→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Nom du fichier
1688, 12 (partie 1)
Taille
59.60 Mo
Format
Nombre de pages
367
Source
Année de téléchargement
Texte
Uu



i4qce3 u-Âr~-tiip JUtr-4zi
DECEMBRE 1688.
Diviséen deuxParties.
AP.,
A"J VALAIS,
ON donnera toujours un Volum;
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra Trente sols relié en Veau
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Cfccz G. DE LUYNE, au Palais, dans I.
Salle des Merciers, àlajustice.
T. GIRARD,au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie,
Et MICHEL GUEROUT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXVIII.
AVECPRIVILEGE DU ROY.
,.-
il
DECEMBRE ](jgs.
T" A Gloire du Roy
est dans un si haut
degréd'é lévation
>-
que les personnes mesmes qui
semblent n'estrepas nées
pour mettre la main à la plume,
trouvent l'esprit & les
forces necessaires pour cela,
quand il s'agit d'admirer ce
grand Monarque,& de faire
son éloge. Je vous ay déja
envoyé un Ouvrage de Madame
de Pringy furfes grandes
Actions; envoicy un second
qui ne luya pas moins
acquis de gloire que, :
le premier.
• ) >\•
DISCOURS
SUR
LE MOUVEMENT
DES ARMES
DE LOUIS LE GRAND.
LAValeur, la Jujlice
5 & la
P' clo *resu 1, Ficloirefuirent toujours notre
Monarque
y
il a dansson
repos aussi aglCànt que paisible
triomphé de cent Ennemis different.
I-esylus forts ontfuccomkéjoitflajufticedeJes
Loix3 CI
la Paix vcnoitdefaireparoiflre
[es grandeurs quand l'audace temeraire
de tEtranlger l'aoblige
a exercersajxflice
> comme il
exerçoit sa l^ntr.La conduite
de fis Voisins l'a mis dans la
necejjité d'emporîet encore des
Viéloires par les Armes ainji
qu'ilavoitfaitautrefois. Comme
le triompheaccompagne toujours
sa volonté> il vient de
commander
3 & il a vaincu.
Lejeune brasdont il s'efl servy
pour vaincre rfloit fort, & cet
auguste fris qui vient de commander
en obeissant
,
s'eflou~
vertunÇbampde Lauriers dont
il revient tout couvert. Quel
plaisir pour nostre Monarque de
voirquesa gloire éclate dans ce
qu'il produit
, comme dans ce
qu'ilpofïcde
)
C:7' que sen J'¡S
C;! j'.tsh'i!*>srempiydeses
venus que de son fatugl Sa jeje
djit éza/cr sa victoire pendantque
la grandeur deses exploits,
égale lasainteté de sessesactons,
Ú" nous oblige de dire autourd'/
Juy de sa personnesacrée
ce
qui fut dit autrefois desaint
Jean-Baptijle
par la rcuche de
Dieu mesme
)
Entre tous les
Mortels il n'en est point de
plus grand que LOU1S,
puis que sa bontéenfait le plus
grand des hommes
> & sa juslice
leplusgrand des Rois.
Tous les prodiges que nous
'Voyons font des effets de la honte
de nojlreMonarque. Le blafpbême
puny >
/*hferejie éteinte
le Duelabolj> y le Revneaimable
de la Paix quiness interrompit
que par de jujles Combats que
la valeur sçaitJoûttnir & l&
njiÛone couronner;sesPeuples
ebarmde leur bonheur&de
ses bien-faits
,
la terre retentissante
de sa renommée le Ciel
mesmeauteurdesagloire &ft*-
tissaitdeses vertus j toutes ces;
merveilles nous marquent sa
ùonté; bontéque le
Ciel
benit &
favorise
, que Jes Ennemis ne
meprisent qu'à leur confusion,
.@ que Jes Peuples ressentent avec
abondance; bontéaujjt manifestée
dans la Guerre
>
quelle
A esté rvifible dans la Paix. Ce
.nefl point a/Je% du repos merveilleux
de noflre Monarchie,f°n
.aélion n'cft pas moins admirable.
Les Puijjancesde/'Enfront
esle vaincues dd,~e-nns satranquil- s se
lité,celles de laTerre le fontau
premiermouvementdejes armes.
L'ejprit du Tres-Haut quilefait
ag)r
J
le fat vaincre,ne le
rend redoutable que pour mieux
apprendre qu'il est hon. (L~f~~
pourqucry faut-il que l'injuftict
la témérité deJes Ennemh
obligent sa bonté à ne pourvoit
paroîtrequepar le minijieredesi
puissancefMes'ej}-ilpointaj]e%
fait connoiflre pour ne laijjer aucunsujet
de douter de la fuflic
defis intentions? Ignorans di
la vérité> Ile:-Z lesfautes qu
vous faites dans les vertus qu:
Louis pratique) & souvenez,.-
vous que la guerre qu'il fiow
tient avectant degloire couvr
de honte ceux qui en font f.
cause. Il ejl jufle dans sa elo
mandes cm confiantdansses
progrès & toute la puissance di-
Ivoe ne permettra jamais quon
opprime celuy dont lafoys'ejl
communiquéej@f qni a faitrendre
au vray Dieu le culte refuse
depuis plus d'un siecle. Tout
étonné de fan Zele l'Enfer a
gondé quand il a éteint l'Heresse
j & toat affligé de sa puif*
sancel'Ennemy a refiflê a la ju-
*flice de ses ordres; efforts inutiles
des demons &des hommes.
Louis est armé de ce glaive à
tdeux tranchants
)
dontil estparlé
dans PEcilture; il abat d'un
cossél'orgueil des demans, &de
l'autre la temerité des hommes,
& sa puissancesçait soutenir
la jujiice de (es droits
i comme jà pietésçaitfouflenir lamérité
de sa Religion. Qefl un Prince
a qui le Ciel a refermél'accompli/]
ement dt tant de grandes
oeuvresCjue fc-s Predecef*
feun n'ont osé entreprendre;
il ce népour ta gloire de l'Eghfc.
& de U France
, & s'il net
commandde ou a, d cettepartiede
l'Europe qui LUY l'si son?-.i[e, ca 'J '{ 1: 1
,., 1'1,1' '1'# II ~':"-?'11 0'" nt:jpas ep.,tSt ,(Ju;.':.,,.- Il
, i' 'u : - C'" 1 r' .;.. a ,.., toHtl'ïj ,}t vers. S'il au-
-tant d'ambition qu'il a de ptiif
sance
>
il/croit un autre Aié.
ixan dre par fc
s
Connuefies5 mai
{ f,..1 ) j j n. i J ( -,
ses desirs fn: born, si fi<
mérité ne test pas.Çontent des
Peuples qui luyfontfournis
3
il
ne dejire pointde cor?:manderau
reste des hcmmes>pendant que le
refle des hommes peur eflre heureux
doit desirer de luy obéir ;
mais sans penetrerlessecrets de
tt Providence qui a donne la
sagesse à LOVISLE GRJND
sansluyafjujetir tout
nous pouvons dire quil ejïoii de
sa gloiredu Tres.Haut de don-
Mfr 4M F;~- ~; /'E~ ner au Fils aisné de ÏEglife
cette rare qualité de pouvoir
borner fx putjfance
3 comme il
la pouvoit ctendre
, &qw:perdant
auil peut tout conquérir
il est plus admirable de le 1.Joir
se renfermer dans les bornes desa
Tiiijon que dans celles du monde.,
Combien la modrflie) ladouceur
& la clémence ont-elles de part
dms tous JesExploits
, tant
guerriersquepacifiques ! Il épargné
la honte à fh ennemis, &
ménagé le fang de Jes Sujets
x & trouve autant de plaisir a
tendre qloire éternelle qu'éclatante*
C'était un Trince tek
que luy que le Peuple d'IJrae
Jouhaitoit quand il crioit avea
gemissement pour demander
A
Dieu un' Roy, mais il nous *
tfié reservés ce Monarque ins
Comparable. C'eji nous qui con\
noijjonsses vertusmervmleufcs,
0* quifomrnes les témoins que
sa bonté en fuit le plus grand
des Hommes. Peuples Etrangers9
apprene^ quesajxttice en it
le plus grand des Rois.
ConnoiffiZ les grandeurs de
nostre Monarque 3faibles Défenseurs
d'un Pûïtyinjustey &
juge% delajufiict de sesintentions
pa* celle de sesordres que
vous cfles iec7, heureux pour
recevoir-presentement. Vousapprenezp:
trl'expcrunce ce que
vuus f:'L1/L'ez par la renommée,
C71 vous dépende^ à present de
ce Roy qui peut compter dans.
sa njie autant de prodiges
que d'achcnso de ce Roy dont
la jujiice est unwerfielle confiante
& merveilleufie ;unVverfille
par fin étenduë; conjiante
par sa durée; merveilleuse par
fies effets. Quelle étendue de juice
peut aller plus loin que celle
deLOVIS LE GRANDE
Il la rend à Dieu en le faïsant
alorer par tous fis Peuples; il
larend aux hommespar l'intégrité
defisjugemens; ilsi la
rend à luy-mefime, ne favori*-
fiant point [es interefls; mais si
l'étendue' defia jujiice doitfiurprendre>
fia confiance ne doit ptUi
moins étonner. S'il a pu dans
sa plus grande tranquillité terrassèr
les hidresinfernales du
Duel) du Blafiphême &de IHeleste
j que nepetit-il point lors
qu'il est chargé de
leurs
depouilles
, & njiélorieux de leur
malignité? L'envie a beau murmurer
, (jr tout /'Univers /'armer
contre luy5 le Ciel qui le
fait entreprendreJ le [ôútierJf;
comme il est jufle dans fies défifeins)
il efi confiant dans fies
wiëloms, &s'ilsçaitconfondre
IEnfi'r) il peutpunir les hommes.
Ennemis de l'Etat, qui
ffa,veK jufiques ou va la force
de sa bonté, pourquoy vou-
/c~ -vous éprouverjusques où
va la rigueur de sa juflice ? Ne
fçaurie% - 'Vous ejire fages par
zonnoijjancpfins le devenir par
punition
> & la figejje che%
vous fera-t.elle toujours un
effet de la peur> @Jjam(ti-j¡
un effet de l'amour? Songea*
que le Ciel qui rend le bras de
Louis Jtfort» a crééson coeur si
juflc&jsti bboonn.,,qu-'ilgoudron
) 11 d' n J
qu'il ny eufl jamaisd'offenrs;e
ou bien quesa juflice luy permiji
de tout pardonner; maû'
cette juflice cft trop conflants,
pourluypermettre de pardonne:,
eç qui merite d'estre puny. Elle
est juffice en tout temps) comme
elle l'efi sur toutes choj&s; fit
perpetuité est unie àsonétendue'»
&sielle doit étonner>parçequelle
est universelle ($f confiante,
elle doit charmer) parce que les
effetsquelleproduitfont admirables.
NQUS voyons ce Princecraint
dans la Paix
3
efire cbery
dans la Guerre ,devenir en
mesmetemps le Protecteur de
fo Peuples
, & le IDéfcn^eur
de l'Etranger.Nous le voyons t foutmir avec zele la cauje
du Très- hautsdéfendre avec
cbalcur les droits des 'Prince
fies Alliez) convaincre l'Etranger
de fion ingratitude par fion
malheur. Nous le voyons modéré
dam fis entreprises
,
modefie
dans fies conqufl'es,digne
parfis vertus de pojjeder une
vie qui finftimmortelleaussiquesa
gloire. Toutes ces merveilles
font les effetsde cette ju-
Jîiceyque la posterité admirera:)
aujJi-bien. que nousyde cette justice
que Louis le grand fait
voir dans sa personne
, & qui
le rend un Roy-redoutableà l'infidélité3
& digne de l'encensdes
Jufles. Les travaux de ce grand
Prince font le bonheur de la terre,
ft} contribuent à la gloire du
Ciel; ilestun Moniquepaisible
& guerrier tout enfrmble"
Îafui porte au salut tn procurant'
fdicité, & quiJepeutdire-
Grand par sa bonté, puis quelle
luy donne tant degloire, n@!
grand par sa-ÇrandparÇajussiveqquuiiluluyy.
procure tantde viëloit'es.,C qui"
nous obligent à confiJfer sans
CeJJe? qtlentre tous les Mortels
nen esi point de plus Grand?
quel'incomparableLOUIS.
Aprésvous avoir fait part
d'unéloge du Royen Pfofc,
je vous envoye un Ouvrage
en Vers, où vous trouverez
les loüanges de ce Prince ingenieusement
meslées avec
celles de Monseigneur le
Dauphin.
PHILISBOURG
Pris par Monseigneur le
Dauphin, en vingt jours
de Tranchées ouvertes, le
premier Novembre 1688. LAPaix faiflitflntirfis douceurs
&Ces charmes;
Loin du tumulte & des alarmes
Nous cèltiulons tous les beaux
Arts,
Ht noflre Mufe
,
qui de Mars
Ne craignoitplus 11 violenu ,
Nes'occupoit en son loisir
.!!<.uede LOFI S y& du pllÛ¡;r
..P.uerépand en tous lieux son augusle
presènce.
Luy-mejmtjoiiijfoitde cet heureux
aurepxos despens de sa propre
gloire
Avoientproduit par tout ses foins
à*ses Travaux ;
Luy-mesme qui pouyoit grossi-r encor
tHijloire
Desi;HeroiqtJes Exploits,
Et porter bien plus loin ses armes
&fil loix ;
Luy-mesme
,
dis-je, enfin qui voyoit
la Victoire
Toujours attachée a sespu ,/,
Moderoit son ardeur & retenoitson
bras.
Content, Jaloux deson Ouvrage
C*grandRoy
, ce Héros qni dés ses C~ ~j- ~j-y~-
jeunes ans
Avoit yifques icy fait voir tant de
courage , Nese démentoitpoint, &propre d
tous les temps,
Semontroitdans son Louvre dujji
prudent& fige,
J^uintrcpide &plein de valeur
,-9,c,and de l'Europeentiere il domptait
la fureur.
Son reposneftoitpoint un repos dikI
parefc
, Qu'une hnrKtïroisive autrefoisy
Faisoit, &fût encor cherchera tanh
de Rois ;
La nanchaiance& la molefle
Virait leurs doux plafirs
,
& leur
auraitflatteur
Faire de vains efforts pour seduire
fou coeur)
Et pendant celte paixsa noble vigilance
oimoit les Abus} Lmijifl:
l'Erreur,
J^ui depuisplusaunfieele empoisonnoit
la France.
Son aclive tranquillité
Contre luyfaitenfin agir le mesme
ombrage J~ vit naiflrs autrefois de sa
prafperité ; ( rag e
Desesvieuxennemis elle txcite la
Et quelqueutile qu'à tlln d'eux
Ait c:IfYiéé ce rrepos qui leur blessi les
yeux,
Loin de continuer d'en tirer avan-
IlaimrtaeagmeyvieuaxrdeuTurcexpofcr aA 2-are ex
Ses o nouveaux &faibles Sujets ,
Jgue nepas troublercettepaix
Dont LOFISIlfloefaire unjipieux
Uflige-
Mdis ce Héros de ce jaloux
Deconcerte) prévient les coups > Et, pour les faireenjin retombersur
luymejme
laitmarcher-,sur les bords dm
Rhin
L'Héritier deson Biademe.
Pouvoit - il mieux choisîr ? Em
vain,
La nature & lapolitique
Vouloient, loin des dangers
, qiïik
tinfi ce fis Vnique ;
Voyant éclater dans ses yeux
Ce beau, ce noble feu, cette ardeur
heroïque
Jpuilfentit dés l'Enfance, & qui
defis Jyeux
Coule encor- danssespropre{veilits)-
Il srut ne rifqusrrien ; & que toufsescombats
Seroient) en marchantsursespries,
Autant de Victoires certaines.
Lefoin fJl/dle formerLOVIS lujmesme
frit
Luy rêpondoit de ce préfige,
Et jquoy que Philisbourg fusi fin
apprentif/age
II , ne s'efpoint trompé dans le choix
qttil enfit.
Quelque forte que sufl la Place,
Ce digne Fils, qui dans la Cbaffe
Tant de fois de la Guerre avoitfait
des cffiiis
, En ordonne L'attaque,&malgréfïs
Marais
Bonipendant plusaun an elle crut
[c destzà/'e
e , éjc /re - L.i fjïce ca vi.igt jours deje rendre.
terreur qu'en toits lieux répand
fin jeune bras,
Causeà nos Ennemis flnt tellefurprise,
tremblantfltravance, Hcidel-1
berg ne veut pas
Voir, àsipropregloire
,
ensanglanter
saprise ; Il se rtnd de Iny-mesme> & Manheim
tient si peu,
J9ue pAr safoiblercfiftance
,
On diroitque pour luy la Guerre nest finjeu,
Et qu'ait bruit de fin nom chacun
fitfins deffense.
A ce débutgrard Roy}iureconnais
ton filagy
El fit vois d j'ú¡r j'ïils'y prend.
cC:,"î v.ii,,c,e ÙjrrtÚt sur ton
modelie *'
Ce Fils fuit a grands pjs la gloire
qui tilPle!/(. t
SAns chercherdespérilsfi loin
il pouvait, content de la tiefJlJf,
Remettresur un autre unfipénible
foin
Etsur les Rives de Id Seine
tranquille e.fanr travailjouirde
travaux j
Man >fuyant ce honteux repos) il en veut une qui foit sienne,
Et tel que cet ambitieux
Jgui pleuroitenfesret desexploits
deson Pere,
II croyoit que LOVÎS,plusgrand qllt
tous les deux,
Ne lui litiffiroit rien afaire.
Ah!s'il commenceainsi,grand
-Roy,Etsifon a~ryd~eur berotepwi~e
Met aivfi toujours en pratique
Les leçons qu'il receut de toy ; Quels miracles unjour n'en dois-tm
pas attendre !
Ces redoutables Ennemi*
Qui yfiers d'avoir reduit en cendre
Bude, Belgrade
,
Efiecb, vouloicnt
flétrir nos Lys,
Bien-tofin'ofieront plusCattendrei
Ils le prendront pour le Dieu
Mars,
ils fuiront, d' malgré leurs orgueil.
leux ramparls)
tan Filsiraplus visJe;) &plus loin
auAlexandre.
puijfl dans tonpieux loijir
Le Ciel te donner ceplaisir
Etjufqji'auifecle entierportertajotlie
vie !
TesLauriers t\tvoient déjàmis
Audessus des coufs de l'envie j ilne te refioitplusqua voirce dignê
Fils,
Parceux quilte moiffinne fllcore,
JrFreodrcoeurbtloenrpPoeuurptloeyqsueistv'aoedourxe.
sesfbuhaitj. ses voeax, (z
Parti si la reconnoijpince
Qùimpriment dans nos coeurs les
biens que tunousfais,
Peut te plaire
, toute la France
Fftprefitaifgnerdesonfang
Quelle doit a LOFIS II
GRAND
Sm bonheur,son repos, crf.i mAgh¡
fa'sicc.
Le ij.ciu mois passes le
Perede Juilly Jesuite, Regeni
de Rhetorique dans le College
d' Arras, y prononça une
Harangue Latine à la louange
du Roy, qu'il divisa er
deuxparties.Il montra dansla
première que la modération
de Sa Majesté luy avoit saint
differer longtemps à reprendre
les armes, mais qu'enfin
sa prudence les luy avoit remises
en main, pour prevegtiir
par la prise de Philisbourg
le desseinde [esEnnct
mis. Il sit voir dans la secon,
de, que la sagesse dece grand
Monarque paroissoit encore,
dans le choix qu'il avoit fait
de Monseigneur le Dauphin
pour luy confier la conduite
de cette entreprise, voulant
parlà faire connoistre à toute
la terte , ce que valoit un
Fils dont; ilçonnoissoit déja
tout le meritc. La Piece finit
par un Eloge à Monseigneur leDauphin; & fut receuë
avec l'applaudissement général
d'une Assemblée fort
nombreuse.
: Le 17. du mesme mois, la
Ville de Grenoble
,
Capitale
du Dauphiné, s'interessant
particulièrement à la gloire
de Monseigneur le Dauphin
dont cette Province a l'honneur
déporter le nom, se mit
fous les armesc pour marquer
la joye que luy donnoit lai
réduction de Philisbourg. MtJ
le Marquis de Saint André-
Virien, premier President,
& Commandantdans le Dauphins
en l'absence de Mrs
les Gouverneur & Lieutenants
General
,
toujours zélé pour
tout ce qui regarde le Koyx
fit le jour précèdent la harangue
ordinaire à l'ouverture
du Parlement. Il represensa
d'abord les qualitez ne.
cessaires aux Magiitrats pour
bien administrer la Justice,
&, s'étendit ensuite sur les
louanges de Sa Majesté & de
Monseigneur, en faisant voir
que la justice, la modération,
la sagesse & la prudence de
nostre Auguste Monarque
devoient estre leur modelle.
Il finit par tous les sujets
d'admiration que Monseigneur
le Dauphin a donnez
pendant le Siege, & n'oublia
aucune de ces maniérés pleines
de grandeur & toute:
charmantes,qui luy ont ac
quis l'estime & l'amour de
toutes les Troupes. Mr le
Marquis de Saint André trai
ta ce jour-là le Parlement a
vecsa magnificence ordi
liaire,& donna ses ordres
l'Hostelde Ville&àla Mu
lice pour les réjoüissance?
que l'onremettoit au lendemais.
Les Tambours s'estans
assemblez dés sept heures de
matin, battirent la Generalo
dans tous les quartiers. Let.
Bouriquesfurent fermées, &
là-roidy lesonzcCompagnies
ayant Mr Reynaud qui faisoit
lafonction de; Colonel
âleur teste. avec les autres
Capitaines., [e rendirent à la
Place du Breuil, où elles furent
rangées par M' de la
Frey
>
Major. De là elles allcrent
occuper les rues qui
font depuis le Palais jusques àl'EgliseCathédrale,où elles
firent deux hayes, au milieu
desquelles passerent les Corps
qui assistèrent Mrsde au Te Deum. l'Hostel de Ville en
Robes Consulaires furent les
premiers à- s'y trouver,avec
leurs Valets de Ville & Pertuisaniers
3
& des Violons,
& des Hautbois. Un peu
après le Parlement arriva
en robes rouges ,
ainsi que
Mrs de la Chambre desComptes
avec leurs robes de velours
noir. Chaque Corps
estoit devancé de ses HuiCfiers
& Secrétaires.LaCom-i
pagnie des Archersde la Ma-J
reschauffée se trouva aussi ài
cette ceremonie.Mr le pre-J
mier President de S.Andréestoit
à lateste du Parlement,
& MrBouchu, Intendant
de la Province, aussien
robe rouge, marchoit a son
rang. M. le Comte de Ferriere,
President auxComptes,
estoit à la teste de ce Corps
qui suivoit immédiatement le
Parlement. Si tostqu'ils furenr
placezMrleCardinal le
Camus,Evesque de Grenoble,.
avec Ca Crosse, son Mallier,
& plusieurs Chanoines qui
estoient allez le prendre, vint
occuper sa place ordinaire
fous son Dais, d'où il entonna
leTeDeum. Lors qu'il
fut fini, & qu'on eut fait les
prieres accoustumées pourle
Roy
,
les Compagnies de la.
Milice se camperent à laPlace
de S. Andréouestoit un
bucher
,
construit des plus
hauts Pins que l'on avoit pû
trouver dans les Montagnes
voisines. Les rameaux de ces
Arbres toûjours verds &
d'une hauteur extraordinaire,
faisoientun cres-bel effet.
Ilsestoient ornez deplusieurs
figures de Dauphins, le tout
de l'invention de Mr Honnord,
l'un des Consuls dela.
Ville. Sur les quatre heures,
Mr le Marquis de S. André,
en robe rouge & avec le mortier
de President
)
mit le feu
ce Bûcher. Ily vintsuive
de la Maison Consulaire
avec les Valets de Ville,
Pertuifaniersr
,
Violons Se
Hautbois,& devancé des.
Officiers de la Milice en cet
ordre. Les Capitaines marchoient
immédiatement a,
vant luy, precedez. des onze-
Drapeaux & des Tambours,,
devant lesquels on voyoit les
Lieutenans. Vingt deux Sergens
alloient deux à deux
avec leurs Hallebardes de.
vant ces derniers, & ceux cy
estoient devancez de la Compagnie
des Archers, ayant
Mr Reymond leur Officierà
leur teste. Tout cela formoit
un cercle qui tournant trois
fois d'un pas grave & majestueuxautour
dubucher,attiroir
les regards d'un nombre
infini de peuple qui s'estoit
placé jusque sur les toits. La
Mousqueterie fit plusieurs;
falves, & les Violons & les,
Hautbois se frent long-tempsi
entendre. Le feu fini, Mr le;
Comte de Marcieux, Gou-.
verneur deGrenoble, & de
laValléevoisine, allaàl'Ar--
fenal, où il fit tirer les Ca-.
nons,les Boetes&la Mousqueterie
delaGarnilon. Le
foir on vit des Illuminations
à toutes les fenestres de la
Ville, & l'on remarqua entre
autres celles de Mrle Cardinal
le Camus
,
de M' le
premier President de Saine
André, de l'Hostel de Ville,
le MrleComtedeVireville,
le Madame la Marquise de
a Baume, de Madame de
Mistral
,.
de Mr de Bagnol
on Fils, Officieraux Gardes,,
le Mrde Serviens
,
Fils du
léfunt Ambassadeur à Thuiiiî
& du Clocher de Saint
André, Celles, deMrde Scrviens
estoient de bougies ci
grand nombre,& avec une
figure faite en simmetrie su
son portail. Sur les dix tau
xjts il y eut bal à l'Hostel d..
Ville,avec un concett d'In
strumens, ôc l'on tira quan
ticé de fusées volantes. L
pluspart de MrsduChapitre
de S. André, fondez par un
des anciens PrincesDauphins
se croyant. particulieremen
obligez de prendre part à l
joye publique) se trouveren
à ce concert dans un appas
tement particulier. m
Le 14. les Consulsd'Avil
çnonj
gnon , qui avoient donnéleurs
ordres pour une pareille
rejoüssiance,firent chanter
le Te Deum, en Musiquedansl'Eglise
de NostreDame
au bruit des boëtes &dela
Moufquetcrie. Unefontaine
de vincoulatout le jour &
un grand Arc de Triomphe
orna la face de IHofid de
Ville. On alluma le foir un
lFaeu devant lePalais, detoute Villefutilluminée.On vit
un nombre infini de lumieres
ta la Maison de Ville avec
douze girandoles, chacune
decent fusées sur le haut de
la Tour del'Horloge. Le lendemain
Mr CrozetBuisson
Primicierdel'Univerficéde la
mesme Ville,fit rendre de pareilles
actions de gracesàDieu
dans l'Eglisede S. Didier au
eneet la paroisse. Ils'yrendi
sur les cinq heures du foir,ac
compagne des Docteurs &
Regens des crois Facultez de
Theologie, Droit Civil&
Canon, & Medecine,&
précédé d'un grand nombr"
de Hautbois. Cette Eglifî
estoit éclairée d'une infinie
de flambeaux
, & ornée dJ
riches Tapisseries
J
& de c:
que Mrs du Chapitre avoient
de plus precieux en argenterie.
Le Te Deum fut chanté
par une Musique composée
de voix choisies & après
les Oraisons accoutumées
pour la prosperité de Sa Maesté,
on donna la Bénédiction
du saint Sacrement au
bruit de l'Artillerie. De là
Mrle Primicier alla dans le
mesme ordre à la Place de
l'Universit'é,cù il mit le feu
à un grand bucher qui avoit
esté dressevisà-vis les Ecoles
publiques. Les cris de Vive le
Rojy pouffez de tous costez par
lePeuple, furent menez ave
le son des Hautbois
,
de
Tambours & des Tromper
tes. Quantité de furées vc
lantes parurent en l'air, &
y eut le foir unegrande ilk
mination partoutela Ville.,
Tout parle des Viétain
de Monseigneur
3
& on lu
donne des louanges jUCqL
dans la Chaire. Le Pere Cass
Religieux de l'Observano
de saint François, de la Pre
vince d'Aquitaine l'ancienne
homme d'un merite disti
gué, prêchant au Conver
des Cordeliers de Paris 1
Jour de sainteElisabeth,apre
lettre étendu sur la piete de.
jette- Saintedit que par les.
A lliances que son Sang avoie.
vec les Maisons Imperiales.
l'Orient &d'Occident,nous,
y devions deux Âuguftcsr
Leynesj Anne d'Auftriche
dui. nous à donné, le plus Roy de la terre» &>
Warie
Therese dont la menoire
fera dans une éternelle
tenediâion. Elle nous a,dit-il,
aijje
un Héros, qui dans les premiers
essais de sa
-
valeur a pris
rs Villes les plus fortes en un
\emps où elles paroissoient leplus
WrenablesMui a chassénosplus?
redoutables ennemis des Iteux
où ilsestoient le mieux retran
chez, &qui jette tous les jour
à pleinesmainsparlarapiditéd;
ps conquestes, des Palmes &de,
LauriersJurlaCouronne toujour:
triomphante de Louis le Grand.
Je vous parlay il y a quelque
temps de la diftributior
des prix d'Eloquence & de
Poesie que Mrl'Archevesque
de Lion, Protecteur de l'Academie
de Villefranche en
Beau jollois, & ceux qui com,
posentcette Academie siren
le jour de St Louis dernier
Mr Magnin, Ancien Conseiller
7 au Presidial de Maconi
& à M Livonier Pocquet,
Conseillerau Presidiald'Angers.
Ces prixsont une Medaille
d'oràchacun. Ellerepresente
d'un costé le Buste
du Roy : & autour Ludovitus
magnus , & au revers il
y a une rose de diamans avec
ces mots, mutuo clarescimus
igne, qui est la devise de l'Academie.
Mr de la Barmondiere de
Saintsfons, recommandable
par sa vertu & par sa pieté , qui estoit frere de Mr de la
Barmondiere Curé de S. Sulpiceà
Paris,ayant laissé par
sa mort une place vacante en
cette Academie, Mr Chassebras
de Cramailles, donc
vous avez veuplusieurs Ouvrages
, aesté éleuensa place
au retour de son voyage d'Italie.
Voicy le compliment
qu'il a envoyé à ces ïllustres
Académiciens.
MESSIEVRS,
Quand je confiderè le rang où
njous 'Venez de m'éle'Vfr) e la
place avantageuse que je tiens de
vojire generofiréJ le fuis étonné
de la hardicjJe que jay eue d'accepter
ces marques de bifn'
fJeilldnCe dont vous m'honore
Vousnave%conjultèque voflreinclination
bien-faisante quancil
aotis mavadmis dans voflre
îlluflreCompagnie;maiscelane
mc, -mpcjrc; hhe pa>lde voi°r tout ll,'éclat
qui l'environne
J & connoijjànt
ma JvibleJje5 j'ay sujet
d'âpprehender d'estre éblouy de
vos lumieres pour avoir voulu
m'enapprocher de trop prés.
Je vous- avoué5 Meneurs,
qu'ayant toûjours eu une affection
particuliere pour les belles
Lettres3dje voous ay reDgarde^
comme des modelles parfaits que
je devoissuivre3 &j'ay connuquilfalloit
venir en ce lieu pour
apprendre la vertu&l'éloquence
» & que vofîre celebre Academie
efioit lajourceou l'onpouvoitpuifcrpurement
ce quily
a de plus pur & de plus polj
dans naRre Langue. Je pavois
bien que vous rendiezjuflice au
mérité+cependant je nofois me
promettre que vc:>\deujjie% couronner
[tgenereuftment mes desirs
&mes intentions. En effet)
ne font-ce pas là des marques
d'unebontétoute particulièref
Vous me recevez iu nombre de
vos IIluftres Conferes dans le
temps que je rnadrejje à vous
(
tomme à mes Waiflres. Vous
mefaites jouir desfruits & des
avantages de la Viéloire avant
que d'avoir combattuy ù vous
me 'blacez, dans le Temple de la
Gloire quand je nofois presque
en aborder.Guy
,
Messieurs
>
voflre t-Accademie Je peut ap.
ptlierle Templede la Gloire, de
quelque cossé qu'on la confidere)
l'on riyvoitrien que de merveilleux.
Soninflitution l'st des
plus nobles; elleejlétablie non
feulement pour la pureté de
la Langue & pour celle des
rnoeurs) mats encore pour éterniser
les actions glorieuses du plus
grand Monarque de l'Univers*
Vous
3
Afejjieurs> qui fcormez
cette Compagnie, vous en foutene%
admirablement l'éclat;
l'on, vous a choisisparmy lesplus
beaux esprits du siecle, &
voflre digne Protecteur acheve
de luydonnerle brillantilattire
le refpeSl& l'admiration de
tout le monde.
IduiTil Messieurs fidloit-il des
Sujetsde "Joftre merite pour la
rendre sifameuse. Le Public regarde
vos belles produélions
comme autant de tréjors dont
vous avez fait une nouvelle
découverte. Vos Poefies ont cet
avantage qu'ellesplaijent &
quelles instruisent
> ony remarque
un feu divin qui pendre
jusquau fond de l'ame. On trouve
dans vos manieres d'écrire
la juflejje dessentimens des ex*
pressions claires & brillantes,
un fille noble(if relevé> &generalement
tout ce qui donne de
la grâce & de la beauté aux
Ouvrages ; mais ce que l'on admireentoreplus„
c'est l'adresse
que vous avez de donner un
tour galant aux sujets les plus
serieux.
Je me trouveagréablementengagéa
parler icj de vojlreillujlre
Proteéleur qui soûtient sidigne"
J C) ment lagrandeurdefon caraélere.
Son ffavoir) sa prudence &
sgaracnodnsdeumitepllo'oisndtorenntdSuaÂdifganjecdfelsé ; Majefl'é
l'a honore; quand il nauroii pas
toutes les qualitez qui font un
grand Prelat) son nomJeulferoit
Jon élorze. Il ce d'une Maison
quiafiournj à FEtat plusieurs
fijets de remarque, qui ont eilé
toujours fideliesà leur Trince, * qui ont donné des preuves de
leur courage dans toutes les occasions.
François I, & les autres
J{oisJesSucce/Jeurs ont reconnu
en ces grands hommes un e/prit
stdcjïnterejje& unattachement
sifort auferruice de la Couronne,
qu'ils leur ont confié les affaires
au Royaume les plus importantes3
ç'f Us ont honore'{ des principalesCharges
ü des plus hautes
Dignitez.
Il cftoit à propos que des qe.
nies aufil rares que les voflres,»
tJMeJJieurs} sussent unis a un
Protecteursi accomply pour instruire
la renommee des Exploits
glorieux de Louis le Grand.
Commr tout ce qu'il fait efl au
Aefjtis du mérité des Heros que
f/ifloire nous vante3 ilfallait
aussi despersonnes au dejJùs du
commun pourtransmettre a Ta
poflerité par leurs écrits les faits,
furprenans de ce grand Prince,
Toute sa ruieesi un tissu de
merveilles qui confond Jes Ennemis.,
* qui les met dans la
derniere furprift. Ils s'étonnent
Je le voir marcher tranquillement
dans des endroits perilleunt
maigre la rigueur des faifonslei
plus facheuses ; ils ne peuvem
comprendre que les Nationsle:
plus éloignéestraversent les mer:
pour venir rendre les hommage.
& les soumissionsdeuè'> à f
grandeurfuppréme, à fbn
.jîugufleMajiflé, &ils voyen*
vuec envie que tous les Souve,
"ains unis ensemble ont esléobli-
YeZ de luy ceder,& de le reconwiflrepour/'
arbitre de la Paix
de la Guerre.
Ils ne doivent point estre sur.
iris de ces prodiges> sa prudence
C-setjuflice attirent la bened:-
ssion du Ciel fttr jon Royaume
er sursaPersonne sacrée.Ses
Sujets le cherissent & le reve-
'ent j parce qu'il a gagné leur
'oeurOJ &qu'il ne cherche l}u'à
procurer leurfélicité. Les Utns
le Lettres &lesScavaxs abanlonnent
leur Patrie pour le njcur
chercher, parce qu'il cft U
Protefleur desSciences & de;
Arts. Les Catholiques le reconnoissent
pour le Défenseurde la
Religion:) parce qu'il a terrafc
l'Hèrefie.
Je ne puis finir ce difeours,
MeJlieurs, sans regreter la perte
f - - de cet Académicien si zelé'donà
fay l'honneur d'occuper la place.
Il ef/oit considerable par son érudition
autant queparsafagejjl
&parsa pieté, quifont des vertus
hereditaires dans sa Famille*
Son affabilité & sa probité la
faisoient rechercher de toutes lei
personnes de mérité> dr l'onpeut
atre sans le flater qu'ilvivoi'
dans le monde félon l'Erprit de
Dieu.
-
Apresenti- MefFeurs, commm~
ennrt '"Vvous., tteémmQoilggnneerr ma rtee--.
connoijjance pour tant de graces
que vous m'avez faitesf
Je riaypas de termes ajfe^
forts ny proportionnez a la
grandeur du bienfait que fay
receu de vous ,
maisfejpere
que vous 'rece'Vre:{ en recompense
un coeur entierement foumis)
& que vous imitere-^ la
conduite de ce Roy de Perfi
j lui difiit qu'il n'efioit pas
noins genereux aux âmes bien
têes de recevoir de petits pre-:
fins que d'enfaire de grands*
Mrde laRoche-Poncié;
Directeurde l'Academie a
fait la réponse suivante àce
compliment.
MONSIEVR,
Ltft qualité de Directeur que
Itfort m'afaitavoir depuis peu
dans nojlreAcademie3mcjle
9
avec le plaisir & l'honneur
qu'elle me procure, beaucoup dé
déftance& d'apprebenfion. En
effet3 comme desles premiers past
demon employje me trouve obli
ge de répondre à-vostre Discours;
je me fensfifoible pour le fair.
.p « lignement, qmgj'ây tout sujet
l'en craindre le furcés* Voflre
Piece efi si belle üfiforte
) que
iduray peine à remontrer des,
wnemensü des pensées! qui luy
roientproportionnées >&lepeu
le lumieres que fay va sans
loute cesserpar l'éclatfurprenant
lesvoflres.
Quandnoflre Compagnie>
Monfieur3avouluvous donner
les Lettresyelle n'a pas couronné
reulement desdesirs &desinten*
ionsy comme vous dites> mais
m vous rendantjuflice elleaccu»
onnélevray méritéquiéclate
lepuis si longtemps dans voflre
ancienneMaipm^ (7 elle ne
vous fait jouir des fruits de la
viÛoire,pour meJervirdu nom
que vous Jonne'{ à fies prepnss
qu'après de longs travaux; elle
ne vousplace dans le Temple de
la Gloire)qu'aprés que vojtrc
vertu lenesifait l'ouverture.
Il efl vraji que nostre Injlitution
n'eflpas des moins noblespuii
que nojlreAcademie eji établit
nonfeulementpour lapureté de lg
Langue,&fourcelledevinants;
mais encore pourfacrifierfesveilles
&fis plus grandes occupations
à immortaliser la gloire dA
plus grand Roy de la terre; £<*
nous reconnoijjons qu.une si hauteentreprise
feroit d'un poids
fous lequel
noussuccomberions>
11nousnefiions soutenus par la
force de noflre incomparable Proteileur)
dont le genie si rare&
si relevé peut par un seul de ses
rayons communiquer les qualité%
necessaires à laCompagnie dont il
efl le Chef, pour la conduite &
l'execution d'un si beau dejJein.
En effet> sa pénétration accompagnée
de tant devertus moralesy
politisesChrefliennesy
&soutenue d'une si longue experience
3
l'ontrendu digne des
plus grandi Emplois de l'Etat
& délaReligion. Son iuuflrr
AâaiÇontoujeurs fidelle à nos'
Princes3 ena affermy la tranquillité&
le rêtMïJJement danr
le siecle on les révolutionssembloient
tout renverser.
Nous avions besoin de cet
appuy pour ojer entreprendre de\
publier les expioits glorieux dm
Héros qui efface toute la gloire«
de ceux que l'Histoire a si fioriï
éle'Vcz
)
du Heros qui n'a points
d'égalparmj leshommesvivansu
du Heros enfin à qui lesplusi
grandsTrimes de la terre envojent
faire des hommages? &'"
que les Nations des climats les.-,
plus
plus recule7, viennent voir par
admiration; mais nous avions
besoin d'un Academicien comme
vousy<JMonfîeur> qui par Jes
cttrieufes ejçavantes Relations
nous fait voir les divers Pays
& les differens Peuples sur lesquels
on.t régnéles Cf/~t~~r les
Alexandres
, pour découvrir en
mesme temps leur abaissement,
ppaarruunneererfelexwn avanta^eufe
sur l'élévation de Louis le
Grand) @¡ pourfaire connoifire
par la différence de leur domin4tion
&decelle de no(Ire Prince5l'avantage
que nous avons
sur les Nationsaufctuelles les
Héros de l'antiquité ont commandé.
Qefl par ce genre jinguliet
d'écrire qu'une ^Plumecomme L
<t'ostre fera voir le nom de noftr.
Compagnie par toute l'Europe.
Ce font les avantages que nou
commençons à tirer de vojlre ta.
lent, par la communication à!1
vos lumieres,suivant le Jensd\
noflre Devife* &ceflunegram
de consolation pour elle, que 1.'
place dezJM1 de la Barmondieft
SaintFonds5 hommede naijjam
ce, d'unefotidescience,&d'un
pieté exemplaire
,
(oit rempli
parunepersonne quiluj Jucceé
dfyec tant de belles qualitez,
qne nous riavons qu'àfaire des
f'lJoeux pour vous pojjeder plus
longtemps, pour le soutien de
nostre Societé. @r pour la gloire
des Lettres.
Le II. de ce mois le Te
Deum fut chanté pour lareduction
de Philisbourg dans
l'Eglise Cathédrale de Vannes
en Bretagne. Le Parlement
y assistaavec le Presidial,
le Corps de Ville, &
toutes les Communautez. On
avoic élevé un grand bucher,
où Mr le Marquis de Coetlogon
, Lieutenant de Roy des
Evefchez de Rennes, Vannes,
Sr Malo, Dol
, & Gouverneur
de Rennes, Mr Dondel
Seneschal& President du
Presidial, & Mr de la Coudraye
Ragot, Sindic de la
Ville, mirent le feu en presence
d'un nombre infini de
personnes que cette Feste
avoit attirées des environs.
Elle fut accompagnéedefçux;
d'artifice, & de quantité de;
coups de canon. Les belles &c
magnifiques fontaines qu'ont
afaites depuis peu à Vannes:
& dont les sources en sont
éloignées de plus de deux
lieues
,
furent converties en
vin pendant vingt - quatre
heures.
La mesme Cérémonie se fit
le 14. à Nogent-le-Roy. La
plus grande partie des Bourgeois
se mit fous les armes,
& après qu'on eut chanté le
Te Deum
,
dans l'Eglise
,
le
Prestres revestusde chapes &
precedez par la Croix allerent
mettre le feu à une haute Pyramide
quiavoit esté élevée
dans le Carrefour. Toute la
Ville fut illuminée presque
en un moment , & pendant
que le feu de joyebruloit,
on chanta l'Exaudiat pour la.
conservation du Roy & de
toute la Maison Royale,au
bruit des canons du Chasteau,.
& de la décharge de la mousqueterie3qui
ne cessapoint
tant que l'action dura.
Le Jeudy 18. M1 Thouret,
Procureur du Roy à Clermont
en Beauvoisis, & Subdelegué
de Mr l'Intendant
de Soissons, fie faire des réjouissancespubliques.
Tous
les bourgeois se mirent fous
les armes, & firent une décharge
generale de la Mousqueterie
pendant leTe Deumy.
qui fut chanté dans la principale
Eglise, où le Bailliage,
l'Election, & les autres Corps
assisterent. On fit ensuite un
Feu de joye dans la grande
Place de Clermont, sans
parler des Illuminations
, &
des autres feux que firent les
particuliers. La Feste se termina
par des Festins publics I
& pardes Bals
,
où Madame
Thouret
,
Femme de
Mr le Procureur du Roy,
parut beaucoup par son agrément
& par ses manières honneftes.
Le 28. il y eut des rejouissances
extraordinaires à Dijon
pour cette mesr.me conqueste.
Au milieu d'un grand
Theatre percé de huit Arcades,
& enrichy de tous les
ornemens de l'Architecture,
s'élevait sur une grande bafe
un piedestal octogone
>
sur
lequel estoit posée la figure
Equestre de Monseigneur le
Dauphin,couronné de Lauriers,&
conduit par la Victoire.
Ce piedestal estoit accompagné
de quatre grandesFigures.
La première estoit d'une
femme tenant des couronnes
& des palmes, pour representer
l'amour de la Gloire. La
seconde estoit encore d'une
Femme tenant de sa main un
Epervier;qui est celuy de tous
les Oiseaux qui vole avec le
plus de vitesse,comme le Dauphin
qui esstoità ses costeznage
avec le plus de force. Elle
avoit un foudre dans l'autre
main , & comme l'éclair qui
fort de la foudre partavecune
promptitude sanségale,tout
cela signifioit l'ardeur empres¡
sréIe avec laquelle le Héros
qui estanimé par la gloire
court au champd'honneur.La
troisiéme Figure representoit
la Valeur, tenant une Massu'é,
quiest le Symbole dela force
du courage, & la quatrièmelaLibéralité
?
qui est
une vertu par laquelle le Héros
excite les Soldatsau combat,
& les recompense lors
qu'ils ont vaincu. Elle estois
figurée par uneFemme tenant
une corne d'abondance & un
compas. Quatre Piédestaux
ornez de toutes parts, & portant
des Trophées d'Armes, estoient aux quatre angles du
Theatre. Sur la premiere face
de Piédestal octogone
, ojçl
lilôicvce Vers.
Hoc[urgente, feroxtoto Germa*.
r .';if nia Rheno.
«f Intremuit.
Sur la Seconde.
Patrem jèquitur jam jyoeffihus
1 oequis.
l, Sur laTroisiéme.
Vincendi hoec Jïtnt proetudia
t mundi.
L Sur la Quatrième.
Ad RhenUJïlViaor celebratnal
tale triumpbis.
! Ce dernier Vers marquoit
le triomphe de Monseigneur
dans Philisbourg à pareil jour
que celuy de sanaissance.Sur.
*
les quatre faces de la baie à
ce Piédestal se lifoient le
vers fuivans par rapport au:
quatre Figures.
Sur la premiere
Admire':\.:adrnirez ce triomph
nouveau*
Quel objet- à vosjeux parut ja:
mais plus beau
Que ceJeune Heros conduit pdï
la Vittoire ? !
Que par toutson grand nom retentifjeen
cejour3
Et que pour luy nos coeurs sentent
autant J'amour,
Que lefien enJent pour la
Gloire.
£
Sur la fécondé.
VOlfeau perce les aW$) le Poijsonfend
les flots,
VEclair part de la nue avec
moins de vitesse
QQu' e ce Prince qui co3urt, dans
l'ardeur qui le presse,
Au comble de la glaire où tendent
les Héros.
( Sur la troisiéme.
kuel éclat ne fait pasl'essay de
t sa valeur
\Si tofl quauchamp de Mars il
brillefous les armes?
|Le Germainqu'il combat cede a
r
son brasvainqueur9
| Par tout il jette la terreur,
Et l'insolent Batave en est dal
les alarmes.'i
Sur la quatrième.
Ce n'efl pas feulement par j
bonté Royale, 4
Par les biens qu'il répand d'utq
,
main liberale^
^tion voit de ses Soldats &
courage "excité,-'.3
Partageant avec eux ledanges
($f la peine, r*
Son exemple seul les entraim
Plus que sa libéralité. 'Y!
Proche le bord du Theatrt'
il y avoit quatre Emblèmes
Le premier estoit un Soleij
hors de l'horison, & s'élevant
avec ces paroles, Non omnis
adhuc se si explicatardor.
Le second, un Marais remply
de joncs, dont laDevise
•eft de pouvoir estre pliez»
mais non pas rompus) Flectimur,
nec frangimur. Un Dauphin
à travers qui les abaissoit
,
& les rompoit,& ces
Jmrotsapnourgameet, .Flectet &
lre L'Aigle Imperiale faisoit
troisiéme. Elle avoit une
1 de ses telles& une de ses alles
abaissees du cofté d'un
Dauphin qui la regardoit, ÔC
l'autre teste droite, comme
l'autre aile éployee du coftc
d'un Crolffant à demy renversé
,signifiantJ'Empire
entre la France & la Force,
vaincu par la premiere, àc
vainqueur delàfécondé. Ces
paroles luy servoient dame.
Vincit&vincitur.
Le Roy des Abeillescpnduisant
un Essain, & representant
Monseigneur à la tefie
des Troupes, faisoit le
dernier Emblème, & avoi
ces mots pour ame ,
Exemple*
stimulat. i Quatre Tableaux estoien
attachiezsur les pilastres qui
faisoient le milieu du Theatre,&
fcparoienc les arcades.
Dans le premier on lisoit ces
Vers.
Ne nous étonnons pas qu'une
prompte viéîoire
Soumette à cetierosPkilifbourg
aujourd'btty.
Pour d*autresceferoit le comble
de la gloirej (luy.
Et ce n'tfl qu'un eJJay pour
-
Ilfaut à sa valeur des matieres
plus amples
3 Anime du beau Sang du plus
parfait des Rois,
Orné de [esvertus) instruitpar
ses exemples>
Tout l'Univers arme fléchi
roit fous ses loix.
Ceux-cy fc lisoient dans le
fecond
, au (ujecderAigIc.
de l'Empire.
Entre l'Othoman & laFrancc
Je connois bien que mon deftiru
Efl d'eflre Vainqueurà *Bi-
Jance>
Et vaincusur les bords dfa
Rinn.
Dans le troisiéme.
Le jour qu'à ce Heros Philip
bourg futfournis,
Fut le jour glorieux qui marqua
sa naissance ;
Jour heureux à laFrance,
Et fatal asesEnnemis.
Dans le quatrième.
Ciel,cie nostre Monarqueaug*
mente les beaux jours5
Aïoflre bonheur dépend d'en voir
croiflre le cours.
11e chargé de Lauriers,cm tout
- couvert de gloire
Il goûte les doux fruits de fis
faits éclatans ?
Tandis que l'on verra son Vauphintous
les ans
Couronné comme luy desmains
de la Viftoirf.
Le Feu qui avoit citédrcffé
sur ce Theatre,fut tiréaprès
qu'on eutchanté le Te Deum
dans l'Eglise de la Sainte Chapelle
avec beaucoup de ceremonie,
à laquelle laSimphonie
& la Musique donnerent
un grand éclat.Les Bourgeois
se mirent fous les armes par
ordre de Mr Joly, ancien
Maistre des Comptes,& Vicomte
Majeur de la Ville.
Dans les quatre Magistratures
que sonmerite luy a procurées)
il aeu l'honeur de
presidersouvent à de pareillesréjouissances
,& d'y marquer
son zele, qui n'est pas
moins grand pour le service
du Roy que pour le bien du
Peuple. Il mit le feu au Thearre
,
estant à la teste des Magistrats,
qui tous en général
& en particulier
> ont sceu
parfaitement soutenir en cette
occasion, comme ils ont
fait en toutes les autres, ce
caractere d'amour, de tendresse
& de vénération pourj
la perfonnne sacrée de Sa
Majeste, par lequel, ainsi que
par une fidélité inviolable la
Ville de Dijon a toujours
cherché à se distinguer. La
ceremonie du Feu futaccompagnée
du bruit des Tambours
,
& du son des Trompettes,
&suivie d'Illumina.,
tions, & de décharges frequentes
de la Milice, &d'une
infinité d'autres marques.
d'allegresse. J'ay oublié de
vous dire que le dessein de ce;
Feu, les Emblèmes & les Vers
ectoientdeM Morealli Ayocat
General de la Chambre:
des Comptes. de Dijon.
Le détail de cette Feste ne;
peut estre mieux suivy que
de l'Ode que je vous envoye..
Elleest deMr de Hautmont
de l'AcademiedeVillefranche.
ODE
A MONSEIGNEUR
Sur la Prise dePhilisbourg.
DEja les Filles de Memoire,
Se lassantd'un trop long repos,
Se plaignaient a tous les Héros -
Qui'ls ne couroient plus a la Gloire.
LOVIS de ses vailUntes mains
Avoit desarmé les Humains,
Et donné la paix à la Terre;
On ne cueilloit plus de Lauriers
5 Et les Peuples loin de la Guerre
Reposoïentfous les Oliviers.
Duneifantepure &fécondé
Le Soleil brilloit aux Mortels,
L'encens fumoitfurles Autels,
Etfaisoit le bonheur du Monde,
Tout estoit calme en CVnivers,
La Discorde estoit dans les sers
, Et gemijjoitparmy lA foudre:
Seulement les bords Africains
Fumoient encore de la Foudre
Dont LOrIS punit les Mutins.
Tout d'un coup la France étonnée
De voir trouble^tous les Etats,
Connoistles secrets attentats
De la Discorde dêchaifnêe.
Fft-ce peu ( dit-elle) à mesyeuxy
Peuples foibles &fattieux,
D'avoir osé lever la teste ?
Et nceraigone~u~-vspluslescouppss
Jgue le Roy des Lys vous appreste
Si vous r'allume'zjoncouroux ?
* Malgré
Malgré cette voix menaçante 5 Lafureursaisït tous lesCoeurs ;
Les vaincus contre les rainqueurs
Forment une ligue impuissante.
Le Batave &fis Matelots
Déja si commettent auxlfots>
Le Danubefrémit de haine,
Et l'Ebre
,
le Tibre & le Rhin
>
De la Tmtifie &de la Seine
Osent insulter le Dessin.
Tandis que LOVISconfidere3
Dans ces dures extrtmiteZJ
Et les Peuples & les Citez,
Sur qui doit tombersa colcre ; Illance en conroux[es regards
Vers ces redoutablesRamparts
Entourenâun Maraisfitperbe;
Malgré ce naturelfecours
Ilveutleségaleràl'herbe, (Tallrs.
£>ùonvoitnaiflre au pied de leurs
Afin qu'ases voeux tout réponde"
Ilpif choix d'Illufires Guerriers , J9uicentfois couverts de Lauriers
Ont veu Jous luy trembler le Monde;:
A leur tesie marche un DAVPHIN
J>)uifer de solt heureux Defin
Se prepare à vangerlaTerre;
Et LOFISpourfesgrands desseins
Laisse sansregretson Tonnerre
VafTer en de plusitunes mains.
Assez, dausl'Europealarmée
Son bras agravéses hautsfaits,
.AJlèZ en Guerre, assiz en Paix
A retentysa renommée.
Il ouvre à cejeune Vainqueur
Vn beau champ de gloire & d'honk
neur,
D'aifl ce Héros ensoupirey
Etfent des transports inouis
Defaireconnoifïre à l'Empire
Ce quepeutleFils de LorIS.
1poajfl d'ti;i moins bouillantcourage,
rD'une moinsruirue ambition,
Jadis le jeune Scipion
Vogua vers les Mitrs de Carthaçe.
Jamais dans les Champs Phrygiens
\Achille nefutaux Troyens
JPlus fatal d"plttsredoutable,
;c!!¿u'.utx Camptg'iesdePhilisbourg
Cejeune Mars ijlformidable
, jeuneMa
Aux nouveaux Sujets de Neubbourr.
( Si-tofi qu'ilparoifl en Campagne
à la tefie des legl,;,"?s
,
On voit trembler Us Notions,
Etfrémir laJiae Allemagne.
Epris d'une ardente valeur
Ilfeme en tous lieux Li terreur,
Les Alpes en fout étonnées,
Et déja te bruit definNcm
Passant delà les Pyrénées
Alarme ce triftç Canton.
philisbourg toutseul immobile
Dort au centre de ses Marais,
il attend ce Héros de près
Et demeureferme & tranquille.
Sesinexpugnables Ramparts
JPuis*éleventde toutesparts
Semblent mépriferfes approches,
Mais on les verra démolis,
Etfous le débris de leurs Roches
Leurs Défenseurs enfevelts.
Ce jeune Guerrierintrepide
Cherche en arrivant les Combats,
Il marche d'unsuperbe pas
plusfier& plus ferme qu'AIcide.
Plein dardeur il court aux Travaux
Affronter les lieux lespluschauds,
L'air autour s'embrasè & s'allume
,
La Terre gémit &Jeplaint,
Et de l'Airain qui vole &fume
DeiapluscTun Brave estatteint.
Gt[rCancdfP/i1rc'Úy/ctjel,td,olntxvit occupé1e,
yeux de l'Vniverf
Fn mille cf miUe endroits divers'
st ta Sagcffe & ton Fpée.
Toit courage ofc tout te;-,ter ,
P., e li t tTon bras peut to(y iui ttcx<ecnt,ee rr 1 ;V , fl' t':'f,.,.I, A ta voix on ta?, crtafondre•
Sur tespastesva:tir/,s Guerriers,
Couverts defeudepotidre,,
Cherchent la mort ou des Lauriers.
£>ue ce jourpartit effroyable
A cesBastions ohsinez,,
Ft que tes Travaux flrtunez
Firent voir ton bras redoutable !
Le tonnerre de ton Canon
Méfié de V(Jfroydeton Nom
Ftonru ces fkptrbcs Masses
, Et l'on voit cesfermes Rampart's
Sousles Bombes ,fous les CarcqJles:,
Sed'ffoudre rie toutes parts.
eCte, Fort Ce/intd1e v.sesa'b;i(sm:.es
Commence atremblerfous tes COUpJ,.
LesfersGermains de iUIiottroux
Craigneet dejtrcenfn les lici:nus.
L'tlrt, la Nature ,
c~' leur valair
Les ajjuroientcontye la peur
De tes attaques vigonreufes ; j'-.''J ¡. d 'l" l' Cependant en deux fois dix jo, urs
-rIt WJÙfous tes armes heureuses
10mber leurvaleur& leur; Tours.
Maissi ce jour vit ta vaillance
Dompter d'orgueilleux Ennemis,
On vit aussi leurs coeursfournis
Eprouver ta rare clemence.
Tudépouilles cettejerté
Jïue porte un Vainqueur irrité,
i J Ta comblesles tiens de richesses,
Et tu fats d'f(lJ bras genereux ,
Par ton courage & tes largesses
Et des vaincus ,
& des heureux*
l'hil;shortrg ouvre enfinsespertes.
Et ceint d'un immortelLaurier.
On yvoit entrer ce Guerrier.L
Sui'vy de fisjieresCohortes.
Ilfuie ces murs dit.io'is
ilyfait arborer y tes lys
Dovt icâeur est fatMe a CAigle
,
Elle qui/Ct les Lords du Rl/ih,
191 ne reçoitplusd'autre réglé
Que de ce jeune Souverain.
[ pettts,
Du Çon des Tambours , des Trom-
On entend retentir les Airs)
Icy resonnent les Concerts
- Et des Flûtes 0-m des Musettes,
La timide Echodans les bois
Commence areprendresa.voix
Pour y publierjes merveilles;
Et par tout léclat de sesfaits
Charme les coeurs & les oreilles
Dans laVille & dans les Forefis.
Calliopealorscid/mce,
GrandPrince, du brait de ton NowyÀ
Cottrt & vole au j:'c-é Vallon
POltr y chanter ta dejlince.
Bile me trouvasur(espas
Tout ravy des briUans Appât
De tajeune cr divine audace.
l'avaisencor la Lyre en main>
Viens,fuis-moy^cllt-tliesuParuajîe,
le veux fenmontrer le chemin.
Lafçavante Troupe animee
Dsjafilrdes tons differens
-6)abon chantera dans tous les temps
Travailloit à ta renommée.
Déja l'héroïque clio
Tracoit aux Héros pour tableau
L'hijloire de ta bellevie
Therçjicore ,
, Euterpe
5 Eralon,
Composoient avecque Thalie
De pompeux Balets en ton Nom.
La magnifique Melpomene,
Par des traits &vifs dl nouveaux,
Préparaitd'iUufires Travaux,
Dont tu verras briller la Scene.
Ha-s Ca'/iûpedansses Vers raviront tout tVnivers
L\v;portaitavec Polymnie ,
Et d'un accent mclodieux
S'accordant avec Vranie
Elcvoit ton Nom iufiqWaux ci-etix.
7onDessin que les Mujes chantent
Sur dcs tonssiforts &sigrands,
Effacera les Conquerans ( tenu
j^ue Rome &qttAthenesnous van-
Tu fc\:uras mefier aux Lauriers
Les Myrtes & les oliviers,
D'un bns vainqueurcalmerla Terrt;
Et tufieraspar tes hauts faits
Plus quAlexandre dans la Guerre>
Etplus quAugnfie dans la Paix*
Maispourmieuxaffleurer t
gloire,
Et par un effortsouverain
Voirton Nomgravésur£Airain
Auflicre Temple de Mémoire»
Offre à ta valeur les exploits
Dupluswagaanime des Rois
Jïue le Monde admire & revere;
Imite ses faitsinoiiis;
PIolurfaire tout ce qu'on peut faire , nefautqu'imiterLOVIS,
Mademoiselle deVillercy.,
a épousé M' le Comte de Prados,
Grand,Fils de Mrle Marquis
de Lasminasse, Grand;
de Portugal. Cemariage s'est:
fait par Procureur, qui estoit:
Mr le Comte d'Armagnac,><
Oncle de la Mariée,qui comme
vous sçavez, est Fille de
François de Neuville, Duc
de Villeroy
,
Pair de France,
&de Marie de Cossé, Fille
de Louis de Cossé, Duc de
Brissac, Pair de France,&de
Marguerite deGondy, Fille
de Henry de Gondy
, Duc
de Rez, Pair de France, &
- de Renée de Cepot. Mademoiselle
de Villeroy est gran- debien faite, & âgée de
quinze à seize ans. Elle fut
mariée à la Paroisse d'Argenteüil
, parce qu'elle estoit
Pensionnaire au Convent des
Filles de Saint Bernard du
mesme lieu, &elle y rentra
ensuite pour y demeurer juc.
qu'au jour de son depart pour
le Portugal. Il y a toujours
eu beaucoup de Filles de difiinétion
dansceConvent
à cause qu'elles y font fort
bien élevées.
Ce que je vais vous apprendre
feroit une grande nouvelle
à donner dans un autre
Etat,ou fous un autre regne
que celuy du Roy; on en feroit
grand bruit; on regarderoit
cela comme un prodige;
on vanteroit l'Etat où se feroit
cet Ouvrage
, & le Prince
qui yregneroitalors s'attireroit
de grandes loüanges;
mais nous sommes tellement
accoutumez àvoir deschoses
extraordinaires
, qu'on fait
peu de bruit de la pluspart.
Ainsi si je ne prenois foin
de vous manderqu'on vafaire
un Canal dans le Roussillon,
pour la communication
de
ce Pays-là avec le Languedoc,
beaucoup de gens l'ignoreroient
comme vous. Cependant
cegrand Ouvrage se
I fait, non pas en temps de
Paix, mais en temps de guerre,&
dansunEtatou la jalousie
qu'on a du grand Roy
qui y gouverne,afait liguet
contre luy la plus grande partie
des Souverains de l'Europe.
Mais en France tout marche
d'un pas égal en quelque
temps que ce soit tant l'abondance
y regne, & tant les
Finances y font bien administrées.
Je vousay parlé dans
plusieurs Lettres des beautez
du Canal de Languedoc, qui
fait l'union de l'Océan avec
la Mediterranée, ouvrage que
Jules Cesar avoit projetté
tandis , que les Gaules reconnoissoient,
l'EmpireRomane
Se qui avoit eûcc&eeftédans
l'idée des Rois Predecesseurs
de SaMajesté , commeon.1$
vroit -dans lesMémoires dit
CardinaldeJoyeuse. Le defseisi
qu'on pretend execiater,
est de faircaoe saignée à ce
Canal, par le moyen de 1^
biaelk un lejoindra. à la Rk
jrieie de Natb()IUtC
,
où cette Taignée leconduira,en sorte
quequand, cela serafait, on
pourra dire avec vérité que
par cette voye le Canal du
RoufliUon communiquera
avec rOcean.H aura cet avaacage,
qu'ilest conceu pour
de plus grands desseins que
celuy du Languedoc, puis
qu'il ne tend qu'à la gloire &
au bon succés des armes de
Sa Majesté
, au lieu que l'au-î
tre n'a esté fait que pour la
feule commodité du com
merce. Le projet de celuy
cya esté formé par Mr le
President de Trobat
) Intendant
de Roussillon, dont lo
zelepourlagloire & le service
du Roy, fournit tou
jours à son imagination d
inventionsnouvelles pourfai]
re paroistre avec plus d'éclai
l'inviolable attachement qu'-
il a pour les interests d'un si
grand Monarque.Divers mo,
tifsont porté à faire une entreprise
de cette nature. La
Catalogne n'est pas un Pays
si facile que la Flandre,pour
faire passer les vivres & les
munitions de guerre. Les
montagnes dont il est tout
heriaè, & les Miquelets qui
les remplissent, ont trop fouvent
donné lieu à l'enlevement
de nos Convois, ce qui
a reduit les armées de Sa
Majesté à des extrémirez bien
facheuses, de forte que
quand de semblables contre.
temps nous sont arrivez,
on n'a pu repaner ces pertes,
que fort difficilement,& avec
deslongueurs préjudiciables
au serviee de SaMajesté. Oa
n'avoit pu jusqu'icy y apporter
de remede que par terre:
ou par mer. Le voyage de
terre par Narbonne est trop
long pour pouvoir donner:
un secours aussiprompt qu'il
le faudroit dans ces fortes de
rencontres. La mer a des
orages & des écueils, & d'ailleurs
les coursesque les Mallorquins
sont sur cetteCoste.
rendent le secours mal aueuré,
puis qu'il cft sujetà de
grands risques. Ainsi il falloit
une voye plus seure &
plus courte, & qui le mist à
couvert deces diversinconveniens.
On l'atrouvé dans
le dessein du Canal de communication
avec le Languedoc.
On recouvrera par ce
moyen l'abondance & les
provisions que le Roussillon
ne sçauroit fournir dans
*
sa
petitesse; outre que ce Canal
peut servir encore en temps
de paix pour les avantages
du commerce ,
c'est à dire
pour faire passer toutes les
Marchandises & denrées,
dont la voiture cousteextII
trêmement par terre. Il commencera
au Village de s.4
Hippolite à deux grandes
lieuës de Perpignan. Sa longueur
fera depuis ce Village
jusqu'au port de la Nouvelle,
quiest à deux lieuës de Narbonne
? en se servant des eaux
des Estangs de Salces, de Leucate,
dela Palme de Bages
)
& de celles de la mer avec
laquelle ces Etangs se communiquent.
Le tout comprend
cinq grandes lieuësen
droite ligne, qui font 13360.
toises de travail. Ce travail
se doit distinguer en deux
parties) l'uneqniconcerne le
Roussillon, & l'autre qui regarde
le Languedoc. Celle
qui concernele Roussillon,
le qui est de trois mille tcires)
:H depuis le Village de saint
lippolite
,
jusques à l'Isle de
Vic. C'est une petite Isle placée
entre les Estangs de Salces
& de Leucate, vis à vis
a Croix du Mal pas, plantée
lans le chemin de Fitou
,

on a toujours marqué la separation
du Roussillon avec
le Languedoc. De cette par
tie il y en a moitié terre &
moitié Estang. La partie de
terre estdepuis le mesme vil
iagpdei S. Hypolitejusque:
eu bord de l'Estangde Sal
ces, qui eil: environ onze
cens toises
,
oùl'on a commencé
déja de fairel'excava
tion dans la plaine, laquell.
fera de cinq pieds au dessou
de la surface des eaux du
l'Estang de Salces, dans U
temps mesme que les eaux
trouveront les plus basses. L
largeur du Canal par en ba
fera de trente pieds faisant
cinq toises ; la surface de
l'eau aura huit toisesdeux
piads,& les bords de part &
d'autre feront faits en talus.,
enobservant qu'ils soient
doubles de la profondeur du
Canal,& que la hauteur du
Canalsoittoujours reglée sur
la hauteur du terrain, c'està
lire qu'auxendroits où le
Canal anra dix pieds de prosondeurau
dessousdu terrain,
es talus feront de cinq pieds.,
sassant toute la largeur par en
naut de soixante & dix
pieds, & qu'auxendroits où
1 n'aura que huit pieds de
profondeur, feront de seize:
pieds, &la largeur fera par
en haut de 62. pieds. Oni
a fait déjà unerigoleau milieu
de ce Canal, pour avoit
le niveau de l'eau de l'Etang
de Salces; cette rigole, efl
environ de deux pieds de largeur
,
à laquelle aussi. bier
qu'au reste de l'ouvrage tra.,
vaillent tous les jours,à la reserve
des Dimanches? quatre
Compagnies du Regiment d.
Zurloben étranger
, & deux
brigades des troupes Franc
çoises de la garnison du Château
de Salces. il
D
f"DeT l'embouchure de L'Etang
de Salces, on continuera
le canal en droite ligne
pour la partie du Roussillon
jusqu'à l'Isléde Vie, en approfondissant
l'Etang aux endroits,
où il ne se trouvera
pas un; fond d'eau suffissant
pour porter les Barques, ce
qui se fera en creusant le
sond de l'eau jusqu'à cinq
pieds plus bas que le niveau
des plus baffes eaux de
l'Etang par des pontons, de
,n luy donnant comme derus
trente pieds de largeur
lans le fond. Les terres qu'on
tirera de cette excavation seront
portées par des barques
ou trebuchets le long des
bordsde l'Etang de Salcesdu
collé du village de G<vraeux
à mille toises de distance du'
canal.Il etf à remarquer qu'on
mettra aux embouchuresde
chaquecôté decetEtarng"do| grandes perches,pourservirde
signaux ou marques à la,
faveur desquels les barques;
puissent se conduire dans unj
élement qui ne laisse pas reconnoistre
de traces. ~jr t..
i
La partie du Canal quiconcerne
le Languedoc,dontla
direction appartiendraà M
de Basville,comme Intendant
de cette Province-là, est dc~
puis l'Isle de Vic jurqua la
Nouvelle,& ce travail fera
aussi partie sur l'eau & partie
sur la terre; celuy qui fera
fait sur l'eau doit estre depuis
cette mesme Isle de Vie
jusqu'au Pont de Leucate
gui fait le bord de l'Etang
du mesme nom, de la longueur
de sept milletoisesoù
ne faudra approfondir de
a maniéré que je l'ay marque
, qu'environ quatre cens
pifes Je surplus contenant
une assez grande quantité
d'eau pour porter lesbarques,
& l'on y mettra aussi des
signaux pour les conduire.
La partie de terre fera depuis
ce Pont de Leucate jusqu'auCap
de Romain,entre;:
le Cap de la Franqui& la?
mer ducosté du Levant) ô$
le Village de la Patme, duj)
côté du couchant, de la longueur
de quatre mille toises;
où quoyque ce Canal doive
passer dans une partie de PE-|
tang de la Palme, il faudra
néanmoins creuser & approfondir
de la maniéré que je
l'ay dit
, ?tic parce que cette par
d'Etang se trouve le plus
souvent à sec dans l'Eté
, &
ainsi on la traittera comme
terrain, & depuis le Cap de
Romain jusqu'à la Nouvelle
qui estde quatorze cens toi-
[es) comme on ne trouvera
que du terrain, il faudra necessairement
approfondir.On
cfpere que cet ouvrage fera
parfait dans trois ans.
La situation desaffairesme
permet de vous envoyer des
Vers d'un des hommes de
France qui a le plus d'esprit.
Illes fit à son retour d'un
voyage de Hollande. Je ne
doute point qu'ils ne vous
plaifein, puis Que ceux qui
ontle goull le plusdélicat (e
font empressez pour en avoir
descopies.
t.\ VOYAGE ,
DE HH0OLL LL AANND'DEE.. QVand dans ces Pays avi
1
nïvtAtt t
Dont Uterre en peril eftplusbafe^
- que teau, —t le vis trente Villes rtifliques 'i.
Formerunseul Eflat d'atttant de Ré- 1
OuchacuncfiMaifire che^ficy,
Ce Faipiemeparut ciras ces L'env
aquatiques rele libertin des Grenouillesan~
tiques,
Jïui ne voultïrihipoint de Roy.
L'Etat efificharge de dettes
Et les Sujets d'Impofîs, di'la:lu s
dr de Traitas,
Zti'afie»reeient ct{la bon droit
Jjlue lesiage Etrangers*étonne
,
JVue l'un puisse payer tous les. ans
ce îu'il doit
Et l'autrefournirce quildonne.
LL,a'l TTc..rrrree iinnrg;r;-aatteea¡lIleeuurr éÓ(}"¡[.rd
Ne leur afait aucune part
De ces biens dont ailleurs 01J la trouve
remplie,
Et cependant ces bonnes gens
Ont tantfait par leur indufbiei
J^u'ils ont ¡zbond.:in;mtIitlu befoins*
delavie
En dépitdes quatre Elemens.
Sans fafle S* fins magnifiéence
,
Contents d'une agréablej& simple;
propreté,
On voit*ce qui ne peut ailleurs efirt Et qui paslè toute croyance)
Les richefiessans vanité,
La libertésans infiolence,
La Maltotefans pauvreté.
De maudits Chariots
,
invention
du Diable,
Sont la voiture abominable
On l'on vousroueimpunément ;
Mais quelle qu'enfoit la misere,
Cette torture eflneceffaire
Pour preptrer les gens à foufrix
conj!am¡n:ïit)
L'inévitable barbarie
jQuon éprouve infailliblement
Arrivant à l'Ho(lelierie.
Chacuny croit cc qu'il luy plaisix
-Et peut parot/rc tel qu'ilefl,
Sans craindre, en l'expliquant, la
censurepubliques
Et l'exacte fôumifjlon
A»gouvernement politique
y Est lafeule Religion
Dont on exire ia pratique.
En un motfi&gs perdre le temps
En description inutiles,
Rien nestsi joly que les Villes,
Plusgroffur que les Habitans.
J'ajoûte un Sonnet de Mr
(fAbbé Flanc, qui s'adresse
aux Hollandois.
PEuplcsy clo-t la raison .danx
Corpuei! s'ef? perdue
,
Fous dont les -noirs projetsJont enfin
découverts,
£yuel aZJle aitreT^vous lors qiiuïk
trficrevers
Rendra de vos de(feins l'audace conm
fonduë?
Vojhe téméritépar tout ejl répan*
duey
Ces intrigues , cesfoins
, ces mouvemens
divers,
Ce nombre de Vaisseaux dont voit*
couvrez les Mers>
Irritent de LOVIS lafoudresuspendue.
Ce Roy dont la valeurvous a dejw
fournis
Ve vdltS regardoit plus comme fies
1 Ennemis,
)e ce rare bonheur vous pel'Jet la
mémoire.
Perfides, redoutez, fin invincible
bras,
ijjcuré des ifuccés, chery de la Vie-
? toire
Tlplantera, fies Lys au coeur de vas
Etats.
Je vous envoye un Ouvrage
Allegorique, dont la lecture
vous doit donner beaucoup
de plaisir.Elle a de quoy
attacher; aussi cet Ouvrage
:si:. il d'un homme qui a
l'esprit aussi inventif, queson
sçavoir est profond, & qu
ayant fort souvent loüé l
Roy, l'a toujours fait ave~
des manieresingenieuses
nouvelles,& rem plies d'invention.
Il ne part rien de s
Plume qui ne divertisse,&
n'instruise en mesme temps
parce qu'il y mesle beaucoup
d'érudition.
HISTOIRE
ALLEGORIQUE
De la Guerre du Dauphin
&de lAïgle.
LA Paix regnoit depuis
long-temps parmy les
Dieux. Ils navoient - rien
~omis de ce qu'ils pouvoient,
~fin de profiter des beaux
ours, qu'ils tenoient uniquement
de la bonté du
Soleil.
Cet Astre incomparable, infiniment
plus grand & plus
puissant que tous les autres
faisoitl'admiration&lecharme
de toute laterre.Il yestoit
parfaitement connu , & Ton
sçavoit qu'il est le maistre des
temps, de la nature & des
faisons ;qu'il donne le mouvement
principal à ce qui se
fait d'excellent dans le monde;
qu'il bannit les tenebres,
qu'ilchasse la tristesse des
Cieux mesmes qu'il dissipe
le chagrin des esprits des;
hommes par ses influences
favorables: enfin, que les au-;
,.
:cs Astres empruntent de
iy leur clarté;qu'ilvoit tout;
u'il penetre toutes choses,&
ue c'està la faveur de ses
lumieres qu'on peut dire que
on découvre beaucoup.
>
Toutcela estoit connu des
Dieux,quis'accoutumerent
~euà peuàconcevoir du
hagrin devoir dans un autre
~e merite qu'ils n'avoient pas
~ux-mesmes. La jalousie est
~e toutes lesAssemblées, &
: trouve aussi-bien dans celle
es Dieux que parmy les
~ommes. On sçait que lors
que lespersonnes celestes
écoutent une fois le murmure
des passions
,
elles les laissent
agir dans la fuite avec
toute la vigueur possible.
AulIÎ la jalousie dontje
parle, & qui s'élevacontre le
Soleil fut violente, mais elle
fut secrete. On usa de toute
forte de ruses & d'artifices
pour la cacher,&on se resolut
de ne la faire éclater qu'à
coup seur.
Promethée fut chargé du
foin de faire réussir toutes les
intrigues, dont on est capable
de se servir lors que l'on
n'écoute que sa passion. Ce~
Infidelle n'eut point d'égard
aux punitions qu'il avoitreceuës
du Ciel, pour avoir
esté si peu sincere, & de si
mauvaise foy. Comme son
;-,fprit le portoit à brouïller,
&mesme lors qu'il paroissoit
~gir de meilleure foy, il entra
avec joye danscettenouvele
Ligue, dont il fut l'ame &:
e principal mouvement.
1 Il ne s'agissoit plus que de
rouver des Dieux quivou-
~ssent y entrer, ce quiestoit
ssez difficile,parce qu'elle se
ormoit contre le Soleil.
Ceux qui estoient assez injustes
pourne le pas aimer, le
craignoient,& tous fçavoieiït
par experiencequ'on n'avoit
jamais attâqué cet Astre impunément.
On ne laissa pas de
gagner l'Aigle, enluyinfpi
rant d'abord
, que de tout lo
Ciel personne n'avoit plu,
d'interest que luy à s'oppose
auxgrandes prosperitez du
Soleil; qu'ilavoit en sa diss
position les foudres &: le credit
de Jupiter; que l'un d
les plus beaux appanages ef
toir de pouvoir regarder fixe
~niair le Soleil, & que fc
aisles luy pourroient eftn
d'un grand secours pour s'o»
lever au dessusdecet Astre.
L'Aigle cependant ne pouvoit
entrer dans ces raisons.
Il se souvenoit encore de ce
qu'il luy enavoit coûté pour
avoir voulu approcher trop
prés du Soleil. Les grandeurs
apparentes dont on le flattoit
pour l'engager dans une guerre
sanglante
> ne l'aveugloient
point tellement qu'il ne reconnust
sa propre foiblesse.
Sa première réponse fut) que
tous les honneurs dont on
l'amusoit n'efioient pas capables
d'affoiblir sa raison ;
qu'il se faisoit justice;qu'à Is
verité on l'avoit flatté depuis
long-temps de pouvoir foû-'
tenir les regards du Soleil;
Mais à dire vray;que c'étoit
un pur complimentque
cela; qu'il se trouvoit obligé
de leur declarer de bonnefoy
qu'ayant voulu presenten
cinq ou six Aiglons vis àvis
Je Soleilil avoitesté témoin
non feulement de leur foiblesse
,
mais encore de la sïenne
propre.
f
De plus, qu'il a.,
voitune méchante propriété
qu'ils luycachoient avec soin,
qui cft que si-tost que sont
fiel paroissoit au dehors) on
s'en servoit pour découvrir
avec plus de facilité les choses
les plus cachées. a Qifau
resteils devoient faire attention,
qu'il estoit de leur Société1
) non pas par nature ,
mais feulement parElection,
ce qui le faisoitsouvenirdu
lefpeét qu'il estoit obligé
d'avoir pour les Dieux du
premier rang&de sa propre
foiblesse qui ne luy permettoit
pas de pouvoir rien en-
:reprendre de luy-mesme.
3u4l estoit de plus trop oe..
a i/Ells.n. i. c) 4.5.
cupé à soûtenir la querelle,
qu'il avoit depuislong-temps
avec la Lune, & qu'onl'avoitasseuré
quele Soleil avoit
de grandes forces enmain,
entre autres celles d'Hercule
qui luyavoit toûjours estê
fatal, & que s'ils estoient capables
de se laisser vaincre
par une raison de generosité;
il les prioit de se; souvenir
quele Soleil luyavoitautrefois
procuré de grands avan
tages b dans une guerre qu'il
avoit eu à soûtenir contre la
Lune, & que mesmedepuis
b En 1664. en Hongrie.
peu cet Astre si bien-faisant
l'avoit voulu assister dans sa
disgrace
, & l'avoit plaint
dans son malheur.
Ces raisons de l'Aigle étoient
tres-justes
,
mais lors
qu'on adesseinde broüiller,
on ne s'arreste pas à la justice.
Un Aiglon entre autres qui
n'avoir pu regarder le Soleil,
tk qui s'estoit voulu faire un
étab li ssement con siderable
aux dépens de ce bel Astre,
se lia plus que jamais avec
Promethée, & les autres Jaloux
de la gloire du Soleil.
Avec toutes les précautions
que l'on prit pour engage
l'Aigle dans la querelle, or
n'auroit jamais réüssi dans cc
dessein, si l'on ne se fust avifç;
d'un moyen infaillible.
La Riviere de Lethéestoit
d'un usage merveilleux pour
favoriser la malice de ceux
qui vouloient la guerre. On
ne la pouvoit recommencer
avec succés contre le Soleil
puis qu'on avoit tant perdu
toutes les fois qu'on avoit ose
l'entreprendre. Mais il falloit
oublier toutcela, &les
faire oublier à tous ceux
qu'on vouloit engager dans
- le:
le party Les maux passez devoient
estre affacez de la niemoire,
&onestoit contraint
pour attaquer le Soleil de ne
se plus souvenir de toutes les
pontez qu'onvenoit d'en recevoir,
& mesme qu'on devoit
la Paix parmy les Dieux
àla generosité de cetAstre.
On fit donc couler ad roitement
dansles Etats de l'Ai-
)-le un bras de la Riviere de
Lethé, si fameuse d: tout
emps parmy les Dieux.Tous
es Autheurs conviennent de
a proprieté qui estnaturelle
àcetteeau,qui en defaire oublier
à ceux qui en boivent le
bien& lemal passé,afin que
les ames que l'on vouloit en
voyer dans des corps mortel
ne pussent se souvenir de:
biens qu'ils avoient déja goû
[CZ dans l'autre vie, ou du
mal qu'ils avoient cndurt
pendant qu'ilsanimoient
d'autres corps.
Voilà justement la sourci
du malheur de l'Aigle, c ii
s'amusaluy&ses Aiglons.
boire de l'eau de Lethé
, qut
sembloit si douce, & qui lu:
c AièchoentconfelldeS M. 1. corm
posé pjitr 1ft plnfpartd'Etrangers.É
fit oublier entierement ce
qu'ilavoitreceu de la genedu
Soleil & ce qu'illuy en
avoit coûtélorsqu'ill'avoit
offensé.
1
Il se laissa donc aller au
torrent,&cette petite trou pe
de Dieux s'estans assemblée,
on convint des moyens d'attaquerleSoleil
)
sans avoirla
précaution d'examiner si l'on
pourroit en venir a i'cx.cution.
d .,
Le Soleil cependant qui
donne le mouvement à cous
.es corps Ccleftçs>&cq4i leur
d Liïuc£Ausbourtr.
ierc de regle, n'avoit garde
d'ignorer ce qui se meditoit
contre luy. Il fut averty d<
tout,& ses lumieres miren
en évidence les tenebres le
plus profondes d'un projet
injuiste. Il se contenta d'er
punir les auteurs autantqu'i
estort necessaire seulement
pou leur faire reconnoistr
leurfaute.Il fit sentir son feu
à des Divinitezingrates, e &
se rendit Maistre de plusieur
demeures quiestoient de l'ap
ÎI'II..
cVilles bombardéesen 16.83.
16.$+.
panage de ces mesmes Dîviniiez,
f
[ C'enestoitassez pour faire
rentrer les mutins dans leur
devoir; mais quand on court
de soy-mesme à sa perte ) que
ne fait-on point pour l'avancer
?Ces aveugles reconnoissoient
leur foiblesse, ils
la venoient de sentir plus
}uc jamais, & rien n'estoit
capable de leur apprendre
eurs propres interests que le
soleil mesme. Il leur avoir
déja donné la paix, & illa
k
q Pl'Ie dcplttfîsursVilles en1583. C
1684,
leur rendit encore maigre
eux; ille fit parce que c'estoit
l'avantage de sesEnnemis.
Ainsiaprés un orage qu
ne promettoit que des foudres
& des tonnerres, on vi
leCielplus beau&plus serein
quejamais, & le Soleil envoyant
des rayons favorables
forma de nouveau un Arc-en
Ciel ,qui fut le gage & 1
marque affeurée de lapai:
qu'il vouloit donner, a
On admira avec justice une sigrande moderation,& le
Ennemis nleflncs; quoy qui
fort jaloux de la gloire di
a Treve Getierale de 1684..
rDleil
, ne purent s'empesher
de le combler d'éloges.
A la faveur de cette paix l'Aide
conrinua des'établir avec
uccés dans l'empire de la
une, & selon toutes lesapparences
)
les Dieux alloient
cuter long temps les fruits
l'un repos qu'ils tenoient de
a generosité de leur Bienaicteur
; mais que ne peut
as une Divinité maligne,
ui ne cherchequ'à regner
ux dépens de tout ce quil
a de plus sacré dans le
nonje ? Promethée estoit
oujours luy-mesme
,
& il ne
put souffrir plus long temps
que les Dieux fussent en paix,
parce qu'il trouvoit son pro-î
fit dansla guerre. L'Aigle de
les Aiglons retournerent au
Fleuve deLethé qui arrosoit
leursEtats;ils oublierent toui
le patré) & les Divinitez jalouses
recommençant leur:
cabales& leurs brigues, or
s'assembladans les contours
de la maison del'Aigle
5 peuprés vers l'endroit ou
Promethée a esté relegué e
pour avoir voulu prendre du
feu au Chariot du Soleil.
•je
Ce fut làg que l'on contint
des'attaquer à laMajesté
le cet Astre incomparable.,
ces Dieux liguez s'accordeent
à se secourir mutuellement
>
& promirent de ne
)Oint desister qu'ils ne sefusentsaisis
de toute lalumiere
du Soleil. A peine cet accord
fut-il fait
) que Promethée
qui dans le fond ne se recherchoit
que luy mesme, & qui
n'étoit pasenluy mesme fort
Amy de l'Aigle, portant eng
A Minden
,
m£en a conclu, une
Lijae covtrc la France.
o
core h des marques de la persecution
qu'ilavoirautrefois
enduréede sa part; cetinfidelle,
dif-je, trompa toutela
Trou pe avec qui il avoit traite,
&tournanttoutd'uncoup
1es forces qu'il avoit jÙlé
d'employer au service de ses-
Alliez, il s'avisa d'entreprendre
un nouveau larcin.
Les Dieux liguez reconnoissant
trop tard qu'ils avoientesté
jouez,ne se corrigèrent
pas pour cela,& sash
&Aigle avoit receu commandement
cte Jupiter de tourmenter jour & nuit
Prornethéeenluy rongeant le foye.
ant un enouvelle cabale, i ils.
è determinerenràpoursuivre
eur entreprise contre le Soeil.
Cet Astre en eutavis, &
le voulant pas laisser impunie
a temerité de ces broüdlons,
resolut de les prévenir dans
éxecution.
,.
Une jeune Divinité remplie
c*emente luy parut digne de
servir un si glorieux dessein.
C'estoit le Dieu Dauphin
dont on relevoit les belles
qualitez dans tcutes les assemblées
du Ciel. & par toute
r i Ligue de Ald[.d'dJourg le io. Gciobrt
16SS.
la Terre. Outre sa naissanc
Royale qui luy avoit procure
le rang parmy les.Dieux
,
i
avoir encore acquis cet hon-,
neur par sa propre vertu. l Le
Soleil le choisit donc pour
estre le Défenseur de sa gloire;
Il espera beaucoup de ce
choix, & il ne le trompa
point dans l'attente où il
estoit de luy voir operer de
grandes choses.
Aussi, le Dieu Dauphinr
amille bellesparfectionsquii
1 Le Dauphin fut mis au rang des
Dieux & des ^Aflres3 pour sen fimitw
envers les hommes. V. Rhodig. Higin.
Varfon lib, 2.. de re rga.,
E rendent incomparable.il
[*2. point de fiel, toujours
eien faisant envers les hornnés
,
qu'il chérit tend reïient>
.& dont il est reciproquement
aiméï avec une
'econnoififance qu'il n'est pas
facile d'ex primer. Mais sans
n'arrester icy à décrire les
admirables perfections du
Dieu Dauphin,que le détail
de ses grandes avions prouvera
mieux dans la suite, il
suffit presentement de marquer
le véritable motif qui
porta le Soleil à se servir de
luy dans la guerre de l'Aigle.
On sçait qu'Apollon, qu
n'est autre que le Soleil, poi^
te luy-même le nom de Data
phin, & affecte de le prends
en plusieurs rencontres prin
cipalement lors qu'il se si
voir à ceux de Gnose m qu
luy dresserent un Temple
Heliodoreattribue àcetafir:
le nom de Dauphin à caui
de ses Victoires. Ilya plus-
Apollon fous la forme dt
Dauphin, ou selon ceuxqu'
prétendent sçavoir cetieAhiii
stoire dans son veritable [en,
ce Dauphin envoyé par lu*.
m Horns?,hymn.sipoil.
fut le conducteur de la flotc
des Grecs, qu'il preserva du
naufrage, & qu'il conduisit
heureusement au Golphe de
Crisse en la Phocide, n où l'on
conferve par des monuemens
publics la reconnoissance de
cette merveille.
Tout cela fait voir le rapportqu'il
y a du Soleil avec
le Dauphin; sans- par ler de
la justice qu'il y avoit de se
confieràla bravoure de celuy
qui est l'ennemy déclaré des
n Plutarch. inlib.ZJt.animal.
Crocodiles »qu'il déffai
; toû jours, & des Bises, qu'ï
asi glorieusement vaincue
autant de fois qu'il les a com
batues ; principalement dan
l'Hellespont , comme non
l'apprenons de Bellonius,qu
assureavoir esté témoin de o:
fameux combat.
C'en estassez pour justis
fier le choix que le Soleil fii
du Dauphin pour mettn
l'Aigle à la raison. Pendam
o Le Dauphin efîennemy da'CroÇodiJù
symbole delàperfidie
s
& dela Bife qn
ne l'attaque que lors qu'ellese ivoit plm
ferte, ce quiestune marque de /t1cheJéd!:
defurprlfc. 1
que Promothée éprouvoitles
injures du temps & lesatteintes
facheuses d'un remords
qui le rongeoit,le Dauphin
disposoit fcs troupes pour
n'estre pas furpi is de l'Aigle,
& mesmeafin de le prévenir.
10 Il ne s'amusa pas tant à
en lever de nombreuiès, qu'à
faire une arméed'élite ôc
emplie de Divinitez qui seulent
un parfait mérité
,
fça-.
chant que le courage & l'experience
sont plus utiles à
an Chef que le grand nompre.
La resolution fut prise
d'attaquer les Estats de l'Aigle
par l'endroit où le lfeuve
-Alphéét.# les sépare de ceux
duSoleil Le Dauphin marqua
cet endroit pour le theatre
de ses premieres conquestes
, parce que l'eau de co
fleuve estant tres-propre à li
nourriture des Oliviers qui
croissent sur ses bords aveo
une facilité merveilleuse,co
Dieu bien faisant vouloir
faire comprendre à ses enne:
p Le fleuve Alphèe efi le symbole A
ta p-îixJ & peut marqueraussi les fillei
que le Roy a sitis fortifier,pouroblia,e%
lV'AAlllleemma,gi,n,ier,ke setenirdans îseesr jjiuisfltne
limites, 41
mis, que ses démarches n'étoient
que pour les contraindre
à demeurer en paix, s'ils
avoient encore quelque foin
de leurs avantages.
La Flote fut équipée en
tres-peu de telnps, & on ne
doit pas s'étonner que le Dieu
Dauphin estant le Roy dela
mer, comme il paroist par
plusieursmonumensquinous
restent, tout ce qu'il y a de
propre à la guerre luyfut apporté
prefqu'aumtoU qu'il
eut déclaré fondeffeln. Toute
sa Flote.estoit composée
de vingt-trois Vaisseaux de
Guerre sans parler des Barques,
Brûlots, Bastimens de
charge, & autres propres à
son entreprise.
De tous les Dieux quis'offrirent
à son service.,&qu'il
voulut bien associer à la participation
de sa gloire
,
il
composa son Armée, dont
chaque Divinité eut un Vaisseau
à commander.
CHEFS ET VAISSEAUX
DE L'ARME'EDAUPHINE.
I. L'AMIRAL, commandé
par le Dieu Dauphin,ayant
«2.., LINVINCIBLE" comman-.
é par Mars, ayant pour Paillon)
d'Azur tut Soleil d'or,
Ce Pavillon,estoit commun
rout le reste de la Flote.
3. L'ECLAIRE' ,
commandé
ar Mercure,, ,:! I -
4. LE VIGOUREUX. comlandé
par Neptune. i
j. L'ARDENT, commandé
ar Vulcain. I
6. LE SAGO commande
ar Pallas.
7. LE LIBERAL, commandé.
ar les Graces,
««
8 LA SUBORDINATION
comrnandé par Esculape.
9. L'EQUITABLE, commandé
par les Heures.
ro. L'ABONDANCE, commandé
par Ceres.
II. LE VAILLANT, com
mandéparThesée.,*
11. LEFORT, commando
par Hercule. -i
13. ILINTREPIDF-) command
dé par les Cyclopes.
14. LE PRUDENT, COIDJ
mandé par Protée.
15. LE PACIFIQUE commandé
par Iris.
16. LE RECONNOISSANT
commandé par Melicerte.
17.L'HONNESTE HOMME,
commandé par Orphée.
18. LE CALME, commandé
par Eole.
JJ. LE VIGILANT, commandé
par Uliflc.
10. LA PROBITE', commandé
par Deucalion.
ai. LE VENGEUR, comnandé
par Nemesis.
22. LA RECOMPENSE,commandé
par Arion.
13. LA CONSTANCE, commandé
par Ocean.
Aprés que l'on eut ainsi
distribué les Vaisseauxà chaque
Chef, le Dieu Dauphin
alla prendre congé du So
lcil) pour recevoir ses on
dres touchautl'ouvertur
de la Campagne. Cet Astr
admirable estoit alors revêt
d'une majesté extraordinaire
& environné d'un brillan
sans pareil.Sa chevelure efioi
répanduë avec profusion
pour assurer le Dauphin qui
ses lumieres & ses conseil
ne luy manqueroient pas
Une maniere de Couronn
d'or en forme de panier luy
couvroitla teste, q ce qu
q Cettedefeription du Soleilejltirtr
de Aiaçrabe
,
de Lucien
,
CT des autrtï
qui ontécritdecetAstre..
eftox
estoit un symbole du feu tout
spirituel dont le Soleilest
composé
,
sacuirasselefaisoit
voir comme un Mars. Une
Victoire representée au bout
d'une lance qu'il tenoit de la
main droite, pour faire entendre
que tout est soûmis
ïla vertu.du Soleil, qui tient
la Victoire entre ses mains,
Dela main gauche il prefenioit'au
Dauphin un bouquet
de fleurs, ce qui luy promet- taitl'abondance & la fatisaction
qu'il alloit goûter
dans son entreprise. Des Aigles
quiestoient à ses pieds
donnoient déja une esperance
sort juste de la prochaine
défaite de l'Aigle & des Aiglons.
Le Soleil voulant honorer
le merite de chaque Chef,
d'une marque de distinction
particulière ,
leur fit present
à tous d'une riche rondache,
ou écu, representant leurs
armes, qu'il avoit fait peindre
par le conseil de Mercure.
Le Dauphin trouva sur foin
Ecusson, qui estoit orné de,-
pierreries, un Soleil d'or enj
champ d'azur. Il n'est pas be.
foin d'expliquer pourquoy
cesArmoiries luy furent données
en partage.
> Mars,d'or à un foudre de
gueules posé en pal. On sçait
assez que l'or signifie l'éclat,
qui est aussimarqué par le
foudre, dont on a voulu distinguer
le Dieu Mars, invincible
& veritable foudre de
guerre; il est de gueules, qui
signifie Chevalerie. 1 Mercure,d'argentàun caducée
dont la verge est d'or> g~
les deuxserpens d'azur. Le fond
d'argent marque la verité des
lumieres & des avis que doit
avoir un General
,
la verge
d'or avec combien de fidelité
il est servy, & l'azur des serpens
la reputation de ses belles
actions.
Neptune d'or à la faÇce de
gueules. On peut avec justice
attribuer une vigueur infatigable
à Neptune, qui est toujours
au milieu des eaux. L'or
est le symbole de cette force
ou vigueur, tres- bien representée
par la fasce & par la,
couleur VulcarIn,ond'arugentge. à un brasier
de feu au naturel) l'écu fe_.
rriede boulets de Canon defable,
au chefcoufu d'or a une épée
unepique posées enJautoir, au
naturel.
Pallas , d'hermines au chef
d'or. Lasagesse s'exprime par
l'hermine. Le chef marque la
conduite; il estd'or,qui
montre que cette sagesse ou
conduite a la justice avec
elle." -
Les Graces, d'argent à une
main adextrée @ ouverte d'or.
Quoy que l'onse serve pour
l'ordinaire des graces pour
> b

exprimer l'agrément,qui étoit
tres-asseurement dans sa
perfection parmy nottreilustre
Armée,nous nous arrestons
icy à marquer par les
Graces la libéralité, qui efll
signifiée par la main ouverte
d'or, fondée aussi sur l'argent
qui luy fert de champ. ; Esculape
)
de Sable à]trcit
abeilles aunaturel. Z.I. Esculape
signifie temperament de
l'air & subordination reciproque
de tous lesmembres
au Chef. Voilà un des plus
forts ressorts qui est absolument
necessaire pour le mouvement
régulier d'une Armée.
Le Sable & les Abeilles
sont la figure de cette subordination
si generale dans
Armée du Dauphin.,
-
LesHeures,d'oràun Laurier
du naturel. L'or represente la
justice
3.
dont le Laurier est
aussileHieroglyphe.
Cerés, d'argent à une Gerbe
dor->à enquérir,lors qu'il y
a dans une Armoirie une couleur
sur une autre couleur, ou
wn metal sur un autre metal,
comme dans l'exemple prefer>
t»*juc la Gerbe d'or est sur
un fond d'targent, on ditque
c'est une Armoirie à enquerir
, ce qui signifie que ce
concours de deux metaux,ou
de deux couleurs, estant extraordinaire
r & contre les
regles du Blason
,
l'Armoirie
aesté accordée pour quelque
évenement extraordinaire.
C'est aussi cequi obligea le.¡
Soleil de donner à Cerésces
Armes de grande distinction,
pour marquer l'abondance
d'argent, & de toutes provisions,
qui estoit admirable.
dans son Année, pendant:
&desAiglonsaffectoient de:
publierpartout,quele So-î
leil ne pourroit jamais fbû--
tenir la depensenecessaire:
pour faire la Guerre. ,
• &
Thesée, de fable à un Aleion
d'azur,àenquerir. Tous
conviennent que la vaillance
de Thesée parut princi paement
dans les Victoires
}util remporta contre ceux
quiprenoient ce qui ne leur
pparténoit pas. L'Alerion est
in petit Aigle sans bec & sans
ongles destiné particulicrencnt
pour signifier la défaite
le quelque Prince de lEmoire.
L'azur estle fimbole de
a Victoire, & le sable de la
grandeur de Thesée.
Hercules, d'or à deux colomus
posées en pal. Les colomnes
d'Hercules sont trop fameu;
ses pour qu'il ne les ait par
euës pour en composer se
armes. L'orestaussi le sym.
bole de la force de mesme
que le sinople.
Les Cyclopes, degueules
un Lion d'or passantouleopardé.
L'intrépidité est ordinaii
rement expriméefousla fii
gure du Lion, les émaux sont
aussi choisis pour marque:
cette vertu.
Prothée, desable à un Serpent
tortillé au naturel, la test
entourée du reste de son corps
Le Sable marque la prudence;
dont le Serpent est la figure,
Iris,coupé d'or de gueules &
l'azur à une branche d'Olive de
sinople en pal brochant sur le
ont.Ces émaux favoris de
'Irisavecl'Olive sont des signes
de paix que le Soleil of-
Te à l'Aigle-
Melicerte d'azurà un Dauphin.
Melicerte à de trop
grandes obligations au Dieu
Dauphin pour n'en avoir pas
a reconnoissance qui est exprimée
dans les Armes. L'azur
& l'argent témoignent
incerité & la noblesse de ce
Heros qui doit la vie à celuy
pour qui il est prest par ui
juste retour de tout sacri
fier.
Orphée, de Vair. Cette sou
rure estle simbole de ce qu.
nous appellons honneste
homme
)
& dont Orphé,
fait gloire.
Eole,de Sable à un Griffon
d'argent. Ce Dieu est le Hieroglyphe
de la modération
& du calme
,
puis qu'estant
Roy des vents & des tempestes
c'est luy qui les fais
rentrer dans leur demeure
pour rendre le repos à tous
les Elemcns. L'ennemy qu'
lole k avoit à combattre
(tant fort dans toutes ses
emarches, il fut arresté qu'-
n prendroit le Griffon pour
rmes ; parce quecet animal,
oit qu'on le croye fabuleux
u veritable, estdestiné pour
marquer la tromperie des enemis.
Le sable & l'argent
gnifient la tranquillité.
Ulisse d'argent à un Coq
azur. Le Coq est le fimbo-
; de la vigilance
,
qai est
assi exprimée par les émaux.
F, L'Ennemy d'Eole, cest Oion que
en dit eflrcla maticre dcs vents ,
des
nies C des tonnerres.
Deucalion, d'argent à u
coeur ouvert au naturel. Ce qiu
l'on appelle probité consist:
dans un coeur au naturel, &
incapable de tromper.
Nemesis, de gueules à un Le
%iird de sinople posé en pal. L
Lézard ennemy du Serpem
& vangeur de la perfidie ave:
laquelle il conspire contre 11
vie de l'homme,fut donni
à Nemesis
, pour l'animer
concouriravec les autres Dil
vinitez à la gloire du Dau.
phin Le gueules, ou couleur
rouge avec le sinople mat.
que la vaillance & la force,,
Arion, de gueules à un cheron
d'argent. Le Chevron finisie
protection & recomensequi
anime le Soldat. La
chesse est exprimée par 1arent&
l'amour quiestl'effet
e la recompense par le
juge, ou gueules.
Ocean, d'argent à un Pal
fable. La confiance & la
rmeté sont marquées par
Pal

&parla couleur noire
a de sable;mais cette conance
& cette fermeté doientestre
fondées sur laveri-
; c'est ce qui est signifié
ar l'argent.
Toute la Trou pe ayant re
ceu ses armes chacun selon
son caractere
, on fut plûtot
sur les frontieres de lalul.
qu'il n'eut pensé à se mettr
en défense. Toute la terr
fut extrêmement étonnée:
que cet oiseau de Jupiter eust
choqué le Soleil avec tant de
hauteur, sans prendre plui
de feuretez pour sa conservai
tion. S'il estoit pourtant pen
mis de l'excuser dans cett:
faute on pourroit dire qu'ï
fut seduit par les Divinités
avec qui il avoit fait alliani
ce.
JunonrestoitFille de Saurne
qui estoit d'une ambiion
& d'une ingratitude sans
xemple.Ses manieres étoient
mperieuses,&elle faisoit voir
ans toutes ses actions une
ertaine confiance que l'on
ppelleroit avec raison temelté.
Elle se vantoit d'avoir les
luyes & les gresles en sa difosition,
en sortequ'elle efpe-
Dit avec un iècouts si foible
teindre tout le feu du Soleil.
Pluton f qui estoitaussi
r Junon est la figure de l'air.
f Pluton (si prîs pour la terre) & il
îleDiau desrichcffet & des Enfers.
Enfant de Saturne, & Frer
de Jupiter, estoit amy d.
l'Aigle; & ne cherchoit pa.
la guerre, parce qu'il trouvoit
son principalcrédit 8.
soutien t dans la paix. C'es
pour cela qu'afin de demeur
rer en repos chezluy,iltâ..
choit d'exciter le trouble au]
tre part. Il y a plus, il n'aimoi
pas le Soleil, qui l'avoitmi
à la raison dans un differene
particulier qu'ils avoienteu
&comme les vaincus conservent
toujours une secrete envie
contre le vainqueur, Plut
Timon est nourry par la paix.
on fut meslé dans beaucoup
le parties qui se formerent
:ontre le Soleil, & promit
oujours de fournir une parie
des frais. v»*.
• La Fortune fut le troisiéme
outien de l'Aigle mais comnec'estl'inconstance
mesme,
quoy qu'elle eust témoigné
ssezde bonté pour l'Aigle&
)our les Aiglons, dans un
voyage qu'ils venoient de faie
dans l'Empire de la Lune,
cette infidellene les vit pas
plûtostattaquez de l'Armée
Dauphine,quelle leur tourna
e dos.
Ainsi le Dauphin,quiest
le Prince des Dieux Marins
& le plus prompt & le plus
rapide de rOUSn dans sa course,
estant heureusement fécond
éde ses Chefs,fitune diligence
incroyable
J
& dess
cendit sans peine dans les Etats
de l'Aigle avec sa Floce.
qui estoit au belle qu'on en
eust vû de longtemps, a
Avant que de m'engagen
dans le détail du débarquement
de laFlore Dauphine,
il est necessaire de donnen
une peinture de la frontière
xxArist. lib. y. de hist. animal. c, 48*
des Etars de l'Aigle.Le Fleuve
Alphée x l'arrosoit,parce que
le Soleill'y avoit fait venir.
1
La Riviere de Lethé traversoit
entre deux montagnes,&
venoit se perdre dans
le fleuveAlphée. On découvroit
d'abord la Citadelle
l'Orion, qui estoit à droite
le la Riviere de Lethé&un
peu plus loin que les bords
du Fleuve. Trois Tours qui
fvoient assez d'apparence
X Nous aïons dit que la paix efi reirejrcn,-
ée par ce fleuve
,
qui peut bien
marquer les Placesàliie le Roy a fortuitesauxenviron;
ddu RRhhi'n pour mainrnir
les Allemands en paix.
mais tres-foibles eneffet, fai..
soient le principal de cette
Citadelle.
Unpeuau dessusonvoyoit
le fort de Promethée, qui
estoit un polygone.Onavoit
pdelascé au dessous un Bataillon
Troupes dePandion,y
pour garder les dehors.C'est
tout ce qui faisoitla force des
Etats de l'Aigle. Il estvray
qu'une montagne d'une hauteur
prodigieuse avoit dequoy
donner de la crainte ~s
ceux qui se laissent tremper
yPandion efioit ïHfurpatcard'
henes. Htpoairtlleas
apparences.Onl'appel-
Montagne de Tantale.
t
Un peu à droite on en dé-
.OUVI'Oit une autre quin'ésoit
pas si haute,& que l'on
lomme ,
Mont de Chimere,
& dans l'extremité encdre
plus à droite paroissoient les
Monts de Fortune.
A la gauche de la Monagne
de Tantale, s'élevoient
te petits monts appeliez de
i satyre & des libelles, dont
n avoit beaucoup vanté la
orce & la défense,aussi bien
ue des autres fortifications
c la frontiere des Estats de
l'Aigle ; mais les coureurs
que le Dieu Dauphinenvoya
& que l'on appelloit Equité ,
Lumiere
,
Verité & Arnoui
du Prince, reconnurent sans
peine qu'il n'ypourroitavoic
qbulee le prejugé qui fust capadefaire
valoir la force:
de ces monts de libelles Se
de Satyre.
Il estoit aussi fort à propos,
avant que de faire le débar-,
quement, de sçavoir des nour
velles pluscertaines deTeftao
des Monts de Fortune. L'Ai":
glefaisoit un grand fond fuit
les forces de cette Reyne.:
Poun
,Our ne pas deguiser la vérité
lie estoic a craindre
y
puis
qu'il est assez difficile de la
;agner quand elle est conraire,
soit qu'on s'y prenne
par la douceur, ou qu'on luy
léclare une Guerre ouvertc.
Nemesis fut dépeschéeavcc
on Vaisseau pour aller sur le
lord du rivage qui termine
es Monts de Fortune; elle fit
oir un Drapeau blanc pour
ignal de paix. La Fortune
arut) Nemesisluy dépescha
a Prosperité
, avec qui la
fortune avoit lié amitié déluis
le commencement. Celle-
cy qui est Toujours fort
éloquente;fit valoir le mépris
que l'Aigle avoit fait de la
puissance du Soleil,& de la
valeur de ses Troupes, après
en avoir receu des marques
si sensibles. On n'oublia pas
l'alliance qui avoir estéjurée
depuis si long-temps, entre
le Soleil & la Deesse Fortune,
dont le Dieu Dauphin venoit
demander la continuation
'1
avec des promesses solides de:
reconnoistre sincerement les;
services rendus.
CeTraité n'avait garde de
manquer;il se faisoit entre;
les Deesses qui estoient amies
diepuis longtemps>outre qu'il
n'y a rien de si facileauSoleil
que de gagner les coeurs. La
Fortune,pour marquer qu'elle
aigissoit de bonne-foy) passa
dans le Vaisseau duDieu Dauphin
? pour ne le point quiter,
voulantavec la Prosperité
combattre à les collez.
Nemesiscependant fut laisce
avec son Vaisseau au pied
les Monts de Fortune, pour
enir cet Estatdanslerespect,
k le Dauphin estant asseuré
le son entreprise, en comnença
l'execution de cette
naniere. R ij
Cerés qui commandoit l'Abondance,
sur envoyée à la
teste du débarquement, afin
que rien ne manquast aux
Troupes. C'est ainsi que le
Soleil a coutume d'enusec
dans toutes ses entreprises.
qui font infaillibles, parce
qu'avant que de les commencer,
il n'ometrien de ce qui
peut enasseurer le succés.
Mercurealloitensuite,mo,rn. -,
tant l'Eclairé , dont toutee
les Troupes avoient soin
d'observer exactementtoutes
choses, & d'en donner avis
au Dauphin, qui jugea à pro~
il
pas d'envoyerTheséea qui
commandoit le Vaillant. Il
eut ordre dobserver le Fort.
de Promethée
, ce qu'il fit
avec tant de vaillance & de
conduite
,
qu'ayant fait une
decharge de tout son canon)
il mit en deroute les Troupes
dePandion, qui couvroient
le Fort, dont on ne receut au-
) cun dommage.
Hercules b montoit la Fora
Thcfceeff l'rune-:vdes rats & de
ceux eau s'emparent d; ce qui ne leur
appartient P,l!'.
b Hont!es rr.oKtr,? tzuv a
boejt'.rdesîrhles, 6:'" les exercicesdu
corps,
ce, & s'avança au bord di
Fleuve pour commencer 11
débarquement. Il le sir avec beaucoup de Cuccez, faisan
d'abord dscendre le Batail.
Ion de Bondroit, qui ailla
aussi-tost se porter entre la
Rivicre de Lerbé, & la Cira.
delled'Orion* où il se fortifia
parfaitement.Ilestoit a
peine disposé en ordre de Bataille,
qu'il vit devant luy un
grand front, qui grossissoità
melure
,
& qui faisoit mine
de vouloir combattre. On
vintau quivive
,
& le Soleil
qui éclairoit de seslumières
fie Champde Bataille, reconnût
que c'estoit le Bataillon
des Halcions
, c qui avoient
eu si peu de moderation que
de se vouloir égaler aux
Dieux. C'estceau'il regard
V f d'un oeil de pitié & de corapassion
pour leur aveuglement,
& il les changea en
Aiglonsafin de les punir de
leur hardiesse.
?» L'Amiralmonté par le
Dieu Dauphin, paroissoit en-
[uire) soutenu d'un codé de
c Les Halcions se voulant égaler aux
Dieux ,furent changez.. en Oifianx- Ils
estoientamisdeJ.tnon. V. Hefandeiv
Mars,quicommandoit dl'Invincible,
& de Prothée, Capitaine
duPrudent. Celuy-cy
estoit un Dieu de grand
vertu, & qui avoit cela de
propre, qu'il changeoit de
forme selon qu'ille jugeoit
propos. C'est pour cela que le
Dauphin voulut toujours l'avoir
avec foy
, & il en fit un
usage admirable dans toute
la suite de cette guerre;estant
grand & remply de Majesté ,
lors qu'il avoit à traitter avec
d Le Soleil, on Apollon) a flwt/tnt;
pris la figure de Mars, il y en a qui
nefontquun, du Soleil & de Mars*
tes Dieux, un peu plus ouvert
avec les Officiers, &populaire
avec les Soldats qu'il
cherissoit
,
&dont il estoit
aimé & reveréjusqu'à l'adoration,
s'il leur eust esté permis.
Mais ce qui étonna beaucoup
tous les Dieux, & même
les Ennemis du Soleil
ce fut de voirqu'Iris comjnan
d ant le Pacifiqueestoit
:oujours aux costez du Dauphin
pouroffrir la Paixà l'Aigle,
en cas qu'il la voulust
accepter,se montrant par tout
avec tant d'apparence & de
distinction qu'ilestoit lib
de la trouver pour peu qu'c
s'empressast: de le faire.
Les Cyclopes e qui motoient
1'1ntrepide, estoie
aussi fort prochesdel'Amiral.
Ils avoient foin de fou
nir au Dauphin les foudres
les éclairs & les tonnerres
en forte que leur Vaisseau e
toit tout en feu.
On voyoit à gauche Fl
quité que les Heures fcome
Les Cyclopesfont les vapeurs quT\
peuven- (fondreenfairtquepi
la chaleur du Sclcll.
f Les Heitrrs font filles de Jupiter
de Thertrs. On les nomme Eunomw'
DieéJ & Inne.
iandoient. Elles estoient apliquées
principalement à
tire observer l'exacte disciline
dans l' ,Ariiiéc,& à maintenir
la justice & la paix, sans
arler de leurprincipale fon-
:ion, qui est d'apporter toujours
aux hommes quelque
lofe de nouveau,
Esculape, montant la Subdination,
estoit rangé sur
mesme ligne. Son employ
toit de regler tout dans un
~dre égal, & d'avoir foin
.le sonEpouse Hysiché,ou
~mté (d'autres disent qu'elle
~t sa Fille) se trouvait par
tout, & empeschast la mal
die d'approcher de l'Arme
du Dauphin.
Les Graces commandoiet
le Liberal. g Elles sont Fille
du Soleil aussi bienqu'Esculape..
Ce n'estoit pas seuls"
ment pour maintenir le boair
& l'agrément dans .la pesonne
du Dieu Dauphin, qui
les avoit dans sonArmée,ma
encore pour y faire regner
libéralité, qui est l'une de A
vertus favorites: leur Vaisse;
g Anthnaobe, très-ancien poète, d:t
&
les Graces font le Symbole de la libei:
Uté. *~-4
toit toujours en action, Se
combattoit avec beaucoup
e bonheur la pauvreté de
Aigle & des Aiglons.
Pallas h qui commandoit
: Sage, suivoit les Graces.
a Milice de son Vaisseau
estoit la Force mesme, puis
u'avec le secours de ces
Trou pes conduites par la Saesse,
elle avoit déj défait
autrefois., & mis en déroute
:s Geans. Aussi ses Soldats
estoient entierement armez
depuislatête jusqu'auxpieds,
1-
h Pallas fille de Jupiter, sans mere,
(i la figure de la SûgejJè.
& ne contribuerent pas pe
aux victoires du Dauphin
qui avoit raison de faire con
sister une bonne partie de si
forces danssa propre sagesse
Le Vigoureux monté pa
Neptune,fermoitcette premiere
ligne de la gauche.Osçait
afiez combien ce Dieu
est dévoüé i au Dauphin,donil
a pris souvent la figure,&
qu'il estoit venu servir pour
asseurertouteson Armée coni
Nepwnetftoit souventrepresentêfa/A
la figure du n.Onpeut voir cetn
célébré Médaillé de Neron) avec cetn
inCcription
,
Ne;-a. Claud. Cdtfkr Augr;,
G. p. M. T. P.J p.
: les injures & les mauvais
~Litemens de l'eau.
Melicerte k s'estoit posté
ec son Vaisseau le Reconnoissant
,
à la droite du
dauphin,afin de mourir plûil
à sescostez, que de l'a-
~ndonner,estant trop peneé
des obligations qu'il avoit
son Bienfaicteur
,
de qui il
noit la vie, aussi-bien que
~ute sa troupe, qui estoit
composée de Soldats enrichis
Melicerte
, ou Palæmon, ayant tfté
tcrnlly &fauvè du naufrage par un
anphin,enconferva toute fit vie la rentioijfance.
des presens du Soleil ou du
Dauphin.
Ocean estoit sur lamesme
ligne un peu à coHé, commandant
la Confiance, ayan
Orphée auprès de luy qu.
montoit l'Honneste-homme
Ce Dieu (i celebre pour avoit
appaisé les Enfers, estoitFils
d'Apollon. Il fut tres-équitable,
non feulement envers
les autres, mais auni envers
soy-mesme, & fut choisi du
Dauphin pour avoir l'inspection
sur les Soldats, pour
leur apprendre plusieurschoses
tres- utiles, principaleclient
l'honnestetéquel'on
voit regner parmy les peuples
du Soleil sansparler du foin
qu'il prit de chanter en Vers
> les glorieux faits du Dieu
Dauphin& des autres Heros,
Arion s'estoit rendu fort
agreable au Dauphin, qui en
eut tant de reconnoissance,
qu'il le sauvadunaufrage.
On peut dire que le foin que le Dauphinse donnoit- de ré-
- compenser la vertu &le merite,
luy acquit le coeur&
les fervices de tous.Aussi c'est
Je secret de regner avec sucéés,&
le Soleil sçait mieux
que personne mettre cette
vertu en uface,
Ulisse comuniquoit sa vigilance
à toutes les Troupes, Sa
Deucalion, l qui montoit la
Probité, conservoitpartoute
l'Arméecettesagesse que l'i
Dieu Dauphin luy infpiroic.
Un si bel ord reayant esté étably,
& touteschosesestant
preveuës d'une manieresi prudente,
le Dauphin plusvif&
plus diligent non seulement
mque l'oiseau, mais encore
1 Dtltcalionfut fauvedu delUlc uniÀ
lerfel
,
& efi la ifgure de la probité. £
m Plin. lib. ».
qu'unefléche, fit avancer ses
troupes.L'Armée fit le débarquementsans
peine,&se mit
en bataille sur les bords du
Fleuve, puis gagna petit à
petit sur le haut de la montagne.
Tytie avec un petit corps
d'armée voul ut ,s'avancer
pour nous faire teste ; mais
ce Chef ayant trop bonne:
opinion de son merite & de sa
puissance,avoit negligé l'équité
& lesautres vertus, ce
quilerendit odieux aux nens.
qui lacherent. pied a près la
premiere décharge. Ainsi
l'imprudent Tytie n fut contraint
de ceder au
SoleiH
qui le regardant en face,l'abbatit
à sespieds.
On n'eut pas de peine enfuite
de rompre le bataillon
des Titans, qui s'estoien
joints à Tytie. Jupiter qui
n'estoit pas content d'eux, &
même qui paroissoitoutré ~d
leur temerités parce qu'ils s'e
toient revoltez contre luy
se joignit au Soleil,les écrat
de les foudres, & tout le ml.
qu'ils pretendoient suscit
n Tytis qui estoit Geant, fut vain*
parleSoleil.
4
au Soleil retomba sur eux, &
: sur \a terre feule, qui vit formerdu
fang de leurs blessures,
o une quantité de viperes,
de serpens, d'araignées, &
d'autres animaux, qui ne firent
tort qu'à ceux qui ne
voulurent pas s'en donner de
garde.
Vulcain cependant fut
commandé pour aller bombarder
les Monts-libelles &
o LeJ Titans fontainsi marquez, dans
la Fable, & peuvent fort bien representer
les Protestans
,
dont la deroute n)a
produit que des libelles & des Ínveflives
e?npoifonnces
,
dont le venin ne peut
nuirequa ceux qui le veulent bien.
les Monts de Satyre. Il trou
va dans son chemin une trou
pede Soldats p que Junon
avoit poftez pour luy difpu
terlepassage dans le détroit
Vulcain repondit avec tant
de vigueur par ses bombes
son canon & toute son artillerie,
que Junon & toute sa
troupe furent défaites. Ainsi
on conduisit sans aucun empeschement
les brulots, &
tout l'artifice, afin de bombarder
les Eâacsdeslibellesz
& dela satyre qui furent tous .s p Junon engendre lespluyes & les 1
grejles & eftla ifgure de l'air.
~,&reduits en cendre.
_A£*es cette expedition
,
&
lors que laCoste fut presque
~toute nettoyée,onvitaccouir
un secours d'Eumenides, q
IIi ne venoient pas seuleïient
pour estretémoins de
a défaite de l'arméedeTyie
, & du Bataillon des Tians,
mais encore plus pour
tourmenter l'Aigle & les Aiglons,
en excitant en eux de
enfibles remords, & les fai-
~sant repentir de leur entreprisetémeraire.
q Les Furies,dent le 'pri&cifoelempl-oy
stdexciter des remords deconscience.
C'est ainsi que le DA^iDauphin
remplissoit lesEstatsde
l'Aigle de terreur, & qu'i
travailloità étendrerl'Empire
du Soleil. Les Dieux eftoien
ravis d'admiration & d'étonnement
de luy trouver tan
de vertus heroïques. Il ~evray
qu'ils sçavoient fort bien
que les démarches de cejeunI.
Heros faisoient la regle centaine
du calme r & des tempelles
de la mer, qu'il est plus
grand dans l'Empire du Soleilsque
par tout ailleurs, si
r Cet.LRhod'r.(Tj .,f] r:?. 1f GefirrcV!euilefcfinsgrc-id jra
les Ports de France.
qu'oi
u'on se sert de luy pour exprimer
la vitesse & la pruden-
;e, t mais ils n'avoient pas
;ncêré estétémoins par eux
mesmes de sa force incompatable
,
& de l'intrepidité avec
~laquelle il vole au combat,
ensorte que rien ne pouvoit
;eiîifter à ses armes.
- Aussi i ne fut il pas plû-
:oft lemaistre de cette Coste,
ia'il fit combler le fleuve dç
Lethé, qui avoit esté si fatal
t Cess ce qui a rendu cette Sentence
tftioa leii-te
,
si agreable aux Empe-
•eurs RomAins, &si celebre dans les
fisdaitles,vît le Dauphin efi peint attaché
à une'AnCt::. - -
à l'Aigle & aux Aiglons.
Ils commencerent à se fouvenir
du passé, & à se le representer
vivement, pendant
que le Dauphin tourna Tes
armes du coité de la Citadelle
d'Orion.
Nous avons déja remarquê
qu'elle estoit défenduë ~par
troisTours u qui ne firent ~pa
peur à ceux qui furent commandez
pour l'attaquer; on
s'en renditmaistre en peu dJ
temps ,
àla faveur de la force
& de la chaleur du Soleil ~qu
u Les rents, les Pluyes & les TOK
.nerresne
fut pas peu surprisdevoir
qu'une Place qu'il avoit élevée
luy tncfmc) x oran: serevoltercontre
luy.
La Citadelle d'Orionestant
reduite ,on s'approcha d'un
gros qui parossoit à la hauteur
du fort de Promethée
,
au dessous du Mont de Chimere.
On le rompit facilement
parce qu'ilestoit commandé
par Amphion, qui
avoit fait grand fond sur sa
prosperités, sans semettreen
peine de se fortifier, ou de
x C'eftle Soleil qui attire & qui éleve
les vapeurs ,
dontseforment les pluies.
prendre avantage du poste où
il estoit.C'est ainsi que sa prefomption
le rendit temeraire,
& luy attira justement son
malheur.
Danstouscesdifferensmouvemens
il ne se pouvoit pasafaire
qu'on ne perdit du monde
,
où qu'il n'yen eustde
blessé
; mais le Dauphin dont
la tendresse est admirableenvers
les siens, & envers ceux:
qui sont ou foibles ou blessez,
y se trouvoit partout
pour secourir & pourconfoy
Ælian. I. 5. c. 6. Aristot. de:
anim.
ler luy-mesme tous ceux qui
en avoient besoin.
On admira avec justice
unesi grande bonté, dont
on avoit peu vû d'exemples
jusque-là
, en forte metme
que les Malades souhaitoient
avec passion des'exposer encore
tout de nouveau ,
dans
l'estat pitoyable où ils étoient,
pour le service d'un
Heros qu'ils aimoient sincerement,
& qui les combloit
debienfaits & deliberalitez.
• La Victoire z cependant
l z Madame la !DJaa1iilpphhlinnee Jse mmme nsmme
WiUoirz.
.-
estoit dans des inquietudes
mortelles pour son cher Dauphin.
Cette incom parable
Déesse avoit entierement
quitté l'Aigle, pour s'attacher
au Soleil
, au prés de quijj
elle estoit demeuréependant
tous ces mouvemens. La Renommée
luydisoit tous les*
jours cent belles choses dôJ
nostrejeune Heros ; elle eil
ressentoit une joye inconcevable,
mais elle n'avoitaucun
repos, jusqu'à ce qu'elles
eust le plaisir de revoir ces
qu'elle aimoit. !'
Pendant qu'elle estoitdans
des inquietudes terribles pour
la conservation de son cher
Dauphin,ellereçeutune letrre
que Mercure luy écrivait)&.
qu'il luy envoyoit exprés
par la Verité. Elle ouvrit cette
lettre, & y trouva ce qui
suit.
LETTRE DE MERCURE
A LA VICTOIRE. P Réparé%3 incomparable
Dé'-ffe
,
des Lauriers & tdes Ronronnes pour notice jeune
Héros, qui 'Vous est si cher. Il
achevesacourje glerieufe, dans
laquelle nous ne lavons fuivfi
ous de loin. La Renommée 't'ou;
en aura sans doute beaucoup
appris) maislaVérité, que i
"vous envoyé > fous en dira en*
CLT.? qu. n'yaqui
J'.;/l p.JJ{ de temps qu'il fait 12 guerre Ir hL ilfmble quz ndl:
; ": ~", l si 4-. J'f"t
,
j-Vf?n::sfit autreebofe3enfro; rr"k"
que tout ce que nous pouvons
cest de l'admirer.Vousl'aile%
* revoir au/Ji tendre que jamai.
Pour vous a &pour lesprecieux
gagesdevojirecbajïe amour.Tou
a uE/:.w
t
Artf«te & Jcnfton re'
!ii:w,:l'fnl que le Dauphin a une ten-
J.;.r!-((' eîJ.n>:r.ible pour les ftens
J
mfl{.
j ";,,"':p,,d':Ill{Íit peur sa petits.
rede à la force de(on bras3 &
;'efl un digne Fis du Soleil.
La Viétoire se rassura après
la leâure de cette Lettre,
&leDauphin dont l'intelU*
gence est a admirable, se
trouvoit dans tous les lieux
où sa prefenee efloit neceffaire.
Il donnoit ordre à tour,
& il estoit le premier, non
feulement aux attaques, mais
aussi dans tout ce qu'il yavoir
de plus perilleux. Son foin
s'étendoit juique sur les
Morts, dont,il faisoit luy..
a. t/Elianlib. u. c. z & Flatarquc*
mesme b faire les funerailles
fclon le rang des personnes.]
Rien ne s'oppofoic plus à le:
armes que leFortde Promet
thée? & la Batterie de Borée
Il envoya reconnoistre le For;
de Promethée, on l'inveftio
& on tailla en pieces un Ba,
taillon, des Troupes de Pan
dionj qui s'estoitavancé poui
en disputer les dehors. Oi
dresla d'abord les Barrerie:
contre le Fort.qui ne se défendit
prcfque point; ou
monta en mcfme remps s
l'assaut, & on trouva qu'ii
bJoan. 7~z.etz.es, Arist. e tsElian.,
y avoit aucunes Trouts
pour garder le Fort; &
ne Promethée s'en estoit
rvy pour aller s'emparer
un autre Etat, pendant qu'il
nufoit ses Alliez d'une prolotion
puissante qu'il n'avoic
as envie de leur donner.
La Batterie queBorée avoit
levée au bord du Fleuve
ilphce> vou l ut au moins
yoir la gloire de se défeno
re ) mais Eole,que le Dauhin
avoit envoyé pour l'atlquer,
la pressa tellement,
u'il s'en rendit le maistre en
res- peu de temps. Ons'empara
ensuite du mont c d
Tantale avec autant de faci
lire que l'on dissïpa que.
ques Avanturiersque l'ona
voit poftez aux avenuës dl
mont de Chimere. A
C'cfi où se termina la dé
sense de l'Aigle & des Ai
glons, dont toutes les Foi
terefles furent prises> lt
Troupes vaincues
>
& la do
faiteaussi generale & aus
parfaite que le Soleil le pou
1
d Le Mont de Tantale est la figure
ringratitude des Confederez dont le Ri1,
pouvoitinterrompre les Vittoires, & q.,
Sa Adajeftc à vOleûe secourir danslem
btfoins. 1


it souhaiter. On en vermieux
toutes les démaries
& tous les mouvenlens
c la figure que nous en
binons.
Toutayant cedé aux armes
Êtorieufes du Dieu Daulin,
on ne parloit que de
; lorieu,xexploits. Il estoit
unaité avec ardeur du Sol
&de tous les Dieux) non
tlement parce qu'il estoit
neralement aimé, maisaussï
tee que ses nouvelles conestes
l'avoient rendu plus
er aux Dieux & aux homqu'il
honore d'une amitié
d toute particulière
Aussi lors qu'il retoui
tout couvert de gloire, le
leil & la Victoire allerent
devant de luy; il en fut
ceu avec toutes les marqi
de tendreflfe & de joye <j
l'on peut s'imaginer, sans ?
pouvoir décrire ; penda
que les Mufes e qui luy se
attachées d'une maniere te
te particulière
,
Ce miren
i
;d TOUl ceux qui ont écrit die Deup,
remarquentson amour admirable enz
lesHommes. j e LeDauphin félon un j4ktheur,
appellé Mufle, parce qu'il ejl dans
Ciel compofc de neufEttilts qw f
les neufMufes.
Lanter sles triomphes. On
yqpur'éiplara des concerts parles
aime beaucoup,
tous les Heros voulurent
endre dans la fuite pour la
stinction de leurs armes &
ucliers lagfigure du Dattlin
dont la gloire est au-
(Tus de noséloges, non feument
dans l'Empire du Soil
3
mais encore chez ses
opres ennemis.
y Selon d'autres Antbeurs
, il aime
îticoHp la Aîufiejue.
VlijJè avoit un Dauphinfarson houtr
félon Pierius. Hejiode dit qu'Her-
'reessaavvooiit deux Dauphins ![ur fou 1fov
Je ne doute point, Madam
que ccttc,Relation Alle^or
que du Siège dePhilisbour
ne vous ait encore paru ph
agreable que je ne vous l'a
fait esperer en vous préparai
à la lire. Tour ce qui est: ing'
nieufement raconté a toi
jours elle de vostre goust? <
il me paroist qu'il ne manqt
rien à cet Ouvrage dece qi
peut vous le faire aimer. a
a fait encore de grandes ré
joiïiflfances pour cette Cor
queste en beaucoup de Vi
les.
i
Le ii. dumois pafleleCh;
laÇomrnunau-tede
^loflaix
2
firent chanter le
Vc Weum dans l'Eglise Colletiale;
it,
-
Noftte-Dame-du
tfur. M"Dizeul
,
Doyen du
Chapitre, fit paroistre son
;elc, comme il l'a déjà fait
n iliverfes occasions) par des
lelfeins qui se rapportoient
u temps , & qui furent retrefientçzdans
de grands Carruches
environnez de Trophées.
On les plaça sur le
rontifpicedu Portail.. Dans
c premier efioit nn. Soleil
ïaiflânt qui sortoit des 01n-,
bres
)
& d'où partoient des
feux & des foudres qui tom
boient sur une Ville avec ce
Vers.
Magnumprincipium. D-uidno?
nerdmus eundo ?
Dans le fécondon voyoii
Monseigneur peint au rryliei
de ses Conquestes avec ce:
mots5 Tcntantispreludia Mar.
ris.
Dans le troisiéme, ce Pria
ce tenoit une épée en sa mair
droite, & un rameau d'Olive
en sa gauche, avec cette De.
vise, Bellat pacis amore.
Le quatrième representoit l,
Religiondisant à l'Europe
armée,
- rfst* jam ccfifnt
» * quod
i
* nuncinftat3aramus.
Dans le cinquième laFrance
adressoit ce Vers à la Religion,
il - Sentio cjuodefntis, aie cur mihi
faèld repuvridx.
Et la Religionrépondoit
,
TDextera nojira fuit Ga/lia,
semper erit.
Dans le sixiéme Cartouche
un Jupiter couronné lançoit
des foudres sur des Geans qui
escaladoient un Trône avec
ce Vers,
Conjiliiy horrendiquefuroris
-. præmiajufta. V ij
Mrdu Portsmeur, Syndic
n'oublia rien de Ton minis.
tere pqupfairedresser le Feu
de joye. Il fut allumé au
bruit de plusieurs descharges
de Moufquetcric. ,tH.f j
Le 22.. Madame de Berthe.
met? Soeur de Madame de
Saine Potianerc
,
& AbbeÍfe
de saint Loiiis de Vernon,
fit rendre les mesmes adtions
de graces dans sonEglise r qui
eftoix extrêmement parée-'&
illuminée. LeTe Deumqu'on
y chanta avec grandeMusique
& Simphonie
,
fut suivy de
Motets & de Prieres pour la
conservation de Sa Majesté.
Le Corps de Justices'y trouva
en Robes de ceremonie &
toute la Ville s'y rendit en
foule.En fuite on alluma un
grand Feu devant l'Abbaye
patl'ordre de cette illustre
Abbesse
,
qui fit distribuer
du vin au Peuple, pendant
que les Boëtes & les décharges
de moufqueteric se firent entend
re. ;
Le 30. l'Abbé General de
l'Ordre de S. Antoine, aprés
avoir fait faire folemneflement
la mesme ceremonie
dans l'Eglise de sonAbbaye,
aux décharges de plusieur
Boëtes, fit faire une distribu
tion de pain & de vin à un
grand nombre de Pauvres d
la Ville & des environs, qu
avoient esté avertis. \f';
M Dalon, premier Presi
dent du Parlement de Navar
re ,
obtint sur la fin du der
nier mois, l'agrémentde l
Charge d'AvocatGeneral au
Parlement de Guyenne, pou
M1 Dalon sonFils, quoy qu'i
n'ait pas encore vingt deu
ans. Le Pereavoit exercé cet
te mesme Charge avec beau
coup de reputation avantqu
l'estre premier President au
Parlement de Navarre, & le
nls qui a extremement de
esprit, donne de fort granles
esperances.
Je vous envoye une Piece
que vous trouverez tresgréable.
ElleestdeM l'Abbé
de la Chaise. Il fuppofc
qu'un fameux Medecin de
salerne fut consulté la veille
le la Toussaint, parplusieurs
Personnesdedifferentes
dations. La premiere qu'il
air parler, est un Vieillard
lomain qui marche avec
grande peine ,
& qui entre
)
dans la chambre du Medt:
clin, soûtenu par deux hommes
qui luy donnent la main
Peut-eitre que le change
ment de situation des affaires
empcfchera que la Piecc
ne vous paroisse aussi-juflc
qu'elle estoit dans le temps
quelle a esté faite; mais à la
regarder par rapport,à ce
que nous avons veu,il ne si
peut que vous ne la ttouviez
fort spirituelle, & pUin<
d'invention.
Il
LE MEDECIN
Poulies Maladies du Temps.
LE IELLARD ROMAIN.
J E ne puis plus faire aucune
démarché de moy-mesmey <&
esperfonnes que vous voye7, sur
efquelles je m'appuye
,
m'ont
cait faire un faux pas, dont je
commence a ressentirdegrandes
ncommoditeQuoyquejem'aperçoive
bien que lay besoin de
remedes3 je nepuis me resoudre
i 'Vous en demander, car fay
toujours ejleahumeur à ne vou
loir point m'en servir. Ainsij
vous priefeulement de me dir
ce que vous penJez de rnon mal
Le Medecin.
Il fera long) lesfuitesenJe.
ront fâcheuses
, & ce qui VA
sans doute vousfurprendre* ceji
que je prevoy que si ton n)
donne ordre promptement s
elles
pouront durerplus que votre vie.
Le François.
J'aysans doute unefantêbien
confirmée; mais cependant je
voy quil se forme un certain
amas d'humeurs, qui pourroit,
tomberavec le tempssur quellue
partie de mon corps.jay
ieja pris quelques remedes de
précaution, Ne feroit-il poing
7on de continuer ?
Le Medecin.
ContinucK comme vous etvek ,,ornmence." Il efl plus facile de
rermer la Bergerie que aen chas
rer le Loup quand une fois ily
*jleniré3 & vous avez tant de
cois éprouvélespilulles dont vous
vousferve^que vous nepouUeK
ias douter quelles n'ayent un
bon effet.
Les Allemansparoissent en
Troupe, l'un d'eux en conduit
le Chef, & les autres le
suivent. X ij
Le Chef des AHemans.
J'allay autresfoissur le Rhin,
mje me portay fort mal. ^\ia
fantés'estoitrétabliesur le Danube
; mais on m'engage im-
.f prudemment à revenir sur le
Rhin, @¡ je maperçoy déja que
mon mal recommence. Je trou-
'Vois sur le Danube d'unecertaine
huile de lauriers
s
qui me
faifoitdes merveilles) mais jamais
je n'en ay pu trouver sur
le Rhin. Se pourroit-ilfaire que
j'yen rencontrajfe,ou ny a-t-il
point quelque autre forte de mtdicament
quifujlproprepour
maladie
Le Medecin.
L'air du Rhin vousfera,toujours
pernicieux y ilycroijides
lauriers, maisilse trouve là dss
vciftm qui ne manquentjamais
de les enlever, & il n'y a pas
jnjquà leurs encans qui ne s'en
chargent. Cependant ils nen
font part qu'à ceux de leur cabale
; ainsi je ne voy rien qui
puijje vous eflre icy Jalutaire
que l'huile d'Olives3dont je vous
conseïlle l'uftge autant que vous
pourrez.
L'Allemand conducteur.
Ma maladie ejlsubite, & ce
te quily a de fâch eux c'eil que
ies pTfecau:ionsy que j*avois prijè;
pour ïempetfher5 me l'ont attirée.
On ma feigne d*abord- ree.nmaalgneavor:
W~~ ne iporte ~;:T~J
elI.Je vous demande un prompt
remede:f--trcc CZJ[' mes douleun
; me Pr'{]xr:t vivement.
i Jj Le Medecin.
Et moy 3
je ne puis si tost
10us en
donnera LaJàignée vous
resfli ccoonnttrraaiirree, & Quant 'Vous
3
~7" quant à vous
purger,faj peur que la maladie
d'ellemeÇme ne vous faffe que
trop d-e",«vacuation.Ce que je puis
vous conseillerprepntement3en
attandant que j'en aye -jeu les
fuites, cej} d'user de rafraîchir*
'mens5 autant que vousle poura^
2carfay grand*peur queveu5 db eJoyc^ enfin tourmente d'une
rande chaleur d'entrailles.
Les Ailemans de la fuite.
T' r~ ! -
/) ;
¡'. } r~f^\y lûFièvrebien ft:ortte
vr; < d' i" 7 tlVPtn Grand inal CI.ccrp.r
,'-. Le Medecin qui les interompt.
zJkteJJieurss comme fdy dcn- l, se cette journée à toutes l¡es I7S\.7sa.
ions, je ne puis pas Dont cr.tcn..
ire chacun enparticulier>parce
me vous cfJcs trrpgrand nom-
1 ()
p d c-, t:>
~:.. d brede lavojlre> dema-in Je
ne feray pas vifiile.yhnfi voi'î
trouverez^ bon que je vous rcmette
au jour des J/rlorts.
L'Espagnol.
Je nefuis point encore maia\
dey mais je crains extrememem
de le devenir
s parce que jefui:
fort sijet à traîner le mald'au-
-~ -'
truyy & il me fonviemquu
n'y st, pas long-temps que voulant
djjtfler tes autres, jefu4
nonfulement pris de leur maladie>
mais bien plus) chacun Je
tira) comme ilputd'affaires, r&
l'on me fit payer pourtous. Ce
que je vous demande donc3quant
à presènt, ce font des preservatifs
contre la contagion.
Le Medecin.
TeneK-vous clos & couvert ;
langeZ vos chaponssans Oranes
J "¡ 1 A" ) & s'ilyaendives jfoçjes
\-.- (/ ".}lL t n ;1..
J ; rJ[Z.v'OUS, qu'on leurdonne0inv
pjjamment ïejjor. Il n'y a rien
ut fait si capable de vous apporcr
le mauvaisair.
L'Anglois
J'rjtt maladie est proprement
me douleur d'entrailles
, qui
lient de deux causes ; l'une in-
(yne > ee l'antre étrangère. Ce
jue je crains le plus, ce font de
es mauxtquon appelle trattres;
'efl à dire de ces fluxions qui
ombent tout d'un coup sur les
partiesoùellesfontle moins at.
tendues. Chacun dit que mot
mal efîgrand3mais j'ay le cOEui
bon, $r point de fièvre.
Le Medecin. Ilfauttravaillerdijjcremment
a la cure de voflre maladie,
Ce qui vient d'une cause eftrangere
y
se doit repoujjer par des re.
medes forts&ruigoureux;, &ce
qui vientdune causeinternerai
des palliatifs. La Jaigneeefl le
premier remede quil faudrA
tenter, cjr j'espere quelle voui
fera favorable. Vne bonnepur.
gation vous gueriroit> Car vous
.«VCK besoin d'unegrande éva*
talion ; mais il n'en estptUenw-,
>ntemfs*
On voit icy paroistre une
emme que conduit moié
par force un Cavalier
u'elle nomme son Fils, &
eftee Cavalier qui parle te;
remier.
Le Fils aîné de Hollande.
C'efloitsans doute la Colique^
lue fatois ces jours PaPz car
le¡¡oH bien tourmentédes "'Vents..
^ais le principal de mes maux ,-
'p* celuy quisans doute est la
ourct de tous lesautres* c'est un
petit extrêmement déréglé, lui
ïât queje maperçoy mesme éfM[
cuvent que sans y pense
je prens des morceaux si gros qi
je nefçaurois les avaler.
Le Medecin.
Cet appétit immodéré v01
joueraJans doute d'un mauva
tour) quand vousypenfeie%
moins, car comme vous en pre
ne% plus que voUb nen pouve
Jigercr, une bonne foislacht
leur naturelle accabléed'un tro
grand fardeau s'éteindra ton
d'un coup en vousy & vous si
reK étouffé en un infiant.
La Hollande.
J'eus ily a quelque temps
um
grande maladie dont je penfaj
mrira &je voy que je com-
'nee a rejjentir une agitation
wmeurs toute pareille à celle
i la preceaa. Ce que je vous
'ay tout bas, cesi que celuy
i vient de parler à vous, qui
mon fils aisnéJflus pretexte
vouloirprendre foin de moy ,
nfa mefaire mettre en curaley
ü je crains encore cela
'4s que mon mal.
Le Medecin.
Vous esses menacée d'une
ande rechute, qui apparent*
ent fera plus dangereuse que
efloit loe premiere<-> Malad.tie.
our ce qui estd'eflre mise en curâtelle,
outre ce que je reconna
dans vostrephifionomie
, je vo
je nefiay quel égarement dat
voflre conduite)qui mefait assi
juger que ce que 'Vous' craigne:
arriveramais je nefçaispas qui
fera voflre Curateur.
Le Suedois.
je fus malade ily a quelqfl
îsmpsi mais je me trouvajy bien.
tofiguéripar lefoin d'un gene.
reux Medecin) qui paya mefmi
du fien toute la dépense de mon
retablissement.Cependantjel'aj
quittemalàpropos> @J j'ayprÙ
un régime de vivretoutcontraint
aceluyquej: fuiveis antre*
lis. je voy bien qu'une malale
nouvelle me menace.
lis-je faire pour m'en garan- r?
Le Medecin.
j'aysçeu njoflrepremiere malaiey
& je sçay comme 'VOUS
ve% recompenjé voflreMeden
; ainsi njous voudre^bien
we je me dtfpenfè de l'efire
> e
ue je vous prie de porter voflre
mfultation ailleurs.
Le Medecin se leve en tourant
ledosau Suedois Il&
rend congé de la Companie.
r
On a beau s'imaginer su
differentes épreuves qu'on ef
à couvert des surprises d
l'Amour, ou du moins qu'on
n'aimeraqu'autant qu'on
pourra s'en faire un plaisir
Il est un moment fatal pou
ceux-mesmes qui sçavent le
mieux se servir de leurraison
& quand ce momentest ar- rivé, on est la dupe de si
confiance,& ce qui n'avoit
estéjusque-là qu'un amusement
de galanterie, devient
tout d'un coup un engagement
de necessité. Un Cavalier
fort bien-fait, ayant du
bien& de lanaissance,se sentit
d'abord touché de la passion
qui est naturelle aux
jeunesgens; il ne songea qu'à
acquerir de la gloire. Ainsi
la Guerre s'estant allumée en
France, il y prit enlplay, &
les actions d'éclat qu'il fit,
le mirent bien-tost au nombre
de ceux dont on parla avec
le plus de distinction. Un
certain air martial
, qu'on ne
manque guere d'acquérir en
suivant la profession des Armes,
commença à luy donner
une fierté noble qui releva
fort sa bonne mine,&la reputation
qu'il s'acquit dans ses
premieres Campagnes luy
ayant fait prendre des sentismens
de luy-mesme auCié"
levez que son courage, il crut
pouvoir aspirer à tout, &il
ne s'arrestoit l'Hyver dans
aucune Ville, où il n'entreprist
auprès du beau Sexe
quelque importante Conqueste.
La facilité qu'il trouvoit
à réüssir
>
luy persuada
que les soûpirs estoient inutiles
pour venir à bout d'un
coeuri, quand on l'attaquoi
de bonne grace , & le triomphe
ne luy coustant pas beau
coup, il ne se senroit piqué
en aimant que du plaisir de
a nouveauté. La paix s'estant
faite, il luy prit envie de
voir différentes Cours. Il employa
trois ou quatre années
à ses voyages , & cette étude
du monde fortifia son merite
par des agrémens,qui le fi-
'ent écouter favorablement
de toutes les Belles à qui il
voulut rendre quelquessoins,
Il revint en France dans le
dessein de songer à un établissement.
Enpassantpar une
Ville Celebre il se souvin
qu'un Officier de ses intime[
Amis y avoitunemploy considerable.
Il alla le voir, <%
cet Amy le retint chez luyi
en l'asscurant qu'il trouveroit
dequoy s'occuper agreablement
en ce lieu là
,
puis qu'il
y verroit quantité de jolies
Femmes. Deux jours aprés,
comme c'estoit la saison du
Carnaval, il le mena à un
Bal qu'on donnoit à une
Dame des premieres de la
Ville. Ils n'y furent pas (itost
entrez, que le Cavalier
parcourut des yeux toutc:
rAuembiee
»
& ayant esté
frappé de la beauté d'une ai..,
nable Brune, il s'approcha
elle,&s'attacha à l'entretenir
pendant tout le Bal. Illuy
rouva de l'esprit
,
des manieresfort
honnestes, mais
~eres en mesme temps, &:
uoy que ce fust un caracere
tout nouveau pour luy,
sa vanité en fut choquée,
ne laissa pas de redoubler
on estime pour cette belle
Personne. Leur entretien fut
suvent interrompu
3 parce
lU'on lafaisoit danser à toute
neure. La Belle s'en acquitoit
admirablement, & après avoir
dansé avec plusieurs
autres, elle prit le Cavalier
en luy disant qu'ellevouloi
le recompenser par là de
temps qu'il venoit de perdre
à luy conter des douceurs
Le Bal finit, & le Cavalie:
qui s'en retourna avec sor
Amy, luy demanda qui estoit
cette agreable Personne. 1;
apprit de luy qu'elle demeuroit
avec son Pere, qui l'avoit
promiseà un Marquis qu'elle
devoit époufer à son retour
d'un voyage où ses affaires
l'avoient appelle. Son Amy
luy dit encore ,que quoy
qu'elle eust mille belles quatez
,
quand elle seroit sans
aucun engagement, il ne luy
conseilleroit pas de s'y attacher
, parce que son Pere ne
luy permettent de recevoir
jeune visite
,
& que d'aileurselleestoit
d'une si grane
fierté
, que le Marquis
qu'elle pouvoit regarder déja
omme son Mary, tout plein
le merite qu'il estoit, n'aroit
encore pu obtenir d'elle
le luy faire avoüer qu'elle
estoit sensible à son amour.
routes ces difficultez furent
une amorce pour le Cavalier.
Il entreprit de les vaincre,
& ayant sceu que
belle Brune voyoit souvent
une Dame chez qui son Am
alloitquelquefois, il le pri
de luyen donner la connoit
sance. Il fut inctoduit che
cette Dame, & estant d'un
humeur tres-agreable & insi
nuante, il s'y rendit sifami
lier enfort peu de temps:
qu'il y pouvoit aller à tout
heure. Ainsi la Belle n'y venoit
jamais qu'il ne s'y trouvast.
Elle estoit fiere, il la
combattit par la fierté & en
se vantant avec enjouement
d'avoir un coeur aussi invincible
à
ible que le non, il luy fit
aistre l'envie de mettre sa
loire à l'assujettir. Ils se dientmille
chosesfines & spirituelles,
& commencerent à
aimer véritablement
3
lors
qu'ils croym oient estre toujours
libres, & ne faire que
hercher à triompher l'un de
autre. Le Marquis revint,
& ce fut alors que le Cavalier
tint asseuré de sa victoire.
vit la Belle dans un chagrin
qu'elle n'avoit point encore
ait paroistre ,& l'ayant pressée
de luy en dire lacause,
elle ne put se défendre deluy
avouer qu'elle sentoit plus d<
repugnance pour le mariagi
qu'elle n'avoit encore fait
C'estoit assezluy en dire pou
luy donner lieu de ne poin
douter de son bonheur. ElI,
voulue pourtant détourne
ce qu'il pouvoir croire 1
son avantage, en luy difan
qu'un peu de reflexionadoij
ciroit le dégoustque luy eau
foit un engagement qui de!
voitestre éternel. Cependanj
elle continua de se chagri -i ner. LeCavalier demeura dan]
sa premiere pensée, & pou
se mieuxasseurer de sesveri
tables seutimens
?
il gagna
une Demoiselle qui la [ervoir,
&apprit d'elle qu'il ne luy
déplaisoit pas. Aprés luy
avoir donné trois ou quatre
Lettres dont il ne put avoir
de rrééppoonnssee,, il mmeénnaaguceaa si bbiieeln'i
son esprit, qu'elle luy promit
de le faire entrer secretement
dans la chambre de sa Maiilreffe.
Elle prit son temps
pour cette entreveuë, & feignit
qu'elle s'exposoit pour
le servir au peril d'estre chasfée.
La Belle montra une fort
grande colere, gronda la Suivante,
querella leCavalier,
& enfin consentit à luy donner
une fort longue audience.
Il luy fit les plus tendres protestations
, & vaincuë par
tout ce qu'il luyditde passionné,
elle ne luy cacha
pas qu'elle auroit beaucoup
moins d'éloignement pour le
mariage
,
si c'estoit à luy
que son Pere l'eust promise.
Il se jetta à ses pieds, luy
jura un amour inviolable &
n'oublia rien de ce qui pouvoit
l'en persuader. Il la vit
encore trois, ou quatre fois
de la mesmesorte, & ils arj
resterent que tandis queelle
tâcheroit de gagner du temps,
il se serviroit de quelque Amy
pour dégoûter le Marquis
sur les froideurs qu'elle
luy faisoit paroistre. Le Marquis
à qui elles devenoient
insupportables, voulut découvrir
ce qui pouvoit les
causer, & comme un Amant
a les yeuxouverts sur tout, il s'apperceut que le Cavalier
voyoit sa Maistresse chez
la Dame qui s'estoit faite Amie
de l'un & de l'autre. Il
n'eut pas besoin d'en a pprendre
davantage pour demeurer
convaincu qu'on le trahissoit.
Il s'abandonna à route
la haine qu'un Rival peutini
spirer, & un jour sur les onza
heures du foir
,
lors qu'ilpass
soit seul dans la. ruë de si
Masttresse dans le dessein de
se retirer
,
il vie un homme
qquu'o'onnffaaiiscooit iteennttrreer rCchhesei
rast, ilestoit trop loin pou
en pouvoir distinguer le
traits. Sa jalousie luy peignis
ce que c'estoit
,
& il refolud
de ne point partir de là qu'il
n'eust vû la fin de cette a
vanture. Il demeura deu
heures caché, & l'on vin
remettre le Cavalier dans la

,
sans que la porte fist
aréique aucun bruit. Ilrecon-
~utson Rival, & [on, desespoir
ne luy laissant point garder
de mesures, il. courut à
uy l'épée à la main Le combatfut
rude, & ne finit que
par deux grandes blessures
:]ui_ laisserentleMarquis nâgeant
dans son fang. Il passa
du monde qui prit foin de
luy
y
tandis que le Cavalier se
retira. Il conta à son Amy
ce quivenoit de luy artiver
>
& cet Amy qui étoit
puissant & fort confideré
dans la Ville, Fancurat<
qu'il n'avoit rienà craindr
chez luy, pourveu qu'il K
tinst caché. Le Marquis don
les blessures se trouvoient
fort dangereuses, se condamna
lu y-mesme à mourir, &
pour épargner la gloire de sa
Maistresse, il cacha le sujet
de son combat.Ilexcusa
mesme le Cavalier autant
qu'illuy fut possible, en se
declarant l'aggresseur, sur
quelques paroles dont il s'estoit
chagriné mal à propos;
mais cela n'empefcha pas que
ses Parens ne fissent faire de
grandes informations, &]
qu'il n'y eust d'abord un
Decret contre celuy qui
l'avoir blessé. Chacun ressentircetincident
selon l'interestqu'il
y prenoit. La Belle
jugeantquele Cavalier feroit
obligé de quitter la Ville, ne
pouvoit se consoler d'avoir
engagé son coeur inutilement.
Son Pere qui perdoit
un Gendre dontl'alliance luy
eust fait honneur, entroit,
dans les sentimens de ceux
qui eussent voulu voir perir
le Cavalier,& le Cavalier
dont les obstacles redoubloient
la passion, demeura
plus resol u que jamais de
pouffer à bout sonentreprise.
Il écrivit à la Belle par la
voye de sa Suivante, & luy
donna de si fortes asseurances
d'une confiance éternelle,
qu'elle n'eut plus que ledéplaisir
de ne le point voir.
Si sa veuëluy devoitestreun
sujet de joye, elle n'en
fut,
pas longtemps privée. Corne
me il estoit auilihardy qu'amoureux,
ilmanda à la Suivante
qu'il se trouveroit au
rendez-vous ordinaire à une
certaine heure de la nuit, &
quoy que son Amy luy pull
[ire pour l'empescher desortir,
il voulut satisfaire son
imour. Il cft vray qu'il fc
~déguisa d'une maniere qu'il
eustesté malaisé de le reconnoistre.
Il prit l'habit d'un
Valet,alla sans perruque avec
les cheveux fort courts, &
~une largç emplastrequi
faisoit paroistre qu'il ?va?~oic
qu'unoeil. Dans cet équipage
parut charmant aux yeux
dela Belle, qui ne cherchoit
point d'autre bonheur que de
s'en voir fortement aimée.
Quelques jours après il se
servit du même déguisement
pour se procurer la mefml
joye, mais l'évenement n'er
fut pas heureux. A peine
estoit-il avec la Belle, que des
Dames qui arriverent lorsqu'elles
estoient le moins atj
renduës, les mirent tous deujj
dans un fort grand embarras,
Il fut obligé pour n'estre
point vû"dde ls'e cac1her prom-<
ptement derriere une
tapisserie
qui laissoit du vuide entre
la muraille. Comme la
Belle avoit de la voix, & qu
elle aimoit la Musique, ces
Dames la venoient prendre
pour la mener avec elles à u,
1
Concert qui se faisoit dans
le voisinage. Elle voulut
se défendre de cette partie
~r ce qu'ilestoit tard, &
que son Pere trouveroit
mauvais qu'elle sortist ;
nais les Dames entreprirent
l'avoir son consentement,
\c deux d'entre elles estant
~llées le trouver elles l'amenerent
dans la chambre de
laFille,à laquelleil ordonna
d'aller prendre le plasir qu'-
elles luyoffroient. Toutes les
aifons qu'elle apporta pour
se dispenser d'avoir cette
complaisance
3 ne luy servirent
de rien; elles l'enleverent
malgré elle, &tout ce qu'elle
put faireen les suivant, ce su
d'avertir sa Demoiselle pa
un coup d'oeil qu'elle luy tâis
foit le foin de faire sortir le
Cavalier. Malheureusement
son Pere ayant trouvé sur sa
table un livre novveaudont
il avoit entendu parler, il er
voulut lire quelque chose, &
pendant ce temps, un pet11
chien qui avoit'toûjours dormy
11
s'avisa d'aller derrierela
rapisserie, & sentant un homme
qui luy estoit inconnu, il
se mit à aboyer de toute sa
force, La peur saisit si fortla
suivante, qu'elle demeura
:CHnme. immobile. Le Perc
)rit la chandelle pour aller
roir à qui le chien en avoir,
& le Cavalier qui ne pouvoit
e tirer d'affaire qu'en fuyant,
ortit brusquemént. & gagna
a porte. Le Pere courut après
criant au voleur sur le degré.
Ses cris attirerent le Cocher,
te toutce qu'il yavoit deDoneftiques
quimirent la main
sur le Cavalier. L'éclat auroit
perdusaMaistresse, & il aima
nieux selaisser prendre sans
bruit
, que de se défendre
peut cftre inutilement.Il crut
qu'il en feroit quitte pour
estre traité comme un voleur;
& qu'après qu'on l'auroit
fouillé pourvoir s'il n'emportoitrien,
on se hafteroit de
le mettre dans la ruë ; mais
la chose tourna autrement
qu'il ne pensoit ; le méchant
habitqu'il avoit pris,
l'emplâtre dont il s'estoit déi
figurélevisage,& le lieuoù iillvveennooititdd''ecstltrreeddééccoouuvveerrtt,,
donnoient lieu de croire qu'il
s'estoit caché pour quelque
méchant dessein, & lorsqu'il
eut essuyéquantité d'injure
qu'il éeoutafort patiemment,
il vit arriver un Officier de
Justice que le Pere avoir
envoyé querir secretement.
Il fut mis entre ses mains, &
quoy qu'il puft faire pour
gagner cet Officier, il fallut
qu'il se laissast conduire en
prison. Jugez du desespoirde
la Belle, quand à son retour
elle appritcette avanture.
Le lendemain, elle en fit
donner avis à l'Amy du Cavalier
,
& il chercha aussitost
à remed cr à ce malheur,
mais estant accouru àlaprison,il trouvaque rout
avoir change de face. Le'Ca,
valier avoit esté reconnu
pour ce qu'il estoit, & on ne
le retenoit pas comme voleur,
mais comme ayant tué
le Marquis
,
qui estoit mort
le jour precedent. L'affaire
qui auparavant avoit esté en
termes d'accommodement
,
receur de grandes difficultez.
Les Parens du Mort se voyant
maistres de la personne du
Cavalier, insisterent à luy
faire fairesonProcès, & si
le credit de son Amyn'eust
apporté quelque obstacle à la
chaleur des poursuites,le Jugement
eust pu estr e prompt.
L'Amour de la Belle ne put
lemeurer plus long temps
secret. Le déguisementdu
Cavalier caché dans sa Cham-
Dre, & ce qui s'estoit passé
entreluy & le Marquis,en
estoient des preuves qu'on ne
pouvoit contester. Son Pere
uy fit de rudes reproches
,
&
la menaçade se joindre à ceux
qui pourfuivoient son Amant.
Ellesoustint ce revers
avec beaucoup de courage,
& n'ayant à se reprocher du
costé de sa conduite qu'un
peu trop de complaisance où

,
vray merite l'avoit enga-,
gee> elle resolut de faire voir
qu'elle estoit digne de l'attachement
du Cavalier. C'estoit
pour elle qu'il s'estoit mis
dans le malheureux estat où il
setrouvoit;elle crut qu'il yj
alloit de sa gloire de n'epargner
rien pour l'en retirer, &
elle en fit son unique soins
Aprés avoir bien examiné
quel en pouvoit estre le plus,
seur moyen ,
elle alla le voir
dans la prison, accompagnée
de la Demoiselle qui estoit
entrée dans le secret de leur
amour. Cette marque de tendresse
mit le Cavalier dans
une joye incroyable, mais il
en receut encoreune plus forte
, puis qu'elle voulut qu'il
prist les habits de sa Suivante
qui devoit tenir sa place tandis
qu'il fortiroit avec elle.
Sa taille estoitpropre à faire
reussir ce hardydessein. Il
é, déguisa, marcha derriere
elle avec des coëfes baissées
qui luy cachoientune partie
juvilap-C) &: trompa ainsiles
Guichetiers qui creurent que
c'estoient les mesmes Femmes
qu'ilsvenoientde voir entrer
Ils se sepaierent à deux rües
de là,avec de nouvelles pro:':
testations de s'aimer jusqu'au
tombeau, & la Belle quin'avoit
souhaité uniquement
que de mettre son Amanten
seureté
,
abandonna le reste
à la destinée. La colere de fo
Pere estant à craindre pour
elle aprés une affaire d'unsi
grand éclat, elle jugea à propos
de ne point rentrer chez
luy. Elle s'estoit asseuré umÀ
place dans un Convent, ,
estant allée s'y enfermer, elle
luy fit dire que leseul party
qu'elle avoit à prendre, estoit
d'y passer sa vie s'il ne vouDit
e , que leCavalier devinst
DIÎ Gendre. Cette declaraion
l'embarasse. Il aimoit sa
lle
3
& ne pouvoit se resoudre
à s'en separer. L'affaire
lu Cavalier fut accommolée.
Ses Parties le voyant
lors de prison,voulurent bien
écouter les propositions qui
eur furent faites. Le Marquis
avoit priéen mourant qu'on
:e£JàH: de le poursuivre,& son
Amy qui prenoit fortement
sesinterests, se servitsi bien
de son crédit
,
qu'il mit la
chose aux termes qu'il souhaïtoit.
si.toil que le CaValier
fut libre, il fies p^ei
au Pere de sa Maiftrefk1, ;uJ
ne voyant point d'autrd
moyen d'obliger sa Fille àIci
venir,consentit enfin àfonmai
riage. Il fut celebré avec un
égale (acisfachon des deux
Amans. Elle ne s'est poin
encore dementie , & il feroic
difficile de trouver une
union
plus parfaite.
Le Roy toujours vigilant;
pour ce qui regarde lebien
de ses Peuples, a fait publier
un Editpar lequel Sa Majessé
declare que les Ennemis de
l'Estas l'ayant engagée à prévenir
renir par une Guerre nece fairelesligues
& les projets
qu'ils forment depuis longemps,
Dieu avoit beny si
visiblement ses armes, qu'Elle
.voit lieu d'esperer qu'Elle
es forceroit encore une fois
consentir à la paix, mais
[u'une si juste entreprise ne
pouvant estre soutenuë sans
les dépenses extraordinaires,
& son intention estant d'emloyer
toutesfortes devoyes
our ménager ses Peuples,
sesme de souffrir plûtoïl
quelquediminution de (es
Revenus,que d'avoir recours
à des levées extraordinaires]
Elle avoir jugé à propos de
recevoir les Deniers qui luy
estoient volontairement of-'
ferts pour estre employe2
en constitution de rentes fui
la Ville de Paris. Dansce dessein,
Elle a ordonné qu'il fers
vendu & aliené la somme d<
cinq cens mille livresaâucl,,
& effctèlfs de rente ,
dont la
constitutionsserontfaites paj
lesPrevost des Marchands5
Echevins, à ceux de ses Su
jets qui les voudront acquej
rir, pour les avoir & prendn
sur tous les deniers prove;
nans de ses Droits d'Aides&
deGabelles

qu'Elle déclare
specialement par privilege
affectez
,
obligez & hypocequez
au payement & continuation
de ces rentes.Cet Edit
a estéenregistré au Parlement,
à la Chambre des Comptes,
& à la Cour des Aides, & il
y a un empressement extraordinaire
à porter ses deniers à
l'Hostel de Ville à causede
la seureté.
C'aesté dans la mesmeveuë
de veiller au bien de ses Su-"
jets, que Sa Majesté a fait un
Reglement du Z9. du mois
passé pour lever dans plusieurs
Provinces de son Royaume
des RegimensdeMilice d'Infanterie
, qui soient en estat
de marcher aux lieux où Elle
le jugera à propos pour la seureté
de ses Places, tant Frontieres
que Maritimes. Ce Reglement
porte que les Intendans
& Commissaires départis
pour cette levée, s'appliqueront
à regler les Paroisses qui
doivent fournir les Soldats
qui composeront les Regimens&
les Compagnies , en
sorte que si par l'estat qui
leur est adressé
,
le Roy ne
demande que six cens hommes
d'une Generalité, &
qu'elle foit composée de neuf
cens Villages, ils commenceront
à faire un estat de trois
cens Villages les plus foibles
de leur département,&qu'enfuite
ils feront des estats de
cinquante Villages chacun,
lesquels cinquante Villages
fourniront les hommes d'une
Compagnie, observant qu'ils
soient de proche en proche,
afin que lors qu'on voudra assembler
la Compagnie au
centre de ces Villages, les
Soldats,s'il est possible
, ne
soient point obligez de découcher,
outoutauplus qu'ils
ne découchent qu'une nuit
pour s'y rendre. Celuy que la
Paroisse voudra presenter
pour servir dans la Milice,
doit estre au moins âgé de
vingt ans, ou n'en pas avoir
plus de quarante. Il ne faut
point qu'il qoit marié, & on
luy doit fournir les habits, &
les armes necessaires desquelles
isse servira, en attendant
que Sa Majesté ait envoyé
des Mousquets pour estre distribuez
à chacun. Les Lieutenans
de ces Compagnies
feront choisis parmy la Noblesse
ou gens vivant noblement
, faifanc leur demeure
à portée des Villages qui doivent
fournir la Campagnie,
âgez au moins deving-deux
ans, & s'ilse peut, qui ayent
servy. Ceux qui ont eu em,
ploy dans les Troupes, ou
qui sont dans les Compagnies
de Gentils- hommes Cadets,
doivent estre préférez à
ceux qui n'ont point servy.
; A l'égard des Capitaines,
* Aides- Majors, Majors,Lieutenans
Colonels & Colonels,
l'intention de Sa Majesté est
qu'ilssoient choisis parmy
ceux qui ont servy ,soit dans
ses Troupes, soit dans les
Compagnies de sa Nlaifon.1
Voicy l'eltat des Milices que
l'on doit mettre sur pied.
Dans la Généralité de Paris,
il fera levé deux Regimens
de quinze Compagnies chacun,
chaque Compagnie de
cinquante hommes, les OHi.
ciersn oncomprisfaisant tant
en SergensqueSoldatsle
nombre de quinze cens
hommes. |
Dans celle deSoissons,un
Regiment de quinze Compagnies,
faisant sept cens
cinquante hommes.
Dans celle d'A miens
, un
Régiment d'un pareil nombre
de Compagnies; fcpt cens
cinquanie hommes.
Dans celle de Rouen, deux
Regimens de quinze Compagnies
chacun; quinze cens
hommes.
Dans celle de Caën,un
Regiment de dix-huit Compagnies;
neuf cens hommes.
Dans celle, d'Alençon,un
Regiment aussi de dix-huit
Compagnies; neuf cens
hommes.
,-
Dans celle de Chalons
deux Regimens de dix-hui
Compagnies chacun; dix
huit cens hommes.
Dans celle de Dijon, uri
Regiment devingt Comp
gnies ; mille hommes.
Dans celle d'Orléans, urij
Regiment de dix-huit Corn
pagnies; neuf cens hommes.
Dans cette de Moulins, ut»
Regiment de dix huitCompagnies
; neuf cens homnles:{
Dans celle de Tours , uns
Regiment de vingt Compagnies
; mille hommes.
Dans la Bretagne quatre
Regimens de vingt Compagnies
chacun; quatre mille
hommes.
Dans la Généralité de Poitiers,
un Regiment de quinze
Compagnies; fcpt cens cinquante
hommes.
Dans ce lle de Limoges), un
Regiment de quinze Compagnies
; sept cens cinquante
hommes.
Dans celle de Rion, un
Régiment de quinze Compagnies;
sept cens cinquante
hommes.
Dans celle de Lyon,un
Regiment de dix Compagnies,
mille hommes.
Dans celle de Grenoble,un
Regiment dedix-huit Corn
pagnies ; neuf cens hommes
-
Dans la Provence, un RcJ
giment de vingt Comp
gnies;mille hommes. j
Dans la Généralité de Mon
tauban troisRegimens d
quinze Compagnies chacun J
deux mille deux cens cinJ
quante hommes. 1
Dans celle de Bordea
ttois Regimens de quinze
Compagnies chacun; deux
mille deux cens cinquante
hommes.
Ce font trente Regimens,
aisantvingt cinq mille cinquante
hommes.
Il ya eu une nouvelle Oronnance
du IJ. de ce mois,
elle porte qu'ayant esté re-
)tcfenté au Roy, que dans
es Provinces & Generalitez
le son Royaume, où les lerées
de Milice doivent estre
aites, il y a des Paroisses exremement
forces,lesquelles
elon le Reglement donc vous
venez de lire l'Extrait, ne sont
obligées que de fournir chacune
un homme,quoy qu'il
soit juste qu'elles ayent plus
decharge que les Paroisses
qui font plus foibles,q doivent fournir chacune
homme;Sa Majestéa,ordoi
né, que nonobstant ce que
est porté par son Reglemen
du 2.9, Novembre, toute P
roisse des Generalitez où la lt
vée de Milice a esté ordon
néey qui fera cottifée pour fl
part de la taille à plusde qua
tre mille livres, fera obligé
de fournir deux
hommesde
milice; celle qui en poster
sixmille, en fournira trois
6c ainsi toûjours en augmentant
les hommes de deux
mille
livres en deux mille livres,
en force qu'une Paroisse qui
portera vingt mille livres de
Taille, seratenue de fournir
dix hommes. Cela produira
uneaugmentation fortconsiderableD.
J
Mr de Francine., Seigneur
de Grand-Maison, est mort
depuis peu de jours. Il estoit
Prevost General de riHe de
France, Intendant general des
Eaux de Sa Majesté
,
Maréchal
de Bataille de la Milice
de Paris, & Major de la mesme
Ville. Son corps a esté
porté àS.Eustache, où il est
demeuré en depost jusqu'à ce
qu'on le transporte à une Terre.
Toute la Compagnie suivit
le Convoy les armes traifnantes,
&les Officiersayant
leurs bastons couverts de
crespe. Son casque & les autres
ornemens de ses Charges
furent portez, couvertsaussi
de crespe) & posez sur son
cercueil.
Il n'y a plus de Surintendant
de la Musique du nom
de Lully. Le Fils qui estoit
revestu de cette Charge par
la mort du fameux M de
Lully,adéja suivy son Pere
quoy qu'il fust encore tout
Jeune.
Depuis les trois Volumes
que je vousay envoyez touchant
les Affaires du temps ,
on peut dire que celles d'Angleterre
ont changé de face,
puis que le Party du Prince
d'Orange s'est declaré en abandonnanr
le Roy ; que
quelques uns de ceParty ont
pousse leur lebellion juiqu'à
vouloir livrer ce Monarque
à[on Ennemy, & que toute
l'Angleterre a paru tout à
cou pen armes, les uns pour
le Princed'Orange, & les au
tres en demandant un Parlement
libre, sans avoir d'intelli
genceavec ce Prince. Je
croy quevous attendez que
je vous parle plus au long de
ces Nouvelles,& que je vous
entretienne mesme sur ces
grands évenemens. C'est ce
que ]e vais faire, & le détail
s'entrouvera avec ce que j'ay
à vous en dire.
Je vous ay fait voir dans
la réponse que j'ay faite au
Manifeste duPrince d'Orangdoeu,
teqru'on ne devoit point
qu'il n'eust un puissant
Party en Angleterre,mais
I
la difference est granded'y
avoir esté appellé, comme il
le pretend, ou d'avoir brigué
pour y estre appelle
) comme
il a fait. Son ambition connuë
par toutes ses démarches
presque dés le berceau, afin
de pouvoir commander avec
une autorité absoluë, empesche
que cette vérité ne soit
mise en doute. Ce Prince
a près avoir examiné pendant
plusieurs années,quel pays
pourroit servir de theatre a
ion ambition & quel prétexte
il pourroit avoir pour la
couvrir
, trouva que l'Angleterre
luy fournissoit ck
seurs moyens pour parvenir à
son butparce qu'il n'y a rien
que l'on ne puisse tenter lors
que laReligion sert de prétexte,
& d'ailleurs le Peuple
vAngeloisaaimue tfoért l.a;no. A l'égard des Grands on
ne peut dire que la Religion
les sa(le véritablement agir.
Il y en a peu qui en soient.
assez sincerement penetrez,'
pour risquer leur vie & leurs
biens, afin demaintenir celle 1
qu'ils professent & il nefaut
que voir la manière dont ils
-
s'acquittent des devoirs qu'-
elle leur prescrit, pour découvrirce
qu'ils croyent. La
Keligion ayant servi de pre-
:exte au Prince d'Orange,
pour seduire les Grands
d' Angleterre, ils ont esté
bien-aisesqu'on ait cru que
c'est à ces raisons qu'ils se
ont rendusi mais ils en aoient
une autre que je vais
xpliquer. Ceux qui favorient
l'invasion d'un Usurpaateur,
se persuadent non
eulement que leur fortune
agnmentera , mais qu'ils reneront
sousluy, & ne luy
laisseront qu'une puissance
apparente, parce que l'Usurpateur
leur ayant obligation,
& leur devant tout, il ne fera
pas en droit de leur refuser
aucune chose. Ils pensent
d'ailleurs que l'apprehension
continuelle qu'il doit avoir
qu'on ne le traite comme il
a traité ceux dont il a usurpê
l'autorité, luy fera accorder
les choses qu'il ne feroit P4
pour eux, s'il osoit en croir
son peu de reconnoissance
Cela arrive ordinairemer
lors qu'un Usurpateur man
que de force & de sermet
mais on voit peu de ces
grands coupables, & de ces
Heros du crime démentir leur
caractere
,
& marquer de la
foiblesse, quand ils ont pu
faire couronner leurs injustices.
Ils en sçavent plus que
ceux qui leur ont aidé à s' élever.
Comme onnaimepoint
àvoir les personnes à qui l'on
doittout, ils sçavent les éloigner
ou s'end'éfaire,& n'ignorent
pas que la politique veut
qu'on les sacrifie; estant vray-
[emblable que des traistres
ne fcront passcrupule d'abandonner
un Usurpateur après
qu'ils ont trahy lâchement
leur Souverain. C'est pour
cela que dés qu'un Usurpateur
est parvenu au rangqui luy a
couté des crimes, il commence
son regne par l'exilou
par l'effusion dusangdeceux
qui ont contribué davantage
à sonélevation. Un homme
de ce caractere qui a la force
en main, qui doitcraindre
pour sa vie?&quin'aaucuns
égards, ne manque jamais de:
pretextes,& croit mesme faire
unaccè dejustice, qui luy attire
des loüanges, lors qu'il sacrifieles
traîtres. Il se défait
aufll
aussi de tous ceux dont il croit
avoir lieu dese défier; il suppose
des crimes, & des confpirarionscomme
faisoit
Cromvel, & quand on pense
gouster le calme qu'on voit
qui commence à s'établir
après latempeste,le sangcoulede
toutes parrs, &rufur-,
pateur ne cherche qu'à détruire
les membres d'un Estat
qui sont en pouvoir de nuire
au chef. Il soupçonne tous les
honnestes gens d'avoir intelligence
avec leur veritable
Souverainy & de le vouloir
[crvir) &'iLlrcef'li-,nlile foupçon
il les croit dignes de
mort. Voilà ce qui arrive dans
tous les Etats, où il y a des
Usurpateurs. Voilà ce qu'on aj
déja vûarriver en Angleterre,&
voilà le fort qui luy eftl
encore preparé.Elle doitmek
me attendrequelque chose
de pireà cause de ses dif-«
ferentes Religions. Onmé-
D g nage à present ceux de la Religion
Anglicane afin qu'ils
aident à destruire la Religion
Catholique,mais il est à croire
que les Protestans qui ne sçauroient
souffrir d'Evesques, ne
manquerontpas d'attaquer uoj
our la Religion Anglica-ne.
On n'en peut douter puisque
ion seulement ils font les
DIUS forts dés aujourd'huy,
mais encore parce que la
Religion Protestante doit
establir son empire en Angleterre
, que le Prince d'Orange
qui s'en dit le Chef y
doit demeurer comme Protecteur
de cette Religion, -&
que les Protestans qui font
dispersez en divers endroits
de l'Europe, font estat de s'y
venir establir dés que l'autorité
du Prince d'Orange y paroistra
affermie. Ainsi leur
nombre doit estre dix fois
aussi grand que celuy du parti
de ceux qui font de la Relii
gion Anglicane, & commel
enmatiere deReligion oneft|
trop obstiné pour ceder aus
nombre, voilà un second fuJ
jet d'un carnage perpetuel en'
Angleterre. La Religion fera
répandre du fang pour ses'
interests,& le Prince d'Orange
pour le sien
,
& les Etrangers
y feront en plusgrand
nombre que les Anglois na-jj
turels. Il s'y mesleraaussi un
jour un parti pour le Roy
d'Angleterre qui seraceluy
del
aJustice,desorte que l'on peut
juger dés à present, que pour
peu que le Prince d'Orange
s'establisse en Angleterre, on
verra coulerle fang de ce peuple
pendant plusieursannées,
& regner la discordeavec la
confusion, ce qui fera cause
lu3on ne sçaura comment y
servirDieu, ny quel Souverain
y reconnoistre. Je ne parle
point icy par un esprit prophetique
ny pour avoir lieu
le faire un raisonnement sur
es nouvelles courantes, Qu-
)n life toutes les Histoires qui
parlent des revolutions, arrivées
dansles plus grands Empires,
ainsi que chez les Souverains
quine font pas du premierordre,
& l'onverra que
de tels évenemens ont toûjoursesté
suivis de malheurs
semblablesà ceux dont l'Anterre
paroistmenacée.
Il n'y a personne qui ne de
-,
meure d'accord que le motif
de la Religion ne fert que de
pretexte à l'ambition du
Prince d'Orange. Tout homme
qui agit veritablement
parce seul princi pe, a d'autres
manieres, & ses actions ne
démententpoint ses paroles
Enfin quand on entreprend
de soustenir la cause de Dieu,
on n'a que Dieu seul devant
les yeux, & on ne fait rien de
ce qu'il défend. Les Personnes
des Rois sont sacrées, &
on les doit honorer de quelque
Religion qu'ils soient,
suivant ce que Dieu a dit,
qu'iljkut rendre à Cesar ce qui
appartient à Cesar. Pour estre
duneReligion contraire,
on ne doit point attenterà la
vie des Souverains? & il n'y
a aucune Religion qui le permette.
Cependant le Prince
d'Orange protege deux Scelerats
qui ont attenté à la vie
de deux Rois,ausquels il elt
uny par le fang & par une.
alliance presque aussi forte.
Il devoit les faire punir, &
s'employ er luymesme pour
leur supplices,sî les Bourreaux
luy eussent manquer quand
mesmeil auroiteu guerre avec-,
la GrandeBretagne.Ce (pncj
neanmoins les Conseillers,
ses Ministres, ceux qui composent
ses Manifestes, & les
Apostres dont il sesert pour
prescher des Peu ples qui les
auroientvûsau gibet, si leur
fuite ne les eustpasdérobez
à cette honte. On ne peut
douter de la vehemence de
ces Orateurs, à parler & à
écrire contre le Roy d'Angleterre,
puis qu'ils ne pouj.
voient revoir leur Pays qu'en
lecalomniant & en travaillantà
sa perte. Ils y vont
triompher, & pour leur propre
interest tâcher d'exciter
delahaine dans les coeurs des
peuples contre leur legitime
Souverain. Si le seul desir de
regner ne faisoit pas agir le
Prince d'Orange, il ne seroit
jamais party de Hollande,
puis qu'avant son départ Sa
Majesté Britannique avoirremis
au mesme estat toutes les1
chosespour lerétablissement
desquelles il publie qu'il a
armé. Ce qu'il y a de surprenant)
c'est qu'il se soit trouvé
quelqu'un qui ait cru que la
Religion le faisoit agir. On
n'avoit pointveujusque-là
que laReligion l'eustempêché
de faire tour cequi le
pouvoir élever,&il a toujours
passé sur tous les scrupules
qu'elle peut jetter dans une
ame, d'une maniere à faire
voir clairement qu'elle n'a
aucune part dans ses entreprises.
On peut assurer aussi
qu'il n'employe ce grandnom
de Religion que pour le faire
fcrvir à sa politique, & l'on
n'en doutera pas quand on
examinera son procedé. Vous
sçavez qu'il avoit pratiquédes
gens. qui devoient luy livrer
le Roy d'Angleterre,& qui
avoient concerté de s'en saisir
pendantquece Roy visiteroit
un des quartiers de son armée,
& qu'un saignement de
nez qui luy dura quelques
jours ayant empêché qu'il ne
fistcette visite,celuy qu'il y
envoya découvrit latrahison.
On peut voir si cela s'accorde
avec les protestations que le 1
Pri nce d'Orarge avoit faites 1I
I > 1 N qu'iln'envouloit poinr à ce
Monarque. Dans les plus
cruelles guerres & entre des
ennemis
)
qui se sont donné
< l'unàl'autre de justessujets de
se haïr, on en use plus genereusement.
Chacun souhaite
de voir son ennemy l'épée à
la main&de le vaincre, mais
onnevoudroit pas employer
la trahison pour en triompher,
Se l'on ne faitenlever
que des scelerats & des criminels.
Cen'estpas qu'il n'arrive
,
quelquefois qu'on enleve des
-.
quartiers entiers d'une armée,
avec le Commandant
>
& le
Prince mesme quand il s'y
trouve, mais on doit alors regardercela
comme une action
de guerre,&quand le Prince
cft:prisâtPeUpar ses ennemis,
& non par des Sujets corrompus
pour le livrer. Si
ceux du Roy d'Angleterre
s'estoient révoltez contre
luy
,
à qui ce Monarque auroit-
il deu demander du secours
qu'au Prince d Orange?
&: qui auroitdeuluy en donner
plûtost qu'un Prince de
son sangqui enmesme temps
se trouve son Gendre? Touri
ce qu'auroit pû faire le Prince
d'Orange,auroitestéde tâJ,
cher d'obtenir beaucoup de
choses en faveur de sa Religion,
& de satisfaireainsi son
honneurson devoir
,
son
Beau-pere
,
sa Religion &
mesme les Peuples, contre
lesquels il auroitesté appellé.
Voilà ce qui luy auroit fait
meriter l'estime de toute la
terre, au lieu qu'il ne peut
estre regardé que comme
un Usurpateur par ceux mesiiies
de son party, l'action
qu'il vient de faire n'estant
autre chose dans le fond,
quelques noms dont on la
puisse appeller
)
& quelques
couleurs qu'elle puisse recevoir.
Il n'y a que détours,
surprises,mauvaise foy, union
de Scelerats, suppositions.
On viole les loix du sang,
& celles de l'honneur & de
l'alliance; on laisse contre
toute forte d'usage, des Ambassadeurs
à la Cour duRoy
d'Angleterrepour le mieux
tromper, & pour luy dire
que l'on ne veut point de
guerre;on entre ensuite chez
luy pour la luy déclarer; on
boit aussi-tostà sa santé
,
cnl
disant qu'on n'a aucun dcileint
de luy nuire,& dans le même
temps on veut se faire rendre
par les Magistrats les mesmes
honneurs que l'on rend
au Roy ; on se saisit des deniers
Royaux, on commande
, on agit en Souverain,
on cherche le Monarque
qu'on seignoit de ne vouloir
pointattaquer,on seduitses
propres Gardes & ses Favoris
pour les engager à le livrer;
on demande un Parlement
l'épée à la main, pour luy
aire faire tout ce qu'on
voudra, & tout ce qu'un amas
le Traistres ont concerté) &
comme il faut ébloüir les
Peuples par quelque chose
lui les flatte
, on ajoûte le
mot de libre à ce Parlement,
dans le mesme temps qu'on :(t~z aveuglé pour faire
connoistre, qu'on a pris des
mesures, pour le forcer à ne
faire que ce qui a esté concerté
dans le temps qu'on a
resolu l'armement, &arresté
la perte du Roy.
Cependant à bien examiner
toute la conduite du
Roy
,
&z tout ce qui s'est passé
depuis le commencement de
son Regne
, on trouvera que
les Anglois n'ont point de
sujet de s'en plaindre. Si-tost
que le Roy CharlesII.son
Frere fut mort ,
il déclara
qu'il estoit Catholique
, &
mesme avant que le Parlement
fust assemblé. Ainsi le
Parlement a non seulement
confenty qu'il professast cette
Religion; mais mesme il l'a
couronné comme Catholique
, & toute la Noblesse du
Royaume a assisté à cette ce-
- remonie. Les Protestans qui
il
ont les seuls qui ont comnencé
à travailler secretenent
à sa perte, luyestoient
edevables de ce qu'ils ptoessoient
leur Religion si parsiblement
,
& par la liberté
de conscience qu'il avoir
donnée
)
il avoit tellement
étably la tranquillité parmy
les Peuples, qu'il recevoir
tous les jours des Adressesqui
luy marquoient leur reconnoissance.
Ces Adresses font
signées d'un si grand nombre
de gens, qu'il est impossible
que le Parlement foit compof.
é. d'autres personnes que de
ceux par qui elles ont estél
signées
,
de forte qu'ils ne se
pourront plaindre du Roy
sans se condamner eux-mesmes.
Sicelaarrive,on
verra
par làque ce Parlement ne l,
fera pas libre. Ceux qui se
plaignentde ce Monarque
disent qu'il a donné diverses
Charges aux Catholiques;
mais si l'onexamine leurs
plaintes,on trouvera qu'il
leur en pouvoit donner comme
aux autres, puis que la
liberté de conscience estoit
permise; mais que cependant
il n'avoit égatd
-
qu'au seul
mérite & à ceux qui servoient
bien l'Etat; qu'il donnoitindifferemment
les Charges à
des personnes de Religion
différente
,
& qu'il y avoit
beaucoup moins de Catholiques
que d'autres qui en fussent
pourveus. Ilest vray qu'il
ya des gens si déraisonnables
qu'ilssouhaitoientque les Catholiques
n'en eussent poinr,
ce qui ne se pouvoit accorder
avec la liberté deconscience.
Le Parlement, en couronnant
le Roy comme Catholique,
pouvoit bien croire qu'il ne
les maltraiteroit pas plus que
les autres. On ne peut fer accu ce Prince d'avoir rien fai
contre les autres Religions
&les Protestans s'en doivent
loüer. Lors qu'il en est venu
en Angleterre des Pays Etrangers,
illeur l'argent a donné de de sa bource
, &a souvent ordonné des Collec- tes.Enfinl'Angleterre joüis- soit d'un calme dont elle
estoit bien éloignée, du
temps que l'on poursuivoit
les Nonconformistes. C'est
une chose qui ne peut eflre
miseen doute;aussi les Peu- plesn'ont-ilseu aucune part
à ce qui vient d'estre fait >ôc
n'estoient point du complot.
Le Prince d'Orange l'a tramé
avec lesGrandsseuls,il a sceu
les fed uire pour les faire servir
à son élévation , contre
toutes fortes de droits. Il
n'avait pas d'abord besoin
des Peuples, illuy suffisoit
d'avoir une Armée, & les
Grands pour luy.
Quand on a commencé une
entreprifeavec de pareillesforces,
les peuples effrayez cedent
au torrent, moitié par crainte,
& parce qu'ils s'y voyent
contraints, moitiéparce qu'on
leur persuade que c'estpour
leur avantage, & letoutensemble,
parce quene pouvant
resister à leurs Gouverneurs,
& aux Seigneurs dont ilsdépendent
,
ils veulent éviter !
leur mine.Cela s'estvû dans ]
l'arrivée du Prince d'Orange ]
en Angleterie; les Peuplesj
quin'estoient point d'inrelligence,
& qui estoient contens
de leur Souverain., ont
d'abord tenu ferme, mais
quand ilsontvû que tous les
Grands gressissoient le Party
de ce Prince, & qu'ilsestoient
trahis,ils ontcedé àla force,
parce
parce qu'ils n'ont pû faire
autrement ; mais ils feront un
jour au desespoir lors qu'ils
verront qu'on lesvoudra forcer
tous d'embrasser la Religion
Protestante. Le Prince
d'Orange qui ne pretend pas
eulement estre Souverain
d'Angleterre, mais qui comme
Chef de la Religion Proestante
, veut estre Souveain
de tous les Souverains qui
a professent,ne pourroitmeiter
ce titre avec justice, s'il
ouffroit d'autres Religions
lans les Etats où il veut remer
comme Chef des Proteflans.
Ainsi quoy que ce
Prince soit né sujet & dépendant
d'un petit nombre de
Provinces révoltées contre
leur Roy legitime
,
& habitées
par des Marchands, son
ambition fait qu'il se regarde
déja comme Souverain de
tous les Princes Prote stans,
non seulement en qualité de
Roy d' Angleterre, mais en",
core en qualité de Chef&de
Protecteur de tout ce qu'il y
a deProtestans. Ceux de fou
Party publient déja que lors
que tous les Souverains qui
professent cetteReligion, u,.
niftam: leursforces sous ce
Chef, auront executé leurs
desseins dans un Royaume
3u on ne les craint1 Feront1 restituerlesTemples
aux Protestans de Hongrie,
Sc rendront l'Empire alter natif,
entre les Catholiques&
es Preteftans.nJdfçajrbieri
quelePrince d'Orange n'est
)as. enétatdefaireconnoistre
ju'il ait ces peftfées, mais ij
3r6fLfme tfflez-dô iuy<rriefmd
pourlesavoir,&on nes'y
doit non plus fier qu'aux
Etats, puis. qu'onles doit
regarder que comme-le Corps
& le Chef.
-
Ilsfont dire dans
toutes les Cours par leurs
Ambassadeurs, que l'affaired'Angleterre
n'est qu'une affaire
de Religion qui ne regarde
point les PrincesCatholiques.
Ils disoientla même
chose auRoyd'Angleterre,
pour le tromper& pour
endormirsavigilance.Ils
vouloientluy persuader que:
leur armement ne le regard
doit pas ;
Usl'anuroient:qu'ita
vouloient vivre en bonne In-:j
telligence avec luy
,
& neretiroient
point leur Ambassadeur
afin de le mieux surprendre.
Ceux que les Etats
veulent abuser aujourd'huy
n'ont qu'à donner dans les
mesmespieges, & à laisser
fortifier la puissance duPrince
d'Qraree>&ils aurontun jour o tout sujet de se repentir
de leur credulité, ce Prince
l'ayant pris à l'égard de la Religion
sur un pied a croire
pouvoir un jour attaquer avec
justice tout ce qui ne sera pas
.de la Protestante. Cependant
il n'y apoint d'honnestes
gens de quelque Religion
qu'ils soient, qui ne doivent
avoüer; que l'entreprise du
Prince. d'Orange estant un
attentaitqui ne peur estre
justifié
,
la Relitg)ion Procc.
stante se trouvera dans tous
les Siecles noircie du crinldj
qu'ilvient de ccmir.ettre.il-fia
regarde déjaluy mefinecomqmuelLtcoodubp'iaibttlreeppuanri,&
lacçcerrafionitiei
ne ,iDaiailifbi;rtéde luy parler
qu'il n'y ait quatre Gardes.enrrc
luy &celuy qui luy parle.
jOecte cjalfrtje, dont lesc.tirans
ont toûjoursesté agitez, &n
qui les a empeschez de joüin
tranquillement du fruit des
leurs crimes, marque -gu,,ilfIx
croit luymesme crimiiiel,
qu'il a merité ce qu'il craint;
mais comme son ambition
demesuréeestce qui l'a fait agir,
il acommencéàle faire paroître
en faisant attendre pendant
cinq quart-d'heures 1z
Prince de Danemark dansson
antichambre,lors que ce Prince
abandonna le Roy pour le
venir trouver. Les Grands
d'Angleterre doivent juger
par là de quelle maniere ils
seront traitez, quand son autorité
fera affermie
, & s'il ne
les épargne pas, les Peuples
doivent s'attendre à vivre
dans l'esclavage,& à pis enb
core s'ilsn'ont une aveugle
obeïssance
, car le caractere
dece Prince elt de vouloir
estre ainsi obey
,
& qui n'eit
pas entierement soumis à les
ojdro court les nisques que
chacun sçait, & que n'ont pu
éviter. de grands hommes
d'une sagesse, & d'une probité
reconnue. Jijjiluo^ »iodp/r Ilfautavouer que ceux qui
veulent justisier un méchant
party s'aveuglent souvent &
1 1 découvrent leurs méchantes
intentions , par les choses
xneCmes qu'ils croyent devoir
servir à les cacher. De
la maniere que le Prince
d'Orange a publié qu'il estoit
appelle en Angleterre) il n'y
a personne quin'eust dû croire
que tous les peuples (çavoient
sa venue, & qu'ils
l'avoient appelle. Cependant
tout le contraire a paru par
les libelles qu'il a fait semer
d'abord pour les seduire
3
&
par le peu de disposition qu'il
atrouvé parmy eux à le savoriser
aprés sa descente jusqu'à
ce qu'ils se soient vûs
trahis par les Grands. Le Prince
d'Orange en faisant ainsi
répandre des écrits sedicieux,
les gens de bon sens pouvoient
aisément connoistre
par là quesesdémarches estoient
contraires à ce qu'il
avoir dit, & qu'en s'aveuglant
luy-mesme il vouloit
apprendre aux Peuples ce
qu'ils n'auraientpas dû ignorer
j s'il eust esté vray qu'il.
eustesté d'intelligence avec
des Grands pour le faire venir
en Angleterre, 4
Ce qui fait encore voir que
le Princed'Orange n'avoic
point d'autre dessein que
d'envahir l'Angleterre fous
pretexte de Religion,c'est
que n'estant venu ,disoit-il,
pqaurleepmoeunrtlfiabirree,ciolnvoquer un devoitêtre
contentaptes la convocation
que le Royen a faite. Il avoit
obtenu par là plus qu'il n'avoitdemandé.
CeParlement
devoit estrelibre à l'égard
du Roy, que presque tous les
Grandsavorerrt quitté, &il
ne devoit point croire que
ceMonarque sans puiilance
eust pu em'pe[ch.:'r la liberté
des suffrages. Il devoit mefine
estre composé de tous ceux
qui avoient quitté son party,
la Proclamation de ce Parlement
renfermant une Amnistie
pour eux, de forte qu'il
auroit estéremply de personnes
qui auroient esté affidées
au Prince d'Orange, & foutenu
parsonArmée;cependant
tout cela ne luy suffisoit
pas, &commeilavoitresolu
de perdre le Roy, ou de luy
faire abandonner l'Angleter-
TC; il apprehendoit que la fermeté
de ce Monarque, & la
justice de ses raisons, ne le
justifiassent dans le Parlement,
c'estpourquoy àmesure
qu'il àobtenu cequil a souhaité,
il a voulu davantage.
Je finis par la fuite de la
Reyne d'Angleterre, &son
arrivéeenFrance aveclo
Prince de Galles, & par l'infortune
du Roy dont le malheur
fait triompher ses Ennemis.
Je n'entre pointicy
dans le détail de cette suite,
&ne dis rien' de la maniere
dont on prétend que le Roy
a esté arrcHc. La Reyne &
le Prince de Galles sonten
France ;le Roy n'a pu y paner,
cela suffit pour l'Histoire. La
maniéré dont les choses se
sont pass'éçs^,peu^erp<>avoii;
les cceurs? & jdfk laisse pour
servir de matiere aux conversations.
J'auray assez à faire à
parler desfaits principaux
& àdemcflprlesjmifteres de
•la Politique. Je fuivray le
mois prochaince que je vous
enay donne dans lestrois
Volumes : desAffaires du
Temps, & vous en entretiendray
dansma Lettre ordinaire
comme j'ay fait danscellecy.
Je remets l'article des Enigmes
jusqu'au temps où j'auray
moins à vous dire touchant


L Guerre. Je vous ay déjàenoyé
une Chanson sur les
Consquestes de Monseigneur
: Dauphin dans la Relation
le sa premiere Campagne.
En voicy une seconde d'un
abileMaistre.
AIR NOUVEAU.
HBlas ! que cesjoursefloient
beaux
£)uejepajfois seul avec elle!
Mes yeux charmez, en la voyant sibelle
Trcmettoient à mon coeurmilleplaisirs
nouveaux, 1
Etje nefongeois pas qu'une abjènce
cruelle
Me confernjoit un jour une aoulctn
mortelle.
Helas ! que ces jours ejloieni
beaux
- J^uejepajfiis seul avec elle.
armes de Louis le Grand. 9
^hilisbourgprisparMonseigneur le
Dauphin en 20. jours de tranchées
ouvertes. 20
Eloge du Roy prononcé à Aras. 36
RéjouiJ/ances faites 4 Grenoblepour
laprise de Philisbourg. 31
Autresfaites a Avignon. 45
Extrait de Sermon. 52
Ci qui sejl pajjé à l'Academie de
Ville-franche à la Reception de
M. Chajiebras de Cramaillts. ff
Autres Réjmijfances faites en diverses
Villes du Royaume sur l&
prijc de Philisbourg. 7n
Odesurlemeifnesujet.ysi
Mariage de Mademoiselle de VilLeroy..
io<T
Canal pour la communication da,,
Languedoc avec le RoufflUon. io8\
Voyage de Hollande en Vers. 1261
Sonnet. 1291
Histoireallegorique de la Guerre di,.
Dauphin & del'Aigle. 133 <
Troisiéme Article des Réjouissances•
faites pourlaprife de philisbourg.
2J2
Agrément de la charge etAvocat
Generalau Parlement de Guienne,
donnée à M. Dalon,Fils du premier
prejident du Parlement de
Navarre, 23S
Le Medecin pour les Maladies du
temps. Dialogue. 219
:¡ijloire. zs&
îdit du Roy four la Création de cinq
cens mille livres de rente. 231
Reglemeut pour la levée des Milices.
291
Morts 393
Suite desAffaires du Temps. 305
Fin de la Table.
Avispourplacerles FigurfJ. LA Planche doit regarder la
page 229.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le