→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Fichier
Nom du fichier
1687, 10
Taille
70.70 Mo
Format
Nombre de pages
412
Source
Année de téléchargement
Texte
Uu


MERfCUR11 E-e rim'ILtfflr
EDEDIED'AAMOUNSEPIGNHEURIN.
oN donnera toujours un Volun
nouveau du Mercure Galant
premier e iour de chaque Mois, & c' ven dra , Trente fols relié en Veau;
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS. :
Chez G. DE LUYNE,au Palais, «l.rns
Salle des Merciers, àla Justice.
T.GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie.
Et MICHEL GUEROUT, Court-neuf
da Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXVII.
rfFEC PRIVILEGE DU ROr.
TABLE. pReillae. 1
Zloge du Roy, prononce far le Vere
chesnon1tJHitt" +
Eevifes* +S HadrtgAl.4P
Nadrigdt.Roy ceUbrêe}Péri- ftiettx.
jO
Ce que le Roy afait en faveur des
ÇatboliqWï de la grande Armente.
14
De la Patience&du Vice qui luy efi
contraire, Ouvrage de M. de
Fontenelie, qui a remporté le
Prix de Prose, de l'Académie
Frallfoifi. 6s
Ode de Mademoisèlle des Hoalieres,
sur le foin que le Roy prend de
l'éducation de laNobleJfl
, qui a
remporté le Prix des Vers, de la
meftJe Academie. III
Grande Ceremoniefaite aAnjignan,
au Baptesmed'un suis123
Honneursfunèbres rendusparMes
fictirs de l'AcadémieRoyaied'Arlesy
à la mémoire de M. le ûtte
de S,, Aignan. 142
Autre Service fait par lesfoins de
la mefine Academic.206
M. d'Agoult, Baron d'olieres, rlf
nemmépar le Roypremier Stn
chai de Sbferon. 2 ;
Election d'un AbbéGeneralde te
dre de Grandmont. 2.
Servicefaita AixpourMadame
Duchesse de Modene. 2,
Mort de Dame Marie- Marguer :
GouJlifr.- 2<
Ffjltcelebrée à Sens. jy^Sgk2SS
Nouvelles de divers endr(}/,ts..des
Indes. 2SS
Zele des nouveaux Convertis: de
Niortyfour tout ce qui regarde tt
ReligionCatholique. 272
Ioumal de tout ce qui s'efipafiêpendant
lefejeur que les Envoye'{de
Tripoli ont fait en France. 271
Détail de tout ce qui s'efi pasé touchant
leDetteurMolinos. 306-.
Nouvelles de Siam. j j;7.
Nouvelles de Hongrie, 35s
Cartes nouvelles» 361
Livres nouveaux* lift
Enigmes. ^371
Modes nouvelles. 374
M. de la Berthiert efi nommé Precepteur
de Mr le Dm de Chartres.
376
Nouvellesd'Alger 371
Cornedies nouvelles 370
Notuveillees Connqueflses d.es3reni-
Fin de la Table.
~B~ L'Air quit çm1siaff Le
,sfiii"- de vous i 1:sir extrê- e
me, doit regarde!JÊËF*'*•
La Médaille quirV*£ > Prince
Charles de Lorraine

_-.Ilt regarder
lapage2.16.
L'Air qui commence par, Non, Dons
ne maimez plus, Bergère
,
doit regar- dctlapageJ74,
1
CATALOGVE DES LIVRES
nouveaux qui se débitent cÍJtt le
Sieur Guerout , Clurt-neuve du
PaUis. ENtretiens,sur la pluralité des
Mondes; de M. de Fontenelle,
augmentez en plusieurs endroits, avec
un dixiéme Soir qui n'a point encore
paru contenant les dernieres
découvertes qui ont estéfaites dans le
Ciel.: I. liv. 10. f.
L'Art de Laver,ou nouvelle manière
de peindre sur le Papier, suivant le co
loris des Desseins qu'on envoye à 1;
Cour,par M.GautierdeNismes i. 1
Traité des Fortifications cnrichy di
23 Figures,contenant la Démonstra
tion éc l'Examen de tout ce qui regardel'Art
de fortifier les Places tant regulieres
, qu'irregulieres
,
suivant et
qui se pratique aujourd'huy
,
le tout
d'une maniéré abregée, & fort aisée
pour l'instruction de la Jeunesse, I.
-
liv. 10. f.
Essais de Morale 8ç de Politique,
où il est traité des Devoirs de l'Homme
consideré comme particulier
,
&
comme vivant en Société, 2. vol. 1.
liv.
Le Coursdu Danube & des Rivieres
qui s'y déchargent, où se trouvent
les Frontières des Empires d'Allemagne
& de Turquie.
Histoire des Troubles de Hongrie,
contenant tout ce qui s'y est passé de
remarquable jusqu'àla fin de l'année
1686. 5. vol. in douze. 7. 1. 10. f.
Dialogues des Morts. 2.. vol. in
- ouze. 3. 1.
Histoires des Oracles. 1. liv.10. f.
Lettresgalantes de M. le Chevaer
d'Her. 2. vol. 3. 1.
Les Malheurs de l'Amour, ou Eleoor
d'Yvrée.
1
1. 10. f.
AmbassadesdeMons. le Comte de
Guilleragues
, & de M. Girardin, auprés
du Grand Seigneur,avec plusieurs
Pieces curieuses, tirées des Mémoires
detous les Ambassadeurs de
france
à
laPorte,&c. 1. 1.10. f.
Academie galante. 2. vol. 3. liv.
LaDuchesse d' Estramene. 2. vol.
1.
Le Napolitain. 1. l.
Sentimens sur les Lettres & sur
l'Histoire
, avec des Scrupules sur le
Stile. i.1. 10. f.
Caracteres de l'Amour. 1. 1. 10. f.
Le Grand Visir Cara Mustapha.
1.l.10.f.
L'Illustre Genoise, 1.l.10. C.
Le Seraskier. 1.l.10. f.
Relationdu Mariage de Mademoiselle
avec le Roy d'Espagne. 1. 1.10.f.
Relation du Mariage de Monsieur
le Prince de Contyavec Mademoiselle
de Blois. 1.10. f
Relation du Mariage de Monseigneur
le Dauphin, avec la Princesse
Anne - Chrestienne-Victoire de Baicre
J. l. iOoS
Journal du Voyage du Roy à Luxembourg
, contenant la description
des Places de la haute & basse Alsace,
& de celles de la Province de la Sare
& de Luxembourg. 1. liv. 10. f.
DeffaitesdesArmées Ottomanes
parles Armées Chrestiennes en Hongrie,
& dans la Morée, avec la prise
de plusieurs Places sur les lnfidelles.
1.liv.
Voyage du Chevalier Chardin en
Perse & aux Indes Orientales par la
Mer noire 8c par la Colchide, enrichy
de dix-huit grandes-Figures. 2. vol. in
douze. +.1. 10. f.
Observations de M. Spon sur les
Fièvres&les Fébrifuges, 1. l".
L'Arioste moderne. +-, v. in douze,
6. 1.
Dialogues Satyriques & Moraux.
1.l.10.f.
Fables nouvelles. 1. l.
Discours Satyriques & Moraux en
Vers. 1 l
Epistres en Vers de M. Sabatier,
de l' Academie Royale d'Arles. t.ït
Relation de tout ce que les Ambassadeurs
de Siam ont fait 8c veu en
France. 4. vol.indouze. 6.liv-.
Jugement de Platon sur les Dialogues
des Morts. 1.l. 10. f.
RelationduVoyage du Royen Flandre
en 1 680. 1.1.10. f.
La Negociation du Mariage de
Monsieur le Ducde Savoyueavec
l'Infante
de Portugal. 1.10. F,
RelationduSiegedeVienne. 1.1.lo.f.
Relation de ce qui s'est passé à Genes.
1. 1. 10.f.
Relation du Siege de Luxembourg.
f. I. 10. f.
HistoireduSiègedeBude. I. l.10.f.
Recueil d'Ouvrages faits à la loiiange
du Roy, sur l'extirpationdel'Heresse.
I. l. 10. f..
Relation des Prières publiques qui
ontesté faites par toute la France, en
actions de graces de la guerison du
Roy. 1.l.la. f.r
MERCURE
r-îL~.r,E''RC7~ÏRE
1 J - CAILpi-t-ir
OCTOBRE 1687.
E suis bien aise,
Madame, de pouvoir
satisfaire vostre
curiosité, ôc
vous faire trouver en mesme
temps l'Eloge du Roy au
commencement de cette
Lettre. Ce que jevousaydit
dans ma derniere, du Panegyrique
de ce Prince qui sur
prononcé le jour de la Feste
de Saint Loüis, dans l'Eglise
Cathédrale deS.Pierre dePoïtiers,
au sujet de la Statuë qui
luya esté élevée dans la Place
Royale de la mesmeVille,
vous a faitnaistre l'envie de
levoir, & je fuis assez heureux?
pour vous le pouvoir
envoyer entier. Il estdu Pere
Chesnon Jesuite, Docteur &
Professeur en Theologie,
Vous sçavez le zele extraordinaire
que cette sçavante
Compagnie marque en tous
lieux pour le Roy, & que
cet illustre Corps n'est composé
que depersonnesd'un
merite distingué. En effet
on peut dire, que si l'on ne
peut se dispenser de faire
preuve deNoblesse pour entrer
dans de certainesCommunautez
,il faut pour estre
receu dans celle-là, avoir autant
d'esprit
, que si l'on
estoit obligé d'en faire des
preuves, & je puis mesme
ajoûter que l'on en fait,quoy
que les Statuts ne le portent
pas. Vousvous souvenezque
je vousay déjàditquele Pere
Chesnon avoit pris pourtexte
de cet excellent Panegyrique,
ces paroles -de S. MatnlCU);
qui avoient un entier
rapport à son sujet. De qui
fsi cette Image? Ils répondirent
de Cesan. Alors il leur dit,
Rendez donc à Cesar ce qui est àCesar,~à Dieu ce qui està
Dieu. Voicy de quelle maniere
il continna.
Il faut) McJJieurs 3Jetenir
aux bornes que nojlrtEvangile
nous prefcrit> (9" quelque honneur
quon donne au plus grand
des Rois, il ne faut pas le ççnfondre
avec ce culte singulier
quon ne doit qua Dieujejfen~i.
LOUIS LE GRAND règne
sur toute la Terre par la force
de ses Exemples & par les in-,
fluences desa Sagesse> mais il
ncflpasimmense. La Hollande
la Flandre3 l'Espagne,l'Italie,
l'Allemagne, toute l'Europe
tremble. au seul bruit de son
nom; maïs il n'eJt pas tout-r
puissant.Ilefi dignedel'immortalité,
&mérité de vivretoujours
dansla memoire des hommes,
mais il n'est pas éternel.
Iil est Grand, maisc'ejl de vous, monDieu, auiltientsa grandeur,
& il Je fait bien plu*
dhonneurd'efirevoflreSujet,
que d'eslreno[IreMaijlre.Ce
rieft donc pas., Seigneur3 pour
vous ravir cette gloire que vout o1 necede% aperjonne3 quenous criionsaujoMrahuy une Statue
w L'yhg!:j}cMonarque que vous
nous avt donné; mais ceji au
contraire pour reconnoistre la
yrace Que vous nous ave% faite
de nous soumettre à luy> &
puis que ccjl par une mejmeley
vue vous nous commandcz de
vous craindre & d'honorer le
Roy, ce feroirmanquer, devous
rendre ce qu'on vous doit, si
Hoksneluy rendionspas ce que
nous luy devons.C'efipourquoj,
zJfycjJicurs
, ne prenons point
d'ombrdçre de la cclebrité de ce
jour. !Ói!.!:!: rien ne troubllee ,l{aa joye
de ce Triomphe: & afjurcnsnous
que le Ciel approuve en*
careplus que nous mfiùftns, le
deJJein d'une pompesiraijonnable
&si juste. Je contribueray
de ma part à cette Feftc" en vous
proposant les motifs qui font lès
plus propres à vous inffirer les
Jentimens quevous dervez avoir.
Le premier motifi Je prend de
voslre devoir.LeJecond3 de
voflre honneur & de t'voftrc
4c11)-
l
gloo.1irree.. Le troif Letroisiéme3 de vojlre
interess. Le devoir vousoblige
d'ériger une Stattië en l'honneur
du Roy5 puis qu'il faut qu'ily
aitdans cette Ville unmonument
éternel des grâces trcs-pttrticulieres
que -z)otis a"'vez receues de
S4 Afajejlc. La gloirle &lhon- neurvous invitent a ériger une
Statue au Roy, puis que la Statue
du plusgrand Roy du mende,
fera aujjileplusgrand ornement
devojlre Ville. L-interetf @'
l'amour du bien public vous engagentenfin
à ériger cette Statue3puis
qu'en donnant au Roy
cette marque de vostre affcéîion
CÎr de voflre attachement à fort
fcrvice3 vous attirerezfnr vous
safaveur, e-tous les avantages.
d'une protection singuliere. Redditeergo
quae
funt Casfarisy
Cxfari> & quse funt Dci,
Deo.
Il n'y eutjamais de Monar
que qui meritafl mieux que
LOVIS LE GRANDles
honneurs que nous luy rendons
aujourd'huy. On trouve en luy
un af-mblage de toutes les vertus)
cr si ce fut une espece de
t
Àfonflre
, que cette Statue bi.
Zarre qui efloit composée de tous
les Metaux) ce frroit att contraireunejuste
exprcjjion desfm:-
Jientesqualité^duKoj>defaire
la bafe,ou du moins lamatière
desa Statue de ailes de tous
les plus grands Htroio On ioit
~r
tout a la fOis d;ans cet incomparable
Prince A! (r't!..I/-(')dcj'ush- nienjapietédeTheodoJe3lele
elt Oreligion de Conjl.intin> la J ,
modérationdesAntonws là
3
bonté de Trajan
3
la majesté
d'Auguftcj& lai'aleurde Ccfar.
il est
leMond:fcreotiAtlexandrepourcm
trop peu:,s'il i1 si sa puijjance; cet Hercule qui a
véritablement réuny les Mets
qui afoutcnu le Ciel en prottgéant
r.c'l/¡fi, @' quia défait
une infinité de Monstres en exterminant
les Pirates
>
en détruisantl'Heresie,
en abolissant
les Duels, l'Impiété, lesBlafph-'
mes>lesEnnemis de Dieu
& r1itl'jEfaf1 t. CC'e nc, f(t~pas drjj}]c. %, ilfautparlerdu Roy comme on
parle des Causes les pius uniËfbrfelL'S
;&si tEcriture a pu
comparer la capacité de l'eflrrit
deSalomon à la njafteétendue
desrivagesdela Mer3 ilfaut
d.requetefpritde LOUIS LE
CRAND ce un Océan qui
embrasse.tout, qui se fait[dek
nums dans tous les Pays
3 &
qui par des conduitsfccfcts porte
jes influences dans les lieux les
plus éloiznez. Il faut dire que
c'esiun Soleildont tous lesmouvemensfontréguliers
3dont toutes
les voyes font lumineuses3
qui répandsa vertu
3
Jonftu &
sa lumièrejufquaux extreeiitez
du Monde
3
&jusque dans le
Ciel mejfneJ que cess une intAM
lil/nee qui donne le branle .4
toutes les grandes affaires
3 (y
quiatoujours la meilleurepart
en tout ce qui sefait de plus con
fiderable dans l'Univers.

Mais outre les raisons corn.
tnunes quiobligentgeneralement tous lres FT-rançoi-s a laijjer des
Monumens eternels des gran*
des artions de LOUlS LE
GRANV ? vous a'Ve:{ des
obligations particulières de le'
faire
3 pour reconnoijlre les gra^ CI> cesextraordinairesqAue'vo/usa* <ve%receues de SaMajefle. /Q~çf
feraitaj]e% pourvous enpersuader)
de vous mettre devant les
yeux ces Illuflres Personnes qui
tiennent sa place dans le Gour
iWernement de cette Provincej
1 & quElle vous a, choisiespar
un dejfetnfipofitifide vous obli-r-
- ger & de vatts faire plaisir. Il
fujfiroitde vous faire mention de
cet admirable Prélat3 que tant
de vertus eminentes
j
surtout
une extremebonté
3
renient si
semblable au Prince des Pafiteurs
j
le Sauveur du Monde;
maiscess particulièrement pour
le rétabliOèment de la Religion
dans ce Pays
3 que vous deve-;r,
au Roy ce Monument de reconnoissance
que vous luy avez
divinedans la Statue'quise doit
triger aujourd'huy en jon honneur.
Vous entomberez J'ac-/
-,ord
,
MeJJieurs
3
si vous faites1
reflexion quecomme ilya-peu
de Villes que leGelaitautant
favorijees que la vojtre par des
grâces extraordJinai-res /i
, on s'est
creu oblige de tout temps d'établir
de certaines célébrité^y
pourconserver la mémoire de ces
grands bien-faits
, & pour en
marquersa reconnoiUance. Une
fois tous les ans c~ le Maire
avec lesEchevinsvont à Saint
Hilaire rendre au Saint de Jolemnelles
allions de graces de
ccfe~t~tec lumiere miractdeuje qu'on ~rf ~z~c~c« o~
vit autrefoissortir defan Eglifiy
&qui montraaugrand Clovis
l'Ennemy quil devoitvaincre
la Religion qu'il devoit embrafsir
j & aux Poitevins le Roy
€jue le Ciel leur donnait3 & auquel
ils Je fournirent. Tous les
ansj le Lundy de Pajques -,isse
fait une Procejjion Generale
pourcelebrer le miracle quefirent
tUas
troisgrandsProtecteursJors
que paroijjantJurvosmurs en
des figures glorieuses3ils défirent
une Armée d'Ennemis qui efloit.
à njos portes. Chaque année le
Jeptiéme de Septembre
3
tous les
Ordres s'ajjemblentpourremercciieerrUDileeuufcfoolleemmnnrtlllleemmeenntt
de la
protectionquildonna à vos Peres
contre l'Admirai de Coho-ni.
« o & contre un Party
3
qui grâces àDieu &au Roy
3
n'a plus de
IlomC'eKomc. plusieurs
fJoisl'année l'en ¡("o'lt[tr1iompher 1 élan< •vosYutsl'Imagede la
Vierre avec les Clefs de vojhr
.., ,
J y:lie} dontcetteA4crc -le Adrjericcrde
eut la bonté deseJaijtr
pour a'revenir lla trabifÎo.. n afin
miJeiJible quivouloit ouvrirvos
Por~~1 f.~Portes à unEnnemy qui ejfoict
autour de ,\.(/.,
murs.Seroit-il
d,oncdli'tAMdc'Ji..vrs
?
auele rctalfA"
ilj)j'cment de laReli,g1 ion dans J. L) cette Province fut une grâce r ti C.' on ferait moins obligede reconnoiflrequetoutes
celles dont
jeviens deautl4
icconnoiflre
, peut-on le faire
avec bien-jeance
3
si ion ne njon
dans les Etablissemens qu'on
ffeerraapopuorucrelcae,lai)'mCIam,,aogee d'un
Prince à qui l'on doit tout. le
succés de cette grande affaire r
Seroit-il dit que dansuneVille,
vu l'on voitl'Effigie de Constantin
3
où l'on njoit encore, dans
lesdébris des Aqueducs & des
Acipbiteatres, lessuperbes refies
de lagrandeur Romaine3 on ne
vijlpas la StatueduDefbrufleur
de tHerejie
-'
du Protefleur de
la Religionjdu Conquérant de
deux millions mes ? Seroit-iî d'A ~croit-it
dit enfin
3
que dans une Province
où le grand Cardinal de
Richelieu qui en estoit
, a fait
venir les Statues d'un Néron,
d'un Tibere & de tant aautres
Princes qui ne nous font rien,
nous ne verrions pas celle d'un
Prince à qui nous devons tout?
En vérité le Ciel ne nous pardonneroitjamais
une si lâcheindifférence
&une si noire ingratitude;£
7* leorandSaintLoiiis
dont tEghJecélébré aujourd'huy
la memoire
3
& ipÚ a
traverfie tant de Aders, (éf donnetant
de Bataillespour la t.onversion
des ïnfidelles
> van^e-
-rait infailliblement l'injure que
nous ferionsàunMonarcne qui
fait la plus grande gloire de jon
fangjurla Terre. Quil partage
volontiers3ce grand Saint3 les
honneurs de ce jour avec cet
Auzufte Fils! Ci s'il cft rvray
que les dnges du Seigneur jont
< ! dejtgrandes Fesses pour la Conversion
d'un Pecheur, quelle
complaisance riauront pas ces
BienheureuxEsprits
) pour un
Prince qui a eflendu si considérablement
l'Empire du Sauveur
du Monde par le nombre prodigieux
des Qonverjions qu'ila
faites?Certainement ce riefi 1
frejque pas à nous qu'il appartientde
çelebrerles allions de
'-'- - -' -.-. ..4
Loüis le Grand; nos Concerts,
nos Feux d'artifice, nos Eloges)
nosvoeuxmefime & nos prieres
font de foibles expressions de son
mérité; il riy a que le Cifi qui
fefache rendrejufliceasa vertu; si le Seigneur eut autrefois
de l'admiration pour un Capitaine
qui avoit lafoy des Patriarches.)
ne doutons pas qu'il
rien aitaussipour un Royqui a
le Kele des jépoflres, qui consacre
à Dieu tour ifonpouvoir, &
,qui ne veut regner que pour le
fairefiervir avec plus d'autorité.
C'est donc le Ciel mesme
qui nous apprend quil eji de
nolire-devoir (-.f--h..on- -o-r-ernoflre
Adaifire. Voyons maintenant
combien il eIl de noflre honneur
&de nostregloire de le faire.
(skmme ce droit naturel que
nos Rois ont de regner j
leur
donne dés leur naijjance un certain
panchant à aimer leurs
Sujets) leurs Sujetsaujji naif-
Jent avec une certaine corres
pondance de coeur qui les attache
a leurs Souverains> comme
aux principes naturels de leur
bonheur, ü leur injpire pour
eux un amour, qui paroissplûtost
une imprejjion de la Nature,-
Gjjiuneffet de la reflexion.
De si bellei inclinationsfie trou--
vent a la ventédans tout ce
qu'ily a de véritables François
; maisl'on peut dire
>
nobles
&généreux Poitevim3 que le
Roy n'a point de Sujets plus illujlres
que vous a cet égard
3 e a e ard f
que si Paris est le Chefde la
France
3
comme la Capitale du
Royaume3Poitiers en efi le coeur
par lafidélités& par l'attachement
qu'il a toujours marqué
pour fion Roy. Je n'ay que faire
de rappeller ces fiacbeufès cortjonélures
où la France s'est trouvée
fifiouvent ; de si triftersidées.
neferoient que troubler laferez
nité d'un jour quondejline tout
entier à lajoye. Il suffit de dire
que les occuponsqui ont efré les
plus funefies à la fidélité des
autres peuples
,
n'ont servy
qu'afaireparoisire la voflre
avec plusd'éclat. L'on diroit
mesme que cesi le destin partivulier
de Poitiers
>
de n'avoir
jamais d'autres Souverains que
nos Rois. Le Ciel qui fit autrefois
un miracle pourJoumeltre
cette Villea leur Empire, en a
faitsouvent d'autres pour l'y
conserver3 lors que la force &
la violence l'en ont voulu feuftraire.
Nest-il donc pas, Mcfficurs,
peurs>devoflre gloire
>
quunt
pdrlitési admirable drelmotivée
» foit marquée par quelquc
Monument éclatant qui en flit
comme le sceau éternel & public
t Et s'il est vray d'ailleurs
que cette belle vertu ne peut
vous faire plus d'honneur que
ïar l'attachement qu'elle vous
lonne pour la personnefacréc
le Louis le Grand
j
ils'enüit
aussi qu'elle ne peut eflre
narquée parunsceau plusfalyG
'yjflusaugufieyque par la Stauë
de ceMomrque. Vous ave^
ar ce moyen l'avantagedevoir
jpftre Hifloire confondue aveç
ce'led*un Prince qui vivra toûtjours
dans la memoire des hommes
; vostre gloire ifera méfiée
avec la sienne, & l'Eloge de
vofirefidéliténe durera pas moins
que celuy de fibn Regne. D'aileurssicesi
le plus beau droit des
Peuples de rendrejussiee aux
Grands, en lai/fiant à la poficrité
de justesidées &de fidelles
mémoires de leur mérité, vous
ne pouvez donner une preuve
qui vousfioit plus honorable, de
vofire discernement & de vofire
équité3 qu'en saisissant uri~;
Monument(jngulier de l'efiime,<
du rejpecl&de l'admiration que9f
vous avez touAjours eue pour
Loiiis le Grand. Ily a de la
flupidite à voir pajjersansreflexion
les merveillesd'un Règne
si admirable, Ily va de la jufticç
de tenir compte à la poflerité
de tout ce quefait ce Monarque;
le'monde ne peutfepafferdeson
Hifioire> & ilfemble qu'on se
f/a< it pltus ou moins dte réputation
felon qu'on prend plus oumoins
de partasagloire c- àses in.
terefls. C'est pour cela qu'un des'
plus grands Heros de la France3
aprèss'estre rendu dignedesplus
lgeruanrdesrécompenses aq~u~ec la 'vT~a~-
puisse meriter
> a cru que
l'amour C, l'attachement qu'il à
toujours eu pour le Roy
)
efioitla
qualitéqui pouvoit lefaireconsîdererdavantagequ'il
ne pouvoitrienfaire
de mieux poursa
propre gloire, que de laijjer dans
laStatuëq- u'il
a érigéeàjonPrince
y
le gage éternel de cette affittionsijufleefiheroique,
qu'il
A marquée en toutes occasions
poursa Personne sacrée. Cen'efi
pas,incomparable Monarque,
qu'onpretende representerentièrement
les éminentes vertus de
, VofireMajefié par les Statues
qu'on luy érige. Ce rayon de la
Divinité qnt éclate sur vofire
frontj <2r quifait qu'on en toujours
njofheSujetpar inclination
, lors qu'on n'a pas le bonheur
de l'eflre par sa naissànce;
cetairnaturel de grandeurqui
vous diflinguede tous le* autres
hommes ,font des traits que tous
les efforts de l'Art ne sçauroient
txprimer> & qu'iflfautab~soylument
refrver à la main de
ce Dieu
i
qui vous a fait ce
que vous eflcs.' Neanr,.jins
comme on ne laisse pas de convoijlre
lesgrands mouvemens du
Soleil par les ombres mefmes3&
les perfeeélions infinies du Créaîeur,
parlesfoibles Imagesquon
.;voit de luy dans les Creatnresâ
njoflre Statue au/Ji nous fera ref- dece qu'elle ne sçauroit
nous dire. Elle entretiendra
les grandes ideesque nous avons
de uos vertus; elle excitera de
r-/#s nos efpcrances> & nous la
regarderons toujours comme an
figie de bonheur qui nouspromet
la protection jlnguhere de
Vostre Afajejté.
Pour vous persuader, Messieurs
3
qu'il nefc rien que vouf
uepuiljiez^fperer de la bontéde
nofire Monarque3 ilJuffroitde
vous dire que vojlre Ville eIl
remplie des bienfaits de nos Rois,
&que tout ce que ion y voit
desalus beau> e de plus confiderJAe
j cft un ejfctde leur libcrûfité)
& de cette affeêlton
particulièrequils ont toujours
eue pour vous. APefl-ce
pas de cette sourcequeviennent
cesPrivilèges qui font des Arcblcs
de tous vos Echcvins& de
vollre Maire? le Capitaine de
cette Ville& le premierBaron
de la Province ? N'ejl-ce pas
de cette mefine source que vient
cet illuflre Prefdial>quiejlabjolument
le plus conjtderablc
quifoit enFrance3foit par l'étendue
de sa Jurifdiflion
>
foit
par t1e nombre &par l1a qua[l,ité,.
de ses Juges
3
jfoit par les marques
d'honneur qui luyforhfyar-
- tïculieres> foitpar le mérité de
ses Chefs? que le Roy mefime a
jugez dignes des Prérogatives
les plus honorables & les plus
singulieres? N'efl-ce pas encore
de ce mejme principe que vous
tenez cette jameuje Université,
qui efl une des grandes lumieres
de ce Royaume
:J
un fijolide appuy
de la Religion3 & qui a
donné à cet augufle Chapitre3
d'ailleurssirecommandable pdr
la pieté> &par les autres qua-
!Ùez des personnes qui le corn-
* y -~
posent) un Chef &des IDignitez
qui font si utiles à l'Eglises
par tous les secours qu'on peut
attendre d'une capacitéextraoidinairc
,
d'une njie tres-exemplaire)
rb d'unieletres-éclairé?
Je ne disrien de ce noble Chapitre
de S.biliaire>enrichy des
liberalite'Z du grandCiouis3 ($f
dont nos Rois font les Abbez.
Je ne parlt point de celuy de
Sainte Radegonde
3
doté par
Clotaire, Je laisse ce grand
•nombred'Abbayes Royales que.
nos Monarquesontfondées>&
que l'experience de nos jours ,fait voir qu'ils ne confient qu'A
despersonnesd'une qualitéeminente
3 (7 d'une ruertu confàrnmée.
Je IdlJè toutcela
3
@J je ne
r - m'attachepasmesme a vcusfaire
valoir les grandes avances que
jle Roy a faites enruoftrefaveurs ayquelque chose de plus particulieravousdire
j,
ccsî que
Louis le Grand fIlant le Monarquedu
monde le plussensïble
a tout ce qui vient d'un bon
catir, & d'une veritable a/fi-
[lion poursa IJerjônne., il fera
sans doute touche de toutes les
marques d'attachement que vous 1 luy ave% données en cette occasson,"
On luj en feraun rapport<
afl3 ù cet illustreMinière
i a ménage si avantageufeint
lesou il vous
rounje% d'hcnorervoflrePrinjfera
tout rérIJîr pour uoflre
en, & t'eus attirera des gras
qui furpijJèront infiniment
lut ce quejenjouspourvoispromettre.
C'efloitmiefuperjïition
es anciens Empereurs3 de tenir
ans leur Cabinet une Stijue
uils appelloient la fortune de
'Empire;mais nous avens lieu
le croire que la Statue du Roy
iera un pgne de bonheur pour
vous>&pjeïosedire,laforune
de vojlre Fillequayant
dÉjafaitJant debiena cellent cet ex, c~Ouvrier qui ta entrepris avec tant de gloire,
elleétendrasa 1Jertusurtout Ù
monde
3
çyfra jafource- éterne/
le d'une félicité pUblique.
.Alous [ça'Vons
-'
Nous fçavons3inincco(m1rnfara/;!e
parable
Alcnarque
3
la complaifnceque
vous ave% eigpour ce Héros,
qui a fait a rparis.) dans la
Placedes Viéîoires,
fait au ce que l'on jourdhuy àPoitiersdans
la Tlace Rojyale,Pourrie%~vous
donc naimer pas une Province*
où le Peuplemefinefçaitprendrjr
dessentimens si généreux}
g?
imiter lessentimensdesHéros/']
Clergé.) la Noblesse>le Peu-
, tout s'est declaré dans cette
ssion, tout a parlé
j tous les
rs Jefont (Juverts.)&l'on a
!
jusques à la plus tendrejeue
marquerpour vous une arr
digne de voflre bonté&
voBre complaisance. Ce font
vfues & ces confderations
ontinspiré le deffiin de cette
abrité3 a celuy qui en efl le
ncipalAuteur, &commectt
flre Ministre a toûjours cher-
: les moyens J'accroistre le
iheur, la gloire., & la heaute
poflreProvince? il a cru ne
tvotrrienfaire deplusavantageux
pour vous, que de uot*
infirmer dans siesprit du meik
leur Prince du monde3 dr dom
il connoifl le naturel, parl'expo
riencequ'ila de
sesbonté%}

par le bonheur qu'il a eu de luj
plaire en tout ce quil afait pom
luy. Unepolitique si fagedoiv
prvir de réglé a noflre conduite*
&nouspersuader que nous m
flaurions établir nos esperances
fmrunfondementplus solide qm
sur celuy de noflre obeissance.
(^f d'unattachement inviolable
alasacréePerfonnçduRoy.
font les mesures que la Prow
dence apristspour nous
condpiA
A nostre fin :& ces espritsfedi"
tieux (ejinquiets qui cherchent
les moyens d'estre contefis- aiL
leurs que dans leur dependance ,
ne fontpas moins deraijonnables
que s'ils cherchaient avivrejous<
un autreCiel,dansun autre
Monde que celuy-cy. Cesvern
tezflnt encoreplusjenjtblesjeun
le Regne de Louis le Grand
3 & l'ejlatjlorijjant ou ce Mo*
narque a mis la Religion&
l'Estat'
>
est une preuve éclatante
que les interefls publics
ne pourroient efire en de meilleures
mains
1
quecejl de luy
j
seul quon pouvoit attendre de
si grands succés.De là vient
que le chemin le plus court pour Arriver~à'lla gllo,ire,cets:tfdtde travaillerfous
les ordres & par la
direction de cet admirable Prince.
Nousvoyons tous les jours
desFrançois trouver dans leur
obe'ijjancedessuccés quiferoient
honneur à des Souverains;, dr
faire des aéîions qu'on nattribueroitjamais
à des Sujets> s'ils
avoient un autre Maiflre que
le nojlre.Que toutes ces
raisons
nous persuadent donc de contribueravec
plaiJirà la célébrité de,
cejour.L'wterejlnousyengage,
la gloire nousy invite, le dewir
nous y oblige. Vous le devez
Taftenrs du , Troupeau du Seigneur^
Ouvriers Ervangeliqucs,
vous le deuck
,
puijque les con-
(raflCS de voflre%ele
>
ts font les de celuy du plus Chreflien
de tous les Roys. Vous le deve%3
brave & genereuse Nollrjfi,
puis qu'enexterminant les
'Duelsj il afeel vous faire un
sujet d'opprobre de ce point
d'honneur qui efioitJtfunejie a
voflreJalut, Vous le Je'Vc'{
Juges*Magistrats) J puis qu'il
.'vous a donné des Loix qu'on
peut nommer le Trésor de laju-
Mce. Vous le deruez.) Profrniurs.
des Sciences&Maifires des
beauxyjrts >puijquetejpritna
jamais rcceu deplus grands honneurs
que ssous les aufifices d'un
Prince fipige &si éclairé. Vous
le dejek
J
'Vous qui efits dans le
negoce y & qui avc^le maniment
du Comrnercc. C'cft pour
njous quil a fiait tantdeports>
qu'il a
détruitles Pirates3 qu'il
a réüny les Mers. Vous le deve7,
enfin leste &florijjantc Jeunefife
; & si l'ardeur que vous
frites paroistre, -vous rendsiM-k
mables;) &Jeconde si bien les'
inclinations de ceux qui vous
mjlrtiijent
>
fiachez., que vout
fie jçauriez commencer trop tolt
à aimer un Prince qui "vous
time si tendrement
, & qui a
fait dans tous ses Etats de si
merveilleux Eflabhffemens pour
vostre éducation.AIais enfin3
SeigneurJpuisque ce Adonarque
siparfait & si admirable est
vofire Creature
j
@J que cest
vous qui nous r4'Vel( donné,
cesi aussià voussieus que nous
nousadrefifonspour fia consèrvation.
Vous l'avez renduneceffiaire
à noflre bonheur" efit
"vie nous efl infiniment plus cbere
C plus precieufie que toutes les
grâces qu'il nous a faites. Con*
prve^-le donc, mon Dieu,pour
lesinterefls deuoflre Eglise
J
@J
pour le bonheur de la France.
B If'. 1 J, tT" , °t qu'il a f-merur laCcnnjtïfmn des
Peuples de l'Orient) C enfin.
aprèsune langue g; hcureuf?
fuite d'années
3
introduisez-/£
dans ce Royaume qui ne finira jjaammaaiiss..
Je ne vous dis rien de cet
Eloge) puis qu'ayant autant
de pénétration que vous en
avez? pour découvrir toutes,
les beautez dès Ouvrages que
je vous envoye, ce feroit fai- V-
ï€ tort à vostre jugement
que de les loüer. Je vous diray
feulement que ce Panegyrique
du Roy charma si
fort toute l'Assemblée que
le choix que Mr Foucault
avoit fait du Pere Chesnon
pour le prononcer, receut
une approbation generale.
La grande part que cet Intendant
avoit à la Feste&à
tout ce qui l'avoit causée,
luy avoit acquis le droit de
se mesler de beaucoup de
choses qui la regardoient, &
mmeesimnleeddeelelessreg1er. Voiey regler. Voicy
excore quelques Devises qui
ont este faites à l'occasion
de la Statuë qui fait aujourd'huy
l'ornement de la Place
Royale de Poitiers.
Un Stilequi marque les
heures dans un Cadran solaire
avec ces mots, Ipsa iel
umbra regit
, pour marquer
que la Statuë, quin'est que
comme l'ombre du Roy, ne
laissera pas de tenir les Peuples
dans le devoir, & toutcs
choses en bon ordre.
Un Parelie formé dans une
nuée, Alium non redditImago,
pour faire entend re que de
mesmequ'un Parelie ne sçauroit
estre que l'Image du Soleil,
cette Statuë ne peut l'estre
que du plus grandde
tous les Monarques.
Des Coqs qui chantent au
lever du Soleil, Degener est
quisquis non cantat,pour faire
connoistre que tous les François
ressentent une joye toute
particul iere,lors qu'ilsvoyent
rendre à leur Prince les hommages
qui luy font dûs.
PlusieursAigles qui reprennent
leurs plumes au
Soleil, Vires animosque refumunt.
Les Peuples semblent
reprendre une nouvelle vin
gueur à la veuë d'une Statuë
qu'ils regardent comme un
ligne de leur bonheur.
Un Feu d'artifice avec ces
mots, Et placet,~& terret,
pour marquer le caractere
particulier de la majesté du
Roy? dont la veuë fait le
plusgrand plaisir de ceux qui
ont
l'avantage
de l'approcher
, & qui leurinspire en
;
mesme temps le plus pro- fond respect.
DiversesLignes quiaboutissent
au mesmecentre. Huc
omnesrecidunt,pour montrer (
l'empressement de. tout le
monde
monde à témoigné r son ele
pour la gloire de Sa Majesté.
J'ajoûteunMadrigal qui
celle fait surcette Statuë. ET air sigrand, eette mine
heroïque, -. CetteTaille çrce Port si plei-ns de
majesté,
Disent assez,fitnsqu'on l'txpliqttt
gue c'etf LOYiS LE GRANDqu'on
a representé.
L'Ouvrier travaillant sur ce divin
N'a pourtant pas gravé ce qu'il a
deplus grandy
Son Airyfin Port, sa Taille, tout
o
surprend,
XOÙ son Ame ejl encore & ptu%
grande & otus b-elle.
Il auroit, ceSculpteur,; %sn
en ce Portraity
S'il en equflupuedofnnierdqueelqule miaer*
Ce quejamais lemonde 4 vude pluj
parfait.
La continuation des grandes
choses que le Roy fait
tous les jours, est cause que
l'usage s'est insensiblement
introd uit de faire le Panegyrique
de cet Auguste Monarque
dans toutes les Villes
de Francele jour de la Feste
de S. Loüis, avec celuy de ce
Saint. C'est ce qui fut fait
le 25. Aoust dernier, dans U
chapelle de l'Hospital Geneal
de Perigueux,où il y eut
les Prieres publiques pour le
Roy. Elle estois très -
bien
~rnée,&fut remplie des perbonnes
les plus
considerables
le la Ville.Les Directeurs
le cet Hospital, à la teste
lesquels estoit Mr de Chatillon,
premier President.
l'oublierent rien pour ren-
Ire la Feste des plus é clatances.
LesCompagnies du Reginent
de Flandre qui voulurent
y prendre part, se mient
fous les armes dans la
coùrtdel'Hospital&firent
lpülaunsiteursdécharges en fa*<
le Buste du Roy. Les
OfficiersduPresidial&du
CorpsdeVille, s'estant rendus
dans la Chapelle à l'heure
de Vespres, le Pere Voisin
Jesuite,fameuxpar diverses
pieces d'Eloquensequ'il a
faites à la gloire du Roy,prononça
le Panegyrique de
S. Loüis,Juquel il mesla celuy
de Sa Majesté; & il employa
un stile si noble & si
naturel dans cet Eloge,qu'il
fut applaudy de. tous £eui
quil'entendirent. Lors c^tril fut sortydeChaireondonnaj
Benediction
?
& cette fo,
-,Milite* se termina par les
ris de ¡'TirveIr.Roy, queles
Compagnies &; les Particuiers
firent retentirau bruit
les Boëtes
?
& d'une triple
alve duCanon.
Si tant de Predicateurs
prennent l'occasion de faire
e Panegyrique de Sa Majesté
, on peut dire que l'Eglise
a sujetdeprendre part aux
loüanges qu'on luy donne,
puis que ce pieux Monarque
travaille de toutes manieres
pour la Religion,& qu'il s'en
declare hautement le Protecteur
parmy les Princes & les
Peuples les plus éloignez
Entre tant de preuves que
l'on en pourroit donner, il
ne faut que voir ce qu'il a fair
depuis peu en faveur des Catholiques
de lagrande Armenie,
à la demande des Religieux
de Saint Dominique,
quiestantlesseuls Ecclesiastiques
de ce pays-là, en ont le
gouvernement spirituel depuis
trois cens ans, ou environ.
Le Bienheureux Barthelemy,
surnomméle Petit,Religieux
de cet Ordre,du Convent
de Bologne,ayant esté 4
sacré Archevesque fous le
, Pape Jean XXII. s'en alla
avec son Compagnon Pierre
d'Arragon,dans la grande
Armenie, pour tâcher d'éclairer
lesInfîdellesMaistres
du pays) & les Schismatiques
qui y sont en furt grand
hOlnbrc, & qu'ils efperoicnt
reduire à l'unité de la Foy Catholique.
Aprés les avoir
long-temps instruits
,
ils recueillirent
une assez riche
moissonde leurs travaux Apostoliques,
sur tout dans la
Province de Nahcivan, où ils
trouverentles peuples plus
disposezàsesoumettreàl'Eglise
Romaine. Ilsy baftirent
mesme douze Convents de
leur Ordre, dont les Religieux
enseignementles enfant
o pour avoir de quoy payer lé
Tribut,&subsister; & comme
ils ne sont pas en gniucL
nombre hors le Convent ou
reside l'Archevesque, leurs
Disciples chantentavec eux
l'Office divin,& mesme ont
le foin de se trouver à Malines
> quoy qu'on les chante à,
minuit. Tous les Catholiques,
à l'exception des Malades
»
se rendent dans leur.
Eglise, pour y assisterlesDimanches
&les Festes. Ce petit
Troupeau a subsisté jusques
à present fous la conduite
de ces Peres malgré les
persecutions des Infidelles
Mahomerans&desSchifmatiques,
qui ne sont pas moins
leurs ennemis. Une des plus
grandes qu'ils ayent souffertes
depuisleurétablissement,
vint il y a quelques années
du Prince de Nahcivan,qui,
ayant peine à souffrir les
Chrestiens, & encore plus
les Catholiques, parce qu'il
est de la Secte de Mahomet,
cherchoitsanscesseà les primer. Les Catholiques
voyant poussez à &abandonnez bout de tous les Princes leurs voisins eu- rent recours à la pietésinguliere&
àla puissante pro- tection de LOUIS LE GRAND, auquel ils dé-4
puterent leur Archevesque,
appellé Matthieu Aranisez,
tres-grand Religieux.&
nomme d'une rare vertu, qui
ayant exposé les afflictions
&lesmisèresque son Trou- (
peau enduroitde la part du
Prince deNahcivan,obtint
de Sa Majeste une Lettre adressée
au Roy de Perse, pour
retirer les Catholiques de
l'oppressionoù ils estoient,
& les mettre,commeils l'avoient
demandé
,
immediatement
fous l'autorité de ce
Roy, ce qui leur fut aussitost
accordé. Mais peu de
temps après
;
il s'éleva une
nouvelle & furieuse persecution
contre les Catholiques,
parce que le Prince de Nahcivansçachant
les mauvais
officcs qu'ils luy avoient
rendus, recommença à les
inquieter plusqu'auparavant
, quoy que fous main
> & feulement parleministere
deceuxqui gouvernoient de
la part du Roy Je Perse,auquel
le grand éloignement
de la Cour nepermettoitpas
qu'ils eussent recours. Cela,
les obligea de nouuveauà
implorer la protection de Sa
Majesté Tres-Chrestienne,
qui representant au Roy de
Perse les vexations quesouffroient
les Catholiques de
Nahcivan, de la part des
Turcs) & sur tout des Princes
voisins, obtint de luy
qu'ils seroient à l'avenir sous
la conduite du Grand Visir
de Tauris, quin'en est pas
éloigné;mai/'c&mme on ne
laissoitpas defaireencorede
nouvelles peines aux Fidelles
deNahcivan,ilsenvoyerent
en FranceM Piquer,Evet
que deeao1T0S)- le Roy
eut la bonté de le députer à
celuy dePerse
,
pourluyrecommander
fortement tous
les Catholiques demeurant
dans ses Etats, &. particulierement
tous ceux de la Province
de Nahcivan. Ce Prelats'estantacquitéavecbeautoubde
zeledelacommisfîon
qu'il avoit
»
obtint
pour ceux-cy un Privilège
3
par lequel il a este ordonné
qu'aucun des Sujets du de Roy PerCe) soit Prince ,
soit
Commandant d'Armée, soit
Vice-Roy , Soldat ou quelque
autre Officier que ce
puisse estre, ne pourra fous
aucun prétexté se mesler de
leurs affaires) ou de leur gouvernement,
à la reserve du
Grand Visir, qui doit estre,
non pas un Juge severe, mais
un Protecteur favorable pour
eux. Ce Privilege qu'ils ont
par ççrit> porte encore, que
V
quelque â'itrc precendoit
\6..i 5. ,.J
, 1
,,', ,'?" T1 p .', G
a. CIo..J 6(;.': eiriment> sous
quelquecame ou pretexteque
cefust, les Catholiques au
roient le pouvoir de se défendre
juiquà les frapen &
mesme lesemprisonner,
»
Ilsont eu une autre preuve
fort considerable de la bonté
du RoyTres. Chrestien)en ce
que ceux decette Provincede
Nahcivan ont un temps déterminé
pour porter le Tri-,
but. à la Cour, & ce temps
estant passé» il faut payer le
double; deforte qu'uneVille
.cfgi devra fi* mille écus. si
elle différéde payer, est taxée
à douze mille. Les Catholiques
estant tombez deux fois
dans le cas, on leur a remis
cette double paye à la recommandation
du Roy de France,
lequel a accordé depuis
peu au Pere Provincial d'A rinenie
,venu pour cela à Paris,
une Lettre adressée encore
au Royde Perse,pour
demander qu'on les exemtaft
ainsi que tous lesCatholiques
de Nahcivan, des imposts
que les Officiels du Roy exigeoientd'eux
àson insceu,
& qu'on leur rendist les eae
qui leur aboient esté ostées
lar leursvoisins
, ce qui leur
aufoit un grand préjudice.
C'est ainsi que LOUIS LE
GRAND se monrre le Projeteur
de tous les Catholiues;
non feulement dans
Europe? mais encore par
Duce la Terre.,
J'ay bien cru
,
Madame,
u"en vous mandant laderiere
fois? que lors que l'Aademiçfit
la distribution
es prix , Mrde Fontenelle
voitremporte celuyd'Elouence
,
& Mademoiselle des
ïoulieresceuluy de Poesie
5
jevous engagerois à me demander
quelque chose dec
particulier des deux Ouvrages
qui leur ont fait meriter
cesPrix.Il yatant de beautez
dans 1 un & dans l'autre
» ques
toutce que je vous en diraisê
nerempliroit pas l'idée) que:
je voudrois vous est faire a—
voir.Ainsij'aimemieux vous
les envoyer entiers,afin que:
vous en puissiez juger par
vous-mesme. Les. Ouvrages
de cette force jont toûjour,
dignes d'esttre conservez.Voi
5cy c^eluy-d.e Mir .deoFoniteDE
LA PATIENCE,
&duVice qui luyest
contraire. QUclque peu d'ufagt que
l'homme JajJe de fis lunieres
poursctudierfoy-mejrne, ildécouvre les f)ijcJ]ês & les
iéreglemens dont il cft remply:
iujji-toflsa raijon cherche ay
remédier
>
touchée naturellement
d'un defr de perfeclion qui luy
r~fjrlce d~e cl'janc~ie~nnce~grfa~n~dde~uMr>y~oo~uj
tlle/s'ejiveueélevée. Mais que
peut-elle maintenant^incertaine?
auehglepleine terreurs3 digne
elle-mefn-e d'ejlrecomptée pour
une des miseresde l'homme?Elle
ne sçait que combattre des defautspar
des défauts
3
ouguérir
des pajjions par des pajJionJ; e
les njatns remedes quellefournit
font des maux d'autant plus
gtands &plus incurables3quelle
(si interefeek ne les pluslreconnoiflre
pourls
maux, &mquelle
sestseduiteello-mesme en leur
faveur.
En njain pendant plusieurs
fiedes3 la Grece si fertile en
Espritsfubtils3curieux & inquietsjproduifit
ces Sages3 at4.-
jkijoient une projeJJïon téméraire
d'enseigner à leurs difiiples l'art
de vivre h; eureux & de Je
rendre plus parfaits; en vain
la diversité infinie de leurs fentimens3qui
feraAjamais labonte
des
ffoibles
lumieres naturelles,
épuisa tout ce que la raison humaine
pouvaitpour les hommes:
l'effet des plus grandseJfirts de
laPbilofophie nefuit,,que de
changer les vices que produitla
nature corrompue, en de fausses
vertus >
qui efloientys'il jepeut,
de! marques encore pluscertaines
dç corruption. Un homme du

Commun3ouignore
> ou reconnoift
ses défauts aveca cité> pour les rendre en quelque
forte excusables ; au lieu
qu'un Pilofophe Payen 3fierd'avoiracquis
les fiens a force de
méditations & d'étude
3
leur
donnait tous ffl applaudifje*
mens.
Ces desordres que la raison
humainecausoit dans la GreceA
où elle regnoit avec toute la hauteur
dont elle est capable quand
elle vient àseméconnoiflre, les
leçons trompeusesqu'elle ennjoyoit
de là che% tous les Peuples
du monde
J
qui ne les recc-r
orientiK.'avec tropdedocilitét
ne jurent pas sans doute les
moindres motifs qui invitèrent
la Raison eternelle à descendre
sur la terre, Si d'un cossêcbe%
les Juifs les fameuses Semaines
de TDanielqui expiroient3 &le
Sceptre
dejuda
quiavoit paste
dans dès mains etrangeresi pref*
soient le Libèrateursi longtemps
promis& attendu >il efl certain
qliuveredr'ujunsqauuetr-elcaosse les Grecs
a des erreurs
orgiieilleufes, a une ignorance
contented'elle-mesme, demandoient
également léMesse pat
leurs besoins, quoy qu'ils ne fuffentpds
en
droitde l'attendre*
A t
Dieu le devoit aux uns pour
dégager sa parole tant de fois
donnée par la bouche defies Profites
; &il le devoit3 cesemble
3 aux autres pour fatisfairl
àfia bonté, qui ne les pourvoit
fiouffrir plus long-temps dans les
egaremens de leurs-ageflê. Ilfialloit
aux uns un Monarque qui
sétabli^ un Empire tout divin
sur les Nations; un grand Prcfire
qui leur enfeignaft les véritables
Sacrifices; & il falloit
aux autres un Sage dpnt ils
receuffent des preceptes félidés
un Maiflre qui leur apportast
toutes les connoissances, après lefiquelles
lesquelles ilsfoupiroient^depuis
si long-temps.
Il parut donc enfin parmy les
hommes>ce Mtffiesi ardemment
desiré d'un seul Peuple
> & si
necejjaire à tous. Alors les idées
(7 duvray &du bien nous furent
revelées sans obscurité &
sans nuages; alors disparurent
tous ces pbantofmes de vertus
dueasijoii.enfeantez l'imagination
Philofopbes ; alors des remedes
tout divins furent applîquez
avec efficace à tous les maux qui
1nous font naturels.
Arrefions nosyeux en l'articulier
sur quelqu'un deseffets
que produisit lanouvelle Loy annoncée
PdrJefus-Christ. L'impatience
dans les mauxeifpeut-estre
un des vices aufqitels la nature
nous porte,& le plus generalement,
@J avec le plus deforce,
&il riyapointdevertu a laquelle
la Fbilofophie ait plus aspiré
quA la patience;sans doute,
parce quil ny en a aucune ny
plus necejjaire à la malheureuje
condition des hommes> ny
plus
capable d'attirer une dijiinclion
glorieuse à ceux qui auroient pu
l'acquerir.Cette impatience de la
L
nature3 &lafausseùaticnce de
laPhilofophienousfcrviront,d'e:-
.xemplesdeï'heureuxrenouvelletnent
qui Jefit alors dans i"Un:'-
vers. Voyons comment la véritable
patience inconnue jufquelà
sur la terre, frit la place de
lune ede l'autre. N'ayons
point de honte d'envisager de
prèsj& d'étudier nos mijeres;
cette veuë, cette étudeJerviraA
nous convaincre des bienfaitsdu
Rédempteur.
I. POINT.
Quel est ce mouvement impe-
-tueux de nojire ame qui s'irrite
contre lesmdux qu'elle endure,
V qqUulis'Saaggi/ttee comme feoJur en
,
fecoÜ-erle jou*?Pourepoytâcher
à les repousser loin de nous par
des efforts molens
>
dont nous
Çentons en mesme temps l'impuif
sanceiPourquoy prendre a parrtie
ou des Astres
3
qui n'ont en
Aucuneforte contribuéa nos malheurs
; ou une Fortune e des
Destins
j
qui n)ont point d'eftrt
hors dè noflre imagination?
Que veulent dire ces plaintes
adrefées à milleobjets dont elles
ne peuvent estre ecoutÉ"es? Que
veut dire cette cfpece de fureur
vur nous entrons co-ntre nousmesmes
?
moinsfondée encore
que tousces autresemportemensf
Soulageons-nous nos maux.) 0];
les redoublons-nous? Malheureux3
si
,
nous n'avons que des
moyens (i fluix @J si peu rdifoûnùbies
pour lesJoulager! In-
Yenfez3 (inous les redoublons!
mû!s quelJïijet d'en douter?Il
nrit nue trop feur que nous red,
outiol nsnos maux.Ceteff,f{o; rt
que nous fiiCons pour arracher
letrj.it quinousblejjeJ'enfonce
encore iLvvaniJtve
y-
f/crf L'âme sedc- (); ~TMC~f- clhrreelino-mcf(m' cydr cette nou-
vel'l1e d.çitdti:on> OT l1e mouver-
i.r.t extraordinaire où elle si
Mctcxciiwt fdJen(ibilitê3donne
.pl,usdeJ prifefurelle a, la dou1leur ;' 'f 1'"
Ô.HÏ la tourmente.
Cependant ny la honte de
Jtiivre des mouvemens dércglv^,
Hy l1u craint:d*l'augmenter l!e
Jcntimentde nos maux3 ne rcprime
en nous l'impatience. On
sy abandonne d'úutdnt plusfacilement,
qu" la voixfecrcte de
noflre conscience ne nous la reproche
prejque pas, c qu'il ny
et point dans ces emportemens
une injuflice- évidente qui nous
frape
y
qui nous en donne de
/7 or ::Uï. Au contraire-) ilfrmbie
que le mal que nous Jbujfrom
rt'{; i r ¡' l , 1
014
**
neu) juflifie, iljemblc quiln~oïouà,s~ç
dSiffpteennffeeppooutlrrq{uJeuleq/quueetetmtmpps>s .ddee
la necejjtté d'eflrc raijonnablesi
]STempioye-t-on pas mefkie
quelque Jortc d'art pour s'exemtcr
de rougir de ce défaut,
&fèrupvouulre?syNepouvoir livrersans
fcrupule ? Ne s0.e> rdhc}gum!(sce--tt--oonn Pp{atsS
souventl'impatiencefous le nom
plus douxde "vivacitéf Il cft
vray quelle marque toujours
une amevaincue parses maux>
& contrainte de leur ceder; mais
ilyades malheurs ausquels les
hommesapprouvent que l'on flit
sènsiblejufquàl*excés}& des
evenemens ou ils s'imaginent que
l'on peut avec bien-seance manquer
de forces> &° s'oublier cn-
"t.;erement. C'efl: alors qu'il est
permisd'allerjufquase faire
un merite de l'impatience* &'
que !on ne renoncepasaen efire
applaudy.Quileujicrû que ce
qui porte le pins le carattere de
petitefjedecourage3 pufi jamais
devenir un fondement de *va»
mtef
La Religion feule pouvoit
fremedier a un défautsi enraciné !:i nature onel(iHefois
, J autorisepar not sausses op1inions.
Elle nous apprendjpourteprimer
en nous l'impatience toujours
nuifibls&infenfte
>
que nous
fommts tous pecheurs
J que nous
dcvvns une expiation à lajufiiçe
divine i que tous les maux que
noussommescapables desouffrïr,
nous les avons mérité^.Quelle
étrangeconjolation
j a en juger
felon les premières idees qui Je
prrjésentent! ,£)uoj>j nous nefe- p,- s fcu ronspasfeulementmalheureux>
nousfrons encore obligezdenoU5
croire coupables? Nousperdrons
mjufyi\i!i droitde nous plaindri;,
nos soupirs ne pourront plus estre
innocenst Encore un coup.,quelle
efrangeconsolation!
C'en eflunecependant}&fohde
&efficace.Quelquestrissesque
paroi(fent quelquefoisles ueritez
)qùi nous viennent du CielAelles
n en viennent que pour rt-o1e ~0~~(~ ;~ un Chrestienvivement perfuddé
qu'ilmente les maux q<td
souffre3 eflbien éloignede les
dreidmopuatbielnecrpe.Ialredfelsjumfoluevqeumeelnas
révolté de nojbreame-contre des
douleurs deuès a nos pechez).'
foit punie par l'augmentatiôiï
de ces douleurs mesmes : mais
onse l'épargnr
en se fcûmrttantsans
murmure au 1 ment que l'on reçoit. Ce ness
pas qne les Chreflienscherchent
;foufrirmoins, ceflqued'ordinaire
les allionsdevertu orfte
:s recompenses naturelles qui
n fontinsiparMes. On ne peut
(Ire dans une fainte disposition
foujfrir3que l'on ne diminue la
igueur des fouffrtlnces. On ne
'eut jy consentirsans les fou/a-
~r j 0" Ion que nous trous ranrcons
contre nous-mesmes du
tyarty de la juflice dinjine3 on
peut dire que nous affoibl¡fJàns'
en quelque forte le pouvoir qu-
CI:e aurait contre nous.
friut-il que je mette aussi au
nombre des motifs de patience
qOJue laJReligio£n nous>enfeime, /r;biens etcrnels quelle nous
hppread a mériter par le bon
uJàge de nos maux? Sont-ce '1,'(--<
ntablement des maux3 que ffj.'(
moyensd'acquérir ces biens ce- - lefles qui ne pourrontjamais nouï
ejlre ravis ? Souffre-t-on encore
quand on lesenvijage, & leur
idée UiJJe- t-elle dans no(Ire ame
jquelque place à des douleurs & 'des&paffaires ? Ah! il
fcmll; qu'ils nous empefehent
tienr'i'Atofl de les sentir
j
qu'ils
ne nous aident) les endurer.
y Tel a cjl-é lart de lahonte J
de Dieu? r'ue dans les puni*
tions mefm; nue sacclere nousK
eni'oye elle a trouvé moyen de.
( r: J' nousy ménager une Jourced'u< n
nheur infiny. Recevons avec
e foûmijîwnfincertdejrijufles
nitions & elles deviendront
jfi-tofidessujets de recompen,
Nous naurons pas feulement Il - acenos crimes* nousaurons
epiis un droit à la souverains
licite. Aveuglement de la n<u'
rej lumieres cele»fies dela Re.
non
, que vous essescontrairesi
a nature par Jesmouvemens
Jordonne^augmente nos dou.
urs, & la Religion les met
>
jur ainsidireJ aprofit> par la
etienc-e qu'elle nous inspire. Si
ous en croyons l'une, nous ajouÀ
des maux necejJaires un
mal volontaire;& si nousfuinjons
les inflruâlions de l'autre3
nous tirons de -ces maux neceffaires
les plusgrands de tous les
biens.
Ausylapatience Chreftienne
ness-elle pas une Jtmplepatiencet,
cess unveritableamottrdes douleurs.
Si on neportoitpassa vous'
dans cette eternitê de bonheur
dont elles nous ajjurent la joiïtf-<
pince
3 on Je borneroit à les recevoirpins
murmure,comme des
chatimens dont on efl digne par
especbek;mais des que l'on rc("
garde le prix injiny dont elles
font payées3 ou ne peut plus'^ue
les recevoir avecjoye comme des
graces dent on eji indigne. De
lànaiffoientcesmerveillesdont
les Annales des Chrejliens font
rempliesj cette tranquilitédont
les Saintsontjoiiy au milieumcU
me desplusâpres tourmens; cette
égalitéparfaitequils ont ton*
joursveueentre lesbiens &ley s
maux. Que du-je, égalité?cette
préférence qu'ils ont toujours
donnée aux mauxsuries biens;
tes heureux exeé.s de patience
quils ont poueÉeKjuques à oser
Pappellersureux lesmaux queld
mainde Dieu leur refusoit.
Quelfpeélacle fut-ce pour h
monde corrompu que la naijjance
duChriflianifine ! On voit paroifbre
toutà coup &Jerépandre
dans l'Univers des
hommes
qui
disconviennent d'avec tous les
autres sur les principes les plus
communs;des hommes qui rejettent
tout ce qui efi recherché
Avec le plusd'ardeur> (y rut
ont un amour sincere pour iout
ce que les autres fuyent. Les
plaintes font un langage qui leur
en inconnu 3Jt ce nesl dans la
prosperité. Ils ne se contentent
pus d-avoiraumilieudesmal-,
heurs une confiance inébranla~t
ble; ils ont une joye qui 1.1 ble aflÏl'~ ; Ils ontunejoje vafo'w.,,
rtJrnt jusquà des transports;s'ils
ne s'offrent pas d'eux
-
rnefmes
aux tourmtns &àla mort, ils
Je contraignent; la cruauté de
leurs ennemisJe meprend eterne
'lement. On ne leur donne
pourJupplices que ce qu'ils Jouhaitent,
QuelsJontces prodiges,
devoient dire lesPayens? Quel
Cft ce renrcerjement ? Les biens
(J, j l1es mauxont-ils change dde
naturef Les hommes en ont-ils
cliangé eux-mejmes? Cet etonnement
Jat Jansdoute d'autant
plus grand que l'on ioyoit les
Pbrfojbphesj qui jujrue -Lt
pàToicnt paru estreen p^ffejjion
de toutes les uertm CI de toutey
les rvcritez
}
confondus,&dans
leur fpcculation, & dans leur
pratique,parde nouveaux Philosophes
incomparablement plus
pttrfaits. Ce furent ces derniers
Sages,oupLjojlcefut leur Maistrecelefte
que detruift les fîuf
[es efpeces de patience établies
par des Sages troeileurs-,Cp/us
njicieufespeut-ejlrecjuel'impatiencemesme
naturelle aux hommes3
qui n'ont que leurs pajjions
pour guides.
II. POINT.
Jamais la raison humainena
fait eclater tant d'orgueil,cjr-f'
n'alaijïcnjoirt'Xic(fimpuissance
que dans la Sccle des Stoiciens,
Ces Philojoph-es entreprirent de
persuaderaux hommes que leur
propre corps csloit poureux quelque
choje détranger
y
dont les
interests leur dévoient eflrc indifférent
>
c* que les douleurs
qui affhreoicnt ce corpsjefloient
ignorées par leSage3 qui Je retrancboit
entièrement dans la
partiefpiritUcHe de luy-mefmc.
Ainsi le Stoirien regàrdoit les
maux avec dédain comme des
ennemis incapables de luy nuirc>
* ilfc pétroit d'une paliteienncejajïuiuje,
fondéesfup.rr l'impajjlr/
ilitédontJa SecleJeflatoit^
Souffrir avecconfiance cust eslé
quelque chose de trophumain, il
ne Joujfîroit point, Jemblable à
Jupitermesme dont il riavoit
lieu d'envierny les perjrétions
ny le bonheur. JUj~qr;uc)u vouségl' arez-vous
y
foiblesejprits deshommes3quand
'VOltS esses abandonnez à vousmesmes
? Quoy3ils'agit de soulager
les blejJùres que nous recevons
ton* les jours, nous Ics
recevons 3nousen gemijjons(^f
on ny trouve point d'autre remede
que de nous*noHsfommesinvulnérables?troquu,e-K- a
ncureux encoresi nous pouvions
entrer dans cette illusion Ü en
profiters mais si ces vaines idées
elevent pour quelques momens
&enflentl'imaginationJeduitey
on en aussi-tost rappellé aufin*
timent defis maux par la nature
pjysjbrte &pluspuijjante> ü
Ji l'opiniâtretédu party dont on a
fait choix,maintient encore dan$ê
l'cjprit cetteJuperbeJpeculationj
ie ceeur la dément &la condamne.
Quand ce Stoïcien prestépar
la douleur d'une maladie violente
sécridit
3 en sadrejjant a
felle; Je n'avoüeray pourtant
pp que tu fois un mal; Cet
* — ~— -
effortqu'ilfàifbitpour ne lepjts avoueiryce desa-veum~ers;,meapparent
riefloit-ce pas un aveu rj;¡
le plus fort (jT le plusfnare
qui pusi jamais efire?
Loin du Cbriftiantfme une
erreursi contraire aux sentimens
naturels,eun orgueilsi indid,
; r gne une raisonécl1airée. LLa pa-
»
tience des Chresliens nest point
foonnddée sstur ce qu'ilss'imaginent
efire au dcfjusdes douleurs>ils
fouffrent3ils avouentquilssouffrent
; mais la flúmiJlion qu'ils
ont pour celuy qui lesfait juflcmentsouffrir
; mais le prix qui
est proposé à leurs souffrances,
produit cette confianceycecalme
}
cette joye qui ont sifouvent
arrachéà leurs 'Perftcuteurs
de l'admirationrefpecLlls
ne
retiennentpoimleurs
pi/tint(.s'& leurs gemissemens,
par la crainte de deshonorer le
party qu'ilsfontprofefjton de
suivre
,
mais la divine Religion
qu'ils suivent prévient en eux
les plaintes e les gemijjemens
par les faintespensées dontelle
les remplit. Ils font tels au de-r
dansA*eux-mefmesque les Stoiciensavoient
beaucoup de peint
a paroi(ire au dehors> tranquilleS
t ùp vainqueurs de la doulcut
qu'ils endurent. Ils font ce que
toute la Philojophie eUe-rnefme
ne /c~o~ admirer

aussi
fenfijés queles autres hommes
À toutes les mijeres humaines
> plussatisfaits au milieu desplus
grandesmiseres, que s'ils efloient
les plusheureux des hommes.
Il n'y a rien où la patience
éc1laté avec pllus d'>*avantage^que
dans les injures.Vn Stoïcien
Óftensé ne conservoit un exterieur
paifiblr, que parce qu'il
sélevoitaujjï-tost dansfon coeur
AU dejjus de ce/uy qui l'avuit
offensés & quelquefois mesme
Par unU par unJuperbejugement c;(oltl
le degraderde la qualité d'homme
; insultequ'onfaitsans dan•<
ger à son ennemy j vangeance,
impuissante qui ne laisse pas de
confoïerl'orgueil.UnChreflien
se met dans son coeur au dessous
de tous les hommes>(if cependant
il a au milieu des outrages
une heroique tranquillité qui
le met au dessus deses ennemis.
Innocent&heureux artifice que
lagrâce nous enseignesSansprendre
une fierté mal fOndée,"sans
affeéler unesausseinsensibilité,
"nous n'avonsqu'à nous humilier
foui lti main du Createur pour
ejfre superieurs aux creatures.
Nous riavons quàla refpeffer
dans les injlrumensqu'elle employerpoureflre
à l'epreuve des
plus rudes coups que les hommes
puijfenênousporter. Il n'yen a
point qui riayentajfe% de pourvoir
pour nous faire foujfrir ;
mais il n'y en a point qui en
ayent assez pour troubler noflre
repos. Lors que leurs bras font
tourne^ contre nous, un bras
plus puijptnt qui lesfait agir>se
montre auxyeux de noflre foy,
tient nos douleurs dans le refpeèl,
& reprime toute l'agitation qu
elles produiroient dans noflre ame.
Les injustices que nousavons
a ejjuyer nejeprejentent plus 4
nous comme des évenemens qui
partent de la méchanceté des
12ommes-.,&qui doivent exciter
en nous de la haine & de rindignationynous
remontons plus
haut3 ü d'une veué plus éclairrééeennoouussd~
écccoou~v~rroon~syquqeuceecess mmtefl}-
mes evenemens nous viennent
du Ciely & comme de juftcs
châtimens qui demandent de la
soùmission
3 &comme des sujets
de merite qui demandent des ac-.
tions de graces.
,
Ce nefloit pas ainsi quen jugepient
la pluspart des PhilùfOphes^
perjuade^que toutes chosesétoientgouvernées
parunefatalitéaveugleJmmuable>
neceffaire^
delaquellepartoientindifféremment
& les biens &
les
maux. Il eflvrajyquilsfeflumettoientaelle
dans les ~~f~r~~
quelquefois avec ajJe'{. de refoluiion;
maisquelle efloitcette espece
de patiencefUnepatience d'ef
claves attache% à leur chaisne
, &sujets à tous les caprices d'un
Jlfaiflreimpitoyable ; une patience
qui nejîantfondée que
surl'inutilitédelarévolte3arrefie
durement lesmouvemens de
v
l'ame3 &au lieu de la confbler
y laisse un chagrinsombre &,

qui nous distribue les maux mêmefelonnos
besoins &felon nos
porces,qui>a proprementparienne
nous ennjoye que des biens; cestle
bras d'un Pere
>
nous Jouirons
comme des encans
>
feurs de lt ~0~ C< *~0~ 0~ -
bontéde ccluy qui nousfaitJoufprir*
&non point comme des 1-
claves ajjujtttis a toutes les ritrieurs
les plus bizarres * les
plluscruc'L'1 :ice ricsjilpoint lz,nuttlitédelàrévolte
qui nousarrefle,
c'en ejîi*inju{liec,cVr'nofl1'^pa-
* tience eflune njcnt^ilep ::iniJFon
dejprit qui répand d.is le cceury
une consolationprcjque aujjiOCMce>
Jijossledire>que la jouijjance
mefrne du bien.
TelsJont.les effets queproduit
cbe%lesCbrefileris le dvvih
exemple de lapatience' qui leur
futfJroposé, lors que le Jupe
.)
fuiJnfte quil'aitjamaisesllée
par luy-mcfme se r"oit sur le
point cdi''expier lrespccJbe^ ddit
Genrehumain. •.Abandonné de
toute la Nature, hormis dequelques
Uifaples ouinavoient
plus que peu d*milans à luy
cflre encore fidelles
}
[tapé de
laffreufe idée d'un supplice éga-
lement honteux & cruel, qui
9
luy estoit dessiné, il s'adreffi à
[on, Pere celeste. Illuy demande
» que s'il est possible les tourmens
quil envisage luy soient éfar--'-
Cmunfouhaitque la grandeur
de Jes tourmens déja pre-
Jens à ps yeux rendoitsi legitime>
Joubait plus légitimé
encore par l'innocence de celuy
qui lefiaijoit> unJouhait où la
moderation éclate jusque dans
llees.stteermrmesesqquui iplr'eimx ent, est
etpendant reprimé dans le mesme
moment par une JoumiJJïon
entiere3(^fsansreserve aux
dcjjeins de Dieu. Que ta volonté
foit faire) dit JefuJChrist
à son Pere. (ü quelle
'Volonté! Combien ficanjoit-il K
qu'elle efloitJeuere&rigourekje
àsonégard! Il se voyoit livré l -/ - ,à,lajuflice irritée;) il voyoit 14
honteentièrementfifpenduë3ce~
pendant pour [atisfaire aux de.
voirs de l'obeissance d'un Filsj
ilsouscritasa propredisgracej
& son unique soulagement au
milieu de ses douleurs les plus
vives
3
est de tourner les yeux
fiur la main dont il les reçoit.
Ilsoupira encore surla croix,il
se plaignit d'avoirejléabandonné
de sonTere ; mais il ne murmuroit
pas de cette extrême rigueur3
il nousmarquoitfeule-
9 ment combien il y eftoitfenfîble,
LesPbilofophes+pretendoient à
Une impajjibilité3qui dans l'état
ou nous sommes ne peut saccorderavec
la nature humaine
& J~fus-Chrilfnevoulut pas
joiiir de celle qu'il eusi lu recevoir
de st1Il fujjrit
lespluscruelsf;pplice:pourlaiffer
un exemple qui cc¡vL'inst à
des hommes necessairement sujets
à la douleur. Il prit toute
noflresensibilitépour nousporter
avec plus de force à l'imitation
desa patience.
lnfpirez-nous)Verbe incarné3
cetteheroiquevertu si éloignée
de la corruption qui nous
tft devenue naturellee dela
ftuffe perfeElion à laquelle la
philofophie afpiroit. Daigne%
nousinjïruire dans lasciencede
souffrir
3
science toute celeste, &
qui n'appartientqu'a vos Disciples.
Tout le cours de voflre
vie nous en donned'admirables
leçons; mais commentles mettre
j
en pratique sans le secours de
voflre grâce ? C'eflvousseulsur
qui nous pou-vons. prendre une
rentable idée des vertus
>
&'
ceflvousseul encore de quinom
pouvons recevoir la force de les
,
suivre ; vous qui eftes la raison
(jfyjd figejje de vojlre adorable
Pere
,
devene-% aujJi la nostre. » de-uenc; augi nostre
pour regler les emportemens ait
quels la nature s'abandonne
dans les ajfiéîions. Ne permet.,
tez) Selnetir, à njoflre Justice
delesfaire tombersurnousyque
quand vous aurez mis dans
nnooffllrreeaammeelelessddiifpoftiens necef
faires pour en profiter
s & ne
nous envoyer tous les maux
dontnomsommes dignes>quen
nous donnant en mesme temps
un courage njrayment Chrétien.
Depuis que les Prix ont
esté donnez, on a sceu que
les deux Discours qui ont
Concouru sur cette mesme
matiere, estoient, l'un de Mcj l'AbbéRaguenet,& l'autre
de MrdeClervillç. Ils mentent
J tent l'un &c l'autre de grandes
louanges, ayant écrit
d'une maniérétres-noble, &
fait leportrait delaPatience
Chrestienne avec des traits
vifs qui la font aimer. Le
sujetsque Mrs de l'Academie
avoient donné pour le Prix
de Poësie,estoit l'éducation
de laNoblesse dans lesEcoles
des Gentilshommes, &
dans la Maison de S. Cir,
Vous seriez contente de la
,.--, - -, -'
mianiere dont Mademoisel
le des Houlieres l'a traité»
quand mesme l'estime que
vous avez pour son nom &
l'interest que vous devez
prendre à tout ce qui fait ]
honneur à vostre Sexe, ne ]
vous engageroient pasà IirCJf
c.et Ouvrage avec plaisir.
ODE
Sur le foin que le Roy prend 4^ l'éducation da la Noblesse. TOy, par qui les"Mortelsretî*
dent leurs noms célébrés,
Toy, quej'invoque icy pour la pre*
miere fois,
De mon ejprit confus dissipe les ter
nebres,
Etfoutiens ma timide voix,
teprojet queje faiscftbardy ,jâ
l'avoue
Il auroit effrayé ,le Pdfieur de Man.
touë
Etj'en connois tout le danger.
Mais9 Apollon, par toy si je fuk
inspirée
)
MesVerspourront desifens égaler
laduréei
Hasse-toy
, viens m'snconwer*
»i,tf¿ dujour, tu me dois lesecours
que j'implore3
C'eficeHérossigrand,sicraint dans
irnivers,
te Protecteur des Arts, LOVIS que
l'on adose
, [Fers.
Jî>ueje veux chanter dans mes
pepuis que chaque jour lufirs du
fein de l'onde,
1y n'as rien veu d'égal dans l'un
& l'autre monde,
Nysidigne dufoindesDieux.
,C'ejl peu pour enparler qu'un lan.
gage ordinaire, , Etpour le bien louer, ce n-efipojnt
IlJlèZftire
Dés que l'on pourra faire mieux,
#
Ilsçait que triompher des erreurs&
desvices,
Répandre la terreur du Gange aux
flots glacez,
Elever en tous lieux de pompeux
Edifices,
Tour ungrandRoyn'efipas assiz.
Jî>uil faut pourbien remplir cesi.
cre1 caraftere,
ght'au dessein d'arracherfin Peuple
- a la misere,
Cedent tous les autres projets,
Et que,quelque fierté que le Trône
demande,
bllfaut à tous momens quesa bonté
1 le rende
t
Le PeredetousifesSujets.
(1 peine a-t-il calme les troubles de
la Terre,
i
J^ue cefage Héros consulte avec la
Paix,
Les moyens deffacer les horreurs de
la Guerre
Par de mémorables bienfaits.
Il dérobe les coeursdesa jeune Nobkjji
Aux funefiesappas d'une indigne
molejfi
> Compagne d'un trop long repos.
"France,quelsfoins pour toy prend'
ton au^ufieMaifire !
Ils s'en vont pourjamaisdans to& s finfairenaifire
Vn nombre injiny de Heros.
Il établitpour eux des Ecoles Jille
vantes ( les moeurs\ Ou l'on régléa la sots le couUge&Î(
D'où l'en les fait entrer dans
cesn
Mutes brillantes
G)ui menent aux plus grands
honncttrs.
On leur enseigne l'art de forcer des
murailles,
De bien asseoir un Camp3 de gagner
des batailles,
Etdedéfendre des remparts.
Dignes de commander au sortir de
l'enfance
, - ils verront Iii Victoireattachée à U
Erancê
Nefkivre que. fis Etendars?
Tel cet Eflre infinydonï LuFIS *cfil'Image,
Par lesifcrets ?effortsd'un pouvoir
, atie,
DDeess dufferënspérils ou la mifire en-
gage »
1
SceutdcVvnrfion'Peuple
élu.
Long-tempsdans un Defiertfous de
fidelles Guides
il conduisitsespas vers les Vertus
solides,
Sources des grdndes allions,
Mtquand ileut acquis deparfaites
lumieresy
Il luyfîtfubjuguerdesNations entieres,
Terreur des autres Nations
Hais cyejt peu pour LOVIS d'élever
dans ses Places
Les Fils de tantdevieux &sidelies
Guerriers,
.!<!!,i dans les champs de Mars J en
rnarchantsurses traces,
Ontfait des moiffins de lauriers,
four
feurs
Filles il montre autant de *
prévoyance marne VMS l'afilefiacrej]u'ildonne à l'in*
Contre tout ce qui la détruit;
Htpar les foins pieux d'une illufire
perflnne,
£)ue le Sort oHtrAgea, que la Vertu
couronne,
Vnsi beau dejjeinfut conduit.
Dans unsuperbe enclos ou lAflgeffi
habite,
Ou l'on fuit des rertus le sentier
épineux
, D'un âge plein d'erreursmonfoiblc
Sexe évite
Les égarements dangereux.
D'enfans infortunez cent Familles
chargées,
Du foin de Uspourvoirse trouvent
fiulagées,
Jpjtelsecourscontreunfortingrat?
Pdr luy ce Héros paye en couronnant
leurspeinesLepingdont
leurs AJeux ont épuisé
leurs veines
Tour la défense de l'Etat.
.dinfi dans les jardins l'on voit de
jeunes Plantes,
JZfu'on ne peut conserver que par
des foins divers)
Vivre cf;. croiflre à l'abry des ardeurs
violentes
, Etde la rigueurdes Hyvers.
far une habile main sans ceJlè cultivées
, Et d'une eau vive dépure au besoin
abreuvées
,
Ellesflettriflènt dans leur temps:
Tandis qu'a la inercy des fatfons
orageuses •, Les autres au milieu des. campagxçs
pierrcùfes
Se flêtriffint dés leurPrintemps.
Mais quel brillant éclairvient de frâperma veuë!
.f<!!.i m'appelle? qu'entensje? &
qtt'efi-cequeje v»y?
Mon coeur efi transportéd'une joye
inconnue ,
,Zteets font ces presages pour
moy ?
Ne m'annoncent-ils point que je
verray la cheute
Des celebres Rivaux avec qui je disi
pute
L'honneur de la lice où je cours?
.f<!je de gloire & quel prix! Ji le
Ciel me l'envoyé
>
Le Portrait de LOVIS à mes regards
en proye
Les occupera tousles jours.
PRIERE POUR LE ROY. AH! Seigneur, pour LOVIS
,
ne nous alarmeplus,
Content de nos jÕupirsn'en exige
point d'autres;
Maispourquoy te lafferpardes voeux
superflus ?
Tes interefis icyfont joints avec les
nofires.
J>)ue pour luy donc, Seigneur, ta
main daigne s'armer;
Conferve-nous long-temps unJi digne
Monarque,
Tel que lN pris pour nous lefoin de
leformeri
Qu'on le puisse toujours reconnoijlre"
à ta marque,
Soit qu'ilsefajfe craindre, # qh qu^il
siftjfl aimer.
h
Je vous envoye une Chanson
à deux couplets. MrMalo
a fait les paroles du premier
, & celuyquiles a mi
ses enair, a fait celles du
second, ausquelles il a joint
la diminution? ce que vous
n'avez point encore veu dans
aucun des Airs nouveaux
que je vous ay envoyez. Il
vous est aisé de voir par a
que je vous parle de cet illu-
,
stre Maistreen Musiquedont
le Public a veu tant de beaux
Ouvrages, & qui veut bien
prendre foin à l'avenir de me
fournir tous les mois des
Airs,ou de sa composition,
ou de celle des plus habiles
Musiciens que nous ayons.
AIR NOUVEAU. LE plaijîr de vfius voir ejiun
plaijir extrêmer
Mats il efi dangereux de s'en laijftt
charmer.
Vous ¡¡aveZ trop vous faire aimer
,
Etvous ignorez comme on aime.
leJçay qu'en vous voyant on voit
la beautémejwe,
J^uun fcul de vos regards JitJJZt
pour enflamer ;
MMaaiissqqutte( .ffeèrrtt--iillddee "v-o'ourlSs a-ijpçr-, <
Si vous ignorez, comme on aime ?



Il ss''eesstt fait à AAvviirg-nnoonn
uneConversion remarquable
dd''uunnJJuuififnnoommnmlééAAnnggeelloo
Pace, ou Mordacai Schalom,
natif de Sienne & élevé à
Pise depuis l'âge de dix ans.
Ses Parens qui font gens riches
n'ayant rien voulu épargner
pour sonéducation
avoient employé tout cc
qu'il y a de sçavansRabins
dans les Ecoles des Juifs d'Italie
, pour le rendre un des
plus doctes & des plus éclai-
, rez de cette Religion. Il y a
quatorze ans ou environ
qu'il quitta l'Italie, & depuis
ce temps il a conféré avec
les plus habiles Rabins de
l'Europe? pour tâcher de s'éclaircir
sur quelques points
quiluy faisoient peine
,
&
sur lesquels ses propres lumières
, quoy que tres-fortes,
n'avoient pû le satisfaire. Il
prit enfin le dessein d'aller à
Paris, & de traverser toute
la France, pourvoir si quelqu'un
luy donneroit l'entier
eclaircissement de ses doutes,
& ce fut dans Avignon qu'il
trouva le repos d'esprit qu'il,
souhaitoit. Il y vit des personnes
éc lairées qui le tire-
<
fent de sesembarras? & le
convainquirent par raisons
& par doctrinesi Il les pria
de le presenteràM l'A rche-
Vesque ne doutant pasqu'il
ne voulust bien prendre let
foin de le faire instruire, &
de reglerla ccremcnie de son
Baptesme. Il avoit Ctijetd'en
jugerainsi. Ce Prélats qui est
d'une des plus illustres Maifons
de Ferrare
, & qui vient
des Comtes de Montecatim,
atoûjours faitproseilion de
la pieté la plus exemplaire.
HIevoua à Dieu dés son bas
âge, & prit l'habit de Chartreux
dans la grande Chartreuse
de Grenoble. Apres
y avoir demeuré quelquetemps
retiré du monde,ses
rares qualités le rendant necessaire
au bien de tout l'Ordre,
il fut choisi pour en
remplir les places les plus
considerables
, & particulierement
celle de Procureur
General de tout l'Ordre. En
fuite il fut fait Archevefqued'Avignon,&
quoy que son
caractere le dispense de l'aufterité
de la réglé desChar- ocreux il n'a rien voulu en
relâcher
>
& observe dans
toute sa rigueur l'abstinence
perpetuelle des viandes. Il
cft d'une profonde capacité,
& a des soins si vigilans pour
tout son Diocese, qu'on peut
dire qu'il fait en mesme
temps l'office & d'Evesque
& de Curé, voulant estre appelléàtous
les Malades de la
Ville, sans mesme en excepter
les plus pauvres. Il les
console, leur donne sa Bénédiction
Pastorale, & cette
bonté luygagne les coeurs
de tous les Peuples. Ce digne
Prélat n'eut pas plûtost [ceu
te dessein de celuy dont je
vous parle, que ravy de voir
de si bellesdispositions dans
un jeune homme de vingtquatre
ans ,
d'un esprit fublime
9
& d'un naturel fort
doux? il le mit entre les
mains deMRousset?Prestre
d'Avignon? qui excelle en
la connoissance de l'Hebreu
.& du Chaldéen
, & qui sçait
à fond les Ceremonies de
l'Eglise se reservant de faire
ensuite publiquement celle
du Baptesme de ceNeophite.
Madamela Princesse d'Harcourt
qui estdepuis quelque
temps en ce Pays-là dans le
Convent desReligieuses du
premier Monastere de la
Visitation, consentit à luy
servir de Marraine. Vous
sçavëz Madame
, que cette
Princesse mariée à Mr le
Prince d'Harcourt de la Maison
de Lorraine, est de celle
d'Ornano la plus illustre d'Italie
, & qui dcfcend de la
Maison des Colomna
,
où il
y a eu Ascanio & Jerosme
Colomna qui ont remply si
dignement leur rang dans le
Sacré College des Cardinaux
,
ainsi que plusieurs autres
Cardinaux & Souveraine
Pontises de cette mesme
Maison. En 814. du temps
que Charlemagne regnoit,
Hugues Colomna
,
à la persuasiond'estienne
1 V. chafsa
les Sarrasins du Royaume
de Corie )&Y fut proclamé;
Seigneur & Libérateur avec
titre de Comte Souverain. Il
y laissa un Fils qui se rendit
fameux dans la Guerre * &
qui fut orné des dépouilles
de l'Empire. C'est de luy que
la Maison deMs d'Ornano
tire fan origine, & queMadame
la Princesse d'Ornano,
Comtesse d'Harcourt, est descend
uë.
Le choix du Parrain fit naître
quelque embarras.On
avoitprié Mr le Vice-Légat
de le vouloir estre mais il
pouvoir survenir des difficultez
dans le temps de la ceremonie
du Baptesme entre J
ce Prelat, & M PArchevefque
d'Avignon, qui ne se
trouvent presque jamais en
un mesme lieu à cause de la
préseance.Le Pere Louis d' Amena,
Religieuxdel'étroite o Observance de S. François,
Auditeur de Mrl'Archevesque
, & l'un des plus sçav
»ans hom•mes de ce Siecle,,
tegla toutes choiesD'une mi..
niere si judicicufe, S':;Ü ne
pouvoitestre fait aucun préjudice
aux prétentions de
l'unny de l'autre. Ainsile17.
Aoust fut choisi pour estte
le jour de cette Cérémonie.
M le Vice-Legat qui s'est
distingué dans toutes les occassons
qui s'en font offertes,
voulut marquer sonvray
caractere en celle-cy non
feulement comme Vicaire,
Apostol ique,Vicelegat)Gouverneur,
& Intendant Çene^
raI en cet Etat pour Sa Sainjeté
, mais encore comme
une personne qui s'est toûjours
soûtenuë par sa qualité)
.& par son propre merite. Il
ordonna que l'Eglise des
Cordeliers, l'une des plus
grandes &des plus belles qui
soient en France? & que Mr
l' Archevesque avoit choisie
pour y baptiser ce Neophite,
fust toute tenduë de ses plus
magnifiquesTapisseries? &
que l'on parast somptueuse,
ment l'Autel. Il fit garder la
place au devant de cette Eglisc
par trois Compagnies
de son Infanterie, & la porte
par une autre de sa Garde
Suisse. Ce Prelat, qui s'appelle
Balthasar Cenci, est un
des plus accomplis Prelats
qui fervent l'Eglise. Sa pieté
sa douceur, & son sublime
sçavoir le font admirer de
tout le monde. Sa naissance
ne le rend pas moins considerable.
Il est d'une Maison
qui a donné plusieurs Cardinaux
au Sacré Collège
, &
dans laquelle le Pape jean
X. creél'an912. fait un tresbel
ornement. Il estoit Romain,
& tint le Saint Siege,
seize ans, pendant lesquels
il gouverna avec force. Il
chassa les Sarrazins de l'Estat
Ecclesiastique
, & mourut
l'an 928. après avoir couron- nél'Empereur Berenger.
Honoré III. qui fut créé
Pape à Peruse l'an 1216.
homme genereux , pieux &
sçavant? gouverna & deffendit
l'Eglise pendant plus de
dix ans, dans le temps que
les Sarrazins l'attaquoient avec
plus de violence. Il couronna
deux Empereurs &
confirma les Ordres des quatre
Mendians.
Le Dimanche 17. Aoust
estant arrivé,Ml'Archevesque
d'Avignon qui fait toutes
les fonctions de son caractere
avec éclat, partit de
- son Palais Archiespicopalsur *
lesquatre heures accompagné
de M l'Abbé de Cabanes
, Prevost de sa Metropolitaine,
& de tout ce qu'il y
a de personnes distinguées
dans son Clergé qui est fort
nombreux, & alla aux Cordeliers.
On l'y revestit de ses
habits Pontificaux, & après
4 qu'on eut chanté en Musi,
que les Pseaumes marquez 1 dans le Rituel pour servir
de préparation à cette Cere- (
monie , il descendit de son
Trône pour aller à la porte
del'Eglise,où elle devoit être
commencée. Il y arriva en
mesme temps que s'y rendit
Mr le Vice-Legat ,accompagné
de ses Officiers tant d'épée
que de Robe, & de toute
laNoblesse
,
precedé par
sa Garde Suisse, & suivy par
celle de ses Gardes àcheval,
de Chevaux Legers, outre
une vingtaine de Carrosses,
& douze Estafiers. Dans le
mesme tempsparut Madame
la Princesse d'Harcourt en
Chaise
,
precedée de douze
Valets de Pieds, Elle estoit
suivie de dix ou douze Carrosses
où estoient les Dames
les plus qualifiées de la Ville.
Mle Marquis de Brancas
quia l' honneurd'appartenir
à Madame laPrincesse d'Harcourt
sa Belle-fille,luy donna
toûjours la main
, & Mesdames
les Marquises de Cereste
,
de Rochefort & de
Brancas,aussi bien que Mademoiselle
de Brancas l'accompagnerent.
Toutes choses
estantainsidisposéesMr,
rA tchevesquecommença la
ceremoniepar lesExorcismes 4
hors la porte de l'Eglise,
où M le Vice-Legat &Madame
la Princesse d'Harcourt
luy presenterent leNeophite.
Il estoit vestu tres- proprement
d'une moire de foye
blanche, avec les boutons &
les agrémens de mesme. Il
avoit un Castor blanc, & tout
le reste de l'assortimentestoit
de cette mesme couleur. Mr
l'Archevesque ayant demandé
au Parrain & à la Marraine
le nom qu'ils vouloient
qu'on luy donnait , après
plusieurs complimens de part
& d'autre, Madame la Princesse
d'Harcourt pria Mr le
Vicelegat,qu'on le nommast
Balthasar Alfonse. Le premier
de ces deux noms est
celuy de ce Prelat,& le second
,celuy de Mr le Prince
d'Harcourt, Fils de cette
Princesse.Apréscela Mrl'Archevesque
nomma toujours
celuy que l'onbaptisoitBalthasar-
Alphonse. Tant que
dura la Ceremonie, douze
Valets de Pied tinrent chacun
un grand flambeau de
cire blancheallumé,& plus,
de cent Musiciens avec des
Violons, des Hautbois
, &
4
plusieurs autresInstrumens
3 chanterentdivers Motets de
la Composition deMr Petit,
Maistre de Chapelle de l'Eglise
Métropolitaine d'Avignon.
Aprés le Boptesmeon
chanta un Te Denm
,
& les
Violons de la Ville meslez
avec ceux de M Gautier,
Maistre de l'Academie Royale
de Musique établie à Marseille
,
joüerent differentes
Pieces qui charmerent plus
de douze mille personnesqui
estoient presentes. La Feste
futterminée par une salve
de la Mousqueterie , & par
la décharge de vingt-quatre
Boëtes rangées dans la Place
au devant de l'Eglise,le long
du Canal de la Rivière de
Sorgue.
Je m'acquite de ce que je
vous promis la dernierefois,
touchant les honneurs funebres
rendus dans la Ville
d'Arlesà lamémoire deMrle
Duc de S. Aignan, & comme
la Relation en a esté faite par
Mr Gifon, l'un des Académiciens
de l'Academie Royale
établie en cette Ville-là, &
1 qu'il ne doit pas estrepermis
de faire des changement
ddaainiss ll''OOuuvvrraagDeedd'-u'unn hhoommrmnle
,, de ce caractère., je vous Tenivoye
telle qu'elle m'a este
donnée.Envoicy les termes. LA Noblesse du fang
n'inspirant que des sentimens
fort élevez au dessus
du vulgaire, on ne doit
pas estre surpris que l'Académie
Royale d'Arles, que Sa
Majesté adeclaré par ses Patentes
ne vouloir estre composée
que de Gentilshom-
Ines..) par un Privilege à ce
Corps d'une singuliere distinction,
se soit toujours
extrêmement signalée dans
toutes les occasions où le
devoir l'a engagée de [c
montrer en public. Elle le
fit en dernier lieu? d'une maniere
si éclatante pour l'heureuse
convalescence de Sa
Majesté, qu'outre l'avantage
qu'elle eut de gagner les deuants
sur toutes les Compagnies
de cette Province, qui
le signalerent en cette occasion
, elle assortit si bien [on
dessein à la dignité du sujet
> qu'on demeura pleinement
convaincu que tout ce que
des Gens d'esprit &de qua-,
lité
lité veulent entreprendre ,
porte un caractère bien difserent
à tout ce que les ait,
tres peuvent imaginer. Les
- Curieux pourront en juger
aujourd'huy parlamagnificence
avec laquelle Mrs de
l'Academie Royale ont tâché
de rendre leurs devoirs
funebres à la memoire de
Mr le Duc de S. Aignan
leur Protesteur- A peine eurent-
ils appris dans cette
Compagnie la nouvelle de
sa mort, par des Lettres qui 1
furent écrites de Paris à Mrle
Marquis de Robias-d'Etfoublon,
Secretaire perpetuel,
à Mr Gisson son ubftltut,
par Mr le Marquis de Chateau-
Renard leur Confrere,
Député de cette Compagnie?
& d'ailleurs tres estimé &
chery de ce Duc? que l'Assemblée
fut extraordinairenient
convoquée? pour regler
tout ce qu'on auroità faireen
cette occasion pour donner
au Public les marques les plus
fenfiblcs & les plus éclatantes
de ladoleur de l'estime,
dela gratitude, & de laveneration
qui sont deuës à la
mémoire de ce grand hom- ,
me. Apres plusieurs proposissons,
il fut arresté que l'on
iroit faire part à M l'Archevesque
de la triste nouvelle
que l'Academie venoit de
recévoir, & qu'onrépondroit
par cette marque de
respect
, a toutes les bontez
dont ce digne Prelat, aussibien
queM son Coadjuteur,
l'ont toûjours honorée; apdroénsnqeuory
il fut resolu d'orgeneralement
des
Prieres & des Sacrifices pour
le repos de l'ame du Défunt
dans toutes las Paroisses &
,.a Communautés Religieuses
de la Ville. Cependant Mrs,
les Recteur & Officiers de
la Compagnie des Penitens
bleus, qui sont de fondation.
Royale? pouffez d'un zele&
d'une honnesteté toute particuliere,
vinrent offrir à.Mrs
de l'Academie leur Chapelle,
leurs soins, & leurs services
pour la Ceremonie sunebre
que l'on projettoit , d'une
maniéré si engalycante,
qu'il auroit esté bien difficile *
de ne pas se prevaloir d'une
aussi heureuse disposition,
pour assortir avec toute la
magnificence possible, les «
desseinsqu'on avoit formez
pour honorer la mémoi-
re d'un si grand Protecteur.
Cette Chapelle ( c'estainsi
qu'on appelle generalemeut
toutes les Eglises où Mrs les
Penitens s'assemblent ) est
d'une propreté &: d'une structure
la plus reguliere que
l'on puisse voir.Elle est percéeaumilieu
de lavoûte par
un grand Dôme, environné
defenêtrages, qui répandent
un agreable jour dans tout le
resse de laNef. Cette disposition
du lieu parut d'abord
il favorable à toutes les idées
que l'on avoir conccuës
d'un magnifiqueMausolée,
que l'ondétermina de l'élever
jusqu'au haut de ce
Dôme
, pour luy donnerun
ordre&unedisposition a
laquelle il puft servir de couronnement.
On entre dans
cette Eglise par une Antichapelle,
qui s'étend en un
long Portique jusqu'à la maistresse
porte qui aboutit à la
- rue. Il feroit difficile de representeravec
quels j[bins~~
quelle diligenceonentreprit
de parer cette Eglise d'une
tenture de drap noir, depuis
le haut de la Nef jusques au
bas,demesme que l'Antichapelle&
le Portique.Tous les
bancs qui les environnent en
furentaussi couverts, de maniéré
qu'on ne sçauroit concevoir
l'idée d'un plus pompeux
& plus lugubre appareil,
que celuy de ce lieu.
Mais comme onavoitresolu
de mettre en usage tous les
assortimens qui pourroient
,
en augmenter la magnificence,
on fit appliquer contre
cette Tapisserie noire de
grands Squeletes de relief
paints en grisailles,plantez
sur des piedestauxproportionnez
a la hauteur des Figures,
qui estoienttoutes de
différentes attitudes? rangées
autour de l'Eglise à deux toiles
& demie cl>es unes des autres,
& soutenant chacune
qirelqut quartier de sepulcre
sur la teste avec un bras élevé
pour l'appuyer, sur lequel
on lisoit en forme d'inscription
quelques paroles ou
Sentences convenables au
sujet de cette Ceremonie:
Deux bandes de velours noir,
s'étendaient au dessus de ces
Colosses? tout autour del'Eglise
, de l'Antichapelle &
du Portique, ornées d'un
double rang de riches Ecussons
de laMaison de l'illustre
Désunt) & d'autres remplis
de toutes ses Alliances) rangez
alternativement luy avec ce- de l'Academie Royale,
qui est chargé de deux Launers
verdoyans) plantez sur
un tertre au naturel) entrelassant
leurs branches, & surmontez
d'un Soleil rayonnant
, avec cette Devise,
Foventur eodem. Dans la séconde
bande de velours on
avoit placé d'espaceà autres
avec les Armes de nostreil
lustreProtecteur, des testes
de mort couronnées à la ducale,
des Devises & des Emblèmes
avec des Ossemens
passez en sautoir
,
entremêlez
de tous les symboles les
plus convenables à la grandeur
de ce Hcros. Le reste
paroiflfoitparsemé d'une infinité
de larmes d'argent d'une
disposîtion très-recherchée,&
d'un effet admirable.
On voyoit ensuite tout autour
dela Tapisserie unetrèsgrande
quantité de belles Devises
>
d'Emblèmes
>
& de
Hierogliphes, que l'on avoit
disposées à pouvoir estre lûës
&admirées sans peine de tous
les Curieux& les Sçavans. Le
Portrait aunaturel de Mr le
Duc de S. Aignan) qui est
un chef-d'oeuvre de la plus
sçavante Peinture, & un glorieux
present dont M Giffon,
de l'Academie Royale, sevit
honoré à Paris des propres
mains de ce Duc, fut exposé
au milieu de l'Eglise, à l'opposite
du Bureau que l'on
avoit destiné pour laSeance
- de Mrs de l' Academie. Sa riche
bordure dorée, couverte .J
d'un crespe noir tout plissé i\
& pratiqué par les bouts en |
festons,sembloit estre foutenuë
dans ses quatrecoins,
par quatre petits Amours
pleurans qui envisageoientle
Mausolée &: embrassoient
une Urne fumante.Vis-à-vis
dece Portrait, on voyoit
parmy les Emblêmes & les
Devisesqu'on y avoit placées.
un grand Tableau aussi environné
d'un crespe plisséen
bordure,representant l' AcademieRoyale
, pardesFigures,
des Hierogliphes,&des
symboles tres-curieux& trèsrecherchez,
par un assemblage
de Versretrogrades, & de
tant de differentes beautez
) qu'il semble que cet Ouvrage
,que le Pere Hyacinte ï~ccolet
a dedié à l'Academie,
est le dernier effort de l'esprit
humain. Il y a disposé les
Armes de chaque Académicien,
avec une Devisetirée
des Pieces qui les composent,
au haut desquelles celles de
Mr le Duc de S.Aignan font
supportées par Mars & par
Minerve,qui semblent vouloirlesappendre
au Temple
de laGloire, qu'on y voit
representéd'un dessein &
d'un pinceau tres-delicat.
Commeje me fuis proposé
de donner une idée generale
de la disposition du lieu avant
que de venir au détail
des autres assortimens de
cette pompe, je vous diray
que les trois grandes Portes
par où il falloit passer avant
que d'entrer à l'Eglise, avoient
chacune leurs Ornemens
particuliers. Celle de,
la ruë estoit garnie d'un drap
noir,qui formoit tres-regulierement
toutes les beautez
de son Architecture. Son
fronton & son couronnement
estoient soûtenus à la
place desPilastres par deux
gros Colosses ou Squeletes
dessechez, portant sur la teste
des bases de colomnes brisées
,sur lesquelles on avoit
écrit ce Vers Latin en gros
caractere.
Ultima tela necis Heroum
gloria.mincit.
Les Armes de Mr le Duc de
Saint Aignan dans un grand
-ovale, ornées du Manteau
Ducal & des Ordresdu Roy,
& environnées d'un grand
.,
crespe, estoient placées au
haut de la porte, sur un tapis
de velours noir, tout parsemé
de chiffres de son nom
& de larmes d'argent. De
cette porte on arrivoit par
un long Portique tout drapé
de noir, & enrichy d'Ecussons,
à celle de l'Antichapelle,
qui estoit à peu prés
de la mesme parure & de la
mesme disposition ; la veuë
de l'une & de l'autre est terminéeparunAutel
qu'on,
avoit couvert d'un grand
velours noir traversé d'une
croix de satin blanc
, cantonnée
de quatre Ecussons de •
Mrle DucProtecteur. On
avoit mis six gros chandeliers
d'argent sur l'Autel, garnis
de flambeaux,& ornez d'Ecussons.
A la droite de l'Antichapelle,
on voyoit la porte
de l'Eglise toute revestuë
d'un drap noir comme les
autres, mais beaucoup mieux
ornée par des lez de velours,
étendus à l'endroit des Pilastres,
sur lesquels on avoit
appliqué deux grands Squeletes
supportant des bazes,
où on lisoit cet autre Vers;
Vivitur inrenio"cætcra ruor.
O
1 1 iistrunt.
Le grand Tableau du fymbo
le de l' Academie, que nous
avons déja designé
,
estoit
sur le haut de cette porte>
avec un grand crespe noir qui
en couvroit la bordure dorée,&
trois Ecussons du défunt
Protecteur estoient rangez
prés de ce Tableau; deux
à costé, & l'autre au dessus.
Deux grands bras d'ébene
supportant de gros flambeaux,
estoient aux deut--
extremitez de cette porte, de
laquelleondécouvroit à*
plein tous lesassortimens de
l'Eglise oùle Service dévoie*
„.-
estre fait, & l'Eloge funebre
prononcé, & au milieu de
laquelle on avoit dressé le
superbe Mausolée dont je
vous ay parlé, & dont je me
fuis reservé de vous faire icy
une description separée du
Tcfttf.
Ilestoit élevé fous le Dôme
de l'Eglise sur uncarré en
theatre,de trois toises de longueur,
& d'une & demie de
hauteur r , qui formoit une
estrade élevée sur quatre de-
Pçrrez)letout tendu d'un drap
noir traisnant; sa figureestoit
'carrée & d'un double rang.
de colomnes torses. Quatre
grandes portes ornées de toutes
les beautez de l'Architecturesoûtenoient
au dessus
de leur frise une voûte en
Impériale, quiterminoiten
pointe de Diamant par un!
Piramidion
,
sur lequel on"
voyoit en reliefun Genieou
Amour éploré, qui portoit^
sur sa teste une urne brûlantej
à l'antique, & dans l'une de
ses mains un Vase iacrima-1
toire, & un phare allumé. -
Aux deux costez des porter<
de ce Mausolée, il y avoità
laplacedespilastres quatre
grandesFiguresde relief,soutenuës
sur des piedestaux
proportionnez à leur hauteuraudelà
de nature,sur la
base desquels on avoit gravé
en lettres d'or quatre Epitaphes
pour Mr le Duc de S.
Aignan,en quatre Langues
differentes quil entendoit &
parloit parfaitement. Ces Figures
estoient comme quatre
Vestales pleurantes fous des
habits lugubres,tenant d'u- ne main un mouchoir devant
les yeux, & de l'autre
une Torche ou Flambeau
Mortuaire. On pretendoit
par là faire connoistre le
deüil & la tristesse des quatre
principales Academies
de France
,
qui ont paru si
cheres à cet illustre Duc, &
qui avoient lieu de le regarder,
ou comme Melllbrc;)
ou comme Amy, ou comme
Protecteur & Chef de leurs
Corps, telles que celles de
Paris, d'Arles, de Soissons,
& d'Angers; quoy que peu
de personnes ignorent le
rang qu'il s'estoit acquis dans
toutes celles de l'Europe,& Il sur tout en Italie, & en Anleterre.
Ces mesmes Figures •
avoient aussi rapport aux
quatre principaux Emplois,
ou Titres éminens qu'il a
possedez dans le monde;sçavoir
deDuc & Pair de France,
de premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy )
de
Chevalier de ses Orckes~&:
d'Academicien&Protecteur
parfait ; c'cft à dire, que la
Noblesse, la Valeur, l'Honneur
& les Lettres avoient
-^
également contribué à le
faire devenir l'admiration
desBraves, le modele des
Courtisans, le charme des
Spirituels,& l'Amour des
Sçavans de son Siecle.
Sous cette Chapelle ardente,
& sur cette Estrade
» on
voyoit la Representation
Mortuaire couverte d'un
grand Poële de Velours noir
traversé d'une large Croix
de motre d'argent, & orné
dequatre Ecussons aux Armes
& aux Alliances du
Défunt. Une grande Couronne
Ducale de vermeil,
voilée d'un crespenoir,estoite,
posée sur un Carreau de Veloursnoir
houppé d'or, au 6
pied de ce Tombeau, avec
tous les autres symboles con- I venables
.-.-:' i
venables à ses emplois & à
ses Charges.La premiere face
de ce Mausolée estoit enrichie
de quantité de Trophées
qui environnoient le
grand Ecusson de ses Armes,
à seize quartiers de ses Alliances.,
dont les principales
sont, Husson, Clermont
Poitiers, Babou J
,
Gaudin,
Robertet Gaillard
,
Longieumeau
; la Grange, la
Marche Rochechoüard
) Autri
, Crenant , Brigüeil,.
'la Jaille,Halluin,Creve1
coeur , &c. & sur le tout,
facéd'argent-& de Sinople à
six Merletes de fable sur l'argent,
3. 2. &1. qui est de
Beauvilliers. La seconde face
estoitornée de la Médaille
en Camayeu de cet illustre
Duc
> avec quelques Devises
sur sa Charge de Premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy. Je vais vous les
rapporter icy , quoy que
pour- éviter la longueur je
laisse la pluspart des autres, dont beaucoup ayant esté,
faites par Mr le Marquis de
Robias
, par Mr le Marquis
d'Estoublon son Fils, & par
M l'Abbé Fleche de l'Aca-'
demie Royale, sont d'une
beauté, d'une recherche, &
d'une régularité presque inimitables.
Dans l'une de ces
Devises paroissoit la belle
Etoile aux premiers rayons
du Soleil levant, avec ce
mot,AsonLever.
La mefmc Etoile aux
rayons du Soleil couchant.
faisoit le Corps de la féconde
Devise
, avec ces mots, A
son Coucher'
- La troisiéme reprefentoit
la Planete de Jupiter,
avec les quatre petites Etoiles
>
qu'on appelle lesSatellites,
& ces paroles pour
ame ?
Ces quatre ne le quitent
point, ce qui faisoitallusion
a l'employ des quatre Gentilshommes
de la Chambre.
Onrepresentoitaussi lapleineLune
,avec ces mots,C'est
dpeosurQfauairrteiers le plus brillant,
comprendre que
lors que Mr le Duc de Saint
Aignan estoit en Quartier,
toutes les Festes de la Cour
en paroissoient & plus galantes,
& plus spirituelles. Sur la
troisiéme face du Mausolée
on voyoitles Armoiries de
'ce mesme Duc sans écartelure,
avec le grand Manteau
Ducal & le Collier des Ordres
du Roy, dans des Couronnes
de Laurier, de Gramen
,deChesne, Murales, &
Valleres.On y avoit marque
en des Ovales qui bordoient
ces Ecussons
,
les Profils en
Camayeu de differentes couleurs,
avec les noms fameux
de Vaudevranches, de Dole,
de Corbie de Landrecy,
d'Eymeries
>
de Barlemont,
de Maubeuge, de Chinay,
d'Yvoy
,
de Gravelines, de
Cosme
,
de Sink
,
de Sainte
Menehoud
,
de Steimbrun
)
de Chasteau-porcien , de
Mantmedy, & autres Places
qui ont servy deTheatreà
la valeur & à la gloire de
nostre Heros,& chaque action
où il s'estsignalé avoit
donné lieu à de rres-belles
Devises
,
qui mettoient 'sa,
bravoure & son courage dans
leur plus beau jour. La quatriéme
face de ce Mausolée
estoitenrichie d'un très-beau
Cartouche,oùl'on avoit dépeint
la Devise de PAcade-*"
mie Royale. Ce Cartouche
estoit rehaussé d'or & "d'argent
, & environné du fym^

bole de toutes les Academies
Etrangeres,aveclesquelles
cet illustre Ducestoit en
commerce d'esprit & d'amitié
)coiiu-ne si ellesvenoient
faire fumer' leur encens au
pied de son tombeau.
Celle des Intronati de Sienne,
qui estla plus ancienne
que nousconnoissons,estoit:
representée parson symbole,
qui est une Calebasse remplie
de Sel, avecce mot >
Meliora
latent.
Celle des Humoristes de
Rome
, a une pluye formée
des vapeurs qui s'élèvent de
la Mer,&le mot, Redit agmine
dulci.
Les Gelati de Bologne,
marquent desarbres dépoüillez
de verdure durant l'Hyver,
aveccemot,Nec longumtempus.
Celle des Nascosti de Milan
est figurée par un Soleil
dans les broüillards, & ce
mot, Nec diu.
La Crusca de Florence, à
un Bluteau à passer la Farine
avec ces mots, Il piu belsior
necoglie.
LesObscurs deLuques representez
parun tasdecharbons,
& ce mot. Coruscant accensi.
Les Ardents de Naples,
par un Autelantique, avec la Victime& le feu; lemot
est, Non aliunde.
Les Adormentati de Genes
ont un Réveil, & ce mot,
Sopitossuscitat.
La Fuscina de Messine
une Forge & son enclume,
& ces mots, Formas vertit in
omnes.
Les OlympiquesdeVicence,
le Cirque accompagné de ce
mot,Hoc opus ,
hic labor.
LesImmobiles d'Alexandrie,
le Globe de la- Terre avecce
- - -- -.. - - -
mot; Immota; nec iners.
Onvoyoitaubasde cette
face an grand Ovale ou l'Obelifque
& la Venus d'Arles
estoient representées comme
des picces considerables qui
ont donné lieu à cetillustre
Prorecteur de faire valoir auprés
de Sa Majesté
, & la fidélité
de nostre Ville, & le
zele de son Academie Royale.
Il y avoit au bas de la Ta- -
pifferie du Mausolée, .une
ceinture de velours noir,
chargée des Armes de M de,
S. Aignan, du symbole de
l'Academie Royale,&de
quantité de Devises historiques
de sa vie alternativementrangées.
On y voyoit
representé un grand Miroir
avec ce mot d'Horace,Quiâ
deceat,quiid non.
Un Aigle ayant les yeux
attachez sur le Soleil, avec
ces mots Espagnols, A tan
puros e'idendeyes,
Par desipursrayons quine'
Jercit touché?
Ce qui exprimoit sonzele&
son attachement pour le
,-
Roy.
0 Un Cadran au Soleil avec
e
ce mot d'Horace,Certa fides.
Toujours à son devoir égalélementfidelle.
Deux grands Palmiers panchez
l'un vers l'autre
, quoy
que separez par un bras de
Mer, avec ces mots) Poco
pueden las distancias
D<tns leur éloignement de
coeur ilsfontMnis->
pour marquer l'Alliance des
deux Academies,laFrançoise
& la Royale d' Arles? contractée
par les soins de ce Duc.
Un grand Chesne dont le
tronc est entr'ouvert, & ses
branches droites & fortes
avec ce mot, Vecchiaya, virtuosa
vigorosa. L'Academie
Royale avoit faitcette Devise
pour signifier la belle
vieillesse de son illustre protecteur.
Une main, ou dextrochere,
empoignant fortement une
épee, & bissant tomber en
mesme temps une quantité
d'espccesou pieces d'or, avec
ce Vers tiré des Poësies du
Tasse,
S'aftringealferro, &fîdiUta
al oro
i, On avoitaussi peint sur ce
qui restoit de vuide dans les
quatre faces du Mausolée les
pDoervtiéseess que ce Duc avoit
& inventées en diversesFestes
de la Cour. -
Au grand Carrousel de
1662. il fit voir que les plus
adroits ne gagpoient jamais.
rien avec luy, puis qu'il leur
cnlevoit presque toujours le
prix; il portoit pour Devise
un Laurier) qui est l'arbre
consacré au Soleil, avec ce
mot,Sol 1
Au fameux Carrousel de
la Quadrille des Romains
dans lequel le Roy qui en;
estoit le Chef,portoit un Soleil
pour sa Devise?Mrle Duc -,
?.
de S. Aignanfit admirer fanadresse,
de mesme qu'aux Festes
de Versailles en l'année
1664. où il prie pour Devise
un Timbre d Horloge, avec
ces mots,Espagnols De mis
golfes mi riudo.
Il fut fait Maréchal de
Camp de ces Courses? il y
remporta le prix contre feu;
Mrle Marquis de Soyecour.
Il en disputa un autre avec.
SaMajesté& s'estima le plus
heureux des haBilles) de
n'avoir Zu estre vaincu quepar
le plus grand Royde la. »Il riU~t1
am~ Terre.Il djes djeux fut l'am^ des deux
derniers Carrousels, par l'ordonnauce
& le dessein qu'il
en fit; il en fut aussi le Maréchal
& le Juge) & dans
cettepremiere qualité il
porta pour Devise un gros
Diamant taillé à facetcs) avec
ces mots,Da ogni parte fiammeggia,
& pour assortir l'autre)
on fit de très-beaux Vers
en sa faveur)qui peignoient
parfaitement bien lecara,tlere
de sa vie & de ses qualitez
éminentes.
L'Academie Royale ppur
marquer la peine qu'elle aura
à se consoler de la perte d'un
<
si digne Protecteur? avoit
peint un grand Palmier) qui
met un tres-long temps à venir
& à porter son fruit, avec
ces mots, Poctsoeculacrescit.
Le Cieldans ce Héros tant de Vertus
ajjemble,
Jjfu'onpeutdire de luy cothme on dit
du Palmier,
Il faut un siecle tout entier
Tour en faire un qui luy rejjemble.
Enfin , pour signifier le
deüil des deux Academies,
on avoit representé une Forest-
deLauriers) parmy lesquels
il yen avoit un qui paroissoit
sec & abattu, sur
montez d'un Soleil rayonnant,
auquel ilsadressoient
ces paroles,.
Viuere ni jubeas
)
jraternoe
morte perimas.
SAnsle Soleilqu'il nousfaittfvivre,.,
Luy, de qui dépend nojhefort,
Neusccjferions bien-toe devivre,
'Car commentsurvivreasa mort?
Il y avoit autour de ce
Mausolée quarantegrosflambeaux,
pouraflortir le nom- - bre de Mrs de l'Académie.
Françoise-dontMr le Duc!
deS. Aignan estoit unillustremembre&
trente autres:;
Ukr le imu de la premier
«
marche, qui portoient les
Ecussons des trente Académiciens
de l'Académie
Reoyale. Les autres marches
de l'Estrade estoient chargéesd'uneinfinité
de chandeliers
d'argent, garnis de
grosses bougies
,
Ec tout le
iV-£ duMausoléeestoit éclairé
d'un bout à l'autre
d'une maniéré si bien enrenduë,
qu'on ne scauroit fc representer
Iirr.,-,t-riiificencc de
cet appareil, a moins que de
»
lavoir vû. Le grand Autel
estoitvo*i*lréd'unbvelours noir
jraverfe d'une large croix dç
satin blanc.On avoit placé
au milieu le grandCrucifix
d'argent qui fert d'étendard
aux Procédons solemnelles
que- sont Mrs les Penitens;
une très- grande quantité de
Plaquesd'argent en augmen-
-
toient la parure de chaque
costé. Il y avoit six- gros
Chandeliersaussi d'argent sur
l'Autel, avec six flambeaux
chargez d'autant d'Ecussons
du Défunt?& l'on avoit po.-
sté sur les deux Credences
qui sont aux costez de J'Au.
tel ;deux Anges de relief, ha-
1 billezen Dalmatique dont -t
l'un tenoit d'une main une
épée flamboyante,& de l'autre
une couronne de Laurier
entremêlée d'étoiles d'or,
avec ces mots tirez de l'Histoire
des Rois. Pro Dominoy
Deo Exercituum. Le seond
tenoit d'une main un Livre
ouvert, dans lequel on lisoit
ces paroles du mesme Livre
des Rois, Deus sceientiarum
Dominus est, & de l'autre main
il tenoit une couronne de
Laurier, aussi parsemée d'étoiles>-
aa*\bas de laquelle on
avoit écrit en Lettres d'or
le mot de l'Academie Françoise
,AL'IMMORTALITE
On avoitdisposé du costé de
l' Autel une grande Table
couverte d'untapis de velours
noir houppé& frangé
d'argent,& sur cette Table
estoient tous les assortimens
necessaires aux Offrandes.
Absolutions,Encenfemens,
& Aspersions qui devoient
*estre faites en cette Ceremo- Le jour enavoit esté arrêté
au Mercredy 20e du mois
d'Aoust, & dés lesoirprecedent,
elle fut annoncée par
le son de toutes les Cloches
(
.de l'Eglise Cathedrale, qui
sonnerent à volée pendant
une partie de la nuit, & tout
le lendemainmatinjusqu'aprés
leServiceachevé.Cependant
ce mesme jour MIS,
lesPenitens bleus,quivouloient
signaler en leur particulier
leur zele par leurs
prieres autant que par leurs
soins,allèrent dés le grand
matinchanter l'Office des
Morts dans cette Chapelle,
pour le repos de l'ame de Mr
,
le Duc de Saint Aignan, &
sur leshuit heures Mrs de
1
l'Academie Royale? tous ei*
,
habit de deüil, s'y rendirent
ensemble, avec des témoignages
sensibles de la douleur
dont ils estoient penetrez.
Ils firent inviter à cette
Ceremonie lugubre Mrs
les Consuls, qui s'y rendirent
aussi en habitnoir, & en chaperon,
accompagnez d'une
foule de Noblesse, & aprés
qu'on les eut poftez dans la
place d'honneur à costé du
Mausolée,Mrs de l' A cadémie
se rangèrent de l'autre à
Meur opposite les uns& les
autres dans des bancs faits
enPrié-Dieu
,
garnis d'un
drap
drap noir trainant, & couverts
par dessus d'un grand
velours noir, avec des carreaux
de mesme, On avoit
rangé la Musique au fond
de 'Eglise, dans une Tribune
vis-à-visdel'Autel,d'où
elle estoitentenduesans trouble
& sans embarras, en une
occasion où l'affluence du
monde sembloit devoir faire
craindre un fort grand desordre.
Ce fut Mr l'Abbé de
Quiqueran qui fit le Service.
bll eutpour ses Assistans plufleurs
autres Abbez de qualité
,
qui firent paroistre de
rempressement à rechercher
cet employ. Mrs les Consuls
si presenterent à l'Offrande)
&aprés euxMr leChevalier de
Romieu, Directeur, &Mrle
Marquis de Robias-d'Estoublon
,
Secretaire de la Compagnie,
qui a signalé également
en cette occasion son
grand coeur, son esprit & son
zele, pour honorer la memoirede
ce Protecteur. La Messe
estant achevée, Mr l'Abbé
Officiant, &: ses Assistans en -
chape,vinrent faire les Prieres,
Encensemens
, & Abfo- l
4
<
1
lutions accoûtumées autour
de la Representation, avec
des ceremonies proportionnées
au rang du Défunt,Ôc
pendant ce temps, la Musique
& les Instrumensne cesserent
de faire rerentir les
Airs les plus lugubres. Après
les dernieres Aspersions qui
furent faites ensuite par Mr*
les Consuls & par tous les
Academiciens,la Compagnie
se retira;pour revenir au
mesme endroit sur les quatre
heures, pour entendre
l'Elogéfunebre qui devoit
achever la Cérémonie.
L'employ de ce Discours avoit
esté donné à Ive. do
Manville
>
Avocat General
au Presidial de cette Ville,
parfait Academicien,& doué
d'une éloquence, d'ue grace
& d'une force d'esprit presque
inimitable Aussi sa repuration
attira une si grande
foule de Sçavans & de Curieux
,au ssi-bien que de Dames
les plus qualifiées de la
Ville,que quelque soin qu'on
cuit pris pour éviter l'affluence,
elle yfut aussi extraordinaire
,que le plaisir qu on se
proposoit à entend re un si
agreable Orateur, parut un
moyen assuré pour faire supporter
sans peine les incommoditez
de la chaleur, & de
la foule. Cette prévention en
faveurde Mr de Manville ne
fut pas la feule cause de ce
grand concours. On sçavoit
que l'ouverture de cette
Séance devoir estrefaite par
Mr le Chevalier de Romieu,
Directeur de l' Academie.
C'cft un Gentilhomme d'un
goust aussi délicat que l'on
en jnyiTe trouver pour les
Ouvrages d'esprit, & qui
avec la justesse de son dit»
cernement, a une maniere
de parler en public qui porte
le caractere d'un homme
de qualité
,
& celuy
d'un parfait Orateur. Dés
queMrs les Consulsfurent
placez dans des fauteüils
revêtus de deüil
?
à l'opposite
du Bureau de l'Academie,
couvert d'un grand tapis
de drapnoir,au milieu
duquelonavoit misungrand
fauteüil, & deux autres aux
deux costez revellus de même
,l'un pour M leMarquis
de Robias- d'Estoublon, Secrétaire
, & l'autre,pour Mr
de Manville,& que lesautres
Académiciens se firent
rangez de chaque coste sur
de semblables fauteuils
,
Mr
le Chevalier de Romieu commença
son Difcoursî&lefinit
avec toute l'approbation
qu'il pouvoit attendre d'un
Auditoire aussi éclairé, &
aussi équitable que celuy-là.
Ce fut un ingenieux racourcy
des motifs qu'avoit l'Academie
d'honorer en ce jour
la mémoire de Mrle Duc
de SaintAignan sonProtecteur,&
il désignaavec tant
d'adresse les plus beaux endroits
de sa vie, que son Elogeauroit
paru parfaitement
assorty,s'il n'eust voulu procurer
à la Compagnie le plaisir
de le faire entendre avec
plusd'étendue de la bouche
deMrdeManville,à qui il
s'adressa pour le supplier de
le prononcer. L'attention de
tout l'Auditoire fut si
grande dés la premiere ouverture
qu'il en fit
,
qu'on
demeura également suspendu
par le recit des merveilles
de nostre Heros, & par
la force des
expressionsavec
lesquellesMr de Manville les
dépeignit.Aussi receut-il
tous les applaudissemens qui
estoient deus à la delicatesse
de son genie, & à son éloquence,
Voilà, Madame, ce que
M- Giffon a écrit de cette
lugubre Ceremonie
)
à laquelle
je n'ay rienà ajoûter,
sinon que pendant que Mr,
de Manville prononçoit l'Eloge
de M le Duc de Saint
Aignan, il s'eleva tout à
coup un orage, ou plûtost
un combat si impétueux de
tousses vents, que les Bastimens
en parurent ébranler
r
L'airen fut tout obscurcy, &;
en mesmetemps le Tonnerre
entrant à la veuë de tout ce
monde assemblé,parune Fe.
nestre qu'on avoitlaissée ouverte
au haut du Dôme à
cause de la chaleur
,
traversa
l'Eglise pour aller fraper un
jeune homme de vingt-trois
ans, par une autre fenestre
qui estoit à costé de la Tribune
où l'on avoit placé la
Musique. Vous pouvez juger
quel trouble causa dans
tout l'Auditoire une mort si
surprenante.Les Payens qui
n'élevoient leurs Heros dans
les Cieux qu'à travers les é-*
clairs, & les Tonnerres, n'auroient
pas manqué de prendre
un accident de cette nature
dans une semblable cecasion
, pour un indice aOù.
ré de l'Apotheose qu'ils auroient
pretendu faire, mais
la superstition ne s'accorde
pointavecle Christianisme,
& nous sommes convaincus
que l'on ne peut arriver au
Ciel que par les routes de la
pieté & de la vertu. Ce sont
celles que M le Duc de S.
Aignan a toûjours suivies,
ayant donnéjusquàson dert
j
nier moment des marques
édifiantes d'une parfaite refignation
aux ordres de
Dieu. C'est ce qui a donné
lieu à Madame de Saliez, Viguiered'Albi
, de faire et
Madrigalsursa mort.
DIt brave S. Aignan ne pleurez,
plusleforty
Mufes} ce Duc sans vous fendsi
gloire immortelle ;
Mais vous,quiconnoiJfeT^&si vie
&si mort,
Dites-nousfeulement laquelle ejl U
plus belle. 1
Mrle Marquis ck Robias
dont vous venez d'entendre
parler dans cette Relation,
a fait sur ce mesme sujet les
Vers que vous allez lire.
Tout le TarnaJJe efi invité
Á- la trisse solemnitê
£)ue feront à ce Duc les filles 4,
Mcmaire.
Apollon y frejîdera,
Et c'est au Timpie de la Gloire
.!!<.!Je le Service s'enfera, t
Voicy une Epitaphe pour
ce Duc,faite par Mademoifelle
de Chance.
Sa,us ce fuherhe Monument
Repofc de la Cour un illustre ornement.
Ce fieras efi mort plein de gloire.
Ilfut Protecteur des beaux Arts)
Etjoignitau messier 4e Mars
;
Celtty des Filles de Afemoirt.
Ccj>randHommepouvoitmourir,
fiaisfin nom ne pouvoit perir.
Mrs de l'Academie Royale
d'A rles eurent à peine achevé
de rendre ces devoirs
funebres à ce Duc, que pour
satisfaire à leur inclination
& à leurs Statuts,ils se virent
obligez de faire un autre
Service solemnel pour honorer
la memoire de Messire
Bertrand de Meyrand
,
Marquis
d'Ubaye & de Vacheres,
jeune Gentilhomme de 29.
ans, & l'un des plus accomplis
de la Province pour le
corps & pour l'esprit. Ses
grandes qualitez accompagnées
de beaucoup de pieté,
luy avoient attiré une telle
estime
,
qu'il estoit également
l'admiration des Gens
de bien & des Sçavans. Il fut
fait premier Consul, & Gouverneur
de la Ville d'Arles
l'année derniere, & il fit connoistre
dans cet employ retenduë
de son zele pour le
bien de sa Patrie, & son
intelligence aux affaires. Le
talentadmirable qu'il avoit
de parler en public avec une
grâce & une force d'esprit
)
1
extraordinaire, obligea Mrs
de l'A cademie Royale, à se
servir de luy en plusieurs
occasions éclatantes?comme
ils firent dans la députation
des quatre Académiciens qui
allerent ratifier àNismes
l'Alliance des deux Academies
,en quoy ils'attiratous
les applaudissemens qu'il
pouvoit attendre. Il mourut
le 13. Aoust dernier, d'une
cruelle maladie qu'il avoit
contractée par trop d'application
à servir les Pauvres de <
l'Hôpital, dont il estoit le
premierRecteur. Ce fut dans
à
l'Eglise des Recolets d'Arles,
où son Corps est inhumé,
que Mrs del'Academie resolurent
de faire faire un
Service le 11. du mesme mois.
Dans le Presbitere qui est
fort large & separéde la Nef
par une Balustrade que l'on
avoit abatuë, estoit dressée
une Representation mortuaire
sur une Estrade à deux
marches,couverte d'un Poële
de velours cramoisy,barré
d'une grande Croix blanche
quiestunassortiment funebre
accordé par privilège à
ceux de la Famille de Mr
d'Ubaye. Il y avoit sur les
marches de cette Balustrade
quantité de Chandeliers d'argent
,garnis de grosses bou-
- Ici gies ,avec les Ecussons du
Défunt & de l'Academie, accompagnez
de plusieurs Devises.
Tout lereste du Presbitere
estoitcouvert de drap
noir
,
jusqu'au delà de l'endroit
où Mrs de l'Academie
avoient disposé leurs Places.
Douze gros Flambeaux
sur des Gueridons noirs environnoient
la Reprelentation.
Cependant les Academiciens
s'estant mis de
chaque costé dans de grands
Fauteüils revêtus de noir
qu'onavoit rangezau dehors
du Presbitere,le Service & les
autres Ceremonies que l'on
pratique dans une pareille occasion,
n'eurent pas este plùtost
achevées, que M le
Chevalier de Romieu prononça
avec un succés digne
de luy l'Eloge funebre du
Défunt) aprèsquoy le Pere
Restaurand, Docteur de Sorbonne,
Predicateur ordinaire
de Madame la Duchesse de
Toscane, & cy-devant Provincial
de l'Ordre des grands
Augustins,témoigna qu'il
feroit bien aise de faire éclater
aux yeux deMrs de l'Academie
Royale, les sentimens
qu'il avoit pour eux,
& pour l'Illustre Confrere
dont ilsregretoient la perte,
ce qu'il fit par un Eloge
Latin, ou la force de son génie
ne brilla pas moins que
son érudition.
MessireJoseph d'Agoult,
Baron dOlieres
, a esténommé
par le Roy pourremplir «'
la place de McffireCharles de
Glandeves, Premier Sénéchal
4
de Sisteron , mort depuis
quelques années dans un
Voyage de la Terre-Sainte;
& sur les Provisions dont
Sa Majesté l'honora au mois
d'Avril, il s'est fait recevoir
aux Cours de Parlement, des
Comptes? & au Bureau des
Trésoriers decette Province
en la Ville d'Aix.Quoy que
les Archives decetteMaison,
ainsi que plusieurs graves 4 Historiens justifient qu'elle
est une des plus anciennes &
desplusillustres deProvence,
ce que je vais vous en dire
ne sera pas tant pour vous )
faire connoistre la Genealogie
d'Agoult que pour vous
apprendre des chosesaussi
agréables & aussi curieuses
qu'on en puisse lire ailleurs.
Ce fut vers l'an neuf cens
que cette Famille issuë des
Princes de Saxe du costé
paternel, & de ceux de Pomeranie
du maternel
?
vint
d'A llemagne en Provence,
où ellea faitsonséjour ordinaire
depuis ce temps-là. On
luy donneun commencement
qui a quelque confor-
« mité avec celuy de Romulus,
&voicy ce qu'en publient,
Antoine du Pinet
,
Nostradamus,
Pithon
>
&une ancienne
Chronique écrite par
l'Evesque de Stetin en Saxe.
Hugues de Thrie Prince de
Saxe) estant devenu passionnément
amoureux de la
Princesse Valdulgue, Fille
d'UneilRoy de Pomeranie,
en obtint des faveurs secretes
sur une promesse de mariage.
Elle se trouva grosse peu de
temps après
, & la Reyne sa
Mere l'ayant découvert, la
1Et enfermer dans un Château
?pour cacher sa honte,
& pour la punir de son peu
de retenue. Le terme de l'accouchement
estant venu,certe
Princesse mit un Fils au
monde >ôc dans la crainte
qu'elle eut que sa Mere ne le:
fist enlever, & ne luy ostât la
connoissancedece qu'elle en
auroit fait,elle voulut qu'on
executast l'ordre qu'elle avoit
donné à sa Gouvernante
de le faire prendre par un
Berger? dont la Femmeledevoit
nourrir secretement.Il
fut pourveu de tout ce qui
luy estoit necessaire,&dans
le temps qu'on le descendoit
des fenestres de la Chambre
c!e,\
de la Princesse dans le Fosié,
une Louve qui passa par là
le ravit d'entre les mains du
Berger ,& ayant emporte
dans sa Taniere , ellel'allaita
parmy ses Louveteaux. Il arriva
quelque tempsaprés,que
le Roy estantallé à. la Cha1re,
découvrit la mesme Louve.
Il pouffa son cheval à toute
bride jusques à l'entrée de sa
Taniere. Elle y fut tuée, &
l'on y trouva l' Enfant aussi
fain & aussi frais que s'il eust
esté mis entre les mains dela
Nourrice la plusvigilante.
Le bruit de cetteaventure
s'étant répandu ,
le Berger
parla de ce qui luy estoit arrivé,
& la verité ayant eeté
reconnue, le Roy ordonna
quele mariage entre saFille
Valdugue & le Prince Hugues
de Thrie, seroit celebré
avec toute la magnificence
possible. Il fit ensuite baptiser
l'Enfant? auquel on donna
le nom de Vuolf, qui ifrgnific
Loup en Allemand, &
en perpetuelle memoire d'une
si heureusenaissance
, on
bastit par ses ordres un fort
beau Chasteau appelle G,)f,dtnau.
1.,a, Princesse Valdulgue
ne vefcut pas long temps aprés
qu'elle eut esté-mariée
»
& Hugues deThrie son Mary
ayant épousé en secondes
Noces la Fille de l'Empereur
de Constantinople laissa
plusieursEnfans de son second
mariage. Vvolf devenu
grand, se maria avec l'In- o fante Sydrac
,
Fille du Roy
de Russie
, & prit le Loup
pour les Armes à la place de
celles de Saxe. On l'a blasonné
depuis de cette maniere
>
l, sçavoir
, Porte d'or au Loup
ravissant d'azur,armé&lampassé
de gueules, l'Ecu chargé
d'une Couronne Ducale
avec cette Devise au dessus,
Gardeque dire
,
entouré de
deux PalmesdeSinople, &
au dessous de l'Ecu ce Yiçrç
pentametre. £angulnis altricem non pudetejjelupam.
De ce mariage s-ortirent
deux enfansmâles, Pons &
Vvolf second du nom. Pons
l'aisnésuivit Conrad, Roy
de Bourgogne & d'Arles, &
, pour lesgrands services qu'il
rendit contre les Sarrasins,
qui avoient usurpé la meil-
'.eLHC partie de la Provence, il
é4 »
receut de la liberalité deConrad
, laVille de Marseille en
Vicomte, dontluy &sesDescendansjoüissoient
souverainement,
puis qu'ils se qualifioient
,par la grace de 'VÙ'u
Vicomte de Marseilleà quoy il
ajoûta la Baronnie d'Olieres,
Trets, Pourcioux, mIlnet)
Roucet-le Castelard
,
Toulon,
Yeres
,
Sixfourts
,
&
quantité d'autres Places,qui
furent au nombre de quatrevingt,
acquises ou par le don
des Princes, ou par la dot des
Femmes de leurs Descendans.
C'est de ce Pons que sont
issus les Seigneurs Barons
d'Olieres,quidepuisl'an 924.
ontpossedé la Ville de Marseille
jusques à Raymond
d'Agoult, qui la vendit aux
Recteurs, & ceux-cy la réunirentàla
Couronneen 1206.
Depuis ce premier Vicomte
jusqu'àM Joseph d'Agoult,
à presentBaron d'Olieres, &
encore Seigneur de quelquesunes
de ces Places, on justifie
qu'il y a eu plus de vingtdeux
generations,
Vvolf second du nom,
appelle autrement Agoultdu
Loup
,
Cadet de Pons, vint en
4
Provence peu de temps après
son Frere, avec Beroal de Saxe
son Cousin, qui se saisit
de la Savoye) qu'on nommoit
alors la Morienne, 6c
ce Vols II. prit la Terre de
Sault, érigée depuis en Comté
avec sa Vallée, de laquelle
il joüitaussi en toute Sou-
L
verainetéainsi qu'illuy fut
permis parl'Empereur Henry
II. qui en 1004. le créa
Maréchal du sacré Empire,
comme ilest justifié par la
donation en lettres d'orconservée
dans les Archivés de
»
Sault. A l'exemple deBeroal
qui quitta le nom de Saxe
pour prendre celuy de Comte
de Savoye
5
Vols fit bastir
Goult en cette Province , &
laissa le nom de Thriepour
prendre celuy d'Agoult que
tous ceux de ces deux branches
ont toûjours gardé. La-
Terre de Sault. qui n'estoitalors
que Baronnie fut érigée
en Comté parCharles IX..
en156 avec confirmation de
tous ses anciens privilèges..
Plusieurs Enfans de cette Famille,
pendant qu'ils estoient
Vicomtes de Marseille, ont
elle,, les uns Archevêsques
4
d'Aix & d'Arles les autres
Évesques de Marseille Sisteron)
Carpentras,& Abbez
deS.Victor) à laquelle Abbaye,&
à celle de Mont-major
d'Arles, ils ontdonné la
plus grande partie des Prieurez
qu'elles possedent. Le Pape
Goto,nommé Clement V.
estoit de cette Famille, qui
est la premiere en rang des
vingt-huit Illustres de Provence,
ausquelles le Roy René
donna des Sobriquets.
Nostra-Damus qui les rappHoorstep,
itmalairtqé&uebopnotuérdc'Aelgleo-uclyt.,
Elle a aussidonné un Grand-
Maistre de Malthe.
Le Mardy 9.dumois passé
tous les ReligieuxProfez de
l'Abbaye de Grandmont) qui
seuls encre tous ceux de cet
Ordre, ont droit d'élire leur
Abbé tk General, s'assemblerent
dans le Chapitre de cette
Abbaye au nombre de foixante-
neuf, avec une permis.
sion du Roy par écrit, & en
presence de M de Saint
Comtais,Intendant en Limosin,
& Commissaire de Sa
Majesté pour assister à cette
élection,qui se fit par scrutins
en moins de deux heures,
Henry de la Marche de
Jarnac,Religieux Prestre de
cette Abbaye,&Prieur titulaire
de Grandmont en Berce,
ayant eu cinquante-trois
suffrages, le Prieur de Grandmont)
President du Chapitre
,
le proclama aussi-tost
Abbé, Chef &: General de
tout l'Ordre.Jamais élection
n'a esté faite 11 paisiblement,
ny si generalement approuvée.
Le Roy y donna son
agrément le 22. du mesme
mois, par une Lettre qu'il fit
l'honneur d'écrire à tous les
Religieuxprofez de cette D Abbaye. Le 26. ce General
eut celuy de saluër Sa Majejesté
,
à laquelle il fut presenté
par MleMaréchal de
Humieres, dont il a l'avansage
d'estre parent. Le Roy
après luy avoirmarquéqu'il:
estoit fort satisfait & de sa
conduite & de son élection,
l'exhorta d'entretenir le bon
ordre parmy sesReligieux,&
se recommanda à ses prieres.,
Ce General est un homme
qui a beaucoup de merite de
pleté,de capacité,& de naissance.
Ilse sit Religieux à
, S
Grandmont en 1661&depuis
cetemps-là il a toujours
vescu avec une regularité
très-édisiante. En 1681. feu
Messire Alexandre Fremont
Abbé de Grandmont, iU General
,
qui mourut le 10. Juil
let dernier, l'établit Superieur
à Grandmont en Bercé,
& ce Prieuré estant demeuré
vacant deux ans après
,
le
mêmeAbbé ,
à qui pour
lors la collation en appartenoit,
l'en pourveut. Depuis
qu'il en est Prieur, il
a reparé les bastimens qui
tomboient en ruine,& a ramis
le bon ordre dans cette
Maison. Henry de la Marche
deJarnac, nouveau Général
est Fils de Claude de la Marche,
Seigneur de Jarnac &
deFins, Gentilhomme d'une
très- ancienne Noblesse de
Poitou, & de Françoîse
Chamborant Fille de feu Mr
de Claviere, & soeur de celuy
qui a esté Gouverneur de
Philisbourg. Ils vivent encorel'un
& l'autre, quoy
qu'il y ait soixante & trois
- ans qu'ilssoient mariez. Ils
ont eudix-neufEnfans,dont
il reste encore cinq Garçons •
<IL.
&cinqFilles. Le plus jeune
a trente-cinq ans. L'Aisné,
qu'on appelle la Baron de
Fins)aprèsavoirraiedix-huit
Campagnes, s'estretiré du
service) & a épouséuneNiece
de feu Mr de Sainte Mau,
xz> Gouverneur du Havre.
Il commanda aussi une Compagnie
de Noblesse dans le
dernier Ban qui en a esté fait.
Le sécond,quiest Chevalier
de Malthe, après avoirsait
ses Caravanes&servyVolontaire
dans les Armées du
Roy) fait sa séconde Campagne
dans le Baraillon de
Malthequiest dans la Morée.
au service des Venitiens) où
il sert d'Aidede Camp. Il y
en avoit un autre, aussi Chevalier
de Malthe,qui estant
allé en Candie avec lesOfficlers
Reformez,en attendant
qu'oneustéquipé uneGalere
dont Sa Majesté luy avoit
donné le commandement,
fut tué le mesme jour que
l'on perdit Mr de Beaufort.
Letroisiéme, quin'est point
encore marié, commença à
porter le Mousquet à l'âge
de dix ans) dans la Citadelle
de Marseille, fous feu Mrde
-
Tuignon son Oncle, qui 1 y
commandoit. Ilservitensuite
de Sous-Lieutenant,& de
Lieutenant d'Infanterie dans
le Regiment de Souches en
Flandre, & se trouva à l'attaque
d'Ardembourg où il
eut le bras cassé en deux endroits.)
dont il eil: encore estropié.
L'année suivante allant
rejoindre son Regiment
que l'on envoyoit en garnisondans
le fort de Schens,il
passaàMastric dans le temps
que l'onfaisoitl'ouverture de
la Tranchée.11la voulut voir
&. il y reccut un coup de
Mousiquer, dont la bale,aprés
luy avoir fracassé toute
la machoire, coula le long
du gosier dans l'estomac
?

elle est encore. Elle luy a fait
deuxplayes dont il ne guerira
jamais,une à la gorge, & l'autre
par le dedans de l'estomac.
Les deux autres Garçons
ont quitté le monde.
Il y en a un Abbé de Grandmont,
&: General de tout
l'Ordre, comme je viens de
le dire, & l'autre qui est Religieux
Profés dans cettemême
Abbaye, & fortdistingué
par son mérité, est presentement
Prieur de S. Hilaire
deGiandmont en Bercé.
Il y a quatre Filles Religieuses
de l'Ordre de Fontevraut,
& une cinquiéme mariée.
Cette Famille est fort estimée
?
& a des Alliances avec
la pluspart des grandes Maisons
du Royaume. J'ay oublié
de vous dire que l'Ordre
de S. Eitienne de Grandmont
est toutFrançois, & q,#"o,n
n'yreçoit aucun Etranger Il
y a quarante-deux Maisons
dans cet Ordre, trente-huit
d'Hommes, &: quatre de
Femmes. Les seuls Religieux
du Chef de l'Ordre, c'est à
dire, de la premiere Maison
de l'Ordre,élisent le General.
Le Roy nomme aux Prieurez
de toutes les Maifcns
,
à la
reserve des quatre premiers
qui vaquent aprésl'élection
du General. C'est à luy que
nomination en appartient.
Je vous envoye une Medaille
frapéedepuis peu de
temps. La face droite represente
le Prince Charles de
Lorraine,& le revers fait voir
que l'on a fait la Medaille à
l'occasiondes Conquestes de
Hongrie.
On écrit d'Aix en Provence
que la Mere Superieure
du Monastere de la Visitation
de Sainte Marie, ayant
receu avis de la mort de Madame
la Duchesse de Modene,
par Madame de Venel,
Sous-Gouvernante des Ensans
de France, elle & ses
Religieuses ont fait faire dans
leur Egliseun Service solemnel
, pour le repos de son
Ame, avec tout l'éclat que
l'onpeut donneràune pompe
funebre. Elles ont voulu
s'acquiter par là de ce qu'elles
doivent à la mémoire
d'une Princesse qui leur
a marqué son affection
par ses bien-faits
, tant en
divers dons, qu'en un Present
de plus de dix mille
écus qu'elle fit employer à
l'Autel de marbre, &à d'autres
ornemens de leurEglise.
Elle avoit fait plusieurs fois
retraite avec Madame sa
Mere dans leur Monastere,
d'où elle tira sept Religieuses
pour la fondation qu'elle
a faite dans Ta Ville de Modene
, qui est un établissement
digne de sa pieté & de
sa magnificence. Le Parlement
se trouva en Corps à
ce Service, aussi-bien que
Mrs du Chapitre de la Cathedrale
, & la Messe à laquelle
une excellente Musique
répondit
>
fut celebrée
par Mr l'Abbé de Barreme,
Conseiller au Parlement, &
Grand Vicaire de Mr l'Archevesqued'Aix
en son absence.
Le Choeur de l'Eglise,
la Nef & le frontispice du
Portail estoient tendus de
drap noir avec un lez de velours
tout autour, sur lequel
estoient des Ecussons aux
Armes de Modene,de Martinssi,
& de Mazarin. Il y
avoit une Representation
magnifique
, & une espece
de Mausolée couvert de veloursnoir
, avec quatre Ecussons
en broderie, d'or, &
au sommet on avoit posé un
Carreau de toile d'argent qui
supportoit une riche Couronne
Ducale, le tout cou-,
vert d'un Crespe trainant.
Madame de Venel avoit esté
Gouvernante de Madame la
DuchessedeModene.
J'ay à vous apprendre la
mort de Dame Marie-Marguerite
Gouffier deRoiianez>'
arrivée
arrivée le mois passé.Elle
estoit Religieusedel'Abbaye
de Malnouë
, & est
morte aux Filles- Dieu de
Paris. Son humilité estoit
telle,qu'elleluy a fait refuser
les plus belles Abbayes
du Royaume? qui luy ont
esté offertes.Vous ne ferez
pas surprise qu'on ait fort
souvent jetté les yeux sur
elle
, quand il en a vaqué
quelqu'une de considerable,
puis qu'outre que sa pieté
& sa vertu l'en rendoient
tres-digne,elle estoit Soeur
de feuë Madame la Duchesse
de la Feüilladede l'ancienne
Maison de Gouffier.Le rang
qu'elle tient parmy les plus
illustresde France, de la pluspart
desquelles je vous ay j
donné une assez exacte Genealogie
, m'engage à vous j
la faire connoistre.
En l'année 846. Charles le
Chauve, Empereur & Roy
de France, reconnut parLettres
patentes, qu'Egobart
Gouffier estoit descendu par j
masles des Gouffier
,
Ducs
Souverains d'Aquitaine. Il
eut un Fils de son mesme
nom, qui fut Pere de Bou- 1!
chart Gouffier
, Comte Palatin
deMeluin,&Maistre de la
Chambre duRoy,commeles
Lettres le portent,&de Gombaut
Gouffier
>
Archevesque
de Bordeaux. Yvon Gouiffer
Fils de Bouchart, & Frere de
Vallerand Gouffier, Comte
de Melun, estoit Sous - Camerier
du Roy. En 1033. il
épousaJudith
,
Fille du Vi-
-
comte de Chateaudun. Herbert
Gouffier
,
Fils d'Yvon,
& Frere d'Arsude Gouffier,
Comte deFoix, fut marié à
Berthe, Fille du Comte de
Melun. Guillaume Gouffier,
Fils d'Herbert, estant mort
en la Guerre de la Terre-
Sainte l'an 1146.laissaVoyon
Gouffier
)
qui fut premier
Chambellan du Roy, & Frere
d'AguerrandGouffier,Abbé
de S. VictordeParis, &
qui d'Alix Fille du Comte
de Perche, eut Barthelemy
Gouffier.Celuy-cy, qui estoit
Frere de Pierre Gouffier, Evesque
de Meaux, & de Hugues
Abbé de Marmoutier, ;
épousa Marie de Lusignan
en iigi. & il en eut Raoul
j Gouffier? qui épousa la Fille
de Jean' Trinquam, Prince - i
Souverain de Beziers &Robert
Gouffier, Evesque de
Nantes & Patriarche de Jerusalem.
Jean Gouffier Fils
de Raoulfutgrand Pannetier
deFrance&Pere dcgeoffroy
Gouffierqui en 1303. épousa
Blanche de Chargines, & de
Regnault Gouffier Abbé de
Saint Joüin.Jean GouffierII
du nom,Filsde Geoffroy? 8c
Frere de Thibaut Gouffier
Grand Maréchal de France,
& premier Ecuyer du Roy,
Frere aussi d'Yvon Gouffier
Chevalier de l'Ordre Teutonique,.&
de Madeleine GoufnerAbbesse
dePoissy épousa
Agathe de laJaille & fut
tueàlaBataille de Poitiers.
Emery Gouffierson Fils, premier
Chambellan du 'Roy
en 1411.eut pourFrere PhilippeGouffier
Chevalier de
la Toison d'or. Guillaume
Gouffier II.d u nom,Fils d'E--
mery, S de Boisy de Bonnivet,
&c. GrandChambellan
du Roy CharlesVII. & premier
Gentilhomme de la
Chambre» Gouverneur de
Languedoc Sénéchal de
Saintonge, épousa Loüise
d'Amboise Soeur de Geori
ges Cardinal, & il en eut
Pierre, tué à la Bataille de
Marignan, LoüiseReligieuse
à Poissy,& Madeleine mariée
à René leRoySdeChavigny.
Il prit une seconde Alliance
avec Philippe de
Montmorency
, Veuve de
Charles de Melun Srde Nantoüillet&
de ce mariage sortirent
Artus, qui épousa Heleine
d'Hongest Dame de
Magny Fille de Jacques Ôé
-
de Marie de Moüy Guillaume
Srde Bonnivet, Amiral
de France, Gouverneur de
Picardie & de Dauphiné, tué
,
à la Bataillede Pavie;Adrien,
qui en 1493. fut Evesque de
Coutance quoy qu'âgé seulement
de quatorze ans à
cause de sa haute naissance
ainsi que portent les Bulles
puis Evesque d'Albi, ensuite
Cardinal du titre de Sainte
Sabine , Legat à latere en
France, & Abbé de S. Nicolas
d'Angers & de Fécam;
Pierre, qui après le decés deson
Frere Aimar, fut Abbé
de Saint Denis & de Cluny;
Charlote
, Femme de René
de Cossé Srde Brissac Grand
Pannetier & grand Fauconjnier
de France, & Anne, mariée
à Raoul de VernonSr
de Montreüil -Bonin. Ce
Guillaume Gouffier fut Gouverneur
de Louis XI. & il
avoit tellement gagné les
bonnes graces du Roy Charles
VIIqu'il fut accusé de
s'estre fait aimer par magie,
Il fut remis dans les honneurs
& ses dignitez, par Lettres
du 3 Septembre 1467.Artus
Gouffier son aisné
,
fut Gouverneur
de François I. grand
Maistre & grandChambellan
de France, Bailly de Ver-

mandois & Gouverneur de
DDauph*iné r 1 ., , !mourut à Montpellier,
Plenipotentiaire pour
faire la Paix entie le Roy son
Maistre
, & Charles-Quint.
Guillaume de Croüy- Chevres,
negocioit pour ce dernier,
dont il avoitestéaussi
Gouverneur.Claude Gouffier
Fils d' Artus, & Frere
d'Helene Gouffier marice
en premieres Nopces à Loüis
de Vendosme, Prince de
Chabanois, Vidame de Chartres,
& en secondes à François
de Clermont, Sr de TravesJ
fut grand Ecuyer de
France ôc premier Duc de
4
,
Roüanez. Il mourut dansun
âge fortavancéaprèss'estre -
«ava~ce apres s ellre- mariécinq fois; la premiere
-avec Jacqueline de la Treinoüllle,
Dame deChateaurenard
,
dont il eut Claude,
Femme de Leonor de Chabot)
Comte deCgrand'
Ecuyer de France la seconde
àFrançoise de Bretagne
Fille de René, Comte de
Ponthicvre, & il en eut
qilbert) Duc de Roüanez,
fqéucioénpdoéusa Jeanne deCossé,
Fille du Maref-
• chal de Brissac? Artus mort sans^fterité,&Claude
tige des Comtes de Caravas;
la troisiéme à Marie de Gagnon
, Fille de Jean, Sr de
S. Bohaire, dont il eut Charles
, Chevalier de Malthe,
Loüis, qui fut Baron de S.
Loup,Paul Sire de Pousages
, & Claude mort sans
alliance ; la quatrième
3
à
Claude de Beaune. ,
Fille de
Jacques
,
Baron de Samblançay
, General des Finances
de FrançoisI.& la cinquième
avec Antoinette de la Tour-
Landry, Dame d'Honneur
de la Reyne Catherine de
Medicis,Fille de JeanCom-
,
-:;,."',
te de Châteauroux & d'Anne
Chabot. Loüis Gouffier,
Duc de Roüanez )
Fils de
Gilbert, fut Gouverneur de
Poitiers, & épousaClaude-
Eleonor de Lorraine, Dame
de Beaumesnil, Fille deCharles
de Lorraine I. du norn,
Pue d'Elbeuf.Ileutpour Eru
sans HenryGouffier,Marquis
deBoisy, qui mourut avant
son Pere, ayant estétué au
Combat de S. Iberquerque en
1639.LoüisGouffierEcclesiastique,
Artus
,
Marie Marguerite,
Femme d'André de
Chastillon Marquis dArgenton
,
de la Maison des
princes de Champagne
?
&
de Blois, &Charles Comte
de Gonnor qui mourut
en1671.laissant deMadelaine
d'Abesac, Fille de v~ abriel
Marquis de la Douzo,
Louis-Charles Leonor, Marquis
deCursé&LoüisChevalierde
Gonnor-Henry Gouffier,
Marquis de Boisy, épousa

Anne-Marie Hennequin
,
&
il en eut Artus II.Marguerite
Henriette, Abbesse de
la Trinité de Caën , & en
fuite de Beaulieu
>
prés de
Compiegne
, Marie - Marguerite,
R.?Ugi."ufe# de Malnoué
,& Charlote,àlaquelle
Artus son Frere
> cy-devant
Gouverneur de Poitou, s'étant
faitEcclesiastique,acédé
le Duché de Roüanez avec
tous ses autres biens. Elle fut
mariée le 2. Avril1667. 3
François d'Aubusson,Duc de
laFeuilladc
>
Paire & Marér
chai de France? & mourut
il y a quelques années.
Le 13. du mois passé
, jour
auquelon celebre la Feste de
Saint Amé,Archevefque de
Sens) il y eut en cette Villeta
une grande solemnité pour
la Reception d'une Relique
consîderable de ce Saine Prelat
,envoyée à l'Eglise de
Sens par Mrs les Doyen &
Chanoines de l'Eglise Collégiale
de S. Améde Douay en
Flandre) qui sont les dépositaires
de son Corps.M l'Archevesque
de Sens, pour marquer
son zele envers un
Saint dont il occupe le Siege,
ordonna une Procession generale
du Clergé Seculier &
Regulier, a laquelleassisterent
tous les Corps de la
Ville. La Relique y fut portée
, & ensuite on l'exposa
C
dans la Cathedrale à la ve-"
neration des Fidelles
,
aprés. *
quoy la Messe suc celebrée:
avec toutes les ceremonies
que l'on observe dans les
grandes Festes.
Je vous donne rarement
des uouvelles des Indes, mais
au moins je puis vous affeurer
que quand je vous en
envoye ?
elles sont toujours
cres-veritables, puisque je
prens soin de les copier
moy mesme sur l'original
des Lettres qui sont venues
de ce Pays-là. C'est ce que
j'ay encore fait par ces fragmens,
ausquels je ne change
rien. Ainsi vous ne devez
pointmettre ce qu'ils contiennent
au nombre de ces
nouvelles, qui à force de pasfer
de bouche en bouche)
sonttoutes défigurées.
LA Pondichery ce 20. Octobre 1686. ne Es Indes fo(nt plus les
Indes) &les chofesyfont
tellement changées
„ que les personnes
quiyfont t ont leplus
de connoissance &d'experience>
ont bien de la peine à se tirer
d'affaires.Von ne fiait de quel
cossêsetournerpour fairevaloir
Jon argent> Car les Voyages qui
donnoient autrefois cent pour
cent de profit
3
à peine aujourd'buy
en donnent - ils dix. Le
Roy de rperfe nesi pas curieux
comme l'efioient Jes Predecefficurs
3
& il nefonge quàgrossir
Jon tresor. Le Mogol cft oblige '-l'c' ; tantdedepense
3
que l'on peut
dire qu'il est pauvre avec tous
fies grands revenus. Ilfutmesme
tout ce qu'il peut pour persuader
a tout le monde qu'il a
un grandmy épri-s pour tout ce qui
fert a entretenir lte ltuxe.. Les
PrincessesEnfans &les grands
,de fion LmhitYfutevntjon exlemple
& n'ont pasajfe% de
bienpourfatisfiire leur curiosité.
Le Roy de Golconde ne Je foutient
qu'avec peine
> & n'est
pas peu embarrassé a trouver de
frargent pour fournir au grand
Tribut que le Adogol exige de
luy
>
& pour vous marquer que
et que je vous dis approche ajfe%
delavérité, cesique le jeunr
Tavernier & Zacaratjui ne
manquent nyd'adressenyd'intrigues
j nontjamaispu vendre
les belles pieces de fouaillerie
qu'ilsavoient apportées avec,
eux. Ils les ont montrées dans
toutes les Cours de tOrient>1
chacun les a admirées
y
maii:
pour le prix'
,
ilsriont jamais
pu en trouver un qui appmchaft
Je leurs esperances.
Vous aurek veu dans queU-
^ues-unes de mes precedentes,"
<lfue leMogplavoitfiait dffieger
la Ville de Vifiapourparun des
PrincesCesFils
, & qu'ilavoit
eslé obliged'en lever le Siege.
Cet Empereur la envoyé afFegerpourlaJeconde
fois.Ily efl
q;enu ertpersonne
> & a enfin
obligé le Rjoy de Vifiapour3 jeune
Prince de dix-huit ou vingt
ans qui syefloit enfermé) de
luy rendre cette Capitale deJes
Etats, a compojition. Il est entre
lesmains du Mogol qui le traite
,à ce
,
qu'on dit
>
assez bien.
La prije de Vifiapour a donné
fin au Royaume du mesme nom
qui a fleury pendant deux ou
trois Siecles
> & qui efloit encore
ily a quinze ou njingt ans
redoutable a Jes Voi(ins. Il est
connu dans plusieurs Jutbeurs
fousle nom du Royaume de Bif
nagar. Le Mogol après cette
txpedition smis en marche;
l'oncroit que cefl pour rvenir à
Golconde. Le Roy n'y sçauroit
tenir s'il eflattaqué3 il acceptera
toutes les conditions que l'on.
voudraluyprescrire
3&la cofte
de Coromandel estant de la dépendance
de ces deux Royaumes
de Vifiapour&deGolconde,
le AfogolJe rendra Maigre de
tout,sice Prince conduit luymesme
Jon Armée. Sommagy
Raya qui avoit succedé au fa»
meux Sivagy Jon Pere
> a esté
tué par une conspiration des
principauxde Jes Sujets. D'autresdijentque
Fa efté par un de
ses Officiers qui avouluJeranger
de quelque galanterie que ce
\Princeavoit avec sa femme.,
Ram Raia Frere du dernier mOït) a cfetee//rvle/ au TT/r1onc, &,
sommeilefi fort jeune<&fhns
experience
> on craint bien que
le Aîogol m le chajje de Jes
Etats.
Le bruit court que les Hollan--
dois font fort inquietez dans
rifle deJavaquun certain
Fugitifde Bataviay a ajJnnb/é
quatre ou cinq mille hommes a-
'Vec Icfquels il fait de grands
desordres. Von ajoute que le
Conseil de cette Compagnie
ayant envoyé une Ambajjade
m Mataram.) qui se nomme
Empereur de l'Ijlelie Java).
quoy qu'il foit depuis quelques
années tributaire de la Compa
gnit
<
gnir Hollàndoise j lafj.vdeur
qui éjhit dansfin Palais
avec76.EuropéensJ ayant apperçeu
le Fugitifdontje viens de
vous,parler l'ayant voulu
arrest-er,cci homme qut estoit bien
suivy
j £r qui avoit preveti
le coup,fit main-baffèsur ïAm+
baffadeur &sursafuite. Vous
aurez déja eslé informe que les
Hollandois s'estoient.emparez de
la Ville de MafÙlipatan. Ils
avoient de grandes prétentions
cçntre le Roy de Golconde ;mais
»l'oni ej$eétonne quils se font
toutàcoup accommode%moyen-
'napt six-vingtj^ilie parede?,
ou (lx cens cinquante mme livres
payablesencinq, uns. L'on
croitque leJoulevement arrivé
en 1*1(le defoevajes a contraints.
de foiijcrire, a cetaccommode-
¡3::.::f!.:- 11fÚsnfeinleduer pcoppuvasoiarvardâ,- nfinir de Ur't., :c'', forces3qui auraienttyJ
c
-
u, ,..! 1 ¡, ~'I' L- ¡." J ..ci
ç cela tropùfpcfi-cs.
1 ':. ,-,,, JI v" l- l' i.:~: ~,
1 .,
"l,
,,/,.
Î
-.,- t : Jv 'vous ï.:'¡¡';!"",.>' par el.. Li - t.'i,J
"1 -./
.;.:
1.
;. .;J,v J .,.t_.;;: tre C. jo.ï-bt.n:bïc deftiu ;i'"
qut les ./însjoisuvoierj envoyé
J :/ .J ./-4:t.. LI/J v i"J. l ;1' \; ! 7. -r ~~--" desN.tvins cmc:? 1" ijucnt
C~ 1"- t..
o.' (.,. '-; i.. '.:' J..J. ,.. l '1 a Bengxl: pourtir.: f : sjf.'.f"r\i.
v.. bCo&< ) -j t ,.. desavarJesgne LsOr;::ersdu
j ,,-,,"i..J l,. -.: '--, tr~J 1., 'd'')'
1 jj
:i1Æ 1 jMlogpl ontsa,;t.es \, :' a !:[;, ( C':j.-:;'';,.
L)
T .,' ,/ -, ..-. znte. Nom n'.avons l'1;¿ ôtcv /ûv> ( O J
voir JUurefent quelfiucces
a eu cette expedition
j noua- a.-
vonsjcxlement apprisqu'ils ont
J}luficurs resa parmylefiquelsily en a quatre
Ji;60. a 76, piecesde Canon; que
leur Milice monte a douze ou
quinzecens hommes;qu'ilsont
battules Adores en une rencon- :.H .!.lt. t Ii- 'Jot/'
àf °,r"' lrar /-:jfcin cfl de
fr\.:i-f:rî~t'. l' r ri" J,¡r-.'>¡ "",r..p
:•
l' ijicIVs oit ce 'k
,.", ", .,..
Ù; r, !',;'. i?, :.1. à: ?orqui f:ntd.-.ns a y.
L'.y¡ .,- ~,:.. ).. t" 1.< Vj'-n nevs t,"~ ,'.: Sf'rate OAl-
, .., '1' r',. ,
t
i: yiifloi's el; cfv^n>finis ,(f!! q f 'B ; L civoientfie retirer à om-
; 1 ,
, ",,'" ," b,,!y:q;îc leurd1h1r,,-;-a,.r.:t"i'c1-n. ^{ Il,.y.t.1
A /: Apparenceque c'a elle pour ne ¡[LJ J --
r
je pas expoferaux injultes qu'on
auroit pu leur faire à cause de
la gùerre qu'ils jonta Berlgale. - Ils ont publié qu'ils ne je reti-.
rôientque pour je parer des m-*
juflicesque le Gouverneur leur
j'difiit tous les jours
>
&qu'ils
H)ouloientjatisjaire leurs Créanciers.
Il apasédepuisunmois a paje depuis un mois &
demy'parPondicberyunPilote
& tro_Matelots Anglots> qui
nous ont dit qu'ils aboientejle
pris a la Baye de Saint Auguflin(i
d ÏOueji de Madagajcar
3
par'
unCorjairéFrançoisqui a-ioîtdsja
pris un Navire HoIIandois
; ouils s'cfloient battus contre
ce Corfiire
3
& que leur Capitaine&
quelques autres Olfciers
a-voienteflé tuez. ;Qu'il a-
'uoitenfuite eslécourir la cosse
d'Arabie(^jf la cosse de Malabar3
ou il leur avoitdonné une
Chaloupe avec laquelle ils aiioient
gdgné Ceylan
; & er¡- oDJv fuite la cosse de Corcmandel.
Leur Navire appartenoit à des
tlvlarcl','!nds des Barbades
j a ilsvenoient a Madagascarpour
y traiter des Noirs. Von croit ,que ce Corfiire a armé a Saint
Domingue>&quefonéquipage
,
cft de Fnjbufliers de
diverses
Abùj:is r~J~--. Deuxautres
C .r:;. 7:
,
Çorser.s 'f:rl'el.:.;. r J\I-.),' la .U7l,¿-r,(..'
•/<•'7e3OHilst)\rtr/tci vr>CiH
U l '
'l' ¡; , .,. f
(1 -, .,ô':~' 'l" ,;;,. 0,sdernur eut? Unîts
J 1î JKelvinsde (',; 3
fyrchux J ! ,-. 1,.J L:.. ; , ., r:) ;, ( (" ,1. j r 1 dejfjHtiS 1 5 trouvercmJ qa-aire
1.,. 1J,' i..y"" vL..)\. '1.1- ')'J'Lit 1""
cens milleaus en argent en
marchandises. Ce!a a
jette la
terreur parmylesMarchands
decette riche Vdle,) £7 fort allarme
les OiffciersduÀfogol
qui Retendaient rendre les trois
Nations3 Françoije
>
Anvloife,
(jrHollandoije
, oui ont leur
Loge a Surate
3
rej a-'[:tbles de"
cCets prises. Onanjoitjaïicourir
sp.
Onav,,,it p(t', courir
(t bruit que ces derniers Pirdtts
ejioient Ànvlois
3
mais un Hollandais
qui passa ily a quelques
ywrs tcy3 nous dit qu'ilsejioient
Danois.
Les pluyes ont manque depuis
deux ans en ces quartiers,
tcia cause une telle farninr,
que je ne croy pas que l'HiJloire
fassimention d'unepareille.L'on
pretend qu'il est mort depuis Gol-
-
condajujques icy plus de la nIoifié
des Peuples. Madras qui appartient
aux Anglois3 &qui c/l
à trois journées msNord de ce
Comptoir.)estoit la Ville la plus
ftarifFtntt & la plus nombrcufc
• en Habitans de cette cofte; elle
ejtaprejentprejque deJerte. L'on
nous a écrit qu'ily avoit des
jours où il efloit marinentçin-.
quant?. personnes*.Lgj I?eres.&.-
lesMertsont-venda^ leurs Erzsanspresque,
pour rien plufo
- s ont ach
fleurs personnes ach,c-ppttée' ddee-ss
EJclaves pourun Ecu. Ce quil
yadeplus fâcheux,cfl.quenous
ne pouvons, ejperer de plnjts
que l'Hiver prochainv
- Ilme feroitdifficile de
vous_ exprimer combien les
nouveaux Convertis se fortiricnc
tous les jours dans la
nouvelle croyance qu'ils ont
embrassée. On dévoie estre
perluade que cela arrivèrent
à ceux qui voudroient écouter,
puis qu'il n'y a que l'obstination
à fermer l'oreille,
8c les yeux à la vérité
,
qui
empesche de la découvrir.
Les nouveaux Réunis de la
Ville de Niort en Poitou »
ont écouté,&ils ont crut
& cela fait voir qu'onne peut
entendre parler la véritésans
la reconnoistre. Ils estoient
au nombre de quatre mille,
qui doivent au Roy: & au
»Pere le Blanc, Cordelier de
la Provincede Touraine, les
lumières qu'ils ont receucs.
-
Ils ont fait cannoistre par un
Placer à Mr l'Archevesque
deParis, qu'ils avoient este
édifiez delàconduite de ce
Pere; & instruits par ses Sermons
pendant l'Avent & le
Caresme dernier; ce qui les
engageoit à le supplier d'obtenirduRoyqu'ilretournast
auprèsd'eux,afin que dansles
principales Festesde l'année
, il achevast de leur découvrir
le veritable sens de
l'Ecriture-Sainte,& des Misteres
sacrez, & qu'en leur et
lp'Eligqluiasen,t les ceremonies de
& de l'Office divin
ii
t
ilpuft les porter à la pénitence
& a la sanctification des
iroeurs,&donner à leurs consciences
le reposqu'ilscherchent.
M Augier de la Teraudiere
leur a dressécePlacet,
& a elle député icy pour
en solliciter la réponse. C'est
un homme d'un mérité distingué
,
dontje vous ay parlé
dans plusieurs de mesLettres)
& qui a déjà esté quatre fois
Maire de la Ville de Niort.
Sa pieté est sincere, & son
zele desinteressé, ce qu'il a
fait connoistre dans le temps
des Convergions, ayant travaille
à celles de près de vingt
mille personnes. Comme le
Roy ne cherche que le salut
desamesde sesSujets,&qu'il
ne luy importe par qui ils
recoivent les lumieres dont
iillssoonnttbbeessooiinn,, ce Monarque, C~ Monar~ue, aaccordéàces heureux Réunis
, le Pere qu'ils luyont fait
demander, & parce qu'estant
Vicaire de son Ordre au
grand Convent de Paris, cet
Employ sembloit l'y devoir J arrester 1 , Sa Majesté a ordonnéqu'on
luy en conservast lec
droits & les privilèges, pendant
qu'un autre en feroit les
rfonctions,
n'estant pas juste
que dans letemps qu'il ferviroit
le public, il fust destitué
ï d'unhonneur qu'il s'estateir
ré par son merite,
Jevousay promisle clétail
de ce qui s'est passé icy pçtl,
dant le sejour que lesrEn*
voyez de Tripoli y Qntfait,
&je n'ay garde de manquer
à ma parole
,
puis qu'on no
voit point d'évenemens pareils
fous les Régnésprece-
,
dens.Je ne vous repete point
ceque.Mr le Maréchal d'Enées
fit il y adeux ans 0cvant
Tunis.Je vous diray feule..
ment, qu'en consequence du
Traité qui y fut conclue le
Dey, Divan? & Milice de
Tripoli,ont envoyé deuxdes
principauxd'encreeux,nommez
Halil-Ag, Lieutenant duBacha,&AgaOffieiex*
le Marine, pour - VSI^L
- offrir sa Roy snjmaatl-ËC
-
ofrirauRoy,r-nAmanrie
nom deces trois deleur Estar, des Animaux
desplus curieux dekurPays, -
&marquer par là àSaMa^e-c
esté leurparfaite soûmission.
Ces Envoyez arrivèrent à
ToulondMaydernier; (
&y débarquerent avec huit
personnes de leur suite, &
Chelibi Halil, Fils du premier
Envoyé. Les Animaux
qu'ils amenoient, estoient
deux Dromadaires, six Chevaux,
& des Autruches. Il y
en avoit encore dedifferentes
Cf-S).& fortextraordinaires
Ces Envoyez furent
receusàToulon delapart du
Roy parMdeVauvré,Intendant
delaMarine, & défrayerauxdépens
de SaM esté a- qu'iplesnydsaenjotqurunaernatnte jours ,pour
se
reposer,&donnertempsà
& xi» -
ces Animaux de le réta blir,
parce qu'ils avoient beaucoup
souffert sur la Mer. Ce long
sejour leur laissa le temps de
voir le Port,les Vaisseaux du
Roy, les Arcenaux
>
& après
avoir consideré l'ordre merveilleux
avec lequel tout s'y
, execute, ilsdirent que chacun
s'y appliquoiten particulier,
,. comme siln'avoitpointd'autre
intention que celle d'employer
tout sontemps& touteson industrie
pour leservice du plus grand du meilleur Ad'aiflre ,',
dumonde. Quelque bontraitement
qu'on leur pust faire
pendant ces quarante jours,
ils leur parurent fort longs,
par l'impatience qu'ils avoient
de voir Il gran Pape, (c'estainsi qu'ils nommoient
le Roy) estantprévenus, disoient-
ils, qu'ils ne verroient
rien de si beau dans leur
Voyage. Ils partirent enfin
par ordre de la Cour, accompagnez
de Mr Magny,Officier
deSaMajesté, employé
dans la Marine au Département
de Toulon, qui fut
nommé pour les conduire, &
du Sr Antonio Boyer,Mal-
-t4ois) qui leur devoit servir
d'Interprete dans laroute. Ils
passerent à Aix en Provence,
,
où ilsfurentvisitez desprincipaux
Officiers du Parlement,
& d'une grande partie des
Personnes de qualité de cette
- Villelà. Ils receurent les
mesmes honneurs dans les
principales Villes de leurpassage,
& sur tout à Montelimart,
à Valence,& à Lion.Ils
sejournerent plusieurs jours
dans cette derniere Ville,tant
pour satisfaire leur curiosité,
& en voir les beautez que
pour donner lieu à leur équipage
de se rafraîchir. On
marquaaussibeaucoup d'empressement
de les voirà Châlons
sur Saone &à Auxerre,
& l'accueil qu'on leur,fit
dans tous les lieux de leur
route, leur fit dire quec'estoit
un heureux pronostic
de la bonne reception que
que le Roy leur feroit. Le 11. d'Aoust ils arriverent à Charenton,
d'où M Magnyparàtit
pour aller rendre compte Mrde Seignelay de ce qui
s'estoit passé. CeMinistre le
fit retourner auprès des Envoyez
? pour y attendre les
ordres du Roy. Ils y demeurerent
treize jours, pendant
lesquels plusieurs personnes
de qualité de Paris les allerent
voir. Le 22. Mr Magny
receutordre de les conduire
à Versailles. Il les y mena le
lendemain, & le jour suivantMde
Seignelay les presenta
à Sa Majesté
?
dans le
temps qu'Elle sortoit de la
Messe. Le premier Envoyé
fit son Compliment en Langue
Turque, & Mr Dipy l'interpretaen
ces termes. Grand
Monarque de la Terre. Les En-
'L'o)'tZ' du Uei
,
Divan, ë"'
Milice deTripolyviennent pour
iprefenter à Vostre MAjesté, des
Chevaux;des Dromadaires,&
d'autres Animaux de leur Pays,
comme un
hommage,&un tribut
qu'ils offrentà VostreMa- ijessé>ils s'en retourneront
tres-contens de l'honneur qu'ils
ont eu d'avoir paru devant le
3
plus grand Roy du monde.
«u * L'accueil qu'ils reccurent
de ce grand Monarque, leur
rfit connoistre qu'ilestoit
content des marques - qu'ils
• luy donnoient de leurs soûmissions,&
de leurs respects.
SaMajesté vit ensuite les
VAnimaux qu'ils avoient ameeneezz,.
Un More ââfgYéé de 1188':,..
ans d'une taille extraordinaire
par sa hauteur, & par
sa grosseur, monta sur un
Dromadaire enharnaché à la
mode du Pays, & ille fit galoper
de route sa forceautour
de la Court. Aprés cette Cavalcade
qui donna quelque
plaisirau Roy &à tous ceux
qui estoient presens,ce Negre
descendit de son Dromadaire
, & comme il avoit remarqué
dans Sa Majesté cet air
engageant qui luy attire tous
les coeurs,ilcrut que s'il prenoit
la liberté deluy baiier
la main, ce Prince auroit la
bonté d'excuser sa hardiesse.
Il eut cet honneur , & baisa
ensuite la main de Monseigneur
le Dauphin,& de Monseigneur
le Duc de Bourgogne
,
aussi-bien que celle de
tous les Princes & Seigneurs,
qui avoient l'Ordre du Saint
Esprit, dans la pensée qu'il
eut que ceux qui avoient un
Cordon bleu, devoient estre
les premieres personnes de la
.Cour. Le Roy estant rentré,
ces Envoyez se retirerent,
creemMpolinsadr'qaudem,&ircaotimonblepzoduer
ses bontez, & du bon accueil
de toute la Cour. Ils revinrent
deux jours aprés à Paris
pour y recevoir les Ordres
du Roy, & y voir toutes les
choses qui font remarquer
sa grandeur & sa puissance,
ainsi que le genie,& l'adresse
des François. Mrs Dipy, &
Magny prirent le foin de leur
montrer tout ce qu'il y, a de
plus curieux dans cette Capitale
du Royaume,& ils
le prirent d'une maniere qui
fit connoistre leur zele pour
la gloire de Sa Majesté, &c
pour celle delaFrance. Ils
7 les
- 4
lesmenerentauLouvre,oui
ces Envoyez virent les Appartemens
anciens ,
& nouveaux
, le Cabinet des Peintures,&
la Galerie d'Apollon.
Je ne vous décris point
tous ces lieux-là, pour ne
vous rien repeter,decequi
est dans mesquatre Volumes
de l'Ambassade de Siam en :
France. Ils passerent ensuite
dans la Galerie basse duLouvre
où le Roy loge les plus
illustres de chaque Art, &
ilsentrerent chez Mr Turet,
fameux dans toute l'Europe
pour la bonté desesPendules.
Ils en examinerent un grand
nombre,& le plaisit qu'ils
prisent à entendre parler cet
Illustre, fut cause, qu'ils demeurerent
chez luy pendant
plus d'une heure. Ils montèrent
ensuite dans la Galerie
haute , dont la longueur les
surprit d'autant plus, que
l'oeil n'en peut découvrirle
bout. Ils entrerent de là
dans les grands Appartemens
du Chasteau des Thuileries»
que je vous ay déja décrit>'
& de là dans la Salle des
Machines, ou les Balconsj
Galeries, & Plafons dorez,
après ce qu'ils avoient vû
dans l'un & l'autre Chasteau,
les surprit de telle sorte,
qu'ils dirent que l'or devoit
estreenFrance le plus commun de
tous lesMétaux.Ils direntaussi
qu'après tout ce qu'ilsavoient
rvú
,
ils estoient persuadez que
le Roy n'avoit qu'à souhaiter
une chose pour lavoir aussi tost
executée;&ils ajoûterent,
que la douceur &l'airaffable
de ce grandMonarque meritoient
l'Empire de toute la Terre. Au sortir des Thuileries ils
allerentà l'AcademieRoyale
de Peinture, & de Sculpture,
où ils furent reçus par Mrle
Hongre, fameux Sculpteur,
qui faisoit alors la fonction
de Recteur de cette Academie.
Il seroit impossible de
vous marquer icy tout ce
qu'ils dirent à l'avantage du
Roy & de la Nation. Ils
examinèrent tous les Ouvrages
de Peinture, & de Sculpture
les uns après les autres
& dirent ensuite nei
doutoient point quetout ne
possible aux François
,
hors /a
secret de ne point mourir.Ils
virent encore ce jour-làla
Place des Victoires, & ils fo
firent expliquer toutes les
Inscriptions,&les Bas-reliefs,
& furent surprisd'apprendre
la jonction des deux Mers
dont ilsn'avoient point encore
entendu parler, ce qui
!les jetta dans un étonnement
inconcevable. Ils donnerent
de grandes louanges àMr de
la Feùillade, & dirent à Mr
Dipy, qui leurservoit d'Interprete,
Qu'il ny avoit que LOVIS LE GRAND qui
pust véritablementfaire lesujet
de leuradmiration,& ternirpar
ses hauts faits la memoire du
premier Alexandre, voulant
faire entendre par là que le
Roy estoit le second. Lors
qu'ils furent à l'Hostel Royal
des Invalides, ils admirerent
l'ordre que l'on y observe
pour les Soldats blessez
au service de Sa Majesté
>
& le foin qu'ils virent que
l'on y prend pour su bvenir
à tous
leurs
besoins
,
leur fit
dire en propres termes, Que
le Roy meritoit que tous ses Sujets
sans balancer
,
fissent en
tout rencontre un Sacrifice de
leurs personnespour Sa Majesté
Ils dirent à l'Hostel Royal
des Manufactures des Gobelins,
que lagrandeur du Roy
paroissoit par tout, & que rien
n'estoit impossibleaugenie,&
à l'adresse des François: Ils admirerent
le Dôme du V al de
Grace, & dirent de l'Observatoirc
, que l'esprit des François,&
leur dessein de se persectionner
,
les portoient aux
choses lesplus élevées.Ils ont vû la Comedie, & l'Opéra
avec un fort grand plaisir,
& ont dit que ces Spectacles
paroissoient plûtostun enchante-
J., ment qu'nneffetdel'imagination
des Hommes. J'estois
à l'Opéra avec eux, Ôc en
les entretenant , j'eus le
plaisir deremarquer leur
surprise. Ilsme dirent que
s'ils estoient dans une Place
extrêmement fortifiée,& dont
les Remparts fussentgarnis de
tout le Canon necessairepoursa
deffense,ilsseroient seurs de
faire toute la resistancequ'on
pourroit attendre d'eux; mais
que s'ils estoient attaquez par
tous ceux quicomposoient l'Opera,
avec le mesme équipage,
&lesmesmes charmes
,
ils ne
se deffendroientpoint, & auroient
au contraire beaucoup de
plaisirà se rendre. Ils ontesté.
à Sceaux voir la Maison de
Mrle Marquis de Seignelay,
où quoy qu'ils n'y fussent
point attendus, & que par
consequent il n'y eust point
d'ordre de les regaler,
les Officiers de ce Marquis
ne laisserent pas de le faire.
Ils connoissoient l'humeur
magnifiquede leur Maistre,
sur tout à l'égard desEtrangers,
& ils crurent en devoir
user de cettesorte.Je ne vous
dis point les loüanges qu'ils
donnerent aux Eaux de cette
belle Maison ; vouspouvez
vous l'imaginer par la description
que je vous en ay donnée,
Le5 SeptembreMr Magny
ayant eu ordre de se rendre
le lendemain à la Cour
avec ces Envoyez,ils partirent
le 6. de Paris, & passerent
par Saint Cloud, pour
y voir le Jardin de Monsieur.
Mademoiselle qui y
estoit alors, leur fit l'honneur
de les recevoir, & de les
faire conduire par les Officiers
de son AltesseRoyale,
dans. tous les endroits qu'elle
jugea dignes de leur curiosité.
On fit joüer toutes les
Eaux, & ils retournerent à ---t
Versailles charmez des honnestetez
de la Princesse, &
de ce qu'ils avoient vu.
Le jour suivant,ils firent demander
à SaMajesté la permillion
de la voir dîner, &
de visiter toutes les beautez
de Versailles, tant dedans que
dehors le Chasteau; ce qui
leur fut accordé. Ils commencèrent
par cc qu'ils souhaitoient
le plus, & virent
dîner le Roy, Ils regardèrent
avec une application extraordinaire
,tout ce qui se passa
pendant le dîner, &firent
de profondes reverences toutes
les fois que le Roy, Monseigneur,
& Madame la Dauphine
burent mais seulementaprèsqu'ils
eurent bû,
Je ne vous dis point l'étonnement
que leuracausé tout
ce qu'ils ont vû à Versailles,
pbuleis qu'il me seroit imposside
vous l'exprimera que
vous pouvez vous imaginerles
surprises que doivent causer
les beautez de ce Château.
Avant qu'ils en partirent;
Mr de Seignelay leur donna
à chacun de la part du Roy,
une chaisne d'or, & une Médaille
avec le Portrait de Sa
Majesté. Onfit aussi des gratifications
aux Officiers, &
aux Domestiques de la suite
des Envoyez,proportionnées
àce qu'ilsestoient. Ilsrevinrent
à Paris le 18. & le lendemain
ils écrivirent à M de
Seignelay la Lettre suivante,
pour le remercier des bons
offices qu'il leur avoit rendus
auprès de Sa Majesté.
ILLVSTRISSIME SEIGNEFJL,
b.
Dieuveuille par sa puissance
Juprêmeconfirmer l'Empereur
b
des François.) celuy qui par sa
7 r - valeur impériale, Jes forces inr
vincibles
3 &ses trejorsinépui-
(ables.) fait trembler toute l'Eurapt.)
quand il luy plaist) &qui
par sa glcrieufeprotection peut
faire le bonheur de tous les Etats
ses voisins
j
qui feront des amis
de Sa Majesté. Mousfçavons
bien que noussommes redevables
au Dieu tres-tyaut, dr à nojhe
Protefleurauprès de luy de tout
ce qui nous arrive> aussi nous
nignorons pas> illufriffime Seigneur>
les obligations que nous
vous avons des bons offices que
vous avez rendus à nojbre Patrie>
& a nous en particulier
> auprès du Roy
?
dont nous vous
ajfeurons que nous ne perdrons^'
« 4
jamais le souvenir. La grâce
que Sa Majefié a faite à Assies
HIJalit mon Fils3 de le gratifier
de sa Médaillé enrichied'une
cbaifhed'or3ejl une autre faveur
que vous luy zvez, procurée3dont
nous vous remercions encore,
ainji qne de ce que\noflreSecrétaire
CmnosServiteurs ont receu
par voflre ordre du Sieur
Mazny. Nous vous Jupplions>
injlamment
3
IlluflriJJîme Seigneur
3 en nous continuant
voflre appuyauprès du Roy3
d'obtenir de Sa Majeflé la liberté
de six Turcs esclaves dans
sesGaleres3que nous luyavons
demande% depuis long temps3&-
de nous faireJçavoir la volonté
de Sa Majeflé à Toulon, par M1,
fOrt Intendant de
,
la Marine.
Apres cela nous irons rendre témoignage
au Dey,TDivan
j &
Milice de Tripoli
j
de l'abondance
des grâces dont leplus
grand & le plus puissànt Monarque
du monde nous a homre%
j & des assistancesJ &proteSlion
que vous nous avez accordées
auprès de Sa Majejlé>
pour laquelle nous &les noflres
Jerons toujours remplis d'une1,
grande admiration,* de tresprofondsrejpefls&
JbûmiJJtonSc
, 4
LesEnvoyez de Tripoli,
KHLILAGA.
HEISER AGA.
Depuis le 19. jusqu'au 24.
qu'ils demeurerent à Paris,
ils acheterent plusieurs choses
qu'ils n'ont pas en leur
Pays,& qu'ils ont trouvé estre
d'un usage fort commode.
Ils partireDnt accompagnez de
Mr Magny&duSAntonio
Boyer Interprete -
, pour se
rendre à Toulon,&s'y embarquer
sur un desVaisseaux
du Roy, qui les doit conduire
à Tripoli,où ils ne manqueront
pas de rendre compte
de l'heureux succés de leur
Voyage,q «ton-ri V ènv
Quoy qu'aucune affaire n'ait
fait tant de bruit depuis fort
long-temps,que celle du Docteur
Michel Molinos, je ne
croy pas vousen devoir dire
beaucoup de choses. Il y a
des Seules si ridicules, que
l'on n'y doit faire reflexion
que pour en rire, & pour en
détester les Auteurs.Le nombre
de ces Sectes a esté. si
rànd
,
qu'on rempliroit un
volume de leur seuldénomrement.
Cependant on a
ublié jusqu'au nom de la
pluspart. La manière de vivre
de Molinos pendant un
grand nombre d'années,nous
fait connoistre que c'estoit
unhomme fort sensuel &
fort addonné aux Femmes. Il
estoit Prestre, & son caractere
ne luy fournissoit pas les
occasions de contenter ses
desirs
>
qu'ont les personnes
du monde. Il faut faire
de la dépense& employer de
grands soins
pour se faire aimen
& quand on pourroit en
,,
venir à bout il n'est pas toûjoursaisé
d'obtenir des Femmes
ce quon en souhaite.
Molinos en vouloit à tout le
Sexe, & sa convoitise le rendoitsemblableau
D. Juan de i
la Comedie duFestinde Pier-,
re, maisiln'en pouvoitjoiier 1
le personnage publiquement;
« & il voyoit bien que de la j
ptofession dont il estoit? il ne;
le pouvoir jouer heureufe-,
- ment en particulier.C'eftj
ce quiluy fitprendrele:
dessein de se faire Auteur]
d'une sfâe qu'il n'a inven..,, -1 tee,quepour trouvermoyeai ~daccorderàsontempera-**
menttout ce qu'il luy dc-,
mandoit,& pouravoir, ncrai
seulement de l'argent en abondance
,
mais toutes le:
choses necessaires à la vie.
sans qu'il eustbesoin de les
acheter. Il sçavoit que la liberalité
est attachée aux
Femmes devotes
,
sur tout
lors qu'elles sont persuadées
que ce qu'elles donnent doit
estre employé pour leur falut,
ou pour soulager celuy
qui travaille à les faire entrer
dans la voye de perfection.
Molinos mittous ses foins à -
s'en acquérir beaucoup de ce
caradere,&à se faireestimer
des gens de bien., par tous les
dehors trompeurs qui peuvent
faire croire de la vertu
dans ceux qui sçaventdissimuler
aussi adroitement qu'il
faisoit
,
se tenant certain que
lors qu'on s'est une fois acquis
de la réputation par ces
fausses apparences , il n'est
point d'impietez que l'on ne
puisse commettre impunément.
Toutes choses ayant
esté ainsiprélil commença
à insinuer ses dogmes
pernicieux à les Devotes. Ils
avoient pour fondement,
qu'il faut s'anéantir pour s'unir
à Dieu, & demeurer en- •

fuite en repos comme un
corps mort. Sur ce principe,
il pretendoit que ce premier
acte négatif ayant annullé
toutes les puissances del'ame,
aucun acte positif n'estoit
méritoire, parce qu'il estoit
contraire à l'aneantissement
où l'on estoit ; mais en excluant
tout ce qu'il y a de
bonnes oeuvres, il donnoit
une ouverture entiere aux déreglemens
les plus criminels,
puis que l'ame n'y prenant
aucune part, pour ne point
sortir de son repos, demeuroit
toujours unie à Dieu,
sans s'inquieter de ceque faisoit
lecorps.C'est de là que
ses Sectateurs avoient1 nom de Quietistes. La nouveauté
se fait écouter ordinairement,
& comme
elle
attache pour peu qu'elle
plaise
, on y presteencore
l'oreille plus volontiers,Aussî
tous les Novateurs qui veulent
faire suivre leurs opinions,
proposent toujours
des choses beaucoup plus faciles
que ce que la véritable
Religion nousenseigne. Ces
opinions surprennent d'abord
,mais elles ne rebutent
point,
l'oint, & dans le temps même
qu'on les croit fausses, on
fouhaiteroit qu'ellesfussent
vrayes, tant on se sentdedis-
{>ofij:ionàles embrasser. Molinos
estant rout-à faitinsinuant,
n'a point doutéque
l'art qu'il avoit de persuader,
ne fist recevoir ses Dogmes.Il o
a d'abord proposé le plaisir
auquella nature nous porte
le plus;mais comme il n'auroit
pas reussi par là
,
il a
donné en mesme temps des
citons pour y faire voir de
l'innocence,de sorte qu'on
peut dire, qu'au lieu que dans
chaque Religionlemaldoit
estre severement défendu;
toute sa doctrinen'alloitqu'à
prouver qu'on se dévoitabandonner
sans reserve aux
appétits les plus sensuels, &
qu'il n'y avoit aucun crime a
faire ce qui nous estdéfendu
par les Loix& par l'Eglise,
Lafausse & apparente sainteté
de cet impie, les douces &~
attirantes amorces du plaisir,
la foiblesse de certaine
espritstrop credules, le peut
de sçavoir & la simplicité
de beaucou p de Femmes 5<3dj
enfinles insinuantes &enga
geantes manieresduDocteur,
échaufé d'une passion qui
donne du feu & de. L'esprit
pour persuader ont fait croire
à celles du Sexe qui se sont
trouvées les plus fragiles
quelesDogmes de ce Scelerat
estoient assez bien fondez
epsotuér estre suivis. S'ilsl'ont
par quelques hommes,
ce n'a esté que dans la veuë
qu'ils ont euë de pouvoir vivreavec
leurs Dévotes, comme
Molinos vivoit avec les
siennes. Ces commerces ont
duré, mesme parmy ceuxqui ont reconnu la fausseté des
opinions de leur Seducteur.
On ne doit pasenestre furpris
le plaisir ne lasse point,
la penitence est austere &
comme on ne peut abandonner
l'un sans estre obligé
d'embrasser l'autre, on a de
la peine à s'y resoudre.Je ne
vous dis rien de g^us> parce
qu'il n'est point permis d'entrer
dans aucune desproposissons
de ce faux Doreur.
Elle fontau nombre de ioixante-
huit, mais si ridicules,
si contraires au bon sens A
& tell ment hors de toutes
¡'!rat semblance, que quand
sa Religionnes'y opposeroit
pas? elles seroient rejettées
de ceuxqui voudroieutvivre
moralement bien. L'examen
r
en ayant esté fait,aprèsqu'on
eut découvert leserreurs per-
:-.nicîeufes qu'insinuoit Molirios
,il y eut un
né le Jeudy 28 Aoust
,
dans
la Congregarion générale de
l'InquisitionRomaine & universe
lle,tenuë dans le Palais
Apostolique du Mont Quirinal,
en presence de Sa Sainteté,
& de Mrs les Cardinaux,
Inquisiteurs généraux ,
députez
particulierement du
saint Siege, centre les Eiv
reurs de l' Heresie. Ce Decret
ayant esté donné en Langue
Larine , je vous en envoye
une Traductionlitterale.
Le devoirdela vigilance
7l/lpôflolique efiant ci)upr de rigueur
pour abolir la pernicieuje
dépravation de tHerefit j qui
na eu que trop de force en plufleurs
parties du monde au grand
détriment des ames3 afin quepar
-
l'autborité C- par la prudense
de celuy qui efl aJlis dans la ;Chaire de Saint Pierre
3
la ma-9
lice des Mereticjuesfioitarrejiie
dans les premiers ifforts qu'ils
imflcyentpour faire recevoir
lcars fauffeie%, @J que la lumière
des veriie^ Catholiques>
brillant dans la fainte Eghfe
la ffaisjljêe voir purgée de toutt te-j, uoir pti0e t~'e l'ekecrationdes
faux Dogmesssur
ce que l'on a appris
j
qu'un certain
Michel Molinos
,
Fils
de perditionjavoitenseignedes
Dogmes pervers 5 tant de bouche
tjùcfar ccrit
3
ér qu'il les avoit
réduits en pratique, lesquels preceptes
de-1,Oraifon- deQuietude
estant contre la Doûrinc &
,
*contre l'usage receu par les Saints
Peres3 dés les premiers comnien-
*ccmens de l'Egfife naissante;)
détournoient les Fidelles de la
IVraye Religion
?
(ey de lafureté
de la pietéChrestienne) & les
induifoient en de grandes &'
tres bonteujes erreurs , Nostre
Saint Pere le Pape Innocent Xl,
qui ne cherche rien tant qu'a
faire que les Ames des Fidelles
dont IDieu luya commislefoin3
efiantpurgées du venin des opinions
dangereuses
3
puissent arriverJeurement
auportjouhaitê
desalut, aprés avoirentendu
plusieursfois dans une affaire de
cette importance les eminens
.cardinaux) Inquisiteurs Generaux
dans toute U République
Chrejlienne} & plusieurs 'Docteurs
de la SacréeTheologie,&
a-voir pris leurs avis tant de
vive voix que par écrit >& les
avoirserieusementexamine
aprèsavoir dUJF implorél'afi
fifiance du Saint EJJrit
3
pour
venir 4 la condamnation des
6t, Propositionscy-aprés écrites'
du mesmeMichel Molinos
duquel elles s ont eslé reconnues
pourfitnnes
J & desquelles il a
eslé luy-mesme convaincu
3
&,
les a avouées, comme vyanteslé
•*dJi-frl/é~es
>
ecrites
>
communiquées
> &cruespar luy
3
fçavoirJ Les;
Propoifûons deMolinos font/
employées en Langue Italienneaprés
ces paroles) &
le Décret est continuéen cc<
termes, suivant la traduGèion.
qu'onen a faite,
Lesquelles 68. Propositions
comme efiant des proportions
heretiques,fufpeéics
3
errcncesr
fcandalcujcs> bi:Jpl?cmatoires,
Jl'ditieuJes
-'
qui offenjent les Oreiiles7
r& qui fervent à relttf
cht er &à-renverfer laT-rD~ -ïjcip;line
Chrestiennejensemble tout Cff
qui a eslé dit, écrit ou imprime
Jurcette mdtiere
>
Moflre Saint
Pcre condamne,.,dend
j
abolît,
&oste le pouvoir à tous & 4'
chacun d'en parler a l'avenir>
ou d'autreschojes fcmblablesen
quelquefaçon que ce put[Je estre
j
d'en écrire>d'endisputer
,
d'y
croire , ,
y
de les retenir
3
enseigner
ou reduire en pratique. Ceux
qui contreviendront à cette Désinfe
s
Sa Sainteté les prive à
perpetuitéde toutesfortes de Digrille^,
dègre%
>
honneurs>Bénéfices&
Charges
3
les déclare
inhabiles à toutes chojes
>
@; les
lie de ce lien d'anatheme
>
duquel
aucun autre que le. Souverain
^Tontife Romain ne les
putfie absoudre
3
sice nef-à l'article
je la mort. De plus
>
S4
Saintetéfupprime & condamne
tous les Livres
J
{^f toutes les
OeuvresdumefineMichel
Molinosen quelque lieu (7 en
quelqueLanguequcllts fe/ent
impripiées,commr aussi tous les
manuscrits plonen peut avoir
s- & defend qu'aucun de quelque
rang) conddition n.' 1
, ou cflatqu'il
jx)itjCjuavd mifmeilfcroitàiyit
dd''uunnee,dt1f;l(mJ.é¡îcio.1np; artic'fu';l'1iè/!r';e
of les imprimer ou faire imprimerJous
quelque pretexte ou en
quelque Langue que ce puisse;
ejbre
J
Joitdans les mesmes ter- •
mes j
Joit en de Jemhlablcs
ou
(cjuivaients>foitsans noto3foit
fous unnomfeintou étranger9
ny les lire ou retenir che% foy
Imprimez ou Manuscrits ; mais
erdonne fous les mejmespeines
cy-dejjus marquées
,
de les porm
ter incontinent & lesremettre
aux Ordinaires des lieux pff
luquijiteursde l'Heresie
f
tej?
fJeusels Ordinairesou Inquifîtcur^
brilleront ou testerontbruter
atijif-tofl.Signé5 Alexandct
Speronus)Notaire delaJainte iînquiftionRomaine e Univerje
lle.
La Sentence renduë contre
Molinos parlaCongregation
de l'Inquisition
, avoit esté
prononcée le jour précedent,
& comme elle porroit entre
- autres choses qu'il seroit Abjuration
publique de toutes
les Propositions condamnées
dans ses Ecrits ,
il fut ame- né en Carrosse le troisiéme
de Septembre à l'Eglise des
Dominiquains, cù le SacréCollege
estoit assemblé.
Il y avoit aussi plusieurs
Princes, Princesses,&
Dames de la premiere qualité,
sans compter un nombre
infiny de personnes de
toutes fortes d'estats. On a- ,
voit préparé un Echaftaut afin
qu'il sust vû de toute l'assemblée
, & que son Procés
qu'on y devoit lire tout entier,
fust mieux entendu. On
l'yfit monter. Il n'estoit vêtq.
que de sa feule Soûtane , 64
avoit les mains liées. LeBarigel
l'accornpagnoit,? &UEI
Sbirre luy ayant mis son
Manteau
,
& donné ua
Cierge allumé, il falüa les
Cardinaux
, avec un visage
quine marquoit aucune
altération. La Lecture du
Procèsdura deux heures. Elle
fut faite par quatre Doiiil.-%
niquains, qui sereposoient
de quart-d'heureenquartd'heure
,chacunrecommençant
à lire à son tour ,& il
demeura debout pendant
tout ce temps. Le grand
nombre de crimes & d'impierez
dont ce Procés estoit
remply,&(. que leCoupable
avoit avouez,futcause qu'on
entendit retentir dans toute , l'Eglise,lefeu, lefeu,brûlezle
vif Il fit ensuiteabjuration
des Proportions con- :
damnées
, & la souscrivit,
toûjours avec la mesmeasseurance.
Sa Sentence luy sur -1
luë après cela. Elle portoit
une Prison étroite, formelle,
& perpetuelle
,
sans esperance
de remission ; qu'il seroit
obligé de se confesser quatre
fois l'année; sçavoir à Pasques
,
à la Pentecoste, à la
Feste de tous les Saints & â.;
Noël, & qu'il reciteroittous
les jours le Symbole des Apostres,
& la troisiéme partie
du Rosaire. Le President
Commissaire de l'Inquisition
luy donna l'absolution.
,& luy mit un Scapulaire jaune
avec une Croix rouge de
vant & derriere. Cethabit
--efi appelle de Penitence ~~:
Molinos fera obligé de le:
porter jusques à samort.Toute
cette fonction dura_'rroi.
heures & demie, &: il -fut!
mené à une heure denuit aia
Palais de l'Inquisition
dans
un Carrosse fermé &renvi-J
- ronné de Gardes. "nijs d
mille personnes le fuiviren^
en criant toûjours
,
lefeu ; /<>!
feu , qu'on le brûlevif Il dju¡ sonlerde
ces cris j.
sans s'ébranlerdeces cris; i,'j
faut les laisserdire,voicy un joli
deFeste pour eux.En paflanu
le Pont Saint Ange/{i1|
Soldatesque ne fustarçcouru!
il couroit risque
, au lieu du
feu, d'expier ses crimes dans
l'eau. Estant arrivé au Palais,
à peine luy eut-ondelié les
mains, qu'il prit un Eventail,
& se fit du vent pour se rafraischir
,salüant d'une maniere
libre, & riante cous
ceux qui. estoient dans la
Salle. Il connoissoit les impictez
& ses erreurs , & ceux
qui établissent des Sectes,
ayant la pluspart des motifs
d'ambition
,
d'interest , ou deplaisir,& trop d'esprit
pour y croire, il avoit dit à
'les Sénateurs ,persuadé de
la punition dont ilestoit digne,
qu'ilseussent courage , &
qu'ilstinssentfermedanssa Doctrine
, parce qu'il devoit estre
fait Prisonnierdusaint Office
&ysouffrir le , martyre. Quoy
qu'il crust en échaper
,
il avoit
sa politique pour parler
de cette sorte.En témoignant
méprifcr la mort,qu'il
feignoit de croire feure ,il
vouloit persuader qu'il n'enfeignoit
rien qui ne fût à suivre
3
& sans doute on a fait
voir beaucoup de prudence,
on ne le condamnant point
à mourir , parce que ses Partitans
auroient pu dire qu'il
seroit mort Martyr, & le
prendre pour un Propheteà
a cause qu'il l'avoit dit aux
uns , & écrit aux autres. Ce
pardon a encore produit un
autre effet qu'on en attendoit,
&quiachevera de détruire
entièrement cette Sec- te.C'estqueMolinos commence
à se repentir tout de
bon, & que lors que ceux
qu'il a attirez dans son party
serontpersuadez de la sincerité
de sa Conversion
,
ils acheveronr
d'estredétrompez,
si pourtant il y en a
Quelques-unsqui ne le soient
pas encore tout à fait. Ce
fameux Heresiarque est un
Prestre d'Arragon
,
âgé de
soixante ans,d'une taille
moins que mediocre
?
&
d'un visage qui marque de
la gayeté. Il est fort gras
par la vie sensuelle qu'il
a menée. Il y avoit 22. ans
qu'il répandoit sa doctrine
à Rome
,
où il estoit cftimé
& reveré de tout le mon- de, & mesme tenu pour
un og-rraanndd SSaaiinnet.. Il avoiït dans
qsesuDis'cioulrsv,unensiogrian*d •c,::d -icrluaclcr.J1
t
a bout de tous ceux qu'il en
treprenoit de réduire, changeant
de figure.& donnant
des couleurs à ses faux Dogmes
selon la qualité des personnes.
Ila reconnuqu'ily
avoit douze ans qu'ilnes
stoit confessé
, & il ne laissoit
pas de dire laMesse. Il avoit
tout ce qu'on peut desirer,
tant en argentqu'enautres
choses.Onluy atrouvétrois
à quatre mille pistoles
?
&
douze à treize mille Lettres,
parlesquelles on a connu le
sneomcbrtea&tlea quualritésd,e les. fcç,,
- - Je vous tiens parole touchant
les nouvelles de Siam,
que je vous promis le mois
passé, & vous envoye deux
Extraits de Lettres tombez
entre mes mains sur la mesme
affaire. Le premier vient d'un
lieu qui n'est éloigné que de
trois ou quatre journées de
Siam;& l'autreest tiré d'une
Lettre venuë de Siam mesme.
Vous les trouverez differens
en quelques endroits, mais
vous ne devez pas vous en étonner.
Nous voyonssouvent
que plusieurspersonnes qui
ont eux-mesmes vu ce qu'ils 4
racontent
racontent, le rapportent difseremment.
Quoy qu'il en
foit , à quelques doutes prés,
vous ne laisserez pas de connoistre
la verité du fait dont
il s'agit. Si l'on pouvoit aisément
avoir des éclaircisse,
mens de six mille lieuës, je
vous envoyerois une Relation
plus reguliere. Ce qui
fuit l'est pourtant assez pour
meriter d'estre lû.
On a etrvoje de Siam à Paris
un détailde la Conjpiration
tyittnPrinceMacassary afaite,
&comme je croyqu'elle tombera
entre vos mainsJje ne
-
njousen
écris point toutes les particularite^.
je vous dirayfeulement
que ce Prince ejloit Frere
j ou
proche Parent du Roy qui gouyernoitlifte
de MacajJar lors
lqeusi les Hollandois s'en rendirent
Maigrest&qu'il 'Vint chercher
azjle à Siam, ou je l'ay 1.;Û1
tycuilvivoitenperjonneprivée.
LaConspiration ayant.eslé découverte,
le Roy de Siam envoya
offrir la grâce à tous ceux quiy
éwoient trempé" & ils ne voulurent
point l'accepter. On resolut
de les forcer dans leurCamp.34
qui efi à un quart de lieue de U
pille-Capitale. On envoya desTroupes
pour cela. Il n'y avoit
que deuxcensMacajjars
)
quelques-
uns disent mejme beaucoup
moins ; mats comme ce
font des gens qui ne reculent »' jamais quand ils ont mangé
leur^Amphion ou Opium, &
qu'ilsJefontdétermine^ a mOt:-
rir, on nepeut les exterminer
qu'avec peIne) & aprèsavoir
perdu beaucoup de monde. plusieurs
Anglois particuliers &
Serviteurs du Royje trouvèrent
dans l'aéîion.Les Officiers de Lt
* Compagnie & quelques au'rcs jjde !.~
Françoisvoulurentc'ire Lt
, partie. L'on fit la brers.cr- ch-fcentedans
le Camp desMacaf
fars en petit nombre &sans,
ordre. L'on fut repousé& oblige
de regagner les Balons ou
Chaloupes. Quarre François y
furent tuez ounoye%.Quelques
Angloisperirent de mesme. Lion
se rallia
> & tony retourna anjec
plus de monde & plus de
précautionqu'auparavant. Les
Jlfacafjarsfe battirent en defef
pere-,1%. ; mais leur Prince ayant
este tue d'un coup de Afoufquet
parunFrançois3 la pluspart demeurerent
sur la place
y
& les
autres furentfaits prisonniers.
jay entendu dire a des person:.-
iftes qui s'efloient trouvées en
flufieurs"Combats5 qu'ils n'avaient
jarnais veu de gens f
flirieux,que ceux-là. Mr du
Hautmejnil emmene avec luy
les deuxFils de ce Prince Macassar.
On les envoie au Roy.
Je croy que ceJontles Peres TVJuites
qui- font ctharge^deles
frefenter,
Voicy l'autre Exrait qui
cft beauco p plusconfidcfable.
Ily a environ vingt-fat ans
• que les Hollandois s'eslans rendus
Maigres du pays de A^fa- •€affar3 qui est aPointe de 1*1fit
Celcbes, le Roy de Adacaffarfut
obligé de se retirer chez'le Roy
de Jambi
3
où il fut fort bien recc'u,
maisejlant naturellement
fort rfmuant, il ne put sempescher
de cabaler contre ce Roy
t
qui estoitJonbienfaiteur. La
ebofeayant esié découverte
3
on le fit mourir. Son Fils alla
si jetter aux pieds du Roy
de Jambi> auquel il representa
que nayant point eu de part a
la maunjaife conduite de[on Pere
til cfperoit de sa clemence
qu'il n'en auroit pointàfinsupplice.
En effet le Roy de Jambi
donna à ce jeune Prince MacaJfJY,
nonfeulement la permif-
Fon de se retirer où il njoudroït,
avec environ deux cens cinquan*
quanteA4aca(jars qu'il anjoit
avec hty3mais encore il leur
fournitunBajlîmrntPour aller
J'- 1 1 d,¿ns les Efiâts duRoy de Siam)
qui leur donna un Camp auprès
île laVille,pouryfaire commodene/'
it leur refdrnce
.>
demesme
que plufî:ro's autresNations qui
ont des Camps autour de Siam.
Ce PrinceMacajJar;, fort zelé
Mahometan3 ayant cru décou-
* urir depuisenviron trois ans3
, que le Royde Siamsongeoit a
* quitter le Pavanifme
3 ci donna
fiujjt-tojt avis au Roy de Perse
)
d}Jti envoya un Ambassadeurà Sa
JWajejléSiamoise3pour l'exhorter
À embrdJfer lAlcotan. Cet Amhafjadeurarriva
a Tennaferim
lors que M. le Chevalier de
Chaumont partoit de Siam pour
retourner en France3 fyy ayant
appris la bonne reception que le
Roy de Siam luy avoit faite3 il
crut que ce Prince avoitembrafe
l'Evangile3 parce que dans l'Orient,
lors que les Rois ontchajigédeReligion,
ils ont toujours
pris la Chreflienne> ou celle de
Adahomet3félon que ceux qui
se font
prefente%les
premiers,
pour les prier àembrajjer leur
Religion3 efioient Chrestiensou
MahometAns.Ainsi cet AmbaffadeurPersan
ne doutant pas
tauuya son retour en Perse on ne
sijs couper le cou parce qu'en
effet contre les ordres du Royjon
Afaiftre ilavoitbeaucoup plus
tardéqu'il ne devoit3 il s'égorgea
luy-mesme à Tennaferim..
Cette nouvelle qui affligea le
Prince Macassar> ne luy ossa
pas l'envie de conspirer contre la
vie du Roy de Siam,&de pren-
Mdre desmefkres pourvenir a bout
'deson deOeinJ qui devoit s'exe-
• euter le If.Aoust de l*année der:
niere. Il voulut en donner avis
aun grandSeigneur qui ejioit à Loi:voavecle
ROJI, qu'il ne
qu-iitoitpointacanjedeJes o de Î(es
Char-es> r<r!ny écrivitunBil- CI.
B
Ict par i:n
Àf.iC<fjarafjidé3qui
.J JJ.i qui
(!-
"Í ',', >.~
'!~ /7
'1 >
[J
!
i
-
r fiant entreclansicPalais,> v si fut
"(>',1 ,~f'~) '1 ,
il si' r',. '1

1 rcnco-itrit "d- >.r- Ad. \Ju"j.nc:..) de-
,', '1
Venu as/o7s' ipr>" .,r..r,c. alon pa,"r llaamtor,i
d,-cc!-
,''y CIIUI de ccl cette Cl;,ir- ':.Y qui Pccfdoit C7 arge.
M. Confiance ayant demandek
ce Afttcajjar qu'ilreconnut)
ce qu'ilvenoitfaire a Louvoy
& s'il ne Jçavoit pds qu'aucun
Etranger ne devoit entrer danJ
ia Maijon du Roysans en avoir
demandé lafermijJion.) iLletrou*
1Ja chancclant
>
ce qui luy fit
soupçonner quelque chosè
„ &
l'obligea d'ordonner qu'on le Ó
- fouetaft
> pour avoir ose entrer
cJJe;( le Roysans leconsentement
du grand Bdrcalon. Lors qu'on
voulut luyosier Id PttJïne, le , J'" Bilktdu PrinceMacaffarc3") qui
cJtoit en chiffre
3
tomhx de la
poche queles Siamois portentdit
devant de cet habillement. On
1
essay t en 'Vain de le déchiffrerj
cc qui fit refondresur le champ
a en mettre le Porteur a la que-.
ion,pour luy faire avouer la
ventéj ce qu'il fit aprèsquon
»
luy eutpromis de luy pardonner.
Lors qu'on eut appris que les
mejurfi soient ejicprises pour
le II. Aoust" & que le grand
,j'eigneur qui elloit alors en (our)
sefioitmis de la païtie., le Roy
-de Siam s'abandonna entierementa
M. Confiance pourfaire
et qu'il jugeroit A propos. Comme
M. Conjlace] est humain3 il
envoya quérir ce Seigneur, &
luy ayantfaitconnoistre que
tout estoit découvert, illuy conseilla
d'avoir recours ala clemence
du Roy
>
auprès duquel
il promit de leservir, A con.
dition qu'il avoueroit toutes
thofeSjCe qu'iljît avecfranchifl;
âpres quoyM. Confiancepartit
toute
la
nuit de Louvo pourse
rendre à Siam3 d'où il alla att
Camp desMacassars> où ayant
fait entendre à leurPrince que
sa Conspiration efioitdécouverte^ qu'il n'y avoitpointd'autre
farty à prendre rour luy que
d'avoir recours a la clemencè dM
Roy, ce Prince loin de l'écouterx
éclata en injures contre la condutte
duRoy de Siam, quil traita
de chien pour avoir préféré
l'Evangile à l'Alcoran. Cela fit
frefoudre M. Confiancederetourner
dans la Ville, ou il
vajjembla ce qu'il put d'amis3
pour venir assieger le Camp du
JMacafjars3 & poury prendre
Uur Prince; maïsayant debarqué
avec une vingtaine de sa
,oinis-, dont il connoijjoitle courage
& le Zele pour luy.) les
Siamois qui estoient dans les Ba-.
Ions pour lesoûtenir3 Je retire^
rent @' emmenoient les Ba-
Ipns, lors que M. Confiance s'é.
tant jette a l'eau pour les faire
revenir
3 en vint a tout fort
heureusement. Le Prince MacajJàr
les voyantvenir3fe presensaavec
deux cens desfient-*
la lance à la main pour les repousser.
M. Confiance efioitalors
devec.stes Troupes sur une pointe
de terre dont le Camp des Maçaffars
cfloit commandé ; leur
Prince efioit presl de le percer,
lors que tJH.Veret, Chef 4%
Comptoir de la Compagnie Fran.
çoife, s'avança
3 & retirant
A4, Confianced'un si grand pe*
ril? tira un coup de fusil dans
fépaule droite du Prince Ala*
cajfar, qui en moûtutpeu après3
ce qui obligea jes gens de Il
rendre. On en fit
mourirlesplus
coupables
3
, ù les autres furent tecondamne^ a porter de la terre refle de leur rouie. Les deux
>
fils de ce Prince malheureux
ont partis pour France>dans le
Navire nomméle Cochc, commandéfarAf.
de Hautmejnih
Cet Article de Siam m'engage
à vous dire que Ion a eu des nouvelles
des Ambaffadeuts de ce
Royaume là qui estoient en France.
Un coup de vent qui avoit incommodé
leur petite Flote, lors
qu'ilsestoient au Cap de Finistierre,&
qui les avoit tourmentez
pendant neuf jours , en separa une
Flûte, qui arriva le 4. de Juin sous
le Fort du Cap de BonneEsperance.
Elle dit qu'elle attendoitson
Amiral. Ce mot d'Amiral fit présuposerune
Flote considerable,& A
les Hollandois ayant pris l'alarme,
deffendirent à cette Flute de moüiller
fous le Fort; en sorte qu'elle fut
obligée de demeurer' deux jours
fous les Voiles, aprés quoy elle
fut réjointe par les autres Bastimens
au nombre de six qui composoient
cette Flote. Les Hollandois
ayant esté eclaircis de ce que
c'estoit
, ne voulurent d'abord permettre
de descendre
,
qu'aux Ambassadeurs,
auxCommandans,&
à cinquante des plus malades;mais
enfin les choses s'accommoderent;
il fut arresté que tout l'Equipage
& toutes les Troupes descendroient,
à condition que les premiers
cinquante qui auroient mis
pied-à-terre s'en retourneroient
aprés un certain temps, & qu'il
enarienviseindroit cinquante autres, de tout le restejusqu'a
ce qu'ils fussent tous dcfcendus.
Celadura jusqu'au 27. du mesme
mois, que toute cette Flote- fit
voile pour Siam. Tant qu'à duré
le dé barquement
,
les Hollandois
ont fait bonne garde dans tout le
Cap, & nos gens se sont fort rafraîchis,
8c ont eu beaucoup de
plaisir à en vi siter les beaux Jardins.
On a appris cesnouvelles
par la Fregate, nommée la Ma-
-ligne, qui est partie du Cap pour •
retourner en France, dans le mesme
temps que le reste de la Flote
en est partie pour Siam. Ce retour
avoitesté resolu dés que l'on
partitde Brest. Les Bastimens destinez
à faire le Voyage de Siam,ne
s'estant pas trouvez suffisans, pour
- porter tous les Balots, & tous les
vivres , on en ajoûta un qui eut
ordre de revenir quand la flote
feroitarrivée auCap,&cela, parce
que la plus grande partie des vivres
devant alors estre consumée,
la Fregate que l'on avoir ajoûtée
ne pourroit plus estre necessaire,
On a sceu que pendant tout le
cours de ce Voyage, les Jesuites
ont eu grand foin de faire faire
beaucoup d'exercices de pieté, à
quoy leurs exhortations & leurs
btornsiexbempulesén'o.nt pas peu con-
- Je viens à la fuite des affaires
de Hongrie
,
dont je vous ay toûjours
parlé long-temps aprés les
autres; mais aussitoûjours avec
-
beaucoup de sincerité, & de verité.
La Relation queje vous en donoay
le mois passé a surpris beaucoup de gens. Onn'avoit point vû de
détail si juste
* ny qui donnast une
si parfaite idée de ce qui s'estoit
passé dans la Bataille d'Harfa. Je
puis en parler ainsi,puisque la
gloire ne m'enestpas due. Cette
Bataille paroissoit un coup du Ciel,
ayant esté gagnée par une Armée
beaucoup moins nombreuseque
celle des Othomans
, & qui avoit
esté affoibliepouravoir eu trop
de courage en allant les affonter
jusque dans leurs retranchemens.
Le mauvais succés qu'elle y eut,
& les pertes qu'elle y fit devoient
faire apprehender de
facheuses fuites pour le restedela
Campagne. On peut mesme dire
qu'elles paroissoient presque inévitables,
& c'est ce qui rend cette
Bataille d'autant plus glorieuse a: «
M.l'Electeur de Baviere )'&. au
Ptince Charles de Lorraine. Le
Triompheestoitconsiderable,
3~$ comme il ne fut fui vy d'aucua
des grands succés, que ces sortes
d'évenemens ont accoûtumé de
produire, on connut l'importance
dont il estoit, non par les progrés
qu'il devoit causer
,
mais par ceux
qu'il empeschoit que les Eanemis
ne fissent. Les Troupes Chrestiennes,
qui à l'ouverture de la Campagne
s'estoient trouvées moins
nombreuses
,
avoient esté affoiblies
sans que les Turcs l'eussent
esté. Bude n'estoit pas encore entierement
reparé, & s'ils eussent
€U autant de courage que les
Chrestiens, ils pouvoient s'ouvrir
un passage pour en aller former le
Siege. Au lieu de le faire,ilsse
sont laissé battre par des Troupes
beaucoup inferieures aux leurs, &
ces mesmes Troupes que le gain de
la Bataille avoit fort din~au~
n'estant plus assez fortes pour se
hazader a rien entreprendre ,il
paroissoit que les choses devoient
demeurer en cet estat,lorsque le
Ciel à permis que pour faire tirer
aux Chretiens quelquesavantages
de la Victoire qu'ils venoient de
remporter, la perte que les Turcs
avoient faite ait causé de la dissention
parmy eux. Le Grand Visir
& les Bachas font- entrez en défiance
les uns des autres, & chacun
pour mettre sa teste à couvert
n'ayant pensé qu'à excuser sa conduite
,
ils ont moins fongé aux
avantages de l'Empire Turc qu'à
leurs propres interests. L'abandonnementd'Essec
& la prise de Vval- ,
po sont les effets de cette division.
Quoyque cette derniere Place ait
attendule Ganon , on peut dire j
qu'elle s'est renduë sans se deffendre,
puis qu'elle a ouvert ses portes
si-tost qu'elle a sceu qu'on avoit
abandonné la premiere. La Garnison
d'Essec qui estoit de plus de
trois mille hommes tant dans le
Chasteau que dans la Ville, ayant
euavis de la marche desChrestiens,
en prit une si grande terreur,
qu'elle sortit de la Place le 29.
du mois passé
, avec une precipitation
qui luy fit oublier de mettre
le feu aux Mines que l'on avoit
preparées
,
aprés la perte de la
Bataille d'Harsa, suivant ce qu'on
avoit resolu dans un Conseil,
où il avoit esté arresté que la Garnison
d'Essec se retireroit, après
en avoir fait sauter les Fortifications.
Depuis cetteBataille donnee
,
le mauvais temps avoit retably
les affaires des Turcs, Se
ruiné les Troupes Chreftiennes
,
êc sans la division qui s'est augmentée
parmy eux, il y a sujet
de croire que les choses auroient
esté dans une égale balance,
le reste de la Campagne. La Garnsson
d'Essec se pouvoit deffendre
, mais voyant qu'il n'y avoit
aucun secours à attendre de Troupes
divisées
, & dispersées, elle
a cru que ce feroit inutilement
qu'elle voudroit soutenir un Siege.
Comme un succés en attire un
autre, la prise d'Essec & de VvalpToranasiylavnatins
fait connoistre aux
le mauvais estat des
affaires des Turcs, les empeschede
s'opposer aux Quartiersd'Hiver
, que les Imperiaux prendront
cette année,dansleursTerres.
,- - On-,
On a faitune Carte trcs-curieuse
qui vient de paroistre aujour. Le
Danube est une des plus belles
Rivières de FEurope~ des plus
navigables, detoutes celles qui
ont un si long, cours. Les Allemans
à qui elle fait honneur9nous
en ont donné plusieurs. Cartes,
outre des Descriptions assez cnrieuses;
mais pour rendre la those
approchante de la perfection
,
il
estoit necessaire que les François
s'en, meslassent. C'est ce que le
Sieur de Fer a fait, en réunissant
dans une feule Carte
,
tout ce
que les Allemans & autres ont fait
jusques à present sur ce sujet. La
bordure de cette Carte
,
cft;-comtopuosteéésdleessPPllaacness,
cPornoffiidlse,'ôrâ^byeléiisë}s
qui font dessus , se aux ènviiops
de cette fameuse Riviere
3 avec
un abregé.de toutce qui les regarde.
Il yen a environ quarante que- l'oeildécouvre enmesme temps,
ce qui rendcette Carte tres-agreable
à laveuë , de propre à servir
d'embellissement dans les Cabinets,
8c dans les Galeries
, ad'un
utileornement aux Maisons de
Campagne. La Guerre d'aujourd'huy
a fait que l'Autheur s'est
attaché plus particulièrement au
détail de la haute Hongrie qui se
trouve dans la feuille du milieu.
Cette Carte a pour titre,Le Cours
du Danube
,
& des Rivieresçui s'y
déchargent, ouse trouvent les Frontieres
des Empires d'Allemagne &..
de Turquie, Rt elle se vend çlwz
le Sieur de Fer,dans riûe du Palais
sur le Quay de l'Orloges à la
Sphere Royale, 8c chez le Sieur
Guerout Libraire, Court-neuve
du Palais, au Dauphin. La grande
Carte de Hongrie en quatre feüilles
dont je vous parlay dans ma
Lettre du mois de Juilletest achevée.
Elleest intitulée,LeRoyaume
de Hongrie
,
divisé en haute 6"
basse Hongrie, avec lEfcUrvoï.:'e>
subdivisées en leurs Comtes.C' st
un Ouvrage du Pere Cotonelly.
Vouspouvez juger de sa bonté
parlenom de sonAutheur. Ceux
-
que M. le CardinaldEtrées luy à
fait faire pour le Roy,ont tellement
étably sa réputation
, que
tout ce que j'en diroisne seroit
rien pour sa gloire.Cette grande
Carte de Hongrie le vend chez
M. Nolin, qui demeurera au pre- mier jour sur leydel'Horloge
du i'z\z:s
, 5c qui aura la pxrm8
Enseigne de la Place des~Vtcu;J,
qu'il avoit à la rue S. Jacqius.
Il ne se fait pointdansle Monde
d'Assemblée plus considerable que
celle de Ratisbenne à cause des
Rois, & du grand nombre de Souverains
& autres Princes qui y ont:
voix, ainsi que toutes les Villes
du Rhin, 5c toutes celles de Suabe.
On en a depuis peu donné une
Planche qui a pour titre, lagrande
Salle de Ratisbonné
,
où se trouve
toutl'Empire assembléà l'ouverture1
d'une Diete, C" lors que les colleges
des Electeurs
,
des Princes, é*
des Villes, veulent accorder leurs i
Conclusions particulières pour nt- J
faire de généralessurles affairesqui -
sy traitent. Cet Ouvrage est aussi
1
curieux qu'agreable à la veuë. Il ;
est gravé par le Sieur Liébaux, &
on ne peutrien &joûter à la beauté
de la graveure. Il se vend chjsz,
le Sieur de Fer dont je viens de
vous parler.
L'Art de Laver qui se vend à
Paris chez le Sieur Guerout,&à
Lyon chez le Sieur Amaulry,a esté
si bien receu du Public, que l'impression
est sur le point de finir.
Ce succés estglorieux pour M.
Gautier qui en est l'Autheur. Il a
fait un autre Livre qui se debite,
chez les deux mesmes Libraires
&qui est intitulé, Traité des 9 Fortifications
contenantlaDémonstration
& l'Examen de tout ce qui regarde
l'Art defortifier les Places tant régulieres,
qu'irregulieres,suivant ce
quise pratique aujourd'huy
,
le tout
d'une maniere abregée, &fortaisé
pourl'instruction de la Ieunesse.Ce
Volume contient23. Figures, ce
qui donne une parfaite & facile
intelligence des choses dont on
y traite.
Le Sieur Cuerout, ainsi que le
Sieur Amaulry
,
vend aussi des
Essais de Morale & de Politique, •
oùiltraitédes Devoirs de l'ilornme
,
consideré comme particulier,&
comme vivant en Societé, de l'origine
des Societez Civiles, de l'Authorité
des Princes, & du devoir
des Sujets. Ce Livre est divisé en
deux Parties, &: fort estime.
Vousavertirez vos Amis qui
ont leu avec tant de plaisir Les
Entretiens sur la Pluralité des
Mondes quel'on envientd'achever,
une seconde Edition, beaucoup
plus corrette que la premiere ,où
l'on trouvera quelques augmenta
tions semées dans le Corps du
Livre, & un sixiéme Soir qui n'a
point paru avec les cinq autres. Il
contient de nouvelles Découvertes
qui ont esté faites depuis peu de
temps,& dont quelques-unes n'ont
pas mesme encore esté publiées.
Voussçavez qu'on ne r'imprime
jamais que les Livres qui ont une
approbation generale ; aussi celuycyest-
il de M. de Fontenelle.
M. le Begue,Organiste du Roy, acomposéun Livre desplusbelles
Pieces de C lavessin qui ayent encore
paru, tant Allemandes, Gavotes
, Menuets; Bourées, que
Chaconnes, Sarabandes & autres.
Celles de vos Amies qui aiment
le Clavessin
, trouveront ce
Livre chez
-
M. Noël,
-
rue Simon
le Franc, entre le Cygne & le
Lion d'or. Le mesme SieurNoël
debite un Livre de Motets de sa
façon , à une voix feuleavec
la Basse continue
, & de petites
symphonies pour l'Orgue ou pour laViole.
Il ne reste encore à vous parler
d'un Ouvrage qui a pour titre,
Entretiens deTheandre & d'Ismenie
,
sur un ancien &fameux differend.
Il s'agit de faire voir les desauts
qui se rencontrent dans
l'homme, mais comme tout ce
qu'il y a de foible en general, tire
son origine de ladifference des
deux Sexes qui le composent, &
qui faisant chacun une partie de
ce tout , le rendent parfait ou défectueux
, on fait connoistre dans
cet Ouvrage lequel y contribuë le
plus.Ce Liyrese vend chez le Sieur,
V'^x", Jacques, a 1 Image
L- J rnrl desSçavans, que
S.~
s Scivans, l'on a~oné depuisunan,
doit r recommenceràparoistee aprés
1A Saint î^artin. Cet Ouvragene
1^AL; ~manquer d'estre parfait,
p.<• '-.' u fera composé par quatre
Personnesquisçaventensemble
toutes les Sciences, dont les Livres
qu'on mettra au jour peuvent estre
remplis. Ce sont M. le President
Cousin
M. l'Abbé de la Roque.,
M. Guillart
, &• M. Regis. Ce
choix ayant esté fait par M. le
Chancelier,
on ne peut douter de
leur merite ,ny de la justesse 8z
de l'audition des Ouvrages qu'ils
donneront au Public.
Lemot de la premiere des deux
Enigmes du dernier mois, estoit
-
t'Aiguille, & il a, esté trouvépar
Mrs Declusets de la Jonge de Perigueux,
LavauxMedelin, de la
mesme Ville,Bouchet, ancien Curé
de Nogentle Roy; Scugayles'
beaux Enfans de la ruë Bourlabésans
amour ny simplesse; les plusjeunes
Commis au Greffe du Parlement
; le Conquerant caché; le
bon &: tres charitable Joseph de la
Maison Royale de laMontagne
la charmante & spirituelle Françoise
Italianisée } la Fille del'Illus
stre Avocat,la Belle au Bavolet &
son Fils, St la belle Iris de la Montagne
Sainte Geneviève.
: Le vray mot delaseconde Enigme
estoitlaMortagne,& il a esté
trouvé, ainsi que celuyde l'Ai*
guille, par Meilleurs la Prairie-
Gairon,Professeur de Mathemati--
que;C.Hutuge,demeurant à Mets;
M. de la Prosty, Lionnois, & par
l'homme à l'esprit droit de la ruëde
l' Arbre-sec.
jevousen envoye deuxnonvelles,
- l'une deMademoifelle deRenouvelin,&
l'autre deM.Rault deRouen;
ENIGME.
MOn Pereefinoble},atfifviô*
lent à1 severe,
Ila beaucoup d'Enfans, & je n'ay
pas son nom; D'unlieufort élevéj'emprunte mon,
surnom
Vay prit bienfaisant,&fuis
pourtantamere.
On m'aime, on me recherche) &
chacun veut m'avoir,
GArjeftisfortbien mon. dtvoir.
Jem'dUor,:vi,;.eà, toés rflt -,7 Jt)
Oi.v,ntf- .!;',.:
LaMarquée me flûte,q* i<. Bâtir-
&fJL"'JJ:
/<' ,1': .", 1y. ]( t ardentyj'éJj.wffY.c: lee
tr,,¡,jÍ'
)
On me tient où l'on ve:d} au Iii
comme à lutulle.
Jeportefins rougir un habitjîmple?
uny,
Souventsans vanitéj'en porte un
pinsgarny,
Maisma h¡ onte parla1.\ n''e,/1lf.pas touIljours
connue , Etjefersplus quandjefuisnuèt
iAUTRE ENIGME. Efuis dans mon humilité
fn ttjJéz rare objet & remply aède
beauté;
M{}II teint vif éclate à merveille}
(.
Le bouton d'une rosi au tev-ps du>
Renouveau,
Etle siin de Venus, Deejjefins
pareille,
N'eunntjamais rien d. Jîbeau.
D.t.u un sijour&frais é*fombfé
lefais tout mon plaijir de reyofef #
l'onbrei
A moins que quelque Curieux,
PJur de fnoy faire les premices
Des plus agreables delices fievienne , avec refpecl me tirer de
ces lieux ;
Alors en bovne compagnie
On me reçoit avec ceremonie.
Voicy un Air Pastoral qu'on
estime fort icy.Vous connoistrez
aisement en le chantant qu'il est
d'un de nos plus Sçavans Maistres.
AIRNOUVEAU. Nm, vous ne m'aimez,plus,
Bi.rçere,
le ne le con-n que trop bien.
A :ous momens vous grundeZ vo-
Jbre chien
Des carejjesqu'ilme vientfaire ;
Toujours voflre Troupeau va paijlre
leien du mien.
Non, vous nem'aimez plus, Bergère
,
Je ne le connois que trop bien.
Je n'ay rien à vous mander touchant
les Modes nouvelles, sinon
qu'onfait presentement à Sedan
des draps rayez,appellez draps de
France. Toute la Cour en a pris
pour le Voyage de Fontainebleau,



,'& comme elle s'est fait un plaisir
de fui vre l'exemple du Roy, de
MonseigneurleDauphin,& de
Monsieur, l'émpressement d'en
avoira esté si grand, qu'il n'yen
a pas eu pour tous ceux qui en ont
souhaité. On en fait de nouveaux,
&: la perfection s'acquerant par le
travail, on a trouvé le moyen de
les faire beaucoup meilleurs,-& l'on
espere en avoir bien-tost assez pour
satisfaire tous ceux quien demandent
On porte peu à la Cour de
ces poches coupées en tablier de
Maréchal, qui n'ont presque pas
estéd'usage parmy ceux qui veulent
avoir un air modeste, de
forte quepeu de personnes ont
quitté les quatre poches longues. On fait aussi des draps de France
couleur de feu rayez de blanc, pour
lesfemmes. Ils doivent estre fort
à la mode cetHyver.
M de la Berthiere a esté choisi
pour remplir auprés de Monsieur
le Duc de Chartres, la place qu'occupoit
feu M. de Saint Laurens.
Ce poste a esté donné à son metite.
C'estun homme quin'a pas
moins de valeur que de belles Lettres
, & qui s'est fait autant distinguer
par ses belles avions que par
son merite.
Je me fuis trompé en vous disant
dansma Lettre de Septembre,
que M. l'Abbé de Nesmond,nommé
à l'Evesché de Montauban,
estoit Fils de M. de Nesmond, President
au Mortier du Parlement de
Paris. Il est son Parent, & Fils
d'un President de Bordeaux, de
ce mesme nom. On l'appelloit
l'Abbé de Chezy.
Je vous ay dit dans la mesms
Lettre, que le Pere du Mouliner,
mort depuis peu, estoit deRoüen.
Je - me fuis encore trompé. Il
estoit de Champagne, & a travaillé
à l'Inventaire des Médailles
du Roy, Se à l'explication de
quelques Médailles de France,dans
la pensée d'en faire l' Histoire,mais
il n'en a point fait l'HistoireMétallique.
Il ne s'en est fait encore
aucune, ancienne ny moderne par
les Medailles, du moins qui foit
suivieannée par année, que celle
de la Republique de Hollande,
faire par M. l'Abbé Bizot. Il est
vray qu'on a expliqué des Médailles
Grecques &: Romaines,
tant Impériales que Consulaires,
mais on n'en a jamais fait d'Histoire
par l'ordre des temps.
Les Vaisseàux du Roy contihuent
à donner la. chasle à ceux: d'Alger
i on leur en prend, Se on
leur en coulé souvent à fond 3 & :
depuis la rupture , ilne s'est presque
point passé de semaine
3
qu'oh
n'ait eu des nouvelles de quelqueavantage
remporté sur eux: Ces',
avantagts ontcausé a Converiion
du Frere de leur Vice-Amiral
nommé le Cavary,qui se voyant
blessé mortellement & prisonnier,
fit avant sa mort abjuration du
Mahometisme
, & dit que la dé-
- baucheluyavoit fait embrasser lit
Religion, & le party qu'il azôït
pris. Cette nouvelle plut beaucoup
au Roy, qui prefereroit le salut
d'uneame,à laprise debeaucoup
de Vaisseaux. les Tunesiens ayant -
, essé sollicitez par le Divan d'Alger
de rompre avec les François
, n'y ont pas voulu consentir. Les
Algériens ne se font peine saisis
du Bastion de Fiancescommeen
l'avoirpublié, & n'ont pointinquiété
les Pescheurs de Coral. Ils
se trouvent fort embarrassez
, &
fort surpris qnand ils pensent que
depuis deux ans, ils ontpris un
tres-grand nombre de Vaisseaux
-aux Hollanêcis
,
sans que les Hol-
Jandois leur en ayènt pu prendre
un seul, & qu'en moins de six
semaines, les François leur ont
pris ou coule à fond huit ou dix
cle ieurs meilleurs Vaisseaux de
Guerre.
Les Nouvelles de Paris doivent
estre presentement fleri'es', la
Cour en est plus cloierce qu'à
l'ordinaire; nous sommes en planes
Vacances; ceux qui ont des
Terres à la Campagne n'en font
pas encore de retour
, & ceux qui
ontdesMaisons aux environs de
Pariscontinuent à s'y divertir.Cependant
il vient d'arriver une chose
qui fait connoistre qu'en quelque
faison que ce foit
,
Paris est
toûjours la Ville du monde la
plus peuplêe.Les Comédiens Françoisjoüent
une Piece nouvelle intitulée
, leChevalierà, laMode,
& cette Pieceayant extrêmement
plu à ceux qui la virent la premiere
fois , les Assemblées ont esté si
nombreuses à toutes les Representations
suivantes
,
qu'il a souvent
est difficile d'y trouver place,Je
ferte qu'il auroit esté impoffiblc
de voir plus de beau monde ensemble
en plein Carnaval. Cet
Ouvrage ne doit son succés qu'à
son seul merite. On joue rarement
des Pieces nouvelles dans cette
Saison
» parce qu'on ne la croit
pas avantageuse
, & celles qu'on
yjouë, quand cela arrive, font
regardées comme des Pieces que
l'on riCque, & dont on n'attend
pas les grands succés, qui font prefque
infaillibles en plein Hiver,pour
peu que les Ouvrages soient bons.
On peut dire que ce n'est pas la
feule chose qui se devoit opposer
au succés de la Comedie,dont je
vous parle. Il n'y avoir à Paris
que la moitié de la Troupe
, & le
Public croit quelquefois que le
mérité des Auteurs qu'il a accoûtûmé
de voir détruit celuydes
autres 3
cependant chacun a le
sien. Il est mort de grands Hem-"
mes dans toutes fortes de Professions
deruis le commencement des,
Siecles,& il s'en retrouve toujours.
Je n'entreray point dans le détail
du sujet du Chevalier à la Mode,
• parce qu'en le va mettre fous la
presque je vousl'envoyeray fi- - tost qu'il lera imprimé
>
mais je ne
puis m'empeseher de vous dire quc,.'
l'on yvoit des Peintures vives, se
naturelles de beaucoupde choses
qui se passent tous les jours dans
le mande, & qui pourroient faire
devenir beaucoup de gens fages,
fil l'homme pouvoir prendre 2ffl*z
d'empire h.r Ly pour se corriger.
Cette Comédie a esté aacmmodéé
au Theatre par M. Dancourt51
l'un des Comediens du Roy. Il adéjadonné plusieurs petits Ouvrages
au Public, qui les a tou*
jours receusfavorablement;La, Defolaticn
des Iêucujcs est de luy.
C'estunImpromptu qu'il firdansle
temps que l'ondéfenditte Jeu, 8£
quia extrêmement diverty tous
CQlx-'}ui l'ont veu. Le Voyage de
Fontainebleau en a interrompu les
Reprefenrations, mais on les reprendra
inctffammenr après le retour.
Ainsi le Theatre François, dans le commencement de cet Hiver
, fera alternativement occupé
par deux nouveautez du mesme
Autheur. On imprime aussi cette
petite Piece3 & je vous l'envoyerayavec
le Chevalier à la Mode.
-
- Je vous parleray le mois prochain
des nouvelles & grandes
Conquestes des Venitiens, &: suis
vostre, 8cc.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le