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MERCURE
é{n;A=L%AN&T
DEDIE'A MONSEIGNEUR.
A PARIS,
'éiVPALAts,
oN donnera toujours un
VoIuJ
nouveau du Mercure Galant
1
premier leur de chaque Mois, & or
le vendra,Trente fols relié enVeaUj
Vingt-,inq. [oIs en Parchemin. t;A PARIST,i Chez G. DE LUYNE, au Palais, dans li
Salle des Merciers, à la Juftice. 4 T.GIRARD>au Palaist dans laGrande
Salle, à l'Envie.4
Et MICHEL GUEROUT, Cowrc-neuïw
du Palais, au Dauphin. 1
* M. DC. LXXXVII. 1
mAVEC PRIVILEGE DV ROT., 1
TAff BLE.
pRemiere Pierrepofee au Seminaire
des Aumôniers delaMarine à
Touhn. toi. i
Tjjle Guerierefaite par les Gentilshomr
»»s de la Marine à Bre/f. 6
Le Levraut, Epiti-e.13
Statuts de Academie dAngers. 25
Cérémoniefaite à Valogne en baffe Normandie.
a4 Baptefmefinçulier.50
Galanterie faite a Madame de Faurcy
par Madamede Villeneuve. 51
Descriptionetune grande Pefte faite À
Rheims. S9 Autre faite à Laon. 74
'Guerifsnfurprenante arrivée cette anme
à Bourbon, avec les noms de
tous ceux qui y ont efté prendre des
Eaux. 8 5 Cérémonie faite à Port-Royal par Us à ii
TABLE.
Cordeliers du grand Converti de Parii,
4 96
JEpitaphe. 100
FortraitdeClarice. 105
Galanterie faite a Rambouillet
,
à M.
le Comte de Thouloufe. 107
Réception faite a Aîonfeigneur le Dauphin
par Ai. le Duc de Noailles
, en fa maifon de S. Germain en Laye. 111
Receptionfaite en FranceanGeneral des
Carmes. 111
Derniere Partie de la Medecine Univerfelle
de M. de ComierJ, où l'on
voit la compofition de ce remede pour
la guerifon des plus facheufes maladies
,
& pour prolonger la vie. n!
Madrigaux. 149
Deffinfes desJeux de hasard. 161
Aiort de M. de la Tour
,
Marquis de Montauban.166
Relation contenant Carrivée de VAmbaffadeurde
Portugal à Manheirn)fin
entréeà Heydelberg, la mau;ere dont
ila eflé receu à fes Audiences publiques)
comment il a eftè traké, & Us
Tablé.
Cérémonies du Mariage de la Pfifh
ceffe MarieSophieElijabêtb de Neubourgy
avec le Roy de Portugal.175
Lettre du Doge de Venife au Roy -Il,-
Suede. 145
Entrée de M. Moranda Tholoiife• 149
Mort de Madame la Ducheffi de Mdene.
,
*54
Mort de M. le Ra;!ly deMunieres. 160
Mort de M. de S.Laurent.114
Mariale. 165
Nouvelles d'Alep. 17 o
Ai.le Marquis de Torey nommé Envoyé
extraordinaire en Angleterre.
374
Ui'fholre. 175
P':'1tfieel donnez par leRoy. 1
Gratification^ données par leRoy. 180
LesMalheurs de l'Amour. i8£
Remarques, de fattgelas avec des Notes.
191. L'Art de bien prononcer la Langue
Pr,mçoife. 2.94
Noms de ceux qui ont deviné les Enig- me*.
TABLE.
'£nigm!!. 197
Détaildetoutce quis*eftfaitdeconfiderableTnHongrie
depuisFouverture
de fa Campagne.$co
Carte de Hongrie. 3284
Declaration du Roy. 330
-Compliment de M. le Trefident Barentin
an Roy. 335
Nouvelles des Indes. 337
.,
JFin de la Table. *.Avis pour placer les Figures,
L'Airqui commence par, Rien napproche
de la peinetdoit regarder la
Tage102*
La Médaille doit regarder la page
259.
L'Air qui commence par, Iris n'tft
plus, mon Iris meftravie+ doit .regarder
laFa91,- ---
flilERCVRE
41»
CALeii-l~jc--r
1 xAOV S T 1M7.
Evousl'ay dit bien
des fois> Madame
& je ne puis trop
vous,lç repeter. Les
aétions duRoy font fi belles,
qu'il fuftt de les raconter
nuëment, & fans art, pout
en faire remarquer toute la
grandeur, & l'on n'a pas befoin
pour cela d'y faire des
reflexions remplies d'éloges.
Ainfi je n'ay qu'à vous dire
que la premiere pierre du Séminaire
des Aumôniers de
la Marine qu'il a étably l
Toulonja efté pofée> ÔCvous
concevrez fans peine que les
motifs de cet établiffement
font dignes de la pieté de ce
grand Monarque. Il a voulu
qu'on formait des Ecclefiaftiques
fçavans & de bonnes
rnoe-urs, & qu'on les rendift
capables«debiliaire &W
Dieu dans les Vailleanx» Sa
Majefté entendant que fur
terreauffi-bien que fur mer,
onprenne un foin particulier
de faire pratiquer la vertu
chreftienncauxgens de la
Marine ; qu'onlesvifite, &
qu'on les confole.quand ils
[ont maladesdans l'Hofpital
qui cft pour eux? qu'on fafle
laMiffion à l'Equipage fur le
point des embarquemens
ronfiderables3 autant que
embarras & le.mouvement
le l'armement le peuvent
>ermettre»&que lesAumoaiers
feculiers foient fousila
direction des Millionnaires
Jefuites qu'onfera monter fui
les Vaiffeaux. La fondation
eft pour douze Jefuites, &
pour vingt Preftres feculiers:
parmy lefquels onchoifira lc<
Aumôniers des VaifTeaux:
qui feront nommez par le
Supérieur du Seminaire. Outre
la Théologie que Ton
montrera aux Auoiônien &
aux Exrernes) il y a un ProfefleurdeMathematique
poui
les Gardes de la Marine.On a
déjà commence toutes ces
fondions, & on les fera avec
plus de régularité> quand le
Baftiment que l'on vient de
commencer fera achevé? ôc
que les Seminariftes y pourront
vivre en Communauté.
La première pierre en fut porée
le 26. de Juin par M1 de
Vauvré, Intendant de la Marine
à Toulon, &cette Ceremomefe
fit au bruit des Bcêtes
& des acclamations du
Peuple. Le lieuoùl'onbaftit
eft auprèsduParc dans l'agrandilfement
de laVille. La
magnificence de Sa Majefté
paroiftra dans le Parc, qui fera
un des plus beaux Ouvrages
de toute l'Europe lors
qu'il fera hny". Onverra tout
auprès un monument de la
pieté de Loiiis LE GRAND,
qui fera d'autant pluseftinier
(on zele pour la gloire de
Dieu3 qu'en n'avoit point vu
juCqu'à preierit de Seminaire
comme éeluy-cy, deftiné à
la fandifiëatiÓn de la Manne.
Je patte à une autre Nouvelletjui
la regarde. Les Gentilshommes
Gardes-Marines
qui font à Breft au nombre
de deuxcens, aufli-biendifciplinez
qu'on le puiffe cflre
entoutes fôrtesd'exereices,
ne pouvant faire éclater leur?
courage en desoccafions cffectives5
à cauof du temps de
Paix où nous rommes) ont,
voulu au moins donnerquelque
image de la Guerre dans1
l'action dont je vay vous faire
le détail.IlyaàBrcftfurle
bord de la mer un petit efpace
de greve qui donne dans la
radc,cù la defcenteferoitplus
facilequ'ailleurs. On yavoit
fait il y a plufleurs années
quelques legeres Fortifications
que l'on appelle le fort
de Chaunes du nom du Gouverneur
de la Province, foutenue
d'uncaflez bonneRedoute)
reveftue & entouréede
bons foflez?afind'empefeher
au moins la première inful te
des Ennemis, s'il en paroifloit
de ce coftt-là. Ces Gentilshommes
fous la conduite de
M de Coulombe
?
leur Capitaine
?
deMde Courbol1, fon
Lieutenant, &de leurs autres
Officiers,choifirentcet endroit
- pour une attaque qui
leur fut faite il y a peu de
temps) par les Soldats de la
Marine des fix Compagnies
qui font en ce Port. Cette
brave Milice? qui en plufieurs
occafions pcrilleufcsa donne
des preuves de fa valeur3 vint
pendant un temps calme &
lerein dans quinze ou feize
Chaloupes5toutes fur une ligne
égale, Enfeigncs & Pavillons
déployez> ayant Mr
de FourbinxSe tous leurs Officiers
à leur telle5 faire defcente
en bon ordre à cette
grève?au fon des Inftrumens
de Guerrcc TrompetteS)Tambours
& Hautbois. Les Gentilshommes
avoient fait un
bon détachement de la Redoute
pour s'oppoferà cette
defcence
; mais enfin n'eltanc
1 pas en aflcz grand nombre)
-ipr'és, une deffenfe des plus
vigoureufes
?
ils furent contraints
de plier, & de fe retirèr
dans leur Redoute. Ce'
pendant.leCanon du Fort,
de la Redoute & des Forts
voifins fe fit entendre, & la
moufqueteriefit bienfon devoir.
LesGrenades qui étoient
tic parchemin remply depoudre
,
fe jetterent detous cotezj&
chacunde part & d'autre
agit avec autât de vigueur
quefic'euftefté dans une véritable
aétion. Enfin il falut
cedcr à la force des EnnemisOn
fit les approchesjonfonna
la Chamade; on fit la compofition
; on donna des otages)
& tous fe fe parerent bons amis?
les Soldats Matins remontant
en bon ordre dans
leurs Chaloupes. L'attaque fe
fit en prcfence d'un nombre
infiny de Speétateurs. Mr
Defcîouféaux'? l'Intendant de
la Marine3le Commandant?
tous les Officiers, le Château,
la Bourgeoifie? & des Troupes
innombrables de Peuple?
dont beaucoup efloient des
Villes voifines
?
voulurent
jouir deceDiveitiflement*les
uns fur Mer dans des Chaloupes
y & les autres fur des
Hauteurs qui n'eftoient pas
éloignées. Le beau Sexe mefrne
y prit part dans des Tentes
qu on avoit faites exprés
5
& l'onnevoyoitque des parties
de plaifir en un lieu qui
peu d'années auparavant paroifloit
entièrement defert&
fauvage, & qui par les bontez
,
la magnificence & les
foins denoftre Augufte Monarque3
eft à prefent un des
glusagréables endroits de la le France, orné de quantité de
bons & gros Yaiffeaux) qui
font la principale leurete de
la Province & du Royaume1
& la terreur de fes Ennemis.
Il y a long-temps qu'on a
fait parler les Animaux., mais
peut-eftre n'yen a-t-il jamais
eu aucun qui meritaft tant
d'efire écouté qu'un Levraut
que l'on a donné vivant à Madame
l'Abeffc:deFontcvraut)
afin d'en faire une cfpece de
Chatte pour le divertiffement
de Mademoilelle de
Blois, qui eft depuis quelque
temps à Fontcvraut. Il eft
vray que ce Levraut a efté inftruit
par un fort habilehomme.
Mrl'Abbé Geneft
,
qui
eftauprés de cette jeune Princeffe,
aprisfoin de luy apprendre
à conter fcs avantures
d'une maniere agréable.
Tout ce qu'il luy fait dire
.roule fur l'opinion des Siamois
touchant la tranfmi-1
gration des ames >
& voiçy
comment le Levraut Avanturier
s'en explique à cette
AbbefTe.
A MADAME L'ABBESSE
DE FONTEVRAUT.
1E vais, en VOJUparlant,paroijlre
témtrllirt)
Mais s'ilvousplaifide m'ecoûter,
Madame, vous verreT^ que je fuis
mevanter
De n'eftrepas une Befte ordinaire"
A beau mentir qui vient de loin.
leprouveroisbicn-tofl,s'il en efioit
befoin,
JOucl'Orient centfais m'a veu naifile
& renaiflre.
Si mon aimefujjitpour lefairecon
nIiftre
A Siam,d'où je fuis, un grand
Feuple efi témoin
.Pue l'on ml vit Guerrier, Poète,
Talapoilt.
Je revenois fouvent à la forme de
Befie,
Carje vous conte tout d'un efprit ingénu.
A lafn j'eftois revenu.
Sous uneforme humaine encore ajfcz,
honnefle
J^uxnd , de pompeux Ambaffadeurs
Vinrent de voflre Prince étaler les
grandeurs
Sur les bords que lejourenfelevant
colores
Des rayons defagloire on vint nous
éclairer,
Etmontrera cesRois que l'Orient
adore
Jî>u'il eftailleurs un Roy qu'ils doivent
adorer.
Plein du dcJir de voir la France &
fin Monarque,
Avecnos Siamois tout ravy je m'em..
barque;
Mais, bêlas ! unfort inhumain
Me fitexpirer en chemin.
En cettefunejle avanture
l'eus l'Océan pourfepulture
> Ou d'un affiZ joly garçon
MadAme,je devins un gros vilain
poijjon.
En ce nouvel eftat la mefmt ardeur
m'infp ire;
Je fuivtis en nageant les traces du
Navire,
le Jis de terribles eforts
Et je touchois déja les Armoriyues
bords,
Prefl à meglijjer dans la Loire,
J^uand d'un Pefeheur le Filet rigoureux
Mejette furlefable
,
&ce moment
affreux
Devoit aHppairefmimoenttrteerm;iner mon Mais parmy des roféaux prés de la,
par hasard
Yne Canardefanvage
Couvoit fes oeufs; moy pvomt à*
H*>
l'entre en l'un defes oeufs ,&ie
devins Canard. g
Me efntant un peu fortje cofioyay
lefleuve,
Et favançois toujourspays ;
Maisvoicy de monJortlapluscruelie
epreuve,
Parun plomb enfamé tous mes voeux
font trahis ;
le tombeenl'eau l'ailecajsée;
Mais le traijhre chajfeur ne mefut
Attraper ;
N'aiant"Oiln" de Barbet, il me vit
échaper
Au danger dont ma vie alorsfut mInacee.
Tayvécutriftementautourde Mont-
Soreau,
Toujours mal affuréfur la terre, ou
dans l'eau,
Et lors que je cedois a ma langueur
mortelle ,
J'ayrepris une vienne vigueur nouvelle
Vans le corps d'un jeune Levraut.
Errantdepleis un mois dans lesplainesvoifines,
Jenay pas ignoré les 'lualiteZ divines
De Madame de Fontevraut.
Les échos,lesoiftaux, l'eau parfoti
doux murmure,
Toutpurloit a l'envy d'un merite fi
haut.
le mefuis approché de la fainte clofture
J>)ui renferme tant de vertus,
Ou luit modeftement la gloire la plus
pure
A qui detrnivefJ les hommages
foient dus.
On me cherchoitpour *uous,je me
- donne, on memmeine ;
Surpris à voflre nom d'un aimable
tran/jort,
Deftinêpour vos fers,j'en ay beny
le forty
l'ayfenty de vos loix la forcefouveraine.
Aujji vous m'aile^voirfournis,tfpprivoifé,
Signaler pour vous plaire un coeur
Mut embrafés
Etfi de mon eftat chaque metamorphe)
fe
Vousfcmbleun contefappofé,
Etque des Siamoisl'ejpriteftabufé,
En croyant la Metempficofe,
Par mon exemple AU moins vous ne
pourreZ nier
J>)ue tous les Animaux aujourd'huy
raifonnables
,
Vont revenir pour vous à cet eftat
premier
OÙ le monde naijfant les vit doux &
traitables.
Dans unfijour delicieux
ils reveroient l'imprefflon desCieux
Sur le front éclatant des nobles créatures,
(precieuxy
J>)ue Dieu venoit d'orner de cesdons
Et qui regnant en paix dans ces ai*
mables lieux,
Sans leurIjùperbes forfaitures
Auroient toujours gardé ce Sceptre
glorieux.
De vos premiers parens le pouvoir
fans mefore
"Commandoit hautement atoute la
Nature,
Toutrefpettoitleurprefence&leur
VOIX,
Tout obeijfoit à leurs loix.
Èi par un orgueil facrilege
Jls ontperdu, Madame, unjigrand
prrvilege)
YIIU en qui nous voyons la fainte
pieté,
A tous les dons des Cieux mêler l'humilité,
Vous rentreZdans ce droit, vous le
faites revivre,
fout doit vous obéir, vous revereri
vousfuivre,
à
Tour moy ,
cefiaujourd'huy mfJlI
plusprejfant defir lefais , de ce devoir mon uniquefiaifir
>
Expirerfous vos loix efi ce que je
demande,
JOi*md je devrols nerenaifire
, jamais,
Célte rnoYt efi pour moy toute pleine
d'attraits.
Ainfi quelquefort qui m'attende,
JJaddtIJe, vous ¡UUVit dés et mefmc
moment
Me donner, me livrer au diverttîement
De ces adorables perfonnes,
Dont l'amitte vous cherche en ceDefertcharmant,
Jgui reçoit de leur veut un nouvel
omemeut.
LiinctT^furmeyfoudain& Bichons
& Bichonnes,
LaRoyale, Lion, petitfrere, &
Thishé ;
JOuand a vospieds vous me ver- reztombé,
Je diray, bien loin de me
plttindre,
C'ciïoit le deftin le plus doux
Où je puffe jamais pretendre,
De mourir à vos yeux, &. de mourir
pour vous.
Eh! qui de cette mort ne feroit pas
jaloux ?
Je voy bien? Madame) que
vous ne voulez rien ignorer
de ce qui regarde l' Académie
Royale d' Angers, puis qu'aprés
en avoir vcu les Lettres
Patentes»
Patentes) dont je vous envoyay
une copie il y a un
mois
> vous voulez encore en
voir les Statuts. Je vous ay
-
promis de fatisfairc voltre euriofitc
furcet article,&il eil:
jufte que je vous tiéne parole. hSTATUTS
DE
L'ACADEMIE ROYALE
DANGERS.
IL I.
'Académieferacompojee de
trente Academiciensnez
r dans la Province d'Anjou
> ou
de Peres qui enJoient3 & taàt
qu'il Je poura refidans dans la
Paille d'Angersy on pourra
néanmoinsélire desAngevins
domicilie^ ailleurs> où des
Etrangers étahlis à Angers par
la confideration de leur rare
mente.
IL
Elle aura quatre Ofifciers>
un Direéleur> un Chancelier^
un premier e, un Jecond Secretaire.
III.
Le Directeurprefidera aux
AjJemblées pour y propofer les
matieres donton aura i traitera.
pour y faire garder le bon
ordre. Il recueillerales Avis
des Académiciens fuivant le
rang où ils Je trouveront ftrtuitement
aJfis" t opinera le
dernier immédiatement après les
autres Oiffciers.
IV.
Le Chanceliergardera le
I-Sçettu de tAcademie" &fçelleroe
en cire bleue toutes les Ëxpeditions,
V.
Le Secretaire tiendra Regiftre
de toutes les résolutions qui front
prifes dans les Affemblêess
gardera les Titres& Papiers de
L'Academie.) expediera tous les
Arles. & écrira toutes les
Depefches &toutes lesLettres.
VI.
Quand la Campagnie en
Corps parlera dansJes Lettres,
le Secretairefcoufcrira, vos tresr
liumbles ferviteurs, les Académiciens
de rAcadcmic
Royale d'Angers N. Secrétaire
j & quand le Secretaire
écrira de la part de la Compagnieil
commencerafa Lettre en
ces termes ou quelques autres
femblablesXAcademie Royale
d'Angets m'a ordonné
de vous écrire &c. & fignera,
laLettre comme fi c'efioit pour
Jesaffairesparticulières^excepté
quécrivant de la part d'un
Corpsjil doit eftrr plus referrvé
aux termes de la (oufcription.
VII.
En l'abjence du DireElrur.) le
Chancelier prejidera aux Àffemblées,
&en l'abfence de tous
les deux, le premier Secrétaire?
ou le fecond Secretaire à fin
deffaut; que fi tous les Officiers
font abjensj le dernierqui aura
ejié Direéleur ou Chancelier
preJidera.
VIII.
Lors que le premier Secretaire
7abfentera
3
il envoyera le Re-
.gïfire au fécond qui tiendra la
plume &fera toutes les autres
fondions du premier Secretaire
tn Jon abfênce.
IX.
Les deux Secrétaires feront
perpetuels e à vie; le 7Jire-
Heur & le Chancelierferont
fchllnge'{ deflx mois enfix rnois, e celuy qui fortira d'une
Charge
., ne pourra eftre éleu pour
une autre à la premiere nomination.
X.
La nomination des Officiers
je fera par les fujfrages des
Académiciens
,
ajJèmblez du
moinsau nombre de qurn^e^a LÏ
pluralité des opinions écrites
dans des Billets, qm feront mis
entre les mains de celuy quifera
la fonflion deSecrétaire
>
(éf
ouverts parceluy quiprejtdera;
on ne poura parvenir aux Emplois
de Secretaire qu'on n'ait
la voix des deux tiers des
Academiciens prejens a ?..4;':
[einblée.
XI.
Lors quil y aura une place
dAcadémicien vacantele Directeur
en fera avertir tous ceux
de la Compagnie qui p'rontjur
les lieux
j & l'on procédera à
FeleÛion d'un Autre dans la
premiere AjJèmb/ée s'ily a trois
jours d'intervalle; Jînon3 dans
lAJJemblée juivante.
XII.
Pour l'éleélion d'un Academicien
ilfaudraque les deux
tiers des voixJbientconformes?
t5r qu'ily ait du moinsquinze
Académiciens a l'AjJernblfr. Les
fujfragesJe donneront par Billets
dans la mejme forme que
pour l'élcélion
des
Officiers; on
fourra néanmoins dijjererl'élefiion
s'il ne Je trouvoit pas à
lors de fujetspropres à remplir
les places vacantes.
XIII.
Si un Académicien fait
quelque faute indigne d'un
homme d honneur^tlpeutejlre3
ou dcfiitue ou interdit fuivant
importance de fa faute; il
faudramefme nombre de quinze
Académiciens}mais ilfujfiraquil
pape de deux njoix a la dellitution
ou à l'interdiélion.
XIV.
Si quelqu'un des Academiciens
ne fe peut trouver aux
Ajfemblecs pour caufes raifonvables
lors qu'il s'agira des
élefiions ou d'autres affaires
importantes de l'Aeademiey il
pourra envoyer Jon Avis par
tente
XV.
Quand un Acadtmicienfera
receu3 on luy f^ra ltiare des
Statuts dela 1e1qu'il
promettra dHobJerver*Il fanera
l'Atle de Ja receptionf<r le
Reriflre
3 & fera un difcouis
pourremercier la CorntJ'Snje.
Le Direfleur ou l'autre Officier
en fan abfence y repondra par
un autre difeours.
XVI.
Tout homme qui aura Jollicite
publiquement les FAJJRAGESJ ou
finterpofé la recommandation de
personnes conjlituees en dignité
pour entrer à l'Academie) en
'fera exclus.
XVJI.
Lors auun des Académiciens
mourra
>
deux Je la Compagnie
feront choijts
J
l'un pour faire
fon Eloge en proje
„ & l'autre
en vers , vu quelques autres
Ouvrages à fa louange.
XVIII.
VAcademie sajjemblera tous
les Mercredis à deux heures
apres miclyon plusfounjent s'il
est juge a propos ; elle pourra
mesmeestre cxtracrdinairemeM
convoquee par le Direéleur. XIX.* S'il Je trouve une Fef/e au
jour de l'AjJèrnblée
„
elle ferJ
remife au lendemain.
XX. !
Ceux qui ne feront point dul
Corps de l'Academie nepourront
affifter aux Ajjemblées ordinaires
, rxcepté le fleur Evefque
,
le
Lieutenant pour le Roy dans la1
Ville Ëg- Chafteau d'Angers, ICI
premier Prtfident3 le Lieurc-i
nantgeneral du Prefidial & lei
Mairede la Ville, qui pourront
s'y trouver pendantquilsferont
dans leurs emplois&dirmtc^>
rns qu'ilsputjjentnéanmoinsaf
yffotenrs aux défiions & drftitttqui
feront laijfees libres
tux Académiciens feuls) C,
Juns que cy-apres on puiffe accorder
ce mefine droit à quelque
Officier que ce fait
, outre ceux
y-deJfus nomme
XXI.
Si quelqueperfonne confidetable
par fa naijptnce ou par
fon mérité, pAjfant par la Vi/tr,
fouhaite d'aftfler à tAffembléeJ
ily pourra efire teceu après qu'on
l'aura propofé le jour d'auparavant
au DireEleur.
- XXII.
Que s'ilJeprefente quelqu'un
qui defire avoirl'Avis de la
Compagniey ou luy porter quelque
parole
> ou luj faire complimerit,
il pourra eftre introduitt
dans l'Affemblée pour eflre ouy,
& après la reponfe qui luy fera
faite par le Directeur3 il Je
retirera.
XXIII.
On laijfera néanmoinsl'ent'féelibre
à toutes les perfonnes
de conditiona la reception d'un
Académicien (fyf dans quelques
autres occajtons
folemnelleSj
comme a l'adjudicationd'un prix»
& a l'Eloge aun Académicien
mort. XXIV.
Aux Affemblées le 'DireReur
Je placera au haut bout de la
Tablele Chancelier & les
Secrétaires feront àfa droite, &
les autres Académiciens fe placeront
autour de la table comme
la rencontre ou la civilité
les rangera.
XXV.
Le Secretaire écrira exaElement
& briefvement tout ce
quifepajjera en chaque Affimblée.
Les Délibérations feront
fgnées du Directeur> duChancelier>
ou du Secretairc.
XXVI.
Chacun dira on Avis tout
haut avec toute la civilité qu'il
fe pourra )
fans s'interrompre,
fans reprendre avec chaleur ou
mépris les Avis de perjonney
fans rien dire que de necejjaire,
& fans repeter ce qui aura,
efté dit,
XXVII.
On ne pourra faire aucune
délibération(jlaCompagnienejî
compofée de dix Academiciens
pour le moins&de quinze pour
les élevionsdejlitutions ou interdirions
des Académiciens ;m«<
mination des Officiers, @J dans
tes autres affaires importantes.
XXVIII.
Lespartages d'opinionsferont
renvoye^ a /'yéjjembltc
fuivante.
XXIX.
On ne parlera point dans
lAcaderme des matieres de
Religion3ny de Theologie3 &
celles de politique ny feront
traitées que conformément à
l'autorité du Roy? & iï teftat
du Gouvernement3*aux Loix
du Royaume.
XXX.
AAuocuun ffutj1et6d8e7cDeux qui qti;
feront traitez dan"les AJfemblées
3 ne fera divulgué fi ce
n'efl par l'ordre de la Compagnie.
XXXL
&Academie ne jugera que
des Ouvrages de ceux dont
Aieferacompofée, & fi quelquautre
en prefinte.) elle en dira
feulementfon Avisfans enfaire
de tenfure3 &fans en donner
aujjïfon approbation.
XXXII.
Nul des Académiciensnepour*
rarien écrire de fin chefpour la
deffenfede VAcadémie- que par
fon orlire
l
mparfa permifr
jfion*
£XXIII. - -
Les Académiciensferont uxhor-
.tez depreparer de tempsen temps
quelques dijeoursAcadémiques fc
fur tels fujets qu'il 'leur plaira;,
& de les prononcer ou les lire
dans la Compagnie.
XXXIV.
Il y aura des Vacations depuis
le 8. Septembre pJojH.au
-Il.. Novembre
3
pendant lefquelles
on ne pourra decider aucunes
affaires importantes., quoy
quon puiffe s'afjembler.
XXXV.
Si quelqu'un des Académiciens
refidans dans la Ville ncjlive de
fe trouveraux Ajfemblées, il ne
fourrarpre appelle aux Charges
deïAcadémie}ny obteniraucun
Certificatqu'ilfoitdu Corps.
RegiftreK, ouy le Procureur
General du Roy, pour eftre
executez félon leur forme &
teneur fuivant ïArrejl de ce
jour. A Paris en Parlement
le feptieme Septembre md fix
cens quatre-vingt-cinq. Signé
DONGOIS.
Voilà ce que l'efprir a fait
faire, il faut vous dire ce
que la charité & la pieté ont
tait entreprendre. Le 17. du ;mois pafle Mr le Marechal
deBellefondseftant à Valogne
en Baffe Normandic, fit
la cérémonie de pofer la
premiere pierre de l'EgliCe
& de l'Hofpital General,
étably en cette ville-là depuis
peu de temps, par les
foins de M'Laillcr
?
Dolteur
de Sorbonne) Curé,
Doyen & Officiai du lieu?
homme d'une fort grande
vcrtu, & tres-zele pour le
bien des Pauvres.M l'Evef-
,-.,que de Coutance s'eitant
jendu en la grande Eglife de;
!Saint Malo revcftu de Ces
habits 'Pontificaux
,
la Proccflion
fe mit en marche en
cet ordre. Tous les Pauvres
de l'Hofrital habillez de bleu
alloient les premiers avec
beaucoup de dévotion. Ils
prccedoient les Capucins? les
Cordeliers & tout le Clergé
qui eft fort nombteux>com-j
pofé de Ms du Chapitre
chantant le Veni Creator. Mr
le Marechal & Madamela^
Marechale de Bellefondsfui-j
voient M' de Couftancc. Ils
cftoient accompagnez de
MademoifelledeLille-Ma,-
-ne leur hUe.) de M &: de
Madame de S. Luc, de Mr
l'Abbé de la LutumierejFrere
de Madame de Matignon
1
&
d'un très-grand nombre de
perfonnesde qualité. On
fit le tour de la Ville, &
l'on fe rendit au lieu deftiné
à la ceremonieque l'on
devoit faire. On y avoit
dreffe un Autel dans les
fondemens. Mr 1Evefquc
ayant beny la pierre avec les
Prières accoutumées
>
&cMr leMaréchalde Bellcfond
rayantpotée., ce Prélatfit un
diicours fur ce fujct avec r -
beaucoup d'eloquence &
avec le zele qui luy eft fi ordinaire,
particulieremeni
quand il s'agit dela cau fc
des Pauvres? dont il eft le
pere & le Procecteur. Il fit
voir que ce lieu eftoit faim
parcetqu'on y devoit facrifier
au vray Dieu; qu'on 1<
pouvoit appeller la porte di
Ciel, parce que c'eftoit er
logeant & en fecourant le:
C? 5
1 Pauvres que le Fils de Dict
a dit que l'on y pouvoit en
trer> & enfin que ce lieu cf
toit tcrrible> parce que cem
reui négligeroient d'y pren
dri
dre foin des malheureux que
le Sauveur leur recommande
comme fes Membres., n'ejViteroient
pas d'efire condamnez.
La Proceffion eftant
retournée en chantant
le Te Deum dans le mefme
kordre qu'elle eftoit Venue
Ion chanta les Prières » pour le
1 Roy> apres quoy toute la
,
Nobleflfé qui avoit aflîfté à
cette ceremonie
>
fe rendit
chez Mr de S. Luc? Gouverneur
de la Ville & du Chaftcau
de Valogne, où elle fut
regalee d'un magnifique dif-
I né
> avec autant de dclicateffe
que de propreté & d'àbondance.
Il fe fitil y a quelque
temps un Baptefïne qui à
quelque chofe d'affez fingulier
pour meriter que vous
le fçachiez. La Femme d'un
nouveau Converty eftant accouchée,
il alla prier Mrs
les Gardes desOrféyrçs qui
font au nombre de fix) de
luy faire l'honneur de tenir
fon JEnfant fur les Fonts> 6c
leur ditque lesEnfans qui nasvoient
qu'unParrain neftant
pasJeursd'en avoir toujours,il
crojoitj en les priant d'eflreJes
iJomperes
> avoir pris une jufte
précaution contre ce malheur. Ils
eonfentirent à eftre Parrains,
Se luy demandèrent quelles
Commeres il avoit choifies.
Il répondit qu'il leur en laiffoit
le choix, ce qu'ils promirent
defaire. Ils délibercrerit
enfemble là-defliis
> &
refolurent de prier les Dames
de l'Vnion Chrétienne pour
eftre Maraines. Elles répondirent
que fuivant les réglés
de leur Inftitution
>
elles ne
pouvoient accepter la propolltion
qui leur eftoit faite,
mais qu'elles en parleraientl
E ij
leur Supérieur. Il n'eut pas
plûtoft eité informé de la
chofe
,
qu'il leur permit de
tenir cet Enfant à caufe qu'il
eftoit d'un nouveau Converty
>
& le Baptcfme fe fit avec
une afflucncc de monde extraordinaire.
Il n'y a rien de fi bas 'qui
ne foit à eftimer lors qu'il
vient de mains habiles. Vous
mépriferiez une Souriciere)
& Madame de Villeneuve,
Femme de M1 Ribier de
Villeneuve, cy-devant Confeiller
au Parlement? a trouvé
moyend'en faire un prelent
qui a raie bruit. Madame
de Fourcy à qui elle eftoit
allée rendre vifite
,
s'eftant
i plainte de quelques Souris
qui l'incolnlnodoient, Madame
de Villeneuveluy dit
qu'elle avoir chez-elle une
forte de Souriciere merveilleufe
pour prendre ces animaux.
C'eftoit un pot plein
d'eau & couvert d'un aïs?au
milieu duquel il y avoit une
petite bafcule qui s'abaifloit
aufli-toft que les Souris venoient
manger ce que l'on
mettoit deiius?en forte qu'en
tombant dans l'eau> elles Ce
noyoient lans qu'il en puft
échaper aucune. Madame de
Fourcy l'ayant priée de luy
envoyer l'Ouvrier qui lesfaifoit,
Madame de Villeneuve
s'engagea à luy en fournir
une toute faite. Apres quelle
l'eut quittée) elle fongra.
comment elle pourroit relever
par quelque galanterie
une chofe aufli-peu confiderable
qu'une Souriciere. Elle
chercha une belle Cuvette
de fayence,fit peindre le couverclede
bois où eft la bafcule>&
fie faire un petit Pavillon
de taffetas couvert de
Valons dargent, & orne de
Rubans qui couvroit la ma- chine comme une petite tente.
Cette Lettre accompagna
le prefeut.
r A MADAME DE FOURCY,
• en luy envoyant une
Souriciere.
portuxs Animaux, de qui les IM.
troupesgrtfes,
Gourent dans les Valais,errent dans
-
les Eglifes, Reptiles, qui ehercheZ les ombres&
la nuit,
J^peroladcourriuptt,ion tlUls un égouji
Souris, iln'efi doncpoint demAIfin fifacrée,
Du vos griffes d'abordnecreufent
une entrée?
Il n'efi donc pointd'endroitfifainty
fi refpeélé,
.f<.!!,i contre vous puijfe efire un lieu
de feureté ?
Jufqu'a l'appartement de l'iliufire
Artemice
Vous portez, de vos dents l'infolente
malice,
Son augufie prefence
,
& fon diviz
afpeSt ( nyrefpett?
Ne vous impriment donc ny crainte
C'ejl trop fiuffrirde vous, la mort
la plus cruelle
Ne peut affiZ punir vofireaudace
rebeUt.
foicy de vofire fort l'inévitable
eeueil,
Nous allons voir finir vos jours &
njofire orgueil.
Ce fera.) Madame
j par le
moyen de la petite Souriciere jjeevousennjoyequevousvieqnue- vousenvoyequevousviendyrek
à bout de ces petites infolentesquivous
fonttant de def
ordre. Je croy qu'elless'y prendront
aifément.) car on a pris
toutes les mefures poffibles pour
la rendre jufle ; il ne faut qu'un
grain pour faire baiffèr la baf
cule; je croy mefme que les Mouches
sy prendroient, fielles venoient
s'y repofer. Neantmoins
fi quelque accident la faifoit
trafiquer faites-m'enavertir, jirayauffi-tojl chez "Vous pour
y remedierj & vous témoigner
cooebten je fuk>Madame
y njofire,
&Ci
[ On voit peu de Nations
qui égalent les François dans
l'amour qu'ils ont pour tout
ce qui regarde les Armes. La
Nobleifcfournit autant d'Ofiieiers
aux Années du Roy,
quefaMajefté en peut fouliaiterj.&
lepeuple les groffît
de Soldats qui n'ont pas fitoftappris
à porter les armess
•qu'ilsfçavent l'art de vaincre.
Fondant ^ue les uns fervent
ainfil'Eftat & le Roy dans fes
Armccs
? ceux qui gouvernent.
les Villes? & ceux qui
;les font fubflfter par leur
commerce> font tous les ans
4esFeftes Guerrieres dans
lef^uelles ils s'exercent
L'une de ces Feftes,qui fe font
prefque dans toutes les Provinces
du Royaume, fut faite
à Reims avec grand éclatr
le Dimanche 15. de Juin
iernier^ Les Compagnies
- di'Aï-quebuziersrau nombre de quarante-deux ou environ»,
sy eilant rendues le jour
pVriellceesdent des principales
de la Champagne) de
la Picardie) de la Brie; & de
pl ufieurs autres Provinces
éloignéesfliivant la Lettre
circulaire, & le Mandat qui
leur avoit efté envoyé, furent
receus par M'Frifon,Capitaine
en Chef des Chevaliers
de Reims, 3c par Mrs de la
Salle & Dorigny
>
Capitaines
Lieutenant & Enfeigne
,
qui
les conduifirent dans les principales
Hoftelleries de la Ville,
que Mr Frifon leur avoit
fait préparer. Elles n'y furent
pas plûtoft arrivéesqu'on
v
leur apportâtes Prefens ordinaires
de vins, & autres rafraîchiffemens.
Le lendemain
elles fe rendirent au Jardin de rArquebufc, d'où elles allcrent
en ProcefïîonenTEglife
Metropolitaine) accompagnéesdu
Clergé de cette Eglife,
& affilièrent à une Mcfié-
folemnelle qui y fut chantée
en prefence de M1 le
Comte
de
Lery Capitaine
Commandant pour le Roy
dans la Ville de Reims) &
des premiers Magiftrats &
Officiers de la mefme Ville.
L'âprefdinée elles aflifterent
a une féconde Procemofl
quife fitdansles principales'
ruës,où l'on porta quatre ma-j
gnifiques Piramides de toute
forte de vaiffelle d'argent>
deftinée pour le prix general
avec le Bouquet,reprcfçntant,
le Dieu Mars» qui tenoit d'une
main les Oliviers & les Lys
qui font les Armes de Reims,
& pourBouclier unBaffin de
vermeil doré. Chaque pyramideportoitvingt
prix de la
valeur de mille écus> fçavoir>
UnBailinrond de 500.liv.
Un Baffin rond 280.
-
Six Alfietes
,
16o.
UnBaffinrond 2,40.
Quatre Flambeàux nj.
UnBalïinrond IOJ.
Trois Flambeaux 185.
Une Eguierexéc.
Un Eguiere découverte
-
1JO.
Deux Flambeaux 140.
Deux Chandeliers 130.
Quatre Salieres izo.
Un Pot à eau 110.
Deux petits Flambeaux de
Cabinet 100.
Une Ecuelle couverte 70.
Un Sucrier 60.
Deux Taifes à deux ances
S°~
Une Ecuelle 40I
Les Compagnies furent regda'ulénees
pendant la Marcher
Collation tres- fuperbe,j
après laquelle elles fe rendl- 1
rent au bruit de la
Mou[que-';
rerie, & de plufieurs déchar- i
ges de Canon au Jardin dej
l'Arquebufe/oùMrle Comte
de Léry, M1 Favard
)
Lieu-h
tenant des Habitans
> & Mr ]
Frifon ifrent la Ceremonie
de decouvrir la Satuë Pedeftre
de Sa Majefté> érigée
dans ce Jardin par les foins
du mefme M1 Frifon &: des
Chevaliers de l'Arquebufe de
Reims, ce qui fe pafla avec
des acclamations extraordinaires
de Vive le RoyJ & des
demonftrations d'une joye
univerfelle
à
ainfiqu'au bruit
de la moufqueterie
>
& de la
décharge gencrale du canon
des remparts de la Ville. On
avoit mis pour Devife à cette
Statuë le Soleil entrant dans
le Signe de Sagitaire avec ces
mors,hofpitium illuBrat.
e Ptir tout le long defa cArriéré,
Sans perdre fon éclat, répandant fi
1 lumiere
,
Sa prefence en toutesfoifons
Fait l'ornement des ççlejies maifons.
Cejrainfîqu'avecpompe entrant au Sagittairey Ily porte avecfoy le jour,
Et pllrnn bienfait ordinaire
Il éclaireen , feejntorantule lireu.dejfin Grand Roy, c'efl là nofire dvan.
tage, , J
Jgu'envoyant icytoniVJdge
,
Ij
Cejardin devenu plus charmantl plus beauy
{ Reçoit de ta prefence un éclat tout
nouveau* ,.
, La Statue que la Compagnieaérigéeà
LOUIS LEî
GRAND, eft poféc dans le 1
fondée la grande allée du
Jardin
>
fur un Piedeilal àj
quatre faces. Sur la premiere
eft un Hercule?pour fignifief
que le Roy a exterminé de
tonEmpire tous les Monfires,
& fur tout celuy de l'Herefic.
Elle a pour titre Hoerefeon do..
^mitori. La fécondé eft une Minerve,
fymbole de la fageflc
confommée de ce Monarque,-
& au deffus
?
Confiliorum Præ"-
jidi. La troifiéme eft un Mars
pour reprefenter fa force invincible
dans les Combats avec
ces mots> Hoflium Debcllatori,
&: dans la quatrième on
lit ces paroles fur un Marbre.
In hae armorum Palalha, JEdilibus
hbtraliter applaudentibus
>
ad fplendidiorem proemii
gencralis pompam erexere Catapultarii
Remenfes, anno Domini
LXXXVII. dieIf. men*
fis Junii.
- Le foir il y eut de grandes
rcjoüilfances en differens endroits
de la Ville& des Fontaines
de vin coulerent devant
la porte de Mrle Comte
de Léry & de Mr Frifon,
qui traitèrent avec
beaucoup de magnificence
les principaux
Officiers
des
Chevaliers Arquebufiers,invitez
à venir difputer le prix
à Reims. Le lendemain au
marin 16. du mois, on élut
les Prefidens & les Deputez
des Villds pour juger les
coups des Pantons. Les
Deputez pour marque de leur
caraL,'Ècrc
,
portoient une médaillé
d'argent, reprefentant
d'un
coftéla
Statuë Pedeftre
de Sa Majefié, élevée dans
Je Jardindel'Arquebufe
?
&
de l'autre les avenuës de ce
Jardin. Les Compagnies s'y
rendirent l'aprcfdinée fous
les armes3 & M le Comte
de Lery fit la céremonie de
tirer le coup du Roy. Il s'en
acquita avec une adrefle tou-r
te finguliere
?
& donna 11
foir un. [oupé. très fompcueux
aux principaux Offi<
eiers des Compagnies. Les
jours fui-y-aflts le pafferent à
tirer aux deux Butes. Cha-'
que Brigade des Compagnies
venuës pour la Fefte y donna
des marques de fonadreffe)l
deenfin les Chevaliers de Vi-*
try emportèrent le premier:
prix5 & ceux de Noyon le
recoud. Pendant toutce
temps il fe fit toujours quel-i
que chofe de remarquable.
On receut le fils de Mr le
Comte de Lery âgé de neufl
te dix ans, Cheval ier duJar-
'din de l'Arquebufe de Reims.
Il fut accompagné dans
cette ceremonie des principaux
Officiers & Chevaliers)
Jk eut pour parrainM Favart,
Seigneurde Richebourg>
Lieutenant des Habitans, Il
prefta le ferment entre les
mainsdeMcFrifonCapitaine
en chef, qui avoit efte
le prendre chezluy avec les
Officiers & Chevaliers de la
Compagnie, où ayant efte
reconduit dela mefme forte
? Mr leComte de Lery lesre- :gala d'une cres fuperbe colation.
Les Peres Jfeuitj
voulant tcmoigner l'eftil
me qu'ils ont pour la Corn
pagnie de l'Arquebufe de
Reims? firent foutenir deux
Thefes dans leur Collège,
il s'y trouva un tres-grand
concours de monde. L'und
eftoit dediée à Mrs les Ch«^
valiers) & l'autre à M1Frifonji
qui tant que dura la Feftd
n'oublia rien pour fouteniÊ
dignement la gloire d'und
Compagnie qui s'eft toujours
diftinguee dans cet exercice?
Lgz pour remplir ce que l'on
attend de ceux de fon nom)
qui
qui poflede depuis plus d'im
-
Siecle avec une approbation !
générale la Charge de Capitaine
en chef de la mefmc i
COlTIpagnie- Ceux qui la
compofent, Officiers &. Che.
valicfs, ayant délivré le Bou..
quet à la Compagnie de
Laonle 2,4. de ce mefme mois
de Juin5 l'honorerent à la
fortie d'une belleCavacalde
jufqu'i la Villette, & la égalerent
d'une Collation magnifique.
Apres les adieux
faits de part & d'autre, fos
Chevaliers de Laon fe mirent
en marche ,& ayant pouffe
ce jour-lajufqu'au Bac, ili
en partirent le lendemain d<
grand matin, & prirent h
route de Laon. A deu)
lieuës delaVille, on décou
vri-t fur une hauteur deua
efcadrons de Cavalerie qu
s'avançoient en bon ordre
ces Efcadrons étoient conv
pofez d'environ deux cen:
Chevaux. Leurs Comman.
-
dans serant avancez pou:
cojTLplimenter les Chevaliers
& leurtémoigner la par
qu'ilsprenoient à leur gloire
les reçurent par une
falve
gc
ncrale. Les Chevaliers à leu
teftç continuèrent cette routé
jufques au Fauxbourg-le
Laon? où l'on fit al te pour
fe rafraîchir. Cependant les
,.Bourgeois de la Ville avertis
5de leur arrivée
> ayant fermé
dés le matin les Boutiques,
rfe rangèrent fous leurs Enfeignes,
& prirent les arm--s, conformément aux ordres de
Melfieurs de Ville. Toute
cette Milices'étantaffemblée
dans la Cour du Roy., for- :mant un Bataillon, fe mit
enmaache
,
&: defeendk au
tFauxbourg en tres-bel ordre.
.Quatre Capitaines qui conduifoient
le front de cette
Infanterie,firent leurs Complimens
à la COlnpagnic, &
cette Milice ayant
bordé
la
haye
>
faliia le Bouquet par
une décharge. Les Officiers
après avoir répondu à cette
civilité
>
difpoferent toutes
chofes pour continuer la
marche vers la Ville. Cette
Infanteriedéfilant en bon
ordre, Tambours battans,
mècheallumée & Enfeignes
déployées; gagna infenfiblement
le haut de la montagne.
Le Bouquet porté en triomphe
par quatre hommes) étoit
precedé d'une bande de Vio-
Ions) dont l'harmonie jointe
au carillon des Cloches
>
formoit
un concert fort agreable.
L'Argenterie gagnée au
Prix General étoit portée
après le Bouquet, &: enfuite
marchoient les Cheval iers &
deux cens Maîtres rangez en
deux files. Des Trompettes &
des Timbales étoient a leur
tefte
j <3c un petit Corps de
referve fermoit cette marche,
avec deux Tambours qui ba..
toient à la Dragonne. Ces » Troupes étant arrivées au mW
lieu dela montagne, furent
faluées d'une décharge del
Boëtes de la Ville. Cette dé-1
charge fut réïtcrée par le fell
de l'artillerie de la Citadelle,
)
& le bruit du Canon? des
; Bocres & de la Mpufqucterie j
attira un tres-grand concours
de peuple des lieux voilïns à
leur entrée. Le frontifpice de
la porte de la Ville ctoit parèj
de plufieurs éeuflons aux Ar- :
mes du Royj de M'le Duc
d'Eftrécs Gouverneur de la
Province, & aux Armes de
la Ville, tous ornez de quantité
de devifes? &: de feftons
entrelaflez de guirlandes de
leurs & de feuillages.L'Hô-
:el deVille,leJardindel'Arquebufe,
& le logis duCapi-
:aine eftoient parez des me-'
aies ornemens. Cette bélier
tiombreuie Compagnieeftant
entrée dans la Ville, fe rendit
al'Hoftel de Mr le Gouvcrverneur.
où Mr l'Abbé de
Noirmonticr la rcceut trèsbien
en fon abfence
, & témoigna
par le bon accueil
qu'illuy fit, & par Ics largeffes
qu'ilrépandit à ceux qui
fervoient à cette pompc>com..
bien il prenoit de part à la
ioyepublique. On prit con^
fgiet deluy par une falve que 4
l'Infanterie, & on tranfporta
le Bouquet à l'Hoftel
de Ville. M1 le Prévoit &
MIS les Echevins receurent la
Compagnie avec les ccrcmomonies
ordinaires; & après
les complimens réciproques
de part & d'autre, on fervit
une ample colation. Del'Hofiel
de Ville on alla le long
de la grande rue, & traverfant
dans le mefme ordre
toute la Ville, on efeorta le
Bouquet jufqu'à l'Abbaye
de S. Martin,ou Mle Prieur.
aprèsavoirtémoigné beaucoup
d'honnefteté à la Corru
pagnic, fir diftribuer quantité
de rafraîchilfemens. Enfin
le Bouquet ayant cité
poité en parade prcfque par
toute laVille
,
fut reconduit
fur la fin du jour chez le Capitaine
des Chevaliers. Lerelie
de cette jou-rnée fe pafla
fort galamment;on n'entendoit
par tout que cris d'allegreffe,
que concerts d'Inftrumens5
que bruit de Tambours
& d'armes à feu. Le
foir, le Capitaine regala la
Compagnie, où fe trouvè- ¡ ;
rent les Capitaines de Quartier.
Ce regale fut fuivy d'un {
Bal donné aux Dames» qui
fe retireretit bien avant dans
la nuit après la Cotation. Le
lendemain
1
les Chevaliers de
TArquebufe fe rendirent en
Corps à l'Eglife des Cordeliers
? pour aflifter à une
Méfie folemnelle qui y fut
chantée en Mufique
, & où
fe trouva prefque toute la
Ville
, pour prendre pattaux
avions de grâces ? comme
elle avoit eu part à la gloire
du Bouquet. LOyfeauayant
efté prelenté le 6. de Juiiler,
félon la coutume
? avec le
Prix) Mr Marteau) Prcvoft
Koyal) & Maire perpétuel de
la Ville?accompagné de M"
les Echevms, & des principaux
Habitans, rira le coup
du Roy, & eut le bonheur
& l'adrefle3 fous le Nom du
plus Grand Monarque qu'il
y ait au monde>de tuer l'Oyfeau
de ce coup, & d'eftre
ainfi cette année le Roy de
la Compagnie.
Vos Amies
?
à qui l'on a
confeillé d'aller prendre des
eaux de Bourbon) fortiront
de Prrefolution qui les empefche
d'entreprendre ce
voyage ?
quand elles fçauront
les Cures qui sy font faites
cette année dans la premiere
faifon. Je puis vous en apprendre
une des plus remarquables.
C'eil: la guerifon de
Madame Chaponay) qui a un
Frere Secretairc du Roy a Paris.
Elle eftoit Paralytique
d'un coilé
>
& fujette à de
tres.. fâcheufes coiivulifonsi,
qui eftoient la fuite des cruel-1
les vapeurs dont la malignité
luy avoit tourne la bouche.
Elle ne pouvoit marcher, ÔC
avoit fouffert ces incommoditez
durant quatre ans, toûjours
avec de vives douleurs,
Ifur toutdans leftomac> où
l'
elle [entait une extrême pe- -
fanteur. De là luy venoit un
dégouft continuel .)avec des
défaillances mortelles. Enfin
l'effet des eaux a efte de rcfoudre
ccrte maffe groflîere,
CoMpofée de matieres corrompues.
Elle en a efte délivréepar
desvomifTcmens qui
ont achevéfa guerifon) Ainli
à l'heure qu'il eft, elle marchsdroit?
ne fent aucune
douleur , & fe trouve dans
une fanté plus parfaite, qu'-
t x]lc ne l'a jamais eue. ; M'
Bourdier, tra-habile Mede-^
cin?qui la traitéeJ rendra
témoignage de ce que je dis.
C'cft un homme extremement
eftimé
>
qui a fait un
excellent Ouvrage fur les
caux de Bourbon? qu'il donnera
bien-totfau Public. Il
tient qu'ellts font mêlées de
Nitrefemblable iceluyd'Egypte
j
d'une efTence balfamique,
& d'un foufre delicatt
ce qui eft caufe qu'elles font
propres aux maladies des
nerfs
>
à celles de l'ellomach
j
& fur tout du bas ventre *
ouvrant les obftru£tions>fon->
L" -: -' -- - - - -
dant les humeurs
>
& fortifiant
les parties foibles. Le
Livre de ce fçavant Medeçin
contiendra toutes les curiofitez
anciennes & nouvelles
de la Ville de Bourbon. Il
obferve qu'on y trouve à neuf
pieds de profondeur quantité
de belles Colomnes> & de
dpeiuerrreex.cteafilfliévese) d'une gran-
> avec des Aqueducs
de fix pieds de hauteur,
& avec de gros tuyaux
de plomb. Je vous en diray
davantage lors que j'auray
veu ce Livre. J'ajoûccray
feulement icy que la quantité
de perfonnes confiderablcs
qui ont efte à Bourbon
dans la premiere faifon de
cette année? fuffit pour faire
eonnoiftre a vos Amies que
ces eaux continuent toujours
àeftre en vogue. En voicy la
Lifte.
Madame la Princeffè.
Mademoifelle de Bourbon,,"'
f Mademoifelle d'Anguien.
Mademoifelle de Blois.
Madame de Montefpan.
Mr le Duc & Madame la
Duchefle de Bcauvilliers.
Mr rEvefque de Leitoure.
Mr rEvefque de Soiffons.
Monfieur le Marquis de
Peufignan &: Madame fa
Femme.
*
Monfieur le Comte de Ta-
Jar) Lieutenant de Roy en
Dauphine.
Madame la Comteffe de
Langeron
,
Dame d'Honneur
de Madame la Princeffe.
;
Mr le Comte de la Mary)
& Madame faFemme.
Madame la Preiidente Pelot
& Madame fa Soeur> Religieufe.
Mr Dupuy? Gentilhomme
ordinaire chez le Roy.
Mr Davegean, Capitaine
aux Gardes.
Mr le Comte de Quermeré.
M1le Comte de Gournay.
Mrs les Commandeurs des
Goûtes & de Brillac.
Mr le Chevalier de Neuville.
M1 le Chevalier de Lcffè.
M1 le Chevalier de Villars.
MrBertelot de Paris, &
Mrs fes Fils, l'un Receveur
General de Montauban, &
l'autre MaigredHoUel chez
Madame la Dauphine,
Mr Cendrier,Receveur
Generalde Limoges.
Mr Marchand de Paris
Officier chez Monfieur) avec
Mle fàFille.
mi & Me Fe-ydeaude Lépau.
Mr & Me de Chamaigrc.
M1 de Pluyereceveur -de
Tours? & Mefa Femme.
M' desFofTezde.Bretagne3
Senefchal d'Arbignac> avec
Me fa Femme. '- Mr& Madame de Coui^
celle, dePoitou,
Mr & Madame de Ko~
chctte^dePoiiow.
- Madame Malet de Caën.*
Madame du Luc, de Caën.
Madame Renaut,deTours,
-
Madame du Parc>deToursj
Madame Boriibdc Paris.
Madame Calpatri,deParis.
Madame de Chamborau.
Madame Cauchois avec
Madame deFrometotfa Fille,
de Hoiien.
Madame du Pléffis Bidé
avec Mlle de la Guerche.
Madame de Chaffeloire &
MffonFils,
Mr -Cafin & Madame fa
-Fem-Me.
.- M'-& Madame Diudicu,
-- -- t - .-- --- -"
& M'le: leur Fille> de Monc- i
brifon.
Madame de Machaut, de
Chatillon fur Loire.
Madame Bertin) de Paris
avec Mllc fa Fille.
M1let Machois) de Roiien,
MC fa Soeur Religieu(e) 8c
Mr de la Barrc [on Beau- 1
Frcre.
Mr Duret?Confeiller au
Chafteletde Paris.
M" Rolland Confeiller de
j Reims.
Mr l'Abbé de Priere en
Bretagne.
flA l'Abbé Dargence..
- MrTAbbéSaré*
i
M- l'Abbé Favar.
M¡ leCuré deS.Benoift de
Paris.
Madame de LangerorbAb-
"bLelrlCe de Nevers.
Madame de la Mary, Abbefle
de Ligueur.
Madame de Beauxonelesj
Abbeffe de Mouton.
Madame de BarilloirSoeur
de l' Ambafladeurde ce nom; II Madame de Force
>
Rcligieufes
de PoifTy.
MrTridon,Prieur du Veurtire
& deChantenez.
M'-de Fourchaud? Efcuyer
chez le Roy.
M Courtay.
M'dela Graviere,
Mde Beauvais.
M'de Beauheu.
Mde Pommereufe.
Mr du Frcfnoy,
M1Aliberg.
M Davoifan.
MrFreinont.
M' Cotar.
M4'Paquier.
M1 Aniffon.
MVauchelle.
Mr de Valambott.
M1Moulié,
MrFayet,»
- Me deQuefenelle.
Medu Quefnoy.
Me Baubin.
M1 l'ArchevtCque de Paris
eft prefentement dans une
fanté parfaite. Les Peres Cordeliers
du grand Conventi
qui pendant le cours de fa
maladie avoient fait tous les
jours des Prieres publiques
dans leur Egli[eypour demander
à Dieu fa guerifon>voyant
qu'elle avoit efté accordée
aux voeux de toute la France,
voulurent en rendre des actions
de graces particulières)
et
& pour en rendre la iolemnité
plus éclatante
)
ils prièrent
Madame l'Abbene de
Port-Royal, digne Soeur de cet illuftre Prélat? de vouloir
bien qu'on la fift dans Ton
Eglife le 10. du mois palfé.
les ceremonies du granq
Convent >& plufieurs Mo-j
tets de Mufique au faint Sa
crement, à fainte Marguerite,
& pour le Roy, après quom
l'on chanta Sexte. Au fortiq
de l'Eglife
>
ils furent traite
magnifiquement avec les Dij -reaeurs & les Aumôniers
On chanta Nones & Vcfpn:
à l'heijre ordinaire) en Plcin^
chant &: en faux-Bourdon, 6<
cela fait) le Pere le Blanc,Vii
caite du Grand Convenr4
prononça le Panegyrique di, a Sainte avec beaucoup d^
iuccés. Il dit de Madame
rAbbeue de Port-R.oyal)
qu'elle conduifoit fans commander
? qu'elle gouvernoit
fans regner> &: qu'elle cftoit
dans fon fexe ce que Mr de
Paris eft, dans le fien., Un
f
Salut en Mufique termina ta
1
Feftc. Il fut chanté par les
xnefmes Peres, qui firent tout
l'Office de ce jour-là d'une
maniéré qiui fit connoiftrcle
zele qu'ilsontpourMr l'Archevefque,
& pour Madame,
< TAbbefTede Port-RoyaL
*
Tout le monde a efte toivché
de la perte que nous avons
faice de Mr le Duc de
S. Aignan. Je vous l'ay déjà
fait voir par les Vers que je
vous ay envoyez fur cette
mort. J'y joins aujourd'huy
une Epitaphe3 faite par Mademoifelle
de Razilly.
EPITAPHE
DE MONSIEUR LE DUC
DE
SAINT AIGNAN. cTgiftl'ornement& lafleur
De fAntique Chevltlerie,
Jgui des Boyards est le bon (leur, JJadrejJe & lagalanterie;
Jguifournita lapieté
La gentUlejfe & lagaj/ett
Du beau jeu qu'il eut en partage j
Qui fut Amy de bonne foy,
Et qui mit toutfon avantage
A l'honneur de plaire à/on Roy.
Je vous envoye des Paroles
qui ont efté notées par la
jeune Mademoifelle Laurent,
aflfez diftinguée par les talens
extraordinaires quelle a pour
la DanCe) pour la Mufique,
& pour fa
aelicateffe
à jouer
du Claveffin. Elle ne chanter
rHyver dernier quelques Ouvrages
devant Madame la
Dauphinc, qui l'honora de
fon approbation.
-le
AIR NOUVEAU. 1 R3enn'approthe de la peint 1
jefoujfre prés da vous,
VQHSfaites mille Amans, Climem,
£1je nepuisfaire un Ialoux.
Il s'etf fàit en peu de jours
tant de copies du Portrait en
Vers que je vous envoyc, que
j'apprehende qu'il n'ait pas
pour vous la grâce entiere de
la nouveauté. Tous ceux qui
l'ont veu en ont trouvé le
tourfingulier, & peut-eftre
feroi t-il bien difficile de rien
faire de plus beau, pour un
Ouvrage de cette nature.
IPORTRAIT DE CLARICE. 1 'Efiere que l'Amour ne s'-en fichera
pas, - ¡APt pen de Beatttez m'ont paru
le redoutables, nefutspointdesplusaimablef\
f MaisjefiÛsdcs plusdélicats.•
Tejlois dans l'âge ou regne la ten- dreïe
Et mon coeur n'efloit point toltchl.
Javelle honte ! Ilfallaitfuififierfans
ceffe
Ce coeur ofiifquim'efloitreproché.
le difoisquelquefois ; qu'on me
trouve un vifage j
Dont la beauté foit vive) 8c dont j
l'air rif foit fage3
Où regne une douceur dont on foit .j
attiré.
) 1
Qui ne projette ricn3 &c qui pourtant
engage; Qu'on me le trouve, &j'aimeray.
(Z--
Ce qui de plus feroit bien neceffnire,
tCe feroit un erprir qui penfaft fi-
- nement
Sans pretendre à ce caraaerc
Qui * poux eftre fans art n'cuit que
plu* d agrément,
Un peu timide fculemcnt.,
Qui ne paît fe montrer ny fc cacher
fans plaire;
Qion me le trouve.&je devient
Amant.
On n'eft pas
obligé
de garder de
mefure
Dans les fouhaitj qu'on peut former
i
Comme en aimant je pretens
eftimer)
Je voudrois bien encore un coeur
plein de droiture,
Une vertu naïve &pure,
Qujon me la trouve ) & je promets
d'aimer.
far ces conditions jeffrayois tout lemonde,
Chacun me promettoit une faix jî
profonde
Jî>uej'enferoismoy-mejmee*nbarafiê.
le ne voyois point de Bergère
.!(!!i d'unair unpeu couroucê
Ne m'en voyajl a ma Chimere.
le nefçay cependant comment l'A..
mourafait; , ilfaut qu'ilait long-temps médité
jon projet,
Mais enfin il ejtfturqu'ilm*atrouvé
Ôlarice,
Semblable à mon idée, ayant les
tnefmes traits;
le croy pour moy qu'il me l'afaite
txprés.
0 que l'Amour a de malice
M'de Fontenelle qui a laiffé
échaper ce petit Ouvrage,
fe prepare à nous donnerdans
fort peu de temps un Recueil
de fcs Poefies fur divers fujets.
Il y a des Epitrcs à la
maniere de celles d'Ovide,
avec des Eclogues quifont
d'une très- grande beautéj &
Ii les Dialogues des Morts, la
PluralitédesMondes
3
& l'HiJloire
des Oracles vous ont fait'
admirer ion heureux talent à
traiter en Profe toutes fortes
de matières? je ne doute point
que ce Recueil ne vous le
fafle admirer également dans
la maniéré agreable dont' il
fcait tourner les Vers.
Monficur le Comte de
Touloufe? en allant à Maintenon,
paÍfa par Ramboüillet,
ou il fut receu magnifiquement
par M1 & Madame
d'Antin. Il y dîna) & voulut
enfuite avoirleplaifir de la
Promenade du Parc & des
Roches, qui font un endroit
fort agreable. On luy chantÍ ]
dans les Roches ces Vers que
M1 deMeffange avoit faits à
fa louange des qu'il fçeut Ion
arrivée. Ils font fut l'Air du
Menuet de l'Opera de M"
Matau.
rn Amour
Doux j
difiret&fage
> rn Amour
Tlus beau que lejour,
A quittéfon brillantféjour,
Pour venir dans nofire Boccage.
Accourez,,Bergersd'alentour,
AccoureZtortSpour luyfaire U court
6\:5)
£ue cesBois
EtcebeauRivage*
ue ces Bois
Dont ilafaitchoix,
Aujourd'huy reçoiventfesLoix;
J>)u'cnhceos limeuxmtoutalugy reend.e
Doux Oyféaux,répandez»vosvoix>
reruz) plaifirs , venez tous 4 là fais,2
g,
Ses douceurs,
Aimables Bergeres,
Ses douceurs
Ont des traits vainqueurs.
Contre luy conflrvtZvos coeurs p Si vous pouveZ efirefeveres s
Mais en vainfesyeux enchanteurs
Verront contre eux armer milie rj.
i gtteurs. à pourroit,par toute la terre7
S'oppofer à des coupsfibeaux?
Sesyeuxfont deuxardensftambeaux
i ¡
Son Pere lance le tonnerre;
Etbien-toft ce jeune Heros,
Doit mettre en feu tout lempire des
Eaux.
Ces Vers furent trouvez,
fort galans ,& Mr de Meffange
eut le plaifir de les entendre
loüer par la plus belle
bouche du monde, puifcjue
l'Amour nen peut avoir de
plus belle, ny eftre plus beau
que Monfieur le Comte de
Thouloufe. Ce jeune Prince
dit à l'Auteur,& cela de fon
propre mouvement) & avec
un agrément plein de bonté.
qu'illes montreront au Roy.
Mrle Ducr deNoailles étant
uniquement attaché à la perfonne
de ce grand Monarque,
& ne voulant point quiter la
Cour, mefme pendant qu'il
n'a point à y exercer fa Charge
)
fit bâtir une fort belle
Maifon à S. Germain en Laye
dans un temps où il y avoit
apparence que Sa Majefté y
pafleroit une partie de chaque
année. Monfeigneur le
Dauphin & Madame la Dauphine
ayant refolu d'aller
voir cette Maifon
>
le jour
fut pris fur la fin du mois
dernier, mais Madame la
Dauphine s'eftant trouvée
indifpofée> ne put accompagner
Monfeigneur
>
qui s'y
rendit fuivy d'un grand nombre
des Seigneurs de la Cour.
Il y foupa & y fut ttaité avec
la magnificence ordinaire, à
MrleDuc deNoailles. Il y
eut Mufique) & rien de tout
ce qui peut fatisfaire l'ouye,
& le gouft> ne fut épargne
dans cette Fefte.
Nous avons depuis peu en
France le Pere Martial de S.
Paulin General des Carmes
Dechauffea. Le Roy qui ne
cherche que le bien, & la
gloire de l'Egli[e, a beaucoup
contribut à l'Ele£tion de ce
General,dont le mérité demandoit
le choix qu'on a
fait de luy pour remplir une
Charge de cette importance.
Vousfçavez> Madame> que les Généraux dOrdre tiennent
un des premiers rangs
de l'Eglife
>
& qu'ils l'ont à
Rome après les Cardinaux.*
Auffi peuton dire qu'il eft
peu d'emplois plus confiderables
dans l'Eglife, un Generaî
ayant la direction de
tout ce qu'il y.a de Convents M
de ion Ordre chez tous les
Souverainsde l'Europe. Tous
ceux qui pofledent cette dignire)
à l'exception du Ge.
neral des Jefuites, comme je
vous l'ay marque dans ma
derniere Lettre, ont droit de
vifiter tous les Cunvents de
leur Ordre, dans quelques
Royaumes qu'ilsfoient fituez5
& ils y font receus avec
de fort grands honneurs.
Celuy des Carrnes Dechaut*
fez fut conduità l'Audience
du Roy lur la fin du mois dernier,
par Mr deBonneuil
> Introducteur des Ambaflardeurs?
qui le prit à Paris dans
les Carofles de SaMajefté. Ce
Monarque le receuc avec l'agrement
qui luy eft ordinaire)
fur tout lors qu'il donne Audience
à des pïrfonnésd'un
mérité diftingué. Ce General
Peut auffi ce jour-là de
Monfeigneut le Dauphin
>
de
Madame la Dauphine) de
Monfeigneur le Duc de
BBoouurrggooggrnnce>?dTeMsoonnlrei•gnneeuurr
le Duc d' Anjou3 & de Monfeigneur
le Duc de Berry. H
fut magnifiquement traité a
diner par les Officiers du
Roy?& qtioy que ce fuft urt
jour gras, on aprefta ce repas
en maigre, pour fe conformer
aux Règles de l'Ordre
Il alla quelques jours après à
Saint Cloud ou il fut conduit
dans les Caroffes de
leurs Alteffes Royales par M'
Aubert) Introducteur des
Ambaftideurs prés de Monfieur,
& il eut Audience de
Monfieur, de Madame, de
MonÍieur le Duc de Chartres,
& de Mademoifelle.
Je vous envoye la derniere
partie de la Medecine univerfelle
de Mr de Comiers.
Je ne vous en dis rien> ne me
trouvant pas affezhabile pour
juger d'un Ouvrage de cette
importance? mais je fuis
perfuadé qu'il rejouira ceux
qui aiment la vie, qu'il en
chagrinera d'autres, qu'il
partagera les Sçavans, &
qu'enfin il fera beaucoup de
bruit dans le monde.
MEDECINE UNIVERSELLE
pour la guerifon des plus
facheufesmaladies,& pour
pprolonger la vie. 3 Vis -que l'Ecclefaftiqu't 1
nous affeure que toute guerijonnjientdeDieu
, & qu'il
-nous apprend que ceftde la terre
que Dieu a créé la Medrcine;
Altifïimus creavit de terra;
Medecinam; il efi inutilede
rechercher icy [Ydr ie moyen de:
qui cette Medecine a pajfé jufqu'a
nous. Il importe peu deJÇa- J
<vot'rfi nous la tenons de la Ca- 1
lbnledesFJebreux fic'eft d'Apallon
, ou dejon Fils EJculape>
d'Hermes Trimegifle
,
de Raimond-
Luile
3
ctdrnoult de Villerteul;
e ,de RogerBacon Cordelier
Ang/ois
s
de Theopharafle
rparllcelfe
:J
de Bafile Valentin,
de Vvan-helmont
>
ou de quelqueCosmopolite
ou Frere de la
Rofe Croix.Ilfujfit<jueJaCompositionfoitJ-
acile & de peu de
couft, quejes effets Joient tres-
,,-(furez., 3& qu'on puijje mrfme
feperjuaderquelle jert peurrajeunir
j ce qui paroiflroit un
vray paradoxeJi nous n'avions
dans lafainte Ecriture & dans
iHifloire Profane des témoignai
ges authentiques du rajeunifjeA
ment. Le Prophete Roy dans le
Pfeaume 101. Verfetf.fait deux
propofitions de certitude de foy ;
La première
> que l'Aigle rajeunit,
& la feconde
, que noftre
jeuneffe peut eflre renouvellee de
mefme que celle de l'Aigle
> renovabitur
ut aquilæ,juvcnrus
tua.
Tous les HPeres de tEglife
vroyent fermement que
l'Aigle
rajeunit, maisilsfont d'avis"
différentsfur la maniere dontcet
Oyfeau rajeunit. Il n'y a que
,Saint Augujlinqui commentant
ce
ce Pfiaume
)
dit que tAig/t dans
fa njiellejfe >pouravoir le becfuperieur
trop crochu ne peut prendre
quetres-peu ou pointde nourriture,
C'eflpourquoy eflant extenue
par une lougue diette
3
il
Jetrouvefans force&fans njigueur
; mais aprfo avoir ufé
[contre
une pierre l'extrémitétrop
f crochue defon becfuperieur, &
prenantfufftfammentde la nourriture,
il paroiflrajeunir
>
*rei
nouvellerfesforces.LeProphète
fraye parle de ce rajeuniffemene
fae l'Aigle dans le 40. Chapitre
LwVCehrafpe.t )r. Job dans le3,9.
Verf 2.6. en dit autast
de l'EfPre'Vier. Aldrodndus dan
le premier Livre de
@
fon Orni.
thologie
5 & Gefherus au f
Livre des Oyjeaux,parlent de a
sroanjenuenijjement de l*Aigle. Pern'ignore
que les Serpent
Quittentleurs vieillespeaux que on trouve ordinairement dam
les buieons-ile ne diray rien icy
de la dépouille des Cygaies,ayant
veu arriver ce beau miflere jun
mamtÛn à la Ville de Nions en
Dauphiné
, en ruifitant le plusi
beau ep le plus haut de tousJeà
Ponts.) d'une feule Arcade quiS
prend d'une Montagne à l'autrej
& la fource inepuijkble desi
'Vents qui Jortent à heures reliées
d'unRocher> (^fJoujjlcnt
le longdela Rivièrejufquc vers
la Ville d'Orange. Nous lijons
dans Philoflrate au 3. Livre ch.
!r. de la Vie d'ApolloniusThianéen
3 que dans les endroits du
Montcaucajeles plus ecarpe7,,
inaccejjibles aux hommes
>
il
y « une race de Singes appelles
Pjtiques, qui font pour les Haitans
la vendange ou récolté du
loivre. La chair de ces Singes eft
,. , n medicament Jouvtrain au
ion, lequel eflantcharged'anïêes
ou de quelques maladies3
rn zuerit &raieunit en mongeant
un de ces animaux.
Si les Oyfeaux & lesAnI
mauxpeuvent rajeunir3 on pet
conclure qu'il nefl pas tmpojjib
a l'homme de joüirdumefme
c
njantage. Enndifjantnoflreten
perament efi fort chaud & he
mide, &enmeillijfant il d4
,vientfroid ($f Jec. Il ne s'ag
donc que de reparer l'humide r( dieal, remettre au prerni
eflat la tropgrande jecherej
desVieillards pour reprendre
mefme temperament de jepnej\
Il faut maintenant prou
'Uer qu'eneffet plufieurs hon*
mes ont rtjeuny. Medée
tant trèsfçavante en Mec\cciney fitrajeunirleVieillard/bJ'on*
C'ej}furcelaqu'Ovideadit
dansle7.LivredesMetamorpbefesj
<'\ueAfedée avoitfait hacher
çy cuire on
,)
ce qu'on
doitattribuer a des bains c/;::uds
qu'ellecOinpofa avec des mineraux
3 & plufteurs(impies ou
herbes. Celariefi pas hors de
croyanceJ pmjque Pctrus Martyr
AugeriusrMilanoisj -faire
dansJes Decades
,
quedansl'ijle
Bonique ily a une Fontaine dont
la boijjon rétablit les Vieillards
dans leur vigueur de jeunejfe ;
neantmoins les cheveux demtu.
rent hlancselesrides du vifagt
n'en font point effacees. Et dan
Lucaya il y a une Jemblablt
fontaine
3 au rapport de Pctrus.
Chiezadans le 47. cbap. de la
2. partie de tHiftúire du "Perou.t
Vous pouvek encore voir ce quHerodoteenjon Livre dity
ac la vertu de Jemblables Eauxi
qui ont donné lieu au nom de la
Fontaine dejovence.
Torquemada dans le premier
DialoguedeJonHorti-floridij
ajjeure qu'à Tarente en Italie en
l'annéei$$i.un Vieillard de cent.
ans> ayant ( comme on dit) un.
-
pied dans laJojJè
>
rajeunit tout-ii.
coup &en toutes chojes,&vejcttt
encore cinquante ans. Il en
dit autant d'un autre Vieillard
dont l'Hifloirefutverifiée par les
premiersAîapflrats. VaieJeus
Tarentaftui dit qu'enta Ville de
Monvedro^autrefoisSagoncc>
au Royaume de Valence en Efpagne
3
il avoit veu une Religieuse
Abbejje,laquelle ejldnt
déja decrepite, bave,Jentant
Jelapin) jes dents luy revinrent
touta coup yjes cheveux noirci-.
rent -1font front fut applany, fa
gorge parut comme à une Fille
de quinze ans; enfin on la 'Vit
fcnouvellée en jeune & belle
Pille en toutes chofes. 4
Deux Hiftomns modernes tres-.i
dignes de foy dans leur Mifioire
dePortiegdlfçavoir Ferdinand
Caftanede au 8. Livre}&Pierre
JMaffée aun.Livreyiffure qu'un
noble Indien rajeunit trois fois
fendant les 340. années qu'ilvéçut.
Cette Hifloire efl tres authentiquejpuifqueJUfendo^
a nous
a/feure in Viridario au 4. Liv.
Problême 17. queplufieurs Je..
fuitesont veu,connu3&parlé
à cet Indien trois fois rajeuny,
et qu'ils ont attefté par leurs
Lettres.
JSÏVU* parlerons de la eJMedccine
Univerfeue & de fa cornpofition
après que nous aurons
fait connoiftre quelle ne confiée
pas dansl'alcali ny dans ÏJcidequifont
deux eftresnouvellement
mis en vogue.
Si on veut croire Tacksnius3
& après luy fa nouvelle Selle
d'Hypocrate Chymifle
>
on peut
devenir tout à coup &fans efiude
grand Medecin & Je faire
admirer3 car il riy a qu'à connoiflre
les Familles des Acides)
dcsAlkalis &desOptâtes. Donner
des Alkjlis lors que le Malade
e(l comme en feu,afind'imbiberfesparties
ignées, &arrrfler
leur trop prompt mouvement3
& au contraire ordonner
des Acides
s
afin d'éveiller &
d'exciter la chaleurnaturelle ail
Malade quiJe trouve comme engourdy
dans le froid
>
& enfin
ofire prendredes Optâtes pour
faire repofer& dormir leMaiade
lors que lesdOJdcurs font aiguës
& violentes. Il eg vray que
beaucoup de gens fefont admirer
par les prompts fecours @r
foulagements qu'en reçoivent les
malades. Ainfi fay veu guérir
des Catarres & Rlmmatifmes
par une grandefueuruniverfelle
procuréepar des rarvesJ que les.
crisdeParis appelle tendrette3
pilées dans un Mortier de marbrey
& appliquéesfous la plante
des pieds. Mais la Adedecine
univerfelle ne peut confïfler dans
les A/kalis
j
Acides & Optâtes,
dautantcfuils ne peuvent quappaifer
les violens (tmpîomes> &
non pas ofler la caufe des maladies
qui provient des humeurs
peceantes qui font enfermées
dans les vijeeres ou ventricules
des membres & jointuresqu'il
faut neceffairement faire évacuer.
Si ces humeurs peccantes &
malignes&fubfiancesvenimeu-
*
Jesfont fjùrttucufes C7fubtiles,
el, ies*doivent ejnrre chafrfre'/es a, travers
les pores par in(cn.fi!;le
tranfjnroeîion ; fi elles font plus
htmulcs,onles doitfaire fortir
par la pictir. Que fi elles font
humidesmais grojjiercs3ellesje- rmté-vacuecsparl?ls urines
3 &
fi elles font moins humides &
plusgr1o/Jier"es> ellesfortentpar la purnation ordinaire ou Ppeaerr vvoo--
miflèment. Il faut purger fans
violence &fans affaiblir leMalade
en fortifiant la nature. Je
"Viensatixqlialitek requifès a U
Medecine univerfelle.
Le Remedeuniverfel doit a'
Voir de l'affinité * du rapport
avec noflre chaleur naturelle &
noflre hnmide radical
3
pour les
maintenir & rétablir3 & pour
augmenter ainfinos forces abba- - tuésj enforte que la nature fans
pâtir chaffe d*elle-mefme hors des
cavité^ des vifceres ou ventriculesde
tous les membres du
Corps3 ce qu'ily a dïctranger&
de malin
3
Acide ou Alkaïl., ou
fangfermenté extravafé 3qui
cauje des pleurefies
>
catharres.
goûtes& rhumatifmts
>
dont la
-
caufe provient) lors queflanttchauffé
par quelqueexercice
mefmepour parler trop hautementy
ouejfant dans le lit
, on
hume à bouche ouverte un air
trop froid
,
ouferainplein de
vapeurs & de nitre;carcet air
n'ayant pas eflé attiedy en paffant
par le ne% qui efl le canal
ordinaire de la respiration &
empefehant parfon trop defroidure
dans les Poulmons le mrf.
lange parfait du chyle &dit
fang3 il sy trouve mcflé,&fer*
mentant dans les extrémité^ des
arteres s'extravafe dans les cavite%
desjointures,où il caufe
les douleurs aiguëspar leur acrimonieffir
les nerfsyjufquàce que
la chaleur naturelle du fang ait
faitévaporer les partiesaiguës3
acres ignées,& lorsque l'on
a humé cet air tropfroidpendant
le temps de ladigeflion Ja partie
du chyle meflée avec lefang extravafe>
caufe la goutte nonce,
&fa vafe ne pouvant s'cvaporer,
jôrme cette matiere plajbreufel
La Medecine univerfelle doit
donc cbaJfèr par tranfpiration
fueurouurine
>
rarement par le
hasj& encore plus rarement par
le haut, tout ce qui ejle(branger
CJ' nuiftble
3
mefme des ventricules
des jointure5 de chaque
membre
, ce qui nefl pas l'tlfit
des medecines ordinaires qui é.
chauffent
3
travaillent>&fatiguent3dautant
qu'elles n'agilfieni
que par leurs parties malignes
lefquelles eflant unies J a leurs
femblables de mefmegenre& ef
pece j
lesentraînentavecelles,
lorsque lanaturefentantfonennemy
renforcé s'irrite(lfframaffi
ttoouutteessjfees ffoorces pourjetter le tout
au dehors par deseffortsviolents.
Il faut de plus que la ^J^îede^
cine univerfelle fe puijJè donner
en toute faifon3 a toute comflexion3a
tous âgesyaufji-bien
aux Enfans. qu'auxVteilUrds
> fans que la prscifon du plus ou
dumoins de ladoze puiffe-nuire.
Elle doit guérir en peu deprifes
lesmaladies
lesplusfxcheujess
elle doit encore eflre le remede
fouverain pour tous les maux excrnes.
Voicy la facile compofitiort
de laz^ldedecine uninjerjelle.
COMPOSITION
de la Medecinc univerfelle.
Prenez Sel-nitre rafiné ; mettez-
lefondre lentement dansun
vafedefer ; efiant bien fondu>
ettezpar deffusune petite quantité
de charbons de bois douxy
omrne faulx, bienpilé lequel
rn/rra d'abord&feconsumera*
cequi'l faut retirer peu a peu,
jusques à ce que le Sel-nitn
apres la detonnationfoitfixé&
quil ait une couleur un peu
ruerJaftre
, ce qui arrive lors que
le charbon"nAe Je fouleve pas
comme il faifoit auparavant.
Pour lors 'Verfez vojhre Sel-nitre
jondu dans un tJïïiortier de,
marbre bien chaud;ejlant re-.
froidy il reflera hlanc comme"
pierre d'albâtre&caffant confirme
verre. Pilez-leincontinent,,
@f eftendtz la poudre fur une
lame de verre ou ajjiette de\
fayence, & l'ayant rouvertylcz
peur de la poujjierc
,
^xpcfe^-le*
un peu panchant air,mais em
m liçpi ou leSoleilp rluye.
rofec ne puijfent donner. Mette^
au dejjous un vafe de verre
pour recevoirUliqueur huileufe
qui en coulera, car /'humidité
de l'airrésolvant 1er, Sel-nitres
danslejpace de quelquesjours,
vous trouverez deux fois plus
pefant d'huile qu'il n'y avoit de
Sel-nitre
>
fi toperation efifaite
dam un temps propre ny froid
ny trop chaud
j
mais temperé
humide
,
dautant qu'ilattirera,
le Sel-nitreinvifble que nous
re,Ifpt.irons ['
avec l'air.
Cette huileefiant rettifiee efi
un tres-puiffant menfiruë
>
nr,
dijfolvant pour extraire [J"di':¡' -
ce de toutesfortes de mixtes.
Prene'{ donc quatre ou cinq
parties de cette huile refitfiée
3 &
une partie du meilleurantimoine
qu'on reconnoift parcertaines
roujfeurs qu'il tire de l'or, prés
de la mine duquel il fi trouve.
L'antimoine eftant réduit fur le
marbre en pouffiere trts-fine,
mettez-le dans un grand matras
de verre) & mettesl'huile
de nitre par dejfus. Il fautque
les deux tiers du matras refient
vuides; bouchez le matras fi
bien quil ne refpirepoint3met~
tez-le en digejlion a feu doux
m de Lampe
3
jufquà ce tpre
Û
l'huilt quifumagelantimoine
yparoijje decouleurd'or ou de
rubis ; alors tire^ voflre huile,
el'ayant filtrée parlepapier,
mettez-ladans un autre matraS
de verre à col long
t , & met- pardejjus autant de tres bon
efprit de vin bien reflifif. Les
deux tierspour le moins du mattas
demeurant vuides
,
boucheriebien>
mette%enjuite
en digeflion en chaleur lente
pendant quelquesjoursjujquà
fie que l'efprit de vin ait tiré
foute la couleur de l'huile ou
teinture de l'antimoine. Ainft
ihuile de nitre reftera au fond.
trèsclaire & blanche >fur [tl--
quellefurnagera l'efprttde vin
imprégné de la teinture d'or de
l'antimoine. Tire% l'efprit de
vin ) ^fJepare-^le par decantation.
L'huile de nitrefervira
toujours a d'autres operations-,
pour tirerl'ejjencedel'antimoine
autant defois quonvoudra.
Mettez njoflre efprit de
vin dans un alambic de 'Verre,
dijhle^-le doucement jufqua ce
qu'il n'en refle aufond qu'environ
la cinquième partieJ qui
retiendra avec foy la teinture
de l'antimoine, ou bien diftile'{.
tout l'efprit de vin
» ne laiffanP
•AU fond que lejfcnce de ïanti^
moine. Vous avrrz. ai-nfi en liqueur
ou en poudre la Medecine
universelle
, par laquelle on
fi prefernjtra&guerira.de t-oultes
faortesdd'infirimiteez &sm.a- Si on s'en fert en liqueur> on
en prendra cinq ou fix goûtes
dunsdu vin ou dans du boüil-
Ion., ou dans quelque liqueur
propre a la maladie.
Quefîonl'employe enpoudre;
on en mettra trois, quatre ou
cinq grains plus ou moins> car
fi la dofe eft un peu plus forte
tu plus foikle
a
elle ne ptut nuire
comme font les autres Mede'
cines, qui toutes ont des qualitez
venimeufes. Les Maladies
Jegueriffent dans la
fccohde ou troïjiéme prife. Lors
que le mal efl opiniaflre3 ilfaut
augmenter la doje
J
mefme à.
chaque fois
> &cela troufois la
femaine.
Cette Medecine guerit les
maladies les plus inveteréts e
plus dificiles
j comme la Fienjrc
quarte3laFlenjreethique, tHyejropifie>
mejme le mal - *vene~
rien,&le mal caduc.Cette Medecineuniverfellc
guerit nonfeulement
toutes fortes de ma- - ladles
- ,
ladies internes
3
mais encore les
maladies externes y efiant appliquée
enforme de baume, commeplayes
,
ulceres
j ganzrcne.
Elle guéritde mefmelafurdité
& plufieurs dejfauts de veuë,
mais non pas d'un oeil fec & ,- atrophié comme j'en ay un depuis
1666. ny la goutte fecene
dont j'ay perdu la veuë de
l'autre oeil
,
le tout par la funeftefuite
du poijon du premier
Artifie du fameuxfcelrrat Sainte
Croix
y en haine de ce qu'a.
vec Aï le M.trquis de Saint
André Adontbrun
,
Capitaine
General des Armées duRoy3
nousaviomempejchelafabriqua
de jon poijon dans des -,vailfèaua
de verre hermetiquementfcelltyq
dans la Verrerie du Bois-Giflts
prés la Noclt ; mais toute la re1
compensequejaytirée de cea
grandsfervices rendus à tous leJa..
g,ens-de' bien
y
(Il devoir que le»;
Amis dela Càbale des Ennemis:
du Genre humain,ontimpunément
viàlé toutes les loix
, pOUJt)
mimpojerfilence3 en me réduisant
au dernier tftat de hlluBrtv
xSeliffaire. Ainfiy Monfieur3s'ili
y a des fautes d*ortographedan.x
cet écrit, je n'en puis répondra*
estant aveugle depuis dix-nm--
1mis ,tr nous en deve% rejet*
ter la faute fur celuyquimefert
de Secretaire.
Enfin cetteMedecineremédié
promptement à toutes les maladies
de la tefte qu'elle conforte
.)
rAe tefiomacbquellefortifie
3
luy
retablijfant la vertu de bien diigerer.
Elle efi un vray orpotable>
puisqueceflla teinture orifique
\de l'antimoine qui eft le premier
,eftre de l'or. Il opere ordinairement
par un infenjible tranfpiration>
fouventparlesfueurs rh
urines>rarementpar le bas» fîjif
tres-rarementpar le vomieeemenr.
jiinft anffant naturellement &
fans aucune violence
,
le Mali
de n'efi pointaffoiblycommepi
les autres Medecines.
C'elfpotii
quoy on la peut donner à to
âge
3
a toute complexion & <
tout temps. Vfe^-en,&faite
en part au Public
3 &fur ton
aux Pauvres, & beneè7,, Dit
Iii a créé la Médecine. 8
Je vous tiendray parole a
vous envoyant dans peu de jo".
le fecret de faire croiflre tout
flrtes, de Metaux en arbvg
Irranchus &fo.liJesJce quipouf%.
firvir aux Eleves d'Hermes i
i
déciderdela terre des .Pbiloj\
, rhes , de leur feu e de Ut
MU, ef a rcconnoiftrequ'ils attribuent
beaucoup de chofes à
Ujfcrentseflres, qu'on doitpeutîflre
au rntre & au Jettlantimoine.
; i\ COMMIERSD'AMBRUN^,
: Prcvotf deTcintiit.
il s'eft fait de fort jolis Vers;
aufquels l'Auteur à donné le
dom de galanterie. Une Da-
"lC., quatre DcmoiCcllcs) &.,
deux Cavaliers) que Toccafion
du voifinage fait foulent
rencontrer enfemble
joiioient un jour a de pecity
xux. Une d'elles ordonna à
un des Cavaliers
) pour retirei
Tongagepour fatisfaireau
loix du Jeu? de faire des Ver
pour chaque Perfonnede la
Compagnie,& on luy donnsî
terme jufquau lendemain. Le
<
Cavalier, pour exccuter cet
ordre) envoya ces Vers à la
Compagnie.
A MADAMEC
Vartde plaireefi un don chAfl
niant,
Héréditaire, en certaines Famîjlesz
Mert ayant comme vous r
gtntiUejfe* agrément, ': Auratoujours aimables Fiues*
»A MADEMOISELLE C,
;Le douxfort de la voix ,
le partkr
•
gracieux> ?J
Ep, un charme dans vous qui me
pl.nfr & me touche; mais n'¡!jtZ"utorij()urs un airfi
ferieux.
Lffrs quevousfere%Jla farôticîk
> le diray que pour mon malhel/rl
L'amertume de voftre coeurK
Gàte le mielde voffre Louche,
AMADEMLLEC.D.L.B.
Avoir douceur charmante à* grâce
naturelle
,
Bouchede rofe>airfingrandetrille,
beauxJeux,
reint de lys
,
dents dy'voire, avtc\
queblonds cheveux,
- En un mot, efirejeune & belle,
Pour des Voifins tien nJejtJi dangereux,
TUne croit avec vous jouer qu'aux
petitsjeux,
Jgui tout en badinants'engage,
<£ taijfi enfinfalibertépourgage.
fA MADEM1" L.O.
l'ejj>ritvif, le cæurhon, l'air ten
? x dre,lesyeux deux,
Ne marquentpoesl'indifférence.
Si vmsvoule^fçavêir Íe qu'onpcn~
fe de vous, lefélicitéparavance
Le Mortel remplyde bonheur
3 Jtht-lpourle prix" defa c&n*
fiance,
Vn>jourgagneravofire CffmY.
%»
AMADEMLLE D. 1
Sçavez-vous bieu cort ment en %un
motenappelle Vatendronbienfp^ct'Jïant,
Vn pelçim de nege ébloui(fant
Par la blancheurdont il excelle,
Vnmorceaufraisde Uit caillé
Va petit Ortolan, dodu, gras> éveillé,du
, gra
Ale volontiers des yeux 1'411 mange,
F-de touffe de lys, un bouquet de
jafmin,
Vn fatin blanc & doux aux yeux
commeaa main ; le nomrnetùwteelapaevnfeqi mot,
dotE*~jçe.
c:e.ft aufliie nom dela Peifonnç.
IlJr A M' D.L. T,
C1' ne croit boire que chopine.,
Et /;,;[':"; j'oh'i'.ut on en boit deux,
On b.ïdiKc avec rd voijine,
Et l'oncndivkï'tamoureux*
Si-:d.e 'vous par movjedevine,
De vous chanter* cet air n'ilurois-je
pas ït:ifln ?
,
Ç<PY nous f.::fojîstous deux ce que
ditla Cbanfon.
ENV0Y.
Pouf m'avez, demandé des Vers, (},
point de Trofe,
Belles, je voudroi: qu'autre chofl
Vous m'eujjie^demandei
Autre chofequifufl pour moy .y~~
vous déplaire
s
-pius doux &plusfacile a faire,
le vous anroisgalammentaccorde.
M.D.M.
Ces Vers donnerent lieu
a un Inconnu? d'envoyer
ceux qui [uivent, àdeux
"ries -0rmoifcllcs <k cette
Compagnie,
-
* Wltts fe relis les Vers tfuc ïêèè
fais pourvous, -
ffioins,je aowois cçluy lxi ksffafr
fibienfaire.
Son jiile -efi coulant,-tendre rj-
- doux,
Maisqûoy Yjue deJon '- f4îu\njtferen,om vous mz
Je'frëtem hjoh-s donnerun avisJa* 1vintaïre ,
*• *
Donneurs d'avis pourtant ne fillt
guère eC(}uti''{,
Dans la bouched'autruyfoulent les
'lHy¡h"'L
N'ont rien qui plaifl)
Maisfansplus rafonner,
Revenons à ïavis que je veux vous
donner,
rtyfnyfonsla parenthefe.
JPille jeune & jolie efi un friand
morceau Plaifant a voi,r,ragoûtantÀmerveillej
De s'en rendre le maiflre il efifacilt
cf beau,
qaoiffaitbienleprendre par
l'oreille ;
Gardez-vous desdifeours flateurs
1 De ces dangereux Orateurs,
jgui ne difent près des Filletes
Jjhie propos amoureux ,
que*tendres
chanfonnettes.
en fritau Corbeaud'avoir trop
écouté
De.fin perfide amy le decevantiangage:
Le Renardfin aprèsl'avoirflate
,
JjUy fit tomber du becmagea
finfromage.
Les deux Demoifelles en..:
voyèrent ces Vers à l'Auteur
des premiers, qui aufli-^oft
leur fit cette réponfe.
.;
Du Poète inconnu, de tAuteut
anonyme, ','
Belles, je goûte fort la rime,
Mais non pas la raifin;
Voulant me fairecroireamyfufpèct
j'tjlime i <^6y~<yfrt
Jj>uenfinravis pour vous jT*
fifO <b**#~defaifin/,
Comme luy je découvre en vôiïS^
beauté, jtunejfl
, Esprit, douceur ,
enjokment^gentilleffe.
Eh bien! croit-il qu'épris de tant
d'appas
le reffinte pour vous emprejfement,
tendrejje ? feint du tout, ilfetrmper&je ne
fais nul cas
De la brune ny de la blonde ;
Z>e toutes deux mon coeur ne vOgdroitpas
,
McouteZmaraifon,&fur quoy je -la fonde.
Touravoirce morceaufriand ,
delideux,
Cefromage mifterieux
Dont parle vofire Auteur, dites-moy
., ;;,
fansfourire,
:
:
p6urr°it tjlre unrcnardaz fnf ,
Doiiiiarf&cit
ïêttrmoyj de vous j'aime mieux
dire
- Ceque difiit leRenard du raifin.
M-D-M.
Je vous ay déjà, dit plusieurs
fois qu'on fait frapper
des Médaillés de tout cc qui
rend le regne duRoy3 le
plus beau Regne dont on
ait jamais parle» de forte
qu'on pourra faire une Histoirc
mctallique de la vie
de ce Monarque. Je vousay
déja envoyé quantiré deces
Médailles, non pas félon
l'ordre des actions de Sa
Majefté) mais fuivantqu'cL
les font tombées entre mes
mains. Quoy que je ne garde
point l'ordre des reillps,
c'eft toûjours vous faire part
de quelque chofe de nouveauqquueeddeevvoouussecnnvvooy~
r yer
ce que vous n'avez pas encore
vu : & comme la Mé^
daille de laFlotte Hollandoife-
brûlée devant Tabago eft
de
ce nombre> je vous l'envoye.
Je ne vous repetc
point que le Portrait du Roy
cft a la face droite de tou- -
tes, & que l'ayant déjà fait
graver cinq ou fix fois> je
ne vous cnvoye plus que les
revers.
On a renouvelle icy deuis
peu les défenfes qui
voient eftépubliées touhant
les Jeux de hazard) & v -\
cla s'eft fait en cette forte.
x premier du mois pafle lé
)arletnent donna un Arreft,*
>arlequel après avoir man- 3
lé les Officiers de Police &
es avoir entendus) il ordonna
quils donneroient leur
ivis par écrit fur les moyens
es plus convenables de faire
:ener ces fortes de Jeux. Ils
lonnerent leur avis, la ma- ,*
tiere fut mife en délibcration>
& les conclufions de, y
r ME le Procureur Général
ayant efté prifes
)
il fut ordonné
le 18. dumefme mois
que les Ordonnances & Arrefts
concernans les Jeux de
, tiazard feroient executez,
avec défenfes àtoutesperfonnes
de quelque qualité&
condition qu'elles foient de
,
donner à jouer dans leurs
maifons à ceux qui y viendront
pour ce fujet, & particulièrement
aux Jeux du
Hocajde laBaflette& duLanf
quenet ; a peine contre ceuà qui oferont y contrevenirj.
- dit trois mille livres *Tariiéï^
1de, applicable un tiers au
Roy, un tiers à FHolpital
General) & l'autre tiers aux
dénonciateurs
>
fans prejudice
de plus grande peine fi elle y
tchoit), principalement en
cas de recidlve. Il fut or.
donné par le mefmc Arreft
que les condamnations d'a.
mende pourront eftre prononcées
par le Lieutenant de
Police au deffaut d'autre
.preuvf fur les feuls procès
verbaux de deux Commif-
(aires du Chaftelet> contenant
que de l'ordre de ce
Juge<le Police
?
ils auront
Averti ceux qui donneront
airifi à jouer? de cefler leurs
Affemblées ; que les preuves
de les avoir continüées) feront
le concours des Laquais,
des Carofles & des
Chaifes qui fe trouveront ordinairement
arreftées aux
portes de leurs maifons, joint
a la connoiflance publique
¿&, au témoignage des voifins5
fi quelques uns d'eux
veulent depofer;que les Propriétaires
des maifons dont
les Locataires donneront
âinfî à jouer> après que les
^ommiffaires au CbaAeIcc
les auront avertis luivant;
rordre du Lieutenant de Police,
pourront eftre par luy
condamnez fur les procès ver,.
baux de deux Commiffaircs
folidairement avec les Loc&*
uires au payement des amendes
jufques à la fomme de
mille livres) & que les maifons
demeureront fermées
pendant fix mois) à moins
que les Proprictaires n'ayçnt
donné congé aux Locataires
d'enfortir. Cet Arreftgeftc
leu> publié & aifiché par
tout Paris, & il y a beaucoup
d'apparence qu'il]fexa
ceflcr les Jeux ruineux dont
tant de familles fe trouvent
incommodées.
Letg. dumois paflemourut
à Befançon Meflire René
dcla Tour) Marquis de Montauban
, Lieutenant General
dans les Armées de Sa Majefté,
& au Gouvernement de laComté de Bourgogne»,Il
avoit palfé par tous lesdegrez
Militaires qui peuvent conduire
à la Charge de Lieutçnant
General) & fa valeur&
Ton mérité luy donnoient
xlroitd'cn cfperer de plus éje-
,)lez, puifquelor^cju'-enapu
ttfiôntér jufque-là> il n'y£
plus de paite d'honneur entre
ce haut rang & celuy de
Marefchal de France; ôc
qu'aind il ne refte qu'un fcul
pas à faire pour y parvenir. Sa
vertu i fa cond uice
»
prit&soncourageonfottnoeûf--
jours paru partout où il &
falu combatre, ou commander
pour le Service du Roy.
La Bataille de Scnef
*
la retraite
de l'Armée après la
.mort de M de Turenne, &
celle de Meffine5 ont cfté dès
endroits remou
cettevaleut &; cttte copdtme
ont éclaté. J'irois trop loin
» fi je vous parlois de tous
les Combats & de tous les
Sieges où il s'efl: trouvé)
avec une intrépidité qu'ont
MÛjoursadmirée. La maniéré
dont il fediftingua dans les
Guerres de Hollande luy fit
mériter le Gouvernement de
Zutphen & de la Province
qui porte ce nom: & l'on
peut dire qu'il s'eft toujours
montrédigne petit-Fils d'un
autre René de la Tour, Marquis
de Gouvernct
1
fameux
par plufîeurs avions mémojrables
quil'ont rendu célébre
brc dans le temps des guerres'civiles
de la Religion &
de'laLigue,& l'un des Hommes'Illuftres
de Dauphins
dont les Vies ont eité écritespar
M* Allard
, Ancien :;
PPrreefiddeennttecn" 1 Election de @ 1 Grenoble. Il travaille de mefme
a l'Eloge de M le Marquis
de Montauban, & c'eft
de luy que j'ay,appris que, la Famille de la Tour Gou- -
vernet cft une branche de
celle de la Tour du Pin) de }b
laquelle ont efté les quatrederniers
Dauphins de Vien- 1
nois.1Albërt de laTolirdu
Pin) III. du nom, eut troir
Enfans, Humbert qui epoufo
l'Heritiere de Daupnine >Albert
IV. qui continua la
branche des Seigneursdelà
Tour du PinJ & Aymard
qui commençacelle de Gou^
vernet & qui vivoit en n~o<
Il a efté le treifiémeAyeul
de Mr le Marquis de Mon.
tauban., & fes Succeifèurs fafont
terminez en quatreBranches
j
celle du Marquis de
Gouvernet
>
celle du Marquis
de la Chaux, celle du
Màarquis de Montauban ou fcs ficres> puisqu'il eft
*
mort fans avoir eftc marie
& celle des Seigneurs de S.
Sauveur. M de Montauban
a eu pour Frères M le Marquis
de Foyans & M le Baron
de la Chaux» tous deux
connus par leurs longs fer-
Vices Ôc par leur prudence.
M sdu Mcfnil font leurs Frètes
utérins> & MlK de Monrauban,
qui a eftc Fille
d'Honneur de de la fciic '-
Reyne Mere, ôcqui s'eft acquis
une fi grande réputation
par fa verrur par fon
(fprit & par fa fage(Te
, cH:
leur Soeur. La Famille dela
Tour) porte de Gueules à U
Tour d'or jointe à un Avantmur
de mefme. La Branche de
Gouverner a pris des alliances
dans les Maifons Du-1
gatz, de Granges) de Pourret>
de Beaufort?d'Arces>de
Combourcier, de Chabeftan,
<1AlleiHan> de Silves, do
Montauban, de Bourrelon,
de Sauvin, de Caftelane
>
&
elle cft entréedans celles de
Rame:>d'Odc> de Martin
>
de
Revilafc5 de Vaftel, de Vcronne,
d'Artaud
)
de Foreft,
de Blain
>
du Puy-Moutun
» de Pierre> de Rcynard
>
ds
Vinccns>de Cornillan, qui
font des plus anciennes&des
plus illuitres de Dauphinc;
& dans les autres Provinces fes
Alliances ont cilé avec les
Familles de BoCquet, de Gabian)
de Chan-ibaud, de Vignoles,
d'Herval> de Gineftoux,
de C uillaumout) de
-
Sadde) de Lanes) de Baudan,
de Marennes) de Saufan
t
d'Erard, d'Adelbert? de Raphaëlis)
de Joannisocelles
des Marquis,Comtes ouBarons
de Maifon-feule de
Drujas, d'Enteroche, de Verrières
& de Maillerargues,
Je vous parle prefquetoû-'
jours après les autres des
grandes nouvelles, dont tous
les détails mis enfemble doivent
faire des morceaux
d'Hiftoirc confiderablcs
? mais fi j'attens un peu de
tem ps à vouseninfhuire>j\iy
l'avantage de vous en parler
jufte & afond. Vous leçonnoiftrez
par la Relation que
vous allez lire. Je fuis icur
qu'elle vous donnera beaucoup
de plaifir) & quevous
y trouverez des chofes fort
cuncufes,&dignes d'eftreremarquées.
RELATION
Contenant larrivée de AT
l'Ambajjadeur dePortugal À
Adanheim, premiere Ville
du Palatinat; fin Entrée
publique à Heydelberg; la
maniéré dont il a ffté rectu.
4L fis Audiences publiques;
tomment il a efté traite» &
les Ceremonies du Mariage
de la Princejje AdarieSophie
Eli'fabeth^deNeubourgtAvec
le Roy de Portugal. MOnficur le Comte de
VlllarmayorîAmbak
fadeur Extraordinaire de Portugal
vers (on AlteifeElcci5-
torale Palatine
)
s'eltant ariette
à Manheiii-i* pour Ce
difpofer à faire les fondions
de fon Ambaffkde> envoyale
ie. de Juin le fieur Antonio
Roiz da Cofta fon SecrctaireP
dans un Cardfiè"à..,{lx'chevaux
à Heydelberg,'demander
jour pour yfaire on Entréepublique
& avoir fa preaniere
Audience. Ce Gentilhomme
s"adrelfa au Grand
Chancelier) comme à celuy tpi avec d'autres Charges
)
exerce celle de f; Secretaire
'd'Etat. Ce Mnullre luy Inart
tjjua le dernier jour de ce mefme
moisjfelori qu'on en eftoit
déjà convenu Ainficet Am- 1
baffadeur ayant à faire la moitic
du chemin par.eau,envoya
des le z_9. tous fes Equipas
pdf-terre à Ladembourg
j qui
eft juftement cntre-Manheim
& Heydelberg.
Ce mefme jour le GOlJver.:
.neur de Manheim alla luy
Tendre vifîte?&apprit de
luy que le lendemain à fix
heures du matin fon deflein
eftoit de s'embarquer fur le
fcfecàrpour fe fendre à La-
^kmbourg?- où îl-trouvero-it
ion Train. Il prit les mefurei
là-dcffuspourluyrendretous
les honneurs qui luy eftoient
deus, & le 30. à la pointe du
jour) on vit deux Regimens
d'Infanterie en bataille dans
la Place vis-à-vis le Palais
où logeoit l' Ambafladeur.
l'heure où il en devoit fortir
eftant venue >
le Gouverneur
fuivi des Principaux de laNoblcffe,
l'y alla prendre pour
le conduire dans la Barque.
Le Comte de Villarmayof
s'y rendit, marchant toujours
entre une double haye
dcSoldacs fousles armesldooc —* -
les- Porte-enfeignes abbati-
1 rent leurs Drapeaux lors qu'il
1
yaflbitïlcsCapitaines qu'ils
avoient en tefte luy ayant dé-.
jarendu leurs civilitez.Aprés
-cclà) il y eut une décharge
générale de la Moufqucterle)
qui fut fuivie du briiit de
tout le Canon de la Place)
qui tira trois fois. La Barque
où l'Ambafïideur entra) * cftoitmagnifiquementtapifféc*
Ils'y afficfurunFauteùilde
velours vert, ,&, ayant fait
placer les Cavaliers Portugais
qui Paccompagnoienc
par konoeurjil fa entra fçs
rGent-ilsho-mmes & les. Au-^ -
ruôniers. Une fécondé Bar-^
que [ervic pour fon Maiflrc
d'Hoftel, pour" fes pages &
- fes Officiers) & il y en eut
une troifïérne pour ks Valets
dePied & autres Gens
de Livrée.
L'Ambafladeur arriva furlesdix
heures à Ladembourg,
où aufficoft les Bourgeois
parurent fous les armes.Aprés
fon débarquemenr
3
il
rutfalué par le Maréchal des
Logis de la Cour de S. AJE. P.
.qui luy ditque s'il l'avoit a^
agréablejil pourroit monte|
a cheval a trois heures après
Inidy, parce queM le Prince
Charles quidevoit venir audevanc
de luyspartiroit de Heydelberg
en ce mefme temps)
pour le rencontrer à moitié
chemin. Le Comte de Villarmayor
ayant difné, monta
dans l'un de fes Carrofles. Il
en avoit deux entre autres
d'une tres-arande magnificence.
Celuy où il entra, étoit
de Velours cranloity
,
mais
tout en broderied'or, par dedans
& par dehors. Une groffc
campane d'or meflée avec
de la foye grenadine de la
couleur du Velours, regnoid
tout au tour des bords de'
l'imperiale. Les Rideaux é.;
toient de Brocard d'or. Une
Ires-bellc peinture donnoit
du prix au bois du corps du
Carroflc
>
& fur les cxtremicezainfi
que fur tout le trailb
cftoit une Sculpture des pluB
délicates. Enfintout paroi Cfoit
tres-bien travaillé juCOues
aux rouës mefmes. Ce
fuperbe Carroffe eftoit tiré
pdaornqt uatre Chevaux ifabelle9
les longs crins alezans
>
avoient elle trefiez avec du
jrubanponceau quifairaic un
fnelange fortagréable.Vingtquatre
Valets de Pied mar*
choient de chaque cofté) & il
eftoit fuivy de l'Efcuyer de
TAmbaffadeur
>
monte fur urt
cheval richement enharna.
ché. Il avoit des fourreaux de
Piftolet & une petite houtre
en broderied'or de relief, a.
v,"c une autre houfle plus
grande par deflbus
>
de Velours
vert) garnie de trois largcs
galons d'or tout au tour.
Douze Pages à cheval marchoient
derricre
5 portant de
pareilles bouffes de Velours t
etus à un feul galon d'or. Lç
fécond Carrofle(uivoità vui.
de
; encore plus magniifque'
que le premier. Ilcitoit d'uii
Velours bleu à fondd'or>
gainy de campanes tout or,
avec des rideaux de mcfnie.,,,
La Peinture3 & la Sculpture
en eftoient très belles,& faites
par deux des plus habiles
Ouvriers de 1Europe pour
les Ouvrages de cette nature.
Six Chevaux gris pommelez
àgrande queue blanche? tiroient
ce Carrofle. Je ne
dis rien de quatre autres qui
#iarchoient en fuite, attelez
chacun de fix beauj^/
Chevauxnoirs) donc les crins
eAoiencornezdune quantitéf
prodigkufede rubans. Ils je-
_toie.Qt remplis desCavaliers
£ortu&ais>&:desGentibhoin- "D"
ynes de rAtnbaflackur:>qui
avqient tous des habits d'une
richeflè& d'une propreté furprenante.
La broderie d'or
,quilescouvroiteft.oit à/pleint ensortequel'onn'enpouvoit
remarquerl'étoffe.Lalivrée,
.iWt-des Pages que des gçns de
Pied, & des Cochers, eftoit ,
-
de drap d'écarlate fort finV garny dedeux galons bleu
6l. argent. Ilsavoienc tous des
Bas deloyc
>
& des Chapeaui
avec de grands bords d'ar2
gent & des tours de plumes
bleu & blanc> & les Pages
avoient des Veftes de foye
mordoré, avec des galons
d'argent> que les autres n'avoient
pas.
On marchoit en cet équi.
page, lors qu'on aperccut.
dcmy-lieuë de Heydelbcrg
Mrle Prince Charles qui at..
tendoit MrleComte de Vil-.
larmayor. Le Prince fit d'abord
tourner la telle de Ces
Chevaux vers la Ville>afin
que leCarroifede
acur le trouvait iur la droite:
& lors qu'ils furent affez prés
l'un de l'autre
,
le Prince
Charles mettantpied à terre,
le Comte de Villarmayoren
fit autant) & s'eftant fait les
Complimens ordinaires en
ces fortes de rencontres,
l'Ambafladeur entra le premier
dans leCarofle du Pnnce>
Scfc plaçafur le dcrriere.
Le Prince fe mit fur le devant
) & les deux trains sétant
menez, l'on dlfpofa la
inarche en cette manière.
Un Efcadron de Dragons
4e Monikiu 1tlcckur alioic
devant. Il eftoit fuivyd'uri
grand nombre de Valets de
Pied meflez parmy des Chevaux
de main des Seigneurs
de la Cour Palatine. Apres
vènoit à cheval une Compagnie
de Gentilshommesétudians
de l'Univerfité ; puis
l'Ecurie de S/A.E. qui precedoit
plufieur^Caro(lès cane
des mefmcs Seigneurs delà
Cour de Monfieur 1 Eleéteur,
que ceux de (a Malfon., dans
lefquelscftoient les Cavaliers
& les Gentilshommes Portugais
?accompagnezd'unOfficier
de S. A. E: dans chaqu*
-
Carrofie. Entuite parurent les
LTrornpcttes & les Timbales,
devant les Officiers & les
Gentilshommes de la Cham-
Ire de S. A.E.tous à cheval.
f/s Cirrofles du Corps de
donneur l'Electeurfuivi-
'-"ente Le Comte de Villarmayor>
& le Prince Charles
•en occupaientle plus beau;
Aucofté droit de ce CarrofTe,
-qui eftoitle dernier de ceux
de la Cour, marchoit l'E[..
luyer de l' Ambaffadeur à Iz
tefte des Pages
>
qui fuivoienc
à une petite diltance 5& dtlt
\fcolte gauche marchoit p~
reillement l'Ecuyer du Prirt.
ce )
fuivy auffi de fcs Pagesj
la mefme chofe ayant cfté ob.
fervéeàPcgard des Valets de
Pied du Comte, & de ceue,
du Prince. Un Eicadronde.
Gardes du Corps de S. A. E
venoit après eux; & enfin les
fix Carroffcs de l'AmbafTadeur,
précédant quelqucs
Compagnies de Dragons qu:
fermoient la Marche. La Li.
vrée de Monfieur l'Elcéèeur
eftoit d'un drap bleu garny
de galons d'argent ; & les
Gentilshommes & Officiers
4c fa Maifog >aroient tOUj
m
des habits tres-magnifiques.
-
Mr FAmbaffadeur trouva
à Heydelberg dés l'entrée do
la Ville, une double haye de
Gens fous les Armes) par toutes
les ruës jufqu'à l'entrée.
duPalais?devant la Place duquel
il y avoir un Bataillon
dont il fut falué par une décharge
de la Moutqucterie.
Elle fut fuivicd'une triplr,
falve de tout le Canon#
1/Ambanadeurfut receu à la
defeente du Carroflc par le?
Princes Fridcric & Philippe1 ,
ic comme Monficur l'Elcc.
tcur l'acccndoii au hwdg|
premier Efcalier3il ne l'eut
pas plûtoit apperceu qu'il
defcendit
> en forte qu'ill'aborda-
lors que le Comte de
Villarmayor avoir à peine
monté cinq degrez. Il le fie
couvrir auili-toit> fins quaucune
autre perfonne que S.
1A.E.fe couvrift. Illuy donna
la maindreite> & le fin
pafler devant luy à l'entréede
toutes les portes qui fe prefenterenr
jufqu'au grand Cabinetoù
il le mena. Après qu'ils
y furent arrivez?ils saffirer^
chacun dans unFauteuil. Il
4iy avoit que ces deux Fautciiilse
teiiils) & Monfieur l'Elefteur
donna la premiere place au
Comte. Son Excellence fit
fes premiers Complimens,
aufquels S. A. E. répondit en
des termes qui marquoient
beaucoup de rcCpeét & de
reconnoiflance pour le Roy
de Portugal. Un peu aprés
rAmbafladeur fe leva, &
MonfieurPEle£teur le reconduifit
jufquà l'encréede
l'A partement de Madame
l'Electrice. qui luy devoit
aufli donner Audience. Cette
Princefle
)
accompagnée de
deux Princeffes les Filles).
receut l' Ambafladcur à rai
prcmicïç# Antichambre
, &
luy offritle pas peur entrer.
Le Comte retula de paffer le1
premier, & quoy que S. A.E.
inlillail beaucoup peur l'y obliger
?il voulut avoir cette
déftreiicc pour ion [exe,coflfidtrant
principalement qu'il
le pouvoir lans prcjudJcierl
ce qui cftoit dû à [ùn caraacre)
puis qu'il avoir receut
de Monfieur l'Electeur l'honneur
qu'il vouloir bien de.
ferer à Madame 1 EU6trice.
, Il n'y avoit ppint de Dais
dans la Chambre où elle le,
încna, & on n'y pouvoit diftinguer
ny la main droite, ny
la principale place. Il y avoit
feulement deuxrangs dechai-
- fès à Toppolîte les unes des
autres, & ainfi Madame l'Elé&
rice pritplice fur le haut
bout des unes, ayant à fou
£ofté les deux Princefles [etj
filles
, & TAmbafladeur la
prit fur le haut bout des autres
, ayant le Prince Charles
-au deffousdeluy.L'Audience
finie, il fe retira. Les Princeflès
l'accompagnèrentjuC-
- bqrue'à la première Àntichamr ,-ôc le.PrinceÇliarks^
vec les Princes fes Freres
>
fuivy
de beaucoupd'autres Seigneurs>
ne le quittèrent que
lors qu'il fut dans l'Appartement
qu'on luy avoit préparé.
On avoit aufïiaeftinc
des Chambres dans le mefmc
Palais pour les Cavaliers Portugais
qui accompagnoient
l'Alnba{fadeur,ainli que pour
fes Gentilshommes ; le reftc
,
de fes Gens fut difperfé par la
Ville> mais ilsvenoicnt tous
manger au Palais.
Monneurl'Electeur nomma
le Baron deCraiter5 & le
Baron de Spring
> pour fervix
1.'Anibaffadeur. Ils fe tenoient
toûjours"dans fon Antichambre
lors qu'il cftoit
dans rAppartcment
) & ils
le fuivoient quand il en étoit
dehors. L'un avoit foin ordinairement
de luy tervir la
Sous-coupeà table lors qu'il
vouloit boire? & l'autte de
luy verier de l'eau fur les
mains> & de luyprefenter la
ferviette.
Au fortir de l'Audience de
Madame l'Ele£trice, le Comte
de Caftel> & le Grand
Marechal) vinrent trouver
M'le Comte de Villarmayor?
pour luy dire que Monfieur
J'Elccq,curvouloit luy rendre
viiite. Ce Comte alla le recevoir
àla premiere porte de
t'Appartement qu'il occu- poit,& parce qu'il rrgardoic
cet Appartement comme Ton
propre Palais, il y donna la
main & l'entrée à M l'Eleûeur,
le reconduifant enfuitc
jufqu'aumefme endroit, &
en la mefme Inaniere.
Un des jours fuivans PAmbafladeur
vifita le Prince
Charles qui l'avoit mené dans
fon Appartclnent. Il l'en fit
avertir par l'un des Baroas
tjui eftoicnt toujours dans ton
Antichambre
?
& il le trouva
qui l'attendoit à l'entrée de
fon Appartement. Le Prince
Charles ayant donné le pas àu
Comte&la Place d'honneur
,lors qu'ils s'ailirenb le rccan- duifit jufqua l'endroit où il
j'avoit receu.
La nuit vcnu-ë
?
le Gouverneurde
Heydelberg alla demander
le mot à FAmbanadeur)
& les autres jours? ce fut
la PrinceffeMarie Sophie qui
le donna> comme Reyne de
Portugal;maisle mefmeGouverneur
ne laifloit pas de le
porter tous lesfoirs à fon.
Excellence.
A l'heure du Soupe
,
le
Comte de Caftel, & le Grand
Maréchal
, avertirent M" le
Comte de Villarmayor que
S. A. E. l'attcnduit pour fe
mettre à table, & des Pages
de Monfieur l'EleQ:eur parurent
en mefme temps avec
des Flambeaux de cire blanche;
ils marchèrent devant
luy, ce que fit aufli l'un des
Barons) qui porta un Flambeau
d'argent avec une bougie.
L'Ambaffadcur trouva
que Monfieur 1 Electeur* l'attendpit>
àTentrée de fonAppartemcnt.
S. A.E.luy donna
lamain droite &le pas, commeElle
l'avoitdéjà fait,&luy
fit prendre la premiere place
a table. Un Seigneur du Confeil
Privé de MonfieurTElcâcur,
donna pour cette fois
à laver5&verfade l'eau premièrement
à M' l'Ambauadeur?
& puis à S. A. E.
La Table eftoit fous un
Daisjavec deux chaifes fur le
haut bout. M: le Comte de
Villarmayor s'affit fur celle
qui eftoit à main droite, &
Monfieur l'Electeur en fitautant
fur celle qui eftoita.
main gauche. Les Princes fes
Filsfuivoient des deux coftez,
les plus âgcz précédant les
plus jeunes. LEcuyer Tranchant
fervoit toûjours l'Ambafladeur
le prelllier, &cnfuite
Monfieur l'Eledteur.
Cette table cftoitentourée
de tant deNoblcffe, que l'on
ne fe fouvient point d'en
, avoir veu un fi grand con-1
** o
cours en A llemagne. Il y avoit
entre autres plus de foi-i
xante Princes & Princeffesji
que la curiofité avoit attirez
de divers endroits, & quel- j
ques-uns de foixantc- dix
lieues. Ils le tenôient tous
debout & découverts?obfei>
vant feulement de faire'mettre
devant eux de (impies Cavaliers
pouf marquerqu'ils
étoientincognito.
On but d'abord à la fanté
du Roy de Portugal, & en- '-
fuite à celle de rElnpercur,
mais il falut que le Comte
de Villarmayor quine boit
jamais de vin5 y repondift
avec de l'eau? après en avoir
demandé la permiflion. Il y eutdurant le repas unconcett
deVcix &: d'Infbumens des
plus agréables P-& lors que
rAmbafladeur le retira,Mon;j
four lElecteur le conduifit
jufqu'à la p emiere porte de
l'A ppartement qui luy avoit
.efté donne? S.A. E. fe tenantà
la main gauche du Comte;
mais en cette occafion ainfi
qu'en toutes les autres? Ic
Comte de Caftel, le Grand
Maréchal & toute la Cour
ont toujours fuivi l'Ambaffadeur
jufqu'à la derniere antichambre
de fon appartement.
On feeut cette mefme
nuit que le Comte de Martinis
yenoit d'arriveren qualité
d'Envoyé Extraordinaire
de l'Empereur pour complimenter
de fa part & de celle
de l'Imperetrice
)
leurs Alteflfcs
Electorales, & la Princeffe
Marie Sophie fur fou
mariage. La haute qualité
de cet Envoyé eft connuë
de toute TAllemagne
, ou
chacun fçait qu'il eft de
l'une des plus anciennes &
des premieres Maifons de
Bohclne. Il eut audience le
lendemain au matimde Monfieur
l'Eleéteur, de Madame
l'Ele&rice & de la PrincefTe
Marie Sophie, à laquelle
il prefenta une Bague de
grand prix que 1 Impératrice
fa Soeur luy envoyoit. Le
Comte de Martinis parla découvert
à ces trois Audiences,
Il n'eut point de preféance»
& fe retira dans la Ville;,
auffi n'eftoit-il qu'Envoyé*
ôc non pas Ambafladeur.
Le premier jour de Juiller
M leComte deViUarmavor
entendit la Mtflede bonmj atin.
Les Aumôniers de S.
A. E. la celebrerent toûjours
dans l'appartement. de ce
Comte,qui fe mettoit ordinairement
fur un Prié-Dieu
<^e l'on a^oit prépare £
cet eftet couvert d'un riche
tapis avec une Chaiie derriere.
Il envoya enfuite l'un des
Barons qu'il avoitr.uprésdc
t
luy à Monfieur l'Electeur>
afin d'avoir audience pour
faire en ceremonie la Demande
de la Princefle Marie
Sophie. Cette audience luy
fut accordée en même temS>
& il trouva Monfieur l'Electeur
à la pr~micre porte
par où l'on entrcit dans fon
appartement. S. A. E. le
conduifit à celuy de Madame
l'E:clrlce. Cette Princefle
y attendoit rAalSffa-
.d,cur
1
accompagnée de la
Princefle fa Fille
> au mefmel
endroit qu àla premicre Audience.
Elle voulut comme la
premiere fois luy donner iez
pas, mais le Comte en ufa
encore comme il avoit déjà.
fait, & fc contenta de marcher
devant Moufieur l'Electeur.
Il y avoit les deux i
mefmes rangs de chaifes. Madame
l'Eledtrice ayant la
Prince/fe Marie-Sophie à fon
cofié)fe plaça fur le haut bout
des unes, & l'Ambaffadeur
prit place fur le haut bout
des autres, Monfieur l'Eleltcur
eftanc au deffous de luy.
MrleComte deV
fit fon Compliment)& demanda
la Princede Marie Sophie
en mariage pour le Roy
ion Maifire,& Monlîeur l'Electeur
ayant répondu avec
des termes pleins de refpeêt
5 qu'il accordoit volontiers fa
Fille à Sa Majefté
,
l'Ambaffadeur
qui confidera dés lors
cette Princeflecomme Reync
de Portugal) fc leva, ne voulant
plus fe trouver affis en
fa prefence.Monlîeur l'Electeur
fe leva en mcfme temps
ainfi que Madame l'Eledlricc
&laPrinctlfe ; & le Comte
pourfuivit>alfurant leurs AU
Il
Aouji1687. S
teffes Electorales de lafatisfa-
&ion extrême qu'aurait, le
Roy fon Maiftre
>
d'avoir la
PrincelfeMarie-Sophie pour
Epoufe? à quoy S. A. E. répondit
en luy témoignant la
joye que luy caufoit l'honneur
que cette Alliance apportoit
à fa Maifon.
L'Audience cftantfinie>
Monfieur l'Electeur emmena
l'AmbaITadeur difner> en luy
donnant toûjours la main 4
droite>Se luy faifant les
jmefm-es honneurs qu'il luy
avoitfaits le foir preced er,j
Ce Diluer ne differoitdeI'autre
Repas, qu'ence que l'En.
voyf de 1Empereur ft trouva
à Table
>
mais placé au defÏ£
us de tous les Princes.
--Oir avoit déjà arrefté que -éernefme)Our
,
après difné,
la Princefle Marie-Sophie fe-
Toit publiquement declaréc
Se reconnue Reyne de Portugal.
Ainfi à l'heure prife
pour cette Cérémonie> le
Comte de Caftel alla avertir
l' ÀnlbaffadeHr. IL fortit de
tfbn Appartement fuivy des
Cavaliers Portugais? de [es
Gentilshommes & de tout
>oii train, & alla chez Molié
fieur l'Eleéèeur. Il en fut receu
comme les autres fois à
la premiere porte ,
d'où S.
A. E. mena le Comte à une
grande Salle où s'elloit rendue
la Princeffe Marie-Sophie.
Elle eftoit fous un Dais,
mais non pas Madame l'Eledrice
qui eltoit à fa droite,
avec les autres Princes & PnncefTes
[cs Enfans
,
& à la gauche
la Dame d'Honneur de
Madamel'Ele^rice, les Gouvernantes
des Princeffes> la
Dame dJA tour? & les Filles
d'Honneur. Monfeur l'Elc.
cteur mena M le Comtede
Villarmayor jufques au bord
de l'Eftrade5 & Son Excel..
llence s'approchant davantage>
fut le premierà baifer la
main à la Princefife qu'on declaroit
Reyne. S A. E.luy fit
-enfuite un Compliment ôc
témoigna luy vouloir auffi
baifer la main, ce que cette
Princeflè ne voulut point
fouffrir. Les Princes fes Freres
&les Prin. elfesfesSoeurs s'approchèrent
d'elle pour luy
«rendrecedevoir>&après eux
la Dame d'Honneur5 & les
autres Dames, baifant tous fa
main avec cette différence des
Portugais,que ceux-cy le font
en mettant un genouil à ter
re, comme ilfe pratique entre-
eux? au lieu que les autres
exprimèrent leurs refpe£tsi
d'une autre maniere, la eenu--i fle*xion n'efianr pas d'-u' fagcî
en Allemagne
5 non pasmeCIne
à la Cour de l'Empereur'
Aprés les Daines,fuivirciit lésa
Cavaliers Portugais> le Secre—
taire & les GentiOlshommes des
l'Ambassade. Les Seigneurs*
eainfi que la principale No—
:bleffc de la Cour Palatine, s'a.!
vancerentà leurtour en-5
ffiinnlleessPPaaggeessddle' l'Ambassadeur. A%
I Cette ceremonie achevée.
Monfieur l'Ele&eur donna
la main à la Princeffc fa
Fille
>
dont la queue étoit
portée par la Princeffe Dorothée
fa Soeur> & M le
Comte de Villarmayor offrit
a fiennc à Madame l'Ele-
Striee. On marcha de cette
orte jufques à l'A pparrenent
de la Princeffc
> qui éoit
le plus beau> & le plus
uperbementmeublé de tout
t Palais. Lors qu'on y fut arivé,
l'Ainbaffideur luy remit
btre les mains les Pierreries
tant eftoit compofé le riche
ÎPrefent que le Roy fon Maître
luy faifoit. Son Excellence
fe retira enfuite à [on Appartement
J
accompagnée de
,M-onfieur lEleûeur en lamaniéré
ordinaire.
Peu de temps après
>
le
Comte de Cafiel) & le Grand
Marefchalluy vinrent dire
que S A. E. l'attendoit pour
le divertifTcment de la Coméd
ie. Il fortit
5
& trouva
Monficur l'Electeuralaporte
de fon Appartement
»
d'où
ils allèrent enfemble à celuy
de laPtincdlè Marie-Sophie,
le Comte ayant toûjours la
main
main droite. Monfieur l'Eledteur
prit la main à la Princefle
fa Fille) l'AmbafTadeur
prit celle de Madame l'Eleârlcc,
& ils marchèrent vers
une Tribune qui répondoit
au grand Salon où eftoit le
Theatre. Plufieurs Balcons
que l'on avoit pratiquez fur
les coftez - pour y placer la
Cour &les Princes Etrangers,
y répondoient de la mefmc
forte. L'Ambaffadeur avoit
déjà veu cette Tribune,lors
qu'avant que de faire fon
Entrée
1
il alla incognito à Heydelberg
i & comme il avoit
déclare des lors qu'il ne vouloir
jamais eftrcâfïis en prefence
de la Reyne
» ny dans
les lieux où elle fe trouveroit)
çn fut obligé de divifer la
Tribunepar une cloifon.Ainfi
elle fut fcparée en deux,
lx. la Princefîc qui avoit efte
déjà de^larée Rcyne
5 occupa
dans l'unela premiere place.
ayant avec elle Madame FEleûrice
& les Princtffcs fes
Soeurs>ôc ï'Àmbaflàdeur entradansl'autre
avec Monfieur
LEIC&eur. ils furent tous
deux ailis dansdes Fauteuils
k Comte! maindroite.Cetoit
une Comédie Italienne
qui reprefentoit l'édification
de Lisbonne, d'où l'on defpendoit
par tous les Siecles
qui l'ont [uivie) pour venir
donner des applaudiflemens
au mariage qui fe devoit faire
le jour fuivant. La Piece eftoit
fort longue, ce quifutcaufe
luon en laiiîa la moitié pour
p autre jour. Cette premiere
partie finit par un BaletJ
)ù
les
Princes
danferentmat
juez. Apres ce Divertificnent,
la Princene, l'Ambafadeur
?
& leurs Alteffes Elecprales
fc retirèrent dans le.
mcfme orclrc qu'ils cftofcntT
venus. LL''AArmnbbaffadeur ne fut
-%
paspiuEoft rentre chez luy,
que les Princes Fridcric &
Philippe lxy viÍÏterent. Illeur
rendit lavifitc peu de temps
aprèrs.
Lefoirde cemefmc jour
la Princclfcfoupa en partie
culicravcc
leursAltefles
Elec-j
torales
>
& l'Ambaffadeur quîj
avoit les Princes avec luy
foupa en public dans fonA
partement. On luy fit d
grandes inftancespour To-^
bliger à mangeravec la Prin-J
ccflc•leonvoulutluyper^ 'i
luader qu'il le pouvoit faire
puis qu'il reprefentoit le Roy
on Maiftrej mais fon Excellence
a toûjours cru ne pouvoir
mieux marquer fonprofondrelpeft
pour une Princeflcs
declarée fa Rcyne)qu,cn
refufant toûjours de prendre
place à fa Table. Le matin du
jour fuivant>il ne fortic point
de fon Appartements&après
qu'il y eut difné> accompagné
des Princes comme à l'ordinaire
)
il yit entrer deux
des principauxMiniftres de
MonfieurfElcâeur, qui luy
apportoient le Prefent que
S. A. E. luy faifoit. Il cftoic
compofé d'une Table, de
deux Guéridons3 de fix Plaques
>
d'un Lufire à fcize
branches? & de deux Vafes
pour mettre des fleurs* le tout
d'argent,& d'un travail admirable.
Ce mefme jour ayantefte
pris pour faire a l'Eglife la
célébration du Mariaeî> le
Prince Charles fuivy de toute
la Cour, magnifiquementparce
,
alla prendre l'Ambaffa
deur fur les cinq heures du
foir pour l'y conduire. Son
Excellence avarnt que d'y alIeHïtprendre
une nouvelle
livrée à fes Gens. Elle eftoit
fréclatante qu'on ena veu
fort peu de pareilles. Les
Jufte-au-corps de (es vingt-'
quatre Valets de Pied) étoientde
Velours verr) chamarrez
de deux galons or &: argent
fort larges? & doublez de
Tabis incarnat. Ils avoient
des Bas de foye auffi incarnat?
& des Chapeaux bordez
d'une large dentelle or & argent,
avec des tours de plu- -
mes incarnat & blanc. Le*
douze Pages eftoientvêtus
en manteau & en pourpoint,
Les manteaux & les haut-dechauffes
eftoieuc de brocard
d'oràfond
vert, & garnis de
trois rangs de Point d Efpabglneeuroer
& argent> & la doudes
manteaux eftoit de
tabis incarnatàfond d'argent.
On avoit fait les pourpoints
de brocard d'or à fond incarnat
>& on les avoit garnis du
mêmePoint que les manteaux
& les haut-dc-chauffcs. Ces
Pages avoient des Bas defoyc
incarnat brochez d'or> des
Caftorsavec de grands bouquets
de plumes3 & des gans
garnis aufli de Poiat d'Efpagne
or & .argent.
Les Cavaliers & les Genrilshommes
Portugais
-1--
qui
avoient déjà paru fous des
habitsmagnifiques
, eurent
de la peine à en faire faicé de
plus riches;mais ils en vinrent
a bout> n'ayant épargné aucune
dépenfe
, & ils fe montrèrent
dans des ajuftemens
encore plus fuperbes qu'ils
n'avoient fait le jour del'En- f- - Pour Mr l'Ambaffadeur
quon n'avoit encore veu
qu'en Jufte-au-corps> il jugadevoiraffifter
en manteau
a lagrande fondion qu'il.al->
loit faire. & Tonpeutdire
-
que fi fon habillement cftoit
riche, il n'en- paroifloit pas
moins modefte.
Environné' de tant de magnificence
il fe difpofaà partir,$
c l'oncommençala marche
en cet ordre. Les Valets
de Pied de la Cour savancèrent
les premiers, & Jurenrfuivis
de ceux de lambaffadeur,
Les Pages de Monfleur
l'Ele&eur marchèrent
après
J
precedant ceux de
Mr le Comte de Villarmayor.
Enfuite parurent les Gentilshommes
& les Cavaliers de
la Cour Palatine; & ils ctoient
fuivis des Cavaliers &
des Gentilshommes de l'AmbaiIlde.
Ceux-cy prccedoienc
immédiatement tAmbanadeur&
lePrinceCharlesqu'on
voyoit derriere cette Troupe
> ayant tous deux le chabelaefufeà
la telle, toute la Nomarchant
découverte.
Oh avoit pratiqué une efpece
de Galerie qui regnoit
depuis la grande Porte du
Palais
>
dont on traverfoic
la Court jufqu'il'entrée de
la Chapelle. Cette charpente
étoit couverte par le haut;
inais découverte par les cotez
j en forte qu'on pouvoit
êtreveu de tout le monde
& particulièrement d'un
Régiment d'Infanteriequi
étoit fous les Armes dans la
court. La Chapelle étoit
toute tapifTée; mais oinéc
fur tout de plufieurs Balcons
remplis des Princes
& des Seigneurs Etrangers.
On avoit prépare vis-à-vis
le Grand Autel deux Prié-
Dieu
> couverts de brocard
<i'or1 l'un pour la princelTe,
l'autre pour l'Ambanadeur.
,êc ilyavoit du coftédel'EvangiledeuxChaifes
de Velours)
& un bancdevant couvert
de la mcfme étoffe.
L'Ambalfldeur prit place fur
la premiere ; le Prince Charless'affit
fur la féconde
)
Pua
& l'autreenattendant laPiinceffeclue
toute la Cour de
S. A E. eftoit allée quérir aprés
avoir conduit l'Ambat
fadeur à PEgllfe. La Princefle
y arriva, accompagnée de
tous les Princes & de toutes
les Princeffes de la Maifoa
Electorale. Monfieur l'Electeur
la menoit par la main ;
UPrmceûeDorothée faSoeur
fortoit la queuë de fa mante ;
& fi-toft qu'elle parut)l'A m-
•bafladeur feleva>& alla la
joindre pour la fuivre. Cette
Princefle fcmit au Prie-Dieu
de la main droite, & l'AlTI..
bafladeur à l'autre. Monfieur
!'EleGteur & Madame l'Electrice
occupèrent les deux
CI-ialfesoù l'Ambaffadeur&
le Prince Charles s'eftoient
mis d'abord. Les autres Princes
& Princeffes fe placèrent
de l'autre cofté? tous debout
ou à genoux félon les occurrenets)
perfonne ne s'eftant
alfis deguis l'arrivéede la
Princeffc dans lEglife. Chacun
ayant pris fj place, l'Evefque
Coadjuteur de celuy
de Spire fortit de la Sacnftic
en HabitsPontificaux,
Sr fit la Ceremonie du
mariage félon la Coûtume
de liEgliilc Romaine. On en- tendit auffi-toft après une
décharge de toute l'Infanterie,&
un tonnerre de coups
de Canon, toutle Canon de
la Ville ayant tiré par trois
fois de fuite. La Reyne fc
retira au milieu d'un bruit
confus de.Trompetcs-,.&de -
cris dacclamatipûque
cun pouuoit. Monfieur l'Ele.
veur la 1emena, & Mr l'Am..
bafladeur prit la main à Madame
1Eledtrice, La Reyne
de Portugal étanc de retour
à Ion Appartement,Mrle
Comte de Villarmayor &
tous les Portugais eurent
rhonneur de luy baifer la
main, & Mr l'Elcétcur accompagna
TAmbafTadeur à
jfon retour, ainfi qu'il avoit
accoutumé.
L'heure de fouper eftant
venuë )
le Comte de Caftel &
le Grand Maréchal allerenc
avertirl'Ambalfodeur que les
Princes l'attendoient pour fe
mettre à table) & qu'onl'avoit
dreffée dans une chambre
qui en joignoit une autre
où la Rc yne devot fouper
en public, afin qu'il pût
partager le plaifir de la Mufique,
car comme levousl'ay
dit?!'Ambaffadeur n'ajamais
voulu manger, ny à la Table
de Sa Majeilé, ny dans la
mefme chambre. La Reyne
eftoit à table fous un Dais,
ayant à la droite Monfieur
l'Electeur & Madame 1?E~
kftrice
, & les Princeffes
Marianne:& Dorothée à fa
gauche. L'Ambafladeuroccupoit
le haut bout de la
fienne) & les Princes cf,
toientaffis des deux coftez»
fe precedant les uns les autres
félon le rang de leur
naiÍfance. Le Comtede Martinis
Envoyé de l'Empereur
cftoit à la mefme table, mais
après les Princes. Le lendemain
3. de Juillet le Comte de
Callel vint prier1AmbaiÏadeur
de la part de S. A. E.
de vouloir bien afïifter à unc
Grande MeiTe,quePonalloic
celebrer en aâion de graces
jâu Mariage. Mojifieur l'Bç
lecteur l'attendoit à l'ordinaire
à l'entrée de fon appartement
)
d'où il le mena
a celuy de la Reync. Madame
l'Electrice s'y trouva
& toute la Cour prit le chemin
de la Tribune qui repond
à l'Eglife. Il fallut encore
y faire une feparation>
comme on avoit fait à la
Comedie- La Reyne de
Portugal avec Madame l'Electrice
& les Princefles> fc
plaça d'un cofté» & l'Ambaffadeur
de l'autre avec Moru
fleur lElefteur. L'Ambafladeur
qui avoit la main droite,
fut auffi enccnfé le premier
)
& l'on prefenta la Patene
à fon Excellence, avant
qUe de la porter à S. A. E.
La Meflèfinie, Monficur
l'EleGècur remena la Reyne
à fon appartement, & con~
duifit rAmbaÛadcur itifqua
l'entrée du lien,&peu après
les Princes allèrent diiner
avec fon Excellence, & la
Reyne mangea ce jour-là &
tous les fuivans en particulier
avec leurs Alteifes Electorales.
Surlesquatre heures,l'AmfcaJfodcur
ayant elleavexti
par le Grand Maiftre de la
Maifon de Monfieurl'Elecleur
> que ce Prince l'attendoit
pour allerentendre l'autre
moitié de taComédie,on
alla prendre ce divertiflement
dans le mefme ordre que
l'on avoir déjà obfervé. La
Comcdie fe termina par un
Daler) où les trois Princes&c
les trois plus jeunes Princef-
Ces danferenr. Ils eftoientveftus
en Bergers & en Bergeres
fort richement & fans mafques.
La danfe finie>ils allèrent
baifer la main à la Reyne
) pour luy témoigner que
cette rejoiiiflance navoitautre
but que le divertiflement
de Sa Majefté. Elle s'en retourna
à fon Appartement t
& l'Ambaffadcur après l'y
avoir fuivie» fut reconduit au
fïen.Il y foupa le foir comme
à l'ordinaire avec les
Princes.
Le matin du 4. l'Ambafladeur
ne fortit point de fon
Appartementj les trois Princes
s'y trouvèrent à diCné,&
à cinq heures le Prince Charles
accompagné de toute la
Cour alla leprendre pour le
conduire à l'Audience de
eonge qu'il avoit demandéef
Monfieur l'Ele£teur l'attendoit
ainfi que toutes les
autres fois à l'entrée de fon
Appartement?d'où il le mena
dans fon grand Cabinet
avec les honneurs accouftumez.
L' Audience citantfinie*
S. A. E. tira de fon doit une
B.lgue d'un gros diamant,
qu'elle donna à M l'Arriba
fadeur, le priant de le garder,
& de fouvenir dElle,
Monfieur l'Electeur le mena
enfuite à l'audience de Madame
l'Elearice) qui ac-
[
eompagnecdesPrinceues fcs
Filles l'alla recevoir & le conduifit
dans la mefme Chambre
>
où elle l'avoit deja receu.
Les chofes s'y pafTerent
comme les deux autres fois»
Seaprèscela Monfieur l'Eleveur
accompagna le Comte
de Villarmayor jufqù'au dernier
efcalier. Il en defeendk
quelques degrez, &ydemeura
julqu'à ce qu'il vit l'Ainbafladeui"
monté en carofTe.
Les Princes Frederic & Philippes
le conduifirent tuf.
qu'à la portiere,6c n'en partirentquequand
les chevaux
commencèrentàmarcher. Le
~--- ----------- - --. Pruicc ,-*--" 1
Prince Charles entra dans
le carofle avec l'Ambanadeur;
&cfe plaça fur le devant
comme il avoit fait le
jour de l'entrée. On obferva
les mefmes ceremoniesj tant
pour le nombre deCaroffès,
& la Cavalerie) que pour les
Gardes du Corps,&. les Dragons
qui precedoient ou fuivoient.
Il y eut mefme Cor-
-tege, & toute la Mailon de
Monfieur l'EleCteur alla conduire
r Ambaffadeur jufqu"au
Lmefme lieu où ellel'avoitefté
:prendre ç'eilà dire>àdemylieuë
de_la Villç.
Quand on s'y trouva? Mil
le Comte de Villarmayormit
ipoinedCaàrotfelerre pour entrer dans jce
qu'il ne après
des complimens réciproques
du Prince Charles? qui ne
voulut pas rentrer dans celuy
où il eftoit venu? que le
Comte ne fuft dans le ifenv
ny partir qu'il ne l'euft veu
s'éloigner. Si toft que l'AmJ
baffadeur approcha de Man-1
heim, & qu'il en eutdécouvert
les murailles, il fut falüé
d'une triple décharge de
tout le Canon. Il trouva le
Gouverneur horslesPortes de;
Ville, où il le receut à la
fte de fa GarnifonComme
eltoit déja nuit) fix Pages
? M1 l'Ele£teur ayant chatn
un flambeau de cire blan-
Le' à la main, marchèrent
:vant l'Ambaffadeur juC-
1auPalais qui luy eftoit
eparé. Le mcfme Gouver-
:ur luy vint demander le
ot>& il fut traité comme à
eidelberg) durant les aua-
: ou cinq jours qu'il fejourà
Manheim>avant que de
.urCuivre fa route vers la
ollande
, pour s'y embarter
J
& accompagner la
Reync en Portugal.
Vousfçavez) Madame, q
depuis quelques années) M1
Comte de Konigfmarck (
au fervice des Venitiens, (
il a fait voir beaucoup d'c
perience) de valeur & de COJ
auite. Le Roy de Suede q
le confidere ,luy ayant mai
dé de revenir, le Doge a éci
la Lettre fuivantc à Sa Maj<
fié Suedoife.Je vous l'envo)
dans les mefmcs termes qu'c
l'a receuë icy de Stocholi
traduite en noftre Langue.
Au tres-iflujfre & tres-puif
fant Seigneur3 Charles
par lagrâce de Dieu Roy
de Suede
,
des Gots &
VVandales, &c. Se recommandeMarc-
Antoine
Jujliniani, par la mcfme
graceDuc de Venije, qui
luy,Jouhaite touteJorte de prospérité.
Le General K¿nigfmarck.
fait Hoirunefibelle &fiparuliere
conduite3 & témoigné
nt d'experience dans les Camgnes
qui Je font faites en Leà.
mt3 avec des Juccés heureux
r avantageux pour le Jervice
Jeioute laChreJhenté, que danx
le grand deffein que l'on a ftrm,
pour la commune utilitédu Chri,i
lfianijme
3
illuy appartient un.j.
très-louable & Ires-confidC.j
rable part de la gloire que l'on *
fujet d'en cfPerer. Son mérita
fingulier éclate avec tant de for*
cej qu'il en rejallit des rayons
furvoflre Majefié> qui A con-i
fenty avec tant de generofité *
nous ceder un Sujetfiremplj dd
grandes qualitek) & fi digmr
d'une haute eftime. Nousen recevons
un très-grand fecoursn
dont Ellefeprive cependant em faperfonne}ennous lelaiffamx
dans ces prefentes conjonflures.)
favorables pOlir abattre e aneantir
l'infùpportahle orgueil
desbarbares OtIJomanJ. Comme
donc nous avons eu befoin du
grand appuy duditSeigueur
Comte, que nous l'avons demande
& obtenu, @J que nous en
avons rejjentjf les bons effets
plus d'une fois> pour arrivtr à
une fin heurenfe el defirée snous
avons cette confiance en V. M.
que felon fa haute bonté accoûtumée3Ellevoudra
bien permettre
audit Seigneur Comtt, comme
nous l'en fupplions, de continuer
dans l'cmploy qu'il foiitient
avec tant de gloire &tant
d'applaudijfement. Le zele ar- -dent&divin qui accompagne le
courage heroique de V. M. brillera
d'autant plus purement &
plus loin:J que par ce moyen
VAi.marquera combien Elle eft
touchee de la gloire de D1eu, &
des interefls de noftrefainte Foy3
qu'Elleprendbeaucoup plus à
coeur, que tout le refte des autres
affaires du monde. L'obligation
que nous en aurons a V. M. fera
gravée a jamais dans noftre memoire
j pour en conferver un
eternel fonvenir, &chercher en
toutes fortes d'ùccafions- tous les
moyens d'y répondre par les mon-
'Vemens d'une exrrême & tresintimeaffection>
d'eftime &de
rejpecl de tout noflre coeur. Sur
ce,nousfotifyaitonsàV..Ad. une
Jante parfaite qui Joit de longue
durée, & que toutJuccede à fes
defirs. Donné en noftrePalais
7Jucal le 17. Mars 1687. Signé,
Gwvanni-Baptijla Nicolofu
Secretaire.
Lechoix que leRoya fait
de la Perfonne de M1 Morand?
pour remplir la place
de Premier Prefidentau Parlement
de Touloufeja donné
une fi jufteprévention pout
le mérite de ce digne Magifirat)
que tous les Ordres de
la Ville l'ayant attendu avec
impatience
, ont fait connoitre
àTon arrivée que la joye
de le recevoirclloit auffi
grande que fincfre. Les Bourgeois
prirent les armes au
nombrede quatre mille hommes
? par Tordre des Capitouls
?
fous le commandement
de Mr de Paques-la-
Cafacrnereîliin dtentre.eux,&
marchèrent le 13. de Juillet
en fort bon ordre, avec leurs
équipages portez lui* des chatiors
& par des Mulets5 hors
de la Porte du Chafteau-Narbonnois.
Ils y fcrmerent un
Camp à la portée du Canon
de la Ville? & Tous les Tentcs
que l'on y drefla fe trouvèrent
toutes fortes de rafraî-chiflè-*
mensa avec autant de delicateffe
que d'abondance. L'af-1
fluence des1 peuples fut fi
grande3queM Morandjpour
leur donner le loifit-de défikr
>
fut obligé de s'arrefter à
rentréedilGardiage, dans la
maifon de M' Mariotte, Secrétaire
des Etats de Langucdociqui
le regala magnifique^
ment à dîner? ainfî que toute
la Nobleife dont il vint accompagné.
Sur les fix heures
du loir? il arriva à la Porte
du Chafteau
-
Narbonnois>
ayant toûjours marché avec
un Cortege de prés de deux
cens Carofles des Perfonnes
qualifiées de la Ville, qui
eftoient allées au devant de
luy,& au milieu d'une double
haye. de Sol dats. Les Capitouls
reveftus de leurs robes
rougesj le complimenterent
de nouveau à l'entrée
de cette Porte
3
après quoy
ils montèrent dans fon Ca-
--- - - - - --- - -
roffe, qui fut précédé dansla
marche par la Compagnie du
Prevoft des Marchands, par
celle du Guet) & par les
Trompettes & les Hautbois
de la Ville, au milieu d'une
foule incroyable de perfonnes
de toutes fortes de conditions
>
jufqu'à la maifon de
Mr Mariotte, au quartier de
S. Eftienne, qui avoit efté
deftince pour fon logement)
comme une des plus propres
& des plus commodes de la
Ville. Cette journée fe termina
par un Feu d'artifice &
par une Illumination de toutecette
mailon & du jardin;
& après que M Morand eut
receu pendant les deux jours
fuivans les complimens de
tous les Ordres & de toutes
les Communautez Ecclefiaftiques
de la Ville, tant Seculieres
que Regulieres, le
I Parlement le mit en poflet
fion de la Charge de Premier
Prcfident, où il fe fit
admirer par fa bonne grâce)
par fes maniérés engageantes
& honnefies, & par
l'éloquence du difeours qu'il
prononça.
-
Les nouvelles publiques
vous auront appris la mort de
> Madame laDucheflc de Mo.
dene. Elle s'apelloit Laura
Maftinozzi) &eftoit Fille du
Comte Jorofme Martinozzi
& de Marguerite Mazarin
Soeur aifnée de feuM leCardinal
Mazarin. Anne Marie
Martinozzi PrinceiTc de Conty,
Mere de Monfieur le
Prince de Conty) cy devant
Prince de laRoche-fur-Yon,
eftoit fa Soeur. Ces deux Princelfes
ont mené une vie trèsexemplaire
& remplie de
pieté. Madame la Ducheffc
deModene eftoit à Rome c*
elle faifoit baftir un Monaftere
qu'elle a fondépour les
Religieufesbleues de l'Annonciadc.
Elle y eft morte
le 19 du moispafTé>aprés avoir
receu fes Sacremens avec toute
la refïgnationqu'on peut
attendre d'une perfonne qui
s'efioit toujonrs attachée uniquement
à ce que Dieu vou- j loit d'elle. On l'a enterrée 1
fans ceremonie en l'Eglife de
Saint Charles aux Quatrefontaines)
ainfi qu'elle l'avoitordonné
par fon Teftament.
Elle avoit époufé en
t~. Alphonfe IV. Duc de
Modene & deReggio> qui
mourut le 16. Juillet 1661. la
laiflant Mere de la PrinceÍfe
Fofephe-Marie d'Eft? aujourd'huy
Reyne d'Angleterre,
& de François11. Duc de
Modene & de Reggio? Marquis
dEft3 Prince de Carpi,
né le 6. Mars 1662.. Le 10. de
ce mois3Mr l'Abbé Rizzini,
Envoyé extraordinaire de
Modene
? eut audience du
Roy, & prefenta à Sa Majefté
des Lettres du Duc de Modene)
par lefquelles illuy donnoit
avis delamort de cette
Duchefle.La Cour en a pris le
deuil. Modene fut érigée enl
Duché l'an 1451. par l'Empe'"
reur Frideric III. en faveur]
de Borfo d'Eft, que le Pape'
Paul II. fit Duc de Ferrare
en 1471. Hercule I. fon Frere
luy filcceda, & fut Duc de
Ferrare, de Modene>-de Reg-,
gio, &c) en 1478.Il eut pour
Fils Alphonfe I. qui eltant
mort en 1534. laifla Hercule
II. Duc de Ferrare &de
Modene. Ce dernier époufa
Renée de France, Fille de
Louis XII. & d'Anne de Bretagne
>
dont il eut Alphonse
II. & eftant demeuré veuf,
il epoufa une de lesMaiftreffcs-
appelléeLauraEuftochia.
De ce mariage fortit un autre
Alphonfe, Pere de Ofar
d'Efi, lequel après la mort
d'Alphonfeïï.fon-Oncle/qui
ne laifla point d'Enfans, prétendi-
t heriter de fes Etats, mais le Pape Clement VIII.
seftaxit rendu Maiftre de Ferrare,
il fe content1a,:de Mo- dene & de Reggio, par le
Traité qui fut fait en 1598. Il
mourut en i£i8. laiflant de
Virginie de Medicis Alphonfe
III. Ducde Modene & de
Regg;io. Ce dernier mourut;
en1^34. & fut Pere de François
I. né en 1610. auquelilremit
fes Etats en 162.9. pour
prendre l'habit de Capucin.
François époufa en 16^0. Marie,
Fille de Rainuce Farne[c,;
Duc de Parme.De ce mariage
vint Alphonfe IV. qui fut
Duc de Modene en 1658. &
Inourut, comme jePaydcja
dit, en 1662.. Il cftoit Pcre de
François II.aujourd'huy Duc
Duc de Modene.
,
On a eu avis que M1 le
Chevalier de Hum-ieres,Bailly,
Grand-Croix de l'Ordre
de S. Jean de Jcrufalem ou
de Malthe
, y eftoit mort le
18. de l'autre mois II eftoit
Frere de M1 le Maréchal de
Humieres3 grand Maiftre de
l'Artillerie. Tout le monde a
efté furpris de cette mort. Il
y avoit quelques années qu'il
efioit incommodé de vapeurs.
Le 14. de Juillet il fe
fentit une fort grande envie
de vomir qui continua le 15.
Le lendemain il alla faire fes
devotions, & communia au
Convent des Auguftins
> ce qu'ilavoitaccoûtumé de
faire deux fois toutes les femaines
avec une pieté qui é-
1
difioit tous ceux aufquelsil
donnoit ce bon exemple. Les
deux jours fuivans il fe promena
par la Ville à fon ordinaire?
& le foir du 18. il fe
coucha> après avoir mangé
fort legerement. Un peu aprés
il fe fentit la mefme envie
de vomir. On appella le
Chirurgien qui l'obligea de
fe promener dans fa Chambre.
S'eftant fenty faible, &
ayant dit qu'il ne fe trouvoit
plus de poux,il tomba mort
hlr les bras du Chirurgien,
qui luy prenoit la main pour
l'oblerver. Il a efté regretc
i
gtneralement dans toute l'If.;
fe, & fur tout des Pauvres * aufqùels il fàifoi': diftribuer
tous les mois deux cens écus.
Le Theriaque eft un remede
, fi fouverain pour les maux de
cceur? qu'ilfft à croire qu'il
auroit cfté beaucoup foulage
s'il en euft pris >ôc mefme
qu'on auroit pû luy fauver la
vie. Venife pouvoit fe vanter
autrefois de nous fournir cet
admirable remede, mais depuisque
Mr de Rouviere" en
a fait puDliquement à Paris,
en a connu" qu'il n'y avoit
-Ijulk différence entre celuyla>
& le Theriaque qu'il diftribuë.
On s'en eft 11 bien
trouvé? qu'il a débité en
deux annéescequ'il croyoit
luy en devoir durer dix ou
douze. Ainfi il fe prepare à
en faire denouveau.
Je vous ay fouvent parlé
de Mr Parifot de S. Laurent,
fous-Gouverneur, & Précepteur
de Monfieur le Duc de
Chartres
3
& cy- devant Introducteur
des Ambaffadeurs
auprès de Monfieur. Il mourut
fubitement à Verfailles le
3. de ce mois>âgé de foixante
& quatre Tans. C'eftoit un homme
homme d'une profonde érudition,
ennemy du fafte
,
&'
aufli modefte qu'il cHoir (gavant.
Ii eftoitextrêmement
confideré de fon Altcfièr
Royale, & fort aimé de tous
les honneftes gens qui connoifloient
fon merite. t
Il s'eft fait depuis peu un I
mariage qui merite bien d'entrer
dans les nouvelles dont
j'ay accoûtumé de vous faire
part. C'eft celuy de Mr le
Comte de S. Chamanc. Il époufé a Mademoifelle de
tChaftelus
>
Fille aifnée de Mc,
le Comte deChaftelus. Vous
fçavez, Madame) quelle eft
laÎSfoblefle& l'ancienneté de
cette Maifon> dont je vous
ay entretenue en plufieurs
rencontres" & vous n'aurez
pas fans doute oublié ce que.
je vous en dis, lors que ce
Comte) qui par un privilege
particulier accordé à fes Anceftres
)
cft Chanoine né da
l'Eglife Cathcdrale d'Auxerre
?
fe trouva avec ce Corps
dans le temps qu'il eutl'honneur
de recevoir le Roy? qui
palfa par cette Ville il y a
quelques années, en faifant
fon Voyage de Bourgogne.
L'équipage dans lequel il y
parut? conferve à cette Maifon
le fouvenir des fcrvices
importants qu'elle a autrefois
rendus au Chapitre d'A ukxerre
)
& à toute la Province.
Ce futle 2.5. du mois dernier
que fe celebra ce mariage
dans la Paroiffe de
j Chaftelus. Mademoifelle de
Chaftelus eftant niepce de
jMr de Barillon
>
Ambafladeur
pour le Roy en Angleterre)
& de M' l'Evefque-de
Luçon
5 ce Prelat en fit la
ceremonie. Comme Mr de
Chaftelus cft Seigneur;no'n
feulement de ce lieu? mais de
plufieursautresde laProvincet
où ion mente le faitgeneralement
aimer? tous les Habitans
des environs voulurent
contribuer à la folemnité de
ce mariage
3
& particulièrement
ceux de laVille d'Ava-
Ion. Ils fe mirent fous les
Armes au nombre de quatre
cens hommes? & fe rendirent
au Chafteau de Chaftelus? le
matin du jour que l'on avoit
deftiné pour cette ceremomonie.
Eâanï:arnvez., ils
commencèrent par une décharge
générale
»
qu'ils rcifererent
plûfieurs fois ju(qu'l
ce qu'il falut aller à lEglife.
Ils y conduifirent Mademoifelle
de Chaftelus dans une
double bayey ayant touspri*
des rubans de la couleut des
Mariez,& continuèrent leurs
décharges pendant qtre l'on
fit le mariage. Apres que la
Mefiè fut finie? toute l'A[-
fcniblée ferenditau Chaf.
teau au bruit des Tambours*
des. Fifres &des fréquentés
decharges de MouCqueterie.
On y avoit prcparé un magnifique
repas >
qui fut fervy
avec toute la propreté imaginable.
La Fefte fut continuéependant
plufieurs. jours
avec la mefmemagnificence>
la Nobleffe y eftant venuë de
toutes parts complimenter
ces illuitres Mariez.
J'ay à vous parler d'Alepj
non feulement pour vous
dire quon y a rendu graces àDieu de la guerifon du Roy/
mais pour vous.apprendre
une chofeque vous trouverez
fort importante pour
noftreReligion. La nouvelle
de la Santérétablie de' ce
grand Monarque? y ayant
efté portée Ivii Julien de
Mu[t:ille-
,
Conful de la Nation
FranÇoife , fit aùffi-rofi
aflembler chez luy les François?
les Hollandois5 & tous
ceux qui font fous la protectionde
Sa Majefté en ce
Pays-là. On expofaleS. Sa*
crement dans fa Chapelle? &
après une grand' Meffe folemnellement
chantée
.J
à laquelle
il fe trouva, affifté des
quatre Ordres des Miffionnaires
>
& qui fut fuivie du
-
Te Deum. Il regala magnifiquement
les plus confiderables
de cette Affemblée. La
Table fut de quarante-fix
Couverts. Il envoya a chaque
Ordre des Millionnaires un
Baffin de gibier & de volailles?
& aux Peres Carmesdu
poiffon,afin que chacun partageaft
fa joye.Quelquesjours
après,M Julien ayant trouvé
de la difpofition à pouvoir
unir le Patriarche Grec) celuy
des Suriens) & l'Evefgue
desMaronites> que la différence
de leur Religion avoit
divifez depuis plus d'un fiecle,
il pria le Pere DeCchamps)
Supérieur des Jefuitesj de fe
joindre à luy pour le deflein
qu'il avoir
?
& les foins Ôc les
inftruétions de l'un 6cde l'autre
eurent un fuccés fi favo'-
rable, qu'ils les obligercnt à
faire abjuration de leur herefie.
Ainfi s'eftant tous trouvez
chez M le Conful? ils
y entendirent la Mefle du
Pere Dcfchamps, qui leur
fit enfuite un trcs-bcau ditcoursen
Langue Arabe, fur
leur unie n a la Religion Catholique,
Apoiloliqtie &: Romaine?
à laquelle îlsavoient
donné leur confcntemert.
Cela fut fuivy d'un repas fort
fomptueux. La Fefte fut fi
extraordinaire) tant parla dépenfe
qui fut faite, que par
TAffemblée generale de tous
ces Prelats, qu'on ne fe fouvenoit
point d'avoirveusenfemble,
que tout le Peuple
en eftoit dans une extreme
furprife? fur tout enconfidetant
que tant de Converfions
eftoientuneffet du zele du
Roy? qui cherche par tout la
gloire de Dieu> & les avantages
de l'Eglife.
M1le Marquis deTorcy
Fils aine de Mr le Marquis,
de Croiffy Colbert? a efté
nommé par le Roy pour aller
en- Angleterre en qualité
1
crEnvoye Extraordinaire >
faire des complimeni à leurs
Majeftez Britanniques fur la
mort deMadame la Du- - chefTe de Modene Ce choix
fait l'éloge de M de Torcy,
& marque que lors qu'on s'apliqueion
eftcapable de bonne-
heure de toutes fortes
d'emplois.
Les vapeurs eftant devenues
fort à la mode, ont caufé
depuis peu de temps une avanture
affez extraordinaire.
Une jeune Demoifelle qui
en efioitfort iconmmodép,
avoit tant d'averfion pour
les remedesi qu'elle retendit
jufque fiar un Medecin qui
fe vantoitd'en avoir pour la
guérir. Elle balança longt-
enlps pour prendre une médecine
qu'il âvoitfait préparer
j & ellene s'y refolut que
pourobeïr àfes parens, qui
la voulant foulager n'eurent'
point d'égard à fes remontrances.
Fis l'obligèrent ehcore
de confentir à une faignée
du bras, quoy qu'elle y
euft beaucoup plus de répugnancequ'aux
remèdes. Ce
me fut pas tout. Lafaignéc
du pied pajcut-neceflàire-aa
Médecinj &cefut alors que
la Demoifelle ne gardant plus
demefures, prit ledeffein de
n'épargner rien pour fe garantir
de Ton Ordonnance. La.
peur qu'elle eut de cette faignée
luy caufa une émotion
qui luy donna un peu de fievre.
On le dit le lendemain
au Medecinjfi-toft qu'il entra
dans le logis) il monta à la
chabre de la Malade qui étoit
feule) mais qui n'auroit pas
pour cela manqué de fecours
fi elle en euft eu befoin, quelques-
uns de fes parenseftant
dans un cabinet quidonnoix
dans cette chambre. Le Medecinalla
tout droit à fonlit,,
& voulut d'abord ravoir s'il
eltoit vray qu'elle euft de la
Fièvre. La Demoifelle qui étoit
alors dans fes plusfortes
vapeurs, & qui ne fongeoit
qu'à empêcher la Saignée du
lÜed>que leMedecinavoit ordonnée,
s-abandonna touteau
defirde fe vanger,de forte qu'-
il ne luy eut pas plûtoft pris
le bras, qu'elle appella du fecours,&
l'accufa d'avoir voulu
fe fervir des privilèges de
la Medecine d'une maniere,
qui ne devoit pas Iuy ejftre
permife. Dans le mêmeinftant,
un homme d'une qualité
diftinguée entra dans la
chambre?& voyant de l'étonnement
fur le vifage de l'un
& de l'autresil crut plûroftla
: Malade que le Medecin, qu'il
, ne traita pas fort civilement.
Ces trois perfonnes animces
par trois diverfes raifons> firent
du bruit. On vint voir
ce que c'efioit, & l'on peut
t dire que l'innocence fe vit
| opprimée. Comme de pareil-
1 les avantures fe répandent
I aufIi-toft, & que le plaifir
qu'on prend à les raconter faic.
qu'on y ajoute toujoursquelque
circonitancc
>
il a fallu
quelque temps pour démêler
ce qu'il y avoir de vray dans
celle-cy.On a fceuenfincomment
la chofe s'eftoit paiTée,
& ceux qui croyoient avoir
fujetde fe plaindre, ont fait
connoiftre que l'on avoit lieu
de fe plaindre d'eux, ôcont
rendu juftice à la veriré, en
publiant par tout qu'ils avoient
efté trompez par de
faufles apparences.
Je viens à un article que
vous attendez. Le Roy qui
fait fes dévotions toutes les
fois qu'il arrive une Fefte folemneIle,
choific ordinaire*
ment ces jours-là pour diftribuer
les Benefices
J
afin de ne
s'occuper que des chofes qui -
regardent l'Eglife. Ainfî le
jour de l'Aflomption Sa Majefté
nommaMl'Eyefquedc
Montauban à rArchevefché
de Touloufe. Il eft Frere de
Mr de Vilacerf, & deMrde
Saint Poüange.
MLTEvefque de Nifmes3à.
qui
-
le Roy a donné l'Abbaye
de Lire, de l'Ordre de
S. Benoift, Diocefe d'Evrcux,
vacante par la mprt de M le
Commandeur de Gremon--
ville? s'eftant démis de fon
Èvefché à caufedefon grand
âge3ilaeftédonné àM l'Abbé
Flechier>nommé à FEvefché
de Lavaur. Il y a un
tres-grand nombre de nouveaux
Convertis dans ce Diocefe,&
M" l'Abbé Flechier"
dont tout le monde connoift ilérudition l'éloquence5 &
la douceur, eft trèscapable
d'y bien fervir l'Eglife &le
Roy.
- Mr deMailly, Grand Prieur
de l'Abbaye de S. Viétor,a
efté pourveu de rEvefchc de
Lavaur. C'eft un homme d'un
fi grand merite,qu'il a efit
élevé aux premieres Charges
de fon Ordre) dans un âge)
où il fembloit qu'il euft deu
avoir encore befoin de plufleurs
années pour acquerir la
fcience de commander. Il eft
Frere de M le Marquis de
Nèfle> &de M le Comtede
Mailly,dontje vousay appris
le mariage avec Mademoifelle
de Sainte Hermine.
Je vous ay parlé plufieurs fois
defaMaifon.
La Treforerie de laSainte
Çhapellc de Paris a efté doivnée
a Ml'AbbeFleuriot>
Beau-frere de M leContrôleur
General. C'eft un homme
d'une pieté reconnue.
Mr l'Abbé de S. Vallier,
nomme à l'Evefché de Quebec
j a eu l'Abbaye de Giinont)
Ordre de Cifteaux,
Diocefe d'Auch. Il eftoit Au"
mônier du Roy) & il s'eft
défait de cette Charge? pour
travailler au falut des Ames
3 préférant l'Evefché de Quebec
à d'Autres qu'il auroit pu
obtenir» & quil'auroient
mieux accomlnodé, s'il n'a-
Yoit efté enflâmé du pieux
Cir de raire connoiltre le
vray Dieu à des Peuples qui
demeurentdans l'erreurfauca
de lumières.
MTl'Abé deLeftra,Frere de
11r deLeftra,Enfeigne dans
les Gardes du Corps, a efté'
nommé à l'Abbaye du Mas
d'Azil.
Quelques jours auparavant
Sa Majcftca.adonné à Mrs
PoifljUîdcF.qu.ilquan, Bou* din,&B.-âuL .', Tes quatre
premier;, A- iquaircs, la
femmeclccu are- huitmillelivre,
j;'-lesfcrvice3
quilsluy oi: aduspfa
Maladie, & pour le zelcPtr
l'aniduité qu'ils ont fait paroiftre
en cette occafion..
Depuis vingt annéesqu'on
aceflfé de faire des Romans,
moins parce que le Public fe
lalfoit de ces fortes d'ouvrages
, que parce qu'il fe trouvoit
peu de Gens d'uivgenic
afTez étendu pour en faire,
Mademoifelle de Scudery&
feu Mr de la Calprenede ayat'
efté prefqueles feuls qui ayent
reuflî en ce genre d'écrire, on
çn a fait deplus courts, qui
ne contenant qu'une Hiftoire
particulière
>
la commenfient
& la finiffoicnt dans
un fort petit Volume. Quand
il ya eu plus d'une Hiftoire,
ce quieft arrivé fort rarement,
le Volume n'en a pasefié plus
çrros. Feu Mademoifelle des
Jardins
,
connue depuis fous
le nom de Madame de Vil-
Icdieu, afait beaucoup deces
OùvrJges, qui ont affezreuffi;
mais ceux qui ont eu le
plus grand fuccés) & qu'on
peut dire l'avoir eu tout d'une
voix, font la Princcjje de
Montjienfierfaiiz par une Dame
de qualité du plus grand
cfprit, & la 7rinceffe de Cle*
vesy de Mr de Segrais ul'Academie
Françoife. Il
s'eneftfait un nouveau, intitulé
Les Malheurs de l'amour.
Je vous l'envoye & ne doute
point qu'après l'avoir leû
vous ne difkz, que c'eftlà
feulement la troifiéme Hi(-
toire qui ait mérité un applaudifiement
gencral. Ce
qui pnroift furprenant) c'eft
que de tous les Ouvrages de
cette nature qui ont le plus
reuffi il n'y en a qu'un qui
fbit d'un homme. Tous les
autres ont efté faits par des
perfonnes de voflre fexe.
Comme
Comme la pJuipart des Dames
ont l'dpric tres- d elicat
elles penfent & sexpriminc
f plus finement que les homi
mes quantelles l'ont jufte.
C'cft ce que Mademoilelle
f Bernard â fait dans Les Mal-
I heurs de tAmour, qu'elle a travaillez
avec tout le foin poC
fible. Elle doitles diviferen
plufieurs Hifloires, & celle
qu'elle vient de nous donner
a pour titre Eleonord"rvréc. II
y a une Ville de Scavoye qui
porte le nomdYvree
,
&
lHiftoire nous apprend que du temps de l'EmpcreurHcnry
II. le Marquis d'Yvréeeut
grand part dans les guerres
d'Allemagne. On voit dans
cette premicre Hiftoire une
vive peinture de deux Amans
mal-heureux qui fontobligez
de fc feparer pour toujours,
quoy qu'ils reffentenc
la plus violente paflion dont
on puifTe efire capable. Rien
n'eft plus touchant,rienn'ef,t
écrit avec plus denetteté &
plus de juftcffe:les vrais fentimens
que le coeur doit avoir
y font dans leur jour, on ne
luy fait lentir que ce qu'ili
doit naturellement fentir
3
& *
# h
on ne dit que ce qu'il faut
dire Enfinccft un Ouvrage
qui paroift tellement finy,:,à
des Connoiflfeurs tres-éclairez,
qu'il ya grande apparence
qu'on a employé beaucoup
plus de temps à l'acs.
courcir qu'à le faire. C cft un
1 dtgré de perfection où peu
de pertonnes peuvcnt.attdndre.
Il n'y a point de matiere
qu'il ne foit aiféd'étendre:
mais il cft tres-difficile de retrancher
& de fe tenir dans
de juftes bornes qui ne laiC-
[enc jamais rien dire deluperou-
Ce Livre le.vend choz
le fleur Guerout, Cour fleuve
du Palais,auDauphin.
Je vous en envoye un autre
qu'on peut dire fort ancien
& fort nouveau toutenfcmble.
Ce font les Remarques
de M' de Vaugelas fui
noftre Langue. Elles 01tt
toûJ
jours paru fort utiles pour
apprendre à parler correctes
ment, & le grand nombre
dlEdirions qu'on en a faites
depuis plus de quarante ans.
en eft une grande marque. Il.
eft Certain qu'on doit à M9
de Vaugelas la nettetéavec{
laquelle on écrit prefente-.
ment : mais comme* ij des a eu opinions particulicres &
que depuis le temps qu'il a donnéces Remarques, plur
fieurs façons de parler qui
cftoientalors authorifées
par rulage3ontcommencé à
vieillir, quantité de Gens onc demandé ce qu'on pouvoie
.ItjCtrer ou fuivrc- C'eft ce
qquuii a eelnlggalog-éé MIr CorncilIc,l
faire des Nottes qu'on a im„
primées avec ces remarques. Je ne vous en diray rien
J
fi.
non qu'il ne les a faites qu'a- piesavoir con fulté ceux qui
connoiifcnt le mieux toutes
les nneiïes denollreLanuLie.
Le fieur Girard, Libraire au
Palais>commenceàles dcbiter
en deux Volumes.
Comme l'on s'arrache de
plus en plus à tout ce qui peut
perfectionner laLangueFrancoile
,
Mr Hindrec vient de
donner au Public un Livre
qui contient Urt de la bien
prononcer. Il n'eft pas utile
feulementaux Precepreurs&
aux Gouverneurs qui ont de
jeunes enfans fous leurconduite,
mais encore à beaucoup
de Gens, qui ne pouvant
afTez diftinguerrufage,
trouveront moyen de le garantir
de plufieursmauvaifes
prononciations par la ledture
de cette Methode. Elle cil:
exaéte
,
& outre les Règles
qui apprennent à bien prononcer
les lettres & les fillabes,
elle fait connoiftre la
différence des fillabcs Ion.
gues & brèves. Ce qu'il faut
obferver dans la prononciation
des confonnesifnales.
Peu de perfonnes ont trouvé
le fens des deux demieres
Enigmes du mois de Juillet.
La prcmiere qui eltoit
L'Original
j a eftéexpliquée
par Mr de Lavaur,Medecin
de Perigueux ,le Seigneur de
la Chaitinicre
,
le Bon-Coeur
de Ville-FrancheenBeaujo*
lois, LoullettefaSoeur^rinfan
te au vray mérite de larnc
Bailler. La fécondé avoirefté
faite fur le Ricochet) & ce mot
a eftétrouvé par Mrs Millet,
de la riie Bourlabé
,
Codron,
d'Abbeville, Bailly Peintre
ruë Beaurrcpaire, rAfpiranc
aux bounes grâces de l'aimable
Chenette & Tamirifte
de la l'tic de la Cerifaye.
Mr Merville Avocat au Parlement
à expliquél'une &
l'autre.
Je vous en envoyc deux
! nouvelles, dont j'ignore les
AuthclIIS.
i
EN SGME M0N nom connu par tout occupe
l'orateur
Aveclesp.us grandsRoy - s jayplacé dans/'Hifloire,
Je ne crains point du temps le fît*
nefte malheur.
L'on me urrra toujours au Timpiedt
mémoire.
"ïo4jours dans l'affion, toujours dans
le bonheur,
J'entre dans les Combats &j'aide à
la Victoire
II'forme le , Héros,je règne (Unsfin
CæIJY"
Etpartdge avec luy la Couronne dla
gloire.
'n
Mais parmy tant d'honneur mon
plus illujlre rangy
Bficeluyque je tiensaunfameux
Conquérant,
Cen'ejlpointdeCefar ny du Grand
AlexAndre,
€'efid'un Roy redouté dont lesfaits
inouïs
Convainquent l'rnivers qu'ilpeut
tout entreprendre,
On nepaut s'y tromper,c'ejll'AugufieLouis.
AUTRE ENIGME. DEpuis long-temps on adouté
Si j'ettois ou ma/le ou femette.
le mets bien des gens en ccrveuc.
Dont j'accrois le dejirpar ma difficulté.,
Le voile augmente ma beduté,
Etpourvu que jefoisfidelie
le tire mou cflat de mon obcHrité.
Voicy une fécondé Chan- * fon dont apparemment vous
ferez contente.
,r
AIR NOUVEAU.
1 RIS n'eflplus, mon Iris m'eif
ravie.
Iris n'efiplus,le puis-je prononcer,
Sans mourirypuis-je penfer,
Iris nefi plus
, mon Iris mefiravil,
uoydonc ce qui fiifoit mes plus
tendres amours ,
Cc quejevoyois tousles}ours lIt ne le verray de ma vie,
ci Iris n'eft plus
, mon Iris m'ejl r.:vie.
Ma Lettre du mois paffé
finit par les nouvelles de
Hongrie3&:je vous marquois
que toutes les Lettres qui étoient
venuës de Vienne par
le dernier Ordinaire de ce
mois - làÎ difoient qu'Eflek
eftoit formellement afliegé.
Je vous fis voir que cela ne
pôuvoiteftre>& que lesmet
mes Lettres qui l'alfûroient
eftoient remplies de circonftances
qui empefehoientde
le croire. Les nouvelles fuivantes
firent connoiftre que
je ne m'eftois pas trompé.
Voicy ce qu'on a fceu depuis
ce temps-là. La Drave que
l'Armée Impériale avoit par.
fée avoit donné lieu à cette
nouvelle<>& comme on écrit
plus vifte que l'on n'agit) on
avoit mandé ce Siege
,
mais
on ne fçavoit pas encore
combien le paflàge de la
Draveavoitaftoibly les Chrétiens,
quoy que les Ennemis
n'euftent point contribué à
cette perte.Il avoit fallu faire
dix- huit Ponts fur des Marais
qui eftoient prcfque inondez
:
accommoder des chemins
entièrement rompus par
les eaux >
& par les pluyes? &
marcher fouvent dans l'eau
jufqu'à la ceinture?fans avoir
ny linge ny habits fecs
,
à
changer, à caufe que prefquc
tout le bagage eftoit mouillé
, & mefme fort cndomagé.
Ce n'eft pas là feulement ce
qui avoit affoibly l'Armée.
La Cavalerie avoit manqué
de fourages; n'ayant eu pour
la nouriture des chevaux,que
les herbages de ces Marais
inondez II falloit qu'elle en, cuit peu? car on ne voit pas
comment les herbages peuvent
paroiftre par defTusl'inondation>
& s'ils y paroiffent
>
il eftmalaile de s'en
fervir) fi ce n'eft deceux qui
font fur les bords» ce quieft
tres-peu de chofe, & que Ton
ne peut tirer de l'eau fans recevoir
de grandes incommoditez.
La Cavalerie ne
fouffrit pas feule. Toutes les
Troupes furent incommodées
, parce qu'elles furent
reduites à boire des eaux
croupiffantes
?
& cela caufa
quantité de maladies dont
plufieuts moururent. Après1
qu'on eut fait paffer toute
l'Armée, on refolut d'attaquer
Vvalpo
>
mais cette eru
crepriie ne reulhc pas? les
Troupes eftoient trop fatiguées)
& le General Heuller
qui commandoic celles qui
eftoient deftinées à cette attaque
fut blefte à la jambe. La
refiftance de cette Place qui
n'eft pas forte> rebuta les
Troupes & fit craindre pour
les fuites. L'Armée Impériale
& celle de Baviere continuèrent
leur marche, & fe
pofterent à une lieue & demie
des Ennemis entre Vvalpo
& Eifek, ayant un grand
bois à la droitej&un Marais
avec la Drave à la gauche.
Les Lettres de Vienne portent
que ce Poile eftoit avantageux.
Cependant il eftoit
entre deux Villes Ennemies^
& les Troupes en avançant
les mettoient derriere elles,
< ce qui ne paroift pas un avantage.
Les Turcs avoient la
riviere à leur droite? & un.
bois à leur gauche on ne
fçavoit point l'état de leur.
Armée) & il femble qu'on
ne doit point s'aprocher
fi prés d'un ennemy, &'•
furtoutdans-fon Pays fans
lavoir fceu l'état de fes
forces, on s'avança vers
EflckjÔc Monfieur iTiecrcur
de Baviere qui commandoit
l'Avant-gardc5obligea deux
mille Chevaux qu'iltrouvaà
la tefte d'un d'éfilé
,
de reculer.
On continua la inarche,
& Monfieur le Prince Charles
de Lorraine commanda l'Avant-
garde à fon tour. Il falloit
traverfer un bois que les
Troupes ne pouvoient paircr
que par des routes étroites? &1
en rompant leurs rangs. Les
Croates eurent ordre de les
abattre. Le travail fut rude,&
dura toute la nuit> pendant
laquelle les Ennemis firent un
fi grand feu
,
quil y eut deux
1 cens de ces Croates tuez, &:
quantité de bleffez. Les Trou-
1 pes acheverent de tràverfer le
bois en ordre de bataille, de
avancèrent Jutqua un terrem
y où l'Armée campa fur deux
Lignes. Elle fitquelquesre*
trancheniens.,& s'avançavers
la premiere Ligne des rcrranchcmcns
des Turcs, qui avoient
douze cens pas de
front. Cette Ligne eftoitfortifiée
d'un double forte fort
large? & profond d'une pique,
avec deuxrangs de paliifadcs
terraileesj & cinquante picces
de Canon. Il y eut des eicarmouches
continuelles?& les
Impériaux perdirent deux
,
cens Heyduques quis'efioient
trop avancez. TroisRegimens
les plus expofezefluyerent
un fi grand feu deCanon;,
qu'il y eut trois cens Cavaliers
& quatre cens Fantaffins tuez,
fans compter les Officiers. Il
eft mefme à croire qu'il y en
eut davantage; mais je m'en
rapporte aux Lettres de Vienne.
Ce qui peut perfuader
que la perte peut avoir efté
plus grande, c'efl que les
Turcs avoient applany toutes
les hauteurs, ainii que leBais-'
qui couvroit les Impériaux;
ce qui les laiffoit expofez de
toutes parts au feu de la
Moufqueterie & du Canon.
On fe mit en bataille le jour
fuivant à demy-lieuë des Inlldelles,
& l'on fit tous les
mouvemens quipouvoient
les attirer au combatsmais ils
fuient.Liutiks. On ne jugea
pas à propos de les^ttaqu-ei:
dans leur Camp3 il l'y avoit
pas de vray-femblanceàcela *
&t:Offilne les muuitir ;>s & les
fourages comment "cnt à
manquerjoncrux qu'oadevoit
fe retirer après avoir eC.
fuyé pendant vingt - quatre
heures le feu continuel du
Canon &de la Moufqueterie
des Ennemis, & mefme de la
Fortereffe d'E*ffet:5 qui tua
plusdefix cens hommes. Si
l'on metenfemble le nombre
- de tous ces mortsj on verra
qu'il a cité fort grand? &
qu'on a fatigué» & expofé
l' Armée? fans qu'on deuft
avoir le moindre fujet de
croire qu'on attireroit les
Turcs au combat. Ilscftoient
afleurez qu'il eftoit prefque
impoffiblcde les forcer? &
devoient le laifler attaquer,x
1 puis qu'iltembloit qu'après
avoir fait tant deChelllin,on
,
avoit entièrement refolu de
les combattre. D'ailleurs ils
voyoïenr que leurs Ennemis
laifloient couler le plus beau
temps de la Campagne, en
paflant & repafTant tant de
rivieres & des chemins fort
peu praticables, & mefme
qu'ils s'affoibliffoientpar toutes
leschofe«,que je viens de
vous marquer. Il y a plus. Ils
reprenoient par là une fu pcriorité
qu'ils avoient perduë,
& donnoient lieu à leurs
Troupes de te remettre de la
frayeur qu'elles avoient euë
pendant plufieursCampagnes)
puis qu'elles voyoient l'Armée
Imperiale quife retirait
fans avoirofé les attaquer. Le
bruit fe répandit alors dans
l'Armée Chreftrenne, que le
- paffage de la Drave avoit efté
fait contre l'avis du Prince
Charles. Ce n'eft point à moy -
d'approfondir cette circonft-
Ànce, mais il eft confiant
que ce paflage n'a pas -efié approuvé
de tous ceux qui font
- confommez dans le métier de
la Guerre> par toutes les rai-
6 ..--- 1: -- Cy* J
-- ions
ions qui font répandues dans
cette Relation? & que je ne
repere point. Cependant
comme rien n'eft fi incertain
que le fort des Armes l'évenement
juftifie quelquefois
les entreprifes les- plus témeriiires,&
qui font faites le plus
à? contre-temps. Quelquefois
mefme on tire avantage d'un
malheur lors qu'on a l'adrcfiè
de s'en fervir. C'cft ce que
f vient de faire le Prince Charles,
& dont je vous parleray*
après vous avoir dit que la
1 retraite en repartant laDravc,
6: fut faite en bon ordre,) &
queMonfieurI'Ele&eur dcBâ~
viere marqua beaucoup d'intrepidité
en cette occafion)
s'étant expofé pour empêcher
une Garde d'eftre battue.
Les Imperiaux ayant repaffé
la Drave, on commença
à examiner ce qu'ils
youroient faire le refte de la
Campagne? &chacun eftoit
attentif fur les fuites. La
fituation des affaires des
Turcs eftoit avanrageufe>
leurs Troupes groffiffoient
tous les jours;elles n'étoient
point fatiguées; elles
n'avaient fiût aucune
perte; la campagne eftoit
brtavancée? Seils eftoient
pourainfi dire affurez de
vaincre en regardant faire les
Chrefilens, ou du moins de
les empefeher d'avoir le
-moindre avantage fur eux.
Vrày femblablement il ne
devoit plus s'agir que de
quelque Siege ,puilque les
Imperiaux s'en eftoient retournez
fans avoirpu engiger
les Turcs au Combat,
Si ces premiers eoffent fait
uaSiège, les Turcs n'avoient
qu'à les laiiTer affoiblir pen-
-'dant tout le tempsquiLs auroient
cru a propos devant la
place affioée, les harceler de
leur cofté randis que les forties
de la place les auroient
incommodez? & donner enfuite
dans l'un de leurs quartiers
avec toute leurArméeâl
n'y a prefque point d'exemple
qu'une Place ait manque
à eftre [ccouruë
?
quandj
une Armée entiere, a donné
dans l'un des quartiers des
A/ïieeeans. Le feul remede
qu'ils euflent eu pour empefcher
ce malheur» eftoit de
quiter leurs lignes pour offrir
la bataille, mais il faut pour
cela qu'une Place foit auffi
-
prefTéei & auffi ouverte que'
l'eftoitBude&. quuneArmée
foit auffifoible&aufIifatiguée
que l'eftoit l'année derniere.,
celle des Turcs à caufe de fcs
longues traites, L'état des
Troupes eftoit tout differefit'
cette année> & ce que les'
Imperiaux auroient foufert1
devant une Place joint aux
pertes qu'ils avoientfaites en
paffafit, & repayant la Drave?
les auroit rendus beaucoup
inférieurs aux Turcs. Le
Prince Charles prévoyant
toutes ces dangërëufe'sfuites:
de la Campagne, s'il entreprenoitunSicge,
refolut en
Capitaine plein de coeur &
habile dans l'Art de la o-uer- * re j
de faire. paroiftre aux
Turcs une frayeur qu'il n'avoit
pas)enfo te que leurfaifant
voir qu'il leur icroitaifé
de le batre, il pût les engager
malgré eux mefmesj& malgré
leur refolution & leurs propres
interefts, à le venir attaquer
danslapenféc que lamoitié
de (es Troupes feroit desja
trop avancée pour le pouvoir
fecourir. Ce Prince ayant
fait tous les mouvemens ndceflaires
pour perfuader toutes
ces choies aux Turcs ? &
mefme qu'il eftoit brouillé
avec M l'Eleaeur de Baviere,
ils tinrent confeil de guerre?
ainfiqu'on la fceu depuis par
les Prifonniers> & les Bachas
l'ayant emporté à la pluralité
des voix contre le Grand
Vifir
>
il fut refolu que l'on
iroit attaquer les Impériaux.
* Cette refolution ayant efte I.prife, les Turcs pafferent la
, Drave fous le commande-
| ment du Grand Vifir, & de
Ifept Bachas) qui devoient at-
- taquer les Impériaux par [cpt
endroits differcns) & quelques
Relations portent qu'ils
le firent. On dit que le nombre
de leurs Troupes deftinées
pour cesattaques, eftoit
de cinquante mille hommes.
Ils fe iaifirent d'abord de
Darda qu'ils trouvèrentabandonné}&
démoly. Ils y firent
des retranchemens? & firent
remplir le Pont d'Effck de
fafcines> pour faire pafler leur
Artillerie. Le Prince Charles,
aprés avoir jetté des Troupes
& des munitions dans Ziclos,
dans Cinq Egliles>6c dans les
autres Places les plus expofées
, fit les mouvemens & les
détachemens qu'il crut neceflaires
pourattirer les Turcs
à un Combat genéral. Mouleur
I'F-Icâeur de Bavière en
avoit unconfiderable. Il yen
eut encore d'autres, de forte
que ce Prince parut extémement
affoibly ; ce qui donna
lieu an GrandVifir de croire
qu'il ne pouvoit pas avoir,
trente mille hommes. CeMI-l
* niltre fortitalors de fes ro-.
tranchcmens
, & le combat
commença par desefcarmouches
qui durèrent cinq heu-t
res, fclon le rapport de quelques-
unsjavant que le combat
s'échautfaft
5
le Prince
t
Charles faifant toûjours faire
des niouvemens qui engageoient
à croire qu'il vouloit
demeurer fur la défenÍive.
Le Corps que commandoit
Monfieur l'Electeur de Baviere
fut le premier attaqué.
Ce Prince fit paroiftre beaucoup
de valeur> il fut bleffé
à la main, & receut quelques
coups dans fes habits. Le
Prince Charles le fit foûtenir
par le Prince de Commercy
avec quatre Régirnens.
Il pouffa les Ennemis,&
les mit en defordre. Les détachemens
qu'on avoit faits
pour paroftre plus foiblesî
revinrent ? comme il avoit -
cite concerté3 & prirent les
Turcs en flanc, de forte que fevoyant pouffez de tous cotez
3 reconnoiffant qu'ils
avoit,malpris leurs mefures,
ôcqu'ils eftoient tombez dans
les pieges qu'on leur avoit
tendus5 ils prièrent une
telle épouvante
) .que non
feulement ils cederent le
champ de Bataille,8claiflerent
tout leur Canon3 que
l'on dit monterà cent pieces?
mais que fuyant beaucoup
au delà., ils abandonnerai
tout leur Bagage) leur
Caiffc militaire, remplie>à ce
qu'on aflurejde 600000. écus,
ayant eftéprife par Mi l'Elé-
6tcur de Baviere,qui a,dit-on,
diftribué cet argét à fesTroupcs.
Plufieurs fe jetterent dans
l'eau, dont il y eut une partie
de noyez. Je ne vous en diray
point le nombre, non plus
que de ceux qui onttfté tuez.
Il eft à préfumerqu'il y en a
eu beaucoup dans une déroute
fi generale. Peut-cftrey en
a-t-il plus que l'on ne dit;
peut-eftre moins; mais il eft
impoflible que dans ce qu'on
écrit pendant qu'on pourfuit
encore les Ennemis) & dans
la chaleur du combat, on aie
fceu le nombre des Morts
pour le mander? puis qu'il
faut plus d'un mois pour le
fçavoir à peu prés5 &: qu'on
ne le fçait jamais bien jufte.
Je vous diray pourtant que les
Relations portent qu'il y en
a huit ou dix mille> & autant
de noyez, & cinq cens ou
mille Impériaux tuez. Si le
combat a duré douze heures)
commeon le mande,, il faut
que les-Turcs-fc foientdéfen-
-
dus pendant tout ce temps-là*
& je laiffe a juget à ceux-qui
voudront parler de bonne
"foy
,& avec vrayfemblanço
fi la Viétoire a pu couter fi
peu aux Impériaux. Mr le
Prince de Comercy a efté
blefleà la poitrine d'une efpcce
de lance, mais on dit
que lecoup n'eft pas dangereux.
M'le Comte de Ligneville
) Major de fon Régiment)
a efté tué, & le Comte
de Zinzindorf, Fils du feu
Prefident des Finances a eu
la jambe emportée d'un coup
de Canon. Les Rcgimens de
Savoye& deCommercy ont
efté défaits? par fix milleJaniflairesd'élité.
On eftoitencore
à la pourfuitedesFuyards
quand cette nouvelle cft partie
du Champs de Bataille-, Se
le Prince Charles de Lorraine
avoit détaché un grandCorps
de Croates pour rompre les
Ponts que les Turcs avoient
faits fur la Drave. Mïle Prince
Eugene de Savoye a aporté
cette nouvelle à l'Empereur,
qui neft pour ainfi dire>
que le premier avis de la Victoire.
Ainfi l'Empereur mefme
n'en fçavoit pas encore le
détail quand le Courier extraordinaire
eft party pour
France. Lors que les Lettres
des Particuliers? qui eftoient
en divers endroits de l'Armée
j fcront venuës
> on en
lçaura beaucoup davantage,
& ce n'eft meftne jamais que
par là3 & qu'après beaucoup
de temps qu'on peut démeflex
la vérité.
Je vous parle3 & vous dois
parler, encore tant de fois de<
la Hongrie tant que durera la
Guerre, que je croy que vous
.ne ferez pas fâchée de connoiftre
la fituation des lieux
dont je vousentretiens fi
-
fouvent. Ainfi je vous avertis
,.
que le Pere Coroneili? Cofmographe
de la République
deVenife?qui a faitlesbeaux
Globes que M1 le Cardinal
d'Eftréesa donnezau Roy, a
ait une Carte de ce Royaume,
divifée en Haute & en
.s1 alleHongrie,avecl'Eclaonie
j
fubdivifees en leurs
yomtez. Le melme Perc en a
iit une en quatre feuilles»
feaucoup plus amplc, & remlie
de Remarques curieulcs.
-a fait àullirr la Route mariune
de Breft a Siam, avec la
.artc de ce Royaume-là. Le
Dut fe trouve chez le Sieur
lolin, rue Saint Jacques) à
Enieigne dela Place des Vi-
:oires. Il mpsne me refte ny place ny
pour vous mander les
grandes Vittoires qu'on affure
que les Venitiens ont
remportées, je les remets au
mois prochainjmaisauflïje
ne vous en parkray qu'avec
toutes les circonftances dont
je jae pourrois vous apprendre
à prefent qu'une partie. :j
(
Le Roy vient de dcnncJ
en faveur du Grand Confcil
la Déclaration que voUb adci.
lire. ]
L 1
OVIS par la grâce de Diel
R jy dt France cf}" de N.ivanntd
A toi,ciux qui cesprcjhitis Lettres
verront,Salut.Les Rojiî,of Pr
decesseur ont rejhraint par
IIun
Edlts & Declarations la frequcnce
des évocations qui trouhle l'ordre
t des IurifiLaions, dr caufe desfrais
* infinis aux parties, cr ont ordonné
t.,#,qiie dans les cas MI/quels il feroit
i|trouvéjujle de les accorder, le ren- voy
des procès fûtfit aux Parle-
- ments les plus proches de ceux dont
ilsfiroient évoquez,, fansqu'ily
ait efle faitmention dtnoftreGrand
Confeil, ny qu'ilait efié compris à
cet égard au nombre des Parlements, licauffeulementqu\fiantordonné
Par iccux que les éveoations ne pour
i
roient eflre accordées quefur les avis
de cette CompagnJé, il eufteflé a
t,raindre que les officiersd'icelle
efiant flatteT^deiejperance que les
procès évoqucT^duParlementdePa-
,.ris,dr autres plus proches leur pourrount
eûre renvoyez, re fujfent itr
duits à faciliterpar leurs Avis,leJ
évocations quifiroient demandées.
MAIS cette raifon nefubftftantplus
djsUisqueleGrand Confeila cejfé
de connoiftre des évocations, &
qu'tllcs ont efié renvoyées a noftre
ConfeilPrivépoury eftre examinées e iugées art Raport des Maiftres des
Requeûesdel'HoftclEt d'ailleurs
ayant par noftre Ordonnance du mois
d'Aoufti66p. ordonné que les procès
Ivoquez de noftregrand Confeil
feroient renvoyez, en noftre Parlement
de Paris, fi ce n'eftok qu'il
fuft valablement excejJté, il y a
pareilleraifon de renvoyer en noftre
grandConfeil, quand aufti il nefiriJ
pas valablementexcepté, ceux qui
fermt évoqués de noftre parlctpcnt
de Paris, d'autantplus quela^urif
prudence,&Us Jugesde Cu CAHXCompagnies
font a/fèz eonformes,
que les parties ne changeant point
de lieu ny leurs demeures,&pouvantfefervir
des me(mesAvocats &
Confeilsy ne ferontpoint difiraits du
foin de leurs familles & de leurs
autres affaires, qu'elles fltifriront
v
moins de fatigues & tÙjrtlÚ que fis
elles eftoient obliges d'aller playder
en des Parlements LI'',,oigvez. A ces
Caufls, dejirantpourvoir ait repos
de nos JùjetsJ & retrancherpar,
tous moyens les longueurs cr les
frais desprocès. NOVS, en interpretant
en tant que befoin feroit
nofire Ordonnance du mois d'Aouft
1669. Avons par ces prefentes
Jlgnéesdenoftre main, dit, dec/art,
Jlttué &ordonué ; Bifyns,déclarons
jflatuor.syordonnons7voulons,.
& nous pUifiy que fas proies qui
feront évoquéZ de noflre Parlement
de Paris, & (eux des autres plus
procheJ, quand ccluy de Paris fera
valablement excepté, puijfent eflre
renvoyés en noflre grand Confeil en
la mefiuemaniéréqu'il efl ordonné
à l'égard des
Panements.
Si donnons
en mandement à noflre tres.
cher & fiaI Chancelier de France
le Sieur de Boucherat, ces prefentes
ilfiffi lire,publier lefeau tenant,
dr icelles regtjlrerésRcgjtres de
la grande Chancellerie de France,
& à nos Amet&{eaux lesgens de
noflre grand Confeil, qu'icelles ils
fajjent lira
,
publier & rtgiflrer,
garder & ebferver-filon leurforme
&teneur; En témoindequoy,Nous
Avonsfait mettre le fiel a cefdites
prefentes.Donné à Verfailles le
quatorzième Aoufi mil jix cens
qaAtre-vw'gtj.èpt, & de nofire regne
le quarante -
cinquiéme;Signl,
Louis
y
8c fur Je replis,Par le Roy
Colbert. Et fielié du grand fieau
de'cire jaune. -
Cette Déclaration ayant
cftédonnée) le Grand Confeïl
-députa deux Prefidens &huit
1 Con[ei)lers
? pour remercier
SaMajefté.M Barantin eftant
l'ancien des deux Semeftres*
porta la parole., & luy parla.
en ces termes.
.- SIRE3
Voflre GrandConjeit impor*
tmeroitJomxnt VojbrcMajcftïj
filde remerciait tontes les-jîïs*
quil en reçoit desfaveursparm
effetde ruas liberalite^.Pourcomble
degraces3V. Majejlêic metaujourd'huieji
eflat de partager
avec Jes Parlemens lesaffaires
évoquées. Sire, tout pénétre-^ de
rrfpeél&de reconnoijjance, vous.
conservons dans nos coeurs lefou-
'ttenir de tant de biensfaits3 &*
nous venons protefler à V. M.
qu'ils nous feront autant de
nouveaux motifs de redoubler
noflrc attachement àfin fèrvice^.
& l'ardeur de noftre Zele dans
lesjvnélîonfde nos Charges.
N Le Roy répondit?
ayçit èft^jsrtaife<4&\ treuvçh
cette
cette occajion pour leur donner
des marques de Jon cftime &' de
Jon affection ; qu'ils rendaient Lt
juFl.ce d'unern:irÚc,( nui neLiifnJooiietnrtqunifaa
c1ontinuer quel'arlpd--
plication qu'ilsydennoient Cengageoit
a leur faire jentir l'tjhme
& ïajfcclionquil a-voit
pour leurCompagnie, & qu'ils
nen pouvoient douttr.) apris cc
quilvenou de faire pour eux.
le viens d'aprcndre que le
Navire noiTune le Coche)
apartenant à la Compagnie
des Indes Orientales» 6c
commande par M1du Hautrnenil,
eft arrivé prés du Fort
Louis, il vient de laCoftedc
Coromandel, il avoic avant
d'en partir efté à TenafTerim
qui apartient au Roy de
Siam. Il raporte que ce MonMaarcqaufelasr'seft
défait de tous les
Mahometans, &
mefme de leur Prince,dontil
cnvoye deuxEnfans enFrancc
pour eftre inftruits dans la
roy Catholique par les
Milïionaires Etrangers. Il
adjoute que M Confiance
a efté fait grand Barcalon du j
Royaume de Siam? cel-uy qui
poflèdoit cy-devant cçt-tc:
premiere Charge de l'Etat
eftant Macaffar. La Cargaifon
du Navire de Mr du
Hautmenil fe monte à cinq
cens milleécus.
Je vous parleray le mois
prochain de ce qui s'etf fait
a l' Academie> le jour de la
Fefte de Saint Louise fuis,
JMadame voftre> &c.
—1—•» 1 n Extrait du Privilège du Roy. pAR Grace & Privilège du Roy,donne*
Chaville, le18 Iuilicti683. Sigué, Par
le R.oy en fon Confeil,IIINQHIFRES,Ileft
fellYlis au Sieur DANIÙAU) Feuler, Siens*
evizé,-de continuel de faife imprimer,ven-'
die & débiter le Livie intitulé, MERCURRj
GALANT
, contenant iluficurs Rd:ltion<:J!
•ÎTiiloiies, & genexalement tout ce qui dépend
dudit.Livre, paitel Imprimeur qu'il
--,votidia chorfîr ; Et defenlesfontfaites à tous
impiimeurs & Lib1airesy & tous autres de
Taire imprimer, vendié & débiter ledic-Livre,
xiy giaveràucunesPlanches fervant à l'onvc.
ment d'fçduy, nymt(me de Je donner à
lire, pendant le ttmps & efface dedix années
entieres, le tout à peine defix mille livres
d'amc.ide contre les Contrevenant, air.fique
Igsauloii- il cft porté cfdites Letucs.
l, :.R..giHré" furleLi-vrcdela Cotnmtinatité,
aux charges & conditions ronte." le 14,
t~ptembre~6). Si^AC ANGOT) Syndic,
Ledit Sieur DEVI'/E' a cedé fon droit du
present hi ilege à Michcl Cuer-uc Li-
~brnaitrre'e,
é{n;A=L%AN&T
DEDIE'A MONSEIGNEUR.
A PARIS,
'éiVPALAts,
oN donnera toujours un
VoIuJ
nouveau du Mercure Galant
1
premier leur de chaque Mois, & or
le vendra,Trente fols relié enVeaUj
Vingt-,inq. [oIs en Parchemin. t;A PARIST,i Chez G. DE LUYNE, au Palais, dans li
Salle des Merciers, à la Juftice. 4 T.GIRARD>au Palaist dans laGrande
Salle, à l'Envie.4
Et MICHEL GUEROUT, Cowrc-neuïw
du Palais, au Dauphin. 1
* M. DC. LXXXVII. 1
mAVEC PRIVILEGE DV ROT., 1
TAff BLE.
pRemiere Pierrepofee au Seminaire
des Aumôniers delaMarine à
Touhn. toi. i
Tjjle Guerierefaite par les Gentilshomr
»»s de la Marine à Bre/f. 6
Le Levraut, Epiti-e.13
Statuts de Academie dAngers. 25
Cérémoniefaite à Valogne en baffe Normandie.
a4 Baptefmefinçulier.50
Galanterie faite a Madame de Faurcy
par Madamede Villeneuve. 51
Descriptionetune grande Pefte faite À
Rheims. S9 Autre faite à Laon. 74
'Guerifsnfurprenante arrivée cette anme
à Bourbon, avec les noms de
tous ceux qui y ont efté prendre des
Eaux. 8 5 Cérémonie faite à Port-Royal par Us à ii
TABLE.
Cordeliers du grand Converti de Parii,
4 96
JEpitaphe. 100
FortraitdeClarice. 105
Galanterie faite a Rambouillet
,
à M.
le Comte de Thouloufe. 107
Réception faite a Aîonfeigneur le Dauphin
par Ai. le Duc de Noailles
, en fa maifon de S. Germain en Laye. 111
Receptionfaite en FranceanGeneral des
Carmes. 111
Derniere Partie de la Medecine Univerfelle
de M. de ComierJ, où l'on
voit la compofition de ce remede pour
la guerifon des plus facheufes maladies
,
& pour prolonger la vie. n!
Madrigaux. 149
Deffinfes desJeux de hasard. 161
Aiort de M. de la Tour
,
Marquis de Montauban.166
Relation contenant Carrivée de VAmbaffadeurde
Portugal à Manheirn)fin
entréeà Heydelberg, la mau;ere dont
ila eflé receu à fes Audiences publiques)
comment il a eftè traké, & Us
Tablé.
Cérémonies du Mariage de la Pfifh
ceffe MarieSophieElijabêtb de Neubourgy
avec le Roy de Portugal.175
Lettre du Doge de Venife au Roy -Il,-
Suede. 145
Entrée de M. Moranda Tholoiife• 149
Mort de Madame la Ducheffi de Mdene.
,
*54
Mort de M. le Ra;!ly deMunieres. 160
Mort de M. de S.Laurent.114
Mariale. 165
Nouvelles d'Alep. 17 o
Ai.le Marquis de Torey nommé Envoyé
extraordinaire en Angleterre.
374
Ui'fholre. 175
P':'1tfieel donnez par leRoy. 1
Gratification^ données par leRoy. 180
LesMalheurs de l'Amour. i8£
Remarques, de fattgelas avec des Notes.
191. L'Art de bien prononcer la Langue
Pr,mçoife. 2.94
Noms de ceux qui ont deviné les Enig- me*.
TABLE.
'£nigm!!. 197
Détaildetoutce quis*eftfaitdeconfiderableTnHongrie
depuisFouverture
de fa Campagne.$co
Carte de Hongrie. 3284
Declaration du Roy. 330
-Compliment de M. le Trefident Barentin
an Roy. 335
Nouvelles des Indes. 337
.,
JFin de la Table. *.Avis pour placer les Figures,
L'Airqui commence par, Rien napproche
de la peinetdoit regarder la
Tage102*
La Médaille doit regarder la page
259.
L'Air qui commence par, Iris n'tft
plus, mon Iris meftravie+ doit .regarder
laFa91,- ---
flilERCVRE
41»
CALeii-l~jc--r
1 xAOV S T 1M7.
Evousl'ay dit bien
des fois> Madame
& je ne puis trop
vous,lç repeter. Les
aétions duRoy font fi belles,
qu'il fuftt de les raconter
nuëment, & fans art, pout
en faire remarquer toute la
grandeur, & l'on n'a pas befoin
pour cela d'y faire des
reflexions remplies d'éloges.
Ainfi je n'ay qu'à vous dire
que la premiere pierre du Séminaire
des Aumôniers de
la Marine qu'il a étably l
Toulonja efté pofée> ÔCvous
concevrez fans peine que les
motifs de cet établiffement
font dignes de la pieté de ce
grand Monarque. Il a voulu
qu'on formait des Ecclefiaftiques
fçavans & de bonnes
rnoe-urs, & qu'on les rendift
capables«debiliaire &W
Dieu dans les Vailleanx» Sa
Majefté entendant que fur
terreauffi-bien que fur mer,
onprenne un foin particulier
de faire pratiquer la vertu
chreftienncauxgens de la
Marine ; qu'onlesvifite, &
qu'on les confole.quand ils
[ont maladesdans l'Hofpital
qui cft pour eux? qu'on fafle
laMiffion à l'Equipage fur le
point des embarquemens
ronfiderables3 autant que
embarras & le.mouvement
le l'armement le peuvent
>ermettre»&que lesAumoaiers
feculiers foient fousila
direction des Millionnaires
Jefuites qu'onfera monter fui
les Vaiffeaux. La fondation
eft pour douze Jefuites, &
pour vingt Preftres feculiers:
parmy lefquels onchoifira lc<
Aumôniers des VaifTeaux:
qui feront nommez par le
Supérieur du Seminaire. Outre
la Théologie que Ton
montrera aux Auoiônien &
aux Exrernes) il y a un ProfefleurdeMathematique
poui
les Gardes de la Marine.On a
déjà commence toutes ces
fondions, & on les fera avec
plus de régularité> quand le
Baftiment que l'on vient de
commencer fera achevé? ôc
que les Seminariftes y pourront
vivre en Communauté.
La première pierre en fut porée
le 26. de Juin par M1 de
Vauvré, Intendant de la Marine
à Toulon, &cette Ceremomefe
fit au bruit des Bcêtes
& des acclamations du
Peuple. Le lieuoùl'onbaftit
eft auprèsduParc dans l'agrandilfement
de laVille. La
magnificence de Sa Majefté
paroiftra dans le Parc, qui fera
un des plus beaux Ouvrages
de toute l'Europe lors
qu'il fera hny". Onverra tout
auprès un monument de la
pieté de Loiiis LE GRAND,
qui fera d'autant pluseftinier
(on zele pour la gloire de
Dieu3 qu'en n'avoit point vu
juCqu'à preierit de Seminaire
comme éeluy-cy, deftiné à
la fandifiëatiÓn de la Manne.
Je patte à une autre Nouvelletjui
la regarde. Les Gentilshommes
Gardes-Marines
qui font à Breft au nombre
de deuxcens, aufli-biendifciplinez
qu'on le puiffe cflre
entoutes fôrtesd'exereices,
ne pouvant faire éclater leur?
courage en desoccafions cffectives5
à cauof du temps de
Paix où nous rommes) ont,
voulu au moins donnerquelque
image de la Guerre dans1
l'action dont je vay vous faire
le détail.IlyaàBrcftfurle
bord de la mer un petit efpace
de greve qui donne dans la
radc,cù la defcenteferoitplus
facilequ'ailleurs. On yavoit
fait il y a plufleurs années
quelques legeres Fortifications
que l'on appelle le fort
de Chaunes du nom du Gouverneur
de la Province, foutenue
d'uncaflez bonneRedoute)
reveftue & entouréede
bons foflez?afind'empefeher
au moins la première inful te
des Ennemis, s'il en paroifloit
de ce coftt-là. Ces Gentilshommes
fous la conduite de
M de Coulombe
?
leur Capitaine
?
deMde Courbol1, fon
Lieutenant, &de leurs autres
Officiers,choifirentcet endroit
- pour une attaque qui
leur fut faite il y a peu de
temps) par les Soldats de la
Marine des fix Compagnies
qui font en ce Port. Cette
brave Milice? qui en plufieurs
occafions pcrilleufcsa donne
des preuves de fa valeur3 vint
pendant un temps calme &
lerein dans quinze ou feize
Chaloupes5toutes fur une ligne
égale, Enfeigncs & Pavillons
déployez> ayant Mr
de FourbinxSe tous leurs Officiers
à leur telle5 faire defcente
en bon ordre à cette
grève?au fon des Inftrumens
de Guerrcc TrompetteS)Tambours
& Hautbois. Les Gentilshommes
avoient fait un
bon détachement de la Redoute
pour s'oppoferà cette
defcence
; mais enfin n'eltanc
1 pas en aflcz grand nombre)
-ipr'és, une deffenfe des plus
vigoureufes
?
ils furent contraints
de plier, & de fe retirèr
dans leur Redoute. Ce'
pendant.leCanon du Fort,
de la Redoute & des Forts
voifins fe fit entendre, & la
moufqueteriefit bienfon devoir.
LesGrenades qui étoient
tic parchemin remply depoudre
,
fe jetterent detous cotezj&
chacunde part & d'autre
agit avec autât de vigueur
quefic'euftefté dans une véritable
aétion. Enfin il falut
cedcr à la force des EnnemisOn
fit les approchesjonfonna
la Chamade; on fit la compofition
; on donna des otages)
& tous fe fe parerent bons amis?
les Soldats Matins remontant
en bon ordre dans
leurs Chaloupes. L'attaque fe
fit en prcfence d'un nombre
infiny de Speétateurs. Mr
Defcîouféaux'? l'Intendant de
la Marine3le Commandant?
tous les Officiers, le Château,
la Bourgeoifie? & des Troupes
innombrables de Peuple?
dont beaucoup efloient des
Villes voifines
?
voulurent
jouir deceDiveitiflement*les
uns fur Mer dans des Chaloupes
y & les autres fur des
Hauteurs qui n'eftoient pas
éloignées. Le beau Sexe mefrne
y prit part dans des Tentes
qu on avoit faites exprés
5
& l'onnevoyoitque des parties
de plaifir en un lieu qui
peu d'années auparavant paroifloit
entièrement defert&
fauvage, & qui par les bontez
,
la magnificence & les
foins denoftre Augufte Monarque3
eft à prefent un des
glusagréables endroits de la le France, orné de quantité de
bons & gros Yaiffeaux) qui
font la principale leurete de
la Province & du Royaume1
& la terreur de fes Ennemis.
Il y a long-temps qu'on a
fait parler les Animaux., mais
peut-eftre n'yen a-t-il jamais
eu aucun qui meritaft tant
d'efire écouté qu'un Levraut
que l'on a donné vivant à Madame
l'Abeffc:deFontcvraut)
afin d'en faire une cfpece de
Chatte pour le divertiffement
de Mademoilelle de
Blois, qui eft depuis quelque
temps à Fontcvraut. Il eft
vray que ce Levraut a efté inftruit
par un fort habilehomme.
Mrl'Abbé Geneft
,
qui
eftauprés de cette jeune Princeffe,
aprisfoin de luy apprendre
à conter fcs avantures
d'une maniere agréable.
Tout ce qu'il luy fait dire
.roule fur l'opinion des Siamois
touchant la tranfmi-1
gration des ames >
& voiçy
comment le Levraut Avanturier
s'en explique à cette
AbbefTe.
A MADAME L'ABBESSE
DE FONTEVRAUT.
1E vais, en VOJUparlant,paroijlre
témtrllirt)
Mais s'ilvousplaifide m'ecoûter,
Madame, vous verreT^ que je fuis
mevanter
De n'eftrepas une Befte ordinaire"
A beau mentir qui vient de loin.
leprouveroisbicn-tofl,s'il en efioit
befoin,
JOucl'Orient centfais m'a veu naifile
& renaiflre.
Si mon aimefujjitpour lefairecon
nIiftre
A Siam,d'où je fuis, un grand
Feuple efi témoin
.Pue l'on ml vit Guerrier, Poète,
Talapoilt.
Je revenois fouvent à la forme de
Befie,
Carje vous conte tout d'un efprit ingénu.
A lafn j'eftois revenu.
Sous uneforme humaine encore ajfcz,
honnefle
J^uxnd , de pompeux Ambaffadeurs
Vinrent de voflre Prince étaler les
grandeurs
Sur les bords que lejourenfelevant
colores
Des rayons defagloire on vint nous
éclairer,
Etmontrera cesRois que l'Orient
adore
Jî>u'il eftailleurs un Roy qu'ils doivent
adorer.
Plein du dcJir de voir la France &
fin Monarque,
Avecnos Siamois tout ravy je m'em..
barque;
Mais, bêlas ! unfort inhumain
Me fitexpirer en chemin.
En cettefunejle avanture
l'eus l'Océan pourfepulture
> Ou d'un affiZ joly garçon
MadAme,je devins un gros vilain
poijjon.
En ce nouvel eftat la mefmt ardeur
m'infp ire;
Je fuivtis en nageant les traces du
Navire,
le Jis de terribles eforts
Et je touchois déja les Armoriyues
bords,
Prefl à meglijjer dans la Loire,
J^uand d'un Pefeheur le Filet rigoureux
Mejette furlefable
,
&ce moment
affreux
Devoit aHppairefmimoenttrteerm;iner mon Mais parmy des roféaux prés de la,
par hasard
Yne Canardefanvage
Couvoit fes oeufs; moy pvomt à*
H*>
l'entre en l'un defes oeufs ,&ie
devins Canard. g
Me efntant un peu fortje cofioyay
lefleuve,
Et favançois toujourspays ;
Maisvoicy de monJortlapluscruelie
epreuve,
Parun plomb enfamé tous mes voeux
font trahis ;
le tombeenl'eau l'ailecajsée;
Mais le traijhre chajfeur ne mefut
Attraper ;
N'aiant"Oiln" de Barbet, il me vit
échaper
Au danger dont ma vie alorsfut mInacee.
Tayvécutriftementautourde Mont-
Soreau,
Toujours mal affuréfur la terre, ou
dans l'eau,
Et lors que je cedois a ma langueur
mortelle ,
J'ayrepris une vienne vigueur nouvelle
Vans le corps d'un jeune Levraut.
Errantdepleis un mois dans lesplainesvoifines,
Jenay pas ignoré les 'lualiteZ divines
De Madame de Fontevraut.
Les échos,lesoiftaux, l'eau parfoti
doux murmure,
Toutpurloit a l'envy d'un merite fi
haut.
le mefuis approché de la fainte clofture
J>)ui renferme tant de vertus,
Ou luit modeftement la gloire la plus
pure
A qui detrnivefJ les hommages
foient dus.
On me cherchoitpour *uous,je me
- donne, on memmeine ;
Surpris à voflre nom d'un aimable
tran/jort,
Deftinêpour vos fers,j'en ay beny
le forty
l'ayfenty de vos loix la forcefouveraine.
Aujji vous m'aile^voirfournis,tfpprivoifé,
Signaler pour vous plaire un coeur
Mut embrafés
Etfi de mon eftat chaque metamorphe)
fe
Vousfcmbleun contefappofé,
Etque des Siamoisl'ejpriteftabufé,
En croyant la Metempficofe,
Par mon exemple AU moins vous ne
pourreZ nier
J>)ue tous les Animaux aujourd'huy
raifonnables
,
Vont revenir pour vous à cet eftat
premier
OÙ le monde naijfant les vit doux &
traitables.
Dans unfijour delicieux
ils reveroient l'imprefflon desCieux
Sur le front éclatant des nobles créatures,
(precieuxy
J>)ue Dieu venoit d'orner de cesdons
Et qui regnant en paix dans ces ai*
mables lieux,
Sans leurIjùperbes forfaitures
Auroient toujours gardé ce Sceptre
glorieux.
De vos premiers parens le pouvoir
fans mefore
"Commandoit hautement atoute la
Nature,
Toutrefpettoitleurprefence&leur
VOIX,
Tout obeijfoit à leurs loix.
Èi par un orgueil facrilege
Jls ontperdu, Madame, unjigrand
prrvilege)
YIIU en qui nous voyons la fainte
pieté,
A tous les dons des Cieux mêler l'humilité,
Vous rentreZdans ce droit, vous le
faites revivre,
fout doit vous obéir, vous revereri
vousfuivre,
à
Tour moy ,
cefiaujourd'huy mfJlI
plusprejfant defir lefais , de ce devoir mon uniquefiaifir
>
Expirerfous vos loix efi ce que je
demande,
JOi*md je devrols nerenaifire
, jamais,
Célte rnoYt efi pour moy toute pleine
d'attraits.
Ainfi quelquefort qui m'attende,
JJaddtIJe, vous ¡UUVit dés et mefmc
moment
Me donner, me livrer au diverttîement
De ces adorables perfonnes,
Dont l'amitte vous cherche en ceDefertcharmant,
Jgui reçoit de leur veut un nouvel
omemeut.
LiinctT^furmeyfoudain& Bichons
& Bichonnes,
LaRoyale, Lion, petitfrere, &
Thishé ;
JOuand a vospieds vous me ver- reztombé,
Je diray, bien loin de me
plttindre,
C'ciïoit le deftin le plus doux
Où je puffe jamais pretendre,
De mourir à vos yeux, &. de mourir
pour vous.
Eh! qui de cette mort ne feroit pas
jaloux ?
Je voy bien? Madame) que
vous ne voulez rien ignorer
de ce qui regarde l' Académie
Royale d' Angers, puis qu'aprés
en avoir vcu les Lettres
Patentes»
Patentes) dont je vous envoyay
une copie il y a un
mois
> vous voulez encore en
voir les Statuts. Je vous ay
-
promis de fatisfairc voltre euriofitc
furcet article,&il eil:
jufte que je vous tiéne parole. hSTATUTS
DE
L'ACADEMIE ROYALE
DANGERS.
IL I.
'Académieferacompojee de
trente Academiciensnez
r dans la Province d'Anjou
> ou
de Peres qui enJoient3 & taàt
qu'il Je poura refidans dans la
Paille d'Angersy on pourra
néanmoinsélire desAngevins
domicilie^ ailleurs> où des
Etrangers étahlis à Angers par
la confideration de leur rare
mente.
IL
Elle aura quatre Ofifciers>
un Direéleur> un Chancelier^
un premier e, un Jecond Secretaire.
III.
Le Directeurprefidera aux
AjJemblées pour y propofer les
matieres donton aura i traitera.
pour y faire garder le bon
ordre. Il recueillerales Avis
des Académiciens fuivant le
rang où ils Je trouveront ftrtuitement
aJfis" t opinera le
dernier immédiatement après les
autres Oiffciers.
IV.
Le Chanceliergardera le
I-Sçettu de tAcademie" &fçelleroe
en cire bleue toutes les Ëxpeditions,
V.
Le Secretaire tiendra Regiftre
de toutes les résolutions qui front
prifes dans les Affemblêess
gardera les Titres& Papiers de
L'Academie.) expediera tous les
Arles. & écrira toutes les
Depefches &toutes lesLettres.
VI.
Quand la Campagnie en
Corps parlera dansJes Lettres,
le Secretairefcoufcrira, vos tresr
liumbles ferviteurs, les Académiciens
de rAcadcmic
Royale d'Angers N. Secrétaire
j & quand le Secretaire
écrira de la part de la Compagnieil
commencerafa Lettre en
ces termes ou quelques autres
femblablesXAcademie Royale
d'Angets m'a ordonné
de vous écrire &c. & fignera,
laLettre comme fi c'efioit pour
Jesaffairesparticulières^excepté
quécrivant de la part d'un
Corpsjil doit eftrr plus referrvé
aux termes de la (oufcription.
VII.
En l'abjence du DireElrur.) le
Chancelier prejidera aux Àffemblées,
&en l'abfence de tous
les deux, le premier Secrétaire?
ou le fecond Secretaire à fin
deffaut; que fi tous les Officiers
font abjensj le dernierqui aura
ejié Direéleur ou Chancelier
preJidera.
VIII.
Lors que le premier Secretaire
7abfentera
3
il envoyera le Re-
.gïfire au fécond qui tiendra la
plume &fera toutes les autres
fondions du premier Secretaire
tn Jon abfênce.
IX.
Les deux Secrétaires feront
perpetuels e à vie; le 7Jire-
Heur & le Chancelierferont
fchllnge'{ deflx mois enfix rnois, e celuy qui fortira d'une
Charge
., ne pourra eftre éleu pour
une autre à la premiere nomination.
X.
La nomination des Officiers
je fera par les fujfrages des
Académiciens
,
ajJèmblez du
moinsau nombre de qurn^e^a LÏ
pluralité des opinions écrites
dans des Billets, qm feront mis
entre les mains de celuy quifera
la fonflion deSecrétaire
>
(éf
ouverts parceluy quiprejtdera;
on ne poura parvenir aux Emplois
de Secretaire qu'on n'ait
la voix des deux tiers des
Academiciens prejens a ?..4;':
[einblée.
XI.
Lors quil y aura une place
dAcadémicien vacantele Directeur
en fera avertir tous ceux
de la Compagnie qui p'rontjur
les lieux
j & l'on procédera à
FeleÛion d'un Autre dans la
premiere AjJèmb/ée s'ily a trois
jours d'intervalle; Jînon3 dans
lAJJemblée juivante.
XII.
Pour l'éleélion d'un Academicien
ilfaudraque les deux
tiers des voixJbientconformes?
t5r qu'ily ait du moinsquinze
Académiciens a l'AjJernblfr. Les
fujfragesJe donneront par Billets
dans la mejme forme que
pour l'élcélion
des
Officiers; on
fourra néanmoins dijjererl'élefiion
s'il ne Je trouvoit pas à
lors de fujetspropres à remplir
les places vacantes.
XIII.
Si un Académicien fait
quelque faute indigne d'un
homme d honneur^tlpeutejlre3
ou dcfiitue ou interdit fuivant
importance de fa faute; il
faudramefme nombre de quinze
Académiciens}mais ilfujfiraquil
pape de deux njoix a la dellitution
ou à l'interdiélion.
XIV.
Si quelqu'un des Academiciens
ne fe peut trouver aux
Ajfemblecs pour caufes raifonvables
lors qu'il s'agira des
élefiions ou d'autres affaires
importantes de l'Aeademiey il
pourra envoyer Jon Avis par
tente
XV.
Quand un Acadtmicienfera
receu3 on luy f^ra ltiare des
Statuts dela 1e1qu'il
promettra dHobJerver*Il fanera
l'Atle de Ja receptionf<r le
Reriflre
3 & fera un difcouis
pourremercier la CorntJ'Snje.
Le Direfleur ou l'autre Officier
en fan abfence y repondra par
un autre difeours.
XVI.
Tout homme qui aura Jollicite
publiquement les FAJJRAGESJ ou
finterpofé la recommandation de
personnes conjlituees en dignité
pour entrer à l'Academie) en
'fera exclus.
XVJI.
Lors auun des Académiciens
mourra
>
deux Je la Compagnie
feront choijts
J
l'un pour faire
fon Eloge en proje
„ & l'autre
en vers , vu quelques autres
Ouvrages à fa louange.
XVIII.
VAcademie sajjemblera tous
les Mercredis à deux heures
apres miclyon plusfounjent s'il
est juge a propos ; elle pourra
mesmeestre cxtracrdinairemeM
convoquee par le Direéleur. XIX.* S'il Je trouve une Fef/e au
jour de l'AjJèrnblée
„
elle ferJ
remife au lendemain.
XX. !
Ceux qui ne feront point dul
Corps de l'Academie nepourront
affifter aux Ajjemblées ordinaires
, rxcepté le fleur Evefque
,
le
Lieutenant pour le Roy dans la1
Ville Ëg- Chafteau d'Angers, ICI
premier Prtfident3 le Lieurc-i
nantgeneral du Prefidial & lei
Mairede la Ville, qui pourront
s'y trouver pendantquilsferont
dans leurs emplois&dirmtc^>
rns qu'ilsputjjentnéanmoinsaf
yffotenrs aux défiions & drftitttqui
feront laijfees libres
tux Académiciens feuls) C,
Juns que cy-apres on puiffe accorder
ce mefine droit à quelque
Officier que ce fait
, outre ceux
y-deJfus nomme
XXI.
Si quelqueperfonne confidetable
par fa naijptnce ou par
fon mérité, pAjfant par la Vi/tr,
fouhaite d'aftfler à tAffembléeJ
ily pourra efire teceu après qu'on
l'aura propofé le jour d'auparavant
au DireEleur.
- XXII.
Que s'ilJeprefente quelqu'un
qui defire avoirl'Avis de la
Compagniey ou luy porter quelque
parole
> ou luj faire complimerit,
il pourra eftre introduitt
dans l'Affemblée pour eflre ouy,
& après la reponfe qui luy fera
faite par le Directeur3 il Je
retirera.
XXIII.
On laijfera néanmoinsl'ent'féelibre
à toutes les perfonnes
de conditiona la reception d'un
Académicien (fyf dans quelques
autres occajtons
folemnelleSj
comme a l'adjudicationd'un prix»
& a l'Eloge aun Académicien
mort. XXIV.
Aux Affemblées le 'DireReur
Je placera au haut bout de la
Tablele Chancelier & les
Secrétaires feront àfa droite, &
les autres Académiciens fe placeront
autour de la table comme
la rencontre ou la civilité
les rangera.
XXV.
Le Secretaire écrira exaElement
& briefvement tout ce
quifepajjera en chaque Affimblée.
Les Délibérations feront
fgnées du Directeur> duChancelier>
ou du Secretairc.
XXVI.
Chacun dira on Avis tout
haut avec toute la civilité qu'il
fe pourra )
fans s'interrompre,
fans reprendre avec chaleur ou
mépris les Avis de perjonney
fans rien dire que de necejjaire,
& fans repeter ce qui aura,
efté dit,
XXVII.
On ne pourra faire aucune
délibération(jlaCompagnienejî
compofée de dix Academiciens
pour le moins&de quinze pour
les élevionsdejlitutions ou interdirions
des Académiciens ;m«<
mination des Officiers, @J dans
tes autres affaires importantes.
XXVIII.
Lespartages d'opinionsferont
renvoye^ a /'yéjjembltc
fuivante.
XXIX.
On ne parlera point dans
lAcaderme des matieres de
Religion3ny de Theologie3 &
celles de politique ny feront
traitées que conformément à
l'autorité du Roy? & iï teftat
du Gouvernement3*aux Loix
du Royaume.
XXX.
AAuocuun ffutj1et6d8e7cDeux qui qti;
feront traitez dan"les AJfemblées
3 ne fera divulgué fi ce
n'efl par l'ordre de la Compagnie.
XXXL
&Academie ne jugera que
des Ouvrages de ceux dont
Aieferacompofée, & fi quelquautre
en prefinte.) elle en dira
feulementfon Avisfans enfaire
de tenfure3 &fans en donner
aujjïfon approbation.
XXXII.
Nul des Académiciensnepour*
rarien écrire de fin chefpour la
deffenfede VAcadémie- que par
fon orlire
l
mparfa permifr
jfion*
£XXIII. - -
Les Académiciensferont uxhor-
.tez depreparer de tempsen temps
quelques dijeoursAcadémiques fc
fur tels fujets qu'il 'leur plaira;,
& de les prononcer ou les lire
dans la Compagnie.
XXXIV.
Il y aura des Vacations depuis
le 8. Septembre pJojH.au
-Il.. Novembre
3
pendant lefquelles
on ne pourra decider aucunes
affaires importantes., quoy
quon puiffe s'afjembler.
XXXV.
Si quelqu'un des Académiciens
refidans dans la Ville ncjlive de
fe trouveraux Ajfemblées, il ne
fourrarpre appelle aux Charges
deïAcadémie}ny obteniraucun
Certificatqu'ilfoitdu Corps.
RegiftreK, ouy le Procureur
General du Roy, pour eftre
executez félon leur forme &
teneur fuivant ïArrejl de ce
jour. A Paris en Parlement
le feptieme Septembre md fix
cens quatre-vingt-cinq. Signé
DONGOIS.
Voilà ce que l'efprir a fait
faire, il faut vous dire ce
que la charité & la pieté ont
tait entreprendre. Le 17. du ;mois pafle Mr le Marechal
deBellefondseftant à Valogne
en Baffe Normandic, fit
la cérémonie de pofer la
premiere pierre de l'EgliCe
& de l'Hofpital General,
étably en cette ville-là depuis
peu de temps, par les
foins de M'Laillcr
?
Dolteur
de Sorbonne) Curé,
Doyen & Officiai du lieu?
homme d'une fort grande
vcrtu, & tres-zele pour le
bien des Pauvres.M l'Evef-
,-.,que de Coutance s'eitant
jendu en la grande Eglife de;
!Saint Malo revcftu de Ces
habits 'Pontificaux
,
la Proccflion
fe mit en marche en
cet ordre. Tous les Pauvres
de l'Hofrital habillez de bleu
alloient les premiers avec
beaucoup de dévotion. Ils
prccedoient les Capucins? les
Cordeliers & tout le Clergé
qui eft fort nombteux>com-j
pofé de Ms du Chapitre
chantant le Veni Creator. Mr
le Marechal & Madamela^
Marechale de Bellefondsfui-j
voient M' de Couftancc. Ils
cftoient accompagnez de
MademoifelledeLille-Ma,-
-ne leur hUe.) de M &: de
Madame de S. Luc, de Mr
l'Abbé de la LutumierejFrere
de Madame de Matignon
1
&
d'un très-grand nombre de
perfonnesde qualité. On
fit le tour de la Ville, &
l'on fe rendit au lieu deftiné
à la ceremonieque l'on
devoit faire. On y avoit
dreffe un Autel dans les
fondemens. Mr 1Evefquc
ayant beny la pierre avec les
Prières accoutumées
>
&cMr leMaréchalde Bellcfond
rayantpotée., ce Prélatfit un
diicours fur ce fujct avec r -
beaucoup d'eloquence &
avec le zele qui luy eft fi ordinaire,
particulieremeni
quand il s'agit dela cau fc
des Pauvres? dont il eft le
pere & le Procecteur. Il fit
voir que ce lieu eftoit faim
parcetqu'on y devoit facrifier
au vray Dieu; qu'on 1<
pouvoit appeller la porte di
Ciel, parce que c'eftoit er
logeant & en fecourant le:
C? 5
1 Pauvres que le Fils de Dict
a dit que l'on y pouvoit en
trer> & enfin que ce lieu cf
toit tcrrible> parce que cem
reui négligeroient d'y pren
dri
dre foin des malheureux que
le Sauveur leur recommande
comme fes Membres., n'ejViteroient
pas d'efire condamnez.
La Proceffion eftant
retournée en chantant
le Te Deum dans le mefme
kordre qu'elle eftoit Venue
Ion chanta les Prières » pour le
1 Roy> apres quoy toute la
,
Nobleflfé qui avoit aflîfté à
cette ceremonie
>
fe rendit
chez Mr de S. Luc? Gouverneur
de la Ville & du Chaftcau
de Valogne, où elle fut
regalee d'un magnifique dif-
I né
> avec autant de dclicateffe
que de propreté & d'àbondance.
Il fe fitil y a quelque
temps un Baptefïne qui à
quelque chofe d'affez fingulier
pour meriter que vous
le fçachiez. La Femme d'un
nouveau Converty eftant accouchée,
il alla prier Mrs
les Gardes desOrféyrçs qui
font au nombre de fix) de
luy faire l'honneur de tenir
fon JEnfant fur les Fonts> 6c
leur ditque lesEnfans qui nasvoient
qu'unParrain neftant
pasJeursd'en avoir toujours,il
crojoitj en les priant d'eflreJes
iJomperes
> avoir pris une jufte
précaution contre ce malheur. Ils
eonfentirent à eftre Parrains,
Se luy demandèrent quelles
Commeres il avoit choifies.
Il répondit qu'il leur en laiffoit
le choix, ce qu'ils promirent
defaire. Ils délibercrerit
enfemble là-defliis
> &
refolurent de prier les Dames
de l'Vnion Chrétienne pour
eftre Maraines. Elles répondirent
que fuivant les réglés
de leur Inftitution
>
elles ne
pouvoient accepter la propolltion
qui leur eftoit faite,
mais qu'elles en parleraientl
E ij
leur Supérieur. Il n'eut pas
plûtoft eité informé de la
chofe
,
qu'il leur permit de
tenir cet Enfant à caufe qu'il
eftoit d'un nouveau Converty
>
& le Baptcfme fe fit avec
une afflucncc de monde extraordinaire.
Il n'y a rien de fi bas 'qui
ne foit à eftimer lors qu'il
vient de mains habiles. Vous
mépriferiez une Souriciere)
& Madame de Villeneuve,
Femme de M1 Ribier de
Villeneuve, cy-devant Confeiller
au Parlement? a trouvé
moyend'en faire un prelent
qui a raie bruit. Madame
de Fourcy à qui elle eftoit
allée rendre vifite
,
s'eftant
i plainte de quelques Souris
qui l'incolnlnodoient, Madame
de Villeneuveluy dit
qu'elle avoir chez-elle une
forte de Souriciere merveilleufe
pour prendre ces animaux.
C'eftoit un pot plein
d'eau & couvert d'un aïs?au
milieu duquel il y avoit une
petite bafcule qui s'abaifloit
aufli-toft que les Souris venoient
manger ce que l'on
mettoit deiius?en forte qu'en
tombant dans l'eau> elles Ce
noyoient lans qu'il en puft
échaper aucune. Madame de
Fourcy l'ayant priée de luy
envoyer l'Ouvrier qui lesfaifoit,
Madame de Villeneuve
s'engagea à luy en fournir
une toute faite. Apres quelle
l'eut quittée) elle fongra.
comment elle pourroit relever
par quelque galanterie
une chofe aufli-peu confiderable
qu'une Souriciere. Elle
chercha une belle Cuvette
de fayence,fit peindre le couverclede
bois où eft la bafcule>&
fie faire un petit Pavillon
de taffetas couvert de
Valons dargent, & orne de
Rubans qui couvroit la ma- chine comme une petite tente.
Cette Lettre accompagna
le prefeut.
r A MADAME DE FOURCY,
• en luy envoyant une
Souriciere.
portuxs Animaux, de qui les IM.
troupesgrtfes,
Gourent dans les Valais,errent dans
-
les Eglifes, Reptiles, qui ehercheZ les ombres&
la nuit,
J^peroladcourriuptt,ion tlUls un égouji
Souris, iln'efi doncpoint demAIfin fifacrée,
Du vos griffes d'abordnecreufent
une entrée?
Il n'efi donc pointd'endroitfifainty
fi refpeélé,
.f<.!!,i contre vous puijfe efire un lieu
de feureté ?
Jufqu'a l'appartement de l'iliufire
Artemice
Vous portez, de vos dents l'infolente
malice,
Son augufie prefence
,
& fon diviz
afpeSt ( nyrefpett?
Ne vous impriment donc ny crainte
C'ejl trop fiuffrirde vous, la mort
la plus cruelle
Ne peut affiZ punir vofireaudace
rebeUt.
foicy de vofire fort l'inévitable
eeueil,
Nous allons voir finir vos jours &
njofire orgueil.
Ce fera.) Madame
j par le
moyen de la petite Souriciere jjeevousennjoyequevousvieqnue- vousenvoyequevousviendyrek
à bout de ces petites infolentesquivous
fonttant de def
ordre. Je croy qu'elless'y prendront
aifément.) car on a pris
toutes les mefures poffibles pour
la rendre jufle ; il ne faut qu'un
grain pour faire baiffèr la baf
cule; je croy mefme que les Mouches
sy prendroient, fielles venoient
s'y repofer. Neantmoins
fi quelque accident la faifoit
trafiquer faites-m'enavertir, jirayauffi-tojl chez "Vous pour
y remedierj & vous témoigner
cooebten je fuk>Madame
y njofire,
&Ci
[ On voit peu de Nations
qui égalent les François dans
l'amour qu'ils ont pour tout
ce qui regarde les Armes. La
Nobleifcfournit autant d'Ofiieiers
aux Années du Roy,
quefaMajefté en peut fouliaiterj.&
lepeuple les groffît
de Soldats qui n'ont pas fitoftappris
à porter les armess
•qu'ilsfçavent l'art de vaincre.
Fondant ^ue les uns fervent
ainfil'Eftat & le Roy dans fes
Armccs
? ceux qui gouvernent.
les Villes? & ceux qui
;les font fubflfter par leur
commerce> font tous les ans
4esFeftes Guerrieres dans
lef^uelles ils s'exercent
L'une de ces Feftes,qui fe font
prefque dans toutes les Provinces
du Royaume, fut faite
à Reims avec grand éclatr
le Dimanche 15. de Juin
iernier^ Les Compagnies
- di'Aï-quebuziersrau nombre de quarante-deux ou environ»,
sy eilant rendues le jour
pVriellceesdent des principales
de la Champagne) de
la Picardie) de la Brie; & de
pl ufieurs autres Provinces
éloignéesfliivant la Lettre
circulaire, & le Mandat qui
leur avoit efté envoyé, furent
receus par M'Frifon,Capitaine
en Chef des Chevaliers
de Reims, 3c par Mrs de la
Salle & Dorigny
>
Capitaines
Lieutenant & Enfeigne
,
qui
les conduifirent dans les principales
Hoftelleries de la Ville,
que Mr Frifon leur avoit
fait préparer. Elles n'y furent
pas plûtoft arrivéesqu'on
v
leur apportâtes Prefens ordinaires
de vins, & autres rafraîchiffemens.
Le lendemain
elles fe rendirent au Jardin de rArquebufc, d'où elles allcrent
en ProcefïîonenTEglife
Metropolitaine) accompagnéesdu
Clergé de cette Eglife,
& affilièrent à une Mcfié-
folemnelle qui y fut chantée
en prefence de M1 le
Comte
de
Lery Capitaine
Commandant pour le Roy
dans la Ville de Reims) &
des premiers Magiftrats &
Officiers de la mefme Ville.
L'âprefdinée elles aflifterent
a une féconde Procemofl
quife fitdansles principales'
ruës,où l'on porta quatre ma-j
gnifiques Piramides de toute
forte de vaiffelle d'argent>
deftinée pour le prix general
avec le Bouquet,reprcfçntant,
le Dieu Mars» qui tenoit d'une
main les Oliviers & les Lys
qui font les Armes de Reims,
& pourBouclier unBaffin de
vermeil doré. Chaque pyramideportoitvingt
prix de la
valeur de mille écus> fçavoir>
UnBailinrond de 500.liv.
Un Baffin rond 280.
-
Six Alfietes
,
16o.
UnBaffinrond 2,40.
Quatre Flambeàux nj.
UnBalïinrond IOJ.
Trois Flambeaux 185.
Une Eguierexéc.
Un Eguiere découverte
-
1JO.
Deux Flambeaux 140.
Deux Chandeliers 130.
Quatre Salieres izo.
Un Pot à eau 110.
Deux petits Flambeaux de
Cabinet 100.
Une Ecuelle couverte 70.
Un Sucrier 60.
Deux Taifes à deux ances
S°~
Une Ecuelle 40I
Les Compagnies furent regda'ulénees
pendant la Marcher
Collation tres- fuperbe,j
après laquelle elles fe rendl- 1
rent au bruit de la
Mou[que-';
rerie, & de plufieurs déchar- i
ges de Canon au Jardin dej
l'Arquebufe/oùMrle Comte
de Léry, M1 Favard
)
Lieu-h
tenant des Habitans
> & Mr ]
Frifon ifrent la Ceremonie
de decouvrir la Satuë Pedeftre
de Sa Majefté> érigée
dans ce Jardin par les foins
du mefme M1 Frifon &: des
Chevaliers de l'Arquebufe de
Reims, ce qui fe pafla avec
des acclamations extraordinaires
de Vive le RoyJ & des
demonftrations d'une joye
univerfelle
à
ainfiqu'au bruit
de la moufqueterie
>
& de la
décharge gencrale du canon
des remparts de la Ville. On
avoit mis pour Devife à cette
Statuë le Soleil entrant dans
le Signe de Sagitaire avec ces
mors,hofpitium illuBrat.
e Ptir tout le long defa cArriéré,
Sans perdre fon éclat, répandant fi
1 lumiere
,
Sa prefence en toutesfoifons
Fait l'ornement des ççlejies maifons.
Cejrainfîqu'avecpompe entrant au Sagittairey Ily porte avecfoy le jour,
Et pllrnn bienfait ordinaire
Il éclaireen , feejntorantule lireu.dejfin Grand Roy, c'efl là nofire dvan.
tage, , J
Jgu'envoyant icytoniVJdge
,
Ij
Cejardin devenu plus charmantl plus beauy
{ Reçoit de ta prefence un éclat tout
nouveau* ,.
, La Statue que la Compagnieaérigéeà
LOUIS LEî
GRAND, eft poféc dans le 1
fondée la grande allée du
Jardin
>
fur un Piedeilal àj
quatre faces. Sur la premiere
eft un Hercule?pour fignifief
que le Roy a exterminé de
tonEmpire tous les Monfires,
& fur tout celuy de l'Herefic.
Elle a pour titre Hoerefeon do..
^mitori. La fécondé eft une Minerve,
fymbole de la fageflc
confommée de ce Monarque,-
& au deffus
?
Confiliorum Præ"-
jidi. La troifiéme eft un Mars
pour reprefenter fa force invincible
dans les Combats avec
ces mots> Hoflium Debcllatori,
&: dans la quatrième on
lit ces paroles fur un Marbre.
In hae armorum Palalha, JEdilibus
hbtraliter applaudentibus
>
ad fplendidiorem proemii
gencralis pompam erexere Catapultarii
Remenfes, anno Domini
LXXXVII. dieIf. men*
fis Junii.
- Le foir il y eut de grandes
rcjoüilfances en differens endroits
de la Ville& des Fontaines
de vin coulerent devant
la porte de Mrle Comte
de Léry & de Mr Frifon,
qui traitèrent avec
beaucoup de magnificence
les principaux
Officiers
des
Chevaliers Arquebufiers,invitez
à venir difputer le prix
à Reims. Le lendemain au
marin 16. du mois, on élut
les Prefidens & les Deputez
des Villds pour juger les
coups des Pantons. Les
Deputez pour marque de leur
caraL,'Ècrc
,
portoient une médaillé
d'argent, reprefentant
d'un
coftéla
Statuë Pedeftre
de Sa Majefié, élevée dans
Je Jardindel'Arquebufe
?
&
de l'autre les avenuës de ce
Jardin. Les Compagnies s'y
rendirent l'aprcfdinée fous
les armes3 & M le Comte
de Lery fit la céremonie de
tirer le coup du Roy. Il s'en
acquita avec une adrefle tou-r
te finguliere
?
& donna 11
foir un. [oupé. très fompcueux
aux principaux Offi<
eiers des Compagnies. Les
jours fui-y-aflts le pafferent à
tirer aux deux Butes. Cha-'
que Brigade des Compagnies
venuës pour la Fefte y donna
des marques de fonadreffe)l
deenfin les Chevaliers de Vi-*
try emportèrent le premier:
prix5 & ceux de Noyon le
recoud. Pendant toutce
temps il fe fit toujours quel-i
que chofe de remarquable.
On receut le fils de Mr le
Comte de Lery âgé de neufl
te dix ans, Cheval ier duJar-
'din de l'Arquebufe de Reims.
Il fut accompagné dans
cette ceremonie des principaux
Officiers & Chevaliers)
Jk eut pour parrainM Favart,
Seigneurde Richebourg>
Lieutenant des Habitans, Il
prefta le ferment entre les
mainsdeMcFrifonCapitaine
en chef, qui avoit efte
le prendre chezluy avec les
Officiers & Chevaliers de la
Compagnie, où ayant efte
reconduit dela mefme forte
? Mr leComte de Lery lesre- :gala d'une cres fuperbe colation.
Les Peres Jfeuitj
voulant tcmoigner l'eftil
me qu'ils ont pour la Corn
pagnie de l'Arquebufe de
Reims? firent foutenir deux
Thefes dans leur Collège,
il s'y trouva un tres-grand
concours de monde. L'und
eftoit dediée à Mrs les Ch«^
valiers) & l'autre à M1Frifonji
qui tant que dura la Feftd
n'oublia rien pour fouteniÊ
dignement la gloire d'und
Compagnie qui s'eft toujours
diftinguee dans cet exercice?
Lgz pour remplir ce que l'on
attend de ceux de fon nom)
qui
qui poflede depuis plus d'im
-
Siecle avec une approbation !
générale la Charge de Capitaine
en chef de la mefmc i
COlTIpagnie- Ceux qui la
compofent, Officiers &. Che.
valicfs, ayant délivré le Bou..
quet à la Compagnie de
Laonle 2,4. de ce mefme mois
de Juin5 l'honorerent à la
fortie d'une belleCavacalde
jufqu'i la Villette, & la égalerent
d'une Collation magnifique.
Apres les adieux
faits de part & d'autre, fos
Chevaliers de Laon fe mirent
en marche ,& ayant pouffe
ce jour-lajufqu'au Bac, ili
en partirent le lendemain d<
grand matin, & prirent h
route de Laon. A deu)
lieuës delaVille, on décou
vri-t fur une hauteur deua
efcadrons de Cavalerie qu
s'avançoient en bon ordre
ces Efcadrons étoient conv
pofez d'environ deux cen:
Chevaux. Leurs Comman.
-
dans serant avancez pou:
cojTLplimenter les Chevaliers
& leurtémoigner la par
qu'ilsprenoient à leur gloire
les reçurent par une
falve
gc
ncrale. Les Chevaliers à leu
teftç continuèrent cette routé
jufques au Fauxbourg-le
Laon? où l'on fit al te pour
fe rafraîchir. Cependant les
,.Bourgeois de la Ville avertis
5de leur arrivée
> ayant fermé
dés le matin les Boutiques,
rfe rangèrent fous leurs Enfeignes,
& prirent les arm--s, conformément aux ordres de
Melfieurs de Ville. Toute
cette Milices'étantaffemblée
dans la Cour du Roy., for- :mant un Bataillon, fe mit
enmaache
,
&: defeendk au
tFauxbourg en tres-bel ordre.
.Quatre Capitaines qui conduifoient
le front de cette
Infanterie,firent leurs Complimens
à la COlnpagnic, &
cette Milice ayant
bordé
la
haye
>
faliia le Bouquet par
une décharge. Les Officiers
après avoir répondu à cette
civilité
>
difpoferent toutes
chofes pour continuer la
marche vers la Ville. Cette
Infanteriedéfilant en bon
ordre, Tambours battans,
mècheallumée & Enfeignes
déployées; gagna infenfiblement
le haut de la montagne.
Le Bouquet porté en triomphe
par quatre hommes) étoit
precedé d'une bande de Vio-
Ions) dont l'harmonie jointe
au carillon des Cloches
>
formoit
un concert fort agreable.
L'Argenterie gagnée au
Prix General étoit portée
après le Bouquet, &: enfuite
marchoient les Cheval iers &
deux cens Maîtres rangez en
deux files. Des Trompettes &
des Timbales étoient a leur
tefte
j <3c un petit Corps de
referve fermoit cette marche,
avec deux Tambours qui ba..
toient à la Dragonne. Ces » Troupes étant arrivées au mW
lieu dela montagne, furent
faluées d'une décharge del
Boëtes de la Ville. Cette dé-1
charge fut réïtcrée par le fell
de l'artillerie de la Citadelle,
)
& le bruit du Canon? des
; Bocres & de la Mpufqucterie j
attira un tres-grand concours
de peuple des lieux voilïns à
leur entrée. Le frontifpice de
la porte de la Ville ctoit parèj
de plufieurs éeuflons aux Ar- :
mes du Royj de M'le Duc
d'Eftrécs Gouverneur de la
Province, & aux Armes de
la Ville, tous ornez de quantité
de devifes? &: de feftons
entrelaflez de guirlandes de
leurs & de feuillages.L'Hô-
:el deVille,leJardindel'Arquebufe,
& le logis duCapi-
:aine eftoient parez des me-'
aies ornemens. Cette bélier
tiombreuie Compagnieeftant
entrée dans la Ville, fe rendit
al'Hoftel de Mr le Gouvcrverneur.
où Mr l'Abbé de
Noirmonticr la rcceut trèsbien
en fon abfence
, & témoigna
par le bon accueil
qu'illuy fit, & par Ics largeffes
qu'ilrépandit à ceux qui
fervoient à cette pompc>com..
bien il prenoit de part à la
ioyepublique. On prit con^
fgiet deluy par une falve que 4
l'Infanterie, & on tranfporta
le Bouquet à l'Hoftel
de Ville. M1 le Prévoit &
MIS les Echevins receurent la
Compagnie avec les ccrcmomonies
ordinaires; & après
les complimens réciproques
de part & d'autre, on fervit
une ample colation. Del'Hofiel
de Ville on alla le long
de la grande rue, & traverfant
dans le mefme ordre
toute la Ville, on efeorta le
Bouquet jufqu'à l'Abbaye
de S. Martin,ou Mle Prieur.
aprèsavoirtémoigné beaucoup
d'honnefteté à la Corru
pagnic, fir diftribuer quantité
de rafraîchilfemens. Enfin
le Bouquet ayant cité
poité en parade prcfque par
toute laVille
,
fut reconduit
fur la fin du jour chez le Capitaine
des Chevaliers. Lerelie
de cette jou-rnée fe pafla
fort galamment;on n'entendoit
par tout que cris d'allegreffe,
que concerts d'Inftrumens5
que bruit de Tambours
& d'armes à feu. Le
foir, le Capitaine regala la
Compagnie, où fe trouvè- ¡ ;
rent les Capitaines de Quartier.
Ce regale fut fuivy d'un {
Bal donné aux Dames» qui
fe retireretit bien avant dans
la nuit après la Cotation. Le
lendemain
1
les Chevaliers de
TArquebufe fe rendirent en
Corps à l'Eglife des Cordeliers
? pour aflifter à une
Méfie folemnelle qui y fut
chantée en Mufique
, & où
fe trouva prefque toute la
Ville
, pour prendre pattaux
avions de grâces ? comme
elle avoit eu part à la gloire
du Bouquet. LOyfeauayant
efté prelenté le 6. de Juiiler,
félon la coutume
? avec le
Prix) Mr Marteau) Prcvoft
Koyal) & Maire perpétuel de
la Ville?accompagné de M"
les Echevms, & des principaux
Habitans, rira le coup
du Roy, & eut le bonheur
& l'adrefle3 fous le Nom du
plus Grand Monarque qu'il
y ait au monde>de tuer l'Oyfeau
de ce coup, & d'eftre
ainfi cette année le Roy de
la Compagnie.
Vos Amies
?
à qui l'on a
confeillé d'aller prendre des
eaux de Bourbon) fortiront
de Prrefolution qui les empefche
d'entreprendre ce
voyage ?
quand elles fçauront
les Cures qui sy font faites
cette année dans la premiere
faifon. Je puis vous en apprendre
une des plus remarquables.
C'eil: la guerifon de
Madame Chaponay) qui a un
Frere Secretairc du Roy a Paris.
Elle eftoit Paralytique
d'un coilé
>
& fujette à de
tres.. fâcheufes coiivulifonsi,
qui eftoient la fuite des cruel-1
les vapeurs dont la malignité
luy avoit tourne la bouche.
Elle ne pouvoit marcher, ÔC
avoit fouffert ces incommoditez
durant quatre ans, toûjours
avec de vives douleurs,
Ifur toutdans leftomac> où
l'
elle [entait une extrême pe- -
fanteur. De là luy venoit un
dégouft continuel .)avec des
défaillances mortelles. Enfin
l'effet des eaux a efte de rcfoudre
ccrte maffe groflîere,
CoMpofée de matieres corrompues.
Elle en a efte délivréepar
desvomifTcmens qui
ont achevéfa guerifon) Ainli
à l'heure qu'il eft, elle marchsdroit?
ne fent aucune
douleur , & fe trouve dans
une fanté plus parfaite, qu'-
t x]lc ne l'a jamais eue. ; M'
Bourdier, tra-habile Mede-^
cin?qui la traitéeJ rendra
témoignage de ce que je dis.
C'cft un homme extremement
eftimé
>
qui a fait un
excellent Ouvrage fur les
caux de Bourbon? qu'il donnera
bien-totfau Public. Il
tient qu'ellts font mêlées de
Nitrefemblable iceluyd'Egypte
j
d'une efTence balfamique,
& d'un foufre delicatt
ce qui eft caufe qu'elles font
propres aux maladies des
nerfs
>
à celles de l'ellomach
j
& fur tout du bas ventre *
ouvrant les obftru£tions>fon->
L" -: -' -- - - - -
dant les humeurs
>
& fortifiant
les parties foibles. Le
Livre de ce fçavant Medeçin
contiendra toutes les curiofitez
anciennes & nouvelles
de la Ville de Bourbon. Il
obferve qu'on y trouve à neuf
pieds de profondeur quantité
de belles Colomnes> & de
dpeiuerrreex.cteafilfliévese) d'une gran-
> avec des Aqueducs
de fix pieds de hauteur,
& avec de gros tuyaux
de plomb. Je vous en diray
davantage lors que j'auray
veu ce Livre. J'ajoûccray
feulement icy que la quantité
de perfonnes confiderablcs
qui ont efte à Bourbon
dans la premiere faifon de
cette année? fuffit pour faire
eonnoiftre a vos Amies que
ces eaux continuent toujours
àeftre en vogue. En voicy la
Lifte.
Madame la Princeffè.
Mademoifelle de Bourbon,,"'
f Mademoifelle d'Anguien.
Mademoifelle de Blois.
Madame de Montefpan.
Mr le Duc & Madame la
Duchefle de Bcauvilliers.
Mr rEvefque de Leitoure.
Mr rEvefque de Soiffons.
Monfieur le Marquis de
Peufignan &: Madame fa
Femme.
*
Monfieur le Comte de Ta-
Jar) Lieutenant de Roy en
Dauphine.
Madame la Comteffe de
Langeron
,
Dame d'Honneur
de Madame la Princeffe.
;
Mr le Comte de la Mary)
& Madame faFemme.
Madame la Preiidente Pelot
& Madame fa Soeur> Religieufe.
Mr Dupuy? Gentilhomme
ordinaire chez le Roy.
Mr Davegean, Capitaine
aux Gardes.
Mr le Comte de Quermeré.
M1le Comte de Gournay.
Mrs les Commandeurs des
Goûtes & de Brillac.
Mr le Chevalier de Neuville.
M1 le Chevalier de Lcffè.
M1 le Chevalier de Villars.
MrBertelot de Paris, &
Mrs fes Fils, l'un Receveur
General de Montauban, &
l'autre MaigredHoUel chez
Madame la Dauphine,
Mr Cendrier,Receveur
Generalde Limoges.
Mr Marchand de Paris
Officier chez Monfieur) avec
Mle fàFille.
mi & Me Fe-ydeaude Lépau.
Mr & Me de Chamaigrc.
M1 de Pluyereceveur -de
Tours? & Mefa Femme.
M' desFofTezde.Bretagne3
Senefchal d'Arbignac> avec
Me fa Femme. '- Mr& Madame de Coui^
celle, dePoitou,
Mr & Madame de Ko~
chctte^dePoiiow.
- Madame Malet de Caën.*
Madame du Luc, de Caën.
Madame Renaut,deTours,
-
Madame du Parc>deToursj
Madame Boriibdc Paris.
Madame Calpatri,deParis.
Madame de Chamborau.
Madame Cauchois avec
Madame deFrometotfa Fille,
de Hoiien.
Madame du Pléffis Bidé
avec Mlle de la Guerche.
Madame de Chaffeloire &
MffonFils,
Mr -Cafin & Madame fa
-Fem-Me.
.- M'-& Madame Diudicu,
-- -- t - .-- --- -"
& M'le: leur Fille> de Monc- i
brifon.
Madame de Machaut, de
Chatillon fur Loire.
Madame Bertin) de Paris
avec Mllc fa Fille.
M1let Machois) de Roiien,
MC fa Soeur Religieu(e) 8c
Mr de la Barrc [on Beau- 1
Frcre.
Mr Duret?Confeiller au
Chafteletde Paris.
M" Rolland Confeiller de
j Reims.
Mr l'Abbé de Priere en
Bretagne.
flA l'Abbé Dargence..
- MrTAbbéSaré*
i
M- l'Abbé Favar.
M¡ leCuré deS.Benoift de
Paris.
Madame de LangerorbAb-
"bLelrlCe de Nevers.
Madame de la Mary, Abbefle
de Ligueur.
Madame de Beauxonelesj
Abbeffe de Mouton.
Madame de BarilloirSoeur
de l' Ambafladeurde ce nom; II Madame de Force
>
Rcligieufes
de PoifTy.
MrTridon,Prieur du Veurtire
& deChantenez.
M'-de Fourchaud? Efcuyer
chez le Roy.
M Courtay.
M'dela Graviere,
Mde Beauvais.
M'de Beauheu.
Mde Pommereufe.
Mr du Frcfnoy,
M1Aliberg.
M Davoifan.
MrFreinont.
M' Cotar.
M4'Paquier.
M1 Aniffon.
MVauchelle.
Mr de Valambott.
M1Moulié,
MrFayet,»
- Me deQuefenelle.
Medu Quefnoy.
Me Baubin.
M1 l'ArchevtCque de Paris
eft prefentement dans une
fanté parfaite. Les Peres Cordeliers
du grand Conventi
qui pendant le cours de fa
maladie avoient fait tous les
jours des Prieres publiques
dans leur Egli[eypour demander
à Dieu fa guerifon>voyant
qu'elle avoit efté accordée
aux voeux de toute la France,
voulurent en rendre des actions
de graces particulières)
et
& pour en rendre la iolemnité
plus éclatante
)
ils prièrent
Madame l'Abbene de
Port-Royal, digne Soeur de cet illuftre Prélat? de vouloir
bien qu'on la fift dans Ton
Eglife le 10. du mois palfé.
les ceremonies du granq
Convent >& plufieurs Mo-j
tets de Mufique au faint Sa
crement, à fainte Marguerite,
& pour le Roy, après quom
l'on chanta Sexte. Au fortiq
de l'Eglife
>
ils furent traite
magnifiquement avec les Dij -reaeurs & les Aumôniers
On chanta Nones & Vcfpn:
à l'heijre ordinaire) en Plcin^
chant &: en faux-Bourdon, 6<
cela fait) le Pere le Blanc,Vii
caite du Grand Convenr4
prononça le Panegyrique di, a Sainte avec beaucoup d^
iuccés. Il dit de Madame
rAbbeue de Port-R.oyal)
qu'elle conduifoit fans commander
? qu'elle gouvernoit
fans regner> &: qu'elle cftoit
dans fon fexe ce que Mr de
Paris eft, dans le fien., Un
f
Salut en Mufique termina ta
1
Feftc. Il fut chanté par les
xnefmes Peres, qui firent tout
l'Office de ce jour-là d'une
maniéré qiui fit connoiftrcle
zele qu'ilsontpourMr l'Archevefque,
& pour Madame,
< TAbbefTede Port-RoyaL
*
Tout le monde a efte toivché
de la perte que nous avons
faice de Mr le Duc de
S. Aignan. Je vous l'ay déjà
fait voir par les Vers que je
vous ay envoyez fur cette
mort. J'y joins aujourd'huy
une Epitaphe3 faite par Mademoifelle
de Razilly.
EPITAPHE
DE MONSIEUR LE DUC
DE
SAINT AIGNAN. cTgiftl'ornement& lafleur
De fAntique Chevltlerie,
Jgui des Boyards est le bon (leur, JJadrejJe & lagalanterie;
Jguifournita lapieté
La gentUlejfe & lagaj/ett
Du beau jeu qu'il eut en partage j
Qui fut Amy de bonne foy,
Et qui mit toutfon avantage
A l'honneur de plaire à/on Roy.
Je vous envoye des Paroles
qui ont efté notées par la
jeune Mademoifelle Laurent,
aflfez diftinguée par les talens
extraordinaires quelle a pour
la DanCe) pour la Mufique,
& pour fa
aelicateffe
à jouer
du Claveffin. Elle ne chanter
rHyver dernier quelques Ouvrages
devant Madame la
Dauphinc, qui l'honora de
fon approbation.
-le
AIR NOUVEAU. 1 R3enn'approthe de la peint 1
jefoujfre prés da vous,
VQHSfaites mille Amans, Climem,
£1je nepuisfaire un Ialoux.
Il s'etf fàit en peu de jours
tant de copies du Portrait en
Vers que je vous envoyc, que
j'apprehende qu'il n'ait pas
pour vous la grâce entiere de
la nouveauté. Tous ceux qui
l'ont veu en ont trouvé le
tourfingulier, & peut-eftre
feroi t-il bien difficile de rien
faire de plus beau, pour un
Ouvrage de cette nature.
IPORTRAIT DE CLARICE. 1 'Efiere que l'Amour ne s'-en fichera
pas, - ¡APt pen de Beatttez m'ont paru
le redoutables, nefutspointdesplusaimablef\
f MaisjefiÛsdcs plusdélicats.•
Tejlois dans l'âge ou regne la ten- dreïe
Et mon coeur n'efloit point toltchl.
Javelle honte ! Ilfallaitfuififierfans
ceffe
Ce coeur ofiifquim'efloitreproché.
le difoisquelquefois ; qu'on me
trouve un vifage j
Dont la beauté foit vive) 8c dont j
l'air rif foit fage3
Où regne une douceur dont on foit .j
attiré.
) 1
Qui ne projette ricn3 &c qui pourtant
engage; Qu'on me le trouve, &j'aimeray.
(Z--
Ce qui de plus feroit bien neceffnire,
tCe feroit un erprir qui penfaft fi-
- nement
Sans pretendre à ce caraaerc
Qui * poux eftre fans art n'cuit que
plu* d agrément,
Un peu timide fculemcnt.,
Qui ne paît fe montrer ny fc cacher
fans plaire;
Qion me le trouve.&je devient
Amant.
On n'eft pas
obligé
de garder de
mefure
Dans les fouhaitj qu'on peut former
i
Comme en aimant je pretens
eftimer)
Je voudrois bien encore un coeur
plein de droiture,
Une vertu naïve &pure,
Qujon me la trouve ) & je promets
d'aimer.
far ces conditions jeffrayois tout lemonde,
Chacun me promettoit une faix jî
profonde
Jî>uej'enferoismoy-mejmee*nbarafiê.
le ne voyois point de Bergère
.!(!!i d'unair unpeu couroucê
Ne m'en voyajl a ma Chimere.
le nefçay cependant comment l'A..
mourafait; , ilfaut qu'ilait long-temps médité
jon projet,
Mais enfin il ejtfturqu'ilm*atrouvé
Ôlarice,
Semblable à mon idée, ayant les
tnefmes traits;
le croy pour moy qu'il me l'afaite
txprés.
0 que l'Amour a de malice
M'de Fontenelle qui a laiffé
échaper ce petit Ouvrage,
fe prepare à nous donnerdans
fort peu de temps un Recueil
de fcs Poefies fur divers fujets.
Il y a des Epitrcs à la
maniere de celles d'Ovide,
avec des Eclogues quifont
d'une très- grande beautéj &
Ii les Dialogues des Morts, la
PluralitédesMondes
3
& l'HiJloire
des Oracles vous ont fait'
admirer ion heureux talent à
traiter en Profe toutes fortes
de matières? je ne doute point
que ce Recueil ne vous le
fafle admirer également dans
la maniéré agreable dont' il
fcait tourner les Vers.
Monficur le Comte de
Touloufe? en allant à Maintenon,
paÍfa par Ramboüillet,
ou il fut receu magnifiquement
par M1 & Madame
d'Antin. Il y dîna) & voulut
enfuite avoirleplaifir de la
Promenade du Parc & des
Roches, qui font un endroit
fort agreable. On luy chantÍ ]
dans les Roches ces Vers que
M1 deMeffange avoit faits à
fa louange des qu'il fçeut Ion
arrivée. Ils font fut l'Air du
Menuet de l'Opera de M"
Matau.
rn Amour
Doux j
difiret&fage
> rn Amour
Tlus beau que lejour,
A quittéfon brillantféjour,
Pour venir dans nofire Boccage.
Accourez,,Bergersd'alentour,
AccoureZtortSpour luyfaire U court
6\:5)
£ue cesBois
EtcebeauRivage*
ue ces Bois
Dont ilafaitchoix,
Aujourd'huy reçoiventfesLoix;
J>)u'cnhceos limeuxmtoutalugy reend.e
Doux Oyféaux,répandez»vosvoix>
reruz) plaifirs , venez tous 4 là fais,2
g,
Ses douceurs,
Aimables Bergeres,
Ses douceurs
Ont des traits vainqueurs.
Contre luy conflrvtZvos coeurs p Si vous pouveZ efirefeveres s
Mais en vainfesyeux enchanteurs
Verront contre eux armer milie rj.
i gtteurs. à pourroit,par toute la terre7
S'oppofer à des coupsfibeaux?
Sesyeuxfont deuxardensftambeaux
i ¡
Son Pere lance le tonnerre;
Etbien-toft ce jeune Heros,
Doit mettre en feu tout lempire des
Eaux.
Ces Vers furent trouvez,
fort galans ,& Mr de Meffange
eut le plaifir de les entendre
loüer par la plus belle
bouche du monde, puifcjue
l'Amour nen peut avoir de
plus belle, ny eftre plus beau
que Monfieur le Comte de
Thouloufe. Ce jeune Prince
dit à l'Auteur,& cela de fon
propre mouvement) & avec
un agrément plein de bonté.
qu'illes montreront au Roy.
Mrle Ducr deNoailles étant
uniquement attaché à la perfonne
de ce grand Monarque,
& ne voulant point quiter la
Cour, mefme pendant qu'il
n'a point à y exercer fa Charge
)
fit bâtir une fort belle
Maifon à S. Germain en Laye
dans un temps où il y avoit
apparence que Sa Majefté y
pafleroit une partie de chaque
année. Monfeigneur le
Dauphin & Madame la Dauphine
ayant refolu d'aller
voir cette Maifon
>
le jour
fut pris fur la fin du mois
dernier, mais Madame la
Dauphine s'eftant trouvée
indifpofée> ne put accompagner
Monfeigneur
>
qui s'y
rendit fuivy d'un grand nombre
des Seigneurs de la Cour.
Il y foupa & y fut ttaité avec
la magnificence ordinaire, à
MrleDuc deNoailles. Il y
eut Mufique) & rien de tout
ce qui peut fatisfaire l'ouye,
& le gouft> ne fut épargne
dans cette Fefte.
Nous avons depuis peu en
France le Pere Martial de S.
Paulin General des Carmes
Dechauffea. Le Roy qui ne
cherche que le bien, & la
gloire de l'Egli[e, a beaucoup
contribut à l'Ele£tion de ce
General,dont le mérité demandoit
le choix qu'on a
fait de luy pour remplir une
Charge de cette importance.
Vousfçavez> Madame> que les Généraux dOrdre tiennent
un des premiers rangs
de l'Eglife
>
& qu'ils l'ont à
Rome après les Cardinaux.*
Auffi peuton dire qu'il eft
peu d'emplois plus confiderables
dans l'Eglife, un Generaî
ayant la direction de
tout ce qu'il y.a de Convents M
de ion Ordre chez tous les
Souverainsde l'Europe. Tous
ceux qui pofledent cette dignire)
à l'exception du Ge.
neral des Jefuites, comme je
vous l'ay marque dans ma
derniere Lettre, ont droit de
vifiter tous les Cunvents de
leur Ordre, dans quelques
Royaumes qu'ilsfoient fituez5
& ils y font receus avec
de fort grands honneurs.
Celuy des Carrnes Dechaut*
fez fut conduità l'Audience
du Roy lur la fin du mois dernier,
par Mr deBonneuil
> Introducteur des Ambaflardeurs?
qui le prit à Paris dans
les Carofles de SaMajefté. Ce
Monarque le receuc avec l'agrement
qui luy eft ordinaire)
fur tout lors qu'il donne Audience
à des pïrfonnésd'un
mérité diftingué. Ce General
Peut auffi ce jour-là de
Monfeigneut le Dauphin
>
de
Madame la Dauphine) de
Monfeigneur le Duc de
BBoouurrggooggrnnce>?dTeMsoonnlrei•gnneeuurr
le Duc d' Anjou3 & de Monfeigneur
le Duc de Berry. H
fut magnifiquement traité a
diner par les Officiers du
Roy?& qtioy que ce fuft urt
jour gras, on aprefta ce repas
en maigre, pour fe conformer
aux Règles de l'Ordre
Il alla quelques jours après à
Saint Cloud ou il fut conduit
dans les Caroffes de
leurs Alteffes Royales par M'
Aubert) Introducteur des
Ambaftideurs prés de Monfieur,
& il eut Audience de
Monfieur, de Madame, de
MonÍieur le Duc de Chartres,
& de Mademoifelle.
Je vous envoye la derniere
partie de la Medecine univerfelle
de Mr de Comiers.
Je ne vous en dis rien> ne me
trouvant pas affezhabile pour
juger d'un Ouvrage de cette
importance? mais je fuis
perfuadé qu'il rejouira ceux
qui aiment la vie, qu'il en
chagrinera d'autres, qu'il
partagera les Sçavans, &
qu'enfin il fera beaucoup de
bruit dans le monde.
MEDECINE UNIVERSELLE
pour la guerifon des plus
facheufesmaladies,& pour
pprolonger la vie. 3 Vis -que l'Ecclefaftiqu't 1
nous affeure que toute guerijonnjientdeDieu
, & qu'il
-nous apprend que ceftde la terre
que Dieu a créé la Medrcine;
Altifïimus creavit de terra;
Medecinam; il efi inutilede
rechercher icy [Ydr ie moyen de:
qui cette Medecine a pajfé jufqu'a
nous. Il importe peu deJÇa- J
<vot'rfi nous la tenons de la Ca- 1
lbnledesFJebreux fic'eft d'Apallon
, ou dejon Fils EJculape>
d'Hermes Trimegifle
,
de Raimond-
Luile
3
ctdrnoult de Villerteul;
e ,de RogerBacon Cordelier
Ang/ois
s
de Theopharafle
rparllcelfe
:J
de Bafile Valentin,
de Vvan-helmont
>
ou de quelqueCosmopolite
ou Frere de la
Rofe Croix.Ilfujfit<jueJaCompositionfoitJ-
acile & de peu de
couft, quejes effets Joient tres-
,,-(furez., 3& qu'on puijje mrfme
feperjuaderquelle jert peurrajeunir
j ce qui paroiflroit un
vray paradoxeJi nous n'avions
dans lafainte Ecriture & dans
iHifloire Profane des témoignai
ges authentiques du rajeunifjeA
ment. Le Prophete Roy dans le
Pfeaume 101. Verfetf.fait deux
propofitions de certitude de foy ;
La première
> que l'Aigle rajeunit,
& la feconde
, que noftre
jeuneffe peut eflre renouvellee de
mefme que celle de l'Aigle
> renovabitur
ut aquilæ,juvcnrus
tua.
Tous les HPeres de tEglife
vroyent fermement que
l'Aigle
rajeunit, maisilsfont d'avis"
différentsfur la maniere dontcet
Oyfeau rajeunit. Il n'y a que
,Saint Augujlinqui commentant
ce
ce Pfiaume
)
dit que tAig/t dans
fa njiellejfe >pouravoir le becfuperieur
trop crochu ne peut prendre
quetres-peu ou pointde nourriture,
C'eflpourquoy eflant extenue
par une lougue diette
3
il
Jetrouvefans force&fans njigueur
; mais aprfo avoir ufé
[contre
une pierre l'extrémitétrop
f crochue defon becfuperieur, &
prenantfufftfammentde la nourriture,
il paroiflrajeunir
>
*rei
nouvellerfesforces.LeProphète
fraye parle de ce rajeuniffemene
fae l'Aigle dans le 40. Chapitre
LwVCehrafpe.t )r. Job dans le3,9.
Verf 2.6. en dit autast
de l'EfPre'Vier. Aldrodndus dan
le premier Livre de
@
fon Orni.
thologie
5 & Gefherus au f
Livre des Oyjeaux,parlent de a
sroanjenuenijjement de l*Aigle. Pern'ignore
que les Serpent
Quittentleurs vieillespeaux que on trouve ordinairement dam
les buieons-ile ne diray rien icy
de la dépouille des Cygaies,ayant
veu arriver ce beau miflere jun
mamtÛn à la Ville de Nions en
Dauphiné
, en ruifitant le plusi
beau ep le plus haut de tousJeà
Ponts.) d'une feule Arcade quiS
prend d'une Montagne à l'autrej
& la fource inepuijkble desi
'Vents qui Jortent à heures reliées
d'unRocher> (^fJoujjlcnt
le longdela Rivièrejufquc vers
la Ville d'Orange. Nous lijons
dans Philoflrate au 3. Livre ch.
!r. de la Vie d'ApolloniusThianéen
3 que dans les endroits du
Montcaucajeles plus ecarpe7,,
inaccejjibles aux hommes
>
il
y « une race de Singes appelles
Pjtiques, qui font pour les Haitans
la vendange ou récolté du
loivre. La chair de ces Singes eft
,. , n medicament Jouvtrain au
ion, lequel eflantcharged'anïêes
ou de quelques maladies3
rn zuerit &raieunit en mongeant
un de ces animaux.
Si les Oyfeaux & lesAnI
mauxpeuvent rajeunir3 on pet
conclure qu'il nefl pas tmpojjib
a l'homme de joüirdumefme
c
njantage. Enndifjantnoflreten
perament efi fort chaud & he
mide, &enmeillijfant il d4
,vientfroid ($f Jec. Il ne s'ag
donc que de reparer l'humide r( dieal, remettre au prerni
eflat la tropgrande jecherej
desVieillards pour reprendre
mefme temperament de jepnej\
Il faut maintenant prou
'Uer qu'eneffet plufieurs hon*
mes ont rtjeuny. Medée
tant trèsfçavante en Mec\cciney fitrajeunirleVieillard/bJ'on*
C'ej}furcelaqu'Ovideadit
dansle7.LivredesMetamorpbefesj
<'\ueAfedée avoitfait hacher
çy cuire on
,)
ce qu'on
doitattribuer a des bains c/;::uds
qu'ellecOinpofa avec des mineraux
3 & plufteurs(impies ou
herbes. Celariefi pas hors de
croyanceJ pmjque Pctrus Martyr
AugeriusrMilanoisj -faire
dansJes Decades
,
quedansl'ijle
Bonique ily a une Fontaine dont
la boijjon rétablit les Vieillards
dans leur vigueur de jeunejfe ;
neantmoins les cheveux demtu.
rent hlancselesrides du vifagt
n'en font point effacees. Et dan
Lucaya il y a une Jemblablt
fontaine
3 au rapport de Pctrus.
Chiezadans le 47. cbap. de la
2. partie de tHiftúire du "Perou.t
Vous pouvek encore voir ce quHerodoteenjon Livre dity
ac la vertu de Jemblables Eauxi
qui ont donné lieu au nom de la
Fontaine dejovence.
Torquemada dans le premier
DialoguedeJonHorti-floridij
ajjeure qu'à Tarente en Italie en
l'annéei$$i.un Vieillard de cent.
ans> ayant ( comme on dit) un.
-
pied dans laJojJè
>
rajeunit tout-ii.
coup &en toutes chojes,&vejcttt
encore cinquante ans. Il en
dit autant d'un autre Vieillard
dont l'Hifloirefutverifiée par les
premiersAîapflrats. VaieJeus
Tarentaftui dit qu'enta Ville de
Monvedro^autrefoisSagoncc>
au Royaume de Valence en Efpagne
3
il avoit veu une Religieuse
Abbejje,laquelle ejldnt
déja decrepite, bave,Jentant
Jelapin) jes dents luy revinrent
touta coup yjes cheveux noirci-.
rent -1font front fut applany, fa
gorge parut comme à une Fille
de quinze ans; enfin on la 'Vit
fcnouvellée en jeune & belle
Pille en toutes chofes. 4
Deux Hiftomns modernes tres-.i
dignes de foy dans leur Mifioire
dePortiegdlfçavoir Ferdinand
Caftanede au 8. Livre}&Pierre
JMaffée aun.Livreyiffure qu'un
noble Indien rajeunit trois fois
fendant les 340. années qu'ilvéçut.
Cette Hifloire efl tres authentiquejpuifqueJUfendo^
a nous
a/feure in Viridario au 4. Liv.
Problême 17. queplufieurs Je..
fuitesont veu,connu3&parlé
à cet Indien trois fois rajeuny,
et qu'ils ont attefté par leurs
Lettres.
JSÏVU* parlerons de la eJMedccine
Univerfeue & de fa cornpofition
après que nous aurons
fait connoiftre quelle ne confiée
pas dansl'alcali ny dans ÏJcidequifont
deux eftresnouvellement
mis en vogue.
Si on veut croire Tacksnius3
& après luy fa nouvelle Selle
d'Hypocrate Chymifle
>
on peut
devenir tout à coup &fans efiude
grand Medecin & Je faire
admirer3 car il riy a qu'à connoiflre
les Familles des Acides)
dcsAlkalis &desOptâtes. Donner
des Alkjlis lors que le Malade
e(l comme en feu,afind'imbiberfesparties
ignées, &arrrfler
leur trop prompt mouvement3
& au contraire ordonner
des Acides
s
afin d'éveiller &
d'exciter la chaleurnaturelle ail
Malade quiJe trouve comme engourdy
dans le froid
>
& enfin
ofire prendredes Optâtes pour
faire repofer& dormir leMaiade
lors que lesdOJdcurs font aiguës
& violentes. Il eg vray que
beaucoup de gens fefont admirer
par les prompts fecours @r
foulagements qu'en reçoivent les
malades. Ainfi fay veu guérir
des Catarres & Rlmmatifmes
par une grandefueuruniverfelle
procuréepar des rarvesJ que les.
crisdeParis appelle tendrette3
pilées dans un Mortier de marbrey
& appliquéesfous la plante
des pieds. Mais la Adedecine
univerfelle ne peut confïfler dans
les A/kalis
j
Acides & Optâtes,
dautantcfuils ne peuvent quappaifer
les violens (tmpîomes> &
non pas ofler la caufe des maladies
qui provient des humeurs
peceantes qui font enfermées
dans les vijeeres ou ventricules
des membres & jointuresqu'il
faut neceffairement faire évacuer.
Si ces humeurs peccantes &
malignes&fubfiancesvenimeu-
*
Jesfont fjùrttucufes C7fubtiles,
el, ies*doivent ejnrre chafrfre'/es a, travers
les pores par in(cn.fi!;le
tranfjnroeîion ; fi elles font plus
htmulcs,onles doitfaire fortir
par la pictir. Que fi elles font
humidesmais grojjiercs3ellesje- rmté-vacuecsparl?ls urines
3 &
fi elles font moins humides &
plusgr1o/Jier"es> ellesfortentpar la purnation ordinaire ou Ppeaerr vvoo--
miflèment. Il faut purger fans
violence &fans affaiblir leMalade
en fortifiant la nature. Je
"Viensatixqlialitek requifès a U
Medecine univerfelle.
Le Remedeuniverfel doit a'
Voir de l'affinité * du rapport
avec noflre chaleur naturelle &
noflre hnmide radical
3
pour les
maintenir & rétablir3 & pour
augmenter ainfinos forces abba- - tuésj enforte que la nature fans
pâtir chaffe d*elle-mefme hors des
cavité^ des vifceres ou ventriculesde
tous les membres du
Corps3 ce qu'ily a dïctranger&
de malin
3
Acide ou Alkaïl., ou
fangfermenté extravafé 3qui
cauje des pleurefies
>
catharres.
goûtes& rhumatifmts
>
dont la
-
caufe provient) lors queflanttchauffé
par quelqueexercice
mefmepour parler trop hautementy
ouejfant dans le lit
, on
hume à bouche ouverte un air
trop froid
,
ouferainplein de
vapeurs & de nitre;carcet air
n'ayant pas eflé attiedy en paffant
par le ne% qui efl le canal
ordinaire de la respiration &
empefehant parfon trop defroidure
dans les Poulmons le mrf.
lange parfait du chyle &dit
fang3 il sy trouve mcflé,&fer*
mentant dans les extrémité^ des
arteres s'extravafe dans les cavite%
desjointures,où il caufe
les douleurs aiguëspar leur acrimonieffir
les nerfsyjufquàce que
la chaleur naturelle du fang ait
faitévaporer les partiesaiguës3
acres ignées,& lorsque l'on
a humé cet air tropfroidpendant
le temps de ladigeflion Ja partie
du chyle meflée avec lefang extravafe>
caufe la goutte nonce,
&fa vafe ne pouvant s'cvaporer,
jôrme cette matiere plajbreufel
La Medecine univerfelle doit
donc cbaJfèr par tranfpiration
fueurouurine
>
rarement par le
hasj& encore plus rarement par
le haut, tout ce qui ejle(branger
CJ' nuiftble
3
mefme des ventricules
des jointure5 de chaque
membre
, ce qui nefl pas l'tlfit
des medecines ordinaires qui é.
chauffent
3
travaillent>&fatiguent3dautant
qu'elles n'agilfieni
que par leurs parties malignes
lefquelles eflant unies J a leurs
femblables de mefmegenre& ef
pece j
lesentraînentavecelles,
lorsque lanaturefentantfonennemy
renforcé s'irrite(lfframaffi
ttoouutteessjfees ffoorces pourjetter le tout
au dehors par deseffortsviolents.
Il faut de plus que la ^J^îede^
cine univerfelle fe puijJè donner
en toute faifon3 a toute comflexion3a
tous âgesyaufji-bien
aux Enfans. qu'auxVteilUrds
> fans que la prscifon du plus ou
dumoins de ladoze puiffe-nuire.
Elle doit guérir en peu deprifes
lesmaladies
lesplusfxcheujess
elle doit encore eflre le remede
fouverain pour tous les maux excrnes.
Voicy la facile compofitiort
de laz^ldedecine uninjerjelle.
COMPOSITION
de la Medecinc univerfelle.
Prenez Sel-nitre rafiné ; mettez-
lefondre lentement dansun
vafedefer ; efiant bien fondu>
ettezpar deffusune petite quantité
de charbons de bois douxy
omrne faulx, bienpilé lequel
rn/rra d'abord&feconsumera*
cequi'l faut retirer peu a peu,
jusques à ce que le Sel-nitn
apres la detonnationfoitfixé&
quil ait une couleur un peu
ruerJaftre
, ce qui arrive lors que
le charbon"nAe Je fouleve pas
comme il faifoit auparavant.
Pour lors 'Verfez vojhre Sel-nitre
jondu dans un tJïïiortier de,
marbre bien chaud;ejlant re-.
froidy il reflera hlanc comme"
pierre d'albâtre&caffant confirme
verre. Pilez-leincontinent,,
@f eftendtz la poudre fur une
lame de verre ou ajjiette de\
fayence, & l'ayant rouvertylcz
peur de la poujjierc
,
^xpcfe^-le*
un peu panchant air,mais em
m liçpi ou leSoleilp rluye.
rofec ne puijfent donner. Mette^
au dejjous un vafe de verre
pour recevoirUliqueur huileufe
qui en coulera, car /'humidité
de l'airrésolvant 1er, Sel-nitres
danslejpace de quelquesjours,
vous trouverez deux fois plus
pefant d'huile qu'il n'y avoit de
Sel-nitre
>
fi toperation efifaite
dam un temps propre ny froid
ny trop chaud
j
mais temperé
humide
,
dautant qu'ilattirera,
le Sel-nitreinvifble que nous
re,Ifpt.irons ['
avec l'air.
Cette huileefiant rettifiee efi
un tres-puiffant menfiruë
>
nr,
dijfolvant pour extraire [J"di':¡' -
ce de toutesfortes de mixtes.
Prene'{ donc quatre ou cinq
parties de cette huile refitfiée
3 &
une partie du meilleurantimoine
qu'on reconnoift parcertaines
roujfeurs qu'il tire de l'or, prés
de la mine duquel il fi trouve.
L'antimoine eftant réduit fur le
marbre en pouffiere trts-fine,
mettez-le dans un grand matras
de verre) & mettesl'huile
de nitre par dejfus. Il fautque
les deux tiers du matras refient
vuides; bouchez le matras fi
bien quil ne refpirepoint3met~
tez-le en digejlion a feu doux
m de Lampe
3
jufquà ce tpre
Û
l'huilt quifumagelantimoine
yparoijje decouleurd'or ou de
rubis ; alors tire^ voflre huile,
el'ayant filtrée parlepapier,
mettez-ladans un autre matraS
de verre à col long
t , & met- pardejjus autant de tres bon
efprit de vin bien reflifif. Les
deux tierspour le moins du mattas
demeurant vuides
,
boucheriebien>
mette%enjuite
en digeflion en chaleur lente
pendant quelquesjoursjujquà
fie que l'efprit de vin ait tiré
foute la couleur de l'huile ou
teinture de l'antimoine. Ainft
ihuile de nitre reftera au fond.
trèsclaire & blanche >fur [tl--
quellefurnagera l'efprttde vin
imprégné de la teinture d'or de
l'antimoine. Tire% l'efprit de
vin ) ^fJepare-^le par decantation.
L'huile de nitrefervira
toujours a d'autres operations-,
pour tirerl'ejjencedel'antimoine
autant defois quonvoudra.
Mettez njoflre efprit de
vin dans un alambic de 'Verre,
dijhle^-le doucement jufqua ce
qu'il n'en refle aufond qu'environ
la cinquième partieJ qui
retiendra avec foy la teinture
de l'antimoine, ou bien diftile'{.
tout l'efprit de vin
» ne laiffanP
•AU fond que lejfcnce de ïanti^
moine. Vous avrrz. ai-nfi en liqueur
ou en poudre la Medecine
universelle
, par laquelle on
fi prefernjtra&guerira.de t-oultes
faortesdd'infirimiteez &sm.a- Si on s'en fert en liqueur> on
en prendra cinq ou fix goûtes
dunsdu vin ou dans du boüil-
Ion., ou dans quelque liqueur
propre a la maladie.
Quefîonl'employe enpoudre;
on en mettra trois, quatre ou
cinq grains plus ou moins> car
fi la dofe eft un peu plus forte
tu plus foikle
a
elle ne ptut nuire
comme font les autres Mede'
cines, qui toutes ont des qualitez
venimeufes. Les Maladies
Jegueriffent dans la
fccohde ou troïjiéme prife. Lors
que le mal efl opiniaflre3 ilfaut
augmenter la doje
J
mefme à.
chaque fois
> &cela troufois la
femaine.
Cette Medecine guerit les
maladies les plus inveteréts e
plus dificiles
j comme la Fienjrc
quarte3laFlenjreethique, tHyejropifie>
mejme le mal - *vene~
rien,&le mal caduc.Cette Medecineuniverfellc
guerit nonfeulement
toutes fortes de ma- - ladles
- ,
ladies internes
3
mais encore les
maladies externes y efiant appliquée
enforme de baume, commeplayes
,
ulceres
j ganzrcne.
Elle guéritde mefmelafurdité
& plufieurs dejfauts de veuë,
mais non pas d'un oeil fec & ,- atrophié comme j'en ay un depuis
1666. ny la goutte fecene
dont j'ay perdu la veuë de
l'autre oeil
,
le tout par la funeftefuite
du poijon du premier
Artifie du fameuxfcelrrat Sainte
Croix
y en haine de ce qu'a.
vec Aï le M.trquis de Saint
André Adontbrun
,
Capitaine
General des Armées duRoy3
nousaviomempejchelafabriqua
de jon poijon dans des -,vailfèaua
de verre hermetiquementfcelltyq
dans la Verrerie du Bois-Giflts
prés la Noclt ; mais toute la re1
compensequejaytirée de cea
grandsfervices rendus à tous leJa..
g,ens-de' bien
y
(Il devoir que le»;
Amis dela Càbale des Ennemis:
du Genre humain,ontimpunément
viàlé toutes les loix
, pOUJt)
mimpojerfilence3 en me réduisant
au dernier tftat de hlluBrtv
xSeliffaire. Ainfiy Monfieur3s'ili
y a des fautes d*ortographedan.x
cet écrit, je n'en puis répondra*
estant aveugle depuis dix-nm--
1mis ,tr nous en deve% rejet*
ter la faute fur celuyquimefert
de Secretaire.
Enfin cetteMedecineremédié
promptement à toutes les maladies
de la tefte qu'elle conforte
.)
rAe tefiomacbquellefortifie
3
luy
retablijfant la vertu de bien diigerer.
Elle efi un vray orpotable>
puisqueceflla teinture orifique
\de l'antimoine qui eft le premier
,eftre de l'or. Il opere ordinairement
par un infenjible tranfpiration>
fouventparlesfueurs rh
urines>rarementpar le bas» fîjif
tres-rarementpar le vomieeemenr.
jiinft anffant naturellement &
fans aucune violence
,
le Mali
de n'efi pointaffoiblycommepi
les autres Medecines.
C'elfpotii
quoy on la peut donner à to
âge
3
a toute complexion & <
tout temps. Vfe^-en,&faite
en part au Public
3 &fur ton
aux Pauvres, & beneè7,, Dit
Iii a créé la Médecine. 8
Je vous tiendray parole a
vous envoyant dans peu de jo".
le fecret de faire croiflre tout
flrtes, de Metaux en arbvg
Irranchus &fo.liJesJce quipouf%.
firvir aux Eleves d'Hermes i
i
déciderdela terre des .Pbiloj\
, rhes , de leur feu e de Ut
MU, ef a rcconnoiftrequ'ils attribuent
beaucoup de chofes à
Ujfcrentseflres, qu'on doitpeutîflre
au rntre & au Jettlantimoine.
; i\ COMMIERSD'AMBRUN^,
: Prcvotf deTcintiit.
il s'eft fait de fort jolis Vers;
aufquels l'Auteur à donné le
dom de galanterie. Une Da-
"lC., quatre DcmoiCcllcs) &.,
deux Cavaliers) que Toccafion
du voifinage fait foulent
rencontrer enfemble
joiioient un jour a de pecity
xux. Une d'elles ordonna à
un des Cavaliers
) pour retirei
Tongagepour fatisfaireau
loix du Jeu? de faire des Ver
pour chaque Perfonnede la
Compagnie,& on luy donnsî
terme jufquau lendemain. Le
<
Cavalier, pour exccuter cet
ordre) envoya ces Vers à la
Compagnie.
A MADAMEC
Vartde plaireefi un don chAfl
niant,
Héréditaire, en certaines Famîjlesz
Mert ayant comme vous r
gtntiUejfe* agrément, ': Auratoujours aimables Fiues*
»A MADEMOISELLE C,
;Le douxfort de la voix ,
le partkr
•
gracieux> ?J
Ep, un charme dans vous qui me
pl.nfr & me touche; mais n'¡!jtZ"utorij()urs un airfi
ferieux.
Lffrs quevousfere%Jla farôticîk
> le diray que pour mon malhel/rl
L'amertume de voftre coeurK
Gàte le mielde voffre Louche,
AMADEMLLEC.D.L.B.
Avoir douceur charmante à* grâce
naturelle
,
Bouchede rofe>airfingrandetrille,
beauxJeux,
reint de lys
,
dents dy'voire, avtc\
queblonds cheveux,
- En un mot, efirejeune & belle,
Pour des Voifins tien nJejtJi dangereux,
TUne croit avec vous jouer qu'aux
petitsjeux,
Jgui tout en badinants'engage,
<£ taijfi enfinfalibertépourgage.
fA MADEM1" L.O.
l'ejj>ritvif, le cæurhon, l'air ten
? x dre,lesyeux deux,
Ne marquentpoesl'indifférence.
Si vmsvoule^fçavêir Íe qu'onpcn~
fe de vous, lefélicitéparavance
Le Mortel remplyde bonheur
3 Jtht-lpourle prix" defa c&n*
fiance,
Vn>jourgagneravofire CffmY.
%»
AMADEMLLE D. 1
Sçavez-vous bieu cort ment en %un
motenappelle Vatendronbienfp^ct'Jïant,
Vn pelçim de nege ébloui(fant
Par la blancheurdont il excelle,
Vnmorceaufraisde Uit caillé
Va petit Ortolan, dodu, gras> éveillé,du
, gra
Ale volontiers des yeux 1'411 mange,
F-de touffe de lys, un bouquet de
jafmin,
Vn fatin blanc & doux aux yeux
commeaa main ; le nomrnetùwteelapaevnfeqi mot,
dotE*~jçe.
c:e.ft aufliie nom dela Peifonnç.
IlJr A M' D.L. T,
C1' ne croit boire que chopine.,
Et /;,;[':"; j'oh'i'.ut on en boit deux,
On b.ïdiKc avec rd voijine,
Et l'oncndivkï'tamoureux*
Si-:d.e 'vous par movjedevine,
De vous chanter* cet air n'ilurois-je
pas ït:ifln ?
,
Ç<PY nous f.::fojîstous deux ce que
ditla Cbanfon.
ENV0Y.
Pouf m'avez, demandé des Vers, (},
point de Trofe,
Belles, je voudroi: qu'autre chofl
Vous m'eujjie^demandei
Autre chofequifufl pour moy .y~~
vous déplaire
s
-pius doux &plusfacile a faire,
le vous anroisgalammentaccorde.
M.D.M.
Ces Vers donnerent lieu
a un Inconnu? d'envoyer
ceux qui [uivent, àdeux
"ries -0rmoifcllcs <k cette
Compagnie,
-
* Wltts fe relis les Vers tfuc ïêèè
fais pourvous, -
ffioins,je aowois cçluy lxi ksffafr
fibienfaire.
Son jiile -efi coulant,-tendre rj-
- doux,
Maisqûoy Yjue deJon '- f4îu\njtferen,om vous mz
Je'frëtem hjoh-s donnerun avisJa* 1vintaïre ,
*• *
Donneurs d'avis pourtant ne fillt
guère eC(}uti''{,
Dans la bouched'autruyfoulent les
'lHy¡h"'L
N'ont rien qui plaifl)
Maisfansplus rafonner,
Revenons à ïavis que je veux vous
donner,
rtyfnyfonsla parenthefe.
JPille jeune & jolie efi un friand
morceau Plaifant a voi,r,ragoûtantÀmerveillej
De s'en rendre le maiflre il efifacilt
cf beau,
qaoiffaitbienleprendre par
l'oreille ;
Gardez-vous desdifeours flateurs
1 De ces dangereux Orateurs,
jgui ne difent près des Filletes
Jjhie propos amoureux ,
que*tendres
chanfonnettes.
en fritau Corbeaud'avoir trop
écouté
De.fin perfide amy le decevantiangage:
Le Renardfin aprèsl'avoirflate
,
JjUy fit tomber du becmagea
finfromage.
Les deux Demoifelles en..:
voyèrent ces Vers à l'Auteur
des premiers, qui aufli-^oft
leur fit cette réponfe.
.;
Du Poète inconnu, de tAuteut
anonyme, ','
Belles, je goûte fort la rime,
Mais non pas la raifin;
Voulant me fairecroireamyfufpèct
j'tjlime i <^6y~<yfrt
Jj>uenfinravis pour vous jT*
fifO <b**#~defaifin/,
Comme luy je découvre en vôiïS^
beauté, jtunejfl
, Esprit, douceur ,
enjokment^gentilleffe.
Eh bien! croit-il qu'épris de tant
d'appas
le reffinte pour vous emprejfement,
tendrejje ? feint du tout, ilfetrmper&je ne
fais nul cas
De la brune ny de la blonde ;
Z>e toutes deux mon coeur ne vOgdroitpas
,
McouteZmaraifon,&fur quoy je -la fonde.
Touravoirce morceaufriand ,
delideux,
Cefromage mifterieux
Dont parle vofire Auteur, dites-moy
., ;;,
fansfourire,
:
:
p6urr°it tjlre unrcnardaz fnf ,
Doiiiiarf&cit
ïêttrmoyj de vous j'aime mieux
dire
- Ceque difiit leRenard du raifin.
M-D-M.
Je vous ay déjà, dit plusieurs
fois qu'on fait frapper
des Médaillés de tout cc qui
rend le regne duRoy3 le
plus beau Regne dont on
ait jamais parle» de forte
qu'on pourra faire une Histoirc
mctallique de la vie
de ce Monarque. Je vousay
déja envoyé quantiré deces
Médailles, non pas félon
l'ordre des actions de Sa
Majefté) mais fuivantqu'cL
les font tombées entre mes
mains. Quoy que je ne garde
point l'ordre des reillps,
c'eft toûjours vous faire part
de quelque chofe de nouveauqquueeddeevvoouussecnnvvooy~
r yer
ce que vous n'avez pas encore
vu : & comme la Mé^
daille de laFlotte Hollandoife-
brûlée devant Tabago eft
de
ce nombre> je vous l'envoye.
Je ne vous repetc
point que le Portrait du Roy
cft a la face droite de tou- -
tes, & que l'ayant déjà fait
graver cinq ou fix fois> je
ne vous cnvoye plus que les
revers.
On a renouvelle icy deuis
peu les défenfes qui
voient eftépubliées touhant
les Jeux de hazard) & v -\
cla s'eft fait en cette forte.
x premier du mois pafle lé
)arletnent donna un Arreft,*
>arlequel après avoir man- 3
lé les Officiers de Police &
es avoir entendus) il ordonna
quils donneroient leur
ivis par écrit fur les moyens
es plus convenables de faire
:ener ces fortes de Jeux. Ils
lonnerent leur avis, la ma- ,*
tiere fut mife en délibcration>
& les conclufions de, y
r ME le Procureur Général
ayant efté prifes
)
il fut ordonné
le 18. dumefme mois
que les Ordonnances & Arrefts
concernans les Jeux de
, tiazard feroient executez,
avec défenfes àtoutesperfonnes
de quelque qualité&
condition qu'elles foient de
,
donner à jouer dans leurs
maifons à ceux qui y viendront
pour ce fujet, & particulièrement
aux Jeux du
Hocajde laBaflette& duLanf
quenet ; a peine contre ceuà qui oferont y contrevenirj.
- dit trois mille livres *Tariiéï^
1de, applicable un tiers au
Roy, un tiers à FHolpital
General) & l'autre tiers aux
dénonciateurs
>
fans prejudice
de plus grande peine fi elle y
tchoit), principalement en
cas de recidlve. Il fut or.
donné par le mefmc Arreft
que les condamnations d'a.
mende pourront eftre prononcées
par le Lieutenant de
Police au deffaut d'autre
.preuvf fur les feuls procès
verbaux de deux Commif-
(aires du Chaftelet> contenant
que de l'ordre de ce
Juge<le Police
?
ils auront
Averti ceux qui donneront
airifi à jouer? de cefler leurs
Affemblées ; que les preuves
de les avoir continüées) feront
le concours des Laquais,
des Carofles & des
Chaifes qui fe trouveront ordinairement
arreftées aux
portes de leurs maifons, joint
a la connoiflance publique
¿&, au témoignage des voifins5
fi quelques uns d'eux
veulent depofer;que les Propriétaires
des maifons dont
les Locataires donneront
âinfî à jouer> après que les
^ommiffaires au CbaAeIcc
les auront avertis luivant;
rordre du Lieutenant de Police,
pourront eftre par luy
condamnez fur les procès ver,.
baux de deux Commiffaircs
folidairement avec les Loc&*
uires au payement des amendes
jufques à la fomme de
mille livres) & que les maifons
demeureront fermées
pendant fix mois) à moins
que les Proprictaires n'ayçnt
donné congé aux Locataires
d'enfortir. Cet Arreftgeftc
leu> publié & aifiché par
tout Paris, & il y a beaucoup
d'apparence qu'il]fexa
ceflcr les Jeux ruineux dont
tant de familles fe trouvent
incommodées.
Letg. dumois paflemourut
à Befançon Meflire René
dcla Tour) Marquis de Montauban
, Lieutenant General
dans les Armées de Sa Majefté,
& au Gouvernement de laComté de Bourgogne»,Il
avoit palfé par tous lesdegrez
Militaires qui peuvent conduire
à la Charge de Lieutçnant
General) & fa valeur&
Ton mérité luy donnoient
xlroitd'cn cfperer de plus éje-
,)lez, puifquelor^cju'-enapu
ttfiôntér jufque-là> il n'y£
plus de paite d'honneur entre
ce haut rang & celuy de
Marefchal de France; ôc
qu'aind il ne refte qu'un fcul
pas à faire pour y parvenir. Sa
vertu i fa cond uice
»
prit&soncourageonfottnoeûf--
jours paru partout où il &
falu combatre, ou commander
pour le Service du Roy.
La Bataille de Scnef
*
la retraite
de l'Armée après la
.mort de M de Turenne, &
celle de Meffine5 ont cfté dès
endroits remou
cettevaleut &; cttte copdtme
ont éclaté. J'irois trop loin
» fi je vous parlois de tous
les Combats & de tous les
Sieges où il s'efl: trouvé)
avec une intrépidité qu'ont
MÛjoursadmirée. La maniéré
dont il fediftingua dans les
Guerres de Hollande luy fit
mériter le Gouvernement de
Zutphen & de la Province
qui porte ce nom: & l'on
peut dire qu'il s'eft toujours
montrédigne petit-Fils d'un
autre René de la Tour, Marquis
de Gouvernct
1
fameux
par plufîeurs avions mémojrables
quil'ont rendu célébre
brc dans le temps des guerres'civiles
de la Religion &
de'laLigue,& l'un des Hommes'Illuftres
de Dauphins
dont les Vies ont eité écritespar
M* Allard
, Ancien :;
PPrreefiddeennttecn" 1 Election de @ 1 Grenoble. Il travaille de mefme
a l'Eloge de M le Marquis
de Montauban, & c'eft
de luy que j'ay,appris que, la Famille de la Tour Gou- -
vernet cft une branche de
celle de la Tour du Pin) de }b
laquelle ont efté les quatrederniers
Dauphins de Vien- 1
nois.1Albërt de laTolirdu
Pin) III. du nom, eut troir
Enfans, Humbert qui epoufo
l'Heritiere de Daupnine >Albert
IV. qui continua la
branche des Seigneursdelà
Tour du PinJ & Aymard
qui commençacelle de Gou^
vernet & qui vivoit en n~o<
Il a efté le treifiémeAyeul
de Mr le Marquis de Mon.
tauban., & fes Succeifèurs fafont
terminez en quatreBranches
j
celle du Marquis de
Gouvernet
>
celle du Marquis
de la Chaux, celle du
Màarquis de Montauban ou fcs ficres> puisqu'il eft
*
mort fans avoir eftc marie
& celle des Seigneurs de S.
Sauveur. M de Montauban
a eu pour Frères M le Marquis
de Foyans & M le Baron
de la Chaux» tous deux
connus par leurs longs fer-
Vices Ôc par leur prudence.
M sdu Mcfnil font leurs Frètes
utérins> & MlK de Monrauban,
qui a eftc Fille
d'Honneur de de la fciic '-
Reyne Mere, ôcqui s'eft acquis
une fi grande réputation
par fa verrur par fon
(fprit & par fa fage(Te
, cH:
leur Soeur. La Famille dela
Tour) porte de Gueules à U
Tour d'or jointe à un Avantmur
de mefme. La Branche de
Gouverner a pris des alliances
dans les Maifons Du-1
gatz, de Granges) de Pourret>
de Beaufort?d'Arces>de
Combourcier, de Chabeftan,
<1AlleiHan> de Silves, do
Montauban, de Bourrelon,
de Sauvin, de Caftelane
>
&
elle cft entréedans celles de
Rame:>d'Odc> de Martin
>
de
Revilafc5 de Vaftel, de Vcronne,
d'Artaud
)
de Foreft,
de Blain
>
du Puy-Moutun
» de Pierre> de Rcynard
>
ds
Vinccns>de Cornillan, qui
font des plus anciennes&des
plus illuitres de Dauphinc;
& dans les autres Provinces fes
Alliances ont cilé avec les
Familles de BoCquet, de Gabian)
de Chan-ibaud, de Vignoles,
d'Herval> de Gineftoux,
de C uillaumout) de
-
Sadde) de Lanes) de Baudan,
de Marennes) de Saufan
t
d'Erard, d'Adelbert? de Raphaëlis)
de Joannisocelles
des Marquis,Comtes ouBarons
de Maifon-feule de
Drujas, d'Enteroche, de Verrières
& de Maillerargues,
Je vous parle prefquetoû-'
jours après les autres des
grandes nouvelles, dont tous
les détails mis enfemble doivent
faire des morceaux
d'Hiftoirc confiderablcs
? mais fi j'attens un peu de
tem ps à vouseninfhuire>j\iy
l'avantage de vous en parler
jufte & afond. Vous leçonnoiftrez
par la Relation que
vous allez lire. Je fuis icur
qu'elle vous donnera beaucoup
de plaifir) & quevous
y trouverez des chofes fort
cuncufes,&dignes d'eftreremarquées.
RELATION
Contenant larrivée de AT
l'Ambajjadeur dePortugal À
Adanheim, premiere Ville
du Palatinat; fin Entrée
publique à Heydelberg; la
maniéré dont il a ffté rectu.
4L fis Audiences publiques;
tomment il a efté traite» &
les Ceremonies du Mariage
de la Princejje AdarieSophie
Eli'fabeth^deNeubourgtAvec
le Roy de Portugal. MOnficur le Comte de
VlllarmayorîAmbak
fadeur Extraordinaire de Portugal
vers (on AlteifeElcci5-
torale Palatine
)
s'eltant ariette
à Manheiii-i* pour Ce
difpofer à faire les fondions
de fon Ambaffkde> envoyale
ie. de Juin le fieur Antonio
Roiz da Cofta fon SecrctaireP
dans un Cardfiè"à..,{lx'chevaux
à Heydelberg,'demander
jour pour yfaire on Entréepublique
& avoir fa preaniere
Audience. Ce Gentilhomme
s"adrelfa au Grand
Chancelier) comme à celuy tpi avec d'autres Charges
)
exerce celle de f; Secretaire
'd'Etat. Ce Mnullre luy Inart
tjjua le dernier jour de ce mefme
moisjfelori qu'on en eftoit
déjà convenu Ainficet Am- 1
baffadeur ayant à faire la moitic
du chemin par.eau,envoya
des le z_9. tous fes Equipas
pdf-terre à Ladembourg
j qui
eft juftement cntre-Manheim
& Heydelberg.
Ce mefme jour le GOlJver.:
.neur de Manheim alla luy
Tendre vifîte?&apprit de
luy que le lendemain à fix
heures du matin fon deflein
eftoit de s'embarquer fur le
fcfecàrpour fe fendre à La-
^kmbourg?- où îl-trouvero-it
ion Train. Il prit les mefurei
là-dcffuspourluyrendretous
les honneurs qui luy eftoient
deus, & le 30. à la pointe du
jour) on vit deux Regimens
d'Infanterie en bataille dans
la Place vis-à-vis le Palais
où logeoit l' Ambafladeur.
l'heure où il en devoit fortir
eftant venue >
le Gouverneur
fuivi des Principaux de laNoblcffe,
l'y alla prendre pour
le conduire dans la Barque.
Le Comte de Villarmayof
s'y rendit, marchant toujours
entre une double haye
dcSoldacs fousles armesldooc —* -
les- Porte-enfeignes abbati-
1 rent leurs Drapeaux lors qu'il
1
yaflbitïlcsCapitaines qu'ils
avoient en tefte luy ayant dé-.
jarendu leurs civilitez.Aprés
-cclà) il y eut une décharge
générale de la Moufqucterle)
qui fut fuivie du briiit de
tout le Canon de la Place)
qui tira trois fois. La Barque
où l'Ambafïideur entra) * cftoitmagnifiquementtapifféc*
Ils'y afficfurunFauteùilde
velours vert, ,&, ayant fait
placer les Cavaliers Portugais
qui Paccompagnoienc
par konoeurjil fa entra fçs
rGent-ilsho-mmes & les. Au-^ -
ruôniers. Une fécondé Bar-^
que [ervic pour fon Maiflrc
d'Hoftel, pour" fes pages &
- fes Officiers) & il y en eut
une troifïérne pour ks Valets
dePied & autres Gens
de Livrée.
L'Ambafladeur arriva furlesdix
heures à Ladembourg,
où aufficoft les Bourgeois
parurent fous les armes.Aprés
fon débarquemenr
3
il
rutfalué par le Maréchal des
Logis de la Cour de S. AJE. P.
.qui luy ditque s'il l'avoit a^
agréablejil pourroit monte|
a cheval a trois heures après
Inidy, parce queM le Prince
Charles quidevoit venir audevanc
de luyspartiroit de Heydelberg
en ce mefme temps)
pour le rencontrer à moitié
chemin. Le Comte de Villarmayor
ayant difné, monta
dans l'un de fes Carrofles. Il
en avoit deux entre autres
d'une tres-arande magnificence.
Celuy où il entra, étoit
de Velours cranloity
,
mais
tout en broderied'or, par dedans
& par dehors. Une groffc
campane d'or meflée avec
de la foye grenadine de la
couleur du Velours, regnoid
tout au tour des bords de'
l'imperiale. Les Rideaux é.;
toient de Brocard d'or. Une
Ires-bellc peinture donnoit
du prix au bois du corps du
Carroflc
>
& fur les cxtremicezainfi
que fur tout le trailb
cftoit une Sculpture des pluB
délicates. Enfintout paroi Cfoit
tres-bien travaillé juCOues
aux rouës mefmes. Ce
fuperbe Carroffe eftoit tiré
pdaornqt uatre Chevaux ifabelle9
les longs crins alezans
>
avoient elle trefiez avec du
jrubanponceau quifairaic un
fnelange fortagréable.Vingtquatre
Valets de Pied mar*
choient de chaque cofté) & il
eftoit fuivy de l'Efcuyer de
TAmbaffadeur
>
monte fur urt
cheval richement enharna.
ché. Il avoit des fourreaux de
Piftolet & une petite houtre
en broderied'or de relief, a.
v,"c une autre houfle plus
grande par deflbus
>
de Velours
vert) garnie de trois largcs
galons d'or tout au tour.
Douze Pages à cheval marchoient
derricre
5 portant de
pareilles bouffes de Velours t
etus à un feul galon d'or. Lç
fécond Carrofle(uivoità vui.
de
; encore plus magniifque'
que le premier. Ilcitoit d'uii
Velours bleu à fondd'or>
gainy de campanes tout or,
avec des rideaux de mcfnie.,,,
La Peinture3 & la Sculpture
en eftoient très belles,& faites
par deux des plus habiles
Ouvriers de 1Europe pour
les Ouvrages de cette nature.
Six Chevaux gris pommelez
àgrande queue blanche? tiroient
ce Carrofle. Je ne
dis rien de quatre autres qui
#iarchoient en fuite, attelez
chacun de fix beauj^/
Chevauxnoirs) donc les crins
eAoiencornezdune quantitéf
prodigkufede rubans. Ils je-
_toie.Qt remplis desCavaliers
£ortu&ais>&:desGentibhoin- "D"
ynes de rAtnbaflackur:>qui
avqient tous des habits d'une
richeflè& d'une propreté furprenante.
La broderie d'or
,quilescouvroiteft.oit à/pleint ensortequel'onn'enpouvoit
remarquerl'étoffe.Lalivrée,
.iWt-des Pages que des gçns de
Pied, & des Cochers, eftoit ,
-
de drap d'écarlate fort finV garny dedeux galons bleu
6l. argent. Ilsavoienc tous des
Bas deloyc
>
& des Chapeaui
avec de grands bords d'ar2
gent & des tours de plumes
bleu & blanc> & les Pages
avoient des Veftes de foye
mordoré, avec des galons
d'argent> que les autres n'avoient
pas.
On marchoit en cet équi.
page, lors qu'on aperccut.
dcmy-lieuë de Heydelbcrg
Mrle Prince Charles qui at..
tendoit MrleComte de Vil-.
larmayor. Le Prince fit d'abord
tourner la telle de Ces
Chevaux vers la Ville>afin
que leCarroifede
acur le trouvait iur la droite:
& lors qu'ils furent affez prés
l'un de l'autre
,
le Prince
Charles mettantpied à terre,
le Comte de Villarmayoren
fit autant) & s'eftant fait les
Complimens ordinaires en
ces fortes de rencontres,
l'Ambafladeur entra le premier
dans leCarofle du Pnnce>
Scfc plaçafur le dcrriere.
Le Prince fe mit fur le devant
) & les deux trains sétant
menez, l'on dlfpofa la
inarche en cette manière.
Un Efcadron de Dragons
4e Monikiu 1tlcckur alioic
devant. Il eftoit fuivyd'uri
grand nombre de Valets de
Pied meflez parmy des Chevaux
de main des Seigneurs
de la Cour Palatine. Apres
vènoit à cheval une Compagnie
de Gentilshommesétudians
de l'Univerfité ; puis
l'Ecurie de S/A.E. qui precedoit
plufieur^Caro(lès cane
des mefmcs Seigneurs delà
Cour de Monfieur 1 Eleéteur,
que ceux de (a Malfon., dans
lefquelscftoient les Cavaliers
& les Gentilshommes Portugais
?accompagnezd'unOfficier
de S. A. E: dans chaqu*
-
Carrofie. Entuite parurent les
LTrornpcttes & les Timbales,
devant les Officiers & les
Gentilshommes de la Cham-
Ire de S. A.E.tous à cheval.
f/s Cirrofles du Corps de
donneur l'Electeurfuivi-
'-"ente Le Comte de Villarmayor>
& le Prince Charles
•en occupaientle plus beau;
Aucofté droit de ce CarrofTe,
-qui eftoitle dernier de ceux
de la Cour, marchoit l'E[..
luyer de l' Ambaffadeur à Iz
tefte des Pages
>
qui fuivoienc
à une petite diltance 5& dtlt
\fcolte gauche marchoit p~
reillement l'Ecuyer du Prirt.
ce )
fuivy auffi de fcs Pagesj
la mefme chofe ayant cfté ob.
fervéeàPcgard des Valets de
Pied du Comte, & de ceue,
du Prince. Un Eicadronde.
Gardes du Corps de S. A. E
venoit après eux; & enfin les
fix Carroffcs de l'AmbafTadeur,
précédant quelqucs
Compagnies de Dragons qu:
fermoient la Marche. La Li.
vrée de Monfieur l'Elcéèeur
eftoit d'un drap bleu garny
de galons d'argent ; & les
Gentilshommes & Officiers
4c fa Maifog >aroient tOUj
m
des habits tres-magnifiques.
-
Mr FAmbaffadeur trouva
à Heydelberg dés l'entrée do
la Ville, une double haye de
Gens fous les Armes) par toutes
les ruës jufqu'à l'entrée.
duPalais?devant la Place duquel
il y avoir un Bataillon
dont il fut falué par une décharge
de la Moutqucterie.
Elle fut fuivicd'une triplr,
falve de tout le Canon#
1/Ambanadeurfut receu à la
defeente du Carroflc par le?
Princes Fridcric & Philippe1 ,
ic comme Monficur l'Elcc.
tcur l'acccndoii au hwdg|
premier Efcalier3il ne l'eut
pas plûtoit apperceu qu'il
defcendit
> en forte qu'ill'aborda-
lors que le Comte de
Villarmayor avoir à peine
monté cinq degrez. Il le fie
couvrir auili-toit> fins quaucune
autre perfonne que S.
1A.E.fe couvrift. Illuy donna
la maindreite> & le fin
pafler devant luy à l'entréede
toutes les portes qui fe prefenterenr
jufqu'au grand Cabinetoù
il le mena. Après qu'ils
y furent arrivez?ils saffirer^
chacun dans unFauteuil. Il
4iy avoit que ces deux Fautciiilse
teiiils) & Monfieur l'Elefteur
donna la premiere place au
Comte. Son Excellence fit
fes premiers Complimens,
aufquels S. A. E. répondit en
des termes qui marquoient
beaucoup de rcCpeét & de
reconnoiflance pour le Roy
de Portugal. Un peu aprés
rAmbafladeur fe leva, &
MonfieurPEle£teur le reconduifit
jufquà l'encréede
l'A partement de Madame
l'Electrice. qui luy devoit
aufli donner Audience. Cette
Princefle
)
accompagnée de
deux Princeffes les Filles).
receut l' Ambafladcur à rai
prcmicïç# Antichambre
, &
luy offritle pas peur entrer.
Le Comte retula de paffer le1
premier, & quoy que S. A.E.
inlillail beaucoup peur l'y obliger
?il voulut avoir cette
déftreiicc pour ion [exe,coflfidtrant
principalement qu'il
le pouvoir lans prcjudJcierl
ce qui cftoit dû à [ùn caraacre)
puis qu'il avoir receut
de Monfieur l'Electeur l'honneur
qu'il vouloir bien de.
ferer à Madame 1 EU6trice.
, Il n'y avoit ppint de Dais
dans la Chambre où elle le,
încna, & on n'y pouvoit diftinguer
ny la main droite, ny
la principale place. Il y avoit
feulement deuxrangs dechai-
- fès à Toppolîte les unes des
autres, & ainfi Madame l'Elé&
rice pritplice fur le haut
bout des unes, ayant à fou
£ofté les deux Princefles [etj
filles
, & TAmbafladeur la
prit fur le haut bout des autres
, ayant le Prince Charles
-au deffousdeluy.L'Audience
finie, il fe retira. Les Princeflès
l'accompagnèrentjuC-
- bqrue'à la première Àntichamr ,-ôc le.PrinceÇliarks^
vec les Princes fes Freres
>
fuivy
de beaucoupd'autres Seigneurs>
ne le quittèrent que
lors qu'il fut dans l'Appartement
qu'on luy avoit préparé.
On avoit aufïiaeftinc
des Chambres dans le mefmc
Palais pour les Cavaliers Portugais
qui accompagnoient
l'Alnba{fadeur,ainli que pour
fes Gentilshommes ; le reftc
,
de fes Gens fut difperfé par la
Ville> mais ilsvenoicnt tous
manger au Palais.
Monneurl'Electeur nomma
le Baron deCraiter5 & le
Baron de Spring
> pour fervix
1.'Anibaffadeur. Ils fe tenoient
toûjours"dans fon Antichambre
lors qu'il cftoit
dans rAppartcment
) & ils
le fuivoient quand il en étoit
dehors. L'un avoit foin ordinairement
de luy tervir la
Sous-coupeà table lors qu'il
vouloit boire? & l'autte de
luy verier de l'eau fur les
mains> & de luyprefenter la
ferviette.
Au fortir de l'Audience de
Madame l'Ele£trice, le Comte
de Caftel> & le Grand
Marechal) vinrent trouver
M'le Comte de Villarmayor?
pour luy dire que Monfieur
J'Elccq,curvouloit luy rendre
viiite. Ce Comte alla le recevoir
àla premiere porte de
t'Appartement qu'il occu- poit,& parce qu'il rrgardoic
cet Appartement comme Ton
propre Palais, il y donna la
main & l'entrée à M l'Eleûeur,
le reconduifant enfuitc
jufqu'aumefme endroit, &
en la mefme Inaniere.
Un des jours fuivans PAmbafladeur
vifita le Prince
Charles qui l'avoit mené dans
fon Appartclnent. Il l'en fit
avertir par l'un des Baroas
tjui eftoicnt toujours dans ton
Antichambre
?
& il le trouva
qui l'attendoit à l'entrée de
fon Appartement. Le Prince
Charles ayant donné le pas àu
Comte&la Place d'honneur
,lors qu'ils s'ailirenb le rccan- duifit jufqua l'endroit où il
j'avoit receu.
La nuit vcnu-ë
?
le Gouverneurde
Heydelberg alla demander
le mot à FAmbanadeur)
& les autres jours? ce fut
la PrinceffeMarie Sophie qui
le donna> comme Reyne de
Portugal;maisle mefmeGouverneur
ne laifloit pas de le
porter tous lesfoirs à fon.
Excellence.
A l'heure du Soupe
,
le
Comte de Caftel, & le Grand
Maréchal
, avertirent M" le
Comte de Villarmayor que
S. A. E. l'attcnduit pour fe
mettre à table, & des Pages
de Monfieur l'EleQ:eur parurent
en mefme temps avec
des Flambeaux de cire blanche;
ils marchèrent devant
luy, ce que fit aufli l'un des
Barons) qui porta un Flambeau
d'argent avec une bougie.
L'Ambaffadcur trouva
que Monfieur 1 Electeur* l'attendpit>
àTentrée de fonAppartemcnt.
S. A.E.luy donna
lamain droite &le pas, commeElle
l'avoitdéjà fait,&luy
fit prendre la premiere place
a table. Un Seigneur du Confeil
Privé de MonfieurTElcâcur,
donna pour cette fois
à laver5&verfade l'eau premièrement
à M' l'Ambauadeur?
& puis à S. A. E.
La Table eftoit fous un
Daisjavec deux chaifes fur le
haut bout. M: le Comte de
Villarmayor s'affit fur celle
qui eftoit à main droite, &
Monfieur l'Electeur en fitautant
fur celle qui eftoita.
main gauche. Les Princes fes
Filsfuivoient des deux coftez,
les plus âgcz précédant les
plus jeunes. LEcuyer Tranchant
fervoit toûjours l'Ambafladeur
le prelllier, &cnfuite
Monfieur l'Eledteur.
Cette table cftoitentourée
de tant deNoblcffe, que l'on
ne fe fouvient point d'en
, avoir veu un fi grand con-1
** o
cours en A llemagne. Il y avoit
entre autres plus de foi-i
xante Princes & Princeffesji
que la curiofité avoit attirez
de divers endroits, & quel- j
ques-uns de foixantc- dix
lieues. Ils le tenôient tous
debout & découverts?obfei>
vant feulement de faire'mettre
devant eux de (impies Cavaliers
pouf marquerqu'ils
étoientincognito.
On but d'abord à la fanté
du Roy de Portugal, & en- '-
fuite à celle de rElnpercur,
mais il falut que le Comte
de Villarmayor quine boit
jamais de vin5 y repondift
avec de l'eau? après en avoir
demandé la permiflion. Il y eutdurant le repas unconcett
deVcix &: d'Infbumens des
plus agréables P-& lors que
rAmbafladeur le retira,Mon;j
four lElecteur le conduifit
jufqu'à la p emiere porte de
l'A ppartement qui luy avoit
.efté donne? S.A. E. fe tenantà
la main gauche du Comte;
mais en cette occafion ainfi
qu'en toutes les autres? Ic
Comte de Caftel, le Grand
Maréchal & toute la Cour
ont toujours fuivi l'Ambaffadeur
jufqu'à la derniere antichambre
de fon appartement.
On feeut cette mefme
nuit que le Comte de Martinis
yenoit d'arriveren qualité
d'Envoyé Extraordinaire
de l'Empereur pour complimenter
de fa part & de celle
de l'Imperetrice
)
leurs Alteflfcs
Electorales, & la Princeffe
Marie Sophie fur fou
mariage. La haute qualité
de cet Envoyé eft connuë
de toute TAllemagne
, ou
chacun fçait qu'il eft de
l'une des plus anciennes &
des premieres Maifons de
Bohclne. Il eut audience le
lendemain au matimde Monfieur
l'Eleéteur, de Madame
l'Ele&rice & de la PrincefTe
Marie Sophie, à laquelle
il prefenta une Bague de
grand prix que 1 Impératrice
fa Soeur luy envoyoit. Le
Comte de Martinis parla découvert
à ces trois Audiences,
Il n'eut point de preféance»
& fe retira dans la Ville;,
auffi n'eftoit-il qu'Envoyé*
ôc non pas Ambafladeur.
Le premier jour de Juiller
M leComte deViUarmavor
entendit la Mtflede bonmj atin.
Les Aumôniers de S.
A. E. la celebrerent toûjours
dans l'appartement. de ce
Comte,qui fe mettoit ordinairement
fur un Prié-Dieu
<^e l'on a^oit prépare £
cet eftet couvert d'un riche
tapis avec une Chaiie derriere.
Il envoya enfuite l'un des
Barons qu'il avoitr.uprésdc
t
luy à Monfieur l'Electeur>
afin d'avoir audience pour
faire en ceremonie la Demande
de la Princefle Marie
Sophie. Cette audience luy
fut accordée en même temS>
& il trouva Monfieur l'Electeur
à la pr~micre porte
par où l'on entrcit dans fon
appartement. S. A. E. le
conduifit à celuy de Madame
l'E:clrlce. Cette Princefle
y attendoit rAalSffa-
.d,cur
1
accompagnée de la
Princefle fa Fille
> au mefmel
endroit qu àla premicre Audience.
Elle voulut comme la
premiere fois luy donner iez
pas, mais le Comte en ufa
encore comme il avoit déjà.
fait, & fc contenta de marcher
devant Moufieur l'Electeur.
Il y avoit les deux i
mefmes rangs de chaifes. Madame
l'Eledtrice ayant la
Prince/fe Marie-Sophie à fon
cofié)fe plaça fur le haut bout
des unes, & l'Ambaffadeur
prit place fur le haut bout
des autres, Monfieur l'Eleltcur
eftanc au deffous de luy.
MrleComte deV
fit fon Compliment)& demanda
la Princede Marie Sophie
en mariage pour le Roy
ion Maifire,& Monlîeur l'Electeur
ayant répondu avec
des termes pleins de refpeêt
5 qu'il accordoit volontiers fa
Fille à Sa Majefté
,
l'Ambaffadeur
qui confidera dés lors
cette Princeflecomme Reync
de Portugal) fc leva, ne voulant
plus fe trouver affis en
fa prefence.Monlîeur l'Electeur
fe leva en mcfme temps
ainfi que Madame l'Eledlricc
&laPrinctlfe ; & le Comte
pourfuivit>alfurant leurs AU
Il
Aouji1687. S
teffes Electorales de lafatisfa-
&ion extrême qu'aurait, le
Roy fon Maiftre
>
d'avoir la
PrincelfeMarie-Sophie pour
Epoufe? à quoy S. A. E. répondit
en luy témoignant la
joye que luy caufoit l'honneur
que cette Alliance apportoit
à fa Maifon.
L'Audience cftantfinie>
Monfieur l'Electeur emmena
l'AmbaITadeur difner> en luy
donnant toûjours la main 4
droite>Se luy faifant les
jmefm-es honneurs qu'il luy
avoitfaits le foir preced er,j
Ce Diluer ne differoitdeI'autre
Repas, qu'ence que l'En.
voyf de 1Empereur ft trouva
à Table
>
mais placé au defÏ£
us de tous les Princes.
--Oir avoit déjà arrefté que -éernefme)Our
,
après difné,
la Princefle Marie-Sophie fe-
Toit publiquement declaréc
Se reconnue Reyne de Portugal.
Ainfi à l'heure prife
pour cette Cérémonie> le
Comte de Caftel alla avertir
l' ÀnlbaffadeHr. IL fortit de
tfbn Appartement fuivy des
Cavaliers Portugais? de [es
Gentilshommes & de tout
>oii train, & alla chez Molié
fieur l'Eleéèeur. Il en fut receu
comme les autres fois à
la premiere porte ,
d'où S.
A. E. mena le Comte à une
grande Salle où s'elloit rendue
la Princeffe Marie-Sophie.
Elle eftoit fous un Dais,
mais non pas Madame l'Eledrice
qui eltoit à fa droite,
avec les autres Princes & PnncefTes
[cs Enfans
,
& à la gauche
la Dame d'Honneur de
Madamel'Ele^rice, les Gouvernantes
des Princeffes> la
Dame dJA tour? & les Filles
d'Honneur. Monfeur l'Elc.
cteur mena M le Comtede
Villarmayor jufques au bord
de l'Eftrade5 & Son Excel..
llence s'approchant davantage>
fut le premierà baifer la
main à la Princefife qu'on declaroit
Reyne. S A. E.luy fit
-enfuite un Compliment ôc
témoigna luy vouloir auffi
baifer la main, ce que cette
Princeflè ne voulut point
fouffrir. Les Princes fes Freres
&les Prin. elfesfesSoeurs s'approchèrent
d'elle pour luy
«rendrecedevoir>&après eux
la Dame d'Honneur5 & les
autres Dames, baifant tous fa
main avec cette différence des
Portugais,que ceux-cy le font
en mettant un genouil à ter
re, comme ilfe pratique entre-
eux? au lieu que les autres
exprimèrent leurs refpe£tsi
d'une autre maniere, la eenu--i fle*xion n'efianr pas d'-u' fagcî
en Allemagne
5 non pasmeCIne
à la Cour de l'Empereur'
Aprés les Daines,fuivirciit lésa
Cavaliers Portugais> le Secre—
taire & les GentiOlshommes des
l'Ambassade. Les Seigneurs*
eainfi que la principale No—
:bleffc de la Cour Palatine, s'a.!
vancerentà leurtour en-5
ffiinnlleessPPaaggeessddle' l'Ambassadeur. A%
I Cette ceremonie achevée.
Monfieur l'Ele&eur donna
la main à la Princeffc fa
Fille
>
dont la queue étoit
portée par la Princeffe Dorothée
fa Soeur> & M le
Comte de Villarmayor offrit
a fiennc à Madame l'Ele-
Striee. On marcha de cette
orte jufques à l'A pparrenent
de la Princeffc
> qui éoit
le plus beau> & le plus
uperbementmeublé de tout
t Palais. Lors qu'on y fut arivé,
l'Ainbaffideur luy remit
btre les mains les Pierreries
tant eftoit compofé le riche
ÎPrefent que le Roy fon Maître
luy faifoit. Son Excellence
fe retira enfuite à [on Appartement
J
accompagnée de
,M-onfieur lEleûeur en lamaniéré
ordinaire.
Peu de temps après
>
le
Comte de Cafiel) & le Grand
Marefchalluy vinrent dire
que S A. E. l'attendoit pour
le divertifTcment de la Coméd
ie. Il fortit
5
& trouva
Monficur l'Electeuralaporte
de fon Appartement
»
d'où
ils allèrent enfemble à celuy
de laPtincdlè Marie-Sophie,
le Comte ayant toûjours la
main
main droite. Monfieur l'Eledteur
prit la main à la Princefle
fa Fille) l'AmbafTadeur
prit celle de Madame l'Eleârlcc,
& ils marchèrent vers
une Tribune qui répondoit
au grand Salon où eftoit le
Theatre. Plufieurs Balcons
que l'on avoit pratiquez fur
les coftez - pour y placer la
Cour &les Princes Etrangers,
y répondoient de la mefmc
forte. L'Ambaffadeur avoit
déjà veu cette Tribune,lors
qu'avant que de faire fon
Entrée
1
il alla incognito à Heydelberg
i & comme il avoit
déclare des lors qu'il ne vouloir
jamais eftrcâfïis en prefence
de la Reyne
» ny dans
les lieux où elle fe trouveroit)
çn fut obligé de divifer la
Tribunepar une cloifon.Ainfi
elle fut fcparée en deux,
lx. la Princefîc qui avoit efte
déjà de^larée Rcyne
5 occupa
dans l'unela premiere place.
ayant avec elle Madame FEleûrice
& les Princtffcs fes
Soeurs>ôc ï'Àmbaflàdeur entradansl'autre
avec Monfieur
LEIC&eur. ils furent tous
deux ailis dansdes Fauteuils
k Comte! maindroite.Cetoit
une Comédie Italienne
qui reprefentoit l'édification
de Lisbonne, d'où l'on defpendoit
par tous les Siecles
qui l'ont [uivie) pour venir
donner des applaudiflemens
au mariage qui fe devoit faire
le jour fuivant. La Piece eftoit
fort longue, ce quifutcaufe
luon en laiiîa la moitié pour
p autre jour. Cette premiere
partie finit par un BaletJ
)ù
les
Princes
danferentmat
juez. Apres ce Divertificnent,
la Princene, l'Ambafadeur
?
& leurs Alteffes Elecprales
fc retirèrent dans le.
mcfme orclrc qu'ils cftofcntT
venus. LL''AArmnbbaffadeur ne fut
-%
paspiuEoft rentre chez luy,
que les Princes Fridcric &
Philippe lxy viÍÏterent. Illeur
rendit lavifitc peu de temps
aprèrs.
Lefoirde cemefmc jour
la Princclfcfoupa en partie
culicravcc
leursAltefles
Elec-j
torales
>
& l'Ambaffadeur quîj
avoit les Princes avec luy
foupa en public dans fonA
partement. On luy fit d
grandes inftancespour To-^
bliger à mangeravec la Prin-J
ccflc•leonvoulutluyper^ 'i
luader qu'il le pouvoit faire
puis qu'il reprefentoit le Roy
on Maiftrej mais fon Excellence
a toûjours cru ne pouvoir
mieux marquer fonprofondrelpeft
pour une Princeflcs
declarée fa Rcyne)qu,cn
refufant toûjours de prendre
place à fa Table. Le matin du
jour fuivant>il ne fortic point
de fon Appartements&après
qu'il y eut difné> accompagné
des Princes comme à l'ordinaire
)
il yit entrer deux
des principauxMiniftres de
MonfieurfElcâeur, qui luy
apportoient le Prefent que
S. A. E. luy faifoit. Il cftoic
compofé d'une Table, de
deux Guéridons3 de fix Plaques
>
d'un Lufire à fcize
branches? & de deux Vafes
pour mettre des fleurs* le tout
d'argent,& d'un travail admirable.
Ce mefme jour ayantefte
pris pour faire a l'Eglife la
célébration du Mariaeî> le
Prince Charles fuivy de toute
la Cour, magnifiquementparce
,
alla prendre l'Ambaffa
deur fur les cinq heures du
foir pour l'y conduire. Son
Excellence avarnt que d'y alIeHïtprendre
une nouvelle
livrée à fes Gens. Elle eftoit
fréclatante qu'on ena veu
fort peu de pareilles. Les
Jufte-au-corps de (es vingt-'
quatre Valets de Pied) étoientde
Velours verr) chamarrez
de deux galons or &: argent
fort larges? & doublez de
Tabis incarnat. Ils avoient
des Bas de foye auffi incarnat?
& des Chapeaux bordez
d'une large dentelle or & argent,
avec des tours de plu- -
mes incarnat & blanc. Le*
douze Pages eftoientvêtus
en manteau & en pourpoint,
Les manteaux & les haut-dechauffes
eftoieuc de brocard
d'oràfond
vert, & garnis de
trois rangs de Point d Efpabglneeuroer
& argent> & la doudes
manteaux eftoit de
tabis incarnatàfond d'argent.
On avoit fait les pourpoints
de brocard d'or à fond incarnat
>& on les avoit garnis du
mêmePoint que les manteaux
& les haut-dc-chauffcs. Ces
Pages avoient des Bas defoyc
incarnat brochez d'or> des
Caftorsavec de grands bouquets
de plumes3 & des gans
garnis aufli de Poiat d'Efpagne
or & .argent.
Les Cavaliers & les Genrilshommes
Portugais
-1--
qui
avoient déjà paru fous des
habitsmagnifiques
, eurent
de la peine à en faire faicé de
plus riches;mais ils en vinrent
a bout> n'ayant épargné aucune
dépenfe
, & ils fe montrèrent
dans des ajuftemens
encore plus fuperbes qu'ils
n'avoient fait le jour del'En- f- - Pour Mr l'Ambaffadeur
quon n'avoit encore veu
qu'en Jufte-au-corps> il jugadevoiraffifter
en manteau
a lagrande fondion qu'il.al->
loit faire. & Tonpeutdire
-
que fi fon habillement cftoit
riche, il n'en- paroifloit pas
moins modefte.
Environné' de tant de magnificence
il fe difpofaà partir,$
c l'oncommençala marche
en cet ordre. Les Valets
de Pied de la Cour savancèrent
les premiers, & Jurenrfuivis
de ceux de lambaffadeur,
Les Pages de Monfleur
l'Ele&eur marchèrent
après
J
precedant ceux de
Mr le Comte de Villarmayor.
Enfuite parurent les Gentilshommes
& les Cavaliers de
la Cour Palatine; & ils ctoient
fuivis des Cavaliers &
des Gentilshommes de l'AmbaiIlde.
Ceux-cy prccedoienc
immédiatement tAmbanadeur&
lePrinceCharlesqu'on
voyoit derriere cette Troupe
> ayant tous deux le chabelaefufeà
la telle, toute la Nomarchant
découverte.
Oh avoit pratiqué une efpece
de Galerie qui regnoit
depuis la grande Porte du
Palais
>
dont on traverfoic
la Court jufqu'il'entrée de
la Chapelle. Cette charpente
étoit couverte par le haut;
inais découverte par les cotez
j en forte qu'on pouvoit
êtreveu de tout le monde
& particulièrement d'un
Régiment d'Infanteriequi
étoit fous les Armes dans la
court. La Chapelle étoit
toute tapifTée; mais oinéc
fur tout de plufieurs Balcons
remplis des Princes
& des Seigneurs Etrangers.
On avoit prépare vis-à-vis
le Grand Autel deux Prié-
Dieu
> couverts de brocard
<i'or1 l'un pour la princelTe,
l'autre pour l'Ambanadeur.
,êc ilyavoit du coftédel'EvangiledeuxChaifes
de Velours)
& un bancdevant couvert
de la mcfme étoffe.
L'Ambalfldeur prit place fur
la premiere ; le Prince Charless'affit
fur la féconde
)
Pua
& l'autreenattendant laPiinceffeclue
toute la Cour de
S. A E. eftoit allée quérir aprés
avoir conduit l'Ambat
fadeur à PEgllfe. La Princefle
y arriva, accompagnée de
tous les Princes & de toutes
les Princeffes de la Maifoa
Electorale. Monfieur l'Electeur
la menoit par la main ;
UPrmceûeDorothée faSoeur
fortoit la queuë de fa mante ;
& fi-toft qu'elle parut)l'A m-
•bafladeur feleva>& alla la
joindre pour la fuivre. Cette
Princefle fcmit au Prie-Dieu
de la main droite, & l'AlTI..
bafladeur à l'autre. Monfieur
!'EleGteur & Madame l'Electrice
occupèrent les deux
CI-ialfesoù l'Ambaffadeur&
le Prince Charles s'eftoient
mis d'abord. Les autres Princes
& Princeffes fe placèrent
de l'autre cofté? tous debout
ou à genoux félon les occurrenets)
perfonne ne s'eftant
alfis deguis l'arrivéede la
Princeffc dans lEglife. Chacun
ayant pris fj place, l'Evefque
Coadjuteur de celuy
de Spire fortit de la Sacnftic
en HabitsPontificaux,
Sr fit la Ceremonie du
mariage félon la Coûtume
de liEgliilc Romaine. On en- tendit auffi-toft après une
décharge de toute l'Infanterie,&
un tonnerre de coups
de Canon, toutle Canon de
la Ville ayant tiré par trois
fois de fuite. La Reyne fc
retira au milieu d'un bruit
confus de.Trompetcs-,.&de -
cris dacclamatipûque
cun pouuoit. Monfieur l'Ele.
veur la 1emena, & Mr l'Am..
bafladeur prit la main à Madame
1Eledtrice, La Reyne
de Portugal étanc de retour
à Ion Appartement,Mrle
Comte de Villarmayor &
tous les Portugais eurent
rhonneur de luy baifer la
main, & Mr l'Elcétcur accompagna
TAmbafTadeur à
jfon retour, ainfi qu'il avoit
accoutumé.
L'heure de fouper eftant
venuë )
le Comte de Caftel &
le Grand Maréchal allerenc
avertirl'Ambalfodeur que les
Princes l'attendoient pour fe
mettre à table) & qu'onl'avoit
dreffée dans une chambre
qui en joignoit une autre
où la Rc yne devot fouper
en public, afin qu'il pût
partager le plaifir de la Mufique,
car comme levousl'ay
dit?!'Ambaffadeur n'ajamais
voulu manger, ny à la Table
de Sa Majeilé, ny dans la
mefme chambre. La Reyne
eftoit à table fous un Dais,
ayant à la droite Monfieur
l'Electeur & Madame 1?E~
kftrice
, & les Princeffes
Marianne:& Dorothée à fa
gauche. L'Ambafladeuroccupoit
le haut bout de la
fienne) & les Princes cf,
toientaffis des deux coftez»
fe precedant les uns les autres
félon le rang de leur
naiÍfance. Le Comtede Martinis
Envoyé de l'Empereur
cftoit à la mefme table, mais
après les Princes. Le lendemain
3. de Juillet le Comte de
Callel vint prier1AmbaiÏadeur
de la part de S. A. E.
de vouloir bien afïifter à unc
Grande MeiTe,quePonalloic
celebrer en aâion de graces
jâu Mariage. Mojifieur l'Bç
lecteur l'attendoit à l'ordinaire
à l'entrée de fon appartement
)
d'où il le mena
a celuy de la Reync. Madame
l'Electrice s'y trouva
& toute la Cour prit le chemin
de la Tribune qui repond
à l'Eglife. Il fallut encore
y faire une feparation>
comme on avoit fait à la
Comedie- La Reyne de
Portugal avec Madame l'Electrice
& les Princefles> fc
plaça d'un cofté» & l'Ambaffadeur
de l'autre avec Moru
fleur lElefteur. L'Ambafladeur
qui avoit la main droite,
fut auffi enccnfé le premier
)
& l'on prefenta la Patene
à fon Excellence, avant
qUe de la porter à S. A. E.
La Meflèfinie, Monficur
l'EleGècur remena la Reyne
à fon appartement, & con~
duifit rAmbaÛadcur itifqua
l'entrée du lien,&peu après
les Princes allèrent diiner
avec fon Excellence, & la
Reyne mangea ce jour-là &
tous les fuivans en particulier
avec leurs Alteifes Electorales.
Surlesquatre heures,l'AmfcaJfodcur
ayant elleavexti
par le Grand Maiftre de la
Maifon de Monfieurl'Elecleur
> que ce Prince l'attendoit
pour allerentendre l'autre
moitié de taComédie,on
alla prendre ce divertiflement
dans le mefme ordre que
l'on avoir déjà obfervé. La
Comcdie fe termina par un
Daler) où les trois Princes&c
les trois plus jeunes Princef-
Ces danferenr. Ils eftoientveftus
en Bergers & en Bergeres
fort richement & fans mafques.
La danfe finie>ils allèrent
baifer la main à la Reyne
) pour luy témoigner que
cette rejoiiiflance navoitautre
but que le divertiflement
de Sa Majefté. Elle s'en retourna
à fon Appartement t
& l'Ambaffadcur après l'y
avoir fuivie» fut reconduit au
fïen.Il y foupa le foir comme
à l'ordinaire avec les
Princes.
Le matin du 4. l'Ambafladeur
ne fortit point de fon
Appartementj les trois Princes
s'y trouvèrent à diCné,&
à cinq heures le Prince Charles
accompagné de toute la
Cour alla leprendre pour le
conduire à l'Audience de
eonge qu'il avoit demandéef
Monfieur l'Ele£teur l'attendoit
ainfi que toutes les
autres fois à l'entrée de fon
Appartement?d'où il le mena
dans fon grand Cabinet
avec les honneurs accouftumez.
L' Audience citantfinie*
S. A. E. tira de fon doit une
B.lgue d'un gros diamant,
qu'elle donna à M l'Arriba
fadeur, le priant de le garder,
& de fouvenir dElle,
Monfieur l'Electeur le mena
enfuite à l'audience de Madame
l'Elearice) qui ac-
[
eompagnecdesPrinceues fcs
Filles l'alla recevoir & le conduifit
dans la mefme Chambre
>
où elle l'avoit deja receu.
Les chofes s'y pafTerent
comme les deux autres fois»
Seaprèscela Monfieur l'Eleveur
accompagna le Comte
de Villarmayor jufqù'au dernier
efcalier. Il en defeendk
quelques degrez, &ydemeura
julqu'à ce qu'il vit l'Ainbafladeui"
monté en carofTe.
Les Princes Frederic & Philippes
le conduifirent tuf.
qu'à la portiere,6c n'en partirentquequand
les chevaux
commencèrentàmarcher. Le
~--- ----------- - --. Pruicc ,-*--" 1
Prince Charles entra dans
le carofle avec l'Ambanadeur;
&cfe plaça fur le devant
comme il avoit fait le
jour de l'entrée. On obferva
les mefmes ceremoniesj tant
pour le nombre deCaroffès,
& la Cavalerie) que pour les
Gardes du Corps,&. les Dragons
qui precedoient ou fuivoient.
Il y eut mefme Cor-
-tege, & toute la Mailon de
Monfieur l'EleCteur alla conduire
r Ambaffadeur jufqu"au
Lmefme lieu où ellel'avoitefté
:prendre ç'eilà dire>àdemylieuë
de_la Villç.
Quand on s'y trouva? Mil
le Comte de Villarmayormit
ipoinedCaàrotfelerre pour entrer dans jce
qu'il ne après
des complimens réciproques
du Prince Charles? qui ne
voulut pas rentrer dans celuy
où il eftoit venu? que le
Comte ne fuft dans le ifenv
ny partir qu'il ne l'euft veu
s'éloigner. Si toft que l'AmJ
baffadeur approcha de Man-1
heim, & qu'il en eutdécouvert
les murailles, il fut falüé
d'une triple décharge de
tout le Canon. Il trouva le
Gouverneur horslesPortes de;
Ville, où il le receut à la
fte de fa GarnifonComme
eltoit déja nuit) fix Pages
? M1 l'Ele£teur ayant chatn
un flambeau de cire blan-
Le' à la main, marchèrent
:vant l'Ambaffadeur juC-
1auPalais qui luy eftoit
eparé. Le mcfme Gouver-
:ur luy vint demander le
ot>& il fut traité comme à
eidelberg) durant les aua-
: ou cinq jours qu'il fejourà
Manheim>avant que de
.urCuivre fa route vers la
ollande
, pour s'y embarter
J
& accompagner la
Reync en Portugal.
Vousfçavez) Madame, q
depuis quelques années) M1
Comte de Konigfmarck (
au fervice des Venitiens, (
il a fait voir beaucoup d'c
perience) de valeur & de COJ
auite. Le Roy de Suede q
le confidere ,luy ayant mai
dé de revenir, le Doge a éci
la Lettre fuivantc à Sa Maj<
fié Suedoife.Je vous l'envo)
dans les mefmcs termes qu'c
l'a receuë icy de Stocholi
traduite en noftre Langue.
Au tres-iflujfre & tres-puif
fant Seigneur3 Charles
par lagrâce de Dieu Roy
de Suede
,
des Gots &
VVandales, &c. Se recommandeMarc-
Antoine
Jujliniani, par la mcfme
graceDuc de Venije, qui
luy,Jouhaite touteJorte de prospérité.
Le General K¿nigfmarck.
fait Hoirunefibelle &fiparuliere
conduite3 & témoigné
nt d'experience dans les Camgnes
qui Je font faites en Leà.
mt3 avec des Juccés heureux
r avantageux pour le Jervice
Jeioute laChreJhenté, que danx
le grand deffein que l'on a ftrm,
pour la commune utilitédu Chri,i
lfianijme
3
illuy appartient un.j.
très-louable & Ires-confidC.j
rable part de la gloire que l'on *
fujet d'en cfPerer. Son mérita
fingulier éclate avec tant de for*
cej qu'il en rejallit des rayons
furvoflre Majefié> qui A con-i
fenty avec tant de generofité *
nous ceder un Sujetfiremplj dd
grandes qualitek) & fi digmr
d'une haute eftime. Nousen recevons
un très-grand fecoursn
dont Ellefeprive cependant em faperfonne}ennous lelaiffamx
dans ces prefentes conjonflures.)
favorables pOlir abattre e aneantir
l'infùpportahle orgueil
desbarbares OtIJomanJ. Comme
donc nous avons eu befoin du
grand appuy duditSeigueur
Comte, que nous l'avons demande
& obtenu, @J que nous en
avons rejjentjf les bons effets
plus d'une fois> pour arrivtr à
une fin heurenfe el defirée snous
avons cette confiance en V. M.
que felon fa haute bonté accoûtumée3Ellevoudra
bien permettre
audit Seigneur Comtt, comme
nous l'en fupplions, de continuer
dans l'cmploy qu'il foiitient
avec tant de gloire &tant
d'applaudijfement. Le zele ar- -dent&divin qui accompagne le
courage heroique de V. M. brillera
d'autant plus purement &
plus loin:J que par ce moyen
VAi.marquera combien Elle eft
touchee de la gloire de D1eu, &
des interefls de noftrefainte Foy3
qu'Elleprendbeaucoup plus à
coeur, que tout le refte des autres
affaires du monde. L'obligation
que nous en aurons a V. M. fera
gravée a jamais dans noftre memoire
j pour en conferver un
eternel fonvenir, &chercher en
toutes fortes d'ùccafions- tous les
moyens d'y répondre par les mon-
'Vemens d'une exrrême & tresintimeaffection>
d'eftime &de
rejpecl de tout noflre coeur. Sur
ce,nousfotifyaitonsàV..Ad. une
Jante parfaite qui Joit de longue
durée, & que toutJuccede à fes
defirs. Donné en noftrePalais
7Jucal le 17. Mars 1687. Signé,
Gwvanni-Baptijla Nicolofu
Secretaire.
Lechoix que leRoya fait
de la Perfonne de M1 Morand?
pour remplir la place
de Premier Prefidentau Parlement
de Touloufeja donné
une fi jufteprévention pout
le mérite de ce digne Magifirat)
que tous les Ordres de
la Ville l'ayant attendu avec
impatience
, ont fait connoitre
àTon arrivée que la joye
de le recevoirclloit auffi
grande que fincfre. Les Bourgeois
prirent les armes au
nombrede quatre mille hommes
? par Tordre des Capitouls
?
fous le commandement
de Mr de Paques-la-
Cafacrnereîliin dtentre.eux,&
marchèrent le 13. de Juillet
en fort bon ordre, avec leurs
équipages portez lui* des chatiors
& par des Mulets5 hors
de la Porte du Chafteau-Narbonnois.
Ils y fcrmerent un
Camp à la portée du Canon
de la Ville? & Tous les Tentcs
que l'on y drefla fe trouvèrent
toutes fortes de rafraî-chiflè-*
mensa avec autant de delicateffe
que d'abondance. L'af-1
fluence des1 peuples fut fi
grande3queM Morandjpour
leur donner le loifit-de défikr
>
fut obligé de s'arrefter à
rentréedilGardiage, dans la
maifon de M' Mariotte, Secrétaire
des Etats de Langucdociqui
le regala magnifique^
ment à dîner? ainfî que toute
la Nobleife dont il vint accompagné.
Sur les fix heures
du loir? il arriva à la Porte
du Chafteau
-
Narbonnois>
ayant toûjours marché avec
un Cortege de prés de deux
cens Carofles des Perfonnes
qualifiées de la Ville, qui
eftoient allées au devant de
luy,& au milieu d'une double
haye. de Sol dats. Les Capitouls
reveftus de leurs robes
rougesj le complimenterent
de nouveau à l'entrée
de cette Porte
3
après quoy
ils montèrent dans fon Ca-
--- - - - - --- - -
roffe, qui fut précédé dansla
marche par la Compagnie du
Prevoft des Marchands, par
celle du Guet) & par les
Trompettes & les Hautbois
de la Ville, au milieu d'une
foule incroyable de perfonnes
de toutes fortes de conditions
>
jufqu'à la maifon de
Mr Mariotte, au quartier de
S. Eftienne, qui avoit efté
deftince pour fon logement)
comme une des plus propres
& des plus commodes de la
Ville. Cette journée fe termina
par un Feu d'artifice &
par une Illumination de toutecette
mailon & du jardin;
& après que M Morand eut
receu pendant les deux jours
fuivans les complimens de
tous les Ordres & de toutes
les Communautez Ecclefiaftiques
de la Ville, tant Seculieres
que Regulieres, le
I Parlement le mit en poflet
fion de la Charge de Premier
Prcfident, où il fe fit
admirer par fa bonne grâce)
par fes maniérés engageantes
& honnefies, & par
l'éloquence du difeours qu'il
prononça.
-
Les nouvelles publiques
vous auront appris la mort de
> Madame laDucheflc de Mo.
dene. Elle s'apelloit Laura
Maftinozzi) &eftoit Fille du
Comte Jorofme Martinozzi
& de Marguerite Mazarin
Soeur aifnée de feuM leCardinal
Mazarin. Anne Marie
Martinozzi PrinceiTc de Conty,
Mere de Monfieur le
Prince de Conty) cy devant
Prince de laRoche-fur-Yon,
eftoit fa Soeur. Ces deux Princelfes
ont mené une vie trèsexemplaire
& remplie de
pieté. Madame la Ducheffc
deModene eftoit à Rome c*
elle faifoit baftir un Monaftere
qu'elle a fondépour les
Religieufesbleues de l'Annonciadc.
Elle y eft morte
le 19 du moispafTé>aprés avoir
receu fes Sacremens avec toute
la refïgnationqu'on peut
attendre d'une perfonne qui
s'efioit toujonrs attachée uniquement
à ce que Dieu vou- j loit d'elle. On l'a enterrée 1
fans ceremonie en l'Eglife de
Saint Charles aux Quatrefontaines)
ainfi qu'elle l'avoitordonné
par fon Teftament.
Elle avoit époufé en
t~. Alphonfe IV. Duc de
Modene & deReggio> qui
mourut le 16. Juillet 1661. la
laiflant Mere de la PrinceÍfe
Fofephe-Marie d'Eft? aujourd'huy
Reyne d'Angleterre,
& de François11. Duc de
Modene & de Reggio? Marquis
dEft3 Prince de Carpi,
né le 6. Mars 1662.. Le 10. de
ce mois3Mr l'Abbé Rizzini,
Envoyé extraordinaire de
Modene
? eut audience du
Roy, & prefenta à Sa Majefté
des Lettres du Duc de Modene)
par lefquelles illuy donnoit
avis delamort de cette
Duchefle.La Cour en a pris le
deuil. Modene fut érigée enl
Duché l'an 1451. par l'Empe'"
reur Frideric III. en faveur]
de Borfo d'Eft, que le Pape'
Paul II. fit Duc de Ferrare
en 1471. Hercule I. fon Frere
luy filcceda, & fut Duc de
Ferrare, de Modene>-de Reg-,
gio, &c) en 1478.Il eut pour
Fils Alphonfe I. qui eltant
mort en 1534. laifla Hercule
II. Duc de Ferrare &de
Modene. Ce dernier époufa
Renée de France, Fille de
Louis XII. & d'Anne de Bretagne
>
dont il eut Alphonse
II. & eftant demeuré veuf,
il epoufa une de lesMaiftreffcs-
appelléeLauraEuftochia.
De ce mariage fortit un autre
Alphonfe, Pere de Ofar
d'Efi, lequel après la mort
d'Alphonfeïï.fon-Oncle/qui
ne laifla point d'Enfans, prétendi-
t heriter de fes Etats, mais le Pape Clement VIII.
seftaxit rendu Maiftre de Ferrare,
il fe content1a,:de Mo- dene & de Reggio, par le
Traité qui fut fait en 1598. Il
mourut en i£i8. laiflant de
Virginie de Medicis Alphonfe
III. Ducde Modene & de
Regg;io. Ce dernier mourut;
en1^34. & fut Pere de François
I. né en 1610. auquelilremit
fes Etats en 162.9. pour
prendre l'habit de Capucin.
François époufa en 16^0. Marie,
Fille de Rainuce Farne[c,;
Duc de Parme.De ce mariage
vint Alphonfe IV. qui fut
Duc de Modene en 1658. &
Inourut, comme jePaydcja
dit, en 1662.. Il cftoit Pcre de
François II.aujourd'huy Duc
Duc de Modene.
,
On a eu avis que M1 le
Chevalier de Hum-ieres,Bailly,
Grand-Croix de l'Ordre
de S. Jean de Jcrufalem ou
de Malthe
, y eftoit mort le
18. de l'autre mois II eftoit
Frere de M1 le Maréchal de
Humieres3 grand Maiftre de
l'Artillerie. Tout le monde a
efté furpris de cette mort. Il
y avoit quelques années qu'il
efioit incommodé de vapeurs.
Le 14. de Juillet il fe
fentit une fort grande envie
de vomir qui continua le 15.
Le lendemain il alla faire fes
devotions, & communia au
Convent des Auguftins
> ce qu'ilavoitaccoûtumé de
faire deux fois toutes les femaines
avec une pieté qui é-
1
difioit tous ceux aufquelsil
donnoit ce bon exemple. Les
deux jours fuivans il fe promena
par la Ville à fon ordinaire?
& le foir du 18. il fe
coucha> après avoir mangé
fort legerement. Un peu aprés
il fe fentit la mefme envie
de vomir. On appella le
Chirurgien qui l'obligea de
fe promener dans fa Chambre.
S'eftant fenty faible, &
ayant dit qu'il ne fe trouvoit
plus de poux,il tomba mort
hlr les bras du Chirurgien,
qui luy prenoit la main pour
l'oblerver. Il a efté regretc
i
gtneralement dans toute l'If.;
fe, & fur tout des Pauvres * aufqùels il fàifoi': diftribuer
tous les mois deux cens écus.
Le Theriaque eft un remede
, fi fouverain pour les maux de
cceur? qu'ilfft à croire qu'il
auroit cfté beaucoup foulage
s'il en euft pris >ôc mefme
qu'on auroit pû luy fauver la
vie. Venife pouvoit fe vanter
autrefois de nous fournir cet
admirable remede, mais depuisque
Mr de Rouviere" en
a fait puDliquement à Paris,
en a connu" qu'il n'y avoit
-Ijulk différence entre celuyla>
& le Theriaque qu'il diftribuë.
On s'en eft 11 bien
trouvé? qu'il a débité en
deux annéescequ'il croyoit
luy en devoir durer dix ou
douze. Ainfi il fe prepare à
en faire denouveau.
Je vous ay fouvent parlé
de Mr Parifot de S. Laurent,
fous-Gouverneur, & Précepteur
de Monfieur le Duc de
Chartres
3
& cy- devant Introducteur
des Ambaffadeurs
auprès de Monfieur. Il mourut
fubitement à Verfailles le
3. de ce mois>âgé de foixante
& quatre Tans. C'eftoit un homme
homme d'une profonde érudition,
ennemy du fafte
,
&'
aufli modefte qu'il cHoir (gavant.
Ii eftoitextrêmement
confideré de fon Altcfièr
Royale, & fort aimé de tous
les honneftes gens qui connoifloient
fon merite. t
Il s'eft fait depuis peu un I
mariage qui merite bien d'entrer
dans les nouvelles dont
j'ay accoûtumé de vous faire
part. C'eft celuy de Mr le
Comte de S. Chamanc. Il époufé a Mademoifelle de
tChaftelus
>
Fille aifnée de Mc,
le Comte deChaftelus. Vous
fçavez, Madame) quelle eft
laÎSfoblefle& l'ancienneté de
cette Maifon> dont je vous
ay entretenue en plufieurs
rencontres" & vous n'aurez
pas fans doute oublié ce que.
je vous en dis, lors que ce
Comte) qui par un privilege
particulier accordé à fes Anceftres
)
cft Chanoine né da
l'Eglife Cathcdrale d'Auxerre
?
fe trouva avec ce Corps
dans le temps qu'il eutl'honneur
de recevoir le Roy? qui
palfa par cette Ville il y a
quelques années, en faifant
fon Voyage de Bourgogne.
L'équipage dans lequel il y
parut? conferve à cette Maifon
le fouvenir des fcrvices
importants qu'elle a autrefois
rendus au Chapitre d'A ukxerre
)
& à toute la Province.
Ce futle 2.5. du mois dernier
que fe celebra ce mariage
dans la Paroiffe de
j Chaftelus. Mademoifelle de
Chaftelus eftant niepce de
jMr de Barillon
>
Ambafladeur
pour le Roy en Angleterre)
& de M' l'Evefque-de
Luçon
5 ce Prelat en fit la
ceremonie. Comme Mr de
Chaftelus cft Seigneur;no'n
feulement de ce lieu? mais de
plufieursautresde laProvincet
où ion mente le faitgeneralement
aimer? tous les Habitans
des environs voulurent
contribuer à la folemnité de
ce mariage
3
& particulièrement
ceux de laVille d'Ava-
Ion. Ils fe mirent fous les
Armes au nombre de quatre
cens hommes? & fe rendirent
au Chafteau de Chaftelus? le
matin du jour que l'on avoit
deftiné pour cette ceremomonie.
Eâanï:arnvez., ils
commencèrent par une décharge
générale
»
qu'ils rcifererent
plûfieurs fois ju(qu'l
ce qu'il falut aller à lEglife.
Ils y conduifirent Mademoifelle
de Chaftelus dans une
double bayey ayant touspri*
des rubans de la couleut des
Mariez,& continuèrent leurs
décharges pendant qtre l'on
fit le mariage. Apres que la
Mefiè fut finie? toute l'A[-
fcniblée ferenditau Chaf.
teau au bruit des Tambours*
des. Fifres &des fréquentés
decharges de MouCqueterie.
On y avoit prcparé un magnifique
repas >
qui fut fervy
avec toute la propreté imaginable.
La Fefte fut continuéependant
plufieurs. jours
avec la mefmemagnificence>
la Nobleffe y eftant venuë de
toutes parts complimenter
ces illuitres Mariez.
J'ay à vous parler d'Alepj
non feulement pour vous
dire quon y a rendu graces àDieu de la guerifon du Roy/
mais pour vous.apprendre
une chofeque vous trouverez
fort importante pour
noftreReligion. La nouvelle
de la Santérétablie de' ce
grand Monarque? y ayant
efté portée Ivii Julien de
Mu[t:ille-
,
Conful de la Nation
FranÇoife , fit aùffi-rofi
aflembler chez luy les François?
les Hollandois5 & tous
ceux qui font fous la protectionde
Sa Majefté en ce
Pays-là. On expofaleS. Sa*
crement dans fa Chapelle? &
après une grand' Meffe folemnellement
chantée
.J
à laquelle
il fe trouva, affifté des
quatre Ordres des Miffionnaires
>
& qui fut fuivie du
-
Te Deum. Il regala magnifiquement
les plus confiderables
de cette Affemblée. La
Table fut de quarante-fix
Couverts. Il envoya a chaque
Ordre des Millionnaires un
Baffin de gibier & de volailles?
& aux Peres Carmesdu
poiffon,afin que chacun partageaft
fa joye.Quelquesjours
après,M Julien ayant trouvé
de la difpofition à pouvoir
unir le Patriarche Grec) celuy
des Suriens) & l'Evefgue
desMaronites> que la différence
de leur Religion avoit
divifez depuis plus d'un fiecle,
il pria le Pere DeCchamps)
Supérieur des Jefuitesj de fe
joindre à luy pour le deflein
qu'il avoir
?
& les foins Ôc les
inftruétions de l'un 6cde l'autre
eurent un fuccés fi favo'-
rable, qu'ils les obligercnt à
faire abjuration de leur herefie.
Ainfi s'eftant tous trouvez
chez M le Conful? ils
y entendirent la Mefle du
Pere Dcfchamps, qui leur
fit enfuite un trcs-bcau ditcoursen
Langue Arabe, fur
leur unie n a la Religion Catholique,
Apoiloliqtie &: Romaine?
à laquelle îlsavoient
donné leur confcntemert.
Cela fut fuivy d'un repas fort
fomptueux. La Fefte fut fi
extraordinaire) tant parla dépenfe
qui fut faite, que par
TAffemblée generale de tous
ces Prelats, qu'on ne fe fouvenoit
point d'avoirveusenfemble,
que tout le Peuple
en eftoit dans une extreme
furprife? fur tout enconfidetant
que tant de Converfions
eftoientuneffet du zele du
Roy? qui cherche par tout la
gloire de Dieu> & les avantages
de l'Eglife.
M1le Marquis deTorcy
Fils aine de Mr le Marquis,
de Croiffy Colbert? a efté
nommé par le Roy pour aller
en- Angleterre en qualité
1
crEnvoye Extraordinaire >
faire des complimeni à leurs
Majeftez Britanniques fur la
mort deMadame la Du- - chefTe de Modene Ce choix
fait l'éloge de M de Torcy,
& marque que lors qu'on s'apliqueion
eftcapable de bonne-
heure de toutes fortes
d'emplois.
Les vapeurs eftant devenues
fort à la mode, ont caufé
depuis peu de temps une avanture
affez extraordinaire.
Une jeune Demoifelle qui
en efioitfort iconmmodép,
avoit tant d'averfion pour
les remedesi qu'elle retendit
jufque fiar un Medecin qui
fe vantoitd'en avoir pour la
guérir. Elle balança longt-
enlps pour prendre une médecine
qu'il âvoitfait préparer
j & ellene s'y refolut que
pourobeïr àfes parens, qui
la voulant foulager n'eurent'
point d'égard à fes remontrances.
Fis l'obligèrent ehcore
de confentir à une faignée
du bras, quoy qu'elle y
euft beaucoup plus de répugnancequ'aux
remèdes. Ce
me fut pas tout. Lafaignéc
du pied pajcut-neceflàire-aa
Médecinj &cefut alors que
la Demoifelle ne gardant plus
demefures, prit ledeffein de
n'épargner rien pour fe garantir
de Ton Ordonnance. La.
peur qu'elle eut de cette faignée
luy caufa une émotion
qui luy donna un peu de fievre.
On le dit le lendemain
au Medecinjfi-toft qu'il entra
dans le logis) il monta à la
chabre de la Malade qui étoit
feule) mais qui n'auroit pas
pour cela manqué de fecours
fi elle en euft eu befoin, quelques-
uns de fes parenseftant
dans un cabinet quidonnoix
dans cette chambre. Le Medecinalla
tout droit à fonlit,,
& voulut d'abord ravoir s'il
eltoit vray qu'elle euft de la
Fièvre. La Demoifelle qui étoit
alors dans fes plusfortes
vapeurs, & qui ne fongeoit
qu'à empêcher la Saignée du
lÜed>que leMedecinavoit ordonnée,
s-abandonna touteau
defirde fe vanger,de forte qu'-
il ne luy eut pas plûtoft pris
le bras, qu'elle appella du fecours,&
l'accufa d'avoir voulu
fe fervir des privilèges de
la Medecine d'une maniere,
qui ne devoit pas Iuy ejftre
permife. Dans le mêmeinftant,
un homme d'une qualité
diftinguée entra dans la
chambre?& voyant de l'étonnement
fur le vifage de l'un
& de l'autresil crut plûroftla
: Malade que le Medecin, qu'il
, ne traita pas fort civilement.
Ces trois perfonnes animces
par trois diverfes raifons> firent
du bruit. On vint voir
ce que c'efioit, & l'on peut
t dire que l'innocence fe vit
| opprimée. Comme de pareil-
1 les avantures fe répandent
I aufIi-toft, & que le plaifir
qu'on prend à les raconter faic.
qu'on y ajoute toujoursquelque
circonitancc
>
il a fallu
quelque temps pour démêler
ce qu'il y avoir de vray dans
celle-cy.On a fceuenfincomment
la chofe s'eftoit paiTée,
& ceux qui croyoient avoir
fujetde fe plaindre, ont fait
connoiftre que l'on avoit lieu
de fe plaindre d'eux, ôcont
rendu juftice à la veriré, en
publiant par tout qu'ils avoient
efté trompez par de
faufles apparences.
Je viens à un article que
vous attendez. Le Roy qui
fait fes dévotions toutes les
fois qu'il arrive une Fefte folemneIle,
choific ordinaire*
ment ces jours-là pour diftribuer
les Benefices
J
afin de ne
s'occuper que des chofes qui -
regardent l'Eglife. Ainfî le
jour de l'Aflomption Sa Majefté
nommaMl'Eyefquedc
Montauban à rArchevefché
de Touloufe. Il eft Frere de
Mr de Vilacerf, & deMrde
Saint Poüange.
MLTEvefque de Nifmes3à.
qui
-
le Roy a donné l'Abbaye
de Lire, de l'Ordre de
S. Benoift, Diocefe d'Evrcux,
vacante par la mprt de M le
Commandeur de Gremon--
ville? s'eftant démis de fon
Èvefché à caufedefon grand
âge3ilaeftédonné àM l'Abbé
Flechier>nommé à FEvefché
de Lavaur. Il y a un
tres-grand nombre de nouveaux
Convertis dans ce Diocefe,&
M" l'Abbé Flechier"
dont tout le monde connoift ilérudition l'éloquence5 &
la douceur, eft trèscapable
d'y bien fervir l'Eglife &le
Roy.
- Mr deMailly, Grand Prieur
de l'Abbaye de S. Viétor,a
efté pourveu de rEvefchc de
Lavaur. C'eft un homme d'un
fi grand merite,qu'il a efit
élevé aux premieres Charges
de fon Ordre) dans un âge)
où il fembloit qu'il euft deu
avoir encore befoin de plufleurs
années pour acquerir la
fcience de commander. Il eft
Frere de M le Marquis de
Nèfle> &de M le Comtede
Mailly,dontje vousay appris
le mariage avec Mademoifelle
de Sainte Hermine.
Je vous ay parlé plufieurs fois
defaMaifon.
La Treforerie de laSainte
Çhapellc de Paris a efté doivnée
a Ml'AbbeFleuriot>
Beau-frere de M leContrôleur
General. C'eft un homme
d'une pieté reconnue.
Mr l'Abbé de S. Vallier,
nomme à l'Evefché de Quebec
j a eu l'Abbaye de Giinont)
Ordre de Cifteaux,
Diocefe d'Auch. Il eftoit Au"
mônier du Roy) & il s'eft
défait de cette Charge? pour
travailler au falut des Ames
3 préférant l'Evefché de Quebec
à d'Autres qu'il auroit pu
obtenir» & quil'auroient
mieux accomlnodé, s'il n'a-
Yoit efté enflâmé du pieux
Cir de raire connoiltre le
vray Dieu à des Peuples qui
demeurentdans l'erreurfauca
de lumières.
MTl'Abé deLeftra,Frere de
11r deLeftra,Enfeigne dans
les Gardes du Corps, a efté'
nommé à l'Abbaye du Mas
d'Azil.
Quelques jours auparavant
Sa Majcftca.adonné à Mrs
PoifljUîdcF.qu.ilquan, Bou* din,&B.-âuL .', Tes quatre
premier;, A- iquaircs, la
femmeclccu are- huitmillelivre,
j;'-lesfcrvice3
quilsluy oi: aduspfa
Maladie, & pour le zelcPtr
l'aniduité qu'ils ont fait paroiftre
en cette occafion..
Depuis vingt annéesqu'on
aceflfé de faire des Romans,
moins parce que le Public fe
lalfoit de ces fortes d'ouvrages
, que parce qu'il fe trouvoit
peu de Gens d'uivgenic
afTez étendu pour en faire,
Mademoifelle de Scudery&
feu Mr de la Calprenede ayat'
efté prefqueles feuls qui ayent
reuflî en ce genre d'écrire, on
çn a fait deplus courts, qui
ne contenant qu'une Hiftoire
particulière
>
la commenfient
& la finiffoicnt dans
un fort petit Volume. Quand
il ya eu plus d'une Hiftoire,
ce quieft arrivé fort rarement,
le Volume n'en a pasefié plus
çrros. Feu Mademoifelle des
Jardins
,
connue depuis fous
le nom de Madame de Vil-
Icdieu, afait beaucoup deces
OùvrJges, qui ont affezreuffi;
mais ceux qui ont eu le
plus grand fuccés) & qu'on
peut dire l'avoir eu tout d'une
voix, font la Princcjje de
Montjienfierfaiiz par une Dame
de qualité du plus grand
cfprit, & la 7rinceffe de Cle*
vesy de Mr de Segrais ul'Academie
Françoife. Il
s'eneftfait un nouveau, intitulé
Les Malheurs de l'amour.
Je vous l'envoye & ne doute
point qu'après l'avoir leû
vous ne difkz, que c'eftlà
feulement la troifiéme Hi(-
toire qui ait mérité un applaudifiement
gencral. Ce
qui pnroift furprenant) c'eft
que de tous les Ouvrages de
cette nature qui ont le plus
reuffi il n'y en a qu'un qui
fbit d'un homme. Tous les
autres ont efté faits par des
perfonnes de voflre fexe.
Comme
Comme la pJuipart des Dames
ont l'dpric tres- d elicat
elles penfent & sexpriminc
f plus finement que les homi
mes quantelles l'ont jufte.
C'cft ce que Mademoilelle
f Bernard â fait dans Les Mal-
I heurs de tAmour, qu'elle a travaillez
avec tout le foin poC
fible. Elle doitles diviferen
plufieurs Hifloires, & celle
qu'elle vient de nous donner
a pour titre Eleonord"rvréc. II
y a une Ville de Scavoye qui
porte le nomdYvree
,
&
lHiftoire nous apprend que du temps de l'EmpcreurHcnry
II. le Marquis d'Yvréeeut
grand part dans les guerres
d'Allemagne. On voit dans
cette premicre Hiftoire une
vive peinture de deux Amans
mal-heureux qui fontobligez
de fc feparer pour toujours,
quoy qu'ils reffentenc
la plus violente paflion dont
on puifTe efire capable. Rien
n'eft plus touchant,rienn'ef,t
écrit avec plus denetteté &
plus de juftcffe:les vrais fentimens
que le coeur doit avoir
y font dans leur jour, on ne
luy fait lentir que ce qu'ili
doit naturellement fentir
3
& *
# h
on ne dit que ce qu'il faut
dire Enfinccft un Ouvrage
qui paroift tellement finy,:,à
des Connoiflfeurs tres-éclairez,
qu'il ya grande apparence
qu'on a employé beaucoup
plus de temps à l'acs.
courcir qu'à le faire. C cft un
1 dtgré de perfection où peu
de pertonnes peuvcnt.attdndre.
Il n'y a point de matiere
qu'il ne foit aiféd'étendre:
mais il cft tres-difficile de retrancher
& de fe tenir dans
de juftes bornes qui ne laiC-
[enc jamais rien dire deluperou-
Ce Livre le.vend choz
le fleur Guerout, Cour fleuve
du Palais,auDauphin.
Je vous en envoye un autre
qu'on peut dire fort ancien
& fort nouveau toutenfcmble.
Ce font les Remarques
de M' de Vaugelas fui
noftre Langue. Elles 01tt
toûJ
jours paru fort utiles pour
apprendre à parler correctes
ment, & le grand nombre
dlEdirions qu'on en a faites
depuis plus de quarante ans.
en eft une grande marque. Il.
eft Certain qu'on doit à M9
de Vaugelas la nettetéavec{
laquelle on écrit prefente-.
ment : mais comme* ij des a eu opinions particulicres &
que depuis le temps qu'il a donnéces Remarques, plur
fieurs façons de parler qui
cftoientalors authorifées
par rulage3ontcommencé à
vieillir, quantité de Gens onc demandé ce qu'on pouvoie
.ItjCtrer ou fuivrc- C'eft ce
qquuii a eelnlggalog-éé MIr CorncilIc,l
faire des Nottes qu'on a im„
primées avec ces remarques. Je ne vous en diray rien
J
fi.
non qu'il ne les a faites qu'a- piesavoir con fulté ceux qui
connoiifcnt le mieux toutes
les nneiïes denollreLanuLie.
Le fieur Girard, Libraire au
Palais>commenceàles dcbiter
en deux Volumes.
Comme l'on s'arrache de
plus en plus à tout ce qui peut
perfectionner laLangueFrancoile
,
Mr Hindrec vient de
donner au Public un Livre
qui contient Urt de la bien
prononcer. Il n'eft pas utile
feulementaux Precepreurs&
aux Gouverneurs qui ont de
jeunes enfans fous leurconduite,
mais encore à beaucoup
de Gens, qui ne pouvant
afTez diftinguerrufage,
trouveront moyen de le garantir
de plufieursmauvaifes
prononciations par la ledture
de cette Methode. Elle cil:
exaéte
,
& outre les Règles
qui apprennent à bien prononcer
les lettres & les fillabes,
elle fait connoiftre la
différence des fillabcs Ion.
gues & brèves. Ce qu'il faut
obferver dans la prononciation
des confonnesifnales.
Peu de perfonnes ont trouvé
le fens des deux demieres
Enigmes du mois de Juillet.
La prcmiere qui eltoit
L'Original
j a eftéexpliquée
par Mr de Lavaur,Medecin
de Perigueux ,le Seigneur de
la Chaitinicre
,
le Bon-Coeur
de Ville-FrancheenBeaujo*
lois, LoullettefaSoeur^rinfan
te au vray mérite de larnc
Bailler. La fécondé avoirefté
faite fur le Ricochet) & ce mot
a eftétrouvé par Mrs Millet,
de la riie Bourlabé
,
Codron,
d'Abbeville, Bailly Peintre
ruë Beaurrcpaire, rAfpiranc
aux bounes grâces de l'aimable
Chenette & Tamirifte
de la l'tic de la Cerifaye.
Mr Merville Avocat au Parlement
à expliquél'une &
l'autre.
Je vous en envoyc deux
! nouvelles, dont j'ignore les
AuthclIIS.
i
EN SGME M0N nom connu par tout occupe
l'orateur
Aveclesp.us grandsRoy - s jayplacé dans/'Hifloire,
Je ne crains point du temps le fît*
nefte malheur.
L'on me urrra toujours au Timpiedt
mémoire.
"ïo4jours dans l'affion, toujours dans
le bonheur,
J'entre dans les Combats &j'aide à
la Victoire
II'forme le , Héros,je règne (Unsfin
CæIJY"
Etpartdge avec luy la Couronne dla
gloire.
'n
Mais parmy tant d'honneur mon
plus illujlre rangy
Bficeluyque je tiensaunfameux
Conquérant,
Cen'ejlpointdeCefar ny du Grand
AlexAndre,
€'efid'un Roy redouté dont lesfaits
inouïs
Convainquent l'rnivers qu'ilpeut
tout entreprendre,
On nepaut s'y tromper,c'ejll'AugufieLouis.
AUTRE ENIGME. DEpuis long-temps on adouté
Si j'ettois ou ma/le ou femette.
le mets bien des gens en ccrveuc.
Dont j'accrois le dejirpar ma difficulté.,
Le voile augmente ma beduté,
Etpourvu que jefoisfidelie
le tire mou cflat de mon obcHrité.
Voicy une fécondé Chan- * fon dont apparemment vous
ferez contente.
,r
AIR NOUVEAU.
1 RIS n'eflplus, mon Iris m'eif
ravie.
Iris n'efiplus,le puis-je prononcer,
Sans mourirypuis-je penfer,
Iris nefi plus
, mon Iris mefiravil,
uoydonc ce qui fiifoit mes plus
tendres amours ,
Cc quejevoyois tousles}ours lIt ne le verray de ma vie,
ci Iris n'eft plus
, mon Iris m'ejl r.:vie.
Ma Lettre du mois paffé
finit par les nouvelles de
Hongrie3&:je vous marquois
que toutes les Lettres qui étoient
venuës de Vienne par
le dernier Ordinaire de ce
mois - làÎ difoient qu'Eflek
eftoit formellement afliegé.
Je vous fis voir que cela ne
pôuvoiteftre>& que lesmet
mes Lettres qui l'alfûroient
eftoient remplies de circonftances
qui empefehoientde
le croire. Les nouvelles fuivantes
firent connoiftre que
je ne m'eftois pas trompé.
Voicy ce qu'on a fceu depuis
ce temps-là. La Drave que
l'Armée Impériale avoit par.
fée avoit donné lieu à cette
nouvelle<>& comme on écrit
plus vifte que l'on n'agit) on
avoit mandé ce Siege
,
mais
on ne fçavoit pas encore
combien le paflàge de la
Draveavoitaftoibly les Chrétiens,
quoy que les Ennemis
n'euftent point contribué à
cette perte.Il avoit fallu faire
dix- huit Ponts fur des Marais
qui eftoient prcfque inondez
:
accommoder des chemins
entièrement rompus par
les eaux >
& par les pluyes? &
marcher fouvent dans l'eau
jufqu'à la ceinture?fans avoir
ny linge ny habits fecs
,
à
changer, à caufe que prefquc
tout le bagage eftoit mouillé
, & mefme fort cndomagé.
Ce n'eft pas là feulement ce
qui avoit affoibly l'Armée.
La Cavalerie avoit manqué
de fourages; n'ayant eu pour
la nouriture des chevaux,que
les herbages de ces Marais
inondez II falloit qu'elle en, cuit peu? car on ne voit pas
comment les herbages peuvent
paroiftre par defTusl'inondation>
& s'ils y paroiffent
>
il eftmalaile de s'en
fervir) fi ce n'eft deceux qui
font fur les bords» ce quieft
tres-peu de chofe, & que Ton
ne peut tirer de l'eau fans recevoir
de grandes incommoditez.
La Cavalerie ne
fouffrit pas feule. Toutes les
Troupes furent incommodées
, parce qu'elles furent
reduites à boire des eaux
croupiffantes
?
& cela caufa
quantité de maladies dont
plufieuts moururent. Après1
qu'on eut fait paffer toute
l'Armée, on refolut d'attaquer
Vvalpo
>
mais cette eru
crepriie ne reulhc pas? les
Troupes eftoient trop fatiguées)
& le General Heuller
qui commandoic celles qui
eftoient deftinées à cette attaque
fut blefte à la jambe. La
refiftance de cette Place qui
n'eft pas forte> rebuta les
Troupes & fit craindre pour
les fuites. L'Armée Impériale
& celle de Baviere continuèrent
leur marche, & fe
pofterent à une lieue & demie
des Ennemis entre Vvalpo
& Eifek, ayant un grand
bois à la droitej&un Marais
avec la Drave à la gauche.
Les Lettres de Vienne portent
que ce Poile eftoit avantageux.
Cependant il eftoit
entre deux Villes Ennemies^
& les Troupes en avançant
les mettoient derriere elles,
< ce qui ne paroift pas un avantage.
Les Turcs avoient la
riviere à leur droite? & un.
bois à leur gauche on ne
fçavoit point l'état de leur.
Armée) & il femble qu'on
ne doit point s'aprocher
fi prés d'un ennemy, &'•
furtoutdans-fon Pays fans
lavoir fceu l'état de fes
forces, on s'avança vers
EflckjÔc Monfieur iTiecrcur
de Baviere qui commandoit
l'Avant-gardc5obligea deux
mille Chevaux qu'iltrouvaà
la tefte d'un d'éfilé
,
de reculer.
On continua la inarche,
& Monfieur le Prince Charles
de Lorraine commanda l'Avant-
garde à fon tour. Il falloit
traverfer un bois que les
Troupes ne pouvoient paircr
que par des routes étroites? &1
en rompant leurs rangs. Les
Croates eurent ordre de les
abattre. Le travail fut rude,&
dura toute la nuit> pendant
laquelle les Ennemis firent un
fi grand feu
,
quil y eut deux
1 cens de ces Croates tuez, &:
quantité de bleffez. Les Trou-
1 pes acheverent de tràverfer le
bois en ordre de bataille, de
avancèrent Jutqua un terrem
y où l'Armée campa fur deux
Lignes. Elle fitquelquesre*
trancheniens.,& s'avançavers
la premiere Ligne des rcrranchcmcns
des Turcs, qui avoient
douze cens pas de
front. Cette Ligne eftoitfortifiée
d'un double forte fort
large? & profond d'une pique,
avec deuxrangs de paliifadcs
terraileesj & cinquante picces
de Canon. Il y eut des eicarmouches
continuelles?& les
Impériaux perdirent deux
,
cens Heyduques quis'efioient
trop avancez. TroisRegimens
les plus expofezefluyerent
un fi grand feu deCanon;,
qu'il y eut trois cens Cavaliers
& quatre cens Fantaffins tuez,
fans compter les Officiers. Il
eft mefme à croire qu'il y en
eut davantage; mais je m'en
rapporte aux Lettres de Vienne.
Ce qui peut perfuader
que la perte peut avoir efté
plus grande, c'efl que les
Turcs avoient applany toutes
les hauteurs, ainii que leBais-'
qui couvroit les Impériaux;
ce qui les laiffoit expofez de
toutes parts au feu de la
Moufqueterie & du Canon.
On fe mit en bataille le jour
fuivant à demy-lieuë des Inlldelles,
& l'on fit tous les
mouvemens quipouvoient
les attirer au combatsmais ils
fuient.Liutiks. On ne jugea
pas à propos de les^ttaqu-ei:
dans leur Camp3 il l'y avoit
pas de vray-femblanceàcela *
&t:Offilne les muuitir ;>s & les
fourages comment "cnt à
manquerjoncrux qu'oadevoit
fe retirer après avoir eC.
fuyé pendant vingt - quatre
heures le feu continuel du
Canon &de la Moufqueterie
des Ennemis, & mefme de la
Fortereffe d'E*ffet:5 qui tua
plusdefix cens hommes. Si
l'on metenfemble le nombre
- de tous ces mortsj on verra
qu'il a cité fort grand? &
qu'on a fatigué» & expofé
l' Armée? fans qu'on deuft
avoir le moindre fujet de
croire qu'on attireroit les
Turcs au combat. Ilscftoient
afleurez qu'il eftoit prefque
impoffiblcde les forcer? &
devoient le laifler attaquer,x
1 puis qu'iltembloit qu'après
avoir fait tant deChelllin,on
,
avoit entièrement refolu de
les combattre. D'ailleurs ils
voyoïenr que leurs Ennemis
laifloient couler le plus beau
temps de la Campagne, en
paflant & repafTant tant de
rivieres & des chemins fort
peu praticables, & mefme
qu'ils s'affoibliffoientpar toutes
leschofe«,que je viens de
vous marquer. Il y a plus. Ils
reprenoient par là une fu pcriorité
qu'ils avoient perduë,
& donnoient lieu à leurs
Troupes de te remettre de la
frayeur qu'elles avoient euë
pendant plufieursCampagnes)
puis qu'elles voyoient l'Armée
Imperiale quife retirait
fans avoirofé les attaquer. Le
bruit fe répandit alors dans
l'Armée Chreftrenne, que le
- paffage de la Drave avoit efté
fait contre l'avis du Prince
Charles. Ce n'eft point à moy -
d'approfondir cette circonft-
Ànce, mais il eft confiant
que ce paflage n'a pas -efié approuvé
de tous ceux qui font
- confommez dans le métier de
la Guerre> par toutes les rai-
6 ..--- 1: -- Cy* J
-- ions
ions qui font répandues dans
cette Relation? & que je ne
repere point. Cependant
comme rien n'eft fi incertain
que le fort des Armes l'évenement
juftifie quelquefois
les entreprifes les- plus témeriiires,&
qui font faites le plus
à? contre-temps. Quelquefois
mefme on tire avantage d'un
malheur lors qu'on a l'adrcfiè
de s'en fervir. C'cft ce que
f vient de faire le Prince Charles,
& dont je vous parleray*
après vous avoir dit que la
1 retraite en repartant laDravc,
6: fut faite en bon ordre,) &
queMonfieurI'Ele&eur dcBâ~
viere marqua beaucoup d'intrepidité
en cette occafion)
s'étant expofé pour empêcher
une Garde d'eftre battue.
Les Imperiaux ayant repaffé
la Drave, on commença
à examiner ce qu'ils
youroient faire le refte de la
Campagne? &chacun eftoit
attentif fur les fuites. La
fituation des affaires des
Turcs eftoit avanrageufe>
leurs Troupes groffiffoient
tous les jours;elles n'étoient
point fatiguées; elles
n'avaient fiût aucune
perte; la campagne eftoit
brtavancée? Seils eftoient
pourainfi dire affurez de
vaincre en regardant faire les
Chrefilens, ou du moins de
les empefeher d'avoir le
-moindre avantage fur eux.
Vrày femblablement il ne
devoit plus s'agir que de
quelque Siege ,puilque les
Imperiaux s'en eftoient retournez
fans avoirpu engiger
les Turcs au Combat,
Si ces premiers eoffent fait
uaSiège, les Turcs n'avoient
qu'à les laiiTer affoiblir pen-
-'dant tout le tempsquiLs auroient
cru a propos devant la
place affioée, les harceler de
leur cofté randis que les forties
de la place les auroient
incommodez? & donner enfuite
dans l'un de leurs quartiers
avec toute leurArméeâl
n'y a prefque point d'exemple
qu'une Place ait manque
à eftre [ccouruë
?
quandj
une Armée entiere, a donné
dans l'un des quartiers des
A/ïieeeans. Le feul remede
qu'ils euflent eu pour empefcher
ce malheur» eftoit de
quiter leurs lignes pour offrir
la bataille, mais il faut pour
cela qu'une Place foit auffi
-
prefTéei & auffi ouverte que'
l'eftoitBude&. quuneArmée
foit auffifoible&aufIifatiguée
que l'eftoit l'année derniere.,
celle des Turcs à caufe de fcs
longues traites, L'état des
Troupes eftoit tout differefit'
cette année> & ce que les'
Imperiaux auroient foufert1
devant une Place joint aux
pertes qu'ils avoientfaites en
paffafit, & repayant la Drave?
les auroit rendus beaucoup
inférieurs aux Turcs. Le
Prince Charles prévoyant
toutes ces dangërëufe'sfuites:
de la Campagne, s'il entreprenoitunSicge,
refolut en
Capitaine plein de coeur &
habile dans l'Art de la o-uer- * re j
de faire. paroiftre aux
Turcs une frayeur qu'il n'avoit
pas)enfo te que leurfaifant
voir qu'il leur icroitaifé
de le batre, il pût les engager
malgré eux mefmesj& malgré
leur refolution & leurs propres
interefts, à le venir attaquer
danslapenféc que lamoitié
de (es Troupes feroit desja
trop avancée pour le pouvoir
fecourir. Ce Prince ayant
fait tous les mouvemens ndceflaires
pour perfuader toutes
ces choies aux Turcs ? &
mefme qu'il eftoit brouillé
avec M l'Eleaeur de Baviere,
ils tinrent confeil de guerre?
ainfiqu'on la fceu depuis par
les Prifonniers> & les Bachas
l'ayant emporté à la pluralité
des voix contre le Grand
Vifir
>
il fut refolu que l'on
iroit attaquer les Impériaux.
* Cette refolution ayant efte I.prife, les Turcs pafferent la
, Drave fous le commande-
| ment du Grand Vifir, & de
Ifept Bachas) qui devoient at-
- taquer les Impériaux par [cpt
endroits differcns) & quelques
Relations portent qu'ils
le firent. On dit que le nombre
de leurs Troupes deftinées
pour cesattaques, eftoit
de cinquante mille hommes.
Ils fe iaifirent d'abord de
Darda qu'ils trouvèrentabandonné}&
démoly. Ils y firent
des retranchemens? & firent
remplir le Pont d'Effck de
fafcines> pour faire pafler leur
Artillerie. Le Prince Charles,
aprés avoir jetté des Troupes
& des munitions dans Ziclos,
dans Cinq Egliles>6c dans les
autres Places les plus expofées
, fit les mouvemens & les
détachemens qu'il crut neceflaires
pourattirer les Turcs
à un Combat genéral. Mouleur
I'F-Icâeur de Bavière en
avoit unconfiderable. Il yen
eut encore d'autres, de forte
que ce Prince parut extémement
affoibly ; ce qui donna
lieu an GrandVifir de croire
qu'il ne pouvoit pas avoir,
trente mille hommes. CeMI-l
* niltre fortitalors de fes ro-.
tranchcmens
, & le combat
commença par desefcarmouches
qui durèrent cinq heu-t
res, fclon le rapport de quelques-
unsjavant que le combat
s'échautfaft
5
le Prince
t
Charles faifant toûjours faire
des niouvemens qui engageoient
à croire qu'il vouloit
demeurer fur la défenÍive.
Le Corps que commandoit
Monfieur l'Electeur de Baviere
fut le premier attaqué.
Ce Prince fit paroiftre beaucoup
de valeur> il fut bleffé
à la main, & receut quelques
coups dans fes habits. Le
Prince Charles le fit foûtenir
par le Prince de Commercy
avec quatre Régirnens.
Il pouffa les Ennemis,&
les mit en defordre. Les détachemens
qu'on avoit faits
pour paroftre plus foiblesî
revinrent ? comme il avoit -
cite concerté3 & prirent les
Turcs en flanc, de forte que fevoyant pouffez de tous cotez
3 reconnoiffant qu'ils
avoit,malpris leurs mefures,
ôcqu'ils eftoient tombez dans
les pieges qu'on leur avoit
tendus5 ils prièrent une
telle épouvante
) .que non
feulement ils cederent le
champ de Bataille,8claiflerent
tout leur Canon3 que
l'on dit monterà cent pieces?
mais que fuyant beaucoup
au delà., ils abandonnerai
tout leur Bagage) leur
Caiffc militaire, remplie>à ce
qu'on aflurejde 600000. écus,
ayant eftéprife par Mi l'Elé-
6tcur de Baviere,qui a,dit-on,
diftribué cet argét à fesTroupcs.
Plufieurs fe jetterent dans
l'eau, dont il y eut une partie
de noyez. Je ne vous en diray
point le nombre, non plus
que de ceux qui onttfté tuez.
Il eft à préfumerqu'il y en a
eu beaucoup dans une déroute
fi generale. Peut-cftrey en
a-t-il plus que l'on ne dit;
peut-eftre moins; mais il eft
impoflible que dans ce qu'on
écrit pendant qu'on pourfuit
encore les Ennemis) & dans
la chaleur du combat, on aie
fceu le nombre des Morts
pour le mander? puis qu'il
faut plus d'un mois pour le
fçavoir à peu prés5 &: qu'on
ne le fçait jamais bien jufte.
Je vous diray pourtant que les
Relations portent qu'il y en
a huit ou dix mille> & autant
de noyez, & cinq cens ou
mille Impériaux tuez. Si le
combat a duré douze heures)
commeon le mande,, il faut
que les-Turcs-fc foientdéfen-
-
dus pendant tout ce temps-là*
& je laiffe a juget à ceux-qui
voudront parler de bonne
"foy
,& avec vrayfemblanço
fi la Viétoire a pu couter fi
peu aux Impériaux. Mr le
Prince de Comercy a efté
blefleà la poitrine d'une efpcce
de lance, mais on dit
que lecoup n'eft pas dangereux.
M'le Comte de Ligneville
) Major de fon Régiment)
a efté tué, & le Comte
de Zinzindorf, Fils du feu
Prefident des Finances a eu
la jambe emportée d'un coup
de Canon. Les Rcgimens de
Savoye& deCommercy ont
efté défaits? par fix milleJaniflairesd'élité.
On eftoitencore
à la pourfuitedesFuyards
quand cette nouvelle cft partie
du Champs de Bataille-, Se
le Prince Charles de Lorraine
avoit détaché un grandCorps
de Croates pour rompre les
Ponts que les Turcs avoient
faits fur la Drave. Mïle Prince
Eugene de Savoye a aporté
cette nouvelle à l'Empereur,
qui neft pour ainfi dire>
que le premier avis de la Victoire.
Ainfi l'Empereur mefme
n'en fçavoit pas encore le
détail quand le Courier extraordinaire
eft party pour
France. Lors que les Lettres
des Particuliers? qui eftoient
en divers endroits de l'Armée
j fcront venuës
> on en
lçaura beaucoup davantage,
& ce n'eft meftne jamais que
par là3 & qu'après beaucoup
de temps qu'on peut démeflex
la vérité.
Je vous parle3 & vous dois
parler, encore tant de fois de<
la Hongrie tant que durera la
Guerre, que je croy que vous
.ne ferez pas fâchée de connoiftre
la fituation des lieux
dont je vousentretiens fi
-
fouvent. Ainfi je vous avertis
,.
que le Pere Coroneili? Cofmographe
de la République
deVenife?qui a faitlesbeaux
Globes que M1 le Cardinal
d'Eftréesa donnezau Roy, a
ait une Carte de ce Royaume,
divifée en Haute & en
.s1 alleHongrie,avecl'Eclaonie
j
fubdivifees en leurs
yomtez. Le melme Perc en a
iit une en quatre feuilles»
feaucoup plus amplc, & remlie
de Remarques curieulcs.
-a fait àullirr la Route mariune
de Breft a Siam, avec la
.artc de ce Royaume-là. Le
Dut fe trouve chez le Sieur
lolin, rue Saint Jacques) à
Enieigne dela Place des Vi-
:oires. Il mpsne me refte ny place ny
pour vous mander les
grandes Vittoires qu'on affure
que les Venitiens ont
remportées, je les remets au
mois prochainjmaisauflïje
ne vous en parkray qu'avec
toutes les circonftances dont
je jae pourrois vous apprendre
à prefent qu'une partie. :j
(
Le Roy vient de dcnncJ
en faveur du Grand Confcil
la Déclaration que voUb adci.
lire. ]
L 1
OVIS par la grâce de Diel
R jy dt France cf}" de N.ivanntd
A toi,ciux qui cesprcjhitis Lettres
verront,Salut.Les Rojiî,of Pr
decesseur ont rejhraint par
IIun
Edlts & Declarations la frequcnce
des évocations qui trouhle l'ordre
t des IurifiLaions, dr caufe desfrais
* infinis aux parties, cr ont ordonné
t.,#,qiie dans les cas MI/quels il feroit
i|trouvéjujle de les accorder, le ren- voy
des procès fûtfit aux Parle-
- ments les plus proches de ceux dont
ilsfiroient évoquez,, fansqu'ily
ait efle faitmention dtnoftreGrand
Confeil, ny qu'ilait efié compris à
cet égard au nombre des Parlements, licauffeulementqu\fiantordonné
Par iccux que les éveoations ne pour
i
roient eflre accordées quefur les avis
de cette CompagnJé, il eufteflé a
t,raindre que les officiersd'icelle
efiant flatteT^deiejperance que les
procès évoqucT^duParlementdePa-
,.ris,dr autres plus proches leur pourrount
eûre renvoyez, re fujfent itr
duits à faciliterpar leurs Avis,leJ
évocations quifiroient demandées.
MAIS cette raifon nefubftftantplus
djsUisqueleGrand Confeila cejfé
de connoiftre des évocations, &
qu'tllcs ont efié renvoyées a noftre
ConfeilPrivépoury eftre examinées e iugées art Raport des Maiftres des
Requeûesdel'HoftclEt d'ailleurs
ayant par noftre Ordonnance du mois
d'Aoufti66p. ordonné que les procès
Ivoquez de noftregrand Confeil
feroient renvoyez, en noftre Parlement
de Paris, fi ce n'eftok qu'il
fuft valablement excejJté, il y a
pareilleraifon de renvoyer en noftre
grandConfeil, quand aufti il nefiriJ
pas valablementexcepté, ceux qui
fermt évoqués de noftre parlctpcnt
de Paris, d'autantplus quela^urif
prudence,&Us Jugesde Cu CAHXCompagnies
font a/fèz eonformes,
que les parties ne changeant point
de lieu ny leurs demeures,&pouvantfefervir
des me(mesAvocats &
Confeilsy ne ferontpoint difiraits du
foin de leurs familles & de leurs
autres affaires, qu'elles fltifriront
v
moins de fatigues & tÙjrtlÚ que fis
elles eftoient obliges d'aller playder
en des Parlements LI'',,oigvez. A ces
Caufls, dejirantpourvoir ait repos
de nos JùjetsJ & retrancherpar,
tous moyens les longueurs cr les
frais desprocès. NOVS, en interpretant
en tant que befoin feroit
nofire Ordonnance du mois d'Aouft
1669. Avons par ces prefentes
Jlgnéesdenoftre main, dit, dec/art,
Jlttué &ordonué ; Bifyns,déclarons
jflatuor.syordonnons7voulons,.
& nous pUifiy que fas proies qui
feront évoquéZ de noflre Parlement
de Paris, & (eux des autres plus
procheJ, quand ccluy de Paris fera
valablement excepté, puijfent eflre
renvoyés en noflre grand Confeil en
la mefiuemaniéréqu'il efl ordonné
à l'égard des
Panements.
Si donnons
en mandement à noflre tres.
cher & fiaI Chancelier de France
le Sieur de Boucherat, ces prefentes
ilfiffi lire,publier lefeau tenant,
dr icelles regtjlrerésRcgjtres de
la grande Chancellerie de France,
& à nos Amet&{eaux lesgens de
noflre grand Confeil, qu'icelles ils
fajjent lira
,
publier & rtgiflrer,
garder & ebferver-filon leurforme
&teneur; En témoindequoy,Nous
Avonsfait mettre le fiel a cefdites
prefentes.Donné à Verfailles le
quatorzième Aoufi mil jix cens
qaAtre-vw'gtj.èpt, & de nofire regne
le quarante -
cinquiéme;Signl,
Louis
y
8c fur Je replis,Par le Roy
Colbert. Et fielié du grand fieau
de'cire jaune. -
Cette Déclaration ayant
cftédonnée) le Grand Confeïl
-députa deux Prefidens &huit
1 Con[ei)lers
? pour remercier
SaMajefté.M Barantin eftant
l'ancien des deux Semeftres*
porta la parole., & luy parla.
en ces termes.
.- SIRE3
Voflre GrandConjeit impor*
tmeroitJomxnt VojbrcMajcftïj
filde remerciait tontes les-jîïs*
quil en reçoit desfaveursparm
effetde ruas liberalite^.Pourcomble
degraces3V. Majejlêic metaujourd'huieji
eflat de partager
avec Jes Parlemens lesaffaires
évoquées. Sire, tout pénétre-^ de
rrfpeél&de reconnoijjance, vous.
conservons dans nos coeurs lefou-
'ttenir de tant de biensfaits3 &*
nous venons protefler à V. M.
qu'ils nous feront autant de
nouveaux motifs de redoubler
noflrc attachement àfin fèrvice^.
& l'ardeur de noftre Zele dans
lesjvnélîonfde nos Charges.
N Le Roy répondit?
ayçit èft^jsrtaife<4&\ treuvçh
cette
cette occajion pour leur donner
des marques de Jon cftime &' de
Jon affection ; qu'ils rendaient Lt
juFl.ce d'unern:irÚc,( nui neLiifnJooiietnrtqunifaa
c1ontinuer quel'arlpd--
plication qu'ilsydennoient Cengageoit
a leur faire jentir l'tjhme
& ïajfcclionquil a-voit
pour leurCompagnie, & qu'ils
nen pouvoient douttr.) apris cc
quilvenou de faire pour eux.
le viens d'aprcndre que le
Navire noiTune le Coche)
apartenant à la Compagnie
des Indes Orientales» 6c
commande par M1du Hautrnenil,
eft arrivé prés du Fort
Louis, il vient de laCoftedc
Coromandel, il avoic avant
d'en partir efté à TenafTerim
qui apartient au Roy de
Siam. Il raporte que ce MonMaarcqaufelasr'seft
défait de tous les
Mahometans, &
mefme de leur Prince,dontil
cnvoye deuxEnfans enFrancc
pour eftre inftruits dans la
roy Catholique par les
Milïionaires Etrangers. Il
adjoute que M Confiance
a efté fait grand Barcalon du j
Royaume de Siam? cel-uy qui
poflèdoit cy-devant cçt-tc:
premiere Charge de l'Etat
eftant Macaffar. La Cargaifon
du Navire de Mr du
Hautmenil fe monte à cinq
cens milleécus.
Je vous parleray le mois
prochain de ce qui s'etf fait
a l' Academie> le jour de la
Fefte de Saint Louise fuis,
JMadame voftre> &c.
—1—•» 1 n Extrait du Privilège du Roy. pAR Grace & Privilège du Roy,donne*
Chaville, le18 Iuilicti683. Sigué, Par
le R.oy en fon Confeil,IIINQHIFRES,Ileft
fellYlis au Sieur DANIÙAU) Feuler, Siens*
evizé,-de continuel de faife imprimer,ven-'
die & débiter le Livie intitulé, MERCURRj
GALANT
, contenant iluficurs Rd:ltion<:J!
•ÎTiiloiies, & genexalement tout ce qui dépend
dudit.Livre, paitel Imprimeur qu'il
--,votidia chorfîr ; Et defenlesfontfaites à tous
impiimeurs & Lib1airesy & tous autres de
Taire imprimer, vendié & débiter ledic-Livre,
xiy giaveràucunesPlanches fervant à l'onvc.
ment d'fçduy, nymt(me de Je donner à
lire, pendant le ttmps & efface dedix années
entieres, le tout à peine defix mille livres
d'amc.ide contre les Contrevenant, air.fique
Igsauloii- il cft porté cfdites Letucs.
l, :.R..giHré" furleLi-vrcdela Cotnmtinatité,
aux charges & conditions ronte." le 14,
t~ptembre~6). Si^AC ANGOT) Syndic,
Ledit Sieur DEVI'/E' a cedé fon droit du
present hi ilege à Michcl Cuer-uc Li-
~brnaitrre'e,
Qualité de la reconnaissance optique de caractères