Rebelles
en poudre,
fange lesdroitsfdcrez:die Trône &
des Autels.
Je vous parlay il y a deux
ans de la Theriaque, que fit
MrdeRoviere,& vous appris
beaucoup de choses curieuses
sur ce sujet. Il n'en fit
alors que six à sept cens livres
pesant, mais ce grand remede
a esté trouvé si bon,& a produit
des effets si évidens pour
la fanté, qu'onpeut dire qu'il
a presque redonné la vie à
des personnes du Sang Royal,
de sorte que n'en ayant plus
que fort peu, &ce remede étant
recherchéavec empresse-
-
ment,il en va faire quatorze :
cens livres fous les auspices
de Mr le premier Medecin
du Roy. Comme il n'y a
rien n
rien de plus beau, & de plus
curieux à voir que les choses
qui compqiejrit ce remeie*
ellesseront exposéesà le censure
du public chez M de
Royiere. On y verra ce qu'il
yyaa jajammaa-iissceuu-ddeepplulussrarraeredefaut
dequoy on n'a fouvent
pasfaitdifficultéde substituer
-
d'autres Simples. Il
faut vous aprendre ce que,. c'est que cette lubftitutiQa>
que la. necessité oblige de
permettre. Lors qu'il est absrolumentimpossible
detrou- quelqu'une des drogues
qui doivent entrer dans la
Theriaque
, on permet d'en
mettre quelqueautre à la
place, qui ait une vertu approchante
de celle qui manque.
On verra parmy les choses
rares qu'onprepare pour
ce grand remede, beaucoup
de Falcitis
,
& de Baume desj
Judée
,
ainsi que toutes les?:
Fleurs necessaires
, commet
dans leur premiere beauté
par les soins que M1 de Izl
Rovicre a pris d'entretenir
commerce avec ceux qui er
ont dans les Indes.LaSalle
sera ouverte le 10, ou iz. ~deb
Fevrier prochain,& on y verra
ce curieux appareil pen- dant le reste du mois. Le Public
fera averty par un lillprimésurce
sujet.
Conseilles du Royen ses
Conseils,&Presidentnédes
Etats de la Province de Languedoc.
Charles-MauriceleTellier,
Archevesque DucdeReims,
premier Pair de France.
Pierre du Cambout de
Coissin, premier Aumônier
du Roy, Evesque d'Orleans.
Loüis- Joseph
, Duc de
Vendosme & de Mercoeur,
Pair de France, Prince d'Annet
& de Martigues, Gouverneur
& Lieutenant general
en Provence, Lieutenant
general des Armées du
Roy.
Loüis deLorraine
>
Grand
Escuyer de France, Gouverneur
& Lieutenant general
de la Province d'Anjou,
grand Senechal hereditaire
de Bourgogne.
Henry de Lorraine, Comte
de Brionne ,receu en survivance
de la Charge de
Grand Ecuyer de France, &
duLGeoPuvreinrnceemPehnitlidp'Apnejsodue. Lorraine.
Charles de Lcrr.-t«-ne>Conite
de Madan.,
Charles, Seigneur de la
Trimoüille,Duc de Toüars,
Pairde France,Prince de
Talmont, Comte de IaavaJ,
premier Gentilhomme de la
Chambre du Roy.
Emanuël de Crussol
, Duc
d'Usez,Pair deFrance,Prince
de Soyon , Comte de Crusfol
&autres lieux, Gouverneur
& Lieutenant general
des Provinces de Xaintonge
& d'Angoumois.
Maximilien-Pierre - Françoisde
Bethune
,
Duc de
Sully,Pair de France Prince
Souverain d'Henrichemont
& de Boisbelle
,
Marquis de
Rosny&autres lieux, Goi^
verneur & Lieutenant General
au Païs Vexin, Ville &..
Château de Mante ~ï"~ i
Armand
-
Jean du Plcfl'is,
Duc de Richelieu & de Fransac
, Pair de France.
François» Duc de la Rochefoucaut
,Pair de France
Princede Marcillac, Grand
Veneur,& Grand Maistrede
la Garderobe. Ht b&
Loüis de Grimaldi,Prince
de Monaco? Duc de N7alen-9-
tinois? Pair de France.
François Annibal d'Estrées
de Lauzieres,Duc d'Estrees
> Pair de France, Marquis de
Coeuvres
?
Gouverneur &
Lieutenant général au Gouvernement
de l'Isle de
France.
Antoine-Charles, Duc de,
Gramont
, Pair de France,
Souverain de Bidache,Gouverneur
de Navarre, & Païs
de Bearn, de la Ville & Citadelle
de Bayonne, & de
Saint Jean de Piedde Port.
Armand Charles ,Duc de
; Mazarin, de la Meilleraye
& de Mayenne
,
Pair de
France, Prince de Portiers
Comte de la Fere &de Marle,
Gouverneur de la haute &
[baflc-Al&cc, & dela Ville
& Château de Brizac.
François de Neufville,
Duc de Villeroy & de Beaupreau
,Pair de France,Lieutenant
général des Armées
de Sa Majesté
,
Gouverneur
de la Ville de Lyon, Païs
Lionnois
,
Forests & Beaujolais.
Paul, Duc de Beauvilliers
& de Saint Agnan
,
Pair de
France, premierGentilhomme
de la Chambre du Roy,
Chef du Conieil Royal de
ses Finances? Gouverneur &
Lieutenant général au Gouvernement
du Havre de Grace?
& Païs en dépendans,
Capitaine& Gouverneur des
Ville & Château de Loches
&Beaulieu.
Henry
-
François deFoix
de cWâlle
3
Pair de France,
Duc de Randan.
Léon Potier, Duc de GcCvres,
Pairde France,premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Conseiller de Sa
Majesté en ses Conseils d'Etat
& Privé
,
Lieutenant general
en les Armées, Gouverneur
& Lieutenant général
de la Ville, Prevosté &
Vicomté de Pans, Gouverneur
& grand Bailly du Païs
de Valois Gouverneur du
Château & Capitainerie
Royale de Monceaux.
;1% Anne Jules, Duc deNoailles
, Pair de France, Comte
d'Ayen & autres lieux; premier
Capitaine des Gardes
du Corps du Roy
,
Commandant
en Chef en Languedoc
,Gouverneur & Lieutenant
général des Comtez
& Vigueries de Roussillon,
Conflans & Cerdagne
,
Gouverneur
particulier des Ville
, Château) & Citadelle
de Perpignan , Lieutenant
général des Armées de Sa
Majesté.
Armand duCambout ,
Duc de Coisslin, Pair de
France, Comtedu Cambout,
de Crecy
, & autres lieux,
Lieutenant général des Armées
du Roy.
Cesar-Auguste
,
Duc de
ÇhojfciL5 Pair de France,
Comte du Plessis Praslain
Lieutenant général des Armées
du Roy.
Louis Marie d'Aumont de
Rochcbaron
, Duc d'Aumont,
Pair de France, Marquisd'sile
& autres lieux,
ipremier Gentilhomme de la
jChambre du Roy,Gouvertneur
de Boulogne& du BoutI
lonois. François-Henry deMontt
morency de Luxernbouro,)
*Duc Pair & Mareschalde
>France, Capitaine des Gardes
du Corps du Roy, Gouver-
1neur & Lieutenant general
[es Provinces de Champagne ¡t&. de Brie. François d'Aub"fl^"del.i
Feiiillade
, vicoiliredAu-
•btliTon> Comte de la Feüil- hde
)
Marquis de Boiss,Bai
ron de la Borne, premierroi
Baron de la Marche, Duc du
de Roanez
?
Pair & Mareschai
de France, Colonel du
Régimene des Gardes Fran*.-nj
çoises, Gouverneurdu Dau- -!JJ
phiné.
Charles Honoréd'Albert,
Duc de Chevreuse
,
Pair de
France, Capitaine Lieute- -33
nant des Chevaux Legers de
la Garde du Roy.
Bernardin Gigault Mar--i£
quis deBellefons, premier231
Maréchal de France, pre- -37
mier Ecuyer de Madame la £1
Dauphine.
10üifL deCrevant d'Humières,
Maréchal de France,
Général des Armées de Sa
Majesté,grand Maistre,Capitaine
général de l'Artillerie
de France, Gouverneur
?: Lieutenant général en la.
Province de Flandres
, Gouverneur
de la Ville & Gitafelçlle
de Lisle,& delaVille.
& Château de Compiegne.
Jacques-Henry Durfort,
[Diic de Duras, Pair
?
& Maréchalde
France, Capitaine,
des Gardesdu Corps du Roy,
Gouverneur & Lieutenant,
général du Comté,de BourOgoOçnie5
& de la Ville & Citadelle
de Besançon.
Guy
-
Alphonse de Durfort
,
Comte deLorge &
deQuintin
,
Vicomte de
Pommery
,
Maréchal de
France,Capiraine des Gardes
du Corps duRoy.
Armand de Bethune, Duc
de Charost
,
Pair de France,
Lieutenant général en Picardie
,
Gouverneur de la
Ville CitadelledeCalais,
& du Fort de Nieulay.
Jean d'Estrées, Comte
d'Estrées,premier Baron de
Boulenois,Vice-Amiral, &
Maréchalde France
,
Viceroy
de l' Amerique.
Charles. Ducde laVieuville
Pair de France, Gouverneur
& Lieutenant general
duhaut & bas Poitou.
Gouverneur de Monsieur le
Duc de Chartres.
Jean-Baptiste riffi~r.
Marquis 4c,Tilla.du,
nant General des Arméesdu
Roy
31
Capitaine-Colonel des
centSuisses de sa garde.
Louïs deCaillehot; Mar-
«juisdçlaJalic
,
Maistre de
la Garderobe du Roy.
Jacques Louïs, Marquisde
Beringhen, Comte de Cha-
TEïauneuf"~& du Plessis-Bertrand
,
Gouverneur des Citadelles
& Fort Saint Jean de
Marseille, premier Ecuyer
de Sa Majesté.
Philippes d^CûUJxillûJl^
Marquis de Dangeau, Comte
de Messe &de Cirray , Baron
de Sainte Hermine
,
de Sainte
Amant, &de Btessuire, Seigneur
deChaufferoye &- de
la Bourdaisiere., Conseiller du
Royen sesConseils, Gouverneur
de Touraine,&Gouverneur
de la Ville & du
Chastau de Tours, Chevalier
d'honneur de Madame
la Dauphine, & l'un dcg,
Gentilhommesd'honneur de
Monseigneur le Dauphin. f,.
PhilbertComte deGrandmont5
Seigneur de Semeac
:1 Hybos & Sarrovilles? cydevant
Gouverneur des Païs,
d'Aunis& de la Rochelle.
Louis François deBouflers»,
Marquis de Bouliers, Lieutenant
General des Arméesdu
Roy, Colonel General des
Dragons de France, & Gouverneurde
Lorraine. lï•w
François de
-
Harcourt
,< Marquis deBeuvron & de la
Mailleraye,Comte de Sezanne,
Conseiller d'honneur
au Parlement de Roüen,
Gouverneur du vieux Palais
de la mesme Ville, & Lieutenantgénéral
pour le Roy au
Gouvernement de Normandie.
Henry deMornay, Mar..
quis de Monchevreûil, Capitaine
& Gouverneur de
S. Germain en Laye.
Edouard-François Colbert,
Comte de Maulcvrier»Lieutenant
GeneraldesArmées
du Roy, Gouverneur de la
Ville & Citadelle de Tournay.
Joseph dePons
, Baron
IMontclar
»
Mettre de Camp
xlelaCavalerie Legere, Lieu-
Jtcnant général des Armées
)du Roy, grand Bailly de Ha-
>guenau ,
& Commandant en
uAlsace.
Henry-Charles, Sire de
[Beauirtanoir
?
Marquis de [Lavardin& autres lieux,Lieut
tenant general au Gouvernement
de la haute & baffe
Bretagne
,
Ambassadeur extraordinaire
de France à
Rome.
Pierre, Marquis de Villars,
",Licutc.Qant général des Armées
du Roy
,
Conseiller en
son Conseil d'Etat) cy-devant
Ambassadeur extraordinaire
pourSaMajesté dans
les Cours de Savoye, d'Espagns
& de Dannemark.
Comte de Thorigny, Mestre
de Camp du Regiment de
Cavalerie de Sa Majesté.
Jean-Armand dcJo-c,
Lieutenant général des Armées
du Roy, Gouverneur
de la Ville & Citadelle de
Nancy.
François de Çalvo , Lieutenant
général des Armées
du Roy, Gouverneur d'Aire.
Charles d'Aubigné, Marquis
d'Aubigné, & Gouverneur
d'Aigues- Mortes.
Charles de Montsaunin)
Comte dç,Nlont?l, Lieutenant
général des Armées du
,
Roy,&Gouverneur de Mont-
Royal.
ClaudedeThyard» Comte
de Bissy
,
Baron de Pierre, de
: Charny, Lieutenant général
des Armées de Sa Majesté
, &
de ses Provinces de Lorraine
& Païs Barrois, & Gouverneur
de la Ville & Chasteau
d'A uxonne.
tenant general des Armées
du Roy, Lieutenant général
au Gouvernement de Flandres,&
Gouverneur de Cambray.
Philippes-Auguste le Harkly,
Marquis de la Trousse,
Capitaine - Lieutenant des
Gendarmes de Monseigneur
le Dauphin, Lieutenanr gene- raldes Armées du Roy, 8c.
Gouverneur d'Yprès,
François deMonestay,
( Comte de Chazeron, Lieutenant
général des Armées
duRoy,delaProvince de
rRouffillon& Païs adjacens,
Commandant en chef les
Troupes deSaMajesté auxa
mesmes lieux, Gouverueur
de Brest.
Bernard de_ la Guiche,
Comte de Saint Geran &de
la Palisse, Lieutenant général
des Armées du Roy.
François d'Escoubleau ded
Sourdis, Baron de Gaujac&:~
d'Eflillée, Lieutenant générale
des Armées du Roy.
Philippe- Emanuel- Ferdi--il
nand - François de CroüyH
Comte de
--
Solre & autresza- lieux.BrigadierdesArméeszs:
du Roy, CoLonel d'un Re—o
mène d'Infanterie.
l'André de IJathoulat de
> Cossade ,Comte de la Vauguyon,
Marquisde S.Megrin,.
&autreslieux, Conseiller ordinaire
d'Epée aux Conseils du Roy, cy-devant Ambafladeurextraordinaire
pour
Sa Majesté en Espagne.
IL Georges de Monchy, Marquis
d'Hoquincourt Lieutenant
général des Armées de
; Sa Majesté,Gouverneur des
Ville&Chasteau de Peronne,
Bailly & Lieutenant general
au Bailliage&gouvernement
de Péronne, Mondidier &
Roye. X 11J
Olivier deSaint Georges , < Marquis de Verac, Baron de
la Roche de Bors & de Chaf- -
teau- Garnier, Lieutenant ge--
neral & Commandant pour
le Royen Poitou.
René Martel, Comte d'Ar- -'
cy, Ambassadeur extraordûnaire
en Savoye.
Alexis-Henry, Comte de
Chastillon & faites lieux,
«
premier Gentilhomme de la
Chambre de Monsieur, Frere
unique du Roy.
Nicolas duBlé
,
Marquis
d'Uxelles & de Cormatin,
Gouverneur de la Ville & y
Citadelle de Chalons sur
Saone , Lieutenant général
des Aimées du Roy & de sa
Province de Bourgogne.
* René de Froulay, Comte
deTessé Mettre de Camp
général des Dragons de France,
Lieutenant gêneral des
ArméesduRoy)& des Païs
du Maine, Perche & Laval.
Charles de Mornay ,
Marquis
de Vilarceaux, Capitaine
Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux-Legers de la
Garde de Monseigneur le
Dauphin.
Charles d'Estampes, Mar::
quis de Mauny
»
la Ferte-Imbaut
& autres lieux, Capitaine
des Gardes du Corps
de Monsieur) Frere unique
du Roy.
Jacinthe Quatre-Barbes,
Marquis de Rongere
, Comte de Saint Denis, du
Maine, & Chevalier d'honneur
de Madame,Duchessè
d'Orleans.
JeanDaudibert, premier
Gentilhomme de la Chambre
de Monsieur le Prince),
Comte de Lussan; & autres,
lieux.
la Maréchale de la Mothe^,
Gouvernante desEnfans de
France. Elle n'a pas encore
treize ansaccomplis. On assure
qu'elle a tout le merire -,., qu'on peut avoir à cet âge,
tantdu costé de l'esprit que
de la beauté, & que si ce merite
augmente , comme il ya
beaucoup d'apparence, elle
fera un jour une fort belle
figure dans le monde.
Des Dragons de Staremberg
s'y eltoient retirez, aprés avoir
fait main basse sur quelques
François
,
la plurpart
malades, qu'ilsavoient trouvez
dans un poste abandonné.
Ce Marquis ayant esté averty
qu'il devoir estre attaqué
dans le lieu mesme où il a
attaqué les Ennemis, prit le
party d'en sortir, & leur laissa
dequoy boire & manger. Les
Dragons de Staremberg apprenant
qu'il n'y avoit plus
de François danscette Place,
se persuaderent que la crainte
les avoit obligez de s'éloigner.
Ils profiterent des vivres
qu'ils n'avoient pas emportez,
& pendant ce tem ps,
M le Marquis de Feuquieres
revint sur ses pas, & les furprit.
C'est ce qui a fait dire
à la Cour, qu'il y a du coeur
& de la teste dans tout ce
qu'il enrreprend. Quelquesuns
de ces Dragons prirent
la fuite Il fit passer tous les
autres aufil de l'épée, & amena
tous les chevaux à son
quartier.
d'Orange, pour le recompenser
de la perte du Marquisat
de Bergopson, dont
la guerre que nous avons avec
les Hollandoisneluy peut
permettre de joülr. C'est la
seconde grace que Sa Majef-
~té vient de faire à ce Comte,
puis qu'Elle l'avoit nommé
Chevalier de l'Ordre,& qu'-
Elleabien voulu recevoir ses
excuses touchant les difficultez
survenues à cause du
rang. On sçait qu'il est d'un
très grand merite. Son intelligence
dans le métier de la
guerre est connuë ; il est brajve
& sage,& quand je diray
qu'il a la prudence& la valeur
des grands Capitaines, on en demeurera d'accord,
puis que ces qualitez ont
toujours esté remarquées
dans ceux de son fang.
Les nouvelles publiques
vous auront appris que le
i,20. du mois passé deux
Vaisseaux du Roy,en prirent
deuxHollandois entre
Messine&Livourne. Ils venoient
d'Alexandrette, & lestoient chargez de treize
cens balles de soye, &
d'autres riches marchandises,
estimées plus de quatre millions
de livres ; l'un estoit
armé en guerre & l'autre
Marchand. Mr de Septeme
qui commandoit un des
deux Vaisseaux du Roy,
enleva d'abord ce dernier,
sans qu'il luy en coûtaft
qu'un seul homme. L'Aquilon
que commandoit Mr
des Francs, combatit pendant
trois heures le Vaisseau
de Guerre, qui fut enfin
pris, après avoirperdu tous sesMats.Quoy que ces
Vaisseaux soient à Sa Majesté,
ils estoient neanmoins
~frettez par des Armateurs.
Ainsi le gain fera partagé
entre pluficurs particuliers
qui estoient interessez à
l'armement
, & il en doit
revenir au Roy un million
pour sa part. Cette prise ne
doit pas estre seulementregardée
par les quatre millions
qu'y gagne la France
, mais il faut songer qu'elle est
encore plus préjudiciable
aux Hollandois qu'elle ne
nous est avantageuse. On
leur a déja pris cinquantetrois
autres Vaisseauxdepuis
larupture, ce. qui est pour
eux un fort grand dommage,
rienn'estant si nuisible
que la guerre à des Peuples,
dont le Commerce fait le revenu.
En leur prenant ainsi
des marchandises
, on leur
oste ce qu'elles leur produiroient
de profit une autre,
année.
Le II. de ce mois, on donna
icy la premiere represenration
d'un Opera nouveau,
intitulé Thetis & Pelée. Il est
de Mr de Fontenelle. Il y a
tant de delicatessed'esprit
dans tous Ces Ouvrages, qu'on
se promettoit beaucoup de;
celuy-cy. & je puis dire
[ que la beautéde sesVers
a remply l'attente de tout
le monde. Les plus tepdres
sentimens du coeur y font
exprimez naturellement,
quoy. que d'une maniere
tres-noble
, & l'approbation
generale du public parle assezen
sa faveur, pour me
dispenser de luy.a donner
toutes les louanges qu'il
mérite. Quant au spectacle
de cet Opera, il ne peut
estreque grand
,
puis que
Jupiter & Neptune qui Jy
font Rivaux, peuvent remuer
à leur gré le Ciel
,
la
Mer & la Terre. Ainsi on
ny voit rien de forcé. Les
habits répondent au spectacle
& sont magnifiques, bienentendus & convenables
aux personnages. Le
tout a esté fait sur les desseins
de Mr Berrin, Dessignateur
ordinaire duCabinet
du Roy. Je vous ay parlé
de luy en plusieurs occa- sions.LaMusique est de
Mr Colasse
,
l'un des quatre
Maistres de Musique de Sa
Majesté. On sçait que le
merite a donné, ces places,
& que ceux qui yaspiroient
ont esté enfermezpourcomposer.
Les habiles Connoisseurs
affeurent que lescndroits
qui demandent une belle
Musique dans cet Opera,sont
si bien pouffez, qu'il est impossible
de faire mieux. Le
rcfte esttraité comme il doit
l'estre dans les Ouvrages de
cette nature, & il feroit
assez difficile de faire autrement
Pour la Simphonie,
elleme paroist extrêmement
applaudie, par tous ceux
qui jugent de bonne foy,
& sans preoccupation. Quand
je vous envoye de pareils articles
, & que je vous parle
de choses dont je ne puis
juger par moy mesme,vous
devez estre persuadée que
je vous mande le sentiment
le plus general.
Cet article de Musiqueme
fait prendre l'occasion de
vous faire part d'un second
Air nouveau , qui est d'un
excellent Maistre.
AIR NOUVEAU. NOn)je ne verrayplus Slîvies
Vn fort barbare l'a raûie
Au milieu defes plus beauxjours.
lIe ne sentiray plus la douceur de
m ses charmes,
LEt lors queses beaux yeuxsi fer.
mentfour touJours,
Lles miens nefont ouverts que pour
1 verser des larmes.
Il faut vous satisfaire sur
les vrais mots des Enigmes
tdu mois de Novembre que
vous avez envie de sçavoir
,
tôc qui n'ontesté trouvez de
personne. Le Marbre estoit
celuy de la premiere. Pour
[la seconde,elle estoit faite
sur la lettre V. tant consonne
> que voyelle. Cette lettre est
formée de trois pointes
..:::.
quand-elle est consonne,&
s'écritainsiv; elle a quatre
pointes quand elle est voyelle
, u. Ainsi l'u qui est dans
le mot ventre a trois poin.,.
tes, parce qu'il est consonne,
& il en a quatre dans coeur
où il est voyelle. Toutes les 2
sept sont dans le mot vertu, à cause que les deux sortes
d'u se rencontrent dans ces
mot, & il n'yen a que
quatre dans honneur, où l'onn
trouve le seul u voyelle.
Je ne vous envoye aU';'';'J
jourd'huy qu'une Enigme ,
pour venir plûtost au grandbj
artidot
article que je sçay que vous
attendez.
',' ENI G ME.
NOusfamines dans Chumilité
Cependant nojlre utilité
Fait quon nous prend sans répu*
gnance.
Quelquesgensse privent de nous
Par un efirit de penitence,
Les autres par necejjlté
,
:Mais ()l1, peut dire en vérité
J>)ue c'ejl contte la bienjear.ee.
Ce que je vous manday il
y a un mois touchant les Affairesdu
temps,sinissoitpar
d'arrivée de la Reine d'Angleterre
en France y&c parla
nouvelle qu'on receut que
le Roy avoit esté arresté
lors qu'il se preparoit à y pasfer.
Je ne vous fis alors aucun
détail de cesdeux évenemens,
dont les véritables circonstances
ne pouvoient pas encore
estre sceuës, & je n'avois
pas mesmedessein d'y
entrer, croyant queje devois
passer fous silencedeschoses
où la majesté des Rois paroist
abaissée. Cependant
comme l'infortunerehausse
l'éclat de la glÓireJ: qu'elle
1
n'estjamais honteule à qui
nes'en est point rendudigne,
& qu'elle ne fait rougir que
4 ceux qui la causent par des
moyens condamnables, je
me suis enfin resol u de fatif-
; faire vostre curiosité
,
& de
vous faire voir le Roy & la
Reine d'Angleterre exposez
pendant unsudehyver, dans
defoibles bastimens
,
sur un
Element où toutestàcraindtcy-
mais quoy qu'incertains
s'ils en seroient épargnez,
plus glorieux & plus triomplehuarnss
dans leur malheur qjc
Ennemis mefrnes, puis
de pcrfonnes en qui Sa Majesté
se pust confier,& quand
il yenauroit eu davantage, il<auroit esté maUaifc&de
trouver un homme plus intelligent,
plus aétjf & plus
fidelle que Mt le Comte de
Lausun
,
de forte qu'il eut laplus grande part à tout
ce
-
qui regarde cette fuite,
qui fut concertéeavecluy,
& avec quelques uns des
Domestiques du Roy qui
luy estoient les plus affidez.
On mit longtemps auparavant
des carossesen relais sur
trois routes differentes, ôc
ces carosses estoient fous le
nom de M1 de
,,
Laufun. Il
1 avoitestéresolu entre le Roy
& ceux quiestoient du secret,
que la Reine & le Prince
de Gailes s'embarqueraient à Douvre ; mais M de
Lausun qui se donnoit de
grands mouvemens , pour
fvire que ce dessein réüffiH:
heureusement
,
apprit avant
leJlov , mais seulement le
foi/;qui preceda la fuite de
la Reyne
, que la Ville de
Douvre avoit suivy l'exemple
de celles qui; s'estoient
dija rcvoiî;éçs:.j ce qui jÇg
songerà prendre un autre
party Le Prince de Galles
avoir esté ramené de Portsmourh
,&estoitlogéà Witheal
dans rapparrement de
la Reyne. Le foir du 19 Décembre
>
qui estoit le jour
choisy pour Tévasion do
cette Princesse
,
elle sortit
feule avec MtdeLausun; le
Prince de Galles dont Mr
Riva Italien & Domestique
de la Reyne avoit soin,étoic
sortyquelque temps auparavant
par un autre cotte. Il
leur arriva plusieurs avantuces
, tant avant que de mQn-,
ter dans un Carrosse de
loüage qui les devoit conduire,
qu'aprés y estre montez.
Un homme qui sortoït
d'un Cabaret avec une Jan,
terne , ayant entendu quelques
gens dans le chemin , vint pour les reconnoistre
avecsa lumière ; mais Mr
Riva l'éteignit en se laissant
adroitement tomber sur luy.
Cet homme voulut quereller
; & on l'appaisa à force
d'honnestetez. On monta en
Carrosse un moment après.
Mr de Lausun s'estoit chargé
des pierreries de la Reyne.
Mr dcSuint14tor Gen
tilhomme François, & un
Ecuyer de cette Princesse
nommé Leiboin, suivoient
le Carrosse à cheval. Ils xencontrerent
quelques Rouliers
qui crierent qu,e cessaient
des Catholiques'qui juyouni>
Aqui emportoïrntd'kr&ènt du
Royaume ,
&qu'il 'f:dloir les
ajjommer.- Onavança sans les
écouter,& les Cavaliers qui
passerent ais-inilleti, d'eux]
furent peut-estre cause que
leur insolence n'eut aucune
fuite. Cetteillustre Troupe
eut encore à essuyer une autre
s'avanture. Un Chartier luy
disputa un défilé, en disant
qu'il ne vouloit pas ceder a des Catholiques. Comme
l'on craignoit les incidens,
tant à causequ'on n'avoit
aucun temps à perdre, que
parce qu'ils auroient peutestre
faitreconnoistre la
Reyne & le jeune Prince, on
recula, & l'on marchaautant
que l'on put hors du chemin
à travers les terres. On
arriva enfin au lieu de l'embarquement.
Tous ceux qui
avaient accompagné la Reyne
montèrent sur un Yacht,
a
•
dont leCapitaine avoit ordre
du Roy de faire toutce que
Mr de Laulun luy ordonneroit.
Ilsétoientenvironquinze
personnes, sçavoir;laReyne)
le Prince de Galles, la Marquise
de Powis Gouvernante
du petit Prince, Dona Vittoria
Monrecuculy
,
Dame
d'Honneur de la Reynf.) la
Nourrice du Prince, la Nourrice
seiche
,
qu'on appelle en
France la Rcmueufe
,
Mr de
Laufun,MLeyborn, Ecuyer'
le Medecin, deux Aumô-.
lliers
,
quelques Femmes de
la Reyney Mr Riva
y
Mr
du Four, appellé Page de
l'Escalier secret
,
& qui a les
mesmesfonctions qu'ont icy
les Huissiers du Cabinet. On
avoit joint au Capitaine du
Vaisseau deux Capitaines Catholiques
, qui fc feroient
rendus maistesduBastiments
& l'auroient conduit si on
Ce suit apperceu qu'on eust
voulu faire quelque trahison.
Mr de Saint Victor fut le
,: seul qui ne s'embarqua point,
& il retourna à Londres pour
porter des nouvelles au Roy
de l'embarquement de la
Reyne, La Navigation fut
assez heureuse. On découvrit
de fort loin un Vaisseau
de Guerre qui estoit à l'Ancre.
On arriva sur les cinq
heures du foir à la hauteur
des Dunes, & on y mouilla
afin d'y passer la nuit ,
à
cause du gros temps qui
rempelchoit que l'on ne fist
; Voile. On fut inquiété par: deux coups de Canon que; l'on entendit tirer.;Ces deux:
coups marquoient laretraite ; de deux Frégates Angloises
que Milord d' Armout avoit
envoyées pour garder, l'en--
îtiée de la Tamise ,dansle ;
xkiTeinyà ce qu'on croit,
d'empescher que le Prince
de Galles.ne sortist d'Angleterre.
On entendit aussi la
cloche. de ces Fregates qui
sennoit la Priere. Pour vous
faire bien entendre cet arrticle
il faut vous dire que
ïàc mesmequ'on: bat la rera^
ite* pour les Soldats de
raerre, afin que chacun se retire on en observe une
;
aussisurMerqui est annon-
,.xéq par un ou ':
deux coups de Canon A l'égard dudes-
~&mde;Milordjd.Armouc»
2dopt je ^viens,de.vouspairler
,
il y a beaucoupd'ap
parence qu'il estoit tel que
je vous le marque,puis que
le Roy d'Angleterre luy
ayant demandé qu'il fist pas
ser le Prince de Galles en
France il luy avoit fait ré-..
ponte, que si Sa Masté /«
soubaitait , il le Ilireroit de%
"Portemouth oit 1 il estoit alors*:
pour l'amener à Londres;matÏ:\
que pour lefaire passer en -rran-r
cey il né lepouvait.;:
:, Enfin leai. au matin,journ
de S. Thomas,le Bastiement
0' qui portoic la Reine d'Angleterrearriva
à Calais)
avoir couru risque de faire
naufrage au Port, puis qu'il
honneurs à Calais; Le logis de Jf
ce Duc ne se trouva pas en
état de la recevoir,tout y étoit
ende[ordre&remply deMaçons
j à cause qu'on y bastisfoit,
de forte qu'elle alla loger
chez MrPonton Procureur
du Roy, où elle sur
traitée par lesOfficiers de :
Mr de Charost. Elle dit en se :
mettant dans un fauteuil
Quily avaittroismois quelle,s
ne s'estoit trouvée si enrepos ~si fort en sureté. La pre--
miere chosequ'elle fit
lorse
qu'elle futarrivée?cesusî
d'aller entendre la Messe auik
.Capucins.MrleDufcid'Aumont
ayant fccu qu'el!?cftoit
Calais., fit prendre les
armesà toute la NobleSeda
Pais'1 pouc aller au devant
d'elle. Apresqu'elle y eut
sejourné deux jours) elle en
sortit au bruit de l'Artillerie
de la Ville & des Forts, Le
Princede Galles estoit dans
uncarosse qui en precedoit
trois autres, dans. l'un desqaek'dloic
cette Princesse.Ils
estoient entourer d'environ
cinquante Dragons &: d'un
détachement de :1a Cavalerie * Bouibnoifd.Comme la Re-jrx
dévait faire quelque fejoiltï:
Boulogne jusqu'à ce qu'on
eust receu des nouvelles da
la Cour, elle demanda d'estre
logée au Convent des Urfulines;
mais Mle Duc d'Aumont
luy ayant fait préparer
l'appartement de Madame la
Duchesse sa. fenlnle;, ellc ne
put le refuser. Le Prince de
Galles- fut logé dans celuy
de Mr le Duc d'Aumonu
Quelques mortelles inquiétudes
dont cette Princesse
fust agitée) la majesté parut
toujours sur son visage, si
l'on y vit regner latristesse
;cflc:çitoic:meslée avec la
grandeur. Elle mangea seule
maisMr d'Aumont qui est
magnifique en toutes choses
fit servir pendanthuit jours
qu elle demeura à Boulogne,
pelsusieursgrandes tables pour
Anglois & pour les François.
Cette Princesse se laisfoit
rarement voir. On en,.
croit chez le Princelors qu'-
ellen'y estoit-pas; maiselle
y alloit cinq ou six fois par
jour, &elle y vouloit estra
feule. Le 24. veille de Noël
elleentendit trois: Messes aptçs
rnjúUÍt dansla Chapelle
duChasteau,& le lendemain
matin trois autres. Le jour de S Estienne
,
elle alla entendre
le Sermon àl'EgliseCathedrale,&
y fut conduite par
Mrle Duc d'Aumont, & par
Mrle Comte de Laufun,&le
jour de S. Jean elleentendit
la Messe aux Capucins. Elle
n'a point sorty pour alleren
aucun autre endroit jusques
aujourqu'élle efl partie pour
MontremkPendant tout le
sejour qu'elle a fait à Boulogne
,
elle a pfté dans de
cruelles inquiétudes
2,. quoy
qu'elle ait toujours caché sa
t douleur en public. Elle n'aft
fectoit pasaussi den'en point
( avoir, mais son air qui mar-
1 quoit une tranquillité,qui (venoitplûtostde sa pruden-
} ce que
de
la situationoù son îesprit se trouvoit. la faisoit
1 admirer & plaindre davantage.
Elle elloit inquiète de ce
qu'elle ne recevoit point de
r nouvelles du Roy son Epoux,
liqauuirlouiyt avoit dit qu'elle en àBoulogne,&luy avait
mesme fait esperer qu'il s'y
pourroit rendre. Cependant
IL le Roy ayant sceu que cettç
Princesseestoitarrivée en
cause des difficultezqui s'y
rencontrent à chaque instant.
Il jetta les yeux sur Mr le
Marquis de Beringhen, son
premier Ecuyer) & dit en le
nommant pour cette éclatante
fonétion, que M. de
Beringhenson Pere avoit eu un
pareilemploy, lors que la Reine
d'Angleterre, Aiere du Roy
aujourd'huyregnant
,
vint en
France. Ce Marquis eut ordre
de SaMajesté d'aller faire:
compliment de sa part à læ
Reine d'Angleterre, de lun
mener sa Maison, & de Fac".
compagner. Cette Maison
consistoit en
Controlleurs, & deux Gentilshommes
servans avec les
Officiers de la Bouche & du
Gobelet? & de tous ceux
qu'on appelle desfeptOflSces
dans la Maison du Roy.
Un Maréchal des Logis,& :
deux Fourriers.
Des Gardes de la Porte, &
un Exempt avec des Gardesa:
de la Prevosté.
Tout ce grand equipage
partit de Versailles le 14. &2
arriva à Abbeville le 28.Le 19. P,
au matin, Mr le Premien
ayant receu un Courrier de
Mr le Duc d'Aumont, qui
Luy marqua que la Reineder
voit partir le lendemain ;°.--
jugea à propos de prendre la
[
porte, & de se rendre à Boulognependant
que les Equipages
continueroient leur
route, & s'avanceroient jusquesàMontreüil.
Ainsi ce
Marquis presenta dés Boulogne
la Lettre du Roy à la
[Reine d'Angleterre, & luy
tfît les complimens de Sa Majesté.
Ils convenoient à l'état
iioû cette Princesse se trou-
^voit,&rouloient sur le chagrinque
le Roy avoit de
LÏon mal heur>& sur la joye
qu'il ressentoit en mcCma
remps de la voir en seureté
>t ainsi que sur desaflurancesz
obligeantes de tous les services
que ce Monarque luy
pourroic rendre. La Reines
répondit,quily ttvoit longtemps
quelle estoit accoutu--
mée à recevoir des bienfaits dam
Royimais quits ne luy pou.,
voient estre plus Jenftbles gAj
plus necessaires que dans cettes
occasion. Voilà le sens de son
compliment, qui fut plus
étendu,) & prononcé d'unar
maniéré noble & touchanteta:
Mrle Premier luy fit auflïïl
des complimens au nom de
Monseigneur le D'auphin, &
de Madame la Dauphine,
ausquels elle répondit avec
la mesme grace& lamesme
honneftcré. Il alla aussi faire
les complimens du Roy au
Prince de Galles, & fut receu
chez ce Prince par Madame
la Marquise de Powis,
qui luy fit rendre tous les
honneurs qui estoient deus à
son caraéterc , & au Monarque
dont il estoit envoyé.
Le 30. la Reine partit de
Boulogne pour se rendreà
Montrciiil. Elle estoit dans
un desCarosses deMr le Due
d'A umont p avec sa Dame
d'honneur, & sa premiere
Femme de chambre.Le Prince
de Galles estoit dans un,
autre Carosseavec sa Gouvernante
,sa Nourrice, sa Sous-
Gouvernante & sa Remueuse.
.Mf le Premier, Mde Laufun,
un Ecuyer de la Reine, &
M.le Marquis deMontecuculi,
rempliffoisnt un troisiéme
Carosse.li yen avoir un quacriéme
J.
dans lequel estoient
le Confessèur, les Aumô.
niers,& lesChapelains de la,
Reine. Elle fut accompagnée
par la Noblesse & par laMilice
duPaïs. Cette Princesse
fut saluée en arrivant par
tout le Canon de la Place ,&
trouva lesHabicans fous les
armes) depuis la porte de la
Ville jusqu'à son logis, où
tous les Officiers de Sa Majessé-
lldttendoient. Mr le Premier
luy fit de nouveaux
eomplimcns,& luy presenta
la Maison du Roy. Elle répondit
en marquant toujours a reconnoiflincequelle avoit
des bontez de ce Monarque
, & receut la Maison
qu'il luyenvoyoit avec des
manières tout-à-fait bonnet
fies. Mr le Premier luy avoit
donné la main droite a la
defeente du Carosse, & Mr
de Laufunla gauche. Elle
soupa en particulier, & ne
parut point en public jufqucs
au lendemain matin, qu'elle
sortit pour aller à la Messe.
Elle continua sa marche ce
jour-là,&arriva àAbbeville
le 31. Elle fut reccuë à la pottée
du Canon de la Ville par
quatre Compagnies de Bourgeois
sous les armes; il y en
avoit aussi une double haye
dans la Ville jusqu'àson logeois
avoient resolu de fii,
rc.• plusieursdécharges
mais la Reine leur fit dire
qu'ilsluy feroient plaifirde
retrancher cette ceremonie.
Elle sejournaà Abbeville le
premier de Janvier, parce
qu'elle se trouva un peu indisposée
; elle ne laissa pas
d'entendre la Messe, & de
communier dans l'Eglise des
Carmelites, dontlaSoeur de
M. de Fieubet est Supérieure.
Elle ne voulut point
qu'on luy fist de complIfllensb-
& s'excusa mesme d'y recevoir
celuy de Mr l'Evesque
d'Amiens.
Cette Princesse coucha à
Poix le2.de ce mois,& arriva
le lendemain à Beauvais sur
les quatre heures aprèsmidy.
Les Bourgeois estoient fous
les armes ,&formoientune
double haye dans tous les
lieux où elle passa. Mr rE.
vesque de Beauvais en habit
d'Eglise, & accompagné des
anciens du Chapitre, la receut
à la descente de son Carosse.
Le reste du Chapitre
s'estoit mis en haye pour rat.
tendre dans la Salle du Palais
Episcopal.Mrs du Presidial,&
Mrs de Ville s'y trouverent
aussi; ces derniers firent
les presens accoutumez.
Le 4. la Reine après avoir
entendu la Melïè dansson
appartement, où elle fut celebrée
par son Confesseur,
vintdans la Cathedrale entendre
une seconde Meslè
basse, qui fut neanmoins accompagnée
de quelquesmotets
chantez par la Musique
de cette Eglise. On avoit resolu
de la haranguer, & de
luy faire les mesmes ceremomes.
que lors qu'on receut
la Reine Mere d'Angleterre
en 1650. mais comme ellerefusa
ces honneurs, ellefut
seulement receuë par Mr de
Beauvais qui luy prefenra de
l'eau benite à la reste de son
Clergé. M. le Premier luy
donna la main jusques à son
Prie-Dieu, où elle adora la
vraye Croix qui luy fut presentéepar
M.l'Evesque.Elle
fut reconduite en marche de
Procession ,comme elle avoit
esté amenée Cette Princesse
alla l'aprésdînée aux Filles de
S. François, & apprit le mê-
; me jour sur les sept heuresdu
soir des nouvelles du Roy
d'Angleterre, par leChevalier
Schelcon, Ecuyer du
Prince de Galles. Il faut sçavoir
pour l'éclaircissementde
cet article, que le Jeudy 30.
Decemb.cette Princesseétant
sur le point de partir de Boulogne
sans avoir teceu aucunes
nouvelles de ce Monarque,
cequi l'inquietoit extrêmement,
on jetta les yeux
sur le Chevalier que je viens
de vous nommer, comme
sur un homme intelligent
pour en aller apprendre ~jut
qu'en Angleterre, d'où il
n'estoit passéque depuis
deux heures, & mesme de
;
la propre bouchedu Roy,
s'il trouvoit que lachose fuit
possible.Il alla s'embarquerà
Ostende,afin que s'il arrivoit
qu'il fust pris sur mer;onne
crust pas qu'il venoit de
France. Sonvoyage fut heureux,
-
& il trouva moyende
voirleRoy,&deluy rendre
uneLettre de la Reine. Il en
demanda répense,,& le Roy
'fins s'expliquer davantage.
luy dit qu'il prendroit foin
de faire sçavoir de. ses nouvellesà
la Reine. Ce Chevalier.
retourna le lendemain
matin dans le mesme lieu oà
il avoit vû le Roy le jour
precedent, & fut fort surpris
d'apprendre que ce Prince
s'estoit sauvé. Ilattendit
encore quelque temps pour
voir si le mesme
malheur
qui
luy estoit déjà arrivé, ne le
feroit pas encore arrester une
feconde fois; mais si-tost que
la nouvelle de cette évasion
fut confirmée, il trouva
moyen de s'embarquer, &
vint retrouver la Reine à
Beauvais. Il futarresté à la
porte de l'Evesché où cette
Princesse logeoit, & conduic
à M. le Premier, qui avoit
prudemment ordonnéqu'on
ne laissast entrer aucun Anglois
hors ceux qui estoient
connus pour estre de la suite
de la Reine. Ce qui l'avoit
obligé de donner cet ordre,
c'est que depuis que cette
Princesse estoit en France,
il estoit arrivéd'Angleterre
un Prestre Anglais,
qui sçavoit tout ce qui s'étoit
passé lors que le Roy s'estoit
échapé la premiere fois, &;
qu'il avoit esté repris. On
ne vouloit point que ce
Prestre luy parlait ; mais il
promit si fortement de ne
rien dire de ce qu'ilsçavoit,
qu'on luy permit de la voir.
Il n'avoir aucun dessein de
reveler le secret ; mais la.
Rey ne ayant trop d'esprit
pour n'en pas tirer tout ce
qu'elle souhaitoitapprendre,
futingenieuse sur ce qui
devoit accroistre sa douleur,
& engagea si bien le Prestre
a parler, qu'il avoüa ce qu'il
avoit resolu de tenir caché.
Mle Premier, à qui le Chevalier
Schelton fut amené
se souvint de l'avoir veu à
Boulogne, & le reconnut
pour celuy que la Reyne
avoit envoyé en Angleterre.
Ce Chevalier ne fit point de
difficulté de luy apprendre
les bonnes nouvelles qu'il
mpponoic, & Mr le Premier
lie menaaussi-tost à laReyne.
Elle receut cette nouvelle
avec une grande joye,mais
^îicnpas avec toute celle
qu'elle auroit fende, si elle
avoit sceu le Roy son Epoux
hors des perils que l'on doit
toûjours apprehender quand
on est sur Mer , puis que les tempestes y surprennent
souvent ceux qui s'y attendent
le moins
».
les dangers
1
y estant à craindre, mesme
pendant le plus grand calme. laReyne partit de Beauvais
le 5. de Janvier, & la
maniere dont elle parla à
Mr l'Evesque,après l'avoir
remercié, fut admirée. Elle;
luy dit, que ce qui luyfaisoit
le plus de plaisir dans la bonne
reception qu'illuy avoit faite,
'Venait de ce quelle efloit per-..:
fuadée qu'un homme qui con--
noissoit aussi-bien le Roy que luyn\
~& dont elle recevoit tant d'bonneurs
, estoit asseuréqu'il fui.i
voit ses intentions, & que^
comme elle remarquoit far IA\
celles de Sa Majesté
, & les
bontez qu'ilavoit pour elle,
elle en estoitvivement touchée,
& en ressentoit un véritable
plaisir. Cette Princesse obi
serva le vent avant que de
ffartir deBeauvais
,
& le
f trouva propre pour amener
f' le Royen Bretagne ou en
Normandie, mais elle ne ïlaissà pas d'avoir beaucoup
r d'inquietude
, parce que ce
t Prince auroit du estrearrivé
avant celuy qui avoit apf
porté la nouvelle de son dé-
| part. -
1 Avant que de finir l'article
de Beauvais
,
je vous diray
encore une chose qui s'y
passa, & qui sert à confirmer
la presenced'esprit de la
Reyne qui a paru dans toutes
les occasions où elle a jm
la faire paroistre. Cette Princesse
s'estant attachée a. regarder
l'élévation,& la beauté
de l'Eglise de Beauvais,
elle se recria en donnant:
desmarques de son admiration.
Mr de Beauvais qui
estoit present luy dit, que
cette Eglise n'estoit pas seule-
-
ment distinguée par la grandeur
de l'Edifice ,mais quelle l'efioit*,
encore-;
encore davantage par le mcritè
du Clergé qui la drffirvoit. Ce
Prélat entra mesme dans le
caractere de quelques uns de
c-eux qui le composent
,
&
la Reyne apres l'avoir écouté
111y dit d'unemanière aussî
bonneste que spirituelle,
quelleriefloit point ftrprije
detout ce nuil Itiy dfou dece
Glergé tJtÚScr/il en estoit le
:Cheif_*C>ette Princessearriva
le5.aBe-ucïionti-forttàtis-"
Ifkitc des honneursqu'elle taveilrcceus par ~nNour oMu lle
Javoit pass.. M le Premier
iloy jicfV.nta M dtBj&jau'
voyél'éclat de sa Charge,
&son illustre naissance. La
Reine continua de se faire
admirer par sesréponses toutes
spirituelles; & par une
honnesteré majestueuse, s'il
m'etf permis de parler ainsi.
Elle fit voircombien elle
estoit reconnoissante & sensible
aux grandes bontez du
Roy jÔc marqua aussi en termes
généraux la consideration
qu'elle avoit pour Mr
d' Armagnac,&l'estime quelle
failoit de sa personne.
Ons'étonnera peut estre qtte
Monseigneurle Dauphin
en cette rencontre, pour sacquiter
avec gloire de la commillion
dont cette Princesse
l'avoit honoré.
Mr le Marquis de Chastillon,
premier Gentilhom-.
medë-'îa Chambre de Monsieur,
& Mle Marquis de la
Rongere, Chevalier d'honneur
de Madame, eurent enfuite
audience de la part de-:
leurs Altesses Royales, &furent
pareillement presentez
par M deBonneüilIls remplirent
cettefonction d'une
maniere qui leur attira des
applaudissemensde tous ceux
qui furentpresensà cette au,
dienc.e)l¥la Reine répondit
à leurs complimens comme à
sure queM.de BOfloeüil prcr- sentoit tous ces Envoyez à
la Reine, & qu'il luy disoit
de quelle part ils estoient venus,
M. le Premier qui estoit
derrière cette Princesse, les
luy faisoit connoistre par
leurs noms & par leurs qualirez.
Ilseurenttous lieu d'estre
satisfaits de sa réponse.
Elle receut tous leurs complimens
debout; & quoy qu'ils
roulaflent sur le mesmesujet,
& qu'elle eust pu leur faire à
tous la mesme réponse, elle
en fit neanmoins de différentes)
mais dans le mesme sens,.
•
Roy luydépescha. Il y a icy*-
une chose à remarquer qui:
fait voir lamaniere obligeante
dont Sa Majesté fait
toutes c hùÍes. Sur le premier.
avis qu'onavoiteuà la Cour,
que ce Monarque s'eftoieembarqué
,on fittenir un::
Courrier tout prest à partir
pour allerporter à la Reine
a premiere nouvelle de. son
d ébarquementen France auffi-
tost qu'on l'auroit feeue.
On s'étonnera de voir qu'on
se préparait àla fatrcravoir"
deVersailles àcette Prince(se,
cjuiellant moins éloignées
; du lieu d'où on Fattendoit~
devoitvray-semblablement
la recevoiravantque la Cour
ensufl' inttruite; mais outre
qu'elle estoit hors du chemin
»
dé laposte, le Roy c11 si bien.i
servy> qu'on peut dire que
ses Courriers devancent mest
1 R - 1 * '.C me la enomlneeJ quijus-
.., ques icy a souventfait tort
auxaffaires des Sou.('rains)-.
en publiant trop dechoses
qui ne devoient d'abord <ftrc:
1 sceuës que d'eux : c'est ce
qui n'arrive plus en, France.
La Reyhecdoit en prieress
} Iprs que M le Premier entnj,x ik•
dans sa Chambre) pour luy
annoncer ce qui devoit luy
estre si agreable. Ele s'apperceut
d'abord qu'on entroic,
& mesme avec un peu de
précipitation. Celaauroit pu
luy causer de l'inquietude;
mais M' le Premierne luy
laiflint point le temps de
s'alartner) l'asseura que Sa
Majesté Britannique elîoiten
France. Elle dit aulïî-tost,
sans songer à la perte de ses
trois Royaumes, Mon Dieu,
je fuis la plus heureuje Femme
du monde. On ne peut rien
ajoûter à la joye qu'elle fentîtit.
Elle parutaussi vive quV
belle eftoicifncere. Cette
IPrincefle eut le me(me jour
mne attaque de colique neretique
à quoy elle est fulijette)
& dont les douleurs
luy durèrent plus de trois
rheures. Mle Marquis de
Beringhen receut un second
Courriér du Roy une heure
1 aprés le premier, avec une
Lettre de Sa Majesté pour
cettePrinccfle
, par laquelle ilieréjoùifioiravecelle de Trlu'hr'cutearrivée du Roy
Eâ'An^ierMT'?en rance.Il
c- ko:ut aussi un ordre par le
*racfine Courrier, qui luy
marquoit d'aller toute la
nuit au devant de çe Monarque.
Les douleursque la
colique faisoit souffrir à la
Reine estoientsi violentes,
que Mr le Premier ne luy
put rendre, la Lettre du Roy
que deux heures aprés l'arrivée
du Courrier , ny luyi
direle détail de l'évasiondu
Roy son Epoux,> & de font
heureux- débarquement. II(
luy dit de la part de Sac
Maj(fté> lors qu'illuy remi
;-'
la Lettre de ce Prince entre
les mains,qu'il auroitpû IUJt
écrire par le premier Courrier;
maïs qu'il avoit mieux aimé
le faire partir sur le champ
,
que de luy envoyer quelques
momens plus tardf les bonnes
nouvelles qu'il avoit à luy apprendre.
Cette Princesse parut
toute pénétrée des maniérés
obligeantes de Sa Majesté.
Toute la vie de ce Monarque
est pleine de pareilles actions
qui le rendent aussi aimable
qu'il est grand. Ce sont de
ces choses où l'histoire n'entrepoint
, & qui le distinguent
beaucoup du reste des
Hommes.
; MrlePremier après s'ètft
àcquité de sa commission
Auprès de la Reyne d'Angleterre
,qu'il auroit conduite
jusqu'à S.Germain sans
les nouveaux ordres qu'il receut
ne songea plus qu'a
partir la nuit mesme pour aller
au devant de sa Majesté.
Britannique.La Reyne luy
dit qu'elle allair écrire à ce
Monarque, & il attenditsa
lettré. Elle la luydonnàune
heure apres en luy disant
avec qunebonté, deunekohneïUré
qu'ilferoit difficile
d'exprimer) Monsieur, je'
'écris au &oy que pour luy parler
de vous, & de tous lesfoins
que vous anje^- eus de moy, dont
f je le prie de vous bien remercier.
Il luy rendit graces de
v cette bontéavec un profond
respe£t>&prit congé d'elle
pour aller toute la nuitau
devant du Roy d'Angleterre.
->
1
Le 6. cette Princesse partit
deBeaumont pour se rendre
à S. Germain en Laye
dont le Roy avoit fait meubler
le Chasteau pour la lo,
| gçr. Il avoit d'abord fait
( preparetceluy de Vincennes,
mais sa Majeste croyant l'air
de S. Germain meilleur pour
lafanté du jeune Prince &
ce Chasteau plus commode
peur voir la Reyne plus souvent,
avoit changé de dessein.
-
Le Roy partit le mesme
jour de Versailles pour aller,
au devant de cette Princesse.
Il estoit accompagné de
Monseigneur leDauphin.de
Monsieur,& des Princes, &
principaux Seigneurs de la
Cour. Il s'avança jusques auprès
deChaton, & les Gardes
.,du Corps, les Gendarmes,
lesChevaux-Légers, & les
deux Compagnies de Mousqueraires
s'étendoient dans
la plaine depuis le Pont du
Pecjusqu'àce Village. Quoy
que leurs habits ordinaires
soient assez riches, & que le
tout ensemble produrfe un
effet sort éclatant, chacun
s'estoit efforcé ce jour là de
se mettre proprement,& l'on
peut dire que tous les Officiers
estoient magnifiquement
vestus. Le Carossede sa
Majesté, & ccluy oùestoit
la Reyne d'Angleterre ayant
paru, chacun descendit de
sien
,
dans le mesme temps *
&leRoy & cette Reyne se
saluerent. Lp Roy luy presenta
Monseigneur, leDauphin,&
Monsieur,&laremit
ensuite dans le mesme
carosse, ou estant aussi-tost
monté il se plaçaàsa gauche,
& Monseigneur le Dauphin,
& Monsieur se mirent sur le
devant. Lors qu'on fut arrivé
à S. Germain, le Roy
conduisit la Reyne dans l'apartement
qui luy avoit esté
preparé. Il demeura quelque
temps en public avec elle
„
& luy presenta. Monsieur le
Prince
,
Monsieur le Duc.
& Monsieur le Prince de
Conty. Le Royen prenant
congé de cette Princesse luy
dit
,
qu'il alloit voir le Prince
de Gallespourapprendre s'il
n'estoit point fatiguéduuoyage.
La Reynevoulut l'y accompagner
,
& 1uidit,qtlelie
avoitesté ravie qu'il ne sustpas
en âge de connoistre (ès malheurs
; mais qu'à present elle
estoit bien fâchée qu'il ne sust
pasen état de recennoistrel'obligationquilluyanjoit.
Le Roy
revint ensuite à Versailles,
laissa, cette Princesse dans
Il
l'admiration de ses manières
toutes-engageantes &qui
avec le brillant delaMajesté
laissentparoistre un air tout
affable qu'ilseroitdifficile
d'exprimer. Ce Monarque
de son costé trouva beaucoup
d'esprit & de grandeur d'ame
dans cette Princesse, Elle a
l'air noble; toute pénétrée
qu'elleest desa douleur) elle
n'en paroiste point embarasfée.
Elle sent bien ce qu'elle
est, & quoy qu'elle foit fort
honneste, elle sçait placer ses
honnestetez selon les gens,
& est tout a fait maistresse.
d'elle-mesme. tf&rL
Jti viensà ce qui regarde
ille Roy d'Angleterre, qui
')('fioit arrivé le 4de ce mois àAmbleteuse,Comme on
estoit eninquiétude pour ce
Prince&que sur l'avis qu'on;
savoir receu de sa sortie de
RRochtfier, on l'attendoit à
chaque moment dans tous les
Ports de France, le Capitaine
d'une Fregate qui estoità
Ambleteuse
y envoya sa Chaloupe
& son Enseigne pour
voir s'il ne découvriroit
mpoinc quelqueBastiment qui
iqpuft luy en apprendre des
nouvells$. Il rencontra le
Bateau dans lequel le Roy
eJsto»it venu-. Ile-- stoit t-r-es-petit,
& servoit à un Pescheur
de Maquereaux, On appelle
ces Bastimen Smaques Pon.
tez L'Enseigne qui estoit
dans la Chaloupe cria d'abord
pour demander des nouvelles
de Sa Majesté Britannique.
Il n'y eut que le Roy qui parut,
mais il n'estoit pas
connu de cet Enseigne.Tous
ceux qui estoient dans son
Bastiment se trouvoient simal
que Sa.- Majesté feule estoit
en estat derépondre. Le
Roy qui vouloit sçavoir à qui ilavoitaffaire&s'il pouvoit
se découvrir seurement,fit
plusieurs questions à l'Enseigne;
maiscetEnseigne qui
n'avoir en testeque de iqavoir
des nouvelles de ce
Prince, continuatoujours à
<n demandersans répondre à
aucune des questions que le
Roy luifaisoit luy-mesme;
de sorte que ce Monarqu;
: connoïssant l'obligeance imr
patience decetEnseigne,
jugeant qu'elle partoit d'un
? zele sincere pour ses interdis,
crut qu'il pouvoit se decla-
[as-er/elor itsanspéril, & dit opd
lU'Y..rnefmr le Roy dont
01::
luy demandoit des nouvelles
avec tant d'empressement. L'Enseigne
fut ravi d'avoir trouvé
ce qu'on l'envoyoit chercher,
& le Roy se mit dans sa
Chaloupe. Voilà ce qui a fait
dire presque dans toutes les
Relations?que le Roy d'Angleterre
avoit trouvé une
Fregate Françoise en Mer :
dans laquelle il s'estoit mis..
Comme Ambleteuse est unilieu
fort peu habité,ce Princes
qui avoit essuyé de grandes
fatigues, allase reposer queUJ
ques heures chez un Inge-..:
nieur. On apprit apresqli.
fut arrivé, tout ce qui s'ctoit
passé lors qu'il avoit
fuy de Londres la premiere
fois
,
& de quelle maniere
il s'estoit sauvé de Rochester.
Il avoit changé de chevelure
dans cette premieresuite,
& avoit pris d'adcz justes
mesures pour n'estre point
découvert. Il se rendit en
effet jusques au lieu où il
devoit s'embarquer, & s'embarqua
mesme sans estre reconnu
; mais comme Sa Majessé
entend fort bien la
Mer, où Elle a commandé
long-temps, Elle s'apperceut
que le Bateau, où Elle s'estoit
mise n',ç stoit pas assez lesté,
& 'lu'iLne pouvoit porter Tes
voiles.Cela l'obligea de retourner
àterrepour prendre
du Lost. Les Païsans l'ayant
pris,ainsi que ceux qui l'accompagnoicnt
, pour des
Catholiques qui cherchoient
à se sauver
,
s'attrou perent
dans le dessein de les maltraiter.
On reconnut une
personne de sa fuite quin'étoit
pas aimée
,
& peu de
temps aprés , le Roy ayant
esté reconnu Juy. mesme il
sur remette à Londres avec
tous les honneurs dus à fort
caractère. Comme c'est urr
Prince d'une gran de fermeté,
& qui estoit satisfait d'avoir
fait sauver la Reyne & le
jeune Prince, il parut avec
sa tranquillité ordinaire &
quoy qu'il eust tout a* craindre
de ses Ennemis, il dit le
sleinbdieemnra:ipnonsutiqlun'ialvaoviotjiatmfaaiist
pendantJanuit.
A l'égard de sa sortie de
Rochester
,
elle n'a pas esté
si difficile qu'on se l'est perluadéjpuis
quece Monarque
n'yestoit gardé que pour les.
formes. Il avoit sa Garde ordinaire,
& celle que le Prince
d'Orangeavoit envoyée étoit
dans la Ville. Il y avoit seulement
deux sentinelles des
Gardes de ce Prince à la
porte du logis de Sa Majesté;
de forte qu'on eust dit que
les Troupes du Prince d'Orangeétoientplûtost
Il pour
empefeher que le Peuplene
retinstle Roy s'il avoit envie
de se sauver
, que pour luy
servir d'obstacle s'il prenoit
le party de fuir encore une
fois; c'est ce qui a fait dire
fort spintuellementà la
:: Reine, en parlant de l'éva-
„
fion du Roy
,
Qu'onn'auroit
pas cru que le Prince d'Orange
& elle, eussentjamais
souhaité une mesme chose. On
avoir demandé un Passeport
à ce Prince pour quelques
Catholiques qui vouloient se
retirer d'Angleterre
,
& il en
avoit donné un qui n'estoit
point remply,& qui estoit
entre les mains du Roy. Sa
Majesté avoit fait retenir le
Bateau donr je vous ay déjà
parlé par un Capitaine Catholique
de la Flotte Angloire,
qui a aussi passé en
c'est un avantage qu'ont en,
Angleterre ceux qui possedent
les Charges de premiers
Valets de Chambre. Quoy
que le Roy fust deguisé en
quelque maniere
,
il avoit
les propres cheveux, parce
qu'ayant mis une perruque
noire la premiere fois qu'il
voulue s'embarquer, il apprehenda
que s'il en mettoit
encore une, cela ne fist souvenir
de cellequ'on luy avoir
déjà veuë. Il fut obligé;
d'attendre deux Marées pour
sortir de la Tamise.
Ce Prince s'estant reposé
à Ambleteufe pendant quelques
heures voulut entendre
la MeiOTe
, & l'eust entenduë
dés qu'il arriva
,
s'il n'eust
pasesté trop matin pour
trouver unPrestre tout prest
à la dire. I' rit aisé de connoistre
par tout ce que fait
ce Prince ,
qu'il a pour la
véritable Religion tout le
zele des anciens Anglois.
On sçait qu'il n'y a jamais
eu de Royaumeplus Catholique
-,
qu'on l'appelloit
autrefois le Royaume des Anges
, & que l'amour & l'ambition
l'ont mis dans l'estat
où il se trouve aujourd'huy.
Mrle Duc d'Aumont ayant
apris l'arrivée du Roy d'Angleterre
à Ambleteuse, s'y
rendit aussi-tost, pendantque
toute la Noblesse & toute la
Milice du pays, au moins
tout ce qu'on en put assembler
dans le peu de temps que
l'on avoir, se preparoit avec
nirau devant de ce Monarque
Ce Duc trouvant sa Majesté
à la MtiTv
) ne voulut
point interrompre sa dévotion
,
& ne le montra que
lors que la Messe fut
achevée.
Il luy fit son compliment
» & l'invita de venirà
Boulogne, où illuy avoit fait
préparer à disner. Ce Prince
qui avoit beaucoup d'impatience
devoir leRoy,&de
rejoindre laReine,& qui vou- loitmesme coucher plusloin
que Boulogne, yvintdisner.
grand
, propre, & bien- antendu,
on donna beaucoup
de loüanges à la magnificence
de Mr le Duc d'Aumont.
Elle avoir paru toujours e-
.gale pendant les huit jours
de séjour que la Reyneavoit
faitàBoulogne. Le Royen
partit l'apresdisnée dans une
chaise roulante que ce Duc
rluy donna, & vintcoucher
à Abbeville d'où il partit le.
lendemain de fort bonne
heure,pour venir à Amiens.
M Dipitti
, Lieutenant de
Roy, avoit fait mettre dés
legrandmatin les Bourgeois
fous les armes. Il s'y trouva
plus de quinze mille hommes.
Les
f
quatre Compagnies
privilégiées ou des Chevaliers,
sortirent, & se mirent
en bataille hors de la Ville.
Elles furent precedées par
quelques autres de Cavalerie
qui estoient alors dans la
Place. La Bourgeoisieestoit
en haye depuis la porte du
Faux, bourg S. Pierre jusqu'au
Palais Episcopal. M Dipitti
alla une lieuë au devantdu
Roy, accompagné de plusieurs
Officiers, de MChauvelin
, Intendant de la Province,
& de quantité de Noblesseavec
beaucou p de Jeuneffe
à cheval. Il y avoitaussi
une infinité de peuple àpied.
desorte que ce Prince fut furpris
de l'empressement où
l'onestoit de le voir. Il fut
salué par tout le canon de la
Citadelle,6' complimenté à
la porte par le premier Echevin
à la teste du Corps de
Ville en habit de ceremonie.
Il traversa ensuite une partie
de la Ville pour se rendre à
l'Evesché,& il entendit retentir
tous les lieux par où il
passa des acclamations
Il
des
dresse des peuples répondit
à ce compliment d'une maniere
qui fit voir qu'il y étoit
sensible. Il entra ensuite
dans l'Evesché, où il trouva
le Presidial
,
les Tresoriers
de France. & les Eleus qui
eurent l'honneur de le (àluer.
Le couvert estors dres.
fé dans la troi siémeSalle.
Il n'yen avoit qu'un; maisce
Prince souhaita que l'on
en mist pl ufieursautres. Il
estoit prest de se mettre à
table, lors que Madame l'Intendance
arriva. Il luvfitdetres-
grandes honnesterez luy'
donna beaucoup de loüanges
, & souhaita que les personnes
de distinction qui se
trouverent-là,cussent 1 honneur
de manger avec luy.
Ainsi outre son Fils naturel,
&MrBill, il fit mettre à
table Mr d'Amiens, Mrl'Intendant
,Mrle Lieutenant de
Roy, Mrle Marquis de Boulinvilliersj
& Mr Descertaux
Ce repas fut magnifique, &
le Royen fit compliment à
Mr l'Evesque. Un moment
a près qu'il fut hors de table,
il trouva Mrsde Ville dans
une des Salles de l'Evesché.
Il leur dit,Qiïilefloitextrêmement
satisfait de la reception
qu'ils luyavoient faite, qu'il
leur en estoit obligé, qu'il en
parleroit au Roy
,
@¡ que la
joye&l'empressement que tous
les Habitans de la Ville avoient
temoigné à fvn arrivéejefloit
une marque de leur fidelité pour
leur Prince; puis qu'ils montroient
tant de zele pour cetrx
qu'ils sçavoient qu'il estimoit.
Il passa ensuite au travers
d'une double haye de milice
qui estoit encore
tous les
armes ,
accompagnédes Or
ficiers de la Place quile A con- ,
duisirent hors de lit Viile,
où il trouva de nouveau les
Chevaliers en bataille, & la
Mareschaussée qui l'avoit
toûjours precedé.
Mr Chauvelin receut lIce
Roy d'Angleterre àBreteüil,.
où illuy avoit fait préparer
unmagnifique appartement,
& un grand souper. Mr le
Marquis de Beringhen
, qui
n'avoit osé aller plus loin1.
de crainte de le manquer,
parce qu'ily a deuxchemins,
luy fit compliment en ce lieulàd
1 a partdu Roy, & luy
marqua en luy rendant, la*
tertre de Sa Majesté, la joye
qu'Elle ressentoit.de ce qu'il
estist si heureusement arrivé
en France,aprés tous les p erils
qu'il avoitcourus. Ill'a£
sura de l'impatience où ce
Prince estoitde levoir, &de
l'embrasser, & luy dit, que s'il
avoit esté assuré de laroute qu'il
devoit tenir, du jour de Jondc-\
~y~ de celuy de son Ayr;.",
vée
,
il auroit envoyé sa Maison
audevant de luy,& qu'il
y seroitvenuluymesme, comme
ilavoitestéau devant de la
Reine,mais que dans cette incertitude
il n'avoit eu que le
temps de luy ordonner de partir
en posse. Ce Monarque répondit
ilne doutoit aucunement
dela
bonne volonté &
de l'amitié du Roy, dont il avoit
eu tant de sensibles marques,&
qu'il esperoit en remercier dans
peu Sa Majedté, & luy témoigner
luy -mefene sa reconnoissance.
Il chargeaMr le Premierde
faire sçavoir tout cela
au Roy par le Courrier qu'il
alloit luy dépescher,suivant
l'ordre que luy en avoit donné
Sa Majeité en l'envoyant
vers ce Prince.
Mr le Comte de Chastil
au voyage en allant au devant
de la Reine, & qu'on yavoit
fait venir de Beauvaistoute
la nuit. M. le Premier & Mr
le Duc de Bervick entrerent
dans ce Carosse avec Sa Majesté,
qui alla ainsi jusqu'à
S. Germain en Laye, avec des
attelages du Royqu'on avoit
mis en relais. Tout S. Denis
estoit remply du peuple de
Paris, qui marqua sa joye
par ses acclamations lors qu'il
vit arriver Sa Majesté Britannique,
ce qui acheva de faire
connoistre qu'il n'yapoint
dePeuple au mondesi fidelle
,\Y.1
èc si zfeléque celuy de France,
ny qui seplaise davantageà
entrer dans tous les sentimens
de son Roy. Tout se
trouva remply de peuple,de
Carosses pleinsde personnes
de qualité
,
& deCavaliers
depuis Paris jusqu'à S. Denis,
& ce Prince n'entendit que
des acclamations, & ne vit
que de la joye sur tous les
visages. Sa Majesté receur
ceMonarque au milieu dela
Salle des Gardes de S. Germain.
La joye qu'ils eurent
de se voir parut dans leurs - embrassades. qui furent reiterées
plusieurs fois. Leurs
complimens estantfinis, le
Roy mena Sa Majesté Britannique
dans la chambre de
la Reine son Epouse, quiestoit
au lit
,
& après y avoir
demeuré quelque temps, &
l'avoir aussi mené chez le
Prince de Galles, il s'en retourna
à Versailles.
Le 8. le Roy d'Angleterre
vint l'aprésdînée à Versailles
rendre visite à Sa Majesté,
ayant dans tonCarosseM.le
Duc de Bervick, M. le Premier,
& M. de Laufun. Le
Roy le receut à la porte de
la Salle des Gardes
,
& le
conduisit dans son petit Sallon,
puis dans son Cabinet;
où ils demeurerent seuls
pendant plus d'une heure
:
& demie. Sa Majesté le conduisit
ensuite par la grande
Galerie à l'appartement de
Madame la Dauphine
,
qui
l'attendait dans sa chambre
avec un fort grand nombre
de Dames. Cette Princesse
estanc avertie qu'il vc..
t
noit par la Galerie; s'approcha
environ à trois pas de
laporte. Le Royd'Angleter- re entra, accompagné du
Roy, de Monseigneur le
Dauphin
,
& d'une tres-grande
quantité de Seigneurs de
la Cour. Il baisa Madame la
Dauphine des deux costez, &
ensuite Madame qui s'y trouva.
Il baisa après Monseigneur
le Duc de Bourgogne,
Monseigneur le Duc d'Anjou,&
Monseigneur leDuc
de Berry qui accompagnoient
tous trois Madame la Dauphine.
On ne fut point assis.
Madame la Dauphine estoit
du costé de la Balustrade, &
le Roy donnant toujours la
droite au Roy d'Angleterre,
estoit avec Monseigneur du
costé des fenestres. La conversation
dura un quartd'heure.
Ce Monarque prit
congé pour aller chez Monseigneur
,
qui un moment
auparavant cHoÎ("[orry de
chez Madame la Dauphine,
pour l'aller attendre dans
son A ppartement. Le Roy
accompagna ce Monarque en
sortant jusqu'au haut du
grand degré. Monseigneur le
receut à la porte delaSallede
ses Gardes, & leRoy fit tomber
la conversation sur la
Campagne de ce jeunePrince,
à qui il donna les louanges
qui luy font duës ; mais il
luy dit ensuite,Qu'il s'estoit
trop exposé)ij qu'à l'avenir il
devoit se menacer davantage.
Monseigneur luy répondit,
avec beaucoup de presence
d'esprit, Qu'estantDucd'York.
il ne s'estoit, pas moins exposé
lors qu'il combattoit dans
les
Troupes de France. Le Roy
repliqua
,
£hSilnejloit alors
qu'un malheureux Avanturier,
mais que comme il seroit presentement
le plus ancien Lieutenant
General s'ilaveitcontinue
,
il croyoit que le Roy le
feroit Mareschal de France.
Monseigneur le reconduisit
jusqu'au mesme lieu où il
avoit esté le recevoir. Il alla
ensuite chez Monficur
?
qui
estant veritablement indisposé,
gardoit le lit ce jourlà.
Comme il estoitassez naturel
de parler du Prince
d'Orange, ce qu'on en dit
fit tourner la conversation
sur la Bataille de Cassel,
& Monsieur fut loüé d'avoir
battu un Prince si fier, &
qui ne manquoit ny de hardiesse
ny de courage. Ce
Prince répondit là-dessus,
£hïil voudroit qu'unesemblable
occasion se presentast encore, st)
qu'il exposeroit 'volontiers sa
njic pourlefcrqjicc du RoyetAngleterre.
Ce Monarque alla
apréscela rendre visite à
Madame
,
& s'en retourna à
Saint GermaïnMlePremier
l'y accompagna ,
& luy dit
le soir en prenantcongé de
luy
) que la MaiTon du Roy
qu'il avoit menée au devant
de la Reine
,
avoit ordre de
demeurer auprès de leurs
Majestez pour les servir.
Le 9. Monseigneur le
Dauphin se rend it à. Saint
de sa Majesté. On luy avoit;
preparé un fauteüil qui essais;
à droite de ccluy du Roy,
& elle s'y mit. La convention
dura un quart d'heure, ,
& l'esprit de cette Princesse
se montra aussi brillant qu'il
avoit déja fait. Le Roy luy
dit Qu'il estoitsurpris de l'entendre
si bien parler François,
(2?" de ce qu'on ne luy remarquoit
aucun accent étranger. Ellerépondit
Quelle s'estoit toujours
senti de l'inclination pour la
France, & que c'estoit de là
que venoit la facilité quelle
avoit eue à aprendre le Fran-
L
~Úois. Leur conversation émant
finie, le Roy laconduij't
chez Madame la Daudhine
qui l'attendoit dans
Il Chambre avec un treserrand
nombre de Dames
5 uui estoient fortparées.
jQuand cette Princesse fut
wertie que la Reine venoit
~ar la Galerie, elle s'avança
jusque dans la porte.La Reine
a baisa d'un cofté
,
& MaÏCame
la Dauphine luy don-
~ant la droite
,
la mena dans
toon grand Cabinet. On y
>wcit preparé six fautelids;)
~çavoir pour la Reine, Madame
la Dauphine, les trois
jeunes Princes &
Madame
Celuy de la Reineestoit au
milieu de la chambre
,
& les
autres estoient tournez un
peu du costé du fauteüil de
cette Princesse. Toutes les
Duchesses furentaffisses. Madame
la Duchesse de Powis,
gouvernante du Prince de
Galles, & Madame la Comtesse
de Montecuculi,une des
Dames d'honneur de la Reine,
comme estoient icy les
Dames du Palais, puis qu'elles
sont pl u sieurs & qu'elles
fervent par semaine
, eurent
estabourets. On s'étonne-
~a que je donne icy le nom
aie Duchesse à Madame de
o°owis aprésl'avoirapellée
lolusieurs fois Marquise ; la
~s'aison de ce changement est
~que le Roy d'Angleterre deuouis
son arrivée à saint Germain
a recompenséle zele de
ÎVV1 de Powis fonmary en le
[traitant Duc. La conversation
Huraunedemy-heure. Onse
eleva
, & Madame la Dau-
~phine conduisit la Reinejusi-
n,u'à la porte de son cabinet.
~Cette Princesse allaensuite
lochez Monseigneur qui la receut
à la porte de la Salle de
ses Gardes,& la reconduisit
jusqu'au mesme endroit. Elle
alla a près chez Monsieur &
chez Madame qui luy firent
tous les honneurs dus à une
Reine. On raconte mille
choses de l'esprit de cette
Princesse. On a admiré toutes
ses reparties; mais elles
font en trop grand nombre
pour pouvoir estre raportées
icy. Elle a trouvé les manieres
du Roy au dessus de
toutes les expressions
,
& a
esté touchée de la bonté de
ses Peuples. Les Troupes de
'i
~il la Maisonde Sa Majesté luy
no ont paru d'une tres- grande
beauté, & elle a dit ~'f~
31 les eflimoit encore davantage,
parcequ'elle estoit persuadée de
--<J leurzele & de leur fidelité.
) Cet article m'a mené si
toi loin, qu'il ne me reste plus
~ab de tempsny de place, pour
ov vous donner une fuite des
A Affaires d'Angleterre
, que
oj je devois continuer en les
~pi reprenant où je les laissay le
~3b dernier mois, & en les traira
tant de la maniere que j'ay
ixS fait dans mes trois Lettres
up qui ont pour titre, Jjfaires
du Temps. Comme voussouhaitez
avoir dans un seul
Corps toutce qui regarde
l'histoire du Prince d'Orange*
afin de latrouver defuite,,
sans estre obligée de la chercher
en divers endroits, je
vous cnvoyeray le mois prochain
une quatriéme Lettres
sur ce sujet. Je puis vous
dire d'avance quelle sera
remplie de pieces originales,
& ne fera pas moins curieu—
se que les trois premieres quii
ont esté assez heureuses, pour
meriterl'estime de ceux quiii
ont le plus de connoissances
des mouvemens qui agitent
aujourd luiy toute l'Europe. Ilyadestemps& desraifons
pour toutes choses
, &
elles font souvent blâmées
ou
1
estimées, suivant qu'on
a égard à l'un & à l'autre
dans ce que l'on fait, & qu'on
se sert de tout ce qui en peut
faire valoir l'execution. Tout
cela se -rencontre dans la
Tragedied'Ester, qui a esté
representée depuis pen de
jours à S. Cir. On voit dans
cette Maison trois cens jeunes
Filles
, toutes de qualité; il
faut que la jeunesse se divcrtiffe)
& particulierement
quand elle n'a pas renoncé au
n10nde)coolme la pluspart de
ces jeunes Demoiselles. Ceux
qui en sontentierement retirez,
dont l'âge est fort avancé,
& qui fontmefme profession
de mener une vie toute [ainrc)
ont des heures pour leur recreation.
Ilne suffisoit pas d'en
donner à cette jeunesse toute
vive, les personnes meures
en font un bon usage.Lajeunesse
,& sur tout quand elle
est en si grand nombre, les
employé à des choses differentes
; mais quand lenombre
est si grand, il est malaisé
que tant de ptrfonnes
s'en fervent toujours également
bien. Il y a de la prudence,
& de l'esprit à trouver
une chose generale, qui
les occupe toutes, & longtemps,
& particulierement
dans un Carnaval, parce que
l'usage ayant autorisé les
plaisirs dans cette saison, on
n'en peutrefuser à la jeunesse.
C'est ce qui a obligé l'illustre
Personneàqui toute la Noblesse
de France a de si grandes
obligations du foin qu'-
élis prend de l'éducation &
delafortune de tant de jeunes
personnes
,
de faire faire
une Tragedie pour estre representéeà
S. Cir pendant le
Carnaval, par une partie de
cette jeunesse. Cela s'est fait
depuis pillficllrsllecles)& se
sait encore dans des Convents
tres-au steres,oùlesPensionnaires
representent des Tragedies
saintes. Quoy que ces
Pieces ne soient representées
que peu de fois, & qu'elles
durent peu d'heures, on s'occupe
à en parler pendant plusieurs
mois, on se divertit aux
repetitions3 on s'attache à la
representation, & quand on
est ainsi tout remply d'une
chose sainte& morale qui instruit
en divertissant, & qui
entre dans l'esprit parce qu'on
s' y plaist,on ne l'a point occupé
par d'autres choses, qui
non seulement pourroient
n'estre d'aucune utilité, mais
ausquelles mesme il seroit
mieux de ne le point appliquer.
LesujetdelaTragedie
qu'on vient de representer à
S.Cir, estEsther, & elle a
esté faite par Mr Racine. On
peut juger par la sainteté du
sujet, des effetsqu'il peut produire
dans les coeurs, & de la
1
beauté delaPiece parle nom
de son Auteur. Aussi le Roy
qui l'a honorée plusieursfois
de sa presence, y at-il pris
toutle plaisir qu'il a toujours
ressenty en voyant les Ouvrages
de MrRacine. Il y a des
Choeurs dans cette Piece de
vingt quatre Filles de S. Ctr,
faits parMr Moreau, qui font
d'une grande beauté, & fort
utiles à celles qui prennent le
party de la Religion, puis
qu'elles apprennent par là.à
chanter, ce qui est tres-necessaire
dans les Convents.
leur Commandant à leur teste.
M. de Feuquieres écarta avec sa
canne un pistolet que le Commandant
tira sur luy, M. de Pousay,
ancien Capitaine de son Regiment.
TABLE.
Morts. +;
Ba/et dancé à Tri/mort. 55.
Eloge de Moufeignenr le Dauphin.8
Stances- 14".
Autres. 151.
Estampe de laprife de Philisbourg. 1/4.
Table perpetue lle des quttre principales
Phases ou apparitions de la Lune. 1 fG
Gouvernement de Guienne donné 4
Monsieurle CâftttedeThoulonfe.158.
MiJlion. 160.
Baptesme de trois Turcs. 16;.
ufrreftdu,Conseild'Estat.. 167.
Hifioire. 171
Ouverture d'Ecole de MAthematiques,
1°9.
Preparation pour la Theriacfae.zif.
Noms
,
furmmu. & qualités de tons
les Chevaliers de l'Ordre de la derniere
promotion. 219
Bdle aftiondeMrdeFeitquicrs.251.
TABLE.
Confiscation de la Principauté d'Orange
donnée à Mr le Comte d'Auver- une,. Prise de deux VaisseauxHolandois. 25f
Operanouveau. 2fS
Explication des deux Enigmes de Novembre.
26;
Enigme neuvelle. 265
Suite des affaires d'Angleterre, ZG5.
Tragédie representée à S. Cir. 577
Autre détail de/'ABion de Mr de
Peuquieres. 383
Avis pourplacer les Figures. L'Air qui commence par, Il
me contrains incessamment, doit
regarder la page 83.
La Medaille doit regarder la
page 2.1j.
La Chanson qui commence par,
Nonje ne verray plus Silvie, doit
regarder la page 161.
SiWATALOGVE DES LIVRAS
k\%x, nouveaux qui se débitent cheZk
\")\Z Sieur Guerout
}
Court-neuvedît
kl Palais.
AAFfaires du Temps. 3.vol. in 12.
4. l. 10. f.
Voyage du Chevalier Chardin.
[,IV.-,.vol-* 4.l.10. f.
dAAbrège, nouveau de l'Histoire gei.
r£i3,crale d'Espagne
, contenant ce qui
estpassé dans les Pays dépendans de
sj~cce Monarchie depuis son origine
:plDufqu'aprêtent. 3.vol. 4. liv.10. f.
H Histoire Sommaire de Normandie.
I. l.10.f.
aY Voyage de Siam. 4.vol. 6. liv.
^,1 Le premier rolume a pour titre.
V
-
VoyagedesAmbassadeurs de Siam
[ n:n France
, contenant la reception
irAui leura esté faite dans lesVillesoù
ils ont pailê ; leur entrée à PafifrKI*ii
ceremonies observéesdansl'Audience
qu'ils ont eue du Roy-, & de la Maison
Royale; les Complimens qu'ils
ont faits ;ladescription des lieux où ils
ontesté;&cequ'ils ontditde remarquable
sur tout ce qu'ils oiitveu.- -
Lefécond Volume A pottrtitre.
Suite du Voyage des Ambassadeurs
deSiamen France, contenant ce qui
s'est paslé à l'Audience de Madame la
Dauphine, des Princesses du Sang,
$c de Meilleurs de Croissy & deSegnelay,
avec une description exacte des
Chasteaux, appartemens,Jardins &
FontainesdeVersailles, S. Germain,
Marly & Clagny
, de la Machine de
4arly, des Invalides, de POblerva*
toire „ deS. Cyr
,
&: de ce que les
Ambassadeurs ont veu dans tous les
autres lieux où ils ont esté depuis la
premiere relation, à quoy l'on joint le
discours qu'ils ont fait au RQ£
te tmïïcme Volume 4 pour titre.
TTroisiémepartie des Ambassadeurs
3.c Siam en France, contenant la suite
s-k la description de Versailles
, ôcc.
~es chevaux qui -font dans les deux
~Ecuries du Roy; ce qui s:'dl passé
~dans les visites qui leur ont esté
~enduës;les experiences de la pesanïL^
eur del'air faites devant eux; ladescription
des Galeries de Sceaux, & itiscs receptions avec toutes les haranp-
rj®u-£s qu'on leur a faites dans toutes
23CS Villes de Flandre.
%à Le quatrième Volumea pottr titre. - Quatriéme & derniere partie du
voyage des Ambassadeurs de Siam en ~rance,cequ'ils ont veu pendantleur
Voyage de Flandre
,
depuisValen-
~ienne jusqu'à Paris; la description
, zîies Villes où ils ont passé, & les ha-
~ngues de tous les Corps, ce qu'ils
untnt veu à Paris depuisleur retour b3^^ec , une description de tois les lieux
àeà ils ont esté.<St dela Feftc donnée
par Monsieur à S. Cloud, du Voyage
à Versailles
,
leur Audience de
Congé, & les dix-sept Audiences
qu'ils eurent le même jour, & tous
les complimens qu'ils ont faits, &
des presens qui leur ont esté donnez,
ce qui s'estpassé à leurdépart, les
noms des personnes distinguées qui
font parties pour Siam.
Notes deM.Corneille sur les Remarques
de M. de Vatlg-elaSI suivant
le sentiment du Pere Bouhours, &
de MessieursChapelain & Ménage
,
avec les Remarques mesmes. 2. vol.
in douze. 4. Liv. 10. f.
Relation de l'Afrique ancienne &
moderne, enrichie de 80.figures, 4.
volumesindouze. 8 liv.
Methode parfaite du Blason du Pere
Menestrier. 2. Iiv.
Arithmetiqueraisonnée.1.l.10.f.
Secrets concernant la beauté & la
famé. 3.l.
Second Volume des fecrcts de la
.s:mté& de la Beauté. 3. l.
Effetsde 'a force de la contiguité
des Corps, par lesquelles on répond
tnix experiences de la crainte duvuide,
&à celles de lapesanteurdel'air. Par
le R. P. Cherubin
,
d'Orleans, Re.
ligicux Capucin , de la Province de
Touraine. 2. liv.
Traite dela Transpiration. 1.l.10.f.
L'Artdelaver. 1.l.
Histoire deMa-homet IV. dépossedé
,
& de l'Elevation de Soliman ILI.
3 volumes in douze. 4. 1. 10. f.
Histoire des Troubles de Hongrie.
9. liv.
-
ElogesdesPersonnesIllustres de
l'ancien Testament.1. l. 10.f.
Dialogues Satyriques & Moraux.
2. vol. 5.1.
Le Secretaire Turc. 1. l.10. f.
Le Mary Jaloux. 1. l.10. f.
L'Estat present de la Puissance
Othomane. 1. 1. 10. f.
Chevalerieancienne& moderne,avec
la maniere de fairela preuve pourtous
J~s Ordres deCksvakiiB.» 1. 10. Í.
Poêsies Pastorales de M. de Fontunelle,
avec un Traité de la Naturedel'Eglogue
, & une Digression
sur les Anciens & les Modernes, I.
liv. 10. f.
Entretiens sur la pluralité des Mondes,
de M. de Fontenelle, augmentez
en plusieursendroits, avec un sixiéme
Soir qui n'a point encore paru ,
contenant les dernieresdécouvertes
qui ont esté El.ÏtéS' dans le Ciel.
I. I. 10. f.
Traité des Fortifications enrichy de
2-3 Figures,contenant la Démonfira.
tion & l'Examen de tout ce qui regarde
l'Art de fortifier les Places tant regullieres,
qu'irregulieres
,
suivant ce
qui se pratique aujourd'huy
,
le tout
d'une maniéré abrégée, & fort aisée
pour l'infinidfcion de la Jeunesse.
Essais de Morale & de Politique,
où il est traité des Devoirs de l'Homme
confideré comme particulier
,
&
comme vivant en Société, 2. vol. 2-.I.
Dialogues des Morts. 2.vol, indouze.
Jugement de Pluton sur les Dialogues
des Morts. 1.1. 10. f.
Histoires des Oracles. 1. liv. 10f.
Lettres galantes de M, le Chevalierd'Her.
2. vol.3..
Les Malheurs de l'Amour, ou Eleonor
dYvrée. 1.l. 10. f*
Ambassades de Mons. le Comte de
Guilleragues
,
& de M. Girardin,auprés
du Grand Seigneur,avec plusieurs
Pieces curieuses,tirées des Memoires
de tous les Amballadeurs de France à
la Porte
,
&c. 1.1.10, f.
Academie galante. 2. vol. 3. liv.
LaDuchesse d'Estramene. 2.vol.2.I.
Le Napolitain. I. l.
Sentimens sur les Lettres &: sur
l'Hstoire
, avec des Scrupules sur le
Stile. 1.1. 10. f.
Caractères de l'Amour. 1. 1. 10. f.
Le Grand Visir Cara Mustapha. l.l.10, f.
Lc-Sera-sY.ier.0.
L'Ariostemoderne.4. v. in 11. 6. L.
Le Chevalier à la Mode) Comedie.
; 1. 1.10. f,
mLa Déesolatdion dies jeoue.ufea, Co-: 15. f.
Fables nouvelles.
Epistres en Vers de M. Sabatier
de l'Academie Royale d'Arles. L. 1.^
Livres de Mufkjue de M. Martin, à
deux & trois parties, avec les accompagnemens
de Violons. 3. 1.
La Devineresse.
xRaéflleix.ioTiu surll'Aicvide.1&0su.rfl'A.l- Relation du Mariag e de Mademoifelle
avecle Roy d'Espagne. 1.1. 10.r.
Relation du Mariage de M'onllcur
le Prince de Conty avec Mademoiselle
de Blois. 1-i.10.
Relation du Mariage de Monter
gneur le Dauphin, avec la Princesse
Anne - C hreitienne-Viétaire de Baviere.
1. 1.10. f.
Journal du Voyage du Roy à Luxtmbourg
, contenant la description
des Places de la haute & basse Alsace,
&de celles de la Province & de la
prise de Luxembourg.I.liv. 10. f.
Débites des Armées Ottomanes
parles Armées Chrestiennes en Hongrie,
& dans la Morée, avec la prise
depluheursPlaces sur lesInfidelles.I.l.
Observations de M. Spon sur les
Fièvres&les Fébrisuges. 1. 1.
DiscoursSatyriques & Moraux en
Vers. 1. 1.
RdationduVoyage du RoyenFlandreen1680.
i.1.1o. f.
La Négociation du Mariage de
Monsieur leDucde Savoyeavec rinfante
de Portugal.. 1. 1. io.f.
Relation duSiegedeVienne.I.l.re,
Relation de ce qui s'est paile à Gex
nes. 1.1.1o.f.
Relation du Siege de Luxembourg
Histoire du Siege de Bude. 1.1. i o.f.
Recueil d'Ouvrages faits à la loüan*
ge du Roy, ssir l'extirpationde l'Heresie.
1.l. 10. f.
Relation des Prieres publiques qui
ontcité, faites par toute la France, en
avions de graces de la guerison du
Roy. 1. 1.10. f.
Antiquitez de M. Spon, Ouvrage
enrichy de plusieurs Figures. 7. l.
Divers Ouvrages en Musique de
M. deBacilly.
Outre Les Mercures dedouze années, àcommencer en 1677. il y a trentedeux
Extraordinaires, dans lesquels
font divers Traitez très-curieux
,
5c
Qualité de la reconnaissance optique de caractères