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1687, 03 (partie 1)
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Texte
fi-ERCU1-RJmQi
CALMr
ULLL\ A MONSFIGNEUR
AY PALAIS.
A PARIS,
oN donnera toujours unVolume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra , Trente fols
-
relié en Veau,
4k Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Ithez G.DE LUYNE,au Palais, tenslâ
Salle des Merciers, à la Juftiu.
HtT. GIRARD, au Pilais, dans la Grande
Salle, à HE.»vie.
.t MICHEL GUEROUT, Courtcenve
du Pilais,auD A U PHI N,
M. DC. LXXXVII.
jâTEC PRIVILEGE DV ROI
Avis pour placer les Figures. L'Airqui commence par l'Hyverjiltrit
tontes choses,doit regarder la pa-
%e155*
LesJettons doivent regarder la page-
1>67-- L'Air qui commencepar L'Hyver.
glacer,doitregarder la page373.
AVIS 0N n'a pu se dispenser de
joindreune seconde Partie
ce Volume. Le zele des Peuples
le France estoit connu par les
louvelles publiques; mais elles
l'ont entré dans aucun détail à
ause de sonétendue. Cependant
est ce détail qui en fait voir la
grandeur, & qui instruira la Poterité
de quantité de choses cuieuses,
& inoüves. On verra dans
cette seconde Partie divers spetacles
qui apprendront la maniee
de faire de grandes Festes, 6c
ceux qui s'atrachent à rechercher
toutes les actions de la vie du
toy, l'y trouveront en Tableaux,
AVIS,
en Devises
)
& dans les Eloges de
cePrinee prononcez dans les
Chaires, & dans les Academies
des Lettres. Le Public sera aussi
averty que ce n'est plus le meFir^
Libraire qui vend le Merçure,
mais qui'I se débité toujoursdans
la Court.. neuve du Palais au Dauphin
,
où ceun qui auront quelque
choïe à envoyer pourront écrire
à M Guerout, qui est entré daoe
tous les droits de MrBlageart
Ainsi les Libraires,& les Particu
liers dela Campagne à qui leditS
Blageart en envoyoir tous le
mois, doivent s'adreller audit S
Guerout, qui allure qu'il fera di
agence. & que le Mercure [e dé
biteraàl'avenirdés le commence
ment de chaquemois,
M^RCUfU
-
CA-Lpilu(T.--
-
MARS -.reg7.--
E-- --- --. ----A vous avouë Madame,
1 que je n'ay jamaisesté si
tissait,qu'enapprenanr que
r*
Relation duVoyage Ay àParis,quiest dans ma
ettre de Février,TIOÏI feulelent
a tiré des larmes en
beaucoup d'endroits, mai
que des coeurs philosophes,s'i
m'est permis de parler ainsi
en ontesté touchez)cteil: à di
re,des coeurs difficiles à émou
voir,& qui sassàntconsîster 1
bonheur de la vie dans un
tranquille indifférence, sem
blent incapables de rien senti
vivement, & d'estre jamai
penetrez ny de chagrin n
dejoye.Y a-t-il aucune chai
qui marque mieux un plaisi
parfait, que ces tendres moi
vemens qui remplissant tou
le coeur, y causent d'agreable
émotions, qui rendent lé
reux humides,&qui en font
eulement couler quelques
armes, l'abondance en estant
eservée pour la douleur.C'est
àce qu'on appelle des larmes
e joye. Celles qu'on vit couer
à Paris, quand le Roy y
int rendre graces à Dieu de
entier rétablissement de sa
nté ,estoient de cette naru-
Ce Prince ne se contenta
as de se montrer à ses Peues,
qui n'auroient osé souliter
rien davantage.Il vout
parune faveur toute fingu- 0 ere aller jusque dans l'Hoelde
Villetémoigner à leurs
Chefs combien il estoit con.
tent du zele des Parisiens, &
ce fut pour répondre à cei
excés de bonté, que les lar.
mes qu'un excés de joye leui
fit répandre, furent roeHée:
aux cris d'allegresse. Si le [eu:
récie de ce qu'ils ont fait er
cette occasion,en a pu tirei
de ceux qui n'ont pas cité té.
moins de leurs tranlports, or
peut dire que jamais Sujet:
n'ont donné pour aucun Sou
vera:n des marques d'un f
ardent & si tendre amour
Voicy des Vers qui ne peu
vent e^ren ieux placez qu'er
er endroit, puis que cest la
oye qui les a fait naistre.
* ODE
SUR LA SANTE' DU ROY,
&sur l'honneur qu'il a fait àla
Villede Paris)de venir dîner à
sonHostellejeudy 30. Janvier
1687. MErvcille des Citez^yParisy
superbe Ville,
Couronne ton front (- L-turicrs ;
je voy venir ton Roy dans cet aimable
a-zile,
Après milletravaux guerriers.
De malignes humeurs un importm
nuage
T"ailoit ravir ce beau Soleil;
JSiaioe pour l'heureux LOVIS leu,
fatal affcmblage
N'ejl qu'un fantosme desommeil
A [on prix3 à tes voeux égalemem
sensible,
Le Cielfait luire si bonté.
Dissîpetesfrayeurs, Paris, tout efi
Pdifible,
Puis que ton Prince efi en fantè.
Charmé des beaux transports du %ele
veritable>
Qui te consume nuit &jour,
Ilvientrire en ton fein
)
& manger
à ta Table,
Sans autres Gardesque Amour.
A quelplus grand honneur peux-tu
jamais pretendre,
Et quelfortfutjamaisplîis doux?
Du jour qu'en ta Maison LOVIS
daigna de[cendre,
De ce jour il est tonEDoux.
0 jour vraiment illujlre} & source
de tagloire!
Fourcy, vigilant Magifiraty
Ce jour doit à jamais consacrer la
memoire
De ton bienheureux Consulat.
Le Sonner qui fuit est de
Mr le Clerc, de l'Académie
Françoise. Cest la Ville de
Paris qui parle au Roy.
QVeton éloiynemcntfitsouffrir
mon amour,
Lors que tut'expojon à la fureurdes
armes;
Et quand l'heureux dessin d'un aimablesejour,
De ton augufle Front me déroba les
charmes!
Que ta Santé si chere aux Peuples,
àlaCour,
M'a de nouveau cdufé de mortelles
alarmes,
Etpour en obtenirleprécieu v retour,
Que fdy forme de voeux3 que j'ay
versé de larmes !
sfujourd'huy queje puisjouir de tes
regars,
Que je trouve entoyseultoutl'éclat
des Qcfars>
Ta presence;) GRAND Roy) fait
ma plus belle Feste.
Du plaisird'eflre aime fins toutes les
(Loueurs;
S'il ejl beau d'ajouter conqueste sur
conqueste3
il efiplus grand encor de triompher
des Coeurs.
Le jour que le Roy hono-
.a Paris de sa presence, le
Ponc Nostre Dame, par le
quelpassaSaMajessé,Ce trouva
orné de Lustres & de Miroirs.
Ce fut là-dessus que Mr.
Vignier fit ce Madrigal.
AU ROY.
GRand Roy, qui peut aJJez admirer
ta clemence
Scachant ce qua Paris coutoit ta
longue ahfence,
Et par combien de voeux il avoit
souhaitè
L'heurex retour de ta Santé,
Tu voulussans tant de myflere
Le vijîteren Pere,
Etque /'honneurquilauroitde te
voir,
Surpaffafl mefmeson espoir.
pour lefairejouir de ta douce prefcnce,
Tu ne parus armequedetaconfiance
i
Et comme tu devois ne luy donner
quun jour,
For une invention digne de fin Amour
j Ilfitde sesMIROIRS unnombreux
étaltlge,
PourmultiplierTONIMAGE.
Je vous envoye diverses
Devises, que vous ferez bienaise
de voir. La premiere a
esté faire) quand le Roy se
portant mieux a commence, à"-
quitter le lit. CeII un Soleil
levantavec ces paroles Latines,
Gallos excitat ortu.
Quand cetAflreparoistfitr fin Char
élevé,
Von entend (es Gardesfidclles
joindre leurs cris dejuye à leurs ha..
temensd!ai(les3
JEjdire dans leur chant aufft jufle
quegay}
Mortels, ne craigne^ plus, le Soleil
cjllevé.
Comme le mesme terme
signifie un François & un
Coq, on fait allusion à la
joye de l'un quand le Soleil
se leve,par la consolation que
l'autre à euë quand il aveu
son Monarque relevéde maladie;&
cette allusion paroist
d'autant plus judicieuse, que
les Coqs sont appellez par les
Poëtes les Gardes duSotei!,&:
que les Troupes qui gardent
le Roy, forment des aisles
Quand elles font en bataille.
Aprés que le Soleil est levé,
il trouve quelquefois des nua.
ges en son chemin qui ne
servent qu'à montrer sa force,
c'estprécisément le dettm du
Roy. Sa convalescence a esté
un peu traversée, & tous les
périodes en font assez bien
marquez par cette autre De,
vise. Elle represente un Soleil
qui perce des nuages, avec
ces paroles Italiennes, Non
Ingombrato da' nubi.
C'est sa vertu ,
c'estsa vigueur
Qui l'ontfait triempber desplus
épais nuages,
Et fin changement de couleur
Naparu quesur nos viflzgcs.
Les Astrologues donnent
au Soleil les douze Signes du
Zodiaque pour Mailons
,
8c
lors qu'ilest au Signe de la
Vierge, il forme des jours qui
fonr des plus chauds & des
plus longs de l'année. A ce sujeton
a faitune troisième Devise
sur le Voyage du Roy à
Nostre-Dame de Paris, où Sa
Majesté vint le 30. de Janvier
rendre grâces à Dieu de sa
guerison. Là-dessus on propose
le Soleil au Signe de la
Vierge, avec ces mors, Lucet
(fJf ardet.
Ses lumicres (y* son ardeur
Infpircnt aux (iens la ferveur>
ltles anime, il les éclaire3
Ilfait3il les regarde faire j
Etses exemples & ses yeux
Servent à son Peuplefdelie
} Et de motify & de modelie3
Pour adorer le Roy de la Terre (jp
des Cieux.
Au sortir de Nostre. Dame
le Roy entra dans l'Hostel
de Ville, où Sa Majesté fut
receuë par Mrle President de
Fourcy, avec toute la magnificence
dont je vous ay
entretenue. C'estle sujet d'une
quatriéme Devile
,
qui
peint le Soleil dans ion Midy,
parce que vers cette heurelà
le Roy parut dans l'Hostel
de Ville. Ces paroles font l'ame
de ce Corps brillant,Beat
omnia, vultu
Quand on a sa douce prtfence3
Tout c(i plein de rejoüissance :
Certain je ne sçay quoy, dont on efi
tout surpris,
En échauffant les coeurs réveillehs -Quel bonheur de voirsansobftacle
j
- Et d'admirerle Grand LOVIS:J
Qui daigne efîreaujourd?huy de son
vafie Paris
Le SpéclateurleSpeclacle!
Voicy une autre Devise qui
esté faite sur ce que le Parleronts'estant
assemblé au Paais
le 6. du mois paffé, y fie
endre des actions de grâces
pour la guerison du Roy, qui
>ft la Loy vivante de toute
Europe. LePalais qui cil: le
centre des Loix ycftoic autresois
le lieu que nos Monarques
habitoient, & ils y renloient
la justice eux-mesmes.
Cette Devise a pour corps le
Soleil dans le Signe de la Bal'ance
, avec ce demy Vers;
d'Ovide,Regia Solis erat.
C'eflicy le Palais du Soleil de factice1.
Mt le Parlement veut que tout j
retentijje
De cris de joye& de Concerts>
Pour bénir le Cielfavorable,
Decequil vient de rendre un Mai.
stre a PVnivers
} Ala France unPereadorable
j A l'Eglise un Fils ecourible,
Au Parlementplein d'équité
Vn Amy plein d'honneur & de félicité.
Je puis ajouter icy un Médaillon
& une Médaille. Le
Médaillon elt sur la guerison
du Roy. C'estla teste de Sa
Majesté avec cette Inscription
, LudoVicus Magms, Regno
etJ orbiservatus.. La Devise
du revers est un Soleil sortant
d'un grand nüage, ôcces
mots pour ame. Nec déficitorbi
necsibi. Dans l'Exerque,
æquâconstantiâ, eâdem (5 q;igilantid
3
tam malâ quam bond,:
valetudine.
Penfries
3
quand cet epais nuay:
A vosyeux cacboit mon vtfdge,
l'ejìois toújours le mesme
3
& par
m£S foins divers
Je ne velllois pas moins attxjòinlf
de tVniv ers.
La Médaille est sur rhoiuneur
que Paris a receu par la
presence de Sa Majesté
,
lors
qu'Elledisna à l'Hostel de
Ville,& se fit voir à tout foin
Peuple aprèsle recouvrement
de sa Santé.C'est encore
la teste du Roy, & autour,
LudovicusMagnus,Pater
Patriæ. Le Revers a pour Devise
le Soleil dans le Zodiaque
à costé du Signe du Belier,
mais plus bas, pour marquer
qu'il s'en rapproche afin
de ramener le Printemps ,
avec ces mots autour de cet
Afire, Quantapropioris gratia
vultus! Dans l'Exerque,Regi
optimo, ab Ædilib. Lutet. excipi
dignato.
Plus cet Afireen est prés
Plus il nous faroitfadmirabley
JEtplus[onregardfavorable
A de puissans attraits.
Comme le jour que le Roy
inr à Paris, le Soleil qui a-
Dit paru le matin avant l'arvée
de Sa Majesté, demeu-
L
caché le reste du jour fous
épais nuages, on a pris de
occasion de faire ce Marital
jyL'ou vientySoleil, qu'aprè,s que
ce matin
Tu tesfait voiréclatant &ferein'
rers le milieu du jour ta clarté s'efiternie
l
Peuplesjvosyeuxfont ~/oa/J',.
Et ma lumiere efi obscurcie
J hins Paris aujourd'huy brille /6
grand LQVIS.
On a fait deux autres Médailles
,l'une sur la Fondation
de laMaisondeS.Cir,& l'autre
sur la destruction de l'Heresie.
La reste du Roy fait le costé
droit de l'une& de l'autre avec
cette Inscription dans la
premiere. LudovicusXIV. Rex
pius& magnificus.Au revers est
le Soleil qui envoye [es,
rayons sur un parterre remply
de fleurs nouvellement
écloses avec ces mots ,
Ne
pereant; & dans l'Exerque,
Regio nobilium,fed pauperum
puellarum hospitio. Cette Inscription
estdans laseconde,,
LudovicusMagnusvindexfidei..
Le Soleil levant & une nuit
obscure qui fuit à l'Occident,
sont dans le revers avec ces
mots autour de cet Astre. Veto
pulsis errare tenebris ; & dans
l'Exerque, Deletâ Calrvinianâ
hæresi. M. DC. LXXXVI.
Voicy une seconde Devise
sur l'Heresie abatuë.La ba.,
guete de Moyse frapant le
Rocher en fait le Corps
,
ôc:
elle a pour ame , A Domina)
factum est istud.
Cette Converjion étonne, elle surprend.
jamais on rienv.it de pareille.
:t
Le SeigneurfÚt cette mervcille:
Ahy quelle est rare !ahquit est
grand!
MrGauthier qui a voulu
exprimer par une Devise les
soins que le Roya pris de
l'Etat pendant tout le cours
de sa maladie, a fait peindre
un Soleil éclipse avec ces.
mots, Partesuimelioreviget.
Ce grandAstre qui nous éclaire,
Quelquefois au plus haut des
Cieux [ ordinaire,
Peut perdre à nost.re égardson éclat
Mais quoy qu'un tristeafpcFlle dérobe
a nosyeux3
D'un pas toûjours égal il fournit sa
cariiere,
Et
Etn'apas-moins enfoy dardeur ny
- de lumiere.
Tel LOVISje plus Grand des Heros
&des Rois,
plU&' grandpar ses Vertus que par
tous les Exploits,
faille sans nul relâche au bonheur
de laFrance
,..Avec la mesmeégalité
> Avec les mefinesfoins,lamèsme
liberté,
Lors qu'un malpaffaler notis ravit
J r;j (,U sa presence.
Tandis que les uns ont fait
connoistre par des Ouvrages
d'esprit, la joye qu'ils ont de
la parfaite guerison du Roy,
les autresl'ont fait éclater par
de grandes Festes. Il s'en fit
une des plusmagnifiques à
Marseille le 5. de Février, par
les ordres de Mr Begon
,
Intendant
des Galeres. Mr Simon
, Directeur general des
Vivres, qui fut chargé de les
faire executer ,
fit faire à la
pointe du jour une décharge
de plusieurs Boëtes, & la
Diane fut batuë sur toutes les
Galeres, par tous les Tambours
des Compagnies qui y
sont entretenues
,
après laquelle
tous les Fifres,Trompetes,
Violons, Hautbois,&
autres Instrumens de Mufique
des Galeres, firent retentir
leur joye. Les Baraques f. -
rent fermées,& les Ouvriers
de l'Arcenal congédiez ,l'ordre
ayant estédonne de cele-c
brercette journée comme la
plus solemnelle de routes les
Festes.Toutes les Galeres e(L
toient ornées de leurs Etendards
, Pavillons, Banieres ;
Flâmes, Pavesades, les Poupes
découvertes, & fil perbement
parées. On chanta une
grand' Messe sur la Reale, 8c
en mesme temps en en célébra
une baslè sur chacune des
autres Galeres. Dix huit Forçats,
ausquels le Roy avoir
accordé la liberté, y communierent,
& à la fin de la Mesqse
Mr l'Intendant leur mit leur
Congé entre les mains pour
se retirer chez eux,ce qui fut
suivy d'une infinite de cris de
Vive le Roy. Cette Ceremonie
estant achevée, M' le
Commandeur de laBretesche,
qui commande les Galeres en
l'absence de Mr le Duc de
Mortemar
,
& de Mrle Cher.
valier de Noailles, se rendit
dans l'Eglise Cathedraleavec
M' Ilnrcndanr, & tous les
Officiers des Galeres, qui surent
suivis de toutes les Personnes
de qualité de la Ville.
On se plaça d'abord dans la
Nef, où Mr Muret,Aumônier
de Galere, prononça le Pa.
negyrique du Roy avec plaudissement un ap- general. C'eit
un homme d'un fort grand
merite, & qui presche actuellement
le Caresme dans la
Cathedrale deMarseille. Il a remply le premier Employ
dans l'Ambassade d'Efpaçne
fous MR l'Archevesque d'Ambrun
Evesque de Mets, & il
s'est fait long-tem ps connoistre
à Paris par ses Predica-:..
rions, tk par les divers Livres
qu'il a donnez au Public,fçavoir,
L'Explication morale far
les Epistres de S. Paul, les Cerémonies
Funebres de toutes les
Nations, &le TraitédesFestins.
Lors (luïl eut Boy, on entra
dans le Choeur, où il y eut
une grand' Messe chantée en
Musique avec le Te Deum à la
fin, & l'Exaudiat, & à la sortie
de l'Eglise il se fit une décharge
d'un très grand nombre
de Boëres. Dans le mesme
temps Madame l'intendante
fit chanter un autre Te Deum
aux Carmes, en presence de
tous les Pauvres de la Ville, au
nombre de plus de 1600. à qui
elle avoir fait distribuerune
aumône extraordinaire de
pain,de vin,& d'argent, outre
ce que sa charité luy fait donner
tous les jours pour leur
nourriture. Sur les cinq heures
du soir,Mrl'Intendant se
rendit à la Réale) où Mrle
Commandeur de la Bretesche
fit c hanter le Te Deum en
Musique. On en chanta un
dans le mesme tem ps fllrc haque
Galere, & il fut suivy par
trois décharges de toute l'Artillerie.
Deux heures après OJPL;
fitàl'ArcenalunFeu dartifice,
qui dura demy-heure.Il yeut
des fusées de toutes fortes, &
en fort grand nombre. A neuf
heures toutes les personnes
de qualité de l'un & de l'autre
Sexe, tant de Marseille
, que
d'Aix, de Toulon & des autres
Villes de la Province, se
rendirent chez Mr l'Intendant,
& trouvèrent les Apartemens
de sa maison illuminez
,& partagez de maniere,
qu'il n'yen avoit aucun qui
ne fustdisposé pour servirà la
Feste qu'ilavoit fait préparer.
Comme il n'y avoit point Je
Salle assezgrande pour recevoir
tous lesConviez,On avoit
dresse un Theatre sur la Terrassequiregne
le long de l' Apartemenc
de Madame l'Intendante)
afin d'y representer
un Opéra, fait exprés, qui
avoit pour titre,LeJugement
du'Soleil. Les Vers estoient
de Mr de Bonne-corse, & la
Musique de Mr Gaurier,Chef
de'l' Academie Royale de Mu-
,
de@ l Ac,,tdemie Roj a l e Mu.
fique de Marseille. Pour se
parer du vent, qui estoit tresgrand,
on avoit eu foin de
couvrir toute la Terrasse&
le Theatre, tant de voiles que.
d'étoses,en forte qu'on n'en
receut aucune incommodité.
Il s' y trouva plus de mille personnes
distinguées. Le Theatre
representoit un Paysage,
où l'onvoy, oit des Mers,des
Fleuves) des Montagnes, des
Forests, &des Villes, avec le
Soleil sur l'horison. Il fut ouvert
par les quatre Parties du
Monde, suivies de toutes les
Nations. Voicy les Vers qui
furent chantez.
L'EUROPE.
Nofire nom efl connu dans ce vafie
Univers*
Jay LEurope en partage, &vous
avezl'"Affrriqiuqe, ue
Vousl'Ajie,& vous l'Amériquey
Nous tenons fous nos loix& la Terre
& lesMers3
Mais chacune en Héros rieft fus
toûjours feconde,
Et vous croyez^à tort qu'en vos puiffms
Etats
La pluspart de vos Potentats
Soient'les plus grands Princes du
Monde.
L'ASIE.
Ah!fose toûjours soutenir
Que PAlîe a des Rois au/Ii grands
qu'invincibles.
L'AFRIQUE.
Et l'Afrique a fait voir par des
marques sensibles
Queses Héros charmeront lyavenir*.
L'AMERIQUE.
En vain voies estes prtventt::s
Quon n:voit rien de grand fous mes
divcrs climats
y Si fay des Terres inconnues,
]VIc., Meros ne s'ysachent pas.
L'EUROPE.
Etdins Lt Paix& d.a:-is li Guerre
J'ay dcs Merosquifontarebuter>
Sur tous lesP?née. de la Terre
Leurvaleur djit l'emporter.
L'ASIE, L'AFRIQUE,
L'AMERIQUE.
J'en ay d'une gloire immortelle.
1 - L'EUROPE.
Pourn"plus disputer,
Que le S"Icildécidé,ilsuus le confuher3
ilfeait /loftre illnflre querelle.
« L'ASIE, L'AFRIQUE,
L'AMERIQUE.
Ilfaut le conjùlt;;., ilscaitnoflrcïllustre querelle.
L'EUROPE -au Soleil.
Briiant pere du jour,
Qui retins en tous lieux ta feconck
lumiere,
Qui VOl) tout, qui feais tout, à qui
tout fait La Cour,
Soleil,arrejie -toy dans ta vaste
carnere,
Et pour nojire repos,
Dy-noies fous quel climat efl le plus
grandHéros.
LE SOLEIL s'ouvrant, & paro
Jane dans sonChar.
LEurope feule adroit depublier la
qjiorre
DeJesvaIIans HérosJî fameux
dans lHissoire,
Mais nulrieft comparable au Monarque
des Lis,
En tous lieux sa gloire ejlfemêe
, Et par tout la Renommée
Ne parle que de LOVIS.
Malgré [es Ennemisleurjalouse
envie,
Le Ciela conferve ce Roy victorieux,
Etses Sujets ne font des voeux
Que pour une si belle vie; 1
C'efi elle qui les rend heureux.
Si son courage efigrand3sa sagesse
efiprofonde3
On l'efi:me3 on l: craint surlaTerre
& sur l'Onde,
C'est le pdrfaitHéros qu'onadmire
aujoud'huvb
Etsile Morde entiervouloit choifr
pour Maifire
Le plus digne de Feflre,
IlncpOUTrait choiftr que Luy.
'dÜu:J Nymphes 3je parts. Que cha- -
cunefemprûjfechanter
tntom lieux ce fdmeux
Conauerant.
EUROPE,L'ASIE, L'AFRIQUE
& L'AMERIQUE
ensemble.
Chantons,chantonssans ccJJe
)Zuleeedpeft»uomussleggsrHaénrrdosaLOnVISdes.t
Une Troupe dEuropéens
inrent témoigner ensuite par
es danses la joye qu'ilsres.
entoient,
DEUX EUROPEENS.
Célébrons lagloire
Duplus grand des Roisa
Par tout la Victoire.
Reconnôifï ses Loix b
A peine on peut croire
Ses fameux Exploits.
Une Troupe d'Asiatiques
ayant dansé après eux,l'Europe&
l'Asiechanterent ensemble
ces quatre Vers qui furent
repetez par les Choeurs.
On ne voit rien d'égal dans le Siecle
où nous sommes.
Ah, que l'on est heureux de vivre
fous (es Loix !
Cest le plus yund de tous les
Rois ;[ mes.
Et le mieuxfait de tous les hom-
Ces deux Entrées furent
suivies de deux autres. Une
Troupe dAfri quains, & une
autre d' Ameriquains ifrent:
connoistre leur joye par diverses
danses, après quoy TAvfrique&
l'Amérique chante.
rentensemble.
limais Roy n'a conceu de plus?
nobles projets;
Tout ce qu'il execute s
& tout" ce-:'
qu'ildejïre
Fait le bonheur de ses Sujetsy-*
Et la grandeur defin Empire..
Les Choeursayant reperéé
cesquatre Vers,
Du plus granddes Rois
Célébronslagloirej
A peine en peut cxoirg c i
Ses fameuxExploits'. V
Les Ris & les Jeux parurent ,
& se joignant aux quatre
Nymphes, chanterent les
Vers qui suivent.
Plus de chagrin}plus de querelle
Goûtezjes douceurs de la Paixy
Ne re(pirezplus que pour elle,
LOUIS va la rendre eternelle.
Vi've-z. contens,& déformais
Plus de chagrin,plus de querelle.
LES CHOEURS.
Par des Concerts, par des Jeux
éclatans.
JFaifons voir que la Paix reud les
Peuples contens.
Aprés une Chaconne que
toutesles Nations danserent
ensemble ,
LES RIS ET LES JEUX. -
Plus de chayrin
,
plus de querelle9t
Goûtez,les douceurs de la Paix.
LES. CHOEURS.
Nerespirons plus que pour elle Vivons contons}& déformais „
Plus de chagrin,plus de qu-erelle,
LES QUATRE NYMPHES.
Ciel,:on(cïvezLOVIS,exau--
ce-y. nosfouhaits.
Après l'Opera, les Violons
furent partagez, & l'on commençale
Bal en trois endroits;
differens. Les Hommes & les;
Femmes avoient le plaisir de
passer de l'un à l'autre, âc
sans sortir de la Maison,trou,
voient de. tres-belles Aflertfcblées.
Il vint au commencemenr
un Marque déguisé en
Courrier, qui rendit aux plus
considerables de l'Assemblée
plusieurspaquets)oÙl'on
trouva des Vers fort agréables.
A minuit on servit une
grande Collation de Fruits &
de Confitures, & pendant
toute la Feste il y eut des rafraischissemens
de toutes fortes
de liqueurs pour tous ceux
qui en voulurent. Les Apartemens
estoient éclairez d'uneinsinité
de lu mieres, auiÏK
bien que l'Escalier. On avoit
encore préparé des Illuminations
par dehors aux logemens
de l'Arcenal) & aux
Galeres,mais le grand vent
en empescha le succés. Mr du-
Pile qui fournit tous les vivres
de la Marine,fit voir la
part qu'il prenoit aux réjoüissances
publiques par une liberalité
qu'il fit faire à tous les
Forçats des Galeres, & à ceux
de l'Hospital
,
qui sont au
nombre de huitmille. Outre
leur Ration ordinaire
,
il fit
distribuerà chacun une livre
de mouton, quatre onces de
lard, quatre onces de ris, &
une pinte de vin. Il fit encore
servir quatre Tables de seize
couvertschacune, pour les
Officiers des Galeres qu'il a
voit fait convier.
Le 16. du mesme mois, les
Comités des Galeres firent
leur Ceremonie patticuliere
dans l'Eglise des. Minimes,
avec toute la pompe qu'on
pouvoit attendre duzele d'un
si grand Corps. Ils s'affèmblerent
dans la Réale
,
d'où ils
partirent ayant chacun un
flambeau à la main, pour se
rendre à cette Eglise, qui estoit
parée en dehors & en dedans
de Damas rouge Cerné de
Fleurs de Lis, & extrémement
illuminée. Celuy qui portoitl'Etendard
Royal estoit richement
vertu, & monté à
l'avanrage. Les Tambours le
précedoient avec deux cens
Provillers des Galeres
,
chacun
portant son Guidon. De*,
vant luy marchoient douze-
Cavaliers avec leurs Trompetes,
& ensuite venoient les,
deux grandes Bandes de Violons,
& les Comités deux à.
deux ,selon le rang des Galeres.
Lors qu'on apperceutr
l'Etendard Royal, on fit une
décharge de plus de deux.
Boëtes à la portedel'Eglise.
A l'entrée on entonna le Te
Deum en Musique; a près
quoy Mr le Prieur Toscan,
Neveu du Comite Réal cele,
bra la Meslè.Ce qu'il yeutde
particulier, c'est que tous les
Comites & SousComites des
Galeres y communièrent de sa
main au nombre de soixante
& quinze, ce quen'avoit encore
fait aucun autre Corps.
Le PeredeColonia, Minime,
prononça l'Eloge de Sa Ma.
jesté. Son sujet sur, que c'est
Dieu qui donne la sanré aux
Rois., ôc que c'est. au Peuple
à
a demander qu'il la leurconserve.
De cette obligation
generale il paÚa à l'obligation
particulière que tous les
Françoisavoient dedemander
a Dieu la conservation
d'un aulIl grand Roy quece-
Luy fous l heureux Regne de
qui nous vivons. LaCeremonie
finit par l'Exaudiat, chanté
en Musique au bruit d'une
décharge de plus detrois
cens Boëtes, & on s'en retourna
dans le mesme ordre
à la Re'ale.M
Je ne puis quitter Marseile,
sans vous parler d'une chQle
qui a tort lurpris toute,la,
Ville, & qui est arrivée depuis
quelques mois. Mademoiselle
Berard y ,
mariée depuis dixsept
ans à Mr Carfueil, homme
fort connu & fort estimé
dans le Commerce
,
& d'une
4res. honneste Famille, vivoit
avec luy dans cette tendre
union qui faitle bonheur du
Mariage. Elle l'avoit épouse'
fort jeune,& elle n'estoit encore
que dans sa trentième
année, lors qu'elle fut attaquée
d'un mal dont les Médecins
ne connurent point la
-
cause. Ils la traitèrent d'abord
Lômme d'uneHydropisïe
naissante
a
& voyant grossir
on ventre, ils crurent que
'Hydropisie estoit formée.
ls luy-firent appliquer les
emedes les plus violens, qui
curent- continuez pendant
plusieurs mois. Elle fut faiçnce
souvent, & abondamnent
au bras & au pied. On
uy fit boire à lon gs traits des
IciUjL-sninerales du Val, qui est
m Villageàcinq ou six lieues
le Toulon.Toutes fortes de
purgations réïterées furent
nifes en usage & meimc
outes-les poudres de la Chymie
qu'on croyoitspecisi
ques contre lesmauxde Mère,
& dont elle usa depuis le
troisiéme mois de sa maladie.
CUtlllne elle empiroit toujours,
il salut VeIDr à d'aunes
remèdes. On luy donna de
l'acier en potion, & dans un
Opiac oùil en entroit quatre
onces, & a près qu'elle en avoit
pris les Pillules, on luy
ordonnoit des promenades
violentes pour en provoquer
l'operation. Les Medecinsla.
croyoient si bien hydropique,
qu'ils se servirent c-rir fCoorrxeddeettootIutt"tCreeqquueellaaMMeeddee~*
cine a d'antidotes pour ion
guérir. Plus ils voyoient le
ma l s'augmenter
,
plus ils la
purgerenr. On luy appliqua
liir le ventre des emplastres
attractifs, des Ventouses, de
la Parieraire toute bouillante
avec des briques, & des
linges ailèz chauds pour la
brûler plûtost que de diuoudrel'Hydropisie.
Enfinle24.
de Novembre dernier, son
Mary sortit sur les neuf heures
du Inarin avec le Medecin
,
qui la laissa dans les incommoditez
ordinaires. Il ne
rentra chezluyqu'aMidy
& illa trouva dans des douleurs
si terribles, qu'il ne douta
presque point qu'elle n'en
mourust. Il s'approcha d'elle
pour la consoler,& sur agréablement
surpris un moment
aprés, lors que les cris d'un
Enfant dont elle accoucha
sans aucun secours, annoncerent
en mesme temps la
grossesse de la Mere, & la
méprise des Médecins. Elle
n'avoir jamais eu d'Enfans,
& a prèsdix-sept Lannées de
sterilité, iln'yavoit pas lieu
de- s'imaginer, qu'elle
-
fuit
grosse; outre que danstoutle
temps que dura le mal qui tic
employer de si violens remedes,
elle ne sentit aucun mouvement
quilafistappercevoir
qu'elle alloit devenirMere.
Cette nouvelle s'estantrépanduë,
chacun accourut en foule
pour en feliciter le Mary,
Pour surcroist dejoye,c'estoit
un Garçon, qui prend un
grand soin de vivre. La Mere
qui ne fut dans les douleurs du
travail qu'environ une heure,
joüit d'uneparfaite fantédepuis
Ces Couches, & ce lafait
croire qu'à l'avenir elle pour.,
ra êstre guérie d'une seconde
Hydropisie de cetre nature;
sans avoir besoin des Medecins.
Je viens auxactions de graces
renduës par les Officiers
du Siege de Senéchald'Arles
Vous sçavez, Madame, que
n'y ayant point de Presidiaux
en Provence, les Senéchausféees
y en tiennent lieu. Le
jour qu'ilsavoientchoisi pour
cette Cérémonie estant arrivé
, on vit dés lematin toute
la façade duPalais,laBasse,
courte laChapelleparées de
richesTapisséries. Ungrand;
Tableau duRoy formoit sur
principale entrée un ma.
nifique ornement. Au desus
on avoir mis cetteIn scrition,
Antiquls omnibus unum
ice. M l'Abbé de BO,che,Sariftain
dela Cathedra le,aulnt
distingué par son érudion
& par sa pieté, queparsa
aiffance& par la dignité qu'il
JÍfede dans cette Eglirc)cele-
,-a la Messe,à laquelle Mr le
[arquis de Boche son Frere , rand Sénéchald'Arles,assista
rec tous les Officiers du Sie-
Pendant la Messe on
lanta plusîeursMotets,comptez
exprés sur la gloire
sur la Santé du Roy & à l'élévation
quantité de Boëtes.
furenttirées dans la Place
voisine. La Messe fut suivie
du Te Deum, que M' l'Abbé
de Bocheentonna, & qui fut
chanté par les mesmes Musiciens.
Au sortir de la Chapelle,
les Magistrats descendirentàla
Baffe, coure, &-delivrèrent
plusieursPrifonniers.
Ils revinrentl'apréfdînée
au Palais. Au milieu de la
Place qui luyefiopposée,
eftoic élevéun Peristyle de
verdure,oâoçrone à huic
Portiques,foûcenu par autant
de colomnes posées sur des
Piedestaux, & couronnées sur
leur entablement. On avoit
sçudistinguerles Chapiteaux,
l'Architrave,la Frise & la
Corniche avec du Laurier,
du Mirre & du Boüis. Les
Prontons quiparoissoient sur
l'endroit des Portiques,& les
Vases fumans sur celuy des
colomnes, regnoient en cercle
sur tourcet ordre, & le
terminoient agreablement.
HuitConsoles de mesme ver.
dure naiffoiencde la Corniche
, & fupportoienc en recraitte
une Couronne fermée
& neurdelifee, qui fervoic de
dome à ce Periityle. Les Banderoles
placées en divers endroits
du couronnement, voltigeoient
en l'air avec symmetrie
,
& exposoient aux
yeux de tout le monde le
nom 6c les Armes de Louis
LE GRAND. Sur la Frise de
l'entablement qui répondaic
à chaque Portique, on lifoic
huit Inscriptions. C'eftoienc
les mots de huit Devises,dont
le filjer estoit le Roy, & la
Jultice, & le Corps un grand
Feu. Celtoientaussides penséesqui
répondaienc juste
.ur ensemble à ces trois diers
sujets, Lesvoicy parorre.
I. Prudences fovet
, temera-
'os urit. Je fais du bien à ceux
ui ont de la prudence, de
étruis les téméraires.
IL Evehoradsumma. Jeme
lorre tou jours à ce qu'il y a
e plus élevé.
"1jJ. Hocf.stite cuncia, <vi<jcnt.
)e ma vigueurdépend celle
le toutes choses.
1K.Sfyarifceogri altro fame.
au pres de mes lumieres ion.
ies les autres s'évanoiiiflent.
C, v. je brille eje brûle, pour
faire entendre que le Roy, la
Justice &le feu n'ont passeulement
de l'éclat, mais encore
des ardeurs &des foudres.
-
VI. N'altro piu terribil,rial-*
tropiu bello. Ny rien de plus
terrible ,nv rien deplus beau.
-
VJI. Nilpotentius,nilr&pu
ditiS. Rien depluspuissânt,
riendeplus rapide.
VIII. - Non ceffins me motus
agit. Je fois perpetuellement
en aélion.
Ces Dcvifes &l'Inscription
du Portrait sont de Mr Terrin,
Conseiller.au Siege d'Arles.
ur les quatre heures,tous les
officiers de ce Siège entre-
ZD ent dans la Chapelle qui fut
lluminée-comme le marin,
& lors que chacun eut pris [a.
place,MR de Peyron
,
Pro-
:ureur du Roy , prononçaun
discours sur l'importance de
lavie&dela santédeSa Majesté,
& donna à toute rAf-"
femblée de grandes marques
de son éloquence& deson
zele. Ce discours fut suivy
d'un Motetà la gloire du Roy
& de l'Exaudiatchanté en
Nlufi«e-.-La nuit arrivée, Ms
du Siège ayantMr le Sénéchal
à leur teste
,
descendirent
pour aller allumer le feu.
Ils marchèrent au bruit des
Tambours & des Trompetes
jusqu'à la porte du Palais où
ils s'arresterent, & alors les
Musiciens qui s'estoient placez
sur des degrez qui y sont
bistis,firentsucceder à ce
grand bruit une plus douce
harmonie. Une infinité de
Flambeaux allumez de toutes
parts rendoient cette nuit
fort éclatante
,
& on ne s'atrendoit
plus qu'au grand feu,
lors qu'il parut tout d'un coup
une illumination nouvelleen
orme de Théâtre,qui renoit
dans tout le fond de la
place sur la mesmeligne à
quatre toises de hauteur. Ces
lumieres faifoienr briller un
nombre presque infiny d'Epilons
aux Armes de France,
& leur centre se trouvoit jute
à l'endroit où l'on devoir
allumer le feu. Mrs du Siège
precedez des Tambours, des
Trompetes & de leurs Huissiers,
s'avancerent un à un à
travers la foule qui occupoit
cette Place, & aprés avoir
fait trois tours dans le mesme
ordre autour du Peristyle qui
enfermoit le Bucher, ils prirent
chacun un flambeau
qu'on leur presenta,& mirent
le feu aux traisnées. Le Bucher
s'enflama en mesme
tem ps, & divers feux qui serpentoient
avec fracas, a prés
s'estre détachez du couronnement,
meslerent leur bruit
à celuy des Boëtes
,
pendant
qu'une infinité de fusées qui
s'élançoient de la Couronne,
s'éleverent au milieu des airs
pour retomber en étoiles.
Vous ju gez bien,Madame,
que dans une occasion où
tous les Corps ont fait des Festes
publiques, l'Academie
Royale d'Arles, toujours attentive
& appliquée depuis
son établissementà ce qui regarde
la gloire du Roy,n'a
pas manque de faire éclater
sa joye pour la guerison de
ce grand Monarque. Ceux
qui la composent s'estantassem
blez extraordinairement
chez Mr le Marquis de Robias,
Secretaire perpetuel de
la Compagnie, on fit différentes
propositions pour rendre
la solemnité que l'on avoit
resolu de faire, la plus
éclatante qu'il feroit possible.
On convintqu'elle se feroit
le8. deFévrier dans la Chapelle
des Penitens gris, qui
est l'endroit que ces Meilleurs
ont toujourschoisi pour leurs
Assemblées publiques, comme
le plus convenable & le
plusavantageux
, par sa naturelle
disposition, & par lai
magnificence de Ces ornemens.
Mais quoy que ce lieu
parust si favorable au dessein.
qu'ils avoient pris, tant par
sa vaste étenduë, que par la
richesse de ses peintures & de
ses dorures qui l'embelissent
depuis le haut de la voucc
susques au bas, M5 de l'Academie
prirent encore un soin
particulier de l'orner magniiquement
,
& prierent Mr
Giffon, l'un de leurs Confreres
, de se charger de cette
conduite,ô: de travailler aus- à lacomposition de quelques
paroles en forme de
Cantique à la gloire de Sa
Majesté
,
&au sujet de cette
=e!l:e
, pour les faire mettre
en Musique par le SrAubert,
Maistre de Chapelle de la Cahedrale
d'Arles, l'un des plus
célèbres Compositeurs, & du
meilleur (goût qu'il y ait en
France. On avoit orné 1Alitel
de cette Eglise d'une si
grande quantité d'argenterie,
quetout le plat- fonds auffibien
que le Tabernacle, les
Pilastres & les Gradins enétoient
rem plis, & d'une infinité
de bougies qui en relevoient
l'éclac, & faisoient
une illumination réflechie de
tous costez, par l'opposition
de quantitéde Miroirs & de
Lustres qui produisoient un
effet admirable. Des Vases de
Cristal & de Porcelaine remplis
de bougies occupoient
les entre-deux des Pilastres,
& le haut des Corniches, où
l'on voyoit aussiquantité de
bougies alumées.Lereste de
cette Eglise estoit environné
de flambeaux dans des bras
dorez. Un grand Portrait de
Sa Majesté de la main de Mr
Mignard,estoit au milieude
cette Chapelle sous un Dais
magnifique de velours bleu,
tout parsemé de Fleurs deLys
d'or en relief A l'opposite de
ce Portrait on avoit disposé
un Bureau pour le Directeur
de l'Academie, qui devoir
prononcer un Discours sur
cette Ceremonie, & des deux
costez estoient des Emteiïils
pour les Académiciens. Il feroit
difficile de representer
quel fut le concours de toutes
les personnes de qualité,
des Sçavans de tous les
Ordres & de tous lesCurieux
de la Ville. Mr le
Coadjuteur d'Arles que l'Academie
avoit invité à cette
Felte par une députation
parriculiere,y vint en Camail
& Rocher, accompagné de
tout le Corps de son Chapitre.
M" les Consuls
,
dont le
premier est un des plus dignes
membres de l'Academie
mieRoyale, s'y rendirent
aussi, avecune si grande affluence
de - Noblesse, qu'il
sur impossible d'empescher
que la pluspart des Gentilshommes
les plus qualifiez ne
demeurassent sans sieges
quelque soins qu'on eust pris,
d'enreserver. Toutes les Dames
du plus haut rang s'y.
montrerent avec leurs plus
riches parures. Si-tost que
chacun se fut poité-Celan
que la necessité le permit, Be
quele silence eut succedé au
tumulte, on commença par
une Symphonie dontles
coeurs furent tellement touchez,
quetousceux quicomposoient
cette celebre Compagnie
,
se sentirent excitez à
poullermillecris d'allegresse.
CePrélude fut suivy du Motet
ou Cantique dont je viens
de vous parler. Les paroles de
Mr Giffon qui portoient en
elles mesmes une viveexpresfion
de leur sujet
,
avoient
ésté assorties par le S' Aubert
de toutes les beautez de la
Musique
,
& du mélange de
laSymphonie. A ces plaisirs
succeda celu y que fit goûter
le sçavantDiscours que prot)
nonça Mrl'Abbé de Verdier,
Directeur de l'Academie. Il
representa avec autant de
force que d'éloquence les o,.
bligations que tous les Peupies
avoient de rendre graces
à Dieu ,&de s'applaudir de
la parfaiteguerison de Sa Majesté
; & fondant les motifs
de nostre gratitude & de nAtre
joye sur l'idée des vertus
dece Monarque, il enfit un
Panegyrique digne de la délicatesse
de son esprit,& de
la force de son érudition. Aprés
ceDiscours qui luy attira
l'admiration de tout le monde
, on chanta le TeDeum,
& le tout fut terminé par la
Benediction que Mele Coadjuteur
donna à cette célébré
Compagnie.
L'Université d'Angers s'étant
assemblée le 2.1. Janvier
dans l'Eglise des Cordeliers
sur la proposition qui en avoit
estéfaite par Mr Voisin,
Doyen de la Faculté des
Droits) elle y fit chanter solemnellement
la Messè, & le
Te Deum en Musique. Mr Babin,
Chancelier de l'Universicé,
officia. Il y eut un tresbeau
Concert d'Instrumens,
& un grand concours de Peuple,
outre tous les Ecoliers
qui y affitferent.
Les Prestres de l'Oratoire
qui sont de ce Corps celebre,
se distinguerent le 31. par un
Discours Latin que le Pere
Del peuch, Professeur de Rhétorique
, prononça dans leur
Eglise à la louange du Royv 0P Le Portrait de Sa Majeste avoit
estémis au costé droit de
la Chaire, sous unDais magnifique
de drapd'or, enrichy
de quantité de pierreries.
Tous les Corps de la Ville y
assisterent, &ce Discours receut
de grands applaudiffemens.
A peine fut-il finy qu'on entendit , tin gfand
bruit de petits Canons & de
Boëtes que ces Peres firent
tirer. On alluma un grand
Feu dans leur court? & le lendemain
on chanta la Meslè &
le Te Deum avec beaucoupde
solemnité
, ce qui fut suivy
d'une grande distribution
dQ'aumaôunems. ones.
Quelques jours âpre's, Mr
l'Evesque d'Angers ordonna
une Processionsolemnelle,
qui partit de son Eglise Cathedrale
pour aller dans celle
desaint Aubin, ou il célébra
la Messe en habits Pontificaux
à lage de 90. ans. Tous
les Corps Ecclesiastiques &
Seculiers y affilièrent
, avec
une affluence de Peuple incroyable,
demandant à Dieu
que Sa Majesté puissè gouveruer
son Estat à l'âge de son
Pasteur
,
aussi heureusement
qu'Elle le gouverne aujourd'hu
y.Les nouveaux Convertis
avec toutes leurs Fami lles,
n'ont pas montré moins d'ardeur
à s'interesser à ces Prieres,
que les anciens Catholiques.
Le 6. de Fevrier, le Prest?
',.
dial en Robes rougesfereru
dit dans la Salle du Palais où
se trouverent tous les autres
Officiers & Minières de Justice.
Un Prefire, Conseiller
Honoraire du Presidial
,
assisté
de deux autres Prestres
delamesme Compagnie, ce.
lebra la Méfie à leur Aurel
ordinaire. Le Te Deum fut
chanté ensuite par une excellente
Musique
,
mestée d'un
concert d'Instrumens
,
après
quoy toutel'Artillerie de la
Ville se' fit entendre.
, Le 7. les Officiers du Corps
le Ville, ayant à leur teste
MrDautichamp, Lieutenant
deRoy,firent la mesme Ceremonie
dans l'Eglire des
Cordeliers. Elle fut suivie
d'un grand feu allumé au
bruit des Boëtes &: des Canons,
& finit par un magnifique
Regale, que Mr de la
Feauré, Maire, donna dans
l'Hostel de Ville.
Les Trompetes, Hautbois
&Violons s'estant fait entendre
dés le point du jour le 9.
du mesme mois, dans le Palais
du Presidial de Montpellier
, les Officiers de ce Siège
s'assèmblerent sur les huit
heures chez Mr le Lieutenant
General. Le Corps des
Avocats &celuy des Procureursavoient
receu ordre de
s'y trouver, & en estant fortis
deux à deux précédez par
les Officiers ôc Archers des
Marechaunees de la Province
& du Diocese,&par les Huisfiers
de la Cour Presidiale,
ils le rendirent à la Chapelle
de leur Palais. LaMesse y suc
celebrée par Mr le Vicaire
General, aniue de douze Presi
res de l'Eglise Cathedrale
de Saint Pierre,. & ensuite on
hanta le Te Deum. La Muque
& lesconcerts desVioons
, des Hautbois & des
Tromperes,charmerent tous
eux qui furent de cette Fece.
Une Fontaine de vin
oula tout le jour dans le
alais, & les Magistratsfirent
lireunedistribution de pain
: d'argent à tousles Pauvres.
Parmy les Rejoüissances
ui ont este faites à Aix en
rovence, Madame de Boyer
andol s'estdistinguée par la
este particulière qu'elle fit
e mois passé. Sa Maison cil:
tuée dans une grande Place
quarrée
, au milieu de laquelle
est une Fontaine ornée de
son piedestal, autour duquel
quatre Dauphins de marbre
blanc soutiennent une Piramide
assez haute. Audenus de
cette Pyramide on voit une
Boule terminée par une Fleur
de-Lis à quatre faces, Les
quatre coins de cette Fontaine
font faceà quatre des plus
bettes ruës de la Ville, & à
chaque coin il y a des arbres
qui furent illuminez d'un
tres. grand nombre de petites
Lampes. La Pyramide estoit
entourée de quantité de Lan.,
ernes a Fleurs de-Lis, & un
grand Vase de feu que l'on
voit mis au haut, jettoit des
âmes qu'on voyoit de loin.
)'autres grands Vases de feu
produisoient le mesme effet
ur la teste de chacun des
juatre Dau phins, donr les
nufeaux jetterent long temps
lu feu au lieu de jetter de
'eau. Le dessous de ces Dauphins
estoit terminé par di-
/ers devrez, (ur lesquels on
-ravoit mis un fort grand
nombre
des mesmes Lanternes,
aini qu'autour du balTin de
la Fontaine; ce qui répandoit
beaucoup de clarté dan:
les quatre Ruës qui aboutis
sent à cetendroit. A l'entrée
de la maison de Madame la
Presidente de Bandol, il y
avoit diverses Colomnes entourées
de Laurier, avec un
Arc de Triomphe au milieu,
terminé par un rond ou étoient
les Armes de France.
Le Portrait du Roy environné
de festons de fleurs, & de
plusïeurs bras d'argent,avoit
esté mis sur les Colomnes, ôc
au dessous on lisoit ces mots,
Ref!e incolumi
, mens omnibus
Tina est.Tout le dehors de cete
maison estoit illuminé depuis
le haut jusqu'au bas, &
outes les maisons qui tourlenc
vers cette Place, l'éoient
aussi au dehors de la
nefme forte. On lavoit oriée
de riches tentures de Tapisseries;
& comme elle a
luatre entrées.on avoit dresse
L
chacune des Arcs deTriomphe
, compolez de quatre
Colomnes entourées de Laurier,
qui soûtenoient les Armes
de France. Le feu de
joye eHoitélevévis à vis de
la maison de Madame de Bandol,
& à chaque extrcmité
eltoient desDrapeaux,où brih
loient les mêmes Armes.Vous
pouvez juger quel concours
de peuple attira ce grand Speétacle.
Lors que tout fut disposé,
Madame de Bandol&
pluficurs autres Dames , tenant
chacuneunflam beau de
cire blanche, mirent le feu
au Bucher aux cris de Vive
le Roy, &au bruit d'une grande
quantiré deBoëtes, après
quoy il y eut une décharge
de mousqueteriè qui dura aua.
tant que le Feu, pendanc
que les Hautbois, les Tambours
& les Trompetes mar-
'<.Iiquoienc
combien tous les
oeurs estoient penetrez de
oye. Un grand Repas suivy
'untres-beauConcert., futla
in de cetteFerte.
Madame la Preifdcnte de
Bandol ne se contenta pas de
e qu'elle avoit fait dans la
Ville d'Aix. Elle fit chanter
m Te Deum dans son Château
le Bandol, situé au bord de
a mer, & ilfut accompagné
le feux de joye, & d'une ditribution
à tous les Pauvres,
lont elle avoir fait habiller
une partie. Tous les Gentilshommes
qui en ont pu faire
autant dans les Provinces
l'ont fairavec de grandes mar
ques de zele; & je vous ap
prens par ce peu de mots plu:
de vingt mille Festes qui oni
esté faitesà la Campagne. **
Quoy que celle que firent
les Peres Feüillans de Rouën
dans leur Eglise le 5. Fevrier,
ait esté accompagnée de tout leclat qui a paru dans les autres
,
je ne vous par lera y que
d'un Sermon, que fit ce jour
r là avec beaucoup d'édification&
desuccés,unReligieux
,'-
de cette Maison. Il prit pour
4jçxte ces paroles du Fils de
",,",'
Dieu, parlant de la maladie
du Lazare qu'il devoit ressusciter
,
Infirmitas kacnon cjl
id mortem,sed ad gloriam Dei,
utglonficetur Films Deipercum?
3c sir voir d'abord dans la
guerison miraculeuse du Roy
Ezechias
,
à qui Dieu avoit
rendu la santé pour continuer
à humilier ses Ennemis, pour
augmenter la gloire de font
Temple
, pour réunirtous ÍèSt
Sujets dans une mesme Communion
, & pour abatre lesjy
restes de l'ldolatrie qui subsistoit
encore parniy le peuple
de Dieu le Portrait fidelre de
LOUIS LE GRAND, le Roy
Tres-Chrestien, le Fils aisné
de l'Eglise, malade, & dangereusement
malade,maisguery
par la main toute puissante
decelu y par qui regnent tous
les Rois qui s'en veut encore
servir pour augmenter la
gloire de l'Eglise,& pourabarre
dans la France les restes
de l'Impiété & de l'Heresse.
Il fit paroistre ensuite
la gloire du Roy des Rois en
la personne Sacrée de nostre
augurte Monarque, le miracle
du monde, l'admiracion
de tous les Princes de la Terre,
la terreur de tous les Ennemis
de Dieu, le Protecteur
le toute l'Eglise
,
le Conservateur
de tous les Peu ples, ôc
le Défenseur de tous les Alliez,
Grand en touteschoses,
en tout son Regne, en tous
Ces desseins
, en toute sa vie;
Grand par son nom qu'il tire
de Saine LOUIS le plus Saint
de tous les Rois; Grand par
sa Maison, la premiere du
monde; Grand par ses actions
qui surprennent toute la
Terre. Enfin il le compara à
Constantin, toûjours Vi&o-;
rieux des Ennemis de Dieu
par l'intrépidité de la Foy; à
Charlemagne, toujours pieux
par son zele pour l'Eglise; à
Saine LOüis, toujours juste
pour rétablir par ses vertus
Roya les la sainteté dans tout
son Royaume. Apres avoir
dans le dernier point represente
à ses Auditeurs ce que
le Royafait pour ses Peu ples,
en travaillant à réta blir la
pieté à la Cour, à faire regner
par tout la justice, & à conlerver
la Paix, la feticiceëc le
repos jusque dans nos Ftontieres,
il leur fit voir leurs de-
,
voirs envers ce grand Prince,
qu'il fit conifrter à reconnoistre
en sa Personne sacree l'Image
de la Divinité,àregarder
les voeux quel'on fait au
Ciel pour la conservation du
Roy comme des actes de Religion,
& à considerer les mépris
qu'on fait de kt Personne
ou de ses Loix, comme des
sacrileges que Dieu punit rigoureusement.
Il finit en les
conjurant d'entrer eux -
mesmes
dans les dessèins adorables
& pieux de Dieu & du
Roy,pour coopérer à la gloire
de l'un, & aux desirs de l'autre
par la puretéde leur foy
A
par la laintetede leurvie, par lafidelité de.leur, conduite,
afin de rendre la Fiance le
Royaume de Dieu, de crainte
quemanquant à leur devoir,
& envers Dieu & envers le
Roy
, cette terrible menacée
nesexecutast, Auferetura,voi
bis regnum Dei,si dabitur Genti
fiicientifruBm.J
Le Mecredy iz. de ce mois,
Mr Godeau prononça au Collée
des Grassins, où il enseigne
la Rhetorique depuis lrepc
ans, un fort beau DiscousLatin
sur la parfaite guérison
du Roy. L'Assemblée fut aussi,
-, '; - illustre
llustre quenombreuse &
par les Extraits de plusieurs
de Ces Ouvrages que je vous
Mivoye, vous concevrez aisémenc
quelle sut la beauté
de celuy-cy. La première
Partiefîtvoirlaconfiance &
a fermeté du Roy, qui avoit
nontré plus de moderarion
dans les plus grandesdoueurs,
que les autresn'ontaccoûcuméd'enavoir
dans les
plaisirs. Il dit
,
Ghte cette gran..
leur de courage avotttoûjours
fiéle caractere de LOVJS LE
G RA ND, l'ame de toutes
es actions; que cessoït elle qui
lavoit mis au dojfus de tous les
Roisede tousles Sages, mttiJ'
que comme elle ne seftoit exercée
que dans la profyertté3 ($r pour
réprimer lesmouvemcus despaf
fionsaufquelles la consideration
d une gloire extraordinaire peut
donnernaissance,cefloit<verita<+
blement dans samaladie quelle
einjoit paru avec éclat e dans
toute fin etenduë. Nous ne con..
noiflions pas encore parfaitemenr,
ajoûta-t il
,
lasoliditê
des vertus du Roy au milieu de
tantdheureuxafccés defies ar..
mes. Il fidioit un caraciere du
Dieu des affligez,tour nousfaire
entièrement juger'de fis qualitê^
heroïqués.Cesi cette confiance
qui luyafait regal'derd'un
oeil affiùré(pfd'unrvifàge trantptiUe
,fautesles fumsque. pourvoit
avoirun mal également
dangereux & obfliné. C efi elle
qui vous a perjuadé
, que les
-&8rtu£fkrprenmtes de. ce grand
J^narqm hry doivent donner
la qualité du plus Juge & du
plusChrejtien de tous les homyftes
) comme boaheur qui A séjours accompagné fis entre*
ryrifes guerrieresyla fait lArbit'ffi
detouteïEuropey & leplut
%ftvndRoyquifoitJur-UTerre*
M Godeau.examinant ensui..
te en détail la nature du mal
qu'asoussert Sa Majesté, .fit
X£>nnoiltr,e quetoute sa rigueur,
n'avoitpasestecapable d'arrester
le cours desesoccupations roya*
les, ny defujpcndrc les effets de
cette admirable activitéqui le
fiât travaillersans cesse a procurer
le bien de la Religion e de
la République Chrestienne; que
l'on n'avoitremarqué aucun
changementdanssaconduite
ce n'est qu'il arvoitfait de nouveauxeffjrtspourlaffctwiffement
de nostrebonbeur±que
Jette confiancehéroïquetmfir*
moit, en fo-Y.toulte sa Rentable
vrandenr^puisquecestoit d'elle
quil avaitemprunté ; pourainsi
dire', la force sans laquéL
le toutes les vertus dont il a c-u
bessin pourftftlttenit dansfin
mal ; nauroient jamais etLté"
elune; aussi excellente manie?e
quelles ont fait.
La fécondé Partie de fou'
Discours fitvoir la bonté finguliere
de Dieu,qui ne pouvoir
rien faire de plus utile
êc de plus avantageuxpotfr
nous,que de rétablir dans
unesanté parfaire celuyqui
a étably si parfaitement les,,
colomnes de cette Monarchie
,& de nous avoir rendu
ce que nous ne voudrions
pas perdre pour un monde
entier.Apres avoir exposé
combienavoit estégenerale
la tristesse de tous les Ordres
du Royaume à la nouvelle de
la maladie du Roy, &: combien
la joye avoitelleuniverselle
a près raneurance de sa
guerison, il soûtintque cet
excés de douleur ôcde joye,
estoit une marque infaillible
que tous les François regardoient
la grâce que Dieu venoit
de leur faire comme la
plus grandequ'ils en pussent
recevoir. Il ditque ce bienfait
avaitramassé tout e quon pouvaitcomprendre
de plus estima-,
ble
,
puis qu'il nous mettait de
nouveau en possessiondesbiens
infinis que le Ciel a répandus
sur nous parla,sageseg) par la
valeur du Riy3 & nous remplissoit
d'une esperanceagreable,
d'nrecevoir encore dans la fuite
de plus precieux e5 de plus
grands; que Dieu navait conservéle
Roj dans fin âge florifi
Jànt, qu'afin d'executerpar fin
bras des chies extraordinaires,
Fatteste dit-il en s'adressant a~
ce Prince
,
fattefleïAnge terrible
qui watts a conduit à tint
de Conqueflcs, qui vous a fak,
le Protecteur de vos AIJic'{, qui
vous a rendu redoutable à vos
Ennemis,vcnerable à vos Su.
jets, aimable à tout le monde
qu'il , ne veutpas borner icy vos
glorietfès afôions. Nous ifPerorM
voir bien-tost lejourauquelvota
rendrezàlaReligion Catholique
dans tout le refle du monde ce
que vous luy aq,:ez rendu dans
vos Efiats, cesia dire ce divin
éslat quelleavoït receu de cIo..
vis, de Charlemagne, & de S.
Louis. Elle attend pat tout [cf.
;t de voflre pouvoir;elle rejpi~
? déjà,par toute la Terre un ait
lus doux dans la confiunceuelle
a en voflre courage çt) en
'uftre 7ele. Il a joutaquesans
Uèr chercher dans [avenir,
ous avions dans le passe daf.
Xgrandssujets de reconnoijire
ue nous avons este favorifîz,}
articuheremcnt du Ciel3 st)
ue nous luy flmmes infiniment
9dervables de nous avoirconferél'augusteLOVIS;
quequand
reJitle nous ne poumons nous
later dans la faite d'aucun bon
4ccez
3
quand les faveurs du
ltelferoiemépuifces pour nous-y
quand nos esperances ne pour.
roientallerplus loin, nous deavions
croire que Dieu avoitfait
ajfcïi pour nos avantages ;enun
mot que sans s'arrefler à eXfinÛner
quel devait est-e le Roj à ïavenir
y
c'estoit ajfe^ pour nous
convaincre de h grandeur du
bien-faitdesaguetifin
,
quede
faire reflexionsur ce qu'il avoit
esté. Il fit icy une peinture
tres-vive de la vie du Roy,
aprés laquelle il excita tous
les Peu ples sur lesquels avoient
eitérépandus les fruits
de Ces grands exploirs, à une
Cnguliere reconnoiflanceenr
rers Dieu,qui en nous conervant
le Destructeur de
Heresie, le Liberateur des
Chrestiens opprimez, le Proecteur
des beaux Arts,. le
Pere du Peuple nous comptait
tout à la fois des plus.
ares faveurs où nous pusions
aspirer. Il hnit par une
courte priere à Dieu pour la
conservarion perpetuelle du
Roy. Elle estoit composée
d'expressions tendres & afrectives
que l'Ecriture Sainte
duy avoit fournies.
Vous en trouverez unetres-
ardente,quoy qu'en peu
de mots,dans ce Madrigal-
de Mr Doujat,Doyende l'A.
cademieFrançoise.
Arreflons deformais nos larmes ,
Ellesne fontplJde r;Ú(ôli,' /•
LeCieldonne à LOU1Slentière
querif-,n
Du mal qui causoit nos alarmes- .
-
Grand Dieu, no(ire eternelappuy,
Qtfau delà de Neflorcegrand Monarque'vive!'
Queeebienpar tfry nous arrive,
Leresse nous viendra par luy.
Vaicy l'Ode de M: le Clerc
de la mesme A-cademie qui
luy. attira unapplaudiffêinenc
general de la nombreuse Assemblèe
qui l'entendit lirele
ur que cette illustre ComgniefituneFeste
publique
ur le rétabltflèment de la
nté de Sa Majesté. Elle mee
d'autant plus d'estre eftiée
qu'on n'y voit rien de
ntraint
, quoy que les rimes
soient redoubléesdans
aque Strophe,en sorte
t'il y en a cinq masculines
trois féminines dans cha.
ne.
ODE
DE, quel bruitjï çh,armant,dâ'\
qu^lsdivins Concertas
l"
Entens-jc retentir les airi
pour porterjufrqil iuï,à nous ces merveilleux
mélanges
.1
De votx
&/If/firtmens diwrs,;
Les Cieuxne font-ils,pointàp>,
verts?
Ne [ont-cepas les Choeurs des
'pluies,
Ossi viennent chanter les louantes
De f t'ftrc S'uvc'i;i qui
form.il'Univers?
suxpieds de nos Autels que
d'hommes profternezj
Que de Tem11 tiun douxparfum remplitl'air - l'ony que respire!
.les esprits nagucre étonnez
Sont ala oyet, Ce n'cft que d'disè qu'on flitpire,
Et les Sujets de cet Empire,
Tontjamais veu couler de jours
plusfortune
Qui peut de tant de joye izriorcT larat(on?
Qtpund lut-elle plus de faison ?
'Ul ne faiteue LOUISleplus
£>a?]d des Monarques
Seul Héros sans comparai)son,
Tr/omphe dela trah'son [ queS,
Dent l'ofoient menacer les Par-
Etnajamais eu plusdemarques
Jela faveurdes Cieux quedansst
gueri
JPouren rendre.l'hommageà L Autheur
de sonfort
Chacunfait un dernier effort
chaquejour est pour nous une nouvelle
Fesie.
Du Nocher}voisîn dela mort,
Tel est le ravissant transport
Quandsa Navire toutepresse
A succomberà la tr:mpetfe,
Sentrenaijhe le calme, &vasurgir
au Port.
Influence maligne, helas! qu'attendois
tu
Du mal dont ilfut combatu]
QIIa-t-il servy qu'à faire admirer
son courage.?
Vit-on sonvif.<ge ab.ttu?
L'éclat dont il est revestu
Souffre-t-il le moindre domffldgel
,Sparte, Athènes, Rime, Carfage,
QuelHérosparmyvousfit voirtant
de vertu?
Dans les p-lusgrands périls où foît
coeurPeiitjetté,
On vit fin Intrepidite,
Tout lUnivers connÕift la farce de
ses armes.
Sa valeur IlJe/î ayant tout dompté l".y-me[mesurmontéy
Avare de fang & de larmesf la Paix a calmé nos alarmes
EttÉuropc la doit à sa Ceule bonté
Le bruit tumultueux qui fuit Lei
grands exploits
Wajamaisfaittaire nos Loix> eaus avons veupartout éclaterp
-.
justice.
Parluy Heresie aux ahois
N'tl maintenantforce ny voix.
Enncmr déclaré du vice, il fait son plus doux exercice,
Du culte qu'on doit rendre au feut
Maistre desRois.
Parmy tant de verHis & cie dons
precieux,
Qifennaijfantil receutdesCieux.
Rien n'avoit jufqtlalors exercé si
confiance.
Le bonheurqui ruit en tous lieux
Ce Monarque victorieux
Montra tant deperfeverance,
Que nul revers> nullesouffrance
2favoient ose troubler des jourssi
e/orieux.
grand Dieu3 qui vois des coeurs 16
plus petit recoin,
Danfil maux quel Mortelsiloin
JL'otta]apatience,, £U-,'", partith +." j. ~/:' { ,,:. ~t. :# 1 J-J, JI' quille?
Sans ccfje avec le mesni"flî,i ilprevenoit n-jîrc befom,
Ne trouvoit rien de difficiley
Ettoujours d'un accez^facile
Desa douleur muette , il fut le féal
témoin.
jiinji quand des brouillards le luyIre
concours,
De lAstre quifait les beaux jours
Couvre les clairsrayons d'une épaiffeur
06fcure,
Sa vertu fubjijîe toujoursy-
De ron ordinairesecours Ilfavorisè la Natttre,
Et(a lumiere vive &pure Nefjamais atterée,& va le mesme
cours.
Que sa .fanté. promet de gloire à fil
Efiats!
Quunjour par l'effort deson bras
il va mettre à ses pieds de tejJes
couronnées!
Queje voy de Ramparts à bas,
Que de Sièges que de Combats^
Et que de Palmes mOilJonnécs!
Nonypour remplirses destinées
Vn demy Siecle encor ne luysuffira
pas.
Superbes Ennemis, qui d'unfrivols
espo:r
qriez,_encor vous decev'Jir,
Oui ne pouvez, souffrir une si belle
VZf,
Accoûtumez.vOu&' adevoir
plus grandqu'on ne peut concevoir3
Etfacbez^quemaigreFenvie,
Ha Terre doit ejircajjervie
Par cpraintoe ouuparvamoour 4isronj.ujie
Vous, surqui chaquejouril répand
[es bien-faits •Vousqu'ilreçoitdanssonPalais?
jUuftres Orateurst delicieux Orphé-es
»
Deses Vertus,de [es hautsfaits*
Achev(z les hardis Portraits,
Et que d'un beau zele échauffées
Vos mains luy drcjfent des Tro..:.
phées
Que la rigueur desansne dètruise
jamais.
Je ne sçaurois mieux finir ce
grand Article ,que par des
Vers libres de Mr de Fontemelle.
Les Ouvrages-qu'il a
donnez au Public sont si eAimez,
que son nom vous doit
répondre des beautez de celuy-
cy. Il faut pourtant vous
dire que toute la gloire ne luy
en est pas deuë, puis que c'est
une Traduction d'une Ode
Latine du Pere Comire Jesuite,
dont tout le monde con
noift le raretalent. Ainsi les
pensées ne sont point de luy,
& il n'a fait en la traduisant,
que leur donner un tour agreable
en nostre Langue.
SUR LE RETABLISSEMENT
de la Santé du Roy. LA crainte& lessoucis loin de
nous se retirent.
Que ae nofire bonheur nos Ennemis
soupirent, Fdraencfe3ieporrtteéa leursyyeeuuxx aavveeeepplluuss
Les Lis& les Lauriers dont tu te
ceins la teste,
Tu vois de ton Héros les jours en
seuretéS
Triornphe, taplus belle & plus noble
conquefie
Ne l'a jamais plus merité.
Q!!:.'i/jOujfrit de vives atteintes
Lors que d'offîcieuses mains
Luy prcjlvient à regret des ftcJurJ.
inhumains!
Jl-tenoit Ces douleurscaptives &
contraintes, illeur refufuii frerement
n'unfouptr ou d'un cry lé vain fonlagemcnt
;
On n'a connu ses maux que par
nos plaintes.
L'Art qui par d'utiles rigueurs
Répare& soutient sa Uature,
Ne luy faisoit point de blefpure
Qui ne se fifi lenfir jusquau sonà
de nos coeurs.
Que les menaces passageres
Qui parurent alors du celefle couroux
Attirerent de voeux empressez &
(ïncerest
E*
L,nojfrirpotirLOVIS,c'elf en
offrir pour nous.
TeUe efl a nos regards l'horreur qui
se pre/cnte,
Tel/e' eji la fubitc épouvante
Qui fa1fit j'Vnivcrs surpris
, inquteté,
Quand le Soleil dans sa course
éclatante
Pend3 ou femblc du moins perdre
cette clarté
Par qui la Tslatu, rc efl vivantef
Et qui feule en fait la beauté.
Siprodiguant sa vie on en sauvoit
une autre,
Nous nattions pascraintpour la
voflre3
JGrandRoy, nous eflionsprests derenoncer
au jour;
MtlÍSDieu vous rend a nous3 con»
tent de reconnoistre
Quepar l'excès de nofire amour
Nous sommes dignes d'un tel
Maipre.
Que nos coeurs font reconnoifjans.
Quelle vive allcgreffe en tomlieux
fcdéployé!
De là partent tous ces encens
Que d'icy vers le Ciel un Peuple
heureux envoye,
Et cesConcerts fatrcztOttS Usjours
renaiffizns,
Etces ItlrmeJ, de nostre joye
Témoins encore plus puissans.
Que LOVIS vive, il nestaucune
grâce
devions importun#r les Dontnous
Cicux.
1
Quand leplus grand des Héros
de sa race,
Charles* abandonnant le fijour
glorieux,
* Charlcmagae.
Oùprès du Trofiie Saint iloccupa
une placey
Reviendrait regner en ces lieuxj
Quandrccommerc mt mesme une
courfc nouvelle, ilfoumcttroit aux Francs pour la
fécondé fois
Et le Lombard pnfide,& le Saxon
reheûUe;
QuILapprendroit aux Huns à vivre
fous [es loix,
Eor.tnleron/'Empire ennemy de la
Crix
Quau milieu de fEspagneavait
fondé le More
Ah :J nous reqretétions encore
£t LOVIS ,& fis Exploits.
Quel autre sur lé Rhinse frayant
unpassage
Zuft faitfendre cette Onde aux pieas
i de ses chevaux, parce grand péril eust surVautrerivage
Cherche d'autres perils, & de plus
grands travaux
On voit avec terreur la Flandre
belliqueuse
Bwtfint fus nostre joug une teste
orguciUeufc, [faits,
QUI n'a [lié que fou6mille hauts
EtlaBourgogneaux Lys autrefois
arrachée)
A ces mesmes Lys attachée
p.aàr juanmBraasqisu.i rrééppoonndd qquue-'elltlec lP^eeffli
Ces superbes rochers d'où Luxem-,-
bourg tranquille
Bravait des Afjîencans la valeur"
inutile3
De nos efforts sefont-ils garantis*
Des desseins que jamais onriaaroti
prcfjentis3
OntfaitnaiJlte en fin jour deux cortquefies
nottvelles,
Sous qui le Pos le Rhin, J,lijfqzea-lî
fein deThetis3
Tremblans & déformais fdeUef
Roulent leurs flots affuiettis.
Sur les Cables bMaris de l'Afrique
alarmee,
Des Brigúns redoute^ pardes crU
mes heureux,
De nos foudres encor refpiirreer,npt f~o4i'-'
fumée3
ils fremissent encor des ravages atsi-
eux
Quiressent dans leurs Murs de la
pluyeenflàmèe
Qtfun ordre de LOVAIS fit descendre
sur eux.
JJinfâme fois de l'orquils ne peuvent
éteindre,
Deformaiscependdnt refpccienos
yaiffeaux >
De leurs avides mains l'ardeurscait
se contraindrey
2tfos tresors à leursyeux font portez,
sur les Eaux ;
On riaplusfar la Mer que la Mer
feule à craindre.
Mais de tousces Exploits & fé-ctitt
&lefruit,
Jit tout ce que LOVAIS a fait pïr
son tonnerre3
Cede à rOuvrage Jaint que laPaix
a produit;
Cette Hydre qui sortant de téternelle
nuit,
Declaroit au Ciel mesme une éternele
guerrey
Tombefous le Héros dont le /;ra-f la
pourfuit3
EtCes cent telles font par terre.
Elles sembloientpourtantdevoirfs
relevery
Dans peu leurs fiflemens pouvoient
se faireentendre
Za nouvelle fureur qu'e,lles alloient
reprendre, [vef^
Plus que jamais eutosénous bra~
Mais libre du péril que craignoit
vgftreEmpire3
Vous vivc'Z, grandMonarquey
sans que vjftre bras
3
S'attache contre iHydre a de now
veaux combats,
Me vous voit, & pour jamais
expire.
Ilme souvient, Madame,
que quand je vous appris il y
a quelques mois, la mort de
JvlR le Marquis de S. Amans,
qui a estéAmbassadeur à Maroc?
vous me témoignastes
avoir envie de sçavoir de quelleMaisonilestoit.
Voicy ce
que l'on m'en a ap pris. Il s'a ppelloir
François d Yzarn, &
descendoit d'un Cadet de la
maison du Comte de Toulouse,
à qui on avoit donnéla
Seigneurie de Saint Antonin
pour apanage, selon la coûtume
desAisnezde cetteFamille,
qui donnoient des Domaines
de leur Etat aux Cadets,
& ces Cadets prenoient
le nom de leur apanage,
comme firent ceux de Lautrec
& de Rabastieins. Ce qui
fut cause quecette branche
ne prit pas le nom de S. Antonin
,
c'est qu'Emeric qui
en estoit le premier,n'ayant
encore que douze ans, &
estantallé à la chasse dans le
Pays de Comenge, prit deux
Fans d'une espece d'animal
qu'on trouve dans ces Montagnes,
& que l'on appelle
Trzarns. Ce sont des Chévres
Sauvages.Commeileut grand
foin de les nourrir, ces animaux
le suivoient toujours ,
& on saccoûtuma insensiblement
à l'appeller Yzarn, qui
fut un nom qu'il préfera à celuy
de son a panage. Il prit
mesme ces Yzarns pourles
supposts de ses Armes. Ce
nom s'estrendu celebre. Pierre
d'Yzarn ,
Seigntur de S.
Amans, Gouverneur des Ville
& Château de Saint îueri,
qu'on appelloit le Capitaine
ayant une Compagnie entretenuë
, fut tué au Siege de S.
Pol de Lamiate, donc il se
rendit le maistre pour le fervice
du Royen 1597. Pierre
d'Yzarn, Seigneur de Saint
Amans,de Mailloc, deMonzieys,
de Casteluiel
,
& de
plusieurs autres Places qui étoient
depuis long-temps
dans la Famille,se signala aux
Sieges de la Rochelle, de
Montpellier & de Montauban;
& Jean d'Yzarn son Cadet,
qui avoir une Compagnie
d'Infanterie, fut tué à la
Bataille de Fauch, en laquelle
Mr le Duc d'Angoulesme
commandoir. Ce Pierre d'Yzarn
estoit Pere de Mr de S.
Amans, qui n'estoit que dans
sa sixiémeannée lors qu'il le
perdit. Il eut une éducation
digne de sanaissance; & a près
un voyage fait dans les Pays
Etrangers au sortir de l'Academie,
il prit une Charge dans
les Gardes du Corps de Monsieur.
Il l'exerça plu sieurs années,
pendant lesquelles il se
trouva à tous les Combats &
à tous les Sieges, qui ont ren..
du le Regne du Roy si glorieux.
Ensuite s'estantdéfait
desa Charge,& Sa Majesté
ayant declaré la guerre aux
Hollandois; il commença de
servir sur Mer, & fit la Campagne
sur le Bord de Mr le
Maréchal d'Estrées, Vice-
Admiral de France, en qualité
de Volontaire. Il servir
la secondeCampagne en la
mesme qualité, & ce fut
luy qui alla porter au Roy la
nouvelle d'une Bataille gagnée
pendant le Siege de
Mastric. Les affaires s'estant
broüillées en Angleterre, Mr
de Saint Amans y fut envoyé,
.&, il ménagea les choses avec
s?
tant d'adresse& de bonheur,
qu'il les ramenaau point que
l'on pouvoit souhaiter. A son
retourayant esté fait Capitaine
de Vaisseau, il escorta la
Flote marchande du Ponant
aux Indes occidentales;&aprés
un rude Combat,ils'empara
de deux Vaisseaux Espagnols,
qui se trouverent dans
ces Mers. Il servit depuis au
Levant dans toutes les Guerres
deMessine.Le bruit s'étant
répandu que leGrand Visir avoit
voulu insulter l'AmbaC
fadeur duRoy à la Porte, Mr
de Saint Amans fut envoyé à
Constantinople, où sa négociation
fut suivie d'un succés
tres-favorable. Pendant ce
tempslà, le Roy le nomma
son Ambassadeur extraordidinaire
vers le Roy de Fez 6c
de Maroc. Ilpartit avec l'Arméequialloit
devant Alger.
Il y demeura jusques à la fin
de la Campagne, & se signala
à son ordinaire au Combat
de Sarselle. La Campagne
faite, il alla descen dre à Tetoüan,
où par les ordres du
Roy de Maroc, il receuttous
les honneurs que pouvoit attendre
un Ambassadeur de
LOUISLEGRANU.les
Gouverneurs des Provinces à
-la, teste de quatre ou cinq
nvlle hommes venoient le recevoir
chacun sur les Frontieres
de son Gouvernement,
& partout oùilpassoit les chemins
estoient bordez d'Africains.
Il alla chercher le Roy
qui faisoit la guerre à son Neveu>&
il le trouva campé sur
le Mont- Atlas, avec une Armée
de cent mille hommes.
Comme il futobligé de faire
à chevalcinq cens lieuës par
terre, & de passer les Rivieres
sur des Radeaux faits de
aux de Boue,leseraind'Az
friquequi'esttresdangereux
luy causaun engourdissement
à lajam be gauchedont onn<2
l'a pû guerir. On sçait les heti*
neurs qu'on luy renditàSa
lins, mais-àquoy ne devoicviV*
pas s'attendre, portant les dresdunPrince,-craintor £à
rcfpcde de toute laTerte?
Estantde retour en Francele
Roy eut la bonté deluyté
moigner quilestoit contenté
deluy ; mais M*dfe$.-Aman^
ne reftoitpàsdeliry-fflcfmef.
voyant quesonincommodi-
rélerendoit mun~fo~~
vice. Il languit toûjours depuis
ce temps-là, & le servit
de remedes qui avancerent sa
mort.Ellearriva le3. Novembre
dernier, comme je vous
l'aydéjà marque. Il n'avoit
que 44 ans, & n'a laissé qu'une
soeur que rien ne peut confoler
decetteperte.
J'oubliay le dernier mois a
vous apprendre la mort de
Mr le Camus, President honoraire
de la Chambre des
Comptes,& cy. devant Controlleur
Generaldes Finances,
Pourreparer cet oubly,je vay
Citisfaire à ce quevousm'avez
<(.
,-
demandé il y a longtemps,
en vous faisant un détail entier
de la Famille de Mrs 1er
Camus, l'une des plus gratis
des ôc des plus considerables.
de la Robe.
Messire Nicolas le Camus , Secretaire du Roy, puis Conseiller
d'Etat, quimouruten
1648. âgéde 80. ans, épousa
Dame Marie Colbert morte.'
en 1642. & il en eut dix Ensans.
L'aisnée estoit Dame:
Marie le Camus qui fut lea ma- Messire Michel Particel
11,Seigneur d'Emery, €on«
trolleur General,puis. SurIntendant
des Finances,uuni,
elle eut Messire Michel Particelli
sieur de Thoré,Président
au Parlement de Paris,
manee à Messire Louis Phelipeaux,
sieur de laVriliere Secrétaire
dEtat, qui la rendit
mere de Messire Baltazar Phelipeaux,
Marquis de Chasteauneu
f, presentementSecretaire
d'ElhtjdeMeflireMichel pheli
peaux,ArchevesquedeBourges;
de Raymond Phelipeaux
Comte de S. Florentin,ôc de
Dame Marie Phelipeaux ma-
•riée aU Comte de Tonnay-.
-'Charente; Elle mourut fort
âgée en 1678.
Le second des dix Enfans de
Mrle Camus, & l'aisné des
Garçons
,
estoit Messire Nicolas
le Camus ,Conseillerau
grand Conseil, Procureur Ge.
neral dela Cour des Aydes"
puis Conseiller d'Estat, ôc Intendant
de l'Armée d'Italie ôc
en Languedoc. Il épousa-
Dame Marie dela Barre, &
mourut assez jeune en 1636.
laissant cinq Fils, & deux
Fillesqui se sont renduës Religieufes
à Pincourt. Les Fils
font Messire Nicolas le Camus,
qui a elle Conseillerau
grand Conseil, puis ProcuJEUR
General de la Cour des
Aydes, & quiestaujourd'huy
premier President de la i-nef.
me Cour des Aydes.Il a épousé
Dame Marie Larcher,Fille
de Messire Michel l'Archer,
President de la Chambre des
Comptes de Paris, laquelle
décèdal'année passée, & dont
il a eu Messire Nicolas le Camus
Conseiller de la Cour
des Aydes,& à presentMaistre
des Requestes;Messire François
le Camus, Marquis de
Bligny,ColonelduRégiment
de Saintronge,Mr l'Abbé le
Camus, Docteur de Sorbonne
,
& Prieur de Beré;Mt
: le Chevalier le Camus,Lieutenant
de Vaisseau du Roy,
qui fut blesséau Combat don.
né contre l'Amiral Ruiter, 6c
mourut peu après à MefTHne;
Mrle Camus de la Grange,&
quatre Filles. Mr le Premier
President de la Cour des Aydes
a eu quatre Freres. L'aisné
estoit Messire Charles le Camus
,SR de Montaudier, Gouverneur
de Menoüllon en
Provence, où il épousa une
Dame de la Maison de Pontevez,
&y mourut il y a quelquelques
années, ayant laisse.
1
trois Fils,sçavoirMessireJos
fephle Camus, Sr de Pepin
Gouverneur de Menoüllon
,
MrleChevalier le Camus, fc
un autre Frere. Le second elt
Messire Estienne le Camus,
Cardinal
,
Evesque & Prince
de Grenoble; le troisime,
Messire Girard le Camus, cydevant
Maistre des Comptes,
qui a épousé Dame Marie de
Creil, dont il n'a point d'En:.i
sans, & Messire Jean le Camus
cy-devant Maistre des
Requestes, & a present Lieutenant
Civil, qui a épousé 131
Fille de M' du Jardin Co»feil>
;, à
1er
1eràRoüen dont il n'a qu'une
Fille unique.
Le second des Fils de Mrle
Camus Secretraire du Roy, estoit Messire Antoine le Camus
Seigneurd'Emery,Courserin
& autres lieux, dont la
mort arrivée le ij. Janvier
dernier donne lieu à cet Article.
Il estoitâgede84. ans,
ôc avoit esté premièrement
Conseiller au Parlement de
Paris, Maistre des Requestes,
ensuite President des Requestes,
President en la Chambre
des Comptes de Paris,Intendant
de Languedoc
,
puis
In1tendant de la Generalité de
Paris, & enfin Contrôleur General
des Finances pendant
dix années entieres, s'estant
acquis beaucoup de réputation
dans tous ces emplois.
Il avoitépousé Dame Elisabeth
Faydeau, d'uneFamille,
considerable,qui mourut il y
a quelques années, & dont il
luyestrelié trois Garçons, &
deux Filles, sçavoir Messire
Denys le Camus Sr de Cour..
ferin
,
President en la Cour
desAydes,Messire André le
Camus, Sr d'Emerinville,Conseillerau
Parlement de Mets
Messire Estienne le Camus,
Chanoine Regulier de Sainte
Geneviéve
,
Dame Marie le
Camus,Veuve de Messire A.
drien de Hanivel de Manevillette)
Marquis- de Creve.
coeur, Receveur General du
Clergé, & Secretaire des
Commandemens de Monteur,
&: une Fille Religieuse
à 1AbbayeS. Antoine.
Le troifiemeFilseftoirMefl
fire Edoüard le Camus, qui
fut Conseiller au Parlement
de Grenoble, puis à celuy de
Paris, & ensuite Procureur
General de la Cour desAides.
après quoyil quitta la Charge
par dévotion,& s'estant fait
Prestre
,
il se retira au FauxbourgS.
Jacques prés les Carmélites
,
où il mourut fort
âgé en 1574.
1
c Le quatrième Fils estoit
Me(lire Estienne le Camus,
Maistre des Compres, puis
Surintendant des Bastimens,
qui épousa Dame Madeleine
Colbert, Soeur de MR Colbert,
Abbé General dePrémonstré,
dontiln'a pointeu d'Enfans.
Il mourut en 1673. !}")
Le cinquième Fils est Mer.
sire André,Girard leCamus,
quiaestéConseillerauGrand
Conseil, puis Procureur Ce.
neral de laCour des Aydes,
,
&Conseillerd'Estat.Ilaépou-
; fé Dame Char lore Melson,
dont l'esprit & le mérité sont
connus de tout le monde, &
il n'en a point d'Enfans. }f(
Le sixiéme Fils estoit Messire
Jean le Camus, qui avoit
esté Conseiller au Parlement,
puis Maistre des Requestes, &
Intendant en Champagne.Il
I" mourut en 1680.sans avoir pris d'Alliance.
f" >•* Outre ces sixFils& sa Fille
aisnée,Mrle Camus eut ehcore
trois Filles; sçavoir Catherine
le Camus
,
qui se fit
Carmelite au grand Convent
de Paris, dont elle fut Bienfaictrice
,
& où elle mourut
en 1668. Dame Françoise
le Camus
,
mariée à Messire
René le Roux, Maistre des
Requestes
,
puis Conseiller
d'Estat
, morte sans Enfans
en 1680. & Dame Claude le
Camus
,
qui épousa Messire
ClaudePellot
,
qui a cité
Conseiller au Parlement de
Rouen, puis à celuy de Paris,
ensuite Maistre des Requestes)
& Intendant en Dauphiné
, en Limosin, en Poitou,
ôc en Guyenne,&enfin
premier President au Parlement
de Normandie. Elle
mourut en 1668. & Mr Pellot
en 1683. ayant eu onze Ensans
,sçavoir
,
Marie & FrançoisePellot,
Religieusesde Iii
Visitation à Lyon; Françoise
Pellot,Religieuse à Poissy
;
Geneviève & TheresePellot,
Religieuses deMontmartre-;
Madeleine Pellot, mariée à
Mrle Marquis de laFareTornac
,Elisabeth Pellot, mariée
à Paul.Gabriel de Foix, Vicomte
de Couserans, Marie.
AnnePellot,mariéeàThomas.
Charles de Becdeliévre,
., S' de Brumare, Presidentau;
Mortier du Paricmenc de
Roüen. Clàude François Pcllot,
Conseiller au Parlement
de Paris; Estienne Girard Pellot,
Colonel du Régiment de
Bigorre,&Paul Pellot, Abbé
de la Croix S. Leuffroy.
Mrl'Abbé de la Roque
mourut le 3. du dernier mois
âgé de 90. ans. Il estoitdune
noble &ancienne Famille de
Normand ie, & a esté un des
plus habiles hommes du
Royaume dans la connoissance
des Antiquitez&del'Histoire.-
Il a donné plu sieurs
Ouvrages au Public
; sçavoir,
UHîftuiregénéalogique de la
Maifind'Harcour if!f de fis
Alliances, en quatreVolumes
in folio;un Traité de la No~":t
blcffi (dp de ses différentes le. :
ces; un Traité des Fleurs de
Lys? ou des Armes de France;
un Traité du Ban (dp Arrieban
,un Traité de l'originedes
Surnoms
,
& il estoit sur le
point de faire imprimer son
Histoiregénérale de Norman-*
die,avec le Nobiliaire de cet- te Province; un Traité des.
Armoiries~gr de leurs règles;
un Traité des Funerailles, &
un Traité des Combats ce des
Tournois.
Le 28. du mesmémois mourut
Dame ElisabethBlondeau,
Veuve de Messire Jean
Phelipeaux
,
Comte de Bufançois,
Seigneur de Villesa.
vin, Argy, Plaisance
,
&c.
Conseiller d'Estat, & Secretaire
des Commandemens de
la Reyne Marie de Mcdicis.
Elle eH: morte âgée de 94. ans.
Je vous appris dans ma LetUne
Fille de qualité, belle;
jeune, & toute ainlable,
ayant paru avec grand éclat
dans une Assemblée qui se
fit un des derniers jours du
Carnaval, a donnélieu à ces
Vers, qui ont esté mis en Air
par un tres-habile Maistre.
AIR NOUVEAU. L'Hyvcr flêtrit toutes choses
Quandilfaitvoirses Qlaçonsi
Maisil vous laisse des roses
, -
Iris, toujours bien éclosès,
Kous charmez^enmille façons>
Beauté de toutes les Saisons.
I1l
Je vous appris dans ma Lettre
du mois d'Août la nomination
de Madame de Berthemet,
à l'Abbaye de Ver.
non, Ordre de S. Augustin,
vacante par la mort de Madame
Testu,Soeur de Mrl'AbbéTestu,
de l'Academie Françoise,
mais je ne vous parlay
point alors du merire & de la
Famille de cette nouvelle
Abbeisse,m'estantreservéà
vous en instruire lors qu'elle
prendroit possession. Elle est
Soeur de Mr de Berthemet,
Maistre desRequestes, & de
Madame de S. Poüanges. La
pénétration qu'a Mr de Ber-.
themet pour les Affaires,si
promptitude à les terminer,
&sur tout raffabilité avec iaJ
quelle il donne audience à
toutes heures, luy ont atriré
lestime de tous les honnestes
gens. Pour Madame de Saint
Poüanges, je ne vous en diray
rien. Vous l'avez veuëà
la Cour,& à Paris, & il feroit
difficile quefon esprit, sa douceur
, & ses maniérés honneftes
ne vous eussent pas
frapée. Madamel'Abbesse de
Vernon tient de tous les deux,
êc l'on peutdire qu'elle rem.
plira tres-dignement le poû§
où elle est.Elleaunevéritable
pieté, beaucou p de folidited'esprit,
& une mémoire
heureuse, dont elle sçair profiter
dans les différentes occasions,
enra ppellantàpropos
toutcequ'ellealeu.Elle écrit
fort juste, parle peu,mais toujours
d'une manieré fort sage,
avec beaucoup de douceur &
d'honnesteté. Tant de belles
qualitez luy avoient attiré
l'estime de sa Communauté ,
mesme avant qu'elle 1euffc
.v. veuë. Ainsi pendant que les
Filles de l'Assomption,où elle
cilo.it Religieuse, pleuroient
sa perte, celles de Vernon.
l'attendoient avec la derniere
impatience. Vernon est la
premiere Ville de Normandie
9qu'on rrouve sur le bord
de la Seine dans le Dioce.
gre, en est Gouverneur.
L'Abbaye qu'on nomme presentement
de S. Louis, parce
qu'elle a elle fondée par ce
saine Roy, est située dans la
Ville. C'est une Communauté
considerable par le mérité
& par le nombre des Religieuses.
On y trouve cinquante
Dames du Choeur d'une
pieté singuliere,d'une charité
édifiante pour le service
;,
des Malades ausquelles elles
sont employées, & d'un merite
qui n'est pas commun.
Ce n'estoit autrefois quun
Prieuré
, comme toutes les,
Mailons Hospitalieres fondées
par S. Loüis, mais elle
a elle érigée en Abbaye depuis
quelque temps ,
& Madame
de Berthemet en est la
troisiéme Abbesse. Elle fut
benite en cette qualité dans
l'Eglise de l'Assomption au
commencement du mois passé,
par M l'Evesque de Macon
, en presence de toute la
Famille de Madame de Saint.
Poüanges. Madame de Lou.
vois se trouva à cette Ceremonie
avec plusieurs autres
personnesde la première
qualité
,
qui furent eusuite
regalees magnisiquement à
l'Hostel de Saint-Poüanges.
Quelques jours après Madame
l'Abbesse partit, accompagnée
de Mr de Berthemet
ion Frere , & de Madame sa 1
Soeur,qui s'etoient chargez de
la conduire,& de la mettre en
possession, les gran des occu- 1
pations de Mde S. Poüanges
ne luy ayant pas permis de.
quitter la Cour. Ce f-itle 26.
du mois passé qu'elle fut re- 1
ceuë aux acclamations de sa
Communauté & de toute la
Ville, qui vint luy faire les
presensaccoûtumez de vin, :
..;(£,
- ~!)
de fruit, & de con fitures. Mr
de Berthemet qui faisoit les
honneurs, regala splendide.
ment toutes les Religieuses,
& en particulier la Noblesse
du Pays, la Justice & Mrs
deVille. Il n'y manqua rien.
Le soir, les Pensionnaires se
chargerent d'exprimer lessentimens
de la Maison par des
Vers, que trois d'enrre elles
reciterent à la loüange de
cette nouvelle Abbesse. Je
vous les envoyé, ne doutant
pas que vous ne les approuviez
,puis qu'il vous fera aisé
de connoistre qu'ils partent
de source. O ii
POUR. MADAME
DE BERTHEMET,
Abbeflc de Vernon, le jour
de sa prise de Possession. vOicy de tons nos jours le jouç
le plus heureux,
fToîùs venez.par vojireprejence
,
f,,-oia venez
Contenter noflreimpatience
>
rJEt nous voyons icy l'objet de tous nos
voeux.
jDa bruit de vostre nom l'ame toute
charmee,
1wotei voulions voir enfin tout cc que
tantdefois,,
La bouche de la Renommes
Nous avoit dit de vous avec tOfJtes
ses Voix.
Que ne peut-on vous dire a quel
ppooiinntt on ss'cmprejfc, se
De vous rendre de p-etitsfoiinnss!
Que vosyeux ne font-ils témoins
Detout ce que nos coeurs ont pour
vous de tendresse !
Vous verriez^qu'ils n'en ont pas
moins
nuils ontde joye &d'àlierre[Te.
Peut-on vous v^ir & ne pas
vom aimer?
Dans vos yeux qui du coeurfont le
miroirfide/ley
V'ne douceur aimable 6" naturelle
JSTa-t-ellcpas de quoy charmerl
Ne h-ait-on pas quelles font les
Lumières
D'un Esprit qui n'ignore rien,
Qui f/ica~it ~p.afrler 6. raiTonnersi bien -c~-
Sur toute forte de matières l
IMais quand on o%e vouslever
3
Ou voitunfrçnt moddlc G"fay:3
Quisemble nous desavouer,
Et nous defend d'en dire davantage.
Cependant devant vous on ne peut
s'empefeher
De louer pour le moins une foiblc
partie
De cette ittuflre modestie,
Qui nePeut jamaisse cacher.,
Cesi cette humilité profonde
Qui malire tout Tefpoir d'une haute
faveur
ferme vusyeux & vojlre coeur
A toutes lesgrandeurs du monde.
Quunfipuiffantexemple a de quoy
noiis toucher!
- Qu^en reliantsur vos prfs nos voeuJe
&nospenfées,
Il nous efi alJé de marcher
Sur les routes du Ciel que vous avez^
tracéesl.
Ces Vers estant recitez,
deux fort belles Voix, dont
une ne fait pas un des petits
ornemens de cette Maison,
ayant elleune des meilleures
Ecolieres du fameux MrLam-
I)ert, chanterent ces autres
Vers, mis en Musique par un.
¡¡es- bOll Maistre.
I, DESSUS.
Venez,venez, parvos foins genereuxy
Énfemblc.
Vencz^,vene^comblernos voeux.
I. Dcifus.
VOltS nous êtalexjniHe charmes.
II. Dessus.
Vous faites cessèr nos aUanncs.
Ensemble.
Ces lieux tristes defoie^
Ala )orydef'pe/lez..;r,par v~,es iont
y au Platfirpar vuus font
I. Défias.
A voffre afpeff tout le Cielse colore.
IL Desos.
.-
fûllais en plus riche appareil
On ne vit la charmante Aurore
Annoncer aux Mortels le retour du
Soleil.
I. Dessùs,
I. Délias.
Kenez^vcnez^ far vos fsins zenereuxy
Ensemble.
Venez, vcnez^comblernosvcur.
Ily a deux ou trois mois
qu on fit une Octave trèscélébré
dans l'Eglisedu grand
Convent des Augultins de
TouloLiié, pour l'élévation du
Corpsde sainte Julie Nlarryre.
Ce- Corps a-e"sFté' transporté,de
Rome avec le Vasede son
sang par le Pere du Jonca,
cy-devant Assistant deFrance
du mesme Ordre, & il est
d'autant plus considerable.
quon est certain au propre
nom delaSainte,àcause d'une
pierre qu'on a aussi appor- 1
té:, qui s'est trouvée sur son
Se pul c hre dansle Cimetiere
de Calliste,laquelleen fait
fuoy,n&econtient encore en Epitaphe de ses
vertus en ces termes,Julia
Evodiafilia. fecitcaste matri,
bene merenti,qu<£vixitannisseptuaginta,
&c au dessusde ces
mots, il y a un grand D. &
unegrandeM. avec un coeur
enflamé de chaque costé. Selon
la vérification qui a esté
faitedu-de cette Epi- i
taphe dans le livre de re diplommd
du Pere Mabillon de la
Congregation de saint Maur,
[ on trouve qu'il est entierement
semblable à celuy du
premier &du second Siecle,
ce qui n'est pas une petite
preuve de la Noblesse de la
Sainte
, parce que dans les
quatre premiers Siecles, la severité
de la Discipline Ecclesiastique
ne permettoit pas
qu'on mist des Inscri ptions, f& qu'on fist des Epitaphes
qu'à des personnes du premier
rani;- de forte que cette Sainte
pourroit bien estre de l'illustre
Famille des JuliesEvodies
dont l'HistoireRomaineparle.
Pendant l'Octave que les Augustins
deToulouseont faite,
le Corps de la Sainte futexposédansune
tres- belle caisse sur
tin Autel richement paré, &:
chaque jour uneCommunauté
deReligieux s'y rendit processionnellement
pour y officier&
cele brer la grands Messe
Mrsdu Chapitredel'Eglise
Abbatiale de Saint Saturnin
sirent lamesme chose le dernier
jour, & ne se contentant
de montrer leur pieté par une
Jvkfle solemnelle que la Mufique
chanta, ils revinrent le
soir donner la Benediction,
avant laquelle il y eut,ainsi
que les autres soirs, un Mo*
- tet d'une excellente Musique.
Ils se trouverent ensuite à la
Procession, qui se sir parles
Cloistresavec le Corps Saint,
qu'on portoit à la Chapelle
des Dames du Tiers Ordrede
Saint Augustin,oùil
doitreposer. Le Panegyrique
de laSainte fut prononcé chaque
jour par un du Corpsqui
avoit fait l'Office,& pendant
toutel'Octave le concours dm
peuple fut extraordinaire.
Le Roy qui continue ae
toutesmanieres à veiller au
bien de ses Sujets, considerant
que rien ne leur peut estre
plusavantageux que deconferver
l'abondance de l'or &
del'argent dans le commerce
& d'empescher la consommation
excessive qui s'en fait en
ouvrages superflus d'argenterie,
a donnéune Declaration,
par laquelle tres-expresses désenses
font faites à tous Orfévres
& Ouvriers, de fabriquer,
exposer ôc vendre des Buires,
Sceaux, Cuvetes & autres Vases
d'argent servant d'orneprient
de Buffet, Chenets,Feux
d'argent, Brasiers, Chandeliers
à branches, Girandoles
Plaques à Miroirs,Miroirs,
Cabinets, Tables, Gueridons,
Paniers, Corbeilles,Urnes,
& tous autres utenciles d' argent
massif, à peine déconsiscation
& de troismille livres
d'amende. Par lai-ncfme Declaration
,
qui fut enregistrée
au Parlement le 21 du mois
passé
,
il est défendu à toutes
personnes de quelque qualité
& condition quelles soient,de
fairenyde laisser travailler
dans leurs Hostels & Maisons
aucuns Ouvriers ny Orfévres
aux olefines Ouvrages, & aux
Ouvrierstravaillans en cuivre
& en fer, de dorer & argenter
aucuns Chenets, Feux,
& aurres ouvrages de fer ou
de cuivre de la qualitéde ceux
d'Orfevrerie, ce qui n'a point
de lieu pour l'argenterie &
pour les dorures destinées à
l'ornementdesEglises,àl'égard
desquelles on en usera
toûjours comme au paravant.
Je vous ay parlé plu sieurs
foisdeMrRoubin, Academicien
d'Arles. Ce fut luyque
Fa- Ville de ce nom deputa il
y a quelques années pour venir
presenter au Roy un Tableau
de l'Obelisque qui avoit
esté trouvé fous quelques ruines,&
qu'elle avoir fait élever
& restaurer, & ensuite con~,
sacré à ce Monarque,aprésy
avoir fait placer un Soleil sur
la pointe, & fait faire un piedestal
remplyd'inicriptions
à la gloire de Sa Majeiié- Le
même MrRoubin s'étant trou- ,"
vépossesseur dune Isle qui appartient
au Roy,& sevoyant
attaqué par ceux que l'on a
commis pour la recherche des
Il
biens de cette nature,a fait
le Placet qui fuit à l'occasion
de cette recherche. Il faut
vous dire pour l'intelligence
de ce Placer que le Roy luy
fit l'honneur de l'anoblir pendant
le reln ps de sa Députation
pour les affaires & pour
l'Obelisque de la Ville d'Arles.
AU ROY.
FAvorablc autrefois élUX Chanfons
de ma Musc,
GrandRoy3tudaiyiasiecoûter,
.Et ce doux ifouvenir dont mon ame
eficonfufe,
L'enhardit encore a chanter.
Tuifxais que par mes joins, & mes
ardentesveilles
Cet Obelifqttesivanté,
De ton Regnefameux confinera les
merveilles>
A toute la Pofiteriié.
QUayant grave ton N-om auTcmpt
de Mémoire,
Tu tirasle mien de l'oubly,
Mnverfiantdans mon fiein un rayon
de ta gloire,
Donttoutmon fanzfut annobly.
Mais tume fis grand tort maccordant
cette grace,
Je n'en fiuts queplus nulbeurestXy
<Lar ejfre Gentilhomme &- Porter la
Bface,
Il nejtriende(i douloureux.
Ce vain titre dhonneurquejeus tort
de pourfuture
2Vc IYdiUi pasde3 Icifim JefivZ)! j quJf>rès la mjrt la gloire
nous fait vivre,
Mais en ce m<jnd.e il faut du Pain
nay quunseul Domaine au
rivage du Rhosne
Qui m'én donne pour rublîler. Jcfero-"*S- mtferable> &réduit à laurnofne
Silonvenoita me losler.
yay donc tout monCecoursen ta bonté
rupreme,
EtJi Fonnous met enPrvck
Tourvcu que ton grand coeur Le décide
luy-mesme,
se n'en craindray point le fucck.
Quefi-ce eneffetpour toy ,
grandi
Monarque des Gdulcs,
Quun tas defable& de gravier*
Que fdire de m»nJjle?ilriy'croijl
que des Saules,
Et tu n\.imes que,le Lturier?
Egalement puifiant dans la Paix,
dan) la Guerre ,
Cc-mlléde otrc & de bonheur, -"-c :~:otrc 0" ac C(,r! C'ur,
.Maijireaun grand Ijtût
3
quelques
Arpen• de Terre [tneur
Te rendraient-ils plus <rrund Sei-
Z>aiffcmen donc jouir
,
la faveur
ileji pas grande
Ne me refuse pas ce t.ien->
Ccft toutce quattjourabtty mon Pld- 1
cet te demande3 < Grand Roy
J ne me demande rien. 1
On peur dire que le merite
de Mr l'Abbé de Lionne est
connu dans l'un & dans l'autre
Monde. Jamais homme n'a
fait voir une modestie plus
grande & plus égale, que celle
dont il a donné des marques
depuis qu'il a renoncé à *
l'éclatavec lequel vous sçavez
qu'il pouvoit vivre. Son
zele pour le salut des Amesa : toûjours esté extraordinaire, 53
& quand il a fallu passer & repasser
les plus vastes Mers#
-
leurétenduë, les incommoditez
qu'on y sOüffre, &le
peril qu'on y court, n'ont
point esté capables de ralentir
l'ardeurqui le porte à vouloir
faire connoistre le vray
Dieu à des Peu ples nourris
dans l'Idolatrie. Ce zele sidigne
de nos loüanges est connu
à Rome, & c'est pour ce la
qu'il en arrivaicy un Courrier
le 7. du mois passé avec
trois Brefs. L'un marque la
nominationde cet Abbé à
l'Evesché de Rofala fous l'Archevesché
de Raguse, dans la
partie de la Dalmatie qu'occupent
les Turcs. L'autre l'établie
Coad juteur de Mr l'Evesque
deMetellopolis dans
le VicariatApostoliquede
Siam, comme futurâ succesjione;
ôc le troisiemelu y donne
pouvoirde se faire sacrer
en France, en consequence
de quoy il a pieu à Sa Majesté
d'envoyer une Lettre de
Cachet à Ivr: l'Evesque. de
Léon, porrant permission avec
agrément de sacrer Mr *
l'Abbé de Lionne sur de fimples
Brefs, sans Bulles, contre
l'usage de France.Tout
ce a a elle porte à Brest; mais
"-"
comme il estoit surle point
de s'embarquer pour retour
nerà Siam, & que le vent
estoit favorable, il n'y a pas ;
eu assezde temps pourle ia«i
crer avant son embarquement
, parce qu'on ne peut
sacrer un Evesque que leDi
manche, oule jour de la Feste
d'un Apostre) & qu'il ny
en a pointeu depuis l'arrivée
duCourrierjusqu'à son deparr..
L'Amour n'est pas toujours 1
une passionà craindre. Q&oy :
qu'on refuse de la satisfaire, 1 ellene laisse pas quelquefois>
tk produire des effm-avantitageux
, ôc l'avanture que
vous allez lire dans une nouuelleLettre
de Mr Vignier,
dont je vous envoye une
copie, vous fera connoistre
que les personnes vraiment
genereuses ne se démentent
jamais, 1
A MADAME
DE THYBERGEAU.
J E me trouverons bien embarassé,
Midiime,sidepuis k
temps cjitejeria1 ji eu l['hhoonnnneeuurr dd8e
tztous écrire
,
je rimois que de
simples complimens a vousfaire;
maispar bonheurun de mesplus
intimes Amis ma tiré de cette
peine, par la confidence trèssincere
qu'il mafaitedune devanture
quiluyejlarrivée
,
tuJ"-C & dont
il,ieeUna vâ la finque depuis quinze
j-xirs.ïefperequelle vous
duplaisir,puis quedans
le terni?s où nous flmnzes il Je
reycorare ';;.,ffiz. rarement des Heros
(gf des Heroines quifturnJ.
sint des exemples de vertu st) de
generosité comme ont fait cnux-'
dont je me vois obligépar quelques
confédérations particulieres,
de cacher les noms fusceux-de
Theodat,st) de Matilde. Vous
Jçaurexdonc. Madame,quily a
deux ans que Theodat revenant•
d'un lieu de piete, où il rva régulièrement
, rencontra deux Damesfort
bien faites (&r firt proprement
rvétuës qui- sortoient de
si chambre, ou elles lawentattendu
,pour luy demander quelqueJeours
dans une occiftonfort
preffmte. Illes pria d'y rentrer
(5 cellequi paroijfAtlaplusâgee,
quqyquellessussent toutes deux
fortjeunes, ayant pris la parole,
luy dit d'une maniere qui ne poucimiteflreplus
touchante, qu'elles
efioientétrangères &dunequa*
'iite distinguée dans leur
,,
PttyS!
quelles lawoient quitté avec
Vout leur bien pour des raisins
quifuiifxent leur unique con/ola*
ïtion dans létatpitoyable oueliles
Je trouvaient presentement
i&vec toute leur Famille. Ede a-
-JoutaquellesefioientJoeursy@r
1
quellesrvivoient avec leur mere
qui lesavoit amenées en France.,
Il neJe njoit guère de taille plus
noble fg)plusfine que celle de cette
Dame. Elle a [airmodeste, le
teint admirable, tous ies traits
du vijàge 'les plus reguliers du >
monde, les dentsbellesylescheveux
d'un blond cendré (^r d'u.
ne longueur extraordinaire. Sur
tout elled un agrémentsingulier
dansleJùtn de lavoix. le rvoUrS
laiffi à penfir,Madamey si la
chantede Theodat eutJujetdétre
émeuè. le ne pins vous dire
ccqu,il, l¡eur,ddoonna f' si ;jef\uyseulement
quelles eu firent contentès.
Il ne les qjit que deux fois
pendant un an tout entier depelu
cette première visite-, f5 à la
troisieme, qmi fat celle où il eut
le temps de les entietenir,iltrouvatantdecharmes
datjs MitiU
dey qmy que pale (djr languijjan*
te., qu'il enfutfurphs. Il avoit
fijç. frji wyage de quatre mais à,
hCampagne> (gr dans lemejme
temps ellefutfar lepoint d'en
faire mi plus long en lantre
monde. Illapriade luydiresi
demeure, fë) eUe sen excujàfùr
la mifire ou il remarquerait que
si mauvaifi fortunel-avoit re*
duitej mais quand il leut afurée
que c'estoit pour lafaireccjfer
autant qutlferoitenfinpouvoir
f:5 qu'il ne luy piflit cette demande
quepar desprincipes que
sivertu ne condamneroitjamais,
elle ne se fit pas prierdavantage,
& deux jours après il alla,,
chezeue. Il latrouvaquiJï di--
<vertijfvit avecunepetite fille d8t
trois ans, belle comme un Ange,
& qui dxns tout ce quelle disoit
faisoit paroiflre un eftrit bien au
de(pis deJon Æge. Sa mete &fif>
foeureliaientauprès d'e.'le. Elles
firent connoiflre tt Theodat par
beaucoupdbonnejiete^
que les
perfmnesdequihtésefonttou+
jours rem irquer dans quelque état
queilesse trouvent; f5 il sapperccutsans
peinean peu de meubles
quilvit, quefis charitez ne pourvoient
el'lremieux employées.
Ainji, Midamea je vous diray
unefis pyur toutes qu'ilafût
far cela des chjjesquipajjentlimagmation,
S?fins que lesafie
~ y
y Ait eu la moindrepart. Ilremarquamcfme
toûjon:stantde
retenue3 rtJtant dedans
la conduite de cette ilhifireinfortunée3qucncoie
quilfccûtquelle
armoitles Vers, ilnosis luy en
faire voir quil avait coml)(ftz.
pourelle, Comme on vintunjour
aparler de ceux qu'onavoitfaits
pour le Roy, elleluy dit qu'elle
ne powvoit croirequune Muje
aussî belle que la penne fusi demeurée
muette dam une si belle
occasion
,
(djr il luy répondit sur
lechamp.
Je voudrois que ma Mufb cuit.
autantde vigueur,
Que mon coeur a de zele
Pourchanterla Ioire immor-
D'un si fameux Vainqueur,
MaFisorjetuvnoeudrois aussi que la
Lassedevousestreimportune,
Reprist son air riant &
*
doux;
Et pour reparer son injure •Voulust estre d'accord avecque
la Nature
Quifut si prodigue pour vous.
Cet impromptu ne difiit pas
qui'l aimoit, maisilluy donnoit
lieude le fùupçonner. Cefut un
préludé de ce qu'ilavoit envie
de luy dire, caril ne pourvoitplus
vivre fins luy découvrircequil
flntoit. Il crut que ïoccafion luy
efioit favorable
, un autre jour
qu'illa trouvafeule; maisilfut
fort etonné lors qu'il s'apperceut
que le nom damour la faifiit
rougir. £)uand eUe fut un peu
revenue du trouble quesa declaration
luy auoit causé, elle s'excufi
comme ayant eu tort de se*
tre exposée à la recevoir, en luy
cachant quelle efioit mariée. Elle
ajouta que la petite fille qu'il
voyoit,efioitunfruit defin mariagt,
& luy dit enjuite des cho..
ses si Chrefiiennes f5 sifortes que
Theodatenfutpenetré. Illuydemandapardon,
(gf- la conjura
de luy accorder au moinsune amu
île de ¡oeur, afin quen cette qua* iite il eufl lavantage de luy
confier. les mowvemens les plus
secrets defin coeur. Cette demande
cfloit trop honnefle (efr trop
jvftepour efire refusée. Il conti
-nuafisnjiiftes, F-e une aprefdînée
lqui'lne rencontra que la ifoeur t-f aimablepetitefille, qui luy don-
-noit un extrêmeplaisira [enten..
dr£ raifinner&chanter desairs
de lOpéra,ilvit entrer dans la
chambre un jeune Gentilhomme
bienfaitaccompagnéd'undéfis
amis, La petitesi'decourutaujjl,
tmomst pour luy faire des carejJès, ilksreceutavecuneifgrande
diireté. que Theodat eutde la
peine a s'empeifher de lùy dire.
qu'ilestoitbzencruel. Cefuten^
core pis quand lamere arriva, cequ'aprés
avoirfuit dcs ci,vilitc,<:-
à la Compagnie, elle sassitau~-
prés du Cavalier quiriavaitpass
feulement ofiéfin chapeau qUii-nd
il lavait veue entrer. Le filent
ce dura quelquetemps3 mxisenfin
le mary de MatUde\ car c'étoit
luy-mcfme? le rompit3 eg làregardant
d'un oetl de travers*
luy dit quelque chose ensi langue
quellene put fiuffi ir sans,
faire parotftrtpar le fin de jà,
voix plus élevéaua ïordinairey,
quelle nen rfioit pas contente.
AlorsThcodâtcrutquilefloit de
la prudence fç) drfin devoir de
si retirer, de peur de luy attirer
quelque chJ-e deficheux. En la
quittantiljetta lesyeusej-ir elle,
(èf il comprit par labbatement
defin i{}ifàge
3
le chigrinoù elle
deflaobit,orddfeucietqcuoenfninoifmiraerpy as'reffiionit
f/tblo.
Ilriefioitarrivéquele
jour dauparavant ; {g) un Officier
du Regiment où il cfliit Lieutenant?
l'ayant rencontre l'avait
arrelfépour quelque affaire, Il
fut rappelle asi Garnifin5mus
Thcodâtrien jouit pasplus tranquillc:-:<
i2vit.du plaisir de voir
3latilde. Vne Vuijine devint
jaloufidu bien qudiecrut qt*u
fied,-,tn-s-,.J.I -t"." ,.¡" pi,j~teii,~,,ï ;-
1
luyfùifdt, & ,-} sm-v.nnii que si
:J' ¿¡,;j;j", 0 L;;fr~J/,"," ~i(T". JI"
elle pouvait luymettre lajalonfie
dans Li tefie, elleprofiterait
de leur rupture.Elle ne trouva
point de xi-yenplus
*
propreaj.i-
Te réussir jjn dessein qu en uty
donnant de lombrage d'un Cou- findeif),'2m.iry5quiproximité&definima a-urfiiteepdearla-
'1 1 ll, f
<} ticulier,ejlott rI' h.
le venu chez, "",;/:.Ó'.- f..,,(),.,..
"-,
Matilde. Elle a'ït donc trouver
.:,.c.. ¿"a.o(..,.L.,.t.¡,.-. t,;",,~ ~,¡j,\o.' ¡\,,",.I
Theodat, C5 ly d;t qu'elle si
,;.. r'- l' '1' ty p ,,,;! ') .L) ,,)
croiroît coupiiiKe-j* .:-~ r!~r.; .11or partoutefortedemoyens de luy
acjjuerlesyeux, enluyfiifnt.
Voirquilessais la dupe de deux-,
Pelfondesquisedivertiffiient fi*dépens.Elle à
tentionquelle accompagna,[indelejeïjhrdetémùgntit
avur Jetde II Jtl',-,~, mens tL,~ Jl f (..
pourmtorifercequelledisi,ute-
Wtid„i Co-ijm mefine, qutin hvntwe
moins crédule que Theodaty l'Í' auroitajoutépy. ilLu
Ilnefut point" féirprjscju'uns li:v;:'ovie
F.;{'t/1j,cccài':jnvi
JleonnoijfiAt à fond la vertu de.
IvLitiUles & le renmcimentquiL
fita,cette£)?>n*ieufe dayis luyfit
bienjuger qu elle tiavoitsiût "lU..,
r.uneimpressiondansfin esPrit.Cetmi,
uvaissùccés nefut point capa*
1ble de la rebuter.-Elle eut recours a
îune autre rufe^connoijfmtqail
neftoitpris quepar lesyeux elle
fieperfiada quiloublierait aisément
celle qui Favoircharme ,
quandil tmroïtwû une Damequi
p.tpou'"unemerveille. Elle fit
enfinequelleje trouva dans un'
lJi.eu où'lellle fri^:w.o'it que Tn7 coddât
allaitquelquefois, g)ou ilsi rencontra
fortuitement ce jour-la.
CetteDamequi arvoit de léclat*
fg)delà vivacitéd"efiprnoyanta
ménager Vintereft de finAmie*
gj lepen propre, n'oublia rͣn:
de tout ce quellecrutcapable
de lengager j mtZlJ toutes Jes
Auxnc.esfurent inutiles. Les Vers
quelle ht p:..;ich.ivt qutl cfiait
Amy "d,eLs"Mj',Jz,f;,e,js-~,ue 1,c"" ent l, .,en- n' , (/{ /,'.il.,.. - ""l" .1,."
~,
l
,
gageray ep';??drc. non plus qu'a,
lLaa Lettre quelle hiy écrivit. ¡"¡,., ç, (1" (. "vI,. Vy~/ w/,'V.
CommecetteLettrec(loit d'un * tourfort gain:t6>yfiJrituel, il
ne put sempefeher de la montrer
a Mitihe. Elle n'en fut point
alarmée
,
(7 elle apprit avec une
tranquillité f5 une indifférence
in:royibleses Ani Jurs prétendues
avec le Confin de fin £M,iyy..
VOMcroirepeut-efire qu 'elle ne
put fbuffrrr depuis ce tcmps-Là
JW* celle qui arvoit 7~~ tousJes
vjforts pour luy nuire,vivtf enrw
chcz^ elle. BienLoin aIt
sellepmThéoJMdefiire le bien
eouî, le mal, f£j de lu) rendre
\fervtce. Defou cjftc elleenujà
.avec la me/mefranchife quelle
mnoit accoutumé defaire, &prit
pldfira luy rendre tou* lesjours
debons offices,disànt à ceux qui
sen étonnaient, qu'elleflroit indigne
dufecours des Ames genereuses
,si Dieu ne fay avoififtit
la çvcLre de clle-mef
me ;pour n'avoir point de
*
peine
a pardonner à fis Ennemie,(§£* llesaimer. Vnprocédésidoux
C!)}JlJannejfe',j¿rt¡4 jddjje enfin cette« Amiea laijjer en repos cess. deux perfmnes extraordinairesy
Mais elles ny demeurèrent pas fortlongtemps. Vn orage bien
plus violent mit tout d'un coup la £?J2j'ta.12Ce de Muildo à une plus rude epreuve. Elle apprit
1* mort de.finJAtry, qu'une
Fievre continuéavoit emporté
en peu dejours. On nevitpoint
en elle ces emportement & pleurs ces excefflfs, dont une feinte
douleur réemprunte que @ feu-vent trop le trompeux secours.
Lisienne ne pouvait efire plus
véritable9. & tous lesactes de
nete ê5 de reifgnation a la volonté
de Dieu quellefitalorsy
curent accompagne^ 2è tant de
marques de laforcedefin Amey
\lu'un ne pourvoit,ajfizjadmirer.
Theodat ne labandonna guere
dans un ttmps où fin assifiance
Yuyefioitsi necejfaire3 (éjr ou elle
woït un extrême bessin de consolation.
il riy a point de mamièrequil
ne recherchatf pour
VC en donner,&.comme il j'apycrccut
qu'un ficrct chagrin la
wnfàmott de jour en jour,ilfit
sce qu'il put pour endécouvrir la
ïcaufe j & enfin rien pouvant>zr-
\wra bout, il ne balançaplus a
luy faire une propojition
3
qu&
vray -flmblablement devoit ar--
refier le cours de ses déplaisirs.,
Jlsoffritde Lepoufir> &delas
faire son heritiereuniverselle>r
en cas quilmourufi fins laeer,
dEnfins.Cettegenerofitéla tou- -
'~3
Osisé
N chcisifortement quelle tomba a
ses pieds, f.5fut quelquetemps
fins retrouver tuJàge de la parole.
i2!!and elle futrevenue a
elle
-
mefine
3
elle faffeura que
dans toutesfis difiraces elle n'a- ,graces n a
voitpointreceu de coup si fin-
Jîble,queceluy qu'il venoit de luy
donner, parce que ne pouvant
accepter l'honneur quil vouloit•
Myfaire, elle apprebendoit que
Jonrefus ne lechagrinasi.Jefferëpourtant,
continua-t-elle que
vous me lepardonuerez-,epuis
qu'il faut vous ouvrir moncoeur,
la mort de mon Mary n'a fait
que me rendre a celuy a qui je
me fuis consacreeily a longtemps:
çt) je me persuade que
vous aurez moins de jalousie
pour l'Epoux divin que j'ay
choisî, que vous n' en auriez pour
descreatures. Necroyezpas,sil
vous plaist
, que la profonde tristesse
ou vous m'avezrvûë plongée
,
ait d'autrecause que temharas
ou je Juis de ne pouvoir
vxecuter mon dessein tant que je
feray dans le monde
, f5 devoir
en mefine temps que tous les
moyens d'en finir me font ote%.
Quoy que Theodatnesattendift
pas acetteréponfie
5
il ne perdit
pas Lefj'Omnce de la faire changer
de sentimens.Illuy represensa
tout ce que fin cfyrit & la
raifin luy purent fournir pour
la convaincre quillenefiroit
pasmoins touteà Dieu, qnand
elle fèroit a luy ;mais quelque
avantagequelle puft trouver
dans ce Party5 elle ne put approuver
ce partage defin coeur:
Enfin comme si' tun st) l'autre
IeJHMnt' piquez "e cofàbtàtre
degçnerofité, Theodatse re ndit
£k,l&(()(Ú» de celyy qui d'voit- a>p-*
plliMmlde, U il luy jura
qui'lne tiendraitpasaluyquelle
ne fiijïfitisflûte; qu'elle n'a-
'Y'úÍt quji choisir telConventqttil
•luy pUuoit
, Le qu'il estoitpressi
+de pyersix dot. Je nepuis-, Mu-
"daIne, vous exprimer l effet qme
ce^^mijmitcmentfit en un inflint
JgfrdUnsfincoeur&jurjonoifige<
Tbeodcit qui la vit toute
qcltéantedejoye, tantelle cftoit
ripanfyvrtee de joye, nattendit
réponfe>&ilfceutlelen-
*dxmdn auelleavait écrit à* une
Avvqje qui L aimoit tJeaucoup,
pourfiavoir si elle vouloit bien
la recevoir ehez. elle3 f!} a quel.
les conditions. Cette Abbaye nefiant
éloignée de Paris que de
deux petites journées, la reponje
aarriv-vaa bbi*eenn--ttoofl avec tout cequelleavoit
eu envie de sçavoir.
Largent de la Dot fut compté à
celuy qui fait les affaires de la
Dame encetteVille.Vne Parente
deTAbbesse a voulu avoir laimablepetite
Fille dontje vous
ay parlé, pour prendre foin de
finéducation; f5 noflre Heroïne
Chrestienne,aprèsles adieux dont
il riefl pas besoin de vous rien
dire,.alla se renfermer pour le
reste de sa vie dans une petite
Cellule, Je croy ,
Madame, que fduray bien-tofi a vous en mander
autant dtt genereux Theodat,
car je sçay qu'il fait fouvent
des retraites dans un lieu 1e-e ouL ce aretenu quantité de
peif/ïï>ics quznarvolentpas tant
de difj~-:>(ition qu'il en a-poury
demeurer. Jefuis avec beaucoupdûïijpecî
voflre, &c.
Il semble que pendant que
le Roy s'éleve au dessus de
tous les Princes qui ontjamais
porté la Couronne,ses suiez5-
animez par Ton exemple, voulant
que son Regne soit regardé
de toutes manieres
commeun Regne demiracles,
cherchent aussi à se distinguer,
ou plûtost à furpasser
ceuxqui ontinventé
jusqua prêtentquel que chose
de nouveau. Ce qui peut contribuer
à le faire reussir dans
ces sortes de prodiges, c'est
qu'ils sont persuadez que la
posterité n'aura aucune peine
à les croire, lors qu'elle apprendra
qu'ils ont esté de son
Regne, & qu'on les doità de
zelez & sçavans Su jets, qui
dans l'ardeur de meriter ion
estime,ont fait parler les choses
inanimées, penetré la dureté
des marbres les plus forts,
& pour ainsi dire,les plus impenetrables,
retrouvé des secrets
perdus il y a plus de
trois cens ans, & fondu &
coulé des métauxqui ne l'ont
jamais esté. La premiere de
ces choses s'etf veuë dans une
Figure artificielle à laquelle
on avoit donné le nom de
Démocrite ressuscité. Cette Figure
prononçoit distinctement,
& articuloit les réponses
d'un dialogue assez long.
Elle avoit esté faire par Mr
Liegeois pendant son séjour
en Italie, & dans les autres
parties de l'Europe
,
où il a
passé huit ans. Apj"es qu'ilsur
revenu en France) il travailla
quelques mois à perfectionner
cette machine. Albert
le Grand
,
Religieux de l'Ordre
de Saint Dominique, E.
vesque de Rarisbonne, fut
accusé de magie pour avoir
fait une Aroïde ou teste d'airain,
qui répondait quelques
mots à des demandes qu'illuy
faisoit.QuelquesAutheurs me-
,n'te ont soûtenu qu'elle ne pro
feroit qu'un seul mot. D'autres
ayant peine à croire que
cela se pust naturellement,
ont mieux aimé croire que
cette Aroïde eftoirune pure
Fable que d'acuser Albert le
Grand de magie, luy dont
l'Eloge avoitesté composé
par S. Thomas d'Aquin son
Disciple
,
& que Trithelne,
& tant de bons Autheurs ont
assure estre mort en odeur de
sainteté. Cependant voilà un
Automate qui remuë
,
qui
gesticule en parlant, dont les
paroles sont nettes & diftinctes,&
qui rit d'une maniere
si naturelle, que tous ceuxqui
l'ont vu en sont sur p ris.
La haute réputation de cet
Automate, l'admiration qu'il
a cau'ee, & ceque les perionnes
du premier rang en ont
dit, ont e*1é cause que quelques
Envieux, poussez peutcitco
par l'avidité du çam, ont
dérobé la telle de cette Machine
,ce qui leur a elle d'autant
plus facile, que Mr Liégeois
nn,elclloc)gcreeooiirtppaassddaain-issIlle-,-
lieu où ill'exposoit aux yeux
du Public. Ce vol a fait biea
plus de bruit à Paris que si on
avoitpris detresgrandessom
mes,
mes. On en a parlé au Roy,
&la bonté qu'il a euë de plaindre
MrLiegeois lu y a cité une
gloricufe consolation dans
son malheur. Quelques jours
après qu'on eut fait ce vol,
il courut un bruit que cette
telleavoit elleretrouvée,
mais que lque diligence que
l'on ait pu faire, il a esté impossible
d'en apprendre des
nouvelles,quoy que l'on destineunesomme
considerable
àceux qui pourront la rapporter.
Cependant elle ne
peut estre utile à personne,
puis qu'ilest resté quelques
machines dans le corps, sans
lesquelles on ne scauroit la faire
parler. L'Autheur de cette
Figure a resolu d'en recommencer
une autre lors que son
chagrin l'en aura laissé capa-
-
ble. L'esperance de la faire
voir au Roy est un motif
fort pressant pour l'engager à
y travailler. Il n'avoir pas voulu
faire proposer ce divertis-
,
sement à Sa Majesté,ju)UsfqquLlaà
ce qu'ileust rendu son ouvrage
plus parfait sur les avis du
Public,en cas qu'on y eust
trouvé quelque choseàredire.
Ce fut ce qui l'obligea à le
faire voir le 10. du mois passé.
Sept jours a près, la reste fut
emportée. Ainsil'on peut dire
qu'il s'est acquis en six jours
une réputation beaucou p plus
grande que celle qu'il attendoit,
tant ilest vra y qu'il faut
peu de temps pour connoistre
la beauté des choses qui meritent
une a pprobation generale.
Pendant ce peu de jours,
plusieurs curieux, & gens
sçavans
, ont eu la liberté de
5 visiter de tous les costez, le
dedans, le dehors,& les environs
de cetteFigure parlante,
& aprés des recherches si
exactes,ona esté convaincu
qu'il n'y avoir point de tromperie
, puis qu'il estoitimpossible
qu'on cachaft quelqu'un
dans la Figure, & encore
moins dans un autre lieu,pour
porter la parole par le moyen
d'un tuyau, ou de quelque
autre machine semblable.
Sans l'accident qui est arrivé,
cet habileIngénieur se disposoit
à faire changer de place
à la Figure toutes les fois
qu'elle auroitparlé. C'estoit
un feur moven d' oster tout
sou pçon, & c'est ce qu'ilarésolu
de faire pour le nouveau
Démocrite auquel il va travailler
,
& qui mesme pourra
parler sans qu'on l'intecr
M Liegeoisne sçait pas feulement
inventer & executer
des choses axtraordinaires;, sa
main n'est pas moins habile
à peindre des fruits
,
&sa réputation
est établielà-dessus il
y a long temps. C'estenquoy
il s' est encore perfectionné
en Iratie, & en Provence
où il a passé plusieurs années
& où les fruits sont d'une trèsgrande
beauté. Il a aussitrouvéle
secret de donner duréelief
aux Figuresqu'ilpeint
sans qu'on puisse sapercevoir
de l'obscur ny de l'ombre
,
qui fervent à le faire paroître
Il estextremementconnu
pour les feux d'artificeoù
il excelle, ayant fait ceux du
Mariage du Roy, &desdivertissemens
de la Paix en
1667. à Versailles & à Paris.
Pendant que Mr Liegeois
travailloità laFigure deDémocrite
dont je viens de vous
parler, Mr Bosquet de Marseille
, cherchoit à se distinguer
par des choses extraordinaires,
qui sont d'une autre
nature. Ila peint le Roy sur
un marbre taillé en table., de
onze piedsdehauteur, &: dline
largeur proportionnéeavec
des couleurs ineffaçables.
Ces couleurs qui ne s'entendent
point, penetrent le
marbre au moins de la profondeur
d'un pouce. Sa Majessé
est representée à cheval,
ayant sous ses pieds les. Trophées
de ses Ennemis vaincus.
L'Envie avec sa coëffure de
Serpens y paroistaussi
,
& se
mord les bras en voyant la
gloire de ce Monarque. Dans
le chapiteau d'une Colonne
renversée, on lit cette Inscripon,
T iiij
ÆTERNITATI PINGO
IN MARMORE. NONSICAPELLES
ALEXANDRUM;
MINOR EGO MAIOREM.
On voit derriere le Roy la
Gloire qui le couronne. La
Renommée est à costéqui Paroist
fendre les airs. Il y a une
pleine Lune dans la Banderole
de sa Trompete
,
& on y
lit ces paroles, Impletur decimo
quarto. Cet Ouvrage nous represente
le Roy dans sa grandeur
naturelle, & toutes les
couleurs en sont fort vives,
On connoistjusquou elles
ont pénétrédans le marbre,
& cePortrait paroist transparent.
Ce qu'il y a d'admirable,
c'est qu'on peut faire scier ce
marbre en tables, &: avoir
deux fois le mesme porrrait,&,
mesme trois, avec cette différence
que les Portraits qui se
trouveroient fous le premier ,
auroient un peu moins de
vivacité. Un des premiers
Peintres du Siecle voyant cet
Ouvrage à Versailles, où il fut
porté d'abord,dit quesiles Anciensavaient
eu un pareilsecret,
ils nous auroient Uijje de belleschoses
,qui nauroientpû estre
détruites parle temps. Le Roy
ayant ordonné qu'on le portast
a S. Cir, il y sur poséau
commencement de ce mois
&depuis ce tempslà MrBos,
quet a travaillé à perfection,
ner la ressemblance du Poy.
La teste de Sa Majesté qu'il
avoit faire à Marseille,n'estoit
qu'avec des couleurs ordinaires
qui ne penetroient
point, afin qu'illes pust essa.
cer lors qu'il auroit veu le
Roy,& refaire toute la teste
avec des couleurspenerran.
tes.
» Vous trouverez dans la
Lettre quisuit,écrite par le
sçavant Mr de Cemiers, la
fuite de ce que je viens de
vous promettre de merveilleux
&. de nouuveau.
IMONSJEVR,
Voicy dequ?y reparer le temps
que j'ay laissépîsser sans vous
apprendre des nouiVelles extraor-
*dînai?es concernant les Arts, (§r
; les Sciences. M Perrot ,
Intcn-
| dant de la Verrerie Royale dOr*
!
leans> menfournit lamatiere-
{ C'est le mesme dont je wons ay
i
i.»
déjàparle lors que les Ambassadeurs
de Stam allerent voirses
Ouvrages quandikpaffirentpar
Orléans pour venir a Paris.
Comme il efl Artisse tres-expert
ê5grand Philofiphs
5
ilasibien
étudié tout ce qui regarde la Vitrification
,
(djr travaillé avec
tant de chaleur g., d'attachementsans
avoirjamais eflérebuté
par la quantité des expe~
riences,nonplus que par la diverfité
des operations,epar la
grandeur de la dépensè
y
qu'il tir
enfin heureujementrecouvré le
secret perdu depuis plus de trois
cens ans defaire le Verre rouge
£vanfj>arcnt, avec cet Avantage
quefinrouge cft beaucoup plus
{Vifque celuy des Anciens. Ce qui
*vous surprendra ,cess que le
Verre qu'il a mis en eflat de
prendre cette couleur, garde la
blancheure la transparence du
plus beau Cnftal jufqua ce qu'il
le mettefar des charbons ardens,
ffîquàpeiney a-t-il demeuréun
moment, que lapartie qui a esié
sur le feu
,
prend la couleur du
rubis. Cettecouleur devientplus
enfoncéefélon que le Verre reste
long-tempssur lefeu
3
f5 la partie
qui n'a point estéfùr les charbons
y
confirme la mcfme blan(
heur, te) la mcjmetranjpa*
rence quelle avait auparavant.
Nous lavensexpérimente dans
nostreAjfcmblceenun Cilindre
dunpied de long, esde quatre
lignes de diamettre
3
es afin
qu'on necrust pas qu'ilen arrivaflautantauverre
duneautre
ecmpojîtion
, nous avons n:is
Jur les mcjmcscharbons
3
tY
en mrfme degtédefeu un Cilindre3
ou canon de verre commun
y
mais il en est toûjomsfin
ty avec la mefineblancheur. Ce
quily a deplus admirable, cest
que le verre de M1 Perrot deve~
nu rouge ;
gf qui garde cette
couleur, eslans tiré1 en filets,%- )
travaillé au feu de lampe) redevient
entièrementblanccf.
tant refondu dans le Crcujcu
Voila dequoy bien exercer les
philoflphes, (5 mcfme les Ele..
q/es d Hermès
,
aujji-bien que
lors qu'il s'agit de rendretau
fnpourqufy la partie du Corail
rouge qui tyempe dans la
Cire blanche fondue
,
devient
bhnebe au dLhors, fè) en dedans?
quoy que le reste conferve
la mesmecouleur rouge. Airifi les
differens degî-èz de feu, qui aptes
le Soleil est le pyemier des
Acides, font differens effets
)
le
verre blanc devenant rouge, le
iCorailrouge devenant blanc, la
terufe devenant minime, & en
minime devenant verre tranffarent
de la coulcttr de lor,bien
que dans fin principe il nefait
que du plomb. Je pourray ailleurs
vous direla-dcjjus les disi
firens fintimens de nofireAjjimblee.
En attendant voicy du
me/me Air Per;o+ une chose plus
belle (gfplusutile3 aufentiment
wefme de plusieurspeffimnes de
Ici Cour, qui ont du goust pour
les beaux Arts,f5àqtÚ ilafait
fuoir fin travail. Il coule en
moule toute firte de verre en
tables de la grandeur (gr de lé*
paijfeur qu'on veut; il les rend
creuses, rd y represente des Bù-
-
fies3 Médaillés,Histoires? Chisi-
es, Armoiries, Devisesy Inf.
criptions,Epitiphes
3
& toute#;
fortes dOrnemens, es. Ouvrages
d Architecture.
Ces Ouvrages ont cet avants - ge quautant que les Figures en
C< 0
creuxy font profondes} autant'
elles je jettenten dehors, f.5 p:t.- - roijjlnt de reliefsur lessurfaces-'
planes -de ces Tables de verre
si ces Figures font peintes par
un habile homme,st)avecdes
couleursvives3 ces couleurs cjhnû
jointes au relief
3
Les font paroifire
naturelles, bien que la sùrface
yozV toute plane, ce qui trompe
agreahlement ceux quiy portent
la main. Vous jugezbien,
que tout ce quifera representé en
creux dans ces Tables de verre,
efiwt enchassé du cofté du creux
jufqithleursurfaceplane dans
le Marbre, la pierre ou le bois
ne pourra eflre enc/jitflc par la
poujjïere meslée avec lhumidité,
11y remply par cette mcfme pouf
fers? comme les Ouvrages qui
font d'une autre matiere,& il ne
fera tout au plus besoin que de
paferun lingepar dessus.pour
oslerlapoussierequi lespourvoit
cou<vrir sans les toucher, à caujè
de lafarface plane qui les couvre.
le vous envoyeray par le
premier Ordinairey la maniese de
fairevegeterlesMétaux en Marbres3
qui auront la solidité du
Métal. En attendant je fins,
&c.
Je puis vous asseurer que
cette Lettre ne contient rien
que je n'aye vu. J'ay moymesme
fait rougir du verre
blanc, & vû des Gristaux
coulez en moule avec des Figures
en creux.
Voicy nn prodige d'une
autre nature. Mademoiselle
Jacquet, dont je vous ay fouvent
parlé, & dontje vous entretiendray
aujourd'huy fous
le nom de Mademoiselle de
la Guerre, ayant dés l'âge de
cinqans donné des marques
d'une science infuse pour le
Clavesiin
,
le Roy l'honora
de ses louanges dés ce tempslà,
& luy ditqu'elle devoit
cultiver le talent merveilleux
que luy avoir donné la
Nature. Ces paroles du Roy
luy donnèrent un si grand
desir de se perfectionner, que
les connoinances ayant devancéson
âge, on la toujours
regardée comme un
prodige. Les applaudissemens
qu'elle areceus de la Cour,
luy ont acquis une réputa-
,
tion qui s'est répanduë jus-
* que dans les Paysétrangers,
où son nom eil: fort connu. Eln'est
pas seulement recommandable
par son Jeu & par
: ses Pieces de Clavessin
,
mais
ce qui est tout àfait extraordinaire
pour une personne de
son âge, elle a un naturel surprenant
pour lacomposition
de la Musique vocale, & le
Roy fut tellement satisfait
d'une Pastorale qu'elle mit en
Musique il y a quelques années,
qu'il lavoulut voirrepresenter
plusieurs sois.Cette
mesme Demoiselle, qui n'a
encore que vingt ans, vient
de donnerau Public un Livre
de Pieces de Clavessin qu'elle
a dedié au Rov. Ce grand
Prince l'a receu avec cet air
obligeant qui luy est si ordinaire,
& luy a marquéqu'il
ne doutoit point quecetOu,
vrage ne fuit parfaitement
beau. Ce Livre gravé au bu,
rin contient plusieurs suites
de differens tons, & plusieurs
preludes, Fantaisies,Toccades,
Allemandes, Courantes,
Sarabandes, Gigues, Canaries,
Menuecs, Gavotes, 6c
Chaconnes. La pluspart de
ces Pieces sont propres à.
estre jouées surun dessus de
Violon ou de Viole avec une
Basse
,
& toute la seconde
suiteestfaiteà l'imitation du
Luth.
J'ay encore à vous entrecenir
d'un Ouvrage singulier
en samaniéré, & je croy que
tout cc que je vous envoye
ce moiscy touchant les Arts,
&lesSciences,vous donnera.
dIkujdtfi&epus1-osuçV'djaSmesfoi,n?; estM'-JEpi'elîijpiî,çjrfnt^jçivous
ayparlerans*Jeteti^ps, de{&
conversion.Il cft né àMontpe,
Ujfcry& a exercé les fonctionsdeMinistredlaReligion
prétenduëreformée., Comme
ses parens sont Hollandais, ilcHé;élevéen- Hollande
désj^ge^de;(Jix. huit 1110is;,
&, çpiyoyê par les Etats-
Générauxdes Provinces unies
des Plys-b?s en 1675. en qua
litéde Ministreà l'arméede
Mfte Marquis,deMonpoüil
lan. En.iS^éril fut nommé
-,
i,
par
par les mesmes Etats pour
allerà la Porte Othomaneavec
leur Ambassadeur,& en
1681. pour venir en France avec
l'Ambassadeur qu'ils y
envoyerent il sir abjuration
de l'Heresie en Octobre1686.
entre les mains de Mrl'Archevesque
de Paris. Tant de
differens Emplois marquant
l'estime que les Etats Généraux
faisoient du sÇav-oir de
MA Forestier, vous doivent
faire avoir bonne opinion de
iorr Ouvrage. Il contient les
juites & principales raisons
qui ont obligé les Protestans
de France a le reiïmr a 1bglise
Romaine fous le Regne
deLOUIS LE GRAND.
• La premiere est fondée sur
leur Schisme.L'Autheur prou.
ve par des Argumess invincibles,
tirez de - l'Ecriture,des
Saints Peres, & des propres
princi pes des Pretendus Reformez
,qu'ils n'ont pu, sans
se déclarermanifestement rebellesà
Dieu, & àses Ministres,
se separer de l'Eglise
Romaine , & il resout toutes
les difficultez principales des
Averlaires,, •'
Dans la", seconde
,
l'Autheur
fait voir d'une maniere
auez particuliere
, que les
Pretendus Reformezsont la
vraye Babylone del'Apocalypse
,&ilparle de leursDu
vi sions scandaleuses, & des
Differends infinis qu'ils ont
enrre- eux en matiere de Religion
, comme s'en estant in-
-
rbrmé luy mesne, ce qu'ila
pû faire,à cause des occasions
où il s'cil. rencontré. Il juftifie
inefrne;leglise Catholique
contre lesaccusations de
ses Ennemis, & montre corn-.*
ment les portes de l'Enfer ne
prévaudront jamais contre
elle. X ij
On peut dire que parmy
les differentes methodes dont
les Docteurs Catholiques se
font servis tres utilement pour
la conversion desPretendus
Reformez, la plus considerableest
celle qui esttirée de
ionien quelesProtestans de
France sirent avecles Lutheriens
en 1631 & de celle qu'ils
ont avec les Protestansd'Angleterre.
C'est la troiúémé
raison dont l'Autheur se fert
dans cet Ouvrage,&il prouve
par leurs propres Docteurs,
quecesLutheriens& Anglois
nes'accordent guere avec les
Pirote(tamclc ce Royaume,
sur les principauxArticles de
leucCroyance..Ilfaicniefme
voirparleurs Liturgies conrment
cIlles &An^teis.s'accordent avec:
les GackqUqucs sur des Arti
eles-îd^KQ^de la derniere con*-
sequence
,
d'où il conclud.
par une conclusion necessaire
,quelesProtestans de-j
France,qui ont bien voula
s'unic avec des Etrangers,
n'ont pûrefuserde s' unir avec
ceux irlife Gallicane
IqLuifont leurs propres Freres.
résoutaussi toutes les difficultez
que l'on peut former
contre cette Réunion.
L'Autheur fait voir dans la
quatriéme,qu'on doitnecefsairement
reconnoistre les
Traditions Apostoliques, &:
avoir une venerition particuliere
pour la Messe( dont il
ra pporte en peu de paroles la
plusparte desMysteres) pour
les autres Sacremens,& enfin'
pour les Cérémonies,&cela
par l'Ecriture. & par le témoignage
des Saints Peres qui
ont vêcu pendant les premiers
Siecles, que les Prétendus
Reformez nomment
les beaux jours del'Eglise.
Cet Ouvragea ejïç leu .pai?
plusieurs personnes fort.éclair
rees, qui l' ont trouvé tres-uti
le pour ramener à, ,la connois
lance dela Verité ceux.qui
sont encore dans l'égarement
& pour confirmer;dansles
sentimens de la Foy Catholique
les Réünis, Ces mesmes
perfonçes ont.die. -qu'il, elfe
remplyd'.esprit &f' de ju gement,
&que l'A uthcur y a
traité les principaux Articlesdasqsléae
,Reljgiond'une.maniéré- ,agreable,
solide,& particuliere;
que les difficultézqu'on
nous oppose y sont
levées clairement, & qu'il y
fait voir une connoissance
profonde de l'Histoire & des
Conciles. Le Roy ,à qui cet
Ouvrage est dédié,comme à
celuy qui a prés Dieu a le plus
contribué àcette réunion
generale, par sapieté & par
foozete. aJtnirabfe pour fEglise
, si connoistre l'estime
qu'il en faisoit par les marques
de bontéqu'il donna le
derniermoisiTAutheur,qui.
eut kdorifaîactqnAehtendre
de saproprebouche, que S4
Majellë eiïda contente du
bon témoignagequonluy
avoit rendu de saç^nduire'^
&.,qu'EUe se souviendrait de|
luy. Ce futMr l'Archevesque.
de Paris qui le p^clenraa$£
Roy. L'Autheur ijcpeuta!j}
sez seloüer desbpntcz^qu£
cegrandPrélatW:è'Ëmki
gnéesenplusieursrencontrès.
OntrouvesonOu^ra^e
àrueSaintJacque$.;-.& dans laCour^-neuvedu^Palais, au
Dauphin. ",.j. : c
, Je ,ypia|t.,j>arJXyil y a un
mois.dCjlfariorrdç Mr le Duc
.', ! <' ; .- '- d'Estéesdesservicesquiont
fignaj^fon,^çle^à: de lagraa$-
deur de la Maison ; mais je ne
ne vous ay encore rien dit des
honneurs Funebres que l'on
a rendus à ÍJ. memoire.Je
commence parce qui s'est
faitàRome, d'où cette Lettre
qui en contient iedétail,
a estéreceuë. Vous pourrez
conclure de ce que vous y lirez,
que puis que les Habitans
de Rome s'expliquent de la
maniere que vous allez voir
ce Duc y estoit fort consideré:
c ., ., êCr fort aimé,>
vA Rome ce 11.Février1687. 0us aurez,finsdouteappris3
Monfîmr
,
laparts
que nous avonsfaite de M le
DDu~c dEfîrees, Pair deFFt«~nc3e3
fj. AmFâJfuIeur Extraordinaire
du Roy auprès de Sa Sainteté)
décedéen cette Ville le 2p. du
moispajfé;mais vous neJerczJïdA
informédes honneurs qtÚ luy ont
etférendus aprèssa mortpar les
ordres du Pape çç) de M: le Cardinald'Eflrées.
Les Héros de cette
Jlluftre Famillesfefîntrendus
depuis long-temps dignesdetous
les honneurs imaginablesa &
par La grandeur de Leur natjjance
& celle de leurs Alliances
avec les premieresMàifins de
2Europe,es par hconfédération,
de leurs rvertus, & cle leur me..
rite. Rome a eu le bonheur de
pojfedçrM1lAmbajpideurprés
de quinzeannées; elle l'aveu
Joûtenir cette longue Ambassade
toujours avec une. mcfmegran*
deur,(grune égalemagnificences
elle aeu plusieurs occasions de
louersa condmte
,
Q) dadmirer
si bonté, (dp Ionpeut direquesi
let François ontperdufcyun Pro..,
tecieur juste genereux
3
cette
grande perte ness pas pour
,tnx' fiuls,mais gen eralcment
pourtousles Romains. Elleferoit
irréparable
,
si nous n'avions
trouvédepuis long-temps dans
la PerfinnedeifnEminence riJ
les mejines vertus,&letmcjmes
bontexLpour nom. Rome ne luy
(sipasmoinsredevablequà<31*
Je Ducfin Frwe, çt)elleapu
duremarquer en fia faveur (f)
dans l'un e dans lausre les
mefinesinclinations dontJeuM*
le Maréchal leur Pere , my a
dçWné jtantdillufires marques» 1Ambass
fadéï.. '*'
Sa Sainteté ayant ordonné R
quon fifl une Cavalcade pour
tlanfPorter le Corps defeu Mt tAmbassadeur, pareille à celles
quon a accoûtumé de fairepour
Ms les Doyens du SacreCoïïege,
ellefitintiméepour le Vendredy
7. de ce mois, st) pour cet effet le
Corps defin Exceüence, qui efloit
à Saint LoÜiJ fut porte( incognito
) la nuitdu Jeudy au Vendre4y
a lEglise de Sainte Cathemne
Della Rosa
,
Parosse du
Palais Farncfè
y
ou ilfut expose
surun Lit de paradereweflu de
fin Manteau Ducal avec la COUÀ
Tonne en teste
?
depuislematin
ufques àdeux heures aprèsmidyy
quela, cercmonie de la Cavalcade
commença,. Le Clergé de Rome
les Compagnies, g) les Religieux
sy trouvèrent&marcherentdans
leurs rangs, chacun un Cierge de
cire blanche à la main3 (gr ceux
qui estoient rangez auprès du
Crucifixdechaque Compagnie3
Religion ou Eglisè
,
tenoient de
grosflambeaux yquileurauoient
eslé diaiibucz, pour ce fuiet. Le
Chapitre des. Jean de Latran,
qui est la premiereEghfe de
Rome f5 fous la protection de Sa
éMajefiésmarchait le dernier,
ensuitelesOfficiers du Palais Apoftolique
venaient a chevalfui-
rvisa pied dela,VamiUe defeu
MxlAmba(fadeurengranddcùî'l
ig)fatnombrcwfe. La Confirdifit
du Confialon estant la pliuollncienne
de Rome fè) fous laproteÏÏionduRoy,
précédait g)entrflroitleCorps,
chaqueConfirely;
vnflambeau a la main, es le
- Corps de fin Excellence far le
mefine lit, &vestu de la mesme
façon,qui! avait eslé expofie
-
dais lEglise de Sainte Catherine
,estoit porteparlesConfrères
de la mefineCompagnie du
Confialonau milieu des Suisses de
la GardeduFape. Tousles officiers
6, Domeftiftes deM le
CardinalJkivoicnt a, pied en£
grand deüllC-àualcaire
finiffnt par un grandnombre de"
Trelats ntotitez-fùr leurs "Mûltïr,
avecleurs Chapeauxde cefe--
wonie Jur la teqe efiantarrivé* a SaintLouis
lexpoja au"milieu, de l'Eglifi:J'
&après queles Prieres is- les:
Cereètoniesaccoutuméesfurent
*
achevées, on lenferma dansun-
CercUeil deplomb
,
& otrle miten
dépofl dans la Chapelledu-'-
Crucifixfupe?bernentparée, corn*
metoute l'Eglise, ornée des
moines &*fifcujp)iïs~defim Ex*
tellence *<e%r éclairée de plusieurs
flambeauxrangex^aupres du Cercueil.
Il efi certain quon riavait
pas encore veu une Eglise attJft.
réguliercment tapissée que lefioit
celle de S. Loiiis; mais il n'y a
pas lieu d'en estresurpris
>
puis
que tout fut fait par les ordres
de <?vf le Cardinal d\Efixées,
- qnt riépargnejamais rien quand
-
il sagît de servir fin Roy
3
&
de rendre à lamitié & a la proxinÚté-
du Jang3 ce qui luy efi
-deu. Le lendemain matin on fit à
S. Loüis un Servicesolemnel,où
se trouvafinEminence avec Mf..
le Cardinal Maidalchini accomfagnez
d'un grand nombre de
Frelatsy ê5 deCavaliers. Où a*
(voit drcfjfeaw milieu de ltghfs
une Keprefcntationfort élevéeen
0me de Mauriceyeau-verte de
1)rap-e de Veloursnoiravec les
EcujJons aux Armoiries de Jon
Excellence3 ©>fardesdegre^ qui
anjoient esté mis depuis le bas
jpifquen haut,on avoit arrangé
une grande quantité de Chm^
deliers d'argent a¡-v{?c de gros;
Cierges de cire blanche ,£sfdê$
Flambeaux de distance en dtftaru
ce le long de tEgkfè
y
ce qui fau
fiitun tres-bel effet.La Couronne'
DucaleposéefarunCouffin de
drapdoresioit far le haut dffi
4M:iu%plee
y &tous les °Jft¿jeh:<
st) Domcfttqwsdeihfr leCardinal&
deJbn Excellencetfioient
assisfitrdes Bancsraiggezautour
de laReprefintation^chacunavec
un gros Ciergea la main. On en
dijbibua unegrande quantitéi
rtousiceeux quniJetrouvèrent dans, ne fut épargné
pourfiltre honneur à la memoire
de cegrand HJmnle. Le Sr Melam5
M.iifirede Chapelle de S.
Louis isit entendre unefort belle
Musique. La Messè fut chantée
par un Archevesque, (5 ilfut occomparépourfaire
l-Abfoiution
dequatreEojefques Ajjiflansen
thappes &en Mitreauit
quatrecornsdelaRepresèntation.
Cestune Cérémonie , quinefr
sitisquepour le Pape ,&pour
les Testes .couronnees,;. mais ce
riefl pasune l'emeiuè-que tort
traits en Souverains les Mini-J;
ifreideLOVJS LE GRI/ND;'-
ccfta dire
3
du plus grand Roy
de la Terre
,
putfque du temps,
mefine du Roy Childebertje Papè
S. Gregoire a dit, que la Couronne
dé France est autant audessus
des autres Couronnes du
monde,q&e la dignité Royale efc
:'.
m dessus des Fortunes partial
lieres.Ce que ton peut direde
plus glorieux a la memoire ai
fiu Mr lAmbassadeur>cestquaprés
quinze annéesdAmbajpide,
û n'y a perfinne icyqui. nere:a
grete un sibon Mmiflre, (dy qui
ne donne des larmes à la perte
quenous en avonsfaite.Jefuisy
MonJicur, ec.,
LaVilledeCrepy en Valois
, Province donc Mr le
Marquis de Coeuvres, presen
temement Duc d'Estrées, eifc
Gouverneur,audi- bien que»
de celle de Fine de France
donc le Valois fait partie, adonné des marques sensibles
de la douleur que luy a
causé lamesme perte. Le Dimanche9.
de ce ino!Sa midy,
toutes les Cloches dela Ville
l'annoncerent par un son lugubre.
Les Vigiles furent
chantéesàl'issuëdeVespres
dans l'Eglise Collegiale de
S. Thomas, & le lendemain
on y celebra une grand'Mes.
se,àl'Offertoire de laquelle
Mr l'Abbé Giluy, Chanoine
de Soissons, & l'un des membres
de l'Academie dela même
Ville, dont Mr le Cardinal
d'Estrées cft. Protecteur,
prononça une Oraison Fune;
bre très forceôctres-elocjueare.
L'Egliseestoit toute ten.
due de drap noir, chargé des
Armoiries de la Maison d'Estrées,
& éclairée d'une infi-
1"
nité de Cierges avec de Cemt
blables Ecussons. Sur la Representation
élevée de trois
devrez fous un Lit de parade
sort propre, paré d'Armoiries,
& tres-bien illuminé
,
estoit
un Couronne Ducale. LesEchevins
estoient en grand
deüil. L'Offrande fut portée
par trois Procureurs aussi en
deüil. & a près le Service les
Officiers du Presidial menerent
rent les Echevins jetter de
iVàu-benite sur lePoële. La
Maréchaussée, l'Elc£bbn, '&
tous les Corps, setrouverent àcetteCeremonie.
Le I.Février MlePrince de,
l'oscane arriva à Livourne,où
i-IFLit'receti par leGouverneur
avec toute laGarnison fousi^
arnies. if-Il'f il alla se
promener sur la Mer. Tous les
Bâtimens François quiétoient
à la Dldè, au Môle,& à la Rade,
le faliierenten passantavec
toute l'Artillerie,par l'ordre
deMr Cotolendi, Consul de
France, ce que firentaussi tous
les Bâtimens desautres Nations
à l'exemple desFrançois.
Le soir ce Prince vit l'Opera
intindé, olimpiavendicata, &
le lendemain aprèsavoir vu
faire l'exercice à la plus grande
parrie de la Garniion rangéeenBataille
,il eut le divertissementd'un
autreOperaintitulé,
Il Rodrigo. Le 3. il
visita toutes les nouvellesFortifications
qu'on fait autour
de la Ville & à la pointe du
Môle, & alla le foir au Palais
duGouverneur, où toutes les
Dames estoient assemblées. Il
y eut Bal & une magnifique
Collation. Il partit le 6. pour
aller rejoindre à Pife M le
Grand Duc son Pere.
Je vous envoye à mon ordinaire
les Jettons, qu'on a
fait fra per pour estre distribuez
au commencement de
cette année. Le premier est
pour le Tresor Royal; le secon
d pour la Maison de MadamelaDau
phine;letroisiéme
pour l'Amirauté; le quatriéme
pour les Galeres; le
cinquième pour les Revenus
Casuels; le sixiéme pour l'Extraordinaire
des Guerres; le
septiéme pour l'Ordinaire des
Guerres
,
& le dernier pour
la Ville. Ces Jettons se doivent
connoistre par leurs Devises,
qui ne manquent jamais
de convenir à ce qu'ils
representent.
Je ne volis dis point de nouvelles
de Hongrie, parce que
tout ce qui se fait de part ôc
d'autre pendant que les Troupes
sont en quartier d'hyver,
n'est pas fort considerable,
& qu'il ne s'agit que de faire
pass r des Convois, de Combats
entre des Partis,& de
préparatifs pour la Campagne
prochaine.Vous avez
sceu quaucoiiiLVicncemerifc
de cet hyver
,
les Turcstâchèrent
de noüer quelque
Conférence pour traiter de
Paix, &que le Grand Vifn*
écrivitsur ce sujet.Voiey la
rçponfequ'il reccut. Je vous
l'envoye
1
quoy qu'un péd
tard, parce que lesPieces oiiginales
sont bonnes a consserver.
Cest une tr^ldu^fli•v^ï,
très-litterale, à laquelle je
sn'ay pas cru qu'il me fust pcv,,;
piis de rien changer.
RESPONSE
Du Marckgrave deBadeny
sur la Lerrre du Grand VL
sir, par laquelle il deman-
Nde la Paix avec S. M. I. .Ous avons bien apris de
vofireamiable Lettre envoyee
de vofire Camp près de
Vvaradin
, que V. E. afiireà
une AJjemblée pourle renouvellement
de la Paix, que je fais
contraint de reconnOtjb'c ouverte*
mentavoirejhenfiantejmr vos
gens au préjudice de lafidélité&
de laparole
,
ftj- qu outre cela ilr
ont cct:e jùuffeopinion que cette
-' , -:
infraction de la Paix cft deja eXJ
piée st) réconciliée par le chafti*
ment de quelques-unsdentre
eux, Ë7 fie nomferons rc,/pon--
fables de tcffuftÓnprochaine- dt*
fang humain
,
quifira encore re*
-pandu a l'arvenir
, en cas que
nom n'adherions a une telle Afl
femblée pour convenir des con--
ditionsde la Paix tte premier
jour. Sa SMajefté împerialey
mon
SejZneurtres-clementa
rien à'1aé1mé"AlIer avec vous em
qualitédepersonne Privée. Cefi
4 la Porte OthomanequElle a
-afftire
)
cowww à celle qul-,4, rom..
pu le Traité,aidé & pfotegé
nos Rebelles de Hongrie, augmenté
intolerablement le tribut
impofefar les Habitans qui avoient
fait hommage, pris3 (&/-
ufarpe far nous un plus grand
nombre de Places durant la Trêve
q:tïl neJeroit arrivépendant
la Guerre
, & finalement afjlL
gé,maLtraite st) peijecute par
des C;'uÀutezinflüics çt)fins exemple
nospauvresSujets
, inno±
cens de toutes ces affaires
, pour
-n<oI2uLs" faire une gsiene ouverte, ,l'b :rr;"
st) J.{,¿ plus horrible qui je puiss?
dire, dans le temps m.jlne qm
la Trêve rieftottpas encoreifnie. Qui.p!luscfin,lu¿' , ou vos gells OfJÇ.
puseflendre,passer, entrer, gy
arriver, ilsy ont tout ravagest)
réduit en defert,wi* tout à feu
€s> àfang
s decette manieresi'
indireéle, injuste
, €$3 tout 4 fait
y~~M~, chcz..nOUJ des
dommages incroyables st) imparables
, au moyen dequoy nom
nous femmesvusoblige^£5?
ceffiterz de nous engager en une
Alliance avec le Roy de Pologne
Csfla République de Venise>pou$
nflrecommune protection, def
ftnfl, & conflrrvation.
Le 13.
Février on chanta à
la Sainte Chapelle de Dijoa

bordé d'Hermine auxArmes
de Condé, & eroifé de Moirs
„ 'argent, avec la Couronne
de vermeil dorécouverre d'un
crerpe. Le lendemain on fit
les Obseques de ce Prince
dans la mesme Eglise
,
où les
Compagnies assisterent eu
Corps comme le jour precedent
avec des Robes de laine,
& des crespes sur les Chapeaux
en figne de deuil. Mr,
le Doyen officia,&:Mr MaletelW,
Chanoine & Trésorier
de la'meime Egliseprortonça
L'Oraison Funebre. il fitvoir
que Monsieur le Prince apr4s
avoirvefca en Héros Guer.
rier
,
avoit finy lès jours en
Heros Chrestien,&finie par
une belle Morale
,
dont l'application
eiloic que (a valeur
& Tes grands exploitsluy auroienc
eité inutiles devant
Dieu, si une vertu lolide jointe
à une sincere penitence, ne
les cuit accom pagnez.
Le 18. du mclmc mois, les
Jesuites ifrent un Service folemnel
pour ce menue Prince.
Le Choeur de leur Eglise eitoic
tendu de drap noir avec cinq
lez de velours,ôc deux dans
la Nef. La Reprefemarion
%1
elevée de 14. à 15. pieds, estoit
terminée par un Lie de ve..
leurs, garny de crespines &
defranges d'argent, dont le
ciel estoit chargéde 15 Couronnes
,& la couverture trail:
nante bordée dheimine,Se
ornée des Armes du Prince.
Il y avoir des Pvramides de
lumieres sur la Tribune proche
des Orgues. On avoit ,-' chargé le grand Autel d'une
fort belle argenterie
,
sçavoir
d'un Tabernacle, Parement
d'Autel, Plaques, Panetieres;
le tout d'argentmassif très,
bien travaillé. Au dessus de
cet Autel estoit un Coeur enflâmé
,
environné de Chiffres,
de Devises , & de Hierogliphes
,
ausside lumieres. Le
Pere Danbanton Jesuite fit
l'Oraison Funebre du Prince
avec beaucoup de sùccés.
Le Mardy 18. de ce mois
les Eleus de la Province firent
chanter les Vigiles à
la Sainte Chapelle, & le lendemain
une grand' Messè
pour le repos de lame de ce
mesme Prince. Entre les places
des Chanoines & le grand
Autel ,estoit une Estrade fort
élevée, au bas de laquelle il y
avoit un Tombeau,couvert
d'undrapde velourserpifë,de
moired'argent,aux-Edifions
de Condé en broderie d'or, &
bordé d'hermine. Au devant
de ce Tombeau,une Femme
assise & appuyéesur l'Ecu Me
ses Armes
,
representoit la
Bourgogne pleurant son Illustre
Protecteur. CeMausolée
estoit décoré d'inscripcions
avec quatre Figures posées sur
chaque angle, par rapport
aux quatre principales Vertus
de Monsieur le Prince. Au
milieu de ces Figures s'éle-
Tvoic un Obelisque chargé de
Trophées,&surmonté de la
Figurede PimmortaHfé, te- iD nant le Portrait de ce Heros
environné de Laurier.
Deux jours a près, les Jefuites
terminèrent le Deuil de
cette mort par une maniéré
de Pompe Funebre
, que fit
une Troupe de leurs Ecoliers
•choifis.Après beaucoup de
regrets,ilsconvinrent que
c'eftoir ln:utlemenr qu'ils le
pleuraient, puisque sa gloire
estoit immortelle Ainsi ils
firent son Apotheose
,
& dirent
qu'il vivroit éternellement
dans l'estime & dans
l'admiration de tout le monde
,
dans le souvenir de toute
la France
,
dans les Princes
ses Fils & petit Fils, & sur
tout dans le coeur des Bourguignons.
Cette Piece qui
-cfloit entremêlée de chants
& de Simphonie
,
latisfitextrêmement
tous lesAuditeurs,
Mr le Prieur duRellec>
Diocese de Léon en Breragne
,a fait aussifaire un S-eiv
vice solemnel pour feu Monsieur
le Prince,dans l'Eglise
de l'Abbaye,par l'ordre de
Mr de Feuquiere qui en ell-1
Abbé.
Celuycjaiselt fait icy i
Nostre-Damea trop éclaté,
pour ne vous en pas envoy
er un détail exadt. Le10.
de Mars le Parlement futinvité
à ce Service solemnel
par Mit le Marquis de Blaira
ville, Grand Mailtre des Ceremonies
deFriiice. Ce Marquis
se trouva sur les sept heu.
res du matin à la Sainte Chapelle
du Palais, où se rendirent
le Roy d'Armes, quarre
Hérauts d'Armes de France,
& vingt- sept Jurez Crieurs.
Ils allerent à la Grand'Chambre
duParlement, & ensuite
aux autres Compagnies en
cet ordre.
Lesquatre Heraurs d'Armes
marchoient deux à deux
en robes de deüil, l'épée au
cofté, & la Cotte d'Armes de
velours violet pardeuus. Ces
Cottes d' Armes sont fermées
de trois grandes Fleurs deLisd'or
, &marquées sur la manche
d'un titre particulier,
comme Picardie, Xiùnumge?,
ou autre. Ilsavoient pardessus
un Chaperon de deüil rabatu
sur l'épaule, & tenoient uj,,,
Caducée couvert de crespe
- c'estun, baston couvert d'un
velours fleurdelise. Le Fvoy
d'Armes de France suivoit
seul vertu comrne lesautres,
pavane comme eux un Cha- - peau en forme de Toque avec
un grand crespe; sa queue
traînante estoitportée par un
Domestique, &son Caducée
differoit des autres , qu'ilavoirauhaut uneeFnlecuer
de Lis d'or.
Mrle Marquis de Blainville
marchoit seul après le Roy
d'Armes. Il estoit vestu d'une
robe de deüil
,
dont la queuë
estoitportée par un de ses Do..
tllcHiques,& il avoit un grand
Chaperon de deüil renverié
surle(ios,le Bonner quarré en
telte
,
l'E.pée au colté, & le
Baston de Grand Maistre des
Ceremonies à la main. Il estoit
suivydevingt-sept Jurez
Crieurs de la Ville de Paris enrobes de deüil, sur lef,.
quelles étaient devance derriere
les Armes de Monsieur
îc Prince. Ils avoient tous leurs
Sonnettes à la main. Lors
qu'ils furent arrivez dans la
Grand' Chambre, où l'Audienceestoit
ouverte, Mr de
Blainville prit seance entre les
deux derniers Conseillers. LeRoy
d'Armes, &les Hérauts
demeurerent debout& couverts
derriere le Barreau,&
les Crieurs découverts. Mr de
Blainville ayant dit à la Cour
les ordres qu'il avoit du Roy,
pour lesavertir de se trouver
au Service de Monsieur le
Prince, qui se devoit faire en
I'Eg!i(e de Paris, presenta la
Lettre de Cachet, que M" le
premier President mit entre
les mains du Greffier pour en
faire la lecture, après laquelle
Mrle premier President dit,
que la Cour executeroit les or.
jircs de Sa Majeflé. Le Roy
d'Armes dit alors, juret
Crieurs, faites rvvs charles.
Au mesmeinstant l'un d'eux
s'estant avancé, sacquitta des
reverences accoutumées &
après que les autres Crieurs
eurent sonné deux fois leurs
Clochettes, il fit la proclamation
Cuivanre. Mcffeurs3
priez. JJSeu pour l'Amede tres..
haut, tres-puijfmt, trCJ-illuftrt?,
& magnanime Prince Monseigneur
Louis de Bourbon, Prince
de Condé, premierPrince du
Sang, premier Pair, f5 Grand
Maistre de France.
Prie, Dieu pour lAmc de
tresJiaut, très -
puijjant3 trèsillu/
ire, mxgnanime Prince
Mjnjeigneur Louisde Bourbon3
premier Prince du San<rpremier
Pair
, el GrandMaistre de
Francey décédé au Chiflcau de
Fontainebleau le Mercredy onzième
Décembre de l'année derniere.
Dansce moment tous les
Crieurs fonnerenc encore
leurs Clocherres;aprésquoy
le Crieurquifaisoit la proclamation,
poursuivit ainsi.
Pour l"Ame duquel on fera
le Servr'e & Prieres en lEglifi
1
~> de Paris3 ou demain aprèsmidy
feront
feront dites les Vcftres fS Vigu
lesdes Morts, es le lendemain
à dix JJeufes du-matin fera celebréfin
Service filemnel. Priez.
Dieu pour luy,sil vous plaifl.
Mrle Marquis de Blainville
estant sorty de la Grand'
Chambre, retourna à la Sainte
Chapelle, dans ledessein de
se rendre de là en la Chambre
desComptes, mais comme il
arriva quelque contestation.
pour les rangs, ce Marquis
s'en retourna, laissant faire
cette fonction à Mr de Saintot,
Maistre des Ceremonies.
Lors qu'il estoit toutprest dV
entrer, Messieurs des Comptes
envoyerent dire qu'ils accordoienc
à Mr de Blainville
ce qu'ils luy avoient disputé;
mais comme il estoit party,
Mr deSaintot leur dit qu'ils
missent afr-le Registre ce qu'ils
venoient de résoudre, afin qu'il *pustservir en temps lieu
La proclamation a yant esté
faite en la Chambre des Com-
-
ptes,onalla la faireen laCour
des Aydes; après quoy on
monta en Carosse pour aller
à l'Université,qui estoitassembléedans
la Salledu Collegede
Boncourt, où demeure
le Recteur. On se rendit
de iaaFHoitetde Ville, &
ensuite devant la principale
porte del'Eglisede Paris,&
devant l'Hostel de Condé au
Fauxbourg S. Germain.
Mrde Saintot, Maistre des
Ceremonies, donna à chaque
Compagnie une Lettre deCachet,
& les proclamations s'y
firent comme au Parlement,
par Mrs deVoulges &Wailly,
Jurez Crieurs, qui au lieu de
éfrîcjjïeurs, dirent à l'Univer-
{lté,- Nobles Scientifiques
Terjbnnes.
Toutes les. Compagnies fc
rendirent le Lundy sur les dix
heures en l'Eglise de Noftre-
Dame, en Robes noires &
Bonnets quarrez, en l'ordre
suivant.
Les Huissiers du Parlement
deux à deux.
: Les Notaires, Secretaires,
Greffiers en Chef, & premier
Huissier de laCour.
,
Mr Potier de Novion, premier
Pre sident, a y ant à sa
gauche Mr le President de
Bailleul.
les Presidens de Nesmond,
de Mesmes, & Champlâtreux,
suivis desConseillers
dhonneur au Parlement.
Quatre Maistres des Requestes
deux à deux.
Mr les Conseillers de la
Grand' Chambre Laïques ôc
Clercs,& ceux des Enquestes
& des Requestes suivant
l'ordre de leur reception.
Mrs les Gens du Roy, qui
font Mr Talon,Avocat General,
Mr du Harlay
,
Procureur
General, & M1 de Lamoignon,
secondAvocat Ge. neral.
LeParlement fut place dans
le coSté gauche du Choeur en
entrant. & on laissa les cinq
premieres Chaises vuidcs. Il
faut remarquer que les Chaises
du colle droit qui devoient
elrrc occupées par Messieurs
les Princes, estoient vis à vis
des Chaises vuides.
M s les Gens du Roy
,
le
Greffier,& premier Huissier,
furent placez dans les Chaises
basses du mesme costé, &
au dessous du Parlement
, & il
y avoit des Bancs de secours
pour placer ceux qui ne pouvoient
estreaux hautesChaises.
-
M" de la Chambre des
Comptes vinrent ensuite, précedez
de leurs Huissiers. Mr
Nicolaï, premier President,
estoitàlareste. Msles Presidens,
Maistres, Correcteurs
,
& Auditeurs marchoient deux
à deux. Ils furent placez dans
le costé droit du Checur
en quatorze Chaises a prés
Messieurs les Princes. Il y avoit
une Chaise vuide entreeux,
& Mr le premier President
de la Chambre des Coiru
ptes. Les Gens du Roy, le
Greffier, & le premier Huisfier
, occu perent les Chaises
baffes du mesme coUé au des-
Il
fous de la Chambre des Comptes.
Ceux qui ne purent estre
aux Chaises hautes, eurent
aussi des Bancs de secours.
La Cour des Aydessuivit
dans le mesme ordre, & fut
placée en sept hautes Chaises
à droite,à lasuite delaChambre
desCompressâtes Gens
duRoy,le Greffier, & le premier
Huissier
, aux Chaises
basses au dessous, & avec des
Bancs de secours.
L'Université parut ensuite,
precedée de ses Bedeaux vestus
de leurs robes noires. Ils
avoient sur l'épaule leurs Masses
deVermeil doré, & elles
Soient couvertes decrespe.
Les Procureurs des quatre Nations
,sçavoir de France, Picardie,
Normandie ,& Allemagne
, marc hoient deux à
deux suivis des Representans
les Maistres és Arts de l'Université
, des Docteurs des Facultez'de
Théologie,du Droit
Canon, & de Medecine, ôc
des Doyens de ces trois Facultez.
Ils précedoient leRecteur,
qui étoit vêtu d'une robe violete
, avec une ceinture d'un
tiu de foye , aux pendans de
laquelle estoit attachée une
grande Bourse de velours violer,
garnie de boutons & de
galonsd'or
, avec un Manteler
d'Hermine blanche sur les
épaules, qui luy descendoit
jusqu'à la moitié du bras. Les
DocteursdesFacultez avoient
leurs Habits de ceremonie.
L'Université fut placée en
quatre places hautes, à gauche
à la fuite du Parlement,
& en un Banc de secours
qu'on y avoir mis, comme
on avoir fait tout le long des
hautesChaises pour pouvoir
placer plus commodement
chaque Compagnie.
Le Corps de Ville arriva
ensuite precedé de ses Huissiers
, & de son Greffier.Mr
le President de Fourcy
,
Prevostdes
Marchands,estoit accompagné
de Mr Geoffroy
premier Echevin, & de Mrs
Gayot, Chupin
,
&Sanguinaire
Echevins, ainsi que de
MrsTiton Procureur du Roy, de MrBupûcot Receveur de 4 la
Ville, éc des Conseillers ôc
Quarteniers qui marchoient
deux à deux,& estoient en
Robes noires, & en Manteaux
longs. Ils furent placez en
quatre places hautes du costé
droit apréslaCour desAydes.
& on leur donna des bancs de
secours.Ilrestoit cinq places
de chaquecôté qui furent occu
péespar dixChanoinesnommez.
par le Chapitre Dans le
tem psque chaqueCompagnie
arrivoit,les Jurez Crieurs qui
estoient desdeuxcostez de la
Net; Connoient leurs Clochetes,
& alors Mrle Marquis de
Blainville,&Mr desaintot sortoient
du Choeur pour les recevoir,
& les faisoiententrer,
Çi placer,lly avoir desGarder
du Corpsàlaporredu Choeur,
& des Suisses du Roy à la l'ortede
TEglife.
-
Les Archevesques, & EveC:
ques qui avoientesté invitez
par les Agens duClergé
,
furent
placez prés de rAureldll
costé de l'Epitre. Ils estoient
en Rocher & en Camail.
Il yavoit trois rangs de bancs
de chaque costé du Choeur de
puis
*
l'Autel jusqu'àla Representation,
qui Murène rem plis
par lcssclçyll,cut*sParclisde, feu
Monsieur le Prince en Maru
teaux longs ,&par les Da*
mesen Mantes. Les Ducs &
pairs,les Maréchaux de France
,
les Officiers de feu Monsieur
le Prince, ceux de MonCent
Pauvres, à chacun dei'
-= quelson avoit donné un hait
de drap gris, une paire de
Couliers,&un écu blanc,marchoient
les premiers avec des
lambeaux de poing de cire
blanche. Ilsestoientconduits
par deux Prevosts,& suivis de
27, Jurez Crieurs, vestus de
eurs Robes avec des Ecussons
levant & derriere aux Armes
lu Prince défunt, & sonnant
le leurs Clochettes. Quatre
Heraults d'Armes venoient aprés
eux ,
& ensuite Mr le
Liévre Roy d'Armes. Ils avoient
leurs habitsde Cere..
monie, & le Caducée en main
couvert de crespes, & precedoient
M Martinet,Mr de
Saintot, & M le Marquis de
Blainville, Ayde
,
Maistre,
& GrandMaistredes Ceremonies,
vestus de leursRobes
de deüil à queuës traisnantes,
le Bonnet carré en celte, ôc
le Chaperon en forme. Monsieur
le Prince paroissoit enfuite
accom pagné de six de
ses Gentilshommes. Il estoit
vertu d'une Robeà queuë
traisnante
,
de cinq aulnes de
long ,portée par deuxGentilshommes
,&il avoit le Bonnet
carré en teste
,
& le Chaperon
en forme. Monsieur le
Duc &: Monsieur le Prince de
Conty vestus & accompagnez
de mesme marchoientseuls,
& cerre marche estoit fermée
par les Gentilshommes, 6c par
les Officiers de leurMaison.
Ces trois Princes avoient le
Collier de l'Ordre par denns
leur Chaperon. Ils furent placez
dans les six places des
haures Chaises à droite qui
estoient vuides, & au dessus
de la Chambre des Comptes.
Celles qui leur faisoient face
demeurerent vuides pendant
TOUC le Service pour Inarqu-et
plus de distinction. Mr le
Comte de Moreüil
,
Premier
Gentilhomme de la Chambre
de feu Monsieur le Prince,&
Mr Sanguin Capitaine de ses
Gardes,estoient placez à la
testeduMausolée, & aux
pieds Mr leComte de Lamarie
ion premier Escuyer, tous en
Robes de deüil traisnantes,
le Bonnet quarré en teste, ôc.
le Chaperon, en forme. Les
Aumôniersdu Prince défunt
estoient autour de la Representation,
les quatre Hérault
d'Armes aux quatre coins
le Roy dArmes à la teste. M
de Blainville,Mr de Saintot,
& Mr Martinet,estoient placez
[ur une mesme ligne au
devant du Roy d'Armes, Mr
de Blainville au milieu, &
MrdeSaintotà la droite. On
avoit dresséune Tribune au
dessus de la porte du Choeur
du costé de la Sacristie, où
furent placezincognito Madame
la Princesse, Madame la
Duchesse
,
Madame la Prix.
cesse de Conty,Mademoiselle
de Bourbon, Monsieur le Duc
du Mayne ,,
& Mr le Comte
deToulouse. r'
Aprés vous avoit fait voir
la - disposition des Places, il
faut vous parler de la Décoration
du lieu. Mr Berrin,Desfinateur
ordinaire duCabinet
du Roy, qui depuis qu'il
a cette Charge,a travaillé à
tous les Mausolées qui se font
faits à Nostre-Dame, & qui
a fait ceux de Mr de Beaufore'
deMrde Turenné,&deet
la Reyne ,
, ayant fait aussi le
Desseindeceluy deMonsieur
le Prince, a pris le soin de le
faire executer ,
& il a esté
trouvési Inagn-ifique, si bien
exirendLi & de si bon gouft*
cjtie pendanr tout le tempsqu'on
y a travaillé, le Choeur
de Nortre-Dame a toûjours
"lté remply de personnes de
la premiere qualité; de sorte
que les Ouvriers pouvoient à
peine trouver la place qui leur
estoit necessaire. Le Pere Menestrier
Jesuite
, ayant faitles,
Devises &les Inscriptions qui
ont servy à cette tuistePompe
, ces Ouvrages luy ont Vdonné
occasion d'en faire un
Livre, & de décrire tout ce
funebre appareil.Ainsi jen'entreray
point dans le détail que
vous trouverezdans ce Livre,
& me contenteray de vous
dire que feu Monsieur le Prince
s'estant fort distingué pendant
sa vie par ses actions
militaires
, toute l'Eglise de
Nostre.Dame estoit décorée
de maniere qu'on peut dire
qu'elle representoit le Champ
de la Victoireen deüil, où le
Courage, la Valeur,la France,
& la Gloire regretoient la
perte de ce Prince. Le grand
Portail estoit orné en dehors
de deux Palmiers fort élevez,
dont les branches entrelassées
formorent comme un Arc de
Triomphe. Les troncs de ces
Palmiers estoient enfilez de
diverses Couronnes, semblables
àcelles donc les Grecs &
Les Romains recompensoient
les belles actions des Soldats,
ôc des. Generaux d'Armées.
Ces Couronnes estoientde
Laurier,de Gramen, de Chef
ne de Palissades, de Crenau,
&c. Leur matiere,&leur Figure
marquoient l'action du
Vainqueur qui les avoir euës,
& celuyquiavoit mérité
l'une de ces Couronnes, s'estoit toujours trouvé fort
éloiDgné d' obtenir les autres v7
mais personne n'ignore que
Seu Monsieur le Prince en
avoit merité plusieurs de cba.;-
que espece, qu'il [çavoÍr tout
ce qui regarde l'Art de la
Guerre, & qu'il n'estoit pas
moins grand Capitaine ea
donnant des Batailles qu'en:
attaquant des Places.
Au dessus de ces Palmiers on
voyoit la Mortvictorieuse du
Temps à qui elle arrachoit les
Armoiries de ce Prince; mais
la Renommée prenant foin de
sa gloire les enlevoit à la
Mort, &invitoit par ce qui
suitàrendre les derniers devoirs
à ce gran d Prince.
ADESTE,
ADESTE, FORTES ANIMÆ, 1 & Serenissimo Principi
LUDOVICO BORBONIO
COND~O~,~~.y
Primo Regiæ stirpis Principi, PRECIBUS
ETPIIS LACRIMIS PARENTATE.
,
Toute laFaçade de l'Eglise
.au dJiïùs destroisportes écoit
couverte de Drap noir, sur
lequel estoient deux lez de
ve l ours chargez d' Armoiries.
Toute laNefestoit tendue
de deüil avec deux lez de
velours semez de Fleurs de
Lys, & de larmes cncrclnêlées
au dessus d'une longue
ran gée de Trophées.Toute
la vie de Monsieur le Prince
estoitdécrite en 30. Inscriptions
sur autant de Tables de
marbre. Ellesrepresentoient,
sa naissance
,
son éducation,
ses premieres Armes
;
la Bataille
deRocroy la prise de
Thionville; (on ardeurà combattre
; sa sagesse à conduire
les Troupes; la vigueur de
ses actions; la Bataille de
Fribourg;celledeNorlingue;
les prises deSpire, deVormes,
de Mayence, & de plusieurs
autres Villes d'AHemagne;la
prise de Dunkerque, & de
plusieurs autre Villes desPaysbas
; la Bataille de Lens;le
Voyage de la Franche-Comté,
où il suivit le Roy, & celuyde,
Hollandeoùilassista
à ses conquestes
-,
le Combat
de Seneff
,
la LevéeduSiege
d'Oudenarde
-,
son dernier
Voyage d'Allemagne aprés
la mort de Mr de Turenne;
sa retraite à Chantilly ;
sa
Mort chrestienne,& les Instructions
qu'il a laissées aux
Princes ses Enfans. «
On avoit élevé à la porte
dutnoeurun Arc de Triomphe
d'Ordre dorique, parce
que c'est un Ordre militaire.
Cet Arc avoit deux faces, &
rcprefcntoir d'un collé, la
Vie heroïque de feu Monsieur
le Prince,& de l'autre
sa Mortchrestienne
;
le Courage
& la Valeur estoient en
ppleursentrelescolomnes. Au
leurs
entre les colomnes. dessus de cet Arc de Triomphe
s'élevait un grand Obelisque
de lumieres à deux faces3
sur l'une desquelles la
gloire du monde estoit figurée,
par une Victoire qui tenoie
la Baniere desArmoiries
du Prince défunt,& quis'apuyoit
fLlrun Globe du monde.
Il y avoir au dessus de sa
teste un Arbre dont les feüllestomboient.
Onvoyoit de
l'autre costé la Gloire immortelle
dans le Ciel avec une
Couronne d'Etoiles
,
& au
dessus de l'Obelisque estoit
une Urne enflâmée.
Tout le Choeur representoit
un Camp composé de
seize Tentes de Guerre, &
d'autant de Trophéesattachées
à de grands PJlnli(r:=t,
qui s'élevoient entre ces Pavillons.
Tous ces Pavillons é..
toient noirs, semez de lames
d'argent& avec des Campanes
de mesme pour repre.
senter le Camp de la douleur.
.-lIs estoient fourrez d'hermine
5
& des Morts couchées
aux pieds des Trophées les
ouvroienr pour faire voir seize
grandes actions de feu
Monsieur le Prince
, representées
en autant de Tableaux.
Les seize Trophées
estoient accom pagnez des titres
gl orieux que ce Princea
meritez par les belles actions,
- OnavoitattachéauxPalmiers
seizeMédailles de bronze
des Hommes Illustres de la
branche de Bourbon,depuis
Robert de Clermontcinquiéme
Fils de saint Loüis, julqu'à
Charles de Bourbon , Pere
d'AntoineRoy de Navarre,
& premier Prince de Condé.
Au dessous de tous ces ornemens
estoient 48.Dévises, en.
autant de Tableaux odrorones
qui regnoient autour du
Choeur.
Le Mausolee estoit un grand
Portique d'ordre compoflte,
posé lur septmarches, il avoit
quatre Colomnes entourées
de Palmes d'argent. Les
Armoiries de feu Monlieur le
Prince estoient sur les faces
de ce Portiqueavec tous leurs
ornemens. On voyoit à la
face qui regardoit l'entrée du
Choeur deux Figures qui representoient
la Magnanimité, »
&lq.SJ.ge{fe) & à celle qui regardoir
l'Aurel, la Penirence,
&: l'Erpe'rance chrestienne.
Chacune de ces Figures avoit
lesSimboles qui luy font propres
,
& elloit accompagnée
de deux Enfans. Elles estoient
de Mr le
-
Honore fameux
Sculpteur,connu par les Ouvrages
dediftindtionqu'il a !
lits pour Veriailles5 & qui
ravailleàuneFigureEquestre
uRoyen bronzepour les
statsdeBourgogne. Cet.:
aitconnoistre qu'on avoit
hoisi tout ce qu'il y a de plus
abile dans les Arts pour tra- ;
ailler à cette Pompe Funere,&
que c'est par cette raion
qu'elle a esté trouvée si
elle, & de si bon goust
;, La Representationestoit
ous le Portique que je viense
vous décrire. Elle estoit
ouverte du Poële de la Couonne
de drapd'or bordé
hermine. Du plat-fond de
ce Portique pendoit un Dais
sur la Reprelentation ratache
aux quatre Colomncs qui en
portoient l'édifice; l'Immortalité
sembloit voler vers le
Ciel pour y porter l'Image
qu'elle tenoit de feu Monsieut
le Prince. Un grand Pavil-
Ion de Guerre semé de Fleurs
de Lys & doublé d'hermine,
s'étendait du haut de la voûte
sur la Reprefenrarion, & Tes
pentes de plus de 80. aulnes
de long se rattachoienr sur les
grands costez du Choeur, dont
tout le pourtour aussibien
que le Mausoléebrilloitde
umieres placées avec un- arc
dmira ble. Il y en avoit de
quarre forces
,
sçavoir des
lambeaux, des Cierges, des
ampes, & des Urnes, d'où
ortoient de grosses lumieres.
reus les Corpsde l'Arcliitecure
de l'Autel estoient prosilez
de Lampes
,
& produioient
un effet aufil surprenant
lU'agreuble.
Touteschoses ain si dispoëes)
& les Seances ayant esté
prises, Mr l' Arclievesqne de
Paris commença la Messe en
labirs pontificaux.Mrl'Abbé?
Le la Mothe, Archidiacre,&
Chanoine, luy servit de Diacre,
& Mrl'Abbé Parfait de
Sousdiacre.La Mefleïutchantée
par la Musiquede Nostre-
Dame qui estoit dans le Jubé.
Après l'Evangile, Mr l'Archevesque
se plaça; dans un
Fauteuil pour recevoir les
Offrandes,ayant le Diacre&
le Sousdiacre à ses collez. Le
Roy d'Armes s'estantalors
levé de sa place, falüal'Autel,
le Clergel,la Representation,
Messieurs les Princes, le Parlement
,
la Chambre des
Comptes, la Cour des Aydes,
l'Université
,
& le Corps de
rille
,
& alla fc ranger au
oHé droit de l'Autel
,
où il
eceut un cierge avec dix
.oiiis d'or d'offrande qu'on
avoit attachez. Mr de Blainville
fit ensuite les mesmes
alurs, & en fitun particulier
Monsieur le Prince pour
'inviter daller à l'Offrande,
Sc ce Princeestant sorty de
sa place fit les meÍrnes reverences
que le Roy d' Anlles,&-
Mr de Blainville venoient de
faire
,
& a prèsavoir receu le
Cierge de ce grand Maistre
des Ceremonies qui l'avait
receu du Roy d'Armes, ilfc
iuit à genoux sur un Car
reau ,
baisa l'Anneau de M1.
l'Archevesque, luypresenta;
le Cierge, recommença les
mesmes reverences,&retournaàlà
place. Le premier Hérault
d'Armes fit ensuite les
mesmes saluts, & MR de Saintot
avertit de la mesme maniere
Monsieur le Duc d'aller
à l'Offrande. Le fecond
Hérault & MrMartinet firent
les mesmes choses
5
& Monsieur
le Prince de Conty alla
à l'Offrande & en revint avec
les mesmes Ceremonies. L'Osfrande
finie, le premier Heault
d'Armes alla querir MR
'Evesque de Meaux,quidevoit
prononcer l'Oraison Funebre.^
Mw 'JI
Il donna d'abord une grande
idée du sujetqu'il avoit à
traiter,&dit qu'au moment
qu'ilouvroit la bouche,il estoit
éronné par la grandeur de
sa matiere, & pour ainsi dire,
par l'inutilité duDiscours qu'il
alloit faire, puis qu'il estoit
impossible qu'il euit assez d'éloquence
pour faire une pein-q
ture de feu Monsieur le Prince
,
telle que chacun se la figuroit;
qu'on ne pouvoit rien
apprendre du Princede Cor
dé, meime aux Etrangers, qu
s'en faisoient des Portraits a
vantageux aussi-bien que le
François, & tâchoient de f
le representeravec toute si
gloire, & qu'ainsi il croyoi
n'avoir beloin que de peindre
naturellement
,
& sans arc
routes les actions de ce grand
Homme. Il parla ensuite du
regret que le Roy avoirtémoigné
de sa mort; & dit en parlant
Je la Compagnie quiaffifiait
à ce Service, que Sa Majesté
avoir assemblé tout ce
que la France avoit de plus augufte,
pour rendre des honneurs
funebresà la memoire
de cePrince;puis il s'attacha à
trois choies qui firent comma
le partage de son Discours.
Il setendit sur son courage
,& sur tout ce qui l'avoir
diitingué dans la Guerre.
Il fit voir la grandeur des
songénie, ôc la pénétrations
de son esprit.
Il Et enfin une peinture de
sa mort toute chrenienne,
qui toucha beaucou p, &titan
mesme des larmes.
Dans le point qui regardoit
son courage,& ses actions,
guerricres, il le fit voir triomphanc
dans les plaines de Rocroy
dans un âge si peu avance;
que cette Victoire n'avoit
point laisse douter qu'il ne de
vinst un des plus grands Capitainesqui
eust jamais esté,
quand il auroit joint l'expenence
à lavaleur. Il fitaussi
remarquer que cette grande
Victoire qui n'avoit elle que
son cou p d'essay
,
auroit pu
faire la plus belle action de
la vie du plus grand Capitaine,
de du plus consommé dans
lemérier de la Guerre. Il poursuivic
la peinture de ses grandes
avions, & en élevant les
Généraux que ce Prince avoit
eus à combattre,il le fit
paroistre beaucoup au dessus
d'eux. Il fit un portrait fort
ressemblant à la parfaite intelligence
qu'il avoit de la
Guerre, & peignit ce Prince
prévoyant, toûjours instruit
de ce que les Ennemis avoient
desseinde faire, connoissant.
leurs fautes quand ils prenoient
de fausses mesures, devinant
par ses lumieres ce
qu'ils tenoient le plus secret,
& faisant dire enfinà un Prisonnier
de Guerre, & ce qu'il
sçavoit, & ce qu'il ne sçavoit
pis.Ildiequemalgrétoutcequi
auroit pu l'autoriseraparler avantageusement
de luy-mesme,
sans quon eust pû l'accuser de
présomption
,
il avoit toujours
gardé beaucoupde modestie, (démarquédans
les Lettres les belles
Actions des autres, ce qu'il
leur devaity fins avoir jamais
rien écrit à fin avantage. Il
ajoûta qu avec toute cettemodeftie,
il avoit une noble fier- té,&digne de son Sang,
quand il estoit necessaire. Il
en raporta des exemples, &
fit voir de quelle maniéré il
voitsoûtenu la gloire de la
France, mesme dans le temps
[uïl estoit hors du Royaune.
Il marqua la grandeur de
on génie,&la penetration
le son esprit dans toutes les
choses quipouvoient la faire
connoistre, & dit, que non
mlement il estoit fçuvant pour
uy-mesme, mais encore pour Us
utres, puis qu'on ne luy pouvoit
rien montrer touchant les
Arts & les Sciences, que ceux
rui aboient cet honneur, ne flrissentd'auprès
de luy avec de
nouvelles lumieres, qui leurfer*
voientutilement0 ou pour f~-.
dre leurs Ouvrages accomplis, oupour
perfectionner ce qrù regar-,
doitleur Art,» i Quant à la peinture qu'il
fit de la more chrestienne de
ce Prince, je nedoute point
qu'elle ne vous touche quand
Mr de Meaux aura donné cette
Oraison fune breau Public.
Il fit voir une tranquillitéhéroïque
& chrestienne dans le
coeur de cegrand Homme,,
& qu'il la possedoit luy seul
dans le temps qu'il devoit
moins la conserver. Il ra ppor-
U- tout ce qu'il dit du Roy,
JerefpedueuXy detendre &
de touchant, & ce qu'il dit
d'obligeant pourMonsieurle
Duc, à present Monsieur le
Prince. Comme on doit croire
le témoignage d'un homme
mourant, & sur tour d'un
grand Prince,je ne puism'empescher
de vous marquer ce
que j'enay retenu. Il fit connoistre
qu'ilsçavoit à fond
les sentimens de ce Fils qu'il
aimoit si tendrement, ôc dit
qu'il n'avoit que faire de luy
donner d'instructions ; qu'il con".
mijpjitfin coeur, que quoy
qtion luypust direpourl'exciter
àlaglaire, pour lefairefbn^venîr
denerien fairecontre fin hon.,
neur, ts pour l'engager à servir
f5 à aimer toûjoursleRoy, ilsçaruoit
qu'il feroit encore pins 1ue
tout ce quonpouroitexigerdeluy
surtoutesceschsjes. Ainsi Mrde
Meaux, au lieu de faire l'éloge
de ce Prince,se servit de celuy
que feu Monsieur le Prince en
avoir fait, & luy ditque malgré
tout fingrand merite, son
Altesse nauroit point ce jour-là
d'autre éloge de luy. Il continua
en faisant voir l'humilité
de Monsieur le Prince molt-
Jane) sa grande résignation à
-
k mort, son entiere soumission
aux ordres de Dieu, &
le desirqu'ilavoic de voir face
à face sadivine Majesté.
Voilà tout l'effort que ma
mémoire a pu faire pour vous
entretenir de cette Ora son
Funebre. Je ne manqueray
pas de vous l'envoyer si tost
qu'elle fera imprimée.
Lors que Mr l'Evesque de
Meaux fut sorty de Chaire
ÑrrArchevesque se remit à
l'Autel pour achever laMesse.
Un peu avant l'élévation
douze Pages de Monsieur le
Prince, avec de grands flanv
beaux de poing,vinrent occuper
le devant de l'Autel.
La Messefinie,Mrl'Archevesque
ayant fait tous les Saluts
,que j'ay déja marquez plusieurs
fois, fit les Aspersions
& les Encensemens ordinaires
autour de laReprefenta-
,tioI\ aprés quoy les Compagnies
se retirèrent
,
& les
Princes furentreconduits à
l' Archevesché par le Grand-
Maistre, leMaistre,&l'Aide
des Ceremonies.
En vous parlantlemois passé
des Dames qui curent l'honneur
de manger avec le Roy à l'Hostel
de Ville, je vous marquay que
je n'avois encore pu en apprendre
tous les noms. En voicyquel.
ques-uns qui font venus depuis
ce temps-là à ma connoissance.
Comme l'honneur qu'elles ont
receu en cette occasionest fort
grand, j'aycrû qu'il meritoit
d'estre publié. Ces Dames sont,
Madame la Princesse de Tingry.
Madame de Soubise.
Madame la Duchesse de Chevreuse.
Madame la Duchesse de Beauvi
liers.
Madame de Beringhen.
Madame la Marquise de Sourches.
Madame d'Ursé.
Madame de Mornay. 1-
Mr le Marquis de Coeuvres, a.
presentDuc d'Estrées,aestéreceu
Duc & Pair au Parlement,où il a
presté le Serment accoutumé. Je
vous ay déja marqué plusieurs fois
ce qui se passe en ces sortes de réceptions.
Ainsi je vous diray seulement
aujourd'huy queMr Philippe
de Billy fit l'Eloge de ce Duc
&r desa Famille, en rapportant ses
Lettres de Duc & Pair. Monsieur
le Prince& Monsieurle Prince de
Conry se trouvèrent à cette ceremonie
avec tous les Evesques,
Ducs& Comtes Pairs,a la reserve
de Mr deChâlons qui estoit malade.
Presque tous les Ducs & Pairs
s'y trouvèrent aussi,ainsi que plusieurs
M:-,jfi:res des Requestes.
Mrle Comte de Guiche, filsde
Mr le Duc de Gramont, &. de
ji -â ri •*
Marie Charlote de Castelnau,fille
de feu Mr leMréchd de Caficlnau,
aépousé Mademoiselle de
Noailes, fille de Mr le Duc de
Noailles & de Marie Francoise fil-le unique de Mr le Du>c de>
Bournonvil le & de Lucresse-Françoise
dela Vieuville. Il feroit difsicile
de trouver un managemieux
assorty que celuy de ces illustres
époux. De rous costez il y a de'
la grandeur; & l'Histoire quiest
remplie des actions de leurs
Ayeux, suffit pour mrormerrouc
le monde, que peu de Maisons
dans le Royaume peuvent se van;
ter des mesmesavantages. Q^oy queMdeamoifelîedeNoail lesn'ait
I pas encore 14. ans accomplis, el-
1 le a l'esprit (oiide, & sa vertu peut
servir d'exemple aux jeunes per.-
sonnes de la Cour. Aussia-t'elle
estéélevée par un pere & par
une mere , qui sont des modules
sur lesquelsles hommes&lesFemmes
doivent essayer de se former.
Mrle Duc de Noailles a fait voir
dela valeur dés sa plus grande
jeunesse. Il a toujours eu beaucoup
de passion pour le Roy, &
sa * vie remplie d'avions toutes
Chrestiennes,servira toûjours
d'exempleaux Seigneurs François
quivoudront arriver à la.
perfection. Madame la Duchesse
de Noailles a herité,de la vertu
comme de la grande noblesse
de ses peres, &:- tous ceux qui la
-
connoissent parlent d'elled'unemaniéré
tres-avantageuse. Mr
le Comte de Guiche est encore
fort jeune ,,<& fait esperer qu'il -
soûtiendra avec gloire la réputation
de ses Ayeux. On ne peut
promettre davantage 6c juiqu'i-.-
cy on ne trouve rien à desirer en
sa personne.
Vous sçavez que la grande Loterie
du Royaestétirée.MrsBernard
& TranchepainMarchands àParis,quiyavoicnt mis CDJ'
semble dix Louis, ont eu le gros
Lot, qui estoit de cinquante mille
livres, Ils allerent à Marly
pourleretirery & le Roy qui le
sceut voulut bienleur faire i'honneur
de les voir. Sa Majesté les
receut parfaitement bien.
Aprésvous avoir envoyé en
quatre Lettres différentes
, lli1.,
Journal de l'Ambassade de Siam
en France, je croy devoirajouter
icy pour ne pas laisser cette Anv
ballade imparfaite, que les Ambassadeursontpassé
le Carnaval à
Brest en attendant que tout fust
press pour leur embarquement,
êç que leurs Balots fussentarrivez.
Ils y ont pris cous lesdivertissemens
de la Saison. Ils ont plusieursfoisesté
au Bal,& laTable
.quê leRoy leur entretenait estant
grande, nlag-nifique, & propre,
les perlonnesles plus qualifiées de
la Ville, sontsouvent venue;»manger
avec eux. Ils y on!d^iK*uré
24. jours, fie pendant cetemps
on a reccu l'ordre d'eux. Voicy
les mots qu'ils ont donnez.
Le Pcrt defvre.
Sa Vertufait n ftrfmcritç*
Sa grandeurfait nostre !èurft-r..
Se) Maximesseronsnos-Rqief.
.Jeferayvoirce/picfay vcn*.
-
.7 eseray vozr ce ecj ~zy veuLe
Vainqueur de la ViEfoire.
Sen Mifiotre fera nojtrc leïlitre.
A/onexemple nous vaincrons.
Son étoile nous guide.
Nos Voijins feront jaloux de nofire
gloire.
TJofte exemple leur rervira de Loy.
Se) profperite^feront nosfè.'icitez-
Retour triomphdnt.
11 rlie de sa fumierc.
Famille unie ,
Ministres éi-lairez,
Ses dons font precieux.
Sa memoire nomfera chere.
Regne glorieux.
La !"jlice gouverne Jonfoudre.
A (en mérité les vents obéiront.
La Renommée(idelle.
Le Méritéallie à la Vertu.
La bouche ne peut exprimer ce que
le coeur Cent.
Fartage entre la douleur & lajole,
- Vous voyez dans ces mots le
metme esprit qu'ils ont fait paroiftre
dans les quatre Relations
que je vous ay envoyées. Tout
ce qu'ils ont connu du Roy pendant
qu'ils ont demeuré en France
, tout ce qu'ils pensent de Sa
Majesté
,
& l'usàgequ'ils veulent
faire de ce qu'ils ont veu, est compris
dans ces24. mots donnez. Le
jour qu'ils partirent s'estant tournez
du costé du lieu oùon leur
dit que pouvoir estre le Roy, ils
joignirent les mains,les éleverent,
& firent cinq profondes inclinations
,comme pourremercier Sa
Majesté de tous les bons traitement
qu'ils avoient reçus. Ils forrirent
ensuite pour s'embarquer,
ce qu'ils firent au bruit de trois
décharges de toute l'Artillerie de
la Ville, &: de celle de tous les
Vaisseaux, dont le Port de Brest
estoit remply. Ainsi l'on peut dire
que tout leur a marqué la grandeurde
la France jusques au moment
qu'ils en ont quitté les Costes.
Ils sont partis les larmes aux
yeux ,
&. sur tout en embrassant
M'Torf, qui s'est si bien acquité
delaCommission que le Roy luy
avoit confiée.
Je ne vous dis rienle mois passé
de Mr Amelot, Archevesque de
Tours, en vousaprenant samort.
Il avoit acquis pendant qu'il étoit
Conseiller
, une grande repu
tation d'integrité,&sagrande
habileté estoit cause qu'on sete-
Boitseur de la Justicequ'on enattendoir,
lors qu'on avoit une cause
entre Ses mains. La maniéré
dont il s'ettoit gouverne estant
Evesque de Lavaur,vavoit porté
le Roy à le nommer Archevesque
de Tours.. H a remply les devoirs
de cette grande Dignité,.
avec beaucoup de zele pour la
Religion, un grand desinteres
sement, ôc une parsaiteintégrité.
II estoit fils de jean Amelot
Seigneur de Gournay,Maistre
des Requestes & Piefident au
grand Conseil, & petit fils de
Jean Amelot, aussi Maistre des
Requestts ,& President aux Enquestes
du ParlementdePàris
Charles Amelot son frere, Maître
des Req:Jcltes & Presidentau
grand Conseil,,avoit épouseMa.
rie de Lionnevdont est venu Michel
Jean Amelot Seigneur de
Gournay ,Maistre des Requestes,.:
Ambassadeur à Venise, puis en
Portugal,&; Amelot Abbé
d'Evron, Aumônier du Roy. Marie
Amelot, l'une de ses Soeurs,
auoitépoufé Antoine Nicolai.,
Marquis de Goussainville,Premier
President en la Chambre
des Comptes, grand Pere de Mr
Nicolai d'aujourd'huy. L'autre
Soeitrepousa Guillaume Brissonner.
Maigre des Requestes, &
President au grand Conseil.
Mr l'Archevesque de Tours avoit
deux Oncles; sçavoir Jacques
Amelot, Seigneur de Carnetin,
President aux Requestes
du Palais, aisné de toute cette
Famille, dont le fils Jacques A.-
melor
,
Marquis de Mauregard
le Mesnil,Carnetin & autres
lieux,Maistre des Requestes ,
puis Premier President en la Cour
des Aydes, a laissé deux fils, fça-
':voir feuJacques Charles Amelot,
aussi PremierPrésident en la
Cour des Aydes, & Charles Amelot,
à present President en la
troisiëme des Enquestes. L'autre
Oncle dece Prélat fut Denis Amelot
,
Seigneur de Chaillou,
Doyen des MaistresdesRequestes,
d'oùsont venus Jean Amelot,
Seigneur de Chailloti, Maître
des Requestes, & Marie Amelot
Femme de Charles de Beon,
Marquis du Macey,Baron de Bouteville.
La Famille des Amelot
estalliéeaux Vialart, de S. Germain
, de l'Hospital
,
Brûlart,
Daumont, Chassebras du Breau,
Maignarr de Bernieres,Poncet,
le Maistre, du Drac, de Creil. Elle
porte d'azur à trois Coeurs d'or^,
surmontezd'un Soleil demesme
LaSantéduReyesantparfaitement
rétablie, Sa M«,,i j e fté a
entendu ceCaresme plusieurs
Sermons duPere GaillardJelûite,
dont Elle a esté fort satisfaite
ainsi que toute la Cour. Ce Prin.
ce a aussi affiné à tous les offices
de la semaine Sainte
,
,6c s'est acquitté
avec l'air de bonté qui luy
est ordinaire, des penibles fon-
> étions de faire la Cene & de toucher
les Malades. Plusieurs Prédicateurs
se sont distinguezicy
pendant le Caresme, & entr'autres
Mr l'AbbéBoisseau
,
les Pe.
res Hubert Soanen & de la Ro.
che, Prestres de l'Oratoire, le
Pere Gonneliujesuite, 6c Dom
Jerôme Feüillant, Comme il y a
peu de grands Prédicateurs dont
on ne copie les Sermons
,
mesme
dans le temps qu'ilspreschent.&
dont on ne salle courirlesplus
beaux, endroits, on m'en a fait
voir un de Mr PAbfyé Boissèau,
qui peut avoir esté pris de cette
maniéré. Je me croy obligé de
vous le dire, afin que si l'on y
trouve quelque chose qui ne [aïe
pastel qu'il l'a prononcé
on ne
l'impute pas à l'Autheur. Son Ser.
mon du jour des Cendres estoit
sur la vanité des creatures, M~
l'Archevesque y assisi:1, & cet
Abbé dit à la fin de son premier
point.
.- * Estre cjiimé four on des plus Eloquent
S" des fins Scav^7is hommes'
2s son Siech3 rrptndre sans préparationsurce
que Usflushabiles aufont
long-temps méditéfles effacer
de bien IQin; s'il leurarrive quelque
diferace, acheverfurie champ les'
Discours qu'ils auront commence
remnhrles premières places amant
par la superi:>rïtédu merite, que par
celle du rang; terminer avec fjcilité
les affaires les plusimporf-antes",J
avecPénétration les pîïkdifficiles: s d ,W~7iles
disons tout, dvÚr la confiance de -
son Roy3 & l'amiur des Peuples3
n'eflce point la tout ce que les hommes
trouvent de plusgravd Pur Le
terre? Tout tela nefi quevanité.
Encore plus grande, si dans:e+te
Chairefn faifois tel ge. VEglCe
qui ne met que de la Cen Ire a la
mtin des Preflres
, me condamnerait,' je deviendrais le scanda'le de mon
fAuditoire,aprèsluy^avoirdonné une ternnie leçon Jeviensdoncpublier
que tout cela rieft qu'un néant devant
Dieu. On auroit beau dire qu'il
eji des hommes qu'onpeut louer fins
danger) 6" dont la modestie cjîimpénétrableal'orgueil.
le ne erdin_, point
d'exciter des sentimens de vùnité,
mais j'ay peur de flater la mienne,
(frfaurois peut-cjirc trop de platjîr à
louercequi' lemnde adrnire. Mon
Jtâinj'ieremarrefie3&m'oblige de
criersur tout et/a, Vanité. Quy'
a-t-il donc de Colide sur la terre?
rolis, ,re rglife. v mn Dicu3&vojîreEglise.
CCJ grands talcns de génie
3
d'éloquence3
d" diiir.ne, Vanité, à moins
qu'on ne les employé à enseigner la
Religion à ceux qui ne la gavent
fas 3
à la persuader à ceux qui ne la
'V.:u[;icn,," passçavoir.Dignitézjdatante5,
Vanité3 a moins qu'on ne les
yempliffe3 non avec l'applaudijfe»
Tnent des hommes, carfoublie cela
'icy, mais avecsuccès pourleurfatut,
qu'on ne fiffc tous les jours denouvelles
conquefies pour Eglise', &,'
qu'on ne luy donne en foulepour ensans
ceux qui en estoientsepare
C. nfiance de. Rois
,
Vanité3 à moins
, i eloins
que vous n'ajoutiez^q'ue'c'cflau Roy
va nqueurpûr tout, mmaaiiss qquuii- int-eè- lT'at
pltM voulu cftrc pour le devenir en
faveurdetEg'ife. Vn Roy quia
fait des choses non feulementprodi~ -
gicufes pour sa gloire,( El gloire
du monde, viendra:f-su toùjoun mébloiiirl
) mais incroyableJ pour sa.
Religion, car le refle
3
je le compte
icy pour rien ;un Roy dont on féconde
les dcffeins, à q'ù on n'en inspire
que de glorieux. VnRoy à qui Dieu
dans les secrets de sa Providence,
ménar¡.,eoit un tel secours pourétein-;--
delHercfic$unRûy qui par
fion autorité force les Brebis égatrès
de revenir au troupeau , pendant
que le Prélat les reçoit avec
douceur. L'un contraint de subir le
joug de la Foy, l'autre le fait trouver
aimable3 le Prelat a besoin du
Prince pour les dompter, le Prince
du Prclat pour les soumettre.Achevons
, Chrejliens
3
Emplois,Dignité,
Rt;uttltion, fouled'actions grandi
illuflresy Vanité, à moins
qu'elles ne fervent à rcprimer levicey
a corriger les abus
,
à procurer par
tantdepeines &- de travaux3jufquà
sacrifier sa Cantt, la réunion de nos
Fr res, qne le malheur de leur naifpln:
e avoit pour la plu[partfeparcZ
de nOlls/àns nous connoiflre.
Je n'ay fias besoin, M-inrei?neurs
devous demanderpermifion do irai*
tervojireNaissance, vos.Dignitez,
vos Talens, de vanité.VOlMirez au
tombeau comme les autres. La necessitè
publique, les voeuK des gens de
bien,rien nevous mettra à l'abry de
lamort. Tout ce que nous efperons,
cefi que Dieu, pour le bejoinde son
Eghfe, augmentera vos années, &
écouterez les prieres de celuy qui offre
de bon coeur les (iennes, d, combien
y en a-t-il quien feroient demesme?
Maxenfin, Monseigneur
, un peu
plàtofi, un peuplus tard, c'ejl là ou
ilfaut que toutse termine. Quaurez..-:
votM plus que nous]Un peu
plus de larmes, unemémoire en bénédiction.
La pofleritèvous rendra
jujlice, elle se Çouviendra de vouf
mais cefi qu'eïïeaum besoin de vous.
Qucind on parlera de ce merveilleux,
triomphe que la Religion vient d'obtenir
, il luyparoijlra incroyable.
Poury ajouterfoy}ilfaudraqu'elle
jon(sc
3
qui efi-ce qui en ce temps-là
occupoit le premier Trone du Monde?
Qui efi-ce quiremplissoit le premier
Siege de Franct,? Avec cela elle
fourra trouver de la vray-femblance
j sans icla le prodige l'y Paroiftroi!-
trop grand. Lapofiente ne dem.
tnd' qn'a ou/;!Ùr) vous lafo rerez
de se Convenir de vous. Mais quil
feroitinutile que lapoterne sefou J""
vihfi de tous t ces mir.icLes ,sila Rcligion
n'enavait eslè le m?ti(t A ce- laprès,Monreigïieur3 vous voulez.
bien que je traite tout de vanité, 6
je ne pourrais meCme inflruiremieux
mes Auditeurs & les convaincre du
néant decequaiy a de ftlus éclatant
sur la terre, qnenapportant pour
exemple ce qui fait leurs delice;&.
leur admiration,-
Le Bail des Fermiers Généraux
stans sur le point de finir, on a
ait une nouvelle Adjudication
y,
x quoy qu'on ait voulu par ce
louveau Bail porter les Fermes
plus haut que l'on n'àvoit fait par
e dernier, le Roy n'a point vouu
recevoir les encheres qui ont
sté faites. Ce font de ces choses
dont les exemples font rares ,
6c
peut-estre n'en trouveroit-on aucun.
Les Gabelles & les cinq
rroffès Fermes qui ont esté mises
en une Ferme f- parée, ont esté
Ldjugées à trente-six millions,
Voicy les noms de ceux qui ont
îsté choisis.
NOUVEAUX.
Mrs François Berthelot.
Simoan iBsenrthéelo.t) ou Son Fils
De Saint Amant.
Ricou.
Rolland de Châlons.
Poirel de grand Val.
Germain.
ANCIENS.
Mrs Mallet.
Brunet.
Collin.
DeBenoist.
Pellissier.
Dureau-Pallu.
Arnault de Palloquin.
DeTurgis. Remon.
Il reste encore quatre perfonnes
à nommer pour ces Fermes.
Les Aydes & Domaines ont
esté adjugez à vingt-sept millions.
Ceux à qui cetreadjudication
a esté faite, font
NOUV.
NOUVEAUX. -
Ceux à qui cette Adjudication
a esté faite font,
Mrs Delpech.
De Romanet.
Dumas.
Thomé.
Maynon.
De Mouchy.
ANCIENS.
Laugeois d'Imbercourt.
Robert.
De la Porte.
Belin.
- Il y en a encore deux personnes
à nommer pour cerce Ferme.
Le bruit que Mr de Lulli a fait
dans le monde,ne vous aura pas laisse ignorer sa mort. Il est né à
Florence,& il estoit encore fore
jeune lors qu'une personne de
qualitél'amena en France. Peu
de temps après il entra chez Mademoiselle
d'Orleans, & ensuite
chez le Roy, où sa réputation
s'augmenta de jour en jour. Jamais
homme n'a porté si haut
l'Art de jouer du Violon. Cet
Instrument estoitplusagreable
entre ses mains qu'aucun autre
que l'on puisses'imaginer. L'usage
des Obera n'avant pas encore esté
introduit en France,le Roy faisoit
faire tous les ans de fort
grands Spectacles qu'on nommoit
tarées. Il y avoit un Corps de sujet
representé par un grand nomhr~
d'Entrées meslées de récits.
Mr de Lulli ne fit d'abord les Airs
que d'une Partie; mais comme il
avoit un genie merveilleux, 8c
qu'il donnoit beaucoup d'expresiicn
aux choses qu'il faisoit, il -
composoit les Entréesdont il
fàisoit les Airs, & enfin il travailla
seul aux Balets. Quelques jours
avant que d'estre attaqué de la
maladie dont il est mott) il dità
unepersonne digne de foy
,
qu'il
n'avoitjamaisappris plus de Musique
qu'il en sçavoit à Iage de
iq. ans; mais qu'il avoir travaillé
toute sa vie à se perfectionner, 61
cherchétoûjours à donner aux
chosesqu'il mettoit en Air deS'
expressions convenables à leur
sujet. "C'est ce que ne sont pas Ia^
pluspartdes Maistresde Musique.
Le bon goûtdu Roy pourcebel
Art le fit estimer de ce Prince.
Mr de Lulliestoitd'ailleursfort
agreable.Ilavoit beaucoup d'esprit,
6c l'oe ne-peut rienajoûter
à l'agrement avec lequel il racontoit
les choses qu'il avoit
veuës. Tant d'heureux talens, &
l'efbnle de Sa Majesté luy acquirent
celle de toutes les personnes
de la premiere qualité qui luy firent
l'honneur de le voir familierement.
Les Souverains, dont il
î^effcoit connu que par ses Ouvrages
,
estoient tellement persuadez
de son merite, que plusieurs
luy ont fait des Presens con- siderables, & envoyé leurs Portraits.
Une si haute réputation luy
fit meriter la Charge de Surintendant
de la MusiqneduRoy.
Pendant que le travail des plaisirs
de Sa Majesté l'occupoit entierement
,
M Perrin
,
Introducteur
des Ambassadeurs auprés
cfe feu Monsieur le Duc _à'Or-"
leans
, ayant cru que les Opera
pouvoient estre introduits en
Franceen demanda le privilege,
& l'obtint. Il fit ensuite une fcrcieté
avec feu Mr Cambert,
' MaistredelaMusique dela feuë
Reyne Mere
,
dans laquelle une
personne d'une qualité distinguée,
& qui avoit fait paroistre
t: sa magnificence dans un fpeéta:.
cle qu'il avoir libéralement donné
au Public,&dont il avoit fait
luy-mesme les machines, se fit
un plaisir d'entrer. Cette nouveautéplut
au Public & eut assez
de succes , mais enfin ces Mrss'étant
broüillez, & Mrs Perrin
croyant avoir juste sujet de se
plaindre,transporta son Privilege
à Mrde Lulliavecl'agrement du
Roy. On voulutl'inquieter
; mais
ayant droit de celuy à quiappartenoit
veritablementle Privilege,
la Justice se déclara de Ton costé.
Aprés cela le Roy luy accorda
tout ce qu'il pùt soûhaiter
, pour
rendre l'Opera considerable.Airu
ÎI ceux qui ont cru qu'au réjudice
du premier Privilege
,
le Roy
en avoir donné un second qui
annulloit ce premier
,
n'ont ésté pas bien instruits. Le Roy garde
l'équité en toutes choses
,
ôc- si
Mcde Lullinesefust accommodé
- du Prmîêgê avec celuy à qui il
avoit esté d'aborddonné, il n'en
auroitpas obtenu un autre. L'O..
pera parut entre ses mains avec de nouvelles beautez
,
Pc depuà
qu'il a commencé a y travailler, il a continuéjusques à-fà mort.
Quelque-temps avant qu'il torabast
malade
,
il fit chanter dans
l'Eglise des Feüillansuu Te Vèiiïn
pour rendre graces à Dieu du retour
de la Santé du Roy. C'est le
dernier Ouvrage qu'il ait fait
chanter en personne. Ain si l'on
peut dire qu'il a finy en priant
pour le Prince à qui il devoit toute
sa fortune. Sa mort a esté toac
à fait chrestienne
,
& son elprit a
paru jusqu'à son dernier soupir
par les choses touchantes qu'il a
dites. Il a fait quantité de Legs
pieux. Ilavoit eu l'honneur d'être
receu Seeretaire du Roy il y a
quelques années. Le Roy a donné
la Charge de Surintendant de
sa Musique à un de ses Fils,&a
permis qu'il disposast de l'Opera.
Madame de Lulli en a un tiers,
& ses Enfans qui font au nombre
de six;, en ont les deux autres
tiers. Ces personnes qui avoient
foin de tout ce qui le regarde,
veulent bien continuer, & Ton
jouëra alternativement aprésPasquesAmadis
& Persée.On fait
esperer qu'au commencement de
l'Hyverprochain on donnera un
Ofr-era nouveau, pour lequel on
silure qu'on n'épargnera rien. Ce
Public en attend beaucoup,pui£
que parmylesinteressez il y a des
personnes d'un tres-bon goût, 8c
qui sont dans une estime generale.
Le sens de la premieredes deux
Enigmes du dernier mois estoit le
Totum. Ceux qui lont trouvé fontp
Mrs Rault de Roüen ; ornant
inconnude la Monde de Reims;
'":
l'Amant inconnu de la plus £bârmante
des trois Filles du petit
Eleu de Joigny ;
le grand Amy
Parentdes Bacheliers; le Neveu
de la charmante Madelon aux
beaux Enfans de la ruë du Four,
quartier S. Germain y D. Amant
de l'Aimable d'auprès la Poste de
la ruë S. Antoine; le Baboüin du
quartier S.Paul. Mesdemoiselles
Bagage de la ruë des Vieilles E*-
tuves ;P.Pensionnaires des plus
accomplies de Mante; l'Aimable
Javotte de la ruë des Fossez S.
Germain; la Phrigie protegeant
.la Champagne; &la bonne &
charitable Colon de Lagny.
La secondeaestéexpliquée sur
le grain de Bled, par Mes de Quay,
Maistre des Ports & Ponts de
Lyon; Harriveau ; C. Girard
Chirurgien de la ruë des deux
Ecus; Blasy de Montauban Avocat
au Parlement;MerielMaistre
à chanter à Caën ; le Confident
discretde la ruë de Provence;le
Solitaire de la Malmaison P. Be ; l'Amant de la Belle inhumaine
Confituriere de la ruë S. Pierre
de Caën;l'Amant de bon goust,
celebre Orateur de la ruë des Filles
; la belle Leonnoise de la Place
Laubert de Qmmner, & l'aimable
Bohemienne de Trevoifec de
la mesme Ville.
Ceux qui ont expliqué toutes
les deux dans leur vray senssont,
Mrs de la Doespe de S. Oüen de
Caën ; Maurice Villet Perigourdin
;
la Prairie Cairon Mathematicien
à Caëen ;
E. Desforges le
jeune; l'Infortuné Tirsisde Moulins
; le Solitaire de Gonesse;le
Rival de l'Amant de la belle Hortense
& de l'Incomparable Emilie
pour Calixte;le meilleur Enfant
de la ruë Pierre Sarrazin, &
les deux aimables Soeurs de la
Porte de BiUty.
La premiere des deux Enigmes
nouvelles queje vous envoye ,
effc
de Mr delaChaussée le jeune,.
d'Abbeville-
ENIGME
pOur les bons & les mauvais
coups
On me met fuvcnt en uCtre,
£Avareain(ï que le J-hux --
£>*«/ron bonheur mecroitle
1 - o o
Si je fais quelquefacheux Je tour3 fuis aufjïfcrt necessaire,
Soit dans les myferesd'yimour}
Soit dans la plussecrette affaire.
Je trouvefar tout de l'cmployr
r¿ me ccnnoiftre l'on s'aplique3
Et jamais personne sans moy Ne pourroit scavoir la Mujque.
AUTRE ENIGME. J£ ne doispoint lejflur à quim'a
dormetefire3
Je ne• fuis point fenfible- e- je uay
point de Crps,
Jefuis pourtant vifibU, &- pour me
bien connoijlre [ vos efforts. Il vous faudra-DcBeur, faire tous
Bien que je fois aux Champ
aussi-bien qu'à la Ville
x
7ependant pour me voir voiis vous
tourmentezjjien >
2uoyque l'on[oitsçavant3quoy que
l'on foit habile,
tes lumieres chez^moyneserviront
,
de rien.
1. Il fait si froid que je puis encore
vous envoyer un Hyver. Il
est de la composition de Mr Ludet.
Vous aurez des Printemps le
mois prochain. ««
AIR NOUVEAU. L'Hyver a beau glacer parun
froid rigoureux
Nos Ruisseaux enchante"{, nos ai--
mables Fontaines,
L'adorablePhilis dont je porte les
chaifnes[menfermesfeux.
JOçurbroeverfesfrimâts vient d'aug-
[
Son beau teint plus brillant que flejp
celul de Flore,
Faitnaijtrc sur fort fein plus de.
grace & de Fleurs
Que le plus doux Printemps n'enfeauroitfaire
éclorre,
Et ue l'Hjvcrn'enpeutflétrirpar
ses rigueurs.
-
Mrle Chancelier estant venu
ce mois- cy prendre Seance au Grand Conseil, dont les Chanceliers
de France sont premiers
Presidens nez, il y a tant de
choses curieuses ôc particulieres
à vous dire sur ce sujet, que je
n'ay encore pû les ramasser toutes.
J'y travailleavec soin, & vous
aurez la-dessus le mois prochain
un morceau d'Histoire considerable.
Il me reste auiîî à vous parerde
la mort de plusieurspersonnes
de distinction. Je fuis, Madame,
Vostre,&c.
A Parisce 31. Mars 1687.
TABLE DES MATIERES
contenuës en ce Volume.
pRelnde. 1 Ode.j iovnet.j WadrigaL10.
J4fiions degrâces rendues, & rèjoùijfance.
, faites par les Officiers du Siege de Se.
wchal d'Arles. Sd
Fesle de tAcademie de la mesme Ville. 64
.Autses faites à Angers. 76
Autres faites à Montpellier. 81
Rèjoitiffancesfaites à Aix par Me la Prendente
de lioyer-Bandol. 83
.A Etions de graces rendues'par les Feuillans
de Rouen, avecunextrait du Dif
cours prononcé en cette occasion. 50
DifèoursprononcéparM. Godeauau ColegedesGrassinssurlaparfaiteguerison
Mdu Raoy.drigal.10896
Ode. no
TraduElion d'une Ode Latine\àu Pere
Cornir! Jesuite faite par M. de Fontenelle.
115*
MartI. Ils
Prise. de Poffiffion de rAbbaye de Vernott
par Me de Berthemet. 156
Cérémoniefaite aux Auguflins de Thouloufe.
15?
Déclaration duRoy,174
PlacetauRoy, - I/o
iBrefs du Pape invoyez, à M. tAbbè de
Lionne. isi
Hifloire. 186
Démocritcrcjfufcité. ni
Secretadmirable trouvé par M. Bojijuet
de Marseille. 12'2.
Lettres de M. de Comierscontenant flusieurs
secret1merveclleux. 2.17
Pceees de Qlaviffin. i~
Livre de M. Foreflier, contenant les raisons
qui ont oblive les Protcjlans 'de
France a se réunir a l'Eglise Romaine.
lf9
Lettre de Rome touchant les Honneurs fM"
nebres rendus à M.le Duc£Efirées*
1+7
Servicefait a Crépy en Valoispour le mêmeDuc
2-61
Divertissemens donnez, 4 Mr le Prince de
To/cane.à Livonrne. 165
Rèpon/è du Marcgrave de Baden à une
Lettre du Grand V>fir. 16.8
Honneurs funèbres rendus par pfofieurs
Cr-rpr de Dijon à lA mémoire de feM*
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le