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1688, 11 (partie 1, complétée par les Affaires du temps)
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Uu


1i-,, JJ
</ '.,
j
M£RCURh
Divisé en deux Parties.
APARIS AV PALAIS.
ON donnera toûjoursun Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
1,
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais,dans
Salle des Merciers, à la juttiçe.
T. GIRARD,auPalais, dans la Grande
Salle, à l'Envie.
.ZtIVIICHEL GUERROUT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXVIII.
'ArEc PRIVILEGE DU ROr.
AVIS. QVelquesprieres qu'on aitfaites
jusqu'àpresent de bien
écrire les noms de Familleemployez,
dans les Mémoires qu'on envoye pour
le Mercure, on ne laisse pas d'y manquertoûjours.
Cela estcause qu'ily a
de temps en temps quelques-uns de
ces Memoires dont on nese peutservir.
On reïtere la mesme priere de
bien écrire ces noms, en sorte qu'on
ne s'y puisse tromper. On ne prend
aucun argent pour les Mémoires
,
&
l'on employera tous les bons Ouvrages
à leur tour,pourvue qu'ilsne
desobligent personne,& qu'il n'y
ait rien de licentieux. On prieseulement
ceux qui les envoyént,~sur
tout ceux qui n'écrivent que pour
faire employer leurs noms dans l'article
des Enigmes,d'affranchir leurs
Lettresdeport, s'ils veulent qu'on
fiJ/è ce qu'ils demandent.C'estfort
peu de chose pour chaqueparticulier,
~& le tout ensemble est beaucouppour
un Libraire.
Lesieur Guerout qui debite presentement
le Mercure, a, rétably les
choses de maniere qu'il est toujours
impriméau commencementde chaque
mois. Il avertit qu'à l'égard des
Envois qui se font à sa Campagne,
il fera partir les paquets de ceux
qui le chargerontde les envoyeravant
que l'O't commence à vendre icy le
Mercure. Comme ces paquetsseront
plusieursjours en chemin, Paris ne
laisserapasd'avoir le Mercurelongtemps
avant qu'ilsoit arrivé dans
les Villes éloignées, mais aussi les
Villes ne le recevront passitard
quelles faisoient auparavant.Ceux
quiselesontenvoyerparleurs Amis
sans en charger ledit, GtitrOtlt, s'exposentà
le recevoirtoujoursforttard
par deux raisins. La premiere,parce
que ces Amis n'ont pas soinde le
venirprendresi-tost qu'il est imprimé,
outre qu'il le sera toujours quelques
jours avant qu'on en fasse le
debit ;~&l'autre, que nel'envoyant
qu'aprèsqu'ils l'ont leu, eux &
quelques autres à qui'ils leprestent,
ils rejettent la faute du retardement
sur le Libraire en disant que la,
vente n'en a commencéquefort
avant dans le mois: On évitera.ce
retardementpar la voyeduditflCNY
Cuerout,puis qu'ilse charge defaire
les paquets IUJ-mifmt,& de lesfaire
porter à la poste ou aux Messagers
sans nltl interest, tantpourles Particuliers
que pour les Libraires de
Province, qui luy auront donné leur
adresse.Ilferala mesmechose généralementde
tous lesLivres nouveaux
qu'enluydemandera ,soit qu'il les
debite
, ou qu'ilsappartiennent à
d'autres Libraires,sans en prendre
pour celadavantage que leprixfixé
ptr les Libraires qui Lesvendront
Quandilse rencontrera qu'on demandera
ces Livres à lafin du mois,
il les joindra au Mercure, afin de
t'en fairequ'un mesmepaquet. Tout
cela sera executé avec une exactitude
dont on aura tout lieu d'estre
content.
M-uER-C,RE,-
CALPMI~-,
NOVEMBRE 1688.
E S conquestes que
la France a faites de.
puis deux mois, ne
doivent pas moins faire ad,
mirer le Roy,que tout ce que
ce Monarque a faitde grand
pendant, une longue fuite
deVictoires.Touteson application
n'alloit qu'à main
tenirl'union parmy les Princes
Chrestiens,&àtravailler
à l'affermissement de la veritable
Religion dans son
Royaume, lors qu'il s'est
vu tout à coup traversé par
des Puissances quine doivent
point avoir d'autre chose à
faire sur la terre, que de
s'employer à l'entretenir. Les
ligues de ceux qui professent
une Religion contraire
, ont aussi contribué à le
tirer de l'estat tranquille où
il vouloit demeurer. On a
attaquéses Amis&sesAlliez;
on l'amenacé; on a fait publiquement
le dénombrement
des Troupes prestes à
marcher contre luy; on l'a
enfinforcé à prendre les armes.
On avoit cru le surprendre,
mais fcs affaires étant
toujours en bon ordre,
il a prévenu ceux qui s'estoient
flatez de l'accabler,
& il l'afait au grand étonnement
de toute l'Europe, &
des jaloux de sa gloire. Ainsi
on en a rechaussé l'éclat quand
on a voul u le diminuer, &
les entreprises que l'on formoit
en secret contre ce
Prince, ont elle cause des
nouveaux triomphes qui l'élevent
davantage. Vousverrez
tous ces mouvemens décrits
en corps historique dans
les deux volumes des Affaires
du Temps : cependant
comme l'abondance de la
matiere m'obligea le dernier
mois de remettre quelques
articles de Morts jusqu'à celuy-
cy,ceserapar là que je
commenceray cette Lettre.
Voicy les noms des personnes
considerables que l'on a
perduës avant le mois où
nous sommes.
Messire Charles d'Harcourt,
Comte deBeuvron,
cy -devant Ca pitaine des
Gardes du Corps de Monsieur.
La Maison dont il estoit,
estunedes plus anciennes
du Royaume, & fort
estimée par les alliances
qu'ellea faites avec ce qu'il
y en a de plus illustres
en France & en Angleterre.
Elle a donné des premiers
Officiers de nos Rois, plusieurs
Prelats de distinction,
& de grands & signalez Generaux
d' Armées. Cette Maison
s'est partagée en diverses
branches, qui ontpossedé
plusieurs Comtez &Marquifats,
fk des Seigneuries considerables.
Celle deBeuvron
a eu divers Lieutenans Generaux
dans la haute Normandie.
Harcourt portedegueules
à deuxfaces d'or. -.
Messire Henry. Marie le
Clerc, Seigneur du Tremblay
,
Basoche, Saint-Remy,
& autres lieux, Maistre des
Requestes. Il estoit d'une
ancienne Famille, qui a donné
plusieurs Officiers au Parlement,
Grand Conseil, &
aurres Compagnies Superieures.
Jean le Clerc,Seigneurdu
Tremblay, Procureur General
au Grand Conseil, estoit
Pere de Jean le Clerc, Seigneur
du Tremblay, que
Charles IX. fit Conseiller au
Parlement de Paris en 1564.
Il fut depuis President aux
Requestes du Palais du mesme
Parlement, & épousa Dame
Marie de la Fayette, Fille
de MeffireClaude de la Fayette
,
Seigneur de Saint-Romain,
dont est venu Charles le
Clerc,Seigneur duTremblay,
Gouverneur de la Bastille à
Paris. LeClercduTremblay
porte d'argent, au Chevron
d'azur ,
accompagnéde trois
roses de gueules,
Messire François du Gué
receuen icgi,President en la
Chambre des Comptes de
Paris? après avoir esté Conseiller
au Grand Conseil, &
auparavant Conseiller au Parlement
de Grenoble. Il
estoit Fils de feu Messire
François du Gué,Conseiller
d'Estat ordinaire, & Intendant
de Justice en Lionnois,
& de Dame Angelique Turpin,
qui estoit Soeur de Madame
laChanceliere le Tellier.
Son Ayeul,MessireFrançois
du Gué,estoit Maistre des
Comptes à Paris. De son
grandOncleGaspardduGué,
Seigneur de Bagnols, sont
venus les du Gué de Bagnols,
donc descend Messire Dreux-
Loüis du Gué de Bagnols,
Maistredes Requestes,&Intendant
de Justice en Flandre.
La Famille des du Gué
est alliée auxFeideau-Guins,
Sarrus , Charrier de Saint
Julien, de Moucy, de Baillon,
de Flechieres
,
& autres
, & porte dtazur au
Chevron d'or accompagné de
trois étoilesdemesme, celle de
la pointesurmontée d'une couronne
d'or. Mr le President du
Gué qui vient de déceder,
avoit épousé la Fille aisnée
de feu Messire. Anne de Paris,
Confeilleren la Grand'-
Chambre du Parlement,
Soeur de Messire Pierre de
Paris, à present Conseiller
en la Cinquiéme Chambre
des Enquestes, & Niece de
Messire François - Auguste
de Paris, President en la
Chambre des Comptes de
Paris. La Soeur de Madame la
Presidente du Gué a épousé
Messire Pierre de Berulle,
Maistre des Requefies^fcInvtendaent
dre gJusticne eneAu.-
Madame la Presidente de
Mesmes.Elle estoit Fille ce
MeÏÏÎreMacé Bertrand, Seigneur
de laBazinicre,Prevost
des GrillesdûRoy,& Tresorier
de l'Epargne. Feu Messire
Jean- Jacques deMesmes
son Mary, Prevost des Ordres
de Sa Majesté, President
auMorrier du Parlement de
Paris, quiestoit de l' A cademie
Françoise
,
estant mort
au commencement de cette
année,on a parle alors de là
Famille&de son merite particulier.
Dame,Loüise Girardde la
Cour des Bois , Femme de
Messïre Nicolas-Louis de.
Bailleul, Marquis deChâteau-
Gontier, Cenfeiller au.
Parlement de Paris en la premiere
Chambre des Enqueflés
,
& receu en survivance
de laCharge de Prendent
ez au Mortier du mesme
Parlement
, de Mr le President
de Bailleul son Perc.
Elle estoit FilledeMcilire
-^oiijsGJrardjSeigneur de la
« Cour des Bois, MAistre des
Requeflesdepuis l'année
1654» & auparavant Conseiller
au Grand Conteil. Son;
Ayeul Henry Girard, St du
Tillay, efloitNfàiflre des
Requestes
, & son Oncle CharlesGir^uiSeigneur du-
Tillayestoit President enja
Chambre des Comptes de
Paris. Son grand Oncle Loüis,
Girard? Seigneur de Villetaneuse,
aesté Procureur General
en la Chambre desComptes
, dont est venu Messire
Antoine Girard, Seigneur de
Villeraneule.—Procureur General
en la Chambre des
Comptes. La Famillede Giraid
est alliée au'Duc de:
Brancas , de Villars & aux
Familles de Merle, de Refuge
,
de Bailleul, Royer,
Corignon-de-Chauvry de
Faucon de Ris, de Bernieres,
Ameloc>Briçonnet, de Seve,
Girardin;& autres. Quartà
celle-deBailleul, Messire
Loüis deBailleul , Pere de
Mr de Château Gontier, Pre.
sident au Mortier du Parle.
ment de Paris depuisl'année
îtfji. exerce cette Charge avec
unetelleexactitude,qu'il
s'y est acquis une estime univereclle
à l'imitation de feu
Messire Nicolas de Bailkul
son Pere, Baron de Château.
Gontier,SeigneurcTeVattetot
sur Mer,Soisy- Seine,
Prefidery: au Mortier au mesme
Parlement, Sur-Intendant
des Finances de France,Chancclier
de la Reyne Anne
d'Autriche,après avoir esté
Conseiller au Parlement de
ParisaMaistre des Requefies)
Prefidenr au GrandConseil>
Lieutenane Civil) & Prevost
des Marchands à Paris. Il avoit
esté aussi Ambassadeur
pour Sa Majesté vers Monsieur
le Duc de Savoye, &
employé en plusieurs Negociations
d'Etat, où il a fait
paroistre les rares qualitez,
&son zele pour le service du
Roy. Bailleul porte parti
d'Hermines &de Gueules.
Dame Jeanne Chouayne.
Elle estoit Femme J-e,-Me,f¡ lke
René dePajot,Seigneur de
Ploüy
, Limermon ,
Bohardier,
Cordon & autres lieux)
Conseiller en la Cour des
Aydcs. Il cft d'une ancienne
Famille de Beauvoisis
,
qui
depuis le regne de François I.
a donne des MaistresdesRequestes,&
des Conseillersaux.
Parlemens de Paris&deMets,
en la Cour des Aydes & autres
Compagnies Supérieures.
Son Pere estoit feu Messire
André de Pajot
»
Seigneur de
Ploüy,Limermon, Cordou,
&c. Premier President en la
Cour des Monnoyes. Jeanne
Marchand sa Mere
,
estoit
Soeur de la premiere Femme
de Mr le Chancelier Boucherar.
De Pajot porte d'azur,
au chevron d'or, accornpdzne de
troisroses de meifne.
Dame Jeanne de Montecot.
Elle estoit Femme en
secondes noces de Messire
Gabriel deJonvelle
,
Capitaine
Exempt desGardes du
Corps du Roy, & auparavant
Veuve de Messire Loüis
de Lataignant
-'
Seigneur de
Baronville, le Plessis
,
Grangemenant
& autres lieux,
Conseiller en la grand' Chambre
du Parlement de Parislequel
estoit Pere de Mr de
Lataignant., à present Conseiller
en la deuxième Chambre
des EnqueHcs, & Frere
de Madame Poncer, qui avoit
épousé feu M Ponet, Conseil
ler
seiller d'Etat, & au Conseil
Royal des Finances. f
Il est dangereux en toutes
choses d'avoir un Concur.
rent trop puissant. Ce que la
Fable qui fuit nous dit del'amour
, se peut appliquerà
l'ambition. Dans les grands
desseins, celuy qui a le plus
de credit fait succomber toujours
le plusfoible.
LE MILAN,LE MOINEAU
ET L'HIRONDELLE.
FABLE.
MOmentfatal, malheureux
jour,
Ou l'homme s'aveuglant luymesme
Sefit un bien jitprême
Des tourment de CAmour?
Ah pourquoyfaut-ilque l'on aime?
Tourqnoy le Cielveut-il que chacun
aitjôn tour ?
VnMoineau, dit la Table
,
aimoit
une Hirondelle
D'an feu d'autant plus fort qttil
estoit tout nouveau.
Le tendre Moineau n'aimoitquelle-,
Et l'Hirondelle aujji naimoit que le
Moinettfl,
Helas qui n'eust pas cru qu'une
fiamesi belle
Devoit aux inconstans faire un iour
la leçon?
Mais en vain cherchons
- nous, en
vaincherchera-t-on
,
Pour trouversur la terreunechaisne
eternelle.
Maitressed'un Milan ! ô Dieux,
quellefortune
Etqui rienferoit pou tente?
Le Moineau si chery fut b'un-seis
1 1 mattï:llttc
,
•S* if.ime devint importune ;
Le malheureux se plaint,l'Hirondelle
s'offense
D'entendre condamnerses feux;
Jguoy que sans marchander onfasse
une inconstance,
Pli réproche est toujoursfâcheux.
Aujjl-tof la Belle en colere
Va trouver le Milan, qui pour lasatisfaire,
Ense vengeant de cet Oiseau
,
Devora le pauvre Moineau.
Ce que l'amoura d'agreable ,
Ses plaisirs,sesfausses douceurs,
Nos Amans le goutoient
,
ils y
poyoient leurs coeurs,
Leur bonheur sembloit veritable ;
Mais a-t-on jamais VOl quelque
bonheurparfait?
Dans l'empired'amour,tout est changeant
, tout paJlè
Tel brûloit , le matin qui lesoir est de
glace,
Ou brûle pour unautre objet.
Ce que l'Hirondelle infidelle
Avoitfait à l'égard defin premier
Amant,
C"est ce que le dernier,par un prompt
changement,
Fit à régard de CHirond:lie.
Ilcesse de Canner,&sabrûlante ardeur
Dégénere en indifférence
,
Contre un coup si mortel la Belle
sans défense
N'en put soûtenir la douleur.
Soyons,soyons constans qffaidl-imour
nous engage,
On negagne rien à changer ;
Ou-si nom neusfente#s un coeur Iè- gtr,volage,
iVe nous laissonspoint engager.
La haine, le dépit, la rage 2,
fin..
juflice
Le desespoirà* le trépas,
Tout suit fin amoureux caprice>
-Et l'Amour esttoûjours, ou coupable,
ou complice ,
De tous les crimes d'icy bas.
Enfin le College Mazarin,
ou des Quatre Nations dont
on parle depuis vingt-sept
ans ,
vient d'estre ouverte
Commeon y enseigne,gratis.,
& qu'il est avantageusement
placé,toutes les Classes y sont
remplies d'un nombre presque
incroyable d'Ecoliers ,
parce que beaucoup ont
moins de chemin à faire que
s'ilsalloient à l'Université. Il
s'esttrouvé un fort grand
concours de personnes distinguées
aux Discours qui se
sont faits à l'ouverture de
ce College. Le Principal,
le Regent de Philosophie,
& celuy de Rethorique ont
parlé
>
& tous leurs Discours
ont esté tres-bien receus du
Public. Ccluy qu'a fait Mr
l'Abbé de Fourcy qui enseigne
la Rethorique
,
luy a
attiré beaucoup de loüanges.
L'Université en Corpsa pris
solemnellementposse ssîon du
College,& on ne doit point
douter que les suites n'en
soient heureuses
,
puisque
Mrs de Sorbonne en ont
la direction. Cet illustre
Corps est si remply de Doctrine
& de probité
,
qu'on
ne luy a jamais disputé ces
grands avantages; aussi ne
luy a-t-on veu jamais rien
faire qui n'y soit conforme.
Je croy que vous ne ferez pas
fâchée d'apprendre tout ce
qui s'est paffé touchant la
Fondation de ce College, &
les changemensqu'on a jugé
à propos d'y faire sans lesquels
l'Université n'auroit
pû l'admettre dansson-Corps.
Chacun en parle,&peude
gens sçavent à fond comment
& pourquoy il a esté
étably. On en fera pleinement
instruit en lisant les
P ieces qui suivent.
FONDATION
MAZARINI.
Notaires Gardenotes du Roy
nostre Sire au Chasteletde Parisy
JouJJigne^ Futpresent tres-
Illustre & Eminentissime Monseigneur
Jules Cardinal Afazarini
,
Duc de Nivernois &
d.Onz..ois
,
Pair de France
5
teesmtaennttadeupCrheasesntetaeun son apparde
Vinccnnésy
lequel a declaré que depuis
longtemps il avoit fait dessein
d'employeren des oeuvres de pieté
& de charitéunesomme considerable
des grands biens qu'il
a receus de la divine bonte, CI
delamagnificence du Roy,depuis
qu'il a l'honneur d'estre employé
aux plusimportantesaffaires de
Sa Majesté.Qu'afin de parvenir
à l'execution de ce dessein
par une fondation qui pufl estre
à la gloire de Dieu
, ù à l'avantage
del'Etat,ilavoitfait
de temps en temps un amas de
deniers comptanspar des économies
& des épar,gnes des Effets à luy appartenans ; mais qu' -.1-
ayantconnu par experience qu'il
estoit absolument necessaire d'avoir
un jbhd ajjuré de reserve
pour subvenir aux incertitudes
des évenemens & aux occasions
pressantes&inopinées, principalement
durant uneguerretresfacheuse,&
contre de puissans ~jy Ennemis, &sonEminencesçachant
que les Finances du Rojy
n'estoient point en estat de donner
un si promptsecours
, a conservésesépargnespourensecourir
le Poy.,s'il en efloit besoin
,
&pour soutenir0 défendrela
grandeur du Royaume en cas de
necessité. Lessuccésn'estant pas
toujours avantageux, la guerre
que Sa Majestéavoittrouvéeouverte
lors de sonavenementà la
Couronne,ayant estéterminée
par une Paix glorieuse, qui est
entierement deuë à la Bonté
divine, aux Victoires des armes
du Roy
;
à la pieté de Sa Majcfté,&
à la tendresse qu'Elle
a pour ses Peuples; ayant plu
à SaMajestéde donner part de
ce grand ouvrage àson Eminence
,
quiy a employé tout ce qui
estoit en son pouvoir
,
mondit
Seigneur ne croyant plus que Sa
Majestépuisseestre presée d'au..
cuns mauvaisaccidens,&poumvaennttsemsPesemuepsloesulager
notableà
quoy Elle a
déja travaillépar des retranchemens
de dépense deson Etat, au
moyen de cette Paix generale
quiproduit un calme si heureux à
toute la Chrestienté, estime qu'il
peut faire maintenant l'employ
de ses deniers suivant ses premiersdesseins
de pieté & de
charité. Comme il a toujoursses
pensées attachées aux reconnoissances
qu'il doit au Roy, & à
ce qui peut produire un plus
grand bien & un plus grand
honneur au Royaume, il a propose
à Sa Majesté le dessein
qu'il avoitd'établir de ses effets
un College & une Académie
pour l'instruction des Enfans qui
auroient pris naissance a Pignefolles.)
son territoire, & aux
valléesyjointes, aux Provinces
d'Alsace & aux Pays d'Allemagne
contigus; en Flandre,
en Artois, en Hainaut, C- en
Luxembourg:en Roussillon,en
Conflans,& en Sardaigne
, en
ce qui est reduit fous l'obeissance
du Roy» par le Traité fait a
Munster, le 24. Octobre 1648.
(j$fparceluy de la Paixgénérale
fait en 1*1fle appellée desFaijàns)
le 7.Novembrei6fy.Que comme
toutes ces Provinces font nouvellement
venues ou retournées
fous lapuissance du R.oyJ il estoit
à propos de les y conserver par
les moyens les plus convenables.
Qu'on pouvoit les ajjèrmir, @r
les lier auservice de Sa Majesté
en etablissant dans la Ville de
Paris) qui est la Capitale du
Royaume) &le sejour ordinaire
des RoisTres-Chretiens, un
College& une Academie, pour
y nourrir? élever & instruire
gratuitement des Gentilshommes
&des Enfans des principaux
Bourgeois des Villes des Nations
cy-dessus.Qu'on pouvoit aussi
leur apprendre ICSveritablesfentimens
du Christianisme
,
la pureté
de la Religion
,
la conduite
des moeurs , & les réglés de la
discipline, n'y ayant point de
lieu ou toutes ces choses soient
avec tant d'avantage que dans
ce Royaume. Que pendant ces
instructions, ceux des Nations
cy-dessus connoistront ce quiesî
necessaire à leur salut, aux
sciences& à la police, & combien
il est avantageux d'estre
soumis à un sigrand Roy. £ïue
ceux qui auroient ainsipris leur
éducation en France, porteroient
ce qu'ils y auroient appris au
Pays de leur naissancequand
ils y retourneraient, & que par
leurs exemples ilsy en pourroicnt
attirer d'autres pour venir recevoirsuccessivement
les mesmes
instructions & les pareilssentimens.
Qu'enfin toutes ces Provinces
deviendraientFrançoises
par leur propre inclinationaussibien
qu'elles le font maintenant
par la domination de Sa Maje-
(tè. A quoy mondit Seigneur ie
CardinalDuc, par l'affection
qu'il a eue au lieu de sa naif
sance,vouloitjoindre les Italiens
de l'Estat Ecclesiastique
, pour
les obliger de plus en plus à continuer
leur zele au service de
la France.
LeRfij ayantfait paroitre qu'il
agréoit fort ce dessein
,
et que
les deniers des Epargnes de son
Eminence y fussent plûtost employez,
que non pas à toutes au--
tres choses;ayantaussi Sa Ad^-
jestéapprouvé la reft/urion qu'a
prise son Eminence
,
de joindre
auditCollege la Bibliothèque des
Livres dont il afait l'amas depuis
pluseurs années
,
de tout
ce qui a estétrouvé de plusrare
&rde plus curieux
, tant en
France qu'en tous les Pays étrangers,
où il a souventenvoyé
des personnes tres-capables
pour en faire la recherche
,
afin
d'enfaire une Bibhotheque publique
pour lacommodité&pour
la satisfaction des Gens de Lettres
,
son Eminence ayant mef
me pris le dessein d'étire sa sepultureauCollegedesNations
cy-dessus; mondit Seigneur
Cardinal Duc a fondé>&
fonde par ces presentes sous le
bon plaisir de Sa Majesté, un
Collège & une Academie fous
le nom & titre de Mazarini ;
c'estàsçavoir, le College desoixante
Ecoliers, qui seront des
Enfans des Gentilshommes ou
desprincipauxBourgeois dePigneroles,
son territoire,& les
valléesyjointes & de
fetat
Ecclesiastiqueen Italie, des Provinces
d'Alsace,& autres Pays
d'Allemagne contigus; de Flandre,
d'Artois, deHainaut &de
Luxembourg ; de Roussillon
,
de
Constans & de Sardaigne en
ce qui estréduit fous l'obeissance
du Roy, par les Traitez. faits
à Munster
> & en l'Isle appellée
desFaisans, les 24. Octobre
1648. & 7. Novembre1659. &
l'Academie de quinze personnes,
qui seront tirées dudit College
des quatre Nations cy-dessus.
£)ue des soixanteEcoliers
duditCollege,ilyen aura cpiinzedePignerolles,
territoire &
Vallées y jointes, & de l'Etat
Ecclesiastique en Italie,proferant
ceux de Pignerolles, territoire
&valléesy jointes, à tous
les autres; les Romains ensuite,
& en defaut d'eux, ceux des
autresProvinces de l'Etat Ecclesiastique
en Italie. Quinze
du Pays d'Alsace
, & autres
pays d'Allemagne contigus.
Vingt du pays de Flandre., Xr,
tois, Hainaut&Luxembourg ;
& dix du pays de Roussillon,
Conflant &Sardaigne.
- Les quinze personnes pour l'Academie feront tirées duCollege,
sans aucune distinction
desdites Nations & si le Collegen'en
peutfournirun sigrand
nombre, le surplus jusquesaudit
nombre de quinze fera pris de
personnes d'icelles Nations, encore
qu'elles n'ayent point étudié.
audit College.
Les soixante Ecoliers du
College, & les quinze personnes
de l'Academie seront logez,
nourris &instruitsgratuitement,
au moyen de la presentefondation.
Les Gentilshommes feront
toujourspreferez aux Bourgeois,
tant pour le College que pour
l'Academie
>& ceux qui auront
le plus longtemps étudié au Col.
lege,preferez a ceux quiy auront
moinsétudié, pour estre admis
en l'Academie
, pourveu que
ceux qui auront le plus étudié
soient également propres pour
l'Academie. Son Eminence se reserve le
nom &le titre de Fondateur dudit
College&de l'Academie,&
à sondéfautl'aisnéde ceux qui
porteront
porterontson nom &seArmes,
aura les mesmes droits, avec
toutes les prérogatives des Fondateurs.
Son Eminence, ou à son défaut
L'aisné de ceux qui porteront
son nom&sesArmes, aura
la nomination dessoixante Ecoliers
du College, & des quinze
de l'Academie, sans neanmoins
qu'ilpuisseestrenommé aucune
autre personneque des Nation;
& qualitez cy-dessus, & aux
conditionscy-devant énoncées.
Il aura pareillement la nomination
de l'Ecuyer de lacadcmie.
- Mondit Seigneur le Cardinal
Duc supplie tres-humblement Sa
Majesté que la presente fondation
soit ensa protection perpe.
tuelle, & des Rois ses Successeurs.
Son Eminence prieaussiMessieurs
les Gens du Roy du Parlement,
de veiller à la conservation
de la presente Fondation
, tant pour le College &
pour la Bibliotheque, que pour
l'Acadtmie, de les visiter quand
illeur ~) de s'en faire
representer les Reglemens, ce
qu'ils pourront faire à toujours,
conjointement ou separément.
Son Eminence prie encore
Messieurs de la VUai{on & Société
de Sorbonne, que les douze
plus anciens Douleurs de ladite
Maison & Société qui y
feront actuellement demeurans,
@J non d'autres,ayent la direction
generale dudit Colleco,)-e, 0*
de laBibliotheque, & que ces
douze nomment incontinent aprés
que l'établissement en sera
fais, quatre Docteurs tels qu'il
leur plaira de laditeMaison &
Société de Sorbonne
, pour estre
les Inspecteurs dudit College,c
de la Bibliotheque, desquels
quatre Inspecteurs il y en aura
deux qui n'en feront lafonction
que pendant deux années aprés
l'établissement;&que de deux
ans en deux ans
il
y en aura
deux nommez au lieu des deux
qui en devront sortir,ensorte
que desdits quatre Inspecteurs il
y en ait toujours deux anciens
& deux nouveaux.
Si aucuns des Inspecteurs décedoientdurant
le temps de leurs
fonctions, les Nominateurs en
pourront nommer d'autres pour
achever le temps de la fonction
du decedé, & font priez de ce
faireincessamment,afin queles
places soient toujours remplies.
MonditSeigneur le Cardinal
Duc prie que leditCollege foit
du Corps de l'TJnwerJiié
, pour
en faire un membre, & jouir
des mesmes privilèges & avantages
en commun, outre ceux
qu'il plairaà Sa Maj?fie de luy
attribuer enparticulier,& que
l'Academie ait lesmesmes droits
que les autres Academies.
L'établissementàttdit CollègeA
auquel la Bibliothèqueestjointe,
& de /'Academiesferafaitfous
le bon plaisir du Roy, en la faille,
Cité, ou Université, ou aux
Fauxbourgs de Paris,en mesme
m divers lieux
,
le tout sélon
que les Executeurs de la presente
fondation cy-aprés nommez, le
trouveront plus à propos.
Le College fera composé d'un
Grand-Maistre
, qui fera Docteurde
la Maison & Societé
de Sorbonne
, & qui aura la
superiorité) intendance & direction
sur tous les autres Officiers
du College fY de la Bibliothèque
, 1cfur tous les Ecoliers
; d'un Procureur commun,
qui sera Docteur ou Bachelier
de laditeMaison & Société de
Sorbonne,sélon qu'il plaira aux
Nominateurs, de quatre principaux,
& de quatre Sous-Principaux.
Le Grand-Maistre., en cas
d'absence , maladie, ou legitime
empeschement,pourra commettre
tellepersonne que bon luy semblera,
pour avoir en son lieu
pareillesuperiorïté
)
intendance,
& direction.
Le Procureur commun sera
les receptes & dépensesdudit
College,sanstoutefois qui'lpuisse
faire aucune depenseextraordinaire
, que de l'ordre par écrit
du Grand-Maistre, dont l'ordre
suffira jusques à lasomme de cent
livres ; & en casde plus grande
dépense extraordinaire,fera pris
l'ordre par écrit, tant du GrandMaistre
, que des quatre Inspecteurs.
de la Maison de Sorbonne.
Le Principal & le Sous-
Principal de Pignerolles , terroir
&valléesyjointes, &desItaliens
de l'Etat Ecclesiastique,
seront de l'Ordre des Religieux
Theatins, & chosïs par lesVocaux
de la Maison de Sainte
Anne la Royale de la fondation
deson Eminence, &en cas
qu'ils soientrefujans de nommer,
ou qu'iln'y ait pasnombre fujjiptnt
de Religieux dudit Ordre,
soit de ladite {aijçn ou d'autres)
les dominateurs de la So- ciété Maison de Sorbonne
pourront auJft nommer le Principal
,
&lesous-Principal, ou
l'un d'eux pour laditeNation,
ainsi que des autres.
Les Principaux des autres
Nations feront Bacheliers de la
Maison de Sorbonne
, & les
Sous-Principauxtels qu'il plaira
aux Nominateurs, pourvû qu'ils
soient du nombre des Supposts
de l'Université de Paris ; les
uns & les autres nommez par
les douze anciens de la tsMaif'on
& Societé de Sorbonne, comme
il est dit cy-dessus.
Plus il y aura audit College
huitClasses&autantde Regens,
sçavoir, six d'Humanitez, &
deux de Philosophie, tous lesquels
Regens feront Bacheliers
en Theologie, & nommez par
le Grand-Maistre.
Ily aura un Chapelain aussi
nommé par le Grand-Maistre,
de tellequalité qu'il ltty plaira.
Les Serviteurs communs dudit
College seront aussi nornrnek
par le GrandAfaijire> & le
Principal de chaque Nation
nommera les Serviteurs particuliers
pour le service de la Nation.
Nefera fait aucune distinction
des Nations pour tous les
Officierscy-dessus,tantcommuns
que particuliers.
Les Nominateurs de la Maison
& Sociétéde Sorbonne, les
Grands-Maistre&les Principaux
font priezden'avoiraucunes
considerations que de nommer
les pluscapables, eu égard
à lafonctionalaquelle ceux qui
feront nommez, devront estre
employez, & de prendre garde
que les purssentimens de laReligion,&
la probité des moeurs
soient joints à la suffisance.
Les Ecoliers de chaque Nation
seront régis & gou'Verne'Z
par les Principaux ~sous-Principaux
établis pour leurs Nations
; chacun sous-Principal
soumis à son Principal, @J les
Principaux mesme desReligieux
de l'Ordre des Theatins soumis
au Grand-Maistre.
Les Officiers d'une Nation
seront indépendans des autres ,
e&jT*ttoouussfournis à la superiorité, funî
intendance ($r direction du
GrandMaistre
, comme dit est.
Le Grand-Maistresera sournis
aux quatre Inspecteurs, &
ceux-cy aux douze plus anciens
Docteurs de la Maison & Société
de Sorbonne, y demeurans.
Les comptes du College feront
rendus par le Procureur commun
d'iceluy en lapresence du grand-
Maistre
,
dr des quatre Principaux
pardevant les quatre Infpecteurs
, qui pourront visiterle
College &laBibliothèque quand
bon leursemblera.
Al'égard de la Bibliothèque
ily aura un Bibliothecaire qui
sera aujji nomme par les douze
anciens Docteurs de la Maison
(^f Société deSorbonne , y demeurans,
un sous-Bibliothecaire
& deux serviteurs de la
Bibliothèque
,
lesquels sous-Bibliothécaire
&serviteurs feront
choisis par leBibliothécaire, qui
en demeurera responsable.
Le Bibliothécairesera tenuse
charger des Livres de la Bibliothèque
,
dont il fera Inventaire
ou recollement de celuy qui en
aura estéfait,dequoy il donnera
trois Copiessignées de luy
, l'une entre les mains de Mef
sieurs les Gens du Roy du rparlement
, une autre quisera mise
en la Bibliotheque de la Maison
& Société de Sorbonne, &
une autre entre les mains du
Grand ^Uai(lre du College.
Sera pareillementfait un Inventaire
ou iJMemoire des Manuscrits
grecs & Latins que
mondit Seigneur le Cardinal Duc
donne audit College
, avecfd,
Bibliothèque des Livres imprimez.
Sera aujjt fait un Mémoire
des tablettes, tables,armoires,
bancs &siegesservant à ladite
Bibliotheque, que Son Eminence
donne encore parces presentes.
Veut Son Eminence que la
dite Bibliotheque foit ouverte à
tous les Gens de Lettres deux
fois par chacune semaine
)
à tel
jour qu'il sxera avisé par les
quatre Inspecteurs
, & par le
Grand Maistre dudit Collège.
Il y aura à l'Academie un
Ecuyer, un Creat, un Maistre
à danser,un Maistree tant à
faire des ^Armes qu'à voltiger,
un Maistre de Mathematique.
& les Serviteurs necessaires.
L'Ecuyer fera nomme par
Son Eminence, oupar l'aisné
de ceux quiporterontson nom&
sesArmes,& les autres Officiersnomme%
par l'Ecuyer.
Les quatre Inspecteurs & le
GrandMaistrepourrontfaire
les Reglemenspour la Policeparticulière
du College @r de la
Bibliotheque
,& l'Ecuyer ceux
de la Police particulière de l'Academie.
Quantaux Reglemensgénéraux,
ils seront faitspar Son
Eminence , ou par l'aisné de
ceux qui porteront xson nom &
ses Armes
,
à la charged'estre
veus ,
sçavoir pour le College&
la Bibliotheque
, par les douze
anciens Docteurs de la Massion
& Societé de Sorbonne,y demeurans
, cm ceux de l'Academie
par deux Ecuycrs des Académies
du Roy,
Les Reglemens,tantgénéraux
que particuliers
, pourront estre
change^suivant les occurrences
par les personnes & selon les
formes cy-dessus
,
mais à la
chargequ'il ne sera apporté att
cun changement au dessexin principal
de la presente fondation,
ny aux intentions de mondit
Seigneur Cardinal Duc.
Mondit Seigneurfetplic treshumblement
Sa Majesté d'agréer
& autoriser la presente
fondation avec toutes sescirconfiances
& dépendances, &
d'en accorder toutes Lettres necessaires
, avec les droits,exemptions
y & privilèges qu'illuy
plaira
, & que les Lettres en
soient verifiées&registrées au
Parlement de Paris, aux autres
Compagnies Souveraines •>.(Sf
partout ailleurs où besoinsera.,
Pourfaire l'acbapt des places
necessaires à l'établissement diedit
College
, de la Bibliotheque
& de l'Academie,payement
des droits d'amortissement
&indemnité;bastimens
, emmeublemens,
ornemens ,
linge
d'Eglise
,
chevaux pour l'Academie
,
ustenciles,&toutes autres
dépenses,&pour les subsistances
dudit College xx& de
l'Académie;mesmepourl'achapt
dequelques livres pendantl'année,
afin d'tjlte ajoutez a la Bi — bliotheque, monditSeigneur le
Cardinal Duc veut quesur les
plus clairs de ses deniers comptans
de ses oeconomies & épargnes
dont il est cy-devant fait
mention & deses autres eets
ilsxoit pris deux millions de livres,
&icellesomme mise entre
les mains des Sieurs Executeurs
de la presente Fondation
, par
les ordres desquels serontfaits les
achats, bastimens& autres dépenses
,
selonqu'ils jugeront le
tant plus à propos, @J conformement
aux intentions que Son
Eminence leur a declarées.
Que tout ce qui restera de ladite
somme de deux millions de
livres après le payement des
places,bastimens& autres choses
necessaires pour l'entier éssa
blissement
>
fera mis en fonds
d'héritages ou rentes par les
mains desdits Sieurs Executeurs,
poursubvenir à la subsistance
?
reparations , & entretenement
duditcollege, de la Bibliotheque,
& de l'Academie.
Plus mondit Seigneur le Cardinal
Duc donne audit College,
Bibhotheque&Academie, quarante-
cinqmille livres derente à
luy apartenantsur l'Hôtel de
VilledeParis,de la naturequ'elles
sont, dent il ne se payeà Prc- sentquemille livres effectives
par chacun an,sans autres
garanties desdites rentes J/inon
qu'elles luy appartiennent.
Et d'autant que ce que deJlus
nepourrasatisfaire à l'entier établissement
& à la subsistance
de la presente Fondation,mondit
Seigneur le Cardinal 7Jue
supplie tres-humblementSa Majesté
que le revenu temporel de
l'Abbaye de Saint Michel en
l'Herm, dontson Eminence est.
presentementtitulaire en quoy
que ledit revenupuisseconsister ,
soit uny auditCollege,Biblictheque
& Académie, & que
mime le titre de ladite Abbaye
soitsupprimé,y ayant djje% de
considerations particulieres pour
ladite union & suppression, en
reservant une (Omme telle qu'il
fera ordonné par Sa Majesté
pour stt'ntrftencment des bastimens,
& pour le nombre des
Prestres seculiers que Sa <J\iajestéjugeranecessaires
pouryfaire
le service divin, & subvenir
aux fraisduditservice,suppliant
tres-humblement Sa Majesté
que les Prestres seculiersy
soient commis par
les
quatre
Inspecteurs dudit College, &que
lesdits Prestressoient revocables
à volonté..
Et si tout ce que dessus n'estoitpointencore
trouvé suffisant
par les sieurs Executeurs de ladite
Fondation,monditSeigneur
le Cardinal Duc supplie encore
tres - humblement Sa Majesté
d'yjoindre & unir quelque autre
Benefice, avec pareille suppression
de titre, ou autres conditions,
afin que ladite Fondation
que son Eminence a estimée
utile &avantageuse à la Religion
di. au Royaume, puisse
subsisterajamais.
Sa Majesté est aussi treshumblement
suppliée de faire
expedier les Brevets, Lettres,
&
@r autres Atles neccjjairespjur
l'execution de tout ce que (Ùjfus,
d'en fai•refaire * Jj lesà
Romepar jes Ambassadeurs, &
que le tout soit fait, homolozué.,
confirmé
,
verifié & registre par
toutoùbesoinsera, afin que la
presenteFondation, & l'executiond'icelle
puisse estre faites
entretenuë, & executée a jamais.
Et pour Executeurs de ladite
Fondationjusques àl'actuel eublissement
du College, de la
Bibliothèque&de l'Academiey
mondit Seigneur le Cardinal
Duc nomme Messire Guillaume
deLamoignon, Chevalier, Conseiller
du Royenses Conseils,
premierPresidentauParlement;
M'cffire Nicolas Fouquet, aussi
Conseiller du Roy en tous ses
Conseils
, Procureur general de
Sa Majesté & Surintendant
des Finances defrance; Afcf
pre dskticbel leTellier, Conseillerdu
Roy ensesConseils, Secretaire
d'Etat& des Commandemens
de SaMajesté; Messire
Zongo Ondedei, Evesque de
Frejus, & MeJFre Jean-Baptiste
Colbert,
ConseillerduRoy
en ses Conseils, Intendant des
maisons& affaires deson Eminencc.
Ausquels sieursExecuteurs
& à chacun d'eux les uns en
l'absence des autres, mondit
Seigneur le Cardinal Duc donne
pouvoir defaire & agir tout
ce qui fera necessaire pour l'entiere
execution de la presente
Fondation
, tant pour l'achapt
des places que pour les bastimens
communs &particuliers, Eglise,
@r toutes les choses en dépendantes
en la forme Cm maniere
& en tel lieu que lesdits Sieurs
Executeurs aviseront
, &pour
les nourritures, retributions
apointemens, , gages, salaires des
Officiers du College
,
de la Bibliotheque&
de l'Academie,&
d'en faire le partage entre lesditsOfficiers
,
ainji que lesdits
Sieurs Executeurs verront bon
tflrr.
En cas de decedsd'aucuns desdits
Sieurs Executeurs, lessurvivans
en nommeront d'autres
en la place des decede'{:J en telle
sorte que le nombresoit toûjour
complet,jusques à ce que la presente
Fondationsoitactuellement
& entierement executée.
Ce qui a elleainsi dicté &
nommépar mondit Seigneur le
CardinalDucausditsNotaires
irOus-si'o-iie;c & par l'un d'eux
l'autre present,releuàSon Eminence,
qui a déclaréquetelle est
sa volonté pourvaloirparforme
de disposition testamentaire à
cause de mort ou autrement > en
la meilleure forme que faire se
peltt; & que s'il manque quel-
J
que chose pour l'execution
> CI
interprétation desa volonté, il
s'en remet entièrement aux ordres
qui feront donnez par lesdits
Sieurs Executeurs de la
presentefondation,lesquels il
veut estre suivisentierement&
en toutes choses sans aucune reserve
, tout ainsi que si Son
Eminence l'avoit Elle-mesme
ordonné. Cefutfait; dicté, nomme&
releu, comme dessus au- .;
dit Château de Vincennes , en
l'Appartement de Son Eminence
l'an 1661. le 6. jour de Mars
avant midy
, & a fignë,
LEVASSEUR, & LE FOUIN
En consequence de cette
Fondation faite l'an 1661. le
Roy donna des Lettres patentesau
moisde Juin de l'année
1665.Elles commençoient
par un Eloge du Cardinal
Mazarin
,
ensuite de quoy
il y enavoit un autre de la
Fondation qu'il venoit de
faire, sur cjuoy aprèsavoir fait
un détail de la mesme Fondation,
leRoyen ordonnoit
l'enregistrement. au Parlement,
à la Chambre des
Comptes, & à la Cour des
Aydes, comme d'une Fondation
censée,&réputée.
Royale,ce qui fut executé.
En l'année1674. le 11. Octobre
,les Executeurs du Testament
du Cardinal Mazarin
presenterent requeste à
Messieurs de lunivcrfité) par laquelle après avoir exposé laFondarion, &fait un éloge
de l'Université
, ils la requeroient
d'incorporer le
Collège dans son Corps en
la maniere accoutumée, &
de le mettre fous sa direction
& discipline, pour le faire
joüir des mesmes privilèges,
droits & avantages dont
joüissent les autres Colleges.
Toutes les Facul tez &
les Nations qui composent
l'Université donnerent leurs
avis sur cette requeste
) &
ne consentirent à ce qu'on
exigeoit d'eux que fous certaines
conditions. Je ne
vous les marque point, parce
que vous les connoistrez aisément
en examinant la Fondation
avec les Lettres patentes
que vous allez lire.
LETTRES PATENTES
du mois de Mars 1688.
Portant Reglement pour le
College Mazarin.
LIOUISpar la grace de
Dieu Roy de France &de
Navarre? A tous presens & à
venir, Salut. Les importans
services que nous a rendus, &à
nostre Etat
,
nostre Coufin le
Cardinal Mazarin , nous ayant
cn£a£eK d'accordernostre protettion
dIt College qu'il a fondé
dans nostre bonne Ville de Pa..
ris,nousavons cru n'en pouvoir
donnerdes marques plus certaines
quen faisant nous-mesmes
les Reglemens necessaires pour
rendre cet établissement parfait.
A CES CAUSES, & après
nous estrefaitrepresenterleTestament
de nostreditCousin, l'Actc
de fondation
,
ensemble nos Lettres
patentes du mois de Juin
166J..de ncfîre certaine science,
pl*eine pu*irufance& autorité
Royale,Voulons &ordonnnons
ce qui c~j à fcavoir>m
que
LeCollege fera composé de
soixante Ecoliers, Gentilshommes
ou Enfans des principaux
Habitans, vivant noblement
dans les lieux cy-aprés nommez,
sans que sous quelque pretexte
quecesoiton puisse tenir d'autres
Pensionnaires dans ledit College.
II
La nomination des Ecoliers
appartiendra à al)ne mâle de
[ci MaisondeMazarini en
qualité de Fondateur,& au
défautdemâle, ou s'il ne remplit
point les places de personnes
capables, quatre mois
aprèsqu'il seraaverty dela vacance
par le Grand
- Maître , laditenomination&entiereprovisionnousseradévoluëde
plein droit.III.
Les Noblesserontpreferez
pour la nomination à ceux qui
ne leseront pas, quoy qu'il n'y
ait entre eux aucune distinction
dans le Collège , quand ils y
auront estéreceus.
IV.
Les preuves de l'âge,dulieu
de la naissance
,
de la nobltjfet
&desautresqualitéz necessaires,
seront examinées parquatre
Docteurs de la Maison &
Société de Sorbonne
, & par le
Grand-Maistre du College.
V.
Nul ne sera pourvoit desdites
places, s'il riefi au moins âgé
de dix ans accomplis, ~0 nul
n'y sera receu aprèsavoir atteint
l'âge de quinze.
VI.
Les soixante Ecoliers feront
choisis
,
sçavoir vingt de nos
Provincesd'Artois,Cambray,
Flandre, Hainaut ~ù Luxembourg;
quinze d'Alsace
,
Strasbourg,
& Pays d'Allemagne,
& Franche-Comté;quinze de
Pignerolles&Vallées quiysont
jointesy Cazal, & del'Eut
Ecclesiastique, en telle sorte que
ceux de Pignerolles de Caz,,al
soientpréféréz aux autres, &
à leur défaut les Romains pré"
erck à ceux de l'Etat Ecclesiastique;
dix de RoujJillon., Conflans
& Sardaigne.
VII.
S'il ne s'en trouve pas le
nombresuffisant desdites Provinces
, en ce casnous pourrons
en choisird'autres lieux de nostre
Royaumt, après que pendant
quatre mois les places auront
vaqué
, & que l'aisné de la,
Maison de Mazarin; aura eu
le temps d'en nommer des lieux
designez dans la Fondation.
VIII.
Tous lesditsEcoliers feront
instruits
3
lo,,oez
3
nourris &
meublez gratuitement tant en
santéqu'enmaladie pendant le
cours ordinaire desClasses &
leur fera donné à chacun la
somme de cent livres tous les ans
pour les habits f7 linges de
leurs personnes.
IX.
Ily aura pour le Gouvernement
du College un grand
Maistre quifera aussi Principal,
Dvfleur de la Maison (éf Societéde
Sorbonne) un Procureur,
Docteur ou Bachelier de ladite
Alaï[on, un sous Principal,
quatresous-Maistres&un Chapelain.
X.
Le Grand-Maistre nommera
le sousPrincipal, lessous
Maistres le Chapelain &
tous les Regens, & pourra les
destituer quand il le jugera à
propos.
XI.
Le sous Principalfera au
moins Bachelier de la Maison
de Sorbonne ; mais à l'égard des
sous-Maistres & des oRegens
ilfiPquilsJoientduCorps de
ÏVniverfité.
XII.
Dérogeant à cet e.:-z,ar. a l'article
de la Fondation3par lequel
il estoit dit que le Principal &
les sous-Principaux de la Nation
Italienne feroient Theatins.
XIII;
LeCollege ne fera point diflinguéparNations,
& il riy
aura d'autre difference entre les
Ecoliers que l'âge & les Claffcs.
XIV.
-
Les Ecoliers pourront estre
renvoyer du CoUege pour leurs
mauvaises moeurs parle Grand-
Maistre de l'avis desquatre
Inspecteurs après avoiraverty
les p arens&le Nominateur de
les retirer.
.-' XV.
Il y aura neuf Classes dans
le College
,
six d'Humanité
deux de Philosophie
, &une de
Mathematique ; maisily aura
deux J?/gens de Rethoricjue,
dont l'un enseignera le matin,
& l'autre l'aprejldineeainji
qu'il fera réglé par le Çrandr Maijlre.
XVL
La nomination de tous les
Serviteursappartiendra au
Grand- Maigreseul mais veux
qui auront soin de l'oeconamie
de la Maison feront nommez
deconcertpar le Grand Adaijlrs
çV le Procureur.
xvn.
Le Procureur fera les recep^
tes & dépenses ordinaire;
XVIII.
Il ne pourra faire les extraordinaires
que par l'ordre par écrit
du Grand-Maistre & des quatre
Inspecteurs
, pourra néant*
moins sur le sir;;p!e ordre par
dugrand-Ma
,
employer
jusques a la somme de
cent livres.
XIX.
Le Procureur rendra Jes
comptes tous les ans pardevant
les înfpeêieurs en presence du
Grand Maistre.
XX.
Il aura sous luy un homme
pourfollicitcr les affaires&agir
fousfcs ordres, dont le choix &
la destitution luy appartiendra.
XXI.
Le Bibliothécaire fera nommepar
la Maison @J.Soâeté de
Sorbonne C1 choisi autant qu'H
se pourra du nombre des Dofleurs
de la Maison.
XXII.
Il aura la nomination d'un
sousBibliothecaire &de deux
serviteurs.) qui n'auront d'autre
soin que celuy de la Bibliothe.
que; lesquels il pourra destituer
lors qu'il le jugera à propos.
XXIII.
Le Bibliothecaire Je chargera
par inventaire des Livres de la
Bibliothèque des Manusrits
@¡ des meubles qui y doivent
estredestinez.
XXIV
La^Bibliot' cque fera ouverte
au Public deuxjours lasemaine,
le Lundy & le Jeudyde..
fuis huit heures du matinjus
ques à dix heures & demie
depuis deux heures après midy
jusques à quatre en hiver &
jusques à cinq en Eslé.
XXV.
Le Bibliothecaire) le fous-*
Bibliothicaire &les deuxferviteurs
feront tenus de se trouver
dans la bibliotheque aux
jours eü heures cydessus marquc%,
pour donner les Livres
quiferont demandez & pour
veiller qu'ils ne soient gâu'{ ou
emportc7,,
XXVI.
Ilsera fait aux frais du College
quatre Exemplaires du Catalegue
de la Bibliothèque
,
dont
un demeurera dans la Bibliotheque
; le second sera donnéà
nos Avocats & Procureur General
du Parlement; le troisiémesera
mis dans la Bibliotheque
de Sorbonne, Qr le quatriéme
demeurera entre les mains du
Grand Maistre du college.
XXVII.
Le Procureur du College donmrataus
les ans millelivres
au Bibliothecaire pouraugmenter
la Bibliotheque,àlacharge
de rendre compte de l'employ
pardevantle GrandMaistre c--
les quatre Inspecteurs du College>
qui pourront, quand ils le
jugerontàpropos >lifter la Bibliotheque.
XXVIII.
Le Grand
-
Maistre ~* le
Procureur, ~e le Bibliothecaire
feront perpetuels, &leur nomination
appartiendra à la Maison
& Sociétéde Sorbonne.
XXIX.
La Maison & Société de
Sorbonne aura la direction genéraledetoutleCollege,
àl'effet
dequoy elle nommera quatre
Docteurs
Doéleurs qui auront la qualité
d'InspecteursduCollege, & en
feront pendant quatre ans seulement
lesfonctions, s'i l rieïi
jugéàpropos de les continuer.
XXX.
Le Grand-Maistre aura la
Superiorité~& la préseance sur
tous les OfficiersduCollège
~&
aprés luy le Procureur, sice n'est
que le Bibliothecaire estant Docteur,
soitplus ancien que le
Procureur, auquel cas le Bibliothecaire
auraseulement la préseance.
XXXI.
Les Inspecteurs visiteront le
plus souvent qu'ils pourront le
College,y décideront avec le
Grand-VW-"Úftre toutes les affaires
qui regarderont la discipline,
recevront les plaintes,entendront
les comptes du Procureur,
& tiendront la mainàl'execution
de laFondation.
XXXII.
Les quatre Inspecteurs ne
sortirontpoint ensemblede charge
; mais il en demeurera toujours
deux anciens avec les deux
qui seront nouvellement élus.
XXXIII.
Les Reglemens qui feront
jugeznecessaires dans la fuite
des temps,serontfaits par l'aisné
de la Maison de Mazarini
»
avec l'avis de la Maison -le
Sorbonne; mais ils ne pourront
ejlreexecutif qu'ils ne soient
confirmex par nos Lettres patentes.
XXXIV.
Enjoignons à nos Avocats
~&Procureur general, de visiter
le plussouventqu'ils pourront
le College, soitséparement
ouconjointement, ~& de tenir
la main à l'execution de la F niationyai'efft
dejHoyil.front
representer les l\cyjlre< ~> o nites
du Procureur
,
sans qu* ils
puisent neanmoins commettre
par laditevisite personne en leur
place. XXXV.
On pourra recevoir dans les
ClajJes du College d'autres Ecoliers
que les Pensionnaires,sans
qu'ils soient tenus de donner
aucunpilaire,auxAiaijlres qui
Usenseigneront.
XXXVI.
Et pour engager davantage
ceux qui aurontsoin du Collège»
0' qui y enseigneront, Nous
voulons
qu'ilsoitdonnésurles
revenus dudit College tous les
ans au GrandMaistre quinze
cens livres,au sous- Principal
sixcens livres, aux quatre sous-
Maistres chacun quatre cent
livres; aux deux Regens de
Philosophie, ~(e aux deux de
Rhetorique chacunmillelivres ;
aux Regens de Seconde ~&de
Troisiéme chacun huit cens livres
; aux trois autres Regens
chacun six cens livres; au Regent
de Mathématique six
cens livres; au Bibliothécaire
onze cens livres ; au sous-Bibliothécaire
cinq cens livres;
aux deuxGarçonsservant la
Bibliothèque chacun cent cinquante
livres; au Chapelain trois
cens livres; au Procureur onze
cens livres; à un Agent fous
luy trois cens livres ; le tout
outre le logement dans le College
qui leur fera marqué, & la
nourriture qui leurserafournie
convenablement en commun.
XXXVII.
Sera aujJi donnéau Sieur de
la Poterie, qui a eu le soin des
Livres jusques à prefnt, la
somme de huit cens livres par
chacun an pendant sa vie, en
consideration des servicesqu'il
Il rendus au College.
XXXVIII.
Voulons que le College porte
je norn de Ma^jirini3 qu'il
j)üijJe de tous les droits qui appartiennent
aux Maisons de
FondationRoyale, ~e en conséquence
l'avons déchargé de
tous les droits qui nous auroient
pu appartenir, ou à nos Fermiers,
pour l'acquisitiondesplaces sur
lesquelles il est bafîy> soit à
titre de quint, & de lots ~&
vente ,
d'arnortijJèment eu d'indemnité.
XXXIX.
Dérogeons à tout ce qui pourroit
estrecontraire au present
Reglement dans la Fondation
etnommémentàl'établi/Jernenrt
d'une Académie}pourapprendre'
l'exercice Militaire
,
nonobstant
ce qui est porté par nos Lettres
patentes du moisdeluin1665.
XL.
Et pour les choses qui nefont
contenues dans nos Lettres, ordonnons
que ledit Collegesera
gouvernépar lesStatuts deiTJninjersité
de Parts ,
dont il fait
partie, & que tous les Ofifcier
dudit Collège joüissent des droili
&privileges qui appartiennent
.a:!X ']Jrineipaux & Regens de
l'Université de Paris, SI donnons
en mandement a nos arnez £?feaux les gens tenant nojlre
Cour de Parlement
,
Chambre
des Comptes
,
@J Cour des .Ay:'
des a Paris, que ces presentes
ils ayent a registrer &faire exccuterselon
leur forme @J teneur,
cessant & faisant cesser tous
troubles & empeschemens qui
pourroient estre mis ou donne':\.
au contraire:Car tel est noslre
plaisir. Et afin que ce foit chose
ferme& stable à toujours, nous
avons fait mettre nostre Scel a
cesdites Presentes.DonneaVersailles
au mois de Mars l'an de
grâce mil six cens quatre. vingthuit,
& de nostre regne le quarante.
cinquième.Signé,LOUIS,
@J plusbas,par le Roy, Phelippeaux.
Es à costé. Visa,
Boucherat: &au delJous., Pour
Lettres patentes portant reniement
pour le College M-azarin,
(£pJcellées en lacs de Joje du
zranA'Sceau. de vire verte..
Cesnouvelles Lettres ont
esté enregistrées au Parlement,
à la Chambre des
Comptes, & à la Cour des
Aydes. Le Roy s'est donné
la peinede. faireluy-mesme
ces Reglemens, après avoir
examiné lesarticles delaFondarion
qui ne pouvoient fub-
- si-st.er>. en incorporant le
Collcge dans le Corps de
l'Université.
La Guerre estant de saison,
vous ne ferez pas faschée
d'en voir un Jeu quia esté
invente sur les Echecs. Les
divers avis que je vous ay
envoyez sur ce dernier jeu ,
vous ont assez pieu pour me
faire croire que vous vous
ferez un plaisir de mettre en
usage les regles de celuycy.
L E i E Fi~Y
DE- L-"A- .,.GU-ERRE.
I. LE Champ de Bataille est
un Damier dehuir lignes
en longueur & de huir
eu largeur.
II.
Le Jeu est composé de
quarante-huit pieces en rout;
chaque party en a vingtquatre;
ravoir huit grandes,
& seize petites..
III.
Les grandes sont le Roy,
le General, deux Mareschaux,
deux Colonels & deux En-.
seignes; qui sont tous postez
sur la premiere ligne,le Roy
& le
General
au milieu, ses
deux Mareschaux à leurs
costez ,ensuitse les deux Colonels
! & puis les deux Enfeignes.
IV.
Les petites pièces font huic
Cavaliers qui occupent la
seconde ligne, & huit Fantassins
quioccupent la troisiéme.
v.
Le premier des Cavaliers
est placé au milieu d'eux devant
le Roy
J
&s'appelle le
Capitaine de la
Cavalerie.
Il
doit estre d'une Figure semblableaux
autres Cavaliers,
mais un peu plus grande.
VI.
Le premier des Fantassîns
est placé au milieu d'eux devant
le General, & s'appelle
le Capitaine de l'Infanterie.
Il doit estre aussi d'une figure
semblable aux autres, mais
un peu plus grande.
VIL
La marche du Roy est
comme celle du Roy aux
Echecs, c'est à dire en quarré
& en pointe, ne faisant
qu'un pas à la fois à l'entour
du quarréoù il est
,
& prenant
toutes les pieces du party
contraire qu'il trouve auprès
de foy sans qu'elles
soient défendues.
VIII.
La marche du General est
comme celle de la Dame aux
Echecs, c'està dire en quarré
& en pointe, pouvant faire
autant de pas à la fois qu'il
trouvera de quarrez libres,&
prenant d'un bout à l'autre
d'une ligne les pieces ennemies
qu'il trouveradécouvertes
dans sa marche.
IX. '- fH
La marche des deuxMarefchaux
est comme celle des
Foux aux Echecs,c'est à dire
en pointe sur les quarrez
noirs, celuy qui est sur le
noir&sur les quarrez blancs,
&celuy qui est sur le blanc
prenant ce qu'ils trouvent
dans leur marche d'un bout
a l'autre.
X.
La marche des deux Colonels
est comme celle des Cavaliers
aux Echecs , c'est à.
dire en sautant un quarré de
blanc en noir, & de noir c-ai
blanc, & prenant ce qu'ilsttouvent
en leur faut da
party contraire. Il leur cil
permis de sauter par dessus
les autres pieccs.
XI.
La marche des drux Enfeignes
est comme celle des
Tours aux Echecs, c'en à
dire en quarré
,
faisant un ou
deuxou plusieurs pas devant
ou en arriere ,ou àcostésl le
chemin est libre, & prenant
ce qu'ils trouvent en leur:
marche.
XII.
La marche des Cavaliers
est comme celle des Pions
aux Echecs,c'est à dire marchant
devanteuxen quarré,
& prenant en pointe à costé
d'eux.Ils ne font qu'un pas
chaque fois, excepté le premier
coup qu'ils commencent
à marcher;ils peuvent
en faire deux, passant par
dessus les Fantassins.
XIII.
La marche des Fantassins.
est comme celle des Pionsaux
Dames, c'est à dire marchant
en pointe sur les quarsez
noirs, ceux qui sont sur
le noir & sur les quarrez:
blancs ceux qui sont sur le,
blanc. Ils ne font qu'un pas à
chaque fois, excepté quand
ilsprennent.& qu'ils sautent
par dessus la piece qu'ils
vont prendre. Ils pourront
faire des cou ps de deux &
de trois sur les petites picces
seulement, & quand ils en
auront pris une grande, ils ne
pourront en prendre à mesme
temps une petite; mais ils
pourront bien en prendre
une petite & une grande.
XIV.
La marche du Capitaine de
la Cavalerie est comme celle
des autres Cavaliers, excepté
qu'il pourra reculer, & prendre
en reculant aussi-bien
qu'en avançant de la mefmc
maniere que les Pions aux
Echecs,c'est à dire prenant
en pointe à costé
, & marchant
devant soy
, ou en arricre
du quarré.
XV.
La marchedu Capitaine
de l'Infanterie est comme
celle des Fantassins, excepté
qu'il pourra reculer comme
un Pion damé, marchant, &
prenant en pointe en sautant
par dessus sa piece.
XVI.
Le Roy peut-estreattaqué
& enfermé; mais il ne peut
estre pris 8\ osté du Jeu.
Quand il est ennfermé en sorte
qu'il ne puisse remuer, on * doit dire Victoire, la Baraille
estant gagnée & la Victoire
remportée..Quand il est attaqué
par quelque pièce que
ce soit, excepte par un Fan.
tassin, il faut dire, attaque tut.
Roy ; car il doit remuer alors.
ou se couvrir de quelque
piece
, ne fust-ce que d'un
Fantassin
, ou emporter la
piece qui l'attaque avant que.
d'en joüer d'autres, & quand
il se trouvera fous le saut
d'un Fantassin, il ne remuera
point, fust-cemesme fous
celuy du Capitaine; mais il
fera obligé de rendre un des
Cavaliersouundes Fantassins
qu'ilaura pris dans le part)&
contraire
, & qui fera placé.
incontinent sur la troifiém
ou quatrièmeligne de son
Camp, en un lieu néantmoins
où il n'attaque point
d'autrespieces; s'il n'a point
pris encore ny de Cavaliers
ny de Fantassins à l'autre, il
donnera un des siens que l'on
ostera du Jeu.
XVII.
Le General peut-estre attaqué&
pris par toutes sortes
de pieces, excepté par les Fantassins
qui l'obligeront seulement
à remuer quand il devroitestre
pris par une autre
pièce. Le Capitaine mefma
de l'Infanterie ne le pourra
prendre. Cependant si quelqu'un
d'eux le met en impuissance
de remuer, il fera
pris & mis au nombre des
Prisonniers. Quand on l'attaquera
par un Fantassin
,
il
faut dire, attaqueau General.
XVIII.
Les Mareschaux
,
les Colonels&
les Enseignes pourront
estre attaquez & pris
par toutes fortes de pieces,
mesme par lesFantassins;mais
quand
ils
feront pris par ceuxcy
ou par leur Capitaine
,
ils
seront seulement sequestrez
augurés
auprès du Jeu comme PrisonnierdeGuerre
,& chacun
d'eux fera rendu à chaque
attaque qui fera faite, après
leur prise
, au Roydu party
-qui les aura pris
, & fera remis
au Jeu quand & en quel
lieu il plaira au party à qui il
fera rendu, pourveu qu'il le
placedeson costé en deça de
laligne qui separe les deux
Camps. Il ne se placera qu'aprés
que le Roy se fera ollé
de l'attaque, & si en le
plaçant il attaque quelque
piece de l'autre, cela luy
vaudra un coup joué, autrementnon.
XIX.
Si un simple Fantassin peut
arriver sur la ligne des maistresses
pieces, à moins qu'il
ne soit enlevé à mesme temps
, on luy rendra son Capitaine,
ou celuy des Cavaliers si
l'un ou l'autre a esté pris? &
il fera mis en sa place.. Si aucun
de ces deux Capitaines
n'a esté pris, ou osté hors
du Jeu, il emportera & mer,
tra au nombre des Prisonniers
une des grandes pieces
du party contraire, la plus
proche de luy
, pourveu que
ce ne soit pas le General,& se
retirera à mesme temps dans
son Camp en un lieu où il
n'attaque aucune piece de
l'autre, sans que ce retour
foit compté pour un coup
joué. Si c'est le General qui
est plus proche de luy
,
il en
prendra un autre.
XX.
Quand un Cavalier, fustce
mesme le Capitaine,arrivera
sur la premiere ligne,
on luy rendra une des grandes
pieces prises,ou une autre
qui fera mise en sa place.
La Fable qui fuit vous fera
connoistre le defaut de bien
des gens, qu'une vaine curiosité
engage à parcourir
tous les Livres, & qui ne faû
fant que leseffleurer, perdent
bien du temps, & ont toujours
l'esprit vuide. Elle est
du PereComire,Jesuite, qui
l'a adressée en Vers Latins à
Mr l'Abbé Huet, nommé à
l'Evesché de Soissons
,
&
comme il réüssit admirablement
dans les Ouvrages de
cette nature, elle a trouvé
aussi-tost un Tradacteur.
LE PAPILLON
ET L'ABEILLE.
LE Papillon flatté du brillant de
lès ailles,
Etl'Abeille occupée ajix travaux de
son n'liel,
Voloient au point dujour sur les
fleurs les plusbelles
Que produit lesécours de la Terre
& du Ciel.* Le premier admirant la pompeuse
abondance,
Autant que l'éclat de ces fleurs
J^ue l'Aurore par complaisance
Daigne tous les matins embellir de
ses Mcnr;
Tint À l'Abeille ce langage.
Flattons-nom, mon aimable Soeur,
De profiterdel'avantage
J^ue nom promet du jour l'agreable:
douceur.
Auss-tost.ilsiporteoùson plaisir
l'attire
Il vole impuném, entsanschoix &
sans dejfcin
Sur tant de beautez, qu'il admire,
Et au'uri vaste Parterre enferme
danssonsein.
Luy mesme on le prendroit pour une si ur volante,
TantJes aisles ont de rapport
A la diversité flotante
Desfleurs qu'un doux zephire agite
sans effort.
Quelquefoisd'une Violette
Ilrespire en pa/Jant le parfum predeux
,
Tantost l'accueil dclicieux
D'une Rose entre-ouverte, à contretemps
l'arreste ;
Puisd'un vol carressant il payeses
faveurs;
Tantost d'un beau Soucy dont lafraischeur
leflatte
Ilsuce avidementlafeüille délicate.
Eblouy de tanlde cou/ellrs,
Du bel or d'unNarc!!/è il va chercher
la coupe,
Retiré qu'il est danssonfond
Ils'enyvre en cachette au milieu de
la Troupe.
Aussi-tost d'un sommeil profond
Sur la fraische Anemone -au repos il
se donne.
Son vol est pour ces fleurs, tantost
prompt, tantost lent,
Carressant, importun
,
inquiet, insolent,
Il les cherche ,il les abandonne,
Et toûjours ses derniers desirs
Luj fontperdre le goustdesespremiers
plaisirs.
L'Abeillecependant dans un travail
semblable
S'occuped'unsoinplusloüable,
Peusatisfaite des odeurs
On d'un fard qui se borne à lasuperfeie,
Elle ajjlege toutes cesfleurs
Commesileurs beautez la mettoient
enfurie.
Dans l'ardeurdeson mouvement
,
Elle murmure incessamment,
Et joignant le doux à l'utile
Elle travaille obstinément
Au nectarprecieux qn'un airpur&
tranquille
Dans lefond de ces fleurs transpire
obligeamment;
Par tout où du matin l'innocente
rosée
HumecielejauneSajfwïi,
Ou dusombreHiacinte, ou du Lis
trunfparent
Lafeüille paroist arrosée,
Elley court, elley vole avec empressement,
Etgrosse dItfic qu'elle entire
Elle vient le placer dans son Appartement
Pour en faire àloisir &son miel&
sa cire;
Sans passerpar mépris le rampant•
Serpolet,
Ou la champestre Sarriete
,
Sans negliger du Thim l'innocente
fleurette,
Elle en vole pur tout la fubflance&
le lait. (pelite,
Precieuse ou commune, éclatante ou
Il n'estplante ny fleur dontson
soin ne profite.
Déjal'Astre fâcheux qui ramene la
nuit
Deffendoit aux mortels le travail&
le bruit,
J>luand le Papillon h()r, d'haleine
Fatiguédesesjeux& desesvains
detours,
Trouva l'Abeille dans la Pleine ,
Ou pourse ~rtrer elle avoit prisson
cours.
Aussi tost il luy tint ce langage en
colere. (reté,
Espritd'attachement & de grossie-
Ton travailinutile& ta stupidité
T'ont fait perdre aujourd'huy d'une
indigne maniere
Lesplaisirs d'un jour enchanté.
Nonnon, luy répondit l'AbÚlle.
avecfierté,
Mes travaux nefontpasfrustrezde
recompense,
Vay plus gagné que tu ne penses
,
le sçais mieux menager les momens
que tu pers.
le travaille à ma cire au lever de l'Aurore
Pour offrir desfambeauxauxgrands
Dieux que J'adore,
le prepare du miel au Maistre que
jesers,
Sans m'oublier moy-mesme & mon
propre avantage,
le trouve heureusement dans la douceur
dujour
,
Tout ce qui peut cflred'usage
Pour prevenir du froidl'incommode
retour.
Mais pour toy ,
Papillon paresseux
& volage,
Tu ne t'esattiré par ta Ügertté
Que le pitoyable dommage
D'une penible oisiveté.
Par là chacun de nous comprend
la difference
De l'esprit curieux& de Fefpritfçavant;
Vunse nourrit de lasubstance,
Et l'autre ne prend que du vent.
Ce desordre est commun autant
que déplorable,
Mille esprits curieux entejh,,[anJ'
raison 4• D'une folledemangeaison
D'effleurer les Auteursen deviennent
la Fable.
On peutsans, mettre dusien
, Appeller ces esprits Papillons de
Tarnajfe
Esprits à , qui toutplaist & que rien
n'embarrasse
>
Maisquipassant sur tont n'entrent
jamais en rien;
Sans ordre & sans defjcin ils parcourent
les Livres,
Par leur impatience ils en perdent
le cours,
Etrangers en tous lieux, ignorans
pour toûjours
cEt moins remplisqu'ils ne sont
yvres,
Ingenieux à toutgaster,
Ils recherchent l'odeur & laissent la
substance,
ilspayentàgrandsfrais une illustre
ignorance,
Et voltigeant partout sansjamais sarrefitry
A peine à chaque Auteursemblentilsseprester;
Mais le Sage imitant letravail
, la
prudence,
Et la soigneuse prévoyance
Par où l'ardente Abeille insulte Pt- venir, Contente fin esprit 6* meuble sa
memoire
D'un solide sçavoir qui releve sa
glaire,
Et dont il asceuse munir.
soit au pltts doux Printemps de sa
belle jeunesse
, Soit au plusfort Esté desesbouillans
desirs,
Sait qu'un âge pllN meur arreste ses
plaisirs
Ilprofitefiansfin ,&fieremplitfians
ceJlè. §
C'est toy , que ces emplois occupent
dignement,
Sage &fiçavmtHuct, c'estpour toy
que * rHymmette
* Montagne de Grece chargée de
fleurs.
Sursondoublesommetproduitl'herbe
molette,
Etleparfum du Thim,son plus bel
ornement ;
Romesursessaintes Collines
Prepare à ta moisson les plantes les
plusfines;
Pour toy l'immortelle Sion,
Et le sacréLiban exercentleurs largelfes>.
Et font couler leur miel avec profusion,
C'eif toy qu'avecplaisir ils comblent
de richesses.
Poursuis dans tes emploissi doux,
si glorieux
, Acbeve de charmer les hommes &
les Dieux,
JE~j' Ecris jujqi\llafia d'une si belle vie.
L'Hyverdes ansn'est pointpour
toyy
Ton esprit nepeutestreesclave sous
saloy,
La Mithre ne fera qu'en augmenter
l'envie.
ieune.aiix approches de la mort,
Et triomphant des destinées,
Jïuand un Siecle completachevera
ton firt,
Tes écritssçauront bien dementir tes
années.
Je vousenvoyeun Air nouveau
de la composition de
Mr Martin, quia donné depuis
peuau Public des Airs
serieux & Bachiques à deux
..& àtrois parties, meslez de



Simphonies en Trio pour les
violons & pour les flutes que
debite le sieur Guerout. Les
Vers ne sçauroient manquer
de vous plaire, puis qu'il sont
d'une personne de vostre sexe
dont vous avez admiré plusieurs
Ouvrages.C'est Mademoiselle
des Houlieres qui
les a faits. La beauté de son
genie cil: trop connuë pour
vous en rien dire davantage,
AIR NOUVEAU.
DAns ces lieux rêvons à loisirj
Rien n'y peut troubler le plaisir
fiefenfer au Bergerquej'aime.
Hélas! queceBerger charmant
Nepense t-il à moydemesme!
.:<.:!ilJ penseroit tendrement!
Il n'y a rien qui éclaire tant
l'esprit que l'amour, & pour
peu qu'un Amant soit secondé
dans les entreprises
qu'il fait pour obtenir ce qu'il
aime, ilestmalaisé qu'il ne
reulliiïè. Un Cavalier, amoureux
depuis long-temps d'une
Fille fort bien faite
,
& dont
les manieres & le tour d'espritavoientpour
luy cecharme
engageant qui fait les-é"
troites liaisons, estoit venu à.
bout de luy plaire. Outre
qu'il avoit du bien & de la
naissance, elle luy voyoit
tout ce qu'on peutsouhaiter
dansun honneste homme,
& les sentimens qu'il avoit
pour elle le rendant digne de
ceux qu'elle avoit pour luy,.
si elle eufi: esté en pouvoir
de disposer d'elle mesme, son
consentement pourl'épouser
eust suivy de prés le don de
son coeur. Le Cavalier avoit
gagné l'esprit de la Mere, &
comme elle estoit dans ses
interests, elle avoit mis en
usage toutes fortes de moyens
pour obliger son Mary à le
choisir pour son Gendre,mais
tous seseffortsn'avoientrien
produit. C'estoit un Negociant
estimé fort riche, &
qui ne faisoit que preschet
misere. L'avarice le possedant
jusques à l'excés il cachoit
avec grand foin les bonnes
affairesoù il avoit part, &
lors qu'il faisoitla moindre
perte, c'estoient des plaintes
qu'il portoit partout, mais
il avoit beau dire qu'il estoit
ruiné, on le connoissoit
, &
ce qu'il disoit de son malheur
ne luy oftoit rien de son credit.
L'épargne avec laquelle il
vivoit luy attiroit à toute
h^ire des reproches de femme.
Elle estoitportée à la
dépense
, & c'estoit pour elle
un grand sujet de chagrin de
ne pouvoir luy faire ntendree
raison sur l'aveuglement qu'il
y avoit à vouloir toûjours
amasser du bien pour n'en
point joüir. Lors que sa Fille
eut douze ans, quoy qu'elle
fustsaseule heritiere ,il la mit
dans un Convent
,
& n'oublia
rien de ce qu'il crut pouvoir
l'engager à estre Religieuse.
Il ne la voyoitjamais
qu'il pe luy fin: quelque fermon
sur les vanitez du monde.
La Belle avoit del'esprit,
& sa Mere qui la vouloir
avoir auprés d'elle, luy donnant
d'autres leçons, elle l'écoûta
trois ou quatre ans,
comme estant fort disposéeà
profiter des avis qu'il luy
donnoit. Le temps s'avançant
toûjours, il la pressaenfin de
se declarer,sur ce qu'elle étoit
en âge de prendre l'habit, &
alors avec un air fort modesse
,
elle repond it à ce Pere
avare qu'elle estoit fort perfuadée
que le monde n'avoit
rien que de iné'prisablej
& que tout ce qu'on y pouvoir
trouver de plus attirant
n'estoit que sotise & que ba-'•
gatelle
,
mais qu'afin d'en
estre mieux convaincue ,
il
luy estoit important de s'en
détromper par elle mesme,
& de bien connoistre ce qu'-
elle avoit dessein de quitter.
Ce raisonnement qu'il n'attendoit
pas luy fit dire qu'elle
devoit prendre garde que
l'envie de voir le mondepour
le quitter sans regret estoit
une tentation des plus dangereuses,
mais ce fut en vain
qu'il la combatit. La Belle
demeura ferme dans sa resolution,&
quoy qu'ilpustfaire
pour la retenir dans le Convent,
il fut obligé de la reprendre.
Elle ne fut pas
long-temps avec sa mere sans
donner des marques de l'éloignement
qu'elle avoit pour
la retraite. Ses airs, ses manieres,
& lajoye que luy donnoient
toutes les parties de
plaisir dont on la mettoit,
estoient d'une Fille quin'avoit.
voit aucun dessein de s'enfermer
dans un Cloistre, il le vie
avec douleur) & peur la punir
de ne s'estre pas voulu
faire une vocation de complaisance,
& pour satisfaire
enmêmetempsàson avarice,
il resolut de ne la point marier.
Ainsi tous les partis qui
se presenterent furent rejectez.
Il pretextoit son refus
du mauvais estat deses affaires,
qui ne luy permettoient
pas de faire la moindre avance,
& il ajoûtoitque sa Fille
estant encore fort jeune, rien
ne le pressoitde s'en défaire.
Ce fut dans ce temps que le
Cavalier dont j'ay commencé
à vous parler
,
prit de l'amour
pour elle; il tâcha de
J'en convaincre par mil- le foins obligeans, & le
temps n'ayant servy qu'à
s'accroistre par l'entiere connoissance
qu'il eut de tous
ce qu'elle valoit, il luy demanda
la permissi*on de se
declarer.Elleluy futaccordée
deconcertaveclamerequoy
qu'avec peu d'esperance qu'il
fust mieux receu que ceuxqui
avoient fait avant luy une
pareille démarche.Comme il
avoit plus d'amour que tous
les autres, &: un amour ou
l'interest.n'avoit, point de
part, il setint fort seur de
reussit en se montrant prest
de l'époufer sans aucune dot
mais La generosité luy fut
inutile. LePerenes'enlaissa
point toucher. Sa Fille estoit
toujours coupable pour luy,
ôc il ne pouvoit luy pardonnet
sa sortie. hors. du Convent
Cette resistance à ses volontez
luy avoit fait prendre de
l'aversion pour elle. Il agit
sur ce principe, & s'abandonnant
à ses sentimens bizarres,
il dit que c'estoit perdre
une Fille que de la marier
à dix-sept ans, parce qu'elle
n'estoit pas encore capable de
se connoistre
*
& que quand
la sienne en auroit vingtcinq
,
il fongeroit à luy trouver
un party. Sa femme s'emporta
avec chaleur contre un
caprice si peu soustenable, &
les veritezqu'elle luy dit sur
les raisons. cachées de cet injusterefus, ne servirent
qu'à augmenter sa méchante
humeur. Il ne voulut plus
souffrir l'assiduité du Cavalier)
& toute la grace qu'elle
obtint pour luy
, ce fut qu'il
pourroit encore de temps en
temps les venir voir comme
amy. Cette contrainte n'eut
pas l'effet qu'il s'estoit promis.
Les deux Amans s'enflamerentdavantage,
&comme
la Mere les favorisoit, ils
se jurerent qu'ils ne cesseroienc
jamais de s'aimer.
Heureusement le Pere avoir
une étroite liaisond'interest
avec une autre Negocian rde
la Ville, dont la Femme étoit
extrêmement amie de la
sienne.Elles se voyoient souvent
, & ce fut chez cette
Amie que leCavaliercontinua
devoir sa MaidreffL Le Pere
qui se donnoittout entier à
son commerce
:J
n'examinoit
point ce qui se passoit & sans
s'embarasser des sentimens de
sa Fille, illay suffisoit de ne
rien voir qui puft luy blesser
les yeux, & d'avoir si bien
écarté tous ses Amans que
perlonne ne luy parloir plus
de la marier. Elle rccevoic
toujours millesoins du Cavalier
, accompagnez des plus
tendres asseurances qu'il pust
luy donner de sa panIon, &:
s'il n'osoit la voir chez son
Pere plus souvent que tous
les mois, ce qu'il faisoit régulièrement
pour conserver avec
luy quelque habitude qui
pust luyservirdanslebesoin,
il avoit d'assez fréquents rendez
vous chez la personne
qu'ils avoient mise dans leur
confidence.C'estoit elle qui
faisoit toutes les parties de
promenade & de divercissement.
Le Cavalier ne manquoit
jamais a sy trouver, &:
c'etoient toujoursdes feiies
galantes dont il prenoit foin
en Amant passionné. Cependant
on noublioit rien pour
gagner l'esprit du Pere, mais
il avoir une obstination invincible,
&saFille, faute de
vouloir se faire Religieuse,ne
se pouvoir racommoder avec
luy. On partait toujours des
moyens de le reduire,chacun
cn proposoit tour à tour, &
(nhn une partiefaite par hazard
en fit imaginerun qu'on
resolut de mettre en pratique.
La Ville où il demeuroitétoit
une Ville Maritime, & la
pesche des Thons qu'on faisoiralors
à deux lieües de là,
le long de la cofte, attiroit
beaucoup de monde. Le Negociant
de les Amis estant
allé luy rendre visite avec sa
Femme,le discours tombasur
cette pesche,&le temps eftaht
fort beau,on proposa pour le
lendemain d'aller prendre ce
plaisir. On vouloir qu'il fust
de la partie, &sa Fille qui tâchoit
toûjoursdel'ad oucir,
fit ce qu'elle put pour l'y engager;
mais comme ilfalloit
faire la dépense d'un Bateau
,
&se charger de quelques provisions
pour le disner
, parce
qu'on devoir partir dés le
matin, il fut bien-aise que le
tout to-mbatf sur son AlllY)
à qui illaissa la conduire des
trois Femmes. Le Cavalier
ayant esté averry de cette partie,
dont on n'osa le mettre,
de peur qu'il ne fust trop remarque,
pria le Conducteur
de la Troupe de l'obliger à
descendreàune Maison qu'il
avoit vers ce lieu-là, après
qu'ils auroient joiïy de la
pesche.La chose se fit comme
ill'avoit souhaité.Il estoit
encore bonne heure, lors
qu'on eut vû prendre quantité
de Thons, & quoy que
l'on se fust préparé à un régale
d'Amant, parce qu'on
ce doutoit pas qu'on ne le
trouvait en ce lieu là, on fut
surpris de la maniere galante
dont il receut sa Malilrec.
Rien ne coute quand on aime
fortement. Concerts, Voix;
Musique, tout fut employé;
& après qu'on tut passé quelque
temps à voir sa maison,
qui estoit fort belle, & meublée
tres- proprement, il fit
servir unAmbigu des mieux
ordonnez. On se donnaàla
joye, & il en fit tant paroistre
, que chacun la partagea.
On souhaitoit
1
qu'une si agreable
journée ne finist
point, lors que tout d'un
coup on entendit les vents
qui soufloient,&la Mer qui
mugissoit. Ce mauvais temps
chagrina les Dames. Elles
craignirent que l'orage ne
leur fist courir que l que risque
à leur retour, & elles
le craignirent encore plus
lors qu'oneut fait venirles
trois Matelots qui avoient la
conduite du Bateau. Il leur
parut qu'on avoit trop bien
executé les ordres que le Cavalier
avoit donnez de les
faire boire, & ils eurent beau
les assurer qu'en tenant [OU;-
jours la cofteils vaincroient
les vagues, elles ne voulurent
points'enraporter àcetteassurance;&
dirent qu'il falloit
chercher quelque voiture,
pour s'en retourner par terre.
L'Amy qui les avoit amenées
,
tomba d'accord que ce
feroit le plus seur & il ajoûta
qu'en prenant la Mer, il estoit
à craindre que la tehipeste
ne les poussastassez
loin
,
pourtomber * entre les
mains des Corsaires qui faisoientsouventdes
courses le
long de la cofte. Sa Femme
qui avoit l'erprit fortvif, se
mit à tire aussi-tost, & dit
que Le péril dont il venoit
de parlerluyavoit fait naistre
une pensée qui pourroit
produire quelque chose d'avantageux
pour les deux Amans.
C'estoit de demeurer
touscachez, fort à leur aise.
deuxou crois jours chezle
Cavalier, après quoy son
Mary retournerait seuldans
le Bateau, & fuppoferoit une
rencontre de Turcs qui se se-T
roient saisis des troisFemmes,
&: qui l'auroient renvoyé
pour aporter leurrançon qu'-
on feroit monter à une somme
considerable; que le Pere
de la Belle n'osant abandonner
sa Femme & sa Fille, se
resoudroit à donner une partie
de la somme, & que la
Cavalier luy allant offrir sa
hourse pour fournir lereste,
pouroitl'engager à consentir
à son mariage.L'expedient réjoüit
laCompagnie.Le Cavalier
qui en fut charmé, pria la
nere de ne s'y pasoppofer.On
examina ce dessein àfond,
& après qu'on eut longtempsraisonné
surla maniére
de le faire réuissir, il fut
arresté que le Cavalier retourneroit
à -la Ville, afin
d'empescher que son absence
nefist soupçonner qu'on eust
concerté cette avanture. Il
prit tous les soins requis faire pour
que rien ne manquait
aux Dames dont il s'éloigna
avec beaucoup de chagrin,
& on s'assura des trois Matelots,
qu'ilfut aisé de gagner.
Ils dépendoient de
celuy qui devoit mener l'intrigue
,
& ils allèrent cacher
le Bateau à un lieu qu'ils connoissoient
fort enfoncé dans
la coste. Le Cavalier rentra
le soir-mesme. dans la Ville,
& se montra en differens
lieux , mais ce ne sur que le
lendemain qu'il oiïit par ler de
la petite Troupe qui n'estoit
point revenue. Le Negociant
paroissant fort alarme, alla
se'n informer à tous ceux
qu'il sceut qui avoient esté
prendre le jour précedent le
divertissement de la mesme
Pesche.Chacun luv dit qu'on
y avoir veu son Amyavecles
troisDames,& que puis qu'ils
neitoienc point revenus avant
le gros temps, il y avoir
bien à craindre que leurBarreaun'eust
pery. On lecrut
d'autant plus faciieinenc, qu'-
on eut nouvelles certaines
dans le mesmetem ps qu'il
s'en estoit perdu plufieursde
Pescheurs par la violence de
la tempeste. Le bruit du malheur
qu'on pretendoit luy
estrearrivé, s'estant répandu
presque aussi-tost par toute
la Ville
, on alla chez luy de
toutesparts luy faire lescomplimens
de condoleance,
qui font ordinaires dans ces,
fortes d'occasions. Le Catalier
y alla comme les autres,
& eut le plaisir de recevoir
pour réponse, qu'il
avoit sujet de prendrepart à
sa perte ,
puis que sa perseverance
l'avoit fait
resoudre
à
consentir à son mariage dans
fort peu de temps. Quoy
qu'ilaffectastdetémoigner
beaucoup de douleur, on ne
laissoit pas de démêler qu'il
se consolois de n'avoir plus
ny Femme ny Filleparce que
cet accident, qu'il disoit
chrestiennement qu'il falloit
souffrir de la main de Dieu , luy épargnoit beaucoup de
dépense qu'elles l'obligeoient
de faire.La Mer s'estant montréeassez
calme après trois
jours de tempelle, l'Amy
du Négociant revint seul
dans son Batteau, comme
on l'avoir projette. On ne
l'avoit pas plûtost veu paroiil:
re, que tout le monde
s'assemblaautour de luy pour
sçavoir son avanture. Il s'acquitta
admirablement bien
du conte qu'il avoir étudié.
Il ditque levent s'estantélevé
tout d'un coup le jour de
la PeÍèbe, ses Matelots avoient
esté emportez malgré
eux en pleine Mer; que lors
qu'ils voyoient à tous mornens
les flots ouverts pour
les engloutir, une Tartane
sVftoitavancée vers eux; que soixantecinqCorsaires
Turcs,ouAlgériens,yavoient
paru le sabre à la main, & les
avoient faits esclaves; qu'ils
avoient d'abord tourmenté
leurs Matelots pour sçavoir
qui ilsestoient, & qu'ayant
appris par eux qu'ilssemêloient
du negoceilsavoient
fixé leur rançon à cent mille
francs;que si-tostque l'orage
avoitcessé,ils l'avoient renvoyé
dans le Bateau afin qu'il
pustleur apporter cettesomme;
que pourluyil aimoit
mieux qu'il luy en coutast
cinquante millefrancs, que
de laisser ce qu'il avoit de plus
cher dans l'esclavage,& qu'il
,
venoit demander a son Amylesautres
cinquante mille
francs pour luy ramener sa
Femme & sa Fille. Cette nou- vellequ'on fit courir aussitost
de bouche en bouche luy :lvoit
esté portée avant qu'il
allast chez luy. Il le trouva
dans un desespoir inconcevable,&
ses lamentations firent
connoistre qu'une Rançon à
payerestoit pourluy un
malheur plus grand que la
véritable mort de sa femme
& de sa fille; il sembloit
même que ce luy estoit quelque
forte de chagrin d'apprendre
que l'une & l'autre
estoit encore vivante. Il dit
d'abord avec une espece de
fureur,que puis qu'on sçavoit
le lieu où l'on trouveroitces
miserables Corsaires, illes falloit
aller attaquer,&qu'il ne
feroit pas difficile de serendre
Maistre d'uneTarrane.On
luy répondit quec'estoit un
seur moyen pour envoyer les
trois femmes en Barbarie
>
puis qu'ils ne manqueroient
pas de prendre la fuite des
qu'ilspourroientdécouvrir
qu'on viendroit à eux avec
des forces qu'ils auroient à
craindre. Cecte raison le fit
acquiescen mais elle ne le put
convaincre de la necessîté
qu'il y avort de donner les
cinquante mille francs qu'on
luy demandoit. Il dit que de
quelque façon que ce fust, il
ne pouvoit éviter d'avoir le
chagrin de laisser sa Femme
& OL Fille esclaves
,
puisque
les pertes qu'il avoir faites
depuis cinq ouannées ne
luy permettoient pas de les
racheter
racheter au prix où leur Rançon
avoit esté mise. Sonamy
qui témoignoit une excreme
impatience d'aller porter sa
part aux Corsaires qui ne
vouloient pas attendre longtemps
, offrit de luy avancer
ce qui devoit luy revenir
d'une affaire qu'ils avoient
faite ensemble depuis peu de
temps, & deux Marchands
qui se trouverent chez luy,
& qui luy devoient payer
dans six mois de certaines
sommes,voulurent bien les
donner sur l'heure pour le
tirer de l'embarras ail il se
,trouvoÍt.Letout montoitenviron
à dix mille écus, qu'il
estoitau desespoir qu'on luy
fist avoir comptant; il fut
contraint d'abandonner cette
somme, quoy qu'avec de
longs gemissemens, & il protestoit
qu'illuyestoitimpossible
de fournir le reste quand
le Cavalier entra. Il luy expliqua
douloureusement les
angoisses qu'ilsouffroit, &
le Cavalier l'ayant consolé le
plus humainement qu'illuy
fut possible) le pria de
trouver bon qu'illuy apportast
ce qui manquoit au payement
qu'il falloit faire, &
qu'il regardast sa Fille comme
estant déja sa femme,puis
qu'il luy avoit declaré le
jour precedent le desseinoù
il estoit de la luy faire époufer.
Cette offre luy fut le
sujet d'une extrême joye au
milieu de son chagrin. Il
l'embrassa plusieurs fois, &:
après l'avoit loué d'une gcnc-.
rosité si peu attenduë
,
il dit
pour la reconnoistre que sa
Fteilslteabquleidleemruainngoeiat ipsoanr la dequ'elle
avoit euë de voir une pesche,
ne meritoit pas qu'onU
tirast des mains des Corsaires.
Il vouloit leur aller porter
l'argent luy-mesme,croyant,
quelque Barbares qu'ils fussent,
que l'affiiction où ils
leverroientlesobligeroit de
se contenter de la moitié de
la somme. Son Amy feignit
d'y consentir, mais sans répondre
qu'ils ne Penlevassent
pas pour tirer de luy une seconde
Rançon, parce qu'il
n'y avoit point de plus grand
malheur que d'avoir affaire à
des Infidelles. La frayeur le
prit, & il jugea à propos d'abandonner
tout à la conduire
de son Amy, qui s'en retourna
le soir dans son Bateau
, &alla trouver les Dames.
Ses Matelots avoient
tenu le mesme langage, & se
plaignoient du rigoureux
traitement que leur avoient
faitles Cor saires pour les forcer
de parler Ainsiil n'y avoir
aucun lieu de douter de l'avanture.
Le lendemain toute
la Troupe revint, & les
Femmes joüerent parfaitement
bien leur personnage.
Toutes leurs Amies les aile-,
rent embrasser au Port. Ce*
toit entre elles à qui peindroit
mieux l'extrémefrayeur
que plus de soixante vilains
Turcs leur avoient causée.
Il sembloit qu'elles fussent
encore dans leurs mains, tant
elles montroient une imagination
vivement frapée de
ce qu'un voyage en Barbarie
leur avoitfait craindre.Vous
pouvez aifémerit vous figurer
de quelle maniere l'avare
Negociant receut sa Femme
& sa Fille. Il s'emporta
jusques à l'excés
, & ce
fut sur tout contre la derniere
qtfil fit éclater son refferuiment.
C'estoitparticulierement
pour la divertir
qu'on avoit songé à faire la
partie de pesche qu'il payoit
si cherement, & la regardant
comme lacause detous
ses malheurs par le refus obstiné
qu'elleavoit fait de pasfer
sa vie dans un Convent, aprés luy avoir défendu pendant
plusieurs jours de se
montrer devant luy, il dit
brutalement à sa Femme, qu'ill'avoir promise au Cavalier,&
qu'il pouvoit s'en
charger quand il voudroit,
sans qu'on luy demandast autre
chose que son consentement
pour le mariage, parce
qu'il n'avoit pas mesme un
habit àluy donner. LeCavalier
qui l'auroit prise pour
rien, & à qui le faux conte
des Corsaires faisoit toucher
les dix mille écus qu'on luy
avoit arrachez, prosita de
sondépit, & fitavec grande
joye toute la dépense de la
Noce. Le Pere pour qui la
veuë de sa Fille estoit un
supplice, ne voulut pas s'y
trouver ,& tomba dans un
chagrin dont tout ce qu'on
put luy dire ne fut point capable
de le faire revenir. Il
parloit sans cesse de l'argent
qu'on luy avoit fait donner,
& ce qui augmenta son desespoir
, la tentation que les
Femmes eurent de parler fut
causequ'il leur échapa quelques
paroles,qui firent dire
que l'avanture des Turcs
pouvoit bien n'estre pas
vraye. Le bruit en vint jusqu'à
luy, & on luy en fit
quelque raillerie. Les plus
fortes assurances que son A.
my luy put donner du contraire
, n'eurent point assez
de force pour luyoster de
l'esprit qu'il avoit estédupé;
& enfin soit qu'on l'eust
trompé,ou non, n'ayant besoin
ny de Femme ny de Fille
, il les devoit laisser enlever
aux Turcs, s'il estoit
vray qu'ils les eussent euës
en leur pouvoir, &pretendoit
avoir fait une fort grande
sottise de donner dix mille
écus. Le repentir qu'il en
eut ne luy laissa plus goûter
de repos, & enfin à force
dese chagriner il fut saisi
d'une fiévre violente qui luy
Et tourner resprit. Il ne resista
que fort peu de jours, &
s'avisa de mourir,quoy qu'il
cust pu encore s'en passer
pendant un assez grand nombre
d'années
,
puis qu'illaissa
pour plusdecentmilleécus
d'effets,& que c'estoit dequoy
vivre. Sa succession accommoda
la Mere & la Fille, qui
se voyant délivrées d'un
homme qui les contraignoit
en toutes choses,ne donner
rent à sa mort que des larmes
de bien- seance. Elles
n'eurent pas besoin de beaucou
p de tem ps pour les et
suyer, & la vie tranquille
qu'elles commencerenr à mener
ensemble, les eut bicntost
consolées de cette perte.
Le Maire &lesEschevins
de la Ville de Troye
,
Capitale
de Champagne.ontdonné
des marques du zele qu'ils
ont toujours eu pour Mr le
Maréchal Duc de Vivonne,
quiecoic'teur Gouverneur, en
faisant faire sesobsequesavec
beaucoup de magnificence.
On les commença le3. dece
mois par le son des Cloches
de toutes les Eglises, & ce
son continua jusqu'au lendemain
midy.La Ceremonie se
fit dans la Cathedrale. Elle
estoie toute cendue de drap
noir depuis le haut jusqu'en
bas, dans la Nef & dans le
Choeur, avec une bande de
velours noir au milieu) & un
tres-grand nombre d'Ecussonsaux
armes du Défunt. Il
y avoit une Chapelle ardente,
éclairée d'une infinité de
Cierges blancs sur des Chandeliers
d'argent. Mr le
Doyen celebra la Méfie> qui
fut chantée par une excellente
Musique. M. l'Evesque de
Troye y assista,avec le Maire
&les Eschevins) qui se rendirent
à l'Eglise, précédez
de huit Compagnies, & la
Bourgeoise fous les Armes,
*i
,;,,\,.si
avec leurs quatre Sergens &
Huissiers deVille, revestus de
deuil. Ils estoient suivis du
Corps& desOfficiers de quartier.
Ceux du Presidial, dela
Prevosté,de l'Election, & du
GrenieràSelyafliftereneauffi.
Le Roy fit au commencement
de ce mois la distribution
des Benefices qui étoient
vacans, & comme Sa
Majesté choisit toujours de
dignes su jets pour les grâces
qu'illuy plaistdefaire, Elle
donna
cefe de Limoges. Il est frere
de M. de Saint Viance,
Lieutenant des Gardes du
Corps.
A M. l'Abbé de Genest,
l'Abbaye de Saint Vailemer,
Ordre de Saint Augustin,
Diocese de Boulogne. Son
esprit a paru par ses Ouvrages.
Il a remporté le prix de
l'éloquence a l'Academie
Françoise, & a fait une tresbelle
Epistre en Versà M.de
laBastide, pour l'exhorter à
prendre le party de revenir à
la vraye Eglile. On le trouva'
si instruit dans l'Histoire &
dans la Géographie, qu'on
le mit auprès de Madame la
Duchefli, & depuis le mariage
de cette Princesse il a
esté mis auprès de Mademoifelle
de Blois, où il reussit
avec beaucoup d'avantage.
A Mrl'Abbé-Balon,l'Abbaye
de Saint Leonard de
Ferrieres
,
Ordre de Saint
Benoist,Diocele de Poitiers.
Il est Fils d'un Hussier de la
Chambre, qui à la Pepiniere,
c'est à dire, le foin & la
garde des Arbres qui fervent
aux Maisons Royales.
**''*.vivft'*/V.v
-
A M. l'Abbé de Buffi
Rabutin, le Prieuré de Nostre-
Dame de Lespan, Diocese
d'Auxerre. Il eH Fils de
Mrde Buffi Rabutin, de l'Academie
Françoise, qui a esté
Mestre de Camp de la Cavalerie,
& dont les Ouvrages
font l'éloge.
A Mr l'abbé de Canil-
14c, le PrieurédelàBajafle.
Il est d'une des plusillustres
Maisons du Royaume, Mr
son Frere, Exempt des Gardes
du Corps,a beaucoup fervy
: ôc a receu diverses blessures.
A Dom Charles Hamnotte,
l'Abbaye Reguliere de
Choques, Ordre de S. Augu.
stin, Diocese de Saint Omer,
Il estoit Prieur de cette mesme
Abbaye.
:
,;'
A Madame d'Aussonville
de Vaubecourt, l'Abbayede
Sainte Hoilde, Ordre de Cifteaux
, Diocese de Toul. Elle
estoit Prieure dans cette Maison
; & a un second Frere,
Anmônier du Roy depuis
deux ans. Il s'est acquis une
grande estimesians la Faculté
de Theologie, auprés de tous
ceux quil'ontvûsurlesbancs.
A Madame le Peletier,
Soeur de Mr le Contrôleur
General, l'Abbaye de Nostre-
Dame de Troyes, Ordre de
Saint Benoist.Elle estoit
Prieure de la Villel'Evesque,
&amené une vie fort exemplaire.
Ainsi les Religieuses
qu'elle quitte ne la perdront
pas sans regret.
Les Vers que vous allez
lire font fort estimez. Il ne
faut pas s'étonner s'ils plaisent
» puis qu'ils font de Mademoiselle-
des Houlieres.
CAPRICE.
Q
.;..J
Velssontencorles maux que le
Cielmepréparé?
ou vient que je verse des
pleurs? -
,
D'un Destin cruel & hizart
le nay désa que trop éprouvéles
rigueurs.
JOueje te crains, Amourîtu meparois
terrible.
Tournesurdautres coeurs tes invincibles
traits ;
Ames malheurs rens-toy sensibley
Mt-de mon faible coeur ne trouble pointlapaix.
A ton orçueill'Vnivers "Ditjù¡;'
fire,
TIIfournetsà ton gré les hommes &
lesDieux
Vn coeur de plut fous ton Enfr
pire
Te rendaut-ilplus glorieux? Afranchis-moy de cette Loy commune
,
Et laisseà Caveugle Fortune
Lesoin de mepersecuter.
Unisy Dieu cruel, voudroit-tu me
surprendre?
Quelstransports iuconnus me viennent
agiter?
Le trouble dans mon coeur commente
, à se répandre, i
Héraism sur l'amour travaills à
l'emporter
Tu nesçauroispour me défendre
Et pour m'empescher de me
rendre,
Tefaire ajJe'f:tost écouter.
&
Sans cesse une idée agreable
Vient dans mon ame attaquer ton
pouvoiry
oronte me paroisttous lesjours plu*,
aimable,
Etje ne puissanspeineestrre unjour
sanslevoir.
Jjht'Orente,helas, est redoutable
llaifln ,combasplus vivement,
Tu ne peussuçcombersans honte,
Redouble mesfrayeurs par un engagement
Où tout est dupArty d'Oronte.
Ainsi s'entretenoit unjour
L'aimable Iris au bord d'une Fontaine.
Ses charmes,ses malheurs ont redoublé
la haine
Quej'avois déjà pour l'Amour.
REPONSE
Sur les mesmesRimes. piQvrquoy vom figurer que le
Ciel vous prepare
Des maux qui méritént vor
pleurs ?
D'un dessin cruel& Bizare
Aprés avoiréprouvéles rigueurs,
Tokrcjuoj craixdrelamar ? qu'or
t-il de si terrible?
,efit d'appréhenderses traits,
Ilsçaura vous rendresensible ,
Et laissesvostre coeur enpaix.
Iris, celll vous doitsuffire
,
En vain l'Amoursoûmetles hommes
& les Dieux;
Si vostre coeur manquoit àfou
empire,
Il en feroitmtinsglorieux. (1
lenae7f- vous à la Loy commune
; Moins aveugle que la Fortune,
L'Amour ne cherche point à veut
persecuter,
Asescharmespuissans
,
ah
,
/4iffiZvous
surprendre.
Mais quels nouveaux tranfporPs
viennent vous agiter ?
Ce qu'en vous l'Amoursçait répandre
Sur
Sur la rdijOfi<v.i 1LîHjsi-rttr*
Yuu; iie ('(;iViZj)11'* (",Ji?)'di- f/idrc;
Du mmnoii-.its-- .l,..;1.;;t, que de vom '1.J,~ al 4. YV': rendre,
Daignez, un moment «?'1corner
r"f
Banissezparpitié celteideeiigïcjblc
J^rti-vkï/tdétruire mon cfiotr.
Qu'Oronte medcflaiJI- lors qu'il
vous fcmble aïmible.
.fèl je fltdis heureux dene jamais
le voir! - .< ^uOronte efipourmoj re- doudoutable
!
^ue.fçn bonheurmetouche vivement
!
- J'en meurt de dépit & dehonte.
Ah
,
quelfatalengagement,
Sivofhccoeur cftpour OrOfde!
Ainsise plaignoit l'autre jour,
Tircis au bord d'une Fontaine,
Où pour Orente il montroit moins
de haine,
Jïue pour Iris il ne montroit
d Amour,
Je ne vous parleray point
des réjouïssances qui ont esté
faites à Paris pour laPrise de
Philisbourg, parce qu'elles
feront comprises dans la Lettreparticulierequi
contiendra
toute la Campagne de Monseigneur,
maisCharmes ayant
esté des premieres à suivre l'exemple
de cette grandeVille,
il est juste de la distinguer
dans cette Lettre. Le II. de cc
mois, jour de Saint tYlarrin,
les Habitans s'estant rendus
en armes sur les deux heures
aprés midy dans la Place de
l'Hostel de Ville,& dans les
ruës voisines
,
fous le commandement
de Mr de Magny,
Major de la A' Ville,
furent divisez en trois Corps
distinguez par des Drapeaux
que les principales Communautez
avoient fait faire
exprés, & par les anciens
Drapeaux dela Ville qui sont
portez en de pareilles occasions.
Cette Milice, au nombre
de quinze cens hommes,
s'avança jusqu'au devant de
la principale porte de l'Eglise
Cathedrale de Nostre Dame,
où elle fut rangée en bataille,
& preceda le Corps de
Ville, qui estoit conduit par
M Nicole
, premier Preddent
, Lieutenant General,
& Maire perpetuel de la Ville,
& qui entra dans l'Eglise,
oùs'estoient rendus les Corps
du Presidial, derEleétionJ
& des Juges Consuls. Le Te
Déum fut chanté en mesme
temps par une excellente
Musique,meslée devoix &
d'instrumens
, avec un motel
composé sur ce fujer. Toutes
les salves & descharges de
Mousqueterie qui se firent
pendant cetemps, rendirent
la ceremonie tres -
auguste.
Quand elle fut achevée,le
Corps de Ville s'en retournaarHoiM
de Ville>devant
Lcsuel on alluma un grand
feu, & à l'instant on ouvrit
quatre fomaincs.de-v'in>
qui coulerent jusquà la nuit,
au commencement de laquelle
il y eut des feux de
joye dans toutes les i-iiel-s,
un nombre infinid'illuminations
aux fenestres. Cette
premiere rejoüissance sur terminée
par un feu d'artifice,
que les Maire & Echevins
firent jouër dans la place publique
,. & par un Ballet que
les principales Dames danserent
dans la grande Salle
de l'Hostel de Ville. Le Dimanche
suivant les Artisans
se mirent encore fous les armes,
& le Corps- des Marchands
a prés avoir fait allumer
un grand feu de joye,
enfitjoüerund'artifice. Cela
futaccompagné de tout ce
qui peutmarquer une en*.
tiere rejoüissance.
Le 17. du mesme mois, les
Marchands, Juge & Consuls
dela mesme Vi11e, firent
une feste particuliere pour
laquelle M Camiaillc» Juge
en exercice
?
donna tous les
ordres que l'on pouvoir souhaiter.
Il disposa la marche
des six Corps selon leurs
rangs; ceux qui prirent les
armes suivirent leurs Capitaines,
Enseignes & Sergent
qui les disposerent en haye
dedans & dehors la grande
Cour de l'Hostel ordinaire
des Marchands, au son des
Tambours & desHautbois
de la Ville. Dans la reveuë
qui s'en fit lestrois premiers
Corps furent à?-la* teste, les
troisautresàla queüe, chacun
tous ses Enseignes , &
dans le milieuestëit le Corps
Consulai«re*quii.fafisoit un nombre considerabled'anciens
Juges & de Consuls;
tous vestus denoir fortproprement.
Surles deux heures
aprésmidy , les Marchands
armez s'étend irent à dix pas
de la porte de leur Hostel ,
pour precederle Corps culfiiivic M1
,
Omiaillé Juge & ses Conteihers.
On alla au Palais.
EpiiCôpal , où trois Salves
de Mousqueteriefurent
tirées 'dans la grande Cour, &
Ênsuite on se rendit en l'Eglise
des Cordeliers ,
où les
"Religieux entonnerent le jhf
TYeum) qui fut suïvi de l'Exaudiat.
Cela estant fait
, on
prit Io chemin de la grande
Place dbs" Halles, où le feu
de joye estoitdressé. Il avoit
vingr pieds d'élévation
,
&: la
Figure d'une Tourelle quarïée.
Il futallumé au bruit des
tambours,des Hautbois,& de
diversesdescharges qui furent
faites par la milice Marchande.
M CamiailleJuge,avec
tous ceux qui l'accompagnoient
, s'estantacquité de
cette ceremonie, fut reconduit
dans le mefinc ordre à
l'Hostel ordinaire des Marchands.
La court qui estoit
ornée des armes du Roy & de
son Altesse Royale? comme
Duc de Chartres,parut
le foir fort illuminée. Il y
eut un grand régale donné
r> , & une fontaine de vin coula
par deux canaux différens.
Sur les sept heures la nlcftnemilice
Marchande, qui conduisit
son Chef aux lfambeaux,
retourna dans lagrande
Place des Halles,dans le milieu
de laquelle on avoit
dreile une maniere de Forte.
rené de forme triangulaire,
sur.,nont,ée d'un Soleil. Trois
rouës qui sorroient des trois
angles , avec toute cette machine
remplie de feux d'artifice
,
depetards, & de quantité
de longues, fusées
,
sirent
un effet fort divertissant.
Le jojurdelapçtfedeSJvlarna
le Te Deum fut aussi chanté
pour la même occasion dans
l'Eglise Cathedrale de Bourges.
M l'Intendant de la
Province y assista à la teste du
Presidial ,ainsi que tous les
Corps de Justice de la Ville.
Enfuicc-on alluma ungrand
Feu dans la Place Ducale, &
tousles Habitans en signede
réjouissance en allumerent le
foir devantleurs portes avec
quantité d'illuminations,
La mesme Ceremonie a
esté faire à Retel. Les Echevins
Gouverneurs de la
Ville s'ellanc rendusencorps
dans l'Eglise principale, assistèrent
au Te Deum,
, avec
les OfficiersduBailliage &
de l'Election aussi en Corps.
Ensuite les Echevins allumerent
ungrand Feu dressé
devant l'Hostel commun de
la Ville. La Compagnie des
Arqucbuziers estoit fous
les Armes, & fit plusieurs
décharges de Mousqueterie,
aprèsquoy les Echevins
donnerent un grand Regale
dansrHoadde Ville,oùla
santé du Roy, & celle de
Monseigneur furent beuës
aux acclamations de toute
l'Assemblée.
La Chambre des Comptes
deBretagne établie à Nantes,
qui signala son zeleavec tant
d'éclat, lors que toute la
France rendit graces à Dieu
du recouvrement de la Santé
du Roy, si precieuse à tous
ses Sujets, a voul u donner
des témoignages particuliers
de sa joye pour les conquestes
de Monseigneur. Ainsi elle
ne s'est pas contentée d'assisterauTe
rveum qu'onachanté
dans la Cathédrale;elle se
lendit le Lundy 15. de ce mos
en habits de cérémonie dans
le Palais de la Chambre, d'où

Personnes de qualité de l'un
&de l'autre sexe, se rendit
dans des Maisons devant la
Place la plus proche de cet
HôteL.On y avoit preparé un
Feu d'artificequ'on fit joüer
au bruit du Canon, & d'une
infinité de cris de Vive le
Roy, aprés quoy on retourna,
dans le mesme Hostel, qu'on
trouva illuminé par dedans.
& par dehors, & où cette
illustre Compagnie fut rcgalée
avec beaucoup demagnificence.
On fit diverses. décharges
d'une grosse Artilleriea
dans le temps qu'on but
la fanté du Roy & celle de
Monseigneur On dansa après
soupé,&chacunforrit entièrement
satisfait des ma-1
nieres obligeantes de Mr le
premier President. La Chambre
des Comptes de Bretagne
dont il est le Chef,est unedes
plus anciennes Compagnies
Superieuresdu Royaume.Elle
a été établie par les Ducs Souverains
de laProvince.C'étoit
elle qui composoit leur Con,
seil,&elle estoit le premier
Tribunal du Pays, lors qu.-
Anne de Bretagne
,
heritiere
du Duchéépousa Charles
VIII. & Loüis XII. La
Province ayant estéunie à la
Couronne par le mariage de
cette Princesse, on régla cette
Compagnie sur le pied de la.
Chambre des Comptes de
Paris. Elle a toujours conservédepuis
ce temps-là. un
profond respect & une fidélité
inviolablepournosRois.
Les mesmes actions de graces
ontesté rendus en l'Abbaye
de Gomer-Fontaine.
Madame de Medavi de Grancey
qui en est Abbesse, en
avoir donnéles ordres. Aprés
le Te Deum il y eut des Prières,
& une Procession pour la
fanté & prosperité du Roy &
de. Monseigneur
, ce qui fut
fait aveç beaucoup de dcvotion
& de pieté.
La Conqueste de Philisbourg
adonné lieu a degrandes
réjoüissancesqui ont esté
faites en differens lieux. Le
zele de Madame la Duchesse
DoüairieredeVentad our s'cll
distingué par celles qu'elle a
fait faire dans son Château
deVigny, Mrde Riants,r.u-«
cien Procureur du Roy au
Chasteletde Paris , n'a pas
oublié de marquer sa joye
dans la mesme occasion, par
une Feste particuliere.
Le 17.de ce mois, le Pere
SOlining
,
Jesuite,Regent de
la Seconde dans le College
de Loüis le Grand, y fit prononcerunPceme
Heroïque
de sa composition sur la
Prise de cette importante
Place. Ilfutécouté avec beaucoup
de plaisir, & receuc
d'une assemblée fort nombreuse
tous les applaudissemens
qu'il pouvoit attendre.
Il s'y trouva plusieurs personnesdequalité&
d'érudition.
La Salle estoit fort illuminée,



& l'on y voy oit quantité
d'Inscriptions & de Devises.
.àallaargrllooiirree de MMoonnsfceiiggnneeuurr
le Dauphin.
L'Air dont vous allez lire
les paroles ne peut-estre plus
nouveau, puis qu'il a esté fait
sur le de part de ce Prince
pour Philiibourg. Il est de
Mr Champenois,Maistre de
Musique.
AIR NOUVEAU.
ALlez,jeunesGuerriers
,
allez,
chercherlagloire,
rH itoïv.'suMats'"L'c'/ss rncne' à
la Victoire ;
ilriejt pointd'Ennemis
Jïui devant luy ne soientfonim
Tout va trembler
, tout va se
"-B*" rendre
Et cest assez,qu'ilsoit le Fils
Du GrandLOVIS
Tour oser tout entreprendre.
Je vousenvoye un Ouvrage
que chacun recherche,&
qui vient detomber entre me
mains. C'est un Ecrit touchant
les Droits de Madame
sur la Succession de feu MHi
l'Electeur Palatin son Frere.
Il n'y a rien de plus curieux,
ny qui foit plus de faison. Il
s'agit d'une chosequi fait
l'entretien de toutlemonde,
1 -
& que quantité de gens ignorent.
Je ne voudrois pas mesme
vous assurer que Madame
n'eust point encore d'autres
raisons pour lesapuyer ; ainsi
sans pretendre qu'on doive
borner par là les droits de
cette Princesse, je vous fais
part de l'Ecrit qui s'est fait sur
ce sujet, & que j'ay oiiy fort
estimer
, par des personnes
qui connoissent à fond ces
fortes de matieres, sur lesquelles
elles peuvent estre:
consul tées.
LES DROITS
droit efi établi par une disposition
du Traité de Mun^ery confirmative
de plusieurs Áacs, &
entre autres de plusieurs investitures
simultanées,parlesquelles
l'Ainé de la Branche de Neubourg
comme l'Ainé de toutes
les autres Branches de la Aîau'
son Palatine, Aprèsl'Ele£loraley
est appellé à cette Jucce/Jion ,en
cas de l'extinction de l'Electorale.
Pour ce qui est du grand
Vicariatdel'Empire
)
c'est une
contestation entre les Electeurs
Palatin & de 'Bavière qui n'est
pas encore terminée.
Al'égard des meubles appartenans
à feu Mr l'Electeur, il
pouvoit y avoir quelque contestation
entre les deux Electrices
Veuves, l'uneMere, &
l'autreEpouse du Defant
, &
Madame la vieilleDouairiere
estant morte depuis la mort de
son Fils ,&la jeune ayant esté
satisfaite par les reprises de son
Contrat de mariage &pour ses
autres pretentions, les meubles
de la succession de feu
Ml'ElecteurPalatin, ont esté
délivré% au Sr Moras, envoyé
par Monsieur dans le Pays, @r
Mr le Ducde Neubourg, aujourd'huy
Electeur Palatin, les
a cedezsans beaucoup de peine.
l'ay ouy dire que les Electeurs
Palatins du Rhin possedoient
quelques biens Allodiaux, mais
je n'en scais aucun détail. Depuis
l'établissement de la Province
qui compose l'Electorat
Palatinat du Rhin, les Electeurs
sefont mis en pojfcjjton de
quantité de Fiefs, de Terres &
de Seigneuries qui ne dépendent
point de cét Eleélorat
, comme
font ceux de Simmeren
,
de
DeuxPonts,deLuez,d'Elstein ou
la petite Pierre, de Case-Loutre,
d'IngeUheiny d'Oppenhein, de
Neubourg , de Sulzbach
d'Amberg , &c. qui sont venué's
aux Comtes Electeurs par
usariage, par Contrat d'acquisition
, ou par engagement.
Kaisers-Lautern, que nous
appellons Case-Loutre en François,
& Lutræ Cæsæ, ou plutost
Qefarear en Latin, est une
Ville capitale d'un Bailliage qui
en porte le nom. Elle est environ
à une journée au delà
de la Sare, àsix lieuës de
Hombourg.L'Electeur Palatin,
comme Seigneur de Caseloutre
a seance aux Dietes Impériales
dans le College des Princes.
CetteVille &sonBailliage ont
appartenuà l'Empire & à
l'Empereur immédiatement
,
mais en 1405.ilsfurentengagez
par l'Empereur &par l'Empire
à tEleBeur Palatin.Monsterus
en parlant de Kaisers-Lautern
dans sa Cosmographie y ajoute
les Villesd'Ingelshein & d'Oppenbeim
& dit que le prix de
l'engagement fut de cent mille
Florins, c'est à dire de deux
cens mille livres monnoye de
:France, mais il datte cet engagementdel'année1402.
Comme
les engagemens peuvent paffrr
fUx Femmes,jecrois que Madamei
peut heriter de ces trois
Seigneuries.
Ingelheim est une petite Ville
lU un Bourg, à une demie-lieuë
en deça du Rhin, entre Majence
& Binghem. Elle est cetebre
à cause que l'Empereur
Charlemagney apris naissance.
Oppenheim est une Ville proche
du Rhin entre Vvorms ù)
Maience. On dit quesasituation
njjcmble à celle de Jerusalem.
Simmeren en une Seigneurie
ai'cc Titre de Principautésituée
dans le Huns-Buck
entre le Rhin &la Nabe,*?du
costé de Bingbem. Au commencement
du quinzième Siecle, cette
Seigneurie fut engagée par le
Comte Grouguart qui en estoit
Seigneur,à l'EmfereurRuperty
Electeur & Comte Palatin du
Rhin
, pour la somme de six
censmille livres,c'estàdire:
douzecens mille livres monnoye
de France, & ensuite tranfPor.
tée au Princepar un Contrat de
vente pure & simple. Depuis
elle a estédonnée plusieursfois en
partage à deux enfans puisnez
des Electeurs,Mrl'Electeur
Palatin derniermort,estoit (si,
fojjejjïon de Simmeren quand il
mourut. Si les Fiefs qui passent
en differentes Maisons par acquisitiony
peuvent appartenir à
des Femmes ,la Seigneurie er
Principauté de Simmerencdoit
appartenir àMadame.
Spanheim, ou Sponheim, ejt
une Comté située aussi dans le
Huns-Buck, divisée en Comté
citerieure& ulterieure. La citerieure
estvers le Levant>&duceftédu
Rhin, un peu en deçà
de Maience. LaVille de Creutzenach
en tsi la principale. La
Comté ultérieure efi du costé du
Couchantsur la Moselle. La
Ville de Trarbach qui l'st sur
cette Riviere de Moselle au desfous
de Treves, est dans cette
Comtéultérieure, La Comté citerieuredeSpanheimestsubdivisée
en cinq portions dont l'Electeur
Palatin en possede trois
le (Jïfarcjuis de Bade les deux
autres. La mesme Ville de Croft-,
zenach est entre les mains de ces
deux Princes. La Comté ulterieure
de Spanheim est aussisubdivisée,
mais seulement en deux
parties, dont l'uneappartient au
mesmeMarquis de Bade, &
l'autre est au Marquis de Birkenfeld
, qui tient sa Chancellerie
en la Ville de Trarbach.
Toute la Comté de Spanheim a
eu autrefois ses Comtes particuliers
,qui furent partagez en
deux branches,dontl'unefinit
en Elisabeth,Heritiere d'une
partie de ce Comté, & l'autre
fut éteinte par la mort du Comte
Jean qui la possedoit. Elisabeth
dernieredesa branche
, Comtesse
d'une partie de la Comté de
Spanheim,& T)Ame'de Creut.
':{t'nach,eslans Veuve de Rupert
Pipan, Comte Palatin
, qui
mourut sans Enfans en 1416.
ayant beaucoupd'affection pour
la Maison Palatine, donna par
testament à Louis te Barbu, Electeur
Palatin,&àfisHeritierso.
fuis hæredibus, dit Munsterus
en parlant de Creutzenach, la
portion qu'elle possedoit en cette
[omté, &les Electeurs Palatins
en ont jouy depuis fortpaisiblement.
Le Comte Jean, dernier
de l'autre branche, estansmort
aujji sans Enfans en 1437. sa
succession
, & par consequent
tout ce qu'ilpossedoit en
sa Comté
de Spanheimpassa au Marquis
de Bade, & aux deux Comtes
de VVeldens,par le moyen defis
deux Tantes,Soeurs deson Pere,
dontune appellée Mechildeavoit
épousé Rodolphe, Adarquk de
Bade; & l'autre nommée Lorette
,
avoit eslémariée à Henry
Comte de Vf/eldens.
Les Marquis deBadeSuccessfeurs
de Rodolphe, comme Heritiers
de Mechildr) ont jouysans
contestationdelaportion duComté
de Spanbeim qui passa en leur
Maison aprés la mort -du Comte
Jean, & ils en puijpnt encore à present.Henry Comte de
Vveldens
,
tjiïfary de Lorette,
en eut un Fils nommé Frideric
qui ne laissaqu'une File appellée
Anne. Cette Fille fut
Heritiere de tous les biens de
son Pere Frideric, ~0* entreautres
de la Comté de Vveldens~&
de ce qu'il pofléldoii en la Comté
de Spanheim. Elle épousa Etienne,
Comte Palatin de Deux
Ponts. Leur second Fils eut en
partage les Corntez de Deux
Ponts, de Vveldens, ~lapartie
de celle de Spanheim qui avoit
appartenu àsa Adere, son Frere
ainé ayant eu en partage la Duché
ou Principauté de Simmeren.
Je ne parlepoint des Terres
quisont au delà du Rhin,
dont quelques-unes font passées
dans la MaisonPalatine par
acquisition, comme laVille de
Schiessen
, & le Chasteau de
Stralnberg, que Sifroy de Stralnberg
vendit en 1347. à Rupert
l'ancien,ElecteurPalatin.
Par ce discours on voit clairement
que laComté de Spanhein
est un Fiefqui passe aux
Femmes ,
puisque nous en avons
rapporté quatre qui l'ont possedée,
@J qui l'ontportée aux
Maisons Palatine & de Bade.
Si l'on objecte que ces mames
ont hérité de cette Comté par
l'extinction des masles, onpeut
répondrequel'espece d'Elisabethfaitvoir
le contraire, puis
qu'elle en possedoit une partie,
pendant que le ComteJean, Parent
dernier mort des Anciens
Comtes, estoit en possession d'une
autrepartie. Parmondiscours je
fais voir aussi que la Comté de
Vveldens passe aux Femmes»
mais je ne crois pas que Madame
y ait aucune pretention.
non plus que sur les portions de
la Comté de Spanheimquiappartiennent
au PrincedeBirckenfeld&
au Marquis de Badey
parce quelles n'ont jamais
esiéà labranche Electorale Palatine.
Les DroitsdeMadame,
à l'égard de la Comte de Spanheim,
font feulement sur trois
cinquièmes de la Comté vi..
terieure. Je ne parle point de
Deux-Ponts
,
de la petite-
Pierre, de Neubourg
,
de
Fultzbach. ~c. sur lesquels
Madame ne pretend rien, parce
que ce sont des partages
écheus à des
Maison Palatine.
Le Pere Alexandre, Jacobin
du grand Convent, DocteurenTheologie
de la Faculté
de Paris, eut l'honneur
ilya fort peu de temps de
presenter au Roy l'Ouvrage
qu'il a donné au Public sur l'Ancien Testament, depuis
la Creation du Monde. Sa
Majesté receut son present
avec beaucoup de bonté & de
témoignages d'estime pour
l'Auteur. Cet Ouvrage,où
l'Histoire est éclaircie par des
Remarques & par des DJcrtations
, estoit tres- digne de
suivreceluyqu'il avoit entrepris
sur toute l'Histoire Ecclesiastique
, depuis la naissance
du Sauveur du Monde,
jusqu'au commencement de
ce Siecle, & qu'il a achevée
depuis deux ans, en vingt-six
volumes, après un long &
tres- penible travail.
Messire Loüis de Pestivien
de Cuvilly, Abbé Regulier
de la Royale Abbaye de Saint
Leger d'Ebreule, de l'Ordre
de saint Benoist ,
Diocese de
Clermont en Auvergne, fut
beny le 17. du mois passé,
dans l'Eglie du College de
Cluny. Il estoit assisté de
MTAbbedetaChance, &
de Mr l'Empereur, Grand-
Prieur de l'Abbaye de Cluny.
Mr de Coëtlogon, Evesque
de S. Brieu, fit la ceremonie,
qui fut tres celebre &
tres- éclatante. Il y eut un fort
grand concours de monde.
La Maison de Pestivien est
originaire de Bretagne. On
trouve des marquesglorieuses
de sa noblesse dans l'Histoire
de cette Province,
principalement dans un fameux
combat, où les Ancestres
de Mr l'Abbé d'£>
breule se sont distinguez.
Les Sçavans ont fait une
grande perte en la personne
de Messire Charles du Frc[ne,.
Seigneur du Cange
,
Tresorier
de Fiance à Amiens, qui
mourut icy le zy du mois
paffé âgé de 78. ans. Il s'estoit
acquis une connoissance si
profonde & si particuliere
dans la plus secrete Antiquité.
qu'aucun autre ne l'a
surpasse dans cette science. Il
nous en a donné des marques
dans ses Ouvrages sur rHiCtoire
de France. & surcelle
deConstantinople. Ses deux
Oloïlaires sur la Langue Greque
& sur la Langue Latine ,
nous ont developé une infinité
de termes anciens & particuliers,
qui avoient esté inconnus
jusqu'à nos jours. On
ne peut s'imaginer la quantité
de Manuscrits & de Livres
imprimez qu'il a leus.
ïî accompagnoit ce rare sçavoir
d'une pieté singuliere,
d'une affabilité, & d'une vertu
accomplie. Il nâquit le i~.
Décembre 1610. d'une ancienne
Famille d' Amiens qui
avoit déjàdonné plusieurs
personnessçavantes dans les
Lettres, & qui estoit origi.
naire de Montreüil, où Jean
du Fresnepossedoit l'Office
de Prevostdela Ville en 1351.
Il eut pour Fils Guillebert du
Fresne
,
Challelain de la mesme
Ville, & Capitaine d'InfantcrÍe"
qui par ses services
merita des Lertres de Noblessedu
Roy Jean en1356.FeuMr
du Cange en avoir recouvré
les Originaux à la Chambre
des Comptes, par la communication
qu'il aeuë des Chartres
& Titres de cette Chambre,
dont il s'est servy utilement
dans les Livres qu'il a
donnez au Public.
Messire Macé Bertrand;
Seigneur de la Basiniere, cydevant
Prevost & Maistre des
Ceremonies des Ordres du
Roy, & Tresorier de son
Epargne, mourut environ
dans lemesme temps. Madame
la Presidente de Mesmes
morte fort peu de jours
avant luy, estoit sa Fille. Il
eut pour Pere Messire Macé
Bertrand, Seigneur de la
Basiniere
,
aussi Tresorier de
l'Epargne
, & pour Mere
Marguerite de Verthamon,
d'une Famille qui a donné
plusieurs Conseillers d'Etat,
Maitres desRequestes, Conseillers
au Parlement de Paris,
& aux Compagnies Supérieures.
Le 5. de ce mois mourut
aufIl Messire Philippes Jacques,
Secretaire du Roy,
Greffier en chef du Parlement
de Paris. Il avoit exercé
cette Charge de Greffier
depuis 1674. Il a laissé plusieurs
Enfans, dont l'un est
Messire Philippes Jacques,
Seigneur de Vitry, Conseiller
en la premiere Chambre
des Enqueftes. Madame Morant,
Femme de Mr Morant,
premier President au Parlement
de Toulouse, cy-devant
Intendant de Justice en
Provence, cil: aussi sa Fille.
Cette mort fut suivie de
celle de Dame Anne- Marie
deBeauvillier,Fille dHonorat
de Beauvilliers) Corntc de
S. Aignan, Mestre de Camp
de
de la Cavalerie legere de
France, & Lieutenant général
de Berry, & de Jacques de
la Grange, sieur de Monti-,-
gny, Maréchal de France, &
Soeur de feu Mrle Duc de
S. Aignan. Elle estoit Dame
d'Atour de la feuë Reine,&
avoit épousé en 1629. Hippolite
de Bethune, Comte de
Selles, dit le Comte de Bethune,
qui a esté Chevalier
d'honneur de la Reine Marie-
Theresed'Austriche,&
quiayant esté honoréen 1661.
1 du Collier de l'Ordre, mourut
en 166$. PlusieursEnfans
font forcis de ce mariage, &
entre autres, Armand de Bethune,
Evesque duPuy,&
François, Marquis de Bethune,
Chevalier des Ordres
de Sa Majesté, & son Ambassadeur
Extraordinaireen
Pologne. Il a des Enfans de
Dame Loüise
-
Marie de la
Grange-Arquian, Fille d'Antoine
de la Grange, Marquis
d'Arquian, & Soeur de la
Reine de Pologne. Madame
la Comtesse de Bethune est
morte de la petite verole,âgée
de soixante & dix huit ans.
Il me reste à vous apprendre
la mort de Mr Catherinot
,
Avocat du Roy au Presidial
deBourges.Il a fait paroistre
la force de son genie,&
sa science particuliere dans la
Jurisprudence & dans l'Histoire
en plusieurs occasions
pour le service du Roy, ainsi
qu'en plusieurs Ouvrages
qu'il a donnez au Public.
Depuis plusieurs mois il s'est
dit quantité de Nouvelles de
Negrepont, & parmy quelques
veritez on a rapporté
beaucoup de Fables. Je ne
vous ay rien voulu mander
touchant le Siege de cette
Place, sans en avoir sceu des
particularitez que je vous
pusse asseurerestre veritables,
& dont vous ne pussiez douter
vous-mesme. Je vous envoye
une Lettre de Mr le
Commandeur de Cany, Secreraire
de M. le Grand-Maistre,
écrite à Mr le Commandeur
d'Auvergne. , Vicaire
general de Mrle Grand-
Prieur de France. On aprend
non seulement toute la suite
duSiege dans cette Lettre*
mais on a encore le plaisir
de voir que celuy qui l'a écrite
rend justice à cous les
Braves. Je supprime le commencement
de la Lettre, pour
venir à ce qui regarde uniquement
les affaires de la.
guerre.
De Malthe ce 9. Octobre iu88». LE débarquement de nos Galeres
fut fait dans cette Isle
le 13.Juillet avec peu de resistance
de la part des Ennemis)
& l'Armée de Venise commandée
par;onigpvark,
estoit environ de seize mille
hommes de bonnes Troupes, la
pluspart Allemands. Le Dcpe
Morosiniayant fait toutes les
diligences possibles pour avoir
cetteannée des forces plus COYJfiderables
que lesprecedentes,n'a
voit pu les ramasser plutost par leretardement des Convois
, ce
quin'a pasestépeupréjudiciable
au desein qu'on avoit eu sur
Negrepont
, puis que par ce
moyen les Turcs avoient eu tout
loisirde s'y bien fortifier. Comme
les premieres Lettres qui
font la Relation du débarquement
de nos Galeres ont esté
perduës, nous n'ensçavons pas
bien distinctementlesparticularitez
; ce que je puis seulement
vous en dire
;
(si qu'on eut d'abord
un contre-temps facheux
par les vents contraires, qui empescherent
la grosse Armée,c'est
à dire les Vaisseaux 0* autres
Bastimensde chargequiportoient
le Canon,lesMortiers, &le
gros des Munitions, d'aborder
à terre jusqu'au 23. Juillet, de
manierequ'on fut oblige de camper
pendant dix jourssans rien
entreprendre, ne s'estant rien
passé de considerable pendant ce
temps-là, que desescarmouches
presque continuelles des Turcs
qui causerent beaucoup de fatigues
?
mais peu de dommage.
Nostre Bataillon qui estoit en
tres-bon ordre,&plusfort qu'il
n'avoitjamais esté, fit dans le
débarquementetdanstoutes les
autresoccasions tout ce qui Je
pouvoit faire. Il estoit
, comme
vousfçavc% , composé d'environ
six-vingts Chevaliersetde900.
Soldats, commandé par le Chevalier
deMjfchatin3 en qualité
de général de Terre) &' par le
Chevalier de Afareiïil3 LieutennaannttGgeenneerraal.
OOnn l1'"aavvoo;i,t, divifts
Çïl vtcîix Corps
>
chacun defquel»s
avoitson MajoréesCapitaines,
& autres Officiers, dent le détailferoit
trop longà vous faire.
Dans les premiers jours
>
les
ChevaliersdeLusignan & de
Lannet furent legerement blesoz-
n~ perdit quelquesSddais.
Les Tur:J cependant n'avoientjus
perdu rie tempspoursi
ntrancher. La fîtustion de la
cT lace leur en avoit donné le
moyen?veu que du cossé de terre
fermz> à laquelle elle eftattachée
par le Pont, l'attaque en en
presqueimpojftble
3
la tesie dti
^Tont efiant deffenduëpar un
assez bon Fort) qui auroitfût
perdre beaucoup de temps si on
en avoit fait ïentreprife ; rb
du cassé des terres de l'Isle vers
lesquelles s'étend son circuit
encore qu'elle neJoit fortifiée que
par des murailles à l'antique>
avec degrojjesTours& un JimpieFoffié,
ellecflnéanmoins environnéedeCollines
&autres
lieux daccès difficile} entre lesquels
il y a un Fauxbourg où
les Ennemis s'cjloicnt retranchezpar
de très-grands travaux ,g oùilsavoientplusde trente pieces
de Canon en batterie
3
ce qui
mntoit les nostres dam l'impojjiibilité
de s'approcher de la Place
qu'on ne les eufl auparavantforcez
dans leur retranchement,
^iufficefut le dessein qu'onJeproposa
aujJi, tost que nofire Canon
et nos Munitions furent débarquées
; maiscomme dans l'estat
où estoient les Turcs,le Doge ny te
Mfarefchal de Conig[mark. nejugèrentpas
qu'on pufl aller aïeux
A
découvert?il fut resolu d'ou"
vrir la Tranchée le plus prés
d'eux qu'ilferoit possible, & de
drcffir en diligence des Batteries
pour les incommoder yfur quoy
y -' x on s'attachapremièrement àfortifier
noflre Camp pour empefeher
les surprises
3
& nos Travaux
s'c.¡ant ensuite fortavance^ jusqu'au
2.9.Juillet
)
le Doge alla
les visîter en perjonne ({cr en fut
fort satisfaît. Le 50. Juillet les
Batteriesaujft-bien que les autres
Mortiers à brujlercommencèrent
Afaire beaucoup d'fjfet.
Lemefinejournojlre Bataillon
cfiant de Garde aux Tranchées
cju:
nos gens aboientconfïderablement
avancéespendant la
nuit3 les Turcssortirent de leurs
Travaux au point du jour au
nombre d*environ mille hommeJ,
parmylesquels il y avoit quelque
Cavalerie pour attaquer les
noflresytnaisils furent repouffe%
avec vigueur3 & contraints de
s'em retournersans rienfaire de
considerable. ATous yeusmes
quelques Soldats tue,- & plu:
sieurs blessez. Le Chevalier de
Montoneau, un de nos Capiîai-Jcuj,
nésJefut dangereusement et
mourut dix ou douzejours aprés.
Le Chevalier de Paris-
Fontaine, aussi Capitaine
,
fut
bfejfé à la jambe dont il est presque
guery. Le Chevalier Dom
Félix deGufmanfutaujjiblejfé*
mais sans dangeraprès quoy
noflre Bataillon acheva de mettre
uneforteRedoute en deffense,
sur laquelle on éleva une Batteriequifut
en ejlat de tirer dés
le 51.juillet, & qui incommoda,
fort lesEnnemis. Cc futalors que
l'on commença à éprouver les
*
funestes effets du mauvaisair de
ce Payslà,par une tres-grande
quantité de Malades qu'il y
eut pendant ces derniers jours
dans toute l'Armée.LeChevalier
de Mefchatin
,
General de Terre
de nos Troupes
,
les Chevaliers
de Lusignan et d'Efélein, Commandans
de Bataillon
,
le Chevalier
de Ceyre,Major, eplus
de 40. autres Chevaliers furent
de ce nombre, avec unegrande
quantitéde nos Soldats, ce qui
affoiblit tout d'un coup entierementnostreBataillon;
mais ce
qui avoit au moins donnéquelque
consolation fut, que le 26.
Juillet on avoit veu arriver
quatre Galeres & deux Vaisseaux
du grand Duc, qui por.,
toientsept à huit cens hommes
de bonnes Troupes, avec un
grandnombre de Bombes & de
Mortiers. La maladie continua
de la mesme force jusqu'au 7.
Aoust. Le Mareschal de Conigsmark
en fut attaqué comme les
autres, ce qui causa un sensible
déplaisir dans le Camp,veu la
confiance que toute l'Armée avoit
en luy. Mr le Prince de Turenne
tomba aussi malade au grand
déplaisir denos Chevaliers,avec
lesquelsilvouloit biensejoindre
dant toutes les occasions qui se
presentoient. Ce qui restoit de
noflre Bataillon, qui estoit alors
sous le commandement du Chevalier
de Mareüil,Lieutenant
Cjeneral de Terre
, mentll cesoir
la Tranchée; mais ilestoitsifort
affoibly par la maladie qu'iln'y
porta point nostre Estendard
çomme à l'ordinaire, Cil ne s'y
passarien de considerable
,
si ce
riejlque le ChevalierdePoussemothe-
Thiersanville
, Ayde de
Camp , y fut legerement blejJé
au bras; leChevalier de Marend
s'y distingua beaucoup. Bien
que nos Travaux sussent en un
estat qui donnoit lieu d'entreprendre
l'attaque generale des
retranchemens des Turcs, on se
trouva forcédedifférer à cause
du desordre que causoit tous les
jours la maladie dont presque
ItJJUS les Officiers Générauxfurent
attaquez , & particulierement
le Prince de Brunfvick*
le Rograve
) & le Marquis de
CÕurbon. Le 12. d'/louP les
Turcs sirent une sortie qui fut
vigoureusementsoûtenuëpar le
Chevalierde Voyer de Patilniy,
Capitaine des Grenadiers de
Malthe, qui commandoit alors
la teste de la Tranchée.
Le 17jour auquel les troupes de
Florence avoient montéla tranchée,
les Turcssortirentau nom"
bre de prés de trois mille par pluseurs
endroits,maisparticulierement
du cossé des Florentins,
qui nonobstant les témoignages
auils avoient donnez de leur
bravoure en d'autresoccasions,
se trouvantsurpris en celle-cy, ~r~ ~c yf?' ~c*ff ,
plierent avec assiz de facilité,
ce qui ayant donné de la hardiejJe
aux ennemis quisont terribles
lors qu'on s'ébranle devanteux
j couperentenpeu de
temps une quantité considerable
dcteflesity'ilsauroientsans doute
paujfé les choses plus loin s'ils
n'avoientestéattaquez par les
nostres. Le Chevalier de Mareüil,
Lieutenant General,ayant
seulement auprés de luy huit ou
dix Chevaliers
, &environ cent
Soldats,qui estoit toutce qui se
trouvoit alors en bonnesanté,
accompagné de M1 le Prince
d'Harcourt, qui voulut bien Jb
joindre à luy
,
donna avec la
derniere bravoure le premier
mouvement a cette attaque,
dont les Turcs furentsi fort étonnr%
qu'ils nesongerent plus
qu'afuir & à regagner leurs
travauxfort à lahafieavecune
perte considerable des leurs. AT
le Prince d'Harcourty receut un
coup de mousquet dans le poignet
,dont on espere qu'il riy aura
nullesuitedangereuse, &il a
l'avantage que toutes les lettres
que nous avons receuës ne font
remplies que de la belle action
.,"
qu'il fit en ce rencontre, le Chevalier
de Mareüil en ayant
aussi receu les complimens du
Doge & de toute ïArmee.
Il arriva dans
ce temps-là
ifoo. bons hommes commandez
par le Prince de VVitembergb.
On tint conseil de guerre pour
resoudre ce qu'ily avoitàfaire,
&onse determina à donner
l'assaut general aux retranchemens
des Turcs
,
d'où il estoii
absolument necessaire de les
chasser pour pouvoir presser la
Place. Le commandement de
cette entreprise fut donné au
General nJMajor Horn, tous les
autresOfficiers estant hors d'état
d'agir, & le Chevalier de
Mareüil estant enfin tombé malaie
comme les autres; le Che-
'Valier:de VoyerPaulmyfut destiné
pour commander lesrestes
de nostre Bataillon.
Ce fut le 20. Aoustquese fit
cette entreprise importante,dans
laquellepourcauser de la cliver*
sion aux Turcs, le Voge fit dé-
Marquer un gros de l'Armée de
Mer qui devoit les attaquer
d'un
cossé
pendant quenos Troupes
de Terre leur donneroient
l*s4jjaut en divers autres endroits.
Les Ennemis firent d'abord
une resistancetrès-vigoureuse
&repousserent les nostres
par deux fois; le Chevalier de
Voyer, à la teste d'environ
vingt Chevaliers, C, deJIO.
Soldats qui restoient sur pied
du Bataillon, auquel se joignit
Mr le Prince de T¡frcr,nt qui se
trouvoit restablydesa maladif
mena trois fois ses gens à la
charge, &forma toujours une
forte opposition, mais enfin, luy
d'un cossé & des Troupes Allemandes
de l'autre. ayant force
les palissades, on commença ày
entrer de toutes-parts , ~& on
remporta une Victoire tres-complette,
les Turcsayantestéforcez
defuiravecuneconfusion si
grande? queplusîeursquise trouvoient
du costé de sa Mer,y
ayant esté rencontrez par les
Troupes débarquées de l'Armée
Navale
,
se precipiterent les uns
sur les autres dans la mer, en
sorte qu'ily en eut un grand
nombredenoyez.Il en demeura
d'ailleurs quantitésur la place,
& plusieurs furent faits esclaves.
Onse rendit maistre de tout
le canon, quiconsistoit à prés de
40. pieces, dont ily en avoit20.
de gros canon qu'on tourna aussitofl
contre la Ville, & nos
Maltois avec quelques autres
troupes, emportèrententr'autres
un fortin qu'avoient les Turcs
(çfr une de leur batteries qui y
estoit dressée ,avec une grande
perte de ces infidelles; mais aussi
le Chevalier de Voyeryfut blesse
d'un éclat de grenade à la
main droite,delaquelle il a perdu
dudeux doits, ~& s'estacquis
en tous les rencontres beauccup
de gloire. Le Chevalier de la
Varenneyfut blessé d'uncoup
de mousquet au travers du
corps, dont il mourut queldqeues
jours après. Le Chevalier
Thiersanville fut blessé (tun
autre coup de mousquet dans le
ventre dont on craint les suites,
ce qui nom cause unsensible déplaisir)
ce Chevalier estantaimé
de tous ceux qui le connoissent;
le Chevalier (le. Coultron, dangereusement
blcfje d'uncoup,~e
mousquetdansles deux jambes;
leChevalier deCrcvecOEUr> aun
coup desabresur l'fpauleJ ~& de
quelques coups de pierre dont il
est hors de danger; les Chevaliers
Danneville, de Chasteau-Baudeau
,
de Doria
,
BraJJeuJe &
Charrier'",""Servant d'Armes,
bllfz
>
mais hors de danger;
un Gentilhomme Volontaire,
nomméLespinds blejp d'un
éclat de Grenade, mais hors de
danger
, ~& environvingt de
nos Soldats tuez (Sf cinquante
blessez.Mr le Prince de Turenne
qui se distinguoit heureusement
dans cette occasion comme
dans toutes les autres,y receut
un coup de mousquet dans
le bras, dont on le ditsans danger.
Les Turcs perdirent entre
autres Mustapha-Pacha, en
réputation parmy eux, qui commandoit
dans les Retranchemens
, le Fils du Seraskier ~&
un Aga, des fanissaires, qui demeurerent
parmy les Morts dans
le Fortin,emportépar le Chevalier
deVoyer.
Le mesme jour il arriva un
Convoy de Venise de 1500.
Hommes des Troupes de Daymotast
qui réjouitforttoute l'Armée,
laquelle s'occupaapousser
en diligence des tranchées pour
s'attacheraufossé de la Ville,
où les ennemis nonobstant leur
defaite temoignerent la derniere
constance,ayantfaitunesortie le
22. Aoust où le Prince de VVirtemberg
fut mortellement blessé.
LeChevalierdeBourdille
Maimorquin, Major du Bataillon,
estant remis de sa maladie,
en eut le commandement en la
place du Chevalier de Voyer
,
mais estantdepuis retombé malade
,
il est presentement commandépar
le ChevalierdeBrosfiay
qui, comme vous sçavez, est
un de nos Capitaines. Le 28.le
Doge envoyasommer les Assiegez
, qui ne repondirent que par
un fort grand feu, en forte qu'on
n'eut plus d'autre pensee que
d'avancer nos travaux le plus
promptementque l'onpourroit.
Les dernieres Lettres que
nous avons receues vont jusques
au 11.Septembre.Jusque la les
ennnemis paroissoient toujours
estre fermes
,
Ibrahim Pacha qui
commande dans la Place,ayant
déclaré
,
dit-on, qu'il veut la
deffendre jusques à la mort, encore
qu'ellesoittouterenversée
par les Bombes, ~& qu'ilait
perdu lesplus braves deses gens.
Nos travaux jusques au II. n'en
essaient qu'à ladescente dufcjfê3
& cependant malgré toutes les
disgraces de la maladie & l'opiniastretédesInfidelles,
onesperoit
eflre dans peu de jours en
estat d'attacher le mineur, (jfif on
pretendtoûjoursse rendre maistre
de la Place.Lavéritéest,quesiles
Turcs du dehorsavoient autant
de courage que ceux du dedans,
on tiendroit la chose tres- dijficilcj
parce qu'iln'estpas au pouvoir
des nostresd'empescher qu'ils ne
jettent des secours par lecostédu
Pont qui est attaché à la terre
ferme, mais on assure que quand
le Seraskier qui est en campagne
vient détacher quelques troupes

Maiflre & de Coulonceavec
un Preffrcde-Provence.nommé
Principal qui estoit Prieur du
.Ba'taillon ; de la Langued'Italie
les Chevaliers de Medicis,
de Silos &de Fayella ; .de la
Langue d'Allemagne lesChevaliers
dçFilxdr Dçfçfldn ; de
la langueTe CastillelesChevali
rs P.Jcdcbim Bïijlàmente>
Donjuan PuitosPortugais&
un
PreflreÀïaltois3au[jitTrieuK
du 'Bataillony ce quifaitentout
rs.sans compterles Chevaliers dePorte Estendart
cic la Langue d'Auvergne, &
deMontoriQM> Capitaine de la
Langue(te' France, qui sont
morts deleurs blessures, ce qui
se monte en tout au nombre de
20. dont plusieurs sont entierement
regrettez.Mrsde Mes- » chatin & de Mareüil sont convalejcens
, ce dernier m'ayant
écritluy-mesme. LeChevalier
deLusignan n'estoit pas encore
hors de danger, ce qui me fait
une peine extremes& il en reste
encore quelquesautresfort maty
maisgraces à Dieu il n'en tom_
boit presque plus de rnalade.(.
N clf drrixe une Lettre de tljle
de Lvde du 24. Septembre, qui
porte que le bruit court que le
Afarejïh.il de Kontgr/narl^ étoit
mortdesa maladie,ce qui
seroit tres-facheux, &que jusques
au 20. Septembre la Place
tenoit encore sans que nous fcnchions
precisement feflat où elle
est.Nos lettres du 11. Septembre
nous marquent encore que
le 8. on avoittentél'attaque
d'une Tour de la Ville qui paroissoit
fort ruinée du canon,mais
quelachose n'avoit pas reujjt>
&qu'unComte depTnjaldec^î
considerableparmy les Allemans,
avoit estétuéen cette occafon.
C'est,Monsieur, tout ce que
je pi.is vous mander fort à la
hafie
,
attendu qu'il arrive un
Vaisseau qui s'arreste peu, ce qui
m'oblige de faire cette Lettre U
plus promptement qu'il m'estpossible
,
fr souhaiterois vous avoir
mandé la conclusion. Mr le Bail-
[y Spinelli , nostre General, a
receu tous les honneurs possibles
de Afon(leur le Doge, £r il s'est
acquisaussil'estime (ù tappro.
bation de tous nos Chevaliers
qui nousen écrivent mille biens.
C)cft un avantage considerable
pour l'Ordre
,
quand en de pareilles
occasions il se trouve des
Generaux qui ayent autant de
grandes qualitez que luy. Je
suis, Propre tres,&c.
Le ch. Fr. J. Bap.deCany.
Il y a douze ans que je vous
parlede l'ouveruredu Parlement
qui se fait tous les ans
le lendemain de la S. Martin;
cela m'empesche d'entrer aujourd'huy
dans le detail de ce
qui s'y passe. La Mefie qui
est toujours solemnelle ce
jour-là ,aesté celebrée certe
année parM l'Evesque Duc
de Laon. On entra ensuite
dans la Grand' Chambre, &
M
:
le -: premierPrésident
l'ayant remercié au nom de
la Cour, ce Prelat luyfitaussi
avec beaucoup d'éloquence
, un remerciement du choix
que la Couravoit fait de luy;
il y mêla un éloge du Parlement,
qui fut extrémement
applaudy. Aprés cela M. le
premier President traita la
Compagnie avec beaucoup
de magnificence.
Le mesme jour ,1a Cour
des Aides fit l'ouverture de
ses Audiences. Mrle Camus,
premier President, &M. du
Bois, Avocat general
> parlerent
tous deux sur la prevention.
La matiere est belle, &
rien n est tant à craindre pour
les Parties que des Juges qui
selaissent prévenir; cette
matiere est aussi du temps, &
sans les preventions de quelques
Puissances, contre des
personnes d'un mérité éminent,
la guerre ne seroit pas
aussi alluméedans l'Europe,
que nous l'y voyons presentement
M. du Bois,aprésavoir
fait un éloge duRoyconvenable
à son sujet,y fit entrer fort
à propos celuy de Monseigneur
le Dauphin. Ilmarqua
le bonheur duRoy d'avoir
pour Fils un Prince si digne
de luy,& fitvoir que ce bonheur
avoit manqué à Auguste
& à l'Empire.
Le Lundy 11. dumesme
mois, on fit dans la Grand-
Chambre l'ouverture des Au..
diences. M.le premier President
y parla peu, & se fit
admirer à son ordinaire par
sonstile ferré,vif, & brillant.
M. l'Avocat général de
;
Lamoignon y fit un fort beau
discours sur le repos. Il fit
voir qu'un Jugeaccablé d'affaires
ne les examinoit pas
assez; qu'il falloic du repos
pour y bien travailler, & s'étendit
sur l'usage que l'on devoit
faire de ce repos. Il s'étendit
encorebeaucoup sur les
louanges de Monseigneur le
Dauphin. Il parla de sa premiereCampagne
qui l'a couvert
de gloire, & dit que
c'estoit un effet de la prudence
du Roy ,& de la valeur
de Monseigneur. Ilfit voir
que parmy tous ceux qui ont
mérité le nom de Grand,
Dieu & la nature n'avoient
-
mis que le Royau dessus de
ce Prince,
LeMercredy suivant, M.
l'Avocat général Talon fit la
Mercuriale. Je vous ay
déja
expliquéplusieurs fois ce que
c'est que
Mercuriale
& vousjj
ay dit qu'elle avoit pris la
place des remontrances qu'on
faisoit aux Juges dans l'origine
de ces fortes de discours.
Comme il n'en estplus befoin
-, parce que nous vivons
dans un Siecle d'où l'ignorance
est bannie, en a pris
depuis plusieurs années, les
matieres du temps, & les
loüangesduPrince pour continuer
ces discours. M.Talon
marqua dés le commencement
de celuy qu'il fit, qu'il
ne pouvoit tirer de son fond
dequoy entretenir une si bele
Assemblée
, 6c qu'ilestoit
épuisé. Il tomba encore sur
une partie des affaires du
Temps, qu'il expliqua d'une
maniéré allegorique & fort
adroite. Ses Auditeurs en purent
faire l'explication chacun
selon leur esprit. Il repassa
ensuite toutes les affaires
que la France a euës avec
la Cour de Rome dcpuisplu.
sieurs années, & fit voir la
prudente conduite & lapieté
du Roy dans toutes ces affaires-
là. Il dit que la pieté de
ce Prince avoir esté cause de
routes ses victoires
,
& passa
de là aux louanges de Monseigneur
le Dauphin,sur lesquelles
il trouva dequoy s'étendre
avec beaucoup de justice.
Je vqus envoye une Medaille
de M. Jurieu, que j'ay
fait graver. Vous trouverez
un autre Portrait de ce Ministre
dans latroisiéme partic
des Aff,airim du Temps
, qui m'empesche de vous en
rien dire îcy. Jamais homme
n'a tant écrit de Lettres Pastorales
que luy. Il en aaccablé
les nouveaux Convertis
de France, & pendant qu'il
est fort à son aise
, & que rien
ne luy manque,illeur conseille
toujours des'assembler,
&bd'cxipoefer lneursvises&.leurs Mr de Faillie deMartangis,
Marquis dePrunevaux,
Maistre des Requestes, qui
avoit déjà estéAmbassadeur
Extraordinaire du Roy en
DanemarcK
, y est retourné
avec le mesme titre. Quand
un aussi grand Prince que le
Roy ieîert deux; fois dela
mesme personne pour le même
employ, c'est une marque.
qu'il estsatisfait de ses services.
Je n'ay pas beaucoup,dei
choses àvous dire touchants
les Modesnouvelles ,
dont
j'ayaccoûtumé de vous en- treteniraucommencement
dechaque faison.On par-te'
les habits de Campagne de
Drap gris de Fer) enrichis de
Boutons & de Boutonnières,
avêc un: passepoil: feulement
aux Coullures. Les poches
de ces habits font encore en
pâtes,lesVestes sont du
mesme Drap,enrichies de
Galon d'or ou d'argent, biend-AgrémensenBoutoonunières.
On porte toujours
les Habits deVille de Drâp
raye) avec une Broderie d'or
à toutes les extremitez. Le
plein du Juste-au-corps, est
d'une Broderie delicate appliquéesur
les rayes du Drap.
Les Vestes font toujours tresriches,
& d'étofesd'or our
d'argent, ou brodées selonle
goust,particuherementquand
l'Habit ne l'est pas. Les Culotes
font brodées comme les
Juste-au-corps,& les poches
cou pées en long. Les Justeau
corps se portent un peu
moins larges par en bas.
Quant aux, Habits de Bal
pour la Cour,la pluspart sont
d'étoses à fond d'or tres-riches,
brodées d'argentaprès
coup. Les Manches de ces
Habits ne se coupent point
en Botes; on les enrichit de
Dentelles d'argent, & de rtibans
tres-riches, & l'on fait
des Noeuds d'épaule du mes
me Ruban. La Veste & les
Chausses se font d'une étofe
à fond d'argent enrichie
d'une Broderie d'or tres-delicate.
Les Femmes ne portent
plus de Sultanes) mais des
Manteaux ouverts avec un
ply par devant& deux der":
lierey & des manches roulées.
Les Vestales font encore
à la mode, & on les borde
fort peu ; les manches font
relevées. par devant avec un
Bouton, & un Gland; on
taille ce Gland à la place des
Boutonnières. On porte ces
Vestales à Manches demylongues
avec des Amadis
boulonnez devant, & derriere.
On ne met plus les
Etofes des Jupes en cerceau,
mais on les chamarre de Galon
à Point d'Espagne, avec
des veloutez brodez de deux
crestes
crestes au costé. Ces veloutez
sont couleur de feu & or, &
les tresses d'or. On en voit
pourtant quelques-unes avec
des lassîs de rubans. On porte
toujours des Engageantes, au
lieu des Manchettes) excepté
avec les Habits noirs. Les Etofes
qu'on porte le plus sont
rarcs, d'or & d'argent, ou de
foyerasée ; la couleur la plus
à la mode est la couleur de
feu, ou le bleu celeste. On
voit beaucoup deCampanes
dans les desseins des Etofes,&
travaillées avec l'Etofe.
Comme on découvre tous
les jours quelque nouvellepropriété
à la peau cTObùfer,
qu'ontrouve par expérience
aussi utile qu'agreable, on
continue à la Cour d'en porter
des manchons. Le Sieur
duTremble en a aussifait
pour les Dames, & a eu l'honneur
d'en presenterunàMadame
la Dau phine-., quil'a
agréé. L'inclination de cette
Princesse a esté suivie de celle
de toutes les Dames de la
Cour
,
ainsi ces manchons
plaisent fort, quoy que la jalousie
de quelques-uns ait
tâché de détruire cettemode,
mais ils n'ont pu y réussir.
Les Vers estoient le vray
mot de la premiere Enigme
du dernier mois, & ce mot
a esté trouvé par tvlrsrAbbé
Verdoyé, Chanoine de l'Eglise
Cathedrale deS.Pierre
deVienne:F. Blancfor : P.B.
R.de Poitiers, à l'anagrame
pourestre bon i,r cher: le Gentilhomme
Bourgeois de Saint
Denis: l'Incommode à la
grand' barbe:le Clerc du Jeu
du monde de Lion traduit à
Marseille : R. R. Loy seau de
la Forest de Rez
,
pris depuis
peu dans les filetsJ, L. chef
desMécontens xle la ru
Haute- feüille: le Singe de lj
mesmerue: & leSurtout de
beaux esprits de la rue de
Bourbon:Mesdemoiselles dêi
Villebonne: & deV.B. la plus
charmanteVoix de la rue
S. Nicolas, quartier de la1
Place- Mauberr: M. L. L.la
plus solitaire de la rue saint
Christophle: J. E. F. la plus
indifferente Beauté de la rue
Pavée derriere l'Hostel de
Bourgogne: l'aimable Manon
du Balcon de la rue saint
Antoine: la nouvelle Muse
de la rue des Prouvaires:la
Veuve sans pareille de la rue
de Tournon;l'incom parable
Veuve de l'Image Nostre-
Dame ,
l'aimable Aurore Car:
Fille,&M.A.G.
La seconde a esté expliquée(
ur le le chemin
, par l'Aniant
paflîoliné de la Veuve
a l'anagramme & par le
Confcillcr du Bas étage de la
rue du Moulin. Ces deux
derniers ontaussi expliqué la
premiere dans son vraysers.
Voicy les deux nouvelles
Enigmes. La premiere est de
Verconne
,
& l'autre du
Sphinx.
EM!GME.
E vous rrffimblt
, Iris je ne m
* trompepas, Noussommes froids & duys, ave
beaucoup d'appas,
Etfatiguonssouvent la patience
Desgens qui font lesdelicate
Msis voicy nostre différence
C'eji , que malgré ma resistance.
On fait de moy tout ce qu'on,
'Uet:!)
Avec le temps laperseverance
;
Au lieu, qu'ondit, qu'Amour
ne peut,
Ny deses traits, ny desaflame
Faire impressionsur vostre ame.
[ AUTRE ENIGME.
Esuisforme
t. de trois ou quatre pointes,
5l'en ay trois dans le ventre, & quatre
dans le -oeur;
Et bien que laVertu tienne mes forces
jointes,
Ce n'if rienqu'àdeny que jesuis
en honneur.
tous les jours ce qu'on peut
1 scavoir sur cette matiere, de
force que les nouvelles d'un
jour sont à peine nouvelles
le lendemain pour quelques,
Personnes. Cela est cause que
je ne vousapprendray pres- ,,
que rien de nouveau sur ce
grand Article, dont le troisiém
VolumedesAffairesdu
Tempscontient toute l'intrigue.
Je ne laisseray pourtant
pas devous dire quelquesparticularitez
qui ont
esté omises dans les nouvelles.
qui ont paru, & d'en reprendre
succinctement le détail.
afin de les placer dans leur
rang
(P La Flote Hollandoise étant
sur le point de faire voile en
Angleterre
,
les Etats ordonnerent
un jour de jeusne &
de prieres, pour le succés de
cette entreprise. Dans ces fortes
d'occasionson fait d'ordinaire
un Sermon sur le Iiljet
de l'affaire dont il s'agir,
& ces sortes de Sermons font
beaucoup plus longs que les
nostres. LeMinistre Menard,
fils d'un Tailleur de ParÎs).
prefcha ce jour-là à laHaye,
&fit voir que le dessein du,
Prince d'Orange devoit reussir,
parce que jusque-là tout
y avoit contribué. Il entra
dans toutes les choses qu'il
pretendoitluy avoir esté favorables
?
&en finit le dénombrement,
en disant que
le temps qui avoitesté tresmauvais,
&contraire depuis
cinq ou six semaines, avoit
changé tout à coup, si tost
que tout s'estoit trouvéprest
pour le départ de la Flote.
Après ce Sermon il fit une
Priere à Dieu suivant l'usage
ordinaire des Protestans. Ces
fortes de Prieres doivent
estre composées de Passages
de la Sainte Ecriture. Ainsi.
pour en faire il n'y a qu'à en
choisir beaucoup qui conviennent
au sujet
,
& à leur
donner une liaison qui ne
consistesouvent qu'enexclamations,
& en apoflrophes
à Dieu &au Ciel, ce qui ne
coute pas beaucoup au Ministre,
qui dit de belles choses
, parce qu'elles ne sont
pas de luy. Comme il n'y a
point de travail, celuy
qui a parlé avec le plus
de fureur& crié plus haut.,
emporte la loüange d'avoit
le mieux réussi. Onvoitdans
le troisiéme volumedes Affaires
du Temps, l'injuste
& ridicule application de
chaque partage de la prière
faite par leDocteur Menard,
Le Prince d'Otangequi dévoit
faire voil e le 29. fit son
adieu aux Etats.Illeur parla
en Souverain deHollande &
en futur Roy d'Angleterre:
en Souverain,pour leur faire
preferer pendant son absence
le PrincedeValdec au Prince
deNassau
, quoy que le droil
fust pour ce dernier; &»er
fuair Roy d'Angleterre, en
leur promettant qu'il les assisteroit
d'hommes & d'argent,
s'il reussisoit dans son
dessein. Quelsuccés peut-il
avoir qui luy donne des
Hommes& de l'Argent s'il
reussit, à moins qu'il ne devienne
Roy, sans quoy il ne
peut que dépenser beaucoup
sans rien retirer? Il a
trahy son secret sans y penser,
quand il a parlé ainsi,
mais les ambitieux ont l'esprit
rcmply de tant de choses
qu'ils s'aveuglent quelquefois.
Ce Prince qui paroist;
souverain par les dehors,
ce qui fatissait ceux qui--ne le
font paseneffet,& quiade
diverses fortes de Gardes que: n'ont pas beaucoup de Souverains
de l'Europe, laissa à
la Princessè sa Femme une
Compagnie de Suisses apellée
à Tocque de Velours, & Compagnie une de ses Gardes à
Cheval.Voicy l'Estatdeses
Troupes suivant la Lifte ve- nuë de Hollande, à laquelle
on ajoutera telle foy que l'on
voudra.
CAVALERIE.
Les Gardes du Cotps.
La Garde de Benting.
NLe Reigaime(ntTdeaWualdecK.
Monpoilyan.
Ginckel.
Le Comte de Vander-Lip.
Les Dragons de son AltxfTe.
Les Dragons de Metrewits.
Sgrawemoer.
Sapbroeck.
Floddorp.
Seyde.
Oye.
Suylestein.
INFANTERIE.
G. de Solins, le Garde 25.
Comp.
Mackay 12. Comp.
Balfort 12. Comp. Talmas 12. Comp.
Belieses12. Comp.
Vackop 12. Comp.
-
Panbroeck 10. Comp.
Berckevelc 10. Comp.
Holstein 10. Comp.
Wircemberg 12.Comp.
Hagendorf 10. Comp.
Fagel10. Comp.
Nassou 10. Comp.
Carelfon 10. Comp.
Brander 10. Comp.
Prince de Bcrckevelt.
La Cavalerie consistoit en
3660. hommes & l'lnfante,
rie en 10672. ce qui faisoit
14352. hommes. La Flote estoit
de soixante-cinq Navires de
guerre, de cinq cens Flutes,
de soixante Pinaces,&de dix
Brulots. Elle estoit divisée en
trois Escadres.
PREMIERE ESCADRE.
LieutenantAmiral Evertsz,
Courtienne) 6Gr Canons.
Vice. Amiral Brakel
,
le
tsWaes, 68. c.
Schout by Nacht
,
Du'k*
64. c. CAPITAINES.
Rces deRotterdam, Honslordiik,
48 c.
Philip VanderGiisse, Noort
H*ollande,4^c. Gorcum,41.c.
AbrahamTaelman, Edam
40, c.
Abraham Ferdinand van Ziil
-
Elsvout Tjo. c. --,'-
Jean Kuyper
,
le Agatha
50.c. „
Cornelis Mosselman, der
Goes,30.c.
Gerrit Hoost, Nimvuegue;
46. c.
CommandeurPolck, le Gi- c. Adriaen Nohorrey
,
VVulpenburg.
32, c.
'';
1 SECONDE ESCADRE.
f Lieutenant Adm. General
Herbert, Leyden
, 64 c.
Vice- Amiral Van de Putte,
Berg,60.c.
Schoutby Nacht Evertsz,
ter Veer, 60. c. >* T
CAPITAINES. -
Philip VàndciGpzSjSneecb,
>ÇO.C.
Com ou Comte de Nassau,
Uriesland>61.c.
Paulus Vander Dussen
,
le
.llajJè't;'V'int, 32..C.ùI

Snel
,
Dessi, 56. c. rJJ-.
Jan Ernst Van Basse, Caftriesim
? 50. c.
JûstusHogenhoeck, 7)a*
mlaten;36.c.
Mais, les armes de Hoorn,44.C
PieterDecker, de Vreede,
4.6.c. < Jan Bovwens
56.c, deAk.erboon, Cornelis Vander Zaan,Harderuviik,
44.c.
TROISIÈME ESCADRE.
Lieut. Ad. Phil. de Allemonde,
Utrecht, 66?£77"*'
ViceA miral Gilles Schey,
les ttlrnrs d'Utrecht
, & passe
sur le Navire la TiiiJJelle de
Dort, 64. c, :! Schout by N. Ger. Vander
Duffenà Zelande, 61. c. -
CAPITAINES.
Pieter Laren Stad en landens
48.
Andries Stilte, out Carspeh
36.
Dirckvander Nieuburgh,
dfpcren>54.
De Liefde,Zelande
, 46.
Willem VanderZaan,MariaElisabeth,
46.
HeudricK Tol de Becmster
48.
VanJLâc}Scbieland3$o.
Dirck Schey,deJuffr. Anna,
34.
Arnold Manard5Sthatterhoef,
3 46. --
Van Couvent, Rotterdam,
44. ----
Il y avoit encore huit Navires
de moins de trente pieces
de Canon,sçavoir,
Capitain Jen Jansz Bont,
le Postillion.
GillesJansz du Pon,Kroonl'ocgeL
Willem ban Cars, le Braeck.
WybrantBarentz,lePaww.
Hendrick (ifeVeer)leBrujnvis.
Daniel Roucksz, Strom- tnelilk.-
Klaes Bock
>
Neptune.
Jan Cortois.
-
Tous les Navires portoient
le Pavillon d'Angleterre,entrelassé
des Armes du Prince
& de la Princesse d'Orange)
au haut cette Devise
, pro
libertate & Religione, & au
bas, maintiendray ; qui est
la Devise ordinaire des Princes
d'Orange. Sitost que le
Princefut monté sur son
bord, on déploya le Pavillon
qui estoit d'une grandeur
surprenante. Les Trompettes,
les Hautbois, & les autres
Instrumens de Guerre, commencèrent
à se faire entendre
,
&aussi-tost on mit â la
Voile. Ceux qui partirent core en S'"0e6n'?mfeasnm§eeremfposnqcu1e«I.
Mareschal deSchomberg,le
mesmequi doit lecommencementdesa
rbrtuneauRoy dAngleterre. &qui en fut
si bienreceu il y a fort peu detempsàsopretour dePor- tugal;leComteCharlesson
Fils;MrdeNivelles,Filsdu
grand Bailly de Rotterdam;
Mrde la Melonniere , Mr de l'Etang
,
que le Prince d.'O_
range a fait Lieutenant de la
Compagnie de ses Gardes du
Corps;MrSylvestre sonMedecinj
decin 3 le -Dcâéur Burnet,
puourluny servir de Ministre, Flamand & le
Ministre Menard. Il a donné
à Mr deSchomberg pour
Ministre,le Filsdu Ministre
Gàillabert,dont le Pere est mort Haye,depuis six semain-
es. Il partit aussienviron
quatre cens Officiers François
Tefugiez
,
& deux cens Officiers
Anglois qui s'estoient
retirez d'Angleterre
> & avoient
fait croire
, que-lien.
seulementtoutesleurs Com,
pagnies se trouveroientà
leur descente
,
mais qu'elles
'ClIcr,igeroietir encore beau- coup d'autres Troupes à 1&$|
suivre.
':
Voicy ce que portent d'autres
Memoires. Le Prince
d'Orange fit embarquer deux
Caleches
, avec de grands
équipages
, & quantité de
chevaux; le Maréchal de
Schomberg, une Caleche,
ôc soixante chevaux avec sa
Maison. Il y avoit auui 41.
-
pieces de Canon pour le dé-
;
barquement
, une grande
quantité de Bombes & de
Grenades, & 12000. milliers
.de poudre, fous la conduite
1
de Mr Goullon Ingenieur,
avec tout l'équipage necessaire
pour armer huit mille
Cavaliersqu'on s'estoitflaté
de trouver en débarguant. Il
y avoit seulement de quoy
armer deux mille hommesde
pied, parce qu'on avoit cru
que les Compagnies que les
Capitaines Angloisqu'onmenoit
, avoient asseuré qui se
trouveroientàla descente,
y
viendroientarmées. Onavoit
outre cela embarquétout
l'équipage dont on pouvoit
avoir
besoin
pour trois mille
Matelots, qui devoientchanger
d'habits, & prendreles
armes aussi-tost après le débarquement
des Troupes. Le
Vaisseau du Prince d-Ôrange
avoit la Banderole àdouble
queuë longue par dessus le
Pavillon du grand Mast, &
arboroit des Pavillons blancs
aux Armes d'Angleterre. On
enmit de semblablesàtous
les Vaisseaux de Guerre, à
la reserve de ceux quidépendent
de l'Amiral de Roterdam,
qui à lasortie de Goeréearborerent
le Pavillon
rouge. La premiere Escadre
ieva l'Ancre la nuit du 19.ait
3cr. Octobre. Le Prince ¿'O--
rangequi vouloit tout voir
partit,ne mit à lavoilequ'à
trois heures aprés midy.Il
estoit environ à quinze li uës,
lors que la tempeste s'éleva.
Iln'yapoint d'adresse donc,
on ne se soit servy pour cacher
la perte qu'elle causa à la
Flotte, &: on y a si bien réiïl-r
si
, qu'on n'en a teeu la verité
qu'après qu'elle a esté rcmiseen
Mer. Des nouvelle*
seures fiCUS ont appris qu'elleavoit
perdu huit Vaissèaux)-
beaucoup de Barques & de.
Troupes, & plus de quinze
cens chevaux. Le Prince d Orange
ne voulut point prendre
terre ,efin d'empescher
les Soldars de débarquer. Ils
estoient en si méchant estat,
& si mal nourris,que la pluspart
auroient deferté, & déïodrfiéceux
quiauroient son-
~.: à prend re p'ifry. Il fit des
efforts incroyables pour reparerce
dommCigCr&envint
à bout malgré tout l'accablement
oùisse trouvoit, tanta
cause de la perte qu'il avoit
faite
, que de l'asme dont il
estoit tourmenté.Il fit prendre
tous les chevaux qu'on
put trouver dans le Pays, &:
on se saisit avec violence de
pl ufieurs Bastimens Marchands,
& de quelques Navires
sur lesquels on mit des
MatelotsHollandois , dont
les Interressez & les Patrons
firent grand bruit, Avec ce
renfort le Prince d'Orange
remit à la Voile le II. Novembre.
QL,.o,y que l'on ait
ditdela Flotte d' Angleterre,
elle s'acquitta tres-bien de
son devoir. L'ordre qu'avoÜ:,
l'Amiral, estoit d'empescher
que la Flotte de Hollande
n'entrast dans la Tamise Ȏc
HTa empesché. Il auroit fait
davantage sans les vents contraires.
Il eut d'ailleurs besoin
de prudence
, pour se
garantir des pieges qu'on
s'eiiorça de luy tendre. Ainsi
cetteFlore demeura fidelle
à ionIloy.
,
&méi),sant.
Les Lettres du Prince d'Orange,
elle refusa df se joindreàsesVaisseaux.
Ce Prince
n'ayant point débarqué
dans la Tamise
, parce qu'il
auroit fallu forcer la Flote
d'Angleterre) ce qu'iln'auroit
pu faire sans perte, quoy
que sa Flotte fust plusnombreuse
,
à cause des Barques
qui portoient les Troupes,
dont la plufpartauro:enr*
couru grand risque, alla débarquer
à Torbay aux environs
de Darmouth, à Lime»,
à la Poole& auxenvirons.'
Comme on n'avoit pas. cruqu'
il y niatroit pied à terre,
il n'y avoit point de Troupes
pours'opposer à sa defeenre.
Si d'un costé c'estoit un det
avantage pour le Roy d'Angleterre
,c'estoit un avantagé
de l'autre, puis que ceux qur]
s'entendoient avec le Prince
d' Orange ,
ricftoient point;
de ce costé-là. Dés que les
peuples eurent appris son arrivée,
ils se preparerent à la
fuite. Ils défoncerentleur cidre
& leur biere, & se retirerentdans
les montagnes
avec leurs troupeaux & leurs
meilleurs effets. en criant,
Vive le Roy.Sixmille hommes
qui travailloieut aux Mines
d'Etain, s'offrirent au
Comte de Bath, Lieutenant
General de'--la Province,
& le Duc de Beaufort disposa
les Habitans de Bristol à
se bien défendre. On a sceu
encore depuis peu que cette
Ville demeureroit fidelleau
Roy. Il n'y eut pas jusques à
laVille d'Execter, qui est
toute ouverte, qui ne marquast
qu'elle vouloit faire resistance.
Elle demanda du secours,
& cela nous fait connoître
que le Prince d'Orarge
n'y est pasentre du consentement
de sesHabitans. Corn.
me il n'y trouva point l'Evesque
qui s'en estoit retiré, il fit
arrester son Fils. Ildemanda
au Receveur des Droits du
Roy combien il avoit d'argentdans
ses coffres
) & ce
Receveur luy ayant répondu
que ce n'estoit pas à luy qu'il
en devoit rendre compte,ce Prince
donna ordre de les enfoncer,
&traita malle Maire qui
ne l'estoit pas venu trouveravec
ses habits de ceremonie,
C'étoit commencerde bonne
heure à agir en Souverain,aprés
avoir declaré qu'il n'en
vouloit point à la Couronne.
Milord Cocli-,flcr,qui avoit
persuadé a six vingt Gardes
du Roy dele suivre, &d'aller
trouver le Prince d'Orange
tut.arrefié par la Milice,
avec la pluspart de ceux qui
l'accompagnoient. Le Roy
ayant envoyé à Salisbury loa
Regiment, celuy de Rochester
, & celuy de Cornbury
, il se trouva dans ces Regimensquelquespersonnesgamens
quelques personnes gagnées
pour les conduire au
Prince d'Orange. Les plus
zelez pour le service de Sa
Majesté s'estant apperceus
qu'on les détournoit du lieu
où ils dcvoientaller, &
qu'onles vouloit mener plus
loin,s'arresterent. Onvoulut
les forcer de passer outre ,
&
ils mirent le pistolet a la main
pour s'endéfendre. Ilsétoient
dansundééfil)é,où ils letrouverent
tout a coup environnez
de trou pes que le Prince
d'Orange avoit envoyées de
concert avec ceux qui les trahissoient,
de forte que la plus
grande partie fut obligée de:
marcher,mais la pluspart ont:
abandonné le party qu'on les
avoit forcez de prendre, & le:
Regiment du Roy cil: revenue
tout entier. Voilà de quelle
maniere le Prince d'Orange
est appelle en Angleterre
, ôc:
le bien-qu'il y va faire. Il y
porte la guerre dans les formes
,il y va avec des armes
meurtrieres, des Bombes, Se:
des Canons. Il porte la ter--
reur à son arrivée, au lien
d'y faire naistre la joye. Il fait
fuir les Peuples, qui aiment
mieux perdre une partie de
leurs biens, que de recevoir
de luy la protection qu'il
leur fait offrir. Il n'a pu
.se rendre maistre que d'une
Ville qui ne pouvoit se dCffendre
,& s'il attire quelques
Soldats, ce n'est que par ruse,
par violence, & par argent,
ainsi il est traité comme ennemy
par ceux mesmes qu'il
veut faire croire qui l'ont
appellé.
Vous sçavez le retour glorieux
de Monseigneur le Dauphin.
Jene vous en dis rien,
parce que si jecommençoisà
vous en parler je ne pourrois
retenir mon zele, ny arrester
ma plume. Je reserve toute
cette belle & ample matiere
pour une Lettre particulière
que vousrecevrez le premier
Janvier. Ellecontiendra toute
la premiere Campagne de ce
Prince, & j'y joindray une
partie des Ouvrages qui ont
esté faits sur ses éclatantes
Conquestes. ^u%;^fit
..)t. Les Hollandois ayant joint
leurs Troupes à celles desj
Ennemis du Roy, SaMajesté
a cru que puis qu'ils luy faisoient
la gucne, Elle devoir
la leur declarer. Ils ont commencé
, Elle achevera.
L'Academie Françoise a *fait publier que le 25. jour
d'Aoust de l'année prochaine
, elle donnera le prix
d'éloquence à celuy qui aura
le mieux reussy daus un Dit- * cours dont le sujet, conformémentàl'intention
de scu-
M de Balzac
,
[cra)TJu mente
cm delaDignité du Martyre.
Il faudra que le D.tècUJS ne
soit que d'une demy-heure de
Ibâcure tout au plus, & qu'il
finissepar une courte-Priere à
J. C. Le menne jour elle
donnera un autre prix pour
la Poësie Françoise, dont le.
sujet
,
selon l'intention de
ceux qui l'ont envoyé, sera;
Les Nations les plus joignees
viennentrendre leurs hommages
au Roy. Son (y-Jes soins
pour la FoyChréstienne s'étendent
jusqu'aux lxtrcnJÍtcz du
monde. Il sera permis d'y
joindre tel autre sujet de
louange qu'on voudra sur
quelques actions particulieres
de Sa Majesté, ou sur toutes
cnfci-iible, pourveu qu'on
n'excede point cent vers, &
on y ajoustera une courte
priere à Dieupour le Roy,
separée du Corps de l'Ouvrage,&
de telle mesure qu'on
voudra. Les Pieces feront fins
nom , & seulement avec un
Passage de l'Ecriture Sainte
pour
la
Prose
, & telle Sentence
qu'on voudra pour la
Poësie
,
& on fera oblige
de les mettre dans le denier
du mois de May prochain,
entre lesmains de Mr
l'AbbéRégnier Secretaircperpétue
l der,l'A cademie
Francoise. à l'Hostel de Cre-
[10vp ulvitio,C.,
quysur le Quay Malacquest.
Vendredydernier26.de.
ce mois, cerre illustreCompagnie
perdit M^Quinaulc,
l'un des 40. Academiciens
qui la composent.Ses Ouvrages
font son Eloge, & il n'y apersonne qui ne demeure
d'acord qu'il, estoit tres-digne
de la réputation, qu'ils
s'eil acquise. Il a laissé plusieursPieces
de Theatre qui.
ont paru toutes avec beau-rcou
p de succés
, mais il
s'estoit particulièrement difringué
dans les Opera.. Sort,
talent ycitojc rare; & siquel
qu'un estassez heureux pour
le pouvoirégaler dans cegenre
de Poesie
, ce quiparoist.
mal-aisé, on peut dire que jamais
on ne le surpassera.Tous
sesVersfontnaturels,proprcs;
àchanter, & si bien tournez
qu'ils semblent avoir elle
faits paroles Muses mesmes.
Mr Quinault nestoit
pas moins estimable du costé
de l'ame que de celuyde
l'esprit.Ila beaucoup de probité
& de droiture, & on l'a
toujours veu honneste, bienfaisant
& d'uneSociétéaisée
&très-agréable.Ainsi il est
également regretté
, & àla
Chambre des Comptes où il
estoit Auditeur
, & à l'Academie
Françoise.
Le lendemain 27. de cc
mois> cette mesme Compagnie
perdit Mr Doujat, son
Doyen; Il
l'estoitaussi
des
Professeurs Royaux. & des
Docteurs Regents de la Faculté
de Droit en l'Université
de Paris. Peut-estre
l'estoit-il encore des Avocats
du. Parlement de Toulouse,
où ilestoitné, en ayant prêté
le ferment en 1637. & enfuite
en ccluy de Paris en

Paris le reconnoissent pour
leur parent. Il est mort âgé
de 79ans, & comme il est
temps de finir ma Lettre, je
vous renvoye à ce que Mr Pelisson
a déjà écrit de luydans
son Histoire de l'Academie
Françoise
,
où il a marqué
une partie des Ouvrages que
Mr Doujat a donnezauPublic&
à ce qu'on ne manquera
pas de dire d'un si habile
homme, lors qu'on remplira
les places qu'il laisse vacantes
, entre autres la Chaire
de Droit Civil & Canonique,
que Mrle Chancelier a
voulu
voulu qui fust mise à la dispute.
Je fuis, Madame, vo- stre,&c.
AParis ce 30. Novembre 1688.
j'úb!:. 2j
FQiid.ii'9n du CJ:'??ff¡; M*îzoeriiïi.Jy;
lut de II C.icïyc. jo;
Le Papillon & Ahcllie.
Histoire. jj$
Service fuith Troyespour M. le Ma*
~refeoal });!<: '{<"J' VO/IÀC. 1S0
~CBeief.cys dro^'nw: Z p..li' le Loi. 1 82 ,sS
fitjûn'rjfancesfaites en plusieurs Villes
de Francepourla prise de Philisbourg.
ip4
Poëme. 212
Discours touchant les Droits de Madamesur
la succession de feu M.
l'ElecteurPalatinfinFrere> 214
Ouvrage sur l'ancien Testament de-
BpuéisnlaéCdréaiticontdiuoMnon.d2e.32432
Autres Morts 235
Nouvelles du Siege deNegrepont*
243
Ouverture dit Parlement & de la
Cour des Jydes 276
M.de FoulédeMartangis estrenvoy) é
AmbassadeurenDanemarc.2S4
Modes nouvelles.<28/
Noms de ceux qui ont deviné t.- s
E/JgfrlCS. 2<?i
F..;gtycsy.o-HVellcs. ;g,!-
AffairesdAngleterre.3$s
Retour de-Mon'feigneua le Dauphin* $2?
Déclaration de la guerre contre la
Hollande. 328
Prix d'Eloquence de poëJÙ pî-apojèZ
par ï-dcadewiç Frdnçoifc pourl'année1689.
Troisiéme Article de Morts; 332
CATALOGUE DES LIVRES
nouveaux qui se débitent chtZ le
Sieur Guerout , Court-neuve du
Palais. AFfairesdu Temps. 3.vol. in 12.
4. 1.10. f.
Voyage du Chevalier Chardin.
2.vol. 4. 1.10. f.
A nouveau de lhifloire gevrenie4'
Efpngnc
, contenant ce qui
s'estpassédans les Pays dépendans de
cette Monarchie depuis son origine jusqu'àpresent.4. Ilv.Io. f.
Histoire Sommaire de Normandie.
, 1. 1.10. f.
Voyage de Siam. 4,.'vol. 6. liv..
Notes de M. Corneille sur les Remarques
de M. de Vaugelas) suivant
le sentiment du
-
Pere Bouhours, &
de MeilleursChapelain & Ménage,
avec les Remarques rnefmfs.1. vol.
:,
in douze.4.liv. 10. f.
R^ladondel'Afriq«e a*•cienn.e
moderne,enrichie de S.c. figures^ 4. iiidouze. 8 liv.
MetÎK)^«. parfaite du Blasondu Pere
Xlsnc-flricr. 2. liv.
Arithmetiqueraisonnée. i.l.io.f.
Secrets-concernantlabeauté-& la
1 santé.
", 3. -.Traitédelà Transpiration. I. i.io.f.
L'Artde laver.'.1* -Hiïtoire de Mahomet IV. dépossedé
& del'Elévationde Soliman III.
3 volumes in douze. 4. l. 10. f.
Histoire des Troubles de Hongrie.
9.liv.
Eloges des Personnes Illustres de
l'ancien Testament. I. 1. 10 f.
DialoguesSatyriques & Moraux-.
2. vol. 3. l.
Le Secretaire Turc. I.l.10. s.
Le Mary Jaloux. r.1.lo.f.
L'Etat present de la Pudhnce
Othomané. 1.1. 10. f.
Chevalerie ancienne&moderne,avec
la maniere de faire lapreuve pourtous
les Ordres de Chevaleriel. l. ro. f.
Poësies Pastorales deM.de Fonttuenreeldlee,
l'aEvgelcogunne Traitéde la- Na- ,&uneDigression
sur les Anciens & les Modernes. I.
liv.
1 o. f.
Entretins sur la pluralité des Mondes,
de M. de Fontenelle, augmentez
en plnfieurs endroits, avec un fix:
ên;c Soir qui n'a point encore paru ,
contenant les dernieresdécouvertes
quiont esté faites. dans le ciet",
1.l. 10. f.
.-
Traité des Fortifications enrichy de
1; Figures,contenant la Démonstration
& l'Examen de tout ce qui de lArt de fortifier regar- les Places tant re- gulieres, qu'irregulieres, suivant ce q:Ji se pratiqua aujourd-huy
,
le tout d'unemaniéré abregée, & fort aisée
pour I'intruction de laJeunesse.
, i. Iiv. 10.f.
Essais de Morale & de Politique,
où il est traité des Devoirs de 1 Homme
confideré comme particulier ,$c
comme vi vant en Societé. 2. vol.2. 1.
doDuiazloeg.u.es des Morts, 2. vol. in- £f Jugement de Pluton sur les Dialogues
des Morts. 1.l. 10. f.
Histoires des Oracles. I. Iiv.10f. Lettres galantes de M. le Chevalier
d'Her. 2. vol. 3. 1.
Les'Malheurs de l'Amour, ou Eleonor
dYvrée. 1. 1. 10.
Ambassades de Mons. le Comte de
Guilleragues, &de M. Girardin, au- près du Grand Seigneuravecplusieurs
Pieces curieuses,tirées des Mémoires
de tous les Ambassâdeurs de France à
laPorte,&c. 1.l.10.f.
Academiegalante, 2. vol. 3.liv.
LaDuchessed'Estramene.1. vol. 2.1.
Le Napolitain. 1. 1.
Sentimens sur les Lettres & sur
l'Histoire
, avec des Scrupules sur le
Stile. i.l.10. f.
Caracteres de l'Amour, I. 1. 10. f.
Le Grand Visir Cara Mustapha.
1.1. lQ, f.
L'Illustre G^noif?, i.L 10.. f.
LeSeraskier. 1. 1.10. f.
L'Arioste moderne. 4. v. in 11. 6. 1.
Le Chevalier à la Mode, Comedie.
1. 1.10. f.
La Désolation des Joueuses, Comedie.
15. f.
Fablesnouvelles. 1. 1. 10. f.
Epistres en Vers de M, Sahatier
de l' Academie Royaled'Arles.
l.ivresdeMv.h.jte deM. Martin,
deux ::'\:. !")'s parties, avec les acc >:npagneme.
is de Violons. 3. I.
LaDevineresse. i. L
Réflexions sur l'Acide & sur l'Al-
Kali. 1.liv.io.f.
Relation du Mariag e de Mademoiselle
avec le Roy d'Espagne. 1.1. 1o.f.
Relation du Mariage de Monsieur
le Prince de ContyavecMademoiselle
de Blois. 1. l. 10. r.
Relation du Mariage de Monseigneur
le Dauphin, avec la Princesse
Anne -
Chrestienne-Victoirede Baviere.
i. 1.10. r.
Journal du Voyage du Roy à Luxembourg
, contenant la description
des P laces de la haute & basse Alsace,
& de celles de la Province&dela
prise de Luxembourg. 1. liv. 10. 1.
Deffaites des ArméesOttomanes
parles Armées Chrestiennes en Hongrie,
& dans la Morée, avec la prise
de plusieurs Places sur lesinfidelles.1.1.
Observations de M. Spon sur les
Fiévres &L" Febrifuges. i.1.
Discours S.ir.yrkjues<5cMoraM.x en Vers.
Rdation duVoyage du Royen Flandre
en 1680. 1. 1.1o. f.
La Négociation du Mariage de
Monsieur le Duc de Savoyeavecl'insance
de Portugal. i. l.10.f.
RelltionduSiege devienne. 1.l.10. f.
Relationde ce qui s'estpasséà Geacs.
i.l.io.f.
Relation du Siege de Luxembourg
1. l.io.l.
Histoire du Siege de Bude. 1.1. IÛ.f.
Recueil d'Ouvrages faitsà la loiiaue
du Roy, sur l'extirpationde l'He-
'cGe. 1. 1.1ex f.
Relation des Prieres publiques qui
ontesté faites par toute la France, eu
étions de grâces de la guerison du
toy. i. l.10.l.
Antiquitez de M. Spon, Ouvrage
nrichy de plusieurs Figures. 7.1.
Divers OuvragesenMusique de
1. de Bacilly.
Outre les Mercures d'onze années.à
ommencer en 1677. il y a tre lceuxE
raordinaires,dans kL^cls
font diversTraitez très-curieux
,
Se
plusieurs matieres quiregardent les
Sciences& les Arts.
Jvts pourplacer les Figures L'Air qui commence par,Bans
ces lieux rêvons a loisir, doit..,
regarder la page137.
La Chanson qui commence par 3
-
Allez, jeunes Guerriers
,
allez, cber'"
cher la gloire, doit regarder la page.
ZI3* •La Médaille doit regarder la page".
285
*— -— ExtraitdnPrivilege du Roy.••r
p 1 «- AR Grâce & Privilège du Roy, donne
Chaville, Ici: Iuillet168;. Signé, Par
leRoyen san Conseil,IUNQUII*.ES,Ileil
permis au Sieur DANNEAU, Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuer de faire imprimer,vendie&.
debiterle Irvieintitulé,MERCURE
GALANT, contenant plusieurs Rtlations,
Hifloircs, & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre, partel Imprimeur qu'il,
voudra choisir
, Et defenses font faites à tous
Imprimeurs & Libiaires, &: tous autres de
faire imprimer, vendre & debiterleditLivre,
ny graver aucunes Planches-servant à l' rne
ment d'iceluy, ny mesme de le donner
lire, pendant le temps & espace dedixannée;
entières, le tout à peine de six mille 1lyres
d'amende contre les Contrevenans,ainsi que
plus au long il est porté esdites Lettres.
Regiftrç sur le Livre de la Communauté,
aux charges & conditionsportées, le 14.
Septembre1633. Signé ANGOT, Syndic.
Ledit Sieur Diviz»*'a cédé son droit du
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le