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MERCURE
LE DAUPHiN,
Divisé en d::n. Parties. JUIN. jss7.
A PARIS,
AU PALAIS,
ON donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier iour de chaque Mois, & on
le vendra,Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,auPalais,dans 1#
Salledes Merciers, à la Justice.
T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle ,
à l'Envie.
¡¿t MICHEL GUEROULT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXVII.
AVEC PRIVILEGE DU ROY.
TA BLE.
pRélude.ï*îr*
Vers sur laSanté duRoy. 5
Sonnet. J1»
Vers Latins de M. le Cardinal Ranuzzi avec
la traduction qu'on en a faite. 15
Lifte des Compagnies establies à Rome, à
Venise & à Paris, pour contribuer à la dépense
des Globes du Pere Coronelli. i®
Suite des Associez des trois Compagnies. 46
Lettre écrite à un Pretendu Reformé qui differe
sa Conversion. 5J
Reception faite à Albi à M.le Goux dela
Bcrchere. 72.
Vers sur la mort du petit Cheval blanc de
Mademoiselle de Fourcy. se
Lettre de M. deComiers sur l'art de se conserver
en Camé, & de prolongersavie. 92
Reveuë faite à la Haye ntf Liste des Galeres de Malte qui se joignentà
l'Armée Venitienne,avec les noms des Commandans,
des Officiers&des Chevaliers.132
Nouvelles de Moscovie.143.
Service fait dans la Cathedrale de Roüen
pour feu Madame Colbert. 152
Benediction de l'Eglise des Capucins de
Montelimar. 1^4
Réjoüissances faites à Mercurol dans le Dauphiné
pourlaguerison du Roy. 159
Festede M. le Baron d'Olieres ,faite à Aix
en Provence pour le merille sujet. 166
Autre Festede M. de Mirmand, Medecindes
T AB LUGaleresduRoy,
faite à Marseille. 1""»'
Ceremonie de l'Enterrement du Prince Loüis
deBrandebourg. 174.
Le R ossignol & la Linotte,Fable. 186
Festedu jeu de l'Arquebuse,faiteà Caën. 195
L'Ambitieuse trompée,Histoire. 2.r-)IÇ
Lettre du Roy au MagistratdeStrasbourg.233
Boulede feu,veuëen l'air. it Vers, sur un reproche de Vieillesse.242
Nouvellesdesiain.2.4S Ornemens d'Eglise , & Orgues envoyez ea
Jerusalem. zji
CerémoniedelaTranslationdu Corps de S.
Maxime Martir,faite à Perigueux. if4
Maladie de M. l'Archevesque deParis. 15$
Estat de la Franceen deux Volumes. 1'1
Traduction des Vers Latins de M. S;mtt:.iit
sur lavenuë du Roy à Paris. 16.f
Mort de M. le DucdeSaintAignan. z79
Services faitsaux Cordeliers pourM. l'Evesqued'Amiens.
iti
Pgrixedronsne.zdans l'Academie Royaled'An- daiis 1"Aca284
Feste de l'ArcfaiteàMorienval. lU
Enigme en figure expliquée a la Fléche par
M. 1"AbKé<î'Armagnac. 297
Mort de Madarre l'AbbessedeNostre- Dame
des Prez lez-Troyes.304
Modes nouvelles. 306 Enigmes 327
Journal duVoyagedu RoyàLuxembourg. 351
Ucuvcincmcns du Havre & deLoches don-
*JJ+ àc
(c~ ~C-Ar fj~ ~T
JVIN 1687- I E me souviens, Madame,
de vous avoir parlé il y
quelques mois du Reglementque
le Roy a fait pour
le bien de son Etat, & pour
arrester le cours d'un luxe,
que quelques-uns de ses Sujets
portoient aussi loin, que
beaucoup deSouverains, puis
que l'on ne voyoit chez eux
queMeublesd'argent,Tables,
Lustres, Cuvettes, Buires, &
beaucoup d'autres Ouvrages
de cette nature, dont le
poids excessif incommodoit
les Familles, & empeschoit
que l'argent ne fust employé
à de meilleurs usages. Il
sembloit qu'une si juste défenseestoit
tout ce qu'on
pouvoit attendre du Royen
cette occasion pour le bien
de ses Sujets, & pour l'utilité
du Commerce. Cependant ce
Prince avoulu contribuer encore
autrement que par ses
soins, & par ses ordres, à l'anéantissement
de ce luxe,s'il
m'est permis de parler ainsi,&
il a payé de ses propres deniers
la façon de tout ce qui s'est
trouvé d'Ouvrages défendus
chez les Orphèvres,&qui doivent
estre rompus, & mis au
Billon.Il ne faut pas s'étonner
si les Sujets d'un Monarque
qui meritetant d'amour,font
voir tous les jours un si fort
empressement à luy marquer
l'ardeur Ar \c.uv zele. Voicy
desVers d'un de ces zelez
Sujets qui m'est inconnu. La
matiere n'est pas nouvelle &
je ne croy pas mesme qu'il
soient nouveaux ,mais je n
les avois point encore vûs, &.
je vous envoye la premier
copie qui m'enest tombée
entre les mains. Vous trouverez
dans ces Vers des endroits
inimitables, qui font
connoistre que c'est l'amour
des Sujets qui fait distinguer
le vray Monarque, de
celuy qui n'a ce ~nom que
jvree qu'ille tient desanais
sance. - - - --- .-.-
SUR LASANTE',
De SaMajesté.
LE débri s de centmurs qui toin*
bezsous ta foudre
Fumentencor du coup qui les a mis
enpoudre, [Enfers,
?J ce Monstre écrasé,qui sorty des
De nos Roys trop long-temps avoit
bravélessers,
GrandRoy,marquoient déja que
Dieuparsalemence
Sous ton regne attachoitsesfaveurs
à la France.
Mais ces divers Ramparts soudroyez
en courant,
Et ce Monstred'Erreursous tes mains
expirant
De lafaveur d'en haut n'estpas le
plus beaugage,
Le Ciel te conservantfaitpour nous
ddvantage;
Et l'Univers entiersoumis à nofirê
Loy
Ne nous vaudroit pas tant quun
Maistretelque toy.
Aprésnousavoir misàl'abry des
tempestes
Portéde toutesparts tes rapides Conquestes,
Souvent dans un Combat dompté
trente ennemis,
Sur le Rhin ,sur l'Escaut,par tous
planténos Lys,
Fait marcher devant toy la crainte
r} les alarmes,
Triomphépar ton nom autant quepar
tes armes, [ tiOllVe"'tX,
l'Exterminél'Erreur,surdesTemples
Fait pâffcr ton couroux ,
tomber
tes carreaux,
Accordé le secours de ta main triomphante
A la Religionpartessoinsflorissante,
Soutenu noblementton Thrône,
nosAutels
,
Si la mort t'avoit mis au rang des
immortels,
Quelavantagehelas!de voir ÏHy~
dre étouffée
J^vand , toy-mesme on t'eust VfN
tombésous ton Trop:,'é.:f
Quelfruit de tes travaux ?car après
lout,grand Roy,
Qu'auroientpû nousservir tes triomphessans
toy ?
Aussi dés que la France apprit
, d'unboutàl'autre.
Avec un juste effroy ton danger &'
le nostre
,
Desmains qui te frappoient nou :ftll;'
tismes les coups t-i blessure d'un seul dev, int le mal
de tous.
Ghi de tristessanglots vers le
Cielse pousserent!
A former mille voeux que de coeurs j'empresserent !
Qu'à son Royaume entierLOVIS
coûta d'ennuy !
Haitstremblions pour nous ne trem-
/Ji,U'.:: quepour luy.
J»iats y~;.~ amour ,¡¡'urs¡:/:!j fort
(':I{ la ïiJtart
Centsoispour
te guérirenvin ta h!efsure
, [ tonsort,
Etpourprendresursoy le hazard de
Quellâche n'eust trouvé des charmes
dans la mort,
N'eufcompté pour un gain laperte
desa vie,
Si d'un heureuxsuccéssa noble ardeursuivie
[Cour,
T.ufiputeconfcrverâton Peuple,à toe
Etpat vingtdeses ans t'acheter un
seuljour?
Ce n'estpaston bonheur, re nesi
pas la Couronna
Qu'adorenttesSujets gradJloj,
cc(i ta Perso ne,
Ton Peuple avecya?, n n tÙr-f: que
toy dans le y
, Car le Royaume t.J -:r vu.: lien
moi.s.y,e(1..
Cu amour des.t..; , fI Iinfaillible
marque
£j*inolis faitd~un vray d'ln.
faux Monarque.
Ce n'estpassonPalais dont le saiste
orgueilleux
SSttmmbblleeppaarrsfaàhIJatluttt/eNulrrvvoouullooiir, bbrrúavveerr
les Cieux,
Ny sa Pourpre,ou l'éclat que jettesa
Couronne,
Ny U nombreuse Cour qui par tout
l'enuitonne,
Ny d'un peupleflateur le respect in.portun,
Les Roys, o. les Tyrans ont cela de
commua.
L'ameur,leseul amour d'.-.,"] leiPple
envers son Maistre
Nous peut faire juger s'il est digne
de lestre,
Et cet heureux amour jamais brillat-
il mieux
jVu'avx momens fortunez, où l'on
Cetnt que les Cieux
Ecartant leur couraux rappelloient
leur clemence,
Etsauvant Louis seulsçauvoient toute
la France ? [ veur
Fut-il âge, nyfixe à quicettesaCentfois
avectransportriensistbenir
l'Autheur ?
Nosapplaudisse trevisamgeens, nos yeux3no*>
Dece
quenoussentionstoutporta
moignage té- ,
On jèeal leprix du bien que le Ciel
nous rendoit,
il estoit infini, la joyey répondoit;
Et maintenant encor, que cette meJinl
joye
Dans le Royaume entierà l'envyse
déployé,
.1111"e c'est avec raisson que tu te réjouis
!
France , tout est à toy , tu possedes
LOVIS.
Si ces Vers font voir combien
le Roy est aimé de tous
ses Peuples ,le Sonnet qui fuit
Vousapprendra que ce Prince
sçait l'art de se faire aimer.-
Ilest de Mr Magninj & a:
pour titre,
LOUIS égalemeLnEtchGeRrAy3ND
ëjredouce DEmille corujt/erans les forets
redoutables
Ontparun airsevere efrayi CynU
vers,
MAISfaute d'eflimerlebonheur dlê~
Ilssefont attiré de terribles revers.
-I,tr crainte parfoiblesse, ou bons,
ou trop ouverts,
loin wi"eJlre revenu ,
devenrs mép.'
filles,-
f tf--j!j*rtlàclfCréent cent outragez
divers
Il Ii.'.: se faire aimer, ilsçaitse
faire craindre,
yïenageA.ttourk tour,cestalens of- of.ZJ
De d*~ie. pour charmer, deforce
pourcontraindre.
Le Roy n'est pas seulement
loüé par ses Sujets. Comme
par tout où il est connu, les
personnes du premier rang
l'admirent, ainsi que
celles
quinefont distinguées que
par leur esprit, M'leCardinal
Ranuzzi a adresseà Mr le
Cardinal d'EstréescessîxVers
Latins, sur les actions de ce
grand Monarque, qui font
décritessurl'Orison du Globe
terrestre que le Pere Coronelli
afait pour Sa Majesté,
par l'ordre de sonEminence.
GRandiagesta manenty,Solis non
excipit annus,
Ncc solitipossunt enumerare dies.
tongior annus adest. Saturnussup-
> petatorbem,
Hic valeat melius vota fovere 1Jfjic rediviva sui miretur tempora
I regni,
r Regis assa notans,aureasoe
notet.
L Je ne doute point quevos
Amies ne me pardonnent
sans peine ce peu de Vers
dans une Langue qu'elles
n'aiment pas, puis qu'ils sont
faits pour le plus grand Roy
de la terre, par un Cardinal
d'un très-grand merite,
que d'ailleurs elles en trouveront
la traduction dans ces
autres Vers de Mr l'Abbé
Laurent. Qve de faits inouïsn'ontpoint
icydeplace! .- yu an peut-il nombrer tant de sameux
Combats?
Non, lesjours limitez, que leSoleil
nous trac,
pourlesrenfermer tous ne tefiffi*
sentpas.
Il faut çfune plus longue dnnlt;
Donne unplus grand nombre de
jours,
Jrtive de cette vit illustre &forttt»
néile,
Saturnedécrive le cours.
Son règneavec LOVIS,enfnsevoit
renaiste;
Zu'il admire du ciel ceprecieux
trejori
Ets'ilpeutnous marquer toutceque
faitson Maîstre, ilmarquera le Siecle d'Or.
CesVers me donnent lieu
, de vous dire que le Tcre Co;,
ronelli, qui fait ces fameux
Globes? estant venu à Parispour
les faire transporter de
l'Hostel d'Estrées à l'Hostel
deLionne,en attendant qu'-
ils puissent estreplacez à Verfailles
, communiqua à quelquesuns
de ses Amis ledeSSein
qu'il avoit de rcduire
ces grands Globes à un volume
qui puSt estre commode
aux Bibliothèques & aux
Curieux. Il dit à Mr l'Abbé
Laurent qu'ilseformoit àVenise
une Compagnie pour
contribuer à la dépense de
cette entreprise, & qu'onne
seroitpeut-estre pas fâché en
France d'avoir part à ce dessein.
Mr l'Abbé Laurent en
parla à quelquespersonnesde
qualité qui résolurent en
formant une Societé
,
de fairevoir
que la France le dispute
à l'Italie pour l'amour
des belles Lettres. Dés ce
temps-làils jetterent les fondemensd'uneCompagnie
qui
commença à Paris le 10. Novembre
dernier. On en fit
imprimer une Lifte dans les
premiers jouts de Janvier ôc
cette Compagnies'estant
beaucoupaugmentéc en -peu
de temps, on en ~une
nouvelle quelques mois aprés.
Je vousen envoye une
copie.
MEssieurslesAssociez aux
Globes du Pere Coronelli,
vous envoyentce nouveau
Catalogue de leur Société
,
qui
comprend ceux qui la forment à
Venise (ffr à Rome. Ceux qui
auront dessein d'y entrer,adresseront
leurs Lettresà Mr lAbLc
Laurent, l'un desdits Sieurs Associez,
demeurant ruë Payenne
au Marais,lequel après en dvoirinforméMde
Guenegaud
Maistre des Requestes,se chargera
d'yfaire réponse.
Ledit SieurAbbé Laurent a
estépriéparlesdits Sieurs ÀJ]o~
citz , de se charger du soin de
noir le progrés de l'Ouvrage de
'Paris, & d'avoir toutes lessenaines
des nouvelles du Pere
Coronelli
, pour sçavoir enquel
eflatefl celuy de Venise
,
(frf tous
les mois il rendra compte de l'un * de l'autre à ,W' le Pelletier,
Conjeillerd'Eflat ordinaire &
Intendant des Finances,à ii~~j
BignonConjeiller d'Estat ordinaire
:>
à M Roüillé du Coudrayprocureur
General de la
Chambre des Comptes, à Mde
Guenegattd
CjJ'cfi^sj&, Maistre des Re-
~cy-devant Ambasfadcur
pour le Roy en Portugal,
au R. P. Verjus,~Jefuite
, cau
R. P. duMolinet ~Chanoine
Regulier de SaintAugustin à
Sainte Geneviève, lesquelsvoudront
bien en informer ceux qui
souhaiteront en sçavoir la verltr.
Tous les trois mois on donnera
un nouveau Cataloguedes
Associez de Paris, de Venise,
de Rome , '@r des autres lieux
où laditeSociétés'établira,&'
les noms des AsJsoc'iJez"serontmis dans ces Catalogues, fÚruanrl'ordre
de leurs payemens.
On envoyera àMs les Associez
un Billet d'avis de ïécheance
de leurs termes, pour
les avertir de satisfaire à leurs
payemens; l'on prie ceux qui
sont entrez, ou qui entreront
dans laditeSocieté
,
de donner
leurs demeures, afin qu'on puisse
leur envoyerseurement ces Billets
d'avis.
LISTE DES ASSOCIEZ
de Paris..
Mr le Duc de Brissac, Pair
de France.
M l'Abbé Venier.
Mr de Poix, Seigneur de
Bequerel.
MrlePelletier,Conseiller.
d'Estat ordinaire, & Intendant
des Finances. *
Mr Titon
, Procureur du
Roy de la Ville.
MdeGuenegaud,Maistre
des Requestes, & cy-
devant
Ambassadeuren Portugal,a
payé entierement. i:
Mr l'Abbé de Dangeau.
Mr le Marquis de Broon
premier Escuyer de Madame.
M l'Abbé Laurent.
Mr de S. Laurent, fous-
Gouverneur& Precepteur de
Monsieur le Duc de Chartres.
>
Mr de Vilermot,
Li. -. Mr
Mr le Mareschal d'Estrées
Vice-Amiral de France.
M Contarini.
Mr l'Abbé de ~larayetrc.
Mr le Comte de Lionne,
Premier Escuyer de la grande
Escurie du Roy.
Mr l'Abbé Morel , Conseiller
au Parlement.
Mr Roulland Docteur de
Sorbonne ,PrieurdeMortain.
Mr l'Evesque de Laon, Duc
& Pair de France.
~Mrl'Abbé de Noailles.
Mr. le Maréchal Duc de
Vivone) General des Galeres.
M le Maréchal Duc de la
Feüillade,Colonel du Regiment
des Gardes.
M Cassini, Astronome du
Roy.
M Bignon,Conseiller d'Etat
ordinaire.
M dela Ferriere, Maistre
des Requestes.
Mr de Fieubet,Conseiller
d'Etatordinaire.
Mrde Marillac, Conseiller
d'Etat ordinaire.
M Bignon,Maistre des
Requestes & Prc-fident au
Grand Conseil. -'-
M Roüillé du Coudray,
ProcureurGeneral de la
Chambre des Comptes.
La Bibliotheque de Saint
Germain des Prez.
VLa Biiblciothetquoe derSa.int LeReverendissime Pere de
la Chaise, Confesseur du
Roy.
LeR P. Verjus, Jesuite,
pour M. Constance,premier
Ministre d'Etat deSiam.
Ledit R. P. Verjus, pour
l'Empereur de la Chine
M de Tralage.
M le Duc durées. Pair
deFrance,&Gouverneur de
1
l'Isle de France. C ij
Mr le Duc deBrancas, Pair
deFrance.
Mrle Duc d'Aumont, Pair
de France, premierGentilhomme
de laChambre du
Roy.
Mrl'Abbé d'Estrades,Conseiller
d'Etat & cy-devant
Ambassadeur àVenise & en
Savoye.
Mr le Cardinal Ranuzzi,
Nonce extraordinaire en
France.
Mr Begon ,Conseiller
d'honneur au Parlement de
Provence, & Intendant General
des Galeres à Marseille.
Mr Colbert, Abbé de Bonport.
M Colbert, General de
de l'Ordre de Prémontré.
M de la Croix,Conseiller
du Roy, Maistre ordinaire&
Doyen en sa Chambre des-
Comptes.
M Amelot de Gournay
Maistre des Requestes, ôc
APmobasrsatdeuurgpouarlel.Royen
Mr l'Abbé Blondel.
~M- le Camus, Maistre des
Requestes.
M Gault.
Mr de Caumartin, Maistro
des Requestes. C.U)
Mrl'AbbédeVaubrun.
M deBlanpignon,Docteur
Ade Sorbonne, Curé de Saiut
Mederic.
M Betaud de Chemaux, Conseiller au Parlement.
Mrle Bret,Maistre des
Requestes
-,
& Intendant àc;
Justice à Lyon.
- M le Cardinal de Boüillon
, Grand Aumônier de
France.
Ml'Archevesque deLyon, apdjtéentièrement. 1 a Pa entlerement.
Mr Roüillé
?
Lieutenant
General des Eaux & Forests
de France.
Mrl'A'Dbé,Amelo-t-, Aumônier
du Roy.
M* deMarges, Conseiller
au Parlement de Grenoble.
La Bibliothèque de Sainte
Geneviève. ,enev!eve..
M Chaponel, Seeretairc
du Roy.
M le Duc deNoja, illes>
Pair de France, Capitaine des;
Gardes du Corps.
¿ Mrl'AbbédeCroifTy.
M le Normand>Sécrétai-*
re du Roy. ~,
M du Lieu, Confcillerdu
Roy, &Maistre ordinaire en
sa Chambre des Comptes.
- Mr l'Evesque de Chalon
Comte& Pair de France..
Mr d'Aligre, Abbé de
S. Jacques de Provins.
M du Ham ,
Marchand
Libraire à Aix en Provence.
M1du Fresnoy
;
Conseiller
du Roy, & premier Commis
de M.le Marquis de Louvois,
Ministre & Secretaire d'Etat.
M'de Mesmes, Commandeur
des Ordres du Roy,&
President à Mortier.,
Mr Tomassin,Seigneur de
Mazaupries Conseoiller o au Parlement de Provence.
LISTE DES ASSOCIEZ
de VentJe.
N. H. S.PietroEmo.
N. H. S.GioBattiita Dona,.
N. H. M. Silveftro Valier
Cavalier, Procuratore di S.
Marco.
NH. M. GirolamoBalfadona,
procuratoredi S. Marco.,-
N.H. M.Antonio Grimani
Cavalier, Procuratore di
S. Marco.
N.H.S.Gio.Ancomo Ruzuni.
N. H. S. GicbBatcifta Nani.
N. H. S. Gio : France[cot' Barbar1go..
t' N. H. S. Ferigo Venier.
N. H.S.Franccfco Loredan.
N. H. S. Chriflino Martinclli.
N. H. M. VettcrCorrcr?
Procuratore di S. Marco.
N. H. S. Giacomo Riva.
N.H S.Cartarin Corner.
N. H. M. Giulio GiuitÍniam,
Procurau re di S.Marco.
N. H. S. Cïu1:oGiuftiniani>
Cavalier.
N. H. S.Girolamo Correr.
N. H. S, Gioreio Corner. N. H. S. Girot~ia.mo Ravagnin.
N. H. S. Girolamo Duodo.
N.H.Vincenzo Finis.
N, H. S. Gio Battista Gradenigo.
N. H.S.Marin Zorzi.
-
N. H. S. Antonio Maria
Bernardi.
N. H. S. Gio :
Francesco
Moronni.
N. H. S. Bernardino Dona.
N.H. S. Pietro Contarini.
N. H. S. Gio : Bernardi.
N. H. S. Giufl' Antonio
Belegno.
7
- N. H. S. Angelo Contarini?
N. H. M.Nicola Venier,
Procuratore di S. Marco.
N. H. S. Constantin Renier.
Monsignor Leoni Vescovo
di Ceneda.
N.H. S. Filippo. da Molin.
Monsignor Badoer, Primicerio
di Venezia.
N.H.S.Gio:Battista Minelli.
N. H. M. Angelo Morosini
Cavalier, e Procuratorc
diS. Marco.
N. H. S. Giovanni Lando"-
N. H.GiainoNanicj.Ber*
nardo,•
Slg. Abbate Belloni.
N.H. S.Benedetto S.Gio:
Toffetti.
S.Cardinal BarbarigoVefcovo
di Pad.
N. H. S. BartolomcoGri~
mani.
N. H. S. Suanne Renier.
N. H. S. Carlo Contarini
Cavalier.
N. H. S. Nicolo Dolfin.
N. H.S.Gio': Battista Erizzo.
rinNi.. H. S. Nicolloo CCoonnttaa--
N. H.S.Pietro Valier.
N. H. S. Sebastien Fofcafini
Cayaliej.
N. H.M. Marco Contar:ni
Procuratore di S. Marco.
N. H. S. Girolamo Pisani
q. Vettor.
N. H. S. Girolamo Zen
Cavalier.
N. H. S. Ferigo Marcello.
ïNi. He. S.lAnltoniio.Marti- N. H. S. Claudio Gonzaga Marchese.
S. Marchese Michiel Sagramosa.
S. Gio: BattistaNicoloÏÏ>
Secretario dcll'Eccell. Senato.
-
S. Môdico Senacthi.
S.McdicoBracchi.
Padre Felice DonJti.
S. AvocatoFrancesco Fanelli.
S. AvocatoStefano Morelara.
S. Cau: Conte Matteo Alberti.
S.SigifmondoAlberghetti.
S. Francesco Savioni, Secretario
della S. Republica.
N, Signor. Marchese Guido
Rangom.
N. H. S. Giovanni Malipiero
cj.Vettor.
N. H. S. Almoro Giufiinian
q.Benerro.
LISTE DESASSOCIEZ
de Rome,
Il Signor Cardinale d'Estrées,
Duca e Pari di Francia.
Il Sig. Principe di Bazola,
Duca di Sabianetta.
Il Padre Reverendiff. Cloche5
Miniftro Generale dell'OrdinedePredicatori.
Il Padre Reverendiff. Maëstro
Averfani) Miniftro Générale
deU'OrdinedeMinori
Convencuati.
Moi-tfignor CiampinL
IE fîuffigné le P. Coronellix
(^ofmovrapbe de la S.R:publi-'
dqeue de VemJe>promets a -- -
luy fournir&délivreràParis
avant la fin de detix innées
deux Globes
,
l'un Celeftt
? &
l'autre Terrefere , enlumine
& montez[ur leurs pieds? lesquels
auront chacun treis pieds
@J âemy de diametre
,
rnefure de
France.) qu'on grave aèlueilement
àParis& à Venise, aux
dépens de M:jji,Jurs les Académiciensy
qui ont déja fburny
partie des femmes nccifjoeiresce i ,
auxconditions suivantes.
C'ejla Jçavoir que ledit
Sieurfournira pour lefdits
GlobesfiizeLoüis d'or à
onze livres dix sols piece, comme
ils ontcours à present, entre
les mains de le Secretaire
de l'Ambassade de Venise
,
loge
à Paris à l'Hostel des Ambassadeurs
de ladite Republique
, rue
de Torigny au Marais, qui donnera
jes receus de laditeJomme
AU pieddupresentimprimé* rapportant
lequelfignédemoy
,
@r
les receus dudit Sieur Secretaire,
on délivrera audit Sieur. IjditsGlobes dans le temps mar-
£jure Pour faciliter le payement
desdits fti%c Loüis d'or, il en
fera payé d abord deux seulement
, & le surplusfera payé
d'avance de trois mois en trois
mois, à raison aussi de deux Louis
d'orpourchacun payement. Comme
cet argentdoit estre employé
à Paris, ainsique celuy de Venise
l'est dans cette Ville-la
, au
payementdes Dessinateurs., Graveurs,
& autres qui teavallient.
ausdits Globes) & quele retard,
dément qu'onapporterait audit
payement interromprait le cours
de l'Ouurage, chacun de ceux
qoi voudront avoir ces Globes,
doitestre ponctuel à envoyer
audit Sieur Secrétaire tous les
trois moisparavancelesditsdeux
Louis d'or. Ceux qui manqueront
d'ystisfairei
,
perdront les
Avances qu'ils auront faites, (if
le droit d'avoirlesdits Globes,
dont ilsserontdécheus,mesme
quand ilsoffriraient le payement
du reste qu'ilsauroient diffère
4L envoyer. Ainsi le Sieur.»
donnera ordre àsatisfaireponctuellement
ausdites avances. Il
est aussi pried'avertir ceux qui
auroient dessein d'avoir lesaits
Globes, de s'adresser à M.. de
Guenegaud, Maistre des Requestesà
cy-devantAmbajjadenï^
pour le Roy en Portugal
,
loge
ruedu GrandChantier, vers
les
Enfans-rouges. qui voudra bien
si charger de distribuer des imrime^
pareils à celuy-cy
, csignerdemoy,
&de donner les:
lumieres necessaires à ceux qui
voudrontestre informez de la
qualité de cet Ouvrage. Et en
de ce que dessus, j'ay signéle
present, le jeur 16Z -
Commecette Société s'ail
mente de jour en jour, voicy
les noms de ceux qui viennent-
encored'yentrer»
SUITE DES ASSOCIEZ
de Paris.
M. Laugeois, Seigneur
d'Imbescourt.
M. Bazin,Maistre des Rèquestes.
M. Voisin de la Morage,
Maistre des Requestes.
M. Grudaine,Conseillerau
Parlement.
M.le Pelletier de la Houssaye,
Conseiller au Parlement.
M. Pecquot de S. Maurice,
Conseiller au Parlement.
M. de Menars,Maistre des
Requestes
?
& Intendant de la
Généralité de Paris.
SUITEDES ASSOCIEZ
de Venise.
N. H. S. Abbate Abbondio
Rezzonico.
N. H. S. Francesco Diedo.
N. H. S. Agostino Correggio.
N. H. S. Antonio Cænale.
Il P. Maëstro Antonio dal
borge per la Libraria del
Convcnto di. San Francesco
di Minori Conventuali di
Conegliano.
S Gio : Giacomo Heris
Marcante Libraro.
SUITE DES ASSOCIEZ
de Rome.
Il Il Signor Marchese Rangoni.
Il P. Antonio Baldigiani
della Gompagnia di Giefu,
Professore di Mathematiche
nell' Università di Roma per
la Galeria del Collcgio Romano.
Il P. Reverendiff. Gio.
DemenicoMarini,Vicario--
Générale della Compagniadi
GicÍú per la Libraria del-
Giofu
di Roma.
MNo-
- -- ---.
Mr Nolin grave à Paris le
Globe celeste. Il y a déjà huit
Fuseaux de vingt-quatre qu'il
doit faire. Le Globe Terrestre
le grave a Venise, & doit estre
achevé au mois de Septembre..
Tous les deux seront
plus beaux, plus exacte
pluscorrects, & plus curieux:
que tout ce quiaparu jusqu'à
present. Il est ainsi marque
dans le Privilège que le Roy
a accordé au Pcre Coronelli,
& il y a mesme dans ce Privilege,
que ces Globes ne feront
pas un des moindres ornemens
du Chsteau de Versailles.
La tranquillité qui règne
dans le Royaume depuisqu'on
en a banny le Calvinisme?
fait que je ne vous entretiens
presque plus sur cette
grande matiere. Ce qu'il y a
de remarquable, c'est que
ceux qui ont eu le plus de peine
à se départir de leurs erreurs)
font aujourd'huy plus
$elez dansnofhe Religion)
que Les Catholiques mesmes
qui l'ontprofessée dés leur
miffance.Celavient sans doutc
du grand foin qu'ils ont
1ptrJiisn de se faire instruire. Ce
leur a fait connoistre
- -
plus à fond laverité de la Religion
qu'ils ont embrassée;
de forte que depuis unan,on
a souvent veu que ceux qu'on
ne croyoit pas sincerement
convertis,ont procuré la conversion
de plusieurs autres.
Nous ne voyons presque plus
de ces obstinez qui ne l'étoient
que pour tirer quelque
gloire de leur obstination,&
qui fermoient les yeux à la
verité,moins parce qu'ilsn'en
estoient pas persuadez
, que
parce qu'ils s'imaginoienr
qu'il leur estoit honteux de
ceder
, après avoir resisté avec
chaleur. Il y a lieu deC~t
perer que le peu qui reste de.
cesobstinez, renoncera bientost
à cefauxhonneur.Onles.
combat tous les jours avec les
armes de la raison ,d'une ma-,
niçre qui donne sujet de croire
qu'ils vont estre sans def-:
fence.Voicy uneLettre écrite
surcesujet par un Capitaine
de Cavalerie, à un de ses A*-
mis, qui differe de jour en
jour sa Conversion. Vous en
trouverez le stile fort naturel,
& la manière dont il combat
l'obstination de son Amy ,
pourra donner lieu à ceux qui
font encore dans le mesme
estat, de faire d'utiles reflexions.
,..A MONSIEUR D. L. C. D. G.
Ce 10. May 1687. 1'Entre, Monsieur. autant
que vous p(1u'Vez. l'attendre
de nostre amitié
,
dans toutes les
peines d'esprit ou je connoisque
vous de-urk estre. Cependant je
nepuis me dispenser de faire des
voeux ,afin
quilplaise
au Ciel
vous inspirer de prendre un parti
que j'ay douhaite depuis longtemps
quevous puissezvousrésoudre
a prendre. Il mettroir fin
avos peines, &feroit cesser le
triomphe de vos ennemis. Ne
vous souvenez -vous point,
Monsieur ,quevous m'a'Vt.'::{
fait l'honneur de me direune
fois, que s'ilriyavoit que vous
gîf moy ,
l'on pourrait accommoder
le differend f se me reconnois
dema part tres-incapable
de discourir de cette matiere qui
me passe
,
aussi-bien que beaucoupd'autresquil'ontplus
étudiee
;& comme les misteres de
la Religion n'ont pas estéfortdez
sur la raison des hommes, qui tji
moins que rien en cette occasion,
jaytoûjours mieux Aimi
* à
l'exemple du Charbonnier croire
quesçavoir,suivant ce que dit
uin Ancien *, Sanctius ac reverenriùsdeactis
Deorum
-credere quam scire, Et
SaintAugujUnaprès/A:^ Meliyus
scitur Deus nesciendo;
en sorte que le partyleplus raisonnable,
& le plus seur pour
unparticulier, est de voguer
jimplemertt & avec confiance,
dans la grandeNef, dont la
conduite regarde nos Supérieurs,
&queleSeigneur a promis de
ne jamais abandonner. Il ejl
vray que je suis demeure d'accord
avec vous, aue les 7)~
,
steurs particuliers qui s'avanserent
le Sieclepasséde prescher
de leur chef une pretenduë reforme
»
au scandale de l'Eglise,
navoient pas manque tout- fait a - de prétexté specieux pour
cela, & qu'ils navoient pas
tout le tort en certaineschoses.
L'opulence tg l'ignorance du
Ciergé de ce temps-là, sa conduite
déreglée en la pluspart de
ses membres.& le mauvais usage
qui se faisoit de ces grands
biens, luy avoient attirédes envi
ux , &' dfjofa lesPeuples aécouleruoiontiers
ceux qui
commencèrent kd'attaquer& *4
décrier sa conduite.Mais an
p~ilseasmlloeeurr,syc(eglafilnen'yreagracrodoiitt qui
pas
le mesme lieu d'attaquer la decrtI
rine,encontredJ~isr-antimpudemment
, & osantabroger
d'autorité privée des Constitutions
autorisées &sanctifiées
par la pratique générale de tant
de Siecles; desavouant par ce
changement la Religion de nos
Peres, comme s'ilseujjent rfié
des idiots a leur égard, &qupposantl'Eglise
corrompuepresque
déssanaissasnce, vculart fixer
&renfermer fia puretédans les
deux ou trois premiersSiecles*
L'aigreurqui salluma, en oe
tempr-O, entre les deux Tartis,
empejiha >outr?la ~ccnfidcration
-dd,autres intercj0h temporel,s qtte
/7 que l'onne pustssiereconci*lierj
mai; à present que l'on /7-~/-f~~ t l minerlescbofts de sens froid&
en bons feres, se peut-il faire
qu'un homme raisonnable Je
croye plus enseureté de confdence
,&mieux fondé dans
le Schisme que dans le giron de
l'Eglise ? Je ne touche point les
matieres de dispute
.J
ny les questions
decontroversejenesuis
pas dffiz scavant pour cela;
maismarrestantsimplement 4t1
Schisme
?
de bonne-foy
?
Monsieur,
pouvez-vous croire qu'un
certain nombre de Docteurs mécontens
,
témennres & discordansentreeux
, ayenteu l'autoritéd'attaquer
l'Eglise en
leur nom, sans autre titre ny
mission
,
(ü fous pretexte d'abuss'enseparer,
&sefairedes
reformesselon leur caprice ïVotts
gluez pû voir ce qu'enpensoit
Montagne,quanddaécrit, que
nonobstant toutpretexte de reforme,&
[ZH} entrer dans la
questîon
,
il estoit bien bardy
pour un particulier de se mettre àlatestede cette affaire çfyf
gdaesraentdcheasragefar ibtulye-rmaeissmone sdu'urnlee
ebofedecelle impu? tance ; je
trouve aussî quecej/i une garantie
nlt!. ajjuree pourceuxqui
ont osé s'en contenter. Sapiens
non conturbabit publicos
mores, nec populum in se
novitate vitæ convertet, a
dit Seneque ,
@r non pas Calvin.
Ce n'estpasd'aujourd'huy
qu'il y a des abus dans les
•moeurs &dans la conduite; mais
cesabus ne doivent point empescberque
l'on ne respecte la
doctrine; @r je ne voy pas quelle
.repugnanc: vous Pafi1.J!'z. avoir
de rentrer dans le sein de nostre
JMere commune ,
dont vos derniers
Peres , en siuvant le torrent
du temps , eurent l'imprudence
de se separer le Siocle
passé. Reverti unde veneris
quid grave cft ? Ne fommesnous
pas tous Chrefliens
,
enfans
d'unemejme Mere ? Ne prionsnous
pas Dieu de la mesme maniéré3Juivant
le modelle que le
Sauveur nous en a laissé dans
l'Oraison qu'il adresse àson Pe-
-re: &nelouons-nous
pasleSei-
*tneur dans les mesmes termes partabouche du Prophete
Royal f Ne croyons - nous p(t
aussi la mesme chose au fond, e le précisdenostre sost rapporté
dans le Symbole des Apostres,
n'est-il pas commun entre
nous ?.A l'égard du mystere de
l'Eucharistie, quia esté le grand
point de 14 querelle
,
où nous
disons, comme il est écrit, Cecy
est mon Corps,&quevous expliquez
d'une manière différente
&détournée, Icy est mon
Corps, ne nous doit-ilpasestre
également adorable comme nous
le devons adorer en effet, sans
trop penetrer dans une chose
aussi ineffable qu'incomparable,
comme le témoigne le devot à
« Kempis, n'approuvant point à
l' sujet les disputes de l'Ecole,
qui ont donné lieu au differend?
Qui scrutator est Majestatis
,
opprimetur à gloria. Revelez
donc à nous, Monsieur,
vous le devez par toutes considerations,&
la révolution generale
que vous 'lslcne':( de voir,
ve peut-estre qu'un coup de la
nain de Dieu
, comme mesme
tous ceux du partyl'avoüent,
& cenepeut estre l'ouvrage des
hommes. Si quantité de pieuser
pratiques qui sont en usage parmy
nous, vous blessenta cause
de leur moderne institution, obien
, ne les pratiquez point
mais dans les chosesdepratique
essentielle&necessaire commandée
par l'Eglise, comme lesFeunes&
les abstinences ordonnées,
trouvez-vous que la penitence
soit contraireàl'Evangile
, &{
à laLoy du Sauveur du monde,
dont la vie qu'il nous a lafecpour
modelle,n'aesté quune continuellepenitence
, & est-ce un
merite ouuneveritable reforme,
comme l'ontpreiendu les Novateurs,
que
de
la rétrancher? La
Foy de vous&de nous n'impliqlaue
point de contradiction, ($f
différencequ'ily a, c'est que
nous croyons &pratiquons plu.
que vous; en quoy nous accomplissons
plus parfaitement, &
d'unemaniereplus étendue' &
meritoire,leJacrificedetejprit
'-& de la nature, dont le Seigneur
nous ordonna de luy rendre
hommage, comme tenant l'un
&l'autre de luysenquoy consiste
, ce mesemble, l'esprit de
la Loy,&l'essence de nostre Religion,
que l'Ange rebelle&
nostre premier Pere trompe^par
leur propre suffisance
, neurent
pas le bonheur de bien comprendre
, non plus que l'Apostre infidelle.
Mais
les
Autheurs du
Schism ont tellementaffectéde
se mesquer çy déguiser, pour
établir entre nous de pretenduës
disparitez,qu'ilssesont avisez
de desavoùerjusques à leurs propres
noms; &comme s'ils a-I
voienthonte de porterceux
qui
leur ont esté imposez auBaptême
en memoire des Saints ApoftresjJOdartyrS
j & Confesseurs
denostreReligion
, qui estoient
ienlusasgede tout tempsdans l'E- ont estérappellerchez
lesanciensHebreuxceuxetA—
brabam&deSara,d'Isaac&
-,
de
-
Rachet,,pour les fairerevi-
*<ure en la personnedeleurs CA,
sans,faisant par une nouvelle
revolutionsucceder l'Ancien Testament
au Nouveau; ce qui
ne vousdoit-il pas paroistreridiculeaussi-
bien qu'àmoy ? S'avit-
il donc en revenantànous.
(7 au centre commun ,
desacrifier
aux Idoles, comme il semble
que vous l'entendiez ,lors
queje vous ayoüy dire,spensant
imiterle zele des premiers
Chrestiens, quei\.;sjhuf-<
-friYieK plùtost comme eux les
rouës &les che'l.Jalc"\,. que de
-:IfUOUS ébranler en la moindre
sorte dans vostreresolution : &
çfuisqu'an est ,crfvvenu pa/mj
vous, comme vos Ministres ia*
voüerent en presence du Grand
Henry ,que l'on pourvoit sesauver
dans nostre Religion, pouvez-
vous l'envisagercomme un
estat de perdition;& avez
vous juste raison de vous acharnerdans
unParty douteux pour
le moins &contesté, & visi'blement
plein d'erreur, ainsi que
dépourveude juste autorité,plutost
quedevous réunir à celuy
qui de l'aveu. commun,renfermeune
pleine sseureté? Je n'ignorepd*
que vous vous piquez
de fermeté & que vous estes
ferme en effets mais sivostre
* -
grand coeuraquelquerepugnance
àserendre,la procéduresommaire
que l'on atenuë pourvous obliger
à rejoindre leTroupeau,
n'estantpas de vostre goust, par
rapport aux menagemens que
l'on avoit eus cy-devant pour
le Party, outre que les plus
sensez de ce Party sont demeurezd'accord
qu'ils'y falloit
prendre ainsi pouryparvenir,
sans quoy cet Ouvrage important,
qui achevera derendre le
regne du plusgrand de nos Rois,
fameux dans les tempsàvenir,
n'auroit jamais esté consommé,
Pouvc;z-,votes avoir honteà
l'heure qu'ilest>&
vous rougir, aprés avoir disputé
le terreinjusques-icy,de sortir
le dernier par la bréched'une
Place démantelée,&qui
n'est plus tenable par aucun endroit?
M.le Marquis du Bordage,
que je cite par estime,
estoit-ilmoins zelé que vous,&
nepeut-on point vousle comparer?
Vous sçavez comment
abandonnant tousses interests,
Mfutarresté avec sa Famille
en voulantsortir du Royaume,
Cependant aprés avoir donné,
en cetteoccaftontoutes lesmar-
:.JUCS d'une heroïquefermeté , Ut
grace du Seigneurl'ayant enfin
éclairé, il donnaensuitedes
rmitaarqbuleessitouchantes d'une véconversion,
lors qu'il prit
le party de renoncer au Schisme,
qu'ilne putrester aucun lieu de
douter de sa sincerité. Enfin, de
quelque opinion que voussoyez,
je n'enseray jamais moins plein
de zele pour vous,sçachantque
vous estes un parfaitementbonnefie
homme, f:7 ungenereux
Amy.Maissouffrez que ce zele
s'explique& s'interessepour ce
quivous-regardedéplusprés
"tIÛ vousdoit estre leplus chcv-
J'fuis,&c*-
Je vous ay déja mandé quelque
chose de la Reception
quia esté faite à Albi, à Mr
le Goux de la Berchere Archevesqued'Aix
, nommé
par le Roy pour remplir la
place de MessireHyacinte
Serroni, premier Archevesqued'Albi,
mort à Paris depuis
quelques mois. En voicy
une Relation exacte&fïdelle.
M du Chapitre de la celebre
Eglisede Sainte Cecile.
qui est la Métropolitaine de
la Ville, n'eurent pas plûtost,
appris la mort de ce Prelat,
qu'ils s'assemblerent pour
jaommc&i
choisir des Officiers pendant
le Siege vacant. Ils nommerent
quatre VicairesGeneraux
,
deux Dignitez, ôc
deux Chanoines
,
sçavoir,Mr
Catriere,Prevost,MRegnaudin,
Grand Archidiacre, Mr
Paraire&MrGalaup.MrArquier
,
Chanoine de la mefme
Eglise, fut continué dans
la Charge de Vicaire Gene- ralOfficial Metropolitain,
&Mr deRipis,aussiChanoine,
danscelle d'Official. Ayant
ceu quelque temps aprés,la
nomination qui avoit esté
faite de M le Goux de la
Berchere à l'Archevesché
d'Albi, ils se mirent enestat
deluy aller rendre leurs de
voirs à Aix où il estoit, & firent
une députation de quatre
Chanoines, qui furent
Mrs Carriere, Regnaudin,
Arquier )- &. Galaup ; mais
comme Mr Arquier estoit
Syndic ilsle prierent de vouloir
rcfter
>
afin de veiller aux
affaires du Chapitre. Il leur:
accorda ce qu'ils fouhaitoient
, & donna sa place à
M de Ripis. Les Doputez so
disposoientàpartir,lors qu'il,
surentavertis paruneIxttro
de leur nouvel Archevesque,
qu'au premier jour il devoit
se rendre à Montauban, qui
n'est qu'à une journée d'Albi,
auprès de Mr de la Berchere
son Frere,Intendant en
Guienne,&qu'illes recevroit
en celieu-là.Ainsi ilsattendirent
qu'il sust arrivé à Monrauban,
& firent cependant
une déliberation par laquelle
ils offrirent à ce Prelat, de se
demettre en ses mains de toute
leur autorité, si-tost qu'il
seroit dans son Diocese. Le
Clergé fit aussi sa députationt
& nomma Mr Arquier Metropolitain.
La Ville d'All
députa Mr Martinon, pre
mier Consul, & MrBreüilsu
député par les Officiers de 1
Justice Seculiere de l'Arche
vesché. Mr des Innocens 1
fut par le Chapitre de Sain
Salvy, qui estl'Eglise Colle
gialedela mesme Ville,dan
laquelle il est Chanoine.Tou
ces Deputez eurent Audienc
à Montauban le t-j. Février
Il y en avoit cinq du Corp
du Chapitre. M Carriere
Prevost, porta la parole, £
sur la fin de son compliment
il presenta à Mrl'Archeves
que là délibération du Chapitre
dont je viens de vous
parler. Mr Arquier le harangua
aprèsluy aunom du Clergé.
Ensuite Mr Martinon le
complimenta pour la Ville,
M. Breüil pour les Officiers
de la Justice , Mr des Innoctïis
pour le ChapitredeSaint
Salvy
, &M. Arquier finit les
Harangues par une feconde
qu'il luy fit pour la Metropollen
qualité de Métropolitain.
Le lendemain, ce Prelat
fit prier à disnerles cinq
Deputez du Cotps du Chapitre,
& les regala avec beaucoup
de maagnisicence. Il
partit de Montauban accompagné
de M. l'Intendant son
Frere, & arriva le 4. Mars à
Gaillac,premiereVille de son
Diocese qui se trouva sur sa
route.Il y fut logé dans l'Abbaye,
& harangué par les
Deputez qu'on y avoir envoyez
pour le recevoir à son
Entrée. Il en partit le , pour
se rendre à Albi, qui est éloigné
de Gaillac de trois
lieuës du Païs. Tout le chemin
se trouva bordé de gens
en armes que M. de Montmaury
avoit fait poster. M*
de Cramauxenfit de mesme
& lesParoisses qui estoientsur
saroute s'acquirerent aussi du
mesme devoir M. de Montmaurest
de la Maisond'Usez
du costé parernel
>
& de la
Maisond'Amboisedu maternel.
M. de Cramaux estFils de
feu M. de Ceron,President
au Mortier du Parlement de
Toulouse. Ces Troupesne se
retirerent que lors que Mr
l' Archevelque futarrivé prés
d'Albi, où il trouva celles de
la Ville, qui estoient venuës
au devant de luy fort propres
& en bon ordre, & qui firent
plusieursdécharges. Il y a
voit uneCompagnie de Marchands
,
composée de deux
cens hommes,bien lestes&
bien montez, precedez de
Trompettes. LesConsulsl'attendirent
à la porte de la
Ville, où Mr Martinon le
harangua, &: l'accompagnerent
en Carrossejusqu'a l'Archevesché.
Le soir le Te Deum
fut chanté dans l'Eglise de
Sainte Cecile.Mr Regnaudin,
premier Archidiacre l'entonna,
& il fut continué par
la Musique avec des Trompettes&
d'autres Instrumens.
Le mesme soir on illuminale
Clocher de cette Eglise. Les
Filles de la Visitation illum:-
nerent aussi leur Monastere:,
& le Seminaire dirigé par les
Jesuites, fit la mesme chose.
Le Dimanche 9. de Mars, la
Ville fit faire un Feu dejoye
pour le recouvrement de la
santé de Sa Majesté. Mr l'Archevesque
y mit le feu, 3c
trois jours après Mr l'Abbé
de la Chaise fit faire une trèsbelleIlluminationsur
la Riviere
pour la mesme occasion.
Je vous ay faitunample
détail de ces deuxFestes dans
l'un des deux Volumes de ma
Lettre de Mars. M l'A rchevesqued'Albi
n'a accepté la
demission de l'autorité du-
Chapitre que pour leVicariat
General; il a laisséMr
Arquier dans l'exercice de la
Charge d'Offîcial Metropolitain,
M de Ripis dans celle
d'Official, & les autres Officiers
dans les leurs. C'est par
là qu'ii a commencé à se
mettre en estat de gouverner
son Diocese , & il a continué
par lavisite des lieux qui en
avoient le plus de besoin.
L'hercsie de Calvin avoit
toûjours infecté la Ville de
Realmont;leTemple en avoit
esté rasé parlessoins de
M de Serront son Predecef-
{::ur, mais quoy qu'ileust travailléàlaréunion
delaplus
lgersande partie des Habitans,
plus obstinez avoient gardé
leurs erreurs. M le Goux
de la Berchere y alla le Vendredy
21. de Mars. Quatrevingt
Cavaliers de la Ville
vinrent à deux lieuës au devant
de luy, & il trouva tout
le Peuple en armes qui l'attendoit
aux portes. il ne fut
pas plûtost arrivé, qu'ilmonta-
en Chaire. Il prescha en-,
core le Dimanche des Rameaux
'> & partit de Realmont
le 24. Tout le monde
fut si charmé & de ses Sermons&
de ses bontez , que
ceux qui estoient demeurez
dans l'erreur depuis leur naissance,
furent obligez d'y renoncer
, en forte qu'il n'y a
plus aucun Calviniste dans la
Ville.CePrelat a continué ses
Visites depuis ce temps-là.,
accompagné de M l'Abbé
de la Chaise.
Je vousenvoyeun iïbiiveau
Printemps. Il est de Mr
Ennelin de Saint Quentin.
— AIR NOUVEAU. HEureux Oyjèaax qui sans
alarmes
Goûter d un tendreamourlesplaisirs
les charmes,
lzce vostrefortest doux!
Jamais une Cruelle
|Ne vousfaitsentirson couroux, Etjamais une infidelle
Ne vous rendjaloux.
Il est dangereux de s'attacher.
Le Moineau de la Maitresse
de Catulle a mérité les
regrets qui ont passé jusqu'à
nous, & le petit Cheval blanc
de Mademoiselle de Fourcy,
qu'elle nommoit Sans Pareil,
luy a couté la douleur que
vous trouverez exprimée:
dans lesVers qui suivent.
SUR LA MORT
Du petit Cheval blanc d
Mademoiselle de Fourcy.
ELEGIE.
AMours prenez le deuil, (
mourez, de tristesse.
Rien ne peut consoler vostre bel
Maistresse.
-
Et toy , quitte ton char,impetuett
Soleil,
Et viens pleurer la mort âlin Bidi
sans pareil. [ vice,
Ilfaitsoitdigne prix desespetitssei
De lajeune Diphnéles plus cheres
delices.
Docile àvseos leiçoxnsi,llcoonnoiissxoits.a
Et rétif à tout autre,ilplioitfousse?
Tel Bucephaleestoit sous la main
d' Alexandre.
près d'ellechaque jour on le voyoit
se rendre,
Et baisé de sa bouche en mangeant
dans ses mains,.
Faire enviersonfortauxplusgrands
des humains;
Tantostledoschargé desa belle Gller,.
riere , Fournir d'un pied legerune douce
carriere,
Sous le poids d'unfardeausi charmant
cfJi doux,
toûjoursslaessdcuoreupops,s&jamais de ;
Tantost sur le gazon d'une retraite
sombre,
Desestravaux naissansse delasser à
L'ombre;
Tantost dans ces Jardinsrécemment
nnbelÛs, lys.
Paître mignardement les roses & les
Bidet,dans les beaux jours de ta
course mortelle,
Daphnévivoit contente,&tuvivois
pour elles
Mais depuis que la mort t'a ravy de
ceslieux,
Un déluge depleurs inondeses beaux
yeux.
Taperte a dérobé les trois quarts de
ses charmes,
Et lesfleursdeson teint languissent
dans ses larmes.
Ton Ombrecependant, malgrétout
ses efforts,
Marchedans le chemin qui conduit
chez, les Morts.
Déjafroideelle passe en la fatale
.EtvadeBarque,
Et vade sablancheurfaire hommage
à la Iarque.
Helas!(il"on ofitespereton retour
Maisnul ne voit deux fois la lumière
dujour,
Pleurez,petits Amoursfunera,i~l&lpeoursses
Tirez mille soûpirs du fond de vos
entraiues.
Privez, du Compagnon de vosjeux tepludoux,
Pourles autres Bidets n'ayezque dté
couroux.
Eteignez, vos flambeaux,jetiez, touler
vos méches
, Et brisezmaintenant vos carquois
fléches.
Ettoy, qui depavoissemes tes noir
guerets,
Tojf qui causes nos cris, nos pleurs
& nos regrets,
Mort,sous qui leMonarque le Fergersuccombe
,
Verras-tu d'un oeilsec ce Bidetdans
la tombe ?
afreusedéité , Monstre dont le*
Autels
Fumenttoujours du sang des malheureux
mortels,
puisses-tupourpayerlapeine de tm
crime,
Detaproprefureur,devenir la victime
,
Fairequelquefauxpas, & briser
en tombant• [ banci
tansquelete hideauxfar la corne d'un-
£»lk Ombre du Bidetd'uneaijmhU
M*ijfrej£
Reçois ce souvenir pour prix deA
tendresse
Mais neplains plus ton fort, il efi
trop glorieux
puis qu'il a pu tirer des pleurs. de
ses beauxyeux. Il y a environ crois moisque
la Gazette, deHollande
publia, qu'il estoit passé pair?
Veniseun homme qui [Ç. disoit
âgé de quatre cens ans,
& quipretendoit le prouver,
en montrant son Portrait,
qu'ildisoit avoir esté fait par
le Titien.Un homme d'esprit
frapé de cette nouvelle, eut
là-dessus une conversation
particulière avec le sçavant
M deComiers, qui luy dit
des choses si curieuses, qu'il
le pria de les vouloir mettre
par écrit. C'est ce qu'il a
commencé de faire, comme
vous pouvez le voir dans cet- sepremiere Lettre queje
vous envoye,
LA MEDECINE
Universelle ,ou l art de le
conserver en santé & de
prolonger savie- Dieuavoit créé fJJornmr
pourestre immortel
,
"pourex'T effet , il avoit
, comme
nous lisonsdans la Genese,planté
au milieu du Paradis terrestre
l'arbre de Vie dont le fruit
auroit esté la Medecine universelle,
ou le remede souverain à
tous maux; mais le peché commis
par Adam luyayant fait
perdre cet avantage ,
il n'estresté
aux hommes que le desir de
prolongerleurvie
,
qu'ils ont
toujoursconsideréecomme leplus
grand de tous les biensperissables.
C'estpour cela que Dieu,
voulantenga ger plus fortement
les Enfans a rendre à leurs Peres
toutes fortes dedevoirs,attacha
à l'observation deson Commandement
la promesse d'une
longue vie, comme nous lisons
dans le Deuteronôme
, Ut Iongo
vivas tempore, & bene
tibi fit in terra. Il ne faut
pourtant pas s'imaginer mon se
puisse procurer
l'immortalité
par
la Medecineuniverselle
y
comme
on aurait fait par l'usage du
fruit de l'Arbre de vie.Ausside
tous les hommes il n'y a eu quEnoc
& Elie, qui ayant este
exempts de la mort,ayent efléj
comme dit l'Ecclesiastique,transportez
dans leParadisterrestre
bien que quelques-unscroyent,
comme firent les Apostres, que la mesme faveur de ne pas mourira
estéaccordée à Saint jean
sur ce que,comme il est rapporté
en son Evangile
,
le Sauveur dll
monderépondita S. Pierre en ces
termes, Si je veux que Jean
demeure jusqu'à ce que je
vienne , que vous importe £
Enfin on ne voit personne qui
se lasse de vivre ; au contraire
chacun cherche lesmoyens de
prolongerses ,joRrs,-,,&,e'eir un
bien qu'on peut eesperer de -lt
Medecineuniverselle , dont le
pouvoir s'étendsur les trois Re--
gnes ,
Animal ,Végétatif .(!?"
Metallique,Galien en donna
; une ébauche auTubliedam sr
beau Traite de l'art de Je cons/
eer~v~efrr eFn~f' a~nMt~é_, aprèsl/'avroir s/?i
heureusementpratiqué,qu'il ne
resentit aucune infirmité pendant140.
ans qu'ilvescut.
L'enviede vivrelong-temps,
& en santé qui est naturelle à
tous les hommes,vous sansdoute
portéa me demander ce queje
pense de det homme que la G..1-
de Hollande du3. d'Avril
dernier-,assuraavoi passé
àVenise, ou il fit connoistre
d'unemaniéré a nen pouvoir
douter,qu'ilavoit atteint agt
de quatre cens ans. Vous voulezsca
voir si cela est arrivépar .j
te moyen de la Medecine univerfeUe,
qui conservantl'humide
radical, (êf la chaleur naturelle
dans une parfaite alliance,
éloigne la vieillesse,&faitsoument
rajeunir. je diviserayma
Réponse entrois ArticlesDans le
premier je feray connoistrequ'il
y a des hommes qui ont vécu
plusieurs Siecles. Dans le second
je parleray des choses qui font
en nousty hors denous, qui
contribuent à nous fairevivre
longuement&ensanté çy dans
la troisiemeje serayplusieursob,
fervations tres-curieuses&putilet
surlapratiquede la Médecine
univerflUe dans les troisRegnes.
Bien que nous naisssos pour
mourir, (frf que Tertullien ait
dit que Dieu par une grande
compajjîon,& non par colere ,
A rendul'homme mortel après
son pechê,néanmoins la Sainte
Ecriture nous apprend qu'avant
le Deluge la durée ordinaire de
la viedes hommes estoit desept
cens ans & plus,jidam vejeut
neufcenstrente ans. >
Seth neuf
cens douze, Caïnamneufcens
dix, &ainsi peu à peu diminua,
la longueur de la vie,que Dieu
fixa après le Deluge a 120. ans
pvr l'ordinaire. CependantArb^
eaxxaaljl, qquuii nna'aquq;udietudxeua«x
abres le Déluge,veput300. tns-,,
& Salé son fils 433. Heber fils
de Saléy dont les Hebreux ont
tiré leur nom, 467. Peut-estre
croirez-uous que leurs années
n'estoient pas Solaires, mais Lunairesseulement,
de 29. a 30.
jours, ou que chacune des quatre
Saisons faisoit une de leurs
années
, comme Chl-K les Caldéens
& chezles Arcadiens,au
rapport de Lattance; ou que
tout au plus elles ne comprenaient
que le temps que le Soleil
met à passer d'un 7 ropique
À l'autre,& quelles riefteient
par conséquent que la moitié des
nostres; mais ces Années ne Pt/lf-.
vent estre Lunaires
,
puis que si
celaestoitbeaucoup de personnes
livroient aprejent plusque
-flOS premiers Peres,centde nos
annéefaisant plus de douze
sens de ces années Lunaires. Enfin
elles estoient au moinscomposées
de douze mots Lunaires, puis
que Moyse parlant du
Deluge
en la Genese chap. VII. verset
2. dit que Noë ayant vescu
six cens ans, le Deluge comment
sa le 17. jour du second mois.
Etdans le VIII. Chap. vers 4.
il dit que le 27. jour du feptie-
Ine mois ,
l'Arche prit terre sur
les Montagnes d'Àrmcnie,
"ut le premierjour du sixiéme
mois ,
la pointe des hautes
Montagnes commença à paroistreau
dessus de l'eau; eJf
dans le 13. versi il dit encore
qu'en la 601. année de Noë, au
premier jour du premiermois ,
ce Patriarche ouvrit l'Arche;
d'où il est évident que Moyse
fait les années de douze mois;
& partant la difference de ces
années aux nostres
, neferoit au
plus que d'onze jours ,
si ces
ioti^e mois estoient Lunaires.
L'histoire prophane nous apprend
dans Homere, que le Prince
Nestor, fils de Nelus
,
avoit
prés de 300. cens ans qnand il
vint au secours des Grecs contre
les Troyens. Anacreon assure
qu'Arganthemius, Roy desTartesses,
vefcut150. ans; Cinire,
Roy de Chypre, cent ans , &
Æginius deux cens. Pierre
tJMs.jj-ée en son Histeire des Indes,
atteste que dans l'IsteBengala
on trouva un hommesans
aucune étude,âgé de trois cens
trente-cinqans,ce qu'ilprouva
par le recit qu'il fit de tout ce
qui s'estoit passé de memorable
pendant ~fj(~ qu'on verifia
estreconformeauxChroniques
Le grand Seneque Essagnol
,
parvint jusqu'à la 144
année deson âze.)&auroitvefeu
beaucoup plus longtemps, si
l'injusteArrest de son Disciple
Neron n'eustpas abrégélecours
desavie.Sous l'EmpereurTrajarJ.)
Simon Cleophe,sécond
EvesquedeJerusalem, futcrucifiéensa
120e année;& Narcisse
,
second Evesque de cette
mesme Ville, veseut 166. ans
sous Septime Severe. Paul premier
Hermite,vescut120. ans;
S. Antoine, Abbé en Egypte,
150. &Cronius son Conipa,,r,,non,
vescutencore cinqans davantage.
UEmjiereur Claude ayant
Ayantbien examiné les preuvèi
de l'âgede TitusFullonius debou.
logne en Italie
, reconnut qu'il
estoit dans sa150e année.jittilas
ROJI dèsHunsymourutâgéde
124.ans. Petrus de Natalibus
prouveque S. Severin, Evesque
de Tongres, vescut 375.ans, (se
qu'il fut sacré Evesque en sa j~NicoIausdeComit,
temoigneque parmy les Brac-'
manes ils'en trouvaunâgé de
trois cens ans.
Il est aussifacile à la Nature
de donner a un seulhomme autant
d'annéesdevie
,
qu'elle en
donne à plusieursensemble tque
de donner à un Geant autantde
force&de matiere.qu'il enfaudroit
pour former le corps de plusieurs
hommes. Tel estoitceluy
de Turgavu en
de Tur%;ttlj'1J Suisse prés du
Suisse pres Lac de Constance, qui combattant
sous Charlemagne contre
les Saxons, en enfila huitcavec
sa pique;& les ayant chargez
surson épaule, traveisaleRhin,
&disoit à ceux de son Party
a Voicy des Grenoüilles d'Allemagne
que je viens de pescher,
je n'entens point leur
coaxement. Guido Bonatus
assure qu'en l'année1223.ilconnut
un nomméRichard déja
âgé de quatre cens ans, qui
prouvoit incontestablementqu'il
avoit porté les armesfous Charlemagne.
Onparle auj]ï communement
d'unsurnomméjean des
Tempsqui avoit porté lesarmes
fous ce mesmeEmpereur, &qui
mourutsousLoüis VII.l'an 1146.
Il falloit qu'il eustprés de 360.
ans ,
puisqueCharlemagne fut
couronné Empereur en 800. Jevousenvoye le Portrait d'un
Anglois âgé decent cinquantedeux
ans.Commejefaisprofession
de ne rienavancer sans
bonnes
preuves , je dis que le curieux
sçavantM. Hubin, Emailleur
du Roy, m'en a donné la Planche
cjy/7 avoit receuëde Messire
Jacques du Perron
j,
Neveu du
Cardinal de ce mesmenom, Evesqued'Angoules,~
ensuite
d'Evreux, ou il mourut Grand
Aumônier de la Reyned'Angleterre
, fille d'Henry IV. morte
d SainteColombe prés Paris. Cet
Anglois estoit de riche taille,~e
s'appelloitThomas Park Il estoit
fils deJean Park ,deVvinnington,
de la Paroisse d'Alberbury,
dans le Comté de Shrophine. Il
nâquiten1483.~&avoit cent
cinquante-deux ans lors qu'il
fut presenté à Charles 1. Roy
d'Angleterre le9. Oélobre 163f;
Il prouvoit Avoir veuneufRois
en Angleterre; sçavoir Edoüard
IV. EdouardV.Richard III.
Henry VII. HenryVIII. Marie,
Edoüard VI. Elisabeth,
Jacques VI. & Charles I. pert
du Roy qui regneprésentement.
Ce bon homme benissoit
Dieu entre autres choses, de ce
qu'encore qu'il eustveupendant
sa vie trois divers changemens
aufait de laReligionensaPatrie
,
sous Henry VIII. sous
ilMariejCJT*fousElisabethy il
n'avoit néanmoins jamais fait
profession d'autre crcyance que
delaFoyCatholique,Apostoli--
que &Romaine,comme la plus
ancienne, ayant veu naistre
toutes lesautres quiluysont opposées.
Il confesscitingenuement
qu'àl'âge de centans il futappelle
en luftice, ~rconvaincu
d'avoirfait un Enfant a une
jeune fille, &pour ce sujet con,..
damné à faire penitence publique
devant la porte de l'Eglise,
couvert d'un drap blanc,& un
sierge à la main ,
suivant la
toûtume du Royaume, pour reparation
de cescandale.Il perdit
la veuëseize ans avantsamort.
yùàniv+iJLpndreshH-Niz
vemhre1635. en moinsdedemyebeurt,
sans qu'ileustsenti auparavant
aucune douleur qui le
menaçast de sa fin. On ouvrit
son corps , & toutes ses parties
intérieures furent trouvées fort
faines,excepte les poulmons que lesang avoit comme noyez &
suffoquez;ce que les Medecins
attribuerent au changementeair
~devivre
,
ayantesté amène
d'un païs où l'airestfort pur&
temperéencomparaison de celuy
de Londres) qui est grossier ~&
malsain,sur tout à ceux qui
n'y sont pas accoutumez.Dans
ce mesmetemps, Madame 14
Comtcsse d'Arondelpresenta àla
Reine d'Angleterre une Sagefemmeâgée
de 123. ans, qui deux
ans auparavant exerçoit encore
sa prosession dans le Village de
sa naissance.
Olaus Magnusrapporte dans
ses Histoires,qu'un Evesque
d'Angleterreappelle David ,
vescut 170. ans. Buchanan assure
que Laurent Hutland âge
de 140. ans alloit encore pescher
pendant les plusgrandes rigueurs
de l'Hyver.
Vous avez veupar les Histoirres
saintes ~&prophanes que j'ay
rapportées , que dans tous les
âges du monde, la vie de quelques
hommes a esté de plusieurs
Siecle,~qu'elle n'estpastoûjours
bornée
, comme onditaprès
David
, à 70. ou80.ans.
comme dit Salomon, Dieu n'a
point fait la mort, qui n'est
qu'unnom sans essence, n'estant
que la privation de la vie, ç2P
il ne se réjoüit point de la perdition
des vivans. Le mesme
Sage ajoûte que lavieillesse est
la couronne de la dignité. C'est
elle qui rendles cheveux blancs
venerables,parce que ceux qui
les ont blancs,sont utiles. @f
mesme necessaires au bien. 4?
l'Etat, par leurs longues experiences
dans les affaires.
Il faut montrer maintenant
combien lanature deschosesqui
sont hors de nous, comme le lieu
de la demeure, la pureté de l'air
~&del'eau,contribuent à nous
faire passer ensanté une longue
suite d'années.On ditavec raison
que lesMorts sontlesmeilleurs
Maistres
, parce qu'ils nous
instruisent ~ü nous reprennent
dans leurs Ouvrages sans flaterie
(jbj sans interest. C est ce
qu'ausujet de vivre longuemen
nousapprendl'Epitaphe quisuite
trouvéedans la Ville de S. Cilles,
Vesci citra satuxitatem
, impigrumesse'
ad laborem, vir
tale semenconservare
, tria
ad produccndam vitam faluberrima.
Pour vivre longucment,
Vis sobre & chastement,.
Legrand Pytagoricien Absente
ApelloniusTianeusse conservaen
jeunesse pendant plus
Je cent ans, parsachasteté &
parsafohriete. C'estsurces deux'
mesmesprincipes
que les anciens
jinacboretes Demeurentsilongtempsenfanté.
C'tftauJliparla iernps enfanté. Cestauflip ar la
fhasteslée panla sobrietéque
le grand PhilosopheDemocrite
jouit d„'une parfaite fanté, pen.
dant centneufans. Ce que Dio*
gene Laerce dit de la mort de ce
Pbilojophe est tres-remarquable,
Jçavoir
,
qu'il se conserva les
- - y troisderniers jours de sa viepar
lafeule odeur des pains chauds
à la priere de sasaur, qui craignoit
de ne point ajjifler à la
jolemnite de la DeesseCeres>s'il
mouroit avant la fesle. Le veritable
celibat est aujJi tres-utile
poursuivrelonguement enJante,
bien quArtaxerces
?
Roy des
Perfes
> ayant eu cent quinze
fils.) ne Joit mort quaprès la
Centième année deèsonâge, par
la confbiration de cinquantede
fisFils.
Procule,Empereur des Romainssevantoit
que eent FiUes
Polonoijcs luyavoient faitcent
Encansen quinze jours. Sur ce
pieâ-Ià) une Dame Romaine @'
un Romain auroient pu avoir.,
du temps de S.Jerome3 une légion
d'Enfans légitimés, En voicy
l'kifloiretirée de ce Pere de
l'EgliseydutempsduTape Da4
mase. On *vitaRome unhomme
ueuj-deJavingtièmeJ^emnt9
epouser une Matroneveuve de
son vinjrjzïfflcMary atux Fm*
neraillesde laquelle il ajjtftacouronne
de Laurier avec une palme
a la main
, parmy des acclt*
mations publiques que firent les
hommes
,
de ce qu'il avoitfur-
DejcusaFemme3qui
efloitaailleurs
incomparable. La sobriete
& l'exercicenousrendentencore
Jains &robuftes. C'est pourquoy
les Romains tftoientsùrpris de
,vvooirlaforce& la taille gigantesque
denos anciens Gaulois,
qu'ils devoient à l'abstinence de
vin, dont ils n'apprirent l'ujage
que duSwisse Helicon.) qui apporta
le premier en Yr,,,nce la
Vigne ale RaisinleVin. La
bqeuaaulcitoéupdes alimens contribue
à rendrenostre vie longue.
Les Limosins qui la plupartnemangent
que descbataignesvivent
long-temps en tirant
une nourriture peusujette à corruption
quinesedissipe pas
facilement. La bonne ccmplexion
ou la juste température de l'humeur
radicale & de la chaleur
naturelleest une condition necessairepourvivre
long-temps;
le trop d'humidité susoque la
chaleurnaturelle
,&au contraire
le trop dechaleurconjumebientost
l'humidité. C'estpourquoy de
lacomplexion sangume on doït
attendre une longue vie, le sang
estantchaud&humides laforce,
la vivacité& lefeu de la com
plexion colerique ne peuvent
long-temps subfifler avec le sec.
La flegmatique a trop d'humiditépour
estre digerée par la chaleur
naturelle 3& la melancolique
est trop terrestre,seiche &
froide. Il ejlvray que la colerique
& la flegmatiquecomplexion
j
l'unereparant le dcffaut
del'autre par leur meflange3peu~
vent compatir & produire une
longue vie
3 ce quefait de mesme
lacomplexionJanguine mesléeaec
la mélancolique, carie chaud
Ci l'humide du fang se temperentpar
le froid lesec de la
melancolic
; dr de ces mélangés
ie complexion onpeut espeur
une longue *vie. olovie.
Le lieu de la demeure contribue
aujjt beaucoup à la Iongue
vie. Dans le dénombrement
que Veffafien
, & Titus
fin fils, firent faire de toute filtalie
, m trouvadans la Ville
deVellejacium
, territoire de
Plaisance>quatre hommes âgez
chacun de deux cens vingt ans,
drsix hommes azez chacun de
jcentdix , ans ;& dans le mesme
temps à Anmmi estoit une Femme
me nommée Tertulla, àgée de
cent trente sept ans.)&une autre
à Faventia danssa cent tren- tedeuxiéme année. Pline dit
aprèsIsigonus, que les Cirnes
PeuplesdesIndes vivent communément
cent quarante ans.
Pomponius Mela rapporte que
les Habitans de la Villejituée au
pieddu Mont Athos,vivoient
deuxfois plus que les autres Habitans
de la terre: &0nisicrite
assurequ'ily a desIndienssous la
Zone torride qui ont plus de cinq
coudées de hauteur,& quisans
vieillir vivent cent trente ans.
Ctesias assure de mesme que ceux
des Pandores qui habitent dans
les vallons , vivent ondinairement
deux censans,&entcela
de contraire au refle des hommes
quependant leur jeunesse ils ont
les cheveux blancs, & qu'en
vieillissant ces cheveux noircissent.
Hellanicus raporte que dans
une Contrée de l'Etolie,lesHabitans
vivent ordinairement 200.
ans,entre lesquels Pictoreus
, au
rapport deDamastes, vescut 300,
ans. Si l'on en croit EplJorus" les
Rois desArcadiensvivoient aussi
300. ans.Alexander Cornelius dit
que dans l'Illirie un certain Dandon
vesot 500. ans ,& Xeno"
phon dans le Periplo passi plus
outre, lorsqu'il dit que le Roy
des Maritimesvescut 600. ans,
& son Fils huit cens.
OlausMagnus au 4. Livre
de ses Histoires
, nous apprend
que dans les Pays lesplus froids
auSeptentrion, les hommesy
vivent communement plus de
160. ans,& au Livre 12. il dit
que les Habitans d'Islande joüfsent
ordinairement d'une parfaitedanteau
delà de centans.
Hierembergiusasseure dans
son Histoire naturelle
, que les
Habitans des Montagnes de
Fucatan vivent tres-long-temps
&dans la Contrée de Versin au
Bresil,selon le témoignage d'Antoine
Pigafelta
,
les hommes nji*
vent ordinairement 140. ans.
L'âge decentans, aurapport de
Louis Bartama
,
cft un âgefort
commun pour ceux de l'Arabie
heureuje.
En Auvergne
,
les Peres y
voyenttres-souvent les Enfans
desEnfans de leurs Enfans &
j'ay leu autrefois que dans nos
Alpes un seul homme efloit le
Chefde tout un pillage compose
de prés de cent feux
,
dont rous
les Habitans estoientdescendus
de luy. Enfin en 1660. estantparry
de Ternant avec Mr le Mar
quis de SuintAndréMontbrun
,
Capitaine General des Armées
du Roy pour les affaires de Mt
leComte de DonaàOrangej'ad~
miray au Village d'Allieres
,
à
quelques lieuës au dessus de
Lyon
,
nostre Hoste & nostre
Hostesse en parfaitesanté, aegez
chacun de 104.
ansjesuisVosire,
~&c.
COMIERS,
Prevost de Ternant.
Mr de Comiers a promis
une fuite de cette Lettre qui
traitera de la Medecine universelle.
Je vous l'envoyeray
le mois prochain, & je croy
que vous la lirez avec plaisir,
par l'utilité de la matière,
Le 5. du mois passé il se fit
à la Haye une espece de Feste
Guerriere
?
dont jene vous
ay point entretenuë, parce
que je m'estois persuadé que
toutes lesnouvellespubliques
qui s'impriment? en parleraient;
mais puis qu'ellesn'en
ont rien dit, je vay vous
apprendrece que j'en ay sceu.
La Bourgeoisie fous les armes
avec ses Fuseliers & ses Arbalestriers
richement vestus,
alla dans un équipagefort
lestefaire l'Exercice au lieu
de son rendez-vous accoutumé.
Toute la journée se
passa à la voir monter en
garde avec une très-grande
satisfaction du Peuple qui
étoit accouru de toutes parts.
La marche dura jusques à la
nuit. Les six Compagnies
dont cette Milice estoit composéé,
après avoir bien observé
leur rendez-vous , s'avancerent
vers la Cour qui
est en dehors du Chasteau,
IDLI elles apperceurent Madame
la Princesse d'Orange
.'),
à
une fenestre ornée d'un Tapis
de velours rouge. Monsieur
le Prince d'Orange avoit sa
place separée dans un enfoncement
qui estoit plus bas.
Ce fut là que se firent les premieres
salvesen tres-bon ordre.
Chaque Compagnie les
fit l'une après l'autre en passant
par la porte de la Court
dans celle de dehors qui n'est
que pour la commodité de
Mr le Prince d'Orange, qui
ne s'en sert que quand illuy
plaist. Elles passèrent de là
dans la veritable Court intérieure
du Chasteau? & allerent
vers le Magistrat de Lt
Haye qui parut à une fenestre
sur le Doël. C'est la place où
les Arquebusiers vont tirer.
Elles y recommencerentleurs
Salves,& passant par le Voorthout
jusques à l'extremité,
elles apperceurent M le
Comte d'Avaux, Ambassadeur
de France, qu'elles salüerent
avec de pareilles ceremonies.
Il estoit à une fenestre
appuyé sur un Drap de
foye parsemé de Fleurs-de
Lys qui pendoit en dehors
Elles passerent aussi devant
les Fenestres de Mr le Marquis
d'Albeville,Envoyé
Extraordinaire du Royde
la grand' Bretagne,&: firent
feu pour le saluër, ce qu'elles
ne firent point devantla
Court du Prince Philippes de
Brandebourg, parce qu'elles
y trouverent tout fermé
, à
cause qu'il est en deüil pour
la mort du Prince Loüis son
Frere. Le Baron Kraegh, Envoyé
Extraordinaire de Danemark,
qui estoit à ses fenêtres
acçompagné de plusieurs
personnes de qualité de ses
Amis,y fut aussi salüé en
ceremonie. On n'en fit aucune
en passant devant les
fenestres des Envoyez de
l'Empereur ,d'Espagne
,
de
Suede & de l'Electeur de
Brandebourg, parce qu'on
n'y vit personne. Les Ministres
Etrangers devant qui
passa cette Bourgeoise, &
qui en receurent le salut
?
luy
euvoyerent pour present chacun
six tonneaux de vin.
Mr le grand Maistre de
Malte ayant eu avis que l'Escadre
des Galeres de Sa Sainteté
devoit se rend re à Mesfine
au commencement du
mois paffé
,
fit partir les Galeres
de la Religion Iz, 24.
d'Avril,pour les y aller attendre
afin de se joindre ensembicaTArmée
Venitienne. J
vous en envoye la Lifte ôi
les noms des Commandans
avec ceux des Officiers& de
Chevaliers qui sont dans le
Bataillon de Malte.
GALERES.
Galere Capitane de Malte.
Mrle Comte d'Herberstein,
Grand Prieur de Hongrie,
General.
Galere SainteMarie Patronne,
Mr le Chevalier de Barbantane
?
Provençal*
| Galere S. Paul, Mrle Cheralier
de Soudé, de France.
I Galere Magistrale
,
M le
phevalier de Miranda, Portugais.
Galere S. Gregoire, M le
chevalier deBuotersilla, Espagnol.
l> Galere S. Antoine, Mr le
Chevalier Comte Herbers-
~ein5 Allemand.
Galere S. Pierre, M' le
Chevalier Caracciolo, Napolitain.
Galere de l'Annonciade,
M le Chevalier Comte de
~legestein,Allemand. --
BATAILLON.
Mr le Commandeur de
Meschatin, d'Auvergne, General.
Mr le Chevalier de Mareüil,
de France,Lieutenant
General.
Mr le Chevalier de Lusignan-
Lezé, de France, Major.
Mr leChevalier de la Varenne,
Ayde de Camp, d'Auvergne.
M le Commandeur de la
Tour Maubourg,Porte Etendard,
d'Auvergne,
M le Chevalier de l'Espiiâffc
, Ayde-Major.
M le Chevalier Magistral
Baron, Ayde-Major.
AUTRES OFFICIERS
& Chevaliers du Bataillon.
Langue de Provence.
Mrs les Chevaliers, de Cei-
~re, Capitaine des Grenadiers.
De Boussols,Lieutenant des
Grenadiers.
De Gabriac , Lieutenant
de Compagnie.
De Canet
,
Lieutenant.
De Rousset, Lieutenant.
De Lumieres, Lieutenant
des Fuseliers.
Barrevores,Capitained'une
Compagnie.
De Puget.
De Provana.
De la Brillane.
De Puget Clapier.
Du Canet.
De Castellanne.
De Javons.
D'Aiguille.
De Pisançon.
De Glandeves.
De Sabran.
Tondu.
De l'Escoulette.
De Losse.
Langue d'Auvergne.
Mrs les Chevaliers, de Saillon,
Capitaine.
De Brossia, Capitaine.
De la Rivoire, Capitaine.
De Parnac,Ayde de
Camp.
DeGrammont, Sous-Lieutenant.
Du Terrail, Sous-Lieutenant
des Grenadiers.
De Chastillon, Lieutenant
d'une Compagnie.
De la Heraine, Lieutenant.
De Belaccueil
,
Duché,
La Valette.
Gardes-
Etendart
De Boury.
-
De Marcelange.
De Sandomet.
De Gourdan.
LanguedeFrance.
Mrs les Chevalier de la
Ferté,Provediteur.
De Voyer Paulmy
, Capitaine
des Fufeliers.
DeRoquespine,Ayde de
Camp.
De Tiersanville,Ayde de
Camp.
D'Hocquincour Sous-
LieutenantdesFuseliers.
DeSesseval, Lieutenant de
"Cieiiadiers,
De Monteclair, Garde-
Etendart,
De Coëtteon.
De Richebourg.
De Barbissey.
De Benoifc.
De Boüier.
De Froulluy.
De Camilly.
Du Heron.
De Brillac.
Du Chastelier Barlot.
De Barin.
De Megrigny.
DeTury.
DeBissy.
Langue d'Italie.
Mrs les Chevaliers,Zandodary
, Capitaine d'une
Compagnie.
Sannazaro) Capitaine.
Perruzzi) Capitaine.
Ventura, Capitaine des
Fuseliers.
Sarracini
,
Capitaine.
Paterno, Lieutenant.
Faellâ
, Lieutenant.
Medico, Lieutenant.
Caraffa, Aide de Camp.
Cammarata,~Garde-Etenqa4rt
Vicariys.
&ateU*
Langued'Arragon.
Mrs les Chevaliers Dom
Emmanuel Bru. Capitaine.
Ferrao
>
Capitaine.
TDoogloor,es.Capitaine.
Lieutenant.
Valo
, Lieutenant.
Geciralo, Lieutenant.
Eseriva, Lieutenant.
Arengo.
Dolo,
Zamora.
Langue d'Allemagne.
Mrs les Chevaliers, Comte
Galler, Capitaine.
Baron Scionair, Capitaine.
Baron Deveren, Lieutenant,
Baron Bourscheid, Lieutenant,
Baron de Schemising, Garde-
Etendart.
Comte Gliespach.
Langue de Castille.
Mrsles Chevaliers, Dom
Bernardin Neyra, Sergent
Major.
D. Pinto, Portugais , Capitaine.
Dom Macinca.
Outre ces Chevaliers qui
doivent descendre à terre
avec le Bataillon, il y en aura
encore 40. qui demeureront
sur les Galeresavec M le General,
& Mrs les Capitaines,
& huit Prieurs,qui en tout
font environ cent soixante
Chevaliers. Ce Bataillon est
encorecomposé de mille
Soldats.
On peutavoir eu en France
des nouvelles de Moscovie
beaucoup plus fraîches
que celles que contient la
Lettre que vous allez lire.
Cependant elle servira non
feulement à vous faire bien
entendre ce que vous sçavez
déja, mais encorece que vous
apprendrez pendant le reste
de la Campagne, parce que
le véritable estat des forces
des Moscovites vous estant
connu,vous démêlerez plus
aisément la vérité des mouvemens
que feront ces Peu- fies.
L DeMoskou le14. Mars 1687 E 27. du mois passéKnecf
VnjasîliVnjaplewic Galiitzen
j
Chancelier de cet Em.
pire j @r General d'Armée, partit
d'ky avec unegrande fuite 3 :
des Fils des Boyars, des Gens de
Cour des Stolniicles (üde
toutes fortes d'autresOfficiers,
lui comportentuneArmee.Elle
A
si montoit à 70000. hommesenrollezpar
leurs noms ,
&pajpt
en Reveue ,
marchant en bon
ordre devant le grand Vue
Pierre au dessius de la Stolitz,
qui est le Chasseau de la residence
de la Cour. Chaque Régimentfitfesdécharges
poursaluer
ce Prince, Apresquil eut tien
consideré ces Troupes il en fut
fort satisfait @r sur tout de
voirla quantité incroyable de
Gentilshommes, leur appareil
magnifique avec celuy de leurs
équipages, Chevaux & armures.
Lorsquon tira,ilyeut dans
l'Artilleriedeux Canonniers t,ue'{.
des éclats de quelques pieces neuves
de Canon & d'assuts qui
creverent. Le Sieur Aleny Sie
minoviez qui a esié autrefois
devant Smolensko s'en va avec
Knées Galiitzen.Toute laMoscovie
& toutes Jes Frontières
ont ordre de fournir le quatrième
homme, & ceux qui ne veulent
pas marcherfont reléguéz dans
la Province de Sicvvirien3après
plusieurs mauvaistraitemens dr la , confiscation de tous leurs
biens. fanéesDimitrovvic
Molhovvick de Vvlodimirs ira
en la place du General Cescein
lui s'est rachetémoyennant une
faire la Campagne
, quoy qu'il
nesoitpas de bonne intelligence
pour le Commandement avec le
Knnées Galïitzen, avant lequel
le General AgicyAlexévvietz
estforty en Campagne avec pareil
npmbre de 70000. hommes,
tous gens ramassez & de toutes
fortes.Il s'estfaitencore un autre
Party qu consiste en 17 00.
Volontaires (*r 2,8000.Sreitzes,
dont chaque Compagnie est
de 100. hommes & il a joint
l'autre dés la Stolitzya dans
cette Armée 400. pieces de C:t,.
non &ils ont tous leur rende
voussurlesFrontières de la Crimee.
Outre tout ce monde là on
compte les Regimens de Bialabord
avec lesKalmuckes quifont
ensemble 20000. hommesque l'on
a mandez. Le GeneralTuska en
doitavoir le commandement;on yfaitjoindre lesTartares à*A-+
strachan. Quelquescentaines de
Struyfin chargées de vivres &
de provisionss'en ironta Kiof&
de là du cossé du Nieper. La Noblesse
de Smolensko; &quelques
Colonels quiJesonttrouvez icy
avec le PrinceGaliiten lors
qu'ily estoit en ontreceu pour
presens des Robes de Zibeline;
mais en mesmetemps illeura
esté fait un severe commandement
de faire marcher les plus
anciens e les plusexperts d'entre-
eux La Noble(siJemontera
bien à 8000. Chevauxsoussept
Drapeaux;mais il ny en a que la moindrepartie qui sçache bien
seservirdes Armes. cjjT à qui le
mestier dela Guerrefoit connu
Ilsfont d'ailleursassez mal mon- tezQuatre mille hommes des
Gardes doivent aller de Smolent
ko à Kiof avec deux mille atitres
pour demeurer dans la Place.
Un Ojji.irr a ouydire au
Knées-Gahir^cn '1':'1. alloit
s"avancer dans la Crimée pourla
détruirejusqu'aux fondemens-
& pour extirper de deussus la
terre la memoire de ceux qui ne
prosessent pas le Christianisme
que les Turcs ne luy en ferme
ront pas le chemin
3 & qu'ils 'i
verront 3
lors ouilyJerace que
peuvent les Chretiens
D autres Lettres édites de
SmolensKo le 30. de Mars
portent que Knées Galiitzen.
General des Troupes de Mos
covie estoit party de laSto-
Jitz,pour se rendre droit au
Campd'ouil devoit envoyer
des Universaux, afin de faire
assembler toute l'Armée au
rendez-vous general, immediatement
après lesPasquesde
Russie, & de là, la faireavancer
vers le Païs ennemy.Tout
le Peuple de cette Principauté
de Smolenfko estoit convoqué,
& tous les Gentilshommes
avoient ordre de
monter à cheval, & de marcher
comme les autres, chacun
avec sies Enfansmasses
au dessus de dixhuit ans. A
l'égard de ceux d'entre eux
qui par vieillesse, ou par quelque
autre raison voudront lo
dispenser d'y aller, chacun
donnera deux mille Rubbels.
Ainsi la feule Noblesse de
Smolensko prod uira dix-huit
cens chevaux, six-vingt Drapeaux,
& six mille Soldats à
gages de levé1es expresses, qui
dépendront tous deladirection
des Boyars qui les doivent
commander.
LeJeudy15. dumois passe,
on fit en l'Eglise Cathedrale
de Roüen un Service solemnel
pour le repos de l'Ame
de Madame Colbert, suivant
l'ordre qu'en avoit donné Mr
le Coadjuteur. Le Choeur de
l'Eglise, le devant de laNef,
&
le
Frontispice du Portail
estoient tendus de dtap noir
avec trois lez de velours. La
Representation estoit environnée
d'une infinité de cierges
de cire blanche, & ceux
que l'on alluma en tresgrand
nombre tout autour
du Choeur & sur l'Autel,faisoient
une illumination fort
éclatante.Ml'Abbé deGrancé
officia
,
accompagné de
tout le Chapitre,&toutes les
Cloches sonnerent en volée,
ainsi qu'elles avoient fait le
jour precedent pendant les
Vigiles. Mrs du Parlement
assiterent à cette Ceremonie,
ayant à leur teste M Faucon
de Ris, premier President.
J'oubliay de vous manderla
derniere fois que le 27. d'Avril
on fit à Montelimard en
Dauphiné,laBenediction de
l'Eglise que les Peres Capucins
y ont fait bastir, des
Materiaux du Temple des
Pretendus Reformez que l'on
avoitabatu, lesquels Materiaux
ces Peres ont achetez
par un secours de lalibéralité
du Roy, qui leur a donné
quatre mille francs. La ceremoniefut
faite parM l'Abbé
de Colombet,Doyen du
Chapitre de l'Eglise Collegiale
&: Paroissiale de Sainte
Croix. Le lendemain au matin,
les Cordeliers,les Recollets,
& les Penitens du Saint
Sacrement se rendirent tous
en Corps dans la mesme Eglise
de Sainte Croix. Mr
d'Haverre, Lieutenant pour
le Roy de la Ville & Citadelle,
suivy de la Noblesse,
Mr Bayle, Vice-Sénéchal ;
Mr du Claux, President de
l'Election en Corps, & M
les Consuls en chaperon,en
firent de mesme. De cette
Eglise ils allerent en Procession
avec Mrs du Chapitre,
dans Pancienne Chapelle des
Capucinss,où le S. Sacrement
estoit exposé.Aprés quelques
Motets chantez par douze
Musiciens choisis de quatre
Corps de. Musique, M le
Doyen le porta dans la nouvelle
Eglise. Il fut suivy de
tous les Corps, chacun ayant
un cierge à la main, &: l'on
chantale PanrFf line:ua) Pendant
que quelques Compagnies
d'Infanterie, qui sont
en Garnison à Montelimard,
1
firent des salves au son des
Tambours. Le S. Sacrement
ayant esté posé sur l'Autel,
onfitl'ouverture des Prieres
de quarante heures, aprés
quoy Mrl'Abbé de Colombet
Doyen, assisté de son
Chapitre, celebra solemnellement
la premiere Messe.
Elle fut chantée en Mufiquc
avec plusieurs Motets en
l'honneurdeS.Joséph titulaire
de cette Eglise, &deS.
Francjois.LaMesse étant achevée
) cet Abbé entonna le Te
Deum,&prescha l'aprésdînée
avec beaucoupdesuccés. LA
concours du Peuple à cette
Eglise
,
fut extraordinaire
pendant ces trois jours,
& le dernier l'Indulgence
de quarante heures estant
finie, on para tous les Autels
d'ornemens noirs. Alors
les Capucins,qui estoient
en fort grand nombre, sortirent
de leur Sacristie chacun
un cierge à la main, & allerent
prendre dans leur ancienne
Chapelle les ossemens
des corps de leurs Religieux
qu'on y avoit enterrez. Ils les
exposerent dans leur Eglise
couverts d'un drap mortuaire,
payant allumé pluficurs
cierges autour de ce drap,
ils chanterent solemnellement
l'Office des Morest, &
lpeorterent ces ossemens dans
tombeau avec les ceremonies
qu'ilsontaccoûtuméde
faire quand ils enterrent un
Religieux. Tout le peuple
fut extremement touché de
cette lugubre ceremonie,aprés
laquelle le Gardien donna
la benediction
, & enfin
un Exaudiat chanté
par ces Peres finit la ceremonie.
Jevousay parlé depuis II*
mois des rejouissances faites
dans toute la France, pour
le rétablissement de la santé
de Sa Majesté ; cependant il
y en a encore beaucoup dont
je ne vous ay dit aucune chose.
Je supprime la ceremonie
des Te Deum;mais je croy devoir
entrer dans quelque détail
des rejouissances qui ont
attiré dans Mercurol
,
prés
de Tain en Dauphiné, un
nombre infiny de Spectateurs.
C'estune Terre de Mr
le Marquis de Lionne, possedée
par Madame la Marquifc
4deClaneibn sa Belle-mere.
La Feste se fit le 27.d'Avril.
M l'Abbé de Lessins, Oncle
deM de Lionne, partit de
Romans pour venir à Mercurol,
mettre le feu au Bucher
avec M le Comte d'A utun,
fils unique de la Maison
de Lionne son petit Neveu.
Il fut receu avec toute
la Noblessequi l'accompagnoit,
chez M Barbler, Lieutenant
de Chastellenie, qui
estoit allé au devant de luy
jusqu'à la Frontieredela
Terre, suivi d'une Compagnie
de Milice, composée de
cent vingt hommesbienfaits
& fort propres. A l'issuë de
son disné on entendit un
grand bruit de guerre, qui
sembloit estre le défilé d'une
Armée. C'estoient deux
Quartiersde la Villede Ro-,
mansqui demandoient la
permission d'estre de la Feste.
Elle leur fut accordée
* &
aprèsavoir passé en bon ordre
devant la Maison de Mr
Barbier ils allerent au lieu
où estoitdressé Je Feu, & ils
ycamperent dansune Plaine
fort élevée.LeQuartierde
Nicolas marchoit le premier
aunombre de plusde
mille hommes,avec desTambours,
des Hautbois,& des
Trompettes Marines. Il y
avoit des Cuirassiers à cheval)
des Turcs, des Mares,
des Instrumens de leur Narion)
des Chars de triomphe,
des Bagages, des Fourages,
ddeessFFoouurragons> & de sembla- ons &: femblables
attirails de Guerre. Aprés
venoit le Quartier de la
Presle qui n'estoit pas moins
nombreux. Tous les Soldats
avoient des gibecieres de bazane
rouge chargées de
Fleurs-de-Lys blanches &
des habits extremémentpropres.
On avoit si bien choisi
les Tambours de ce quartier , qu'il n'yen avoit aucun qui
n'eustesté Tambour Major.
Une bande de Violons dans
un Char de Triomphe suivy
de plusieurs Figures grotesques,
faisoit entendre une
melodie fort agréable. Le feu
ayantesté allumé; toutes ces
Milicesfirent de grandes décharges,
qui se mêlerent au
bruit de vingt-quatre Boëtes,
que M l'Abbé de Lefsinsavoit
envoyées exprés en
ce lieu-là. Ce feu consistoit
en une grande piramidc de
fagots de sarment
, couverte
de Bois, au sommet de laquelle
il y avoit une Couronne
royale de Laurier, chargée
d'un grand Guidon aux Armes
du Roy. Cette piramide
estoitflanquée de quatre petites
Tours, ayant au haut des
couronnes de Marquis faites
de Boüis, chargées de banderoles
avec les Armes de
M le Marquisde Lionne, de
Madame la Marquise de Clareson,
de Ml'AbbédeLesjj'ns,&
de la COlnlnunauré.
D'une Tour à l'autre eltoir.
un Portique aussi de boüis>
Les perches estant encore
droites après que le Feu fut
consumé> les deux Quartiers
de Romans firentune espece
de combat pour Te rendre
maistres des Guidons. Celuy
de S. Nicolas les emporta,&
ensuite tout défila avec le
mefine ordre? & par le même
chemin que l'on avoir
tenu en venant.
Dans la Feite que M1 le
Baron d'ülieres,de l'illustre
&ancienneMaifon d'Agotilry
iit faire à Aix en Provence
pour la mesme occasion? il y
eux un Carrousel? où M1de
Mirabeau) &: M' le Chevalier
dAgoultson Frerc tous
-deuxfils de ce Baron, parurent
avec une grace qui les
fit admirer de tout lemonde.
Ils estoient habillez à la
Romaine, fous l'Etendard
bleu? &: montoient chacun
un tres-beau cheval .d'Ei:'
pagne. Ces chevaux estoient
couverts de Housses à fond
bleu, richement bordées
?
toutes chamarrées de dentelles,
& bordées de franges
-demesis-ic. Les brides, les
ftriers & les éperons estoient
«d'argents &ks longes& te£
tieres garnies de rubans bleus
à fond d'or
j qui formoienc
des poires en noeuds tres-bicn
afforris. Chaque cheval portoit
une aigrette, & tout le
harnois eitoit d'une grande
propreté. Les deux jeunes
Gentilshommes qui les montoient
>
estoientmagnifiquement
parez) L'un & 1 autre
avoitun calque de brocard
bleu à fondd'or , couvert;
d'unbouquetde Plume*j
blanches ,& bleues?& leurs1
cravates estoient d'une touse
de rubans façonnez or&j
argentàfondbleu>avec
dcî
des Juste-au-corps en broderie
de meftnc couleur, les
brodequins d'une toile d'argent,
relevez par des Jartieres
de rubans de mefmc.
Leurs CeinturonsJEpées, cufiodes,
&pistolets
,
répondoicnt
à la richeflc de l'habillement
& ils tenoient chacun
-
un bouclier embelly d'Emblèmes
& de Devises hiéroglyphiques
,representant
d'un cofté la
douleur
de la
France dans la maladie du
Roy,&sa joye de l'autre , dans son heureuse convalescence.
Ce fut en ce superbe
équipage qu'ils firent le
tour de la Ville d'Aix avec
les autres qui composoient
les trois Quadrilles de ce Carrousel
>
estant precedez de
Trompettes& de Timbales,
& suivis d'un Char de triomphe
tiré par six chevaux, dans
lequel estoient quatorze jeunes
Gentilshommes magnisiquement
vestus, qui rcprcsentoient
le premier âge du
Roy. Cette Feste ne fut pas
plûtost terminée, qu'ils partirent
l'un & l'autre, & se
rendirent à la Baronnie d'Olieres,
à sixlieuës d'Aix, oà
ils en firent une nouvelle.
aussi-bien qu'à Pourciourd,
Bourg assez connu par son
grand passage, à demy-lieuë
de la Baronnie. Ils firent ensuite
la mesme chose à Mirabeau.
situé dans la Senéchauffée
de Sisteron en Provence,
dont Mr le Baron
d'Olieres est aussi Seigneur,
&ce fut par tout la mesme
magnificence, tant le zele
que ceux de cette Maison
ont pour le Roy, est ardent
a embrasser les occasions
qui le peuvent faire distinguer.
Je ne vous parleraypoint
des magnificences qui oui
esté veuës le 9. de Février
dansl'Eglise des Augustins
Déchaussez
,
hors les murs de
la Ville de Marseille
,
lors
queM de Mirmand
,
Medecin
du Roy & des Galeres, y
fit rendre desactions de grâces
particulières pour le rétablissement
de la santé de ce
Grand Monarque. Je vous
diray seulement qu'il engagea
tous les Chirurgiens qui
font de sa dépendance& de
son Corps) à commencer cette
action par un Jeûne, afin
dela rendre plus agreable à
Dieu, &: qu'à l'Offertoire de
la Messe, il vint offrir une
somme d'argent avecunbillets
dans lequel estoit écrit
ce verset du Pseaume 115 Vota
mea Domino reddam, pour
marquer qu'il faisoitvoeu de
faire dire le neuviéme jour
de chaque mois une Messe
à l'intention du Roy pendant
sa vie, en action de
graces du retour de sa santé.
L'Exaudiat doit estre dit à
la fin de cette Messe, & il
a assignéunfond pour sitisfaire
à ce voeu. Voilà comme
l'amour qu'on a pour Louis
LE GRAND, éclate par tout
de toutes manieres.
Vous sçavez la mort du
Prince Louis de Brandebourg,
arrivée à Postdam le
7. d'Avril. On soupçonna.
qu'il estoit mort de poison,
& ce fut 1s sentiment des
Medecins après que l'on eut
ouvert son Corps. Cependant
quoy qu'on ait fait arrester
ses Domestiques
,
il a esté impossible
de découvrir les Aucheurs
de cet empoisonnement.
Le Mercredy 7. du
mois passé
>
son Corps fut
porté de Postdam à Berlin,
Capitale des Etats du Marquis
Electeur de Brandebourg,
& il y fut inhumé
avec beaucoup deceremonies.
Le Régiment des Gardes
estoit en haye des deux
costez depuis la porte neuve
jusquà l'Eglise, sous seize
Drapeaux blancs couverts de
crespe, ainsi que les Hautbois
& les Tambours. Seize Carrosses
de deüil à six chevaux
caparaçonnez , le tout avec
des housses trainantes, étoient
à la teste de la marche. Cinquante
autres venoient enfuite
attelez de mesme
, & ils
estoient suivis de deux Compagnies
de Trabansou Pertuisaniers
avec leurs Drapeaux
, ayant leurs Timbales
& leurs Trompettes couvertes
de Taffetas noir. Aprés
eux paroissoient les Pages en
longs manteaux de deüil conduits
par leur Gouverneur;
puis les Ecoliers de Tric-
-
drichsucoder, de Berlin &
autres lieux avec les Regens;
lesMinistres& tous les Corps
du Clergé; les Timbaliers de
la Chambre ; douze Trompettes?
detousles Commissaires
en Corps deux à deux,
conduits par les Maréchaux.
LesEtats de la Province & la
Noblesse suivoient
?
separez
par dix Drapeaux de distance
en distance Le premier de ces
Drapeaux estoit rouge, avec
le nom du Prince défunt écrit
au milieu. Les neuf autres
estoient noirs, & representoient
lesArmes de Minden,
d'Harberstadt, du Burgraviat
de Nuremberg
,
de Pomeranie,
de Cleves, de la Prusse
Ducale, de Magdebourg, de
la Marche de Brandebourg
,
& de toute la Marche en general.
Dix Chevaux de main
venoient derriere caparaçon-
nez & houssez de deüil avec
de semblables Ecussons. Ils
estoient conduits par un Cuirassier
à cheval, en habit tout
couvert d'or & d'argent
; le
Casque en teste
, & un bouquet
de plumes rouges,blanches
& bleuës. Son cheval
avoit une housse en broderie
femée de perles,&des aigrettes
à la teste. Le Corps
enfermédans un Coffre ornéd'Ecussons
aux Armes de Lituanie,
estoit sur un Chariot
couvert de velours noit,
& attelé de huit chevaux,
houssez & caparaçonnez de
mesme. PlusieursOfficiers
soûtenoient les coinsduDrap
mortuaire, &: il y avoit au desfus
du Chariot un grand Dais
noir? porte par huit des principaux
Officiers de la Cour
Electorale.Vingt - quatre
Trabans suivoient le Corps,
tous en longs manteaux, &
precedoient
le
Prince Electoral
, accompagné du grand
Maréchal de la Cour, après
lequel venoient le Prince Albert
Frédéric? le Prince Charles
Philippes, le Prince d'Anhalt
,
le Prince de Mekelbourg,
le Prince deHolstein,
les Ministres &: Conseillers
d'Estat, les Ambassadeurs 3c
les Gentilshommes de la
Chambre. La Veuve du Prince
Loüis, riche heritiere, &
Fille du Prince Radzevvil de
Pologne, qui venoit après
tous ceux que je viens de vous
nommer,estoit menée par
deux Princes de Holstein, &
l'onvoyoit ensuite paroistre
la Princesse Marie, &la Princesse
Elisabeth,menées par
des principaux Ministres.
Aux costez de ces Princesses
estoient des Trabans? & derrière
elles, les Dames & les
Filles d'Honneur, suivies des
Secretaires, des Avocats de
la Chambre Aulique, des Magistrats
de Justice & de Police,
des Officiers de la Chancellerie
& de la Venerie, &
des Magistrats des trois Villes,
avec une grande partie
de laBourgeoisie. L'Electeur
de Brandebourg, Pere du
Princedéfunt, se fit porter
en chaise à l'Eglise, à cause
de la difficulté qu'il avoit à
marcher LeDocteurBerquius
prononça l'Oraison funebre
après laquelle on fit trois salves
detout le Canon &dela
Mousqueterie. La Compa,
gnie retourna au Chasteau
par le mesme chemin qu'elle
estoit venuë, & elle y fut
regalée avec beaucoup de
magnificence. La Religion
que prosesse l'Electeur de
Brandebourg, est la Reforn'icee
c'est a dire, celle de
Calvin, qui fut introduite
dans ses Etats par Jean Sigismond
son Ayeul, vers l'an
1614. C'est luy qui épousa
Anne, fille aisnée d'Albert
Fredcric, Duc de Prusse) &
de Marie Eleonor de Cleves,
& par elle il a eu des droits
sur la Prusse, sur Cleves & sur
Juliers. Il mourut en 1619.
& laissa Georges Guillaume,
Pere de Frédéric Guillaume,
presentement Electeur de
Brandebourg quiépousa en
1646.Loüise Henriette de
Nassau,Fille de Frédéric Henry,
Prince d'Orange, & d'Amelie
Comtesse de Solm, laquelle
estant morte, il prit en
1668. une seconde Alliance
avec Dorothée de Holsace,
Fille de Philippe de Holfacc
Glucksbourg
) & veuve de
Christian Loüis
?
Duc de Lunebourg-
Zell. Quoy quecet
Electeur soit Calviniste, ses
Sujets suivent la doctrine de
Luther, & il leur permet de
l'enseigner dans tous sesEtats.
Ils s'étendent depuis le Duché
de Cleves jusqu'àceluy
de Prusse, éloignez l'un de
l'autre de deux cens lieuës
,
mais il cft à remarquer qu'ils
ne font pas contigus. L Electeur
de Brandebourg est
grand Chambellan de l'Empire.
Il porte le Sceptre devant
l'Empereur; & pour luy
rendre au Festin, ledevoir de
Crand Chambellan, il court
à cheval depuisl'entrée de
la Salle jusques au Buffet, &:
là il prend l'éguiere, la serviette
>
& Le Bassin. Ensuite
il retourne de la mesme forte,
& estant descendu de cheval
il donne à laver à l'Empereur.
Il ason rang à main
droite du Duc de Saxe,
La Fable que vous allez lire
apprendra à celles que leur
beauté rend trop fieres
, qu'-
elles doivent craindre la vangeance
de l'amour.
LE ROSSIGNOL
ET
LA LINOTTE.
PEndantcette
belle saison,
Ou Flore du Zephire écoute lesfie#*
retes,
Et qu'avec les beauxjours,&l'aimablegazon
y, Naissent les Ris
,
les leux ,lestendres
amourettes,
Dans unbacageagreable&charmant,
Que l'amourfourluyseulfemblolt
avoirfait naistre,
Un jeune Rossignol aimant tgcrdu*
ment
Une Linotte belle autant qu'on Il
, peut estre
,
Deson Coeurpresque nuit &jour
Parsa voix exprimoit l'amour;
Mais elle estoit orgueilleuse & cruelle.
Il avoit beaul'aimer&s'attacher,
A peine pouvoit-iljetter lesyeux
sur elle,
Que d'un rapide vol elles'alloit M"
cher,
Etses soinspropres à toucher
La Linotte la plus rebelle , Estoient toujours comptez fonr
rien.
Ce n'estpas quelquefois qu'elle ne
voulust bien
Ecouter les douceurs de son tendre
ramage;
Mais quoy qu'ilfjlpourfléchirfin
courage , ( agrémens
L'orgueil que III) donnoientses petits
Luyfaisoit dédaigner l'hommage
Dessoins qu'on luy rendoit,&des empressemens
Qu'on avoitpour toucheerr sfoPXn coeur fier&sauvage.
Le tendreRossignol sur un ton gemijfant
Se consumeàchanter fin amour innocent.
(trême;
Tout penetré d'une douleur ex-
Qu'on est àplaindre quand on
aime
,
(toucher!
Dit-il, une beauté que l'on ne peut
Heureux qui peut alors à sesfeux
s'arracher !
Mais tout d'un coup songeant aux
belles chaisnes
,
J>)m l'ontsceu si fort attacher,
Loin de les vouloirrompre ,il ift
prestdechercher
jîfouffrirfis premierespeines.
Ilsçait aussi que pour aimer
Iln'est rien tel qu'une insensible,
Queson coeur est un lieu Long-temps
inaccessible,
Maisque quandunefois on a sceu
l'enflâmer,
Et qu'à nos voeux ilcommence à
se rendre,
C'est un retour charmant &tendre-
Tant de raisons animantses desirs,
Au milieu desa peine il trouve des
plaisirs.
Ilse soutientpar làdanssestristes
alarmes,
Etflaté d'un espoir pour luysiplein
de charmes,
Fait oüir en tous lieux sa voix &
sessoupirs ;
Maisc'est toujours en vain que son
amour s'empresse,
Etquepardes enduitstouchans
Il pretend attendrir cette fiere Mal*
ftreffi
Pourmieuxfaire écouter la hCduJ[
de ses chants,
Un jour il s'arresta sur l'arbre,
Ousi plaçoit ce coeur de marbre ;
Mais loin de la fléchir parses tendres
accens,
Elle part, & d'un vol toujours plien
- de vîtesse *
L'ingratesedérobe aux yeux defort
Amant.
On peut s'imaginersacruelle tri- jkjftv
Il ne peutsoutenir ce rudeaccablement,
Et d'une branche, helas! en tombant
parfoiblesse,(tourment.
Sa chute avecses jours termina son
Quelques momens aprés lapetite Tigresse
Revintdanscet endroitcharmant
D'où sa fierté l'avoit tant de [olt
exilée.
Cefut alors pour elle un déplaisir
pressant
De ne se voir plus régalée
D'un ramagesi ~douxsi réjouissant.
Pendant ce lugubresilence,
Elle ne sentoit plus lasiere indifference
Quitantdefois luyfitfermer les
yeux
Sur les soins d'un Amant si remply
de constance.
Elle écoute, elle vole. & le cherche
en tous lieux, te;
Pretendantreparer cettesensible per-
Mais quel trisse spectacle, helas !
lors que ses yeux
Au pied du mesme Ormeau sur ont
feüille 'lIede
Eurent rencontré mort cet Cyseau
malheureux.
Quelvifchagrin dans son amour naissante?
Elle rapellealorssa voixtouchante,
Sepeint tousses soins amoureux,
Et luy trouve sur tout une beauté
charmante
Jïue toujours à sesyeuxsafierté
déroba;
Et puis se reprochantsa dureté
cruelle
Pour un Oyseau charmant autant
qu'il estfidlle,
Afa, douleur '/;Ùn-tojl la belle succomba.
Vous qu'une indifférence étrange
Engage à rébuter nos soinslesplus
pressans, ( noc-ens,
Et qui vous refusez des plaisirs in-
Crlli£n(z,
Craignes,fieres beautez, que l'a
mournese vinge.
Quand on resisteinjustement
Aux soupirsd'unfidelle Amant,
Dele vangerce Dieu faitson affaire;
Sa gloire & vos rigueurs allument
fin couroux,
Et pour lors la plusfiere
Estla plus sensible àsescoups.
Je vous ay souventparlé
dans mes Lettres de certaines
Festes qui se font tous les ans
en plusieurs Villes de France.
On peut dire qu'elles ne sont
bas inutiles à l'Etat, puisque
la jeunesse apprend insensiblement
parlà,&
en
se didivertssant
,
la manière de
bien manier les Armes. Il
s'est fait une de ces Festes à
Caën. Quoy que l'adresse de
ceux qui composent la Compagnie
,
appellée du Papeguay
? dont
les
Privileges reugsaer>
dent les Jeux de l'Arquede
l'Arc & de l'Arba-
Iestre
» y paroisse tous les ans
au premier jour de May, on
a tâchécetteannée de rendre
cette Feste encore plus éclatante
que les precedentes, à
cause de la joye qui faisoit
régner dans tous les coeurs
l'heureux &entier rétablissement
de la Santé de Sa Majesté.
Cen'estpas que la Ville
de Caën n'eust déjà donné
par ses Festes &par ses Prieres
,
ainsi que je vous l'ay
mandé dans une de mes Lettres)
des marques de la vive
joye qu'elle ressentoit ; mais
les réjoüissances generales
n'ont point satisfait cette
Compagnie) qui pleine d'amour
pour son Souverain) en
a voulu faire de particulieres.
Ainsi le 6. d'Avril Mr d'Aumesnil,
qui en est Capitaine-
Lieuxenant donna ses ordres'
pour commencer la ceremonielejeudy
i. de May, auv
quel jour leurs Jeux recommencent
tous les ans. Les Af-.
fiches furent mises au son des
Tambours à tous les Carfours.
& lieux publics de la Ville,
afin que rien ne fust oublie
pour la solemnité de la Fcfie,
ôc le jour choisi cftant arrivé,
la Generale fut battue dés le
matin,& la Compagnie com- ptée de trois cens hommes>
rops les .armes^parut fort propre
&; fort leste.Elle se trou-*
va surla Place Royale devant
la Statuedu Roy,que la Ville
j+l fait clever depuis deux
tins avec une dépenledigne
de son zele)& aprèsquelle
eut esté mileenordre
3 on
plaça auquatrième rang un
Trophée de quinze pieds de
hauteur porté sur les épaules
de quatre hommes
>
qui par
leurshabillemens reprefentoient
les quatre parties du
monde.Le Piedestal estoit de
cinq pieds de haut) & de trois
epsicds & demy de quarre avec Armes duRoy & de Monseigneur>&
au deffous^celles
de M leComte de Coigny
Gouverneur, & celles de la
yille. Au dessus estoient pllW:
lfeursTrophées avec un Cartouche
entre le Soleil & la
Couronne,oùse lifoient ces
paroles? UnusfujjicitOrbi. Au
milieu de laCompagnie>rOfflicier
Enseigne ou Sous-Lieutenant?
portoit un Drapeau
blanc,dans lequel étoit peinte
une Renommée) les mains
pleines de Couronnes de Laurier5avec
des Anges defcendans
du Ciel, qui chargez de
Palmes d'Olivier, faisoient en
tendre que Dieuavoit accordé
la paix aux Peuples de
France,& que la grace de la
- guenfon du Roy dcvoit remettre
le calme dans tous les
esprits. La Compagnie marcha
dans cet ordre par laVille,
au son des Hautbois, & au
bruit des Fifres & des Tambours)
pour se rendre en l'Eglise
des Cordeliers. Chacun
en passantdistribuoit des
Sonnetsaux Spectateurs pour
les inviter à prendre part à la
la Feste. Voicy un de ceux
qui furent donnez.
E SONNET Nfin il estgucry,ceRoy
victorieux,
Qu'on crut prest à tomber sous
les coups de la Parque;
Caron ne verra point danssa
fineste Barque
Ce Heros dont les jours nous
font si précieux.
Dieu touchépar les pleurs qui
couloient denosyeux,
Desa bontépour nous donne une
forte marque,
El veut bien qu'icy-bas regne
encore un Monarque ,
Que ses hautes Vertus alloient
placer aux Cieux.
Peut-an de sonamouravoir
un plus beaugage ?
AllonsJEnfans de Mars, sans
tarder davantage,
Luypresenter nos coeurs pourun
Roy qu'ilnous rend.
Le Portail de l'Egliseestoit
couvert de plusieurs pieces
de Tapisseries,& orné principalement
d'un tres- beau
Tableau de Sa Majesté avec
ses Armes, celles de Monseigneur,
& cellesdeM le Duc
deMontausier,Gouverneur
dela Province, & deM de
Matignon
,
Lieutenant de
Roy. On posa les armes dans
une grande Salle, puis on
cnrra dans le Choeur,remply
de quantité de personnes considerables,
qui avoient suivy
M de la Croisette
, Commandant
pour le Roy dans
la Ville & Chasteau de Caën
accompagné des principaux
Officiers & des Echevins. La
magnificence paroissoit dans
laquantité de BellesTapisseries,
tendues depuis le haut
de la Nef jusques en bas,&
disposées de telle sorte, que
l'Eglise ne recevoit de lumiereque
par les cierges,
dont le nombre paroissoit
estre infiny. Ce n'estoit de
tous costez que Devises à la
loüange du Roy, & cela formoit
une décoration fort
agreable. La Messe ayant esté
chantée en Musique, la Compagnie
reprit les armes, &
retourna dans le mesme ordre
à la Place royale, au milieu
de laquelle
, & devant la
Statuë, de Sa Majesté, estoit
un Theatre de dix pieds de
haut. On y plaça letrophée,
& les Arquebusiers s'estant
rangez alentour en double
haye, firent trois décharges
avec de grands cris de Vive le
Roy, après quoy ils remene- rentMd'Aumesnilchezluy.
Sur les cinq heures du soir,la
Compagniese trouvaau même
lieu de la Place royale,
d'où elle se rendit encore
aux Cordeliers. Le Te Deum
y futchanté en Musique avec
simphonie,& au bruit de
plusieurs décharges. Ensuite
on alla remettre le Trophée
sur le Theatre avec Les mesmes
ceremonies, & laCompagnie
s'estant rangée en
double haye autour d'un
Bucher , le feu y fut mis
par les Officiers de la Compagnie,
Cela, fut suivy de
six déchargés. On reprit ses
rangs,&l'on remit denouveau
le Capitaine Lieutenant
en son logis? où il donna un
magnifique repas aux Echechevins
& à plusieurs de la
Compagnie. La Fcfte se termina
par un beau Feu d'artifice
,
qui fut tiré à dix
heures. Il avoit esté dresse
autour du Theatre où l'on
-0
avoit placé le Trophée. Aprés
cela on se separa par
Troupes de dix à douze, qui
se mirent à des tables dans la
- Place royale, & burent à la
fanté de Louis LE GRAND,
au son des Hautbois, des
Fifres & desTambours, -
L'ambition qui n'est point
reglée, a des fuites dangereuses,
& quelquefois en voulant
trop acquerir,on s'expose
à perdretout. Une jeune
Demoiselle, ayant de l'esprit,
& de l'agrément dans sa personne
, s'attira les voeux d'un
Cavalier,dont la fortune
estoitassez grande pour luy
faire un fort agreable établissement.
La maniere dont
il fut receu chez elle luy fit
connoistre qu'il n'avoir qu'à
s'expliquer pour estre bientost
heureux. Cependant
comme ilestoit delicat,avant
que!de parler serieusement
d'affaires, il voulut, sçavoir
s'il possedoit le coeur de la
Belle. Il prit du temps pour,
l'examiner. Elle luy parut
d'une humeur imperieuse; &
après un attachement de
quelquesmois
, il n'eut pas,
de peineàdécouvrir que son
caractere estoit la fierté.L'amour
qu'ilavoit pour elleluy
fit imputerà une noblesse
dame tous les mouvcmens
qu'elle en fit paroistre,
& ses manieres pour luy
estant toûjours des plus ch.
gageantes ?
il crut ne pouvoir
douter qu'il n'eust dans
son coeur la part qu'il y pretendoit.
Dans cette pensée il
parla de mariage. Elle n'avoit
que sa mere ,
qui se gouvernant
par elle, entroit dans
ses sentimens sans la contredire
en aucune chose, On
avoit déja parlé d'un projet
d' Articles, lors qu'un Marquis
fort évaporé s'estantun
jour rencontré avec la Belle
dansune partie depromenade,
luy débita des douceurs
qu'elle prit plaisir à écouter.
Il alla chez elle dés le lendemain?
&: la ptomptitude de
cette-visiteluy donnant sujet
de croire qu'illa
-
trouvoità
fOl! gré,elle se servit si bien de
ses charmes, quelle l'engagea
insensiblement.Iln'estoit
pas*plus riche que
le Cavalier, mais il l'emportoitducosté
de la naissance.
C'estoitun homme qui faifoit
fracas par son équipage
& par son train , & letitre de
Marquisequ'ildevoit donner
à laperfonne ,qui!'épouferoitJ
avoit dequoy flater agreablement
lavanité d'une ambitieuse.
LeCavalierqui s'aperceutque
le Marquis ne déplaisoit
pasjugea qu'il n'yavoir
point de moyen plus
propre à fairecesser ses trop
fréquentés visites,que de presserlaconclusion
de son mariage.
Son empressement ne
fut pas receuavec toutesles
manques de joye qu'il avoit
sujetd'attendre.Onprit des
pretextes pour ne rien précipiter,
& cette froideur étonnant
le Cavalier, il se plaignit
à la Mere du retardement que
l'on apportoit à son bonheur,
La Mere qui regloit ses sentimens
sur ceux de la Fille,
trouvoit desraisons pour l'excuser
>tk il ne connut que
trop par le procédé de l'une
& de l'autre qu'on ne vouloit
se déterminer qu'après que
l'on auroit sceu quelle resolution
prendroit le Marquis.
On continua d'en recevoir les
visites, .& seCavalier commençant
à voirqu'on n1ai,
nioit en luy que ce que loîr
bien avoitdeconsiderable,
.reiDlut de ne faire aucun ,é.,.
«clat>&: de laisserfinir l'avan-
1-ture sans trop marquer le deficin
où il estoit, dene pas servir
dedupe à la Demoiselle-
Elle avooitune Cadette qui
xnerkoit bienqu'on luy en -coruafi.Ils'accoûtumaàl'enïtreteni^
p&ndani lesvifites du
IMarquis> &son Aisnée qui
nJe'asprrcephïjeonchdersoqiutirLieanv.toaîntdtqrouiet
deluyfairenavoitgardeds
seplaindre d'un amusement
*juiJahiifoit. dans ilfnticrc
liberté de travailler à avancer
le sccés de son entre
prise. Plus il entretint cette
Cadette ,plus ils'enlaissa
charmer. Illuy trouva beaucoup
de douceur d'espirt
& une droiture d'ame, qui
fit sur luy une impression
plus vive qu'il ne l'avoit cru
S'il se plaignoit quelquefois
du peu de fermetédesa
Soeur , elle prenoit sonparty
avec des honnestetez qui
ne se peuvent comprendre,
& luy disoit en destermes
fort touchans qu'il devoir
croireimpossible que saSoeur
aprésun engagementpareil
a celuy qu'ils avoient pris
l'un pour l'autre, fust capable
de changer de sentimens,
Le commerce du Marquis
duroit toûjours, & les choses
furent poussées si avant,
qu'on ne douta plus qu'il ne
dust bien-tost époufer l'Aisnée.
Le Cavalier qui avoit
changé comme elle, le fouhaitoit
avecpassion, & ce
fut alors que s'ouvrant àla
Cadette, il la pria d'agréer les
assurances qu'il luy donnoit
de n'estrejamais qu'à elle
Elle ne voulut luy promettre
tien qu'après que sa Soeurseroit
mariée; mais illuy fut
aisé de connoistre
, & dans
ses yeux & dans ses manieres,
qu'il estoaimé fort tendrement.
L'heureux estat où ils
setrouvoient fut troublé en
pdeuu de temps par l'infidélité
Marquis. Il se lassa d'estre
aimé&leplaisir d'avoir fait
une conqueste luy fut moins
sensible,dés qu'il sevit assuré
de l'avoir faite. Il eut quelque
differend avec la Belle,
& se servit de l'occasion pour
une entière rupture. La Belle
soulut s'enfaireunmérite
avecson premier Amant.Elle
seignit des'estre apperceuë
qu'il avoit craint un Rival
dans le Marquis? & prenant
un air flateur qui auroit pû
l'éblouir, s'il n'eust pasaimé
ailleurs, elle tâchade luy
taire croire quelle n'avoit
rompu avec luy, que pour
empescher que ses assiduitez
ne luy donnaient de la jalousse.
Le Cavalier receut
cette excuse,avecassez de
froideur,&lors que pour le
convaincre qu'ellel'aimoit
veritablementellese montra
toute jprefte à l'épouser
,
il
prirprit
à son tour divers prértextes
pour reculer la conclusion
du mariage dont on le pressoit. Comme ils ne
pouvoient toujours durer, il
se voyoit dans un tres-grand
embarras. Il estoit charmé de
laCadette, & la generosité
qu'elle temoignoit en luy
conseillant d'épousersasoeur,
redoubloit de jour en jour la
passion qu'il avoit pour elle.
Il n'avoit pourtant aucune
esperance de la faireréussir.
La Mere qui n'avoit des yeux
que pour son Aisnée, n'auroit
jamais consxenty à luy
donner le chagrin de voirsa
Cadette luy enlever sxon Amant
, & c'eusti elle inutilement
qu'illuy auroit proposé
l'échange.Enifn,aprèsavoir
resvé plusieurs jours à ce qui
pouvoit le tirer d'affaires, le
plus sxeur moyen qu'il imagina,
ce fut de chercher à
prendre encore l'Aisnée par
ion soible. Illuy falloit donner
un Amant dont la naissance
& le bien luypussent
promettreunrang élevé. Un
jeune Comte dont le mariage
estoit arresté avec une tresriche
Heritiere de Province,
luy parut rout propre à joüer
ce personnage. Il estoit airez
de ses Amisbpoir le vouloir
faire, & il ne pouvoitmieux
passer le temps qu'il avoit à
s'arresterà Pïris,ot't il devoit
acheter des meubles,& se faire
faire un équipage pour epoufer
l'Heritiere dans fort peu
de temps. Le jeune Comte
ayant de l'esprit, n'eut pas de
peine à trouver accès chez la
Demoiselle qui aimoit tant
les grands airs. Il y fut receu
fort civilement, & en peu
de jours ses soins empressez
sirent leur effet. Il fit parois
stre un si violentamour, que
malgré la recente épreuve du
peu de constance duMarquis,
la Belleselaissa encore persuader
que les protestations
qu'on luy faisoit
,
estoient
l'effet d'une passion sincere.
Elle s'abandonna de nouveau
à la douceur de ses esperances,
& elle y trouvoit d'autant
plus de charmes, qu'outre
que son ambition estoit satisfaire
, elle se vangeoit du
peu d'ardeur que le Gavalier
avoit commencé de faire paroiftre.
Il se plaignit à la
Mere&à la Fille de l'injustice
qui luy estoit faite, &
l'aigreur qu'ilafectoit dans
sesplaintes, ne laissoit point
soupçonner que le Comte &
luy fussent amis. On employa
de fausses raisons pour l'a.-
muser quelque temps,& enfin
on ne gardaplus aucunes
mesures, lors que le
Comte se fut déclaré, &
qu'ayant consulté la Belle sur
un équipage, il eut commencé
suivant ses avis à faire
travailler à
un Carosse des
plus magnifiques.Cefut alors
que le Cavalier parla hautement.
Il dit à la Mere,qu'aprés
avoir marqué si longtemps
qu'il faisoit tout son
bonheur de son alliance,il
meritoit peu qu'on luy manquast
de parole, & qu'il
voyoit bien qu'on ne l'avoit
écoutéqu'en attendant qu'il
se prefentaft un party plus
confid erable. La Mere pour
l'adoucir,luy dit qu'elle avoit
pour luy toute l'estime qui
estoit deuë à un parfaitement
honneste homme, mais qu'-
elle le croyoitassez genereux,
pour vouloir bien sacrifier
son amour aux interests de
sa Fille, en luy laissant épouserun
homme qui la mettoit
dans une haute fortune; &:
que pour luy faire voir combien
l'avantage de l'avoit
pour Gendre la touchoit sensiblement,
si sa Cadette pour
laquelle il témoignoit d'afsez
grandes complaisances)
avoit dequoy remplacer ce
qu'ilperdoit dans l'Aisnée?
elle
estoit
preste à la luy donner
pour femme. Le Cavalier
fîtparoistre beaucoup d'agitation
, & n'oublia rien de
ce qui pouvoit luy persuader
qu'il se faisoit de grands
combats dans son coeur. Il
feignit de n'en pouvoir arracher
une passion qu'elle
avoit autorisée. Il se reprochoit
d'ailleurs denesçavoir
pasaimer, s'il demandoit que
l'on renonçast pour luy à des
avantages que sa Maistresse
ne rencontroit pas en l'épousant;
& venant de là à l'habitude
qu'il s'estoit formée
de passer sa vie avec des personnes
qui luy estoient cheres
, il avoüoit qu'il ne pouvoit
se resoudre à prendre
une autre alliance. Ce sentiment
obligeant fit esperer à
la Mere qu'il accepteroit ce
qu'elle venoit de luy proposer.
Elle l'embrassa fort tendrement,
luy vanta dans saCadette
des qualitez quiluy étoient
mieux connuës qu'à
elle mesme; & ce qu'il y eut
de particulier,elle pretéditluy
faire valoir l'appuy qu'il devoit
attendre du jeune Comte
lors qu'il feroit son Beaufrere.
Le Cavalier soupira, &
apréss'estre montré quelque
temps irresolu pour se faire
encorepresser davantage, il
dit enfin que l'on pouvoit
disposer de luy, à condition
que le- mariage se feroitdans
çuatre jours. Il en demanda
les assurances
, pour n'estre
pas exposé avee la Cadette,
au mesme chagrin que luy
avoit fait éprouver l'Aisnée.
On l'assura qu'il seroit content&
la Mere&les deux
Filles furent également satisfaites.
L'Aînée ne pouvoit
donner assez de loüanges au
Cavalier sur ce qu'il faisoit
pour elle. Elle exagera son
procedé genereux, &luyprotesta
que dans l'estime & l'amitié
qu'elle avoit pourluy,
elleauroit peine à se marier
avec le Comte,sielle n'avoit
le plaisirde voir qu'ilchoisissoit
dans sa Soeur une autre
elle-même. Il ne perdit point
de temps pour avancer les affaires.
On achetaaussi-tost
tout ce qui parut le plus pressé,&
le jeune Comte de son
costé fit amener dés le lendemain
six fort beaux chevaux
qu'ilmarchandoit pour unattelage
>
& qu'il paya devant
sa Maistresse pretenduë. Il la
pria de venir choisir desMeubles,
& n'entrouvant point
d'assez somptueux, il en
commanda sur des desseins
qu'elle luy fournit. Jugez
combien son coeur estoit
abîmé dans les idées de
grandeur qu'elle se faisoit à
tous momens. Les quatre
jours estant expirez, on ne
put se dispenser de tenir paparole
au Cavalier. Son mariage
se fit avec la Cadette.
Celuy du Comte se devant
faire avec plus d'éclat, fut
differé fous le pretexte des
preparatifs qui demandoient
quelque temps. Il y faisoit
travailler pour l'Heritiere
avec laquelle il y avoit un
Contrat figné, & les raisons
qui faisoient tenir l'affaire
secrete, ayant cessé tout à
coup , il fut question definir
cette avanture. Il passa un
jour sans voir la Belle, &
vous pouvez croire qu'on
ne manqua pas d'envoyer le
soir chez luy pour en sçavoir
la raison. Il répondit qu'il
iroit en rendre compte, & le
lendemain il écrivit à la Belle,
qui prit àmauvais augure
de voir une Lettre au lieu de
le voirluy-mesme. La Lettre
portoit qu'unengagement
qu'il croyoit rompre avoit
precedé celuy qu'il avoit pris
avec elle, &que les choses
ayant tourné autrement qu'il
ne pensoit,il estoit contraint
d'épouseruneHeritiere, qui
en luy donnant beaucoup de
bien, ne pouvoir l'indemniser
de la perte qu'il faisoit.
Illuy nommoit l'Heritiere,
& accompagnoit cette fâcheufedéclaration
de toute 1
l'honnestetéqui pouvoit
rendre excusable un procedé
si cruel.Je ne vous dis rien
du desespoir de la Belle. Ses
sentimens sont aisez à deviner.
Elle s'informa de l'Heritiere,&
apprit bien-tost
que le Comte ne luy avoit
rien écrit que de vray.Elle
n'avoit aucune promesse qui
luydonnast droit de s'opposer
à son mariage , & elle
n'eust fait quun éclat fort
inutile contre des personnes
puissantes, dont le crédit
auroit prévalu à toutes ses
plaintes. L'estat où elle se
voyoit avoit quelque choie
de terrible. Son ambition
l'estoit trompée
; elle avoit
cédé son Amant à sa Cadette,
>. & les applaudissemens
qu'elleavoit receus sur une
fortune qui luy paroissoit
certaine
, jettoient sur elle
unehonte qu'elle ne put foù.,,
tenir. Ses re flexions furent
solides. Il luysembla qu'aprés
ce qui venoit de luyarriver,
elle ne pourroit faire
dans le monde qu'une mauvaise
figure, & sans consulter
sa Mere, qui n'estoit pas
moins touchée qu'elle du
mauvaissuccés de ses esperances,
elle se jetta dans
un Convent. On dit qu'elle
presse pour avoir l'Habit,
& qu'elle est fort refoluë
de sacrifier à Dieu une
ambition qui luy a causé de
si vifs chagrins. Sa Mere &
sa Soeur font ce qu'elles peuvent
pour l'en détourner;
mais
dans
la fermeté qu'elle
fait paroistre, on ne croit
pas qu'elles en viennent à
bout.
Tout le monde sçait que
les erreurs de Luther furent
receuësà Strasbourg en ijip.
& que cette Ville, comme
Capitale de l'Alsace
, a reconnu
depuis peu d'années la
juste domination du Roy. Sa
Majesté
,
toûjours zelée pour
la Religion Catholique
, a
cru avec beaucoup de raison,
que ses Sujets qui la professent
en ce Pays-là, ne devoient
point estre privez de
l'esperance de parvenir aux
honneurs qui accompagnent
la Magistrature.AinsiElle a
voulu leur faire rendre justice
d'une maniere qui fust
conforme aux Traitez. C'est
ce que la Lettre quevous allez
lire vousfera connoistre.
LETTRE DU ROY
au Magistrat de Strasbourg. TRES-Chers&Benignes.
Ayantestéinformez qu'il ja dans la Ville deStrasbourg un
nombreconsiderable deBourgeois
Catholique,&considerant qu'il
ne seroitpasjuste que lesdits
Bourgeois Catholiquesn'eussent
aucun d'eux dans le Magistrat
de laditeVille,pourveiller à la
conservation de leurs interests
dans lesaffaires qu'ils peuvent
avoir par devant ledit Magistrat,
Nous vous saisons cette
Lettre pour vous dire que nostre
intention est que doresnavant.
&à commenceraux prochaines
Assemblees qui se feront pour
élire aux Charges& Emplois
qui viendront à vaquer dans leditMagistrat,
ouquisont de la
Jurisdiction de la Ville, tant
dans l'enceinted'icelle qu'au dehors
,soitpar mort, ou foitparce 7 que le tempspourlequel ceux qui
auront estééleus
,
fera expiré,
ou en quelque autremaniere que
ce soit, les Charges dudit Magistrat
soient alternativement
remplies de Catholiques
,& de
Luthériens, en fortequ'ilyait
toûjours dans leditMagijlrat,
& dansles autres Charges &
Emplois qui dépendent de la Ville
, un nombre de Bourgeois ou
Habitans Catholiques& Luiheriensjproportionné
à ce anil
yen aura dans ladite Villedr
l'une & de l'autreReligion, @¡
que ce qui rsi precisément porté
par l'Article5. du Traitéd'Osnabruck,
surl'égalitéexacte &reciproque
qu'ildoity
avoir entre
les Sujets del'une& de l'autre
Religion
,
soit exaélement observé
tant à l'égard des Catholiques
que des Lutheriens; dr
ne doutantpas que vous nevous
conformiez à ce qui éft en cela
de nostrevolonté, nous ne vous
ferons lapresente plus longue ny
plus expresse. N'y faites donc
faute ; car tel est nostre plaisir.
Donné à Versailles
le
5Avril
16$/.
Cet article de Strasbourg
me fait souvenir d'une chose
dont toutes les Nouvelles Publiques
ont parlé; mais elles
l'ont faitavant que l'on sceust
les circonstances dont je
vais vous faire part On n'en
peut disconvenir, puisque la
déposition qui donne lieu à
ce que j'ay à vous dire, n'a
esté receuë qu'aprés le bruit
qui s'est répandu d'une nouveauté
que quelques-uns tien- -
nentfort extraordinaire.Voicy
ce que c'est. Philippes
Guerhard, Bourgeois Ôc Pescheur
de la Ville de Strasbourg,
a deposé par devant un
Commissaire de la Ville,
qu'ayant esté à la pesche la
nuit du 17. de May dans l'Isle
dc Saint Robert,il apperceut
à minuit & trois quarts, une
lumiere qui éclaira la terre
comme si c'eust esté en plein
midy. Enmesme temps il se
presenta en l'air une boule
de feu de la grosseur d'une
teste
,
accompagnée d'une
queuë de trois toises de longueur.
Elle s'approcha si prés
de la terre, que dans lacrainte
d'en estre touché, il se coucha
tout de son long dans la
Nacelle, & quand la boule
tomba elle jetta un grand
nombre d'étincelles, qui en
s'esteignant firent des éclats
semblables à une décharge
de Mousquets
,
aprés quoy
l'air retentit à trois diverses
reprises d'un bruit pareil à
celuy que fait le Canon. Tout
cela dura environ un quartd'heure.
Ensuite le Ciel fut
femé d'étoiles, & parut fort
clair par tout, ainsi qu'il avoitesté
auparavant.
L'amour est une passion
vive, mais comme elle a trop
de violence, elle est moins
solide
solide que l'amitié.C'estce
qui a donné lieu aux Vers
que je vous envoye. Ils sont
d'une personne de vostre
sexe
>
dont
je ne puis vous
faire connoiltre le nom que
par les lettres suivantes, A. D.
L. V. Je fuis asseuré que vous
les lirez avec plaisir
, tant la
maniere dont ils sont tournez
est agreable.
REPONSE
SUR UN REPROCHE
DE VIEILLESSE. si je vous croy ,
philis, mes
beauxjours sont passez;
I'entre ,selon vous, dans un âge
Où monsexedéplaistassez
Quand il n'est pas encor sous le
joug du ménage.
I'en demeure d'accord, maisje ne
m'en plains pas;
Le temps qui détruitlesappas,
N'a rien changé dans ma personne.
l'estois laide à quinze ans, maintenantjelasuis;
Des Amis éprouvez, dissipentles ennuis
J?u'un trop grand nombre d'ans
me donne.
Avec eux je passe mesjours
Al'abry des chagrins que causent les
amours ;
Iesuispour eux toûjours lamesme,
Rien ne peut égaler leur constante
amitié
trEêt pmoureeu.x la mienne est ex-
.tu'a donc mon sort, Philis, qui
vousfassepitié?
Nous ne sçaurionschanger l'ordre
des destinées.
Lesjoursforment des mois, les mois
font des années ; ,
Le temps où le Soleila suspenduson
cours
Estpassépour toûjours.
-
Vos charmesn'aurontpas unefaveur
pareille;
Ce beau teint,cesgrandsyeux
, cette
bouche vermeille
Tous ces airs enfantins siremplis
d'agrémens
J9ui vousattirenttant d'Amans
,
Tout celadoitpasser avec vostrejeune
dge,
Et vous aurez alors le chagrin en
partage,
Puisque le temps à qui tout ejï
soumis
ChangerAa vomsAmainsspl.ûtostque mes
Ainsi n'insultezplus à la peine des
autres, Prevoyezsagement les vostres,
JLt tâchez d'acquerir dans vostre
beau Printemps
Dumerite pour touslestemps,
Je sçay que vous avez grande
impatience de sçavoir ce
qui s'est passéà Siam
?
depuis
que M le Chevalier de Chaumont
en est party.Vous n'efies
pas la feule qui ayezmarque
de la curiosité là-dessus;
mais les Nouvelles qui viennent
de six mille lieuës sont
rares, Se l'on n'en reçoit pas
aussisouvent qu'on voudroit.
Je vay pourtant vous en dire
quelques-unes, & ce font les
feules qui soient venuës de
ce Païs-là depuis le retour de
M le Chevalier de Chaumont.
Voussçavez que ta
Roy de Siam ayant une estime
toute particuliere pour
Sa Majesté, & pour toute la
Nation Françoise, souhaita
d'avoir à son service quelques
Officiers François de distinction,&
pria Mr le Chevalier
de Chaumont de luy
laisser
,
fous le bon plaisir
du Roy ,
Mr le Chevalier
Fourbin, dans ledessein d'en
faire son grand Amiral, parce
qu'il avoit déja fait beaucoup
de Campagnes sur les
Vaisseaux de Sa Majesté, dont
il estoit Officier. M le Chevalier
de Chaumont crut que
le Roy approuveroit ce qu'il
feroit là-dessus, & y donna
son consentement. Il fut suivy
de celuy de M le Chevalier
Fourbin, qui demeura
à Siam. Il ne s'y rrouva pas
seulement utile pour commander
sur Mer, mais encore
pour discipliner les
Troupes de Terre, & leur
faire faire l'Exercice à lamaniere
de France. Un jour
qu'il le faisoit faire à une
Compagnie de Portugais,&
à une de Mores du Roy de
Siam
,
elles se chagrinerent
4c ce qu'il leur fit connoistre
qu'elles s'en acquittoient
mal, & se souleverent contre
luy. Ce n'eftoir qu'un
pretexte pour faire éclater
une conspiration qu'elles avoient
faitecontre sa
- personne,&
contreM Constance.
Ces deux Compagnies
avoient mesme formé le
dessein de piller les Palais de
ce dernier, & de s'emparer
de tous ses Effets.M Constance
en fut averty ?
& armé
de sa feule fermeté, soutenuë
de celle de M- le Chevalier
Fourbin ,il alla au devant
de ces mutins? fit saisir
les plus coupables, dissipa le
reste, & fit avorter leur entreprife.
Certe actionjustifie
tout ce que les Relations
ont dit à la gloire de Mr
Constance
, & fait voir que
les François sontpartout
Francois, c'est à dire, intrepides),
& que ce n'est pas seulement
en France qu'ils font
connoistre l'intelligence qu'-
ils ont dans le métier de la-
Guerre? lors qu'ils ont pris
une fois le party des armes.
Si toutes les circonstances de
cette révolte, dont j'ay lieu
dc croire que le fond estres
veritable,ne sont pas entierementconformes
à la maniere
dont l'action s'est passée,
songez qu'ilest fortdifsicile
d'avoir des éclairciffemens
de si loin. Cependant
si ceux à qui les avis en sont
venus, m'apprennent quelque
chose de nouveau sur cet
Article, je vous en feray part
le moisprochain, soiten augmentant
,
soit en diminuant
les paticularitez de cette
Nouvelle.
Vous vous souvenez d'un
Ecclesiastique Siamois, qui a
£Ûé élevé dans la Million à
Siam. Je vous en ay parle
plusieurs fois, sur tout lors
qu'il soutintenSorbonne, du
temps que les Ambassadeurs
duRoy de Siam estoient en
France. On l'avoit mis dans
la Mission Etrangere de Paris,
d'où sortent les Millionnaires
pour Siam. Le Pape
a esté informé de son merltey
& ayant sceu le progrés qu'il
avoitfait dans la Théologie)
ce qui peut estre fort avantageux
à la Religion Chrefiienne,
parce qu'il pourra beaucoupmieuxqu'un
autre- fuader ceux de G. Nation^
SaSainteté a voulu le voir? &
il est party pour Rome. Comme
les talens qu'il a ne peuvent
manquer à se faire connoistre
en peu de temps dans
un lieu où les esprits lont si
éclairez,il ya sujet de croire
qu'on verra un jour un
Siamois élevé aux premières
dignitcz deI'F-ullfè,
Les libcralitez estant frequentes
en France pour la
gloire de Dieu? à l'exemple
de celles que le Roy fait tous
les jours aux Eglises de son
Royaume?qui ont besoin de
ressentirses bienfaits, le pere:
Louis de Verdun? Religieux
de l'Observance de S. François,
Commissaire général de
la Terre-Sainte en France»
a envoyé à Jerusalem par ordre
de Sa Majeste une fommc
considerable, que l'ardeur de
son zele& de les soins luyafait
trouver moyen de recueillir
en ce Royaume pour
le secours des lieux Saints)
avec deux Orgues) dont l'un
estédonné par M le Begue
, Organiste du Roy, &
de Saint Mederic,ansi que
plusieurs Ornemens d'Eglise
deux ReligieuxCordeliers
qui font ce Voyage, ont la
conduite de tout.
- Le Dimanche onzième du
mois passé, les Petes Recollets
de la Ville de Perigueux,
commencrrent l'Octave de
l'exposition des Reliques du
corps entier de S. Maxime,
martyrisé à pareil jour sous
l'Empereur Diocletien, l'an
302.. Ce corps avoitesté donne
par Sa Sainteté à Mr le
Cardinal Cibo
, pour en faire
present au Pere Jerôme Ranoüild
, ancien Définiteurdes
Recollets de Guyenne,&leur
Agent general àRome;Aprés
queMl'Eveque dePerigueux
en eut ordonné la Translation,
il fut porté par quatre
Recolletsrevestus de Dalmatiques.
Il y en avoit deux en
Chapes aux deux cotez de la
Chasse, & quatre autres qui
estoientaussi en Diacres, sounoient
le Dais.Un Religieux
du même Ordre marchant
dix ou douze pas devant la
ChasTe
,
encenfoit de temps
en temps ces faintes Reliques,
& nçuf Enfans habillez
en. Anges, tenoient en
leurs mains les inftrumcns
du Martyre du Saint. Elica
furentauffi portées de l'Eglise
de ces Peres dans la Cathedrale
de S. Front, où le
Chapitre vint les recevoir en
Corps. On les posa sur l'Autel
du
Choeur pendant les
Vespres,qui furent chantées
par une excellente Musique,
&ensuite la Procession générale
commença. Les trois
Compagnies des Penitens
noirs) bleus & blancs, chacune
composée de plus de
quatre-vingt personnes, sortirent
d'abord de la Cathédrale
où elles s'estoient rendues,
& furent suivies des
Recollets? aprèslesquels
marcheront les Jacobins, les
Cordeliers? & les Augustins-
On vit ensuiteMessieurs de
la Million avec le Séminaire,.
Ils preccdoient le Corps du-
Chapi-tre, aprèsquoy venoient
les Religieux qui portoient
la Chasse & le Dais;
puis le Presidial enrobes, 8c
les Echevins en habits decerémonie
? & enfin une infinité
demonde, tant du peuple
de la Ville?que des lieux:
voisins, fermoit cette marche.
La Proceilion alla en
l'Eglise de Saint Silain, c'
Mr le Curé vint recevoirle
Saint Corps avec la Compagnie
des Penitens noirs. D
là on passa dans l',Eglise de
Religieuses de Nostre-Dame
qui chanterent des Moters &
une Prose en l'honneur du
Saint. Enfin onse rendit en
celle des Recollets, où fitost
que la Chasse eut
esté
posée au lieu que l'on avoir,
préparé?Ml'Eve[gue de PemontacnChaire,
&
fitparoistre son éloquence
ordinaire dans le Panégyrique
quil prononca. Il donna
ensuite la benedictiondu
Saint Sacrement, ce qu'il fit
tous les soirs au Salut qu'on
chanta toute l'octave pendant
laquelle les Paroisses
voisines vinrent tour à tour
chanter la grand' Messe.L'éloge
du Saint fut fait chaque
jour par les plus habiles Prédicateurs
de la Province, &: le
dernier jour, ce futMl'Abbé
d'Aubusson qui le prononça,
avec une entiere satisfaction
de son Auditoire.
Quelque estime que le
public ait pour les grands
Hommes,on ne la connoist
jamais si bien que lors qu'on
260est dans la crainte de les perdre.
C'est ce qui vient d'arriver
à l'égard deMl'Archevesque
deParis. Ce Prélat
-ayant esté dangereusement
malade , son mal a donné
beaucoup d'inquierude à tous
les Peuples de son Diocese,
t& à tous ceux qui connoissent
les merveilleux, talens qui le
rendent si dignedela haute
réputation qu'il s'est acquise-
Tout le monde sçait qu'on ne
peutavoirune plus profonde
érudition
,? ny parler mieux"
rn public fk de meilleure
grace.Ond'aveu souvent
pondre sur l'heure ? non seucmenc
à toutes les difficultés
que l'on pouvoit proposer,
mais encore à des discoursentiers,
François ou Latins ,en
reprendretout le sujet,&entrer
dans. le détail de chaque
article en la mesme langue
Comme le premier Siege de
France, & peut-estre du monde
après celuy de Rome,demande
un Prélat de ce cara—
dcre , on, doit souhaiter de
le posseder long-temps pourla
gloire dela Nation^pour
le bien del-'Eglifc-
Su>•in'y»apoint• de. Souverain
dans le monde dont U
Maison soit plus nombreuse
que celle du Roy , il n'yen
a point aussi qui soit mieux
entretenue & plus brillante;
maisavec quelque éclat qu'elle
paroisse
,
il est impossible
de la bien connoistre
, parce
que ce Prince estant trop
modeste? & ne voulant point
se montrer avec le faste qu'affectent
plusieurs Souverains,
ôc sur tout ceux des Pays Orientaux
, ne marche jamais
avec sa Maison entiere. Elle
fert par quartier,& cependant
on peut dire que SaMajestén'a
jamais que la moitié d'un
quartier au prés de sa personne
,la pluspart de ses Officiers
de quartier ne servantqu'alternativement.
Ainsi pour
sçavoir en quoyconsiste la
Maison du Roy, il faut avoir
l'Estat de la France en deux
Volumes, fait par les soins,
& sur les recherches de Mr
Besogne,Clerc de Chapelle
de Sa Majesté
, qui donne au
Public tous les deux ans ces deux Volumes
de , augmentez nouveles particularitez,
avec les noms des Officiers
quiont achepté des Charges
pendant les deux dernieres
années soit par la mort de
ceux qui les possedoient, ou
par la vente qu'en ont faite
ceux à qui le Roy a permis
de s'en défaire. On ne connoist
pas feulement par ce
Livre,le nombre des Officiers
de Sa Majesté
, mais encore
leursfonctions les plus particulieres,
ce qui est tres-curieux.
Vos Voisins de la Campagne
qui auront besoin de
ce Livre, le trouveront chez
le Sieur de Luynes, Libraire
au Palais, al'Enseigne de la
Justice. Jamais
Jamais journée ne fut si
remarquable pour Paris, &
ne fera si longtemps gravée
dans les coeurs de ses Citoyens,
quecelle où le Roy
en l'honorant de sa presence,
lors qu'il vint à Nostre-Dame
rendre graces à Dieu de
sa guerison, alla disner à
l'Hostelde Ville,aprés avoir
eu la bonté de dire luy-même
qu'il iroit
> parce que
Messieurs de Ville n'auroient
osé prendre la libertédeluy
faire cette priere, Mr deSanteüil,
Chanoine de S. Victor,
qui est toûjours tout remply
dezele,ne laissa pas échaper
cette occasion d'en donner
des marques, Il fit là-dessus
quelques Vers Latins qu'il
adressa à Mr le President de
Fourcy, Prevost des Marchands.
Ces Vers ont receu
un applaudissement si general,
que plusieurs personnes
se sont attachées à les traduire.
Je vous envoye une de
ces Traductions, n'ayant pas
accoûtumé de mettre dans
mes Lettres des Pieces Latines,
quand elles passent deux
Vers. La traduction que vous
allez lire, est de Mr Perachon,
qui a un talent particulier
pour les Ouvrages de
cette nature.
SUR LA VENUE
v du Roy à Paris. Ante par tout ta gloire,~
Reyne des Citez.
Paris
, tu vois ton Prince, & IIIsens
ses bontez.
Ilne vientpointsuivy de nombreuses
cohortes,
Les coeurs deses Sujetssont des gardes
plus fortes,
Tes voeux sont exaucez. Ce Soleil
de l'Etat
Paroist hors du nuage en-fin plus
vif éclat.
ftftr ne pointt'ébloüir,son auguste
Presence
Mêle à la Majesté les traits de i'&
Clemence.
Il regne par l'Amour autant que par laLoy,
Pere de la Patric,aussi-bienqueson
Roy.
Pour luy tu rends au Ciel le tribut
des loüanges
Ille rend àson , tour chez la Reyne
des Anges , Etcharméde ta foy, le plusgrand
des Mortels
Vientjusqu'en ta Maison,au sortir
des Autels.
Avec toutesa Cour, ce Prince te vif-,
te ( '{!fIe i'invite>
Il vient mesme au Festin où ton
RI tu peux t'applaudirda, rieux,
D'avoirdanstonHostelfaitun BAli.)
quet des Dieux. ,
Ce Monarque nu milieudesa Royale
Troupe
Des mains de ton Preteur daigne
prendre la Coupe.
L'Heroïne seconde où renaist ton
bonheur,
Aux mains de son Epouse accorde un
mesme honneur.
Illustre magistrat, qui n'envîroit ta
gloire?
Paris, grave la tienne au Temple de
Mémoire.
Si d'un fameuxRepas tu regales ton
Roy,
Sa douceur beaucoupmieux te regale
chez toy.
De ses plus tendres soins ton Roy
te fivorife.
Ce Roy,ton Dieuvisible,avectoy s'humanise.
On diroit qu'il oublie & son rang, 6,
letien.
La Cité paroistReyne,& le Roy
Citoyen.
Je vous ay parlé depuis dix
ans de Mrle Duc de S.Aignan
dans la pluspart de mes Lettres,
& je l'ay toûjours fait
avec plaisir. Son esprit
,
sa
galanterie, &les marques de
zele qu'il donnoit pour nostre
Auguste Monarque en
toutes fortes d'occasions, me
fournissoient fort souvent
quelque agreable sujet de
vous en entretenir. Jugez,
Madame, avec combien de
douleur je vous apprens aujourd'huy
sa mort, arrivée
le 16. de ce mois. Une Fiévre
de cinq jours l'a emporte
dans sa soixante & dix neuviemeannée,
lors que sa force
,
son agilité, & son adresse,
dans les exercices les plus fatigans,
pouvoient donner lieu
de croire qu'ilestoit encore
dansson plus bel âge. Il avoir
un attachement inébranlable
pour le service du Roy,
& on ne l'a jamais veu dans
aucun party contraire a ce
qu'il devoit à son Souverain.
Il estoit de l'AcademieFrançoies,&
decelle de Padouë
&Protecteur de l'Academie
Royale d'Arles; ce qui fait
connoistre combien il s'estoit
acquis d'estime par sonesprit.
Il aimoit & savorisoit les gens
de Lettres, & quoy
qu'il
en
fust souvent accablé, non
seulement il les recevoit d'une
maniere agreable
,
mais il
tâchoit de leur procurer du
bien. S'il ne faisoit pas tout
ce qu'il auroit voulu pour
servir ceux qui avoient recours
à luy, il avoit pour eux
des honnestetez qui les consoloient
sans peine du nuuvais
succés de leurs esperances.
Les preuves de valeur
qu'il a données en diverses
occasions sont connuës de
tout le monde. Il le trouva
en 1635. à la Retraite de
Mayence fous le Cardinal de
la Valete, & fut blessé au visage
au Combat de Vaudrevange.
L'année suivante étant
au Siege de Dole,il receutune
blessure à la cuisse
, & se distingua
lors que l'on reprit
Corbie. Ensuite il se signala
aux Sieges de Landrecy ,
de
Maubeuge de Chimay,&
fut blessedangereusement en
1614. à celuy de Gravelines,
où il estoit Maréchal de
Camp. Il se trouva au partage
de la Colme en 1645. & à
la prise du Fort de Lirk,&
servit utilement dans le Berry
en 1650. au Siege de Saintc-
Menehout en 1653. à Montmedy,
à la Guerre contre les
Angiois. & en d'autres lieux.
Sa naissance & ses services
luy ayant fait meriter l'honneur
d'estre fait Chevalier des
Ordres du Roy, il receut le
Collier en 1661. Sa Majesté
érigeaen Duché & Pairie la
Terre de S. Aignan. Elle est
dans le Berry, & avoit auparavant
titre de Comté. Ce
Duc épousa en 1634. Antoinette
de ~Servient, Fille de
Nicolas Servient, ~S de Montigny,
&il en eut trois Fils.
L'Aisné fut François de Beauvilliers,
Comte de Sery, Mestre
de Camp du Regiment
d'Auvergne, qui après avoir
fait connoistre sa bravoure au
Siege de Montmedy en 1657
au Combat de Saint Godard
en Hongrie en 1664. & ailleurs,
mourut àParis en 1666. à
l'âge de vingt-six ans. Il avoit
la survivance de la Charge
de premier Gentilhomme de
la Chambre
, & estoit fort
estimé de toute la Cour. Le
second,fut Pierre de Beauvil
liers, Chevalier de S. Aignarb
tué en combattant contre les
Turcs à la mesme journée de
Saint Godard. Paul de Beauvilliers
fut le troisiéme. Il
estoit Abbé; & il est aisé de.
.voir par sa maniéré de vie
&: par sa sagesse, combien il
auroit dignement remply les
devoirs de cette Profession.
La mort de ses deux Aînez
l'obligeant àse marier, pour
ne laisser pas éteindre son
nom,il epousa en1671. Hcnriette
Colbert, Fille puisnée
de feu MColbert,Ministre
& Sicretaire d'Estat. Vous
sçavez qu'il est Chef du Conseil
des Finances, &qu'il y a
déjà fort long-temps qu'il avoit
esté receu en survivance
de la Charge de premier Gentilhomme
de la Chambre du
Roy. Je vous appris il y a
quelques années que M le
Duc de Saint Aignan avoit
épousé en secondes Noces
Mademoiselle de Lucé.
dont je vous parlay en ce
temps-là, Il a eu plusieurs
Enfans de ce second mariage.
êc un Fils entre autres qui porte
le nom de Comte de Saint
Aignan.
La Maisonde Beauvilliers
a esté seconde en hommes
illustres. Emery de Beauvilliers,
Bailly & Gouverneur
de Blois, Baron de la Ferté
Hubert, épousa Loüise de
Huffon-Tonnerre, quiayanr
succedé avec les Soeurs aux
biens de ses Neveux Claude
& Loüis, l'un tué à laBataille
de Pavie en IJZJ. & l'autre
mIocrt sans posterité en 1537. Comté de S.Aignan;
4. -
qu'elle porta dans la Maison
de Beauvilliers. De ce Mariage
sortit René de Beauvilliers
, qui a épousé Anne de
Clermont Talart, Fille d' Antoine
II. Vicomte de Clermont,
Bailly de Viennois, &
de Françoise dePoitiers,Soeur
de Diane, Duchessede Valentinois,
Il fut Pere de Claude
de Beauvilliers, Comte
de S Aignan, Gouverneur
:. d'Anjou,quien 1560.épousa
(
MarieBabou la Bourdaifiere
>
Fille de Philibert Babou
& Soeur de Philibert,Cardinal,&
de Jean, Grand Maistre
de l'Artillerie. Ilen eut
Honorat de Beauvilliers?
Comte de S. Aignan, Mestre
de Camp de la Cavalerie
Legere de France, &Lieutenant
General de Berry, qui
prit alliance avec Jaquelinc
de la Grange, Fille de François
de la Grange, Sieur de
Montigny , Maréchal de
France, & de Gabrielle de
Crevant. Ce fut de ce Mariage
que sortit François de
Beauvilliers, premier Duc de
S. Aignan.Pair de France,
Chevalier desOrdres du Roy, j
premier Gentilhomme de sa
Chambre
, & Gouverneur du
Havre de Grace, &de la Ville
& Chasteau de Loches, dont jevousapprens la mort.
F-i-i vons parlant il y a un
mois de celle de M l'Evesque
d' Amiens,j'oubHay de vous
dire que son corpsavoit cite
transporté à la Ville de ce
nom, pour estre inhume dans
la Cachedrale. Il y fut receu
parmy les larmes de ceux de
son Diocese
, vivement touchez
de la perte d'un Prélat
si digne de leur estime. Le
- 4. May on porta son Coeur
dans l'Eglise des Cordeliers
du GrandConvent deParis,
La Representation sur laquelle
ilfut poséavoit esté dret
fée sur une estrade au mileu
du Choeur,& elle estoitéclairéedune
infinité de cierges.
Onchantaune Messe solemnelle
, à laquclleassisterent
plusieurs Prelats, & tous les
Supérieurs des Maisons Rcgulieres.
A la fin de la Metre
après les encensemens & les
aspersions ordinaires,le Coeur
sutmis dans le Sanctuaire du
cossé de l'Evangile. Ce fut le
lieu le plus convenable que
puetrouver le PereleFranc
„
Doreur de Paris & Gardien
du Convenr, par les foins duquella
ceremonie a cité faite,
pour estre le depositaire du
corps de ce Prélat qui a presché
avec tant dezeletant d'éloquence
& tant de soliditc
les veritez de l'Evangile. Ce
mesme Pere pour rcconnoiftre
les obligations que son
Ordreavoit à ce grand Evesque,
quiavoit esté tiré de son
sein en 1651. fit faire le 9. de
ce mois dansl'EglisedesCordeliers
d'Amiens,un Service
folcmnel
,
où ces Peres n,otLblierentrien
pour les tentures,
les illuminations & les
autres décorations lugubres.
L'Orai[on funebre y fut prononcée
avec beaucoup de
succés par le Pcre Harbin,.
Docteur de Paris, & Gardien
du Convent. L'intendant de
la Province y assisia, ainsi que
tous les Cops de la Ville.
-. Meilleurs de l' Accademie
Royale d'Angers ayant proposé
deux prix depuis quelques
mois pour ceux on reusiiroient
le mieux dans une
matiere d'éloquence 34 dans
un ouvrage de poëlie
,
ch oiilrenc
le 14. du mois p^ifé
pour enfaire la distribution,
parce quec'estoit le jour ou
Loliis le Grand a commencé
à regticr. Ces Prix estoient
deux Médailles de ce Prince.
Le premier fut remporté par
M. l'Abbé d'Arnoye
, connu
par le talent qu'il a pour
la Chaire, & l'autre par M.
Magnin,ancienConseiller au
Prelidial de Mascon, tous.
deux de l'Academie Royale
d'Arles. La ceremoniecommença
par un discours d'eloquence
, que Mr Gohin Premier
President du Presidial ,
l;(. l'un des trente Academi- « -"-i
cicns d'Angers, prononça
avec beaucoup d'applaudissement.
L'A semblée se fit dans
la grande Salle de l'Hostel de
Ville, à causequ'on ne crut
pAacsaqdueemlieelieu ordinaire de
pust contenir
tous les Auditeurs qui se pre.
paroientàeitre de cette Fest
Les Dames mesme y furenc
receuses,cequin'avoitpoint
encore estépratiqué dans ces
fortes d'Assemblées publiques.
Les Pieces qui remportèrent
le Prix furent leuësavec
une approbation generale.
Le Corps de Ville qui
avoit fait la despense des Médailles
d'or & de la Feste, en
donnant àMrs de l'Academie
un Appartement dans
son Hostel
,
leur a demande
qu'on fïst tous les ans le Panegyrique
du Roy à pareil
jour
> ce que ces Meessieurs
qui ont dans leur Corps beau.
coup d'Orateurs,ontaccepté
avec joyc. Vous voyez
par là
,
Madame combien
restablissement des Académies
est utile, puis qu'outre
les avantages que ceux qui
les composenttrent de leurs
Confé,ren-ces. les Prix que - -—
l'on y propose de temps en
temps, font naistre une noble
émulation qui fert à reveiller
les esprits par les charmes
de la gloire..
Je vous ay parlé de divers
Jeux qui se font en plusieurs
Villes. Ce qui s'est passé à
Morienval
,
Bourg situé à
deux lieues deCrépi,Capitale
du Valois, mente que je vous
en fasseledétail. La Feste appellée
de l'A rc , y fut celebrée
leLundy19. du dernier
mois avec beaucoup de folemnité.
TrenteCompagnes
conûderabks y arrivèrent
des
desVilles voisines, precedees
de magnifiques Enseignes,
de Tambours, Fifres, Violons,
Hautbois, Musettes de
Poitou, & en général de coutes
fortes d'Instrumens de
Musique, qui estoient suivis
d'un Cortège fort leste de
senstres-bien faits & de
onne mine. A mcfure que
ces Compagnies arrivèrent à
la porte du Bourg
,
elles y
furent receuës par les Capitainesenfeignes,
Tambpurs,
& Chevaliers de Morienval,
qui les avoient convoquez
pour faire des Courses
1
ôC
qui les menoient d'abord
rendre leurs devoirsàMadame
de Kerfilis
,
Abbesse de
Morienval, & Soeur de Madame
la Marquise de pluvaux.
Cette Abbesse qui est
d'un tres-grand mérite
,
est
Dame du Bourg,& des lieux
voisins. Les Chevaliers de
toutes ces Compagnies après
l'avoir saluéelaPiqueen bas,
remirent au fort le rang de
leur marche. On évita par là
toutes fortes de dispute. Le
jour de la este estant arrivé,
les Compagnies se rendirent
le matin àlEglise de l'Abbaye,
où Mr Gilluy,Docteur
de Sorbonnc, & Chanoine
de la Cathedrale de
Soissons,officia, & fit un
fort beauDiscourstouchant
l'honneste maniéré de se divertir.
sur tout dans un temps
ou la fanté de nostre au guste
Monarque donnoit à la France
de si grands sujets de joye.
Après le disné
,
les Officiers
de chaque Compagnie s'assemblerent
dans e grand Parloir
de Madame l'Abbesse
pour y régler toutes choses.
On alla jouer la Partie que ton appelle d'Honneur, oç
qui semble estre un seur prejugé
de lavictoire qu'on doit
remporterdans tous les Combats.
Les Chevaliers de Morienval
la gagnerent avec
gloire dés leurs premiers
coups, après quoy toutes les
Compagnies vinrent les Enfeignes
déployées & en fort
bel ordre, chercher Mademoiselle
de Bremenfany,Pensionnaire
du Convent, &
que Madame l'Abbesse avoit
choisiepour tirer ensa place
le coup du Seigneur.Elle est
de Bretagnedel'Illustre Maison
de Vauborel & a mille
belles,qualitez qui soustiennentdignement
les avantages
de la naissance.Elle, se
£i\Lc avec un air- martial àla
teste de toutes ces Compagnies,
& tira son coup avec
tant d'adresseque de 4^40/
autres coups qui furent tirez
par tous les Chevaliers & Archers
du Jeu;il n'yen eut que
deux qui furent pareils au
sien.Cela donnalieuauxVers
suivans, qui luy furent cavoyez.
1
cEst pour vous , charmante
Deesse,
Queparoissent nos Demy-Dieux.
C'estpour vous qu'ils vont faire tldmirer
leur t:dr(ffi.
Sus,qu'àl'envy dans ce jourglorieux
Chacunpourle Combats'empresse.
Heureux qui touchera d'un coup victorieux
Celle qui touche toutd'unseultrait,
desesyeux
Et nos Buts, &- nos Coeurs les sentent
tour à tour,
Et bien mieux que renus , que
Diane & Ballonne ,
Vous meritez, de nous une tripls
Couronne.
Mademoisellede Bremenfany
fut ramenée en triomphe
, &aprèsqu'elle eut receu
les loüanges qui luy étoient
deuës, Madame l'Abbesse
fit servirla Collation à
tous les Archers, Le lendemain
on continua de combattre,&
suivant lesloix du
Jeu,Mrs de Morienval furent
ceux qui commencerent. Ils
firentuncoup qui les rendit
maistres d'un des deux Pantons.
Toutes les autres Compagnies
tirerent ensuite leurs
fléches, chacune à sonrang,
& aucune ne leur put oster
le premier Prix. quoy qu'ellesfussentcomposées
de gens
d'une ad resse merveilleuse.
Les Archers du Bourg d Attichy
remporterentlesecond
Panton,& ceux de Viviers
curentle Bouquet, pour l'année
prochaine.Mrs de Compiegnc
emporterent aussi
quelques Cartes ausquelles
il y avoit des prix attachez
Cette Feste duraquatrejours,
& tous les soirs les Compagnies
venoientarmes bas, &C
Enseignes déployées, reridie
compteàMadamel'Abbesse
de tout ce qui s'estoit passe.
iMr l'Abbé d'Armagnac a parpuaruavaevcecgsrraannddeéectlaattddaannss
uunneeAAccttiioonnqquuiiss''eeAstffaaiitree depuis
peu au Collège de la
Flèche. Il y expliqua une Enigme
en Tableau en presence
de toute la Noblesse du
Païs, &fut l'admirationd'une
tres-grande Assemblée.
L'Oeil estoit le mot decette
Enigme. Le Roy estoit peint
au milieu du Tableau assis
dans un Thrône
, recevant
tres -
favorablement d'une
main Mr l'Abbé d'Armagnac,
qui luy estoit presenté
par la Religion suivie des
Vertus, & de l'autre rejettant
lesVices quon avoit dépeints
en Monstres. On expliqua
toutes les proprietez de
l'Oeil, dont on fit l'application
à la personne du Roy. Il
fut dit entre autres choses
que l'oeilestans extremement
cheràtoutle corps, au
moment qu'il souffre toutes
les autres parties sentent sa
douleur & y prennent part.
Cela convenoitàla derniere
maladie de Sa Majesté, qui a
mis toute la France en alarmes.
Apres que Mr l'Abbé
d'Armagnac eut expliqué en
détail tout
ce qui se trou
voit dans ion Tableau, 8c
qu'il en eut marqué toutes
les convenances avec l'oeil,
tant Physiques que Morales,
le tout par rapport à Sa Majesté,
dont il fit un Eloge
continuel, il finit par les Vers
quisuivent,
cE ?fefîpoint parl'eclat d'unû
ïl/i/u, f'Ji~r' cneii;-.jlu.ce,
¡o:r '~¡"r -) ()
-
,
'.,'"
,1 'tt ;.. , VràMlloy 't :1
,eJ. fntens mirer ter
T.1J: M- i
:(lJl a, j.im.uixilcros
, qui pirmy
l!esbl :i^-iras, J
CO'.f.iee re/::Utirs ,.,;n au bonheur1 \.; t. J .;.,.. ¡ 1 L ,. ¡ .J ..J J.. Ir., -,. y
JJ L , ! '.- '-' - ¡:: ,. j C~
delaFrance,J
Ont àvecqxe leurfer,o t-eivJafis a
LeursiVt-veux J.J Dessentimexsps0généreux. j
En"j ;/" ter;s. ces gréa.-s ",,'r»1.f .,. '-"' qui :. Itri'lle.ts l'V.' , l le , e
Fc>;i:j;tr?f;oy r' r i,/:/Jire, yFi.rgloire, te 1c'-'oici*jours y.c-'>cue.tes jeux ~-~~
Sti lIalvv:..eIin.ut ?Fefrhl::eeJ-fat-ig de ry c,.r 1J. ..-~
mes A}c¡¡x.
LaVertusans tremblerseule adroit
deparaître
Ocvaut & le plusjuste & leplus
g/irid des Rois.
Elle jenie aujourd'huy peut ranger
soussesloix
\eluy que l'Vniversvoudroit avoir
pour ,'.Jajlre..
Elle a toûjours regnésur tousses
feùt',nens,
Elle reglelesmouvemens
Du brnas q.uédeseEtasts re.gle les dejli-
Mille Nations estonnées
De voirsous tes dessins leur pour
voir abbatu
\lvii,:tto:i bon-,heur admirent fil
vertu.
£Lie trouve en ton coeur la mesme
obeissance
Quelle te fait trouver aucoeur de
tes Sujets;
Et comme en tout tusuis ses genereux
projets,
Toutsuit tes volontez, toutcede à
-
ta puissance,
Atessages Conseils rien ne peut rejijler.
Sij'ose à toy mepresenter,
Ce n'est quesous l'abry desessacrez
auspices.
Osi quelquesregardspropices,
Seursgarands desbontez qu'a pour
elle mon Roy,
Allant à la vertu, pouvoient tomber
sur moy !
Cette faveur
,
GrandRoy, m'inspireroit
l'audace
De tefaire à jamais lesujet de mes
Vers.
On n'a rien veu dans ce vaste Vnivers
(n'efface,
Que l'éclat de ton nom, que ta gloire
- Les coeurs & les esprits de toyseul
occupez,
,', Ne peuventplus estrefrappez
Que de l'étonnement des exploits
incroyables
Que tufais chaquejour à nosyeux
éclater.
En toy Mars & la Paixsemblentse
disputer
Vhonneurde nous montrer des faits
plus admirables.
£)ui n'estoitpoint connue aux antiques
Heros.
Tu cueilles des Laurierssans le si.
cours des armes,
Ils ne sont arrosez, ny desangny de
pleurs.
Quandsous les loix de Dieu tu VA:
menes les ClEurs,
Tu joins à tes vertus tant d'invinciblescharmes,
present l'Vnivers n'a desyeux
que pour toy;
Jlft/et àson amour que ta bonté réponde.
Pour l'en recompenser, daigne dont,
ô grand Roy,
Souffrir que l'ont'appelleaujourd'huyl'Oeil
du Monde.
Nous avons appris icy Iz
mort de Madame l'Abbesse
de Nostre-Dame desPrez lez
Troyes, Ordre deSaint Bernard,
arrivéedepuis peu de
jours. C'estoit une Dame
d'un tres-grand merite , &:
qui gouvernoit cette Maison
avec toute la prudence ôc
toute la pieté imaginable depuis
vingt trois ans qu'elle
en estoit Abbesse. Sa naissanceestoit
illustre
,
& vous
n'en douterez point lors qus
vous sçaurezqu'elle s'appelloit
AnneChrysante deGondrin
de Montespan,& qu'elle
estoit Soeur de feu Mr deGondrin,
Archevesque de Sens,
si generalement estimé de
tous ceux qui l'ont connu.
Elle avoit de l'esprit infiniment
, & de ces manieres
grandes qui fontaisément
distinguer les personnes de
sa qualité.
Rien n'est si inconstant
que la Mode, & quoy que
Mode veuille dire une chose
actuellement en usage, les
Modes sont si incertaines en
France, qu'on peut dire qu'il
n'y en a presquejamais d'assurées,
parce qu'ily en a trop,
& trop souvent, & qu'il suffit
qu'elles soient receuës,
pour faire craindre qu'elles ne
changent bien tost. Cependant
il faut estre à la Mode à
moins que l'on ne veüillepasser,
oupourridiculeoupouravare;
mais la difficulté est de se
saisir des Modes dans le moment
qu'elles paroissent, puis
qu'à peine se sont-elles fait remarquer,
qu'onn'envoit plus
que des restes, étouffez par
d'autres Modes naissantes.Ce
qu'il y a de fâcheux, c'est
qu'on îVert pas toujours en
estat de suivre les Modes
dans leur fleur. Tel quitte un
habit qu'il n'aporté qu'une
fois, à cause que quelque
more l'oblige à se metrre en
deuil
,
qui se trouve hors de
Mode quand il reprend cet
habit. Ainsiilne faut jamais
outrer les Modes, parce que
ceux qui les chargent davantage,
paroissenr bien-tots
les plus ridiculement vêtus.
Celles de cet Esté sont venuës
tard aussi-bien queles
chaleurs.C'est ce qui a obligé
beaucoup de gens à se
faire faire des habits d'Esté
de drap fin. La Mode la plus
constante que nous ayons
euëdepuis quelques années,
a esté celle des Culotesd'une
étoffe différente de celle
des Juste-au corps,les Culoces
estant de velours & de
Brocard, &les Juste-au-corps
de drap & de serge. Cette
Mode commence àchanger,
& la pluspar de ceux qui ont
fait faire des habits d'Esté.
ont pris des Culotes de la
mesme étoffe que le reste de
l'habit. Les Juste-au-corps
sont plus largespar le bas
qu'ils ne l'ont encore esté.
Les manches sont à botes, &
toutes plates, &la grandeur
du revers est un peu diminuée.
On voit beaucoup de
poches bizarement coupées,
appellées poches de Chasse ;
elles ne laissent pas d'estre
prelquc toutes differentes,
qnoy qu'elles portent le mêmenom.
Les unes ont deux
languetes, lesautres trois,
& les autres ont de petits
croissans tout autour. Leur
chamarrure est fort bizarre.
Les unes sont chamarées en
chevrons, les autres en zigzag,
& lesautres sont toutes
pleines : la pluspart s'en remettantàleurs
Tailleur qui
soutiennent que ce qu'ils ont
imaginé est une Mode naissante.
Aussi seroit-il difficile
qu'elle fuit plus nouvelle,
puis qu'elle n'est encore que
dans leur imagination. On
ne voit de ces poches bizarres
qu'àceux qui se font fait
habiller des premiers. Ces
placards d'or&d'argent sur
,
des habits dont le reste est
uny ,font un effet peu agréable.
Ce n'est pas la faute de
ceux qui en portent,puis
qu'ils ne font point les inventeursd'une
Mode qu'ils
n'ont prise,que parce qu'ils se
sontfait habiller avant qu'on
~McôMde~a~Me~h~
bicrfftfSAfr1usage «Î!tfettêfH
ModePcïWl
foufît#è püú.t dë^jAiries^Ofïr^
£"ièrs>\fiJis^1îfc !l'tâ 1*aVéti^ ~i~ën~p~t~éiniercrftPf
cavalier.Li(Mbdedè^pdéjh$
âhlcmg;aUcrâTyent^ok:Bes ek
trompettes, est toûjourse
usageparmy ceux dont
ilest
glorieux de suivre l'éx'empltf.
Les étofes les plus à la mode
fotit les RasdeSiam, de'Oue.;.
bec ,& deCastor. Ces étofes
sont fort fines,& quoyqu'eldes
ayent l'oeil d'uneétofe
d'Hoiver ,ronne laeisse pars dje&
porter beaucoup. La couleur
verdastre est entièrement
bannie, maiscelles demuse
clair&de Caffé font tout-àfait
en usage. Il y a encore
une petite étoffe nouvelle,
&qu'on trouve fort agreable;
elle
,
rayéressemble à du Chagrin
par petitsfilets de couleur
de gorge de pigeon. On
double tous les habits de petits
taffetas d'Angleterre glacez
& jaspez, & assortissans
aux étoffes des habits.Quand
ces habitssont à poches de
Chass ces poches, & les
revers demanches des lusteau-
corps sontchamarrez
pleind'un petit galon cou
uny, & fort leger, d'or oo d'argent étroit; mais un habtun
peu distingué,estchamarré,
d'un beau galon d'or àlissere, fc,rt Ipisant partour
donton couvre les poches & lesmanches. Il y a aussi des
habits avec une petite broderie
fort agréable d'or passé.
Cette broderie fait les mesmes
compartimens que formele
galon. Ces fortes d'habits
font pour les personnes
d'une qualitédistinguée. Les
vettesles plusàJanjod-e,.Sa
les - plus riches,sont d'une
étoffe nouvelle, dontle fond
citde gros de Tours, rayé
d'or de pouce en pouce ; le
milieu des rayes est remply
de petites fleurs d'or à l'Indienne.
Il y en a d'autres;
qui sans estre rayées sont semees
de ces fleurs. A l'égard
delà coul eur de ces vestes
cllesi sont toutes en usage.
On en porte de taffetas semblable
àl'habit, dont tout le
devant est couvert d'un galon.
d'or ou d'argent. On se sert
toujours d'Amadis fort chaûiarrez.
Jamais on n'a tant vû
d'habits deTiretaine Ilssont
toutgarnisd'unepetitenompareille
d'orsurlescoutures.
Lcsf^éftéside ceshabits sont
desmesmeétoffe, & toutes
couvotesîde galenjoude
nompareille xL'orderaefme t <
cltte celuy descouturesde
l&afoôt^Oit:porte aussides
habitsdeTiretaineavec des
hcut0tûû£tci$&t.<y&ï passent
:cdtnmc::de labroderie. Comjourd'fo):
qujrfor&l'argent
&.qu'iineskûtpâsemployai
de grandesfemmespourgarfiitvn
habit debdf
pttlté:garori surles kIoûtbrt'h
ceuxqui ns'fe^r p^i &iiqua£
lepeu-dédépense?a at^orifé
lueaporter de b'or&'tfôlèail
gcniï a en mettre surleurs haU
bits;de quoles person
nes deinaifTincx ne £anç plus
d^ftin^aces/Cela fijitque plu>
fièurfci commencent aiporoet
des habitsunis aveedesbout
tonsdelamêmecouleurqui
thafâtbinaisavei:destestes
si riches,que les Bourgeoisne
pd^emuvêmenetiJoLuesa»^oJufefntet;-eaau[p-eûpErr^ajs'
Wçjil&d'écarlace:font1
cou*-
jbufôAUjaodcv«an-lhiddour
bip delàmemecouleur qu'est
ledrap, ilssontchamarrez de i^iyutonnieres. Les
ÇYpvs.-des1manches detous ces
Jufte~a\i-cçrps for^deLl^noér
meétoffe3sur laquelle onfait
siverfes,,chamarrures. On
pprte lf&r'çhape^jx rjetrèflez>
%y.€c un cordai},e$ou»argent*
ou un tour de plumasblanc.
jDnvoitsi peujde chapeaux
gris." qu'onne peut pas dtre
qu'ils sçientà la mode. Les
cravates sont toujours en coletavecpligros,
noeud de rub$
4^g)r>pprççrle^basjGtefeye
^ortilli^ à4^abi^L^'baudriers
font peu enusage,
on n'en voit presquè plufctLes
Julie au-corpsdes personne£
dequalité qiii^tcompagttcnt
ordinairement jMonietgiietir
le Dauphin àlaGhaflfesétôient
l'année detnierededr-',i
& cette année ils sont d'un
drap gris-brun, & brodez d'argent,n'Jtj^ JJe passe à l'Article des ma*
des qui regardent les Femmes,
& je vay tâcher de Té^
claircir de manière , que les
Tailleurs de vostre Province
pui fient leur faire des habitsî
a la mode, sur ce que je vous
adicay..CTa modèdes Manteaux
aSg xlcsiJtlpmdl toujoursicà
âuâg^nLes;Qarcfçs?ontcntic»-
3fej»cnt1î J J toiites les to
ifflSjdol'filéipâiTéycUes forât
cfeabilLcgs^d'unepropreté cx>-
^triaordin^ifé. he-s\érÕl¿s:. dont ilcs Jtipèls,fonfcàpetites rayps.>tic
&cCimal^ifr^(udb deuxdoigts en milieu de
cesrayessont semées de petitesfleursd'or&
d'argent fort
^^ïcâlïlesu IIy en ad'autres
dont tout lemilieuest d'ar-
--gct-itfux-u,n fond de gros de
-3Ct)urs*Ontrouve. decesfonds
~tC~tM couieisrîi ^D'^ucifcs
ifoRoà'nayes deocwjjlsuniàrgcs
d>'undiDigt^&Eèii^unojï&yfc
<ta fleurs d'or oud'argcot^àfc
joa\v.cîar«Tçuja1fait le fond
dotoute-I^etofciCette!otose
:skppelle Marl\ .i! y erb£tdcJpuissept
francilTaunejufciti-à
1 cvingç trancsjOnvcit au{ïLdès j.ctokstoutesdefoY{ivf'fLvm,¡,
dduucrbrôbssddcTeoTuotsù#rpsu;taf&tas
f fort;ellessont rayéesdegrandes
rayesde cinqousix,courpalenuthrsè,
opraergmry*elreObseqauuecloleus3prlamCaois- étoffessontsortbigarées,&
sontappelléesRigaudans.Les
Grisetes des Dames sont d'u—
ne étofe de lainefrayée de
quantité de rayes de toutes
couleurs? &son les appelle
Siameifek s cette étofe est a
: grandmarché£Pour ce qui
regarde lamaniere ces Mano
caux ?
la gorge est fort couvertc,&
a deux grands plis par
devanteun ply renversé par
derriere, la bordure large,&
un petit aîleron à l'attachement
de la manchephflée à
l'Espagnole. Cette manche
est relevée sur le bras, & pend
sur lederete & naudedans
du bras
*
&le roulement eu
lest large. Toutes les étofes
qu'onprend pour les Jupes
font en travers, & ces rayes ontcomme des ceic^au^
Ces fortes de Jupes sontfort
propres aux tailles fines; mais
les Dames qui ont un peki
d'cmbonpoint>fonttaire Iculie
Ju pes à coins tournez, ave
un galon au bas. Il se faites
core des Manteaux tout unis
de gros taffetas de couleur) où
l'on met autourdu col unga,
Ion d'argent tout droit ; mais
pour le gros roulement de la
manche? il se chamarréci.
ondes ,-ouenlassez avec uu
grosnoeudderubansauac4
kMqixcauz.Lesjflobç-S prés
pjcsjquel;on ncue•erjgiejt
tantrC RoJbcftjdçgj} pl^yj^sipwle^ui)pre^
|iên:.ejevapt^àçi®«rp. £)%
neporte phisciemançhesdc^
dessous.Les.Dames poKcnt sLes,&"&%9m*'
guant^tç. 4ç,^>rAç^-4 la jafl» tîinîerofaiteî d'ypfiaandfe-
4e a7,c lanche >3t}%4emyr|
~%4~ fSPeWft
pt^cfi&j~~fdu~ir~tu~nfi©|>C8o§«!fftlW3»
M~~SH~M~
tTeff unOuvrage aiaihôdé9
èjui tftunecfpcccde cahevas
ià fine gaze vitrêeyfiifMaquellçort
fait im oûvràgea
Péguille avec dufil fort finJei
ôuelcuivrageest appelle ~f~
ty^&lle$iDamess'yoctupcfiè
avec plàisir. Les Fontanges
ftffctftfrtgioftessurcescçc'^
fyre^ : ù' àn'
ellessoàntd*unruban
d~é*^ouitrayeijs
dôd<Mgt>&g^niè*:nottir
pmawresiollJells'yde différentes coua
encore d'autfcS
côëffûresde gaze apetite*
fleufsblanches. Les coëffes
n~it~Ïonc l'ordinaire. tes4
Eventails font à fond d'or &
d'argent? avec des figures
de la Chine; on les appelle
Eventails à la Siamoise On
porte les Colliers de Perles
fort gros; ils font d'une com-.
pofirionsi surprenante? qu'ils
paroissent fins. Les plus beaux
font de deux Louis d'or. Les
Souliers font à l'Angloise;
les Gands glacez.
1 Je vous envoyeun nouveau
Printemps quiest extrêmement
estimé.Aussi est-il d'un
excellent Maistre,
>..- - - -
AIR NOUVEAU.
RintcmpJ, tun'asflus rien qui
siste mes dcjîrs,
Jejuif trahy de celle que j'adore.
Hetbs! dans ces beaux lieux où tu
fais regner Flore,
de nepuis retenir mes fleurs ny mes soupirs.
Envaia la ntiiffinte verdure,
Lechant de mille aux, & lef
(
plus doux Zepbirs
Sejoignentpour calmer la seine que
j'endure;
4 des coeurs plus £ure»xrefervC
les plaisirs
Printemps, tu n'asflus rien quiflate
,nes desirs.
Le vray mot de la première ds$»
*deux Enigmesdu'mcispfie ,eftoit lafauJJçJébnhoye,&catftétrouve
'¡.par M1CBoucoetvancien
Nogqnr leRoyide Girouvil e; le
FvrejSéjournai; Geoficy,Lavaus*
Medecin dePerigiieux Da.Amant
def*"charmantc KaminVje
la rueneuvede Meïuh;rinJiiî^
rerttvitfStlgré ioy le Marié
mour; labelle Cfceron*d,Ârnien.c#
& lesAflBcieY de bonnetontneur
duquartier SaintPaul.'Onaexpliqué
lafeconde Enigme furVr 4eo,
dechets le Manège ?"PonMte>te
fE/Ltrfotete* &: performe Vien *
Jtro~uv~é 1<"vray sens 'Ceftoif la
• La premierc desdeinciînigmes
nouveles qtieje vous- envoyer est
-deM.T^bbé Darctfe, &ch{çcoj0$ teM. Raulidç Rçûeb,^
ENIG~M', ,,E, DEjWfFferes&twyS$urf d'tfg
'Jiu! eg4«,,4f wwçi
lî-dl i4'., >'tL ».
,
Semtëti&ii
-
ifiMrij +jÇe+FierejMt^t^tji^fakle^
m ; 4ihWsmm &»%szjir^Usyjfdf
iO, ï\toHtcQntnefyts»
Leur olitesse laijl les re&d^#L- ys<n*v 'ii'iï ;>•h q »?j£ jfbditn#,fmttmptfcherv ~~<~ >>rç f£11tti. *,,¥l
oseçnapploçk^ "i ;v\
on e es ouve njtipportables
heur rougeur n1ejl^m^usun^effet Je
., Njl'ouvrdge , s.
Ny l'ouvrageUe~U'pyd£urt<^
-4 Lenrfrour} desrides vainqueur, ,il f/lrarç lfujJi qu'ellemonte^
--
Malgré lesdijfejrensemploi*
jgàeremplirentchez, nousçes&/?q
.fI1J4fJ.Ssansn^ere%A : : ";.
Voyfivetéferhble leurplaide,
Ils pajfentfouventdesfïx mois
TonpursliebottrkntrienfajrK
Leurpere avare drsansamourpour
es que'iulxsf*o•u-t-#•c&•-a-a pin, sTvaraant
jUj ivre* ',,' l.
Ils 'en ont paspJuJi tyalheueux,
'-, v, V',Wn cachotcomparable à l'Enfer tetrncruauîé
es ttelivr**
<> ;
ilsensortent iuvent our loger nes IÎCHK
- Ou out si agnifique,dittout est
précieux.
JPjxrcWriger leurfroideurïMtnrttit
Dont nosmains quelquefois leuràr- eu Soit qu'ilfajfé haud ott qu'ilgâte4•>
Ils ttendenttoujours u'on wrftffi
dttfev.
AUTRE NIGME ildi ris vec mon om in&ifi
fnteàM CôUr"J".
'mebeAtttédigned'un rince,
Et és ce avorableour,
Je ours deProvince en Province,
„ ..a.t.4ilJ'IlW mfigalantùfigf'iv -ar 'û
~u'b~N~'i~
Au* J**utïo»chefInyenx&Usicceyfs,
^uorfqu'vnWajte d'as HcugUne-i*x>,
xî" -;émwentj.*• 1 ;-"
*5Oit-fèfins noblementplacée 'Ij'
k?/r m'y remetincontinent,
^Aptesdfn*4*nmt esty passée.
eaieTotfsayftncorerie-ndit du
""V-o^agc«hs"Rxrp*Luxembourg.
'•Vfcusij&otrrfcz^onnoifbfepaT-1a que "'£t «rai3ilû®c.quelque chose deï*Be-ferceVoyagé,siMs
enuàboutde mondelieur*Se avé*
beaucoup de çechcfchescjtfieu-.
ses j'ay-trouvédé quoy air-6 sur
ce sujet une Lettre enticre qui ert
deféconde Partie à celle-cy.'utestre
n'auriezvouspascruqu'un si
court Voyageeulbfonrny tarte de
matiere ; mais quand il s'agit d'un
Journal de ce que faitle- Ro^ on
en a toujours de reste,quoy que ce
Journalfoit de peu de jours. Celuy >oc'de-Louv.ois,qUJf aeftèdc
prés de deux cens cinquante îieuës,
entre àufTidanscetteLettre»outre
unedefeription de la Ville,de;.Luxembourg
; telle; qu'elle efir^.auiourd'huy
>tic,les chpfesquerje tapyortc
des
•
Places que ce-Ministre
&visitées, sonconnQitfre-en^quel
>t#atld Royamisl'Alfacç8c la Pro-
-
wtttec de laSarredepuis quinze ange
Vousverrez dans la mesmeLettre :
avec quelle manière honneste le
Roy a eu la bonté de dissiper les
alarmes,qued'ambitieuxinteressez,
jaloux dela gloire de ceMonarque
vouloient donner à toute l'Europe
, dansl'esperance de se prevaloir des
troubles qu'ils pretendoient exciter.
Toutes ces choses estant plus que
suffisantespour remplirla seconde
Partie decette Lettre, j'ayplûtost
esteobligé de lesresserrer que de les
étendre,Elle finitpar quelquesarticles
de ce qui s'estfait à Verf,-tilles.Il
mais ceque j'endiss'estantpassé
incontinent après le retour du Roysemble
estre encore du Vcyage.
J'apprens quele Gouvernement,
duHavre qu'avoit feu M. le DuSi
deS. Aignan,a. estédonnéà M.le
Duc de. Beauvilliersson Fils,&ce
luy de Loches à Mrle Marquis de
Livryson Gendre, &, queM.dô:
Beauvilliers donne encore centrrtiM
le francsàMadame de Livry, parce
qu'elle avoit un Brevet de retenudl
de cinquante mille écus sur le Gou-v
vernement du Havre. M.de Saint;,'
Aignan avoit aussi les provi fions
d'une Charge de grand Arpenteur
de France,dont il n'avoir pas encore
jouy
, & le Roy les a fait expédier
en faveur de M.le Duc de
Beauvilliers. Je fuis ,Madame
Vostre, &c. -
AAPPaarrisisCcf JeO.3J0ui.nIu¡!inS1,6..8,7',.
AVIS. ¡) QVdynes prieres fjtfon ait fâitti.
jusqu'àpresent de bien ce le£[
noms propres employez, déni letr
'i-i,rJn nelaissepas d'y manquer tCltJDUPJ:t
Cela est causequ'ilyadetempsen temps
quelques uns de ces membresdont on ne se peutservir. On reitere la mesmeprie
re de bien écrire ces noms, en sorte qu'on
ne s'y puisse tromper. On neprend aU4
cun argent pour les mémoires
,
& l'on
employera tous lesbons ouvragesà leur
Pour,pourvuqu'ilsne desobligentpersonne&
qu'il n'y aittien de licentieux.
Le fleur Guerout qui debite le Mercure
à la place du feu sieurBlageart, avertit
que nou seulement il l'envoyera tous
l-rs mois de son bonne-heure a tous les
particuliers d-' Libraires de Province
quiluy aurontdonné leuradresse
,
mais
qu'ily joindra tous les livres nouveaux
des autresLibraires deParis qu'onvoudra
avoir, dont ilfera les paquets sans
demander antre chose que le prix des
Livres: il prieseulmene que l'on ait
soinaffranchir les lettres deport.
CATALOGUE
CATALOGUE DESLIVREZ
quiJe"débitent cbe^leJtàvrà'qeroât^
^CoKrt-NeHÎfed'uPMais, ';
Histoiredes Troubles de Hongrie, contenant
toutce qui s'y est passé ce remarquable jusqu'à
[&-fiade,l*,àniàée 1686. 5. vol. in,.7.1.10.T
Voyage duChevalier Chardin enPorse&
IndesOrientales parla Mernoire&par
Colchide, enrichidedix-huit grandes figures.
2.Vol. in124.l10C.
Recherchescuricusesd'Antiquité de feu M.
pon , contenues en plusieursdissertations sur
des Médailles
ij bas-relie fs,statues, mosaiques
inscriptions antiques
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enrichies d'un grand
nombre defigures.vol.in quarto. 7. 1-
Dialogue desMorts2.vol.inH.li*r
Jugement de Pluton sur les Dialogues des
Morts. vol. in12. une liv. 10. C.
Entretiens sur la pluralité des Mondes. TQl..
I-t it.,"H "'H * li*.'*o?X.
Histoire des Oracles, vol. in 12. 1.110
Lettres galantesdeM, leChevalier d'Hervol.
in12» 5.h Academiegalante.2.vol.in12.
LaDuchesse d'Eltramene. 2.. vol. in 12. 2. L'
LeNapolitain,vol.in.12. >. i.lï
Sentimens sur les Lettres & sur l'Histoire
avec des scrupules sur
-
le stile, vol; in. il.,
ei)ç liTtedijt i~s.
L'Ariostemoderne 4.vol. in 12. 9.1.
Dialogues satyriques &moraux. vol. in u.
une livre dixfols.ol,_nrT
fables nouvelles. vol. in12.
Discours satyriques & moraux en vers,
vol.in ~t une livre.
Epitres en vers deMonsieur Sabotier de
l'Académie Royale d'Arles. vol. iji 12 unc
lJiIv'vrr'e". ~f"'- "t ..- ,- -t ,
Caracteres del'amour. in 12. 10.r.
tU LeGrand Visir Cara Mustafa. vol. in n,
ne livre.,, ,ti9L
y. L'illultre Génois.. vol. in is. 10. f. LeSerafsier.vol.inu. 10. f.
La Devineresse, Comedie, iv.
Artaxerce, Tragédie avec sa critique 10.
Onacommenté àimprimerle Mercure au
mois de Mais 1677 Outre les Volumes de
chaque mois,ily adiverses relationsparticulières
, sçavoir. „ ,,,,, Le mariage de Mademoiselle avec leRoy
Le mariaged^eMonsieurle Prince de Conty avecMademoiselledeBlois,
Le mariage de Monseigneur le Dauphin
avec la Princesse Anne Chretienne Victoire
de Bavière. Le voyage du Roy en Flandre en Ulo. 1
La négociation dumariage de .Mo..diCIU
Duc de ¡¡Yo}'c ayecl'Infantede
le
Deux Relations des rejouissances qui se
sont faites pour la naissance de Monsei gneur
Le DucdeBourgogne. Relationdusiégesde Vienne.
Relationde ce qui s'est passé à Genes.
Relation du siége de Luxembourg. •/
Histoire du siége de Bude.
Recueil d'ouvrages faits à la jouiangede
Roy surl'extirpationdel'heresie
Relation, des PSr-res Ont
esté faites dans toute le France, en aalm.
de grâcesdela guerisonduRoy.
voyagedu Roy à Luxembourg , contenant
la description des Places de h Hante 8Ç
Basse Alsace, & de celles dela Provincede
la LSaaRree&latdieonLuxembourg. -:
exactede l'Ambassade de 34-k le Chevalierde ChaumontàSiam estdans
dernière moitié du Mercure de Juillet 1484.,
& dans le volume entier qui luy Íèn de scaon-
Je partie. Il ya quatre Relations de tout ce que les
Ambassadeurs de Siam ont fait & veu en Ftall-l
ce ,
dont les titres font,-
YUY!l;;è des Ambassadeurs de Siam enFra
ce. Cette premiere R elation contient la TO* ception qui leur a esté faite dans les TiBSf
où -1s ont passé, leur entrée à Paris, les ce. remonies observéesdansl'Audience qu'ilont
euë du Roy ck dela M¡i[oa Royale les comq
deplliimeeunxs qu'ilsontfaits,& ladescription
où ils ont esté
Suite du voyage des Ambassadeurs de Siam
en France. Elle contient ce quis'estpasséà
l'audience de Madame la Duaphine des Prin-.
ces du Sang, & de Mde Croyssi & de Seigne- 3,
lay, avec une descirption exacte des Cnafeaux,
A ppartemens ,
Jardins& Fontaines de
Versailles, S. Germain , Marlys Clagi;y?
de la Machinede Marly , des Invalides de
f. l'Observatoire & de la Maii- C-yïijai
Troisiéme partie du voyage des Ambassadeurs
de Siam en france On y trouve la des
cription de Versailles, c. lle des cheyaux qui,
font dans les deux Ecuries du Roy, ce q ui jp s'estpassédans les visitesqui ont esté rendües
eux Ambassadeurs, les experiences de lapesenteur
de l'air faites devant eux,la description de
la Gallerie de Sceaux, & les receptions avec
les harangues qui leur ont elle faites dans touces
les Villes de Flandres.
-,A < -'B.u,
IV & derniere partie du voyage des Ambassadeurs
de Siam en France
, contenant la suite
rie leur voyage de Flandres depuisValenciennes tu jusqu'à Paris ,
la description des Villes ou ils
ont passé & l'es harangues de tous les Corps
ce qu'ils ont vu à Paris depuis leur retour, leurs voyages à Versailles, leur audience dcn,.
congé,& les 17. audiences qu'ils emjcnt: le
PJ<¡fm' jour , avec tousles compliments qu'ils
-. ': ontfaits,cequi s'est passé àleur àcpaft,S(
lesnoms des personnesdistinguées qui fOit"
partiespourSiam
Onne fait plus d'Extraordinaire^ilyeni trente-deux ; qui outrelesquestions gaf^net
d'erudition&
lesouvragesdeVers
tiennentplusieursdiscours,Traitez con-
&orî^i-»*. nes,sçavoir
Des indices qu'on peut tire^-clela'rfuniq-e
dont chacun fonfleCm écriture. Des ;
uevtfçs
Enblemes & revers de Médailles. de ence -ck'S'chCVCliX. Extraordinaire 4•
,OTI,ginedr, la Peinture & de la Sculpruro
Origine du ~chemin,du papier & des Tilettes.
Originedu Verre, des veritez gui
ontrenfermées dans les fables, des songes t
,c l'excellence de H peintures,Extraordinaire
De la Peinture. Quelle estl'origine de
Architecture Extraordinaire 6.
Be la Contestration de l'origine desArmcg
12 armoiries & leur progrcz. Extraord.
Del'origine des Langues , quelles Lingues »
ont les plus en usage, &quelle est la Langnû
atrice. De l'origine de l'Imprimerie. Det
angs& Ceremonies.Extraor.8
DesTalismans. De l'origine de lapoudre
Canon, De la pietre Philotoph^lè. Des Fctif
ontles Anciens Le servoientdans leursGuer--
&deleurcomposition. Extraor 4.
ÇoK^tlÀÛQ»Àcad«Biq«c. Dc^Tatlifmiûjfj..
de la Sympathie & de l'Antipathie des Corpra
Dela pierre Philosophale. Dela Danse) de
ceux qui l'ont inventée, & de ses differences
especes. Exrraor. 10.
< De l'origine de la Danse. De l'usage de la
Glace. Des Esprits folets. Del'origine de
l'Harmonie. Extraor. II.
Des Follets, s'ils font de tout Pays, Je ce
Qu'ils ont fait. De ceux qui ont inventé l^Hai;-*
tnonie) & de ses effets. Du frequent usage de
la saignée. De l'origine de la Noblesse.Éxtraordinaire.
12.
Dela Superstition.Du bien & dumal quela fre.
quentesaignée peut fair Déterrer de l'eau minerale.
Del'originedesBagues,de leur ma iere
&deleurusage, delavertu despins rares
pietres qui y soientenchaisées. Dela Chasse.
"J?odtV*>ordi 3.1;,.
De la superstition& des erreurs Populaires,
Des Meteores & de la Comette ert <"iuV ?fîo, De l'origine de la Chasse. De l'oîi".:
&des Armes de quelquesMaisons de
France. De l'origine & de l'usage des Masques.
*ï> rcmifS de la Santé & de laMaladie. £xtT*or+
dint'n.14. ,.I.t.- 'c.1" l'J
4^ De l'air du Monde,& en quoy consiste la
veritable Politesse. De l'originedelaMede-
"Cint Des Peintres anciens , • & de leurs ma- »it.,es Txtrnorâinairt- if.••A De l'ÉloquenceancienneSe moderne. Traité
surlesvandanges & sur l'origine du vin. Secretde
l'éciture&de la Langue universelle.
Extraordinaire 16.continüe dansle17,19.
20. 11.ij, 3o. 31.32.
tr
Euquoy consiste l'honnesteté & laveritable
sagesse. De l'origine de la pourpre & de l'é
carlate. De l'Eloquence ancienne & moderne
Extraordinaire l'orDigeinleadPeOsUYP1LC, du mép7ris de la mort. De
Couronnes& de leurs especes
Lettre de M, Comiers touchant l'élevation
les eaux. extraord.12. ,.n
14
Del'odgjnc de la pourpre & de sa diflferencfc
IlYce
l'ecailajte. Quelle est la marque d'une
jeiitable amitié. Traitédes Lunettes par M.
Comiers.Extraordina 19. continué dans I9
I. 22.24. t~.t~.ty.t.8. 29. 30. 31.
De l'origine & de l'antiquité des Couron-
1». Traité du secret, De la conversation, Extraordinaire20.
Traité dela vie heureuse. Del'oiriginedes
CClooucrhoensne&s. de leur antiquité.Tjraitédei
Extraordinaire J.I.
Suite du Traité desCouronnes, De l'origiitc
du Droit , Extraordinaire 22.
Du stile Epistolaire. Seconde suite du Traité
les Couronnes. Extraordinaire 23.
Desbonnes & des mauvaitcs qualités de
air , Conversation academique. Conclusion
juTwucde* Couronnes , 2xtr*9T&n*;rt *<|»
Du 001'1"'!c du mauvais usage de la lecture
extraordinaire 25.
,
De la lecture. Reflections sur les changemens
de la surface de la terre,& la facile
construction de toutes fortesde Cadrans solaires,
Extraordinaire26.
Doutes sur la Langue. Des avantages de
la chevelure,Extraordinaire 27
De l'origine dela Poësie , Extraordinaire28.
.r De l'origine de la sepulture
, des Tombeaux
&du temps que l'on brûloit les corps. De
la Pierre Philosophale. Extraordinaire.29,
Suite du Traité de la Sepulturé & desTombeaux.
Extraordinaire30. Conversatiou. académique sur l'originedes
Tombeaux, Extraordinaire 31. .Du Phenix. Nouvelle découvertedu Centr
de gravité dudemy-cercle pour la quadrature
ducercle. Defense de l'inconstance. Extr. -
"--jiyit-.-pour placerles Figures, LAir qui commence par;Heureux
Oiseaux,doit regarder la page 86
Le Portrait de l'HommeAnglois,
âgé de 1
LE DAUPHiN,
Divisé en d::n. Parties. JUIN. jss7.
A PARIS,
AU PALAIS,
ON donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier iour de chaque Mois, & on
le vendra,Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,auPalais,dans 1#
Salledes Merciers, à la Justice.
T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle ,
à l'Envie.
¡¿t MICHEL GUEROULT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXVII.
AVEC PRIVILEGE DU ROY.
TA BLE.
pRélude.ï*îr*
Vers sur laSanté duRoy. 5
Sonnet. J1»
Vers Latins de M. le Cardinal Ranuzzi avec
la traduction qu'on en a faite. 15
Lifte des Compagnies establies à Rome, à
Venise & à Paris, pour contribuer à la dépense
des Globes du Pere Coronelli. i®
Suite des Associez des trois Compagnies. 46
Lettre écrite à un Pretendu Reformé qui differe
sa Conversion. 5J
Reception faite à Albi à M.le Goux dela
Bcrchere. 72.
Vers sur la mort du petit Cheval blanc de
Mademoiselle de Fourcy. se
Lettre de M. deComiers sur l'art de se conserver
en Camé, & de prolongersavie. 92
Reveuë faite à la Haye ntf Liste des Galeres de Malte qui se joignentà
l'Armée Venitienne,avec les noms des Commandans,
des Officiers&des Chevaliers.132
Nouvelles de Moscovie.143.
Service fait dans la Cathedrale de Roüen
pour feu Madame Colbert. 152
Benediction de l'Eglise des Capucins de
Montelimar. 1^4
Réjoüissances faites à Mercurol dans le Dauphiné
pourlaguerison du Roy. 159
Festede M. le Baron d'Olieres ,faite à Aix
en Provence pour le merille sujet. 166
Autre Festede M. de Mirmand, Medecindes
T AB LUGaleresduRoy,
faite à Marseille. 1""»'
Ceremonie de l'Enterrement du Prince Loüis
deBrandebourg. 174.
Le R ossignol & la Linotte,Fable. 186
Festedu jeu de l'Arquebuse,faiteà Caën. 195
L'Ambitieuse trompée,Histoire. 2.r-)IÇ
Lettre du Roy au MagistratdeStrasbourg.233
Boulede feu,veuëen l'air. it Vers, sur un reproche de Vieillesse.242
Nouvellesdesiain.2.4S Ornemens d'Eglise , & Orgues envoyez ea
Jerusalem. zji
CerémoniedelaTranslationdu Corps de S.
Maxime Martir,faite à Perigueux. if4
Maladie de M. l'Archevesque deParis. 15$
Estat de la Franceen deux Volumes. 1'1
Traduction des Vers Latins de M. S;mtt:.iit
sur lavenuë du Roy à Paris. 16.f
Mort de M. le DucdeSaintAignan. z79
Services faitsaux Cordeliers pourM. l'Evesqued'Amiens.
iti
Pgrixedronsne.zdans l'Academie Royaled'An- daiis 1"Aca284
Feste de l'ArcfaiteàMorienval. lU
Enigme en figure expliquée a la Fléche par
M. 1"AbKé<î'Armagnac. 297
Mort de Madarre l'AbbessedeNostre- Dame
des Prez lez-Troyes.304
Modes nouvelles. 306 Enigmes 327
Journal duVoyagedu RoyàLuxembourg. 351
Ucuvcincmcns du Havre & deLoches don-
*JJ+ àc
(c~ ~C-Ar fj~ ~T
JVIN 1687- I E me souviens, Madame,
de vous avoir parlé il y
quelques mois du Reglementque
le Roy a fait pour
le bien de son Etat, & pour
arrester le cours d'un luxe,
que quelques-uns de ses Sujets
portoient aussi loin, que
beaucoup deSouverains, puis
que l'on ne voyoit chez eux
queMeublesd'argent,Tables,
Lustres, Cuvettes, Buires, &
beaucoup d'autres Ouvrages
de cette nature, dont le
poids excessif incommodoit
les Familles, & empeschoit
que l'argent ne fust employé
à de meilleurs usages. Il
sembloit qu'une si juste défenseestoit
tout ce qu'on
pouvoit attendre du Royen
cette occasion pour le bien
de ses Sujets, & pour l'utilité
du Commerce. Cependant ce
Prince avoulu contribuer encore
autrement que par ses
soins, & par ses ordres, à l'anéantissement
de ce luxe,s'il
m'est permis de parler ainsi,&
il a payé de ses propres deniers
la façon de tout ce qui s'est
trouvé d'Ouvrages défendus
chez les Orphèvres,&qui doivent
estre rompus, & mis au
Billon.Il ne faut pas s'étonner
si les Sujets d'un Monarque
qui meritetant d'amour,font
voir tous les jours un si fort
empressement à luy marquer
l'ardeur Ar \c.uv zele. Voicy
desVers d'un de ces zelez
Sujets qui m'est inconnu. La
matiere n'est pas nouvelle &
je ne croy pas mesme qu'il
soient nouveaux ,mais je n
les avois point encore vûs, &.
je vous envoye la premier
copie qui m'enest tombée
entre les mains. Vous trouverez
dans ces Vers des endroits
inimitables, qui font
connoistre que c'est l'amour
des Sujets qui fait distinguer
le vray Monarque, de
celuy qui n'a ce ~nom que
jvree qu'ille tient desanais
sance. - - - --- .-.-
SUR LASANTE',
De SaMajesté.
LE débri s de centmurs qui toin*
bezsous ta foudre
Fumentencor du coup qui les a mis
enpoudre, [Enfers,
?J ce Monstre écrasé,qui sorty des
De nos Roys trop long-temps avoit
bravélessers,
GrandRoy,marquoient déja que
Dieuparsalemence
Sous ton regne attachoitsesfaveurs
à la France.
Mais ces divers Ramparts soudroyez
en courant,
Et ce Monstred'Erreursous tes mains
expirant
De lafaveur d'en haut n'estpas le
plus beaugage,
Le Ciel te conservantfaitpour nous
ddvantage;
Et l'Univers entiersoumis à nofirê
Loy
Ne nous vaudroit pas tant quun
Maistretelque toy.
Aprésnousavoir misàl'abry des
tempestes
Portéde toutesparts tes rapides Conquestes,
Souvent dans un Combat dompté
trente ennemis,
Sur le Rhin ,sur l'Escaut,par tous
planténos Lys,
Fait marcher devant toy la crainte
r} les alarmes,
Triomphépar ton nom autant quepar
tes armes, [ tiOllVe"'tX,
l'Exterminél'Erreur,surdesTemples
Fait pâffcr ton couroux ,
tomber
tes carreaux,
Accordé le secours de ta main triomphante
A la Religionpartessoinsflorissante,
Soutenu noblementton Thrône,
nosAutels
,
Si la mort t'avoit mis au rang des
immortels,
Quelavantagehelas!de voir ÏHy~
dre étouffée
J^vand , toy-mesme on t'eust VfN
tombésous ton Trop:,'é.:f
Quelfruit de tes travaux ?car après
lout,grand Roy,
Qu'auroientpû nousservir tes triomphessans
toy ?
Aussi dés que la France apprit
, d'unboutàl'autre.
Avec un juste effroy ton danger &'
le nostre
,
Desmains qui te frappoient nou :ftll;'
tismes les coups t-i blessure d'un seul dev, int le mal
de tous.
Ghi de tristessanglots vers le
Cielse pousserent!
A former mille voeux que de coeurs j'empresserent !
Qu'à son Royaume entierLOVIS
coûta d'ennuy !
Haitstremblions pour nous ne trem-
/Ji,U'.:: quepour luy.
J»iats y~;.~ amour ,¡¡'urs¡:/:!j fort
(':I{ la ïiJtart
Centsoispour
te guérirenvin ta h!efsure
, [ tonsort,
Etpourprendresursoy le hazard de
Quellâche n'eust trouvé des charmes
dans la mort,
N'eufcompté pour un gain laperte
desa vie,
Si d'un heureuxsuccéssa noble ardeursuivie
[Cour,
T.ufiputeconfcrverâton Peuple,à toe
Etpat vingtdeses ans t'acheter un
seuljour?
Ce n'estpaston bonheur, re nesi
pas la Couronna
Qu'adorenttesSujets gradJloj,
cc(i ta Perso ne,
Ton Peuple avecya?, n n tÙr-f: que
toy dans le y
, Car le Royaume t.J -:r vu.: lien
moi.s.y,e(1..
Cu amour des.t..; , fI Iinfaillible
marque
£j*inolis faitd~un vray d'ln.
faux Monarque.
Ce n'estpassonPalais dont le saiste
orgueilleux
SSttmmbblleeppaarrsfaàhIJatluttt/eNulrrvvoouullooiir, bbrrúavveerr
les Cieux,
Ny sa Pourpre,ou l'éclat que jettesa
Couronne,
Ny U nombreuse Cour qui par tout
l'enuitonne,
Ny d'un peupleflateur le respect in.portun,
Les Roys, o. les Tyrans ont cela de
commua.
L'ameur,leseul amour d'.-.,"] leiPple
envers son Maistre
Nous peut faire juger s'il est digne
de lestre,
Et cet heureux amour jamais brillat-
il mieux
jVu'avx momens fortunez, où l'on
Cetnt que les Cieux
Ecartant leur couraux rappelloient
leur clemence,
Etsauvant Louis seulsçauvoient toute
la France ? [ veur
Fut-il âge, nyfixe à quicettesaCentfois
avectransportriensistbenir
l'Autheur ?
Nosapplaudisse trevisamgeens, nos yeux3no*>
Dece
quenoussentionstoutporta
moignage té- ,
On jèeal leprix du bien que le Ciel
nous rendoit,
il estoit infini, la joyey répondoit;
Et maintenant encor, que cette meJinl
joye
Dans le Royaume entierà l'envyse
déployé,
.1111"e c'est avec raisson que tu te réjouis
!
France , tout est à toy , tu possedes
LOVIS.
Si ces Vers font voir combien
le Roy est aimé de tous
ses Peuples ,le Sonnet qui fuit
Vousapprendra que ce Prince
sçait l'art de se faire aimer.-
Ilest de Mr Magninj & a:
pour titre,
LOUIS égalemeLnEtchGeRrAy3ND
ëjredouce DEmille corujt/erans les forets
redoutables
Ontparun airsevere efrayi CynU
vers,
MAISfaute d'eflimerlebonheur dlê~
Ilssefont attiré de terribles revers.
-I,tr crainte parfoiblesse, ou bons,
ou trop ouverts,
loin wi"eJlre revenu ,
devenrs mép.'
filles,-
f tf--j!j*rtlàclfCréent cent outragez
divers
Il Ii.'.: se faire aimer, ilsçaitse
faire craindre,
yïenageA.ttourk tour,cestalens of- of.ZJ
De d*~ie. pour charmer, deforce
pourcontraindre.
Le Roy n'est pas seulement
loüé par ses Sujets. Comme
par tout où il est connu, les
personnes du premier rang
l'admirent, ainsi que
celles
quinefont distinguées que
par leur esprit, M'leCardinal
Ranuzzi a adresseà Mr le
Cardinal d'EstréescessîxVers
Latins, sur les actions de ce
grand Monarque, qui font
décritessurl'Orison du Globe
terrestre que le Pere Coronelli
afait pour Sa Majesté,
par l'ordre de sonEminence.
GRandiagesta manenty,Solis non
excipit annus,
Ncc solitipossunt enumerare dies.
tongior annus adest. Saturnussup-
> petatorbem,
Hic valeat melius vota fovere 1Jfjic rediviva sui miretur tempora
I regni,
r Regis assa notans,aureasoe
notet.
L Je ne doute point quevos
Amies ne me pardonnent
sans peine ce peu de Vers
dans une Langue qu'elles
n'aiment pas, puis qu'ils sont
faits pour le plus grand Roy
de la terre, par un Cardinal
d'un très-grand merite,
que d'ailleurs elles en trouveront
la traduction dans ces
autres Vers de Mr l'Abbé
Laurent. Qve de faits inouïsn'ontpoint
icydeplace! .- yu an peut-il nombrer tant de sameux
Combats?
Non, lesjours limitez, que leSoleil
nous trac,
pourlesrenfermer tous ne tefiffi*
sentpas.
Il faut çfune plus longue dnnlt;
Donne unplus grand nombre de
jours,
Jrtive de cette vit illustre &forttt»
néile,
Saturnedécrive le cours.
Son règneavec LOVIS,enfnsevoit
renaiste;
Zu'il admire du ciel ceprecieux
trejori
Ets'ilpeutnous marquer toutceque
faitson Maîstre, ilmarquera le Siecle d'Or.
CesVers me donnent lieu
, de vous dire que le Tcre Co;,
ronelli, qui fait ces fameux
Globes? estant venu à Parispour
les faire transporter de
l'Hostel d'Estrées à l'Hostel
deLionne,en attendant qu'-
ils puissent estreplacez à Verfailles
, communiqua à quelquesuns
de ses Amis ledeSSein
qu'il avoit de rcduire
ces grands Globes à un volume
qui puSt estre commode
aux Bibliothèques & aux
Curieux. Il dit à Mr l'Abbé
Laurent qu'ilseformoit àVenise
une Compagnie pour
contribuer à la dépense de
cette entreprise, & qu'onne
seroitpeut-estre pas fâché en
France d'avoir part à ce dessein.
Mr l'Abbé Laurent en
parla à quelquespersonnesde
qualité qui résolurent en
formant une Societé
,
de fairevoir
que la France le dispute
à l'Italie pour l'amour
des belles Lettres. Dés ce
temps-làils jetterent les fondemensd'uneCompagnie
qui
commença à Paris le 10. Novembre
dernier. On en fit
imprimer une Lifte dans les
premiers jouts de Janvier ôc
cette Compagnies'estant
beaucoupaugmentéc en -peu
de temps, on en ~une
nouvelle quelques mois aprés.
Je vousen envoye une
copie.
MEssieurslesAssociez aux
Globes du Pere Coronelli,
vous envoyentce nouveau
Catalogue de leur Société
,
qui
comprend ceux qui la forment à
Venise (ffr à Rome. Ceux qui
auront dessein d'y entrer,adresseront
leurs Lettresà Mr lAbLc
Laurent, l'un desdits Sieurs Associez,
demeurant ruë Payenne
au Marais,lequel après en dvoirinforméMde
Guenegaud
Maistre des Requestes,se chargera
d'yfaire réponse.
Ledit SieurAbbé Laurent a
estépriéparlesdits Sieurs ÀJ]o~
citz , de se charger du soin de
noir le progrés de l'Ouvrage de
'Paris, & d'avoir toutes lessenaines
des nouvelles du Pere
Coronelli
, pour sçavoir enquel
eflatefl celuy de Venise
,
(frf tous
les mois il rendra compte de l'un * de l'autre à ,W' le Pelletier,
Conjeillerd'Eflat ordinaire &
Intendant des Finances,à ii~~j
BignonConjeiller d'Estat ordinaire
:>
à M Roüillé du Coudrayprocureur
General de la
Chambre des Comptes, à Mde
Guenegattd
CjJ'cfi^sj&, Maistre des Re-
~cy-devant Ambasfadcur
pour le Roy en Portugal,
au R. P. Verjus,~Jefuite
, cau
R. P. duMolinet ~Chanoine
Regulier de SaintAugustin à
Sainte Geneviève, lesquelsvoudront
bien en informer ceux qui
souhaiteront en sçavoir la verltr.
Tous les trois mois on donnera
un nouveau Cataloguedes
Associez de Paris, de Venise,
de Rome , '@r des autres lieux
où laditeSociétés'établira,&'
les noms des AsJsoc'iJez"serontmis dans ces Catalogues, fÚruanrl'ordre
de leurs payemens.
On envoyera àMs les Associez
un Billet d'avis de ïécheance
de leurs termes, pour
les avertir de satisfaire à leurs
payemens; l'on prie ceux qui
sont entrez, ou qui entreront
dans laditeSocieté
,
de donner
leurs demeures, afin qu'on puisse
leur envoyerseurement ces Billets
d'avis.
LISTE DES ASSOCIEZ
de Paris..
Mr le Duc de Brissac, Pair
de France.
M l'Abbé Venier.
Mr de Poix, Seigneur de
Bequerel.
MrlePelletier,Conseiller.
d'Estat ordinaire, & Intendant
des Finances. *
Mr Titon
, Procureur du
Roy de la Ville.
MdeGuenegaud,Maistre
des Requestes, & cy-
devant
Ambassadeuren Portugal,a
payé entierement. i:
Mr l'Abbé de Dangeau.
Mr le Marquis de Broon
premier Escuyer de Madame.
M l'Abbé Laurent.
Mr de S. Laurent, fous-
Gouverneur& Precepteur de
Monsieur le Duc de Chartres.
>
Mr de Vilermot,
Li. -. Mr
Mr le Mareschal d'Estrées
Vice-Amiral de France.
M Contarini.
Mr l'Abbé de ~larayetrc.
Mr le Comte de Lionne,
Premier Escuyer de la grande
Escurie du Roy.
Mr l'Abbé Morel , Conseiller
au Parlement.
Mr Roulland Docteur de
Sorbonne ,PrieurdeMortain.
Mr l'Evesque de Laon, Duc
& Pair de France.
~Mrl'Abbé de Noailles.
Mr. le Maréchal Duc de
Vivone) General des Galeres.
M le Maréchal Duc de la
Feüillade,Colonel du Regiment
des Gardes.
M Cassini, Astronome du
Roy.
M Bignon,Conseiller d'Etat
ordinaire.
M dela Ferriere, Maistre
des Requestes.
Mr de Fieubet,Conseiller
d'Etatordinaire.
Mrde Marillac, Conseiller
d'Etat ordinaire.
M Bignon,Maistre des
Requestes & Prc-fident au
Grand Conseil. -'-
M Roüillé du Coudray,
ProcureurGeneral de la
Chambre des Comptes.
La Bibliotheque de Saint
Germain des Prez.
VLa Biiblciothetquoe derSa.int LeReverendissime Pere de
la Chaise, Confesseur du
Roy.
LeR P. Verjus, Jesuite,
pour M. Constance,premier
Ministre d'Etat deSiam.
Ledit R. P. Verjus, pour
l'Empereur de la Chine
M de Tralage.
M le Duc durées. Pair
deFrance,&Gouverneur de
1
l'Isle de France. C ij
Mr le Duc deBrancas, Pair
deFrance.
Mrle Duc d'Aumont, Pair
de France, premierGentilhomme
de laChambre du
Roy.
Mrl'Abbé d'Estrades,Conseiller
d'Etat & cy-devant
Ambassadeur àVenise & en
Savoye.
Mr le Cardinal Ranuzzi,
Nonce extraordinaire en
France.
Mr Begon ,Conseiller
d'honneur au Parlement de
Provence, & Intendant General
des Galeres à Marseille.
Mr Colbert, Abbé de Bonport.
M Colbert, General de
de l'Ordre de Prémontré.
M de la Croix,Conseiller
du Roy, Maistre ordinaire&
Doyen en sa Chambre des-
Comptes.
M Amelot de Gournay
Maistre des Requestes, ôc
APmobasrsatdeuurgpouarlel.Royen
Mr l'Abbé Blondel.
~M- le Camus, Maistre des
Requestes.
M Gault.
Mr de Caumartin, Maistro
des Requestes. C.U)
Mrl'AbbédeVaubrun.
M deBlanpignon,Docteur
Ade Sorbonne, Curé de Saiut
Mederic.
M Betaud de Chemaux, Conseiller au Parlement.
Mrle Bret,Maistre des
Requestes
-,
& Intendant àc;
Justice à Lyon.
- M le Cardinal de Boüillon
, Grand Aumônier de
France.
Ml'Archevesque deLyon, apdjtéentièrement. 1 a Pa entlerement.
Mr Roüillé
?
Lieutenant
General des Eaux & Forests
de France.
Mrl'A'Dbé,Amelo-t-, Aumônier
du Roy.
M* deMarges, Conseiller
au Parlement de Grenoble.
La Bibliothèque de Sainte
Geneviève. ,enev!eve..
M Chaponel, Seeretairc
du Roy.
M le Duc deNoja, illes>
Pair de France, Capitaine des;
Gardes du Corps.
¿ Mrl'AbbédeCroifTy.
M le Normand>Sécrétai-*
re du Roy. ~,
M du Lieu, Confcillerdu
Roy, &Maistre ordinaire en
sa Chambre des Comptes.
- Mr l'Evesque de Chalon
Comte& Pair de France..
Mr d'Aligre, Abbé de
S. Jacques de Provins.
M du Ham ,
Marchand
Libraire à Aix en Provence.
M1du Fresnoy
;
Conseiller
du Roy, & premier Commis
de M.le Marquis de Louvois,
Ministre & Secretaire d'Etat.
M'de Mesmes, Commandeur
des Ordres du Roy,&
President à Mortier.,
Mr Tomassin,Seigneur de
Mazaupries Conseoiller o au Parlement de Provence.
LISTE DES ASSOCIEZ
de VentJe.
N. H. S.PietroEmo.
N. H. S.GioBattiita Dona,.
N. H. M. Silveftro Valier
Cavalier, Procuratore di S.
Marco.
NH. M. GirolamoBalfadona,
procuratoredi S. Marco.,-
N.H. M.Antonio Grimani
Cavalier, Procuratore di
S. Marco.
N.H.S.Gio.Ancomo Ruzuni.
N. H. S. GicbBatcifta Nani.
N. H. S. Gio : France[cot' Barbar1go..
t' N. H. S. Ferigo Venier.
N. H.S.Franccfco Loredan.
N. H. S. Chriflino Martinclli.
N. H. M. VettcrCorrcr?
Procuratore di S. Marco.
N. H. S. Giacomo Riva.
N.H S.Cartarin Corner.
N. H. M. Giulio GiuitÍniam,
Procurau re di S.Marco.
N. H. S. Cïu1:oGiuftiniani>
Cavalier.
N. H. S.Girolamo Correr.
N. H. S, Gioreio Corner. N. H. S. Girot~ia.mo Ravagnin.
N. H. S. Girolamo Duodo.
N.H.Vincenzo Finis.
N, H. S. Gio Battista Gradenigo.
N. H.S.Marin Zorzi.
-
N. H. S. Antonio Maria
Bernardi.
N. H. S. Gio :
Francesco
Moronni.
N. H. S. Bernardino Dona.
N.H. S. Pietro Contarini.
N. H. S. Gio : Bernardi.
N. H. S. Giufl' Antonio
Belegno.
7
- N. H. S. Angelo Contarini?
N. H. M.Nicola Venier,
Procuratore di S. Marco.
N. H. S. Constantin Renier.
Monsignor Leoni Vescovo
di Ceneda.
N.H. S. Filippo. da Molin.
Monsignor Badoer, Primicerio
di Venezia.
N.H.S.Gio:Battista Minelli.
N. H. M. Angelo Morosini
Cavalier, e Procuratorc
diS. Marco.
N. H. S. Giovanni Lando"-
N. H.GiainoNanicj.Ber*
nardo,•
Slg. Abbate Belloni.
N.H. S.Benedetto S.Gio:
Toffetti.
S.Cardinal BarbarigoVefcovo
di Pad.
N. H. S. BartolomcoGri~
mani.
N. H. S. Suanne Renier.
N. H. S. Carlo Contarini
Cavalier.
N. H. S. Nicolo Dolfin.
N. H.S.Gio': Battista Erizzo.
rinNi.. H. S. Nicolloo CCoonnttaa--
N. H.S.Pietro Valier.
N. H. S. Sebastien Fofcafini
Cayaliej.
N. H.M. Marco Contar:ni
Procuratore di S. Marco.
N. H. S. Girolamo Pisani
q. Vettor.
N. H. S. Girolamo Zen
Cavalier.
N. H. S. Ferigo Marcello.
ïNi. He. S.lAnltoniio.Marti- N. H. S. Claudio Gonzaga Marchese.
S. Marchese Michiel Sagramosa.
S. Gio: BattistaNicoloÏÏ>
Secretario dcll'Eccell. Senato.
-
S. Môdico Senacthi.
S.McdicoBracchi.
Padre Felice DonJti.
S. AvocatoFrancesco Fanelli.
S. AvocatoStefano Morelara.
S. Cau: Conte Matteo Alberti.
S.SigifmondoAlberghetti.
S. Francesco Savioni, Secretario
della S. Republica.
N, Signor. Marchese Guido
Rangom.
N. H. S. Giovanni Malipiero
cj.Vettor.
N. H. S. Almoro Giufiinian
q.Benerro.
LISTE DESASSOCIEZ
de Rome,
Il Signor Cardinale d'Estrées,
Duca e Pari di Francia.
Il Sig. Principe di Bazola,
Duca di Sabianetta.
Il Padre Reverendiff. Cloche5
Miniftro Generale dell'OrdinedePredicatori.
Il Padre Reverendiff. Maëstro
Averfani) Miniftro Générale
deU'OrdinedeMinori
Convencuati.
Moi-tfignor CiampinL
IE fîuffigné le P. Coronellix
(^ofmovrapbe de la S.R:publi-'
dqeue de VemJe>promets a -- -
luy fournir&délivreràParis
avant la fin de detix innées
deux Globes
,
l'un Celeftt
? &
l'autre Terrefere , enlumine
& montez[ur leurs pieds? lesquels
auront chacun treis pieds
@J âemy de diametre
,
rnefure de
France.) qu'on grave aèlueilement
àParis& à Venise, aux
dépens de M:jji,Jurs les Académiciensy
qui ont déja fburny
partie des femmes nccifjoeiresce i ,
auxconditions suivantes.
C'ejla Jçavoir que ledit
Sieurfournira pour lefdits
GlobesfiizeLoüis d'or à
onze livres dix sols piece, comme
ils ontcours à present, entre
les mains de le Secretaire
de l'Ambassade de Venise
,
loge
à Paris à l'Hostel des Ambassadeurs
de ladite Republique
, rue
de Torigny au Marais, qui donnera
jes receus de laditeJomme
AU pieddupresentimprimé* rapportant
lequelfignédemoy
,
@r
les receus dudit Sieur Secretaire,
on délivrera audit Sieur. IjditsGlobes dans le temps mar-
£jure Pour faciliter le payement
desdits fti%c Loüis d'or, il en
fera payé d abord deux seulement
, & le surplusfera payé
d'avance de trois mois en trois
mois, à raison aussi de deux Louis
d'orpourchacun payement. Comme
cet argentdoit estre employé
à Paris, ainsique celuy de Venise
l'est dans cette Ville-la
, au
payementdes Dessinateurs., Graveurs,
& autres qui teavallient.
ausdits Globes) & quele retard,
dément qu'onapporterait audit
payement interromprait le cours
de l'Ouurage, chacun de ceux
qoi voudront avoir ces Globes,
doitestre ponctuel à envoyer
audit Sieur Secrétaire tous les
trois moisparavancelesditsdeux
Louis d'or. Ceux qui manqueront
d'ystisfairei
,
perdront les
Avances qu'ils auront faites, (if
le droit d'avoirlesdits Globes,
dont ilsserontdécheus,mesme
quand ilsoffriraient le payement
du reste qu'ilsauroient diffère
4L envoyer. Ainsi le Sieur.»
donnera ordre àsatisfaireponctuellement
ausdites avances. Il
est aussi pried'avertir ceux qui
auroient dessein d'avoir lesaits
Globes, de s'adresser à M.. de
Guenegaud, Maistre des Requestesà
cy-devantAmbajjadenï^
pour le Roy en Portugal
,
loge
ruedu GrandChantier, vers
les
Enfans-rouges. qui voudra bien
si charger de distribuer des imrime^
pareils à celuy-cy
, csignerdemoy,
&de donner les:
lumieres necessaires à ceux qui
voudrontestre informez de la
qualité de cet Ouvrage. Et en
de ce que dessus, j'ay signéle
present, le jeur 16Z -
Commecette Société s'ail
mente de jour en jour, voicy
les noms de ceux qui viennent-
encored'yentrer»
SUITE DES ASSOCIEZ
de Paris.
M. Laugeois, Seigneur
d'Imbescourt.
M. Bazin,Maistre des Rèquestes.
M. Voisin de la Morage,
Maistre des Requestes.
M. Grudaine,Conseillerau
Parlement.
M.le Pelletier de la Houssaye,
Conseiller au Parlement.
M. Pecquot de S. Maurice,
Conseiller au Parlement.
M. de Menars,Maistre des
Requestes
?
& Intendant de la
Généralité de Paris.
SUITEDES ASSOCIEZ
de Venise.
N. H. S. Abbate Abbondio
Rezzonico.
N. H. S. Francesco Diedo.
N. H. S. Agostino Correggio.
N. H. S. Antonio Cænale.
Il P. Maëstro Antonio dal
borge per la Libraria del
Convcnto di. San Francesco
di Minori Conventuali di
Conegliano.
S Gio : Giacomo Heris
Marcante Libraro.
SUITE DES ASSOCIEZ
de Rome.
Il Il Signor Marchese Rangoni.
Il P. Antonio Baldigiani
della Gompagnia di Giefu,
Professore di Mathematiche
nell' Università di Roma per
la Galeria del Collcgio Romano.
Il P. Reverendiff. Gio.
DemenicoMarini,Vicario--
Générale della Compagniadi
GicÍú per la Libraria del-
Giofu
di Roma.
MNo-
- -- ---.
Mr Nolin grave à Paris le
Globe celeste. Il y a déjà huit
Fuseaux de vingt-quatre qu'il
doit faire. Le Globe Terrestre
le grave a Venise, & doit estre
achevé au mois de Septembre..
Tous les deux seront
plus beaux, plus exacte
pluscorrects, & plus curieux:
que tout ce quiaparu jusqu'à
present. Il est ainsi marque
dans le Privilège que le Roy
a accordé au Pcre Coronelli,
& il y a mesme dans ce Privilege,
que ces Globes ne feront
pas un des moindres ornemens
du Chsteau de Versailles.
La tranquillité qui règne
dans le Royaume depuisqu'on
en a banny le Calvinisme?
fait que je ne vous entretiens
presque plus sur cette
grande matiere. Ce qu'il y a
de remarquable, c'est que
ceux qui ont eu le plus de peine
à se départir de leurs erreurs)
font aujourd'huy plus
$elez dansnofhe Religion)
que Les Catholiques mesmes
qui l'ontprofessée dés leur
miffance.Celavient sans doutc
du grand foin qu'ils ont
1ptrJiisn de se faire instruire. Ce
leur a fait connoistre
- -
plus à fond laverité de la Religion
qu'ils ont embrassée;
de forte que depuis unan,on
a souvent veu que ceux qu'on
ne croyoit pas sincerement
convertis,ont procuré la conversion
de plusieurs autres.
Nous ne voyons presque plus
de ces obstinez qui ne l'étoient
que pour tirer quelque
gloire de leur obstination,&
qui fermoient les yeux à la
verité,moins parce qu'ilsn'en
estoient pas persuadez
, que
parce qu'ils s'imaginoienr
qu'il leur estoit honteux de
ceder
, après avoir resisté avec
chaleur. Il y a lieu deC~t
perer que le peu qui reste de.
cesobstinez, renoncera bientost
à cefauxhonneur.Onles.
combat tous les jours avec les
armes de la raison ,d'une ma-,
niçre qui donne sujet de croire
qu'ils vont estre sans def-:
fence.Voicy uneLettre écrite
surcesujet par un Capitaine
de Cavalerie, à un de ses A*-
mis, qui differe de jour en
jour sa Conversion. Vous en
trouverez le stile fort naturel,
& la manière dont il combat
l'obstination de son Amy ,
pourra donner lieu à ceux qui
font encore dans le mesme
estat, de faire d'utiles reflexions.
,..A MONSIEUR D. L. C. D. G.
Ce 10. May 1687. 1'Entre, Monsieur. autant
que vous p(1u'Vez. l'attendre
de nostre amitié
,
dans toutes les
peines d'esprit ou je connoisque
vous de-urk estre. Cependant je
nepuis me dispenser de faire des
voeux ,afin
quilplaise
au Ciel
vous inspirer de prendre un parti
que j'ay douhaite depuis longtemps
quevous puissezvousrésoudre
a prendre. Il mettroir fin
avos peines, &feroit cesser le
triomphe de vos ennemis. Ne
vous souvenez -vous point,
Monsieur ,quevous m'a'Vt.'::{
fait l'honneur de me direune
fois, que s'ilriyavoit que vous
gîf moy ,
l'on pourrait accommoder
le differend f se me reconnois
dema part tres-incapable
de discourir de cette matiere qui
me passe
,
aussi-bien que beaucoupd'autresquil'ontplus
étudiee
;& comme les misteres de
la Religion n'ont pas estéfortdez
sur la raison des hommes, qui tji
moins que rien en cette occasion,
jaytoûjours mieux Aimi
* à
l'exemple du Charbonnier croire
quesçavoir,suivant ce que dit
uin Ancien *, Sanctius ac reverenriùsdeactis
Deorum
-credere quam scire, Et
SaintAugujUnaprès/A:^ Meliyus
scitur Deus nesciendo;
en sorte que le partyleplus raisonnable,
& le plus seur pour
unparticulier, est de voguer
jimplemertt & avec confiance,
dans la grandeNef, dont la
conduite regarde nos Supérieurs,
&queleSeigneur a promis de
ne jamais abandonner. Il ejl
vray que je suis demeure d'accord
avec vous, aue les 7)~
,
steurs particuliers qui s'avanserent
le Sieclepasséde prescher
de leur chef une pretenduë reforme
»
au scandale de l'Eglise,
navoient pas manque tout- fait a - de prétexté specieux pour
cela, & qu'ils navoient pas
tout le tort en certaineschoses.
L'opulence tg l'ignorance du
Ciergé de ce temps-là, sa conduite
déreglée en la pluspart de
ses membres.& le mauvais usage
qui se faisoit de ces grands
biens, luy avoient attirédes envi
ux , &' dfjofa lesPeuples aécouleruoiontiers
ceux qui
commencèrent kd'attaquer& *4
décrier sa conduite.Mais an
p~ilseasmlloeeurr,syc(eglafilnen'yreagracrodoiitt qui
pas
le mesme lieu d'attaquer la decrtI
rine,encontredJ~isr-antimpudemment
, & osantabroger
d'autorité privée des Constitutions
autorisées &sanctifiées
par la pratique générale de tant
de Siecles; desavouant par ce
changement la Religion de nos
Peres, comme s'ilseujjent rfié
des idiots a leur égard, &qupposantl'Eglise
corrompuepresque
déssanaissasnce, vculart fixer
&renfermer fia puretédans les
deux ou trois premiersSiecles*
L'aigreurqui salluma, en oe
tempr-O, entre les deux Tartis,
empejiha >outr?la ~ccnfidcration
-dd,autres intercj0h temporel,s qtte
/7 que l'onne pustssiereconci*lierj
mai; à present que l'on /7-~/-f~~ t l minerlescbofts de sens froid&
en bons feres, se peut-il faire
qu'un homme raisonnable Je
croye plus enseureté de confdence
,&mieux fondé dans
le Schisme que dans le giron de
l'Eglise ? Je ne touche point les
matieres de dispute
.J
ny les questions
decontroversejenesuis
pas dffiz scavant pour cela;
maismarrestantsimplement 4t1
Schisme
?
de bonne-foy
?
Monsieur,
pouvez-vous croire qu'un
certain nombre de Docteurs mécontens
,
témennres & discordansentreeux
, ayenteu l'autoritéd'attaquer
l'Eglise en
leur nom, sans autre titre ny
mission
,
(ü fous pretexte d'abuss'enseparer,
&sefairedes
reformesselon leur caprice ïVotts
gluez pû voir ce qu'enpensoit
Montagne,quanddaécrit, que
nonobstant toutpretexte de reforme,&
[ZH} entrer dans la
questîon
,
il estoit bien bardy
pour un particulier de se mettre àlatestede cette affaire çfyf
gdaesraentdcheasragefar ibtulye-rmaeissmone sdu'urnlee
ebofedecelle impu? tance ; je
trouve aussî quecej/i une garantie
nlt!. ajjuree pourceuxqui
ont osé s'en contenter. Sapiens
non conturbabit publicos
mores, nec populum in se
novitate vitæ convertet, a
dit Seneque ,
@r non pas Calvin.
Ce n'estpasd'aujourd'huy
qu'il y a des abus dans les
•moeurs &dans la conduite; mais
cesabus ne doivent point empescberque
l'on ne respecte la
doctrine; @r je ne voy pas quelle
.repugnanc: vous Pafi1.J!'z. avoir
de rentrer dans le sein de nostre
JMere commune ,
dont vos derniers
Peres , en siuvant le torrent
du temps , eurent l'imprudence
de se separer le Siocle
passé. Reverti unde veneris
quid grave cft ? Ne fommesnous
pas tous Chrefliens
,
enfans
d'unemejme Mere ? Ne prionsnous
pas Dieu de la mesme maniéré3Juivant
le modelle que le
Sauveur nous en a laissé dans
l'Oraison qu'il adresse àson Pe-
-re: &nelouons-nous
pasleSei-
*tneur dans les mesmes termes partabouche du Prophete
Royal f Ne croyons - nous p(t
aussi la mesme chose au fond, e le précisdenostre sost rapporté
dans le Symbole des Apostres,
n'est-il pas commun entre
nous ?.A l'égard du mystere de
l'Eucharistie, quia esté le grand
point de 14 querelle
,
où nous
disons, comme il est écrit, Cecy
est mon Corps,&quevous expliquez
d'une manière différente
&détournée, Icy est mon
Corps, ne nous doit-ilpasestre
également adorable comme nous
le devons adorer en effet, sans
trop penetrer dans une chose
aussi ineffable qu'incomparable,
comme le témoigne le devot à
« Kempis, n'approuvant point à
l' sujet les disputes de l'Ecole,
qui ont donné lieu au differend?
Qui scrutator est Majestatis
,
opprimetur à gloria. Revelez
donc à nous, Monsieur,
vous le devez par toutes considerations,&
la révolution generale
que vous 'lslcne':( de voir,
ve peut-estre qu'un coup de la
nain de Dieu
, comme mesme
tous ceux du partyl'avoüent,
& cenepeut estre l'ouvrage des
hommes. Si quantité de pieuser
pratiques qui sont en usage parmy
nous, vous blessenta cause
de leur moderne institution, obien
, ne les pratiquez point
mais dans les chosesdepratique
essentielle&necessaire commandée
par l'Eglise, comme lesFeunes&
les abstinences ordonnées,
trouvez-vous que la penitence
soit contraireàl'Evangile
, &{
à laLoy du Sauveur du monde,
dont la vie qu'il nous a lafecpour
modelle,n'aesté quune continuellepenitence
, & est-ce un
merite ouuneveritable reforme,
comme l'ontpreiendu les Novateurs,
que
de
la rétrancher? La
Foy de vous&de nous n'impliqlaue
point de contradiction, ($f
différencequ'ily a, c'est que
nous croyons &pratiquons plu.
que vous; en quoy nous accomplissons
plus parfaitement, &
d'unemaniereplus étendue' &
meritoire,leJacrificedetejprit
'-& de la nature, dont le Seigneur
nous ordonna de luy rendre
hommage, comme tenant l'un
&l'autre de luysenquoy consiste
, ce mesemble, l'esprit de
la Loy,&l'essence de nostre Religion,
que l'Ange rebelle&
nostre premier Pere trompe^par
leur propre suffisance
, neurent
pas le bonheur de bien comprendre
, non plus que l'Apostre infidelle.
Mais
les
Autheurs du
Schism ont tellementaffectéde
se mesquer çy déguiser, pour
établir entre nous de pretenduës
disparitez,qu'ilssesont avisez
de desavoùerjusques à leurs propres
noms; &comme s'ils a-I
voienthonte de porterceux
qui
leur ont esté imposez auBaptême
en memoire des Saints ApoftresjJOdartyrS
j & Confesseurs
denostreReligion
, qui estoient
ienlusasgede tout tempsdans l'E- ont estérappellerchez
lesanciensHebreuxceuxetA—
brabam&deSara,d'Isaac&
-,
de
-
Rachet,,pour les fairerevi-
*<ure en la personnedeleurs CA,
sans,faisant par une nouvelle
revolutionsucceder l'Ancien Testament
au Nouveau; ce qui
ne vousdoit-il pas paroistreridiculeaussi-
bien qu'àmoy ? S'avit-
il donc en revenantànous.
(7 au centre commun ,
desacrifier
aux Idoles, comme il semble
que vous l'entendiez ,lors
queje vous ayoüy dire,spensant
imiterle zele des premiers
Chrestiens, quei\.;sjhuf-<
-friYieK plùtost comme eux les
rouës &les che'l.Jalc"\,. que de
-:IfUOUS ébranler en la moindre
sorte dans vostreresolution : &
çfuisqu'an est ,crfvvenu pa/mj
vous, comme vos Ministres ia*
voüerent en presence du Grand
Henry ,que l'on pourvoit sesauver
dans nostre Religion, pouvez-
vous l'envisagercomme un
estat de perdition;& avez
vous juste raison de vous acharnerdans
unParty douteux pour
le moins &contesté, & visi'blement
plein d'erreur, ainsi que
dépourveude juste autorité,plutost
quedevous réunir à celuy
qui de l'aveu. commun,renfermeune
pleine sseureté? Je n'ignorepd*
que vous vous piquez
de fermeté & que vous estes
ferme en effets mais sivostre
* -
grand coeuraquelquerepugnance
àserendre,la procéduresommaire
que l'on atenuë pourvous obliger
à rejoindre leTroupeau,
n'estantpas de vostre goust, par
rapport aux menagemens que
l'on avoit eus cy-devant pour
le Party, outre que les plus
sensez de ce Party sont demeurezd'accord
qu'ils'y falloit
prendre ainsi pouryparvenir,
sans quoy cet Ouvrage important,
qui achevera derendre le
regne du plusgrand de nos Rois,
fameux dans les tempsàvenir,
n'auroit jamais esté consommé,
Pouvc;z-,votes avoir honteà
l'heure qu'ilest>&
vous rougir, aprés avoir disputé
le terreinjusques-icy,de sortir
le dernier par la bréched'une
Place démantelée,&qui
n'est plus tenable par aucun endroit?
M.le Marquis du Bordage,
que je cite par estime,
estoit-ilmoins zelé que vous,&
nepeut-on point vousle comparer?
Vous sçavez comment
abandonnant tousses interests,
Mfutarresté avec sa Famille
en voulantsortir du Royaume,
Cependant aprés avoir donné,
en cetteoccaftontoutes lesmar-
:.JUCS d'une heroïquefermeté , Ut
grace du Seigneurl'ayant enfin
éclairé, il donnaensuitedes
rmitaarqbuleessitouchantes d'une véconversion,
lors qu'il prit
le party de renoncer au Schisme,
qu'ilne putrester aucun lieu de
douter de sa sincerité. Enfin, de
quelque opinion que voussoyez,
je n'enseray jamais moins plein
de zele pour vous,sçachantque
vous estes un parfaitementbonnefie
homme, f:7 ungenereux
Amy.Maissouffrez que ce zele
s'explique& s'interessepour ce
quivous-regardedéplusprés
"tIÛ vousdoit estre leplus chcv-
J'fuis,&c*-
Je vous ay déja mandé quelque
chose de la Reception
quia esté faite à Albi, à Mr
le Goux de la Berchere Archevesqued'Aix
, nommé
par le Roy pour remplir la
place de MessireHyacinte
Serroni, premier Archevesqued'Albi,
mort à Paris depuis
quelques mois. En voicy
une Relation exacte&fïdelle.
M du Chapitre de la celebre
Eglisede Sainte Cecile.
qui est la Métropolitaine de
la Ville, n'eurent pas plûtost,
appris la mort de ce Prelat,
qu'ils s'assemblerent pour
jaommc&i
choisir des Officiers pendant
le Siege vacant. Ils nommerent
quatre VicairesGeneraux
,
deux Dignitez, ôc
deux Chanoines
,
sçavoir,Mr
Catriere,Prevost,MRegnaudin,
Grand Archidiacre, Mr
Paraire&MrGalaup.MrArquier
,
Chanoine de la mefme
Eglise, fut continué dans
la Charge de Vicaire Gene- ralOfficial Metropolitain,
&Mr deRipis,aussiChanoine,
danscelle d'Official. Ayant
ceu quelque temps aprés,la
nomination qui avoit esté
faite de M le Goux de la
Berchere à l'Archevesché
d'Albi, ils se mirent enestat
deluy aller rendre leurs de
voirs à Aix où il estoit, & firent
une députation de quatre
Chanoines, qui furent
Mrs Carriere, Regnaudin,
Arquier )- &. Galaup ; mais
comme Mr Arquier estoit
Syndic ilsle prierent de vouloir
rcfter
>
afin de veiller aux
affaires du Chapitre. Il leur:
accorda ce qu'ils fouhaitoient
, & donna sa place à
M de Ripis. Les Doputez so
disposoientàpartir,lors qu'il,
surentavertis paruneIxttro
de leur nouvel Archevesque,
qu'au premier jour il devoit
se rendre à Montauban, qui
n'est qu'à une journée d'Albi,
auprès de Mr de la Berchere
son Frere,Intendant en
Guienne,&qu'illes recevroit
en celieu-là.Ainsi ilsattendirent
qu'il sust arrivé à Monrauban,
& firent cependant
une déliberation par laquelle
ils offrirent à ce Prelat, de se
demettre en ses mains de toute
leur autorité, si-tost qu'il
seroit dans son Diocese. Le
Clergé fit aussi sa députationt
& nomma Mr Arquier Metropolitain.
La Ville d'All
députa Mr Martinon, pre
mier Consul, & MrBreüilsu
député par les Officiers de 1
Justice Seculiere de l'Arche
vesché. Mr des Innocens 1
fut par le Chapitre de Sain
Salvy, qui estl'Eglise Colle
gialedela mesme Ville,dan
laquelle il est Chanoine.Tou
ces Deputez eurent Audienc
à Montauban le t-j. Février
Il y en avoit cinq du Corp
du Chapitre. M Carriere
Prevost, porta la parole, £
sur la fin de son compliment
il presenta à Mrl'Archeves
que là délibération du Chapitre
dont je viens de vous
parler. Mr Arquier le harangua
aprèsluy aunom du Clergé.
Ensuite Mr Martinon le
complimenta pour la Ville,
M. Breüil pour les Officiers
de la Justice , Mr des Innoctïis
pour le ChapitredeSaint
Salvy
, &M. Arquier finit les
Harangues par une feconde
qu'il luy fit pour la Metropollen
qualité de Métropolitain.
Le lendemain, ce Prelat
fit prier à disnerles cinq
Deputez du Cotps du Chapitre,
& les regala avec beaucoup
de maagnisicence. Il
partit de Montauban accompagné
de M. l'Intendant son
Frere, & arriva le 4. Mars à
Gaillac,premiereVille de son
Diocese qui se trouva sur sa
route.Il y fut logé dans l'Abbaye,
& harangué par les
Deputez qu'on y avoir envoyez
pour le recevoir à son
Entrée. Il en partit le , pour
se rendre à Albi, qui est éloigné
de Gaillac de trois
lieuës du Païs. Tout le chemin
se trouva bordé de gens
en armes que M. de Montmaury
avoit fait poster. M*
de Cramauxenfit de mesme
& lesParoisses qui estoientsur
saroute s'acquirerent aussi du
mesme devoir M. de Montmaurest
de la Maisond'Usez
du costé parernel
>
& de la
Maisond'Amboisedu maternel.
M. de Cramaux estFils de
feu M. de Ceron,President
au Mortier du Parlement de
Toulouse. Ces Troupesne se
retirerent que lors que Mr
l' Archevelque futarrivé prés
d'Albi, où il trouva celles de
la Ville, qui estoient venuës
au devant de luy fort propres
& en bon ordre, & qui firent
plusieursdécharges. Il y a
voit uneCompagnie de Marchands
,
composée de deux
cens hommes,bien lestes&
bien montez, precedez de
Trompettes. LesConsulsl'attendirent
à la porte de la
Ville, où Mr Martinon le
harangua, &: l'accompagnerent
en Carrossejusqu'a l'Archevesché.
Le soir le Te Deum
fut chanté dans l'Eglise de
Sainte Cecile.Mr Regnaudin,
premier Archidiacre l'entonna,
& il fut continué par
la Musique avec des Trompettes&
d'autres Instrumens.
Le mesme soir on illuminale
Clocher de cette Eglise. Les
Filles de la Visitation illum:-
nerent aussi leur Monastere:,
& le Seminaire dirigé par les
Jesuites, fit la mesme chose.
Le Dimanche 9. de Mars, la
Ville fit faire un Feu dejoye
pour le recouvrement de la
santé de Sa Majesté. Mr l'Archevesque
y mit le feu, 3c
trois jours après Mr l'Abbé
de la Chaise fit faire une trèsbelleIlluminationsur
la Riviere
pour la mesme occasion.
Je vous ay faitunample
détail de ces deuxFestes dans
l'un des deux Volumes de ma
Lettre de Mars. M l'A rchevesqued'Albi
n'a accepté la
demission de l'autorité du-
Chapitre que pour leVicariat
General; il a laisséMr
Arquier dans l'exercice de la
Charge d'Offîcial Metropolitain,
M de Ripis dans celle
d'Official, & les autres Officiers
dans les leurs. C'est par
là qu'ii a commencé à se
mettre en estat de gouverner
son Diocese , & il a continué
par lavisite des lieux qui en
avoient le plus de besoin.
L'hercsie de Calvin avoit
toûjours infecté la Ville de
Realmont;leTemple en avoit
esté rasé parlessoins de
M de Serront son Predecef-
{::ur, mais quoy qu'ileust travailléàlaréunion
delaplus
lgersande partie des Habitans,
plus obstinez avoient gardé
leurs erreurs. M le Goux
de la Berchere y alla le Vendredy
21. de Mars. Quatrevingt
Cavaliers de la Ville
vinrent à deux lieuës au devant
de luy, & il trouva tout
le Peuple en armes qui l'attendoit
aux portes. il ne fut
pas plûtost arrivé, qu'ilmonta-
en Chaire. Il prescha en-,
core le Dimanche des Rameaux
'> & partit de Realmont
le 24. Tout le monde
fut si charmé & de ses Sermons&
de ses bontez , que
ceux qui estoient demeurez
dans l'erreur depuis leur naissance,
furent obligez d'y renoncer
, en forte qu'il n'y a
plus aucun Calviniste dans la
Ville.CePrelat a continué ses
Visites depuis ce temps-là.,
accompagné de M l'Abbé
de la Chaise.
Je vousenvoyeun iïbiiveau
Printemps. Il est de Mr
Ennelin de Saint Quentin.
— AIR NOUVEAU. HEureux Oyjèaax qui sans
alarmes
Goûter d un tendreamourlesplaisirs
les charmes,
lzce vostrefortest doux!
Jamais une Cruelle
|Ne vousfaitsentirson couroux, Etjamais une infidelle
Ne vous rendjaloux.
Il est dangereux de s'attacher.
Le Moineau de la Maitresse
de Catulle a mérité les
regrets qui ont passé jusqu'à
nous, & le petit Cheval blanc
de Mademoiselle de Fourcy,
qu'elle nommoit Sans Pareil,
luy a couté la douleur que
vous trouverez exprimée:
dans lesVers qui suivent.
SUR LA MORT
Du petit Cheval blanc d
Mademoiselle de Fourcy.
ELEGIE.
AMours prenez le deuil, (
mourez, de tristesse.
Rien ne peut consoler vostre bel
Maistresse.
-
Et toy , quitte ton char,impetuett
Soleil,
Et viens pleurer la mort âlin Bidi
sans pareil. [ vice,
Ilfaitsoitdigne prix desespetitssei
De lajeune Diphnéles plus cheres
delices.
Docile àvseos leiçoxnsi,llcoonnoiissxoits.a
Et rétif à tout autre,ilplioitfousse?
Tel Bucephaleestoit sous la main
d' Alexandre.
près d'ellechaque jour on le voyoit
se rendre,
Et baisé de sa bouche en mangeant
dans ses mains,.
Faire enviersonfortauxplusgrands
des humains;
Tantostledoschargé desa belle Gller,.
riere , Fournir d'un pied legerune douce
carriere,
Sous le poids d'unfardeausi charmant
cfJi doux,
toûjoursslaessdcuoreupops,s&jamais de ;
Tantost sur le gazon d'une retraite
sombre,
Desestravaux naissansse delasser à
L'ombre;
Tantost dans ces Jardinsrécemment
nnbelÛs, lys.
Paître mignardement les roses & les
Bidet,dans les beaux jours de ta
course mortelle,
Daphnévivoit contente,&tuvivois
pour elles
Mais depuis que la mort t'a ravy de
ceslieux,
Un déluge depleurs inondeses beaux
yeux.
Taperte a dérobé les trois quarts de
ses charmes,
Et lesfleursdeson teint languissent
dans ses larmes.
Ton Ombrecependant, malgrétout
ses efforts,
Marchedans le chemin qui conduit
chez, les Morts.
Déjafroideelle passe en la fatale
.EtvadeBarque,
Et vade sablancheurfaire hommage
à la Iarque.
Helas!(il"on ofitespereton retour
Maisnul ne voit deux fois la lumière
dujour,
Pleurez,petits Amoursfunera,i~l&lpeoursses
Tirez mille soûpirs du fond de vos
entraiues.
Privez, du Compagnon de vosjeux tepludoux,
Pourles autres Bidets n'ayezque dté
couroux.
Eteignez, vos flambeaux,jetiez, touler
vos méches
, Et brisezmaintenant vos carquois
fléches.
Ettoy, qui depavoissemes tes noir
guerets,
Tojf qui causes nos cris, nos pleurs
& nos regrets,
Mort,sous qui leMonarque le Fergersuccombe
,
Verras-tu d'un oeilsec ce Bidetdans
la tombe ?
afreusedéité , Monstre dont le*
Autels
Fumenttoujours du sang des malheureux
mortels,
puisses-tupourpayerlapeine de tm
crime,
Detaproprefureur,devenir la victime
,
Fairequelquefauxpas, & briser
en tombant• [ banci
tansquelete hideauxfar la corne d'un-
£»lk Ombre du Bidetd'uneaijmhU
M*ijfrej£
Reçois ce souvenir pour prix deA
tendresse
Mais neplains plus ton fort, il efi
trop glorieux
puis qu'il a pu tirer des pleurs. de
ses beauxyeux. Il y a environ crois moisque
la Gazette, deHollande
publia, qu'il estoit passé pair?
Veniseun homme qui [Ç. disoit
âgé de quatre cens ans,
& quipretendoit le prouver,
en montrant son Portrait,
qu'ildisoit avoir esté fait par
le Titien.Un homme d'esprit
frapé de cette nouvelle, eut
là-dessus une conversation
particulière avec le sçavant
M deComiers, qui luy dit
des choses si curieuses, qu'il
le pria de les vouloir mettre
par écrit. C'est ce qu'il a
commencé de faire, comme
vous pouvez le voir dans cet- sepremiere Lettre queje
vous envoye,
LA MEDECINE
Universelle ,ou l art de le
conserver en santé & de
prolonger savie- Dieuavoit créé fJJornmr
pourestre immortel
,
"pourex'T effet , il avoit
, comme
nous lisonsdans la Genese,planté
au milieu du Paradis terrestre
l'arbre de Vie dont le fruit
auroit esté la Medecine universelle,
ou le remede souverain à
tous maux; mais le peché commis
par Adam luyayant fait
perdre cet avantage ,
il n'estresté
aux hommes que le desir de
prolongerleurvie
,
qu'ils ont
toujoursconsideréecomme leplus
grand de tous les biensperissables.
C'estpour cela que Dieu,
voulantenga ger plus fortement
les Enfans a rendre à leurs Peres
toutes fortes dedevoirs,attacha
à l'observation deson Commandement
la promesse d'une
longue vie, comme nous lisons
dans le Deuteronôme
, Ut Iongo
vivas tempore, & bene
tibi fit in terra. Il ne faut
pourtant pas s'imaginer mon se
puisse procurer
l'immortalité
par
la Medecineuniverselle
y
comme
on aurait fait par l'usage du
fruit de l'Arbre de vie.Ausside
tous les hommes il n'y a eu quEnoc
& Elie, qui ayant este
exempts de la mort,ayent efléj
comme dit l'Ecclesiastique,transportez
dans leParadisterrestre
bien que quelques-unscroyent,
comme firent les Apostres, que la mesme faveur de ne pas mourira
estéaccordée à Saint jean
sur ce que,comme il est rapporté
en son Evangile
,
le Sauveur dll
monderépondita S. Pierre en ces
termes, Si je veux que Jean
demeure jusqu'à ce que je
vienne , que vous importe £
Enfin on ne voit personne qui
se lasse de vivre ; au contraire
chacun cherche lesmoyens de
prolongerses ,joRrs,-,,&,e'eir un
bien qu'on peut eesperer de -lt
Medecineuniverselle , dont le
pouvoir s'étendsur les trois Re--
gnes ,
Animal ,Végétatif .(!?"
Metallique,Galien en donna
; une ébauche auTubliedam sr
beau Traite de l'art de Je cons/
eer~v~efrr eFn~f' a~nMt~é_, aprèsl/'avroir s/?i
heureusementpratiqué,qu'il ne
resentit aucune infirmité pendant140.
ans qu'ilvescut.
L'enviede vivrelong-temps,
& en santé qui est naturelle à
tous les hommes,vous sansdoute
portéa me demander ce queje
pense de det homme que la G..1-
de Hollande du3. d'Avril
dernier-,assuraavoi passé
àVenise, ou il fit connoistre
d'unemaniéré a nen pouvoir
douter,qu'ilavoit atteint agt
de quatre cens ans. Vous voulezsca
voir si cela est arrivépar .j
te moyen de la Medecine univerfeUe,
qui conservantl'humide
radical, (êf la chaleur naturelle
dans une parfaite alliance,
éloigne la vieillesse,&faitsoument
rajeunir. je diviserayma
Réponse entrois ArticlesDans le
premier je feray connoistrequ'il
y a des hommes qui ont vécu
plusieurs Siecles. Dans le second
je parleray des choses qui font
en nousty hors denous, qui
contribuent à nous fairevivre
longuement&ensanté çy dans
la troisiemeje serayplusieursob,
fervations tres-curieuses&putilet
surlapratiquede la Médecine
univerflUe dans les troisRegnes.
Bien que nous naisssos pour
mourir, (frf que Tertullien ait
dit que Dieu par une grande
compajjîon,& non par colere ,
A rendul'homme mortel après
son pechê,néanmoins la Sainte
Ecriture nous apprend qu'avant
le Deluge la durée ordinaire de
la viedes hommes estoit desept
cens ans & plus,jidam vejeut
neufcenstrente ans. >
Seth neuf
cens douze, Caïnamneufcens
dix, &ainsi peu à peu diminua,
la longueur de la vie,que Dieu
fixa après le Deluge a 120. ans
pvr l'ordinaire. CependantArb^
eaxxaaljl, qquuii nna'aquq;udietudxeua«x
abres le Déluge,veput300. tns-,,
& Salé son fils 433. Heber fils
de Saléy dont les Hebreux ont
tiré leur nom, 467. Peut-estre
croirez-uous que leurs années
n'estoient pas Solaires, mais Lunairesseulement,
de 29. a 30.
jours, ou que chacune des quatre
Saisons faisoit une de leurs
années
, comme Chl-K les Caldéens
& chezles Arcadiens,au
rapport de Lattance; ou que
tout au plus elles ne comprenaient
que le temps que le Soleil
met à passer d'un 7 ropique
À l'autre,& quelles riefteient
par conséquent que la moitié des
nostres; mais ces Années ne Pt/lf-.
vent estre Lunaires
,
puis que si
celaestoitbeaucoup de personnes
livroient aprejent plusque
-flOS premiers Peres,centde nos
annéefaisant plus de douze
sens de ces années Lunaires. Enfin
elles estoient au moinscomposées
de douze mots Lunaires, puis
que Moyse parlant du
Deluge
en la Genese chap. VII. verset
2. dit que Noë ayant vescu
six cens ans, le Deluge comment
sa le 17. jour du second mois.
Etdans le VIII. Chap. vers 4.
il dit que le 27. jour du feptie-
Ine mois ,
l'Arche prit terre sur
les Montagnes d'Àrmcnie,
"ut le premierjour du sixiéme
mois ,
la pointe des hautes
Montagnes commença à paroistreau
dessus de l'eau; eJf
dans le 13. versi il dit encore
qu'en la 601. année de Noë, au
premier jour du premiermois ,
ce Patriarche ouvrit l'Arche;
d'où il est évident que Moyse
fait les années de douze mois;
& partant la difference de ces
années aux nostres
, neferoit au
plus que d'onze jours ,
si ces
ioti^e mois estoient Lunaires.
L'histoire prophane nous apprend
dans Homere, que le Prince
Nestor, fils de Nelus
,
avoit
prés de 300. cens ans qnand il
vint au secours des Grecs contre
les Troyens. Anacreon assure
qu'Arganthemius, Roy desTartesses,
vefcut150. ans; Cinire,
Roy de Chypre, cent ans , &
Æginius deux cens. Pierre
tJMs.jj-ée en son Histeire des Indes,
atteste que dans l'IsteBengala
on trouva un hommesans
aucune étude,âgé de trois cens
trente-cinqans,ce qu'ilprouva
par le recit qu'il fit de tout ce
qui s'estoit passé de memorable
pendant ~fj(~ qu'on verifia
estreconformeauxChroniques
Le grand Seneque Essagnol
,
parvint jusqu'à la 144
année deson âze.)&auroitvefeu
beaucoup plus longtemps, si
l'injusteArrest de son Disciple
Neron n'eustpas abrégélecours
desavie.Sous l'EmpereurTrajarJ.)
Simon Cleophe,sécond
EvesquedeJerusalem, futcrucifiéensa
120e année;& Narcisse
,
second Evesque de cette
mesme Ville, veseut 166. ans
sous Septime Severe. Paul premier
Hermite,vescut120. ans;
S. Antoine, Abbé en Egypte,
150. &Cronius son Conipa,,r,,non,
vescutencore cinqans davantage.
UEmjiereur Claude ayant
Ayantbien examiné les preuvèi
de l'âgede TitusFullonius debou.
logne en Italie
, reconnut qu'il
estoit dans sa150e année.jittilas
ROJI dèsHunsymourutâgéde
124.ans. Petrus de Natalibus
prouveque S. Severin, Evesque
de Tongres, vescut 375.ans, (se
qu'il fut sacré Evesque en sa j~NicoIausdeComit,
temoigneque parmy les Brac-'
manes ils'en trouvaunâgé de
trois cens ans.
Il est aussifacile à la Nature
de donner a un seulhomme autant
d'annéesdevie
,
qu'elle en
donne à plusieursensemble tque
de donner à un Geant autantde
force&de matiere.qu'il enfaudroit
pour former le corps de plusieurs
hommes. Tel estoitceluy
de Turgavu en
de Tur%;ttlj'1J Suisse prés du
Suisse pres Lac de Constance, qui combattant
sous Charlemagne contre
les Saxons, en enfila huitcavec
sa pique;& les ayant chargez
surson épaule, traveisaleRhin,
&disoit à ceux de son Party
a Voicy des Grenoüilles d'Allemagne
que je viens de pescher,
je n'entens point leur
coaxement. Guido Bonatus
assure qu'en l'année1223.ilconnut
un nomméRichard déja
âgé de quatre cens ans, qui
prouvoit incontestablementqu'il
avoit porté les armesfous Charlemagne.
Onparle auj]ï communement
d'unsurnomméjean des
Tempsqui avoit porté lesarmes
fous ce mesmeEmpereur, &qui
mourutsousLoüis VII.l'an 1146.
Il falloit qu'il eustprés de 360.
ans ,
puisqueCharlemagne fut
couronné Empereur en 800. Jevousenvoye le Portrait d'un
Anglois âgé decent cinquantedeux
ans.Commejefaisprofession
de ne rienavancer sans
bonnes
preuves , je dis que le curieux
sçavantM. Hubin, Emailleur
du Roy, m'en a donné la Planche
cjy/7 avoit receuëde Messire
Jacques du Perron
j,
Neveu du
Cardinal de ce mesmenom, Evesqued'Angoules,~
ensuite
d'Evreux, ou il mourut Grand
Aumônier de la Reyned'Angleterre
, fille d'Henry IV. morte
d SainteColombe prés Paris. Cet
Anglois estoit de riche taille,~e
s'appelloitThomas Park Il estoit
fils deJean Park ,deVvinnington,
de la Paroisse d'Alberbury,
dans le Comté de Shrophine. Il
nâquiten1483.~&avoit cent
cinquante-deux ans lors qu'il
fut presenté à Charles 1. Roy
d'Angleterre le9. Oélobre 163f;
Il prouvoit Avoir veuneufRois
en Angleterre; sçavoir Edoüard
IV. EdouardV.Richard III.
Henry VII. HenryVIII. Marie,
Edoüard VI. Elisabeth,
Jacques VI. & Charles I. pert
du Roy qui regneprésentement.
Ce bon homme benissoit
Dieu entre autres choses, de ce
qu'encore qu'il eustveupendant
sa vie trois divers changemens
aufait de laReligionensaPatrie
,
sous Henry VIII. sous
ilMariejCJT*fousElisabethy il
n'avoit néanmoins jamais fait
profession d'autre crcyance que
delaFoyCatholique,Apostoli--
que &Romaine,comme la plus
ancienne, ayant veu naistre
toutes lesautres quiluysont opposées.
Il confesscitingenuement
qu'àl'âge de centans il futappelle
en luftice, ~rconvaincu
d'avoirfait un Enfant a une
jeune fille, &pour ce sujet con,..
damné à faire penitence publique
devant la porte de l'Eglise,
couvert d'un drap blanc,& un
sierge à la main ,
suivant la
toûtume du Royaume, pour reparation
de cescandale.Il perdit
la veuëseize ans avantsamort.
yùàniv+iJLpndreshH-Niz
vemhre1635. en moinsdedemyebeurt,
sans qu'ileustsenti auparavant
aucune douleur qui le
menaçast de sa fin. On ouvrit
son corps , & toutes ses parties
intérieures furent trouvées fort
faines,excepte les poulmons que lesang avoit comme noyez &
suffoquez;ce que les Medecins
attribuerent au changementeair
~devivre
,
ayantesté amène
d'un païs où l'airestfort pur&
temperéencomparaison de celuy
de Londres) qui est grossier ~&
malsain,sur tout à ceux qui
n'y sont pas accoutumez.Dans
ce mesmetemps, Madame 14
Comtcsse d'Arondelpresenta àla
Reine d'Angleterre une Sagefemmeâgée
de 123. ans, qui deux
ans auparavant exerçoit encore
sa prosession dans le Village de
sa naissance.
Olaus Magnusrapporte dans
ses Histoires,qu'un Evesque
d'Angleterreappelle David ,
vescut 170. ans. Buchanan assure
que Laurent Hutland âge
de 140. ans alloit encore pescher
pendant les plusgrandes rigueurs
de l'Hyver.
Vous avez veupar les Histoirres
saintes ~&prophanes que j'ay
rapportées , que dans tous les
âges du monde, la vie de quelques
hommes a esté de plusieurs
Siecle,~qu'elle n'estpastoûjours
bornée
, comme onditaprès
David
, à 70. ou80.ans.
comme dit Salomon, Dieu n'a
point fait la mort, qui n'est
qu'unnom sans essence, n'estant
que la privation de la vie, ç2P
il ne se réjoüit point de la perdition
des vivans. Le mesme
Sage ajoûte que lavieillesse est
la couronne de la dignité. C'est
elle qui rendles cheveux blancs
venerables,parce que ceux qui
les ont blancs,sont utiles. @f
mesme necessaires au bien. 4?
l'Etat, par leurs longues experiences
dans les affaires.
Il faut montrer maintenant
combien lanature deschosesqui
sont hors de nous, comme le lieu
de la demeure, la pureté de l'air
~&del'eau,contribuent à nous
faire passer ensanté une longue
suite d'années.On ditavec raison
que lesMorts sontlesmeilleurs
Maistres
, parce qu'ils nous
instruisent ~ü nous reprennent
dans leurs Ouvrages sans flaterie
(jbj sans interest. C est ce
qu'ausujet de vivre longuemen
nousapprendl'Epitaphe quisuite
trouvéedans la Ville de S. Cilles,
Vesci citra satuxitatem
, impigrumesse'
ad laborem, vir
tale semenconservare
, tria
ad produccndam vitam faluberrima.
Pour vivre longucment,
Vis sobre & chastement,.
Legrand Pytagoricien Absente
ApelloniusTianeusse conservaen
jeunesse pendant plus
Je cent ans, parsachasteté &
parsafohriete. C'estsurces deux'
mesmesprincipes
que les anciens
jinacboretes Demeurentsilongtempsenfanté.
C'tftauJliparla iernps enfanté. Cestauflip ar la
fhasteslée panla sobrietéque
le grand PhilosopheDemocrite
jouit d„'une parfaite fanté, pen.
dant centneufans. Ce que Dio*
gene Laerce dit de la mort de ce
Pbilojophe est tres-remarquable,
Jçavoir
,
qu'il se conserva les
- - y troisderniers jours de sa viepar
lafeule odeur des pains chauds
à la priere de sasaur, qui craignoit
de ne point ajjifler à la
jolemnite de la DeesseCeres>s'il
mouroit avant la fesle. Le veritable
celibat est aujJi tres-utile
poursuivrelonguement enJante,
bien quArtaxerces
?
Roy des
Perfes
> ayant eu cent quinze
fils.) ne Joit mort quaprès la
Centième année deèsonâge, par
la confbiration de cinquantede
fisFils.
Procule,Empereur des Romainssevantoit
que eent FiUes
Polonoijcs luyavoient faitcent
Encansen quinze jours. Sur ce
pieâ-Ià) une Dame Romaine @'
un Romain auroient pu avoir.,
du temps de S.Jerome3 une légion
d'Enfans légitimés, En voicy
l'kifloiretirée de ce Pere de
l'EgliseydutempsduTape Da4
mase. On *vitaRome unhomme
ueuj-deJavingtièmeJ^emnt9
epouser une Matroneveuve de
son vinjrjzïfflcMary atux Fm*
neraillesde laquelle il ajjtftacouronne
de Laurier avec une palme
a la main
, parmy des acclt*
mations publiques que firent les
hommes
,
de ce qu'il avoitfur-
DejcusaFemme3qui
efloitaailleurs
incomparable. La sobriete
& l'exercicenousrendentencore
Jains &robuftes. C'est pourquoy
les Romains tftoientsùrpris de
,vvooirlaforce& la taille gigantesque
denos anciens Gaulois,
qu'ils devoient à l'abstinence de
vin, dont ils n'apprirent l'ujage
que duSwisse Helicon.) qui apporta
le premier en Yr,,,nce la
Vigne ale RaisinleVin. La
bqeuaaulcitoéupdes alimens contribue
à rendrenostre vie longue.
Les Limosins qui la plupartnemangent
que descbataignesvivent
long-temps en tirant
une nourriture peusujette à corruption
quinesedissipe pas
facilement. La bonne ccmplexion
ou la juste température de l'humeur
radicale & de la chaleur
naturelleest une condition necessairepourvivre
long-temps;
le trop d'humidité susoque la
chaleurnaturelle
,&au contraire
le trop dechaleurconjumebientost
l'humidité. C'estpourquoy de
lacomplexion sangume on doït
attendre une longue vie, le sang
estantchaud&humides laforce,
la vivacité& lefeu de la com
plexion colerique ne peuvent
long-temps subfifler avec le sec.
La flegmatique a trop d'humiditépour
estre digerée par la chaleur
naturelle 3& la melancolique
est trop terrestre,seiche &
froide. Il ejlvray que la colerique
& la flegmatiquecomplexion
j
l'unereparant le dcffaut
del'autre par leur meflange3peu~
vent compatir & produire une
longue vie
3 ce quefait de mesme
lacomplexionJanguine mesléeaec
la mélancolique, carie chaud
Ci l'humide du fang se temperentpar
le froid lesec de la
melancolic
; dr de ces mélangés
ie complexion onpeut espeur
une longue *vie. olovie.
Le lieu de la demeure contribue
aujjt beaucoup à la Iongue
vie. Dans le dénombrement
que Veffafien
, & Titus
fin fils, firent faire de toute filtalie
, m trouvadans la Ville
deVellejacium
, territoire de
Plaisance>quatre hommes âgez
chacun de deux cens vingt ans,
drsix hommes azez chacun de
jcentdix , ans ;& dans le mesme
temps à Anmmi estoit une Femme
me nommée Tertulla, àgée de
cent trente sept ans.)&une autre
à Faventia danssa cent tren- tedeuxiéme année. Pline dit
aprèsIsigonus, que les Cirnes
PeuplesdesIndes vivent communément
cent quarante ans.
Pomponius Mela rapporte que
les Habitans de la Villejituée au
pieddu Mont Athos,vivoient
deuxfois plus que les autres Habitans
de la terre: &0nisicrite
assurequ'ily a desIndienssous la
Zone torride qui ont plus de cinq
coudées de hauteur,& quisans
vieillir vivent cent trente ans.
Ctesias assure de mesme que ceux
des Pandores qui habitent dans
les vallons , vivent ondinairement
deux censans,&entcela
de contraire au refle des hommes
quependant leur jeunesse ils ont
les cheveux blancs, & qu'en
vieillissant ces cheveux noircissent.
Hellanicus raporte que dans
une Contrée de l'Etolie,lesHabitans
vivent ordinairement 200.
ans,entre lesquels Pictoreus
, au
rapport deDamastes, vescut 300,
ans. Si l'on en croit EplJorus" les
Rois desArcadiensvivoient aussi
300. ans.Alexander Cornelius dit
que dans l'Illirie un certain Dandon
vesot 500. ans ,& Xeno"
phon dans le Periplo passi plus
outre, lorsqu'il dit que le Roy
des Maritimesvescut 600. ans,
& son Fils huit cens.
OlausMagnus au 4. Livre
de ses Histoires
, nous apprend
que dans les Pays lesplus froids
auSeptentrion, les hommesy
vivent communement plus de
160. ans,& au Livre 12. il dit
que les Habitans d'Islande joüfsent
ordinairement d'une parfaitedanteau
delà de centans.
Hierembergiusasseure dans
son Histoire naturelle
, que les
Habitans des Montagnes de
Fucatan vivent tres-long-temps
&dans la Contrée de Versin au
Bresil,selon le témoignage d'Antoine
Pigafelta
,
les hommes nji*
vent ordinairement 140. ans.
L'âge decentans, aurapport de
Louis Bartama
,
cft un âgefort
commun pour ceux de l'Arabie
heureuje.
En Auvergne
,
les Peres y
voyenttres-souvent les Enfans
desEnfans de leurs Enfans &
j'ay leu autrefois que dans nos
Alpes un seul homme efloit le
Chefde tout un pillage compose
de prés de cent feux
,
dont rous
les Habitans estoientdescendus
de luy. Enfin en 1660. estantparry
de Ternant avec Mr le Mar
quis de SuintAndréMontbrun
,
Capitaine General des Armées
du Roy pour les affaires de Mt
leComte de DonaàOrangej'ad~
miray au Village d'Allieres
,
à
quelques lieuës au dessus de
Lyon
,
nostre Hoste & nostre
Hostesse en parfaitesanté, aegez
chacun de 104.
ansjesuisVosire,
~&c.
COMIERS,
Prevost de Ternant.
Mr de Comiers a promis
une fuite de cette Lettre qui
traitera de la Medecine universelle.
Je vous l'envoyeray
le mois prochain, & je croy
que vous la lirez avec plaisir,
par l'utilité de la matière,
Le 5. du mois passé il se fit
à la Haye une espece de Feste
Guerriere
?
dont jene vous
ay point entretenuë, parce
que je m'estois persuadé que
toutes lesnouvellespubliques
qui s'impriment? en parleraient;
mais puis qu'ellesn'en
ont rien dit, je vay vous
apprendrece que j'en ay sceu.
La Bourgeoisie fous les armes
avec ses Fuseliers & ses Arbalestriers
richement vestus,
alla dans un équipagefort
lestefaire l'Exercice au lieu
de son rendez-vous accoutumé.
Toute la journée se
passa à la voir monter en
garde avec une très-grande
satisfaction du Peuple qui
étoit accouru de toutes parts.
La marche dura jusques à la
nuit. Les six Compagnies
dont cette Milice estoit composéé,
après avoir bien observé
leur rendez-vous , s'avancerent
vers la Cour qui
est en dehors du Chasteau,
IDLI elles apperceurent Madame
la Princesse d'Orange
.'),
à
une fenestre ornée d'un Tapis
de velours rouge. Monsieur
le Prince d'Orange avoit sa
place separée dans un enfoncement
qui estoit plus bas.
Ce fut là que se firent les premieres
salvesen tres-bon ordre.
Chaque Compagnie les
fit l'une après l'autre en passant
par la porte de la Court
dans celle de dehors qui n'est
que pour la commodité de
Mr le Prince d'Orange, qui
ne s'en sert que quand illuy
plaist. Elles passèrent de là
dans la veritable Court intérieure
du Chasteau? & allerent
vers le Magistrat de Lt
Haye qui parut à une fenestre
sur le Doël. C'est la place où
les Arquebusiers vont tirer.
Elles y recommencerentleurs
Salves,& passant par le Voorthout
jusques à l'extremité,
elles apperceurent M le
Comte d'Avaux, Ambassadeur
de France, qu'elles salüerent
avec de pareilles ceremonies.
Il estoit à une fenestre
appuyé sur un Drap de
foye parsemé de Fleurs-de
Lys qui pendoit en dehors
Elles passerent aussi devant
les Fenestres de Mr le Marquis
d'Albeville,Envoyé
Extraordinaire du Royde
la grand' Bretagne,&: firent
feu pour le saluër, ce qu'elles
ne firent point devantla
Court du Prince Philippes de
Brandebourg, parce qu'elles
y trouverent tout fermé
, à
cause qu'il est en deüil pour
la mort du Prince Loüis son
Frere. Le Baron Kraegh, Envoyé
Extraordinaire de Danemark,
qui estoit à ses fenêtres
acçompagné de plusieurs
personnes de qualité de ses
Amis,y fut aussi salüé en
ceremonie. On n'en fit aucune
en passant devant les
fenestres des Envoyez de
l'Empereur ,d'Espagne
,
de
Suede & de l'Electeur de
Brandebourg, parce qu'on
n'y vit personne. Les Ministres
Etrangers devant qui
passa cette Bourgeoise, &
qui en receurent le salut
?
luy
euvoyerent pour present chacun
six tonneaux de vin.
Mr le grand Maistre de
Malte ayant eu avis que l'Escadre
des Galeres de Sa Sainteté
devoit se rend re à Mesfine
au commencement du
mois paffé
,
fit partir les Galeres
de la Religion Iz, 24.
d'Avril,pour les y aller attendre
afin de se joindre ensembicaTArmée
Venitienne. J
vous en envoye la Lifte ôi
les noms des Commandans
avec ceux des Officiers& de
Chevaliers qui sont dans le
Bataillon de Malte.
GALERES.
Galere Capitane de Malte.
Mrle Comte d'Herberstein,
Grand Prieur de Hongrie,
General.
Galere SainteMarie Patronne,
Mr le Chevalier de Barbantane
?
Provençal*
| Galere S. Paul, Mrle Cheralier
de Soudé, de France.
I Galere Magistrale
,
M le
phevalier de Miranda, Portugais.
Galere S. Gregoire, M le
chevalier deBuotersilla, Espagnol.
l> Galere S. Antoine, Mr le
Chevalier Comte Herbers-
~ein5 Allemand.
Galere S. Pierre, M' le
Chevalier Caracciolo, Napolitain.
Galere de l'Annonciade,
M le Chevalier Comte de
~legestein,Allemand. --
BATAILLON.
Mr le Commandeur de
Meschatin, d'Auvergne, General.
Mr le Chevalier de Mareüil,
de France,Lieutenant
General.
Mr le Chevalier de Lusignan-
Lezé, de France, Major.
Mr leChevalier de la Varenne,
Ayde de Camp, d'Auvergne.
M le Commandeur de la
Tour Maubourg,Porte Etendard,
d'Auvergne,
M le Chevalier de l'Espiiâffc
, Ayde-Major.
M le Chevalier Magistral
Baron, Ayde-Major.
AUTRES OFFICIERS
& Chevaliers du Bataillon.
Langue de Provence.
Mrs les Chevaliers, de Cei-
~re, Capitaine des Grenadiers.
De Boussols,Lieutenant des
Grenadiers.
De Gabriac , Lieutenant
de Compagnie.
De Canet
,
Lieutenant.
De Rousset, Lieutenant.
De Lumieres, Lieutenant
des Fuseliers.
Barrevores,Capitained'une
Compagnie.
De Puget.
De Provana.
De la Brillane.
De Puget Clapier.
Du Canet.
De Castellanne.
De Javons.
D'Aiguille.
De Pisançon.
De Glandeves.
De Sabran.
Tondu.
De l'Escoulette.
De Losse.
Langue d'Auvergne.
Mrs les Chevaliers, de Saillon,
Capitaine.
De Brossia, Capitaine.
De la Rivoire, Capitaine.
De Parnac,Ayde de
Camp.
DeGrammont, Sous-Lieutenant.
Du Terrail, Sous-Lieutenant
des Grenadiers.
De Chastillon, Lieutenant
d'une Compagnie.
De la Heraine, Lieutenant.
De Belaccueil
,
Duché,
La Valette.
Gardes-
Etendart
De Boury.
-
De Marcelange.
De Sandomet.
De Gourdan.
LanguedeFrance.
Mrs les Chevalier de la
Ferté,Provediteur.
De Voyer Paulmy
, Capitaine
des Fufeliers.
DeRoquespine,Ayde de
Camp.
De Tiersanville,Ayde de
Camp.
D'Hocquincour Sous-
LieutenantdesFuseliers.
DeSesseval, Lieutenant de
"Cieiiadiers,
De Monteclair, Garde-
Etendart,
De Coëtteon.
De Richebourg.
De Barbissey.
De Benoifc.
De Boüier.
De Froulluy.
De Camilly.
Du Heron.
De Brillac.
Du Chastelier Barlot.
De Barin.
De Megrigny.
DeTury.
DeBissy.
Langue d'Italie.
Mrs les Chevaliers,Zandodary
, Capitaine d'une
Compagnie.
Sannazaro) Capitaine.
Perruzzi) Capitaine.
Ventura, Capitaine des
Fuseliers.
Sarracini
,
Capitaine.
Paterno, Lieutenant.
Faellâ
, Lieutenant.
Medico, Lieutenant.
Caraffa, Aide de Camp.
Cammarata,~Garde-Etenqa4rt
Vicariys.
&ateU*
Langued'Arragon.
Mrs les Chevaliers Dom
Emmanuel Bru. Capitaine.
Ferrao
>
Capitaine.
TDoogloor,es.Capitaine.
Lieutenant.
Valo
, Lieutenant.
Geciralo, Lieutenant.
Eseriva, Lieutenant.
Arengo.
Dolo,
Zamora.
Langue d'Allemagne.
Mrs les Chevaliers, Comte
Galler, Capitaine.
Baron Scionair, Capitaine.
Baron Deveren, Lieutenant,
Baron Bourscheid, Lieutenant,
Baron de Schemising, Garde-
Etendart.
Comte Gliespach.
Langue de Castille.
Mrsles Chevaliers, Dom
Bernardin Neyra, Sergent
Major.
D. Pinto, Portugais , Capitaine.
Dom Macinca.
Outre ces Chevaliers qui
doivent descendre à terre
avec le Bataillon, il y en aura
encore 40. qui demeureront
sur les Galeresavec M le General,
& Mrs les Capitaines,
& huit Prieurs,qui en tout
font environ cent soixante
Chevaliers. Ce Bataillon est
encorecomposé de mille
Soldats.
On peutavoir eu en France
des nouvelles de Moscovie
beaucoup plus fraîches
que celles que contient la
Lettre que vous allez lire.
Cependant elle servira non
feulement à vous faire bien
entendre ce que vous sçavez
déja, mais encorece que vous
apprendrez pendant le reste
de la Campagne, parce que
le véritable estat des forces
des Moscovites vous estant
connu,vous démêlerez plus
aisément la vérité des mouvemens
que feront ces Peu- fies.
L DeMoskou le14. Mars 1687 E 27. du mois passéKnecf
VnjasîliVnjaplewic Galiitzen
j
Chancelier de cet Em.
pire j @r General d'Armée, partit
d'ky avec unegrande fuite 3 :
des Fils des Boyars, des Gens de
Cour des Stolniicles (üde
toutes fortes d'autresOfficiers,
lui comportentuneArmee.Elle
A
si montoit à 70000. hommesenrollezpar
leurs noms ,
&pajpt
en Reveue ,
marchant en bon
ordre devant le grand Vue
Pierre au dessius de la Stolitz,
qui est le Chasseau de la residence
de la Cour. Chaque Régimentfitfesdécharges
poursaluer
ce Prince, Apresquil eut tien
consideré ces Troupes il en fut
fort satisfait @r sur tout de
voirla quantité incroyable de
Gentilshommes, leur appareil
magnifique avec celuy de leurs
équipages, Chevaux & armures.
Lorsquon tira,ilyeut dans
l'Artilleriedeux Canonniers t,ue'{.
des éclats de quelques pieces neuves
de Canon & d'assuts qui
creverent. Le Sieur Aleny Sie
minoviez qui a esié autrefois
devant Smolensko s'en va avec
Knées Galiitzen.Toute laMoscovie
& toutes Jes Frontières
ont ordre de fournir le quatrième
homme, & ceux qui ne veulent
pas marcherfont reléguéz dans
la Province de Sicvvirien3après
plusieurs mauvaistraitemens dr la , confiscation de tous leurs
biens. fanéesDimitrovvic
Molhovvick de Vvlodimirs ira
en la place du General Cescein
lui s'est rachetémoyennant une
faire la Campagne
, quoy qu'il
nesoitpas de bonne intelligence
pour le Commandement avec le
Knnées Galïitzen, avant lequel
le General AgicyAlexévvietz
estforty en Campagne avec pareil
npmbre de 70000. hommes,
tous gens ramassez & de toutes
fortes.Il s'estfaitencore un autre
Party qu consiste en 17 00.
Volontaires (*r 2,8000.Sreitzes,
dont chaque Compagnie est
de 100. hommes & il a joint
l'autre dés la Stolitzya dans
cette Armée 400. pieces de C:t,.
non &ils ont tous leur rende
voussurlesFrontières de la Crimee.
Outre tout ce monde là on
compte les Regimens de Bialabord
avec lesKalmuckes quifont
ensemble 20000. hommesque l'on
a mandez. Le GeneralTuska en
doitavoir le commandement;on yfaitjoindre lesTartares à*A-+
strachan. Quelquescentaines de
Struyfin chargées de vivres &
de provisionss'en ironta Kiof&
de là du cossé du Nieper. La Noblesse
de Smolensko; &quelques
Colonels quiJesonttrouvez icy
avec le PrinceGaliiten lors
qu'ily estoit en ontreceu pour
presens des Robes de Zibeline;
mais en mesmetemps illeura
esté fait un severe commandement
de faire marcher les plus
anciens e les plusexperts d'entre-
eux La Noble(siJemontera
bien à 8000. Chevauxsoussept
Drapeaux;mais il ny en a que la moindrepartie qui sçache bien
seservirdes Armes. cjjT à qui le
mestier dela Guerrefoit connu
Ilsfont d'ailleursassez mal mon- tezQuatre mille hommes des
Gardes doivent aller de Smolent
ko à Kiof avec deux mille atitres
pour demeurer dans la Place.
Un Ojji.irr a ouydire au
Knées-Gahir^cn '1':'1. alloit
s"avancer dans la Crimée pourla
détruirejusqu'aux fondemens-
& pour extirper de deussus la
terre la memoire de ceux qui ne
prosessent pas le Christianisme
que les Turcs ne luy en ferme
ront pas le chemin
3 & qu'ils 'i
verront 3
lors ouilyJerace que
peuvent les Chretiens
D autres Lettres édites de
SmolensKo le 30. de Mars
portent que Knées Galiitzen.
General des Troupes de Mos
covie estoit party de laSto-
Jitz,pour se rendre droit au
Campd'ouil devoit envoyer
des Universaux, afin de faire
assembler toute l'Armée au
rendez-vous general, immediatement
après lesPasquesde
Russie, & de là, la faireavancer
vers le Païs ennemy.Tout
le Peuple de cette Principauté
de Smolenfko estoit convoqué,
& tous les Gentilshommes
avoient ordre de
monter à cheval, & de marcher
comme les autres, chacun
avec sies Enfansmasses
au dessus de dixhuit ans. A
l'égard de ceux d'entre eux
qui par vieillesse, ou par quelque
autre raison voudront lo
dispenser d'y aller, chacun
donnera deux mille Rubbels.
Ainsi la feule Noblesse de
Smolensko prod uira dix-huit
cens chevaux, six-vingt Drapeaux,
& six mille Soldats à
gages de levé1es expresses, qui
dépendront tous deladirection
des Boyars qui les doivent
commander.
LeJeudy15. dumois passe,
on fit en l'Eglise Cathedrale
de Roüen un Service solemnel
pour le repos de l'Ame
de Madame Colbert, suivant
l'ordre qu'en avoit donné Mr
le Coadjuteur. Le Choeur de
l'Eglise, le devant de laNef,
&
le
Frontispice du Portail
estoient tendus de dtap noir
avec trois lez de velours. La
Representation estoit environnée
d'une infinité de cierges
de cire blanche, & ceux
que l'on alluma en tresgrand
nombre tout autour
du Choeur & sur l'Autel,faisoient
une illumination fort
éclatante.Ml'Abbé deGrancé
officia
,
accompagné de
tout le Chapitre,&toutes les
Cloches sonnerent en volée,
ainsi qu'elles avoient fait le
jour precedent pendant les
Vigiles. Mrs du Parlement
assiterent à cette Ceremonie,
ayant à leur teste M Faucon
de Ris, premier President.
J'oubliay de vous manderla
derniere fois que le 27. d'Avril
on fit à Montelimard en
Dauphiné,laBenediction de
l'Eglise que les Peres Capucins
y ont fait bastir, des
Materiaux du Temple des
Pretendus Reformez que l'on
avoitabatu, lesquels Materiaux
ces Peres ont achetez
par un secours de lalibéralité
du Roy, qui leur a donné
quatre mille francs. La ceremoniefut
faite parM l'Abbé
de Colombet,Doyen du
Chapitre de l'Eglise Collegiale
&: Paroissiale de Sainte
Croix. Le lendemain au matin,
les Cordeliers,les Recollets,
& les Penitens du Saint
Sacrement se rendirent tous
en Corps dans la mesme Eglise
de Sainte Croix. Mr
d'Haverre, Lieutenant pour
le Roy de la Ville & Citadelle,
suivy de la Noblesse,
Mr Bayle, Vice-Sénéchal ;
Mr du Claux, President de
l'Election en Corps, & M
les Consuls en chaperon,en
firent de mesme. De cette
Eglise ils allerent en Procession
avec Mrs du Chapitre,
dans Pancienne Chapelle des
Capucinss,où le S. Sacrement
estoit exposé.Aprés quelques
Motets chantez par douze
Musiciens choisis de quatre
Corps de. Musique, M le
Doyen le porta dans la nouvelle
Eglise. Il fut suivy de
tous les Corps, chacun ayant
un cierge à la main, &: l'on
chantale PanrFf line:ua) Pendant
que quelques Compagnies
d'Infanterie, qui sont
en Garnison à Montelimard,
1
firent des salves au son des
Tambours. Le S. Sacrement
ayant esté posé sur l'Autel,
onfitl'ouverture des Prieres
de quarante heures, aprés
quoy Mrl'Abbé de Colombet
Doyen, assisté de son
Chapitre, celebra solemnellement
la premiere Messe.
Elle fut chantée en Mufiquc
avec plusieurs Motets en
l'honneurdeS.Joséph titulaire
de cette Eglise, &deS.
Francjois.LaMesse étant achevée
) cet Abbé entonna le Te
Deum,&prescha l'aprésdînée
avec beaucoupdesuccés. LA
concours du Peuple à cette
Eglise
,
fut extraordinaire
pendant ces trois jours,
& le dernier l'Indulgence
de quarante heures estant
finie, on para tous les Autels
d'ornemens noirs. Alors
les Capucins,qui estoient
en fort grand nombre, sortirent
de leur Sacristie chacun
un cierge à la main, & allerent
prendre dans leur ancienne
Chapelle les ossemens
des corps de leurs Religieux
qu'on y avoit enterrez. Ils les
exposerent dans leur Eglise
couverts d'un drap mortuaire,
payant allumé pluficurs
cierges autour de ce drap,
ils chanterent solemnellement
l'Office des Morest, &
lpeorterent ces ossemens dans
tombeau avec les ceremonies
qu'ilsontaccoûtuméde
faire quand ils enterrent un
Religieux. Tout le peuple
fut extremement touché de
cette lugubre ceremonie,aprés
laquelle le Gardien donna
la benediction
, & enfin
un Exaudiat chanté
par ces Peres finit la ceremonie.
Jevousay parlé depuis II*
mois des rejouissances faites
dans toute la France, pour
le rétablissement de la santé
de Sa Majesté ; cependant il
y en a encore beaucoup dont
je ne vous ay dit aucune chose.
Je supprime la ceremonie
des Te Deum;mais je croy devoir
entrer dans quelque détail
des rejouissances qui ont
attiré dans Mercurol
,
prés
de Tain en Dauphiné, un
nombre infiny de Spectateurs.
C'estune Terre de Mr
le Marquis de Lionne, possedée
par Madame la Marquifc
4deClaneibn sa Belle-mere.
La Feste se fit le 27.d'Avril.
M l'Abbé de Lessins, Oncle
deM de Lionne, partit de
Romans pour venir à Mercurol,
mettre le feu au Bucher
avec M le Comte d'A utun,
fils unique de la Maison
de Lionne son petit Neveu.
Il fut receu avec toute
la Noblessequi l'accompagnoit,
chez M Barbler, Lieutenant
de Chastellenie, qui
estoit allé au devant de luy
jusqu'à la Frontieredela
Terre, suivi d'une Compagnie
de Milice, composée de
cent vingt hommesbienfaits
& fort propres. A l'issuë de
son disné on entendit un
grand bruit de guerre, qui
sembloit estre le défilé d'une
Armée. C'estoient deux
Quartiersde la Villede Ro-,
mansqui demandoient la
permission d'estre de la Feste.
Elle leur fut accordée
* &
aprèsavoir passé en bon ordre
devant la Maison de Mr
Barbier ils allerent au lieu
où estoitdressé Je Feu, & ils
ycamperent dansune Plaine
fort élevée.LeQuartierde
Nicolas marchoit le premier
aunombre de plusde
mille hommes,avec desTambours,
des Hautbois,& des
Trompettes Marines. Il y
avoit des Cuirassiers à cheval)
des Turcs, des Mares,
des Instrumens de leur Narion)
des Chars de triomphe,
des Bagages, des Fourages,
ddeessFFoouurragons> & de sembla- ons &: femblables
attirails de Guerre. Aprés
venoit le Quartier de la
Presle qui n'estoit pas moins
nombreux. Tous les Soldats
avoient des gibecieres de bazane
rouge chargées de
Fleurs-de-Lys blanches &
des habits extremémentpropres.
On avoit si bien choisi
les Tambours de ce quartier , qu'il n'yen avoit aucun qui
n'eustesté Tambour Major.
Une bande de Violons dans
un Char de Triomphe suivy
de plusieurs Figures grotesques,
faisoit entendre une
melodie fort agréable. Le feu
ayantesté allumé; toutes ces
Milicesfirent de grandes décharges,
qui se mêlerent au
bruit de vingt-quatre Boëtes,
que M l'Abbé de Lefsinsavoit
envoyées exprés en
ce lieu-là. Ce feu consistoit
en une grande piramidc de
fagots de sarment
, couverte
de Bois, au sommet de laquelle
il y avoit une Couronne
royale de Laurier, chargée
d'un grand Guidon aux Armes
du Roy. Cette piramide
estoitflanquée de quatre petites
Tours, ayant au haut des
couronnes de Marquis faites
de Boüis, chargées de banderoles
avec les Armes de
M le Marquisde Lionne, de
Madame la Marquise de Clareson,
de Ml'AbbédeLesjj'ns,&
de la COlnlnunauré.
D'une Tour à l'autre eltoir.
un Portique aussi de boüis>
Les perches estant encore
droites après que le Feu fut
consumé> les deux Quartiers
de Romans firentune espece
de combat pour Te rendre
maistres des Guidons. Celuy
de S. Nicolas les emporta,&
ensuite tout défila avec le
mefine ordre? & par le même
chemin que l'on avoir
tenu en venant.
Dans la Feite que M1 le
Baron d'ülieres,de l'illustre
&ancienneMaifon d'Agotilry
iit faire à Aix en Provence
pour la mesme occasion? il y
eux un Carrousel? où M1de
Mirabeau) &: M' le Chevalier
dAgoultson Frerc tous
-deuxfils de ce Baron, parurent
avec une grace qui les
fit admirer de tout lemonde.
Ils estoient habillez à la
Romaine, fous l'Etendard
bleu? &: montoient chacun
un tres-beau cheval .d'Ei:'
pagne. Ces chevaux estoient
couverts de Housses à fond
bleu, richement bordées
?
toutes chamarrées de dentelles,
& bordées de franges
-demesis-ic. Les brides, les
ftriers & les éperons estoient
«d'argents &ks longes& te£
tieres garnies de rubans bleus
à fond d'or
j qui formoienc
des poires en noeuds tres-bicn
afforris. Chaque cheval portoit
une aigrette, & tout le
harnois eitoit d'une grande
propreté. Les deux jeunes
Gentilshommes qui les montoient
>
estoientmagnifiquement
parez) L'un & 1 autre
avoitun calque de brocard
bleu à fondd'or , couvert;
d'unbouquetde Plume*j
blanches ,& bleues?& leurs1
cravates estoient d'une touse
de rubans façonnez or&j
argentàfondbleu>avec
dcî
des Juste-au-corps en broderie
de meftnc couleur, les
brodequins d'une toile d'argent,
relevez par des Jartieres
de rubans de mefmc.
Leurs CeinturonsJEpées, cufiodes,
&pistolets
,
répondoicnt
à la richeflc de l'habillement
& ils tenoient chacun
-
un bouclier embelly d'Emblèmes
& de Devises hiéroglyphiques
,representant
d'un cofté la
douleur
de la
France dans la maladie du
Roy,&sa joye de l'autre , dans son heureuse convalescence.
Ce fut en ce superbe
équipage qu'ils firent le
tour de la Ville d'Aix avec
les autres qui composoient
les trois Quadrilles de ce Carrousel
>
estant precedez de
Trompettes& de Timbales,
& suivis d'un Char de triomphe
tiré par six chevaux, dans
lequel estoient quatorze jeunes
Gentilshommes magnisiquement
vestus, qui rcprcsentoient
le premier âge du
Roy. Cette Feste ne fut pas
plûtost terminée, qu'ils partirent
l'un & l'autre, & se
rendirent à la Baronnie d'Olieres,
à sixlieuës d'Aix, oà
ils en firent une nouvelle.
aussi-bien qu'à Pourciourd,
Bourg assez connu par son
grand passage, à demy-lieuë
de la Baronnie. Ils firent ensuite
la mesme chose à Mirabeau.
situé dans la Senéchauffée
de Sisteron en Provence,
dont Mr le Baron
d'Olieres est aussi Seigneur,
&ce fut par tout la mesme
magnificence, tant le zele
que ceux de cette Maison
ont pour le Roy, est ardent
a embrasser les occasions
qui le peuvent faire distinguer.
Je ne vous parleraypoint
des magnificences qui oui
esté veuës le 9. de Février
dansl'Eglise des Augustins
Déchaussez
,
hors les murs de
la Ville de Marseille
,
lors
queM de Mirmand
,
Medecin
du Roy & des Galeres, y
fit rendre desactions de grâces
particulières pour le rétablissement
de la santé de ce
Grand Monarque. Je vous
diray seulement qu'il engagea
tous les Chirurgiens qui
font de sa dépendance& de
son Corps) à commencer cette
action par un Jeûne, afin
dela rendre plus agreable à
Dieu, &: qu'à l'Offertoire de
la Messe, il vint offrir une
somme d'argent avecunbillets
dans lequel estoit écrit
ce verset du Pseaume 115 Vota
mea Domino reddam, pour
marquer qu'il faisoitvoeu de
faire dire le neuviéme jour
de chaque mois une Messe
à l'intention du Roy pendant
sa vie, en action de
graces du retour de sa santé.
L'Exaudiat doit estre dit à
la fin de cette Messe, & il
a assignéunfond pour sitisfaire
à ce voeu. Voilà comme
l'amour qu'on a pour Louis
LE GRAND, éclate par tout
de toutes manieres.
Vous sçavez la mort du
Prince Louis de Brandebourg,
arrivée à Postdam le
7. d'Avril. On soupçonna.
qu'il estoit mort de poison,
& ce fut 1s sentiment des
Medecins après que l'on eut
ouvert son Corps. Cependant
quoy qu'on ait fait arrester
ses Domestiques
,
il a esté impossible
de découvrir les Aucheurs
de cet empoisonnement.
Le Mercredy 7. du
mois passé
>
son Corps fut
porté de Postdam à Berlin,
Capitale des Etats du Marquis
Electeur de Brandebourg,
& il y fut inhumé
avec beaucoup deceremonies.
Le Régiment des Gardes
estoit en haye des deux
costez depuis la porte neuve
jusquà l'Eglise, sous seize
Drapeaux blancs couverts de
crespe, ainsi que les Hautbois
& les Tambours. Seize Carrosses
de deüil à six chevaux
caparaçonnez , le tout avec
des housses trainantes, étoient
à la teste de la marche. Cinquante
autres venoient enfuite
attelez de mesme
, & ils
estoient suivis de deux Compagnies
de Trabansou Pertuisaniers
avec leurs Drapeaux
, ayant leurs Timbales
& leurs Trompettes couvertes
de Taffetas noir. Aprés
eux paroissoient les Pages en
longs manteaux de deüil conduits
par leur Gouverneur;
puis les Ecoliers de Tric-
-
drichsucoder, de Berlin &
autres lieux avec les Regens;
lesMinistres& tous les Corps
du Clergé; les Timbaliers de
la Chambre ; douze Trompettes?
detousles Commissaires
en Corps deux à deux,
conduits par les Maréchaux.
LesEtats de la Province & la
Noblesse suivoient
?
separez
par dix Drapeaux de distance
en distance Le premier de ces
Drapeaux estoit rouge, avec
le nom du Prince défunt écrit
au milieu. Les neuf autres
estoient noirs, & representoient
lesArmes de Minden,
d'Harberstadt, du Burgraviat
de Nuremberg
,
de Pomeranie,
de Cleves, de la Prusse
Ducale, de Magdebourg, de
la Marche de Brandebourg
,
& de toute la Marche en general.
Dix Chevaux de main
venoient derriere caparaçon-
nez & houssez de deüil avec
de semblables Ecussons. Ils
estoient conduits par un Cuirassier
à cheval, en habit tout
couvert d'or & d'argent
; le
Casque en teste
, & un bouquet
de plumes rouges,blanches
& bleuës. Son cheval
avoit une housse en broderie
femée de perles,&des aigrettes
à la teste. Le Corps
enfermédans un Coffre ornéd'Ecussons
aux Armes de Lituanie,
estoit sur un Chariot
couvert de velours noit,
& attelé de huit chevaux,
houssez & caparaçonnez de
mesme. PlusieursOfficiers
soûtenoient les coinsduDrap
mortuaire, &: il y avoit au desfus
du Chariot un grand Dais
noir? porte par huit des principaux
Officiers de la Cour
Electorale.Vingt - quatre
Trabans suivoient le Corps,
tous en longs manteaux, &
precedoient
le
Prince Electoral
, accompagné du grand
Maréchal de la Cour, après
lequel venoient le Prince Albert
Frédéric? le Prince Charles
Philippes, le Prince d'Anhalt
,
le Prince de Mekelbourg,
le Prince deHolstein,
les Ministres &: Conseillers
d'Estat, les Ambassadeurs 3c
les Gentilshommes de la
Chambre. La Veuve du Prince
Loüis, riche heritiere, &
Fille du Prince Radzevvil de
Pologne, qui venoit après
tous ceux que je viens de vous
nommer,estoit menée par
deux Princes de Holstein, &
l'onvoyoit ensuite paroistre
la Princesse Marie, &la Princesse
Elisabeth,menées par
des principaux Ministres.
Aux costez de ces Princesses
estoient des Trabans? & derrière
elles, les Dames & les
Filles d'Honneur, suivies des
Secretaires, des Avocats de
la Chambre Aulique, des Magistrats
de Justice & de Police,
des Officiers de la Chancellerie
& de la Venerie, &
des Magistrats des trois Villes,
avec une grande partie
de laBourgeoisie. L'Electeur
de Brandebourg, Pere du
Princedéfunt, se fit porter
en chaise à l'Eglise, à cause
de la difficulté qu'il avoit à
marcher LeDocteurBerquius
prononça l'Oraison funebre
après laquelle on fit trois salves
detout le Canon &dela
Mousqueterie. La Compa,
gnie retourna au Chasteau
par le mesme chemin qu'elle
estoit venuë, & elle y fut
regalée avec beaucoup de
magnificence. La Religion
que prosesse l'Electeur de
Brandebourg, est la Reforn'icee
c'est a dire, celle de
Calvin, qui fut introduite
dans ses Etats par Jean Sigismond
son Ayeul, vers l'an
1614. C'est luy qui épousa
Anne, fille aisnée d'Albert
Fredcric, Duc de Prusse) &
de Marie Eleonor de Cleves,
& par elle il a eu des droits
sur la Prusse, sur Cleves & sur
Juliers. Il mourut en 1619.
& laissa Georges Guillaume,
Pere de Frédéric Guillaume,
presentement Electeur de
Brandebourg quiépousa en
1646.Loüise Henriette de
Nassau,Fille de Frédéric Henry,
Prince d'Orange, & d'Amelie
Comtesse de Solm, laquelle
estant morte, il prit en
1668. une seconde Alliance
avec Dorothée de Holsace,
Fille de Philippe de Holfacc
Glucksbourg
) & veuve de
Christian Loüis
?
Duc de Lunebourg-
Zell. Quoy quecet
Electeur soit Calviniste, ses
Sujets suivent la doctrine de
Luther, & il leur permet de
l'enseigner dans tous sesEtats.
Ils s'étendent depuis le Duché
de Cleves jusqu'àceluy
de Prusse, éloignez l'un de
l'autre de deux cens lieuës
,
mais il cft à remarquer qu'ils
ne font pas contigus. L Electeur
de Brandebourg est
grand Chambellan de l'Empire.
Il porte le Sceptre devant
l'Empereur; & pour luy
rendre au Festin, ledevoir de
Crand Chambellan, il court
à cheval depuisl'entrée de
la Salle jusques au Buffet, &:
là il prend l'éguiere, la serviette
>
& Le Bassin. Ensuite
il retourne de la mesme forte,
& estant descendu de cheval
il donne à laver à l'Empereur.
Il ason rang à main
droite du Duc de Saxe,
La Fable que vous allez lire
apprendra à celles que leur
beauté rend trop fieres
, qu'-
elles doivent craindre la vangeance
de l'amour.
LE ROSSIGNOL
ET
LA LINOTTE.
PEndantcette
belle saison,
Ou Flore du Zephire écoute lesfie#*
retes,
Et qu'avec les beauxjours,&l'aimablegazon
y, Naissent les Ris
,
les leux ,lestendres
amourettes,
Dans unbacageagreable&charmant,
Que l'amourfourluyseulfemblolt
avoirfait naistre,
Un jeune Rossignol aimant tgcrdu*
ment
Une Linotte belle autant qu'on Il
, peut estre
,
Deson Coeurpresque nuit &jour
Parsa voix exprimoit l'amour;
Mais elle estoit orgueilleuse & cruelle.
Il avoit beaul'aimer&s'attacher,
A peine pouvoit-iljetter lesyeux
sur elle,
Que d'un rapide vol elles'alloit M"
cher,
Etses soinspropres à toucher
La Linotte la plus rebelle , Estoient toujours comptez fonr
rien.
Ce n'estpas quelquefois qu'elle ne
voulust bien
Ecouter les douceurs de son tendre
ramage;
Mais quoy qu'ilfjlpourfléchirfin
courage , ( agrémens
L'orgueil que III) donnoientses petits
Luyfaisoit dédaigner l'hommage
Dessoins qu'on luy rendoit,&des empressemens
Qu'on avoitpour toucheerr sfoPXn coeur fier&sauvage.
Le tendreRossignol sur un ton gemijfant
Se consumeàchanter fin amour innocent.
(trême;
Tout penetré d'une douleur ex-
Qu'on est àplaindre quand on
aime
,
(toucher!
Dit-il, une beauté que l'on ne peut
Heureux qui peut alors à sesfeux
s'arracher !
Mais tout d'un coup songeant aux
belles chaisnes
,
J>)m l'ontsceu si fort attacher,
Loin de les vouloirrompre ,il ift
prestdechercher
jîfouffrirfis premierespeines.
Ilsçait aussi que pour aimer
Iln'est rien tel qu'une insensible,
Queson coeur est un lieu Long-temps
inaccessible,
Maisque quandunefois on a sceu
l'enflâmer,
Et qu'à nos voeux ilcommence à
se rendre,
C'est un retour charmant &tendre-
Tant de raisons animantses desirs,
Au milieu desa peine il trouve des
plaisirs.
Ilse soutientpar làdanssestristes
alarmes,
Etflaté d'un espoir pour luysiplein
de charmes,
Fait oüir en tous lieux sa voix &
sessoupirs ;
Maisc'est toujours en vain que son
amour s'empresse,
Etquepardes enduitstouchans
Il pretend attendrir cette fiere Mal*
ftreffi
Pourmieuxfaire écouter la hCduJ[
de ses chants,
Un jour il s'arresta sur l'arbre,
Ousi plaçoit ce coeur de marbre ;
Mais loin de la fléchir parses tendres
accens,
Elle part, & d'un vol toujours plien
- de vîtesse *
L'ingratesedérobe aux yeux defort
Amant.
On peut s'imaginersacruelle tri- jkjftv
Il ne peutsoutenir ce rudeaccablement,
Et d'une branche, helas! en tombant
parfoiblesse,(tourment.
Sa chute avecses jours termina son
Quelques momens aprés lapetite Tigresse
Revintdanscet endroitcharmant
D'où sa fierté l'avoit tant de [olt
exilée.
Cefut alors pour elle un déplaisir
pressant
De ne se voir plus régalée
D'un ramagesi ~douxsi réjouissant.
Pendant ce lugubresilence,
Elle ne sentoit plus lasiere indifference
Quitantdefois luyfitfermer les
yeux
Sur les soins d'un Amant si remply
de constance.
Elle écoute, elle vole. & le cherche
en tous lieux, te;
Pretendantreparer cettesensible per-
Mais quel trisse spectacle, helas !
lors que ses yeux
Au pied du mesme Ormeau sur ont
feüille 'lIede
Eurent rencontré mort cet Cyseau
malheureux.
Quelvifchagrin dans son amour naissante?
Elle rapellealorssa voixtouchante,
Sepeint tousses soins amoureux,
Et luy trouve sur tout une beauté
charmante
Jïue toujours à sesyeuxsafierté
déroba;
Et puis se reprochantsa dureté
cruelle
Pour un Oyseau charmant autant
qu'il estfidlle,
Afa, douleur '/;Ùn-tojl la belle succomba.
Vous qu'une indifférence étrange
Engage à rébuter nos soinslesplus
pressans, ( noc-ens,
Et qui vous refusez des plaisirs in-
Crlli£n(z,
Craignes,fieres beautez, que l'a
mournese vinge.
Quand on resisteinjustement
Aux soupirsd'unfidelle Amant,
Dele vangerce Dieu faitson affaire;
Sa gloire & vos rigueurs allument
fin couroux,
Et pour lors la plusfiere
Estla plus sensible àsescoups.
Je vous ay souventparlé
dans mes Lettres de certaines
Festes qui se font tous les ans
en plusieurs Villes de France.
On peut dire qu'elles ne sont
bas inutiles à l'Etat, puisque
la jeunesse apprend insensiblement
parlà,&
en
se didivertssant
,
la manière de
bien manier les Armes. Il
s'est fait une de ces Festes à
Caën. Quoy que l'adresse de
ceux qui composent la Compagnie
,
appellée du Papeguay
? dont
les
Privileges reugsaer>
dent les Jeux de l'Arquede
l'Arc & de l'Arba-
Iestre
» y paroisse tous les ans
au premier jour de May, on
a tâchécetteannée de rendre
cette Feste encore plus éclatante
que les precedentes, à
cause de la joye qui faisoit
régner dans tous les coeurs
l'heureux &entier rétablissement
de la Santé de Sa Majesté.
Cen'estpas que la Ville
de Caën n'eust déjà donné
par ses Festes &par ses Prieres
,
ainsi que je vous l'ay
mandé dans une de mes Lettres)
des marques de la vive
joye qu'elle ressentoit ; mais
les réjoüissances generales
n'ont point satisfait cette
Compagnie) qui pleine d'amour
pour son Souverain) en
a voulu faire de particulieres.
Ainsi le 6. d'Avril Mr d'Aumesnil,
qui en est Capitaine-
Lieuxenant donna ses ordres'
pour commencer la ceremonielejeudy
i. de May, auv
quel jour leurs Jeux recommencent
tous les ans. Les Af-.
fiches furent mises au son des
Tambours à tous les Carfours.
& lieux publics de la Ville,
afin que rien ne fust oublie
pour la solemnité de la Fcfie,
ôc le jour choisi cftant arrivé,
la Generale fut battue dés le
matin,& la Compagnie com- ptée de trois cens hommes>
rops les .armes^parut fort propre
&; fort leste.Elle se trou-*
va surla Place Royale devant
la Statuedu Roy,que la Ville
j+l fait clever depuis deux
tins avec une dépenledigne
de son zele)& aprèsquelle
eut esté mileenordre
3 on
plaça auquatrième rang un
Trophée de quinze pieds de
hauteur porté sur les épaules
de quatre hommes
>
qui par
leurshabillemens reprefentoient
les quatre parties du
monde.Le Piedestal estoit de
cinq pieds de haut) & de trois
epsicds & demy de quarre avec Armes duRoy & de Monseigneur>&
au deffous^celles
de M leComte de Coigny
Gouverneur, & celles de la
yille. Au dessus estoient pllW:
lfeursTrophées avec un Cartouche
entre le Soleil & la
Couronne,oùse lifoient ces
paroles? UnusfujjicitOrbi. Au
milieu de laCompagnie>rOfflicier
Enseigne ou Sous-Lieutenant?
portoit un Drapeau
blanc,dans lequel étoit peinte
une Renommée) les mains
pleines de Couronnes de Laurier5avec
des Anges defcendans
du Ciel, qui chargez de
Palmes d'Olivier, faisoient en
tendre que Dieuavoit accordé
la paix aux Peuples de
France,& que la grace de la
- guenfon du Roy dcvoit remettre
le calme dans tous les
esprits. La Compagnie marcha
dans cet ordre par laVille,
au son des Hautbois, & au
bruit des Fifres & des Tambours)
pour se rendre en l'Eglise
des Cordeliers. Chacun
en passantdistribuoit des
Sonnetsaux Spectateurs pour
les inviter à prendre part à la
la Feste. Voicy un de ceux
qui furent donnez.
E SONNET Nfin il estgucry,ceRoy
victorieux,
Qu'on crut prest à tomber sous
les coups de la Parque;
Caron ne verra point danssa
fineste Barque
Ce Heros dont les jours nous
font si précieux.
Dieu touchépar les pleurs qui
couloient denosyeux,
Desa bontépour nous donne une
forte marque,
El veut bien qu'icy-bas regne
encore un Monarque ,
Que ses hautes Vertus alloient
placer aux Cieux.
Peut-an de sonamouravoir
un plus beaugage ?
AllonsJEnfans de Mars, sans
tarder davantage,
Luypresenter nos coeurs pourun
Roy qu'ilnous rend.
Le Portail de l'Egliseestoit
couvert de plusieurs pieces
de Tapisseries,& orné principalement
d'un tres- beau
Tableau de Sa Majesté avec
ses Armes, celles de Monseigneur,
& cellesdeM le Duc
deMontausier,Gouverneur
dela Province, & deM de
Matignon
,
Lieutenant de
Roy. On posa les armes dans
une grande Salle, puis on
cnrra dans le Choeur,remply
de quantité de personnes considerables,
qui avoient suivy
M de la Croisette
, Commandant
pour le Roy dans
la Ville & Chasteau de Caën
accompagné des principaux
Officiers & des Echevins. La
magnificence paroissoit dans
laquantité de BellesTapisseries,
tendues depuis le haut
de la Nef jusques en bas,&
disposées de telle sorte, que
l'Eglise ne recevoit de lumiereque
par les cierges,
dont le nombre paroissoit
estre infiny. Ce n'estoit de
tous costez que Devises à la
loüange du Roy, & cela formoit
une décoration fort
agreable. La Messe ayant esté
chantée en Musique, la Compagnie
reprit les armes, &
retourna dans le mesme ordre
à la Place royale, au milieu
de laquelle
, & devant la
Statuë, de Sa Majesté, estoit
un Theatre de dix pieds de
haut. On y plaça letrophée,
& les Arquebusiers s'estant
rangez alentour en double
haye, firent trois décharges
avec de grands cris de Vive le
Roy, après quoy ils remene- rentMd'Aumesnilchezluy.
Sur les cinq heures du soir,la
Compagniese trouvaau même
lieu de la Place royale,
d'où elle se rendit encore
aux Cordeliers. Le Te Deum
y futchanté en Musique avec
simphonie,& au bruit de
plusieurs décharges. Ensuite
on alla remettre le Trophée
sur le Theatre avec Les mesmes
ceremonies, & laCompagnie
s'estant rangée en
double haye autour d'un
Bucher , le feu y fut mis
par les Officiers de la Compagnie,
Cela, fut suivy de
six déchargés. On reprit ses
rangs,&l'on remit denouveau
le Capitaine Lieutenant
en son logis? où il donna un
magnifique repas aux Echechevins
& à plusieurs de la
Compagnie. La Fcfte se termina
par un beau Feu d'artifice
,
qui fut tiré à dix
heures. Il avoit esté dresse
autour du Theatre où l'on
-0
avoit placé le Trophée. Aprés
cela on se separa par
Troupes de dix à douze, qui
se mirent à des tables dans la
- Place royale, & burent à la
fanté de Louis LE GRAND,
au son des Hautbois, des
Fifres & desTambours, -
L'ambition qui n'est point
reglée, a des fuites dangereuses,
& quelquefois en voulant
trop acquerir,on s'expose
à perdretout. Une jeune
Demoiselle, ayant de l'esprit,
& de l'agrément dans sa personne
, s'attira les voeux d'un
Cavalier,dont la fortune
estoitassez grande pour luy
faire un fort agreable établissement.
La maniere dont
il fut receu chez elle luy fit
connoistre qu'il n'avoir qu'à
s'expliquer pour estre bientost
heureux. Cependant
comme ilestoit delicat,avant
que!de parler serieusement
d'affaires, il voulut, sçavoir
s'il possedoit le coeur de la
Belle. Il prit du temps pour,
l'examiner. Elle luy parut
d'une humeur imperieuse; &
après un attachement de
quelquesmois
, il n'eut pas,
de peineàdécouvrir que son
caractere estoit la fierté.L'amour
qu'ilavoit pour elleluy
fit imputerà une noblesse
dame tous les mouvcmens
qu'elle en fit paroistre,
& ses manieres pour luy
estant toûjours des plus ch.
gageantes ?
il crut ne pouvoir
douter qu'il n'eust dans
son coeur la part qu'il y pretendoit.
Dans cette pensée il
parla de mariage. Elle n'avoit
que sa mere ,
qui se gouvernant
par elle, entroit dans
ses sentimens sans la contredire
en aucune chose, On
avoit déja parlé d'un projet
d' Articles, lors qu'un Marquis
fort évaporé s'estantun
jour rencontré avec la Belle
dansune partie depromenade,
luy débita des douceurs
qu'elle prit plaisir à écouter.
Il alla chez elle dés le lendemain?
&: la ptomptitude de
cette-visiteluy donnant sujet
de croire qu'illa
-
trouvoità
fOl! gré,elle se servit si bien de
ses charmes, quelle l'engagea
insensiblement.Iln'estoit
pas*plus riche que
le Cavalier, mais il l'emportoitducosté
de la naissance.
C'estoitun homme qui faifoit
fracas par son équipage
& par son train , & letitre de
Marquisequ'ildevoit donner
à laperfonne ,qui!'épouferoitJ
avoit dequoy flater agreablement
lavanité d'une ambitieuse.
LeCavalierqui s'aperceutque
le Marquis ne déplaisoit
pasjugea qu'il n'yavoir
point de moyen plus
propre à fairecesser ses trop
fréquentés visites,que de presserlaconclusion
de son mariage.
Son empressement ne
fut pas receuavec toutesles
manques de joye qu'il avoit
sujetd'attendre.Onprit des
pretextes pour ne rien précipiter,
& cette froideur étonnant
le Cavalier, il se plaignit
à la Mere du retardement que
l'on apportoit à son bonheur,
La Mere qui regloit ses sentimens
sur ceux de la Fille,
trouvoit desraisons pour l'excuser
>tk il ne connut que
trop par le procédé de l'une
& de l'autre qu'on ne vouloit
se déterminer qu'après que
l'on auroit sceu quelle resolution
prendroit le Marquis.
On continua d'en recevoir les
visites, .& seCavalier commençant
à voirqu'on n1ai,
nioit en luy que ce que loîr
bien avoitdeconsiderable,
.reiDlut de ne faire aucun ,é.,.
«clat>&: de laisserfinir l'avan-
1-ture sans trop marquer le deficin
où il estoit, dene pas servir
dedupe à la Demoiselle-
Elle avooitune Cadette qui
xnerkoit bienqu'on luy en -coruafi.Ils'accoûtumaàl'enïtreteni^
p&ndani lesvifites du
IMarquis> &son Aisnée qui
nJe'asprrcephïjeonchdersoqiutirLieanv.toaîntdtqrouiet
deluyfairenavoitgardeds
seplaindre d'un amusement
*juiJahiifoit. dans ilfnticrc
liberté de travailler à avancer
le sccés de son entre
prise. Plus il entretint cette
Cadette ,plus ils'enlaissa
charmer. Illuy trouva beaucoup
de douceur d'espirt
& une droiture d'ame, qui
fit sur luy une impression
plus vive qu'il ne l'avoit cru
S'il se plaignoit quelquefois
du peu de fermetédesa
Soeur , elle prenoit sonparty
avec des honnestetez qui
ne se peuvent comprendre,
& luy disoit en destermes
fort touchans qu'il devoir
croireimpossible que saSoeur
aprésun engagementpareil
a celuy qu'ils avoient pris
l'un pour l'autre, fust capable
de changer de sentimens,
Le commerce du Marquis
duroit toûjours, & les choses
furent poussées si avant,
qu'on ne douta plus qu'il ne
dust bien-tost époufer l'Aisnée.
Le Cavalier qui avoit
changé comme elle, le fouhaitoit
avecpassion, & ce
fut alors que s'ouvrant àla
Cadette, il la pria d'agréer les
assurances qu'il luy donnoit
de n'estrejamais qu'à elle
Elle ne voulut luy promettre
tien qu'après que sa Soeurseroit
mariée; mais illuy fut
aisé de connoistre
, & dans
ses yeux & dans ses manieres,
qu'il estoaimé fort tendrement.
L'heureux estat où ils
setrouvoient fut troublé en
pdeuu de temps par l'infidélité
Marquis. Il se lassa d'estre
aimé&leplaisir d'avoir fait
une conqueste luy fut moins
sensible,dés qu'il sevit assuré
de l'avoir faite. Il eut quelque
differend avec la Belle,
& se servit de l'occasion pour
une entière rupture. La Belle
soulut s'enfaireunmérite
avecson premier Amant.Elle
seignit des'estre apperceuë
qu'il avoit craint un Rival
dans le Marquis? & prenant
un air flateur qui auroit pû
l'éblouir, s'il n'eust pasaimé
ailleurs, elle tâchade luy
taire croire quelle n'avoit
rompu avec luy, que pour
empescher que ses assiduitez
ne luy donnaient de la jalousse.
Le Cavalier receut
cette excuse,avecassez de
froideur,&lors que pour le
convaincre qu'ellel'aimoit
veritablementellese montra
toute jprefte à l'épouser
,
il
prirprit
à son tour divers prértextes
pour reculer la conclusion
du mariage dont on le pressoit. Comme ils ne
pouvoient toujours durer, il
se voyoit dans un tres-grand
embarras. Il estoit charmé de
laCadette, & la generosité
qu'elle temoignoit en luy
conseillant d'épousersasoeur,
redoubloit de jour en jour la
passion qu'il avoit pour elle.
Il n'avoit pourtant aucune
esperance de la faireréussir.
La Mere qui n'avoit des yeux
que pour son Aisnée, n'auroit
jamais consxenty à luy
donner le chagrin de voirsa
Cadette luy enlever sxon Amant
, & c'eusti elle inutilement
qu'illuy auroit proposé
l'échange.Enifn,aprèsavoir
resvé plusieurs jours à ce qui
pouvoit le tirer d'affaires, le
plus sxeur moyen qu'il imagina,
ce fut de chercher à
prendre encore l'Aisnée par
ion soible. Illuy falloit donner
un Amant dont la naissance
& le bien luypussent
promettreunrang élevé. Un
jeune Comte dont le mariage
estoit arresté avec une tresriche
Heritiere de Province,
luy parut rout propre à joüer
ce personnage. Il estoit airez
de ses Amisbpoir le vouloir
faire, & il ne pouvoitmieux
passer le temps qu'il avoit à
s'arresterà Pïris,ot't il devoit
acheter des meubles,& se faire
faire un équipage pour epoufer
l'Heritiere dans fort peu
de temps. Le jeune Comte
ayant de l'esprit, n'eut pas de
peine à trouver accès chez la
Demoiselle qui aimoit tant
les grands airs. Il y fut receu
fort civilement, & en peu
de jours ses soins empressez
sirent leur effet. Il fit parois
stre un si violentamour, que
malgré la recente épreuve du
peu de constance duMarquis,
la Belleselaissa encore persuader
que les protestations
qu'on luy faisoit
,
estoient
l'effet d'une passion sincere.
Elle s'abandonna de nouveau
à la douceur de ses esperances,
& elle y trouvoit d'autant
plus de charmes, qu'outre
que son ambition estoit satisfaire
, elle se vangeoit du
peu d'ardeur que le Gavalier
avoit commencé de faire paroiftre.
Il se plaignit à la
Mere&à la Fille de l'injustice
qui luy estoit faite, &
l'aigreur qu'ilafectoit dans
sesplaintes, ne laissoit point
soupçonner que le Comte &
luy fussent amis. On employa
de fausses raisons pour l'a.-
muser quelque temps,& enfin
on ne gardaplus aucunes
mesures, lors que le
Comte se fut déclaré, &
qu'ayant consulté la Belle sur
un équipage, il eut commencé
suivant ses avis à faire
travailler à
un Carosse des
plus magnifiques.Cefut alors
que le Cavalier parla hautement.
Il dit à la Mere,qu'aprés
avoir marqué si longtemps
qu'il faisoit tout son
bonheur de son alliance,il
meritoit peu qu'on luy manquast
de parole, & qu'il
voyoit bien qu'on ne l'avoit
écoutéqu'en attendant qu'il
se prefentaft un party plus
confid erable. La Mere pour
l'adoucir,luy dit qu'elle avoit
pour luy toute l'estime qui
estoit deuë à un parfaitement
honneste homme, mais qu'-
elle le croyoitassez genereux,
pour vouloir bien sacrifier
son amour aux interests de
sa Fille, en luy laissant épouserun
homme qui la mettoit
dans une haute fortune; &:
que pour luy faire voir combien
l'avantage de l'avoit
pour Gendre la touchoit sensiblement,
si sa Cadette pour
laquelle il témoignoit d'afsez
grandes complaisances)
avoit dequoy remplacer ce
qu'ilperdoit dans l'Aisnée?
elle
estoit
preste à la luy donner
pour femme. Le Cavalier
fîtparoistre beaucoup d'agitation
, & n'oublia rien de
ce qui pouvoit luy persuader
qu'il se faisoit de grands
combats dans son coeur. Il
feignit de n'en pouvoir arracher
une passion qu'elle
avoit autorisée. Il se reprochoit
d'ailleurs denesçavoir
pasaimer, s'il demandoit que
l'on renonçast pour luy à des
avantages que sa Maistresse
ne rencontroit pas en l'épousant;
& venant de là à l'habitude
qu'il s'estoit formée
de passer sa vie avec des personnes
qui luy estoient cheres
, il avoüoit qu'il ne pouvoit
se resoudre à prendre
une autre alliance. Ce sentiment
obligeant fit esperer à
la Mere qu'il accepteroit ce
qu'elle venoit de luy proposer.
Elle l'embrassa fort tendrement,
luy vanta dans saCadette
des qualitez quiluy étoient
mieux connuës qu'à
elle mesme; & ce qu'il y eut
de particulier,elle pretéditluy
faire valoir l'appuy qu'il devoit
attendre du jeune Comte
lors qu'il feroit son Beaufrere.
Le Cavalier soupira, &
apréss'estre montré quelque
temps irresolu pour se faire
encorepresser davantage, il
dit enfin que l'on pouvoit
disposer de luy, à condition
que le- mariage se feroitdans
çuatre jours. Il en demanda
les assurances
, pour n'estre
pas exposé avee la Cadette,
au mesme chagrin que luy
avoit fait éprouver l'Aisnée.
On l'assura qu'il seroit content&
la Mere&les deux
Filles furent également satisfaites.
L'Aînée ne pouvoit
donner assez de loüanges au
Cavalier sur ce qu'il faisoit
pour elle. Elle exagera son
procedé genereux, &luyprotesta
que dans l'estime & l'amitié
qu'elle avoit pourluy,
elleauroit peine à se marier
avec le Comte,sielle n'avoit
le plaisirde voir qu'ilchoisissoit
dans sa Soeur une autre
elle-même. Il ne perdit point
de temps pour avancer les affaires.
On achetaaussi-tost
tout ce qui parut le plus pressé,&
le jeune Comte de son
costé fit amener dés le lendemain
six fort beaux chevaux
qu'ilmarchandoit pour unattelage
>
& qu'il paya devant
sa Maistresse pretenduë. Il la
pria de venir choisir desMeubles,
& n'entrouvant point
d'assez somptueux, il en
commanda sur des desseins
qu'elle luy fournit. Jugez
combien son coeur estoit
abîmé dans les idées de
grandeur qu'elle se faisoit à
tous momens. Les quatre
jours estant expirez, on ne
put se dispenser de tenir paparole
au Cavalier. Son mariage
se fit avec la Cadette.
Celuy du Comte se devant
faire avec plus d'éclat, fut
differé fous le pretexte des
preparatifs qui demandoient
quelque temps. Il y faisoit
travailler pour l'Heritiere
avec laquelle il y avoit un
Contrat figné, & les raisons
qui faisoient tenir l'affaire
secrete, ayant cessé tout à
coup , il fut question definir
cette avanture. Il passa un
jour sans voir la Belle, &
vous pouvez croire qu'on
ne manqua pas d'envoyer le
soir chez luy pour en sçavoir
la raison. Il répondit qu'il
iroit en rendre compte, & le
lendemain il écrivit à la Belle,
qui prit àmauvais augure
de voir une Lettre au lieu de
le voirluy-mesme. La Lettre
portoit qu'unengagement
qu'il croyoit rompre avoit
precedé celuy qu'il avoit pris
avec elle, &que les choses
ayant tourné autrement qu'il
ne pensoit,il estoit contraint
d'épouseruneHeritiere, qui
en luy donnant beaucoup de
bien, ne pouvoir l'indemniser
de la perte qu'il faisoit.
Illuy nommoit l'Heritiere,
& accompagnoit cette fâcheufedéclaration
de toute 1
l'honnestetéqui pouvoit
rendre excusable un procedé
si cruel.Je ne vous dis rien
du desespoir de la Belle. Ses
sentimens sont aisez à deviner.
Elle s'informa de l'Heritiere,&
apprit bien-tost
que le Comte ne luy avoit
rien écrit que de vray.Elle
n'avoit aucune promesse qui
luydonnast droit de s'opposer
à son mariage , & elle
n'eust fait quun éclat fort
inutile contre des personnes
puissantes, dont le crédit
auroit prévalu à toutes ses
plaintes. L'estat où elle se
voyoit avoit quelque choie
de terrible. Son ambition
l'estoit trompée
; elle avoit
cédé son Amant à sa Cadette,
>. & les applaudissemens
qu'elleavoit receus sur une
fortune qui luy paroissoit
certaine
, jettoient sur elle
unehonte qu'elle ne put foù.,,
tenir. Ses re flexions furent
solides. Il luysembla qu'aprés
ce qui venoit de luyarriver,
elle ne pourroit faire
dans le monde qu'une mauvaise
figure, & sans consulter
sa Mere, qui n'estoit pas
moins touchée qu'elle du
mauvaissuccés de ses esperances,
elle se jetta dans
un Convent. On dit qu'elle
presse pour avoir l'Habit,
& qu'elle est fort refoluë
de sacrifier à Dieu une
ambition qui luy a causé de
si vifs chagrins. Sa Mere &
sa Soeur font ce qu'elles peuvent
pour l'en détourner;
mais
dans
la fermeté qu'elle
fait paroistre, on ne croit
pas qu'elles en viennent à
bout.
Tout le monde sçait que
les erreurs de Luther furent
receuësà Strasbourg en ijip.
& que cette Ville, comme
Capitale de l'Alsace
, a reconnu
depuis peu d'années la
juste domination du Roy. Sa
Majesté
,
toûjours zelée pour
la Religion Catholique
, a
cru avec beaucoup de raison,
que ses Sujets qui la professent
en ce Pays-là, ne devoient
point estre privez de
l'esperance de parvenir aux
honneurs qui accompagnent
la Magistrature.AinsiElle a
voulu leur faire rendre justice
d'une maniere qui fust
conforme aux Traitez. C'est
ce que la Lettre quevous allez
lire vousfera connoistre.
LETTRE DU ROY
au Magistrat de Strasbourg. TRES-Chers&Benignes.
Ayantestéinformez qu'il ja dans la Ville deStrasbourg un
nombreconsiderable deBourgeois
Catholique,&considerant qu'il
ne seroitpasjuste que lesdits
Bourgeois Catholiquesn'eussent
aucun d'eux dans le Magistrat
de laditeVille,pourveiller à la
conservation de leurs interests
dans lesaffaires qu'ils peuvent
avoir par devant ledit Magistrat,
Nous vous saisons cette
Lettre pour vous dire que nostre
intention est que doresnavant.
&à commenceraux prochaines
Assemblees qui se feront pour
élire aux Charges& Emplois
qui viendront à vaquer dans leditMagistrat,
ouquisont de la
Jurisdiction de la Ville, tant
dans l'enceinted'icelle qu'au dehors
,soitpar mort, ou foitparce 7 que le tempspourlequel ceux qui
auront estééleus
,
fera expiré,
ou en quelque autremaniere que
ce soit, les Charges dudit Magistrat
soient alternativement
remplies de Catholiques
,& de
Luthériens, en fortequ'ilyait
toûjours dans leditMagijlrat,
& dansles autres Charges &
Emplois qui dépendent de la Ville
, un nombre de Bourgeois ou
Habitans Catholiques& Luiheriensjproportionné
à ce anil
yen aura dans ladite Villedr
l'une & de l'autreReligion, @¡
que ce qui rsi precisément porté
par l'Article5. du Traitéd'Osnabruck,
surl'égalitéexacte &reciproque
qu'ildoity
avoir entre
les Sujets del'une& de l'autre
Religion
,
soit exaélement observé
tant à l'égard des Catholiques
que des Lutheriens; dr
ne doutantpas que vous nevous
conformiez à ce qui éft en cela
de nostrevolonté, nous ne vous
ferons lapresente plus longue ny
plus expresse. N'y faites donc
faute ; car tel est nostre plaisir.
Donné à Versailles
le
5Avril
16$/.
Cet article de Strasbourg
me fait souvenir d'une chose
dont toutes les Nouvelles Publiques
ont parlé; mais elles
l'ont faitavant que l'on sceust
les circonstances dont je
vais vous faire part On n'en
peut disconvenir, puisque la
déposition qui donne lieu à
ce que j'ay à vous dire, n'a
esté receuë qu'aprés le bruit
qui s'est répandu d'une nouveauté
que quelques-uns tien- -
nentfort extraordinaire.Voicy
ce que c'est. Philippes
Guerhard, Bourgeois Ôc Pescheur
de la Ville de Strasbourg,
a deposé par devant un
Commissaire de la Ville,
qu'ayant esté à la pesche la
nuit du 17. de May dans l'Isle
dc Saint Robert,il apperceut
à minuit & trois quarts, une
lumiere qui éclaira la terre
comme si c'eust esté en plein
midy. Enmesme temps il se
presenta en l'air une boule
de feu de la grosseur d'une
teste
,
accompagnée d'une
queuë de trois toises de longueur.
Elle s'approcha si prés
de la terre, que dans lacrainte
d'en estre touché, il se coucha
tout de son long dans la
Nacelle, & quand la boule
tomba elle jetta un grand
nombre d'étincelles, qui en
s'esteignant firent des éclats
semblables à une décharge
de Mousquets
,
aprés quoy
l'air retentit à trois diverses
reprises d'un bruit pareil à
celuy que fait le Canon. Tout
cela dura environ un quartd'heure.
Ensuite le Ciel fut
femé d'étoiles, & parut fort
clair par tout, ainsi qu'il avoitesté
auparavant.
L'amour est une passion
vive, mais comme elle a trop
de violence, elle est moins
solide
solide que l'amitié.C'estce
qui a donné lieu aux Vers
que je vous envoye. Ils sont
d'une personne de vostre
sexe
>
dont
je ne puis vous
faire connoiltre le nom que
par les lettres suivantes, A. D.
L. V. Je fuis asseuré que vous
les lirez avec plaisir
, tant la
maniere dont ils sont tournez
est agreable.
REPONSE
SUR UN REPROCHE
DE VIEILLESSE. si je vous croy ,
philis, mes
beauxjours sont passez;
I'entre ,selon vous, dans un âge
Où monsexedéplaistassez
Quand il n'est pas encor sous le
joug du ménage.
I'en demeure d'accord, maisje ne
m'en plains pas;
Le temps qui détruitlesappas,
N'a rien changé dans ma personne.
l'estois laide à quinze ans, maintenantjelasuis;
Des Amis éprouvez, dissipentles ennuis
J?u'un trop grand nombre d'ans
me donne.
Avec eux je passe mesjours
Al'abry des chagrins que causent les
amours ;
Iesuispour eux toûjours lamesme,
Rien ne peut égaler leur constante
amitié
trEêt pmoureeu.x la mienne est ex-
.tu'a donc mon sort, Philis, qui
vousfassepitié?
Nous ne sçaurionschanger l'ordre
des destinées.
Lesjoursforment des mois, les mois
font des années ; ,
Le temps où le Soleila suspenduson
cours
Estpassépour toûjours.
-
Vos charmesn'aurontpas unefaveur
pareille;
Ce beau teint,cesgrandsyeux
, cette
bouche vermeille
Tous ces airs enfantins siremplis
d'agrémens
J9ui vousattirenttant d'Amans
,
Tout celadoitpasser avec vostrejeune
dge,
Et vous aurez alors le chagrin en
partage,
Puisque le temps à qui tout ejï
soumis
ChangerAa vomsAmainsspl.ûtostque mes
Ainsi n'insultezplus à la peine des
autres, Prevoyezsagement les vostres,
JLt tâchez d'acquerir dans vostre
beau Printemps
Dumerite pour touslestemps,
Je sçay que vous avez grande
impatience de sçavoir ce
qui s'est passéà Siam
?
depuis
que M le Chevalier de Chaumont
en est party.Vous n'efies
pas la feule qui ayezmarque
de la curiosité là-dessus;
mais les Nouvelles qui viennent
de six mille lieuës sont
rares, Se l'on n'en reçoit pas
aussisouvent qu'on voudroit.
Je vay pourtant vous en dire
quelques-unes, & ce font les
feules qui soient venuës de
ce Païs-là depuis le retour de
M le Chevalier de Chaumont.
Voussçavez que ta
Roy de Siam ayant une estime
toute particuliere pour
Sa Majesté, & pour toute la
Nation Françoise, souhaita
d'avoir à son service quelques
Officiers François de distinction,&
pria Mr le Chevalier
de Chaumont de luy
laisser
,
fous le bon plaisir
du Roy ,
Mr le Chevalier
Fourbin, dans ledessein d'en
faire son grand Amiral, parce
qu'il avoit déja fait beaucoup
de Campagnes sur les
Vaisseaux de Sa Majesté, dont
il estoit Officier. M le Chevalier
de Chaumont crut que
le Roy approuveroit ce qu'il
feroit là-dessus, & y donna
son consentement. Il fut suivy
de celuy de M le Chevalier
Fourbin, qui demeura
à Siam. Il ne s'y rrouva pas
seulement utile pour commander
sur Mer, mais encore
pour discipliner les
Troupes de Terre, & leur
faire faire l'Exercice à lamaniere
de France. Un jour
qu'il le faisoit faire à une
Compagnie de Portugais,&
à une de Mores du Roy de
Siam
,
elles se chagrinerent
4c ce qu'il leur fit connoistre
qu'elles s'en acquittoient
mal, & se souleverent contre
luy. Ce n'eftoir qu'un
pretexte pour faire éclater
une conspiration qu'elles avoient
faitecontre sa
- personne,&
contreM Constance.
Ces deux Compagnies
avoient mesme formé le
dessein de piller les Palais de
ce dernier, & de s'emparer
de tous ses Effets.M Constance
en fut averty ?
& armé
de sa feule fermeté, soutenuë
de celle de M- le Chevalier
Fourbin ,il alla au devant
de ces mutins? fit saisir
les plus coupables, dissipa le
reste, & fit avorter leur entreprife.
Certe actionjustifie
tout ce que les Relations
ont dit à la gloire de Mr
Constance
, & fait voir que
les François sontpartout
Francois, c'est à dire, intrepides),
& que ce n'est pas seulement
en France qu'ils font
connoistre l'intelligence qu'-
ils ont dans le métier de la-
Guerre? lors qu'ils ont pris
une fois le party des armes.
Si toutes les circonstances de
cette révolte, dont j'ay lieu
dc croire que le fond estres
veritable,ne sont pas entierementconformes
à la maniere
dont l'action s'est passée,
songez qu'ilest fortdifsicile
d'avoir des éclairciffemens
de si loin. Cependant
si ceux à qui les avis en sont
venus, m'apprennent quelque
chose de nouveau sur cet
Article, je vous en feray part
le moisprochain, soiten augmentant
,
soit en diminuant
les paticularitez de cette
Nouvelle.
Vous vous souvenez d'un
Ecclesiastique Siamois, qui a
£Ûé élevé dans la Million à
Siam. Je vous en ay parle
plusieurs fois, sur tout lors
qu'il soutintenSorbonne, du
temps que les Ambassadeurs
duRoy de Siam estoient en
France. On l'avoit mis dans
la Mission Etrangere de Paris,
d'où sortent les Millionnaires
pour Siam. Le Pape
a esté informé de son merltey
& ayant sceu le progrés qu'il
avoitfait dans la Théologie)
ce qui peut estre fort avantageux
à la Religion Chrefiienne,
parce qu'il pourra beaucoupmieuxqu'un
autre- fuader ceux de G. Nation^
SaSainteté a voulu le voir? &
il est party pour Rome. Comme
les talens qu'il a ne peuvent
manquer à se faire connoistre
en peu de temps dans
un lieu où les esprits lont si
éclairez,il ya sujet de croire
qu'on verra un jour un
Siamois élevé aux premières
dignitcz deI'F-ullfè,
Les libcralitez estant frequentes
en France pour la
gloire de Dieu? à l'exemple
de celles que le Roy fait tous
les jours aux Eglises de son
Royaume?qui ont besoin de
ressentirses bienfaits, le pere:
Louis de Verdun? Religieux
de l'Observance de S. François,
Commissaire général de
la Terre-Sainte en France»
a envoyé à Jerusalem par ordre
de Sa Majeste une fommc
considerable, que l'ardeur de
son zele& de les soins luyafait
trouver moyen de recueillir
en ce Royaume pour
le secours des lieux Saints)
avec deux Orgues) dont l'un
estédonné par M le Begue
, Organiste du Roy, &
de Saint Mederic,ansi que
plusieurs Ornemens d'Eglise
deux ReligieuxCordeliers
qui font ce Voyage, ont la
conduite de tout.
- Le Dimanche onzième du
mois passé, les Petes Recollets
de la Ville de Perigueux,
commencrrent l'Octave de
l'exposition des Reliques du
corps entier de S. Maxime,
martyrisé à pareil jour sous
l'Empereur Diocletien, l'an
302.. Ce corps avoitesté donne
par Sa Sainteté à Mr le
Cardinal Cibo
, pour en faire
present au Pere Jerôme Ranoüild
, ancien Définiteurdes
Recollets de Guyenne,&leur
Agent general àRome;Aprés
queMl'Eveque dePerigueux
en eut ordonné la Translation,
il fut porté par quatre
Recolletsrevestus de Dalmatiques.
Il y en avoit deux en
Chapes aux deux cotez de la
Chasse, & quatre autres qui
estoientaussi en Diacres, sounoient
le Dais.Un Religieux
du même Ordre marchant
dix ou douze pas devant la
ChasTe
,
encenfoit de temps
en temps ces faintes Reliques,
& nçuf Enfans habillez
en. Anges, tenoient en
leurs mains les inftrumcns
du Martyre du Saint. Elica
furentauffi portées de l'Eglise
de ces Peres dans la Cathedrale
de S. Front, où le
Chapitre vint les recevoir en
Corps. On les posa sur l'Autel
du
Choeur pendant les
Vespres,qui furent chantées
par une excellente Musique,
&ensuite la Procession générale
commença. Les trois
Compagnies des Penitens
noirs) bleus & blancs, chacune
composée de plus de
quatre-vingt personnes, sortirent
d'abord de la Cathédrale
où elles s'estoient rendues,
& furent suivies des
Recollets? aprèslesquels
marcheront les Jacobins, les
Cordeliers? & les Augustins-
On vit ensuiteMessieurs de
la Million avec le Séminaire,.
Ils preccdoient le Corps du-
Chapi-tre, aprèsquoy venoient
les Religieux qui portoient
la Chasse & le Dais;
puis le Presidial enrobes, 8c
les Echevins en habits decerémonie
? & enfin une infinité
demonde, tant du peuple
de la Ville?que des lieux:
voisins, fermoit cette marche.
La Proceilion alla en
l'Eglise de Saint Silain, c'
Mr le Curé vint recevoirle
Saint Corps avec la Compagnie
des Penitens noirs. D
là on passa dans l',Eglise de
Religieuses de Nostre-Dame
qui chanterent des Moters &
une Prose en l'honneur du
Saint. Enfin onse rendit en
celle des Recollets, où fitost
que la Chasse eut
esté
posée au lieu que l'on avoir,
préparé?Ml'Eve[gue de PemontacnChaire,
&
fitparoistre son éloquence
ordinaire dans le Panégyrique
quil prononca. Il donna
ensuite la benedictiondu
Saint Sacrement, ce qu'il fit
tous les soirs au Salut qu'on
chanta toute l'octave pendant
laquelle les Paroisses
voisines vinrent tour à tour
chanter la grand' Messe.L'éloge
du Saint fut fait chaque
jour par les plus habiles Prédicateurs
de la Province, &: le
dernier jour, ce futMl'Abbé
d'Aubusson qui le prononça,
avec une entiere satisfaction
de son Auditoire.
Quelque estime que le
public ait pour les grands
Hommes,on ne la connoist
jamais si bien que lors qu'on
260est dans la crainte de les perdre.
C'est ce qui vient d'arriver
à l'égard deMl'Archevesque
deParis. Ce Prélat
-ayant esté dangereusement
malade , son mal a donné
beaucoup d'inquierude à tous
les Peuples de son Diocese,
t& à tous ceux qui connoissent
les merveilleux, talens qui le
rendent si dignedela haute
réputation qu'il s'est acquise-
Tout le monde sçait qu'on ne
peutavoirune plus profonde
érudition
,? ny parler mieux"
rn public fk de meilleure
grace.Ond'aveu souvent
pondre sur l'heure ? non seucmenc
à toutes les difficultés
que l'on pouvoit proposer,
mais encore à des discoursentiers,
François ou Latins ,en
reprendretout le sujet,&entrer
dans. le détail de chaque
article en la mesme langue
Comme le premier Siege de
France, & peut-estre du monde
après celuy de Rome,demande
un Prélat de ce cara—
dcre , on, doit souhaiter de
le posseder long-temps pourla
gloire dela Nation^pour
le bien del-'Eglifc-
Su>•in'y»apoint• de. Souverain
dans le monde dont U
Maison soit plus nombreuse
que celle du Roy , il n'yen
a point aussi qui soit mieux
entretenue & plus brillante;
maisavec quelque éclat qu'elle
paroisse
,
il est impossible
de la bien connoistre
, parce
que ce Prince estant trop
modeste? & ne voulant point
se montrer avec le faste qu'affectent
plusieurs Souverains,
ôc sur tout ceux des Pays Orientaux
, ne marche jamais
avec sa Maison entiere. Elle
fert par quartier,& cependant
on peut dire que SaMajestén'a
jamais que la moitié d'un
quartier au prés de sa personne
,la pluspart de ses Officiers
de quartier ne servantqu'alternativement.
Ainsi pour
sçavoir en quoyconsiste la
Maison du Roy, il faut avoir
l'Estat de la France en deux
Volumes, fait par les soins,
& sur les recherches de Mr
Besogne,Clerc de Chapelle
de Sa Majesté
, qui donne au
Public tous les deux ans ces deux Volumes
de , augmentez nouveles particularitez,
avec les noms des Officiers
quiont achepté des Charges
pendant les deux dernieres
années soit par la mort de
ceux qui les possedoient, ou
par la vente qu'en ont faite
ceux à qui le Roy a permis
de s'en défaire. On ne connoist
pas feulement par ce
Livre,le nombre des Officiers
de Sa Majesté
, mais encore
leursfonctions les plus particulieres,
ce qui est tres-curieux.
Vos Voisins de la Campagne
qui auront besoin de
ce Livre, le trouveront chez
le Sieur de Luynes, Libraire
au Palais, al'Enseigne de la
Justice. Jamais
Jamais journée ne fut si
remarquable pour Paris, &
ne fera si longtemps gravée
dans les coeurs de ses Citoyens,
quecelle où le Roy
en l'honorant de sa presence,
lors qu'il vint à Nostre-Dame
rendre graces à Dieu de
sa guerison, alla disner à
l'Hostelde Ville,aprés avoir
eu la bonté de dire luy-même
qu'il iroit
> parce que
Messieurs de Ville n'auroient
osé prendre la libertédeluy
faire cette priere, Mr deSanteüil,
Chanoine de S. Victor,
qui est toûjours tout remply
dezele,ne laissa pas échaper
cette occasion d'en donner
des marques, Il fit là-dessus
quelques Vers Latins qu'il
adressa à Mr le President de
Fourcy, Prevost des Marchands.
Ces Vers ont receu
un applaudissement si general,
que plusieurs personnes
se sont attachées à les traduire.
Je vous envoye une de
ces Traductions, n'ayant pas
accoûtumé de mettre dans
mes Lettres des Pieces Latines,
quand elles passent deux
Vers. La traduction que vous
allez lire, est de Mr Perachon,
qui a un talent particulier
pour les Ouvrages de
cette nature.
SUR LA VENUE
v du Roy à Paris. Ante par tout ta gloire,~
Reyne des Citez.
Paris
, tu vois ton Prince, & IIIsens
ses bontez.
Ilne vientpointsuivy de nombreuses
cohortes,
Les coeurs deses Sujetssont des gardes
plus fortes,
Tes voeux sont exaucez. Ce Soleil
de l'Etat
Paroist hors du nuage en-fin plus
vif éclat.
ftftr ne pointt'ébloüir,son auguste
Presence
Mêle à la Majesté les traits de i'&
Clemence.
Il regne par l'Amour autant que par laLoy,
Pere de la Patric,aussi-bienqueson
Roy.
Pour luy tu rends au Ciel le tribut
des loüanges
Ille rend àson , tour chez la Reyne
des Anges , Etcharméde ta foy, le plusgrand
des Mortels
Vientjusqu'en ta Maison,au sortir
des Autels.
Avec toutesa Cour, ce Prince te vif-,
te ( '{!fIe i'invite>
Il vient mesme au Festin où ton
RI tu peux t'applaudirda, rieux,
D'avoirdanstonHostelfaitun BAli.)
quet des Dieux. ,
Ce Monarque nu milieudesa Royale
Troupe
Des mains de ton Preteur daigne
prendre la Coupe.
L'Heroïne seconde où renaist ton
bonheur,
Aux mains de son Epouse accorde un
mesme honneur.
Illustre magistrat, qui n'envîroit ta
gloire?
Paris, grave la tienne au Temple de
Mémoire.
Si d'un fameuxRepas tu regales ton
Roy,
Sa douceur beaucoupmieux te regale
chez toy.
De ses plus tendres soins ton Roy
te fivorife.
Ce Roy,ton Dieuvisible,avectoy s'humanise.
On diroit qu'il oublie & son rang, 6,
letien.
La Cité paroistReyne,& le Roy
Citoyen.
Je vous ay parlé depuis dix
ans de Mrle Duc de S.Aignan
dans la pluspart de mes Lettres,
& je l'ay toûjours fait
avec plaisir. Son esprit
,
sa
galanterie, &les marques de
zele qu'il donnoit pour nostre
Auguste Monarque en
toutes fortes d'occasions, me
fournissoient fort souvent
quelque agreable sujet de
vous en entretenir. Jugez,
Madame, avec combien de
douleur je vous apprens aujourd'huy
sa mort, arrivée
le 16. de ce mois. Une Fiévre
de cinq jours l'a emporte
dans sa soixante & dix neuviemeannée,
lors que sa force
,
son agilité, & son adresse,
dans les exercices les plus fatigans,
pouvoient donner lieu
de croire qu'ilestoit encore
dansson plus bel âge. Il avoir
un attachement inébranlable
pour le service du Roy,
& on ne l'a jamais veu dans
aucun party contraire a ce
qu'il devoit à son Souverain.
Il estoit de l'AcademieFrançoies,&
decelle de Padouë
&Protecteur de l'Academie
Royale d'Arles; ce qui fait
connoistre combien il s'estoit
acquis d'estime par sonesprit.
Il aimoit & savorisoit les gens
de Lettres, & quoy
qu'il
en
fust souvent accablé, non
seulement il les recevoit d'une
maniere agreable
,
mais il
tâchoit de leur procurer du
bien. S'il ne faisoit pas tout
ce qu'il auroit voulu pour
servir ceux qui avoient recours
à luy, il avoit pour eux
des honnestetez qui les consoloient
sans peine du nuuvais
succés de leurs esperances.
Les preuves de valeur
qu'il a données en diverses
occasions sont connuës de
tout le monde. Il le trouva
en 1635. à la Retraite de
Mayence fous le Cardinal de
la Valete, & fut blessé au visage
au Combat de Vaudrevange.
L'année suivante étant
au Siege de Dole,il receutune
blessure à la cuisse
, & se distingua
lors que l'on reprit
Corbie. Ensuite il se signala
aux Sieges de Landrecy ,
de
Maubeuge de Chimay,&
fut blessedangereusement en
1614. à celuy de Gravelines,
où il estoit Maréchal de
Camp. Il se trouva au partage
de la Colme en 1645. & à
la prise du Fort de Lirk,&
servit utilement dans le Berry
en 1650. au Siege de Saintc-
Menehout en 1653. à Montmedy,
à la Guerre contre les
Angiois. & en d'autres lieux.
Sa naissance & ses services
luy ayant fait meriter l'honneur
d'estre fait Chevalier des
Ordres du Roy, il receut le
Collier en 1661. Sa Majesté
érigeaen Duché & Pairie la
Terre de S. Aignan. Elle est
dans le Berry, & avoit auparavant
titre de Comté. Ce
Duc épousa en 1634. Antoinette
de ~Servient, Fille de
Nicolas Servient, ~S de Montigny,
&il en eut trois Fils.
L'Aisné fut François de Beauvilliers,
Comte de Sery, Mestre
de Camp du Regiment
d'Auvergne, qui après avoir
fait connoistre sa bravoure au
Siege de Montmedy en 1657
au Combat de Saint Godard
en Hongrie en 1664. & ailleurs,
mourut àParis en 1666. à
l'âge de vingt-six ans. Il avoit
la survivance de la Charge
de premier Gentilhomme de
la Chambre
, & estoit fort
estimé de toute la Cour. Le
second,fut Pierre de Beauvil
liers, Chevalier de S. Aignarb
tué en combattant contre les
Turcs à la mesme journée de
Saint Godard. Paul de Beauvilliers
fut le troisiéme. Il
estoit Abbé; & il est aisé de.
.voir par sa maniéré de vie
&: par sa sagesse, combien il
auroit dignement remply les
devoirs de cette Profession.
La mort de ses deux Aînez
l'obligeant àse marier, pour
ne laisser pas éteindre son
nom,il epousa en1671. Hcnriette
Colbert, Fille puisnée
de feu MColbert,Ministre
& Sicretaire d'Estat. Vous
sçavez qu'il est Chef du Conseil
des Finances, &qu'il y a
déjà fort long-temps qu'il avoit
esté receu en survivance
de la Charge de premier Gentilhomme
de la Chambre du
Roy. Je vous appris il y a
quelques années que M le
Duc de Saint Aignan avoit
épousé en secondes Noces
Mademoiselle de Lucé.
dont je vous parlay en ce
temps-là, Il a eu plusieurs
Enfans de ce second mariage.
êc un Fils entre autres qui porte
le nom de Comte de Saint
Aignan.
La Maisonde Beauvilliers
a esté seconde en hommes
illustres. Emery de Beauvilliers,
Bailly & Gouverneur
de Blois, Baron de la Ferté
Hubert, épousa Loüise de
Huffon-Tonnerre, quiayanr
succedé avec les Soeurs aux
biens de ses Neveux Claude
& Loüis, l'un tué à laBataille
de Pavie en IJZJ. & l'autre
mIocrt sans posterité en 1537. Comté de S.Aignan;
4. -
qu'elle porta dans la Maison
de Beauvilliers. De ce Mariage
sortit René de Beauvilliers
, qui a épousé Anne de
Clermont Talart, Fille d' Antoine
II. Vicomte de Clermont,
Bailly de Viennois, &
de Françoise dePoitiers,Soeur
de Diane, Duchessede Valentinois,
Il fut Pere de Claude
de Beauvilliers, Comte
de S Aignan, Gouverneur
:. d'Anjou,quien 1560.épousa
(
MarieBabou la Bourdaifiere
>
Fille de Philibert Babou
& Soeur de Philibert,Cardinal,&
de Jean, Grand Maistre
de l'Artillerie. Ilen eut
Honorat de Beauvilliers?
Comte de S. Aignan, Mestre
de Camp de la Cavalerie
Legere de France, &Lieutenant
General de Berry, qui
prit alliance avec Jaquelinc
de la Grange, Fille de François
de la Grange, Sieur de
Montigny , Maréchal de
France, & de Gabrielle de
Crevant. Ce fut de ce Mariage
que sortit François de
Beauvilliers, premier Duc de
S. Aignan.Pair de France,
Chevalier desOrdres du Roy, j
premier Gentilhomme de sa
Chambre
, & Gouverneur du
Havre de Grace, &de la Ville
& Chasteau de Loches, dont jevousapprens la mort.
F-i-i vons parlant il y a un
mois de celle de M l'Evesque
d' Amiens,j'oubHay de vous
dire que son corpsavoit cite
transporté à la Ville de ce
nom, pour estre inhume dans
la Cachedrale. Il y fut receu
parmy les larmes de ceux de
son Diocese
, vivement touchez
de la perte d'un Prélat
si digne de leur estime. Le
- 4. May on porta son Coeur
dans l'Eglise des Cordeliers
du GrandConvent deParis,
La Representation sur laquelle
ilfut poséavoit esté dret
fée sur une estrade au mileu
du Choeur,& elle estoitéclairéedune
infinité de cierges.
Onchantaune Messe solemnelle
, à laquclleassisterent
plusieurs Prelats, & tous les
Supérieurs des Maisons Rcgulieres.
A la fin de la Metre
après les encensemens & les
aspersions ordinaires,le Coeur
sutmis dans le Sanctuaire du
cossé de l'Evangile. Ce fut le
lieu le plus convenable que
puetrouver le PereleFranc
„
Doreur de Paris & Gardien
du Convenr, par les foins duquella
ceremonie a cité faite,
pour estre le depositaire du
corps de ce Prélat qui a presché
avec tant dezeletant d'éloquence
& tant de soliditc
les veritez de l'Evangile. Ce
mesme Pere pour rcconnoiftre
les obligations que son
Ordreavoit à ce grand Evesque,
quiavoit esté tiré de son
sein en 1651. fit faire le 9. de
ce mois dansl'EglisedesCordeliers
d'Amiens,un Service
folcmnel
,
où ces Peres n,otLblierentrien
pour les tentures,
les illuminations & les
autres décorations lugubres.
L'Orai[on funebre y fut prononcée
avec beaucoup de
succés par le Pcre Harbin,.
Docteur de Paris, & Gardien
du Convent. L'intendant de
la Province y assisia, ainsi que
tous les Cops de la Ville.
-. Meilleurs de l' Accademie
Royale d'Angers ayant proposé
deux prix depuis quelques
mois pour ceux on reusiiroient
le mieux dans une
matiere d'éloquence 34 dans
un ouvrage de poëlie
,
ch oiilrenc
le 14. du mois p^ifé
pour enfaire la distribution,
parce quec'estoit le jour ou
Loliis le Grand a commencé
à regticr. Ces Prix estoient
deux Médailles de ce Prince.
Le premier fut remporté par
M. l'Abbé d'Arnoye
, connu
par le talent qu'il a pour
la Chaire, & l'autre par M.
Magnin,ancienConseiller au
Prelidial de Mascon, tous.
deux de l'Academie Royale
d'Arles. La ceremoniecommença
par un discours d'eloquence
, que Mr Gohin Premier
President du Presidial ,
l;(. l'un des trente Academi- « -"-i
cicns d'Angers, prononça
avec beaucoup d'applaudissement.
L'A semblée se fit dans
la grande Salle de l'Hostel de
Ville, à causequ'on ne crut
pAacsaqdueemlieelieu ordinaire de
pust contenir
tous les Auditeurs qui se pre.
paroientàeitre de cette Fest
Les Dames mesme y furenc
receuses,cequin'avoitpoint
encore estépratiqué dans ces
fortes d'Assemblées publiques.
Les Pieces qui remportèrent
le Prix furent leuësavec
une approbation generale.
Le Corps de Ville qui
avoit fait la despense des Médailles
d'or & de la Feste, en
donnant àMrs de l'Academie
un Appartement dans
son Hostel
,
leur a demande
qu'on fïst tous les ans le Panegyrique
du Roy à pareil
jour
> ce que ces Meessieurs
qui ont dans leur Corps beau.
coup d'Orateurs,ontaccepté
avec joyc. Vous voyez
par là
,
Madame combien
restablissement des Académies
est utile, puis qu'outre
les avantages que ceux qui
les composenttrent de leurs
Confé,ren-ces. les Prix que - -—
l'on y propose de temps en
temps, font naistre une noble
émulation qui fert à reveiller
les esprits par les charmes
de la gloire..
Je vous ay parlé de divers
Jeux qui se font en plusieurs
Villes. Ce qui s'est passé à
Morienval
,
Bourg situé à
deux lieues deCrépi,Capitale
du Valois, mente que je vous
en fasseledétail. La Feste appellée
de l'A rc , y fut celebrée
leLundy19. du dernier
mois avec beaucoup de folemnité.
TrenteCompagnes
conûderabks y arrivèrent
des
desVilles voisines, precedees
de magnifiques Enseignes,
de Tambours, Fifres, Violons,
Hautbois, Musettes de
Poitou, & en général de coutes
fortes d'Instrumens de
Musique, qui estoient suivis
d'un Cortège fort leste de
senstres-bien faits & de
onne mine. A mcfure que
ces Compagnies arrivèrent à
la porte du Bourg
,
elles y
furent receuës par les Capitainesenfeignes,
Tambpurs,
& Chevaliers de Morienval,
qui les avoient convoquez
pour faire des Courses
1
ôC
qui les menoient d'abord
rendre leurs devoirsàMadame
de Kerfilis
,
Abbesse de
Morienval, & Soeur de Madame
la Marquise de pluvaux.
Cette Abbesse qui est
d'un tres-grand mérite
,
est
Dame du Bourg,& des lieux
voisins. Les Chevaliers de
toutes ces Compagnies après
l'avoir saluéelaPiqueen bas,
remirent au fort le rang de
leur marche. On évita par là
toutes fortes de dispute. Le
jour de la este estant arrivé,
les Compagnies se rendirent
le matin àlEglise de l'Abbaye,
où Mr Gilluy,Docteur
de Sorbonnc, & Chanoine
de la Cathedrale de
Soissons,officia, & fit un
fort beauDiscourstouchant
l'honneste maniéré de se divertir.
sur tout dans un temps
ou la fanté de nostre au guste
Monarque donnoit à la France
de si grands sujets de joye.
Après le disné
,
les Officiers
de chaque Compagnie s'assemblerent
dans e grand Parloir
de Madame l'Abbesse
pour y régler toutes choses.
On alla jouer la Partie que ton appelle d'Honneur, oç
qui semble estre un seur prejugé
de lavictoire qu'on doit
remporterdans tous les Combats.
Les Chevaliers de Morienval
la gagnerent avec
gloire dés leurs premiers
coups, après quoy toutes les
Compagnies vinrent les Enfeignes
déployées & en fort
bel ordre, chercher Mademoiselle
de Bremenfany,Pensionnaire
du Convent, &
que Madame l'Abbesse avoit
choisiepour tirer ensa place
le coup du Seigneur.Elle est
de Bretagnedel'Illustre Maison
de Vauborel & a mille
belles,qualitez qui soustiennentdignement
les avantages
de la naissance.Elle, se
£i\Lc avec un air- martial àla
teste de toutes ces Compagnies,
& tira son coup avec
tant d'adresseque de 4^40/
autres coups qui furent tirez
par tous les Chevaliers & Archers
du Jeu;il n'yen eut que
deux qui furent pareils au
sien.Cela donnalieuauxVers
suivans, qui luy furent cavoyez.
1
cEst pour vous , charmante
Deesse,
Queparoissent nos Demy-Dieux.
C'estpour vous qu'ils vont faire tldmirer
leur t:dr(ffi.
Sus,qu'àl'envy dans ce jourglorieux
Chacunpourle Combats'empresse.
Heureux qui touchera d'un coup victorieux
Celle qui touche toutd'unseultrait,
desesyeux
Et nos Buts, &- nos Coeurs les sentent
tour à tour,
Et bien mieux que renus , que
Diane & Ballonne ,
Vous meritez, de nous une tripls
Couronne.
Mademoisellede Bremenfany
fut ramenée en triomphe
, &aprèsqu'elle eut receu
les loüanges qui luy étoient
deuës, Madame l'Abbesse
fit servirla Collation à
tous les Archers, Le lendemain
on continua de combattre,&
suivant lesloix du
Jeu,Mrs de Morienval furent
ceux qui commencerent. Ils
firentuncoup qui les rendit
maistres d'un des deux Pantons.
Toutes les autres Compagnies
tirerent ensuite leurs
fléches, chacune à sonrang,
& aucune ne leur put oster
le premier Prix. quoy qu'ellesfussentcomposées
de gens
d'une ad resse merveilleuse.
Les Archers du Bourg d Attichy
remporterentlesecond
Panton,& ceux de Viviers
curentle Bouquet, pour l'année
prochaine.Mrs de Compiegnc
emporterent aussi
quelques Cartes ausquelles
il y avoit des prix attachez
Cette Feste duraquatrejours,
& tous les soirs les Compagnies
venoientarmes bas, &C
Enseignes déployées, reridie
compteàMadamel'Abbesse
de tout ce qui s'estoit passe.
iMr l'Abbé d'Armagnac a parpuaruavaevcecgsrraannddeéectlaattddaannss
uunneeAAccttiioonnqquuiiss''eeAstffaaiitree depuis
peu au Collège de la
Flèche. Il y expliqua une Enigme
en Tableau en presence
de toute la Noblesse du
Païs, &fut l'admirationd'une
tres-grande Assemblée.
L'Oeil estoit le mot decette
Enigme. Le Roy estoit peint
au milieu du Tableau assis
dans un Thrône
, recevant
tres -
favorablement d'une
main Mr l'Abbé d'Armagnac,
qui luy estoit presenté
par la Religion suivie des
Vertus, & de l'autre rejettant
lesVices quon avoit dépeints
en Monstres. On expliqua
toutes les proprietez de
l'Oeil, dont on fit l'application
à la personne du Roy. Il
fut dit entre autres choses
que l'oeilestans extremement
cheràtoutle corps, au
moment qu'il souffre toutes
les autres parties sentent sa
douleur & y prennent part.
Cela convenoitàla derniere
maladie de Sa Majesté, qui a
mis toute la France en alarmes.
Apres que Mr l'Abbé
d'Armagnac eut expliqué en
détail tout
ce qui se trou
voit dans ion Tableau, 8c
qu'il en eut marqué toutes
les convenances avec l'oeil,
tant Physiques que Morales,
le tout par rapport à Sa Majesté,
dont il fit un Eloge
continuel, il finit par les Vers
quisuivent,
cE ?fefîpoint parl'eclat d'unû
ïl/i/u, f'Ji~r' cneii;-.jlu.ce,
¡o:r '~¡"r -) ()
-
,
'.,'"
,1 'tt ;.. , VràMlloy 't :1
,eJ. fntens mirer ter
T.1J: M- i
:(lJl a, j.im.uixilcros
, qui pirmy
l!esbl :i^-iras, J
CO'.f.iee re/::Utirs ,.,;n au bonheur1 \.; t. J .;.,.. ¡ 1 L ,. ¡ .J ..J J.. Ir., -,. y
JJ L , ! '.- '-' - ¡:: ,. j C~
delaFrance,J
Ont àvecqxe leurfer,o t-eivJafis a
LeursiVt-veux J.J Dessentimexsps0généreux. j
En"j ;/" ter;s. ces gréa.-s ",,'r»1.f .,. '-"' qui :. Itri'lle.ts l'V.' , l le , e
Fc>;i:j;tr?f;oy r' r i,/:/Jire, yFi.rgloire, te 1c'-'oici*jours y.c-'>cue.tes jeux ~-~~
Sti lIalvv:..eIin.ut ?Fefrhl::eeJ-fat-ig de ry c,.r 1J. ..-~
mes A}c¡¡x.
LaVertusans tremblerseule adroit
deparaître
Ocvaut & le plusjuste & leplus
g/irid des Rois.
Elle jenie aujourd'huy peut ranger
soussesloix
\eluy que l'Vniversvoudroit avoir
pour ,'.Jajlre..
Elle a toûjours regnésur tousses
feùt',nens,
Elle reglelesmouvemens
Du brnas q.uédeseEtasts re.gle les dejli-
Mille Nations estonnées
De voirsous tes dessins leur pour
voir abbatu
\lvii,:tto:i bon-,heur admirent fil
vertu.
£Lie trouve en ton coeur la mesme
obeissance
Quelle te fait trouver aucoeur de
tes Sujets;
Et comme en tout tusuis ses genereux
projets,
Toutsuit tes volontez, toutcede à
-
ta puissance,
Atessages Conseils rien ne peut rejijler.
Sij'ose à toy mepresenter,
Ce n'est quesous l'abry desessacrez
auspices.
Osi quelquesregardspropices,
Seursgarands desbontez qu'a pour
elle mon Roy,
Allant à la vertu, pouvoient tomber
sur moy !
Cette faveur
,
GrandRoy, m'inspireroit
l'audace
De tefaire à jamais lesujet de mes
Vers.
On n'a rien veu dans ce vaste Vnivers
(n'efface,
Que l'éclat de ton nom, que ta gloire
- Les coeurs & les esprits de toyseul
occupez,
,', Ne peuventplus estrefrappez
Que de l'étonnement des exploits
incroyables
Que tufais chaquejour à nosyeux
éclater.
En toy Mars & la Paixsemblentse
disputer
Vhonneurde nous montrer des faits
plus admirables.
£)ui n'estoitpoint connue aux antiques
Heros.
Tu cueilles des Laurierssans le si.
cours des armes,
Ils ne sont arrosez, ny desangny de
pleurs.
Quandsous les loix de Dieu tu VA:
menes les ClEurs,
Tu joins à tes vertus tant d'invinciblescharmes,
present l'Vnivers n'a desyeux
que pour toy;
Jlft/et àson amour que ta bonté réponde.
Pour l'en recompenser, daigne dont,
ô grand Roy,
Souffrir que l'ont'appelleaujourd'huyl'Oeil
du Monde.
Nous avons appris icy Iz
mort de Madame l'Abbesse
de Nostre-Dame desPrez lez
Troyes, Ordre deSaint Bernard,
arrivéedepuis peu de
jours. C'estoit une Dame
d'un tres-grand merite , &:
qui gouvernoit cette Maison
avec toute la prudence ôc
toute la pieté imaginable depuis
vingt trois ans qu'elle
en estoit Abbesse. Sa naissanceestoit
illustre
,
& vous
n'en douterez point lors qus
vous sçaurezqu'elle s'appelloit
AnneChrysante deGondrin
de Montespan,& qu'elle
estoit Soeur de feu Mr deGondrin,
Archevesque de Sens,
si generalement estimé de
tous ceux qui l'ont connu.
Elle avoit de l'esprit infiniment
, & de ces manieres
grandes qui fontaisément
distinguer les personnes de
sa qualité.
Rien n'est si inconstant
que la Mode, & quoy que
Mode veuille dire une chose
actuellement en usage, les
Modes sont si incertaines en
France, qu'on peut dire qu'il
n'y en a presquejamais d'assurées,
parce qu'ily en a trop,
& trop souvent, & qu'il suffit
qu'elles soient receuës,
pour faire craindre qu'elles ne
changent bien tost. Cependant
il faut estre à la Mode à
moins que l'on ne veüillepasser,
oupourridiculeoupouravare;
mais la difficulté est de se
saisir des Modes dans le moment
qu'elles paroissent, puis
qu'à peine se sont-elles fait remarquer,
qu'onn'envoit plus
que des restes, étouffez par
d'autres Modes naissantes.Ce
qu'il y a de fâcheux, c'est
qu'on îVert pas toujours en
estat de suivre les Modes
dans leur fleur. Tel quitte un
habit qu'il n'aporté qu'une
fois, à cause que quelque
more l'oblige à se metrre en
deuil
,
qui se trouve hors de
Mode quand il reprend cet
habit. Ainsiilne faut jamais
outrer les Modes, parce que
ceux qui les chargent davantage,
paroissenr bien-tots
les plus ridiculement vêtus.
Celles de cet Esté sont venuës
tard aussi-bien queles
chaleurs.C'est ce qui a obligé
beaucoup de gens à se
faire faire des habits d'Esté
de drap fin. La Mode la plus
constante que nous ayons
euëdepuis quelques années,
a esté celle des Culotesd'une
étoffe différente de celle
des Juste-au corps,les Culoces
estant de velours & de
Brocard, &les Juste-au-corps
de drap & de serge. Cette
Mode commence àchanger,
& la pluspar de ceux qui ont
fait faire des habits d'Esté.
ont pris des Culotes de la
mesme étoffe que le reste de
l'habit. Les Juste-au-corps
sont plus largespar le bas
qu'ils ne l'ont encore esté.
Les manches sont à botes, &
toutes plates, &la grandeur
du revers est un peu diminuée.
On voit beaucoup de
poches bizarement coupées,
appellées poches de Chasse ;
elles ne laissent pas d'estre
prelquc toutes differentes,
qnoy qu'elles portent le mêmenom.
Les unes ont deux
languetes, lesautres trois,
& les autres ont de petits
croissans tout autour. Leur
chamarrure est fort bizarre.
Les unes sont chamarées en
chevrons, les autres en zigzag,
& lesautres sont toutes
pleines : la pluspart s'en remettantàleurs
Tailleur qui
soutiennent que ce qu'ils ont
imaginé est une Mode naissante.
Aussi seroit-il difficile
qu'elle fuit plus nouvelle,
puis qu'elle n'est encore que
dans leur imagination. On
ne voit de ces poches bizarres
qu'àceux qui se font fait
habiller des premiers. Ces
placards d'or&d'argent sur
,
des habits dont le reste est
uny ,font un effet peu agréable.
Ce n'est pas la faute de
ceux qui en portent,puis
qu'ils ne font point les inventeursd'une
Mode qu'ils
n'ont prise,que parce qu'ils se
sontfait habiller avant qu'on
~McôMde~a~Me~h~
bicrfftfSAfr1usage «Î!tfettêfH
ModePcïWl
foufît#è püú.t dë^jAiries^Ofïr^
£"ièrs>\fiJis^1îfc !l'tâ 1*aVéti^ ~i~ën~p~t~éiniercrftPf
cavalier.Li(Mbdedè^pdéjh$
âhlcmg;aUcrâTyent^ok:Bes ek
trompettes, est toûjourse
usageparmy ceux dont
ilest
glorieux de suivre l'éx'empltf.
Les étofes les plus à la mode
fotit les RasdeSiam, de'Oue.;.
bec ,& deCastor. Ces étofes
sont fort fines,& quoyqu'eldes
ayent l'oeil d'uneétofe
d'Hoiver ,ronne laeisse pars dje&
porter beaucoup. La couleur
verdastre est entièrement
bannie, maiscelles demuse
clair&de Caffé font tout-àfait
en usage. Il y a encore
une petite étoffe nouvelle,
&qu'on trouve fort agreable;
elle
,
rayéressemble à du Chagrin
par petitsfilets de couleur
de gorge de pigeon. On
double tous les habits de petits
taffetas d'Angleterre glacez
& jaspez, & assortissans
aux étoffes des habits.Quand
ces habitssont à poches de
Chass ces poches, & les
revers demanches des lusteau-
corps sontchamarrez
pleind'un petit galon cou
uny, & fort leger, d'or oo d'argent étroit; mais un habtun
peu distingué,estchamarré,
d'un beau galon d'or àlissere, fc,rt Ipisant partour
donton couvre les poches & lesmanches. Il y a aussi des
habits avec une petite broderie
fort agréable d'or passé.
Cette broderie fait les mesmes
compartimens que formele
galon. Ces fortes d'habits
font pour les personnes
d'une qualitédistinguée. Les
vettesles plusàJanjod-e,.Sa
les - plus riches,sont d'une
étoffe nouvelle, dontle fond
citde gros de Tours, rayé
d'or de pouce en pouce ; le
milieu des rayes est remply
de petites fleurs d'or à l'Indienne.
Il y en a d'autres;
qui sans estre rayées sont semees
de ces fleurs. A l'égard
delà coul eur de ces vestes
cllesi sont toutes en usage.
On en porte de taffetas semblable
àl'habit, dont tout le
devant est couvert d'un galon.
d'or ou d'argent. On se sert
toujours d'Amadis fort chaûiarrez.
Jamais on n'a tant vû
d'habits deTiretaine Ilssont
toutgarnisd'unepetitenompareille
d'orsurlescoutures.
Lcsf^éftéside ceshabits sont
desmesmeétoffe, & toutes
couvotesîde galenjoude
nompareille xL'orderaefme t <
cltte celuy descouturesde
l&afoôt^Oit:porte aussides
habitsdeTiretaineavec des
hcut0tûû£tci$&t.<y&ï passent
:cdtnmc::de labroderie. Comjourd'fo):
qujrfor&l'argent
&.qu'iineskûtpâsemployai
de grandesfemmespourgarfiitvn
habit debdf
pttlté:garori surles kIoûtbrt'h
ceuxqui ns'fe^r p^i &iiqua£
lepeu-dédépense?a at^orifé
lueaporter de b'or&'tfôlèail
gcniï a en mettre surleurs haU
bits;de quoles person
nes deinaifTincx ne £anç plus
d^ftin^aces/Cela fijitque plu>
fièurfci commencent aiporoet
des habitsunis aveedesbout
tonsdelamêmecouleurqui
thafâtbinaisavei:destestes
si riches,que les Bourgeoisne
pd^emuvêmenetiJoLuesa»^oJufefntet;-eaau[p-eûpErr^ajs'
Wçjil&d'écarlace:font1
cou*-
jbufôAUjaodcv«an-lhiddour
bip delàmemecouleur qu'est
ledrap, ilssontchamarrez de i^iyutonnieres. Les
ÇYpvs.-des1manches detous ces
Jufte~a\i-cçrps for^deLl^noér
meétoffe3sur laquelle onfait
siverfes,,chamarrures. On
pprte lf&r'çhape^jx rjetrèflez>
%y.€c un cordai},e$ou»argent*
ou un tour de plumasblanc.
jDnvoitsi peujde chapeaux
gris." qu'onne peut pas dtre
qu'ils sçientà la mode. Les
cravates sont toujours en coletavecpligros,
noeud de rub$
4^g)r>pprççrle^basjGtefeye
^ortilli^ à4^abi^L^'baudriers
font peu enusage,
on n'en voit presquè plufctLes
Julie au-corpsdes personne£
dequalité qiii^tcompagttcnt
ordinairement jMonietgiietir
le Dauphin àlaGhaflfesétôient
l'année detnierededr-',i
& cette année ils sont d'un
drap gris-brun, & brodez d'argent,n'Jtj^ JJe passe à l'Article des ma*
des qui regardent les Femmes,
& je vay tâcher de Té^
claircir de manière , que les
Tailleurs de vostre Province
pui fient leur faire des habitsî
a la mode, sur ce que je vous
adicay..CTa modèdes Manteaux
aSg xlcsiJtlpmdl toujoursicà
âuâg^nLes;Qarcfçs?ontcntic»-
3fej»cnt1î J J toiites les to
ifflSjdol'filéipâiTéycUes forât
cfeabilLcgs^d'unepropreté cx>-
^triaordin^ifé. he-s\érÕl¿s:. dont ilcs Jtipèls,fonfcàpetites rayps.>tic
&cCimal^ifr^(udb deuxdoigts en milieu de
cesrayessont semées de petitesfleursd'or&
d'argent fort
^^ïcâlïlesu IIy en ad'autres
dont tout lemilieuest d'ar-
--gct-itfux-u,n fond de gros de
-3Ct)urs*Ontrouve. decesfonds
~tC~tM couieisrîi ^D'^ucifcs
ifoRoà'nayes deocwjjlsuniàrgcs
d>'undiDigt^&Eèii^unojï&yfc
<ta fleurs d'or oud'argcot^àfc
joa\v.cîar«Tçuja1fait le fond
dotoute-I^etofciCette!otose
:skppelle Marl\ .i! y erb£tdcJpuissept
francilTaunejufciti-à
1 cvingç trancsjOnvcit au{ïLdès j.ctokstoutesdefoY{ivf'fLvm,¡,
dduucrbrôbssddcTeoTuotsù#rpsu;taf&tas
f fort;ellessont rayéesdegrandes
rayesde cinqousix,courpalenuthrsè,
opraergmry*elreObseqauuecloleus3prlamCaois- étoffessontsortbigarées,&
sontappelléesRigaudans.Les
Grisetes des Dames sont d'u—
ne étofe de lainefrayée de
quantité de rayes de toutes
couleurs? &son les appelle
Siameifek s cette étofe est a
: grandmarché£Pour ce qui
regarde lamaniere ces Mano
caux ?
la gorge est fort couvertc,&
a deux grands plis par
devanteun ply renversé par
derriere, la bordure large,&
un petit aîleron à l'attachement
de la manchephflée à
l'Espagnole. Cette manche
est relevée sur le bras, & pend
sur lederete & naudedans
du bras
*
&le roulement eu
lest large. Toutes les étofes
qu'onprend pour les Jupes
font en travers, & ces rayes ontcomme des ceic^au^
Ces fortes de Jupes sontfort
propres aux tailles fines; mais
les Dames qui ont un peki
d'cmbonpoint>fonttaire Iculie
Ju pes à coins tournez, ave
un galon au bas. Il se faites
core des Manteaux tout unis
de gros taffetas de couleur) où
l'on met autourdu col unga,
Ion d'argent tout droit ; mais
pour le gros roulement de la
manche? il se chamarréci.
ondes ,-ouenlassez avec uu
grosnoeudderubansauac4
kMqixcauz.Lesjflobç-S prés
pjcsjquel;on ncue•erjgiejt
tantrC RoJbcftjdçgj} pl^yj^sipwle^ui)pre^
|iên:.ejevapt^àçi®«rp. £)%
neporte phisciemançhesdc^
dessous.Les.Dames poKcnt sLes,&"&%9m*'
guant^tç. 4ç,^>rAç^-4 la jafl» tîinîerofaiteî d'ypfiaandfe-
4e a7,c lanche >3t}%4emyr|
~%4~ fSPeWft
pt^cfi&j~~fdu~ir~tu~nfi©|>C8o§«!fftlW3»
M~~SH~M~
tTeff unOuvrage aiaihôdé9
èjui tftunecfpcccde cahevas
ià fine gaze vitrêeyfiifMaquellçort
fait im oûvràgea
Péguille avec dufil fort finJei
ôuelcuivrageest appelle ~f~
ty^&lle$iDamess'yoctupcfiè
avec plàisir. Les Fontanges
ftffctftfrtgioftessurcescçc'^
fyre^ : ù' àn'
ellessoàntd*unruban
d~é*^ouitrayeijs
dôd<Mgt>&g^niè*:nottir
pmawresiollJells'yde différentes coua
encore d'autfcS
côëffûresde gaze apetite*
fleufsblanches. Les coëffes
n~it~Ïonc l'ordinaire. tes4
Eventails font à fond d'or &
d'argent? avec des figures
de la Chine; on les appelle
Eventails à la Siamoise On
porte les Colliers de Perles
fort gros; ils font d'une com-.
pofirionsi surprenante? qu'ils
paroissent fins. Les plus beaux
font de deux Louis d'or. Les
Souliers font à l'Angloise;
les Gands glacez.
1 Je vous envoyeun nouveau
Printemps quiest extrêmement
estimé.Aussi est-il d'un
excellent Maistre,
>..- - - -
AIR NOUVEAU.
RintcmpJ, tun'asflus rien qui
siste mes dcjîrs,
Jejuif trahy de celle que j'adore.
Hetbs! dans ces beaux lieux où tu
fais regner Flore,
de nepuis retenir mes fleurs ny mes soupirs.
Envaia la ntiiffinte verdure,
Lechant de mille aux, & lef
(
plus doux Zepbirs
Sejoignentpour calmer la seine que
j'endure;
4 des coeurs plus £ure»xrefervC
les plaisirs
Printemps, tu n'asflus rien quiflate
,nes desirs.
Le vray mot de la première ds$»
*deux Enigmesdu'mcispfie ,eftoit lafauJJçJébnhoye,&catftétrouve
'¡.par M1CBoucoetvancien
Nogqnr leRoyide Girouvil e; le
FvrejSéjournai; Geoficy,Lavaus*
Medecin dePerigiieux Da.Amant
def*"charmantc KaminVje
la rueneuvede Meïuh;rinJiiî^
rerttvitfStlgré ioy le Marié
mour; labelle Cfceron*d,Ârnien.c#
& lesAflBcieY de bonnetontneur
duquartier SaintPaul.'Onaexpliqué
lafeconde Enigme furVr 4eo,
dechets le Manège ?"PonMte>te
fE/Ltrfotete* &: performe Vien *
Jtro~uv~é 1<"vray sens 'Ceftoif la
• La premierc desdeinciînigmes
nouveles qtieje vous- envoyer est
-deM.T^bbé Darctfe, &ch{çcoj0$ teM. Raulidç Rçûeb,^
ENIG~M', ,,E, DEjWfFferes&twyS$urf d'tfg
'Jiu! eg4«,,4f wwçi
lî-dl i4'., >'tL ».
,
Semtëti&ii
-
ifiMrij +jÇe+FierejMt^t^tji^fakle^
m ; 4ihWsmm &»%szjir^Usyjfdf
iO, ï\toHtcQntnefyts»
Leur olitesse laijl les re&d^#L- ys<n*v 'ii'iï ;>•h q »?j£ jfbditn#,fmttmptfcherv ~~<~ >>rç f£11tti. *,,¥l
oseçnapploçk^ "i ;v\
on e es ouve njtipportables
heur rougeur n1ejl^m^usun^effet Je
., Njl'ouvrdge , s.
Ny l'ouvrageUe~U'pyd£urt<^
-4 Lenrfrour} desrides vainqueur, ,il f/lrarç lfujJi qu'ellemonte^
--
Malgré lesdijfejrensemploi*
jgàeremplirentchez, nousçes&/?q
.fI1J4fJ.Ssansn^ere%A : : ";.
Voyfivetéferhble leurplaide,
Ils pajfentfouventdesfïx mois
TonpursliebottrkntrienfajrK
Leurpere avare drsansamourpour
es que'iulxsf*o•u-t-#•c&•-a-a pin, sTvaraant
jUj ivre* ',,' l.
Ils 'en ont paspJuJi tyalheueux,
'-, v, V',Wn cachotcomparable à l'Enfer tetrncruauîé
es ttelivr**
<> ;
ilsensortent iuvent our loger nes IÎCHK
- Ou out si agnifique,dittout est
précieux.
JPjxrcWriger leurfroideurïMtnrttit
Dont nosmains quelquefois leuràr- eu Soit qu'ilfajfé haud ott qu'ilgâte4•>
Ils ttendenttoujours u'on wrftffi
dttfev.
AUTRE NIGME ildi ris vec mon om in&ifi
fnteàM CôUr"J".
'mebeAtttédigned'un rince,
Et és ce avorableour,
Je ours deProvince en Province,
„ ..a.t.4ilJ'IlW mfigalantùfigf'iv -ar 'û
~u'b~N~'i~
Au* J**utïo»chefInyenx&Usicceyfs,
^uorfqu'vnWajte d'as HcugUne-i*x>,
xî" -;émwentj.*• 1 ;-"
*5Oit-fèfins noblementplacée 'Ij'
k?/r m'y remetincontinent,
^Aptesdfn*4*nmt esty passée.
eaieTotfsayftncorerie-ndit du
""V-o^agc«hs"Rxrp*Luxembourg.
'•Vfcusij&otrrfcz^onnoifbfepaT-1a que "'£t «rai3ilû®c.quelque chose deï*Be-ferceVoyagé,siMs
enuàboutde mondelieur*Se avé*
beaucoup de çechcfchescjtfieu-.
ses j'ay-trouvédé quoy air-6 sur
ce sujet une Lettre enticre qui ert
deféconde Partie à celle-cy.'utestre
n'auriezvouspascruqu'un si
court Voyageeulbfonrny tarte de
matiere ; mais quand il s'agit d'un
Journal de ce que faitle- Ro^ on
en a toujours de reste,quoy que ce
Journalfoit de peu de jours. Celuy >oc'de-Louv.ois,qUJf aeftèdc
prés de deux cens cinquante îieuës,
entre àufTidanscetteLettre»outre
unedefeription de la Ville,de;.Luxembourg
; telle; qu'elle efir^.auiourd'huy
>tic,les chpfesquerje tapyortc
des
•
Places que ce-Ministre
&visitées, sonconnQitfre-en^quel
>t#atld Royamisl'Alfacç8c la Pro-
-
wtttec de laSarredepuis quinze ange
Vousverrez dans la mesmeLettre :
avec quelle manière honneste le
Roy a eu la bonté de dissiper les
alarmes,qued'ambitieuxinteressez,
jaloux dela gloire de ceMonarque
vouloient donner à toute l'Europe
, dansl'esperance de se prevaloir des
troubles qu'ils pretendoient exciter.
Toutes ces choses estant plus que
suffisantespour remplirla seconde
Partie decette Lettre, j'ayplûtost
esteobligé de lesresserrer que de les
étendre,Elle finitpar quelquesarticles
de ce qui s'estfait à Verf,-tilles.Il
mais ceque j'endiss'estantpassé
incontinent après le retour du Roysemble
estre encore du Vcyage.
J'apprens quele Gouvernement,
duHavre qu'avoit feu M. le DuSi
deS. Aignan,a. estédonnéà M.le
Duc de. Beauvilliersson Fils,&ce
luy de Loches à Mrle Marquis de
Livryson Gendre, &, queM.dô:
Beauvilliers donne encore centrrtiM
le francsàMadame de Livry, parce
qu'elle avoit un Brevet de retenudl
de cinquante mille écus sur le Gou-v
vernement du Havre. M.de Saint;,'
Aignan avoit aussi les provi fions
d'une Charge de grand Arpenteur
de France,dont il n'avoir pas encore
jouy
, & le Roy les a fait expédier
en faveur de M.le Duc de
Beauvilliers. Je fuis ,Madame
Vostre, &c. -
AAPPaarrisisCcf JeO.3J0ui.nIu¡!inS1,6..8,7',.
AVIS. ¡) QVdynes prieres fjtfon ait fâitti.
jusqu'àpresent de bien ce le£[
noms propres employez, déni letr
'i-i,rJn nelaissepas d'y manquer tCltJDUPJ:t
Cela est causequ'ilyadetempsen temps
quelques uns de ces membresdont on ne se peutservir. On reitere la mesmeprie
re de bien écrire ces noms, en sorte qu'on
ne s'y puisse tromper. On neprend aU4
cun argent pour les mémoires
,
& l'on
employera tous lesbons ouvragesà leur
Pour,pourvuqu'ilsne desobligentpersonne&
qu'il n'y aittien de licentieux.
Le fleur Guerout qui debite le Mercure
à la place du feu sieurBlageart, avertit
que nou seulement il l'envoyera tous
l-rs mois de son bonne-heure a tous les
particuliers d-' Libraires de Province
quiluy aurontdonné leuradresse
,
mais
qu'ily joindra tous les livres nouveaux
des autresLibraires deParis qu'onvoudra
avoir, dont ilfera les paquets sans
demander antre chose que le prix des
Livres: il prieseulmene que l'on ait
soinaffranchir les lettres deport.
CATALOGUE
CATALOGUE DESLIVREZ
quiJe"débitent cbe^leJtàvrà'qeroât^
^CoKrt-NeHÎfed'uPMais, ';
Histoiredes Troubles de Hongrie, contenant
toutce qui s'y est passé ce remarquable jusqu'à
[&-fiade,l*,àniàée 1686. 5. vol. in,.7.1.10.T
Voyage duChevalier Chardin enPorse&
IndesOrientales parla Mernoire&par
Colchide, enrichidedix-huit grandes figures.
2.Vol. in124.l10C.
Recherchescuricusesd'Antiquité de feu M.
pon , contenues en plusieursdissertations sur
des Médailles
ij bas-relie fs,statues, mosaiques
inscriptions antiques
>
enrichies d'un grand
nombre defigures.vol.in quarto. 7. 1-
Dialogue desMorts2.vol.inH.li*r
Jugement de Pluton sur les Dialogues des
Morts. vol. in12. une liv. 10. C.
Entretiens sur la pluralité des Mondes. TQl..
I-t it.,"H "'H * li*.'*o?X.
Histoire des Oracles, vol. in 12. 1.110
Lettres galantesdeM, leChevalier d'Hervol.
in12» 5.h Academiegalante.2.vol.in12.
LaDuchesse d'Eltramene. 2.. vol. in 12. 2. L'
LeNapolitain,vol.in.12. >. i.lï
Sentimens sur les Lettres & sur l'Histoire
avec des scrupules sur
-
le stile, vol; in. il.,
ei)ç liTtedijt i~s.
L'Ariostemoderne 4.vol. in 12. 9.1.
Dialogues satyriques &moraux. vol. in u.
une livre dixfols.ol,_nrT
fables nouvelles. vol. in12.
Discours satyriques & moraux en vers,
vol.in ~t une livre.
Epitres en vers deMonsieur Sabotier de
l'Académie Royale d'Arles. vol. iji 12 unc
lJiIv'vrr'e". ~f"'- "t ..- ,- -t ,
Caracteres del'amour. in 12. 10.r.
tU LeGrand Visir Cara Mustafa. vol. in n,
ne livre.,, ,ti9L
y. L'illultre Génois.. vol. in is. 10. f. LeSerafsier.vol.inu. 10. f.
La Devineresse, Comedie, iv.
Artaxerce, Tragédie avec sa critique 10.
Onacommenté àimprimerle Mercure au
mois de Mais 1677 Outre les Volumes de
chaque mois,ily adiverses relationsparticulières
, sçavoir. „ ,,,,, Le mariage de Mademoiselle avec leRoy
Le mariaged^eMonsieurle Prince de Conty avecMademoiselledeBlois,
Le mariage de Monseigneur le Dauphin
avec la Princesse Anne Chretienne Victoire
de Bavière. Le voyage du Roy en Flandre en Ulo. 1
La négociation dumariage de .Mo..diCIU
Duc de ¡¡Yo}'c ayecl'Infantede
le
Deux Relations des rejouissances qui se
sont faites pour la naissance de Monsei gneur
Le DucdeBourgogne. Relationdusiégesde Vienne.
Relationde ce qui s'est passé à Genes.
Relation du siége de Luxembourg. •/
Histoire du siége de Bude.
Recueil d'ouvrages faits à la jouiangede
Roy surl'extirpationdel'heresie
Relation, des PSr-res Ont
esté faites dans toute le France, en aalm.
de grâcesdela guerisonduRoy.
voyagedu Roy à Luxembourg , contenant
la description des Places de h Hante 8Ç
Basse Alsace, & de celles dela Provincede
la LSaaRree&latdieonLuxembourg. -:
exactede l'Ambassade de 34-k le Chevalierde ChaumontàSiam estdans
dernière moitié du Mercure de Juillet 1484.,
& dans le volume entier qui luy Íèn de scaon-
Je partie. Il ya quatre Relations de tout ce que les
Ambassadeurs de Siam ont fait & veu en Ftall-l
ce ,
dont les titres font,-
YUY!l;;è des Ambassadeurs de Siam enFra
ce. Cette premiere R elation contient la TO* ception qui leur a esté faite dans les TiBSf
où -1s ont passé, leur entrée à Paris, les ce. remonies observéesdansl'Audience qu'ilont
euë du Roy ck dela M¡i[oa Royale les comq
deplliimeeunxs qu'ilsontfaits,& ladescription
où ils ont esté
Suite du voyage des Ambassadeurs de Siam
en France. Elle contient ce quis'estpasséà
l'audience de Madame la Duaphine des Prin-.
ces du Sang, & de Mde Croyssi & de Seigne- 3,
lay, avec une descirption exacte des Cnafeaux,
A ppartemens ,
Jardins& Fontaines de
Versailles, S. Germain , Marlys Clagi;y?
de la Machinede Marly , des Invalides de
f. l'Observatoire & de la Maii- C-yïijai
Troisiéme partie du voyage des Ambassadeurs
de Siam en france On y trouve la des
cription de Versailles, c. lle des cheyaux qui,
font dans les deux Ecuries du Roy, ce q ui jp s'estpassédans les visitesqui ont esté rendües
eux Ambassadeurs, les experiences de lapesenteur
de l'air faites devant eux,la description de
la Gallerie de Sceaux, & les receptions avec
les harangues qui leur ont elle faites dans touces
les Villes de Flandres.
-,A < -'B.u,
IV & derniere partie du voyage des Ambassadeurs
de Siam en France
, contenant la suite
rie leur voyage de Flandres depuisValenciennes tu jusqu'à Paris ,
la description des Villes ou ils
ont passé & l'es harangues de tous les Corps
ce qu'ils ont vu à Paris depuis leur retour, leurs voyages à Versailles, leur audience dcn,.
congé,& les 17. audiences qu'ils emjcnt: le
PJ<¡fm' jour , avec tousles compliments qu'ils
-. ': ontfaits,cequi s'est passé àleur àcpaft,S(
lesnoms des personnesdistinguées qui fOit"
partiespourSiam
Onne fait plus d'Extraordinaire^ilyeni trente-deux ; qui outrelesquestions gaf^net
d'erudition&
lesouvragesdeVers
tiennentplusieursdiscours,Traitez con-
&orî^i-»*. nes,sçavoir
Des indices qu'on peut tire^-clela'rfuniq-e
dont chacun fonfleCm écriture. Des ;
uevtfçs
Enblemes & revers de Médailles. de ence -ck'S'chCVCliX. Extraordinaire 4•
,OTI,ginedr, la Peinture & de la Sculpruro
Origine du ~chemin,du papier & des Tilettes.
Originedu Verre, des veritez gui
ontrenfermées dans les fables, des songes t
,c l'excellence de H peintures,Extraordinaire
De la Peinture. Quelle estl'origine de
Architecture Extraordinaire 6.
Be la Contestration de l'origine desArmcg
12 armoiries & leur progrcz. Extraord.
Del'origine des Langues , quelles Lingues »
ont les plus en usage, &quelle est la Langnû
atrice. De l'origine de l'Imprimerie. Det
angs& Ceremonies.Extraor.8
DesTalismans. De l'origine de lapoudre
Canon, De la pietre Philotoph^lè. Des Fctif
ontles Anciens Le servoientdans leursGuer--
&deleurcomposition. Extraor 4.
ÇoK^tlÀÛQ»Àcad«Biq«c. Dc^Tatlifmiûjfj..
de la Sympathie & de l'Antipathie des Corpra
Dela pierre Philosophale. Dela Danse) de
ceux qui l'ont inventée, & de ses differences
especes. Exrraor. 10.
< De l'origine de la Danse. De l'usage de la
Glace. Des Esprits folets. Del'origine de
l'Harmonie. Extraor. II.
Des Follets, s'ils font de tout Pays, Je ce
Qu'ils ont fait. De ceux qui ont inventé l^Hai;-*
tnonie) & de ses effets. Du frequent usage de
la saignée. De l'origine de la Noblesse.Éxtraordinaire.
12.
Dela Superstition.Du bien & dumal quela fre.
quentesaignée peut fair Déterrer de l'eau minerale.
Del'originedesBagues,de leur ma iere
&deleurusage, delavertu despins rares
pietres qui y soientenchaisées. Dela Chasse.
"J?odtV*>ordi 3.1;,.
De la superstition& des erreurs Populaires,
Des Meteores & de la Comette ert <"iuV ?fîo, De l'origine de la Chasse. De l'oîi".:
&des Armes de quelquesMaisons de
France. De l'origine & de l'usage des Masques.
*ï> rcmifS de la Santé & de laMaladie. £xtT*or+
dint'n.14. ,.I.t.- 'c.1" l'J
4^ De l'air du Monde,& en quoy consiste la
veritable Politesse. De l'originedelaMede-
"Cint Des Peintres anciens , • & de leurs ma- »it.,es Txtrnorâinairt- if.••A De l'ÉloquenceancienneSe moderne. Traité
surlesvandanges & sur l'origine du vin. Secretde
l'éciture&de la Langue universelle.
Extraordinaire 16.continüe dansle17,19.
20. 11.ij, 3o. 31.32.
tr
Euquoy consiste l'honnesteté & laveritable
sagesse. De l'origine de la pourpre & de l'é
carlate. De l'Eloquence ancienne & moderne
Extraordinaire l'orDigeinleadPeOsUYP1LC, du mép7ris de la mort. De
Couronnes& de leurs especes
Lettre de M, Comiers touchant l'élevation
les eaux. extraord.12. ,.n
14
Del'odgjnc de la pourpre & de sa diflferencfc
IlYce
l'ecailajte. Quelle est la marque d'une
jeiitable amitié. Traitédes Lunettes par M.
Comiers.Extraordina 19. continué dans I9
I. 22.24. t~.t~.ty.t.8. 29. 30. 31.
De l'origine & de l'antiquité des Couron-
1». Traité du secret, De la conversation, Extraordinaire20.
Traité dela vie heureuse. Del'oiriginedes
CClooucrhoensne&s. de leur antiquité.Tjraitédei
Extraordinaire J.I.
Suite du Traité desCouronnes, De l'origiitc
du Droit , Extraordinaire 22.
Du stile Epistolaire. Seconde suite du Traité
les Couronnes. Extraordinaire 23.
Desbonnes & des mauvaitcs qualités de
air , Conversation academique. Conclusion
juTwucde* Couronnes , 2xtr*9T&n*;rt *<|»
Du 001'1"'!c du mauvais usage de la lecture
extraordinaire 25.
,
De la lecture. Reflections sur les changemens
de la surface de la terre,& la facile
construction de toutes fortesde Cadrans solaires,
Extraordinaire26.
Doutes sur la Langue. Des avantages de
la chevelure,Extraordinaire 27
De l'origine dela Poësie , Extraordinaire28.
.r De l'origine de la sepulture
, des Tombeaux
&du temps que l'on brûloit les corps. De
la Pierre Philosophale. Extraordinaire.29,
Suite du Traité de la Sepulturé & desTombeaux.
Extraordinaire30. Conversatiou. académique sur l'originedes
Tombeaux, Extraordinaire 31. .Du Phenix. Nouvelle découvertedu Centr
de gravité dudemy-cercle pour la quadrature
ducercle. Defense de l'inconstance. Extr. -
"--jiyit-.-pour placerles Figures, LAir qui commence par;Heureux
Oiseaux,doit regarder la page 86
Le Portrait de l'HommeAnglois,
âgé de 1
Qualité de la reconnaissance optique de caractères