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li~lm eq'UR~
{;;ALANT
DEDIR' A MONSEIGNEUR.
A PARIS,
JÎV prtdL41S.
ON donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier iouc de chaque Mois, & on
le vendra,Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Cliez G. DE I-UyNra.,au Palais,dans
Salle des Merciers,àla justice.
T. GIRARD,auPalais,dans laGrande
Sallr, à l'Envie.
.¡¡; MICHEL GURROUT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. Dc. LXXXVII.
t'VEC PRiril£G£ DV ROY.,
TABLE. pRelude. 1
Remontrance de la T>écfjl?allas
au Roy pour In1 ab1l..ij-jemcntde1 s
CAdets du P<:rruijfc.ç
Lettres Patentes du Roy pour l'aibhjfement
de l'Acadetnie
gers: 22
lettre deM. de la Hire, de ïAcadémie
des Sciences, touchant un:
/1 si d ", 1 nouvelleforme de B'u/ule.s5
Cequis'ejf pafi'citeannha:?x
Ieus Floraux qu s ccickre te;!S lesansaTouloùfi,-.vces Pieces
quiontremportelesPrix, &l's
noms de ceux qui l, s ontf.'tcs. 13
Descriptiondef cerzn:»:iies <uïs'ohsaVint
à Avignonà U *'cepu-, n
TAM.E.
des Reffeurs des Tenltens Blattes
dontpluseurs de nos Rois int tfi:.
cfcrUe qui sesi faite cette année
a la rcception de M. de Brancas,
Marquis de Villeneuve,
Suite de la Medecineuniverselle
>
&
l'artdeprolonger savie. 114
Ceremoniesfaites en la Ville d'Argentan.
14P
Médaillé du Comte Tekelt. jsg
fers enfaveur des Infdelles.169
RHêponisefauixomisimreseVer.s.161864
Extrait des deux dernieres Oraisons
funebresprononcéesàlagloire de
feu Monstr,"r le Prinle. 210
Sonnetsur la mort chrefiitnm de ce
Prince, 2)7
Sert/;cesfaits pour te repos de l'Ame
JefiMNo le Dst de Saint Aigim.
).!!.
TABLE.
"Divers Ouvrages far la Mùrt de ce
Duc. 241
Article tirede laRépubliquedesLettres
du mois de May). 223f77
Mariage deM. leComtedeMailly , & de MAdemoiflUe de Sainte
Hermine. 2sp
Prix donnépar le Roy. 262
Nouveaux TAbleaux de M. Vandivineulen.
267
Nouvelle Fille d'honneur de Madame.
2JI
Mariage de Madcmo;f'elle de la Mot- :te-Cajfaro.212
Effetsfur^renansdel'EjftKcc Paintrairede
M. LlVÙZ. 2S7
Mort de M. d'Ambeville. 287
M. du Pré efi nommé Envoyé^Extraordinaire
a Gennes. ¿,J'a
Morts. 2sq
M> l'Abbé Amcht de la Dorade est
TABLE.
feccu frefident. ee- la troificm-t
Chambre desEnquefies.jci
M.Feydeau de la (-'.î!,,,.,de est receu Prejident en Ix quatrièmechambre
des Enqueftes.304
Nôms de ceux qui 9M devine les
Enigmes. jfJj
Enigmes. 310
Livres nouveaux. 313
Nouvelles de Hongrie.32j Couvernemens donnez, Par le Roy.
333
En/yle de M. VAmbajjkdeur de Sa,
voye. 335 )VVoy,wgedduuRBoyoà Maintenon.336
Apftillccontenant les dernièresNouvelles
de Hongrie, la mort du
Cardinal 8iuz,e3 &l'Entrée du
Generaldes JtjÑÎlfJ. JJ/
P Extrait du Privilege du Roy. AR Grace & Privilège du Roy, donné a
Chaville, le18. Iuillet1683. Signé, Par leRoyensonConseil, IUNQUIERES, Ilest
permis au Sieur DANNEAU, Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuer de faire imprimer,vendre
& debiter le Livre intitulé, MERCURE
GALANT,contenantplusieurs Relations
Histoires, & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre, partel Imprimeur qu'il
voudra choisir ; Et defenses sont faites a tous
Impriuoeurs&Libiaires, & tons autres de
faire imprimer, vendre &debiteiledit Livre,
ny graver aucunes Planches servant à l'orne.
ment d'iceluy, nymesme de le donner à
tiré, pendant le temps & cfpace de dix années
entieres, le tout à peine desix mille livres
d'amende contre les Contrevenans. ainsique.
plus au long il est porté esdites Lettres.
Registré sur le Livre de la Communauté,
aux charges & conditions portées, le 14.
Septembre 1663. Signé ANGOT, Syndic.
Ledit Sieur DEVIZE a cedé son droit dm
present Privilage à Michel Guerour. Libraire,
pour en jouir suivant l'accord fait
«au'eux,
Avis pour placer les Figures.
L'Air qui commence par, Toutest -
charmant dans ce Bocage doit te.- 1
garder la page 7 - 0 r
Le Portrait du Comte ~Tckely ,doit t
regarder la page 159.
L'Air qui commence par, Vastes de- 4
ferts,Bocages sombres
,
doit regarder la
a
page 3»2.
etf OUS avez raison,
Madame, de me
dire, que quoy que
je vous parle tous les mois
du Roy? je ne vous repete jamais
lamesme chose. Je n'en
merite pas plus de gloire, puis
que la matiere ne me fait de :
peine, ny a trouver, ny à embellir. Ce Prince en qui
l'ondécouvre tous les jours g
un enchaisnement miraculeux
de toutes les vertus po^- litiques & morales, qui font
separément les grands hom- -
mes, & qui estant réünies en
son auguste Personne, luy,
ontacquis le surnom des
GRAND, d'un consentement 3
si général
, ce Prince, dis-je,
(
qui faisant l'admiration de
,toute la Terre, auroit de tant 3 lieu d'estre content de
luy-mesme ,ne laisse pas d'à*
joûter sans cesse aux prodiges
de sa vie quelque action extraordinaire
, inconnuë aux:
Siecles passez aussi-bien qu'au
nostre. La forte envie qu'il a
que la plus exacte justice foit
rendue à ses Sujets, son extrêmedesir
de leur procurer
du bien, sa bontéqui a si
souvent paru en leur faveur
dans des occasions où ses interests
cftoient blessez, son
application à travailler à leur
repos & à leur gloire, sa.
delicatesse genereuse pour
tout ce qui les regarde, &
son tendre amour pour euxluyfontimaginer
des chosea
nouvelles pour leur soulagement
& pour leur tranquillité.
Il les invente en homme
de bien, il les examines
en Pere de ses Peuples3ill
les fait executer en Roy, quii
les aime. Vous vous doutez
bien, Madame,que l'action
extraordinaire dont je vous
veux parler ce lllOis-cy, w parlerce
: garde la nomination des cinqp
Conseillers d'Estat
, & ~desas
cinq Maistres des Requestes , (
que ce Prince a faite il y as déjà quelque temps, ~pourr
aller s'informer cxaétclTICnUL:
fk l'estat des Provinces?£c
de la conduite de ceux qui
sont employez à la receptc
de ses droits, & pour recevoir
tous les avis qui pourront
causer quelque avantage à ses
Peuples, afin qu'aprèsleurretour,
Sa Majesté puisse faire
surce qu'ils luy raporteront > tels reglemens qu'Elle necessaires.Quoy croira qu'apparemment
vous sçachiez déjà
les noms de ces dignes Magistrats,
je suis obligé de les
mettre icy, afin que rien ne
manque à mes Lettres? que
je scay que vous gardez
comme une suite d'Histoire.
M' Voisin Conseiller d' Etat,
& Mr Voisin de la Noiraye
son Neveu, ont esté
nommez pour les Generalitez
de Châlons, de Soissons, &
d'amiens, M le Pelletier,
Conseille d'Etat,& Mr d'Argouges,
Maistre des Requestes,
pour celles de Roüen,
deCaën, & d'Alençon; Mr
de Pomereu,Conseiller d'Etat,&
Mr de Pomereu son
Fils, Maistre des Requestes,
pour celles de Bourges, de
Moulins,&deLyon; Mr de
Ribeire,Conseiller d'Etat, &
1 Mr deChamillard
,
Maistre,
des Requestes, pour la GeneralitédesPoitiers,&
pourlesElectionsd'Angoulesme,
de S.
Jeand'Angely, deXaintes&
deCognac;&M d'Aguesseau,
Conseiller d'Estat, avec Mr
roient trouver beaucoup plus
considerables.C'est ce que
j'ay le bonheur de faire en
vous les marquant,& ce qui !
me fait continuer mes Lettres j
avec un si grand plaisir. *
Les Vers qui suivent meri- 4
tent vostre curiosité
, & par le i
titre qu'ils portent, & par le ]
nom de Mr Magnin qui en
est l' Autheur. Vous sçavez
qu'il est de l' Academie Roya- *
le d'Arles? de que saMuse, qui
atoujours leRoy pour objet?j
en afaitsouvent l'Eloge. I
REMONTRANCE
delaDéesse Pallas
A LOUIS LE GRAND.
Pour rétablifTeiiicnr des
Cadets du Parnasse.
VERS LIBRES. GRand Roy, dontlasagesse égale
la vaillance,
le fuis entre les Dieux. fa- gc &
guerriere dlljfl;
Nous avons donc enflmbltttJlèz
d'intelligencey(trance7
pcou;r;me ferfuaderquesur la remon- faveur des beaux Arts je
r(,J.;,'c,"",-J te fJa'.uir~e icy-,
Tupourvoiraspartaprudence.
Jejçay tous tesExploits guerriers;
Commeleurgloire macharmée,
Pour en consacrer les Lauriers,
leseconde la Renommée.
l'admire ave tout l'Univers
Et ta puissance redoutable
Etces , ménagamens divers,
Quisur la Terre, &sur les Mers
Font craindre & reverer ta force
incomparable.
Ta vaillance riestpas unvaip emportement,
J>ytù de tes premiers ans ait signalé
l'histoire ;
Vne conduiteégaleaménagé ta gloire,
De l'Aurore au Midy tout brille également.
Tout est si merveilleux
,
qu'à peine
on le peut croire.
1 EJI-il quelqueetablissement
Jghie n'ait imaginé tafageprévoyance
Pour faireftbjijer ce terrible armement
, .ziii montre il l'Vniversjusqu'ou va
la puiffince
D'un Roy qui sçait user de celle de
la France ?
Ces cadets qu'on eleve a l'honneur
desCombats,
Cette jeunejjeguerricre
J^uibrillesurtaFrontière>
D>o.fficiers& de Soldats
Ne reemble-t-elle pas
Vimmortellepepinieres
Tout efi contraint deformats
De te demander la Paix.
Ife ! lemoyen,grand Roy , qu'on te fffi Uguerre?
£)uels Ennemis si fers ne font pIN
alarmez,
, De voir les Combatans te naifirt
tout armez,
t Comme ceux de Cidmus finirent de
la terre?
LeChamp de Mars pour eux n'efi
point un air nouveau ,
Non, c'ejl lepremier que reJPirt,
Au sortir de l'enfance,dl' mesme
du berceau,
La Noblesse de ton Empire.
E;:fin
y
fous ton regne , Grand
Roy,
Tout réponddignement à mon htJurttur
guerrière,
Ta cendu 'te cff d'une maniéré
<f<..!;i ne
7nelasserien à defrer de
tOI.
1 Mdisencof quajefois fortement attachée
A tous les interests de Mars)
De la gloire des beaux Arts
le fuis également touchée.
Ilsfervent à la tienne, & tes Lau*
riers Ji verds,
Sans lajidelle culture
De l'Eloquence & des Vers,
fies*éleveroient pas en mille en..
droits divers,
A cette hauteursans mesure
Qui les montre à tout l'Vni'VerJ..
lesçay que tagrandeur ruprême
N'apasbesoin de ces secours,
J>)ue tu ne la dois qu'a toy-memei
Et qu'elle durera toujours;
Mais a quelque degré degloire
.!f!!!e le Hérospuïsse monter,
Mien loin de negliger les Filles de 1
Memoire,
Elles ont droit de le chanter;
Me/meellesJepeuventvanter on leur doit tout ce que l'Hi* *
fioire
A deplusnoble à raconter,
Etc'ejlaussi ce qui t'anime
A lesrétablir dans leursdroitsl
Et leur marquer en mille endroits
l'on arriment & ton eslime.
Tu les toges dans ton P-alaÎ.!',
"Tu les ftis honorer dansdesAcade*
mies;(vitjamais
En nul endroit du monde on ne Us
Si riches, si bien affermies*
De toutes parts les beaux Ejfrits
gui de ton Regne heureux meditelit lesmerveilles>
[ Chaque jour, chaque injlant, pAsr
leurs doctes écrits
jFontvoir que tes travauefontl'ab.
jet de leurs veilles.
"TUsoutiens dignement leurs appli*
cations
Par des grâces, des pensions,
£uelMonarque jamais leur enfit
de pareilles ?
Illr/tr & ?entretien, & les frais
des beaux Arts
jtujfi haut que ceux de la Guerre,
lineferoit pasjufie, & l'onfixait
bien que Mars
Fait un grand fracassur la terres -
J>)uc dans un modefie repos
Vne Plume fçavante, dr toujours
occupee,
Doit bien moins touter au HetCf
Dont elle décrit les travaux 1
Qu'un Guerrier qui tire tepée.
MMSnepourrois-tu point, & me-0
me à peu de frais,
Prendrefoin de # ces voix heureufesx
&divines,
.Zu'ilfemble que le Çiel veutfor- -
mertoutexprés
four chanter les vertus,pour chatte m
ter les hautsfaits
Des Héros & des Héroïnes,
Et qu'onvoit au milieu d'une abott-'»
dantePaix, [de racines?
Languircomme une plante àfautt i
Quelquefois pour les soûtenir
Il ne faudroit que l'influence
D'une médiocredépense,
Et c'ejl dont je voudrons te fairt i
souvenir
3 Jour consommer ta gloire
)
&celit s
de lA France.
Enfin pour m'expliquer an peu plus
clairon:.t.
,
I
LesMiifts parrit.! ("'(,)[).: te demandent
La grue
+.. ? , ,T
I Defiire:si:;nent
,j Ou lL' 'o.ip:cr'f'-i,levcde,sC.iddets du
'f;' ,;' I~, L¡", "(,.1 "'¡,. -' (; ) ¡,..c,;-Jt. jPar.;jfs' , Ou mille beu<>: Ecrits qui mal- uqui
Naiijjhi \jvliipauvrement,
tl;Alt heu de <'abrutir,puissent pren
, /, , f"
-
, are la 1 >¡.I,.e
DDe tant dd''autres qu'onvoits'é,/teindre
à toutmoment.
r; 'on Predetcffeur,lefameuxCh.tr-
- , lai':. y/ley
Poiir avoir éi
.,, (,,,*,,tee ,
Pouravoiréiaèlycette Vniveffilé
cO't'un mer-te si pur,(i(bl'ideae» ,~ J'
co:"'<iviïç -
,
Dans tout le mondeefiplus vante
.tue par tous ses travaux & de
Saxe
y
& ¿,Ejjdgne,
Quelle gloire pour toy dans ldperite,
uandteus les beaux Esprits qui
le Ciflferd naiflre,
chanteronty C'efi LOUIS, Je plus
grand des Mortels,
Qui nous fait b.riller & paroistre,
Nous ne brûlons d'encems qu'a ses
sacrez Autels.
Oiiy
j
fins luy le talent d'une heureuse
naiiTance
Scroitenfevely fous la triAe indi.
gence
Oùnous tombâmesennaifïant*
Grâces au Monarque puiàtant,
JDfont la royale prévoyance
Alla si loin dans raventr,
jUse favorable influence
Vint àpropos noussoustenir.
Çe font ces beaux .£./frits dont les,
'ZJJix immortelles
Long-temps afrés la mort raniment
lesHéros;
Leurs Conqucfies & leurs travaux
,
Leur nom, toutperiroitsans elles.
uand Augujle tlevoit de superbes
Palais,
Contemplant sa grandeur dans uni
beureufePaix,
Auroit-il présumé du faisse de la
gloire,
Jj)ue pourconfierersa. mémoire
TousJèsprojets efioient inutiles &
vainsr
Etqu'unjoursasùperbe Ville
Jïn apprendront mpiq sux humains
Jj)u-e l'Eneide deVirgile !
Tbuafafilsivmoireantson, ttoouurr,, dans mmiilblet
Et ta grandeur& ta puiffince
)
Mais tu dois craindre que le
tempsy
De cessuperbes monumens
N'efface la magnificence.
Sur laface de LVnivers, [divers,
Par tant de changemens,de ravaget
Ah! qu'il voitélever & tomber de
murailles?
Sans ton heureux defin ,
peNt-ejlre
que les Vers
J>)uipourchauterton nomforment
tant de Concerts,
Dureroient plus que ton fameux
rerJàil/es-.
yoila ce que l'amour de ta gloire aujourd'huy.
M'inspire de te dire à l'honneur du
Paruafe;
Au Champ de Marsy quey que l'on
f!lfè,
Sansson feeoursfan-sson appuy
Tout s'évanouit, tout s'efface.
Prens foin defaire cultiver
Tant de jeunes esprits que forme la
Nature
, Et qui ne fçauroieut s'eltver
Sans cette Royale culture.
Les Mufeschanteront ta libéralité,
Elles en rendront compte à la poflerité1y
Mille crû soutiendront leurs grâces
immortelles s
Et tout Héros qui tend à l'immortalité,
Apprendra de LOVÎS , qu'on ny va
que par elles.
Je vousay parlé de l'établissement
de l'Academie
d'Angers,&vous ay donne
une description de la Feste
qui sesit à son ouverture, que
l'on peut dire qui fut solemnelle,
puis que toute la Ville
s'y trouva, & Ce montra toute
en joye. Vous y avez vû
l'ElogeduRoy, dans lequel
vous m'avez dit que vous
aviez remarqué quantité de
pensées nouvelles
, & c'est
beaucoup, lorsqu'il s'agit de
parler d'un Prince, dont les
loüanges sont dans la bouche
de toute l'Europe. Ma
Lettre du dernier mois vous
,
apprit tout ce qui s'estoit
pane dans ladistribution des
Prix de la mesme Academie.
Comme il se fait beaucoup de
Societez de Gens d'esprit qui
s'ancmblem: en de certains .-
jours reglez, pour se faire
l'art les uns aux autres de
eursconnoissances sur les
belles Lettres, vous me mandez
que l'on a douté dans
vostre Province,quemalgré
tout ce que je vous ay écrit
de l'établissement de l'Académie
d'Angers
,
elle fust au- t) tre chose qu'uneSociété de
cette nature,c'est à dire,une
Assemblée volontaire de Pcr-
• sonnes scavantes, dont les
conférences estoient fculement
autorisées par les Magistrass.
Ceux qui ont ces aentimens
luy font injustice
,n
5c
lalecture des Lettres Patentes
que Sa Majesté luy a accordées)
les détrompera. Envoicy
les termes. 1 CUIS par la grltce de
Dieu-, Roy de France e
de Navarre
3
a tous prejens @r
ave nir, Saint. Les Sciencese
les Arts (flant les principaux
Instrumens
Inflrumens de la i)ertu g les
marques les plus illuflres de la
félicité d'un Etat, Nous ne nous
fommmes pas moins applique^ à
les faire fleurir au dedans de
nostre Royaumi.,qu,aire craindre
nos Armes au dehors. Nous
'Voyons avec plaiflr le succés de
nosfoins dans un nombrepresque
infiny de Personnessçavantes,
qui se font élevées fous noflre
Regne;, & qui mesme ont surpassé
ce qu'ilya eu de plus excetlent
dans les autres Sieclesm
Les Academies quifont établies
dans nostre bonne Ville de Paris,
& dans quelques autres Villes
de noflre Royaume*n'ont pds
peu contribueà en augmenter le.,
nombre
, & à iesperÇeélionner3
parce que ceux qui les composent
conférant enjemble dans des Af
semblées reglEes;, s'excitent reciprjquement
au travail par te
desir de s'égaler & de je furmonter,
s'inftruifint par la communication
de leurs umieres>&
font naifbre dans le coeur desautres
une noble émulation de se
rendre dignes de remplir quelque
jour ces places d'honneur.
C'estpourquoydejîrant continuer
des établissemenssi avantageux
aux Lettres;)& d'ailleurs
eslans bien informe% que noflre
'Province d'Anjou efl une des
plus abondantes de nostre Royau-
- me en bons Esprits ; quelle4
produit dans tous lestemps des
Personnages d'un sçavoirétrknent,
dont les Ouvrages font
encore aujourdJhuyfornement
des plus riches Bibliothrquesà
&'que dans la faille d'Angers,
la Capitale de la Province ,ily
une IJniverfte fameuse & une
E&le publique de Mathematiues
,d'où il fort tous les ans
divers Sujets capables des plus
hautesccnnoiffances,Nous l avons lotie le dessein de plusieurs Per*
krk
formes fludieufes de ladite Ville
d'Angers> qui desïrant Je per- - feélionner dans les Sciences3,
nous ont demandé la permission i
de conferer ensemble de leursEtu- 1
des dans des Assembléesregléesy
fousletitre laDifcipline d'u- -1
ne Academie; pour leur don-
«j
ner moyen d'accomplir une si
loiiable entreprise, Nous avons {
tien voulu autoriser leurs Af -
semblées
, permettant qu'il foit
fait des Statuts & Reglemens i
pour la police qui doit y esos i
gardée; &gratifiant ceuxJont1
cette Academie fera composée
t
de quelques témoignages bono*
L
rables de nofire bienveillance,
A CES CAUSES,&autres
k ce nous mouuant, de nofire
grâcespeciale,pleinepuijptnce
& autorité royale Avons permis
, approuve & autorisé
>
permettons
japprouvons& autori-*
Jons par ces Prejentesifgnéesde
nofiremain, leplites AJjcmblées
&Conférences; Voulons quelles
Joientfaites& continuées à l'avenir
dans nofiredite Ville3JOHA
J
le nom de r Academie Royale
d'Angers> que le nombre des
Personnes qui com/ofint ladite
Academie,flitfixe àr limité *
r trente3 outreceux qui pour raijonde
leur dignitépourrontya- ,
voir entrée &pl-ace honorable,
privant les Statuts & Regle- 7 mens cy-attachez feus le contre-
feel de nostreChancellerie
y
que Nous avons approuve% &
¿tutor.iflz, e tous autres qu'il
fera necessaire faire3 sans qu'il
foi-t b7 eso!in d'autres Lettres de
Nous que lesditesPresentes
3 par
lefqueÛesMousconfirmons dés
maintenant, comme pour lors,
toutce quiferafaitpour ce regard
; Permettons en outre À ladite
Academied'avoir un Sceau
avec telle marque 3
figure&inscription
qu il luy plaira
>
pour
sceller tous les aétes qui émaneront
d'elle
}
(Sf Voulonsquelle
foit pour le présent composée des
perjonnes dont la Lifte est cyattacbéefous
le contre-fiel> que
Nous avons nommées pour cette
premiere foisjlaissant ausdits
Académicienslalibertéde remA
plirles places qui vaqueront à
l'avenir, par la voje de lélectionconformément
ausdits Statuts3
& que lesdits Académiciensjoiïijjent
des mesmes honneurs,
Prinileges, franchises &
Ilbertez dont joiijfent ceux de
l'Academie Françoise, établie
dans nostre bonne faille de Pari;)
a l'exception du droit de Committimus.
Si donnons en mandement
a nos amek & féaux
Conseillers3 les Gens tenans noflre
Courde Parlement auditlieu,
Ca tous autres nos Officiers qu'il
appartiendra;, que ces Presentes
ils ayent à faire regiflrer &
icelles garder & observer félon
leur forme *teneur; Car tel est
noftrr plaiJir. Et afin que ce foit
chose ferme c-flable a toujours,
Nous avons fait mettre noflre
Scel a ces Preftnt(s. Donné à
Versailles au mois de Juin l'an
de grâce 168/. de nojîre,
Regne le quarante-troisiéme. Signé.
LOUIS. Et sur le replys
Par le Roy, phelypeaux. Et à
cosséVisà, le Tellier, pour établissementd'Academie.
Signé3
Phelypeaux ensuite.
ReziftréesJ ouy le Procureur
General du Roy
, pour joüir par
les Impetrans
> & ceux qui lcur
Juceederont3 de leur ejJ"t
,
&
tftre executeesJelon leurforme
& teneur, Juivant l'Arrest de
ce jour>aH?arts en 'Parlement
le jeptiéme Septembre ld85, Si7
gnéyDongois.
Je me souviens que dans
l'une de mes Lettres, jevous
aynommé les trente Academiciens
dont Sa Majesté a
fait le choix pour composer
cette Compagnie. Si vous
avez envie d'en voir les Statuts
,
je vous les envoyeray se
mois prochain. Ce que vous
venez de lire fait assez connoiftre
que si l'établissement
des Academies est uneaffaire
tres-serieuse par l'utilité qu'en
peut retirer l'Estat, elle est
en mesme temps fort glorieuse
à ceux qui y sont receus
puis que le Roy veut -
bien s'en mêler, & qu'il a
daigné agréer le titre de Pro- I?0
tecteur de l'Academie Françoise
,
lors qu'il luy a fait
l'honneur de luy permettre
de s'assembler dans le Louvre.
Les découvertes qui se font
de jour en jour dans celle qui
prend le nom d' Academie
Royale desSciences, font
voircombien l'établissement
en est utile. Mr de la Hire,
qui est de ce Corps celebre, a
écrit depuis peu de temps
une Lettre fort estimée touchant
une nouvelle forme de
Boussole. Je vous en envoye
une copie.Vous avez auprés
de vous des Amis sçavlansaqui
fverontobien-aiisers cU.!l A M. *** j vDus fialJez
>
Afonfieur^
qu'il n'y a rien qui donne
plus de peine dans les grands
Voyages que l'on frit sur Mer,
que la variation de l'aiguilleaimantee
j parce que cette variation
efi différente dans tous les
endroits du mondemene
quelle change confiierahlement
dans un mejme lieu en divers
temps. Ilsemble quesi l'onavoit
des observations exaéles des irregularitez
de certe variation
qui eujjentesiéfaites partoute Id
terre> & dans un efface de
temps considerable>l'on pourroit
découvrir quelque periode deee
mouvement
3 & ensuite établir
un systeme qui Jeroit d'une trèsgrande
utilité pour la navigation.
Mais comme nous rien avons
des observations que depuis
environ un siecle dans quelques
endroits particuliersj lesquelles
nous ont faitfeulement connoipre
que s'ilya un mouvement
régléj il eJI fort lent, on ne peut
rien conclure de certain pour l'avenir
de tout ce quia estéobjer-
-ve qu il vé jufquaprejent. Ce ness pas
que d'une annéeal'autre on ne
puisse s'affiurer sur lesobfervd*l
tions de cette variation
>
puis ;
qu'on a remarque quelle ne
change que de peu de minutes
pendant une année. Il ne faut
pas pourtant avoir trop de confiance
sur les observations que les
Pilotes font de cette variation,
d cause des erreurs grcjjteres dont
ils nesepeuventpas aisémentgarantir
; car il arrivesouvent que jirtprés du lieu où efl leurBouf
foie3 il7y a by eaucoup d7e fer qui
détourne l'aiguille.) & luyfait
montrer un point de l'horison
fort différent decelujy quelle marqueroit
si elle estois éloignée de ce
fer; ce qui fait que l'oneslime
qu'il y a une variation confidtrable
de l'aiman où il n'yen
éturoitpeut-eflre point en effet*
Et il peut encore arriver qu'au
mesme endroiteuIon fait cette
obfrvation dans une année,F
dans la fuhjante les instrumens
defer se trouvent JifPofe'{ d'une
autre maniere qu'ilsn'ejloient
auparavant dans
le
mesme Vais
seau ou dans un autre, l'aiguille
montrera unevariation fort différente
de celle quelle donnoit
auparavant. Et cesfortes de précautions
qu'on ne prend point
sur mer, peuvent causer des erreursforl
grojjteres pour les observations
de la variation de
l'a *man 1
J'aiman
>
bien qu'elles n'en puissent
pas faire pour la conduite
du Va ig 1 Vaitfeau :car l'aiguille de
laBoujjole eslans detournée d'une
certaine maniéré3 gardera
toujours la mesmefîtuationà l'é<*
gard du Septentrion.,pourveu que
ll''oonn ne cchhaannge pas le fer qui
l'environne
>
dr l'on ne laissera
pas ddeesfe~ ccoonndduuiirree fsoi rt seurement
ensuivant à peu près un mesme
rumb de vent, si l'on a observê
cette sausse variation par le
moyen desamplitudes ortives du
Soleil, comme l'on fait ordînai--
rement. Il ne faut donc pas esperer
de pouvoir rien établir
d'affuré sur les observations que
nous avons luautpref--nt,
& principalement sur celles de
mer>qui font les plus considérables;
& cejl ce qui m'avoit
porte a rechercher plufieun
moyns indépendamment des observations3pour
trouver sur ni,,,*
la variation de l'aiman. Afati
^ayantconfiderequepluseursfFa.
-vans hommes de ce siecle avoient
propose diverses maniérés pour tire des aiguilles de BouJfolu
quinefussent point sujettes a la
variation
, & que toutes ces
proportionsnavoient point eui
d'effet) je ne jugeay pas qu'auprés
tout ce qu'ils aboient saisi
par le moyen de l'aiman
3 on pufti
cjfierer d'en tirer quelque avantage
,
puis que l'aiman mefmc
efloit sujet à cette variation,,
Autant qu'on le pouvoit conieélurer
par les experiences qui:
Avoirntejlefaitesjufqtlalors.
-
j'avotsentierementaaandonne
cette recherche
3
lors qu'il me • tombapar hasard entre les mains
une pierre spheriqued'aiman de
troispouces de diametre., dont J
dyant voulu mefervirpourfaire
quelques experionces avec Une
petite aiguille de Boussole posee
sur un pied que l'onpouvoit ai-
JementplacerJur la pierre, j'y
obfcrvay d'abord ce qui avoit
esle déja avancé par plusieurs
personnes
, que ce globe d'aman
çaujôitauxaiguilles de Boujjole
les mefnes changemens que ton 4
.remarquez dans ces aiguilles en
divers endroits de la îeyre, tant
à l'égarddela direélion vers les
deuxPôles
> que de Finclinaifin
vers celuy qui luy esi le plus
proche; gy enfin je reconnus
qu'il nejloit pas pcjjible de trouverle
:'nt où l'aiguillepujl cjbe
Ó J pl
mise indifféremment en toutes
fortes Je politions , lequel point
mauroit exactement montré le
pole de la pierre> mais que l'aiguilleJedirigeoit
toujours vers
quelque endroit. Je déterminay
parcemoyen
3 autant qu'il me
fut possible, le point que l'on appellelepôleaufiral;
maisjefus
fort surpris de voirqu'il tf/oit
éloigne de dix-huit degrez d'une
croix fortement gravée sur la
pierre
,
quisuivanttoutes lesapparences>
estoit cy-devant lepôle
de cette pierre, comme il dvoit
eslé observéparceluy qui l'avoit
faittailler. Ce changement de
poles dans cette pierre n/ayant
rappeuémes premierespenseesfut
la
'Variation
de l'aiman,fay cru
ques'il efioit vray que lespales de a vertu magnetiquechangeaient
furiespierres^comme nousvoyons
qu'ils changentsur la terre, on
pourroit en tirer de grands avantagespourla
variationdes aiguilles
aimantées
, car sice changement
des poles de lavertu magnetiquesur
les pierres d'airnan eftott
*ffurej &qu'ilfuj} analogue au
changement des pôles de la vertu
magneticfue de la terre
>
ilny
tfuroit pas de doute quune pierre
d'aiman fheriqueejlantJkf
pendue en liberté, ne dtmeurafl:
immobiley & quelle rieujl un
point qui regarderoitlepôle de
la terre, & que l'on pourroit
appeller le veritable pole de la
pierrependant que les poleî de
fli njertu paUèroient Jucceffivement
en diffrens endroits, de la
mefmrmaniere qu'ils changent
sur la terre. Apres avoir fait
plusieurs considérations sur ce
fyfcme,&aprèsm'ejlreéclaircy
de quelques doutes que savois
ptr la pflfition de la pierre, lors
Jaonnon ai>oitautrefois déterminé
pole
3
j'ay reconnu que ce
pôle ancienejloit éloîznédu point
que jappelle le rentable pole,
de treize delrrez vers l'orient
dans le lieu où il avoit rfi;
marqué, & qui ne mest pas
connuy puis qu'il décliné d pre-
Jent dans ce paysde présdecinq
degrez vers
le
Couchant.
Sur cesysteme, auquel je ne
fiache pas que perjonne ait encore
penséjfay inventéunenouvelle
conflruélion d'une aiguille
de Boteole, qui pourroit avoir
les mejmcs changemensquune
pierred'aiman f/herirue
> &
tout ensemble les mesmes commoditez
que les aiguilles commujnes.
)ay faitfaire ave€ un fil
d'acier un anneaude trois pouces
de diamètre, duquel partent
trois rayons d'un fil ae leton trerdéliée
qui vontsijoindre au centre
àun petit chapiteau entieremelttfimblableÀ
celuydesBouJ-* * Joles ordinaires, pour pouvoir
pojer ce cercle Jur un pivot dans
ftn centrt.,&pour luy laisser la
libertédeje mouvoirautour de
luy-mesme3 Jon centre demeurant
imn-lobile. J'ay enjuiteaip
- manté ce cercle d'acier, en présentant
indifféremment a un de
Jes points l'un des poles d'une
forte pierre d'aiman
> & à [on
point opposé l'autre pole de lA pierre
pierre pour donner plus de vertu
À l'anneau. J'ay remarqué Cr,-
fuite que cet ànneau estoit fortement
aimanté3 & que le point
qu'on appelle le pole auflral se
airigeoit avec promptitude vers
le Septentrionqu'il sarrefloitenfin
aprés plujieurs vibrations
y
&qu'il avoit aujji lar
mejmeinclinaison vers le pôle
que l'on remarque aux aiguilles
- - après avoir tfte aimantées.J'ay
rnfuite attaché sur cet anneaa
une petiteFleur de Lys de leton
ï l'endroitqui regardoit exaéle- -ment le Septentrion
,
J'anneau
*ttmt bien en repos.
Si les poles de la vertu de
latman changent sur la pierre
d'Aiman de la mesme maniere
qu'ils fontsur la terre>ilsemble
1ue la mesme chose doit arriver
acet anneau3& qu'il doitavoir
un point qui regardera toûjours
exactement le Septentrion. Aiais
pour estre affuré si un anneau
d'acier fait les mesmes effets
qu'unepierre d'aiman spherique.)
j'tty fait l'experience fuivante.
Ayant aïmante un anneau
d'acier3(jhj l'ayant misfous
un papier, fay femé de la limailled'acier
pardejjus;
aprèsavoir donné quelques pctites
secousses au papier/^ay vû
que la dlreBion de la matière
magnetique passoit immediatementau
travers de l'anneau d'un
pole à l'autre> & qu'ellefaisoit
,
deux tourbillons aux deux coflc%,
comme on le remarque à lafj>bere
d'aiman
j ce qui sembleajje%
urprenant ; carJuivantl'Irypc-
¡ these ordinaire de l'aiman
)
la
i uertu magnétique ayantplus de
facilite à paJJe%r dans l„'ac(ier que
1 dans l'airdevroitcoultr des deux
jrojlc^ du pole autour de l'anneau
J & feulement former un
pole opposé au premier. Mais
i"ay encore esie confirme dans
cette pensée ayant appliqué;
une ppiieerrrree dd''aai*man un morceaw
deferplatÜ pointu comme la
lame dvun coutedu ,
dont la
pointe débordoit au-delà de la
pierre ; & ayantprcfenté cette
pointe a l'anneau Itimanté.) fay
observé que diverspoints de cet
anneau Jeprefentoientâ lapointedu
couteau3fkïnjant les differens
endroits où il estoit appliquésur
la pierre: ce qui riarrive
pas à une aiguilleaimantée,
car elle prejente tou jours à la
pointe du couteau l'une deJes
deux extremite^j riefiant pas
disposéeàcause de sa longueur
d recevoir la rnatiere magne!iqquueeddaannsstotuosulsel:
ep- oints qui font
analogues à ceux de la pierre.
f-utfeulement remarquerque () la 'VerfU mtic-netique dans unt
pierre irreguliere Je manif:fle
plus fortement vers lesangles
que vers les autres endroits ; ce
qui peut causerquelque itregularité
dans cette experience
>
si
on lafait avec une pierre fort
irreguliere.
<-..> Ces experiences m'ont donne
lacuriofîtéd'en faire une autre,
en aimantant deux demy-an-
- ? - 1 neaux d'acier; ayant joint
les rxtrernitez aimantées parles
mesmes poles
>
j'ay remarquéfur
la limailled'acier le mesmeeffet
que dans l'anneau. Maisayant
joint les extremitez diversement
Aimantéesy j'ay trounje d'abord
que ces deux demy-anneaux si
joignoient ensemble3 en s'attachant
l'un à l'autre; @r par l*
limaille d'acier femee sur le
papier fay reconnu qu'il se
faisoit alors quatre tourbillons3
deux dans le milieu de chaque
demy-cercle, & deux Autres à
l'endroitmils eftoieru- joints; ÇJT4
que ceux qui se formoient dans
ces deux endroits, estoient plus
petits que les Autres, & beaucoup
plus forts. y'~ trouve
auJJiq/zl y avoit quatre poles, dFent c'hacun eÍp' iî entre chhaque
tourbillonj&one chacun retenait
dansfl\i demy-cercle la
vertu des ext:"cmitez.. des demy-
Anneaux. Jevoulus ey,.-r, après avoir
Aimantéun fil àaciertout droitt
d' en
formerun anneau ,
maisje
trou vay qutl avoit perduentièrement
sa vertu ; ce que lon ne
peut pas attribuer à la jonétion
a,".ç pôles, qui devroient s'attac!
rr ensemble pion les autres
experiences nue l'on en a ,rnais
freullement a ce qui en a d1r/j.a efstte/
remarque3 que lors quon ployé 1
un peu une verge aimantée, ellei
perdsa vertu, ce qui ne peut arriver
que par le5 cbangemcns
despores de l'acier.
J'ay encore remarqué quun
anneau d'acier ayant eslé aimantéconferve
fort long-temps
saavertujquoy q1u',il foit rnis en pofinoncontraire a ses poles. Er.t
cette experience eflconfirmée par
une autre qui efl beaucoup plus
conftderable: cefl qu'un anneau
d'acier ayant eslé aimantéavec
une forte pierre d'aimanne peut
recevoir qu'avecpeine une rur:rtu
contrairei eslans touche avec une
pierre d'aiman moins forte que la
première; mais quenfuite il rcprend
peu a peufil premiere vertu;,
à peu près comme font les
pierres d'aiman, qui efiant aFprochées
d'une pierre d'airnan
par les po/es de mesme dénomination
s perdent leur premtere
vertu pour en prendre une contraire;,
laquelle ils perdent enfuite
peu t peu pour reprendre
la premiere.
Après que feuspresenté a
tAcademie ce nouveau systeme
de l'aiman, on fit quelques experiences
sur un globe d'aiman à
peu prés de mesme diametre que
le rlJien, mais dont les pôles nc- -
ifoient pas diamétralenient cppa- j
f~Z> r'Tsur un clemyILOHTUCM:~
'8 -' '-;/ J' ., (. ',..- '- V cju'yplusvos que
leploie. Mous':
", y" 1
,,~J. CJ - 1 ¡. 10- - ° fI,.. 1 '",
n_/'1y""J 1 "';" ,." ., nyremarqua/nespj?unediirTdjijs:i-
>\ne: fortconfiâtrablepour le
changement des Doles: néanmoins
a csu(',fï de quel1quescirconfiances
particulières> la Compagnie
jugea qflil efioitàpropos de faire
des eà-periences dr cettenouvedesekperiencesdecettenouvellllee
confituftiond'aiguille de Boujfoie.
Si l'on portoit de cesfortesde
Bouffi/es dansdeslieuxfort floigne^,
oû l'on sçait que les ai.
guillesaimAntées ont une grande
variation, on pourvoit s ajjeurer
en peu de temps si cette Iypcthess
efc njraye> C7 si Ion enpeut
attendre les avantagesquej\iy
d' t:,si,n J~~ y' concludufyjicmcd? tim^ohhté
edl\,<neJhf7h1cre dd"'aiman J(u,j,p(end1u'e.
en liberté.
Il ne me reste plus qu'à ex.
pliquer de elli-,enaniere on peut
aimanter
de
nouveau ces aiguillescirculaires3
lors qu'on s'aperçoit
quelles ont un peu perdu de
leur premierevigueur. Suivant
cette hypotheje il eflévident que
si l'on ne touche pas le cercle par
le point qui répond à celuy de Ils
pierre
,
Juivant la variation
quelle Ú j
la petite J^l^yir d&
LLys qui marquait l1e veritibl.lfdr
pole
1
pourra s'endétourner ttn
, 1.1ft 1 ,., , pujCTladifficultéqui1y auroiA
de trouver les points corrifPondans
sur l'anneau &sur lapieryfj
fcroit qu'on ne pourroitpas
aimanter le cercle de nouveau Jans > y prendre beaucoup de foiny
&sans avoir auparavant obfervéune
/if"ne meridienne. Mai5
pouréviterotoutes ces difficulté^,,
il faut feulement approcher de
l'anneau les pôlesde lapierre,
l'anneau quieflfufpendufurfon
pivotsetournera de telle maniere
que le point qui repondaupôle
f| vertu de la pierre qui luy ïrefenté, s'en approchera
le
f s prés qu'ilferapossible> en
J..te que sans lesfaire toucher
n À l'autre l'anneau ne laif-
1 rapas d'en recevoir beaucoup de
-rtu: on pourra fairelamesme
chose avec le pole oppose.
Je ne doute pas que vous
n ayez^ de curio/ité pour
voir si les poles de la vertu
rhangent dans un aiman JPherique
>
lors que vous en rencontrerez
quelqu'un qui frrtt
propre pour cette experience. Il
y auroit encore beaucoup d'autres
remarques afairesur ce fujet,
ilJeroit aujJi a souhaites
que l'on fifi plusieurs autres oh-j
jervationsparticulières lors que
toccafion len presentera : mais
1 moins que ces fortes de nou-
'Veaute{ ne tombent entre les
mains de personnes qui ayentun
grand amour pour l*avancement
des Sciencesyon ne peutpas efferer
d'en rien apprendre de certain;
& je vousavoue3CMoufieurt
que saurois de la peineàconfier
cette experienceatoutautre qui
voui:mais vous nousave^ donnesijouvent
des marques d- vostre
capacité& de vofire adrvjje
dans cesfortes de recherches, que
je rnejiimeray fcrt heureux si
rvous 'Voulez bien prendre la peine
devous en charger3 &me
faire l'honneur de me croire,
Monficur,Hjofbre, &c.
Ilya quelques années que
je vous parlay amplement
de l'Institution des Jeux
Floraux
, qu'un celebre tous
les ans à Toulouse avec
beaucoup de solemnité. Je
vous apris qu'une Dame appellée
Clemence, avoit laissé
une partie de son bien
pour fonder des Prix) qui
sontles recompenses des victorieux.
Le premier est une
Eglantine d'argent. & il se
donne à celuy qui réussit le
mieux dans la composition
d'un Chant Royal. On donne
un Vei s qui doit finir un Sonnet
qu'on est obligé de faire,
&ceSonnet sefait pour l'essay.
M de Cironis, âgé de
quinze uns, a eu le premier
Prix cette année.IlestFilsde
M de Cironis, Sieur de la
Bastide & Beaufort, d'une des
premieres Familles de laville,
& Petit-fils de M le President
de Cironis qui a fait
voir lagrandeur de ion genie,
non feulement dans l'Art militaire,
ayant servy en qualité
de Mestre de Camp ,
mais
dans la Charge de Capitoul,
dans celle de Tresorier de
France,&: enfin de Prefidcnt
au Parlement de Toulouse)
qu'il a exercée avec beaucoup
de capacité & de gloire. Ce
Vers,
Atoy, non pas à nous, Seigneur,
la gloireest deuë.
ayant esté donné à Mr de
Cironis, voicy le Sonnet qu'il
fit pour l'essay.
L'Invincible LorIS, dont ïin*
trepidité
FMI révérer Par tout fin suguflt
Fuijfance,
Coutoitpaisiblement les fruits desi
"vaillante,
JgMuand laa Fjièevrje lAtétaq.ua sanoble
Bts maux quiVaccablaientnojlre
esprit agité
En attendoitlafn avec impatience :
Mais le Cielquiprendfoin du dessin
,de la, France, [Jante.
Senjible 2 nos dajîrs luy rendit la
"Tosafsn Peupleaflfigédans les riu-,
des alarmes , £nm$it ptur luydesvoeux, &fc
fendoit mlarmes
Mus ce foible secours eufi esiésans
effet,
Etfans celuy du Ciel la France tfloit
perdue, IIn'en faut pas douter,de ce bon-
,
-
heur parfait
A toy, non pas à nous, Seigneur,
la gloire estdeuë.
L'Heresie détruite fut le
sujet qu'il choisis pour faire
ce Chant Royal.
N'On, ce riefi pas afftz, que M
main triomphante,
GrandMonarque, ait réduit tes Ri.
vaux aux abois } ri faut qu'uneConqueste cncor
Idatante
Ajoute un nouveau lustre a tes fa*I
meux Exploits; *
II faut qu'un foin plusgrand où lej
Ciel s'intercjfe1
Combatte des Demons l'artifice&Iddresse,
Et leur fAJlè tomber, pour
ruidre:
leurs coups vains, 1
Et la rage du coeur, & les armes des
maIns,
Et que malgré les traits de laplus
noire envie, IlfitJlè voirquel ejl danssespieux
dejfcinsy
Le Monarque des Lys qui détruit
l'Heresie.
Vous que Villufon aune erreur apparente
jette confusément dans -de fâchcux
détroits
>
Dt gens emptifonne^ petite Troupt
errante ,
PouveZ-vous refifier aux charmes
de sa voix?
pouvtZ;vous refijier aux traits desi
, tendrejfie ?
| C'ejl moinsunpuififant Roy, qu'un
; Amy qui vous prje
tIl combat les Luthers, il abat les
Calvins,
Et renvtrfe
,
touché de vos mauvais
dessins
.}Jt mille , fauJficteT^ leur doclrint
noircie.
Peut-on n'écouter pas sur des confieilssifiiins,
Le Monarque des Lys qui détruit
l'Hcrcfie.
ï,'4o~j-elrrecccoonnv-,e-ersrriioonn ppa,rio;-iosi dévjaà ttrroasl
lente,
RentreZdAn! vos devoirs
, reprener,
vos emplois,
Etneméprifie^pas utit fiant abondante
,
Jgjti vtrfi dms voscoeurs mille biens
.r - à la fois.
Il eé de la prudence,il efi de U fi-
D'ohtir aux confieilsd'un Roy qui
vous carejfie,
Vun Roy dontaujourd'hui lesordres
fiouverains
Sont de tout "Ynivers,; rtjjelltt
;& crains.
!1eveneZdes erreurs 00vofire coeur s'ollhlÙ,
Et craigneZd'irrittrpAr vos piquans
dedains
Le Monarque des Lys qui détruit
l'Heresie.
K'a-t-onpa*vu plier foussa force
étonnante,
Boilandois,Allemans,Efpagwls&
GnJois,[filente,
uimilgré' les efforts d'une ligue in-
N'ofentrien entreprendre au mépris
f de ses Loix ?
ToMt cede ason pouvoir, devant luy
j tout s'ahaisse,
Souvent la reJi/lame & le pique à*
[ le bkffi.
Ennemis du vray culte ,espritsfers
& hautains,
l'revene'{ les effets devoJ malheurt
1
certains,
gomment fuir le couroux dont son
ame efi sasi'e ?
ssien ne peutarrefierdanssesexploits
divins,
Le Monarque des Lys qui détruiç
f
ruerez
Dans c£s pieux desseins que ta main
epueânte,
LOFISy qu'on doit nommer le modete
des Rois
0 Ciel) conferve encor une Vie importante,
.!!<!!i s'applique sanstesse a soutenir
tes droits.
ha Foy regne par tout, cette digne
Maifireffe
Vorte dans tous les eoeurs lapaix S* JJ
l'ailegreffe.
nue de Temples détruits, que de
monfires éteints !
Dit bruit desesprogrés tous iestemps
"Par là dfeeuroGnrrtanpmd LlOePISiilaneglosire;efi
£tton doit rcconnoifire à ces coups j
plus quhumains3»
Le
Le Monarque des Lys qui détruit
l'Heresie.
ALLEGORIE.
te Sauveur tjlùJ le Uerll queje
chante,
Ce Dieu dont Les bontés méritent n,..
, jhe choix,
Htqui brûlant fourmus d'uneamd(H>
obligeante,
Vesmi/eres de l'Homme a fortetout
le foids.
le rebelle Pécheur que sa bonté re.,
dresse,
Rentre dans fin devoir,reconnoifi
safoiblesse,
Et des traits de l'erreur les coeurs les
i plus atteints,
la quittent pour entrer dans la route
> des Saints,
Son amour lept prépare une éterneUi1
vie.
C'ejîsur ce beausujet qu'heurellfimentjepeins
Le Monarque des Lys qui détruis
l'Hercfie.
- Je vous envoyé encore un
- Printemps d'un excellent
Maistre.
.-
AIRNOUVEAU.
TOut cft charmant dans ce
bo-1
cage ,
I
Lu Oifcaux amoureux par leur ten-1
dre rimtge
fit lA faison nouvelle annoncent Il
rtlOllr. I
tf4ishe/lU! accablé de rigueurs inhumaines,
tnesens point comme eux lespiii- i Jtrsde l'amour,
[ .EEttjjee nn"'eenn rreessens que les peines.
I De toutes les Cérémonies
publiques de la Ville d'Aviinon
jil n'yen a aucune qui
crâne avec plus d'éclat que
elle de la reception des RelieursdesPenitens,&
de leurs
Isrocefrions pendant l'Octave
lu Saint Sacrement. Messire
4enry de Brancas, descendu
les Comtes de Forcalquier?
viarquisde Ville-neuve,ayant
:fté éleuRecteur des Penitens
Blancs le 3. May dernier.
cette Compagnie qui a pour
luy une estimesinguliere,
n'oublia rien de ce qui pouvoit
marquer la joye qu'elle
avoit de l'avoir pour Chef.
Le Dimanche 25. du mesme
mois, fut le jour où ce Marquis
fit ses premieres fonctions
en qualité de Recteur,
& pour cela, la Chapelle fut
parée des ornemens les plus
precieux, pour tenir la place
de ce qui manque à un ouvrage
d' Architecture,de Peinture,
deSeulpture,& de Dorure
que l'on y fait, & qui
montera a une somme fort
considerable. Cette Chapelle
a dix-neuf toises de longueur,
surquatre&demie de largeur
, avec ion élévation proportionnée.
Le fond de l'Autel
est basty avec des Colomnes
Isolées
,
d'ordreCorinthien,
d'une belle pierre, &
la voute en cul de four, est
ornée de roses différentes &
richement travaillées. La Ceremonie
estant extrêmement
longue, on dit d'abord une
Mdlcbauc pour tous les Confreres
-1,
tandis que tout ce
qu'il y avoit de Gentilshommes
& de Femmes de qualité
dans la Ville ,serendirent en
cette Chapelle? avec uneaffluence
de Peuple inconcevable.
La Messe estant dite,M le
Marquis de Brancas, vestu de
son habit blanc, & accompagné
de ses deux Lieutenans de
Recteur , & de tous ses Officiers
& Confreres vestus de
même,&rangez aux costez de
la Chapelle, fit l'Office, à la
fin duquel, la grand' Messe
fut chantée parM l'Abbé de
Tache, Chanoine del'Eglise
Métropolitaine, & Frcre du
premier Lieutenant de Recteur?
avec les Violons & la
Musique meslée de Hautbois
& d'autres Violons. Cent cinquante
gateaux au sucre,tenant
lieu de pain bénit, surent
distribuez par des Gentilshommes,
Maistres des Ceremonies
? vestus de leurs habits
blancs.
Le Dimanche suivant, premierjourde
Juin, qui estoit;
dans l'Octave du Saint Sacrement>
la Compagnie des Penitens
Blancs fit la Profession
particulières suivant l'usage
étably Voussçaurez, Madame
,
qu'à la Feste-Dieu,
outre la Procession générale
qui se fait dans Avignon,
comme dans toutes les autres
Villes de France, les six Compagnies
des Penitens font les
leurs? chacune en temps différent,&
avec autant d'éclat
que le demande la qualité du
Recteur; les Gris, le Jeudy à
trois heures du matin; les
Violets & la Misericorde, le
mesme jour sur le foir , les
Bleus & les Noirs, le Dimanche
au matin , & les Blancs,
dans la nuit. Ces derniers sortirent
de la Chapelle au nombre
de septà huit cens, sur
les neuf heures du soir. Ils étoient
tous habillez de blanc,
des plus fines toiles qu'on
eust pû trouver. Deux Bedeaux
de la Compagnie? avec
leurs grands manteaux d'ecarlate,
galonnez de deux
bandes de velours blanc bordéesd'or
de part & d'autre,
marchoient devant Mr de
Brancas,Recteur, & portoient
chacun un flambeau de cire
blanche du poids de dix livres,
garny de rubans Isabelle
& bleu, &aumilieu, les armes
de ce Marquis peintes & dorées,
Il avoit à ses costez ses
deux Lieutenans
?
& derrière
luy venoient deux cens
Gentilshommes tous un
flambeau à la main, & marchant
deux à deux De
douze en douzeestoitunPenitent
seul, qui tenoit un gros
flambeau, afind'éclairer
mieux tous les rangs. La
Croix suivoit
,
portéepieds
nuds par un Confiere Convers.
Elle estoit entourée de
quatre Ecussons, & de huit
chandeliers d'argent, entremestez
de douze flambeaux
> chacun de dix livres, avec de
grandes plaques d'argent des
armes de la Chapelle, que
quantité de rubans isabelle &
bleu tenoient attachées. Cette
Croix qui a huit pieds de
hauteurs est toute d'argent,
ainsi que le Christ& ornée
d'un grand voile detoiled'argent
avec de la dentelle de
mesme. Lés autres flambeaux
ornez des mesmes rubans, &
avec des Ecussons de diverses
armes, estoient de differente
grosseur, lesunsdedix livres,
les autres de vingt, & les derniers
de cinquante, outre les
trois qui fermoient la Procession,&
quiestoient de (o\~
xante livres, tous de cire blanche.
Les premiers portoient
douze Ecussons des cinq
Playes, qui estle titre de la
Chapelle, & ceux des Gentilshommes
estoient rangez
selon l'ordre de leur re- :
ception
, comme ceux des
vieux Recteurs suivant leur i
ancienneté. Il yenavoitdouze
deMle Marquisde la Fougasse
de laBastie, douze de
MrleMarquis de Fortias,douze
de Mr le ComtedeBrancas ¡
Rochefort, Coufin-germain ;
& Beau-frere de Mr de Bran- j
cas Recteur. Aprés cela venoit
la Musique, composée
de cent Musiciens) & meslée
de Hautbois & de Violons,
delaCompositiondeM Durand,
Maitre de Chapelle
de Saint Agricol. Le sujet
du Motet estoit la Paix &
l'abondance, fiat pax in cordibusvefiris
, &abundantia in
turribus nostris
, qui font les
pieces des armes de M de
Brancas Recteur. Ensuite on
voyoit paroistre les flambeaux
des vieux Recteurs ,
sçavoir
-Sduozuez,edoduezeMr le Comte de de Mr le Marquis
ic Castellane
,
douze de Mr
le Marquis d'Orsan, douze de
M de Costebelle, & douze
de Mademoiselle de Brancas,
Soeur de M le Recteur. Tous
ces flambeaux que les Amis
du Recteur mettent pour
marque de leur estime. sont
appeliezflambeaux d'honneur.
Aprés cela venoient
douze autres flambeaux aux
Armes de Mr Cenfi, Vice-
Legat d'Avi gnon, moins distingué
par sa qualité que par
son merite & par ses manieres
obligeantes, &il yen eut encore
douze de M le Cardinal
Bonzi, qui finirent l'ordre de
ceux que le Recteur fait porter
, pour témoigner sa reconnoissance
aux personnes d'un
haut rang. Six flambeaux aux
Armes de Mr l'Archiprestre
de l'Eglise Sainte Madeleine,
&douze deM de Verclaux
hpauriotissoient ensuite. Ces dixflambeaux
font de fondation
perpetuelle. Ils precedoient
ceux de M l'Abbé
de Tache, & de M.Jucriac,
tous deux Lieutenans de Recteur.
Chacun d'eux en avoit
douze. Les Recteurs des PenitensNoirs
& Blancs voulant
donner des marques publiques
de l'union qui cft depuis
unlong-temps entre ces deux
Compagnies ,
assisterent à la
Procession les uns des autres >
avec leurs deux Lieutenans,
& s'envoyerent réciproquement
douze gros flambeaux
avec leurs Armes. Ce fut icy
que furent placez ceux de Mr
l'Abbéd'Honorat, Chanoine
de l'Eglise Metropolitaine
d'Avignon, & Recteur des
Penitens Noirs? qui marcha
à la Procession des Blancs immediatement
après le Recteur,
avec le mesme habit
J blanc de la Compagnie & fee t
Lieutenans, comme avoit fait
le matin du mesme jour Mr
de Brancas
, avec ses deux
Lieutenans à la Procession des
Noirs. Trente-sixflambeaux
de M le Marquis de Brancas
Recteuravec ses Armes & des
rubans isabelle & bleu, fuivoient
tousceux dontje viens
de vous parler. Ils estoient de
vingt livres
,
à la différence
des precedens qui estoient
feulement de dix, & vingtquatre
Violons qui marchoient
derriere,faisoient entteennddrree
une agreable harmo- Dhannonie.
Douze gros flambeaux
de cinquante livres, ornez des
Ecussons du Saint Sacrement,
avec de grosses toufes de ruban,
aussi isabelle & bleu, furprirent
tous les Spectateurs.
Douze Prestres Confreres en
Pluvial blanc & un flambeau
à la main; deux Gentilshommes
en habit de Penitens,
portant leGremium d'une toile
d'argent en broderie d'or, &
huit Encensoirs d'argent,quatre
portez par des Penitens,
& quatre par des Ecclesiastiques
aussi Confreres
, precedoient
le Saint Sacrements
queportoit Mrl'Abbé Deyroles
de Roubias un des Confreres
?
grand Vicaire de Nir
l'Evesque d'Uzez, Parent de
Madamela Marquise de Brancas,
Femme du Recteur
?
tk
de Madame la Comtesse de
Rochefort
,
mariée avec Mr,
de Brancas Cerecte, toutes
deux Filles de Mr le Marquis
de Baye de la Maison desPorcelets.
Le Dais dont le fond
est une moire d'argent en
broderie d'or, avec des franges
or & argent) à quatre bâtons
d'argent terminez par des
bouquets de plumes isabelle
& bleu
&
6c des aigrettes, ctoit
porte par quatre Gentils
hommes Confreres. A cofté
duDaisonvoyoit deux grands
Fanaux aussi d'argent? chacun
de cinq cens ecus) appartenantàlaCompagnie,
& deux
autres Penitcns portoient
deux Girandoles de quatrevingt
bougies chacune
, qui
éclairoient merveilleusement
cet endroit-là, & le distinguoient
de tout le reste de la
Procession.Trois grands flambeaux
de soixante livres,&de
dix-huit pieds de hauteur, ornez
de quantité de rubans, finififoient
cette belle fuite de
flambeaux. Ils estoient aux
Armes de Mr le Duc &: de
Madame la Duchesse de Brancas.
On en avoit entremeslé
quantité qui estoient sans Ecussons,
&un peu moindres,
& la Processionestoit fermée
par Mrs les Viguier, Consuls,
& AssesseurenChaperon, suivis
de leurs quatre Valets en
Robe rouge, avec les Armes
ddee la VViillllee&& de llaaLLeéogaattlioonn,3, d'argent massif,& leurs masses
de mesme. C'est pour la
troisiéme fois que cette Compagnie
voit à sa teste un Re-
* cteur de la Maison de Brancas.
Messire Gaspard de Brancas
Baron d'Oise,&de Maubec,
le fut en 1610. Messire Georges
de Birancas
, Duc & Pair
de France, grand-Pere deMr
le Duc de Brancas d'aujourd'huy
,&de Madame la Duchesse
sa femme, futaussi Recteur
en 1654.&les Archives
fontfoy, que dans le temps
de leurs fonctions toutes choses
se firent avec grande pompe.
J'ay oublié de vous dire
que la Procession fut rangée
par vingt - quatre Gentilshommes
Maistres des cere- x
umlooniiieics seennhhaabbiittddeePPecnllilrtecnnss, )
portant chacun un bastondo- aux Aimes duRecteur,&
tout garny de rubans isabelle
& bleu. Outre tout le peuple,
accouru pour voir la Feste, il
y avoit une infinité de Spectateurs
étrangers qui furent
charmez de cebel ordre. Mr
le Vicelegat en fut surpris,
aussi-bien que Mr l'Archevêque
d'Avignon,quoy qu'ils
soient accoûtumez à voir de
grandes magnificences en Italie.
Toutes les ruës estoient
[ tapissées & pardessus les tapisseries
ungrand nombre de
Tableaux faisoient un tres
bel effet. Le Saint Sacrement j
fut salüé par quarante Boëtes
en sortant de la Chapelle, dei
mesme qu'à son retour. La j
Ceremonie estantachevée,Mr
le Recteur fit tirer au bruit 1
des Tambours & des Trom- :
pettes un trèsbeau Feu d'artifice,
qui formoit les Armes
de Brancas. Il en sortit quantité
de fusées &: des girandes ;
à la Romaine. Ensuite M de
Brancas donna chez luy un
magnifique Soupe à toute la
Noblesse,& à ses Officiers en
diverses tables, où il y avoit
! plus de cent couverts, outre j
-
b1
la superbe collation en.
ambigu
qu'il donna avant la
Procession à Mrs les Viguier,
Consuls & Assesseur, &: à toutes
les Personnes de qualité
qui voulurent tenir compa-
- gnie a ces Magistrats. Come
me les Recteurs ont toûjours
| ajoûté quelque chose de particulicr
à leurs Processions il
: y enaeu qui depuis quelques
[ années les ont dediées à de
1grands Seigneurs, & mesme
à des Souverains. Mr le Marquis
de Castellane estle premier
qui en ait donnel'exemple.
Il fit porter à la fin de la
sienne trois grands flambeaux
garnis de rubans avec les Ar*
mes de Madame la Grand'-
Duchesse Doüairiere, à laquelle
il la voüa. Mrle Comte
de la Suze dédia la sienne
ensuite à la memoire de HenryIII.
Roy de France& de
Pologne, & y ajoûta d'autres
gros flambeaux. Mr le Marquis
de Brancas voulant faire
honneur à sa Famille, dédia à
Mr le Duc & à Madame la
Duchesse de Brancas la ProcessiondelaCompagnie
dont
il estoit le Recteur, & ce fut
ce qui l'orna de tant d'Ecussons
des mesmes Armes, que
quand ses Amis n'auroient
pas pensé à mettre les leurs,
il y en eust eu assez pour rendre
certe pompe magnifique.
Elle receut un fort grand
éclat de cette uniformité, &
tout le monde avoüa qu'on
n'avoit encore rien vû de plus
extraordinaire.
Vous aurez esté surprise
d'apprendre que Mrle Comte
dela Suze, pendant qu'il estoit
Recteur,aitdédié sa Processionà
la mémoire de HenryIII.
Il faut vous direquel
motif l'y obligea. Ce Roy.
passant par Avignon,&trouvant
l'institution de l'illustre
Compagnie des Penitens
Blancs selonles regles de l'Evangile,
voulut profiterdes
Prieresqu'on y fait, & pour
cela il s'yfit recevoir comme
on y reçoit les autres
Confreres, dans les formes
prescrites par leurs Statuts.
Depuis ce temps-là on y a
chanté l'Exaudiat avec l'Oraisonpour
le Roy dans la
Messe aprésl'Elevation, toutes
les Festes & tous les Dimanches.
La reception de ce
Monarque se fit en 1574.le 25"
de Novembre, dans la mesme
Chapelle, qui est aujourd'huy
magnifiquement parée. Ce
jour, où l'on celebrela Feste
de Sainte Catherine, avoit
esté choiii par la Reyne Catherine
deMedicis, Mere de
Sa Majesté.Les Cardinaux de
Bourbon, d'Armagnac
,
de
Guise & de Lorraine, assisterent
a cette Ceremonie, avec
les Archevesquesd'Avignon;
d' Ambrun, & de Narbonne,
& les Evesques de Carpentras,
Cavaillon, Vaison&Digne,
lesquels n'estoient point veitus
en Penitens, mais dans -
leurs habits de ceremonie.
Plus de quatre cens Confreres,
habillez de blanc & le
visage couvert, estoient assis
chacun en son rang sur les
bancs qui sont dans cette
Chapelle. Toute la Cour suivit
l'exemple du Roy, & Sa
Majesté envoya à Messire
Loüis de Pontes, Vicegerent
de Sa Sainteté,& pour lors
Recteur de la Compagnie,
les noms de ceux qu'Elle vouloit
qui fussent écrits aprés
Elle parmy les Confreres. Ce
futM le MarquisdeNeuville
,',.qui en porta 1 ordre à ce
i
Recteur de la part du Roy.
Voicy comment ils furent
écrits, selon l'extraitqu'on en
a tiré d'un grand livre qui se
conserve avec foin dans les
Archives dela Compagnie.
Madame Catherine deMedicis
,
Mere du Roy.
MonsieurFrançois, Frere
du Roy.
Monsieur Henry, Roy de
Navarre.
Henry
,
Duc de Guise.
Charles, Duc du Maine.
Charles, Duc d'Aumale
Le CardinaldeGuise.
Charles,Marquisd'Elbeuf.
François, Marquis de Nomeny.
-
nRené-,Myarquis- deN.ome- René, Chancelier deFrance,
depuis Cardinal.
JacqJu. es, Duc d'Uzez.
LéonardChabot, Grand
Ecuyer deFrance.
Jean de Morviliers, Evesque
d'Orléans.
Loüis deS.Gelais,Seigneur
de Lansac.
Sebastien ,
Evesque de Limoges.
Philippe Huraut Seigneur
Àç Cheyerny
,
Conseiller du
Conseil Privé, & Chancelier
de l'Ordre du Roy.
François Chabot, Seigneur
de Brion.
Gilles de Souvray, Maistre
de la Garderobe.
Henry de Gilly,Comte de
laRocheljîjfion.
De Chateau-vieux.
1
r De Bacqueville.
r D'Jnteville.
Chemeraut.
: Les quatre Castelnaux.
Le Baron Cerny
Loüis Pico de laMirande.
Nicolas deNeuville.
Pierre Bruslard, Secrétaire
d'Etat.
Claude Pinard, Secretaire
d'Etat.
Saint Suplice.
Pierre de Castelnau
,
Sr de
la Malesiere, Chevalier de
l'Ordre du Roy, & l'un des
cent Gentilshommes de sa
Maison.
Guillaume Ruzé, Evesque
d'Angers.
Nicolas de Biafemo Baron
de Nesle, Grand Prevost
de laMaison du Roy.
Thomas Gourte,Valet de
Chambre du Roy.
Dame Anne Ruzé, Soeur
de Ml'Evesque d'Angers.
Pezot,
-
Grand Prevost de
Languedoc,
De Larnaud Fourbin, Abbé
de Sainte Foy, & Prédicateur
de Sa Majesté.
Pierre de Mante, Secrétaire
de Mrle Cardinal de Bourbon.
Jacques deVerguettes,Maistre
d'HosteldeMrleCar- dinal.-' i
-
Antoine de laLongue,
Gentilhomme de la Chambre
du Roy.
En ce temps-là chaque Penitentportoit
un foüet à sa
ceinture. C'estoit proprement
une Discipline. Celuy du Roy
futfait avec delasoyeblanche
& du fil d'argent. Les
rosettes estoient deD pur or, r
&lesArmes de la Compagnie
travaillées el). broderie,
-
furent mises sur lemanche.
Le Redeur le presenta à ce
Prince, après luy avoir donné
l'habit, & luy dit, que
comme le Sauveur du monde
chassa les Marchandsau
Temple de Salomon,la Compagnie
prieroit Dieu incessammentqueSa
Majesté pust
chasseravec son foüet toutes
lesHeresies de son-Royaume,
'& triompher de ses Ennemis,
Le Roy Henry III.pendant
son sejour dans Avignon, ne
manqua à aucun des Offices
de la Compagnie, & assista
mesme à celuy de la Passion,
qui se dit les Vendredis à
neufheures du soir.Il ychantoit
comme les autres Con-
1 freres. Il ordonna une Procession
generale, où toutes
les autres Compagnies des
Penitens assisterent,& dans
laquelle celle des Blancs
,
où
estoit le Roy, eut tous les
honneurs. Sa Iv!ajcfié.iy porta
la Croix à son tour, avec les
Princes, Cardinaux, & grands
Seigneurs de la Cour qui
l'accompagnoient. Quelques
jours aprés que cette Procession
eut esté faite, le Cardinal
Charles de Lorraine, qui avoir
aussi porte la Croix, tomba
malade,& mourutdans la maison
de Gadagne. La Com-'
pagnie des Penitens Blancs
alla à son enterrement, comme
à celuy de l'un des Confreres,
& son corps, en attendant
qu'on le pust porter à :
Guise, fut mis en dépost dans
l'Eglise des Dominicains, où ;
la C<Dompagnie luy fit faire un
Servicesolemnel avec Orai- ;
son funebre. Ce qui obligea
particulierement leRoy de s'y
aire recevoir Confrcre
, ce fut
qu'estant arrivé à Avignon il
apprit que le 12. Juillet 1574.
cette Compagnie avoit fait
faire un tres-somptueux Service
pour le repos de l'ame
de Charles IX. Roy de France,
son Frere, qui avoit esté receu
Confrère le 11. Octobre
1564. avec Anne de Montmorency
, Connestable de
France, & Honoré de Savoye,
Comte de Villars. La Chapelle
fut toute tenduë de fin
drap noir du haut en bas, aus-
si bien que celle du Conseil
avec des bandes de velours 6c
de satin noir,&les Armes de
Sa Majesté par dessus. Il y
eut aussiune tres-belle Chapelle
ardente. Le Cardinal
d'Armagnac
,
Collegatd'Avignon,
y officia en habits
pontificaux. Le grand Amiral
de France le trouva à ceService
avec l'Archevesqued'Avignon
?
les Evesques de
Tolon &: d'Orange
>
les
Viguier, Consuls & Assesseur,
& plusieursautres notables
Personnes. Il y eut un
tres-grand Choeur de Musioque
dela Compagnie des Penitens,
& l'Inquisiteur de la
Foy y prononça l'Oraison funebre.
Tout ce qui regarde la santé
est toujours si bien receu ?
que je croy vous faire un fort
grand plaisir aussi-bien qu'à
vos Amis, de vous envoyer
une seconde Lettredu [cavant.
Mr de Comiers sur laMédecine
Universelle. Un loiic
discours
? quand mesme on
n'y trouveroit qu'un feu1article
d'utile,seroit recherché.
Et commentces Lettres ne le
seroient-elles pas, puifqu'elles
font pleines de choses nouvelles
& curieuses, & dont
chacun peut tirer des lumieles
avantageuses pour conserver
sa santé.
SUITE DE LA MEDECINE
UNIVERSELLE,
Et l'Art de prolonger la Vie; IE njdtis ay fait 'voir,Monsieurjparl'HifloireJainte
&
propbane, que dans tous les âges
du monde ily a eu des hommes
quiont<vefcuplusieurs fiee/es,
d'où il ejlfacile de conclure qu'il
nesi ptt) irnpoflible de njrcreaussi
long-tempsqueux>&que Louis
Galdo, a^é de quatre cens ansy
riefl pas une Fable. Voicy tn
quels termes la Galette de Hollande
du troijiémeAvril 1687.
en a parle.
EXTRAIT D'VNELETTRE
de Vcnifedu 7. Mars 16Î7.
Ily a trois mois qu'il disparut
d'icy un certain hom-
1 me nommé Galdo, âgé de
ZD quatre cens ans. Il portoit
avec luy son Portrait fait par
le Titien, qui est mort il y a
cent trente ans. Vous pouvez
juger par la que ce grand
homme a possedé la véritable
Médecine Universelle
, pour
avoir pûseconserver en parfaite
santé-pendant un silongtemps.
Ce ne sont pas des
contes fabuleux, il y a icy - -des témoins dignes de foy
quiont parlé avec cet lionime,
qui ne s'est retiré d'icy,
<i°e parce que l'on commençoit
à parler de luy, comme
d'unhommequipossedoit la
véritablemerveille d'une
science si sublime. Les Curieux
sont interessez à s'éclaircir
de la verité de cefait; Ôc
à nous en donner avis, afin
d'en faire part au public.
Jedis quece Galdoapprolongersï
long-tempssavie,ou sans
aucune Meàecine} par un bon rerime
de vie} par un exercice mo-
Acre3 &parla Çu^ur3 ou par la
Médecineuniverfalle.Dc tous les
Proverbes leplusveritable est celuydcs
Latine pluresgu!aoc.-
cidit quam gladiusjilenpérit
plus par ïexcét de la bouche que
parl'épée. C'est pourquo..yje commence
d'abord à pnjerire un re"
gtiemnetvdievvrieelonàguveemuxentqeuniJfaonubtea;i- &
demande quilsJoientvenn\
au monde avec un corps bien ornife
j qu'ils ayent un cfpritJain.
dans un corps Jain
,e qu'efiant
d'une humeurgaye
j
ilsfoient des
hommes sans pajjions déréglées.
Voicy ce qui est à objerver par
celuy qui aura cette heurenje
conflitution.
Il doit s'abstenir de manger
dans un mesmerepas diverjes
fortes de viandes, & d'uftr de
dijjcrens breuvages.
Il doit bien mâcher tout cr
qu'il mange 3
parce que la mastication
cf,une premiere diçejlion
par le moyen d'une humeur acide
qui fort parles glandes Jalivales
&petits trous de la mâchoirefu-
Prrieure
„
qui font proches des
dents oculaires.
Efiant à table il mangera alternativement
les viandes ou
fruits humides &fees.) gras &
maigre, l'aigre après le doux, &
les choses froides après les chaudes)
& au contraire ; car par
ce moyen l'excès de la qualité
d'une viande fera corrigé par la
qualitécontraired'une autre.
Aprés avoir bli largement ou
mangédes pommas* il mingert
du painfc, &pour remedi-r au
trop de vin 3
il mandera quelque
\çhofed'acide? ou prendra du jus.
decitron aigreJparlequel ilfera
délivrédans le moment mefene du
hocquetle plusfâcheux& leplus
opinidtreJ car il vient ordinairement
après le rePMJpar trop de
replctionJ ou par inanition,Que
s'il Je fent encore échauffé par le
vin
j
il usera de choses raferaîchife
seantesj & ne prendra rien d'échauffant,
qui luy caufeeroit des
ft<vres ardentes. Ainsi l'Eau-de
vienessbonne que pour renfircer
l'estomach
>
gf aider la digession
lors qu'on a tropmangé;
mais elle efl dangereufee lors qu'on
e&f-ldé'achilaluefuférpso>ubriaevnoqiruterïoFp,aub-edu>evie
*i)léJoitunexcellentremede topique
ou extérieur, Jon usage en
hoijjonayant eslé introduit dans lAmérique
3
ces Peuples ont,
comme nous3abrégé leur longue
vie.
- L'on ne doitfaire aucun exercice
violentj à moinsqu'il n'y
ait necejjité>mais ," comme ondit,
ad ruborem, non ad fudorenv,
pour exciterfeulement la chaleur
naturelle3 Rouvrir les pores,
afin que la nature Je décharge
partranspiration.
Efiantfort échauffé & prefé
de laf?if)on doit bien Je n%irdcr
de paffer dans un lieu fivid
,
de
demeurer immobile3 de découvrir
[on eflomachjd'oslerfiaperruque,
& de boire auss-tost. On boira
plùtofl du vin pur, que de l'eau
qui pourroit eauferune Pleuresie.
£hic si on ejla la campagne ou il
riyaitpoint devin, & qu'on
ne puijfefiouffrirlafoisplus
longtemps.)
on prendra de Veau goutte
d goutte par~r'non
far fréquentes gorgées
En fortantdu lit, on ne s'fXpoferapasd'abord
à la fenejlrc.
ny alairfroid
> car tout changementfouaain
efi dangereux.>omnis
repentiiu mutatio périculofa.
Si dansla rigueur de l'hyver
i on a le nez 3
les
mains ou les
pieds comme gelez
, on doit Je
garder de lespresenter
au feu
3 nj de les tremper dans de
l'eau
|chaude> car ces membres ne paf- Jeroient pas impunément de lextrémitéd'une
qualitéà une autre
contraire. On entrera donc dans
une chambre un peuéchauffée, OH
dans une (curie3 afin de rappeller
peu à peu la chaleur naturellepar
une chaleur externe dr moderéej
Autrefois en voyageantpendant
~f
fo
l'hyvery b je trempais tous les matins
des chauflÕns de toile dans
Je lefprit de vin, & j'avois
foin que mes bottes fussentfufjifamment
larges, afin que le fang
pufl l11ibrement couler jusques a
l'extrémitédes doigts despieds>
que jeremuoistrès-Joutent.
On ne mangerapom les premieres
fois que peu de fruits
nouveaux, afin que l'estomach
.> N 5jy accoutume peu a peu 5
de peur
qu'une grande quantité de nouveau
suc alimenteux
, nexcite
tout a coup des fermentationss
d'où procèdent tant de fièvres
dans la nouveauté des fruits, ou
lors qu'on en mange3qu'on n'a
pas accoutumé de manger. Il est. -/j- r <yray qu'ily a de certainsfruits
dont on peut manger en quantité„
parce qu'ilsfont moins de
sucnutritif
On observent enfin que le
prompt changement de vivre Cft
ordinairementsuivy de maladies
dangereuses; a quoy les Voyageurs
font sujets. ,Pour,vivre long-temps3 sri on
ness Pas Pitagoricien en la boiffon3
on doit du moinsuser de vin
moderérnent. La très-bonne
eau,
nejjllfaamvoeiunrs.pesante3sansodeur> Nousdevonsàl'Em- pereurNéronl'invention deboire
( 1" l l J ,t Uv. 1 Li,
sr r s•il ,; ô'
l1) eau epureeparl!a ) d}; jini'ai\'on.(^f
) ~-' ..c .J" 'l' puis -'f refroidie Li :j'1C') .,." ; elle '- ;,;,/ ;,., ,.," 110' j
fait mourir a rinstant cette prpiniere
ou poche de vers qui s'engendrent
dans rcflomach. Le
Jeavant M. Perrault, de l'Académie
Royale des Sciences, en délivrauneReligieuse
comme par
miracle. -
Le dormireslans absolument
necejjaire à la vie., lefommeil qui
est l'imagedelà mort, doit eflre
doux& tranquille.Ilfaut, comme
disoitApollonius Thianeen i
Phraotes, Roy de l'Inde
J ne pat
dormir du bout des paupières
3 maisdormir de la pensee, ce qui
nepeut arrivera ceux qui boivent
du vin, dont la chaleure
les fumées font remuer contiil
nuellement&changerlesefteces.,
ce qui l'si caussequ'après le sommeïl
ils Je trouventfati!ut':( par
tant de refiveries: au lieu que
ceux qui ne boivent que del'eau, (j'enparle par experience) dorment
d'un Jommeil plus deux, e en dormant ont la penfice si
nette ($fsi tranquille, qu'ilsapperçoivent
touteschofies en U
propreforme quellesdoivent être;
&leursommeiln.est ny legerny
fefiant, ny trouble de vaines il-
Lufions. C'est pourquoy.) comme
dit Apolloniuscbap. i. de fiavie
par Philojîrate,
les
Prejfres du
divin Amphiaraus ordonnaient
aux Rongeurs qui venoient daiïs
fonTemple au territoire J,'Ar/:cnesJ'abjlineuce
du vin pendant
troisjours
3
parce que leursfoncc-
eess du .mnatti-n"Je"fi"tr;i!t ptlu.s,.ne.'s) ils y croyoient quelque chef de
divin
> &en donnoient desinterprétations.
Il efipourtant vray qu'un I""Jer..
re de vin pris d'abord qu'on met
lateflesur le chevetAagitant les
e¡¡eer:spar(esvapeurs}cmpe(che
lacontinuelle application delesprit
a une mcfmechose 3&precure
parconsequentce fommrïl3
ce r<.'C par te confed de A4. le
ï" ,.., "j' (, /1,
7
:
Hier
j
Mbiifred'Estat3 r'¡¡J Ul t .J .L V..L t'" ') , C .L-j' ,,;, t-, v;
depuisChanc-elier de Yrlince,,
fexperimentay en 1660. ejlant
échauffépar les viandes de Caresine>&
par la fatigued'aller C77,.v-veenn¡ririznncctj;j¡aJmamm,ncncnt t'ê1i,A'1vi--
yjicnAOrangepourletraitéde ie Li reddition de cetteplace entre
les mains de Sa Majesté.
Les Medecinsdans leur Art
long
>
qui fbwvent procure une
corfrle1Jiryfont projrjjton de trois
choses
-)
qu'ils appellentDiagno~
[tiquej ^rognofliqnej ü Curation.
cpar la Diagnoflique ils pre-
-~
- tendent connoijirelaeauje l'orij
orzgine
& le lieu du mal.
ParlaPrognostique&Curation
ils donnent biensouvent des remedes
dont l'effet est contraire a
leur attente,maisc'essassez,puis
-
qu'ilfaut,comme il est dit dans
Ix fainte Ecriture
y
honorer les
Médecins pour la necessité.
Voicy contre le premierAphofifmc
-
d'Hjpocrate, un Art bref
pourrendrela"vielongue
- Ilfaut des le commencement
de lA maladie apporter du remede
, comme dit le Poète.. i
Principiis obsta, fero mc- J
- - dicina paratur.
n^our laDiagnojriquejondoit
*bfer<verce que ['onfent de noa- j
veau& de non aecoutume, foit
dans Ie tempsquon est en profond
repos9foit lors quon prrnd Jon
repos>foit LorI quon est dans les
exercices ordinaires. On áùit rncore
observer,
Si ce chanzement eu altera*
tion arrive Itfoirapres Ie trAvAil.
ou le matin en se levant> Auqutl
casil estplus a craindret d'dutant
que le sommeil @J le rrpos, par
[ehurls nous reparons nos forces,
fontordinairement suivis de plus
defante&devigueur }
st dans
les trotspremiers cos on fent une
ccrtaine pesanteur dans tous les
membres siI'appstit manque
tout-à-fait.
Lors que dansfan transail'of-.
dinaire on Jcnt ses forces abbatles,
je dis que cettc languctir&
p fanteurde memhresprovientde
trp defientttritif qui Je trou-ve
d ins les vijeeres de cbaque membre,
C'ejlpourquoy on nepetitI'en*
fairepyrtirque par rranjpiration
insensible ou sueur, que ton pro~
cureen aidant la chaleur naturelic
par la chaleur externe; ainjì la suieurprocuree a temps,garantit
d'une maladie procbaine. Onse
d v tiendra pour cette fin tranqudle
&immobilesur les reinspend.tnl
une heure dans des draps hen
Manes & cb.uijj-e^>entredeux
f; ancJ v co utj, (") ..t,.!I.. a.x
lits de plume,riayant que le riJi-
Jkge decouvert:&Ion ne Jortira
du lit que demy-bcure aprcs avoir
fué. Si on fail la mejme cboje
pendant plusieurs jours de suites
iappetit & la njigueurjeretabliront;
on se Jentira gay & dijpos
de tous lesmembres, carpar cette
jueurJans tourmenter&ajfoiblir
la nature , on purgera les visceres
detouteJuperJluite^ ce qui nepeut
arriver par Aucune medecine, st
ce n'efl par la Afedecine uninjerpile
j que nous enjeignerons dans
un autre article.
PourJeconjtrver en fanteon
pratiquera cette maniere deJuer
trou'foist'annee^dans l'Automnes
dans I'Hjver> 0* dans le Printemps.
Si I'appetit 'VOU$ manque en
wotis mettant a table dans le
Printemps ou dans L*Automnc>
mange^pcu>&faitesplusd'exercice
cjHa/'ordinaire. S'ilvous
manque tout-à-fáit,&que 'VOUl
jentie^ bondir uojlre cceur en
njoyant les njiandes,foyev^njingtquatre
heuressansmanner, promene^-
vous, & aidcx un pea
la chaleur naturellr.
Mange'{ feu d'alimens qui
font beaucoup de Juc nutritif;,
dont le trop ejl ordinairement U
I
cauft des fienjres, comme dufF de
I'Epilepsie aux Enfans, de laquellefontexrmpts
ceux q'li'vomissentjowventj
parce quils rejettent
ce trop defuc nutrittf.
Enfermentant&augmentant
la qumtite dufangcause la fieiire
aux jeunes fl'rfonnes;, @f les
lieillards qui ont accoutume de
fnener une *vie regite
, & d'observer
une espece de diette) sili
frennent trop d'alimens
3
se sentent
d'abcrd la tesie pefante3 qui
ejl un fìzne avant-coureur de
tApoplexie> a causeque par une
prompte &grandeaugmentation
de ce suc nutritif3le Jang monu
•'
tant abondammentavecviolence
au cernjeaa3 rompt les petits &
[plus tendres rameaux des ueineSj
(*r ce Juc sereux s'épanchitnt.
dans le cerrJeau) presseles nerfsx
empejcbe l'écoulement des ef
prits, quifont, comme dit Fernet>
le njebicule de la chaleur
naturelle
:I
dont I'extinction causè
tamort3s'il nyejlpromptement
remedieparlasaignee & par la,
Jueur.jdautantque par laJaignee
on diminue la cauje
> & que la
chaleurdu litfait que lesseines
du cerveau samoliffent> s'etendant
sansje rompre.
Des le premier presentment
du maiIden dIo, itcounrauxreme*
des, pc.irprevenir.&eviter line \.- L-') j'l v-. --/ l. VII
loyi•7':Y mAddie ll jaut d'abord
conjidererlaquahtede lair que
n/un)s 1rcjl'irons> & des ahmens dont nousujons>ainjIti; que Ilessas
cd~e't no(Irechaleur naturelie, ta.. I c
l aleltr naturelle
,
la.~
-
quelle -vivisse tous nos membres >
afin de reconnoitrequelle conftitutian
d'air
3
Ø quelle nature
cfalimens nousfont lesplus cont;'
I.;cnablcs; (&r de quelle maniere
enpent aider la cbaleur naturelle
à chasser la cause morbifique au
dehors des I'ifccres3 &au rccntrieule
de tous les membres.
Pour cet effet cba fìflèz ttn lieu
OH I'airfoittranquille&ckaud,
mais Jans aucune odeur fâcheuse.
Les lieuxexpoje^auxvents
font malJains, bien que les lieux
trop chauds
, & ceux OH l1air (st
plein demauvaijesvapeurs^ayent
bifoin de vents pONry apporter
un airnouveau.Ainji ait-on de
la faille d'A'Vig,non
,
Avcnio
ventosa) fine vento vencnofa, J
J**y remarcjuedans mon Hoiru j
me artificiel
, ou Prophetc
Physique du changement de
temps,quevous trourverez dans j
le MercureGalant du mois de
JSdars 1683. combien la Jcience
des ventsejl necejjairepournojtre
santé,puisqu'aurapport de Vitruvedans
le Chapitre 6. de son
premier livre d'Architecture,les
ventsde Midy @J de Corus CttUsoient
des maladies incurables,
comme Toux, Phtisie, douleurs
de nerfs aux jointures, aux
Habitans de la belle Meteline,
Metropolitaine de l'Isle du mesme
nom,qui se sentoientsoulagezdés
que le vent Tramontant
soustoit.
On neserapasfâched'apprendre,
que lors qu'il vente,onsent
revivre lesdouleurs desplayes&
-
autres douleurs, parce que l'air
externe estant moins pesant, les
humidite^3 & l'air interne enferme
dans les njifceres
j yentre
cuir&chair du membre afflige
3 eslans moins prejgé
3
se dilatent
danjantage par sa yertu elaflique
on de rejJòrt, font effort,&pouf-
Jent les parties qui les enferment.
Lors qUe les maladiesfont Ion:'
gueSjil faut transporter le Malúde
dans un autre appartement>
cwvrir les fenefires
3 & arrojer
souvent avec de teaufraische la
chambre qu'il a quittee„ changer
de meubles& enfinbienpurifier
& rencuvellerI'^ir de celie
cbambrc) aprts quoy or:yrappertera
le Mdlade. C'est pour eel,
que la Nature) soigneuse de st
conferrcer3imprimeJouventaux
Adalades le defìr de changer de
lit, ce option ne doit pas leur
refuser.
Lors quun Adalade commence a
se mieux porter
>
il a ordinairement
en-vie de manger quelque
ehofed'aigre. AufltJonusage moderé
luy est tres-ftlutaire ; la na-,
ture fait venir tappetit des choses
qui luy font necessaires ; &*
celaestsi vray3 que bien foumtnt
des A4alades ont recouvre
leur fante paf l'usage modere
des fruits cu des viandes que
les Medectns leur avoientdefendues.
Enjinladiette&laJueurfont
une ejjtece de Aiedecine univer-
Jelle
j car la Nature en toutes
chofts doit estre no(Ire MaiftnJJe,
Øcesi d'elleque nous denjons apfrendre
les moyens de nous confewer
en fanté.
Dans IEnhance la ckaleurnaturelle
eslans njiflorieufe
3
jette
au dehors dans la VeroUe& dans
la RougeoUe, par la transpiration
vu par iesJueurs
, ce quJilY a de
suc nutritij-corrompu3 & d'au-
Ires Ïinpuretez; & lors que cette
thaleurjetrowve afFoiblie (~r~"
rnlnuee
, nous la devons exciter,
afin quelle produise les mesmes
operations &evacuations,quand1
noussommes dans un age avance.
La Danfeje jeu de la PauLme.
la Chaffi
, & les exercices d'ar~
mes excitent la chaleur natureHe
a faire cette fonthon de jetteran
dehors par la sueur> les fuperflutter
de toutes les visceres des
membres. CJeftpourquoylesPay*
sans
, qui font ordinairement
dansle travaiUviventplus longtemps
i Ø confermentleurfante;
car comme ils ne fontaucunedébmche,
ils ignorent cc que cesi
que laGoutte.C'cft ce qui a jait
dire a Scnecjue
,
dans fin Hypolite
acle I.
In Penates rarius tenuis
subit
Hæc delicatas eligens pestis
domos.
Enesset la Goutte fuit orrlinainment
les Femmts & les
patt-vres Adend'res3 &Je love
dans les maiftnsort l'on Jaic
grand' chere. Aujji e/f-:I roray
qae jamais homme de travail ne
Je plaindra comme Herode CÙln
cfTe opoftet, manus non habeo;
oportet progredi? non
funt mihi pedes. Oportet do
J 1ere,
Icrc, tune & pedes mihilunt
& manus.
Comme toute subite mutation
ef] dangereufe3 ceux qui de maigres
deviennent gras.) doivent
prévenir la Goutte par laJueur.
Les ftatuofitez
3
la Colique,
&lHjdropiJte se gueriffint par
la jueur.LePejtijeré> enquila.
Nature par l'effort quelle aur&
faitj aura déja commencé à jetter
en Bubon levenin au dehorsM
fera infailliblement délivré par
une forte sueur. J)en dis autant
pour guerir les Lepreux; parce
que sionaidr fortement la chaleur
naturelle
>
elle achèvera de
jetterait dehors toutes les fupcr-
.#uitez & impuretez.C'est pour
cela qu'on tient tres-chaudement
ceux qui ont la V-rrolle ou la
Rougeolle-,& qu'on aide lachaleur
naturelle par des confections
d'Hyacinte, d'Alksrmés>ou de
Theriaque.
La Taralyfie
>
après mesme
quori a perdu la parole, est guerie
par la sueurabondante. Ilen
eû de mesme de l'Apoplexie, si
ton commencepar la promptesaignée.
JIen fautuserd: rtmime
forte pour le tremblement de tefie
& des mains> qui est un indice
de quelquerupture de rameaux
Je veine dans le cerveau3 dontle
fang extravasé, pressant lesnerfs
dans leur origine, ne permet que
par intervalles l'écoulement des
ebsoPnrnites. Le seul remedeefl une
diette
, & la fréquente
sueur
y
Afin que ce fang sereux
tpanchése ÆJfipe. J'ay veu des
parties douloureuses @r àffilgéc*
de Rhumatismes guérir en les exposant
durant plusieurs heures
aux rayons les plus ardens du
SoleilctEjle.
La meilleure nourriture qu'on
puisse donner à un Maladefefait
de jbonnes viandes & de facile
dicreftien>efiant coupées par petits
morceaux, &les osmoelleux caf
fez bien menu.) & le tout bien
pilé dans un mortier de marbre,
,
& cuit ensuite a feu lent, après
y avoir ajouté ce que l'on jugera
à propos pour lefaire reposer &
osterses infomnies3 pour tenirson
ventre libre, &mefine pour luy
donner legoufld'aigre, de doux,
ou relevé
,
suivant son ttppetit.
rpaJJez le tout par un linge,
vousen aurez, comme on ditja
quinteffehce dont le Malade ujera
pourson manger &poursa boissonyen
le rendant à sa volonté
plus épais ou plus liquide. Ceux.
iui voudront retenir dr conferverdans
les bouillons le Jelvolatildes
'Vitindes)qni en eflla meilleure
partie, auront recours au
livrede lamachinedeM.Pa-*
fin, pour amollir les os
3 &
profiteront de l'avis quej'y ay-a*
'fout~é.pourrla~rendrcefaci~lejd!am Michalet. Je vous parleray une
autrefois dela facile @:r afpurée
wcormfp&efjitiloned.e la Afedecine uni- COMIERS,
Prevost de Ternant.1
La solemnité qui s'est faite
à Argentan,VilledeNormandie,
pourla Translation des
Reliques de seizeSaintsdiffe—
-
rens, a esté trop remarquable
pour ne vous en pas donner le
détail. Le Pere Jerôme
, Capucin
dela mesme Ville, les
ayant obtenuës de Sa Sainteté
pendant le sejour qu'il a fait
a Rome, elles ont esté distribuées
à plusieurs Eglises, &
ceux qui ont eu le bonheur
d'y avoir part, se font reünis
pour en faire la ceremonie.
Le16. du mois paffé ayant esté
choisy pour cela, Mdu Pré;
Grand.Vicaire & Official de
Sezle Siege vacant, vint ossi
cier à Argentan. Il ordonn
d'abord que les Chasses, qui c
toient au nombre de huitsussent
mises en depost dans l'Eglise
des Capucins.Elleestoit
d'une propreté & d'unedécoration
admirable , quoy que
conforme à l'estat preferit par
leurRegle.TroisgrandsAutels
dontles ornemens montoient
jusques à la voûte , en oçcupoient
tout lefond. Des deux
costezonvoyoit six grandes
pyramides quis'élevoient jusqu'à
la mesme hauteur, &
entre chacunede ces pyramides
estoient quantité de Devises
à la gloire de ces Saints,
- le touten0vironné delumières
en si grand nombre, qu'or 1
en estoit ébloüy. Tous le
ornemens de l'Architecture
quipouvoicnt porter deslampes
ou des pots defleurs, en
estoient remplis. Il n' y avoit
mesme aucun bouquetoù l'on
n'eusttrouvé le secret d'en
attacher, sans que l'on pust
découvrircommenttoutesces
lumières pouvoient sortir du
milieu des fleurs. Les murailles
estoient ornées de tresbeaux
Tableaux fcparez par
des Cartouches de même hauteur)
dont les bordures auffibien
que l'écriture, estoient
formées de lumieres. Chaque 1
cartoucheexprimoitunedes
vertus des Saints dont on honoroit
les Reliques. Le premier
qui sevoyoit en entrant
contenoitces mors, La grande
Feste est dans le Ciel. Toutes
les fenestres de l'Eglise estant
bouchées, ce grand amas de
lumieres qui brilloient de
toutes parts,faisoit un effet
-
des plussurprenans. Le Clergé
seculier & régulier se rendit
danscette Eglise, & après plusieurs
Motets chantez en
l'honneur des Saints, on leva
les Reliques, & la Procession
commença. Les Musiciens j
marchèrent d'abord? & quan- i
tité d'Instrumens sefirentenrendre.
M le Comtede Gran-
CC,, Gouverneur de la Ville,
parut immédiatement après I
les Chasses. Il estoitaccompa- -i
gne de tous les Officiels, &de <
tout ce qu'il y avoit de Gardes
du Corps dans la Ville?
1
qui estoient venus joindre leur
Eietéicelled'unpeuple nomreuxJque
le bruit de cecic
Feste avoit attiré des lieux,
voisins. La première Station
qu'on fit, fut à S. Germain,
qui est la principale Paroisse j
de la Ville, Toutes les Chasses
y furent posées &: le Pere Michel
Ange, Gardien des Capucins?
y fitun tres- beau Sermon.
Il dit qu'ilsembloit que
le Ciel réglait sa conduite sur
celle de la terre, & que comme
on voyoit les Nations
Etrangères venir en foule se
mettre fous la protection de
Louis LE GRAND, de mesme
la multitude des Chasses qui
paroissoient dans cette Cérémonie,
pouvoit donner lieu
de dire que les Saints s'empressoient
à faire apporter
leurs corps dans un Royaume
d'où ce grandMonarqueavoit
banny l' Heresie, en forte que
n'estant pluspermis à personne
de douter du culte qu'or
doit aux Reliques? les Prédicateurs
n'avoientplusbeloin
d'apporter des raisons à leurs
Auditeurs jour en soutenir
l'usage Le Sermon fut suivy
de quelquesMotets que l'on
chanta, la Procenion continua
dans le mesme ordre.
Plusieurs jeunes Gentilshommes
vertus en Anges mar- :
choientautourdesChasses, &
portoient de gros flambeaux •
de cire blanche. On alla aux •<
!
EOglisesoùcesChassesdé- où ccs Chasses de
voient estre biffées
, & l'on
commença par celle de Madame
d' Almcfchcs
)
Fille de
feu Nil le Maréchal de Grancé.
Cette digne Abbesse qui gouverne
sa Maison avec la plus
exacte régularité, fit paroiitre
sa magnificence dans la deco- t
ration de son Eglise. Les ornemensenparurentfifningguu--
, liers
,
&les charmes de sa voix
) furent un nouveau sujet d'admiration.
Sa Communauté
estune de celles de France ou
il ya des Filles qui chantent
le mieux.Elles s'animèrent
d'un nouveau zele dans cette
Cérémonie) qui fut continuée
par l'Eglise de S. Martin, par
celle des Religieuses de Sainte
Claire, D par celle des Jacobins,
par celle de S. Thomas,& finit
comme elle avoit commencé
parcelle des Capucins.
Le soir) les Habitans firent
préparer un grand Bucher devant
la porte de la mesmc
Eglise. Mrle Grand-Vicaire,
revestu de ses ornemens) &
précédé de quatre Acolites, <
chacun un gros flambeau de
cire blanche a la main, alla y ;
mettre le feu, & il entonna
le Te Deum, qui fut chanté
par tout le Clergé. Les Trompettes&
les autres Instrumens"
qui s'y trouvèrentUnirent la
-
Ceremonie par l'Exaudiat &
par les Prieres ordinaires pour
leRoy.
Le Comte de Tekeli a joue
depuis dix ans un si grand
Personnage sur le theatre du
monde3que vous ne ferez pas
fâchée devoir le Portrait d'un
chomme dont vous entendez
tous les jours parler. On en a
frapéuneMédailléJe l'ay fait
gravet5 & je vous l'envoye.
Vous allez estrefurprifc.,
Madame de. que vous connoissez,
& qui a pris si souvent
leparty de la Constance,
ne peut plus blâmer les Inconstans.
Elle est charmée des
Vers que vous allez lire. Le
tour l'en a ébloüye, &elle se
rend aux railons qui favorisent
l'infidélité, parce què
l'Autheur les a exprimées
d'une maniere agreable.Voi- a ce que c'est que d'avoir
beaucoup d'espriti on vient à
bout de persuader tout ce
qu'on veut. Lisez ces Vers, &
m'enmandez vostre sentiment.
SUR L'INCONSTANCE.
LA Confiance& la Foy nesint
que de vains noms,
Dontles Laides & les Barbons
Tachent d'embarrasserlajeunejje
ditle, cre-
Tour retenir toujours dans leurs liens
affreux,
Par lescharmes d'unfauxscrupule
Çeux qu'unjuste dégoufi a cha/fez, de
ebez-eux.
Cupidon fous les loixt de la fimpk
nature
Régit tout. ce qu'il faitsoupirer icy
bas
,* ilne punit jamais rebelleny parjure«
C'ctf un Empire qui ne dure
Jgju'autant que les Sujetsy trouvent
des appas.
Des qu'un objetcesse deplaire,
,
le de plaire,
Le commerce amoureux aufjl-tofi doit fnir,
Le refpett des sermens »n''eefjll pplluusr
qu'unechimere,
Laperte du plaijirqui nous ks afait
faire
Nous âifpenfe de les tenir.
L'amour de fin dessin efi toujoufs
seul le Maiflre
Etsans , que nous fçachions ny pourquoy
ny comment,
Comme dans noflre coeur à toute htNrIilpeut
naijtrc
en lellt malgré nous sortira tout
moments !
Vlfjc qui par fijagcjfe
Fut" si cclebre dans la Grece ,
- ~q,u'amoureux (:l' bbi'en traité,
Rtj,:'samalgréfa t'.ndrcfjc ".)I;J~l Î,v",è ,Il '.n rtl/'
D'accepter l'immortalité
A la charged'aimertoujours une Deljp.
Aimez, tantque l'Amour unira <vov
esprits
, Mais ne vous piquet point d'une
folle confiance,
Et n'ttttendez pas que l'abfcnce
Ou'1les ddélgousfil:s '1
, ou les mépris
Vousfijfhnt fairepenitehce
Des plaîsirs que vous aveT^pris.
Quand onfent mourirsi tcndrcjfe
Qu'onbaaillcauprès d'une Maitrelre,
Et que le coeur il'e(J plus content»
Jgueferventles efforts qu'ilfaitpour
le partifhe?
L'honneur de pafferpourconfiant
1
Ne vaut pas lapeine de l'ejbre.
1 1 r ,1 Je vous envoye la rcponse ,
que l'on a faite a ces Vers. Ils j.
font sur les mesmes rimes &
de la mefmemefure.
M 1
Ette"{-tI{)ous à l'abry de ces in- 1
filmSnoms - c!f!!!e les Jeunes & les Barbons
Condamnent avec droit dans une ame
t
credule,
Le renom de volage efi un renom affreuxy
1
Les coeurs sensibles auscrupule
N'ontjamaispufoujfrirun inconflanî
chez-Clt,".
Hft-il rien plus confiant que le
cours de nature ;
Qui ne l'imite point a le courage bas,
Iplfaaittmjilllelrleeçon.ssur ll''hhoorrrieeuurr ddiist
Voyez, depuisqueltemps il dure,
Luyseul de /'VniverJfait briller les
appas.
ouel crime de chercher a plaire
Tourvoirsap'ssion enpeu de temps
finir?
A-t-on droit de traiter lessermens de
chimere ?
Refpctfe^ les
,
Tircis ; l'amour qui
les fit faire
Vous doitforcer à les tenir.
1
Lors que d'untendre coeur ils'est
rendu lemaiflre>
Ûvit-on compterletemps
, ny pour-
-
quoy ny 'comment?
Ah ! Tircis
,
il vautmieux nyl'y p.!f
faire naijbre
^ue ne l'y pasfoujfrir jusquau dernier
moment.
rhjjc montrafasagesse
En cherchant Penelope en Grece,
Jdiioy qu'ailleurs ilfJtYicntraite.
Four luy conserverJa tendrejfs,
T)édairs¡UlIJ.f tir¡¡mortalité
Il quittapoursa femmeune aimable
Deesse.
On difiingue aijcmcnt les faciles
ejjritso
Ils font des coeurs glace"triompher
leur confiance .,
ils bravent la plus longue abfenccy
Et lors tjiJ'À force de mépris
ils ont assez,fûtpenitence,
ilsemportent enfin le prix.
Apres une longue tendresse
- La plus insensible Mdijlreffi
Rend celuy qui l'aime content.
Millesecrets appasqu'on ne voitpoint
paroifire
,
SontfaitspourunAmantconfiantj
Malheur a qui ne lepeuteflre.
Tout le monde n'est pasdu
fentirnent de l'Auteur de cette
rreeppoonnsiee;vr.ous le verrez4 ; vous -i par le Madrigal qui fuit. LA trop confiante tendressè
Inspireun air langaeant;
Aimer o" changersans cesse
Rien n'efl plusdivertijfint,
XVst lyoniesrt heeurefuxaevec-une Mat*
Jî>HelfU':fertoura tour d'en pouvoir
avoir cent!
Les surprises de l'amour font
toujours à craindre, & si l'on
ne fuit dés les premieres attaques>
on s'expose à succomber
; & bien souvent mefine,
# quelque necessité qu'il y ait
dese guérir, on n'en vient pas àbout comme on veut. Un
Cavalier fort estimé par son
esprit & par son merite, en a
fait l'épreuve depuis quelque
temps d'une maniéré quivous
paroiftra fort surprenante.Un
jour qu'il estoit dans un quartieréloigné
dusien) il entra
.da1ns
*5 une Eglise, où il apper-
TC une assez jeune personne,
~nt deux ou trois inconnus
;
il écoutoit, parloient avec
aucoup d'avantage. Le bien
et''ils en dirent luy donna en- d'examiner tous ses traits.
Il changea de place pour la
mieux considerér
que , & trouva luy quelques loüanges qu'on eustdonnées sur sabeauté, on avoit moins dit qu'il ne
voyoit. C'estoit une Brune
quiavoit de grands yeux noirs
tout
pleins de feu, la bouche
petite&tres-bien bordée, un
teint des plusbrillans & des
plus unis, &enfin je ne sçay
quoy dans tout son visage de
si vif & de si piquant) qu'il
estoit presque impossible de
n'en estre pas frapé. Sa modestie
fut encore un charme
qui toucha le Cavalier. Elle
avoit ses coëffes baissees, &
quoyqu'elle attirast beaucoup
de regards, elle ne jettoit
les yeux fut personne. Au
contraire
,
elle paroissoit toute
recueillie en elle-mefme>|
& l'artention qu'elle causoit,
ne laissoit rien voir en elle
qui donnaitdes marques
qu'elle eustl'esprit dissipé.
Apres qu'elle eut entendu la
Mésseelle se leva, &cefut
alorsque la beauté de sa taille,
quiestoit grande & tres-dégagée,
fit une nouvelle impreqssion
sur le Cavalier. Elle
traversa l'Eglise d'un air tout
modeste, suivie feulement
d'un petit Laquais qui n'avoit
point de livrée. Le Cavalier
s'en alla si-tost qu'il la vit partie,
& dans tous les lieux où
il se trouva le reste du jour) il
fit le portrait de cette aimable
personne. L'idée qui luy
en restafut si engageante? que
deux jours après il retourna
danslamesme Eglise à la rnê.*
me heure. A peine fut-il entre
qu'il vit arriver la belle Brune.
Il en fut encore beaucoup plus
touché qu'il nel'avoit esté la
premiere fois,&plein d'impatience
de sçavoir qui elle
cftoit
,
la voyant sortir, il la
sit suivre par un de ses gens,
qui apprit son nom, & luy
vint dire qu'elle estoit entrée
dans une maison à porte
quarrée) où il avoit sceu
que depuis deux ans elle occupoit
le
second appartement
avec sa Mere. Le Cavalier fut
- fort satisfait d'apprendre qu'-
elles logeoient assez à l'étroit.
Il jugea de là que c'estoient
des personnes peu accommodées,
quiauroientbesoin de
quelque secours; &: comme il
avoit l'ameliberale,il espera
qu'après le premier accès
trouvé, les presens qu'il leur
feroit, les engageroient à le
souffrir. Le lendemain il revint
au mesme lieu, &y vit
encore cette charmante personne
, mais avec sa Mere.
C'estoit une femme assez bien
ffaaiittee,,ââgée environ de cin- (Tée environ cinquante
ans. La modestie de la
Belle, qui estoittoûjours la
mesme, & un air noble répandu
dans sa personne, luy
répondant d'un mérite peu
commun , ilsemit en teste de
s'en faire aimer, & crut l'entreprise
digne de ses soins.
Aprésqu'elles eurententendu laMesse
,
elles voulurent sortir,
mais la pluye qui estoit
survenuë pendant ce temps-là,
les força de s'arrester au bas
de l'Eglise. Il s'y arrestaaussi,
& comme elles envoyerent
trois ou quatre fois leur petit
Laquais pour voir si elle ne
cessoit point, il prit le prétexte
de l'inquictude où il les
1
voyoit,pours'offriràlesremener
dans son Carosse.La Mere
le reimercia fort civilement,
& la Filleestant ensuite obligée
de répondre à quelque
;cihose d'assez flateur qu'il luy didti,te?lelleleleleffiîttdd'u'unneemmaanniieèrree
honneste & spirituelle
,
mais
assez siere pour luy faire entendre
que les douceurs rie
luy plaisoient pas. La pluye
augmentant au lieu de dimi-.
nuer, il les pria de nouveau
de s'en retourner dans ion
Carosse & afinqu'elles eussent
moins de peine à l'accepter
, il consentità les biffer
aller seules, si elles ne fouhai-
,
toient pas qu'il eust le plaisir
de les conduire. Il leur
htcette
priere de si bonne grace, &
avec un tel empressement?
qu'enfin elles se iervirent de
l'occasion
,
sans vouloir (ouffrir
qu'il vinst avec elles. Il
demeura dans l'Eglise, & attendit
son Carosse, fort satisfait
de cette démarche
, qui
luy donnoit lieu de leur rendre
une visite. C'est ce qu'il
fit peu de joursaprès.Son empressement
parut les embarasfer.
Cependant comme illeur
marqua de grandes honnestetez,
elles ne purent se dispenser
d'y répondre & la conversation
roula sur diferentes matieres,
quifirent briller l'esprit
dela Fille, Il y remarqua
beaucoup de vivacité, & fut
charmé de la delicatesse de ses
sentimens. La Mere ne manquoit
pas de mérite, & tout
ce qu'il put apprendre,ce fut
qu'elles estoient de Province)
&que des affaires assez importantes
les retenoientà Paris,
où elles seroient encore quelque
temps. Il leur offrit son
crédit, & leur fit connoistre
qu'il estoit d'une Famille dont
l'appuy n'estoitpas à negliger.
Cette offre, dont on témoigna
luy estre obligé, ne luy
fit point accorder la permission
qu'il demanda d'estre receu
lors qu'il viendroit les revoir.
La Mere qui connut à
la maniere dont il commen- ! çoit à s'expliquer,que sa Fille
luyplaisoit assez pour l'engager
a de fréquentes visites, luy 1
dit qu'elle ne recevoit perfon- J
ne chez elle,& que néanmoins 1
par reconnoissance du secours
qu'il vouloit bien leur prêter
dans leurs affaires,on consentiroit
à le voir de temps en
i temps. Il ne putpasser quatre
| jours sans revenir. On le re-
! ceut un peu froidement, mais
s
ses manieres aussi engageantes
que respectueuses
, curent
f bien-toit dissipé cette froi-
• deur. On luy avoüa que l'on
j s'estoit informé de luy, & que
les choses qu'on en avoit
sceuës luy estoient assez avantageuses
) pour leur donner
1lieu de n'avoir aucune peine
à recevoir sesvisites, si les assiduitez
n'estoient pas toûjours
préjudiciables à la réputation
des Filles. Il promit de se régler,
pour n'abuserpas de la
bonté qu'on avoit de le sousfrir.
Un mois se passa de ceccc
sorte, & il ne voyoit jamais
l'aimable personne qui l'atti-l
roit roujours-malgréluy, qu'il
ne sentist redoubler l'atcachement
qu'il avoir pour elle. Il 1
estoitgalant,elleestoit touchante,
& il prenoit toutes les
occasions qui se prefentoient;
deluy dire des douceurs. Elle
s'en acommodoit pourveu
qu'elles fussent generales, mais |
si-tostqu'ils'échapoit à parler
de passion il luyvoyoit un air
serieux qui l'obligeoit de se
taire. L'estat où il se trouvoit
luyfaisoit beaucoup de peine.
Quoy que la Belle eustmille
agrémens? & qu'unenoble
fierté fistconnoîtresa naissance
,comme il ne pouvoit espererenl'épousant
nyalliances
considerables, nv du bien
qui le flatast,c'estoitun dessein
qu'il n'estoit pas resolu de
prendre. Il vouloir pourtant
sefaire aimer
, & il lavoyoit
d'un caractere qui ne luy permettoit
pas de parler de son
amour sans parler de mariage.
Malgré l'exacte régularité de
sa conduite, le peu d'opulence
oùil sembloit qu'ellefust,luy
petfuada qu'elle serelâcheroit
àluy laisser dire tout ce que
l'amour luy faisoitsentir, si
quelques presens la disposoient
à l'écouter favoraplcment.
Il prit pour cela toutes
le précautions qui la pouvoient
engager à les recevoir,
& luy en voulut d'abord faire1
de ceux que peu deFemmes refusent,
quand on lesconnoist
assez pour leur donner lieu de
croire qu'ils ne tirent point à j
consequence ; mais elle les re fusad'un air fier, qui luy fit- .!t
voir qu'elle se tenoit offensée <
de la liberté qu'il avoit prifir,f
Comme l'amour ne perd jamais
l'esperance,il s'imagina
que ces sortes de presens nestoient
pas assez considerables
pour estre acceptez, & cherchant
l'occasion de luy en
faire un plus important, il
luy entendit parler un jour
d'un Collier de Perles qu'elle
avoit envie de se donner.
Quelque temps aprés il alla
trouver une de ces Femmes
qui font le métier de Revendeuses
, & qu'il avoit veuë
quelquefois chez elle. Il luy
mit entre les mains un Colltier.
de mille écus, & luy
ayant donné des leçons conformes
à son dessein, illa chargea
de le porter chez la Belle
avec d'autres nipes. La Revendeuse
y alla le lendemain
d'assez bon matin, & aprés
luy avoir montré quelques
habits, elleluydit que si elle
avoit de l'argent à mettre à
un Collier, on luy en avoit
donné unàvendre, qu'elleauroit
à grand marché. La Belle
le prit, le regarda attentivement,
& le rendant peu de
temps aprés, elle témoigna
estre fâchéequ'il fust d'un j
prix qui l'en devoit dégoûter. I
La Revendeuse qui estoit instruite,
luy répondit qu'elle
ne sçavoit si la personne qui le
faisoit vendre, se connoissoit
bien en Perles;qu'elle avoit
eu deux cens Loüis d'or de
quelques Colliers qui n'approchoient
pas de celuy-là,& que
cependant onn'endemandoit
que mille francs. La Belle l'examina
de nouveau, & pretendit
que s'il n'estoit pas d'un
plus haut prix, il falloit qu'il
¡cuH: quelque defaut qu'elle ne
découvroit pas. Le resultat
fut qu'on luy laissa le Collier
jusqu'au lendemain pour le
faire voir. Elle alla sur l'heure
chez deux Connoisseurs qui
l'assurerent qu'il estoit au i
moins de mille écus, & le
Cavalier estant venu luy rendre
visite,elle le pria d'en dire
son sentiment. Il répondit
que si elle pouvoit l'avoir à
deux mille francs, illuy confeilloit
de les donner promprement,
& que quand elle
voudroit s'en défaire, elle y
trouveroit cent pistoles à ga- j
gner. La Belle ne balança plus
sur cet achat. Elle tint sonar- :
gent prest pour payer la Revendeuse
mais elle fut fort
surprise de passer huit jours
sans en avoir de nouvelles.
Enfin, lassée de l'attendre, elle
envoya l'avertir de venir prendre
les mille francs du Collier.
La Revendeuse qui l'avoit
laissé chez elle, luy fit dire
qu'elle ne demandoit rien, &
qu'une Dame estoit venuë de
sa part luy apporter son argent.
Cette réponse chagrina
la Belle, qui connut
d'abord
que le bon marché luy échapoit.
Elle ne voyoit que le
Cavalier, & luy seul estoit capable
de luy vouloir faire un
pareil prefene. L'éclaireissement
estant inutile,elle n'ent
eut aucun avec luy
, & elle lepria
feulement de se charger
du Collier pour l'aller remettre
luy-même entre les mains
de laRevendeuse,parce qu'elle
avoitchangé degoust.Il s'opposafortement
à ce dessein. Il
luy remontra qu'elle auroit
peine à trouver une occasion
aussi favorable d'avoir unCollier
à bon marché,&luy offrir,
fielle manquoit d'argent, d'avancer
pour elle les mille
francs qu'on en demandoit,
en attendant qu'elle se visten
estat de les luy rendre.La Belle
le regarda un peusierement,
& luy dit d'un ton si absolu,
que sans chercher les raisons
qui la portoient à renvoyer le
Collier, il falloit qu'il fist ce
qu'elle vouloit,qu'il n'osa
pouffer la galanterie plus loin.
Une conduite si sage augmentant
sa paission, il redoubla
ses foins auprès d'elle. Il luy
proposa plusieurs parties de
plaisir) & il luy fut impossible
de luy enfaire agréeraucune.
C'estoitassez pour les
refuler
,
qu'elles pussent l'en-
Igager à quelque dépense. Sa
gloire en estoit blessée, ÔC
jamais reserve ne fut plus entiere
que celle qu'elle eut toûjours.
Voilàl'estat où estoient les
choses, lors qu'un Marquis,
fort Amy du Cavalier,vint
luy faire une priere ,
dont il
se trouva embarassé Il estoit
fils d'un pere tres-riche, mais
imperieux au dernier point,
& qui aimant le bien plus que
toutes choses, vouloit l'obliger
d'époufer une Heritiere,
qui n estoit ny belle, ny d'une
naissance considerable. Ce
Party, quoy que fort à rechercherducosté
de la fortune,
n'accommodoit point le jeune
Marquis, & pour s'affranchir
de la violence qu'on luy
vouloit faire, il n'avoit pû
imaginerun moyen plus seur,
que de se donner le Cavalier
pour Rival. Le Cavalier, maistre
de son bien depuis peu
r d'années, en avoit assezpour
pouvoir pretendre à l'Heritiere,
& la proposition de son
mariage avoit dequoy faire
naistre des dissicultez pour
empescher, ou du moins pour
retarder celuy que le perc du
Marquis avoit dessein de conclure.
'-----C-o-m-m--e il avoit autre - - - .--à
chose dans le coeur,il conjura
le Marquis de le dispenser de
l'engagement qu'il vouloit
luy faire prendre,& luy avoüa
qu'un autre amour dont il étoit
prevenu, le laissoir peu en
estat de faire l'Amant d'une
Personne qu'il n'avoit point
envie de connoistre. Il salut
venir au détail de l'avanture.
Le Cavalier ayant fort exageré
l'austere vertu de labelle Solitaire,
qui luy faisoit refuser
jusqu'au plus foible present,
le Marquis se mit à rire, & dit
qu'il falloit qu'il s'ypristmal,
n'y ayant aucuneFemme dont
avec
avec un peu d'adresse il ne fust
aisé de gagner l'esprit. Le Cavalier
soutint qu'il perdroit
son temps avec la personne
dont illuy parloit; & le Marquis
assura que non feulement
illuy feroit agréer qu'il allast
souvent chez elle, mais qu'il
trouveroit moyen de luy faire
recevoir toutes fortesdepresens.
Il ajoûta, que s'il en
vouloit avoir le plaisir, il n'avoit
qu'à choisir chez un
Marchand telle étoffe qu'il
voudroit pour luy en faire un
habit, & qu'avant qu'il fust
dix jours illa luy verroit porter.
Toutcela s'entreprenoif
à condition que s'il en venoit
à bout,le Cavalier seroit oblige
de faire quelques démarches
du cofté de l'Heritiere.
Le party fut accepté.Le Cavalier
apprit au Marquis le nom
de la Belle, & le quartier où
elle logeoit,&luy envoya dés
le lendemain une des étofes
qui avoient le plusde cours,a..:.
vec l'assortissement necessaire
pour faire un habit de Femme.
Deux jours après,le Marqi
is luy dit qu'il avoit rendu
visite,&la peinture qu'illuy
fit des lieux se trouva si juste,
qu'il ne put douter qu'il ne
luy dift vray. Le Cavalier
fort surpris qu'il eusttrouvé
l'accéssifacile, le fut beaucoup
davantage quand il vit
la Belle avec un habit de l'ésose
même qu'il avoit choisie.
Il fut contraint de tenir
parole. Il envoya un de ses
Amis aux Parens de l'Heritiere,&
les propositionsqu'on
fit de sa part, empescherent
que le Pere du Marquis n'avançast
les choses autant qu'il
cust fait sans cet obstacle. Le
Cavalier avoit de tres-belles
Terres, & son bien estoit
present, C'estoit dequoy tenir
l'affaire en suspens, & pour
servir le Marquis, on la pouvoit
faire traîner en longueur.
Cependant le Cavalier ne put
estre détrompé par l'épreuve
de l'habit. Il dit au Marquis
qu'il pouvoit avoir envoyé
l'étofe par quelque personne
interposée, qui la donnant à
un prix fort bas,avoit déterminé
la Belle à la prendre.
Le Marquis offrant de luy
prouver d'une autre maniere,
que les gens adroitsne manquent
jamais de réüssir dans
tous leurs desseins, le Cavalier
qui n'avoit pû obtenir de
la Belle brune qu'elle agréast
une partie de plaisir,soutint
avec beaucoup de chaleur
que son Amy ne feroit pas
plus heureux que luy s'il en
proposoit quelqu'une. Ce fut
au Marquis un sujet de le railler
sur le refus dont il l'assuroit.
Il entreprit de mener la
Belle dans une maison qu'il
luy marqua à une lieuë de Paris,
& de le mettre dans un
Cabinet) d'où il pourroit voir
qu'il ne s'engageoit à rien
qu'il ne sceust executer. Le
jour fut pris, & le Cavalier
s'estant caché dans un lieu
commode, vit son Amy qui
se promenoit dans le Jardin
avec la Mere & la Fille. On
apporta la Collation qu'on
servit fous un Berceau, &un
mouvement de jalousie se
meslant à son chagrin,ileut
beaucoup de peine à tenir la
parole qu'ilavoit donnée de
ne pointparoistre. Letriomphe
du Marquis estant pour
luy un mortel outrage >
il resolut
de quitter une personne
qui luy refusoit si obstinément
après d'assez longs services,
ce qu'elle accordoit
aux premiers soins d'un nouveau
venu; mais il prit en
vain cette resolution. L'amour
qu'ilavoit pour elle
n'y put consentir. Il fut chagrin,
jaloux, inquiet, & continua
de la voir toûjours.
Comme il cherchoit des rai..
fons pour l'excuser,il s'imagina
gpc sa complaisance pour
le Marquis venoit de ce que le
connoissant sujet aux ordres
d'un pere qui luy destinoit
un party avantageux, elleregardoitsessoinscomme
ne devantavoir
aucune suitepour
éIIe, puis qu'il ne pouvoir
disposer de luy. Cesreflexions
le soulagerent, & sa passion
prenantde nouvelles forces,
il voulut la satisfaire en se
mariant avec la Belle. Si-tost
qu'il eut formé ce dessein
dontil ne dit rien à son Amy,
l'asseurance du succés luy fit
fpirtendre un air content qu'il
éclaterdans sapremierevisite.
La Belle frapée de l'enjoüement
qu'il faisoit paroître,
le pria de luy vouloir dire
, ce quiluyestoit arrivé d'heureux
afin qu'elle puft y prendrepart.
Illuy répondit que
le bonheur dont il se flattoit
,lie pouvoit estre plus grand s
& qu'un seul mot de sa bouc
he devantlerendre certain,
il estoitassez persuadé de soji
ieflime pour croire qu'elle
voudroit bien le prononcer.
Il acheva de s'expliquer plus
ouvertement , & la Belle
l'ayant écoûté sans l'interrompre,
parut refveufe &
embarrassée. Elle revint de
son trouble pour luytémoigner
combien elle estoit fensible
à l'honneur qu'il luy
faisoit, aprés quoy elle ajoûta
qu'il y avoit déja quelque
temps que son amour luy é- )
toit connu, qu'elle l'avoit
veu s'accroistre insensiblement,
quoy qu'elle eust tasché
de le combattre par sa
retenuë, & qu'observant toutes
ses démarches
,
elle avoit
remarqué avec chagrin qu'il
eust voulu l'ébloüir par des
presens sans luy parier comme
il commençoit à faire;
qu'elle voyoit bien qu'il ne
proposoit de l'époufer qu'entraîné
par la violence d'une
f>a(Tion dont il n'estoit point
le maistre; que cette passion,
toute vive qu'elle estoit, ne
pourroit manquer de s'affoi-
DIUpar les droits que luy donneroit
lemariage
,
&qu'elle
avoit trop de delicatesse pour
hazarder son bonheur sur les
trompeuses amorces d'une
fortune qui ne pouvoit remplir
ses desirs. Des sentimens
1i peu attendus surprirent le
Cavalier. Leur nouveauté luy
fit admirer la grandeur d'ame
qui les produisoit,& il en
,fut tellement touché, qu'alpersés
avoir donné à la Belle
plus tendres asseurances
d'une passion qui ne finiroit
jamais illa laissa maistesse de
ses avantages pour lesregler
comme elle voudroit. Toutes
ses offres furent inutiles. Elle
persista dans ses refus, & rien
ne put l'obliger à changer
de sentimens. Le Cavalier
croyant que sa Mere auroit
du pouvoir sur elle, la conjura
de luy estre favorable,
& toute la réponse qu'il en
eut, fut que sa Fille luyestoit
trop chere pour ne luylaisser
pas une entiere liberté sur une
chose de laquelle dépendoit
tout le repos de sa vie.
Illes vit encore trois ou quatre
fois, & quoy qu'il n'oui
bliast rien de ce que l'amour
peut imaginer de plus touchant,
pour attendrir le coeur
de la Belle, elle luy dit avec
tant de fermeté qu'il ne devoit
jamais esperer d'avoiren
elle qu'une vcritable Amie,
qu'enfin le mauvais succés de
ses esperances luy fit resoudre
de ne plus songer qu'à sa fortune.
Il demanda au Marquis
s'il ne feroit pas fasché qu'il
s'attachaft tout de bonàl'Heritiere,
&les inftantcs pricrcs
que le Marquis luy en renouvella,
l'autorisant à parler plus
fortement qu'il n'avoit fait
jusqu'alors, illuy futd'autant
plus aiséderéüssir que le Pere:
du Marquis mourut peu de
jours aprés. Sa mort
fit
cesser
l'engagement où l'on estoit
avecluy,& le Marquisayant
témoigné de l'indifference
pour ce mariage, il fut con.
clu en fort peu de tempsavec
son Amy. La Bellel'en feli--
cita d'une maniere qui luy
fit connoistre qu'ellel'estimoit
véritablement
, mais
sans regreter les avantages; qu'ilavoit voulu luy faire.
Deux mois s'estoient à peine
passez quand le Marquis en- <
voya prier le Cavalier de venir
chez luy. Il luy dit en
l'embrassant que comme il
estoit son meilleur Amy,il
vouloit qu'il fust le premier
quiappristune nouvelledont
il auroit de la joye. La nouvelle
estoit qu'afin d'éviter les
embarras qui accompagnent
tout ce qui se fait avec quelque
éclat, il s'estoit marié
secretement , & que la personne
qu'il avoit choisie pour
se rendre heureux, venant
d'arriver chez luy pour y
prendre ouvertement le nom
i de sa femme, il ne pouvoit
differer au lendemain à la
luy faire connoistre. En mesme
temps il le conduisit à
l'appartement qu'illuy avoit
destiné,& le Cavalier fut dans
une surprise qui ne se peut
exprimer
>
lorsquil reconnut
labelle Brune. Après luy
avoir fait compliment avec
un peu de desordre, il ne se
put empescher de dire au
Marquis qu'il devoit se reprocher
d'avoir abusé à son
prejudice d'une connoissance
qu'iln'avoit eue que par luy.
Le Marquis qui comprit cc
qu'il pensoit fit cesser ses
plaintes en luy apprenant
que son mariage estoit fait il
y avoit déjà plus de deux
années; & quafin de le cacher
à son Pere,qui estant impérieux
& fort emporté eust
pule desheriter s'ill'eust découvert,
il avoit prié sa femme
de vouloir bien demeurersans
train& sans équipage
dans un quartier éloigné?où
il n'alloit la voir que le soit.
Il ajoûta en riant qu'il ne devoit
pasestre surpris qu'ayant
le nom de Mary
,
il eust le eu privilege de luy faire prendreles
étoffes qu'illuy avoit
envoyées pour elle, & de
l'engager à une partie de promenade.
Cet éclaircissement!
donna lieu dedire millechoses
agreables
, & il ne fut pas
difficile au Marquis d'obtenir
du Cavalier de vouloirtoujoursdemeurer
Amy d'une
personne qu'il avoit assez
aimée pour la vouloir épouser.
Vous aurez sceuqu'on a fait
une Oraison funebre de ce
Prince auCollege de Louis
LE GRAND. La Pere de la
Baunequi la fit
, receut de si
grandsapplaudissemens, qu'il
n'a pû se dispenser de souffrir
qu'on l'imprimait.Ces forces
dEloges estant faits pour
consacrer la memoire des
Grands Hommes, il seroit injuste
qu'ilsnesussent pas vûs
de ceux qui ne peuvent les
entendre.L'Assemblée devant
laquelle on les prononce
ordinairement, estsi petite
en comparaison du nombre
infiny de curieux qui les peuvent
lire dans toutes les parties,
du monde,que l'on ne
peut refuser deles donner au
Public, puis que ce seroit le
priver du plaisir d'apprendre
mille choses glorieuses au
Prince qu'on entreprend de
loüer. Je nem'étendray point
icy sur l'Ouvrage du Pere de laBaune. IlestoitLatin>Se
ceux qui entendent le mieux
cette Langue,tomberent d'accord
qu'il seroit fort difficile
de la mieux parler. Monsieur
le Prince,Monsieur le Duc, ,|
Monsieur lePrince deConty, à
etoient presens à cetteaction.
La Salle où elle fut faiteestoit
toute tendue de noir, avec
deux bandes de velours, où
estoient les Armes du Prince,
avec des larmes d'argent dans
les intervalles. Onavoit placé
sur les colomnes des Tableaux
qui representoient les
Princes de la Maison de Con-
,dé»& toutes les Victoires de
Monsîeur le Prince. Entre ces
derniers Tableaux estoient
les Portraits des plus grands
hommes de l' Antiquité,afin
qu'on pust faire sa
comparaison
de Monsieur le Prince
- - ,
& d'eux; &commec'estoitlà
un des morceaux les plus
ingenieux de tour le dessein,
il faut vous l'exposer un peu
plusau long.Onvoyoit Pompée
qui a remporté plusieurs
victoiresenEspagne, comme
Monsieur le Prince;Germanicus,,
qui en a remporté en
Allemagne commeluy ; Cefar
qui a fait long-temps la
Guerre dans les Pays. bas,
Alexandre qui fit le Siege de
Tir pareilà celuy de Dun-!
kerque;Fabius & Marcellus 1 dontMonsieur le Prince a I
réüny en luy les differens ca- i
ractères , ayant eu devant
Chatenoy une conduite aussi
moderée & aussi retenue que
Fabius» & devant Lens autant
d'impetuosité que Marcellus,
Scipion qui eut le même
bonheur que Monsieur
le Prince, d'estre remis achetai
par son Fils, après en eftrc
combé avec beaucoup de peril
au milieu d'un Combat.
passe quelques autres Heos
qui faisoient encore des
paralelles aussi heureux &
aussi justes. Toutes les vertus
anr militaires que civiles de
legrand Prince,estoientmarquées
par quelques traits tirez
des meilleursAuteurs de
l'Antiquité,& toûjours trèsingenicufement
appliquez.
Au fond de la Salle estoitun
Mausolée
,
où la Victoire
d'un costé au pied d'un Palmier,
& de l'autre la Science
au pied d'unOlivier faisoient
paroistre une égale
tristesse. L'Histoire écrivoit
ce que luydictoit le Genie de
la France, & tenoit le Temps
captif& enchaîné. L'Eternité
prenoit son vol du haut de
ce Mausolée avec le Portrait
du Heros à sa main. Au devant
vant estoit un grand Arc de
triomphe, dont les costes
estoient chargez d'Ecussons
& de Medaillons, qui representoient
toutes les Villes prises
par Monsieur le Prince.
Onavoit mis sur le tout cette
Inscription, ARA VIRTUTIS,
qui est la même que les Romains
mirent autrefois sur
une pyramide élevéeà l'honneur
d'une Légion. Ce fut
dans ce lieu déjà tout remply
des louanges de Monsieur le
Prince,que le Pere de laBaune
y en ajoûta d'autres encore
plus dignes de ce Héros, &
anima tout ce Spectacle par
une éloquenceextraordinaire,
Le plan de son Discours renferma
tout ce qui peut faire
un Hérosachevé, les Vertus
de la Guerre, & les Vertus du
la Paix, Il suivit avec ordre
les grandes actions & le»:
lgerandes qualitez deMonsieur
Prince, & les exposa avec
toute la noblesse & toute la
pompe qu'elles meritoient
Ce Discours fut fort applaudy
d'une celebre Assemblée »
&tout le monde l'a mis au
nombre des plus belles choses
qui ayentesté faites sur ce su
jet.
On a aussi imprime l'Oraison
funebre prononcée le 3.
May dans l'Abbaye Royale
de Maubuiffon proche de
Pontoise, par Mr l'Abbé du
Jarry. Quantité d'autres Ouvrages
qui ont fait beaucoup
de bruit,l'ont fait estimer
de plusieurs personnes,
dont le seul suffrage pourroit
donner une glorieuse réputation
à ceux dont on n'auroit
point encore entendu
parler.Tout ce Discours est
remply d'une éloquencetresvive.
Il y represente un Prince
qui s'est occupe serieusement à
son Salut, après avoir efficacement
travaillépourceluj de /',e--
stat
,
qui a pris soindelaisser
son nom écrit dans le Livre des
Vie aprèsl'avoir rendu si fa_L
me,ux dans nos Histoires
,
qui at
mêlél'odeur de ses vertus avec
le bruit desesExplots;quiss'est
acquitté de ce qu'ildevokàsons
Dieu, &àsaPatrie,&quïs
aprèsnous avoir fait voir le^
Héros prophane dans tout sons
éclat, nous afait admirer le Heros
Chrestien danstoutesa perfection.
Il fit ensuite une excellente
peinture de quel--
ques-unes des grandes actions 2
de Monsieur le Prince,& lors
qu'il eut parle des mémorableVictoires
deRocroy & de
Fribourg Je commence,dit-il,à
sentircombienje dois ménager les
paroles dans l'Eloge d'une vie
dont lesmerveillesJesuivent de F
prés
, & comme l'on voit des
Royaumes &desFleuves celehres
marquez par un trait de plume
dans les Cartes abregées duMon-"
de
;)
je voudraisvousfaireenten~
dre parun met.) des actions beroiques
, &de fameuses Victoires.
Valten, Donkerque, Norlingue
, Lens Acesmets quelsprodiges
de valeur nnse presentent
pas à vos esprits ? Vous rappellez
ce fameux Passage défendu par
une Armée entiere, forcédans
une feule attaque , & toute la
Flandre en proye à nos Armes
victorieuses
,
lors qu'elle s'en
croyoitàcouvertaveclesecours
de cette puissante barriere. Vous
regardez avec étonnement une
desplus fortesVillesdu monde,
emportée dans quinzejours malgrélaMer
,la Terre,l'Air, &
les hommes qui la défendent,
pendant que les Places voisines
entraisnées parsonexemple,préviennent
un Vainqueur à qui
ce grand exploit ne laisse rien
d'impossible. L'Allemagne &
l'Espagnes'offrent encore à vos
yeux, éprouvant U force de ce
bras invincibledans des défaites
mémorables, &des journées
glorieuses de Rocroy & de Friboug
, renouvellées danscelles de
Norlingue&deLens,fameuses
par tout ce qui peut donner du
prix aux Victoires.Quelle riche
matiere de loüanges ne se trouveroit
pas renfermée dans ces
evenemens célébrés,sisavois le
temps de les developer ! Là il ramene
au combat des Troupes
lepouevantees, & leur fait reparer
parune hontegenereuse une
fauteprécipitée.Icy il exposeune
vie qui assure le repos de tam\
d'autresdans une mêléefanglan
te, & d'illusires Combattans qmx
tombent àsespieds ne l'empcf:
chent pas de chasser les EnnemvÂ
d'une Tranchée
,
où il se jett1
pour ladéfendre. Ne vous figu
rez pas Messieurs
, une témérité1
aveugle
, que d'heurrux succéss
justifient,unevaleur imprudente I
quiexposeinutilement une teste 1
precieuse, une faillie de
courage*
qui envelopesans besoin le Soldate
leCapitaine. Ilavoit une
prudence militaire attachée à la
différence des conjonctures, qui
Iny faisoit distinguer dans le
combat les perils qui demandoirntsa
presence, d'avec ceux ,
ou elle n'estoitpasnecejptire. Il
sçavoit ranimer le courage des
Treupes ébranlées par des exemples
d'intreptdité,&retenirleur
impetuosîté par de sagesreflexions.
Il aimoit mieux s'assurer
du moment de la Victoire, en la
cherchantpar de vives attaques,
que de s'exposer à le perdre par
des lenteurs ménagées, Il ne craignoit
pas d'abandonner quelques
membres au fer &au feu
, pour
empescherque tout le corps ne periss
, g1/ en sacrifiant une partie
des Troupes au tranchantdugtat~
ve, il fawvoitquelquefois unr
Arméeentiere:
Il dit ensuite admirablement
en parlant du Roy, ôc 1
des Troublesouirtnirent avec
sa Minorité ; La grande ame
de ce Héros comme envelopée
sous les foiblejJes dc l'enfance,
découvrantj/ peu a peu ce riche
fond de vertus&de lumièrequi
nous éblouit, dijjtpe infenfibtement
les nuages qui troubloient
laferenité de son regne. On
éprouva bien- tost la force de ce
Genie superieur vijiblement né
pour commanderaux;autres
de ce caractere de domination si
naturel, qui luysoumet toutsans
effort.L'Image de la Divinité
r ; impriméesur le front des Rois,
&qui ne fut jamaisplus reconnoifJàble
quesur le font majeflueux
de ce Monarque, réunit
bien-tost tous les espritsIl conj
tinue à peindre d'une maniere
fort delicate tout ce que
Monsieur le Prince a fait de
grand en suivant le Roy dans
ses Conquestes. & après avoir
marqué qu'il s'arreste lorsqu'il
'lJoitLOVIS LE GRAND
en estat de vaincre
,
@r de con-
1 duire tout par luy-mefinejcommesiDieune
s*efloïfJervy ¿rJ
mains de l'un qu'en attendantt
que celles de l'autre sefbrtifispi
flnt,ce fcroit icy, ajoÚre-t-il,4
l'endroit d'épanchernoscoeurs à
lagloire decegrand Roy devant
ces Autels qu'il a figlorieufement
affermis}&lafainieté denofirc
Ministre ne doit pas nous fnre
craindre dr luy accorder les
lou.mges qui Inyfont dems3 puis
qu'il nous a mis hors de peril de
luy en donnerdeflateufes($fde
prophanrs.£{/te toutes les bouches
tonjacrées au Seigneursouvrent
donc ensemble pour celebrer le
nom d'unRoy"quin'atriomphé
(!
,?efts Ennemis que pourfaire
triompher lEglise des fiens. C'efr
cette esperance qui nous a foutenus
dan. la conjoncture affligeante
qui nous a fait trembler
pour l'oingtdu Seigneurpour
Jon Ouvrage. Quelquejujle que
fust nostrecrainte"nousnous repojtonssur
le foin que le Ciel
denjoitprendre d'une vie si frecieufe
3 &une secrete confiance
uous[aifuit attendre quaprès l'aqjoir
accordée aux prieres de la
France, illaconferveroit pour
l'interess dela Religion. L'amour
des Peuples pour la Perfcnnesa
crée de ce Monarque s'est manir
fessés avec éclat. Lavoix de nâ
larmes a monte jusques an Ciell
& tous lesTemples ont retenti
desgemijJemens de nojbredouleuA
ou des Cantiques de nojbrejoyeï
Maintenantque nos alarmesfonk
tliJJipéts
y
réunis par les liens de:
l'obeieeance&de ltA- charité;) nouH
,allons joüir tranquillement de IOA,
faix qu'il a rendue à l'Eflat eYJH.
a l'Eglise, & tout Ifra'èlbali-^X
tantsanscrainteà l'ombre defin j
figuier&de sa vigne>chante les
louanges du Seigneurs dans le
Temple que ce nouveau Salomon
vient d'éleversurles ruines d'une
Synagogue infid(!le.
f- ta fecundc Partie de cette
praifon Funèbre , cit une
peinture du Héros Chrefticn.
jM' l'Abbé du Jarry y fait
tVoir Monsieur le Prince dans
une retraite
> ou mettant en
seureté la gloire dont il venoit de
si couvrirdans les Combats
3
il
len acquitune nouvelle. Il dit
que la protection viflble duCiel
qu'ilavoit tant de fois éprouvée
dans lesperils
>
éclata encore d4-
vantage dans le Join que prit
la ^Providence de le garantir
des dangers de la Couraprès l'avoirfauvede
ceux de la Guerre,
de le préparer par une vit
faifible & retirée
,
à une (hreflienne penitente;que ( fut là que repassant les jours
sagloire é,vanoüls il comprit l'
beuglement déplorable de c
Hommes Jtconnus aux autres eJ
si inconnus a eux-mesmes3 (~j
que parcourant les diffirent,
uanite^ quiflntfosu le Soleil,n
trouva qu'ily avoit plus de vM
ritable douceura gouster en paÎM
les fruits de son travail
,
qu*
moissonner dFe vains l!auriem
qui coûtent tant de seatlgues,.
Apres avoir employé ded
grands traits à peindre la con-4
version de ce grand Prince>§
&le mérite de sa viesouffrance
,
il nous le montre dans ce
triste estat où il estoit prest
d'aller rendre compte de toutes
les actions au Souverain
tfuge. Ce n'est pas; dit-il? une
marqueinfaillibled'un grand
zouragedemêpriserlamortdans
les Batailles. L'exemple des
C"hessj lesondesInstrumens belliqueux
,
le mouvement ~e le
rhoc des Bataillons quise meslent
avec violence
,
entraisnentégalement
dans le peril ceux qui /c'
craignent ~e ceux qui le braruent)&
comme l'onvoit quelquefois
des Armées entieresfaifùs
de ces terreurs paniques
fontprendre la fuite aux pL
hardis
,
elles se sentent en d'au
tres rencontres emporterparje 1
sçay quellefureurguerriere q,
donnede la fermetéauxplus ~14
mides. Le courage de ~Monfie
le Prince ne futpoint sujet à cet
révolutions. Il ne s'estonna poins
à cet aspect afreux ~d'unemor
lente &sensible
,
sous lequel i,
ne l'avoitpoint encoreveuë dan^
lesCombats ; ilse trouva pan
la situation naturelle deson coeuri
au dessus de la mort; elle ne luy.-
parut terrible que
dans(esfuites31
~après l'avoircherchée tant
de
~rois avec ardeur dans les Batail-
~tes
,
il l'attendit avec une ferneté
chrestienne dansses derniers
momens. Sur la fin, en parlant
des Mausolées, & de la pompe
des honneurs funebres que
l'on rend au Grands, il y a
un fort bel endroit conceu
en ces termes. Vous mourrez
vous, comme des eaux courantes
il parle aux Impies florifsans
du Siecle. ) Vous autz,
vous perdre danscet abisme, &
bevous rendre à cette voye univer-
He de la terre. La gloire qui
vousenvironne ne descendrapas
Iavec vous. Les infectes&la
pourriture,seul &tristehéritage
de la mort, vous
accompagneron
dans ces Maisons tenebreuses
d'où vous ne sortirez que pour
estre enjevelis avec des Riches
impitoyables en des Sepulchre,
plus affreux, où vous deviendrez
les victimeseternelles de la mort
qui vous devorera. Ce font des
sentimens que devroit inspirer
auxgrands du monde cette triste
Ceremonie; mais helas ! l'enchantement
de la bagatelle nous
fuit partout. Au lieu de confiderer
cette Pompefunebre par ce
qu'elle a detriste ; nous ne la regardons
que par ce qu'elle a d'éclatant.
Lavanité,/des grandeu.lr's
humainesse cachemesmesous un
spectacle qui devroit nous la découvrir.
L'esprit entraisné par
lescharmes dessens, ne demejle
qu'avecpeine les cendresd'un
homme mortel, au travers de ce
richeappareil qui les environne3
b&
ces restesdéplorables d'un
Prince dont la grandeurva difparo
istre pourjamais avecce derenieréclat
, nous ébloüissent enn
core au lieu de nous instruire.
,-à 14 1un Sonnet à la
gloire de Monsieur le Prince
* sur une mort si Chreftiennc.
IlestdeMrl'Abbé Maumenet,
Chanoine de Beaune.
QVand la foudre a la main
courant à la victoire,
L'i/itrtpide Condé s'exposoit au trespas
y La ?arque vint s'offrirmillefoissur
sespasy
frefte à nous enlever ce Hérosfiein
deçloire.
Mats il riefioitpastemps ahonorer samémoire,
Ce riejloitpas affit des Exploiis de
son bras,
Le Cielle d'jllinoit à de plus grands
Combats
,
El la Grace voulait consacrer fin
fiifloire.
Nari ne ceint pas touujours le front
desesGuerriers,
L'espritases combats, la vertu fit
Lauriers,
Zt la Paixses Heros auet-bien que
la Guerre.
Çondevictorieux dans lefem de la
f PaIX,
En demptantfin efpritplus njafie que
laTerre,
lie blrne qu'en ùieufinIsa vie, &
ses hauts faits. 9
& dans ses Terres. Le premier
de tous a esté fait par un Gentilhomme
qui luy avoit ~de
grandes obligations.C'est
Mr de la Touche de Belleviere,
Gouverneur des Villes,
Forts & Havre de Fescamp
,
& des lieux qui endépendent..
Il n'eut passi-tost apprisla
triste nouvelle de cette mort: qu'il alla trouver le Pere ;
Prieur desBenedictins Refor-
- mez de l'Abbaye deFescamp,
J qui est Vicaire General de î l'Exemption,pour le prier de : fairefaire un Service solem-
*. nel
, & de ne rien oublier de
de ce qui estoit deu à un Gouverneur
de cetteProvince, de
la qualité & du rang de celuy-
là. Le lendemain dés le
grand matin il fit sonner les
Cloches del'Abbaye, & envoya
ordre, comme Grand-
Vicaire, à tous les Curez dela
Ville de Fescamp, qui ne reconnoissent
point d'autre Evesque,
aux Capucins, aux
Religieuses, & enfin à tout le
Clergé,d'offrir à Dieu toutes
leurs prieres de ce jour, &
decelebrer toutes les Messes
pour le repos de son Ame.
L'Eglise fut toute tenduë de
noir, & l'on dressa un fuperbeMausoléeorné
d'unt
nombre infiny de cierges,
sur lesquels on mit les Armoiries
de cet illustre Défunt.
Le 2 7. du mois passé fut
le jour qu'on prit pour cette
lugubre Ceremonie. Tous~s
les Curez des Paroisses de la j
Ville y assisterent avec leurs
Etoles, & tout le Clergé s'y (
trouva ainsi que les Capucins.
Toute laNoblesse de l'un &
de l'autre sexe allà prendre
Mr le Gouverneur chez luy.
Il se rendit dans l'Eglise à
la teste des Gentilshommes,
qui furent tous placez dans le
Choeur. Madame de la Touche
sa Femme prit place dans
le Jubé où toutes les Dames
l'accompagnerent. La Messe
fut chantéeparlaMusiquede
l'Abbaye,& M de Bourdemare,
ancien Religieux de
Saint Benoist , officia pontificalement
à cause de la maladie
de Mrle Grand Prieur.
M le Gouverneur envoya
ensuite des Billets à tous les
Curezdes lieux de sadépédance,
afin quechacunsist faire
un Service-dam, sonEglise.
J'aurois trop à vous dire si
je vous parlois de tous les
Vers qui ont estèfaits sur cette
mort. Voicy une Devifc
de Mr Magnin. Le Corps est
un grand Laurier seché sur le
pied,& lemot,Marti, Musisque
colendus.
EGaiement chery des MUsl.1cf
deMars,
£)uc de pleurs va çausersa perte déplorable
!
Poly sur le parnaffi
,
& fer dans
les hazards;
,£iie de temps, que de foins pour formersonfembUhle!
SUR LE MESME SUJET
par le mesme.
SONNET.
SAint-Aignan ne vitplus,& Id
Parque traifircjfe
,
Jalouse qu'eue ejtoit de Je-s l-ongs &
beauxjours,
A l'horreur du Tarnajfe en a tranché
le cours
Quelfunefc revers en trouble l'alleçrïcjn
?
A tous les beaux Esprits que se deuil
interesse,
Sa bontégenereuse cfloit d'un grand
jfecours,
Et leflat bravant l'âge&sestrijîes
retours,
JufiIlle dans les Tonrnois animoitItt
Ienneffe.
J't dans le champ de Mars il charma
les Gucriers,
pans laPaix il joignit les Mirthes
aux Lauriers,
Jgui jamais s'eifcjuis une efilme
plus jufie ?
Polj comme Mecene} & for comme
Agrippa,
Prèsaun Prirtcc pinsgrand &plus
fage qu'Augufie, Onsçaity&c'efi assiz, quel rang il occupa.
On a fait une autre Devise
sur la mort de M le Duc de
Saint Aignan. Elle a pour
! Corps une Statuë de Marbre
de plein relief, representant
ce Duc avec des Trophées
| d'Armes autour, & sur le
f
front de cettestatuë,la Gloire
éleve la main pour y mettre
! une Couronne avec ces mots,
Virtuti hoec débita merces. Mr
Rault de Roüen, Autheur de
cette Devise
,
fait ainsi parler
la Gloire. MOy qui desgrandsHéros connois
le vray mérité, le veux qu'en lettres d'orleur gloire
Joit écrite,
Pour fervirde modcllc a la Pofirite-,
Et qu'un si beau Laurier dontje fais
leur couronne,
Dans le Templefameux de llmmor-J
„
talitéy
Soit le prix que ma main leurA
donne.
Dans ce Marbrenouveau si Saint-
Aigrianrefaire,
Envoyant tous fis traits n'at-on i
paslieu dedire
J9u'en mon Palais augufie il vit entre
les Dieux,
Puis que de ce grandDuc les vertus
érle zele>
Ont enfin mérité par fies faits glorieux
Cette récompenif immortellef
MLourdet a fait le Sonnet
qui suit.
0N voit le Parnassè en alarmes,
LesMufilsifondent enpleursi
Bellone &le grand Dieu des armes
Sont atteins de vives dOHleurJ.
VAmour m-.irïne ré!pondd ddes !l.armes,
Les Gne:sprdenths dc>iC<.urs ;
Venus n'aplus rien deses charmeJ,
Qui peut causer tant de malheurs?
Si tu veux apprendre la cause
De ce (jua tesyeux on n'expose
Que des fançlots de toutes parts,
PAffint, c'est qu'unehelle vie L , honneurdes neufSoeurs drdeMars,
Vientd'efire à Saint-Aignan ravie.
M Petit, pour qui feu Mr
le Duc de Saint Aignan avoit
depuis fort long-temps uhe:
estime tres-parriculiere,jusqu'à
le traiter de Frere Apollon, en comme vous l'avez;
Veu par quelques Lettres que
je vous ay envoyées,a voulu
marquer par ce Madrigal
combien la memoire de ce Duc luy est precieuse. cHery de Mars & des neuf
Soeurs
Armedu plusgranddes Monarques
,
Dont les éclatalltesfzveItrs
En font autant diiluflres marquesy
Sain
, jeune malgré mesvieux
ansj
Avec le don de plaire aux gens
Bien infiruits en deïtcatejfc, tVaffanty ce firt tefcmble beau,
Mais chercher tout cela yfoible(Je,
f!our en vo 'r le Ncant entre dans
men Tombeau.
*
Mr Petit qui a fait ce Madrigal
?
est l Autheur des
Dialogues Satyriques & Moraux3
donnez au Public depuis
peu de temps. Comme
ils font de vostre goust,&
que vous les avez trouvez
aussiinftru£hfs que divertissans,
vous ferez bien aisede
voir le jugement qu'en a fait rAutheur dela Republique
des Lettres. Voicy de quell
manière il en parle dans ses
nouvelles du mois de Ma
dernier.
Il efl extrêmement avreabfi
de voir des OuvragesdeMoral*
'trtÛtez d'une maniéréfine
délicalt. Les Dialogues que MI
Petit vient de nous donner3¡Onn
Ilffturement de ce genr") rdr ilseroit
Pfut-estre bien difficile drtrouver
surces fortes c'e fitjetsrien
de plus galant&de mieuxtourné.
Onyvoitsur toutrégnerun
certain air libre & naturel
quetant de gens cherchent, &
quon a tant depeine A rtncon::
rer
y
l'Autheurparoissant tonours
le mAistre de sa matière
iontilJejoue comme illuy plaist.
Leur
brieveté
ne contribue pas
lreua, lleur agrfment" nefsliant quc
trop veritable que les meilleures
€hoJesennuyent&fatiguentpar
leur longueur. Que si cela a est;
de tout temps", on peut dire que:
c'est particulièrement le gouss
d'aujourd'huy. Cet Ouvrage est
compris en feeize Dialogues. Si
on vouloit parler de chacun &
en dire les bedutez & les delitateffis
, on feroit peut-eflre un
Ouvrage plus gros que celuy de
l'Autheur. Onse contentera donc
aenrapporterjimplement lesfùî'
jets contenus dans la Table d^
Livre.LepremierDialogueCfli,
sur le peril que court un Aui
thcur d'estre critiquélor:|
qu'il donne ses Ouvrages auq
Public, & l'on voit dans c,
Dialogue le caratterede l'Au^
teur qui Je tient dans cette honi
nefle défiance
>
où l'on doit toû-t
jours ejlre de foy-mesme. Le st-t
cond
j
Que
laBadinerie
a des.
agrémens qui l'emportent sur i
le Serieux dans la Société ci- *
vile. Ce Dialoguefonde tout le î
caraftere de tOuvrage, Le troi- -
stéme;Qu'en matière de ga- If
lanterie l'Or fait plus de
conquestes que l' Amour.C'ejl
une njeneé qu'on ne contestera
pas. Un de nos beaux EJprits
modernes a dit sur cela fort a-
[f(d,b/ement,,
1LacC'l1eefsdutcoffre fort & des coeurs, la mesme. j Que si ce n'est celle des coeurs,
C'est dumoins celle des faveurs;
1 Amour doità ce stratagême
La plus grand' part de ses exploits:
7. A-t-il epuisé son carquois,
Il met tout son salut en ce charme
h suprême.
Le quatrième Dialogue, Que
la gloire aprèslaquellecourent
les Heros par tant de peines
& tant de fatigues est une
pure chimere.Le cinquième,
Que l'Equitéest bannie de la*
terre, & qu'elle ne se trouve
ny à la Cour ny ailleurs. Le
sixieme, Que le bon sens ne J
se peut trouver dans les figu- 1
res peu naturelles de la Poësie.
LeJeptièmej Que les Me- t
decins & les gens de Guerre
ont une égale licence de tuer
impunémentLehuitième^Quc 1
le Jeu cause de plusgrands j
maux que l'Amour. Le neu- j
viéme>Que le Bonnet de Do-
1
ûcur ne fait pasr le Doéte.
Dans ce Dialogue on 'voitaffe^
bien le cafaEtere des jeunefjytà^
be% d3'aujo&rd'huy.Ledixième
Que Tétendue du deiir ne'
sçauroit estre remplie. Le on-
%iéme. Que toutes lesLangues
font également! belles, & que
laFrançoifenestpas plus polie
qu'elle esteit dutemps de
nos Petes. Le douzièmeeilsur
rinjuftice qu'on a faite
-
a
Mult, & à d'autres mots
fClTIblablts, de les bannir de
la Langue.que dansces
deux derniersDido<iues rAit- o teurprenne., le ùarty du _r"Jie¡tx
Langage„ onroitpourtant Hem
qu'il ne njoudroit pas formerfom
Pilesur celuy-la>&que ce nefii\
qu'un jeu J'esprit. Le 13. Quej
tous les hommes se plaisent u
estre trompez, & que per--
Tonnen'a foin de chercher la£
vérité. Le74.Qu^ileftimpôts
fibleque l'homme vive tranquille,
lors qu'il s'abandonne s
à ion panchanr. Le Qu^il I
faut écrire purement) sans 2
comparaisons& sans figures)
<
& que la plusriche parure 3
d'une Langue vient de sanaï- -
veté.Le16. Que les Gens de 3 Cour font plus esclaves que
)
ceux qui font véritablement
chargez de chaînes. Si M1 Petit
veut donner une fuite à ces
Dqiual'oilgsuneseyJoieilnntae cdcoaibt lepmasednotuter
receus
du rpublic.
de Bretagne,Elleest de Poi-
,5 tou,&lesqualitezavantageu-
.i ses qu'on remarque en' elle, Id
distinguent encore plus que fae.
beauté. Sa conversionl'a fait
connoistre à laCourMadameo
deMaintenonl'ayant rrufej3
aux Nouvelles Catholiques,
-
& ensuiteà Saint Cir,elle à 4 faitparoistre tant demérité,
un cfprit si doux & unecon-
•
',-duite, si judicieuse, qu'en
s'attirantuneestime generale, J
elle a gagné le coeur de l'illu- I'
fre Personne a quielle estoit '{
déjà liée parlesang ,&qui nC,1
connoist que lemeritedans A
ceux qui luy appartiennent.
Cette véritéest si reconnuë,
qu'il feroit inutile de rien dire
pour la prouver. Jugez si ce
mariage a dequoy rendre Mr leComte deMailly heureux.
Le Roy l'a mis au nombre
des Seigneurs dont l'employ
est d'accompagner Monseigneur
le Dauphin) & à qui
Sa Majesté donne tous les ans
deux milleécus.Il afaitaussi
du bien à Mademoiselle de
Sainte-Hermine, & on peut
dire qu'elle le doit à son mérité&;
à sa conversion. Personne
n'ignore combien les
Nouveaux Convertis ont sen-
- ty d'effets des bontez, & de
la libéralité de ce Monarque.
Il voussouvient que lors
que je vous parlay du dernier
Voyage que Sa Majesté a fait
à Maintenon au mois de
May, je vous entretins de l'adresse
des jeunes Gentilshommes,
Cadets de l'Artillerie,
& du Prix qu'ils avoient disputé;
maisjene vous dis point
alors le nom de celuy qui le
remporta, parce qu'iln'avoit
pas encore receu cette glorieuserecompelice.
Ce fut Mr
le Breton d'Euvvrich qui la
merita
, pour avoir perce un
Blanc d'un boulet de Canon.
Il est Sous - Brigadier de la
Compagnie des Gentilshommes
de l' Artillerie,commandéepar
Mr du Raulet,Commissaire
Provincial au département
de lIsle en Flandre,
Commandant général de
l'Artillerie du Camp de
Mainrenom Ce Prix estoit
une épée a poignée d'or, &
elle luy fut donnée au nom
du Roy par Mr le Marquis
Mle Breton d'Euvvrich est
d'une Famille qui a esté distinguée
par nos Rois. Loüis
XIII.de glorieuse memoire,
en consideration des longs
servicesqu'Hctor le Breton,
Seigneur de la Doinetiere,
Roy dArmes de France, ôc :
l'un de ses Maistres d'Hostel
ordinaires: luy avoit rendus,
& particulierement de ce
qu'il avoir perdu un oeil d'un
coup demousquetade au Siege
d'Amiens,sous le regne de
Henry IV. luyfit exp dier
Je 4.Juin 1638. des Lettres de
concessiond'unedFle-urode Lrys,
d'or dansun Ecusson d'azur,
avec permission de supprimer
l'Etoille d'or quioccupait le
milieu des Armes de sa Maison,
qui sont telles qu'on les
voit figurées & empreintes
dans le Pere de VarennesPolliot
Vulsonde la Colombiere
, & dans les anciens Nobiliaires
de France
»
d'azur à
trois Colombes d'argent, les deux
duchefaffrontée,àl'écu cousu
d'azur en abisme,charge d'une
Fleur de Lys d'or au chef d'argent,
chargée d'un Lion naissant
degueules.LaNoblessede cette
Maisona esté reconnus
chanteau
»
Seigneur en partie
de laQueuëprés de Montfort
Lamaury, mort Commissaire
ordinaire de l'Artillerie ea
1670
Puis que vous avez acheté
toutes les Estampes qui font
une fuite des Conquestes du
Roy,&qui sont gravées d'aprés
les Tableaux de Mr Vandermeulen,
que l'on a mis à
Marly, je dois vous avertir
que depuis fort peu de temps
il yen a fait porter deux nouveaux
qui represententleSiege
deMastric
,
&celuy de Dinan.
Ces Tableaux font deux
desplus grands Ouvrages
qu'on puissefaireenPeinture;
Je ne vous parle point de leur
beauté. On est fort persuadé:
qu'ils feroient encore plus
beaux que tous ceux qu'a faits
M de Vandermeulen,s'il étoit
possible qu'un habile
homme se trouvaitcapable de
faire quelque chose de plus
beau que les Ouvragesqu'il a
mis au jour, lors qu'il semble
avoir pouffé sonArs aussi loin
qu'il peut aller, & principal
Lement touchant les Ouvralgieestc*
d'unemaniereparticuqu'il
s'est faite. Le Roy,
quiest le Prince du monde
qui connoist le mieux çout
ce qui regarde les beaux Arts,
& qui n'a rien épargnépour '%- les faire fleuriren France*eu
ils sont au plus haut poinçi
qu'ils ayent jamais esté, iciia,
publiquement, ces Tableaux
qu'il trouva d'une fort gran-.
de beauté M les Ecuyers y
remarquerent aussi des chofcs
d'un Art merveilleux à l'égard
des chevaux) dont les
sujets demandent que ces
Tableaux soient remplis; de
forte quepourenvoir detoutes
manieres, & dans une entiere
perfection,il faut avoir.
recours aux Tableaux de Mt, de
*
Vandermeulen. Le Roy.
«[in les Ouvragesplaisent dol plusen plus,luydit le jour encore qu'il vit les nouveaux Tableaux dont je vous parle qu'ilestoitextrêmementcontent
des deux derniers qu'ill
a faits du Siege de Luxembourg.
Cesont ceux dont jcs
vous ay déja entretenuë dans
ma Relation du Voyage que
Sa Majesté a fait pour visiter
cette Place.
Mademoiselle de Rouvroy Fille de feuë Madame y la Mar- -
quise de Rouvroy
,
Gouvernantedes
- Filles d'Honneur
de la Reyne, & Soeur de Madame
la Comtesse de Saint
Vallier, est entréeenqualité
de Fille d'Honneur chezMadame
,à la place de feuë Mademoiselle
de Simiane. Je me
souviens de vous avoir autrefois
parlédansune de mes
Lettres de l'ancienneté de sa
Maison Pour ce qui regarde
sa personne
, comme elle a
déjà souvent paru àla Cour,
vous ne pouvez ignorerqu'elle
est bien faite, & d'un caractere
d'esprit doux
?
honneste,
& tout à faitaimable
Vous aurez sans doute en
tendu parler du Mariage d
Mademoiselle de la Mon
de Caffaro. Cette Maison qui
est une des premieres de Si
cile, ne vous peut estre in
connue, après le bruit qu'elle
a fait dans le temps des Guei
res de Messine, pendant le
quel M '-, Caffaro ont rend
d'utile; services à Sa Majest
Les malheurs de leur Pay
les ayart obligez de se retire
en France,ils y ont receu de
marques des bontez du Roy
qui leur donne une pensior
irbpioeunrs suppléer aux grands
qu'ils ont perdus en
quittant Messine. Ils sont extrêmement
estimez de tous
ceux qui les connoissent, &
sur tout des Etrangers , qui
n'ignorent pas quelle est leur
naissance. Mr l'Envoyé de
Portugal les visite quelquefois,
& il y mena un jour
Dom Edoüard de Sousa,
que l'envie de voyager avoit
amené en France. C'est un
Seigneur des plus considerables
de Portugal. Il cft jeune,
fort bilenfait, & a unetresbelle
Maison à quatre lieuës
de Lisbonne. Son Pere ,qui
acheta la Charge de grand J Maistre des Postes de Portugal
, & de tous les Royaumes
< que le Roy de Indes, Portugal a aux l'alaissée héréditaire
dans sa Maison,ce quilerend
extremementriche. Il trouva
tant de mente dans Madame
la Marquise de Caffaro
, &
dans Mesdemoiselles de Caffaro
les Filles, qui sont toutes bien faites, & fort verrueuses,
qu'il resolut d'en demander
une en mariage. Dés le lendemain
M l'Envoyé de Por- i tugal en alla faire la proposition
au Pere Caffaro, qui
estoit alors Superieur des
Theatins, & que leRoy avoit
autrefoisnommé à l' Archevesché
de Messine. Comme il
l'asseuraqueDomEdouard de
Souza
? ne cherchoit qu'une
Fille de naissance sans demander
aucunbien
, & que
Mademoiselle de la Motte sa
Soeur luy avoit paru avoir les
qualitez que l'on pouvoit
souhaiter dans une Femme,
le Pere Caffaro répondit du
consentement de sa Famille
pourveu que le Roy agreast
,
la
chose. Le Mariage ayant
estéarreste ,Dom Edoüard
de Souza continua sonvoyage.
Il allaenItalie,oùil s'informa
exactement de la Famillede
Caffaro, &estant tourné re- en Portugal,il passi
quatre ou cinq ans sans donner
de ses nouvelles. Ce longA silence fit croire à Mrs de
Caffaro qu'il ne pensoitplus
a ce Manage,&ils commençoient
eux-mesmes à n'yplus
songer
,
lors qu'ilécrivit à M l'Envoyé de Portugal,
que de grands Procès qu'il
voit a- eus l'avoient empcfché
de chercher a le conclure, 8c
que ces Procès estant finis,il
le prioit d'en vouloir renouveller
leTraité.M l'Envoyé
en parla à M le Marquis de
Caffaro, Frere de Mademoiselle
de la Motte, & le Roy
ayant eu la bonté de donner
son consentement, le Contrat
se sitavec tous les avantages
qu'elle pouvoit souhaiter. Sa
Majesté, Monseigneur, Madame
la Dauphine
,
Mosieur,
Madame, & toute la Maison
Royale) luy firent l'honneur
de le ligner. La mesme chose
fut faite en Portugal par le
Roy & par l'Infante
, & Mr.
- -- l'Envoyé qui avoir receu pro « curation,épousaicy Mademoiselle
de laMotte, de au nom Dom Edoüard de Souza
le 24. du mois passé. Madame
la grande Duchesseluy sitensuite
l'honneur de la mener à Versailles
,
où cette Princesse
la presenta au Roy, a Monseigneur, à Madame la
Dauphine, à Monsieur & à
Madame , , qui la reccurent **
avec beaucoup de bonté. Elle -
est partie de Paris, &est al-1
lée joindre à Roterdam la jP
Princesse Palatine, pour la f
suivre jusques à Lisbonne,
L'Article que vous allez
ite va sans doute vous furprendre
?
& j'aurois peine
moy-mesme à y ajoûter foy,
je n'en estois convaincu par
.e rapport de mes yeux. Mr
Leviez , Docteur en Medecine,
assez connu dans toute
Europe par les cures qu'il a
aites dans les Pays étrangers
où il a esté appellé, fit
dans
sa maison de la ruë de Seine,
au commencement de ce
mois, une experience, dont
le bruit se répandra bien-tost
chez toutes les Nations) puis
qu'elle fut faite en presence
de tous les Ambassadeurs,
Envoyez extraordinaires,aà
Residens de tous les Souverains
qui ont icy des sentans, Repre- où devant des per- r
1 d sonnes envoyéesdeseurs
bpraert. Ils estoient au nom--
de sept ou huit. M- le Cardinal Ranuzzi, Non- cCle: ddeeSSaaSaSianintreetréé Fran.
en Fran-
ce,n'ayant pu s'y - rrouver.c y envoya M Lipi son Me- decin, avec
r
son Intendant,
& deux de sesGentilshom- ,
mes. M y avoit outre - ces Messieurs environ é cent Per- sonnes choisies & d'un«me,i!!
rite distingué dans les Sciencesoudans
les Arts. Mr Leviezayanttrouvé
deux fsuu-4-
jets qui
-
sur la réputation
qu'ils'est acquise, voulurent
bien hazarder leurvie, ou
dumoins s'exposer à souffrir
beaucoup , & à n'estre gueris
de long-temps, on donnasur
les six heures du soir uncoup
de rasoir jusquesau crane à la
testedu premier, & on luy
fit une playe de la longueur
de quatre a cinq pouces. On
louvrit les lévres de laplaye,
& ceux qui la voulurent considerer,
eurent tout le temps
necessaire pour cela. Mr Lê-a
viez y mit ensuite de son Ekl
fence Vulneraire, pour la
prompte guerison des playes.
On mit une compresse, &
l'en banda la playc. Cela
estant fait, on appella l'autre,
Patient volontaire; on luy fit 1
au bras une playe pareille, &
l'on y enfonça deux fois le
rasoirpour la rendre plus pro- 1 fonde, de forte qu'elleestoit :
jusques à l'es. On examina
cette ploye comme on avoit;
fait lapremiere. On y mit
après de la mesme Eflci-.cc,&
M Leviez dit à M s les Am-,
1
bassadeurs, qu'il meneroit le
lendemain ces deux Patiens
chez eux , & qu'ils les trouveroient
entièrement guéris,
&à ceux qui composoient
l'assemblée
, que s'ils vouloient
se donner la peine de
revenir chez luy le jour suivant
à la mesme heure, il leur
feroit voir la mesme chose
que M les Ambassadeurs auroient
vuë chez eux. Vous
regardez sans doute cette
guerison comme une chose
surprenante. Cependant il y
a plus,j'y retournay quatorze
heures après avec trois ou
quatre personnes qui avoient
vûcequis'estoit parte le jour
précèdent. On leva l'apareil
&l'on trouva les playes nés, gue- & les peaux égales. Les
Patiens assurerent qu'ilsn'avoient
point eu de fièvre;
qu'ils avoient dormy toute : la nuit, & qu'ils n'avoient senty nulle inflammation 3 à j kurs playes
, ce que l'estat où
elles estoient faisoitassèz
connoistre ; en sorte qu'il
estoit impossibled'en douter
quand mesme ilsauroient dit
le contraire. Mais ce qu'il y
eut de bien remarquable
, &• ;
qui caufaun fort grand étonnement
, ce fut que la compresse
de l'une des playes ne
s'estant pas trouvéeimbibée
jusques au bout de l'essence
deMr Leviez, il restoit un
petit endroit encore a guerir.
On y mit de cette essence, &
,
l'on remarqua que ce petit
restes de --
playe se refermoit àveuë d'oeil dans le mesme
temps
que le remede y fut
appliqué.Cependant rienne
rdeepvroeintderestreplus difficile à
que la chair d'un
homme qu'on doit croire
mal nourry ,
puisqu'il estoitassez
miserable pour se laisser
faire cette opération pour de
l'argent La pluspart des Amballadeurs
en donnerent à
l'un & à 1 autre, pour avoir
esté cause en s'exposant, de
l'utilité que le Public peut
tirer de ces deux grandes expériences.
Il en coûtera beaucoup
moins pour les Hôpitaux
des Armées,puisqueles
Blessez en sortiront prefquc
aussi-tost qu'ils v feront entrez
, ce qui conservera beaucoup
de Noblesse, & donnera
plus de hardiesse aux
Soldats qui se croiront assu-
-' j
rez d'une prompte guerison
s'ils reçoivent desblessures.
Cette essence guéritaussi les
coups de feu.
Les Nouvelles publiques
vous ont appris la mort de
Mrd'Aubeville,Envoyé Extraordinaire
du Roy auprès
de laRépublique de Gennes.
Il estoit parent de feu M le
Chancelier le Tellier,& avoic
esté Envoyé extraordinaire
auprèsduPape Innocent X.
& ensuitevers les Princes d'Italie.
On le vit après cela dans
la mesmequalité, auprès de
feu Monsieur de Lorraine , ôt
auprès duRoy dePortugal, ce. corus ces Empli oisontfiny
par celuy de Gennes,où il est
mort fort âgé. Ilavoitesté
Ordinaire du Roy&s'estoit.
défait de sa Charge ily e,
quelques années. Tantd'Émplois
fous un regnecomme
celuy-cy fontassez son éloge,
~h$rqu~Lfbir besoinqueje
vousen dise davantage. M**
du Pré a esté nomméen fait
placeEnvoyé extraordinaire àGennes.Il a demeuré en
Espagne,& a esté en Italie
pour le service de Sa Majesté.
Il a beaucoup -voyiagc>>
\Çc a fortétudié les interests
fCdes 'Perinlctes pendant ses Voya- un homme d'un,
ttirôc d'un espritqui le font
diltinguer d'abord qu'on le
ivoit
, & dés qu'il paroist, il
cft assuré d'en effacer beau- K* çoupd'autres. ",
t Voicy les noms de plu-
(leurs autres personnes consiërcirvabélcse,
dconetmla mooirst -cfct yar-. *Messire Claude Auvry,ancien
Evesque de Coutance.
II estoit Tresorier de la Sainte
Chapelle de Paris
?
& avoit
cfté Maiftrc de chambre de
-
M le Cardinal Mazarin. Il e
mort presque fubiccmen~aode
77. ans.
Messire Jofcph de Mont
pesat de Carbon
,
Archel
vesque de Toulouse.Ilestoi
.Frere de feu Mr l'Archeves
que de Sens, & avoit est
Evesque deS.Papoul. Un
-longue maladie l'a emporté
MessirePierre de Laval
Marquis de Laval-Lezé & d<|
Maignac,Comte de la Bigeol
tiere ,
& de Fontaine -
Cha-
..lendray) premier Baron de la
Marche> Lieutenant généra
: pour le Royen cette Province.
IlestoitFils d'Urbain de
Laval , Comte de la Plesse,
Frere puisné d'Hilaire de La-
[ val, chef du nom & des Armes
,de l'ancienne & illustre
MaisondeLaval, dont ccluy-
cy avoit herité.Vous sçavez
-que,laMaison de Laval
..en: une branche de celle de
Montmorency. Mr le Mar-
: quis de Laval estoit allié aux:
Maisons de Mortemar, de
Tavanne & de la Baume par
Isabelle de Rochechoüart,
son Ayeule paternelle, & il
l'estoità cellesde Clerembaut
>
&d'Avaugourt parJaqueline
de Clerembaut sa Éfci
fayeule. Le mariagede Jaques
line de Laval saTante avec lcy feu Comte de Grandbois
d'une des plus illustresMaifons
de Bretagne,luyavoi
aussi donné alliance cette avec Maison, & renouvellé
celle qu il avoiravec la Maison
du Bellay. '- Il avoit poiîn-
FrereMl'Abbéde Laval, a~~
pour Soeur Madame la Du-.
chesse de Roquelaure. Il s'e~
stoit marié en 1681 à Madé—
moiselle de la Mothe-Fénelon,
ôc n'a laisse qu'un seull
Fils âgé de huitmois. Ce Filsa.!
- M
icft heritiet du nom,dcs"i Armes,
& de toutes les Terres
iqli'il possedoit.
<
L MefïireJean de Longueil,
icy-devant Maistre des Comq)
tcs>mortla-ns a.1lliance, l:'i - Ltlans un âgeextrê1mement
Avancé.;Il estoit Fils deJean
pdc_ Longueil? Doyen de L1
chambredes Comptes, & de
rMadclcine Luillier
, ôc avoit
..trois Frercs & une Soeur; ~.;~-
^voir s. Pierre de Longueil,
^ÇonfeiHer- Clerc au Parle-
..ment aeParis,Abbé de gea$-
[!licn? Chancelier de laR~oÙJe
&,AnnedlAulirichesDo^ifiiu
quedeLongueil , Chevalier
deMalthe, mort à trentfequatre
ans, d'un coup de pi- 1
quequ'il receut en 1635.Marie-
Marthe de LOllQ"ueil,Fcm- ome de Michel desChalnes)
Srde Gaillon,Maistredes
Requestes, & René deLôngueil,
aisnédetous ces Frtres
, Marquis de Malfb'm-,'
Gouverneur de S. Germain,*
Président au Mortier du Parlement
de Paris, Sur-Intendant
des Finances de France,
marié à Madeleine de Boulenede
Crevecoeur, Dame de
Grisolles,dont est venu Jean
leLongueil , Marquis de "-
Maisons,PresidentauMortier
dans le mesme Parlement,&L
Madeleine de Longueil,Fem-
;
me de Maximilien de Belle-
Foriere
,
Marquis de Soyecourt>
Grand-Maistre de la ,.1 Garderpbe duRoy,& Grand
Veneur de France. La Maison
de Lpnguieil tiresonorigine
deJaSeigneurieëcChaftelleuie
deLongueil prés Dieppe,
dollt ils estoient Seigneurs
dés' l'an1248. & porte d'azur.
a ÎTQÏS Roses d'argent au cbej7
d'or chargé de trois Roses de
gueules. De cette Famille ont
estéPierredeLongueil,Evésquedu
Mans, mort (Geoffroy en 1326
- Marcel de Lon- gueil, Chevalier de l'Ordre
~e l Etoile, Gouverneurde
Pontoise,tuéen1356.àlaBataille
de Poitiers; Denis de Longueil
, tué en 14,; à la
Bataille d'Azincourt
; chard Ri- Olivier de Longueil,
Vicomte d'Auge, Cardinal
-
'& Eveisque de Coutance,mort
en1470. Jean de Longueil,
,
President au Mortier du Parlement
de Paris,mort en 1430.
C'est le premier de cette Fa-j
millequi aitesté de laRobe.
Antoine de Longueil, Evesque
de Leon, Chancelier dt
la Revne Anne deBretagne,
Ambassadeur de France veis
l'Empereur,leRoy d'Espagne,
& le Duc de Savoye,
mort en 1500.
Dame Anne le Brayer. Elle
estoit Femme de Mesme Robert
1 Echassier , Conseiller
au Parlement de Paris.
Dame Anne de ia Forest.
Elle estoit Femme de Messire,
Auguste Macé leBoulanger,
Baron de Mafflieres, Seigneur
deViarmes
, receu en 1658.
Maistre des Requestes, & éh
s1e67il5.,IPlreesitfFdcinlstadieigfreaunMdeCssoirne-
Mace le BoulangersStde
Viarme, President aux Enquestes
duParlementde Paris, & Prevost des Mar- chands de la mesme Ville, &, Coufin Germain deMessire
Louis le Boulanger, St de Hacqueville
rcceu en i.-~
Maistre des Requestes. Les Tantes de M le Boulanger :
Président au grand Conseil
sont,Elisabeth le Boulange
Femme de M de Hodicq
lMe aistre des Requestes, Anne CieMr 1
fcartlielcniy Maistre des
CoîrfpXES> .& Catherine le
3ofclan-ger Femme de Mt la
lçrc de Lesseville,Doyen
.les Maistres des Requestes.
az,neeenchefdetrois
Etoiles d'or !
, &en fçdptçdt
r; J' - 1 troisrosesd'argent
Dame Louise deMarvil- DamedeViabon.Elle
-.--..-.- - '+>.-.1 estoit Femme deJules Marquisde
Prunelé, Baronde
S.Germain, & autreslieux. Iln'y avoit pas Ixjng-temps1
que MadameRegnouartd laMaison de Charreton, ap-j prés de qui elle
-.
demeuroit,
&quiestoit: laTante par^aîr-®-
liance,l'avoitmariée,avec
M. dePrunelé Ce mariage
estoitparfaitement bien2 sorty t c.E.) toutesmanieres.
LeursTerresestoientvoisines
i'iacampagne. Mademoiselle
deViabon,comme Fille
unique&Heritiere,avoit des
biens fort considerables. Ils
sortoienttous deux de Familles
également illustres,&
1 qui avoient déjà contracté
plusd'une alliance entre-elles.
Une estime particuliere
-&. une inclination reciproque,
acheverent deformer les
noeuds d'une union si parfaite.
Ils vivoicnt tous deux dans
une grande satisfaction l'un
de l'autre, & vous ne doutez
pas que ce n'ait esté un vif
sujet de douleur àMr leMar
quis de Prunele
,
de perdre
une femme si digne de sa tendresse,
dans un o temps où il n'avoit
pas lieu * d'apprehender
ce malheur. Elle venoit d'accoucher
de deux garçons
dont l'unestoit venu mort altt
monde,& l'autre est encore
plein de vie. Lors qu'oni
croyoit qu'il n'y avoit rien à
craindre pour la Mere,un accidentquieft
survenus,l'aemi
portéeenfort peu de jours. |
Dame Marie Barthelemy, à
Elle estoit veuve de François
le Hardy, MarquisduFay t~.
Trousse, Lieutenant General
desArmées duRoy,&Gouverneur
pour sa Majesté dela evillcdeRosc en Cataloune.
Messire Charles Amelot,
Abbé dela Dorade,receu
en 1673. Conseilleren latroi-
Ifiéme Chambre des Enquedes
du Parlement de Paris, a
>efté fait Prcfident de la mêrme
Chambreen la place de
-MVdeFourcy. Il est Fils de
feuMessire Jacques Annelot,
Marquis de Mauregard-Amelot>
Seigneur du Mesnil, CarÏ
netin&autres lieux, premier
JPrcfidcnt-en la Cour des
AydesdeParis. -J---e- v-o-us ar déja parléamplement de cette
Famille
, qui porte d'azur'
à trois Coeurs d'orsurmontez d'un
) Soleil de mrfme.
MessireHenryFeydeauSr
de Calende
, Conseiller au grand Conseil, President a esté reccu en la quatrième
Chambre des Enquestes du
Parlement de Paris, au lieu
de M le Fevre de la Faluere,
que Sa Majesté a fait premier
President au Parlement de
Bretagne. Il cft Fils de Messire
Charles Feydeau,S de CalendeMaistre
des Comptes,&
FreredeMessireFrançois Feydeau,
Srdu Plessis,Maistredes
Requestes.LaFamille des Feydca-
ii qui portent d'azur assi
Chevron d'or ,
accompagne de
trois Coquilles de mesme, est driginaire
de laMarche,&a donné
plusieurs Maistres des Re^
questes, Conseillersau Parle-'
ment, grand Conseil, & aux
Compagnies Supérieures. !
Tamiriste de la rue de la
Cerisaye ; l' Amant de Jttlic'5'
kpluspetitdesPages duRoy;
l'uniquePassionné de la Belle
Javotte, la Mere Angélique
l'aimable Blonde d'Angeis,
ôc L'incomparable Janneton
delaruë de l'Enfant de Lion, :
ont expliqué la première des'
deux Enigmes du mois paflfé,
sur le Foyer,qui en estoit le
vray sens.
- Celuy de la fécondé estoit
la Fontange,& il a estétrouvé
par Mademoiselle Dollet Mitanpas
,
de la porte neuve du
Parc à Nevers; la Mère Therefe
; la charmante Brune
d'Angers; la Blondine,Soeur
du plus petit des Pages du
Roy, & les deux Rivaux de
la belle Blonde de la rue
Montorgüeil.
Ceuxqui ont explique
l'une Lx l'autre Enigmedans
leurvray sens, fontMrs Bouchet
,
ancien Curé de Nogent
le Roy; Martincau du
Port, Avocat du ReyàFontenay
le Comte en Poitou;
De Saint Simon Lavaloir de
Caën; de Bargeville) Capitaine
au Régiment d' Anjou
l'Abbé dela Barangerie,Precepteur
de Mrs de Marillac;
le Baron de Virazil; Lourdet;
P. Nivon de Lyon; Joseph
de Laleu l'aisné,
; Hu gues
Pierre Vitard ; l'Abbé Poly
du Bouteroude; Mesdemoiselles
GenevièveTuot, do
-la ruë neuve Saint Mederic
Tonton Dollct j¡ de Nevers Viole la a jeune, ruë Beaubourg
;Philis d'Ascleon;la
Dianesse adoptée; la belle
Tapissiere Renouvelin, : ruë
Mazarin
; la Solitaire de la
rue Marinej l'Indifferent de
Reims
; le Normand sincere
& dcfinrcrelfé
; le vaillant
André ; ttHuftre Esclave des
BellesC,B.E A.B & M. B.
Soeurs, de la ruë dela Harpej la bonne Amie du Mercure
Galant
; la belle Angelique;
p. L; Peronne la pucelle,la1!
belle Anneressuscitée
, & la
Devote Marguerite; Mr dii
Gay, Conseiller du Roy, Capitaine
& Maistre des Ports,
Ponts ,& partages de Lion, &
du Gouvernement.
La premiere des deux En-igmes
nouvelles que je vous
envoye, est de M la Prairie
Cairon,Professeur des Mathématiques
à Caën , & la seconide-,
d,e•ML. P. P.
Asf fameuxdans tous les
Arts
1y fuisfoun)entun coup de Mtfijlre;
Maispourfeavoir qui je peux
eflrc,
C'tjl en vain quesurmoy
,
l'onjette
fcsregards,
Ama copie on me doit reconnoifre.
AUTRE ENIGME.
] E nefuis rien à le bien prendre,
Par troiscorps différent jefuispouré
tantfore;o",
Des trois unfiul est animé
, Des autres deux, l'un est dur, ïantre
cft tendre.
OnmefjrmzinuîlLmcnt>
Je nefuis
,
& ne puiscjhc d'aucun
'¿ 7" u/hc Î A'ifjlmev>it-on rarement
Fjlr.: l'employ d'un hummejâge.
lefuis /'ami\fanent d'unfût,
Oufvous le vouLz. de loijivejeunese;
Il faut pour me formereependant
quelque adrejfc,
Ilne faitp.'s ejlre manchot.
Si celny {pfi me fert de p:re
lent bayer m.i mese en p 'jfant,
le reçois l'tflre e le perds en
na'si,, t.
S'ils'arrefre, tout aucontraire
Il ne me forme point, il devient
implljJ:;¡t,
Et s'abifme au (l'u de ma mere.
L'Air nouveauqui suit
ayant exercé de fort belles;
voix
>
je ne doute point qu'il 1
ne vous plaire.
AIR NOUVEAU. vAstesdeserts.bocagesjômbrer,
rojlreJilence
ny vos ombres
Si propres À - charmer un amoureux
soucy,
Ne mesintPlUvenir ic).
lene viens pointmeplaindre de
Climene,
Ny meplaindre du fort ;
Maispuisquefr n'aypu, luy déguises.
ma peine,
ît viens mourir, & luy cacher ma
ffltJrt. I
J'ay fait ce que vous avez j souhaité de moy & je vous
!
envoyé
envoyé le Livre intituléObservationssur
les Fiévres les
'Febrifur'l,es
,
composé par le
célébré Mr Spon, dont tous
les Ouvrages ont eu un si
grand succés. Jel'ay fait venir
exprés de Lyon, où il se
se débite depuis quelque
temps, chez le Sieur Amaulry
; un Livre si utile ne sçauroit
estre trop vu , & il ne
faut que l'avoir lû plusieurs
fois pour estre Medecin de
soy-mesme. Je ne vous en
dis rien, puisque vous m'en
avez fait l'éloge en le demandant)
ce qui me fait voir
qu'il vous est connu; mais*
(qua*nd il nevous le seroit pas, que je me dispenserois
de vous en parler, de peur 1 de ne vous en pas assez dire..
Tout Livredont on a fait
troisEditions
probation , porte son ap- avecsoyquand
on en tire des connoissances
a utiles pour la santé, il faut:
que ceux qui ne l'ontpas?ne l'ayent pointconnu. ; Si vos; Amis veulent avoirceluy-cy,
s le trouveront chez le Sr GueroutCourt-neuve du Pa.
lais, qui en a fait venir 1u'
sieursexemplaires,enetemandant
celuy que je vous en-
Il a fait venir en mesmè
tteemmppssuunnaauuttrreeLL'ltvvrrce)qquu,éc
vend à Lyon le mesme Librairc.
&qui non seulement est
nouveau mais encore sur une
Jmatière qui n'a point encore
esté * traitée & c'est peutestre
l'unique Livre entièrement
nouveau , ,;ment qu'on ait vu J qu on ait vu.
depuis beaucoup d'années.
Il estintitulé, l'Artdelaver*
*
ou nouvelle maniere de peindre
surle papiersuivant le coloris
des desseins qu'onenvoyeà U
Cour.M Gautier de Nifmc
en est l'Autheur. On y voit
ce que c'est que laver, quelle
estla différence de, laver
,
de
peindre l'huile, à détrempe, afresque,enmignature
, sur
le verre? en émail, avec des
crayons colorez,sur leplâtre,
& sur la soye, & d'enluminer.
Onyapprend de quelles couleurs
on
se
sert pour laver,Ôc
comment, on connoist les
couleurs propres pour cela ; de quelle maniere on pique
un Plan pour le dessiner d'aprés
l'original;comment on j lave les Plans fortifiez
, ceux
I
des Bastimens civils & les j
Cartes , le tout auparavant
dessiné avec de l'Ancre de la
Chine par des lignes seulement.
On y voit la manière
de laver les profils, & les élevations?
ainsi que plusieurs
autres choses touchant l'art
de laver, dont il seroit inutile
de faireicy un plus long détail.
Ce Livre, qui se trouve
aussichez le S Guerout ,
est
sur tout necessaire aux Ingenieurs,&
aux Peintres) &
doit estre d'une grande utilité
à tous ceux qui font prosession
de mettre les couleurs
à toute forte d'usage
,
particuliermenten
ce qui regarde
la methode de bicn deiIiner.. laméthodedebiendessiner.
;,Je ne doy pas oublier de
vous parler d'un Livre tres- curieux>&quine paroist depuislafin dece que mois.Il est intitule
, Histoire Métallique
delaRépublique de Hollande,
& contient environ cent soixante Medailles, ou pieces
de Monnoyes,avec leursrevers.
Vous ne douterez pas de la bontédece Livre,quand
vous sçaurez que Mrl'Abbé
Bizoten est l'Autcunpuis Que la profonde connoisance 1 qu'il a des Médaillés,s'est j
repanduëdanstousles Pays
où l'on en frape, &qu'iln'en
paroist point qui ne luy
soient aussi-tost envoyées,
comme à un Juge tres-habile
de ces fortes d'Ouvrages, qui
immortalisent plus les Princes)
que tout ce qu'on peut
écrireàleur gloire, parce que
rien ne resiste davantage au
tem ps que les Médailles? &
qu'on ne peut faire d'Hittoire foit moins fufpeéèe à 1*
posterité, En effet, les Médaillés
estant frapées incontinent
après les actions quien
font le Cujet, il faut neceffai^
rement qu'elles marquentIat
vente, puis qu'on écriroit
aufll-tofl: contre la fausseté;
,qucll,es publieroient. Le Li
vre deM rAbbeBizor finitpar
une Medaille bien quable. remar- Elle represente le
RoyenBuste, le casqueen
reste, couronné de Laurier,
avec ces paroles,
LUDOVICUS
MAGNUS ORBIS
PACIPICATOR.
On voit dans le revers la
Paix sur le Globe de la Terre
, tenant d'une main un raumneaeucod'rOnleivdi'earb,&
onddeanl'cauet.rAeu
dessus est le Soleil qui dissipe
des nuages par ses rayons,
Solus hoec otia facit.
La Hollande qui avoit servy
si long temps de theatre à la
Guerre avant que le Roy
donnait la Paix a l'Europe,
ayant fait fraper cette Médaille
dans ce mesme temps,
elle servira dans tous les siecles
d'un témoignage incontestable
de cette vérité contre
toutes les Nations jalouses
de la gloire du Roy, qui
pourroient chercher à obfcurcir
l'éclat d'une accion
qui iica jamais eu de parcillé,
-- -.. 1 &qui n'ensçauroit plus avois
dans toutes sescirconstances,
puis que de quelque gloire
que se couvrist celuy qui
marcheroit sur les pas de
Louis LE GRAND. il ne se- ,
roit que l'imiter. Comme Mr
l'Abbé Bizot nomme dans
son Livre ceux qui ont
eit|
Francelesplus beaux Cabi- j
nets de Medailles., je croy que vousneserez pasfâchée d'ap- I
prendre leurs noms. Apres1
avoir dit que le Roy a le plus
beau Cabinet non seulement i du Royaume
, mais mcfme
de toute l'Europe,il parle de I
- Mrde Guenegaud, qui «fté Ambassadeur a en Portugal-
MrdeBonrepaux.
Mr le Commandeur de
Gau.
Mrde Niert.
M Rainfant.
Mde la Chapelle,
M Moreau.
M leNostre.
M Vaillant.
M deBlois,
M Bodelot.
M Petit.
M de Montarfy.
M deLongpté.
P.UMÇt*ytunMrGailhard.
,,"
,; M Charleton,
Il y en a encore beaucoup
d'autres à Paris, dont les Cabinets
font moins remplis de
Medailles, mais c'estplûtost
manque de fortune) que de
desir d'en avoir, la France
estant devenuë depuis que le
Roy yafait fleurir les beaux
Arts, ce que l'Italie estoit autrefois.
Je dois encore vous dire
que M d'Anoville Escuyer)
a fait un Livre intitulé l'Art
de toucher le dessus la basse de
Viole,contenant tout ce ail y
àde necessaire , d'utile & de
curieux danscettescience,avec'
desprincipes,desréglés, &des
observations intelligibles qu'on
peut en acquérir la perfction en
peu de temps., & mesmesans le
secoursdaucunJUfaifire.
Le Public a beaucoup d'obligation
à ceux qui prennent
tant de foin pour luy. Il
n'en aura pas moins tres-spirituelle a une personne qui
a fait un Livre intitulé les
Malheurs de l'Amour. Il ne pa- roistraqu'à la fin du mois prochaine jene vous le sçaurois
envoyer qu'avec ma Lct- ]
tre du mesme mois que vous
recevrezen ce temps-là. Je ne
puis encore vous rien dire de
ce Livre, sinon que ceux qui
l'ont vu en manuscrit assurent,
qu'il peut aller de pair avec
tout ce qui s'est fait de
beau de cette nature) &que
c'est un de ces Ouvrages où
se rencontre tout ce que l'on
peut attendre d'un esprit tresdélicat.
Enfin les Chrestiens & les
Turcs ont ouvert la Campagne,
qui s'ouvreordinairement
plustard en ces quartiers-
là qu'en ceux cy,à cause
du fourrage qui y manque.
Toutes les Nouvelles devienne
nous ont marqué pendant
tout l'Hiver
? que les Turcs
ont esté battus dans toutes les
occasions où leurs Partis, &
ceux des Chrestiens se font
rencontrez. Nousn'avons pas
sceu ce que le Grand Vizir a
écrit au Grand Seigneur,mais
il est impossible qu'il luy ait
mandé que ses Partis ayent
esté battus pendanttout ce
temps, & qu'ils ne se soient
pas défendus au moins une
fois. Comme l'estat où les
choses se trouvent cette année
à l'ouverture de la Campagne
) vous fera peut- eftrc
juger de la fuite ,je crois vous
en devoir faire le
t
détail. Le
Grand,.Vizir> qui avant que
de posseder cette premierc
Charge de l'Empire Ottoman),
corninandoit l'Armée
de Pologne»ayant avec une
fine-politiquesupplanté son
PredecelTeur ne put, tout habilev
qu'il cft
,
se défendre
d'aller commander l'Armée
en Hongrie Les affaires eftoient
defefpcrées >&:les Allemans
avoienu fort avancé,
le Siege de Bude> avant que
ics Turcs eu fient aucunes
Troupes en campagne,defor~;
te que celles qu'on assembla
marchèrent si tard)qu)on pouvoir
dire qu'elles ne s'estoient
fnifes en campagne que pour
ftrvindctémoins de la prise
de Bude. Cependant les malheureux
estant toûjours traitez
de coupables à la Porte»
le Grand Vizir qui voyoità
craindre pour sa teste? a si
bien persuadé que sa presence
cftoit necessaire sur la Frontière,
qu'il n'a point retourné
au près du Grand Seigneur.
^A-infi pendant une année entiere
il a tout misen ufagc
pouravoirdes Troupes, ami
d'otivrir la Campagne de
bonne -heure;il en est venu
à bout5 & son Armée s'est
trouvée preste avant celle des
Chrestiens. Il a mesme d'assez
bonnes Troupes, ayant
retiré la pluspart de celles des
Garnisons,& mis les nouvelleslevées
en leur place. Cette
nouvelle estant arrivée à
-Vienne, cù l'on apprit que
les Turcs se fortifioient au
Pont deffck) les Généraux
font partis, & l'on a fait avancer
les Troupes, & mcfmc
avec d'aurart plus aempreNj
semenc,que les Fortifications
de Bude ne font pas encore!
entièrement reparees.r-1
mée Chrestienne est moinsi
force qu'ellen'étoit les anneesj
precedentes, n'ayant point de
Troupes de Suede
)
de Saxe,
ny de Brandebourg; mais
elle a en recompense cette fuperiorité
que donne la Victoire
?
& les Soldatsqui en
croyentestre toujours feurs,
combatent avec une confiance,
qui rend presque toûjours
victorieux ceux qui peuvent
l'avoir une fois. Au contraire
les Tueseu en inanqtleÙt;
iont épouvantez) & fuient
-
le Combat? & c'est ce qui a
donné lieu aux avantagés
qu'on a remportez à l'entrée
du Pont d'Effeck. Voila le
véritable efbt des affaires de
Hongrie. Je ne doute point
qu'avant que vous receviez
ma Lettre, il ne se foit pafft
quelque chose de nouveau à
l'avantage del'un ou de l'autre
party. 1
Le Roy a donné à Mr lè
Marquis de Bouflers le Gouvernement
de Lorraine, vacant
par la mort de MrJc
Maréchal de Crequi, avec,i
celuy des Provinces de Lu-/. xJembourç & ddee la SSaarrrreeY-1
qui ont chacune un Lieutenant
de Roy particulier.;, le
Re vous dis rien de ce Marquis
, qui dans un âge peu,
avancé s'est acquis la reputa.
tion d'un des plus braves &
des plus vigilans Capitaine^
de son SiecTe.IleilColonel
General des Dragon,&Lieutenant
General des Armées
du Roy/
r: Mr Catinat Maréchal des
Camps & Armées du Roy,
qui commandoitàCafalpa eu
le-Gouvernement de Luxembourg
qu'avoit Ml
.1
ds
Bouflers. Cest un Officier
d'une aussi grande bravoure
qu'il a de fa^effe & d'inteilif
gence dans lé mcltier de 1%.
guerre.
Mr le Marquis de Crenany
Colonel du Régiment de la.
Reyne, commanderaaCasaL
Il elt Brigadier, & InfpcCteur
General d'lnfanterie,& d'une
des bonnes Mailons de Bretagne.
Mr deCrenan son Perc along-temps commandé les
Chevaux Legers: ou les Gendarmes
de feu Monsieur lç
Prince.
La Licurenance de Roy de
la Franche Comté vacante
par le deceds de MrJe Marquis
de Monrauban
s
auili
cltimé que brave & de bonne
Ma,fo'n, a cité donnée
à M1 de Renty. Ce nomest
connu parmy les pcrfonnes
de pietéainil que pariny les
brades.
., le ne vous dis rien de 1entrée
de Mr le Marquis Dogliani
Ambassadeur de Savoye,
ny des audiences qu'il a
cües. Il a esté receu de la Inanierc
qu'on reçoit les Ambaassadeurs
des Testes cou..
ronnees.
Tonnées. Son équipage estoit
nombreux & magnifique
& il fut accompagné de
quantité de Gentilshommes
parmy lelquels il n'eftoic pas
difficile de le dillingtier.il
porte un nom fort connu ,
& sa rtputation ne l'eftpas
moins.
Le Roy a esté voir les Travaux
de la Rivière d'Eure,
& Sa Majesté a fait la reveiie
des Troupes qui y tra- vaillent.Comme cette occupation
leur est ordinaire
en temps de Guerre, la Paix
ne leur fait point oublier
leur messier. Jçluis> Madame *
Vostre,ôcc.
A Paris leji. Juillet IÓS¡"
APOSTILLE.
Le bruit s'efiant répandu dans
Vienne le 13. de ce luois qui estoit
le jour du départ du dernier Courier
, que la Ville d'EfTeKestoit
formellement assiegée, toutes les j
Lettres de cet Ordinaire-là le
portent, la nouvelle cftantassez 1
importante pour n'erre oubliée
par aucun de ceux qui ont écrit ce j
jour là Elle peut cftre vraye 3
mais I
il n'y a point de fondement cer-f
tain k faire là-dessus. Ceux qui
l'ont écrite, l'ont mandée dans le 1
moment que le bruit en a cou.
ru 9 & sans avoir eu le temps I
de l'examiner,&ceux quifont icy
reflexion sur cette nouvelle,ont de
la peine à la croire.Ilest certain
que dans le temps qu'on l'a mandée,
l'Electeur de Bavieren'avoit
point joint le Prince Charles de
Lorraine,&quele Pont qu'on faisoit
construire pour la communication
des deux Armées, n'estoit pas
achevé.Les mesmes Lettres portent
que la Drave, qui est en deça d'EsseK
,
est entierement grossie, &
que l'eau s'est répanduë dans les
Marais qui sont fut les bords, & qui
estant dessechez peu auparavant,
pouvoient beaucoup faciliter ce Sicge.
D'ailleurs un des fameux Marchands
de Belgrade ayant esté pris,
,
a declaré que les Turcs avoient trois
Camps
, entre EffeK & Belgrade.
JV. qu'il riçggit demeuré que trois
mille hommes en garnison dans cette
derniere Place. Toutes ceschoses
qui doivent empescher de croire
le Siege d'EsseK, sont mandées par
ceux mesmes qui donnent la nouvelle
de ce Siege.Ainsije ne sçaurois
vous asseurer si cette Place est
assiegée ou non, & je vous fais
seulement part des dernieres nouvelles
qu'on a receuës de Vienne.
On n'en sçauroit rien sçavoir de
plus iusqu'à Samedy prochain deuxiéme
Aoust, qui est le iour de
l'Ordinaire ,à moins qu'il ne soit
arrivé quelquechose d'assez impor-
! tant pour meriter qu'on dépesche
un Courrier extraordinaire.
Il vaque un quatriéme lieu au sacré
College, par la mort du Cardinal
Jean Gaultier de Sluze
,
Secretaire
des Brefs. Il est delaVille de j
Vizet
,
dans le Pais de Liege. Il - a
demeurécinquante ans à Rome
sans Benefices, & sans que les Papes
luy en ayent donné. Il estoitennemy
declaré des Quietistes
, ôc.
avoit làdessus, & en toutes choses,
toute la fermeté qu'un honneste
homme doit avoir quand il prend le
bon party. Il n'a point voulu signer
avant la mort l'abolition d'tincliic.
tiste ,& a soutenu qu'i's meritoient
plûtost d'estre degradez de leurs
Charges, que des abolitions.
Le Chapitre General des Iesuites
qui se tient à Rome, a élû pour
GenerallePere Tirso de Gonzales,
Espagnol. Il estoit simplement député
au Chapitre, & n'a jamais eu
aucune Charge dans son Ordre, où
il estoit feulement Missionnaire. Il
preschoitapostoliquement
, &avec
beaucoup de fruit. Il est fage, & n'a j)
point voulu écrire sur des matieres
qui partageoient de grandes Puifsances,
encore qu'il en fust fort
sollicité. Comme il ne pensoit pas à
devenir General,il dit lors qu'il fut
arrivé à Toulouse,qu'il se faisoit un
grand plaisir de ce qu'il devoit paffer
par Paris eu revenant de son ;
voyage ,
afin de voir le Roy,puis
quec'estoit un Prince qu'en 'voyoït.
Ce font ses propres termes. Cependant
il doit demeurer à Rome. qui
estle sejour de la pluspart des Ge- J
neraux d'Ordre, & il n'en sortira
Lpaess mesme pour fairedevisites.
Generaux des Iesuites n'en font
point, mais il est permis à tous ceux
de leur Ordre, mesme iusques aux j
simples Freres, d'écrire au Pere
General;& les peinessont tres- ;
ll'iriogiocunrtecfes pour ceux qui ouvriles
Lettres qui luy sont adrdrees.
Cela fait que sans sortir de
1 Rome,les Generaux des Iesuites
gouvernent vingt-deux mille Jesui-
.tcs'dont lapluspartsont en France.
pTjelqnesprières au'onaitfititès
jufcjuaprtfmt de bien écrire les
| noms propres employez, dans les Aie,noiresqiïonenvoyc pokr le-Mercury
[ on ne laiffi pas tlY manquer toujours.
fc Cela eflcaufeqvCily f a de temps en temps quelques-uns de ces mernoires dont on ne
'< se peutservir. On rtÏterlO la mtCne pritm
re de bien écrire ces noms, enfortê (JtlOff
ne s'ypuisse tromper. On ne prend aucun
Argent pour les memtires
y
& l'on employera
tons les bons Ouvrages à leur
tour ,
pourvu qu'ilsnedesobligent personne
& ("fliil riyaitrien delicentieux.
Lesieur Guerout qui débitéleMercure
à la plMt dufeusieur Blageart, avertit
que mm fetffementil£envoyera tous les
mois defort bonne-heurelà tous les particuliers
& Libraires de Province quilay
Auront donné leur aarefleJmaisqu'il y
joindra tons les Livres nouveaux des
autres Libraires de Pa'irqu'on voudra
avoir, dont ilferalespaquets sans demander
antre ch se que le prix des Litorts
: il prie feulement que l'en aitfOin
daffranchir les Lettres de port.
eATALOGVE DES LIVRES
q-uise debitent chetle fleur Guerout
Court-Neuve du Palais.
Histoire des Troubles de Hongrie, contenant j
lOüt ce qui s'y est !,Jllé de remarquable jusqu'à j
]
lafin del'année i6té, 5. vol.in 12.7.l. 10. si
Voyage du Chevalier Chardin en Perse ~&
aux Indes Orientales par la Mer noire & par laColchide, enriehi
de
dix-huit grandes fi-
,Puyeî.i.-voL in12. 4.l.10. C
Recherches curieusesd'Antiquité de feu M.
Spon , contenuës en plusieurs dissertations sur
des Medailles, bas-reliefs, slatuës, mosaiques
& inscriptions antiques,enrichies d'un grand
nombre defigures. vol.inquarto, 7. 1.
Dialogue des Morts 2. vol. in 12.3. liv.
Jugement de Pluton sur les Dialogues des
Morts. vol.in12. 1.
liv. 10.f.
Entretiens sur la pluralitédes Mondes, vol. in12 1. liv.10. f.
Histoire des Oracles, vol. in 12. 1. 1. 10. f.
Lettres galantes de M. le Chevalier d'Her.
1. vol.in12. Academie galante. 2. vol. in12. J..K
La Duchesse d'Eltramene. 2. vol. in 12. 2.l.
Le Napolitain, vol. in. 12.1.l. Sentimens sur les Lettres & ssîr l'Histoire
-
avec des scrupules sur le stile. vol. in. 12.
1. liv. 10. f.
L'Ariostemoderne. 4.vol. in12. -. 6. l.
Dialogues &tyri<jjcs & moraux, vol. in 13*
1.liv. 10. :,
L'Art de Laver. 1. Ev.
Observations de M. Spon ,sur lesFiévres
&lesFcbrifugts. 1.liv.
Fablesnouvelles. vol. in12.1.l
Di fcours « fatyriqyes & moraux en vccâ>I
Toi.,iiiu. i. Uv.
Epitrcs en veri de M. Sabatier del'Ac«-
demie Royale d'Arles, vol.iniz i.liv.
Ca,s&cies del'amour, in u. i-l. 10, f.
Le Grand Visir Cara Miiftafa. vol. in ii,
I. liv.
L'illustre GenoiCe. vOf.
LeSe ilicien vol. in n. î.1. io. f. 1
La DeviiK-rcile, Comédie. i. liv. , Artaxcrce, Tragedie avec (a critique 10. f. 1
Onacommencé à imprimer le Mercme au |
mois de Mars 1677 Outre les Volumes de
chaque mois
,
il y a diverses relations parti-j
culieres, ravoir. Le mariage de Mademcifclle avec le Roy j
ci'Eî, if,ne. -'. temariage de Monbeur le Prince de Conty:,
avcc M?.deirjoilelled-e Blois,
Le mariage de îvlonfeignenr le Dauphin
avec la Princesse Anne ChrertienncViûoiie5
de Bavicre.
Le vvy^ge du RoyenPlandreen 1680.i t.¡\ négociation du maiiàçe de Monsieur le j
1 de Sjivoyea^eçl'Infante de Portugal. i
UcuxTtelations des rejcuïirances qui se i
sa ires pour la naULnce de Moiîfeigneur
leI1 deBoiv.g/gne. Rela:ion du siége 4c Vienne. j
Relationde ce qui s'est pasTé à Gones. 1
Relation du siége deLuxembourg.
Histoiredu siége de Bude.
Recueil d'Ouvrages faits à la louangedu
Roy fllr l'extiiptiondel'Heresie.
Relationwles Prièrespubliques qui ont
ellé faites
lins
toute la Fronce , en actions
de graci" de là gunifondu Roy.
Voyage du Kcyà Luxembourg, contenant
la def iptiondes Places de la Haute &
BaiTe Alsâce, Se de celles de laProvince de
la Sarclede Luxembourg/
Laïl.clctic.i exa&edel'AmbatTadc de M;
le Chevalie;Chaumor.tàSiam estdansla
dernièreuie.-ié du Mercure de Tuillet i68&.
& dans le volumeentier qui loy fert de féconde
partie,
11 y à quatre Relations de tout ce que les
^mbaffadeurs de Siam ont fait 5c veu en France
,
doatlcs titres font,
Voyage des Arrtbassadeurs de Siam en France.
Cette premicre Relation conrient la réception
qui leur a esté faite dans les Villes
où ils ont patl'é, leur entrée à Paris, les cerémonies
observées dans l'Audience qu'ilsont
eue du Roy &de la MaisonRoyale, les complimens
qn'ils ont faits
, & la defcriptiua
des lieux où ils ont esté.
Suite du voyage des Ambafladetirs deSiam
en France. Elle contient ce qii s'estailéà
l'audu:ice de Madame la Dauphine, de: f ,.lvol.
in ii. une livre,
--," , ces du Sang, & de M de Croyssi & de Seignelay
, avec une description esafte des Char,)
teaux, Appartemens, lardiusSeFontaines de
Versailles, S. Germain, cMarly, Clagnyy
de la Machine deMarly , des invalides de
l'ObfervatOirc & de laMaisondeS.Cyr.
Troisiéme partie du yoyage des Ambailàdeurs
de Siam en Fiance. On y trouve la dtfcription
deVerfailles, celle deschevaux qui
font dans les deux Ecuries du Roy, ce qui.
s'est pntie dans les viiites qpi ont cité rendues*
aux Anibaffadeurs, les ejrperienccs de la pefenteur
de l'air faites devant eux,la defciiption de j
la Galleiie de Sceaux, & les réceptions avec
les harangues qui leur ont ellefaites dans toutes
les Villes de Flandi es.
iv & dennere partie du voynge des AmbïfHîfleurs
de Siam en France) contenant la fuite
de leur voyage de DandysdepuisVatcHciennes
juiqu'à Pans, la description des Villes cù ils
ont pallé & les harangues de tous les Corps,
ce qu'ils ont vu à Paris depuis leur retour , leurs voyages à Veifailles, leur audience de
congé,& les 17. audiencesqu'ils eurent le
jrefW )our, avec tous les compliments qu'ils
ont faits , ce qui s'elt paslé à leur dcprt, &
les noms des personnes diflinguées qui font i
tparties pour SiJm., I
Cnne fait plus d'Extraordinaiiesi ily en al
t;ciitc-dcu.x, qui outielesquestions lplmtts 1
r& d'érudition & les otivugcs de Vers, cott*
tiennent plusïeursdifeours>Traitez &origines,
fçavoir, $Des indices qu'on peut tirer de la manière 1domchacunsonne son écriture. Des Devises
'Enblemes & revers de Medailles. La deftifence
des cheveux. Extracrdnairt 4. Origine de la Peinture & de la Sculpture. Oliginc du parchemin
,
du papier & des Tafbolentttes.
Origine du Verre, des veiitez qui renfermées dans les fables, des [onges,
ide l'excellence de la peintures,Extraordinaire S
De la Peinture. Quelle est l'origine de
l'Archite£hnc. Extraordinaire 6.
J De la Contestation. De l'origine desArmes
ou armoiries & leur progrès. Extrasrd. 7.
> De l'origine des Langues,quelles Lingues
font les plus en usage) & quelle e(t la Langue
matrice. De l'origine de l'Imprimerie. Des
'Rangs & Ceremonies. Extraor. 8.
[I*a. DesTalismans. De l'origine de la poudre
Canon, De la pietic Philosophale. Des Feul:
"dont les Anciens se servoient dans leurs Guer..
oies & de leur composition Exraor.9.
Converfition Académique. Des Tali Gnans,
[De la Sympathie &del'Antipathie4es Corps.
rDela pierre Philosophale.,Dela Danse
, de
ceux qui l'ont inventée) & de ses differentes
erpeces. Exrraor. 10.
Del'origine dela Danfc, De l'usage de
Glace. Des Espritsfolets. Del'originede
l'Harmonie. Extraor. 11.
Des Foilets, s'ils sont de tout Pays ,& ce
qu'ils ont fait. De ceux qui ont inventé l'Har- r
monie, & de ses effets. Du frequent usage de
traordinaire.12.;,ne4 lasaignée. De l'originedela Noblesse. Ex-
Dela Superstition.Du bien & du mal que la fre- 1 quentesaignée peut faire Des effets de l'eau mi- 1 nerale. De l'origine desBagues,de leur matiere
& de leur usage, & de la vertu des plus rares
pierres qui y soient enchassées. De la Chasse.
Extraordinaire.13. 1
De la superstition & des erreurs Populaires.
Des Meteores & de la Comette apparue en
l'an 1680. De l'origine de la Chasse. De l'origine&
des Armes de quelques Maisons de
France. De l'origine & de l'usage des Masques.
Discours de la Santé & de laMaladie. Extraor- 1
dinaire.14. I
De l'air du Monde,& en quoy consiste la 1
veritable Politesse. De l'origine de la Medecine.
Des Peintres anciens, & deleurs maniérés.
Extraordinaire.15.
De l'Eloquence ancienne & moderne. Traité
surlesvandanges &sur l'origine du vin. Secret
de l'écriture & de la Langue universelle.
y_x"a»rdinairc 16. continué dans le 17 19,
20.22.23.30.31. j*.
En quoy consiste l'honnesteté & la veritable j
sagesse. De l'origine de la pourpre & de Técai
late. De l'Eloquence ancienne & moderne
Extraordinaire 17.
l,'.orDigeinlea pourpre, dumépris de lamort. De,
des Couronnes & de leurs cCl'cccs",
lettre de M. Comiers touchant l'élevation
des eaux. Extraord. 18.
w- Del'origine de la pourpre & de sa différence
avec l'ecarlate. Quelle est la marque d'une
veritable amitié. Traité des Lunettes par M.
Comiers.Extraordinaire 19. continué dans le
2I. 22. 7.4. 25. 26.27.28.29.30. 31.
b, De l'origine & de l'antiquité des Couronnes.
Traité du secret. De la conversation,Extraord
inaire 10.
Traité de la vie heureuse. De l'origine des
Cloches & de leur antiquité.Traité des
Couronnes.Extraordinaire21.
Suite du Traité des Couronnes. De l'origine
du Droit,Extraordinaire 21..
Du stile Epistolaire. Seconde suite du Traité
des Couronnes. Extraordinaire zj.
Des bonnes Se des mauvaises qualitez de
l'air, Conversation academique. Conclusion
du Traité des Couronnes , Extraordinaire24.
Du bon & du mauvais usage de la lecture
Extraordinaire 2 5.
De la lecture. Reflections sur les changemens
de la surface de la terre, & la facile
construction de toutes sortes de Cadrans solailtSJ
Extraordinaire26.
*
Doutes sur la Langue. Des avantages de
la chevelure, Extraordinaire 27.
De l'origine delaPoësie ,Extraordinaire 28.
De l'origine de la sepulture
,
des Tombeaux
êc du temps que l'on brûloit les corps. De laPierrePhilosophale. Extraordinaire29.
Suite du Ttaité de laSepulture& des Tombeaux.
Extraordinaire30. Conversation academique surl'origine des
Tombeaux, Extraordinaire 31.
Du Phenix.Nouvelle decouverte du Centre
d,c gravité du demy -cercle pour la quadrature
ducercle. Defense de l'inconstance. Extr. 32. 1
{;;ALANT
DEDIR' A MONSEIGNEUR.
A PARIS,
JÎV prtdL41S.
ON donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier iouc de chaque Mois, & on
le vendra,Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Cliez G. DE I-UyNra.,au Palais,dans
Salle des Merciers,àla justice.
T. GIRARD,auPalais,dans laGrande
Sallr, à l'Envie.
.¡¡; MICHEL GURROUT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. Dc. LXXXVII.
t'VEC PRiril£G£ DV ROY.,
TABLE. pRelude. 1
Remontrance de la T>écfjl?allas
au Roy pour In1 ab1l..ij-jemcntde1 s
CAdets du P<:rruijfc.ç
Lettres Patentes du Roy pour l'aibhjfement
de l'Acadetnie
gers: 22
lettre deM. de la Hire, de ïAcadémie
des Sciences, touchant un:
/1 si d ", 1 nouvelleforme de B'u/ule.s5
Cequis'ejf pafi'citeannha:?x
Ieus Floraux qu s ccickre te;!S lesansaTouloùfi,-.vces Pieces
quiontremportelesPrix, &l's
noms de ceux qui l, s ontf.'tcs. 13
Descriptiondef cerzn:»:iies <uïs'ohsaVint
à Avignonà U *'cepu-, n
TAM.E.
des Reffeurs des Tenltens Blattes
dontpluseurs de nos Rois int tfi:.
cfcrUe qui sesi faite cette année
a la rcception de M. de Brancas,
Marquis de Villeneuve,
Suite de la Medecineuniverselle
>
&
l'artdeprolonger savie. 114
Ceremoniesfaites en la Ville d'Argentan.
14P
Médaillé du Comte Tekelt. jsg
fers enfaveur des Infdelles.169
RHêponisefauixomisimreseVer.s.161864
Extrait des deux dernieres Oraisons
funebresprononcéesàlagloire de
feu Monstr,"r le Prinle. 210
Sonnetsur la mort chrefiitnm de ce
Prince, 2)7
Sert/;cesfaits pour te repos de l'Ame
JefiMNo le Dst de Saint Aigim.
).!!.
TABLE.
"Divers Ouvrages far la Mùrt de ce
Duc. 241
Article tirede laRépubliquedesLettres
du mois de May). 223f77
Mariage deM. leComtedeMailly , & de MAdemoiflUe de Sainte
Hermine. 2sp
Prix donnépar le Roy. 262
Nouveaux TAbleaux de M. Vandivineulen.
267
Nouvelle Fille d'honneur de Madame.
2JI
Mariage de Madcmo;f'elle de la Mot- :te-Cajfaro.212
Effetsfur^renansdel'EjftKcc Paintrairede
M. LlVÙZ. 2S7
Mort de M. d'Ambeville. 287
M. du Pré efi nommé Envoyé^Extraordinaire
a Gennes. ¿,J'a
Morts. 2sq
M> l'Abbé Amcht de la Dorade est
TABLE.
feccu frefident. ee- la troificm-t
Chambre desEnquefies.jci
M.Feydeau de la (-'.î!,,,.,de est receu Prejident en Ix quatrièmechambre
des Enqueftes.304
Nôms de ceux qui 9M devine les
Enigmes. jfJj
Enigmes. 310
Livres nouveaux. 313
Nouvelles de Hongrie.32j Couvernemens donnez, Par le Roy.
333
En/yle de M. VAmbajjkdeur de Sa,
voye. 335 )VVoy,wgedduuRBoyoà Maintenon.336
Apftillccontenant les dernièresNouvelles
de Hongrie, la mort du
Cardinal 8iuz,e3 &l'Entrée du
Generaldes JtjÑÎlfJ. JJ/
P Extrait du Privilege du Roy. AR Grace & Privilège du Roy, donné a
Chaville, le18. Iuillet1683. Signé, Par leRoyensonConseil, IUNQUIERES, Ilest
permis au Sieur DANNEAU, Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuer de faire imprimer,vendre
& debiter le Livre intitulé, MERCURE
GALANT,contenantplusieurs Relations
Histoires, & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre, partel Imprimeur qu'il
voudra choisir ; Et defenses sont faites a tous
Impriuoeurs&Libiaires, & tons autres de
faire imprimer, vendre &debiteiledit Livre,
ny graver aucunes Planches servant à l'orne.
ment d'iceluy, nymesme de le donner à
tiré, pendant le temps & cfpace de dix années
entieres, le tout à peine desix mille livres
d'amende contre les Contrevenans. ainsique.
plus au long il est porté esdites Lettres.
Registré sur le Livre de la Communauté,
aux charges & conditions portées, le 14.
Septembre 1663. Signé ANGOT, Syndic.
Ledit Sieur DEVIZE a cedé son droit dm
present Privilage à Michel Guerour. Libraire,
pour en jouir suivant l'accord fait
«au'eux,
Avis pour placer les Figures.
L'Air qui commence par, Toutest -
charmant dans ce Bocage doit te.- 1
garder la page 7 - 0 r
Le Portrait du Comte ~Tckely ,doit t
regarder la page 159.
L'Air qui commence par, Vastes de- 4
ferts,Bocages sombres
,
doit regarder la
a
page 3»2.
etf OUS avez raison,
Madame, de me
dire, que quoy que
je vous parle tous les mois
du Roy? je ne vous repete jamais
lamesme chose. Je n'en
merite pas plus de gloire, puis
que la matiere ne me fait de :
peine, ny a trouver, ny à embellir. Ce Prince en qui
l'ondécouvre tous les jours g
un enchaisnement miraculeux
de toutes les vertus po^- litiques & morales, qui font
separément les grands hom- -
mes, & qui estant réünies en
son auguste Personne, luy,
ontacquis le surnom des
GRAND, d'un consentement 3
si général
, ce Prince, dis-je,
(
qui faisant l'admiration de
,toute la Terre, auroit de tant 3 lieu d'estre content de
luy-mesme ,ne laisse pas d'à*
joûter sans cesse aux prodiges
de sa vie quelque action extraordinaire
, inconnuë aux:
Siecles passez aussi-bien qu'au
nostre. La forte envie qu'il a
que la plus exacte justice foit
rendue à ses Sujets, son extrêmedesir
de leur procurer
du bien, sa bontéqui a si
souvent paru en leur faveur
dans des occasions où ses interests
cftoient blessez, son
application à travailler à leur
repos & à leur gloire, sa.
delicatesse genereuse pour
tout ce qui les regarde, &
son tendre amour pour euxluyfontimaginer
des chosea
nouvelles pour leur soulagement
& pour leur tranquillité.
Il les invente en homme
de bien, il les examines
en Pere de ses Peuples3ill
les fait executer en Roy, quii
les aime. Vous vous doutez
bien, Madame,que l'action
extraordinaire dont je vous
veux parler ce lllOis-cy, w parlerce
: garde la nomination des cinqp
Conseillers d'Estat
, & ~desas
cinq Maistres des Requestes , (
que ce Prince a faite il y as déjà quelque temps, ~pourr
aller s'informer cxaétclTICnUL:
fk l'estat des Provinces?£c
de la conduite de ceux qui
sont employez à la receptc
de ses droits, & pour recevoir
tous les avis qui pourront
causer quelque avantage à ses
Peuples, afin qu'aprèsleurretour,
Sa Majesté puisse faire
surce qu'ils luy raporteront > tels reglemens qu'Elle necessaires.Quoy croira qu'apparemment
vous sçachiez déjà
les noms de ces dignes Magistrats,
je suis obligé de les
mettre icy, afin que rien ne
manque à mes Lettres? que
je scay que vous gardez
comme une suite d'Histoire.
M' Voisin Conseiller d' Etat,
& Mr Voisin de la Noiraye
son Neveu, ont esté
nommez pour les Generalitez
de Châlons, de Soissons, &
d'amiens, M le Pelletier,
Conseille d'Etat,& Mr d'Argouges,
Maistre des Requestes,
pour celles de Roüen,
deCaën, & d'Alençon; Mr
de Pomereu,Conseiller d'Etat,&
Mr de Pomereu son
Fils, Maistre des Requestes,
pour celles de Bourges, de
Moulins,&deLyon; Mr de
Ribeire,Conseiller d'Etat, &
1 Mr deChamillard
,
Maistre,
des Requestes, pour la GeneralitédesPoitiers,&
pourlesElectionsd'Angoulesme,
de S.
Jeand'Angely, deXaintes&
deCognac;&M d'Aguesseau,
Conseiller d'Estat, avec Mr
roient trouver beaucoup plus
considerables.C'est ce que
j'ay le bonheur de faire en
vous les marquant,& ce qui !
me fait continuer mes Lettres j
avec un si grand plaisir. *
Les Vers qui suivent meri- 4
tent vostre curiosité
, & par le i
titre qu'ils portent, & par le ]
nom de Mr Magnin qui en
est l' Autheur. Vous sçavez
qu'il est de l' Academie Roya- *
le d'Arles? de que saMuse, qui
atoujours leRoy pour objet?j
en afaitsouvent l'Eloge. I
REMONTRANCE
delaDéesse Pallas
A LOUIS LE GRAND.
Pour rétablifTeiiicnr des
Cadets du Parnasse.
VERS LIBRES. GRand Roy, dontlasagesse égale
la vaillance,
le fuis entre les Dieux. fa- gc &
guerriere dlljfl;
Nous avons donc enflmbltttJlèz
d'intelligencey(trance7
pcou;r;me ferfuaderquesur la remon- faveur des beaux Arts je
r(,J.;,'c,"",-J te fJa'.uir~e icy-,
Tupourvoiraspartaprudence.
Jejçay tous tesExploits guerriers;
Commeleurgloire macharmée,
Pour en consacrer les Lauriers,
leseconde la Renommée.
l'admire ave tout l'Univers
Et ta puissance redoutable
Etces , ménagamens divers,
Quisur la Terre, &sur les Mers
Font craindre & reverer ta force
incomparable.
Ta vaillance riestpas unvaip emportement,
J>ytù de tes premiers ans ait signalé
l'histoire ;
Vne conduiteégaleaménagé ta gloire,
De l'Aurore au Midy tout brille également.
Tout est si merveilleux
,
qu'à peine
on le peut croire.
1 EJI-il quelqueetablissement
Jghie n'ait imaginé tafageprévoyance
Pour faireftbjijer ce terrible armement
, .ziii montre il l'Vniversjusqu'ou va
la puiffince
D'un Roy qui sçait user de celle de
la France ?
Ces cadets qu'on eleve a l'honneur
desCombats,
Cette jeunejjeguerricre
J^uibrillesurtaFrontière>
D>o.fficiers& de Soldats
Ne reemble-t-elle pas
Vimmortellepepinieres
Tout efi contraint deformats
De te demander la Paix.
Ife ! lemoyen,grand Roy , qu'on te fffi Uguerre?
£)uels Ennemis si fers ne font pIN
alarmez,
, De voir les Combatans te naifirt
tout armez,
t Comme ceux de Cidmus finirent de
la terre?
LeChamp de Mars pour eux n'efi
point un air nouveau ,
Non, c'ejl lepremier que reJPirt,
Au sortir de l'enfance,dl' mesme
du berceau,
La Noblesse de ton Empire.
E;:fin
y
fous ton regne , Grand
Roy,
Tout réponddignement à mon htJurttur
guerrière,
Ta cendu 'te cff d'une maniéré
<f<..!;i ne
7nelasserien à defrer de
tOI.
1 Mdisencof quajefois fortement attachée
A tous les interests de Mars)
De la gloire des beaux Arts
le fuis également touchée.
Ilsfervent à la tienne, & tes Lau*
riers Ji verds,
Sans lajidelle culture
De l'Eloquence & des Vers,
fies*éleveroient pas en mille en..
droits divers,
A cette hauteursans mesure
Qui les montre à tout l'Vni'VerJ..
lesçay que tagrandeur ruprême
N'apasbesoin de ces secours,
J>)ue tu ne la dois qu'a toy-memei
Et qu'elle durera toujours;
Mais a quelque degré degloire
.!f!!!e le Hérospuïsse monter,
Mien loin de negliger les Filles de 1
Memoire,
Elles ont droit de le chanter;
Me/meellesJepeuventvanter on leur doit tout ce que l'Hi* *
fioire
A deplusnoble à raconter,
Etc'ejlaussi ce qui t'anime
A lesrétablir dans leursdroitsl
Et leur marquer en mille endroits
l'on arriment & ton eslime.
Tu les toges dans ton P-alaÎ.!',
"Tu les ftis honorer dansdesAcade*
mies;(vitjamais
En nul endroit du monde on ne Us
Si riches, si bien affermies*
De toutes parts les beaux Ejfrits
gui de ton Regne heureux meditelit lesmerveilles>
[ Chaque jour, chaque injlant, pAsr
leurs doctes écrits
jFontvoir que tes travauefontl'ab.
jet de leurs veilles.
"TUsoutiens dignement leurs appli*
cations
Par des grâces, des pensions,
£uelMonarque jamais leur enfit
de pareilles ?
Illr/tr & ?entretien, & les frais
des beaux Arts
jtujfi haut que ceux de la Guerre,
lineferoit pasjufie, & l'onfixait
bien que Mars
Fait un grand fracassur la terres -
J>)uc dans un modefie repos
Vne Plume fçavante, dr toujours
occupee,
Doit bien moins touter au HetCf
Dont elle décrit les travaux 1
Qu'un Guerrier qui tire tepée.
MMSnepourrois-tu point, & me-0
me à peu de frais,
Prendrefoin de # ces voix heureufesx
&divines,
.Zu'ilfemble que le Çiel veutfor- -
mertoutexprés
four chanter les vertus,pour chatte m
ter les hautsfaits
Des Héros & des Héroïnes,
Et qu'onvoit au milieu d'une abott-'»
dantePaix, [de racines?
Languircomme une plante àfautt i
Quelquefois pour les soûtenir
Il ne faudroit que l'influence
D'une médiocredépense,
Et c'ejl dont je voudrons te fairt i
souvenir
3 Jour consommer ta gloire
)
&celit s
de lA France.
Enfin pour m'expliquer an peu plus
clairon:.t.
,
I
LesMiifts parrit.! ("'(,)[).: te demandent
La grue
+.. ? , ,T
I Defiire:si:;nent
,j Ou lL' 'o.ip:cr'f'-i,levcde,sC.iddets du
'f;' ,;' I~, L¡", "(,.1 "'¡,. -' (; ) ¡,..c,;-Jt. jPar.;jfs' , Ou mille beu<>: Ecrits qui mal- uqui
Naiijjhi \jvliipauvrement,
tl;Alt heu de <'abrutir,puissent pren
, /, , f"
-
, are la 1 >¡.I,.e
DDe tant dd''autres qu'onvoits'é,/teindre
à toutmoment.
r; 'on Predetcffeur,lefameuxCh.tr-
- , lai':. y/ley
Poiir avoir éi
.,, (,,,*,,tee ,
Pouravoiréiaèlycette Vniveffilé
cO't'un mer-te si pur,(i(bl'ideae» ,~ J'
co:"'<iviïç -
,
Dans tout le mondeefiplus vante
.tue par tous ses travaux & de
Saxe
y
& ¿,Ejjdgne,
Quelle gloire pour toy dans ldperite,
uandteus les beaux Esprits qui
le Ciflferd naiflre,
chanteronty C'efi LOUIS, Je plus
grand des Mortels,
Qui nous fait b.riller & paroistre,
Nous ne brûlons d'encems qu'a ses
sacrez Autels.
Oiiy
j
fins luy le talent d'une heureuse
naiiTance
Scroitenfevely fous la triAe indi.
gence
Oùnous tombâmesennaifïant*
Grâces au Monarque puiàtant,
JDfont la royale prévoyance
Alla si loin dans raventr,
jUse favorable influence
Vint àpropos noussoustenir.
Çe font ces beaux .£./frits dont les,
'ZJJix immortelles
Long-temps afrés la mort raniment
lesHéros;
Leurs Conqucfies & leurs travaux
,
Leur nom, toutperiroitsans elles.
uand Augujle tlevoit de superbes
Palais,
Contemplant sa grandeur dans uni
beureufePaix,
Auroit-il présumé du faisse de la
gloire,
Jj)ue pourconfierersa. mémoire
TousJèsprojets efioient inutiles &
vainsr
Etqu'unjoursasùperbe Ville
Jïn apprendront mpiq sux humains
Jj)u-e l'Eneide deVirgile !
Tbuafafilsivmoireantson, ttoouurr,, dans mmiilblet
Et ta grandeur& ta puiffince
)
Mais tu dois craindre que le
tempsy
De cessuperbes monumens
N'efface la magnificence.
Sur laface de LVnivers, [divers,
Par tant de changemens,de ravaget
Ah! qu'il voitélever & tomber de
murailles?
Sans ton heureux defin ,
peNt-ejlre
que les Vers
J>)uipourchauterton nomforment
tant de Concerts,
Dureroient plus que ton fameux
rerJàil/es-.
yoila ce que l'amour de ta gloire aujourd'huy.
M'inspire de te dire à l'honneur du
Paruafe;
Au Champ de Marsy quey que l'on
f!lfè,
Sansson feeoursfan-sson appuy
Tout s'évanouit, tout s'efface.
Prens foin defaire cultiver
Tant de jeunes esprits que forme la
Nature
, Et qui ne fçauroieut s'eltver
Sans cette Royale culture.
Les Mufeschanteront ta libéralité,
Elles en rendront compte à la poflerité1y
Mille crû soutiendront leurs grâces
immortelles s
Et tout Héros qui tend à l'immortalité,
Apprendra de LOVÎS , qu'on ny va
que par elles.
Je vousay parlé de l'établissement
de l'Academie
d'Angers,&vous ay donne
une description de la Feste
qui sesit à son ouverture, que
l'on peut dire qui fut solemnelle,
puis que toute la Ville
s'y trouva, & Ce montra toute
en joye. Vous y avez vû
l'ElogeduRoy, dans lequel
vous m'avez dit que vous
aviez remarqué quantité de
pensées nouvelles
, & c'est
beaucoup, lorsqu'il s'agit de
parler d'un Prince, dont les
loüanges sont dans la bouche
de toute l'Europe. Ma
Lettre du dernier mois vous
,
apprit tout ce qui s'estoit
pane dans ladistribution des
Prix de la mesme Academie.
Comme il se fait beaucoup de
Societez de Gens d'esprit qui
s'ancmblem: en de certains .-
jours reglez, pour se faire
l'art les uns aux autres de
eursconnoissances sur les
belles Lettres, vous me mandez
que l'on a douté dans
vostre Province,quemalgré
tout ce que je vous ay écrit
de l'établissement de l'Académie
d'Angers
,
elle fust au- t) tre chose qu'uneSociété de
cette nature,c'est à dire,une
Assemblée volontaire de Pcr-
• sonnes scavantes, dont les
conférences estoient fculement
autorisées par les Magistrass.
Ceux qui ont ces aentimens
luy font injustice
,n
5c
lalecture des Lettres Patentes
que Sa Majesté luy a accordées)
les détrompera. Envoicy
les termes. 1 CUIS par la grltce de
Dieu-, Roy de France e
de Navarre
3
a tous prejens @r
ave nir, Saint. Les Sciencese
les Arts (flant les principaux
Instrumens
Inflrumens de la i)ertu g les
marques les plus illuflres de la
félicité d'un Etat, Nous ne nous
fommmes pas moins applique^ à
les faire fleurir au dedans de
nostre Royaumi.,qu,aire craindre
nos Armes au dehors. Nous
'Voyons avec plaiflr le succés de
nosfoins dans un nombrepresque
infiny de Personnessçavantes,
qui se font élevées fous noflre
Regne;, & qui mesme ont surpassé
ce qu'ilya eu de plus excetlent
dans les autres Sieclesm
Les Academies quifont établies
dans nostre bonne Ville de Paris,
& dans quelques autres Villes
de noflre Royaume*n'ont pds
peu contribueà en augmenter le.,
nombre
, & à iesperÇeélionner3
parce que ceux qui les composent
conférant enjemble dans des Af
semblées reglEes;, s'excitent reciprjquement
au travail par te
desir de s'égaler & de je furmonter,
s'inftruifint par la communication
de leurs umieres>&
font naifbre dans le coeur desautres
une noble émulation de se
rendre dignes de remplir quelque
jour ces places d'honneur.
C'estpourquoydejîrant continuer
des établissemenssi avantageux
aux Lettres;)& d'ailleurs
eslans bien informe% que noflre
'Province d'Anjou efl une des
plus abondantes de nostre Royau-
- me en bons Esprits ; quelle4
produit dans tous lestemps des
Personnages d'un sçavoirétrknent,
dont les Ouvrages font
encore aujourdJhuyfornement
des plus riches Bibliothrquesà
&'que dans la faille d'Angers,
la Capitale de la Province ,ily
une IJniverfte fameuse & une
E&le publique de Mathematiues
,d'où il fort tous les ans
divers Sujets capables des plus
hautesccnnoiffances,Nous l avons lotie le dessein de plusieurs Per*
krk
formes fludieufes de ladite Ville
d'Angers> qui desïrant Je per- - feélionner dans les Sciences3,
nous ont demandé la permission i
de conferer ensemble de leursEtu- 1
des dans des Assembléesregléesy
fousletitre laDifcipline d'u- -1
ne Academie; pour leur don-
«j
ner moyen d'accomplir une si
loiiable entreprise, Nous avons {
tien voulu autoriser leurs Af -
semblées
, permettant qu'il foit
fait des Statuts & Reglemens i
pour la police qui doit y esos i
gardée; &gratifiant ceuxJont1
cette Academie fera composée
t
de quelques témoignages bono*
L
rables de nofire bienveillance,
A CES CAUSES,&autres
k ce nous mouuant, de nofire
grâcespeciale,pleinepuijptnce
& autorité royale Avons permis
, approuve & autorisé
>
permettons
japprouvons& autori-*
Jons par ces Prejentesifgnéesde
nofiremain, leplites AJjcmblées
&Conférences; Voulons quelles
Joientfaites& continuées à l'avenir
dans nofiredite Ville3JOHA
J
le nom de r Academie Royale
d'Angers> que le nombre des
Personnes qui com/ofint ladite
Academie,flitfixe àr limité *
r trente3 outreceux qui pour raijonde
leur dignitépourrontya- ,
voir entrée &pl-ace honorable,
privant les Statuts & Regle- 7 mens cy-attachez feus le contre-
feel de nostreChancellerie
y
que Nous avons approuve% &
¿tutor.iflz, e tous autres qu'il
fera necessaire faire3 sans qu'il
foi-t b7 eso!in d'autres Lettres de
Nous que lesditesPresentes
3 par
lefqueÛesMousconfirmons dés
maintenant, comme pour lors,
toutce quiferafaitpour ce regard
; Permettons en outre À ladite
Academied'avoir un Sceau
avec telle marque 3
figure&inscription
qu il luy plaira
>
pour
sceller tous les aétes qui émaneront
d'elle
}
(Sf Voulonsquelle
foit pour le présent composée des
perjonnes dont la Lifte est cyattacbéefous
le contre-fiel> que
Nous avons nommées pour cette
premiere foisjlaissant ausdits
Académicienslalibertéde remA
plirles places qui vaqueront à
l'avenir, par la voje de lélectionconformément
ausdits Statuts3
& que lesdits Académiciensjoiïijjent
des mesmes honneurs,
Prinileges, franchises &
Ilbertez dont joiijfent ceux de
l'Academie Françoise, établie
dans nostre bonne faille de Pari;)
a l'exception du droit de Committimus.
Si donnons en mandement
a nos amek & féaux
Conseillers3 les Gens tenans noflre
Courde Parlement auditlieu,
Ca tous autres nos Officiers qu'il
appartiendra;, que ces Presentes
ils ayent à faire regiflrer &
icelles garder & observer félon
leur forme *teneur; Car tel est
noftrr plaiJir. Et afin que ce foit
chose ferme c-flable a toujours,
Nous avons fait mettre noflre
Scel a ces Preftnt(s. Donné à
Versailles au mois de Juin l'an
de grâce 168/. de nojîre,
Regne le quarante-troisiéme. Signé.
LOUIS. Et sur le replys
Par le Roy, phelypeaux. Et à
cosséVisà, le Tellier, pour établissementd'Academie.
Signé3
Phelypeaux ensuite.
ReziftréesJ ouy le Procureur
General du Roy
, pour joüir par
les Impetrans
> & ceux qui lcur
Juceederont3 de leur ejJ"t
,
&
tftre executeesJelon leurforme
& teneur, Juivant l'Arrest de
ce jour>aH?arts en 'Parlement
le jeptiéme Septembre ld85, Si7
gnéyDongois.
Je me souviens que dans
l'une de mes Lettres, jevous
aynommé les trente Academiciens
dont Sa Majesté a
fait le choix pour composer
cette Compagnie. Si vous
avez envie d'en voir les Statuts
,
je vous les envoyeray se
mois prochain. Ce que vous
venez de lire fait assez connoiftre
que si l'établissement
des Academies est uneaffaire
tres-serieuse par l'utilité qu'en
peut retirer l'Estat, elle est
en mesme temps fort glorieuse
à ceux qui y sont receus
puis que le Roy veut -
bien s'en mêler, & qu'il a
daigné agréer le titre de Pro- I?0
tecteur de l'Academie Françoise
,
lors qu'il luy a fait
l'honneur de luy permettre
de s'assembler dans le Louvre.
Les découvertes qui se font
de jour en jour dans celle qui
prend le nom d' Academie
Royale desSciences, font
voircombien l'établissement
en est utile. Mr de la Hire,
qui est de ce Corps celebre, a
écrit depuis peu de temps
une Lettre fort estimée touchant
une nouvelle forme de
Boussole. Je vous en envoye
une copie.Vous avez auprés
de vous des Amis sçavlansaqui
fverontobien-aiisers cU.!l A M. *** j vDus fialJez
>
Afonfieur^
qu'il n'y a rien qui donne
plus de peine dans les grands
Voyages que l'on frit sur Mer,
que la variation de l'aiguilleaimantee
j parce que cette variation
efi différente dans tous les
endroits du mondemene
quelle change confiierahlement
dans un mejme lieu en divers
temps. Ilsemble quesi l'onavoit
des observations exaéles des irregularitez
de certe variation
qui eujjentesiéfaites partoute Id
terre> & dans un efface de
temps considerable>l'on pourroit
découvrir quelque periode deee
mouvement
3 & ensuite établir
un systeme qui Jeroit d'une trèsgrande
utilité pour la navigation.
Mais comme nous rien avons
des observations que depuis
environ un siecle dans quelques
endroits particuliersj lesquelles
nous ont faitfeulement connoipre
que s'ilya un mouvement
régléj il eJI fort lent, on ne peut
rien conclure de certain pour l'avenir
de tout ce quia estéobjer-
-ve qu il vé jufquaprejent. Ce ness pas
que d'une annéeal'autre on ne
puisse s'affiurer sur lesobfervd*l
tions de cette variation
>
puis ;
qu'on a remarque quelle ne
change que de peu de minutes
pendant une année. Il ne faut
pas pourtant avoir trop de confiance
sur les observations que les
Pilotes font de cette variation,
d cause des erreurs grcjjteres dont
ils nesepeuventpas aisémentgarantir
; car il arrivesouvent que jirtprés du lieu où efl leurBouf
foie3 il7y a by eaucoup d7e fer qui
détourne l'aiguille.) & luyfait
montrer un point de l'horison
fort différent decelujy quelle marqueroit
si elle estois éloignée de ce
fer; ce qui fait que l'oneslime
qu'il y a une variation confidtrable
de l'aiman où il n'yen
éturoitpeut-eflre point en effet*
Et il peut encore arriver qu'au
mesme endroiteuIon fait cette
obfrvation dans une année,F
dans la fuhjante les instrumens
defer se trouvent JifPofe'{ d'une
autre maniere qu'ilsn'ejloient
auparavant dans
le
mesme Vais
seau ou dans un autre, l'aiguille
montrera unevariation fort différente
de celle quelle donnoit
auparavant. Et cesfortes de précautions
qu'on ne prend point
sur mer, peuvent causer des erreursforl
grojjteres pour les observations
de la variation de
l'a *man 1
J'aiman
>
bien qu'elles n'en puissent
pas faire pour la conduite
du Va ig 1 Vaitfeau :car l'aiguille de
laBoujjole eslans detournée d'une
certaine maniéré3 gardera
toujours la mesmefîtuationà l'é<*
gard du Septentrion.,pourveu que
ll''oonn ne cchhaannge pas le fer qui
l'environne
>
dr l'on ne laissera
pas ddeesfe~ ccoonndduuiirree fsoi rt seurement
ensuivant à peu près un mesme
rumb de vent, si l'on a observê
cette sausse variation par le
moyen desamplitudes ortives du
Soleil, comme l'on fait ordînai--
rement. Il ne faut donc pas esperer
de pouvoir rien établir
d'affuré sur les observations que
nous avons luautpref--nt,
& principalement sur celles de
mer>qui font les plus considérables;
& cejl ce qui m'avoit
porte a rechercher plufieun
moyns indépendamment des observations3pour
trouver sur ni,,,*
la variation de l'aiman. Afati
^ayantconfiderequepluseursfFa.
-vans hommes de ce siecle avoient
propose diverses maniérés pour tire des aiguilles de BouJfolu
quinefussent point sujettes a la
variation
, & que toutes ces
proportionsnavoient point eui
d'effet) je ne jugeay pas qu'auprés
tout ce qu'ils aboient saisi
par le moyen de l'aiman
3 on pufti
cjfierer d'en tirer quelque avantage
,
puis que l'aiman mefmc
efloit sujet à cette variation,,
Autant qu'on le pouvoit conieélurer
par les experiences qui:
Avoirntejlefaitesjufqtlalors.
-
j'avotsentierementaaandonne
cette recherche
3
lors qu'il me • tombapar hasard entre les mains
une pierre spheriqued'aiman de
troispouces de diametre., dont J
dyant voulu mefervirpourfaire
quelques experionces avec Une
petite aiguille de Boussole posee
sur un pied que l'onpouvoit ai-
JementplacerJur la pierre, j'y
obfcrvay d'abord ce qui avoit
esle déja avancé par plusieurs
personnes
, que ce globe d'aman
çaujôitauxaiguilles de Boujjole
les mefnes changemens que ton 4
.remarquez dans ces aiguilles en
divers endroits de la îeyre, tant
à l'égarddela direélion vers les
deuxPôles
> que de Finclinaifin
vers celuy qui luy esi le plus
proche; gy enfin je reconnus
qu'il nejloit pas pcjjible de trouverle
:'nt où l'aiguillepujl cjbe
Ó J pl
mise indifféremment en toutes
fortes Je politions , lequel point
mauroit exactement montré le
pole de la pierre> mais que l'aiguilleJedirigeoit
toujours vers
quelque endroit. Je déterminay
parcemoyen
3 autant qu'il me
fut possible, le point que l'on appellelepôleaufiral;
maisjefus
fort surpris de voirqu'il tf/oit
éloigne de dix-huit degrez d'une
croix fortement gravée sur la
pierre
,
quisuivanttoutes lesapparences>
estoit cy-devant lepôle
de cette pierre, comme il dvoit
eslé observéparceluy qui l'avoit
faittailler. Ce changement de
poles dans cette pierre n/ayant
rappeuémes premierespenseesfut
la
'Variation
de l'aiman,fay cru
ques'il efioit vray que lespales de a vertu magnetiquechangeaient
furiespierres^comme nousvoyons
qu'ils changentsur la terre, on
pourroit en tirer de grands avantagespourla
variationdes aiguilles
aimantées
, car sice changement
des poles de lavertu magnetiquesur
les pierres d'airnan eftott
*ffurej &qu'ilfuj} analogue au
changement des pôles de la vertu
magneticfue de la terre
>
ilny
tfuroit pas de doute quune pierre
d'aiman fheriqueejlantJkf
pendue en liberté, ne dtmeurafl:
immobiley & quelle rieujl un
point qui regarderoitlepôle de
la terre, & que l'on pourroit
appeller le veritable pole de la
pierrependant que les poleî de
fli njertu paUèroient Jucceffivement
en diffrens endroits, de la
mefmrmaniere qu'ils changent
sur la terre. Apres avoir fait
plusieurs considérations sur ce
fyfcme,&aprèsm'ejlreéclaircy
de quelques doutes que savois
ptr la pflfition de la pierre, lors
Jaonnon ai>oitautrefois déterminé
pole
3
j'ay reconnu que ce
pôle ancienejloit éloîznédu point
que jappelle le rentable pole,
de treize delrrez vers l'orient
dans le lieu où il avoit rfi;
marqué, & qui ne mest pas
connuy puis qu'il décliné d pre-
Jent dans ce paysde présdecinq
degrez vers
le
Couchant.
Sur cesysteme, auquel je ne
fiache pas que perjonne ait encore
penséjfay inventéunenouvelle
conflruélion d'une aiguille
de Boteole, qui pourroit avoir
les mejmcs changemensquune
pierred'aiman f/herirue
> &
tout ensemble les mesmes commoditez
que les aiguilles commujnes.
)ay faitfaire ave€ un fil
d'acier un anneaude trois pouces
de diamètre, duquel partent
trois rayons d'un fil ae leton trerdéliée
qui vontsijoindre au centre
àun petit chapiteau entieremelttfimblableÀ
celuydesBouJ-* * Joles ordinaires, pour pouvoir
pojer ce cercle Jur un pivot dans
ftn centrt.,&pour luy laisser la
libertédeje mouvoirautour de
luy-mesme3 Jon centre demeurant
imn-lobile. J'ay enjuiteaip
- manté ce cercle d'acier, en présentant
indifféremment a un de
Jes points l'un des poles d'une
forte pierre d'aiman
> & à [on
point opposé l'autre pole de lA pierre
pierre pour donner plus de vertu
À l'anneau. J'ay remarqué Cr,-
fuite que cet ànneau estoit fortement
aimanté3 & que le point
qu'on appelle le pole auflral se
airigeoit avec promptitude vers
le Septentrionqu'il sarrefloitenfin
aprés plujieurs vibrations
y
&qu'il avoit aujji lar
mejmeinclinaison vers le pôle
que l'on remarque aux aiguilles
- - après avoir tfte aimantées.J'ay
rnfuite attaché sur cet anneaa
une petiteFleur de Lys de leton
ï l'endroitqui regardoit exaéle- -ment le Septentrion
,
J'anneau
*ttmt bien en repos.
Si les poles de la vertu de
latman changent sur la pierre
d'Aiman de la mesme maniere
qu'ils fontsur la terre>ilsemble
1ue la mesme chose doit arriver
acet anneau3& qu'il doitavoir
un point qui regardera toûjours
exactement le Septentrion. Aiais
pour estre affuré si un anneau
d'acier fait les mesmes effets
qu'unepierre d'aiman spherique.)
j'tty fait l'experience fuivante.
Ayant aïmante un anneau
d'acier3(jhj l'ayant misfous
un papier, fay femé de la limailled'acier
pardejjus;
aprèsavoir donné quelques pctites
secousses au papier/^ay vû
que la dlreBion de la matière
magnetique passoit immediatementau
travers de l'anneau d'un
pole à l'autre> & qu'ellefaisoit
,
deux tourbillons aux deux coflc%,
comme on le remarque à lafj>bere
d'aiman
j ce qui sembleajje%
urprenant ; carJuivantl'Irypc-
¡ these ordinaire de l'aiman
)
la
i uertu magnétique ayantplus de
facilite à paJJe%r dans l„'ac(ier que
1 dans l'airdevroitcoultr des deux
jrojlc^ du pole autour de l'anneau
J & feulement former un
pole opposé au premier. Mais
i"ay encore esie confirme dans
cette pensée ayant appliqué;
une ppiieerrrree dd''aai*man un morceaw
deferplatÜ pointu comme la
lame dvun coutedu ,
dont la
pointe débordoit au-delà de la
pierre ; & ayantprcfenté cette
pointe a l'anneau Itimanté.) fay
observé que diverspoints de cet
anneau Jeprefentoientâ lapointedu
couteau3fkïnjant les differens
endroits où il estoit appliquésur
la pierre: ce qui riarrive
pas à une aiguilleaimantée,
car elle prejente tou jours à la
pointe du couteau l'une deJes
deux extremite^j riefiant pas
disposéeàcause de sa longueur
d recevoir la rnatiere magne!iqquueeddaannsstotuosulsel:
ep- oints qui font
analogues à ceux de la pierre.
f-utfeulement remarquerque () la 'VerfU mtic-netique dans unt
pierre irreguliere Je manif:fle
plus fortement vers lesangles
que vers les autres endroits ; ce
qui peut causerquelque itregularité
dans cette experience
>
si
on lafait avec une pierre fort
irreguliere.
<-..> Ces experiences m'ont donne
lacuriofîtéd'en faire une autre,
en aimantant deux demy-an-
- ? - 1 neaux d'acier; ayant joint
les rxtrernitez aimantées parles
mesmes poles
>
j'ay remarquéfur
la limailled'acier le mesmeeffet
que dans l'anneau. Maisayant
joint les extremitez diversement
Aimantéesy j'ay trounje d'abord
que ces deux demy-anneaux si
joignoient ensemble3 en s'attachant
l'un à l'autre; @r par l*
limaille d'acier femee sur le
papier fay reconnu qu'il se
faisoit alors quatre tourbillons3
deux dans le milieu de chaque
demy-cercle, & deux Autres à
l'endroitmils eftoieru- joints; ÇJT4
que ceux qui se formoient dans
ces deux endroits, estoient plus
petits que les Autres, & beaucoup
plus forts. y'~ trouve
auJJiq/zl y avoit quatre poles, dFent c'hacun eÍp' iî entre chhaque
tourbillonj&one chacun retenait
dansfl\i demy-cercle la
vertu des ext:"cmitez.. des demy-
Anneaux. Jevoulus ey,.-r, après avoir
Aimantéun fil àaciertout droitt
d' en
formerun anneau ,
maisje
trou vay qutl avoit perduentièrement
sa vertu ; ce que lon ne
peut pas attribuer à la jonétion
a,".ç pôles, qui devroient s'attac!
rr ensemble pion les autres
experiences nue l'on en a ,rnais
freullement a ce qui en a d1r/j.a efstte/
remarque3 que lors quon ployé 1
un peu une verge aimantée, ellei
perdsa vertu, ce qui ne peut arriver
que par le5 cbangemcns
despores de l'acier.
J'ay encore remarqué quun
anneau d'acier ayant eslé aimantéconferve
fort long-temps
saavertujquoy q1u',il foit rnis en pofinoncontraire a ses poles. Er.t
cette experience eflconfirmée par
une autre qui efl beaucoup plus
conftderable: cefl qu'un anneau
d'acier ayant eslé aimantéavec
une forte pierre d'aimanne peut
recevoir qu'avecpeine une rur:rtu
contrairei eslans touche avec une
pierre d'aiman moins forte que la
première; mais quenfuite il rcprend
peu a peufil premiere vertu;,
à peu près comme font les
pierres d'aiman, qui efiant aFprochées
d'une pierre d'airnan
par les po/es de mesme dénomination
s perdent leur premtere
vertu pour en prendre une contraire;,
laquelle ils perdent enfuite
peu t peu pour reprendre
la premiere.
Après que feuspresenté a
tAcademie ce nouveau systeme
de l'aiman, on fit quelques experiences
sur un globe d'aiman à
peu prés de mesme diametre que
le rlJien, mais dont les pôles nc- -
ifoient pas diamétralenient cppa- j
f~Z> r'Tsur un clemyILOHTUCM:~
'8 -' '-;/ J' ., (. ',..- '- V cju'yplusvos que
leploie. Mous':
", y" 1
,,~J. CJ - 1 ¡. 10- - ° fI,.. 1 '",
n_/'1y""J 1 "';" ,." ., nyremarqua/nespj?unediirTdjijs:i-
>\ne: fortconfiâtrablepour le
changement des Doles: néanmoins
a csu(',fï de quel1quescirconfiances
particulières> la Compagnie
jugea qflil efioitàpropos de faire
des eà-periences dr cettenouvedesekperiencesdecettenouvellllee
confituftiond'aiguille de Boujfoie.
Si l'on portoit de cesfortesde
Bouffi/es dansdeslieuxfort floigne^,
oû l'on sçait que les ai.
guillesaimAntées ont une grande
variation, on pourvoit s ajjeurer
en peu de temps si cette Iypcthess
efc njraye> C7 si Ion enpeut
attendre les avantagesquej\iy
d' t:,si,n J~~ y' concludufyjicmcd? tim^ohhté
edl\,<neJhf7h1cre dd"'aiman J(u,j,p(end1u'e.
en liberté.
Il ne me reste plus qu'à ex.
pliquer de elli-,enaniere on peut
aimanter
de
nouveau ces aiguillescirculaires3
lors qu'on s'aperçoit
quelles ont un peu perdu de
leur premierevigueur. Suivant
cette hypotheje il eflévident que
si l'on ne touche pas le cercle par
le point qui répond à celuy de Ils
pierre
,
Juivant la variation
quelle Ú j
la petite J^l^yir d&
LLys qui marquait l1e veritibl.lfdr
pole
1
pourra s'endétourner ttn
, 1.1ft 1 ,., , pujCTladifficultéqui1y auroiA
de trouver les points corrifPondans
sur l'anneau &sur lapieryfj
fcroit qu'on ne pourroitpas
aimanter le cercle de nouveau Jans > y prendre beaucoup de foiny
&sans avoir auparavant obfervéune
/if"ne meridienne. Mai5
pouréviterotoutes ces difficulté^,,
il faut feulement approcher de
l'anneau les pôlesde lapierre,
l'anneau quieflfufpendufurfon
pivotsetournera de telle maniere
que le point qui repondaupôle
f| vertu de la pierre qui luy ïrefenté, s'en approchera
le
f s prés qu'ilferapossible> en
J..te que sans lesfaire toucher
n À l'autre l'anneau ne laif-
1 rapas d'en recevoir beaucoup de
-rtu: on pourra fairelamesme
chose avec le pole oppose.
Je ne doute pas que vous
n ayez^ de curio/ité pour
voir si les poles de la vertu
rhangent dans un aiman JPherique
>
lors que vous en rencontrerez
quelqu'un qui frrtt
propre pour cette experience. Il
y auroit encore beaucoup d'autres
remarques afairesur ce fujet,
ilJeroit aujJi a souhaites
que l'on fifi plusieurs autres oh-j
jervationsparticulières lors que
toccafion len presentera : mais
1 moins que ces fortes de nou-
'Veaute{ ne tombent entre les
mains de personnes qui ayentun
grand amour pour l*avancement
des Sciencesyon ne peutpas efferer
d'en rien apprendre de certain;
& je vousavoue3CMoufieurt
que saurois de la peineàconfier
cette experienceatoutautre qui
voui:mais vous nousave^ donnesijouvent
des marques d- vostre
capacité& de vofire adrvjje
dans cesfortes de recherches, que
je rnejiimeray fcrt heureux si
rvous 'Voulez bien prendre la peine
devous en charger3 &me
faire l'honneur de me croire,
Monficur,Hjofbre, &c.
Ilya quelques années que
je vous parlay amplement
de l'Institution des Jeux
Floraux
, qu'un celebre tous
les ans à Toulouse avec
beaucoup de solemnité. Je
vous apris qu'une Dame appellée
Clemence, avoit laissé
une partie de son bien
pour fonder des Prix) qui
sontles recompenses des victorieux.
Le premier est une
Eglantine d'argent. & il se
donne à celuy qui réussit le
mieux dans la composition
d'un Chant Royal. On donne
un Vei s qui doit finir un Sonnet
qu'on est obligé de faire,
&ceSonnet sefait pour l'essay.
M de Cironis, âgé de
quinze uns, a eu le premier
Prix cette année.IlestFilsde
M de Cironis, Sieur de la
Bastide & Beaufort, d'une des
premieres Familles de laville,
& Petit-fils de M le President
de Cironis qui a fait
voir lagrandeur de ion genie,
non feulement dans l'Art militaire,
ayant servy en qualité
de Mestre de Camp ,
mais
dans la Charge de Capitoul,
dans celle de Tresorier de
France,&: enfin de Prefidcnt
au Parlement de Toulouse)
qu'il a exercée avec beaucoup
de capacité & de gloire. Ce
Vers,
Atoy, non pas à nous, Seigneur,
la gloireest deuë.
ayant esté donné à Mr de
Cironis, voicy le Sonnet qu'il
fit pour l'essay.
L'Invincible LorIS, dont ïin*
trepidité
FMI révérer Par tout fin suguflt
Fuijfance,
Coutoitpaisiblement les fruits desi
"vaillante,
JgMuand laa Fjièevrje lAtétaq.ua sanoble
Bts maux quiVaccablaientnojlre
esprit agité
En attendoitlafn avec impatience :
Mais le Cielquiprendfoin du dessin
,de la, France, [Jante.
Senjible 2 nos dajîrs luy rendit la
"Tosafsn Peupleaflfigédans les riu-,
des alarmes , £nm$it ptur luydesvoeux, &fc
fendoit mlarmes
Mus ce foible secours eufi esiésans
effet,
Etfans celuy du Ciel la France tfloit
perdue, IIn'en faut pas douter,de ce bon-
,
-
heur parfait
A toy, non pas à nous, Seigneur,
la gloire estdeuë.
L'Heresie détruite fut le
sujet qu'il choisis pour faire
ce Chant Royal.
N'On, ce riefi pas afftz, que M
main triomphante,
GrandMonarque, ait réduit tes Ri.
vaux aux abois } ri faut qu'uneConqueste cncor
Idatante
Ajoute un nouveau lustre a tes fa*I
meux Exploits; *
II faut qu'un foin plusgrand où lej
Ciel s'intercjfe1
Combatte des Demons l'artifice&Iddresse,
Et leur fAJlè tomber, pour
ruidre:
leurs coups vains, 1
Et la rage du coeur, & les armes des
maIns,
Et que malgré les traits de laplus
noire envie, IlfitJlè voirquel ejl danssespieux
dejfcinsy
Le Monarque des Lys qui détruit
l'Heresie.
Vous que Villufon aune erreur apparente
jette confusément dans -de fâchcux
détroits
>
Dt gens emptifonne^ petite Troupt
errante ,
PouveZ-vous refifier aux charmes
de sa voix?
pouvtZ;vous refijier aux traits desi
, tendrejfie ?
| C'ejl moinsunpuififant Roy, qu'un
; Amy qui vous prje
tIl combat les Luthers, il abat les
Calvins,
Et renvtrfe
,
touché de vos mauvais
dessins
.}Jt mille , fauJficteT^ leur doclrint
noircie.
Peut-on n'écouter pas sur des confieilssifiiins,
Le Monarque des Lys qui détruit
l'Hcrcfie.
ï,'4o~j-elrrecccoonnv-,e-ersrriioonn ppa,rio;-iosi dévjaà ttrroasl
lente,
RentreZdAn! vos devoirs
, reprener,
vos emplois,
Etneméprifie^pas utit fiant abondante
,
Jgjti vtrfi dms voscoeurs mille biens
.r - à la fois.
Il eé de la prudence,il efi de U fi-
D'ohtir aux confieilsd'un Roy qui
vous carejfie,
Vun Roy dontaujourd'hui lesordres
fiouverains
Sont de tout "Ynivers,; rtjjelltt
;& crains.
!1eveneZdes erreurs 00vofire coeur s'ollhlÙ,
Et craigneZd'irrittrpAr vos piquans
dedains
Le Monarque des Lys qui détruit
l'Heresie.
K'a-t-onpa*vu plier foussa force
étonnante,
Boilandois,Allemans,Efpagwls&
GnJois,[filente,
uimilgré' les efforts d'une ligue in-
N'ofentrien entreprendre au mépris
f de ses Loix ?
ToMt cede ason pouvoir, devant luy
j tout s'ahaisse,
Souvent la reJi/lame & le pique à*
[ le bkffi.
Ennemis du vray culte ,espritsfers
& hautains,
l'revene'{ les effets devoJ malheurt
1
certains,
gomment fuir le couroux dont son
ame efi sasi'e ?
ssien ne peutarrefierdanssesexploits
divins,
Le Monarque des Lys qui détruiç
f
ruerez
Dans c£s pieux desseins que ta main
epueânte,
LOFISy qu'on doit nommer le modete
des Rois
0 Ciel) conferve encor une Vie importante,
.!!<!!i s'applique sanstesse a soutenir
tes droits.
ha Foy regne par tout, cette digne
Maifireffe
Vorte dans tous les eoeurs lapaix S* JJ
l'ailegreffe.
nue de Temples détruits, que de
monfires éteints !
Dit bruit desesprogrés tous iestemps
"Par là dfeeuroGnrrtanpmd LlOePISiilaneglosire;efi
£tton doit rcconnoifire à ces coups j
plus quhumains3»
Le
Le Monarque des Lys qui détruit
l'Heresie.
ALLEGORIE.
te Sauveur tjlùJ le Uerll queje
chante,
Ce Dieu dont Les bontés méritent n,..
, jhe choix,
Htqui brûlant fourmus d'uneamd(H>
obligeante,
Vesmi/eres de l'Homme a fortetout
le foids.
le rebelle Pécheur que sa bonté re.,
dresse,
Rentre dans fin devoir,reconnoifi
safoiblesse,
Et des traits de l'erreur les coeurs les
i plus atteints,
la quittent pour entrer dans la route
> des Saints,
Son amour lept prépare une éterneUi1
vie.
C'ejîsur ce beausujet qu'heurellfimentjepeins
Le Monarque des Lys qui détruis
l'Hercfie.
- Je vous envoyé encore un
- Printemps d'un excellent
Maistre.
.-
AIRNOUVEAU.
TOut cft charmant dans ce
bo-1
cage ,
I
Lu Oifcaux amoureux par leur ten-1
dre rimtge
fit lA faison nouvelle annoncent Il
rtlOllr. I
tf4ishe/lU! accablé de rigueurs inhumaines,
tnesens point comme eux lespiii- i Jtrsde l'amour,
[ .EEttjjee nn"'eenn rreessens que les peines.
I De toutes les Cérémonies
publiques de la Ville d'Aviinon
jil n'yen a aucune qui
crâne avec plus d'éclat que
elle de la reception des RelieursdesPenitens,&
de leurs
Isrocefrions pendant l'Octave
lu Saint Sacrement. Messire
4enry de Brancas, descendu
les Comtes de Forcalquier?
viarquisde Ville-neuve,ayant
:fté éleuRecteur des Penitens
Blancs le 3. May dernier.
cette Compagnie qui a pour
luy une estimesinguliere,
n'oublia rien de ce qui pouvoit
marquer la joye qu'elle
avoit de l'avoir pour Chef.
Le Dimanche 25. du mesme
mois, fut le jour où ce Marquis
fit ses premieres fonctions
en qualité de Recteur,
& pour cela, la Chapelle fut
parée des ornemens les plus
precieux, pour tenir la place
de ce qui manque à un ouvrage
d' Architecture,de Peinture,
deSeulpture,& de Dorure
que l'on y fait, & qui
montera a une somme fort
considerable. Cette Chapelle
a dix-neuf toises de longueur,
surquatre&demie de largeur
, avec ion élévation proportionnée.
Le fond de l'Autel
est basty avec des Colomnes
Isolées
,
d'ordreCorinthien,
d'une belle pierre, &
la voute en cul de four, est
ornée de roses différentes &
richement travaillées. La Ceremonie
estant extrêmement
longue, on dit d'abord une
Mdlcbauc pour tous les Confreres
-1,
tandis que tout ce
qu'il y avoit de Gentilshommes
& de Femmes de qualité
dans la Ville ,serendirent en
cette Chapelle? avec uneaffluence
de Peuple inconcevable.
La Messe estant dite,M le
Marquis de Brancas, vestu de
son habit blanc, & accompagné
de ses deux Lieutenans de
Recteur , & de tous ses Officiers
& Confreres vestus de
même,&rangez aux costez de
la Chapelle, fit l'Office, à la
fin duquel, la grand' Messe
fut chantée parM l'Abbé de
Tache, Chanoine del'Eglise
Métropolitaine, & Frcre du
premier Lieutenant de Recteur?
avec les Violons & la
Musique meslée de Hautbois
& d'autres Violons. Cent cinquante
gateaux au sucre,tenant
lieu de pain bénit, surent
distribuez par des Gentilshommes,
Maistres des Ceremonies
? vestus de leurs habits
blancs.
Le Dimanche suivant, premierjourde
Juin, qui estoit;
dans l'Octave du Saint Sacrement>
la Compagnie des Penitens
Blancs fit la Profession
particulières suivant l'usage
étably Voussçaurez, Madame
,
qu'à la Feste-Dieu,
outre la Procession générale
qui se fait dans Avignon,
comme dans toutes les autres
Villes de France, les six Compagnies
des Penitens font les
leurs? chacune en temps différent,&
avec autant d'éclat
que le demande la qualité du
Recteur; les Gris, le Jeudy à
trois heures du matin; les
Violets & la Misericorde, le
mesme jour sur le foir , les
Bleus & les Noirs, le Dimanche
au matin , & les Blancs,
dans la nuit. Ces derniers sortirent
de la Chapelle au nombre
de septà huit cens, sur
les neuf heures du soir. Ils étoient
tous habillez de blanc,
des plus fines toiles qu'on
eust pû trouver. Deux Bedeaux
de la Compagnie? avec
leurs grands manteaux d'ecarlate,
galonnez de deux
bandes de velours blanc bordéesd'or
de part & d'autre,
marchoient devant Mr de
Brancas,Recteur, & portoient
chacun un flambeau de cire
blanche du poids de dix livres,
garny de rubans Isabelle
& bleu, &aumilieu, les armes
de ce Marquis peintes & dorées,
Il avoit à ses costez ses
deux Lieutenans
?
& derrière
luy venoient deux cens
Gentilshommes tous un
flambeau à la main, & marchant
deux à deux De
douze en douzeestoitunPenitent
seul, qui tenoit un gros
flambeau, afind'éclairer
mieux tous les rangs. La
Croix suivoit
,
portéepieds
nuds par un Confiere Convers.
Elle estoit entourée de
quatre Ecussons, & de huit
chandeliers d'argent, entremestez
de douze flambeaux
> chacun de dix livres, avec de
grandes plaques d'argent des
armes de la Chapelle, que
quantité de rubans isabelle &
bleu tenoient attachées. Cette
Croix qui a huit pieds de
hauteurs est toute d'argent,
ainsi que le Christ& ornée
d'un grand voile detoiled'argent
avec de la dentelle de
mesme. Lés autres flambeaux
ornez des mesmes rubans, &
avec des Ecussons de diverses
armes, estoient de differente
grosseur, lesunsdedix livres,
les autres de vingt, & les derniers
de cinquante, outre les
trois qui fermoient la Procession,&
quiestoient de (o\~
xante livres, tous de cire blanche.
Les premiers portoient
douze Ecussons des cinq
Playes, qui estle titre de la
Chapelle, & ceux des Gentilshommes
estoient rangez
selon l'ordre de leur re- :
ception
, comme ceux des
vieux Recteurs suivant leur i
ancienneté. Il yenavoitdouze
deMle Marquisde la Fougasse
de laBastie, douze de
MrleMarquis de Fortias,douze
de Mr le ComtedeBrancas ¡
Rochefort, Coufin-germain ;
& Beau-frere de Mr de Bran- j
cas Recteur. Aprés cela venoit
la Musique, composée
de cent Musiciens) & meslée
de Hautbois & de Violons,
delaCompositiondeM Durand,
Maitre de Chapelle
de Saint Agricol. Le sujet
du Motet estoit la Paix &
l'abondance, fiat pax in cordibusvefiris
, &abundantia in
turribus nostris
, qui font les
pieces des armes de M de
Brancas Recteur. Ensuite on
voyoit paroistre les flambeaux
des vieux Recteurs ,
sçavoir
-Sduozuez,edoduezeMr le Comte de de Mr le Marquis
ic Castellane
,
douze de Mr
le Marquis d'Orsan, douze de
M de Costebelle, & douze
de Mademoiselle de Brancas,
Soeur de M le Recteur. Tous
ces flambeaux que les Amis
du Recteur mettent pour
marque de leur estime. sont
appeliezflambeaux d'honneur.
Aprés cela venoient
douze autres flambeaux aux
Armes de Mr Cenfi, Vice-
Legat d'Avi gnon, moins distingué
par sa qualité que par
son merite & par ses manieres
obligeantes, &il yen eut encore
douze de M le Cardinal
Bonzi, qui finirent l'ordre de
ceux que le Recteur fait porter
, pour témoigner sa reconnoissance
aux personnes d'un
haut rang. Six flambeaux aux
Armes de Mr l'Archiprestre
de l'Eglise Sainte Madeleine,
&douze deM de Verclaux
hpauriotissoient ensuite. Ces dixflambeaux
font de fondation
perpetuelle. Ils precedoient
ceux de M l'Abbé
de Tache, & de M.Jucriac,
tous deux Lieutenans de Recteur.
Chacun d'eux en avoit
douze. Les Recteurs des PenitensNoirs
& Blancs voulant
donner des marques publiques
de l'union qui cft depuis
unlong-temps entre ces deux
Compagnies ,
assisterent à la
Procession les uns des autres >
avec leurs deux Lieutenans,
& s'envoyerent réciproquement
douze gros flambeaux
avec leurs Armes. Ce fut icy
que furent placez ceux de Mr
l'Abbéd'Honorat, Chanoine
de l'Eglise Metropolitaine
d'Avignon, & Recteur des
Penitens Noirs? qui marcha
à la Procession des Blancs immediatement
après le Recteur,
avec le mesme habit
J blanc de la Compagnie & fee t
Lieutenans, comme avoit fait
le matin du mesme jour Mr
de Brancas
, avec ses deux
Lieutenans à la Procession des
Noirs. Trente-sixflambeaux
de M le Marquis de Brancas
Recteuravec ses Armes & des
rubans isabelle & bleu, fuivoient
tousceux dontje viens
de vous parler. Ils estoient de
vingt livres
,
à la différence
des precedens qui estoient
feulement de dix, & vingtquatre
Violons qui marchoient
derriere,faisoient entteennddrree
une agreable harmo- Dhannonie.
Douze gros flambeaux
de cinquante livres, ornez des
Ecussons du Saint Sacrement,
avec de grosses toufes de ruban,
aussi isabelle & bleu, furprirent
tous les Spectateurs.
Douze Prestres Confreres en
Pluvial blanc & un flambeau
à la main; deux Gentilshommes
en habit de Penitens,
portant leGremium d'une toile
d'argent en broderie d'or, &
huit Encensoirs d'argent,quatre
portez par des Penitens,
& quatre par des Ecclesiastiques
aussi Confreres
, precedoient
le Saint Sacrements
queportoit Mrl'Abbé Deyroles
de Roubias un des Confreres
?
grand Vicaire de Nir
l'Evesque d'Uzez, Parent de
Madamela Marquise de Brancas,
Femme du Recteur
?
tk
de Madame la Comtesse de
Rochefort
,
mariée avec Mr,
de Brancas Cerecte, toutes
deux Filles de Mr le Marquis
de Baye de la Maison desPorcelets.
Le Dais dont le fond
est une moire d'argent en
broderie d'or, avec des franges
or & argent) à quatre bâtons
d'argent terminez par des
bouquets de plumes isabelle
& bleu
&
6c des aigrettes, ctoit
porte par quatre Gentils
hommes Confreres. A cofté
duDaisonvoyoit deux grands
Fanaux aussi d'argent? chacun
de cinq cens ecus) appartenantàlaCompagnie,
& deux
autres Penitcns portoient
deux Girandoles de quatrevingt
bougies chacune
, qui
éclairoient merveilleusement
cet endroit-là, & le distinguoient
de tout le reste de la
Procession.Trois grands flambeaux
de soixante livres,&de
dix-huit pieds de hauteur, ornez
de quantité de rubans, finififoient
cette belle fuite de
flambeaux. Ils estoient aux
Armes de Mr le Duc &: de
Madame la Duchesse de Brancas.
On en avoit entremeslé
quantité qui estoient sans Ecussons,
&un peu moindres,
& la Processionestoit fermée
par Mrs les Viguier, Consuls,
& AssesseurenChaperon, suivis
de leurs quatre Valets en
Robe rouge, avec les Armes
ddee la VViillllee&& de llaaLLeéogaattlioonn,3, d'argent massif,& leurs masses
de mesme. C'est pour la
troisiéme fois que cette Compagnie
voit à sa teste un Re-
* cteur de la Maison de Brancas.
Messire Gaspard de Brancas
Baron d'Oise,&de Maubec,
le fut en 1610. Messire Georges
de Birancas
, Duc & Pair
de France, grand-Pere deMr
le Duc de Brancas d'aujourd'huy
,&de Madame la Duchesse
sa femme, futaussi Recteur
en 1654.&les Archives
fontfoy, que dans le temps
de leurs fonctions toutes choses
se firent avec grande pompe.
J'ay oublié de vous dire
que la Procession fut rangée
par vingt - quatre Gentilshommes
Maistres des cere- x
umlooniiieics seennhhaabbiittddeePPecnllilrtecnnss, )
portant chacun un bastondo- aux Aimes duRecteur,&
tout garny de rubans isabelle
& bleu. Outre tout le peuple,
accouru pour voir la Feste, il
y avoit une infinité de Spectateurs
étrangers qui furent
charmez de cebel ordre. Mr
le Vicelegat en fut surpris,
aussi-bien que Mr l'Archevêque
d'Avignon,quoy qu'ils
soient accoûtumez à voir de
grandes magnificences en Italie.
Toutes les ruës estoient
[ tapissées & pardessus les tapisseries
ungrand nombre de
Tableaux faisoient un tres
bel effet. Le Saint Sacrement j
fut salüé par quarante Boëtes
en sortant de la Chapelle, dei
mesme qu'à son retour. La j
Ceremonie estantachevée,Mr
le Recteur fit tirer au bruit 1
des Tambours & des Trom- :
pettes un trèsbeau Feu d'artifice,
qui formoit les Armes
de Brancas. Il en sortit quantité
de fusées &: des girandes ;
à la Romaine. Ensuite M de
Brancas donna chez luy un
magnifique Soupe à toute la
Noblesse,& à ses Officiers en
diverses tables, où il y avoit
! plus de cent couverts, outre j
-
b1
la superbe collation en.
ambigu
qu'il donna avant la
Procession à Mrs les Viguier,
Consuls & Assesseur, &: à toutes
les Personnes de qualité
qui voulurent tenir compa-
- gnie a ces Magistrats. Come
me les Recteurs ont toûjours
| ajoûté quelque chose de particulicr
à leurs Processions il
: y enaeu qui depuis quelques
[ années les ont dediées à de
1grands Seigneurs, & mesme
à des Souverains. Mr le Marquis
de Castellane estle premier
qui en ait donnel'exemple.
Il fit porter à la fin de la
sienne trois grands flambeaux
garnis de rubans avec les Ar*
mes de Madame la Grand'-
Duchesse Doüairiere, à laquelle
il la voüa. Mrle Comte
de la Suze dédia la sienne
ensuite à la memoire de HenryIII.
Roy de France& de
Pologne, & y ajoûta d'autres
gros flambeaux. Mr le Marquis
de Brancas voulant faire
honneur à sa Famille, dédia à
Mr le Duc & à Madame la
Duchesse de Brancas la ProcessiondelaCompagnie
dont
il estoit le Recteur, & ce fut
ce qui l'orna de tant d'Ecussons
des mesmes Armes, que
quand ses Amis n'auroient
pas pensé à mettre les leurs,
il y en eust eu assez pour rendre
certe pompe magnifique.
Elle receut un fort grand
éclat de cette uniformité, &
tout le monde avoüa qu'on
n'avoit encore rien vû de plus
extraordinaire.
Vous aurez esté surprise
d'apprendre que Mrle Comte
dela Suze, pendant qu'il estoit
Recteur,aitdédié sa Processionà
la mémoire de HenryIII.
Il faut vous direquel
motif l'y obligea. Ce Roy.
passant par Avignon,&trouvant
l'institution de l'illustre
Compagnie des Penitens
Blancs selonles regles de l'Evangile,
voulut profiterdes
Prieresqu'on y fait, & pour
cela il s'yfit recevoir comme
on y reçoit les autres
Confreres, dans les formes
prescrites par leurs Statuts.
Depuis ce temps-là on y a
chanté l'Exaudiat avec l'Oraisonpour
le Roy dans la
Messe aprésl'Elevation, toutes
les Festes & tous les Dimanches.
La reception de ce
Monarque se fit en 1574.le 25"
de Novembre, dans la mesme
Chapelle, qui est aujourd'huy
magnifiquement parée. Ce
jour, où l'on celebrela Feste
de Sainte Catherine, avoit
esté choiii par la Reyne Catherine
deMedicis, Mere de
Sa Majesté.Les Cardinaux de
Bourbon, d'Armagnac
,
de
Guise & de Lorraine, assisterent
a cette Ceremonie, avec
les Archevesquesd'Avignon;
d' Ambrun, & de Narbonne,
& les Evesques de Carpentras,
Cavaillon, Vaison&Digne,
lesquels n'estoient point veitus
en Penitens, mais dans -
leurs habits de ceremonie.
Plus de quatre cens Confreres,
habillez de blanc & le
visage couvert, estoient assis
chacun en son rang sur les
bancs qui sont dans cette
Chapelle. Toute la Cour suivit
l'exemple du Roy, & Sa
Majesté envoya à Messire
Loüis de Pontes, Vicegerent
de Sa Sainteté,& pour lors
Recteur de la Compagnie,
les noms de ceux qu'Elle vouloit
qui fussent écrits aprés
Elle parmy les Confreres. Ce
futM le MarquisdeNeuville
,',.qui en porta 1 ordre à ce
i
Recteur de la part du Roy.
Voicy comment ils furent
écrits, selon l'extraitqu'on en
a tiré d'un grand livre qui se
conserve avec foin dans les
Archives dela Compagnie.
Madame Catherine deMedicis
,
Mere du Roy.
MonsieurFrançois, Frere
du Roy.
Monsieur Henry, Roy de
Navarre.
Henry
,
Duc de Guise.
Charles, Duc du Maine.
Charles, Duc d'Aumale
Le CardinaldeGuise.
Charles,Marquisd'Elbeuf.
François, Marquis de Nomeny.
-
nRené-,Myarquis- deN.ome- René, Chancelier deFrance,
depuis Cardinal.
JacqJu. es, Duc d'Uzez.
LéonardChabot, Grand
Ecuyer deFrance.
Jean de Morviliers, Evesque
d'Orléans.
Loüis deS.Gelais,Seigneur
de Lansac.
Sebastien ,
Evesque de Limoges.
Philippe Huraut Seigneur
Àç Cheyerny
,
Conseiller du
Conseil Privé, & Chancelier
de l'Ordre du Roy.
François Chabot, Seigneur
de Brion.
Gilles de Souvray, Maistre
de la Garderobe.
Henry de Gilly,Comte de
laRocheljîjfion.
De Chateau-vieux.
1
r De Bacqueville.
r D'Jnteville.
Chemeraut.
: Les quatre Castelnaux.
Le Baron Cerny
Loüis Pico de laMirande.
Nicolas deNeuville.
Pierre Bruslard, Secrétaire
d'Etat.
Claude Pinard, Secretaire
d'Etat.
Saint Suplice.
Pierre de Castelnau
,
Sr de
la Malesiere, Chevalier de
l'Ordre du Roy, & l'un des
cent Gentilshommes de sa
Maison.
Guillaume Ruzé, Evesque
d'Angers.
Nicolas de Biafemo Baron
de Nesle, Grand Prevost
de laMaison du Roy.
Thomas Gourte,Valet de
Chambre du Roy.
Dame Anne Ruzé, Soeur
de Ml'Evesque d'Angers.
Pezot,
-
Grand Prevost de
Languedoc,
De Larnaud Fourbin, Abbé
de Sainte Foy, & Prédicateur
de Sa Majesté.
Pierre de Mante, Secrétaire
de Mrle Cardinal de Bourbon.
Jacques deVerguettes,Maistre
d'HosteldeMrleCar- dinal.-' i
-
Antoine de laLongue,
Gentilhomme de la Chambre
du Roy.
En ce temps-là chaque Penitentportoit
un foüet à sa
ceinture. C'estoit proprement
une Discipline. Celuy du Roy
futfait avec delasoyeblanche
& du fil d'argent. Les
rosettes estoient deD pur or, r
&lesArmes de la Compagnie
travaillées el). broderie,
-
furent mises sur lemanche.
Le Redeur le presenta à ce
Prince, après luy avoir donné
l'habit, & luy dit, que
comme le Sauveur du monde
chassa les Marchandsau
Temple de Salomon,la Compagnie
prieroit Dieu incessammentqueSa
Majesté pust
chasseravec son foüet toutes
lesHeresies de son-Royaume,
'& triompher de ses Ennemis,
Le Roy Henry III.pendant
son sejour dans Avignon, ne
manqua à aucun des Offices
de la Compagnie, & assista
mesme à celuy de la Passion,
qui se dit les Vendredis à
neufheures du soir.Il ychantoit
comme les autres Con-
1 freres. Il ordonna une Procession
generale, où toutes
les autres Compagnies des
Penitens assisterent,& dans
laquelle celle des Blancs
,
où
estoit le Roy, eut tous les
honneurs. Sa Iv!ajcfié.iy porta
la Croix à son tour, avec les
Princes, Cardinaux, & grands
Seigneurs de la Cour qui
l'accompagnoient. Quelques
jours aprés que cette Procession
eut esté faite, le Cardinal
Charles de Lorraine, qui avoir
aussi porte la Croix, tomba
malade,& mourutdans la maison
de Gadagne. La Com-'
pagnie des Penitens Blancs
alla à son enterrement, comme
à celuy de l'un des Confreres,
& son corps, en attendant
qu'on le pust porter à :
Guise, fut mis en dépost dans
l'Eglise des Dominicains, où ;
la C<Dompagnie luy fit faire un
Servicesolemnel avec Orai- ;
son funebre. Ce qui obligea
particulierement leRoy de s'y
aire recevoir Confrcre
, ce fut
qu'estant arrivé à Avignon il
apprit que le 12. Juillet 1574.
cette Compagnie avoit fait
faire un tres-somptueux Service
pour le repos de l'ame
de Charles IX. Roy de France,
son Frere, qui avoit esté receu
Confrère le 11. Octobre
1564. avec Anne de Montmorency
, Connestable de
France, & Honoré de Savoye,
Comte de Villars. La Chapelle
fut toute tenduë de fin
drap noir du haut en bas, aus-
si bien que celle du Conseil
avec des bandes de velours 6c
de satin noir,&les Armes de
Sa Majesté par dessus. Il y
eut aussiune tres-belle Chapelle
ardente. Le Cardinal
d'Armagnac
,
Collegatd'Avignon,
y officia en habits
pontificaux. Le grand Amiral
de France le trouva à ceService
avec l'Archevesqued'Avignon
?
les Evesques de
Tolon &: d'Orange
>
les
Viguier, Consuls & Assesseur,
& plusieursautres notables
Personnes. Il y eut un
tres-grand Choeur de Musioque
dela Compagnie des Penitens,
& l'Inquisiteur de la
Foy y prononça l'Oraison funebre.
Tout ce qui regarde la santé
est toujours si bien receu ?
que je croy vous faire un fort
grand plaisir aussi-bien qu'à
vos Amis, de vous envoyer
une seconde Lettredu [cavant.
Mr de Comiers sur laMédecine
Universelle. Un loiic
discours
? quand mesme on
n'y trouveroit qu'un feu1article
d'utile,seroit recherché.
Et commentces Lettres ne le
seroient-elles pas, puifqu'elles
font pleines de choses nouvelles
& curieuses, & dont
chacun peut tirer des lumieles
avantageuses pour conserver
sa santé.
SUITE DE LA MEDECINE
UNIVERSELLE,
Et l'Art de prolonger la Vie; IE njdtis ay fait 'voir,Monsieurjparl'HifloireJainte
&
propbane, que dans tous les âges
du monde ily a eu des hommes
quiont<vefcuplusieurs fiee/es,
d'où il ejlfacile de conclure qu'il
nesi ptt) irnpoflible de njrcreaussi
long-tempsqueux>&que Louis
Galdo, a^é de quatre cens ansy
riefl pas une Fable. Voicy tn
quels termes la Galette de Hollande
du troijiémeAvril 1687.
en a parle.
EXTRAIT D'VNELETTRE
de Vcnifedu 7. Mars 16Î7.
Ily a trois mois qu'il disparut
d'icy un certain hom-
1 me nommé Galdo, âgé de
ZD quatre cens ans. Il portoit
avec luy son Portrait fait par
le Titien, qui est mort il y a
cent trente ans. Vous pouvez
juger par la que ce grand
homme a possedé la véritable
Médecine Universelle
, pour
avoir pûseconserver en parfaite
santé-pendant un silongtemps.
Ce ne sont pas des
contes fabuleux, il y a icy - -des témoins dignes de foy
quiont parlé avec cet lionime,
qui ne s'est retiré d'icy,
<i°e parce que l'on commençoit
à parler de luy, comme
d'unhommequipossedoit la
véritablemerveille d'une
science si sublime. Les Curieux
sont interessez à s'éclaircir
de la verité de cefait; Ôc
à nous en donner avis, afin
d'en faire part au public.
Jedis quece Galdoapprolongersï
long-tempssavie,ou sans
aucune Meàecine} par un bon rerime
de vie} par un exercice mo-
Acre3 &parla Çu^ur3 ou par la
Médecineuniverfalle.Dc tous les
Proverbes leplusveritable est celuydcs
Latine pluresgu!aoc.-
cidit quam gladiusjilenpérit
plus par ïexcét de la bouche que
parl'épée. C'est pourquo..yje commence
d'abord à pnjerire un re"
gtiemnetvdievvrieelonàguveemuxentqeuniJfaonubtea;i- &
demande quilsJoientvenn\
au monde avec un corps bien ornife
j qu'ils ayent un cfpritJain.
dans un corps Jain
,e qu'efiant
d'une humeurgaye
j
ilsfoient des
hommes sans pajjions déréglées.
Voicy ce qui est à objerver par
celuy qui aura cette heurenje
conflitution.
Il doit s'abstenir de manger
dans un mesmerepas diverjes
fortes de viandes, & d'uftr de
dijjcrens breuvages.
Il doit bien mâcher tout cr
qu'il mange 3
parce que la mastication
cf,une premiere diçejlion
par le moyen d'une humeur acide
qui fort parles glandes Jalivales
&petits trous de la mâchoirefu-
Prrieure
„
qui font proches des
dents oculaires.
Efiant à table il mangera alternativement
les viandes ou
fruits humides &fees.) gras &
maigre, l'aigre après le doux, &
les choses froides après les chaudes)
& au contraire ; car par
ce moyen l'excès de la qualité
d'une viande fera corrigé par la
qualitécontraired'une autre.
Aprés avoir bli largement ou
mangédes pommas* il mingert
du painfc, &pour remedi-r au
trop de vin 3
il mandera quelque
\çhofed'acide? ou prendra du jus.
decitron aigreJparlequel ilfera
délivrédans le moment mefene du
hocquetle plusfâcheux& leplus
opinidtreJ car il vient ordinairement
après le rePMJpar trop de
replctionJ ou par inanition,Que
s'il Je fent encore échauffé par le
vin
j
il usera de choses raferaîchife
seantesj & ne prendra rien d'échauffant,
qui luy caufeeroit des
ft<vres ardentes. Ainsi l'Eau-de
vienessbonne que pour renfircer
l'estomach
>
gf aider la digession
lors qu'on a tropmangé;
mais elle efl dangereufee lors qu'on
e&f-ldé'achilaluefuférpso>ubriaevnoqiruterïoFp,aub-edu>evie
*i)léJoitunexcellentremede topique
ou extérieur, Jon usage en
hoijjonayant eslé introduit dans lAmérique
3
ces Peuples ont,
comme nous3abrégé leur longue
vie.
- L'on ne doitfaire aucun exercice
violentj à moinsqu'il n'y
ait necejjité>mais ," comme ondit,
ad ruborem, non ad fudorenv,
pour exciterfeulement la chaleur
naturelle3 Rouvrir les pores,
afin que la nature Je décharge
partranspiration.
Efiantfort échauffé & prefé
de laf?if)on doit bien Je n%irdcr
de paffer dans un lieu fivid
,
de
demeurer immobile3 de découvrir
[on eflomachjd'oslerfiaperruque,
& de boire auss-tost. On boira
plùtofl du vin pur, que de l'eau
qui pourroit eauferune Pleuresie.
£hic si on ejla la campagne ou il
riyaitpoint devin, & qu'on
ne puijfefiouffrirlafoisplus
longtemps.)
on prendra de Veau goutte
d goutte par~r'non
far fréquentes gorgées
En fortantdu lit, on ne s'fXpoferapasd'abord
à la fenejlrc.
ny alairfroid
> car tout changementfouaain
efi dangereux.>omnis
repentiiu mutatio périculofa.
Si dansla rigueur de l'hyver
i on a le nez 3
les
mains ou les
pieds comme gelez
, on doit Je
garder de lespresenter
au feu
3 nj de les tremper dans de
l'eau
|chaude> car ces membres ne paf- Jeroient pas impunément de lextrémitéd'une
qualitéà une autre
contraire. On entrera donc dans
une chambre un peuéchauffée, OH
dans une (curie3 afin de rappeller
peu à peu la chaleur naturellepar
une chaleur externe dr moderéej
Autrefois en voyageantpendant
~f
fo
l'hyvery b je trempais tous les matins
des chauflÕns de toile dans
Je lefprit de vin, & j'avois
foin que mes bottes fussentfufjifamment
larges, afin que le fang
pufl l11ibrement couler jusques a
l'extrémitédes doigts despieds>
que jeremuoistrès-Joutent.
On ne mangerapom les premieres
fois que peu de fruits
nouveaux, afin que l'estomach
.> N 5jy accoutume peu a peu 5
de peur
qu'une grande quantité de nouveau
suc alimenteux
, nexcite
tout a coup des fermentationss
d'où procèdent tant de fièvres
dans la nouveauté des fruits, ou
lors qu'on en mange3qu'on n'a
pas accoutumé de manger. Il est. -/j- r <yray qu'ily a de certainsfruits
dont on peut manger en quantité„
parce qu'ilsfont moins de
sucnutritif
On observent enfin que le
prompt changement de vivre Cft
ordinairementsuivy de maladies
dangereuses; a quoy les Voyageurs
font sujets. ,Pour,vivre long-temps3 sri on
ness Pas Pitagoricien en la boiffon3
on doit du moinsuser de vin
moderérnent. La très-bonne
eau,
nejjllfaamvoeiunrs.pesante3sansodeur> Nousdevonsàl'Em- pereurNéronl'invention deboire
( 1" l l J ,t Uv. 1 Li,
sr r s•il ,; ô'
l1) eau epureeparl!a ) d}; jini'ai\'on.(^f
) ~-' ..c .J" 'l' puis -'f refroidie Li :j'1C') .,." ; elle '- ;,;,/ ;,., ,.," 110' j
fait mourir a rinstant cette prpiniere
ou poche de vers qui s'engendrent
dans rcflomach. Le
Jeavant M. Perrault, de l'Académie
Royale des Sciences, en délivrauneReligieuse
comme par
miracle. -
Le dormireslans absolument
necejjaire à la vie., lefommeil qui
est l'imagedelà mort, doit eflre
doux& tranquille.Ilfaut, comme
disoitApollonius Thianeen i
Phraotes, Roy de l'Inde
J ne pat
dormir du bout des paupières
3 maisdormir de la pensee, ce qui
nepeut arrivera ceux qui boivent
du vin, dont la chaleure
les fumées font remuer contiil
nuellement&changerlesefteces.,
ce qui l'si caussequ'après le sommeïl
ils Je trouventfati!ut':( par
tant de refiveries: au lieu que
ceux qui ne boivent que del'eau, (j'enparle par experience) dorment
d'un Jommeil plus deux, e en dormant ont la penfice si
nette ($fsi tranquille, qu'ilsapperçoivent
touteschofies en U
propreforme quellesdoivent être;
&leursommeiln.est ny legerny
fefiant, ny trouble de vaines il-
Lufions. C'est pourquoy.) comme
dit Apolloniuscbap. i. de fiavie
par Philojîrate,
les
Prejfres du
divin Amphiaraus ordonnaient
aux Rongeurs qui venoient daiïs
fonTemple au territoire J,'Ar/:cnesJ'abjlineuce
du vin pendant
troisjours
3
parce que leursfoncc-
eess du .mnatti-n"Je"fi"tr;i!t ptlu.s,.ne.'s) ils y croyoient quelque chef de
divin
> &en donnoient desinterprétations.
Il efipourtant vray qu'un I""Jer..
re de vin pris d'abord qu'on met
lateflesur le chevetAagitant les
e¡¡eer:spar(esvapeurs}cmpe(che
lacontinuelle application delesprit
a une mcfmechose 3&precure
parconsequentce fommrïl3
ce r<.'C par te confed de A4. le
ï" ,.., "j' (, /1,
7
:
Hier
j
Mbiifred'Estat3 r'¡¡J Ul t .J .L V..L t'" ') , C .L-j' ,,;, t-, v;
depuisChanc-elier de Yrlince,,
fexperimentay en 1660. ejlant
échauffépar les viandes de Caresine>&
par la fatigued'aller C77,.v-veenn¡ririznncctj;j¡aJmamm,ncncnt t'ê1i,A'1vi--
yjicnAOrangepourletraitéde ie Li reddition de cetteplace entre
les mains de Sa Majesté.
Les Medecinsdans leur Art
long
>
qui fbwvent procure une
corfrle1Jiryfont projrjjton de trois
choses
-)
qu'ils appellentDiagno~
[tiquej ^rognofliqnej ü Curation.
cpar la Diagnoflique ils pre-
-~
- tendent connoijirelaeauje l'orij
orzgine
& le lieu du mal.
ParlaPrognostique&Curation
ils donnent biensouvent des remedes
dont l'effet est contraire a
leur attente,maisc'essassez,puis
-
qu'ilfaut,comme il est dit dans
Ix fainte Ecriture
y
honorer les
Médecins pour la necessité.
Voicy contre le premierAphofifmc
-
d'Hjpocrate, un Art bref
pourrendrela"vielongue
- Ilfaut des le commencement
de lA maladie apporter du remede
, comme dit le Poète.. i
Principiis obsta, fero mc- J
- - dicina paratur.
n^our laDiagnojriquejondoit
*bfer<verce que ['onfent de noa- j
veau& de non aecoutume, foit
dans Ie tempsquon est en profond
repos9foit lors quon prrnd Jon
repos>foit LorI quon est dans les
exercices ordinaires. On áùit rncore
observer,
Si ce chanzement eu altera*
tion arrive Itfoirapres Ie trAvAil.
ou le matin en se levant> Auqutl
casil estplus a craindret d'dutant
que le sommeil @J le rrpos, par
[ehurls nous reparons nos forces,
fontordinairement suivis de plus
defante&devigueur }
st dans
les trotspremiers cos on fent une
ccrtaine pesanteur dans tous les
membres siI'appstit manque
tout-à-fait.
Lors que dansfan transail'of-.
dinaire on Jcnt ses forces abbatles,
je dis que cettc languctir&
p fanteurde memhresprovientde
trp defientttritif qui Je trou-ve
d ins les vijeeres de cbaque membre,
C'ejlpourquoy on nepetitI'en*
fairepyrtirque par rranjpiration
insensible ou sueur, que ton pro~
cureen aidant la chaleur naturelic
par la chaleur externe; ainjì la suieurprocuree a temps,garantit
d'une maladie procbaine. Onse
d v tiendra pour cette fin tranqudle
&immobilesur les reinspend.tnl
une heure dans des draps hen
Manes & cb.uijj-e^>entredeux
f; ancJ v co utj, (") ..t,.!I.. a.x
lits de plume,riayant que le riJi-
Jkge decouvert:&Ion ne Jortira
du lit que demy-bcure aprcs avoir
fué. Si on fail la mejme cboje
pendant plusieurs jours de suites
iappetit & la njigueurjeretabliront;
on se Jentira gay & dijpos
de tous lesmembres, carpar cette
jueurJans tourmenter&ajfoiblir
la nature , on purgera les visceres
detouteJuperJluite^ ce qui nepeut
arriver par Aucune medecine, st
ce n'efl par la Afedecine uninjerpile
j que nous enjeignerons dans
un autre article.
PourJeconjtrver en fanteon
pratiquera cette maniere deJuer
trou'foist'annee^dans l'Automnes
dans I'Hjver> 0* dans le Printemps.
Si I'appetit 'VOU$ manque en
wotis mettant a table dans le
Printemps ou dans L*Automnc>
mange^pcu>&faitesplusd'exercice
cjHa/'ordinaire. S'ilvous
manque tout-à-fáit,&que 'VOUl
jentie^ bondir uojlre cceur en
njoyant les njiandes,foyev^njingtquatre
heuressansmanner, promene^-
vous, & aidcx un pea
la chaleur naturellr.
Mange'{ feu d'alimens qui
font beaucoup de Juc nutritif;,
dont le trop ejl ordinairement U
I
cauft des fienjres, comme dufF de
I'Epilepsie aux Enfans, de laquellefontexrmpts
ceux q'li'vomissentjowventj
parce quils rejettent
ce trop defuc nutrittf.
Enfermentant&augmentant
la qumtite dufangcause la fieiire
aux jeunes fl'rfonnes;, @f les
lieillards qui ont accoutume de
fnener une *vie regite
, & d'observer
une espece de diette) sili
frennent trop d'alimens
3
se sentent
d'abcrd la tesie pefante3 qui
ejl un fìzne avant-coureur de
tApoplexie> a causeque par une
prompte &grandeaugmentation
de ce suc nutritif3le Jang monu
•'
tant abondammentavecviolence
au cernjeaa3 rompt les petits &
[plus tendres rameaux des ueineSj
(*r ce Juc sereux s'épanchitnt.
dans le cerrJeau) presseles nerfsx
empejcbe l'écoulement des ef
prits, quifont, comme dit Fernet>
le njebicule de la chaleur
naturelle
:I
dont I'extinction causè
tamort3s'il nyejlpromptement
remedieparlasaignee & par la,
Jueur.jdautantque par laJaignee
on diminue la cauje
> & que la
chaleurdu litfait que lesseines
du cerveau samoliffent> s'etendant
sansje rompre.
Des le premier presentment
du maiIden dIo, itcounrauxreme*
des, pc.irprevenir.&eviter line \.- L-') j'l v-. --/ l. VII
loyi•7':Y mAddie ll jaut d'abord
conjidererlaquahtede lair que
n/un)s 1rcjl'irons> & des ahmens dont nousujons>ainjIti; que Ilessas
cd~e't no(Irechaleur naturelie, ta.. I c
l aleltr naturelle
,
la.~
-
quelle -vivisse tous nos membres >
afin de reconnoitrequelle conftitutian
d'air
3
Ø quelle nature
cfalimens nousfont lesplus cont;'
I.;cnablcs; (&r de quelle maniere
enpent aider la cbaleur naturelle
à chasser la cause morbifique au
dehors des I'ifccres3 &au rccntrieule
de tous les membres.
Pour cet effet cba fìflèz ttn lieu
OH I'airfoittranquille&ckaud,
mais Jans aucune odeur fâcheuse.
Les lieuxexpoje^auxvents
font malJains, bien que les lieux
trop chauds
, & ceux OH l1air (st
plein demauvaijesvapeurs^ayent
bifoin de vents pONry apporter
un airnouveau.Ainji ait-on de
la faille d'A'Vig,non
,
Avcnio
ventosa) fine vento vencnofa, J
J**y remarcjuedans mon Hoiru j
me artificiel
, ou Prophetc
Physique du changement de
temps,quevous trourverez dans j
le MercureGalant du mois de
JSdars 1683. combien la Jcience
des ventsejl necejjairepournojtre
santé,puisqu'aurapport de Vitruvedans
le Chapitre 6. de son
premier livre d'Architecture,les
ventsde Midy @J de Corus CttUsoient
des maladies incurables,
comme Toux, Phtisie, douleurs
de nerfs aux jointures, aux
Habitans de la belle Meteline,
Metropolitaine de l'Isle du mesme
nom,qui se sentoientsoulagezdés
que le vent Tramontant
soustoit.
On neserapasfâched'apprendre,
que lors qu'il vente,onsent
revivre lesdouleurs desplayes&
-
autres douleurs, parce que l'air
externe estant moins pesant, les
humidite^3 & l'air interne enferme
dans les njifceres
j yentre
cuir&chair du membre afflige
3 eslans moins prejgé
3
se dilatent
danjantage par sa yertu elaflique
on de rejJòrt, font effort,&pouf-
Jent les parties qui les enferment.
Lors qUe les maladiesfont Ion:'
gueSjil faut transporter le Malúde
dans un autre appartement>
cwvrir les fenefires
3 & arrojer
souvent avec de teaufraische la
chambre qu'il a quittee„ changer
de meubles& enfinbienpurifier
& rencuvellerI'^ir de celie
cbambrc) aprts quoy or:yrappertera
le Mdlade. C'est pour eel,
que la Nature) soigneuse de st
conferrcer3imprimeJouventaux
Adalades le defìr de changer de
lit, ce option ne doit pas leur
refuser.
Lors quun Adalade commence a
se mieux porter
>
il a ordinairement
en-vie de manger quelque
ehofed'aigre. AufltJonusage moderé
luy est tres-ftlutaire ; la na-,
ture fait venir tappetit des choses
qui luy font necessaires ; &*
celaestsi vray3 que bien foumtnt
des A4alades ont recouvre
leur fante paf l'usage modere
des fruits cu des viandes que
les Medectns leur avoientdefendues.
Enjinladiette&laJueurfont
une ejjtece de Aiedecine univer-
Jelle
j car la Nature en toutes
chofts doit estre no(Ire MaiftnJJe,
Øcesi d'elleque nous denjons apfrendre
les moyens de nous confewer
en fanté.
Dans IEnhance la ckaleurnaturelle
eslans njiflorieufe
3
jette
au dehors dans la VeroUe& dans
la RougeoUe, par la transpiration
vu par iesJueurs
, ce quJilY a de
suc nutritij-corrompu3 & d'au-
Ires Ïinpuretez; & lors que cette
thaleurjetrowve afFoiblie (~r~"
rnlnuee
, nous la devons exciter,
afin quelle produise les mesmes
operations &evacuations,quand1
noussommes dans un age avance.
La Danfeje jeu de la PauLme.
la Chaffi
, & les exercices d'ar~
mes excitent la chaleur natureHe
a faire cette fonthon de jetteran
dehors par la sueur> les fuperflutter
de toutes les visceres des
membres. CJeftpourquoylesPay*
sans
, qui font ordinairement
dansle travaiUviventplus longtemps
i Ø confermentleurfante;
car comme ils ne fontaucunedébmche,
ils ignorent cc que cesi
que laGoutte.C'cft ce qui a jait
dire a Scnecjue
,
dans fin Hypolite
acle I.
In Penates rarius tenuis
subit
Hæc delicatas eligens pestis
domos.
Enesset la Goutte fuit orrlinainment
les Femmts & les
patt-vres Adend'res3 &Je love
dans les maiftnsort l'on Jaic
grand' chere. Aujji e/f-:I roray
qae jamais homme de travail ne
Je plaindra comme Herode CÙln
cfTe opoftet, manus non habeo;
oportet progredi? non
funt mihi pedes. Oportet do
J 1ere,
Icrc, tune & pedes mihilunt
& manus.
Comme toute subite mutation
ef] dangereufe3 ceux qui de maigres
deviennent gras.) doivent
prévenir la Goutte par laJueur.
Les ftatuofitez
3
la Colique,
&lHjdropiJte se gueriffint par
la jueur.LePejtijeré> enquila.
Nature par l'effort quelle aur&
faitj aura déja commencé à jetter
en Bubon levenin au dehorsM
fera infailliblement délivré par
une forte sueur. J)en dis autant
pour guerir les Lepreux; parce
que sionaidr fortement la chaleur
naturelle
>
elle achèvera de
jetterait dehors toutes les fupcr-
.#uitez & impuretez.C'est pour
cela qu'on tient tres-chaudement
ceux qui ont la V-rrolle ou la
Rougeolle-,& qu'on aide lachaleur
naturelle par des confections
d'Hyacinte, d'Alksrmés>ou de
Theriaque.
La Taralyfie
>
après mesme
quori a perdu la parole, est guerie
par la sueurabondante. Ilen
eû de mesme de l'Apoplexie, si
ton commencepar la promptesaignée.
JIen fautuserd: rtmime
forte pour le tremblement de tefie
& des mains> qui est un indice
de quelquerupture de rameaux
Je veine dans le cerveau3 dontle
fang extravasé, pressant lesnerfs
dans leur origine, ne permet que
par intervalles l'écoulement des
ebsoPnrnites. Le seul remedeefl une
diette
, & la fréquente
sueur
y
Afin que ce fang sereux
tpanchése ÆJfipe. J'ay veu des
parties douloureuses @r àffilgéc*
de Rhumatismes guérir en les exposant
durant plusieurs heures
aux rayons les plus ardens du
SoleilctEjle.
La meilleure nourriture qu'on
puisse donner à un Maladefefait
de jbonnes viandes & de facile
dicreftien>efiant coupées par petits
morceaux, &les osmoelleux caf
fez bien menu.) & le tout bien
pilé dans un mortier de marbre,
,
& cuit ensuite a feu lent, après
y avoir ajouté ce que l'on jugera
à propos pour lefaire reposer &
osterses infomnies3 pour tenirson
ventre libre, &mefine pour luy
donner legoufld'aigre, de doux,
ou relevé
,
suivant son ttppetit.
rpaJJez le tout par un linge,
vousen aurez, comme on ditja
quinteffehce dont le Malade ujera
pourson manger &poursa boissonyen
le rendant à sa volonté
plus épais ou plus liquide. Ceux.
iui voudront retenir dr conferverdans
les bouillons le Jelvolatildes
'Vitindes)qni en eflla meilleure
partie, auront recours au
livrede lamachinedeM.Pa-*
fin, pour amollir les os
3 &
profiteront de l'avis quej'y ay-a*
'fout~é.pourrla~rendrcefaci~lejd!am Michalet. Je vous parleray une
autrefois dela facile @:r afpurée
wcormfp&efjitiloned.e la Afedecine uni- COMIERS,
Prevost de Ternant.1
La solemnité qui s'est faite
à Argentan,VilledeNormandie,
pourla Translation des
Reliques de seizeSaintsdiffe—
-
rens, a esté trop remarquable
pour ne vous en pas donner le
détail. Le Pere Jerôme
, Capucin
dela mesme Ville, les
ayant obtenuës de Sa Sainteté
pendant le sejour qu'il a fait
a Rome, elles ont esté distribuées
à plusieurs Eglises, &
ceux qui ont eu le bonheur
d'y avoir part, se font reünis
pour en faire la ceremonie.
Le16. du mois paffé ayant esté
choisy pour cela, Mdu Pré;
Grand.Vicaire & Official de
Sezle Siege vacant, vint ossi
cier à Argentan. Il ordonn
d'abord que les Chasses, qui c
toient au nombre de huitsussent
mises en depost dans l'Eglise
des Capucins.Elleestoit
d'une propreté & d'unedécoration
admirable , quoy que
conforme à l'estat preferit par
leurRegle.TroisgrandsAutels
dontles ornemens montoient
jusques à la voûte , en oçcupoient
tout lefond. Des deux
costezonvoyoit six grandes
pyramides quis'élevoient jusqu'à
la mesme hauteur, &
entre chacunede ces pyramides
estoient quantité de Devises
à la gloire de ces Saints,
- le touten0vironné delumières
en si grand nombre, qu'or 1
en estoit ébloüy. Tous le
ornemens de l'Architecture
quipouvoicnt porter deslampes
ou des pots defleurs, en
estoient remplis. Il n' y avoit
mesme aucun bouquetoù l'on
n'eusttrouvé le secret d'en
attacher, sans que l'on pust
découvrircommenttoutesces
lumières pouvoient sortir du
milieu des fleurs. Les murailles
estoient ornées de tresbeaux
Tableaux fcparez par
des Cartouches de même hauteur)
dont les bordures auffibien
que l'écriture, estoient
formées de lumieres. Chaque 1
cartoucheexprimoitunedes
vertus des Saints dont on honoroit
les Reliques. Le premier
qui sevoyoit en entrant
contenoitces mors, La grande
Feste est dans le Ciel. Toutes
les fenestres de l'Eglise estant
bouchées, ce grand amas de
lumieres qui brilloient de
toutes parts,faisoit un effet
-
des plussurprenans. Le Clergé
seculier & régulier se rendit
danscette Eglise, & après plusieurs
Motets chantez en
l'honneur des Saints, on leva
les Reliques, & la Procession
commença. Les Musiciens j
marchèrent d'abord? & quan- i
tité d'Instrumens sefirentenrendre.
M le Comtede Gran-
CC,, Gouverneur de la Ville,
parut immédiatement après I
les Chasses. Il estoitaccompa- -i
gne de tous les Officiels, &de <
tout ce qu'il y avoit de Gardes
du Corps dans la Ville?
1
qui estoient venus joindre leur
Eietéicelled'unpeuple nomreuxJque
le bruit de cecic
Feste avoit attiré des lieux,
voisins. La première Station
qu'on fit, fut à S. Germain,
qui est la principale Paroisse j
de la Ville, Toutes les Chasses
y furent posées &: le Pere Michel
Ange, Gardien des Capucins?
y fitun tres- beau Sermon.
Il dit qu'ilsembloit que
le Ciel réglait sa conduite sur
celle de la terre, & que comme
on voyoit les Nations
Etrangères venir en foule se
mettre fous la protection de
Louis LE GRAND, de mesme
la multitude des Chasses qui
paroissoient dans cette Cérémonie,
pouvoit donner lieu
de dire que les Saints s'empressoient
à faire apporter
leurs corps dans un Royaume
d'où ce grandMonarqueavoit
banny l' Heresie, en forte que
n'estant pluspermis à personne
de douter du culte qu'or
doit aux Reliques? les Prédicateurs
n'avoientplusbeloin
d'apporter des raisons à leurs
Auditeurs jour en soutenir
l'usage Le Sermon fut suivy
de quelquesMotets que l'on
chanta, la Procenion continua
dans le mesme ordre.
Plusieurs jeunes Gentilshommes
vertus en Anges mar- :
choientautourdesChasses, &
portoient de gros flambeaux •
de cire blanche. On alla aux •<
!
EOglisesoùcesChassesdé- où ccs Chasses de
voient estre biffées
, & l'on
commença par celle de Madame
d' Almcfchcs
)
Fille de
feu Nil le Maréchal de Grancé.
Cette digne Abbesse qui gouverne
sa Maison avec la plus
exacte régularité, fit paroiitre
sa magnificence dans la deco- t
ration de son Eglise. Les ornemensenparurentfifningguu--
, liers
,
&les charmes de sa voix
) furent un nouveau sujet d'admiration.
Sa Communauté
estune de celles de France ou
il ya des Filles qui chantent
le mieux.Elles s'animèrent
d'un nouveau zele dans cette
Cérémonie) qui fut continuée
par l'Eglise de S. Martin, par
celle des Religieuses de Sainte
Claire, D par celle des Jacobins,
par celle de S. Thomas,& finit
comme elle avoit commencé
parcelle des Capucins.
Le soir) les Habitans firent
préparer un grand Bucher devant
la porte de la mesmc
Eglise. Mrle Grand-Vicaire,
revestu de ses ornemens) &
précédé de quatre Acolites, <
chacun un gros flambeau de
cire blanche a la main, alla y ;
mettre le feu, & il entonna
le Te Deum, qui fut chanté
par tout le Clergé. Les Trompettes&
les autres Instrumens"
qui s'y trouvèrentUnirent la
-
Ceremonie par l'Exaudiat &
par les Prieres ordinaires pour
leRoy.
Le Comte de Tekeli a joue
depuis dix ans un si grand
Personnage sur le theatre du
monde3que vous ne ferez pas
fâchée devoir le Portrait d'un
chomme dont vous entendez
tous les jours parler. On en a
frapéuneMédailléJe l'ay fait
gravet5 & je vous l'envoye.
Vous allez estrefurprifc.,
Madame de. que vous connoissez,
& qui a pris si souvent
leparty de la Constance,
ne peut plus blâmer les Inconstans.
Elle est charmée des
Vers que vous allez lire. Le
tour l'en a ébloüye, &elle se
rend aux railons qui favorisent
l'infidélité, parce què
l'Autheur les a exprimées
d'une maniere agreable.Voi- a ce que c'est que d'avoir
beaucoup d'espriti on vient à
bout de persuader tout ce
qu'on veut. Lisez ces Vers, &
m'enmandez vostre sentiment.
SUR L'INCONSTANCE.
LA Confiance& la Foy nesint
que de vains noms,
Dontles Laides & les Barbons
Tachent d'embarrasserlajeunejje
ditle, cre-
Tour retenir toujours dans leurs liens
affreux,
Par lescharmes d'unfauxscrupule
Çeux qu'unjuste dégoufi a cha/fez, de
ebez-eux.
Cupidon fous les loixt de la fimpk
nature
Régit tout. ce qu'il faitsoupirer icy
bas
,* ilne punit jamais rebelleny parjure«
C'ctf un Empire qui ne dure
Jgju'autant que les Sujetsy trouvent
des appas.
Des qu'un objetcesse deplaire,
,
le de plaire,
Le commerce amoureux aufjl-tofi doit fnir,
Le refpett des sermens »n''eefjll pplluusr
qu'unechimere,
Laperte du plaijirqui nous ks afait
faire
Nous âifpenfe de les tenir.
L'amour de fin dessin efi toujoufs
seul le Maiflre
Etsans , que nous fçachions ny pourquoy
ny comment,
Comme dans noflre coeur à toute htNrIilpeut
naijtrc
en lellt malgré nous sortira tout
moments !
Vlfjc qui par fijagcjfe
Fut" si cclebre dans la Grece ,
- ~q,u'amoureux (:l' bbi'en traité,
Rtj,:'samalgréfa t'.ndrcfjc ".)I;J~l Î,v",è ,Il '.n rtl/'
D'accepter l'immortalité
A la charged'aimertoujours une Deljp.
Aimez, tantque l'Amour unira <vov
esprits
, Mais ne vous piquet point d'une
folle confiance,
Et n'ttttendez pas que l'abfcnce
Ou'1les ddélgousfil:s '1
, ou les mépris
Vousfijfhnt fairepenitehce
Des plaîsirs que vous aveT^pris.
Quand onfent mourirsi tcndrcjfe
Qu'onbaaillcauprès d'une Maitrelre,
Et que le coeur il'e(J plus content»
Jgueferventles efforts qu'ilfaitpour
le partifhe?
L'honneur de pafferpourconfiant
1
Ne vaut pas lapeine de l'ejbre.
1 1 r ,1 Je vous envoye la rcponse ,
que l'on a faite a ces Vers. Ils j.
font sur les mesmes rimes &
de la mefmemefure.
M 1
Ette"{-tI{)ous à l'abry de ces in- 1
filmSnoms - c!f!!!e les Jeunes & les Barbons
Condamnent avec droit dans une ame
t
credule,
Le renom de volage efi un renom affreuxy
1
Les coeurs sensibles auscrupule
N'ontjamaispufoujfrirun inconflanî
chez-Clt,".
Hft-il rien plus confiant que le
cours de nature ;
Qui ne l'imite point a le courage bas,
Iplfaaittmjilllelrleeçon.ssur ll''hhoorrrieeuurr ddiist
Voyez, depuisqueltemps il dure,
Luyseul de /'VniverJfait briller les
appas.
ouel crime de chercher a plaire
Tourvoirsap'ssion enpeu de temps
finir?
A-t-on droit de traiter lessermens de
chimere ?
Refpctfe^ les
,
Tircis ; l'amour qui
les fit faire
Vous doitforcer à les tenir.
1
Lors que d'untendre coeur ils'est
rendu lemaiflre>
Ûvit-on compterletemps
, ny pour-
-
quoy ny 'comment?
Ah ! Tircis
,
il vautmieux nyl'y p.!f
faire naijbre
^ue ne l'y pasfoujfrir jusquau dernier
moment.
rhjjc montrafasagesse
En cherchant Penelope en Grece,
Jdiioy qu'ailleurs ilfJtYicntraite.
Four luy conserverJa tendrejfs,
T)édairs¡UlIJ.f tir¡¡mortalité
Il quittapoursa femmeune aimable
Deesse.
On difiingue aijcmcnt les faciles
ejjritso
Ils font des coeurs glace"triompher
leur confiance .,
ils bravent la plus longue abfenccy
Et lors tjiJ'À force de mépris
ils ont assez,fûtpenitence,
ilsemportent enfin le prix.
Apres une longue tendresse
- La plus insensible Mdijlreffi
Rend celuy qui l'aime content.
Millesecrets appasqu'on ne voitpoint
paroifire
,
SontfaitspourunAmantconfiantj
Malheur a qui ne lepeuteflre.
Tout le monde n'est pasdu
fentirnent de l'Auteur de cette
rreeppoonnsiee;vr.ous le verrez4 ; vous -i par le Madrigal qui fuit. LA trop confiante tendressè
Inspireun air langaeant;
Aimer o" changersans cesse
Rien n'efl plusdivertijfint,
XVst lyoniesrt heeurefuxaevec-une Mat*
Jî>HelfU':fertoura tour d'en pouvoir
avoir cent!
Les surprises de l'amour font
toujours à craindre, & si l'on
ne fuit dés les premieres attaques>
on s'expose à succomber
; & bien souvent mefine,
# quelque necessité qu'il y ait
dese guérir, on n'en vient pas àbout comme on veut. Un
Cavalier fort estimé par son
esprit & par son merite, en a
fait l'épreuve depuis quelque
temps d'une maniéré quivous
paroiftra fort surprenante.Un
jour qu'il estoit dans un quartieréloigné
dusien) il entra
.da1ns
*5 une Eglise, où il apper-
TC une assez jeune personne,
~nt deux ou trois inconnus
;
il écoutoit, parloient avec
aucoup d'avantage. Le bien
et''ils en dirent luy donna en- d'examiner tous ses traits.
Il changea de place pour la
mieux considerér
que , & trouva luy quelques loüanges qu'on eustdonnées sur sabeauté, on avoit moins dit qu'il ne
voyoit. C'estoit une Brune
quiavoit de grands yeux noirs
tout
pleins de feu, la bouche
petite&tres-bien bordée, un
teint des plusbrillans & des
plus unis, &enfin je ne sçay
quoy dans tout son visage de
si vif & de si piquant) qu'il
estoit presque impossible de
n'en estre pas frapé. Sa modestie
fut encore un charme
qui toucha le Cavalier. Elle
avoit ses coëffes baissees, &
quoyqu'elle attirast beaucoup
de regards, elle ne jettoit
les yeux fut personne. Au
contraire
,
elle paroissoit toute
recueillie en elle-mefme>|
& l'artention qu'elle causoit,
ne laissoit rien voir en elle
qui donnaitdes marques
qu'elle eustl'esprit dissipé.
Apres qu'elle eut entendu la
Mésseelle se leva, &cefut
alorsque la beauté de sa taille,
quiestoit grande & tres-dégagée,
fit une nouvelle impreqssion
sur le Cavalier. Elle
traversa l'Eglise d'un air tout
modeste, suivie feulement
d'un petit Laquais qui n'avoit
point de livrée. Le Cavalier
s'en alla si-tost qu'il la vit partie,
& dans tous les lieux où
il se trouva le reste du jour) il
fit le portrait de cette aimable
personne. L'idée qui luy
en restafut si engageante? que
deux jours après il retourna
danslamesme Eglise à la rnê.*
me heure. A peine fut-il entre
qu'il vit arriver la belle Brune.
Il en fut encore beaucoup plus
touché qu'il nel'avoit esté la
premiere fois,&plein d'impatience
de sçavoir qui elle
cftoit
,
la voyant sortir, il la
sit suivre par un de ses gens,
qui apprit son nom, & luy
vint dire qu'elle estoit entrée
dans une maison à porte
quarrée) où il avoit sceu
que depuis deux ans elle occupoit
le
second appartement
avec sa Mere. Le Cavalier fut
- fort satisfait d'apprendre qu'-
elles logeoient assez à l'étroit.
Il jugea de là que c'estoient
des personnes peu accommodées,
quiauroientbesoin de
quelque secours; &: comme il
avoit l'ameliberale,il espera
qu'après le premier accès
trouvé, les presens qu'il leur
feroit, les engageroient à le
souffrir. Le lendemain il revint
au mesme lieu, &y vit
encore cette charmante personne
, mais avec sa Mere.
C'estoit une femme assez bien
ffaaiittee,,ââgée environ de cin- (Tée environ cinquante
ans. La modestie de la
Belle, qui estoittoûjours la
mesme, & un air noble répandu
dans sa personne, luy
répondant d'un mérite peu
commun , ilsemit en teste de
s'en faire aimer, & crut l'entreprise
digne de ses soins.
Aprésqu'elles eurententendu laMesse
,
elles voulurent sortir,
mais la pluye qui estoit
survenuë pendant ce temps-là,
les força de s'arrester au bas
de l'Eglise. Il s'y arrestaaussi,
& comme elles envoyerent
trois ou quatre fois leur petit
Laquais pour voir si elle ne
cessoit point, il prit le prétexte
de l'inquictude où il les
1
voyoit,pours'offriràlesremener
dans son Carosse.La Mere
le reimercia fort civilement,
& la Filleestant ensuite obligée
de répondre à quelque
;cihose d'assez flateur qu'il luy didti,te?lelleleleleffiîttdd'u'unneemmaanniieèrree
honneste & spirituelle
,
mais
assez siere pour luy faire entendre
que les douceurs rie
luy plaisoient pas. La pluye
augmentant au lieu de dimi-.
nuer, il les pria de nouveau
de s'en retourner dans ion
Carosse & afinqu'elles eussent
moins de peine à l'accepter
, il consentità les biffer
aller seules, si elles ne fouhai-
,
toient pas qu'il eust le plaisir
de les conduire. Il leur
htcette
priere de si bonne grace, &
avec un tel empressement?
qu'enfin elles se iervirent de
l'occasion
,
sans vouloir (ouffrir
qu'il vinst avec elles. Il
demeura dans l'Eglise, & attendit
son Carosse, fort satisfait
de cette démarche
, qui
luy donnoit lieu de leur rendre
une visite. C'est ce qu'il
fit peu de joursaprès.Son empressement
parut les embarasfer.
Cependant comme illeur
marqua de grandes honnestetez,
elles ne purent se dispenser
d'y répondre & la conversation
roula sur diferentes matieres,
quifirent briller l'esprit
dela Fille, Il y remarqua
beaucoup de vivacité, & fut
charmé de la delicatesse de ses
sentimens. La Mere ne manquoit
pas de mérite, & tout
ce qu'il put apprendre,ce fut
qu'elles estoient de Province)
&que des affaires assez importantes
les retenoientà Paris,
où elles seroient encore quelque
temps. Il leur offrit son
crédit, & leur fit connoistre
qu'il estoit d'une Famille dont
l'appuy n'estoitpas à negliger.
Cette offre, dont on témoigna
luy estre obligé, ne luy
fit point accorder la permission
qu'il demanda d'estre receu
lors qu'il viendroit les revoir.
La Mere qui connut à
la maniere dont il commen- ! çoit à s'expliquer,que sa Fille
luyplaisoit assez pour l'engager
a de fréquentes visites, luy 1
dit qu'elle ne recevoit perfon- J
ne chez elle,& que néanmoins 1
par reconnoissance du secours
qu'il vouloit bien leur prêter
dans leurs affaires,on consentiroit
à le voir de temps en
i temps. Il ne putpasser quatre
| jours sans revenir. On le re-
! ceut un peu froidement, mais
s
ses manieres aussi engageantes
que respectueuses
, curent
f bien-toit dissipé cette froi-
• deur. On luy avoüa que l'on
j s'estoit informé de luy, & que
les choses qu'on en avoit
sceuës luy estoient assez avantageuses
) pour leur donner
1lieu de n'avoir aucune peine
à recevoir sesvisites, si les assiduitez
n'estoient pas toûjours
préjudiciables à la réputation
des Filles. Il promit de se régler,
pour n'abuserpas de la
bonté qu'on avoit de le sousfrir.
Un mois se passa de ceccc
sorte, & il ne voyoit jamais
l'aimable personne qui l'atti-l
roit roujours-malgréluy, qu'il
ne sentist redoubler l'atcachement
qu'il avoir pour elle. Il 1
estoitgalant,elleestoit touchante,
& il prenoit toutes les
occasions qui se prefentoient;
deluy dire des douceurs. Elle
s'en acommodoit pourveu
qu'elles fussent generales, mais |
si-tostqu'ils'échapoit à parler
de passion il luyvoyoit un air
serieux qui l'obligeoit de se
taire. L'estat où il se trouvoit
luyfaisoit beaucoup de peine.
Quoy que la Belle eustmille
agrémens? & qu'unenoble
fierté fistconnoîtresa naissance
,comme il ne pouvoit espererenl'épousant
nyalliances
considerables, nv du bien
qui le flatast,c'estoitun dessein
qu'il n'estoit pas resolu de
prendre. Il vouloir pourtant
sefaire aimer
, & il lavoyoit
d'un caractere qui ne luy permettoit
pas de parler de son
amour sans parler de mariage.
Malgré l'exacte régularité de
sa conduite, le peu d'opulence
oùil sembloit qu'ellefust,luy
petfuada qu'elle serelâcheroit
àluy laisser dire tout ce que
l'amour luy faisoitsentir, si
quelques presens la disposoient
à l'écouter favoraplcment.
Il prit pour cela toutes
le précautions qui la pouvoient
engager à les recevoir,
& luy en voulut d'abord faire1
de ceux que peu deFemmes refusent,
quand on lesconnoist
assez pour leur donner lieu de
croire qu'ils ne tirent point à j
consequence ; mais elle les re fusad'un air fier, qui luy fit- .!t
voir qu'elle se tenoit offensée <
de la liberté qu'il avoit prifir,f
Comme l'amour ne perd jamais
l'esperance,il s'imagina
que ces sortes de presens nestoient
pas assez considerables
pour estre acceptez, & cherchant
l'occasion de luy en
faire un plus important, il
luy entendit parler un jour
d'un Collier de Perles qu'elle
avoit envie de se donner.
Quelque temps aprés il alla
trouver une de ces Femmes
qui font le métier de Revendeuses
, & qu'il avoit veuë
quelquefois chez elle. Il luy
mit entre les mains un Colltier.
de mille écus, & luy
ayant donné des leçons conformes
à son dessein, illa chargea
de le porter chez la Belle
avec d'autres nipes. La Revendeuse
y alla le lendemain
d'assez bon matin, & aprés
luy avoir montré quelques
habits, elleluydit que si elle
avoit de l'argent à mettre à
un Collier, on luy en avoit
donné unàvendre, qu'elleauroit
à grand marché. La Belle
le prit, le regarda attentivement,
& le rendant peu de
temps aprés, elle témoigna
estre fâchéequ'il fust d'un j
prix qui l'en devoit dégoûter. I
La Revendeuse qui estoit instruite,
luy répondit qu'elle
ne sçavoit si la personne qui le
faisoit vendre, se connoissoit
bien en Perles;qu'elle avoit
eu deux cens Loüis d'or de
quelques Colliers qui n'approchoient
pas de celuy-là,& que
cependant onn'endemandoit
que mille francs. La Belle l'examina
de nouveau, & pretendit
que s'il n'estoit pas d'un
plus haut prix, il falloit qu'il
¡cuH: quelque defaut qu'elle ne
découvroit pas. Le resultat
fut qu'on luy laissa le Collier
jusqu'au lendemain pour le
faire voir. Elle alla sur l'heure
chez deux Connoisseurs qui
l'assurerent qu'il estoit au i
moins de mille écus, & le
Cavalier estant venu luy rendre
visite,elle le pria d'en dire
son sentiment. Il répondit
que si elle pouvoit l'avoir à
deux mille francs, illuy confeilloit
de les donner promprement,
& que quand elle
voudroit s'en défaire, elle y
trouveroit cent pistoles à ga- j
gner. La Belle ne balança plus
sur cet achat. Elle tint sonar- :
gent prest pour payer la Revendeuse
mais elle fut fort
surprise de passer huit jours
sans en avoir de nouvelles.
Enfin, lassée de l'attendre, elle
envoya l'avertir de venir prendre
les mille francs du Collier.
La Revendeuse qui l'avoit
laissé chez elle, luy fit dire
qu'elle ne demandoit rien, &
qu'une Dame estoit venuë de
sa part luy apporter son argent.
Cette réponse chagrina
la Belle, qui connut
d'abord
que le bon marché luy échapoit.
Elle ne voyoit que le
Cavalier, & luy seul estoit capable
de luy vouloir faire un
pareil prefene. L'éclaireissement
estant inutile,elle n'ent
eut aucun avec luy
, & elle lepria
feulement de se charger
du Collier pour l'aller remettre
luy-même entre les mains
de laRevendeuse,parce qu'elle
avoitchangé degoust.Il s'opposafortement
à ce dessein. Il
luy remontra qu'elle auroit
peine à trouver une occasion
aussi favorable d'avoir unCollier
à bon marché,&luy offrir,
fielle manquoit d'argent, d'avancer
pour elle les mille
francs qu'on en demandoit,
en attendant qu'elle se visten
estat de les luy rendre.La Belle
le regarda un peusierement,
& luy dit d'un ton si absolu,
que sans chercher les raisons
qui la portoient à renvoyer le
Collier, il falloit qu'il fist ce
qu'elle vouloit,qu'il n'osa
pouffer la galanterie plus loin.
Une conduite si sage augmentant
sa paission, il redoubla
ses foins auprès d'elle. Il luy
proposa plusieurs parties de
plaisir) & il luy fut impossible
de luy enfaire agréeraucune.
C'estoitassez pour les
refuler
,
qu'elles pussent l'en-
Igager à quelque dépense. Sa
gloire en estoit blessée, ÔC
jamais reserve ne fut plus entiere
que celle qu'elle eut toûjours.
Voilàl'estat où estoient les
choses, lors qu'un Marquis,
fort Amy du Cavalier,vint
luy faire une priere ,
dont il
se trouva embarassé Il estoit
fils d'un pere tres-riche, mais
imperieux au dernier point,
& qui aimant le bien plus que
toutes choses, vouloit l'obliger
d'époufer une Heritiere,
qui n estoit ny belle, ny d'une
naissance considerable. Ce
Party, quoy que fort à rechercherducosté
de la fortune,
n'accommodoit point le jeune
Marquis, & pour s'affranchir
de la violence qu'on luy
vouloit faire, il n'avoit pû
imaginerun moyen plus seur,
que de se donner le Cavalier
pour Rival. Le Cavalier, maistre
de son bien depuis peu
r d'années, en avoit assezpour
pouvoir pretendre à l'Heritiere,
& la proposition de son
mariage avoit dequoy faire
naistre des dissicultez pour
empescher, ou du moins pour
retarder celuy que le perc du
Marquis avoit dessein de conclure.
'-----C-o-m-m--e il avoit autre - - - .--à
chose dans le coeur,il conjura
le Marquis de le dispenser de
l'engagement qu'il vouloit
luy faire prendre,& luy avoüa
qu'un autre amour dont il étoit
prevenu, le laissoir peu en
estat de faire l'Amant d'une
Personne qu'il n'avoit point
envie de connoistre. Il salut
venir au détail de l'avanture.
Le Cavalier ayant fort exageré
l'austere vertu de labelle Solitaire,
qui luy faisoit refuser
jusqu'au plus foible present,
le Marquis se mit à rire, & dit
qu'il falloit qu'il s'ypristmal,
n'y ayant aucuneFemme dont
avec
avec un peu d'adresse il ne fust
aisé de gagner l'esprit. Le Cavalier
soutint qu'il perdroit
son temps avec la personne
dont illuy parloit; & le Marquis
assura que non feulement
illuy feroit agréer qu'il allast
souvent chez elle, mais qu'il
trouveroit moyen de luy faire
recevoir toutes fortesdepresens.
Il ajoûta, que s'il en
vouloit avoir le plaisir, il n'avoit
qu'à choisir chez un
Marchand telle étoffe qu'il
voudroit pour luy en faire un
habit, & qu'avant qu'il fust
dix jours illa luy verroit porter.
Toutcela s'entreprenoif
à condition que s'il en venoit
à bout,le Cavalier seroit oblige
de faire quelques démarches
du cofté de l'Heritiere.
Le party fut accepté.Le Cavalier
apprit au Marquis le nom
de la Belle, & le quartier où
elle logeoit,&luy envoya dés
le lendemain une des étofes
qui avoient le plusde cours,a..:.
vec l'assortissement necessaire
pour faire un habit de Femme.
Deux jours après,le Marqi
is luy dit qu'il avoit rendu
visite,&la peinture qu'illuy
fit des lieux se trouva si juste,
qu'il ne put douter qu'il ne
luy dift vray. Le Cavalier
fort surpris qu'il eusttrouvé
l'accéssifacile, le fut beaucoup
davantage quand il vit
la Belle avec un habit de l'ésose
même qu'il avoit choisie.
Il fut contraint de tenir
parole. Il envoya un de ses
Amis aux Parens de l'Heritiere,&
les propositionsqu'on
fit de sa part, empescherent
que le Pere du Marquis n'avançast
les choses autant qu'il
cust fait sans cet obstacle. Le
Cavalier avoit de tres-belles
Terres, & son bien estoit
present, C'estoit dequoy tenir
l'affaire en suspens, & pour
servir le Marquis, on la pouvoit
faire traîner en longueur.
Cependant le Cavalier ne put
estre détrompé par l'épreuve
de l'habit. Il dit au Marquis
qu'il pouvoit avoir envoyé
l'étofe par quelque personne
interposée, qui la donnant à
un prix fort bas,avoit déterminé
la Belle à la prendre.
Le Marquis offrant de luy
prouver d'une autre maniere,
que les gens adroitsne manquent
jamais de réüssir dans
tous leurs desseins, le Cavalier
qui n'avoit pû obtenir de
la Belle brune qu'elle agréast
une partie de plaisir,soutint
avec beaucoup de chaleur
que son Amy ne feroit pas
plus heureux que luy s'il en
proposoit quelqu'une. Ce fut
au Marquis un sujet de le railler
sur le refus dont il l'assuroit.
Il entreprit de mener la
Belle dans une maison qu'il
luy marqua à une lieuë de Paris,
& de le mettre dans un
Cabinet) d'où il pourroit voir
qu'il ne s'engageoit à rien
qu'il ne sceust executer. Le
jour fut pris, & le Cavalier
s'estant caché dans un lieu
commode, vit son Amy qui
se promenoit dans le Jardin
avec la Mere & la Fille. On
apporta la Collation qu'on
servit fous un Berceau, &un
mouvement de jalousie se
meslant à son chagrin,ileut
beaucoup de peine à tenir la
parole qu'ilavoit donnée de
ne pointparoistre. Letriomphe
du Marquis estant pour
luy un mortel outrage >
il resolut
de quitter une personne
qui luy refusoit si obstinément
après d'assez longs services,
ce qu'elle accordoit
aux premiers soins d'un nouveau
venu; mais il prit en
vain cette resolution. L'amour
qu'ilavoit pour elle
n'y put consentir. Il fut chagrin,
jaloux, inquiet, & continua
de la voir toûjours.
Comme il cherchoit des rai..
fons pour l'excuser,il s'imagina
gpc sa complaisance pour
le Marquis venoit de ce que le
connoissant sujet aux ordres
d'un pere qui luy destinoit
un party avantageux, elleregardoitsessoinscomme
ne devantavoir
aucune suitepour
éIIe, puis qu'il ne pouvoir
disposer de luy. Cesreflexions
le soulagerent, & sa passion
prenantde nouvelles forces,
il voulut la satisfaire en se
mariant avec la Belle. Si-tost
qu'il eut formé ce dessein
dontil ne dit rien à son Amy,
l'asseurance du succés luy fit
fpirtendre un air content qu'il
éclaterdans sapremierevisite.
La Belle frapée de l'enjoüement
qu'il faisoit paroître,
le pria de luy vouloir dire
, ce quiluyestoit arrivé d'heureux
afin qu'elle puft y prendrepart.
Illuy répondit que
le bonheur dont il se flattoit
,lie pouvoit estre plus grand s
& qu'un seul mot de sa bouc
he devantlerendre certain,
il estoitassez persuadé de soji
ieflime pour croire qu'elle
voudroit bien le prononcer.
Il acheva de s'expliquer plus
ouvertement , & la Belle
l'ayant écoûté sans l'interrompre,
parut refveufe &
embarrassée. Elle revint de
son trouble pour luytémoigner
combien elle estoit fensible
à l'honneur qu'il luy
faisoit, aprés quoy elle ajoûta
qu'il y avoit déja quelque
temps que son amour luy é- )
toit connu, qu'elle l'avoit
veu s'accroistre insensiblement,
quoy qu'elle eust tasché
de le combattre par sa
retenuë, & qu'observant toutes
ses démarches
,
elle avoit
remarqué avec chagrin qu'il
eust voulu l'ébloüir par des
presens sans luy parier comme
il commençoit à faire;
qu'elle voyoit bien qu'il ne
proposoit de l'époufer qu'entraîné
par la violence d'une
f>a(Tion dont il n'estoit point
le maistre; que cette passion,
toute vive qu'elle estoit, ne
pourroit manquer de s'affoi-
DIUpar les droits que luy donneroit
lemariage
,
&qu'elle
avoit trop de delicatesse pour
hazarder son bonheur sur les
trompeuses amorces d'une
fortune qui ne pouvoit remplir
ses desirs. Des sentimens
1i peu attendus surprirent le
Cavalier. Leur nouveauté luy
fit admirer la grandeur d'ame
qui les produisoit,& il en
,fut tellement touché, qu'alpersés
avoir donné à la Belle
plus tendres asseurances
d'une passion qui ne finiroit
jamais illa laissa maistesse de
ses avantages pour lesregler
comme elle voudroit. Toutes
ses offres furent inutiles. Elle
persista dans ses refus, & rien
ne put l'obliger à changer
de sentimens. Le Cavalier
croyant que sa Mere auroit
du pouvoir sur elle, la conjura
de luy estre favorable,
& toute la réponse qu'il en
eut, fut que sa Fille luyestoit
trop chere pour ne luylaisser
pas une entiere liberté sur une
chose de laquelle dépendoit
tout le repos de sa vie.
Illes vit encore trois ou quatre
fois, & quoy qu'il n'oui
bliast rien de ce que l'amour
peut imaginer de plus touchant,
pour attendrir le coeur
de la Belle, elle luy dit avec
tant de fermeté qu'il ne devoit
jamais esperer d'avoiren
elle qu'une vcritable Amie,
qu'enfin le mauvais succés de
ses esperances luy fit resoudre
de ne plus songer qu'à sa fortune.
Il demanda au Marquis
s'il ne feroit pas fasché qu'il
s'attachaft tout de bonàl'Heritiere,
&les inftantcs pricrcs
que le Marquis luy en renouvella,
l'autorisant à parler plus
fortement qu'il n'avoit fait
jusqu'alors, illuy futd'autant
plus aiséderéüssir que le Pere:
du Marquis mourut peu de
jours aprés. Sa mort
fit
cesser
l'engagement où l'on estoit
avecluy,& le Marquisayant
témoigné de l'indifference
pour ce mariage, il fut con.
clu en fort peu de tempsavec
son Amy. La Bellel'en feli--
cita d'une maniere qui luy
fit connoistre qu'ellel'estimoit
véritablement
, mais
sans regreter les avantages; qu'ilavoit voulu luy faire.
Deux mois s'estoient à peine
passez quand le Marquis en- <
voya prier le Cavalier de venir
chez luy. Il luy dit en
l'embrassant que comme il
estoit son meilleur Amy,il
vouloit qu'il fust le premier
quiappristune nouvelledont
il auroit de la joye. La nouvelle
estoit qu'afin d'éviter les
embarras qui accompagnent
tout ce qui se fait avec quelque
éclat, il s'estoit marié
secretement , & que la personne
qu'il avoit choisie pour
se rendre heureux, venant
d'arriver chez luy pour y
prendre ouvertement le nom
i de sa femme, il ne pouvoit
differer au lendemain à la
luy faire connoistre. En mesme
temps il le conduisit à
l'appartement qu'illuy avoit
destiné,& le Cavalier fut dans
une surprise qui ne se peut
exprimer
>
lorsquil reconnut
labelle Brune. Après luy
avoir fait compliment avec
un peu de desordre, il ne se
put empescher de dire au
Marquis qu'il devoit se reprocher
d'avoir abusé à son
prejudice d'une connoissance
qu'iln'avoit eue que par luy.
Le Marquis qui comprit cc
qu'il pensoit fit cesser ses
plaintes en luy apprenant
que son mariage estoit fait il
y avoit déjà plus de deux
années; & quafin de le cacher
à son Pere,qui estant impérieux
& fort emporté eust
pule desheriter s'ill'eust découvert,
il avoit prié sa femme
de vouloir bien demeurersans
train& sans équipage
dans un quartier éloigné?où
il n'alloit la voir que le soit.
Il ajoûta en riant qu'il ne devoit
pasestre surpris qu'ayant
le nom de Mary
,
il eust le eu privilege de luy faire prendreles
étoffes qu'illuy avoit
envoyées pour elle, & de
l'engager à une partie de promenade.
Cet éclaircissement!
donna lieu dedire millechoses
agreables
, & il ne fut pas
difficile au Marquis d'obtenir
du Cavalier de vouloirtoujoursdemeurer
Amy d'une
personne qu'il avoit assez
aimée pour la vouloir épouser.
Vous aurez sceuqu'on a fait
une Oraison funebre de ce
Prince auCollege de Louis
LE GRAND. La Pere de la
Baunequi la fit
, receut de si
grandsapplaudissemens, qu'il
n'a pû se dispenser de souffrir
qu'on l'imprimait.Ces forces
dEloges estant faits pour
consacrer la memoire des
Grands Hommes, il seroit injuste
qu'ilsnesussent pas vûs
de ceux qui ne peuvent les
entendre.L'Assemblée devant
laquelle on les prononce
ordinairement, estsi petite
en comparaison du nombre
infiny de curieux qui les peuvent
lire dans toutes les parties,
du monde,que l'on ne
peut refuser deles donner au
Public, puis que ce seroit le
priver du plaisir d'apprendre
mille choses glorieuses au
Prince qu'on entreprend de
loüer. Je nem'étendray point
icy sur l'Ouvrage du Pere de laBaune. IlestoitLatin>Se
ceux qui entendent le mieux
cette Langue,tomberent d'accord
qu'il seroit fort difficile
de la mieux parler. Monsieur
le Prince,Monsieur le Duc, ,|
Monsieur lePrince deConty, à
etoient presens à cetteaction.
La Salle où elle fut faiteestoit
toute tendue de noir, avec
deux bandes de velours, où
estoient les Armes du Prince,
avec des larmes d'argent dans
les intervalles. Onavoit placé
sur les colomnes des Tableaux
qui representoient les
Princes de la Maison de Con-
,dé»& toutes les Victoires de
Monsîeur le Prince. Entre ces
derniers Tableaux estoient
les Portraits des plus grands
hommes de l' Antiquité,afin
qu'on pust faire sa
comparaison
de Monsieur le Prince
- - ,
& d'eux; &commec'estoitlà
un des morceaux les plus
ingenieux de tour le dessein,
il faut vous l'exposer un peu
plusau long.Onvoyoit Pompée
qui a remporté plusieurs
victoiresenEspagne, comme
Monsieur le Prince;Germanicus,,
qui en a remporté en
Allemagne commeluy ; Cefar
qui a fait long-temps la
Guerre dans les Pays. bas,
Alexandre qui fit le Siege de
Tir pareilà celuy de Dun-!
kerque;Fabius & Marcellus 1 dontMonsieur le Prince a I
réüny en luy les differens ca- i
ractères , ayant eu devant
Chatenoy une conduite aussi
moderée & aussi retenue que
Fabius» & devant Lens autant
d'impetuosité que Marcellus,
Scipion qui eut le même
bonheur que Monsieur
le Prince, d'estre remis achetai
par son Fils, après en eftrc
combé avec beaucoup de peril
au milieu d'un Combat.
passe quelques autres Heos
qui faisoient encore des
paralelles aussi heureux &
aussi justes. Toutes les vertus
anr militaires que civiles de
legrand Prince,estoientmarquées
par quelques traits tirez
des meilleursAuteurs de
l'Antiquité,& toûjours trèsingenicufement
appliquez.
Au fond de la Salle estoitun
Mausolée
,
où la Victoire
d'un costé au pied d'un Palmier,
& de l'autre la Science
au pied d'unOlivier faisoient
paroistre une égale
tristesse. L'Histoire écrivoit
ce que luydictoit le Genie de
la France, & tenoit le Temps
captif& enchaîné. L'Eternité
prenoit son vol du haut de
ce Mausolée avec le Portrait
du Heros à sa main. Au devant
vant estoit un grand Arc de
triomphe, dont les costes
estoient chargez d'Ecussons
& de Medaillons, qui representoient
toutes les Villes prises
par Monsieur le Prince.
Onavoit mis sur le tout cette
Inscription, ARA VIRTUTIS,
qui est la même que les Romains
mirent autrefois sur
une pyramide élevéeà l'honneur
d'une Légion. Ce fut
dans ce lieu déjà tout remply
des louanges de Monsieur le
Prince,que le Pere de laBaune
y en ajoûta d'autres encore
plus dignes de ce Héros, &
anima tout ce Spectacle par
une éloquenceextraordinaire,
Le plan de son Discours renferma
tout ce qui peut faire
un Hérosachevé, les Vertus
de la Guerre, & les Vertus du
la Paix, Il suivit avec ordre
les grandes actions & le»:
lgerandes qualitez deMonsieur
Prince, & les exposa avec
toute la noblesse & toute la
pompe qu'elles meritoient
Ce Discours fut fort applaudy
d'une celebre Assemblée »
&tout le monde l'a mis au
nombre des plus belles choses
qui ayentesté faites sur ce su
jet.
On a aussi imprime l'Oraison
funebre prononcée le 3.
May dans l'Abbaye Royale
de Maubuiffon proche de
Pontoise, par Mr l'Abbé du
Jarry. Quantité d'autres Ouvrages
qui ont fait beaucoup
de bruit,l'ont fait estimer
de plusieurs personnes,
dont le seul suffrage pourroit
donner une glorieuse réputation
à ceux dont on n'auroit
point encore entendu
parler.Tout ce Discours est
remply d'une éloquencetresvive.
Il y represente un Prince
qui s'est occupe serieusement à
son Salut, après avoir efficacement
travaillépourceluj de /',e--
stat
,
qui a pris soindelaisser
son nom écrit dans le Livre des
Vie aprèsl'avoir rendu si fa_L
me,ux dans nos Histoires
,
qui at
mêlél'odeur de ses vertus avec
le bruit desesExplots;quiss'est
acquitté de ce qu'ildevokàsons
Dieu, &àsaPatrie,&quïs
aprèsnous avoir fait voir le^
Héros prophane dans tout sons
éclat, nous afait admirer le Heros
Chrestien danstoutesa perfection.
Il fit ensuite une excellente
peinture de quel--
ques-unes des grandes actions 2
de Monsieur le Prince,& lors
qu'il eut parle des mémorableVictoires
deRocroy & de
Fribourg Je commence,dit-il,à
sentircombienje dois ménager les
paroles dans l'Eloge d'une vie
dont lesmerveillesJesuivent de F
prés
, & comme l'on voit des
Royaumes &desFleuves celehres
marquez par un trait de plume
dans les Cartes abregées duMon-"
de
;)
je voudraisvousfaireenten~
dre parun met.) des actions beroiques
, &de fameuses Victoires.
Valten, Donkerque, Norlingue
, Lens Acesmets quelsprodiges
de valeur nnse presentent
pas à vos esprits ? Vous rappellez
ce fameux Passage défendu par
une Armée entiere, forcédans
une feule attaque , & toute la
Flandre en proye à nos Armes
victorieuses
,
lors qu'elle s'en
croyoitàcouvertaveclesecours
de cette puissante barriere. Vous
regardez avec étonnement une
desplus fortesVillesdu monde,
emportée dans quinzejours malgrélaMer
,la Terre,l'Air, &
les hommes qui la défendent,
pendant que les Places voisines
entraisnées parsonexemple,préviennent
un Vainqueur à qui
ce grand exploit ne laisse rien
d'impossible. L'Allemagne &
l'Espagnes'offrent encore à vos
yeux, éprouvant U force de ce
bras invincibledans des défaites
mémorables, &des journées
glorieuses de Rocroy & de Friboug
, renouvellées danscelles de
Norlingue&deLens,fameuses
par tout ce qui peut donner du
prix aux Victoires.Quelle riche
matiere de loüanges ne se trouveroit
pas renfermée dans ces
evenemens célébrés,sisavois le
temps de les developer ! Là il ramene
au combat des Troupes
lepouevantees, & leur fait reparer
parune hontegenereuse une
fauteprécipitée.Icy il exposeune
vie qui assure le repos de tam\
d'autresdans une mêléefanglan
te, & d'illusires Combattans qmx
tombent àsespieds ne l'empcf:
chent pas de chasser les EnnemvÂ
d'une Tranchée
,
où il se jett1
pour ladéfendre. Ne vous figu
rez pas Messieurs
, une témérité1
aveugle
, que d'heurrux succéss
justifient,unevaleur imprudente I
quiexposeinutilement une teste 1
precieuse, une faillie de
courage*
qui envelopesans besoin le Soldate
leCapitaine. Ilavoit une
prudence militaire attachée à la
différence des conjonctures, qui
Iny faisoit distinguer dans le
combat les perils qui demandoirntsa
presence, d'avec ceux ,
ou elle n'estoitpasnecejptire. Il
sçavoit ranimer le courage des
Treupes ébranlées par des exemples
d'intreptdité,&retenirleur
impetuosîté par de sagesreflexions.
Il aimoit mieux s'assurer
du moment de la Victoire, en la
cherchantpar de vives attaques,
que de s'exposer à le perdre par
des lenteurs ménagées, Il ne craignoit
pas d'abandonner quelques
membres au fer &au feu
, pour
empescherque tout le corps ne periss
, g1/ en sacrifiant une partie
des Troupes au tranchantdugtat~
ve, il fawvoitquelquefois unr
Arméeentiere:
Il dit ensuite admirablement
en parlant du Roy, ôc 1
des Troublesouirtnirent avec
sa Minorité ; La grande ame
de ce Héros comme envelopée
sous les foiblejJes dc l'enfance,
découvrantj/ peu a peu ce riche
fond de vertus&de lumièrequi
nous éblouit, dijjtpe infenfibtement
les nuages qui troubloient
laferenité de son regne. On
éprouva bien- tost la force de ce
Genie superieur vijiblement né
pour commanderaux;autres
de ce caractere de domination si
naturel, qui luysoumet toutsans
effort.L'Image de la Divinité
r ; impriméesur le front des Rois,
&qui ne fut jamaisplus reconnoifJàble
quesur le font majeflueux
de ce Monarque, réunit
bien-tost tous les espritsIl conj
tinue à peindre d'une maniere
fort delicate tout ce que
Monsieur le Prince a fait de
grand en suivant le Roy dans
ses Conquestes. & après avoir
marqué qu'il s'arreste lorsqu'il
'lJoitLOVIS LE GRAND
en estat de vaincre
,
@r de con-
1 duire tout par luy-mefinejcommesiDieune
s*efloïfJervy ¿rJ
mains de l'un qu'en attendantt
que celles de l'autre sefbrtifispi
flnt,ce fcroit icy, ajoÚre-t-il,4
l'endroit d'épanchernoscoeurs à
lagloire decegrand Roy devant
ces Autels qu'il a figlorieufement
affermis}&lafainieté denofirc
Ministre ne doit pas nous fnre
craindre dr luy accorder les
lou.mges qui Inyfont dems3 puis
qu'il nous a mis hors de peril de
luy en donnerdeflateufes($fde
prophanrs.£{/te toutes les bouches
tonjacrées au Seigneursouvrent
donc ensemble pour celebrer le
nom d'unRoy"quin'atriomphé
(!
,?efts Ennemis que pourfaire
triompher lEglise des fiens. C'efr
cette esperance qui nous a foutenus
dan. la conjoncture affligeante
qui nous a fait trembler
pour l'oingtdu Seigneurpour
Jon Ouvrage. Quelquejujle que
fust nostrecrainte"nousnous repojtonssur
le foin que le Ciel
denjoitprendre d'une vie si frecieufe
3 &une secrete confiance
uous[aifuit attendre quaprès l'aqjoir
accordée aux prieres de la
France, illaconferveroit pour
l'interess dela Religion. L'amour
des Peuples pour la Perfcnnesa
crée de ce Monarque s'est manir
fessés avec éclat. Lavoix de nâ
larmes a monte jusques an Ciell
& tous lesTemples ont retenti
desgemijJemens de nojbredouleuA
ou des Cantiques de nojbrejoyeï
Maintenantque nos alarmesfonk
tliJJipéts
y
réunis par les liens de:
l'obeieeance&de ltA- charité;) nouH
,allons joüir tranquillement de IOA,
faix qu'il a rendue à l'Eflat eYJH.
a l'Eglise, & tout Ifra'èlbali-^X
tantsanscrainteà l'ombre defin j
figuier&de sa vigne>chante les
louanges du Seigneurs dans le
Temple que ce nouveau Salomon
vient d'éleversurles ruines d'une
Synagogue infid(!le.
f- ta fecundc Partie de cette
praifon Funèbre , cit une
peinture du Héros Chrefticn.
jM' l'Abbé du Jarry y fait
tVoir Monsieur le Prince dans
une retraite
> ou mettant en
seureté la gloire dont il venoit de
si couvrirdans les Combats
3
il
len acquitune nouvelle. Il dit
que la protection viflble duCiel
qu'ilavoit tant de fois éprouvée
dans lesperils
>
éclata encore d4-
vantage dans le Join que prit
la ^Providence de le garantir
des dangers de la Couraprès l'avoirfauvede
ceux de la Guerre,
de le préparer par une vit
faifible & retirée
,
à une (hreflienne penitente;que ( fut là que repassant les jours
sagloire é,vanoüls il comprit l'
beuglement déplorable de c
Hommes Jtconnus aux autres eJ
si inconnus a eux-mesmes3 (~j
que parcourant les diffirent,
uanite^ quiflntfosu le Soleil,n
trouva qu'ily avoit plus de vM
ritable douceura gouster en paÎM
les fruits de son travail
,
qu*
moissonner dFe vains l!auriem
qui coûtent tant de seatlgues,.
Apres avoir employé ded
grands traits à peindre la con-4
version de ce grand Prince>§
&le mérite de sa viesouffrance
,
il nous le montre dans ce
triste estat où il estoit prest
d'aller rendre compte de toutes
les actions au Souverain
tfuge. Ce n'est pas; dit-il? une
marqueinfaillibled'un grand
zouragedemêpriserlamortdans
les Batailles. L'exemple des
C"hessj lesondesInstrumens belliqueux
,
le mouvement ~e le
rhoc des Bataillons quise meslent
avec violence
,
entraisnentégalement
dans le peril ceux qui /c'
craignent ~e ceux qui le braruent)&
comme l'onvoit quelquefois
des Armées entieresfaifùs
de ces terreurs paniques
fontprendre la fuite aux pL
hardis
,
elles se sentent en d'au
tres rencontres emporterparje 1
sçay quellefureurguerriere q,
donnede la fermetéauxplus ~14
mides. Le courage de ~Monfie
le Prince ne futpoint sujet à cet
révolutions. Il ne s'estonna poins
à cet aspect afreux ~d'unemor
lente &sensible
,
sous lequel i,
ne l'avoitpoint encoreveuë dan^
lesCombats ; ilse trouva pan
la situation naturelle deson coeuri
au dessus de la mort; elle ne luy.-
parut terrible que
dans(esfuites31
~après l'avoircherchée tant
de
~rois avec ardeur dans les Batail-
~tes
,
il l'attendit avec une ferneté
chrestienne dansses derniers
momens. Sur la fin, en parlant
des Mausolées, & de la pompe
des honneurs funebres que
l'on rend au Grands, il y a
un fort bel endroit conceu
en ces termes. Vous mourrez
vous, comme des eaux courantes
il parle aux Impies florifsans
du Siecle. ) Vous autz,
vous perdre danscet abisme, &
bevous rendre à cette voye univer-
He de la terre. La gloire qui
vousenvironne ne descendrapas
Iavec vous. Les infectes&la
pourriture,seul &tristehéritage
de la mort, vous
accompagneron
dans ces Maisons tenebreuses
d'où vous ne sortirez que pour
estre enjevelis avec des Riches
impitoyables en des Sepulchre,
plus affreux, où vous deviendrez
les victimeseternelles de la mort
qui vous devorera. Ce font des
sentimens que devroit inspirer
auxgrands du monde cette triste
Ceremonie; mais helas ! l'enchantement
de la bagatelle nous
fuit partout. Au lieu de confiderer
cette Pompefunebre par ce
qu'elle a detriste ; nous ne la regardons
que par ce qu'elle a d'éclatant.
Lavanité,/des grandeu.lr's
humainesse cachemesmesous un
spectacle qui devroit nous la découvrir.
L'esprit entraisné par
lescharmes dessens, ne demejle
qu'avecpeine les cendresd'un
homme mortel, au travers de ce
richeappareil qui les environne3
b&
ces restesdéplorables d'un
Prince dont la grandeurva difparo
istre pourjamais avecce derenieréclat
, nous ébloüissent enn
core au lieu de nous instruire.
,-à 14 1un Sonnet à la
gloire de Monsieur le Prince
* sur une mort si Chreftiennc.
IlestdeMrl'Abbé Maumenet,
Chanoine de Beaune.
QVand la foudre a la main
courant à la victoire,
L'i/itrtpide Condé s'exposoit au trespas
y La ?arque vint s'offrirmillefoissur
sespasy
frefte à nous enlever ce Hérosfiein
deçloire.
Mats il riefioitpastemps ahonorer samémoire,
Ce riejloitpas affit des Exploiis de
son bras,
Le Cielle d'jllinoit à de plus grands
Combats
,
El la Grace voulait consacrer fin
fiifloire.
Nari ne ceint pas touujours le front
desesGuerriers,
L'espritases combats, la vertu fit
Lauriers,
Zt la Paixses Heros auet-bien que
la Guerre.
Çondevictorieux dans lefem de la
f PaIX,
En demptantfin efpritplus njafie que
laTerre,
lie blrne qu'en ùieufinIsa vie, &
ses hauts faits. 9
& dans ses Terres. Le premier
de tous a esté fait par un Gentilhomme
qui luy avoit ~de
grandes obligations.C'est
Mr de la Touche de Belleviere,
Gouverneur des Villes,
Forts & Havre de Fescamp
,
& des lieux qui endépendent..
Il n'eut passi-tost apprisla
triste nouvelle de cette mort: qu'il alla trouver le Pere ;
Prieur desBenedictins Refor-
- mez de l'Abbaye deFescamp,
J qui est Vicaire General de î l'Exemption,pour le prier de : fairefaire un Service solem-
*. nel
, & de ne rien oublier de
de ce qui estoit deu à un Gouverneur
de cetteProvince, de
la qualité & du rang de celuy-
là. Le lendemain dés le
grand matin il fit sonner les
Cloches del'Abbaye, & envoya
ordre, comme Grand-
Vicaire, à tous les Curez dela
Ville de Fescamp, qui ne reconnoissent
point d'autre Evesque,
aux Capucins, aux
Religieuses, & enfin à tout le
Clergé,d'offrir à Dieu toutes
leurs prieres de ce jour, &
decelebrer toutes les Messes
pour le repos de son Ame.
L'Eglise fut toute tenduë de
noir, & l'on dressa un fuperbeMausoléeorné
d'unt
nombre infiny de cierges,
sur lesquels on mit les Armoiries
de cet illustre Défunt.
Le 2 7. du mois passé fut
le jour qu'on prit pour cette
lugubre Ceremonie. Tous~s
les Curez des Paroisses de la j
Ville y assisterent avec leurs
Etoles, & tout le Clergé s'y (
trouva ainsi que les Capucins.
Toute laNoblesse de l'un &
de l'autre sexe allà prendre
Mr le Gouverneur chez luy.
Il se rendit dans l'Eglise à
la teste des Gentilshommes,
qui furent tous placez dans le
Choeur. Madame de la Touche
sa Femme prit place dans
le Jubé où toutes les Dames
l'accompagnerent. La Messe
fut chantéeparlaMusiquede
l'Abbaye,& M de Bourdemare,
ancien Religieux de
Saint Benoist , officia pontificalement
à cause de la maladie
de Mrle Grand Prieur.
M le Gouverneur envoya
ensuite des Billets à tous les
Curezdes lieux de sadépédance,
afin quechacunsist faire
un Service-dam, sonEglise.
J'aurois trop à vous dire si
je vous parlois de tous les
Vers qui ont estèfaits sur cette
mort. Voicy une Devifc
de Mr Magnin. Le Corps est
un grand Laurier seché sur le
pied,& lemot,Marti, Musisque
colendus.
EGaiement chery des MUsl.1cf
deMars,
£)uc de pleurs va çausersa perte déplorable
!
Poly sur le parnaffi
,
& fer dans
les hazards;
,£iie de temps, que de foins pour formersonfembUhle!
SUR LE MESME SUJET
par le mesme.
SONNET.
SAint-Aignan ne vitplus,& Id
Parque traifircjfe
,
Jalouse qu'eue ejtoit de Je-s l-ongs &
beauxjours,
A l'horreur du Tarnajfe en a tranché
le cours
Quelfunefc revers en trouble l'alleçrïcjn
?
A tous les beaux Esprits que se deuil
interesse,
Sa bontégenereuse cfloit d'un grand
jfecours,
Et leflat bravant l'âge&sestrijîes
retours,
JufiIlle dans les Tonrnois animoitItt
Ienneffe.
J't dans le champ de Mars il charma
les Gucriers,
pans laPaix il joignit les Mirthes
aux Lauriers,
Jgui jamais s'eifcjuis une efilme
plus jufie ?
Polj comme Mecene} & for comme
Agrippa,
Prèsaun Prirtcc pinsgrand &plus
fage qu'Augufie, Onsçaity&c'efi assiz, quel rang il occupa.
On a fait une autre Devise
sur la mort de M le Duc de
Saint Aignan. Elle a pour
! Corps une Statuë de Marbre
de plein relief, representant
ce Duc avec des Trophées
| d'Armes autour, & sur le
f
front de cettestatuë,la Gloire
éleve la main pour y mettre
! une Couronne avec ces mots,
Virtuti hoec débita merces. Mr
Rault de Roüen, Autheur de
cette Devise
,
fait ainsi parler
la Gloire. MOy qui desgrandsHéros connois
le vray mérité, le veux qu'en lettres d'orleur gloire
Joit écrite,
Pour fervirde modcllc a la Pofirite-,
Et qu'un si beau Laurier dontje fais
leur couronne,
Dans le Templefameux de llmmor-J
„
talitéy
Soit le prix que ma main leurA
donne.
Dans ce Marbrenouveau si Saint-
Aigrianrefaire,
Envoyant tous fis traits n'at-on i
paslieu dedire
J9u'en mon Palais augufie il vit entre
les Dieux,
Puis que de ce grandDuc les vertus
érle zele>
Ont enfin mérité par fies faits glorieux
Cette récompenif immortellef
MLourdet a fait le Sonnet
qui suit.
0N voit le Parnassè en alarmes,
LesMufilsifondent enpleursi
Bellone &le grand Dieu des armes
Sont atteins de vives dOHleurJ.
VAmour m-.irïne ré!pondd ddes !l.armes,
Les Gne:sprdenths dc>iC<.urs ;
Venus n'aplus rien deses charmeJ,
Qui peut causer tant de malheurs?
Si tu veux apprendre la cause
De ce (jua tesyeux on n'expose
Que des fançlots de toutes parts,
PAffint, c'est qu'unehelle vie L , honneurdes neufSoeurs drdeMars,
Vientd'efire à Saint-Aignan ravie.
M Petit, pour qui feu Mr
le Duc de Saint Aignan avoit
depuis fort long-temps uhe:
estime tres-parriculiere,jusqu'à
le traiter de Frere Apollon, en comme vous l'avez;
Veu par quelques Lettres que
je vous ay envoyées,a voulu
marquer par ce Madrigal
combien la memoire de ce Duc luy est precieuse. cHery de Mars & des neuf
Soeurs
Armedu plusgranddes Monarques
,
Dont les éclatalltesfzveItrs
En font autant diiluflres marquesy
Sain
, jeune malgré mesvieux
ansj
Avec le don de plaire aux gens
Bien infiruits en deïtcatejfc, tVaffanty ce firt tefcmble beau,
Mais chercher tout cela yfoible(Je,
f!our en vo 'r le Ncant entre dans
men Tombeau.
*
Mr Petit qui a fait ce Madrigal
?
est l Autheur des
Dialogues Satyriques & Moraux3
donnez au Public depuis
peu de temps. Comme
ils font de vostre goust,&
que vous les avez trouvez
aussiinftru£hfs que divertissans,
vous ferez bien aisede
voir le jugement qu'en a fait rAutheur dela Republique
des Lettres. Voicy de quell
manière il en parle dans ses
nouvelles du mois de Ma
dernier.
Il efl extrêmement avreabfi
de voir des OuvragesdeMoral*
'trtÛtez d'une maniéréfine
délicalt. Les Dialogues que MI
Petit vient de nous donner3¡Onn
Ilffturement de ce genr") rdr ilseroit
Pfut-estre bien difficile drtrouver
surces fortes c'e fitjetsrien
de plus galant&de mieuxtourné.
Onyvoitsur toutrégnerun
certain air libre & naturel
quetant de gens cherchent, &
quon a tant depeine A rtncon::
rer
y
l'Autheurparoissant tonours
le mAistre de sa matière
iontilJejoue comme illuy plaist.
Leur
brieveté
ne contribue pas
lreua, lleur agrfment" nefsliant quc
trop veritable que les meilleures
€hoJesennuyent&fatiguentpar
leur longueur. Que si cela a est;
de tout temps", on peut dire que:
c'est particulièrement le gouss
d'aujourd'huy. Cet Ouvrage est
compris en feeize Dialogues. Si
on vouloit parler de chacun &
en dire les bedutez & les delitateffis
, on feroit peut-eflre un
Ouvrage plus gros que celuy de
l'Autheur. Onse contentera donc
aenrapporterjimplement lesfùî'
jets contenus dans la Table d^
Livre.LepremierDialogueCfli,
sur le peril que court un Aui
thcur d'estre critiquélor:|
qu'il donne ses Ouvrages auq
Public, & l'on voit dans c,
Dialogue le caratterede l'Au^
teur qui Je tient dans cette honi
nefle défiance
>
où l'on doit toû-t
jours ejlre de foy-mesme. Le st-t
cond
j
Que
laBadinerie
a des.
agrémens qui l'emportent sur i
le Serieux dans la Société ci- *
vile. Ce Dialoguefonde tout le î
caraftere de tOuvrage, Le troi- -
stéme;Qu'en matière de ga- If
lanterie l'Or fait plus de
conquestes que l' Amour.C'ejl
une njeneé qu'on ne contestera
pas. Un de nos beaux EJprits
modernes a dit sur cela fort a-
[f(d,b/ement,,
1LacC'l1eefsdutcoffre fort & des coeurs, la mesme. j Que si ce n'est celle des coeurs,
C'est dumoins celle des faveurs;
1 Amour doità ce stratagême
La plus grand' part de ses exploits:
7. A-t-il epuisé son carquois,
Il met tout son salut en ce charme
h suprême.
Le quatrième Dialogue, Que
la gloire aprèslaquellecourent
les Heros par tant de peines
& tant de fatigues est une
pure chimere.Le cinquième,
Que l'Equitéest bannie de la*
terre, & qu'elle ne se trouve
ny à la Cour ny ailleurs. Le
sixieme, Que le bon sens ne J
se peut trouver dans les figu- 1
res peu naturelles de la Poësie.
LeJeptièmej Que les Me- t
decins & les gens de Guerre
ont une égale licence de tuer
impunémentLehuitième^Quc 1
le Jeu cause de plusgrands j
maux que l'Amour. Le neu- j
viéme>Que le Bonnet de Do-
1
ûcur ne fait pasr le Doéte.
Dans ce Dialogue on 'voitaffe^
bien le cafaEtere des jeunefjytà^
be% d3'aujo&rd'huy.Ledixième
Que Tétendue du deiir ne'
sçauroit estre remplie. Le on-
%iéme. Que toutes lesLangues
font également! belles, & que
laFrançoifenestpas plus polie
qu'elle esteit dutemps de
nos Petes. Le douzièmeeilsur
rinjuftice qu'on a faite
-
a
Mult, & à d'autres mots
fClTIblablts, de les bannir de
la Langue.que dansces
deux derniersDido<iues rAit- o teurprenne., le ùarty du _r"Jie¡tx
Langage„ onroitpourtant Hem
qu'il ne njoudroit pas formerfom
Pilesur celuy-la>&que ce nefii\
qu'un jeu J'esprit. Le 13. Quej
tous les hommes se plaisent u
estre trompez, & que per--
Tonnen'a foin de chercher la£
vérité. Le74.Qu^ileftimpôts
fibleque l'homme vive tranquille,
lors qu'il s'abandonne s
à ion panchanr. Le Qu^il I
faut écrire purement) sans 2
comparaisons& sans figures)
<
& que la plusriche parure 3
d'une Langue vient de sanaï- -
veté.Le16. Que les Gens de 3 Cour font plus esclaves que
)
ceux qui font véritablement
chargez de chaînes. Si M1 Petit
veut donner une fuite à ces
Dqiual'oilgsuneseyJoieilnntae cdcoaibt lepmasednotuter
receus
du rpublic.
de Bretagne,Elleest de Poi-
,5 tou,&lesqualitezavantageu-
.i ses qu'on remarque en' elle, Id
distinguent encore plus que fae.
beauté. Sa conversionl'a fait
connoistre à laCourMadameo
deMaintenonl'ayant rrufej3
aux Nouvelles Catholiques,
-
& ensuiteà Saint Cir,elle à 4 faitparoistre tant demérité,
un cfprit si doux & unecon-
•
',-duite, si judicieuse, qu'en
s'attirantuneestime generale, J
elle a gagné le coeur de l'illu- I'
fre Personne a quielle estoit '{
déjà liée parlesang ,&qui nC,1
connoist que lemeritedans A
ceux qui luy appartiennent.
Cette véritéest si reconnuë,
qu'il feroit inutile de rien dire
pour la prouver. Jugez si ce
mariage a dequoy rendre Mr leComte deMailly heureux.
Le Roy l'a mis au nombre
des Seigneurs dont l'employ
est d'accompagner Monseigneur
le Dauphin) & à qui
Sa Majesté donne tous les ans
deux milleécus.Il afaitaussi
du bien à Mademoiselle de
Sainte-Hermine, & on peut
dire qu'elle le doit à son mérité&;
à sa conversion. Personne
n'ignore combien les
Nouveaux Convertis ont sen-
- ty d'effets des bontez, & de
la libéralité de ce Monarque.
Il voussouvient que lors
que je vous parlay du dernier
Voyage que Sa Majesté a fait
à Maintenon au mois de
May, je vous entretins de l'adresse
des jeunes Gentilshommes,
Cadets de l'Artillerie,
& du Prix qu'ils avoient disputé;
maisjene vous dis point
alors le nom de celuy qui le
remporta, parce qu'iln'avoit
pas encore receu cette glorieuserecompelice.
Ce fut Mr
le Breton d'Euvvrich qui la
merita
, pour avoir perce un
Blanc d'un boulet de Canon.
Il est Sous - Brigadier de la
Compagnie des Gentilshommes
de l' Artillerie,commandéepar
Mr du Raulet,Commissaire
Provincial au département
de lIsle en Flandre,
Commandant général de
l'Artillerie du Camp de
Mainrenom Ce Prix estoit
une épée a poignée d'or, &
elle luy fut donnée au nom
du Roy par Mr le Marquis
Mle Breton d'Euvvrich est
d'une Famille qui a esté distinguée
par nos Rois. Loüis
XIII.de glorieuse memoire,
en consideration des longs
servicesqu'Hctor le Breton,
Seigneur de la Doinetiere,
Roy dArmes de France, ôc :
l'un de ses Maistres d'Hostel
ordinaires: luy avoit rendus,
& particulierement de ce
qu'il avoir perdu un oeil d'un
coup demousquetade au Siege
d'Amiens,sous le regne de
Henry IV. luyfit exp dier
Je 4.Juin 1638. des Lettres de
concessiond'unedFle-urode Lrys,
d'or dansun Ecusson d'azur,
avec permission de supprimer
l'Etoille d'or quioccupait le
milieu des Armes de sa Maison,
qui sont telles qu'on les
voit figurées & empreintes
dans le Pere de VarennesPolliot
Vulsonde la Colombiere
, & dans les anciens Nobiliaires
de France
»
d'azur à
trois Colombes d'argent, les deux
duchefaffrontée,àl'écu cousu
d'azur en abisme,charge d'une
Fleur de Lys d'or au chef d'argent,
chargée d'un Lion naissant
degueules.LaNoblessede cette
Maisona esté reconnus
chanteau
»
Seigneur en partie
de laQueuëprés de Montfort
Lamaury, mort Commissaire
ordinaire de l'Artillerie ea
1670
Puis que vous avez acheté
toutes les Estampes qui font
une fuite des Conquestes du
Roy,&qui sont gravées d'aprés
les Tableaux de Mr Vandermeulen,
que l'on a mis à
Marly, je dois vous avertir
que depuis fort peu de temps
il yen a fait porter deux nouveaux
qui represententleSiege
deMastric
,
&celuy de Dinan.
Ces Tableaux font deux
desplus grands Ouvrages
qu'on puissefaireenPeinture;
Je ne vous parle point de leur
beauté. On est fort persuadé:
qu'ils feroient encore plus
beaux que tous ceux qu'a faits
M de Vandermeulen,s'il étoit
possible qu'un habile
homme se trouvaitcapable de
faire quelque chose de plus
beau que les Ouvragesqu'il a
mis au jour, lors qu'il semble
avoir pouffé sonArs aussi loin
qu'il peut aller, & principal
Lement touchant les Ouvralgieestc*
d'unemaniereparticuqu'il
s'est faite. Le Roy,
quiest le Prince du monde
qui connoist le mieux çout
ce qui regarde les beaux Arts,
& qui n'a rien épargnépour '%- les faire fleuriren France*eu
ils sont au plus haut poinçi
qu'ils ayent jamais esté, iciia,
publiquement, ces Tableaux
qu'il trouva d'une fort gran-.
de beauté M les Ecuyers y
remarquerent aussi des chofcs
d'un Art merveilleux à l'égard
des chevaux) dont les
sujets demandent que ces
Tableaux soient remplis; de
forte quepourenvoir detoutes
manieres, & dans une entiere
perfection,il faut avoir.
recours aux Tableaux de Mt, de
*
Vandermeulen. Le Roy.
«[in les Ouvragesplaisent dol plusen plus,luydit le jour encore qu'il vit les nouveaux Tableaux dont je vous parle qu'ilestoitextrêmementcontent
des deux derniers qu'ill
a faits du Siege de Luxembourg.
Cesont ceux dont jcs
vous ay déja entretenuë dans
ma Relation du Voyage que
Sa Majesté a fait pour visiter
cette Place.
Mademoiselle de Rouvroy Fille de feuë Madame y la Mar- -
quise de Rouvroy
,
Gouvernantedes
- Filles d'Honneur
de la Reyne, & Soeur de Madame
la Comtesse de Saint
Vallier, est entréeenqualité
de Fille d'Honneur chezMadame
,à la place de feuë Mademoiselle
de Simiane. Je me
souviens de vous avoir autrefois
parlédansune de mes
Lettres de l'ancienneté de sa
Maison Pour ce qui regarde
sa personne
, comme elle a
déjà souvent paru àla Cour,
vous ne pouvez ignorerqu'elle
est bien faite, & d'un caractere
d'esprit doux
?
honneste,
& tout à faitaimable
Vous aurez sans doute en
tendu parler du Mariage d
Mademoiselle de la Mon
de Caffaro. Cette Maison qui
est une des premieres de Si
cile, ne vous peut estre in
connue, après le bruit qu'elle
a fait dans le temps des Guei
res de Messine, pendant le
quel M '-, Caffaro ont rend
d'utile; services à Sa Majest
Les malheurs de leur Pay
les ayart obligez de se retire
en France,ils y ont receu de
marques des bontez du Roy
qui leur donne une pensior
irbpioeunrs suppléer aux grands
qu'ils ont perdus en
quittant Messine. Ils sont extrêmement
estimez de tous
ceux qui les connoissent, &
sur tout des Etrangers , qui
n'ignorent pas quelle est leur
naissance. Mr l'Envoyé de
Portugal les visite quelquefois,
& il y mena un jour
Dom Edoüard de Sousa,
que l'envie de voyager avoit
amené en France. C'est un
Seigneur des plus considerables
de Portugal. Il cft jeune,
fort bilenfait, & a unetresbelle
Maison à quatre lieuës
de Lisbonne. Son Pere ,qui
acheta la Charge de grand J Maistre des Postes de Portugal
, & de tous les Royaumes
< que le Roy de Indes, Portugal a aux l'alaissée héréditaire
dans sa Maison,ce quilerend
extremementriche. Il trouva
tant de mente dans Madame
la Marquise de Caffaro
, &
dans Mesdemoiselles de Caffaro
les Filles, qui sont toutes bien faites, & fort verrueuses,
qu'il resolut d'en demander
une en mariage. Dés le lendemain
M l'Envoyé de Por- i tugal en alla faire la proposition
au Pere Caffaro, qui
estoit alors Superieur des
Theatins, & que leRoy avoit
autrefoisnommé à l' Archevesché
de Messine. Comme il
l'asseuraqueDomEdouard de
Souza
? ne cherchoit qu'une
Fille de naissance sans demander
aucunbien
, & que
Mademoiselle de la Motte sa
Soeur luy avoit paru avoir les
qualitez que l'on pouvoit
souhaiter dans une Femme,
le Pere Caffaro répondit du
consentement de sa Famille
pourveu que le Roy agreast
,
la
chose. Le Mariage ayant
estéarreste ,Dom Edoüard
de Souza continua sonvoyage.
Il allaenItalie,oùil s'informa
exactement de la Famillede
Caffaro, &estant tourné re- en Portugal,il passi
quatre ou cinq ans sans donner
de ses nouvelles. Ce longA silence fit croire à Mrs de
Caffaro qu'il ne pensoitplus
a ce Manage,&ils commençoient
eux-mesmes à n'yplus
songer
,
lors qu'ilécrivit à M l'Envoyé de Portugal,
que de grands Procès qu'il
voit a- eus l'avoient empcfché
de chercher a le conclure, 8c
que ces Procès estant finis,il
le prioit d'en vouloir renouveller
leTraité.M l'Envoyé
en parla à M le Marquis de
Caffaro, Frere de Mademoiselle
de la Motte, & le Roy
ayant eu la bonté de donner
son consentement, le Contrat
se sitavec tous les avantages
qu'elle pouvoit souhaiter. Sa
Majesté, Monseigneur, Madame
la Dauphine
,
Mosieur,
Madame, & toute la Maison
Royale) luy firent l'honneur
de le ligner. La mesme chose
fut faite en Portugal par le
Roy & par l'Infante
, & Mr.
- -- l'Envoyé qui avoir receu pro « curation,épousaicy Mademoiselle
de laMotte, de au nom Dom Edoüard de Souza
le 24. du mois passé. Madame
la grande Duchesseluy sitensuite
l'honneur de la mener à Versailles
,
où cette Princesse
la presenta au Roy, a Monseigneur, à Madame la
Dauphine, à Monsieur & à
Madame , , qui la reccurent **
avec beaucoup de bonté. Elle -
est partie de Paris, &est al-1
lée joindre à Roterdam la jP
Princesse Palatine, pour la f
suivre jusques à Lisbonne,
L'Article que vous allez
ite va sans doute vous furprendre
?
& j'aurois peine
moy-mesme à y ajoûter foy,
je n'en estois convaincu par
.e rapport de mes yeux. Mr
Leviez , Docteur en Medecine,
assez connu dans toute
Europe par les cures qu'il a
aites dans les Pays étrangers
où il a esté appellé, fit
dans
sa maison de la ruë de Seine,
au commencement de ce
mois, une experience, dont
le bruit se répandra bien-tost
chez toutes les Nations) puis
qu'elle fut faite en presence
de tous les Ambassadeurs,
Envoyez extraordinaires,aà
Residens de tous les Souverains
qui ont icy des sentans, Repre- où devant des per- r
1 d sonnes envoyéesdeseurs
bpraert. Ils estoient au nom--
de sept ou huit. M- le Cardinal Ranuzzi, Non- cCle: ddeeSSaaSaSianintreetréé Fran.
en Fran-
ce,n'ayant pu s'y - rrouver.c y envoya M Lipi son Me- decin, avec
r
son Intendant,
& deux de sesGentilshom- ,
mes. M y avoit outre - ces Messieurs environ é cent Per- sonnes choisies & d'un«me,i!!
rite distingué dans les Sciencesoudans
les Arts. Mr Leviezayanttrouvé
deux fsuu-4-
jets qui
-
sur la réputation
qu'ils'est acquise, voulurent
bien hazarder leurvie, ou
dumoins s'exposer à souffrir
beaucoup , & à n'estre gueris
de long-temps, on donnasur
les six heures du soir uncoup
de rasoir jusquesau crane à la
testedu premier, & on luy
fit une playe de la longueur
de quatre a cinq pouces. On
louvrit les lévres de laplaye,
& ceux qui la voulurent considerer,
eurent tout le temps
necessaire pour cela. Mr Lê-a
viez y mit ensuite de son Ekl
fence Vulneraire, pour la
prompte guerison des playes.
On mit une compresse, &
l'en banda la playc. Cela
estant fait, on appella l'autre,
Patient volontaire; on luy fit 1
au bras une playe pareille, &
l'on y enfonça deux fois le
rasoirpour la rendre plus pro- 1 fonde, de forte qu'elleestoit :
jusques à l'es. On examina
cette ploye comme on avoit;
fait lapremiere. On y mit
après de la mesme Eflci-.cc,&
M Leviez dit à M s les Am-,
1
bassadeurs, qu'il meneroit le
lendemain ces deux Patiens
chez eux , & qu'ils les trouveroient
entièrement guéris,
&à ceux qui composoient
l'assemblée
, que s'ils vouloient
se donner la peine de
revenir chez luy le jour suivant
à la mesme heure, il leur
feroit voir la mesme chose
que M les Ambassadeurs auroient
vuë chez eux. Vous
regardez sans doute cette
guerison comme une chose
surprenante. Cependant il y
a plus,j'y retournay quatorze
heures après avec trois ou
quatre personnes qui avoient
vûcequis'estoit parte le jour
précèdent. On leva l'apareil
&l'on trouva les playes nés, gue- & les peaux égales. Les
Patiens assurerent qu'ilsn'avoient
point eu de fièvre;
qu'ils avoient dormy toute : la nuit, & qu'ils n'avoient senty nulle inflammation 3 à j kurs playes
, ce que l'estat où
elles estoient faisoitassèz
connoistre ; en sorte qu'il
estoit impossibled'en douter
quand mesme ilsauroient dit
le contraire. Mais ce qu'il y
eut de bien remarquable
, &• ;
qui caufaun fort grand étonnement
, ce fut que la compresse
de l'une des playes ne
s'estant pas trouvéeimbibée
jusques au bout de l'essence
deMr Leviez, il restoit un
petit endroit encore a guerir.
On y mit de cette essence, &
,
l'on remarqua que ce petit
restes de --
playe se refermoit àveuë d'oeil dans le mesme
temps
que le remede y fut
appliqué.Cependant rienne
rdeepvroeintderestreplus difficile à
que la chair d'un
homme qu'on doit croire
mal nourry ,
puisqu'il estoitassez
miserable pour se laisser
faire cette opération pour de
l'argent La pluspart des Amballadeurs
en donnerent à
l'un & à 1 autre, pour avoir
esté cause en s'exposant, de
l'utilité que le Public peut
tirer de ces deux grandes expériences.
Il en coûtera beaucoup
moins pour les Hôpitaux
des Armées,puisqueles
Blessez en sortiront prefquc
aussi-tost qu'ils v feront entrez
, ce qui conservera beaucoup
de Noblesse, & donnera
plus de hardiesse aux
Soldats qui se croiront assu-
-' j
rez d'une prompte guerison
s'ils reçoivent desblessures.
Cette essence guéritaussi les
coups de feu.
Les Nouvelles publiques
vous ont appris la mort de
Mrd'Aubeville,Envoyé Extraordinaire
du Roy auprès
de laRépublique de Gennes.
Il estoit parent de feu M le
Chancelier le Tellier,& avoic
esté Envoyé extraordinaire
auprèsduPape Innocent X.
& ensuitevers les Princes d'Italie.
On le vit après cela dans
la mesmequalité, auprès de
feu Monsieur de Lorraine , ôt
auprès duRoy dePortugal, ce. corus ces Empli oisontfiny
par celuy de Gennes,où il est
mort fort âgé. Ilavoitesté
Ordinaire du Roy&s'estoit.
défait de sa Charge ily e,
quelques années. Tantd'Émplois
fous un regnecomme
celuy-cy fontassez son éloge,
~h$rqu~Lfbir besoinqueje
vousen dise davantage. M**
du Pré a esté nomméen fait
placeEnvoyé extraordinaire àGennes.Il a demeuré en
Espagne,& a esté en Italie
pour le service de Sa Majesté.
Il a beaucoup -voyiagc>>
\Çc a fortétudié les interests
fCdes 'Perinlctes pendant ses Voya- un homme d'un,
ttirôc d'un espritqui le font
diltinguer d'abord qu'on le
ivoit
, & dés qu'il paroist, il
cft assuré d'en effacer beau- K* çoupd'autres. ",
t Voicy les noms de plu-
(leurs autres personnes consiërcirvabélcse,
dconetmla mooirst -cfct yar-. *Messire Claude Auvry,ancien
Evesque de Coutance.
II estoit Tresorier de la Sainte
Chapelle de Paris
?
& avoit
cfté Maiftrc de chambre de
-
M le Cardinal Mazarin. Il e
mort presque fubiccmen~aode
77. ans.
Messire Jofcph de Mont
pesat de Carbon
,
Archel
vesque de Toulouse.Ilestoi
.Frere de feu Mr l'Archeves
que de Sens, & avoit est
Evesque deS.Papoul. Un
-longue maladie l'a emporté
MessirePierre de Laval
Marquis de Laval-Lezé & d<|
Maignac,Comte de la Bigeol
tiere ,
& de Fontaine -
Cha-
..lendray) premier Baron de la
Marche> Lieutenant généra
: pour le Royen cette Province.
IlestoitFils d'Urbain de
Laval , Comte de la Plesse,
Frere puisné d'Hilaire de La-
[ val, chef du nom & des Armes
,de l'ancienne & illustre
MaisondeLaval, dont ccluy-
cy avoit herité.Vous sçavez
-que,laMaison de Laval
..en: une branche de celle de
Montmorency. Mr le Mar-
: quis de Laval estoit allié aux:
Maisons de Mortemar, de
Tavanne & de la Baume par
Isabelle de Rochechoüart,
son Ayeule paternelle, & il
l'estoità cellesde Clerembaut
>
&d'Avaugourt parJaqueline
de Clerembaut sa Éfci
fayeule. Le mariagede Jaques
line de Laval saTante avec lcy feu Comte de Grandbois
d'une des plus illustresMaifons
de Bretagne,luyavoi
aussi donné alliance cette avec Maison, & renouvellé
celle qu il avoiravec la Maison
du Bellay. '- Il avoit poiîn-
FrereMl'Abbéde Laval, a~~
pour Soeur Madame la Du-.
chesse de Roquelaure. Il s'e~
stoit marié en 1681 à Madé—
moiselle de la Mothe-Fénelon,
ôc n'a laisse qu'un seull
Fils âgé de huitmois. Ce Filsa.!
- M
icft heritiet du nom,dcs"i Armes,
& de toutes les Terres
iqli'il possedoit.
<
L MefïireJean de Longueil,
icy-devant Maistre des Comq)
tcs>mortla-ns a.1lliance, l:'i - Ltlans un âgeextrê1mement
Avancé.;Il estoit Fils deJean
pdc_ Longueil? Doyen de L1
chambredes Comptes, & de
rMadclcine Luillier
, ôc avoit
..trois Frercs & une Soeur; ~.;~-
^voir s. Pierre de Longueil,
^ÇonfeiHer- Clerc au Parle-
..ment aeParis,Abbé de gea$-
[!licn? Chancelier de laR~oÙJe
&,AnnedlAulirichesDo^ifiiu
quedeLongueil , Chevalier
deMalthe, mort à trentfequatre
ans, d'un coup de pi- 1
quequ'il receut en 1635.Marie-
Marthe de LOllQ"ueil,Fcm- ome de Michel desChalnes)
Srde Gaillon,Maistredes
Requestes, & René deLôngueil,
aisnédetous ces Frtres
, Marquis de Malfb'm-,'
Gouverneur de S. Germain,*
Président au Mortier du Parlement
de Paris, Sur-Intendant
des Finances de France,
marié à Madeleine de Boulenede
Crevecoeur, Dame de
Grisolles,dont est venu Jean
leLongueil , Marquis de "-
Maisons,PresidentauMortier
dans le mesme Parlement,&L
Madeleine de Longueil,Fem-
;
me de Maximilien de Belle-
Foriere
,
Marquis de Soyecourt>
Grand-Maistre de la ,.1 Garderpbe duRoy,& Grand
Veneur de France. La Maison
de Lpnguieil tiresonorigine
deJaSeigneurieëcChaftelleuie
deLongueil prés Dieppe,
dollt ils estoient Seigneurs
dés' l'an1248. & porte d'azur.
a ÎTQÏS Roses d'argent au cbej7
d'or chargé de trois Roses de
gueules. De cette Famille ont
estéPierredeLongueil,Evésquedu
Mans, mort (Geoffroy en 1326
- Marcel de Lon- gueil, Chevalier de l'Ordre
~e l Etoile, Gouverneurde
Pontoise,tuéen1356.àlaBataille
de Poitiers; Denis de Longueil
, tué en 14,; à la
Bataille d'Azincourt
; chard Ri- Olivier de Longueil,
Vicomte d'Auge, Cardinal
-
'& Eveisque de Coutance,mort
en1470. Jean de Longueil,
,
President au Mortier du Parlement
de Paris,mort en 1430.
C'est le premier de cette Fa-j
millequi aitesté de laRobe.
Antoine de Longueil, Evesque
de Leon, Chancelier dt
la Revne Anne deBretagne,
Ambassadeur de France veis
l'Empereur,leRoy d'Espagne,
& le Duc de Savoye,
mort en 1500.
Dame Anne le Brayer. Elle
estoit Femme de Mesme Robert
1 Echassier , Conseiller
au Parlement de Paris.
Dame Anne de ia Forest.
Elle estoit Femme de Messire,
Auguste Macé leBoulanger,
Baron de Mafflieres, Seigneur
deViarmes
, receu en 1658.
Maistre des Requestes, & éh
s1e67il5.,IPlreesitfFdcinlstadieigfreaunMdeCssoirne-
Mace le BoulangersStde
Viarme, President aux Enquestes
duParlementde Paris, & Prevost des Mar- chands de la mesme Ville, &, Coufin Germain deMessire
Louis le Boulanger, St de Hacqueville
rcceu en i.-~
Maistre des Requestes. Les Tantes de M le Boulanger :
Président au grand Conseil
sont,Elisabeth le Boulange
Femme de M de Hodicq
lMe aistre des Requestes, Anne CieMr 1
fcartlielcniy Maistre des
CoîrfpXES> .& Catherine le
3ofclan-ger Femme de Mt la
lçrc de Lesseville,Doyen
.les Maistres des Requestes.
az,neeenchefdetrois
Etoiles d'or !
, &en fçdptçdt
r; J' - 1 troisrosesd'argent
Dame Louise deMarvil- DamedeViabon.Elle
-.--..-.- - '+>.-.1 estoit Femme deJules Marquisde
Prunelé, Baronde
S.Germain, & autreslieux. Iln'y avoit pas Ixjng-temps1
que MadameRegnouartd laMaison de Charreton, ap-j prés de qui elle
-.
demeuroit,
&quiestoit: laTante par^aîr-®-
liance,l'avoitmariée,avec
M. dePrunelé Ce mariage
estoitparfaitement bien2 sorty t c.E.) toutesmanieres.
LeursTerresestoientvoisines
i'iacampagne. Mademoiselle
deViabon,comme Fille
unique&Heritiere,avoit des
biens fort considerables. Ils
sortoienttous deux de Familles
également illustres,&
1 qui avoient déjà contracté
plusd'une alliance entre-elles.
Une estime particuliere
-&. une inclination reciproque,
acheverent deformer les
noeuds d'une union si parfaite.
Ils vivoicnt tous deux dans
une grande satisfaction l'un
de l'autre, & vous ne doutez
pas que ce n'ait esté un vif
sujet de douleur àMr leMar
quis de Prunele
,
de perdre
une femme si digne de sa tendresse,
dans un o temps où il n'avoit
pas lieu * d'apprehender
ce malheur. Elle venoit d'accoucher
de deux garçons
dont l'unestoit venu mort altt
monde,& l'autre est encore
plein de vie. Lors qu'oni
croyoit qu'il n'y avoit rien à
craindre pour la Mere,un accidentquieft
survenus,l'aemi
portéeenfort peu de jours. |
Dame Marie Barthelemy, à
Elle estoit veuve de François
le Hardy, MarquisduFay t~.
Trousse, Lieutenant General
desArmées duRoy,&Gouverneur
pour sa Majesté dela evillcdeRosc en Cataloune.
Messire Charles Amelot,
Abbé dela Dorade,receu
en 1673. Conseilleren latroi-
Ifiéme Chambre des Enquedes
du Parlement de Paris, a
>efté fait Prcfident de la mêrme
Chambreen la place de
-MVdeFourcy. Il est Fils de
feuMessire Jacques Annelot,
Marquis de Mauregard-Amelot>
Seigneur du Mesnil, CarÏ
netin&autres lieux, premier
JPrcfidcnt-en la Cour des
AydesdeParis. -J---e- v-o-us ar déja parléamplement de cette
Famille
, qui porte d'azur'
à trois Coeurs d'orsurmontez d'un
) Soleil de mrfme.
MessireHenryFeydeauSr
de Calende
, Conseiller au grand Conseil, President a esté reccu en la quatrième
Chambre des Enquestes du
Parlement de Paris, au lieu
de M le Fevre de la Faluere,
que Sa Majesté a fait premier
President au Parlement de
Bretagne. Il cft Fils de Messire
Charles Feydeau,S de CalendeMaistre
des Comptes,&
FreredeMessireFrançois Feydeau,
Srdu Plessis,Maistredes
Requestes.LaFamille des Feydca-
ii qui portent d'azur assi
Chevron d'or ,
accompagne de
trois Coquilles de mesme, est driginaire
de laMarche,&a donné
plusieurs Maistres des Re^
questes, Conseillersau Parle-'
ment, grand Conseil, & aux
Compagnies Supérieures. !
Tamiriste de la rue de la
Cerisaye ; l' Amant de Jttlic'5'
kpluspetitdesPages duRoy;
l'uniquePassionné de la Belle
Javotte, la Mere Angélique
l'aimable Blonde d'Angeis,
ôc L'incomparable Janneton
delaruë de l'Enfant de Lion, :
ont expliqué la première des'
deux Enigmes du mois paflfé,
sur le Foyer,qui en estoit le
vray sens.
- Celuy de la fécondé estoit
la Fontange,& il a estétrouvé
par Mademoiselle Dollet Mitanpas
,
de la porte neuve du
Parc à Nevers; la Mère Therefe
; la charmante Brune
d'Angers; la Blondine,Soeur
du plus petit des Pages du
Roy, & les deux Rivaux de
la belle Blonde de la rue
Montorgüeil.
Ceuxqui ont explique
l'une Lx l'autre Enigmedans
leurvray sens, fontMrs Bouchet
,
ancien Curé de Nogent
le Roy; Martincau du
Port, Avocat du ReyàFontenay
le Comte en Poitou;
De Saint Simon Lavaloir de
Caën; de Bargeville) Capitaine
au Régiment d' Anjou
l'Abbé dela Barangerie,Precepteur
de Mrs de Marillac;
le Baron de Virazil; Lourdet;
P. Nivon de Lyon; Joseph
de Laleu l'aisné,
; Hu gues
Pierre Vitard ; l'Abbé Poly
du Bouteroude; Mesdemoiselles
GenevièveTuot, do
-la ruë neuve Saint Mederic
Tonton Dollct j¡ de Nevers Viole la a jeune, ruë Beaubourg
;Philis d'Ascleon;la
Dianesse adoptée; la belle
Tapissiere Renouvelin, : ruë
Mazarin
; la Solitaire de la
rue Marinej l'Indifferent de
Reims
; le Normand sincere
& dcfinrcrelfé
; le vaillant
André ; ttHuftre Esclave des
BellesC,B.E A.B & M. B.
Soeurs, de la ruë dela Harpej la bonne Amie du Mercure
Galant
; la belle Angelique;
p. L; Peronne la pucelle,la1!
belle Anneressuscitée
, & la
Devote Marguerite; Mr dii
Gay, Conseiller du Roy, Capitaine
& Maistre des Ports,
Ponts ,& partages de Lion, &
du Gouvernement.
La premiere des deux En-igmes
nouvelles que je vous
envoye, est de M la Prairie
Cairon,Professeur des Mathématiques
à Caën , & la seconide-,
d,e•ML. P. P.
Asf fameuxdans tous les
Arts
1y fuisfoun)entun coup de Mtfijlre;
Maispourfeavoir qui je peux
eflrc,
C'tjl en vain quesurmoy
,
l'onjette
fcsregards,
Ama copie on me doit reconnoifre.
AUTRE ENIGME.
] E nefuis rien à le bien prendre,
Par troiscorps différent jefuispouré
tantfore;o",
Des trois unfiul est animé
, Des autres deux, l'un est dur, ïantre
cft tendre.
OnmefjrmzinuîlLmcnt>
Je nefuis
,
& ne puiscjhc d'aucun
'¿ 7" u/hc Î A'ifjlmev>it-on rarement
Fjlr.: l'employ d'un hummejâge.
lefuis /'ami\fanent d'unfût,
Oufvous le vouLz. de loijivejeunese;
Il faut pour me formereependant
quelque adrejfc,
Ilne faitp.'s ejlre manchot.
Si celny {pfi me fert de p:re
lent bayer m.i mese en p 'jfant,
le reçois l'tflre e le perds en
na'si,, t.
S'ils'arrefre, tout aucontraire
Il ne me forme point, il devient
implljJ:;¡t,
Et s'abifme au (l'u de ma mere.
L'Air nouveauqui suit
ayant exercé de fort belles;
voix
>
je ne doute point qu'il 1
ne vous plaire.
AIR NOUVEAU. vAstesdeserts.bocagesjômbrer,
rojlreJilence
ny vos ombres
Si propres À - charmer un amoureux
soucy,
Ne mesintPlUvenir ic).
lene viens pointmeplaindre de
Climene,
Ny meplaindre du fort ;
Maispuisquefr n'aypu, luy déguises.
ma peine,
ît viens mourir, & luy cacher ma
ffltJrt. I
J'ay fait ce que vous avez j souhaité de moy & je vous
!
envoyé
envoyé le Livre intituléObservationssur
les Fiévres les
'Febrifur'l,es
,
composé par le
célébré Mr Spon, dont tous
les Ouvrages ont eu un si
grand succés. Jel'ay fait venir
exprés de Lyon, où il se
se débite depuis quelque
temps, chez le Sieur Amaulry
; un Livre si utile ne sçauroit
estre trop vu , & il ne
faut que l'avoir lû plusieurs
fois pour estre Medecin de
soy-mesme. Je ne vous en
dis rien, puisque vous m'en
avez fait l'éloge en le demandant)
ce qui me fait voir
qu'il vous est connu; mais*
(qua*nd il nevous le seroit pas, que je me dispenserois
de vous en parler, de peur 1 de ne vous en pas assez dire..
Tout Livredont on a fait
troisEditions
probation , porte son ap- avecsoyquand
on en tire des connoissances
a utiles pour la santé, il faut:
que ceux qui ne l'ontpas?ne l'ayent pointconnu. ; Si vos; Amis veulent avoirceluy-cy,
s le trouveront chez le Sr GueroutCourt-neuve du Pa.
lais, qui en a fait venir 1u'
sieursexemplaires,enetemandant
celuy que je vous en-
Il a fait venir en mesmè
tteemmppssuunnaauuttrreeLL'ltvvrrce)qquu,éc
vend à Lyon le mesme Librairc.
&qui non seulement est
nouveau mais encore sur une
Jmatière qui n'a point encore
esté * traitée & c'est peutestre
l'unique Livre entièrement
nouveau , ,;ment qu'on ait vu J qu on ait vu.
depuis beaucoup d'années.
Il estintitulé, l'Artdelaver*
*
ou nouvelle maniere de peindre
surle papiersuivant le coloris
des desseins qu'onenvoyeà U
Cour.M Gautier de Nifmc
en est l'Autheur. On y voit
ce que c'est que laver, quelle
estla différence de, laver
,
de
peindre l'huile, à détrempe, afresque,enmignature
, sur
le verre? en émail, avec des
crayons colorez,sur leplâtre,
& sur la soye, & d'enluminer.
Onyapprend de quelles couleurs
on
se
sert pour laver,Ôc
comment, on connoist les
couleurs propres pour cela ; de quelle maniere on pique
un Plan pour le dessiner d'aprés
l'original;comment on j lave les Plans fortifiez
, ceux
I
des Bastimens civils & les j
Cartes , le tout auparavant
dessiné avec de l'Ancre de la
Chine par des lignes seulement.
On y voit la manière
de laver les profils, & les élevations?
ainsi que plusieurs
autres choses touchant l'art
de laver, dont il seroit inutile
de faireicy un plus long détail.
Ce Livre, qui se trouve
aussichez le S Guerout ,
est
sur tout necessaire aux Ingenieurs,&
aux Peintres) &
doit estre d'une grande utilité
à tous ceux qui font prosession
de mettre les couleurs
à toute forte d'usage
,
particuliermenten
ce qui regarde
la methode de bicn deiIiner.. laméthodedebiendessiner.
;,Je ne doy pas oublier de
vous parler d'un Livre tres- curieux>&quine paroist depuislafin dece que mois.Il est intitule
, Histoire Métallique
delaRépublique de Hollande,
& contient environ cent soixante Medailles, ou pieces
de Monnoyes,avec leursrevers.
Vous ne douterez pas de la bontédece Livre,quand
vous sçaurez que Mrl'Abbé
Bizoten est l'Autcunpuis Que la profonde connoisance 1 qu'il a des Médaillés,s'est j
repanduëdanstousles Pays
où l'on en frape, &qu'iln'en
paroist point qui ne luy
soient aussi-tost envoyées,
comme à un Juge tres-habile
de ces fortes d'Ouvrages, qui
immortalisent plus les Princes)
que tout ce qu'on peut
écrireàleur gloire, parce que
rien ne resiste davantage au
tem ps que les Médailles? &
qu'on ne peut faire d'Hittoire foit moins fufpeéèe à 1*
posterité, En effet, les Médaillés
estant frapées incontinent
après les actions quien
font le Cujet, il faut neceffai^
rement qu'elles marquentIat
vente, puis qu'on écriroit
aufll-tofl: contre la fausseté;
,qucll,es publieroient. Le Li
vre deM rAbbeBizor finitpar
une Medaille bien quable. remar- Elle represente le
RoyenBuste, le casqueen
reste, couronné de Laurier,
avec ces paroles,
LUDOVICUS
MAGNUS ORBIS
PACIPICATOR.
On voit dans le revers la
Paix sur le Globe de la Terre
, tenant d'une main un raumneaeucod'rOnleivdi'earb,&
onddeanl'cauet.rAeu
dessus est le Soleil qui dissipe
des nuages par ses rayons,
Solus hoec otia facit.
La Hollande qui avoit servy
si long temps de theatre à la
Guerre avant que le Roy
donnait la Paix a l'Europe,
ayant fait fraper cette Médaille
dans ce mesme temps,
elle servira dans tous les siecles
d'un témoignage incontestable
de cette vérité contre
toutes les Nations jalouses
de la gloire du Roy, qui
pourroient chercher à obfcurcir
l'éclat d'une accion
qui iica jamais eu de parcillé,
-- -.. 1 &qui n'ensçauroit plus avois
dans toutes sescirconstances,
puis que de quelque gloire
que se couvrist celuy qui
marcheroit sur les pas de
Louis LE GRAND. il ne se- ,
roit que l'imiter. Comme Mr
l'Abbé Bizot nomme dans
son Livre ceux qui ont
eit|
Francelesplus beaux Cabi- j
nets de Medailles., je croy que vousneserez pasfâchée d'ap- I
prendre leurs noms. Apres1
avoir dit que le Roy a le plus
beau Cabinet non seulement i du Royaume
, mais mcfme
de toute l'Europe,il parle de I
- Mrde Guenegaud, qui «fté Ambassadeur a en Portugal-
MrdeBonrepaux.
Mr le Commandeur de
Gau.
Mrde Niert.
M Rainfant.
Mde la Chapelle,
M Moreau.
M leNostre.
M Vaillant.
M deBlois,
M Bodelot.
M Petit.
M de Montarfy.
M deLongpté.
P.UMÇt*ytunMrGailhard.
,,"
,; M Charleton,
Il y en a encore beaucoup
d'autres à Paris, dont les Cabinets
font moins remplis de
Medailles, mais c'estplûtost
manque de fortune) que de
desir d'en avoir, la France
estant devenuë depuis que le
Roy yafait fleurir les beaux
Arts, ce que l'Italie estoit autrefois.
Je dois encore vous dire
que M d'Anoville Escuyer)
a fait un Livre intitulé l'Art
de toucher le dessus la basse de
Viole,contenant tout ce ail y
àde necessaire , d'utile & de
curieux danscettescience,avec'
desprincipes,desréglés, &des
observations intelligibles qu'on
peut en acquérir la perfction en
peu de temps., & mesmesans le
secoursdaucunJUfaifire.
Le Public a beaucoup d'obligation
à ceux qui prennent
tant de foin pour luy. Il
n'en aura pas moins tres-spirituelle a une personne qui
a fait un Livre intitulé les
Malheurs de l'Amour. Il ne pa- roistraqu'à la fin du mois prochaine jene vous le sçaurois
envoyer qu'avec ma Lct- ]
tre du mesme mois que vous
recevrezen ce temps-là. Je ne
puis encore vous rien dire de
ce Livre, sinon que ceux qui
l'ont vu en manuscrit assurent,
qu'il peut aller de pair avec
tout ce qui s'est fait de
beau de cette nature) &que
c'est un de ces Ouvrages où
se rencontre tout ce que l'on
peut attendre d'un esprit tresdélicat.
Enfin les Chrestiens & les
Turcs ont ouvert la Campagne,
qui s'ouvreordinairement
plustard en ces quartiers-
là qu'en ceux cy,à cause
du fourrage qui y manque.
Toutes les Nouvelles devienne
nous ont marqué pendant
tout l'Hiver
? que les Turcs
ont esté battus dans toutes les
occasions où leurs Partis, &
ceux des Chrestiens se font
rencontrez. Nousn'avons pas
sceu ce que le Grand Vizir a
écrit au Grand Seigneur,mais
il est impossible qu'il luy ait
mandé que ses Partis ayent
esté battus pendanttout ce
temps, & qu'ils ne se soient
pas défendus au moins une
fois. Comme l'estat où les
choses se trouvent cette année
à l'ouverture de la Campagne
) vous fera peut- eftrc
juger de la fuite ,je crois vous
en devoir faire le
t
détail. Le
Grand,.Vizir> qui avant que
de posseder cette premierc
Charge de l'Empire Ottoman),
corninandoit l'Armée
de Pologne»ayant avec une
fine-politiquesupplanté son
PredecelTeur ne put, tout habilev
qu'il cft
,
se défendre
d'aller commander l'Armée
en Hongrie Les affaires eftoient
defefpcrées >&:les Allemans
avoienu fort avancé,
le Siege de Bude> avant que
ics Turcs eu fient aucunes
Troupes en campagne,defor~;
te que celles qu'on assembla
marchèrent si tard)qu)on pouvoir
dire qu'elles ne s'estoient
fnifes en campagne que pour
ftrvindctémoins de la prise
de Bude. Cependant les malheureux
estant toûjours traitez
de coupables à la Porte»
le Grand Vizir qui voyoità
craindre pour sa teste? a si
bien persuadé que sa presence
cftoit necessaire sur la Frontière,
qu'il n'a point retourné
au près du Grand Seigneur.
^A-infi pendant une année entiere
il a tout misen ufagc
pouravoirdes Troupes, ami
d'otivrir la Campagne de
bonne -heure;il en est venu
à bout5 & son Armée s'est
trouvée preste avant celle des
Chrestiens. Il a mesme d'assez
bonnes Troupes, ayant
retiré la pluspart de celles des
Garnisons,& mis les nouvelleslevées
en leur place. Cette
nouvelle estant arrivée à
-Vienne, cù l'on apprit que
les Turcs se fortifioient au
Pont deffck) les Généraux
font partis, & l'on a fait avancer
les Troupes, & mcfmc
avec d'aurart plus aempreNj
semenc,que les Fortifications
de Bude ne font pas encore!
entièrement reparees.r-1
mée Chrestienne est moinsi
force qu'ellen'étoit les anneesj
precedentes, n'ayant point de
Troupes de Suede
)
de Saxe,
ny de Brandebourg; mais
elle a en recompense cette fuperiorité
que donne la Victoire
?
& les Soldatsqui en
croyentestre toujours feurs,
combatent avec une confiance,
qui rend presque toûjours
victorieux ceux qui peuvent
l'avoir une fois. Au contraire
les Tueseu en inanqtleÙt;
iont épouvantez) & fuient
-
le Combat? & c'est ce qui a
donné lieu aux avantagés
qu'on a remportez à l'entrée
du Pont d'Effeck. Voila le
véritable efbt des affaires de
Hongrie. Je ne doute point
qu'avant que vous receviez
ma Lettre, il ne se foit pafft
quelque chose de nouveau à
l'avantage del'un ou de l'autre
party. 1
Le Roy a donné à Mr lè
Marquis de Bouflers le Gouvernement
de Lorraine, vacant
par la mort de MrJc
Maréchal de Crequi, avec,i
celuy des Provinces de Lu-/. xJembourç & ddee la SSaarrrreeY-1
qui ont chacune un Lieutenant
de Roy particulier.;, le
Re vous dis rien de ce Marquis
, qui dans un âge peu,
avancé s'est acquis la reputa.
tion d'un des plus braves &
des plus vigilans Capitaine^
de son SiecTe.IleilColonel
General des Dragon,&Lieutenant
General des Armées
du Roy/
r: Mr Catinat Maréchal des
Camps & Armées du Roy,
qui commandoitàCafalpa eu
le-Gouvernement de Luxembourg
qu'avoit Ml
.1
ds
Bouflers. Cest un Officier
d'une aussi grande bravoure
qu'il a de fa^effe & d'inteilif
gence dans lé mcltier de 1%.
guerre.
Mr le Marquis de Crenany
Colonel du Régiment de la.
Reyne, commanderaaCasaL
Il elt Brigadier, & InfpcCteur
General d'lnfanterie,& d'une
des bonnes Mailons de Bretagne.
Mr deCrenan son Perc along-temps commandé les
Chevaux Legers: ou les Gendarmes
de feu Monsieur lç
Prince.
La Licurenance de Roy de
la Franche Comté vacante
par le deceds de MrJe Marquis
de Monrauban
s
auili
cltimé que brave & de bonne
Ma,fo'n, a cité donnée
à M1 de Renty. Ce nomest
connu parmy les pcrfonnes
de pietéainil que pariny les
brades.
., le ne vous dis rien de 1entrée
de Mr le Marquis Dogliani
Ambassadeur de Savoye,
ny des audiences qu'il a
cües. Il a esté receu de la Inanierc
qu'on reçoit les Ambaassadeurs
des Testes cou..
ronnees.
Tonnées. Son équipage estoit
nombreux & magnifique
& il fut accompagné de
quantité de Gentilshommes
parmy lelquels il n'eftoic pas
difficile de le dillingtier.il
porte un nom fort connu ,
& sa rtputation ne l'eftpas
moins.
Le Roy a esté voir les Travaux
de la Rivière d'Eure,
& Sa Majesté a fait la reveiie
des Troupes qui y tra- vaillent.Comme cette occupation
leur est ordinaire
en temps de Guerre, la Paix
ne leur fait point oublier
leur messier. Jçluis> Madame *
Vostre,ôcc.
A Paris leji. Juillet IÓS¡"
APOSTILLE.
Le bruit s'efiant répandu dans
Vienne le 13. de ce luois qui estoit
le jour du départ du dernier Courier
, que la Ville d'EfTeKestoit
formellement assiegée, toutes les j
Lettres de cet Ordinaire-là le
portent, la nouvelle cftantassez 1
importante pour n'erre oubliée
par aucun de ceux qui ont écrit ce j
jour là Elle peut cftre vraye 3
mais I
il n'y a point de fondement cer-f
tain k faire là-dessus. Ceux qui
l'ont écrite, l'ont mandée dans le 1
moment que le bruit en a cou.
ru 9 & sans avoir eu le temps I
de l'examiner,&ceux quifont icy
reflexion sur cette nouvelle,ont de
la peine à la croire.Ilest certain
que dans le temps qu'on l'a mandée,
l'Electeur de Bavieren'avoit
point joint le Prince Charles de
Lorraine,&quele Pont qu'on faisoit
construire pour la communication
des deux Armées, n'estoit pas
achevé.Les mesmes Lettres portent
que la Drave, qui est en deça d'EsseK
,
est entierement grossie, &
que l'eau s'est répanduë dans les
Marais qui sont fut les bords, & qui
estant dessechez peu auparavant,
pouvoient beaucoup faciliter ce Sicge.
D'ailleurs un des fameux Marchands
de Belgrade ayant esté pris,
,
a declaré que les Turcs avoient trois
Camps
, entre EffeK & Belgrade.
JV. qu'il riçggit demeuré que trois
mille hommes en garnison dans cette
derniere Place. Toutes ceschoses
qui doivent empescher de croire
le Siege d'EsseK, sont mandées par
ceux mesmes qui donnent la nouvelle
de ce Siege.Ainsije ne sçaurois
vous asseurer si cette Place est
assiegée ou non, & je vous fais
seulement part des dernieres nouvelles
qu'on a receuës de Vienne.
On n'en sçauroit rien sçavoir de
plus iusqu'à Samedy prochain deuxiéme
Aoust, qui est le iour de
l'Ordinaire ,à moins qu'il ne soit
arrivé quelquechose d'assez impor-
! tant pour meriter qu'on dépesche
un Courrier extraordinaire.
Il vaque un quatriéme lieu au sacré
College, par la mort du Cardinal
Jean Gaultier de Sluze
,
Secretaire
des Brefs. Il est delaVille de j
Vizet
,
dans le Pais de Liege. Il - a
demeurécinquante ans à Rome
sans Benefices, & sans que les Papes
luy en ayent donné. Il estoitennemy
declaré des Quietistes
, ôc.
avoit làdessus, & en toutes choses,
toute la fermeté qu'un honneste
homme doit avoir quand il prend le
bon party. Il n'a point voulu signer
avant la mort l'abolition d'tincliic.
tiste ,& a soutenu qu'i's meritoient
plûtost d'estre degradez de leurs
Charges, que des abolitions.
Le Chapitre General des Iesuites
qui se tient à Rome, a élû pour
GenerallePere Tirso de Gonzales,
Espagnol. Il estoit simplement député
au Chapitre, & n'a jamais eu
aucune Charge dans son Ordre, où
il estoit feulement Missionnaire. Il
preschoitapostoliquement
, &avec
beaucoup de fruit. Il est fage, & n'a j)
point voulu écrire sur des matieres
qui partageoient de grandes Puifsances,
encore qu'il en fust fort
sollicité. Comme il ne pensoit pas à
devenir General,il dit lors qu'il fut
arrivé à Toulouse,qu'il se faisoit un
grand plaisir de ce qu'il devoit paffer
par Paris eu revenant de son ;
voyage ,
afin de voir le Roy,puis
quec'estoit un Prince qu'en 'voyoït.
Ce font ses propres termes. Cependant
il doit demeurer à Rome. qui
estle sejour de la pluspart des Ge- J
neraux d'Ordre, & il n'en sortira
Lpaess mesme pour fairedevisites.
Generaux des Iesuites n'en font
point, mais il est permis à tous ceux
de leur Ordre, mesme iusques aux j
simples Freres, d'écrire au Pere
General;& les peinessont tres- ;
ll'iriogiocunrtecfes pour ceux qui ouvriles
Lettres qui luy sont adrdrees.
Cela fait que sans sortir de
1 Rome,les Generaux des Iesuites
gouvernent vingt-deux mille Jesui-
.tcs'dont lapluspartsont en France.
pTjelqnesprières au'onaitfititès
jufcjuaprtfmt de bien écrire les
| noms propres employez, dans les Aie,noiresqiïonenvoyc pokr le-Mercury
[ on ne laiffi pas tlY manquer toujours.
fc Cela eflcaufeqvCily f a de temps en temps quelques-uns de ces mernoires dont on ne
'< se peutservir. On rtÏterlO la mtCne pritm
re de bien écrire ces noms, enfortê (JtlOff
ne s'ypuisse tromper. On ne prend aucun
Argent pour les memtires
y
& l'on employera
tons les bons Ouvrages à leur
tour ,
pourvu qu'ilsnedesobligent personne
& ("fliil riyaitrien delicentieux.
Lesieur Guerout qui débitéleMercure
à la plMt dufeusieur Blageart, avertit
que mm fetffementil£envoyera tous les
mois defort bonne-heurelà tous les particuliers
& Libraires de Province quilay
Auront donné leur aarefleJmaisqu'il y
joindra tons les Livres nouveaux des
autres Libraires de Pa'irqu'on voudra
avoir, dont ilferalespaquets sans demander
antre ch se que le prix des Litorts
: il prie feulement que l'en aitfOin
daffranchir les Lettres de port.
eATALOGVE DES LIVRES
q-uise debitent chetle fleur Guerout
Court-Neuve du Palais.
Histoire des Troubles de Hongrie, contenant j
lOüt ce qui s'y est !,Jllé de remarquable jusqu'à j
]
lafin del'année i6té, 5. vol.in 12.7.l. 10. si
Voyage du Chevalier Chardin en Perse ~&
aux Indes Orientales par la Mer noire & par laColchide, enriehi
de
dix-huit grandes fi-
,Puyeî.i.-voL in12. 4.l.10. C
Recherches curieusesd'Antiquité de feu M.
Spon , contenuës en plusieurs dissertations sur
des Medailles, bas-reliefs, slatuës, mosaiques
& inscriptions antiques,enrichies d'un grand
nombre defigures. vol.inquarto, 7. 1.
Dialogue des Morts 2. vol. in 12.3. liv.
Jugement de Pluton sur les Dialogues des
Morts. vol.in12. 1.
liv. 10.f.
Entretiens sur la pluralitédes Mondes, vol. in12 1. liv.10. f.
Histoire des Oracles, vol. in 12. 1. 1. 10. f.
Lettres galantes de M. le Chevalier d'Her.
1. vol.in12. Academie galante. 2. vol. in12. J..K
La Duchesse d'Eltramene. 2. vol. in 12. 2.l.
Le Napolitain, vol. in. 12.1.l. Sentimens sur les Lettres & ssîr l'Histoire
-
avec des scrupules sur le stile. vol. in. 12.
1. liv. 10. f.
L'Ariostemoderne. 4.vol. in12. -. 6. l.
Dialogues &tyri<jjcs & moraux, vol. in 13*
1.liv. 10. :,
L'Art de Laver. 1. Ev.
Observations de M. Spon ,sur lesFiévres
&lesFcbrifugts. 1.liv.
Fablesnouvelles. vol. in12.1.l
Di fcours « fatyriqyes & moraux en vccâ>I
Toi.,iiiu. i. Uv.
Epitrcs en veri de M. Sabatier del'Ac«-
demie Royale d'Arles, vol.iniz i.liv.
Ca,s&cies del'amour, in u. i-l. 10, f.
Le Grand Visir Cara Miiftafa. vol. in ii,
I. liv.
L'illustre GenoiCe. vOf.
LeSe ilicien vol. in n. î.1. io. f. 1
La DeviiK-rcile, Comédie. i. liv. , Artaxcrce, Tragedie avec (a critique 10. f. 1
Onacommencé à imprimer le Mercme au |
mois de Mars 1677 Outre les Volumes de
chaque mois
,
il y a diverses relations parti-j
culieres, ravoir. Le mariage de Mademcifclle avec le Roy j
ci'Eî, if,ne. -'. temariage de Monbeur le Prince de Conty:,
avcc M?.deirjoilelled-e Blois,
Le mariage de îvlonfeignenr le Dauphin
avec la Princesse Anne ChrertienncViûoiie5
de Bavicre.
Le vvy^ge du RoyenPlandreen 1680.i t.¡\ négociation du maiiàçe de Monsieur le j
1 de Sjivoyea^eçl'Infante de Portugal. i
UcuxTtelations des rejcuïirances qui se i
sa ires pour la naULnce de Moiîfeigneur
leI1 deBoiv.g/gne. Rela:ion du siége 4c Vienne. j
Relationde ce qui s'est pasTé à Gones. 1
Relation du siége deLuxembourg.
Histoiredu siége de Bude.
Recueil d'Ouvrages faits à la louangedu
Roy fllr l'extiiptiondel'Heresie.
Relationwles Prièrespubliques qui ont
ellé faites
lins
toute la Fronce , en actions
de graci" de là gunifondu Roy.
Voyage du Kcyà Luxembourg, contenant
la def iptiondes Places de la Haute &
BaiTe Alsâce, Se de celles de laProvince de
la Sarclede Luxembourg/
Laïl.clctic.i exa&edel'AmbatTadc de M;
le Chevalie;Chaumor.tàSiam estdansla
dernièreuie.-ié du Mercure de Tuillet i68&.
& dans le volumeentier qui loy fert de féconde
partie,
11 y à quatre Relations de tout ce que les
^mbaffadeurs de Siam ont fait 5c veu en France
,
doatlcs titres font,
Voyage des Arrtbassadeurs de Siam en France.
Cette premicre Relation conrient la réception
qui leur a esté faite dans les Villes
où ils ont patl'é, leur entrée à Paris, les cerémonies
observées dans l'Audience qu'ilsont
eue du Roy &de la MaisonRoyale, les complimens
qn'ils ont faits
, & la defcriptiua
des lieux où ils ont esté.
Suite du voyage des Ambafladetirs deSiam
en France. Elle contient ce qii s'estailéà
l'audu:ice de Madame la Dauphine, de: f ,.lvol.
in ii. une livre,
--," , ces du Sang, & de M de Croyssi & de Seignelay
, avec une description esafte des Char,)
teaux, Appartemens, lardiusSeFontaines de
Versailles, S. Germain, cMarly, Clagnyy
de la Machine deMarly , des invalides de
l'ObfervatOirc & de laMaisondeS.Cyr.
Troisiéme partie du yoyage des Ambailàdeurs
de Siam en Fiance. On y trouve la dtfcription
deVerfailles, celle deschevaux qui
font dans les deux Ecuries du Roy, ce qui.
s'est pntie dans les viiites qpi ont cité rendues*
aux Anibaffadeurs, les ejrperienccs de la pefenteur
de l'air faites devant eux,la defciiption de j
la Galleiie de Sceaux, & les réceptions avec
les harangues qui leur ont ellefaites dans toutes
les Villes de Flandi es.
iv & dennere partie du voynge des AmbïfHîfleurs
de Siam en France) contenant la fuite
de leur voyage de DandysdepuisVatcHciennes
juiqu'à Pans, la description des Villes cù ils
ont pallé & les harangues de tous les Corps,
ce qu'ils ont vu à Paris depuis leur retour , leurs voyages à Veifailles, leur audience de
congé,& les 17. audiencesqu'ils eurent le
jrefW )our, avec tous les compliments qu'ils
ont faits , ce qui s'elt paslé à leur dcprt, &
les noms des personnes diflinguées qui font i
tparties pour SiJm., I
Cnne fait plus d'Extraordinaiiesi ily en al
t;ciitc-dcu.x, qui outielesquestions lplmtts 1
r& d'érudition & les otivugcs de Vers, cott*
tiennent plusïeursdifeours>Traitez &origines,
fçavoir, $Des indices qu'on peut tirer de la manière 1domchacunsonne son écriture. Des Devises
'Enblemes & revers de Medailles. La deftifence
des cheveux. Extracrdnairt 4. Origine de la Peinture & de la Sculpture. Oliginc du parchemin
,
du papier & des Tafbolentttes.
Origine du Verre, des veiitez qui renfermées dans les fables, des [onges,
ide l'excellence de la peintures,Extraordinaire S
De la Peinture. Quelle est l'origine de
l'Archite£hnc. Extraordinaire 6.
J De la Contestation. De l'origine desArmes
ou armoiries & leur progrès. Extrasrd. 7.
> De l'origine des Langues,quelles Lingues
font les plus en usage) & quelle e(t la Langue
matrice. De l'origine de l'Imprimerie. Des
'Rangs & Ceremonies. Extraor. 8.
[I*a. DesTalismans. De l'origine de la poudre
Canon, De la pietic Philosophale. Des Feul:
"dont les Anciens se servoient dans leurs Guer..
oies & de leur composition Exraor.9.
Converfition Académique. Des Tali Gnans,
[De la Sympathie &del'Antipathie4es Corps.
rDela pierre Philosophale.,Dela Danse
, de
ceux qui l'ont inventée) & de ses differentes
erpeces. Exrraor. 10.
Del'origine dela Danfc, De l'usage de
Glace. Des Espritsfolets. Del'originede
l'Harmonie. Extraor. 11.
Des Foilets, s'ils sont de tout Pays ,& ce
qu'ils ont fait. De ceux qui ont inventé l'Har- r
monie, & de ses effets. Du frequent usage de
traordinaire.12.;,ne4 lasaignée. De l'originedela Noblesse. Ex-
Dela Superstition.Du bien & du mal que la fre- 1 quentesaignée peut faire Des effets de l'eau mi- 1 nerale. De l'origine desBagues,de leur matiere
& de leur usage, & de la vertu des plus rares
pierres qui y soient enchassées. De la Chasse.
Extraordinaire.13. 1
De la superstition & des erreurs Populaires.
Des Meteores & de la Comette apparue en
l'an 1680. De l'origine de la Chasse. De l'origine&
des Armes de quelques Maisons de
France. De l'origine & de l'usage des Masques.
Discours de la Santé & de laMaladie. Extraor- 1
dinaire.14. I
De l'air du Monde,& en quoy consiste la 1
veritable Politesse. De l'origine de la Medecine.
Des Peintres anciens, & deleurs maniérés.
Extraordinaire.15.
De l'Eloquence ancienne & moderne. Traité
surlesvandanges &sur l'origine du vin. Secret
de l'écriture & de la Langue universelle.
y_x"a»rdinairc 16. continué dans le 17 19,
20.22.23.30.31. j*.
En quoy consiste l'honnesteté & la veritable j
sagesse. De l'origine de la pourpre & de Técai
late. De l'Eloquence ancienne & moderne
Extraordinaire 17.
l,'.orDigeinlea pourpre, dumépris de lamort. De,
des Couronnes & de leurs cCl'cccs",
lettre de M. Comiers touchant l'élevation
des eaux. Extraord. 18.
w- Del'origine de la pourpre & de sa différence
avec l'ecarlate. Quelle est la marque d'une
veritable amitié. Traité des Lunettes par M.
Comiers.Extraordinaire 19. continué dans le
2I. 22. 7.4. 25. 26.27.28.29.30. 31.
b, De l'origine & de l'antiquité des Couronnes.
Traité du secret. De la conversation,Extraord
inaire 10.
Traité de la vie heureuse. De l'origine des
Cloches & de leur antiquité.Traité des
Couronnes.Extraordinaire21.
Suite du Traité des Couronnes. De l'origine
du Droit,Extraordinaire 21..
Du stile Epistolaire. Seconde suite du Traité
des Couronnes. Extraordinaire zj.
Des bonnes Se des mauvaises qualitez de
l'air, Conversation academique. Conclusion
du Traité des Couronnes , Extraordinaire24.
Du bon & du mauvais usage de la lecture
Extraordinaire 2 5.
De la lecture. Reflections sur les changemens
de la surface de la terre, & la facile
construction de toutes sortes de Cadrans solailtSJ
Extraordinaire26.
*
Doutes sur la Langue. Des avantages de
la chevelure, Extraordinaire 27.
De l'origine delaPoësie ,Extraordinaire 28.
De l'origine de la sepulture
,
des Tombeaux
êc du temps que l'on brûloit les corps. De laPierrePhilosophale. Extraordinaire29.
Suite du Ttaité de laSepulture& des Tombeaux.
Extraordinaire30. Conversation academique surl'origine des
Tombeaux, Extraordinaire 31.
Du Phenix.Nouvelle decouverte du Centre
d,c gravité du demy -cercle pour la quadrature
ducercle. Defense de l'inconstance. Extr. 32. 1
Qualité de la reconnaissance optique de caractères