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M~A~e CALA1\lT
DEDIE' A MONSEIGNEUR
AU PALAIS
A PARIS. ,'
~ON donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier ~icurde chaque Mois, & ott
le vendra,Trente sois relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
t
A PARIS,
ChezG. DE LUYNE, au Palais, dans lfc
Salle desMerciers,àlaJustice.
T.GIRARD,auPalais, dans la Grande
Salle, à l'Envie. ît MICHEL
GUEROULT,Court-neuve
du Palais,au Dauphin.
- M. DC.LXXXVII.
AVEC
PRIVILEGEDUROY.
TABLE.
Pltclude.- * Plusieurs Piccel en Vers de Madame dCI
Houftoes ,
sur des Rimes qui hiyontesté
données par Meflicurs les Ducs de Vivonnc
&deNeveis.- 12.
Devises. U
Sonnets. s.s'
Nouvelles du Mogol, 1.7
'MLettre.técdritre idegB.agtnla.ga.r. Jt Ia 4+ SufondeM.deVin. 47
Nouvelle TLifte des PrcfcftsejrroyeTàSiam.fX
Lettre écrire par M. le Duc de S. Aignan.
sur le mpt de Vieiilardc
1
»ouYtllefficut mis
ce usage. 106
P.éponfe,à(lctteLcttrc. ru
I-iiftoire. lïV
Tout ce qui s'est pafllédans la Conférence tenue
à Cerct,cnnc les Commill'aires de
France&d'Efyàgne. 13v
Nouvelles réjoiiiflances faites en quelques
Villesde"Trarice.- 18*
Divers Ouvrages faits à la gloire de fe<t
Mou/ieiir le lhince. tir
P,éjüiiiffances faites à Rome par M.le'C&tdinal
d'fiftrces pour la Ceavalefccnce du.
"'QJ." mi
feste donnée par M. l'Abbé Elpidio Benc- detti>AgentdesAffaiies de France à
Rome. 181
3A. le Marquis deVilliersd'O, est nommé
Gouverneur de M.le Comte de Thouloule.
117
Te Roy sais M. de Pont Chartrain troisiéme
Intendant des Finances,& M. de la Faluere
estnommé en sa place Premier Prcfident-
au Parlement de Bretagne. x8*
La Charge de Premier President au Parlement
deThouloufe adonnée a M. Morandi
191
Service solemnel pour Madame Brulart de
Sillery. 2-97
M. le Bret elt nommé Intendant en Provence.
196
Cérémonie faire à l'Abbaye Saint Antoine
desChamps. 5°°
Extrait de roiairon Funèbrede Moniteur le
Prince faite par le Pere Bonrdalouë 307
Départ d'une Efcadrc dpVail'càux duRoy.
pour Canada. ÎJ*
JAorts HS,
livres nouveaux. 33)
E>IomSndderieugxmqui ontedeysiné.le}s Enigmes. jConcl0cm -concernant piufuurs
Articles
~CI~., JJJ
1
AVIS DU LIBRAIRE
AU LECTEUR
de la Campagne.
~LAAlolno,n,og-uueemmaallaaddiiee de cceeluy luy
qui vendoit le Adercureavantmoy,
en ayantJouventfait
retarderledébitdepuis uneannéey
&reculésur tout les Envois
quifefaifoient a laCampagnes
j'avertis tous ceux quisouhaiteront
tavoir> que nonfeulement
je tacberay de restablir les chofli
par mes foins> en forte que le
Mercure Je trouvera imprime
4CH commencement de !chaqu'(
mois
j
mais que je feray mesme
autant quiIfepourra les paquets
pour la Campagne avant que
l'on commence à debiter le Mercure
à Ta-ris. Comme ils feront
plu)keurs jours en chemin^ Paris ne laissera pas d'avoir le Mercure
long-temps avant quifoit
arrive dans les Villes eloigntes
maisaussî lesVillesne lèsreceliront
pas si tard quellesfaisoientauparavant.
Ceneflpas
que ceux quiPleferontenvoyer
par leurs Amis,, ne le puissent
recevoir toujoursfort tard par-,
deux raisons., L'une ejl que cey
Amisnontpas pinde levenir*
prendre fttoft qu'il est imprimey
outre qu'il le fera toujours quelques
jours avant qu'on tn fafsi
le débit; & l'autre que ne
l'envoyant qu'après
qu'ifs
l'ont
leu ;eux @J' quelques autres * 1 ils le pressent
3
ils rejettent faute sur le Libraire
3 en disant
que la vente n-enitcorn-,
mencéque fortavant dans lé
mois. Je^fetay moy même les
f r < paquets3~&lesferay porter à la
Tofle & aux Àdejjagerssans,
aucunintérêt. Jefèraylamême
llhofe generalement de tous lel
Livres nouveaux iu'o.n mt
demandera>foït que je les debitc;
ou qu'ils appartiennent à d'autres
Libraires,fan* en prendre
pour cela davantag(e :que5le prix fixé,
par les Libraires qui les
vendront.Quand ilJe rencontrera
qu'on demandera ces Livres
a la fin du mois, on les
joindra au Mercures afin de les
envoyer dans le mesmepaquet.
Tout cela fera execute avec une
exallitude dont on aura tout
lieu d'eftrr content. Jeprieseulementqu'on
ait foin d'affranchirlesLettres
de port, & de
le faire marquer sur lefdittst
Lettres.*
MERCURE
P,I,îLE-"Cq'-E,R
IDALPn~(r
MA Y 1687. - T1OUTES les choses
quiéclatentaujourd'huy..
leAplu.s-dans- e monde, & qui ne feront
pasmoinsl'étonnement des
Siecles àvenir,qu'elles font
~'admiration de celuy-cy -,
onteu un commenceme
& un progrés, avant q d'ateindre à un certain~po
de perfection
,
auquel
n'est presque plus possil
derienajoûter, quoy qu'
travaille toûjours à en ~che
cherles moyens. Le mode
de ces grands Vaisseaux
~qu
on voitvoguer sur les Me
fut pris d'abord de deux
; cloüez ensemble, & c'est
qui a servy de commenc
ment auxFlotes quiseroie
aujourd'huy capables
tmroanndseptoorutetrdcaenqsuuecnonatiuet
eluy-cy, supposé qu'on le
oulustaller habiter LaPeinure
a commencé par les conours
qu'on prenoit de l'omre
que formoit la figure d'uf
personne sur la terre,ou
ontre une muraille Les Sçaans
ont appris à connoistre
~es lettres de l'Alphabeth,
vant que de penetrer la
rofondeur des Sciences,
: les plus grands Pecheurs,
: ceux mesme qui n'ont
pnnu le vrayDieu que long-
~emps aprés qu'ils sont venus
,1 monde, l'ont preschéaux
dolâtres, & leur ont fait
part des lumieres de la Foy.
Quand on a portéceslumieres
chez les Nations qui n'cstoient
point éclairées, ~on
y a fait d'abord si peu ~do
progrés, qu'il sembloit quo
l'ardeur des plus zclcz ~pou
le salut de ces Peuples, de
voit demeurer infructueux
Cependant le temps qui M
mene tout, pourveu ~qu'on
ait la constance de ne Il
point relâcher, a fait ~con
vertir des Villes & des Pra
vinces entieres. C'est, Ma
dame, ce qui nous doit fai
re esperer des fruits beau
~pup plus considerables, des
randes choses que le Roy a
~ites,& qu'il execute encore
~pus les jours, afin que les
~rogrés de la Mission de
~lams'augmententOn ne
~oit plus que Temples élevez
la gloire duvrayDieu,dans
: Pays, où l'Idolâtrie re-
~noit seule avant quelesMisonnaires
y eussent esté re-
~eus ; & ce qui marque le
~ien que le Roy fait à la Region
Chrestienne,en soûte-
~ant cette Mission,c'est que
~e puissantEstat setrouvant
~emplyde peuples d'un tresgrand
nombre de Nations
differentes
,
la Religion y
fait tous les jours d'autant
plus de fruit, que
ceux qui seconvertissent
annoncent eusuite l'Evangile
dans les lieux de ~leu
naissance. Les Siamois ~me
mes qui embrassent la Religion
Catholique, font ~do
grands progrés sur ceux ~de 1leur Nation, & l'Ecclesiastique
de Siam dont je vous a
déja parlé plusieurs fois,& su
tout lors qu'ilsoûtint ei
Sorbonne, estant
demeur
à Paris dans le Seminai
re des Missionsétrangeres,
a instruit à la Foy Catholique
deux Siamois, qui avoient
esté amenez en France
par les Mandarins qui y
vinrent en l'an 1685 &: huit
lutres que les Ambassadeurs
qui viennent de s'en rerourner
, y ont laissez pour se
~perfectionner dans les Arts,
que le Roy de Siam a luge
qui luy pourroient estre les
plusutiles. Le mesme Ecclesiastique
a encoreinstruit
an Siamois qui apprend la
conduite des EauxàVersail-
~cs, & îls ont tous receu le
Baptesme. Il y a sujet de croire
qu'ayant esté convertis par
unEcclesiastique de leur Nation,
lors qu'ils seront retournez
en leur Pays,ils y répandrontles
lumieres qu'ils ont
receuës, à l'imitation deceluy
dont ils les tiennent. Ce
qu'il y a de remarquable, ôc;
qui doit faire esperer beaucoup
pour l'avancement de
laReligion chrestienne,c'est
que les Ambassadeurs de
Siam
, avant que de quiter;
la France,ont permis aux
Siamois qu'ils yontlaissez,de
fc faire baptiser
, en casqu'ils
1
s'y sentissent portez. Il ne
faut point de raisonnement
pour faire connoistre que la
consideration qu'ils ont pour
le Roy, les a obligez à leur
donner ce contentement.
Ainsî j'ay eu raison de vous
dire que la Religion devra
beaucoup à ce Prince, & de
croire que puis qu'il s'attache
à tout cequi la peut augmen
ter dans toutes les parties
du monde, ces heureuxcommencemens
ne peuvent avoir
que de grandes suites,
& seront semblables à ce que
je vousaymarquéquiavoit Je VOl1~ ay nlarque qtll aVOlt
receu de si grands accroissemens.
Onpourroit mesme
se promettre davantage, &
en moins de temps puisqu'on
n'a point encore veude
lenteur en aucune chose que
le Roy ait entreprise, & que
recoudre,exécuter & reüssir,
sont presque la mesme chose
encegran,d /Monarque.Il ne 1 faut pas s'étonnerapréscel
si l'on entend retentir se
louanges dans tous les ch.
matsdumonde,&si mesme
le beau sexe se fait un plaisir
de monter sur le Parnasse,
pour apprendre à celebrer les
merveilles de son regne dans
le langagedes Dieux. L'Illustre
Madame Deshoulieres
cftune de celles qui le parlent
le plus purement, le plus
souvent, & avec le plus d'approbation.
Je vous envoyay
le mois passé un de les plus
beaux Ouvrages, danslequel
- elle s'est assujettie aux rimes
enoüille dans tous les Vers
féminins. En voicy d'autres
de mesme nature, sur des rimes
en ailles , en eles
,
& en.
ille, qui ont elleaussiapplaudis
que le pre nier. Son genie
est merveilleux en toutes
fortes dematieresmais sur
tout lors qu'elle entreprend
de loüer le Roy On connoist
par là l'ardeur de son
zele.
RIMESENAILLES.
Toy qui depuis que du Cahos
On tira la Terre & les Flots,
EsApollonquand tu rimailles
3 Es le Soleil quand chaque jour
Dans un long & pénible tour
A nous éclairertu travailles
Si , tu ne viens maider,jepers
L' honneur de bienfaire des Vers.
IlfautsurdesRimesenailles,
Rimes quifom pajlir d'ejfroy
Celebrer Louis
, ce grand Roy
Quirejfcmble au Dieu des Batailles>
Ouiprend ce qu'il s'estproposé,
Sans que nulait encore ose
Vferfur luy de reprefaillcs;
Quivoit naiflre defortDauphin,
Dont la gloireferasansfin,
Quantitéd?j4uguftes Aiarmailles;
Qui àans ses Gardes neveutpat
Quilfoitenrolle deSoldats
Qui ne soient des plus hantes tailles;
Qui fait PdJJèr des soirs charmans
Damses vasles Appartemens
Parez. ,
J non de vieillesclaincat'lies
De colifichets, de rocailles,
Mais de riches Ameublement,
Telsque ceux de ces vieux Romaus
Quaimoit tant à lire Fontraillesi
Quichez,leperfide Genois
BrifeTemple
,
Palais ,murailles.
Quitoujours heureux dansses choix9
EnMinièresfit des trouvailles;
Quidubruitdefiesgrands exploits
Remplit cellea qui
dans
cinq mois Ilfautconfier les semailles
3 Celle quepare le Printemps
De Fleurs (y:'" de vertesbrou-Jfailles
J Celle donlfouillent les entrailles
Cbercheurs d'or d- de DiamanJ"
Et cette autre sur qui les Vents
Ont cause tant defanerailies,
Et dontlesmuets habitam
Ont le corps reveflu d'écaillés;
QuiviSlorieux des erreurs
fait dans le bercail des Pafleurs Rentrer des millionsd'Ouailles , ;
Qui seul son Empire conduit,
Qui tient dans un charmant réduit
Nombre d'eftrangeres volailles;
Qui deson Penple est si chery,
Qu*auffi-tolfcjuon lesçeut guery , Àdagifbats
,
Financiers,Canailles,
Tout fitchanter en divers lieux
Des TeDeummélodieux}
Tout mangea chapons) perdrixtcailles,
Et mitsur le cttlsesfutailles;
Veuillent nous preserver les Cieux
De plus voir de tellesgogailies.
Qui des fils de ses petitsfils
Si , nos souhaits font accomplû.
Verra toutes les cpoufaiHes ; Qii de ses héroïquesafits,
So:t dans laguerre ou dansla pdix"
A fs.itf<~aperforce Aiédai11rs
Tins belles quelesAntiquailles;
Qui dnmpte Alger & Tripoli,
Qiti dans Cagréable-Atariy,
Tait foHvcnt de grosses ripailles,
Et qui fera trembler de
peur
Le Royd'Efpagne&l*Empereur,
Dès qu'ilsortiradeVersailles..
RIMES EN EILLES.
s1 ma voix avoir les doux fins
Des Malherbes & des Corneilles,
Louis feraittoujours Vobjet de mes
Chansons.
Quel plus beau sujet pour mes veil.
les,
fJ..!!:un grand Roy de qui tous lei
jours
1 Nefont quun tissu de merveilles.
Et de qui l'air & les difeourt
Font entrer dans les coeurs vn million cfAmours,
Par les yeux&parlesoreilles?
m
Raison
,
toy que les Roysconsultent rarement
Tusçais ,que ce Héros charmant
Nefait que ce que tu conseilles.
Nimphe,qui jamais ne somme'illes,
Tusçaisquavecque tes cent voix
Tu n'en a pas affit pour conter les
Exploits,
Et le nombre infini de vertus sans pa- ( veilles
JQui lefont le plusgranddesRoys.
Les champs ont moins cfépies, leruchesi
moinsetAbeilles,
Quil na receu du Ciel de charmesfedu-v
Eleurs.
Ah, courons ait Parnasse
,
& des plut)
belles fleurs
Pour couronnerson front remplirons detk
corbeilles.
uiffint aller mes Vers à Caide de fort
nom
)es bords où le matin la mere de
Memnon
Peint le Ciel de Couleurs vermeilles,
Iufijues à ces tristesclimats
Ou ne peuvent croistre les treilles,
't dont les Habitans ne laissent pourtant
pas
D'aimer à vuider les bouteilles.
RIMES ENjlle.
FEmme dtun Dieu qui rieft p/ti
beau,
Et qui ne va pointsans bfquille)
*Déejfe de qui le berceau
Fut une fnperbe cet/mile ,
V.e meresure pas Illljo$'frd'hJlJ tin rli
cours bdtnne , que des Jeux, des Ris, & des
jimours la tendre & galattte quadrille
Répande Jes attraits sur mon fo:ble
discours.
Venus , ren a] besoin jebabille c. on veut que
De ce Héros qui feut a tous les agremens
Dts deux plus chers de tes Amans.
*12ans[es feux certain feu pétille ,,
Quisouventa caufideglands embrlt..
femens.
Tel cjtoit ton Çhasseur dans ces heu,
renx moment
Où couché sur l'Oeillet. la Rose & Im
Jonquille
Tu daignas l'honorer de tes embrajfem
mens , 5^jnmoinsftmblahle eu DivinDrillei
QHI vient au sortir des combats
Se delasser entre tes bras'
ZOVIS humilia l'orgueil de la (afitllc
Damptal'ingrat Tdtive cr vainqui,
le germain,
it tomber fous l'effort de cent bouches
d'airain)
omm, tombe en tflèCépj fous la fau*
eille,
* le parjureGénois & le dur jifriquaim
Ce ntflpasfeulement le tonnerre à la
main9,
2i4e ce Monarque efi grand, que fin
courage brille,
*0 l'avons-nous pas veu montrer un
front serein
Vans Jevives douleurs
,
dansunperdcertain,
rt ne s'tnébranler non plut que la *Ba•
fiille i
Quel Sage , quel Héros ,fujî-il gre,
ou Romain,
Teutdupied de LOVIS-itteindreà
la cheville ?
Aussi du bout de J'YnifJefS
Les Ptttples que le Soleil grille
Travcrfentpourle voir le vafie fein
des tfliers*
jQue pour nous rendre heureux il
prend defoinsdivers!
Dans Jes vasles Eflats chèque Place
fourmille
De cent & cent ternes Çuerritrs,
.I2!!,'zt y met pour apprendre À cueillir
des Lauriers.
Dans un fnpcrbe Enclos plus d'une illujîre
Fille
Trouve dés son enfance Un secoursfeur
& doux;
Dans un sge plus meur on luy donne un
Epcux,
Où ton met sa pudeur à l'abrjd'une
grille. 4
tredePs Sujets itnoumt, il hahille,jj
Ces malheureux Enfans qui nefontkt-l
ntiers .J, Que des titres fameux que des Sieell.
entiers j
Ont conftrfle{ dans leur Famille. , tille des flots IImerl ?
agrcablcVenus»
Aqui les doAX tranfpcrts re font pas
inconnus ,
Crois-tu que defil tn aiguille,
Quand on voit t'op fouveut ce Roy
charmant à voir
9
On ne fajfc jamais en défit du devoir
, Quelque legere peccadille?
- Je vousenvoye deux Devises
de M. Magnin,surl'Helesseabattue.
L'une a pour
corps le Soleil qui attire des
vapeurs d'un Marais, & ces
paroles pourame,Trahit ut
convrertat.
De son afptR juivez le
0
iouxempirey
CetÂjire ua changer ,vostre
fort aujourd'hui,
JLaijpzi'.VûUSattireryehue^-
rvous à luy,
Il rvous convertira pouiVu quil
Vous attire.
Qv^te^de cet impurmarais
L'infcffion si mépris;eyj
Et sur la terre déformais 1
Vous retomberez en rosée.
L'autre est une Hydre renversée
par terre,1 tes les testes sontcoupées,
avec ces mots, AlagnI vox
Cola rccîdit.
- TranquiUe en son Palais,sansI
gUttre)sans épies, 1
LOVISparle, àjes Fieds:
leMonfire est abatu. 1
0 France , beureufe Francef
a ces testes coupées
Comets de ton Hetos la force
& Idrvertu.
Le mot de Magnus donné
au Roy dans cette Devise,
n'est point assez grand pour
le plus grand Prince qui ait
iamais monté sur le Trône.
C'est ce qui a donné lieu à
ce Distique Latin du Pere
Paul de laMère de Dieu,
Religieux Carme Reformé
de Rennes, & Docteur en
l'un & en l'autre Droit.Comme
il ne s'agit que de deux
Vers, la grandeur de la matiere
les fera souffrir en une
Langue, qui est ordinairement
bannie de mes Lettres.
Cognomcn Magni mi-ius (si
iibï;hfdximus immo
Maximus Hcroum>tctLODOICE,
decet.
Le Sonnet qui fuit consolera
vos Amies du besoin
qu'elles auront que vous leur
donniez l'explication de ces
deux Vers. Il est de Mr
Robbe, connu par plusîeurs
Ouvrages qui ont esté favo.
rablement receus du public.
4 AU
AU ROY.
Sur ce qu'en le peignant
on ne sçauroit peindre sa
Grandeur.
GRand Roy, depuis ifuaujC
yeux de l'Europe (tonnée,
Tu fis de ta "Valeur triompher ttl
»
bonté;
Que de tes grands Exploits l'Ibert
épouvanté,
Vit Joudain, par Toyfeul> ta.
Viftoire bornée.
La Frontiert en repos ne "Vo/f plul.
chaque année,
De ton front glorieux faugaflcm
jejiéi
EllePdye, à son egsr-réé,trop cher , trop cl)er
Liberté,
Et):c'udroit déjà '}oir la Trt
termmte9 -
TOlJs les tjjorts de l'Art nont
dans tes Portraits
) Exprimer ta Grandeur par de
dtl/estraitsJ
Pour adoucir l'ennuy qu'ony foul
atatendn.
rAppelle seul• mais non; f
d'unjufle elfroy
,
11 attroit
laiffichcirjfn
pluceau<
1'Ant toy,
Luy dont la main trernblott en p
gnant Alexandre*
Apres vous avoir parlé du
plus grand Roy de la terre, il
fautvous faire part des nouvellesqu'on
a cuës d'un des
plus puissansSouverains des
Indes.C'est du GrandMogol,
donc l'Empire, qu'on appelle
aussi Indostan, comprend la
plus grande partie de la terre
ferme de l'Inde. Cet Empire
a six cens cinquante lieuës
d'étenduë d'Orient en Occident,
&plus de quatre cens
cinquante duSeptentrionau
Midy. On compte ordinairement
quarante Royaumes
dans les EssarsduMogol,&.
ces Royaumes tirent presque
tous leur nom de celuy
de leurs Villes Capitales.
Agra &Dell sont les principaux.
La Ville d'Agra, où
1 Empereur fait son sejour le
plus ordinaire, estsi grande
& si remplie d'Habitans,
qu'on en pourroit tirer au
besoin deux cens mille hommes
capables de portet les
armes. Le Mogol se vante
d'estre descendu en ligne directe
de Temir-langue, c'est
à dire, Ternir le Boiteux, appelle
vulgairement Tamerlan,
qui estoit de la Famille
leChinguis-Chan, Roy de
rartarie. Chah Jean, Perede
celuyqui regne auj ourd huy,
estant tombé dangereusementmalade
en 1654. &sa
naladie ayant duré fort
ong-temps ,
ses quatre Fils
qu'il avoit faits Gouverneurs
les quatre plus considerables
Provinces de son Estat,
prétendirent tous à la Couonne
, & prirent les armes,
La guerre dura quatre ou
cinq ans. Le troisiéme né nom- Aureng-Zebe,enfaisant
profession de FaKire ou de
Dervich, c'est à dire de devot,
attiraidans son party
Morad BacKche,soncadetr
& luy fit croire qu'il n'ar- -
moit contre ses Fteres que
dansle dessein de le 0couronner.
Il défit les deux aisnez,
& se plaça sur le Trône. Il
fait aujourd'huy la guerre au
Roy de Golconda. C'est un
Royaume des Indes dans la
Presqu'Islededéça le Gange.
LaVilledeGolcondeest: belle
& tres-grande.On la nomme
ordinairement Heider
Abad, & par corruption Hidraband.
Heider-Scha qui
la fit bastir luy donna sons i
nom., Elle est située au bas
d'uneMontagne, sur laquelleron
a confirait la Forteresse,
appelléGolconde. Le Palais
du Roy,qui est Mahometan
delaSecte des Perles,
y sat comme une troisiéme
Ville. La Lettre qui fuit vous
apprendra les derniers evenemens
qui ont éclaté dans
ce Royaume, a-
VA Bagnagar le 20. Avril 1686.. Ous aurez [ceu par une
de mesprecedentes comme lyîrmee du Roy de Golconda etoitsur
lesfrontierespouren empefther
l'entrée a celle du ,7fogaI.
Cette Armte,j'entens celle
de Golconda
>
eut toujours l'avantagejujquau20.
Octobre
dernier; mais par une trabijon
de<JMxdena
-'
premierçjfidinïjlre
de ce Royaume dr de^dabometIbrahim,
autreMinière du
mesme Royaume3auquel Madena
anjoit fait ofltr la Charge
de Generahjjîme pour la donner
àfan Frere
>
elle lâcha pied du
coftéde cette Ville
>
@¡ l'Annce
du Adogol commença a laJurore
journée a journée jusquàBagna- J
gar ,
ou elle entra sans aucun
ob/tacle le 29. du me[memots3
* l'Armée du Roy de Golconda
alla camperfous la porterejje de
Golconde. Le lendemaincWadena
fit appeller<JMahometIbrahim}(
jjtiïfutavcrty que s'il entrait
dans la Forter-ffè,sa tesse
y demeureroit. Il profita de l'avis
, monta à cheval
3
@r alla
(e mettre fous la protettion de
Sultan Cbaalem
,
qui commandoitïArméeduMogolfonTere.
Sultan Cbaalem luy fit grand
~cc~f~/-/„ quelques jours après
LAureng-Zebe
3
grand AAogolJ
luy envoya un Daulet de jix
mille Chevaux3 c'est a dire) une
comnvjfi'jn pour en recevoir la
paye.Madena eItoit en la pre
Jence du Roy de Golconda dan
le temps que la nouvelle vint
j
ce grince oue MahometIbrahims'estoit
crtfiuy, (ofondit qui
avoitrfnie/ d1é/j.àaverty que AMda
dena luy-m.Jme s'entendait a
njec Chaalcm. Le Roy luy de
manda ce qu'il difioit de lafuit
d'Ibrabim, ($f Madenarépondi
que si Sa Majesté luy en don
noit lapermission
>
il trouveroi
moyen de ravoir ce Traiflre. E)
mfine temps ilvoulutfiortir d
la si'orterefie. Le Roy fie leva
(if un? fiemme des plus conifde
rables duAram ou Serrail, corri
mença de dedans a éclater en injures
contre <J%fadena. Elle dit
enfuite au Roy que ce Traiflre
ne njouloitjortirde la fort::nf{e:J * que pour s'ûlier jetter entre les
mains deJes Ennemis. EnfinJoit
de la volonté du llpj ou de cette
Fernme
3
un Cafre.) EJclave du
défunt Roy
3 eut ordre de tuer
Madena
3
ce qui fut aussi-tofl
executé, (éf dans lapropre Maifort
du Roy. Ce Cafre.) accompagné
de plufleurs autres Ejclanjes stf de ce Trince
.)
alla cijez Ençana3
FreredeMadena &Generalijjime
desArmées de Col-
,con(-is le maffacrcrcnt. La
persecution fut si grande sur les
Bramens
3 que de tous ceux qui
tomberent Jous la main de ces
EJclaves,ilnenéchappaaucun.
Ensuite les corps des deux freresfurent
traifnez. par toute la
JF'ortereffc
3
& on lespenditpar
les pieds aux murailles. Leurs
tefles furent envoyées à Chaalem
j
qui les envoya à Aureng-
Zebe. Le Afogol les fit écraser
fous les pieds d'unEléphant. Lf
Roy commença dés ce temps-la a
ordonner larecherche de l'argentl
des Bramens,ce qui continuë'en-.
core a present avec beaucoup de
rtgueur. ù>
Laissons la forteresse
,
&
venons à l'Armée deCbaalem>
7ampée bort de cette fille3proche
des Sepultures des Hollandois.
Son entrée futfortpacifique
3
dï
m neutaucun lieu de foupçonter
ce qui arriva peu de jours
tprés.Badourkjtml'un des Geneaux
de cetteArmée -,priaCbaaem
de luy laisser le foin des gens
jcbesj &de ne vouloir écouter
tucune de leurs requefies3 parce
Tpuilsçauroit trouversans peine
les moyens d'imdemniferl'Armée
le la despense quelle auroitfaite
tanscette Campagne
3 ce qu'il
exécuta aujiffacilementquill'a_
fa voit dit. Il commençaparJesaisir
de tous les effets des Bramens> ù desautresRafles ou fanzilles
des Gentils qui purent tomber-
Jous [cs mains.Laplujpart des
çJ44ahometans
3
qui avoientmis:
lceou~rso/~bricen~sf~Td;acncs/~le)s/„S/efrr~ailsJt
compojerentavecluy
3
les unsi
pour un tiers
3
ù les autresi
pour un quart. Enfin il ramassat
une Jomme très-conjîderable^
Mahomet Ibrahim luy fervh
beaucoup en cette occasion, en
luy découvrant ou ily avoit de
richesses.Les Hollandois nenfiu
rent paç exempts j non pour C
qui regarde leurs effets ù
leu
Compagnie ; mais parce que Baàour!{
ameutavis qu'ils avoient
dans leur Loge du bien appartenant
a des Gentils. Il appella
dans l'Armée le Chefde la Loge
Hollandoise
,
fous pretexte de
luy vouloir donner un Serpau
> qui est un hahit de dÏflinrlion.
Ille garda une nuit, (éf l'obligea
de compojer pour cinquante
mille roupies. Ce font environ
vingt-cinq mille escus. Ce futla
feuleviolence qui leur futfaite.
Toutcequeje viens de vous dire
se pajjadanslespremiers joursy
Ci jusquau zz. du moispajje
auquel jour Chaalem eut nouvellesque
Checminas Emerau
Dacqueni
,
avoit défait unJecours
quAureng-Zebe luy envoyoit
avec un Serpauquelques
provisions. Il donna ordre «
aujJi-tost de pillerderuinera
cette pauvre Ville. C'efloit une*
chosepitoyable de voir les Sol-ê
datsforcer les Vldaifons&mal4
traiter ceux qu'ils y rencon
troientjpour les obliger de décou
vrir les lieux où ilyavoit do
l'argent caché. 'Par bonheur ceJ
la one dura que vingt-quatre
heures;) après quoy Chaalem erff
njoya Jes ordres pourfairecejfk
le pillage. Toute l'occupation Â
ette Armee pendant le Jejour
quelle a fait icy
> a esle de voer.
Elle est partie le dernier de
Mars
;
sans qu'on puissefçavoir
>ourquel sujet, les uns dijent
ru'ily a un accordJccretde Sul-
'an Chaalem avec le Roy de
jolcondaj & les autres3 que les
Femmes des deux Partis ont
ait la paix. Enfin je riay pu
ncore en sçavoir la vérité. Cete
Armée marche à petites jourlées
3 & le Roy de Golconda
uy aenvoyé en queue dixmiUe
bevaux. Mirfa CherifElmont.)
3eau Frere du Roy
>
estparty
wee Chaalem
j
les uns disent
malgréluy
3 & les autres de sa
propre volonté. Je ne l'ay point
njeti pendant tous ces troubles.
J'auray foin de vous 1
informeri
par toutes les occasions de ce qui,
Je passera de nouveau.
Je vous envoye un Printemps
que vous chanterez,
avec plaisir. Les Vers ont
esté notez par un des plus
Sçavans hommes que
nou
ayons en Musique.
AIR NOUVEAU. TAiflz-'t.JOtlS, Rolflgnols, ruajlre
chantmimportune,
L'absince de philis me Ctlltfi une infortune
Qui me rend ennemy de tout ce que
jevoy. *
Zite mefcrt qu'en ces lieux le Printemps
"OUS rappelle?
Ne JÇa'Vez.,-vous pas que flnselle
ilmn'oesyt p?oint de Printemps pour
Vous vous souvenez sans
doute d'avoir veu dans l'une
de mes dernieres Lettres, un
Madrigal qui défend d'aimer
a quarante ans. Vous
avez veu aussila spirituelle
réponse que M. le Duc de
Saint Aignan afaite à ce
Madrigal.Envoicy une autre
deM.de Monchamps, Avocatau
Grand Conseil, qui
mente bien que je vous en J
fasse part. O
Npeflt aimer toute la 'vie,j
JJAmour ejt, belle Iris, de toutes 4
les Saifins. ,:/
Aimer a quarante ansness pas une
folie, l
£>ui le croit, doit aller aux Petites" matflns.. f
Vefprit,la beauté,le mérité
cet des charmes trop éclatans
•» *
TOUT n'échauffernos coeurs que dans
noflrt priniemps.
A lesaimertoujours la raison noIU
invite5
ils doiventtoucheren touttemps.
C'eftleffet d'unpouvoirifprême
Malgré 1 hyver de fâge, &Jes>fâcheux
glaçonsy
Zue de forcer un coeur à dire qu'il
nousaime.
les jeunes gens ne font que des
OifoïiS,
ils n'entendent rien aumyflerei
filssint heureux, ils ne fiauroient
le taire;
ils font indiferets, inconflans, lfaut de laprudence à conduire uns
affaire,
5eut-on lavoiracquise à l'âge de
vingtanst
On a beau faire, on cede
toujours à son panchant,&
ceux qui se trouvent obligez
de le forcer, ne réüssissent
jamais dans ce qui luy est
contraire. La Suzon deMr
de Vin en est une preuve
Vous scavez, Madame, qu'il
traite agréablement lesmaticres
qu'il choisit, & que
sonnom est un seur garand
de la beautéde tous les ou-»
vrages.
SU SO R
ÏJAns tout ce que tu fais confuite
la Nature,
Tel du doigt,aU lieu d-e pinceau,
Sur quelque endroit poudreux ébauche
une Figure,
Etpar des traits hardis montre dés
le berceau
Vn tfprit propre à la Feintllre.
Tel inspiréparApoilon
Ne demande du pain qti"eniers,ou
quen Mufiquey Ion,
JBt de son jeune bras se fait un rio-
Teeln, encore Enfant, ne s'explique termesgrai'es&pompeux,
JEt?nèlantenJespetitsjeux
Sa begayante Retborique
> Ne veut des Compagnons que fout
plaider contre eux.
Tel efloit ne pour la Sculpture,
Tel enfinpour Architecture,
-1I9li* Jouépdr les dures loix - &un Pere ¡mperJeux) ignorant, &.7
,
peufige,
ReuJJlt mal dans les Emplois
Ou, malgré , ce panchant, on le 1etie
on l'engage.
Stlzon rioÙ à tout moment.
Ce qui frapoitsesyeux 3 ce quelle
entendoïtdire,
La moindre chose, un mot, un rien
la faisoit rires
Et tel efloitfin enjouement,
J^ue le chagrin le plut rebelle
Ne fouvoit tenir auprès d'elle.
,A4u#sJsti, comme chacun recherche le^ plaiJir, recberche le~
Cnluydonnoittoutfortloifir-,
On:
)n h co/troit autant qu'une Piece
nouvelle
Du lere.ue de nofire temps,
Et Mo'iere en sesjeux plaifns
DivcrtijJôit moins que la Belle,
infortune chez eÛe oublioit fin
malheur,
\eplus soidy lepinsflmbre, c0"U
plusHeraclite
y devenoit un Democrite;
Toutcedoit asaoiye humeur3
Et Cato ,
qui desatïss,jje
ivoit ïan deseflirettiJ ttire de fh
gjT*, concerte )
laton mej,'(, Caton, bientost ,
ïufl perdu chez, Suzoa toutesi ;y.<,-
vUe.
Enfintoujours divertiss';
5n si réjjnifa t elle réiii, ; ,U,jo'yesnés1,iif'i,bbl'e ,. Ci- ioujou/,
f1te
frcfque dans un infiant d'elle aux
autrespajjoit,
Et malgréfil prés d'elle on rloitjnfquaux
ldymes.
Suzon ne plaijoit quepar IJ,
Enfinenjoiitment seulconfifioienttous
jes charmes.
Sa Mere gâta tout, elle s'imagina
J>hjuneVilletoujours rieujè
Se faijoit des Amans jans trolJver;
un Epoux,
Et d'une ardeur folafire apprchen-4
dans les coups,
Voulut quelle fusiserieuse.
Suzon la crut, Suzonfit mal,
Soumise par refpeël à cet ordre fatale
Elle perdit biantofl ce quelleavoik
d*aimable, 9
Sonrire efioit original,
So njèrieux fat pitoyable•
Quoy que la Lifte que je
vous ay envoyée le mois pafré
des Presens qui sont partis
pour Siam,vous ait paru rres-
~pelle, tres ample, & trescurieuse,
j'ay encore beaucoup
dechoses nouvelles à.
vous apprendre sur le mefne
articl
nearticlee.. Il sfaauutt de ggrraannddss
oins, & d'exactes recherches
iour être pleinement instuit
t un détail pareil à celu y-là,
: sur tout, quand on veut
on seulement estre informe
du nombre des pieces, mais
donner aussi une descriprion
particuliere dechacune.C'est
ce que je vay raire a l'égard
decelles dont jene vousay
parlé que legerement. Je ne
vous diray plus rien des autres
,
& passeray mesme par
dessus sans vous les nommer
une seconde fois, àcause que
je vous les ay amplement décrites
, maisaussi i'en aiouteray
un tres-grand nombre,
dont ie ne vous ay encore
rien dit, & vous décriray susJ
qu'aux étofes ,sans quoy il
feroit impossible d'en
bien
faire voir la richesse, & dq
connoistre en quoy consiste
la magnificence de ces P!c:
:cns. le commenceray par
ceux que Sa Majesté a envoyez.
Une Couronne d'or à fleuons,
enrichie de Diamans,
le Rubis, d'Emeraudes, &
le Perles.
Un grand Panache d'or,
ouvert desmeimes Perles.
Un grand Miroir de cris-
'a) garny d'or, la bordure
enrichie de Diamans, le der-
~icre aussid'or à fleurs dereief,
& émaillées.
UneSelle de ch eval avec
a Housse
,
les Fourreaux de
~?i.ioiets & les Harnois en
Broderie de relief
, & les
Etriers de vermeil le tout
enrichy de Pierreries.
Quatre Vestes de velours,
deux noires & deux rouges,
une de chaque couleur avec
des manches, & une sans
manches, en broderie de
fleurs de soye liserées d'or,
enric hies de Perles; les noires
avec un galon rouge, & les
rouges avec un galon vert,
brodées &enrichies de.mef-J
me, suivantlesmodelles ap.j
portez de Siam.
Deux Baudriers enbro
derie d'or
,
passée avec les
garnitures d'or émaillées.
:> UnBufle tout bordé d'or
de relief avec les manches,
e Ceinturon, les crochets &
es agraffes de vermeil, doré
deux fois.
Un grand Vase d'Ambre
gravé de bas reliefs, avecla
garniture d'or.
Un grand Cabinet de crital
deroche, les garnitures
ravaillées à fleurs de vermeil
loré.
Une paiie d'A rmes de fer
àl'épreuve du pistolet moitié
coul eur d'eau & moitié
gravées de plusieurs ornemens
dorez, complettesà
l'exception des jambes, le
tout doublé de satinbleu,&
galonné d'or.
Deux grands Fusils à la
Siamoise, enrichis de beaucoup
de reliefs, la garniture
d'argent aussi en relief, les
canons enrichis d'or & d'argent,
& les bois avec des
ornemens tres-riches, chacun
dans ion étuy de maroquin
rouge doré au feu.
Quatre pieces de drap d'or,
& de brocard d'or & d'argent,
de la ~Manufacture dc^
M.Charlierà S. Maur, lur
des desseins de France ; sçavoir,
Une piece de drap d'or
rayé, à fond d'argent broché
d'or & d'argent,nue de
plusieurs couleurs.
! Vnepiece deBrocard d'or
à fond couleur de feu
,
broehé
d'or & d'argent, liseré
de vert
Une piece de Brocard d'or
à fond vert broché d'or 6c d argent retors,liseré de couleur
de feu.
Vne piece de Brocardd'or
à fond*brorché-
d'or & d'argent,liseré
Six piecesd'étofes àfleurs
nuées,listrées d'or sur des
desseins de Siam ; sçavoir,
Vne pieceà fond d'or nue
glacé.
Vne autre piece à fond
ponceau à fleurs lilsrées d'or.
Vnepiece à fond pastel. :
Vne autre à fond bleu.
EEttuunnceaauuttrrecààffoonnddgDris
c 1 air. *
Huit picccs de drap & de
brocard or & argent tres-riches,
(ur des desseins de 11
France ; sçavoir,
Vne pièce de brocard tres- ,
1
richeà-fond d'or broché &
à fleurs ciselées d'or rebrodé
de toutes couleurs.
Vne piece ponceau or&
argent passé d'or tors à travers,
& rebrodé d'argent
tors. Vne pièce - or & argent nué
à fond noir rebrochéd'or
-, - , glace&d'or tors avec feyc,
ponceau brodé.
orVnepieced'étoffevert&:
passé d'or à travers, & rebroché
d'or tors.
-
Vne pièce ponceau & or
brochéd'orglacé,&rebrodé,
d'or tors au petitmestier.
Vne piece cramoisy & or
broché d'or lissé avec ortors,
& rebroché d'argentfrisé.
Vne. piece bleue or & argent,
le fond d'or broché
& tors avec argent tors.
Vne piece bleue & or paffé ed'or glacé à travers.
Huit tables de marbre avec
les chassis
..)t.' piedsue Sculpture
tous dorez.
PRESENS DE MONSEIGÑEVK;
au Roy de Sium.
Vne grande Pendule à quatrecristeaux
de loche,&qua*;
tre colomnes surmontées de
quatre Fleurs de Lys,& soûtenuës
de quatreboules, le
tout decristal deroche, les
Portiques garnis d'or, enrichisdepierreries,&
le Do-
De d'acier bruny
,
enrichy
le feüillages d'or, terminé
parune Fleur de Lys
Deux Baudriers en broder
ie d'or, avec les garnitures
l'or émaillecs.
Deux Fusils à la Siamoise,
enrichis de reliefs gravez en
aille douce, la garniture
l'argent, le canon damait
quiné d'or, & le bois enrichy
d'argent de rapport,
chacun dans son étuy de
maroquin rouge, doré au
feu.
Vne piece d'unquarré long doré deux fois, - contenant
un tiroir& une boëte
couverte, sur laquelleil y a
une Ecritoire ornée de reliefs,
& de graveures enrichies
d'or & de festons d'émail
, avec trente-neuf Diamans.
Vne Montre à boëte d'or
àdeux cristaux, dontle jonc
est gravé de bas-reliefs, marquant
le lever &le coucher
du Soleil, faisant voir le
mouvement annuel, & le
iurne, avec le mouvement
e la Lune, suivant la maiere
de compter à la Sialoise.
Cette Montre a son
tuy fleuronnéd'or.
Deux pieces de drap or
& argent, de Mr Charlier,
ut des desseins de France;
çavoir,
Une piece de drap d'or
ayé, à fond d'or & d'argent
tors avec des comparti
mens couleur de feu.
Vne piece de Brocard d'or
fond bleu, broché d'or&
'argent retors: liseré de
couleur de feu.
Deux autres pieces de Broscardçor&
aarvgento,tresi-rirch,es
Une piece ponteau & or,
broché d'or, à fond glacé
d'or à filigrane.
Vne autre piece vert &or
& argent, à fond d'or ciselé,
broché d'or tors, avec
filigrane d'or tors.
Cinq pieces d'étoffes d'or
& d'argent, nuées & liserées
d'or sur des desseins de Siam
sçavoir
I
Vne piece à fond d'ar
gent glacé,nue.
Vuepièce à fond ama.
ante nue.
Une pièce à iondlfàbcllc.
Vue pièceà-tond vert.
Et une à fond ce la don
Vn tres beau Cabinet dc
riftal de roche, garny de
fermeil doré
Quatre 1 ables de marbra
vec leurs chailis, & pieds
le sculpture dorez.
PRESENSDE ¡'/J/:/DAlvlE'
t - !la 'DaUphine pour la Princjje
de Sidm
,
nomméela
!
f)rincefJe Rryne.
Quatre grandes roses dq
Diamans.
Vne autre plus grande aussi
de Diamans. -
Vne grande Rose de bellcsj
& fortes Emeraudes& de
Diamans. :
Vn Miroir de criftaldero^
che garny d'or la bordure
& le derriere à feüillages cin
zelez
,
enrichie de Diamant
& de Rubis.i Vn petit Coffre d'or gar-j
ny de vases en forme dj
cave aussi d'or, le tout gran
ve & garny de Diamans.
Deux boëtes d'or couj
Vertes en pointes émaillées a
fleurs de neuf pouces, j
Deux autres boëtes aussi
d'or de mesme grandeur de
le mesme figure.
Deux grandestasses ci'or"
:-malll-ées
- Vn grand miroir d'or couert
en forme de boëtetout
maill-é à deux glaces,
Vn grand Cabinet d'ambrea
bas reliefs & à graveues
le dessus port nt pluleurs
Figures de Personna- es&arbres-
Vntres-beau & grand Cainet
de cristal de roche gary
de vermeil. t)
Vne Montre à boëte d'or
à deux cristaux, plus grande;
que les autres, qui montra
l'âge de la Lune à la maniére
Siamoise
, avec son estuy
garny de fleurons ayant la
boëtc cizelée & Cadrans;
d'or. 1
Vne autre Montre émaillée
devert à taille d'épargne.
Cinq pieces de Drap ôc\
brocard or & argent tres-riches
sur les desseins de France;
sçivoir,
Vne piece à fond d'argent
nue au petit messier de [OU
tes couleurs &, rebroché
d'ortots. -'
Vne picce vert & or &argent
, rebroché d'or cors avec
des brodenes d'argent.
Vue piece ponceau à fleurs
d'or rebrochées d'un peu.
d'argent avec or cors.
; Vne piece bleue or & argent
passée d'or en filigrane,&
broché d'argent.
Vnepicce de Damas à fond
amarante, les fleurs brochées.
d'or avec des nompareilles
de satinvert.
Une grande Cassette de
marqueccerie & de bois de
raport des plus precieuxavec
son pied toutes les aar,
nitures dorées & d'un trèsbeau
travail.
PRESENS DU ROI
aM. Constance.
- Une grande Boete à Portrait
decDSa Majeste avec l'attache,
le tout garny deDiamans.
Un Sabre tout d'or avec
un revers de quatre pouces
de large à la Siamoise
, tout
le fourreau garnyde pierreri
es.
VueMontre d'or émaillée
derouge à taille d'Epargne
avec son-estuy, ouvragede
M. Turet.
Une autre Montre d'or, le
donc cizelé avec son estuy t
garny de feüillages d'or.
- Une autre Montre d'or émaillée
de vert à taille d'Epargne
or & blanc,avecl'éuy
à doux fleuronnez d'or-
VnFusilenrichy de relief
canon damasquiné d or
ort riche, & canelé de deux
nanieres ,avec son estuy de
Maroquin rouge doré au
1" i c
eu.
Un autre Fusil enrichy de
reliefs
,
le canon canelé à
goutieres
,
enrichy d'or de
rapport, le boisorné d'argent.
de raport la garniture avec
des bas reliefs & d'or de raporr
aussi avec son estuy.
Vn autre Fusil enrichy de
graveure, le canon & laeu-
Uffc damasquinez d'or, avec
son étuy.
Vn autre Fusil, laplatine
unie, le canon ayant un
marque derelief, aussi avec
ion étuy.
Vne paire de Pistolets enrichis
de rel efs, garnis d'or
de rapport,avec leurs étuis
de maroqu n rouge doré au
,feu.Vne autre paire de Piftolers
lets enrichis de graveurescn
taille douce, le canon damasquiné
d'or, le bois orné
d'argent de rapport, avec
son étuy de maroquin.
Vne autre paire montez
d'yvoire avec des testes de
lion, l'ouvrage du canon
gravé de taille douce.
Deux très -
beauxLustres
de cristal à branches de fonte
dorées,enrichies defeftons,
de boules & de fleurs
de cristal de roche.
Vne tenture deTapisserie
de Flandre, representant
l'histoire de Diane,
Un Coffret d'ambre travaillé
à bas reliefs & giavez.
Une manière de Chapelle
aussi d'ambre avec un Crucifix,
le tout ayant de tresbeaux
ornemens.
Six pieces d'étoffe de foye
or & argent sur des desseins
de France ; sçavoir,
Vne pièce à fond vert tresriche.
Vne piece Incarnat or &
argent.
gVnee pniecetble.uë or & ar- Vne autre bleue or & ponceau.
Vne piece de Cramoily
toutor.
Et une piece de ponceau &
raye.
Septpieces de drap tresfin
d'écarlatte,vert, violet,
bleu, gris de perle,& de canelle
contenant 106. aunes,
Vne piece de Camelotcoueur
de feu à pur poil de 28.
aunes un quart.
Deux Selles magnifiques
de l'Ecurie de Sa Majeste avec
leurs housses, le touten
broderie d'or avec tous les
harnois dorez, l'une brodée
sur un velours rouge,l'enharnachement
& testiere dorée
& fourreaux de pistolets; fy.
l'autre brodée sur un velours
vert, tout l'enharnachement
doré, &les fourreaux de pistolets,
PRESENS DU ROY
pour le premier Ambassadeur.
Vne boëte à Portrait de Sa
Majesté avec l'attache toute
garnie de Diamans
Vn Sabre d'or à la Turque,
la garde & le fourreau
tous garnis de grossesTurquoises
de vieille roche, $
deRubis.
-
Vn tres-beau Lustre de
Cristal de roche à dix branches
de fonte dorée enrichies
le consoles de cristaux qui
Suportent un vasegarny de
leurs, jettant des cristauxaucour
,
le dessous garny d'une
campane de boules de cristaux
avec une grossepiece
taillée dans le milieu.
Vnetenturede Tapisserie
de Flandre a Personnages &
verdures, rep resentant les
Muses &autresparties de la
Metamorphose.
VnFusilenrichy de reliefs,
la garniture & porte-viz
relevez d'or: le canon orné
d'or & d'argent de raport.
Vn Fusil à deux coups?
ayant le canon damasquiné
d'or.
Vn autre Fusil enrichy de
graveures en taille-douce.
: Vn autre Fusil enrichy ausside
graveures, ayant quelques
filets d'argent autour de
la visiere de couche.
Vne paire de pistolets enrichis
de reliefs? le canon en- !
richy d'or & d'argent de
raport,
& la garniture de inefme
travail.
Vne autre paire de Pistolets
enrichis de graveures en
taille-douce, le canon damasquiné
d'or en couleur
d'eau.
Vne autre paire de Pistolets
enrichis de graveures en
tulle-douce, le porte-viz
de reliefs &: un masque sur
les culotes.
Vnegrande Pendule quarrée
allant quinze jours,tonnant
les heures & les demyheures,
& la Boete de marqueterie
avec des colomnes,
bazes & chapiteaux corintheà
fonds d'écaille de Tortue
, & son étuy garny de
cuir.
Vne petite Pendule d'or
de poche, la boëte enrichie
de graveure avec son étuy
garny de clouds d'or à feuillages.
Vne Montre d'or d'émail
en mignature, le dessous de
la- boëte representant Mars
avec Venus & l'Amour
,
le
jonc &le dedans de Paysages
avec personnages.
Huit pieces d'étosses de
soye or & argent sur les desseins
de France;sçavoir, 1
1
Vne piece de brocard violet
tout or ? en broderie d'or
glacé&tors. -
Vne piece bleuë or & ar- -
gent à fond de Damas en
broderie d'or, reciselé d'argent
tors.
Vnepiece ponceau & or
1- glacée & rebroché d'or tors.
Vne piece bleue or & argent
pararabesqiued'or glacé,
& rebroché d'argent tors.
Vne piece amarante vert &
or, avec rayes de satin broché
d'or lissé & tors. -
Vne piece ponceau tout
argent par ehamarures d'argent
lissé & broché d'argent
tors.
Vne piece blanc & or nue
en Damas avec soye ponceau
& broché d'or.
Et une piece vert & or en
gros de naples par chamarures.
Quinzepieces de Draps
tres-fins d'écarlatte vert,violet
bleu gris de perles contenant
deux cens quarante
cinq aunes.
Deux pieces de Camelot
couleur de feu contenant
cinquante-cinq aunes & demie
PRESENS DV ROY
pour le fecond Ambassadeur.
VnLustre de cristaux de
roche à dix branches de fonte
dorée, ayant une Couronne
enrichie de plusieurs
cristaux de roche & de Milan,
le dessous garny de campanes
de boules & pieces de
cristaux de Milan, avec une
grosse poire taillée en coste
au milieu.
Vnependule allant quinze
jours, sonnant les heures &
les demyheures,la boëteen
forme de cartouche sur un
I
fond de cuivre doré, les ornemens
aussi dorez d'or
moulu.
Vnegrande Montre d'or
couverte d'email en mignature
,
le dessous de la boëte
repreientantl'enlevement
dEurope, & le dessus representant
une Venus & des
Amoursavec dcs Tritonssur
un Dauphin,& le dedans de
paysages & personnages.
Vne Montre quarrée à
feuillages d'or,ciselez,avec
un cristal de roche.
Vne tenture de Tapisserie
de Flandre,representant
des jeux d'enfans
Vn Fusil enrichy de reliefs
relevez d'or, le canon
de reliefs, le fond d'or, &:
le bouton d'or de rapport.
Vn autre Fusil enrichy
d'une garniture d'argent gravée
entaille douce,
&d'argent
de rapport autour de
lavisiere de couche.
Vn autre Fusil orné de
graveures en taille douce.
Vn autre Fusil le gravé canon de plusieurs ornemens
en taille douce avec du relief
sur la visiere de couche.
.-- Vne paire de Pistolets
enrichis de refiefs,lagarniture
&les cartonsderapport.
Vne autre paite de Pistolets
enrichis de graveure en
taille douce & d'argent de
rapport sur le bois.
Vne autre paire de Pistolets
de graveure en taille
douce? les canons canelez,
& le bois ornéd'argoent de rapport.
Huit pleces d'etofes d'or
& d'argent sur des, desseins
de France,scavoir,
Vne piece pourpre or {SÇ
argent, par chamarures d'or
glacé
,
rebrodé d'ortors à
<
iligranes d'argent,
Vne piècede Brocard d'or
& d'argent, ponceau par
chamarures d'or luisant, &:
proché d'or.
Vne piece, couleur de Caf- é argent, &: nuéaupetit
nétier, rebroché de deux
rgents avec descouleurs.
Vnepiece,amarante&arrent
changeant)broché d'arent.
| Vnepiece, vert, or&argent
,fond de Naples avec
iligrane de soye
| Vnepièce, ponceau,vert
r argent en gros deNaples
changeant par bandes no'u;
velles.
Vne piece cramoisi & or, à
fond de satin brodé de-foy gloire. j
Et une piece bleue, or &j
argent par tissu en chaisne, J
Quinzepieces de draps
tres-fins
,
d'écarlate, vert
violet, bleu, gris de Perle &
de canelle
, contenant deu
cens trente-trois aunf-s.troi
quarts. ]
Vne piece de camelot d^
vingt-neufaunes lX. demie,
i
fPRESENS DU ROY
1 pour letroisiéme Ambassadeur
Vne Pendule allant quinze
jours,sonnant les heures
& les demies, la boëte de
fond d'écaille,de Tortue, de
marqueterie, faite en dome,
des pilastres, des chapiteaux
& bases d'ordre Ionique, les
ornemensdorez d'or moulu.
:.. Vne Montre d'orémaillée
de peintures en mignature;
le dessous representant deux
Amans avec l'Amour,&au
dessus les mesmes Amans
sans l'Amour, le dedans de
paysages & personnages.
Vne autre Montre d'or,
émaillée de vert de taille
d'épargne.
Vn Fusil enrichy de reliefs,
le canon damasquiné
d'or & émaillé.
Vn autre Fusil enrichy de
beaucoup d'ornemens gravez
en taille douce.
Vn autre Fusil aussi de
graveuresen taille
f
douce le
canon damasquiné.
Vn autre Fusil orné de
graveures en taille douce.
Vn autre Fusil ayant les
mesmes ornemens
Vne paire de Pistolets enrichis
de graveures en taille
douce, le canon damasquiné
d'or & en couleur d'eau, le
bois enrichy de feuillages
d'argent de rapport.
Vne autre paire de Pistolets
de graveures en taille
douce,avec quelques reliefs.
Vne autre paire gravée
aussi en taille douce, les
porte-viz de reliefs.
Vne tenture deTapisserie
de Flandre, de verdure avec
de petits personnages & animaux.
Deux grandes Girandoles
à six branches de fonte d
rée, chacune enrichie de pl
sieurs étoiles de cristaux
roche taillez, & plusieur
autres pieces aussi de cr
taux.
Sept pieces d'étofe de so
or &argent, sur les dessei
de France; scavoir,
Vne piece, bleu &: or tre
riche, avec or glacé & bre
ché d'or.
Vne piece de Caffé & a
gent nué, riche & brodé
deux argents de couleur a
Mosaïque.
vne piece, ponceau, or
argent , par galons d'or &
d'argent brochez.
Vnepiece couleur de
chaireargents à fond gros
de Naples nué de soye verte
Vnepiece,bleu&: or avec
ponceau,à fond gros de Naples
en tissu
Vne piece amarante & or,
: gros de Naples &satin en
tissu
Et une piece rouge & vert, changeant en chaisne.
- Sept pieces de draps trèssins,
d'écarlate, vert, violet,
bleu & gris de Perle
, contetenant
quatre - vingts cinq
aunes trois quarts. -
TRESENS
De Monsieur le Duc du Maine
à cJïïl. Confiance.
Vntres-grand Lustre, tout
de cristal de loche à douze
branches de fonte dorée
ayant une couronne enrichie
de plusieurs boules de
rirtaux de roche, garny
d'une tres-belle campane de
ristaux , ayant une gresse
boule de cristal de roche
taillée dans le milieu.
Deux pieces d'étose or &
argent tres-riches, sur des
desseins de France.
Vne tres-belle Pendule,
onnant les heures & les deny-
heures, & allant huit
ours.
Deux Coupes,deux Veres
? une Souscoupe,une Aiguiere
,deux Bouteilles, un
Baril,&un:Tasse de cristal
le roche ciselé avec une
cassette aussi de cristal,
emplie d'Eventails de mignature
, &de ceintures or
& argent, avec un Portrait
en mignature de Monsieur
e Duc du Mayne.
,
Vngrand Livre repreentant
les Conquestes du
Roy, en mignature, avec
les Personnages &: les Places
o
au naturel, &le plan des
Places, le tout sur du velin,
avec une description historique.
Ce Livre est couvert
de chagrin avec des garnitures
&es
tures & desppllaaqquueess dc'o?r dd>'uunn
ouvrage ciselé. Les Armes
du Roy sont au milieu? &
il yades Chiffres aux
coins.
Je vous avois déja dit une
partie des choses qui sont
contenues dans cet article;
mais je ne vous avois pas
mandé le nom du Prince
qui faisoit ce Present. I
PRE-
- '1
Presens De M. le Marquis de
l, Louvois à M. Constance.
Six grandes Tables de marbre
jaspé ovales.
ri Vntres-riche Tapis de U
Savonnerie.
Presens de M. le Marquis de
il Croissy à VJ1. Constance.
t Vn grand Miroir avec
sa bordure de glace à fond
de lapis, lesornemens aussi
de lapis, & le chapiteau d'un
pareil travail.
Douze Corbeilles de cristal
taillé.
Deux grands Bassinsd'argentdore
en ovale, relevez
au fond en bosse ronde de
plusieurs figures representant
lhistoiredeScipion,deMarc-
Antoine, & de Cleopatre.
Vn grand Bassin, où sont
rapportéesplusieurs plaques
d'argent doré, au fond duquel
relevé en demy bosse,est
vn Neptune dans vnchar tiré
par quatre chevaux Marins.
Vntres beau Vase en forme
de fontaine, ayant deux
Bassins en coquille d'argentdoré,
l'un soutenu d'un
Atlas monté sur un chat
d~'anrg$e~nt doré;l'autre élevéau soutenud'uneVenus
d'argent, accompagnee d'un
Cygne aussi d'argent sur une
coquille dor,& au sommet du
>
Vaseest un Mercure d'argent.
Toutes ces Figuresjettent artificiellement
de l'eau.
~, Vngrand Crucifix d'ambre
tres-curieux. 1
Vnegrande Cassette de
cristal taillé & enchassé, entrelassé
de roses de Diamans
avec des feüillages d'or trait,
d'une belle fimetrie
, dans
laquelle Cassette il y a,
: Douze paires de Gands
glacez.
{ Vn Eventail de peau de
senteur, où est peint en mignature
le Carrousel dernier
fait en France, les bastons enrichis
d'or parsemez de Perles
& deDiamans sins,tenant
ensemble par une viz d'or.
Septautres Eventails de
differentes couleurs & representations,
ornez de rubans
or ez argent.
VneCassettede cristal,avec
sa bordureaussi de cristal
tortillé, dans 1 aquelle il y a
Vne paire deBracelets deCorail
taillé, avec une boucle
dVenDeiMamoannstrfeins àchacun.
d'or avec f»
boëte émaillée, garnie de
Diamans fins, la clef enrichie
de Diamans, VneTabatiered'or émaillée,
garnie de Rubis, avec
un plus gros Rubis pour la
fermer.
VnbeauChapelet de corail.
Vn autre de corail uny.
Vn Chapelet d'ambre trèsprecieux.
t' Vntres-beau Cordon de
corail.
Vne Cave couverte de fatin
vert, ornée de galons&
de clous d'argent, contenant
douze flacons de cristal
couverts d'argent, remplis
d'essences & de diffeter
bonnes odeurs.
Vingt- quatre paires de
Gands d'Espagne, garnis de
rubans dediverses couleurs.
Deux grandes peaux d'Espagne>
d'une senteur merveilleuse.
Vne tres-belle Coupe d'émail
avec sacouverture, sur
laquelle sont representées.
diverses Batailles,& un étuy
de satin rouge galonné d'or
Vn Verre de cristal de roche
couvert, figuré, avec
son pied d'argent, & Lon.
étuy de satin rouge.
Vn grand Verre en coupe
aussi decristal de roche, figuré
,avec sa couverture &
son étuy de satin rouge galonné
d'argent.
Vne Cave de satin rouge,
contenant six grands Gobelets
de cristal grav é.
Vne autre Cave ausside
satin rouge, contenant cinq
grands Gobelets de cristal
'figuré,o
Prbesens de M. le Marquis de
Seignelay àM. Constance.
Deux grands Miroirs de
figure octogone,
ngure o ogone avec leurs
?
bordures toutes de cristal. 1
Vn Benitier de cristal de
roche, garny d'argent.
Quatre grandesTables de
marbre, avec leurs chassis &
pieds de sculpture tous dorez.
Vne tenture de Tapisserie
à fond vert.
,
Vne grande Figure de
marbre
,
representant deux
enfans qui tiernent un pied
de Vase.
Cinquante Portraits des
principales personnes de la
Cour, avec leurs bordures
dorées. a
,
Vn grand Fusil de marqueterie
fait en Canada, d'un
ouvrage exquis , avec [on
étuy de maroquin rouge 3 fleurdelisé d'or. -
Vne paire de Pistolets
montez d'yvoire,tirant chacun
- deux coups, avec
quelquesgraveures en taille
douce
Trois grandes Caisses remplies
de differens ouvrages
decristaux d'Allemagne.
Vn grand Verre avec fom
pied de vermeil doré.
Vne grande Sous-coupe
aussi de cristalavec son
y
pied de vermeil doré.
Vn grand Globe de verre,
representant le Labirinthe
de Versailles. 1
Vn tres-beau Cabinet
d'Optique
>
representant plusieurs
belles veuës.
VnTableau representant
Versailles, avec son quadre
doré.
Deux Tableaux de Rocailles
, avec leurs quadres
aussi dorez.
le vay bien vous rejoüir,
Madame, en vous apprenant
que le mot de Vieillarde qui
1
vous a tant plû dans l'un des
Dialogues Satyriques ($f Moraux
qu'on a imprimez à
Paris depuis deux mois
, a
donne lieu à de fort aogrea- bles Lettres ,
dont je vous
envoye une Copie. Laliberté
avec laquelle l'Autheur de
ces Dialogues se déclare contre
ce qui merited'estre condamné
, a fait aimer cet Ouvrage
, portraitaqssueizd'ailleurs est un
naturel de beaucoup
de choses qui se passent
dans lemonde. M.le Duc de
S. Aignan, dont l'esprit & le
bon goust vous sont connus
& qui n'est pas moins diftingué
par la que par son rang j
& par sa naissance, en a écrit
en ces termes à l'Autheur.
vCe10. Mars 1*87. Ous vous étonnerezpeutestre
, mon très-cher Frere
en Apollon> de voir la datte
de cette Lettre
,
puijque voflre
joinobligeanta me fairepart de
vos Jcavans ^Dialogues
,
meritoitcent
remercimcnsdéslelendemain
;maïs
3
Àdonfieur>je ne
receus qu'lryer ce Livre char- j
mant dont vous mavie^écrit, ü je riay pas voulu vous en (
tarlerque je n'eussedévoré d'abord
tout ce
qu'ilcontient,pour
le relire ensuite cent autres fois,
h viens auJli d'abord avojlre
XIII. Dialogue. faites taire
'a Flatteriequoy qu'elle parleji
galamment}(Sfn'écoute^ que la
7eritê
,
qui vous asseure que
out vojlre Satyrique3votre
MoralJontincomparables
>
le se peuvent imiter ,
si vous
l'en faites encore d'autres
>
a
fuoyje vousconvie de toutmon
:oeur. Ah !mon cher Frere, que
le charmes j'ay trouvez dans
et Ouvrage
3 & que ce feroit
megrandeperte pourtous ceux
qui ont l'esprit raisonnable
>
s','f
aemeuroitvoflre enfant unique!
Jefuis pour leMot de Vieillarde
employé dansvoreXII.
Dialogue
,
où je veux osler la
Bombarde de tous nos Vaip
féaux j la Gaillarde, de toutes
nos Dances >
la Mignarde d
toutes nos djfemblées ; (if3si je
mymets} je ferayaccompagner1
cette bonneDame de l'Egrillarde
dontfeutsWoliere nous a parlé.
Enfin le mot de Camarde ne
myMefs/ecmb~le p/~aysplus pprri~v7il/ég~iéf <q-u?/~ef
celuy de Vieillarde ; & neiiï
déplaise AU preux Florifêl de
Niquée
;,
je trouve qu'ilaejlé uni
eu visse. Teut-cftre que la
rieiUardeavoit de l'argent cahé
j
G^uil auroit pu donner enuite
a une jeune" s'il n'avoir
as esié si cruel. Jeviens au
not de Raffinage couché dans
joflre XV. Dialogue. Lors que
z Servanteau gosierd'airainle
rononça sihaut&si diftinélelent>
si favois esié du nombre
,es Sçavans ajjemble^ cfJe'{ la
'ïeille de Gournay" j'aurois
riéplus hautque cette Servante.
Je luy donne ma voix? fai-
»
tescefler lavostre.
Jen'approuve pas moins le
de Moult
!
à qui nous aivonsfait
grand tortjusquesicy> ~r~~c~ je m'en
Jers de bon coeur; apurementje
Juis
j
nJMoultvojlretres-humble
Frere
J C7 très-oblige Servi-
1
teurj
LE Duc DE S. AIGNAN.
M. Petit, Autheur des
Dialogues Moraux,a fait cet-j
teréponse à M.le Duc de S.
Aignan.
L A Rouence21.Mars1687. 'Approbation3 fJMonfei-{
gneur;, dont vous honore%
ws Dialogues
(J
leur ci vàut
nille
3
elle feule;) & me vange
jautement du mal qu'en ont dit
quelques Critiques. Je les accurerois
volontiers de méchant
roiïfl j puis que le leur ne se
¡rencontrepasavec levotre> ny
rt'Vcc celuy de A41 le Due de
Montausier., qui ma, fait lhonneur
de majjurer qu'il éfioit
montent de ce petit Ouvrage,
wexhortantcomme vousfaitts;,
*JMonftignêur3 a en donner rvne
reconde pêrtie au public. Vous
îCaç,UaveeK^ que ssea, fnceritên'eut
tamais rien de fufpeét
Mais, Duc, quel mal ces Diafor
i eues
Auront-ils pûfaire à ces Dogues
Contre eux deschainez en tous
lieux?
Cela me fascheroit me mettroit
en colere
Si ce n'estoit que l'ouvragesçait:
plaire I
A des gens qui valent
mieux qu'eux.
Pour preuve dequoj, lom
m'djjurequeM* Miton
3
de qm
je riaypoint l'avantaged"
connujen adit beaucoup de
bien. Les Ouvrages qu'il aPl
prouvepeuventparoïjbre. au jour
entouteajf/irànce>carperfpnna
nignore de quel poids ejiJon\
jugangntxcombienfa. Crit/qvej
tfl Jagey& quelle estla delicatejjfeAe
Jen esPrit.
Après cela, Seigneur,dois jecrain
dre les dents
,
De ces trop scrupuleuxPedans
Non,je méprise leur cohorte.
Rats d'Hélicon, rongeurs d'écrits
Esprits
,
de chicane pestri,
Et digne du dernier mépris ,. Que l'Esprit malin vous empor- te:rnalla empor.~-
Ce feroit leurfairetrop d'hon;'
neurque d'en parler d avantage*
J'aime mieux, oneigneur.,'
en rreéppoonndaanntt"aa 'vVotoretreL' eettttrree'
Aussi pleine d'ejprit que d'bonoe$
étéyvous dire> que Raffi-,
nage,Vieillard>Moultset
trouvent toutglorieux de ce que
vous voulez
bien
prendre leur,
party. Ils me chargent de vous
tn marquer leur reconnoiffiancej
de vous en faireleurs treshumbles
remercimens
j ù de
vous ajjurerqu'ils Je trouvent
infiniment plus forts de vorte
-prcteElÙJn;J que de tout ce que
j'aypudire en leurfaveur dansi
mesDialogues. 1
Quand chacund'eux s'expliquoit
Vuillardeserequinquoit
Et le pauvre Raffinage
, La gayeté sur le visage
Sautoit comme nn Pantalo
Saûte au son du Violon.
Moult en joyeux équipage
Bondissoit comme un Ballon 'T
Mais criant tous, Faites, faites
Nos Cemplimens à ce Duc,
Digne qu'en Marbrequ'en fluc
Par lesmains les plus parfaites
Ses remembrances soient faites;
A ce brave Duc,& Pair,
Amyde Dame Bellone
Preux sans reproche-, 5t (ans
Pair,
", Et quis'y prend du bel air
- Quandson brasestramaçonne
AceDucquel'Hélicon
Honore fort, & revere Ft y que la Mufe Clion
Voudroitavoir pour sen Frere i
Ace Duc a l'esprit6n
k
A ce Duc plein d'accortise
> Qu'en. belle Ruelleen prise
Bien plus, qu'unjeunebiondin,
Âcedigne Ducenfin
Que le plus grand Roy du
mon
de
Nous fait voir dans un destin
En quitout bonheur abonde.,
Je njêus ajjure>çjiïfonfiigneur;
que Vieillarde ne putmoderet
sajoje de retrouver Jon Vieillard.
Elle alla l'accofler avec
emprcjjement3 & sa tendrejje
se réveillajibien que la journée
nesepassa pointqu'ils n'eujferit
renouvelle leurnlaria.fl/
MaisleVieillard
Dont le coeur ard
Pour sa,.Vieillarde,-
Pritunlong dard ,, Pritun poignard
>.»
Et de pusune hallebarde, -
Et s'arma comme un Jaquemar-
Je ne pus m'èmplcher de
rire de le voir ainsî sous les
armes; & je luy dis. Vieux,
Patron, pourquoy vous armez
vous de la forte ?
Pour percer, me dit il, par le:
ventre tout droit,
Le Grammairien qui voudroit
Encore un coup m'osterma;
Femme.
Mortbleeu ,qu'il ne s'y frotte
pas >1 A moins-qu'il veuille que:
son ame
Descende promptement aux
manoirsles plus bais.
Soûtenu que je suis de
Monseigneur vôtre frère CIl
Apollon, ajouta-til
-,
qu'"ayje
à craindre:, Moult de fort
costéynef-ai/tpasma*ins'ler'éf-oltt'* & depuis quevous ta'Ve'{ vantéde
là maniéré que Voiture
vageacarquequelques impertinens
"voulaientprofcrtre3it
tefsttfsiieerreennOOsetrroo-Lgroo-tt & vvoouuss nnee-,
sçauriez -croire à quel point il
fait l'Olibrius.
Il nt'esrt piluss vtieeux,,(il n'eftjîlufi colet,
Et jelevoy toutprest à fauter aix
Et du Critique, & du Puriste
-
Armé qu'il est d'un Pistolet, 1
Mesmedans,sa ragefecrete,1 Eç
En poche il a la bayonnette,
Dont il pretend leur couper le sisflet.
Ainsi beaucoup qui l'asupblantén'aqu'àse
bien tenir;) il
se flatte de le supplanter à son
tour,) & de rentrerdans Jes
droits. Enfin,
Sa main croiroit faire un beau
coup
S'il pouuoit occire beaucoup.
Pourmoy, e:Monfeig,neur, je
voudrois qu'ilsenfusîdéfait;
Mr Moult tfl infiniment plus
joly
y
&Jort de la bouche bien
plus agréablement. Que je fiay
bsn gre a cet Adverbe de faire
voir qu'il a du coeur!EnvéritéM
il manimeparjonexemple,&
jeJuis d'avisde dire hardiment.
à mes Critiques3 que l'Auteur1
des Dialogues Satyriques&\
Moraux s'épouvante peu deleur
cenjure
j
puis qu'vn Seigneur
de]
votre importance veut bien luy
faire l'honneur de le protéger,
& de luy accorder toüjours la
qualité de fin cher Frere en
Apollon. C'est,<JMo,nJeigneur,
fvaonsttr>e&ttrreèss--houbmlbilgeé3Jertrveist-eoubre.ïfà |
Il n'y a point
d'amitiéqui
foit à l'épreuve de
l'interest
Peux Cavaliers qui avoient
toujours este élevez ensemble
?
après avoir fait leurs
exercices, commencèrent a
prendre l'air du beau mon- de,& à chercher d agreables
habitudes. L'un d'eux
fut touché des charmes d'une
Demoisellequi avoit
beaucoup d'esprit, & qui
n'ayant ny pere ny mere,
vivoit avec une Tante dont
elle estoit unique heritiere.
Le party estoit considerable,
& comme une jolie personne
qui ne manque pas de
bien, a nombre d'Adorateurs
,
elle se voyoit souvent
une grolle Cour. Le
Cavalier parla d'elle à son
Amy,& luy sit naistre l'envie
de la voir. Ils estoient
tous deux bien faits, fx. la
jeune Demoiselle receut l'un
& l'autre assez favorablement.
Le commerce leur
plaissnt, ils convinrent que
pour ne se pas nuiredans les
visitesqu'on leur voudroit
bien permettre, ils ne les
feroient jamais ensemble
, &
que chacun avanceroit ses
affaires sélon que le panchant
de la Belle luy en pourroit
fournir les moyens. Ainsi
ayant leurs jours reglez pour
la voir, ce fut à qui feroit
mieux réüssit ses foins. Ils
luy propofoient tout ce qui
pouvoit la divertir
,
&:ils le
raisoient de si bonne grace >
que la chose avoit un double
merite. Les agréables
parties
y
les promenades? la
Comedie
«
l'Opera) la Belle
n'avoitqu'à marquer ce qui
estoit le plus de son goust,
& dans
le
mesme moment
on s'attachoit à la satisfaire.
Leurs empressemens estant
éçaux
»
elle en sur touchée
éjKgJalement , & quelques esforts
qu'ils sissent pour l'obliger
à se declarer, son
coeur se trouva si bien partagé,
que quand elle croyoit
pouvoir choisir l'un, elle
voyoit aussi-tost tout le merite
de l'autre. Comme ils
estoient tous deux bien traitez
son irresolution qu'ils
avoientà vaincre, leur paroissoit
un triomphe digne
de leur passion, & chacun
croyant qu'il ne falloit qu'un
moment pour faire pancher
la balance de son costé ils
n'oublioient rien de ce qui
pouvoir leur asseurer une si
noble conqueste. Pendant ce
temps, la Tante qui ne cherchoit
que les avantages de
saNiece,luy proposa un
homme de Robe extremement
riche qui la vouloit
épouser; & jugeant bien, sur
le refus qu'elle en fit
, que
l'un des deux Cavaliers luy
touchoit le coeur, elle luy fit
voir qu'il estoit fort dangereux
de s'attacher à des gens
d'épée, dont la pluspart se
ruinent par des depenses
qu'ils ne sçauroient éviter,
& qui aprés avoir mangé le
bien de leurs Femmes, les
laissent -dans des embarras
continuels. Ces remontran
ces ne firent aucun effet. L
Belle luy avoüa que les gens
de Robe luy estoient infup
portables,mais en demeurant
d'accord qu'elle estimoit
les deux Cavaliers, elle
ne putsçavoir elle-mesme
pour lequel des deux son
coeur panchoitdavantage. Le 1
chagrin qu'elle leur causa par j
l'incertitude de son choix, j
fut cause que s'entretenant
un jour des dépensesqu'ils
avoient faites, & qu'ils faisoient
encore tous les jours 1
pour elle, ils trouverent qu'il
seroit injuste que le malheureux
n'en fust pas indemnisé.
Ainsi il futresoluentre eux,
queceluy que la Belle épouseroit,
payeroit à l'autre quatre
cens Loüis,&ils en signerent
un Billet double, que
chacun garda. Ce qu'il yeut
de plus plaisant, c'est que
l'interest commença à les
consoler du mauvais succés
qu'ils avoient apprehendé-
Ils n'eurent plus
la
mesme
chaleur à rendre des soins,
& la Belle que ce relaschement
étonna, craignant de
1
les perdre l'un & l'autre
,
J
elle ne se haftoit de s'expliquer,
fit enfin tomber son
choix sur le premier qui la
pressa de le faire. Onconclu
lemariage sans que l'autre
en murmurast. S'il perdoi
uneMaistresse,les quatre cens
Loüis qu'il gagnoit, luyfaisoient
voir sans envie le bonheur
de son Rival. Le temps
avoit usé son amour, 6c les
charmes de l'argent estoient
plus réels pour luy que ceu
de la Belle. Cependant il de
manda inutilement à estr
payé. Son Amy soutint que
s fortes de Billets n'avoient
oint de lieu, & que s'il
voit donné des festes àune
mable personne, il avoit
part au plaisir. Là-dessus
rande broüillerie entre eux.
sçay qu'il y a eu assignaon
devant le luge pour
lire reconnoistre le Billet;
mais il n'est encore interenu
aucun jugement.Si j'en
pprens quelque chose
, je
ous le feray sçavoir. Les
Mariez vivent dans une
grande union, quoy qu'il
oit tres-vray que le refroilissement
a déterminé la
Belle, & qu'elle auroit encore
long-temps suspendu
son choix, si elle eust toujours
connu la mesme ardeur
dans ses deux Amans.'
le dois Madame
,
à vostre * curiosité unerelationfidelle
de ce qui s'est passé dans la?
Conference des Commiflài-j
res de France & d'E[p.agne,.
tenuë depuis peu pour regler
ledifferend survenu entre les
deux Couronnes au sujet des
arrerages des Contributions
de la derniere guerre. Sa Ma-j
jesté Catholiquel'ayant de-i
claréeàlaFranceau mois dc.J
nvicr 1684. les Gouverneurs
: nos Places frontieres mint
d'abord à contribution
us les Villages d'Espagne
uez sur les limites de leurs
ouvernemens , avec ordre
x Habitans du Village le
us proche, d'enavertir les
us éloignez, dont ils seient
responsables. Aprés
Campagne , & la Tréve
L'il plût a Sa Majesté d'acrder
à ses Ennemis par une
oderation digne de sa graneur.,
Messire Raimond de
robat, President au Conseil
oyal duRoussillon, Intendant
de Justice, Police,i
nances & Fortifications }
Pays, fit connoistre au M3
quis de Leganez, Viceroy î
Catalogne, que l'intentii
du Roy estoit qu'on luy
raison sur les arrerages c luyestoient deus pour i contributions, Là-deffits
Marquis de Leganezordo
, aux Villages de fournir 1
arrerages qu'on leur dem
doit; & comme ils negli
rent de le faire,MideTm
bat, parles ordresde Sa Isa
jesté, fit saisir les Terres 9
Sujets d'Espagneiituéesdm
Roussillon. Le Roy Caholiqueayant
regardé cette
aisie comme portant un
rand préjudice à ses Sujets,
n fit faire des plaintes par
on Ambassadeur à la Cour
le France, &: pour terminer
ce differend avec plus de
uccés, il demanda au Roy
une Conference dans Ceret.
C'est une petite Ville dans
eRoussillon, assise entre la
a Montagne, qu'on appelle
Vulgairement, Lou Creu de
far[e) & lariviere du Tec,
qui baigne ses bords du costé
u Septentrion. Sa Majesté
L
accorda la conference en laquelle
elle nomma Mrle President
de Trobat pour son
Commissaire, ce qui fait voir
combien Elleest satisfaite dd
ses services, & persuadée en
mesme temps de son habileté
&: de safidélité. Dom Felix
de Marimont,Conseiller
d'Epée au Conseil supreme
d'Aragon, fut leCommissaire
que le Roy d'Espagne
choisit pour terminer cette
affaire. Cest un homme sorty
d'une des plus considerables
Maisons de Catalogne
§c dont les Ancestres on
endu de grands services. On
a voulu souvent attirer i
Madrid pour le mettre du
onferl , mais la Province de
Catalogne l'a toujoursreteai
, ce qui est une glorieuse
reuve de son merite. Le jour
erAffembléeàCeret ayant
sté marqué au 20 de Février,
Mr de Trobat partit ce mesle
jour de Perpignan a onze
eures du matin. Il estoit
ans son Carrosse avec Mrle
chevalier de Landorze,Gouerneur
de PratdeMouillons
om Angel del Pats, cjuk
toitautrefois Capitaine de
Chevaux dans nos TroupesJ
,
& Dom GaraudDomps, au£|
si Capitaine de Chevaux, servantactuellement.
Son équia
page marchoit devant,co
posé de six Mulets avec leur
couvertures & de quelque
chevaux de main,à la te
desquels étoient tousfesDcJ
mestiques. Il y avgitdevanJ
& derriere son Carrosse u
nombreux Cortege de GenJ
tilshommes,d'Officiers de
Troupes Françoises
, & d'au
tres Personnes de marque, m
en cette Compagnie il arriv
àCeretàquatreheures aprés
nidy. Il fut complimenté
lors des murs par les Consuls
de la Ville ayant leurs
ivrées
?
& se rendit à l'Hôtel
qu'on luy avoit préparé.
Un quart d'heure aprés, Mr
Desnanots,Commissaire des
Guerres,que Mr de Trobat
voit envoyé au devant de
)om Felix de Marimont par
e chemin deMaureillas,pour
uy faire compliment, vint
l'avertir que ce Commissaire
d'Espagne estoit arrivé.
Il estoit venu dans son Carrosse
attelé de six Mules à la
mode du Pays, n'ayant avec
Luyque Dom luan de Marimontson
Fils puisné, Chevalier
de Malte ,quia fait ses
Caravanes,&qui pendant les
dernieres guerres a servy les
Venitiens contre les Turcs,
en qualité de Gardedu grand
Etendard de Malte, & Dom
MartindeSagobia, Chanoine
deCatalogne, quia servy
deSecretaireen cette Commission,&
le mesmequi remplir
un pareilemploy en la
derniereConferencetenuëà
Figuieres. Son Train estoit
composé de.quatre Mulets,
deMis.<~eïn~n~j)
le. beaucoup de Mules pour
ses Domestiques. Cet avis
obligea Mrde Trobat de luy
envoyer faire des honnesteez.
Il choisit pour cela Mc
fornier qui estant enRouffilon
pour y former ces Peuples
au droit François , l'avoitaccompagné
à Ceret y
Mrde Ville-domar, Commandant
en ce Pays-là par nterimlesGardes de M. le
)uc de Noailles , & Me
Rondil , GreffierCivil
Criminel en Chef au
Conseil Souverain de- uloiuEliant.arrivercÈé»-
-. ,- a.--'
Dom Felix, M. Fornier porta
la parole, pour luy dire
qu'ils venoient de la part de
M. de Trobat,avec ordre de
sçavoir l'estat de sa santé
, &
de luy offrir tout ce qui
pouvoit dépendre de luy.
Dom Felix luy répondit par
Dom Iuan son
Fils,
qui luy
servoit d'Interprete pour la
Langue Françoise, qu'il estoit
bien obligé aux honnestetez
deM. de Trobat, & qu'il l'en
remerciroit. Ensuite il ac
compagna ces Députez jusques
au milieu l'escalier, &
fit marcher devant euxjusqu'à
la ruë deux grands Estaiers
qui tenoient de grands
lambeaux de cire blanche
llumez. M. de Trobat ne
e contenta pas de cette civilité
;il luyenvoya encore
deux des Consuls, mais sans
ivrées
,
qui luy firent offre
au nom de la Ville, de toutes
les commoditez dont il pouvoit
avoir besoin dans vn
Paysestranger, ce que Dom
Felix receut de sott bonne
grace. A peine les Deputez
commençoientà rendre
compte de leur commission
à Mr de Trobat, que Donx I
Juan de Marimont se rendit
chez luy pour le remercier
au nomde son Pere des honnesterez
qu'il luy avoit faites,
&luy faire auili les siennes.
Il luy parla toûjours
en Castillan, & Mr Trobat
quin'ignore ny cette Langue
ny la Catalane, luyrepondit
en François. Illuy
dit d'abord qu'il estoit surpris
qu'ayantappris la Langue
Françoise à Malte,illuy
parlastenCastillan. Dom-
Juan s'excusa sur ce que le
François ne luy estoit pasassez
familier pour se servir. avec
vec luy de cette Langue.
vflrudle Trobat le conduisit l'escalier
,
& enusa de
i mesme sorte que Dom
;elix en avoit usé pour ses
Deputez.
1 Le 21. fut employéàconrter
l'entrevüe des Comnissires,&
àregler la maniere
dont ils devoient se
raiter, ce qui se fit par la
negociation de Dom Joseph
de Calvo, frere du Lieutenant
General de ce nom.
Dom Felix pretendoit deux
choses; la premiete, qu'il devoit
estre traité de Seigneurie^
&la seconde,qu'estant venu
dans les Terres de France,
c'estoit àM.deTrabat àlevi-ï
siter le premier, comme ceux
de sonPays en avoient fait
dans la derniers Conference
tenuë à Figuieres à l'esgard
de Mrs de Chastillon & de
Maqueron alors Commissaires
de France, à quoy M
de Trobat avoit repliqu
que le terme de Seigneuri
n'estant pas praticable dan
nostre Langue, il ne pouvoit
s'en servir; mais que pour lu)
rendre ce qu'on luy devoit,
employeroit les termes le
plus honnestes que la civilité
luy pourroit fournir & qu'à
l'égarddelapremiere visite
aprés avoir envoyé au devant
de luy M. Desnanots
par le chemin de Maureillas
pour le complimentcr
,
&
dans la Ville ses Deputez &
ensuite les Consul s pour luy
faire toutes les honnestetez
qu'il pouvoit pretendre
c'estoit à Dom Félix à res-,
pondre à ces avances. Enfin
par vn temperament que M.
de Trobat apporta,la chose
fut reglée de cette forte ;
Que les Commissaires s'envoyeroient
respectivement
& à mesme temps leurs Secrétaires
pour se demander
l'un à l'autre l'heure de leur
commodité afin de se rendre
visite, à quoy chacun répondroit
de ion costé qu'ils [el;
prioient de ne point sortir de
leurHostel,& qu'ilsalloient
partir pour
s'entre-visiter;
Que dés qu'ilsauroientrenvoyé
les Secretaires, chacun
partiroit accompagné de tel
nombre de gens qu'il voudroit
pour se rencontrer dans
la ruë à moitié chemin de
leurs Hostels, & qu'aprés SuMy
trc saluez
,
Mr le CommissairedeFrance
diroit à
celuy d'Espagne qu'il estoit
faishéqu'il se fuit donné la
peinede sortir de son Hostel,
à quoy le Commissaire
d'Espagne respondroit
qu'il auroit bien souhaité le
trouver chez luy; qu'ensuite
chacun feroit ses efforts
pour aller àl'Hostel de l'autre;
mais qu'acause que Dom
Felix estoit venu dans les
Terres de France
,
Mr de
Trobat iroit le visiter,àla
charge qu'on luy donneroit
la droite & la place d'honneur
, ôc à ceux de sa suite
des places convenables ;qu'a
lasortie, il seroit accompagné
par DomFelixjusques a
trois pas hors de la ruë ,
&
que le Commissaire d'Espagne
luy rendant la visite un
momentaprés,celuy de France
descendroit jusqu'au bas
de l'Escalier pour le recevoir
qu'il luy donneroit la droite,
& luy feroit les mesmes honneurs
;Que la Conference
finie,Dom Felix iroit voit
Mr de Trobat pour prendre
congé de luy
,
à quoy M-1
de TrobatrépondroitensuiCe
parles mesmescivilitez.
Ces propositions ayant esté
données par écrit à Dom Felix,
il deman da lereste dujour
pour déliberer, & les ayant
enfin acceptées, la chose fut
executée le lendemain comme
on l'avoit projerté.Ils fortirentl'un
& l'autre de leur
Hôtel sur les trois heures aprés
midy,lors qu'ils se furent
envoyé leurs Secrétaires. Mr
deTrobat étoitaccompagné
de ses Gentilshommes
,
de
plusieurs Officiers& d'autres
personnes de marque avec ses
Domestiques, tous fort lestes
& fort propres, & Dom Felix
avoit avec luy Dom Juan
son Fils, Dom Martin de
Sagobia
,
& estoit suivy de
tous ses Estasiers. Ils se rencontrerent
au milieu de la
grande ruë de Ceret. Toutes
les fenestres des Maisons, les
Carfours, & tous les endroits
de cette ruë d'où l'on pouvoit
voir la ceremonie, furent
rcmplis
,
& bordez de
Spectateurs. Les Commissaires
s'estant saluez
,
& Dom
Felix, aprés les complimens
dont on estoit convenu,
faisant quelques pas comme
pour aller chez celuy de
,
France, Mr de Trobat l'ar-
Iresta en luy disant qu'il vouloir
le visiterle premier.Dom -
1
Felix luy donna le haut du -
pavé,&lorsqu'ilsfurentarrivez
devant ion Hostel,il
Varreita à la porte pour laisser
passer Mc de Trobat &
ceux de sa suite. Estantmontez
à l'A pparrement de Dom
Felix, Mr de Trobat s'assit
sur un fauteüil en la place la
plus honorable, & Dom Felix
sur un autre en un lieu
plus bas. Dom Juan se mità
costé de luy sur une pctite
chaise, & tous ceux de la suite
de Mr de Trobat en eurent
de semblables. Tout le
monde ayant pris place, Mr
de Trobat dit à Dom Felix en
François,que comme il estoit
venu sur les terres du Roy de
France il avoit cru luy devoir
cette visite & cette honnesteté.
Dom Juan ayantexpliqué
ce compliment à son
Pere , il répondit en castillan
qu'ilauroit bien souhaité
luy en épargner la peine,&
qu'il ne devoit pas l'empescher
d'aller chez luy. La visite
estant fine, Dom Félix
accompagna M. de Trobat
jusques à la ruë, & l'ayantsalué
& ceux de sa fuite
,
illuy
fit des honneftetez au delà
de celles dont on estoit convenu.
Un moment aprés que
M. de Trobat fut rentré chez
luy, Dom Felixy arriva,accompagné
de Dom Juan
son Fils& de Dom Martin
son Secretaire, avec toute
sa fuite. M. de Trobat en.
estant averty ,
descendit au
bas de l'Escalier,&parce que.
Dom Felix avoit plus fait
qu'il n'estoit porté dans ce
qu'on avoit reglé pour ces
visites, il s avança 8au
milieu dela Cour pour le recevoir
& ceux de sa fuite. Ils
montèrent à l'Appartement
de Mr de Trobat
,
où l'on
donna un fauteuil à Dom
Félix à la place la plus honolable
,
Dom Juan & Dom
Martin eurent deux petites
chaires, & M. de Trobat prit
un autre fauteüil vis à vis de
Dom Félix. Ce dernier
voyant tous ceux de sasuite
assis qui eurentaussi de petites
chaises,dit enCastillan
à M. de Trobat,qu'il venoit
le remercier de son honnesteté,
à quoy M. de Tropat
répliqua que le Roy son
Maistreluy avoit fait beaucoup
d'honneur de luy donner
cette commission
,
puis
qu'il sentoit que cet honleur
redoubloit depuis que
;a Majesté Catholique avoit
commis de sa part un homne
de son mérité avec le-
[uel ilavoitàtraiter. Aprés
me demy-heure de conversation,
DoinFelix se leva,
& M de Trobat le conduisit
jusques à la ruë.
Le 22. il ne fut rien fait,
parce qu'ilettoitDimanchey
&les deux jours suivans furent
employezàregler les postes
de Mrs les Commissaires
dans la Seance, & la maniéredont
ilsserendroientà la
Salle de la Conférence, ornée
duPortrait du Royavec
les Armes de Sa Majesté sur
lefrontispice de la porte. Il
fut arresté
,
qu'afin d'éviter
qu'ils ne se rencontrassent
dans la ruë
,
ils prendroient
des chemins differens;
que M. deTrobat fortiroit
en chaise par la porte
appellée vulgairement,del
Barri, qui estoitjoignantson
Hostel, & se rendroit le premier
àcette Salle qu'on avoit
fait préparer hors des murs de
laVille,&que Dom Félix sortiroit
de son costé parla porte
appellée, den Barral ; qu'il seroit
dans son Carrosse attelé
de quatre mules
,
& à longs
traits de cordes,suivant le privilège
des Nobles de son
Pays ; qu'il passeroit le long
des fossez de la Ville,du costé
des Carmes, &se rendroit à
la Conference avec la lenteur
ordinaire aux Trains de son.
Pays; qu'il y auroit deux
fauteuils placez avec égalité,
&',de petiteschaises pour
leurs Secrétaires,& quecomme
Mr de Trobat entreroit
le premier au lieu de la Conference,
DomFélix de Marimont
en sortiroit le premier.
Ainsi leurs Seances
commencèrent le Mercredy
26.deFévrier,& ont continue
jusqu'au Mercredy z.j
d'Avril. Ils ont toujours entré
le matin, & donnél'aprésdînée
à leurs affaires,
à leurs dépesches.Pendant
tout ce temps, Mr de Trobata
tenu matin & soir deux
Tablesde seize couverts
cha- j
une, & toûjours lervies avec
)caucoup de magnificence.
Quoy que Ceret foirproprenenr
un Village, & qu'estanc
huit licuës de distance de
a Mer, on y deust manquer
ic beaucoup de choies, sur
eut en Carcfme, on n'a pas
aille d'y trouver des vivres
en abondance, par le bon
)rdre qu'il y saisoit apporter,
& mesme au delà de ce qu'il
en falloit pour le grand nombre
de personnes de qualité,
lui venoient de toutes parts
uy rendre visite
, & manger
:hez luy. Il yeut particulier
renient deux jours d'un fort
grand éclat. Le premier fut
une superbefestequeMrde
Trobat donna le 19. de Mars
pour la convalescence du
Roy A peine le Soleil fut-il
levé, que les Trempetes &
les Hautbois l'annonccrent:
On ne suivre leurs fanfare
d'une fontaine deVinmuscat
de Rivezate, qui est le
meilleur Vin de tout le Païs
Elle fut ouverte à neufheures
du matin, & coula jusqu'à
minuitau grand contentementduPeuple,
qui
estima fort cette libéralité.
L'endroit où couloit cette
fontaine
,
estoit une espece
de niche ou de grote qu'on
avoit dressée au milieu de la
Place,quiest hors des murs
dela Ville. La groteestoit
garnie de Lauriersportée
par quatre pilhers terminez
d'un Dais ou Cornicheau
devant de laquelle,&sur le
milieu estoientles Armes du
Royavecleurssupports Les
principales Conquestes de Sa
Majesté, comme Toutnay.
L'Isle
,
Fribourg, Mastrich,
Ypre, Valenciennes
,
Cambray
, Luxembourg, estoient
representées sur des Cartouches
placez à distance égale.
A u milieu de cette Grotte paroissoit
en relief une Figure
dela Renommée, couronnée
de lauriers, &vestuë de
tafetas rouge,avecune écharpe
par dessus de tafetas bleu
parsemé de Fleurs de Lys
d'or Elle avoit le pied droit
appuyé sur un Globe, & le
gauche estoit en l'air aveç
une attitude si naturelle
, qu'onauroit dit qu'elle alloit
partir pourannoncerà1 toute
la terre la gloire de Lours
{&GRANiXi Ses aislesestoient
peintes de différentes couleurs,
& parsemées d'yeux &
d'oreilles. Elle tenoit de sa
main droite une branche de
Laurier, & de la gauc he,une
trompette d1oré1e avec une
banderole,où ces paroles se
lisoientécrites en lettres d'or,
Necpluribusimpar. De cette
Trompete qu'elletenoit em- bouchée,sortoit cette fontaine
de Vin muscat
, qui
tomboit dans un Bassin garnyde
Laurier, au devant duquelily
avoitunTableau;
où estoit representé l'Hercule
Gaulois, abatant avec
sa massuë los testesrenaissantes
de l'Hydre, Sur les dix
heures Mr de Trobat,accompagné
de Colonels, Gentilshommes,
Officiers des Troupes,
& de grand nombre de
gens, se rendit àla Paroisse,
où il fut receu à la porte au
bruit des Hautbois & des
Trompetes, par les Consuls
ayantleurs livrées. Ilseplaça
à un Prié-Dieu qu'on luy avoit
préparé à la gauch e prés
du grand Autel,&il entendir
la grand'Messe
,
qui fut
celebrée avec beaucoup de
solemnité, par M.Bousquet,
1
Curé du lieu. Les Armes du
Roy mi ses aux Credences, U.
un Tableau sur le Frontispice
de l'Autel, où ce Monarque
estoit representé à genoux,
offrant à la Vierge sa
Couronne & son Royaume,
faisoient connoistreque te eet- Solemnité luy estoit dédiée.
Trois Choeurs de Musique,
& un concert de Flustes
douces se firent entendrependant
la Messe. A lélevation
il y eut une décharge de
Boëtes autour de l'Eglise, de
à la fin on chanta l'Exaudiat,
qui fut faivy d'une seconde
décharge de Boëtes. Cela,
tfiant fait, M. de Trobat
donna un magnifique Rçpas
à tous ceux qui l avoientaccompagne.
On y but la santé
du Roy, & dans cemoment
une troisîémedécharge de
Boëtes anima les Conviez à
boire à cette fanté qui faisoit
le principal sujet de laFeste.
Aprés ledisné, M.de Trobat
fit une largesse de pieces d'argent
de la Monnoye duPaïs,
&le Peuple touché de ses liberalitez,
fit retentirenl'air
de grandscris de Vive le
Roy. L'aprés-midy se passa X\
* voir
voir debattre le Peuple auprés
de la Fontaine de Vin, à
laquelle on peut dire que
l'on fit assez d honneur. C'estoit
un agreable divertissement
de voir de quelle maniere
chacun se poussoitafin,
de gagner la premiere place.
Surles quatre heures, M. de -
Trobat se rendit encore à la
Paroisse
,
accompagné des
mesmes personnes. Il ne fut
pas plutost apperceu que les
Trompetes& les Hautbois
donnerent avis de son arrivée.
Il s'arresta à la porte de
l'Eglise pouratrendre Dbil
Felix qu'il avoit fait inviter a
& lots qu'il parut,» les Trompetes
luy firent la mesme reception.
Mr de Trobat s'estant
avancé vers luy. luy
donna la droite, & ils se rendirent
ainsi dans le Choeur,
où l'on avoit tapisse leurs
places. Les Choeurs de Musiquedu
Païs. chanterent le
Te Deum - , 1 , & une quatrième
décharge de Boëtes termina,
la Feste, après laquelle les
deux commissairesse retirerent
chacun chez soy,&
pom Iuan de Marimont fut,
entraisné par ses Amis chez 1*- 4 )
M. de Trobat pour y souper,
ainsi que quatre Gentilshommes
Espagnols que la curiosité
avoit attirez. La nuit ne
fut pas plutost venuë qu'une
clarté surprenante en chassa
l'obscurité. Dans la Place où laFontaine de vincouloit,
on avoit fait une barrière tapissée
detafetas rouge & jaune,
qui formoit un grand
quarré, autour duquel on
avoit planté despieux?où:
l'on attacha desflambeaux
de cire blanche. Cela fut suivyd'une
Illumination quon
fit par toute la Ville,& érw**
cipalement au Clocher, où
tous les creneaux qui sont
autour de l'aiguille, furent
garnis
-
de lumieres? ce qui
formoit une perspective des
plus agreables. Ce qu'il yeut
de surprenant
, ce fut devoir
le sommet des Pyrenées, qui
font ordinairement chargées
de neges,changer leur
figure
en de grands feux qu'on
éleva sur la nege, & qui sirent
connoistre aux plaines
de deçà & de delà le Royaume
,qu'il falloit un motif
puissant pour une Feste de
çttcnature Pendantquece
spectacle attiroit les regards
de tout le monde,les Trompetes
& les Hautbois postez
aux fenestres qui donnoient
sur la Place dont je viens
de vous parler,apprirent par
leurs fanfaresqu'on y préparoit
quelque chose de nouveau.
M. de Trobat? dont la
pieté n'avoit pas estéépuisée
par les Prieres qu'il avoit
fait faire pour le Roy? fit
dresser un moment après au
milieu de ce quarré, une
grande Table de vingt-cinq
couverts, où l'on fit asseoir
autant de Pauvtes du lieu,
ausquels on donnaun fo.r't
grand repas.M. de Trobat,?
'•&"M.l'Abbé son Frere, y furent
toujours presens
)
afin de
les faire servir par leurs OSciers
& Domestiques.Tous
"tes Pauvres burent à la santé
de Sa Majesté,& cependant
les Trompetes donnèrent le
signal aux Feux d'artifice
qu'on fit joüer du haut des
ramparts dela Ville. Les Girandoles
, ou roües à feu, où
l'on voyoit paroistre au milieu
la premierelettre du nom
du Roy? & les Fusées volantes
remplirent l'air d'une in-
1
finité de serpenteaux. Il se
fit alors une cinquième décharge
de Boëtes. Apres le
soupé des Pauvres,on servit
chez M. de Trobat , où le
Regale fut tres-magnifique.
Les Violons & les Flûtes douces
firent des concerts qui
réjoüirent toute l'Assemblée.
Ce repas finy
, on descendit
sur la Place pour voir les
Danses publiques,ou Bailles
largues, comme on les appelle
en ce Pays-là. Le Peuple
auson des Hautbois, y donna
des marques de joye traord ex- inaires, aptés quoy on
pritle divertissement duBal,
ce qui couronna labeauté de
cetteFeste.
Le Mercrcdy 16. de Mars,
M. de Trobat regala splendidement
le Commissaire d'Espagne
,Dom Iuan son fils, 8c
Dom Martin de Sagobia. Le
repas, quoyqu'en maigre,
ne pouvoitestre ny plusmagnifiquenymieux
entendu.
Quatre grands Services de
trente Plats ou Assiettes chacun
,
firent avouër à Dom.
Felix, que la France l'emportoit
en toutes choses. Le fruit
y fut des plus propres? & la
diversité des liqueursfort
grande.
Enfin la Conference fut
terminée le premier du mois
passé,& conduite avec tantde
superiorité de la part de M.
de Trobat qu'encore que
Dom Felix ait toû jours insisté
depuisle commencement,
jusqu'àla fin que l'on devoir
convenir qu'aprèslaliquidation
des arrerages des contributions
& des payementque
l'on avoit faits, on accorderoit
la main-levéedés
biens saisis, M. de Trobat a
toujours trouvé moyen de.
il
l'arrester sur la liquidation;
en luy faisant esperer que
quand elle seroit
faite,
ilseroit
de la bonté du Roy de
luy accorder la main-levée
sur laquelle il insistoit. Ainsi
Dom Félix ayantestéobligé
de travailler à la liquidation,
la somme à laquelle elle fut
faire, ne se trouva pas exceder,
ee que le Roy avoir déjà
receu par le revenu des biens
saisis. Cette somme receuë
laissant Sa Majesté satisfaite
des arrerages qu'Elle demandoit,
il ne reste pour la consommation
de l'ouvrage que
la ratification de leurs Majesteztres-
Chrestienne&Catholique
pour laquelle on a
prisun delay de six semaines.
Et quant au resultat de la
Conférence, il semble que
DomFélix ne soit venu sur
les terres du Roy,que pour
faire un aveu public de la
justice de la demande que
l'on avoir faite au Marquis
de Leganez,puisquelasomme
liquidéerevient,juftement
aux prétentions de Sa
Majesté. M. de Trobat ayant
donné avis à la Cour de ce
qui avoitestéarresté dans les
Conférences?le Roy luy envoya
aussi-tost ses ordres.
pour donner la main-levée,
laquelle pourtant ne fut faite
qu après le départ de Dom
Felix. Il vint prendre congé
de M. de Trobatle 2. Avril ,1
8< pour luy marquer l'estime
& laconsidérationqu'il avoit
pour luy
, illuy ne present
d'un cheval d'Espagne tressé
avec des rubans verts. M. de
Trobat qui alla ensuiteluy
rendre lesmesmes honnesterez,
luy fit present à son tour
d'une fort belle Pendule &
d'une Housse avec les chapet
rons en broderie d'or. Dom
Felix estantparty de Ceret
> M. de Trobat fit publier une
Ordonnance de mainlevée
en consequence des ordres
du Roy , ce que Dom Felix
ne peut avoir sceu qu'après
son retour àBarcelone.
La Relation dece qui s'est
jDafle à Ceret, m'ayant obligé
a vous parler encore d'Actions
de graces renduës pour
la guerison du Roy,je ne puis
me dispenser d'ajoutericy
quelques autres articles de
mesmenature. Aprés vous
avoit,parlé de ce,qu'ont fait
la Ville &: le Parlement de
Toulouse
,
il feroit injuste
de ne vous rien dire des mar-d
ques de zele qn'a données
encetteoccasion M. Rabaudy,
Viguior, & premier luge 1
de cette Capitale du Languedoc.
Il ordonna une Feste
dpearticulière dans le quartier I
la Daurade où la Viguerie
estsitué,&pour la commencer
par une action agreableà
Dieu,ilpayalesdettes dedeux
Prisonniers arrêtez dans ses
prisons, & les mit en liberté.
Le jour destiné pour cette ce.
remanie ,il alla dans la Cha- !
elle de sonSiege, preced é de
main forte composée de 50
sommes avec leursCasaques
leurdelisées. Ses Officiers &
Curiaux le suivoient ayant
eurs chaperons d'hermines,
tous les Consuls des Villa-
;es desaViguerie, au nomre
de 150. en robe & en
haperon. Il les avoit manez
pour rendre la feste plus
clemnelle, & afin qu'à son
xemple ils ordonnassent des
Prieres publiques dans tous
eslieux de leur Jurisdiction.
'_il' Salle estoit ornée d'un,.
grand nombre de Tableaux
qui representoient les actions
Heroïques de Louisle
Grand. Le Portrait deceMonarque,
tel qu'il paroist dans
son lit de justice estoit placé
fous un Dais de velours cramoisy
à frange d'or? avec
des Emblemes &: des Devises
de chaque côté, des Trophées
d'A fInes) des Couronnes de
Mirte & de Laurier, & plusieurs
autres Ornemens &
inscriptions. Au dessous de
ce Portrait, estoit un Exaudiaten
Vers François écrit en
Lettres d'or. Il fut recité
par un Avocat qui en estoit
l'Autheur, enpresence des
personnes les plus qualifiées
de la Ville.On sçait que Toulouse
a toûjours cité secoude
en beaux esprits.La Salle étoit
éclairée de toutes parts. Il y
avoit d'un bout à l'autre deux
rangs de plaques d'argent,
&dedistanceen distanceun
cercle chargé de petites lampes
, ce qui faisoit une tresbelle
& tres-agreable illumination.
LDcst-oit macrui-
nation.L'Autel estoit magniquementorné.
On y Voyoit
quautité de vases, & jusqu'à
trois cens Chandeliers d'argent.
Deux-' Amphithéâtres
avoient esté élevez au bas de
la Salle, & l'on y plaça deux
Choeurs de Musique & de
Symphonie. M. l'Abbé de
Comynihan
,
grand Archidiacre,
celebra la Messe, M.
l'Archevesque n'ayant pu le
faire à cause de ses indispositions.
Elle fut suiviedu Te
Deum chanté en Musique, de
la composition du Sieur A
phrodife, excellent Musicien.
Pendant ce temps les décharges
de Mousquet & de Coulevrine
ne manquetent pas à
se faireentendre. Aprés cela
M.leViguierregalasplendildement
ses Officiers & les
Consuls.Il y eut chez luy trois
cens couverts, & afin que
tout le monde se ressentist de
la Feste, il fit distribuer plusieurs
piecesdevin au Peuple.
Le soir, M.le Chevalier Rabaudy,
Fils de ce Viguier,alluma
un Feu de joyeà laPlace
de la Daurade. Il estoit accompagné
de la Main-forte
de son Pere dont la Maison
fut illuminée par plus de
quatre cens lanternes de differentes
couleurs , toutes aux
Armes de France, ce qui produisituntresbel
effet.
Le 20. du mois passé, ily
eutàPauliacune Procession
des plus solemnelles. Pauliac
est une grande Paroisse du
Diocese deS. Flour, située au
pied du Cantal, dont les Habitans
ont toûjourseu l'avantage
de se distinguer dans les
occasions d'éclat. Le grand
Portail de l'Egliseestoit orné
des Portraits du Roy, de
MonseigneurleDauphin, 6c
desplusgrandsSeigneurs dela
Cour,,& de plusieurs Inscriptions
en Vers & en Prosede
la Composition de M. Charxiere,
Curédecette Paroisse,
- .- J
l'un des meilleurs Predicareurs
dela Province.Pendant
que l'on disoit Vespres, la
Milice se rangea en haye dansune
grande Place qui est devant
l'Eglise. Elle estoitpartagée
en deuxCompagnies
la premiere de soixantehommes
fortlestes, commandez
par M. Delcher , Directeur
des Gabelles, & l'autredes
jeunes gens de la Paroisse en
grand nombre, ayant à leurteste
M. de Jarry, Seigneur
du lieu dont il porte le nom
LaProcession commença par
une troupe de petites Filles. !
suivie d'une autre de petits
Garçons, apréslesquels marchoit
le Clergé, &ensuite les
Consuls de laParoisse, & un
tres-grand nombre d'Etrano
gers que lanouveauté de cette
Feste avoit attirez, & qui
faisoient plus de huit mille
personnes. Tout cela estoit
précédé delaMilice qui marchoit
fous l'Etendard de la
Paroisse, avec quantité de
Tambours, de Hautbois, &
de Musettes. On alla en cet
ordre vers le Puy de Mercou.
qui est fort élevé au milieu
de la Paroisse, à un grand
quart de lieuë de l'Eglise.
M. Delpeur, premier Consul,
avoit fait dresser un Feu d'artifice
sur le haut de cette
Montagne. La Soldatesque
se rangea encercle tout autour.
Le Clergé se retira au
pied de laCroix, & chanta ~e
TeDeum pendant que ce
Feu brûloit. La Milice fit
plusieurs décharges
>
& le
Peuple faisoit retentir tous
les valons d'alentour descris
de Vive leRoy. On desceudit
du Puy de Mercou dans le
mesme ordre, mais par un
autre chemin. La Milice f9
remit en haye prés de PËglise,&
le Clergé passa au
milieu, pour aller prendre
le Saint Sacrement
>
qu'on
exposa quelque temps dans
un Reposoir quel'on avoit
fait exprés en un lieu élevé,
pour le montrer au Peuple,
dont la quatriémepartie
n'eust pû entrer dans l'Eglise.
Pendant qu'on s'arresta
à ce Reposoir
?
les Prestres &
lés Instrumens chanterent alternativement
les Versets de
l'Exàudiat, & d'autres Prieres
; & la Milicefit une décharge
generale lors qu'on
donna
dpoincn.La laaCbeerntiendoinciteiocnitaaunPtae-u;-
chevée,lepremierCor-fui
regâlîrtoute'làMilice.Aû
commencement de la nuitv
M. leCûré'fit^allumertrois
Fanaux au*"hautduClocher,
:& lecarillon des Cloches,v
quidepuis huit jourss'eitoit v
fait entendre foir & matin,
n'eut pasplûtost donné le
* signal, qu'onvit de grands:"
feux de joye ; dans tous les
'Villages»cùchaque particu- î
lier tâchoit dese iîgnaler;•
Oette'ParmfFe'est compôféc
deVirlgt-^cinq1Villages, & a
cinq grandes lieuës de tour.
On peut juger de la clarté
de ces feux qui durerent
toute la nuit. Ces bonnes
gens en estoient si touchez
eux-mesmes,qu'ils ne pouvoient
retenir leurs larmes.
Les plus vieux disoient aux
jeunes, Réjoüissiez-vous, mes
Enpans3 (fy benissez Dieu de
nousavoir conservé un sigrand
Roy ,car ce bonheur est bien
sensible à ceux qui peuvent comparer
le temps presentau paspé.
M.de Belinay, un des plus
considerables Seigneurs de
cette Paroisse,& qui estoit
ent lejour de laFeste, en
fait une particuliere depuis
lans sa Terre; & plusieurs
utres Paroisses duvoisinage
en ont fait autant.
M. le Vicomte de Polignac,
Chevalier des Ordres
du Roy, qui à l'imitation de
es Ancestres
; a toujours eu
~ne tres-grande fidelité pour
e service deSa Majesté, don-
~na des ordres exprés à toutes
csVilles de sa dépendance,de
1 aire des feux de joye pour
a convalescence de ce grand
Prince,&sur tout à sa Ville
le Craponne,dont les Habitans,
par le foin desOfficiers
du Bailliage & des Confuls
>
suls, fnirreenntt une FFeeslltee ddee,
huit jours, pendant lesquels
M. de la Chomette
?
Montagier,
&Barjon,Capitaines
fort experimentezen l' Art
militaire
,
firent faire l'exerciceàsixcens
hommes qui
s'y estoientmissous les ar-,,,
mes.Craponne estune des
principalesVilles duPays de
Vellay,ProvincedeLanguedoc
, limitrophed'Auvergne,
delaJustice&d dancedeM.,,de P,(?bgnqç..Lçt,
Jt Dtwôtkfcxaitdi^ furent
chantez avec melodie le ïtf.
l'Avrildansl'Eglise Paroissiales
&apres une salvede
Mousqueterie
,
les Soldats
prirentleurmarche vers la
grande Placeoù 'krfei avoir
:Íré préparé. On voyaitCalvin
au milieu del'Echafaut,
dont le tour estoit remply
le feux d'artifice;avec quancité
de Devises & d'Emblênes.
Les Compagnies avec les
Tambours,Hautbois& Fifres,
sortirentenfortbon ordre
par la portedeSainte Reyne,
sur laquelle estoient les armes
du Roy sur un riche tapis
de point de Venise rehaussé
d'or. Aprés cela marchoient
les Officiers & Consuls
du Bailliage, precedez
des Violons & des Sergens de
la Ville, pour faire faire place,
& empescher la confusion
que pouvoit causerl'affluence
d'un grand peuple
7
accouru de toutes parts. Aprés
que l'on eut joüy du spectacle
de ce Feu, on se retira
aveclemesme ordre dans la
Ville,où toutes les fenestres
parurent illuminées par le
foin des Magistrats. 4
Le Dimanche 6. d'Avril
<
le Bourgd'Alixan,situé dans
le Duché de Valentinois,
donna lesmesmes marques
de joye. On se rendit processionnellement
de l'Eglise
de ce Boutg dans celle de
Saint Martin de Coussaud
2 qui en est l'ancienne Patoifse.
Elle est sur une colline
sott élevée, & cultivée de
tous les costez
, au milieu
d'une des plus belles plaines
du Dauphiné. On y chanta
le TeDeum en Musique,
& le soir on alluma un nom-
F
bre infiny de Lanternes de papier,
dont cette Egliseestoit
cnrouree)dç mesme que le
clocheràquatre pilliers, qui
enestoienttout rem plis en
forme de pyramide
, ce qui
formoit une brillante lumiere
qu'on voyoit de tous les
endroits
r
de la plaide.La
Mousqueterie&lesBoëtes
suiviesde deux Pe'i?fi~*
rentuneffet semblable à (4a
décharge d'un Bataillon,
qu'unbruit deplusieurs
coups de Canon accompagneroit.
On mit d'abord le
feu au Bucher, & ensuiteà
l'artifice.C'estoit un Soleil
pose sur unegrande ovale l'
C~,
fu~ r1
& quiéclairoit tout àla fois
les deuxHemispheres sur une
Mappemonde
, avec cette Inscription
,Simulutrumque.
Cette Ovale élevée sur un
pillier assèz haut, cfioit cou- 1
te environnéede lances à
feu,avec des pots de feu
chargezde serpenteaux, &
autres feuxd'artifice, quise
firçnp remarquer les unsaprés
lesautres pendant deux heures.
Unmoulinet quiservoit
decouronne l'ovale, fit à
son tour tout ce qu'on pour- voit attendre de l'habileté
des Ouvriers. Pour empêcher
que le peuple n'approchast
du pillier de cette Ovale, on
avoit mis tout autour quantité
de saucissons attachez à
des piquets avec des lances
à feu, dont la dispositionestoit
si bien menagée, que
tant que dura le feu de l'Ovale,
il y en avoit toûjours
quelqu'un qui se faisoit entendre
& craindre, en causant
de petits desordres à
ceux qui s'avançoient de
trop prés. Pendant ce temps,
la grande quantitédeFusées
de différentes manieres, qu'-
on tira incessamment
,
fit
paroiftrc l'air en feu. Le
tout avoit elle ordonné par
M Bruyeres , Prieur d'Alixan
, premier Professeur du
Roy de la Faculté de Theologie
dans l'Université de
Valence,& fut exeeuté
par les soins du Pere Elzear
Manis Recollet, & du Frere
Michel Lange Bergeret,
Artificiels, qui se signalerent.
M, le Marquis de Boche,
l'un des grands Senéchaux
de Provence,assez connu par
les divers Emplois qu'il a eus,
foit dans la Gendarmerie,
dontil a esté Major de Bri^
gade,soit à la teste d'un ReJ
giment de Cavalerie
, ayanc
assisté, à la Feste que fit le
Corps de son Siege d' ailes,,
en réjdiï
-
ssance du parfait rétablissement
de la fautedu
Roy ),en fit une autre le mef?
mejour en [onparciculiur.
quimerite bienque je. vous en parle. Il pria une partie
de laNoblesse la plus qualifiée
d'Arles à souper chez
luy, & l'ontrouva toute sa
maison illuminée depuis la,
premiere court jusqu'à l'apartement
destiné pour y recc,
voirla Compagnie. Le Portrait
du Roy estoit fous un
Oais dans un Salon où il donnace
Repas, & tout autour
brilloient quantité de Lusres
& de Girandoles. Avant
qu'on se mist à table, une
Fontaine d'eau, de fleur d'Orange
servir à faire laver les
mainsaux Conviez,&dans lemesmetemps le bruit des
Tambours,des Hautbois &
desTrompetes sefitentendre,
&ne fut interrompu
me par de très-bonsViolons
&un concert de Musipc.
tiL.e< Repas, quifûoijtde-
-
ii
quatre services
,
fut d'une
magnificence & d'une propreté
toute nouvelle. L'abondance
que ce Marquis
aime, & le bon goust qu'il
a en toutes choses, se trouverent
là par tout. On but
la fanté du Roy, qui fut suivie
d'une falve de quantité
de Boëtes. Sur le minuit, Mr
le Marquis de Boche ptia la
Compagnie de vouloir bien
aller par toute la Ville, avec
les Violons, les Trompetes,
les Hautbois & les Tambours
quise relevoienttour
à tour pour donnerla sereide
aux Dames d'Arles.On
mmença par Madame la
larquise de Castillon, l'une
es plus aimables Dames de
ance, née à Paris, & hourà
laCour ,&l'on finit par
Ladame laMarquife d'Estouon,
qui est en brun ce que
adame de Castillon est
blond. Là commença le
par M le Marquis de Boe
, & cette Marquise, & il
Lra jusqu'au jour. Quelques
urs aprés, ce Marquis donune
autre Feste dans un
rdin à quelques Gentilssommes
de ses Amis particuliers,
qui estoient absens
dans le temps de la premiere,
& ce fut avec la mesmemagnificence.
Sur la fin de ce
Repas, il eut le plaisir devoir
venir de tres-belles Dames,
&entre autres, Madame la
Marquise des Porcellers,dont
1 J
1 le mente & la beauté font
également connus. Illeur fit
servir dans le moment une
superbe collation, à laquelle
personnenes'attendit, ce
qui Iurprit. agréablement
taurevcetteCompagnie. ; r
Lamour ardent, & respectueuxqu'onà
POUI) leRoy,
faitcontinuer les actionsde
~grraaGceess,qqu.u,''oonn rreenndd' -pI)aarr. tt0otultt
poursaguerison.LeLabou-
:e.ur,r,d-idehc àl'emporter sur
eBourgeois,&le Ieudy8. de
:g mois, il,y eutune grande
Feste dansleBourg deStJuien,
ParroissedeMrde Blaniillé?€
n l'abfcnce duquelM
deFarcyl'aisné,Trésorier de
Franceen laGeneralité d'Atançon.*
-fit tous les devoirs
d'un zelé Sujet.Tous les
Habitans recelèrent ses ordres
pour se mettresous les
armes, & ceux des Parroisses
voisînes s'estant joints à eux^
formerent une milice nombreuse.
Il assemblaplusieurs
Ecclesîastiques qui chante.
rent un Te Deum Colemnel,
& mit en suite le feu à un
grand Bucher. Les flames
qui se perdoient dans les airs
firent pouffer mille cris de
Vive le Roy ,
&ils redoublerent
lors qu'il obligea toute
cette Soldatesque de boireà
la santé de ce grand Monarque.
-
Tout sertà faire paroistre
le merite des Heros; & la
mort qui aneantit jusqu'à la
memoire de ceux qui ne se
;
i
sont distinguez par aucune
idion d'éclat,
ne met jamais
.es grands hommes au Tomeau,
qu'elle ne rappelle en ce
moment tout ce qu'ils ont
fait de glorieux pendant
cout le temps qu'ils ont vefcu.
Ainsi l'on peut dire
qu'elle ne les abat qu'afin de
es faire triompher, puisque
out retentit alors de leurs
ouanges , qu'on joint la
blume à la voix, & qu'on
employe jusques aux Méaux,
qui les peuvent immoraliser.
Vous jugez bien que
eu Monsieur le Prince est
non seulement du nombre
de ces grands hommes, mais
que pouvant estremis à la
teste de ceux que l'Antiquité
nousvante le plus, toutes
les voix qui ont pû parler à
sa gloire le sont fait entendre.
Je vousay desja fait
partdequelques ouvrages
sur la mort de, çe Grand
Prince. Envoicy d'autres,
qui me sonttombez entre,les
mains. Vousferez bien aise
sur'tbut 4e voir avec quelle
fermeté il aregardécemoment
terrible quiatoujours
fait fremirles plusgrands
courages. Le Chrestien & le
v
Herosont paru en luy dans,
e mesme temps & c'est ce
1tJe vou$aile?..connoiftre^
dans la traduction que je
yoms envoyedessersLatins*
du Pere Jouvency Jesuite.
QVoy quaux Siechsfuturs do.,
fltpcrbes Ouvyagcs
Diijtays 0"f" d1esHérospreje1nttnt
lesImages,
ftJj/(l pour Les vmiçr,le CisiM>j leBurin,
Sçïchenjf<ur.eparler&Je Marbre
£Airain ;
Cts chef-d"oeuvrespourtant,& {Ç."-e
fajlc inutileA.
- Souvent centre l»o^bly nçfont qiùm
k foible AMU.
Quelque riche quesist la pompe
d'un Tombeau
La vertufeule en fait fornement le
plus beau.
Cefe clic quipartout de la gloirefuivie
M"efrneaprès nojîre mortprolonge no
tre vie,
Eff.iit,m.,ilgre le coup d'un dessin ennemy,
Que l'homme ne meurtpas ,
ou ne
meurt qu'à demy.
Aujji presl de quitter UFrance
difilée,
Condéfans desirerunpompeuxMaufilée
Four laftule vertusisentit de l'drdeur,
Parla definTombeau luy-mesme il
efe thonneur.
Si celuyde Mauzole,ou dugrand Alexandre,
rat Augujîe par l'Art, le fien l'efl
ptzrsi Cendre;
5uijquil a ce Héros ,fin prix riefi
plus borné,
amais le monde entier n'en vit de
mieux orné.
De ces biensimposteurs que la
terre idolâtre,
)e qui pour peu de jours ce monde
est le theatre,
Qui prennent pour nous plaire un
masque de beaftté,
le Prince dés long-temps sçavoitla
vanité>
fais dansfin litsir tout il crut U
mieux connoifire
royanttomberleurmasque leut
farddifparoijlre,
cesi en ces moments que d'un
fiiut zele épris
Surtout ce qu'on adore il rieut que
dyu yy>vf * c 4
-; Ce Hlïqs ,/pplt)'é dune m.isle afi
fiuYJiîtce,
Sfntjis fines pérircf croifire sa
COhjl.r,iCet
Ses Comptes. ,fin Rang, mi/le
p~a~J fris Ayatx, r IIIY quilneleftoit eux,
1 Qj/ls Jf ¡ 1 icsti guerres /-* llA^Iojrc defip ) , nommant de pomptux
Trophées,
Tous^c,s bicns.c.ui pour l'homme çrit*
un chamw ilcrt13
.Ep sjcb.tpaxt à Juy le Jtyjfi&kfiftïz
regret.
lLxpefidr:e)t LVnivcrsfiansperdre &
courage, [ vantage; JLçuonçjtytkfiy-ynefae il quitte da~%
En découvrait Le filild de ces
:'. J~-, ", -..-~
**
K
Ztii s'offre/Il '*-'Osyeuxfous desdehors
trompeursy
Quon voit Jàuvent perir attjf.-tojî
queparoiflre,
l ne croitpoint afoy ce quipeutny
plus eflre,
Ze que doitarracherà nofire vanité
D'un momentfugitifle courspreci-
1 pité,
Vt ravtrdudestin l'enviel/fi ma..
Lice
Qui sur tous les mortels efendant
son caprice,
£umilieu da bonheurfait trouvât
desécueilt,
5t change tous lesjours lesTrones
en Ctrcui ils.
liinji fermantfesyeux à la pompe
e clatante
Je ces bienspaffigers dont ramour
nous enchante,
Et renO'flnt a, tout, Condéprovient
ieJrt,
La veriii fuit en ltt,yy l'office de
14 l'ossice mort.
En la vie,en l'honneur rien nci
pouvant luyplaire
JHorslenobleméprisquun Chreftiem
peut enfi¡jre,
Vers un bienplussolideil élevéJeA
voeux, i
Elcroit quilsramperoient s'ils nal-\
loientjufejuauxCieux.
SIt foy tavertijfuit qu'un cwur
Dieu sidelie, 1
Trouve en ciflartdevivre une vi
immortelle, 4
Etpar la veiité dés long-temps
co;ll
va:;?eu J~~ qui n eurt en chrejliennaja4
A
1
maspeuvécu,J
llojfroit à lamortune arne détaaheà
{
* -\ , ,-
i
*/JembloïtIcifoujfrirmoins que l'avoirchtrch<
e.
e i'apperçois tomber fins marquer
defrayeur \tsuccomber plthoft à la mort qua*
la peur.
On l'avoit veu couvert à dt-
Jàng& de gloire
Ajfroiter le peritpour chercher-U
vllfojreJ
De toits Jes ennemis braver autant
* l'{ffort [fort;
Que s'ileufl efléftulCarbitre defin.
Mais maintenant encore un courage
invincible
XJarmant contre Cejfroy dans unpe-
* ril terrible,
li peiae diroiton qui montre un
Coeurplusgrand
Dit ÇondédeSentf, ou du condi
mourant.
Trest defiurgir au Port par un coup
detemptfie
Jj)ui grossit, & bien-tofl doit crt- verjursitesie,
La mort ne feut troublerfin tranquille
repos,
Ill'attenden ChrejlÙn, & lafioufre
, en Heros.
Souvent dans les comvdts, aN.
milieu des alarmes,
Lapeineases al/roiu, & la mort 4 fischarmes,
lesexemples, l'honneur, les TamboursylesClairons,
ontpournousanimer depressansaiguillons.
[dejoye,
On entendit Soldatpoujfir cent cris
£t lors que le Canonpar tout tmnt
&fmdroye
4peine dudanger peut-onsapper*
twçPir;r>
,xpondr? & lafumée empcifchent de
levoir,
Quelque horrible qu il fioit on en
-
perd Lt memoire,
)n petJf: beaucoupmoins ait perit
qua la doire , Ét l'on voits\xpcfi.r aux plnsrudés
ajjauts [ Héros,
les Heros en Soldats, les Soldats en
t Mais tel quisans pajlir avoitveti,
milleépées
Dans des Combats affreux defing
t
toutestrempées,
Rappelle du danger
,
orr chez,Jd poeineyest-,il lamortl'approchantjette
e^ /-jelle (~
foi coeur l'ejfroy.
|Vie nescs poiiatalorsifmglantede \iilsquoy quemoinsàcraindre
,
on
U craint davar.i-rr,
Etse venant offrirfeule & nue 411
Vainqueury
Jille efl bien moins horrible, & luy
fûtplus dhorreur.
Nojlre illufîre Guerrier par tout
fiIJSépouvalJte
La méprise enson Ut commeilfîtfous
sa Tente;
Elle a beau l'attaquer(ans Canons>
sans Soldats
T()flte fuiequelle e>jl, CCoonnddeé ne la U
craint pas.
Intrepide cbez-lu non moins que
quand en guerre[/•/terre,
Arméde nos carreaux ilfit trembler
ilexpire,il efl vray, mais il garde
en mourant
Le calme d'unchrefien
>
dr l'ai,
d'un conquerant,
Et le voyant braver jusquau coup
qui letuë
triomphani de luy laMortfè croIt
vaincue.
Àttbourdefhcarriéréenseignant
à (es jeuz,
La vanitédu monde, 61a pomp( des
deux,
Brûlé d'unsaint delir d'entrer dans
sapatrie
CegrandPrinceaccusoit la longueur
desa vie,
Et/cachant qtta la mortsesfrs de.
voient tomber,
Triomphoit dans l'espoir dj hientojl
succomber.
Deux princes,chers objets de si
noble teedrc-e
Deux princes defonfangquaccable
h trifleffe, [ dieux
En venant recueillir fis funcjles a-
L-iy font bien moins parler leurs
bouchesqueleurs ya-x;
Mais tranquille Itl)flut quand ih
sions en alarmes,
Seul ayant les Jeuxfies quand Us
leurs fontenlarmes, il a beau les entendre & les voir
soupirer, [ plcltrtr.
co.nfi.nt à moiirir & hon pas à
£,-*fintantque dIt corps fion amc si
dégage,
Leurlaififantfisvertus dr les pleurs
en partage
Il voit tomber le coup qui part pour raccabler,
Et lit) mefime en repos leur defie,7d
de trembler
Jguoy qu'il meure,sapaixnefie
peut interrompre..
J$J[e de chaifhes pourtantce Prince
avoita rompre!
J'erir lors fjae cherv du plus grand
de nos Roys
ilprifoitce bonheurfinsque tousfis
exploitsj [ (tHiff
Périr quand la fortune•<>utfiâtses
Le combloitalafoisd'honneurs (J*
deriebeffsi z'l.,
Mourir quittait un Fils de gLire
revcflu, )Et Condé parfou si,ïig moins que
parsa 'vertur
Laififr un petit Fils qui ftiflh fi*
délices,
Ah cefl dans un tourment ui if.
trop defupplices
Et de tânt de rigueursfintirJetrifie
poids, ',-,' Ccfifiujfrirane mort, drmourir
4fi,icepcnd
Au chdgïitfcependaaïnitt ce iT~rriinnccet
inaccefible,
Accable de ccs maux,yparoitinfenfille.
jQuoy que tant de revers si rafflm.
blent dans un,
Trapp' de millecoupsJl nefeplaint
d'aucun,
Etfin coeursans frémir dit malheur
qui .s'.ppYljle
y Ejltdenperdanttout, quaprès une
Conqtufle.
-
Ce Héros mêprijànt &1*fort&
(es traits
rait lien qu'à fès Lauriersonmefle\
Codu Cîyprès,,,[fonde, une piix fsiipprroo--1\
J^eConhesçaits'ilquittera Norl-j
linglle,Olt le Monde
, Loin de craindre la mort il fembU\
quilycourt, j
II entre aussijoyeuxauCercueilquà,
Fribourg.
prina) leplus fameuxquaitveuj
mourir la Trance,
j
Condé, cette Héroique, c,-chreflienne
co,.Jltliice
J>hti t'a déjà porté jusquau saisie
desCieux,
Tera bienmieuxpa/jerton nomchez
nos Neveux,
19aetout ce q::ejamaisVon pourvoit
entreprendre
Four orner ton s,ptilchre,& recueillirta
cendrt.
il efl vray que conduit par tongénereux
FIls
£Artpassè en tafaveur les travaux
de Memphis.
toutefois,grand h.cros, tu vivras
davantage
Far ta propre vertu que par ce riche
ouvrage, EtJansavoirbesoin d'un éclat emprunté
)
7T"u, JnJee decvvrriEasSqquIf'àat/coyyttoonnitmm1m1JoOrYttaAlittteé..
SiMats tatdis qu'tmhollthllntfl.
lugubretrompite l
Etvantait U Tcmbcau que tonFils>
,
LaRcïitCehptrHoj'ette
e apprend ton fort 4 ¡',,} lVdiversy
S ,¡:; , 'J Soufre q rIl ton honneurJe corf(acre
ces Virs, i
JïuonjctidKi c<shiHiîssiss que ref:
pecle fenvier 1
le n.efva?,te à pufent que ta mort -
1 .•U dans ta vie, ;
Cette Tradi ction est duj
Pere Germain, Professeur
de Rhetorique à Moulilis.,
Le nom de cette Ville me'
fait souvenir que j'ay oublié
àvous parler d'un Service)
que Mlidel'EgliseCollégial
: y ont fait pour le repos de
Ame de Monsieur lePrince,
lui en qualité de Duc de
k>urbon5 estoit leCollateur
es Chanoinies de cette Eiile
,
à lareserve d'une seu-
"jquiestde la collationde
il le Prieur de Souvigny.
,e Presidial,à la teste duquel
ltoitM l'Intendant? assista
cette Ceremonie, ainsi que
j: Corps de Ville, & un trèsrand
nombre de personnes
Onfiderables.
Vous trouverez un Porrait
de Monsieur le Prince
Uns ces autres Vers. Ils sont
'- - - -'
de M Blanchard, Guré de
Finey) prés Dijon. DEpuis lejourfameux qu- )
aux plaines de Rocroy
JJEfpagne de sa perte honora
mon courage
., 4 moncourage,< Je profiray si bien de ce grand
avantagey .,
Que je femay par. tout l'épou^
~— njante &l'effroy.
Des ce temps heureuxpourma
gloire
Tout parut facile à mon bras,
La FortuneàmaJolde engageant
laVifloire3
fit naistreheureufment lei
-
Lauriers fous mes pas.
Acespremiersejjaisfenfwle- «-.
ennjifageayfanspeur lespérils>
les bavards
'.t l'ardeur d'égaler le premier
des Cesars
Ye fit croire que rien ne m'efait
impoffille.
'.,
Les Chefs les plus déterminez
durent pour mes djjlins des
Guerriers fortune^;
Wonorrand<eoeur rébondant à mon vajlegénie
>
it la Paix dés ce temps de la.
J^rancebannie,
SembloÍent m'offrir de toutes
parts 11 ~)csEnnemis fuyant denant
I~ mesEtendards.
I*L)o'nquerque/Thilij"oour^Cour-, tray) cent autres Villes'
eurent contre mes coups que
ddeeff0aibblleessrraamMpllaarrttss,,
Mes Campagnes toujours en
vt~
éioircs fertiles,
Mefirent de mon temps le Eleros
&le IIars.
D:Norlingu? çy de Lens lès
'fameufsBatailles
faisant trembler les Dieux dit
Danube(§fâuRhin,
Remplirent delEJcautlefertile
terrein
£)ffoiblesse,d>'ejfoy,de morts.,
f de frunerailies.
Je jeeus joindre par tout à tn4
,
<. vivacité ,;
LA forcejl'intrépidité.
ferme dans les Conseils;) fierJ
grompt> inébranlable;
Dansles ordres incomparable;
4clif> prejent par toutjamais
embarafséj c:
r°eprzs mieux mon party qujau*
cun-homme du monde.
Infin parmes Exploits le Gfrrhûin
terrassé3 1
e fis craindre mon bras sur U
terre sur l'onde.
Je fus dans le commandement
Ejiimê,craint également3
Heureux à prendre l'avantage;
Sanstrouble impetueux
3
je rMis
tout en usare
TourJoutenirmagloire & le
cUt de mon nom.
Dans l'ordre dit Combat rejolu
peu flexible
x Me donnant tout à l'aftion,
A la crainte
3 au périltonjour.
inaccejjîble
,
De nos fiers Ennemis à njaincn
prepA,re:{
Ma valeur arrefla les injuste;
proüeffis;
Leurs Postes les plus ajfure^
JVeurent pour moy que de«
jviblejjes
Je ûroisâ»SoldJat ce qu'on en peuttirerjeti
Dans les plus grands périls je
jjpnwis wjpirer
L'intrépidité,lavaillance
Sttoûjoursresolu de vaincre ou
demourir3
r'arracbois aux vaincusjusques
à l'ejperance
?
Que contremoy jamais onpujl
lesJeeourir.
s^ftia valeur égala la valeur
d'Alexandre;
Si jefus moins heureux que ce
fameux Héros,
Enmourut-il plusenreposf
En eut-il plus de terre @J d'éclat
pour Jacendre t
Le Sonnet qui suit est de
MrdeCorbet, Gentilhomme
qui s'est rendu recommandable
par l'honneur qu'il a
receu d'estre chargé des ordres
du Roy, pour assister
aux Synodes des Provinces
de Berry & d'Orleannois; par
un très-grand nombre de
Conversions ausquelles il zfl
beaucoup contribué, & par
de scavans écrits contre le.
Ministre Claude, & d'autres
Ministres, qui luy ont attiré
l'approbation des plus illustres
Prelats du Royaume.
A la
SONNET
gloire de Monsieur le
Prince, par des Rimes
prescrites. CE Heros en naissantsceut
gagner des Batailles,
Etdéfaire un grandChefdans
lesarmes vieilly.
Farnese, Spinola;,Beck;, Montecucully
J N'ontjamais tant queluy tfn-,"
versé de murailles.
Espagne, qui l'as vû j;tr-,-Y,, dans
tes entrailles
Accomplir les projets fornlc'{
dans Chantilly
? 6)uedefoistonEflat parce
Prince affailly
7JeJes plus chers Sujets pleura lesfuneraillcsl
Maisloin;, ces vains honneurs
des profanesGuerriers>
Won Heros en mourant cherche
d'autres Lauriers>
Etpour les moijjonner comme
auoit fait Turenne,.
Se sentant comme luy par la
Grace inonde,
Surfissens il la laisse agir en
Souveraine»
Et feule triompher du coeur du
Grand Condé.
On parle des grands Hommes
en toutes fortes de Langues.
C'est ce qui afait faire
cette maniéré d'Epitaphe en
Vers Italiens.
Sotto quefio marmo il gran
Condé giafe,
La di <5 eut fama per tutto il
mondoerra.
'Dopo tanti anni haver me.
nato guerra3
Quel maenanimeHei-oë) ba*
ramai fta in Pace.
-Je vous,envoyedeuxVers
Latins sur lemesmesujet,
mçcÀ^ Traduction<ju;.^n estfaire,
.0= -'.-.-#.•.. îl
,~Ce~~ Alexander
,
Pelides,
<
fulminabelli,i Condaci cineres socio excepere sepulcho
fondéfutcomparableau plus
ffdn^^ti^P4^Sy 1
il eut le IQl:tfr".9..;1çhzl"(.9' la
,, bras. d'Alexandre;..*
Son corps dont l'Univers doit
respecter la cendre, j
Est mis dans le tombeau, de cc
Heros deMars
Voicy
Voicy l'Extrait d'une Letre
de l'Autheur de ces Vers,
qu'onpeut regarder comme
un
élogede in CL de MMooinisfiiceuurr- Ilde
Prince. J'ay cru, dit-il, deuei-
aD:nzblelA des Heros de divers
Siecles,(Sf les plusgrands
Capitainesdel'Antiquité, comne
font Abille
,
Alexandre
Zeptry pour exprimer tout le
grand merite de feu Monsieur
e Prince. Ils ont eu toutes 1er
artiesd'un grand Gapitaine
maisonpeut dire nearmoinsque
hacun d'eux a eu sa partie do-,,,,
ninante. Celled'Achille estoitla
nobleferocitéd'un Guerrier.
Celled'Alexandre efloituneva*
leur impetUeujeune rapiditéde
conquefies. Il ne JeContentoit
pas de gagner des Provinces &'
iles Royaumes,ileuflVoulu qu'il
y eufl eu plusieurs mondes k
conquérir. Celle de Cejar ejloiï
une grande conduite,unehabileté
dans l'Artmilitaire.Cest
luy qui l'a;, pour ainsi dire3 réduite
en Sciences & qui en 4
aonnéde grands principes er des
réglés certaines. Toutes-ces parties
dominantes dans ces grands
Capitaines Je trouvent commé
fajjemblées dans Monsieur le
grince. Il avoit quelque aiî-de
(
ce qui est rapporte d'Achille pour
ia férocité èesJfëtars.3 sans cm
avoirlaTruelle dureté. Il avoir
aujjîlccaraélere d'Alexandre; il
ejîoitd'unevaleur eltennante,
•qtte l'on powmhnornmcrambi-~
ctioemufbta. ttIref; iralfctjk^îvtotouliatdetfoourjtô'buorns
voeurChantillypour aller au
Champ'deBataille,&ilnejloit
pascontentd*uneCampagne^s*iIl
riavoit faitplufkurs expéditions
déclat. Ænfn 3il rejjembdloiat
alujj'iaCaéfar dans*l'acapa* jbience dela
Guérie.IlJçanjoit'raïiger admi-
rablement me Arméeen<-~ B,itaiU
lej r& lors quilluy a fallu fait
des Sieçesjil syprenoit.en mai
flire.Il nefaut que lire' la Re ':.
htzbn du Siegede Dunqurrqtdans
les oeuvres de Sarrasin por.,
ch demeurerd'accord ; &cepen
dantMonsieur le Prince efloi
alors fort jeune. Cestcette coït
fSrmlté avec çes illuflres Capi
lfaaiinn.eris'ûqpuiiim'a pppoyrttef à le lleflut
ialsjwsodçeiesTr,&omj'baeyauxcrdueqjhunce%coamuxm
familles illuflresi an pouvoit
aujji irihuynerAionfieur lePrince
Avec ces trois Héros de la J?a
milledetJMarsjrUmettre h 1
urfaes de leurs cendres dans u
mejmefeptilchre.
J'ajoûte une Epigramme
de M Lourdet&troisSon*
nets; le premier de M Pechantré,
Autheur de Geta;,
quia paru cet hyveravec,
un si grandsuccés ; lesecond.
de Mol'Abbé Baratony &!&..
troisiéme de Mr Amoreux
de Digne,Avocat au Pari5^^
ment d'Aix.:,
SUR L A '- M0 RTtde Monsieur le Prince, V.- •,E yv. NterminantsonjortCon~•
dénous faitconnoijlre
-aucun ne doitpretendre k - l'honneur des Autels, '- I.-
Onne eçoiticjyrhasque desbx>m~
,
mesparoijlre.
S'ilsepouvoit qu'enterreilfujl
des immortels3
Çcmdé lauroit esté jConde ht
~~o~ ejlre-
.•:x. SONNET:. REstes du grand Condet
cendresdeseHnros
3
ZJigncobjet d1es rej,p..e,ocftsqu-oy ui
v
doit à Ja memoire;
Joüiffiz a jamaiset.un tranquillerepos
.:Sous ce Marbre qui faitl'.clojge
desafvJo:re,
"Ony voiteciatertous Jesjaits
les plus haitts
3 Tels qu'un jour nos Neveuv
auront peine à les croire"9
M.:tÚonyvoitce Prince aprts
mille travaux
Remporter sur foy-.mcfme une,
illujlre victoire.
yTant d'Ennemis vaincus, tarif
de rampartsdétruits,
1antdeCbepj tantde Rotsfar
Jon exempleinflruits3
[Je Jahaute vertufont le portrait
[idelie.
"• Grinces
;,
qui ptetns d- ripou
sur ses tracesmarche^y
Vousne fçaurie% choiftr un plm
N parfait modelie
> Et./vousfere^ beaucoup si hjouï
en approche
v 11.SOÎS'X'ET. L3Invincible Çondé n'efi
plus IU"Uhpeu de cendre
j
Toutsi terminé la , puijjance3
,
biens,honneursy
Telefi le trifiefort des fragiles
.,.. Grandeurs; Rois3Trinces.Conquer^Ps, nul
'lIe peut s'en dentirè.
S^ef-ieros\encourageegayou ld Alexandre, tà valeur3Jonejprit luy gai
gnoieut tOUI les coeurs>
rlpaj]& de bien loin les plus fr:
meux Vainqueurs,
Stdans toutl'Universson nom
sest fait entendre.
-
,Tantaiwflrestravaux> tant deJanglans Combats
rant de Peuples vaincus par
l'effortdeJonbras3•
Alaoflerisecons-tcrent rne-
;>;: moire. §: - : E/Ï-.7rïëride pareilàJesFaits
incuis?
Etpouuoit-on jamais porter plui
haut la gloire
1
Dugrand NomO des BourbonsÀ
&duSangde LOUIS
11LSONNEX ANtitjues lIfonumens;, qui' desSiecles
De tantde nomsfameuxrappeliez
la memoire3
j4hatj]e^<vo(lre orgueil,ces, noms
1
font efface^,
Tout cede à ce Hérosdantje trace
lagloire.
Sa valeur a fournis ceux qUJt
a. menacez..,
mle' lut en tout temps MaÍjtre ,de LxVïtloire
It fous luj tant de3 Chefs ont :esiéterraffe^x
Que nos Neveux unjour auront
peine aie croire..
3 fut des Généraux rexemple
&la terreur,
Lefeuldefirdevaincre .anima.
son grand coeur,
ri n'est plus lamortafermf
sa paupiere*.
IA* Jilais cjut dîs-je;, iljouitaun
plusilluflrcfort
ril vécut vlorisux3 )une j)lutikelle.
mort.
70ur couronnerses jours d bornesa
carrure,.
Je finis par des Vers deMR
Moreau
?
Avocat General de
la Chambre des Comptes de
Dijon, adressez à MonsieuR
le Prince d'aujourdhuy. LA mort du grand Condé
cause nojlre douleur;,
Partout on ladmiroit, par tout
on en Joupire,
Qui dit Condéy dit -tout ce
qu'on peutdirey
-De grandeurjde vertu> d'ejprit
&de valeur ;
Tour couronnersesjours et H
nisa tarriere.. i 1!
Je finis par des Vers de
Moreau,Avocat General
la Chambredes Comptes J
Dijon,adressez à Monfielj
le Prince d'aujourdhuy. j LA mort du grand Cortf
cause noflre douUtt?>
partouton t'admiroitj par tôt*
on enJoupirej
Qui dit Condé,dit
tout
qu'on peut dire> i
*Dcgrandeurjde'vertu3 d'e1
&devaleur; 1
sdans ce coup fatal a nos
'Voeuxsicontraire,
ce
3 ce qui nous doit confiler
aujoudrbuy
de y te noir marcher sur les
p*s de ton Pere3
f trouver en toy ce que l'on
s
perd en luy.
ous entendrez si fouveni
de la Forteresse & du
: d'Effeck pendant la
pagne qui est preste de
vrir entre les Alkmans
Turcs
? quevous ne fepasfachée
que je vou9
t; le Plan de ce Pont
& de cetteForteresse,afin
que vous jettiez les yeu
déssusà mesure qu'il sepasse
ra quelque actionqui regar
dera ces deux postes.Ilsson
dans le Comté de Vvalk su
sur la Drave,dans la parti
Orientale de l'£[clavonie.Lc
chiffres suivans vous donne
rontune parfaite intelligenc
de l'un&del'autre,
1. LePontd'Effeck long cl
8lya~.rpgasegédomeétr1iqu7es ').4 2.Forteressed'Effeck
3 Fauxbourg d'Effeck
4» Fort de Darda,ouTai
,
à l'autre' bout du Pont est du Comté de y Varaniuar
dans la basse Hongrie,
5 Plusieurs guerires;& sen- nellespourla*garde dtfc assage
6.Diverses montéespour
escendre dans leMarais. 7.Le Marais.
Toutce qui est arrivé à
le Cardinal d'Estrées deuis
lafin de Janvier
>
ne luy
vant donnény letemps,ny
lieudesignaler sa joyepour
parfaite guerison du Roy
se determina à le faire après,
arrivéede son Coutrier qui
luy apporta les ordres par Ici-i
quels Sa Majesté l'achargé
de l'entiere direction desaffaires
à la Cour de Rome
mais les devotions ordinaires
de la Semaine-sainteoccupant
tout ce temps, il remis
cette Feste au Dimanche de
Quesimodosixième d'Avril
Sa Sainteté luy accorda pour
ce mesme jour par un Bref
particulier uneIndulgence
pleniere dans l'Eglise de saint
Louis , & cependant pour
rendre cette action de graces
plusagreable à
Dieu,ceCardinal
chargea une personne
sieufe d'aller dans tous les
Convens des Mandians,Conservatoies,
&Ecolesde Filles
'Enfans, pour y distribuer
ses aumônes considerables,
On les vit tout ce jour là
enir enProcession à saint
toüis avec unedévotion édi
ante ,& l'on compta plus
'c soixanteProcessions disfeentes
de jeunesFilles conuites
parleurs Maisteresses.
Tous les Religieux mandians
marchoient avec la Croix.
esHôpitaux des Aveugles,
les Estropiez., desVieillards,
es Orphelins,& autres qui
avo,ie-1nt eupart aux autnc'i1n-\m'
vinrent aussi en Procession
faire leurprierepour le Roy;
ôc la pluspartcommunierent
Onencomptaplusde deux
mille. On avoitfait prendre lenombre despauvres honteux
qui se trouvoient dans
tousles quartiers de la Ville,
& on leur distribua vingt
mille pains.MrleCardinal
d'Estres avoit en mesme
temps ordonné ason :Ban.
quier,d'avertirleProcureur
desPauvresqu'il eustàdonPïrfiossounnennLiiesrtesddeeRotmoeu,
s&ldees
payer sur son témoignageles
Créanciers de ceux qui de*-
soient jusquesa cinquante
vécus Romains, pour les mecreenliberté
cejour ILilfu:
aussi distribuer de l'argent
aux Criminels. aux autres
pauvres Prisonniers,afin
qu'ils se sentissent de lajoye
où estoit la France.Mrle
Cardinal d'Estrés souhaita
que pendant qu'on,chanteroit
le Te Denmà saintLouis,
on le çhantaft aussidanscent
Eglises des principalesde
Rome, sans compter les Nationales,
Celle desaint Jean
de Latran, qui est la premierte
du monde, s'en acquits
avec éclat&beaucoup de
zele. Ce Cardinal envoya
pourcela aux Sacrifiesde
touteslesEglises,afin quele
TeDeumsust précédé d'uné
Messe haute. Celles qui ont
desMusiques reglées,le chanteraitenMusique,&
les auvires
avecleplus de solemnité
^qu'ellespurent.' Mrsles Cardinauxd'Estrées
& MaldachiniserendirentàS.
Louis àdix-septheures suivis de
tous lesNationaux. Il s'y
trouvabeauroup deNobles'&
un Cortegede plus de
rente Prelats
? quoy qu'on
'eust pas fait une invitation
generalede laPrélaturepare
que la solemniténe regar-
[oit quela Nation.Madame
Duchesse de Modene y
ssista,&M CusaniArcheresquede
Trebizonde cele-
,ra laMesse en habitsPonisicaux,
& entonnale Te
Deum.L'un& l'autre urent
hantez au bruit des Boëtes,
les Trompetes & des Tamsours,
Par deuxChoeurs de
Musique,composez de plus j
leurs Instrumens deRome.Le
PèreSemeriJesuiteprononçaunDiscoursfort
éloqueaçj
-.à la louange de Sa Majesté;
sur la conitance estonnante
qu'Elle avoit fait paroisse;
dans sa maladie&surle bon.
-.
heur de sa guerison. -:Mr le
Cardinal d'EDstrées donna le
lendemain un grandRepas ài
Ja VignePamphile,àMr le
touslesPrelats,quis'eftolcnr,
tous les Prélats,qui sestoient
trouvez à cetteCérémonie.
On ybut pl usieurs foisàla
Santé de Sa
autreChambreou laCompagniefutrégaléed'unCon-
Le mauvais tempsayant
obligéM leCardinal d'Esrées
à differer les autresmarquesde
réjouissance
, qui deroient
estre accompagnéesle
nesmejourde celles de tous
es Natironauxsuivant l'ordre
qu'il avoirdonnépourrendre
cette solemnitéplus univerelle,
onfut obligé de lever
une partie de la saçade de
Eglise de laTrinité du
Mont
, pour raccommoder
es Tableauxquelapluyea1
voit gâtez,& deremettre la
t
Peste au Dimanche20. Avril.
j Son Eminence quitta le deüil
ce Jour-là, &le fit quitter à
toute sa Maison,comme Elle
avoit fait le jour qu'onchanta
leTeDeum à S.Louis. La
f
Feste commença par la grande
Messe que celebra le General
des Minimes François.
aprés laquelle le mesme Ge-
Plunesral entonna le Te Deum. de vingt Cardinaux, >quantité dePrelats, & presque
tout ce qu'il y a de
grands Seigneurs & de Dames
àRome, allerent y faire )
- - leurs
eurs Prières pendant tout le
our.Ily eut quatre Fontaifies
de vin qui coulèrent jufï3juu''
aàttrrooiisshheeuurreessddeennuuiitt»?
t[aapprreémmiièerree àlaPlace de là a. TrinitéduMolnat,Plalacféecdoendlaé -ïl'entrée de' celle du Peuple
; la troinémë à celle de
S. Loüis, &:la quatrièmea
Campodt Fiori. On yfaisoit
:'nmesnietèfrips une diitribution
de pains, & l'on entendit
crier dans tous les
Qùartiers>Vïv'af Francia..}* A
mgt-troi's heures & demie?
fvflcCardinal d'Estrées3 a4
prés avoir fait fas prièreà la
Trinité du Mont, le rendià
la Placed'Espagne dans un
Sallon qu'il avoit fait baûii
exprèspour recevoir les Car
dinaux. Illes avoit fait kule.
ment avertir de cette réjcuifî
sance
,
sans les inviter dans
les formes, à venir y prendra
part. Il y avoit un autre Sal
Ionàla gaucke de celuy-cy
pour les Dames„ les Prelats
j
& autres Personnes de qu
lité. Ces Salions estoient a
milieu de la Place5tapisses
au dehors &audedans de
fort belles tapisseries de hau-
.g-liflç,. orncz de Luftrc
de Plaques d'argent? ou
on attacha des bougies? avec
ics btaliers d'argent qu'on
voit couverts de fleurs. Ils
ftoient gardez par les Suifes
du Pape, & ouverts du
;oH:é de la façade de la Triiite3
mais fous une frise de
velours
? avec une crespine ior qui regnoit sur toute la
.ongueur des Salions. On y
ivoit mis de grands rideaux
le Damas, afin que ceux qui
craignoient l'air de la nuit>
pussent s'en servir pour en
éviter l'incommodité. Il se
trouva dans le premier des
Sallons jusques à quatorze
Cardinaux avec l'Ambassadeur
d'Angleterre. MrleCar-î
dinalde Medicis
>
qui avant
que d'avoir receu le chapeau
n'osoit se trouver dans une
Assembléede Cardinaux sans
la permission du Pape, que
Sa Sainteté n'avoit pas jugé
£ proposde luy donner? demeura
dans son Carosse auprés
des Sallons. Les autres
Cardinaux qui estoient incommodez
, & qui avoient
estéfaire leurs prieres à la
Trinité? envoyerent faire1
leursexeufes à son Emineiv'
, de ce qu'ils ne venoient
oint à saFeste. Madame Lt
ucheffe de Bracciane, Maainc
la Comteflc de Guber-
ICÎSÎ Femme du Resident
z Savoyc, & quantité de
lames Romaines&François
?
le Prince de Saxe? plusurs
Prelats, des Lords Anois,
des Nobles Venitiens*
ce quil y a de François à.
omc d'une qualitédiftinléeT
vinrent prendre place
[
fécond Sallon. Les Gen-
Ishommes deM le Cardin liaid'EftréeSîsuivis des
alets de Chambre, furent
occupez à porter sans cess
Eaux, Sorbets, Vins & Cho
colats dans les deux
-
Sallon
Toute la PlacedEspagne <2
la rue des Conduits estoien
remplies de Carofses de
-
Prin
cestès, de Duchesses, & au
très Dames? & éclairées pa
une infinité de lanternes, qu
Mle Cardinal avoit faitdi
ftribuer daus les maisonsd
l'une&de l'autre. Le Con
nestable Colonne, & plu
sieurs autres Personnes de
premierequalité, avoie
mis pied à terre, & s'estoier
arrestez devant les Sallon
fou l'on vit en un instant
toure la façade de l'Eglise &
JuConvent de la Trinité iluminée
de flambeaux de cire
blanche? de pots a feu& de
,ampes déverse sans nombre.
L'ornement du haut de cette
façade cachoit le feu d'artiice
posé entre les deux Clochers
) & mesme au dessous
le la voûtedel'Eglise. Ou
ivoit pour cela élevé un Taoleau
representant un amphiiheatre
orné de guirlandes & jle-feftons, d'où.'J sortoit un
Mhar attelé de quatre chenaux?
sur lequel eiloit une
Figure rcprefentantl'Eternitéguidée
par la Gloire
avec cette Inscription sur la
frisede l'amphitheatre,/7/^--
que ajj-eùlatOljimpo.AudefTous
de cet amphitheatre estoient
les Armes de France avec la
Couronne qui faisoit un petit
Dome un peu moins élevé
que les deux Clochers. Ils
estoient couverts dartifi,.c
&:de potsà,feu. Le Chars\-,
yançoit sur des nuages rem- j plis de feux d'atifice? ainsi
que l'A mphitheatreJe Char
ôc les deux Figures.Au def-
(ous de ces nuages paroilToiî
He Renommée
?
relevant uii
;rand tapis de Brocart à
leurs d'or,& découvrant ua
oleih qui ayant percém\
luage fortépais, se montroit
ort lumineux a toute la tere,
avec ces 1110rs, Totiiitque
cfiftere tanto. Au deflous ef-
:oienr les armes du Roy, fou-
:enues par des Anges tout
lorez. Des Chandeliers d'un
logeable dessein, ôcde dîne—
rentes heures éclairoient les
Drnemens. Les Clochers cf-,
toient ornez avec une fimccrie
égale depuis le haut jusqu'au
bas? deguirlandes? de.
sessions, de frises? de fron
tons, & de Chandeliers <1
differentes grandeurs. Que
ques-uns portoient jusques
quinze flambeaux? & ilye
eut plus detrois cens em
ployez pourilluminercett
façade. Au dessous de la cou
pole de chaque Clocher -
toit une Corniche garnie de
pots à feu, & au dessous on
voyait un Hercule panché
êc tout languissant, & de
l'autre costé un Esculape. Au
second ordre d' Architecture
à hauteur de la Devise d
Roy, estoient deux grandes
Medailles que des Anges
outenoient. L'une repreentoit
un Peuple dans la
joye, & l'autre un Peuple
affligé. Au dessous de la premiere
estoit l'Esperance
, &c
de l'autrecofté la Force.
Toutes ces Figures estoient
dorées,& bordées de petites
lampes de verre, ainsi que les
pilastres& les chapiteaux. Il
y avoit des trophées d'armes
dans les endroits que l'Architecten'avoit
pû remplir au- , trement. L'Escalier qui est
fait en forme de perron, répondoit
au reste du dessein.
Il estoit borné de chaque
costé pardeuxpyramides
tranlparentes & éc l airées par
dedansy qui dans toute leur
«tenduë representoient la
Banierc de France. Un grand
Soleil qu'on voyoit paroistre;
sur l'Escalier
,
fit un effct
tres-brillant. Il y avoit le
long de la balustrade de
grands chandeliers qui portoient
plusieursflambeaux,
& de grandes Fleurs de Lys
éclairées avec des lampes.
DeuxFleuvescouchezaudesfous
de la Balustrade marquoient
la jonction des deuxMers,&
une figure de l'Aondance
estoit dans la niche
milieu. Ces mots se liient
dans un Ecriteau comun
aux deux Fleuves, Avique
amplexibus hærent. Les
omains accoûtumez a voir
r plus belles choses
, ont
rt loüé ledessein de l'Arllteâc.
S'il parut tres-aeable
pendant lejour,il
rprit bien davantage quand
utfut illuminé. On avoit
it mettre aux trois rangs
fenestres du Convent de
Trinité, deux flambeaux à
acune ,& des pots à feu au
dessus du toit. Toute la Mon-J
tagne fut aussi illuminée>
mais d'une maniérénouvelle*
& fort extraordinaire. Lc5
arbresquiregnentdepuislé
Plate-forme de l'Eglise ju
qu'au bas de la Montagne*
& à l'entrée de la Place d'Er
pagne, estoient chargez d'u
ZD ne infinité d'Oranges & d
Citrons? qu'on y avoit atta
chez, après les avoir vuide2
pour les remplir d'huile. L.
lumierequi lesrendoit tranC
parens, les faisoit paroistre
aussi frais &aussi beaux qu'avant
qu'on les eust cueillis
ette Illumination se fit au
ruit des Trompetes & des
[autbois. Vis à vis des deux
allons estoit un grand échaut,
sur lequel onavoitplaé
les Musiciens & la Simhonic.
Le fameux Archane
Bolonois en avoit fait la
omposition, & il avoit asmblé
tous les meilleurs
iolons de Rome. Deux
oix accompagnées de la
imphoniechanterent d'aord
des Vers à la loüange
u Roy, & on leur prestaun
prt grand silence, Au signal
onné pour allumer les feux
cmi,arti*sice, on fit une déchargedecentBoëres.
Cependant
les Gentilshommesde
M le Cardinal d'Estrées servirent
lacollation aux Cari
dinaux? aux Dames, &C à tous
ceux qui estoient dans les
Sallons. Elle estoit camposée
de quantité de Bassinsde
fruits & de confitures seches.
Ce qui en resta fut jetté au
Peuple. On mit le feu à la
grande Girandole. Elle estoit
de six mmiilllleegsro'rossHecss fsuusféeeessjJj
qui s'élevant tout d'uncoup
de dessus la façade,firentun
effettres-surprenant,
Ensuite
il tira le Feu d'artifice; qui
)rtit des deux Clochers, 5c
zs ornemens du haut de la
çade. Il fut terminé par
"ux autres Girandoles, &
tout fit avoüer, qu'on n'a-
Dit encore rien vû de plus
sau , soit pour la grandeur,
)it pour le nombre des Fu-
'es. Le Peuple qui remplis-
>it la Montagne, détacha
esarbreslesOranges3c les
errons? & les porta à la
iain par les ruës de Rome.
y avoit dans toutes des
saisons illuminées de flameauxs-
de lanternes & de
lampes, avec le Portrait d
Roy, & les Armes de France
à cause de la quantité de Na
tionaux dispersez dans dive
quartiers? de forreque la Fe
ste a estépresque generalj
dans la Ville.
Le mesmejour,Mrle Car
dinal Maidalchini fit des ré
jouissances particulieres? S
quantité de rafraichissemen
furentdistribuez parson or
dre aux Dames & aux Sei
gneurs.Tous les Partisans de
Francemarquerent au ssi leu
joyepa de grandes illumiinadonsjj&'
quoyqueM l'Ab- I
é Elpidio Benedetti
,
Agent
es affaires de France, eust
Út ce foir là la mesme choe,
il voulut signaler encore
on zelelelendemain, en se
istinguant par un grand
eu d'artifice & par une suerbe
décoration, qu'il fit
ire en sa Maison,situéeprés
Eglise de Nostre-Dame de
Monserrat. Il eut soin de faiilluminer
les Maisons voines
, afin que la Festeeust
lus d'éclat. Sur une terrasse
ui estau dessous de la fiene,
estoit une espece de Theare~
où quantité d'Instrumens
& de Hautbois firent entend
dre une Simphonie tres-agreable.
Il y avoitaussi une
excellente Musique, composee
desplusbelles de
Rome.An frontispicedesa
Maison brilloitun Soleild'une
invention nouvelle.Il étoit
siéclatant qu'il ébloüissoit
les Spectateurs. Toute la
Decoracion estoit remplie
'd'un grand nombre de figures.
avecdes Devisesconvena-
•bîesau-fujctlagloiredu
Roy.. avoit pose le Feu
dd'aarttiiffiicaeu.taouudrdesessursadyuooSnso.lIeliljs
il sortit un grand nombre
e fuSécsquirormoient des
leurs-de-Lys,& pouroblitr
les pauvres de sa Paroisse
contribuer par leurs prieres
obtenir de Dieula conseration
de Sa Majesté, illeur
it distribuerune somme
onfiderable. Pendant la duée
de cette Feste
,
il regala
xneraiemenr toutes les cD3 anes
&la Noblesse, de quan-
Ite de confitures,&: deraraichiffemens
à la.mode d'I~
alie.
Mrle MarquisdeLavardin,
Le iaMaison de Beaumanoir,
quiest une Maison fort de
stinguée,a esté nommépou
aller à Rome faire les son
ctionsd'Ambassadeur E
-traordinaire de France, cm le Duc d'.Estrées y a rem
plies si long-tempsavec tan
de gloire. Il a infiniment ci
l'esprit, & n'ignore rien d
tout ce qui regarde les-belli
Lettrés. Il sçaiit parfaitement
les Langues, & entend l'Italiencommele
François.Enfin
il a toutes les qualitei
quil faut pour soutenirdigriement
la gloire d'une i
grande ambassade , ce <yd
faitconnoistrelejuste discernement
de Sa Majesté. Je ne
fOUS dis rien de son dépare
qu'ildifférera jusqu'à la Saion
où les Estrangers doivent
irriver à Rome. Il ya un
emps reglé pour cela, sans
quoy on s'expose à de granles
incommoditez causées
par l'air du Païs. Ce Marquis
Fait travailler à des Equipages
vtt superbes, & n'oublie
ien pour paroistre avec tout
éclat que demande son caactere.
J'oubliay à vous mander
moispassé que le Roy a
choisy Mr le Marquis de
Villiers. d'O, Major, desArmées
Nivales du Ponant
>
pour Gouverneur de Mr le
ComtedeThoulouse. Ce
Marquisapousé depuis
quelquc^^ioi^^ademoifellc
de Guilleragues. qu'il a ramenéedeConstantinople.
Il.
entend parfaitement bien la
Mer. Ainsi outre, ce que Ics,,
Gouverneurs doivent apprendreaux
Seigneurs dont(
la conduite leur estconfiée ilpourra encore instruire Mr
ie Comte de Tholousede ce
mqui regiarrdaelaiC.ha.rgIe d'lA.j
Il est certain qu'on ne peut
rop admirer le Roy dans les
hoix qu'il fait.Il répand
ou jours les grâces avec un
uste discernement du vray
~acricc)qu'on peut dire qu'elesne
font en quelque forte
que prévenir les voeux du Publie.
C'eest ce que ce grand
Monarque vient encore de
aire avec beaucoup degloie
pourM de Pontchartrain,
enle nommant à une troisiéneCharge
d'Intendant de ses
Finances. Messire Loüis Pheypeaux,
Seigneur de Pontchartrain
dont je vous parle)
est Fils de MessireLoüisPhelypeaux
, Seigneur de Pont
chartrain
,
President en la
Chambre des Comptes de
Paris, & petit Fils de
Messire
Paul Phelypeaux
, Seigneur
de Pontchartrain, Secrétaire
d'Etat, dont la Charge a palier
par la mort à M,Phelypeaux
d'Herbaut son Frere,&depuis
àMdelaVrilliere,FilsdeMr,
d'Herbaut, & Pere.de Mrdel
Chafteauneuf.Il fut receu fort
jeuneConseillerau Parlement
de Paris, & pendant quinze
ans qu'il exerça cette Charge,
vous ferez persuadée qu'il en
l
remplit les devoirs avec touce
la capacité & toute l intégrité
possible, quand jevous
luray appris qu'il n'avoit encore
que trente-quatre ans,
lors que le Roy le fit Premier
President au Parlement de
Bretagne. Cette nomination
fut faite en 1677. & l'avoir
choisidans un âge si peu avancépourunposte
de cette
importance, c'est un éloge
qui pasle tout ce que je pourroisvous
dire aujourdhuy,
& de son exaae probité
?
&
de sa prudence consommée.
Il a fait voir dans toutes les
occasons qui s'en font offertes,
qu'il a herite de.l'atta
chement inébranlable qu
ses Ancestres ont toûjour:
euau service deleurPrince
& en recherchant avec soin
les droits du Roy, il s'estoit
acquislaconfiance de tous
lesbretonsd'une maniéré fort
agreable pour luy
, &avantageuse
à toute cette Province >i
où il est extrêmementregreté.
On ne peut rien ajoûtera
ses lumiejes, & son applica-,
non estant égale à son zele
le choix qui vient d'estre fait
deluy pour les Finances &
uia esté receu avec une aprobation
si generale,ne peut
u'estre utile aux interests de
a Majesté, & au bien du
ublic.
La Charge de premierPrédent
de Bretagne, qu'avoit
Ir de Pontchartrain
-,
a esté
onnée à M' de la Falüere
residentaux Enquestes, s La
rande reputation qu'il s'est
quise parsa probité, & par
maniere dont il s'est aculté
de tous les Emplois
LLita exercez, luy a attiré
choix du Roy.
:
M Morand, Intendant en
Provence, a esténommé premier
President auParlement
de Toulouse. Ceux qu'un
Prince aussi éclairé que Ici
Roy choisit pour les grands
Emplois, lors qu'ils y pensent
le moins, doivent estre d'un
merite bien distingué Messire
Thomas-Alexandre Morandj
qui vientd'estre revestu de
cette Charge, a l'esprit fort
élevé, & beaucoup de jugement
& de penetration. Il a
épousé DFrançoise Jaques,
Fille deM Jaques, Greffieren
chef du Parlement de Paris,
dontl'exactitude,l'intelligen&
la probité sont cfhmeeS
es personnes du plus haut
erite,&se trouve parent du
sté maternel des de Belie-
"C ;
de Harlay
,
Brulart, Silry,
ôc autres Famillesillires
de la Robe. Il est Fils
e Messire Thomas Morand,
ui a esté Conseiller au grand
onseil,Maistre des Requees,
ôc Intendant à Boreaux,
à Montauban, à Caën,
Rouën &enTouraine, &-
etit-fils de Messire Tholas
Morand, qui a esté
areillement-Coniseiller au
rand Conseil, Maistre des
Requestes ,Intendant, dans
toute la Normandie,& grand
Tresorier des Ordres du Roy
ayant eu aussi la Charge de
Tresorier deLlu voit exercée son Pere
>
Bisayeul
de MMorand dont je
vous parle. Il porte pour Armes,
d'azur à trois Cygnes
d'argent, avec cette devise,
Açandore decus. ]i,Q 'Je,.n -
:
Je ne vous dis rien de Mli
le Bret, qui a esté fait Intendant
de Provence àla place
deM
-
Morand.Je vous en parlay,
quand je vousapris qu'd
av01t eul'Intendance duGouernement
de Lionnois
Je vous ay appris la mort
e DameMarie Eleonore
rulatt de Sillery,Abbesse
u Monastere Royal de Saint
Pierre d'Avenay, & je vous
iray presentementque le
our qu'on fit un Service sozi-
tinel pour cette Abbesse,
Oraison Funebre fut prononcée
par le Pere Floriot,
Docteuren Theologie
> rheologal de l'Eglise de S.
Quiriace de Provins, Exprovincial,
Vicaire,& Commissaire
General de la Congregation
de la Province de
France, de l'Ordre de Saint
Dominique. Cette piece d'éloquencereceutde
si grands
applaudissemens, quel'onn'a
pu refuser de la donner au
Public, afin de satisfaire la
cnriofité de ceux qui ne l'ont
point entenduë, Cet Oraleur
avoit une riche & abon- 1
dante matiere. Aussi fit-il un ji
éloge parfait decette Abbesse,
à laquelle ce Convent 1
est redevable de beaucoup
de choses, du nombre desquelles
est la closture d'unI
Parc de plus de cent arpens
qu'ellea fait entourer
murailles. Les actions de
aces qui avoient esté comencées
de ion vivant, pour
eureux retour de la santé
Roy, ont esté continuées
ns cette Maison, où l'on
tante tous les jours l'Exauat.
Le Curé de la Paroisse,
>
Chanoinesdel'Abbaye,
les Habitans du lieu, y sont
nus en Procession, par les
ins de la Prieure, à la priere
Madame de Boufflers,
ommée par le Roy Abbesse
: cette Abbaye, & qui a
utes les qualitez necessais
pour remplir dignement
la place de la Défunte.
Le Mardy13. de ce mois, !
M l'Evesque de Betleem ex- 1
posa pour la premiere fois
dans l'Eglise de l'Abbaye de
Saint Antoine des ChalllpS,
l'Ossement entier d'une des
cuisses de Saint HOlloré.
Martyr, qui souffrit pour la
, foy au second Siecle de
l'Eglise , fous l'Empereur,
Alexandre Severe. Mr le
Baron de Barry, à qui le Generaldes
Jacobins son proche
parent, avoit envoyéde
Rome cette précieuseReli- u l'avoit deposée des le |
Latin par permission de Mr
Archevesque de Paris, dans
Eglise des Filles de la Croix
même Faux-bourg Saint
ntoine, ou Mr l'Evesque
Betleem l'alla prendre,
compagné du Clergé de
tint Paul, au bruit des
rompettes, des Tambours;
es Tymbales tk des Haut- pour laconsigner entre
s mains de l'Illustre AbtJfe
de Saint Antoine,àlalelle
Mr le Baron de Barry
a fait present dans une
che Chasse. Le Pere le Faye,
cobin du grand Convenet,
& Docteur de Sorbonne,fit l
Panegyrique du Saint ave
beaucoup d'aplaudissemeNt
Ilyeut un grand concours d
peuple à cette Ceremonie
où plusieurs personnes de
qualité assisterent. <
M le Baron de Barry est
d'une maison fort ancienne
&originaire de Navare. Elle
porte d'azur à troisElephau
d'or? deux en chef & unet
pointe , & a deux Syrene
pour supports. Jacques de
Barry quivivoit en1470. Ba
ron de Tonjeun & du Heng;
jeu Armagnac? estoit premie
cuier de François Phebus
oy de Navarre, & de Cathene
sa Soeur. Il eut d'Antoiztted'Arossy,
FrançoisBaron
Tonjeun & du Hengaaussi
emier Escuier de Jean d'Alet
Roy de Navarre, qui é-
Dusa Jeanne de Belsunce,
où sortit Henry, Baron de
onjeun&rdu Henga,premier
cuier du mesme Roy. Il fut
arié avecCatherine deMar- , de la famille du fameux
lerre de Marca nommé à
Archevesché de Paris. Ils
rent un fils nommé Jean,
ui fut encore premier Ecuier
de Jeanne d'Albret femme d
Antoine de Bourbon Roy de
Navarre,&ensuuiteControleur
général de ce Royaume. Ce
luy-cy suivit la nouvelle Re
ligion s'estant uniquemen
dévoüé àcettePrincesse quile
mariaàl'HeritieredelaMai
son d'Unallins. De ce mariage
naquit Daniel
, Baron d(
Tonjeun&du Hengaquiab
jura leCalvinisme,&fut pour
veu de la charge de Lieute
O nant general de la Senechaus
sée - Lannes à S. Sever e -des à er
Gascogne, homme de grand*
Litterature,&que leCollège
s JesuitesdePaureconnoist
sur soninsignebien-faieur.
IléppusaJeanne Daba-
Fille d'Antoine Marquis
Arboncane& de Massac
>
en eut Jean. Pierre Baron
Tonjeun& duHenga,
purveu, de la mesmecharge
son Pere,quieut poursem-
Marie Loüise d'Amou filde
Jaques, Marquis d'Aou,
deBonnet,&desaint
e,&deFrançoise de Poyan-
,
dont les ayeux ont été
nevalieresdes Ordres du
oy,Viceroisde Navarre,
Gouverneurs dtDdQ & dç
Navarins. Jean Pierre eut
pour Fi s Louis,Baron de
Tonjeun,duHenga, de Batz,
deCastan, de Haur sse, aunt
Lieutenantgénéral de saint
Sever, qui aépousé Marie
de Batz Fille deJoseph, Vicomted'Aurisse,
Baron dela
Mothe, Seigneur de Saintrailles
&de laBurthe,Lieutenant
particulier du mesme
Siege. De ce mariage est dru
Mrle Baron du Barry dontje
viens de vousparler. C'est un
jeune Seigneur qui donnede
sortgrandes esperancesp
son xlprn: ££^zx sa wcion
oDnnttil Y a peu d'exclllples 'â, il y d'exemples à
nâ^e,
L'Oraison funebre de feu
onfieuL* le Prince faite par
P. Bourdaloüe n'est point
icore imprimée, &c'estun
dre bien difficile à executer
leceluyque vous me don-
:z de vous en entretenir,
L
attendant qu'elle soit renie
publique. Ce n'est pas
ns peine que je me eesous à
)us satisfaire. Ma memoire;
largée de toutes les nouvel-
; que jeme suis engagé de
>us mander chaque mois,
tpojura mefournir dequov
remplir lidée que vous devez
avoir d'un Ouvrage qui a fait
l'admiration de tous ceux qui
en ont pu juger par eux mesmes
; & j'auray de la peine à
rapeller ce que i'avois oublié
dans la pensée que cette Oraison
funebre seroitimprimée
autant qu'il falust finir
ma Lettre. Soyez donc persuadée
que jene vous en parle
que pour contenter vostre
in parience
,
& que tout ce
que je vay vous en dire ne
scauroit aprocherdes moindres
beautez decetexcellent
Panégyrique. .• i-' j; 1
i
Jl dit dans son texte qui
toit tiré du Livre des Rois,
u'il estoit mort, un Grand
.,J très Grand, & en fit enlite
une tres juste aplication
la mort de Monsieur le
rince; puis s'estant expliqué
urcequ'il ne vouloit point
lire d'Eloge, il dit qu'il
arleroit feulement des qualitez
'un coeur Chrestien, ( & ce
oeurestoitceluy de Monteur
le Prince
,
&que quoy
qu'il dûst passer par dessus
es choies qui avoient fait
riller unesi belle vie, il auoit
de la peine mesme dans
1
le peu qu'il se proposoit de
dire à remplir ce qu'on pouvoit
attendre de luy.Que les
actions de feu Monsieur le
Prince estoient de celles qui
sont generalement connuës,
& que s'illuy échappoitquelques
unes de celles
qu'il devoitmarquer, il les1
chercheroit dans les coeurs
de ses Auditeurs. Comme le^
sujetde sondiscours regar-I
doit le coeur, parce que le
coeur deMonsieur le Prince
est inhumé dans l'Eglise des»!
Jesuites appelléede S.Louis, ilpartagea son discoursen
points
,
qu'il fit voir
re autantdequalitez du
ur dece grand Prince.
s troisqualitez estoient
les d'un coeur solide,
les d'un coeur droit
, celles d'un coeurChrên.
Il dit que lecoeur solide
oit la force de suporter sa
oire ;& ne s'enlaissoit
int éblouir, quele coeur
oit gardoitson caracte-
,
mesme pendant les dereemens
ausquels leshom-
; essontsujets, &quele
eurChrestienfaisoitcon-
,
noistre ce qu'il est, par sa
pieté, & par la mort Chrêtienne
de celuy qui posse,
doit veritablement uncoeur
Chretien. Il ajousta que ces
trois points pouvoient avoir
du raport à la Lettre que feu
Monsieur le Prince avoit
ééccrriitteeaauuRRooyy un ppeel:u1 avant
sa mort, où il parloit du
commencement, du milieu,
'3c de la fin de sa vie. 1
q Ce grandOrateur fit voir
dans le premier point qui regardoit
le coeur solide, de
1-
quellemaniere Monsieur le
Prince avoit, pourainsi dire,
triomphé
riomphé de sa gloire, en ne
laissant point ébloüit à
éclat, dont elleoffusque
reux mesmes qu'elle éleve,
& pour mettre en son jour
a solidité du coeur du Prince
lont il parloit, il crut qu'il
e devoit depeindre entier,
nais avant que d'entrer dans
cette peinture, il en fit une
pour
luy
servir deprelude,
de tous les dcfauts qui sont
meslez aux grandes qualitez
des hommes qui brillent le
plus dans le monde. Il peignit
des Braves sans esprit
qui mettent leur ignorance
a couvert de leurs Exploits;
des hommes d'esprit qui
nn''ooinitt ppooiilnitt ddee jugement, &
j tigcmeiit, beaucoup d'autres qui paroissent
avec éclat dans de
grands emplois
,
& qui hors
les choies quiregardent ces
emplois ne donnent aucunes
marques d esprit Enfin il
parcourut une grande partie
de tous les Etats , &
de tous les caractères des
hommes, & aprés avoir fait
connoistre que les plus parfaits
avoient des defauts
j,
il
sir voir que feu Monsieur le
Princen'enavoit eu aucun,
Sl dit en faisant son applica
cionà ce Prince,qu'on avoit
m un homme parfait, qu'il
Faloit des Siecles pour en
produire un semblable,qu'on
en avoit vu un,& qu'on n'en
verroitpeut-estre plus. Il fit
enfuitc une peinture de l'état
de la France aprés la
mort du feu Roy, & peignit
les divers mouvemens d'une
Regence tumultueuse, & les
differens Partis que font
former pendant ces temps
difficiles , les interests opposez
des Princes & des
Courtisans. Il passa de là à
l'esperance que l'Espagne
fondoit surnos desordres, &
fîtvoir de quelle maniere feu
Monsieur le Prince dissipa
toutes nos frayeurs en gagnant
la bataille de Rocroy,
& conduisant nos Armées
avec toute la prudence d'un
grand Capitaine dans un
âge, oùil sembloit qu'illuy
devoit estre difficilede [c
conduire luy-mesme. Il fit
connoistre par là & par les
autres victoires de ce Pince
que rien n estoit plus solide
que sa gloire, & qu'il en estoitdigne,
puisqu'ilenavoir
toûjours suportél'éclat avec
uneégale modération qu'il
nn''eenn-aavvooititppooiinnttcesfttéééébbllaoüüyy,,
qu'il n'avoit jamais rien écrit
à son avantage, maisqu'il
avoit toûjours tâché d'élever
ceux qui l'avoient accompagné
dans le péril,
ayant en toute occasion
rendu justice au merite, 8c
n'ayant jamais manqué à
personne; de sorte qu'on
pouvoit dire de luy, qu'il
avoir toujours esté bonPere,
bon Amy &bonMaistre. Il
dit encore pour faire voirla
solidité de la gloire deMonsieur
le Prince, que bien
qu'il n'y eust point d'homme
J au monde plus capable que
luy d'écrire des mémoires de
savie. quiauroient pû servirà
sonHistoire il n'avoit
jamais voulu y consentir,-& '!
qu'il avoir toûjoursditque
c'estoit l'Histoire du Roy qu'il falloit écrire.Il pritde
; Il sujet de parler de l'amour;
que Monsieur le Prince a- j
lavoit pour Sa Majesté, & de j confiance & de l'dhmei
de 'ce Grand Monarque
qu'il avoit regagnée par ce grand amour, Il fit connoî-
"l
teen parlant delalolidite:
le sa gloire, les ordres seve- I
es qu'il donnoit pour em- i
escher les impietez des
Troupes, & n'oublia pas de
lire qu'aprés le gain d'une j Ilen faisoittoûjours (1
rend re graces à Dieu par tou- )
1tarmée) & le remercioit à r
genoux. Il fitenfin un por- j
:rait de tout ce qui pouvoit
mettre de la vanité dans le
coeur de l homme le plus
moderé, & fit voir qu'en
quelque occasion que ce fust,
Monsieur le Prince s'estoit
toujourspossedé au milieu
de sa gloire, & qu'ainsi l'usage
qu'il en faisoit le ren- doit beaucoup plus grand
que la gloire mesme dont il
le couvroitcontinuellement,
piusqu'il estoit capable de la
supporter.
Comme le second point
regardoit le milieu de la vie
de ce Prince, pendant lequelilsembloit
quece grand
Astre eust elle eclipsé,le Pcrc
Bourdalouë fitvoir qu'il y
avoit des eclipses plus brillantes
que la lumière~ &
voulant ensuite prouver
-
la
droitured'un coeur,mesme
lans les egaremens delavie,
& dans les déreglemens qui
tous éloignent deDieu,il dit
qu'aucun de ceux quiavoient
parlé de Monsieur le Prince
n'avoitosé toucher cet endroit,
quoy qu'on ne le pust
gnorer, mais qu'il ne laisseroitpas
d'en dire beaucoup
de choses, par ce qu'il
estoit seur de donner par là.
un très grand éclat à la
gloire de ce Prince. Il le peignit
dans ses re lâchemens
pour Dieu & pour le Roy,
& fit
voiràl'égarddes
dermers
qu'il s'y estoit trouvé
forcé, mais que son coeur
n'avoir jamaisesté égaré
pour le Roy; quil s'eitoit
toujours souvenu de ce qti il
devoit à SaMajesté ; qu'il
l'avoirtoujours fait connoistreau
Prince son fils dans le
temps qu'il estoit hors du 1
Royaume, & qu'il luyavoit j
toujours recommandé un
grand attachement,&un
grand amour pour la pcrsonne
du Roy;que dans ce
tem ps de son relâchement
rien n'estoitégal au chagrin
qu'il en souffroit, mais qu'il
estoitengagé, & quecependant
au milieu decerelâhement
ilfaisoit tout ce
ui pouvoit marqner un bon
xur, & mesme de l'attache-
~ent pour le Roy,quoyquil
fuit éloigné, & qu'il fuit
ans un Party contraire,
pi qu'il avoit plusieurs fois
fuse ce qui pouvoir l'en
loigner davantage, n'ayant
jamais voulu accepter de
ouverainetez, quoy qu'on
uy en eust souvent offert.
l parla du desinteressement
Q ce Prince dans la Paix des
Pirenées, & fit voir qu'il
l'avoit point voulu que les
~interst empesc ha ssent qu-
1
on ne la conclust, & qu'en
cette occasion l'amitiédu
Roy estoit tout ce qu'il avoit
souhaité Ilfinit la premiere
partie de ce second point en
prouvant que rien n'estoit
plus glorieux au Roy que 1
chagrin que feu Monsieur 1
Prince avoit eu den'estre pas
dans les bonnes graces,
les remords qui l'avoient
continuellement agité. Il fis
voir dans la seconde partie
de ce point qui regardoit la
droiture du coeur de Mon
sieur le Prince à l'égard d,
la Religion, que dans son
~is grand relâchement il
~oit toujours connu Dieu,
qu'il n'avoit jamais eu aune
pensée qui approchait
l'A theisme, ce qui luy
~onna lieu de faire une tresse
peinture des Athées; il
fit aussiune pour marquer
quelle maniere Moniteur
Prince avoit pris plaisir à
éclaircir de toutes les cho-
5 qui régardoient la Relison
,
& comme il avoit
toujours estépénétré des vetez
qu'elle enseigne, & il
attacha à faire connoistre
ne la droiture du coeur de
ce Prince pour la Religion,
estoitunepreve de sa bonté,
& une conviction pour
les Athées.
Son dernier peineregardantla
pieté du coeur Chrétien,
il dit qu'un Heros
Chretien n'atendoit pas le
moment de sa mort pour se
préparer à quitcr la vie,&fit
une tres belle peinture des
detours qu'il faut prendre
pour parler de la mort aux
personnes qui sonttellement
attachées au monde qu'elles
ne peuvent sans se faire une
extrême violence entendre
rler de le quiter, & a qui le
H de Sacrement fait tant
peur. Il parla ensuite de la
~micrc dont Monsieur le
~ince s'estoit depuis lon gmpspréparé
à la mort, de
confiance
,
& de sa fer-
~été, & fit un éloge de Mame
la Duchesse, à present
àdame la Princesse
,
dont
temple avoit beaucoup
^, vy à le détacher du mon-
Il fit voir comme il se- tarraché à luy mesme en
crachantàses Enfans,pour
penser qu'à la mort» &
mme il avoitsouhaité de I <
soufrir encore davant ge
qu'il ne soufroit. Cela fut:
suivy d'une peinture de sa
mort Chretienne, qui mari
quoit une ame predestinée&
il dit pourtantqu'il n'entreprenoit
pas de la faire aprés
l'Illustre ôc sçavant Prelat qu
l'avoit faite avant luy; pui
il dit par raport à ses trois
points que ce Prince avoit
suporté sa gloire dans sa
dgraannsdeur, conservé sa foy
les égaremens
,
& en
seigné au Prince son fils cej
qu'il devoit au Roy, & sous
- fcrt tes douleurs, & l'atteinte *
la mort avec toute l'égaté
d'un coeur CoUde, après
~Lioy il fit un court éloge de
Monsieur le Prince d'aujourd'
huy.&dit que sa moestie
l'empeschoit de le
Ensuite il s'adressa à
Us les Peres Iesuites qui
loient alors auprès du
~3ear de feu Monficur le
rincc. Il leur parla de ce
~sur quil leur a laissé, &
qu'ilsont eu de son vivant,
c l'estime que ce Prince a-
~Dit pour eux, puis qu'il
ur avoir confiél'éducation
~ps Princesses enfans, de la
protection qu'il leur a toujours
donnée, & finit en
leur disant que tant que leur
Corps subsisteroit,ils devoiet
faire connoistre dans l'un &
dans l'autre monde, &les
grandes qualitez de cet TnlW
comparable Prince, & l'estime,
& la bien-veillancedont
il les avoittoujours honorez.
Voilà, Madame,tout ce que
j'ay pû retenir de cette Oraison
funebre dont on a parlé
avec tant d'éloges. Je puisen
avoir transposé quelques endroits
en rapportant sur u
point cequiauraestédit Qim
u t
autre.Lamemoire le peut aiment
embarasser,lors qu'on
audroit ne rien perdre d'un
discours qui est également
eau dans chaque partie. -.ttt
M le Marquis de Noailles
épouséMademoiselleRoüil-
ElleestFilledeM Roüil-
,Conseiller d'Etat ordinai-
: dont les grands Emplois
l'ont souvent obligé de vous
parler. M le Marquis de
Noailles est né avec des qualitez
qu'il a cultivées d'une
maniere qui luy attirera toûjours
les mêmes loüanges
ue l'on ne peutrefuser à
Mrs ses Freres. Le nom de
Noailles est si connu, qu'il
n'y a rien à vous direde
cette Maison.
Le Roy fait de si grandes
choses tous les jours,& en si
grand nombre, pour le Commerce,
& pour la Religion
que ce qu'on n'auroit pas
oublié autrefois, & que l'on
auroit marquéf comme extraordinaire
,&qui le seroit
en effet pour d'autres que
pour ce Prince,se perd au
jourd'huy parmy la foule. Sa
Majesté vient d'envoyer de
nouvelles Troupes en Guiaj
la avec une Escadre de Vaisseaux,
commandée par Mrde
Fusembert d'Amblimont.
C'est un Gentilhomme qui
C'est tou jours fort distingué
lans toutes les occasionsoù
Il s'est trouvé, & dont je
rous entretins l'année derniere,
envousparlant de la
prise d'un Galion d'Espagne,
où il fit des actions furprelantesavec
M Foran.
Le 10. du mois passé, Dame
selene Lambert de Torigni,
:ernlne de M de Motteville,
premier President de la
Chambre des Comptes de
Normandie,mourut d'apo- 1
plexie à l'âge de vingt-deux
ans. Elle estoit Fille de Mrj
Lambert deTorigni,President
en laChambre desComptes
de Paris, & de Dame
Marie de l'Aubespine de
Verderonne. Mde Mottevillen'estant
encoreâgé que
de vingt-trois ans, fut receu
en 1681. par une grâce specia-«
le *du Roy,à la Charge de
premier President dela
Chambre des Comptes de
Normandie, à cause des services
que Mrs deMotteville
ses Predecesseurs ont rendu
j~
Sa Majesté dans l'exercice
: cette Charge, qu'ils ont
Újours possedée depuis la
cation de cette Chambre.
Le 6. de ce mois M le
~'ince d'Izenghien,issu d'udes
plus illustres Maisons
: Flandre,mourut à Versailsaprésune
maladie de quelles
jours, n'ayant guere plus
trente ans. Il avoit épousé
le des Filles de Mr le Machal
de Humieres,dontil
eu cinq Enfans, que le Roy
pris fous sa protection.
Cette mort fut suivie le II.
~scelle de Messire François
Lure, Evesque d'Amiens.
Ilestoit Gentilhommed'An.
goumois, &issu d'un Chan
celier de France du nom de
Faure. Il se fit fort jeune de
l'Ordre de Saint François,&
s'y distingua d'abord par son
esprit,par sa conduite & par
sa capacité. Il fut fait Docteur
dans la Faculté de Théologiede
Paris, & eut de bonne
heure les premières Char-1
ges de son Ordre.Il comméça
à prescher avec succésdevant
le feu Cardinal de Richelieu,
& continua devant la Reyne]
Anne d'Austriche, avant &
pendant laRegence. Il me-1
----
par ses excellentes Predi-
~ions> & par les services
'il rendit à l'Estat dans le
nps des Troubles de Paris,
estre faitEvesquede Glan-
~ve. Mais ce poste n'ayant
esté jugé tout-à-fait die
de luy, on le fit Evesque
Amiens
,
où il a mené une
» si exemplaire, qu'il fera
~jours un vray modelle de
~elat. Il a esté plusieurs ances
Maître de l'Oratoire du
~)y? & il avoit un zele pour
Monarque qui ne luy lais-
H perdre aucune occasion
: le servir ou de le louer.
rPendant la peste quiafflige
la Ville d'Amiens
,
ils'y en
ferma, secourut les pauvre
-
de tout ce qu'il avoir, & le
vifitoit sans nulle précaution
, pour sa santé. Il futattaquél
d'apoplexie,&enmourut 1
,
4,,
lendemain âgéde78ans.
< Mademoiselle de Jarnac; :fille d'honneur deMadame
v
la Dauphine,est morteàVer-
; failles. Elleestoit-du Carrousel,
& je vous ay entretenuë
d'elle dans la descriptionque
-
je vous en ay envoyée. e3
Mademoiselle de Simiane
est morte dans demesme
~emps ; je vous en parlay lors
qu'elle fut reccuëFille d'honleur
de Madame, i
Vous n'entendez , ditesvous,
parler que du voyage
leMr
le
Chevalier Chardin,
Imprimé en Angleterre,en
Hollande, & enFrance. Vous
n'en demandez la raison,&
ce que c'est que cet ouvrage; faut vous éclaircir surces
deux choses,c'est le Journal
d'unvoyage fait en Perse &
LUX Indes Orientales parla
Mernoire) & par la Colthide.
L'Auteur a parcouru
toute laPerse,&l'a traversée
en long & en large, il a vû
les Mers Caspienne, & Oceane
d'un bout à l'autre,& ses
Frontieres en Armenie, en
Iberie, en Medie, & en Arabie
, vers le Fleuve Indus.
Ainsi l'on voit dans cet Ouvrage
quantité dechorescurieusestouchant
ces Mers, &
ces Païs là, qu'on ne trouve
point dans les autres voyages
dePerse. Ce Livre con- Dtient dix-huit Figures en
taille douce tres-curieuses,
parmy lesquelles il y en a,de
fort grandes,il a esté imprimé
,infolioCII
v -
arce quel'Autheur quideeute
à Londres, l'y a fait
nprimer. Ensuitecomme
s Hollandois profitent de
pus les Ouvrages qui ont
uelque reputation ,
ils l'ont
lit imprimer indouze, &" t
uantité de matiere d'un in
lio ne pouvant entrer d.-,r,.s
n in douze, à moins que de
faire d'uncaractere fort
henu, celuy de cet in douze
est trouvé si petit qu'on ne
peutlire sans peine, de sorque
le Sr Amaury,Libraire
Lyon, voulant satisfaire le
ublic, a fait deux Volumes
in .:tlouze' de ce qui estoit en1
un. Son impression qui est
sur de tres-beau papier,est
belle& correde ,& l'on
peut dire qu'elle est la plus"
complete des trois qui ont
estéfaites, parce qu'il y a
fait ajouter des remarques
presque en chaque page qui
épargnent au Lecteur la peine
de chercher beaucoup
d'endroits. Ces deux Volumesse
trouvent àParis dans la -
court neuve du Palais au
Dauphin, chez le Sieur
Gueroult, qui debite aussi un
Livrenouveau, intitulé, EpitresMorales&AcademiuesElles
sont deMrSabatier,
se l' Academie Royale d'Ares,
sur divers sujets traitez en
ers d'une maniere fort areable.
Il y en a 54.&asseurenent
vous trouverez cet Ourage
tres-digne de son Auheur
,qui s'est acquis beauoup
de réputation en le
annant au Public.
On avû paroistre aussi deuis
peu de temps un Journal
ort curieux ce fort estimé,
est celuy du Voyage de
am. Aprés tant de differens
Relations qui en ont esté
ites, vous ferez sans doute
surprise d'entendre encore
parler d'un gros Volume in
quarto sur cette ,
matiere.
Comme le Roy fait tout avec
une prudence & une penetration
inconcevable, Sa
Majesté ayantnommé Mr le
Chevalier de Chaumont son
Ambassadeur auprés du Roy
deSiam, nommaMr l'Abbé J
de Choisy pour y deineurer.,
en la mesme qualité,après le
départ de ce Chevalier, en
cas que le Roy de Siam se sist
Chretien,ainsi que plusieurs
personnes qui l'avoient souvent
entretenu se l'estoient i
ersuadé. Mr l'Abbé - de
Choisy promit en partant à
1 l'Abbé de Dangeau,que
epuis le jour de son embaruement
à Brest, jusques à
eluy de son debarquement
ans le mesme Port, il luy
criroit tous les jours une
ettre de ce qui se passeroit
endant son voyage; qu'il
mettroit à, part ?
& que
ute de Courrier, illuy doneroitàson
retour toutes ses
ettres luy - mesme. Il luy
tenu parole, & illuy fit
* present à son arrivée, en le
riant dene le point donner
i
au public, tant par l'honnesteté
qu'il voulut bien avoir
pour M le Chevalier de
Chaumont qui devoit faire
im primer la Relation de son
voyage, que parce qu'il ne
jugeoït pasa propos de faire
voir le jour à des Lettres
qu'ilavoit écrites d'un stile
sami lier. Ce fut inutilement
que ses amisl'enpresserent,il
y resista toujours, maisenfin
l'empressement qu'on aeude
voir ces Lettres les ayant fait
passer en diverses mains, il a
esté obligé de consentirà
cette Impression plustost que
: les voir tronquées & mal imprices.
Le nom de M.l'Abbé de
hoisy suffit pour vous faire estier
cet ouvrage.Vousy trouverez
aucoup d'agrément d'esprit avec
le grande exactitude accompace
de plufienrspartie^Luirez .1
: lent dans aucune desRelations
ont paru. Jaiouteray en vous
rlant de livres nouveaux, que
l'Abbé de Fenelon en a fait
puis peu vn qui doit estre d'une
ande utilité pour ceux qui s'enoudront
servir. Il traite a fond de
:ducation des Filles, Se le stile en
t fort net. L'Auteur s'explique
une maniere qui ne fait rien voir
: difficile dans les choses qu'il
opose.
Mrs Rault de Roüen ; la Prai-
Cairon Mathematicien à Caën,
l'indifferent de la rüe des
Bernardins ont expliqué la premiere
des deux Enigmes sur le
Sommeil qui en estoit le vray (ens/
La seconde a estééxpliquéesur /C
Z ro
p^M" Hutuge d Orléans,
Merier Maistre à chanteràCaën,
deMaronniers, des Marronniers.
A. P Boifid de S. Romain,Lour- !
det, Pratiquée le fils, Muficiende
Saint Estienne à Caën,Frerci
Binet,les Amans mal assortis,
l'Amant de la belle Procureuse:> l'Amant au desespoir, leveneralle
Clerc,le GrandVoyageur dans le
Monde de la Lune, M. Belier, la
plus passionnée en amour, la sçavante
Manon aucoeursensible 8c
sa confidente, Philis, l'Aisnée des
deux Bergeres du B. couronné,
les deux jeunesAvocatesde Quimper,
la Marquise des Grais & son
., ',,.
amie dela rüe du Meurier;l'illustre
Assemblée du beau sexe du Fauxbourg
S. Germain, 6c la Babillarde
du mesme lieu.
La premiere des deuxEnigmes
nouvelles quejevous envoyé, est
de M. Rault de Rouën, & la seconde
de L. P.P. ENIGME.
J E fuis filleulestvray
»
maisperdant
ma pudeur
raccufe de crime mon Pere,
: Il est cause de mon malheur ,
- E je lefuis de sa miftyt. f paffe par lefeu, les fers & les travaux
Et luy , comme auteur de mes maux,
1 IIest en périt desa vie.
..VoJctnoftre bisarrefort,
L Loys que la pudeur m'cff ravie,
ncor quesonenfant t je le livre a 14
mort,
AUTRE ENIGME.
] E Juls quelque chose de drôle,
DesGrands je fais Camusement.
Il n'efi par man moyen perfollne qui ne
'vole:
le ne vous diray pas ny pourquoJ, 11}
commet.
lem: Contente de vous dire
JQu'on tn cjj; aanger pourses os Et que 1'011 trouve un genre de martirt
Où torn nee doitpchercoherqus'un.tra:nqHS/r Vousavez trouvé un Printemps
au commencementdecette L ettres,
voi-cy une autre Chanson du mesme
Autheur. ,
AIR NOUVEAU. t
TOVTES les fois que je vous voY l'
le sens certain je ne sçay qHOj
Quimefaitunplaijîrextrême.i
AiesJoins pour vousfont emprejf^»
-1--.,r@,,e VOIIS en~7- ~-~::~
Cequin'apointencore
est toûjours estésçeu l'apprennentn,oquuvaenadu pourceux qui
mIT1C ne seseroitpas.Je
dechosespour reserve beaucoup
quivousparoistrloentmnooiusveplrloescphaairn-,
cequevous lesignora,i'yioindray
unarticledesmodesnouvelles.Je
ànevousdisrien duvoyageduRoy Luxembourg,parcequel'espere
qu'il feralesujetd'une
Lettre
en- tiere,&qu'ainsije
voyeraydeuxlemoisvporuoscehnaeinn.-
C'estparlamesme
nevonsparle raison que ie point aujourd'huydes Beneficesquiontestédonnez
puis de- PC"i-q tionayantestéfaitependantle
voyage, CC que l'ay à vous c:n pa.
prendre se trouvera dans la Relation
iournaliere que ie vous en envoyeray.
Je fuis, Madame, &c.
AParis , ce 31. May 1687. -
I.Avi$ pour placer les Figures. 'Air qui commence par,Taisezvous,
Rossigneis,vostre chant m'importunne,
doitregarder la page 43. j
, Le Pont d'Esseck doit regarder
la page254
DEDIE' A MONSEIGNEUR
AU PALAIS
A PARIS. ,'
~ON donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier ~icurde chaque Mois, & ott
le vendra,Trente sois relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
t
A PARIS,
ChezG. DE LUYNE, au Palais, dans lfc
Salle desMerciers,àlaJustice.
T.GIRARD,auPalais, dans la Grande
Salle, à l'Envie. ît MICHEL
GUEROULT,Court-neuve
du Palais,au Dauphin.
- M. DC.LXXXVII.
AVEC
PRIVILEGEDUROY.
TABLE.
Pltclude.- * Plusieurs Piccel en Vers de Madame dCI
Houftoes ,
sur des Rimes qui hiyontesté
données par Meflicurs les Ducs de Vivonnc
&deNeveis.- 12.
Devises. U
Sonnets. s.s'
Nouvelles du Mogol, 1.7
'MLettre.técdritre idegB.agtnla.ga.r. Jt Ia 4+ SufondeM.deVin. 47
Nouvelle TLifte des PrcfcftsejrroyeTàSiam.fX
Lettre écrire par M. le Duc de S. Aignan.
sur le mpt de Vieiilardc
1
»ouYtllefficut mis
ce usage. 106
P.éponfe,à(lctteLcttrc. ru
I-iiftoire. lïV
Tout ce qui s'est pafllédans la Conférence tenue
à Cerct,cnnc les Commill'aires de
France&d'Efyàgne. 13v
Nouvelles réjoiiiflances faites en quelques
Villesde"Trarice.- 18*
Divers Ouvrages faits à la gloire de fe<t
Mou/ieiir le lhince. tir
P,éjüiiiffances faites à Rome par M.le'C&tdinal
d'fiftrces pour la Ceavalefccnce du.
"'QJ." mi
feste donnée par M. l'Abbé Elpidio Benc- detti>AgentdesAffaiies de France à
Rome. 181
3A. le Marquis deVilliersd'O, est nommé
Gouverneur de M.le Comte de Thouloule.
117
Te Roy sais M. de Pont Chartrain troisiéme
Intendant des Finances,& M. de la Faluere
estnommé en sa place Premier Prcfident-
au Parlement de Bretagne. x8*
La Charge de Premier President au Parlement
deThouloufe adonnée a M. Morandi
191
Service solemnel pour Madame Brulart de
Sillery. 2-97
M. le Bret elt nommé Intendant en Provence.
196
Cérémonie faire à l'Abbaye Saint Antoine
desChamps. 5°°
Extrait de roiairon Funèbrede Moniteur le
Prince faite par le Pere Bonrdalouë 307
Départ d'une Efcadrc dpVail'càux duRoy.
pour Canada. ÎJ*
JAorts HS,
livres nouveaux. 33)
E>IomSndderieugxmqui ontedeysiné.le}s Enigmes. jConcl0cm -concernant piufuurs
Articles
~CI~., JJJ
1
AVIS DU LIBRAIRE
AU LECTEUR
de la Campagne.
~LAAlolno,n,og-uueemmaallaaddiiee de cceeluy luy
qui vendoit le Adercureavantmoy,
en ayantJouventfait
retarderledébitdepuis uneannéey
&reculésur tout les Envois
quifefaifoient a laCampagnes
j'avertis tous ceux quisouhaiteront
tavoir> que nonfeulement
je tacberay de restablir les chofli
par mes foins> en forte que le
Mercure Je trouvera imprime
4CH commencement de !chaqu'(
mois
j
mais que je feray mesme
autant quiIfepourra les paquets
pour la Campagne avant que
l'on commence à debiter le Mercure
à Ta-ris. Comme ils feront
plu)keurs jours en chemin^ Paris ne laissera pas d'avoir le Mercure
long-temps avant quifoit
arrive dans les Villes eloigntes
maisaussî lesVillesne lèsreceliront
pas si tard quellesfaisoientauparavant.
Ceneflpas
que ceux quiPleferontenvoyer
par leurs Amis,, ne le puissent
recevoir toujoursfort tard par-,
deux raisons., L'une ejl que cey
Amisnontpas pinde levenir*
prendre fttoft qu'il est imprimey
outre qu'il le fera toujours quelques
jours avant qu'on tn fafsi
le débit; & l'autre que ne
l'envoyant qu'après
qu'ifs
l'ont
leu ;eux @J' quelques autres * 1 ils le pressent
3
ils rejettent faute sur le Libraire
3 en disant
que la vente n-enitcorn-,
mencéque fortavant dans lé
mois. Je^fetay moy même les
f r < paquets3~&lesferay porter à la
Tofle & aux Àdejjagerssans,
aucunintérêt. Jefèraylamême
llhofe generalement de tous lel
Livres nouveaux iu'o.n mt
demandera>foït que je les debitc;
ou qu'ils appartiennent à d'autres
Libraires,fan* en prendre
pour cela davantag(e :que5le prix fixé,
par les Libraires qui les
vendront.Quand ilJe rencontrera
qu'on demandera ces Livres
a la fin du mois, on les
joindra au Mercures afin de les
envoyer dans le mesmepaquet.
Tout cela fera execute avec une
exallitude dont on aura tout
lieu d'eftrr content. Jeprieseulementqu'on
ait foin d'affranchirlesLettres
de port, & de
le faire marquer sur lefdittst
Lettres.*
MERCURE
P,I,îLE-"Cq'-E,R
IDALPn~(r
MA Y 1687. - T1OUTES les choses
quiéclatentaujourd'huy..
leAplu.s-dans- e monde, & qui ne feront
pasmoinsl'étonnement des
Siecles àvenir,qu'elles font
~'admiration de celuy-cy -,
onteu un commenceme
& un progrés, avant q d'ateindre à un certain~po
de perfection
,
auquel
n'est presque plus possil
derienajoûter, quoy qu'
travaille toûjours à en ~che
cherles moyens. Le mode
de ces grands Vaisseaux
~qu
on voitvoguer sur les Me
fut pris d'abord de deux
; cloüez ensemble, & c'est
qui a servy de commenc
ment auxFlotes quiseroie
aujourd'huy capables
tmroanndseptoorutetrdcaenqsuuecnonatiuet
eluy-cy, supposé qu'on le
oulustaller habiter LaPeinure
a commencé par les conours
qu'on prenoit de l'omre
que formoit la figure d'uf
personne sur la terre,ou
ontre une muraille Les Sçaans
ont appris à connoistre
~es lettres de l'Alphabeth,
vant que de penetrer la
rofondeur des Sciences,
: les plus grands Pecheurs,
: ceux mesme qui n'ont
pnnu le vrayDieu que long-
~emps aprés qu'ils sont venus
,1 monde, l'ont preschéaux
dolâtres, & leur ont fait
part des lumieres de la Foy.
Quand on a portéceslumieres
chez les Nations qui n'cstoient
point éclairées, ~on
y a fait d'abord si peu ~do
progrés, qu'il sembloit quo
l'ardeur des plus zclcz ~pou
le salut de ces Peuples, de
voit demeurer infructueux
Cependant le temps qui M
mene tout, pourveu ~qu'on
ait la constance de ne Il
point relâcher, a fait ~con
vertir des Villes & des Pra
vinces entieres. C'est, Ma
dame, ce qui nous doit fai
re esperer des fruits beau
~pup plus considerables, des
randes choses que le Roy a
~ites,& qu'il execute encore
~pus les jours, afin que les
~rogrés de la Mission de
~lams'augmententOn ne
~oit plus que Temples élevez
la gloire duvrayDieu,dans
: Pays, où l'Idolâtrie re-
~noit seule avant quelesMisonnaires
y eussent esté re-
~eus ; & ce qui marque le
~ien que le Roy fait à la Region
Chrestienne,en soûte-
~ant cette Mission,c'est que
~e puissantEstat setrouvant
~emplyde peuples d'un tresgrand
nombre de Nations
differentes
,
la Religion y
fait tous les jours d'autant
plus de fruit, que
ceux qui seconvertissent
annoncent eusuite l'Evangile
dans les lieux de ~leu
naissance. Les Siamois ~me
mes qui embrassent la Religion
Catholique, font ~do
grands progrés sur ceux ~de 1leur Nation, & l'Ecclesiastique
de Siam dont je vous a
déja parlé plusieurs fois,& su
tout lors qu'ilsoûtint ei
Sorbonne, estant
demeur
à Paris dans le Seminai
re des Missionsétrangeres,
a instruit à la Foy Catholique
deux Siamois, qui avoient
esté amenez en France
par les Mandarins qui y
vinrent en l'an 1685 &: huit
lutres que les Ambassadeurs
qui viennent de s'en rerourner
, y ont laissez pour se
~perfectionner dans les Arts,
que le Roy de Siam a luge
qui luy pourroient estre les
plusutiles. Le mesme Ecclesiastique
a encoreinstruit
an Siamois qui apprend la
conduite des EauxàVersail-
~cs, & îls ont tous receu le
Baptesme. Il y a sujet de croire
qu'ayant esté convertis par
unEcclesiastique de leur Nation,
lors qu'ils seront retournez
en leur Pays,ils y répandrontles
lumieres qu'ils ont
receuës, à l'imitation deceluy
dont ils les tiennent. Ce
qu'il y a de remarquable, ôc;
qui doit faire esperer beaucoup
pour l'avancement de
laReligion chrestienne,c'est
que les Ambassadeurs de
Siam
, avant que de quiter;
la France,ont permis aux
Siamois qu'ils yontlaissez,de
fc faire baptiser
, en casqu'ils
1
s'y sentissent portez. Il ne
faut point de raisonnement
pour faire connoistre que la
consideration qu'ils ont pour
le Roy, les a obligez à leur
donner ce contentement.
Ainsî j'ay eu raison de vous
dire que la Religion devra
beaucoup à ce Prince, & de
croire que puis qu'il s'attache
à tout cequi la peut augmen
ter dans toutes les parties
du monde, ces heureuxcommencemens
ne peuvent avoir
que de grandes suites,
& seront semblables à ce que
je vousaymarquéquiavoit Je VOl1~ ay nlarque qtll aVOlt
receu de si grands accroissemens.
Onpourroit mesme
se promettre davantage, &
en moins de temps puisqu'on
n'a point encore veude
lenteur en aucune chose que
le Roy ait entreprise, & que
recoudre,exécuter & reüssir,
sont presque la mesme chose
encegran,d /Monarque.Il ne 1 faut pas s'étonnerapréscel
si l'on entend retentir se
louanges dans tous les ch.
matsdumonde,&si mesme
le beau sexe se fait un plaisir
de monter sur le Parnasse,
pour apprendre à celebrer les
merveilles de son regne dans
le langagedes Dieux. L'Illustre
Madame Deshoulieres
cftune de celles qui le parlent
le plus purement, le plus
souvent, & avec le plus d'approbation.
Je vous envoyay
le mois passé un de les plus
beaux Ouvrages, danslequel
- elle s'est assujettie aux rimes
enoüille dans tous les Vers
féminins. En voicy d'autres
de mesme nature, sur des rimes
en ailles , en eles
,
& en.
ille, qui ont elleaussiapplaudis
que le pre nier. Son genie
est merveilleux en toutes
fortes dematieresmais sur
tout lors qu'elle entreprend
de loüer le Roy On connoist
par là l'ardeur de son
zele.
RIMESENAILLES.
Toy qui depuis que du Cahos
On tira la Terre & les Flots,
EsApollonquand tu rimailles
3 Es le Soleil quand chaque jour
Dans un long & pénible tour
A nous éclairertu travailles
Si , tu ne viens maider,jepers
L' honneur de bienfaire des Vers.
IlfautsurdesRimesenailles,
Rimes quifom pajlir d'ejfroy
Celebrer Louis
, ce grand Roy
Quirejfcmble au Dieu des Batailles>
Ouiprend ce qu'il s'estproposé,
Sans que nulait encore ose
Vferfur luy de reprefaillcs;
Quivoit naiflre defortDauphin,
Dont la gloireferasansfin,
Quantitéd?j4uguftes Aiarmailles;
Qui àans ses Gardes neveutpat
Quilfoitenrolle deSoldats
Qui ne soient des plus hantes tailles;
Qui fait PdJJèr des soirs charmans
Damses vasles Appartemens
Parez. ,
J non de vieillesclaincat'lies
De colifichets, de rocailles,
Mais de riches Ameublement,
Telsque ceux de ces vieux Romaus
Quaimoit tant à lire Fontraillesi
Quichez,leperfide Genois
BrifeTemple
,
Palais ,murailles.
Quitoujours heureux dansses choix9
EnMinièresfit des trouvailles;
Quidubruitdefiesgrands exploits
Remplit cellea qui
dans
cinq mois Ilfautconfier les semailles
3 Celle quepare le Printemps
De Fleurs (y:'" de vertesbrou-Jfailles
J Celle donlfouillent les entrailles
Cbercheurs d'or d- de DiamanJ"
Et cette autre sur qui les Vents
Ont cause tant defanerailies,
Et dontlesmuets habitam
Ont le corps reveflu d'écaillés;
QuiviSlorieux des erreurs
fait dans le bercail des Pafleurs Rentrer des millionsd'Ouailles , ;
Qui seul son Empire conduit,
Qui tient dans un charmant réduit
Nombre d'eftrangeres volailles;
Qui deson Penple est si chery,
Qu*auffi-tolfcjuon lesçeut guery , Àdagifbats
,
Financiers,Canailles,
Tout fitchanter en divers lieux
Des TeDeummélodieux}
Tout mangea chapons) perdrixtcailles,
Et mitsur le cttlsesfutailles;
Veuillent nous preserver les Cieux
De plus voir de tellesgogailies.
Qui des fils de ses petitsfils
Si , nos souhaits font accomplû.
Verra toutes les cpoufaiHes ; Qii de ses héroïquesafits,
So:t dans laguerre ou dansla pdix"
A fs.itf<~aperforce Aiédai11rs
Tins belles quelesAntiquailles;
Qui dnmpte Alger & Tripoli,
Qiti dans Cagréable-Atariy,
Tait foHvcnt de grosses ripailles,
Et qui fera trembler de
peur
Le Royd'Efpagne&l*Empereur,
Dès qu'ilsortiradeVersailles..
RIMES EN EILLES.
s1 ma voix avoir les doux fins
Des Malherbes & des Corneilles,
Louis feraittoujours Vobjet de mes
Chansons.
Quel plus beau sujet pour mes veil.
les,
fJ..!!:un grand Roy de qui tous lei
jours
1 Nefont quun tissu de merveilles.
Et de qui l'air & les difeourt
Font entrer dans les coeurs vn million cfAmours,
Par les yeux&parlesoreilles?
m
Raison
,
toy que les Roysconsultent rarement
Tusçais ,que ce Héros charmant
Nefait que ce que tu conseilles.
Nimphe,qui jamais ne somme'illes,
Tusçaisquavecque tes cent voix
Tu n'en a pas affit pour conter les
Exploits,
Et le nombre infini de vertus sans pa- ( veilles
JQui lefont le plusgranddesRoys.
Les champs ont moins cfépies, leruchesi
moinsetAbeilles,
Quil na receu du Ciel de charmesfedu-v
Eleurs.
Ah, courons ait Parnasse
,
& des plut)
belles fleurs
Pour couronnerson front remplirons detk
corbeilles.
uiffint aller mes Vers à Caide de fort
nom
)es bords où le matin la mere de
Memnon
Peint le Ciel de Couleurs vermeilles,
Iufijues à ces tristesclimats
Ou ne peuvent croistre les treilles,
't dont les Habitans ne laissent pourtant
pas
D'aimer à vuider les bouteilles.
RIMES ENjlle.
FEmme dtun Dieu qui rieft p/ti
beau,
Et qui ne va pointsans bfquille)
*Déejfe de qui le berceau
Fut une fnperbe cet/mile ,
V.e meresure pas Illljo$'frd'hJlJ tin rli
cours bdtnne , que des Jeux, des Ris, & des
jimours la tendre & galattte quadrille
Répande Jes attraits sur mon fo:ble
discours.
Venus , ren a] besoin jebabille c. on veut que
De ce Héros qui feut a tous les agremens
Dts deux plus chers de tes Amans.
*12ans[es feux certain feu pétille ,,
Quisouventa caufideglands embrlt..
femens.
Tel cjtoit ton Çhasseur dans ces heu,
renx moment
Où couché sur l'Oeillet. la Rose & Im
Jonquille
Tu daignas l'honorer de tes embrajfem
mens , 5^jnmoinsftmblahle eu DivinDrillei
QHI vient au sortir des combats
Se delasser entre tes bras'
ZOVIS humilia l'orgueil de la (afitllc
Damptal'ingrat Tdtive cr vainqui,
le germain,
it tomber fous l'effort de cent bouches
d'airain)
omm, tombe en tflèCépj fous la fau*
eille,
* le parjureGénois & le dur jifriquaim
Ce ntflpasfeulement le tonnerre à la
main9,
2i4e ce Monarque efi grand, que fin
courage brille,
*0 l'avons-nous pas veu montrer un
front serein
Vans Jevives douleurs
,
dansunperdcertain,
rt ne s'tnébranler non plut que la *Ba•
fiille i
Quel Sage , quel Héros ,fujî-il gre,
ou Romain,
Teutdupied de LOVIS-itteindreà
la cheville ?
Aussi du bout de J'YnifJefS
Les Ptttples que le Soleil grille
Travcrfentpourle voir le vafie fein
des tfliers*
jQue pour nous rendre heureux il
prend defoinsdivers!
Dans Jes vasles Eflats chèque Place
fourmille
De cent & cent ternes Çuerritrs,
.I2!!,'zt y met pour apprendre À cueillir
des Lauriers.
Dans un fnpcrbe Enclos plus d'une illujîre
Fille
Trouve dés son enfance Un secoursfeur
& doux;
Dans un sge plus meur on luy donne un
Epcux,
Où ton met sa pudeur à l'abrjd'une
grille. 4
tredePs Sujets itnoumt, il hahille,jj
Ces malheureux Enfans qui nefontkt-l
ntiers .J, Que des titres fameux que des Sieell.
entiers j
Ont conftrfle{ dans leur Famille. , tille des flots IImerl ?
agrcablcVenus»
Aqui les doAX tranfpcrts re font pas
inconnus ,
Crois-tu que defil tn aiguille,
Quand on voit t'op fouveut ce Roy
charmant à voir
9
On ne fajfc jamais en défit du devoir
, Quelque legere peccadille?
- Je vousenvoye deux Devises
de M. Magnin,surl'Helesseabattue.
L'une a pour
corps le Soleil qui attire des
vapeurs d'un Marais, & ces
paroles pourame,Trahit ut
convrertat.
De son afptR juivez le
0
iouxempirey
CetÂjire ua changer ,vostre
fort aujourd'hui,
JLaijpzi'.VûUSattireryehue^-
rvous à luy,
Il rvous convertira pouiVu quil
Vous attire.
Qv^te^de cet impurmarais
L'infcffion si mépris;eyj
Et sur la terre déformais 1
Vous retomberez en rosée.
L'autre est une Hydre renversée
par terre,1 tes les testes sontcoupées,
avec ces mots, AlagnI vox
Cola rccîdit.
- TranquiUe en son Palais,sansI
gUttre)sans épies, 1
LOVISparle, àjes Fieds:
leMonfire est abatu. 1
0 France , beureufe Francef
a ces testes coupées
Comets de ton Hetos la force
& Idrvertu.
Le mot de Magnus donné
au Roy dans cette Devise,
n'est point assez grand pour
le plus grand Prince qui ait
iamais monté sur le Trône.
C'est ce qui a donné lieu à
ce Distique Latin du Pere
Paul de laMère de Dieu,
Religieux Carme Reformé
de Rennes, & Docteur en
l'un & en l'autre Droit.Comme
il ne s'agit que de deux
Vers, la grandeur de la matiere
les fera souffrir en une
Langue, qui est ordinairement
bannie de mes Lettres.
Cognomcn Magni mi-ius (si
iibï;hfdximus immo
Maximus Hcroum>tctLODOICE,
decet.
Le Sonnet qui fuit consolera
vos Amies du besoin
qu'elles auront que vous leur
donniez l'explication de ces
deux Vers. Il est de Mr
Robbe, connu par plusîeurs
Ouvrages qui ont esté favo.
rablement receus du public.
4 AU
AU ROY.
Sur ce qu'en le peignant
on ne sçauroit peindre sa
Grandeur.
GRand Roy, depuis ifuaujC
yeux de l'Europe (tonnée,
Tu fis de ta "Valeur triompher ttl
»
bonté;
Que de tes grands Exploits l'Ibert
épouvanté,
Vit Joudain, par Toyfeul> ta.
Viftoire bornée.
La Frontiert en repos ne "Vo/f plul.
chaque année,
De ton front glorieux faugaflcm
jejiéi
EllePdye, à son egsr-réé,trop cher , trop cl)er
Liberté,
Et):c'udroit déjà '}oir la Trt
termmte9 -
TOlJs les tjjorts de l'Art nont
dans tes Portraits
) Exprimer ta Grandeur par de
dtl/estraitsJ
Pour adoucir l'ennuy qu'ony foul
atatendn.
rAppelle seul• mais non; f
d'unjufle elfroy
,
11 attroit
laiffichcirjfn
pluceau<
1'Ant toy,
Luy dont la main trernblott en p
gnant Alexandre*
Apres vous avoir parlé du
plus grand Roy de la terre, il
fautvous faire part des nouvellesqu'on
a cuës d'un des
plus puissansSouverains des
Indes.C'est du GrandMogol,
donc l'Empire, qu'on appelle
aussi Indostan, comprend la
plus grande partie de la terre
ferme de l'Inde. Cet Empire
a six cens cinquante lieuës
d'étenduë d'Orient en Occident,
&plus de quatre cens
cinquante duSeptentrionau
Midy. On compte ordinairement
quarante Royaumes
dans les EssarsduMogol,&.
ces Royaumes tirent presque
tous leur nom de celuy
de leurs Villes Capitales.
Agra &Dell sont les principaux.
La Ville d'Agra, où
1 Empereur fait son sejour le
plus ordinaire, estsi grande
& si remplie d'Habitans,
qu'on en pourroit tirer au
besoin deux cens mille hommes
capables de portet les
armes. Le Mogol se vante
d'estre descendu en ligne directe
de Temir-langue, c'est
à dire, Ternir le Boiteux, appelle
vulgairement Tamerlan,
qui estoit de la Famille
leChinguis-Chan, Roy de
rartarie. Chah Jean, Perede
celuyqui regne auj ourd huy,
estant tombé dangereusementmalade
en 1654. &sa
naladie ayant duré fort
ong-temps ,
ses quatre Fils
qu'il avoit faits Gouverneurs
les quatre plus considerables
Provinces de son Estat,
prétendirent tous à la Couonne
, & prirent les armes,
La guerre dura quatre ou
cinq ans. Le troisiéme né nom- Aureng-Zebe,enfaisant
profession de FaKire ou de
Dervich, c'est à dire de devot,
attiraidans son party
Morad BacKche,soncadetr
& luy fit croire qu'il n'ar- -
moit contre ses Fteres que
dansle dessein de le 0couronner.
Il défit les deux aisnez,
& se plaça sur le Trône. Il
fait aujourd'huy la guerre au
Roy de Golconda. C'est un
Royaume des Indes dans la
Presqu'Islededéça le Gange.
LaVilledeGolcondeest: belle
& tres-grande.On la nomme
ordinairement Heider
Abad, & par corruption Hidraband.
Heider-Scha qui
la fit bastir luy donna sons i
nom., Elle est située au bas
d'uneMontagne, sur laquelleron
a confirait la Forteresse,
appelléGolconde. Le Palais
du Roy,qui est Mahometan
delaSecte des Perles,
y sat comme une troisiéme
Ville. La Lettre qui fuit vous
apprendra les derniers evenemens
qui ont éclaté dans
ce Royaume, a-
VA Bagnagar le 20. Avril 1686.. Ous aurez [ceu par une
de mesprecedentes comme lyîrmee du Roy de Golconda etoitsur
lesfrontierespouren empefther
l'entrée a celle du ,7fogaI.
Cette Armte,j'entens celle
de Golconda
>
eut toujours l'avantagejujquau20.
Octobre
dernier; mais par une trabijon
de<JMxdena
-'
premierçjfidinïjlre
de ce Royaume dr de^dabometIbrahim,
autreMinière du
mesme Royaume3auquel Madena
anjoit fait ofltr la Charge
de Generahjjîme pour la donner
àfan Frere
>
elle lâcha pied du
coftéde cette Ville
>
@¡ l'Annce
du Adogol commença a laJurore
journée a journée jusquàBagna- J
gar ,
ou elle entra sans aucun
ob/tacle le 29. du me[memots3
* l'Armée du Roy de Golconda
alla camperfous la porterejje de
Golconde. Le lendemaincWadena
fit appeller<JMahometIbrahim}(
jjtiïfutavcrty que s'il entrait
dans la Forter-ffè,sa tesse
y demeureroit. Il profita de l'avis
, monta à cheval
3
@r alla
(e mettre fous la protettion de
Sultan Cbaalem
,
qui commandoitïArméeduMogolfonTere.
Sultan Cbaalem luy fit grand
~cc~f~/-/„ quelques jours après
LAureng-Zebe
3
grand AAogolJ
luy envoya un Daulet de jix
mille Chevaux3 c'est a dire) une
comnvjfi'jn pour en recevoir la
paye.Madena eItoit en la pre
Jence du Roy de Golconda dan
le temps que la nouvelle vint
j
ce grince oue MahometIbrahims'estoit
crtfiuy, (ofondit qui
avoitrfnie/ d1é/j.àaverty que AMda
dena luy-m.Jme s'entendait a
njec Chaalcm. Le Roy luy de
manda ce qu'il difioit de lafuit
d'Ibrabim, ($f Madenarépondi
que si Sa Majesté luy en don
noit lapermission
>
il trouveroi
moyen de ravoir ce Traiflre. E)
mfine temps ilvoulutfiortir d
la si'orterefie. Le Roy fie leva
(if un? fiemme des plus conifde
rables duAram ou Serrail, corri
mença de dedans a éclater en injures
contre <J%fadena. Elle dit
enfuite au Roy que ce Traiflre
ne njouloitjortirde la fort::nf{e:J * que pour s'ûlier jetter entre les
mains deJes Ennemis. EnfinJoit
de la volonté du llpj ou de cette
Fernme
3
un Cafre.) EJclave du
défunt Roy
3 eut ordre de tuer
Madena
3
ce qui fut aussi-tofl
executé, (éf dans lapropre Maifort
du Roy. Ce Cafre.) accompagné
de plufleurs autres Ejclanjes stf de ce Trince
.)
alla cijez Ençana3
FreredeMadena &Generalijjime
desArmées de Col-
,con(-is le maffacrcrcnt. La
persecution fut si grande sur les
Bramens
3 que de tous ceux qui
tomberent Jous la main de ces
EJclaves,ilnenéchappaaucun.
Ensuite les corps des deux freresfurent
traifnez. par toute la
JF'ortereffc
3
& on lespenditpar
les pieds aux murailles. Leurs
tefles furent envoyées à Chaalem
j
qui les envoya à Aureng-
Zebe. Le Afogol les fit écraser
fous les pieds d'unEléphant. Lf
Roy commença dés ce temps-la a
ordonner larecherche de l'argentl
des Bramens,ce qui continuë'en-.
core a present avec beaucoup de
rtgueur. ù>
Laissons la forteresse
,
&
venons à l'Armée deCbaalem>
7ampée bort de cette fille3proche
des Sepultures des Hollandois.
Son entrée futfortpacifique
3
dï
m neutaucun lieu de foupçonter
ce qui arriva peu de jours
tprés.Badourkjtml'un des Geneaux
de cetteArmée -,priaCbaaem
de luy laisser le foin des gens
jcbesj &de ne vouloir écouter
tucune de leurs requefies3 parce
Tpuilsçauroit trouversans peine
les moyens d'imdemniferl'Armée
le la despense quelle auroitfaite
tanscette Campagne
3 ce qu'il
exécuta aujiffacilementquill'a_
fa voit dit. Il commençaparJesaisir
de tous les effets des Bramens> ù desautresRafles ou fanzilles
des Gentils qui purent tomber-
Jous [cs mains.Laplujpart des
çJ44ahometans
3
qui avoientmis:
lceou~rso/~bricen~sf~Td;acncs/~le)s/„S/efrr~ailsJt
compojerentavecluy
3
les unsi
pour un tiers
3
ù les autresi
pour un quart. Enfin il ramassat
une Jomme très-conjîderable^
Mahomet Ibrahim luy fervh
beaucoup en cette occasion, en
luy découvrant ou ily avoit de
richesses.Les Hollandois nenfiu
rent paç exempts j non pour C
qui regarde leurs effets ù
leu
Compagnie ; mais parce que Baàour!{
ameutavis qu'ils avoient
dans leur Loge du bien appartenant
a des Gentils. Il appella
dans l'Armée le Chefde la Loge
Hollandoise
,
fous pretexte de
luy vouloir donner un Serpau
> qui est un hahit de dÏflinrlion.
Ille garda une nuit, (éf l'obligea
de compojer pour cinquante
mille roupies. Ce font environ
vingt-cinq mille escus. Ce futla
feuleviolence qui leur futfaite.
Toutcequeje viens de vous dire
se pajjadanslespremiers joursy
Ci jusquau zz. du moispajje
auquel jour Chaalem eut nouvellesque
Checminas Emerau
Dacqueni
,
avoit défait unJecours
quAureng-Zebe luy envoyoit
avec un Serpauquelques
provisions. Il donna ordre «
aujJi-tost de pillerderuinera
cette pauvre Ville. C'efloit une*
chosepitoyable de voir les Sol-ê
datsforcer les Vldaifons&mal4
traiter ceux qu'ils y rencon
troientjpour les obliger de décou
vrir les lieux où ilyavoit do
l'argent caché. 'Par bonheur ceJ
la one dura que vingt-quatre
heures;) après quoy Chaalem erff
njoya Jes ordres pourfairecejfk
le pillage. Toute l'occupation Â
ette Armee pendant le Jejour
quelle a fait icy
> a esle de voer.
Elle est partie le dernier de
Mars
;
sans qu'on puissefçavoir
>ourquel sujet, les uns dijent
ru'ily a un accordJccretde Sul-
'an Chaalem avec le Roy de
jolcondaj & les autres3 que les
Femmes des deux Partis ont
ait la paix. Enfin je riay pu
ncore en sçavoir la vérité. Cete
Armée marche à petites jourlées
3 & le Roy de Golconda
uy aenvoyé en queue dixmiUe
bevaux. Mirfa CherifElmont.)
3eau Frere du Roy
>
estparty
wee Chaalem
j
les uns disent
malgréluy
3 & les autres de sa
propre volonté. Je ne l'ay point
njeti pendant tous ces troubles.
J'auray foin de vous 1
informeri
par toutes les occasions de ce qui,
Je passera de nouveau.
Je vous envoye un Printemps
que vous chanterez,
avec plaisir. Les Vers ont
esté notez par un des plus
Sçavans hommes que
nou
ayons en Musique.
AIR NOUVEAU. TAiflz-'t.JOtlS, Rolflgnols, ruajlre
chantmimportune,
L'absince de philis me Ctlltfi une infortune
Qui me rend ennemy de tout ce que
jevoy. *
Zite mefcrt qu'en ces lieux le Printemps
"OUS rappelle?
Ne JÇa'Vez.,-vous pas que flnselle
ilmn'oesyt p?oint de Printemps pour
Vous vous souvenez sans
doute d'avoir veu dans l'une
de mes dernieres Lettres, un
Madrigal qui défend d'aimer
a quarante ans. Vous
avez veu aussila spirituelle
réponse que M. le Duc de
Saint Aignan afaite à ce
Madrigal.Envoicy une autre
deM.de Monchamps, Avocatau
Grand Conseil, qui
mente bien que je vous en J
fasse part. O
Npeflt aimer toute la 'vie,j
JJAmour ejt, belle Iris, de toutes 4
les Saifins. ,:/
Aimer a quarante ansness pas une
folie, l
£>ui le croit, doit aller aux Petites" matflns.. f
Vefprit,la beauté,le mérité
cet des charmes trop éclatans
•» *
TOUT n'échauffernos coeurs que dans
noflrt priniemps.
A lesaimertoujours la raison noIU
invite5
ils doiventtoucheren touttemps.
C'eftleffet d'unpouvoirifprême
Malgré 1 hyver de fâge, &Jes>fâcheux
glaçonsy
Zue de forcer un coeur à dire qu'il
nousaime.
les jeunes gens ne font que des
OifoïiS,
ils n'entendent rien aumyflerei
filssint heureux, ils ne fiauroient
le taire;
ils font indiferets, inconflans, lfaut de laprudence à conduire uns
affaire,
5eut-on lavoiracquise à l'âge de
vingtanst
On a beau faire, on cede
toujours à son panchant,&
ceux qui se trouvent obligez
de le forcer, ne réüssissent
jamais dans ce qui luy est
contraire. La Suzon deMr
de Vin en est une preuve
Vous scavez, Madame, qu'il
traite agréablement lesmaticres
qu'il choisit, & que
sonnom est un seur garand
de la beautéde tous les ou-»
vrages.
SU SO R
ÏJAns tout ce que tu fais confuite
la Nature,
Tel du doigt,aU lieu d-e pinceau,
Sur quelque endroit poudreux ébauche
une Figure,
Etpar des traits hardis montre dés
le berceau
Vn tfprit propre à la Feintllre.
Tel inspiréparApoilon
Ne demande du pain qti"eniers,ou
quen Mufiquey Ion,
JBt de son jeune bras se fait un rio-
Teeln, encore Enfant, ne s'explique termesgrai'es&pompeux,
JEt?nèlantenJespetitsjeux
Sa begayante Retborique
> Ne veut des Compagnons que fout
plaider contre eux.
Tel efloit ne pour la Sculpture,
Tel enfinpour Architecture,
-1I9li* Jouépdr les dures loix - &un Pere ¡mperJeux) ignorant, &.7
,
peufige,
ReuJJlt mal dans les Emplois
Ou, malgré , ce panchant, on le 1etie
on l'engage.
Stlzon rioÙ à tout moment.
Ce qui frapoitsesyeux 3 ce quelle
entendoïtdire,
La moindre chose, un mot, un rien
la faisoit rires
Et tel efloitfin enjouement,
J^ue le chagrin le plut rebelle
Ne fouvoit tenir auprès d'elle.
,A4u#sJsti, comme chacun recherche le^ plaiJir, recberche le~
Cnluydonnoittoutfortloifir-,
On:
)n h co/troit autant qu'une Piece
nouvelle
Du lere.ue de nofire temps,
Et Mo'iere en sesjeux plaifns
DivcrtijJôit moins que la Belle,
infortune chez eÛe oublioit fin
malheur,
\eplus soidy lepinsflmbre, c0"U
plusHeraclite
y devenoit un Democrite;
Toutcedoit asaoiye humeur3
Et Cato ,
qui desatïss,jje
ivoit ïan deseflirettiJ ttire de fh
gjT*, concerte )
laton mej,'(, Caton, bientost ,
ïufl perdu chez, Suzoa toutesi ;y.<,-
vUe.
Enfintoujours divertiss';
5n si réjjnifa t elle réiii, ; ,U,jo'yesnés1,iif'i,bbl'e ,. Ci- ioujou/,
f1te
frcfque dans un infiant d'elle aux
autrespajjoit,
Et malgréfil prés d'elle on rloitjnfquaux
ldymes.
Suzon ne plaijoit quepar IJ,
Enfinenjoiitment seulconfifioienttous
jes charmes.
Sa Mere gâta tout, elle s'imagina
J>hjuneVilletoujours rieujè
Se faijoit des Amans jans trolJver;
un Epoux,
Et d'une ardeur folafire apprchen-4
dans les coups,
Voulut quelle fusiserieuse.
Suzon la crut, Suzonfit mal,
Soumise par refpeël à cet ordre fatale
Elle perdit biantofl ce quelleavoik
d*aimable, 9
Sonrire efioit original,
So njèrieux fat pitoyable•
Quoy que la Lifte que je
vous ay envoyée le mois pafré
des Presens qui sont partis
pour Siam,vous ait paru rres-
~pelle, tres ample, & trescurieuse,
j'ay encore beaucoup
dechoses nouvelles à.
vous apprendre sur le mefne
articl
nearticlee.. Il sfaauutt de ggrraannddss
oins, & d'exactes recherches
iour être pleinement instuit
t un détail pareil à celu y-là,
: sur tout, quand on veut
on seulement estre informe
du nombre des pieces, mais
donner aussi une descriprion
particuliere dechacune.C'est
ce que je vay raire a l'égard
decelles dont jene vousay
parlé que legerement. Je ne
vous diray plus rien des autres
,
& passeray mesme par
dessus sans vous les nommer
une seconde fois, àcause que
je vous les ay amplement décrites
, maisaussi i'en aiouteray
un tres-grand nombre,
dont ie ne vous ay encore
rien dit, & vous décriray susJ
qu'aux étofes ,sans quoy il
feroit impossible d'en
bien
faire voir la richesse, & dq
connoistre en quoy consiste
la magnificence de ces P!c:
:cns. le commenceray par
ceux que Sa Majesté a envoyez.
Une Couronne d'or à fleuons,
enrichie de Diamans,
le Rubis, d'Emeraudes, &
le Perles.
Un grand Panache d'or,
ouvert desmeimes Perles.
Un grand Miroir de cris-
'a) garny d'or, la bordure
enrichie de Diamans, le der-
~icre aussid'or à fleurs dereief,
& émaillées.
UneSelle de ch eval avec
a Housse
,
les Fourreaux de
~?i.ioiets & les Harnois en
Broderie de relief
, & les
Etriers de vermeil le tout
enrichy de Pierreries.
Quatre Vestes de velours,
deux noires & deux rouges,
une de chaque couleur avec
des manches, & une sans
manches, en broderie de
fleurs de soye liserées d'or,
enric hies de Perles; les noires
avec un galon rouge, & les
rouges avec un galon vert,
brodées &enrichies de.mef-J
me, suivantlesmodelles ap.j
portez de Siam.
Deux Baudriers enbro
derie d'or
,
passée avec les
garnitures d'or émaillées.
:> UnBufle tout bordé d'or
de relief avec les manches,
e Ceinturon, les crochets &
es agraffes de vermeil, doré
deux fois.
Un grand Vase d'Ambre
gravé de bas reliefs, avecla
garniture d'or.
Un grand Cabinet de crital
deroche, les garnitures
ravaillées à fleurs de vermeil
loré.
Une paiie d'A rmes de fer
àl'épreuve du pistolet moitié
coul eur d'eau & moitié
gravées de plusieurs ornemens
dorez, complettesà
l'exception des jambes, le
tout doublé de satinbleu,&
galonné d'or.
Deux grands Fusils à la
Siamoise, enrichis de beaucoup
de reliefs, la garniture
d'argent aussi en relief, les
canons enrichis d'or & d'argent,
& les bois avec des
ornemens tres-riches, chacun
dans ion étuy de maroquin
rouge doré au feu.
Quatre pieces de drap d'or,
& de brocard d'or & d'argent,
de la ~Manufacture dc^
M.Charlierà S. Maur, lur
des desseins de France ; sçavoir,
Une piece de drap d'or
rayé, à fond d'argent broché
d'or & d'argent,nue de
plusieurs couleurs.
! Vnepiece deBrocard d'or
à fond couleur de feu
,
broehé
d'or & d'argent, liseré
de vert
Une piece de Brocard d'or
à fond vert broché d'or 6c d argent retors,liseré de couleur
de feu.
Vne piece de Brocardd'or
à fond*brorché-
d'or & d'argent,liseré
Six piecesd'étofes àfleurs
nuées,listrées d'or sur des
desseins de Siam ; sçavoir,
Vne pieceà fond d'or nue
glacé.
Vne autre piece à fond
ponceau à fleurs lilsrées d'or.
Vnepiece à fond pastel. :
Vne autre à fond bleu.
EEttuunnceaauuttrrecààffoonnddgDris
c 1 air. *
Huit picccs de drap & de
brocard or & argent tres-riches,
(ur des desseins de 11
France ; sçavoir,
Vne pièce de brocard tres- ,
1
richeà-fond d'or broché &
à fleurs ciselées d'or rebrodé
de toutes couleurs.
Vne piece ponceau or&
argent passé d'or tors à travers,
& rebrodé d'argent
tors. Vne pièce - or & argent nué
à fond noir rebrochéd'or
-, - , glace&d'or tors avec feyc,
ponceau brodé.
orVnepieced'étoffevert&:
passé d'or à travers, & rebroché
d'or tors.
-
Vne pièce ponceau & or
brochéd'orglacé,&rebrodé,
d'or tors au petitmestier.
Vne piece cramoisy & or
broché d'or lissé avec ortors,
& rebroché d'argentfrisé.
Vne. piece bleue or & argent,
le fond d'or broché
& tors avec argent tors.
Vne piece bleue & or paffé ed'or glacé à travers.
Huit tables de marbre avec
les chassis
..)t.' piedsue Sculpture
tous dorez.
PRESENS DE MONSEIGÑEVK;
au Roy de Sium.
Vne grande Pendule à quatrecristeaux
de loche,&qua*;
tre colomnes surmontées de
quatre Fleurs de Lys,& soûtenuës
de quatreboules, le
tout decristal deroche, les
Portiques garnis d'or, enrichisdepierreries,&
le Do-
De d'acier bruny
,
enrichy
le feüillages d'or, terminé
parune Fleur de Lys
Deux Baudriers en broder
ie d'or, avec les garnitures
l'or émaillecs.
Deux Fusils à la Siamoise,
enrichis de reliefs gravez en
aille douce, la garniture
l'argent, le canon damait
quiné d'or, & le bois enrichy
d'argent de rapport,
chacun dans son étuy de
maroquin rouge, doré au
feu.
Vne piece d'unquarré long doré deux fois, - contenant
un tiroir& une boëte
couverte, sur laquelleil y a
une Ecritoire ornée de reliefs,
& de graveures enrichies
d'or & de festons d'émail
, avec trente-neuf Diamans.
Vne Montre à boëte d'or
àdeux cristaux, dontle jonc
est gravé de bas-reliefs, marquant
le lever &le coucher
du Soleil, faisant voir le
mouvement annuel, & le
iurne, avec le mouvement
e la Lune, suivant la maiere
de compter à la Sialoise.
Cette Montre a son
tuy fleuronnéd'or.
Deux pieces de drap or
& argent, de Mr Charlier,
ut des desseins de France;
çavoir,
Une piece de drap d'or
ayé, à fond d'or & d'argent
tors avec des comparti
mens couleur de feu.
Vne piece de Brocard d'or
fond bleu, broché d'or&
'argent retors: liseré de
couleur de feu.
Deux autres pieces de Broscardçor&
aarvgento,tresi-rirch,es
Une piece ponteau & or,
broché d'or, à fond glacé
d'or à filigrane.
Vne autre piece vert &or
& argent, à fond d'or ciselé,
broché d'or tors, avec
filigrane d'or tors.
Cinq pieces d'étoffes d'or
& d'argent, nuées & liserées
d'or sur des desseins de Siam
sçavoir
I
Vne piece à fond d'ar
gent glacé,nue.
Vuepièce à fond ama.
ante nue.
Une pièce à iondlfàbcllc.
Vue pièceà-tond vert.
Et une à fond ce la don
Vn tres beau Cabinet dc
riftal de roche, garny de
fermeil doré
Quatre 1 ables de marbra
vec leurs chailis, & pieds
le sculpture dorez.
PRESENSDE ¡'/J/:/DAlvlE'
t - !la 'DaUphine pour la Princjje
de Sidm
,
nomméela
!
f)rincefJe Rryne.
Quatre grandes roses dq
Diamans.
Vne autre plus grande aussi
de Diamans. -
Vne grande Rose de bellcsj
& fortes Emeraudes& de
Diamans. :
Vn Miroir de criftaldero^
che garny d'or la bordure
& le derriere à feüillages cin
zelez
,
enrichie de Diamant
& de Rubis.i Vn petit Coffre d'or gar-j
ny de vases en forme dj
cave aussi d'or, le tout gran
ve & garny de Diamans.
Deux boëtes d'or couj
Vertes en pointes émaillées a
fleurs de neuf pouces, j
Deux autres boëtes aussi
d'or de mesme grandeur de
le mesme figure.
Deux grandestasses ci'or"
:-malll-ées
- Vn grand miroir d'or couert
en forme de boëtetout
maill-é à deux glaces,
Vn grand Cabinet d'ambrea
bas reliefs & à graveues
le dessus port nt pluleurs
Figures de Personna- es&arbres-
Vntres-beau & grand Cainet
de cristal de roche gary
de vermeil. t)
Vne Montre à boëte d'or
à deux cristaux, plus grande;
que les autres, qui montra
l'âge de la Lune à la maniére
Siamoise
, avec son estuy
garny de fleurons ayant la
boëtc cizelée & Cadrans;
d'or. 1
Vne autre Montre émaillée
devert à taille d'épargne.
Cinq pieces de Drap ôc\
brocard or & argent tres-riches
sur les desseins de France;
sçivoir,
Vne piece à fond d'argent
nue au petit messier de [OU
tes couleurs &, rebroché
d'ortots. -'
Vne picce vert & or &argent
, rebroché d'or cors avec
des brodenes d'argent.
Vue piece ponceau à fleurs
d'or rebrochées d'un peu.
d'argent avec or cors.
; Vne piece bleue or & argent
passée d'or en filigrane,&
broché d'argent.
Vnepicce de Damas à fond
amarante, les fleurs brochées.
d'or avec des nompareilles
de satinvert.
Une grande Cassette de
marqueccerie & de bois de
raport des plus precieuxavec
son pied toutes les aar,
nitures dorées & d'un trèsbeau
travail.
PRESENS DU ROI
aM. Constance.
- Une grande Boete à Portrait
decDSa Majeste avec l'attache,
le tout garny deDiamans.
Un Sabre tout d'or avec
un revers de quatre pouces
de large à la Siamoise
, tout
le fourreau garnyde pierreri
es.
VueMontre d'or émaillée
derouge à taille d'Epargne
avec son-estuy, ouvragede
M. Turet.
Une autre Montre d'or, le
donc cizelé avec son estuy t
garny de feüillages d'or.
- Une autre Montre d'or émaillée
de vert à taille d'Epargne
or & blanc,avecl'éuy
à doux fleuronnez d'or-
VnFusilenrichy de relief
canon damasquiné d or
ort riche, & canelé de deux
nanieres ,avec son estuy de
Maroquin rouge doré au
1" i c
eu.
Un autre Fusil enrichy de
reliefs
,
le canon canelé à
goutieres
,
enrichy d'or de
rapport, le boisorné d'argent.
de raport la garniture avec
des bas reliefs & d'or de raporr
aussi avec son estuy.
Vn autre Fusil enrichy de
graveure, le canon & laeu-
Uffc damasquinez d'or, avec
son étuy.
Vn autre Fusil, laplatine
unie, le canon ayant un
marque derelief, aussi avec
ion étuy.
Vne paire de Pistolets enrichis
de rel efs, garnis d'or
de rapport,avec leurs étuis
de maroqu n rouge doré au
,feu.Vne autre paire de Piftolers
lets enrichis de graveurescn
taille douce, le canon damasquiné
d'or, le bois orné
d'argent de rapport, avec
son étuy de maroquin.
Vne autre paire montez
d'yvoire avec des testes de
lion, l'ouvrage du canon
gravé de taille douce.
Deux très -
beauxLustres
de cristal à branches de fonte
dorées,enrichies defeftons,
de boules & de fleurs
de cristal de roche.
Vne tenture deTapisserie
de Flandre, representant
l'histoire de Diane,
Un Coffret d'ambre travaillé
à bas reliefs & giavez.
Une manière de Chapelle
aussi d'ambre avec un Crucifix,
le tout ayant de tresbeaux
ornemens.
Six pieces d'étoffe de foye
or & argent sur des desseins
de France ; sçavoir,
Vne pièce à fond vert tresriche.
Vne piece Incarnat or &
argent.
gVnee pniecetble.uë or & ar- Vne autre bleue or & ponceau.
Vne piece de Cramoily
toutor.
Et une piece de ponceau &
raye.
Septpieces de drap tresfin
d'écarlatte,vert, violet,
bleu, gris de perle,& de canelle
contenant 106. aunes,
Vne piece de Camelotcoueur
de feu à pur poil de 28.
aunes un quart.
Deux Selles magnifiques
de l'Ecurie de Sa Majeste avec
leurs housses, le touten
broderie d'or avec tous les
harnois dorez, l'une brodée
sur un velours rouge,l'enharnachement
& testiere dorée
& fourreaux de pistolets; fy.
l'autre brodée sur un velours
vert, tout l'enharnachement
doré, &les fourreaux de pistolets,
PRESENS DU ROY
pour le premier Ambassadeur.
Vne boëte à Portrait de Sa
Majesté avec l'attache toute
garnie de Diamans
Vn Sabre d'or à la Turque,
la garde & le fourreau
tous garnis de grossesTurquoises
de vieille roche, $
deRubis.
-
Vn tres-beau Lustre de
Cristal de roche à dix branches
de fonte dorée enrichies
le consoles de cristaux qui
Suportent un vasegarny de
leurs, jettant des cristauxaucour
,
le dessous garny d'une
campane de boules de cristaux
avec une grossepiece
taillée dans le milieu.
Vnetenturede Tapisserie
de Flandre a Personnages &
verdures, rep resentant les
Muses &autresparties de la
Metamorphose.
VnFusilenrichy de reliefs,
la garniture & porte-viz
relevez d'or: le canon orné
d'or & d'argent de raport.
Vn Fusil à deux coups?
ayant le canon damasquiné
d'or.
Vn autre Fusil enrichy de
graveures en taille-douce.
: Vn autre Fusil enrichy ausside
graveures, ayant quelques
filets d'argent autour de
la visiere de couche.
Vne paire de pistolets enrichis
de reliefs? le canon en- !
richy d'or & d'argent de
raport,
& la garniture de inefme
travail.
Vne autre paire de Pistolets
enrichis de graveures en
taille-douce, le canon damasquiné
d'or en couleur
d'eau.
Vne autre paire de Pistolets
enrichis de graveures en
tulle-douce, le porte-viz
de reliefs &: un masque sur
les culotes.
Vnegrande Pendule quarrée
allant quinze jours,tonnant
les heures & les demyheures,
& la Boete de marqueterie
avec des colomnes,
bazes & chapiteaux corintheà
fonds d'écaille de Tortue
, & son étuy garny de
cuir.
Vne petite Pendule d'or
de poche, la boëte enrichie
de graveure avec son étuy
garny de clouds d'or à feuillages.
Vne Montre d'or d'émail
en mignature, le dessous de
la- boëte representant Mars
avec Venus & l'Amour
,
le
jonc &le dedans de Paysages
avec personnages.
Huit pieces d'étosses de
soye or & argent sur les desseins
de France;sçavoir, 1
1
Vne piece de brocard violet
tout or ? en broderie d'or
glacé&tors. -
Vne piece bleuë or & ar- -
gent à fond de Damas en
broderie d'or, reciselé d'argent
tors.
Vnepiece ponceau & or
1- glacée & rebroché d'or tors.
Vne piece bleue or & argent
pararabesqiued'or glacé,
& rebroché d'argent tors.
Vne piece amarante vert &
or, avec rayes de satin broché
d'or lissé & tors. -
Vne piece ponceau tout
argent par ehamarures d'argent
lissé & broché d'argent
tors.
Vne piece blanc & or nue
en Damas avec soye ponceau
& broché d'or.
Et une piece vert & or en
gros de naples par chamarures.
Quinzepieces de Draps
tres-fins d'écarlatte vert,violet
bleu gris de perles contenant
deux cens quarante
cinq aunes.
Deux pieces de Camelot
couleur de feu contenant
cinquante-cinq aunes & demie
PRESENS DV ROY
pour le fecond Ambassadeur.
VnLustre de cristaux de
roche à dix branches de fonte
dorée, ayant une Couronne
enrichie de plusieurs
cristaux de roche & de Milan,
le dessous garny de campanes
de boules & pieces de
cristaux de Milan, avec une
grosse poire taillée en coste
au milieu.
Vnependule allant quinze
jours, sonnant les heures &
les demyheures,la boëteen
forme de cartouche sur un
I
fond de cuivre doré, les ornemens
aussi dorez d'or
moulu.
Vnegrande Montre d'or
couverte d'email en mignature
,
le dessous de la boëte
repreientantl'enlevement
dEurope, & le dessus representant
une Venus & des
Amoursavec dcs Tritonssur
un Dauphin,& le dedans de
paysages & personnages.
Vne Montre quarrée à
feuillages d'or,ciselez,avec
un cristal de roche.
Vne tenture de Tapisserie
de Flandre,representant
des jeux d'enfans
Vn Fusil enrichy de reliefs
relevez d'or, le canon
de reliefs, le fond d'or, &:
le bouton d'or de rapport.
Vn autre Fusil enrichy
d'une garniture d'argent gravée
entaille douce,
&d'argent
de rapport autour de
lavisiere de couche.
Vn autre Fusil orné de
graveures en taille douce.
Vn autre Fusil le gravé canon de plusieurs ornemens
en taille douce avec du relief
sur la visiere de couche.
.-- Vne paire de Pistolets
enrichis de refiefs,lagarniture
&les cartonsderapport.
Vne autre paite de Pistolets
enrichis de graveure en
taille douce & d'argent de
rapport sur le bois.
Vne autre paire de Pistolets
de graveure en taille
douce? les canons canelez,
& le bois ornéd'argoent de rapport.
Huit pleces d'etofes d'or
& d'argent sur des, desseins
de France,scavoir,
Vne piece pourpre or {SÇ
argent, par chamarures d'or
glacé
,
rebrodé d'ortors à
<
iligranes d'argent,
Vne piècede Brocard d'or
& d'argent, ponceau par
chamarures d'or luisant, &:
proché d'or.
Vne piece, couleur de Caf- é argent, &: nuéaupetit
nétier, rebroché de deux
rgents avec descouleurs.
Vnepiece,amarante&arrent
changeant)broché d'arent.
| Vnepiece, vert, or&argent
,fond de Naples avec
iligrane de soye
| Vnepièce, ponceau,vert
r argent en gros deNaples
changeant par bandes no'u;
velles.
Vne piece cramoisi & or, à
fond de satin brodé de-foy gloire. j
Et une piece bleue, or &j
argent par tissu en chaisne, J
Quinzepieces de draps
tres-fins
,
d'écarlate, vert
violet, bleu, gris de Perle &
de canelle
, contenant deu
cens trente-trois aunf-s.troi
quarts. ]
Vne piece de camelot d^
vingt-neufaunes lX. demie,
i
fPRESENS DU ROY
1 pour letroisiéme Ambassadeur
Vne Pendule allant quinze
jours,sonnant les heures
& les demies, la boëte de
fond d'écaille,de Tortue, de
marqueterie, faite en dome,
des pilastres, des chapiteaux
& bases d'ordre Ionique, les
ornemensdorez d'or moulu.
:.. Vne Montre d'orémaillée
de peintures en mignature;
le dessous representant deux
Amans avec l'Amour,&au
dessus les mesmes Amans
sans l'Amour, le dedans de
paysages & personnages.
Vne autre Montre d'or,
émaillée de vert de taille
d'épargne.
Vn Fusil enrichy de reliefs,
le canon damasquiné
d'or & émaillé.
Vn autre Fusil enrichy de
beaucoup d'ornemens gravez
en taille douce.
Vn autre Fusil aussi de
graveuresen taille
f
douce le
canon damasquiné.
Vn autre Fusil orné de
graveures en taille douce.
Vn autre Fusil ayant les
mesmes ornemens
Vne paire de Pistolets enrichis
de graveures en taille
douce, le canon damasquiné
d'or & en couleur d'eau, le
bois enrichy de feuillages
d'argent de rapport.
Vne autre paire de Pistolets
de graveures en taille
douce,avec quelques reliefs.
Vne autre paire gravée
aussi en taille douce, les
porte-viz de reliefs.
Vne tenture deTapisserie
de Flandre, de verdure avec
de petits personnages & animaux.
Deux grandes Girandoles
à six branches de fonte d
rée, chacune enrichie de pl
sieurs étoiles de cristaux
roche taillez, & plusieur
autres pieces aussi de cr
taux.
Sept pieces d'étofe de so
or &argent, sur les dessei
de France; scavoir,
Vne piece, bleu &: or tre
riche, avec or glacé & bre
ché d'or.
Vne piece de Caffé & a
gent nué, riche & brodé
deux argents de couleur a
Mosaïque.
vne piece, ponceau, or
argent , par galons d'or &
d'argent brochez.
Vnepiece couleur de
chaireargents à fond gros
de Naples nué de soye verte
Vnepiece,bleu&: or avec
ponceau,à fond gros de Naples
en tissu
Vne piece amarante & or,
: gros de Naples &satin en
tissu
Et une piece rouge & vert, changeant en chaisne.
- Sept pieces de draps trèssins,
d'écarlate, vert, violet,
bleu & gris de Perle
, contetenant
quatre - vingts cinq
aunes trois quarts. -
TRESENS
De Monsieur le Duc du Maine
à cJïïl. Confiance.
Vntres-grand Lustre, tout
de cristal de loche à douze
branches de fonte dorée
ayant une couronne enrichie
de plusieurs boules de
rirtaux de roche, garny
d'une tres-belle campane de
ristaux , ayant une gresse
boule de cristal de roche
taillée dans le milieu.
Deux pieces d'étose or &
argent tres-riches, sur des
desseins de France.
Vne tres-belle Pendule,
onnant les heures & les deny-
heures, & allant huit
ours.
Deux Coupes,deux Veres
? une Souscoupe,une Aiguiere
,deux Bouteilles, un
Baril,&un:Tasse de cristal
le roche ciselé avec une
cassette aussi de cristal,
emplie d'Eventails de mignature
, &de ceintures or
& argent, avec un Portrait
en mignature de Monsieur
e Duc du Mayne.
,
Vngrand Livre repreentant
les Conquestes du
Roy, en mignature, avec
les Personnages &: les Places
o
au naturel, &le plan des
Places, le tout sur du velin,
avec une description historique.
Ce Livre est couvert
de chagrin avec des garnitures
&es
tures & desppllaaqquueess dc'o?r dd>'uunn
ouvrage ciselé. Les Armes
du Roy sont au milieu? &
il yades Chiffres aux
coins.
Je vous avois déja dit une
partie des choses qui sont
contenues dans cet article;
mais je ne vous avois pas
mandé le nom du Prince
qui faisoit ce Present. I
PRE-
- '1
Presens De M. le Marquis de
l, Louvois à M. Constance.
Six grandes Tables de marbre
jaspé ovales.
ri Vntres-riche Tapis de U
Savonnerie.
Presens de M. le Marquis de
il Croissy à VJ1. Constance.
t Vn grand Miroir avec
sa bordure de glace à fond
de lapis, lesornemens aussi
de lapis, & le chapiteau d'un
pareil travail.
Douze Corbeilles de cristal
taillé.
Deux grands Bassinsd'argentdore
en ovale, relevez
au fond en bosse ronde de
plusieurs figures representant
lhistoiredeScipion,deMarc-
Antoine, & de Cleopatre.
Vn grand Bassin, où sont
rapportéesplusieurs plaques
d'argent doré, au fond duquel
relevé en demy bosse,est
vn Neptune dans vnchar tiré
par quatre chevaux Marins.
Vntres beau Vase en forme
de fontaine, ayant deux
Bassins en coquille d'argentdoré,
l'un soutenu d'un
Atlas monté sur un chat
d~'anrg$e~nt doré;l'autre élevéau soutenud'uneVenus
d'argent, accompagnee d'un
Cygne aussi d'argent sur une
coquille dor,& au sommet du
>
Vaseest un Mercure d'argent.
Toutes ces Figuresjettent artificiellement
de l'eau.
~, Vngrand Crucifix d'ambre
tres-curieux. 1
Vnegrande Cassette de
cristal taillé & enchassé, entrelassé
de roses de Diamans
avec des feüillages d'or trait,
d'une belle fimetrie
, dans
laquelle Cassette il y a,
: Douze paires de Gands
glacez.
{ Vn Eventail de peau de
senteur, où est peint en mignature
le Carrousel dernier
fait en France, les bastons enrichis
d'or parsemez de Perles
& deDiamans sins,tenant
ensemble par une viz d'or.
Septautres Eventails de
differentes couleurs & representations,
ornez de rubans
or ez argent.
VneCassettede cristal,avec
sa bordureaussi de cristal
tortillé, dans 1 aquelle il y a
Vne paire deBracelets deCorail
taillé, avec une boucle
dVenDeiMamoannstrfeins àchacun.
d'or avec f»
boëte émaillée, garnie de
Diamans fins, la clef enrichie
de Diamans, VneTabatiered'or émaillée,
garnie de Rubis, avec
un plus gros Rubis pour la
fermer.
VnbeauChapelet de corail.
Vn autre de corail uny.
Vn Chapelet d'ambre trèsprecieux.
t' Vntres-beau Cordon de
corail.
Vne Cave couverte de fatin
vert, ornée de galons&
de clous d'argent, contenant
douze flacons de cristal
couverts d'argent, remplis
d'essences & de diffeter
bonnes odeurs.
Vingt- quatre paires de
Gands d'Espagne, garnis de
rubans dediverses couleurs.
Deux grandes peaux d'Espagne>
d'une senteur merveilleuse.
Vne tres-belle Coupe d'émail
avec sacouverture, sur
laquelle sont representées.
diverses Batailles,& un étuy
de satin rouge galonné d'or
Vn Verre de cristal de roche
couvert, figuré, avec
son pied d'argent, & Lon.
étuy de satin rouge.
Vn grand Verre en coupe
aussi decristal de roche, figuré
,avec sa couverture &
son étuy de satin rouge galonné
d'argent.
Vne Cave de satin rouge,
contenant six grands Gobelets
de cristal grav é.
Vne autre Cave ausside
satin rouge, contenant cinq
grands Gobelets de cristal
'figuré,o
Prbesens de M. le Marquis de
Seignelay àM. Constance.
Deux grands Miroirs de
figure octogone,
ngure o ogone avec leurs
?
bordures toutes de cristal. 1
Vn Benitier de cristal de
roche, garny d'argent.
Quatre grandesTables de
marbre, avec leurs chassis &
pieds de sculpture tous dorez.
Vne tenture de Tapisserie
à fond vert.
,
Vne grande Figure de
marbre
,
representant deux
enfans qui tiernent un pied
de Vase.
Cinquante Portraits des
principales personnes de la
Cour, avec leurs bordures
dorées. a
,
Vn grand Fusil de marqueterie
fait en Canada, d'un
ouvrage exquis , avec [on
étuy de maroquin rouge 3 fleurdelisé d'or. -
Vne paire de Pistolets
montez d'yvoire,tirant chacun
- deux coups, avec
quelquesgraveures en taille
douce
Trois grandes Caisses remplies
de differens ouvrages
decristaux d'Allemagne.
Vn grand Verre avec fom
pied de vermeil doré.
Vne grande Sous-coupe
aussi de cristalavec son
y
pied de vermeil doré.
Vn grand Globe de verre,
representant le Labirinthe
de Versailles. 1
Vn tres-beau Cabinet
d'Optique
>
representant plusieurs
belles veuës.
VnTableau representant
Versailles, avec son quadre
doré.
Deux Tableaux de Rocailles
, avec leurs quadres
aussi dorez.
le vay bien vous rejoüir,
Madame, en vous apprenant
que le mot de Vieillarde qui
1
vous a tant plû dans l'un des
Dialogues Satyriques ($f Moraux
qu'on a imprimez à
Paris depuis deux mois
, a
donne lieu à de fort aogrea- bles Lettres ,
dont je vous
envoye une Copie. Laliberté
avec laquelle l'Autheur de
ces Dialogues se déclare contre
ce qui merited'estre condamné
, a fait aimer cet Ouvrage
, portraitaqssueizd'ailleurs est un
naturel de beaucoup
de choses qui se passent
dans lemonde. M.le Duc de
S. Aignan, dont l'esprit & le
bon goust vous sont connus
& qui n'est pas moins diftingué
par la que par son rang j
& par sa naissance, en a écrit
en ces termes à l'Autheur.
vCe10. Mars 1*87. Ous vous étonnerezpeutestre
, mon très-cher Frere
en Apollon> de voir la datte
de cette Lettre
,
puijque voflre
joinobligeanta me fairepart de
vos Jcavans ^Dialogues
,
meritoitcent
remercimcnsdéslelendemain
;maïs
3
Àdonfieur>je ne
receus qu'lryer ce Livre char- j
mant dont vous mavie^écrit, ü je riay pas voulu vous en (
tarlerque je n'eussedévoré d'abord
tout ce
qu'ilcontient,pour
le relire ensuite cent autres fois,
h viens auJli d'abord avojlre
XIII. Dialogue. faites taire
'a Flatteriequoy qu'elle parleji
galamment}(Sfn'écoute^ que la
7eritê
,
qui vous asseure que
out vojlre Satyrique3votre
MoralJontincomparables
>
le se peuvent imiter ,
si vous
l'en faites encore d'autres
>
a
fuoyje vousconvie de toutmon
:oeur. Ah !mon cher Frere, que
le charmes j'ay trouvez dans
et Ouvrage
3 & que ce feroit
megrandeperte pourtous ceux
qui ont l'esprit raisonnable
>
s','f
aemeuroitvoflre enfant unique!
Jefuis pour leMot de Vieillarde
employé dansvoreXII.
Dialogue
,
où je veux osler la
Bombarde de tous nos Vaip
féaux j la Gaillarde, de toutes
nos Dances >
la Mignarde d
toutes nos djfemblées ; (if3si je
mymets} je ferayaccompagner1
cette bonneDame de l'Egrillarde
dontfeutsWoliere nous a parlé.
Enfin le mot de Camarde ne
myMefs/ecmb~le p/~aysplus pprri~v7il/ég~iéf <q-u?/~ef
celuy de Vieillarde ; & neiiï
déplaise AU preux Florifêl de
Niquée
;,
je trouve qu'ilaejlé uni
eu visse. Teut-cftre que la
rieiUardeavoit de l'argent cahé
j
G^uil auroit pu donner enuite
a une jeune" s'il n'avoir
as esié si cruel. Jeviens au
not de Raffinage couché dans
joflre XV. Dialogue. Lors que
z Servanteau gosierd'airainle
rononça sihaut&si diftinélelent>
si favois esié du nombre
,es Sçavans ajjemble^ cfJe'{ la
'ïeille de Gournay" j'aurois
riéplus hautque cette Servante.
Je luy donne ma voix? fai-
»
tescefler lavostre.
Jen'approuve pas moins le
de Moult
!
à qui nous aivonsfait
grand tortjusquesicy> ~r~~c~ je m'en
Jers de bon coeur; apurementje
Juis
j
nJMoultvojlretres-humble
Frere
J C7 très-oblige Servi-
1
teurj
LE Duc DE S. AIGNAN.
M. Petit, Autheur des
Dialogues Moraux,a fait cet-j
teréponse à M.le Duc de S.
Aignan.
L A Rouence21.Mars1687. 'Approbation3 fJMonfei-{
gneur;, dont vous honore%
ws Dialogues
(J
leur ci vàut
nille
3
elle feule;) & me vange
jautement du mal qu'en ont dit
quelques Critiques. Je les accurerois
volontiers de méchant
roiïfl j puis que le leur ne se
¡rencontrepasavec levotre> ny
rt'Vcc celuy de A41 le Due de
Montausier., qui ma, fait lhonneur
de majjurer qu'il éfioit
montent de ce petit Ouvrage,
wexhortantcomme vousfaitts;,
*JMonftignêur3 a en donner rvne
reconde pêrtie au public. Vous
îCaç,UaveeK^ que ssea, fnceritên'eut
tamais rien de fufpeét
Mais, Duc, quel mal ces Diafor
i eues
Auront-ils pûfaire à ces Dogues
Contre eux deschainez en tous
lieux?
Cela me fascheroit me mettroit
en colere
Si ce n'estoit que l'ouvragesçait:
plaire I
A des gens qui valent
mieux qu'eux.
Pour preuve dequoj, lom
m'djjurequeM* Miton
3
de qm
je riaypoint l'avantaged"
connujen adit beaucoup de
bien. Les Ouvrages qu'il aPl
prouvepeuventparoïjbre. au jour
entouteajf/irànce>carperfpnna
nignore de quel poids ejiJon\
jugangntxcombienfa. Crit/qvej
tfl Jagey& quelle estla delicatejjfeAe
Jen esPrit.
Après cela, Seigneur,dois jecrain
dre les dents
,
De ces trop scrupuleuxPedans
Non,je méprise leur cohorte.
Rats d'Hélicon, rongeurs d'écrits
Esprits
,
de chicane pestri,
Et digne du dernier mépris ,. Que l'Esprit malin vous empor- te:rnalla empor.~-
Ce feroit leurfairetrop d'hon;'
neurque d'en parler d avantage*
J'aime mieux, oneigneur.,'
en rreéppoonndaanntt"aa 'vVotoretreL' eettttrree'
Aussi pleine d'ejprit que d'bonoe$
étéyvous dire> que Raffi-,
nage,Vieillard>Moultset
trouvent toutglorieux de ce que
vous voulez
bien
prendre leur,
party. Ils me chargent de vous
tn marquer leur reconnoiffiancej
de vous en faireleurs treshumbles
remercimens
j ù de
vous ajjurerqu'ils Je trouvent
infiniment plus forts de vorte
-prcteElÙJn;J que de tout ce que
j'aypudire en leurfaveur dansi
mesDialogues. 1
Quand chacund'eux s'expliquoit
Vuillardeserequinquoit
Et le pauvre Raffinage
, La gayeté sur le visage
Sautoit comme nn Pantalo
Saûte au son du Violon.
Moult en joyeux équipage
Bondissoit comme un Ballon 'T
Mais criant tous, Faites, faites
Nos Cemplimens à ce Duc,
Digne qu'en Marbrequ'en fluc
Par lesmains les plus parfaites
Ses remembrances soient faites;
A ce brave Duc,& Pair,
Amyde Dame Bellone
Preux sans reproche-, 5t (ans
Pair,
", Et quis'y prend du bel air
- Quandson brasestramaçonne
AceDucquel'Hélicon
Honore fort, & revere Ft y que la Mufe Clion
Voudroitavoir pour sen Frere i
Ace Duc a l'esprit6n
k
A ce Duc plein d'accortise
> Qu'en. belle Ruelleen prise
Bien plus, qu'unjeunebiondin,
Âcedigne Ducenfin
Que le plus grand Roy du
mon
de
Nous fait voir dans un destin
En quitout bonheur abonde.,
Je njêus ajjure>çjiïfonfiigneur;
que Vieillarde ne putmoderet
sajoje de retrouver Jon Vieillard.
Elle alla l'accofler avec
emprcjjement3 & sa tendrejje
se réveillajibien que la journée
nesepassa pointqu'ils n'eujferit
renouvelle leurnlaria.fl/
MaisleVieillard
Dont le coeur ard
Pour sa,.Vieillarde,-
Pritunlong dard ,, Pritun poignard
>.»
Et de pusune hallebarde, -
Et s'arma comme un Jaquemar-
Je ne pus m'èmplcher de
rire de le voir ainsî sous les
armes; & je luy dis. Vieux,
Patron, pourquoy vous armez
vous de la forte ?
Pour percer, me dit il, par le:
ventre tout droit,
Le Grammairien qui voudroit
Encore un coup m'osterma;
Femme.
Mortbleeu ,qu'il ne s'y frotte
pas >1 A moins-qu'il veuille que:
son ame
Descende promptement aux
manoirsles plus bais.
Soûtenu que je suis de
Monseigneur vôtre frère CIl
Apollon, ajouta-til
-,
qu'"ayje
à craindre:, Moult de fort
costéynef-ai/tpasma*ins'ler'éf-oltt'* & depuis quevous ta'Ve'{ vantéde
là maniéré que Voiture
vageacarquequelques impertinens
"voulaientprofcrtre3it
tefsttfsiieerreennOOsetrroo-Lgroo-tt & vvoouuss nnee-,
sçauriez -croire à quel point il
fait l'Olibrius.
Il nt'esrt piluss vtieeux,,(il n'eftjîlufi colet,
Et jelevoy toutprest à fauter aix
Et du Critique, & du Puriste
-
Armé qu'il est d'un Pistolet, 1
Mesmedans,sa ragefecrete,1 Eç
En poche il a la bayonnette,
Dont il pretend leur couper le sisflet.
Ainsi beaucoup qui l'asupblantén'aqu'àse
bien tenir;) il
se flatte de le supplanter à son
tour,) & de rentrerdans Jes
droits. Enfin,
Sa main croiroit faire un beau
coup
S'il pouuoit occire beaucoup.
Pourmoy, e:Monfeig,neur, je
voudrois qu'ilsenfusîdéfait;
Mr Moult tfl infiniment plus
joly
y
&Jort de la bouche bien
plus agréablement. Que je fiay
bsn gre a cet Adverbe de faire
voir qu'il a du coeur!EnvéritéM
il manimeparjonexemple,&
jeJuis d'avisde dire hardiment.
à mes Critiques3 que l'Auteur1
des Dialogues Satyriques&\
Moraux s'épouvante peu deleur
cenjure
j
puis qu'vn Seigneur
de]
votre importance veut bien luy
faire l'honneur de le protéger,
& de luy accorder toüjours la
qualité de fin cher Frere en
Apollon. C'est,<JMo,nJeigneur,
fvaonsttr>e&ttrreèss--houbmlbilgeé3Jertrveist-eoubre.ïfà |
Il n'y a point
d'amitiéqui
foit à l'épreuve de
l'interest
Peux Cavaliers qui avoient
toujours este élevez ensemble
?
après avoir fait leurs
exercices, commencèrent a
prendre l'air du beau mon- de,& à chercher d agreables
habitudes. L'un d'eux
fut touché des charmes d'une
Demoisellequi avoit
beaucoup d'esprit, & qui
n'ayant ny pere ny mere,
vivoit avec une Tante dont
elle estoit unique heritiere.
Le party estoit considerable,
& comme une jolie personne
qui ne manque pas de
bien, a nombre d'Adorateurs
,
elle se voyoit souvent
une grolle Cour. Le
Cavalier parla d'elle à son
Amy,& luy sit naistre l'envie
de la voir. Ils estoient
tous deux bien faits, fx. la
jeune Demoiselle receut l'un
& l'autre assez favorablement.
Le commerce leur
plaissnt, ils convinrent que
pour ne se pas nuiredans les
visitesqu'on leur voudroit
bien permettre, ils ne les
feroient jamais ensemble
, &
que chacun avanceroit ses
affaires sélon que le panchant
de la Belle luy en pourroit
fournir les moyens. Ainsi
ayant leurs jours reglez pour
la voir, ce fut à qui feroit
mieux réüssit ses foins. Ils
luy propofoient tout ce qui
pouvoit la divertir
,
&:ils le
raisoient de si bonne grace >
que la chose avoit un double
merite. Les agréables
parties
y
les promenades? la
Comedie
«
l'Opera) la Belle
n'avoitqu'à marquer ce qui
estoit le plus de son goust,
& dans
le
mesme moment
on s'attachoit à la satisfaire.
Leurs empressemens estant
éçaux
»
elle en sur touchée
éjKgJalement , & quelques esforts
qu'ils sissent pour l'obliger
à se declarer, son
coeur se trouva si bien partagé,
que quand elle croyoit
pouvoir choisir l'un, elle
voyoit aussi-tost tout le merite
de l'autre. Comme ils
estoient tous deux bien traitez
son irresolution qu'ils
avoientà vaincre, leur paroissoit
un triomphe digne
de leur passion, & chacun
croyant qu'il ne falloit qu'un
moment pour faire pancher
la balance de son costé ils
n'oublioient rien de ce qui
pouvoir leur asseurer une si
noble conqueste. Pendant ce
temps, la Tante qui ne cherchoit
que les avantages de
saNiece,luy proposa un
homme de Robe extremement
riche qui la vouloit
épouser; & jugeant bien, sur
le refus qu'elle en fit
, que
l'un des deux Cavaliers luy
touchoit le coeur, elle luy fit
voir qu'il estoit fort dangereux
de s'attacher à des gens
d'épée, dont la pluspart se
ruinent par des depenses
qu'ils ne sçauroient éviter,
& qui aprés avoir mangé le
bien de leurs Femmes, les
laissent -dans des embarras
continuels. Ces remontran
ces ne firent aucun effet. L
Belle luy avoüa que les gens
de Robe luy estoient infup
portables,mais en demeurant
d'accord qu'elle estimoit
les deux Cavaliers, elle
ne putsçavoir elle-mesme
pour lequel des deux son
coeur panchoitdavantage. Le 1
chagrin qu'elle leur causa par j
l'incertitude de son choix, j
fut cause que s'entretenant
un jour des dépensesqu'ils
avoient faites, & qu'ils faisoient
encore tous les jours 1
pour elle, ils trouverent qu'il
seroit injuste que le malheureux
n'en fust pas indemnisé.
Ainsi il futresoluentre eux,
queceluy que la Belle épouseroit,
payeroit à l'autre quatre
cens Loüis,&ils en signerent
un Billet double, que
chacun garda. Ce qu'il yeut
de plus plaisant, c'est que
l'interest commença à les
consoler du mauvais succés
qu'ils avoient apprehendé-
Ils n'eurent plus
la
mesme
chaleur à rendre des soins,
& la Belle que ce relaschement
étonna, craignant de
1
les perdre l'un & l'autre
,
J
elle ne se haftoit de s'expliquer,
fit enfin tomber son
choix sur le premier qui la
pressa de le faire. Onconclu
lemariage sans que l'autre
en murmurast. S'il perdoi
uneMaistresse,les quatre cens
Loüis qu'il gagnoit, luyfaisoient
voir sans envie le bonheur
de son Rival. Le temps
avoit usé son amour, 6c les
charmes de l'argent estoient
plus réels pour luy que ceu
de la Belle. Cependant il de
manda inutilement à estr
payé. Son Amy soutint que
s fortes de Billets n'avoient
oint de lieu, & que s'il
voit donné des festes àune
mable personne, il avoit
part au plaisir. Là-dessus
rande broüillerie entre eux.
sçay qu'il y a eu assignaon
devant le luge pour
lire reconnoistre le Billet;
mais il n'est encore interenu
aucun jugement.Si j'en
pprens quelque chose
, je
ous le feray sçavoir. Les
Mariez vivent dans une
grande union, quoy qu'il
oit tres-vray que le refroilissement
a déterminé la
Belle, & qu'elle auroit encore
long-temps suspendu
son choix, si elle eust toujours
connu la mesme ardeur
dans ses deux Amans.'
le dois Madame
,
à vostre * curiosité unerelationfidelle
de ce qui s'est passé dans la?
Conference des Commiflài-j
res de France & d'E[p.agne,.
tenuë depuis peu pour regler
ledifferend survenu entre les
deux Couronnes au sujet des
arrerages des Contributions
de la derniere guerre. Sa Ma-j
jesté Catholiquel'ayant de-i
claréeàlaFranceau mois dc.J
nvicr 1684. les Gouverneurs
: nos Places frontieres mint
d'abord à contribution
us les Villages d'Espagne
uez sur les limites de leurs
ouvernemens , avec ordre
x Habitans du Village le
us proche, d'enavertir les
us éloignez, dont ils seient
responsables. Aprés
Campagne , & la Tréve
L'il plût a Sa Majesté d'acrder
à ses Ennemis par une
oderation digne de sa graneur.,
Messire Raimond de
robat, President au Conseil
oyal duRoussillon, Intendant
de Justice, Police,i
nances & Fortifications }
Pays, fit connoistre au M3
quis de Leganez, Viceroy î
Catalogne, que l'intentii
du Roy estoit qu'on luy
raison sur les arrerages c luyestoient deus pour i contributions, Là-deffits
Marquis de Leganezordo
, aux Villages de fournir 1
arrerages qu'on leur dem
doit; & comme ils negli
rent de le faire,MideTm
bat, parles ordresde Sa Isa
jesté, fit saisir les Terres 9
Sujets d'Espagneiituéesdm
Roussillon. Le Roy Caholiqueayant
regardé cette
aisie comme portant un
rand préjudice à ses Sujets,
n fit faire des plaintes par
on Ambassadeur à la Cour
le France, &: pour terminer
ce differend avec plus de
uccés, il demanda au Roy
une Conference dans Ceret.
C'est une petite Ville dans
eRoussillon, assise entre la
a Montagne, qu'on appelle
Vulgairement, Lou Creu de
far[e) & lariviere du Tec,
qui baigne ses bords du costé
u Septentrion. Sa Majesté
L
accorda la conference en laquelle
elle nomma Mrle President
de Trobat pour son
Commissaire, ce qui fait voir
combien Elleest satisfaite dd
ses services, & persuadée en
mesme temps de son habileté
&: de safidélité. Dom Felix
de Marimont,Conseiller
d'Epée au Conseil supreme
d'Aragon, fut leCommissaire
que le Roy d'Espagne
choisit pour terminer cette
affaire. Cest un homme sorty
d'une des plus considerables
Maisons de Catalogne
§c dont les Ancestres on
endu de grands services. On
a voulu souvent attirer i
Madrid pour le mettre du
onferl , mais la Province de
Catalogne l'a toujoursreteai
, ce qui est une glorieuse
reuve de son merite. Le jour
erAffembléeàCeret ayant
sté marqué au 20 de Février,
Mr de Trobat partit ce mesle
jour de Perpignan a onze
eures du matin. Il estoit
ans son Carrosse avec Mrle
chevalier de Landorze,Gouerneur
de PratdeMouillons
om Angel del Pats, cjuk
toitautrefois Capitaine de
Chevaux dans nos TroupesJ
,
& Dom GaraudDomps, au£|
si Capitaine de Chevaux, servantactuellement.
Son équia
page marchoit devant,co
posé de six Mulets avec leur
couvertures & de quelque
chevaux de main,à la te
desquels étoient tousfesDcJ
mestiques. Il y avgitdevanJ
& derriere son Carrosse u
nombreux Cortege de GenJ
tilshommes,d'Officiers de
Troupes Françoises
, & d'au
tres Personnes de marque, m
en cette Compagnie il arriv
àCeretàquatreheures aprés
nidy. Il fut complimenté
lors des murs par les Consuls
de la Ville ayant leurs
ivrées
?
& se rendit à l'Hôtel
qu'on luy avoit préparé.
Un quart d'heure aprés, Mr
Desnanots,Commissaire des
Guerres,que Mr de Trobat
voit envoyé au devant de
)om Felix de Marimont par
e chemin deMaureillas,pour
uy faire compliment, vint
l'avertir que ce Commissaire
d'Espagne estoit arrivé.
Il estoit venu dans son Carrosse
attelé de six Mules à la
mode du Pays, n'ayant avec
Luyque Dom luan de Marimontson
Fils puisné, Chevalier
de Malte ,quia fait ses
Caravanes,&qui pendant les
dernieres guerres a servy les
Venitiens contre les Turcs,
en qualité de Gardedu grand
Etendard de Malte, & Dom
MartindeSagobia, Chanoine
deCatalogne, quia servy
deSecretaireen cette Commission,&
le mesmequi remplir
un pareilemploy en la
derniereConferencetenuëà
Figuieres. Son Train estoit
composé de.quatre Mulets,
deMis.<~eïn~n~j)
le. beaucoup de Mules pour
ses Domestiques. Cet avis
obligea Mrde Trobat de luy
envoyer faire des honnesteez.
Il choisit pour cela Mc
fornier qui estant enRouffilon
pour y former ces Peuples
au droit François , l'avoitaccompagné
à Ceret y
Mrde Ville-domar, Commandant
en ce Pays-là par nterimlesGardes de M. le
)uc de Noailles , & Me
Rondil , GreffierCivil
Criminel en Chef au
Conseil Souverain de- uloiuEliant.arrivercÈé»-
-. ,- a.--'
Dom Felix, M. Fornier porta
la parole, pour luy dire
qu'ils venoient de la part de
M. de Trobat,avec ordre de
sçavoir l'estat de sa santé
, &
de luy offrir tout ce qui
pouvoit dépendre de luy.
Dom Felix luy répondit par
Dom Iuan son
Fils,
qui luy
servoit d'Interprete pour la
Langue Françoise, qu'il estoit
bien obligé aux honnestetez
deM. de Trobat, & qu'il l'en
remerciroit. Ensuite il ac
compagna ces Députez jusques
au milieu l'escalier, &
fit marcher devant euxjusqu'à
la ruë deux grands Estaiers
qui tenoient de grands
lambeaux de cire blanche
llumez. M. de Trobat ne
e contenta pas de cette civilité
;il luyenvoya encore
deux des Consuls, mais sans
ivrées
,
qui luy firent offre
au nom de la Ville, de toutes
les commoditez dont il pouvoit
avoir besoin dans vn
Paysestranger, ce que Dom
Felix receut de sott bonne
grace. A peine les Deputez
commençoientà rendre
compte de leur commission
à Mr de Trobat, que Donx I
Juan de Marimont se rendit
chez luy pour le remercier
au nomde son Pere des honnesterez
qu'il luy avoit faites,
&luy faire auili les siennes.
Il luy parla toûjours
en Castillan, & Mr Trobat
quin'ignore ny cette Langue
ny la Catalane, luyrepondit
en François. Illuy
dit d'abord qu'il estoit surpris
qu'ayantappris la Langue
Françoise à Malte,illuy
parlastenCastillan. Dom-
Juan s'excusa sur ce que le
François ne luy estoit pasassez
familier pour se servir. avec
vec luy de cette Langue.
vflrudle Trobat le conduisit l'escalier
,
& enusa de
i mesme sorte que Dom
;elix en avoit usé pour ses
Deputez.
1 Le 21. fut employéàconrter
l'entrevüe des Comnissires,&
àregler la maniere
dont ils devoient se
raiter, ce qui se fit par la
negociation de Dom Joseph
de Calvo, frere du Lieutenant
General de ce nom.
Dom Felix pretendoit deux
choses; la premiete, qu'il devoit
estre traité de Seigneurie^
&la seconde,qu'estant venu
dans les Terres de France,
c'estoit àM.deTrabat àlevi-ï
siter le premier, comme ceux
de sonPays en avoient fait
dans la derniers Conference
tenuë à Figuieres à l'esgard
de Mrs de Chastillon & de
Maqueron alors Commissaires
de France, à quoy M
de Trobat avoit repliqu
que le terme de Seigneuri
n'estant pas praticable dan
nostre Langue, il ne pouvoit
s'en servir; mais que pour lu)
rendre ce qu'on luy devoit,
employeroit les termes le
plus honnestes que la civilité
luy pourroit fournir & qu'à
l'égarddelapremiere visite
aprés avoir envoyé au devant
de luy M. Desnanots
par le chemin de Maureillas
pour le complimentcr
,
&
dans la Ville ses Deputez &
ensuite les Consul s pour luy
faire toutes les honnestetez
qu'il pouvoit pretendre
c'estoit à Dom Félix à res-,
pondre à ces avances. Enfin
par vn temperament que M.
de Trobat apporta,la chose
fut reglée de cette forte ;
Que les Commissaires s'envoyeroient
respectivement
& à mesme temps leurs Secrétaires
pour se demander
l'un à l'autre l'heure de leur
commodité afin de se rendre
visite, à quoy chacun répondroit
de ion costé qu'ils [el;
prioient de ne point sortir de
leurHostel,& qu'ilsalloient
partir pour
s'entre-visiter;
Que dés qu'ilsauroientrenvoyé
les Secretaires, chacun
partiroit accompagné de tel
nombre de gens qu'il voudroit
pour se rencontrer dans
la ruë à moitié chemin de
leurs Hostels, & qu'aprés SuMy
trc saluez
,
Mr le CommissairedeFrance
diroit à
celuy d'Espagne qu'il estoit
faishéqu'il se fuit donné la
peinede sortir de son Hostel,
à quoy le Commissaire
d'Espagne respondroit
qu'il auroit bien souhaité le
trouver chez luy; qu'ensuite
chacun feroit ses efforts
pour aller àl'Hostel de l'autre;
mais qu'acause que Dom
Felix estoit venu dans les
Terres de France
,
Mr de
Trobat iroit le visiter,àla
charge qu'on luy donneroit
la droite & la place d'honneur
, ôc à ceux de sa suite
des places convenables ;qu'a
lasortie, il seroit accompagné
par DomFelixjusques a
trois pas hors de la ruë ,
&
que le Commissaire d'Espagne
luy rendant la visite un
momentaprés,celuy de France
descendroit jusqu'au bas
de l'Escalier pour le recevoir
qu'il luy donneroit la droite,
& luy feroit les mesmes honneurs
;Que la Conference
finie,Dom Felix iroit voit
Mr de Trobat pour prendre
congé de luy
,
à quoy M-1
de TrobatrépondroitensuiCe
parles mesmescivilitez.
Ces propositions ayant esté
données par écrit à Dom Felix,
il deman da lereste dujour
pour déliberer, & les ayant
enfin acceptées, la chose fut
executée le lendemain comme
on l'avoit projerté.Ils fortirentl'un
& l'autre de leur
Hôtel sur les trois heures aprés
midy,lors qu'ils se furent
envoyé leurs Secrétaires. Mr
deTrobat étoitaccompagné
de ses Gentilshommes
,
de
plusieurs Officiers& d'autres
personnes de marque avec ses
Domestiques, tous fort lestes
& fort propres, & Dom Felix
avoit avec luy Dom Juan
son Fils, Dom Martin de
Sagobia
,
& estoit suivy de
tous ses Estasiers. Ils se rencontrerent
au milieu de la
grande ruë de Ceret. Toutes
les fenestres des Maisons, les
Carfours, & tous les endroits
de cette ruë d'où l'on pouvoit
voir la ceremonie, furent
rcmplis
,
& bordez de
Spectateurs. Les Commissaires
s'estant saluez
,
& Dom
Felix, aprés les complimens
dont on estoit convenu,
faisant quelques pas comme
pour aller chez celuy de
,
France, Mr de Trobat l'ar-
Iresta en luy disant qu'il vouloir
le visiterle premier.Dom -
1
Felix luy donna le haut du -
pavé,&lorsqu'ilsfurentarrivez
devant ion Hostel,il
Varreita à la porte pour laisser
passer Mc de Trobat &
ceux de sa suite. Estantmontez
à l'A pparrement de Dom
Felix, Mr de Trobat s'assit
sur un fauteüil en la place la
plus honorable, & Dom Felix
sur un autre en un lieu
plus bas. Dom Juan se mità
costé de luy sur une pctite
chaise, & tous ceux de la suite
de Mr de Trobat en eurent
de semblables. Tout le
monde ayant pris place, Mr
de Trobat dit à Dom Felix en
François,que comme il estoit
venu sur les terres du Roy de
France il avoit cru luy devoir
cette visite & cette honnesteté.
Dom Juan ayantexpliqué
ce compliment à son
Pere , il répondit en castillan
qu'ilauroit bien souhaité
luy en épargner la peine,&
qu'il ne devoit pas l'empescher
d'aller chez luy. La visite
estant fine, Dom Félix
accompagna M. de Trobat
jusques à la ruë, & l'ayantsalué
& ceux de sa fuite
,
illuy
fit des honneftetez au delà
de celles dont on estoit convenu.
Un moment aprés que
M. de Trobat fut rentré chez
luy, Dom Felixy arriva,accompagné
de Dom Juan
son Fils& de Dom Martin
son Secretaire, avec toute
sa fuite. M. de Trobat en.
estant averty ,
descendit au
bas de l'Escalier,&parce que.
Dom Felix avoit plus fait
qu'il n'estoit porté dans ce
qu'on avoit reglé pour ces
visites, il s avança 8au
milieu dela Cour pour le recevoir
& ceux de sa fuite. Ils
montèrent à l'Appartement
de Mr de Trobat
,
où l'on
donna un fauteuil à Dom
Félix à la place la plus honolable
,
Dom Juan & Dom
Martin eurent deux petites
chaires, & M. de Trobat prit
un autre fauteüil vis à vis de
Dom Félix. Ce dernier
voyant tous ceux de sasuite
assis qui eurentaussi de petites
chaises,dit enCastillan
à M. de Trobat,qu'il venoit
le remercier de son honnesteté,
à quoy M. de Tropat
répliqua que le Roy son
Maistreluy avoit fait beaucoup
d'honneur de luy donner
cette commission
,
puis
qu'il sentoit que cet honleur
redoubloit depuis que
;a Majesté Catholique avoit
commis de sa part un homne
de son mérité avec le-
[uel ilavoitàtraiter. Aprés
me demy-heure de conversation,
DoinFelix se leva,
& M de Trobat le conduisit
jusques à la ruë.
Le 22. il ne fut rien fait,
parce qu'ilettoitDimanchey
&les deux jours suivans furent
employezàregler les postes
de Mrs les Commissaires
dans la Seance, & la maniéredont
ilsserendroientà la
Salle de la Conférence, ornée
duPortrait du Royavec
les Armes de Sa Majesté sur
lefrontispice de la porte. Il
fut arresté
,
qu'afin d'éviter
qu'ils ne se rencontrassent
dans la ruë
,
ils prendroient
des chemins differens;
que M. deTrobat fortiroit
en chaise par la porte
appellée vulgairement,del
Barri, qui estoitjoignantson
Hostel, & se rendroit le premier
àcette Salle qu'on avoit
fait préparer hors des murs de
laVille,&que Dom Félix sortiroit
de son costé parla porte
appellée, den Barral ; qu'il seroit
dans son Carrosse attelé
de quatre mules
,
& à longs
traits de cordes,suivant le privilège
des Nobles de son
Pays ; qu'il passeroit le long
des fossez de la Ville,du costé
des Carmes, &se rendroit à
la Conference avec la lenteur
ordinaire aux Trains de son.
Pays; qu'il y auroit deux
fauteuils placez avec égalité,
&',de petiteschaises pour
leurs Secrétaires,& quecomme
Mr de Trobat entreroit
le premier au lieu de la Conference,
DomFélix de Marimont
en sortiroit le premier.
Ainsi leurs Seances
commencèrent le Mercredy
26.deFévrier,& ont continue
jusqu'au Mercredy z.j
d'Avril. Ils ont toujours entré
le matin, & donnél'aprésdînée
à leurs affaires,
à leurs dépesches.Pendant
tout ce temps, Mr de Trobata
tenu matin & soir deux
Tablesde seize couverts
cha- j
une, & toûjours lervies avec
)caucoup de magnificence.
Quoy que Ceret foirproprenenr
un Village, & qu'estanc
huit licuës de distance de
a Mer, on y deust manquer
ic beaucoup de choies, sur
eut en Carcfme, on n'a pas
aille d'y trouver des vivres
en abondance, par le bon
)rdre qu'il y saisoit apporter,
& mesme au delà de ce qu'il
en falloit pour le grand nombre
de personnes de qualité,
lui venoient de toutes parts
uy rendre visite
, & manger
:hez luy. Il yeut particulier
renient deux jours d'un fort
grand éclat. Le premier fut
une superbefestequeMrde
Trobat donna le 19. de Mars
pour la convalescence du
Roy A peine le Soleil fut-il
levé, que les Trempetes &
les Hautbois l'annonccrent:
On ne suivre leurs fanfare
d'une fontaine deVinmuscat
de Rivezate, qui est le
meilleur Vin de tout le Païs
Elle fut ouverte à neufheures
du matin, & coula jusqu'à
minuitau grand contentementduPeuple,
qui
estima fort cette libéralité.
L'endroit où couloit cette
fontaine
,
estoit une espece
de niche ou de grote qu'on
avoit dressée au milieu de la
Place,quiest hors des murs
dela Ville. La groteestoit
garnie de Lauriersportée
par quatre pilhers terminez
d'un Dais ou Cornicheau
devant de laquelle,&sur le
milieu estoientles Armes du
Royavecleurssupports Les
principales Conquestes de Sa
Majesté, comme Toutnay.
L'Isle
,
Fribourg, Mastrich,
Ypre, Valenciennes
,
Cambray
, Luxembourg, estoient
representées sur des Cartouches
placez à distance égale.
A u milieu de cette Grotte paroissoit
en relief une Figure
dela Renommée, couronnée
de lauriers, &vestuë de
tafetas rouge,avecune écharpe
par dessus de tafetas bleu
parsemé de Fleurs de Lys
d'or Elle avoit le pied droit
appuyé sur un Globe, & le
gauche estoit en l'air aveç
une attitude si naturelle
, qu'onauroit dit qu'elle alloit
partir pourannoncerà1 toute
la terre la gloire de Lours
{&GRANiXi Ses aislesestoient
peintes de différentes couleurs,
& parsemées d'yeux &
d'oreilles. Elle tenoit de sa
main droite une branche de
Laurier, & de la gauc he,une
trompette d1oré1e avec une
banderole,où ces paroles se
lisoientécrites en lettres d'or,
Necpluribusimpar. De cette
Trompete qu'elletenoit em- bouchée,sortoit cette fontaine
de Vin muscat
, qui
tomboit dans un Bassin garnyde
Laurier, au devant duquelily
avoitunTableau;
où estoit representé l'Hercule
Gaulois, abatant avec
sa massuë los testesrenaissantes
de l'Hydre, Sur les dix
heures Mr de Trobat,accompagné
de Colonels, Gentilshommes,
Officiers des Troupes,
& de grand nombre de
gens, se rendit àla Paroisse,
où il fut receu à la porte au
bruit des Hautbois & des
Trompetes, par les Consuls
ayantleurs livrées. Ilseplaça
à un Prié-Dieu qu'on luy avoit
préparé à la gauch e prés
du grand Autel,&il entendir
la grand'Messe
,
qui fut
celebrée avec beaucoup de
solemnité, par M.Bousquet,
1
Curé du lieu. Les Armes du
Roy mi ses aux Credences, U.
un Tableau sur le Frontispice
de l'Autel, où ce Monarque
estoit representé à genoux,
offrant à la Vierge sa
Couronne & son Royaume,
faisoient connoistreque te eet- Solemnité luy estoit dédiée.
Trois Choeurs de Musique,
& un concert de Flustes
douces se firent entendrependant
la Messe. A lélevation
il y eut une décharge de
Boëtes autour de l'Eglise, de
à la fin on chanta l'Exaudiat,
qui fut faivy d'une seconde
décharge de Boëtes. Cela,
tfiant fait, M. de Trobat
donna un magnifique Rçpas
à tous ceux qui l avoientaccompagne.
On y but la santé
du Roy, & dans cemoment
une troisîémedécharge de
Boëtes anima les Conviez à
boire à cette fanté qui faisoit
le principal sujet de laFeste.
Aprés ledisné, M.de Trobat
fit une largesse de pieces d'argent
de la Monnoye duPaïs,
&le Peuple touché de ses liberalitez,
fit retentirenl'air
de grandscris de Vive le
Roy. L'aprés-midy se passa X\
* voir
voir debattre le Peuple auprés
de la Fontaine de Vin, à
laquelle on peut dire que
l'on fit assez d honneur. C'estoit
un agreable divertissement
de voir de quelle maniere
chacun se poussoitafin,
de gagner la premiere place.
Surles quatre heures, M. de -
Trobat se rendit encore à la
Paroisse
,
accompagné des
mesmes personnes. Il ne fut
pas plutost apperceu que les
Trompetes& les Hautbois
donnerent avis de son arrivée.
Il s'arresta à la porte de
l'Eglise pouratrendre Dbil
Felix qu'il avoit fait inviter a
& lots qu'il parut,» les Trompetes
luy firent la mesme reception.
Mr de Trobat s'estant
avancé vers luy. luy
donna la droite, & ils se rendirent
ainsi dans le Choeur,
où l'on avoit tapisse leurs
places. Les Choeurs de Musiquedu
Païs. chanterent le
Te Deum - , 1 , & une quatrième
décharge de Boëtes termina,
la Feste, après laquelle les
deux commissairesse retirerent
chacun chez soy,&
pom Iuan de Marimont fut,
entraisné par ses Amis chez 1*- 4 )
M. de Trobat pour y souper,
ainsi que quatre Gentilshommes
Espagnols que la curiosité
avoit attirez. La nuit ne
fut pas plutost venuë qu'une
clarté surprenante en chassa
l'obscurité. Dans la Place où laFontaine de vincouloit,
on avoit fait une barrière tapissée
detafetas rouge & jaune,
qui formoit un grand
quarré, autour duquel on
avoit planté despieux?où:
l'on attacha desflambeaux
de cire blanche. Cela fut suivyd'une
Illumination quon
fit par toute la Ville,& érw**
cipalement au Clocher, où
tous les creneaux qui sont
autour de l'aiguille, furent
garnis
-
de lumieres? ce qui
formoit une perspective des
plus agreables. Ce qu'il yeut
de surprenant
, ce fut devoir
le sommet des Pyrenées, qui
font ordinairement chargées
de neges,changer leur
figure
en de grands feux qu'on
éleva sur la nege, & qui sirent
connoistre aux plaines
de deçà & de delà le Royaume
,qu'il falloit un motif
puissant pour une Feste de
çttcnature Pendantquece
spectacle attiroit les regards
de tout le monde,les Trompetes
& les Hautbois postez
aux fenestres qui donnoient
sur la Place dont je viens
de vous parler,apprirent par
leurs fanfaresqu'on y préparoit
quelque chose de nouveau.
M. de Trobat? dont la
pieté n'avoit pas estéépuisée
par les Prieres qu'il avoit
fait faire pour le Roy? fit
dresser un moment après au
milieu de ce quarré, une
grande Table de vingt-cinq
couverts, où l'on fit asseoir
autant de Pauvtes du lieu,
ausquels on donnaun fo.r't
grand repas.M. de Trobat,?
'•&"M.l'Abbé son Frere, y furent
toujours presens
)
afin de
les faire servir par leurs OSciers
& Domestiques.Tous
"tes Pauvres burent à la santé
de Sa Majesté,& cependant
les Trompetes donnèrent le
signal aux Feux d'artifice
qu'on fit joüer du haut des
ramparts dela Ville. Les Girandoles
, ou roües à feu, où
l'on voyoit paroistre au milieu
la premierelettre du nom
du Roy? & les Fusées volantes
remplirent l'air d'une in-
1
finité de serpenteaux. Il se
fit alors une cinquième décharge
de Boëtes. Apres le
soupé des Pauvres,on servit
chez M. de Trobat , où le
Regale fut tres-magnifique.
Les Violons & les Flûtes douces
firent des concerts qui
réjoüirent toute l'Assemblée.
Ce repas finy
, on descendit
sur la Place pour voir les
Danses publiques,ou Bailles
largues, comme on les appelle
en ce Pays-là. Le Peuple
auson des Hautbois, y donna
des marques de joye traord ex- inaires, aptés quoy on
pritle divertissement duBal,
ce qui couronna labeauté de
cetteFeste.
Le Mercrcdy 16. de Mars,
M. de Trobat regala splendidement
le Commissaire d'Espagne
,Dom Iuan son fils, 8c
Dom Martin de Sagobia. Le
repas, quoyqu'en maigre,
ne pouvoitestre ny plusmagnifiquenymieux
entendu.
Quatre grands Services de
trente Plats ou Assiettes chacun
,
firent avouër à Dom.
Felix, que la France l'emportoit
en toutes choses. Le fruit
y fut des plus propres? & la
diversité des liqueursfort
grande.
Enfin la Conference fut
terminée le premier du mois
passé,& conduite avec tantde
superiorité de la part de M.
de Trobat qu'encore que
Dom Felix ait toû jours insisté
depuisle commencement,
jusqu'àla fin que l'on devoir
convenir qu'aprèslaliquidation
des arrerages des contributions
& des payementque
l'on avoit faits, on accorderoit
la main-levéedés
biens saisis, M. de Trobat a
toujours trouvé moyen de.
il
l'arrester sur la liquidation;
en luy faisant esperer que
quand elle seroit
faite,
ilseroit
de la bonté du Roy de
luy accorder la main-levée
sur laquelle il insistoit. Ainsi
Dom Félix ayantestéobligé
de travailler à la liquidation,
la somme à laquelle elle fut
faire, ne se trouva pas exceder,
ee que le Roy avoir déjà
receu par le revenu des biens
saisis. Cette somme receuë
laissant Sa Majesté satisfaite
des arrerages qu'Elle demandoit,
il ne reste pour la consommation
de l'ouvrage que
la ratification de leurs Majesteztres-
Chrestienne&Catholique
pour laquelle on a
prisun delay de six semaines.
Et quant au resultat de la
Conférence, il semble que
DomFélix ne soit venu sur
les terres du Roy,que pour
faire un aveu public de la
justice de la demande que
l'on avoir faite au Marquis
de Leganez,puisquelasomme
liquidéerevient,juftement
aux prétentions de Sa
Majesté. M. de Trobat ayant
donné avis à la Cour de ce
qui avoitestéarresté dans les
Conférences?le Roy luy envoya
aussi-tost ses ordres.
pour donner la main-levée,
laquelle pourtant ne fut faite
qu après le départ de Dom
Felix. Il vint prendre congé
de M. de Trobatle 2. Avril ,1
8< pour luy marquer l'estime
& laconsidérationqu'il avoit
pour luy
, illuy ne present
d'un cheval d'Espagne tressé
avec des rubans verts. M. de
Trobat qui alla ensuiteluy
rendre lesmesmes honnesterez,
luy fit present à son tour
d'une fort belle Pendule &
d'une Housse avec les chapet
rons en broderie d'or. Dom
Felix estantparty de Ceret
> M. de Trobat fit publier une
Ordonnance de mainlevée
en consequence des ordres
du Roy , ce que Dom Felix
ne peut avoir sceu qu'après
son retour àBarcelone.
La Relation dece qui s'est
jDafle à Ceret, m'ayant obligé
a vous parler encore d'Actions
de graces renduës pour
la guerison du Roy,je ne puis
me dispenser d'ajoutericy
quelques autres articles de
mesmenature. Aprés vous
avoit,parlé de ce,qu'ont fait
la Ville &: le Parlement de
Toulouse
,
il feroit injuste
de ne vous rien dire des mar-d
ques de zele qn'a données
encetteoccasion M. Rabaudy,
Viguior, & premier luge 1
de cette Capitale du Languedoc.
Il ordonna une Feste
dpearticulière dans le quartier I
la Daurade où la Viguerie
estsitué,&pour la commencer
par une action agreableà
Dieu,ilpayalesdettes dedeux
Prisonniers arrêtez dans ses
prisons, & les mit en liberté.
Le jour destiné pour cette ce.
remanie ,il alla dans la Cha- !
elle de sonSiege, preced é de
main forte composée de 50
sommes avec leursCasaques
leurdelisées. Ses Officiers &
Curiaux le suivoient ayant
eurs chaperons d'hermines,
tous les Consuls des Villa-
;es desaViguerie, au nomre
de 150. en robe & en
haperon. Il les avoit manez
pour rendre la feste plus
clemnelle, & afin qu'à son
xemple ils ordonnassent des
Prieres publiques dans tous
eslieux de leur Jurisdiction.
'_il' Salle estoit ornée d'un,.
grand nombre de Tableaux
qui representoient les actions
Heroïques de Louisle
Grand. Le Portrait deceMonarque,
tel qu'il paroist dans
son lit de justice estoit placé
fous un Dais de velours cramoisy
à frange d'or? avec
des Emblemes &: des Devises
de chaque côté, des Trophées
d'A fInes) des Couronnes de
Mirte & de Laurier, & plusieurs
autres Ornemens &
inscriptions. Au dessous de
ce Portrait, estoit un Exaudiaten
Vers François écrit en
Lettres d'or. Il fut recité
par un Avocat qui en estoit
l'Autheur, enpresence des
personnes les plus qualifiées
de la Ville.On sçait que Toulouse
a toûjours cité secoude
en beaux esprits.La Salle étoit
éclairée de toutes parts. Il y
avoit d'un bout à l'autre deux
rangs de plaques d'argent,
&dedistanceen distanceun
cercle chargé de petites lampes
, ce qui faisoit une tresbelle
& tres-agreable illumination.
LDcst-oit macrui-
nation.L'Autel estoit magniquementorné.
On y Voyoit
quautité de vases, & jusqu'à
trois cens Chandeliers d'argent.
Deux-' Amphithéâtres
avoient esté élevez au bas de
la Salle, & l'on y plaça deux
Choeurs de Musique & de
Symphonie. M. l'Abbé de
Comynihan
,
grand Archidiacre,
celebra la Messe, M.
l'Archevesque n'ayant pu le
faire à cause de ses indispositions.
Elle fut suiviedu Te
Deum chanté en Musique, de
la composition du Sieur A
phrodife, excellent Musicien.
Pendant ce temps les décharges
de Mousquet & de Coulevrine
ne manquetent pas à
se faireentendre. Aprés cela
M.leViguierregalasplendildement
ses Officiers & les
Consuls.Il y eut chez luy trois
cens couverts, & afin que
tout le monde se ressentist de
la Feste, il fit distribuer plusieurs
piecesdevin au Peuple.
Le soir, M.le Chevalier Rabaudy,
Fils de ce Viguier,alluma
un Feu de joyeà laPlace
de la Daurade. Il estoit accompagné
de la Main-forte
de son Pere dont la Maison
fut illuminée par plus de
quatre cens lanternes de differentes
couleurs , toutes aux
Armes de France, ce qui produisituntresbel
effet.
Le 20. du mois passé, ily
eutàPauliacune Procession
des plus solemnelles. Pauliac
est une grande Paroisse du
Diocese deS. Flour, située au
pied du Cantal, dont les Habitans
ont toûjourseu l'avantage
de se distinguer dans les
occasions d'éclat. Le grand
Portail de l'Egliseestoit orné
des Portraits du Roy, de
MonseigneurleDauphin, 6c
desplusgrandsSeigneurs dela
Cour,,& de plusieurs Inscriptions
en Vers & en Prosede
la Composition de M. Charxiere,
Curédecette Paroisse,
- .- J
l'un des meilleurs Predicareurs
dela Province.Pendant
que l'on disoit Vespres, la
Milice se rangea en haye dansune
grande Place qui est devant
l'Eglise. Elle estoitpartagée
en deuxCompagnies
la premiere de soixantehommes
fortlestes, commandez
par M. Delcher , Directeur
des Gabelles, & l'autredes
jeunes gens de la Paroisse en
grand nombre, ayant à leurteste
M. de Jarry, Seigneur
du lieu dont il porte le nom
LaProcession commença par
une troupe de petites Filles. !
suivie d'une autre de petits
Garçons, apréslesquels marchoit
le Clergé, &ensuite les
Consuls de laParoisse, & un
tres-grand nombre d'Etrano
gers que lanouveauté de cette
Feste avoit attirez, & qui
faisoient plus de huit mille
personnes. Tout cela estoit
précédé delaMilice qui marchoit
fous l'Etendard de la
Paroisse, avec quantité de
Tambours, de Hautbois, &
de Musettes. On alla en cet
ordre vers le Puy de Mercou.
qui est fort élevé au milieu
de la Paroisse, à un grand
quart de lieuë de l'Eglise.
M. Delpeur, premier Consul,
avoit fait dresser un Feu d'artifice
sur le haut de cette
Montagne. La Soldatesque
se rangea encercle tout autour.
Le Clergé se retira au
pied de laCroix, & chanta ~e
TeDeum pendant que ce
Feu brûloit. La Milice fit
plusieurs décharges
>
& le
Peuple faisoit retentir tous
les valons d'alentour descris
de Vive leRoy. On desceudit
du Puy de Mercou dans le
mesme ordre, mais par un
autre chemin. La Milice f9
remit en haye prés de PËglise,&
le Clergé passa au
milieu, pour aller prendre
le Saint Sacrement
>
qu'on
exposa quelque temps dans
un Reposoir quel'on avoit
fait exprés en un lieu élevé,
pour le montrer au Peuple,
dont la quatriémepartie
n'eust pû entrer dans l'Eglise.
Pendant qu'on s'arresta
à ce Reposoir
?
les Prestres &
lés Instrumens chanterent alternativement
les Versets de
l'Exàudiat, & d'autres Prieres
; & la Milicefit une décharge
generale lors qu'on
donna
dpoincn.La laaCbeerntiendoinciteiocnitaaunPtae-u;-
chevée,lepremierCor-fui
regâlîrtoute'làMilice.Aû
commencement de la nuitv
M. leCûré'fit^allumertrois
Fanaux au*"hautduClocher,
:& lecarillon des Cloches,v
quidepuis huit jourss'eitoit v
fait entendre foir & matin,
n'eut pasplûtost donné le
* signal, qu'onvit de grands:"
feux de joye ; dans tous les
'Villages»cùchaque particu- î
lier tâchoit dese iîgnaler;•
Oette'ParmfFe'est compôféc
deVirlgt-^cinq1Villages, & a
cinq grandes lieuës de tour.
On peut juger de la clarté
de ces feux qui durerent
toute la nuit. Ces bonnes
gens en estoient si touchez
eux-mesmes,qu'ils ne pouvoient
retenir leurs larmes.
Les plus vieux disoient aux
jeunes, Réjoüissiez-vous, mes
Enpans3 (fy benissez Dieu de
nousavoir conservé un sigrand
Roy ,car ce bonheur est bien
sensible à ceux qui peuvent comparer
le temps presentau paspé.
M.de Belinay, un des plus
considerables Seigneurs de
cette Paroisse,& qui estoit
ent lejour de laFeste, en
fait une particuliere depuis
lans sa Terre; & plusieurs
utres Paroisses duvoisinage
en ont fait autant.
M. le Vicomte de Polignac,
Chevalier des Ordres
du Roy, qui à l'imitation de
es Ancestres
; a toujours eu
~ne tres-grande fidelité pour
e service deSa Majesté, don-
~na des ordres exprés à toutes
csVilles de sa dépendance,de
1 aire des feux de joye pour
a convalescence de ce grand
Prince,&sur tout à sa Ville
le Craponne,dont les Habitans,
par le foin desOfficiers
du Bailliage & des Confuls
>
suls, fnirreenntt une FFeeslltee ddee,
huit jours, pendant lesquels
M. de la Chomette
?
Montagier,
&Barjon,Capitaines
fort experimentezen l' Art
militaire
,
firent faire l'exerciceàsixcens
hommes qui
s'y estoientmissous les ar-,,,
mes.Craponne estune des
principalesVilles duPays de
Vellay,ProvincedeLanguedoc
, limitrophed'Auvergne,
delaJustice&d dancedeM.,,de P,(?bgnqç..Lçt,
Jt Dtwôtkfcxaitdi^ furent
chantez avec melodie le ïtf.
l'Avrildansl'Eglise Paroissiales
&apres une salvede
Mousqueterie
,
les Soldats
prirentleurmarche vers la
grande Placeoù 'krfei avoir
:Íré préparé. On voyaitCalvin
au milieu del'Echafaut,
dont le tour estoit remply
le feux d'artifice;avec quancité
de Devises & d'Emblênes.
Les Compagnies avec les
Tambours,Hautbois& Fifres,
sortirentenfortbon ordre
par la portedeSainte Reyne,
sur laquelle estoient les armes
du Roy sur un riche tapis
de point de Venise rehaussé
d'or. Aprés cela marchoient
les Officiers & Consuls
du Bailliage, precedez
des Violons & des Sergens de
la Ville, pour faire faire place,
& empescher la confusion
que pouvoit causerl'affluence
d'un grand peuple
7
accouru de toutes parts. Aprés
que l'on eut joüy du spectacle
de ce Feu, on se retira
aveclemesme ordre dans la
Ville,où toutes les fenestres
parurent illuminées par le
foin des Magistrats. 4
Le Dimanche 6. d'Avril
<
le Bourgd'Alixan,situé dans
le Duché de Valentinois,
donna lesmesmes marques
de joye. On se rendit processionnellement
de l'Eglise
de ce Boutg dans celle de
Saint Martin de Coussaud
2 qui en est l'ancienne Patoifse.
Elle est sur une colline
sott élevée, & cultivée de
tous les costez
, au milieu
d'une des plus belles plaines
du Dauphiné. On y chanta
le TeDeum en Musique,
& le soir on alluma un nom-
F
bre infiny de Lanternes de papier,
dont cette Egliseestoit
cnrouree)dç mesme que le
clocheràquatre pilliers, qui
enestoienttout rem plis en
forme de pyramide
, ce qui
formoit une brillante lumiere
qu'on voyoit de tous les
endroits
r
de la plaide.La
Mousqueterie&lesBoëtes
suiviesde deux Pe'i?fi~*
rentuneffet semblable à (4a
décharge d'un Bataillon,
qu'unbruit deplusieurs
coups de Canon accompagneroit.
On mit d'abord le
feu au Bucher, & ensuiteà
l'artifice.C'estoit un Soleil
pose sur unegrande ovale l'
C~,
fu~ r1
& quiéclairoit tout àla fois
les deuxHemispheres sur une
Mappemonde
, avec cette Inscription
,Simulutrumque.
Cette Ovale élevée sur un
pillier assèz haut, cfioit cou- 1
te environnéede lances à
feu,avec des pots de feu
chargezde serpenteaux, &
autres feuxd'artifice, quise
firçnp remarquer les unsaprés
lesautres pendant deux heures.
Unmoulinet quiservoit
decouronne l'ovale, fit à
son tour tout ce qu'on pour- voit attendre de l'habileté
des Ouvriers. Pour empêcher
que le peuple n'approchast
du pillier de cette Ovale, on
avoit mis tout autour quantité
de saucissons attachez à
des piquets avec des lances
à feu, dont la dispositionestoit
si bien menagée, que
tant que dura le feu de l'Ovale,
il y en avoit toûjours
quelqu'un qui se faisoit entendre
& craindre, en causant
de petits desordres à
ceux qui s'avançoient de
trop prés. Pendant ce temps,
la grande quantitédeFusées
de différentes manieres, qu'-
on tira incessamment
,
fit
paroiftrc l'air en feu. Le
tout avoit elle ordonné par
M Bruyeres , Prieur d'Alixan
, premier Professeur du
Roy de la Faculté de Theologie
dans l'Université de
Valence,& fut exeeuté
par les soins du Pere Elzear
Manis Recollet, & du Frere
Michel Lange Bergeret,
Artificiels, qui se signalerent.
M, le Marquis de Boche,
l'un des grands Senéchaux
de Provence,assez connu par
les divers Emplois qu'il a eus,
foit dans la Gendarmerie,
dontil a esté Major de Bri^
gade,soit à la teste d'un ReJ
giment de Cavalerie
, ayanc
assisté, à la Feste que fit le
Corps de son Siege d' ailes,,
en réjdiï
-
ssance du parfait rétablissement
de la fautedu
Roy ),en fit une autre le mef?
mejour en [onparciculiur.
quimerite bienque je. vous en parle. Il pria une partie
de laNoblesse la plus qualifiée
d'Arles à souper chez
luy, & l'ontrouva toute sa
maison illuminée depuis la,
premiere court jusqu'à l'apartement
destiné pour y recc,
voirla Compagnie. Le Portrait
du Roy estoit fous un
Oais dans un Salon où il donnace
Repas, & tout autour
brilloient quantité de Lusres
& de Girandoles. Avant
qu'on se mist à table, une
Fontaine d'eau, de fleur d'Orange
servir à faire laver les
mainsaux Conviez,&dans lemesmetemps le bruit des
Tambours,des Hautbois &
desTrompetes sefitentendre,
&ne fut interrompu
me par de très-bonsViolons
&un concert de Musipc.
tiL.e< Repas, quifûoijtde-
-
ii
quatre services
,
fut d'une
magnificence & d'une propreté
toute nouvelle. L'abondance
que ce Marquis
aime, & le bon goust qu'il
a en toutes choses, se trouverent
là par tout. On but
la fanté du Roy, qui fut suivie
d'une falve de quantité
de Boëtes. Sur le minuit, Mr
le Marquis de Boche ptia la
Compagnie de vouloir bien
aller par toute la Ville, avec
les Violons, les Trompetes,
les Hautbois & les Tambours
quise relevoienttour
à tour pour donnerla sereide
aux Dames d'Arles.On
mmença par Madame la
larquise de Castillon, l'une
es plus aimables Dames de
ance, née à Paris, & hourà
laCour ,&l'on finit par
Ladame laMarquife d'Estouon,
qui est en brun ce que
adame de Castillon est
blond. Là commença le
par M le Marquis de Boe
, & cette Marquise, & il
Lra jusqu'au jour. Quelques
urs aprés, ce Marquis donune
autre Feste dans un
rdin à quelques Gentilssommes
de ses Amis particuliers,
qui estoient absens
dans le temps de la premiere,
& ce fut avec la mesmemagnificence.
Sur la fin de ce
Repas, il eut le plaisir devoir
venir de tres-belles Dames,
&entre autres, Madame la
Marquise des Porcellers,dont
1 J
1 le mente & la beauté font
également connus. Illeur fit
servir dans le moment une
superbe collation, à laquelle
personnenes'attendit, ce
qui Iurprit. agréablement
taurevcetteCompagnie. ; r
Lamour ardent, & respectueuxqu'onà
POUI) leRoy,
faitcontinuer les actionsde
~grraaGceess,qqu.u,''oonn rreenndd' -pI)aarr. tt0otultt
poursaguerison.LeLabou-
:e.ur,r,d-idehc àl'emporter sur
eBourgeois,&le Ieudy8. de
:g mois, il,y eutune grande
Feste dansleBourg deStJuien,
ParroissedeMrde Blaniillé?€
n l'abfcnce duquelM
deFarcyl'aisné,Trésorier de
Franceen laGeneralité d'Atançon.*
-fit tous les devoirs
d'un zelé Sujet.Tous les
Habitans recelèrent ses ordres
pour se mettresous les
armes, & ceux des Parroisses
voisînes s'estant joints à eux^
formerent une milice nombreuse.
Il assemblaplusieurs
Ecclesîastiques qui chante.
rent un Te Deum Colemnel,
& mit en suite le feu à un
grand Bucher. Les flames
qui se perdoient dans les airs
firent pouffer mille cris de
Vive le Roy ,
&ils redoublerent
lors qu'il obligea toute
cette Soldatesque de boireà
la santé de ce grand Monarque.
-
Tout sertà faire paroistre
le merite des Heros; & la
mort qui aneantit jusqu'à la
memoire de ceux qui ne se
;
i
sont distinguez par aucune
idion d'éclat,
ne met jamais
.es grands hommes au Tomeau,
qu'elle ne rappelle en ce
moment tout ce qu'ils ont
fait de glorieux pendant
cout le temps qu'ils ont vefcu.
Ainsi l'on peut dire
qu'elle ne les abat qu'afin de
es faire triompher, puisque
out retentit alors de leurs
ouanges , qu'on joint la
blume à la voix, & qu'on
employe jusques aux Méaux,
qui les peuvent immoraliser.
Vous jugez bien que
eu Monsieur le Prince est
non seulement du nombre
de ces grands hommes, mais
que pouvant estremis à la
teste de ceux que l'Antiquité
nousvante le plus, toutes
les voix qui ont pû parler à
sa gloire le sont fait entendre.
Je vousay desja fait
partdequelques ouvrages
sur la mort de, çe Grand
Prince. Envoicy d'autres,
qui me sonttombez entre,les
mains. Vousferez bien aise
sur'tbut 4e voir avec quelle
fermeté il aregardécemoment
terrible quiatoujours
fait fremirles plusgrands
courages. Le Chrestien & le
v
Herosont paru en luy dans,
e mesme temps & c'est ce
1tJe vou$aile?..connoiftre^
dans la traduction que je
yoms envoyedessersLatins*
du Pere Jouvency Jesuite.
QVoy quaux Siechsfuturs do.,
fltpcrbes Ouvyagcs
Diijtays 0"f" d1esHérospreje1nttnt
lesImages,
ftJj/(l pour Les vmiçr,le CisiM>j leBurin,
Sçïchenjf<ur.eparler&Je Marbre
£Airain ;
Cts chef-d"oeuvrespourtant,& {Ç."-e
fajlc inutileA.
- Souvent centre l»o^bly nçfont qiùm
k foible AMU.
Quelque riche quesist la pompe
d'un Tombeau
La vertufeule en fait fornement le
plus beau.
Cefe clic quipartout de la gloirefuivie
M"efrneaprès nojîre mortprolonge no
tre vie,
Eff.iit,m.,ilgre le coup d'un dessin ennemy,
Que l'homme ne meurtpas ,
ou ne
meurt qu'à demy.
Aujji presl de quitter UFrance
difilée,
Condéfans desirerunpompeuxMaufilée
Four laftule vertusisentit de l'drdeur,
Parla definTombeau luy-mesme il
efe thonneur.
Si celuyde Mauzole,ou dugrand Alexandre,
rat Augujîe par l'Art, le fien l'efl
ptzrsi Cendre;
5uijquil a ce Héros ,fin prix riefi
plus borné,
amais le monde entier n'en vit de
mieux orné.
De ces biensimposteurs que la
terre idolâtre,
)e qui pour peu de jours ce monde
est le theatre,
Qui prennent pour nous plaire un
masque de beaftté,
le Prince dés long-temps sçavoitla
vanité>
fais dansfin litsir tout il crut U
mieux connoifire
royanttomberleurmasque leut
farddifparoijlre,
cesi en ces moments que d'un
fiiut zele épris
Surtout ce qu'on adore il rieut que
dyu yy>vf * c 4
-; Ce Hlïqs ,/pplt)'é dune m.isle afi
fiuYJiîtce,
Sfntjis fines pérircf croifire sa
COhjl.r,iCet
Ses Comptes. ,fin Rang, mi/le
p~a~J fris Ayatx, r IIIY quilneleftoit eux,
1 Qj/ls Jf ¡ 1 icsti guerres /-* llA^Iojrc defip ) , nommant de pomptux
Trophées,
Tous^c,s bicns.c.ui pour l'homme çrit*
un chamw ilcrt13
.Ep sjcb.tpaxt à Juy le Jtyjfi&kfiftïz
regret.
lLxpefidr:e)t LVnivcrsfiansperdre &
courage, [ vantage; JLçuonçjtytkfiy-ynefae il quitte da~%
En découvrait Le filild de ces
:'. J~-, ", -..-~
**
K
Ztii s'offre/Il '*-'Osyeuxfous desdehors
trompeursy
Quon voit Jàuvent perir attjf.-tojî
queparoiflre,
l ne croitpoint afoy ce quipeutny
plus eflre,
Ze que doitarracherà nofire vanité
D'un momentfugitifle courspreci-
1 pité,
Vt ravtrdudestin l'enviel/fi ma..
Lice
Qui sur tous les mortels efendant
son caprice,
£umilieu da bonheurfait trouvât
desécueilt,
5t change tous lesjours lesTrones
en Ctrcui ils.
liinji fermantfesyeux à la pompe
e clatante
Je ces bienspaffigers dont ramour
nous enchante,
Et renO'flnt a, tout, Condéprovient
ieJrt,
La veriii fuit en ltt,yy l'office de
14 l'ossice mort.
En la vie,en l'honneur rien nci
pouvant luyplaire
JHorslenobleméprisquun Chreftiem
peut enfi¡jre,
Vers un bienplussolideil élevéJeA
voeux, i
Elcroit quilsramperoient s'ils nal-\
loientjufejuauxCieux.
SIt foy tavertijfuit qu'un cwur
Dieu sidelie, 1
Trouve en ciflartdevivre une vi
immortelle, 4
Etpar la veiité dés long-temps
co;ll
va:;?eu J~~ qui n eurt en chrejliennaja4
A
1
maspeuvécu,J
llojfroit à lamortune arne détaaheà
{
* -\ , ,-
i
*/JembloïtIcifoujfrirmoins que l'avoirchtrch<
e.
e i'apperçois tomber fins marquer
defrayeur \tsuccomber plthoft à la mort qua*
la peur.
On l'avoit veu couvert à dt-
Jàng& de gloire
Ajfroiter le peritpour chercher-U
vllfojreJ
De toits Jes ennemis braver autant
* l'{ffort [fort;
Que s'ileufl efléftulCarbitre defin.
Mais maintenant encore un courage
invincible
XJarmant contre Cejfroy dans unpe-
* ril terrible,
li peiae diroiton qui montre un
Coeurplusgrand
Dit ÇondédeSentf, ou du condi
mourant.
Trest defiurgir au Port par un coup
detemptfie
Jj)ui grossit, & bien-tofl doit crt- verjursitesie,
La mort ne feut troublerfin tranquille
repos,
Ill'attenden ChrejlÙn, & lafioufre
, en Heros.
Souvent dans les comvdts, aN.
milieu des alarmes,
Lapeineases al/roiu, & la mort 4 fischarmes,
lesexemples, l'honneur, les TamboursylesClairons,
ontpournousanimer depressansaiguillons.
[dejoye,
On entendit Soldatpoujfir cent cris
£t lors que le Canonpar tout tmnt
&fmdroye
4peine dudanger peut-onsapper*
twçPir;r>
,xpondr? & lafumée empcifchent de
levoir,
Quelque horrible qu il fioit on en
-
perd Lt memoire,
)n petJf: beaucoupmoins ait perit
qua la doire , Ét l'on voits\xpcfi.r aux plnsrudés
ajjauts [ Héros,
les Heros en Soldats, les Soldats en
t Mais tel quisans pajlir avoitveti,
milleépées
Dans des Combats affreux defing
t
toutestrempées,
Rappelle du danger
,
orr chez,Jd poeineyest-,il lamortl'approchantjette
e^ /-jelle (~
foi coeur l'ejfroy.
|Vie nescs poiiatalorsifmglantede \iilsquoy quemoinsàcraindre
,
on
U craint davar.i-rr,
Etse venant offrirfeule & nue 411
Vainqueury
Jille efl bien moins horrible, & luy
fûtplus dhorreur.
Nojlre illufîre Guerrier par tout
fiIJSépouvalJte
La méprise enson Ut commeilfîtfous
sa Tente;
Elle a beau l'attaquer(ans Canons>
sans Soldats
T()flte fuiequelle e>jl, CCoonnddeé ne la U
craint pas.
Intrepide cbez-lu non moins que
quand en guerre[/•/terre,
Arméde nos carreaux ilfit trembler
ilexpire,il efl vray, mais il garde
en mourant
Le calme d'unchrefien
>
dr l'ai,
d'un conquerant,
Et le voyant braver jusquau coup
qui letuë
triomphani de luy laMortfè croIt
vaincue.
Àttbourdefhcarriéréenseignant
à (es jeuz,
La vanitédu monde, 61a pomp( des
deux,
Brûlé d'unsaint delir d'entrer dans
sapatrie
CegrandPrinceaccusoit la longueur
desa vie,
Et/cachant qtta la mortsesfrs de.
voient tomber,
Triomphoit dans l'espoir dj hientojl
succomber.
Deux princes,chers objets de si
noble teedrc-e
Deux princes defonfangquaccable
h trifleffe, [ dieux
En venant recueillir fis funcjles a-
L-iy font bien moins parler leurs
bouchesqueleurs ya-x;
Mais tranquille Itl)flut quand ih
sions en alarmes,
Seul ayant les Jeuxfies quand Us
leurs fontenlarmes, il a beau les entendre & les voir
soupirer, [ plcltrtr.
co.nfi.nt à moiirir & hon pas à
£,-*fintantque dIt corps fion amc si
dégage,
Leurlaififantfisvertus dr les pleurs
en partage
Il voit tomber le coup qui part pour raccabler,
Et lit) mefime en repos leur defie,7d
de trembler
Jguoy qu'il meure,sapaixnefie
peut interrompre..
J$J[e de chaifhes pourtantce Prince
avoita rompre!
J'erir lors fjae cherv du plus grand
de nos Roys
ilprifoitce bonheurfinsque tousfis
exploitsj [ (tHiff
Périr quand la fortune•<>utfiâtses
Le combloitalafoisd'honneurs (J*
deriebeffsi z'l.,
Mourir quittait un Fils de gLire
revcflu, )Et Condé parfou si,ïig moins que
parsa 'vertur
Laififr un petit Fils qui ftiflh fi*
délices,
Ah cefl dans un tourment ui if.
trop defupplices
Et de tânt de rigueursfintirJetrifie
poids, ',-,' Ccfifiujfrirane mort, drmourir
4fi,icepcnd
Au chdgïitfcependaaïnitt ce iT~rriinnccet
inaccefible,
Accable de ccs maux,yparoitinfenfille.
jQuoy que tant de revers si rafflm.
blent dans un,
Trapp' de millecoupsJl nefeplaint
d'aucun,
Etfin coeursans frémir dit malheur
qui .s'.ppYljle
y Ejltdenperdanttout, quaprès une
Conqtufle.
-
Ce Héros mêprijànt &1*fort&
(es traits
rait lien qu'à fès Lauriersonmefle\
Codu Cîyprès,,,[fonde, une piix fsiipprroo--1\
J^eConhesçaits'ilquittera Norl-j
linglle,Olt le Monde
, Loin de craindre la mort il fembU\
quilycourt, j
II entre aussijoyeuxauCercueilquà,
Fribourg.
prina) leplus fameuxquaitveuj
mourir la Trance,
j
Condé, cette Héroique, c,-chreflienne
co,.Jltliice
J>hti t'a déjà porté jusquau saisie
desCieux,
Tera bienmieuxpa/jerton nomchez
nos Neveux,
19aetout ce q::ejamaisVon pourvoit
entreprendre
Four orner ton s,ptilchre,& recueillirta
cendrt.
il efl vray que conduit par tongénereux
FIls
£Artpassè en tafaveur les travaux
de Memphis.
toutefois,grand h.cros, tu vivras
davantage
Far ta propre vertu que par ce riche
ouvrage, EtJansavoirbesoin d'un éclat emprunté
)
7T"u, JnJee decvvrriEasSqquIf'àat/coyyttoonnitmm1m1JoOrYttaAlittteé..
SiMats tatdis qu'tmhollthllntfl.
lugubretrompite l
Etvantait U Tcmbcau que tonFils>
,
LaRcïitCehptrHoj'ette
e apprend ton fort 4 ¡',,} lVdiversy
S ,¡:; , 'J Soufre q rIl ton honneurJe corf(acre
ces Virs, i
JïuonjctidKi c<shiHiîssiss que ref:
pecle fenvier 1
le n.efva?,te à pufent que ta mort -
1 .•U dans ta vie, ;
Cette Tradi ction est duj
Pere Germain, Professeur
de Rhetorique à Moulilis.,
Le nom de cette Ville me'
fait souvenir que j'ay oublié
àvous parler d'un Service)
que Mlidel'EgliseCollégial
: y ont fait pour le repos de
Ame de Monsieur lePrince,
lui en qualité de Duc de
k>urbon5 estoit leCollateur
es Chanoinies de cette Eiile
,
à lareserve d'une seu-
"jquiestde la collationde
il le Prieur de Souvigny.
,e Presidial,à la teste duquel
ltoitM l'Intendant? assista
cette Ceremonie, ainsi que
j: Corps de Ville, & un trèsrand
nombre de personnes
Onfiderables.
Vous trouverez un Porrait
de Monsieur le Prince
Uns ces autres Vers. Ils sont
'- - - -'
de M Blanchard, Guré de
Finey) prés Dijon. DEpuis lejourfameux qu- )
aux plaines de Rocroy
JJEfpagne de sa perte honora
mon courage
., 4 moncourage,< Je profiray si bien de ce grand
avantagey .,
Que je femay par. tout l'épou^
~— njante &l'effroy.
Des ce temps heureuxpourma
gloire
Tout parut facile à mon bras,
La FortuneàmaJolde engageant
laVifloire3
fit naistreheureufment lei
-
Lauriers fous mes pas.
Acespremiersejjaisfenfwle- «-.
ennjifageayfanspeur lespérils>
les bavards
'.t l'ardeur d'égaler le premier
des Cesars
Ye fit croire que rien ne m'efait
impoffille.
'.,
Les Chefs les plus déterminez
durent pour mes djjlins des
Guerriers fortune^;
Wonorrand<eoeur rébondant à mon vajlegénie
>
it la Paix dés ce temps de la.
J^rancebannie,
SembloÍent m'offrir de toutes
parts 11 ~)csEnnemis fuyant denant
I~ mesEtendards.
I*L)o'nquerque/Thilij"oour^Cour-, tray) cent autres Villes'
eurent contre mes coups que
ddeeff0aibblleessrraamMpllaarrttss,,
Mes Campagnes toujours en
vt~
éioircs fertiles,
Mefirent de mon temps le Eleros
&le IIars.
D:Norlingu? çy de Lens lès
'fameufsBatailles
faisant trembler les Dieux dit
Danube(§fâuRhin,
Remplirent delEJcautlefertile
terrein
£)ffoiblesse,d>'ejfoy,de morts.,
f de frunerailies.
Je jeeus joindre par tout à tn4
,
<. vivacité ,;
LA forcejl'intrépidité.
ferme dans les Conseils;) fierJ
grompt> inébranlable;
Dansles ordres incomparable;
4clif> prejent par toutjamais
embarafséj c:
r°eprzs mieux mon party qujau*
cun-homme du monde.
Infin parmes Exploits le Gfrrhûin
terrassé3 1
e fis craindre mon bras sur U
terre sur l'onde.
Je fus dans le commandement
Ejiimê,craint également3
Heureux à prendre l'avantage;
Sanstrouble impetueux
3
je rMis
tout en usare
TourJoutenirmagloire & le
cUt de mon nom.
Dans l'ordre dit Combat rejolu
peu flexible
x Me donnant tout à l'aftion,
A la crainte
3 au périltonjour.
inaccejjîble
,
De nos fiers Ennemis à njaincn
prepA,re:{
Ma valeur arrefla les injuste;
proüeffis;
Leurs Postes les plus ajfure^
JVeurent pour moy que de«
jviblejjes
Je ûroisâ»SoldJat ce qu'on en peuttirerjeti
Dans les plus grands périls je
jjpnwis wjpirer
L'intrépidité,lavaillance
Sttoûjoursresolu de vaincre ou
demourir3
r'arracbois aux vaincusjusques
à l'ejperance
?
Que contremoy jamais onpujl
lesJeeourir.
s^ftia valeur égala la valeur
d'Alexandre;
Si jefus moins heureux que ce
fameux Héros,
Enmourut-il plusenreposf
En eut-il plus de terre @J d'éclat
pour Jacendre t
Le Sonnet qui suit est de
MrdeCorbet, Gentilhomme
qui s'est rendu recommandable
par l'honneur qu'il a
receu d'estre chargé des ordres
du Roy, pour assister
aux Synodes des Provinces
de Berry & d'Orleannois; par
un très-grand nombre de
Conversions ausquelles il zfl
beaucoup contribué, & par
de scavans écrits contre le.
Ministre Claude, & d'autres
Ministres, qui luy ont attiré
l'approbation des plus illustres
Prelats du Royaume.
A la
SONNET
gloire de Monsieur le
Prince, par des Rimes
prescrites. CE Heros en naissantsceut
gagner des Batailles,
Etdéfaire un grandChefdans
lesarmes vieilly.
Farnese, Spinola;,Beck;, Montecucully
J N'ontjamais tant queluy tfn-,"
versé de murailles.
Espagne, qui l'as vû j;tr-,-Y,, dans
tes entrailles
Accomplir les projets fornlc'{
dans Chantilly
? 6)uedefoistonEflat parce
Prince affailly
7JeJes plus chers Sujets pleura lesfuneraillcsl
Maisloin;, ces vains honneurs
des profanesGuerriers>
Won Heros en mourant cherche
d'autres Lauriers>
Etpour les moijjonner comme
auoit fait Turenne,.
Se sentant comme luy par la
Grace inonde,
Surfissens il la laisse agir en
Souveraine»
Et feule triompher du coeur du
Grand Condé.
On parle des grands Hommes
en toutes fortes de Langues.
C'est ce qui afait faire
cette maniéré d'Epitaphe en
Vers Italiens.
Sotto quefio marmo il gran
Condé giafe,
La di <5 eut fama per tutto il
mondoerra.
'Dopo tanti anni haver me.
nato guerra3
Quel maenanimeHei-oë) ba*
ramai fta in Pace.
-Je vous,envoyedeuxVers
Latins sur lemesmesujet,
mçcÀ^ Traduction<ju;.^n estfaire,
.0= -'.-.-#.•.. îl
,~Ce~~ Alexander
,
Pelides,
<
fulminabelli,i Condaci cineres socio excepere sepulcho
fondéfutcomparableau plus
ffdn^^ti^P4^Sy 1
il eut le IQl:tfr".9..;1çhzl"(.9' la
,, bras. d'Alexandre;..*
Son corps dont l'Univers doit
respecter la cendre, j
Est mis dans le tombeau, de cc
Heros deMars
Voicy
Voicy l'Extrait d'une Letre
de l'Autheur de ces Vers,
qu'onpeut regarder comme
un
élogede in CL de MMooinisfiiceuurr- Ilde
Prince. J'ay cru, dit-il, deuei-
aD:nzblelA des Heros de divers
Siecles,(Sf les plusgrands
Capitainesdel'Antiquité, comne
font Abille
,
Alexandre
Zeptry pour exprimer tout le
grand merite de feu Monsieur
e Prince. Ils ont eu toutes 1er
artiesd'un grand Gapitaine
maisonpeut dire nearmoinsque
hacun d'eux a eu sa partie do-,,,,
ninante. Celled'Achille estoitla
nobleferocitéd'un Guerrier.
Celled'Alexandre efloituneva*
leur impetUeujeune rapiditéde
conquefies. Il ne JeContentoit
pas de gagner des Provinces &'
iles Royaumes,ileuflVoulu qu'il
y eufl eu plusieurs mondes k
conquérir. Celle de Cejar ejloiï
une grande conduite,unehabileté
dans l'Artmilitaire.Cest
luy qui l'a;, pour ainsi dire3 réduite
en Sciences & qui en 4
aonnéde grands principes er des
réglés certaines. Toutes-ces parties
dominantes dans ces grands
Capitaines Je trouvent commé
fajjemblées dans Monsieur le
grince. Il avoit quelque aiî-de
(
ce qui est rapporte d'Achille pour
ia férocité èesJfëtars.3 sans cm
avoirlaTruelle dureté. Il avoir
aujjîlccaraélere d'Alexandre; il
ejîoitd'unevaleur eltennante,
•qtte l'on powmhnornmcrambi-~
ctioemufbta. ttIref; iralfctjk^îvtotouliatdetfoourjtô'buorns
voeurChantillypour aller au
Champ'deBataille,&ilnejloit
pascontentd*uneCampagne^s*iIl
riavoit faitplufkurs expéditions
déclat. Ænfn 3il rejjembdloiat
alujj'iaCaéfar dans*l'acapa* jbience dela
Guérie.IlJçanjoit'raïiger admi-
rablement me Arméeen<-~ B,itaiU
lej r& lors quilluy a fallu fait
des Sieçesjil syprenoit.en mai
flire.Il nefaut que lire' la Re ':.
htzbn du Siegede Dunqurrqtdans
les oeuvres de Sarrasin por.,
ch demeurerd'accord ; &cepen
dantMonsieur le Prince efloi
alors fort jeune. Cestcette coït
fSrmlté avec çes illuflres Capi
lfaaiinn.eris'ûqpuiiim'a pppoyrttef à le lleflut
ialsjwsodçeiesTr,&omj'baeyauxcrdueqjhunce%coamuxm
familles illuflresi an pouvoit
aujji irihuynerAionfieur lePrince
Avec ces trois Héros de la J?a
milledetJMarsjrUmettre h 1
urfaes de leurs cendres dans u
mejmefeptilchre.
J'ajoûte une Epigramme
de M Lourdet&troisSon*
nets; le premier de M Pechantré,
Autheur de Geta;,
quia paru cet hyveravec,
un si grandsuccés ; lesecond.
de Mol'Abbé Baratony &!&..
troisiéme de Mr Amoreux
de Digne,Avocat au Pari5^^
ment d'Aix.:,
SUR L A '- M0 RTtde Monsieur le Prince, V.- •,E yv. NterminantsonjortCon~•
dénous faitconnoijlre
-aucun ne doitpretendre k - l'honneur des Autels, '- I.-
Onne eçoiticjyrhasque desbx>m~
,
mesparoijlre.
S'ilsepouvoit qu'enterreilfujl
des immortels3
Çcmdé lauroit esté jConde ht
~~o~ ejlre-
.•:x. SONNET:. REstes du grand Condet
cendresdeseHnros
3
ZJigncobjet d1es rej,p..e,ocftsqu-oy ui
v
doit à Ja memoire;
Joüiffiz a jamaiset.un tranquillerepos
.:Sous ce Marbre qui faitl'.clojge
desafvJo:re,
"Ony voiteciatertous Jesjaits
les plus haitts
3 Tels qu'un jour nos Neveuv
auront peine à les croire"9
M.:tÚonyvoitce Prince aprts
mille travaux
Remporter sur foy-.mcfme une,
illujlre victoire.
yTant d'Ennemis vaincus, tarif
de rampartsdétruits,
1antdeCbepj tantde Rotsfar
Jon exempleinflruits3
[Je Jahaute vertufont le portrait
[idelie.
"• Grinces
;,
qui ptetns d- ripou
sur ses tracesmarche^y
Vousne fçaurie% choiftr un plm
N parfait modelie
> Et./vousfere^ beaucoup si hjouï
en approche
v 11.SOÎS'X'ET. L3Invincible Çondé n'efi
plus IU"Uhpeu de cendre
j
Toutsi terminé la , puijjance3
,
biens,honneursy
Telefi le trifiefort des fragiles
.,.. Grandeurs; Rois3Trinces.Conquer^Ps, nul
'lIe peut s'en dentirè.
S^ef-ieros\encourageegayou ld Alexandre, tà valeur3Jonejprit luy gai
gnoieut tOUI les coeurs>
rlpaj]& de bien loin les plus fr:
meux Vainqueurs,
Stdans toutl'Universson nom
sest fait entendre.
-
,Tantaiwflrestravaux> tant deJanglans Combats
rant de Peuples vaincus par
l'effortdeJonbras3•
Alaoflerisecons-tcrent rne-
;>;: moire. §: - : E/Ï-.7rïëride pareilàJesFaits
incuis?
Etpouuoit-on jamais porter plui
haut la gloire
1
Dugrand NomO des BourbonsÀ
&duSangde LOUIS
11LSONNEX ANtitjues lIfonumens;, qui' desSiecles
De tantde nomsfameuxrappeliez
la memoire3
j4hatj]e^<vo(lre orgueil,ces, noms
1
font efface^,
Tout cede à ce Hérosdantje trace
lagloire.
Sa valeur a fournis ceux qUJt
a. menacez..,
mle' lut en tout temps MaÍjtre ,de LxVïtloire
It fous luj tant de3 Chefs ont :esiéterraffe^x
Que nos Neveux unjour auront
peine aie croire..
3 fut des Généraux rexemple
&la terreur,
Lefeuldefirdevaincre .anima.
son grand coeur,
ri n'est plus lamortafermf
sa paupiere*.
IA* Jilais cjut dîs-je;, iljouitaun
plusilluflrcfort
ril vécut vlorisux3 )une j)lutikelle.
mort.
70ur couronnerses jours d bornesa
carrure,.
Je finis par des Vers deMR
Moreau
?
Avocat General de
la Chambre des Comptes de
Dijon, adressez à MonsieuR
le Prince d'aujourdhuy. LA mort du grand Condé
cause nojlre douleur;,
Partout on ladmiroit, par tout
on en Joupire,
Qui dit Condéy dit -tout ce
qu'on peutdirey
-De grandeurjde vertu> d'ejprit
&de valeur ;
Tour couronnersesjours et H
nisa tarriere.. i 1!
Je finis par des Vers de
Moreau,Avocat General
la Chambredes Comptes J
Dijon,adressez à Monfielj
le Prince d'aujourdhuy. j LA mort du grand Cortf
cause noflre douUtt?>
partouton t'admiroitj par tôt*
on enJoupirej
Qui dit Condé,dit
tout
qu'on peut dire> i
*Dcgrandeurjde'vertu3 d'e1
&devaleur; 1
sdans ce coup fatal a nos
'Voeuxsicontraire,
ce
3 ce qui nous doit confiler
aujoudrbuy
de y te noir marcher sur les
p*s de ton Pere3
f trouver en toy ce que l'on
s
perd en luy.
ous entendrez si fouveni
de la Forteresse & du
: d'Effeck pendant la
pagne qui est preste de
vrir entre les Alkmans
Turcs
? quevous ne fepasfachée
que je vou9
t; le Plan de ce Pont
& de cetteForteresse,afin
que vous jettiez les yeu
déssusà mesure qu'il sepasse
ra quelque actionqui regar
dera ces deux postes.Ilsson
dans le Comté de Vvalk su
sur la Drave,dans la parti
Orientale de l'£[clavonie.Lc
chiffres suivans vous donne
rontune parfaite intelligenc
de l'un&del'autre,
1. LePontd'Effeck long cl
8lya~.rpgasegédomeétr1iqu7es ').4 2.Forteressed'Effeck
3 Fauxbourg d'Effeck
4» Fort de Darda,ouTai
,
à l'autre' bout du Pont est du Comté de y Varaniuar
dans la basse Hongrie,
5 Plusieurs guerires;& sen- nellespourla*garde dtfc assage
6.Diverses montéespour
escendre dans leMarais. 7.Le Marais.
Toutce qui est arrivé à
le Cardinal d'Estrées deuis
lafin de Janvier
>
ne luy
vant donnény letemps,ny
lieudesignaler sa joyepour
parfaite guerison du Roy
se determina à le faire après,
arrivéede son Coutrier qui
luy apporta les ordres par Ici-i
quels Sa Majesté l'achargé
de l'entiere direction desaffaires
à la Cour de Rome
mais les devotions ordinaires
de la Semaine-sainteoccupant
tout ce temps, il remis
cette Feste au Dimanche de
Quesimodosixième d'Avril
Sa Sainteté luy accorda pour
ce mesme jour par un Bref
particulier uneIndulgence
pleniere dans l'Eglise de saint
Louis , & cependant pour
rendre cette action de graces
plusagreable à
Dieu,ceCardinal
chargea une personne
sieufe d'aller dans tous les
Convens des Mandians,Conservatoies,
&Ecolesde Filles
'Enfans, pour y distribuer
ses aumônes considerables,
On les vit tout ce jour là
enir enProcession à saint
toüis avec unedévotion édi
ante ,& l'on compta plus
'c soixanteProcessions disfeentes
de jeunesFilles conuites
parleurs Maisteresses.
Tous les Religieux mandians
marchoient avec la Croix.
esHôpitaux des Aveugles,
les Estropiez., desVieillards,
es Orphelins,& autres qui
avo,ie-1nt eupart aux autnc'i1n-\m'
vinrent aussi en Procession
faire leurprierepour le Roy;
ôc la pluspartcommunierent
Onencomptaplusde deux
mille. On avoitfait prendre lenombre despauvres honteux
qui se trouvoient dans
tousles quartiers de la Ville,
& on leur distribua vingt
mille pains.MrleCardinal
d'Estres avoit en mesme
temps ordonné ason :Ban.
quier,d'avertirleProcureur
desPauvresqu'il eustàdonPïrfiossounnennLiiesrtesddeeRotmoeu,
s&ldees
payer sur son témoignageles
Créanciers de ceux qui de*-
soient jusquesa cinquante
vécus Romains, pour les mecreenliberté
cejour ILilfu:
aussi distribuer de l'argent
aux Criminels. aux autres
pauvres Prisonniers,afin
qu'ils se sentissent de lajoye
où estoit la France.Mrle
Cardinal d'Estrés souhaita
que pendant qu'on,chanteroit
le Te Denmà saintLouis,
on le çhantaft aussidanscent
Eglises des principalesde
Rome, sans compter les Nationales,
Celle desaint Jean
de Latran, qui est la premierte
du monde, s'en acquits
avec éclat&beaucoup de
zele. Ce Cardinal envoya
pourcela aux Sacrifiesde
touteslesEglises,afin quele
TeDeumsust précédé d'uné
Messe haute. Celles qui ont
desMusiques reglées,le chanteraitenMusique,&
les auvires
avecleplus de solemnité
^qu'ellespurent.' Mrsles Cardinauxd'Estrées
& MaldachiniserendirentàS.
Louis àdix-septheures suivis de
tous lesNationaux. Il s'y
trouvabeauroup deNobles'&
un Cortegede plus de
rente Prelats
? quoy qu'on
'eust pas fait une invitation
generalede laPrélaturepare
que la solemniténe regar-
[oit quela Nation.Madame
Duchesse de Modene y
ssista,&M CusaniArcheresquede
Trebizonde cele-
,ra laMesse en habitsPonisicaux,
& entonnale Te
Deum.L'un& l'autre urent
hantez au bruit des Boëtes,
les Trompetes & des Tamsours,
Par deuxChoeurs de
Musique,composez de plus j
leurs Instrumens deRome.Le
PèreSemeriJesuiteprononçaunDiscoursfort
éloqueaçj
-.à la louange de Sa Majesté;
sur la conitance estonnante
qu'Elle avoit fait paroisse;
dans sa maladie&surle bon.
-.
heur de sa guerison. -:Mr le
Cardinal d'EDstrées donna le
lendemain un grandRepas ài
Ja VignePamphile,àMr le
touslesPrelats,quis'eftolcnr,
tous les Prélats,qui sestoient
trouvez à cetteCérémonie.
On ybut pl usieurs foisàla
Santé de Sa
autreChambreou laCompagniefutrégaléed'unCon-
Le mauvais tempsayant
obligéM leCardinal d'Esrées
à differer les autresmarquesde
réjouissance
, qui deroient
estre accompagnéesle
nesmejourde celles de tous
es Natironauxsuivant l'ordre
qu'il avoirdonnépourrendre
cette solemnitéplus univerelle,
onfut obligé de lever
une partie de la saçade de
Eglise de laTrinité du
Mont
, pour raccommoder
es Tableauxquelapluyea1
voit gâtez,& deremettre la
t
Peste au Dimanche20. Avril.
j Son Eminence quitta le deüil
ce Jour-là, &le fit quitter à
toute sa Maison,comme Elle
avoit fait le jour qu'onchanta
leTeDeum à S.Louis. La
f
Feste commença par la grande
Messe que celebra le General
des Minimes François.
aprés laquelle le mesme Ge-
Plunesral entonna le Te Deum. de vingt Cardinaux, >quantité dePrelats, & presque
tout ce qu'il y a de
grands Seigneurs & de Dames
àRome, allerent y faire )
- - leurs
eurs Prières pendant tout le
our.Ily eut quatre Fontaifies
de vin qui coulèrent jufï3juu''
aàttrrooiisshheeuurreessddeennuuiitt»?
t[aapprreémmiièerree àlaPlace de là a. TrinitéduMolnat,Plalacféecdoendlaé -ïl'entrée de' celle du Peuple
; la troinémë à celle de
S. Loüis, &:la quatrièmea
Campodt Fiori. On yfaisoit
:'nmesnietèfrips une diitribution
de pains, & l'on entendit
crier dans tous les
Qùartiers>Vïv'af Francia..}* A
mgt-troi's heures & demie?
fvflcCardinal d'Estrées3 a4
prés avoir fait fas prièreà la
Trinité du Mont, le rendià
la Placed'Espagne dans un
Sallon qu'il avoit fait baûii
exprèspour recevoir les Car
dinaux. Illes avoit fait kule.
ment avertir de cette réjcuifî
sance
,
sans les inviter dans
les formes, à venir y prendra
part. Il y avoit un autre Sal
Ionàla gaucke de celuy-cy
pour les Dames„ les Prelats
j
& autres Personnes de qu
lité. Ces Salions estoient a
milieu de la Place5tapisses
au dehors &audedans de
fort belles tapisseries de hau-
.g-liflç,. orncz de Luftrc
de Plaques d'argent? ou
on attacha des bougies? avec
ics btaliers d'argent qu'on
voit couverts de fleurs. Ils
ftoient gardez par les Suifes
du Pape, & ouverts du
;oH:é de la façade de la Triiite3
mais fous une frise de
velours
? avec une crespine ior qui regnoit sur toute la
.ongueur des Salions. On y
ivoit mis de grands rideaux
le Damas, afin que ceux qui
craignoient l'air de la nuit>
pussent s'en servir pour en
éviter l'incommodité. Il se
trouva dans le premier des
Sallons jusques à quatorze
Cardinaux avec l'Ambassadeur
d'Angleterre. MrleCar-î
dinalde Medicis
>
qui avant
que d'avoir receu le chapeau
n'osoit se trouver dans une
Assembléede Cardinaux sans
la permission du Pape, que
Sa Sainteté n'avoit pas jugé
£ proposde luy donner? demeura
dans son Carosse auprés
des Sallons. Les autres
Cardinaux qui estoient incommodez
, & qui avoient
estéfaire leurs prieres à la
Trinité? envoyerent faire1
leursexeufes à son Emineiv'
, de ce qu'ils ne venoient
oint à saFeste. Madame Lt
ucheffe de Bracciane, Maainc
la Comteflc de Guber-
ICÎSÎ Femme du Resident
z Savoyc, & quantité de
lames Romaines&François
?
le Prince de Saxe? plusurs
Prelats, des Lords Anois,
des Nobles Venitiens*
ce quil y a de François à.
omc d'une qualitédiftinléeT
vinrent prendre place
[
fécond Sallon. Les Gen-
Ishommes deM le Cardin liaid'EftréeSîsuivis des
alets de Chambre, furent
occupez à porter sans cess
Eaux, Sorbets, Vins & Cho
colats dans les deux
-
Sallon
Toute la PlacedEspagne <2
la rue des Conduits estoien
remplies de Carofses de
-
Prin
cestès, de Duchesses, & au
très Dames? & éclairées pa
une infinité de lanternes, qu
Mle Cardinal avoit faitdi
ftribuer daus les maisonsd
l'une&de l'autre. Le Con
nestable Colonne, & plu
sieurs autres Personnes de
premierequalité, avoie
mis pied à terre, & s'estoier
arrestez devant les Sallon
fou l'on vit en un instant
toure la façade de l'Eglise &
JuConvent de la Trinité iluminée
de flambeaux de cire
blanche? de pots a feu& de
,ampes déverse sans nombre.
L'ornement du haut de cette
façade cachoit le feu d'artiice
posé entre les deux Clochers
) & mesme au dessous
le la voûtedel'Eglise. Ou
ivoit pour cela élevé un Taoleau
representant un amphiiheatre
orné de guirlandes & jle-feftons, d'où.'J sortoit un
Mhar attelé de quatre chenaux?
sur lequel eiloit une
Figure rcprefentantl'Eternitéguidée
par la Gloire
avec cette Inscription sur la
frisede l'amphitheatre,/7/^--
que ajj-eùlatOljimpo.AudefTous
de cet amphitheatre estoient
les Armes de France avec la
Couronne qui faisoit un petit
Dome un peu moins élevé
que les deux Clochers. Ils
estoient couverts dartifi,.c
&:de potsà,feu. Le Chars\-,
yançoit sur des nuages rem- j plis de feux d'atifice? ainsi
que l'A mphitheatreJe Char
ôc les deux Figures.Au def-
(ous de ces nuages paroilToiî
He Renommée
?
relevant uii
;rand tapis de Brocart à
leurs d'or,& découvrant ua
oleih qui ayant percém\
luage fortépais, se montroit
ort lumineux a toute la tere,
avec ces 1110rs, Totiiitque
cfiftere tanto. Au deflous ef-
:oienr les armes du Roy, fou-
:enues par des Anges tout
lorez. Des Chandeliers d'un
logeable dessein, ôcde dîne—
rentes heures éclairoient les
Drnemens. Les Clochers cf-,
toient ornez avec une fimccrie
égale depuis le haut jusqu'au
bas? deguirlandes? de.
sessions, de frises? de fron
tons, & de Chandeliers <1
differentes grandeurs. Que
ques-uns portoient jusques
quinze flambeaux? & ilye
eut plus detrois cens em
ployez pourilluminercett
façade. Au dessous de la cou
pole de chaque Clocher -
toit une Corniche garnie de
pots à feu, & au dessous on
voyait un Hercule panché
êc tout languissant, & de
l'autre costé un Esculape. Au
second ordre d' Architecture
à hauteur de la Devise d
Roy, estoient deux grandes
Medailles que des Anges
outenoient. L'une repreentoit
un Peuple dans la
joye, & l'autre un Peuple
affligé. Au dessous de la premiere
estoit l'Esperance
, &c
de l'autrecofté la Force.
Toutes ces Figures estoient
dorées,& bordées de petites
lampes de verre, ainsi que les
pilastres& les chapiteaux. Il
y avoit des trophées d'armes
dans les endroits que l'Architecten'avoit
pû remplir au- , trement. L'Escalier qui est
fait en forme de perron, répondoit
au reste du dessein.
Il estoit borné de chaque
costé pardeuxpyramides
tranlparentes & éc l airées par
dedansy qui dans toute leur
«tenduë representoient la
Banierc de France. Un grand
Soleil qu'on voyoit paroistre;
sur l'Escalier
,
fit un effct
tres-brillant. Il y avoit le
long de la balustrade de
grands chandeliers qui portoient
plusieursflambeaux,
& de grandes Fleurs de Lys
éclairées avec des lampes.
DeuxFleuvescouchezaudesfous
de la Balustrade marquoient
la jonction des deuxMers,&
une figure de l'Aondance
estoit dans la niche
milieu. Ces mots se liient
dans un Ecriteau comun
aux deux Fleuves, Avique
amplexibus hærent. Les
omains accoûtumez a voir
r plus belles choses
, ont
rt loüé ledessein de l'Arllteâc.
S'il parut tres-aeable
pendant lejour,il
rprit bien davantage quand
utfut illuminé. On avoit
it mettre aux trois rangs
fenestres du Convent de
Trinité, deux flambeaux à
acune ,& des pots à feu au
dessus du toit. Toute la Mon-J
tagne fut aussi illuminée>
mais d'une maniérénouvelle*
& fort extraordinaire. Lc5
arbresquiregnentdepuislé
Plate-forme de l'Eglise ju
qu'au bas de la Montagne*
& à l'entrée de la Place d'Er
pagne, estoient chargez d'u
ZD ne infinité d'Oranges & d
Citrons? qu'on y avoit atta
chez, après les avoir vuide2
pour les remplir d'huile. L.
lumierequi lesrendoit tranC
parens, les faisoit paroistre
aussi frais &aussi beaux qu'avant
qu'on les eust cueillis
ette Illumination se fit au
ruit des Trompetes & des
[autbois. Vis à vis des deux
allons estoit un grand échaut,
sur lequel onavoitplaé
les Musiciens & la Simhonic.
Le fameux Archane
Bolonois en avoit fait la
omposition, & il avoit asmblé
tous les meilleurs
iolons de Rome. Deux
oix accompagnées de la
imphoniechanterent d'aord
des Vers à la loüange
u Roy, & on leur prestaun
prt grand silence, Au signal
onné pour allumer les feux
cmi,arti*sice, on fit une déchargedecentBoëres.
Cependant
les Gentilshommesde
M le Cardinal d'Estrées servirent
lacollation aux Cari
dinaux? aux Dames, &C à tous
ceux qui estoient dans les
Sallons. Elle estoit camposée
de quantité de Bassinsde
fruits & de confitures seches.
Ce qui en resta fut jetté au
Peuple. On mit le feu à la
grande Girandole. Elle estoit
de six mmiilllleegsro'rossHecss fsuusféeeessjJj
qui s'élevant tout d'uncoup
de dessus la façade,firentun
effettres-surprenant,
Ensuite
il tira le Feu d'artifice; qui
)rtit des deux Clochers, 5c
zs ornemens du haut de la
çade. Il fut terminé par
"ux autres Girandoles, &
tout fit avoüer, qu'on n'a-
Dit encore rien vû de plus
sau , soit pour la grandeur,
)it pour le nombre des Fu-
'es. Le Peuple qui remplis-
>it la Montagne, détacha
esarbreslesOranges3c les
errons? & les porta à la
iain par les ruës de Rome.
y avoit dans toutes des
saisons illuminées de flameauxs-
de lanternes & de
lampes, avec le Portrait d
Roy, & les Armes de France
à cause de la quantité de Na
tionaux dispersez dans dive
quartiers? de forreque la Fe
ste a estépresque generalj
dans la Ville.
Le mesmejour,Mrle Car
dinal Maidalchini fit des ré
jouissances particulieres? S
quantité de rafraichissemen
furentdistribuez parson or
dre aux Dames & aux Sei
gneurs.Tous les Partisans de
Francemarquerent au ssi leu
joyepa de grandes illumiinadonsjj&'
quoyqueM l'Ab- I
é Elpidio Benedetti
,
Agent
es affaires de France, eust
Út ce foir là la mesme choe,
il voulut signaler encore
on zelelelendemain, en se
istinguant par un grand
eu d'artifice & par une suerbe
décoration, qu'il fit
ire en sa Maison,situéeprés
Eglise de Nostre-Dame de
Monserrat. Il eut soin de faiilluminer
les Maisons voines
, afin que la Festeeust
lus d'éclat. Sur une terrasse
ui estau dessous de la fiene,
estoit une espece de Theare~
où quantité d'Instrumens
& de Hautbois firent entend
dre une Simphonie tres-agreable.
Il y avoitaussi une
excellente Musique, composee
desplusbelles de
Rome.An frontispicedesa
Maison brilloitun Soleild'une
invention nouvelle.Il étoit
siéclatant qu'il ébloüissoit
les Spectateurs. Toute la
Decoracion estoit remplie
'd'un grand nombre de figures.
avecdes Devisesconvena-
•bîesau-fujctlagloiredu
Roy.. avoit pose le Feu
dd'aarttiiffiicaeu.taouudrdesessursadyuooSnso.lIeliljs
il sortit un grand nombre
e fuSécsquirormoient des
leurs-de-Lys,& pouroblitr
les pauvres de sa Paroisse
contribuer par leurs prieres
obtenir de Dieula conseration
de Sa Majesté, illeur
it distribuerune somme
onfiderable. Pendant la duée
de cette Feste
,
il regala
xneraiemenr toutes les cD3 anes
&la Noblesse, de quan-
Ite de confitures,&: deraraichiffemens
à la.mode d'I~
alie.
Mrle MarquisdeLavardin,
Le iaMaison de Beaumanoir,
quiest une Maison fort de
stinguée,a esté nommépou
aller à Rome faire les son
ctionsd'Ambassadeur E
-traordinaire de France, cm le Duc d'.Estrées y a rem
plies si long-tempsavec tan
de gloire. Il a infiniment ci
l'esprit, & n'ignore rien d
tout ce qui regarde les-belli
Lettrés. Il sçaiit parfaitement
les Langues, & entend l'Italiencommele
François.Enfin
il a toutes les qualitei
quil faut pour soutenirdigriement
la gloire d'une i
grande ambassade , ce <yd
faitconnoistrelejuste discernement
de Sa Majesté. Je ne
fOUS dis rien de son dépare
qu'ildifférera jusqu'à la Saion
où les Estrangers doivent
irriver à Rome. Il ya un
emps reglé pour cela, sans
quoy on s'expose à de granles
incommoditez causées
par l'air du Païs. Ce Marquis
Fait travailler à des Equipages
vtt superbes, & n'oublie
ien pour paroistre avec tout
éclat que demande son caactere.
J'oubliay à vous mander
moispassé que le Roy a
choisy Mr le Marquis de
Villiers. d'O, Major, desArmées
Nivales du Ponant
>
pour Gouverneur de Mr le
ComtedeThoulouse. Ce
Marquisapousé depuis
quelquc^^ioi^^ademoifellc
de Guilleragues. qu'il a ramenéedeConstantinople.
Il.
entend parfaitement bien la
Mer. Ainsi outre, ce que Ics,,
Gouverneurs doivent apprendreaux
Seigneurs dont(
la conduite leur estconfiée ilpourra encore instruire Mr
ie Comte de Tholousede ce
mqui regiarrdaelaiC.ha.rgIe d'lA.j
Il est certain qu'on ne peut
rop admirer le Roy dans les
hoix qu'il fait.Il répand
ou jours les grâces avec un
uste discernement du vray
~acricc)qu'on peut dire qu'elesne
font en quelque forte
que prévenir les voeux du Publie.
C'eest ce que ce grand
Monarque vient encore de
aire avec beaucoup degloie
pourM de Pontchartrain,
enle nommant à une troisiéneCharge
d'Intendant de ses
Finances. Messire Loüis Pheypeaux,
Seigneur de Pontchartrain
dont je vous parle)
est Fils de MessireLoüisPhelypeaux
, Seigneur de Pont
chartrain
,
President en la
Chambre des Comptes de
Paris, & petit Fils de
Messire
Paul Phelypeaux
, Seigneur
de Pontchartrain, Secrétaire
d'Etat, dont la Charge a palier
par la mort à M,Phelypeaux
d'Herbaut son Frere,&depuis
àMdelaVrilliere,FilsdeMr,
d'Herbaut, & Pere.de Mrdel
Chafteauneuf.Il fut receu fort
jeuneConseillerau Parlement
de Paris, & pendant quinze
ans qu'il exerça cette Charge,
vous ferez persuadée qu'il en
l
remplit les devoirs avec touce
la capacité & toute l intégrité
possible, quand jevous
luray appris qu'il n'avoit encore
que trente-quatre ans,
lors que le Roy le fit Premier
President au Parlement de
Bretagne. Cette nomination
fut faite en 1677. & l'avoir
choisidans un âge si peu avancépourunposte
de cette
importance, c'est un éloge
qui pasle tout ce que je pourroisvous
dire aujourdhuy,
& de son exaae probité
?
&
de sa prudence consommée.
Il a fait voir dans toutes les
occasons qui s'en font offertes,
qu'il a herite de.l'atta
chement inébranlable qu
ses Ancestres ont toûjour:
euau service deleurPrince
& en recherchant avec soin
les droits du Roy, il s'estoit
acquislaconfiance de tous
lesbretonsd'une maniéré fort
agreable pour luy
, &avantageuse
à toute cette Province >i
où il est extrêmementregreté.
On ne peut rien ajoûtera
ses lumiejes, & son applica-,
non estant égale à son zele
le choix qui vient d'estre fait
deluy pour les Finances &
uia esté receu avec une aprobation
si generale,ne peut
u'estre utile aux interests de
a Majesté, & au bien du
ublic.
La Charge de premierPrédent
de Bretagne, qu'avoit
Ir de Pontchartrain
-,
a esté
onnée à M' de la Falüere
residentaux Enquestes, s La
rande reputation qu'il s'est
quise parsa probité, & par
maniere dont il s'est aculté
de tous les Emplois
LLita exercez, luy a attiré
choix du Roy.
:
M Morand, Intendant en
Provence, a esténommé premier
President auParlement
de Toulouse. Ceux qu'un
Prince aussi éclairé que Ici
Roy choisit pour les grands
Emplois, lors qu'ils y pensent
le moins, doivent estre d'un
merite bien distingué Messire
Thomas-Alexandre Morandj
qui vientd'estre revestu de
cette Charge, a l'esprit fort
élevé, & beaucoup de jugement
& de penetration. Il a
épousé DFrançoise Jaques,
Fille deM Jaques, Greffieren
chef du Parlement de Paris,
dontl'exactitude,l'intelligen&
la probité sont cfhmeeS
es personnes du plus haut
erite,&se trouve parent du
sté maternel des de Belie-
"C ;
de Harlay
,
Brulart, Silry,
ôc autres Famillesillires
de la Robe. Il est Fils
e Messire Thomas Morand,
ui a esté Conseiller au grand
onseil,Maistre des Requees,
ôc Intendant à Boreaux,
à Montauban, à Caën,
Rouën &enTouraine, &-
etit-fils de Messire Tholas
Morand, qui a esté
areillement-Coniseiller au
rand Conseil, Maistre des
Requestes ,Intendant, dans
toute la Normandie,& grand
Tresorier des Ordres du Roy
ayant eu aussi la Charge de
Tresorier deLlu voit exercée son Pere
>
Bisayeul
de MMorand dont je
vous parle. Il porte pour Armes,
d'azur à trois Cygnes
d'argent, avec cette devise,
Açandore decus. ]i,Q 'Je,.n -
:
Je ne vous dis rien de Mli
le Bret, qui a esté fait Intendant
de Provence àla place
deM
-
Morand.Je vous en parlay,
quand je vousapris qu'd
av01t eul'Intendance duGouernement
de Lionnois
Je vous ay appris la mort
e DameMarie Eleonore
rulatt de Sillery,Abbesse
u Monastere Royal de Saint
Pierre d'Avenay, & je vous
iray presentementque le
our qu'on fit un Service sozi-
tinel pour cette Abbesse,
Oraison Funebre fut prononcée
par le Pere Floriot,
Docteuren Theologie
> rheologal de l'Eglise de S.
Quiriace de Provins, Exprovincial,
Vicaire,& Commissaire
General de la Congregation
de la Province de
France, de l'Ordre de Saint
Dominique. Cette piece d'éloquencereceutde
si grands
applaudissemens, quel'onn'a
pu refuser de la donner au
Public, afin de satisfaire la
cnriofité de ceux qui ne l'ont
point entenduë, Cet Oraleur
avoit une riche & abon- 1
dante matiere. Aussi fit-il un ji
éloge parfait decette Abbesse,
à laquelle ce Convent 1
est redevable de beaucoup
de choses, du nombre desquelles
est la closture d'unI
Parc de plus de cent arpens
qu'ellea fait entourer
murailles. Les actions de
aces qui avoient esté comencées
de ion vivant, pour
eureux retour de la santé
Roy, ont esté continuées
ns cette Maison, où l'on
tante tous les jours l'Exauat.
Le Curé de la Paroisse,
>
Chanoinesdel'Abbaye,
les Habitans du lieu, y sont
nus en Procession, par les
ins de la Prieure, à la priere
Madame de Boufflers,
ommée par le Roy Abbesse
: cette Abbaye, & qui a
utes les qualitez necessais
pour remplir dignement
la place de la Défunte.
Le Mardy13. de ce mois, !
M l'Evesque de Betleem ex- 1
posa pour la premiere fois
dans l'Eglise de l'Abbaye de
Saint Antoine des ChalllpS,
l'Ossement entier d'une des
cuisses de Saint HOlloré.
Martyr, qui souffrit pour la
, foy au second Siecle de
l'Eglise , fous l'Empereur,
Alexandre Severe. Mr le
Baron de Barry, à qui le Generaldes
Jacobins son proche
parent, avoit envoyéde
Rome cette précieuseReli- u l'avoit deposée des le |
Latin par permission de Mr
Archevesque de Paris, dans
Eglise des Filles de la Croix
même Faux-bourg Saint
ntoine, ou Mr l'Evesque
Betleem l'alla prendre,
compagné du Clergé de
tint Paul, au bruit des
rompettes, des Tambours;
es Tymbales tk des Haut- pour laconsigner entre
s mains de l'Illustre AbtJfe
de Saint Antoine,àlalelle
Mr le Baron de Barry
a fait present dans une
che Chasse. Le Pere le Faye,
cobin du grand Convenet,
& Docteur de Sorbonne,fit l
Panegyrique du Saint ave
beaucoup d'aplaudissemeNt
Ilyeut un grand concours d
peuple à cette Ceremonie
où plusieurs personnes de
qualité assisterent. <
M le Baron de Barry est
d'une maison fort ancienne
&originaire de Navare. Elle
porte d'azur à troisElephau
d'or? deux en chef & unet
pointe , & a deux Syrene
pour supports. Jacques de
Barry quivivoit en1470. Ba
ron de Tonjeun & du Heng;
jeu Armagnac? estoit premie
cuier de François Phebus
oy de Navarre, & de Cathene
sa Soeur. Il eut d'Antoiztted'Arossy,
FrançoisBaron
Tonjeun & du Hengaaussi
emier Escuier de Jean d'Alet
Roy de Navarre, qui é-
Dusa Jeanne de Belsunce,
où sortit Henry, Baron de
onjeun&rdu Henga,premier
cuier du mesme Roy. Il fut
arié avecCatherine deMar- , de la famille du fameux
lerre de Marca nommé à
Archevesché de Paris. Ils
rent un fils nommé Jean,
ui fut encore premier Ecuier
de Jeanne d'Albret femme d
Antoine de Bourbon Roy de
Navarre,&ensuuiteControleur
général de ce Royaume. Ce
luy-cy suivit la nouvelle Re
ligion s'estant uniquemen
dévoüé àcettePrincesse quile
mariaàl'HeritieredelaMai
son d'Unallins. De ce mariage
naquit Daniel
, Baron d(
Tonjeun&du Hengaquiab
jura leCalvinisme,&fut pour
veu de la charge de Lieute
O nant general de la Senechaus
sée - Lannes à S. Sever e -des à er
Gascogne, homme de grand*
Litterature,&que leCollège
s JesuitesdePaureconnoist
sur soninsignebien-faieur.
IléppusaJeanne Daba-
Fille d'Antoine Marquis
Arboncane& de Massac
>
en eut Jean. Pierre Baron
Tonjeun& duHenga,
purveu, de la mesmecharge
son Pere,quieut poursem-
Marie Loüise d'Amou filde
Jaques, Marquis d'Aou,
deBonnet,&desaint
e,&deFrançoise de Poyan-
,
dont les ayeux ont été
nevalieresdes Ordres du
oy,Viceroisde Navarre,
Gouverneurs dtDdQ & dç
Navarins. Jean Pierre eut
pour Fi s Louis,Baron de
Tonjeun,duHenga, de Batz,
deCastan, de Haur sse, aunt
Lieutenantgénéral de saint
Sever, qui aépousé Marie
de Batz Fille deJoseph, Vicomted'Aurisse,
Baron dela
Mothe, Seigneur de Saintrailles
&de laBurthe,Lieutenant
particulier du mesme
Siege. De ce mariage est dru
Mrle Baron du Barry dontje
viens de vousparler. C'est un
jeune Seigneur qui donnede
sortgrandes esperancesp
son xlprn: ££^zx sa wcion
oDnnttil Y a peu d'exclllples 'â, il y d'exemples à
nâ^e,
L'Oraison funebre de feu
onfieuL* le Prince faite par
P. Bourdaloüe n'est point
icore imprimée, &c'estun
dre bien difficile à executer
leceluyque vous me don-
:z de vous en entretenir,
L
attendant qu'elle soit renie
publique. Ce n'est pas
ns peine que je me eesous à
)us satisfaire. Ma memoire;
largée de toutes les nouvel-
; que jeme suis engagé de
>us mander chaque mois,
tpojura mefournir dequov
remplir lidée que vous devez
avoir d'un Ouvrage qui a fait
l'admiration de tous ceux qui
en ont pu juger par eux mesmes
; & j'auray de la peine à
rapeller ce que i'avois oublié
dans la pensée que cette Oraison
funebre seroitimprimée
autant qu'il falust finir
ma Lettre. Soyez donc persuadée
que jene vous en parle
que pour contenter vostre
in parience
,
& que tout ce
que je vay vous en dire ne
scauroit aprocherdes moindres
beautez decetexcellent
Panégyrique. .• i-' j; 1
i
Jl dit dans son texte qui
toit tiré du Livre des Rois,
u'il estoit mort, un Grand
.,J très Grand, & en fit enlite
une tres juste aplication
la mort de Monsieur le
rince; puis s'estant expliqué
urcequ'il ne vouloit point
lire d'Eloge, il dit qu'il
arleroit feulement des qualitez
'un coeur Chrestien, ( & ce
oeurestoitceluy de Monteur
le Prince
,
&que quoy
qu'il dûst passer par dessus
es choies qui avoient fait
riller unesi belle vie, il auoit
de la peine mesme dans
1
le peu qu'il se proposoit de
dire à remplir ce qu'on pouvoit
attendre de luy.Que les
actions de feu Monsieur le
Prince estoient de celles qui
sont generalement connuës,
& que s'illuy échappoitquelques
unes de celles
qu'il devoitmarquer, il les1
chercheroit dans les coeurs
de ses Auditeurs. Comme le^
sujetde sondiscours regar-I
doit le coeur, parce que le
coeur deMonsieur le Prince
est inhumé dans l'Eglise des»!
Jesuites appelléede S.Louis, ilpartagea son discoursen
points
,
qu'il fit voir
re autantdequalitez du
ur dece grand Prince.
s troisqualitez estoient
les d'un coeur solide,
les d'un coeur droit
, celles d'un coeurChrên.
Il dit que lecoeur solide
oit la force de suporter sa
oire ;& ne s'enlaissoit
int éblouir, quele coeur
oit gardoitson caracte-
,
mesme pendant les dereemens
ausquels leshom-
; essontsujets, &quele
eurChrestienfaisoitcon-
,
noistre ce qu'il est, par sa
pieté, & par la mort Chrêtienne
de celuy qui posse,
doit veritablement uncoeur
Chretien. Il ajousta que ces
trois points pouvoient avoir
du raport à la Lettre que feu
Monsieur le Prince avoit
ééccrriitteeaauuRRooyy un ppeel:u1 avant
sa mort, où il parloit du
commencement, du milieu,
'3c de la fin de sa vie. 1
q Ce grandOrateur fit voir
dans le premier point qui regardoit
le coeur solide, de
1-
quellemaniere Monsieur le
Prince avoit, pourainsi dire,
triomphé
riomphé de sa gloire, en ne
laissant point ébloüit à
éclat, dont elleoffusque
reux mesmes qu'elle éleve,
& pour mettre en son jour
a solidité du coeur du Prince
lont il parloit, il crut qu'il
e devoit depeindre entier,
nais avant que d'entrer dans
cette peinture, il en fit une
pour
luy
servir deprelude,
de tous les dcfauts qui sont
meslez aux grandes qualitez
des hommes qui brillent le
plus dans le monde. Il peignit
des Braves sans esprit
qui mettent leur ignorance
a couvert de leurs Exploits;
des hommes d'esprit qui
nn''ooinitt ppooiilnitt ddee jugement, &
j tigcmeiit, beaucoup d'autres qui paroissent
avec éclat dans de
grands emplois
,
& qui hors
les choies quiregardent ces
emplois ne donnent aucunes
marques d esprit Enfin il
parcourut une grande partie
de tous les Etats , &
de tous les caractères des
hommes, & aprés avoir fait
connoistre que les plus parfaits
avoient des defauts
j,
il
sir voir que feu Monsieur le
Princen'enavoit eu aucun,
Sl dit en faisant son applica
cionà ce Prince,qu'on avoit
m un homme parfait, qu'il
Faloit des Siecles pour en
produire un semblable,qu'on
en avoit vu un,& qu'on n'en
verroitpeut-estre plus. Il fit
enfuitc une peinture de l'état
de la France aprés la
mort du feu Roy, & peignit
les divers mouvemens d'une
Regence tumultueuse, & les
differens Partis que font
former pendant ces temps
difficiles , les interests opposez
des Princes & des
Courtisans. Il passa de là à
l'esperance que l'Espagne
fondoit surnos desordres, &
fîtvoir de quelle maniere feu
Monsieur le Prince dissipa
toutes nos frayeurs en gagnant
la bataille de Rocroy,
& conduisant nos Armées
avec toute la prudence d'un
grand Capitaine dans un
âge, oùil sembloit qu'illuy
devoit estre difficilede [c
conduire luy-mesme. Il fit
connoistre par là & par les
autres victoires de ce Pince
que rien n estoit plus solide
que sa gloire, & qu'il en estoitdigne,
puisqu'ilenavoir
toûjours suportél'éclat avec
uneégale modération qu'il
nn''eenn-aavvooititppooiinnttcesfttéééébbllaoüüyy,,
qu'il n'avoit jamais rien écrit
à son avantage, maisqu'il
avoit toûjours tâché d'élever
ceux qui l'avoient accompagné
dans le péril,
ayant en toute occasion
rendu justice au merite, 8c
n'ayant jamais manqué à
personne; de sorte qu'on
pouvoit dire de luy, qu'il
avoir toujours esté bonPere,
bon Amy &bonMaistre. Il
dit encore pour faire voirla
solidité de la gloire deMonsieur
le Prince, que bien
qu'il n'y eust point d'homme
J au monde plus capable que
luy d'écrire des mémoires de
savie. quiauroient pû servirà
sonHistoire il n'avoit
jamais voulu y consentir,-& '!
qu'il avoir toûjoursditque
c'estoit l'Histoire du Roy qu'il falloit écrire.Il pritde
; Il sujet de parler de l'amour;
que Monsieur le Prince a- j
lavoit pour Sa Majesté, & de j confiance & de l'dhmei
de 'ce Grand Monarque
qu'il avoit regagnée par ce grand amour, Il fit connoî-
"l
teen parlant delalolidite:
le sa gloire, les ordres seve- I
es qu'il donnoit pour em- i
escher les impietez des
Troupes, & n'oublia pas de
lire qu'aprés le gain d'une j Ilen faisoittoûjours (1
rend re graces à Dieu par tou- )
1tarmée) & le remercioit à r
genoux. Il fitenfin un por- j
:rait de tout ce qui pouvoit
mettre de la vanité dans le
coeur de l homme le plus
moderé, & fit voir qu'en
quelque occasion que ce fust,
Monsieur le Prince s'estoit
toujourspossedé au milieu
de sa gloire, & qu'ainsi l'usage
qu'il en faisoit le ren- doit beaucoup plus grand
que la gloire mesme dont il
le couvroitcontinuellement,
piusqu'il estoit capable de la
supporter.
Comme le second point
regardoit le milieu de la vie
de ce Prince, pendant lequelilsembloit
quece grand
Astre eust elle eclipsé,le Pcrc
Bourdalouë fitvoir qu'il y
avoit des eclipses plus brillantes
que la lumière~ &
voulant ensuite prouver
-
la
droitured'un coeur,mesme
lans les egaremens delavie,
& dans les déreglemens qui
tous éloignent deDieu,il dit
qu'aucun de ceux quiavoient
parlé de Monsieur le Prince
n'avoitosé toucher cet endroit,
quoy qu'on ne le pust
gnorer, mais qu'il ne laisseroitpas
d'en dire beaucoup
de choses, par ce qu'il
estoit seur de donner par là.
un très grand éclat à la
gloire de ce Prince. Il le peignit
dans ses re lâchemens
pour Dieu & pour le Roy,
& fit
voiràl'égarddes
dermers
qu'il s'y estoit trouvé
forcé, mais que son coeur
n'avoir jamaisesté égaré
pour le Roy; quil s'eitoit
toujours souvenu de ce qti il
devoit à SaMajesté ; qu'il
l'avoirtoujours fait connoistreau
Prince son fils dans le
temps qu'il estoit hors du 1
Royaume, & qu'il luyavoit j
toujours recommandé un
grand attachement,&un
grand amour pour la pcrsonne
du Roy;que dans ce
tem ps de son relâchement
rien n'estoitégal au chagrin
qu'il en souffroit, mais qu'il
estoitengagé, & quecependant
au milieu decerelâhement
ilfaisoit tout ce
ui pouvoit marqner un bon
xur, & mesme de l'attache-
~ent pour le Roy,quoyquil
fuit éloigné, & qu'il fuit
ans un Party contraire,
pi qu'il avoit plusieurs fois
fuse ce qui pouvoir l'en
loigner davantage, n'ayant
jamais voulu accepter de
ouverainetez, quoy qu'on
uy en eust souvent offert.
l parla du desinteressement
Q ce Prince dans la Paix des
Pirenées, & fit voir qu'il
l'avoit point voulu que les
~interst empesc ha ssent qu-
1
on ne la conclust, & qu'en
cette occasion l'amitiédu
Roy estoit tout ce qu'il avoit
souhaité Ilfinit la premiere
partie de ce second point en
prouvant que rien n'estoit
plus glorieux au Roy que 1
chagrin que feu Monsieur 1
Prince avoit eu den'estre pas
dans les bonnes graces,
les remords qui l'avoient
continuellement agité. Il fis
voir dans la seconde partie
de ce point qui regardoit la
droiture du coeur de Mon
sieur le Prince à l'égard d,
la Religion, que dans son
~is grand relâchement il
~oit toujours connu Dieu,
qu'il n'avoit jamais eu aune
pensée qui approchait
l'A theisme, ce qui luy
~onna lieu de faire une tresse
peinture des Athées; il
fit aussiune pour marquer
quelle maniere Moniteur
Prince avoit pris plaisir à
éclaircir de toutes les cho-
5 qui régardoient la Relison
,
& comme il avoit
toujours estépénétré des vetez
qu'elle enseigne, & il
attacha à faire connoistre
ne la droiture du coeur de
ce Prince pour la Religion,
estoitunepreve de sa bonté,
& une conviction pour
les Athées.
Son dernier peineregardantla
pieté du coeur Chrétien,
il dit qu'un Heros
Chretien n'atendoit pas le
moment de sa mort pour se
préparer à quitcr la vie,&fit
une tres belle peinture des
detours qu'il faut prendre
pour parler de la mort aux
personnes qui sonttellement
attachées au monde qu'elles
ne peuvent sans se faire une
extrême violence entendre
rler de le quiter, & a qui le
H de Sacrement fait tant
peur. Il parla ensuite de la
~micrc dont Monsieur le
~ince s'estoit depuis lon gmpspréparé
à la mort, de
confiance
,
& de sa fer-
~été, & fit un éloge de Mame
la Duchesse, à present
àdame la Princesse
,
dont
temple avoit beaucoup
^, vy à le détacher du mon-
Il fit voir comme il se- tarraché à luy mesme en
crachantàses Enfans,pour
penser qu'à la mort» &
mme il avoitsouhaité de I <
soufrir encore davant ge
qu'il ne soufroit. Cela fut:
suivy d'une peinture de sa
mort Chretienne, qui mari
quoit une ame predestinée&
il dit pourtantqu'il n'entreprenoit
pas de la faire aprés
l'Illustre ôc sçavant Prelat qu
l'avoit faite avant luy; pui
il dit par raport à ses trois
points que ce Prince avoit
suporté sa gloire dans sa
dgraannsdeur, conservé sa foy
les égaremens
,
& en
seigné au Prince son fils cej
qu'il devoit au Roy, & sous
- fcrt tes douleurs, & l'atteinte *
la mort avec toute l'égaté
d'un coeur CoUde, après
~Lioy il fit un court éloge de
Monsieur le Prince d'aujourd'
huy.&dit que sa moestie
l'empeschoit de le
Ensuite il s'adressa à
Us les Peres Iesuites qui
loient alors auprès du
~3ear de feu Monficur le
rincc. Il leur parla de ce
~sur quil leur a laissé, &
qu'ilsont eu de son vivant,
c l'estime que ce Prince a-
~Dit pour eux, puis qu'il
ur avoir confiél'éducation
~ps Princesses enfans, de la
protection qu'il leur a toujours
donnée, & finit en
leur disant que tant que leur
Corps subsisteroit,ils devoiet
faire connoistre dans l'un &
dans l'autre monde, &les
grandes qualitez de cet TnlW
comparable Prince, & l'estime,
& la bien-veillancedont
il les avoittoujours honorez.
Voilà, Madame,tout ce que
j'ay pû retenir de cette Oraison
funebre dont on a parlé
avec tant d'éloges. Je puisen
avoir transposé quelques endroits
en rapportant sur u
point cequiauraestédit Qim
u t
autre.Lamemoire le peut aiment
embarasser,lors qu'on
audroit ne rien perdre d'un
discours qui est également
eau dans chaque partie. -.ttt
M le Marquis de Noailles
épouséMademoiselleRoüil-
ElleestFilledeM Roüil-
,Conseiller d'Etat ordinai-
: dont les grands Emplois
l'ont souvent obligé de vous
parler. M le Marquis de
Noailles est né avec des qualitez
qu'il a cultivées d'une
maniere qui luy attirera toûjours
les mêmes loüanges
ue l'on ne peutrefuser à
Mrs ses Freres. Le nom de
Noailles est si connu, qu'il
n'y a rien à vous direde
cette Maison.
Le Roy fait de si grandes
choses tous les jours,& en si
grand nombre, pour le Commerce,
& pour la Religion
que ce qu'on n'auroit pas
oublié autrefois, & que l'on
auroit marquéf comme extraordinaire
,&qui le seroit
en effet pour d'autres que
pour ce Prince,se perd au
jourd'huy parmy la foule. Sa
Majesté vient d'envoyer de
nouvelles Troupes en Guiaj
la avec une Escadre de Vaisseaux,
commandée par Mrde
Fusembert d'Amblimont.
C'est un Gentilhomme qui
C'est tou jours fort distingué
lans toutes les occasionsoù
Il s'est trouvé, & dont je
rous entretins l'année derniere,
envousparlant de la
prise d'un Galion d'Espagne,
où il fit des actions furprelantesavec
M Foran.
Le 10. du mois passé, Dame
selene Lambert de Torigni,
:ernlne de M de Motteville,
premier President de la
Chambre des Comptes de
Normandie,mourut d'apo- 1
plexie à l'âge de vingt-deux
ans. Elle estoit Fille de Mrj
Lambert deTorigni,President
en laChambre desComptes
de Paris, & de Dame
Marie de l'Aubespine de
Verderonne. Mde Mottevillen'estant
encoreâgé que
de vingt-trois ans, fut receu
en 1681. par une grâce specia-«
le *du Roy,à la Charge de
premier President dela
Chambre des Comptes de
Normandie, à cause des services
que Mrs deMotteville
ses Predecesseurs ont rendu
j~
Sa Majesté dans l'exercice
: cette Charge, qu'ils ont
Újours possedée depuis la
cation de cette Chambre.
Le 6. de ce mois M le
~'ince d'Izenghien,issu d'udes
plus illustres Maisons
: Flandre,mourut à Versailsaprésune
maladie de quelles
jours, n'ayant guere plus
trente ans. Il avoit épousé
le des Filles de Mr le Machal
de Humieres,dontil
eu cinq Enfans, que le Roy
pris fous sa protection.
Cette mort fut suivie le II.
~scelle de Messire François
Lure, Evesque d'Amiens.
Ilestoit Gentilhommed'An.
goumois, &issu d'un Chan
celier de France du nom de
Faure. Il se fit fort jeune de
l'Ordre de Saint François,&
s'y distingua d'abord par son
esprit,par sa conduite & par
sa capacité. Il fut fait Docteur
dans la Faculté de Théologiede
Paris, & eut de bonne
heure les premières Char-1
ges de son Ordre.Il comméça
à prescher avec succésdevant
le feu Cardinal de Richelieu,
& continua devant la Reyne]
Anne d'Austriche, avant &
pendant laRegence. Il me-1
----
par ses excellentes Predi-
~ions> & par les services
'il rendit à l'Estat dans le
nps des Troubles de Paris,
estre faitEvesquede Glan-
~ve. Mais ce poste n'ayant
esté jugé tout-à-fait die
de luy, on le fit Evesque
Amiens
,
où il a mené une
» si exemplaire, qu'il fera
~jours un vray modelle de
~elat. Il a esté plusieurs ances
Maître de l'Oratoire du
~)y? & il avoit un zele pour
Monarque qui ne luy lais-
H perdre aucune occasion
: le servir ou de le louer.
rPendant la peste quiafflige
la Ville d'Amiens
,
ils'y en
ferma, secourut les pauvre
-
de tout ce qu'il avoir, & le
vifitoit sans nulle précaution
, pour sa santé. Il futattaquél
d'apoplexie,&enmourut 1
,
4,,
lendemain âgéde78ans.
< Mademoiselle de Jarnac; :fille d'honneur deMadame
v
la Dauphine,est morteàVer-
; failles. Elleestoit-du Carrousel,
& je vous ay entretenuë
d'elle dans la descriptionque
-
je vous en ay envoyée. e3
Mademoiselle de Simiane
est morte dans demesme
~emps ; je vous en parlay lors
qu'elle fut reccuëFille d'honleur
de Madame, i
Vous n'entendez , ditesvous,
parler que du voyage
leMr
le
Chevalier Chardin,
Imprimé en Angleterre,en
Hollande, & enFrance. Vous
n'en demandez la raison,&
ce que c'est que cet ouvrage; faut vous éclaircir surces
deux choses,c'est le Journal
d'unvoyage fait en Perse &
LUX Indes Orientales parla
Mernoire) & par la Colthide.
L'Auteur a parcouru
toute laPerse,&l'a traversée
en long & en large, il a vû
les Mers Caspienne, & Oceane
d'un bout à l'autre,& ses
Frontieres en Armenie, en
Iberie, en Medie, & en Arabie
, vers le Fleuve Indus.
Ainsi l'on voit dans cet Ouvrage
quantité dechorescurieusestouchant
ces Mers, &
ces Païs là, qu'on ne trouve
point dans les autres voyages
dePerse. Ce Livre con- Dtient dix-huit Figures en
taille douce tres-curieuses,
parmy lesquelles il y en a,de
fort grandes,il a esté imprimé
,infolioCII
v -
arce quel'Autheur quideeute
à Londres, l'y a fait
nprimer. Ensuitecomme
s Hollandois profitent de
pus les Ouvrages qui ont
uelque reputation ,
ils l'ont
lit imprimer indouze, &" t
uantité de matiere d'un in
lio ne pouvant entrer d.-,r,.s
n in douze, à moins que de
faire d'uncaractere fort
henu, celuy de cet in douze
est trouvé si petit qu'on ne
peutlire sans peine, de sorque
le Sr Amaury,Libraire
Lyon, voulant satisfaire le
ublic, a fait deux Volumes
in .:tlouze' de ce qui estoit en1
un. Son impression qui est
sur de tres-beau papier,est
belle& correde ,& l'on
peut dire qu'elle est la plus"
complete des trois qui ont
estéfaites, parce qu'il y a
fait ajouter des remarques
presque en chaque page qui
épargnent au Lecteur la peine
de chercher beaucoup
d'endroits. Ces deux Volumesse
trouvent àParis dans la -
court neuve du Palais au
Dauphin, chez le Sieur
Gueroult, qui debite aussi un
Livrenouveau, intitulé, EpitresMorales&AcademiuesElles
sont deMrSabatier,
se l' Academie Royale d'Ares,
sur divers sujets traitez en
ers d'une maniere fort areable.
Il y en a 54.&asseurenent
vous trouverez cet Ourage
tres-digne de son Auheur
,qui s'est acquis beauoup
de réputation en le
annant au Public.
On avû paroistre aussi deuis
peu de temps un Journal
ort curieux ce fort estimé,
est celuy du Voyage de
am. Aprés tant de differens
Relations qui en ont esté
ites, vous ferez sans doute
surprise d'entendre encore
parler d'un gros Volume in
quarto sur cette ,
matiere.
Comme le Roy fait tout avec
une prudence & une penetration
inconcevable, Sa
Majesté ayantnommé Mr le
Chevalier de Chaumont son
Ambassadeur auprés du Roy
deSiam, nommaMr l'Abbé J
de Choisy pour y deineurer.,
en la mesme qualité,après le
départ de ce Chevalier, en
cas que le Roy de Siam se sist
Chretien,ainsi que plusieurs
personnes qui l'avoient souvent
entretenu se l'estoient i
ersuadé. Mr l'Abbé - de
Choisy promit en partant à
1 l'Abbé de Dangeau,que
epuis le jour de son embaruement
à Brest, jusques à
eluy de son debarquement
ans le mesme Port, il luy
criroit tous les jours une
ettre de ce qui se passeroit
endant son voyage; qu'il
mettroit à, part ?
& que
ute de Courrier, illuy doneroitàson
retour toutes ses
ettres luy - mesme. Il luy
tenu parole, & illuy fit
* present à son arrivée, en le
riant dene le point donner
i
au public, tant par l'honnesteté
qu'il voulut bien avoir
pour M le Chevalier de
Chaumont qui devoit faire
im primer la Relation de son
voyage, que parce qu'il ne
jugeoït pasa propos de faire
voir le jour à des Lettres
qu'ilavoit écrites d'un stile
sami lier. Ce fut inutilement
que ses amisl'enpresserent,il
y resista toujours, maisenfin
l'empressement qu'on aeude
voir ces Lettres les ayant fait
passer en diverses mains, il a
esté obligé de consentirà
cette Impression plustost que
: les voir tronquées & mal imprices.
Le nom de M.l'Abbé de
hoisy suffit pour vous faire estier
cet ouvrage.Vousy trouverez
aucoup d'agrément d'esprit avec
le grande exactitude accompace
de plufienrspartie^Luirez .1
: lent dans aucune desRelations
ont paru. Jaiouteray en vous
rlant de livres nouveaux, que
l'Abbé de Fenelon en a fait
puis peu vn qui doit estre d'une
ande utilité pour ceux qui s'enoudront
servir. Il traite a fond de
:ducation des Filles, Se le stile en
t fort net. L'Auteur s'explique
une maniere qui ne fait rien voir
: difficile dans les choses qu'il
opose.
Mrs Rault de Roüen ; la Prai-
Cairon Mathematicien à Caën,
l'indifferent de la rüe des
Bernardins ont expliqué la premiere
des deux Enigmes sur le
Sommeil qui en estoit le vray (ens/
La seconde a estééxpliquéesur /C
Z ro
p^M" Hutuge d Orléans,
Merier Maistre à chanteràCaën,
deMaronniers, des Marronniers.
A. P Boifid de S. Romain,Lour- !
det, Pratiquée le fils, Muficiende
Saint Estienne à Caën,Frerci
Binet,les Amans mal assortis,
l'Amant de la belle Procureuse:> l'Amant au desespoir, leveneralle
Clerc,le GrandVoyageur dans le
Monde de la Lune, M. Belier, la
plus passionnée en amour, la sçavante
Manon aucoeursensible 8c
sa confidente, Philis, l'Aisnée des
deux Bergeres du B. couronné,
les deux jeunesAvocatesde Quimper,
la Marquise des Grais & son
., ',,.
amie dela rüe du Meurier;l'illustre
Assemblée du beau sexe du Fauxbourg
S. Germain, 6c la Babillarde
du mesme lieu.
La premiere des deuxEnigmes
nouvelles quejevous envoyé, est
de M. Rault de Rouën, & la seconde
de L. P.P. ENIGME.
J E fuis filleulestvray
»
maisperdant
ma pudeur
raccufe de crime mon Pere,
: Il est cause de mon malheur ,
- E je lefuis de sa miftyt. f paffe par lefeu, les fers & les travaux
Et luy , comme auteur de mes maux,
1 IIest en périt desa vie.
..VoJctnoftre bisarrefort,
L Loys que la pudeur m'cff ravie,
ncor quesonenfant t je le livre a 14
mort,
AUTRE ENIGME.
] E Juls quelque chose de drôle,
DesGrands je fais Camusement.
Il n'efi par man moyen perfollne qui ne
'vole:
le ne vous diray pas ny pourquoJ, 11}
commet.
lem: Contente de vous dire
JQu'on tn cjj; aanger pourses os Et que 1'011 trouve un genre de martirt
Où torn nee doitpchercoherqus'un.tra:nqHS/r Vousavez trouvé un Printemps
au commencementdecette L ettres,
voi-cy une autre Chanson du mesme
Autheur. ,
AIR NOUVEAU. t
TOVTES les fois que je vous voY l'
le sens certain je ne sçay qHOj
Quimefaitunplaijîrextrême.i
AiesJoins pour vousfont emprejf^»
-1--.,r@,,e VOIIS en~7- ~-~::~
Cequin'apointencore
est toûjours estésçeu l'apprennentn,oquuvaenadu pourceux qui
mIT1C ne seseroitpas.Je
dechosespour reserve beaucoup
quivousparoistrloentmnooiusveplrloescphaairn-,
cequevous lesignora,i'yioindray
unarticledesmodesnouvelles.Je
ànevousdisrien duvoyageduRoy Luxembourg,parcequel'espere
qu'il feralesujetd'une
Lettre
en- tiere,&qu'ainsije
voyeraydeuxlemoisvporuoscehnaeinn.-
C'estparlamesme
nevonsparle raison que ie point aujourd'huydes Beneficesquiontestédonnez
puis de- PC"i-q tionayantestéfaitependantle
voyage, CC que l'ay à vous c:n pa.
prendre se trouvera dans la Relation
iournaliere que ie vous en envoyeray.
Je fuis, Madame, &c.
AParis , ce 31. May 1687. -
I.Avi$ pour placer les Figures. 'Air qui commence par,Taisezvous,
Rossigneis,vostre chant m'importunne,
doitregarder la page 43. j
, Le Pont d'Esseck doit regarder
la page254
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