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ï~Ilt"t"TU-, R-rIttr~LàYi-
CALMmr,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
AV ?ALAI$.
A PARIS, -
0N donnera toûjours un Volume
nouveau du Meicure Galant le
premier icur de chaque Moi., & on
le vendra,Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
ChezG. DE LUYNE, au Palais, dans la
Salle des Merciers, àlaJustice.
T. GIRARD, au Palais, dans laGrande
Salle, à l'Envie.
Et MICHEL GUEROULT, Court-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXVII.
AVEC PRIVILEGE DV ROT.
AVIS DU LIBRAIRE
AU LECTEUR,
,,,, de la Ca mpagne: LA longue maladie de celuy
qui uendoit le Mercure avant
moy , en ayantJowvent fait
retarder le debit depuis une année,
&reculéJur tout les Ennjoys qui
Je faisoient à la Campagne,j'avertis
tousceux qui feuhaiteront l'avoir,
que non feulement je tacheray
de reflablir les chcfes par mes
foins, enferte que le Mercure se
trouvera imprimé au commenceles
Libraires qui les vendront;
Quand il Je rencontreraauon demandera
ces Livres a la fin du
mois
, on les joindra au Mercure,
afin de les envoyer dans le mejme
paquft. Tout celaferaexecutéavec
une exaflitude dont on aura tout
lieu desire content. Je prie jèulement
qu'on aitJoin d'affranchir les
Lettres de port, C'F de le faire
marquerjùr lefilitei Lettres.
Je debiteray au premier jour
le Voyage de M. le Chevalier
Chardin,enrichy dequantitéde
Figures,
Ahit pour placer les Figures.
L- Air qui commence .par, La charmilnte
Beauté que mon amour adore
,
doit regarder lx page 68.
, La Chanson qui commence par, Il ri(si plus temps de répandre des lartvies
,
doit regarder la page 161.
Le Chasteau de Mongais doit regarder
la page ioi
pAR Grace & Privilege du Roy, donné
Chaville, Ici# IaiB«i68?. Signé, Par
le Royen Íon Co»fei'l,IUNQUIERIS, Il est
pernis au Sieur IXAH-HIAU, Ecuyer, Sîeur
Devizé, de continuer de faire irnprimer)vr-ndre
&débiter le Livre intitulé, MERCURE
GALANT,contenant plusieurs Rclations,
Histoires ,. & généralement tout ce qui dépendduditLivre
, parce! Imprimeurqu'il,
voudra choisir ; Et defenses font faites à tous Imprimeurs & Libraires, & tous autres de
faire imprimer, vendre & debier ledit Livre,
111 graver aueunes Planches servant à l'orne -
ment d'iceluy, ny mesme de le donner àlire,
pendant le temps & espace de dix années
eiitieies,,1e tout à peine desix mille livres
d'amende contre les Ccintrevenansainsiqueplus
au long il ell porté esdites Lettres.
Registré sur le Livre dela Communauté,,,
aux chaires & conditionsportées, le 14.
Septembre166-5. SJgac; ANGOT, Syndic.
Ledit Sieur DEVIZE' acedé son droit dupresentPrivilege
à Michel Gueroult Libraire
, pouren jouir suivant l'accord fait
entr'eux.
riER-C,VRE:,"
CA,L-Pnt(T--
AVKIL 1687-
SH-t
J~njs
N vous parlant sur la
fin de ma Lettre du
mois passé de tous les
devoirs de Chrefticn & de Roy
que SaMajesté a remplis pendant
la Semaine-Sainte
, avec
lezele édifiant,& la pieté fervente
qui luy font ordinaires
j'ayoublié de vous dire que Il
Jeudy Saint M. l'Abbé Cap.
peau avoit presché le Sermoi
de la Cenc. C'est le mesme qu
l'année derniere prescha dan:
une pareille occasion devan
Monseigneur le Dauphin. Ce
choix réiteré parle assez à l'avantage
de cet Abbé, (àns qui
foit besoin de luy donner icj
les louanges qu'il a meritées
Après avoir traitél'Evangile du
jour d'une maniéré aussi sainte
qu'éloquente, il parlade l'amour
des Peuples pourle Roy,
&de la tendresse du Roy pour
sesPeuples, des larmes de joye
de ces Sujets zelez
,
de leurs
voeux & de leurs prieres pour la
Personne sacrée de leur Souverain.
La peinture qu'il en fit,
parut tout-à-fait chrestienne,
& il n'y eut personne qui n'en
fuit touché. Aussi faut-il demeurer
d'accord qu'on ne peut
trop admirer l'ardent amour
qu'ils ont pour leur Prince,l'ay
presqueremply cinq ou six de
mes Lettres des marques éclatantes
qu'ils en ont données. La
derniere ne contient que d'ingenieuses
Festes,où cet amour a
paru de toutes les manieres dont
il a esté possibleà des Sujets de
ql'exprimer, & toûjours accompagné
d'un emportement tendre
& respectueux, mais comme
leurzeleestsans égal,c'est
une matière inépuisable. Ainsi
je me vois obligé de vous en
parler encore,mais il faut auparavant
vous entretenir de
quelques autres Articles,&vous
faire voir les sentimens que ces
saintes réjouissances ont inspirez
à Sa Majesté. Je vous ay
fait la peinture d'un
*
nombre
infiny de sesactions;jevousay
rapporté chaque fois des parolesde
ce Prince,qui en eaufant
l'admiration de toute la
terre, ont fait croire que sa
grandeur d'ame, & sa pieté ne
pouvoient aller plus loin. Cependant
voicy encore quelque
chose de nouveau, que les prieres
des Peuples, & les voeux
qu'ils ont adressezauCiel pour
ce grand Monarque, lu y ont
fait résoudrey& dont on verra
bien-tost l'execution. Pendant
que tous mesPeuples dit le Roy
ilya quelque temps ,sont aux
pieds des Àutels
, pour remercier
Dieu du retour de ma santé,qu'il
f aaccordée à leurs prieres,ie dois
l à1 mon tour 1luy fsaiire voir ma retonnoiffancepardes
actionsdegraces
particulièrespour cela i'ay resolu
delityfaire rendre tous les tours des
hhoonnnreieuursrqsquue.et.ul'fuâsgaegreina'a pa«s mcore pas -encore
établis.Il voulut en mefrne temps
que Mr l'Archevesque ordonnailà
rous les Curer de P.irk,
dw Lire ';(:?-..,,",\,bîer chacun dans
sa Paroisse les Marguilliers
d'honneur, les autres Marguitliers,
& quelques-uns des plus
notables Paroissiens
,
afin que
dans l'assèmblée qu'ils auroient
pri; foin de convoquer,chacun
fist faire un projet de la maniere
dont onpourrait porter le
Viatique aux Malades avec plus.
d'éclat & plus de decence que
l'on n'a accoutumé. Il ordonna
aussi que ces differens projets
(eroient remis entre les
mains de Mr Y Archevesque, qui
les luy rapporteroit3afin que Sa
Majeité pull choisir celuy qui
luy agréroit le plus, ou bien en
former un de tous ceux qui luy
plairoient davantage. On doit
cxccuLercedesseinftns diftindtion
de rang, c'cftàdire qu'on
portera le saint Viatique au deri,
nier du Peuple avec autant de
[ pompe & d'éclat,qu'aux Pertonnes
les plus qtialifiéesi
: Dans lehaut degré de gloire
ou le Roy a mis la France, peutelle
faire une priere moins ardente
pour la conservation de
ce Monarque, que celle qui cil:
contenue dans ce Sonnet de Mr
Mignot de Bussi ,de l'A cademie
deVilleneuve?
PRIERE DE LA FRANCE
A DIEU. TAbonté3 Dieu puijjant3 estla
source fécondé
De la gloire & dei biens que par tout
jereçoy,
Mais LOI)1S fjl la main qui les
répand sur moy i
A regner, à donner tu veux qu'il te
fécond^.
Avecéclat enluy tasagesse profonde
( d'un saint Roy.
7-oint Sr le bras d'un Heros & le coeur
l'un farsapuissanceimpose à tous
la loy
y
(monde.
L'autre rj; par faverlu les delces du
Drferruresbienfaitsrïarreftepoint!
le cours Oblige la Nial ture à refpeUer les
jours
De celuy quelle voit forcer ions les
objlacles.
Tu l'as mis au dessus du resse des
Mortels)
Tufais que tousfisptU fontautant
de miracles.
Ah! grand Dieu, fais-en un qui Isî
rende hernels,
LaDevise que j'ajoûte à ce
Sonnet, est de M Rault, de
Roüen. Elle a pour corps le
Soleil,qui perce les nuages &:
dissipe les ombres dont il estoit
environné pendant lanuit. Ces
mots en font l'ame
,
Clarior et
tenebris.
Telquemalgré leurs voiles sombreS
UAjtre qui ramene le jour,
chJffi & dlf/ipe à son retour
L'horreur de la nuit,& les ombres:
ZOVJS, ce Hérosfins pareil,
Attaqué de douleurs aiguëç,
Jid-tigré leurs pointescontinues,
En triomphe, apfjî-bitn que l'on voit
ie Soleil
Parses Premiers rayons mettre enfuite
les nues.
Voicy d'autres Vers faits
pour le Roy. Ils font de l'illustre
Madamedes Houlieres, qui
pour faire voir la secondité de
son genie, a vou l u s'assu jetit
dans tous les Vers feminins à la
ici,1enmcenouille. AMoureux RoJ/to^nol, de qui la
voix chatouille
Voreille & le coeur à la fois;
,Zepbirs, qw mtrwurez^dans le fond
( deceBois,
[ Ruisseauxyde quil'ondeyi%ouilie, tTaifez^vous,laissez,-moy dans un
s profondrepos
Resuerquelques momem au plus
f grand des lleroJ.
Jamais d'une Campagne il tieflforty
f bredoüille;
Des quefes Ennemis ont osé l'irriter,
Sur eux en l'a veu remporter
Plut d'une glorieuse & superbe dépouille.
Rien ne rcfîfte à sa valeurr
Tout rit à ses dejirs; mtllhcur, trois
fois malheur
Aquiconqueavec luy sebrouille,
Jiien quun calme profondregne dam
ses Etats,
Ses Guerriers toutefois ne se reposent
pas.
De peur que dans la Paix leur vertu
ne serouille,
Tantost le ssir Soldatparsa veueani-
1 me
S'exerce dans la plained"Ou\Ue;
Ettantoft dans un Camp ponrjix mois
renfermé
Jlfait fintinelle & patrouille.
.J/Etat ne souffre point de ses grands
mouvemens, ( breux Camps
En pleine seureté prés de ses nom-
Meurit le doux raisin, (*7- grof/iç la
citrouille,
La Vache y passi l'herhtJ'!/) £7* 1,4
Canneyfirfouill-e.
Vavare Laboureur y moiffinne ses
champs,
Sa fille sans danger y file sa quenouille
,
Et jamais il ne voit sans de prompts
payemens
Emporter le lard & l*andouille,
Deson chetiffoyeruniques ornemens.
En vain dans le vieux temps je
fouille
Pour pouvoir comparer ses faits à
dtautres faits ;
Les antiques HeriS ont toûjours quelque
mais,
Ouquelquesiquiles barbouille,
EtchezLOVIS LE GRANL
on n'en trouve jamais.
Dans les travaux de Mars) dans lt
fein de la Paix
Par nul dérèglement fil gloire ne si
fouilie.
Puisse-t-d triompher toujours,
poifJe-t-d ne paffir que d'agreablei
jours!
_9,le jamais de pleurs on ne mouille
Les Autels pour un Roysigrand, si
flJrtuné;
Devant eux qu'on ne s*agenoulle
Que pour bénir leCieldenous l'avoir
donné.
Apres vous avoir envoyé dans
plu sieurs de mes Lettres des
morceaux separez touchant la
Peinture des plus éclatans endroits
de Versailles, & vous en
avoir raie l'entiere description
dans la seconde & troisiéme
partie de la Relation de l'Ambassade
de Siam en France, je
vous envoye celle des deux
Salons qui font aux deux bouts
de la grande Galerie du mesme
Chasteau. Comme ils ne font
achevez que depuis fort peu de
temps, jen'ay pû vous en faire
- part plûtost. Ces deux Salons
ont elle peints par Mrle Brun.
Si on ne peut les voir sans admirer
la beauté & la force de
son Pinceau, ainsi que la vivacité
de ses expressions, je croy
qu'on n'en pourra lire la description
sans donner de nouvelles
louanges à son excellent génie
Je devrois vous en dire davantage,
mais en lisant la description
de ces deux Salons, vous ferez
vous-mesme les reflexions que
cet Ouvrage demande.
EXPLICATION\
des deux Salons de la Galerie
de Verjàilles. ONtrouve aux deux bouts
dela Galerie de Versail-
-
les deux Salons, aboutissans aux
Apartemens du Roy & de Madame
la Dauphine. Celuy du
costé des Aparremens de Sa
Majesté sest nommé le Salon de
la Guerre,& l'autre, le Salon de
la Paix. Tous lesornemens de
Sculpture de l'un & de l'autre
font de bronze doré, & conviennent
au sujet que Mr le
Brun a representé dans ses voûtes.
Sur le couronnement des
portes du Salon dela Guerre,
les Masques des Saisonssignifient
que l'air brûlant ou glacé
n'a pû retarder la rapidité des
Conquestes de nostre Monar-
1\» que, qui a toûjours vaincu, &
dans tous les mois de l'année,
Les couronnemens des porto
du Salon de la Paix font enr
chis de telles de Mulès, qu
marquent les Sciences, & le
beaux Arts qu'ilsoûtient 81
fait fleurir par sa bonté 8
par sa magnificence. Quatre
Tableaux ceintrezrepresenten
sur les sacs de la voûte du
Salon de la Guerre, Bellone qu
détruit & renverse tout , & le'"
trois Puissances ennemies de Isi
France arméesvainement contre
elle. Tous ces Tableaux son
enfermez dans de riches bordures
de palmes, entortillées dc3
branches deLaurier,& les angles
Iranr décorez de Globes fleurdelisez
, avec des Couronnes
royales, accompagnées de trophées
d'armes en
z~reliefdoré.
Au dessus des Globes , des Ensans
colorez embouchent des
Trompettes
, pour publier les
Triomphes decette Monarchie
victorieuse, & soutiennent des
Cartouches à fond verd,rehaussez
d'or, avec la Devise du
Prince qui la gouverne.
, I. Tableauy dans la Coupe"
Le premier Tableau est au
milieu de la voûte.On y voit
la France sur un nuage, la fou,.
dre en main. L'Image du Roy
est peinte sur son Bouclier,
dont la force & la vertu égales
àceluy de Minerve, la mettent
à couvert de tous les coups que
ses Ennemis luy veulent porter,
la défendent de tous leurs efforts,
confondent tous leurs
projets,& cette telle precieuse
en laconservant, produit toutes
les Victoires gagnées par les
Généraux, & qui sous la forme
de belles filles aîléesy & couronnées
de Laurier, semblent
s'élever vers elle avec les marques
des lieux ou elles ont esté
remportées. Celles qu'on ap- 1
.-
perçoit fous le nuage qui soûtient
cette invincible Monarchie
,élevent deux Tableaux,où
l'on a representé dans le plus
large,Fribourg pris par Mr le
Mareschal de Crequy, & dans,
l'autre laBataille de Sinzin donnée
par Mrle Mareschal de Turenne.
Une Victoire éclatante
par lavivacité de ses draperies.
jaunes&blanches quila rendent,
remarquabre,tient des Palmes
dans l'une de ses mains & dans
l'autre une Pique & des Cordons
qui souleventunTableau,
de la défaite des Troupes d'Allemagne
que Mrle Mareschal
de Turenneforce à repasser le
Pont de Strasbourg. Une autre
Victoire aideàsoutenir ce
Tableau
,
& par cette seconde
Victoire on a pretendu marquer
que cette Bataille sur grande
& remportéesur presque tous
les Princes de l'Empire. Une
autre s'éleve au dessus de cellecy.
Elle porte un Etendard
rouge aux Armes du Prince
d'Orange. Les Trophées de plusieurs
Places conquises posez
sur la bordure, garnissent l'espace
entre ces Victoires & trois
autres, dont l'une veuë toute
entiere, éleve un Estendard
verd armoirié de Lorraine. La
seconde est pour la prise de
Luxembourg.Elletient un Bouclier
aux Armes de cette Place;
& la troisiéme porte dans ses
mains des Palmes & des Lauriers
pour couronner le Vainqueur.
Un autre Grouppe de
trois Victoires
,
dont la principaletrès-
belle & veuë pardevant,
tient les Armes de Strasbourg,
semble tranquillement
assisse sur des Trophées pour
faire entendre que cette Place a
reconnu le Roy pour son Souverain
pendant la Paix La seconde
leve un Tableau de la
prisede Schelestadt; & latroisiléme
porte sur son épaule urr
Trophée de plusieursPlaces des
moindre consequence,que les
Armées de sa Majesté ont
soumises dans les premieres
Campagnes. Une derniere Vi-
Gloire emporte la dépoüille d'un:1
des Chefs Ennemis pour exprimer
la prise de plusieurs Princes
& Généraux. -
II. Tablea.u'-,sur les ftneJlrrsr:F,,
opposées à la chcmtnée.
Ce Salon
portant le monde,
la Guerre, on a formé dans le
premier des quatre Tableaux
quii
à
qui font au dessous du milieu
dela voûte,unejuste idée du
desordre & du ravage qu'elle
porte par tout. On y voit
cette Déesseterrible & menaçante
acccompagnée de la
Rebellion & de la Discorde;
son Casque est formé d'une
telle de Lion, sur lequel un
Monstre soûtient une queuë
couleur de feu. Sa draperie de
mesme couleur marque son
ardeur pour le fang & le carnage.
Elle tient l'épée d'une
main, & son Bouclier de l'autrc.
Sur le Bouclier est peine
un Lion devorant un Taureau.
Son Char est rapidement traîné
par des chevaux fougueux
qui se mordent,foulant sous
leurs pieds des armes,& l'Autorité,
figurée par un homme
renversé. Un Soldat ayantun
chat sur son Casque
,
exprime
la Rebellion. Son action
est pleine de présomption &.:
d'orgueil il cteve une pique
d'une maniere menaçante. Entre
les débris de plusieurs bastimens.
on voit la balance de
Themis repversée.Ses Tribunaux
sont démolis, ses Arrests
font impuissans,& sa voix n'eâ
plus entenduë. 4, Religion
dont l'habit blanc marque la
pureté,estabatuë, & ne peut
se relever. Les Vases sacrez
sont brisez, les Autels détruits,
&laDiscordesla teste entourée
de serpens, porte par tout
le feu. Elleembraze tous les
cieux paroù elle paffe avec les
flambeaux qu'elle tient dans ses
mains. LaCharité en fuyant,
cherche une retraite pour sauverun
enfant qu'elle tient entre
ses bras.. & toutes ces choses,
& des hommes effrayez
marquent la juste crainte que
la Guerre sanglante répand
dans tous les coeurs.
III. Tableau.surla cheminée.
Dans ce Tableau l'Allemangne
se couvre de son Bouclier
tenant l'épéenuë
,
dont elle
semble défendre la Couronne
Imperiale -qui est prés d'elle
Elle paroist effrayée, regardant
avec étonnement laVictoire,
qui du milieu de la votU
te luy montre le Tableau ou
sontrepresentées ses Armées
sur lesquelles elle avoitfond
de hautes esperances, & formé
de vastes projets, {cicéci
derepasser le Pont de Scrasbourg
, & de chercher leui
seuretédans le sein de sesEtats.
son Aigleen paroisttout éperdu,
& semblevouloir s'envoler.
Des Soldats morts , &
d'autres renversez sur des Canons,
marquent le monde que
luy a conté cette Guerre. Un
Officierélevél'étendard de
l'Empire pour assembler de
nouvelles Troupes.DesTrompettes
sonnent l'alarme; des
Soldats s'efforcent de fraper;
d'autres fuyent, & cette variété
d'actions fait voir le defordre
de ses Armées.
I 1 lr. Tableausur les fenejrires-,
opposées à la Galerie. M
-11 L'Espagne tient une pique
dont elle semblevouloitattaquer
la France, qu'elle regarde
avec colere. Son Lion s'éleve
en rugissant contre elle, pour
faire entendre qu'elle n'a perdu
aucune occasion d'attaquer
cette Monarchie. Des Chefs,
des Soldats renversez, & plusieurs
qui fuyent, font connoiftre
sa défaite.UnOfficier
éleve le Guidon de Castille,"
dont il voudroit fra per,mais un
éclat de Tonnerre le renverse
& sacheute montre la foiblesse
de ceRoyaume. Dans le milieu
du Tableau plusieurs Etendards
de différentes couleurs
joints ensemble
,
font l'idée
des Princes que l'Espagne appella
à son secours; & pour
marquer les Places
,
les Armées,
& les Machines qu'elle
opposa pour défendre se Provinces,
ona feint des Instrumens
de Guerre, des Forteresses
qui font feu de tous
costez, & des Soldats fdifanci
d'inutiles efforts.
v. Tableau, sur la porte de la
Galerie. 1
Dans le dernier Ta- bleau duIl
Salon de la Guerre, l'efl';oy.!=ll::..
peint sur levisage de la Hollande,
Eilc fc couvre en vain
de son Bouclier pour se garantir
des éclats du Tonnerre qui
la font tomber sur son Lion
tremblant, qu'on remarque
dans une action pleine de
crainte. Il tient peu de fléches;
celles qui luy ont échapé signifientlesProvinces
conquises
par la France. Sur le
devant du Tableau une Figure
armée, le corps à moitié dans
l'eau d'où elle semble Conir)
élevant l'étendard de laHollande,
est l'Image des secours,
&des inondations ausquels les
Etats furent réduits pour (nuver
ce qui leur re stoit de Places.
Des Soldats couverts de
leurs Boucliers ,& le Sabre en
main, menacent la France qui
les renverse d'un coup defoudre,
aussi-bien que les Vaisseaux
sur lesquels ilssont, dont
les équipages&les balotstombent
dans la Mer. D'autres Figures
épouvantées de la tempeste,
& des Vaisseaux brûlans
signifient le desordre de son
Commerce & de sa Marine,
&: rappellent la memoire de
ce qui se passa à Palerme.
SALON DE LA PAIX.
On voit regner dans le
Salon de la Paix, la douceur
& le plaisir. Les mouvemens
de joye & de satisfaction ont
calmé le trouble & le desordre
que les passions les plus
violentes ont excité dans
l'autre Salon, & les Puissances
qu'on y voit seulement occupées
de la fureur des armes,
lasses d'une Guerre infruétueuse,
s'empressent en celuy-cy
de recevoir la Paix. La Peinture
y forme une vive image des
avantages que l'Europeen general
,u,f'cs Puissanceen particulier,
enontreccu. Les occupations
de ces Nations, leurs,
divertissement, & leurs Coutumes
y font ingenieusement
marquées. On yvoie le rétablissement
de la Religion, de
laJustice, des Arts,du Commerce
,& toutes les Vertus qui,
semblent abatuës & détruites
dans le Salon de la Guerre
triomphent en ce Salon des
,
vices que la Paix renverse. Les.
bordures de ces Tableaux font
composées de fleurs & de
fruits, ôe dans les angles on a
placé des Lires accompagnées
de|Caducées& de Cornes d'abondance,
pour exprimer l'accord
& la fertilité d'un si heureux
temps. Les enfans peints
au dessus des Lires portent des
Sceptres &des mains deJustice,
& soûtiennent des Cartouches
avec les Armes de
France, ou de Navarre, ornées
defestons defleurs & defruits,
pour exprimer le bonheur de
ces Royaumes
, que la PuiSsancesoûtient,
la Justice gouverne,
& l'abondance enrichit.
Le premier Tableau est dans
le milieu de la voute où l'on
voit la France assise sur un
Globe posé sur un Char tiré
par des Colombes. Elle tient
le Sceptre d'une main &le
Bouclier del'autre, ordonnant
à la Paix de descendre sur les
Nations qu'elle luy montre avec
son Sceptre. Cette Divinité
est couronnée de branchesd'Olivier.
Elle tient le
Caducée, & regarde la France
en luy marquant dela main,
qu'elle part pour obeïr à ses
ordres. LImmortalitécouronne
cette Monarchie du cercle
de Gloire. Elle soutient auprés
d'elle la Piramide qui
marque son élévation jusqu'au
Ciel, & que sa mémoire ne
perira jamais. L'Abondance
couronnée de Fleurs & de
Fruits, tient la corne fertile
d'Amalthée, & tire d'une corbeille
que luy presente un
Amour, des festons de fleurs
pour orner le Char, auquel
deux Amours assemblent des
Tourterelles fous le joug de
l'Hymen. L'un de ces Amours
unit ensemble deux de ces
Tourterelles qui font liées avec
des cordons bleus qui leur
tournent autour du col, &
d'où pendent des Medaillés
de France& de Baviere, pour
signifier le mariage de Monseigneur
& de Madame la
Dauphine. L'autre Amour
joint les Tourterelles attachées
avec des cordons rouges, &
les Médaillés de France & de
Castille pour l'union du Roy
d'Espagne & de Mademoiselle
d'Orléans, Un troisiéme Amour
semble sortir de la bordure,
& s'éleveravecempressement
pour ranger fous un
semblable joug deux Tourterelles
qu'un feston de fleurs
joint ensèmble pour l'allianco
de Monsieur le Duc de Savoye
& de Mademoisèlle do
Blois. L'Himen couronné par
les Graces tient son Brandon,,
qui brûle d'un feu vif& pur
autour duquel il attache les
festons qui rassemblent sous
son joug les oyseaux fidelles
& sensibles, & que les Poëtes
ont toujours pris pour le simbole
de la confiance & de la
tendre amitié. La joye publique
de tant d'heureuses Alliances
& de la Paix, est repreentée
par une Femme couonnée
de lierre, qui rit en
oüant des castagnettes & du
ambour de basque. Les cris &
es acclamations publiques
ontmarquez par quantité de
grelots dont ces bracelets sont
formez & qui bordent ses
manches, & l'Amour des
plaisirs jolie d'une cimbale
antique.-La Concorde couronnée
de fleurs tient sa grenade.
Elle poursuit avec son
Faisceau la Discorde & l'Envie.
La Religion regarde le Ciel
son unique esperance. Sous
son autel l'Heresie tenant foa
masque est écrasée sur seslivres.
L'innocence paroist: tranquille;
le mouton qui exprime
sa douceurestàses pieds,&
l'on voir sur son visage son repos
intérieur.La Magnificence
presente à la France les dessins
des superbes bâtimens qu'elle
prepare. Les instrumens des
Arts, & des Cornes d'abondance,
d'où sortentconfusément
des Sceptres, des Cou-J
ronnes,& des Tresors,font
répandusàsespieds, pourté- -
moignersalibéralité & (on
pouvoir. Toutes ces Figures1
donnent une idéegenerale des
vantages de la Paix; & les
uatre autres Tableaux laissent
oir les biens particuliers que
haque Nation en a receus.
I. Tableau,fur-la cheminee.
Dans celuy qui est au dessus
le la cheminée on voit les
rands avantages que la Reliion
ena tirez. On découvre
u milieu du Tableau l'Eurotranquille.
Son casque marue
sa valeur, & sa corne d'aondance
sa fertilité. Elle tient
Tiare, qui la fait reconnoïs-
-e pour cette Partiechrestiene,
qui par la Paix que la.
France vient de luy donner,,
triomphe de l'EmpireOttho--
man, dont les dépoüilles sont:
fous ses pieds. A sa droite la.
Justice porte sursonDiadême
une Etoile qui marque son
origine. Elle tient sa balance
dans l'équilibre
, parce qu'elle
a reglé tous les différends qui
causoient la Guerre, & porte
son épée droite, pour retenir
par la crainte ceux quioseront
enfreindre les Articles qu'elle
a dictez. A l'ombre de cette
protectrice du repos & de la.
paix, des Enfans representent
le récablissement des Arts que:
Il
la Guerre avoi-t- in- terrompus.
La Peinture&la Sculpture
s'étudientàmarquer leur
reconnoissance, en formant
pour laposterité desBustes &
des Tableaux du Prince qui
les élevé & qui les soûtient.
LaGeometrie s'appliqueàtracer
les plans de ses superbes
Bastimens;on voitunenfant
badiner sur un Canon qui sert
pour annoncer la Paix, après
avoir servy à declarer la Guerre,
On remarque un autre enfant
qui dompte un cheval
,
pour exprimer l'exercice de la
Noblesse, 6c leur préparation
pendant la Paix pour les Guerres
à venir. Des Jardins dans
l'éloigncment signifient que
tout renaiss & reverdit dans
un si heureux temps.
A la gauchede l'Europe, la.
Pieté regarde le Ciel avec ferveur
, élevant une cassolette
dont la fumée qui monte en
haut est l'idée de la Priere,
Sa teste est voilée,parce qu'elle
voudroit se cacher au monde,
& que ses actions les plus saintes
& leplus éclatantesfussent
ignorées des hommes & connuës
feulement de Dieu. Sa
flâme&ses aîles expriment son
trdeurôciaditio-encea donner
du secours; c'cft ce que repreenteune
bourseouverte donc
:11e assiste les indigens figurez
par des Enfans nuds qui prennent
de l'or de la bourse ôc ramassent
des fruits qu'elle a re-
Danduspour subvenirà leur necessité.
On voit prés d'elle un
Autel antique sur lequel brûle
e feu pur d'un Sacrifice saint.
Un Enfant à genoux devant
Autel signifie le Cultedivin;
:l joint les mains en s'inclinant.
l'une action pleine d'attention
& d'humilité. Dans l'eloignementondécouvre
un Temple
& tous de grands Arbres un
Enfant lit attentivement, pour
representer lasolitude des Religieux
, que la Guerre avoit
dispersez, & que la Paix a retablis
dans leursretraites.
III. Tableauysur les feneflres
oppojeesàlaGalerie.
Dans le troisiéme Tableau,
l'Allemagne appuyée sur un
Globe,regarde avec ardeur la
Religion qui est peinte dans
le milieu de la voûte. Elle
semble recevoir avec plaisir
l'Amour qui luy donne une
branche d'Olivier en signe de
Paix,
Paix, &des branches de Laurier
pour les Victoires que
cette Paix avec la France luy
fait rem porter sur les Infidelles.
Son A gie étend ses aine::,)
&: sensible vouloir couvrir plus
de terre. SesPeuples en remercient
le Ciel,
offrant
en sacrisice
les depo illes remportées
sur les Ennemis de la Rcli-*
gion, dont ils ont élevé un
trophée sur un Palmier,qu'on
remarque derriere un petit Polonois
qui regarde le Ciel, en
ponantau feu l'étendard remponé
par son Roy,& que ce
Monarquea envoyé à Sa Sainteté.
Un Allemand presente un
Turban, & deux enfans portent
sur un bouclier les dernieres
dépouilles remportées
sur les Turcs. Unentant qui
leve un Gobeler, & les Peuples
OEi font des Brindes aux
fanfares des Trompene; & des
Mosettes, & au bruit de l'Artillerie
& des Feux d'artifice,
donnent une idée de la joye
que leur inspire une Paix dont
ils reçoivent de si heureux
avantages.
IV. Tableau, sur la forte de
la Galerie.
L'Espagne lèveles mains
& tes yeux au Ciel , quiaccorde
à se.s voeux laPaix qu'un
Amour luy apporte fous la
figure d'une branche dOlivioer.
Son Lionle, repote au prés
d'elle à l'ombre A sa droite
des encans attisent un grand
seu, & jettent dedans les armes
& les Etendards inutiles
dans ce tem ps. On en remarque
un à demyarméqui
en apporte au feu. Un autre
sembles'en vouloir masquer.
L'un jouedes Cistragnetteen
èunfcnt, & les Peuples ren-.
dent grâces du loisir dont ils
vont jouïr.Leplaisir qu'ilsen
reflenrent,est exprimé par une
danse & par des Feuxd'artifice,
& leur inclination naturelle
,
pourde repos, par un enfant
appuyé nonchalamment sur
un Canon; il semble s'extasier
en chantant au son de sa Guitare
, pour - faire connaître
l'amour de ces Peuples pour
ce.) fortes d'amusemens.
piJf: Tableau, sur les.fncflres oppo ées àU Gaime.
LaHollande à genoux reçoit
sur son Bouclier des fléches
qu'un Amourluy donner
pour marquer les Provinces
queleRoyavoir conquises
, & qu'illuya rendúës.voIGn".
tairement. Son Lion (è réchauffeau
feu qu'elle a fait
allumer, pour brûlerles armes
&les Instrumens de la Guerre;
Una plus rien de farouche,&
deux enfansbadinentavecluy
L'un sefforce de le monter
mais s'estant armé d'armes
peu à son usage, le casque
luy ombe jusque sur lesépaules,
& la cuirasse & l'épée trop
lourdes, l'encraisnent ou l'embarassent
L'autre enfant qui,
le soûtient, râche de le reee-,
nir
, & veutrempescherde;
choir. Un autre badine avec
des bottes qu'ilessàye. Les
Bourguemestresjoignent les
mains d'une maniere qui fait:
connoistre combien leur est
chere cette Paix par laquelle ils
vont rétablir le Commerce de
leurs Peuples, qui sans songer
à se divertir, travaillent sans
nul relasche à équiper des
Vaisseaux &à les charger de
Marchandises; & dans l'eloignement
on construit quelques
Navires. Dans ces Tableaux
les enfansbadinent
avec les armes, ou les jettent
dans le feu, pour faire comprendre
que ce qui fait l'occupationserieuse
des plus grands
coeurs pendant la Guerre, dvient
dans la Paix le plaisir &
l'amusement de la jeune Noblessè,
par les Comparses & les
Carousels, où les armes fervent
de divertissement.
Mr le Brun a marqué avec
tant d'art les, manieres des
-P.iïs qu'il a representez 3qu'otj
Teconnoifl;&ns peine les Peu-I
ples qui fonr le sujet de.ceN
Tableaux.Cette diversité de
Pfeihonomie,d'hdbiîlemen^
Se- de coutumes donne uac
grand plaiGr, & Posil est encore
cfenrmc din Jeu de lu.
miere tres-agréable& tres.
nouveau, les objets étant éclairez
de la lumiere naturelle
de celle du feu, & des seux
d'artifice, ce qui rend ces compositions
extraordinaires, brillantes
& gracieuses.
Je vous parlay il ya un mois
du mariage de Mrle Comte de :
Guiche, &deMademoiselle
de Noailles.Voicy un Epi-
Mialame que M Maternant
He Messange a fait surce suet
Vous içivcz, Madame^
que c'estunesprit universel.
Bienqu'il paroisse tout occupé
des. sciences les plus relevées,
[J ne laisse pas de reussir toujours
dans les Ouvrages Ga-
:lans.
EPITHALAM
DE MADAME
LA COMTESSE
DE GUICHE. UNjour l'Amour folâtre 0
d'une humeur volave,
Parun caprice heureux,voulut de?
venir fage,
Et dans ces
bons moment, chez^lu*
rares & courts,
Alla trouver l'Hymen,&luytim
ce difeoars.
Regntzen paix, mon frere?di.\
bonheur de la Terre,
Js ne viens pointicy pourvousfaire
la guerre.
x Amanscriminels fay trop fcrvy
les l'eux,
.veux rendre un Epouxparfaitement
heureux.
,/L son abord, l'Hymen, quil ne
vijîte yiere3 (voir sincere
3
J(rpYis de voir l*Amour & de le
demandeenlembraffait3quelsfont
les heureux Coeurs, Ouisefont pu trouver diyfies de /es
faveurs.
A la superbe Courdu pluâ grand
Rny du mondey
Vprés avoir en vain couru la Terrt
Onde>
?ay trouvé, dit l*Amour, deux
Coeurs les plus parfaits,
Oui jamais icy-ba* puijifnt sentir
mes traits :
Xou-s deux nobles & grtlnd;, toui.
deux prudens &jdges
5
Tous deux à peme entrez^au fTtï
temps deleurs âges,
Tous deux fouis a'tln fang , dth
técl.,t qlorieux
P'-lIrrolt le dijputeravec celuy a
Dieux.
LeHérosy dinssataille%& das.
son air, exprime
Zes traits vifs & kriUans d'un fit
ros m ipianime,
£uisans estreamoHy parles tcndri
defrs, (Plaifs^
SfaurÍl mêler la Gloire avecque A
ÇFel^ pdr les quihtez^ quen luy fav
il rassemble,
Que vous penferiez^v<dr Mars Cl
l'Amour ensemble.
Déja sa nobleardeur excitant mm,,
c, uroux)
.Ilm'a prefjdu de Bellone ja.., qrendude Belloneja--
Uîtx*
.jfte'{, (une Guerrier, que tA*
mUf/JVOUj .arielte
,
,èfl(.lg,ez.. ces he.i«ux feux pourune
autre' C niuefie,
f ViHvire avec mfJY Jaura pas
moins d'appass
'lid'dUer avec MarsJtgnakrvb~
tre bras.
mfline a p ur charmer une blancheur
bnllunte,
« air pieindegrandeur, une douceur
touchâtte.
Me de coeursyfuvs oserdéclarer leur
tourment.
imr léclatde lesyeu" ont brûlé
vaii;emer,t!
* rEtoile a?Amour l*.^qreable lumiere
, ( la derivere^
mIz prClme" éclate, & hrlfe
ttire le matn moins de Jlergers
aux champs»
Et le joitrfa la Ville àJJemble m Amans.
Par dtjjus tant tlattraits de
te Nymphe heureuse,
Su main doélt. à pincer la calde A
moweufet ( dies
Exprimant les accors des tom mv
Enchante é< lemint & l'oreiller
les yeux.
Sa Voix mtfme pourroit, fam
tèmir ire,
Audéfaut de la Main Je promet
de pliure.
Faut-tl joindre la Danseau
brut de) Conrerti;
Sa grace niet au jour cent mira^
divers,
Etfait d'une justesse à 'nulle appareilley
Faire sentir aux yeux le plaifiû
,£oreille, pld~îj~
Jjtâavec tant d'agrimensPHy"
c
men ferait heureux,
le Desimjaàux n'entraversoit les
voeux
Vais helas, jeunes Coeurs, à peine
vos Cdreflè,
Teus auront exprime vos naifs nteS
tendre[je*5
lue par un coui fatal, qtlon ne
ffaurliit parer,
>a Gloire pour ttrz temps viendra
vous (~entrer.
YSaimableChrifline, à sa vaine
prière
Hfaudra prèferercette Rivalepere.
(n vain, tendre Héros, votre coeur
jentira
;es peine- que sans vous Chrifline
fouffnra ;
V"otU feyez^malgré vous invincible
à ses larmes.
Alors, pour conjoler Jes morteiialarmes
, Savante ddns cet Art si vasse
si profond,
gui réduit l'Univers en un frag*
Xo.d, {traie.
Sur L'cx.!ff abrégé de la Te:"
hllc Jiiivr.t vos pas de Contrée
Cmirée-,
Zt nepensant qu'à vous, eff^h.
chique joury
Par cet amusement, de trompe J\
Amour.
JZlleTÏtfont vicll jufqtiiey nos
chaLntc,
Dganus untejof{ivntté 'trtanequille&las ge&laip
tllas
} Pour l'élevert dans le Bt>
ceau la prit:
De ses dons précieux Apollon £e\:
richit
)
rt tout deux-y parleun-foins> à
l'envy l'&ntconduite
dans leurs secrets divtns>dent on
la voit instruite.
Durant les trisses jours denjbtrâ
éloIgnement,
loin de prester loreille aux dif&oun
d'un AmAnt)
Nouvelle Pénélupe k £ouvnge Ilttachée,
( touchéeD
SEt £unaimableEp&uxuniquement
Sur un Métier, brillant ,l'adrejfs
de ses Doits
6Avec des traits dorex^ tracera vos
Exploits :
-.Æt lorsque du retour l'agrttthle nouvelle
Wiendra. d'un fJDUX. pluïjîr combler
son coeur fiddle
.L(Jrfquc,. loin des dangers elle voué
reverrt
Dans les dangers encore elle u vos montrera ;
Et si-aura vous nommer les Hcri
del'Histoîre,
Dont vous aurezpAilé la Valct\
& la Gloire.
Enfin, poursuitJïAmour, pom
quoy différons nom?
On ne sauroit trop tost ferrer dt
noeuds jidoux.
L'Hymen y conftntit
,
gf h
Terre charmée
En témoigna sa joye en son ax
exprimée.
Les Bois & les Valons en parurev
plus beaux. {Oifeaui--.
On entend redoubler les concerts dl'
Les Bergers) les Sylvains
,
Faunes, les Dryades3
£ourdanser sur les fleurs, se jojv
gnent aux Naïades.
Tout en efi animé ; tout se fent du
beau jour,
Où l'Hymen de nouveau s'accorde
avec l'Amour.
Vive^heureuxEpoux5vivez^
Nymphe charmante.
Qu'à jamais de & jour la douceur
vom enchantc.
Qtifine Pofientèdigne de vos
Ayeux
3 Fafle éclater finrang & sa gloire
à vosyeux.
JEn sa faveur le Cielfera plus d'ui;
Mlrdcle.
Mak à nos voeux icy nous femmes
un OhJldcie.
Le secret
, pour en voir le succés
?<iffùrer, J d, urer
Cefi de vous lai(fer seuls ; il faut,
se retirer.
Je vous envoyé un Printemps
que Mr Ludet a fait;
sur ces paroles.
LAIR NOUVEAU. Acharmante Béante que mon
-
amour adore.
Parfej divins apptU enchanteplusy
dectrurs,
Qne l'aimable Printemps au levers
de Aurore
Ne faitnaifitepartout de verdure*,
& de fleurs.
Faites, petits Oyféaux, faites pOUM
Celznltne
Retentir dans nos bois mille nouveaux
Concerts;
Et vous, Echo )cbantezqu'une ameu?-
r-euse chaine
Engagefus ses Loix mille Peuplesdiiers.


Depuis laconvalescence du
Roy chaque jour aété un jour
d'alegresse pour le Havre. Je
vous en aydécrit desFeftes presque
dans toutes mes Lettres,
& si je ncftoisaccablé de tout
ce que j'ayencore àvous dire
de cette nature, je vous décriraiscelle
des Penitens de la
même Ville,où tous les Corps
ont assisté. La Villede Loches
5est fortAlgnalêe) & rien ne
pouvoit eiire plus agréable
,
jque lesdifférentes couleurs qui
jdiftinçuoient diversès Cornpagnics.
LaVilledesaintAignan
a aussi servy d'exemple
à sses Voisins, par toutes les
demonstrations de joye donc
elle a pu estre capable. Ainsi
dans les lieux où Mrle Duc
de StAignan commande pour
le service du Roy, & dans
ceux dont il est Seigneur, chacun
est entré dans les mêmes
sentimens
,
& a montré son
zele avec beaucoup de diftinébon.
Au reste, Madame, en vous
décrivant ces Fortes3 je ne pretens
pas vous faire voir seulement
jusqu'où les Peuples
ont pouffé les marques de leur
amour pour le Roy, mais vous
apprendre aussi beaucoup de
choses tres-curieuses touchant
les Coutumes des Païs. Vous
en trouverez sans doute dans la
f Relation de la Feste des Prud'hommes
, Corps & Communauté
des Patrons Percheurs
de laVIlle de Marseille.
Ce font les Juges de la Pesche,
lesquels sans Lettres, Loix ny
Etude décident fouverainement
par le bon sens seul de
£ tous les differens qui naissènt
1 parmi les Pescheurs. Comme
ils n'ont que la prudence t-ez
une longue experience dans
t cette profession, on leur a don-
I
ne le nom de Prud'hommes
On en choiht quatre tous les
ans dans le Corps des Pefcheurs
, & ce fontordinairementles
plùs vieux & les plus
estimez par leur probité qui
font élevez àla dignité de juges.
Ils ferventune année, 8l.
roulent avec les Anciens, par
nomination de leur Conseil
félon le Règlement établyentre
eux. Le zele, la fidelicé,
& la simplicité sincere & natu.
relle deces bonnes gen,) leur
ont si bien attiré la bienveillance
de nos Rois, sur tout de
ceux quiontestéàMarseille,
qu'ils
qu'ils ne leur ont jamais refusé
aucune grâce, & il y a environ
douze ans que sa Majesté leur
en accorda unefort confiderablc
au voyage queces Prud'hommes
firent à la Cour.
Ils fc fervent de leurs anciens
habits dans les Ceremonies, &
conserventaussi cet Espadonà
deuxmains qui estoit en ulàge
dans le temps de leurlnltitution.
Ils font assis sur un Tribunal
à quatre Sieges couverts
d'un Drap bleu scmédeTlcurs
de Lys, lors qu'ils donnent audience
aux Parties qui plaident
leurs causes eux-mêmes. On
n'écrit rien; les condamnations
& les exécutions se sont
verbalement & sur l'heure,ôc
les quatre Espadons sont couchez
pendant l'Audience sur
une longue table qui est devant
ces Juges.
Le 16. Février ayant esté
choisi parceCorps pourrendre
des Adtions de Grâces à
Dieu du rrtour de la santé de
noilre Auguste Monarque
,
les quatre Prud'hommes, accompagnez
de leurs anciens
Collegues, d'un grand nombre
de Patrons Pescheurs &
de leur Secretaire, se rendirent
en bel ordre à dix heures du
matin dans l'Eglise Paroifïïalc
de saint Laurens, où ils aflifterent
àune grand' Meslèqui
fut celebrée par le Prieur, & à
laquelleilscommunierenttous0
L'apreflînéeils firentaflèmbler
350 petits Enfans servant à la
Petèhe, dans la Chapelle des
Penitens de fainte Cuherine.
Ils estoient tous habillez d'un
petit Capot, & portoienr chacun
une Banderole d'Armai..
fin bleu, feméedeFleurs de
Lys d'or. Apres que le Secrétaire
de cette Communauté
leur eut fait en Provençal un
petit dilcours sur le sujet de
la Felte , ils firent quelques
Prieres & sortirent delaChapelle
avec des cris & des acclamations
qui attiroient les
larmes de tout le Peuple.Lors
qu'ils furent devant la Maison
Commune des Prud'hommes,
où s'estoit aussi rendu un nombre
incroyable de Percheurs,
ils se mirent en marche deux
à deux, precedez de sixTambours
& de six Fifres, criant
sans celle, Vive le Roy. Six
Trompettes les Cuivoient
, &
marchoient devant les quatre
Anciens Prud'hommes,vécus
de Drap noir, la Toque de
velours noir sur la teste, & la
fraize au col fort proprement
mise. Chacun deux portoit un
grand & long Espadon à deux
mains élevé sur leurs épaules,
qui est la marque de,lajurifdiftion
Souveraine, que plusieurs
Lettres Patentes leur ont
attribuée sur la Perche. Ces
quatre Anciens Prud'hommes
cftoient. suivis des six Filles
Orphelines appelles les Filles
grises, parce quelles sont habillées
de Drap gris. Ellesfont
nées de pauvres Patrons Pcfcheurs.
Les Prud hommes les
sont élever aux dépens de la
Communauté, & les marient
cnfuire
,
leur en substituant
d'autres pour remplir le même
nombre. Ces Filles qui
avoienc aussi communié le
matin,tenoienr des Banderoles
pareillesàcelles, des petits Ensans.
Quatre jeunes hommes
portant un Guidon d'Armoisin,
flairdelizé, & fort proprement
vécus, suivoienc les six
Filles grise, & après eux venoient
les nouveaux Prud'hommes
dans lemesmehabit
que les Anciens. Ils étoient
preccdez de la grande Bande
de Violons,& suivis d'un grand
nombre de Patrons Pescheurs
de tous âges. Cette Troupe
ayant passépar toutes les principales
ruës de la Ville, alla se
rendre dans l'Eglise de saint
Laurens,où l'on chanta le Te
Deum & des Motets en musique.
Lors que l'on donna
la Benediction lesPrud'hommes
leverent leurs Espadons
au bruit des Violons & des
Trompetes. Quantité de Boëtes
se firent entendre,&cefut
ensuite un cry continuel de
Vive le Roy. Après la Ceremonie,
les quatre Prud'hommes
en charge distribuerent
des aumosnes aux Pauvres Patrons
Pescheurs, quin'avoient
pas dcquoy faire subsister leurs
familles à cause de la sterilité
de la Pesche. La nuit venuë,
ih marcherent vers la Place de
saint Jean à la clarté de pluheurs
Flambeaux de cire blanche
, & ils y allumèrent un
grand Feu de Joye. En même
temps on vit paroistre plus
de trois cens Bateaux illuminez.
Les Maisons de tous les
PatronsPescbeurs parurent
aussi toutes en feu, ainsi que
la MaisonCommune des Prud
hommes, devant laquelle il
y eut un tresbeau Feu d'Artifice
representantle gros Poisson
qu'on appelle Ton. Ce
feu reussit admirablement.
J'ajoute des VersProvençaux
quiont esté faits sur cette
Feste. Ceux qui connoissent
le genie de ce langage, yadmireront
tous les termes de la
Pesche qui s'y trouvent heureusementappliquez.
Aussi
peut-on dire que c'est un
Portrait des manieres & de
l'inclination de ces Pesçheurs,
LOU FESCADOUR
content despuis la rejoüissenço
facho per la Sanitat
dau Rey. FRancéx^yo de par Diou!aneft
à nouêjiro pefco,
Crtden,VIVO LOV REY, e,
non portem gez d3efco.
Vagucm , anen avant.Aro Siam
ben armats5
ta groftpt/do ha finy, lei ventsfont
tom calmats.
Boutem tous pedsurbanc, per anar
gaignar p',iiejlo.
Bouèno gardy d'Aproiié, & vifitem
la Couefto. ( tengue prests,
UAubo ha ja pareiffu1) chacunsi
A la gardi de Dion,caIIenviftt Ici
, Rets. AUcrtoPefcudours ,si carguen plus
de Lprno ;
Lcir.iycns d.-.uSoûleou fan florir la
e.-rr.iyizno.
E-Samf.iutItvarrem, anem viste ..J: '", "';' r. 1 , JI"
hviit ( tmmailîa.
Couragyt levo d.'haut> lou Rey es
Venes dins novefirei Mars & de
qttonêd& de isflo :
Au luëc qiïauparavant la garison
dau Rey
Nonsipefeavo rellj non venant gt"
pey>
S'enfaut pas eftonnar* Car Ntptunen
coulero
Dau mau dau Rey, teniè lou pey
comrrien vaiero !
May aro ,
qui fachut que(tportavo
btn
Hà dounatlibertat#ton? aqucÏÏo,
gen. - Tambea.3 deffwfc. aquoi lTf(fmjÍl
maravelU, -.,;
Etsa que tous rtavem la joyo nom.
fareUo.
Heuteufo Sanitat! tunous donneM
defan
Ennous donnantde fey! non siam flusàtassan:- Si ben, que IIIllt qftaurem dc.vido
dins Id fanfo
CrÙLutma toujours, VIVO LOV
RErDE FRANSO.
Le 8 du mois passé, les
Prestres de l'Oratoire dela
mesme Ville firent chanter
une Messe en Musique, qui
fut edebrée par le Pere Superieur
du College. Mr l'Abbé
du Luc, nommé à l'Evesché
de Marseille,s'y trouva,& les
Echevins y assi sterent en c haperon.
On chanta en Motet
ces paroles du Pseaume 19.
Loetabïmur inJalutarituo, quoniam
salvum fecit Dominas
Christum suum. A la fin de la
Messe, le Regent de Rhetorique
prononça en Latin l'Eloge
du Roy, & fit voir avec
beaucoup d'éloquence ,que
la convalescence de ce Prince
réjouissoit l'Eglise
, en mesme
temps qu'elle rassuroit la
France. Pendant le Te Deum,
qui estoit de la composition
de Mr Canoles
,
dont l'habileté
cH: connuë dans toute la
Provence, on entendit la décharge
dune grande quantité
de Boëtes. L'entrée du College
estoit ornée d'un Arc de
triomphe, & celle des Classes,
de Festions de Laurier chargez
d'Emblêmes & de Devises à
la loüance du Roy. Au milieu
de la court, tenduë d'une Tapisserieà
personnages, sur laquelle
regnoient à distance
égale plusieurs beaux Hierogliphes
) on avoit dresse un
Theatre, où les Ecoliers des
premières Classès representerent
une Pastorale en Vers
Fran çois, qui renfermait le
recic des Actions éclatantes de
nostre Auguste Monarque.
Apres cette action
, on vit
paroistre devant le College une
magnifique Cavalcade, composée
de centcinquanteEco-
-liers divisezen trois Quadrilles.
Ceux de la premiere estoient
habillez à la Françoise,
les seconds à la Romaine, &
- les derniers à la Turque. Ils
f estoient tous lestes,& fort bien
monrez. On avoit mis à la
[tefte dechaque Quadrilletrois
-
jeunes Gentilshommes d'une
qualité distinguéey &chaque
Qudrille estoir precedée de
ses Trompettes. Un Drapeau
d'une riche étofe aux Armes
de Francerelevée en broderie
d'orJ-eitait porté au milieu de
l'Escadron par un jeune Gentilhomme,
Cette espece de
Carrousel sur un agreable divertissement
pour les Habitans
de Marseille qui remplirent
toutes les ruës où ces Quadrilles
devoient passer. Le soit
il y eut de grandes Illuminations
au dedans & au dehors
du College, & un Feu de Joye
qu'on alluma au milieu de la
Court au son des Trompettes
& des Violons, 8c au bruit
d'une grande quantité de Boëtes.
Un tres- beau Feu d'Artifice
termina la Feste. C'estoit
unSoleilquien s'avançant sur
l'horison, répandit de tous cotez
une lumière éclatante. Un
norme Dragon, figure de
l'Heresie,s'eveillant aux approches
de cette lumiere
, & de la
chaleur du Soleil, alla contre
luy de toute sa force, mais un
trait de feu dont le Soleilluy
per ça les flancs, l'arresta dans
le milieu de sa course. Ce coup
mortel animant sa rage ,
il fit
des efforts prodigieux pour
s'élancer concre le Soleil, & se
sentant blessé en plusieurs endroits
par des fléches de feu, il
voulut fuir ce redoutable ennemy.
Alors le Soleil le serrant
de prés, l'embrasa de tous
ses rayons, & le reduisit en
cendres. Le mesme jour le Pere
Superieur du College fit
faire l'aumône à tous les Pauvres
qui se presenterent.
Mrde Canillat, Marquis du
Pont du Chasteau en Auvergne,
Sénéchal de Clermont,
Ville Capitale dela Province,
a fait"paroi•stre-son ze.le{dans
la meime occasion d'une maniéré
des plus éclatantes. Quoy
qu'en son absence les Officiers
de son Marquisat, & les
Consuls de la Ville du Pont
du Chateau, eussent fait dés
le mois de Février des réjoüissances
solemnelles, il vou,
lut à son retour marquer sa joye
par une Feste particulicre.Dans
cette veuë il fit assembler les
Habitans du Pont du Chateau,
ôc des trois Bourgs qui
en dépendent, & de tous ceux
qui se trouvèrent capables de
porter les armes, il en composa
sept Compagnies
,
chacune
desix-vingts hommes.
Elles furent commandées par
des Gentilshommes ses Vasfaux.
La quatrième qui tint
le milieu,estoit de la Jeunesse,
fous le titre des Enfans Perdus.
Ilsavoientune fort belle Enseigne
de la livrée du Roy,
escortée de quatre grands
hommes qu'on habilla en Armeniens,
& de quatre petits
Maures
,
qui portoient en
triomphe le Portrait du Roy-
Chaque Compagnieavoitson
Enseigne de la mesmelivrée,
deux Tambours, un Fifre, &
des Hautbois. Aprés quelles
eurent paru en cet étatle 16.
& le 17. du dernier mois, le
Saint Sicrement fut exposé
le 18. dans les trois Eglisesde
Li Ville. On dit la grand'Messe
dans celle de Po lcyiat, & l'on
ychanta leTe Deum en Mufique.
M deCanillat,Subdelegué
de Meisseurs les Maréchaux
de France, s'y estoit
rendu précedé de les deux
Gardes,ayant la Bandouliere
de la Connestablie
, & suivy
dLiB.i*!Ily,des deux Greffiers,
&autres Officiersde sa Terre,
en Robe de Palais, au milieu
des quatre Consuls.Tous les
Officiers des [cpe Compagnies
assisterent au Service,pendant
lequel le Portrait du Roy fut
tenu à la porte du Choeur par
les Armeniens & les Maures.
Toute la Soldatesque demeura
autour de l'Eglise
,
& fit
une décharge generale à la fin
du Te Deum,au bruit des Tambours,
des Fifres, & des Hautbois.
Aprés la Ceremonie,
MrleMarquis de Canillat fut
conduit dans le mesme ordre
en son Chasteau, oùil donna
un magnifique Repas. Lors
que l'on fut hors de table, on
fit la mesme marche dans la
Ville, & l'on se rendit à l'Eglise
de Sainte Martine
,

l'on chanta Vespres, qui furent
suivies du Te Deum, &
d'une Procession solemnelle.
Cela estant fait, Mrde Canillat
retourna en son Chasteau dans
le mesme ordre q le l'on avoit
déja observé. Les Filles de la
Ville qui s'estoient placées
commodement au coin d'une
ruë,ayant fait une profonde
reverence devant le Portrait de
Sa Majesté, tirerent en Amazones
plusieurs coups de pistolet;
& quand on approcha du
Chasteau, ce Marquis s'arresta
à un Theatre, où il avoit fait
mettre plusieurs pieces d'un
excellent vin. Il but teste nuë
à la fanté de Sa Majesté; les
Troupesse rafraifchirent,&le
reste des rafraischissemens fut
abandonné au Peuple. On fit
mettre tous les Soldats en
haye dans la grande ruë
,
&
afin qu'on sceust de quel avantage
est à la France la destruchon
de l'Heresie, on porta
les Effigies de Luther & de
Calvin par toute la Ville, ayant
pour Inscription, UHerefie
détruite par LOUIS LE
GRAND.Aprés
-
ccla on
les
les mit sur un Theatre élevé
hors la Ville pour un feu de
joye. On entra ensuite dans
l'Eglise de Nostre-Dame qui
est la Chapelle du Chasteau de
M deCanillat, où le Te Deum
fut encore chanté. Il y eut une
excellente Musique. Le soiril
mit le feu à un grand bucher
au bruitde quatre Canons ôr
de plusieurs Boëtes, & regala
dans son Chasteau toute Id.
Noblesse, & les Officiers des
Compagnies, à chacune desquelles
il fit donner une piece
de Vin. Cette Feste fut vie
deux jours aprésdelanaissance
d'un Fils qui semble que
Dieu ait voulu donnerà Mrle
Marquis de Canillat pour le
recompenser de son zele. Cette
naissance redoubla lajoye en
ce lieu-là, dans l'esperance de
voir un jour ce jeune Marquis
rendreàsa Majesté les mesmes
services queses Ancestresont
rendus à la Couronne depuis
plusieurs Siecles,avec un attachement
, & une fidélité
inébranlable.
Le premier jour de ce mois
Madame l'Abesse de S Just,
qui est Soeurde Mr de St AndréMarnais
Gouverneur de
Vienne,&de Mr de Labatie,
Major de Strasbourg, fit chanter
un TeDeum à Romansen
Dauphiné avec beaucoup de
magnificence. Aprés un repas
donné a plus de deux cens
Pauvres qu'elle servit à table
avecsa Commnnautécomposéede
vingt-cinq Filles de qualité
de la Province, elle monta
sur un Balcon fait exprés
dans une Place qu'ellea achetée
pour y construire une Eglise,
& delà elle mit le feu à
l'artifice que l'on avoitdisposé
par ses ordres sur une Machine
élevée de terre deplus de
quarantepieds.CetteMachiner
avoit la figure d'un petit Fort:
quarré, dont les courtines, de
douze pieds de longueur chacune,
estoient nanquees" de
quatreTours. Au nillieuptroissoit
une Pyramide dont la
pointe soutenoit un Soleil,&
tout cela estoit rehaussé de tout
ce que l'imaginationdes Peintres
y avoit pû m ler dornémens.
Mrl'Abbé de Leffin,
aussi considerablepar son mérite
que par sa naissance,avoit
fait mettre les Habitans fous
les Armes comme Gouverneur
de la Ville,& pendant que
l'onentendoit le bruit d'un tres
grand nombre de Boëtes qu'il
faisoit tirer, auquel se joignoit
celuy des décharges de la Bourgeoisie,
on voyoit l'air, & l'Abbaye
de S fust CQUte en feu par
un millionde fiizé-es,&:parune
quantité prodigieused'illuminations.
Madame l'Abesse du royal
Monastere de Sainte Claire de
Vienne, SoelJr de \'1adanle
l'Abbesse de S.r'-:îc, dont je
viens de vous parler, marqua
sa joye dans le mesme temps,
par des Feux d'artifice qui parurent
pendant la nuit au haut
d'une Montagne, &: qui répandirent
un jour éclatant
dans toute la ViUe jusqu'au
lever du Soleil. Les Canons &
les Boëtes avertirent tous les
lieux des environs de lasolemnité
de la.,F.este.) & parmy les
ornemens que l'on employa
pour la rendre plus celebre, on
n'oublia ny les Madrigaux, ny
les Devises.
'; Je vous ay parlé des réjoüissances
qui ont esté faites a.
, Avignon; il faut presentement
vous apprendredequelle maniere
l'Academiegalante dela
mesmeVille a marqué sa joye.
Cette Academie n'cft autre
chose qu'une Societé de sept
ou huit personnes des plus
spirituelles de l'un &del'autre
Sexe, quis'assemblent tous les
jours chez Madame la Comtessede
B. L'Amour & le
Jeuen ibm bannis par la pre:1
miere Constitution de forte
qu'il ne s'y parle que de choses
fines, & dignes d'occuper
des. gens d'un raisonnement
solide;& c'est ce quia donné
occafîoaau Public d'appeller
Academie galante une Société fiagreable.
Madame la CorÙ..
tesse de B. fertile en invendons
d'esprit, persuada à tous
ceux qui la composent, de faire
une Feste pour le rétablissement
de la santé de Sa Majesté,
& elle se chargea du dessein,
pourveu que l'on voulult l'aider
dans l'execution. Toute
la Troupe accepra avec plaisir
cette proportion
,
qui fut
bien-tost accomplie. Le jour
quipréceda celuydela Feste,
toutes les Personnes qualifiées
de la Ville furent conviées.
On se trouva le lendemain sur
les quatre heures à l'Hostel de
cette Comtesse où les Trompettes
ôcles Tambours répondoient
alternativement au son
des Violons & des Hautbois.
.Ceux de laSociétéfirent les
honneurs dela Sale, & ils entretenoient
agreablementtoute
la Compagnie
,
lors que
dans le temps que l'on y pensoitle
moins,on vit sortir du
Lambris six grands Bassinsde
vermeil,remp lis des fruits les
plusdelicieux deProvence,
qui. se placerent sur six tables
d'Ebene, disposées pour cela
dans cette Sale, en mesme
temps qu'une table à la Chine,
garnie de toute sorte de Liqueurs
, se plaça au milieu.
Chacun se récriasur l'invention
& sur la delicatesse de la
Dame du logis; & la conversation
auroit duré davantage
là-dessus , Ct tout d'un
coup on n'eust: vû descendre
un petie Amour
,
qui s'arrestant
suspenduen l'air, convia
cette illustreCompagnie par
une chanson galante, à venir
remercierEsculape de la santé
qu'il avoit renduë au Roy. A
peine se fut-il envolé, que l'on
vitouvrir le fond de la Sale,
où estoitconstruitun Theatre
qui representoit le Palais des
Dieux. Il estoit éclairé par six
Lustres de cristal, & les Peintures
en estoient fort bonnes.
Onlisoit sur le Fronton de la
décoration, Le Triomphed'Esculape.
Vous pouvez juger de
la surprise quece fpcâacle causa.
Il s'agissoit cependant de
la representation d'un Opera
9 composé par cette galante Société,&
mis en Musique par
Mr Gautier,Intendant de l'Operade
Marseille. On feignic
une grande douleur, parmy la
pluspart des Dieux pour la
maladiedeLoiiisleGranP.«.
Chacun d'eux alleguoit le sujet
de sa douleur, Apollon, parce
que le Roy est le Protecteur
des Sçavans; Neptune, parce
qu'il a purgé son Empire, de
-
Voleurs & de Pirates ; Mars,
parce qu'il est son plus cher
Favory ; & Jupiter mesme,
parce qu'il fait fumer ses Autels
par de continuels Sacrifices.
Il n'y avoit que les Dieux
tutelaires des Ennemis de la
France qui ne partageoient
pointcetteafflictioncommune.
Au contraire, craignant
qu'Esculape ne fust employé
pour la guerison de ce Monarque,
ilsl'avoient enferméavec
une Nymphe qu'il aimoit, de
sorte qu'on lecherchoit inutilementdansle
Ciel:maisenfin
la Victoire pressée de la douleur
de voir son plus cher Nourrisson
dansun si grand peril,sollicita
l'Amour sifortement, que
quoy que ce Dieu soit extremement
secret, il luy découvrit
l'endroitoù estoit Esculape.
On luy députa Mercure..
Esculape se separa de sa Nymphe
avec une peine extrême;
mais il préfera à sa passion la
gloire de guerir le plus gfànd:
de tous les Rois. Si-tost qu'il
eut fait agir son Art, le Ciel
luy en fut si obligé, que poug
luy marquer sa reconnoissance
on luy fie dressertoutl'appareil
d'un Triomphe. Il fut portéen
l'air dans un Char traisné par
quatre Vents. Sur le devant de
ce Char estoient Jupiter, Apollon
,
Neptune, & Mars,
- qui tous quatre rendoientgraces
àEsculape quiestoit placé
au dessus d'eux, du grand bien
qu'il venoitde procurerà toute
la terre. Surle derriere dece
mesme Char estoient attachez
lesDieux ennemisdela France.
Esculape estant descendu
,/
sur le Theatre, finit l'Opéra
par un recit dans lequel il dit,
qu'ilétoit au comble de sa
gloire, puisqu'il avoit rétably
la joyc dansleCiel & sur la
Terre, par la guerison du plus
grand Princequ'oneût vû -ilmais.
Ilne manqua rien à cet
Opera, ny pour l'agrément
de la symphonie, ny pour la
beauté des Vers;& l'on peut
dire que c'est avec beaucoup
de railon que l'on appellegalante
une Societé qui sçait donner
de pareilles Ferres,
., Messire Armand de Bethune,
Evesque& Seigneurdu
Puy, Comte de Velay, après
avoir rendu des graces solemnelles
à Dieu avec tout le reste
de la France par un Te Deum
chanté dans la Cathedrale,remit
à la tenue des Estats du
Velay, composez des trois Ordies,
& ndiquezau premier
jour de ce mois,à donner en
son particulier des marques
plus éclatantes du zele qu'il a
pour sa Majesté. Ain sial'ouverture
de leur Assemblée, il
les informa de son delTeill, &
les pria d'assister en Corps à
toutes les Ceremonies
,
afin
que toutes les Communautez
representées dans leurs Deputez,
prissent part aux réjouislances
publiques. M'des Etats
ne manquèrent pas de se rendre
le 5. de ce mois dans
l'Eglise Cathedrale,où ce Prélat
celebra la Messe en Habits
Pontificaux. Le soir,il prononça
dans la même EgIde le Panegyrique
du Roy, dans lequel il
k fit voir véritablement Grand
par rapport à Dieu, par rapport
à luy - mcfnie par rapport
à l'Estat, & par rapport à
la Religion , ce qui fut suivy
d'une Procession generale après
laquelle on chanta le Te Deum
en musique. Dans la Placequi
jeU audevant du Palais Episcopal,
Mr l'Evesqùe du Puy
avoit fait élever un scu d'artisice
sur un piedestal , entouré
de huit colomnes avec leurs
bases &;, chapiteauxqui sourenoient
une grande Couronne
Royale
,
ornée par tout de
Fleun de Lys avec un -Globe
au dessus. Aux quatre coins
on voy oit quatre Figures. Le
Frontispice du Palais Episcopatau,
tour duquel on avoit
fait uneGalerie,estoirornéde
Tapisseries & de sept grands
Tableaux, hauts de six pieds,
qui en faisoient le premier entablemenr.
Celuy du milieu representoit
la France;a demy
renversée & sa poitrine à demy
ouverte avec ces mots, Ferrum
sub valnere sensit) pour faire
entendre que le mesme fer qui
avoit ouvert la playe du Roy,
en avoit fait une dans le sein
de la France. Au dessous de
ce Tableau estoit le Portrait de
- sa Majesté environné de Lauriers
avec cette Inscription.
Syimbmveniet 1 Jùper
additus ordo.
& audessus une Devisedun
Soleilà demyéclipsé avec ces
mots Ægro! natura lahoratré
Dans le mesme ordre il y
avoit douze autres Devisès fous
l'Hierogliphe du Roy qui est
le Soleil, &entre les pilliersdu
frontispice estoient quatre Epicrammcs
Latines sur la ladie ma- de ce grand Prince. On
avoit mis deux Tableaux
moyens au dessous de ces Epigrammes
, sçavoir uneAstrologie
quiappuyée sur un Globe
mesuroit les Astres
, avec ces
paroles,Emensîs metitur sydera
terris; & de l'autre costé une
Aritmetique qui supputoit les
conquestes du Roy, Et virtusnumerissuperadditacrescit.
Au
dessousde ces deux Tableaux
moyens e stoient les Devises
fùl\,alites,par rapport aux grandes
qualitez denostre augeste
Monarque.
Un Caon, où l'on a mis le
fcu , dont la balle s'amorric
contre des sacs de terre, Sistitur
obsequio.
: Un Soleil qui paITc plus
- viftc sur les Signes de l'Hyver")
Nec bruma moratur.
Un Soleil avecun Aigle au
dessous, Qukm volât infirior.
Un noeud Gordien, Dirimet
alter.
Un Soleil fous lanuë
,
Latint,
nondéficit orbi.
Un Soleil couchant, Major
inoccaju.
Un Marteau qui par son
coup fait du feu sur l'enclume,
Splendet ab i£lu.
Lefoudre qui rompt la nue
qui le retenoit, De carcere, clar
rlor exit.
Un Milan en l'air, qui fait
assembler de petits Oiseaux,
Cegittimor.
Un Soleil que plusieursnuësopposes
empeschent des'élover,
Contrariasevehor orbi.
Un Soleilqui anire de noires
vapeurs dela terre,pour
exprimer la conversion des
vPrctcndus Reformez,Sibique
poloque trahebat.
- Un Soleil jettant des rayons
de toutes parts, pour montrer
la prudence du Ror,Vndique
& ubique.
Un grand Lysquisurpasse
plusieurs autres fleurs, pour
exprimer le surnom deGrand,
Supereminet omnes.
Un Soleil éclipsé, pour marquer
la maladie du Roy, ager
Juffickur.
Un Soleil sur l'Horison,
pour marquer lactioncontinuelle
& toûjours tranquille
du Roy, Imm.~tus agit.
Un Lys. fous un Laurier,
pour faire connoistre là grande
réputation du Roy,qui écarte
le foudre qui tombe à costé,
Denfa tegit Laurus.
Unepetite Fleur appellée
l'Immortelle, qui ne seche
jamais, Ceiso Immortahs præludit
Olympo.
Au dessous de ces Devise
setaient dans une mesmeligne
neuf Tableaux de la vie dA.
lexandre, representant ses plu
mémorables actions, avec leur
inscriptions per rapport à celle
duRoy. Aux deux costez du
Froncispiçe du .mesme Palais
01
on avoir posé deux Fontaines
de Vin, qui coulerent depuis
le retour de la Procession jut
qu'au lendemain.
Sur les six heures du soir
les Estatsdu Pays se rendirent
en Corps à l'Evesché. Madame
la Duchesse d'U sez, Madame
la Vicomtesse de Polignac,
Mademoiselle d'Epagny,
& tout ce qu'il y a de perlonnes
de qualité dans la Ville, s'y rendirent
aussi,& furentconduites
dans la Galerie du Frontispice
du Palais Episcopal. Mr l'Evesque
du Puy à la teste de
son Chapitre, Mr le Vicomte
de Polignac & MrdeFilière
Juge Mage, Commissaires extraordinaires
& ord inaires des
Estats de Velay, & deux des
Messieurs des Personnats du
Clergé, de la Noblesse & du
Tiers Estat firent trois fois le
tour du bucher alluméau milieu
de la Place, aux cris de
Vive le Roy, & au bruit des
Tambours, Fifres & Trompettes.
Tout lefrontispice, toutes
les fenestres & le dedansde la
court, se trouverent illuminez
d'un tres-grandnombre de
feux. Outre les décharges de
plusieursBoëtes & Fauconneaux,
on tira six volées de
Canon par les ordresde Mr le
VicomtedePotignac, que Mr
l'Evesque duPuy pria de monter
à la Galerie,pour mettre le
feu à une Colombe qui devoit
allumer l'artifice. A peine futelle
descenduë, qu'il partit du
Theatre un nombre infinyde
Fusées de toutes fortes. La
Couronne Royale élevée sur
les huit colomnes, parut en
feu tant que dura l'artifice, &
le Soleil qui estoi au dessus,
jettoit des flâmes en forme de
rayons qui environnoient tout
le Theatre. Les quatre figures
de l'Heresie, de la Discordé,
de la Mal adie, & de la Furie,
ayantbrûlé insensiblement,
furentenlevées en l'air les unes
aprés les autres jusqu'à ce qteelles
fussent entierement con-
-
fumées. C'est ainsique NI'l'Evesque
du Puy, penetré d'un
veritable sentiment detendresse
&de reconnoissance pour le
Roy,a tâché de prendre part
à la joye-pubtique.
Le Dimanche 23. du mois
pafic
,
l' Université de Poiriers
fit chanter le Te Deum en Musique
dans l'Eglis des Jacobins,
à liffue des, Vespres du
- ¡
jour, qui avoient elle chantées
solemnellement. L'Eglise
estoitornéedes plus belles Tapisseries
de laVille,&uneinfinité
de cierges éclairoient
l'Autel. LaCeremonie se termina
par le Panegyrique du
Roy, que M.Joussant, Recteur
de l'Université, prononça
en Latin avec un applaudissement
généra),. Tousies Docteurs
des quatre Facultezdonc
cette Université est composée
,
y. assisterent avec leurs Habits
de ceremonie,ainsi que leurs
Officiers generaux & particuliers,
qui avoient tous les marques
de leursCharges.
Jevousayparlé dans laseconde
Partie de ma Lettre du
derniermois, du TeDeum que
la Cour des Aydesd'Auvergne
fit chanter au commencement
de Février. Le 4. de
ce mesme mois Mr, du Siege
Presidial de Clermont rendirent
de pareilles actions de graces
avec beaucoup de solemnité.
TouslesOfficiers,Avocats
& Procureurs assisterent
en Robes à cette Ceremonie.
La Musique y sur trouvée admirable
,& il y eut ensuite un
magnifique Repas dans la Sale
du Palais. Ce Repasfiny, on le
mit sous lesarmes. LesMagistrac"
à la testedesquels estoit
la Compagnie du Guet, commandée
par Mrde Bellegarde,
Maistre en fait d'armes, firent
le tour de la Ville en criant
Vive le Roy. Sur le soir ils revinrentau
Palais,& l'on alluma
un grand Feu de joye au
bruit de plusieursdécharges
deMousqueterie.
Peu de jours après, les Elûs
suivirent leur exemple, Ôc les
Corps des Arts & Métiers firent
chacun leur Ceremonie
particuliere. Dans toutes ces
Festes on se rangea fous les armes;
la Mousqueteriefit toujours
grand bruit, & les Feux
de joye ne manquerent pas.
Les Capucins de Quimper
voulant marquer leur reconnoissance
pour le Roy qui les
protege avec tant de bonté,
non feulement dans le Royaume,
mais encore dans toutes
les Parties du monde, où pendant
qu'ils vont travailler à la
conversion des Ames,ce Grand
Prince lesnourrit & lesentrerient
par ses liberalitez
,
firent
un grand Feu de joyele second
Dimanche du Caresme.Ilfut
precedéd'un Te Deum,entonné
parM l'Evesque de Quimper,
qui s'estoit rendu dans,
leur E$h(e.) affiflé de tout son
Clerge,&detroisde Meneurs,
fas Freres
,
dont lunestoit à la
teste de toute, la Noblesse,&
l'autre à la teste du Presidial. IL
yavoit plusieurs Compagnies
sous les armes. Le Pere AITN
brosse de Quimper, Capucin,
qui prononça le Panegyrique
du Roy ,pritpour texte ces paroles
de l'Evangile du jour,
Hic estfilius meus dilectus,in quo
mihi bene complacui. Il faisoit
parler l'Eglise, qui reconnoissoit
le Roy comme ion Fils
aisné,&fitvoirquec'estoitun
coup de la Providence, & non
du hazard, que la rencontre
de l'Evangileenunjour où le
zele singulier de son Ordre
pour celebrer le parfait rétablissement
de la santé de ce
Monarque, l'engageoit à faire
son Eloge, puis que cet Evangile
luy en fournissoit une idée
tres-digne de son sujet. Apres
avoir dit que le Sauveur du
monde avoit paru ce jour-là
sur le Thaboraussî éclatant que
le Soleil, s'entretenant avec
Moyse &Elle,àl'ombre d'un.
nuage ,
qui rout épais qu'il
estoit,avoit assez de lumiere
pourdécouvrir aux Apostres
qui l'avoient suivy, quelques
rayons de sa gloire; que Pierre,
Jacques, & Jean Cadis d'une
fainte frayeur,estoient tombez
sur laface; & qu'enfin Pierre,
comme le plus zelé pour la
gloirede son Maistre
,
s'estoit
écrié par un transport de joye.,
i. qu'il, voulois demeurer éternellement
avec luy sur le Thabor,
il ajoûta que c'estoit une
noble idée des differens mouvemens
de douleur
,
de joye,
de crainte, ôc d'espérance dont
nous avions esté agitez pendant
tout lecours de la maladie
du Roy. Il les expliqua
d'une manierefort vive, & fit
connoistre que le Sauveur n'avoit
pû refuser la guérison de
SaMajesté aux ardentes Prieres
de son Epouse,qui luy avoit
dit si souvent par la bouche
de ses Ministres, que cet Auguste
Malade estoit son Fils
bien-aimé. Enfin, poursuivit
ce Pere, si Moyft & Elie paroissent
sur le Thabor avec le
Sauveur, on peut avancer que
ccfi avec beaucoup de juflice que
tEglifeJe réjoüit auiourd'huy de
!» parfaite Jante du Roy, puis
quelle rencontre en luy Jeul un
Moyse en puiffince pour Joûtenir
sa gloire Cun Elie en tele pour
laranger de sesEnnemis. Louis
tE GRANDarmé comme un
autre Elie du seul glaivede Jon
zele pour laFoj
3 a détruit les
Hérétiques. Louis le Grandportant
loeLoy de Dieu mieux gravée
dansJoncoeur, qu'ellen'est
sur les Tables que Aioyfe porte
dans fès mains; employéJà puif-
Jance à la faire obfernjer par fis
Suiets,&àétablir la pieté parmy
les Catholiques; C? c'ejt par
iàqu'il mérité le glorieux titre
de Fils aijné de lEghjèy & les
compUiJàncedecettefainteMere
sur le retabhjjèment desasa-ntée
Hic ca Filius meus ddeétus.
C'est au/fi, Mtfieurs, celuy que
de mille heaux endroits de la Vit
du Roy, dont chacun mérité un /~f *~f f~~T
,
Paneyriqueentier c~o/ , te choisir
pour la matiere de celuycy, quny
que déia un grand nombre d Oraturs
en ayentparlé avec tant
dilliquence, qu'ils semblent n'anjoir
rien laifjeà ceux qui viennent
après eux, que la gloire de
ne pas garder l, ftlence, que leur
pourroient reprocher les pierres
wefmes des 1emples démolie,&
des Eglises rebasties, éternels monument
delapretédu Roy, cr de
son zele pour It Religion. Les
preuves de ce dessin furent
fort jvftcs & fort naturelles;
& il finit par une forte Morale
tiréedes paroles de son Evangile,
Ipsum audité, exhortant les
nouveaux Convertis, aussibien
que les autres Catholiques,
a écouter ce zélé Monarquequi
lesappelloit dans les
veritables voyes de leur salut.
Ce qui s'est paslé dansl'Abbaye
deLand venec,Ordre de
S. Benoist Diocese de Quimper,
merite bien d'avoirplace
icy.Elleest situéeau piedd'une
assez haute Montagne qui la
met àcouvertdes orages. Le
Canal de la RivieredeBrest à
Chateaulin,dont-elle n'est éloignéeque
decinq lieuës, bat
les murailles deson enceinte,
& l'on y voit tous les agrémens
de la Mer sans qu'on en connoisse
les dangers. CetteAbaye
est de la fondation d'un
des premiers Roys de Bretagne
au quatriéme SiecK
M Tanguy, Aumonier de
la feuë Rey ne Mere, qui en
est Abbé, & les Religieux
pour rendre plus éclatante la
solemnité qu'ilsvouloientfaire,
convoquerent les Parroisses &
tous leursSujets avec lesGardes
& Archers pour leDimache6.
de ce mois.Le jour precedent,
la Feste fut annoncée par le
carillon des cloches, & par la
descharge de plusieurs boëtes,
& le lendemain lUI lestrois
heures apres niidy les Processions
des Paroisses dependantes
estant arrivées, Mr
l'Abbéofficia solemnellement
à Vespres qui furent suivies
d'un Te Deum, aprés quoy
les Proccessions &. le Clergé
allerent au lieu où l'on avoit
preparé le feu de joye, & petîu
dant toute la marche qui fut
fort longue on chanta l'Exaudiat
& les Psaumes marquez
pour lesActions de grace. Lors'
que l'on sur arrivé, M l'Abbé
éc le Superieur des Religieux
mirent
le
feu au Bucher, qui
estoir haut de 40. à5o. pieds,
& au mesme instant, grand
nombre de Boëtes & d'Artillerie
commencerent à tirer.
Quelque hautque fût lefeu,on
avoitdifpoféUsArmes du Roy
de telle sorte,qu'ellesn'enfurent
point endommagées. Ce qui
.'fatÍs¥ beaucoup les Spefta'
teurs, c'cil qu'à chaque nonvelle
flâme, il y avoit des feux
d'artifice qui produisoient un
tres- bel effet. Au retour de la
Procession
, on chanta encore
des Prieres pour le Roy, & une
aumosne generale termina la
Feste.
Celle qui a esté faite en la
Ville d'Agde en Languedoc,
e sttres remarquable. Le Samedy
premier jour du dernier
mois, Mr de Bandivcl, Seigneur
de Frigaret,s'étant mis
àla teste d'une Compagnie
dequarante des principaux Habitans,
tous gens bien faits &
fort lestes, chacun avec sa Bandouliere
des couleurs du Roy
galonnée d'argent, representant
les Gard es du Corps, se
rendit à rHoM de Ville sur
les quatre heures du soir, accompagné
de Mr Courtigny
son Lieutenant. Quinze Con>-
pagnies d'Infanterie s'y trouverent.
Elles estoient commandées
par Mr Gauchy
,
S'
de la Grifoul, qui a servy dans
les Armées du Roy, & dans
celles de Venize dans la Moréeenqualité
de Volontaire,
& avoient leurs Etendards,
Fisres & Tarnbours.Il s'y trouva
aussi une Compagnie fort
leste de quatre-vingts Cavaliers
tres-bien montez, commandée
par M. Apolit,qui
a esté Capitaine dans les Armées
de sa Majesté, avec des
Timbales & des Trompettes à
la teste, ce qui faisoit prés de
deux mille hommes. On partit
de Li pour se rendre à l'Eglise
Cathedrale, qui estoit ornée
des plus riches Tapisseries
de M.l'Evesque d'Agde, &
tres-bien illuminée. La Compagnie
des Gardes marchoit
devant le Portrait du Roy,
porté par un des principaux
Habitans. Mrs Vayrac, Bonnesour,
Vellay & Brun Consuls
ysuivoient
avec tout le
Corps de Ville, & cette marche
se fit au bruit du Canon,
au son des Tambours, Fifres,
Trompettes, Haut- bois,Viclons,
& aux cris de tout le
Peuple. Le Portrait fut receu
par le Chapitre, &exposé sur
un Tapis de Velours bleu à
l'entrée du Choeur, au bas duquel
on avoit peint un Soleil
sortant d'une nuéeépaisse avec
ces mots ,Illincfulgentior exit.
Au dessousonplaça un Tableau,
au haut duquel estoient
les Armes de France, & autour,
des Trophées d'Armes
avec desCartouches où les plus
éclatantes actions du Roy étoient
dépeintes. Le lendemain,
le devant de l'Hostel de
Ville se trouva tendu de belles
Tapisseries. Au haut de la Porte
on avoir dressé un riche
Dais de Damas Cramoisy avec
une grande Crespined'Or, ôc
fous ce Dais on mit un autre
Portrait du Roy sur un Tapis
de la mesmeétoffe. Ce Portrait
fut gardéjusqu'a minuit par
deux Cavaliers & par quatre
Mousquetaires qu'on relevoit
de deuxheures en deux heures.
Les Troupes ayantestéprendre
Mrsles Consulsàl'Hostel
de Ville, les conduisirent àla
Cathedrale dans le mcfmc ordre
qu'ils avoient fait le jour
precedent, & commencerent
leur marche en défilant devant
le Portrait du Roy qu'on salua
par une décharge generale des
armes à feu. Toutes les Troupes
en arrivant dans la Place
qui elt devant l'Eglise, s'y
rangerent en Bataille,& firent
uneautre fatve. Quand ^la
Compagnie des Gardes,les
Consuls & le Corps de Ville
entrerent
entrerent dans l'Eglise, où chacun
s'estant placé,lesGardes en
haye aux deux aîles du Choeur
fous les Armes, MrRanchin,
Vicaire generalcommença la
Messe, quifut chantée en Musique.
Les Consuls & tout le
Corps de Ville,allerentà 1'0ffertoire
,
precedez d'un détachement
d'un Exempt & de
deux Gardes. La Musique
chanta solemnellement l'ExaudUt
aprés la Communion, &
l'Officiant ayant prié pour le
Roy,M l'AbbéEstorc prescha
dans le Choeur sur la recheure
au peclie.11 fit voir que celle des
pechez du coeur estoit toûjours
fore dangereuse, mais quecelle
des pechez del'esprit l'estoit
beaucoup davantage ,ce qui
hlY donna occasion de dire
que nous n'avions plus àcraindre
larechcute dans rHeresie
qui estoit le plus funeste
peché de l'esprit. Il passadelà
â l'eloge du Roy qu'il fitavec
beaucoup d'éloquence. En
fuite on retournaà l'Hostel de
Ville où toutes les Troupes
firent une troisieme salvede
mousqueterie & depistolets,
L'apresdisnée les Consuls firent
une distribution de deux mille
painsaux Pauvres, & l'on vit
jaillir uneFontaine deVin qui
coula jusqu'à la nuit. Les Vcfpres
furent suivies duTe Deum>
pendant lequel on tira trente
coups de Canon,ausquels les
Barques quiestoient dans le
Port
,
répondirent parcent
autres Le soit on partit de
l'Hostel de Ville dans le mésme
ordre, & l'on serenditau
delà de la Riviere d'Heraud,
,
parle Pont de Bateaux quiest
tres beau, au bruit de tous les
Instrumens de Guerre,des
Hautbois, des Violons,&
des cris de Vive le Roy. on
allaau lieu où l'on avoit élevé
untres-beau Feu d'artifice;
avec quantité de Devises &
d'Inscriptions. Au sortir de la
Ville on trouva soixante Barques
avec des Illuminationsjusques
aubout de leurs Masts,
&qui avoient déployé leursPavillons,
Banderolles & Pavefades.
Ces Barques faisoient
un tres bel effet, & entreautres
celles deMr Esparse l'un des
riches Negocians de laVille,
.& du Patron d'Almas, quise
signalerent en cette Feste. Elles
firent leur descharge de toute
leur Artillerie lors quelesConsuls
parurentsur le Pont. Les
Troupes s'estant rangées, les
Consulsmirentle feu au Bucher,
autour duquel les Gardes,
firent leur déchargequifut un
signal pourfaire tirer quarante
coups de Canon,apres quoy
les Barques en tirerent
-
deux
censautres.Il yeut ensuite des
feux allumez devanttoutes les
maisons. Celuyque Mr de S
Martin , Commissaire de hj
Marine fit faire devant la ifenne
fut accompagné de la décharge
de soixanteBoëtes. Les
Consuls donnerent un ma-,
gnifique sou pé aux plus con ci
derables de la Ville, & M. de
Bandivel à toute sa Compagnie.
Mr Apolit regala aussi la
sienne, & Mr Esparse traies
sur forç Bord quantité de fee
amis.Lesoupé fini, les Consuls
accompagnez de tous,,,ceum
qui avoient esté de ce repas il
ausquels plusieurs autres se
joignirent, allerentfaireUtou&
de la Villeavec les Haut-bois
& lesViolons, precedez dtf.
plusdecinq cens Flambeaux.
Ils beuvoient de temps eiv
temps à la santé du Roy,&
ce couplet de Chanson' étoit
mesté dans leurs cris de joye.
- Ala Jantedu Rry, notre Au-
2- Monarchiei
• liatricmphédelaParque ;;'!
1
***f*'*^ ot~- Caron *
.--A1tre.m,Jbl.é dans¡s:.a.;B' a~r:}q,u..e«t
N,*:A fin seulnom.u.,
Aprés cela ils allerent pren- dre le Portrait du Roy que
M-V^jra-ç premier Consul,
porta chez luy,accompagné
de six Mousquetaires
, de quatre Hautbois,
& d'un Trompette. »
Dansl'article des réjoüissances
de Dijon, je crois vous
avoir parlé de M. Bouchu,
ConseillerauParlement. Çonv
9w. il avoit faitfairedesprieles
pendant trois jours c)^
le temps de la maladiedu
Roy, il employa ce même
nombre de jours a faire rendre
des actions de graces à
Dieu, si tôt qu'ileût sceu que
sa senté étoic rétablie, & fit
éclater sa joïe par un grand
Feud'artifice & par une tresbelle
illumination, d'un grand
Balcon & de toute la face de
sa maison, l'une des plus remarquables
de la Ville. Ce zele
estla suite de celuy de tous
ses Ancestres, & entre autres
de M. son Pere, Premier President
du Parlement de Dijon,
qui en a donné de fortes marqties
toute sa vie, sur tout pendant
les Guerres Civiles. Feu
MrBouchusonFrerea esté
trenteansIntendant de la Province.
Il étoit Pere deM Bouchu,
qui ca I)rcfcntementIll*
tendant en Dauphiné.
La santé du Roy a causé une
joïe si grande, que ceux mé".)
me quinesont pas nez ses Su*!
jets, vont dansleurs Terres ;-::
qui sont de la domination de ?
France, afin de marquer par
desFestes magnifiques la part
qu'ils prennent à nôtre bonheur.
C'est ce qu'a fait M.le
Marquis de Brissac de la vil-/
led'Avignon, Neveu de Mrde
Brissac,Major des Gardes du
Corps. Il fç rendit le 4. de ce
mpis dans le Dauphiné à f~
Terred'Aubres
,
dont la
plufparc des Habitant sont
nouveaux Convertis Il les fit
mettre sousles armes, & le
Dimanche suivant, il fitcélébrer
une grand'Messe,qui fup
suivie del'Exaudiat ôc du
TeDeum On avoit placé les,!
Armes du Roy sur la porte
de l'Eglise avec des Festons
tour autour &le dedans étoit
orné aussi proprement que le
lieu le put permettre. Il y
eut trois salves, l'une à l'élevation,
l'autre à la fin du ,Te:"
Deum,&latroisiémeaprés que
la Bénédiction
eûtestédonnée.
Commeily a beaucoup
de ses Habitans quiontservy
dans les Troupes, ilsfirent ces troisdécharges avec toute la
justesse possible. A riflisë de
la Messe,on fit une distribution
de painà tous les pauvres,
& en mêl'me temps on vit couler
devant le Chasteau un*
fontaine de Vin qui desaltera
tous ceux qui voulurent boire
jusqu'à dix heures du soir. Ai
l'entrée de lanuit,le feu quorv
âV9iç dresséa la. place qui €?
devant le méme Chasteau, tut:
allumé au son desTambours
&desFlustes. Il y eutuneillu
mination tout au tour par des
Fanaux aux armes du Roy *
& tout le Village fut éclairé
par des lumieres mises aux fenellres.
Le Curé du lieu qui
est fort zelé rappella le peuple
dans son Eglise au son de-.
la Cloche, & termina cette
feste par une Processionqu'il
fit autour du Village en chantant
le TeDeum. Chacun avoit ,,
un flambeau à la main. M le
Marquis de Brissac est un Gentilhomme
distinugé. que M,'5
de Ville d'Avignon envoyerenten
1682. pour complimenter
leRoy sur lanaissance
de Monseigneur le Ducde
Bourgogne.

M leComtede laRiviere,
Bailly & Gouverneur d'Auxerre,
a fait faire aussi des Prieres,
accompagnées de grandes
réjeüssances, & de Feux de
joye dans toutes Ces Terres,où
il a assemblé toute la Noblesse
du Pays, qu'il a régalée pendant
plusieurs jours, & à diverses
reprise. Il répond par
làau zele de ses Ayeux, qui
ontpossedé les plus belles &
les plus; importantes Charges
du RoyallITleJl aeu l'honneur
aussi-bien que Mr le Marquis
de la Riviere, son Cadet, tué
devant Genes, d'avoir esté Pagede
la Grande Ecurie, ôc a
commandé ensuite une Compagnie
de Cavalerie fous feia
Mrde Turenne, qui le regardoit
avec beaucoup de distindion.
M. Doré,Maistre dela Mufique
de la Cathedrale d'Ar
ras. & tous lesautres Musiciens
de la Ville, après avoir prêté
leurs voix dans toutes les Eglises,
pour rendre graces à Dieu
de la parfaite santéduRoy,
ont voulu faireconnoîtrequ'ils
ne dedoient en zele à aucun
Corps. Leur Feste se fit dans
l'Eglisedes Jesuites, où toute
laVillefutinvitée. M. le Fé
vre, Prévoit-d-e laÇathedrale,
qu'ils avoient prié de faire TO^-
sice,y fitt^an(porter,duconsentement
du Chapitre, les
beaux Ornemens de velour&
bleu, semez de Fleurs de Lys
d'or, dont Lo--IisXI, leurfit
autrefois present, afin que la
veuë des Lys donnast à tout
le monde une forte idée de
l'auguste Prince qui les fait au-
IL
jourd'huy fleurir avec tant d
gloire partoute laterre. Le
Voix, les Concerts, les Ins
trumens,toutfnt d'un accor
qui charma tous ceux qui pûj
rent avoir place à cetteCere
monie. Le Canon se fit enten
dre pendant qu'on chanta I
Te Deum, & M. Doré
,
de Il
eompofition de qui la m-ufitque
estoit, ainsi que la Sym
phonie, receut de grande
loüanges.
Je ne sçaurois mieuxfinirc:
grand Article deréjoüissances
quepar la Chanson qui (uii
Elle deMrPrevost, cy-de



vant Maistre deMusique de la
Cathedralede Ctermonten,
Auvergne, sur l'entiere guerison
du Roy. La RimedcparfttÏte
avec s'appreste quon ne
souffre point lCY, passe pour
ibonne. en ce Païs-là, où l'on
prononce tempesse comme4
trompette,
CHANSON A BOIRE.
Lrieft plus temps de répandre des
lATmtJ,
LZeCiel nousa tirex^^decrainte&
d'alarmes,
Lstpour nous rétablir dans un fro* 1 fond repos3
II noos a conjervé' nostreaimabi
Héros.
LOVISLEGRAND jouit£un
fallté parfaite.
Célébrons-en l'heureux retour,
,
4*s, que chacun dénoua s'aprcft Amarquer en ce jour
Sa Joye &fon amour.
Tandts que laFrance
Voitcwkr deLOZJIS lesjwri a
assurance,
Faisons
, mes chers amis, faison
dans nofire fein
Couler en abondant*
Des Fontaines de vin.
Le 6. du mois passé,Mrde
la Berchere, nommé à l'Archevesché
d Alby, arriva dans
cette Capitale de foo Diocese
Comme il avoit défendu qu'on
luy députast à Aix
,
si
-
tost
qu'on sceut qu'ilestoit si Mon*-
tauban chez M.l'Intendantde
Guyenne son Frere, les Députcz
de tous les Çorps de la Ville
d'Alby, & un grand nombre
de Personnes de qualité,
allerent l'y salüer. Le ra pport
qu'ils firent de ses grandes qualitez
,
& de ses manieres dou.-.::
ces & caressantes, tira les efc
prits de la langueur dont ils
estoient accablez, tant par la
mort de son illustre PrÓdece[.
seur, que par les longues mai
ladiesquirégnent depuis Lu-L1
an dans cette agreable Ville.
Tous les Habitans, au bruit,
de sa venuë,coururent au devant
de luy. Le Clergé, la Noblesse
, le Tiers- Etat, tout voulut
èl'envy témoigner sajoye.
Le PeupledesVilles&des Villages
desonDiocese par où il
passoit,lesuivoit en foule Il
entra, ainsidans la Ville, précedé,
entouré, suivy d'un concours
incroyable de gens, & les
Dames quiestestoient aux fenestres,
parfumoient l'air des ruës
par des fleurs queelles jettoient.
L'irrégularité de cette espece
de triomphe en faisoitle plus
grand prix, puis qu'ilestoit aisê
de connoistre que chacun suivoit
les mouvemensde (on
coeur. Ce petit détail dune
grande journée a esté écrit à
M. l'A bé de la Roque par
Madame de Saliez, Viguiere
d'Alby, quilejourmesmefit
Iles Vers suivans sur ramvce
de son nouveau Prelat. "); :SOus des Astres bénins cette aimable
Contrée ,
?Surpà./Joit en beauté le plus heureux
; - climat, ': !;-
ïïfous gfoûtiorns ern reépos unee pai,x a,f*;1
'Saintement !,ouverne'Z par un char-
YttantPrélat, -' 3
Sonabsence devint la fonrce de nos
p-eines,
Ellenouspréfaça la coleredesCieux,
( L'sjr devenu poisons tout changeai
dans ces lieux,
Vn dangereuxvenin se glissa datyi
nos veines.
Ces flânes trop certains du plusgrand,,
des malheursy
Prècederent la, mort dp meilleur desi
Payeurs,
Du Ciel ce suint Prélat qui nousi
plaint, qui nous aime,
A[on triste Troupeau donne un aHêtre
luy-mesme,
TaIt va reprendre icy Jes premien.
agrimens,
Le Cielchange en amour lesm.;irque
de sa hains.
Peuple, un nouveau p.,jhur en Ci
jour te rameute
\Jja joy" (5 les plaifin, la famille
prIntempsj :
iA ta félicitérien ne peutfaireobfta*- cl ( , ,
Wes prcffanteslongueurs demandoicnf
un miraclej
fient vogr ce grand Prélat
,.
& reverer
ses loix,
Viens voirmille vertus hrillerfurfun:
vifige,
Wt ton bonheur certain dam Pauguf
fte assemblage
De cent miracles a la.foi/.
Je viens à l'Article des Morcsi
lu mois passé,que la tropgranîle
quantité de choses que j'avoisavous
apprendre me fit
server pour celuy-cy. Messire
Loüis le Févre de Caumartin ;:
Seigneur de Boissy, Argouges,
Rouvre,Maisy,& autres lieux,
Conseiller d'Etat ordinaire,
mourut le 5. de Mars. Il avoit
esté Conseiller au Parlement
de Paris, Maistre des Requestes,
& Intendant de Juistice en
Champagne, &. dans ces divers
Emplois il s'estoit acquis
toute la reputation qui peut:
rendre les plus grands Magistrats
recommandables. Il avojcJ
une gr ndepolitesse, 6. fit- it
amy jusqu'à risquer tout [oni
bien. On ne peut estre plus
éclairé qu'il le paroissoit au
Conseil
Conseil;& quand il a cfté Intendant
de Province, il s'est
toûjours fait aimer des Peuples,
& a servy le Roy tres-utilement.
Il estoit Fils de Messire
Louïs le Févre de Caumartin;
qui a esté Conseiller au Grand
Conseil, Maistre des Requestes,
President aux Requestés
du Palais, puis Conseiller d'Etat
ordinaire, & Ambassadeur
à Venise;& Petit-fils de Messire
Louïs le Févre de Caumartin,
qui fut d'abord Conseillerau
Parlement de Paris,ensuite
Maistre des Requestes, President
au GrandConseil, Intendant
de Justice en Poitou &
en Picardie, Conseiller d'Etat,
& enfin Garde des Sceaux
de France. M. de Caumartin
qui vient de mourir, avoit
deux Oncles; l'un nommé
François le Févre de Caumartin
, Evesque d'Amiens, &
l'autre, Jacques le Févre de
Caumartin
,
Seigneur de Saint
Port, Conseiller d'Etat, Ambassadeur
pour le Royen Suisse.
Il avoit épousé en premieres
NocesUrbaine de Sainte
Marthe, d'une ancienne Famille,
quiadonné plusieursillustres
Autheurs sur l'Histoire de
France,& dans les belles Lettres,
qui ont fait part de leurs Ouvrages
au Public; & en secondes
Noces, Catherine Madeleine
de Verthamont, Fille de
feu Messire François de Verthamont,
dont font venus plusieurs
Enfans.L'aisné de tous
ceux de Mrde Caumartin est
Messire Urbain-François-Loüis
leFévre deCaumartin, rcceu
(Mai!l:re des Requestesen1662.
aprés avoir esté Conseiller au
Parlement, & Comissaire aux
Requestes du Palais. Cette Famille
porte d'azur à la face de
cinq pieces d'argent. Elle ell alliée
aux Myron, desEssards,
Lhuillier,d'Orgeval, de Bossud'Hennin,
Bourdin de Villaines
,
le Tonnelier, de Machaut,
Moriet du Museau, &c.
La place de Conseiller d'Etat
ordinaire, vacante par la
mort de M de Caumartin, a
estédonnéeàMr Roüillé, qui
estoit Conseiller d'Etat de Scmestre,
& Mrdu Gué de Bagnols,
Intendant en Flandre,
aétéchoisi pour remplircelle
de M Roüillé. M du Gué de
Bagnols a fait paroistre tant
decapacité,& une experience
si consommée dans toutes les
Affaires quiluyont été confiées
au Confetti qu'il aeu
l'honneur de rapporter devant
le Roy, aussibien que dans
celles de son Intendance,que
le choix de Sa Majesté a été
applaudy de tout le monde.
Je ne vous dis point qu'il a l'avantage
d'être Neveu de feu
M. le Chancelier le Tellier,
c'est ce qui vous est connu.
Messire Jacques de Fieux,
Evesque & Comte de Toul
Docteur , en Theologie de la
Maisonde Navarre, Abbé de
Beaulien, Diocese de Langres,
mourut icy le 15. du mesme
mois. Il avoit passé toute si vie
dans des exercices de pieté, &
mérité par là l'Evesché de
Toul, dont le revenu est trèspetit,
& la charge: immense
Il y fut nomméen 1675. &
cest en remplissant Tes devoirs
avec un zelc infatigablequ'il a
gagné une maladie qui a terminé
[es jours, après trois ans
de langueur. Il efioic Frere de,
Mr de Fieux de Bonnemare,
Maistre des ItcqueHes
qui a
été Lieutenant General d'Andely,&
de Mr l'Abbéde Ficux,
Chanoine, Archidiacre,
&
Official de Roiien auquel il
avoir reiigne l'Abbaye de Bellozane.
DèFieux porte deSabkau
Chevron d'or, accompagné
detroisTrefles demême. , )
Ces deux morts furent fuivies
le 20. du même mois, de
celle de Messire Joseph d'Angennes,
Marquis de Pougny,
Comte de Concressault, SeigneurdeBlancafbrt,
Orfemont,
Messy, la Rivaudiere
&c. Ilavoit esté Enseignedes
Gendarmes du Roy, ô:cft
mort âgé detrente quatre ans.
'Anne-Marie-Thercfc de Lomenie
sa sem me, fille de Louis
Henry,ComteJ de Brienne-,,
mourut il yquelques années.
Le lendemain n.' de Mars
McflîreJean- Antoine de Pardaillan
de Gondrin, Marquis
de Montespan, Duc de Bellegarde
, mourut dans son
Hôtelà Parisâgé de 85. ans.
Il étoit Chef du nom & des
Armes de la Maison de Pardaillan,
& l'un des quatre Barons
d'Armagnac, iflfus de la
premiere race des Comtes
d'Armagnac, Cadets de la
Maison de Poitiers, Duc de
Guyenne. Il avoit hérité du
Marquifar de Montespan ou
Mont- d'Espagne ,
de Paule
d'Espagne une deles Ayeules,
petite fillede Blanche de France
, troisiéme fille de St Loüis
& de Ferdinand de Castille,
dit de Lacerdc, filsaisné d'Alphonse
X. Roy de Castille,
surnommél'Astrologue, du
chef de laquelle il étoit né
gjand d'Espagne&alliéaux
plus puissantes Couronnes de
l'Europe. Ce Duc a elle un
des plus adroits & des plus accomplis
Seigneurs de ion fiecle,
& a eu le bonheur d'être
toujoursestimé des Rois (es
MaiftresLoiiisXIII.& Loüis
le Grand, auprès desquels ila
servy fort long-temps en qualité
de grandMaistre de lai
Garderobe. Dame Marie-Anne
de Bellegarde sa veuve, fille
unique de Cesar Augufic:
de Bdkgardc
,
Marquis de:
Termes, Chevalier des Ordres
du Roy, PremierGentilhommedelaChambre,
GrandJ
Escuyer & nommeMaréchat)
de France, & nièce de Rogern
Duc de Bellegarde,luy fitfaira
le 26. du mêmemois un Con--
voy rres-magnifique &un
Service des plussolomners dans.
l'Eglise deS.Sulpice saParois-.
se, qu'ilavoit choisie pour Jet
lieu de sa sepulture C'estune
paUle d'an merite ésingulier,
& d'une vertu extraordinaire.
|l Je vous parlay dansune de
mFe*s Lettres de l!'"aannnnééee der-d nierc des exercicesqui se font
rcguîierement tous ksfayvers
dans les Ecoles Royales de
fChirurgie de Paris, en conièquence
d'unefondation considérable
,faite pour ion des jeunes gens, par Ni"
ienaife, quetoutel'Europeà
connu pour un des plus Illulitres
Chirurgiens de son temps.
Mr d'Alibour, celebre Chirurgien
6c Anatoi-nistes'cil acquité
depuis peu tres-digne:
ment de cet employ. Il conu
mença son discours par les loüj
anges de ceux qui en avoieni
fait de semblables avant luy
& aprèsavoirparlé de l'hon.,
neur qu'on luy avoic saic en 11:
choisissanr,&de ce que laConl,
pagnie dévoie à celuy donj
il alloit faire l'éloge, il dit quo
feu M Bienaife avoic cité ur
des plus habiles Chirurgien:,
de ion temps, fort ingénieur
dins son Art dont il possedoit
toutes les parties
,
&. que toui:
les grand talens qu'il avoir receus
dela nature, & qui l'ont!
si bien distingue dans sa prosession)
n'avaient estéen luy
que des moyens qui l'avoient
Conduit à une fin plus noble
quilsetoit toujours proposée,
& a laquelle il étoit heureusement
arrive. Cette fin qui ta
raraéterifè) poursuivit-il, confisloit
toute dans le desir deseren-
Srfre utile au public en rernplijJànt
lies devoirs les plus pressans d'une
kharitéparfaite. Toute sa conduite
a roulé sur deux maximes du
RSttge que ceux qui l'ontconnusçaitvent
qu'il prononçait souvent
,
Bienheureux disoit-il, celuy
,qui donne attention aux befoins
du pauvre & de l'indigent,
Dieu ne manquera point
d'avoir pitié de luy dans le jour
de deuil & de misere. Je n'ay
jamaisveu,dijoit-il encore, de
juste abandonné, & sa famille'
dans l'indigence. Il paroisspar
cesparoles qui luy étoientfortfamilieres,
qu'iln'a jamaissouhaité du
bien danssafamille ny de Jefaire
unfond abondantparfon sçavoir,
que pour être en état de secourir
les malheureux, dujfi sa maison
Ort-elle toûjours été l'azile des assic'l,
e'{ & la retraite des pauvres.
Jamais perjonne de cette nature
ne sess approché de luy sans en
recevoir quelque conjolation. jamais
homme ne s"ejfplusattaché
a sa profejjïon ;"aucun riajamais
eftéplusaclifdarts le travail, plus
confiant danssa conduitemoins
dijfpé dans' ses études, moins deréglé
par lesplaifrs, maissurtout
yerfonneriajamais efiéplus empressé
à secourir le public. Combien
defois ta ion veu négliger des
affaires qui^auroient pu luy être
utiles pour donner tout le temps
fiecejjaire à des mijerables qui
wvoient besoin de son ftcours ?
Àujft disoit-il ordinairement qu'il
fjloit obligéde traiter les pauvres
plutofique les riches qui ne mànquoientpas
de gens pour les Jecourir,
de forte que si tonpouvoii
luy reprocherquelque chosè là def
JuSyCeJeroit d'avoir trop publia
une vertu qui ne pouvait pour
tant avoirson effetsans être com
nue. Vne viesi belle &sigenec
reusement consacrée à l'utilité Pm
blique, ne pouvoit, MeJlieur;, êtr*
- plu, glorieujement couronnée qui
.,
par la fondation qu'il a faite du
j Exercices dont vous estes les til
moins C dont vous recevezl'at
vantage. Ayant estéutileauput
bliependantsavie, il l'efl frIS
core aprèssa mort à tout le Royan
me.Enfaite M' d'Alibou.
apoitropha feu Mr Bienaise ,
&après avoir dit que la Compagnie
ne, man uoit point
d'habillés fujetsqui repareroient
Tes défauts dans la luire, lors
qu'on les auroit choisis pour
unemploy pareil à celuy dont
il étoir chargé, il parla de la
Chirurgied'unemaniéré qui
l y attira de grands applaud
sTem ns. :,.
I* J'ay pouffé trop loin tout
ce qui regard l'Ambassadede
Siam en France, pour ne pas
achever, en vous apprenant ce
qu il y a long temps que vis desirez sçavoir & dont il m'a
été impossible d'estreplûtost
nformé de la manière que je
le souhaitois. On peut dire
que c'efl: la feule chose qui
manquoic au Journal de cette
Ambiflade, après les quatre
Lettres que je vous ay écrites
là-dessus,&ce que je vous ay
appris dans ma derniere, rouchant
ce qui s'eil: passé a Brest
avant rembarquement des
Âmbassadeurs
,
& dans le
temps qu'ils se sont embarquez.
Je vous envoye donc
cette Liste des Presens si desirée,
& dont la richessè marque
la grandeur du Roy. Il y
a beaucoup de choses parmy
le grand nombred'Articles
que vous allez voir, qui font
pour la Princessè Reyne.
) Cent cinquante pieces de
Draps de toutes fortes de couleurs,
des plusfins & des plus
baaux qui se soient trouvez en
Europe.
Quatre-vingts pieces de
Draps d'or, & de Brocarda
d'ordedifferens desseins, d'une
grande richdTe) & d'un
grand prix.
Cent Fusils qui tirent chacun
six coups. Ils font d'un
travail tres-singulier. Il y ena
beaucoup dont les ornemens
font d'or; les autres font enrichisd'argent,
& iapiufparc
ontefté faits par M. Piraube.
Vingt paires de Pistolets,
dont plusieurs tirent aussi six
coups, qui font autant de
chefj-d'oeuvrcs de l'art, & de
la magnificence, ainsi qu'un1
très-grand nombre d'autres
armes à feu. Il y a aussi des
Cuirasses
,
& d'autres orneniensde
Guerre d'un tres-beau
travail, & d'une très-grande
beauté, tant a cause des divers,
ouvrages de cizelure, que de
la nouvelle maniéré qu'on a
trouvée dy,appliquer l'or &:
l'argent.î Le tout estgarny
d'une infinité de Pierreries;de
ofrteque le travail, & la richesseles
rendent d'un fort
grand prix., :;!. ;:'neu
Douze Vertes, ou chcmifes,
aFufage des Siamois, pour la
PrincesseReyne. La pluspart
font de Point de France, ôci
toutesd'unepiece. On met,
des écofes d'or, ou de couleur
dcuous, ce qui en fait paroître
le dessein. Les Ouvrages donty
je vous parle, font d'une beau-j
té& d'une delicatesse si surprenante,
qquu'"oonnnn'a'ajajamin~aiiiss rien
vû en Europe de ce travail,
qui en ait approché. Il
Douze Mouchoirs dumêmeOuvrage
, mais dont les.
desseins font differens.
;
Douze Pendules faites par^
M.Turet, entre lesquellesil
yen a trois d'or, cizelées de:
Bas-reliefs d'un tres-beau travail.
Elles montrent le mouvement
annuel,& le diurne
la longueur des jours & des;
nuits pendant toute l'annéen
le lever& le coucher du Soleil]
pour l'horisondeSiam, lage;
de la Lune, & la maniéré de:
compter les filüisàlaSiamjise
par Lunaison, ayant deux
Lunes, dont l'une marque
30, jours, & l'autre 2p. ôc
ainsi successivement.
Quatre Montres d'or, ou
Pendules émaillées de couleursdifférentes.
Deux Horloges sonnantes,
dont les boëtes sont enrichies
de tres-beaux Bas-reliefs. Elles
font émaillées de diverses couleurs,&
montrent l'âge de la
Lune, &la maniere de compter
les mois à la Siamoise.
Trente-six Montres d'or.
de divedes maniérés, enrichies
de Pierreries, avec leurs boëces
garnies de Diamans & dl
clous d'or. t
Deux Globes faits par Bail
thazar Martinot
,
Horlogeu:
de la défunte Reyne mere d
Roy. L'un cit cdelle) & ra
prelente le mouvement d-
Firm,-tiiientoù l'ont attachéa
les Etoiles fixes deplufieun
grandeurs, posé s (Ion leu:
longitude, & 1.tiride. Ce:
Etoiles font d'or & ie relief
&sontappliquée le Glc.":,
bequieHd'argent gravé. O
y voit les Conste a ons
cclJ
stes par figures es ct iieiit po
sécs. Le mouv m AZ V !
Glold
Globe est de tourner sur ses
deux Pôles Artique & Antarctique.
Le Zodiaque est placé
lfur la ligne ccliptique en la
'maniéré ordinaire, sur laquelle
ligne le Soleil fait son touren
(un an, & ainsi il fait son afcen-
-fion oblique d'un Tropique en
,un autre Tropique. Il fait conÈnoiftre
son lever s son coucher
par toute la terre, par le
imoyen d'un cercle déclinant
'êcmobile,quisemes selon la
lliauteur des Climats & des
dieux ou l'on s'en veut servir.
rLeSoleil & la Lune font emportez
en 24. heures avec le
premier Mobile auFirmamenc:
lequel saic Ion cours en 3~<
jours, & par consequent le:
Etoiles fixes ont leur mOUj
vemenc ordinaire, & l'on y
voit leur lever & coucher fui
l'horison, comme les autre:
Planeres. LaLunea sonmoui
vement naturel qui retrogradc:
& se renouvelle tous les vingt:
neufjours & demy ,ce qui tlÍi
connoiilre les afped:s auSolciï
& ses fkuations dans chaque
degré des Signes, par chaque
jour ôc chaque heure. Ce Gloc
be est Cilpendu en l'air par 11
Pôle Areique. il chemine paj
[a pesanteur, & remonte en
Douflânt la mainpar dessous. >premier Meridienestfixe,
klesheures sont posées fixes
iu droit de la Ligne équinoxiae
sur un cercle horisontal, cou-
3e de deux cercles verticaux
lngle droit & d'un cercle oblilue
déclinant,qui sert à conloillre
le passagedes Astres
'ers l'horizon. L'Horloge qui
st dedans, peut souffrir telle
i1meirtation qu'on voudra, &
sur la Mer. Elle marque
es minutes qui peuvent estre
tiles pour la Navigation, &
pourconnoistre les lonritu-^
des & les latitudes.
Le Globe terrestreest d'argen
sur un pied tres-propre ,

font gravées en Langue Sia.
moise les principales,Parties du
monde, & ladivision geogra
fique sort exacte. Il ya dedani
une Pendule sonnante qui v.
huit jours,&qui fait mouvoi
par l'endroitdela Ligne équi
noxiale un Zodiaque placé et
Ecliptique, qui est emportée
4. heures On y voit deu
cercles d'argent. L'un porte le
douze Signes, & l'autre Ic:
douze mois à la maniere Sia
moise. Le Soleil estentreeux*
,& fait son cours naturel, parcourant
tous les degrez des Signes
de degré en degré, ôc
faisant connoistre les parties
de la Terre qui sont éclairées
selon les Saisons. A. l'air des
Pôles, quiestl'Antartique,
est un Cadran.d'Horloge qui
marque encore m! inutes,
les heures ,les jours, les tuoi:",
Ôc les Lunes ;. desorte que les
mesmes motions se trouvent
Ce Globe s'arreste comme le
Celeste ;mais les manieres de
mettre en pratique sont fort
différentes. C'est un cravailde
speculation particulière, auquel
MMartinoes'estfort applii
qué)& il a outre ces deux Globes
trois sort belles Pendule:
avec les heures en Siamois,&
plusieurs fort belles Montra
faites par le mesme.
Un Sabre garny de sors
beaux Diamans, de groflfe
Emeraudes, & de très- beaux
Rubis.
Un Sabre dont la poignée esr
d'or massif, & garnie aussibien
que le fourreau, de Turquoises
de la Vieille roche, ôc de
plus de quatre - vingts - dix
Pierres d'une grosseur surprenante.
Un autre Sabre dont la poignée
est aussi d'ormassif, sur
laquelle, auin bien que sur le
fourreau, sont enchassées douze
grosses Emeraudes, divers
gros Diamans
, te beaucoup
d':-,utr s Pierreriess
Cinq Miroirs de cristal de
roche, dont les bordures sont
tres-artistement travaillées, &
garnies de Pierreries.
Plufieurs autres Miroirs,
quantité de Boëtes d'or, &
beaucoup de Poignards dont
les poignées font d'or massif,
& d'or de rapport, faits par
Mr Bains, fort estimé pour ces
sortes d'Ouvrages. f' -*.
Quatre Cabinets, quatre
Ecritoires d'or massif & de
Iiï.iXi'c.r.ni:dor> servant de
-L 1 <- '.- :>. Toul - .-s ) aVvC tolites les garnitures,
qui consistent en un
tres-grand nombre de petites
Boëtes d'or d'un tres-beau travail,
enrichies de Diamans, &;J
de diverses autres Pierreries..
Douze Tasses à prendre du
Thé & du Cassé,& d'autres
liqueurs, faites à l'usage des
Siamois, toutes d'or. Elles
sont émaillées - de plusieurs
couleurs, & garnies de Pierreries,
avec leurs, boëtes. de Filigranne
d'or, & de Vermeil
doré,&d'une très- bellecizetare,
if-a?i:fod
Uri-€ Couronne d'or garnie
de gros Diamant3&de gros.
Rubisd'Orienr, avec un tour
de fort grosses Perles. Cette
Couronne est d'un travail trèsbeau
& tres-delicat, & les Pierreriesenfont
parfaites..
* Plusieurs petits Cabinets
d'Ambre, avec des Bas-reliefs
tres-delicatement travaillez,&
desFigures de mesme matière
qui en font le couronnement
Deux Miroirs à bordure
d'Ambre avec des Glaces des
plus grandes qui se puissent
faire. On ne peut rien ajoutée
à la beauté des bordures, qui
font très-larges. On y voir
une insiuité de Bas-reliefs, &
de figures différences, auOE,.
bien que divers ornemens,
convenant à l'Ambre sur lesquels
ils sont cizelez;car il y
en a de diverses fortes. C'effc
le travail de plusieurs années..
Douze grands Lustres de
Cristal de Roche. .-
;'" Douze Girandoles dumênie
Christal, & fort hautes.
Douze Tapis faits à la Ma-'*
nufacture deChalliotapellée,
Sajvontrk. Ils sont à fonds d'or,
d'un tres-bèau deflcin, & fort
grands.; - 1 !
; Quatre Tentures de Tapisserie
à fond d'or. de la Manufacture
Royale des Gobelins.
Ell s
representent les Maisons
Royales & plusieursHistoires.
t',
Quarante-huit Cartes d'une
inventiontrésrare, toutes
dorrées, & enrichies d'ornemens
extraordinaires par les
plus
ti
habiles Ouvriers du
Royaume.
Unetres-grande quantité
d'Instrumens bde Mathematique,
pour la Navigation, pour
les Eaux, & pourtout ce qui
concerne cette Science, les uns
d'or, lesautresd'argent, ôc
les autres de cuivre doré. Tous
ces Instrumens sont très bien
travaillez.
Quantité de Compas de:
proportion.
Plusieurs Selles, Housses,
& Foureaux de Pistolet, les;
unes brodées d'or, & les autres
d'or, & d'argent;
Plusieurs Brides & autres;
Harnois garnis de pierreries.,
Une HoussedeCheval,& une:
Housse d'Eléphantd'unetrèsbelle
broderie dont une partie
du dessein est formé par un tres
grand nombre de Pierreries.
Plusieurs Juste-au corps,Vesses)
Casaquins&Baudriers à
àla façon des Siamois, tous
délicatement brodez & [ernez
de perles.
Plusieurs Miroirs ardens d'une
construction nouvelle, &
qui bien qu'ils n'ayent qu'un
pied de diametre, font autant
d'effet &ont autant d'achvice
que tous ceux qu'ona veus
jusquapresent. àj
hfii On peut aisémentdistin^
guer parmy ces Articles les
choses qui conviennent à la
-
Princcflè Reyne;commedes
Chemises de Point, des Montrès
,* des Pendules, des Miroirs,
des Ecritoires, des Caffettesjdes
Cabinets, & généralement
tout ce qui regardeI
les toilettes, soit pour l'ufa
ge,foit pour l'ornement.
Comme Mr Confiancecft
Catholique, il y à une tresbelle
Chapelle pour luy avec
quantité d'autrespresens qui
luyconviennent. Il y à aussi
un Habit du Roy pour le meme
Mr Confiance, accompagné
de tout ce qui regardele
reste de l'habillement. Il avoit?
témoigné aux Ambassadeurs
avant leur départ, qu'il souhaitoit
avec passion avoir un
des Habits de ce Prince. Tous
ces presens sont accompagnez
de plusieurs autres, au nom de
MonseigneurleDauphin & de
Madame la Dauphine.
-
Je vous ay marqué la manière
galante dont Monsieur
a fait des pre sens quelque
temps avant le départ des Ambaffadeurs.
Un jeune Prince qui n'est
pas moins estimé par son ciprit
que par la grandeur de sa
naissance, a faitaussi un present
crés-confiderabic auRojn
deSiam. C'estungrand Livre
ou toutes les Conquestesdu
Roydepuisiecommencemenc
de [on Regne,sont peintes sun
du Velin, & vis à vis de chaque
Tableau, qui represente»
ou la prise d'une Place, ou le
gain d'une Bataille, ou quelque
action éclatante, & guerriere;
l'Histoire dece Tableau
est écrite, &toute renfermée
dans la page. Il y à une autre
page blanche qu'on à laissée
pour y mettre la Traduction
:qume l'ooniesn.d<oit faire en SiaFRESENSDES.
M.
Aux Ambdjjadeurs.
Plusieurs Portraits du Roy»
d'or émaillé, & garnis de
diamans.
Plusieurs Chaînes d'or avec
la Medaille desa Majesté.
Six Luftrcs de Cristal de
roche à chacun des trois Ambaladeurs.
- Plusieurs pieces de draps fin.;!
de diverses couleurs.
Plusieurs pieces de Draps
d'or &de Brocards d'or.
Plusieurs Fusils, Pistolets
&autres Armes, tres-riches &
cres-curieuses. Une infinité
d'autres, presens à leurufage jj
comme des Sabres & des
Poignards garnis d'or.:
1J Des Tasses d'or àprendrâl
du Thé, & du Caffé.
1, - Des Cartes, des Compas &:.
des Machines de toutes Í()rtesL;
pour lesCieux, pour la N:-*
vigation, pour les Forrifica-a
tions, & pour divers aurress
Arts.
Trois Cabinets de Cristal ddss
roche taillé à facerres, un peui
plus grands que des Calfates
ordinaires,mais beaucoup plus;,
élevez. Ils font encourez de co^
lomncs-de Vermeil d'oré de di-,
versordres d'Archlteâure,&de
plusieurs autres ornemens. Les
dedans font d'une tres -belle
Graveure, parce que la cizelure
y auroit incommodé. Ces
Cabinets, quoy que quarrez
long, ont des couverclesélevez
qui les font paroistre à
demy en DOines) & ne s'ouvrent
que par le dessus.
Plusieurs Tables de Marbre
de diverses couleurs.,& de diverses
maniérés.
Mrs de Croissy & de Segne-
[ay, ont aussi envoyé de trèsbeaux
presens àMrConftance,
qui leur en avoic envoya
de 5um. Parmy ceux qui fonti
partis, i; v a des Miroirs dune
giùnckur, & d'une eaute,
Piufieurs Vases, Buires
Bassins, &: Bocals de Verniei
doré, dont la cizelure eftl
tres-belle. Il y aussi-pluficura1
Ouvrages des Manufactures:
de France, & de tout ce qui:
sby faeit deaplusurare.&de plus-
PRESENS DES JESVlTES
au Roy de Siam.
-Deux'grandes Machines,:
l'une pour les Planettes
)
&
l'autre pourlesEclipse. J'en
ayI donné ?la deCcription, &
celle de leurs effetsdans mi
LettredeSiam, où je parle de
l'Observatoire. On a ajouté a
cette Machine un mouvement
d'Horloge qui donne defoy
même tous les jours la fituation
des Planettesdans le Ciel,
&r'ne laisse pas de faire connoîrre
le pasle & l'avenir, par
l'aat present des Plancttes
dans le Ciel, comme on fai-
Foit aux Machines qui ont précédé
celle-cy.
L Un Globe suspendu allant k"*
par son propre poids.
Deux tres-belles Horloges^
al lant sur un plan incliné.
Quatres grandes Pendules3.
façonnées comme celles de:
rObfervatoire.
Quatre autres portatives.
Un mouvement qu'on nomme
Pàraletique, pour fèrviti
à obfcrver avec de grands Verres
(ans tuyaux, & plufieursc
autres Instrumens de Mathematique,
& d'Âstrologie.
Des Montres qui peuvent
se remonter sans qu'on serti
a pperçoive, & sans qu'ortj
fâche qu'on les remonte, &;
qui se trouvent remontées ,
pourvcu qu'on les ouvre seulement
une fois le jour pour
/oir l'heure. Quand on les
)uvre plus souvent? on ne
es remonte quaproporion
du temps qu'on a été [ans
es ouvrir.
Tous ces Ouvrages ont été
âits par M' Turet, dont le
jenie est admirable pour ces
brtes de choies, & qui n'est
las moins connu & cftimé
hez les Edrangers,qu'il l'cit
n France.Ilsferontconnoistre
ux Peuples d'Orient que les
¡eaux Arts fleunflent beaucoup
plusen ce Royaume qu'a
la Chine & au Japon; ôclei
Indiens qui croyent surpasses
en richesses tous les Peuple;:
de la Terre, verront par le:
Presens du Roy,fortis de 1;
feule Cour de France que le:
Indes n'en fournirent pas aui
tant à toutes les autres Nai
tions pendant des Siecles eru
tiers. La pluspart de tous ce
Ouvrages ont étéveus che::
M Alvarés quia conduit pan
ticulierement ceux qui (on
enrichis de Pierreries>dont:
a fourny unfort grand nonn
bre. Son aaiviré a fait voir fo<
zef
tele^latopt fait mettre dans
des caissesde plomb, scellées
avecd'autre; plomb, de Íorte-)
que tout ce que ces caisses rerq
fermeest- impénétrable à l'air
dehMer. Enfin ,Madame, je vousenvoye
ce qui s'etf passé au
Grand Conseil, le jour que
Mr le Chancelier y estvenu
prendre sa place de Premier
President. C'est un de ces morceaux
d'Histoire qui ne se
trouvent point, & qui font
non feulement curieux, mais
encore d'une grande utilité,
puisqu'ils peuvent servir de
réglé, sur tout, lors qu'ils Contiennent
-
tiennenbtbeaeuacuocuopupdedeéhcëhfetst
qui marquent ce qu'on doit
observer en de pareilles ocea^
sions & dont 0[\ ne voit rien
ailleurs qui fassèconnoistre les
Reglemens quipeuventavoir
étéfaits surce qui les concerne^
On ne trouvera passeulementdans
ce que je vous envoye
, un exemple, sur lequel
l'avenir se pourra regler; mais
on y verra un Arrest favorable
à tous lesAbbez&Prieurs
dg.' Royaume, & donné en
un jour solemnel. Comme
toutcetArticleestune
cercle Procès verbal je le laisferay
celiqu'e, a estédresse,
c'està dire, dans le stile qui
luy estpropre, & n'en ôteray
point des répétitions souvent
necessàires ; pour empescher
qu'on ne se méprenne, en
faisant rapporter à une chose
ce qui se rapporte à une autre.
Je croy que vous ne m'en
blamerez pas,puis que toute
la beauté de cet Article doit
consister dans unefidelleexactitude.
, ~~j
Le6. jour de Mars 1687
le Grand Conseil du Roy seant
à Paris, où estoient Mre les
-PreGdens deBarentin,leRe-
(bours,du Bois, sieurdeGuedteville,
Bignon
,
leBÓtilantvger
sieur de Viarme, Poncet
&de laBriffe,enleurs places
ordinaires du coté droityvêtus
rde Robes de Satin noir; après
•Icfdits sieurs Presidens
,
Mr
Bailly,Confeillcr d'honneur,
*
Mrs: Thierfault
,
le Gras, Hervé,
Nau, Honoraire, Buchere,
Gruin
,
Glué, Honoraire ; Bunet,Vuquelin, Petit de
Fortias,Jannard
,
Berrhin;de
.HtnaultBaudon,Bitault,
: Lottin de Charny, le Tonnellûr,
de BretigoiereMillon, de
laFerté,Bernard,Marsollier, ôc
Guiet,tous Conseillers audit
Çonseil
;
&de l'autre codé,
Meilleurs l'Evesque de Laon,.
Duc
-
& Pair; l'Evesque de
langres,Duc&Pair; l'Eves
que de Beauvais, Comte &
Pair
-, & l'Evesque Noyon,
Comte&Pair de France,vêtus
de leur manteau Ducal
fourré d'Hermine; Meilleurs
les Ducs de Chaunes & de
Richelieu 5auiGPairs deFrance
, vêtus en manteaux, leur;
épées au côté;après lesdits
lieurs Djcs & Pairs, Messieurs
Richard, sieur de la Baroüil.
liere,Doyen duConseil, de
Maridat, de Bcfnâg'ç,aussi
Doyen m Conseil de Semestre,
de Fresniers, Vattor,Otlier,
Lavocat, réydeau, dfc
Rochereau, le Vayer, d'Herbigny
le Mairat, Pallu,
Dreux, de Thesut, de Massuau,
deMontholon, de Rochefort,
de l'Isle, Potet,Doujat,
& de Bernage,sîeur de
S. Maurice, :1.; u'i Conseillers
audit Conseil,vêtus de robes
de Drap à leur ordinaire,composant
presquetous les deuxSemestres,
sans qu'il y eust néanmoins
exprés aucune assembléedesdits
Semestres, estant
ledit Conseil averty par Mr
Hennequin, Procureur General
, que Messire Loüis de
Boucherat, Chevalier, Seigneur
de Compant, Chancelier
de France, vouloit venir
çrendate sa..pLace de premier
iPicïidentd^dic Conseil,ainsi
edoue les PredecesseursChanceliers;
enl'Hostel duquel ledit
sieur Procureur General
ayant;eâc le susdit jour au
nUtinde la parc de la Compagnie
luy dire que l'heure de
l'Audience approchoit,& que
la Compagnie l'attendoità
l'instat; de quoy ledit fictif?
Procureur General revint avertir
la Compagnieque M5j
le Chancelier se.disposoita
'panir;.& q&e .d2lqs peu il de.-1
voit arriver.Eneffet, quelque
lempsnpresjedit Conseil etant
averty que mondit sieur le
Chancelierapprochoit deTea-*
trée de la seance d'icduy.t'.
député M le PresidentduBois
de Guedreville, fecond PreG.
dent en Semestre, &, six des
susditssieurs Conseillers, (çavoir,
Mrs de Bernage, Doyen,
de Fresniers, Lavocat, Ollier,
,
de Bucherei, & Feydeau, tous
GonieillérsreôSeme£*
re, pour l'allerrecevoirau bas
de l'Escalier,précedezdesHuissiers
dudit GrandConseil )où,'
ly^pc (estéau devant,&joint
Mr iw Chanecier sur les dcrpiers
degrez au bas duditEscalier,
qui venoit de descendre
de [on Carosse,véru d'une
robe de velours noir,ouverte
par le devant, avec une sourane
dclïbus de Carin noir, accompagné
deMrs Paget Doyen,
de Fortias, Amelot sieur de
Chaillou le Boulanger sieur
d'Acqueville,Lavocar, Pclil^-
son, de Berulle, ôc Jaflàulc>
tous anciens Maistres des Requestes
ordinaires de l'Hoste
du Roy,vêtus de leurs robe:,
delatinnoir,& de ses Secrétaires
&. Gentilshommes, du
sieur de Monticourt, Lieutenant
de ses Gardes, Ecuyer,
& gens de sa fuite, qui estoient
tous venus avec M. le Chancelier
de son Hostel dans ses
Carossès;à l'instant de quoy
M. le Chancelier fut faliiéôs.
complimenté par M. le Marquis
de Sourches, Grand Pre.
veit de l'Hosteldu Roy, à.
la teste de ses Lieurenans de
Robe-longue, de Robe-courte,
Procureur du Roy, & OfE-.
siers de la Prevosté ¿erHoleI,
quiluy vinrent faire offre
le leurs services, & rendre
;cnrs devoirs; y ay ant mesme
tors plusieurs Gardes de ladise
Prevosté à la grande porre ,
Bc dans les avenuës pour rendre
le passage libre; & mondit
sieur le Chancelier ayant
aussi lors auprès de luy les
Huissiers de la grande Chancellerie
portant leurs Maslès,
& ceux du Conseil Privé, qui
s'estoient tous trouvez à la
descente de son Carosse, &
l'ayantlesditssieurs Presidens
& Conseillers députez dud
Conseil [alüé & compliment
de la part de la Compagnpar
la bouche dudit sieur Pro
fident deGuedreville,portan
la parole, lequel Stde Guedro
ville luy fit un complimentfoi
court, parce que le lieu n'ellæ
pas propre à l'entretenir long
temps. M. le Chancelier y ré
ponditfort obligeamment.
Aprés, ledit sieurPresiden
prit saplace au costé gauche
de mondit sieur le Chancelier
lesdits SieursConseillers à
2iuchc desdits Sieurs Maistre IL-i ;
des Reque stetousmarchand
-filie àla fuite de mondit
lieur le Chanchedier, ayant
u devantde luy plus prés de
personne lesdits Huifficrs
le la Chapcsitcrie, vestus de
curs Robes desoyenoire
chaîne d'orau col
,
Toque de
velours &: Cordons d'or, porsant
leurs Massesd'argent doré,
au devant desquels les Huisfiersdu
Conseil Privé,au nombre
de six marchoient aussi
avec leurs Robes & Chaines
d'or
,
Toques de Velours&:
Cordons d'or precedez:des
Huissiers de service du-
!dit Grand Conseil avec leurs
Robes de Drap & Bonne:
carré devant les Huissiersdu
dit grandConseil deux Exemps
& douze Gardes de la Prevosté
de l'Hostel du Roy, du nombre
desquels estoient les deux:
Gardes de mondit Sieur le
Chanchelier) tous lesquels;
Exempts & Gardes estoient:
venus devant son Carosse à,
pied depuis son Hostel ; &
mondit sieur le Chancelier
monta & marcha en cet ordre
dans la grand' Chambre,
d'Audience dudit Conseil jud>
ques au prés des Barreaux do
la seance, Icldics Gardes de 1&
Prévosté estant demeurez dans
l'Antichambredel'Audience,
les Huissiers dudit grand Conseil,
& ceijix du Conseil Privé
bftarvt dcrrçeurez proche définies
Barreaux par la porte à
droit du costé de MIl les Presidens,
parlaquelle porte moiv
dit; sieur le Chancelier ayant
aussipassé pour prendre sup'Ik
ce, & mesdits Sieurs les Maîtres
des Requestes de sa compagnie
par la porte du Barreau àgauche, à l'instant toute la
compagnie se levant ta salué,
':.& Mrle President Barentin,
Ancien President fcde Semestre,
s'est retire; une place
plus basj.poi|j: Jailfçr, telle. d'i (mondit Sieurle Chancelier
oùilestoit,àcause quelaCom
\pagrae:estoit enplaceavant
'ssonarrivée> & ayant mondi
Sieur le Chancelier pris sa
place commepareillement less
<1ies.Sieurs Maistresdes Re:
jqueftes de sa suite du, costé &
au dessous de mesdits Sieur;
les Ducs & Pairs
, tous ceux
-
du Conseil estant àssis & cou,^
verts, Maiffre. Henry Gu^
chard principal Commis, Greffier de la Chambre dudit
Çon/çil?prit, sa place aucosté
du Bureau >-le sieur le Grande
premierHuissier dudit Conseil
& Chancellerie de France,
estant proche sa place ordinaire
d'Audience, prés dudit
Bureau debout, vestu de sa
Robe desoye noire, Toque de
velours, cordon d'or& chaine
d'or au col3ou il a esté toujours
prés dudit Conseil pendant
l'arrivéede mondit sieur le
Chancelier
-,
les Sieurs Bois- courjon&Raince,Huissiers
[de la Chancellerie, estant restez
au dedans du Barreau
prochedudit Greffier assis chacun
sur un rabouret & découverts,
tenant leurs Masse, &
les Huissiers dudit Confcil
Privé en dehors proche desdits
barreaux debout & découverts
, & les Huissiers dudic
grandConseil-estant par la
"SaUe pour faire observer le
silence, mondit sieur le Chancelier
a ouvert la parole, & dit,
Qu'ilconsideroit la fonction de
premier President qu'il venait
foire ce jour-là dans leur Corn-
, comme une des marques
d'honneur attachée à la Dignité
'de Chancelier de France Qu'il
se fr'L'Oit en mesme temps de cette
occasion pour les asseurer tuy-ndme
de tefiime qu'il avoit pour
tous les^Officiers dontelle efloit
compojce:quilrieftoit pAs ntftf
Jaire de les exciter à eflre ajjidus
dansl*exercice de leursCharges;
qu'ils ffavoient quil ne convient
pasa un Officier deJeprévaloir
Jans:lesaffaires particulières de
l'autorité quepeut donner la 214agifttature
, mais quilfauts'athpliquer
continuellement à rendre
la luftice Jonsprévention ny complaifNJce,
& par rapportseulement
a ce qui efldeplus jufle..
&quiva au plus grand jiulagement
des Parties. Enfuite il les
a exhortez de suivre foignçusementlesRentes
que leRoy , aprescrites pat{es Ordonnances-,,
& les a fait souvenir, qu
Ja Jjrfaj?fiéveut <2* desire que II
bon ordre qu'Elle arétablydan
"ioutes lesparties desonEstat ifai:
exactement observé, afin que for
Royaumesoittoujours consider
-- comme le mieuxpolicé, aussi bien
que le plusflorissant& le plu
puijjknt de tous les Empires d'J
'-mondes Il a ajoûté,quec'estoi
par cette fioegejfieincomparablequa
':
accompagnetoutesles aftiotis dt
- ce grandMonarque, & par fi¡.
valeur qu'il a touiurs rfté viéluricux
defies Ennemis peneL-mtl
là Gtierre, tArbitre de la Paix
XJP-deJa'Tre^Vequ'ila donnée à
toute tEurope
,
le Reflaurateur
de lafuIe (5P veritable Religion,
& qu'il est l'admiration de tous
lès Peuplesles plus ilolgnez,,&
la cauje du bonheur e du repos
dont jouissent tcus fis Su;ets. Il
leur a dit encore qu'ils dévoient
tacher de meriterpar hurbonne
conduite la continuation de U
bknvejllance & de la proteclion
;tk fa*vîa\ejlêElle accorde vo- lùnûer, à tous cçuxquiremplirent
leurs devoirs avec intégrité CP
O
avec un granddefinterejjemcntr&c
il. afiiiien lçs priant de croire
qu'il lè feroit toûjours un ttes:'.
grand plaisir de leur rendre:
tous les bons offices & [ervi.
ces qu'il pourroit, quand les
occasions s'en presenteroient.
':: A quoyluya estérepondu,
de la parc desdits Sieurs du
grand Conseil par Mr le President
Barentin, adressant la
parole audit Seigneur.
MONSIEVRy
Plus 1 honneur que nous reccvons
aujourd'huy efl extraordinaire,
moins nos sentimens dotnientejlremoder^
Pouvonsnous
estreinsensibles à la njcué d'un
objetégalement digne de nosTf
pÉCw, & de noflrt admiration >
juitil tflnûredevoirdans la
fitpreme dignitédela lufticenn
Magistrat plein de/juite,pleinde
douceur9 toâ\oursacct£iUe Cmtoiû-
JQMTS luymejme!Des qualirm si
precleufes avoientfait naiflre tant
d'estime dans l'esprit du plusgrand
des Rois, quilaeuimpatience de
lefaire paroifkrepar un choixqui
peutftr-vir a éleversasagesse au
dejjtts de sa valeur; mai* quel
hmheur pour le Grand Confiil
de trouver en vousfeul,Monsieur,
tous les fenttmtns favorables
qu'ont toûjours euspour luy vos
PtedeoeJJcurs
,& principalement
JIV Seguier qui depuis quil iet
: honoré de sa prefinceria poits
cefiéde l'honorer desaproteéliolJ,
Nous nefiperons pas moins a
: 'vous, Adonfieur, qui ave^ trou
vé le sècret de luyfucceder en /Y
mitantparfaitement, & non
tacherons de plus en plus de noltl
en rendre dignes en ne. perdant
jamais de veue la Justice. L
GrandConseil aymt cet bonnes
particulier,devousavoir, MoN.
sieur,pourfin premier Prefïden1
il tft. jujte qu'il ait plus de foh
que les autres Compagnies a
Royaume3 deJedistinguer. Pou
reussis dans un si noble déficits
ilria qu'à- vous envisager sans
,
ger tese comme le modelleleplus accomply
de laJuflice, Ceglorieux
avantage vous fera uoir, Moulfeur,
que la feule vertu & la
gloire qui en efl le prix,fontlunique
objet de nos difirs (T de
nos affections.
Ce fait, Mr le Chancelier
a dit au premier Huissier
dudit Conseil de dire aux
Huissiers d'iceluy de faire retirer
le monde qui estoitentré
en ladite Chambre en grand
nombre pour entendre les susdits
complimens, afin que ledit
Seigneur puft ouir le raport
qui luy devoit estre fait
par aucun desdits Conseillers
dudit Conseil
, ce qu'ayant
esté fait ôc le monde retiré,
lesdits Huissiers de la Chancelleriecommedessustoûjours
demeurez assis en leurs dites
places tenant leurs Masse
, mondit Sieur le Chancelier a
dit audit de Bernage Doyen
de prendre sa place au Bureau
pour faireson Raport , ce
qu'ayant fait accompagné dudit
Sieur rAvocal:filtlIi Ccm,
seiller, afait le raport des Lettres
de provision de la charge
deMaistredesRequestes de
-
MrPotier deNovion, &fait
lecture d'icelles avec l'adresse
audit Conseil pour y faire registrer
lesdites Lettres, recevoir
leditsieur de Novion, &
prendre sa Place en iceluy
Conseil. Ce fait, M le Chancelier
a pris l'avis dudit Sieur
de Bernage Raporteur,en fuite
s'est levé de sa place &aesté
prendre lesavis du côtéde mesditsSieurs
lePresidens,&aprés
de l'autre costé,& a dit audit
Greffier de la Chabre du Conseil
de faire venir ledit ifeur
de Novion vers ledit Conseil,
& estant venu & conduit pat
Jëdit Greffier par la portedu
Barrea,àgauche proche du second
Barreau, mondit Sieur le
Chancelier luya dit en ces termes.
Leve7, la main, & encore
que vous n'ayezd'autreserment
en cette Compagnie que
celuy que vous avez..prestéennies
mains,vous jurez & promet-
,t,,cK de tenir lesdélibérationsde la
Compagniesecretes. LeditSieur
deNovionadit: Ouy. Ce fait,
a dit auditsieur de Novion,
prenez vostrePlace, ce qu'il a
fait, & a esté ordonné l'Enregistrement
desdites Lettres és
Kvjgiftres du Consul En
suite a esté rapporté plusie rs
Requestes, tant par mondit
sieur de Bernage que parmesdits
Sieurs de Rochereau
,
&
le Tonneilier, Conseillers au
Conseil, sur le raport desquelles
Mr le Chancelierayant pris
les avis comme dessus, & resolu
les Arrestsqui ont estéa
l'instant écrits par leditGreffier,
& par luy en mesme temps
fait signer par lesdits Sieurs
Raporceurs en leurs places, &
a mondit Sieur le Chancelier
aussi en sa place, aprèsquoy
mondit Sieur a dit au premier
Huissier qui estoit toujours derueur:
en ladite Chambre péri-}
dant lesdits Raports, proche
6c à costé dudit Bureau, de
faire avertir Mrs les Gens du
Roypour prendre leurs places.
Ce fait,estant venus, ont pris
leurs places audit Bureau, sçavoirM'
Enjorrand de Claye,
ancien Avocat général; Mr
Hanncquin Procureur general
; & Mr le Prestre de
Laizonnet aussiAvocat general,
comme aussi M. le Normand
Greffier en Chef dudit
Conseil. A l'instant Mr le
Chancelier a dit au premier
Huissier de faire ouvrir les
portes,& faire appeller l'Audience,
ce qu'ayant esté dit
par ledit premier Huissier aux
Huissiers dudit Conseil,
.1
& par
eux fait,l'Audience entrée avec
grand concours de monde, &
les causes appellées par ledit
premier Huissier,entreautres
la cause d'entre le sieur de
Massac, Prieur de Nantua,
Ordre de Cluny,Deffendeur
d'une-part,& les Religieux dudit
Prieuré Demandeurs d'autre,
le Procureur general c*e
l'Ordre deCluny,& le Syndic
dela Noblesse de Bourgogne,
Bresse&Beugé où ledit Prieuré
eil situé,Intervenant&Demandeurs
encore d'autre, à 1instant
dequoy ledit premier
Huissier sell couvert& assis à
sa place, à cofté dudit Bureau
pendant l'Audience.Les Avocats
desdites parties estant
venus à l'appel de la cause, sçavoir
Maistre Antoine Vaillanr,
Avocat desdits Religieux
de Nantua; Maistre Evrard,
Avocat dudit Procureur general
de l'Ordre de Cluny;
Maistre FrançoisBiffreAvocat
dudit Sindic de la Noblesse,
& Maistre de la Touche,
Avocat dudit Sieur Prieur
de Nantua, & voulant ledit
Maistre Vaillantà plaider, a esté d'abord inter-
~rompu par la publication d'une
declaration du Roy donnée à
Versaillesle28.Février de la
presente année 1687. adressée
audit Conseil touchant les
MandiansValides de l'un &
del'autre sexe, qui auroit esté
Gleuaiëch&arpdubliée par ledit sieur ,aussi Greffier de
l'Audience,
tenant le plumitif,
après la lecture & publication
de laquelle,& le requisitoire
de mondit Sieur le Procureur
gcneral à ce qu'il fust ordonné
quesur le reply desdites
il full: mis qu'elles ont esté luët
& publiées en l'Audience du
Conseil, & registrées és Re
gistres d'iceluy pour estre gar
dées & observées, sur quoy
mondit sieur le Chancelier
encore pris les avis,& ordonné
l'enregistrement d'icelle
audit Conseil en la maniere
accoutumée, ensuite a ditausdits
Avocats de plaider ladite
causeapellée,enlaquelle ilsagissoit
que lesdits Religieux de
Nantua qui avoient demande,
partage à leur Prieur,voyant
que par la derniere Déclaration
du Roy du 29. Janvier.
.1
86. qui avoiraugmenté les
rtions congruës à 300.livres,
tiers lot qui leur feroit don-
: par ledit partage ne feroit
~s suffisant pour les nourrir
entretenir au nombre de
~inzeReligieux Gentils-
3mrnc. qu'ils devoient eflrc,
ivant la fondation dudit
rieuré
,
avoient donné Rejeste
pour demander Adfce
: ce qu'ils se desistoient de
ur dite demande en parta-
=,& qu'en consequence leur
rieur fût tenu de bailler à chaun
d'eux une pension de 300.
vres,conformement auxChaf
pitres généraux de l'Ordre d
Cluny,si mieux n'aimoit led
sieur Prieur leurabandonne
les revenus dudit Prieuré foi
les offres qu'ils faisoient de lui
donner tous les ans une (on:
- de 1800. livr. exempte de tou
te charge, par le moyen de
quoy il se voit que lesdits ~Re
ligieux vouloient entreprendu
de rejetter tout le supleme
des portions congrûës deue
par le Prieuré sur la Manc
Prieuralle & n'y point ~contr
buer, surquov lesditsAvocat
ayant plaidé leurs cause, ~£
destendu chacun les interdit
e leurs Parties avec beaucoup
éloquence & de sçavoir
, dressant d'abord la paroleen
ommençant leur plaidoyerà
nondit Sieur le Chancelier en
\Ç2L\\CA4QnfèigneHr, & dans la
uite Messieurs, & le Conseil,
& ont conclu, Sçavoir ledit
*4aiftrc Vaillant pour~lefaits
Religieux a ce que Adte luy
ustdonné du desistement par
uy fait de la demande en parage,
&ce faisant sans avoir
égard à la demande du sieur
le Massâc Prieur de Nantua,
e condamner à payer 300.
ivres de pension pour chacun
desReligieux, & la double
pension pour le Prieur Clau
tral, si mieux n'aimoit lec
de Massac Prieur aban donn
tous les revenus dudit Prieur
auquel cas offroient luy foui
nir 1 sop. livres par an, exem
ptes de toutes charges &
condamner aux dépens.
Ledit Maistre Evrard ~po
le Procureur General duc
Ordre de Cluny, à ce qui
fust receu partie intervenan
en l'Instance
,
faisant droit si
son intervention, qu'il su
ordonné que le Service divi
& le nombre des Religieu
dans ledit Prieuré ne ~pour
estre diminué,&en çqnfi
quence que le Prieur de Nanua
soit condamné desourir
à chacun desdits Religieux
adite somme de trois cens
ivres de pension par an, & la
louble pension au Prieur clautral,
avec dépens.
Ledit MaistreBriffe pour
editSindiedelaNoblesse, à
:e qu'il fustpareillementreceu
partie intervenante, faisant
droit surson intervention
, ordonner
que la Fondation du
Prieuré de Nantua fera exccutée,
du moinsque lenombre
des Religieux ne pourra
estre diminué au dessous de
quinze, & quil sera accord
à chacun trois cens livres d.
pension monacale
, & avet
dépens.
Et ledit Maistre de laTOllJ
che pour leditsieur Prieur dl
Nantua,à ce que lesdites pan
lies adverses soient déboutée
de leurs requeiles & intervem
tions, que arte luy soit donn'
de sa declararion, qu'il n'em
tend nommer de Relimeui
que de Nobles du moins di
côté paternel, & qu'ilfoitori
donné que partage &divifioi
soit faite du revenu dudi:
Prieuré, pour en estre fait
choixen la manière accoutumée;
cependant ordonner que
le Concordat de r443. Íèra
executé,&au surplus envoyer
les parties pardevant Arbitres.
Ensuitelesdits Avocats ayant
ainsi plaidé & conclu au Barreau
hors d'iceluy
,
Mrs les
Gens du Roy se sont levez,
leditsieur Enjorand,ancien Avocat
General, & en Semestre,
portant & adressant la parole
d'abord à ~M le Chancelier, a
dit,Monsieur,& dans la suite de
son discour,Messieurs, & après
avoir expliqué le fait, la procedure&
les moyens des Parties
, avec toute l'exactitude de
l'éloquencepossible, a conclu
à ce que sans avoir égard aux
interventions &: requestes des
Parties, il sufl: ordonne que
partage seroit fait des revenus
dudit Prieuré en trois lots égaux
cependant que par provision
il feroit payé a chacun
Religieux estantactuellement
dans le Prieuré, lasomme de
deux cens livres, ou telleautre
qu'il plaira audit Conseil.
A l'instant Mr le Chanceliers'estlevé,
& a esté prendre
les avis decôté & d'autre,.
ôc mesme est retourné plu.
sieurs fois auxOpinions.Aprés
une meure délibération il reprit
sa place, & prononça l'Arresten
ces termes. Le Conseil,
sans avoir égardaudesistement
&requeste de la partie de Vaillant,
ny à l'interuention de la
partie d'Evrard, ordonne que dans
six mois il sera procédé au partage
des biens dudit Prieuré en
trois lots égauxparArbitres,dont
les Parties conviendront pardevant
le premier Conseiller du
Conseil trouvé sur les lieux, ou
en cas d'absence, refus, ou legitime
empeschement, pardevant le
Lieutenant General de Bellay)
que le Conseil a commis& commet
à cet effet, sinon, en fera
parluypris & nomme d'office)
pour estre lesdits lots choifs en la
maniere accoutumée, pardenjant
lejquels Arbitres le Conseila rennjoyé
les Parties pour eflre réglé
sur les contef/ations du compte à
faire entre elfes, & a donné
afie de la déclarationfaiteparla
partie de la Touche, qu'il rientend.
nommer aucuns Religieux pour led;-'
Prieuré, que Noble du moins
du afiépaternel
,
s'il s'en prefenfente,
(fP preferablement aux autres
, (;;' sur le jurplus de la Re'
ue&e des Parties de Biffre
, a
nis & met les Parties hors de
Zmr (5? de procès; & cependant
ar provision, & jusqu'à ce que
partage cy-dessus ordonné foit
ait, ordonne que les anciens Trai-
&Concordats des années
443.&1663. seront execu-
^pion leur forme & teneur,
épens cornpenftz
entre toutes les
'artiô', De telle sortequetoula
seance dudit Conseil
bvuarnets duré depuis les neu f
du matin, que mondit
eurle Chancelier cft arrivé
dit Conseil, jusquà midy
onné,il dit aupremierHuisfier
dudit Conseildefaire kflj
tir l'Audience, & retirer 1J
monde, ce qui a esté dit par 1
premier Huissier aux Huifliei
dudit Conseil
,
& par eux fai
le monde sortir, de TAudieri
ce, mondit sieur le Chan
lier s'estlevé de sa place, & ï
salué toute la Compagnie m
donnant des marques de jo
& de satisfaction de la bon
reception qui luy avoit
eflj
faire; à quoy toute la Con
pagnie répondit par de pr
fondes réverences, lx. lign
d'untres-grand contenteme
& satisfaction de leur part, 4
1
honneur que mondit sieur le
chancelier leur avoir fait.Dans
mesme temps ledit premier
Juissier du grand Conseil,qui
le premier creé,&plus
acienHuissier des Conseils
Roy & Chancellerie de
rance, a quitte sa place, ë<:
assé au devant du Bureau de
1r les Gens du Roy, dans le
arquet de l'Audience, & s'effc s au devant demondit sieur
Chancel ier, où il a pris sa
lace prés de sa personne, enle
les Huissiers de la grande,
chancellerie
,
qui portoient
eurs masses, ôc a passé par la
portedu Barreau à droit,
hors d'icelle, où là les Hui
siers du Conseil Privé or
pris leurs places, & march
deux à deux au devant dud
premierHuissier, qui mai:
choit seulentre lesditsHuis
fiers de la gcrand?e Chancelle, rie,luy& eux le plus prés d
MleChancelier, &audevan
des Huissiers du Conseil Prive
les Huissiers duditgrand Con
seil aussi deux à deux, quion
esté joints 6c precedez de Ga
des de la Prevostéde rHoRe)
à l'antichambre de l'Audience
&aesté mondit sieur le Chan
celie.
celicr reconduit & accompagné
en cet ordre jusques à son
carosse accompagné dudit
sieur President du Bois de
Guedreville, & dcfdits sieurs
Conseillers dudit Conseil députez,&
suivi de mesditssieurs
les Maîtres des Requestes venus
avec luy qui marchoient
tous en mesme ordre & places
que lors que M. le Chancelier
estoit arrivé audit Confcil 6c
jusques au mesme lieu où on
l'avoir receu ,
& où lesdits
fleurs Presidens & Confeillcrs
l'auroient remercié dela part
de ladite Compagnie & pris;
congédeluy ,ensuitedequoy
ledit Seigneur les auroit quittezavec
encore beaucoup de
témoignages, de satisfaction&
~l remerciement de sa part,&
feroit remonté dans son carosse
avec
lesditsSieursMaistres
des Requestes, lesquels
l'ont accompagné jusques àt
son Hostel dans les carosses,
qui estoient en nombre à*
sa suite, precedez descdits
Exempts & Gardes de la Prevosté
de l'Hostelqui marchoient
devant le carosse dudit
Seigneure« lamesme manicrc
qu'ilsestoient venus de
1 1
fondit Hostel auditConseil
ensuite dequoy mesdits Sieurs
les President & Conseillers
Députez, sont remontez à la
Chambre dudit Conseil, qui
ont esté à l'instant remerciez
par la Compagnie de leurs députations
; tout ce que dessus
ayant esté ainsi reglé & ordonné,
& executé de mesme.
La Forteresse de Mongats
où la Comtesse de Tekeli
commande mieux que ne feroit
le plus habile Gouverneur
,puisqu'elle l'a défenduë
contre une. Arméepuissante
& aguerrie,àlaquelle ellea
fait lever le siége,afait trop
de bruit dans le monde, &:
en fera peut-estreencore trop
pour ne vous en pa; envoyer leprofil.Voicy l'explication
des lettres qui sontgravées
dans la p1anche. ;,
",: A.PremierChasteau qui
commande au second,
B Second chasteau qui commande
au troisiéme.
C.Troisiéme chasteau.:f,
DDFoFsoséiTaiuatuotuourdr edelalaFFoorrttee--
E. Porte de la Forteresse.
F. Chemin à envers le fodc
&le bourgpourteressàela Fo.rG.
Bourg au pied du rocher.
H. Palanque.
I. Fossé autour de la Palanque.
L. Marais.
Cette Forteresse est située
dans le Comtéde Pereczas
dans la haute Hongrie. M.;' :eLFer qui donna au public il a quelques mois une Carte
Jfticxaéte de la MorJe,v¡ene
de mettre au jour cette Forircreffc
plus grande que je ne
vous l'envoyé, av c le Plan
ai si quele Pont &la Fonttesse
d'EssecK.
LeSumedy29dumois
palré, le Roydonnaplusieurs
Benefice, ravoir
L'Eveschéde Teu],Naçant
par la mort de M. de Fieux,
à M. l' Abbé de Bil]y3 du nom
de Thiard, donc il y a eu un
Pontus de Thiard, Evesque
de Chalons , connu dans le
dernier siecle par plusieurs
Ouvrages d'étudition. Cet
Abbé, distingue par sonmérite;
& par la régularitéde &
conduite, est fils de M. le
Comte de Bissy Lieutenant
General desArmées du Roy
& du Gouvernement de Lorraine
, qui a sous luyla l'{o-
1
vincedeLuxembourg,&la
nouvelle Province de laSavre,
& commandant les Troupes
de ces Provinces. La Fillede
M. le Comte de Bissy fut
nommée au mois deMars*
1685. à l'Abbaye de Baume
lesNonaines,dont te. Dames
Religieuses font preuve de
Noblesse comme à Malthe.
Elles ne sont que seize, & onc
chacune un appartement de
trois pieces, & une femme de
chambre.
L'Abbaye deBeaulieu, Or~
dre de Cisteaux, Diocese de
Langres, à M. l'Abbé des
Espinets. Il ca fiere de M.
des IfpirLts
,
Ecuyer de la
petite curie.
L'Abbaye de Blanchelande,
Ordre de Premonstré
, Dioctfe
de Constance
, vacante
par la mort de .vkfljrc Jean
Boyer
,
autrefoisCapitaine
aux Gardes &ensuite premier
Maistred'Hostel de Monsieur,
àM.l'Abbé de Cognée,
qui a paru dans la Chaire avec
succés, en un âgefort peu
avancé. Il estfilsdeM.le Marquis
de Cognée, du nom de
le Vasseur,Maison confi d erable
dan le Maine. La prclni:-
esmme de ce Marquis, fille
ce ~M.duPl/ÏIS-M>rnay,donc
si venu M. le Comte de
~eaumont, estoit tante ma-
~srneile de Mr le Marquis de
Oangeau.
L'Abbaye du CuédeLan-
~ay ,
Ordre S. Benoist
,
Diosfe
du Mans, situéeentrela
Touraine & le Maine, vacan-
~s par la mort de Messire Mi-
~hel Amelot
,
Archevesque
)cTours.àM.l'A-bbé Dan-
~iin, Aum-fnier de M.le Duc
~lU Maine & des Suisses.
L'Abbaye de ~Fonrgom-
~aud, Ordre S. Benoist, Diocese
de Bourges, vacante par
la mort de M. l'Abbé dAloigny
de Rochefort, frerc ~d<!
feu M. le Maréchal de Roche:
fort, à M. l'Abbé de ~Chamik
lard,frere de M. de ~Chamili
lard, Maistredes Requestes.
L'Abbaye deChatrice,Or
dre deS. Augustin, Diocese
de Châlons
, vacante par la
démission de M. l'Abbédu
Montal qui achangé d'état àM.l'Abbé Fagon, fils du
M. Fagon, premier Medecin
de la feuë Reyne. Cette A(x
baye a le privilege singulier
de ne poin payerd'annates.
L'Abbayede Rigny, Ordre
icÇii]fce$ux ,Pipçefçd'Au-r
~ierre, vacant parla démis-
[Ton dij mesme Abbé, à M.
^Abbp deDruy, du nom dq
vlariçm.
-
Il est frere deM. ICI
Comte de Druy
,
Enseigne
|C>; Gardes du Corps, dont le
^1scjui^eft neveu de M. l'Abbe
ju Montal, a deuxmille livres
se pension surRigny& mille
jVresfqrBlancjiçlandç;,
:
L'Abbaye deMosdion,
Ordre de S. Benoist, Diocese
x Xaintes, à M. l'Abbé Beot.
L'Abbayede Noflre-Dame
aux Bois, Ordre Saint Bernard,
autrefois du Diocese d.,
Noyon, vacante par la mor
de Madame de Chaune d'Ailly
de Pequigny
,
à Madame
deMouchyde Montcavrel
Religieuse du mefrne Con
vent. Elleest soeur deMadame
la Marquise de Mailly,&
de Messire sean Baptiste ck
Mouchy,Marquis de Mont
cavrel, tous trois enfans d'i
B rtrand André de Mouchys
Marquis de Mt")nccJvrel;& d.1
MadeleineauxEpaules, Marquise
deNe sle.
L'Abbayede S Sernin en
\oùcrguc, à Madame de
Noailles,Religieuse.
En vous parlant de Sça~
ans, puisque c'estune qualité
ui doit estre attachée à ceux
qui possedent desBenefices,je
uisvous dire que M. de Ber-
-onville.a fait imprimer ici
'CDUH pula nouvelle découverd'uneLargu°
universelle,que
lesCurieux recherchentdepuis
long-temps. Il marque qu'il
trouve non seulement le tèret
de lire l'Hebreu sans les
points des Rabins, qui ont
ait la plus grande difficulté
jC cette Langue: mais que
p ar sa Grammaire raisonnée
1
il en a encore découvert le
principes, quiontestéincon
nus jusqu'àpresent, en sort
qu'un homme d'estude peu
les apprendre en une heur
ou deux. Il faut considerer
cette Languecomme Hebraï
que dans laThéologie, maï
dans le commerce on l'écrin
commeleLatin avec les len
tres des Nations. Elleestdéja
d'une grande utilité aux Ne
gocians de l'Europe au Le
vant , parce que non seules
ment la Syriaque, la Chall
déenne, la Samaritaine, 81
quelques autres Languesanciennesse
sont formées de
Hebraïque, mais la Turque
l'Arabe en ontaussi retenu
pluspart des mots. Enfin il
irafurprenant,&presqueinroyable
, que cette Langue
qui a paru imrqu'ici impencable
a un fort grand nomirede
Sçavans, devienneaujourd'hui
le eu de deux ou
rois heures deleur estude. Le
public ne peut avoir trop de
econnoissance pour les personnes
qui lui sacrifientainsi
outleurtemps, & sil'ouvra-
5e deM.deBernonville prô^
duit l'effet qu'il a sujet d'en an
tendre, il pourra estreutile
la République Chrestienne
& mesme à toutes les Nations.
Le 15. de ce mois le P. dt
1.1 Baune Jesuite, ancien Professeurde
Rhetorique:, fit unr
Oraison Funebre de Monr
sieur le Prince en Latin
, ci:
presence de Monsieur le Prim
ce, de Monsieur le Duc, di
Monsieurle Prince deConty
& d'un tres-grand nombre
de gens de la premiere qualité
Lelieu où cette Oraison sa
prononcée estoit tout tend
¡:¡o;r, éclairé une tres grande
quan ité de lustres, & orné
d'un fort beau Mausolée,
qui tenoit depuis lehautde la
aie jusques au bas. Toutes
es batailles données par Mr
c Prince estoient peintes dans
des Tableaux faits exprés. Il
avoitdes trophées d'armes
de tous costez,& des inscri-
Dtions fort choisies tirées des
inciens Autheurs pour representer
les Vertus de ce grand
?hnce. Tout cela estoit feraif
plrd;u:( bandes de velours
noir, chargées des armes
du Prince, & de larmes d'argent
qui regnoienc autour de
la sale.
Le dessein de liOrateur estoit
d,c representer M. le Prince
fous l'idée d'un parfait Heros;
soit qu'on le regardast dans la
guerre,soit qu'onl'envisageast
dans toutes les autres parrics
dela vie civile. Son plan estoit
pris du MagnanimedAristote.
Il dit, qu'onavoit njti de
grands Hommes dans la guerre,
roulis qui hors de-làestoientpeu de
cbvjtf:> & qu'aucontraire on en.
trVoït vu d'admirables dans tous
les devoirs de laviecivile, C'T qui
dw*laguerr?riejloientrien moins
que cela; maisqu'unuray Heros
devoit estre toujours égal à luymejme,
dans quelqueestat, dans
quelque circonstance de la vie qu'il
:'é trouvast, dans lapaix, danslt
guerre, dans lejour, dans la retraitey
dans le public,ou dans le particulier.
Ce fut ce qui luy doruna
lieu de parcourir toute la
ivie de M. le Prince:il conclut
toutce par samortchrétienne
,
sur laquelle il dit des choses
fort tendres & fort touchantes.
Il fit un compliment
à tous les Princes, & dit plusieurs
choses du Roy fort à
[propos. Cette action a esté
approuvée generalement dc)
tout le monde, & on ne pût
s'empescher de se récrier en
bien des endroits. Ce Pere a
déja fait plusieurs actions pu
bliques, comme l'Eloge du
Parlement de Paris, ou toute
cette auguste Compagnie so
trouva en Corps il y a deuxi
ans. Il a fait outre cela, une
Harangue sur le Roy & sur
Monsieurle Duc,quiont esté
imprimées aussi-bien que plusieurs
de fcs ouvrages.
Je remets au mois prochain
à vous parler du service qui a
esté fait pour feu Monteur 1k
Prince, aux Jesuites dela ruë
o. Antoine, où le Pere Bour-
Llouë a fait l Oraison Fune-
JfC. Je vous envoleraiaussi
plusieurs ouvrages qui ont
;lté faits sur la mort de ce
Prince.
On a perdu depus peu plusieurs
personnes considerales
de l'un & del'autresexe.
Envoicilesnoms. -.
Dame Marie Charron
,
norte le 7. de ce mois. El e
stoit veuve de MrColhert,
Ministre d'Estat, & soeur de
wlcflke Jean Jacques Charbon
de Menars, Maistre des
Requestes, Intendant de Justice
en la Generalité de Paris,
Sur-Intendant general de la
Maison,Finances, Domaine,
& affaires de la Reyne. Comme
elle devoit alleràla campagne,
& delàauxeaux,elle
voulut regler ses affaires auparavant,
&leSamedy5.de
ce mois, elle travailla fort
long-temps à son Testament,
qu'ele ne put ac hever, ayant
esté surprise du mal dont ello
est morte. Elle a laissé neuf
enfans, dont M. leMarquis
de Seignelay est l'arné. Je
vous en parlay amplement
orsque je vous appris la mort
,e.M. Colbert dans ma lettre
te Septembre1683. Elle
(lrroit d'aZur auchevron ctory
accompagnédetroisestoiles d'or.
Mademoiselle de Lamoinon,
morte le 14. de ce
nois,âgée de78. ans, aprés
voir employé durant sa vie
cut son tem ps & tous (es,
iens au secours des pauvres,
auxactionsdepieté Elle;
ièoit soeur de
(
feu Messire
~Gl,uiUilaluamuemedde eLlaammooiiggnnoonn,
).
premier President au Parl enent
de Paris,& tante de Mesre
Chrestien François de Lamoignon,
Avocat General au
mesme Parlement,& de Met.
sire Nicolas de Lamoignon di
Baville, Conseiller d'Estan
Son pere estoitChrestien du
Lamoignon, Seigneur de Ba
7 vvi*l!llee,, PPrreelsiiddcetnitt aaiul MMoorrttiieerr ddiui-
Parlement de Paris: sa mère:
Ala ie de Landes, de la famille
des de Landes, Seigneurs d
Maigneville&deBeaurepai
i-c- son aycul
,
C harles de La
moignon,Maistre des Requelles,
puis Conseiller ¿'E.,
tai'; & son ayeule, Charlo
de B zançon, de l'ancienne
famille des de Bezançon, qu
a donne-diven Officiers considerables
tant dans les Armées
du Roy que dans les
Cours Supérieures. La Famille
de Lamoignon, originaire de
Nivernois porte Lozanged'argent&
desableau Franc quartier
d'Hermines, qui est d'Antezy.
Mademoiselle Sachot,Soeur
de M. le Curé de Saint Gervais
qui mourut l'année derniere,
&de M. SachotAvome
au Parlement, fort estimé
ar son mérite&par sa capaité.
Elle estoitaussi fortrecommandable
par sa vertu jr
ayant passe plus xte-qaarante,
ans dans les exercices dë.pietc.
& au service des Pauvres. EM
a elle inhumée à saint André
dans la Chapelle des Fondateursde
la Maison&Col1tge.
deBoissydontelle descendoit.
M. Nicolas Sachot son Perei
est mort Doyen des ConieiJ-<
lers de l'AncienChastelet de
1 Paris. Sa Mere, AnneJe-ColgCnoeigunxe,
uexst,oSiteFiigllneeduerJJadqeu.eSsalne-1,
dricourt
,
Conseiller en 1i
Grand' Chambre du Pade
ment de Paris , & de Geoc
viesvede Montholon , qui éoitFille
de MessireFrançois
de Montholon, Seigneur
d'Aubervilliers, Patron de
Vaugirard, Chancelier de
::=rance,& de Geneviefve Charier.
Sachot porte elazur à trois
vaches d'argentdeux&une pary
de le Coigneux, qui est d'a.
!ur a, trois Porcs épics d'or.
Messire Pierre Goury
,
sieur
de Chasteau Goury
,
Loigny
Bazochelles,&c. Maistre des
Comptes à Paris. Il estmort
en sa Terre de Goury. Cette
Famille
,
qui porte d'azurà la
vande d'or de trois pieces, a donné
plusieurs Officiers aux
Cours Supérieures.
Messire François le Veneur,
Comte deTillieres; Carouges,
& autres lieux. Cette Famille
est recommandable, non(rUl-,
lement par son antiquité, niaii
aussi par le merite deceuxqui
se sont signalez dans l'Eglise ôc:
dans les Armées, où plusieurs
ont estetUfx pour le services
de nos Roys. Jean le Vcn£ur,<
Baron de Tillieres, esie'Eve f--
que&Comte de Lizieux, &
grand AumonierdeFrance. lU
mourut en 1543.Ambroifc
le Veneur & GabrielleVene
son Neveu, onc esté tous dcuai
Evesques d'Evreux. Tanneguy
le Veneur Comte de Tillieres,
Sr de Carouges, Lieutenant
general au Gouvernement de
Normandie, fut receu Chevalier
des Ordres du Royen
1582. & mourut en 1592.
Jacques le Veneur son Fils,
Comte de Tillieres & de Carouges,
Lieutenant general en
Normandie, & Gouverneur
du vieux Palais de Rouën, fut
faitaussiChevalier desOrdres
du Roy en 1586.LaFamillede
le Veneur, porte d'a gent à la
bande d'azur, chargée de trois
Sautoirs, d'or, & estalliée aux
de Salmes de Pompadour,de
Rouville, de Baveux & de
Prunelé.
Dame Loüise - Henriete
Roüault, Veuve de Mefllle
François de Novion,Marquis
de Monloy, cy-devant premier
Ecuyer de la grande Ecurie
du Roy. Elle estoit de
l'ancienneFamille de Roüault,
Marquis de Gamache, alliée
aux Vicomtes de Thoüars,&
auxillustres Familles de Soifsans,
du Bellay, Chabot, de
Saveur de Fresque, Baflbmpierre,
& autres. JoachilTli
Roüault, Seigneur de Gamaches,
Senéchal de Poitou, Maréchal
de France, mort en
J478", se signala contre les
Anglois,lors qu'on les chaiTa.
de la Normandie & de la
Guyenne. François Roüault
deGamache fut tuéen 145?-9.,
au Combat de Dourlens; & il
yen eut un autre du mesme
nom,tué enLorraine en 1635.
Messire Nicolas Joachim
Roüault, Marquis de Gamache,
a été receu Chevalier des ,
Ordres duRoyen1662. & aépouséDame
Marie-Antomete
de Lomenie, fille du défunt
Comte de Brienne. Roüault"
Gamache porte de Gueules à
trois Léopards d'or l'unsur lautre.
Messire Pierre du Four, Docteur
de la Maison & Societé
de Sorbonne, Abbéde
Longhoüé, & Prieur de Sirmon,
Il estoit Clerc de la
grande Chapelle du Roy, &
premier Aumônier de M.l'Archevesque
de Reims. C'estoit
un homme d'une tres-grande
érudition.
Messire Nicolas Durand de
Villegagnon
,
Marquis dudit
lieu,Baron d'Ernon, VICOMte
de Prémartin, Seigneur de
SaintSidraine,Lusson,la Roche,
& pour moitié de la Terre
& Seigneurie de Joüy-le -
'ChaRd. llcftnt Enseigne des
IGendarmes de feu Monsieur
[le Duc d' Orléans. Sa Famille,
iqui porte &a.*zur à trois Che.
wron; dor,accompagnez de trois
Croix recroisetées au pied fiché
demifYne,adonné des Chevaliers
de Malthe, & plusieurs
autres, qui se sont signalez aux
Armées du Roy. ! I Il faut vous faire part des
nouvelles Relations de Festes
Rue je viens de recevoir. Mrle
Marquis de Mirepoix, naturellement
fortmagnifique, ne
neesstt jamais tant que dans les
Jamais
ceremonies qui ont quelque
rapport au service ou aux interdis
de Sa Majesté. C'est ce
qui a paru le jour qu'il a fait
chanter le Te Deum dans ls
Cathedrale de Pamiers,laquel,
le estoit superbement ornée
& des l'entrée de la nuit, on
vit uneIllumination tres- bien
entenduë dans tous les dehors
de sa maison. Les apartement
en furent ouverts à tout c:
qu'il y avoit d'honnestes gens
dans la Ville, & les ~concern
qui divertirent les Personnes
distinguées,furent suivis d'une
collation où rien ne manqua.
Ily eut uu feu d'artifice avant
le soupé, & d'autres divertis-.
Cmcus occuperent agreablejiï
ent les Conviez, pendant
que quatre Fontaines de vin.
couloient pour le Peuple. deGrasse,n'eut
pas {l"toileu la premiere nouvelle
de la convalescence du
R.oy
,
qu'il en fie rendre des
ctionsde graces à Dieu par un
Te Deum chanté en Musique.,
^umze jours après, cette nouelle
s'estant confirmée, orl
assembla à l'Hostel de Ville.
Mr Gourdon, premier Consul,
Gentilhommed'un grandmerite
& d'une noblesse distinguée,
& fils du Lieutenant general
de Grasse, fit connoistre
l'obligation où la Ville
estoit de marquer sa joye pour lerétablissement d'une santé si
precieuse à l'Etat. Son discours,
quoy que fort simple,fut écouté
avec une attention merveilleuse,
& suivyde milleacclamatious.
Le lendemain, quii
estoit Dimanche, Mrs de Villes
firent une dirtributiondepaint
à plus de trois mille Pauvres,
& se rendirent l'aprésdînée à
l'Eglise,oùMrl'AbbédeVerrajon
fie un Sermon remply
d'éloquence. Le sujetestoit le
Demon muet que le Sauveur
fit forcir du corps d'un Puffedé.
Il parla du bon usage que
les Chrestiens doivent faire de
leursmaladies, & de leur guetrison,&
loua en termes magnifiques
cetteadmirahie constance
que le Roy a fait paroitre
dans ce dernier peril, &
l'humilité & la pieté qu'il a
témoignée lors qu'il en a esté
garanty. De là s'étendant (ùt
(es loüanges decegrand Prince,
sans qu'il y euit rien de
prophine ny d'indigne de la
Chaire,il fit admirer le Duel
aboly,l'Heresie détruite, les
crimes punis, les Vertus recompensées,
la Jufticc & la
Religionrétablies dans leur
premier lustre, & tout ce qu'il
y a dans la vie du Roy de plus
convenable à un Monarque
Chrestien. Le soir,MrsdeVille
sortirent avec tous les Administrateurs
qui tenoient des
flambeaux de cire blanche,&:
marcherentau milieu de qua-.
tre Compagnies de Milice,
commandées par M. Isnard,
Gentilhomme distingué par:
les Voyages qu'il afaitsen Italie,
en Allemagne, & en Po-»
logne. Ils firent ainsi le tour
de la Ville,quiestoitpleine
d'Illuminations & de feux de
joye, & se rendirent au Cours
pour allumerun Feu d'artifice
qu'on y avoit préparé.CeCours
aIHÏCbeauté singulierequ'il
ne doit qu'à la Nature. On
voitd'uncôté un Amphitheatre
de gazon, où l'on peut placer
commodement ilifqua
vingt mille personnes. De l'autre
il y a un Baffin qui est bor-
-
ne par la Mer à une distance
de trois lieuës, peuplé d'Oliviers
& d'Orangers, & diversifié
de Villages. Lefeu futallume
au bruit des Boëtes & de
laMoufqueterie,& suivy d'uneinfinité
desusées de toutes
forres. M.l'Evesque vie ce fpeûacle
du Convent des Jacobins,
qui avoient fait unetrèsbelle
Illumination autour du
portrait du Roy. Les Dames
&- les Personnes de qualité eftoient
placées dans un Bastion,
que la longue Paix dont joüit ;'
la France, a changé en un tresbeau
Jardin.
Le lendemain les Magistrats
ifrent leur ceremonie. Il yeut
une Messe solemnelle & un
Te Deum en Musique
, avec
une aumône generale.
Deux jours aprés, une Troute
des plus honnestes gens de
sa Ville,firent les mesmes Prictes
ôc les mesmes charitez,avec
un très-beau feu de joye au
milieu du Cours, & quatre
Compagnies de Milice commandées
par M. Emeric.
Les Gentilshommes se sont
lulIi signalez. Ils s'assemblerent
au nombre de vingt-
::inq) tousHabitans de laville,
& des maisons les plus quanées
de la Province, chez M.
le Villeneuve,Sénéchal, &
prés avoir fait chanter une
Messe solemnelle, & un T
Deum dans la Cathedrale, ill
firent tirer un feu d'artifice qui
eut un fort grand succés, ô?
qui fut accompagné d'un bruit
extraordinaire de Boëres. III
avoient été tous chez M. l'Evesque,
pour le prier d'honorer
leur Feste de sa presence, ô:
l'avoientconduit en ceremonie
chez M. le Senéchal
,
où il fut
placé commodement. Ces
honneurs extraordinaires ne
sont pas tant des marques de
la venerationqu'on a pour le
caractere de ce Prelat, que de
l'attachement particulier qui,
ses grandes qualitez font avoir
pour sa personne. Il fut
agréablement surpris
,
après
que ces Gentilshommes eurent
allumé le feu, de leur
voir danser la Moresque l'épée,
à la main, comme pourfaire
connoistre qu'ils feroient prêts
en tout temps de la tirer pour
Le service du Roy. Cette danse
prend son nom & son origine
desMores, quiontestélesmaistres
de cette Province durant
deux Siecles, & approche fort
de la Pirrhique des anciens
Grecs, où les Soldats dansoient
armez, pour conserver
une image de la guerre dans
le plaisir mesme. Lors que le
feu eut esté tiré, ces Gentilshommes
reconduisirent Mr
l'Evesque dans le mesme ordre,
& souperent ensemble
dans la Maison de Ville,où la
£intc du Roy fut beuë plusieurs
fois.
Les jours suivans on vit une
Compagnie de Cavalerie rres-:
bien ordonnée, & commandée
par M. Chrestien
;
une,
autre de Bourgeois mariez
tous vestus en Gardesdu4
Corps, menant comme en•i]
triomphe le Portrait du Roy
environné de Fleurs. En Cuire
'.('s Avocats, les Procureurs,
de Corps de Medecine, les,
Marchands, tous les Meltiers
ixifin, & une infinité de Particuliers
firent des Festes avec
des Compagnies de Milice
& des Feux de Joye. Les petits
Enfans mesme se sont distinguez.
Le petit Baron de
Villeneuve,filsde M.le Senchal,
âgédesept à huitans,en
mena une Troupe par laVile,
magnifiquement habillez
avec des Banderolles, crianc
le toute leur force, Vive le
Roy.
Toutes ces Festes ont eito:
terminéesparcelle de Mrl'E^
vesque. Il officia luy-mesme,&
la grand'Messe fut chantée avec
beaucoup de solemnité. Le:::
Magistrats& lesConsuls y assisterent.
Il traitta a disner touM:
les EcclesiastiquesdesonDiocese,
& fit distribuer des aumosnes
à plus de cinq mille
Pauvres. L'apresdisnée il y
eut procession generale où le
S' Sacrement fut porte par le::
ruës parées de meubles magnifiques,
& semées de fleurs
Il estoit sur une machine de
bois doré soustenuë par deuil
chanoines, ce qui n'avait point
rncore elle veu en ce Pays-
,na, .
J'aurois un long articleà vous
iJaire des rejouissances de la
Ville de Mortagne,capitale du
Perche, si le peu de temps qui
me reste pour finir ma Lettre,
rue permettoit de vous en faire
La descri ption. Elles ont cfté
grandes & accompagnées de
bout l'éclat possible.
Je puis vous dire lamesme
lechose de la Ville de Thiers en
Auvergne. Les Marchands y
~ont fait faire unfeu d'artifice
avec quantité de Figures & de
bas reliefs, où presque toute: l'Histoire du Roy estoit mar-*
quée. Ce feu sesttrouvé si i
confidcrable qu'ils l'ont fait:
graver, afin qu'ilsenpufTenc
:
tous garder desEstampes dans
5 leur famille. 1
Mrs du Presidial deRiom j
ont assisté a unTe Deum chan-
- té solemnellement
au sortir:
duquel, M. de Combes, Lieu--
tenant general, Neveu de reuj
M. de & Sandoux, regala
tousMc'elu'Axbdbeésda 'CEobmrepualgeanfiea. itfll
aussi rendre de pareillesadionsi
de graces dans son Abaye.;!
Les!
Les Prieres furent suivies d'un
très-beau discours, prononcé
sa la loüange du Roy parle
Prieur & Doyen de cette Alaye.
Les François ne se sont pas
seulsinteressez au restablissementde
la santé du Roy. Ceux
de la Famille de Semerio à
Genes, y ont fait faire des
Prieres pour l'obtenir, & M.
Semerio, Gentilhomme Genois,
de cette famille, pour
marquer la joye qu'elle a euë
du retour d'une santé si precieuse,
a presenté à sa Majesté
quatre Bouquets de trefrbelles
Fleurs artificielles9cjarfr
quatre Vasesdargent,d'environ
un pied de' haut, travailler
avectant d'art& tant de de:
licatesse qu'on peut dire que
d'O uvrage furpaflc infiniment
la nlJtÍtre. La forme de ce.-
Vasesestà la Romaine, mais
de dessein fait en feuillage
:
avecquantité de Fleurs de Ly
de iûvijne.,-furprend- les plus
habilesOuvriers. Un grano
nombre de FleursdeLysen
relief raportées fliçje hautd*i
cesVases,& foutenues chais
cunede deux Palmesd'orausse
bien que les Fleurs de Lys proc - 1
xiuilcnt un effet admirable, &
tout nouveau On voit dans le
milieu de chaque Vase les
<
Armes du Roy dans un Car-,.(
touche orné de deux Palmes,
& surmonté de la Couroune
Royale, le tout garni de Diamans
taillez exprés pour former
les Fleurs de Lys, tant
des Armes que de la Couronne.
Ce present fut accompagné
d'un compliment qui marquoit
dans les termes les plus
forts & les plus respectueux,
que toute la Famille est entierement
attachée à la Sacrce
Majcfté du Roy. Quoy que
le me ierve ley des melmetf
termes qu'elle a employée,
me seroit difficile devousbienl
marquerl'ardeur du zele qu'elle
a fait paroistre en cette rencontre.
Mais où n'en montrer
t'on point pour le Roy, quand
on le connoist ? Cependant
on peut dire que la Republique
de Genes doit se tenir heureuse
d'avoir des Sujets qui
ayentdes sentimens aussi élevez
que ceux de cetteFamille
en font paroistre.
La Clefcdoit le vray motn
de la premiere des deux E.
nigmes du dernier mois. Ceux;
qui l'ont trouvé sont Mr la
arairie Cairon Mathematicien
à Caën; des Maronniers (
r, Mayeur ;
le Chevalier de
Popincourt ; le nouveau Chevalier
de St Lazare
,
ancien
Ornant de la belle Brune S.
IXXX ; l'Amant Consesseur
de la belle Procureuse ; l'Amant
de l'Inhumaine de la ruë
3e Pierre de Caën ; Beauregard
; Mademoiselle Beurrier
sa Cadette;la plus aimable &
sa plus jolie des troisSoeurs
d'auprés la porte St Antoine;
l'aimable Blonde d'Anjou;
la Friponne des Coeurs; lia.
belle Brebis de S' Estienne de
Caën; les deux Bellesoeurs de laporte de Bussy
;
rindirrcrencede
Quermelac & de Landrenau
; Meriel de Caën, Mon- ::
mousséau,Procureur à Tours;
~hI~bcr~! de Novastres en
Touraine.
Ceux qui ont expliqué la
qécondé Enigme sur l'Ombrey
qquuiieenneesittceicit!leevvmrayy(scennss,,oonntt
aussitrouvé la Clef Ce sont
Mrc de la Doucspe deSt Ouën;
le Mathématicien amoureux
du Soleilde la ruë St Pierre de
Caën ; le nouveau Procureur
triomphant du Medecin; l'Iu[
fortune Tircis ; F. Fredon
, 6c
rM\ . D. M.
Voicy deux Enigmes nouvelles.
La premiereest de M
Lourdec
fJ ENIGME. 'Abaisse au dernier rang" le
plus haut Potentat,
je reduis une Keyne à demander
l'aumofte,
Je projlituê aussî 1,% plus fage
matroAne.
Et remplijjant les vaux
d'un fat,
Quand il me plaifl
, je le meti
sur letrône.
AUTRE ENIGME. POVR. bien me peindre en
peu de Vers,
Je fuis Jemblable à ce vajle
Vnivers,
Mais avec quelque différence]
UUnivers comprend tout en fl
grandeur immense.
Sa valeur est sans prix; quanth
r¡¡oy, l'on [fait bien.
Que je ne fuis ny ne vaut,
rIen.
Le Roy a fait un voyage
à Maintenon. On pouroit
dire d'un autre qu'il auroit esté
se promener, mais ce Prince
se fait rien où le travail ne
Remporte sur le plaisir. Penlant
les trois jours qu'il a fépumé
en ce lieu- là, il a vifi-
~éles travaux de la Riviere
l'Eure
, &c fait la reveuë des
Troupes qu'il employé à
Ses Ouvrages afin de les enretenir
toujours dans une saigue
necessaire au metier de
sa Guerre. Ces Troupes ésoient
fort lestes. Les Cadets
que le Roy a, fait venir, ont
tait des merveilles à servir le
I^anony & ont rem porté des
orix. Comme dans ces occalions
sa Majestefaitl'honneu
neuraux Princes du Sang &
aux principaux Seigneur de les
praire manger avec Elle, ceuai
qui ont eu cet honneur à Maintenon,
sont Monsieur le Prince,
Monsieur le Duc, Monsieur let
Prince de Conty, Mrs les Ducâ
deNoaillesde Chevreusè, de
Foix, de la Ferté,& de Roquelaure,
MrleMareschal de Hu-t
mieresM.le Marquis d'Antin
M. de la Salle, M. d'Ursé, 84
plusieurs autres.
M. le Duc de Gesvres a estÉ
receu au Parlementen qualité
de Gouverneur de Paris. QUd1
ques soirs après il futreceu,
& traité à l'Hôtel de Ville en
cette mesme qualité. Il y a ( ^nt de choses à vous dire là
dessus; & sur tout de la magnificence
de ce jour,qu'ilfaut
plus de temps pour vous en
entretenir. Ce leu pour le
mois prochain. Jereserveaussi
vous parler en ce temps la
des mariages qui viennent de
sefaire, des grandes Charges
que leRoyvient de donner, &
de plusieursautres articles dont
je ne pourrois presentement
vous entretenir assez au long.
Je vous envoyedeux Livres
nouveaux. Comme vous ai-*
mez les Reflexions, le Tiltre
de l'un qui est, Maximes rt
Sentences, & Reflexions Mo.
rales & Politiques, vous promet
une lectureagréable Ily
a beaucoup d'esprit dans ce
Livre qui se vend chez le sieur
du Castin, Libraireau Palais.
L'autre est, La cinquièmepartie
de l'Histoire des Troubles de
Hongrie, contenant tour ce qui
s'est passé pendant toute la
Campagne de 1686. Si vos
amis la veulent avoir, ils la
trouveront chez le Íicnr de
Luyne à la Justice, & chez
),C sieur Guerout, Court neuve
iju Palais, qui (jcbiccntLs
quatre autres Volumes de la
mesme Histoire Je si is
Madame, Vostre, &C.
A Paris., ce 30. Avril16$y.
aux ài ux bouts de la Galerie dû
Verfullc^. J .Ep;tl-lime de Madame la ComtîssedèGuiche.
588
Nouvelles réjou'jjancesfaites cm
plujieufi Villes.& autres lieux
Je
pRour leoretyour d.e6la f9antè^dm Entrée de M. delà Berchereà Al-1
bi. 161
yers de Madame Id Viytiere du
mesme lieu.
-
16/i
TABLE.
Vdorts 167
Ce qui ?efi pasle aux Ecoles royales
de Medecine touchant lafondation
faite par feu M. Bienaife.
179
X'isle des Pref ris pour le Roy de
Siàm
)
Pour la Princesse Reine,
pour M. Confiance,& pour les
AFwbr.iajjadneucn qeui.J1ontSvenujs en .Re!:!tion cxirfîe de tout ce qui s'est
fajjèauGrandConfèiljejourque
2vL.le Chancelieryaprejidé. 117
Benefices donnez^parle Roy. 2.7o
Déscoueverteldl'ueneL.a2ngu.e7univ7er-
Oraison Funebre de feu Monsieur le
Princeprononcée enLatin tftiCfJllege
deLouis le Grand, 180
Au,, re Article de Morts. 187
Suite& conclujlon des RèjoiîiJJances
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le