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Uu


A PARIS,
AU PALAIS.
ON donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier icur de chaque Mois. & on
le vendra Trente fois relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais, dans la
Salle des Merciers, à la Justice.
T, GIRARD, au Palaisdans la Grande
Salle, à l'Envie.
It: MICHEL GUEROUT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXVIII.
W,VEC PRIFILEGE DV ROY.
tAVIS. DVelquesprieres qu'on aitfaites
jufiJu:,î present de bien
tw"-t:nrisre les noms de Famille emppllooyyeezz,
les Memoires qu'on envoye poul
Mercurey on ne laijje pas d'y manr
\wer toujours.Cela ejlcaujè qu'ily 4
? temps en temps quelques-uns de
xs Memoires dont on nese peutfer-
:'\!r. On reïtere la mesmepriere de
"yn écrire ces noms, en fortequ'on
L*s'ypuisse tromper. On ne prend
peuaargent pour les Memoires, &
uln employera tous les bons Ouvrais
a leur tour,pourveu qu'ilsne
ffoblig .it pnflnIJc) & qu'il n'y
T rien 'delicenticux. On prie fèu..
went ceux qui les envoyent,&sur
tout ceux qui n'écrivent que pz
faire employer leurs noms dans ¿\
ticle des Enigmes, d*affranchir ln1
Lettres de port, s'ilsveulent tjll)'
faffece qu'ils demandent.Cefi^
, ,r.
~'- peu de chose pour chaque particutv
&le tout ensemble efibeaucoupp^
un Libraire.
Lesieur Querout qui débite
Jentement le Mercure
? a rétablyi
choses de maniere qu'il cfi toûjt.,
imprimé au commencement de
cha
mois. Il avertit qu'a l'égard1
Envois qui se font a la Campait
il fera partir les paquets de a
qui le chargeront de lesenvoyer
que l'on commencea veudre i.
Mercure. Comme ces paquets .(è;;-'
tlfieursjours en chemin,Parm
[différa pas d'avoir le Mercure h\
temps avant qu'issoitarrivé*
les Villes éloignées, mais aussîles
Villes ne le recevront passi tard
quelles faisoient auparavant.Ceux
qniselefontenvoyer par ltttrs Amis
sansencharger ledit Guerout, s'expofenta
le recevo'r toujoursfort tard
par deux raisins. La premiere,parce
que ces Amis n'ont pas foin de le
venirprendresi-tofl qu'il efi imprimé,
outre qu'il le fera toujours quelques
jouys avant qu'on en fassi le
débitj& l'autre, quenel'envoyant
quaprès qu'ils l'ont lett) eux &
quelques autres t qui ils le prefh ;t,
ils rejettehtla faute du rcf/^dimc^t
sur le Libraire, en ai/ant que la
vente n'en a co.mmCiu;e que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardementpar lavoye dudit peur
Guerout, puis qu'ilse charge defaire
les paquets /uJ-mc./incJ& de lesfaire
porter a la poste ou aux MeA;
sans nul interest,tantpour les iî
ticuliers que peur les
Libraires\
Province, qui luy auront donné i\ adrjfe.Ilfira la mefine chose géi
raLwnt de tous UsLivres nouvel^
qu ; Uy demandera ,jÙ • qu'il
debite
, ou qu'ils appartienne?/
d'autresL•lrires,fam '-~:
pour eviaeque lepr x
par lesLibraires qui les vei dro^t
J^uand ilse rencontrera qu'on ib
mandera ces Livres a la dit mow
il les joindra au Mercure) an
n'en faire qu'un mejme paquet. T&
celaferaexecuté avec une exatfitv
de dont on aura tout liaI
content.
MERCURE
iSîOVSt i6$S,
L faut l'avouer
,
Madame,
nous sommes
heureux de vivre dans un
Climat temperé
, & fous le
regne d'un Roy qui nous seroit
de beaux jours, si la Saison
nous en resusoit. Un
Canton de Champagne en
eut de méchans au coment
cement de cet Esté; il fun
ruiné par la gresle. Sa Majesté
n'eut pas plûtost estè
avertie de cette perte.,qu'Elle
songea à la reparcr par unes
somme considerable qu'Elles
envoya aussi tost à M des
MicmcmL Intendant de la
Province, pour efLicdiflri—
buée à ceux qui avoient les
plus soussiert. C'est ainsi que
ce Monarque faitnon seule- -
ment de beaux jours,mais
mesme une heureuseannée à
un Peuple qui s'estoit vû en
danger d'en passer une méchante.
Voicy un Portrait
de ce grand Prince dans un
Sonnet de Mr l'Abbé le
Houx.
ESiresi-geen touttemps3 rendre
à tôits la utflice
Etendrefis bontiz,jufiju,àfies En- non!sy(fies Lys.)
Fuire pur fis vertus la candeur de
Avoirplus de par,chant au pardon
qu'au fiipplice.
J r .J' ï'
Entreraucuawp de Mars le premier
dans la lice,
Remplirle mondeentierdefiesfaits
inouïs ,
Acquérir àfin Dieu de nouveaux
coeurs fournis
)
C'efilx le vray secret d'avoirleO
Propice.
Aiesandre
,
Cefir) Scipion l'A}\
cainy
Sent autant de grands noms 5%,
n'ont rien que de vain.
Ils ont couvert de fang prefq4
toute la terre.
Mais Angufle Louispar ses rdr.
exploitsj
N'eutjamau depareildans la Pai^d:
dans la Guerre,
Et se verra toujours le modelie de^
Rois.
Il seroit bien mal-aisé deDI
dire plus en moins de paroles.
Cependant, quoy que ces
Sonner dise beaucoup, il est
impossible que Mr l'Abbé le
Houx ait dépeint en quatorze
Vers toutes les vertus d'un
Prince, dont il n'y a point
d'Historien qui puisse se vanter
d'écrire la Vie, sans oublier
un nombre infiny d'aétions,
qui se perdent dans la
foule de ce qu'il fait tous les
jours de grand, & qui serviroient
à faire brillerl'Histoire
de beaucoup de Souverains
, dont ils feroient les
plus éclatans endroits. Aussi
peut-on dire que tous les,
François touchez pour luy
du pludren drcarour,fontî
les mesmes voeux, que M":
Boyer a faits dans les Vers2
qui furent leus à l'Academie
Françoise, le jour que M des
la Chapelle y fut receu. Jes
vous les envoye, estant sorts
persuadé qu'ils vous paroittront
tres-d ignes de leur Au- -
teur ,
& des a pplaudissemens
que leur donna une nombreuse
Assemblée,
PRIERE POUR LE ROY. sEignellr, par tes bontez,, AU Roy
tout estfournis,
Et ses Maux, &fis Ennemis.
Mais quoy quil ifoit par toutifuivy
de LA viaoircJ ( Roy,
Affizfouvent lespérils d'ungrand
.Ilffiz ifouve,n fis maux qui nous
combloient d efroy,
Ontéprouvésa. force en fitveurde
sa gloire.
C'efioit pour tes regards unifpeclacle
charmant,
GrandDieu, de voir Louisfioujfrit
si conflamment,
pe le voir quand chacun fioufirait
de trifiejfe
,
Defia vertu fie faire fin fermeap«
p"Y> -Hïtfiansfidrr parofire ou difordre""
foihleJlè)
Garder toujoursauprès de luy
La vigilanceô laflgtffi
> Maiscesi de quoy cent fois tous les
coeurs ont tremblés
Par les foins de tEfJat il peut ejfrâ
accablé:
Si la douleurfe joint a ce fardeausi
rude, ( rigoureux,
A tout ce que demande un devoir
Et cette noble inquiétude
De rendre ses Peuples heureux.
Desonactivité nul mal ne le dif
pense,
Fidelle à fin devoir, fidelle à sa
puiffince,
L OVISn'imite point ces faibles
Souverains,
J>)uin'ont dautregrandeur que le
pouvoir jùprême, Ilregneparluyflul> ilefigrand
par luy-mesme,
Et tout le poids du Sceptre ejl porté
parses mains.
Lors que tu luyfaispart de tagrandeur
immtnfe
>
witux*tu qu'il flit sajet à la commune
loy !
rà. Nul ne peutavoir avec toy
Vne parfaite ressemblance.
i\\rul ne peut s'affranchir de lanecessité
[ rendre,
fCID'aller au terme ou chacunse doit
VOOVIS eftné mortel,sonfort eflli.
mité,;
L Mais avec tant de majestê
>
des siecles entiers ne flauroit-il
s'etendre ?
st ce parfait Héros na-t-ilpai merite
uesur lu) tu daignes répandre
Vn rayon aimmortalité?
Voy les mirael s de.sa rie ,
tâots à ses pieds l'orgueil) la Fureur
& l'Envie,
itfesMonstres accablez, de honte & de
douleur)
Yey cent Peuples divers unis contn%
la France,
i Ou confondus par sa demence» c
Ousurmontez, par sa valeur.
Voy LOVIS, quelque ardeur
fente pour la gloire,
Malgrél'orgueil qu'injjire la viciv
toire,
Toujours fage Monarque, & mm
dtfie Vainqueur.
Jguc Fvnivers le demande porn^
M-sistre,
- Sans s'ébloüir desa grdndeur,
<•
Tu le verras,grand Dieu
>
toujounw tereconnoifre
pour lasource de son bonheur,
< Et qaoy qu'il tienne tout de taseti,,k\,
faveur, (voir fait naiJbtS\
II te croit moins devoir que de t\
Roy desespajjions & MaijJrcde
(ællr.
Vainqueur des payions & Maiflrc de
luy-rncjme
,
Sans Qrgueil, sans foiblejfc il règne
noblement,
Issefaitaimer tendrement,
Ilst fait craindreautant qi/on
l'aime;
il charme en mesmetemps, &fait
tremblersa Cour.
Vn attraitinvincible,
rne grandeur terrible.
Le font dans tous les coeurs triompher
chaque jour.
il a seeu joindre pour sa gloire
La Paix avec laVictoire
,
La Terreur avec L'Amour.
Mais c'tft trop peu, Seigneur :sans
employer ta foudre,
roy desa pieté l'effort victorieux,
Elle vient de reduire en poudre
Mille Titans audacieux*
L'Erreur nous infeftoit farfes noir$&
artifices:
Sous LOVIS mesme culte avec mef^
mes Autels,
Et tu reçois par tout des honneursw
immortels
Du plus parfait des Sdcrifces.
Ainsi tu vois, SeigneurJ queil rfejl
rienfous les cieux
gui foit fegrand,si précieux,c
Si digne de tes foins qu'une teste si
chere.
Regle sur ses vertus le nombre de
ses ans; £yuilfoit heureux autant quil nous t
efl necjfaire,
Et ne releve plus ny du fort, ny du *
temps.
Je vous ay appris que Mr
de la GrancheAvocat au à
Parlement,avoit remportéle
prix de l'Eloquence à l'Academie
Royale d' Angers. Les
fages Ordonnances du Roy
pour la reformation dela
Justice
3
&: rétablissement
des Leçons publiques du
Droit François dans les Universitez
du Royaume.estoient
lesujetqui avoit edté preserit
àceux quivoudroient ledisputer
; & comme ill'atraité
fortheureufemenr, vous; serez
bien-aire des voir sur cette.
matiere l'Eloge d'un Roy
qu'onne peut assezlouer,
DISCOURS
Quia remporté le Prix d'Eloquence
à l'Academie
Royale d'Angers.
MESSIEURS,
JDeux fortes de Puijiftncef
concourent à ernieement
d'Hrl Empire> celle des Armess
& ce fie desJLoix; la premiere
ferta en étendreles bornes; el
à repoujjer les effort; des Ennemisjla
Jeconde ngne sur les
coeurs des Sujets, en leur in/pi:
rantpour leur Trince dessentimens
de refpeél & d*amour.
L'une ramene au devoir les
faélieux & les rebelles; Cautre
y retient ceux quiferoient tenter,,
- d'ensortir) ou par la vûe des
récompenses> ou par l'apprebenfion
des peines : celle-là rend le
Souverain redoutableàses voisins
par le nombre de Jes conquejles
j celle-cy lujy attire la
vénération des peuples qui luy
fyo~on~~t fyoour~nis p-ar la force de sa r~orc~ a~ M
Justice.
Comme la France peut se
vanter à juste titre quelle en
parvenue fous le regne de
LOUIS LE GRAND à unv
si haut point de gloire3 qu'elles
donne de la jalousie a toutes
l'Europe>qu'elle fait l'admiration
de toutes les Nationsi
étrangeres
y
il faut avouer aujji
que ce grand Prince y a fiaitV
fleurirplus qu'aucun autre cesv
deux nerfs de l'Etat politique
par la fiermeté de fion courâge
& par '.équité naturelle de sa k
conduite quiefi comme lamefiurer
& le comble de fies autres ver--•
tus.
Jamais Conquérant naporter
plus loin la teneur, defies armes*
jamaisLegislateurn'adonnéplus z%
d'autorité à s1es fages Ordonnances
: car après avoirtriomphé
dés le berceau où il a ejié élevé au
milieu des trophées & des vicfOIres)
aprèsavoir pris tant
de villes &gagné tant de batailles
dans un âge où Jules
César foûpiroit aux pieds de
la flatue cTAlexandre
3
de nauoirencore
tien fait de mémorable>
après avoirheureusement
vaincu tous [es Ennemis
domefiicjues & étrangers
> protegé
fipuijpmmentsesAl-:e^y
agrandi ses Etats par la conquefle
de tant de Provincess
rendulibre, lecommerce des mcrs.
aboli les duels) & détruit
l'heresie; enfin après avoir*
méritél'eslime & l'amour des
;
vaincus parlamodérationqu'il )
a.gardée dans Jes viéîoires}& *
employé la renommée à porter le
* bruitdefin grand nom cbe% les (
peuples l.es '> plus recule% de
* J'vniversrce Prince inimitable s
s'est servi utilement de la paix Ï
glorieuse qu'il a accordée à fis 1
voijïns
, comme du moyen. le
plus propre pour reformer la b
Juslicepardefiges Ordonnances, i\
qui en ont corrigéles abus, (fèf
pour faciliter l'étude delaJuris-
prudence par l'établissementdesx*
leçonsu
leçonspubliques du Droit François
dans les Vnvverfitez de son
Royaume.
Quelprodige,Me[fieurs ,
de
voir que ce Grand RoyJoit non
culement devenu le premier
homme desonEtat, autant par
i l'excellence de son genieyquil
l'elt par la dignité de Jon auv
Vufle perjonne
,
mais quil ait
\bien encore voulu communiquer
Mes lumieres qu'il a acqmfes par
KUne longue experienceparses
occupations continuelles) à ceux
hdont les jugemens devoient déciderdes
biens, de la viey &
'\de l'honneur de Ces Peuples. !
OHj
y
Mcfjicurs>nous sommes
redevables à la vigilance de
notre incomparable Monarque
deces établiffimens si utilesà
toutes fortes de profejjions> qui
font comme dutant de sources
fecondes
,
d'où l'on tire les Sujets
qtion voit dans la fuite 'éleve7,
;
AUX premieres Charges.
Quel heureux siecle pour tous t
ceux quunelouable émul ation s
remplit du desir de se ftrpafJér t
les uns les autres dans les états l
dijferens où la providence les
i•
appelle! Graces au Ciel, fous v leregne de LOV1S LE3
GRAND,t'Ezlife)a Iuflice., tr
fOrdre militaire
J & la Republique
des Lettres trouventune
égaleproteSlion, Dans l'Eglise,
quedeSéminaires,dePajleurs&
de Prélats! Dans les armes ,
combien de lieux dinez par
un pur effet de la
libéralité
de
ce Prince magnanime* peury
faire ïapprentijjage d'unsipenible
exercice ! Que d'illuftrcs
Academies établiesparjesordres,
poury faire fleurir les Langues,
les Sciences (fyf les beaux Arts!
Mais fui tout, que d'habiles
Maîtres dans la lurifprudcnce
Romaine & Françoise
, entretenus
à ses dépens, pour enrichir
avec profusion des trejors
du Droit Civil & Canonique'
lespersonnes qui aspirent à l'bonneur
de la Âfagiftrature! Que • d'Editspublie%jurtoutesfortes
de matieres
3
pour jervir de regles
à leurs decisions
? &pour les
épurer de lignorance de l'ejprit , aujJi-bien que de la corruption;
du coeur!
Le çj^dagijirat esi l'ame dela :
loy : cefl luy qui en doit décou-
- rvrir le veritable Jens
3
lorsque

deuxsubtils Adversairess'effor-
-
cent de luy donntrune sausse

interpretation pour l'attirer cba-
-
cun dans son party, plutôt par
l'agrément du discours, que par
la Joliditeduraisonnement;
mais combien d'opinions differentesparoissentdiviser
enrr:eux
-les plus [çarvans lurifconjultes!
Me semble-tilpasque cette contrariété
d'avis joit un éeueilfatal3
ou la raijon foulent incertaine
devroit faire un ma/heu.
:reux naufrage? Cependant,
Mcfjieurs,unetéméritéinfupor~
table anjoit aveuglé les hommes
- jujques à s'imaginerquilspouvoient
estre les interprétés de ces
Oracles de l'antiquité>lorsqu'ils
navoientqu'apeineejléinjlruits
des premiersdémens de la Iurifprudence
,&commes'ils}
eujjenteu une science infusedu
Droitavantque d'en avoir a. profindi les difficultez
?
ils ne Ï
fiaifioient aucun scrupule de s'en--
gager dans les premieres Char-
-
ges de la Robe
J & de s'ériger,
en maîtres ifouverains du bon t
fins & de la raison. Qu'un tel
abus produifiottdedangereuses
fuites
J & que pour lerefOrmer, i
no(ireaugujle Princeaifagement i
etably dans les Univerjite^ de i
fin Royaume des guides fidelles i
qui tinrenten main leflambeate v
de la vérité3 afin de conduire
dans les routes les plus fecretci1.
de la Iuflicet la Ieunejje prefomptucufe
>
quisans detels secours
Je feroit jettée malheureusement
dans les affreux précipices
de l'erreur!
Tout le monde fiait que le
bandeau dont on couvre ordinairement
lesyeux de la Iustice,
cfl le fyrriboledel'indieerence
de cette 'DéejJe pour les qualité%
despersonnes qui ont des pretentions
a acculer devantelle>
que la balance qu'on luy met
dans la mainJesiune marque
évidentequelle pése avecégalite'
le droit du plus foiblecontre
celuy du plus fort: mais par
un etrange renversementaun
si bel ordre3 ne pouvoit- on pas
dire, Menteurs
> que ce mesme
bandeaune nousreprejentoit rien
autrechosè que l'aveuglement
desluges ignorans, & quecette
balance qui panche toujours
plus d'un cossé que de l'autre3
lors qu'elle n'a pour toutjoutien
qluie'uunemain chancelante au mides
tenebres
5
navoit point
d'autre rapport qu'à la fatale
prévention qui les entraifnoit
dans l'erreur, avant que le plus
juste des Rois eust employé [es
foins pour rétablirdansl'ejbrit
des Magistrats la puretéde la
obdoétrine, & dans leur coeur - le
t.q¡arfait équilibré d'une volonté
101confiante Ci invariable
3
quand
\ül s'agit de rendre a un
chacun
^ice qui luy appartient legitimeïmnent
?
Loin donc d'un regne si beuvmeuxl'ambition&
la brigue3qui
\dsdonnoientautrefois l'entrée aux
ÇFDignite^ les plus émimntes de
icV'Etat, funestes Jources de tant
<J\Je dejordres sipréjudiciables au
àïïPublic ! Ces deux vojes égaleîwment
dangereuses & criminelles
koont eslé condamnées par nostre
ïxwrand Legijlateur, qui afait tant
JagesDéclarations>pourobliger
tous Ceux qui prétendent l' [tic
gloire de lapourpre> ou jeniement
aux degre^ necessairespoun
yparvenir3d'employer troisan-'
neesentieru à l'étude de la Ju-.
rifprudcnce> dans les Ecoles pu-.':'
bliques; afin ques'efîantfcrti*>\
fez du bon sens & de l'efipriti
des Loix) ils en pujjentfairct<
dans lafaite une jufie applica
f /~r~ f7~c~ ~rf~* tion aux efipecesparticulièresnuk:
fie prefenteroicnt a leurs Juge--'
mens.
UilluflreChancelier de CM-J
grand Prince,qui ejll'inter—'ï
prete de ses intentions, le dépo--a
fitaire de fin autorité, £F le^\
principalMinièredefajuflice
le fcondefidellemcnt dans Jes
deffems; il ne dispens ses grâces
qu'avecprud:nce
5
Cil en prive
ceux qu'il en trouve indignes
; gl veut rr.efme que la - personnes qui aspirentaux Charge>
deJudicature,& qui en pour-
- suiventles provisions3 luy donnent
des préjuge%favorables de
leurcapacitéspardestémoitria- 1. 1 1
r
ges authentiques deleur ajrj;~id1uité,-
au Barreau pendant un temps
ajJez considerable pour les préparer
a ces Emplois. Peut on
prendre plus de precautions pour
orner tous les Tribunaux de Magiflrats
Jçavans & incorrupti;
bles ? N'avons- nous pas lieu
d'efierer
j AtfeJJteurs
>
qu'on ne
rendra plus à l'avenirque des
oracles dans le Templesacré de
Themis, puis que la Puijjance
qui laprotégé}exige de tous ceux
qui veulentJe revenir de Jon
auguste Sacerdoce.) des exercices
fînobles efî laborieuxt
Si l'on a faitautrefois des
plaintes que cette Divinité indignée
de l'injustice des hommes,
avoit quitté la terre où elle ejioit
méconnue>pour trouver un azile
plus affuré dans le Ciel, ne pouvons-
nous pas dire aujourd'huy
ia'\pl'meneLOUIS LE ÇRJND
a heureusement rapelléepour ilpresideravec luy dansses Con-
^yjeilsj puis quetoutes les refoluih
tions qui s'yprennent n'ontd'au-
1\ tre fin que le bien public &le
repos de l'Etat?
Que dis-jef Comme si son
>Y, autorité efloit trop soisse pour
il persuader) il veut nous animer
par son exemple à l'ainour de la
^"Juflice; cess en sa perjonne fao
crée que nous la voyons briller
h dans Jon pluspuréclat.Eneffet,
quelque pénétration qu'il ait
h danstontesfortes d'affaires il
fuit toujours dans les chosès importantes
lesfages avis de ceux
dontlaprobitéluy eflconnue> &
qu'il honore de sa confiance.
Faut-il rejoudre la querre ou
conclure la Paix9 il fait exaffe*
ment discuter les motifs de
l'une ü de l'autre en pre",
fence des plus experimente.-< de
son Royaume. Yaut-il decider
des différends de l'Eglisè, ou prescrire
des loixpouryfaireobferver
une exaSle discipline
9
il
convoque une djjcmblée des plus
considerables du Clergé, & il
réglé ses sentimens sur leurs delibérations
; tant il efl vray de
dire qu'il ne veut jamais que ce
igui eflejlime le plus équitable.
^Faut-ilenfin terminerune congélation
fameuse dont l'evenewnent
devoit luy produire plusieurs
millions, quelque juste qu'-
^elleparoisse en sa faveur, il
ycraint que la tropgrande comqplaifance
desprincipaux Officiers
P,defon Consèil, ou que le trop
,.grand attachement qu'ils ont à
VOn service ne luy attire laplut
ralité desfujfra£<es, plûtost par
:
zele pour les droits de sa Couronne
, que par le motif d'une
equitéscrupuleusè ; il lesexhor-*
tepuissamment à les donneravec
unelibertétouteentiere}&fur
lepartage des opinions, il décidé
hautement en donnant sa voix
contre luy-mesmepour lesoulagement
d'un grand nombre de
Familles) dont il préféré le repos
A sespropresinterefis; & c'cfl
par là qu'il nous fait a/fez connoijlre
que les causes du fisc ne
font jamais moinsfavorables que
fous les bons Princes.
Toutsuperieurqu'il foit à la
loy
3
puis qu'il a droit de la donneraux
autres, & de s'en difpehfer
par son autorité fouve*
raine-til sy soumet volontiers le
premier, (if il nous inspire par
une action si genereuse & si
éclatante un efrrit éloigné des
préventions„ JOlnta un coeurparafitementdefintereféyqualité%
heroiques qui font
3
a proprement
parler
j
les bases de la Justice,
mais qui fontsir négligées par la
pluspart des hommes.
En effet, Meffeurs3 l'amour
propre & le panchant naturel
que nous avons a nous flater9
nous font souvent mepriser les
opinions des autres; un secret
orgueil nous fitggere sans cejje>
que nostre sentiment est toujours
le meilleur; ou si nous sommes
defabufe% de nos erreurs par la
force de la rtifon, nous nous
persuadons qu'il estde noflre honneur
de soutenir les préjugé^
dontmus noussommes d'abord
Idijje^seduire
,
sur tout quand
noflre interess a donné lieu à un
entejlement fl pernicieux, c'en
alors que nous ne voulons plus
rien ecouter que les moyens qui
fervent à l'établir, & que nous
devenons des jugespalionnez
dans noflre propre cause ; cess
alors queJi nous avons quelque
autoritésur les autressau
lieu
de l'employer à la protection des
plus foibles contre l'opprejflon des
plusforts9 nous en abusons en
noflre faveur> en colorantd*ordinaire
d'un pretexte specieux
apparent> ce quirieft dans le
fond qu'une extrême injustice.
Mais qui ne rougiroit d'un
aveuglement si etrano-e, après
que le Soleil de la France a si
heureufemrntdijJipétous lesfaux
jows dont nous nous laijjtons
auparavant éblouirl
Le digne héritier de Louisle
Juste rieufl pas eHé content s'il
nJeust encore recherche les moyens
de remedier aux abus que la molejje
des Magiflrats ; & l'ujage
corrompu des temps malheureux
Jembloientavoir autorise
Vous leffave^jMeneurs,
avant la nouvelle Ordonnance
lesprocès paroijjoient immortels:
les particuliers incertains de leur
Jvrtune3ejioitnt obligez de fat
crisser une partie de leurs bi-e' ns
à l'avidité de ceux qu'ils employoient
pour recouvrer l'autre:
ceux qui efloient les injufies usurpateurs
,
Je promettoient d'en
pouvoir impunément continuer
la possessîon pendant le cours de
leurvie3 pardes procedures dont
la longueursipréjudiciable al'Etat,
ejloit tolerêe : maigre toute
la vigilance des Peres de Fa- e> millesj ils nevoyoientquàpeine
la fin d'une contestation comt
« mencée de leur vivant : leurs
vmves&leursensans perdoient
iïyfouvent avec eux l'esperance de
)l pouvoir conjerver leurs patrimoines?
lorsqu'ils avoient quelip
ques droits a démefler avec de
fâcheux adversaires
3
quiJepré.
ip valant de leurfoiblejje & de
b\ leur peu d'experience
>
les confumoient
en frais avant qu'ils
?tsussent en estat d'éclaircir leurs
C\ pretentions.
Cette ptge Ordonnance a
1 pourveu a ces dereglemens3 qui
s menaçoient de remettre les choser
a dans l'ancien cahos d'où elles ai'
voient eslétirées
> & en abrogéant
toutes les formalltez inu--
tileS; elle n'a introduit dans l'or- -
dre judiciaire que celles qui ont
paru d'une necejjitéabsolue.
L'Ordonnance pour les matie.' -
res criminelles a esié ensuite mise i
au jour,ilen aparud'autrespouri
le commerce&pour laguerre;de i
forte que l'Etatreformépar des 1
remèdes sisalutaires, a pris une i
nouvelleface fous cegrand Prin-•
ce j
qui facrifefes veilles pour le
4
repos & la conservation de ses
rpeuples.
Un autre abus qui s'efloitglifsé,
neproduisoit pas des fuites
moins facheuses que celles que
114ay déja remarquées: cejloitle
.il'rÍx excejjif des Charges des
Compagnies superieures, qui ne
recevant plus d'autreejlimation
iwflue celle que le caprtce des homïwies
leur donnoit, ricftoientpùÇb^
edëes que par lesplus ambitieux,
vy<r foulent par les Sujets lrs
\\<&lus indignes
>
tandis que ceux
Kpjai efioient capables de les rem- plir avec honneur^mais qui n'efàfloient
pas également avantage^
îkdes biens de la fortune, estoient
kocblige^y pour ainsi dire, d'en-
°Voüir leurs talens, & de demeuvç
rer inutiles à l'Etat. Nostre Au..
zufte P™ce a Mmedit à ce defordre
3 en fixant à un prix certain
ces eminentcsdignitez pourlefi^
quelles les particuliersjacrifioien m
si avidement leurspatrimoines..
llfembloîtquelamefmcichofto\
nefiufl pas à craindre pour leiti
Offices de moindre zaleur., ~r~
particulieremeni pour ceux do-niii* lemploy paroifl le plus merce—«
naire
3 &dont on laijjoitl'ejti
mation libre dans le commerce j t maisl'experience a fiait connot-q-1
flre le contrairepar les plain- -s
tes fireqnentes desperJZnnesqui u
ebargeoient ces fiortes de gens du m
foin de leurs affaires, on a dé- -
couvert que l'incertitude duprix y
- de
c
de ces Oiffces, que les Jommes
extraordinairesaufqudles ils a-
,voient esié portez,donnoient
lieu à ceux qui les achetoieyit3
de vendre trop chèrement leur
ministere au Public, & merme
d'enabujerJouventpar un grand
nombre de procedures inutiles.
f Ce nouvel inconvénient efloit
tropdangereux pour echaper à
ïexatfitude du GENIE de la
Jprance, qui en limitant le prix
de ces Chargesles droits de
ceux qui sen trouvoient reveflu*
y a donné en mejmetemps
un frein à leur avarice,quils
ne pouvoient contenter au.% la
foule desparticuliers>til leurafc
fourny les moyens de devenirs
plus bonnefies gens> pour peux
qu'ils 'veuillentcorrespondre ak
Jes bonnes intentions.
Parleray-jeicy,AfeJJteurs> ( d'un nombre presque infiny d'E--:
dits&de Declarations qui ontw
eslé publiéesparJes ordres3pourw
Jernjir d'interpretation à ce quiw
pouvoit paroiilre douteux dansu
ces Ordonnances, ou pourrejla—Î
blir le bon ordre &
la
difcipli--i
ne danstoutesfortes d'estats?s.
Les bornes que --vous avez pref~?\
crites à ce discours ne m'endon—n
nentpaslaliberté; un volumes
wwe peut fujjlre pourrenfermerles
feules Déclarations qui ont eslé
^faites dans le dejjein de rapeler
,;;(es Sujets Proteflans à la vendable
Religion ; ouvrage si diffiixrcile&
si perilleuxa la MJnar..
èczhte
,
qu'aucun des Rois[cs Prc-
°>\decejfeursna ose 1)eYJtreprendre>
xïjy cess en cela que LOUIS IE qRANDnousadonné
e?n sa personne un exemple ad-
\wirable de pleté,dejuflice., &
'oWegeneroflté toutensèmble>persuadé
qu'il efloit que les interefls
°Me sa Couronne efloientmoins à
\wiénager pour luy
3 que ceux du
î£*ïiel dont il l'avoit receué:
Faut-il sétonneraprèstantx
de merveilles, que ce Prince[Oit1.
comme l'abregé & le centre de')
toutes les vertus qu'on a vu Jïï\
partagées dans les grands Mm--'
mes de l'Antiquité t Mdis com—!
ment n'eflre pas jurpris de voirx
ce que toute la terre ne peutxi
rntendre qu'avecadmiration i**
En effet,Afejfleurs> L0VISZ
LE GRAND efî un Cap1--1
taine experimenté à la teste dn\
jes Armées
3
c'ejlunCheféclairsa
au milieudefes Çonseils>ce
un Legijlateuréquitable dansi*
Jon ht de Juflice
,
cefl un Royt^
dr un Pere tout ensemble a /fr-tV
vgard de fis Peuples, cesi un
4cWafleur
charitable
qui conduit
rwvec seureté ceux qui s'ejtoient
^malheur:ufement egare%.
-U
V
U
Comme on ne voit plus Jous
diuy la vertu fins recompense:)
(MY le vice sans châtiment. tous
iJIes membres du corps politique
toYont dans une subordination mu*
Quelle qui en fait l'harmonie
&ia behuté. Grâces à ce Heros,
&vn ne voit plus regner la licence
sMans les Armes, ïinfolence dans
ÎXÏ Populace, /'ignorancedans
!t!,Eg,life" ny la brigue dans la e > y bï
^Magiflrature ; une discipline
x&xaéle a fait revivre dans tous
cesdiffèrens eflats l'innocence ee>%,
la pureté des moeurs; etcft pouri
quoj,Adeffieurs, nousdevon.x
dire qu'on ne peut meriter le..*
grâces de noflre augufle Princiw
que par unefige conduite,parce?
que comme laIustice ejlla reglti
defis déllons) elle est aujjt 114
mejure de fis bienftits.
Certes) Mefjteurs
3
si l'om
doitseconformer a l'exemple dim
Souverain
3
il efloit raisonnable^
qur les rares vertus de ce Herosx
ne fijjentpasoijives ny Jleriles3t;
mais que pardejùvorables in--
ftuences elles communieassent
leurs qualitez à ceux qui non t
\Jeulement ont l'honneur d'approcher
de plus prés desa Ter-
?\Jonne Jacrée,mais encore aceux
p quifont dans un ordre inferieur.
Pojjiionius croyoit avec raison
? fJue le Siecle d'or efioit ainji ap-
1pellé) parce que les Rois de ces
,* temps heureux cfloient les plus
figes de leiirs Etats
3
&que les
?SUjets à qui ilsanjoientconfié
A les gouvernemens de leurs Pro-
? vinces,&l'adminiflration de Lt r,/M ? ~~o~
£iu-Jqlcc, estoientauJjilcsplus vertueux
; jefùis pcrfuadf) Mtfsieurs,
que si cet ancienvivoit
k aujourd'huyparmy nous? il ne
<donnerait point d'autre nom au
règne de Loüis le Grandyconfia
derant les qualitez héroïques de
cct auguste Monarque & le
mérite stctomply de fis fidelles
M-inifires.
Sans aller chercher plus loin
des preuves de la véritéque j'avance
y
il suffit, Aiejjieurr,? de
j/e.itcteardelensnyee,udoxnstulersvmoesmtrbeirellsufoflnret
tous animez de lyefp)it& de la
I.iiiffiice de ce grand Prince à oui
elle ejlredevable defin établi-
Jument: en effet) on voit parmy
vous des perssonneshabiles dans
toutes fortesde Sciences,&difi
tinguées dans chaque profefFonk.
qui en fouticnnrnt avec éclat fllrens caraéleres.
Monsieur de Nointel que je
vois à voflretefie> & qui pr£-
fidc a l'adminiflration dela luslice>
de la Police, & des finances
dans toute l'étendue' de
vofîre Generalité, montre bien
par l'équitéde sa conduite3 que
le Prince qui l'a honoré de cet
employ flait faire un judicieux
dtfcernement des principaux Officiers
qui doiventsoutenir avec
luy le pesantfardeau de sa
CDuronne
>
l'aider de leurs cQn.
fecils.,e partager avec luy la
gloire d,e ses travaux,
CeJcroit icy un beau champ
pour m'étendresur les talens extraordinaires
de cet i/lufllc Intendant3
surson application continuelle
aux affaires>sur la penetration
de son esprit, &sur
les foins qu'il prend de faire
rendre uneexaÛejuflicedans la
Province qui a eJlé confiée à sa
vigilance 3aussi-bien quesur l'amour
qu'il apour les Lettres, e
sur les témoignages d'eftimr dmt ,,o-e. ilhonore ceux qui les cultivent>
sisa modeflic ne me prefcrivoit
enmesme temps des bornes qu'il
ne m'efl pas permis de pajJèr.
Qui ne voit que la gloire de
son Maiftn: ep un des attraits
qui le touche le plus vivernent)
puis qu'il anime à lapublier les
plus éloquentes plumes, par l'esperance
de remporter lesprix que
sa libéralitépropoje?
Je tnapperçois auJJt}MeJJieurs3
que vous m'irnpofè'{ un pareil
flence
, parce que vcus nefles
fcr;fib!es comme luy quauplaijtr
d'entendre)ou les Eloges de nojlre
grand Monarque> ou des voeux
pour sa projperité.
Seigneur, qui protégé% les
Rois UsPrinces de la terre
3 cess à vous que la France s'adrejje
pour vous demander la
tonfervation de celuy qui d tonjours
paru Ji zelé pour vos inte*
refl-L. à, quelque hautde^rê,de
puissancequeLOUIS LE
qR.AiVon Joit parvenu> il
s'enreconnoifl redevable à vos
bonte%y(y il natriomphe de
tant d'Ennemis que pour vous
offriravec plus de reconnoissance
tout le fruit de Jes Conquelles.
Prolonge^
>
Seigneur) les jours
d'un Prince si accomply
,
faites
quanime sans cesse de vojlre
esprit il continue de le communiquer
aux Teuples que vous
luy avez fournisy & que la durie
de son regne assure la gloire
0° l'honneur de la Religion,le
repos de l'Eglije
j & la félicité
deJes Sujets.
Inde filtti regni, & Relligionts
hgn6J.
Les Avis que j'ayemployez
dans ma Lettre du mois de
Juin, au nombre de cinquante&
un , pour instruire plus
particulièrement les Joueurs
d'Echecs> en ont attiré une
fuite que je vous envoye,
avec ce qui m'a eité écrit sur
ce sujet. Les louanges qu'on
donne à ce noble Jeu, vous
convaincront mieux de son
excellence. cEque vous aruez remarl
quejMonfieur>dans voflre
Mercure de juin> efl tresvray
3 que le Ieu des Echets est
le plus ancien, le plus univerfeh
& le plus honnefle de tous les
Jeux.Etil eji vray encore3 ce
que Ioncherche dans le jeu
qu'ilases utiliit^>maisd'une3
maniere noble3 & bien différente
de ce gain interefé que
l'aevarice cherche dans les autres
Ieux. C'efl une recompenfi, ce
font des faveurs dont la fortune
a souvent honoré ceux qui ffanjoient
ce Ieu éminemment. Le
Joueur fameux du temps pafié
)
dont le nom estoit Boi
> & que
l'on appelloit communement, Il
SiracuCano, fut en grandee/lime
à la Cour de Philippe II. qui
luy fit de grands honneurs &
de riches preftns. Il fut aussi
fort confideré à Rome du Pape
Urbain VIII. de qui il recrut
plusieurs largesses&qui le chertjjoit
à un points qu'il luy fit
offrir un gvefcb',e s'il njouloit se
faired'Eghfe.Enfin il riy eut
pas jusquaux Infidelles qui ne
recompenpiffentlemérité de son
leu; car eft4nt tombé entre M
maim des Turcs qui laboient
fait ejclave
3
ilsriexigtrent de
* luy d'autrerançon pour sa li-.
berté) que l'avantage de joüer.
avec luydurantquelque temps,, eleprofit qu'ils firent par son
moyen dans la science de ce lcr"
>. qu'il possedoit en perfiElion. Il
faudroit un grand nombre tannées
pour arriver au mesme de- frê que luy; maïs si
les
bons
oüeursdesdifferens lieux où va
voflre Mercure) dont les aifies
le portent au delà de l'Europe3
y vouloientcontribuerchacun de
fis remarques, on serois un pro-.
\*£rêsconfderdble dans ce leu., ou
îif<*pluspart des gens demeurent
orne^ a certain pointysans le
Pouvoir paj]er> faute d'en avoir
feYtf science. Voicy quelquts nouveaux
Avisque vous pourrez
joindre
>
s'il vous plaist, aux
mutres ?
dans lefque/s il s'est
n-oulé quelques fautes d'imprefwfion
y
mais qui peuvent eflre aw
¡f.).ement corrigées par ceux qui
rwatiqucnt ce leu.
tVITE DES xAVlS
aux Joueurs d'Echets*
LII.
Plusieurs pièces de l'autre
approchant de vostre Roy;
font dangereuses, il faut, si
l'on pelles éviter.
LIII.
Un pion fort avancé, ôc
foutenu par un autre pion,
ou par une autre piece,incommode
fort le jeu de* commodefortlejeudel'autre
3
tindeule meetlelnealar.me con-< :j
L 1V.i Il y a des rencontres de:
jeu, où le Roy de l'autre:
cftant enfermé dans ses pie--
ces & dans les vofires, vousa
pourrez avec un Chevalien
seul luy donner mat, *
LV.
Jouezquelquefois dés le
commencement du Jeustous
les mesmes coups que l'autre,
tant que vous le pourrez,pour
déconcerter son jeu, ou découvrir
ses desseins.
LVI.
Lors que le Roy de l'autre
a roqué avant vous, allez
aussi-tost à luy en avançant
vos pions, pour donner l'affaut
à son quartier,
LVII.
Ne mettez point sur la fin
du jeu deux Chevaliers l'un
devant l'autre, ou sur un
mesme travers; car s'ils font
attaquez par une tour, ou
par un fou, l'un d'eux ne
pourra manquer d'estre pris,
LVIII.
Lors que les deux jeux font
si ferrez par la liaison des
pions, qu'on ne peut presque,
ny avancer ny reculer,cherchez
le moyen de vous faire
passage pour aller prendre les
pions par derriere; & vous
détruirez le jeu de l'aurre,.
LIX.
C'est l'ordinaire, quandon
prend, de commencer par
sever la piece de l'autre, mais.
il y a du danger à le faire, car
dés que vous l'avez levée,
vous estes obligé de la prendre
; il est plus leur de commencer
par joüer la vostre.
Cela fait quelquefois entrevoir
la méprise,& on en cft
quitte alors à joüer sa piece,
sans prendre celle de l'autre
que 1 on n'avoit pas touchée.
LX.
Lors que sur la fin du jeu
vostreTour n'est point soûtenuë)
donnez-vous de garde
de mettre au devant d'elle
dans la mesme rangée, un
Fou ou un Chevalier, parce
que l'autre en mettant faTour
pour prendre vostrepiece,
vous ne fçauriez retirer la vostre,
&amenant encore une
autre piece dont il fortifie sa
Tour, il prendra infailliblement
celle que vous avez mise
devant vostre Tour.
LXI.
Lors que vostre Tour est
en prise par celle de l'autre
vers la fin du jeu, il vaut
mieux la retirer, que de l'appuyer
de vostre Roy, car si
l'autre peut donner échec à
vostre Roy, il l'obligera de
s'éloigner de vostre Tour, &
ainsi. elle fera prise le trouvant
sans défense.
LXII.
Lors que vous menez un
pion à dame,& que la Tour
de l'autre empesche vostre
pion d'y arriver, en semettant
dans la derniere cafe de
la mesme rangée, poussez-y
vostre Tour
,
à la cafe qui est
de biais à vostre pion, car il
faudra qu'il prenne vostre
Tour, & vous luyprendrez
la sienne parvostre pion,qui
au moment deviendra une
Dame.
LXIII.
Lors qu'il ne vous rcfte
qu'uneTour avec vostre Roy,
&, à l'autre un pion qu'il
mene à Dame dans la derniere
ligne avec son Roy, si
vous n'avez pu le prendre,&
qu'il foie presque à la derniere
cafe, au lieu de vous
attacher davantage à ce pion
pour le prendre, laiflfez-le
aller à Dame,s'il se trouve
que son Roy aille dans la
mesme rangée où il le couvre,&
làvous luy donnerez
mat avec vostre Tour,ayant
disposé vostreRoyd'une
maniéré
~ninaïnerequi empescheleRoy
>bde l'autre qui est en échec,
>ble sortirde la rangée où vo-
~iflftrc Tour l'a macté.
LXIV.
Lors qu'on vous veut em-
~jçefcher un pion de faire une
~Damc, enmettant une Tour
~îhderriere pour le prendre, au
moins lors qu'il fera à la derimiere
cafe, tâchez de mettre
efcdans la mesme rangée une de
3WOS pieces par derriere, & qui
se trouve par ce moyen entre
woftte pion, & la Tour de
l'autre, & vous arriverez à
claire une Dame.
LXV.
Ne vous tourmentez point
de vouloir donner mat avec
deux Chevaliers qui vous reftent
seulsavec leRoy,carcelas
ne se peut; mais vous pour.
vez donner mat avec un Che..-.
valier& un Fou
,
& pourem
venir à bout il faut mener la
Roy dans un des coins de
l'Echiquier, qui foit de les
couleur de vostre Fou, pour
quoy faire il faut en avoir
appris la route.
LXVI.
On ne peut matter avec lad
Tour feule un Roy à qui ~ili
rcrefteun Chevalier si on sçait
ilfuir comme il faut: mais on
matte un Roy, auquel il reste
u un Fou, si l'on peut réduire
<:e Roy dans le coin qui est
b dela couleur de son Fou.
LXVII.
On ne peut conduire à Dame
le pion de la Tour qui
resteseul
,
si le Roy de l'autre
se trouve sur le chemin,
p quand mesme on auroit un
Fou qui feroit blanc, lorsque
laderniere, cafe est noire; &
0 de mesme si le Fou est noir),
1 & ladernierecafeestblan- che.
- LXVIII.
Lors qu'il y a deux pieces
à prendre,choisissez celle qui
endommage le plus le jeu de
l'autre. :
LXIX.
Si c'est à vous à jouen &
qu'une de vos pieces donne
sur une de celles de l'autre
faites, si vous le pouvez, donner
encore sur la mesme piece
une des vostres, & qui
mette en échec ensemble le
Roy de l'autre, & vous prendrez
sa piece.
LXX.
Les échecs que la Dame
qui vient de loin donne de
ITrés, font fort dangereux.
LXXI.
Ne souffrez point que le
rffou de l'autre se campe à la
roifiéme cafe de vostreTour,
ducofté que vous avez roqué
) car il se tient là, pour
aider à sa Dame à vous mataxer.
LXXII.
Deux Chevaliers qui s'approchent
ensemble doivent
:&ire craindre
, car l'un ou
l'autre pourra faire son coup,
~2G vous ne les écartez.
LXXIII.
Quand l'autre a roqué,que
le pion de son cheval est avancé
d'une cafe, & que le
Fou de son Roy se trouve en
la place de ce pion, tirez
vostre Dame avec le Fou de
la mesme couleur que le fien,
& poussezce Fou à latroisîéme
cafe de sa Tour ,s'il
prend vostre Fou avec son
Fou, vous prendrez le tien
avec vostre Dame, & vostre
Chevalier qui doit avoir fait
une premiere démarche dans
laveuë dece dessein,en faifanr
une feconde qui donne
rJMiir le pion de la Tour de
l'autre
, vous luy donnerez
imdeliftiite mmat avec voestre D.a-
!(tJ
LXXTV.
Quand vostre Tour n'estant
pas soutenuë peut prenbdre
une piece de l'autre, que
vous pouvez prendre aussi
avec un Chevalier ou unFou, il faut prendre cette piece
,£avec la Tour & non avec le
Fou ou le Chevalier, car il
q pourroit venir sur vostre Fou
o ou sur vostre Chevalier avec
sa Tour, & avançant une autre
de ses pieccs, il prendroit
infailliblcmenr la voRre, qui
ne pourroit se tirer de la rangée
sans faire perdre vostre
Tour.
LXXV.
stant sur la fin du jeu, ne
jouez presque aucune piece,
soit Tour, ou Fou, ou Chevalier,
sans qu'elle foit soutenuë,
de peur que l'autre en
donnant échec àvostre Roy,
ne prenne du mesme coup
vostre piece.
LXXVI.
Si le Roy de l'autre a ro.-
t]uéJ& qu'il ait un Fou ou un
Chevalier àla troisiéme cafe
de la Tour,il faut le prendre
sivous le pouvez? parce qu'en
reprenant vostre piece avec le
pion qui est devant son Roy,
il découvresonRoy,& son
pion mesme se double,ce qui
gâte fort son jeu.
LXXVII.
Lorsqu'on vous donne une
piece à prendre pour reprendre
ensuite la vostre, il vaut
mirux souvent laisser l'autre
prendre le premier, parce
qu'en prenant après luy, vous
avancez vostre jeu par la démarche
de celle qui prend.
LXXVIII.
Le moyen de se défendr- e
du gambit, est de soutenir le
pion qui a pris, par le pion
du Chevalier du Roy avancé
de deux cases,& celuy -là par
le pion de la Tour avancé
d'une cafe; puis avancer une
cafe le pion du Fou de la
Reine. Ensuite vous pouvez
faire sortir ce Fou-làcontre
le Fou de l'autre, & vostre
Dame se plaçant enfin à costé
devostre Roy,le desseindu
gambit se trouve avorté.
LXXIX.
Lors que vous elles à l'extremite
,
& dans le moment
de souffrir mat, s'il se trouve
que vous puissiez donner échec
à l'autre, quoy que
cet échec vous paroisse d'abord
inutile
?
continuez-le
tant que vous pourrez, cela
fait naistre quelquefois un
moyen inesperé de donner
lillat à l'autredans le temps
que vous vous croyez perdu.
LXX X.
Si l'autre ayant poussé au
commencement le pion de
son Roy deux cases, & vous
de mesme le vostre, il pouffe
ensuite le pion de sa Dame
deux cases, ne manquez pas
de le prendre, car autrement
il le pousseroit une cafe, &
estant avancé & soutenu, il
pourroit encore aller plus
loin, & seroit capable de
vous faire perdre la Partie.
Le livre de Mr levêque
de Meaux intitulé, Histoire
des Variations, ayant fait
beaucoup de bruit, & la
réputation de cet Ouvrage
s'estant répandue aussi loin
que celle de cet Illustre
Prélat,on en a tiré dequoy
attaquer les Protestans avec
beaucoup d'avantage. C'est
ce qui a donné lieu au Dialogue
que vous allez lire.
DIALOGUE
D'un Catholique & d'un
Protestant.
LE CATHOLIQUE.
E ne doute point,Monrieur,
que lacuriosité qui vous efl
naturelle, ne vous ait fàit lire
ce que Mv ÏEveJque de Meaux
a écrit depuis peu de temps sur
les Variations. Ce Livre a recett
de grands éloges des Personnes
lesplus diftinguées>foit en Franï
ce Jfoit en Angleterre.
LE PROTESTANT.
Leb loiianges @f les applaudiffcmensqu'on
luy a donne7,- de
tous cofie^j ne m'ont pas empep
ché de le lire; mais le vous
41Joul que je ne fayleu qu'avec
chagrin.VAuteur y fait 'Voir
par tout qu'il est nojlre Ennemy
,capital.
LE CATHOLIQUE.
Cependant si vous voulez^
bien estre sincere
, vous demeurere^
d'accord qu'il n'avance
rien de luy-mesme
) &
qu'il ne vous bat que par vos
propres armes, &par vos aéles
publics.
LE PROTESTANT.
Appelle^- vous nous battre
avec nos armes, que de nous
faire dsse ce quil luy ~T
dhabiller nos Auteurs asa modes
LE CATHOLIQUE.
Je vois bien que vous nave%
fes leu le Livre des Variations
avec toute l'attention qu'il merité
;si cela ejloit, vous rendriez
ajjurément plus dejuflice à la
sincerité de on Auteur. Il est
vray qu'il vous pouffi vigourendement>
& qu'il vous force
jusque dans vos retranchement*
C'efl ce qui me faitesperer que
vous entrerez dansune capitu.
lationraisonnable, e que vous
rendrez bien-tost la Place.
LE PROTESTANT.
r Bon,ruous n'y estes pas enco- re.AttaquernojlreReligion par
les changemens qu'on luy impute)
cejl jugement vouloir prendre
un Chajieau par les giroüettes.
LECATHOLIQUE.
Vous penfe% plaijamment;
maisvousnepenfe^ pasjpijle> car
aparlersansraillerie}nappelle^-
vous pas s'attacher au corps de
U Placey e Japper les fondeivmens
d'une Religion, que de
^l'attaquer par les changerais
quelle a fÕuffirts dans l'ejfentàel
&dans les symboles de sa
vFoyf Tant de Variations diffevrentes
nous la font voir comme
mn fameuxtheatred'incenjlanred'erreur.
C'efl aujji cette
issnflabilité perpetuelle de ioftre
yt»retendue Religion, qui obliged,
V yadéja plusïeursannées
une
"Personne d'un rare merite dr
g'!-'une profonde érudition, à'abviurer
l'hertfie de Calvin, & de
\Mire connoiflre au Roy que Sa
Wajefle nejîoitpasobligée de
K*nir sa parole Royale a ses Sujets
Protestans; parce qu'ils a* :
évoient changéplusieursfois de
«
ConfeJJtondefoy,& quilsne-
- ftoient plus dans la mefmc Reli~-
gion où Elle anjoit promis de les (
laisser en paix. Que dites-vous t
*1 à celaf
LE PROTESTANT.
Je répons que tout cela men
paroijfroitfortJnJpeél, si je ne
fonnoillois vojtre probité; w~~
tout .0 ce que DOUS dites contre
nous3 nous le pouvons direcon- -
tre vous-mesmes.
LE CATHOLIQUE.
Point du tout, on lepeutdire?
mais on ne le fçattroit jamais û
prouver. Nous n'avons garde
de changery.nous nous trouvons
trop bien des Verite'{ que nous
profeffins. La ReligionChre•
flienne e£lsimple & précije en
fés dogmes) comme parle Arn*
mimMarcelhn. Le seulSymbole
de Nicée a toujours servy
dans l'Orient ù dans lOccident)
de témoignage autentique
contre tous les Ariens- La réglé
de la Religionr dit Tertullien
eflimmuable ,
} & ne Çe reforme
point.-L'EgliseCatholique qui
fait profejjton de ne dire & de
riemfeigner que ce quelle a receu,
ne varie jamais; & an
contrairey iHereJïe qui a commence
par innover,change toûjours.
LE PROTESTANT.
MrJurieu vousfera voir le
contraIre; il donnera le change
a Mr de Meaux,& il ne demeurera
pas sur la répliqué; car
debonnefyyys'il ne repondoit
pas solidement $ fortement3
nous ferions de grands fous de
tenir encore ferme pour un paftjy
qui comme le Cameleon
t & le
Prothée de la Fable prend toutes
fortes de couleurs C7 de si:
guresdifférentes.
LE CATHOLIQUE,
Jenedoute pas que uojlre *e :infatigable Mr Jurieu ne ré-
[ fonde, mais ie doute qu'illefajje
auJPfixement que vum le proi
mettek; car quoy qu'il ait beaucoup
de feu
3
de doÛrine, &
d'éloquencej le caraélereverltable
de Jon esprit est d'estre in- jfirieux,Jatyrique, outrant fouvent
les matieres, dr pour le
bien definir en peu de mots, il
kpique plus qu'il ne persuadej0*
1éblouit au lieu d'éclairer. Ce
n'eflpas affe7, de parler beaucoup
, un grand verbiage n'cft ipropre que pour imposer aux foibles
& tromper les ignorans. Irr
multiloquio non décrit mendacium,
dit le Sage, mais il
efl neceffiire de bien parler?&
de dire toujours lavérité.
LE PROTESTANT.
Mousprétendons que MrJurieu
ditlavérité> qu'ilfrape
toujours le but ; mais je voy bien
que vous vouleK faire tomber
injenjiblementnoflre conversa,
tion sur la Controverje.
- LE CATHOLIQUE.
Pardonnez-moy, ce nejlpas
là mon dejjein
> quoy que félon
lesentiment de Saint Augujlin
v quand la véritéCatholique est
dttaquee & combattue à force
ouverte, chacun doit prendre les
armesyles plus foiblesau
que lesplusforts, afin quefiant
tous unis ensemble) l'erreur Joit
univtrfeUement confonduë.,
LE PROTESTANT.
Que produira toute cette
pierre3 & qui mettra fin a tous
nos combats ?
LE CATHOLIQUE.
C'est où je veuxvenir. Il y
a déja longtemps qu'on s'échauffi
& quon dijpute de part e
d'autre; l'un dit pour, &l'autre
contre, mais qui a raison
> &
qui nous mettra jamais d'ac*
-cord ?
LE PROTESTANT.
Ce fera l'Ecriture.
LE CATHOLIQUE.
Nous pretendons quelle nous
efi favorabley mais qui nous
en découvrira le njray fins t
LE PROTESTANT.
Le Saint Esprit..
LE CATHOLIQUE.
Vous ave7,, raison.,niais oùse
trouve le S. Eprit., sinon dans
lEgliseCatholique>qu'il a promis
d'assîster jufqua la fin des
siecles? En essèt, y a-t-il une
Religion plussolide que celle qui
est bâtie sur la pierre vive sur
lafoy deS. Pierre qui ne manquera.
quera jamais> qui conpjje un
seul Dieu en trois Personnes
» C"
qui met toute fort ejperanceen
J. C. seul qu'elleregarde
comme
Jon unique Afediattur & [on
Jeul Sauveur?Voïla la Foy orthodoxe
j
la Foy des Apostres,
la Foy de nos Peres) la Foy dcs
Conciles, @J particulierement
celle du Concile de Trente, que
vous ne pouve^souffrir.
-1
LE PROTESTANT.
LE CATHOLIQUE.
Je Jçavois bien que vous en
viendriez là
, mais je vous declaré
que nous n'adorons point
les Saints
, & que si nous les
honorons d'un culte Religieux, il
ne fait non plus de tort à celuy
que nous devons à Dieu Jeul,
que l'amitié que nous avons
pour nos amis, r& que l'honneur
& le rejpeél que nousrendons à
nos parens. Pour la ConfjJion)
bien loin quelle me paroijje une
gesne de conscience comme vous
-
dites, j'y trouve au contraire
une paix intérieure & un repos
inexplicable. iLu o3n en penre pense
t'eque l'on voudta} je parle .sincerement.
A l'égard de la Realité)
je men tiens à la fuie parole
du Sauveur du mondesans
vouloir trop rafinere sans
écouter là dessus l'explication
des hommes. le fumets ma
raison à la foy, j'adore ce que
je ne puis comprendre, dr il me
souvient toujours des paroles de
l'Ange Cjalriel
3 non eil: HTU
poffibile apud Deum omne
verbum. Mais ce qui me tient
le plus au coeurJ c'est de voir
que sur le fait de la Realité
'Vou: vous accommode% plutofl
avec un Lutherien qui vous eg
étranger, quavec moy quifuis
vojlre Amy usque ad aras.
LE PROTESTANT.
Je vous reconnois "Volontiers
pour mon Amy
3
mais nos Freres
ne laissentpas dfe gemir en Fr,an..
ce3 & il
,
mesemble qu'on décroîtavoirégardà
ruroll ai~oir —d a la fermeté a Jermete
qu'ilsfont paroiflre.
LE CATHOLIQUE
Faujjefermeté que celle-là.
Ne vousytrompe pas> les Inpdelles
ne souffrent.-ils pas tous
les jours des tourmens inouispour
leurfausse Religion? & qui ne
sçait que les Donatifles du temps
deS. Augujlin>forcèrent la demence
de l'Empereur Theodoje de
donner contre eux desArrejls de
mQrt, tant ils efloient remuons>
opiniâtres &rebelles à fisordres»
@f tant ilsavoient envie de
mourirpour avoirlagloire qu'on
disi d'eux qu'ilsavoient l'Eglifi
Catholique de leur cojle! Ne
jçave^
- vous pas avec S. Cyprien
> que ce n'efl pas la peine3
mais la bonne cause qui fait le
veritable martyre? Je plains
ejj-eflivement vos pauvresFreres
abu(ez qui font la duppe de
ruos Ministresfugitifs qui crient
r -
sans 7 cesTèJ mais de bitn loin,
-Assemblez-vous, & souffrez;
semblables aux Pbarifiensx ilr
imposent aux autres un joug
cruelj gf ils ne veulent pas y
toucher du bout du doigt.Ily a.
plus d'onze cens ans qu'un Concile
d'dgde nous a déclaré qu'il
n'y avoitpoint d'j4Jfembléeplus
légitiméquecellequisi doitfaire
dans les Paroijjb. C'efllà où les
Cbreflicns doivent s'affimbler,
& non pas dans les campagnes).
comme des troupeaux de bestes,
fauvages- Ce font ces JJfemblées
illégitimes, s/oou~rrc~e~s de rrebel/lcio~n
fimences de révoltés, qu'il
faut fuir, parce quelles font
défendues par les loix des Princes
a qui nous Jommes obligez
d'obeir,commedit S. Paul
j &
non pas à des hommes particuliers
que l'interrft ou la passion dominent,
& qui ncnt aucune
autorite' Legitime. Coyc^-moj>
n'abuse;C pas de la longue patience
& de la douceur incomparable
de nostre Roy Tres-Chrejlien
j qui vous traite plutojl en
Pere charitable &bien-faisant,
qu'enJuge Jevere & rigoureux.
Ne prêtez pasl'oreille à cesespritsmauvais
>a ces discours
fiateursy
à ces Lettresrpaftorales)
qui ne tenient qu'à vous corrompre
lecoeur)c-àsurprendre vostre
esprit. Ecoutez plutostl'avis
important du grandApostre dont
vous reverez les Ecrits
,
lors
lqou'nilicdieitnesnRopcaarmlanuts aux Thessaautem
vos,
Fratres, per ad ventum Domini,
& nostræCongregationis
in ipsum, ut non cito
moveamini à vestro ftmfu)
neque terreamini, neque
per spiritum, nequc per
sermonem, neque per epistolam,
LE PROTESTANT.
Voila ce qui s'appt lie prescher.
Toutcela me paroisi fr'i eje
men Censvivcmcm, je
v f/.(;" ;'L' JI:"'!.J["')
ÎWVOHS proteste que jemenvais
<tfenferserieusement atout ce que
ïMVous mave^ dit.
LE CATHOLIQUE.
Et moy te menvais prier
GDieu quil vous fajJe connoistre
sAla vérité ; cependant croyczwwojiy
feK encore une fois le
À beau Livre daVariations. jtcf
$$J>ere que parcettefécondé leéluwre
vous dirfZ,puis quema Relilégion
ejlfincertainefvaria-r
ble
3
ie la quitte pour mattacher
kaalaa Véritésolide. C'cftccaue y*[o.. ZF cc que
\À ie vous fouhaitc de tout mon
n coeur..
Le 19 du mois passé, Mr
le Marquis d'Albyville
?
Envoyé
Extraordinaire d'Angleterre,
fit à la Haye de
grandes réjoiissances pour
la naissance du Prince deGalles.
Il en fit rendre graces à
Dieu le marin, & l'Office fut
célébré solemnellement avec
une excellente Musique, ce
qui dura jusques à midy
,
&
fut accompagnéd'une salve
reiterée de quelques petites
pieccs de Canon, qui avoient
cité placées sur les bord s du
Canal, ou Vivier, aprèsquoy
cet Envoyé donna un repas
q~lendide.MrleComte cTA-v
waux, Ambassadeur de Fransxe,
s'y trouva,ayant elle iniwité
àcette Feste, aussi bien
~que Mr le Chevalier Cram-
~pricht
,
Fr.voyé Extraordinaire
de l'Em pereur,&mem- bre de son Conseil Privé; Mr
elleBaron Kracgh, Envoyé
)!x!c Dannemarc k,M Moreau,
Seigneur deVertilly,Envoyé:
~de Pologne;M Nors, Resident
de Cologne & Munster,
&Mr d'Outremont, Envoyé
bdu Chapitre de Liege, avec
bd iverses autres Personnes des
q plus distinguées. Le soir M.le
Marquis d'Albyville regala
les Dames d'une magnifique
Collation, & elles eurentenfuite
le divertissement des
Feux d'artifice. Toute la Maison
fut illuminée depuis le
haut jusqu'au bas, & l'on fit
paroistre une infinité de lumieres
dans une petite tour
en forme de dôme. Audessus
de la porte on avoit écrit en
lettres d'or,
Vivat à Deo datus Princeps
VValliæ,totaqueregia prosapies.
Au milieu du Vivier estoit
élevé un Ecbafaut ou Amphithearre,
qui futéclairéde
tous costez. On y voyoit
un arc de triomphe à plufleurs
portes, avec un Chevalier
S. Georges foulant(à
ses pieds un Dragon horrible.
Pl ufieurs Pyramides representoient
dans les coins,les
Royaumes de la Couronne
de la Grande Bretagne, & entre
ces pyramides il y avoit
diverses aisles d'Oiseaux,
pour signifier la Foy, l'Esperance,
la Charité, la Justice la Confiance, la Prudence, la,
Loyauté, & la Vérité. Au
dessus
,
dans la Frise mesme
de l'Arc de triomphe,eftoienr
ces autres mots,
FulcimentumTroni Patris&
mei, Religio&Libertas.
Quatrecolomnes d'ordre Corinthien
avec leurs Piedestaux
soutenoient la Couronne
d'Angleterre. Entre ces
colomnes estoit un Globe du
Monde. sur lequel on avoit
representé les Lignes Horizontale
& Equinoctiale, &
l'on y lisoit ces mots.,.Ai1.gU';"
sto & Iacobo magno proles diu
'vinjat. Au dessus on voyoit
paroistre un Enfant, tenait
d'une main un Sceptre, pour
Signifier le Gouvernement du
Roy d'Angleterre; &de l'au-
,,
tre une branche d'Olive,pour
marquerla Paix & la Misericorde.
Sur la testedecet Enfant,
& au dessous de la Couronne
Royale, deux autres
Enfans qui avoient des aisles
se tendoient la main l'un à
l'autre, & tout autour de cet
Ouvrage, au dessus & au dessous
d'une balustrade on lifoit
encore, Iustitia& Veritas
exemplatoe funt. Le Feu d'artifice
eut tout l'effet que l'on
en pouvoit attendre, & satisfit
pleinement un nombre
infiny deSpectateurs. Onfît
couler pour le Peuple plusieursfontaines
de vin, & on
distribua de l'argent à tous,
les Pauvres.
Il y a des gens sur qui Pi—|
magination est puissante, &
l'histoire que Mr De Vin a
mise en Vers en est une
preuve. Les noms en sont
faux, mais la chose est véritable;
vous la trouverez agreablementcontée,
&vous
n'aurez pas de peine a y reconnoistre
ce tour aisé qui
vous a tant plu dans tous les
autres Ouvrages de cemesme
Auteur. --
-- -.-
LABLESSURE
IMAGINAIRE. VNe troupe de francs Bourgeois,
Gens de commerce &de pratique,
Dans une Place ancienne &Publique,
( trefois.
Attendant le Souper s'dffimbloit OH*
Lajfélon lafoible rubrique,
L'un daubantfur le Magijlrat>«
Se plaignoit defis injujlices,
Et parloit hautement de l'abus des
Epices.
Làsl'autre reformant l'Etat,
AuxjeunesTonfure^' otoit Us Benéfices.
Les donnoit aux Sçavms aux Vieil*
lards, aux Dévots,
Regloit les Droits du Roy, abais
foit les Impojh,
Et critiquoit le MinijJert.
La
y
chacun d'une minefiere
Battoitl'Ennemy sans danger,
Affiegeoit une place) en conduisoit
Cattaque ,
Et ysans avoirjamais veu ny Camp,
ny Barraque
Sur la Brèche allêit seloger.
Enfin la Troupe pacifique
S'échauffantdans sa politique,
rn Soldat en passant donna, maispar
hasard9
rn coup de coude 41f sieurAfcardy
jgui seul ou loin de cette place,
Jamais n'eufifans doute eu l'audace
De payerycomme ilfit, et coup d'un
grandfouflet.
Sa compagnie offieieufe
Jpplaudit aux efforts de sa mil//)
vigollrenfi1
Et contre un homme setis hardie &
ceurageufe,
Luy dit qu'ilavoit fort bien fait.
Le Soldat qui trop foible en vain
s'en feandalife
, Etqui ne peutpour cette fois
Se vanger de tant de Bourgeois,
Leur veut au moins causer quelque
furprifi ;
Il prend fin Mousquet, tire en
l'airr
Etfuit vijlé comme un le/dir.
Jamais unejeune Bergere
.Pui l'oeilsurson Berffr,l'ortije
àsachanson
Reçoitjur la , verte feugere
D'un Air tendre & nouveaula prl.
mitre leçons [ Tonnerre
Jamais
,
dis-je, Bergere eut-elle du
Tantde peur qu'eut Afcard de et
eeup de Moftfipeet ?
Safrayeurfut telle en effet,
zue s'en croyantatteint, iltremble
il tombe à terre,
Crie à l'aide,au secours ,demande
un Confesseur,
Et le front dégouttant âunefroide
sueur,
Se fait d'un Chirurgien porter dans
la Boutique. (harangueur,
CeaDoittcur de Saint Cosme efloit un joyeux de cette prAtique,
Luy dit, Soyez, Monsieur9 le bien
venu, courage,
On vous traitera biencéans,
Etpour lescoups defeufay de fort
bons ongaens.
En véritéc'efi granddommage.
J>)uel coquin de Soldat/quel maraut!
quel brutal !
Il eftvray que ces gensn'aiment que
le carnage,
Mais enfin voyons vofire mal; .yons vere mal;
Garçons , mon BijlOllry, mon Bandage
y ma Scie,
Des Cifieaux> & de la charpie;
Coupons, fiions, tranchons; ça,
quel endroit,Monsieur,
A befioin de nofirefiervice ?
A ces mots mafficrans Aficar plein
de frayeur,
Du boutdu doigt montrafia cuijje*
Le Chirurgien la dépouilla,
Et luy dit en riant, que me donnez,*
, vous-là, ? Iamaisgigot plus gras,jamais cuijft
plusfiaine.
Voyez l'autre, dit le piteuxy
Carfins doutea l'une des deux
le fuis blessé. Dieu !quellepeine
Tous me faites! Ouf, ouf! haje!
plus bellement!
ZÀ cuisse gauche vfjitle
Ne se trouva pas plus blesée
0,tie la droite,poes feulement
Contujlon, égratigneure,
Morbleu, quel ignorant, s'écriealors
Afiard,
Prens tes lunettesi vieuxpenard,
le n'en scais pas l'endroit, mais je
gage, é* jejure
J>)uej'ayfurmoy quelqueblejjure,
Car enfin de douleur-la tejle en feu
me fend,
le mesens bien, &plus ce mal qui
me devore
Ejl secret & caché,plus il faut qu'il
foitgrand,
Voy , regarde, examine tnetire.
Ah
y
j'ay le doigt dejfts, répond le
Chirurgien
En luy touchant lefront, mats ce ne
fera rien,
Deux ON trots prises d'Elcbore
Vous feront, M"onfieur, tres-grand
bien,
Vofire mal efi imaginaire.
Jtfuoy donc, meJerois-jetrompé,
Répliqua le Visionnaire ! Il me semble pourtant que le coup
ma frapé,
Et que je ne m'abtifè guere.
Enfin, surfin certificat
Se tatant, & voyant fin corps en
bon état,
Vouais, ah-
,
parbleu, dit-il, ltt
plaçante avanture l'
île me crcyois blessé, j'en auroisfait
gageure ;
KMaiscommentsepeut-il que je ne
lesiss point?
Ilfaut donc qui ceJOit Maupoint.
C'efioit un de la compagnie,
ZZar quand le coup tiraje le prés
demoys
Jjhfon le vifte , je vous !rif..
£)uoy> tu ris? maugrébleu detoy>.
Meurs,fuis que fuie veux,jefuis
bienfou, ma foy
,
De m'embaraferde ta vie.
Je vous envoyé un Air
de M.de Montailly. Je croy
que vous n'en ferez pas
moinscontente que des paroles.
AIR NOUVEAU. I1Aimeunecharïnante Bergère
1
DontCairefi aJlèz tendre cr:..
doux, Mais ce qui me desespere, 1
MonILivalefison Epoux. |
Mgn"
,1
Mon embarras rieflput de me fuire
aimer d'elle,
Sonpanchant en secretfécondé assez,
mes voeux, Mais ce qui nous retient tous
deux
Cestqui'lfaut, pour maimerquelle
foit insidelie.
L'estime generale que Mr
le Tellier, Chancelier de
France
>
s'estoit acquise par
ses rares qualitez, a fait rendre
à sa mémoire tous les
honneurs quun grand homme
peut attendre. Sa mort
fut regardée comme une perte
publique. Tous les Corps
ordonnerent des pompes sunebres,
pour luyrendre les
derniers devoirs;& après que
l'Eglise & la Robe eurent
donné des marques éclatantes
de leur douleur, l'Université
n'oublia rien pour
marquer son zele par un Service
qu'elle fit celebrerfolemnellement
pour le repos
de son Ame, le 8. Fev. 1686
dans l'Eglise de Sorbone. Mr
Hersan, ProfesseurRoyal de
l'Eloquence, y prononça en
Latin l'Oraison Funebre de
ce digne Chef de la Justice,
& je vous parlay en ce tempslà
de l'approbation générale
qu'elle avoit receuë. Les grandes
beautezqu'on y remarquai,
firent donner beaucoup de
louanges à son Auteur, &
c'est ce qui est causeque nous lavoyons depuis peu de jours
traduite en François. Celuy
qui nous a fait ce present
.J nous cache son nom sousces
deux kttres M. B. mais il ne
peut nous cacher qu'il possede
parfaitement toutes les
finesses de nostre Langue
»
&
le plaisir que l'onprend à
à lire certe excellente traduction
) ne nous laisse point
douter quelle ne consserve
toutes les graces de l'Original.
Cette OraiCon contient
trois parties. Dans la premiere,
l'Auteur nous fait
voir l'égalité de feu Mr le
Tellierdans sa vie active, &
voicy de quelle maniere le
Traducteur nous a peint la
Cour. Après nous avoirmarqué
le temps ou le feu Roy
l'appella au Ministere; Cet
homme juste, dit-il, se regardoit
danslaCour comme surun
Theatre où la Vertu paroistdinairementétrangere
,& outous
les Vices illustres se montrent
avec pompe avec éclat. Il
voyoit qu'il avoit asoutenirun
rôle bien difficilesurcette Scene,
où les intrigues font sans nomb7re>
Il 2 ou regnent les défiances,les
tralJifons, des commerces d'infidélité
entretenus d'un air de bonne
foy ; l'Esperance3 le dess
poir; la haineimplacable> la
colere vive ; les vangeances secretes,
les civilité% extcrieures;
de grands de.fJeins,de plus grands
desirs; beaucoup d'ofientation
3 peude vérité; une habile dijJimulation,
une ambition sans
bornes. Ilsentoit agè,Z ladifficultéqu'il
y a de se conserver
parsafeule innocenceparmy des
hommes> auprès de qui les vices
& les vertus font également
dangereuses; Yexaéîitude à acaccomplirses
devoirs cIl exposée
À l'envie
y
la négligence au blârne
; la feveriié efiodieuse; la
douceur tp nuifib/e, la jincerité
peu feure3 dont les dfeours font
autant de pieges, &<\bi tournent
en ridicule ceux qu'ilsy
ontfait tomber. Ilsçavoit avec
quelle foupleffi ces gcns-la si
transforment en mille maniérés
dijferente*; il aveit remarque
que leurs vijagesje démontent
comme illeur plaist
j
qu'ilschangent
d'exterieur &de langage
félon le temps; qu'ils s'Attachent
à la fortune naijptnte, qu'ils
flatent cellequi s'agrandit; qu'ils
adorent celle qui efl élevée xu
plus haut degrés qu'ils abandonnent
celle qui chancelle ; enfin
, qu'ilspersecutent celle qui
efl ruinée. (jens qui ne connois
Je^point la Cour3 voilà ce que
que vous nepourrez croire. Gens
qui la connoijje%> voilà ce qur
vous ne fçaurie%jamais ,AfJr'{
déplorer.
Dans la seconde partie qui
traitre de la Moderation de
Mr leTellier dans sa plus
haute fortune le Traducteur
a rendu en ces termes ce que
M. Herfan a marqué de son
élévation à la Dignité de
Chancelier. Voila, dit-il,
tomme l'heurause vieillesse de
Mr le Tellierse nourrissoit de la
gloire & de lavertu deses Fils,
bornant à cet uniqne plaisir
toutessesesperances.Alors il
s'enfermoit dans le fond de sa
retraite comme dans un tombeau,
parsemé de Fleurs & de Couronnes,&
s'y enterroit toutvif.
Il n'avoitjamais ajfttté aucuns
honneursj alors il les écartoit
tous avec foin
,
de crainte qu'une
fouleimportune ne vinst troui
bler la tranquillité de Jon innoiIïcentevie.
Précaution vaine! LOUIS qui connoist si bien le
«mérite> qui le r(.ampprJft si ma-
•ggnifiquemcnt3l'appelle à lafitvrêmt
Magiflrature, ce Prin-
1ïce nomme pour son Chancelier
\~*celuy pourqui nous faisions tous
b des vaux flcrets. L'homme qui
pejloit tout au Roy parlà fidélité
(ùneiranlablc>tout au Peuple par
î\fonincroyable humanitéfut étacomme
un Aîtâiateui entre le
Moy &le Peuple.En ce jourtant
ïSfouhaitê} avancéparlesprirees
:.x:ïpdr les desirs de tous lesfran-
)-foisi, vit-on quelqu'un garder le
silences Quelquunput-ilrenfermer
sa jcye ? Y cut-il quel.
<^uunqui n'en dovnafl que des
feibles marques ?
Qu'il
foit.)c
diftons-nouss comme dtfoienn
autrefois les Romains de leun
ValereJ Qjtfl foit le Juge:
de tous, lur qui est le meilleur
de tous; qu'il Ion: le Juge;
du Sénat, luy qui n'a aucunr
defaut; qu'il foit larbines
de nos vies) luy dont la vies
cft sans tache & sans reproche.
yii/ijtse rejoüijfoiene (lnil
particulier & en public
,
lesx
Grands
>
les Petits, les Amis &""
les Eflrangerr. Il efloit le Jeull
qui Jembloitse chagriner des ca--
rcffesque luyfaisoit la fortune.
Il rougissoit en quelqueforte, e
faisoitpresque des reproches àsa
vertuÎ des grands
,
mais legitimes
honneurs qu'on luy rendoit.
Ilsefit autour de luy un grand
changement, mais ilne sen fit
aucun en luy. Dans son nouvel
rjlat de vie
>
il garda toujours
la mesmemanière de vivre
> &
la retenue d'un homme privé.
£hoj> que Chancelier, il con
serva toujours le mefmevifagey
lemesmeesprït,Ilfuttoujours ce
même LE TELLIER) serieux
avec douceur, gay avec dignité,
- affable avec une sevérité caref*
fante;chery des Grands, agrea.
ble au Peupleyfmplefans bassessey
modéré sans ostentation
,
mais plus il ejloit moderé-' plus
il attiraitnosrefpefls> nos loüanges,
nos admirations;plus nous
nous emprcjjions de l'honorer
malgré toute sa refiflance3 au
bavard d'exciter presquesa colere.
La Pieté exemplaire de Mr
le Tellier dans sa mort bienheureuse
faisant le sujet de la
troisiéme partie de cette
Oraison Funebre, l'Auteur
qui nous a peint ce grand
comme toujours ecral toujours
modéré
, nous fait un
Portrait admirable de son
entiere resignation dansces
derniers momens de sa vie. Il
dit que la France luy paroit
fant purgée par la défaite
de l'Heresie, sur laquellesa
main avoit servy à lancer la
foudre,il jugea qu'il n'y avoit
plus rien à faire pourluy,&
qu'il craignit de dégenerer
s'il faisoit encore quelque
chose, & de soüiller par quelque
action terrestre, sa main
consacrée par cetre prefcription
de l'Impieté. Ce jour
mesme,ditsonTraducteur,fut
le commencement deson éternité
bienheureuse, vers laquelle il
s'avançatoujoursdepuis à
grands pas. Il revint malade
en cette fille, afin de mourir
dans lefin desaPatrie3 mais
il revint avec un jugementplus
Jfort) à mesure que les forces de
son corps dirninuoient. Son esprit
nefloit point use par l'âge, appefanty
par la maladie, éteint
par la langueur; au contraire3
recevant de nouvelles lumieres3
& une nouvellevigueur des années
c- de l'infirmité, non seulement
il voyoit mourirfincorpy
i chaquemoment
3
mais mefne
il se réjoiiijjoit de demeurer pour
"tn voir en quelque fortelesfu- -
vitrailies> & pour le conduire
tvrefaue au tombeau. Mais et
'vqttil y eut d'admirable en M1 le
')'T'ellier, eten que ne l'ayant pas. connu jusqualors, il
,o!OUS parut beaucoup plus éle-
W
j &* beaucoup plus grand
dans la mort mzfme. Nous awvions
veu tresfouvent les dehors
de cet homme, mais nous
ïen avions presquepoint encore
weu l'intérieur. il estoit telle
went fortifie desa modejlie con-
Vf tout ce que la louange humaine
a d*attraits, quilnevouait
pdi luy-mefmc sçavoir corn*
bien il efloit grand) & que les
antres ne le pouvoient sçavoir
lquuy'avec peine. Il efl vray qu'il'
échapoit tous les jeurs, om
sansypenser, ou malgréluy,,
comme des éclats & deretin--
celles de Jes vertus cachées) mais*
tout cela ne nous lemontroit que*,
par parties, om ne l'expooiti
qu'en éloignement à nos a/mi.-
rations. La mort feule qui en.
fevelit toutes les gr¿tndeurs,pla.
ça Mr leTellier dans une efpecea
de nouveau jour. Elle luy arra--:
cha les voiles dont il couvroitù
ses bonnes oeuvra; elle nous fitfi
cçnnoijlre son esprit celefle ; ellth
mous ouvrit le janftuaire dejfk
-:r:ainteté secrete; enfinelle deve-
AlopA a nos yeux dans ce dernier
ijuiéle desa vie,sa vertus intèprieures>
&renfermées avec tant
bVefoin. VoilàjMadame, des
ntraits d'éloquence qui font
xDnrioifire combien le Putdblic
estobligé à celuy qui a
idbien voulu nous donner en
iflnoftre Langue cette belle piesxedeM.
Herfan.Je n'ay point
eTait difficultéde les rappor- ter cachant que l'admiraition
que vous avez toujours
jsuë pour les grandes qualifiâtez
de feu M[ leTellier,
-.1 - -
vous les fera lire avec plaisir.
Nous avons perdu depuis
peu detemps plusieursDames
d'une
naissance
fort confide.
rable. Eu voicy les noms.
Dame Suzanne Charlotte
de Gramont. Elleestoit veuve
de Messire Henry Mitte des
Chevrieres, Marquis de Saint
Chaumont, & Fille d)An..-.
toine de Gramont Thoulougeon,
Souverain de Bidache,
Comte de Guiche & de Louvigni
,
Capitaine de Cinquante
hommes d'Armesde
Ordonnances de SaMajesté.
Gouverneur de Bayonne&
des Païs adjacents, & de
Claude de Montmorency,
Fille de Louis de Montmorency)
Seigneur de Bouteville
& de Precy, Comte Souve.
rain de Lusse
,
Chevalier de
l'Ordre du Roy) Bailly &
Gouverneur de Senlis, Vice-
AmiraldeFrance. Sonayeul
estoit Philbert de Gramont,
Comte de Guiche) tué
au Siege de la Fere en Picardie.
Son Frere aisné Antoine
Duc de Gramont, Pair&
Maréchal de France) Cheva.
ier desOrdres du Roy, Souverain
deBidache, Comte de
Guiche&de Louvigni,Gouverneur
& Lieutenant General
aux Royaumes de Navarre
& Bearn, Villes & Citadelle
deBayonne, Pays de Labour,
& Saint Jean Pied-deport,
Colonel du Regiment
des Gardes de Sa Majesté, est
mort en 1678. & a laissé de
Dame Françoise-Marguerite
du Plessis de Chivry,de l'illustre
Maison de Richelieu,
Antoine-Charles de Grammont,
à present Duc de
Gramont & Pair de France.
pourveu desmesmesGouvernemens
de Mrle Maréchal
de Gramont son Pere. Madame
la Marquise de Saint-
Chaumont avoitencore pour
Frere, Philibert Comte de
Gramont,qui a épousé Da-
; me Elisabeth Hamilton,Dame
du Palais de la Reine, &
[ pour Soeurs,Anne-Loüise de
Gramont,mariée àIsac de
[ Pas,Marquis de Feuquieres,
morte en 1666. &Françoise-
[Marguerite Femme de Phi-
Hippes,Marquis de Lons en
Bearn. Feu Mcffiic Henry
Mittede ~Chevrieres Marquis
de S. Chaumont, & Comte
de Miolans,Mary de Dame
Sufanne-Charlotte de Gramont,
estoit Fils deMelchior
Mitte de Chevrieres, Marquis
de S, Chaumont, Chevalier
des Ordres du Roy, &
d'Isabeau de Tournon, &
Petit fils de Jacques
-
Mitte
de Chevrieres,aussi Marquis
de S. Chaumont, & Cheva-,
lier des mêmes Ordres, Gramont
porte écartelé au I, d'or
au Lyon d'azur, ~armé lampajïé
de gueuless au2. & 3. de
gueules à troisflèches d'or ferrées
& empenées d'argent, mises
en pal qui est Wyér, au 4.k
d'Aurej qui porte d"or au Lelurierrarnpant
de gueules, accolé
defable à la bordure de mefmey
chargée de huit besans d'orsur le
tout de gueules à trois faces ondéesd'argent,
qui est deThoulongeon3
écartelé de gueules à
trois Jumellesd'argent> qui est
de Saint Cheron. Mitte Chcvriercs
porteécarteléauI.
d'argent au sautoir de gueules,
a la borduredefable chargée de
huit Fleurs de Lys d'or) au1.
bandé d'or& de gueules de six
pièces >contre* écartelé degueules
à un [Aigle d'argenty au 3.
d'orà la bande de gueules,
contre-ecarteleaor au chevron
de fable>sur le tout d'argent
à la face de gueulesparty
d'azur.
Dame Marie de Neuville.
Elle estoit veuve en premières
noces d'Alexandre de Bonnes,
Comte de Tallart, donc
est venuë Madamela Marquise
de la Baume, & ayant époufé
ensuite Louis de Champlais,
Marquis de Courcelles,
elle en a eu Mrle Marquis
de Courcelles, & Mr
l'AbbédeCourcelles. Elle
estoit Fille de Charles de
Ncuvillc Marquis de Villeroy,
roy, Baron d'Alincourt,Chevalier
des Ordres du Roy,
Gouverneur de Lyon & du
Lionnois,Forests & Beaujolois,
& de Jacqueline de
Harlay, Fille de Nicolas de
Harlay
,
Baron de Sancy, Colonel
General des Suisses, l'x
Petite
-
fille de Nicolas de
Neuville, Marquis de Villeroy,
Baron d'Alincourt,
Seigneur de Magny, Minifstre
, Secretaire d'Etat, &
Grand Tresorier des Ordres
du Roy , & de Madeleine de
l'AubespinedeChasteauneuf,
Fille de Claude de l'Aubespine,
Secretaire d'Etat. Le
Frere aisné de Madamela
Marquise de Courcelles,estoit
Nicolas de Neuville, Duc de
Villeroy, Pair & Maréchal
de France, Chevalier des Ordres
du Roy, Gouverneur de
Lion, du Lionnois, Forests
& Beaujolois, mort Chef du
Conseil Royal des Finances
de Sa Majesté, qui de Dame
Madeleine de Crequi
,
seconde
Fille deCharles Sire deCrequi,
Duc de l'Esdiguieres,
Pair & Maréchal de France ,
a eu François de Neuville,
Duc deVilleroy , Pair de
rance, Gouverneur du Lion- .s ,
Forests & Beaujolois.
ÎXS autres Freres de cette
Marquise font Messire Ca-
:Illile de Neuville. Archevessue
& Comte de Lion, Pri-
,zia,t desGaules, Comman-
J5UT des Ordres du Roy,&:
eucenant General au Gouvernement
du Lionnois, Fosts
& Beaujolois, & Mcf- e Ferdinand deNeuville,
vsque deChartres.
I Dame Marie de Castelnau.
elleestoit veuve de Philbert
Thurin
,
Marquis de Cern,
Seigneur de Glay -lesEstilleux
,
Rouperou, lq
Mets, le Maréchal
,
Dordive,,
S. Pierre, laNoüaille,& Soeu*
de Jacques Marquis decao
telnau ,
Maréchal de Frances
Gouverneur de Brest, issu d
l'ancienne Maison des Seil
gneurs de Castelnau en Bi
gorre,& mort en 1658. d'u
coup de Mousquetade qu'il
receut à la prise d'un Fort
prés de Dunkerque. Castels
nau porte écartelé au 1. &aiI
4. d'azur au Chasseau d'argent
à trois dongeons couverts aves
leurs giroüettes, quirsi Castelis
nau; au 2. &3 de la LOHber,
s\^tajubilely'ssi udr'orà deux Louves de
~r le tout de Levés, qui
l'fsi dtor à trois chevrons defa-
Ule.
Dame Jeanne Licquet. Elle
estoit Veuve de François Lamier,
Baron de Sainte Gemme,
qui avoit esté employé
pour le Royen plusieurs négociationsd'Etat,
en Portugal
, vers les Suisses, & aurres Nations, dont il s'est fidel-
)Icinent acquitté, & cO:
nrnortc en la Ville d'Angers,
iâgée de quatre-vingt-trois
sans. La Famille de Lanier,
ancienneen ce lieu là, a donné
plusieurs Chanoines !"
Dignitezâl'Eglised'Angert
des Presidens, Lieutenans G
neraux ,
&autres Officiers a
Presidial & à la Senéchaussé
d'A ngers? &des Maires à Il
Ville. Il y en a eu aussi ptii
sieurs Conseillers au Grand
Conseil
,
& aux Parlemens de
Paris & de Bretagne. Elle et
alliée aux Ayrault, Grimau
det, Loüet, Boileve, Goureau
,
Constantin ,
de la Brut
netiere & aucres.C'est de cette
Famille qu'est venuë Marii
Lanier, Veuve de Françoisd
Montholon, Seigneur dAIWJ
hbeerrvvilillileiresr, sD,DoyoeynenddeessAAvvoo--
cats du Parlement de Paris. Je
croy vous avoir déjà dit que
c'estoit un homme illustre en
sa Profession par sa grande
probité, par sa capacitéextraordinaire,
& par sa naissance,
estant le Chefde l'ancienne
Maison de Montholon
en Bourgogne, qui a
donné un Cardinal, des Chevaliers
de Malthe, des Ambassadeurs,
deux Gardes des
Sceaux, des Conseillers d'Etat
,
des Presidens au Mortier,
des Conseillers & Avocats
Généraux aux Parlement
de Patis & de Bourgogne, des
Maistres des Requestes &
autres distinguez par leurs
entes. Lanicr porte d'azur
à seize carreaux d or porck en
sautoir,cantonnéde quatre Æglettes
d'argent.
Je vous ay déjà parlé asfez
amplement du Tremblement
de Terre arrivé à Naples.
Cependant comme les
nouvelles Relations qu'on
m'en a données sont remplies
de circonstances que vous
pouvez ignorer, je vous en
fais part. On publie icy que
le nombre des personnes qui
oont esté accablées sous la rui-
CIne des édifices tombez, n'est
ïqoprads)simgraainsd qu'on l'a dit d'atoutes
les Lettres
j parlent toujours de la mesme
} forte.
ANaplesle 8. Juin 1688- sAmedy dernier J. Juin ±
veille de la Pentecofle
,
à
1 zi. heureSyle tempseslans un peu
) obfèur, on rejjentit icy par ¡"cr:
pace d*-un Credo un
horrible
? Tremblement de terre3 qui fit
k
craindre à chacun une mort pfot
chaîne & inévitable. Tout let
monde commençaafuir dans 1":
-
Places publiques, dra la campagney
les unsferment à la hatù
les maisons & lesBOLÎIQUES>&\
plusieurs les lai/Jant ouvertes. CeJ
fut un dejordre inconcevable^
puis que perjonne ne Je trouvoin
en pureté dans les maisonsnyj
dans les Eglires,qui ont
touteA
islé ébranlées dr entre ouvertesA
&qui tombent continuellcmcnt..t
Le magnifique Dome de lagrande
Eglzfc de la Adaijon Proftffe
des P'-~eres J.<ejuitesefitombé,&
4 tué quatre de ces Peres qui
tfhient au ConfefFonnal. On ne
sçaitfras le nombre despersonnes
qui Je Jont trouvées accablées
fous les ruines d'une montagne
de pierres qui comportent ce
Dvme> & dont le pavé de l'Eglifr
a tfté remply, I*- c(hheeuuttee de
cespierres a perdu vnBibliothèque
jvrtconfdcrahle3 dont tous
les Livres ontejîe endommage^
Le Portail est aussi ébranlé 6-w
tn're- ouvert ) Cm le C/ocher prest
:. à tomber. Cette Eghfc efloit le
plus bel ornement de la Ville de
Naples
7 toute revejiue de mar.
bre3 dorurefy epeintures excet
lentes. Celles de la voûte entre
mires ,
efloient du Cavalier
-
Lalfran,J d'un prix inejlima,-
.hle> & il faudroitdes fomme$
immenses pour la reflablir. Une
autre Eglije des mesmes Peres:)
appellée le Vieux Jefa* a esié
aujJi fort endommagée. Le Veflibule
& le Portait de S.Paul'
des Theatins
> ou il y avoit une
ancienne Arcade du Temple de
Caflor & de Pollux) (outenut
de grojjes colomnes de marbre
> font tombek entierement à la re.,
ifrve de quatre colomnes) &ont
accablé un grand' nombre de
personnes) a cauje du Marché
quiJe tenoit dans ta Place qui
efl vis à vis. Vn Dortoir de ïEglije des Saints Apoffres> appartenant
aujJi aux Tbeatinsy
elttombéj & lesautresedijices
font fort ébranléVEglife des
RReellii,go,-iieeuuses de S. Caudiofo est
prepjue toute detruite3 & le
Refcéloire de Saint DominicjueMajeur>
fondé par le Roy
Charles d'Anjou, ell tombé.
Vne fartie de l'Eglise de
Saint Laurent, de l'Ordre de
Saint François
s
est aujJi ruinée.
jLcP~f?~ de.,Saint Pierre dans
l3Archevefché3ejl tombé, crla
muraille d'une grande partie de
l'Eglise entre-ouverte. Un cosse
d'un Palais proche S. Dominique
lest précipité, & a tuéplnÇiîurs
Porteurs de chaises dans
laPlace,&autres. Enfinilny
a ny Palais, nyEghje ,nymau
son particulière qui n'ait eslé endommagée
avec des broches &
ouvertures visibles, qui les mettent
en danger de tomber à chaque
moment. M le Cirdinal Pigntttelli,
noflre Arbeckevefyuei plein de
%ele dr de pieté, alla vïsiter&
consoler plusieursMonajleus de
~f~/?~ c- Religieufts affligées ~r~r-
3& il accorda
a tousles Religieux & Con-
Jrffeursauil rencontra, le pouvoir
d'absoudre des cas reservez
pour laveille& le jour de la
Pentecofle
) & il enmoya le me'
Jle ordre à toutes les Eglises ou
z?s Trejhet confessoient. Ilsy
)t.!flerent toute lanuit>&dans
m rues on ne "vit que des Pro-
ITIII)ns de toutes fortes de Reliions
& Confréries» avec un
wmbreinjiny de Peuple
>
qui
&ar toutes les marques d'une
viraye componflion e d'un repentirjincere
s tâchoit d'apaiser
M colere de Dieu. Les uns por-
10oient de pesante-scroix sur les
épaules9 d'autres se chargeoient
T cou de chaifnes de fer &de
vrojjes pierres; d'autres répandaient
des cendres sur leurs tejles,
m se couronnoient d'épines;
d'autresenfin Je flagelloient
dtune manieye très-cruelle ; phi*
fleurs encans de l'un &de Fan*
tre fixeallaient en troupes
lai
torde au cou 3criant mijericordc.
par toute laVille. Enfin il auroin
fallu tftre plus que barbarepoun
n'epre pas attendry d'un fpeffa—
de sitouchant, e queles
crüJe
les Jbupirs» la nuit st) la confiné
fion rendoient plus affreux. Lai
pluspart de la NobleJfe sortit de*
Naplesy&se tint a lacampa--
gnefous des Tentes*des Bara--
ques qu'on avoit drefées pour*
eflre àcouvert. Vne infinité de
4
Dames &d*autrespersonnes se
-
retirerent jous des Pavillons
dans leurs Carrojjes au milieu
des Places les plus amples.
Le lendemain,^Dimanche de
laPentecofie
>
à neuf I)cures
c'cfl trois heures au matin, le
Tremblement redoublay mais
dtune feulesecousse qui dura
longtemps. Ellefit tomberquel*
ques édificesdesplus endomma-
-%/z..ce On continua lesConfierions
f-rr Communions3 & les Proceffions
de mefime quele jourpré*
ledent.JJapréfdinéeilarriva USl
Courrier de Beneventi Ville Payait
à trente millesdtiry, qui
nous apprit que cetteVille efloU
tntierement ttbifmée du mejm
Tremblëmen havec perte de plm
de six mille pttfonnts, & qu'îi
n'en estoit pas resté jix cens en
'Vie. Tout le Palais Archiépiscopal
ejl tombét & a fait périr,
tous ceux qui y ejioient3 à l*
referme de M. le Cardinal Or..
.fini de Gravine
>
jérchevefque
Jt qui en efléchapécomme parmiracley
dangereusementviefié ik
la tejle& à l'épaule.
Le Lundy 7. le Tremblements
se fit encoresentir a onze heu-•
res;cejlcinq heures aumatin,
ce qui fut cause qu'on 'Vit les
Procédions encore plus nombreujes
quauparavant. Elles Je rendent
toutes à la tarliedrale,devant
laquelle au milieu de la
Place on a exposé le Chef, &
une phiole pleine du
fang
de
Saint Janvier Martyr , Pro-
CteaOrdeuinraldPeiglnaatVelilil>le, &1 M. le
nostre dr- ,) Mc rf ~rchevejque
, qui efltoujours en
oraijon à une fencflre deJon Palais,
donne la benrdlélton au
peuple à mesure quil pasle.
Aupur&huyMardy 8. de
Juin,on narejjerrtjaucun trem-
* blement de terre.,matsla; crainte
dm le trouble ne nous quittent
point, &Uterreurestsigrande,
quede cinq cens millepersonnesquifontsorties
decetteVille*il
n'yen est pat rentré cinquante
mille. On entend proche ae Naples
ungrandbruit.,,commed'un,
Fleuve qui roule, sans qu'on
putOe découvrir ny ce que cejl,
ny d'où cela vient.M. le M-arquis
de S.Eflienne,noflre Viceroy,
dont le Palais a esié fort
endommagéa faiteslimer le
dommagearrivépar la ruinedes
Edifices publics & particuliersy
&les plus habiles Architeéîes
Apurent qu'il y a pour plus de
dixmillions d'écus ou Ducats de
perte.On croitme le nombre dçs~
Morts ce de six mille. Il peut
estre encore plus grand? parce
qu'on en déterre 4 toute
heure
qui ont esié accable^ par le renversement
du Edifices. Ce mAtin
on atrouvé deux Encansy. le
Frere ^r la Soeur, de treize à
quatorze ans> en parfaitefanté
dans lesruines de leur maison..
IOn a fermépresque toutes les
L.Eglijesy à cause du dangerqu'il
C a quelles ne tombentsurceux,
yquiy entrent.
On a eu avis que M. le Carydinalàe
CGj'rr~a~vinef ss'èj'f-falit transporter
à la campagne proche de
±Montcfarchio>>6huitmilles de
Beneventtoù il a faitconduire
quelques Religieuses échapées dtt
tremblement; mais toutes blessées,
& quelques-unts moribondes.
Cette Eminenceprefcbe &
console le Peuple dans une wfL.
chante cabane. Il rïy a eu qutunl
seul de ses gens tuej mais tous leSi
autressconseflropick,or l'on con.
firme la deflruBion. totale de lot
fille de Beneient. Celles d'A-
'tJerfa Salerne ,laCave>üquel..
ques autres,font presqueentiers
ment ruinées, &l'on apprehendti
la desolation de la Calabre>cettm
Trovince estant fort fujett®
aux tremblement de terre. -
Voicy l Extrait d'une autre
Lettre écriteà Rome le
15. de
Juin.
,
Le Tremblemeut de terreJefit
t.
fientir en cette Ville le f. de
ce mois a 21. heures
>
mais si
doucement que peu de zens s'en
font apperftus., & it na cauje
aucun dommage. Hier il arriva * icy un Courier de Naples, qui
nousfitfeavoir que ce Tremblement
s'y efloitfait encore sentir
le11„ & anjoit jette à bas quelquesédifices
déja ébranle^ qui
âtvoientcauje la mort de plu.
fleurs personnes. Il ajouta que
le mejme j-our il efioit furvemt
une pluye si grande mejlév de
grejle> qu'cueavoit entraîné
plusieurs Baraques> & cauféde
.grandsdommages> l'eauqui efi
entrée dans les crevasses des
Baflimensayant achevé de les
ruiner, de forte que cette mifirable
Ville efl en dangerd'eflre
perdue sans rcffource
>
plus de
deuxcens millepersonnes tayant.
-abandonnée ,quoy que la pluspartsoient
deflituées de tout
secours, ce qui met tout le opays, '<
dans la derniere conflernation.
^Tremblementcause,de grands (
lone OH Monteleon
>
qui perd la
'Valrur de quatorze mille Ecus
de rente par la ruine de fin Palaisy
&de huit deJes Terres oU
Seigneuries qui ont (fié abipmets.
Le gros Bourg de Corito
tft du nombre, & ton compte
dix mille personnes des. Vaf-
Japix de ce Duc qui ont perj
dans cette funefieoccasion. C'tfl
un des plus grandsSeigneurs
d'Espagne;t'l efiparentdè M. le
CardinalPignatelli dont il porte
le nom. Par l'Allianced'Heélor ;Pignatelli avec Jeanne d"Arra.
Çgon, DucheJJe de Terranova
>
Il
i*hérité de grandsbiensdansh
Royaume de Naples.) dontil ejl
grand Chambellan>Jans parler
des Terres qui viennent deson
cofléjC'?quifont sottnombreuses.
La perte que les Peres Jesuites
ontfaitepajJecinq cens mille ecus..
On ne reconnoijlpresque plus rien
dans l'Abaye de S.Severin,dont
les Religieuxfofont disPersez de
Soutes parts. La Chartreuft de
S.Martin, l'une des plus magnifiques,
que ces Peres ayent en
Italie
>
ejl extrêmement endommagée
j
le tremblementayant
frefiquerenversetoutes leurs murailles.
Les ViNes de Fltno ($f'
de Faé"n'{.a ont aujjî rejpnti de.
rudes-fercouffesi, dont la derniere
a beaucoup foujfert; ily en a
mesme qui ajjurent qu'elle efl
frefyueruinee. On ditqu'iln'ejl
rejle qu'une Egli{e@! unefeule
maison de toute la Ville de Benevenu
Voncompte feulement
cinq cens personneséchapées de
six mille. On a éprouvé degrands
fléaux de lacolere de Dieu dans
ta campagneaujji-bien que dans
lesl^ïlies* Il y a eu de grands
orages sur la Mery dont l'on
pretend qùe le lit a esteagitépar
-
de rudessecousses» qui ont fait
soulever leseaux. Vne tfpece dOuragan s'eflélevé sur terré.
avec des vents borriblès qm
ont renversé les Pavillons &
les Casemates de ceux quisi
font réfugie^ à la campagne. La
terre s'estentrouverte fourvo-t
mir des fleuves de fiâmes foufreesy
si puantes quelles inftcloient
tous les environs
3 &qui
sembloient poursuivreceux qui
fuyoient des VilUs.Lapluye
la gresle ont presque tout ruiné
lesbiens dela terre»&par un
prodigequi nesipresquepoint
mArqué dans tHiftoirt', on .a.vÛ¡
naistre des Montagnes oit ily
avoit des Valléesy &ily apre
sentement des Lacs @¡ des vJ~
lées Jani. des endroitsou nom
aav,vioonnss D-vUu des Montagnes. Vn
Pere Jefuite a mandé icy à un
de ses Confreres,que deux Montagnes
ont changé de situation
s &font aujourd'huyfort proches
l'une de l'autre, au lieu qu'elles
efloient fort éloignéesauparavant,
ce quiJe peutfuflifierpar
l'Hifloire
3
oit l'on trouve que
dans lesPaysqui foonnttffiuujieettss aux
violences de l'Ouragan? l'on ny
tft pas surpris pendant que ces
tempestes durent> dy voir les
Montagnes agitées & vo*
gîtantesfur*la terre, si je puis
parlerains, de mesme que- des
aijJeauxsur la Mer.UAbbaye
i Mont Caffin
> quoyque baflic
*r un roc, n'a pas ejié exempte
'es seçousses; elles ont eslé si
udes, qu'enplusieurs endroits
,Je cette MaisonlesDoutes &
les rnuraille.) fontentrouvertes.
Cette fameuse Abbaye> Chef
d'une Congrégation de S. Benoist
en Italie, sist fondée par le c-Pt-ttriarcbe
de son Ordre. Il y a
peu dezlifes dans le mondç qui
ayent tant de prérogatives> si
l'on en croitquelquesHifloricns
qui en ont écrit,ils difcnt quelle
a eu autrefoisdanssadépendant
ce9 quatre Evcfcbsi£*
deux Du(¡
lez) autant de Principauté^, @J
vingt Comtt z; que sa SeigneU*
rte l'étendoit dans trente-six
Villes;, deux cens cinquante
Chafleaux,vingt-trois Ports de
MerCtrente-trois!(les.je ne
parle point des Bourgs, Villages,
Fermes, Moulins) e Terres,
dont lenombrevajusques à mille
: c'etf assè'{ de rernarquer que
ces Religieux prétendent avoir
tu autrefois millecinq cens Eglifes
(bus leur Turifdiélion. Si
celaparoiss extraordinaire pour
fine Abbaye, les Titresque'les
Abbe£ du Mont-Çajjin orit pris
ne fontpfâcommuns. Ils se trou%>?
ntqualifie^ de Patriarches
de la Sainte Religion, Abbez
du Sacré Monastere de Caffin
)
Ducs & Princes de tous
les Abbez & de tous les Rcli"
gieux ,Vice-Chanceliersdu
Saint Empire dans l'Italie,
Chanceliers des Royaumes
de Hierufal em,des deux Siciles
& de Hongrie; Comtes &
Gouverneurs de laCamDanie,
des Terres de Labour,&1 de la
Province Maritime
,
Vice-
Empereurs, & Princes de
Paix. Quant à ce qu'on dit que letremblement de Naples est le
glfts horrible,tremblement de
terre qui Je foit vu tje croy que
cest l'effetd'une frayeur qui
grojftt extrêmement les objets
dans ceux qui font témoins des
accidentextraordinaires-, ou plu..
tost lafuite d'une facilite merveilleuse
que nous avons d'enchérirsur
le naturel. On a de la
complaisance de s'ejiretrouvé à
Jesoccaftons<singulieres. Onfc fait un mérité de tes augmenter,
&c'cft la source de Vinquiétude
que doivent avoir ceux qui travaillent
à ÏHiftoire. La vérité
est que le tremblement de terre
arrivé à Naples nest pas de ces
évenemeus dont ton ne peut
trouver de semblables dans
l'Histoire> puits que sans aller
cherch-er bien loin.) nO'/( liflns
dans Pabregé de la Byf ntine
deNicrphore) quela Terre s'efiant
ouvertedetouus parts
en Syrie l'an de gracc 750;
plusieurs Villes furent abifmées,
d'autres renversées, &
quelques unes qui estoient sur
des hauteurs furent transportées
dans des plaines éloignées
de six milles de leur
lituation. Ceux qui attribuent
ce tremblemeut de terre dont le
Royaume de' Naptesvientd'ejireàjjligé>
k unecauje naturelle-*
aÓourroient bien fie tromper, si ce
\wue l'on nous écrit ep rentable
touchant la corruption generale
,vui efloit dans ce Pays, où l'on
miajoitplus mal qu'à Sodomei
JUn Religieux Carme de Na-
Wes arrive depuis peu à RomeJÀ
i\lit au Procureur Çeneral de fim
(Drdre
)
qu'on avoitapporté en
fpcu de jours six Hojlies confaurées
dans leur Cônient. Vn
Wreflre Efipagnol étably dans cet\
îte Ville-là, efiant touché des
3-remords de sa confidence, a con-
?fcfiéqu'il fiaifioit trafic de cet
îyVîntes Hosties quilvendoit un wupièce, fourfiervir à descbe*
Jes abominables, CP-rincipal,ïd
ment a des flrtilrges qu'ils fab
Joient pourgagner au jeu & auSs
Loteries. Il s'etf trouvéjujques^
à dix huit de ces Hoftiec confa..
crées, que des particuliers qui lêL
anjoient achetées
>
ont rejlttuée'i
a des Eccleriaeiques. 1
Commevous avez quantité
de Curieux dans vostre Province)
vous les pouvez avertir
qu'on vient d'impriment
un Livre, qui apprend tout
ce que l'on peut sçavoir de la
plus grande presqu'Isle de
l'Univers, & dece vastePays
les Blancs, & des Noirs,
lÀU'on dit avoir esté le farmeux
partage de Chan, Fils
de Noe. M. de la Croix qui
crvestl'Autheur,l'adivisé en
guatre gros Volumes in
Houze, & intitulé, Relation
niverjelle del'Afrique Ancienne
&Moderne. Comme pour
Oien juger des parties, il faut
xonnoistre le rapport qu'elles
obnt avec leur tout, après un
Miscours préliminaire sur les
Principes de la Sphere il donme
une idée generale de l' Eu-
It"ope)de l'Asie;de l'Amerique,
?Jk des Terres Polaires ,afin
qu'on en puisse mieux distini
guer l'Afrique. Pour cela il :
fait graver 'leh Sisteme di
monde suivant l'opinion
plus receuë , un Globe terrestre,
une Sphere, unPlanis
phere & une Bousole, où il
marqué les noms des Vent
qui font en usage sur FOceait
& sur la Méditerranée, ce qui
est d'une grande utilité pour
la Cosmographie, & pour les
Livres de cette nature. Il en
tre ensuite dans la Relation
universelle de l'Afrique, tan
ancienne,quemoderne,, selon
les Autheurs qui enont le
mieux écrit, & il y ajoute ce
qu'il a pû reconnoistre de
veritable & d'important dans
quelques nouvelles Relations
qui luy ont esté communiquées.
Le ptemier Volume
de ce grand Ouvrage contient
la defcriprion du Pays
des Blancs
,
.c'.est à dire de
l'Egipte, de la Barbarie) du
Biledulgerid ou Numidie, &
du Zahara ou Defert. Le
sécond traite du Pays des
Noirs, qui comprend la Nubie,
la Nigritie, la Guinée,
&c. On apprend dans le
troisiéme ce quec'est que la
haute& la basse, Ethiopie, &
le quatrième fait connoistre
les principales Isles qui font
situées aux environs de l'Afrique.
On trouve dans ce
mesme volume un grand détail
de l'Ille de Malthe, &
l'on y voit l'institution des
Chevaliers de Saint Jean de
Hierusalem, par Frere Gerard
de Martegues, leur premier
Grand Maistre, & leur progrés
jusqu'au grand Maistre
Carassa qui gouverne aujourd'huy
cet Ordre illustre. On
y parle aussi de Madagascar,
de l'étenduë de les Provinces,
& des Dians ou Grands
qui regnent maintenant en
Souverains dans cette Ille, &
qui prétendent estre descendus
des Arabes. Les A gens de
la Compagnie Françoise des
Indes Orientales n'y ayant
pas eu beaucoup de sucées,
l'Auteuren découvre laraji
son, & propose en mesme
temps les moyens de s'y rétablir
plus heureusement.Co
quivous plaira surtoutes
choses,c'est quel'on y voitun
abrégé historique de ce que
le Roy a fait de memorable
dans les Royaumesde Fez, &o
le Maroc, dans les Repuliquesde
Salé,d'Alger,de
',.'unis de Tripoli, de Barca,
ans l'Isle &auPortdeChio,
ux environs des Dardanelles,
devant Genes) & sur toute
la Méditerranéeà l'occasion;
des Corsaires de Barbarie &
des Ennemis de l'Etat
, avec
des Reflexions & des Remarques
très -
considerables sur
Madagascar & sur Alger. Il
tfi: certain qu'on n'a point
encore, veu de Rel ation de
l'Afrique si étendues si exafie,
& si bien jchcoi£bnciéequecelle-
cy. La Chronologie
y est observée aussibien
que l'ordre Geographique
&Hydrographique.
On y voit la décadence des
Empires; les révolutions des
principaux Etats; la succession
& le changement des
plusillustres Familles; la1
politique & l'interest des
Souverains; les ceremonies
nuptiales & funèbres de chaque
Nation,les Moeurs, Loix,
Coûtumes, Gouvernemens,
Re ligions
>
Richesses, Langues.
Commerce, Habits,
Revenus, Nourriture de divers
Peuples, la description
du Terroir,des Montagnes
des Forest,des Caps ,des
Costes
,
des Mers, des Lacsi-
Etangs & Marais, des Rivieres,
des Fontaines, des Animaux
,
des Plantes, des Mineraux
& Metaux; des Carrieres
,
des Salines; des Pierres
pretieuses
, & de quantité
d'autres choses remarquables.
Ainsi l'on peut dire qu il y
a dans cet Ouvrage de quoy
satisfaire toutes fortes de per**
sonnes, particulièrement les
Princes, les Politiques, les
Philosophes, les Medecins,les.
MiJQSonnaires^ les N^ocians>,
Les Interessez de la Compagnie
des Indes, & ceux qui
veulent voyager par mer &
par terre. L'autheurdeclare
qu'il s'est 1ecvy principalement
desVoyageurs François,
Portugais, Hollandois & Flamans
» & que Daper luy a
fourny quantité de choses.Il
a prisce qu'il a trouvé de
considerable & de conforme
à la véritédans tout ce qu'ils
ont ecrn,'&: en aformé un
Livre,qui bien que différent
de tous ses Originaux par
l'ordre , la çnnuhode & le
M>ijr' q\l'.11 y adonné
, -ne.
-
laisse pas de contenir ce que
les autres ont de bon & de
solide; il a mesme échircy
des choses qui avoient paru
jusqu'à present douteuses &
chimériques, & a fait connoistre
qu'ellesestoient verl-,*
tables. Ce Livre est enrichy
de plusieurs Figures en Taille
douce, de Caries de Geographiefort
regulieres & armoriéessuivant
les Etats qu'ellesrepresentent,
& de quantité
de tables generales & parti-*
culiercs de chaque Rcgioji.1
Le stile en est clair & propre
au sujet, tout y est écrit fücbintement
&dela maniere
pqù'on prononce en faveur des
Provinciaux&des Etrangers»
âk,. comme la lecture de ce
grand Ouvrage doit estre
bd'une grande utilité, pouren
tfaire tirer plus facilement
nous les avantagesqu'on
as'en peut promettre, ona
jprisfoin de le distinguer par
[Livres» Chapitres, Sections & t.Articles, avec le Numéroàla
t marge, & les matières conr
tenues en chaquepage,afin
t
de servir de mémoire locale
;;aaicse,umxenqtui ne retiennent pa ce qu'ils ont leu
Ilaesté imprimé aLyonaux
frais du s' Amaurry Li,
braire, & il se vend à Pari,
cljez leS1 Çueroiit, Courtï
pneuhveldnu .Patais -~u,Da:u,. Le Pere Coronelli si connu
par Ie$bçJ.lefcCarçes qu'ilnous a|donnèç$; depuis;quelque
tem ps, & dont je vousay en-h
tretenue dansplusieurs de mes
Lettres.yvejm:. de mettre ait
joui* une grandeCartedix
Cours du Danube, que l'on
Otroruievnetatrlèesdeexc*eâeF.iLeavparreteicif-c
fort différentederce qufca paru
u jusques à presenct, mais
vous devez estre persuadée
qu'iln'a pas fait ces changemens
sans raison & qu'on luy a donnélà-dessus des Memoires
qui viennent de bonne
main. Quelques personnes
ayant souhaité d'avoir les
plelasnVsiolluesprofils des principaqui
sont
situées
sur
le Danube ou aux environs,
yêocn a cru devoir les satisfaire,
l'on en a mis quelques uns
autour de cette Carte. Outre
l'explication des principaux
lieux de chaqueVille,
vous y trouverez un petit
discours historique, qui ne
vous déplaira pas, mais ce
que vous devez sur tout remarquer,
c'est une petite;
Carte du Détroit & des environs
de Constantinople.
Vous y verrez la situation des
lieux de plaisance quisont:
aux environs de cette fameuse
Ville, & cette Carte:
doit servir beaucoup à l'intelligence
des Relations nouvelles
de la Turquie. Ceux
qui voudront avoir plusen
détailla Hongrie, l'Escla-.:
vonie, & la Dalmatie,pren-;
dront les Cartes particulières:
quele Pere Coronelli en
drcÏÏccs, & doncjevous ay
«ntretenuedans ma Lettre du
rnoisidoMaydernier.Je- me
<:onoentay alorsde vousdire
engeneral qu'ilavoir' donné
une Carte deFranceen une
feuille,&CqulelLaestaitfo*t
eftimécà laCour cequiest e~ftimée à la Cour) ceti qui~icst
véritable;maisaprèsSavoir
-examinée plus àloisir,j'ai re- marque qu'ellecontient plu-
; fic:ur,'D particularitez qurfte
font pas mesmesur les plus -grandesCarzcs- quel'on enla
veuiis.Celles-cyfonrdiviféls -endouze Gouvernementge-
-ncraux, & le PereCoronelina
o --
• R.ij'nv
trouvéplusàpropos dediviser
la sienne enGouvernemensde
Provinces ,parcequ'on en
a tous les jours besoin,&que
pour peu que l'on voye le
monde,il seroit honteux de
:
les ignorer.Il nes'est pas
contenté de marquer^ ces
Gouvernemens Generaux de
Provinces, il a mis aussi les
Places où ilya des Gouvernemens
particuliers, cequi
n'avoit point encore esté obfcrvéssir
aucune Carte générale,
ny mesme sur tesPatci-i
culieresdes Provinces.Comme
le nombre deces Gouvernemens
particuliers est
fort grand ,le Pere Coronelli
>ci* peutavoiroublié quelques-
uns;ainsionl'obligera
deluy endonneravis.Ilfaut
s'adresser pourcela au Sieur
Nolinquivend & fait gravera
toutes les Cartes decesAu~^
theur, Ildemeure àParis [UD
leQuay de l'Horloge du Palais,
à l'Enseigne dela Plaçai
des Vi&oire*. ~*~~
.1 Quc-Iques;douceurs que
l'on trouve dans l'anaouifi*
cellescommencerent à fr^itre^
plussi sensiblesdésqu'illes
lf'ainutte(raecsth.Ceteelarsauexvdoéipeetonsvdi.e^
lrçsw;joRor&ry$ec c'est ce que vous stremieux connoi- qui suit. -iGflfi.*jeuneBemoifelley
ayant dfc-i'efpricy» & chercfeu^&
LVûiE toutesles personnesqui
en 'avaient,¡ se
t.ilffai gagner auxprotestatlQl}
S. d'unCavalier forbien
fait:,'jdonq,les manieres engageantes
& honnesteseurentpour
elle un charmeadrmrabi/
u'Jlparloir<bien ,il
éeriVotijCjutfe»&faisoitdes
Vei:sbadins-mieux qu'liorame
du 111011de. Il avoit d'ailleur^
j assez de bienpourfxmîvoir
pêetendre que là recherchene
déplairoit pas. Il s'engagea
sur cette esperance, &
s'apperceut en fort peu dç
temps que la Belle n'estoit
pas fâchée qu'ils'engageast ;
mais ce n'estoit pas assez qu'-
elle luy fuit favorable; elle
dépendoit d'un Pere, qui
n'ayant qu'elle d'Enfans,s'(:,.
stoit mis en telle de la marier
à sa fantaisie. Il estoit
veuf, assez avancé en âge, &
avoit vingt mille écusenargent
comptant qu'illuy destinoit
en attendant sa succession.
Cette avance estoit
connuë,&accommodoit le
Cavalier.Comme il yavoit
grande égalité entre les par..
tiesducosté du bien & de la
naissance,&que ses foins
estoient receus assez agreablement
pour luydonner lieu
de se tenir feur ducoeurde
la Belte, il crut que pour
~estre heureux, il ne luy reftoit
qu'à faire parlet au Pe- ,
re. Il employa un de ses
Amis,&par la réponse qu'on
luy sir, il eut le déplaisir de
connoistre qu'il s'estoitflaté.
Le Pere le remercia par cet
Amy de l'honneur qu'il vouloit
faire à sa Fille, & le prix
<
de n'y pointpenser, parce
qu'il avoit un autre deffclno
Illafit venir en mesme tempSt
& aprés une longue remontrance
sur ce que lesgens qui
faisoientprosession de bel
esprit demeuroienttoûjours
dans un ratme estat, &ne
songeoient p oint à leur fortune,
il luy défendit de revoir
le Cavalier. Elle voulue
prendre le party de son Amant,
mais plus ellefit connoistre
qu'il avoit touché son
coeur,plus il reitera ses de-.
senses) avec menaces de luy
occr toute sa tendresse si elle
osoit Ipy"dest?beir.-Il estoit
imperieux, & il y auroit eu
du peril pour elle à s'opposer
à ses volontez.Ainsi elle n'osa
plus recevoir aucunevisite du
Cavalier;maiscomme l'amour
s'augmente par la contrainte,
elle trouva moyen de le voir
chez un Amie, & leurs en- *
treveuës furent si secretes ,
que le Pere ne put découvrir
qu'ils sevoyoient. Ilsse promirent
de s'aimer toûjours,
& persuadez qu'avec le temps ilsvaincroienr l'obstacle
qu'ilstrouvoient à leur bon
ijeurV ils s'affermirent dang"
leur passion
,
tandis qu'ils fer.*
gnoient d'en estre gueris. La
Belle n'eustpaslaissé de se
croire heureuse, si elle eust
pu demeurer en cet estat ,
maissonPere ne fut pas con..
tent de l'arracher àcequ'elle
aimoit, il voulut luy faire
épouser un homme fort haïfsable,&
qui n'avoit point
d'autre merite que d'avoir
déjà du bien,, & d'estre fort
propre à en amasser.Ilavoit
degrandstalens pourentrer
dansles affaires, & il y estoit
déjà embarqué dune maniereajui'fkfoit
jugerqu'il~iroit
loinLa Belle pria son pore:,
de ne luy point envier le"
plaisirde relierFille &Ti?
resistance qu'elle apporta
ai
son mariage, ne luy fieque|
tropcoBnotibe qu'elleaimoitr
toûjours le Cavalier. 11luy en
fit desreproches, & luy dit?
dunrond'aigreur
igreurq.u9ilf1çavoit
mieux qu'elle ce qtiîS
citait* de ses avantages, 6c1
qu'il n'aimoit pas qu'on luy
resistast. Si cecontre-rempsf
la faifoiE souffrir, elle en
trouvoit la peine moins:'rul:, ,;
depar la joye de marquer 1:
JLfoû Airutrjt conabicai|bas
tmour,estoit-fincerc. Ces témoignages
defidelité augmentoient
sa ipafrion,)& toutes
les fois qu'il voyoit la
Belle,c'estoient de nouvelles
assurances de n'aimer la
vie que pourle plaisirdeluy
conserver son coeur. Les choses
estoient dans l'estat que
je vous marque, lors qu'-
elle se fit une Amie d'une
jeune Provinciale, dont elle
avoit entendu vanter le merire.
Elle estoitvenuë de
Normandie poursuivreun
procés avec une Tante. &;>
logeoit dans sonquartier.Sa
beauté qui luyattiroit beaucoup
de regards
»
estoit le
moindre desesavantages.Elle
sçavoit peindre,elle c,anroit:
bien, & eftpit d'une vivacité
d'esprit surprenante.Sonhonnefteté
& sa douceurla faisoient
aimerde tousceuxqui
la voyaient, & il ne faut pas
s'étonner si la Belle pour quij
l'espritavoit tantde charmes,
pïit pour cette aimable personne
tout l'attachement
dont onpeuceUrc capable..
Elles se voyoient presquetous
les jours,& quelquefoismê—
^egce llaaBBeelll^elçoobbctcçnnooiict qquu''eellllee::
>en pâssàst plusieurs chez fÓtt
Pere, tandis que la Tante
donnoit tout sontemps à soft
Procureur.Cetteamitiéétant
devenue fort tendre,la belle
Provincialeentendit bientost
parler de la violence que
l'on vouloit faire à sonAmie.
Aucun malheur neluy parissant
plus grand que celuy
d'estre contrainte d'épouser
un homme que l'onn'aime
pas,elle luy conseilla d'eftte
toûjours ferme, & le Pere
ayant voulu l'employer pour
gagner sa Fille)il n'est rien
qu'cUe'-nc fist pour le détourner
d'une resolution si
contraire à son repos; mais
s'il, l'écoutasans se fâcher, il
neluy accorda rien. Outre
qu'il pretendoit que sa Fille
manquoit de respect pour
luy par sa resistance trop
opiniastre, il<lifoit.toujours
qu'elle ne refusoit de luy
obeïr,que pour se garder à
un Amant quil-nevouloit
pas quelle épousast,&cette
pensée,luydonnoit toujours
de l'empprtement contre sa
Fille. Son Amies'efforçoitde
l'adoucir,& un jour qu'elle
fombauoitses fenrimens1
avec autant d'esprit quedW
cjtcfle> il luy demanda si elle,
Voudrait se marier ainsid'eL-^
lcrmefmc>malgré ceux pour
quielle feroit.obligéedV;
voirdela déference. Elle rés
[ponditagréablementqu'ellrf
oeftot fort à couvert aeftxc?
:;ttnteéde se révolterdéla? mesmeforte; que lesFilles
>
de Normandie estant la pluC
[partfansaucun bien,n'àvoient'
(jamais à choisir) & que pouc
iclle> elle-venoit achever dq"
Uçdégoûter dumpar;
Itbutes les peines que
eaufoif-
;a: fa1Tante la poursuited'un
Procés, pouralleràsonretour
se mettre dans un Convent
.AlOn-;C la railla sur le
desseinqu'elle pretendoitavoir
de se faire Religieuse,
8cclic dit d'un air assez [et
rieux que c'estoitle seul
jfàrtyquelle croyoit qu'il y
etilfpoiiruné FiHe,quiayant1
de lanaissance n'avoit pas
dequoy lasoutenir.Tout son
qEunejonuceemrieentp&urêtonutttei-rfepnrséolon-.
Amie' (J'afuiï'cs.tf Pere ne' se
renditpointàsesraisons,&
crut luy" donner tuncgrandi
marque de cfcinitaïfanvfceuj
luy promettant qu'enconsideration
de l'interest qu'elle
témoignoit y prendre,il seroit
deux mois sans presser
saFille,afin qu'elle eust le
temps de se preparer à l'obeissance
qu'elle luy devoit. La
Tantevint à bout de sonprocés,&
l'aimable Provinciale,
aprés avoir fait ses derniers
efforts pour fléchir le Pere,
prit congé de, son Amie avec
les plus tendres pjotestations
d'une amitié éternelle. Sirost
qu'elle fut partie il voulut
user d'autorité pour le mariage
de sa fille.^ Elle eut
beau s'y opposer de tourc sa
force, il convint de tout
avec son pretendu Gendre,
& luy donna jour pour la signature
du Contrat. Sa Fille
fort effrayée ne sceut quel
remede y apporter.C'estoit
un ordreaMbIu, personne
n'avoitassez de pouvoir sur
luypour le faire révoquer,&
le seul moyen qu'elle voyoit
pour se garantir de la violence,
estoit de se retirer dans
un Convent. Elle ne balança
pointà prendre cette resolution.
-
Son Amant l'en applaudit
, & son Pere qui ne
yccut pendant quelques jours
ce qu'elle cftoit devenuë, fut
H irrité de son procedé; qu'il
orotesta qu'il l'en puniroit.
Il apprit enfin dans quel :
Conventelle estoit, par une 1
Cettrefort respectueusequ'elx
luyfit rendre, & qui luy
marquoit que lors qu'ils'an0rifloit
de sa Iibeltt) & du
onheur de toute savie,elle ",l
voit cru que sans manquer
l'obeissance qui luy estoit
leuë >'elles pouvoit prendre 1ù
party qu'elle avoit pris,
que comme elle seroit in- •
excusable de vouloir se m~ ,
rier malgré luy, illuy parois-
>
soit qu'ilne devoit pass'attribuer
le pouvoir de lamarier
en dépit d'elle.Ce rai
sonnement fut poussé aupré
,
de luy par quelques Ami;
qu'elleemploya, & qui tâcherent
de le faire demeure
d'accordqu'elle avoitagyen
Fille fage.
, qui ne voulant
pas luy desobeir en face, ne
&rc ce-Unper
tyranniquamçnjtjavoirphoil
pour segarantir de sa coleres
le lieu qu'illuy auroit luy
irefme donné pourrerrajtu:
s'il Jisust _pas' voulu la gan
derau prés de tuy.Illes écouta
tranquillement* & toute
la réponse qu'ils en eurent, ce
fut qu'il alloitfaire unvoyage,&
qu'à son retour il serontsçavoir
ses intentionsà
sa Fille. Il fut absentpendant
tfôifrlemàinesy sans <lü'+- 'illepiiftdocouvrirny quelles
rffaifcsl'avoientobligefc{e
quitterParis, ny en quellieu
ïhfloit allé.Aprésce temps- làonluy iviin,t. dire qu'on la
de'tnand-ôtt>&: lors qu'elle se
si trendire au parloir,elle fut
fûrJf' èivi\nét d'y tref.vér1là
jcukt tjfovaiïcialeTkjuiltiydit
',".:
d'abordque non seulement
sonPereladispensoit de luy
obeir sur le mariage qui luy*
faisoit tantde peine, mais
encore qu'il luy permettoit
d'épouserleCavalier qu'elle
aimoit. Une permission si
peu attenduë jointe au plaisir
de voir son Amie, la mit
dans une joye incroyable.
L'aimableProvinciale voyant
qu'elle s'y laissoit emporter
avec excés, luy dit qu'elle
craignoit bien de ne la pas
voir toûjourssi conrcrltc;qu,il
estoitvray quec'estoit elle
quiayoitiçduix son Pere à
changer
Manger de sentimens, mais
qu'ellen'avoit pu se rendre
maistresse de son esprit qu'en
consentantà estre sa Femme; qu'il estoit venu la chercher
>cxprés pour luy proposer ce
mariage;que ses Parens l'avoient
agrée, & que comme
iil estoit fort naturel de se tirer
d'un estatfâcheux quand
son le pouvoit, son peu de
fortune ne luy avoir pas permis
d'examiner l'inégalitéde
l'âge;qu'aprés tout, puis
1qtl"i1l avoit deu se remarier,
il valoir autant qu'elle sust la
Belle-mere, qu'une autre personne
qui n'aurait pas eu
toute l'amitié & tous les ménagemens
qu'elle auroit pour
clic. La Belle apprit avec
beaucoup de surprise que son
Pere s'estoitvangé d'elle par
unfecond mariage, & jugea
en mesme temps que lesbelles
qualitez de son Amie
avoient contribué à certe.
vangeance.Cependant comme
le mal estoit sans reme-J
de, & qu'on l'assuroitqu'il ne:
feroit plus contraire à sa passion,
la joye qu'elle en reC-:
sentitl'occupaentièrementa«
& elle ne se remplit que des
l'idéedeson bonheur,sans
songer au préjudice qu'elle
recevoit du costé de la fortune.
SonAmant ne receur pas
cette fâcheuse nouvelle avec
autant de tranquillité. Il se
servit de la liberté qu'on luy
donnoit de la voir, pour luy
témoigner le déplaisir qu'il
avoit de ce que sa fermeté à
résister à son Pere avoit esté
cause qu'il se fun:remarier
lesassurances qu'il luy avoit
tant de fois données d'une é
ternelle confiance) ne purent
tenir contre le changemenr
arrivé dans ses affaires. Il
sceut que le Pere, avant que
d'épouler la Provinciale, luy
avoit donné les vingt mille
écus qu'il dcftincica sa Fille,
&011ne pouvoit luy retrancher
certe avance, sans que
son amour diminuast. La Belle
qui avoit de la fierté,aprés
luy avoir marqué qu'elle lisoit
dans son coeur, l'abandonna
à la bassessede fesfen*
timens
,
& s'épargna les reproches
qu'elle cust pu luy
faire avec beaucoup de jufti-<
ce. Il ne rompit pas
entierementavec
elle, mais la froi -
deur de ses foins luy faisoit:
assez connoistre ce qu'elle en
devoir attendre,& cette froideur
augmenta beaucoup sitost
qu'il fut seur de la grossesse
de sa Belle-mere. Ce fut
alors qu'elle prit une resolution
digne d'elle. Sans plus
vouloir revoirson Amant,
elle demanda l'habit de Religieuse,
& il ne fit aucune
démarche pour la détourner
de ce dessein. Ce procédé
acheva de la détromper du
monde. Elle le quitta sans
aucun regret. & un an a près,
elle fitprofession avec un détachement
qui édifia tous
ceux qui furent témoins de
cette ceremonie. Le Cavalier;
queFincereit gouvernoit, a
pris uneFemme qui luy a
donné beaucoup de bien,
mais qui n'est considerable:
ny parlabeauté, ny par l'e[,.
prît, ny par la naissance.
Je vousay entretenue plu.
sieurs fois de l'Academie de
Villefranche, dont Ml'Archevesque
de Lyon est Protecteur.
On y a receu depuis,
peu de temps un Academicien
d'un grand merite. C'est:
M Bernard de Hautmont,de
Saumur. Il doit vous estres
connu par diverses Pieces
qu'il a données au Public,
& qui ont teceu beaucoup
d'approbation, entre autres
un Poëme Heroïque à la
loüange du Roy, & unIdille
à Madame la Dau phine.Voicy
le compliment qu'il fit à
Mrs de l'Academie de Villefranche.,
le jour qu'ils le receurent
dans leur Academie.
MESSIEURS.,
Quand je confiderel'illujlrâ
Titre d'Académicien & les qua.-
IÙez extraordinaires qu'ilfaut
avoir pour le joutenir digne*
menty ce n'est, je vous l*avouey
que d'un pas timide & tremblant
que joje mavancerpour
prendre une place quejecroy si
peu meriter. En effet, Mcjjîeurs,
je me trouve si fortau dejjons
des Eloges que vousmedonnent
& du rang dont vous daigne%
m'honorer, que bien loin que et
choixfajjenaijlre aucune preemption
dans mon ejpritj il y
jette au contraire une confusion
secrete de n'avoir pas dequoy
repondre pleinement à voflreejîime,
ny dequoy remplir une
placequêtant d*autrespoarmen$
J 9ccuper plus juflement.Cepert*
dant la JbtbleJJe que je me Çens
de ce cossé'la ne diminue' en au.
rune maniérél*cxtréme reconnoijjance
que je 'Vous dois; &
ce qui me donne la bardiejje
d"accepteravec unfcnfible plaisir
l'honneur qu'il vous a plu de me faire, c'elf que je Juis perjuadê
que parmy tant de qualité%
cminentes de ffavoir.,deprobité.,
& de vertu qui rendent voflrc
Compagnie si célébré & si recommandable
J il n'yen a point
quiy brillent avecplus d'éclat
que le zele dont elle est animé?
.pour lagloire ü la Sacrée Perv
firme de noflre incomparable
Adonarque.C'eflparcetendroit,:
MejJieurs, que je me flate de
quelque merite, & que j'ose
efpcrer parmy -vous ce rang que
Lemanque des autres qualité%
necessaires pouvoitm'y faire
rejufer avec jufhce ; & si ma
hi.si <cT jeune & temeraire a
dejx Gré prendretejjor> & Je
laijjer emporter à l'ardeur ambitieuje
dont elle brule pour la
gloiredeflnRoyJ qui n'oferat'elle
point Je promettre lors
•quelle se verra soutenuë de
njoftre zele) êclairee de vos
lumieres, encouragée pas vcs>
exemples, (t) conduite par vos
conseils ? C'est dans vojlre !favante
Academiequelle trouveraunevive
Jource de pureté,
de poliu/Je, de Jçavoir & de
véritéJolides, C'eji la qu'elleJe
nourrira d'un su pur ù brillant
qui ne s'efleindra qu'avec
la vie, e,r cejl aux yeux de
cet illuflre Prélat quiy preJide,
& qui l'honore de sa haute
proteéîion> qu'elle sefforcera de
vous plairej ne Je proposantpour
but que l'imitation de Jon zele>.
de sa pieté
, & de tant d'autres
,q,tafitez excellentes qui enrichient
ce Genie fubLme, &:
qui l'élevent si fort au dessus
des autres. Quelle gloire>
AfeJJieurs* & quel avantage
devoir a vojlre tessel'augufle
Primat des Gaules
,
dont la
Ih)aauuttee NNaaiiWffrenânccee éégfallee le mmeérriittée
extraordinaire3 & qui par un
assemblage de mille vertus
éclatantes brille comme un Af
tre dans ÏEglife
3 & répand en
mesme-tempssur cette dffemblée
une lumierevive cr fécondé
qui la rend si venerable! Que
pourroit-elle souhaiter davantage?
Quel appuy plus ferme &
plusJO/ideJ & quelle af,éliûrt
plus forte pour ce qui regarde
troiousub(leisrdjiantmeraejilssf LaYrance
ce quelle doit
aux Heros de son illustre Maisony
&cette heureuje Académie
ne perdra jamais la memoire des
bienfaits de son frand Protecleur)
&si les François doivent
ÀJon glorieux Frere 1 éddcdtion
de nojlreMonarque
»
cejl dfn
digne Chef que cette fameuse
Academie efi redevab
le
de sa
splendeur des graces & des
privilèges dont ila plu au Roy
dela savoiftr. C'ejlenfin
J'heureux Canal par où coulent
danssonfein les Benediaions dn
Ciel & de la Terre; cefont les
Benedittions répanduessur chaque
membre de cette Compagnie
qui en entretiennent l'union
*
C7 la parfaite intelligence, qui en
bannissent les dirvijionsqu'on
njoitremer ailleursavectant de
scandaole, & qui n'en formant
qu'un Corps ne Vaniment que aunmesme efprit9depietéenvers
Dieuj de Kele pour la gloire du
Roy, & de reconnoijjance im..
mortelle pour son genereux
ProteEleur. Permette% moy -9 MejJieurs, de pousser icy des
voeux pour la conservationd'une
tesie si Chert,-c de redoublermes
prières avec les vojlres pour la
pinteprecieusedenoflre Augufie
Momarque.VtùHe le jufle
Ciel, après l'avoir comblé de
toutes les vertus H::ro'iques&
Chrejliennes,après l'avoir rendu
les delices dtJesPeuples la terreur
de ses Ennemis, l'Arbitre
des Mations & le Restaurateur
de l'Eglise,continuercesmêmes
Benediflionssur toute la A4aifon
Royale; qu'elle Joit comme une
tige dans le mondeCbreflien feconde
en Heros quiJoientdignes
de luy comrnandcrJ (7 que pt
duréeenfin égalé cellede tous les
Siecles. Jefuispersuadé que nos
jufles VMX feront cxauce'{jdG
font agreables au Ciel, & le
Monarque pieux qu'il nous a
donne nous en doit estre un pre.
fage infaillible. C'ejlmainteriante
Meneursy qu'en marchantsur
vos traces>faj resolu
de consacrer toutes mes veilles à
la loü:tnge de ce Heros. C'est
parmy vous quefefpere desor,
vmaisetrouver cette éloquence vi. pure qui reponde à la
dignité d'un fitjet si grand &Ji
relevé, & c'ejl par cet endroit
quenfatisfiijant à mon devoir>
& a mon inclination nat:trelle.
fay dessein de marquer au fage
C7 doéîe Prélat qui prejïdc
a cette Affimblée mon %ele&
montrts-profond refpeEl, & en
mesmetemps ma tres-humblt
reconnoijptnce a njojlre illuflre
Compagnie de l'bonneur quelle
me fait en ce jour
> que j'efli
meray le plus heureux& le plus
glorieux dema 11ie.,.,
Jevousmarquay ilyaun
mois que le College de la
Nation Ecossoise étably à
Paris, avoit fait de grandes
réjoüissances pour la naissance
du Prince de Galles, mais
je ne vous le dis qu'en général.
Comme les marques qu'il
donnade sa joye font particulieres,
vous ferez bien aise,
d'en apprendre le détail. Mr
Innese, Principal de ce College,
avoit
choisi.
le 8. de
Juillet, jour de Sainte Marguerite,
Reine & Patronne
d' Ecosse, pour celuy de cette
Feste. Elle commença dés le
matin parles prieres que l'on
fit dans la Chapelle , & le:
soir tout ce qu il y avoit ICY«
de personnes de qualité des
trois Royaumes, se rend irent:
au College des ECOLTolS"
pour prendre part au Specta-.
cle qu'on y avoit préparé.
Il estoit, composé d'un feu
d'artifice & d'une grande
illumination, & accompagné
d'une haute Piramide) ornée
de Devises & d'Emblèmes, à
l'honneur de leurs Majestes
Britaniques, & du jeune Prince.
La base de la Pyramide
ou plustost de l'Obelisque
estoitquarrée, & avoit sepe
pieds de large, & vingt-sept
de haut, sans y comprendre
le coeur posé sur la pointe
quiestoit de trois pieds,ny
lePiedestal qui en avoit
douze de hauteur, de forte
que toute la machine s'élc--,
voit jusqu'à cinquante-deux
pieds. Tout cet Obelisque
dont ,
les trois costez avoient
esté remplis d'Inscriptions,
d'Armes, de Figures & de
Deviles, & ornez de Festons,
de Cartouches& de feuillages,
estoit éclairé en dedans. 4
d'un nombre infiny de Lampes,
dont la lumiere faisoit
paroistre tous ces ornemens.
LePiedestal estoit construitde
la mesme forte, mais il ne
paroissoit qu'en face? & d'un
seul costé, sonépaisseurestant 1 dérobée par la muraille sur
laquellepofoit un des costez
ou la face de l'Obelirque;
derriere lequel on avoir raru
gé trente-six Boëtes) dont fit on plusieursdécharges. Devant
ce mesme Obelisque il y
avoir trois grands Soleils qui
tournoient sans cesse, & le
coeur qui avoir esté placé
dans le haut
, & que son
Noyoit toujours brûler, representoit
l'ardeur des voeux de tout le Collège pour la
prosperité du jeune Prince,
qu'ils qualifioient Prince d'Ecosse,&
Duc de Rhotefayy
nuffi-bien que Prince de Gal-
3cs~ Le long des murs de la
place qui estoit derriere l'Oi
belifquc,on avoitallumédes
Lampes, aussi- bien qu'aux
quatre rangs des Fenestres
qui sont sur la façade du
College ,ce qui faisoit un
eflfer tres-agreable. Deux pyramides
couvertes de tro*
phées s'élevoient aux cottez.
de l'Obelisqne, sur le piede-,
stal duquel estoit cette Infcri
ptionenlettres d'ortranf^i parentes.4
PRINCIPI IVVENTVTIS
MAGNÆ B[{ITANNIÆ;
VotisPopulorum debito, j
Tranquillitati Regnomm dato
~, Rïligionis firmamcnto)..
SPEI PVBLICÆ
CoUegium Scotorum Parijtcnjè,à}
ElIS Ignibus festive
FERIATVR)
Plura f>roRegia Domo
Non minus flagranti corde-
JACVLATVM.
Sur la face de l'Obelisque
qui regardoit le College on
VOYOIt la Figure de la Religion
haute de six pieds» tenant
d'une main la Croix &
de l'autre des flammes ardentes.
Elleestoit accompagnée
d'une autre Figure de mesme
grandeur, representant l'Esperance,
marquée par une
anchre à ses pieds, & par un
Oiseau qu'elle tenoit sur le
poing. Plus haut estoit un
Cartouche orné, avec cette
Inscription.
JACOBO MAGM BRITAN. REGI,
rERO FIDEI DEFENSORI,
Domum auctam,
SUCCESSION. CERTAM,
SPES RATAS,
CLIENS,
Collegium Scotorum Pari/înumv\
GRATULATUR.
On
On y voyoit aussi un Enfant
en maillot) couché sur un
grand carreau de velours à
grosses houpes d'or) le tout
entouré du Collier d Ecosse,
ou de S.André
,
composéde
Chardons avec la Medail¡e¡de
ce Saint, & ces mots en hafat,
Custodia ftdctCubihs, & en bas,
Nemo me impune lacessetCemême
Enfant se voyoit encore
emmailloté, & posé de lamême
sorte, le roue entouré de
l'Ordre dela Jarretiere sansla
Devise ordinaire, &plus bas
ces mots, Honny foit qui mal
luy pense. Le reste des ornemens
de la faceconsistoit ca
deux Devises. Une Coquille
ou nacre de Perle ouverte,
& montrant une crrolTe Perle
posée sur le bord de la Merr
faisoit le corps de la premiere,
avec ces paroles Coeù'snu~
trïcibus5 sur ce qu'on pretend
que la Perle est une productiondela
rosée du Ciel. Les
corps de l'autre estoit uns
Chardon, Devise ancienne:
des Rois d'Ecosse, & pour:
ame ,
In mei præsidium.
Les ornemens du collé:
droit de l'Obelisque estoient;
les Armes du Roy de la grande
Bretagne
,
& cinq Devises.
I. Un Elephant qu'on dit
que la Mere porte dix ans, &
qui en vit trois cens, avec
ces paroles
, Lente venit,sed
durat inceuum.
II. Une Chardon, Si colas,
mansuescet.
III. Une Etoile Favens bine
Sidus amicis.
IV. Une Comete. Hoflibus
bine terror.
, V. Un Chardon. Non f>un~ git ni attreéles.
A cossé gauche de l'Obelisque,
estoient les Armes
delaReine de la grandeBretagne,
ccartelées de PEnv. e,
de Ferrare, de Modcaie, &
d'Esté, avec ces papotes de
Lucain
3
Adiitinatyie labores
Accedunt fttis) pour montrer
par une allunon combien
l'accouchement d'une Princesse
de Modene a contribué
au bonheur de l'Angleterre,
vIl yiavsoiet ensco.re quatre £)e-.«
I. Une Licorne trempant:
le bout de sa corne dans une
fontaine, avec ces mots, Ex.
tinguam quodeumque nocet. On
fixait que les Animaux d'AAfrique
n'eseroient boire des
)CJUx infr£bées parles Serpens,
qu'apre? que la Licorne
les
a
purifiées par sa corne & par
son essay.
II. UnSoleil naissant, In
^ublica commodet Infens.-
III. Un Chardon, jdrmattis,'
sed saluberintui. La Medecine
se sert heaucoup de la graine
de Chardon benit.
IV. Un Soleil naissant.
Forti mox luce calebit
Le Feu sur très- beau, &fit
un effetqui satisfitextrêmement
ceux, que ce Spectacle
avoit attirez en foule. Il fut.
suivy d'une magnifique Collation
servie en ambigu dans
la Salle du College, par ordre,&
auxdépens de M Talon,
Secretaire du Cabinetdu
Roy, qui dans toutes les occasions
témoigne beaucoup,
de respect pour Sa Majesté
Britannique, & de zele pour
la Religion dans les M ssions
d'Ecosse& d'Irlande. Je vous
envoye la Planche qui a
esié)
gravée de ce Feu.Vous y trouverez
marqué tout ce que
je vous ay dit de la face de
l'obelisque.
Milord Stafford, qui en



toutes sortes de rencontres
est toujours fait un plaisir
de faire connoistre l'interest:
qu'il prend à lagloire &aux
avantages de sa Patrie, fit icy
le 4. de ce mois une grande
Feste pour cette mcfme naissance.
On tira un fort beau
feu d'artifice dans la Place qui
est devant la terrasse de son
Jardin. La Façade de son
Hostel estoitilluminée par
un grand nombre de Lustres
qui renvoyoient la lumiere
dans des glaces de
Miroir, & par des Lanternes
concaves d'une invention
singuliere. Ces Lanternes, :
sembloient ne servir qu'à
l'ornement des Armes & des
Devises qui efloient exposées
au dessus de la porte, au milieu
d'un Arc de triomphe
sur lequel estoit un Globe
semé de Lys & de Roses avec
un Bouquet au dessus des
mesmesFleurs liées ensemble,
& ces paroles, hoc nexu ligabitur
orbis
, pour signifier par
ces deux Fleurs diferentes qui
font les Armes de France &
d'A ngleterre, que l'union
des deux Nations fera tou-:
jours redoutable. Ces mots,;.
tyi?M & mon droit qui font la
DeviseduRôy d'¡,\ngleterre"
estoient sur ces Armes. On
lisoit ce vers cit;ll dans une
Banderole quiestoitsur celles
de la Reyne d'Angleterre.
Orllt rrl~g,na;) ~zrovrnajor~ ftl -.-major,fedF
o maxIma tJartu.
I Pour faireconnoistreque si
cette Princesse est grande par
sa Naissance
,
elle est encore
- plus grande par son mariage,,
& tres grande par le Prince
qu'elle donne à rAngteccmc..
Une autre Banderole estoit
sur les Armes. de ce jeune
Prinçe,avec une Devise qui
convenoitparfaitement à ce
qui faisoit ce jourlàlesujet
de la Feste de Milord Stafort
& de l'alegresse publique.
Au travers de cette Decoration
on vit couler pendant
tout le jour des sources de
Vin qui attirerent le Peuple
1.1.1 1 ,,.-.w.. - detoutesparts, Lesavenuësde
l'HosteldeceMilord étoient
gbarerdées par un grand nomde
Suisses &par des Archers
de Ville, afin que les
Personnes considerables qui
estoient priées de cette Feste,
y pussent entrer sans que la
confusion les incommodast,
L'allée, les cours & les escaliers
estoient remplis d'illuminations
,
& les appartemens
richement meublez,
comme ils le sont ordinairement.
Il n'y avoit d'augmentation
que le nombre des
Lustres & des Girandoles.
L'Assembléeestoit fort belle,
& depersonneschoisies. On
yvitentr'autres M le Prince
& Madame la Princesse de
Mekelbourg
, Madame la
Princessed'Izenghien Madame
la Duchesse de Valentinois
,Madame la Maréchale
d'Mrccs) Mr l'Envoyé d'Angleterre
& Madame sa Femme,
Mr le Comte de Môrf- ( reÍn) plusieurs MilordsAngJoisJ
, &autres Perlonnes de
la premiere qualité des deux
Royaumes. A prés que tout,
ce beau monde se fut promené
dans les Ar,.partemens,-
dont on admira la magnificence
& la richesse, on entra
dans une Salle où estoitune
Table à fer à cheval couverte
d'une quantitéprodigieuse
de Mets, de confitures seches
&liquides, & de toutce qui
peut composer un magnifi.
que Ambigu,avecune abondance
exrtaordinaire deVins
exquis, & de ojces sortes de
liqueurs. Aux coins de la
Salle estoient ctesBîfers chargez
de Pyramides de fru ts &
de confitures ,sur de petits
Paniers dorez ou argentez, & parsemezd'uneinfinité
deFleursOutre cette
grande Table ilyen eut de
particulières pour lesAppartemens
qui se trouvoient
au dessus du Balcon preparé
pour voir le feu. Tout y fut
servy tres- proprement & en
abondance, & rien n'y fut
épargné que l'eau, que l'on
jugea à propos de bannir de
cette Fcllc. Apres la collation,
Milord Stafford distribua
aux Conviez quantité de
Medailles d'argent, qu'il a
fait fraper pour éterniser la
mémoire de cette heureuse
Naissance. D'un costé est un
Hercule qui écrase des Serpents
dans son Berçeau avec
ces mots, Monstrisdantfunera
cunæ, & dans le revers
on voit les armes du Prince
de Galles. Ce font trois panaches
dans une Couronne;
on lit ces mots au dessous,
fulta tribus metuenda corona. Ces trois Panaches furent
ajoutées aux Armes des
Fils aisnez des Rois d'Angleterre,
par le Prince Noir,
Fils d'Edoüard III. qui ayant
gagné la Bataille contre le
Roy de Boheme
,
& l'ayant
tué de sa propre main, osta
de son casque trois panaches
qu'il porta ensuite dans ses
Armes, en y ajoûtant ces
mots, Ic dien, qui veulent
dite,Je fuissujet, pour marquer
qu'il combattoit pour
le Roy son Pere. Aprés la
distribution des Medailles,
cette illustre compagnie se
rendit sur les Balcons d'où
l'on devoit voir le Feu. Le
Theatre estoir sur six grands
pilliers revestus de colomnes
&de pilastres marbrez, avec
leurs chapiteaux dorez, &
des festons tout autour On
y voyoit un Nptune avec
son Trident, & les quatre
Elemens estoient aux quatre
costez
> avec des paroles qui
convenoient à chacun. Le
Feu y estoit representé par
l'Enfer
,
ReligioneInfernum
terruit;l'Air par leCiel, Pietate
coelum meruit; l'Eau par
la Mer,Maresub ipso t,nm,fÚf.,
: & ces autres mots faisoient
--,..
connoistre la Terre,Fortitudine
terram domuit. Sur chaque
Element estoitrepresentée
la Vertu par laquelle
le Roy d'Angleterre s'y estoit
rendu puissant. Au travers
de toutes ces Figures on
découvroit la veritable Religion
, avec ces mots, Suoe tenax,
alienoe indulgens
, pour
dire que ce Monarque est
fortement attaché à sa Religion
, quoy qu'il soit induis
gent pour les autres. Sur le
devant du Theatre paroissoit
une Hydre avec ses sept
telles abattuës, & ces mots,
Fatalia monstris, pour signifier
que ces roses, & tout ce
grand appareil marquoient
la destruction des monstres,
Le Peuple s'estantassemblé
avec une foule extraordinaire,
cent Boëtes qu'on avoir déja
tirées à 1-1x heures du matin , & à midy pour annoncer
cette Feste, furent tirées de
nouveau pour avertir que l'on
alloit allumer le Feu. Il fut
precedé de quatre-vingt-dix
fusées volantes du premier
ordre, & dura long-temps
avec l'admiration d'un nombre
infiny de Spe£taceurs., qui
s'en retournerent fort satisfaitb
de ce grand Spectacle.
Il ne finit qu'à une heure ahperéusresminuit,
& depuis huit
jusqu'àla fin, il y eut
un concert de toutes
sortes
d'Instrumens. Les Timbales.
les Hautbois, les Trompettes,
& les Violons se firent entendrc
pendant tout ce temps.
Mr Tonti, Gentilhomme Italien,
estant prié par des Dames
de faire des Vers sur la magnificence
de cette Feste
,
donc
il avoit estéconvié, sitceuxcy
en In promptu. On les trouva
fort galans, & ils meritent
que vous les voyiez.
4?
Vous célébré^,Staffort, par milk i
&millefeux
Le plaisir qu'on ressent de Vaugufie
naissance
Y)'un Prince quicomble nos voeux,<
Et de qui l'heureux fortflatenojftt\ eL'éclat de tant de feux divers
Marque ses grandes avanturesy
Et leurs bruits dijferens font toutk\
autant d'augures
Vu bruit dont ses hauts faits rem*»v
pliront l'rniverc.
Dans cette Fesle incomparable
Vostre Hostel retentit de concerts le:S
plus doux;
Vordrey les ornemens, les Médaillésv
la TabU ;
TQttf efiddeignveodeulus)*, ttoouuttevslt ddiiggnn*ftmt\
MilordStaford avoit choisi
le4. Aoust pour donner ces
marques de son zele & de sa
joye, parce qu'en Angleterre,
où l'on n'a point retranché
les dix jours qu'on a retranchez
en France, il estoit ce
jour-l à le 25. de Juillet, &
par consequent ccluy de la
Feste de S. Jacques, dont Sa
Majesté Britannique porte le
nom. La Maison de ce Milord
est unedes plus anciennes
& des plus illustres de ce
Royaume-là, & comme elle
a eu plusieurs alliances avec
la Couronne, il porte au premier
quartier les Armes
d'Angleterre, mais estant
venu en France pendant les
derniers Troubles
, & la
pretenduë conspiration des
Catholiques, il a cru qu'il
ne devoit pas les mettre pour
ne point faire d'éclat. Lors
qquu''EEddcoüüaardrdIIIIII. .qqUuI icCoOmIU--
mença a regner en 1326. établit
l'Ordre de Saint George
ou de la Jarretiere, un Milord
Stafford, dont est descendu
Milord Stafford d'aujourd'huy,
fut l'un des vingtquatre
Gentilshommes des
plus qualifiez du Royaume.
qu'il choisit & qu'il appella
les Fondateurs de la Jarretiere.
Un autre Milord de ce mesme
nom, fut Tresorier de la
Maison du Roy Edoüard le
Confesseur, qui ayant vescu
en perpetuelle continence
avec Edgire sa femme, mourut
en 1066. laissant sa Couronne
à Guillaume, Duc de
Normandie. Mr le Cardinal
Howard estCousin Germain
de MilordStafford, ainsi
que 1 Envoyé Extraordinaire
d'Angleterreà Rome. Celuy
aquuipreéstsdeenSlaaMmaejsemsteéCquaathliotélique
est Cadet de ce Milord.
On a eu icy nouvelles que
Mr le Cardinal Howard de
Norfolk,que je viens de vous
nommer, fitaussi de grandes
réjouissances à Rome le Samedy
24. de Juillet, pour la
naissance du jeune Prince de
Galles. Toute la façade de :
son Palais fut illuminée de
Flambeaux
, on tira divers
~a artifices ; il y eut des Fonraines
de vin, & on fit rôtir
un Boeufentier, relliply
de poulets, de chapons, de
dindons) & autres volailles,
qu,on abandonna au Peuple a
aprét*
aprés qu'il fut cuit. On avoir
fait élever exprés dans laPlace
publique un grandfoyer
de braise, au dessusduquelle
Boeuf rotissoit à une broche,
dont les bouts que deux hommes
faisoient tourner,estoient
faits en forme de roües.
Le lendemainM l'Envoyé
d' Angleterre qui porte aussi
le nom de Howard, fit de
pareilles réjouissances. On rôtit
aussi un Boeuf devant son
Hostel, & il fut abandonné
à ceux qui envoulurent manger.
Ces fOItes de Ceremonies
sepratiquent en Angleetexrrteradoarndsiitroauitreessl.
es F:,- ^-vf-t>'e1*
LePere-MarcAntoinec
Roys ayantesté éluGeneral
de l'Ordre de la Doârinc
Chrestienne, fut conduit à
l'audience du Roy le II. decc
mois. SaMajesté qui avot esté informée de son mérite,
le receur avec toutes les marquesd'estime&
deconsideration
qu'il pouvoit attendre.
Il est de la Province de Languedoc,&
a passe par toutes lesCharges de sa Congregation.
Elle fut fondée parle
Bienheureux Cesar de Bus, de
laVillede Cavaillon en Provence,
& approuvéeparun
Bref UcmnddeCleoitnt
;VIII. La fin de cet Institut est
de catechiser le peuple,&.
d'imiter les Apostres -c-ai, la
methodedenfcignçrlemilteres
de nostreFoy. PaulV,
par un autre Bref du 5^Ayril
1616, permit aux Doékrinaijr
resdefairede$;y#u^
leur Compagnieà1cejje^des
ClercsReguliers de}SoniaÇ-
<jue,pour faireenfem^ un
Corps Religieux (ou^^r^nqt
pie. General. llsjÇôfiîfqpt desujiis
à la iolliçitatioA.de
Majesté
, par un troisiéme
Brefque donna le PapeInnocent
X. le 30. Juillet 1647.
Ils font depuis ce tempslà
une Congrégation separée
fous un General particulier,
& François. Ils ont rrois Provinces
en France; celle d'Avignon,
qui a sept Maisons
&dixcollèges, celle de Paris,
qui a quatre Maisons Qc.
trois Collèges
, & celle de
Toulouse , qui a quatre
Maisons & treize Colleges.
Onaétably depuis peu de
temps uneEcole de Mathematique
dans l'Academie de
Jully, Cela s'est faitpar les
foins du Pere Perdrigeon,
Supérieur. Le Pere Fougeau,
qui a esté nomméProfesseur
de cette Ecole, en fit l'ouverture
il y a quelques jours,par
un discours prononcé sur cc
sujet. L'Academie de Jully
est àsept lieuës de Parisauprés
de Dammartin,dansune
charmante solitude.Elleest
ancienne,& remplied'Ensans
de qualité ausqulson
enseigneles Humanitez, les
Mathématiques, le-Bittzon,
la DanCe')& tout ce llui. peut
estre capable de lesformer
ftlôn leut'Ilaiffâncè. t,
yOnsoûtienttouslèsânsurt
si grand nombre de Theses à
Paris5 & les Soutenans s'en
accjuitenc avectantde gloire,
que si jevousparlois de
touttsJftiùroistrop souvent
les' mesmes choses à vous repeter.
Cependant commeje
rfièfuièreservédevousen*
tretenirdecellesquiont
quelque chose d'extraordiriJfrê)
ttouve obligé de dise'que Mr l'Abbé
Fagos,Fils de Mr Fagan,
prein&iMédecindelaRemç
& ddsfJ'E'nfanç de France, ,.,
soustint dernierement aucollege
du Çlc/ïis> qu'on peut
dire de cenombre. En Voicy
l'explication. Elles font dediées
à la Sagesse , qui est
representée aumilieu du Tableau
sous la figure d'une belle
Femme, Son air est majestueux
& modeste. Elle est
assise sur un Cube, pour marquer
safermeté &son égalité.
Son bras gauche est appuyé
sur la Table des Commandemens
de Dieu, où il est '~cri~
Tu aimeras Dieu ¡{le tou$
ton coeur £7* ton prochain
comme toy mepverSc elle tient
un niveau de la mesme main,
pour faire voit que tous les
mouvemens deToncoeur sont
déterminez par la Loy divine..
Une Règle & un Compas à
les pieds, designent la justefle-
d©u ses démarches. Le
Soleil paroist au haut du Tableau;
& dela main droite
elle luy presente un Miroir
qui réfléchit une partie des
rayons dont elle est vivement
éc l airée, vers un Antre environné
de brouillards.Onvoit
dans cet Antre la Calomnie
effrayée de cette lumiere: &
qui en laissant tomber son
masque, & détournant: son
voile par le premier mouvement
de sa surprise, fair voir
les Serpens dont sa teste est
herissee. Un Loup, & un Vautour,
symboles de violence
&de rapine, épouvantez par
cettc mesme lumière, prennent
la fuite, & l'Agneau &
la Colombe échapez de leurs
paourusuites, trouventunazile prés de laSagesse, laquelle
a le pied pose sur un petitCube, qui porte, ces
paroles du Sagedans l'Ececlsiastique
; Vidi calumnias
quæ/Ùb sole gcrunîur3 & /«£-
chrismasInnocentium. J'ay ofr-I
servé les, calomnies, qui se
tramentfous le Soleil,&j'ay
veu les larmes desInnocens»
Derriere la Sagesse, l''Ambition
representée par , une
Femme qui a des aisses garnies
de plumes de Paori, &
qui est chargée de plusieurs
Coronnes, paroist renverséc
auprès de son Palais, & avec
elle ses tresors, son Hermine,
& son Encens. Cesmots
tiïCL,des Proverbes deSalomon,
sont écrits sur la Règlequi
estaux pieds de laSagesse,
Âfelûis estparum camjûjhtia*.
Jeneveuxque la Médiocrité
&laJustice. Un Eloge de la
Sagesse tire du Livre de la
Sagesse mesme ; est grave
sur le Cube où elle est assise.
Est in illaspirttus intelligent
tioe ïsuavis , amans bonum,
benefaciens
,
benignus3 ftabi/if.
Elle est remplie d'intelligence
, son esprit est charmant,
droit,bien-sassant.,gr-iicreuxo
constant.On doit avoüer
que non seulement l'invention
& l'efpric regnent dans
tout cet ouvrage, màis que
tout ce qu'il comprend est
fort sagement imaginé.Iln'y
a personne qui ne découvres
que c'est une allegorie
,
mais
elle est faire avec tant de justesse
, que ceux qui fçaveno
un peu le monde, & quicon—
noissent les personnesd'une
grande distinction voyents
@d'abord à qui cesTheses fbnn
dediées fous le nom de la
Sagesse. Cependant quelques
juste que soit l'allégorie,>t
commeilse trouve des gens
qui faute de s'appliquer a~
cesfortes de peintures
d~~ peine à , ont en percer les
n-iitftre. Je mecroiroisobligé
de nommericyla Dame dont
on a siheureusement fait le
portrait,en faisant celuy de
laSageup.3 siles preuves particulières
que j'ay de sa modestie
qui est connuëà toute
la terre, ne m'empeschoient
de lefaire.Je vous diray seulement
pour vous la faire
connoistre, que sa sagesse cft
encore plus éclatante que son
élévation, que loin d'aimer
à joüir des avantages que la
fortune a procurez à son
mérite,elle fait son unique
application de faire fleurir
des Ecoles de vertu& de
pieté; qu'elle y poiTc unepartie
deson temps; qu'elle eritté
danstous les détails qui les
erellgea-rmdeenstm,e & qu'elle a fait
des maximes qui
sont d'unegrande utilité, &
qui confirment tout ce qu'on aditdesasagesse; qu'ellea
confondu l'ambition par une
modérationconstante ; qutel.
|>leouermfopuloJaygetcorlçustmsaolnheucrreeudxi*t
& proteger l'innocence çon^
tre l'oppression &la ca lomnie
j qqp sa porteestsans
cesseenvironnée de Noblesse
malheureusequipublie ics
loüanges y qu'elle en est com^)
léc> quoy qu'on ne puisse la
chagriner davantage que de
luy en donner; qu'elle employé
tous lesmomcms à
servir ceux qu'ellereconnoist
avoir de véritables besoins,
ce qu'elle fait de si bonne
grâce )
qu'elle ne veut pas
qu'on l'en remercie. Je ne
S doute point que tout le
monde ne se la nomme aprés
ce portrait, que font d'elle
tous les jours mille & mille
pejrfonnes qui luy doivent la
vertu de leurs Enfans & le
repos de leur vie. M TAbbe
Fagon , apres avoir répondu
d'une maniere qui luy attira
beaucoupd'applaudissemens,
fut
receu Maistre
es Arts>ôc lePereAntecour,Religieux
de SainteêiïéVié've,&Chancelier
de l'Université ,qui
luy donna le Bonnet, fit un
Eloge de Mr Fagon son Pere,
qui fut écouté avec plaisir.
Les Troupes de la Maison
du Royont campé pendant
trois semaines dans la Plaine
d' Acheres,&ontesté commandées
à l'ordinaire parMr
le Duc de Noailles qui en
est general. Ces Troupes se
font trouvéesfort lestes&
eqnu'beol»lnesé-ftua*ts.sIelnsteroitdifficile autrement,
puis qu'elles sçavent que le
Roy les examine toûjours
avec soin, & d'une maniere
tres-exacte. Ce Prince en a
fait lareveuë plusieurs fois,
a donné des Pensions à quarante
quatre Mousquetaires
des deux Compagnies. Il a
fait collation chez Mr le Duc
de Noailles presque toutesles
fois qu'il s'est donné la peine
de venir au Camp
, & toute
la Cour y a souvent mangé
lors qu'elle a esté s'y promener.
Ce Duc tenoit table
"ojducv?e)cr?tiejàpVto1ôu?tfeè?sIâlierasVhece;tuoruet?è
la magnificence ; poflïbleni
c'est à dire avec toute celle
qui luy eïtôfdinaire.v
MademoiselleBoucherati
Fille de MrBoucherat,Conseillerhonoraireau
Parlement,
seul Frere de M~. le
Chancelier»aépousé Mr de
Lisle Conseiller au
Grand
Conseil. La ceremonie du
Mariage fut faite la nuit du
p.au17.decemois, Par le Curé de saint Louis dans
laChapelle de ce digneChef
"ilèceComme --il est
grand en tout ce cjii11 faïs, jtavoir4,onttc u*)soupé tresmagnifïque1
aprés lequel il
y eut dans sa Galerie une
Symphonie fort agréable &
les divertissemens que sa fi*-
gesse, & sa modération toutes en chofcs luy pouvoient
permettre. La Mariéeest jeune
,
belle & bien faite. Il mfc
feroit inutile de '( parler de sa
naissance; je vous Fay fait
aÍfez connoistre en vous ap- - - prenant qu'elleporte1le•nom
de Boucherat
-'
&qu'elle cft
Nièce deMleCiiancc!ier;.
Mr de Lislequi l'a époufée
eu bien fait de sa personne,
& son mérité va au delàde
son âge. Il a pour Beau-freres
M' de Chasteau Regnard
que le Roy vient de nommer à l'Intendance de Bourbonnois,
MBrethe de Clermont,
Conseiller au Grand Conseil;
Mr de Beaumont Maître
des Compreç, & Maistre
d'Hôtel de la feuë Reyne,
& M le Clerc de Cambray,
Maistre d'Hôtel du Roy.
Je vous avertisque la premiere
partie de l'Histoire
Sommaire de Normandie,
vient d'estre donnée au publicparMrde
Masseville.
Il nous faitconnoistrequantité
de choses qui ont esté
omises par l'Auteur de l'Inventaire
ou de l'Abregé de
la mesme Histoire, & comme
Guillaume de Jumieges qui
l'a aussiécrite, ne nous a d onvnéqu'une
Histoire de trois
Siecles, & que celle deMr
de Manneval n'en contient
1 pas quatre,nous luy sommes
obligez de ce qu'il a
: bien voulu prendre soin de
.nous apprendre ce que les
k autres nous ont laissé ignot
rer. Cette premiere partie est
divisée en trois livres;le premiertraite
de l'ancien estats;
des Gaules & de leur gouvei>
nement ; de la valeur,du Ge-,
nie
,.
de la Religion & des
guerres des Gaulois,& de
l'établissement dela Monarchie
Françoise vers Tan400.
jusqu'à l'arrivée du fameux
Raoul
, Seigneur Danois i
qui estant entré en France
par ? l'embouchure de la
Seine avec denombreures
Troupes, fit un traité avec!
le Roy Charles le Simple?
qui luy donna GillesaFille
en mariage avec les Paysqui^
font contenue entre la Mer)&,'
le*Rivièresde Brcfle> d'Epte,
d-Aurc, & quelques autres ,
à condition de tenir cette
étendue de Pays en forme
de Duché à foy & hommage
de la Couronne de France.
Le second livre contient l'etat
de la Normandie sous ladomination
de sesDucsjusquesà
Guillaume le Conquerant
, & le troisiéme, lEstat
de cette mesme Province sous
la domination de ses Ducs,
Rois d'Angleterre. Cette
Histoire estpleine d'un si
grandnombre d'évenemens.
extraordinaires
)
& ciactions
de valeur & de courace,qu'on
peut dire que la connoissànce
n'enest pas moins utile que
curieuse. Elle se vend chez
leS1Guerout Libraire., dans
la Court-neuve du Patais.
qui débite aussï
L'Arithmétique rdifonnêe. Elle
est enrichie de plusieurs
Figures, pour en faire mieux
comprendre les demonftracions)&
reCoudre les difficulte.
z qu'on rencontre dordi-
- naire dans les Livres de cette:
nature. Il y a cinq Traitez-:
dans ccluly-çy, Le premier :
contient:
contient l'Addition, laSotiftradtionjlaMultiplication&
la Divifion,avec toutesfortes
delielibellons de Parties aliquotes,
& de Multiplications
comporées. Le fécond regardeles
Fraaions. On trouve
dans le troisiéme la Rcolc
de trois o ou deproportion
fîmple*directe, invcrfe, double,
&compolée, laItegle
conjointe,de compagnie)&
dedifeuffionde banque oute,
les Regles de fauHès luppofinous
>
d'alliage fimplc&c,
composé
»
&des pr.ngrc (Eons
! Arithmétique & GeomecrÏque.
Le quatrième fait voir
l'extraction des racines quarrée
&cubique d'une manie.
re claire & demonstrative;
& le cinquièmecomprend
une methode universelle
pour toute forte de Multiplications
qui ont des fractions
annexées à des entiers>
& trois nouvelles methodcs
pour le Toisé. Il n'en faut
pas dire davantage pour faire
connoistre l'utilité de ce Livre.
Le mcfme Libraire vend
unautre Livre qui doiteftre;
recherché de tout le monde,,
& sur tout des Dames. Vous
en conviendrez quand jevous
auray appris qu'il a pour
titre
j
Secrets concernant Lt
Beauté & la Santé. Il cft de
Mr de Blegny, dont tous las
Ouvrages ont eu un fort
grand succés.
Comme il est fou vent parlé
de la Diette ou ASemblée
de Ratitbonne, les Curicux
de vostre Province feront
bien aises d'apprendre que le
S' de Fer a fait graver pro,
prement une grande feuille
qui porte pour tirre, lagrande
Salie de Ratisbonnc,oùse trouve
tout l'Empireajjemblé a l'ouverture
d'une Dicte> CM- lors
que les Colieges des Electeursj
des Princes & des Villes veulent
accorderleurs conclu(ions
particulières pour en faire de
généralessur les affaires quis'y
traitent. Cctte feuille se vend
chez l'Autheur sur le Quay
de l'Horloge du Palais à la
Sphere Royale, & chez le Sr
Guerout.
Le 15. de ce mois, jour de la
FeftederAffomptionjleRoy1
qui avoit fait ses devptions,
«
& touché un grand nombre 3
de Malades
? nomma à trois
E^efcbczi Sçavcir
? Mr l'Abbé de la Lane qui
estoit déjàEvcfquedAqsa
1'Evesché de Bayonne. Il elt
Fils du President au Mortier
du Parlement de Bordeaux
& Frcre de cel uy qui rerce du
mesme nom. C'e{tun homme
de pieté & de mérité,&
qui depuis qu'il a esié nommé
Evesque d'Aqs a rempîy
ses devoirs, en faifartles
fonctions de Grand-Vicaire
r d'une maniéré qui luy a fait
meriter les premieresDgni-
~: tez del'Eglise.M
Mrl'Abbé du Rivau
>
FEvcfche de Sarlat. Il est de
l'illustre Maison de Beauvau,
fameuse par son ancienneté
& par ses alliances, & particulièrement
par celle de la
Maison de France. Sa dcvotion
dans laquelle on ne voit
rien d'affe&é, & son érudi-
• tion jointe à une grande hu-
Inilité)luy ont acquis une
cftimegenerale. tIl est Docteur
de Sorbonne, ez Frerc
de M le Marquis duRivau»
Capitaine de cent Suiifcs de
feu Monsieur. 1 M l'Abbé de Prugues
à ll'Evesché d'Aqs.Il est
Grand - Vicaire de l'EgliCe
Cathédrale d' Aire. Le mesme
Jour) SaMajcfié donna.
plusieurs Abbayes, fçavoir,
L'Abbaye de S. Cibard
Ordre deS. Benoist,Diocefc
d' Angoulefme, à Mrl'Abbé
de Nancré. Il' est Fils de M~~c
de Nancré>Gouverneur d' Arras
,t & auparavant Capitaine
aux Gardes C'estun Gentilhomme
de Poitou. qui a toujours
servy avec beaucoup
de valeur, & qui s'est acquis
une grande réputation.
L'Abbaye de. Morigny,
Ordre de S. Benoist, DioceiV
de Sens, à M lEvelque de
Bethletm. Ce Prélat rend de
grands fcrvices dans les Diocclesde
Paris & de Chartres.
L'Abbaye de S. Jean d'Angely,
Ordie de S. Benoist
Dioccfe de Charcres) à M1
l'Abbé d'H_ervault. Il est
Auditeur de Rote pour la
France, & FilsdeMr le Marquis
d'Hervault
)
Lieutenant
de Roy de Touraine.
L'Abbaye de S. Eusèbe) Ordre
de S. Benoist
)
Diocese de
bLziers. à M1 l'Abbé de
Chalmafel.Il est Fils de W.
le Marquis de Chalmasel, autrefois
Guidon des Gendarmds,
& le quatriéme Comte
de Lion decette Maison,qui
est une des meilleures du
Lionnois & du Baujolois. Il
est tres- bien fait; & toutes
ses manières, aussi bien que
sa conduite,sont dignes de
£ànailïmce.
L"AbL-ye. de St Pierre & de
St Paul de Jauvillers,Ordre
de Prémonstré, Diocese de
Toul,à M l'Abbé Ancel.
L'AbbayedeForestMon-
.:Gier, Ordre de S Benoistr-
; Diocese d'Amiens,àM l'Ab.
bé Moreau. Il est Fils de Mr
Moreau, premier Medecin.
de Madame la Dauphine.
L'Abbaye d' Ardorelles,
Ordre de Cisteaux, Diocese
de Castres) àMrrAbbé Girard.
L'Abbaye de Chalivoy,du
mesme Ordre, Diocese de
Bourges, à Ml'Abbé de
Baumont de Chantelou.
L'Abbaye de Blasimont,
Ordre de StBenoit,Diocese
de Bazas, à M l'Abbé Rol.
Il est Aumônier de M le
Comte de Toulouse.
L'Abbaye deSuilly, Ordre
de st Benoist, Diocese de
Tours, à M l'Abbé Converset.
L'Abbaye de la Reole,
Ordre de St Benoist, Diocese
de Lescar, à Mr l'Abbé de
Belsunes. Il estNéveudeMr
le Comte de Laufun.
tChe{[e de Coislin.
L'Abbaye Regu liere de
;
Phalam pan,Ordre de S. Augustin
,
Diocese de Touriiay3
au Pere Augustin de Heddebault.
L'Abbayedes Chanoinesses
de Frauloulter, près de Saar-
Loüis,à Dame Marie Sidou-
L'Abbaye de Felixpes., à
Dame CatherineBlemond, Prieure de cette Maison.
L'Abbaye Reguliere des
S. André aux Bois, Ordre de
Premonstré
,
Diocese d'Aihieils>
au Pere André Tho--
mas.
L'Abbaye d'Altorf, Ordres
de S. Banoist
,
Diocesede
Strasbourg, au Pere Virault
Re ligieux du irtcfme Ordre
La Commanderie de Stefans
selden, Ordre duS.Esprit)
Diocese de Strasbourg, au
Pere François d'Augler.
Ceux qui ont expliqué la
premiere Enigme du mois
paffé surle Vaisseau ou le Navire
qui en estoit le vray sens,
font Ms l'Epinay Buret de
Vitré :Dig^on dela Fontaine
des Blancs- manteaux Kohic
Chrcftien de Morlaix;Va-
-lentin Machoud )Direûeuf
de l'Academie du galant cousinage
,& sa charmanteCoufine
Claudine de Goelles de
Mascon;le plus grand complaisant
en amour des Déesses
de la ruë Bailleul: le Cadet
des deux Freres deVitry-le-
François: Le Chevalier des
Matonniers de la ruë de
l'Arbre sans feuilles; le Beau
& la Belle de la mesme rue:
l'Abbé Silvain Lazarin de la
rue S. Sauveur:l'Insidelle à
la Belle. de la ruë Sainte
Croix de la Bretonnerie:FanchonDariolet
de larue Saint
Martin: le beau Clerc aux
poches antiques de la ruë de
la Jussienne:M. M. à l'Anagramme
Tu méritésma grâce:
la Soeur aux trois Pucelles de
la ruë Saint Denys, & sa
charmante Cousine desSinges
de Chartres; la Belle aux
beaux regards du Quay des
Augustins.
Ils ont tous aussi trouvé
le vray mot de la seconde
qui estoitlaSanté, aussibien
queMes Bouchet,Ancien
Curé deNogent le Roy: Dom
Fracifco de Rableio
,
ruë
Meurtriere:Joseph Vansnem:
ruë Cuisante;le Chevalier du
bras d'argent ; le Chevalier
des Palmiers .de la Court
neuve du
,
Palais; Firmini de la ruë de Gesvres:J. L. Chef
- des Mécontensdela rue
Hautefeülle:R R l'Oyseau
le plus volage de la Forest
deRez:la precieuse Ridicule
des quatre coins d'Orleans:
laTeste noire de l'Oratoire:
les deux Soeurs du Pavillon
: Royal de la ruë Saint Martin,
& leur inseparable Coufine:
M.L.L.laplusSolitaire
1 de la ruë saint Christophle:
:' M. A. G. la plus charmante
-' voix de la ruë saint Nicolas,
cy-devantde la ruë du Meu.
rier:& I.E.F. L'indinercnte
Beauté de la ruë Pavée prés
l'Hôtel de Bourgogne.
La jeune Marianne de Ra%
gnac de la Ville d'Agen:la
jeune Loüise de M.. sontairedu
Paravis~&: laBelle 1
l'Anagramme,Non, ne mtépargnez
pas ,
qui ont aussi
expliqué la premiercEnigme
sur le Navire, ont cru que /4
foye estoit le vray mot de c:la.
seconde.Iln'y convenoit pas
mal, puis qu'onpeut dire qiie
sans la joye on n'a rien ,&'
àqu'elle contribue beaucoup
donner de l'embonpoint.
1
La premiere des deux Enigmesnouvelles
que je vous
cnvoye, est de Mrla Cour de
Trafforets dePerigord,Docteur
en Medecine.
ENIGME.
IE nais dés que jefuis conceué ;
J>?uejaille par Bourgs, par Cha*
teaux,
Sansqu'il me failledechevaux,
Dans un infantj'y fuis renduë.
Lors que je manque, helllsltAntpù,
c fl un présagequ'on efpris;
I efuisfins TtJcmbres) sans viflgt,
Aujji mon Pere ef tout esprit>
UdQtiwtoujoursducourage,
Si quelqu'un parle, ou s'il écrit.
Sans moy l'on nefait nulleaffaire-,
Sije viens a me retirer,
On commence à mal augurer
Detout ce qu'on pretendoitfaire,
le ne regne quun certain temps>
Ttntoif un jour ,
tantofl dix ans.
le ne possede ri-en au monde,
Et cependant quand on me perd 2) j
Soitsur laterre yfoitsur tonde,,
On attend un méchant dessert.
Aspire-t-on à quelque Charge»»
Veut-on arriver à bon port,
lufqu'à ce quon sçache fin fort,,
l'en donne du long dr du large..
On a beau se fonder sur moy, le trompesanssçavoirpourquoy.
Combien a-t-on veu de perfonnes>
S'imaginer par mon moyen
Pouvoirobtenir des Couronnes,
Et cependant negagnerrien?
, le fuis vaine, cefi l'epithete
Jgjfon me donne centfois le.jour
:L()rJ queparun tro,pp mmaauuvvaaiisç tour
Rien ne va comme on le projetteletâche
iCJ de me cacher,
Mon nom tientton ameincertaine ;
En le cherchant s'ilfait ta peine,
Ç'cfi moy qui te le fais chercher.
AUTRE ENIGME.
I E porte le nom magnifique
D'un certain bien des Grands Seigneurs
, lMaisjefuis bien plus pacfiique,
Jguândje jouis de mes honneurs}
jiujjile fort si bien me cache
j9«<? mon Maifire ne me peut voir*.
Sifrtcmnt il ne s'attache
Devant la Glace d'un filiroir.
Tâtt. le i#Q;idcfait queje to.i h?
At*ut ce qui pijjicht^moy ,
Maisjef.uis de,Ji bonne foy, J^ucjenretiens mmooiirnisf equu'uannelt,
mouche.
Je vous envoye des Vers
qui ont esté faits sur la mort
de l'inimitable Arlequin,arrivée
ce mois-cy dans sa 48.
année. L'heureux talent qu'il
avoitdedire les chofcs d'une
maniere agreable, l'a raieregreter
de tout le monde.
SUR LA MOR T
du celebre Arlequin. LEs plaifrslefui'voientsans x cep,
Il repandoitpartout la joyc e Cal--
legrefe,
Les Ietix avec les Risnaijfoient def :
foussespas,
On ne pouvoit parer les traits desi i:
Satyre,
Loin dojfenfer performe elle dvoit V
des appass
Cependant il ell mort, tout le monde ensoupire.*
Zui tulljamais pensésans se defperer
JOue raimable Arlequin qui nousw
a tant fait rire,
D'eujJi-tost nousfairepleurer l
,
Le 23. dece mois Mrle Duc
d'Estrées épousa Mademoiselle
de Vaubrun.Elleestoit
Fille de feu Mrle Marquis de
Vaubrun.Lieutenant General
desArmées du Roy.Vous sçavez
que ce Marquis estoitFils
de Mrle Comte de Nogent,
& que sa bravoure & ses
grandes actions l'avoient mis
en estat de devenir un jour
Mareschal de France. Mr le
Duc d'Estrées est Fils de feu
Mr le Duc d'Estrées, mort
Ambassadeur à Rome, &
Neveu de Mr le Cardinal
d'Estrées & de Mr le Maré-
'**
chai d'Estrées
, Vice Amirap:,
de France. Je vous ay tant de
fois parlé de cette Illustre
Maison
,
& elle est d'ailleurs
si connuë
,
qu'il me seroit
inutile de repeter ce que
tout le monde sçait.
Le 18. du mois passé
,
les
Chapitre de la Cathédrale des
Hildesheiméleut pourEvef—
que M leBaron Jean Jonc des
Brabck Doyen de la mefraeaj
Egrise.Le19.du mesmemois,
M le Comte dePlettembergg
sur saitEvesque deMunster
& le j.7.de ce mois, M lol
Baron d'Elderen , fut ékujj
Evesquord
Evesque & Prince de Liege
par le Chapitre de la Cathedrale.
Il estoit Doyen de la
mesme Eglise. Il a soixante
& quatorze ans,&est deBra-
: bant. Ces trois Evefchez é-
!, toient vacants par la mort
de M' l'Electeur de Cologne.
QuoyquelesTroupesdu
Roy soient nombreuses, Sa
Majesté a trouvé à propos
d'y joindre dixmiiïe hom
mes de pied, & six mille
Chevaux, & en a ordonné
la levée. Elle a fait aussi des
Officiers Generaux;& comme
la France est remplie de
Personnes d'une grande diU
tinctiondansle métier dela
Guerre, Sa Majesté n'a pû
s'empescher d'en nommer un
grand nombre. En voicy les
noms tels que je les ay pu ;
avoir en fermant ma Lettre.
Peut-estre trouvera-t-on qu'il
yen a d'oubliez; peut-estre
aussi qu'ils'y en est glissé
quelqu'un pour qui cet hon—/
neur est differé, & que vou$*t
trouverez des noms propres
qui pour avoir esté mal é
crirs déguiseront les verira--^
bles. Je ne
marque icynyleibJ
rangs ny les qualirez de léiP
pluspart. La précipitation
doit faire tout «xcùftf,tfc
c'est toujours beaucoup que
de vous envoyer uneListe
aussi ample que.c;elle-fÇy.)[QUS
ceux où il y aune L. &un
C. font Lieutenans Colonels
de leurs Regimens.
- Lieutenans GcntYMX*
MrsErlac,Suisse.
De Vauban.
Du Mets,
, Lieutenant Generalde
l'Artillerie.
Le Chevalier de Tilladet.
De Birkenfelt.
De Renry.
DeBroglio. ,.
De la Frezeiieic.
De Rubantel.
Roze,Allemand.
- - ., Le Duc deVandofmc, -
De Gournay.
De Renel.
De Catinat.
Le Marquis (TUxeUes.
D'Auger.*
DeBullonde.
De Jonvelle.
DeStRuth.
De Vandeüil Lieutenant
des Gardes.
Famechon.
De Lignery.
Afafé»c*bàUr de Camp.
Mrs Arnqphiny,!
Bartillât,
De Vatteville.
Chevalier Duc.
De Mont-revel
,
Aide-Commissaire
General.
DeTallard.
De St Gelais. ..1 De la Valette.
Le Chevalier dcGtip-nan;
LaFitte.,
1 Du Bordage.
Vivans.
DeBuzanval.
DeNonant.
[ De Maupertuis.
Veins. -
IDe Seppeville.
vGrillon.
De Riveroles.
De Tessé.
De Brissac,Major tlesGardos.
Dauberede.
Salis. 1.
De Refuge.
Phister.
De Nclîe.
Ximene
,
Colonel Royal
Roussillon.
De laHoguette.
De Congis.
vLe rCehevialïieir ld.e,M•ont'che- De Maumont, Capitaineaux x
GardesInspecteur. '.)
De Larray.
De Harcôurt.
DeCrenan.
Bissy.
DeMontigny.
DeBusca.
De-Neuschelles. .--' Affelds. ,-..,. -
Brigadiers de Cavalerie.
Mrs Marfin, des Gendarmes.
De LJnÍÕn.
De Servon.
- De Florenfac.
De Varennes.
De St Vallery,
Lonmana.
DeSl Germain Beaupré.
DeVillars.
Marin.- des Gardes du Corps.
D'Imecourt.
De Lery.
De Bezons.
De Vignau
,
L. des Gardes du
Corps.
Le Chevalier deGassion
, L.
des Gardes du Corps.
La Mothç> des ChevauxLe-;
- gers,
Bat.c.- hevilliers
,
L. du Cheva;
lier Duc.
Barbeziers3 desDragons»
Pinlbnneh des Dragons.
Brigadiers d'Infanterie.
M"Gredier le pere, Suiflc,
De Feuvjuier.es..
De Medavid..
Descot.
Le Comte de Soissons.
De Vaubecourt,
Du Clos.
De Torcy
De Genlis.
De Gandelus.
Le Chevalier Colbert
De Malauze.
De ;S Laurens.* De Reynac d'Alsace,L. C.
La Fare de la Fere, L. C.
Prefchac de Champagne3L.C»
DArtagnan, Major des Gar
dèsFrançoises.k - De Seguiran, Capitaine aux;
Gardes.
DDuuPPcerrréréLLioinonnonisois'L.C
m-,
L, c

ainsi je la remets au mois
prochain, afin de n'oublier
rien detoutes les galantes
circonstances dont ellea este
accompagnée. Je vous diray
cependant que l'Opéra nouveau
qu'on y a represente
fous le titre d'Orontée, se vend
chez leS Coignard?rue Saint
Jacques,àla Bible d'or. Je
suis, Madame, Vostre. , &C.
:
Ouvrage qui fut lu 1 lAteeUwit
- Françoife lejour de h J!.ec{f.tioll
,:-'" de M. de la Chajxllt* ', 14
Discours qui a emporté le prixde
dL'E'lAoquennceg4el'Arcasde.rn(ie/Ro^yale
Suite des Avis aux Joueurs d*;£*
checs. 6z
DialogueetunCatholique ér tFutp
Protstanstouchant le Livre de.
M. de Meaux,intitulé Hifaire?
des Variations. 84
Reiouijfîncesfilles a ta Haye pour
ta naijjfknceduPrince deGailes*ioâ
La hliffire imaginaire. 113.
Oraijonfunebre. 121
Morts. JJI
LettreécritedeNaptes. 153
Relation universelle, de tAfrique
ancienne & moderne.iSê
Nouvelle Carte du cours du Danube
faite par le Pere Coronelli. jp2
Hifloire. 197
Discours fait à l'Acadernie de Ville-:
franche par M. Bernard de Hautmont
de Saumur, lejour def*
reception. 222
JRejouiffances faites au CollegedeU
Nation Ecojfoife,four la lhtiffince
du Prince de Galles. 233
Grande Tesie donnéefarMilordStafortfour
la mesme naiffonce.246
Réiouiffances faites a Romesurle
mesme fuiet. 264
Audience donnée au General de lc,ydrede
laDoctrine Chrejlienne.266
Jitablijfementdune nouvelle Ecole
de Mathématique. 262
Thesesflutenuëslar M.l'Abbé Fa".
gon. 270
Camfement des Trouses de la Maison
du Roy dans la plaine eacberes.
2S9
Mariage de Mademoiselle de Boucherat.
2g2
HijloiredeNormandie. 2S4
Arithmétiqueraifonme. 211
Bénéficesdonne^ 2^2
Enigmesnouvelles. 3*6
Yers surslà mort du célébré Arleqyin.
-. 319 <
Mariage de M. leDuc â'EJlrées ë-de i
p Mcidemoifelle de Vattbrun. JII 1
Jivefchez,d'Hildeshtim, de Musjîer,<•
- & de Liege remplis.312 t
rNaoumxs .desnouveaux officiers Gene- -5 513 V
Tcfie de cbantiffj. 3x2 54
CATALOGFE DES LIFRES12
nouveaux qui si débitent chft /e't;j\
Sieur Gt:er.Ollt
3
Court-neuve dttvk
Palais.
HIstoirede Soliman III. 1,1.10. f..}
Eloges-des Personnées jlluftres23i
tle l'ancien Testamentpar M. Do"ajacJ;3jc
Doyen de l' Academie Francoifc.
i»I.5.f.
i:, Histoire deMahomet IV.déposse
4.é» 1.voî,î,l.
f
DialoguesSatyriques & Moraux.
2. vol. 3. 1.
., Le Secretaire Tare ; contenant l'art
d'exprimer ses pensées sans se"voir,
sans se parler & sans s'écrireavec
les circonstances d'une avanture Turque
, & une Relationt-rcs-curieuie de
plusieurs particularités du Serrail
,
qui
n'ontpointencore ctlé feeuës 1.1-io.f.
Le Mary Jaloux.1. l.io.C.
L'E(stat present de la Puissance
Othomane. 1. 1. 10. s.
Chevalerie ancient^e-Si: moderne,avec
la maniére de faire la preuve pourtous
les Ordres de Chevalerie 1. 1. 10. s.
Poësies Pastorales de M. de Fontenelle,
avec un Traité de la Naturedel'Eglogue
,& une DigrclTion
sur les Anciens & les Modernes. 1.
liv. 10. s. r-
Le Chevalieràla Mode, Comedie.
aDésolationdesJoueuses, Comedie.
15.F.
Entretiens sur la pluralité des Mondes,
de M. deFontenelle
, augmentez
en'plusiuers endroits, avec un hxiéItle
Soir qui n'a point encore paru contenant les dernieres découver,-
tes quiont esté faites dans le Ciel.
'; ,,' ,"; 1. 1. 10. s.
Réflexion* sur l'Acide& sur l'Al-
Kali. 1. liv.10. f.
L'Art de laver, ou nouvelle maniere,
de peindre sur le Papier, suivant le colorisdes
Desseins qu'on envoye à la
CourparM.GatitierdeNismes. 1. 1.
Traité des Fortifications enrichyde
23 Figures, contenant la Démonstration
& l'Examen de tout ce quiregarde
l'Art de fortifier les Places tant regulieres
, qu'irregulieres
,
suivant ce
uifle- pratique aujourd'huy
,
d.une le tout
maniéré abrégée, & fort aisée
pour l'instruction de la JeuneHè;,\
1. liv. 10.s.
Essais de Morale & dePolitique,
cùil'cft traité des Devoirsde l'Homme
consideré comme particulier &
comme vivant en Société. 2. vol. 1. l.
Le Cours du Danube & des Rivieres
quis'y déchargent, où se trouvent
les Frontières des Empirer d'AUem*-
gne & de Turquie. l
Histoire des Troubles de Hongrie,
Contenant tout ce qui s'y eH:patledw
remarquable jusqu'à la fin de l'année
1687.6.vol.indouze.
;
,.!iv..
dDiaologuesudeszMortes. 1... vol. in- 3. l.
Histoires des Oracles. 1. liv. 10 il-
Lettres galantes deM.leChevalierd'Her1.
vol.;.3!. ILes"Malhcurs de l'Amour ou EIca
nor dYvrée., il.10.t Ambassades de Mons. le Comte de
Guilleragues', &- de M. Girardin,aupPrièescedsuGrand
SeigneMr,avecplufîenr*-
curieuses,tirées des Memoires
detous les Ambassadeurs de France à
làPorte, &c. 1. 1.10. f.,.
Academie galante, 2. vol.-3,liv*•
--4>aDucheffeïfEramenc^i?*vol.i. -LeNapolitain, *
4-meh i.L
Sentimens sur les Lettres&sur
l'Histoire,avec des Scrupules sur le
Scilc.<*"* .1 k..d i.h 10. s,
,-1.;., Caracteres de l'Amour, 1. l. 10.' s
Le Grand VisirCara, Mustapha.
c"',r :: 1, Lkk s.
^••'JL'IllustreGcnoifc,. 1. l.10. s.
'-T LeSerasx:|er.i-.l.io.C.
Relation dLi. Mariage de Mademoiselleavecle
Roy d'Espagne.
1. l10.s.
',! Relation du Mariage de Monsieur
lePrince de Contyavec Mademoiselle
de Blois. - i.l. 10.s -Relation du MariagedeMonsei- ,£neuc le Dauphin
, avec la Princesse-
Anne - Chrestienne.-Victoire deBa-.
^ferer1 1 ,. 1. 1.10. s
- Journal du Voyage du Roy à Luxembourg
,
contenant la description
, tks Places de la haute & basse Alsace,
ISc&ecellcs de la Province de laSare
& deLuxembourg. 1. liv.10. s.
Deffaitesdes Armées Otto-mane.
par les Armées Chrestiennesen Hongrie,
& dans la Morée, avec la prise
de plusieursPlaces sur lçslnfidelles. 1.t
Voyage du Chevalier Chardin en
Perse & aux Indes Orienteles par la
Mer noire &: parla Colchide,.enrichy
de dix-huit grandes Figures, 2. vol.m
douze.. 4.. 1. 10. s.
Observations de M' Spon sur les
Fiévres&lesFébrisuges 1. L.
L' Arioste moderne.4. v. in 12. 6,l.
DiscoursSatyriques& Moraux en
Vers. 11.
Fables nouvelles.. 1.1.,
Epistres en Vers de M. Sabatier
de l' Academie Royale d'Arles. 1.1-
Jugement de P luton sur les Dialogues
de's Morts. 1. l.10 f,.,
Relation duVoyageduRoyen Flandreen1680.
1.l.10.s.
La Négociation du Mariage de
Monsieur le Duc de Savoye avec l'Infante
dePortugal. 1.l.10.s..
Relation duSiegedeVienne. 1.l.10s.,
- Relationde ce qui s'estpasséà Genes.
1.1. tO.f.
Relation du Siege de Luxembourg i.I.io.u
¥Avmîb(aséseadeeude4S.iavm eonFlr.ance, di. 6. liv-
Le premier Volume a pour titre.
;i Voyage des Ambalîadêursde'S'arn
en France
, contenant la réception
quileuraefté faite dans les Villeoù
ifsonç panej leur encréeàParis; les
cérémonies observées dansl'Audience
qioun'ils ont eue du Roy, Se de la Mai-
Royale, les Compligriensqu'^s
cnc faits ; ladescription des lieux où ils
ontesté; & cequ'ils onditde remarquable
sur tout ce qu'ils ontveu
Lesécond Volume A pour titre
Suite du Voyage des Ambalîadêurs
de Siam en France, contenant ce qui
S'-ITAILÉ à l'Aidience de Madame la
D,l'lphine) des Princesses du Sang,
,&-deMeilleursde Croissy & deSegnea.
y, avec une deccriptioiiex-la- des
Chasteaux,appar:emens,Jardina &
Fontainesde Verssailles, S. Geruv..tt.^
jf"'Marly & Clagny
,
de la Machine de
Marly, des invalides, de l' Obfervatoire
deS. Cyr,Sedecequeles
Amballadeurs ont veu dans tous les
autres lieuxouils ontesté. depuis la
premiere relation, àquoy l'on joint
«lifeours qu'ils ont fait au Roy.
, Le troiji/me Volumeapourtitre.

Troisiéme partie des Ambassadeur
de Siam en France, contenant la sultes
dé la description deVersailles
,
ccih
des chevaux qui sont dans les deux
Ecuries du Roy; ce qui s'est parte
dans les visites qui leur ont esté
tenduës; les experiences de la pesan.-
teur de l'air faites devanteux ;
sa description
des Galeries de Sceaux&
les réceptions avec toutes les haranguas
qu'on leur a faites dans toutesles
Villes de Flandre.
..,
Le quatrième Volume À pour titre:
Quatrième &: dernière partie du
Voyage des Ambassadeurs de Siam. eii,
^-FRONCE ,6LC.
Voyage de Flandr
,
depuis Vatencienne
jbfqn'l Paris; la description
des Villes où ils ont passé,& les harangues
de tous les Corps, ce qu'ils
ont veu 2Paris depuis leur retour
avec une description de tous les lieu.::"
eu ils ont cfté, & de la Feste donnée
par -M-onsîeur à S- Cloud, dtr;V^ya^'
ge à Versailles
,
leur Audience de
Congé, & les dix-septAudiences
qu'ils eurent le même jour, & cous lis complimens qu'ils ont faits,&
des presens qui leuront elle donnez,,
ce qui s'est palle à leur départ, les
noms des personnes distinguées qu
toiitparties pour Siam.
Outre les Mercures d'onze années*;!
commencer en 1677. il y a trentedeux
Extraordinaires, dans lesquels
sont 4ivers Traitez tres-carieux
,
&
plusieurs matieres qui regardent les,
Sciences & les Arts.
Histoire du Siege de Bude. 1.1. i<>.f.
Recueil d'Ouvrages faitsà la loiïaiv
gedu Roy, surl'extirpationdel'Heresie,.
J. L 10. f.
Relation des Prieres publiques qui
onteste faites par toute la France, eu'
actions de graces de laguerison du.
Roy. 1.1.10.f.
Antiquitez de M. Spon ,Ouvrage,
enrichy de plusîeurs Flgures: 7.L
Avis pourplacer les Figures: L'Air qui commence par,J'aime
une charmante Bergere doit :
regarder la page 120.
La Planche du Feu doit Mgatdef
la page 246,
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le