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1686, 07 (partie 1)
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60.30 Mo
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350
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0-N donnera toujours unVolume
nouveau du MercureGalantle
lperemier jour de chaque Mois, & on -
vendra, aussi-bien que L'Extraordinaire
, Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais, dansla
Salledes Merciers, àlaJustice.
Chez la Veuve C. BLAGEART, Court-
Neuvedu Palais,AUDAUPHIN
El'T. GIRARD, auPalais, dans laGrande
- Salle,àl'Envie.
M. DC. LXXXVI.
APECPRIVILEGEDVROI.
AU
LECTEUR.
i ON avo/t crû en com-
/mJJe:"nnççaantttt aatiimnpprr¡immeer"r
cceeyV0o 'u-mtÎnee, ,qm14oonnyy. pourrait
donner place,. nonseulement
a toutes les Nouvelles
de ce mois
,
mais en--
core a l'entier Virait du
Voyage de 7141 le Chevalier
de Chaumont a Siam»
Cependant les particulariteuon
en a apprises;
Jefont trouvées enJigrand
nombre, qu'il a eslé impossible
de les y faire entrer,
toutes. AinJiil rtftc a informer
le Public dela fuite
de ce grand Voyage, f5 de
quantitédechoses tres-curkufes
touchant le Royau-.
me ',de Siam, qui avec les
autres Nouvellesçtf Article
ordinaire des Enig-
- N mes, engagent a faire un
fécondVolume. Comme
on riavoit pas préveu que
l'on fcroit obligé d'enfaire
deux)onn'en a pas commen- tcéVimpressionaffeZj tofiy
pour les pou voir donner
\l"un f5 va'itre au commencement
du moire On
.d '1. 1 donne toujours le premier,
en attendantlefécond auquel
on travaille inceffamment,
f5 quon débitera
au plus tard dans
guindé J-ours.
•J»
*
TABLE DES MATIERES
contenuës dans ce Volume.
PReludc contenant les ç-andes obligations
que les Ne:;,ocians ont au Roy.
raçr -
StancesCous le l.om de la Ville de Paris
sur la Statue du Roy élevée dans la
Plaçade.rfr;cîolres. 8
Ponr-i-t dit Roy. 1 i
sfrrctf du Cenfèil d'Etat enfaveur des
Etransers. 11
Eloge de feu V/- le Chancelier le Tellier.
16
Noms de tous les Chetraliers auifontla
Campagne cette année dans fs4r?née
des Venitit'ns, & qui composent le Bit..
taillon de faIte, 29
Suitede l'H?lire les Eiïampzs. +°
jParti:-i!a''tztrst-exriures touchant
Affaire desValléesdeLucerne. 73
Morts. 94
TABLE.
n'NadAme la Prefidrnte de Afaniban accouche
d'un Fils aprèsdix-huit an5
de /'v/a,if!'Te.
Particufxriiez. d'un Combat donné entre
deux Va:/]êartx du R(,y
,
& deux Galions
d'E/pagne. 100
Conversions faites par M. ïEvefque
dtOrange. 135
Baptefms d*nn Juif nouvellement converty.
158
JMUe de Montmorency est receuë Fille
d'Honneur de Madame la Dauphine.
H1
MolrtadenMacdamee laiQo.mtef1fe d4e C4ha-
Presens faitsau Roy parunGentilhomhomme
Genois. 145
Voyage du Roy. 1 50
REg,;! donné à Saint Cloud. ijz
Dvertiffewent deferrailles. ijz
Reçal donné a Choisy avec la Defèription
de cette Maison. 153
Régal fait a Chantilly. 161
Repas donné à Monsieur par M. le Duc
TABLE.
* de la Vieuville. 166'.
Serment prtfté entre les mains du Roy de
la Charge de Lieutenant General de
Champagnean Département de Rkeims
par M. le DitedAtri. 167
Extrait d'une Lettre écrite de Surate,
contenant plufiel-trs particularités touchantleVaiffeanappelle
le Soleild'Orient.
sur lequel estoient embarquez..
lleessslmutjfaddeeuurrss de Siam nnoommmmeezz,
pour veniren Franceen1681. 171,
Journal du Voyage de Ai. le Chevalier
de Chaumont. 185
MERCURE
IF,,f.rE.RIVRE
11.,CALîitll'
oIVILLET 1686. UOY que la grandeur
d'ame quimet
le Roy au dessus
de tous les hommes, soit
inseparable de toutes ses
Actions, elle a sur tout éclaté,
lors que ce Monarque
refusant le gain de causequup
luyaffeuroient avec ~justicoif
la pluspart des Voix de [0'011
Conseil
, prononça ~contrnn
lu y ~mesine en faveur de M
Sujets, qui sans sa ~permifïiooîll
avoient basty sur des Places
qui estoient de son Domaine-
Cette generosité, au
surprenante qu'extraordinaire,
& dont l'Histoire parle
dans tous les Siecles av~
admiration
,
luy attira Il £
loüanges de ceux-mesme
qu'un trop grand amas aj
merite & de vertus rend~
jaloux de sagloire. Je diroit
À
de ses Ennemis, s'il eftoic
possible qu'un Prince aussi
parfait que le Royen eust.
ous demeurastes d'accord
u'il n'y avoit rien qui pust
: estre comparable à cette
Action. Cependant, Madame
, toute éclatante qu'elle
fi-) Sa Majesté vient d'en
aire une autre qui l'égale j
& je ne sçay si je diray trop
en
*
vousdisantqu'elle la surpasse
; mais enfin elle est du
Roy
,
& c'est assez pour ne
s'étonner de rien, puis qu'il
a receu du Ciel le glorieux
avantage de faire seul les'
plus grandes choses. Dansla '.tt
premiere Action,il a refusé
desmillionsqui luy estoient an
deus, afin dene pas incom---ri
moder sesSujets,& danscelle oK
qui vient de briller aux yeux xu
-
de toute l'Europe, il a dépensé
d'autres millions pour
iu
leur faire rendre ce que 3ii
l'on avoit exigé d'eux avec 33
injustice.Ilsnegocioient au u~
Mexique souslabonne foy yc
des Trairez, &il y avoit déja à{
six mois que la Trêve estoit
concluë
,
lors que par un m
Decret du Conseil des Indes,
onimposa une (omme an
de cinq cens mille écus iur
les Effecs des Marchands
François. C'estoit pour leur
faire rembourser cette forrime,
& pour empefeherqu'à
l'aveniron ne leur sîst de pareilles
avanies, que Sa Majesté
avoir fait équiper la Flote
qui vient de faire trembler
Cadis. Elle n'avoit aucun
interest particulier à cette
affaire, qui ne regardoit que
les Marchands, & Ellen'a
paslaisse d'entreprendre en
leur faveur ce qu'ilsn'au-.
roient jamais oie esperer,
puis qu'il n'y a point d'exeniple
d'une semblable bonté
ny mesme rien que l'on puisse
dire qui en approche. On
les plaignoit, & quelquefois
on parloit pour eux, mais
on n'agissoit pas, & cette
gloire estoit reservéeauRoy.
Ce Monarqueincomparable
semontre par là veritable
Pere de ses Sujets, Protecteur
de la Justice
,
Pacificateur
de l'Europe, &fait connoistre
à toute laTerre que or
s'il impose des Loix
, ces
Loix sont justes,& font éviter
desGuerres qui troubleroient
le repos des Peuples,
s'ilestoitmoins sage, moins IL
H é
judicieux
,
& moins puiisant.
C'est donc avec beaucou
p de raison que l'on
s'empresse à m'envy à luyélever
des Statuës. Voicy des
Stances qui ont estéfaires
sous le nom de la Ville de
Paris,sur celle qui faitl'ornement
de la Place desVictoires.
Quoy que l'Eloge
soit grand, il est beaucoup
au dessous de ce que le Roy
donne lieu de dire. Maisestil
des termes assezexpressifs
pour des actions qui ne fonr
croyables, que parce qu'on
en est tous les jours témoin?
SUR LA STATUE
DU ROY,
Elevée dans la Place des
Victoires. T7 malgré lesfrim.itsJefroid,
& la tempe(le
LinvincibleLOUIS, étendait set
Exploits;
Et llaofnoucdjrHe atlaftme,aiinnppoouurY,,fÛuiivaanttl/,tt,
RtnghitBfwconfous/es t loix.
Telsur les bords du Rhin ce Guerrier
intrepide,
D.7 Batave étonné les ramparts;e foudroyoit let
Etmarchant chaque joursur lestraces
d*Alcide,
Tortoit PtffrQy de toutes parts.
Tl!d'un Monarque vainquaveu-
,g,,,/,Ioo.i;tt s'ii~ pmjfiirice,
,
Ce ferme Conquirnr/t abaissoit les
hauiiun ;
Et f.ùfiit triompher la grandeur delà
Frame
Jurque dans fis Ambaffadcurs,
Tel cet aimable Roy, peur qui mon
coeuriftipire,
Et dont mon oeil charmé conumple
icy les traits,
Vans le siin de la Paix qu'il donne
afin Empire,
jcuit defis propres bienfaits.
Ttl,&plw grand encore ce Hcros
adorable,
Ej1 defin Peuple heureux le bonheur
&CAmouri
Tel chery,révéré ,pieux,fdgc, équifdb!
c,
LOZJIS (è fait voir asaCour.
-
Mwis veut ,
fameux Vainqueursy t
Rcmâins
,
je vont déjie
De memontrer chez, vous rien qm
luysois éçal;
pin Rois riaureientestéquwnc faible
Ctipie
De ce divin Original.
,
Vous ne ferez pas fachée
de voir le Portrait de ce
grand Roy. Vous le trouverez
dans le Sonnet que je
vous,envoye de tvF TAbbe - leHoure. Quoy qu'irregulsiere,
ilsnbe leaisaseupasted'azvo.ir, r.--..,
PORTRAIT DU ROY. Q~JeLOFISfoit toujours bien
flit,
<^e sataillefoit riche cr grande , J^c parfo/i fcul air il commande,
JPue ccfoit un Princeparfait.
unfçxvantptneeitt trait pour
trait
Trace le plan defisVictoires;
JPu'il eu remplijfc les Hifloires.
Et nous en laiffi le Portrait.
Pour moy je dépeins le merte
D'un coeur Royal, d'un coeur d*élite,
Allfli bon qui'leff renereux.
'Zci pojfcdcavcc avaniâgt
DesquaHez,dignes desdeuxs
c'ejl pir 14 que je ïeuvijage.
La bonré du Roy nese
borne pas aux soins qu'illuy
plaist de prendre pour le
bien de ses Sujets; elle s'étend
jusque sur les Etrangers.
Beaucoup d'entre euxavoientcrû
qu'il leur seroit
inutile de vouloir faire commerce
dans le Royaume
parce qu'ils estoient persuadez
que pour en sortir ils
auroient besoin de Passeports,
& Sa Majesté a bien
voulu les tirer de cette erreurpar
un Arrestdu Conseil
d'Estat, dont il y a peu
de jours qu'on a publié l'Extrait
en ces termes. LE Roy efiant informé que
nonobstant la liberté qui a
ejlé de tout temps donnée aux Ef
trangersd'entrer dans le Royaume
,y rejourner,&en Jortir lors
bqiue'nils le trouvent apropospourle
de leurs affaires & commerce
,
laquelle liberté leura efléfpecialementconfirmée
par rArrest
ae[on Conseil du 11. Janvier de
lapresente année, aucuns desdits
EtrangersJetrouvent inquiete:{,
& détournez de leur commerce s
par lanecessité dans laquelle ils
croyent estre de prendre des Passeports
de Sa Majesté pour sortir
du Royaume. A quoy voulant
pourvoir, & asseurer de plus en
plus la libertéqueSaMajestéa
toujoursentendu laisser ausdits
Estrangers;SAMAJESTE*
ESTANT EN SON CONSEIL,
en confirmant ledit Arrest du n.
Janvierdernier
, a permis gr
permet audits Etrangers
,
de
quelque qualité, condition & Religion
qu'ilssoient, d'entrerdans
le Royaume
, & en sortir quand
bon leur semblera
y
sansqu'ils
soient tenus,de prendre des 'PaiJe..
ports de Sa Maleslé., mais seulement
de faire leur déclaration devant
les Juges des lieux ou leurs
affaires (jîf commerce les appellefont,(^
7* d'en prendre aRe desdits
Jugesqui fera legalisé en la maniéré
accouturnee, ($f a eux ddelivre
sans frais. En vertu def.
quels Afies Sa Majeflé enjoint
à tousfes Gouverneurs@ Lieutenans
généraux de sesProvinces
,
Gouverneurs particuliers,
&aux Commandans de ses Villes&
Places
,
@r autres qu'il
.appartiendra, de laisser seurement
& librementpafjcrlesditsEflran•
gcrspins aucune difficulté. FAIT
au Conseild'EJlatdu Roy
,
Sa
JMajefléyeslans, tenu à Versailles
le vingt.hunième Juin mil
Jtxcensquatre-vi-ngts srix. Srigné,
COLVERT.
Je vousay déjà envoyé
plusieursEloges de feu Mr
Je Tellier Chancelier de
France. Comme les Grands
Hommes ne meurent jamais,
leslouanges qu'on leur donne
font continuels longtemps
après qu'on les a perdus
, & ce que vous allez lire
en est une marque.C'est un
; Ouvrage dont l'invention
tvous paroistra singuliere, Il
est de l' Autheur du Dialogue
de Calvin & de l'Here- Wl lie
que je vous envoyay
dans la seconde Partie de ma
Lettre de Fevrier.
i
ELOGE
De feu Mr le Chancelier
le Tellier. LA 'Barque de Caronefiert
déjà,presque toute remplie mfar le point de partir3 quand»
Mr le Chancelier parut, maisi\
des derniers. Celuy-cy nejlpasii
du commun ,
dit Caron
,
ilfaut îv
l'attendre. Il entra bien-tost <$--~
prés dans la 'Barque avec cette
mode(lie qui le faisoit refpeéler^ï
me/medesSceLerats, @f averzi
cette gravité quiappaifoit les Se~~ï
ditions & les Révoltés. Ily
voitalors deux ou trois perjonnenv
dans la Barque quise difputoientteK
les premieres placesJ eJf d'autresir\
prejjoient leur départ avec des pa—&<
rôties qui témoignoient de l'impa-w
<?~ f M~M/' /w~-~
tience;mais lors qu'on eut vetaM
entrer ce grandPersonn.ige, cha-hi
cun garda le jilelKeJ 0* se timm
dans le relPeEl. Deux Praticiens
qui sentreienotentfecreternent des
friponneries qui avaient servy A
avancer leurs affaires,nel'eurent
pas si-test apperceu, quils Je cachèrent
au fond de la Barque.
Caron voyant alors reg-ner un filencequ'ilnavoitpointeennccoorree'
remarque a entrée ny dfsPhu
lofopbes, ny des Generaux J'Ar..:.-
mées, s'approcha de luyt & le
regardant d'une maniéré qui fai-
[oit connoifire son étonnement;
Nefene^-vouspoint3 luy dit-ily
le Roy Codrue, le plusfage & le
pltM aimable de tous les hommes
car jefuis de l'opinion de Pyths*
gorey qui veut que les Ames pass
fent d'uncorps en un autre, &si.
Ion ccJentimenttà force de paffir
d'e Dignaez en Vignitez
, vous
'Vrnez de faire une grande figure
sur la Terre. le fuis le premier
Ministre de la Iuflice, repondit
M-le Chancelier. Aces paroles
C'tron fut frapé d'un sentiment
de refpefl (fy de vénération qu'il
riavoitpointencore eu à laveut
des Princes & des plus grands
Capitaines.Quoycess vous, luy
dit-il! Je pxffe touslet jours beaucoup
de monde, mais je puis dire
pour voflre consolation
, que je
ridy jamaisouy faire. aucune
lainte de vous parmy les Pajjam
\ers,quoy qu'ils prennent dan5
va Tèarque une liberté deparler
uils n\fôient prendre pendant
wils vivoient: le vous diray
ncore une chose qui vous estfort
lorieufie; c'est qu'entre toutes les
Sentences que vous al}ez prononces
contre tes Scelerdts, il riyen
aucune qui naît estéconfirmée
ar ceux qui president chez les
Worts. Tandis qu'il parloit) la.
Sarque approeboitdti bord, cm en
onjiderationd'un telhommey Caon
fit de(cendre tous ses Passagers
ur unrivage agreable&des plus
emmodes. Mr le Chancelier
acbevoit de prendre ferre,quancm\
il rencontra Calvin
,
quifort re-^\
fila de paroi[Ire encoie au monde.,
affl-ce dans le Corps dequelquej
Mapeien,cbercboit Pytbagore,,,,
afin d'apprendre de luy le moyem4
djy retourner. Cet Herefiarqueimi
l'ayantapperceu;il efi lcitntemps,:il
luy dit-il
9
de venir parmy lesv\
Morts. Que n'y rveniez-'Vous /M
yacinquanteam : y a cinq'4ante ans?f Peut eejfltrrer que$&\
ma DoBfim, dont on reconnoit'no
aujourd'buy faujjete,riaulott\\o
pas eslési affaiblie.C'est par voSto,
conseils qu'onl'a combatué
, &'Z
'VOtM vous esses fait une joye d'à--h
'Voir Jeelleen mourant la rêvocA—*
taion de l'Edit dontelle tiroittou- force. Calvin en auroit dit
antaçe
,
sil n'en eufl pas esle
empefchéparungrandbruitquise
sientendre ,,,rés de là. Cetoit
une coKj'i:fion de peuple qui
prenoit la fuite devant un Diable
nomme tInfolent
)
qui ayantouy
dire que Mr le Tdhcrnefoit
plus au Monde
J
(floit dans le
defjcin d'y aller
,
pretendanty
faire un grand fclat; maisayant
jette les yeux sur ce visage qui
causoit lapaix., Ë7 qui rénjeilloit
les esperancesparmy lespeuples,
il sarreflatoutremply d'étonnement,
(fo sans déliberer davantdge,
il prit lafuiteducojié de fx\
Caverne
,
dont l'horreur /IQJ
JembloitplusÇupportable que
frit
regards d'un si grand Hommes
Lz Rebellion que l'on disoiteflmï
Çamere
y
alla audevant de etn
Diable. Poltron) luydisoit-elle
en luy presentant {on ventre,^'
ffi-ce que ru veux rentrer damm
les entrailles qui t'ont conceu f OinsC
apeurdmoins,répliqua ce Dia—x
blé. Vay veu. un visage devante
lequel le plus hardy doit trem~\x
bler
y
& s'il en vient souvent de^
fernbla!ilesdans ces lieux
,
je nem
sçay ou nous ironsCet orage- ne -,u
fatpasst.tofld<]fipeyq*on décou- vritiw
)*vrit la jufiice qui. venoit au de.-
vant de My le Chancelier; je
vous ay ,
luy dit. ellethonoré de
meslumieres & de mes conseils,
.& 'vous m'avez fortifiée de rvôrre
authorité. Je vous ay rendu
:întrepide dans les dangers3 &
vousmave^ rendueaimable par
lï'iinotevrité de vos mmooeeuurr~s.. En reconnoissance
je veux vous conduire
dans le quartier des Sages
ou vous fOu/;aitez d'aller, &
vous faireparticipant de pluficurs
Quefiions curieusesqui syagitent.
En effetdans le momentquils
y arrivèrentyon efloitfwuneQuejiion
ajf£ digne de leur curiosite.
C'efloit un Phi/ofophe qui anh
cufoit la Fortune
, ou d'avem*,
glement, ou J'injustice ; iaveu^^
glement
j
si elle ne njoyoit pat>f\
le merite des gens de bien; dïfA'C.\
justiceJ sien ClJe voyant elle ne h
fecompcnifoitpas. La ofrtuneJ'y.
di ffendoitpar d'ajfie% bonnes rakx
ifonsy& appercevant Mr le Tet<P
lier, donnek-moy
,
dit-elle, deù*
gens qui ifaient semblables à c)
grand iffliniflre
s
o-rand ,7finiflre qui Jcacbem.i
, _fcaclienî,,%
prendre les occasions & les mocm
mens favorables que je presente
& qui les conduisent avec fagej\?l —f~' C~~
fie commeil a fiaity & vous ver^%
rez queje ne demande pas mieti^,
tjtie defavorifer le mente. Il rien
salut point davantage pourfaire
l'apologie de la Fortune. De là
on pajja dans un autre. Appartement
3
où l'on demandoit si la
modeflie pouvoiteflre compatible
avec la grandeur. Les sentimens
efloient partagez quand Mr le
Chancelier decida le tout parfit
presence,car jamais personne n'a
eslesigrand que luy) dit tAfJemblée
, & jamais hommeria esle
(tmodefie. Si la grandeur a quelque
choje de terrible de fioy
,
elle
le modere & le rend aimable
quand elleefl jointe à une sigrande
modeflie; e ainsi l'on-tombx
d'accord que la grandeur e latJ
modejtienefontpas ÍncompatiblesJ/i.'J'
& que l'alliance ence Bien-tojlaprès on entenditum»
Pbilojophe qui souhaitoit que len*\
Sâgessissent toujours pauvresi; u
($y que
les
autres devinjjentri—vx
ches par des vojes permises,CeWv
donna lieu d'examinersison (ou.-\\â
hait efloit jufle. Il a raison
,
di~\k
soient lesuns>car le moyend'eftrt)^
riche &fage tout ensemble 1 /,,\ t
n'apasraison
t
dfoientlesautresir*
car le monde feroit miserable j\ 5
les rtcheffesnefloient jamais en-sn
tre les mains des Sages. La Iujltciftiï
1Jculant decider l'affaire
>
montrmw
Mr le Te*llier. Le bon upge3dit,-
cHe,qùon luy a veuf-aire des ri-
.cheffis
)
montre bien qu'il nappartient
auau Sage dHeflreriche,
puis qu'il n'appartient qu'àn fr-ty
d'eflye moderé dans l'abondance.
Comme on ne peut trop
faire connoistre les Braves
& sur tout,ceux qui ont pris
le party de combattre toute
leur vie pour la Foy, je croy,
Madame, que vous ne ferez
pas sachée que je vous fasse
part d'une Liste qui m'a esté
envoyée de Malte. Ellevous
apprendrales noms de tous
les Chevaliers, qui font la iu
Campagne cette année danser
l'Armée des Venitiens, &':l
qui composent le formidableBataillon
de Malte. Voicy
ceux des Officiers. []
M. le Commandeur de Me~--s
chatain, General. JNl
M. le Chevalier de la Barre,
Lieutenant General. y»À
M. le ChevalierduRefuge,î Major. 1 M. le Commandeur Esbare,
c Major. M. le Chevalier de PernacAyde et
de Camp.
M.leChevalier de la Varene, cï
Ayde deCamp. - M. le Chevalier de Leszeval,
Ayde de Camp.
M. le Chevalier de Fargues,
Porte-Estendard.
M.leChevalier de S. Fortunat,
Garde Estendard,
Il Signor Cavaliero Cardouche
arde Estendard.
IlSignorCavaliero Ventura,Garde
iEstendard.
le Chevalier Schonau,Garde
Estendard .-
VL le Chevalier de Brilliac,
Garde Estendard.
M. le Chevalier de Manterie,
arde Estendard. leChevalier de Grace l'Espinasse,
Ayde Major.
M. le Chevalier de la Ferte,
roviditeur des Troupes.
Reverend FrereFrançois Baron,
[Aumosnier François.
Reverend Frere Dominico G.xmbigallo
, AumosnierMaltois..
Reverend Frere Ignatiodi Bono,
AumosnierMaltois. 4 M. le Chevalier de Cerés,Ca- - pitaine des Grenadiers.
M. le Chevalier de Savaillan
Lieutenant des Grenadiers.
M. le Chevalier de Saillans,
Sous-Lieutenant des Grenadiers.
M. le Chevalier de Mongon-
Corin, Sous-LieutenantdesGre--
nadiers.
M. le Chevalier de Paulms-
Voyer, Capitaine des Fuseliers.
M. le Chevalier de Beaupré,
Lieutenant des Fuseliers.
M. le Chevalier de Champron,
Sous-Lieutenant des Fufeliers.
M. le Chevalier de Roquepine,
Sous-Lieutenant des Fuseliers.
Noms de ceax qui Commandent
Us Galeres.
LACAPITANE.
M. le Chevalier de Saint Germain
,
Capitaine.
Mle Chevalier de Chemezin
Lieutenant.
M. le Chevalier Galder , Capitaine.
Î M. le ChevalierGleispach,
Lieutenant,
LA PATRONE.
il Signor Cavaliero di San La&arog
Capttano.
Il Signor Cavaliero Claracini, Le-
[ cotencnte.
It Cavaliart Don Arnand* Iogores
Gapitano.
; Il Cavaliero Dom TbomafoEfcarlinx
Locotcnenu.
SAINTE MARIE.
M.le Chevalier du Guast
,
Capitaine,
M. le Chevalier de la Touche,
Lieutenant,
M. le Chevalier de Castelet,
Capitaine.
M. le Chevalier de S. Auban,
Lieutenant.
SAINT PAUL.
M. le Chevalier de la Borde,
Capitaine.
M.le Chevalier de Paris-Fontaine,
Lieutenant.
M. le Chevalier de Beauquemard
,
Capitaine.
M. le Chevalier de Gallien,
Lieutenant.
SAINT PIERRE,
1 eu font IIfI/fi les f'uzclÙrf.
M.le Chevalier de Choisy
,
Capitaine.
M. le Chevalier de Barmon,
Lieutenant.
MAGISTRALE.
Il Cavaliero Don lean Emmanuel
v
Ct/pitano.
Il Cavaliero Don LaboDaimetde,
Loc()tenentç..
Il Cavaliero don Bernardin de NtireaCapitano.
Il Cavaliero Don Andrea Padila ,
Locotenente.
SAINT GREGOIRE.
M.le Chevalier d'Arené
,
Capitaine.
M. le Chevalier de Rousset,
Lieutenant.
Il Cavalière Don Augujlïn Vertis,s
Capitana.
Il Cavaliero Bon Thomas Eflav4').
Locotenente.
ANNONCIADE.
M. le Chevalier. D'O, Capitaine.
M. le Chevalier de Chaftillon-
Gramont , Lieutenant. - M. le Chevalier de Saint Maurice,
Capitaine.
M. le Chevalier d'Ortan, Lieutenant.
Chevaliers Vo1ontaires.,
M. leChevalier de la Sonne.
M. le Chevalier dela Mothe.
M.leChevalier de la Brillane.
M. le Chevalier de Varadier, -
M. le Chevalier de Lespine.
M. le Chevalier Sprely.
M. le Chevalier de Monchalain.
M. le Chevalier de Barbesy.
M. le Chevalier de Boyer.
M.leChevalier de Champinelle.
M. le Chevalier de Martel.
M. le Chevalier de Brany.
M. le Chevalier de Molins.
JVL le Chevalier de Brany-Thiar.
M. le Chevalier de Gorges.
M. le Chevalier de Fezin.
M. le Chevalier de Seillans.
M. leChevalierde Marüeil.
Il Cavaliero Perussi.-
M. le ChevalierdeGaspari,
M. le Chevalier de Gabriac.
M. le Chevalier de S. Christosle.
-
AI. le Chevalier de Pudion.
M. le Frere Servant Baron,
CHEVALIERS DE CARAVANE,
qui descendent desGaleresavec
le Bataillon.
M. le ChevalierdeValavoire.
il Signer Cavaliero Arcimbordy.
Il Signor Cavaliero Don Carlo Caraffl.
IlSignor Cavaliero Don IOqJ sessé.
il SignorCavaliero Gallucy.
Il Signor Cavaliero Zan,z,(dary.
M. le Chevalier de Glandeves.
M, le Chevalier d'Urre.
M. le Chevalier de Gramont
Chastillon.
M. le Chevalier de Beveren.
M. le Chevalier des Ayques.
M. le Chevalier de la Brillane.
M. le Chevalier du Heron.
M. le ChevalierdesAunoix.
ItltCearvaslitroyDon AugustinoXime- M. le Chevalier de Castelet.
M.leChevalier deBrilliac.
M. le Chevalier deColombieres.
M. le Chevalier de Donedeau.
M.. le Chevalierde Tourettes.
M. leChevalier de Pizanston.
M. le Chevalier de Perier-Clement.
o -
M.le Chevalier de Saint Pierre.
M. le Chevalier de Sannes.
M. le Frere Servant Charetier.
Quatre Gentilshommes de
Marseille se sont mis Volontaires
dans le mesme Bataillon. Ce
sont,
M. de Gilles.
M. de Fouquié.
M. de Bricard.
M. de Saumati.
Il y a encore neuf cens
Soldats Maltois
,
qui avec
ces Chevaliers composent
ce Bataillon, Ilest toujours
la terreur des Turcs, qui
n'ont point d'Ennemis plus
redoutables que les Chevaliers
de Malte.
Vous ne m'avez point sur
pris en me mandant, que ce
que je vous ay envoyé de
l'Histoire des Estampes a pa- £<
ru nouveau aux Curieux de sfc
vostre Province. On s'instruit
par là agreablement,
& la suite que vous allez voir n<
pourra estre utile aux ArchiGrotte,
avec ses Jardinages, Vi
du dessein du Sieur Marot.
Veuë du Palais de Monsieurl'Electeur
Palatin pour-,
bâtiràManheim, du Dessein
du S. Marot.
Dixdifferens desseinsd'Arcs
de Triomphe
,
du Dessein
du S. Marot.
Six differens Plans de la^xJ
Maison de feu MrHesselin,
Tresorier de la Chambreaux
Deniers du Roy;sçavoir,
(
I. Le dessous du Rez de
Chaussée.
2. Le Rez de Chaussée,
3. Le second Etage.
[ 4. Le Profil du dedans de
cette Maison.
5. La face de l'Entrée de
cette Maison.
6. L'Aspect de cette Maison.
Cinq differensPlans du
Chasteau du S. Sepulchre en
Champagne à deux lieuës de
Troyes, qui appartenoit au
mesmeMrHesselin, sçavoir,
,
1, L'Elevation de l'Entrée
de ce Château.
2. L'Elevation de ce Châ--
reau du costé du Parterre.
3. L'Elevation du VeftibiSle
du costé de la Cour.
4. L'Elévation de la sortie >
du dedans de ce Château.
5. La Chapelle de ce Château.
Cinq differens Plans du
Château de Turny en Bourgogne;
sçavoir,
I. Le Plan de ce Château.
2. L'Elevation de l'entrée
du Vestibule de ce Château
du costé de la Court.
3. Le Profil & l'Elevation
d'un des costez du dedans de
ceChâteau.
4. L'Elevation d'une des
Faces de ce Château.
5. L'Elevation & Profilde
e Château qui represente
~e dedans du Salon, avec Ton
~Aile
,
son petitPavillon, 8£
~ePorfilduPont Levis.
Quatre Plans de l'Hotel
<e Chevreuse, au Faubourg
Saint Germain;sçavoir,
I. Le Plandecet Hostel.
2. Le premierEtage.
3. Le Profil de cet Hostel
~ucosté de la Court-
14. La Façade duBastiment
du costéde la Court, avec
es Profils des Aisles.
Trois Plans duChasteau de
Vaux le Vicomte, conduits
par leS.le Veau, Architecte
du Roy ;
sçavoir,
I. Le Plan de ce Château..
2. La face du costé de la&l
Court. £ t
3. La face du costé du JaM£
din. ! J
Deux Plans de l'Hostel de
Mortemar
,
ruë des Rozier
Faux-bourg S. Germain
,
duub
Dessein du S. Marot; Íça""bl
voir, (
I. Le Plan de cet Hostel.
2. L'Elevation de la face
&Porfil. Trois Plans de l'Hostel de
Beauvais, ruë S. Antoine~31
sçavoir ,
CI. hLe aPlaun dsu sReéz ede.
2. Le premier Etage. 3.LaPrincipaleEntrée.
Deux Plans de la Maison
de Mrde Mouceaux. Grand
Audiencier de France, du
eiTcin du S. Marot; sçavoir,
I. Le Plan de cette Maison.
* 2. L'Elevation & Porfil.
Quatre Plans de l'Hostel
de Lyonne du Dessein du
S. le Veau Atchitecte du
Roy; sçavoir,
I. LePlanduRezdeChausfée.
2. La Perspective. de cét
Hostel.
3. Le Profildu dedans deJa^I
Court.
4. La FaçadedixBâtiment,.31
Deux Plans de l'Hostel desi
Mr de Laigle-^Faux-bourgg*J
S. GermainpréslesJacobins^i
du dessein du Sieur le Muet y 3;
sçavoir,
I. Le Plan de cetHostel.
2. La Face du côté de Ix-eI!
Court, & la face du côté du^ur
Jardin.
Deux Plans de l'Hostel de^h
Bizeüil en la Vieille ruë du ni
Temple, duDessein dusieur 1J
Cottart -,
sçavoir,
1.LePlanduRezde chaus- J.1
ifeéertozv1
séc de cet Hostel.
2. La Face de cet Hostel.
Deux Plans du Château de
Mr le Marquis Bonde en
Suede de son dessein;sçavoir,
I. Le Plan de ce Château.
2. L'Elevation &Porfil.
Deux Plans du Capitole de
Rome; sçavoir,
I. Le Plan d'une des Aisles.
2. L'Elevation d'une des
Aisles.
Deux Plans du Palais de
Monsieur le Duc d'Orleans,
à Blois, du Dessein du sieur
Mansart.
LaFace dece Palais,comme
il le void du costé des iz
Jardins.
2 La veuë du côté de ce o:
Palais.
Trois Plans de l'Hostelde
Mr le Grand Prieur de Fran--~n
ce, dans le Temple à Paris,~a
du Dessein du S. de l'Isle,
basty du temps de Mr le
Commandeur de Souvré q
sçavoir,
1. La Face de cet Hostel.
2. La Face qui se void lors
qu'on est en la Court.
3. La Face du costé du Jar«.*n$
din.
Veuë de l'Hostel de Longueville
,
cy-devant Hostel
d'Epernon
,
ruë saint Thomas
du Louvre,du Dessein
du S. Metezeau.
Trois Plans de l'Hostel de
Condé, au Faubourg S. Germain
; sçavoir,
1. La principale Entrée de
cet Hostel.
2. L'Elevation d'une des
Faces de l'Escalier.
3. L'Elevation d'une des
Faces en dedans de la Court.
Face de l'Hostel de Conty,
la Porte a esté bastie par le
Sieur Mansart.
Trois Plans de la Maison
de Mr Falcony sur le Quay
du PontRouge; sçavoir,
1. La Veuë de la Face de
cette Maison.
2. La Veuë de cette Maison
du costé du Jardin.
3. La Veuë de cette Maison
,
ruë Saint Pere.
Deux Plans d'une Maison
fcize ruë S. dominique,appartenante
à l'Hostel-Dieu,
du Dessein du Sieur le Duc;
sçavoir,
1. Le Plan & l'Elévation.
2. La Veuë du dedans de
cette Maison.
La Face du Palais Mazarin.
L'Entrée de l'Hostel de
Cossé ruë Saint Pere,Fauxbourg
S. Germain.
La Veuë de la Maison de
Mr le Prefidcnt Tambonneau
,
Faux bourg S. Germain
, du Dessein du Sieur
le Vau.
La Face de l'hosteldeSen.
neterre ,
du dessein du Sieur
le Fevre,d'Orléans.
Deux Plans de la Maison
de Mr Colbert Secretaire
d'Estat , ruëneuve des Petits-
Champs,du dessein du.
Sieur leVau: sçavoir,
1. La Veuë de cette Maiion.
E iij
- 2. LaFace decetteMaison.
PrincipaleEntrée du Palais
d'Orleans
,
du dessein
du Sieur le Mercier.
Veuë du Palais de Richelieu
,appelle à presentPalais
Brion, du desseindu Sieur le
Mercier, comme il devoit
estre estant achevé.
Veuë de la Maison de Mr
de la Saziniere
,
sur le Quay
du Pont Rouge.
Veuë de rHoM du Plessis
de Guenegaud,sur le Quay
du Pont Rouge.
Face de l'Hostel de Carnavalet,
bastyparleSieur Mansard
qui en a conservé l'ancienne
Porte.
Face del'hostel de Mrle
Chancelier Seguier, ruë de
Grenelles. - 4'j
Veuëdel'HosteldelaVrilliere
,
dudesseinduSieur
| Mansart.
Facede l'Hostel de Leon,
- Faux-bourg Saint Germain,
du dessein du S. Robeliny.
Veuë de la Ruë de Tarenne,
de la Maison de MrdeSelvois,
&de la Fontaine de la
GCharitié,tdutdeasseinrddu Sie.ur
Veuë d'une Maison particuliere
dans la ruëdu Mail,
du dessein du Sieur le Roy.
Face d'une Maison dépendante
du Cloistre S. Germain
l'Auxerrois , comme elle se
void ducosté de la Riviere.
Elevation de la Façade de
l'Hostel Pussort du costé du
Jardin, du. dessein du Sieur
Marot.
Six Plans de l'Eglise de
Sorbonne bastie par feu Mr
le Cardinal de Richelieu, du
dessein du Sieur Mercier ;. sçavoir,
1. Le Plan de l'Eglise.
2. La Face de l'Eglise..
3. L'Eglise de Sorbonne.
4. Profil de cette Eglise.
5. Profil du dedans de l'Eglise
,& de la Court deSoronne.
6. Le Profil de cette Eglise
de Sorbonne.
Dix Plans de l'Eglise & u Monastere de l'Abbaye
Royale du Val de Grace
>- bâty par la Reyne Anne
d' Autriche; sçavoir,
1. Le Plan general de l'Eglise
&du Monastere.
2. Veuë & Perspective de
d'Eglise, Court, Grille & des
Aisles,avec les accompagnemens.
3. L'Elévation du derriere
de cette Eglise.
4. Profil de l'Eglise
,
du
Choeur & du Monastere.
5. Profil du dedans de l'Eglise.
6. Profil de l'Eglise & du
Monastere.
7. Profil de l'Eglise & de
la Court.
8. Elevation du costé de la
Court & Abbaye.
9. Plan de cette Abbaye.
10. Portail de cette Abba
ye.
Veuë de l'Eglise & de la
Place de S. Pierre de Rome,
avec le PalaisPontifical du
Vatican.
Face de l'Eglise de S. Pierre
de Rome, du dessein du Sr
Carlo Maderni
,
dont le
Domeest du dessein de MichelAnge.
Portail de l'Eglise S.Jacques
du Haut- pasàParis, conduit
par le S. Gitart Architecte
du Roy.
Portail de l'Eglise des Carmes
de Conflans,prés Paris.
Portail de l'Eglise de Saint
Germain Desprez
,
du dessein
du S. Gamare.
Profil en Perspective de
l'Eglise du College des qua- vb tre Nations,bâty par Mr le
CardinalMazarin, du def-
- sein du Sieur le Vau.
Quatre Plans de l'Eglise
des Religieusesdel'Assomption,
ruë S. Honoré, du desfein
du S. Erard
;
sçavoir
r
1. Le Plan de l'Eglise.
2. Veuë de l'Eglise.
3. Face de l'Eglise.
4. Profil de l'Eglise.
Face de l'Eglise des FeüillantinesduFaux-
bourg Saint
Jacques, du dessein du Sieur
Marot
Face de l'Eglise des Minio
mes, bâtie du vivant du Sieur
Mansart
,
jusqu'au premier
ctage.
Veuë de l'Eglise des Religieux
dePremontré, Fauxbourg
Saint Germain ,du
Pdeflèin duS. t Dorbay Portail de l'Eglise de Saint
Gervais à Paris
,
du dessein
du SieurBrosse.
I Veuë du Portail de l'Eglise
delaTrinité, ruë S.Deny
Deux Plans duTemple de
Charenton, du dessein du :Sieur Brosse
;
sçavoir,
e
1. La Veuë en Perspective
Ac ce Temple.
2. Le Plan & Profil de c co
Temple.
Representation du Feu db
joye dressé devant lhoflofi
de Ville de Paris, 5. Septembre
bre 1638. jour de la naissanconce
du Roy, & tiré en presencon
de leurs Majestez.
Dessein des Bains à bâtir ans i
bout du Château deMaisonence
du dessein du Sieur Marot.JO
Frontispice de la Maison 55
Bureau des MarchandsDrap!
piers, de Paris.
Veuë en Perspective dub
Chasteau de Lavardin
, aux
PaysduMayne.

7. Profil & Coupe généra—
le du costé de ce Temple.
8. Profil& Coupe générale
du milieu de ce Temple.
Neuf Planches d'un Tem—f
pie de Grece; sçavoir
,
1. LePortail de ce Temple..
2. Le Plan Geometral de sJ
ce Temple.
3. La Veuë en Perspective cr
de ce Temple, où les Co- -o
lomnes & les Voutes sont JI
otées pour faire voir les de—o
dans.
4. Profil& Coupe d'un des
Sanctuaires qui sont aubout un
de ce Temple.
5. Coupe du dedans d'un
des Sanctuaires.
6. Coupe d'une des Cha.
: pelles de la Croixde laCourt.
7. Profil& Coupe d'un Angle
de laCourc de ceTemple-
8. Profil & Coupe du dedans
d'une des Chapelles
quarées de la Court.
9.
Profil & Coupe d'une
des Chapelles rondes de la
Court.
Mausolée de la Reyne
d'Angleterre
,
fait par ordre
du Roy à- ses Obseques Funebres
en l'Abaye de saint
X>enys,le2o.Noyeiîibrgi66^
Tombeau du Roy Charles.25~
VIII. àsaint Denys. I
Tombeau du Roy François
I. de laReyne sa femme &
de ses enfans, à saint Denys..2~
Tombeau de Mr le Duc de
Rohan,auxCelestins.
Tombeau du Roy Louys
XII. & de laReyne Anne
de Bretagne,à saint Denys.
Tombeau de Mrle Duc des
Brissac
aux Celestins. y"lj
Tombeau de Mr le Duc des
Longueville, auxCelestins
Tombeau du Roy de Po—~
logne Casimir, à saint Ger—~
main Desprez. É
Tombeau duRoy Henry
1. & de la Reyne Catherine
de Medicis sa femme
, à
Saint Denys.
Tombeau de Mr de Souvré,
Grand Prieur de France,
S.Jeande Latran à Paris.
Dessein de lapensée du S.. leMercier, pour la principale
Entrée du Louvre.
Dessein d'une Façade de Ia:1
principale Entrée du Louvre
,dudessein du S. Marot,
Cinq Plans du Chasteaudu
Louvre, du dessein du sieur-
Cavalier Bernin ;sçavoir,
1.Le Plan de ce Chasteau.
2. Sa principaleEntrée-
3. L'Elevation de l'Entrée
de ce Chasteau du costé des
Tuilleries.
4. L'Elévation du dedans
de la Court.
5. La Façadeducosté de
l'eau.
Porte de l'Entrée du Louvre
du costé de la Riviere
faite , par laconduite du sieur
le Vau.
Elevation d'un des Corps
deLogis du Louvre bâty fous
Char lesIX. & Henry le
Grand, brûlé en partie l'an
1660.
«
Elevation de la moitié du.
[principalCorps de Logis du
[Louvre du costé de la Court,
Ibaty sous HenryII. & conduit
par le Sieur Abbé de
Clagny.
Elévation du Grand Vestibule
du Louvre, bâty fous
Loüis le Juste, & conduit
par leSieur le Mercier.
Face de la Galerie du Louvre
du costéde la Riviere.
Face du Louvre du costé
de l'eau, avant qu'elle fust
doublée.
Plan des Tuilleries du costé
de la Court, achevé fous
LOUISLEGRAND.
Elevation du Palais des
Tuilleries du coisté de la
Court, achevé fous LOUISLE
GRAND par ordre de Mr
Colbert,Ministre & Secrétaire
d'Estat, & Surintendant
des Bâtimens de sa
Majesté. -
Elévation du Palais des
Tuilleries du costé du grand
Parterre ou Jardin, achevé
fous Louis LE GRAND par
ordre de Mr Colbert.
Plan des Tuilleries coiru
mencé pas la Reine Catherinede
Medicis.
Elevation d'un gros Pavilon
,
qui termine le Paais
des Tuilleries du costé de
a ruë saintHonoré.
Elévation de la grand' Sale
les Balets & desComedies,
bâtie fous LOUIS LEGRAND.
Elevation du milieu de la
ace du Palais des Tuilleries,
lui est accompagnée d'un
Escalier en ovale vuide
,
&
une des merveilles de l'Architecture,
qui a esté bâty
ous la Reyne Catherine de
Medicis,&par l'ordonnanduSrPhillebertdeLorme.
Elévation de l'un des Corp
de Logis des Tuilleries, bâty
fous la Reine Catherine de
Medicis, & ordonné par le-
Sieur Jean Bulant.
Elevation du grand Pavil- O Ion des Tuilleries, bâty sous,
Louis LE GRAND.
Toutes ces Estampes ce
trouvent chez leStdu Bourg,
Orphévre,au pied du grand
Escalier, Court-Neuve du-
Palais.
Je continueray pendant
quelques mois à vous faire
pairt de ce qui a esté gravé
par les plus celebres Graveurs.
AIR


AIR NOUVEAU. J'Entens philis qui chanteIl
Sans doutefon ame efl: exempte ..y'
Dejoins& de soucis;
Si Pbdis efl contente
kien -3
ne manque au bo-nhtuf ilt
l'amoureuxTiren* 1Les Revoltez des Vallées
le Lucerne sont entierementdéfaits
,
& iln'yaplus
ienàcraindre dece costéà
Ilest surprenant que l'on
lit pu en venir à bout
,
sans
qu'ils se soient défendus,
tux que la situation des
lieux rendoit imprenables
& qui estant au nombre dAJJj
dix ou douze mille
, pou
voient avecmoins de cen
hommes,accabler à coup de pierres tous ceux qui on
entrepris de les forcer dan
des Rochers presque inaCJbl
cessibles, où ils s'estoient ro 3
gulierement fortifiez. Onm
mande que pour les aller sur
prendre dans leurs Forts
quiestoient plusieurs Terra
ses dans ces horribles Roiï
chers, on fit marcher per
dantvingt- quatre heures 25
Regiment des Gardes paq~ m)
des lieux écartez ,
jusqu-au
pied d'une Montagne, la
plus élevée des Pyrenées &
des Alpes,& droite comme
une muraille. Elle estoit entièrementcouverte
d'une
neige glacée, dans laquelle
il sa lut faire des especes de
devrez afin d'y monter l'un
après l'autre, & sans un vent
1 violent qui soutenoit les Soldats
,
& qu'il sembloitque
Dieu envoyaitpour les aiderenles
soulevant,ils n'auroient
pû gagner le (bramet,
quoy que chacun d'eux
It..eust un ballon bien ferré
pour saccrocher dans laneige.
Ils montèrent pendant
la nuit,& se trouvèrent au
haut quand le jour parut,
au milieu des brouillards qui
s'y forment continuellement.
Les derniers Soldats
qui arrivèrenty enfonçoient
déjà dansla neige jusqu'à la
moitié du corps, à cause que
les pas de tant de gem
commencoientà l'échaufer.
Quelques-unsdeces Rebelles
,
qui s'estoient crus en
icuretédans leurs Forts, a ppercevant
des Soldats
,

tLpuis plus detrenteans QJP^
n'avoit veu allerny hommen:
yilychcèevvrree,prirent l'épou- ,prIrent..e-pou..-
vante,& fuirent. On foup*-
çonna que c'estoit pour attirer
dans quelque embuC
cade ;mais il falloit paffèr
outre
3
& décendre de Rocher
en Rocher. Ce fut dans
ce dangereuxpassàge que
l'ondétacha ces masses de,
roc dont jevous aydéjà parlé.
Comme elles roul oient/-
d'une prodigieuse hauteur
elles entrainoient r- des pierres>
encore plus affreuses, & en'
très grandnombre. Cepen-l
dantles Revoltez voyant Jar
resolution des Soldats
, ne
songerent qu'à se sauver, &
la pluspart allerent se rendre
à discretion. Il paroist bien
que Dieu condamnoit leur
opiniatreté à rejetter les lumieres
de la Foy, puifqu'il
leur fit prendre une coniternation
bien opposée à ce
qu'ils s'estoient reiolus de faire
contre les Troupes qui les
viendroient attaquer, suivant
les Reglemens que l'on
a trouvez entre les mains de
plusieurs
,
& dont on m'a
envoyé cette Copie.
REGLEMENS A OBSERVER.
dans les Corps de Gardes)
& generalement dans
r
tous les Exercices & Fon-
1. ctions de la Guerre, faite
r contre ceux des Vallées de
Piedinont au sujet de leur
Religion.
1.~ CHaque Quartier ou
Compagnie choifir*--l
des personnes aintelligence
,
deJ
courage ,
de bénignité& de pru. -
dence ,pour la conduite&conjernjatiort
desSoldats.
2r. Lors que les CompagniesJe-
-
rontforméesyon tafchera dobserver
un bon ordre tntre les Officiers
& les Soldats
J en forte que les
Officiersayent de l'équité pour
leurs Soldats, & que réciproquement
les .Soldats fient obeïffins
à leurs Offiaers ,fous peine
d'estrechaflie^parleConseilde
Guerre, felon la faute qu'ils au.
ront commise.
3.
Puisquenospecbe% font la
cause de la guerre qu'on nous fait
pournoflre Religion
,
il faut que
chacun s'amendeyqUI: les Officiers
ayentfo n de faire lire de
bons Livres dans leurs Ctirps de
Garde à ceux qui demeureronten.
wepos, f7 defaire faire foir @f
vnatin la Priere qui Je trouve é<~
xrite a lafinde ces Articles. Ilefideffendufoubpeineri-
Woureufe, de sinjurier les uns 1er
vautres, de blafpbemer le Saint
iNom de Dieu, @J dinfulter
fEnnemy par des paroles outrateufes,&
crieries inutiles.
5. La débauche, le larcin.) tr
autresfembiables afiions contrairesà
la Loyde Dieu& à lafuretécivile
9
font absolument dé-
^endusfonspeine rigoureuse
y
qui
tfèra ordonnée par le Conseil de
Guerre.
6. Surtoutes cbofesilfautqtien\
tre les UJpciers , on conjerve tm
secret dans toutes les rejolutionsiw
& délibérations..
7. Il efl auJli de laprudence def\<k
Officiers de Guerre de tenir urrxm
bonardre,& desifaireo~M~
user pourtant d'une trop grande^*
rigueur envers les Soldats. OlmO
préviendralesTraîJh'es er les trasn1
hifons par un eflablijjement
Corps de q.'trdesJ qui prendrontX\sv
foin de ne lúiffir pajJèr aucun&m;
perjonne plus bas des Corps d.\J
?
Gardesau de làvers 1'.,1-7nne-.,3ui
mysans leur permiltion.
S. Tous les Of-tJIJr,ii- ersconjtdere-r
ront la force ou la foiblejjede
?ojïes
y
pourfoirefaisant cela la
hfinbution convenable des Solhts
9. On aura foin de prendre
carde à ceux quiferont cacbe%
Jans le Combatyoh quine voudront
pas obéira leurs Officiers,
vu faire leur Garde comme les
autres, afin qu'ils soient chaf/iez'
vlon leur defobe'ijfmce
, & on
ts privera de toutes les charite:(.
lui nous pourroientcflrefaitespar
10s Freres les Suisses (èf autres,
~r ils payerontunelivre à la
Compagnie.
10. Sera dcjfendu à tous Officiers
y4 Soldats,tantengénéralquen
particulier, dentreprendreaucunes™
choseconfderable yfoit d'allerpil~—\
1er Maisons
> ou biens, (^f au
très chosesfemblables sans avoÍrÚo\J
taris, & le confetl des ~Am<
Officiers. ou au moins des trois ou&o î
quatre plus proches Voisinsyfun£y{
peine pour les Oiffciersd'eflrepri-\<^
lVez de leur Charge, d-r de payen^
un demy efeu pourlesSoldacsiuk
d'estr.e jugez par le Conseil decJk
Guerre
_,
& depayer une livrerm
ch.'cun
ir.Tousceux quipeuventpor
ter les Armes & qui ne se veu~yj
lent pas enroler fous aucun Cd-O
pitaine
}
feront ob/il/Z de suninxm
I!nfèmble& de s'eflablirun Chef
nfin qu'ilsfassent leurs Gardes
~7' leurs devoirs comme les au,..
,!res,fous peine d'eflte condamne^
vu payement d'un efeu blanc
,
uux Compagnies de laCommtL
"juté.
Iii. Il ejldejfendu à tous ceux
bui iront au Combat daller dépouilleraucun
vort de t Ennemy
avant que d'en eflre de retour
Tous peine d'estreprivezde la dérmouille
, & condamnezau payement
d'un demy efeu blanc à la nie. r3. Pei,ronne
13. Peifonne ne ttiirreerrat aucun
xpsip de Fuft[ansneceJFré, pour.
ne pas ietter mal à propos la ~w j
nition de Guerre., fous peine dit
payer une livre à la Compagnie&w*%
14 Dabordqu'ilydura queh^{
que dispute entre les Soldats, 0,0 tw
les menera a leurs Officiers afi^ v
qu'ils n'en viennent pas au.Mh
mains.
If. Chaque Officierfera obl»
de répondredevant le Conseil a* i\
Guerre des mauvaises allions c* i«q
fis Soldats.
16. Aucun Soldat ne quittenw\&
le poste qni luy fera ou fô\ ^0
Corps de garde, sans lapermij\sx\^
fion desOfficiersfouspeined'ejl\
puny ainsi quefon Capitaine trot,ou en
,. bon dordonner.
--- - -w
17. On eftablira des Signaux
.ooour savertir les uns lesautres.
"QU d'un lieu à autreydes attaques
uuue nousferons.
18. Chaque Corps de Garde
smuto, une demye douzaine de aux , & chaqueSoldat une
fronde
y
& ily aura trois ou quatre
baguettes defer dans chaque
Compagnie.
L ip. On eftablira deux Majors
~7~ chaque lieu, oje chaque Ma.
loyer se pourra choisir un Ayde-
Z^JsWajors'il veut.
20. Les Femmes & Filles se
Porteront sur les possespour emporter
les morts ü bleftx*$ rop.,.
leront despierres aux lieux qui im?
leurferont affignez.
2i. Ilesi ordonnéà tous ceux^L^
qui porteront les Armes dese trou-*uo-xi
"ver tous les matins uneheure a—h rç
niant le jour chacun au posse qtÛi\,p «
Juy fera ajjigné par son Officiery
fouspeine de f:ryer deux livresàk
Ja Compagnie
,
(èf s'ris ne lesvA
os
veulent pas donner volontaire-^v.^
.ment, il fera permis aux Soldats?*rta\jj
de sa Compagnie d'en prendm^ny
quatte, feraainsi qu'en /-~'J
ticle neuf.
TRIERE POUR FAIRE
ta à Dieudans les Corps de
m Garde foir &matin
,
êz
aussi avant que d'aller au
;. Combat.

Nostre Ayde foit'au Nom de Dieu
afait le Ciel & la Terre. Ainsi
?SEigneNr, noflregrand Die»'
& Pere d9e r.rnifrieorde, Iotous nous humilions devant t*
uace pour te demander pardor¡,.'
"& tous nos pechez au Nom de -
tçwn fols Jeffts Chrifl yn&ftre Sei-
I\twieury afin que parjonmerite ton
~w~ foit appaifee envers nous, mi
t'avons tant offensépar nostre a>zWur
perverse et corrompue.Nouste u
rendons aussinos tres-humbles a- v
ctions de grace ,
de ce qu'ilt'a
nous conserverjusqu'àprésent
contre tant de fortes de dangers ~r'~3
de mal-heurs. Nous te supplions
tres-humblement de nous continuertafainte
protection&bonne
sauve garde contre tous nos E~
nemis
,
puisquils attaquent la 13
vérité
, & pour la soûtenir 0*^ ..,;
déffendre, nous te prions de &~n~~
nos Armes, comme eslans t'!)'--'(Q\
mesme nostre force et nostre
yq
dressev dans tous nos combats
y
afin
que nous en sortions victorieux
triomphans; & s'il arrivoit
Aucun d'entre nous de mourir
dansle combat,reçois-le,Seigneur,
dans ta grace ,
(t) luy pardonne
vous ses pechez, etJ faisqueson
ume soit receue dans ton Paradis
ternel. Seigneur, exauce ,
Seigneur,
pardonnepour l'amour de
<ron Filsbien aimeJesus-Christ
wojlre Seigneur, au Nom duquel
nous te prions en disant, Nostre
ere qui est aux Cieux,&c.
Seigneur, augmente nous la
PFoy
y
Ëg nous fais à tous lagrâce
$e t)en faire une francheconfies.
monde coeur(y de bouche jufqtt/J
fin de nostre vie
,
disant
).
Je
croy en Dieu le Pere Tout-im
puissant,&c..
La Sainte paix ~r*~~f~o~Q~
de noflre bon. Dieu, &pour l'a^h\
>
mour deNoflre-SeigneurJacon~W)
duite, consolation ,ajjtjlancev
de Jesus-Ckrifl nousJoit donnéeùm<
(2rmultipliéeymaintenant dr ae, t
tout jamais. dinfifait- il.
Je finis cét Article par deszsb
Vers saits en Savoye, à l'occasson
de l'éclatance Victoi
re,reniportée sur les KebeL-bd
les par leur jeuneSouverain,,tnix
qui a voulu se trouver anus
Camp, afin d'animer luy-.r^u]
mesme les Troupes.
A MADAME
HA DUCHESSE ROYALE,-
SONNET.
~3Nfi] mon Prince apurgé ces-
Climats f.oirvenin de linfime Heresie,
\*La nobleardtur dont fin ame efi
finfie
,'W*a pû foufifrir ce montre en fis-
Etats.
ilApuny tdtuce+s Ptuples ingrats
etuifontun Dieufilm leurfantaifie,
ne7es vieux mutins de quilafrcntjie recennoiif nytLoix nyPotentats.
r yeus le voyez, après cetteyictoirci
Cejeune Aieide environne degloire „ vuû
Vous pojfcdcz, ce digne & cher £4-3.t
poux, *! Bélle Princejfc.cn vertus~r~
Si vousvoulez, tout ce Hcrospouirn^
vous)
Dinnez, nous-en de grâce une Cfl-O
pie.
sant General des Armées du oy ,
l'un des plus braves
sommes du monde
,
& qui
suçait le mieux le Mestier de
La Guerre. Aussi l'a-t'il ap.
noris fous les plus grands
maistres.
Cettemort fut suivie deux:
jours après de celle de Mes-,
ure Loüis Quatre-homme,,
conseiller du Royen ses
conseils
,
& Doyen de sa
Cour des Aydes de Paris.
[ La petite Verole qui fait
oous les ans d'anez grands
ravages , vient d'emporter
Madame la Comtessè de la
Marck, grosse de trois mois,
& âgée seulement de vingtsept
ans.SonnomestoitEli—il
sabeth Defrody de SaintDiery.
Elle avoir épousé Henry—
Loüis de laMarcic EfchaUd
lard, Prince de Jamets & deotl
Florange) Comte de la,.LI
MarcK & deRraine
,
BaronnoS
de Pontarcy.On l'appelloicsiGil
Chevalier de la Boulaye a- i
vant la mort d'Henry-Ro-~o|
bert Efchallard son Frere^^i
Colonel du Regiment desbï
Picardie, Gouverneur de^tp
Voerden, mort en la demie—ou
reGuerre de Hollande. Ma^cl^
ximilienna^i
(
imilien Echallard leur Pere lavoit é-pousé - Lo-üise de la
AlarcK, Fille puisnée, & detenuëheritiered'.
Henry Roperc
de la MarcK) Comte
jfle Braine, dit le Duc de
Boüillon la MarcK
,
ColoneldesCentSuisses
du Corps
fki Roy. Les Aisnez de la
klaison de la Boulaye ont
sté subststuez au nom &
jux Armes de celle de la
MarcKpar leur Ayeul masrnel.
On vient encore de m'aprendre
la mort de M de
Germainde la Brétesche,
arrivéeaussidepuis peu de ii
jours. Il estoit Cominandeur m 1.
del'Ordrede S. Lazare,Se
Gouverneur de Dinan. Les2
blesseures qu'il avoit receuësiES
en plusieurs occasions, mar- g-u
quoient Ces Services, ainsiil
que lesrecompenses dontilllx^
avoirelle honoré. Ces re- -51
compenses ne surprenoientfcnJ
point,puisque le Roy re-L^
connoist toutes les actions fcnc
distinguées quel'onfaitenïns
le servant.
Il y en a qui Torrent tropfjoi
toit du Monde
,
& d'autresaaij
s'yfont attendre IOJJg-TJQ:
- q
temps. Tel est le Fils qui est
né le fécond jour de ce mois
Madame la Presidente de
Maniban, après dix huitans
He Mariage,Elleest Fille de
Mr Ficubet, premier President
au Parlement de Tou-
¡ollic. Mr le Marquis de Maniban
son Mary
,
President
u Mortier dans le mesme
parlement, fitéclater la joye
qu'ilavoit de cettenaiflànce,
par des feux, des concerts
de Trompetes, des projusions
de vin, & des Illuminations
qui furent suivies
lans coût son quartier. Mlldame
de Maniban est une
perlonne des plus acconu
plies de cetteProvince. Il y
a trois ou quatre ans qu'elle
parut à la Cour,& l'estime
que les Gens du meilleur
gouil marquèrent pour elle,
fitvoirque le vray mérité
n'y demeure paslong-temps
inconnu. J
Vous aurez sans doute encjndu
parler d'un Combat
arrivé entre deux Vaisseaux j
François & deux Galions Ef
j pa^nols.Il a faitassez debruit
pour vous en faire louhaiter
lcdcLiilVous le trouverez
risans la Relation que je votis;
envoyé. Je n'ay rien changé
aux termes, de crainte de
dire une chose pour une autre.
Vousavez des Amis dans
wostre Province qui ont
long-temps commandé sur
Mer. Ils auront le foin de
wous expliquerce que vous
n'entendrez pas. Je dois
NOUS dire auparavant, que ce
Combat s'est donné de bonne
soy, & qu'aucun desdeux
Partis ne sçavoit la conclulion
du Traité que l'on ve--- noit d'arrester.Vous n'en
douterez en aucune forte
3
lors que vous verrez dans un
endroit de certe Relation,
que les Espagnols se vantent
qu'ils vont chercher les
François. Il estaisé de juger
par là que les François ne sçavoient
pas ce que les F-fpa,
gnole ignoroient.
RELATION DE LAPRISE
de deuxGalions d'Espagne
par les Vaisseaux du Roy,
commandez par Mr Forant
Chefd'Escadre, des
Armées Navales de Sa
Majesté.
A la Rade de Chef de Baye) le 2.
luillet 1686. vOus deve;~ a.-voir apris
,
Ousdeve%avoirapris9,
Monsieur, dés le commen-
-1 cement du mon dAvnl dernier, les grands armemens que le Roy
avoirordonné qu'on prebarafl
|dans tous les Ports du Royaume
ou font ses Vaisseaux de Guerre,
L'on n'a prejquepoint douté que
cene suflpourmettte entièrement;
les Espagnols à laraifonfurluan.
tité d;sujets de plaintes quenous
avons contre eux pour ce qui regardenoflre
commerce de Çadis.
Comme je ffay que les Lettres
courent quelquefois de méchantes
dejlinéesy jefuis bien aise, avant
que de commencer ma Relationy
de vous rendrecompte en racourcy
de tout ce que je vous ay escrit
juflu'à present, afin que vous
connoiffiez que jefuisfortporzfluel
à vous mander ce quise paffe dans
les Campagnes qr jefais.
IJ* vous mandty de Brejl que
)J\4r le Àjarejchal àEstrées en
Ifarroit avec le premier armement ~, .(J. A'~f r;
en efl forty
)
apres que que
vues Navires qu'on avoit arme=\.
dre lBes",t, M. Forant 1 ,¡~- ce luy J&:.
Rocbrfc't3A'Beauhetk
celuy de Toulon ; tjuenojlre EIt\
, d -V -, r d'Il cadredeYKcchejort devait aliéné
joind-eMleM:ircmisdePràiil~\
i - iy
, & que nous en par!i(me!"'èi
avec lav le 3°, de A4.\y
J
aprékv
cjue Us ïra';!utxarme^ an Ha-5.
I-.~) -/.1-' * .:-V'J' .L 7.",..,~.
vre & à Djnkcrqne Icurentvs
joint.
A-4.. Forintayant des ordre ,~-~ ,.¡ "¡¡. ;~ l'a,.:. 1 I
/f r", "l ,.
1 rr. ~:-' -:'11 --:-7!,: ',') cie a L:rco-r.7;.11 a:r a t e Lr_, fT*. r
•«. >. ..- -. cadrej,nen.ivi^ea<jt-:eï:
C, !h.c ',Lr' . ~1/1:.~~.,
cinq jars^vc luy
, le n'Aiitte:-;
.1
Or-. t.1 ~.r .,.. ¡. /1. ) l.
, J r - )
; f" ! rT•, :. ( trcuiewe de ruin avec 0Matr&
1 J J TT1;rf.'o'1U"A
,
."¡.z y..,fjeaux pour a lurcrc '-1 en~;
ire l1e CCap dde fF'inij'1t1, l' erre£r aAï—.- ,..J. [" 't')'~f'l,. I,.¡,. --
»%Vo Il commandoit l'Illuflre
*, lui ejl de 70. Picces de Canon;
M. de Montortier le Sansoareilde
56. Canons;Md slmfcthmont
le Moderé de 54. O*-
tortsy & M. de SallampArt !s
Hazardeux
)
de 36. Canons.
Zlomme les Efpa^o!spclou:oient
riencjue c'efloit pureux que cle- voientfonrd/e to1us nos eairr!m, ,iïeemmeennss.,3
ils brenoient toutes les prtcautions jlvdccfjriattbe!se}poaufrianllde'eràn lraaifreenucnonctorendfisa lr1" ¡l
, t.. --' ," '- Ji 1. '1 ,~ ,1- le.
leursGalionsnui
r//ry des r:l
";t"I;
,. ,.1
~e~
Indes.
L.i Cottr <iyar.t de i'onsavis
"f7- ~- (1) "tor,., '¡'" 1", V ":.'Z en devoit finir d,eux dd:
.L ., , 1" ) 1'" l
S. André charre^ demondepouf
Cadis, aujji bien que d'autres
baf/zmenr qui pourroientsortirtant
de S.Sebaflien
,
du Pajjage quA
de la Couronne, orddoonnnnaa iàl AMi>.->
Forant dont elle connoit l'expertence3
de se rendreincejjamment
* surcette Cro:z:.icre poury enlever
tous les Bafiim}ns des Espa,gnols.,
C'efl ce qu'il i executéavec
une vigilance si extraordinaire.
qne quatre jours aprèsy eflre ttr,;.
rive
J
il envoya enlever une
Flûte FfolUndoife dans le Port
de Aioniy
y
qu'on avoit chargée
à la Couronne,de Cables
, menus
cordages. & toiles deVoL
o
*>es,& autres munitions deguerre
pour Cadis. Cette Flûte estoit
lLtns ce Portdepuis six semaines"
27* attendoitlàlesdeux gallons,
fifin de si rendre à Cadis avec
vux. La petite Relation que je
wons en ay envoyée, vous a in-
Sruit de cette première prijequ'on
\nvoya en France dis le H. de
uin.
jiprés avoir donnécbajp plu*
Meurs fois à quantité de Baftiimens
qui ne Je trouvaient point
EfPdgnols
3
enfin !e Jeudy 27.
Ve Juinà quatreheures du matin9
Cflanta quarre heuëîdeMon^y^
-sousdefcouvrtfmestroisBajlu
mens ausquels nous donnanteschap
se. Lepremier se trouva une Fui—,
te deDonkjrque, & leCapital-»]
ne efiant venu à bord
J nous dit\.
que les deux autres Navires é-)
toïent deux (Rallions chargez de%'l
monde, quiïavoient gardé troisi\
jourss en luy disant qu'ilsfça- -1
voient bien que nous cfoifions
pour eux & quils nous allaient tv
chercher. jeTOUSlaiJFEàpe^ferquelle 'J",'
joye nous caussiune si agréable
nouvelle. M. Forant nous ordon-~r.<
r.aea-ffi rost de préparernos 'Bat--
teries,cyfitles fiynauxde A/rs?
ytn quilsfijJent force de faciles,
i-ts Navires allant mieuxque
c/i!!uRre t'tJ le Sans-p.ireil.
L" Modéré & le Hazar-
>eux efiant a une demie lieue des
Znnzmis
,
les Galions carguent
leurs bjjes Voiles e mirent
nPd.ne, qui ejîla Manoeuvre
rdifiaire pourmarquerquonveut
?b:\ttre
,
puis qu'on attend les
Znnemis.Cctte resolution futtrèsval
fouter/uë. A peineeurent ils
veuaproebrrnos Vaifléaux,qu'ils
virenttoutesleursVoiles dehors
'Our j'iir.
N&$tetixMdv'rrs leur donycrent
ch^JfJje en leur ('<t{Jn¡.inl le
_il o o
lent, qui est un avantage quils (
onttonjours confervé;maiscom
me les deux Galions alloientparjalternent
bien) &qu'ils eftoienrft
de l'avant de nos Navires, le s
Modéré& le Hazardeux ne
purent les joindre de tout le jour,
t
•Q) toutce qu'ils purent faire> cer
futde lesbien gardertoute la nuit, c1
comme ils nous en firent les y?-'!
gnaux.
Le Vendrcdy 28. a la pointe -31
du jour, nous defcouvrifmes que s*
nos Vaisseaux avaient beaucoup v.\
gagné au vent des GahfflS
f , & \: W?
que félon toutes les
apparences
ilsl\'
les combatroientdansle jour
e t
irequ'ilsfirentaprès que MTForarr
VfHt fatt le signal d'attaque qud
Jeur avoit donnéy qui-v
pavillon roge au haut «4*
hoquet duMats d'avant. A<\
M'Anibl'mont ïayantapperteu,
ommença à arriver sur les trots
curesaprés midjt üM. de Sal*
.rnpart quelque tempsaprés\*
n'ayantpû le faire plutojl a cause
qu'il efioit de l'arrierre ,[an:
P^aijfieaii n'allant pas si bienqne Y
-atitre
Surles quatre heures ($f dt--
mie, le Modéré efiant à lapoK
-
We du Canon', commença par cti--
jvoyer
-
toute sa bordée fiur le pIÙs';;;
gros qui avoit la Flamme,
continuant a se battre, il eJ/lrùyaw(
1 pendant quelque temps leJeu desï^
deux Galions. Le Hazardeu*..-j
s'ejhnt aprochéJ presta le cotféaf,*v
plus petit, qui eji pourtant de 6occ
Canons. Le Combatdura
lte nuit. l'vI. d'./imblimont tmaA
quatorze cens coups de Canonmî
trois hettf::s st) demie5 ^7* iWtfvj
ne Sallampartneuj cens. AirJ.J,-t\, /! /c~c r.t:
ionpeutdirea leur louante qu'iv. ç
cft lmpoJFble de se mieux battrez
Cg- que siles GargouJJes ne leh\j\
eussent point manqué
,
ilssej
roient battus la nuit. On pe$r,\
ibre aujji à l'avantage des Gt&O
Nions
j que Pour d.s E(¡:,.,
•'
Krent -¡ j 1 ,. un assiz trî,
)
tton pas en comparaJj/i n
rdijTc.:ux
J comriK il clla
Hgcr par les effetss op:oyqu'ilujjoit
pourtant beaucoupphti
vrts de Li tircoPiJ en équipages gjf
n Artillerie ; mais par malheur,
CUl' lexpcriencejls ieurentjadis
fcr n'nnt pas jugé à propos deJe
m confirmer.
| Il ne faut pas oublier qu'ils se
wttoient avec toutes Voiles detorsyvoyant
bien que nos deux
WtmVraifJ'«HXafffpchuntavent
îml}comme ils sa?foient> ils a:;-
mentemore euà(lui
la nuit qui heureusementpourtu.
vint à leurfecours.
Un VaisseauAnglois fut témoin
de tout ce Combat, &furk
lacause innocente de la perte de.*
deux CbalouppesEspagnoles i
chargées de monde sans aucunsx
vivres.Ordinairement sur lesv
Galions il y a beaucoupdegeniti
ramaffiz qui ne font point accou'
tume au feu.Ainsiuneparti&i\
crut mettre sa vie enfeutete erw
abandonnant leur Navire pour
gagnerÏAnglois, comme leJtIl
Aîarchandsctyignent tout,
surtouten depareilles rencontres}\\*
celuy-cj voyant des Chaloupesiv
TVtnirsur ifry pleines de monde
*
Xè persuada sans doute qu'elleç.
pfloientarmées pour l'enlever,
Dcr bien loin de les attendre, il
continua, si routeavectoutes Vat.
les dehors. Le Capitainedu Commandantfort
brave- homme,Je
moy.4pendantce CornhatJ s'estant
)ifftté danssa aranie Chalouppev
0om faire rembarquer ceux qui
wouloient se sauver, & qui sy
:ftoientjettez en si grand nombre
qu'ils la firent virer. Tous se
moyerent. Il en arriva autant à lit
petiteChaloupe,
s
Aprés ce Combat nos Navires
tinrentle uentpourconferver leur
avantageordinairepourraccommoder
leurs Mats) Vergues>
Voiles}Manoeuvres> & Coups
al'eau. Ju:sez parconsequent
en quel ejlat devoient eflre les
Galions. Ils les garderentjujqua
minuitj(èfcommeLiLune se
coucha
, & qu'ilyavoit fort peu
d1e veue.,.. l ,
ils prirent ce temps a
pourta/cherdesesauver en fai-
J~antj\i''jje route; de forte que les
ayantperdus>& e/teinttous nos
feux de sîgnaux
, nous co'irufmes , un moment a une route oppoIJre::a
la leur ; mais comme il efl difficile
detromperles !nn$duneexpricnce
o aussi consommée que celle
te Ad. Forant, il se douta bien
f
'se d1u lN\'ordd qu'ilïs -* jaijcunt tlUgravant3,
ils ne mancucroient
i itmi1auidsndP'ooeurrfvia'c?nraefuleuSruscdoà'ultdccsj.t&il C JI
¡ J~c~~
rdonna que tonyportajt, s'>a(j/YU*-
(!Y't que nous ne les perdrions
1oint.
Le Samedysur les quatre !,eûlesdu
matin noHS les dcfcouvrifmes
fou* lenjentqui convoient effectivement
a l tj} Sudejt, avec
toutes Voiles dehors
}
pourtantsi
criblées de coups de C,non que
vous fPUS appercûn es que c'cfloit
la raisonPou>qnoj riens 1rsap-
Jl l J J prochions à veue d'cciî.Unmoment
apres
, nous vismes auss;
fous le vent uneflore de cinquan*
te.quatre Navires qie nous jugeafinesbiennepouvoirejlre
que
des Hollandois3quiJbntenguerre*
avec les Algériens.
Les Galionsl'ayant décou-
Verte avant noies )
arrivèrentft#
nous
y
croyant trouver une protection
entiere fous ce Pavillon. lisen
donnèrent des marques en le
filuanr de n.coups de Canon»
au lieu d'en recevoir le salut, &
aprèsque les Hollandais leureurent
rendi COfJp pour coup
,
ils remercièrent
,
ce oue ne font poivt
Aes yujjeaux de Guerre
, cettt
pratique
pratiquenefiant que pour marquer
la fourniffion des Vajjeaux
Marchandsàl'égard de ceux qui
(ont armez en Gurrre. A la veritéce
ne fut que du mouvement
des Equipages,l'Amiral ayant
voulu l'empefcbcr, mais ilsle firent
malgré ltry
)
l'ayant me/rne _y l'ay
menacé de le tuer. Jkge%du de- O'e; du defefboir
d'un brave homme ayjnt
(mesilgeenfisoctotntre luy Dans U rage
il prit son ép^e
, (7 [' 1M.,
.,
(~7*
ay;znt jetfée a U erJ1( maudit
le four qui la Ly aioitmise
) J"
Il m,iin. On ?iotmefinetoin-
[édiUx pvees de Cahun detAVartf'<
y luy.
Mr Forant arriva Jur toutes
la fiote avec toutes Voiles dehorsn4
& il l'approchabien-tojl, parc
que tous les Navires avoienii
leurs bajjes Voilescarguees> e~
41JOZent mis en panne pour noUJ.
attendre,& comme nousjufmuÀ
à deux portées de Canon, nous car.,
guajmes nos bajjesVoiles
j éJ
courufmes feulement avec no
deux Hunters
t tout préparer
pour l'abordage. ,
tour prepare,
Les Hollandais nous Juliierentw
lt'eArnmiriraaidl deenneeuufcoups de Canon*
le Vice-Amiral desept
> & li
Contre-Amiral de cinq, Nooo
rendtfmes sept
l
cinq
1
0* twr\
à Boulets, estantpreparez pour le
combat Le Comte de Stirum,
Vice-AmiraldeHollande, envoyaaussi
tost à bord son Capitain
, c, il nefut pas plûtost
montè, que M. Forant Il-rydemanda
s'ils donnoient protection
à ces Navires;a quoy il répondit
>!jur non, qu'au contraire il luy
venontfaire des offres deservices
de la part de leur Amiral, ijïïd,
Forant le chargea de luy faireses
bonnestetez,& de luy dire qu'il
le prioit de sortir d'auprès des Galions
qui s'estoient mis sous le
vent de luy Vergue à Vergue,
barce que s'il ne le faisoitpas, il
feraitcontraint de l'aborder.
La Chaloupe Hollandoise nt
fut pas plûtofl prés de son bord>
cj'/ellecriadefairefervir. AuJJitofî
on éventa les Voiles, st) en
allantdel'avant, les Hollandois
s' oflerent de nojlre chemin
, *
KOHS
abandonnèrent les (Jallons,
connoissant bien que ceftoit le
meilleur party qu'ilseussentà
t'rendre. Alors M. Forant enloya
dire a A4, de Muntortier *
iqeuc'ilMab.dordeaiSt aleitVdmlcpe-vAr:m,&irqaul 'ai-l
sHoit1avec :
Al.dAmbhmonr.Ildéfendit*
qu/l'ontir.aftunfuicoup,après
avoirfaitprolongerJaCiz.u
diere>@rmntreson(j<apin d)a..
bordage,iljit rangertout le monde
sur le Pont, thacun l'épée à la
main & nous ordonna de cuer
troisfois, Vive le Roy. En un
moment nous nous trouvasmes a
la portée de Tifiolei desGalions.
L'Amiral amena jon Pavillon
st) son Hunier d'avant. Tout tEquIpage crioit rmjerlcorde
1 11 , ri, & L'Aurr:.ônier en Surplis& en
Etolcy & un Cordelier le Livre
des Evungiles à la main5 se mirentsur
le bord, demandant quartier
au Nom de 'Dieu. -'71. Fo-
(yintfit border sonsliimonavec
d, ligence, e9 pensa encore les al
bordermalgré cette précaution.
Ai Montortier, dAmblimont
(jfr Salampart firent la mesme'
choree
Les Espagnols firentforthabï-.
lement poursauver leurs vies,
de ne pas tirerun coup; car s'il'
enfiufi venu unseul de leur bordy
M. Forant nous ayant dit de
mettretousl'épée à la main, ilefi
certain que peu d'entre eux auroient
échapé. Nostre Navire
efloit parfaitement bien arméy
& dr: la resolution dont tout l'Equipage
efioit, nous aurionsmefi
me enlevéleGrandAmiraldEss
pagne.
L Comme rien n"tchape aux
1Generaux de l'experience du
noflre, un moment devantque les
1 Espagnolsamenaient
y
M. Fo.
F tant s'aperceut que deux de leurs
Chaloupes chargées de monde
se fauvoient cbez les Hollandois.
Il ordonna à M. de Sallampart
de les faire revenir, üil ne peut
yavoir que des Françinquiosent
alleraumilieu desixNavires de |Çuerre st) de toute une Flotte,
f comme il fit
3
pour en retirer haut
à la main tous les gens qu'ilde-
Yllanda. Les Hollandois Jure"t
en panne pendant toute la£tiony
qui se pa]sa * cinquante lieues
du Cap de Finilferre
i
st) presque
Nord& Sud de ce Cap.
Il efi bon de TO:tS dire que ce
nef}pas d'aujoiirfbuy quilsconnoififnt
ce quefçut[Á-Je M. Forant.
Il y a trois ('¡j( 'juil alla a
.Alicante leur enlx '; au milieu
d'une Flote de faisants Navires
dontil yen aveit uit d.Guerre
, un Vaijpau appelle la Regle,
qui avoitcà AMiletdam
<.'> J des munitionsde Guerre pour les
Algériens. Le Comte de Stirumy
efloit avec plusieurs autres CapL
taines qm font encore dans cette
J,"fniere Flotte,compofec, outre
les si" Navires de Gurrrei de
quarante-huit Vaijjeaux Marchands
pour toutes fortes de Pays,
qui ayantestétémoins de cette a-
Bion, la vont publier aux quatre
parties du Monde.
On sçait ûtAjJi que les HoUan.
dois ne connojjent pas moins le
nom deM Foran1 que ses afhons,
ayant veu feu M. fonnt fin
Pere leur Vice- Amiral,e enfinteAmiral
des Venitiens, &
luydés l'âge drfeize ans Capitaine
parmy eux.
Une particularilé que je ne
veux pasoublierycejlque les Calions
efiaient destinez ce jour là
à estre aborde% ; car dans le
rr tempsqueAi.julien,Lieutenant
de nojîre"Bord,alla chercher ïA-(
mirai
iatost qnilfut dam le
Navire, tout [Equipage efîoitjt
occupe a luy demander bon quartier
,
qu'ils ne songerent plus à
leurs Faciless de forte qu'ils sahorderent
l'ur; i'autre
,
sans pourtant
bl eaucoup
s *incommoder a
caisse J qUe le tempscfloit fort beau.
Onpeutdirequ1.a esleàsouhait
» pendant le:" t'ois jours de chassey
la Merayant esieuniecommeune
glace, quoy quitjnji toujours du
vent. Il n'y-- a eu de blessezdans le
Modéré, queM. Barte, Lieutenant)
& M. de Minne En..:
feigne, l'un à la jambe3 &leati.
tre au bras droit, avec deux Soldats
(gJf un Matelot. Le premier
Pilote, le Maiflre CaIJasJ (3f
fle Capitaine d'Armes y ont eslé tueA/. Chemineau, nouveau
Carde
} a eslé bitfiédans le Hazardeux,
ave.- un Soldat&un
Matelot.
(S.Les Galions efloient partis de Andréle7. 7uln @r avoient jtoujours tenu la Mer, àcause des
vents dOiïefl. Leplus gross'ap.
pelle le S.Charles;ilcfl de soixante
& quatre Canons, & a
pour Capitaine Domjojeph Ga~
rjo. Le Capitaine de l'autre qui
efi de soixante C nons, & qui
s'appUe le Sr Iean-7$aptifle fj1
Dom Domingo de la Pajjaran.
Dom Pedro dAraml*un cft le
nom deïAmiraldeBifc.;je.
Ily avoit sur ces Gallons, six
Capitaines de Vajjcaux;un Colonel
r;?0 pl'ifieur^Càpiidin*sd'In*
fanterie,deuxMajors,Cjuvlques.
L'eutenans de Praijjeat4x
,
dix
Enf-ignes ; cïny Genti hommes
Volontaires,p!upexrs Otficirrs refoonez;
plus de cent Ojjiciers de
Marine pour tou-e tArrnée
, &
quinze cens hommes, dont ilyen
a eu trois cens quarante tue% dans
le Combat ou noye^>
'tjuatre-'tJingt bleJTeZ.
M. Forant avoit donne le
commandement d-- l'amiral de
ces Galions à M. le Chevalier de
Perinet; mais comme il a mieux
aimé apporter au Royla nouvelle
de leur prise, on l'a donnéà
M. Iulien Lieutenant de noflre
Vaisseau.Cette nouvelle doit
efire agreable a Sa Majeflé, puisqu'il
y a plus de cinquante tans
qu'aucun Galion navoitejié amené
en France. Il n'cft pas or.
dmaire d'enlever des Praijpaux
de cetteforce.CejiAL de Rouf-
BI, Capitaine de Vaisseau
}
lui
Commande iautre. Vay évite 1er.
termes de Marine autant quel1ay
pu.Ily a pourtant de certains endroits
où j'ay esié obligé de m'en
servir
,
les ayant trouvez eJlèntiels.
LaRelation ne porte pas
que ces Galions ayent cité
amenez à la Rochelle, parce
qu'ils pouvoient n'estre pas
encore partis, lors qu'on l'a
écrite. Ils y ont esté conduis
, & le Roy n'eneut pas
si-tost receu la nouvelle,qu'il
envoya ordre de les relacher
,
& de bien faire traiter
& panser plus de cent
cinquante Officiers ou Soldats
Espagnols, que l'on a
blessez dans le combat. Ainsi
dans quelque action que
ce puisse estre, la bonté de
ce Monarque triomphe toûjours.
Mr l'Evesque d'Orange qui
est regardé de tout le monde
comme un tres-digne Prelat,
a fait paroistre un zele
extraordinaire dans tous les
foins qu'il a pris pourpurger
la Ville de l'here sie de Calvin.
Il a fait abatre deux
Temples tresconfiderables,
& toutes ses Conferences
ont eu le iuccez que l'onen
pouvoit attendre. Sa douceurj
a si bien gagnélepeuple,
que les plus obstinez se sont ,
convertis. Ainsi il ne reste a
plus que quelques Femmes, c
qui sans vouloir écouter,se
font une gloire de soûtenir i
leurs erreurs. Elles se ren- -
dront comme les autres. Les
exhortations de ce Prelat
font vi ves & fortes
,
&plus 2
de six cens nouveaux Con.,
vertis touchez de ce qu'il
leur dit dans la premiere, si-
-
rent leur Communion peu
dejours après. Il a fait venir
de Carpentrasun Docteur
del'OrdredesCapucins pour le soulager dans les Instructionsqu'il
faut donner à ces
nouveaux Caytoliques,pour es rendre dignes des Sacremens.
La Ville d'Orange
doufrit beaucoup dans le dernier
siecle par la violence
des Calvinistes, qui chadderentl'Evesque
& les C'tianoines,
ruinerent les Eglises
& les Monasteres, & se crurent
tout permis dans un
temps de licence & de fureur
,
estant soustenus par
l'autoritedu Prince qui efl
toit de leur party. Depuis ce Ij
temps là on a rétably l'Evefque
& reparéles Eglises, Ôc 'j
la Religion Orthodoxe a eu j
dans Orangeunlibre exercice
par les soins du Roy,
qui nomme à l'Evêché comme
premier Souverain, en
qualité de Comte de Provence,
parce que le Prince
est Protestant. Cet Evesché
estsuffragant d'Arles
Mr Macé,Chefcier,& Curé
de Sainte Oportune
, ayant
travaillé pendant quatorze
mois à la Conservation du
Sieur Moyse d'AvilaJuif
Portugais,&Filsdun Rahul)
ce qui devoit rengageràêtre
plus ferme dans sa croyance
par les Instructions qu'il
avoir receuës
, a si bien
sceu le persuader des veritez
de la Religion Catholique,
qu'illuy a fait faire abjuration
du Judaïsme. Il fut baptisé
ces jours passez dans certe
Eglise. MrleDuc deSaint
Aignan & Me la Marquise
de Bethune
,
Soeur de la
Reyne de Pologne,le tinrent
sur les Fonds. MrleChefcier
les vint recevoir àla
Porte
,
leur presental'aux
Benite
,
& leur fit compliment
sur l'action qu'ils al- ; loient farre. La foule de ceux »
qui voulurent voir la Cere- i
moniefut si grande, qu'il fa- 1
lut fermer l'Eglise,sansquoy
: il eust esté impossible, de ;
la faire. Le zele du Parrain, ,
de la Marraine, & du nou- t
veau Converty édifia fort i
toute la nombreuse Assemblée
qui en fut témoin. Les
premières ceremonies qui
commencerent après la Mes ;
se que celebra Mr le Chefcier,
sesirent à l'entrée dela r
grandePorte de l'Eglise,oùle
Srd'Avila fut nommé.On alla
ensuite aux Fonds, & l'on y
acheva le Baptesme. On vint
delaà l'Autel. Le Parrain,
la Marraine,& Me la Duchesse
deS. Aignan prirent
place dans des Fauteüils.
Mr Macé se mit dans un
autre sur le Marche- pied de
l'Autel, & le nouveau Baptise
à genoux sur les degrez,
tenant un Cierge a la main.
Le Discours que fit Mr Macé
fcuhtantrt.es beau & tres-tou-
Il le commença par
quelques loüanges données
au Parrain& à la Marraine,
&fit voir ensuite toutes les
raisons dont il s'estoit sepour
cetteconversion.Comme
elles estoient tres-convaincantes,
il exhortafort le
Srd'Avilaà lesrappellersouvent,
afinqu'il ne fust jamais
ébranlé dans une créance
dont il avoit esté entièrement
convaincu.
La place de Fille d'Honneur
de Madame la Dauphine
qu'occupoit Mademoiselle
deRambures,à present
Madame de Pollçril.1cyaestédonnére
à Mademoiselle
de Montmorency. Elle
fort aune branche de cette
Illustre Maison habituée en
Flandres. C'est une jeune
personne qui est enjoüée,
&quia la taille belle, l'air
doux, point contraint,& le
teint fort beau. Le Roy luy
dit quand ellefutreceuë,
qu'elle portoit un grand
nom&qu'elle estoit obligée
de le soûtenir par sa vertu.
nom de Chalancei
, parce
que le Comté de Chalancei
en Champagne apartient à
Mr de Thianges. Cette jeune
Comtesse estant combee malade
le SamEdySixième de ce
mois, mourut le lendemain
après avoir receutous ses Sacremens
qu'elle-mesmne eut
foin de demander. Elle esltoit
grosse de sept mois.Lestranfports
qui luyprirent la firent
accoucher avant leterme,&
elle en est morte aussibien
que son Enfant; c'estoit
un Garçon. On ne peut trouver
une unionplus parfaite
que
que celle qui estoit entre ces
deux nouveauxmariez, jftufl
si Mle Comte de Chalencey
a-t-il senty cette perteavec
une sivive douleur,qu'il est
impossible de l'exprimer,ny
, de décriretout ce qu'il a fait
pour soulager cette jeune
Comtesse pendant les deux
jours de samaladie. C'est à
detels Maris que sont deuës
des Femmes d'un aussi grand
mérite.
Le9 de ce mois, un Gentilhomme
Genois nommé
Gianetino Semeria
,
qui avoiresté
déja presentéau

arme de toutes pieces,ayant
à ses pieds quantité de Trophéesauili
d'or émaillé,&enrichis
de Diamans
,
ainsi que
7c piedestal. sur lequel elle est
3ofee. Elle à en face trois
Diamans taillez en fleurs de
^ys portezpar une Renomnée5
& l'attitude de ce Soltat
semble vouloir exprimer
fue cen'est qu'a ce Symbole
"ilprétend sacrifier toutes
Is dépouilles. M de Semeaàaussi
témoignéen le don-
(ntque
ce pression n'estoit qu'une
exterieure de ses
tentions toutes dévoüées
poursa Majesté. Ces figures
ainsi que le piedestal étoient
posées dans le milieu d'une
grande Corbeille d'argent su
jour & à feüillages,&donn
le travail & le dessein on
attiré l'admiration de tous
ceux qui l'ont veuë. Aussi
Gentilhomme à-t-il amene
exprés pour la faire faire un
Ouvrier appelle Caffinelli
tout à fait habile dans les ou
vrages de cette nature. Qua£
tre petits Pislolets de Filigra
ne d'argent garnis d'or, é
toient dans les quatre coinni
de cette Corbeille? & destif.
nez pour Monseigneur le
Duc de Bourgogne & pour
Monseigneur le Duc d'Anjou.
Il y avoit sur le tout un
Cartouche volant, où étoient
écrits en Lettres d'or
ces trois vers du Guarini.
Picoleoffertesi; ma pero tait
Chesi con puro affetto il cor le
donaj
Anche il Cielnon le fderna.
& au dessous ces motsLatins.
Sic Diis Thura dantur. Cela étoit
mis à dessein d'insinuer
que le zele de Mr de Semeria
estoit tout ce qui pouvoit
donner quelque prix àce présent
5 & qu'il ne rendoitau
Roy cette foible marqued
son hommage, que COlTIln
les Anciens offroient l'Encens
à leurs
-
Dieux. Sa Maje- sté a marqué qu'Elle en étoit
tres-contente & Elle a
joint a l'honneur qu'Elle luy
afait del'accepter, toutes
fortes de témoignages de:
reconnoissance & de bon
accueil.
Le 12. de ce mois le Roy
alla coucher à Maintenon,
afin d' estre plus pres des
Travaux qu'il fait faire pour
conduirela Riviere d'Eureà

Le mesme jour Monseigneur
le Dauphin, quin'a
point esté de ce Voyage,à
, cause qu'il n'y avoit point
de Logemens à Mainrenon
pour une nombreuse Cour,
fut traité magnifiquement
par Son Altesse Royale dans
sa Maison de S. Cloud. Je
vous parle si souvent de
cette Maison & des superbes
Repas que Monsieur y
donne, qu'il vous estaisé de
supléerà ce que j'aurois encore
aujourd'huy à vous en..
dire.
Le 13. il Y eut Canal le
soir à Versailles(c'est le terme
dont on se sert à la Cour,
pour dire qu'on s'y promene
sur le Canal.) Monseigneur
le Dauphin, & Madame la
Dauphine prirent ce plaisir,
accompagnez de toutes les
Personnesdistinguées qui
n'avoient point suivy le Roy
dans son Voyage. Il y eut
divers Bastimens remplis de
Musiciens, & l'on y servit
un Repas tres-magnifique.
Le 14. Mademoiselle d'Orleans
donna à disner dans fit
Maison de Choisy
,
à MonseigneurleDauphin,
à Monfleur,
à Madame, àMadame
la Princesse de Conty, & à
pli sieurs autres Perionnes
du premier rang. Choisy est
une Maison que cette Princesse
a fait bastir à deux
lieuës de Paris; & il est assez
surprenant qu'unaussi grand,
Bastiment, avec une fort
belle Orangerie, ait esté
commencé & finy
,
sans
qu'on en ait interrompu le
travail. Rien n' est- plus beau
que la situation cL Choily.
La Rivière de Seine bat
contre le parapet qui regne
le long du Jardin. Cequi- @
- en rend la veuë admirable,
c est qu'elle n'est point bornée.
Cette Maison con siste
en plusieurs Appartemenspar
le bas, tous peints & dorez.
Au dessus est une fort
belle Galerie dont on a achevé
toute la Sculpture. Il
y adeux Pilastresavec leurs
chapiteaux dans tous les
entre-senestres,&: entre ces
Pilastres sont des Trophées
d'armes qui tombent du
haut, &vont presquejusqu'à
,
terre. La Corniche qui regne
tout autour de laGalerie.
est d'un fort beau tra,.,-
vail
,
aussibien que la Sculpture
du fond des deux boucs,
& des dessusde portesToute
cette Scu pture est du Dessein
& dul travail de Mrle
Hongre,Sculpteur;c'estassez
vous dire. Comme cet Ouvrage
est ccnfiderable
, cette
Galeriene vient que d'être
achevée, ce qui est cause
qu'ellen'est encore nydorée
ny peinte; Aux deux bouts de
la même Galerie en tournant
sur la Court, sont plusieurs
appartemens peints &dorez..
Mr Blanchart qui a travaillé
aux Appartemens de Versail.
les, en a peint une partie, ôc
presque tous les ornemens
de cette Maison ont esté
faits par Mr leMoyne de Paris)
qui a toujours esté employé
pour le Roy, & qui
est un des plus habiles hommes
que nous ayons pour
ces fortes de choses.Il ne s'est
peutestre encore rien vu de
plus beau en Marbre, que
les differens chambranles de
toutes les Cheminées de ce
Palais, dont pas unn'est semblable
,
foit pour la forme,
foit pour les couleurs du
Marbre. La Chapelle estmé
nagée dans l'une des aisles
des Appartemens bas, & l'on 1
entre dans des Tribunes par
la Galerie. Cette Chapelle
est toute de la main de Mr
dela Fosse, qui est un denos
plus fameux Peintres, & qui i.
a fait les fonds de S. Eustache
qui sont en entrant à -
main gauche, & paralelles
à ceux de Mr Mignard que j
l'on voit à la droite. Mr de la
Fosse s'estappliqué à cher-I
cher le coloris de Rubens,1
enquoy les habiles tiennent
q l'il a réuni. Il ya un Dome
basty au bout du Jardin, au ,-1
bas duquella Rivierepasse.
Ce Dôme est percé de huit
croisées d'où l'on voit la Seine
tant que la veuëpeut
porter, foitducosté deParis,
foitde celu y deCorbeil. M
Coepel Fils, premierPeintre
de Monsieur
,
acheve
dele peindre. Ce qu'il: en a
déjà fait donne sujetd'esperer
que ce fera un tres bel
Ouvrage
,
puisque son Pinceau
est également fort, ôc
délicat) & qu'il a fait plesieurs
Tableaux deCabinet
extrêmement estimez des
Curieux. MrGabriel qui acru
trepris le Pont Royal auquel
on travaille, & qui est situé
vis à vis l'un des Pavillons
du PalaisdesThuilleries., est
l'Architecte decetteMaison,
qui pourra estre mise au
nombre des plus belles, lorC
qu'elle fera plus remplie
d'eauxjallissantes. Il n'aura
pas le plaisir de voir ce Pont
achevé
; on vient de m'apprendre
qu'il est mort depuis
deux jours. Tous les Illustres
donc vous venez de lire les
noms, font voir le bon goust
de la Princesse qui a fait bâtir
cette Maison, puis qu'elle
a voulu qu'on y employast
les plus fameux dans chaque
Arr,& qu'elle n'a rien épargné
pour les faire travailler.
Ainsi si la critique qui sartache
àtout, y trouve quelques
defauts) ce ne fera pas
à son peu de foin,qu'il les
faudra imputer. Elle regala
toute l'auguste Assemblée
dont j'ay commencéà vous
[ parler, avec beaucou p de
magnificence. Il y eut quatre
Tables servies en mesme
temps, & grandConcert
de Violons pendant le Dif
ner. Ourre ces Tables, le.
Maistred'Hostel de cette
Princesse en tint unegrande,
& il y en eut encore plusieurs
autres pour tous les Gens de
la fuite. L'apresdinée il y
eut Concert dans les Appartemens
, & sur le foir dans
plusieurs Bosquets du Jardin
pendant qu'on estoit à la
Promenade.
, Tandis que toutes ces
Festes se faisoient à Versailles,
à S. Cloud & à Choisy, la
joye & la magnificence ne :
regnoient pas moins à Chantilly.
Je ne vous parleray
point de cette Maison que
Monheur le Prince a rendue
une des plus délicieuses du
Monde, par les qu'il ouvrages a fait faire, & qui font
connoisteson intelligence
& son bon goust en toutes chasès. Comme ils ne sont
pas si nouveaux que CI-iolfy,,, esuispersuadé que je ne
vous apprendrois rien que
vousne sçachiez déjà;ainsi
e me contenteray de vous ire de quelle maniéré Maame
la Duchessè de Bour.
on a esté reçeuë dans ce
eau lieu. Elleyallalejour
ue le Roy partit pour
Maintenon. Cette Princessê|
trouva au milieu de la grande
Allée
,
de la Forest qui fert
d'avenuë* au Chasteau, dans 1 ;
un lieu qui forme une Etoile:
de dix ou douze Allées, une t
Collationmagnifique,&; plusieurs Tentes qu'on avoit 3
dressées exprés.. Le lende--,
mainon luy donna le divertissement
de la Pesche, & des ëJ
Luiteurs ;
le joursuivant celuy
de la Chasse dans les
Toiles,oùellevit beaucoup
de Cerfs &de Sangliers
,
&3Ô
enfin il y eut un jour parti—
culier où elle fut divertie:
parla Chasse du vol de l'Oyseau.
Tous ces differens plaisirs
furent accompagnez de
Colations aussi galantes que,
belles,tantostsur l'eau
,
&
tantost dans les plus agreables
endroits des Forests.
Outre tous ces Divertisse
mens elle eut chaque jour le
plaisirdevoirjoüer quelque
partie des Eaux deChantilly,
dont la beauté est connuë,
mais l'accüeil que luy firent
les Illustres Hostes de cette
délicieuse Maison,fut ce qui
la charma davantage. Il n'y
JX rien cependant en tout
cela qu'on n'ait dû attendre
d'eux, laGalanterie,laMagnificence&
la Valeur, estant
trois choses qu'ils font éclater
au plus haut point. La
joye qu'on a euë du parfait
rétablissement de la Santédu
Roy, confirmé par le Voyage
qu'il a fait à Maintenon,
a esté cause qu'on s'est diverty
en tant d'endroits
pendant son absence.
Je ne dois pas oublier que
Mr le Duc de la Vieville,
Gouverneur de Monsieur le
Duc de Chartres, a donné
un Repas à Monsieur,qu'on -

Rheims. Elle estoit vacante
par la Démission volontaire
de Mr le Duc de Roquelaure.
En vous parlant
de Mrle Duc d'Atri dans la
seconde Relation du Carrousel
de l'année derniere,
jevousmarquay qu'il estoit
Duc Titulaire d'Atri au
Royaume de Naples, & Fils
de François d'Anglure de
Bourlemont, Prince d'Amblie,
& Marquis de Si en
Champagne, & d'Angelique
d'Apremont Vendy.
Je vous tient parole, Madame,&
vous vais parler
plus
- plus amplement que jene
fis lemois de passédu Voyage MCleChevalierdeChau.
mont à Siam; mais afin de prendre la chose dés sonorigine,
je W vous diray que le a deSiam, ayant aprisil huitou dixans lesgranleschoses
uste que nostre Au- Monarque u'il a faites & continuë de faire enco- tous les jours, & ne pou- ant selasserde donner des
arques de l'admirationqu'-
lesluycausoient,
find'envoyerunecerelesoblruet
mbassadeenFrance,pour
congratulerSaMajesté surses
Conquestes,& luy demander
son amitié. Il fit partir pour
cela en 1682. trois Ambassadeurs
des plus qualifiez de
son Royaume, accompagnez
d'unenombreuse suite,
& chargez de magnifiques
Presens. Ces Ambassadeurs
s'embarquerent sur un Vaisseau
nomméleSoleild'Orient
appartenantàlaCompagnie
de France. Il y a grande ap-.
parence que ce Vaisseau a
pery ,
puis qu'on n'en a points
entendu parler depuis CCJ
temps là. Le Roy de Siamy
plus impatient d'apprendr1 edes
nouvelles du Roy,que de
ses Ambassadeurs. envoya deux de sesSujetsauxMinistres
de France, pours'instruiredes
Affaires de l'Europe,&
sçavoiren mesme temps ce
quesesAmbassadeurs étoient
devenus. Il apprit
paruneautrevoye qu'onne
doutoit point de leur naufrage,
& aussi-tost il en nomma d'autres, & les chargea denouveaux Presens. Ils
viennent par le Portugal, & ilalListe que je vous envoyay yadeuxmois,estuneListe
dece qu'ils apportent. Cependant
le Roy ayant crû
devoirenvoyerdes Ambasfadeurs
à Siam, tant par ce
que ce Roy luy en avoit envoyé,
que pour l'utilité que la
Religion Chrestienne en
peut recevoir, nomma Mrle
Chevalier deChaumont
pourcetteAmbassade, dans
laquelle il a esté accompagné
de Mr l'Abbé de Choisy.
Lors qu'ils arriverent à Siam,
les Ambassadeurs qui viennent
par le Portugal,estoient
partis, & cela n'apasempeschéque
le Roy de Simn'en
ait envoyé d'autres avec Mr
leChevalier de Chaumont,
ne doutant point que ces
8 derniers estant sur des Vais-
1 seaux de SaMajesté,n'arrivassent
seurement en France.
I
Avant que d'entrer dans le
détail de ce qui regarde ce
Voyage, je vais vous faire
part d'une Lettre écrite à
Suratte, touchant les nouvelles
qu'on y a euës du Soleild'Orient,
où les premiers
Ambassadeurs de Siam s'eftoientembarquez.
Un million
à quoy estoit estimée la
charge de ce Vaisseau,n'estpas
ce qui met le plus en peinelesInteressez
; mais comme
la plus part d'eux y ont
des Parens & des Amis,ils
feront bien aisesd'apprendre
tout ce qui se dit de son naufrage.
Si les Nouvelles que
j'en donne jcyenmarquent
la perte, au moins elles n'oftent
pas entierement l'esperance
de revoir ceux qui étoient
dessus.Voicy ce que
porte cette Lettre.
EXTRAITD'UNELETTRE
Ecrire de Surate.
J Du 13. Novembre l''S. Efinis par une nouvelle que
nous avons euè'icydti Soleit
d'Orient. Quoy qu'elle[Oit mau.
vaiÇe, je ne puis rriempefeher de
Vous l'écrire.Un nomme Croi-
Kier
,
Fils d'un Marchand Je
Morlaix qui efloit venu aux Indessur
le Navire de M. du
Haut-menil) nomme le Coche.,
quitta ce BaflimentpourS'cejuart
cjuersur un Navire Anglois particuliernommé
le Bristol
,
quipartit
de Surate d la fin du mois
de Janvier dernier
, pour aller
en Europe* Ce jeune homme dit
que ce Vatjjeauayant eu du mafa
vais temps9 avoit ffté obligé de
relafcber en tIjle de AîadagaJL
car, dans tAnse dufort DauplJin,
qui eflle lieu où nous nous
Jommesd'abord établis,($/ ou ilya
plujtétirsNoirs qui parlent Franfois.
Comme les Anglois ne sçavoientpas
la Langue de ce Pays

,
cessoit lu), qui leurservois
d'Interprete, lis apprirent donc de
quelques Noirs,entreautres
d'un nomméJean
,
qui avoit au--
trefois rfié Serviteurdm Ad*
de S. Martiny e:.,"'- quiparle fort
bien FrançoisJ qu'ily avoit quelques
années que le Navire le
Soleil d'Orientyefloit venu en
cette Ansi du Fort Dauphin
fort maLtraité
J
grfzifant beau-
1 coup d'Eau. Ce dernier leur nom-
» ma les principaux Officiers de et
,Na,vire,.& leurditquily avoit
) dessusdesjfmbfJJadeurs du Roy
de Siam;que ces Officiersavoient
fait la Paixavec les Noirs. gj
quaprès avoir racommodé leur
Vaiffiau& pris des rafraiebiffemens
,
ils estoient partis du Fort
Dauphin
,
maisqua quatre ou
cinq lieues de là ils avaient eslé
surpris d'une timpefle qui avoîtfaitcouhrle
Vaijjeauàfond,fan*
que performefefuji fauve,Il me
paroiss que sur un rapportsi bien
circonftantiéJ on peut croire que ce
mal-heureux Vaijjeau a ejié a
Madagascar> &julilsessperdu
en quelque endroit des cosies de
cette Ijle; car il n'y a pas d'apparence
qu'un Navire comme le
Soleil d'Orient aitcouléafond
à quatre ou cinq lieues en Ader,
« * dans un endroit ou il riy a point
de Rochers, puis que quand on
se voitdansunpérilévident, on
fait ordinairement tout ce qu'onpeutpour
donner à la Cosse
>
ce qui
riejlpas difficile, à moins que le
vent ne vienne absolument de l&
Terre. Pour moy si fofoisdire
m,on fentilnent là dejjus, je croy
que ce Navire au départ deMaf
careigne ayant voulu doubler le
Cap de bonne Esperanceyy aura
eslé battu de la tempefie
, ü que
quelqueDemaflement-, ou quelque
voye d'Eau l'aura oblIgé de
relâcher a la premiers terre qu'il
cura trouiezyOuilfe fera perdit
r-n quelque endroit de la CoJle de
Madagascar, ce qui aura donné
noyen à lapluspart des gens de
*Equipage degagner la Terre. Il
(ivray que l'on deitcraindre/ik
se font faullez du cossê du Forr
Dauphin, que les Habitans qui
efloitntnos mortels Ennemis, ne les
ayentaJf1Jflv]eK' Je nefçaJsi je
meflate par tinteresi queje prens
en quelques personnes qui efloient
sur et Vaetau; mais je ne puismempêcherdecroirequtly
aura
des gens decet Equipageen quelque
endroitde la Cosse de r./Ua-"
dagafear. Il ce certain que s1ils
ânt fauve leurs Armel, &-
qu'ilssesoient tenus surleurs gardes
, les NoirsnAWont pas eu la
- hardiejje de les attaquer. DaiL
leurs s'ils sefont perdui en certains
endroits de ces Cosses, où les Peufiesefloient
Amis des François,
4out le monde ditqu'il neleurfera
point arrivédemal.Jl mefemUe
ïmil nefautajouterfoy à ce que
les Noirs du Fort Dauphin disent3
que pourneflre plus en doute
que ce Navire n'aitfait naustagesurcesCojles,
putsquefiant.,
comme fay déjà dit, nos Ennemis
mortels
,
ilspeuvent en avoir
changélescirconjlancesfélon leurs
mterefls. Cette nouvelle se rapporte
assi'{ à ce que j'ay entendu
dire à M. du Haut,menil
y
que
lors qu'il vint dans les Indes en
J'année 1683surleNavire l'Heu.
psufe? il Avoit rencontré dans 1%
-Canal de Mofambique un
Vaisseau Anglois qui venoit des
Mazelagu qui eJIun endroit vers
le Nordde Madagascar, ou l'on
n)d traiter des Noirs
, £5r que le
Capitainede ceVaiOeau qui estoit
François, lenr avoit crié qu'on
luy avoitdit
,
fJtlun Navire
français de fixante pieces de
Canon lenoit perdu à la Casse
de cette Isle. Le temps qu'ilfaisoit
ne leurpermitpas de s'en informer -
davantage.
Le VaisseauAnglaissur lequelefîoit
embarquéle Sieur Qrou J
:{ier de qui nous avons appris ce *
queje VQM mande du Soleil 1
d'Orient, estoit un Navire particuliervenu
dans les Indes contre
lesdcjfnfes du Roy d* Angleterre,
Issut obligé,après estreparty du
Fort Dauphin, de venir dans
J'lJle dJAmjuan pour achever de
/accommoder9 & pour yattendre
la Moussonfavorable a doutier
le Cap de 130nneEfperancr.
tylyfut rencontré au mois d'Avril
ou de May dernier
t par un
Navire de Sa Mdjefié Britani-
Ijue qui s'en empara, &qui ta.
Ttenoit avec luy à Bombaye;mais
l coula àfond à cent lieuls de la
Cosse de l'inle,&on nenfauvd
jtfr l'Equipage
, parmy kqud
-tftoi, le Sieur Croizier3 qui ell
presentement en noflreLoge,
DeuxFrançois qui font venus
depuis peu d2 Bombaye,m'ont ap.
pris qu'ils avoientveuun Noir,
4 qui un autre Noir de Goa qui
efloitsur le mesmeNavire particulier,
adit qu'ilyavoit entendu
dire à quelques Noirs du Fort
Dauphzn, que le Soleil d'Orient
seftoit perdu a la Cosse de
Âdadagafcar vers la Cosse des
Matatanes
,
où ton* les Peuples
rfloienr Amis des François; que
toutes les personnes qui efloient
dessus s'estoientfluvêes à terre,
4Milsefloientencoretenattendant
que quelque Navire passàstpou,
rembarquer. Cettedtrnierenouvelleriefl
à la vérité qu'unouy
lire, d'un autre ouy dire
,
quiseoitpourtant,
je coyjujfifantpour
bliger la Compagnie à envoyer
wpetit Tïajlimentquitouruftune
UTtiede la Cojiede FfideMaeacar,
pourvoirfil'onpourroit
p avoir quelque nouvelle plus; \rticuliert.
NDIU' écrivons par
pe occasion à MIs les Virecurs
ce que nous avons apris àw
CroiKier ymais ce nejipas a~
pc toutes les circonstances que je.'
arqueicy.
Je viensau détail du VoyaJ.
ge de Mr le Chevalier
de Chaumont. Sa Majesté
l'ayant nommé son Ambasfadeur
vers leRoy de Siam.
Il se rendit à Brest avec Mr
l'Abbé de Choisy, sur la fin
de Fevrier de l'année der-
,
niere, & ils s'embarquerent
dans un des Vaisseaux du
Roy,appellél'Oiseau. Mrde
Vaudricourt qui le commandoit
fit mettreà la Voile
le3. de Mars & partit de
Brest avec la Fregate la Maligne,
commandéepar Mr de v
Joyeux. Le vent leur fut toû-
« jours assez favorable, ôc :
comme il y avoit dans le !
Vaisseaudes Millionnaires&
six Jesuites, ce n'estoit tous
les jours qu'Exercices de
pieté, & l'on y vivoitavec
la mesme regularité que
dans unConvent.Ilss'appliquoient
tour à tour à faire
des Exhortations à tout
Equipage. On disoit lar
Messe, on chantoitVespres,
& on passa fort heureufenent
la Ligne le 6. d'Aril
sans souffrir beaucoup
le lachaleur. Ce fut alors
su'il fut question de faire ce
u'on appelle la Ceremonie
u Bàptesme. Ceux qui n'ont
mais passé la Ligne, sont obligez
de souffrir qu'on leur
jette sur le corps certain
nombre de seaux d'eau, à
moins qu'ils ne donnent
quelque argent pour racheter
cette peine. Il n'y a personne
qui puisse s'en exempter
, de quelque condition
quel'on puisse estre, & on
fait jurer tout le monde sur
le Livre des Evangiles, pour
sçavoir si on a fait ce passage.
Mr le Chevalier de Chaumont
ne voulut point endurer
que l'on jurast sur les Evangiles.
Il fit faire ce Serment
sur une Mapemonde,
& mit de l'argent dans un
bassin
, ce que firent après
luy toutes les personnes considerables
du Vaisseau, pour
s'épargner la Ceremonie. La
somme montaà soixanteescus
quifurent distribuezaux
Matelots. Le reste de la traversée
fut tres heureux jusquesau
Cap de bonne Esperance.
On y arriva le 31. de
May,&l'on y receut les Saluts
ordinaires de quatre
Vaisseaux Hollandoisqu'on
y trouva. Ils portoient a Batavia
le Commissaire Generalde
laCompagnie des IiW
des
, avec Mr de S. Martin
François, Major Général.
M. le Chevalier de Chaumonts'arresta
sept jours à
ce Cap afin d'yfaire de l'eau,
& de prendre desrafraichisfemens.
Le Gouverneur qui
eA Hollandois
,
luy en envoya
de toutes fortes, aprés
l'avoir fait complimenter
par le Neveu&par le Secretaire
du Commissaire. Tous:
ceux du Vaisseau mirent pied
a, ~erre lIes urns a,près 1lesautres.
Ils'en trouva quelquesuns
qui estoient malades d&
Scorbut, & ils furent gueris
en quatre jours. La Forteresse
que les Hollandais ont.
fait bastir en ce lieu là
,
est
toute revestuë de pierres,
&a quatre bastions. Elle n'a.
point de fossez, mais elleest
Ilterès- bien garnie de Canon, Havre est fort seur
,
ôc
peut contenirungrand nom- bre de Vaisseaux. Il y a déja
quantité de Maisons qui forment
une espece de Ville.
^Cequ'ilya de plus remar-
,
quable est un Jardin fort
grand & fort spacieux avec
des allées à perte de veuë.
On y a planté tout cequ'il
ya de bons fruits en Europe
& dans les Indes. Les uns
sont d'un costé,les autres de
l'autre
,
& tous y viennent
fort bien. Celuy qui a foin
de ce beau Jardinest unFrançoisqui
est grand Seigneur
en ce Pays-là. Il reconnut
Mr le Chevalier de Chaumont,
qu'il avoit veu chez
Monsieur
, ou il avoit esté
Jardinier.
La terre que les Hollandoisoccupenr,
a esté achetée
d'un petit Roy du Pays, pour
des bagatelles de l'Europe.
Plus on avance en s'éloignant
gnant de la Mer, plus elle
est bonne & fertile, &sur
tout la Chasse y en merveilleuse
; mais on y doit craindre
les Bestes farouches,
comme Lyons,Tygres,Elephans,
& autres. Ces belles
s'écartent à mesure que le
Pays se découvre, & qu'on
y fair de nouvelles habitations.
Les Hollandoisont
déjàcommencé d'en faire
en plusieurs endroits. Pendant
le séjour de Mr l'Ambassadeurau
Cap, deux d'enreeuxestantallezàla
Chase
furent rencontrez & attaquez
par un Tigre. Il le
jetta sur l'un de ces Hollandois,
l'autrele tira & le blessa.
Le Tigre tout en fureur
vint à celuy qui l'avoir blessé,
& il l'auroit devoré sans
doute, si son Camarade qu'il
avoit jetté par terre, ne Ce
fust promptement relevé
pour tirer aussi son coup. Il
le tira si heureusement qu'il
cassa la teste au Tigre. On
l'apporta pour le faire voir.
Il estoit d'une grandeur effroyable.
On mit le Blessé à
un Hospital, qui est là tresbien
fondé, & oùl'on est
rtraité avec tous les soins imaginables.
Tous les Vaisseaux
Hollandois qui viennent
d'Europe, & ceux qui s'yen
retournent, laissent leurs
Malades en ce lieu là
,
& ils
y recouvrent incontinent
leur santé
,
l'air & les eaux
estant admirables.
Les Habitans y sont doux,
assez bien faisans, & il n'est
pas difficile de s'accommoier
de leurs manieres, mais
Ils sont laids, mal-faits, de
petite taille,& ont plus de
rapport à la façon de vivre
les bestes qu'à celle des hommes.
Leurvisageest tout ridé,
ils ont les cheveux remplis
de graisse
;
& comme ils
se frottent le corps d'huile
de Baleine,& qu'ilsne mangent
que de lachaircruë,ils
sont si puans qu'on les sent
de loin. Ils ne mangentleur
Betail que lorsqu'il est mort
de maladie
,
& ce leur est
un fort grand ragoust qu'une
Baleine morte ,
jettée par la
Mer sur le rivage, ou les
tri pes chaudes d'une Bê-
-
te. Ils les secoüent fort legerement
,
& les mangent
avec les ordures
,
aprés en
avoir osté les excremens,
dont quelques-uns se servent
pour se froter le visage. On
leur - a donné le nom de Cafres,&
les hommes &les femmes
n'ont qu'une peau coupée
en triangle pour se couvrir
ce que la nature apprend
à cacher. Ils se l'attachent
avec une ceintire de cuir au
milieu du corps. Quelquesuns
se couvrent les hanches
d'une peau de Boeuf ou de
Lyon. D'autres portent une
peau qui leur descend depuis
les épaules jusque sur les
hanches,& plusieurs se dé-
coupent le visage3 les bras:
& lescuisses
, & achevent
de se défigurer parlescaracteres
étranges qu'ilsy font.
LesFemmes portent aux bras
& aux jambes des Cercles de
fer ou de cuivre, que les Etrangers
troquent avec elles
toujours à leur avantage. Ils
demeurentende petites hûtes
où ils vivent avec leur
bétail fous un mesme couvert.
Ils n'ont ny lit,nysieges,
ny meubles, & s'asseient
sur leurs talons pous se reposer.
Ils nevont vers la Mer
,
que lors qu'ils sçaventqu'il
est arrivé quelque Navire,
& qu'ils peuvent troquer
leur betail. Ils ont aussides
peaux de Lyon, de Boeuf, de
Leopard, & de Tigre, qu'ils
donnent pour des Miroirs,
des Couteaux
,
des Cloux,
des Marteaux,des Haches,
& autres vieilles ferrailles..
Il est malaisé de découvrir
l'estat du Païs au dedans, ôc
les richesses qu'on y peut
trouver,àcause que les GouverneurHollandoisont
fait
faire ferment à tous ceux
qu'ils ont menez avant dans
les Terres, de n'en reveleraucune
chose,On a sçeud'un
Homme quia demeurelongtemps
dans la Forteresse que
depuis quelques années le
Gouverneur avoir esté avec
bonne escorte à plus de deux
cens cinquante lieuës pour
faire la découverte du Pays;
qu'ilavoir trouvé par tout
des Peu ples traitables, ôc
assezbienfaits, les Terres
fort bonnes & ca pables de
-
toute sorte de cu lture, ôc
qu'il y avoit ~desMi d'or,
de fer, & d'une espece de
cuivre où il entroit une septiéme
partie d'or. Onles
trouva chantans & dançans
& ilsavoient des manieres
de Flustes qui estoient sans
trous. Elles estoient creuses,
& une espece de coulisse
-
qu'ils haussoient ou baissoient
avec leurs doigts, faisoit
la diference des tons.
Ce Gouverneur avoit esté
conduit par un Cafre, & ce
Cafre ayant aperçeu deux
hommes de grande taille fqouri.s ven.oien,t à eux, s écria
alarmé
y
qu'ils estoient
perdus, & qu'il voyoit les
deux plus grands Magiciens
du Pays. Le Gouverneur
4
répondit qu'il estoit encore
plus grand Magicien qu'eux,
& qu'il ne s'étonnait point.
Les pretendus Magiciens s'étant
avancez, il sir aporter
un verre remply d'eau de
vie.On y mit le feu,& il lavala.
Ces Malheureux furent si
épouvantez d'un pareil prodige,
qu'ils prirent le Gouverneur
pour un Dieu, & Ce
mirent à genoux pour luy
demander la vie. Les Hollandois
ont fait un nouvel
établissèment au Cap. Il est
au bord de la Mer; mais ils.
le tiennent secret, ne vouIant
pas que les autres Nations
quiviennent s'y rafraischir,
en ayent connoissance.
Ce Cap est l'extremité de la
terre ferme d'Afrique, qui
avance dans la Mer vers le
Sud, à trente-six degrez au
delà de la Ligne.Cette extremité
de terre fut nommée
Cabo de Boa Speranza
, par
Jean II. Roy de Portugal,
fous lequel Barthélémy Dias
la découvriten1493 Ce Prince
la fit appeller ainsi à cause
qu'il esperoit découvrir
en fuite les richesses des Indes
Orientales, & les autres
Nations luy ont confirmé,
ce nom, parce qu a près que
l'ona doubléle Cap, quiest,
presque en distance égale de
deux mille cinq cens lieuës,
entre l'Europe & la Coste la
plus Orientale desIndes,on
a toute forte d'esperance de
pouvoirachever ce grand
Voyage.
Les Malades estant guéris
-' on fit du bois& de l'eau, on
acheta toutes les provisions
que l'onjugea necessaires
- pour aller à Batavia,& l'on
remit à laVoile le 7. de Juin,
après les Saluts donnez &
rendus de part & d'autre
comme onavaitfait en arrivant.
Cette seconde traver- senefut pas si douce que
la premiere. Les vents furent
violens,& la tempeste separa
la Fregate la Maligne du
Vaisseau de Mr l'Ambassadeur
,sans quelle pust le rejoindre
qu'auprés de Batavia.
Le 5. de Juilleton découvrit
l'Isle de Java,
-
& le 16. on
moüilla prés de Bantam. La
longueur del'Isle de Java est
de cent cinquante lieuës,
mais on n'a pas encore bien
sceu quelle est sa largeur.
C'est ce qui a fait croire à
quelques uns quecen'estoit
pas une Ble; mais qu'elle faisoit
partie du Continent que
l'on connoist fous le nom de
terre Australe au près du Détroit
de Magellanes. Les Habitans
pretendent que leurs
Predecesseurs estoient Chinois,&
que ne pouvant sousfrir
la trop severe domination
du Roy de la Chine, ils
passerent dans l'Isle de Java.
Ontrouveeneffet que les Ja- 1
vansontle front& les. machoires
larges,& les yeux pe- l
tits comme lesChinois. Il n'y t
àpresquepoint de Ville dans
Java qui n'ait son Roy, &
tous ces Rois obeissoient autrefoisà
un Empereur mais
depuis environ quatre-vingt
ans,ils ont aboly cette Souveraineté
,
& chacun d'eux
est indépendant. Celuy de
Bantam est le plus puissant.
de tous. La Ville qui porte ce
nom, estau pied d'une Montagne
de laquelle sortent
trois Rivieres,dont l'une traverse
Bantam
,
& les deux
autres lavent ses murailles y
mais elles ont si peu d'eau.
qu'aucune des trois n'est lia.
vigable.LesHollandois sont
maistres de cette Place depuis
peu d'années. Le Roy
de Bantam ayant cedé le
Royaume à son Fils, ce Fils
maltraita d'abord tous ceux
qui avoient esté considerez
de son Pere. Le vieux Roy
l'ayant appris luy en fit faire
des reprimandes, & le Fils
pour s'en vanger, fit massacrer
tous ces malheureux. Ce
différentalluma la guerre
entre le Pere & le Fils, & ce
dernier fut chassé. Dans cette
disgrace
,
il demanda du
secours aux Hollandois qui
le rétablirent & mirent le
vieux Roy dans une Prison
où ils le tiennent encore.
Tout se faitaunom du jeune
Roy
,
qui ay ant une grosse
GardeHollandoisetoujours
avec luy pour l'observer, n'a
pc pouvoirqu'autant que les
Hollandoisluy en laissent.
Le Vaisseau de Mrl'Ambassadeurn'entra
point dans le
Havre de Bantam, mais on
le laissa pas de prendre tous
es rafraichissemens. dont on
ut besoin
,
& ils furent apportez
à bord par ceux du
Pays. - -¡"., -,,-'-'f.
Le 18. on arriva devant Batavia
,
où l'on demeura sept
jours pour soulager les Malades
que l'on mit à terre.
Cette Ville est située à douze
lieuës de Bantam
, vers le
Levant dans une Baye
,
qui
estant couverte de quelques
petites Isles du costé de la
Mer, fait une des plus belles
rades de toutes les Indes.
Ce n'estoit d'abord qu'une
Loge que les Hollandois avoient
à Jacatra
,
& que le
Roy de ce nom leur avoir:
permis de bastir à causedes
avantages qu'il tiroit du de j
bit des Epiceries qu'ils y venoient
acheter. Le Roy de
Bantam leur avoit aussi permis
de bastir une Maison ou
Loge dans son Royaume,
pour y laisser les Facteurs qui
devoient veiller à la conservation
des Marchandises
dont ils trafiquoient. La
mesme permission avoit esté :
donnée aux Anglois, malgré
la repugnance qu'avoient les
Javans de souffrir aucun établissement
aux Estrangers
dans leur Isle, par lacrainte:
où ils estoient qu'ils ne les
traitassentavecla mesme rugueur
que les Portugais avoient
exercée contre les
Rois Indiens qui les avoient
receus chez eux. Les Traitez
que les Hollandois avoient
faits avec ceux de Jacatra &
de Bantam
,
regloient les
Droits d'Entrée &de Sorcier
mais comme ils haussoient
ces Droits àmesurequ'ils
voyoient que le Commerce
devenoit necessaire aux Etrangers,
la mauvaise foy
qu'ils eurent
5
obligea les
Hollandois à fortifier peu à
peu leur Loge de
-
Jacatra,
pour se mettre à couvert de I
la violence que leur pourroient
faire les Barbares
quand ils voudroient se
mettre à couvert de ces injustices.
LesIndiensnes'en
apperçeurent que lors que
la Loge futen estar de desense,
& ne pouvant plus se
décharger des Hollandois
par laforcey ils se servirent
de l'occasion de la mauvaise
ntelligence où ils les virent
Lvec les Anglois, & quiéclaa
principalement batNaval au Com- qui se donna entre
ux le 2. Janvier 1619. entre
acatra & Bantam. LaFlote
Angloise qui estoit d'onze
Ramberges
,
maltraita la
Hollandonise j , qui n'estoit,
composée que de sept Navires.
LesHollandoiss'étantretirez,
le Roy de Jacatra assiegea
leur Fort, auquel ils avoientdonné
le nom de Batavia.
Il se servit des Troupes
Angloises,qui après un Siege
de sixmois,furent contraintes
de l'ab andonnerles Hollandois
ayant renforce leur Flote,
des Navires qu'ils avoient
dans les Moluques. Le Roy
de Jacatrarejetta inutilement
sur lesAnglois la cause de ces
desordres, Le General Hollandois
se paya point de ces
excuses; Il fit débarquer ses
gens au nombre d'onze cens
hommes, attaqua la Ville de
Jacatray la prit de force, &
y fit mettre le feu. Aprés ce
succez,les Hollandoisacheverent
les Fortifications de
leur Loge, & en firent une
Place reguliere, à quatre Bâstionsrevestus
de pierre,bien
fossoyée&palissadée avec
ses demy-lunes, redoutes, ôc
autres Ouvrages. Le Royde
Matran
,
quiestoitcomme
l'Empereur de toute rIfle..
assiegea le Fort en 1628.& s'étant
logé fous le Canon, fit
donner plusieurs assauts à la
Place, mais il fut enfin contraint
de lever le Siege, aussibien
que l'année suivante,
& depuiscetemps là les Hollandois
y akr- étably leur
-
commerceavec lesChinois,
Japonois, Siamois, & autres
Peuples Voisins
,
se failanc
payer dix pour cent pour les
droits de laTraite-Foraine,
de toutes les Marchandises
qui s'y débitent. Ils sont
maistres de toute la Canelle
&du Clou deGirofle quiest
dans I
dans le monde,&envoyent
tous les deux ans un Vaisseau.
au Japon; mais ils n'ont presque
point de liberté en ce
lieu là. Si-tost queleurs Vaiffeaux
y sont arrivez, on 1.
prend leurs Voiles, leurs Agrés,
& tous lesMasts qu'on
met ians unMagasin &
quelque
tempsqu'il
puisse
Faire,on les oblige à partir au
OUI; qui leur est marqué.
Le Directeur du Comptoir
l'y peut estre que trois ans. 1
^.infi il y en a toujours trois,
'un quiva,l'autre qui revient,
( le dernier qui demeure.
On ne souffre point qu'ils
aillent dans le Pays, mais Us?
en rapportent tantde riches
ses, qu'ilssesoûmettent sans
peine à ce qu'on exige d'eux.
Le General Hollandois qui ij
està Batavia,n'est pas moins
puissant qu'un Roy. Quoy
qu'on ne l'élise General que 3
pour trois ans, l'élection se 5
confirme
,
& il est toujours 2
continué. Il a une Garde à i
pied & à cheval. Ses apoin- -
temens sont de quarre mille
francs par mois, & il prend h
tout ce qu'il veut dans les
Magasins sans rendre comp- -
se de rien. Il y a six Conseillers
ordinaires qui font toules
choses
,
& quand il en
meurt quelqu'un,c'est luy
qui luy nomme un Succes-
,- seur fous le bon plaisir de la
Compagnie.Son choix en elt
toujoursapprouve. Il yaaussi
des Conseillers extraordinaires
,mais quand on prend
leurs avis, on ne compte
point leurs voix, si ce n'est
sqeuil'lielrms anque un des six Conordinaires.
Ils sont
tous logez dans la Forteresse.
La Compagnie a dans ce
Pays-là plus de deux cens
Vaisseaux qui font tout le tra- 1 fie de l'Orient.Ondit que
les Hollandois y peuvent l
faireune armée de plus, de
cinquanteVaisseauxdeGuer- '-
re. Ils ont six Gouyernemens
Généraux, desquels dépendent
tous les Gouvernemens
particuliers de leurs Places,
& par consequent tous les
Comptoirs & Loges qu'ils
ont la en tresgrand nombre,
& dans tous les lieux où ils
croyent pouvoir trafiquer.
Mr l'Ambassadeur receut
toutes les honnestetez possibles
de ce General des Hbllandois,
quil'envoya visiter
à bord 7 j , &luy -Et porter toutes
fortes de rafraichissemens.
Quoy qu'il se fust excusé
de sortir de sonVaisseau,
comme il l'en, avoir fait
prier, il ne laissa pas de defcendre
à terre Incognito, ôc
d'aller voir les beaurez de
Batavia. Après avoir donné
quelques jours aux Malades
que l'air de la terre guerit en
fort peu de tem ps, il resolut
de poursuivre son Voyage;
mais comme aucun des Pilotes
n'avoit esté à Siam, il en
prit un du Payspour passer
le Détroit de Banca qui est
dangereux. Ce fut là que la
Fregate la Maligne le rejoignit
, ce qui fut à tous un
fort grand sujet de joye. Peu
de jours aprés, Mr d'Arbouville
Gentilhomme de Normandie
,mourut dans cette
Fregate, & il fut jetté à la.
Mer avec les ceremonies ordinaires
dans ces-tristes occa
fions. Les deux Mandarins
que l'on remenoit de France
à Siam
,
n'avoient sorty que
deux fois du trou où ils s'etoient
mis dans le Vaisseau
pendant tout y ce long Voyage
,
mais lors que l'on commença
a voirdeshommes
noirs vers ce Détroitde Banca,
ils monterentsur letillac,
& donnerent de grandes
marques de joye.
Le 3. de Septembre on repassa
la Ligne, & enfin le 14.
du mesme mois on moüilla
à la Barre de la Riviere de
Siam, qui est une des plus
grandes de toutes les Indes.
On l'appelle Menam, c'est à
dire, Mere des Eaux Elle
n'est pas bien. large , mais
elle est si longue, qu'on dit
qu'on n'a pû encore monter
jusqu'a sa source. Son cours
est du Nord au Sud.Elle f
passe par les Royaumes de
Pegu & d'Auva, & en suite
parceluy de Siam. Elle a
cela de commun avec le Nil,
qu'elle se déborde tous les
ans, & couvre la terre pen
dant quatremois. En s'en
retirant, elle y laisse un limonquiluy
donne lagraisse
& l'humidité dont elle a be.
foin pour la production du
Ris. Elle se dégorge dans le
Golse de Siam par trois grandes
embouchures, dont la
plus commode pour les Navires
& pour les Barques est
la plus orientale, mais ce qui
la rend presque inutile,c'est
uu Banc de sable d'une lieuë
d'étenduë, qui est vis-à-vis
de laRiviere,& qui n'a que
cinq ou six pieds d'eau avec
la basse Marée.Lahaute y
en amene jusqu'à quinze ou
seize; maiscen'e st pasassez
pour les grandsNavires qui
demeurent ordinairement à
la rade à deux lieuës de ce
Banc. Ils y sont en seureté,
& ont en tout temps six
brasses d'eau.Ainsi le Vaisseau
de Mrl'Ambassideur
demeura à cette rade, & la
Fregate qui prenoit moins
d'eau, passa sur le Banc avec
la Marée. Quand on l'apafsé
on peut entrer dans la Riviere
jusques à BancoK, qui
est une Ville éloignée dela
Mer de six lieuës. Celle de
Siam en cil: à vingt-quatre,
Si-tost qu'on eut mouillé à
cette embouchure, Mr le
Chevalier de Chaumont envoya
Mr Vachet, Miffionnaire
Apostolique, qui estoit
venu en France avec les
Mandarins de Siam
,
donner
avisdeson arrivéeàMr l'Evêque
de Metellopolis. Cette
nouvelle causa une extrême
joye au Roy de Siam. Il ordonna
aussi-tost qu'on prearast
toutes choses pour saie
une magnifiquereception
L Mr l'Ambassadeur, & nomna
deux Mandarins du prenier
Ordre pour luy venir
aire com pliment à bord.
C'est ce qu'apprit MrleChevalier
de Chaumont par Mr
Evesque de Metellopolis,
qui vint à bord le 29. avec
Mrl'Abbé de Lyonne. Cét
Abbé estoit passé à Siam en
581. avec Mr l'Evesque d'Heliopolis,
dont il y a quelques 1
mois que je vous appris la
mort. Son zeleestconnue,&
l'on peut juger par là dufruit
qu'il a fait en travaillant à la
Conversion desInfidelles.Le
lendemain les deux Mandarins
vinrentsaluer Mr l'Ambassadeur.
Il les receut dans
sa Chambre
,
assis dans un
Fauteüil
,
&ils s'assirent à la
mode du Pays sur des Carreaux
qui étoiét surle Tapis
de pied. Ilsluy marquerent
1 la joy e que le Roy leur Maîtreavoit
de sonarrivée,& dirent
qu'on luy avoir donné
une agréable Nouvelle,en
luy apprenant quele Roy de
France avoit vaincu tous ses
Ennemis, & donné ensuite
la Paix à l'Europe. Cette Audience
finie, on apporta du
Thé& des Confitures,& l'on
tira neufcoups de Canon à
leur sortie du Vaisseau.
Le I. d'Octobre,MrConstanceFavory
duRoy,envoya
son Secretaire avec des rafraichissemens
en si grand
nombre, qu'il y en eut pour
nourrir tout l'Equipage pendant
quatre jours. Mr Constance
est un homme d'un
fort grand merite, qui s'est
élevé par sa vertu au porte
où il est. Il est Grec,de Mie
de Cefalonie
,
& fut pris petit
Garçon par un Vaisseau,
où il fut fait Mousse. C'est
le nom qu'on donne à de
jeunes Matelots qui fervent
les gens de l'Equipage. On
le mena en Angleterre,&
il continua le service dans
les Vaisseaux. Il passa aux Indes,&
de degré en degré, il
devint enfin Capitaine de
Vaisseau. Il alloit à la Chine,
& au Japon, où il trafiquoit
pour le compte des Marchands.
La tempesteluy
ayant fait faire naufrage à la
Coste de Siam
,
il fut contraint
de semettreau service
du Barcalon, qui est un des
six grands Officiers de ce
Royaume. Son employ consiste
dans l'administration
des Finances. Le Roy de
Siam avoit alors un grand
démeslé avec ses voisins,
touchant un compte par lequel
on pretendoit qu'il demeuroit
redevable de fort
grosses sommes Les Siamois
n'entendent pas bien l'Arithmetique.
Mr Constance de-
-
manda à examiner tous les
Papiers que le Barcalon a-
, voit entre ses mains
,
& il
rendit le compte sinet, qu'il
fit connoistre non seulement
que le Roy de
-
Siam ne devoit
rien
,
mais que l'autre
Roy luy devoit des sommes
tres -
considera bles. Vous
pouvez juger dans quellefaveur
il se mit par là. Le Barcalon
estant mort peu de
temps aprés, le Roy le prit
JL son service ,&il est presentement
tout puissant dans
cet Estat. Il n'a voulu accepter
aucune des six grandes
Charges
,
mais il est sort diffusde au
tous ceux qui les
exercent
,
& il seroit dangereux
dene luy pas obeïr. Il
parle au Roy quand il veut, -
c'est un privilege qui luyest
particulier. Laprincipalede
ces grandes Charges rend
celuy qui la possede comme
Viceroy de tout le Rovau--»
me.elleest presentement
exercée par un Vieillard pour
cjm le Roy mesme a grand
:*e{peâ.-Il est son Oncle & a"
ïsté son Tuteur. Ce Vieilard
estsourd
,
& on luy par- eparile moyen d'uniennp
homme que l'on sait entrer,
& quien criantfort haut,
luy fait entendre ce qu'il faut
qu'il sçache. C'est un homme
de tres-bon sens, & on
s'est toûjours bien trouvé de
ses avis.
Le 8. Mr l'Evesque de Metellopolis
revint à bord avec
deux Mandarins plus qualifiez
que les premiers, qui furent
receus & saluez de la
>•
mesme forte. Ils venoient j
s'informer au nom du Roy
de la santé deMrl'Ambassadeur,
& l'inviter de descendre
à terre. Aprèsqu'ils furent
sortis du Vaisseau, cet
A mbassadeur se mit dans son
Canot, & sur le soir il entra
dans la Riviere avec les per-
»
sonnes de sa fuite, qui avoient
trouvédes Bateaux du
Roy pour les amener. A l'entrée
de cette Riviere estoient
cinqBalons sortmagnifiques
que le Roy avoit envoyez
pour le conduire à Siam. Ce
sont des Bastimens faits d'un
seul arbre. Il y ena qui ont.
cent pieds de longueur, &,
qui n'en ont que huit on
neufpar le milieu,quiest
l'endroit le plus large,& dans
lequel il y auneespece de
Trône couvert. Mrl'Ambassadeur
coucha ce soirlaà
bord de la Maligne, qui étoit
entrée dansla Riviere quelques
jours auparavant.
-
Le 9. deux nouveaux Mandarins
vinrent recevoir ses
ordres. Ils estoienthabillez
comme les autres, avec une
maniere d'écharpe fort large
depuis la peinture jusqu'aux
genoux, sans estre plissée.
Elle estoit de toile peinte,
& tomboitcomme une culote
Il y avoit au bas une
bordure fort bien travaillée,
!& des deux bouts de l'écharpe,
l'un passoit entre leurs
jambes, l'autre par derriere.
- Depuislaceinturejusqu'en
haut,ilsavoient une maniere
de chemise deMousseline
assez ample, tombant par
dessus l'écharpe, & toute ouverte
par le devant. Les
manches venoient un peu
au dessous du cou de
,
& étoient
passablement larges.
~ls avoient la teste nuë
,
ôc
~stoient sans bas & sans souiers.
La plus part de leurs
~alets n'avoient que l'éharpe
& point de chemise.
Onze Bateaux arriverent dej
Siam chargez de toutes sor- ni
tes de vivres. Mr Constance j
les envoyoit de la part du j
Roy,qui luy avoit ordonné t
de faire fournir aux Equipagestoutes
leschoses dontils
auroietbesoin pour leur sub- fl
sistance,pendant leur séjour.
Mr l'Ambassadeur s'étant "a
i < -
mis dans un Balon partità *'j
sept heures du marin, & apres
avoir fait cinqlieuës,
il arriva dans une Maison
bastie de Bambous, qui est
un Bois fort leger, & couverte
de Nates assez propresm
Il y avoir plusieurs Chambres
toutes tapissées de toiles.
peintes. Les Meubles en estoient
fort riches, & tous les
Planchers estoient couverts
de tres-beauxTapis. La
Chambre deMrl'Ambassadeur
estoit meublée plus
magnifiquement que les autres.
Il y avoir un Dais de
toile d'or, un Fauteüil doré,
&un tres- beau Lit. Deux
Mandarins, & les Gouververneurs
de BancoK& de
Pipely le receurent en cette
Maison, qui avoir esté bâtie
expres, ainsique toutes les
autres-où il logea jusqu'àson
arrivée à Siam. Il fautaussi
remarquer que les Meubles 1
de toutes ces Maisons estoient
neufs, & n'avoient
jamais servy. Il y eut un
grand Repas, aussi abondant
en viandes qu'en fruits.
Apres que l'on eut disné, Mr
l'Ambassadeur se remit dans
sonBalon, & arriva le soir à
BancoK, qui est la premiere
Place du Royaume de Siam
sur la Riviere. Un Navire~
Anglois qui se trouva à la
rade, le falüa de 21. coups de
Canon, & les deux Forteresses
ses qui sont des deux costez
de cette Riviere, tirerent
l'une 31. coups de Canon &
l'autre29. Il logea dans l'une
de ces Forteresses, en unf
Maison fort bien bastie, &",
que l'on avoit richement
meublée. Il y fut traité avec
la mefime magnificence.
Il partit le 10. à huitheures
du marin, & receut des Forteresses
le mesme salut qu'à
on arrivée. Il fut complimenté
avant son départ, par
eux nouveaux Mandarins
ui l'accompagnerent avec
~us les autres,auffi- bien que
le Gouverneur de Bancok.
Il trouva de cinq lieuës enn
cinq lieuës de nouvelles
Maisons toujours tres-commodes
,& fort richement
meublées
,
& arriva le 12. à"É
deux lieues de la Ville de
Siam. Il avoit plus de cinquante
Balons à sa suite, de i
cinquante jusqu'à cent pieds
de longueur, & depuis trente
jusqu'à six-vingt Rameurs..
Ilssontassis deux sur chaque *
banc,l'un d'un costé, & l'au-
-
tre de l'autre, le visage vers 2
le lieu où ilsveulent arriver..
Leurs rames sont longues de *
quatre pieds, lapluspart dorées,&
ils fatiguét beaucou p
enramant de cette forte. Il
- faut cependant fort peu de
chose pour les contenter.On
leur donne du ris qu'ils font
cuire avecde l'eau, &quand
on y ajoûte un peu de poisson,
on leur fait grand' chere.
Dans tout ce passageon rendit
à Mr l'Ambassadeur les
mesmes honneurs que l'on
rend au Roy. Il ne demeura
pei sonne dans les Maisons,
& comme toute la Campagne
estoit a lors inondée,tout
le monde estoit prosterné
dans desBalons, ou ssir<
des monceaux de terre élevez
à fleur d'eau,& chacun
avoir les mains jointes proche
le front. Devant toutes
les Maisons & Villages, il y
avoir une espece de parapet,
élevé de sept ou huit pieds
hors de l'eau avec des nates.
C'est ce qu'ils observent lors
que leRoy passe. Ils se jettent
le ventre contre terre, & par
respect ils n' osentjetter les
yeux sur luy. J'ayoublié de
vous dire que toutes les
Maisons où Mr l'Ambassadeur
logea, estoient peintes
derouge,ce qui est particu
lier aux Maisons du Roy.
On y faisoitgarde pendant
lanuit, & ilyavoit des feux
tout autour.
Le 13. Mr m'Ambassadeur
fit prier le Roy de luy vouloir
envoyer quelque personne
de confiance avec
qui il pust s'expliquer, parce
que les manieres de recevoir
les Ambassadeurs des Roys
d'Orient
,
estoient differentes
des Ceremonies que l'on
devoit observer en recevant
un Ambassadeur du Roy de
France. Mr Constance vint
à bord le lendemain
,
& ils
convinrent ensemble de
toutes choses.
Le 15 tout le Seminaire
de Siam vint saluer Mr le
Cheualier de Chaumont. Il
y avoit plusieurs Prestres venerables
par leur grande
barbe, & quantitéde jeunes
Chinois, Japonois, Cochinchinois,
Siamois & autres,
tous en long habit, & avec
une modestietres-édisiante.
Les uns sont dans les Ordres
Sacrez,&les autres aspirent
a y entrer.
Le 16. les Deputez de toutes
les Nations établies à
Siam au nombre de quarante
deux, le vinrentcomplimenter.
Ilsestoient tous habillez
à leur maniere, ce qui
faisoit un effet tres. agréable.
Lesunsavoient desTurbans,
les autres des Bonnetsàl'Arménienne,
ceux-cy des Calotes,&
quelques-uns des Babouches
comme les Turcs,
Il y en avoit qui estoient
teste nuë ainsi que les Siamois,
parmy lesquels ceux
qui font d'une qualité distingllée,
ont un Bonnetcomme
celuy d'un Dragon. Ilest
faitde Mousseline blanche,
& se tient toutdroit. Ils l'arrestent
avec un ruban qu'ils
passent tous leur menton.
Le 17. Mr Constance vint
voirles Presens que Sa Majesté
envoyait nu Roy son
Maistre
,
&il amena quatre
Ballons magnifiques pour
les porteràSiam.
Le 18. Feste de S. Luc,
M l'Ambassadeur sedisposa
à son entrée dés le matin, &
il commença par offrir à
Dieu son Ambassade
,
puisqu'elle
n'avoit esté resoluë
que pour sa gloire. Il fit ses
Dévorions avec sa pieté ordinaire
,
& ensuite il alla
:rouver deuxOyas& quaante
Mandarins qui l'attenloienc
dans la Salie. Les
Dyas sont comme les Ducs -
n France. Il prit la Lettre
lu Roy, & la mit dans une
Boëte d'or, cette Boëte dans
ne Coupe d'or, la Coupe
~DUS une sous-Coupe d'or, &
exposa ainsi sur la table, ou
stoitun richeDais. LesOyas
les Mandarins se profernerent
les mains jointes
11* lefront, levisage contre
rre, & salüerent trois fois
la Lettre en cette posture-
C'est un honneur qui n'avait
jamais esté rendu dans
ces fortes de Ceremonies.
Cela estant fait, Mr l'Ambassadeur
prit la Lettre avec
le Vase, le porta septouhuit
pas & l'ayant donné
à Mrl'Abbé de Choisyqui
marchoit un peu derriere.à
sa gauche,
il alla jusqu'a la
Riviere, où il trouva un Ba-
Ion très-doré
,
dans lequel
estoient deux grands Mandarins.
Alors il reprit la Lettre
du Roy, des mains de M
l'AbbédeChoisy,laportajusue
dans ce Balon & l'ayant
onnée à l'un desdeux Man-
~arins, ce Mandarin la mit
iixs un Dais fort élevé en
pince & tout brillant d'or.
* Balon où cette Lettre tmise
,
suivit ceux qui
~rtoient les Presens du Royeux
autres estoient de cha-
~e cofté
, & il y avoit.
~ux Mandarins dans chaa
pour garder la Lettre.
~tit autres Balons de l'Estat
Siam, tous fort magnifies
,
suivoient ceuxcy ,
Ôc
cedoient un tres -
super-
Balon où Mr l'Ambassadeurestoit
seul. Mrl'Abbé
de Choisy estoit aussi feullli,
dans un autre, & il y en avoit
de vuides qui servoient
d'escorte à droit& à gauche.
-
En suite parurenr quatreautres
Balons, où estoient les
Gentilshommes & les Officiers
de Mr l'Ambassadeur.
Dans d'autres estoientles
Gens de saisuite, tous fort
propres, & accompagnez de 3)
Trompettes & de dix-huit
hommJ.es de livrée. Elle cftoit
fort magnifique,&frap- -<j
pa les Siamois plus que l'or n
des Juste-au-corps. LesNations
étrangeres furent du
Cortege, & l'on ne voyoit
que Balons sur la Riviere.
Les grands Mandarins marchoient
à la teste en deux
colomnes. Le Balon oùef-
~oit la Lettre du Roy & les
leux Balons qui la garloient
avec celuy de Mr
»Ambassadeur
,
tenoient le
milieu. Si tostqu'il fut arrivé
terre, la Ville le salüa
, ce
qui ne s'estoit jamais fait
pour aucun Ambassadeur. Il
~ortit de son Balon,& ayant
~epris laLettre du Roy, illa
pic sur un Char de Triomphe
qui l'attendoit, & quiu
estoit encore plus magnifï--que
que que le Balon. On le ~fiéd
monter dans une Chaise ~déJj
couverte, toute d'or, & ~quoi,
dix hommes porterent. M"i\
l'Abbé de Choisy fut ~portôr
dans uneautre. Les~Gentils-?
hommes & les ~Mandainen
suivoient à cheval, & les/j
Trompettes, & tous les ~Genen
de laMaison de Mr~l'Am-rr
bassadeur alloient à ~piecVj
en fort bon ordre. Les Na~x,l
tions suivirent aussi à ~piedhz
On marcha de cette ~fortor;
dans une ruë assez longue, &&
largeà peu pres comme la
ruëdeS Honoré.Elleestoit
bordée d'arbres, & dune
double file deSoldats, le Pot
enrested'un metaldoré, leBouclier & ferentes au bras avec dif- armes, Sabres, Piques,
Dards, Mousquets,
Arcs & Lances. Ils estoient
nuds pieds., & avoient une Chemise rouge, avec une Echarpe de toile peinte qui leur servoit de culote, com-
~me j'ay déja marqué. Des Tambours sonnant comme des Timbales, des Musettes,
des manieres de petites Cloches,&
des Trompettes qui
nerendoient qu'un son des
Cornet,formoient une har- -
monieaussibizarre qu'extraordinaire.
Apres avoir passé
-
u
par cette ruë, on arriva dans 21
une assez grande Place. C'es- -
toit celle du Palais. On ~n
voy oit des deux costez plumesieurs
Elefans de guerre, & :),
des hommes à cheval habil- - lez à la moresque avec la
-
Lance à la main. Les Na- ~-
tions avec tout le restedu Il
Cortege,quitterent M'l'Am- -e
bassadeur en ce lieu là , à la Li
reserve de ses Gentilshom- -1
mes. Avant que d'entrer ij
dans lePalais, il prit la Lettre
du Roy qu'il remit entre les
mains de Mrl'Abbé de Choi-
(y. En suite on marcha à
pied fort gravement. Les
Gentilshommes & les Ovas
alloient devant en bon ordre.
On traversa plusieurs
Courts. Dans la premiereil
y avoit deux mille Soldats le
Pot en reste, & le Bouclier
lOfé) ayant devant eux leurs
Mousquetsfichez en terre;
ls estoient assis sur leurs taons.
Dans la seconde par~
uurreenntt tcrrooiiss cens CChheevvaauuxx-.
~en Escadron, avec plus de
quatre-vingts Elefans, & :
dans la derniere estoient : quantité de Mandarins le
visage en terre, & soute-
-
nu sur leurs coudes. Il y >
avoit six Chevaux dont 3
tout le harnois estoit d'une e
richesse que l'on auroit peine
à exprimer. Brides,Poitrails,
( Crou pieres,Courroyes
, tout 3
estoit garny d'or,& par des- -
sus il y avoit un nombre infiny
de Perles,de Rubis&de 3
Diamans, en sorte qu'on ne s
pouvoit voir le cuir. Les 2:
Estriers estoient d'or,& les v
Selles d'or ou d'argent. Ils EJ
avoient des anneaux d'or
aux pieds de devant
, &
estoient tenus chacun pardeux
Mandarins.On y voioit
aussi plusieurs Elephans richement
enharnachez,comme
des Chevaux de Carrosse.
Leur harnois estoit de velours
cramoisy avec des boucles
doréesLorsquel'on fut
arri vé auxdegrez de la Salle
destinée pour l' Audience,
Mr l'Ambassadeur s'arresta
avec Mr Constance qui l'cf---
toit venu trouver, pour donner
le tem ps à ses Gentilshommes
d'entrer avant luy
dans cette Salle. Ils y entrerent
à la Françoise, & s'assirent
sur de superbes Tapis,
dont tout le plancher estoit
couvert. Les Mandarins &
tous les Gens de la Garde se
placerent de l'autre costé, &
pendant ce temps le Barca-
Ion dont on n'avoit point
encore entendu parler, entretenoit
Mr l'Ambassadeur
au bas du degré. Il luy dit
qu'a la nouvelle de son arrivée
ala Barre de Siam, il avoit
eu envie de l'aller trouver,
mais que les Affaires de
l'Estat ne luy en avoient
point laissé le temps. Ce
compliment estoit à peine
~Un y
>
qu'on entendit les
Tronl pettes&les Tambours
~lu dedans. Les Trompettes
lu dehors répondirent à ~niit,quifaisoitconnoistcree
~ue le Roy montoit à son
~trône. En effetil parut dans
e moment, & à mesme
~nips tous les Mandarins se
~ofternerent" pat terre les
ains jointes, suivant leur
~»ultumé.' Les François le
~üerenr, mais sans se le.
~r de leurs places. Alors
~Confiance&leBarcalpn.
entrerent dans la Salle les
pieds nuds
,
& en rampant
sur les mains & sur les genoux.
Mr l'Ambassadeur les
suivit
, ayant à sa droite Mr
l'Evesque de Merellopolis,
&à (a gauche M l'Abbé de
Choisy
,
qui portoit le Vase
où estoit la Lettre du Roy.
On tient qu'il pesoit du
moins cent livres, & il l'avoit,
toûjours eu entre les.
mains depuis qu'on l'avoir
tiré du Char de Triomphe.
Il estoit en habit longavec
un Rochet, & son ~manteaux
par dessus.Mrl'Ambassadeurs
osta son chapeau sur le dernier
degré dela Salle, & appercevant
le Roy dés qu'il
fut entré,il fit une profonde
\- reverence. Mr l'Abbé de
Choisynefalüa pas , parce
qu'il portoit la Lettre du
Roy.Ilsmarcherent jusqu'au
milieu de la Salle
, entre les
François assis sur les ta pis dit
Plancher & deux rangs de
grands Mandarins prosternez,
parmy lesquels il y avoit
deux Fils du Roy de
Chiampa
,
& un Frere du
Roy de Camboie, Mr l'Ambassadeur
fit une seconde reverence
,& s'avançant toujours
vers le Trône; lors
qu'il fut proche du lieu où
estoituneChaise à bras
qu'on luy avoir preparée, il
en fit une troisième, & commença
sa Harangue,ne s'asseiant
Ôc ne mettant ion chapeau
qu'aprés en avoir prononcéle
premier mot. Il dit
au Roy de Siam
,
£hte le Roy
son Maistre, fameux par tant de
Victoires, & par la paix qu'il
avoit accordée tant de fois à jes
Ennemis, luy avoit commandé
de venir trouver Sa Majesté aux
extremitez de l'Univers
, pour
luyi
w
wy pfeflnter des marques de jon
ejftme, er l'afj-rcr de son amitié
; mais que rien nefloit plus ca..
fable d'unir deux sigrands Princes
t que de vivre dam les fntinjem
dune mtfrne croyance; que cestoitparticulièremint ce que le
Roy son Maiflreluyavot recommandé
de rrpYl/ enter à Sa
Al.siesté
;
Quele Royleconjuroit
Par l'interef}quilpi non: à ra
véritable gloire
)
de co?1.fidrer
tjue cettesuprême A/fcjefit dont il
ijloit revcjîu sur Li Tcrre
, ne
wàuvoit venirque 'u vr yT)iru dire, du Di u Tout puiss
ant ,
Eternel Infiny
,
tel que
Ses Cbreftiens le reconnoijfent*
qui seulfait regner les Roys,&
réglé lafortune de tous les Peuples
; Que c'efloit à ce Dieu du
Ciel & de la Terre qu'ilfalloit
soumettre toutessesgrandeurs,
non a ces 'Vi'Vinitez qu'on adore
dins l'Orient,rItr dont Sa Maje/
lequi avoittantde lumierese
de pénétration
, ne pouvoit manquer
de voir l'impmjfance. Il finieen
disant,quelaplus agreableNouvelle
quil pourroit porter
au Roy [on Maigre
y
feroit que
Sa Majeftéperfuadée dela veri.
té,sifaisoitinstruire dms la ReligionCbrejhenne
; que cela cimenterott
a jamais iejnme &
iamitié entre les deux Rays ; que
iesFrançoisviendraient dans fort
Royaume avec plus d'empreffimentg)
de confiance,&quâinfi
ea Majefié s'attireroit un honheur
eternel dans le Ciel, après a.
suoit régnéavec rant de prosperité
surla Terre.
- Mr TAmbassadeurprononça
cette Harangue toûjours
assis,& sans oster son Chapeau
, que lors qu'il nommoit
quelqu'un des deux
Roys. Mr Confiance en fut
l'Interprete, & se prosterna
trois fois avant que de corn»
mencer. Aprés quoy M41le
Chevalier deChaumont prit
la Lettre de Sa Majesté des
mainsde Mrl'AbbédeChoisy.
Le Vase où onl'avoitenfermée,
estoit soustenu d'un
grand manche d'or de plus
de trois pieds de long. Ils'avança
jusqu'au Trône, qui
estoitune manieredeTribune
assez élevée dans une fenestre
de la Salle,& il presenta
le Vase sans hausser la
main. Mr Constance luy dit
qu'il prist la Coupe par le
baston, mais il n'en voulut
rien faire. Le Roy se mit à
rire
,
& s'estant levé pour
prendre le Vase, il se baissade
maniere qu'on luy vit
plus de la moitiédu corps. Il
regarda la Lettre qui estoit
dans une autre Boëte d'or
que ce Princeouvrit. Il avoir
une Couronne toute brillante
de gros Diamans, avec un
Bonnet comme celuy d'un
Dragon, qui se tenoit droit,
artaché à la Couronne. Son
Habit estoit une maniere de
Juste-au-corps d'un Brocart
d'or, dont le fond estoit UEP
rouge enfoncé. Ce Juste-aucorps
luy serroit le col & les
poignets, & aux bords il y avoitde
l'or&desDiamans,qui
faisoient comme un collier
& des bracelets.. Il avoit aux
doigts quantitéde Diamans.
LaSalle de l'Audience étoit
elevée de douze ou quinze
degrez.Elle estoit quarrée &
assez grande, avec des fenestres
fort baffes de chaque
coste. Les murs estoient
peints, & il y avoit de grandes
Fleurs d'or depuis le
haut jusqu'au bas. Le platfond
estoit orné de quantité
de Festonsdorez, Deux
Escaliers conduisoient dans,
une Chambre ouestoit le
Roy, & au milieu de ces Escaliers
estoit une fenestre
brisée, devant laquelle on
voyoit troisgrands Parasols
par étages qui alloient jusqu'auPlat
fond,l'étoffe estoit
d'or,& une feüille d'or couvroit
le baston. L'un de ces
trois Parasols estoit au milieu
de la fenestre, & les deux:
autres aux costez. Ce fut par
cette fenêtreque leRoyparla,
Mr le Chevalier de Chaumont
estant retourné en [a'v
place, apres avoir donné la
Lettre de SaMajesté, ce qui:
futune grande marque de
distinction pour l'Ambassadeur
du Roy de France, les
Roisd'Orient ne prenant
aucune Lettre desmains des
Ambassadeurs, Sa Majesté
Siamoiseluyditqu'Elle recevoit
avec grande joye desmarques
de l'estime&del'amitié
du Roy & qu'il luy
seroit fort agréable de luy
faire voir en sa personne
combien elles luy estoient
cheres. Apres celaMrl'Am-
-
bassadeur luy montra quelques
Presens du nombre de
ceux que le Roy luy enroyoit,
& luy- presenta Mr
'AbbédeCkoify5&lesGen-
- iishommes. Ce Prince luy
larIa des Ambassadeurs qu'il
voit envoyez dans le Soleil
Orient, & demanda des
ouTelles de la Maison
.oyale, & ce qui se passoit
n Europe. Mr FAmbanaeur
répondit que Sa Mailsatcée,
apresavoir pris la forte
de Luxembourg avoit
oligél'Empereur,, les Espanols,
les Hollandois, & tous
s Princes d'Allemagne à
gner avec luy une Tréve
3 *
: vingtans. Il fit encore
d'autres Questions sur lesquelles
Mr l'Evesque de Metellopolis
servit d'Interprete,
& apres que M l'Ambassadeur
y eut répondu, on tiraun
Rideau devant la Fenestre
de la Tribune. Ce fut par
là que l' Audience finit. Elle
dura plus d'une heure, &
les Mandarins demeurerent.
prosternez pendant tout cor
temps. Ils avoient tous un.
Bonnet,mais sansCouronne,
& chacun d'eux tenoit une
Boëte, pleine de Betel &
d'Areque, dont ils usentencore
plus que nous ne faions
icy de Tabac, C'estpar
diference de ces Boëtes.
u'on peut distinguer leurs
ualitez.
Au sortir de l'Au dience,
Mr l'Ambassadeur fut conuit
dans le Palais, où il vit,
Elefant blanc. On luy rend
e grands honneurs, & on.
regarde comme une Diviité.
Quatre Mandarins sont
ûjours aupresde luy. Deux
ennent un Eventail pour
nasser les Mouches, & les
eux autres un Parasol, afin,
empescherqu'il ne soit inommodé
du Soleil.Ilest
servyen Vaisselle d'or.
-
One
en éleve un petit qui sert
son Successeur.. Lors qu'il 1
besoin de se laver, on le .me-si
ne à la Riviere, & alors les
Tambours &les Trompetes
marchentdevantluy. Dans
l'endroit où on le lave, il )(
a une espece deSale couverte,
destinée pour cet usage
Il y a eu autrefois de grandesGuerres
pour l'Eléphant
bbllanc '1 f1. 1 1 ,v,
,
& il a cousté la vie iî i
plus de six cens mille personnes.
Le Roy de Pegu
ayant appris que cet,Animal
estoit possedé par le Roy
e Siam,luy envoya une
mbassade des plus solembiles
pour le prier de le
lettre à prix, s'offrant d'en
lyer ce qu'il voudroit. Ce
t en 1568. Le Roy de Siam
rant refusédes'en défaire
luydePegu leva une Arée
d'unmillion d'hommes
en aguerris
,
dans laquelle
y avoit deux cens mille
hevaux
,
nans cinq mille Ele- ,
& trois mille Chaeaux.
Quoy que Pegu soit
Digne de Siam de soixante
cinqjournées de Chaeau
,
il ne laissa pas avec
cetteredoutable Armée, de
venir amener son Ennemi
dans laVille Capitale. Il
prit& laruinaentierement
s'estant rendu Maistre de se
Trésors, de sa Femme & db
ses Enfans, qu'il emmena i
Peguavecl'Eléphant blancs
Le Roy de Siam se défen
dit jusques à l'extremité, &
voyant sa Ville prise
,
il fl
jetta du haut de son Palais
en bas, d'où il fut tiré crû
pieces. Quelques-uns écrin
vent que le Siege dura vingt
deuxmois,&que cette guerre
re couta plus de cinq cen
mille hommes au Roy de
Pegu. Jugezcombien il en
dût perir ducosté des Siamois.
Les Indiens trouventquelque
chose de Divindans l'Elesant
blanc. Ils disent que
ce n'est pas feulement à
cause de sa couleur qu'ils le
respectent, mais que sa fierté
leur fait connoistre qu'il veut
qu'on le traite en Prince,
Sr. qu'ils ont remarqué plurieurs
fois qu'il se fâche,
quand les autres Elefans
nanquent à luy rendre
'honneur qu'ils luy doivent.
Apres que l'on eut fait
voir cet Elefant à M l'Am—r
bassadeur, il fut conduit àssi
l'Hostel qu'on luy avoitpreparé.
Par toutoù il passa, illi
trouva des Elefans avec les
Soldats qui bordoient les
chemins en tres-bel ordre,s
Quelques Troupes,& plusieurs
Mandarins montez sur
des Chevaux ou sur des Elesans
magnifiquementenharnachez,
marchoient devant
luy, & grand nombres
d'autres suivoient par hon- -c
neur, Ainsi il ne manqua &r
rien à cette Entrée pour la d
rendre très superbe. Tous
Siam joüit de ce grand Spectacle,&
ce qu'il y eut de surprenant,
c'est que tout le
monde estoit prosterné,comime
si le Roy eust passé luymesme,&
cela sefitavecun
si grand respect, que l'onnentendoit
personne cracher,
tousser, ny parler. Les
ordres du Roy avoient elle
donnez pour cela, ce qu'il
n'avoit jamais fait pour d'autres
Ambassadeurs. Il est remarquable
que les Siamois,
Rapportent aucun desous en
laissant, & qu'on ne voir
parmy eux, ny Boiteux, ny
Bossus, ny Borgnes. S'il y a
quelques Aveugles, ils ne le 1
font que pour avoir estécon- j damnez à cette peine pour
quelque crime commis.
La Ville de Siam, que î
quelques uns apellentIndia J
d'autres Iudia, est la Capitale
du Royaume, & l'une des j
plus grandes & des plus peuplées
de toutes les Indes. Ses 1
Remparts sont environ de z
trois toises de hauteur,&elle
a des Bastions de toutes les aj
sortesde plats, de coupez & al
desolides. La Riviere deMenam
qui y coule enhuit enadroits,
y forme deux Isles,
Elle a plusieurs belles Ruës,
& des Canaux qui sont assez
regulierement tirez. La plus
belle est celledesMores. Ce - qu'ils a ppellent le Quartier
de la Chine est aussi tresbeau.
LesMaisons ne sont
pas laides, & il y en a sort
peu où l'on ne puissealler
enBatcau. Surtout les Temples
& les Monasteres sont
tres-bienbattis. Ils ont tous
les Pyramides dorées qui
ontun très bel effet de loin
;zs, Faux-bourgs, des deux
costez de la Riviere sont
pour le moins aussi grands
& aussi ornez de Morquées
& de Palais que la Ville mesme.
Celuy du Roy est d'une
si grande estenglue, qu'on
le pourroit prendre pour une
seconde Ville. Il ases Remparts
separez ,& les Tours
qui l'environnent en grand
nombre sontfort élevées,
& très-magnifiques..
Mr le Chevalier de Chaumont
trouva au lieu où il sur
conduit,des Mandarins qui
estoient degarde
,
& que
l'on avoit chargez defaire
fournir tout ce qui luy seroit
necessaire pour sa dépense.
Le 19. Mr Confiance fit assembler
tous les Mandarins
Etrangers
,
& leur declara
que le Roy son Maistre vouloit
qu'ils se rendissent tous àl'Hostel de Mrl'Ambassadeur
,
afin qu'ils fussenttémoins
de la distinction avec
laquelle il traitoit le Roy de
France, comme estant un
Monarque tout- puissant, &
qui sçavoit reconnoistre les.
donneurs qu'on luy faifoir.
Ces Mandarins répondirent
qu'ilsn'avoient jamais veu
d'Ambassadeur de France;
mais qu'ils estoient fort persuadez
que cette distinction
estoit deuë à un Prince aussi
grand, aussi puissant, &
aussi victorieux que celuy
qui regnoit sur les François,
puisqu'il y avoit long-temps
que ses Victoires estoient
connuës par tout l'Orient.
Ils allerent aussi-tost salüer
Mr l'Ambassadeur, & le mesme
jour Mr l'Evesque de
Metellopolis se rendit au
Palais où le Roy l'avoit mandé
pour interpreter la Lettreque
Mr le Chevalier de
Chaumont luy avoir donnée
e jour precedent. Envoicy
es termes.
LETTRE
DU ROY
TAU ROY DE SIAM. RES HAFT, TRES PVISSANT,
TRES. EXCELLENT,
ET TRESMAGNANIMEPRINCE,
ET NOSTRE
;H'ER ET BON AMr, DIEV
rEVIllEAUGMENTER VOS-
-RE GRANDEVR AVEC YNE.
rIN HEVREYSE.
Nous 4ious appris avec déplaisir
la perte des mbfadeurSI
que :~ nous envoyajîa en1681. -
&Nous avons cflé informe^par
ItiPreflres Mijjionnaires quifont 1
njen;$ deSian
, C. par les Letj
très nueno?Adimlhts ont reteuës j
de h p.irt de celiiya qui vous 1
confia VO) pnncipules affaires e>rijffpm-nr 3, avec leCjnA vous
Joubair.'XnojhramneRoyale.
Ccflpouryfartsfa'rcque nous
avons choisy le Sieur Chevalier'
de Chaumontpouy nolire Ambaf-
Jadeur,quivous apprendra plusparticulièrement
nos intentions9
sur tout ce qui peut contribuer àK
ejldlirpout toujours cette amitié
fi/ide
fllidr entre nous.CependantAlc,
ferons tres-ais de trouver les
occûfons de tous témoigner la
reconnoijjance avec laqui lie nous
avons appris que vous conrznuez
a donner voflre protcfhon aux E-
'Vesques, cm euxautres ÀdiJJionnaires^
potfohcj'ei, quitravaillenta
linflrufliondetosSujets
ians laRetio-ion Cbjeflien,,,e,
lotreefiimep meulièreincurvons
Wus fait desirer ardernn em que
}OKS 'Vur¡fluZ bien vous-mfmc
k écouter) Çj7 apprendre d\u,x ïvéritables À^aximas @r les
fistres f^cre-^dune si fat.te
9y, dans laquelle un a la LulMijfance
du vray Dieu,qui Jîufa
peutJaprés TOUS avoirfait rtgnem
long temps & glorieusement (un
vos Sujets ,
101.$combler d'u
bon heur eternel. Nous avenui
chargénoflreAmb^Qaieur dese
choses les plus curreujes de noftrt
Royaume, qu'il vous prejenter
comme unemarque de noflre ePi_j
me
y
& il vous expliquera aussi
ce que nous pouvons Jfjinr dt
voui pour l'avantage du Com-A
merce de nos Sujets.Sur ce,Afousm
prions Dieu qu'ilvueilleaugmentas
tervoftre Grandeur avec toute fin^\
heureuse. Ecrit en Noflre Cha.X
(eaU Royal le u. Janvier168
Vostre tres cher & bon Amy,
LO VIS, & plus bas COLBERT.
Quelques jours a pres,
le Roy envoya des Presens
à Mr l'Ambassadeur,
sçavoir plusieurs pieces de
Brocart, des Robes du Japon,
une garniture de Boutons
d'or, & diverses curiositez
du Pays. Il y en eut
aussi pour Mr l'Abbé de
Choisy
,
& pour les Gentilshommes
François.
Le 2,5. il fut mené à une seconde
Audience dans une
Salle à costéd'uneautre où
,eHoir l-e Roy. Le disçours étant
tombé sur la Famille
Royale, Mr l' Ambassadeur *>
dit au Roy de Stam que lu-
- nion y estoit sigrande, que
Monsieur,Frere unique de Sa
Majesté,avoitgagné une
grande Bataille pour le Roy v
sonFrere, contre les Ennemis
liguez,& commandez s
par le General des Hollandois
, qui avoient le plus de s
Troupes danscette Armée;à
quoy le Roy de Siam répondità
peu prés en ces termes.
Je ne m'étonne point que le Roy \(
de France ait réüssidanstoutesses
r entreprises,puis qu'ilaun Frere
l
si bien uny avec luy.La desunion
ejb ce qui renverse les Etats. lec"
sçay les malheurs qu'elle a causez
dans la Famille Royale de Matran
, & dans celle de Bantam,
&sçache le Grand Dieu du Ciel
ce qui arrivera de la mienne.Ce-
Roy a deux Freres ,dont lais-
Xïéfiir tout est tres-remuant.
Il a trente-sept ans, & est
fort incommodé de sa Perfodne.
Peut-estre l'a t'on mis
en cétestat afin de tenir (on.
ambition dans l'impuissance
d'agir. Le plus jeune est
moins âgé de dixans. Il est
muet , ou il fait semblant de
l'estre. Ils ont chacun leur
Palais,& leurs Domestiques,
& ne voyent le Roy leur
Frere que deux fois l'année.
Le Roy peut avoir cinquante
cinq ans. Il est bazanné
de , moyenne taille, & a les
yeux noirs, petits
,
& fort
vifs. Outre deux Oncles qui
sont fort vieux, & dont l'un
luy a servy de Tuteur, il a
des Tantes qui n'ont jamais
esté mariées. Cette seconde
Audience dont j'ay déja
commencé à vous parl er , finit par une matiere de Religion
qui n'eut point de suite.
Mr l'Ambassadeur dit au
Roy, que le Roy son Maître
ne souhaitoit rienavec
plus d'ardeur que d'apprendre
qu'il consentist à se faire
instruire par les Evesques &
Missionnaires qui estoient
dans ses Etats. Il se leva, ôc
ne fit point de réponse. Lors
qu'il se fut retiré, Mr Constance
mena Mrle Chevalier
de Chaumont dans le Jardin
du Palais, où le disner
estoit preparé, Son Couvert.
estoit en Vaisselle d'or; tous
les autres furent servis en
Vaisselle d'argent. Le Grand-
Trésorier, le Capitaine des
Gardes, & d'autres grands
Mandarins servirent à table.
Lerepas dura trois heures,
& l'on allavoir delà l'Estang
du Jardin
,
où il se trouve
plusieurs poissons curieux.
Ilsenvirentun entre autres
avec un virage d'homme.
Le 26. Mr Constancerenditvisite
à Mr l'Ambassadeur.
La Conversion du Roy
fut le sujet de leur entretien.
Mr Constance yfit paroistre
de grandes difficultez
,
sur
ce qu'il seroit tresdangereux
de donner pretexte à
une revolte, en voulant
changer une Religion establie
& professéedepuis tant
de Siecles. Illuy fit connoîue
que leRoyavoit un Frere
quine cherchoitqu'à broüiller;
que c'estoit toûjours
beaucoup que Sa Majesté
permist qu'on enseignast la
Religion Chrestienne dans
son Royaume; qu'illafalloit
laisser embrasser aux Peuples
&aux Mandarins mesme,
si quelqu'un d'entr'eux
vouloit se faireChrestien,
8c qu'avec le temps les choses
pourroient prendre une
autre face.
Le29. Mr le Chevalier de
Chaumont alla visiter le Barcalon,
qui dans les honneurs.
qu'il luy Et rendre le distingua
desautresAmbassadeurs,
ainsi qu'avoit fait le Roy. Mr
l'Evesque de Metellopolis
l'accompagna dans cette visite
, & leur servit dInterprete.
Le 30. on alla au Palais
pour voir ta grande Pagode.
C'est ainsi que les Siamois
appellent leurs Temples
mais ils ne laissent pas de
donner aussi le nom de Paggooddeess
àà leurs Idoles. En pas- Isant
par la premiere Court,
Mr l'Ambassadeur eut le divertissement
d'un combat de
deux Elephans On les avoit
attachez ensemble par les
jambes de derriere
,
& deux
hommes estoient sur chacun,
de ces Animaux, l'un sur le
col
,
l'autre sur la crou pe. Ils
esanimoientavec un croc, lui leur servant d'aiguillon,
es faisoit tourner comme ils
ouloient. Ce Combat ne
onsista qu'en des coups de
ent & de trom pe. On dit
ue le Roy y estoit present
mais il ne se laissa pointvoir.
Les Elephans ont beaucoup
d'intelligence& onleur fait
comprendre aisément tout
ce qu'on leur dit. De cette
Court on passa dans plusieurs.
autres avant que de trouver
la Pagode. Le Portail en est
antique, de assez bien travail.
lé.C'estuntres-beau bastimens
, dont l'Architécture
est presque semblable à celle
de nos Eglises. Les yeux
furent fra ppez enentrant,de
plu sieurs Statuës - de cuivre
doré, qui semblent offrirun
Sacrifice à une grande Idole
qui est touted'or.Elle a quarante
pieds de longueur,
douze de largeur
,
& trois
pouces d'épaisseur. Son poids
est de plus de douze millions
d'or Dans-une guerre où
ceux de Pegu conquirent
presque tout leRoyaume de
Siam, ils couperent une
main à cette Idole. Elle a
icihe remplacée depuis. Aux
deux costezdecette Pagode,
il y a plusieurs autres petites
Idoles dont la plus grande
partie est d'or. Des Lampes
Allumées depuis le haut jusqu'au
bas, font voir dans
quelleveneration elles sont Au fond est une autre Idole
en forme de Mausolée. Elle
est d'un prix extraordinaire.
Parmy ce grand nombre on
en voit une qui bien qu'assise
les jambes en croix,asoixante
pieds de haut. De cette
Pagode M"1"Ambassadeur
alla dans une autre qui en
dépend, & pour y aller, il
passasous une voûte qui est
en forme de Cloistre. D'un
costé de cette voûte,il y avoit
de deux pieds en deux
pieds des Idoles toutes dorées
,& devant chacune bruloituneLampe
queles Talapoins
ont soin d'allulller
0,«Zous les soirs. Dans cette seconde
Pagode Mr l'Ambasfadeur
vit le Mausolée de la
Reyne dccedée depuis quatre
ans, & celuy d'un Roy
de Siam, representé par une
grande Statuü couchée sur
le costé. Il est habillé comme
le sont les Roys de ce
Pays là aux jours de Ceremonies.
Cette Statuë qui est de
cuivre doré
, .a vingtcinq
piedsde longueur. En d'autres
endroits font quantité
de Statuesd'or & d'argent,
avec des Rubis & des Diamans
aux doigts, La princi- pale - beau ré de toutcelaconsiste
dans les richesses,la-plus
grande partiede cequ'il y a s
de plus precieux dans le
Royaume, estantrenfermée
dans les Pagodes. Au sortir
de là, Mr l'Ambassadeur vit i
les ElephansduRoy qu'il fait i
nourrir au nombre de plus 2
de dix mille. Il vit aussi une i
piece de Canon de fonte q
fonduë à Siam qui est de s
vingt-quatre pieds, & qui a j
quatorze pouces de diamet-
-
tre par l'embouchure.
-
Le 3I. - on fit de fort grandies
réjoüissance pourle coueiincirient.
du. Roy de Portugal.
On tira quantitéde
f J
coups de Canon,&il y eut le
f*ir un feu d' Artifice.Cesréiouiflincesfurentcontinue'es
»
u lendemain,premierjour.
[^Novembre
, par Mr Con- rance qui donna un grand
'dhrT, où MrAmbassadeur
.le invité. Il s'y trouva avec
put ce qu'il y avoit d'Euroéens
dans la Ville. On n'enfndit
que coups de Canon
ifqua la nuit,& on tira
ujourssans discontinuer.
Tous les Bastimens qui é- -
toient sur la Rivierre
,
tirerent
aussi après le repas,
qui fut suivye d'uneComedie
de Chinois,&: d'un autre
Divertissement,façon de -j
Marionnettes. Il y eut quelque
chose d'assez surprenant
& de singulier dans cette
Feste. î
Le 4. de Novembre Mr
Constanceavertit Mr l'Ambassadeurque
leRoy devoit
sortir pour se rendre àune
Pagode,où il a accoûtumé
d'aller tous les ans. Comme
ce jour estoit un de ceux Otli
il se montre à ses Peuples,la
mSeremonie meritoit qu,'on
empressa pour la voir. On
e conduisit dans une Salle
ue l'on-avoir pre parée sur
eau pour luy donner ce
laisir. D'abord il passaun
rand Balontout doré,dans
quel estoit un Mandarin
si venoit voir si toutestoit
en dans l'ordre. Il fut suisde
plusieurs Balons rem- des plus qualifiez des
andarins, tous habillez de
ap rouge. Ils doiventestre
tus de mesme couleuren
pareils jours, & c'estle
y qui choisit cette couleur.
Ils avoient des bonnets <
blancs dont la pointe estoit j
fort élevée.Les Oyas étoient
distinguez par un bord d'or
qu'ils avoient a leurs Bon- J
nets. Je ne parle point de a
leur écharpe;elleestoit telle b
- que je l'ay déjàdécrite. On 11
vit paroistre aprés eux quan- titédeMandarins du second J]
ordre, des Gardes du Corps,
&piusieurs Soldatsqui oc<~
cuperent les ailles. Le Roy
estoit dansun Balonmagnisique,
à chaque collé duque
il yen avoit un autre qui nC.
-
toit pas moins brillant. Ce
trois Balons estoient plis rem- de Sculpture,& dorez
jusque sous l'eau. Je
1
vous
en a y déja tant parlé que
vous ne ferez pas fachéed'en
voir quelques uns dans cette
Planche, où j'en ay fait graver
quatre. Vous vous fou.
viendrez que je vous ay dit
qu'ils estoient fort longs, &
aits d'un seul arbre. Leur
ongueur est cause qu'il y a
n grand nombre de Raleurs
,
& qu'ils vont fort
ste. Quand les Rameurs
nantent , ce qu'ils fontsouet,
ilsemble que leurs rames
s'accordentavecleurs voix, JI
& qu'ils battent la mesure *
dans l'eau. Le Balon que
vousvoyez gravé le premier,
est celuy dans lequel estoit la
Lertre de Sa Majesté. Il eitJ
ce qu'ils appellent à trois
T'oirs, & ceux-là sont les
plus considerables. Je croy
mesme qu'ils sont particuliers
pour le Roy, & qu'il
n'est permis à personned'en
avoir. Vosyeux vous feront
voir aisément la diference
des autres, qui n'est
que dans le plus ou moins 1
d'élevation de l'espece de. I


petite Loge qui est au miieu.
Quand il pleut, on (e
netdans cet endroit qui approche
beaucoup des Bans
avec quoy l'on jouë iCYh
les Rameurs du Balon où
stoit le Roy, & des deux
utres qui luyservoientd'act)
i-n-pacrniement,efloienthaillez
comme les Soldats, h
reserve qu'ils avoient une.
aniere de Cuirasse, &de
asque enteste,quel'ondiit
estre d'or. Ils estoient
t nombre de cent quatrengt
sur chacun de cestrois
lons, a,yec-- des Rames.
toutes dorées, & sur ceux
des Mandarins il y en avoit
cent ou six-vingts. D'autres
Gardes du Corps suivoient
dans d'autres Balons, & alloient
devant d'autres Mandarins
qui faisoient l' Arriere
garde, de forte que le Cortege
estoit du moins de deux
cens Balôns. Toute la
Riviere enestoitcouverte,
& il y avoit plusde cent
mille personnesprosternées
& dans un profond silence,
pour joüir de la permission
qu'on avoit de voir le Roy
ce jourla; car en d'autres
temps
temps il faut qu'on s'éloigne
par respect, & ceux qui se
trouveroient à son passage
seroientpunis fort severement.
Ilavoit un Habit tressomptueux,
& tout parsemé
de pierreries, avec un Bonnet
rouge un peu élevé, &
une Aigrette enrichie aussi
de Pierreries. Mr l'Ambassadeur
entra sur le soir dans
ses Balons pour voir revenir
le Roy. Ilavoit changé de
Balon, & promis un Prix à
celuy qui arriveroit au Palais
avant les autres. Ce fut
le sien qui arriva le premier.
Il récompensa ses Rameurs
en Roy, en leur donnant à
chacun la valeur de cinquante
escus. Ce mesme soir
il y eut un Feu d'artifice, &
l'on tira quantité de cou ps
de Canon pour le Couronnement
du Roy d'Angeterre.
Cette Feste fut continuée
le lendemain. Mr Constance
donna encore à disner
à Mr l'Ambassadeur avec
beaucoup de magnisicence,
& tous les Européens 2
furent invitez à ce Repas.
Le Roy qui se montre au
Peuple deux ou trois fois
cous les ans, va aussi quelquefois
par terre faire ses
Offrandes à quelque Mosquée.
Deux cens Elefans, ou
environ, commencent la
marche, portant chacun
trois Hommes armez Apres
eeuuxxvvieienntltala MM-usique. Elle
est composée de Timbales,
de Tambours, & de Hautbois.
Millehommes de pied
armez paroissent ensuite,distribuez
en diverses Compagnies,
qui ont leurs Drapeaux
& leurs Bannieres.
Tout cela precede les grands
Mandarins qui sont à cheval.
Il y en a qui ont une j
Couronne d'or sur la teste, i
ôc une fuite de soixante, ! j
quatre-vingts ôc cent per- 1
sonnes à pied. Entre lesGar- -|
des du Corps & ces Manda-
-
rins marchent deux cens
Soldats Japonois, en équipage
fort leste. Apres eux on f\
voit les Chevaux & les Ele- -j
sans qui ne fervent que pour aPersonne du RtÜY: Leurs zi
Harnois sont magnifiques.
Ils sont chargez de boucles 21
8c de lames d' or, & les dia- -4
mans & les pierreries y brillent
de toutes parts. Ceux
qui portent les Presenschoisis
pourl'Offrande,marchent
devant les plus qualifiez du
Royaume, parmy lesquels
il y en a deux, dont l'untient
l'Etendart du Roy,& l'autre
le Sceptre de Justice. Ils marchent
tous deux à pied immediatement
devant leRoy,
qui est monté sur un Elefant
magnifiquement enharnaché.
Il est porté sur son dos,
assis dans une Chaise d'or.
Cet Elefant marche gravement
tout fier de sa charge.
Il semble connoistre l'honneur
qu'il reçoit,puis qu'il
le met à genoux quand le
Roy s'appreste à monter sur
luy, & qu'il ne soufriroit pas
qu'un autre y montast.Lors
quele Roy a un Fils,ce Prince
le fuit, & apres luy la
Reyne & sesautres Femmes.
Elles sont aussi sur des Elefans
, mais enfermées dans
des manieres de Guerites de
bois doré, en forte qu'il est
impossible de les voir. La
marche tH: fermée par d'autres
Gardes, environ au nombre
de six cens, & tout le
Cortege est composé de
quinze ou seize mille personnes.
La vie du Rov est allez
réglée.
(
Il Ce leve à quatre
heures tous les jours, & la
premiere chose qu'il fait
c'est de donner l'aumosne à
des Talapoins, quine manquent
pas de se montrer devant
luy si tostqu'il paroist.
Ces Talapoins sont comme
nos Religieux Mendians.
Apres celail donne Audience,
dans l'intérieur de [on:
Palais,à. ses Concubines, aux.
Esclaves & aux Eunuques,
& ensuite à un Magistrat
qui luy vient montrer tous
les Procez que l'on a jugez.
Il les approuve ou infirme
comme il luy plaist. Lors
que ce Magistratest forty,
1 Audience est ouverte à
tout le monde jusqu'à l'heure
du Disner. Il disne avec
la Princesse sa Fille, que l'en.L
appelle la Princesse Reyne.,
& dontje vous parleray dans
unautre endroit. La Reyne -
qui est morte depuis peu
d'annees ne'luy a la~ aue
cette Fille. Le Medecin qui
està la porte, visite toutes
les Viandes, & renvoye celles
qu'illuy croit nuisibles.
Pendant ce Repas,qui estle
seul qu'il sait chaque jour,
on luy lit les Procez criminels,&
il ordonne du fort -
de chacun. Apres le Disné,
il entre dans une Salle, oùil
se met sur quelque Lit de
Repos. Il est suivy d'un
Lecteur qui luy lit ordinairement
la Vie de quelqu'un
des Rois qui ont
regné avant luy
,
& lors
qu'il s'endort
,
le Lecteur
paisse la voix, & peu a prés se
etire. Ce mesme Lecteur
entre dans la Salle sur les
quatre heures, & il recomnence
à lire d'un ton si aigu,
qu'il faut neceffiirciiie-ilt
que le Roy s'éveille. Alors il
donne Audience à chacun,
de ses six grands Officiers,
& sur les dix heures le Conseil
s'a ssemble. Il dure ordi-;
nairement jusques à minuit.
MrConfianceaussison Au-j
dience particuliere
,
& si l
toutcela va tropavant dans
la nuit,le Medecin luy vient
dire qu'il faut qu'il se couche.
Ce Medecin est receu
dans le Conseil, mais il ne
fait qu'écouter, & l'on n'y
prend jamais son avis.
Je m'apperçois de la longueur
de ma Lettre ; mais
comment songer à la finir,
ayant encore tant de choses
curieuses à vous a pprendre
touchant le Royaume de
Siam? Je n'ay pas encore
conduit M le Chevalier de
Chaumont à Louvo
,
qui est
une Maison de Plaisance du
Roy, où il alla prendre son
Audience de Congé, & ce
qui s'y est passé pendant le
séjourqu'ily a fait, fournit
la matiere d'un tres-long
Article. Ainsi, Madame,en
vous envoyant cette prernle.
re - Partie de ma Lettre ,je
vous en promets une seconde
quevous aurez dans fort peu
dejours. Je joindray à ce qui |
me reste à vous dire du }
Royaume deSiam les autres V
Nouvelles que vous atten- ;.
dez de moy. Ce sont celles;
quiregardent les Venitiens |
& la Hongrie. Cette seconde j
Partie finira par deuxEnigmes
nouvelles, & par les
noms de ceux qui ont expliqué
les deux dernieres. i
Onvient de m'apprendre ;
que ce que je vous ay dit au
commencement de cette
Rèlation, touchant des Ambassadeurs
que le Roy J de
Slam avoit envoyez à Sa
Majesté par le Portugal,
n'est point véritable. Cesont
des Envoyez de Siam qui
rie vont qu'en Portugal
,
8c
que l'on a chargez des Presens
, dont vous avez trouvé
une Lifte dans ma Lettre
de May. Ainsi cette Liste
est vraye ,
& ils ont ordre
d'envoyer en France les Presens
qu'elle contient. Je fuis,
Madame, Vostre,&c.
-
Extrait du Privilege du Roy.
pAr Grace & Privilege du Roy, donné à
le Chaville, le 18. Juillet 1683. Signé, Par RoyensonConseil, JUNQUIERES. Ilest
permis au SieurDANNEAU , Ecuyer, Sieur, Devizé, de continuerdefaire imprimer, vendre
& debiter le Livre intitulé, MERCURE
GALANT,&generalementtoutcequi dépend
dudit Livre, par tel Imprimeurqu'il
voudra choisir; Etdefensesfont faites à tous
Imprimeurs & Libraires, & tous autres de
faire imprimer,vendre & debiter ledit Livre,
ny graver aucunes Planches servant à l'ornement
d'iceluy, ny mesme de le donner à
lire, pendant le temps & espace de dix années
entières, le tout à peine de six mille livres
d'amende contre les Contrevenans, ainsi que
plus au long il est porté esdites Lettres.
Registré sur le Livre de la Communauté,
aux charges & conditions portées, le 14.
Septembre 1683. Signé, ANGOT, Syndic.
LeditSieur DEVIZE' a cedé son droit Au
présent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Libraire, pour en joüir suivant l'accord fait
entr'eux.
yJvis pour placerlesFigures.
L'r qui Commence par l'entens
Phi/il qui chante doir r. page-ri.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le