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MERCURE
t~.e~i'U"L~\î4y~,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
Arp A 4IS,
A PARlS,
ON donnera toûjours unVolume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois, & on
se vendra, aussi-bien que l'Extraordinaire
, Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Cnez G. DE LUYNE,au Palais, dans la
Salle des Merciers, àlaluflice.
Chez la Veuve C.BLAGEART, Court-
Neuve du Palais, AU DAUPHIN.
Et T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, àl'Énvie.
M. DC. LXXXVI.
AVEC PRIVILEGE DVROI.
TABLE DES MATIERES.
RT)cRonéteenulelsueundceeVdo.l.umee,. .PRDiscours Y
à la gloire du Roy,prCnfonce par
le Pape. 7
Nouvelle Réponse à la Lettre Paitorale du
~~Miniftre C4aude. 1}
Dix Madrigaux & Sonnets faits sur la Statue
que M;le"DucTe -la leiuÏÏade a fait élever
àlagroireau Roy. 51
Prieres faites pour rendre graces à Dieu du rétablissement
de la famé du Roy, & Saints
fondez pour lemesme sujet. 6f
Lifte de divars Presens envoyez au Roy. 71
Mort. 80. Pelle pour celebrer le jour de
lanailfance du Duc de Modene.84.
Lettre contenant plusieurs Nouvelles de Lif-
-
bone. 94. Translation. 99 Nouvelles de Confliantinople. 101
La Rave donnéeàLouis XI. Conte. III
Complimens faits & receus par Messieurs de
l'Academie Royale d'Arles. 12.7
Morts. 134.Hifloire.137
Jteception faite par les Habirans du Ponteaudemer
à M. le Marquis de Beuvron)LieutenantGeneral
pour le Royen Normandie..165
lettres de Sa Majeilé Imperiale. :¡''-
TABLE.
Selle actionde M.l'Abbé de Coligny. t-jj-
Versau Roy par Madame des Houlieres. l8t
Table contenant les principes de la Mufiquc
en Dialogue. 185
Mesle&SelmonenGrer., 187
lettre contenant ce qui s'est paffé à Rome touchant
le Te Deum, chanté pour rendre grâces
à Dieu de l'entiere réunion, des Prote-
Itans de France à l'Eglise Catholique. i&q
Ouvertured'une Millionà Roiien. uS
Incendie dans la mesmeVille.jif
Ceremoilié- faite dans l'Eglise de S. Itan en
Gerve. 117
AauefaitcàVersailles., nj
Andiences données pat le Roy aux Députez
des Etats de Bourgogne, d'Artois,& de Bretagne.
11f. Morts. 2.4
Anivée du grand Commitraire du Roy d'Ang
leterre en Ecosse
, à Edimbourg, avec le
Discoursqu'il a fait au Parlement. aoo
Benefices donnez par le Roy. 2.6fJ
Conversionde M. le Duc de la Force. 174
Noms de ceux qui ont de-vinc lcsEnigmes.17f
Enigmes xfri. Tout ce qui s'elt pane touchant
la défaite desSujets rebelles du Due
de Savoye.. * *" 183
Ce qui s'est passé au Carrouseltouchant les
Prix donnez pat le Roy ,
la maniéré dont ils
onteste disputez> &
les
noms de ceux qui'
Jesomemportcz.3jï. Articles reserver. 3+4,
fmdelaTable,
'/i\ERCVRE
CALPM~--,~<Y
1MAy 1686. JE ne suis point étonné,
Madame, que vostre coeur
ait estétouche de ces mouvemens
de joye qui tirent
des larmes, lors que vous
avez appris dans ma Lettre
précedente,ce qui s'est passé
dans la Ville de Privas touchant
les marquespubliques
que les Habitans y ont données
de leur sincere réunion
à l'Eglise Catholique.
)
On
connoist par là ce qu'elle
doit à nostre auguste &
pieux Monarque,& rien ne
mérité mieux d'estre conservé
dans la memoire de
nos Descendans, que rAéte
quecesnouveaux Convertis
ont fait de leur propre mouvement,&
parlequel, après
avoir remercié le Roy du
foin qu'il a pris de les éclairer.)
ils luy demandent pardon
de la faute de leurs Peres,
& l''affeurent qu'ils mettront
un pareil Acte dans les
Archives de leur Ville, pour
estre un monument éternel
de la bonté que Sa Majesté
a euë pour eux.Cet exemple
dans une Ville qui a esté autrefois
jusqu'à larévolte,
pour soûtenir les Erreurs
quelle condamne aujourd'huy
, devroit bien convaincre
ce qui rested'obstinez,
& quand tous les soins
du Roy pour la vraye Religion
n'auroient produit au-
.cUR autre effet que d'avoir
converty une Ville entiere
aussi véritablement quel'est
celle de Privas;on pourroit
dire que jamais Monarque
n'a contribué davantage au
bien de l'Eglise.Cependant
il est certain qu'il s'estfait
un nombre infiny de Conversions
aussisinceres que
celle des Habitans de Privas.
Je vous ay souventmarqué
les circonstances qui empeschent
d'en douter. Je vous
ay envoyé les Motifs d'abjuration
de plusieurs
, composez
par eux mesmes, & dans
lesquels les Erreurs des Calvinistes
sont si bien prouvées,
qu'il cil impossible que
ceux qui les ont écrits, ne
soient entierement convaincus
des veritez Catholiques.
Vous avezveuquantité de
ces nouveaux Convertis refuser
des graces & des Pensions,
& vous en sçavez qui
après avoir renoncé à FHeresie,
ont tâchéd'en mériter
le pardon auprés de Dieu,
par des penitences qui ont
fait connoistre la douleur
qu'ils ressentoient d'avoir vêcu
dans l'aveuglement. Ain-
-R rien ne se peut ajoûter à
la gloire que donne au Roy
le grand nombre de Conquelles
qu'il a faites pour
l'Eglise. Il est certain que le
Calvinisme banny de tous
ses Etats, le met encore plus
au dessus des Heros, qui doivent
faire le plus bel ornement
de l'Histoire Sainte,
qu'il n'est déja au dessus des
plus fameux Conquerans par
le nombre de ses Vidoires,j
& en general au dcaits des j
plus grands Hommes pour j
avoir donné la Paix, lors
qu'il estot le plus en estat
d'assujetirtoutce qu'il auroit
voulu soûmettre. Je ne
vous parle du Roy que de la
manicre qu'en parle toute
l'Europe. LePaperendit làdessus
un témoignage tresglorieux
pour ce Prince dans
le Consistoire qu'iltint le18.
Mars. Il y fit un Discours
Latin) dont voicy une Traduction
litterale.
- Nous eflimons qu'il est inutile
de vousfaire souvenirdésavantages
que la Chreflienté a remportez
sur les Infidelles dans la
dcrniereCampagne
)
par les conquefles
qui ont estefaites en Hongrit
3
-&. dont sans doute vous
rianje^ pas perdu la memoire,
JWais il efl à propos de vous en.
tretenir en peu de paroles des
grandes allions de noflretrèscher
Fils LOVIS} dont le Duc
d'Estrées
)
son Âmbajjadeur
3
nous a informeElles nous
-
donnent unetrrs-fénfihle joye par
iaminé que nous avons pour le
Roy
J & pour le tres-florissant
RoyaumedeFrance. Dieu a fait
éclater sa rnifericorde,lors que
donnant
à ce Prince la puijjance necrjjaire
pour extirper l F.crefi,?,
il a délivre en très-peu de mois
fautrJ; onRvoyaumed'du,ne fa(urjrfs'
Religion,qui.syerr c 1 .1. h
Sicdepaffé, avoitdefolé les Provinces
par des Guerres Civiles3
(f) qui tâchant de renverser la
Foy Orthodoxe, avoitmis la
Francesur le panchant de sa IJcrte.
Nojire cher Fils ayant éJOque
les Edits que les Hérétiques
rebelles avoient exto'-qucz des
Rois ses Predecesseurs,lem
ayant interdit lufage des Tem..
piesJst) la libertédes 24ffemblées).
il eflvifible que Dieu a daignéy
mettre la main
, en donnant à fis
Sujets de la Religion Pretenduë
Reformée un coeurnouveau pour,
les fairerentreraufin de l'Egli- feles détacher des Erreurs,
dans lepjutlles ilsavoient eu Ir
malheur d'eflre nourris; Çt) comme
le zele & la Pieté du Roy
tres- Chreflien ontéclatémerveilleusement
dans- cette aftion, Nous
dJevons d1é/s à pre,Ís&ent donner àsr;on
mente les louanges que la posterité
luydonneraavec abondance,
toutes lesfoisquelle parlera d'une
entreprise qui luy estsiglorirufe
) & dont le 'succés est si avantageux
a ÏEghJe.Cependant il
faut prier le Pere des lumières
qu'illuyptaift d'exciter le coeur
du Roy a continuer d'employersa
puijjunce pour procurer le falntQ)
14laye delaCbreflicrté.1
Le Pape ordonna ensuite
que le Te Deum feroit solemnellement
chanté au bruit
du Canon & des Ñlorriers,en'
action de graces decette réünion
universelle des Protestans
de Franceà laReligion
Catholique. Cette Ceremonie
devoit se faire le24. du
mesme mois,maiselleaesté
differée, & elle se fera dans
une ChapellequeSa Sainteté
tiendra exprés. J'enpourrayapprendre
les particularirez
avant que je finisse ma
Lettre, ôc je vous en feray,
gare..#
Il paroist de jour en jour
de nouveaux Ouvrages sur
les matieres de Religion.
Commeilssontpublics,je
ne vous en diray rien, &: je
me contenteray de vous en
faire un dont on n'a laisséencore
échaper que peu de
de copies. On asseure qu'il
ert d'une personne de vostre
Sexe, qui s'est convertie
depuis peu de temps.
Le raisonnement en est solide
, &lalecture n'en peut.
estre que d'une tres-grande:
utilité pour ceux quisont
encore dans l'Erreur.
1 REPONSE A LA LETTRE
Pastorale du Ministre
Claude,par une nouvelle
Convertie, Pensionnaire
à l'Abbaye des Filles-
Dieu, au Mans.
Vis que nous sommes vos
Freres enj C. par lagrace
du Baptejme ,jouffre^ que nous
vous répondions en cette qualité:
Il ness plustemps que vous nous
regardiez comme nostrePasleur.
Vn Troupeau que vous a'VfZ abandonné
ne peut entendrt vos
leçons desiloin & l'on nepersuade
guere par des aifcours
quand les oeuvres ne persuadent
pas. Vousnous exhortez àsouffrir
la pauvreté, la mifere
,
(gjr à
mourir pour le soutien de noflre
foy, (dr votes n'arvezosé nous en
donner l'exemple. Vous avekfait
comme le berger Mercenaire qui
quitteses Brebis st) s'enfuit des
lapremiere approche des Loups.
Vous ave^ évité des peines que
i/o»* nous croyiez defanées, &
nta'lJe':{ pasvoulu attendre que le
tùupqui nous menaçait voiufra- LOUpqt4lnousme-nafOtt'VOIMfrapasslepremier.
Vous direz, mais
en vain,que vous voué ejîcsrau
re pourobéirauxordres d'un
grand Roy, Nousfçavonscomme
evous,qu'on ne doirjamais rejifler
aux Souverains dans un efptit de
desobeissance&derebellion ; mais
nousfoavons aussi que s'il vous 4
esié permis de Jauver vostrevie,
il ne vousaurait pas ePé moins
permis de la perdre,si vous avie%
eu le courage de l'expofer au rnartire
que vous nous preflheSi
vous eussiez ejlévéritablement animé
de tEsPrit de [Evangile
dans lequel vous nous reprochez
de neflre pas bien entre , vous
aurie\ imite le bon Paflcurquist
tientaumilieudeJon Troupeau,
qui ne le perd point de veue,&
quisacrifiesavie poursesBrebis.
Vuus nous aurieZ donné ungenereux
exemple d'intrépidité dans
les périls. Enfin vous nous auriez
apris a mourirconstammentJ
& la veue de vofîre fang répandu
pour le soutien de voflre
Religion
j
eufl du moins prouve
que vous efiiez persuadé de ses
Dogmes. Mais comme ce font de
pures illusions,Dieu n'a pas peu
mis quellesfussent farces des livrées
de la Vérité Etemelle
, ny
que des caraéïeresdefnz on de
f~iâ~m!e~s poertaessent plus avant dans ~f /<~
M~
nos coeurs les impnjfions du menfonge
(éf del'impoflurey & rrévalurent
sur la grace de nojl/e
Vocation. Il aeu pitié d'un PeupIe,
qui efioit pluscoupable par
le crime de jb Pere-j-., que par le
fien propfe. Il nous a regarde
C9mme des Brebis égarées qu'il
vouloit rameneràsa Bergerie,@!"
peur cela il a pris le foüct;, com--
nte Ilfit en Jerusalem,pour chd-,
tier les Profanateurs du Temple,.
& les faire rentrer en leur dei~
oir. Il a mis ce seues entre l&>
mains du plus fage &du plus religieux
Monarquit du Monde
enlùy donnantune,pleine auto--
ritésur n&(*>$:,'& lny a commun*-
dé âe s'en fcrvir pour nous emmener
au Feftjn qu'il a préparé à
fis Elus, & de nous contraindre
d'entreravec luydans la Masson
du Pere de Famille
s
afin que toutes
les places fussent remplies.
Dieu qui a estably les Royssur la
Terre)lesafait dépositaires de sa.
Paijjance rtJ de saJujlicc pour
punir les Peuplesrebelles asa Loy,
& il les clJafticroireux-mrfnes
s'ils manquoiént à chajiierlescoupables.
Saiil ne futilpas maudit
pour avoirépargne une partie des
dmalecbitesf$i le Seigneur n'exercepas
de pareillesrigueurs dans
U Loyde grJce,) s'il ne veutpoint
la mort du pecbeur,ilveut pourtant
saconverfonaquelqueprix
que ce foit. Ilfaut mettre lefeu
à la playe pour la guérir quand on
ne le peut autrement,& ce n'est
que cét ordre divin que le Roy execute
aujourd'buy, (gjf dans lequel
sa' bontégarde toute la modération
que le z.ele dé sa Religion peut
permetre, Mais la Medecine la
plusfalutaircases amertumes &
ses dégoûts 3(ifilfaut en fcoffrir
lapeine avant qued'en sentir les
ejfts. Ilefloit important pour nom
trefalut quenous connujjtons par
la perte- de quelques buns de la
fortune
9
celle que nous avion*
faite des biens de la grace ) C,
que comme des Encans prodigues
un peu de miseretemporelle nous
fifi ouvrir lesyeuxsur le malheureux
efiat ok nous efions, st) fut
les funefies fuites de nos égaremens.
Nous efiions des aveugles
conduits par d'autres Aveugles,
& il eftoir rpecejjaire que l'on appliquafi
un peu de bou'èsur nos
jeux pour en dijjïper les tenebres.
Nous avions besoin pour écouter
la voix du Seigneur qu'il nous
parlafi commeilfit autrefois aux
Jfraëlitesy & puis à S.Paul3
eesi à dire avec le bruit mena.,
fant du Tonnerre.ilfalloit qu'une
terreursalutaire nous retirafl di*
profondafJoupiffiment ou nous-:
efiions enfevehs par le malbeuK
de noflre naiffjnce
}
dans le fem
de lHenjie
3
par le venin que
nous enAvionssuçé avec le lait)
par les imprefjtjns de l'education
'-,
parlesliens d'une longue habitude
,
sans aucune reflcxian, dr en±
fia p.irles douceurs empoisonnées>
& lescommoditez d'unevie molle
, ou les sens trouvaient leur
compte, & ou l'orgueil de larau
son humaineconservoit toute forte
de liberté. Dieu qui eflle Mau
tre des Coeurs& des Efprits}&
qui peut disposer de nousfam,
nôus-m:fmes3a néanmoinsla bonté
de demander noflre concours
dans leschoses qui nous regardent,
&sefertfouvent demoyens bumains
pour nousarecevàoyir
les irnpreffions de sa grâce , répondre;&commi il ttrvoit
refiolu denous rappellerafin
Eglifi )il a permis que la craintedespeinestemporelles
nousexcitaftachercher
la puretédes biens
eternels. Pour ne pas foujfrir en
vain5 nousavonsfimvy ce mouvement.
Il nous a porté dans des
rrftcxions) ces reflexionsontfait
naistre des doutes
>
nous azons
voulu les éclaircir>(éjfvoirsi les
ckofes a quoy nous nous atta*
dotonsyejloientvéritablementcellesauxquelles
ilfalloitfacrificr
tout le refle.Nous nous sommes
appliquez fortement a examiner
les deuxReligions> dont on voulait
nous faire quitter l'une &
embrasserl'autre;&*afinde nous
mettre en estat àen pouvoirjuger
falnement, autant que le honsens
rtJla raison humainepeuvent s'étendre
, avec le secours du Ciel
que nous avons humblement implore
, nousavons crû devoirnous
défaire de toutesfortes depréoccupations&
de prejugez touchant
les Décisions de nos Dofleurs;
jttrce que la prévention change
d'ordinaire les objets, ou du moins
nous empesche de les voir diftinflnncnt.
cAprés nous estre élonc
debarajjé tEfprit d? tout ce qui
pouvoit nous osler la liberté de
ccoonnnnooiisftlrree (ùiy,ddeeddeécciiddeerr par nousmemes,
nous wons polepour principe
ceftaln, l'exijîence t l'unité
de DIeu, er la parole de J. C.
sur laquelle doit necejptirement
tflre fondéela verttable Religion
que nous cherchions. Nous nous
sômmesattachez à ceque nous avons
trouvé de plusclair dans l' Ecriture*.
Nous en avons tiré les
preuves (gjr les induéîwns dont.,
nom
nous avions besoin
,
pourformer
la parfaiteidée de lEglise
, que
le Seigneur nousy a figurée tant
defois, & qu'il a depuisenfantéesur
le Calvaire. Nous avons
reconnu l'unitéde cette Eglise dans
l'Arche de l'Alliance3 dans l'Epoufe
des CantiquesJ dans la Vigne
du Seigneur, dans sa Bergerie,
dans sesBrebis qui ne composent
qu'un mesme Troupeau,
feus unseul Passeur, @r dans la
parole de J. C. à Simon quand
illuy changea son nom , & luy
promit qu'il feroit la pierre sur laquelle
il bâtiroit son Eglise3 car ilne ditpasses Eglises,maisson
Eghfe
;
11 nejl pas dit non plus,
les Arches, les Epouses
,
les Vignes
, les 'Bergeries, les Pafleurst
les Troupeaux ; mais Arche,/'E*
poufe
,
la Vigne, la Bergerie,
le Pasleure le Troupeau. Tout
celan'avoit pas besoin d'autre explicition
, maisilfalloit en faire lapplication
, & "voir à qui elle
convcnoit, qui des Catholiques ou
de nous avoit trouvé cette Eghfe
unique) horslaquelle ilnejlpoint
de salut. Nous n'en pouvions juger
que par les reports a ce premierMoàzïle
; nous sçavions ce
que disoient nos
Docteurs,ilfallaitfcavoir
ce que disoient les Catholufues.
La Mtfericorde Divine
qui connoissoit la droiture aé
nos coeurs & de nos intentions,
n'a paspermis que l' Erreurtriomphajl
plus long-temps de nostre
bonne foy. Elle nous a fait rcvcontrer
des Dosses &fages Prélats,
ff)d'autres Sçavans Perflnnages
dont les lumteres&les charitablesfoins
noos ont ayde% a
développercequon nous avoit cachéfous
defaujfesexplications3
st) à demejler la fiented'avec le
Adenfonge. Ils nous ont premierement
fait remarquer ce qui efl
écrit de l'étendue3 de lafécondité*
de la perpétuité&de la durée de
l'EglisedeF. C. On ne peut pas
nier
, nous disoient-ils, que ce ne
soit d'Elle qu'il est dit, J'eleve~
ray une haute Montagne au
dessus des autres , toutes les
Nationsluyviendront rendre
hommage,&se soûmettre
à son authorité;&ailleurs,
Estendez vos Pavillons
de plus loin en plus loin, car
ils n'auront pas d'autres bornes
que celles de l'Univers,
&le Monde entierfera vôtre
partage. En voilà ajjè% pour
marquer sonétendue. Safecondité
n'est elle pas exprimée par ces.
termes? Je multiplierayvostre
race comme les Etoiles du
Ciel; & lesgrains de Sable
delaMer. Vos Enfansferont
établis Princes sur toute la
Terre, & leur voix fera entendue
jusquaux extremitez
des Mers;&poursa perpétuité
&sa durée, il efi écrit qu'elle
commencera de la premiere
Prédication en Jerusalem
; &.-
durera jusques à la consommation
des Siecles sans interruption&
sanschangements
Et ils ajoutèrent> S. Paulneditilpas;
Siun Ange defeendoie
du Ciel pour vous annoncer
ao-autr-e Evangile que celuy
qui a este Prelche dansJeru.;.
salem, qu'il foit Anathcme.
Voyons maintenant,reprenoientils)
sur qui de vos DoSleurs ou
des noflres doittombercette malediélion)
qui de ceux de vostre par-
TY ou de celuy que nonsjoutenons,
amieux entendu& mieux explu
que le sens de l'Ecriture) mieux
fuitvytEfpritdt tEvangileKgjf
mieuxpratiqué la morale deJ. C.
Vos pretendus Reformateurs é*
toient-ils plus habiles & plus
gens de bien que tous les Pcra de
TEçlise,que tant degrandsS ints
£<rd'1/luifresMartyrs que vous
revere% vous mefrn? ; un Í!ornbrc
prejqneinfinyde Sa7cs Docteurs
qui ont éclairé les Sieclcs paffiz
st)les noflres3 & qui éclaireront
encore l'avenir par leursfçavafts
Efaits
j
t,,,J pcut-on sans aveugfement)
dr sans injuft;ce les
mettre en comparaison ?il y avoit
dés letemps de cesgrands hommes
braucoup de corruption dans les
moeurs de quelques Chrefliens, les
ont-tls abandonnez pour cela?
s'en fontils def-urits ? nont.ils
pas obey au precepte qui dlend
deseparer le bon graind'avec ly'*
vroyl-,jufquatt jour de la Moisson
générale ? Il ne s'efl trouvé
PendJntleur vieave trop de Lij
1
bertins C- de Chimériques
}
qui
sur le pretexte de reforme se font
retranclJez de l'Eglise
3
pour élever
Autel contre Autel
,
(gjf
formerune Communionapartiles
ont-ils Jïiivis
, ou appuyéontilsdonné
dans les nouveaute^f
n' ont- ils pas au contraire travaillé
detoutes leurs forces à la réunion
j
er nefontilspasdemeure,%
attache^ à l'unité de lEghfey
commme de fermes Colomnes qui
soutenoient ce Corpsmjflique de
J. C.e qui reprefentoient les as
defort Corpsmturel,dont ilestoit
écrit qu'ils ne feraient point brio.
fez..?On aveu dans la fuite cornme
Usbranchesquijoonntt jseeppaarrééleess
de leur troncsechent (èfseleduijent
en poufFere. Ces hérétiques
& ceux qui les ontimite^sefont
deflruits d'eux-mesmes, & l'on
ne parle plus aujourd'huide leurs
sausses opinions. Il enfèra de mesme
de celles de Calvin& de Lutherynotndifoientnosinflrufteun,
puisqu'elles ne font pas conformes
à celles de tEglife universelley
comme nous sommesobligez de le
croire, & que la preuve en en
claire. Faites réflexion,ajoûtoient.
ils, au peu de temps qu'ily a que
voflre Stfle paroisst au peu it
lieux ou elle tft- connue'
,
(ifau
peu de personnes qui l'ont fui vieJ
& 1J£ryez si elle a du rapportà
l'étendues a lafécondité, à laperpetuité,
Gn-- à la duréede cette myflique
Jerufilent dont parle tEcftturc.
ExaminezJivotreDoélrine
est tout à fuit conformeà'celle
des Apofire\ (i vos Loix, vjftre
Morale,,voflîe Difciplwe,@ DOS
pratiques eanduifent par cette
voye étroite que le Sauveurappel,
le la si:nne
, e qui feule peut
menerau Royaume des Cieux; &
sur cela ils nous ontfaitdécouvrir
des relachemense des abus dont
nous riavions jamais remarque la
conflquencc. Nous riavens pvrs
besoin
, mon tres-cher Frcre, de
vous lei expliquer iry. VIM a'Ve;Z
trop d'efprlt pour ne les pasreconnoistre
dés que vous voudrezy
faire attention. Il f'isitdenciîtr
paiement un qui n'cft pasfupj'or*
ta ble
3
cir qui va direclementcontre
le droit Divin. C'cp laporte
que vous ouvre':{ au Libertinages
& al'impùaédes P~;--~ des
AloinuApofiats3 qui après avoir
violé desSemens ($f des Voeux
Jolcmnehqu'ils ontjaitsà Dieu
à la face du Ciel t de la Terre,
vont chercherl'impunité de leurs
crimes dans vofire Communion
3 où vous les erirtrez à couvert des
pourjuites ar la Juflice humaine,
On nous a fait considerer encore
que nous n'avionsprejque pas de
Rdegalescnertsaines dans nos Maxï- nos pratiques;quede
temps en temps nous admettions a
nostre Communion des Gens d'opinions
différentes des noflres.
Chacun de nous se donne la libertéd'expliquer
l'Ecriture augré de
Jafantaifîe ,d'introduire des nou-
'Veautez qui luy plaijent, &par
consequent dedivijerpar la diver-
[ité des sentimens un point qui
doit e(he mdivifible. Cela nous a
faitfouvenir de la menace du Seigneur
qui dit,que tout Royaume
divise ferade(oie.Nous
en avons regardé l'effet dans ce
quisepasseaujourd'huy ; &pour
éviter la colereDivine qnipunit
la division
J nous avons cherché
l'unité pour notayattacber,e)-
nousavons voulu voir si elle Je
trouveroit dans cette Arche dont
les Catholiques nous ouvroient
l'entrée. On nous afait lire d'abord
l'expositionde leur doitrv e
dans un Traité qu'en a fait M.
tEvefque de Meaux.Nous y dvons
trouvé des éclairciffemens
merveilleux pour détruire les chu
meres dont on nous avoit entretenus.
Nous avonsvu ensuite leurs
Livres de Controverses
,
lesDe~
cifionsde leurs Doéleurs 3les 'De.
crets de leurs Conciles,& les Reglés
de leur Morale. Nomy avons
remarque la conformité des
sentimens, &l'uniforrnite' des opinions
qui font abfolnment necessaires
pourformer cette unité que
nous ne trouvions point ailleurs.
Nous avons reconnu un Esprit de
Sainteté qui regne dans tous leurs
Dogmes
, & qui inspire de la
vénération pour leurs Myfterts.
Nous avons admiré la fagc/fe&
lajuflice de leurs Loix, la prudence&
lacharité deleurconduite
dans l'exercice de leur Difciphne,
de sevérité pour
en empefchcr les reUfchemens;
unepieté& une reverence dans
leurs Ceremonies qui en imprime
le refpeEtJ & enfin une candeur
& une intégrité dans la pratique
de leur Morale, qui pouvait contraindrelesplut
opiniatres Ennemis
de cette Religion de reconnaÎtre
la bonté deson principe. A4dis
ce qui a achevéde nous perfuader3
ça eslé la consideration des progrés
de cette me[me Religion
,
qui se
font efiendusjusqu'aux Climats
lesplus reculeOn voit tous les
jours des millions d'hommes chez,
les Peuples les plus barbares quitter
unevie liceniieufe pouren embrajfiruneautreOH
Ion nepresche
que la penitence
j
la foûmifson
de tejprit, la mortification du
caur,& l'austerité du corps, &
jamais on na veu que dans les
temps ou cette Religion a eslé le
plus persecutée
, on foit parvenu
à la détruire en quelquelieu du
monde que cesufl ; au contraire on
a toujours remarqueque le Sang
des Martirsquiacommencéacouler
dés le temps des Apostres
, a
ejlé comme une semence fécondé
qui reproduijeit chaque jour une
infinité d'Enfans à l'Eglift. Il
fautbien demeurer d'accord
, nous
disoit-on
, que des evenemenssi
extraordinaires
j & sipeu naturrls
font des Ouvrages de la mainde
Dieu
J
st) des marques *vifibles
desa protection
3
pourson Eglijc
qu'ilveutfaire reconnoifire
par de si ifaints & de si augujles*
Caraêîeres.Il ne nous a pas eflé¡
pojjibU de repliquer à d-es preuves siconvaincantes. Nous cherchions
de bonne foy à nous éclairer,fansmus
amuser aux chicanes de l'E---
cale ; nous voulions nominftmire-'
&nonpas difjvdter; la-Cjfaceefi-
"venue à nofirefiecours> & nous a
faitcomprendre que mfirepremkm
enteflement riefloit qu'uneffet cie",
la prévention&del'habitude
s & qiiilyavoit de l'aveuglement
& de lajoliearifiquer tout cc que
nous avions en ce Monde
3
fin,,
rienamajjer pour l'autre que des
Trésors de colere. "Ben celuy
qui' dit
y-fioitceluy
qui a }Cherchezôcvous
trouverez. Nous avons trouvé,
14enous avons C!¡CfC:.Jf, &
:ius n'aurions jamaischerche,si
on ne nousy avoit forcez. CejJèz
doneymon très-cher Frere
,
de donner
le nom de Perfeciition àla
conduite du Roy à nojlreégard,
er CfjJèZaulJi d'appeller nostre
CorPverfionVtn peché d'infirmité.
Vous ne delvez point regarderno~
tre changement comme un effet de
nofîrefaiblesse
)
&de la violence
des autres;mais comme une fuite
dleseDecrets de la Sagejje Elfrnel- uneexecutïon des ordres de
sa Providence,à laquelle ce grand
Monarque afervyd'organe&de
Ministre. Cess par luy que nous
femmesenfante^ une fecondefois
à lEghfesque les branches de lOlivier
fontentées sur leur Tronc
naturelyque les Brebisquiavoient
esté changées en Toucs par leur
desertion
y font redevenus A*.
gneauxpar leufrete-ur
, & cess
tnfln par làque nous efl rendu le
DrfJit&l"Heritage de noftrePen
Celeste, &que nous sommes adi
mis au nombre de ceux qu'il a
marque du Sang de son Fils.
Ne pleurek point la defofation
de voflre Peuple, mais pleure%
sur vous-mesme. Si dans la joye
Je noflreréunion à L'Eglise nous
fentons quelque douleur, c'est de
'Uoir que vous & le refit: de nos
Freres errans, enefies encore jeppaarree^
K.. QQuoy que le feu de la ti~o
Charité ne nous donne pas un
Xele aussi ardentqueceluy de S.
Pauly qui vouloiï eflre Anathe".
me pour le salut de ses Freres
3
nous pouvons du moins ajpuret
que nous souffririons de bon coeu*
cette. pauvreté& cette misere que
vous nous exhortez de supporterJ
nonpas pour le Joutien de vojlre
opinion, mais pour leur changement.
Si aprés nom avoir donne
de mécbans conjeils,ruons vouliez.
en écouter de bons, que ne
vous dirions-nous point sur lesexùeriences
que noub avonsJraitesi
Nous ne pouvons pas sçavoir les
de/feins de Dieu Jur ruousJ U
Grace aussi-bien que la Morta
jon heure déterminée.Peut-ejlre
que la vostre riefl pas encore rue:.
nue ; mais quoy,. que ce foit. un
ficret impenetrable ,nous ne -devonspourtantpasnégliger
ce que
la chantefraternelle no<$infpire
pourvous. QuifçaitftleSeigneur
ne 'vcut point se servir de cette
Foyc pour parler a vostre coeur?
IlnOtM commande de faire part
denos biens à nos Freres. Saint
André nom en donne l'exemple
quandilcourt chercher Simon pour
luy annoncer thfurcu/è rencontre
dli Messie. Nous navons rien de
plus precieux que la découverte
que nous avonsfaite de la Vérité"
Neus venonsde vous expliquer
lesmoyens dont nous noussommes
fervts pour la trouver. Il ne nom
resse plusqu'a vous exhorter de
vqmluir vous en servir avostre
tour, afin qu'il nefou pas dit que
pendant qu'on nous mène aux
N'oïces de tAzneau, vous dem:
un?derrière dansle chemin de
Ici perdition.Seroit-ilpojjibley
mon très-cher Frere
y
que des rai-
Jons humaines vousfourwjjent de
cf'ioy vous exeufer d'entrer dans
Li Salle du Festin,où tout le monde
l'Il aujourd'huj appellé ? Pen.
fezau chafiimens quimenaceceux
qui reifrent ; profitez du tempt.
qui estsicher&si court. Nelaiffiz
pat retirer le Seigneur qui
nous ditdéja quil s'en va entrer
dans la Piscine,pendant que,
-vous .4Ve%dûJeçQHfs
9
& pre*
nez gardt que lendurcijfement ciecoeur
ne vous faffe mourir dans
uotfre péché. N'ecoutez point les
vainsdi/cours d'uneffalui sse gloire,
<: , qui vous fait craindre qu'on dije
de 'Vous) quandon vous verra future
d' autres maximes que celles
que vous avrk prefchées, qu'il ys
a eu de l'ignorancedansvoflre o-' esprÎt
, ou qu'ily a prefentewent
de la /f~ de l'tnconflance
dans vostre coeur. Confiderez quih
est plus honteux de demeurer dans-- fErreur
, que d'en fortirysur tout
quand on est aussi capable quevous
l'eftes- de la recomioiflre.
£exemple, detantdegrands-hommes
mes qui ontfuivypendantquelque
remps le party de l'Heresie, e
qui l'ontquitté quand ils ont tfié
éclairez des lumieres de lamenté,
vous doit affermir de ce cojié là.
S. Auguflin en est-il moins honoré
, pour avoirsoutenu plufteurs
Sefiesdijj-erentes avant que d' eflre
entré dans la véritable Rell'o-ionÈ
Saint Paul en efl-il moins reveré)
pour avoirprejcbé une Lay
qu'il avoit perjecutée
, & quand
il arriveroit que voflre changement
fcroitdu bruit parmy ceux
quifont encore dans les tenebres
> laissez murmurer lesHommespen±
dant que vous réjeüiffiOZ les Anges.
Faites-Vous lapplication de
ce que vous nous reproche^ avec
tant d'éloquence. Vous nave%
qu'à changer tobjet de vos reflexions.
Faites les tombersur l'Eternitédes
malheurs quisuivent le
fanefie eflatoù vous esses.Sortez
auplûtosldela Marque des vains
jouas du Monde;écoutez la voix
du Seigneur qui vous appelle dans l sienne ; prenez unefeure confiance
en luj
,
il vous fera marcher
1 piedfermesurla Mer orareuss
des difficultéil vous tend
la main
,
il voussoûtiendray st)
IOUS conduira luy-mesme dans
I heureuseSociétéoù nousvivons
maintenant., (gf ou nous - vous
demandons aluyde touteslesfortes
de nùflre ame.
On admire icy de plu^en
plus la magnifique
StMlë
que Mrle Duc de la FeiïiUaJ
de a fait éleverà la gloire du
Roy. La Relation de laFefte
qui fut faite le jour qu'on la
découvrit, ayant occupé la
plus grande partie de ma derniereLettre,
jene pus trouver
de place pour mettre les Vers
que l'on me donna sur ce
sujet. Mr Doujat, Doyen de
l'Academie Françoise a fait
r;-(f1M,:::
JiLot;jt
, f
: les deux Madrigauxquevous
allez lire; ôc le Sonnet qui
les fuit, est de Mrle Clerc,de
la même Academie.
SUR LA STATUE
DU ROY.
TMADRIGAL. J rvcà du GrandLOUISÎejidilie
Portrait,
De ce Roy qui vautfcul tota les Rois
de laTirre,
DJnt Ce[prit&Umain^foitenPaixy
solt en Guerre,
Rempli(fcnt les devoirs d'un MonAU
que parfait.
Ses Royales vcîtm luy bafîijjcntun
Temple,
Et lenombre infinydeJes Faits glorieux
Asa posterité1 donne un pltU grand
exemple,
Jj)uen'avoientfaittousJes Ayeux.
Sur la mêmeStatueérigée en
Habit pacifique dans la
Place des Viétoires. vBnez voir desarmé ce modelle
des Rois
* Peuples ejuil a vaincu* sur la Terre
drsur Coude,
Vous tout cjus son seulnomfit trem.
hier tant dt fou.
J^htandfou bras Irty pfomet h con»;
quelle du Monde,
Son grand coeur metsa gloire a borner
ses Exploits.
Au repos des Mortels toutsontravail
aspire,
Par sa feule Juflice il veut donner
des Loix,
Etpar elle en tous lieux étendre son
Empire.
SONNET. DAns ce Bronze animépar un
art plus qu'humain,
Tassant5 du Grand LOXJIS viens
tu/mirer les charmes:
ilne s'y montre pas tout brillant de
ses armes,
Les éclairs dans les yeux & lafoudre
à la main.
T
sijà Gloire au Batave
,
a l'ibcrc, au
Germain
A coûtéjugement tant de fing & de
larmes,
La Faix, qu'il leur impose, Appaisè
leurs allarmes
Etrendace Héros (on "Jiifge firein.
, t
La Victoire, en 10UJ lieux sa Corn*
pagne sidelie
,
J>)ui luy metsur le front la Couronne
immortelle,
Semble encor l'appellera de nouveaux
Exploits. +
Mais sans qu'ilait besoin der'tllumer
la Guerre,
Son nom,de qui le bruit remplit toute
la Terre,
Parcrainte ou par amsur lasoumet J
ses Loix.
Cet autre Madrigal est de
Mrde Vertron,de l'Academie
Royale d'Arles.
A Mr LE MARESCHAL
Duc de la Feiiillade. pOurfigndcr ton zele, & ta fidélité
> Eleva/JI 4LOUIS ce Monument de
gloire,
Tul'é!cveJIO}-m(fine;&&lilatJpoossteé.-
rité
Ne verra pointfin nomsans le tien
darrr rHifiotre.
Voicy des Vers de MrVignier
sur cette même.Statue.
pArif,quetutefins heureux
D'allumersisouventdesFeux,
Pour celebrer la gloire
D'un Ro) qui n'eut jamaisfinpareil
eutu's ïHifloire !
Mdu au milieu de cesplaisirs
Un secret chagrin te dcvore,
De nepoffider pat l'objetde tesdcfirs}
Ct Prince que ton coeur adore.
Porlr charmer cet enijfiJ , La FeuiUade veut aujourd'hui
De ce charmantHéros te donner la Fi*
gure;
Si Ferfailles a poursa part
Vn Chef- d'oeuvre de la Nature,
Console-toyd'avoir un Chef- d'oeuvre
de l'Art.
Ces autres Vers font connoiftre
ce que M le Duc de
'-
la Feüllade doit esperer,pour
avoir fait ériger la Statuë du
Roy.
QDemande. r"die placeaura dans Hifloire
L'incomparable d*Aubusson,
Jîhtipour faireplacea.laGloire,
Démolitfit propremaison?
REPONSE,
Vincomparable d!Aubusson,
Four avoir fait place à la Gloire,
Aura place avec sa maison
Auxplut beaux endroits de rHijloire.
L'Oracle de la Place consulté
par I Carage
J'ajoute deux autres Madrigaux.
Le premier est de
A' de Valnay
,
& l'autre de
v,l' Marcel.
MADRIGAL. ACcourcz,) o Peuples dvers,
Des quatre coinsde l-Vn.-;
vers,
Venez tousadmirer laFigure pariant#
Duplusgrand Roy quifutjamaisj
Penez voir sur Jeswejincstraits
Cetair fer&pompeux dontsaface
efi brillante.
GrandDuc,quifis agir l'Espritinge..,
nieux
,r,Ztii moula cette rejfcmblance
,
On n'a rien encor veu qui repreflntass
mieux
Ltpuijfant Monarque.de F ance.
L'Art tout fiuiJ'éblouitde sa noble
grandeur,
Il le voit en tremblant, il le peint
tout de mesme,
Mais avec toy qui voù jttfqu*an fond
de son coeur,
Cet Artqui tasuivy s'eflfurpaféluy- mefmc,
La FeutII4de, il falloit de tes fermes
leçons ;
Sans toy cet Artfimetix, &seschers
Nourriffcns
Auroient toi'joursmanquéce Héros de
l'Hilloire,
On l'nnroit méconnusursespropres
Autels.
Ilnappartientauaux Immortels
De peindre,&d'efirepeints auTemple
de la Gtohc.
Q AUTRE. VclSujet
,
T1;.lpe1ar/fin,zele à qui Eh1.itl pofr(on Prit;et w\îor,1un1en:'
Pareil ?
Vue-jevoy degrandeur dans ce noble
appareil!
.f!?.!!/ demarbre & de bronze ensemble
!
Peurpeindre à la Pofierité
LOVIS, le pl.m grand Roy du
Monde)
'cgiJÙr & Dis-Iardins ont chacun
emprunte
.e leur Art immorteltoute la mllJejll.
iais bien qu'à lcurs travaux un plein
succés réponde,
^ne dans leurs traits hardis autant
qu'ilsfont heureux,
Les beautez, se trouventsansnombrc,
J^Jte je plains nos derniers Neveux
!
e LOVIS toutentierils neverront
que l'ombre.
Je finis cette matiere par
deux Ouvrages de MrRac
monnec, de Nogent sur
Seine.
SONNET. QF'à nos yeux éblouisla gran.
deur de ton z..ele
jExpote
,
d*Aubnjjon
, un fpcctdclc
charmant !
Jamais l'Antiquitévit elle un Monument
Etaler,mefmeà Rome, une Pompe si
belle ?
#2»
1- Du plu*granddes Héros la Statue
immorte lle
Te fin comme luy 'l.;ir.y( éicrmllement,
Etnosderniers Neveuxrc?v lis aétonnemem,
Lolieront de tes respects cette preuve fdelie.
Dequoyfèrttoutefois cegagesolemnel,
Siton coeurpeur LOUlS eH un vivant
Autel.,
Ottton amour ardentfacrtfeàsa gloirc
?
Oùy , ton Roy convaincu de tes voeux
aujourJ!bNJ)
P.risè moins ceTableau duTemple de
M(mo/r:,
Jj)tte tout les noeudssacrez, qui t'attachent
à lu).
MADRIGAL.
BRiDez,) noblesmorceaux d'excellente
fculpiure,
J DOltt le superbe éclat rend nos yeux
éblouis:
Dutemps qui détruit toutriéprouvez,
point tinjure)
Et flrvez- à jamaisde trophée à
LOTIS.
Cependant,toferay.dire?
01; vous promet en vain unfiglorieux
firr.
ce Marbre, ce Métal qu'à l'envy l'on
admire,
Ne pourront pas desanstoujoursbraver
l*effort.
LOFISplusfeurmemfçaitpourvoir
asa gloire,
Et consacrer[on nom au Temple de
Memoire.
Cesurprenant amas de miracles divers
,
Dont le bruit chaque jour vole par
iVnivers,
Grave dans tous les coeurs une plm
vive image,
£htiluyrépond de Immort*.ltic-,
Itles Sicclesfuturs la verrait el à;/e
enâge
ïajjcr a l.fVojlcïiîc.
Rien n'étant plus pretieux
à la France que la Santé de
nofire auguste Monarque)
vous ne devez pas douter
que (onrétablissement n'ait
c.a.1us..e icy une tres-sensible -
joye. Elle a esté generale) &
<
pour en donner des marques
publiques, Mrs les Marguil.
liers de la Paroiflèdc S. Roch
firent celebrerun Saluttrèsfolcmnel
le Sàmedy4. de ce
mois, en actiondegrâces a
Dieu de cet heureux recablissement.
Outre que le zele
qu'ils ont pour leur Prince
les portoit à s'acquirer d'un
devoir si juste,ils s'y crurent
d'autant plus obligez, que
Sa Majefié a mis la preluiere
pierre de cette Eglise, &
que c'estoir alors la premiereCérémonie
decette nature
,
qu'Elle eull faite de Ton
Regne. On exposa le S.Sacrenlent,
& il fut porté en
Procession autour du dedans
de l'Eglise, qui estoit magnifiquement
parée. On- y
voyoit de tres-riches Tapisseries,&
non feu lement le
grand Autel estoitéclairé *d'unfort Grand nombre de
Cierges, mais il y en avoïc
beaucou p sur tous les autres
Autels. Tout le Clergé eltoit
enChapesàcette Proeeflion,
& les Marguilliers, tant en
Charge qu'Anciens,s'y trouverent
tous, chacun un Cierge
à la main. Il y eut Musi,
que& Symphonie,conduite
par MrOudeau, ce qui fut
très bien exécuter afin que
rien ne manquait de ce qui
pouvoit contribuerà rendre
la Cérémonie plus remarquable
, ce fut le fameux Mr
le Begue qui toucha l'Orgue.
Elle avoit esté annon- cée dés le matin par le carillon
de toutes les Cloches;
aussi l'Eglise se trouva-telle
remplie d'un nombre infiny
de Personnes de qualité de
l'un & de rature Sexe. Mr
l'Official de l'Archevêché
s'y rendit, ainsi que plusieurs
MinistresEtrangers, qui
s'en retournerent tres -
édifiez
de cette Actiondans laquelleilsfurenttémoins
de
l'ardeur fincereavec laquele
tout le mondefit des voeuxpour
la conservation du.
{oyj On a fondé ce Salur,
5c il fera célé bré tous les ans
e premier Samedy du mois
le May, avecles memesceremonies,
pour demander
le nouvelles benediélions du
Ciel sur la sacrée Personne
le Sa Majesté.
Les Religieux du Convent -
Royal de S. Maximin & de
a Sainte Baume,animez du.
même zele, firent chanter
un Te Deum le jour de Paflues.,
en presence des Conuls
& des Magistrats de la
Ville, pour rendre grâces a
Dieu de l'heureuse coiiva.
lescence de ce Prince, & firent
en même temps un
voeu à Sainte Madeleine,
leur Patronne, afin d'obtenir
par ses prieres, la confervanon
d'une si prétieuse
fànté, ôc de toute la Mai-
Ion Royale.
Le Roy n'estant pJtS moins
connu &reveré dans les Climats
les plus éloignez, que
dans fonRoyaume, on tache,
en luyfaisantdes Prelèns,,
de luy marquer l'admiration
quel'on a pour luy, Voicy
n Memoire de ceux qu'on
eu avis que SUMDES BAABACARFATTRATICAIC
AR DE SIAM,luyenvoyé.
Ce Memoire m'est venu d'un
ieu si seur
,
qu'il ne doit pas
vous estre suspect. On y a
marqué les choses qui suivent.
Differens Vases d'or, qui
sont des Ouvragès du Japon,
pesant vingt-trois ou vingtquatre
livres d'or. Il y a dixhuit
pieces en tout, dont les
unes sont pour du Thé, les
autres sont des Tasses , &
deux grand Coeurs, pour,
mettre des Parfums.
Dix pieces. ou Vases d'argent.
aufsi ouvrage du Japon,
Deux Vases de Tambaque,
avec le couvercle de
la mesmematiere. Cemetal
est presqueaussi precieux
que l'or. Il ne se roüille jamais,
& garde toûjours son
éclat. On croit que c'est ce
que les Anciens appelloient Eleélrum.e
Deux Sabres, dont les
Rois du Japon ont fait present
au Roy de Siam. La
poignée de ces Sabres est
entourée d'un certain cordon
\J.on de Loup, qui marque
la Noblesse dans le Japon.
La garde de l'un est d'or.
On a tiré l'or de l'autre
pour ymettre de la Tambaque,
croyant qu'on 1eftimeroit
davantage en France.
Ondit queceux qui sçavent
bien manier ces fortes
de Sabres, peuvent aisément
couper un homme par le milieu
du corps ;
c'est ce qui
fait qu'ils n'ontpoint de
PrIX"
Un grand Tapis de foyc
dont l'Empereur de la Chine
fit present au Roy de
Siamil y a dix ou douze
ans.
Deux Vestesàla Japonoise.
L'une ell à fond violer,.
& l'autre à fond rouge, &
toutes les deux sont des ouvrages
en or.. Ces fortes de
Vestes sont tres -
cheres à
Siam.
QuelquesFigures de marbre
, recommandables par
leur antiquité, & parmy lesquelles
il yale Portrait d'un
Chinois, que les Siamois appellent
Tomghoing. On croit
que c'est celuy que nous appellons
Conj-ufius..Les autres
Figures representent d'anciens
Chinois, qui sont encore
aujourd'huy en grande
veneration chez eux. Il y en
a quelques-unes travaillées à
jour. Celles-là sont aufil fort
anciennes.
Deux Vases de Soufre rouge.
On croit que c'est du
Cinambre naturel,quoy que le naturel n'ait pas ordinairement
les vertus de celuycy.
L'un est plus grand,l'autre
moindre. Le plus grand
eH: double d'un certain métal
qu'on appelle Toute-naque,
& le moindre elt double d'un
autre metal qui n'est pas
connu. L'on asseure que
quand on met quelque liqueur
empoisonnée dans le
plus grand, il en fort incontinent
une fort grossèfumée,
êc que le poisonperd entierement
sa force dans le pe-
,tir, de forteque l'on en peut
boire ensuite tans rien craindre.
L'experience en à esté
faite à Siam. ils disent que
la différence qui se trouve
entre ces deux Vases, vient
oudifferent métal dont ils
sont doubles. Le premier fut
envoyé il y a environ cinquante-
huit ans par un Eiru
pereur de la Chinenommé
Thiarde, pere de celuy que
les Tartares vainquirent, &
le second par l'Empereur
des Tartares, aprèsqu'il se
fut rendu Maistre de la Chine.
Afin que leRoydeSiam
en connuit mieux la valeur,
illuy manda que ces fortes
de Vases estoient particuliers
aux Empereurs de la
Chine, & qu'on s'en servoit
pour mettre le vin qu'ils devoient
boire. Il luy fit aussi
sçavoir que lamatieredont
ilsestoient composez, avoit
la vertu de chasser les AniL
maux veneneux; qu'il n'en
demeuroit aucun dans les
Lieux où l'on gardoit ces Vases9
& que si l'on en avoit
esté mordu
,
il ne falloir
qu'en prendre un peu,& le
mettreen poudre,l'avaler eThfuite
dans quelque liqueur,
ou en froter l'endroit de la
playe, ce quiestoit un préservariftres-
seur contre toute
forte de poisons.
Du bois de Calembacdu
meilleur & du plus pretieux
qu'on, puisse trouver. Il ne
vient que dans ko, Forests
qui sont proche de la Cochinchine
& de Siampa.
Differens morceauxde Boi-s:
d'Aigle
5
que l'on a choisis
avec çrandfoiri.
De l'Ambre gris,lepoids
de dixTacls, ce qui vient à
une livre quatre onces. Cet
Ambre croist sur les costes
4-e lisle de Jonfalam.
Ces diversPresens sont
renfermezdans deux.Cabinets
duJapon, qui sont couverts
de la peau d'un certain
poisson, fort estimé en
Cepays-là. Le dedansestde
Verny,& tout parseméde
Fleurs de Lys. On les a fait
faire exprés pour les envoyer
en France. Il y a à chaque
Cabinet comme une table,
pour les soûtenir. Elle est
couverte de la mesme peau.
Ces Cabinets coûtent deux
mille écus au Japon, ce qui
fait connoistre qu'ils doivent
valoir beaucoup davantage
ailleurs
J'oubliay le mois passé à
vous apprendre la mort de
Mrde Guisigny,Gentilhomme
ordinaire de Monseigneur
le Dauphin,& Lieutenant
de la Louveterie. Il
s'estoit fait distinguer agreablement
dansce posteaussibienque
dans ceux qu'il avoit
occupez à l'Armée, où
il avoit commencédés l'âge
de quatorze ansà faire paroistre
son zele pour le service
du Roy dans les premicce
res Campagnes de Hollande
& d'Allemagne. Ilestoit forty
de la Maison de Guitri-
Fours-S. Clair, issuë des anciens
Comtes de Vernon.
,
Cette Maison que les Chargesconsiderables,&
les Gouvernemens
qu'ont possedez
ceux qui en sont descendus,
ont toûjours renduë recommandable
en Normandie,est
& alliée à celles deChoiseüil,
de Soyecourt, de Bailleul,
lePelletier,Courtin,de Pontd'Albret,
de Vardesde Mon<-
,
cHévrcùif'/d Almera, d'Heudicourt,
& porte d'Azur
à la Croixd'entelée d'or. Ceux
qui en restent conservent encore
plusieurs marques de la
forte consideration où leurs
Ancestres estoient au prés de
nos Rois.La Lettre que CharlesIX.
écrivit à un George
de Fours en l'honorant du
Collier de l'Ordre de S.Mil')
l' Jo.-
'/JJ()rrt,
fJ}V.SII':
.;-6(#1-
chel, en est une preuve. La
Maison de Madame de Saine
Clair, Mere de feu Mr de
Gusigny
,
n'etf pas moins
con
siderable. Cette Maison
qui porte lenom deMigneux
des Enarrs.a donné degrands
hommesala France, &: peut
compter cinq Gouverneurs
de Montreüil de fuite. Ces
avantages sont glorieusement
soutenus par les alliances
qu'elle a avec les Maisons
de l'Hôpital, d'Hocquincourt,
de Valencéyde|
Princes de Lignes;de Vnn-^
tadoux(3), dela Ma;c5j deS£
rvJlùndu. JvJTt:
(i11'7'Cj-'tJ
(Y,V.2,-
:",,,e.I/W.
Simone de Boüillon(2), du
Pont-brian, de Sautour
,
de ,1
Barada
,
de Saveuse,de la
Fare, de Luz-de-Vantelet,
&c. Ses Armes sont de Gueule
à trois Croissans montans dor.
On a fait cetre année une
grande Feste à Modene,pour
celebrer, selon la coûtume
du Pays,le jour de la Naissance
du Prince qui gouverne
cét Estat.Elle devoit se
faire le 6. de Mars, mais une
legere indisposition qui luy
arriva, fut cause qu'on la remitau
13. du mesme mois.
Outre un Opera en Musique
,:/ê,dôu~ vrcy,
1-n1til1
(H.iv. J<~ 1À>rï<-'<
ue plusieurs Gentilshomesde
cette Cour entreprisent
de chanter, d'autres Caaliers
de la mesmeCour prearerent
un Tournoy
, avec
agrément de Mr le Duc de
Modene
,
qui voulut estre
y-Ineline de cette partie aec
Mlle Prince Forest son
Cousin; Fils du feu Prince
sorsed'Este,grandOncle du
)uc regnant. Le 17. de Ferier,
dernierjour du Carnaal
,pendant que toute la
Cour prenoit le Divertissenent
d'un Bal, auquel les
Dames avoientestéinvitées
J'e:rf"
parce Prince, la Danse fut
interrompue par un Concert.
de Musique, a prés lequel on
vit entrer dans la Salle la
fameuse Magicienne C.ircé..
dans un équipage tres-pompeux,
& avec tout l'ornement
qui pouvoit faire connoistre
une Fille du Soleil.
Elle avoit une Baguette à la
main, & estoit suivie d'un
fort grand nombre de Pages.
Elle chanta quelques Vers,
pour expliquer le sujet de sa
venuë, &surun signe qu'elle
fit ensuite, les Pages presenterent
un Cartelde Desy à
Vlr le Duc de Modene ôeà.
:ous ceux de sa Cour, pour
Coutenir les armes à la main,
^ue dans les coeurs gene-
.eux l'amour donne de l'é-
:;lat à la valeur. Le Désy fut
accepté.Ilestoitfait fous les
noms d'Ulisse Prince d'Itaque;
de Telegone son Fils;
d'Euriloque & delpe-nor
Compagnons d'Ulisse;de Pieus
Roy des Latins & de
Learoue.Circéen se retirant
chanta un autre Air pour
marquer l'impatience qu'elle
avoit de voir arriver le
jour du Combat. Mrle Duc
de Modene avec Mrle Prince
Foreste, & dix-huit Chevaliers
de leur fuite, se rendit
le 13. de Mars dans laPlace
assignée pour le Campdevantle
PalaisDucal. Deux
Champions deCircé sous les
noms d'Ulisse &: de Telego..
ne ,
se placerent dans leurs
postes, & Elpenorfous la
forme d'un Lyon
,
& Euriloquefous
celle d'un Ours,
parurent sur deux morceaux
deBâtimens anciens & àdemy
ruinez. On voyoit dans
la mesme Place deux especes
de Rochers, où secacherent
Picus & Learque, tous deux
changez en Sirenes. Une
Simphonie guerriere avertit
les Spectateurs de l'arrivée
de Circé, qui parut aOECe
sur un Dragon. Elle s'avança
jusques au milieu du
Camp
, & après avoir animé
ses Championsau Combat,
-lie se retira pour en estre
pectatrice. Alors la Course
kit commencée au bruit des
Timbales ôc des Trompetes
yÔc Mr leDuc deModetéy
&Mrle Prince Foreste,
e premier armé d'uneLanlle-)
autre-d'uneZagaïe,
les allerent rompre contre
Ulisse & Telegone. Ensuite.
ne voyant point d'autres nemis, en- ils firent une grande
volte sur le Camp, & pendant
ce temps, le Lyon ôc
l'Ours sortirent de leurs tanieres.
MleDuc deModene
courutcontre ces Animaux
avec la Zagaïe, & Mr
le Prince Foresteavec la Lance
,
& aprés qu'ils eurent
continué sur les voltes,ils
revinrent sur le Lyon & sur,
l'Ours, & tirerent chacun
un cou p de Pistolet en pasfant.
Ces deux Courses achevées
,
les Sirenes parurent
hors de leurs Rochers, & ils
allerent les attaquer l'épée à
la main. Tous les autres Chevaliers
coururent deux à la
fois, &firent lamesme chose,
après quoydeux Sarrasins
sortirent des mesmes Rochers
d'où l'on avoit veu sortir
les Sirenes. Mrle Duc de
Modene,& Mrle Prince Forèste,
chacun suivy de quatre
Chevaliers ,recommencerent
les Courses, rompant de
nouveau leursLances & leurs
2aga'ftrscontreUliflè&rTe..
ieganç, ^contre les Sarrafins.
Les huit autres Chevaliers
coururent à leur tour
de lamesme forte,&cette
Course futfaite trois fois.
Enfin Circé rentra dans le
Campassise sur son Dragon
comme elle y estoit venuë
d'abord. Elle fit connoistre
par les derniers Vers qu'elle
chanta, que ses Champions
cedoient la Viaoire. Aprés
qu'elle se fut retirée, Mrle
Duc de Modene, avec Mrle
Prince Foreste, & les autres
Chevaliers, fit une maniere
de Caracolautour du Camp,
jBc tous s'estant mis en fuite
en Escadron
,
ils sortirenten
bon ordre, & rentrerent au
Palais. Toute cette Perte se
fit(ans Comparse, & (ans les
fuites qui font ordinaires
dans les Tournois-,Mr le Duc
n'ayant regardé celuy -cy
que comme un simple Divertiilement,
qui permettoit
qu'on se difpeïifaft des Regles.
Vous vous estes quelquefois
étonnée de ce qu'on dit
de ces lourdes Croix que traînent
au Mont-Valerien certains
Penitens contrits) la
nuit du Jeudy au Vendredy
Saint. Ce n'est presque rien
si on les compare à ce qui
se fait en Porrugal. LaLettre
ID qui fuir vous l'a pprendra.
MA Lifboncle IL de Mars 1686. Adame la Comtcffi de
Ribera rfl accouchée d'une
Fille depuis quelques jours. On
k jçeut des le moment mesme
y
parce que la mode en ce Pays-cy
-fp qu'incontinent après laccouchement
d'une DarneJ les Do*-
mejhqm courent en donneravis
à tous les Amis
-
de la Maison,
(Sptirent par cemoyeniun éo4
ldechacun de ceux à' quiiU en
portentlanowvciL'. Cet ccu lent
cfl donne par une coutume qui
1){iUt une Loy.Madame tAm--
~j~~r~ ruoit tDU1 1('4 YIJOÍS
:).
bifjadricela voit tout Ici mois
St
($f elle pareillement. La dermerefois
qu'elles se virent, ce fut.
ch,cz cette Comtcffi) qui deux
jours avant qu'tlle accouchafl> a..
voit prieMadame ljimbaffadricede
venir cbck-elte voirpasser
la Procession de la Pifjion. On,
l'appelleawfi5 à cause qu'on y
voit limage de Nostre Seigneur
qui porte sa Croix. Elle se fit
Vendredy dernier, fecond Vendredy
de Caresme. La, distance dti.
chémin est de plus d'un quart de
lieuë, (tJ aune montagnea une
autrejoutes deuxfortrudes. Com.
me ilya degrandesIndulgences
que l'on peurgagner en s'acquittant
de cette devotiorî
, tous ceux
de Lijbone , à la reprve de fort
peu de monde,font ce chemin,
& on'a vingt quatre heures pour
cela
y
en commençant dés la nuit.
dujeuiy. Tant que cette nuit dura,
les routes que devoit tenir la
ProceJJion3 furent remplies de Penitens
de toutes maniérés
,
dont la
pluspart marchoientagenoux, *
avec les mains à terre, traisnant
plus de cinquante livrespefant de
g~r/t7jf~a ccb~a~ipfhfe~sai*ttaechédesààsleleuu,rrss
fixes de blanc,tenant dans leurs
mains de grandes épées nues par
la pointe, & la garde en haut.
Les unes en avoient deux, d'autres
trois, quatre
3
(7 jusques à
cinq dans chaque main. Ily en
avoitmesmeplusieurs* qui avec
cela traiftoient deichaifnes pa..
veillaa celles que je viens de vous
marquer. Quelques-unestombant
en défaillance sur le chemin,
foudroient qu'on les foutinfi par
dessous les bras, afin d'achever
leur course
,
d'autres demeuroientcouchéesparterre
sans
pouvoir allerplusloin. Outre l'Image
dont je vous ay déja parlé,
r qui esi plus grande que nature,
e porte tous les Inflrumens de
PajJion, fë) on les voit d'espace
i espace au milieu d'unedouble
tye de Conjreres3 tousvejîut de
lolet, avec un Rocbetsemblable
ceux des Evejques,lapluspart
tens de la premiere qualité, car
lux qui tiennent icy les posses
mfiderables,fontgloire ouverte
'eflreCbrefliens, er d'en porter
outes les marques extérieures,
omme les moindres du Peuple.
r-e fuis, &c.
Mr l'Evesque de Laon étant
arrivé à la Fere le 20. du
mois pasle
,
fit le lendemain
la Ceremonie de la Tranflartion
des Corps de Saint Victoire
&de S. Felix Martirs"
.que Mr le Duc de la Meilleraye
a rapportez de Rome,
& d'une Cofte de Sainte Clotilde.
donnée par l'Abbé &
les Religieux de Sainte Geneviefve
de Paris, à Mr le
Duc Mazarin. Le Corps de
Saint Viéloire fut mis dans
deux Chaslès, de dépote en la
Chapelle de la Maison des
Pauvres de la Ville, avec la
Çofte de Sninte Clotilde, qui
en fera Patronne, dans ce
;, Pff,,
tempsoù la Foy qu'elle a
procurée à la France reçoit
un nouvel éctat par les foins
de nostre pieux Monarque.
Le Corps de Saint Félix a"
este-laisse en la Chapelle du
Ch-asseau
,
pour laconsolation
de Mr le Duc Mazarin,
qui a couronné par de si riches
presens le zele infigiie
qu'il a fait paroistreàlaFere
pendant tout le Garefme,
dont les nouveaux Catholiques
n'ont pas esté moins édisiez
que tout le reste du
Peuple.
Onecrit de Conftantinople
que le nouveau Grand
Visir Ce fert de toutes sortes
de voyes, pour découvrir en
quei lieu son Predecefleuji
a mis ses trésors. Il a déjac
trouvé trois mille cinq cens
Bourses en argent monnoyé,
& pour plus de cent mille écus
de pierreries, On tient
que c'est la le fond le plus liquide
pour les dépenses de lai
Campagne prochaine. Neuf
Vaifleauxde guerre duGrand":
Seigneur de 70. à 80. Pièces
de DCanon chacun,estant arrivezà
Conrtantinople dans,
le temps que Mr le Ciievavalier
du Mené,Capitaine
Jes Vaisseaux du Roy y étoit5,
ils luy firentdemander le falut
qu'il ne voulut point leur
donner sans (çavoir auparavant
de quelle maniere OIT
le luy rendroit. Après plusieursallées
& venues, il fut
-arr<efté que Mrle Chevalier
du Mené faliieroit le Vaisseau
Amiral du Grand Seïgneur
qui portoit le Pavilon
au grand Mats
,
de sept
coups de Canon3 ôc qu'ils
luy feroient rendus coup
pour coup; ce qui fut execuré.
Quelquesjours aprèsy
les M-atelots- &les Soldats de
ces Vaisseaux Turcs) prirent
querelle avec des François,
qui les repousserent avec
beaucoup de vigueur. Neuf
Levantins demeurerent sur
.la place, & les François furent
poursuivis à coups de
pierre, dont il y eneut quelques-
uns de blessèz en entrant
dans leurs Chaloupes.
Mr Girardin Ambassadeur de
France, en ayant fait ses
plaintes au Caïmacan3obtint
toutes les fatisfadtionsqu'il
pouvoit attendre. Le Capitan
Bâcha qui commandeles
VaHIcaux du- Grand Seigneur,
demanda pardon
par écrit à Mr le Chevalier
du Mené.Aussi-tost que
ce Chevalierluy eut fait dire
qu'il estoit content, il fie
pendre sur le Portà laveuë
des Vaissèaux du Poy,quatre
de ces Soldats Turcs qu§
l'onavoit ârreftez- dans le
temps que le desordre-estoit
arrivée alla ensuite au bord
de Mr du Mené
y
auquel il
reïtera de bouche ce qu'il
luyavoitécrit. Le Ca'lmacan.
de sa part fit, toutes les foui-
niffionspossibles à Mi'Am>
banadeur, pour l'empescher
de se plaindre à Andrinople
de l'insulte qu'on avoit faire
aux François. Il partit pour y
aller le 10. de Fevrier. Le
mesme jour Mr Dortiere"
Commissairedela Marine,
s'embarqua sur le Vaissèau
que MrleChevalier duMené
commande. Il va par ordre
du Roy dans toutes les Echelles
du Levant,pour regler les
avantages que Tes Sujets
pourront tirer du commerce
de ces Ports. Il estoit revenu
d'Andrinople à Conftantin.
ople le IL. du mesme mois
3,
après avoir obtenu de la Porte
tout ce qu'ilavoit demandé
pour exécuteravec autorité
les ordres qu'il a receus..
On luv a donnéun Açra de
considj eration qui doit& l'accompagner
dans toutes les
Echelles, afin de chastier
ceux qui s'opposeront aux
graces que le Grand Seigneur
a accordées à la Nation
Françoise. Il a mesme
obtenu-une Permission qui
est prerque sans exem ple,
c'etf celle d'entrer luy quinzième
dans le Saint Sepulchre..
On sçait que jamais
perionne n'y met le pied,
qu'il ne luy en couste du,
moins centécus.L'Aga Turc
qui accompagne MrDôrtiete
s'efi embarqué sur l'Aquilon,
Ce Vaisseau est commandé
par Mr Bidaud qui)
escorta l'année dèrniere les
Vaisseaux Marchands Fran^-
fois dans le Levant, & à
Snlirne,-où il fouftint fortement
les interells de la Nation.
S'estant trouvé dans
cette derniere rade avec un
seul Vaisseau de Sa NIajessé,
nommélefcd'lle, le Capitan
Bacha qui estoit à Fogny à
trois petiteslieuesdeluy,luy
envoya demander troisVais.
féaux Venitiens qui éroient
venus se mettre fous la proteétion
duPavillon du Vaif-
[eau du Roy. Il luy fit demander
en mesme temps le
Secretaire Capello, qui s'étoit
fauve de Conftantinople
sur son bord,le menaçant
en cas de refus,de l'attaqueravec
quarante-quatre
Galeres
,
& cinq Vaissèaux
Algériens qu'il commandoit.
Mr Bidaud répondit avçc
vigueur,& le Capitan
Bacha nofa tenter d'obtenir
parforce ce qu'il demandoit,
sçachant que les
François sont accoutumez à
soûtenir de telles affaires,
quoy qu'ils soient seuls con.
tre un nombreconsiderable
d'Ennemis.
Vous avez déjà veu differens
Contes deMrde la
Barre de Tours, ecrits d'un
stile si naturel, qu'ilme suffit
de vous avertir que celuy
que vous allez lire, est
de sa façon, pour vous faire
attendre quelque chose de
tres-agreable dans ce genre.
Il a pour titre.
LA RAVE DONNE1 E
à Loüis X1. DOnncrvour recevoir (fl- cc rflre
liberal?
Je dis non ,fhns rc-soer:ce-neftpas /4
penfée
De Senequenonplm. Tout homme
donnemal,
Dit ily donten donnant Camccfl intenffee.
ilfaut,pour donner bien, observer
quelques loixi
D'abord,que le Donneurfiache faire
le choix
D'un objet digne auquelon donne)
Et c'efi déjà ce que ne fait fer.
sonne.
Apres ce chois vient t'.zir : puis que
cctairparfois
rata autant que le don. Telfisdons
empoisonne
J>)uandil lesfait en rei hipriant.
ApYéJl'dir, voyez, le Prisent
.!Zce vousvoulez* &que 'VON} pouvez,
faire.
Enfin, pour achever ma Morale en
deux mois,
Regardez, quand; car donner a
propos £•jllepointprincipalpa^rounompourrons
plaire,
Si, nom VOlt !011S '/J. l"~ paroistre liloaux >
Maissurtoutqu'enpareille ..:ÎC
Certain JVjiidan qui (e trouve en
tous lieuxy
( C'efi!'intereji) nejôit pointdum)-
floc,
Donnant filon ces loix vota coarme*
rez les Dieux.
Vous aUez voir dans ii.f
presente
DfUXexemples duDonilun cLVIs.•<
fCnj/é)
£)ui ferareconnu d'une façon plai-
Jante,
Etl'autre, quoy qtlt vil)bienmiellx
récompenjé.
Du temps que Louis Onze estoit DafJphin
de France)
Et qu'il vivoit en mefmtelligencc
Avec cbArlesfin Pere,onsçait que
ce Dauphin
Fn dffirens endroits alla chercher a.
zile)
Et que comme un RenardbienJin
.k(ii vise quelque volatile,
{ VHifloire en parle ainji ) chez Finlippe
le Bon,
Ce mCJme Prince Bourguignon
Dont j'ay fait le portrait en parlant
aOenophile,
Ce Dauphinfcglijf^fevoyantfugitif
Pour charmer[eschagrins
,
entr'autre
leniJt~if 0
Il aima tellement la Chasse,
J^tl y yaffoitfei fIlM beaux
jours.
A la remise il revenoittoujours
Chez,CanonPayfin, qui defort bonne
grâce
Luy donnoit (on pain bis, les fruits
defin Tardin,
DesRAFES,duluit doux, & £ajfez>
pauvre vin,
Mais telqttillecueilloitdanssa petite
Treille.
Vappétit d'unChilÏeqr sur tout
du DAuphin,
A. tels ragoufts se faisoit Il mer:
vàUs*
A ceuxpour qui laCbajfe a desappas
cyui dit Pain Bis
,
dit presque
Bisque,
Et comme un bon Soudart ,un bon
ChaJJcur court rifqtte
Avecgrandappétitdefaircltels re..
pas,
Koffre Prince profeript fut dix ans
de la forte,
Mangeant Conon, mais le trépas,
Jî^ui biendu changement apporte3,
Enleva(;harlesJept. Louis netardapas
A gagnerReims,pourprendre une
Couronne
Telle (fue La France la donne,
ConformémentàlaSaitqueLoy.
P<wracourcir le Conte enfin Louisfut
Roy:
Mais Roy (ptt l'on pouvoit lnen-"
dîYi
7eMaiftrc Sire.
Je rappcrtcroii bien,
Sans que je fuis Coûteur ,
Ó" non
Historien,
Comment ilsund.i ron Empire,
Et si ceflft sur cq'uté i
S'il c(lvray que U cruauté,
iFtuittlelcmmooyieenn qu'il aima davantage
Pour tirer les Rois hors de Page;
Mais je pretenslaisser aux Auteurs ce
dtbat,
Etsans trop me meler des Affaires
d'Etat,
A-va Philippes de Comines,
yne des Flûmesles plus fines
Oui sur lHijloire dit écrit alltrtflÙ,
JeVOMdisquila rangparmy les plus
enrands Rois.
Ca,retQHrmnsdansla, Çbaumtnt
Ou nom avons laïsse le bon homme
Conon.
, ,
Son Dauphin Roy Il- , cct tlugtlre>tJ"ott
bon,
Versle r/cjjis lez, 70ftrs ilfaut qu'il
s'ac hemine.
cf)fiCdl' biensvontvenirl Mais Conon
examine
Avantque departir quelsVrefens il
pra
Jlcfitmbaraf>fé, car venir la mllin
vuide,
IIne peut pas Je résoudreàcela,
S'imaginantque le don (JIunguide
Très
-
feur pour approcher des
Grands,
( S'entend de ceux qui font dc l'avarice
esclaves )
Mais Conon rïavoit rien. S'il luy
portoit desRaves
DefinpetitUrdin^feroiuce des Pre^
sens
Dignes aun Roy ? Fort bous quanti
ccjîlecoeur qui donne,
Fiift-ceunf[luJaebofeefbonne»
Cononferré de neufun beau matin
Fart de z, lny chargéde Prives les
¡Ilt) belles
tI^luleestroanfnrvoaeuifrvrceahlilieafsmfoaiùtt.ouPtloeur lleosntgedniur
chemin.
MaI<,ûwalheUrfnPCfie!
Cononmanqua aargents.waieiily par lafaim,
( Malfacktttx autant que lapcfli )
Faut-il qui'lse laijft mourir
J£uandil a dansfinfie dequoy sefie- counr? Ilferoit unvray fit.iljena deson
refle,
-AIvvaalFaalrecPertetesebnit&soe&rreqfuoarntudnielaarrrriivvaa?,
DCoenRçu..vdC'"Jaibl roiradvsc'ieî pnliubsaquy'uinnea*,
Man qtiyfaire ? A la fin fin coeur si
conCela ;
Arrive dit
Louvre, ér fit !e Roy
quan d il fiaffii.
Ah, parla sangué le voila,
S\Jcri.l -t -
il. Eienpcs de cinq ans
d'intervale
N'avoitnt point ajfoibly la memoirs
Royale,
Tant ilcj}vray que les bienfaits,
Ny leurreffiouvenir ne Je perdent jamais.
Le Royvoyant Conon, lefait entrer
au Louvre)
L'embrajif millefois devant toute si
Cour,
Le fait Ilffioir, ordonnequilsi
couvre, Jitfarleainsi.Pendantlemalheureux
JèJ.°Jl,
1
en Bourgogne je fis du vivant
de mon Perc
>
Conoîi adoucit mes chagrins,
ApptÚ/à la rigueurfevcrc
DemOltexil&demesnoirsdejlins.
Sons fin loit jetrouvons fin azile agreahfe*
Contre lafureur des Saisons,
Etdanslesplus hautes maisons
le lJ'CUffi pas troftvéde {.¡ble
Plusprompte asecourirmesplus prefsans
besoins,semblable. fentens la faim,lafois, & misere
Pour tant de foins
le veux quemArecofinoiffance
Eclate ensa faveur, &. qu'ilJoit aujourdïhuy
Traitécomme je fuschez, luy.
Voila la jaste récompense attire sur fan chis tout homme
bienfaisant.
Conon
Conon fit une reverence
Avec un mauvais compliment,
Jîfuifut receu mieux queJine Eloquence.
ilne fautplusqueparler du Prêtent
£>ui conjifioit en une Rave.
11 efi vray quelle efïoit d'une étrange
grosseur :
Conon la presentadune façon plut
grave
Jgjie silavoit offert un trefers mais
le coeur,
Commefay dittfntofl,affaifonnoit
l'ojfrande,
Et la faisoit passer pour affaire bien
grande.
Le Roy pour cette Rave ordonne mille
écusi
Sa Maje(lédeplus
Afin Maifired*Hoftelcommande
De ferrer cette Rave, enfaijjnt furt
grand cas.
lrldtSji Conon longtemps ne s'acccmmodoitpas
Au grandfracas
£uifuitla Cour;sonmincelardinag
Ses Raves,sa chaumine, &sonpetit
tracas,
Sans contredit luy flaifoientdavanïl
tdge. veutpartit,obtient congé, content
Dit procedé du Prince) &sur tout de
l'argent,
Car le bon homme
Oncne se vit avec pareille fimme,
Etquelque definterefé
J^uunpauvrePaifanpuijfe ejlrt,
zuand ilvoittantd'argentfous fin
toit am.fés
Heureux, il ne croitpat que le Roy
soitfinMaistre. i'
CertainSeigneurGascon ,qui depuis
peu de temps
Estoit en Cour,pourfairesafortune,
Etquicroyoiten Dieu moinsqu'enargent
comptant,
Aux Courtisansc'estoitchose commune
,
La Pietépourlors n'ayantpas le haut
rang
gue luy donne Loüis LE
GRAND.
Ce Courtisan, dont l'ame interessée
Avoit connu qu'une Rave donnée
Avec beaucoup de liberté,
Avoit charmé la liberalité
De Louis, qui l'avoit trop bien récompensée
,
Seflata ,luy qui donnoit peu,
De tcjjoir malfondé de quelquerécompense
,
Sire interetfjoiiant fonjeu,
z
La Rave mille éctn! Il pense
-Z'I'ati RoyprejentantunCheval
J>jti rtffimbloit à Bucephal,
ilauroit davantage, di c'tjfoit Capparence,
Son present valant mieux que celuy
de Conon;
Voyons cpomemrealne Rcoey vacombler l'ef.
DeceSeigneur Gascon.
Penetrantledrffiin de cette Ame venale
y Il pritxonfeil de quelques Favoris
, fourmÍcux sçavoirjufquà quel
prix
La libéralitéRoyale
Devoit s'étendre en caspareil.
ilf.udroitl, dit Trijhn, cent Louis * Brrjjîurc<.H Ajoutecinquante.
Tiillan
)
& Brefliurej Favoxis de LoUis N1
Un autre dit deux cens. Le cheval
estoit beau,
Lefaitd'unPrince,&mis en
vente,
Le Faifcur de Prcfent évitohle Vanneau
£hte luy tendoitson avarice.
Enfin
,
le Presentfait, le Roy
Feignant avoir resve", s'écria, j'aj
dequoy
Reconnoiflre fin bon office,
J^1'on lefajfevenir.Apeine fut'il- là;
JOuele Roy luy dit les paroles
A peu prés que voila.
L'on m'avoit consèilléquavec deux
censpifloles
le paya(pJeuUnpresuent quej'eslime bien : Mtris ce htHpas aux Roù afe trouver
ViiiUCUi
in libéralitér car la grandeur Royale
Sur tontes les vertUj choijïtlaliberaie.
Par unefaveurfpédale
Jevomfaisun Presentquicou(le mille
écut.
OnvitSincliner nosire Brave
du nom desmille écui qu'il aut tenir
déjà;
Mais le Diable, ce fut quand le Rf]
demanda
Jgu*on apportaflla grojfl R ive
Ditbon Cononrlaquelle ilpresenta
Au ÇavaïiL r confus, qui la prit sans
mot dire,
Etchagrin diapréfierà. rire
A tantde Courtisans, réduit au def
woir,
ils(TI Ahd, Le Roy fitju."i deutilY.
CetuA'i.i,jure don.-Pprendre
,
S: VOI"'-' iivi Z voulu Centendre
g£ii ne faut pointdonner afin ck
recevoir.
La prévoyance que Sa
Majesté a toujours eue dans
ce qu'Elle a fait pour le bien
de son Etat, l'ayant obligée
d'établir dans la Ville d'Arles
une Académie Royale,
pour y faire cultiver les talens
qu'un grand nombre de
Gentilshommes dont cette
Ville est remplie
,
témoi gne
pour les belles Lettres, dans
le temps que la tranquillité
de la Paix,semble rendre leur
elfépe inutile au service de
leur Prince, on ne doit pas
s'etonner que cette illustre
Compagnie fournisse souvenc
d'importans sujers aux
Charges les plus éclatantes,
où ils peuvent luy donner
des marques de leur fidélité
& de leur zele.C'est ce qui
est arrivé depuis peu de
temps en la Personne de Mr le Marquisd'Ubaye de Vachieres,
que les fufrages publics
ont eslevé à la Charge
de premier Consul
,
& Gouverneur
de la Ville en sa
J,lo{,,.
{\'Ù'i.
vingt-sixiéme année. Cette
Election a paru si avantageuse
par les grandes qualitez
que ce jeune Gentilhomme
possede
y
& Lllr toutpar
une vertu &une probité
exemplaire, que l'Academie
ne pouvant contenirlajoye
qu'elle ressentoit d'avoir
donné auxAffaires publiques
un sujet de ce merite
,
s'assembla
extraordinairement
pour l'en faire feliciter, ainsi
qu'elle a toujours fait pour
tous les autres de ce mesme
Corps,lors qu'ils ont remply
de pareils emplois. Elle
dépura pour cét effet Mrs
d'Arbaud Baron de Blanzac,
l'Abbé de Verdier, Sabba- tier&Gifon.Mrd'Arbaud
fut chargé du Compliment
dont il s'acquita avec autant
d'esprit que d'honnesteté,
& qui fut receu de la mesme
forte. M d'Ubaye n'en pouvant
venir remercierlaCompagnie
dés ce mesme jour,
tant à cause de l'arrivée de
:lvr le Comte de Grignan,
Lieutenant de Roy de la
Province, que par le peu de
temps qu'il avoit à faire inviter
quantité de Gendkdr,
r(Ohommes
qu'il vouloit rendre
témoins de cette Ceremonie
, il la remit au Lundy
suivant
,
jour ordinaire des
Assemblees de l'Academie;
Il s' y rendit sur les trois heures
accompagné d'ungrand
nombre de perfcnnes considerables.
M s le Chevalier
de Romieu & Giffon furent
priez de les recevoir à la premiere
porte de l'endroit où
l'Academies'assèmble,& les
ayant conduits dans la Salle
où elle tient ses Séances) Mr
d'Ubaye
,
qui se trouvoit alors
Diredleur de la Compagnie,
prononça un Discours
tres-éloquent dans lequel
il fit voir que les plus grands
hommes de tous les Siecles
devoient leur plus haure élévation
,
à l'opinion qu'ils avoient
sceu établir de leur
érudition & de leur esprit,
ce qu'il appliquaadmirablement
bien sur les talens de
chaque Académicien,& sur
l'obligation ou tous les Peuples
estoient de signaler leur
respect à la gloire de Loüis
LE GRAND. Aprés avoir fait
connoistre l'heureux Estat
où ce Monarque avoit mis
la France,par les soins qu'il
avoit pris d'y faire fleurir les
Sciences & les beaux Arts.) ilpeignit son zele pour les
intérêts de la vraye Religion
,
& la dignité de la matiere
donnant de la force aux
moindres ex pressions dont il
se servit, il fit admirer dans
ce grand Roy tout ce qui
peut rendre un Héros inimitable.
Mrle Marquis de Rcbias
d'Estoublon,Secrétaire
& Chancelier perpetuel de
l'Acâdemie
,
qui en cette
qualité se trouve obligé de
répondre au défaut du Directeur
,
dans les Ceremonies
de cette nature, s'attira un
applaudissement general par
la réponse qu'il fit à Mr
d'U baye. Ce fut unDiscours
dans lequel on remarqua une
profondeur d'érudition proportionnée
à l'étenduë de
son esprir ôc de son rnerire.
Dame Françoise de Choifeüil
du PlessisPraslin
,
est
morte icy au commencement
de ce mois. Elle estoit
Veuve deMessire Alexandre
de Canonville
5
Marquis de
Raffetot.
MessireMichel de Larche,
Seigneur de Saint Mandé,
Prestre
,
Conseiller & Aumosnier
ordinaire du Roy,
est mort dans le mesme
temps. Il estoit dans sa 86me ,année.
Ces morts ont esté suivies
de celle deMessure Pierre le
Fevre, Seigneur de Lezeau,
Conseiller du Royen la
Cour des Aydes. Mr de Lezeau
son Pere est mort
Doyen des Conseillers d'Estat.
On vient dem'apprendre
une autre mort qui vous surprendra.
C'est celle de Mr
de Barillon de Morangis,
qui s'estoit acquis une eftime
generale. Elle est arrivée
lei8. de ce mois. Ilavoit
esté receu Maistre des Requestes
en 1672.& quittoit
l'Intendance deCaën, pour
aller exercer celle d'Orleans.
Vous sçavez, Madame5qu'il
avoit epousé une Fille de Mr
le Chancelier
,
qui estoit
Veuve de M'de Nesmond,
Maistre des Requestes
,
&
qu'ilestoit Frere de Mr
de Morangis Ambassadeur
d'Angleterre
,
& de Mr l'Evesque
de Luçon. MrdeBa-
Il ;fiolldit
XZ'lS-t
rillôn son Pere
, mort Pretident
aux Enquelles,estoit
Fils de Messire Jean BarriU
Ion Conseiller au Parlement,
& de Judith de Mesmes, Fille
de Henry de Mesmes sr,
; deRoissy,Conseiller d'Estat.
Barillon porte d'AzurauChevron
d'or, accompagnéde deux
CoquillesenChefd'unerose
en pointe demesme.
Rien n'est phlS fâcheux
qu'un ordre absolu de donner
son coeur, quand il s'est
deji laisse prévenir par ce
panchant agreable qui l'entraînemalgré
nous, & dont
rarement nous cherchons à
nous défendre. C'estl'estat
oùs'est trouvédepuis peu
une jeune Demoiselle
,
qui
ayant receu de la Nature
tous les avantages qui font
remarquer les belles Personnes,
n'avoir pas manqué de,
plaire à beaucoup de Gens.
Elle avoir sur tout charmé
un Gentilhomme bien fait,
qui par tous les foins qu'il
pouvoit luy rendre, l'avoir
engagéeàl'estimer. L'estime
o (.J' va loin quand le coeurest favorable.
Le Gentilhomme
avoit du merite, & l'empressement
qu'il faisoit paroistreà
se rencontrer dans tous les
lieux
,
où il apprenoit qu'il
pourront la voir,ne l'avoit
pas laissée insensible à son amour.
Leur intelligence ne
put demeurer long-temps fecrete.
La Mere qu'une lan-*
gU'2'1lr d'accident retenoir au
lit depuis quelques mois,,,
fut avertie des sentimens que
sa Fille avoit pour le Gentilhomme
,
& ce Party ne luy
plaisant pas,elle crut devoir
la marier au plûtost pour étoufferune
passion,donte lle.
craignoit les suites. Dans ce
dessein elle pria une Dame
qui la venoit voir souvent,
devouloir bien luy choisir
un Gendre. La Dame jetta
les yeux sur un Cavalier fort
riche, & par le portrait avantageux
qu'elleluyfit de la
Belle,ellel'engagea à songer
au Mariage. Il fut content&
de sa naissance&de son bien,
mais quelque aimable qu'on
la luy peignist, il n'en voulut
croire que ses propres
yeux, & demanda à la voir
dans quelque Eglise, avant
que de s'expliquer sur les proportions
qu'on luy pourroit
faire. La Mere ayant iceu
ce que souhaitoit le Cavalier
, le fit avertir de l'heure
où il trouveroit sa Fille à la
lvteilè, & afinqu'il la connust,
on luy marqua qu'elle
auroit un manteau blanc avec
une jupe verte. En mesme
temps elle ordonna à sa
Fille de relever sa beautépar
les ornemens que luy permettoit
son âge. La Belle eut
beau luyrépondre qu'on devoit
du moins luy donner le
temps de faire reflexion sur
ce que c'estoit que de s'engager
pour toute sa vie; elle
avoit affaire à une Mere abfoluë
quivouloir qu'onluy
obeist {ans répliquer,& il fallut
qu'elle canfentist àla recherche
d'un homme qu'elle
n'avoir aucune envied'épouser,
Elle en eut un chagrininconcevable
,&come
l'ardeur defeconferverà ion!
Amant occupoittout sonesprit,
elle resolut de tromp per
sa Mere, qui estant roûjours.-;,
au lit ne pouvoit estre témoin
de l'entreveüe qu'on
avoit promise au Cavalier.
Une jeune Dame, mariée
depuis assez peu detemps,
& qui ayantelleélevée Fille'
dans ion voisinage, l'avoit
toujours cherie tendrement,
estoit venuë paffer huit ou
dix jours avec elle,pendant
un voyage que son Mary
avoitesté obligé de faire. La
Bellela pria de tenir sa place
au rendez-vous, en prenant
son manteau blanc & sa jupe
verte, & sçachant que l'on
estoit demeuré d'accord que
le Cavalier l'aborderoit lors
qu'il la verroit sortir de l'Eglise
,
elle l'engagea à tourner
les choses d'unemaniere
quiledegoutat de cette
recherche,, en luy laissant
entrevoir que si on la forçoit
de se déclarer,ses pretentions
feroient inutiles. La
tromperie ayant esté concertée,
il ne rertoit plus qu'à
l'executer.Quelqueavantageux
portrait que l'on eust
fait de la Belle, la jeune Dame
pouvoit soûtenir le Personnage.
Elleavoit les yeux
fort doux, le teint vif, la
bouche belle, les dents admirables,
& soiten parlant,
foit en riant, elle faisoitvoir
le commerceétroit qu'elle
avoit avec les Graces) tant
elle
elle enestoit tou jours bien
accompapnëe. La Belle s'étfaéner.
àmsoonntraéveaànstaagMeerece,coef- ,&avec
fée à son & avec
l'habit qui devoir la faire
connoistreau Cavalier,alla
promptement le donner à
son Amie, & elles sortirent
ensemble pour le rendezvous
où elle eftoir attenduë.
La jeune Dame sepsaçakule
à l'endroit qui avoir elle
marqué, & le Cavalierfut
frappéd'abord par le manteau
blanc & la jupe verre.
Illa regarda avec grande attention
,
& n'eut pas si tost
rencontre ses yeux, qu'illa
falüa d'un air qui luy fit comprendre
qu'elle estoit fortà
son gré. Aprés l'avoir bien
examinée pendant tout le
temps qu'elle employa en
devotion, il l'aborda lors
qu'elle sortit, & luy fit paroistre
tout ce qu'un amour
naissant peut avoirdeviolence.
Cét amour redoubla
sort par la maniere dontelle
foustint cette premiere entreveuë.
Il iuy trouva dans
l'esprit un charme secret qui
fit sur son coeur une impression
nouvelle,& ce sur pour
luy quelque chose de bien
doux d'estre convaincu que
sa beautéestoit le moindre
de ses avantages. Il la pria
de souffrir qu'ilallast chez
elle des ce mesme jour, 6c laDame qui cherchoit à
obligersonAmie,luy répondit
en riantqu'un amour
si prompt luy elloic
suspect;qu'il estoit juste
qu'on luy donnast quelque
temps pour la mieux connoistre,
avant qu'il fin. aucunedémarche
au prés de la.
Mere; qu'elle en avoir befoin
e lle-mesme pour bien
sçavoir de quels sentimens
elle feroit capable pour luy,
& qu'ils en pourroient le
lendemain dire davantage
à la mesme heure, s'il vouloit
se rendte aumesme lieu.
Le Cavalier sur obligé de se
retirer après la promet du
rendez-vous, & la Dame
quirejoignit son Amie, luy
rendit compte de ce qui s'estoit
passé. La Belle ayant
repris son habit,suivit la
'Dame dans la chambre de
sa Mere
,
qui leur demanda
des nouvelles de l'Amant.
Elles en parlerent fort modestement
, comme d'un
homme qui n'avoit rien qui
choquait. La Belle marqua
toûjours beaucoup de dégoust
pour le Mariage 6c
sa Mere luy déclara en ter,
mes
-
tres-absolus que si le
Cavalier persistoit à la demander
pour Femme, elle
vouloit que l'affaire se terminast
en fort peu de temps-
Cete menace obligea la Belle
à redoubler les instructions
qu'elle avoit données à son
Amie, pour la défaire du
Cavalier, qui ne manqua
pas le lendemain de venir
au rendez vous. Il en sortit
beaucoup plus charmé de la
jeune Dame ,qu'il ne l'estoit
la premiere fois qu'il
l'avoir veuë, & aprés cinq
ou six autres conversations
de mesme nature illuv demanda
ce qu il pouvoit esperer.
Ellerépondit qu'elle avoit
pour luy toute l'estime
que luy devoient inspirer les
sentimens qu'illuy avoit expliquez;
qu'elle en auroit,
tant qu'elle vivrait,. beaucoupde
reconnoissance,
mais quene se trouvant pas
en estat de penser au Mariage,
elle se croyoit obligée
de luy conseiller de chercher
ailleurs quelque personne
dÜrne de ion choix. Le Ca- .-' valier transporté d'amour
l'interrom pit pour luy dire
qu'il n'estoir plus en POUool
voir de choisirailleurs
; que
c'estoit à elle uniquement
qu'il sattacheroit coure si
vie, & que s'il ne pouvoir
l'obliger à l'épouser, le seul
plaisirde la voir, & d'estre
de ses Amis, luy paroissoit
préférable à tous lesengagemens
qu'onluy pourroir proposer.
La Dame ne fut pas
fachée de s'appercevoir que
sa passion estoit violente. Elle
en débarassoit son Amie
en l'affermissant dans l'attachement
qu'illuy prometf£>
it, & c'estoit dans cette
veuë quelleavoittoûjours,
agy. Ainsi ellele pria d'exa,..
miner s'il estoit capable de
soûtenir ce qu'il venoit de
kty dire, èc sur les sermens
qu'il luyen fit, elle Faneura.
qu'elle se faisoit un vray
plaisir d'avoir un Amy de
son caractere. Ils se revirent
encore , ôc leurs entretiens.
roulerent toujours sur les.
mesmes choses. Le Cavalier
luy juroit qu'il ne trit.
qu'elle qui fust digne d'estre
aimée, & la Dame prioit le
Cavalier de songer qu'elle
le regardoit seulement comme
ion Amy,& qu'elle n'avoir
consentyàl'écouter que
sur ce pied-là. Cette priere
ne l'étonna point. Il crut
quel'éloignement qu'elle
luy marquoit pour tout ce
qui est amour ,
estoit l'effet
d'un dégoust aveugle pour
le Mariage, & ne doutant
point qu'il ne vinst à bout
deluyfaire perdre ce dégoust
par ses complaisances & par
les grands avantagesqu'il
pouvoir luy faire en l'épousant,
il ne mit aucunes bornes
au panchant qui le portoit
à le donner tout à elle,
Cependant il estoit temps
d'éclaircir la tromperie. La
Mereayant sceu par celle
qui conduisoit cette affaire,
que le Cavalier estoit charme
desa Fille,demandoit de
jour en jour à le voir. Ilpressoit
de son costé pour avoir
la liberté de rendre visite.
D'ailleurs la jeune Dame qui
attendoit son Mary, fut
obligée de se separer de son
Amie, & derevenir dans son
Quartier.Ainsi il fut arresté
qu'elle avertiroit le Cavalier
de se rendre aux Tuileries;
que par de longues conversations
elle tâcheroit de l'enflâmer
encore davantage
y
&
qu'ensuite elle luydécouvriroit
le secret de l'avanture.
Le Cavalier fut rav y de ce
changement de rendezvous.
Il se flata du plaisir
d'entretenir plus long-temps
l'aimable personne qui faitsoit
toute sa joye, & il la
trouvaeneffetlelendemain
dans une Allé-* écartée des
autre,squ'elleluy avoir Inar. qule. Elle estoit accompagnée
d'une Amie qui sçavoit
la chose, & qui la traitant
de Fille, mit encore plus
fortement le Cavalier dans
l'erreur. Il dit devantelle à
la jeune Dame tout ce qu'on
peur dire de passionné& d'obligeant,
& dans le moment
qu'ils se separerent, il fut
apperceu d'un de ses Amis,
qui vint le feliciter sur son
bon goust à choisir les Gens
qui meritoient qu'on leur en
.,onraf!:. Comme on se plain:
àparler de ce qu'on aime, ôc
qu'ayant un desseinfort legucime,
le Cavalier faisoit
vanité de sa passion,il luy
demanda ce qu'il trouvoit
de la personne qu'il venoit
devoir. Cet Amy luy ré pondit
qu'il la connoissoit,&
après en avoir tlit une peiru,
ture tres-avantageuse, il a~
joûta qu'il latrouveroit toute
parfaite, ianL un grand defaut
qu'il avoit peine à luy
pardonner. Ce défaut estoit
qu'elle ne vouloit que des
Amis,8c que si tost que l'on
secha^cr.t à prononcer seulement
le mot d'amour, on
se faisoit des affaires avec el- le.LeCavalierrépliqua qu'il
sepouvoit faire que l'amitié
latouchast plus que -l'amour,
mais quilavoit la douceur
devoir que s'en estantdeclaré
fort amoureux, cette
declaration ne l'avoit point
offensée. Il ajoûta que comme
elle avoit les sentimens
nobles & tres-bien tournez
sur toutes choses, il suffisoit
qu'elle l'estimait, pour luy
donner sujet d'esperer qu'elle
le rendroit heureux quand ill'auroit épousée.SonAmy
surpris de cette réponse, luy
dit enriant,qu'il ne sçavoit
pas qu'on pust épouser une
femme mariée, & la dispute
qui s'éleva la dessus entreeux,
ne fut pas ailée à terminer
Il fallutenfinquel'Amy
cedast. LeCavalier luy foûtint
si fortement que la belle
Personne qu'il avoit veuë
avec luy , estoit une Fille avec
laquelle il estoit prest
de se marier du consentement
d'une Mere de qui elle
dépendoit
, que ne l'ayant
veuë que d'un peu loin, il
crut qu'il pauvoits'estre
-:::
trompé. Il dit seulement au
Cavalier qu'elle ressembloit
extremement a une jeune
Dame de son voisinage, 6c
que fins ce qu'illuy disoit
de positif, il auroit juré que
c'estoit elle. Le Cavalier ne
conserva pas le moindre
scrupule, & revint le jour
suivant attendre la jeune Dame
dans la nlefnlei\Ilée,aufif
ivmply d'esperance qu'il l'avoit
encore esté. Elle continuapourtant
aluydire, qu'-
elle ne pouvoit estre contente
tant qu'il exigeroit
d'elle des sentimens quelle
nestoit point capable d'avoir,&
le Cavalier commençoit
à luy répondre, lors que
se trouvant au bout de l'Allée,
ils y virent tout d'un
coup entrer cet Amy qui les
connoissoit tous deux. Le
Cavalier qui estoit bien-aise
qu'il vist de prés sa Maistresse,
eut de la joye de cette
rencontre, mais son Amy
qui vonlutluy faire voir qu'il
luy avoit parlé juste le jour
précedent, troubla bientost
-cette joye. Il s'adressa à la
jeune Dame, &: luy demandant
des nouvelles de fixai
Mary, il la jetta dans un si
grand embaras, qu'elle ne
sceut que répondre. Elle regarda
le Cavalier, le Cavalier
la regarda dans le mestemps,
& comme ils gardoient
tousdeux le silence
,
ce nouveau venu les voyant
ainsi déconcertez, se retira
en disant qu'il s'appercevoit
qu'ils avoient ensemble quelqueaffaire
à démester, & que
fil presence ne leur pouvoit
estre qu'incommode. Ce fut
alors que se fit l'entier éclaircissement.
Maisavecquelle
douleur leCavalier connut
il qu'il avoit pris de l'amour
pour une personne qui ne
pouvoit en prendre pour
luy! Il se plaignit à la Dame
de la cruauté qu'elle avoit
euëde l'engager à des sentimens
qu'elle devoit condamner,
& dont, quelque
violence qu'il se fist, il sentoit
bien qu'illuy seroit malaisé
de se défaire. La Dame
après luy avoir appris ce qui
l'avoit obligée à joüerle personnage
dont il se plaignoit;
le fit souvenir, qu'elle avoit
toujours voulu qu'il s'en tinst àIl luy jura que
cette amitié seroit éternelle;.
&: ne pouvant plus entendre
parler de Mariage, il rompit
l'engagement où il estoit
avec son Amie. LaMere qui
croyoit les choses en estat de
se conclure, fut fort surprise
de ce changement.Elle l'impura
à la froideur de sa Fille
qui avoit toûjours fait voir
beaucoup de dégoust pour
cette affaire. La Belle eiïùya
quelque gronderie, mais elle
en fut consolée par la joye
qu'elle eut de n'estre point
obligée d'abandonner son
Amant. Je ne puis vous dire
si le Cavalier n'a plus que del'amitié
pour la jeune Dame.
Je sçayseulement qu'ilmet
son plus grand bonheur à
luy marquer par ses foins
qu'illatrouve toute aimable,
& que s'il ne la voit pasavec
une entiere assiduité, c'est
parce qu'elle s'oppose aux vifites
trop fréquentes.
Mr le Marquis de
-
Beuvron,
Lieutenant General
pour le Royen Normandie, se rendit en la Ville du Ponteaudemer
le z4, du dernier
mois
,
accompagné de
Madame la Marquise deBeit-
U-f/IIT.-
WI-f
vronsaFemme, & de Mademoiselle
de Genlis sa Fille,
pour visiter un nouveau Port
de Mer que Sa Majesté y fait
faire dans le desseinde rendre
cette Ville là une des plus
maritimes de la Province.
Elle est dans une situation
trèscommode pour cela,étant
placée entre Roüen ,
Honfleur
,
& le Havre, &
ayant de tous costez un
grand nombre d'eaux & de
fontaines. Le Magistrat
ayant esté averty que ce
Marquis arrivoit avec un ordre
particulier duRoy pour
îfru-
U(iK<•
cette visite
,
le sit sçavoir à
laNoblesse & au Peuple. La
pluspart des Gentilshommes
& des jeunes Gens , monterent
à cheval avec des parures
magnifiques
,
& tous les
Bourgeois se mirent en ar..
mes. Sur tout, deux Compagnies
de Cuirassiers qui sont
enGarnison dans les Fauxbourgs
allerent le recevoir
le Sabre àla main
,
& il entra
dans la Ville avec de
grandes acclamations. Mr
d'Argences, Lieutenant Gen-
eral dans la Ville & Vicomté
duPonteaudemer, le
vintharanguer à la telle des
Eschevins
,
aussi-bien que
Mrdu Bourg, premier Avocat
du Roydans la mesme
Vicomte. Le premier presenta
à Madame de Beuvron
au nom de la Ville des Corbeilles
de Confitures,& des
rafraichissemens de toutes
sortes. Il y eut deux jours
de réjoüissancespubliques
avec Cavalcade, grands festins,
bruit de Canon & de
Mousqueterie, Trompettes,
Tambours? Illuminations,
Feux de joye, & d'Artifice.
MrdeBeuvronvisita ce Port
de
de Mer, & partit ensuiteau
milieu des cris de Vivele l\.oy.
J'ay fait, Madame, ce que
vous avez souhaité. Il y a un
mois qu'en vous a prenant la
mort de Mr le Comte de Coligny,
je vous parlay de trois
Lettres que l'Em pereurluy
avoit écritessur la fameuse
Vitloire qu'il remporta au
passageduRaab en 1664.
Vous m avez marquébeaucoup
d'envie de les voir, &
comme ces Lettres regardent
l'honneur de laFrance,
je croy pouvoir les rendre
publiques après la mort de
ce Comte, & satisfaire par
la voitre curiosité.Toutes les
trois avoient pour Suscription,
Au Haut st) bien né,
nostre bien aimé le Comte de Co.
ligny) General £Armée du tresliktflre,&
très-PMjjlint Roy de
France,Nostre bien aimé Coufin
G) Frere. En voicy une
tres-fidelleTraduction, qui
aeste faiteàla lettre.
LETTRES
DESA MAJESTE'
Impériale à Mr leComte
de Coligny., General de
l'Armée de France, pendant
la Campagne de
Hongrie en 1664.
I. LETTRE.
1 BIen-aime Comte de Coligny.
On maracontéavec
beaucoup de louanges la valeur
@f la bravoure que vous a'Vez
faitparoijlre dans le dernierCombat
qui s'est donnecontre les Turcs
prés du Raab le premier jour de
ce mois, enforte quavecl'aide de
Vieu.) (s1 par voflre courage st)
coopération remplie de %ele3 après
un vigoureux combat deJept heures
, vous avek gagné le Champ
de 'Bataille sur l'Ennemy
,
quiA
eslé contraint de se retirer avec
perte de quelques milliers de sa
meilleurs hommes au delà du
Raab quilavoit déja paffé. Or
comme avant toutes choses nous
devons à Dieu de justes remerctmens
pourcet heureuxfuccéstvous
in,avek aujji rendu * a tout le
Public un service tres-particulier
&tres-considerable, qui tourne à
masatisfaction particulière
,
Li'
a vostre immortelle réputation ;
de forte que je ne manqueraypM
dans les occasions qui se presenteront
de reconnoistre cette courageuse
resistance que vous a'Ve:( montrée
contre l'Ennemy
, & les belles
actions que vous y avezfaites,
& demeure avec ma grace Imperiale
,
Vostre bien affectionnér
Donne en ma Ville de Vienne le
7.Aoust 1664. LEOPOLD.
II. LETTRE. BIenaiméComte de Coligny.
J'ay apprispar It
Lettre que vous mave% ecrite
comme vous desirez que les Troupes
que vous commandez, soient
logées en des quartiersoùelles
pUlfJenttrouver lesmoyens defubsifler
, en attendant£jr jufquà
ce qu'elles ayent d'autres ordres de
ce quelles auront encore àfaire.
Orcommefajreceu un singulier
contentement des braves aftions
& grande valeur que vous @!
le[dites Troupes ave%fait parot
tre jujqiiàpresent3 &queje les
reconnois aussi avec des remercimenstres-
gracieux;ainjije trouvefortjufle
&fort équitable,&
aypourveu moy.mesme àce qu'on
vous aJFgnafl des lieux commod?
s}ouvc%5trouverpif~ il ,s , ou
fijU>nment des livres pour vos
hommes & vos cbheevvaauuxx ; &
; sur ce je demeure avec ma grâce
Impérial:, voflre bien affiElionné.
Donné en mon Cbaftean
d'Ebcrsdorffle 10.
Oélobre 1664.
-- LEOPOLD.
cIII.LETTRE. hier Comte at Coligny.
Jay fceti par vojlre Lettre
du 17. de ce moisy que vous ave%
receu ordre de mon cher Coufin
0* Frere le Roy de FranceJ de
vous en retourner avec les Trouves
que vous commaneZ
, & qu'à
caujé de votre indfpofitwn dt
corps
, vousave^ esîéobligede
prendre licence ou congépat écrit.
J'ay appris voflre incommodité a,
Dec depUifir & compassion &
aurois ejié birn aije de vous voir
av-m voflredéport, triais commft
toccafionne sen eji pas presentée,
Uous pouvez vous ajjeurerCjue ieHlme vos braves Cmgenerepfê-t
aftionsj &vos bons feervicer.,
& que sen ay une fatisfaéhon
particuliere, les ayantreceus commeje
les reçois avec remercimcns;
Pifjrrte je les ay haut !oü(''Z ati
Roy. Je riobmettray pas de la reeonnoijlreenversvousg?
les xo.
tres, là ou loccapons'en pre/errtera
vous eflant
3
& demeurant
d'ailleurs bien affectionne. 4
Vienne,le
2.5.
Oftobre 1664.
LEOPOLD.-
On adit de Mrle Comte.
deColigny. ce qui s'est dit
autrefois de ses Ancestres,
que les hommes de ce sang.
naissoient guerriers, ce que
l'on a reconnu de regne en.
t.J regne. Cependant Mr l'Abbé
de Coligny son Fils a pris
une route differente. Comil
est jeune,bien fait, d'un.
mérité distingué, & qu'il se,
voit Chefd'une Maison fort
Illustre,avec une grandesuccession,
on avoit cru qu'il suivroit
les mouvemens de son
Sang,& seresoudroirà changer
d'estat,maisilest demeure
ferme dans sa Vocation,&
a fait voir qu'ilestoit peu
sensîbleà toutes ces choses.
A yant eu l'honneur de salüer
le Royle 17. de ce moisil dé.
clara a Sa Majeste' en presence
de M l'Archevesque de
Paris,du R. P. de la Chaise,&
de Mr le Marquis de Seignelay
qui le presenra,qu'il continueroit
sous son bonplaisir
:JLk;t
IlCûlotrf
dans la Profession où il s'étoit
senty appelle.Il est d'une vertu
exemplaire,& cette action
a paru d'autant plus louable,
que MrdeColigny son Pere
l'a desheriré par son Testament,
en cas qu'il reste dans
l'estat Ecclesiastique,où l'on
peut dire qu'il entre en Arpostre.
Il semble que Dieu
ait voulu par là que les injures
qui ont esté faites autrefois
à l'Eglise parOdet de Coligny
Cardinal, Archevesque
de Toulouse, & Evesque de
Breauvais,aisné des Coligny,
son grand Oncle, sussènt reparées
par un autre aisné de
cette mesme Maison. Comme
son mérite & sanaissance
doivent nous le faire voir
dans les mesmes dignirez
,
h
conduite fait aiïèz connoifire
ce que la Religion Catholique
doit attendre de
son zele, dansun temps, où
le Calvinisme qui avoit elle
la cause de l'égarement de
ses Ancestres, vient d'estre
éteint par les soins denostre
Auguste Monarque.
Quoy que la fermeté de
cet Abbé à demeurer dans.
l'ellat qu'il achoisy,eustren.
du Mlle de Coligny unique
heritiere de sa Maison
, cette
tendre, & genereuse Soeur,
méprisant ses propres interests,
a fortement combatu
la resolution de son Frere,
& a fait redoubler par là, Testime
qu'avoient pour elle
tous ceux qui la connoissent,
Voicy les derniers Vers
que Me des Houlieres a faits
pour le Roy.
AU ROY; L*Erreur feconde en attentats
£htitraifnoitLi Dijcorde&lOrgueil
àsifuite,
,LH.UQ:)'
Ne répand plm enfin dam tes vasles
Efiats
Lepoifion dont L'armal'Enfer qui l'a
produite3
Tafiieté,Grand Roy,pourjamais I'd
détruite.
Quelle Hydreviens-tud'étouffer l
En vain tes Grands Ayeux oserent la
combatre,
Ces Héros ne pûrent abatre
Le Monjlre dontsans peine on te voit
triompher.
far combiendeforfaits, de Batailles,
de Siercs
Son orginils'est-ilftgnalé*
gue d'AutelsontsentysesfureursfixeriUgc
s !
Le Trône eu l'on te voit en fut mefime
ébranléi
Tu le feais
,
& tes foins toujours
prompts,toujoursfiages,
VxèferventnosATeuLUX aun defaflrc
FIïCd.
Ainji voyons-nouileSolcïl
Pour fiirt de beaux jours dtjjlper let
nuages.
Le plia rude Jcntiersiustes pass'a»
pla,lit.
Frince Inunhx, les Destinsfont pour
toy unscaprices,
Contre une Hydre indomptée un seul
ordresuffit,
A ta voixfont tombez, lesnombreux
Edifî rs
Ouse neuryifjoient les fureurs;
A ta voix elle rentre en ce goufre d'hor.
reurs
Dessinépeurpunir Us,vices.
Adesirpranldsafitcucedstoiutt,le Ce' ap- (eit. mie ( 'it~
D, loaçrt emensi'abvMt reten- J~ ci' iime., ion secoursdérobeàfis
supplices!
Ah,pour(..uviyton Peuple
,
crpour
langerla FfJ),
Ce que tu nens de faire eJ1 au dejjus
de l'homme )
De quelques grands noms qu'on te
himme,
0) iabd'jjl, il n'ff plus d'¡!/fèz
grands noms pour toy.
-
Mau dans lu bras d, la Victoire
yplains-toy de ton bonheur, erains l'excès
deta gluire
,
Yoy lefort qu'a ton Peuple elle v-z
préparer;
Ta main pui/jante Ó;, Ucourabie
Tire ce Prup 1 /., , ( aiméd'uni tnenrdéploraiit,
Etparune autre Erreur fit le ïas égarer.
Inshu'i pAYcrnt fameux eXCrlJ?Ù;, - ^uja derason a>
des Jtmpla\
Contre ta modeflie on ose-mmmurer.
(kiy.sitapietériymcîioitdescbftdclesy
Tes jours fertiles en miracles
Nomforutoient a tyadorer.
-
Il s'est fait depuis peu une
Table contenant les principes
de la Musique en Dialogue.
Non feulement elle est
facile & divertissante pOUi"
ceux qui apprennent cette
Science de cette nlaniereY'
mais elle est auiïi fort curieuse
pour les Speculatifss,
& les plus habiles, ciui-or-C
témoigné en faire grand cas:"
Cette Table se distribuë
chez M Fleury,quienest
l'Auteur. On y trouve encore
d'autresOuvrages fort
considerables, qu'il a faits
pour jouer la Basse continuë
sur le Theorbe, sur le
Lut,&sur la Guitarre.
On fait toujours de nouveaux
Printemps. En voicy
un qui est estimé des Connoisseurs.
AIR NOUVEAU.
LE Printemps fait éclore aujourd'huy
milleFleurs,
Tout enchante dans la Nature ,
Dans nos Bois, dans nos Prez on VG
voit que verdure,
Et l'Amour ifout fies loix enchaifine
tous les coeurs.
Il riefipoint deiferté qui ne rende les
armes
Sous le doux regne dcs beaux
Jours)
Et les Amans vPfldroient que ce temps
plein de charmes,
Pour leur bonheur duusi toû..,
jours.
Je vous ayparlé plusieurs
fois de la Feste de la Commemorationdu
S. Sepulch re
qu'on celebre tous les ans
aux Cordeliers du Grand
Convent, le Dimanche de
Qmf^rnodo. ony chanteune
MsflH en Grec;&après 1'%-
vangile, on fait un Discours
en lamesme Langue;&ce
qu'il y a de remarquable,
c'est que chaque fois que
cette Cérémonie se fait, on
voit un prodige qui paroist
toujours nouveau ,puis que
ce Discours Grec est toujours
fait par un jeune homme de
quatorze ou quinze ans, &
souvent mesme beaucoup
moins âgé. Le Fils de feu Mr
de Solad
,
Conseiller en la
Cour des Aydes de Monpellier,
a eu cette année la
gloire de cette Action, qui
luyattira beaucoup de loüanges
d'une sçavante & tresnombreuse
Assemblée.
J'ay eu raisonde vous dire
que j'esperois ne pas finir"
cette Lettre, sans vous apprendre
ce quise seroit paile
dans la Ceremonie du Te
Deum qu'on devoirchanter
à Rome,pour rendre graces,
à Dieu de. l'entiere réunion
des Protestans de France à
l'Eglise Catholique. Ce que.
MrdeChassebras de Cramai.
lesaécrit là-dessus à Mrle
Duc de S. Aip-nan,contient
toutes les particularitez de
cetteFeste. Onm'a donné
J1dlriW:
une copie de sa Lettre, dont
je vous fais part. Comme il
a estétémoin de tout, sa Relation
est fort exacte.
L De RomeceMardy 30. Avril 1686. On aimiroit icy depuis
long-temps les grands progrès
quife faisoient dans la France
au sujet de la Conversion des
Relgionnxires
, CT l'on njoyoit
Tle le Cielfécondait deplus en
plus les pieuses entreprises de nôtre
t-Auguste Ado-narque?lorpjue
la nouvelle arriva de l'Edit du
mois d'Oélobre dernier, par le.
"ci S* tJiïlajefti deffendoit lE*
xerciced?laReligion Pretenduë
Reformée dans tautson Royaume.
Cette nouvelle fut si bien recette
à Rome
, que la Chambre Apo-
Flol/que fit' aafji-tost tra duire cet
Edit en Italien. On. le mit fous
la presse ; mais lé grand nombre
des Exemplaires qui en furent
faits ne fujfiftnt pas pour satisfaire
lempreffement que chacun
montroit d'en a-voir une copie, on
fut obligé de l'zmprimer de nouveau
à Bologne
>
& en d'autres.
Villes d'Italie. Le Pape écrivi
aujJi tost à Sa sjïïiajejléune Lettrede
congratulation3 commevous
a,vez1ceu, &témoigna à plupeurs
particuliersqu'iln'avoit ja_c
maureceu denouvelle qui le tou--
cbafl plus sensiblement. L'effir
farprenant de cet Editayantj-ait
uoirpar lafuiteque Dieuymettoit
la main, & toute laFrance
si trouvant aujourd'huyprejquc
entièrement purgée de ïHerejifi
de Calvinparlesjoinsextraordinaires
du Roy
,
qui n'a d'autre
'Vcuè' danstoutes jes entreprife*
que la gloire de Dieu
,
la grandeur
de jonRoyaume gjf la jrelicite
de ses Peuples; Sa Sainteté
fit convoquer un) Confiflaire secret
au commencement de ce Carejmer àla fin un Diftours.Laîm
toute:
tvooutiprlle'aivnadn'téalogqeueqnucee,lapRoeulrifgaiiorne
~o/r ~~r~6' a~f /~f<o~
recevoit du zele de nofîre pieux
Monarque
J
qui soûtenoit avec
tant de gloire la qualité de Tres-
Cbreflun& de Filsaifnéde l'Eghfe*
Ce Discoursfut si touchant
qu'il attendrit le coeur de tousceux
qui l'entendirent
, & fit d'atw
tant plus dtimpr IJionfurhur esprit
qu il (ortoit de la bourbe du Ptre
commun de tous les Chrefttens
y qui commr ficaire de J. C. ne
prononce que des Oracles, (9" qui
fernble avoir furpsfjetouslesautres
Papesses prcdecejjeurs par sa
conduite admirable
, & par la
faintetedefa vie. IlneJecontenta
pas de cette Declaration particulièrefaite
en pleinConjtfloirejl
'VO;dUf encore la rendre publique,
cboifît pour cela le temps de
ttt's1 comme le tempsleplus
propre où les Chrefliens commencent
a resPirer la loye après les
{o'lfrâi?CeS (gjf lesmortifications de
la Penitence du Carcfme.Le26.
de ce mois, il ordonna qu'il se
tlcndroitChapelle extraordinaire
le Dimanche suivant dlÍns la
ChapelledesonPalais
,
(éj que
dans le temps, qu'il entonmroit
luy.mefm? le Te Deum, les
iCanons du ChaPreau S. Ange
feroient leur décharge ,& que
toutes les Eglises de Rome
, tant
les Basiliques, Patriarcales,Collegiales,
que les autres Seculieres
& Regulieres sans en excepter
aucune,sonneroientensemble toutes
leurs Cloches durant l'espace
d'unedemieheure, ordonnantencore
qu'ilseroit chanté un Te
DCUln solemnelle mesmejour
dan.' chacune de cesFvhfes à la
fin de la grandi Altffi, qui ejî
l'heure où la dévotion attire le
plis de monde. Ce jour venu qui
fut Dimanche dernier 28. d'Arvril,
Mr le Cardinal d'Estrées
se rendit le matin de bonne-heure
à la Chapelle du Pape, accompagné
d'une fuite extraordinaire
de Carroeeç; tous les François
qui font a Rome *an grand
nombre de Prélats & de Gentilshommes
Romains e Etrangers
lay ayant voulu faire Cortège,il
chanta la Messeen presence de
tous les Cardinaux ü de toute
la Prelature de Rome. Les Mattres
de Ceremonie du Pape avoient
mis leur habit rouge dont
ils nese ferventCjue dans les plus
grandes F:jles,&laMcffe etant
finie, ce mesmeCardinal
entonna le Te Deum aux Finfares
de toutes les Trompettes du
Palais, & au hruit du Canon3
& de toutes les Cloches de la
Fille qni Je firent entendre à plus
de douze milles aux environs.
Quoy que le Pape se fust trouve
malle jour precedent & toute la
mit
,
il voulut descendre pour
cette Ceremonie, mais [es Médecins
l'en empescherent. Depuis
longtemps on navoit veu une si
grande foule dans la Chopelle.
On fut obligéde redoubler lesSuifles
du Pape qui en gardoient les
avenues ecr luporte8J & l'on eut
toutes les peines du monde àfendre
lapresse pour faire pajjageà
Mr le Duc de Aiantouequi vou.---
- -- lutjvenirincognito.Madame
de la Haye Vantelet
,
femme de
tAmbajJàdeurde France vers la
RépubliquedeV°nifeys'eslans
rencontrée icyfouhaita d'estrepresente
a cette celebre Ceremonie.
Comme il n'est pas de tujage l'on que recoive les Dames dans les
Chapelles du Pape,pourfatisfaire
fort%ele^on eleva exprés une petitr
Tribune separée & ornée de
Tapijjeri
es ou elle vint avecquel"
ques Princejjes Etrangèrestvit
commodement toute la fonclion
sans epre veuë.
Le mesmejour au matin l'on
exposa le Saint Sacrcmtnt pour
les Prieres de Quarante-heures>
Ja1's lEçlife ParoiJJiale dv S.
Louis desFrançois3admin-'lrçe
par des EccrflfbqutJ de la Nalion.
Le Pape avoitaccordé une
Indulgence plewcre à tous ceux
qui vifiteroient cette Eglise l'un
des trois jours qu'ily demeureroit
exposé, & qui s'efiant mis en état
de meriter les lo;ràces du Ciel, re,
rrterciroienc Dieu de l'heureux retour
des Heretiques de france à
lEvlife Catholique. Pendantces
trois jours ilyeflnjenu un nombre
infiny de Peupley ff) le y Mellani
j Maistre de la Afufîque de
cette Eglise>l'un des plus habilesdeRome)
àTemblefefurpa!\
ferluy-mepne danscette
,ne renconv dins cette ren-opitq tre, ou il a voulu fureparoiflm
lezeleardent qu'" a pour l'inte^ reftdelaRehvwn,pour'om
ce q-4iregardel'avantage de U
France.
LeDimancheaufotr!Úer'\
Lundytoute la ydlede Romesur,
ihmmêejufcjuà
une heure après < minuit. Le Darne de S. Pierre du Patican, & la Frlfade de l'Eghfe
piro'JJoient tout enjeu. Sa
Sainteté avoit fait mettre des
Lanterna à tosttrs les Fenestres
&aux Galeriesdefis deux ']Jit..
lats du Vatican) e de Montu
Cavallo.LeSénateur,& lésionfervateurs
de Rome en avoient
fait mettre de mesmefurie Cloche
f y& surle Palais du C'apito.-
le Celuyde M1 le Duc d'EPrreç
estoit éclaire de flambeaux jusque
sur les toits. L'on voyoit sur
la Façade les Armes du Pape C
celles de France environnées de lumieres.
Il auoitfaitfatfedesfeux^
par toute la place, Ü, autour des
deux orandes Fontaines quifont
en iieue de son Hopel. La Reine
de Sufdeauoit pareillementil-1
luminéfonPalais deflambeaux de
cire
blanche. Tous le5Cardinaux)
les Prznces) les AmbafJàdeurs
9
les R.efidèns des CouronnesJ les
Prélats, les TDACS> & generalementtoutes
les personnes de lité qua- avoient aulJifaitallumer des
feux devant leurs portes& éclairer
leurs Hotelsyles uns avecdes
flambeanx3&les autres avec des
lan!eJne;J & il n'y eutprefij'te
ferfon.iequi neJill des Feux de-
Tantf,iportefffr)q'>..'nem;¡q' des
luères à ses f-*iftres. Tr:!tcs
le< L internes efcoient aux Arma
deCt Sainteté& à Cr lles de Fr.in-
1t
es,- r
ce. Ily en eut pl'ffiur* eju1firent
dles Emblèmes& des Devfe<sur Herefteterraff'ée. Entre les Communaurez
QUse fi^n.derent le
& -1 4-
7/W
y
on remarqua particulier
rnent la Communauté des Pteflrcs
delaP(lirJffi deS.huis&de
telle de S. Yves; les Chanoines
RhécgyuelideresdSe.ASn.tojéinuegdufelmVideennf'eA9--
b~'
Ï
'É
de S. Antoine de Vl c,~rie,
£p;
oythurMaisonproche
fainte
Marie Majeure, les Percs de
S. fr.acoïs dePaule> vulgairement
apicuez, les Minimes de
la Trinité du JMont, Eglise Titulairede
Mrle Cardinal dEflrèes
; les Peres Mineurs Re-
,tonnezdH TiersOrdre de S. Franfois
,
connus à Paris fous le nom
de Picpts ,qui ont icy le Consent
de Saiine Marie des Miracles;
les Peres TrinitairesRiformez À)
la Redemption des Captifs
,
donÀ
tEg/ife est dediée a S. Denis
J les Peres Vencdiétinsde ïAbayv,
de S. Cjrmain de Paris qui onii
un Hffice à Rome ,C les Religieux
Rrforwex de Citeaux a- peUez dtm autre nom les Feùil,,
lans
j
qui ont aussi à Rome Hojice un
,
dont ÏEglije ell dediêe
a l.i £icyvt\Toutes
ces Communaut:^&
Convens fontgouver-,
nezpardes EcclcfiaftiquesÜReligieuxdelà
ALuion Françofe.
ijourd!)uyÀdiXY'iy 111.1tln,
les Peres Picpus de Sainte Alarie
des Miracles
ont cdeGre' une
Me(Jesolemnelle dans leur Eg/ire
%aveczr*nd Choeur de MuÇqueSimphonie.
Ensuiteils
ont chanté le Te Dcun1,e tiré
toute la journée quantité de Poètes
Grr> de J"Mortiers. Ilssi preparent
a redoubler ce foir les Illuminations
du Dome de leurEghfe
y (f) de totties les fenestres de leur
Convenu Ces Religieux ont icy
une des bel!es Eglises de Rome
s
quoy que petite. Ils font tous
François, vivent dans une si
grande régularité qu'ils peuvent
fervirdexemple a la pluspart des
autres Reçuli rs. CommefeuAdr
leCardinal Gastaldi les eflirnoil
@
fort
j ilvoulut a lafin de (es joitx
AUOITtoujours auprès de luy U\
Religieux de ce Con ; ent}iwrs
,:
1701~,
luy[rvirdecon[eil & de con:
Jo/ation.
Voicy une autre Lettre d<1
MrChassebras, écrite à Mr ICI¡
Duc deS. Aignan, huit jours
après la premiere.
DDeRome le Mardy 7. Mayitît. Imanche dernier
y.
de cez
moisy les Peres de S. An--
toine de Rome celebycrent uner:
Meffi [lemielle en aclion dee
Ôgrâces de la Convcrfen d s He-
o J -
retiques deFrance. Le S. Sacre-
-
mentfutdésle matin. Ily
eut une superbeAdufiqueavec
grande Simphome. Mr d'Her-
»vault
3
l'un des douze Auditeurs
du Tribunal de la Rote
y
chanta
leTe Deum à la fin de la Mef
se,ouse trouva Mr tArnbaffideur
de France}avec un concours
extraordinaire de Perfonr;es de
qualitt. Comme ces Peres ont le
coeur tout Franfors,c-qu'ilsfont
gloire d pre ne^Sujets d'un Mona'qtLe
quifait tadmiration de
toute la Terreyils neublieient
rien pour rendre cette Fesiedes
plus 4:r7:4f}es * despltâ célébrés.
Ils ~a~ncoïsntfai*t oorr~nfeyr l/e~urr F~g2hfe'
dun riche Damasrouze-cramoif
relJaufé de t'ffiis &Ó f., de frangt
d'dr, avec le Portrait de Sa Sain
tetey ($y celujdu Roj. Ilsavoien
mis en dehors un autre Portrait d
S., Adajefte à cheval, entouré d
fejlonsÇt)de satins. Les Trompât.
tes lIliefloient dans un balcon ap
dejjôusJ mélant leurs fanfares a.
'V.c lefondu Timbales>fer.bloiem
porter jusquau Ciel les loü m^es
du Fils aisné de tEg/lfe. Il y
avait une fontaine de vin à la
porte du Convent, qui coula tou,
te la journpe, y l'air rerentijfo'tdirtoiucofïe%
des cris d'alegreffe
de Vive la France» cVive
le Roy Tres-Chrestien.
La nuit vtnuë, l'on éclaira tout
le Convent de lanternes. On alluma
des feux dans la rue
, on tira
quantité de fusées, & d'autres
Artifices, avec plus de quatrevingt
Boëtes&Mortiers, qui
s'estoientdéjàfait entendre lesoir
du jour préce dent,&tout le matin
de ce jour-là. Ces Peresfont
des ChanoinesReguliers de l'Ordre
de S. Antoine,quisuivent la
Réglé de S. Attguftin. Leur Ordre
est étably dés l'onzième Siecle &ils joüissent , de plusieurs beaux
Privileges.Ilsfont au nombre de
vingt-quatre, tousFrançois, &
ontun Viofpital^OH l'on reçois
ceux quifont malades de quelque
brûlure. Ils font tous les jours d\
fort grandescharité%}ajjijlem
d'argent &de vivres tous lesne..
cejjtteux qui leurviennentdemander
l'aumosne. Le F(everend^JJtmt)
Pere Antoine Pain de la Jasse
Lyormoisyeflpresentement leun
General. Il efl Abbi perpetuel
mitré &1 croJlé. Il a
seance
afit
Parlement de Dauphiné,&droin
de pressier aux Eflats Générauxs
de la mcjme Province, en l'abfen-.
ce de M. tEvefque de Grenoble..
Il rejideauConvent de S. An
ioine, proche deVzenne en D~-.
fhinê3 où efi le corps de S. Antoine3
Patron de l'Ordre. Leur
Supérieur est un Vicaire Triennal
dont tsdbbé a la nomination.
Comme cette Maison de Rome efl
une des principales de /'Ordrefil
riymet ja>;jats qu'une personne d'unprj.nddme.nte & ddt'une vie ()Cest le P. PaulBail- ':ncede letydelamefrne Prvn. ~~f de
Vauphiné) qui remplit un posse
Jthonorable.
Le 4. de ce mùis Sa .V.ntete
fitrendreunEdit,parlequel Zlle
défendà toutesfortes de Few;es
:
dJe quelque qua ,. À. j lité cond^,:on
qu'elles soient, tant Fillesque
veuves, &mariées, d'appren.
dreàchanter,ny ajouer d'aucun
InjlrumentdeMujique? de quelque
Maifire que ce putffe eflrey
foit Seculiers, Eccleftafliques ou
Réguliers, quandmefme ceux qui
leurvoudroient enseigner,ferount'
leurs proches Parens ou AI/tez,.
voulant pareillementqne lesReligieuses
qm ont accoutumé de
C
hanter les Oj ,
chanter OfficesDivins en
Adufïquet ne puissentl'apprendreque
desautres Religieusesleurs
Compagnes. Cet Jïdit fut hier
affichédm;lesprincipaux deRome.rincipaux endroits
LeDimanche 19. de ce
mois, Mr l'Archevesque de
Roüen fit l'ouverture d'une
Mission dans sa Cathedrale.
Mr Colbert, son Coadjuteur,
y prefcha le matin avec un
zele dont tout le monde fut
extremement édifié. Ce fut
une affluence d'Auditeurs extraordinaire.
Il prit pour
Texte : Que la Priere abaisse
l'orgueil, & éleve l'ame du Pecheur
contritjusques à Dieu.
Tous ses Auditeurs, parmy
lesquels il y avoit quantité
de nouveaux Catholiques,
furent penetrez des hauts
»
lentimens de pieté qu'illeu
inspira. Apres les Vdpres
tout le Clergé des Paroisse
de la Ville, & tous les Ordres
Religieux te'tendirenn
en la Cathedrale, pour prendre
les devans de la Procession
qui se dévoie faire de
Noltre-D,.iine à S. Oiien. M"
l'Archevêque
,
& Mrle:
Coadjureur y assisterent avec
tout le Corps du Chapitre
,& ils furent suivis d'une
foule extraordinaire de
Peuple. Pendantle cours de
la Mission, qui est aite particulièrement
en faveur des
Flouveaux Convertis, ondoic"
)reièher àNostre-Dame, à
>. Maclou,à S. Godard,& a
- ].liloy. Ce fontles Peres Jeuifes
qui sont cette Mis- sion. sont Mift
Le Mardyn. de cemois,
le feu prit dans la mesme
Ville avec tant de violence,
bqu'il continua plus de vingtcinq
maisons, & entre autres
une partie du Convent des
Filles Religieuses de la Congrégation
deNostre
- Dame.
Il commença à uue heure aprés
minuit, par un tas de
cercles, & ayant gagné un
*
•
grand Magazin qui en estois
remply
,
il s'étendit par l
travers d'unerue en une ain
tre rue fort écartée, où cf.
toient quantité de vieille;
maisons. Les Cloches de di
verses EglisesTonnant en un: mesme temps à une heure
indeuë, aussi-bien que la
-nouvelle Cloche de la Ca- thedrale, répandirent un
grand estroy par toute la
Ville. On avertit Mr l'Archeveique
de cetaccident,
& si-toilqu'il sceut qu'on
voyoit le feu dans le Convent
desReligieusès queje
viens
viens de vous nommer, il y
courut pour donner ses ordres;
son zele & sa charité
paroissant en toutes occasions
pour la consolation
des affligez. L'Incendie dura
le reste du jour, & toute
la nuit suivante.Malgré ce
furieux embrasement
, en
eut le temps de transporter
les Malades, & une partie
des meubles.
Le 12. de ce mois on celebra
avec beaucoup de magnificence
la Feste de la
Translation des Reliques de
S. Nicolas,Evesque de Mire,
dansl'Eglise de S. Jean en
Grève.Le motifdecette Festefutde
relever une Confrairie
érigée à l'honneur de
ce Saint il y a plus de trois
Siecles
,
& qui avoit esté
comme éteinte dans les dernieres
années.C'est à quoy
Mestre AntQine-Alexandre
de Francelles, Docteur de la
Maison & Société de Sorbonne,
&Curé de S. Jean,
a fort contribuépar ses foins,
aussi-bien que Mr l'Abbé
Billet, Directeur de cette
Confrairie, qui estmaintenant
administrée par les
Clercs & Acolytes de la Paroisse.
On appelle ainsi les
jeunes Gens tonsurezquise
dévouent à l'Eglise. Cesont
Enfans des Paroissiens
; Se
ceux qui ont le plus de naissance
tiennent à honneur
d'estre de ce nombre. Il y
en eut plusieurs des Parait
ses de S.Paul, S. Gervais,
S. Severin,S. Cosme, S. Nicolas
des Champs, S. Eustrache
qui assisterent en Surplis,
& avec un Cierge à la
main,à la Procession qu'on
fit le matin au tour de l'Eglise.
M l'Abbé de Marillac
servit de Prestre Assistant
Mrl'Abbé Chafeul deDia.
cre, M' l'Abbé Morel de
Sousdiacre, & Mrl'Abbé le
Gendre, & plusieurs autres
jeunes Abbez,y firentparoistre
une modestie dont
tout le monde fut édifié.
C'est le moyen de devenir
bon Ecclesiatique, que de
s'a ppliquer ainsi de bonne
heure aux fonctions du party
que l'on elllbraÍfe, & il
nVa rien qui soit demeilleur
exemple, & qui touche
davantage, que de voir tant
de jeuneue, riche & dans
.M
l'âge des plaisirs, renoncer
au monde,&se donner tout
à Dieu. Mr l'Abbé Morelet
fit le Panegyrique du Saint
avec beaucoup d'applaudissement,
& prés de deux cens
Prestres se trouverent au Salut.
La Musiqueavoit esté
faite par le Sr Boutillier, Musicien
de Mademoiselle de
Guise,qui n'en a que de bons"
& disciple de Mr Marais, si
connu pour la Baffè deViole.
Le Te Deum fut chanté
en aâlon de graces à Dieu
pour le rétablissèment de la
fanté du Roy, & pour le retour
desProceftans au sein de
l'Eglise. Ce sur par ces deux
raisons que l'on s'attacha
particulièrement à donner
à cette Feste toute la pompe
qui en pouvoit augmenter
l'éclat. Cette Con frairie
tend entreautres choses
à secourir quelques pauvres
Filles, & mesme à les marier,
sur tout, si elles sont de nais,
sance, & de la Paroisse de
S. Jean. De semblables soins
font fort pieux,puisqu'ils
fervent à retirer de jeunes
personnes du préci pice où la
necessité les peut entrainer.
Comme reloudre & exécuter
n'est pour le Roy qu'-
une mesmechose, sur tout
dans ce qui regarde le service
de Dieu, le Bastiment de
la Paroisse de Versailles est
presque achevé,quoyqu'il
foit commencédepuis peu
de temps, & qu'il ait deux
Tours &une grande façade.
Les six Cloches destinées
pour cette nouvelle Eglise,
furent benistes le
3. de ce
mois par Mrl'Archevesque
de Paris. Monseigneur le
Dauphin & Madame la Dauphine
nommerent la premiere
& la cinquième, & les
quatre autres furent nom- mées par les Princes & les
Princesses du Sang qui assisterent
à cette Cercinonie.Sa,
Majesté qui se connoilt faitement par- à tour,a pris plaisir
à entendre le Carillon de
ces Cloches, qui ont leur
son sur les six Tons de Musique,
avec une justessèadmirable.
Elles ont esté fonduës
au vieux Louvre par le
S: de Ninville, & le sr
Droibrt son Gendre. Cette
fonte a succede à celle du
Carillon dela Samaritaine-,
ce qui augmente de jour en
jour lareputationdes Ouvriers
,qui continuent à travailler
pour le Roy dans le
mesme lieu.
Le Roy estant entierement
remis deson indisposition,
a donné Audience aux
Députez des Etats de Bourgogne,
d'Arcois~c de Bretagne.
Sa Majesté qui préfere
le bien de l'Etat à son
repos, n'avoit pas attendu
qu'Elle fust en parfaite santé
pour donner'des audiences,
particulieresauxMinières
des Princes Etrangers.Ainsi
l'on peut dire que ce Prince
a seulressenty son mal,ôc
que les Etrangers,ny ses Sujets
ne s'en sont point apperceus.
Les Députez des Etats.
de Bourgogne estoient Mr
l'Abbé de Maulevrier, Aumônier
de Madame la Dauphine
; pour le Clergé,Mrle
ComptrdeTournelle pour la Noblesse, & M* Barbier
pour le Tiers Etat. Ils furent
presentez par Son Altesse Se.
renissime Monsieur le Duc
Gouverneur de Bourgogne ,3 & par Monsieur leDuc de
Bourbon, receuen survivance.
Vous remarquerez, Madame,
que c'est la premiere
fonction que ce jeune Prince
ait faite en qualité de-
Survivant.Il y alieu de croire
partout ce qu'on luy voit
faire dans un âge si peu avancé,
qu'il marchera sur les
traces de ses illustres Ancestres.
Je croy pouvoir vous,
dire sans sortir de mon sujet,
que cette Survivance a
donné lieu cette année à la
Devise des Jettons de Bourgogne.
Cest un Soleil levant
qui commence le Printemps
dans Le Signe du Belier, qui
estla premiere Maison celesie,
de mesme que cette Province
estlapremiere du
Royaume. Onsçaitaussique
laToison d'or du mesme Belier
qui fut mis au rano- des
Astres
, a fait l'Ordre des
anciens Ducs de Bourgogne.
Cette Devise a ces mots pour
ame. Ses premiers regards sont
pour moy C'est le Signe qui
parle dans le sens lïrreral, ôc
la Province dans le figuré.
Le reste de l'a pplication est
facile, par rapport au jeune
Prince qui en fait le su
Sl-toif que ce bel Afire tjlsur nofirt
Hcmifphere)
il attire Us yeux sur foyi
Miiis dés qui!fit du bien au monde
qu'il éclaire,(moy.
Ses premiers regards font pour
Ces Vers, aussi-bien que la
Devise, sont de Mr FAbbe
Gauthier
,
dont le talent effc
connu par plusieurs autres
Devises ,sur tout, par celles
qu'il fit pour Monsieur après
laBatailledeCassel, & pour laReyne, lors que la France
pleura la mort de cette Princesse.
Ce dernier Jetton pour
les Etats de Bourgogneaesté
gravé par le SSoubiran,Graveur
du Cabinet de Monse
gneur le Dauphin.
Les Députez de Bourgo
gne, dont j'ay commencé
vous parler, furent condui
à l'A udience du Roy par M
deSaintot, Maistredes Ce
remonies ; ôc comme en de
pareilles occasions, c'est toû
jours le DéputéduClerge
qui porte la parole, Mr 1Abbé
de Maulevrier eut cet
honneur,& presenta le Cahier
des Etats à Sa Majesté,
qui le remit entre les mains
de Mr le Marquis de Chasteauneuf,
Secretaire d'Etat.
t<
Pbly:j
:pcau*
Les Députez des Etats
d'Artois eurent Audience le
lendemain, & furent presentez
par Mrle Prince d'Elbeuf,
receu en survivancedu Gouvernement
de Picardie &
d'Artois. Ces Députez sont
Mr l'Evesque de S. Omer,
M. de Belleforiere, & M.
d'Incourt. Les Cahiers que
ce Prelat presenta au Roy,
furent remis entre les mains
de Mr le Marquis de Barbesieux
,
Fils de Mrle Marquis
de Louvois, & receu en survivance
de la Charge de Secretaired'Etat.
àUorrais
ne-,
1;.,gtiti#1.
teZcCtitnr,
Deux jours après les Députez
des Etats de Bretagne
furent presentez par Mr le
Duc de Chaunes, Gouverneur
de la Province. M"FEvesque
de Treguier, nommé
à l'Évesché de Poitiers, porta
la parole. Ilestoit accompagné
deMr le Marquis de
Charost, Député de la Noblesse,&
du Député du Tiers-
Etat. Les Cahiers qu'ils presenterent,
furent remis entre
les mains de MColbert de.
Croissy, Ministre & Seçrç-r
taire d'Etat. Je nevous dis
rien de particulier des trois
;/afferl,
1
Discours qui ontesté faits au
Roy dans ces différentesoccassons.
Comme ceux qui
les ont faits, sont tous trois
fort éloquens, & que l'on
n'est point nommé par de
grands Corps sans avoir les
qualitez necessàires pour s'aquiter
de pareilles fonctions,
vous pouvez croire qu'itstes
ont dignement remplies, &c
qu'ilsont receu beaucou p
d'applaudissemens; mais
quand on a l'honneur de
parler au Roy
, on peuttoûjours
s'assurer d'un pareil su ctés,
puisque la beautéde la
matiere la feroit paroistre
par elle-mesme, sans qu'on
eust besoin du secours de
l'Art. Les Députez desEtats
sont toujours conduis par le
Maistre des Ceremonies, &
presentez par le Gouverneur
de la Province, ce qui fait
connoistre qu'on les reçoit
avec beaucoup de distinction.
Ils vont à l' Audience
des Enfans de France, & y
sont auÏÏi conduis par le
Maistre des Ceremonies. Il
y a une chose à remarquer,
qui embarasse quantité de
Gens. Ils demandent pourquoySaMajesté
a remisà
trois differens Secretaires,
dtErat les Cahiers des Etats
de ces trois Provinces; si
c'estqu'ils les doivent recevoir
chacun à son tour,ou si
le hazard en a elle cause. Ce
netl par aucune de ces deux
raisons. Toutes les Provinces
de France sont se parées
en quatre, & l'on donne le
nom de Départemens à ce
partage. Tous ceux qui ont
affaire au Roy,doivent s'adresser
au Secretaire d'Etat
du Département dont ils
sont,& c'est toûjours à luy
que Sa Majestéremet les Cahiers
des Etats. Il faut aussi
remarquer que le Gouverneur
de la Province presente
toûjours les Députez. Je ne
sçaurois finir cet Article sans
vous dire une chose fort glorieuse
pour les Etats de Bourgogne
; & qui marque l'arnourque
les Peu ples de cette
Provinceont pour le Roy.
Comme ils ont dessein de
faire élever dans la Place
Royale de Dijon une Statuë
à cheval, semblable à celle
de Henry IV. oue l'on voir
ff,-ar le Pont-neuf,ils avoient
chargé leurs Députezde
consommer cette affaire avant
leur retour, en choisissant
le plus habile Sculpteur
qu'il feroit possible de trouver
, & en arrestant & signant
le marché, tant pour
le prix de l'Ouvrage, que
pour le temps qu'il y fau.
droit employer, afin qu'ils
pûssent avoir au plûtost chez
eux une Figure ressemblante
de ce Monarque, & la contempler
à loisirau defaut de
l'Original. Monsieur le Duc
les a servis dans cette occasion
non feulement comme
un zelé Gouverneur, qui nesouhaitoirpasmoins
qu'eux
de voir l'execution des choses
qu'ils demandoient, mais
encore comme un Prince
toutplein d'amour pour le
le Roy, & comme il a beaucoup
de lumieres sur toutes
choses
,
il s'est donné la peine
de chercher le plus fameux
Sculpteur,&de voir
les Ouvrages qu'ont fait ceux
qui passent pour les plus habiles
dans cet Art. Il a examiné
toutes les Figures de
marbre qui sont à Versailles,
èc qui ont estéfaites par des
Sculpteurs modernes, & celle
qui represente l'Airluy a
paru la plus belle. Ce Prince
a confirmé par là l'opinion
avantageuse qu'on avoir de
son bon goust, puis que le
Sculpteur qui a fait cette Figure
, a merité une gratification
pardessus le
-
prix de
son Ouvrage. Je pourrois dire
que c'est un prix pour avoir
mieux fait que les autres.
Vous le nommerez comme
il vous plaira, c'elt une
chose dans laquelle je ne
pretens point entrer, à cause
des Illustres qui ont esté
concurrens avec ce Sculpteur,
qui s'appelle Mr le
Hongre. Cette Figure de
l'Air frape beaucoup plus les
fins Connoisseurs que les autres,
à causequ'elle n'ell
point animé-e par tout ce qur
marque la crainte, la douleur,&
la joye, qui font que
les Figures auxquelles on est
obligé de donner les vives
expressions, arrachent toujours
d'abord des louanges,
quand mesme elles n'auroient
ny l'art ny la correction
qu'il leur faudroit pour
estre parfaites. Ainsi l'on
peut
peut dire que c'est l'expressionqueon
y remarque qui
attire tous ces applaudissemens.
En effet,il estdifficile
que le Sculpteur le moins animé
n'en donne à sa Figure,
quand il saur qu'elle representequelque
chose de
passionné. Il n'en est pas de
mesme d'une Figure rage)
qui ne demande point ces fortesexpressions,&qu'on ne
regarderoit pas, si elle n'estoit
point d'un habile homme
, parce que cet Ouvrage
est tout du Scu l pteur, & que
l'autre tire toutce qu'elle a
debeau, de la passion que le:
Sculpteur a dû y representer,
& comme le moins habile
l'exprime toujoursen
quelque sorte,il est impôtsible
qu'elle ne frape. Si
quelques-unes de vos Amies
vont à Versailles, elles trouveront
la Figure de l'Air au
bout du lieu que l'on appelloir
Le Parterre d'eau,presqu'à
costé d'une Diane faite dans
le mesme temps par M5, Des-
Jardins; & du mesme coste
où est en bas celle de Mr Girardon,
qui represente l'Hi.,
ver. Je pourroisdire que ces
trois Illustres
, avec Mr Fu.
get,habituéà Marseille, ou
il a travaillé au Milon & à
l'Andromede qu'on voit à
VerGulles, sont aujourd'huy
les quatre premiers Sculpteurs
de l'Europe; mais j'aime
mieux lelaisser dire au
Public, qui ne le taitpas, ôc enreconnoistre beaucoup
d'autres, comme tres-habiles
,& qui le sont en effet.
On frapa une Médaille
pour Mrde Boucherat,sitoit
que le Roy l'eut noii-1, me son Chancelier. Je l'ay
>fait graver 3ôc je vous l'envoye.
Il est naturel devou
loir connoistre les Grandb
Hommes. Ainsijenedout
point qu'elle ne soit veu
avec plaisir dans vostre Proo
vince. Je croy vous avoii
marqué que quand Sa Ma
jesté l'honora de cette imrr
portanteCharge, Elle luy*
dit de cet air honneste 56
obligeant dont Elle accomm
pagne toutes les grâces qu'iu
luy plaist de faire, qu'Elle
ne luyconfioit les Sceaux x
qu'à la chargequ'il les gar
deroit long-temps. Il femm
ble que Mr de la Cour ai11
voulu se conformer aux intentionsdu
Roy, endédiant
àMrle Chancelier un Livre
qu'iladonnéau Public depuis
peu, fous le Titre de
Regime de Santé.Les reflexions
qui sont à faire sur la maxime
à lædentibus & juvantibus ,
peuvent contribuerà laconservation
d'une santé si pretieuse
à l'Estat, & à procurer
une longue vie à ce digne
Chef de la Justice. On
doit mesmeen tirer un bon
augure, puis que c'est le premier
Ouvrage qui luy ait
crte dedié depuis qu'il est
Chancelier; & que pour luy
rendre ce premier devoir,
l'Auteur a choisy la plus utile
matiere qu'il pouvoir traiter.
La lecture de ce Livre
ne fera pas moins avantageuse
à tous les honnestes Gens,
s'ils examinent avec cpelque
attention sur leur conduite,
que tous lesPreceptes
de Santé sont renfermez
dans ceux qui enseignentà
se priverde ce qui fait mal , & à user de ce que l'on senc
qui fait dubien.
-
1
-'
Messire Charles-Loüis de
Montchals, Avocat General
en la Cour des Aydes de Paris,
mourutle 24 de ce mois.
Cette place vientd'estre
remplie par Mr des Haguets,
l'un des plus fameux Avocats
que nous ayons aujourd'huy.
Avec un si p-rand talent, il
ne peut manquer de s'acquiter
avec gloire d'un pareil
Employ.
Cette mort a esté suivie
le28. de celle de DameMarthe-
Agnés Potier deNovion,
ïtf-mm.e:J de Messire ÀAe rmand
de la Briffe,Conseiller d'honneur
au Parlement de Paris
Maistre des Requestes, .,- &-
Président au Grand Conseil.
Elle estoit Fille de Messire
Nicolas Potier de Novion,
Premier President au Parlement
,& Secretaire des Ordres
du Roy, & de Dame Ca-,
cherine Gallard ; Soeur de
Mr Gallard, President en la
Chambre des Comptes, ôc
deMr Gallardde Poinville,
MaistredesRequeites Nicolas
Potier,Sieur du Blancmes
nil & de Grossay, General des
Monroyes deFrance, rurriti
Prevost des Marchands à Paris
fous Louys XII Il refusa
cette Charge, &sur les fouhaits
du IPLiblicil' fut obligé
de l'accepter par Arrest du
ParlementII fut Pere de Jacques
Potier, Srdu Blancmefnil
,Conseiller au Parlement
fous François I. si recommandable
pour ses vertus,
que Mr le Chancelier de
Lhospital, Bodin,& plusieurs
illustres Sçavans en font une
mention très -
mention tres avantap-euse av,avantagesfQ
dans leurs Histoires. Ce Jacques
Potier époufaFrançoife
Cueillette,Dame de Gesvres,
& eut pour Fils Nicolas Potier,
Seigneur du Blancmes.
nil.Prefidentau Mortier an
Parlement de Paris en ¡)"Sr-
&Chancelier de la Reyne,
qui prit Alliance avec Isabeau
Baille,Dame deceaux,
Tresms & Sully, Fille d'un
President au Mortier du Parlement
de Paris. De ce Mariage
sortit André Potier de
Novion, qui épousa Catherine
Cavelier.il fut President
auMortier au Parlement de
Paris, après avoir exercé la
mesme Charge au Parlement
de Bretagnneetfl'Ayeulde
MedelBriffe dont je vous
parle. Elleestoir Soeur de Me
de Ribeyre, Femme deM de
— <
Ribeyre,Conseiller d'Estat.
Cette Maison de Porier a
donné des Evesques& Corntes
de Beauvais Pairs de
France, un grand Aumônier
de la Reyne, des Ducs de
Gesvres&deTresmes
,
aussi
Pairs de France, des Capitaines
des Gardes du Corps
de Sa Majette, Chevaliers
de ses Ordres,Lieutenans
Généraux de ses Armées, signalez
dans les Armes, &
plusieurs morts au lit d'honneur
couverts de play es, particulicrement
Mr le Marquis
deGesvres, tué au Siège de
Thionville âgé de 33. ans,
ayant receu 41 blessures en
son corps. Divers Secreraires
d'Estat de cette mesme Maison
ont rendu de grands servicesànosRoisen
beaucoup
d' occasions importantes. Etle
a aussi donné plusieurs
Conseillers d'Estat,Maistres
des Requefies,Conseillers au
Parlement, &c. Feu MrPotier
de Novion,Maistre des
Requestes
,
& receu President
au Mortier en survivance
de Mr son Pere, estoit Frere
de Madame de la Brisse.
Il avoitépousé la Fille deMr
de Malon de Bercy, President
au Grand Conseil, &
Doyen des Maistres des Requestes,&
en a laissé plusieurs
EnfansL'aisnéest Conseiller
au Parlement de Paris.
Mr le Comte de Murray;
grand COlnnliÍfaire du Roy
d'Angleterre en Ecosse, riva ar- à Edimbourg le 6. de ce
inois TA
, Parlemepnotu.r y presider au Il avoit esté aCte
compagne depuis la Frontiere
par plusieurs Seigneurs du
Royaume, & par quelques
Compagnies des Gardes du
Roy.Mr leComte deperth,
Ci-and ChancelierieConied
d'Etat,le Clergé;& les prince
paux Officiers, suivis de plus
de six cens Bonrgeois à cheval,
allererit au devant delul 4
àcinq milles delaVille.Cint
pieces de Canon qui avoien
esté misesexprès à un mill_(
d'Edimbourg, firent trois dé.
charges pour avertir de for,
arrivée. Le Grand Prevost
, accompagné des autres Magistrats,
revestus de leurs robes
de Cerernonie,le receut
à la Porte de l'Eau. Il fut
conduit au Chasteauavec
coûteslesmarquesdhon-
.toliteS les marques d'honneur
que l'on devoit à son
caradtere, & traité ensuite
avec beaucoup demagnificence
par la Noblesse) le
Clergé, & les Magistrats.
Le 9. tous les Députez qui
doiventcomposer le Par lefments'eiîant
rendus au Chafteau
,
l'accompagnerent a.
la Salle où se devoir tenir
l'Assemblée. Il se plaça fous
le Dais, ôc a près que la lefture
de la Commission eut
elle faite avec les ceremonies
ordinaires,& que l'on
eust leu laLettre duRoy,il
fit le Discours qui suit.
MILORS ETMESSIEUJL
LeRoy a esié si/a<i
ffait des témoignages de fidelm
de rrfpeél &C5de <z,>e*le qu'il a n
ceus de vous dans la derniere Se4t
ce de cette emblée ,&
grandes marques d'affection T1
vous tl't'ez données,pourfaPe
fonm sacrée & ses interests) ii faisant paroistre voflre attacha
mentinviolable a la Couronna
dans le temps de la dangereuj\
Rebellion qu'il a beureufement sa
toujfée
, que voulant aujJi vom
donner des marques dufoinpater*
nelqu'il prend de vous 3
qui esie"
son ancien& bien- aime peuple
y il a jugé à propos de vous rajJembler
promptement
y
afin de vous
fournir par une genereuse reconnotjjance
de nouvelles occaftons de
faire des ebofes qui pourront contribuer
au bien commun de la-
Nation. Toia les divers Estats dt
ce Royaume
,
de quelque rang
qu'ils soient, luy aymt donnéde>
grandes preuves de leur fidélité
& de leur obeïjJance
, non seulement
lors qu'illes a. bonnerez
desa presence Royale, maïs encore
depuiscetemps-lay Sa-Majer-
JléaaujJiresolude vous fairefen^
iir kîous leseffeti desa bun.veil\
ancejtyde[aprotei-ï--o-n-y-$-p0h •Cfefrt>Elleadesseinderefpai
dresur vous[esfaveurs, qu'Eh'
prétend rendre aujjïgénérales $
aujJi gntieresJ que vostre refpet
(cfr voftreaffcrlion
ont ejléremar:
fables„ C'est (ur ce fondemen,
que jay ordre de vous afeurercjut
le Roy,qui employétousfesfoim
pur établir un Commerce hbrt
dentre ses Royaumes d'Ecojîe &> Angleterrey comme un moyen des plus ajJeurez de prevenir la
Mine dontses Filles Royalesfont'
menacéespar celle du Negoce,
n'oubliera rienpouracheverun
Ouvrage si Md&agew a oe
Royaume. Dans cetteveuè
,
Sa
Majesté a donnefes ordres àfin
Envoyéa la Cour de France,afin
qu'iltafcbe de fairesupprimes
les cinquante fols par tonneau , & de recouvrer la po/Jeffion des
prilvilegesdont joùïssoient
autrefois les Marchanda Ecossois
Wafiq^.tns en Francey û que l'on
a Liftéperdre,faute de s'en fermir.
Le RoyvoyantqueÇe\ Bourgs
de Regaijle * deBaroniejoùis.
J'ent plus que les autres de ce trafic
3pour lequellesfaillesRoyales
payent lasixiéme partie des taxes
de la Nation
3
ae aJ. vatl01J ma ordo-nnédt-,
;)
m a oraOÏ}ile ~:
confentirpourluy à tous les Reglemens
que vous trouverez i, quitahlessur ce~f~, comws
plusieurs plaintes luy ont efléfaii
tes touchant les empeschemens
qtlo leszJUarcbands de ce Royaume
trouvent dans le negoce qu'ils ow
aux PaysBas ,}'ay aujji ordre dï
confenîir enJon nom à tout ce qu<\
vous croirez eflre raifonnabh)
pour y apporter remede. On l'a
pareillement informé du granit
préjudice que souffre tEcoJJè pan
les Bestiaux
,
les Chevaux
,
@Ji
lesvivres qu'ony apporte d'Ir—
lande3 j'ay plein pouvoirnont
feulementpourdonnerson confèn-.
tement Royal a tout ce quiponrré\
rmpefcber a l'avenirunpareil
âbttS
3
maisencorepourexaminer
la conduite & les malversations
dtceux à qui on avoit confie le
foin de s'oppofrà ce commerce illicite,
afin qu'ilssoientpunis (e lon
-la rigueur des Lmx, Sa Mt..
jrfié ayant esié aujji avertie du
grandpréjudicequefot*ffve le Negoce
de ce Royaume
, parce qu'on
riy bat pas monnojecontinuellementym
a permis de consentir à
toutce que ce Parlement, félon
sa sagesse
y
trouvera jufle de reglerfup-
t-et Article. Le Royqui
en avançant le Commerce de cet"
te Nation par toutes fortes de
'voyesraijoniahles
J veut enme)
tne te;nps vous donner d/s mat
ques particulières de sa bonté
fna commandé de vous dire qtii
ne vous demande prejentemen
aucuns (ubfidcs ny aucunes taxe
de quelques nature que ce foit
qucry qu'il ait eslé obligé de fairt
de grandes dépenses pourfaire avorter
la derniere Rebellion, Sa
tstâ-tjefïéefîant perjuadée que
vojireaffeéîion er vofire zele
DOUA ont portez à luyfournirtout
ce q%eVÇHS avezpû luy donneru
Ceflpour vous marquer combien
Elleyejlsensible yquElle a refo-
.:Iu de n'épargner aucuns de feâ<
fro.ins pour 11.,avantage &te'ebbi.en
de ce Royaume
3
qu Elle croit avoirc(
te négligé troplong-temps3
car Elle ne doute pas que sa condition
Rojde ne Joit inséparable
du bonheur & de la profp^itê de
(on Peuple. Elleflait que les rentes
qui proviennent des Terres
fontfunhargees de taxes3 st) se
feroit un plaisir d'en osler une partie
si elles nejioient pas abJolument
necessaires,, tant pottrvoflre
seureté que pour soûtenir son
gouvernement. C'est a vous à
voir si l'on peut pajjer quelque
Jlêle
y
qui puisse donner queh
lue Joulagement là dcjJus, sans
tYop diminuer la quotes ou por.
lions ordinaires.Jay ordre dJ
consentirainsï qu'à tous les Re.
glémens qui pourront ajjeurer a
venir un payement exaél à fei
Sujetsde la part des Officiers &
des Soldats de les Troupes
,
foït
dans leurs quartiers
,
Joit dam
leurmarche,egarantir le commun
Peuple des oppressionsqu'on
dit avoir esié cornmifès par les
Commijjatres. Ce qui doit vout
Jùrprendredavantage
,
est que le
Roy ne se contente pasdepourvoir
à laseureté de ce Royaume
, C.
de regarder ses bons & fide/lel
Sujetscommeses Enfarns, mais
£BCQTt
encore comme un Pere pleinde
compajjïon & de tendrcjje
,
il efi
toujoun prest à pardonner lesfautes
inexcusables de ceux qUI ont
osé perdre le rcjpeéî qui luy efl
deu
y
& porter leur dejubeïjpince
jufqstà la révolté.CVy? pourquoy
voulant appaijer les alarme4
deJonPeuple
, & dijjlperencore
unefois les apprehenflons def coupables
, en les déltvranr de la
cramte de subirlesJoafhmens
qu' ils ont mente%,il a eu la bontéde
m'ordorznerde paff, run A£le
à'-immftie, aruecquefques exceptions
necrffilYtS & ra;fonnables
f
pour totttes fortes de crimes (y-de..
vant commis
, ce qui fera voir a
tout le mondequ'il cherche à ramener
ses Sujets a leur devoir par
la douceur&par la clemence,&
qquu'ii l n'y a que leur opiniâtreté nj a queleuropiniatreté
invincible à faire le mal3 qui
pùisse l'obliger à user de cette sêverité
,
qui estquelquefoisneceffÚre
pour la seureté des peuples
& des Ejlats.Milords & Mefsieurs.
LeRoyaprès avoir formé
Je si(J'rands dejfeinadt travailler
<
è) ,1) de tour son pou-voir à ce qui rec{(.
Fde l'honneur& le bien de ce
Royaume,après avoir pru la resol'inon
de pardonneratantd'Ennemu,
(§? de délivrer les coupa,,
blés de ce qu'ils devoient craindr-c
d'une jufte& rigoufeufe peurfuL
tetcroitquepersonne ne s'étonnerasil
demande avecl'avis & le
Gonjentement de cette dffemblée
y le fonlagement& la seureté de
quelques-uns de Jes bons Sujetsde
a Hjligion Catholique Romaine,
qui ont toujours eu de l'attachement
pour la Monarchie,& ont
esléprests en tout tempsdeJacrifier
leurs vies & leurs biens peur le
firvicç st) la defenje de la Couronne;
de forte que Sa Majesté
qui connoist parfaitement les inchnations
fidel/es &r refpeflueufes
deson Peuple Eccffois, efl entieYeme
tptrjuadee que vous frez;.
1 olontiers gr sans delay cequEllesoubasse
, cela neregardant pas
moins voflrepureté quefiafatis- f étion,/hnfi j'espere que vous
merenvoyn a mon vrand Maitre
avec les meilleures marques
que vous puiffi?^ luy donner du
fcIpeflé;-- de lafidélitéinviolable
de son ancien Royaume d'Eccjje.
C'efl en cela que vous ftst
paroiflre que vous esses les
mtilletfrs& les plus affiEltonne'{.
Sujets du meilleur @; du plus heroïque
Prince de la Terre.
Les Députez témoignerent
estre forecontensdece
Discours. On commença à
le mettreendélibération,
& àchoisir Ics Commissaires
ou Lords des Articles.
1
Je ne vous aypoint parlé
des derniers Benefices qui
ont elle donnez par le Roy ,
parceque le mois estant dé.
ja avancé quand cette nominationa
elle faite, je n'aurois
pu estre assez bien informéde
tout ce qui regarde cet,
Article.MVerjus,Evefqùc
de Glandeve
, cy -
devant
Prestre de l'Oratoire,aesté
nommé à l'Evesché de Gras--
se y6z Mrl'Abbé de Viens.
Evesque de Grasse, à l'Evesché
de Vence. Il a de la qualité)
de l'esprit, du mérité,
de l'érudition, & tout ce que
l'on peutsouhaiter dans un
Prelat. Mr l'Abbéde Vence
de Ville-neuve, hommede
qualité, a fait voir tant de
mérité dans l'Assemblée du
Clergé,qu'onl'atrouvé digne
d'un Evesché, quoy que
dans un âge à pouvoir encore
l'attendre. Ila eu celuy de
GlandeveL'Evesché de Treguier
a estédonné à M1 l'Abbé
de Carcado. Il estoit au- trefois Aumônier de laRey- Ie,,4eAai
ne Mere. Cette nomination
fait connoiStre la bonté, la
justice & la memoire du
Roy. Mr l'Abbe de Clermont
de Toury aesté pourveu
de l'AbbayedeS. Pierre
de Verreüil, Ordre de S. ALl.
gustin,Diocese de Bordeaux.
Le nom de Clermont marque
la noblesse de cette Maison.
Ce nomest célébré dans
l'Eglise, ôv:qui voudra y marcher
sur les traces de ~Mrl'Hvesque,
Pair de France,Comte
de Noyon,paroistra avec
une distinction glorieuse.
L'Abbaye de Pontieres,Ordre
de S. Benoist 9Diocese
de Saumur, a estédonnée à.
Mr d'Aubigné. Il a du
te, une grande a pplication
à l'étude) & beaucou p de
modeltie.M-- l'Abbéde Mauroya
eul'Abaye de Noirlac,
Ordre de Cisteaux, Diocèse
de Bourses, & Mr. l'Abbé
Bloiiiny Frere de Mr Bloüin,.
premier Valet de Chambre
dû Roy, a elle pourveu de
tA-bbaye que possedoitMr
le Chevalier de Sourdis. Le
Roy a aussi donnél'Abbaye
Reguliere de S. Benoist, OriJ -
dredeCiiteatix3 Diocese de
MBwl>
lt+4>-
D
Mers, au Pere Cuvier, Religieux
du mesme Ordre, 8c -• l'Abbaye de l'Amour-Dieu,
Diocese de Soissons, au ssi de
l'Ordre de Cilteaux,à Madame
Bergelonne
,
Prieure
du mesme Convent,&Tante
de Me Mansart. LeRoy
avoir donné quelques jours
auparavant l'Abbaye de S.
,. Antoine lez-Paris) à Madame
de Montchevreüil, Religieuse
de Gomer-Fontaine,
& Soeur de M'leNIarquisde
Montchevreüil
,
Capitaine
duChasteau de S.Germain
en1L1ye. C'est une Dame
':jet'1..-ffr
«Kéfcf
d'un fort grand mérite, ôc
qui par une vertu exemplaire,
& la pieté la plus solide
s'estoit acquis l'estimeparti-,
culière de Madame l'Abbesse
de Gomer-Fontaine, & de
toute sa COlllmunauré, Cette
Abbesseest Soeur de Mr l'Archevesque
de Roüen,&joint
aux avantages de sanaissance
des qualirezdiftinçruées*
qui îla mettent dans une tresgrande
con fédération. ~~M
„„„.EnfinMrle Duc de la Force
,
aprèsavoir eu plusieurs
conférences avec Mr l'Ar.1
chevesque de Paris, a esté
de Couni°n!•
entièrement convaincu des:
erreursdelaReligion Protestante.
Pluscette conquelte.
a coûté de soins, plus elle elt
glorieuse à l'Eglise, &à ce
Prélat; &plus Mrle Duc dela
Force a cherché à s'éclaircir
pleinement sur tous [es;
doures, plus on a sujet de
croire qu'il a esté pénétré
des lumières delaFoy.
Ji, ,:
„ La premiere des deux Enigmes
du dernier mois avoit
elle faite sur les Eperons,
Mrs, de Bernay ,de la Caillerie,
l'AbbédeChoix;Mademoiselle
Catin S. & le trèshumbleServiteur
de t'aimable
Fileuse, l'ont expliquée
dansce sens..•A
La Piluleestoit le vra y
mou de la séconde. Il a elle
trouvé par M s le Chevalier
d<e3cs.S.BBrricice,c,FFuumme"cee,LLaluul^~ee^-
rie; S. Silvin, des Avërdins.
en Berry: L. Boucher,ancien
Curé deNogent:le-Roy;
HordédeSenlis-Mesdemoiselles
MarionBariban de
Toul
; Madelon Provais; la
(lge Fanchon du Treillisverr•
l'Afitbléefpiriiuelle
du Quartier d'enhaut de la>
rue de l'Arbre-sec, l'Hom-"4
meàl'esprit droit de la meime
ruë; le trop Sincere de la
ruë S. Antoine; Scaricaski
de Nava, & le gros Amy de
Versailles. ,;)t «it Ceux qui ont trouvé le
vray sens de l'une & l'autre,
sont Mrs Dougan de Caën
P. Carrier de Rouen ; Simonin
l'Abbé de Mont-oliveto
; le Chevalier de Mazeres;
Rau lt de Rouen ; Campion
& du Russeau de Chaalons
sur Saônej le Marquis
de S. Vorle ; C. F. Lourdet
du quartier dela Place Mauberc
j la Prairie; Cairon de
Caën;la Tronchede Roüen;
l'Abbé de Bellay-,Mefdemoiselles
de Courtalvert de Colombiers
au Mans; Dantard
de la ruë de la Cossonnerie
; Manon la belle beauté;
L'esclave de la beauté de
l'Ordre; les bons Gouts de
Beaumont ; l'Ouvrier sans
pareil; l'Exilé d' Argentan;
la Fidélité malheureuse; G.
D. M. Amant de la Charmante
invisible ; M. M de
la Place Maubert L'Arrabe
du mesme quartier;Tamiriste
de la rue de la Cerifaye-,
l'Amy fidelle ;
le Maître
Clerc,Espagnol de la ruë S.
Honoré; les Habitans du
Mont Parnasse
;
l'Amant
Confiant maltraité par la
Belle Indifferente du coin du
Pont Nostre Dame;Mistou^
de Charny; le Chevalier de
beau Regard; l'Orateur de
l'Ordre de laFidélité
;
le
Misantrope de la Fidelité;
Dom Arnolphe de la folie;
le petitCercle noir & blanc
persecuté
; Les Infortunez
Amans de l'aimableSolitaire
de Versailles, y compris le
Chatouilleux
-,
l'Illustre Ber, ger Nicaiseau nez aquilin,,
le Ciccron de Chaillot en
Turquie; l'un des Animaux
de l'Arsenal
;
Alcidor du
Havre ;
la plus Spirituelle
d'Estempes ;
la Charmante
Veuve G. de la rue du Roy
de Sicile; les Belles inseparables
de Lagny sur Marne ;
la Bergere au petit nez; l'En- '-,
jouéeAngélique; la grande
Anachorette ;
la ben. Indolente;
l'Agrémentde la rué
S. Bon; la Belle brune de
l'Ar[tna!.; la Charmante Si
litaire du vieux Versai lles
; a
plus jeune.desGrâces de la
ruë dela Cossonerie;Silvie;
& la petite Assemblée A. du
Havre.
Je vousenvoye deux Enigmes
nouvelles. La premiere
est du Berger de Flore. L'Amant
de la Belle de la Ville
de Paris a fait la seconde.
ENIGMEQ
"Jand jefitàplein a(/prit, QIi 1mçn pere ;
~J~~1jaj> i1e iorps bJo ien fa- it , -on
ell-pri(t ma mcrci
Les Re/is. & Us Lys mcmbcl'(Jlnt
(0'"7..:r<t ;
je,pkis
1 a la mtfine biure
,
tflre en
plmd'uneplacey
OnmepeuttransporterenPerje,comme
en Trace ;
144ts Dieu mefine ne peut me pouffit
pltu Avant,
AUTRE ENIGME. LACûhfufion & l'Envie
*
Sont ceux qui me donnent
la vie
, Etj'aime autant celuy qui veut me
L'enlever,
Zlie celuy qui s'applique a me la constiver.
-9uoy que de tels parens je naisse,
Chacun dans l'équité se peut servir
de ntoy y
- Tel qui me hait, a quije fais ef
froy, j
Siroit en me perdant accablé de tri- stesse.
Quelquefoisfay raifort,&quelque--
fefusfoisfay tort; grands frais,grande dé..,
pense ;
Etsil'on ne prendfoin dj mt/jrc':
ordre d'abord, fepuise en peu de temps la plusforte lance. 1
Ceneftpasen habits,puis quejen ayde
neufs
Pourunfd,toutauplttspourdeux
J'aurois pû vous parlerdés
le commencement de Inæ.
Lettre de la défaite des Protestans
des Vallées de Lucerne,
s{iijje'enn''aavvooiiss'vvoouulluuaatrJ--
tendreque cetteaffaire fusïl
tout à fait consommée, afin
de la mettre entiere dans une
mesme Relation. La Rellgion
que ces Peu ples professoient,
leur avoit toujours
donné de l'aversion pour les
Souverains.Leur revolte continuelle
ayant obligé Monsieur
le Duc de Savoye à les
soumettre d'une maniere
qui pust empescher à l'avenir
leur rébellion, cePrince
voulut se servirauparavant
des voyes de douceur. Ainsi
après plusieurs offres, il
leur déclara parunÉdit qu'il
leur pardonnoit s'ilsseresol:
voient à rentrer dans leur
devoir,& que s'ils eltoient
opiniastres,il leur accordoit
encore huit jours pour sortir
de ÍtS Etats, leur laissant la
liberté de vendre leurs biens
tant meubles qu'immeubles,
Ôe mesme de laisser six per-
(bnncs d'entre-eux pour achever
cette vente, si elle
ne pouvoit se faire dans ce
delay de huit jours. Les Seditieux,
sans avoir égard à la
clemence de leur Souverain,
ayant continué de se fortifier
dans leurs Montagnes,
d'en, boucherles passàges,
ôc de faire amas de munitions
de guerre & de bouche,
l'obligerent enfin à prendre
la resolution de les faire attaquer
par six endroits differens
, tous de tres-difficile
accès
,
& qui avoient toûjours
paru inaccenibics. Ces
Rebelles n'estoient pas seulement
fortifiez d'un terrain
si avantageux, ils l'etoient
encore par quantité
de Forts,& par la pensee
qu'ilsavoient qu'il estoit inl.
possible de les vaincre. C'etoit
beaucoup se Rater; cependant
ils avoient tasso-à
d'en estre persuadez
5,
puis
qu'ils ont resillevingt-six
fois aux Guerres que les Ducs
de Savoye leur ont faites,
quoy qu'ils sussent fecondez
une fois des armes du
Pape, une autre de celles de
la France
,
& qu'ils rayent,
estéauside celles d'Espagne.
Ils estoient au nombre de
douze mille hommes capables
de soûtenir un combat
& ils avoient beaucoup de
Femmes armées&agueries,
&qui dans un terrain aussi,
avantageux .que celuy là,.
ppuvQienctravailler à leur
defence
,
presqueaussi utilement
queles Hommes mesmes.
Toutes ces chosesleur
pouvoiènt faire elperer des
iuccez très- favorables; mais
sil'esprit de Rébellion quirernoit
parmyeux depuis
si long cemps ne les eust
point aveu glez,ils auroient
connu qu'ils ne pouvoiènt
éviter leur ruine entiere,
puiiqu'ils estoientattaquez
par unjeunePrinceenpersonne,
que le zAt de la Religion
& le desir de lagloire
animoient,&qui estan*t
forme .en-parrie'du"Sang de
nos
nos Rois, ne fait rien attendre
que d'extraordinaire.
Les Revoirez n'avoient pas
seulement à faire réflexion
là-dessus) ils devoient encore
considerer qu'un Prince
qui leur devoir eftrcsi redoutable,
estoit sécondé dans
sa loüabie & juste entreprile
, par des Troupes Françosses
,
c'est à dire par des
Chefs & par des Soldats, qui
ne sont jamais revenus du
Combat, que Victorieux.
Quoy que Monsieur le
Duc de Savoye avec le fecours
de son courage & de
ces Troupes invincibles,eust
tout lieu de se promettre les
avantages qu'ila remportez,
une bonté crenereufe ne laissa
pasde sus„pendre sa vangeance
lors qu'il fut prest
d'en suivre les mouvemens.Il
fit offrir de nouveau à ses Sujets
rebelles l'argent de leurs
biens, avec des Passeports
pour ceux qui ne voudroient
pas faire abjuration, ce qu'ils
refuserent avec une obstination
aussi grande que la
bonté de leur Prince l'estoit
pour eux. Ainsi on. ne [on)
gea plus qu'àles punir.
Leschosees estant en cec
état; les Troupes de Savoye
s'avancerent jusqu'à Briqueras
pour estre plus pres des
Montagnes où elles avoient
resolu d'entrer. Elles estoient
de six Bataillons, d'un Regiment
de Dragons, & de
trois à quatre cens Gardes du
Corps. Toutes ces Troupes
estoient belles & Inagnifi;
ques, & tellement resolues
à vaincre ou à périr, que la
pluspart de ceux qui les corn*
posoient - avoient fait- leur
Testament, ce qui marqitoit
une resôlution bien remplie
de zele, puisqu'il est beaucoup
plus glorieux d'affronter
les dangers lorsqu'on se
croit presque assure d'y périr
, que quand la Victoire
paroid peu douteuse. Les
Troupes de France commandées
par Mr Catinat étoient
de cinq Bataillons, &
de deux Regimens de Dra-
", gons. Ces Troupes qui etoient
dans. le Piedmont du
collé de Suze & de Veillane,
s'avancerent dans les quartiers
de Buriafque, osasque,
S. Second, Mirandol,& Massellespluselloigneesétoient
à troismilles de Pignerol au
pied des Montagnes, vis-àvis
des gorges par où l'on
peut entrer dans les Vallées
de Lucerne, & d'Angrogne.
Le Quartier du Roy estoit à
S. Segond. Mr Catinat avoit
pour Brigadiers Mrs de Melac,
Longueval
y
& Naves.
Les Colonels des cinq Regimens
estoient M" dela Lan\.
de, du Pleflîs-Belieré0Clei
rambault , Dainpierre, &c
Milly. t. Les Religionnaires li->
voyant tous ces mcuvemens,
travaillèrent.le jour de Pastiues
à boucher les chemins
0)7).e7,
,:'IL"I,/;,
& les avenues par où l'on
pouvoit aller à eux.
Les Troupes de Savoye
partirent de Briqueras le 23; d'Avril pour serendre à Ypian.
Elles estoient separées
en trois Corps Le premier
estoit commandé par Dora
Gabriel de Savoye,General;
le sécond par le Marquis Do
gliani, Marechal deCamp-,
& Capitaine des Gardes du
Corps; & le troisiéme par
Mde Brichantcau. Il y avare
à la queue de la Colomne
commandée par Dom Gabriel,
douze Mulets chargez
de poudres,bales
,
méches,
& grenades; cinq Mulets
chargez d'ais&de
crocs,une Mule chargée
d'outils
,
deux Mules chargées
de pierres à fusil
,
lanternes,
& torches à vent;
quinze Mules chargées de
sacs de laine,&dix hommes
qui portoient chacun une
échelle. Il y avoit aussi huit
Espingardes& quatre pieces
de Canon, avec une Mule
chargéede sacs a terre, des
barils & des corbeilles pour
faire les batteries des Canons
, & des Espingardes;
une autre Mule chargée de
1 pelles, haches, & hoyaux,
& cent Travailleurs, leurs avec outils.
A la queuë de la Colomne
du Marquis Dogliani,étoient
seizel Mulets chargez
de poudres, balles, méches
& grenades; quinze Mulets
chargez de sacs de laine,
dix hommes
,
chacun avec,
uneéchelle-cinq Mules pour
porter des ais & trente crocs;
une Mule chargée d'outils;
deux Mules pour porter des
cordages
,
deslanternes,&
des torches à vent ; quinze
Espingardes• une Mule qrï!
portoit des sacs à terre,& des
saputtes pour porter la poudre,
des barils&descorbeilles
pour faire les batteries
des Espingardes, & cent
Travailleurs avec leurs outils.
Si rien ne manquoità
ces Troupes du coire des
Munitions de Guerrede
Bouche, & des Instrumens
propres, à l'expédition ou elles
allaient, l'ordre de leur
marche
,
des mouvemens
qu'elles devoient faire,&de.
leurs attaques, estoit quelque
chose de si bien concerté,
qu'il estoitimpossibleque
cette entreprise ne réunie.
Je sçayqu'on n'a pas accoûtumé
de faire entrer ces fortes
de choses dans de pareilles
Relations;maisj'ay jugé
ce court détail necessaire
pour fairevoir que Monsieur
le Duc de Savoye doit
estreunjour un prudent &-
grand Ca pitaine.
Le costé ou les Troupes de
France devoient donner
,
estoit
extremement fortifié,
non feulement parce qu'on,
les y apprehendoir, mais encore
parce que c'estoit une:
Frontiere du Pays, & que
toutes les Frontières d'un
Etat sont ordinairement
mieux fortifiées que le reite,
Ainsi les attaques de ces
Troupes devoient estre 8c
difficiles, & dangereuses. Mr
Catinat qui avoit concerté
toutes choses avec Monsieur
le Duc de Savoye, & qui estoit
chargé du soin de toute
cette affaire à l'égard des
François,fitundétachement
desRegimens d'Infanterie de
Bourgogne,de Castres, & des
Suiffes de Pignerol.Ce Detachement
estoit commarw
dé par Mrde Bar, Lieutenant
Colonel de - Bourgogne. Il
devoit s'emparer du Pont de
la Mirandole, pour faciliter
le passage de l'Infanterie. Il
établit aussi des Ponts sur le
Chisonvis-à-vis le Village
Desportes,& il y occu pa des
hauteurs pour les garder.
M deCatinat fit en mesme
temps un second Détachement
des Regimens de Limosin,
Provence, & du Plesfis
Beliere, qui fut commandé
parMr de Villevieille,
LieutenantColonel du Regiment
deLimoges. CeDétachement
passa le long de
la Riviere du costé des Etats
de Son A. R. pour soûtenir
les Troupes que commandoit
Mr de Bar. Ces deux
Détachemens s'arresterent
dans cet endroit lufqua ce
que la teste des Troupes parust
, après quoy Mr de Melac
fut commandé avec un
Détac hemeut pour se saisir
du Temple de S. Germain,
où il eut ordre de laisser Mr
de Villevieille avec ses deux
cens hommes, afin que par
une fausse attaque il pûst amuser
les Ennemis, & faciliter
le panade. CeDétachement
les pouffa un peu trop
loin, & iè tint presque au
pied du Fort des Rebelles.
Les Dragons de la Lande
passerentla Riviereàpied,&
pousserent si avant sur la droite,
qu'ilss'embarasserentdans
des rochers, où ils perdirent
quelque monde. Le Capitaine
qui les commandoit y
fut blessé. Un autre Détachement
de Dragons prit sur la
gauche,à la teste duquel se
mirent comme Volontaires
plusieurs Officiers de differens
Regimens. Le Major de
Provence y fut blessé à mort.
Mr le Marquis de Birony
receut une blessure à la
teste
desDragonsde la Lande, &
MdeGontaut futaussi bieffé.
Ils s'estoient avancez avec
six Dragons pour reconnoistre
un passage. Leur zele
pour la Religion, & le desir
d'acquérir de la gloire, ont
ellé cause qu'ils le sont trouvez
à cette Expedition. Ils
estoient allez enSavoye avec
Mr le Marquis d'Urfé,Envoyé
du Roy, & ils s'y arresterent
si-tostqu'ils eurent
appris qu'ilspourroienttrou*
'c-f\tabtnrver
occasion de se signaler.
Apres que M'de Villcvieille
eut esté quatre où cinq heures
en presence du Fort des
Rebelles, il receut ordre de
se rendre aux maisons de S.
Germain, qui luy avoient esté
marquées par MrCatinat.
A peine se sutilmis en estat
de suivre cet ordre, qu'il fut
attaqué par un gros de Rebelles,
qui estoit caché dans
un Ravin sur sa gauche, &
par ceux du Fort, qui fortirent
en mesme temps pour
le charger. Il eut quelques
hommes, & plusieurs Officiers
blessèz, & le retira dans
un Templeseulement avec
trente Soldats,& deuxOf
ciers de son Regiment. Il
futattaqué par cinq à fo
cens Rebelles, qui allumerent
des feux tout autour en
luy criant de se rendre. Ils
firent armes de tout, & jetterentunnombre
infiny de
pierres,mais il leur repondit
toûjours à coups de Mouf--
quet, & ne voulut écouter
aucune de leurs propositions,
quoy qu'ils.l'affuraf--.-
fent qu'ils luy feroient bon
quartier. Enfin la nuit jb~~
ce combat ; & après avoir
eu 14.hollllneS de ruez& sept
de bleÍfez, des trente Soldats
qui s'ejroient retirez avec
luy dans le Temple, il receut
un renfort de Mr le Marquis
d'Herville,& conferva glorieusement
ion poste. M de
Bar futaussi attaqué à deux
ou trois reprises,mais n'ayant
pû feulementellre ébranlé)
il confervasans aucune perte
les postes dont il seitoic
saisy.-*•>'
-> ;ntrr**r)~
Pendant ce temps MrCa*
tinatprit son chemin avec
toutel'Arméejusqu'à la P&:
roufe le 10110" de la, Rivière,
11latraveri.Ja,Ôcmontales
montagnes toujours a pied3
ou plûtoftil y crrimpa,si ron
peur em ployericy ce terme!-
Il détacha MrdeLongueval^
Brigadier,pour monter d'un
collé, & M1 de Melac pour
monter de l'autre, &: bitre--.@
toûjours le Pa ys,en chassant
ce qui setrouveroit jusqu'à5-
la Vallée de S., Martin , Où-"
ilsdevoient se réjoindre.-Le'
cheminelloit dangercLix-.,-,
long ;& penible. Onperdre:,
quelques Soldats,un Sergerâr-' de-Bourgogne,ua Ma--
refchal des Logis Dauphin
fuienttuez.LesRebelles Te
(auvoiene parmy les rochers
après avoir fait leurs décharges
j & la nuit surprit les
Troupes Françoises au milieu
de la montagne prés dcr
S. Martin. Comme elles ef.
toient beaucoup fatiguées
d'unesilongue marche,on
fit alte, ôcTon ferepofa furla'
neige jusqu'à la pointe du
jour. Le lendemain Mr de
Catinat arriva à S. Martin
sur lemidy,où les Troupes
se joignirent) après avoir
çhaslé ou tué toutcequ'ei^
lesavoientrencontrédeRebelles.
Le matin du mesme:
jour M de Catinat avoir attaqué
& pris le Fort-Louis,
Il passa ce jour-là jusques à
Riovelaret,de là il se rendit
à Prancor. Le mesme jourzy
Mr de MeJac entra par la
Vallée de Pragellas dans celle
de S* Martinavant que de
joindre Mr de Cadnat;il
s'empara dequantité de po-^
fies qu'il brûla, & tua/tout.
ce qui luy fiL résistance. Le'
24. au matinles Troupes de
Mondevis; avancèrentvigoureuicnieat
de leur Coué.
-stlesfirent beaucoup decarnage,
& se trouvèrent à une:
lieue, ou environydesnoftres.
Cependant les- Troupes
de Savoye poussoient:
leurs attaques. Celles que.
commandoit Dom Gabriel:
de Savoye eltoientà la premiere,
avec les Grenadiers
du Regiment des Gardes. La.-
moitié du -Regiment de Dra>
gons estoit enluife,ayant à
sa teste le Comte de Veruë
qui enest Colonel ;ainsi ce
j'eune Comte se vit exposé
aux plus grande périls ce
ijaêiîedesir de la gloire4ttj-
!SCCL-'
VxUiO.•
faisoit (onhaiier; aussi en at-
il acquis beaucoup dans
cette occasion. Apres les
Dragons suivoient les Gardes
du Corps, commandez
par Mr de S. Maurice, qui
avoir mis pied à terre. Toutes
ces Troupes estoient fou*
tenuës du Régiment des Gardes,
commandé par M le
Marquis de Parelle & de
deux Regimensd'Infanterie,.
Les Troupes de la leconde
attaque estoient Cûlnmandées
par Mr le MarquisDogliani;
& cellesdelatrtrooii--
sieme, où estoit M le Marquis
d'Aix
, par Mr de Brichanteau.
- Les Troupes que
commandoient ces deux
Chefs, estoient composées
de l'autre moitié du Regiment
de Dragons du Comte
de Veruë
,
des Gendarmes,
&de six Regimens d'Infanterie.
Tous ces Corps mar-t.
cherent droit à leurs retranchemens.
On les ébranla par
le moyen des petites pieces
de Canon qu'on avoit portées,
& par les Machines
dont je vous ayparlé, qui
ne firent guere moins d'ef-"
iet; de lorte<3ue les Rebet.
k*
les furent extrêmement (urpris
de se voir pouffez par
des endrois qu'ils croyoient
hors d'in[ulte.On les attaqua
avec beaucoup de vigueur,
& l'on se poila d'une maniere
qui les empefcha de
bien faire leurs décharges,
ce qui les obligea à prendre
le party de se retirer de retranchement
en retranchement.
Ils le firent avec tant
deprécipitation,qu'en un
seul jour on se rendit maistre
de vingt-deux Forts.
Monsieur le Duc de Savoye
estoitassez prés pour voir
toute cette Adlion
,
& il
s'efi toûjours beaucoup plus
approché que ses Generaux
ne fouhriltoient.La presence
de ce Prince, l'impatiente
ardeur de la Victoire, que
l'on voyoit briller dans ses
yeux, & la crainte qu'on
avoit qu'il ne se jettaft au
milieu des dangers, pour peu
que le fucce's ofperé parust
doureux, anima tellement
les Chefs & les Solaâts, qu'après
s'estre saisis des vingtdeux
Forts dontj'ayparlé,
ilscontraignirent les Rebelles
à le retirer dans un lieu
ppelléle Pre de laTour,quils
voient extrêmement fertile,
& pourveu de munitions.
Unfi avec l'avantage de la
ituation, ce lieu auroit pu
enir plus de quatre mois i
ontre une Armée de vingt
aille hommes, si la prcfen-
e)&la résolution deMon- ,
leur le Duc de Savoye n'euf
ont jerté l'épouvante dans
ame de ceux qui avoienc
efolu de s' y défendre. On J
e preparoit à les attaquer,
ors qu'ils exposerent un
Drapeau blanc envoyèrent
dire qu'ils se rendroient
à direction. Plusieurs
autres étonnez de la.
vigueur &de la vîtesse de ces:
Trou pes, implorerent ~aussi
la clemence de Son A. R,
qui lesreceut pareillement à
discretion le 15.& fit entrer
dés ce moment mesme des
Troupes dans tous leurs
Forts. Ce Prince y allaluymesme
le lendemain, & donna
ordre qu'ondistribuast
tous ces Rebtlles dansles
Villes de Piémont. On prit
leurs enfans pour les faire
înstruire dans la Religion,.,
Catholique,Ainsi l'ona smy
en trois ou quatre jours une
entreprise tres-épineuse, ôc
dont le succésparoissoit presque
impossible. Cette courte
Guerre a détruit la race des
Vaudois, qui depuis quatre
cens ans estoit en poflefliorr
de ces Montagnes. Pendant
ce temps on estoit en prieres
dans toutes les Eglifes&dans
touslesConvens de Turin.
Voicy les noms des François
qui ont esté blessez en cette
occasion.
;ri' Mr le Marquis deBiron
yobncaire. ,T""; )
Mrde GonCâULVoloniaire.
Mr de Villevieille,legere
ment en deux endroits.
Mr de Mirabel, & Mr ~dts
la Valterie, Capitaines dans
Limosin.
Mr de Graves, Aide-Major
de Limosin.
MrdeMenonville, Ayde-
Major de Limosin.
Le Major de Provence,
blesséàmort.
Mr de Seguieres, Capitaine
de Provence.
Mr Chapuis, Lieutenant:
des Grenadiers de Provence.,
Mr Beroude, Capitainedes
Dragons de la Lande.
Un Mareschal des Logis
dela Lande.
|t MrduPlessis-Boccassel,Capitaine
dans Plessis-Beliere.
Quoy que.les Troupes auxiliaires
de France,aussi-bien
que celles deMrle Duc deSavoye,
eussentfait tout ce que
l'on peut attendre des Troupes
les plus intrepides,il étoit
impossible que les Rebelles
fussènt entièrement exterminez,
àcausedela diversitédes
portes qu'ils occupoient, &
de la difficulté qu'il y avoit à
les attaquer. On peut dire
même que ces lieux auroient
esté inaccessibles pour les
Artaquans, si le zele de la
vrayeReligion ne leur eust
donné assez de resolution &
de force pour y monter,
malgré la Nature,l'Art, &
la Rebellion qui les avoit
fortifiez.Quelques-unes de
ces Troupes partirent le 6.
de ce mois pour cette secondeexpedition.
Le reste fuivirle
7. & le lendemain les
passages des Valléesde Villars,
& de Bobie se trouverent
entièrement fermez.
Les Ennemis ayant rompu
un Pont sur un torrent par
où ces Troupes devoient palbelles
le traverserentayant
l'eaujusques à la ceinture. Il
y eut àce passage environ
trente Soldats tuez ou blessez
, & les Rebelles, que
l'on poussa jusqu'au Bourg.
de Bobie, perdirent beaucoup
de monde. On les
chassa d'un grand retranchement
qu'ils y avoient fait3aprés
qu'oneneuttuéunassez
grand nombre. Ceux qui
échaperent
,
se sauverent
au sommet des plus hautes
Montagnes, dans des lieux,
&sur des pointes de Rocher,
toit infaillible; mais je n'ay
vû aucune Relation qui marque
qu'on se soit servy de
cet expedient. Ce feroit faire
injustice aux Troupes engeneral
,
& aux Braves en particulier,
de finir cette Relation,
sans faire connoistrela
grandeur du peril où ils se
sonttrouvez, & aveccombien
d'intrépidité ils l'ont
regarde.Outre tous les endroits
que les Troupes ont
forcer
,
& le torrent qu'il
salut passer sans Pont
,
elles
ont traversé les Montagnes
les- plus hautes, ôe marché
où les bestes mesmes auroient
eu biende la peine à
grimper,onnelaissa pas de
prendreposteamy-coste, de
les y envelopper, & de les
tailler en pieces. On leur
donna la chasse sur le haut de
ces Rochers pendant trois
ou quatre heures. Ce qui recstea
tdteeaccetsionmiserablesaprès ,trouvamoyen
de descendreavec des cordes,
dans desCavernes où
l'on proposa de jetter des
bombescomme un leur
moyen de les exterminer
tour à fait. Le succés en esix
jours ayant de la neige
jusqu'à la moitié du corps,
par des endroits où il n'y voit a- point de chemin frayé, Ilfaloit souvent se faire élever
par des cordes,coucher
sur la neige & ne manger
que du pain qui y
avaitesté
trempé. Ces Troupes n'alloient
que le long des Precipices,
doncellesne voyoient
ny le boutny le fonds.Elles
marchoient quelquefois sur
des mines, qui leur estoient
inconnues, & elles napprenoient
qu'il yen avoit en ces.
endroits là, qu'aprés que ces
mines avoient jolie.Tant de
fatigues & tant de périls n'étoient
encore rien. Elles
trouvèrent les retranchemens
les plus élevez des Rebelles
faits avec de gros arbres
couchez, entre lesquels
il y avoit de grosses pierres.
Tous ces Remparts qui né1
toient point cimentez, n'étant
retenus que par des cables
,
il estoit aisé de les faire
servir à la ruine des Atraquans;
auissi les Rebelles coupoient-
ils,les cables, afin
que la chute des pierres
qu'ils retenoient, écrasassent
beaucoup de personnes
à la fois. Enfin c'estoit une
tempeste de rochers,qui rouloient
depuis la cime des plus
hautes montagnes jusques
au fond des plus affreux précipices.
Un Lieutenant de
Mle Comte de Veruë, Colonel
de Dragons, & Gentilhomme
de la Chambre de
Monsieur le Duc de Savoye,
en fut tuéà ses costez
,
& le
Fils de Madame la Comtesse
de Berthe dangereusement
blessé. Quelques momens aprés
Mr le Comte de Veruë
fUi preservé comme par miacle
d'un accident pareil.
Un de ces morceaux de rocher
,
d'une grosseurprodigieuse,
rouloit du haut du
chemin par où il montoit avec
Mrle Marquis de Parelle.
Ils estoient au bord d'un
précipice, & la pierre avoit
tant d'étenduë, & estoit si
proche d'eux, qu'il estoitimpossible
qu'ils l'évitassent
Elle n'estoit plus qu'à quatre
pas, lors que la pointe d'un
morceau de rocher qui estoit
dans le mesme chemin
la fitbriserde manicre qu'elle
se separa en deux, & leur
donna moy en de passer.On
assureque quoy qu'ils se
vissent à un instant prés de
leurmort, ny l'unny l'autre
n'en parut émeu. Leurs Soldats
voyant rouler cette
grosse pierre, firent leurs efforts
pour se jetter au devant
d'eux, afin de mourir au
moins les premiers, puis
qu'ils ne pouvoient empescher
leur perte. Le zele de
ces Soldats fait l'éloge de
leurs Chefs. Ce qu'il y a de
surprenant, c'est que cette
Campagne est la premiere
de Mr le Comte de Veruë;
cependant il a toujours elle
au devant du peril avec un ait tranquille & deliberé, af
nimant les Gens par (es paroles
& par son exemple. Lors
qu'il connut que la difficulté
de traverser les rochers empeschoit
ses provisions d'avancerqu'il
y avoit du
peril à demeurer long-temps
en chemin, il les fit toutes
jetter. Le Regiment des Car.
des fit plus de douze milles à
pied dans la plus rude montagne
de tout le pays.Le pied
ayant manqué à MrleComte
de Drusé, FreredeMrle
Marquis de Parelleil tomba
dansun précipice, &fut
toutbrisé.
- Mr Bourrier, Capitaine
auxGardes, eutla cuiiîè cac.
fée & le corps tout fracassé,
des pierres que les Rebelles
jettoient.Ilestmort de ses
blessures.
Mr Mayne Cadet aux
Gardes, receut aussi plusieurs
coups de pierre, mais
il n'a rien de cassé.
Mr VaOgnon9Cornette de Dragons, a esté écraS.
«
MrFilippi, Lieutenant de
Montferrat, receut trois ha:
lesdans la poitrine,&Mrdu
Clos, jeuneGentilhomme,
un coup dans la cuisse.
NU Premonu , Capitaine
dansla Marine, aeu un cou p
dans lacuisse,&Mr Martin,
Gentilhomme Savoyard, un
dans la jambe.
Mrle Marquis Dogliania
tellement fatigué,qu'il eït
revenu du Camp fort malade.
,- MrslesComtesdela Trinité&
de Bernets donnerent
l'exemple à leurs Soldatsen
se jettant les premiers dansle
Torrent,&letra,vérsantfan*.»
s'étonner, quoy qu'ils eussent
de l'eaujusqu'a la ceinture.
Mrle Comte de la Trinité
est Colonel du Régiment
de Montferrat, & l'un
des quatre premiers Ecuy ers
de Son A.R.Il a elle Envoyé
Extraordinaire en France, &
en Angleterre, & s'est toûjours
distingué par son mérite
, & par son esprit, comme
il vient de faire par sa valeur,
Mr le Comte de Bernets
ell un des quatre premiers
Efcuyers de Madame Royale.
Il a long-temps servy en
France à la teste d'un des
quatre Régimensd'Infantene
que Monsieur le Duc de
Savoye avoit envoyez au
Roy au commencement de
la guerre de Hollande. Lors
que ce Prince leva pour la
premiere fois deux Regimens
de Dragons, il fut fait
Colonel de ceux de Madame
Royale,& il vient d'être
nommé Colonel d'un Regiment
d'Infanterie sousle
nom de Chablais, levé pour
la Garnison de Montmeil,
lian. Comme on a souvent
à parler - des personnes de distinction,
j'ay crû devoir
ce peu de paroles à lavaleur
de ces deux Comtes
,
afin
qu'en vous les nommant
seulement ,ils vous soient
connus une autre fois.
Quoyque les malintentionnez
publient que Monsieur
le Duc de Savoye
n'a pas entierement diïïipe
ses Suj ets rebelles, il n'y a
rien de plus faux que ces
bruits là
,
puisque plusieurs
Regime ns des Troupes Françoises
sont déja retournez en
Dauphiné. Les Officiersont
receu de riches Presens de hpart de ceTnnce
, &Mr
deVillevieillea elle traité
avec ladistictionquemeritoit"
la' belle actionqu'il
vient de faire. Tous ceux de
ce nom sont depuis longtempsdans
le service. Il a un
Frere Lieutenantde Royde
deSommieres, & un Neveu
du mesme nom Officier aux
Gardes
,
Il ne
merefleplusclua
vous parler de l'adresse des
Princes
, ôc des Seigneurs
qui estoient du Carrousel,
èc de ceux qui ont remporte
les Prix,puisque la Relation
particuliere que je vous
envoyay la veille de ce Specacle
,s'eiltrouvée si sem
blable à tour ce qu'on a vu
que je ne vous pourrois rier
mander de nouveau. On ne
courut que les Testes le premierjour
qui fut leMardy18
Je ce mois, 6c les coursesde
deux Quadrillesestantfinies^
il (è trouvacinq Chevaliers
quiavoientégalement bienfait,
,& surpassé tous les autres.
C'estoient
{ul/ Mrle Grand Prieur.
rl-: Mr le Comte de Duras qui
n'a pas encore seize ans.
>u Mr de Murcé qui est aum
fortjeune. Mr
,i,,Il
dep/)rfortT
<~-~
Mr le Marquis de Nangisj.
Mrle Marquis de Nesle
Ces cinq Chevaliers se
trouvèrent encore égaux
dans plusieurs autres courtes
qu'ils firent
; mais enfin
Mr le Grand Prieur & MCj
le Marquis de Nesle demeurerent
Vainqueurs des trois
autres. La gloire des trois qui
sortirent de combat,ne laissa
pas d'estre grande, & l'on souvent a remporté des Prix a-"
prés avoir fait voir beaucoup
moins d'adresse, & avoir
moins fait de testes. Le Prix
qui n'estoit plus à disputer
iii'chan
TCcau
'le.lllaUUj,
qu'entre les deux Vainqueurs
du Champ de Bataille, les
anima tellement, qu'ils firent
toutes les Testes dans
lesCourses qu'ils recommen.
cerent plusieurs fois,de forte
que toute l'Assemblée les
combloit d'applaudissemens.
Il y avoir un grand nombre
d'Etrangers, qui dirent tout
haut
, que dans toutes les
Cours où ils s'estoient rencontrez
,
ilsn'avoient vu ny
tant d'adresse que ceux qui
avoient disputé le prix en a
voient montré,ny de si bons
hommes de cheval, que leur
avoient paru tous les Chevaliers.
Enfin la nuitapprochant sansque
Mr le Grand Prieur, & Mr le
Marquis de Nesle pussent avoir
aucunavantage l'un sur l'autre
, Courses furent remises au lendemain,
& leprix à disputer de
nouveau entre tous les Chevaliers.
Il faloit huit testes pour le
remporter ,
Se Monseigneur le
Dauphin en fit sept ce jour la,
mais illesfit d'un si bon air, que
chacun s'ecria que la bonne grace
avec laquelle il les avoit faites,
luy devoir tenir lieu de la huitiéme.
MrleComtedeBrionneeut le
bonheur de les faire toutes, mais ilauroitesté encore plus heureux,
s'il avoir pu estre moins adroit,
puisqu'il auroit eu la gloire de
contribuer à l'augm ntation de
-~<-~w<~
celle de MonseigneurleDauphin.
Cependant,ce Prince en manquant
le Prix qu'il avoit esté sur
le point de remporter, eut l'avantage
de ne le ceder qu'à Grand un Ecuyer de France,qui
doit mieux sçavoir ces sortes d'Exercices
& manier des Chevaux,
que tout ce qu'il ya de gens dans
le Royaume, puîsque c'est un des
principaux devoirs de sa Charge
On courut auûï la Bague le mesme
jour,& si le Prix des Testes
n'eust pas esté remis, c'estoit le
seul divertissement destiné pour
ce jour là.Apres les Courtes
,
Mi- leGrand Prieur, & Mr leMarquis
de la Chastre furent ceux qui se
trouverent avoir le plus de dedans.
Ils coururent ensemble, &..
le Prix de la Bague demeura à
Mr le Marquis de la Chastre. Le
Roy a donné ces deux Prix. Ce
font deux très-belles Epées, toutes
garnies de pierreries. Si vous
joignez à cet Article la R\la..;
tion particulière du Carrousel
que je vous aydéjà envoyée,
vous pouvez vous asseurer d'avoir
jusques à la moindre circonstance
de tout ce qui a regardé
ce Spectacle. J'ay fait plus
encore ,
puis que j'ay accom pagné
la Relation de cette Feste
des Portraits en Vers de tous les
Chevaliers,&, des Dames qui en
ont esté. L'entrepriseestoit grande,&
ladissimulation estant une
vertu de Cour, il estoit mal-aisé
, de bien faire connoistre les Habitans
d'un Pays où le déguisement
passe pour vertu. Cependant si
j'en crois le sentiment des Sages
qui ont vieilly à la Cour, & dont
l'austere vertu leur a toûjours fait
dire la verité
, ces Portraits fonc
assezressemblans.Peut-estre
qu'ils plairoient davantageà de
certaines gens, si l'on ne les avoit
pas tous pris du beau costé.
Quelque avanrageux qu'ils soient
pour ceux qu'ils regardent, comme
il se trouve toûjours des personnes
qui ont l'art de faire paffer
les vertus mesmes pour desvices,
on a voulu interpreter desavanrageusement
quelques endroits
qui ne disent rien moins
que ce qu'on veut qu'ils signifient,
mais ce n'est pas d'aujourd'huy
qu'il y a, ou d'ignorans,;
ou de malicieux Interpretes, & si
les Interessez veulent se donner
la peine de faire reflexion surJe
portrait entier, ilsconnoistront
par les endroits qui ne peuvent
estre empoisonnez
,
qu'on n'a eudessein
de choquer personne.
Je vous envoye un nouveau Printemps,
quivient d'un grand Maistre.
AIR NOUVEAU. pKojîtons tous de la Saifin
nouvelle,
ramene avec Jà) les Fleurs &
let Zephirs;
GoûtonsyBergers, goûtons les iJJl1ocens
plaisirs
D'une Saifinsi belle.
Chantons,daufions,&fuyons désormais
EttAtngllr &fistraits9.
- Je viens d'pprendre queMrs les
Grands-Audienciers
,
les Contrôleurs
Généraux du Scea, les
Gardes Rôles, les Conservateurs
desHypoteq ues& Censes, & le
Tresorier du Sceau,ont fairfraper
laMédaille deMr leChance
lier, qui accompagne cette Lettre;
ils ont mesme pris le foin de
la faire graver avec qLielqu::s)ldditions,
mais comme toutes ces
choses sont venues trop tard àma
connoissance, vous vous contenterez
ce mois-cy de la Médaille
que j'ay fait graver, &- le mois
prochain vous aurez les Efiam.'
pesdeces Meilleurs, avec le Discours
qu'ils ont fait à Mr leChancelieren
luy presentant les Meà.,
dailles qu'ils ont fait fraper. Je
vous entretiendray aussi d'un ;
ffbûucju
TfoJ.
Plaidoyé qui a fait grand bruit
icy touchant un Enfant supposé,
déclaré Imposteur, & vous verrez
quelque chose de tres singulier.
Ce Plaidoyé a esté fait par
Mr Lordelot. Ce fameux Avocat
fembte destiné pour toutes les
Causes extraordinaires, puis quM
plaida pour le Cordelier, dont la
Cause fit tant de bruit il y a quelques
années,& dont te vous parExtrait
dit Privilège du Roy.
pAr Grâce & Privilegedu Roy, donné à
Chaville; le 18Juillet 1683. Signé, Par
le Roy. en son Conseil, JUNQUIERES. Ilest
permis au Sieur DANNEAU,Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuerde faire imprimer, vendre
& debiter leLivreiiititilié,mÈKeURli-
GALANT, & generalement tout et qui dépend
dudit livre, par tel Imprimeur qu'il
voudra choisir; Et defenses sont faites à tous
Imprimeurs &, Libraires, & tous autres, de
faire imprimer,vendre .& debiter ledit Livre,.
ny graver aucanes Planches servant à l'ornement
d'iceluy, ny mesme de le donner i
lire, pendant le temps & espace de dix années
entières, le tout à peine de six mille livres
d'amende contre les Contrevenans, ainsi que,
plus au long il est porté esdites Lettres.
Registré sur ie Livrede la Communauté,
aux charges & conditions portées, le 14.
Septembre 1683. Signé, ANGOT, Syndic.
Ledit Sieur DE VIZE' a cédé son droit du
présent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Lifcraiie, pour en jouir suivant l'accordfàiz-
CBM'CUXt
Avis pour "plaCfr les Fipures. L'Air qui commence par, Le Printemps
fait éclore anjourd'hitymille
Fleurs ,doit regarderla page 186.
La Médaillé de M. le Chancelier doit -
regarder la page 2.43- L'Air qui commence par, Prositons tout
de la Saison nouvelle, doit regarder la.
'fage;'H,
t~.e~i'U"L~\î4y~,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
Arp A 4IS,
A PARlS,
ON donnera toûjours unVolume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois, & on
se vendra, aussi-bien que l'Extraordinaire
, Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Cnez G. DE LUYNE,au Palais, dans la
Salle des Merciers, àlaluflice.
Chez la Veuve C.BLAGEART, Court-
Neuve du Palais, AU DAUPHIN.
Et T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, àl'Énvie.
M. DC. LXXXVI.
AVEC PRIVILEGE DVROI.
TABLE DES MATIERES.
RT)cRonéteenulelsueundceeVdo.l.umee,. .PRDiscours Y
à la gloire du Roy,prCnfonce par
le Pape. 7
Nouvelle Réponse à la Lettre Paitorale du
~~Miniftre C4aude. 1}
Dix Madrigaux & Sonnets faits sur la Statue
que M;le"DucTe -la leiuÏÏade a fait élever
àlagroireau Roy. 51
Prieres faites pour rendre graces à Dieu du rétablissement
de la famé du Roy, & Saints
fondez pour lemesme sujet. 6f
Lifte de divars Presens envoyez au Roy. 71
Mort. 80. Pelle pour celebrer le jour de
lanailfance du Duc de Modene.84.
Lettre contenant plusieurs Nouvelles de Lif-
-
bone. 94. Translation. 99 Nouvelles de Confliantinople. 101
La Rave donnéeàLouis XI. Conte. III
Complimens faits & receus par Messieurs de
l'Academie Royale d'Arles. 12.7
Morts. 134.Hifloire.137
Jteception faite par les Habirans du Ponteaudemer
à M. le Marquis de Beuvron)LieutenantGeneral
pour le Royen Normandie..165
lettres de Sa Majeilé Imperiale. :¡''-
TABLE.
Selle actionde M.l'Abbé de Coligny. t-jj-
Versau Roy par Madame des Houlieres. l8t
Table contenant les principes de la Mufiquc
en Dialogue. 185
Mesle&SelmonenGrer., 187
lettre contenant ce qui s'est paffé à Rome touchant
le Te Deum, chanté pour rendre grâces
à Dieu de l'entiere réunion, des Prote-
Itans de France à l'Eglise Catholique. i&q
Ouvertured'une Millionà Roiien. uS
Incendie dans la mesmeVille.jif
Ceremoilié- faite dans l'Eglise de S. Itan en
Gerve. 117
AauefaitcàVersailles., nj
Andiences données pat le Roy aux Députez
des Etats de Bourgogne, d'Artois,& de Bretagne.
11f. Morts. 2.4
Anivée du grand Commitraire du Roy d'Ang
leterre en Ecosse
, à Edimbourg, avec le
Discoursqu'il a fait au Parlement. aoo
Benefices donnez par le Roy. 2.6fJ
Conversionde M. le Duc de la Force. 174
Noms de ceux qui ont de-vinc lcsEnigmes.17f
Enigmes xfri. Tout ce qui s'elt pane touchant
la défaite desSujets rebelles du Due
de Savoye.. * *" 183
Ce qui s'est passé au Carrouseltouchant les
Prix donnez pat le Roy ,
la maniéré dont ils
onteste disputez> &
les
noms de ceux qui'
Jesomemportcz.3jï. Articles reserver. 3+4,
fmdelaTable,
'/i\ERCVRE
CALPM~--,~<Y
1MAy 1686. JE ne suis point étonné,
Madame, que vostre coeur
ait estétouche de ces mouvemens
de joye qui tirent
des larmes, lors que vous
avez appris dans ma Lettre
précedente,ce qui s'est passé
dans la Ville de Privas touchant
les marquespubliques
que les Habitans y ont données
de leur sincere réunion
à l'Eglise Catholique.
)
On
connoist par là ce qu'elle
doit à nostre auguste &
pieux Monarque,& rien ne
mérité mieux d'estre conservé
dans la memoire de
nos Descendans, que rAéte
quecesnouveaux Convertis
ont fait de leur propre mouvement,&
parlequel, après
avoir remercié le Roy du
foin qu'il a pris de les éclairer.)
ils luy demandent pardon
de la faute de leurs Peres,
& l''affeurent qu'ils mettront
un pareil Acte dans les
Archives de leur Ville, pour
estre un monument éternel
de la bonté que Sa Majesté
a euë pour eux.Cet exemple
dans une Ville qui a esté autrefois
jusqu'à larévolte,
pour soûtenir les Erreurs
quelle condamne aujourd'huy
, devroit bien convaincre
ce qui rested'obstinez,
& quand tous les soins
du Roy pour la vraye Religion
n'auroient produit au-
.cUR autre effet que d'avoir
converty une Ville entiere
aussi véritablement quel'est
celle de Privas;on pourroit
dire que jamais Monarque
n'a contribué davantage au
bien de l'Eglise.Cependant
il est certain qu'il s'estfait
un nombre infiny de Conversions
aussisinceres que
celle des Habitans de Privas.
Je vous ay souventmarqué
les circonstances qui empeschent
d'en douter. Je vous
ay envoyé les Motifs d'abjuration
de plusieurs
, composez
par eux mesmes, & dans
lesquels les Erreurs des Calvinistes
sont si bien prouvées,
qu'il cil impossible que
ceux qui les ont écrits, ne
soient entierement convaincus
des veritez Catholiques.
Vous avezveuquantité de
ces nouveaux Convertis refuser
des graces & des Pensions,
& vous en sçavez qui
après avoir renoncé à FHeresie,
ont tâchéd'en mériter
le pardon auprés de Dieu,
par des penitences qui ont
fait connoistre la douleur
qu'ils ressentoient d'avoir vêcu
dans l'aveuglement. Ain-
-R rien ne se peut ajoûter à
la gloire que donne au Roy
le grand nombre de Conquelles
qu'il a faites pour
l'Eglise. Il est certain que le
Calvinisme banny de tous
ses Etats, le met encore plus
au dessus des Heros, qui doivent
faire le plus bel ornement
de l'Histoire Sainte,
qu'il n'est déja au dessus des
plus fameux Conquerans par
le nombre de ses Vidoires,j
& en general au dcaits des j
plus grands Hommes pour j
avoir donné la Paix, lors
qu'il estot le plus en estat
d'assujetirtoutce qu'il auroit
voulu soûmettre. Je ne
vous parle du Roy que de la
manicre qu'en parle toute
l'Europe. LePaperendit làdessus
un témoignage tresglorieux
pour ce Prince dans
le Consistoire qu'iltint le18.
Mars. Il y fit un Discours
Latin) dont voicy une Traduction
litterale.
- Nous eflimons qu'il est inutile
de vousfaire souvenirdésavantages
que la Chreflienté a remportez
sur les Infidelles dans la
dcrniereCampagne
)
par les conquefles
qui ont estefaites en Hongrit
3
-&. dont sans doute vous
rianje^ pas perdu la memoire,
JWais il efl à propos de vous en.
tretenir en peu de paroles des
grandes allions de noflretrèscher
Fils LOVIS} dont le Duc
d'Estrées
)
son Âmbajjadeur
3
nous a informeElles nous
-
donnent unetrrs-fénfihle joye par
iaminé que nous avons pour le
Roy
J & pour le tres-florissant
RoyaumedeFrance. Dieu a fait
éclater sa rnifericorde,lors que
donnant
à ce Prince la puijjance necrjjaire
pour extirper l F.crefi,?,
il a délivre en très-peu de mois
fautrJ; onRvoyaumed'du,ne fa(urjrfs'
Religion,qui.syerr c 1 .1. h
Sicdepaffé, avoitdefolé les Provinces
par des Guerres Civiles3
(f) qui tâchant de renverser la
Foy Orthodoxe, avoitmis la
Francesur le panchant de sa IJcrte.
Nojire cher Fils ayant éJOque
les Edits que les Hérétiques
rebelles avoient exto'-qucz des
Rois ses Predecesseurs,lem
ayant interdit lufage des Tem..
piesJst) la libertédes 24ffemblées).
il eflvifible que Dieu a daignéy
mettre la main
, en donnant à fis
Sujets de la Religion Pretenduë
Reformée un coeurnouveau pour,
les fairerentreraufin de l'Egli- feles détacher des Erreurs,
dans lepjutlles ilsavoient eu Ir
malheur d'eflre nourris; Çt) comme
le zele & la Pieté du Roy
tres- Chreflien ontéclatémerveilleusement
dans- cette aftion, Nous
dJevons d1é/s à pre,Ís&ent donner àsr;on
mente les louanges que la posterité
luydonneraavec abondance,
toutes lesfoisquelle parlera d'une
entreprise qui luy estsiglorirufe
) & dont le 'succés est si avantageux
a ÏEghJe.Cependant il
faut prier le Pere des lumières
qu'illuyptaift d'exciter le coeur
du Roy a continuer d'employersa
puijjunce pour procurer le falntQ)
14laye delaCbreflicrté.1
Le Pape ordonna ensuite
que le Te Deum feroit solemnellement
chanté au bruit
du Canon & des Ñlorriers,en'
action de graces decette réünion
universelle des Protestans
de Franceà laReligion
Catholique. Cette Ceremonie
devoit se faire le24. du
mesme mois,maiselleaesté
differée, & elle se fera dans
une ChapellequeSa Sainteté
tiendra exprés. J'enpourrayapprendre
les particularirez
avant que je finisse ma
Lettre, ôc je vous en feray,
gare..#
Il paroist de jour en jour
de nouveaux Ouvrages sur
les matieres de Religion.
Commeilssontpublics,je
ne vous en diray rien, &: je
me contenteray de vous en
faire un dont on n'a laisséencore
échaper que peu de
de copies. On asseure qu'il
ert d'une personne de vostre
Sexe, qui s'est convertie
depuis peu de temps.
Le raisonnement en est solide
, &lalecture n'en peut.
estre que d'une tres-grande:
utilité pour ceux quisont
encore dans l'Erreur.
1 REPONSE A LA LETTRE
Pastorale du Ministre
Claude,par une nouvelle
Convertie, Pensionnaire
à l'Abbaye des Filles-
Dieu, au Mans.
Vis que nous sommes vos
Freres enj C. par lagrace
du Baptejme ,jouffre^ que nous
vous répondions en cette qualité:
Il ness plustemps que vous nous
regardiez comme nostrePasleur.
Vn Troupeau que vous a'VfZ abandonné
ne peut entendrt vos
leçons desiloin & l'on nepersuade
guere par des aifcours
quand les oeuvres ne persuadent
pas. Vousnous exhortez àsouffrir
la pauvreté, la mifere
,
(gjr à
mourir pour le soutien de noflre
foy, (dr votes n'arvezosé nous en
donner l'exemple. Vous avekfait
comme le berger Mercenaire qui
quitteses Brebis st) s'enfuit des
lapremiere approche des Loups.
Vous ave^ évité des peines que
i/o»* nous croyiez defanées, &
nta'lJe':{ pasvoulu attendre que le
tùupqui nous menaçait voiufra- LOUpqt4lnousme-nafOtt'VOIMfrapasslepremier.
Vous direz, mais
en vain,que vous voué ejîcsrau
re pourobéirauxordres d'un
grand Roy, Nousfçavonscomme
evous,qu'on ne doirjamais rejifler
aux Souverains dans un efptit de
desobeissance&derebellion ; mais
nousfoavons aussi que s'il vous 4
esié permis de Jauver vostrevie,
il ne vousaurait pas ePé moins
permis de la perdre,si vous avie%
eu le courage de l'expofer au rnartire
que vous nous preflheSi
vous eussiez ejlévéritablement animé
de tEsPrit de [Evangile
dans lequel vous nous reprochez
de neflre pas bien entre , vous
aurie\ imite le bon Paflcurquist
tientaumilieudeJon Troupeau,
qui ne le perd point de veue,&
quisacrifiesavie poursesBrebis.
Vuus nous aurieZ donné ungenereux
exemple d'intrépidité dans
les périls. Enfin vous nous auriez
apris a mourirconstammentJ
& la veue de vofîre fang répandu
pour le soutien de voflre
Religion
j
eufl du moins prouve
que vous efiiez persuadé de ses
Dogmes. Mais comme ce font de
pures illusions,Dieu n'a pas peu
mis quellesfussent farces des livrées
de la Vérité Etemelle
, ny
que des caraéïeresdefnz on de
f~iâ~m!e~s poertaessent plus avant dans ~f /<~
M~
nos coeurs les impnjfions du menfonge
(éf del'impoflurey & rrévalurent
sur la grace de nojl/e
Vocation. Il aeu pitié d'un PeupIe,
qui efioit pluscoupable par
le crime de jb Pere-j-., que par le
fien propfe. Il nous a regarde
C9mme des Brebis égarées qu'il
vouloit rameneràsa Bergerie,@!"
peur cela il a pris le foüct;, com--
nte Ilfit en Jerusalem,pour chd-,
tier les Profanateurs du Temple,.
& les faire rentrer en leur dei~
oir. Il a mis ce seues entre l&>
mains du plus fage &du plus religieux
Monarquit du Monde
enlùy donnantune,pleine auto--
ritésur n&(*>$:,'& lny a commun*-
dé âe s'en fcrvir pour nous emmener
au Feftjn qu'il a préparé à
fis Elus, & de nous contraindre
d'entreravec luydans la Masson
du Pere de Famille
s
afin que toutes
les places fussent remplies.
Dieu qui a estably les Royssur la
Terre)lesafait dépositaires de sa.
Paijjance rtJ de saJujlicc pour
punir les Peuplesrebelles asa Loy,
& il les clJafticroireux-mrfnes
s'ils manquoiént à chajiierlescoupables.
Saiil ne futilpas maudit
pour avoirépargne une partie des
dmalecbitesf$i le Seigneur n'exercepas
de pareillesrigueurs dans
U Loyde grJce,) s'il ne veutpoint
la mort du pecbeur,ilveut pourtant
saconverfonaquelqueprix
que ce foit. Ilfaut mettre lefeu
à la playe pour la guérir quand on
ne le peut autrement,& ce n'est
que cét ordre divin que le Roy execute
aujourd'buy, (gjf dans lequel
sa' bontégarde toute la modération
que le z.ele dé sa Religion peut
permetre, Mais la Medecine la
plusfalutaircases amertumes &
ses dégoûts 3(ifilfaut en fcoffrir
lapeine avant qued'en sentir les
ejfts. Ilefloit important pour nom
trefalut quenous connujjtons par
la perte- de quelques buns de la
fortune
9
celle que nous avion*
faite des biens de la grace ) C,
que comme des Encans prodigues
un peu de miseretemporelle nous
fifi ouvrir lesyeuxsur le malheureux
efiat ok nous efions, st) fut
les funefies fuites de nos égaremens.
Nous efiions des aveugles
conduits par d'autres Aveugles,
& il eftoir rpecejjaire que l'on appliquafi
un peu de bou'èsur nos
jeux pour en dijjïper les tenebres.
Nous avions besoin pour écouter
la voix du Seigneur qu'il nous
parlafi commeilfit autrefois aux
Jfraëlitesy & puis à S.Paul3
eesi à dire avec le bruit mena.,
fant du Tonnerre.ilfalloit qu'une
terreursalutaire nous retirafl di*
profondafJoupiffiment ou nous-:
efiions enfevehs par le malbeuK
de noflre naiffjnce
}
dans le fem
de lHenjie
3
par le venin que
nous enAvionssuçé avec le lait)
par les imprefjtjns de l'education
'-,
parlesliens d'une longue habitude
,
sans aucune reflcxian, dr en±
fia p.irles douceurs empoisonnées>
& lescommoditez d'unevie molle
, ou les sens trouvaient leur
compte, & ou l'orgueil de larau
son humaineconservoit toute forte
de liberté. Dieu qui eflle Mau
tre des Coeurs& des Efprits}&
qui peut disposer de nousfam,
nôus-m:fmes3a néanmoinsla bonté
de demander noflre concours
dans leschoses qui nous regardent,
&sefertfouvent demoyens bumains
pour nousarecevàoyir
les irnpreffions de sa grâce , répondre;&commi il ttrvoit
refiolu denous rappellerafin
Eglifi )il a permis que la craintedespeinestemporelles
nousexcitaftachercher
la puretédes biens
eternels. Pour ne pas foujfrir en
vain5 nousavonsfimvy ce mouvement.
Il nous a porté dans des
rrftcxions) ces reflexionsontfait
naistre des doutes
>
nous azons
voulu les éclaircir>(éjfvoirsi les
ckofes a quoy nous nous atta*
dotonsyejloientvéritablementcellesauxquelles
ilfalloitfacrificr
tout le refle.Nous nous sommes
appliquez fortement a examiner
les deuxReligions> dont on voulait
nous faire quitter l'une &
embrasserl'autre;&*afinde nous
mettre en estat àen pouvoirjuger
falnement, autant que le honsens
rtJla raison humainepeuvent s'étendre
, avec le secours du Ciel
que nous avons humblement implore
, nousavons crû devoirnous
défaire de toutesfortes depréoccupations&
de prejugez touchant
les Décisions de nos Dofleurs;
jttrce que la prévention change
d'ordinaire les objets, ou du moins
nous empesche de les voir diftinflnncnt.
cAprés nous estre élonc
debarajjé tEfprit d? tout ce qui
pouvoit nous osler la liberté de
ccoonnnnooiisftlrree (ùiy,ddeeddeécciiddeerr par nousmemes,
nous wons polepour principe
ceftaln, l'exijîence t l'unité
de DIeu, er la parole de J. C.
sur laquelle doit necejptirement
tflre fondéela verttable Religion
que nous cherchions. Nous nous
sômmesattachez à ceque nous avons
trouvé de plusclair dans l' Ecriture*.
Nous en avons tiré les
preuves (gjr les induéîwns dont.,
nom
nous avions besoin
,
pourformer
la parfaiteidée de lEglise
, que
le Seigneur nousy a figurée tant
defois, & qu'il a depuisenfantéesur
le Calvaire. Nous avons
reconnu l'unitéde cette Eglise dans
l'Arche de l'Alliance3 dans l'Epoufe
des CantiquesJ dans la Vigne
du Seigneur, dans sa Bergerie,
dans sesBrebis qui ne composent
qu'un mesme Troupeau,
feus unseul Passeur, @r dans la
parole de J. C. à Simon quand
illuy changea son nom , & luy
promit qu'il feroit la pierre sur laquelle
il bâtiroit son Eglise3 car ilne ditpasses Eglises,maisson
Eghfe
;
11 nejl pas dit non plus,
les Arches, les Epouses
,
les Vignes
, les 'Bergeries, les Pafleurst
les Troupeaux ; mais Arche,/'E*
poufe
,
la Vigne, la Bergerie,
le Pasleure le Troupeau. Tout
celan'avoit pas besoin d'autre explicition
, maisilfalloit en faire lapplication
, & "voir à qui elle
convcnoit, qui des Catholiques ou
de nous avoit trouvé cette Eghfe
unique) horslaquelle ilnejlpoint
de salut. Nous n'en pouvions juger
que par les reports a ce premierMoàzïle
; nous sçavions ce
que disoient nos
Docteurs,ilfallaitfcavoir
ce que disoient les Catholufues.
La Mtfericorde Divine
qui connoissoit la droiture aé
nos coeurs & de nos intentions,
n'a paspermis que l' Erreurtriomphajl
plus long-temps de nostre
bonne foy. Elle nous a fait rcvcontrer
des Dosses &fages Prélats,
ff)d'autres Sçavans Perflnnages
dont les lumteres&les charitablesfoins
noos ont ayde% a
développercequon nous avoit cachéfous
defaujfesexplications3
st) à demejler la fiented'avec le
Adenfonge. Ils nous ont premierement
fait remarquer ce qui efl
écrit de l'étendue3 de lafécondité*
de la perpétuité&de la durée de
l'EglisedeF. C. On ne peut pas
nier
, nous disoient-ils, que ce ne
soit d'Elle qu'il est dit, J'eleve~
ray une haute Montagne au
dessus des autres , toutes les
Nationsluyviendront rendre
hommage,&se soûmettre
à son authorité;&ailleurs,
Estendez vos Pavillons
de plus loin en plus loin, car
ils n'auront pas d'autres bornes
que celles de l'Univers,
&le Monde entierfera vôtre
partage. En voilà ajjè% pour
marquer sonétendue. Safecondité
n'est elle pas exprimée par ces.
termes? Je multiplierayvostre
race comme les Etoiles du
Ciel; & lesgrains de Sable
delaMer. Vos Enfansferont
établis Princes sur toute la
Terre, & leur voix fera entendue
jusquaux extremitez
des Mers;&poursa perpétuité
&sa durée, il efi écrit qu'elle
commencera de la premiere
Prédication en Jerusalem
; &.-
durera jusques à la consommation
des Siecles sans interruption&
sanschangements
Et ils ajoutèrent> S. Paulneditilpas;
Siun Ange defeendoie
du Ciel pour vous annoncer
ao-autr-e Evangile que celuy
qui a este Prelche dansJeru.;.
salem, qu'il foit Anathcme.
Voyons maintenant,reprenoientils)
sur qui de vos DoSleurs ou
des noflres doittombercette malediélion)
qui de ceux de vostre par-
TY ou de celuy que nonsjoutenons,
amieux entendu& mieux explu
que le sens de l'Ecriture) mieux
fuitvytEfpritdt tEvangileKgjf
mieuxpratiqué la morale deJ. C.
Vos pretendus Reformateurs é*
toient-ils plus habiles & plus
gens de bien que tous les Pcra de
TEçlise,que tant degrandsS ints
£<rd'1/luifresMartyrs que vous
revere% vous mefrn? ; un Í!ornbrc
prejqneinfinyde Sa7cs Docteurs
qui ont éclairé les Sieclcs paffiz
st)les noflres3 & qui éclaireront
encore l'avenir par leursfçavafts
Efaits
j
t,,,J pcut-on sans aveugfement)
dr sans injuft;ce les
mettre en comparaison ?il y avoit
dés letemps de cesgrands hommes
braucoup de corruption dans les
moeurs de quelques Chrefliens, les
ont-tls abandonnez pour cela?
s'en fontils def-urits ? nont.ils
pas obey au precepte qui dlend
deseparer le bon graind'avec ly'*
vroyl-,jufquatt jour de la Moisson
générale ? Il ne s'efl trouvé
PendJntleur vieave trop de Lij
1
bertins C- de Chimériques
}
qui
sur le pretexte de reforme se font
retranclJez de l'Eglise
3
pour élever
Autel contre Autel
,
(gjf
formerune Communionapartiles
ont-ils Jïiivis
, ou appuyéontilsdonné
dans les nouveaute^f
n' ont- ils pas au contraire travaillé
detoutes leurs forces à la réunion
j
er nefontilspasdemeure,%
attache^ à l'unité de lEghfey
commme de fermes Colomnes qui
soutenoient ce Corpsmjflique de
J. C.e qui reprefentoient les as
defort Corpsmturel,dont ilestoit
écrit qu'ils ne feraient point brio.
fez..?On aveu dans la fuite cornme
Usbranchesquijoonntt jseeppaarrééleess
de leur troncsechent (èfseleduijent
en poufFere. Ces hérétiques
& ceux qui les ontimite^sefont
deflruits d'eux-mesmes, & l'on
ne parle plus aujourd'huide leurs
sausses opinions. Il enfèra de mesme
de celles de Calvin& de Lutherynotndifoientnosinflrufteun,
puisqu'elles ne font pas conformes
à celles de tEglife universelley
comme nous sommesobligez de le
croire, & que la preuve en en
claire. Faites réflexion,ajoûtoient.
ils, au peu de temps qu'ily a que
voflre Stfle paroisst au peu it
lieux ou elle tft- connue'
,
(ifau
peu de personnes qui l'ont fui vieJ
& 1J£ryez si elle a du rapportà
l'étendues a lafécondité, à laperpetuité,
Gn-- à la duréede cette myflique
Jerufilent dont parle tEcftturc.
ExaminezJivotreDoélrine
est tout à fuit conformeà'celle
des Apofire\ (i vos Loix, vjftre
Morale,,voflîe Difciplwe,@ DOS
pratiques eanduifent par cette
voye étroite que le Sauveurappel,
le la si:nne
, e qui feule peut
menerau Royaume des Cieux; &
sur cela ils nous ontfaitdécouvrir
des relachemense des abus dont
nous riavions jamais remarque la
conflquencc. Nous riavens pvrs
besoin
, mon tres-cher Frcre, de
vous lei expliquer iry. VIM a'Ve;Z
trop d'efprlt pour ne les pasreconnoistre
dés que vous voudrezy
faire attention. Il f'isitdenciîtr
paiement un qui n'cft pasfupj'or*
ta ble
3
cir qui va direclementcontre
le droit Divin. C'cp laporte
que vous ouvre':{ au Libertinages
& al'impùaédes P~;--~ des
AloinuApofiats3 qui après avoir
violé desSemens ($f des Voeux
Jolcmnehqu'ils ontjaitsà Dieu
à la face du Ciel t de la Terre,
vont chercherl'impunité de leurs
crimes dans vofire Communion
3 où vous les erirtrez à couvert des
pourjuites ar la Juflice humaine,
On nous a fait considerer encore
que nous n'avionsprejque pas de
Rdegalescnertsaines dans nos Maxï- nos pratiques;quede
temps en temps nous admettions a
nostre Communion des Gens d'opinions
différentes des noflres.
Chacun de nous se donne la libertéd'expliquer
l'Ecriture augré de
Jafantaifîe ,d'introduire des nou-
'Veautez qui luy plaijent, &par
consequent dedivijerpar la diver-
[ité des sentimens un point qui
doit e(he mdivifible. Cela nous a
faitfouvenir de la menace du Seigneur
qui dit,que tout Royaume
divise ferade(oie.Nous
en avons regardé l'effet dans ce
quisepasseaujourd'huy ; &pour
éviter la colereDivine qnipunit
la division
J nous avons cherché
l'unité pour notayattacber,e)-
nousavons voulu voir si elle Je
trouveroit dans cette Arche dont
les Catholiques nous ouvroient
l'entrée. On nous afait lire d'abord
l'expositionde leur doitrv e
dans un Traité qu'en a fait M.
tEvefque de Meaux.Nous y dvons
trouvé des éclairciffemens
merveilleux pour détruire les chu
meres dont on nous avoit entretenus.
Nous avonsvu ensuite leurs
Livres de Controverses
,
lesDe~
cifionsde leurs Doéleurs 3les 'De.
crets de leurs Conciles,& les Reglés
de leur Morale. Nomy avons
remarque la conformité des
sentimens, &l'uniforrnite' des opinions
qui font abfolnment necessaires
pourformer cette unité que
nous ne trouvions point ailleurs.
Nous avons reconnu un Esprit de
Sainteté qui regne dans tous leurs
Dogmes
, & qui inspire de la
vénération pour leurs Myfterts.
Nous avons admiré la fagc/fe&
lajuflice de leurs Loix, la prudence&
lacharité deleurconduite
dans l'exercice de leur Difciphne,
de sevérité pour
en empefchcr les reUfchemens;
unepieté& une reverence dans
leurs Ceremonies qui en imprime
le refpeEtJ & enfin une candeur
& une intégrité dans la pratique
de leur Morale, qui pouvait contraindrelesplut
opiniatres Ennemis
de cette Religion de reconnaÎtre
la bonté deson principe. A4dis
ce qui a achevéde nous perfuader3
ça eslé la consideration des progrés
de cette me[me Religion
,
qui se
font efiendusjusqu'aux Climats
lesplus reculeOn voit tous les
jours des millions d'hommes chez,
les Peuples les plus barbares quitter
unevie liceniieufe pouren embrajfiruneautreOH
Ion nepresche
que la penitence
j
la foûmifson
de tejprit, la mortification du
caur,& l'austerité du corps, &
jamais on na veu que dans les
temps ou cette Religion a eslé le
plus persecutée
, on foit parvenu
à la détruire en quelquelieu du
monde que cesufl ; au contraire on
a toujours remarqueque le Sang
des Martirsquiacommencéacouler
dés le temps des Apostres
, a
ejlé comme une semence fécondé
qui reproduijeit chaque jour une
infinité d'Enfans à l'Eglift. Il
fautbien demeurer d'accord
, nous
disoit-on
, que des evenemenssi
extraordinaires
j & sipeu naturrls
font des Ouvrages de la mainde
Dieu
J
st) des marques *vifibles
desa protection
3
pourson Eglijc
qu'ilveutfaire reconnoifire
par de si ifaints & de si augujles*
Caraêîeres.Il ne nous a pas eflé¡
pojjibU de repliquer à d-es preuves siconvaincantes. Nous cherchions
de bonne foy à nous éclairer,fansmus
amuser aux chicanes de l'E---
cale ; nous voulions nominftmire-'
&nonpas difjvdter; la-Cjfaceefi-
"venue à nofirefiecours> & nous a
faitcomprendre que mfirepremkm
enteflement riefloit qu'uneffet cie",
la prévention&del'habitude
s & qiiilyavoit de l'aveuglement
& de lajoliearifiquer tout cc que
nous avions en ce Monde
3
fin,,
rienamajjer pour l'autre que des
Trésors de colere. "Ben celuy
qui' dit
y-fioitceluy
qui a }Cherchezôcvous
trouverez. Nous avons trouvé,
14enous avons C!¡CfC:.Jf, &
:ius n'aurions jamaischerche,si
on ne nousy avoit forcez. CejJèz
doneymon très-cher Frere
,
de donner
le nom de Perfeciition àla
conduite du Roy à nojlreégard,
er CfjJèZaulJi d'appeller nostre
CorPverfionVtn peché d'infirmité.
Vous ne delvez point regarderno~
tre changement comme un effet de
nofîrefaiblesse
)
&de la violence
des autres;mais comme une fuite
dleseDecrets de la Sagejje Elfrnel- uneexecutïon des ordres de
sa Providence,à laquelle ce grand
Monarque afervyd'organe&de
Ministre. Cess par luy que nous
femmesenfante^ une fecondefois
à lEghfesque les branches de lOlivier
fontentées sur leur Tronc
naturelyque les Brebisquiavoient
esté changées en Toucs par leur
desertion
y font redevenus A*.
gneauxpar leufrete-ur
, & cess
tnfln par làque nous efl rendu le
DrfJit&l"Heritage de noftrePen
Celeste, &que nous sommes adi
mis au nombre de ceux qu'il a
marque du Sang de son Fils.
Ne pleurek point la defofation
de voflre Peuple, mais pleure%
sur vous-mesme. Si dans la joye
Je noflreréunion à L'Eglise nous
fentons quelque douleur, c'est de
'Uoir que vous & le refit: de nos
Freres errans, enefies encore jeppaarree^
K.. QQuoy que le feu de la ti~o
Charité ne nous donne pas un
Xele aussi ardentqueceluy de S.
Pauly qui vouloiï eflre Anathe".
me pour le salut de ses Freres
3
nous pouvons du moins ajpuret
que nous souffririons de bon coeu*
cette. pauvreté& cette misere que
vous nous exhortez de supporterJ
nonpas pour le Joutien de vojlre
opinion, mais pour leur changement.
Si aprés nom avoir donne
de mécbans conjeils,ruons vouliez.
en écouter de bons, que ne
vous dirions-nous point sur lesexùeriences
que noub avonsJraitesi
Nous ne pouvons pas sçavoir les
de/feins de Dieu Jur ruousJ U
Grace aussi-bien que la Morta
jon heure déterminée.Peut-ejlre
que la vostre riefl pas encore rue:.
nue ; mais quoy,. que ce foit. un
ficret impenetrable ,nous ne -devonspourtantpasnégliger
ce que
la chantefraternelle no<$infpire
pourvous. QuifçaitftleSeigneur
ne 'vcut point se servir de cette
Foyc pour parler a vostre coeur?
IlnOtM commande de faire part
denos biens à nos Freres. Saint
André nom en donne l'exemple
quandilcourt chercher Simon pour
luy annoncer thfurcu/è rencontre
dli Messie. Nous navons rien de
plus precieux que la découverte
que nous avonsfaite de la Vérité"
Neus venonsde vous expliquer
lesmoyens dont nous noussommes
fervts pour la trouver. Il ne nom
resse plusqu'a vous exhorter de
vqmluir vous en servir avostre
tour, afin qu'il nefou pas dit que
pendant qu'on nous mène aux
N'oïces de tAzneau, vous dem:
un?derrière dansle chemin de
Ici perdition.Seroit-ilpojjibley
mon très-cher Frere
y
que des rai-
Jons humaines vousfourwjjent de
cf'ioy vous exeufer d'entrer dans
Li Salle du Festin,où tout le monde
l'Il aujourd'huj appellé ? Pen.
fezau chafiimens quimenaceceux
qui reifrent ; profitez du tempt.
qui estsicher&si court. Nelaiffiz
pat retirer le Seigneur qui
nous ditdéja quil s'en va entrer
dans la Piscine,pendant que,
-vous .4Ve%dûJeçQHfs
9
& pre*
nez gardt que lendurcijfement ciecoeur
ne vous faffe mourir dans
uotfre péché. N'ecoutez point les
vainsdi/cours d'uneffalui sse gloire,
<: , qui vous fait craindre qu'on dije
de 'Vous) quandon vous verra future
d' autres maximes que celles
que vous avrk prefchées, qu'il ys
a eu de l'ignorancedansvoflre o-' esprÎt
, ou qu'ily a prefentewent
de la /f~ de l'tnconflance
dans vostre coeur. Confiderez quih
est plus honteux de demeurer dans-- fErreur
, que d'en fortirysur tout
quand on est aussi capable quevous
l'eftes- de la recomioiflre.
£exemple, detantdegrands-hommes
mes qui ontfuivypendantquelque
remps le party de l'Heresie, e
qui l'ontquitté quand ils ont tfié
éclairez des lumieres de lamenté,
vous doit affermir de ce cojié là.
S. Auguflin en est-il moins honoré
, pour avoirsoutenu plufteurs
Sefiesdijj-erentes avant que d' eflre
entré dans la véritable Rell'o-ionÈ
Saint Paul en efl-il moins reveré)
pour avoirprejcbé une Lay
qu'il avoit perjecutée
, & quand
il arriveroit que voflre changement
fcroitdu bruit parmy ceux
quifont encore dans les tenebres
> laissez murmurer lesHommespen±
dant que vous réjeüiffiOZ les Anges.
Faites-Vous lapplication de
ce que vous nous reproche^ avec
tant d'éloquence. Vous nave%
qu'à changer tobjet de vos reflexions.
Faites les tombersur l'Eternitédes
malheurs quisuivent le
fanefie eflatoù vous esses.Sortez
auplûtosldela Marque des vains
jouas du Monde;écoutez la voix
du Seigneur qui vous appelle dans l sienne ; prenez unefeure confiance
en luj
,
il vous fera marcher
1 piedfermesurla Mer orareuss
des difficultéil vous tend
la main
,
il voussoûtiendray st)
IOUS conduira luy-mesme dans
I heureuseSociétéoù nousvivons
maintenant., (gf ou nous - vous
demandons aluyde touteslesfortes
de nùflre ame.
On admire icy de plu^en
plus la magnifique
StMlë
que Mrle Duc de la FeiïiUaJ
de a fait éleverà la gloire du
Roy. La Relation de laFefte
qui fut faite le jour qu'on la
découvrit, ayant occupé la
plus grande partie de ma derniereLettre,
jene pus trouver
de place pour mettre les Vers
que l'on me donna sur ce
sujet. Mr Doujat, Doyen de
l'Academie Françoise a fait
r;-(f1M,:::
JiLot;jt
, f
: les deux Madrigauxquevous
allez lire; ôc le Sonnet qui
les fuit, est de Mrle Clerc,de
la même Academie.
SUR LA STATUE
DU ROY.
TMADRIGAL. J rvcà du GrandLOUISÎejidilie
Portrait,
De ce Roy qui vautfcul tota les Rois
de laTirre,
DJnt Ce[prit&Umain^foitenPaixy
solt en Guerre,
Rempli(fcnt les devoirs d'un MonAU
que parfait.
Ses Royales vcîtm luy bafîijjcntun
Temple,
Et lenombre infinydeJes Faits glorieux
Asa posterité1 donne un pltU grand
exemple,
Jj)uen'avoientfaittousJes Ayeux.
Sur la mêmeStatueérigée en
Habit pacifique dans la
Place des Viétoires. vBnez voir desarmé ce modelle
des Rois
* Peuples ejuil a vaincu* sur la Terre
drsur Coude,
Vous tout cjus son seulnomfit trem.
hier tant dt fou.
J^htandfou bras Irty pfomet h con»;
quelle du Monde,
Son grand coeur metsa gloire a borner
ses Exploits.
Au repos des Mortels toutsontravail
aspire,
Par sa feule Juflice il veut donner
des Loix,
Etpar elle en tous lieux étendre son
Empire.
SONNET. DAns ce Bronze animépar un
art plus qu'humain,
Tassant5 du Grand LOXJIS viens
tu/mirer les charmes:
ilne s'y montre pas tout brillant de
ses armes,
Les éclairs dans les yeux & lafoudre
à la main.
T
sijà Gloire au Batave
,
a l'ibcrc, au
Germain
A coûtéjugement tant de fing & de
larmes,
La Faix, qu'il leur impose, Appaisè
leurs allarmes
Etrendace Héros (on "Jiifge firein.
, t
La Victoire, en 10UJ lieux sa Corn*
pagne sidelie
,
J>)ui luy metsur le front la Couronne
immortelle,
Semble encor l'appellera de nouveaux
Exploits. +
Mais sans qu'ilait besoin der'tllumer
la Guerre,
Son nom,de qui le bruit remplit toute
la Terre,
Parcrainte ou par amsur lasoumet J
ses Loix.
Cet autre Madrigal est de
Mrde Vertron,de l'Academie
Royale d'Arles.
A Mr LE MARESCHAL
Duc de la Feiiillade. pOurfigndcr ton zele, & ta fidélité
> Eleva/JI 4LOUIS ce Monument de
gloire,
Tul'é!cveJIO}-m(fine;&&lilatJpoossteé.-
rité
Ne verra pointfin nomsans le tien
darrr rHifiotre.
Voicy des Vers de MrVignier
sur cette même.Statue.
pArif,quetutefins heureux
D'allumersisouventdesFeux,
Pour celebrer la gloire
D'un Ro) qui n'eut jamaisfinpareil
eutu's ïHifloire !
Mdu au milieu de cesplaisirs
Un secret chagrin te dcvore,
De nepoffider pat l'objetde tesdcfirs}
Ct Prince que ton coeur adore.
Porlr charmer cet enijfiJ , La FeuiUade veut aujourd'hui
De ce charmantHéros te donner la Fi*
gure;
Si Ferfailles a poursa part
Vn Chef- d'oeuvre de la Nature,
Console-toyd'avoir un Chef- d'oeuvre
de l'Art.
Ces autres Vers font connoiftre
ce que M le Duc de
'-
la Feüllade doit esperer,pour
avoir fait ériger la Statuë du
Roy.
QDemande. r"die placeaura dans Hifloire
L'incomparable d*Aubusson,
Jîhtipour faireplacea.laGloire,
Démolitfit propremaison?
REPONSE,
Vincomparable d!Aubusson,
Four avoir fait place à la Gloire,
Aura place avec sa maison
Auxplut beaux endroits de rHijloire.
L'Oracle de la Place consulté
par I Carage
J'ajoute deux autres Madrigaux.
Le premier est de
A' de Valnay
,
& l'autre de
v,l' Marcel.
MADRIGAL. ACcourcz,) o Peuples dvers,
Des quatre coinsde l-Vn.-;
vers,
Venez tousadmirer laFigure pariant#
Duplusgrand Roy quifutjamaisj
Penez voir sur Jeswejincstraits
Cetair fer&pompeux dontsaface
efi brillante.
GrandDuc,quifis agir l'Espritinge..,
nieux
,r,Ztii moula cette rejfcmblance
,
On n'a rien encor veu qui repreflntass
mieux
Ltpuijfant Monarque.de F ance.
L'Art tout fiuiJ'éblouitde sa noble
grandeur,
Il le voit en tremblant, il le peint
tout de mesme,
Mais avec toy qui voù jttfqu*an fond
de son coeur,
Cet Artqui tasuivy s'eflfurpaféluy- mefmc,
La FeutII4de, il falloit de tes fermes
leçons ;
Sans toy cet Artfimetix, &seschers
Nourriffcns
Auroient toi'joursmanquéce Héros de
l'Hilloire,
On l'nnroit méconnusursespropres
Autels.
Ilnappartientauaux Immortels
De peindre,&d'efirepeints auTemple
de la Gtohc.
Q AUTRE. VclSujet
,
T1;.lpe1ar/fin,zele à qui Eh1.itl pofr(on Prit;et w\îor,1un1en:'
Pareil ?
Vue-jevoy degrandeur dans ce noble
appareil!
.f!?.!!/ demarbre & de bronze ensemble
!
Peurpeindre à la Pofierité
LOVIS, le pl.m grand Roy du
Monde)
'cgiJÙr & Dis-Iardins ont chacun
emprunte
.e leur Art immorteltoute la mllJejll.
iais bien qu'à lcurs travaux un plein
succés réponde,
^ne dans leurs traits hardis autant
qu'ilsfont heureux,
Les beautez, se trouventsansnombrc,
J^Jte je plains nos derniers Neveux
!
e LOVIS toutentierils neverront
que l'ombre.
Je finis cette matiere par
deux Ouvrages de MrRac
monnec, de Nogent sur
Seine.
SONNET. QF'à nos yeux éblouisla gran.
deur de ton z..ele
jExpote
,
d*Aubnjjon
, un fpcctdclc
charmant !
Jamais l'Antiquitévit elle un Monument
Etaler,mefmeà Rome, une Pompe si
belle ?
#2»
1- Du plu*granddes Héros la Statue
immorte lle
Te fin comme luy 'l.;ir.y( éicrmllement,
Etnosderniers Neveuxrc?v lis aétonnemem,
Lolieront de tes respects cette preuve fdelie.
Dequoyfèrttoutefois cegagesolemnel,
Siton coeurpeur LOUlS eH un vivant
Autel.,
Ottton amour ardentfacrtfeàsa gloirc
?
Oùy , ton Roy convaincu de tes voeux
aujourJ!bNJ)
P.risè moins ceTableau duTemple de
M(mo/r:,
Jj)tte tout les noeudssacrez, qui t'attachent
à lu).
MADRIGAL.
BRiDez,) noblesmorceaux d'excellente
fculpiure,
J DOltt le superbe éclat rend nos yeux
éblouis:
Dutemps qui détruit toutriéprouvez,
point tinjure)
Et flrvez- à jamaisde trophée à
LOTIS.
Cependant,toferay.dire?
01; vous promet en vain unfiglorieux
firr.
ce Marbre, ce Métal qu'à l'envy l'on
admire,
Ne pourront pas desanstoujoursbraver
l*effort.
LOFISplusfeurmemfçaitpourvoir
asa gloire,
Et consacrer[on nom au Temple de
Memoire.
Cesurprenant amas de miracles divers
,
Dont le bruit chaque jour vole par
iVnivers,
Grave dans tous les coeurs une plm
vive image,
£htiluyrépond de Immort*.ltic-,
Itles Sicclesfuturs la verrait el à;/e
enâge
ïajjcr a l.fVojlcïiîc.
Rien n'étant plus pretieux
à la France que la Santé de
nofire auguste Monarque)
vous ne devez pas douter
que (onrétablissement n'ait
c.a.1us..e icy une tres-sensible -
joye. Elle a esté generale) &
<
pour en donner des marques
publiques, Mrs les Marguil.
liers de la Paroiflèdc S. Roch
firent celebrerun Saluttrèsfolcmnel
le Sàmedy4. de ce
mois, en actiondegrâces a
Dieu de cet heureux recablissement.
Outre que le zele
qu'ils ont pour leur Prince
les portoit à s'acquirer d'un
devoir si juste,ils s'y crurent
d'autant plus obligez, que
Sa Majefié a mis la preluiere
pierre de cette Eglise, &
que c'estoir alors la premiereCérémonie
decette nature
,
qu'Elle eull faite de Ton
Regne. On exposa le S.Sacrenlent,
& il fut porté en
Procession autour du dedans
de l'Eglise, qui estoit magnifiquement
parée. On- y
voyoit de tres-riches Tapisseries,&
non feu lement le
grand Autel estoitéclairé *d'unfort Grand nombre de
Cierges, mais il y en avoïc
beaucou p sur tous les autres
Autels. Tout le Clergé eltoit
enChapesàcette Proeeflion,
& les Marguilliers, tant en
Charge qu'Anciens,s'y trouverent
tous, chacun un Cierge
à la main. Il y eut Musi,
que& Symphonie,conduite
par MrOudeau, ce qui fut
très bien exécuter afin que
rien ne manquait de ce qui
pouvoit contribuerà rendre
la Cérémonie plus remarquable
, ce fut le fameux Mr
le Begue qui toucha l'Orgue.
Elle avoit esté annon- cée dés le matin par le carillon
de toutes les Cloches;
aussi l'Eglise se trouva-telle
remplie d'un nombre infiny
de Personnes de qualité de
l'un & de rature Sexe. Mr
l'Official de l'Archevêché
s'y rendit, ainsi que plusieurs
MinistresEtrangers, qui
s'en retournerent tres -
édifiez
de cette Actiondans laquelleilsfurenttémoins
de
l'ardeur fincereavec laquele
tout le mondefit des voeuxpour
la conservation du.
{oyj On a fondé ce Salur,
5c il fera célé bré tous les ans
e premier Samedy du mois
le May, avecles memesceremonies,
pour demander
le nouvelles benediélions du
Ciel sur la sacrée Personne
le Sa Majesté.
Les Religieux du Convent -
Royal de S. Maximin & de
a Sainte Baume,animez du.
même zele, firent chanter
un Te Deum le jour de Paflues.,
en presence des Conuls
& des Magistrats de la
Ville, pour rendre grâces a
Dieu de l'heureuse coiiva.
lescence de ce Prince, & firent
en même temps un
voeu à Sainte Madeleine,
leur Patronne, afin d'obtenir
par ses prieres, la confervanon
d'une si prétieuse
fànté, ôc de toute la Mai-
Ion Royale.
Le Roy n'estant pJtS moins
connu &reveré dans les Climats
les plus éloignez, que
dans fonRoyaume, on tache,
en luyfaisantdes Prelèns,,
de luy marquer l'admiration
quel'on a pour luy, Voicy
n Memoire de ceux qu'on
eu avis que SUMDES BAABACARFATTRATICAIC
AR DE SIAM,luyenvoyé.
Ce Memoire m'est venu d'un
ieu si seur
,
qu'il ne doit pas
vous estre suspect. On y a
marqué les choses qui suivent.
Differens Vases d'or, qui
sont des Ouvragès du Japon,
pesant vingt-trois ou vingtquatre
livres d'or. Il y a dixhuit
pieces en tout, dont les
unes sont pour du Thé, les
autres sont des Tasses , &
deux grand Coeurs, pour,
mettre des Parfums.
Dix pieces. ou Vases d'argent.
aufsi ouvrage du Japon,
Deux Vases de Tambaque,
avec le couvercle de
la mesmematiere. Cemetal
est presqueaussi precieux
que l'or. Il ne se roüille jamais,
& garde toûjours son
éclat. On croit que c'est ce
que les Anciens appelloient Eleélrum.e
Deux Sabres, dont les
Rois du Japon ont fait present
au Roy de Siam. La
poignée de ces Sabres est
entourée d'un certain cordon
\J.on de Loup, qui marque
la Noblesse dans le Japon.
La garde de l'un est d'or.
On a tiré l'or de l'autre
pour ymettre de la Tambaque,
croyant qu'on 1eftimeroit
davantage en France.
Ondit queceux qui sçavent
bien manier ces fortes
de Sabres, peuvent aisément
couper un homme par le milieu
du corps ;
c'est ce qui
fait qu'ils n'ontpoint de
PrIX"
Un grand Tapis de foyc
dont l'Empereur de la Chine
fit present au Roy de
Siamil y a dix ou douze
ans.
Deux Vestesàla Japonoise.
L'une ell à fond violer,.
& l'autre à fond rouge, &
toutes les deux sont des ouvrages
en or.. Ces fortes de
Vestes sont tres -
cheres à
Siam.
QuelquesFigures de marbre
, recommandables par
leur antiquité, & parmy lesquelles
il yale Portrait d'un
Chinois, que les Siamois appellent
Tomghoing. On croit
que c'est celuy que nous appellons
Conj-ufius..Les autres
Figures representent d'anciens
Chinois, qui sont encore
aujourd'huy en grande
veneration chez eux. Il y en
a quelques-unes travaillées à
jour. Celles-là sont aufil fort
anciennes.
Deux Vases de Soufre rouge.
On croit que c'est du
Cinambre naturel,quoy que le naturel n'ait pas ordinairement
les vertus de celuycy.
L'un est plus grand,l'autre
moindre. Le plus grand
eH: double d'un certain métal
qu'on appelle Toute-naque,
& le moindre elt double d'un
autre metal qui n'est pas
connu. L'on asseure que
quand on met quelque liqueur
empoisonnée dans le
plus grand, il en fort incontinent
une fort grossèfumée,
êc que le poisonperd entierement
sa force dans le pe-
,tir, de forteque l'on en peut
boire ensuite tans rien craindre.
L'experience en à esté
faite à Siam. ils disent que
la différence qui se trouve
entre ces deux Vases, vient
oudifferent métal dont ils
sont doubles. Le premier fut
envoyé il y a environ cinquante-
huit ans par un Eiru
pereur de la Chinenommé
Thiarde, pere de celuy que
les Tartares vainquirent, &
le second par l'Empereur
des Tartares, aprèsqu'il se
fut rendu Maistre de la Chine.
Afin que leRoydeSiam
en connuit mieux la valeur,
illuy manda que ces fortes
de Vases estoient particuliers
aux Empereurs de la
Chine, & qu'on s'en servoit
pour mettre le vin qu'ils devoient
boire. Il luy fit aussi
sçavoir que lamatieredont
ilsestoient composez, avoit
la vertu de chasser les AniL
maux veneneux; qu'il n'en
demeuroit aucun dans les
Lieux où l'on gardoit ces Vases9
& que si l'on en avoit
esté mordu
,
il ne falloir
qu'en prendre un peu,& le
mettreen poudre,l'avaler eThfuite
dans quelque liqueur,
ou en froter l'endroit de la
playe, ce quiestoit un préservariftres-
seur contre toute
forte de poisons.
Du bois de Calembacdu
meilleur & du plus pretieux
qu'on, puisse trouver. Il ne
vient que dans ko, Forests
qui sont proche de la Cochinchine
& de Siampa.
Differens morceauxde Boi-s:
d'Aigle
5
que l'on a choisis
avec çrandfoiri.
De l'Ambre gris,lepoids
de dixTacls, ce qui vient à
une livre quatre onces. Cet
Ambre croist sur les costes
4-e lisle de Jonfalam.
Ces diversPresens sont
renfermezdans deux.Cabinets
duJapon, qui sont couverts
de la peau d'un certain
poisson, fort estimé en
Cepays-là. Le dedansestde
Verny,& tout parseméde
Fleurs de Lys. On les a fait
faire exprés pour les envoyer
en France. Il y a à chaque
Cabinet comme une table,
pour les soûtenir. Elle est
couverte de la mesme peau.
Ces Cabinets coûtent deux
mille écus au Japon, ce qui
fait connoistre qu'ils doivent
valoir beaucoup davantage
ailleurs
J'oubliay le mois passé à
vous apprendre la mort de
Mrde Guisigny,Gentilhomme
ordinaire de Monseigneur
le Dauphin,& Lieutenant
de la Louveterie. Il
s'estoit fait distinguer agreablement
dansce posteaussibienque
dans ceux qu'il avoit
occupez à l'Armée, où
il avoit commencédés l'âge
de quatorze ansà faire paroistre
son zele pour le service
du Roy dans les premicce
res Campagnes de Hollande
& d'Allemagne. Ilestoit forty
de la Maison de Guitri-
Fours-S. Clair, issuë des anciens
Comtes de Vernon.
,
Cette Maison que les Chargesconsiderables,&
les Gouvernemens
qu'ont possedez
ceux qui en sont descendus,
ont toûjours renduë recommandable
en Normandie,est
& alliée à celles deChoiseüil,
de Soyecourt, de Bailleul,
lePelletier,Courtin,de Pontd'Albret,
de Vardesde Mon<-
,
cHévrcùif'/d Almera, d'Heudicourt,
& porte d'Azur
à la Croixd'entelée d'or. Ceux
qui en restent conservent encore
plusieurs marques de la
forte consideration où leurs
Ancestres estoient au prés de
nos Rois.La Lettre que CharlesIX.
écrivit à un George
de Fours en l'honorant du
Collier de l'Ordre de S.Mil')
l' Jo.-
'/JJ()rrt,
fJ}V.SII':
.;-6(#1-
chel, en est une preuve. La
Maison de Madame de Saine
Clair, Mere de feu Mr de
Gusigny
,
n'etf pas moins
con
siderable. Cette Maison
qui porte lenom deMigneux
des Enarrs.a donné degrands
hommesala France, &: peut
compter cinq Gouverneurs
de Montreüil de fuite. Ces
avantages sont glorieusement
soutenus par les alliances
qu'elle a avec les Maisons
de l'Hôpital, d'Hocquincourt,
de Valencéyde|
Princes de Lignes;de Vnn-^
tadoux(3), dela Ma;c5j deS£
rvJlùndu. JvJTt:
(i11'7'Cj-'tJ
(Y,V.2,-
:",,,e.I/W.
Simone de Boüillon(2), du
Pont-brian, de Sautour
,
de ,1
Barada
,
de Saveuse,de la
Fare, de Luz-de-Vantelet,
&c. Ses Armes sont de Gueule
à trois Croissans montans dor.
On a fait cetre année une
grande Feste à Modene,pour
celebrer, selon la coûtume
du Pays,le jour de la Naissance
du Prince qui gouverne
cét Estat.Elle devoit se
faire le 6. de Mars, mais une
legere indisposition qui luy
arriva, fut cause qu'on la remitau
13. du mesme mois.
Outre un Opera en Musique
,:/ê,dôu~ vrcy,
1-n1til1
(H.iv. J<~ 1À>rï<-'<
ue plusieurs Gentilshomesde
cette Cour entreprisent
de chanter, d'autres Caaliers
de la mesmeCour prearerent
un Tournoy
, avec
agrément de Mr le Duc de
Modene
,
qui voulut estre
y-Ineline de cette partie aec
Mlle Prince Forest son
Cousin; Fils du feu Prince
sorsed'Este,grandOncle du
)uc regnant. Le 17. de Ferier,
dernierjour du Carnaal
,pendant que toute la
Cour prenoit le Divertissenent
d'un Bal, auquel les
Dames avoientestéinvitées
J'e:rf"
parce Prince, la Danse fut
interrompue par un Concert.
de Musique, a prés lequel on
vit entrer dans la Salle la
fameuse Magicienne C.ircé..
dans un équipage tres-pompeux,
& avec tout l'ornement
qui pouvoit faire connoistre
une Fille du Soleil.
Elle avoit une Baguette à la
main, & estoit suivie d'un
fort grand nombre de Pages.
Elle chanta quelques Vers,
pour expliquer le sujet de sa
venuë, &surun signe qu'elle
fit ensuite, les Pages presenterent
un Cartelde Desy à
Vlr le Duc de Modene ôeà.
:ous ceux de sa Cour, pour
Coutenir les armes à la main,
^ue dans les coeurs gene-
.eux l'amour donne de l'é-
:;lat à la valeur. Le Désy fut
accepté.Ilestoitfait fous les
noms d'Ulisse Prince d'Itaque;
de Telegone son Fils;
d'Euriloque & delpe-nor
Compagnons d'Ulisse;de Pieus
Roy des Latins & de
Learoue.Circéen se retirant
chanta un autre Air pour
marquer l'impatience qu'elle
avoit de voir arriver le
jour du Combat. Mrle Duc
de Modene avec Mrle Prince
Foreste, & dix-huit Chevaliers
de leur fuite, se rendit
le 13. de Mars dans laPlace
assignée pour le Campdevantle
PalaisDucal. Deux
Champions deCircé sous les
noms d'Ulisse &: de Telego..
ne ,
se placerent dans leurs
postes, & Elpenorfous la
forme d'un Lyon
,
& Euriloquefous
celle d'un Ours,
parurent sur deux morceaux
deBâtimens anciens & àdemy
ruinez. On voyoit dans
la mesme Place deux especes
de Rochers, où secacherent
Picus & Learque, tous deux
changez en Sirenes. Une
Simphonie guerriere avertit
les Spectateurs de l'arrivée
de Circé, qui parut aOECe
sur un Dragon. Elle s'avança
jusques au milieu du
Camp
, & après avoir animé
ses Championsau Combat,
-lie se retira pour en estre
pectatrice. Alors la Course
kit commencée au bruit des
Timbales ôc des Trompetes
yÔc Mr leDuc deModetéy
&Mrle Prince Foreste,
e premier armé d'uneLanlle-)
autre-d'uneZagaïe,
les allerent rompre contre
Ulisse & Telegone. Ensuite.
ne voyant point d'autres nemis, en- ils firent une grande
volte sur le Camp, & pendant
ce temps, le Lyon ôc
l'Ours sortirent de leurs tanieres.
MleDuc deModene
courutcontre ces Animaux
avec la Zagaïe, & Mr
le Prince Foresteavec la Lance
,
& aprés qu'ils eurent
continué sur les voltes,ils
revinrent sur le Lyon & sur,
l'Ours, & tirerent chacun
un cou p de Pistolet en pasfant.
Ces deux Courses achevées
,
les Sirenes parurent
hors de leurs Rochers, & ils
allerent les attaquer l'épée à
la main. Tous les autres Chevaliers
coururent deux à la
fois, &firent lamesme chose,
après quoydeux Sarrasins
sortirent des mesmes Rochers
d'où l'on avoit veu sortir
les Sirenes. Mrle Duc de
Modene,& Mrle Prince Forèste,
chacun suivy de quatre
Chevaliers ,recommencerent
les Courses, rompant de
nouveau leursLances & leurs
2aga'ftrscontreUliflè&rTe..
ieganç, ^contre les Sarrafins.
Les huit autres Chevaliers
coururent à leur tour
de lamesme forte,&cette
Course futfaite trois fois.
Enfin Circé rentra dans le
Campassise sur son Dragon
comme elle y estoit venuë
d'abord. Elle fit connoistre
par les derniers Vers qu'elle
chanta, que ses Champions
cedoient la Viaoire. Aprés
qu'elle se fut retirée, Mrle
Duc de Modene, avec Mrle
Prince Foreste, & les autres
Chevaliers, fit une maniere
de Caracolautour du Camp,
jBc tous s'estant mis en fuite
en Escadron
,
ils sortirenten
bon ordre, & rentrerent au
Palais. Toute cette Perte se
fit(ans Comparse, & (ans les
fuites qui font ordinaires
dans les Tournois-,Mr le Duc
n'ayant regardé celuy -cy
que comme un simple Divertiilement,
qui permettoit
qu'on se difpeïifaft des Regles.
Vous vous estes quelquefois
étonnée de ce qu'on dit
de ces lourdes Croix que traînent
au Mont-Valerien certains
Penitens contrits) la
nuit du Jeudy au Vendredy
Saint. Ce n'est presque rien
si on les compare à ce qui
se fait en Porrugal. LaLettre
ID qui fuir vous l'a pprendra.
MA Lifboncle IL de Mars 1686. Adame la Comtcffi de
Ribera rfl accouchée d'une
Fille depuis quelques jours. On
k jçeut des le moment mesme
y
parce que la mode en ce Pays-cy
-fp qu'incontinent après laccouchement
d'une DarneJ les Do*-
mejhqm courent en donneravis
à tous les Amis
-
de la Maison,
(Sptirent par cemoyeniun éo4
ldechacun de ceux à' quiiU en
portentlanowvciL'. Cet ccu lent
cfl donne par une coutume qui
1){iUt une Loy.Madame tAm--
~j~~r~ ruoit tDU1 1('4 YIJOÍS
:).
bifjadricela voit tout Ici mois
St
($f elle pareillement. La dermerefois
qu'elles se virent, ce fut.
ch,cz cette Comtcffi) qui deux
jours avant qu'tlle accouchafl> a..
voit prieMadame ljimbaffadricede
venir cbck-elte voirpasser
la Procession de la Pifjion. On,
l'appelleawfi5 à cause qu'on y
voit limage de Nostre Seigneur
qui porte sa Croix. Elle se fit
Vendredy dernier, fecond Vendredy
de Caresme. La, distance dti.
chémin est de plus d'un quart de
lieuë, (tJ aune montagnea une
autrejoutes deuxfortrudes. Com.
me ilya degrandesIndulgences
que l'on peurgagner en s'acquittant
de cette devotiorî
, tous ceux
de Lijbone , à la reprve de fort
peu de monde,font ce chemin,
& on'a vingt quatre heures pour
cela
y
en commençant dés la nuit.
dujeuiy. Tant que cette nuit dura,
les routes que devoit tenir la
ProceJJion3 furent remplies de Penitens
de toutes maniérés
,
dont la
pluspart marchoientagenoux, *
avec les mains à terre, traisnant
plus de cinquante livrespefant de
g~r/t7jf~a ccb~a~ipfhfe~sai*ttaechédesààsleleuu,rrss
fixes de blanc,tenant dans leurs
mains de grandes épées nues par
la pointe, & la garde en haut.
Les unes en avoient deux, d'autres
trois, quatre
3
(7 jusques à
cinq dans chaque main. Ily en
avoitmesmeplusieurs* qui avec
cela traiftoient deichaifnes pa..
veillaa celles que je viens de vous
marquer. Quelques-unestombant
en défaillance sur le chemin,
foudroient qu'on les foutinfi par
dessous les bras, afin d'achever
leur course
,
d'autres demeuroientcouchéesparterre
sans
pouvoir allerplusloin. Outre l'Image
dont je vous ay déja parlé,
r qui esi plus grande que nature,
e porte tous les Inflrumens de
PajJion, fë) on les voit d'espace
i espace au milieu d'unedouble
tye de Conjreres3 tousvejîut de
lolet, avec un Rocbetsemblable
ceux des Evejques,lapluspart
tens de la premiere qualité, car
lux qui tiennent icy les posses
mfiderables,fontgloire ouverte
'eflreCbrefliens, er d'en porter
outes les marques extérieures,
omme les moindres du Peuple.
r-e fuis, &c.
Mr l'Evesque de Laon étant
arrivé à la Fere le 20. du
mois pasle
,
fit le lendemain
la Ceremonie de la Tranflartion
des Corps de Saint Victoire
&de S. Felix Martirs"
.que Mr le Duc de la Meilleraye
a rapportez de Rome,
& d'une Cofte de Sainte Clotilde.
donnée par l'Abbé &
les Religieux de Sainte Geneviefve
de Paris, à Mr le
Duc Mazarin. Le Corps de
Saint Viéloire fut mis dans
deux Chaslès, de dépote en la
Chapelle de la Maison des
Pauvres de la Ville, avec la
Çofte de Sninte Clotilde, qui
en fera Patronne, dans ce
;, Pff,,
tempsoù la Foy qu'elle a
procurée à la France reçoit
un nouvel éctat par les foins
de nostre pieux Monarque.
Le Corps de Saint Félix a"
este-laisse en la Chapelle du
Ch-asseau
,
pour laconsolation
de Mr le Duc Mazarin,
qui a couronné par de si riches
presens le zele infigiie
qu'il a fait paroistreàlaFere
pendant tout le Garefme,
dont les nouveaux Catholiques
n'ont pas esté moins édisiez
que tout le reste du
Peuple.
Onecrit de Conftantinople
que le nouveau Grand
Visir Ce fert de toutes sortes
de voyes, pour découvrir en
quei lieu son Predecefleuji
a mis ses trésors. Il a déjac
trouvé trois mille cinq cens
Bourses en argent monnoyé,
& pour plus de cent mille écus
de pierreries, On tient
que c'est la le fond le plus liquide
pour les dépenses de lai
Campagne prochaine. Neuf
Vaifleauxde guerre duGrand":
Seigneur de 70. à 80. Pièces
de DCanon chacun,estant arrivezà
Conrtantinople dans,
le temps que Mr le Ciievavalier
du Mené,Capitaine
Jes Vaisseaux du Roy y étoit5,
ils luy firentdemander le falut
qu'il ne voulut point leur
donner sans (çavoir auparavant
de quelle maniere OIT
le luy rendroit. Après plusieursallées
& venues, il fut
-arr<efté que Mrle Chevalier
du Mené faliieroit le Vaisseau
Amiral du Grand Seïgneur
qui portoit le Pavilon
au grand Mats
,
de sept
coups de Canon3 ôc qu'ils
luy feroient rendus coup
pour coup; ce qui fut execuré.
Quelquesjours aprèsy
les M-atelots- &les Soldats de
ces Vaisseaux Turcs) prirent
querelle avec des François,
qui les repousserent avec
beaucoup de vigueur. Neuf
Levantins demeurerent sur
.la place, & les François furent
poursuivis à coups de
pierre, dont il y eneut quelques-
uns de blessèz en entrant
dans leurs Chaloupes.
Mr Girardin Ambassadeur de
France, en ayant fait ses
plaintes au Caïmacan3obtint
toutes les fatisfadtionsqu'il
pouvoit attendre. Le Capitan
Bâcha qui commandeles
VaHIcaux du- Grand Seigneur,
demanda pardon
par écrit à Mr le Chevalier
du Mené.Aussi-tost que
ce Chevalierluy eut fait dire
qu'il estoit content, il fie
pendre sur le Portà laveuë
des Vaissèaux du Poy,quatre
de ces Soldats Turcs qu§
l'onavoit ârreftez- dans le
temps que le desordre-estoit
arrivée alla ensuite au bord
de Mr du Mené
y
auquel il
reïtera de bouche ce qu'il
luyavoitécrit. Le Ca'lmacan.
de sa part fit, toutes les foui-
niffionspossibles à Mi'Am>
banadeur, pour l'empescher
de se plaindre à Andrinople
de l'insulte qu'on avoit faire
aux François. Il partit pour y
aller le 10. de Fevrier. Le
mesme jour Mr Dortiere"
Commissairedela Marine,
s'embarqua sur le Vaissèau
que MrleChevalier duMené
commande. Il va par ordre
du Roy dans toutes les Echelles
du Levant,pour regler les
avantages que Tes Sujets
pourront tirer du commerce
de ces Ports. Il estoit revenu
d'Andrinople à Conftantin.
ople le IL. du mesme mois
3,
après avoir obtenu de la Porte
tout ce qu'ilavoit demandé
pour exécuteravec autorité
les ordres qu'il a receus..
On luv a donnéun Açra de
considj eration qui doit& l'accompagner
dans toutes les
Echelles, afin de chastier
ceux qui s'opposeront aux
graces que le Grand Seigneur
a accordées à la Nation
Françoise. Il a mesme
obtenu-une Permission qui
est prerque sans exem ple,
c'etf celle d'entrer luy quinzième
dans le Saint Sepulchre..
On sçait que jamais
perionne n'y met le pied,
qu'il ne luy en couste du,
moins centécus.L'Aga Turc
qui accompagne MrDôrtiete
s'efi embarqué sur l'Aquilon,
Ce Vaisseau est commandé
par Mr Bidaud qui)
escorta l'année dèrniere les
Vaisseaux Marchands Fran^-
fois dans le Levant, & à
Snlirne,-où il fouftint fortement
les interells de la Nation.
S'estant trouvé dans
cette derniere rade avec un
seul Vaisseau de Sa NIajessé,
nommélefcd'lle, le Capitan
Bacha qui estoit à Fogny à
trois petiteslieuesdeluy,luy
envoya demander troisVais.
féaux Venitiens qui éroient
venus se mettre fous la proteétion
duPavillon du Vaif-
[eau du Roy. Il luy fit demander
en mesme temps le
Secretaire Capello, qui s'étoit
fauve de Conftantinople
sur son bord,le menaçant
en cas de refus,de l'attaqueravec
quarante-quatre
Galeres
,
& cinq Vaissèaux
Algériens qu'il commandoit.
Mr Bidaud répondit avçc
vigueur,& le Capitan
Bacha nofa tenter d'obtenir
parforce ce qu'il demandoit,
sçachant que les
François sont accoutumez à
soûtenir de telles affaires,
quoy qu'ils soient seuls con.
tre un nombreconsiderable
d'Ennemis.
Vous avez déjà veu differens
Contes deMrde la
Barre de Tours, ecrits d'un
stile si naturel, qu'ilme suffit
de vous avertir que celuy
que vous allez lire, est
de sa façon, pour vous faire
attendre quelque chose de
tres-agreable dans ce genre.
Il a pour titre.
LA RAVE DONNE1 E
à Loüis X1. DOnncrvour recevoir (fl- cc rflre
liberal?
Je dis non ,fhns rc-soer:ce-neftpas /4
penfée
De Senequenonplm. Tout homme
donnemal,
Dit ily donten donnant Camccfl intenffee.
ilfaut,pour donner bien, observer
quelques loixi
D'abord,que le Donneurfiache faire
le choix
D'un objet digne auquelon donne)
Et c'efi déjà ce que ne fait fer.
sonne.
Apres ce chois vient t'.zir : puis que
cctairparfois
rata autant que le don. Telfisdons
empoisonne
J>)uandil lesfait en rei hipriant.
ApYéJl'dir, voyez, le Prisent
.!Zce vousvoulez* &que 'VON} pouvez,
faire.
Enfin, pour achever ma Morale en
deux mois,
Regardez, quand; car donner a
propos £•jllepointprincipalpa^rounompourrons
plaire,
Si, nom VOlt !011S '/J. l"~ paroistre liloaux >
Maissurtoutqu'enpareille ..:ÎC
Certain JVjiidan qui (e trouve en
tous lieuxy
( C'efi!'intereji) nejôit pointdum)-
floc,
Donnant filon ces loix vota coarme*
rez les Dieux.
Vous aUez voir dans ii.f
presente
DfUXexemples duDonilun cLVIs.•<
fCnj/é)
£)ui ferareconnu d'une façon plai-
Jante,
Etl'autre, quoy qtlt vil)bienmiellx
récompenjé.
Du temps que Louis Onze estoit DafJphin
de France)
Et qu'il vivoit en mefmtelligencc
Avec cbArlesfin Pere,onsçait que
ce Dauphin
Fn dffirens endroits alla chercher a.
zile)
Et que comme un RenardbienJin
.k(ii vise quelque volatile,
{ VHifloire en parle ainji ) chez Finlippe
le Bon,
Ce mCJme Prince Bourguignon
Dont j'ay fait le portrait en parlant
aOenophile,
Ce Dauphinfcglijf^fevoyantfugitif
Pour charmer[eschagrins
,
entr'autre
leniJt~if 0
Il aima tellement la Chasse,
J^tl y yaffoitfei fIlM beaux
jours.
A la remise il revenoittoujours
Chez,CanonPayfin, qui defort bonne
grâce
Luy donnoit (on pain bis, les fruits
defin Tardin,
DesRAFES,duluit doux, & £ajfez>
pauvre vin,
Mais telqttillecueilloitdanssa petite
Treille.
Vappétit d'unChilÏeqr sur tout
du DAuphin,
A. tels ragoufts se faisoit Il mer:
vàUs*
A ceuxpour qui laCbajfe a desappas
cyui dit Pain Bis
,
dit presque
Bisque,
Et comme un bon Soudart ,un bon
ChaJJcur court rifqtte
Avecgrandappétitdefaircltels re..
pas,
Koffre Prince profeript fut dix ans
de la forte,
Mangeant Conon, mais le trépas,
Jî^ui biendu changement apporte3,
Enleva(;harlesJept. Louis netardapas
A gagnerReims,pourprendre une
Couronne
Telle (fue La France la donne,
ConformémentàlaSaitqueLoy.
P<wracourcir le Conte enfin Louisfut
Roy:
Mais Roy (ptt l'on pouvoit lnen-"
dîYi
7eMaiftrc Sire.
Je rappcrtcroii bien,
Sans que je fuis Coûteur ,
Ó" non
Historien,
Comment ilsund.i ron Empire,
Et si ceflft sur cq'uté i
S'il c(lvray que U cruauté,
iFtuittlelcmmooyieenn qu'il aima davantage
Pour tirer les Rois hors de Page;
Mais je pretenslaisser aux Auteurs ce
dtbat,
Etsans trop me meler des Affaires
d'Etat,
A-va Philippes de Comines,
yne des Flûmesles plus fines
Oui sur lHijloire dit écrit alltrtflÙ,
JeVOMdisquila rangparmy les plus
enrands Rois.
Ca,retQHrmnsdansla, Çbaumtnt
Ou nom avons laïsse le bon homme
Conon.
, ,
Son Dauphin Roy Il- , cct tlugtlre>tJ"ott
bon,
Versle r/cjjis lez, 70ftrs ilfaut qu'il
s'ac hemine.
cf)fiCdl' biensvontvenirl Mais Conon
examine
Avantque departir quelsVrefens il
pra
Jlcfitmbaraf>fé, car venir la mllin
vuide,
IIne peut pas Je résoudreàcela,
S'imaginantque le don (JIunguide
Très
-
feur pour approcher des
Grands,
( S'entend de ceux qui font dc l'avarice
esclaves )
Mais Conon rïavoit rien. S'il luy
portoit desRaves
DefinpetitUrdin^feroiuce des Pre^
sens
Dignes aun Roy ? Fort bous quanti
ccjîlecoeur qui donne,
Fiift-ceunf[luJaebofeefbonne»
Cononferré de neufun beau matin
Fart de z, lny chargéde Prives les
¡Ilt) belles
tI^luleestroanfnrvoaeuifrvrceahlilieafsmfoaiùtt.ouPtloeur lleosntgedniur
chemin.
MaI<,ûwalheUrfnPCfie!
Cononmanqua aargents.waieiily par lafaim,
( Malfacktttx autant que lapcfli )
Faut-il qui'lse laijft mourir
J£uandil a dansfinfie dequoy sefie- counr? Ilferoit unvray fit.iljena deson
refle,
-AIvvaalFaalrecPertetesebnit&soe&rreqfuoarntudnielaarrrriivvaa?,
DCoenRçu..vdC'"Jaibl roiradvsc'ieî pnliubsaquy'uinnea*,
Man qtiyfaire ? A la fin fin coeur si
conCela ;
Arrive dit
Louvre, ér fit !e Roy
quan d il fiaffii.
Ah, parla sangué le voila,
S\Jcri.l -t -
il. Eienpcs de cinq ans
d'intervale
N'avoitnt point ajfoibly la memoirs
Royale,
Tant ilcj}vray que les bienfaits,
Ny leurreffiouvenir ne Je perdent jamais.
Le Royvoyant Conon, lefait entrer
au Louvre)
L'embrajif millefois devant toute si
Cour,
Le fait Ilffioir, ordonnequilsi
couvre, Jitfarleainsi.Pendantlemalheureux
JèJ.°Jl,
1
en Bourgogne je fis du vivant
de mon Perc
>
Conoîi adoucit mes chagrins,
ApptÚ/à la rigueurfevcrc
DemOltexil&demesnoirsdejlins.
Sons fin loit jetrouvons fin azile agreahfe*
Contre lafureur des Saisons,
Etdanslesplus hautes maisons
le lJ'CUffi pas troftvéde {.¡ble
Plusprompte asecourirmesplus prefsans
besoins,semblable. fentens la faim,lafois, & misere
Pour tant de foins
le veux quemArecofinoiffance
Eclate ensa faveur, &. qu'ilJoit aujourdïhuy
Traitécomme je fuschez, luy.
Voila la jaste récompense attire sur fan chis tout homme
bienfaisant.
Conon
Conon fit une reverence
Avec un mauvais compliment,
Jîfuifut receu mieux queJine Eloquence.
ilne fautplusqueparler du Prêtent
£>ui conjifioit en une Rave.
11 efi vray quelle efïoit d'une étrange
grosseur :
Conon la presentadune façon plut
grave
Jgjie silavoit offert un trefers mais
le coeur,
Commefay dittfntofl,affaifonnoit
l'ojfrande,
Et la faisoit passer pour affaire bien
grande.
Le Roy pour cette Rave ordonne mille
écusi
Sa Maje(lédeplus
Afin Maifired*Hoftelcommande
De ferrer cette Rave, enfaijjnt furt
grand cas.
lrldtSji Conon longtemps ne s'acccmmodoitpas
Au grandfracas
£uifuitla Cour;sonmincelardinag
Ses Raves,sa chaumine, &sonpetit
tracas,
Sans contredit luy flaifoientdavanïl
tdge. veutpartit,obtient congé, content
Dit procedé du Prince) &sur tout de
l'argent,
Car le bon homme
Oncne se vit avec pareille fimme,
Etquelque definterefé
J^uunpauvrePaifanpuijfe ejlrt,
zuand ilvoittantd'argentfous fin
toit am.fés
Heureux, il ne croitpat que le Roy
soitfinMaistre. i'
CertainSeigneurGascon ,qui depuis
peu de temps
Estoit en Cour,pourfairesafortune,
Etquicroyoiten Dieu moinsqu'enargent
comptant,
Aux Courtisansc'estoitchose commune
,
La Pietépourlors n'ayantpas le haut
rang
gue luy donne Loüis LE
GRAND.
Ce Courtisan, dont l'ame interessée
Avoit connu qu'une Rave donnée
Avec beaucoup de liberté,
Avoit charmé la liberalité
De Louis, qui l'avoit trop bien récompensée
,
Seflata ,luy qui donnoit peu,
De tcjjoir malfondé de quelquerécompense
,
Sire interetfjoiiant fonjeu,
z
La Rave mille éctn! Il pense
-Z'I'ati RoyprejentantunCheval
J>jti rtffimbloit à Bucephal,
ilauroit davantage, di c'tjfoit Capparence,
Son present valant mieux que celuy
de Conon;
Voyons cpomemrealne Rcoey vacombler l'ef.
DeceSeigneur Gascon.
Penetrantledrffiin de cette Ame venale
y Il pritxonfeil de quelques Favoris
, fourmÍcux sçavoirjufquà quel
prix
La libéralitéRoyale
Devoit s'étendre en caspareil.
ilf.udroitl, dit Trijhn, cent Louis * Brrjjîurc<.H Ajoutecinquante.
Tiillan
)
& Brefliurej Favoxis de LoUis N1
Un autre dit deux cens. Le cheval
estoit beau,
Lefaitd'unPrince,&mis en
vente,
Le Faifcur de Prcfent évitohle Vanneau
£hte luy tendoitson avarice.
Enfin
,
le Presentfait, le Roy
Feignant avoir resve", s'écria, j'aj
dequoy
Reconnoiflre fin bon office,
J^1'on lefajfevenir.Apeine fut'il- là;
JOuele Roy luy dit les paroles
A peu prés que voila.
L'on m'avoit consèilléquavec deux
censpifloles
le paya(pJeuUnpresuent quej'eslime bien : Mtris ce htHpas aux Roù afe trouver
ViiiUCUi
in libéralitér car la grandeur Royale
Sur tontes les vertUj choijïtlaliberaie.
Par unefaveurfpédale
Jevomfaisun Presentquicou(le mille
écut.
OnvitSincliner nosire Brave
du nom desmille écui qu'il aut tenir
déjà;
Mais le Diable, ce fut quand le Rf]
demanda
Jgu*on apportaflla grojfl R ive
Ditbon Cononrlaquelle ilpresenta
Au ÇavaïiL r confus, qui la prit sans
mot dire,
Etchagrin diapréfierà. rire
A tantde Courtisans, réduit au def
woir,
ils(TI Ahd, Le Roy fitju."i deutilY.
CetuA'i.i,jure don.-Pprendre
,
S: VOI"'-' iivi Z voulu Centendre
g£ii ne faut pointdonner afin ck
recevoir.
La prévoyance que Sa
Majesté a toujours eue dans
ce qu'Elle a fait pour le bien
de son Etat, l'ayant obligée
d'établir dans la Ville d'Arles
une Académie Royale,
pour y faire cultiver les talens
qu'un grand nombre de
Gentilshommes dont cette
Ville est remplie
,
témoi gne
pour les belles Lettres, dans
le temps que la tranquillité
de la Paix,semble rendre leur
elfépe inutile au service de
leur Prince, on ne doit pas
s'etonner que cette illustre
Compagnie fournisse souvenc
d'importans sujers aux
Charges les plus éclatantes,
où ils peuvent luy donner
des marques de leur fidélité
& de leur zele.C'est ce qui
est arrivé depuis peu de
temps en la Personne de Mr le Marquisd'Ubaye de Vachieres,
que les fufrages publics
ont eslevé à la Charge
de premier Consul
,
& Gouverneur
de la Ville en sa
J,lo{,,.
{\'Ù'i.
vingt-sixiéme année. Cette
Election a paru si avantageuse
par les grandes qualitez
que ce jeune Gentilhomme
possede
y
& Lllr toutpar
une vertu &une probité
exemplaire, que l'Academie
ne pouvant contenirlajoye
qu'elle ressentoit d'avoir
donné auxAffaires publiques
un sujet de ce merite
,
s'assembla
extraordinairement
pour l'en faire feliciter, ainsi
qu'elle a toujours fait pour
tous les autres de ce mesme
Corps,lors qu'ils ont remply
de pareils emplois. Elle
dépura pour cét effet Mrs
d'Arbaud Baron de Blanzac,
l'Abbé de Verdier, Sabba- tier&Gifon.Mrd'Arbaud
fut chargé du Compliment
dont il s'acquita avec autant
d'esprit que d'honnesteté,
& qui fut receu de la mesme
forte. M d'Ubaye n'en pouvant
venir remercierlaCompagnie
dés ce mesme jour,
tant à cause de l'arrivée de
:lvr le Comte de Grignan,
Lieutenant de Roy de la
Province, que par le peu de
temps qu'il avoit à faire inviter
quantité de Gendkdr,
r(Ohommes
qu'il vouloit rendre
témoins de cette Ceremonie
, il la remit au Lundy
suivant
,
jour ordinaire des
Assemblees de l'Academie;
Il s' y rendit sur les trois heures
accompagné d'ungrand
nombre de perfcnnes considerables.
M s le Chevalier
de Romieu & Giffon furent
priez de les recevoir à la premiere
porte de l'endroit où
l'Academies'assèmble,& les
ayant conduits dans la Salle
où elle tient ses Séances) Mr
d'Ubaye
,
qui se trouvoit alors
Diredleur de la Compagnie,
prononça un Discours
tres-éloquent dans lequel
il fit voir que les plus grands
hommes de tous les Siecles
devoient leur plus haure élévation
,
à l'opinion qu'ils avoient
sceu établir de leur
érudition & de leur esprit,
ce qu'il appliquaadmirablement
bien sur les talens de
chaque Académicien,& sur
l'obligation ou tous les Peuples
estoient de signaler leur
respect à la gloire de Loüis
LE GRAND. Aprés avoir fait
connoistre l'heureux Estat
où ce Monarque avoit mis
la France,par les soins qu'il
avoit pris d'y faire fleurir les
Sciences & les beaux Arts.) ilpeignit son zele pour les
intérêts de la vraye Religion
,
& la dignité de la matiere
donnant de la force aux
moindres ex pressions dont il
se servit, il fit admirer dans
ce grand Roy tout ce qui
peut rendre un Héros inimitable.
Mrle Marquis de Rcbias
d'Estoublon,Secrétaire
& Chancelier perpetuel de
l'Acâdemie
,
qui en cette
qualité se trouve obligé de
répondre au défaut du Directeur
,
dans les Ceremonies
de cette nature, s'attira un
applaudissement general par
la réponse qu'il fit à Mr
d'U baye. Ce fut unDiscours
dans lequel on remarqua une
profondeur d'érudition proportionnée
à l'étenduë de
son esprir ôc de son rnerire.
Dame Françoise de Choifeüil
du PlessisPraslin
,
est
morte icy au commencement
de ce mois. Elle estoit
Veuve deMessire Alexandre
de Canonville
5
Marquis de
Raffetot.
MessireMichel de Larche,
Seigneur de Saint Mandé,
Prestre
,
Conseiller & Aumosnier
ordinaire du Roy,
est mort dans le mesme
temps. Il estoit dans sa 86me ,année.
Ces morts ont esté suivies
de celle deMessure Pierre le
Fevre, Seigneur de Lezeau,
Conseiller du Royen la
Cour des Aydes. Mr de Lezeau
son Pere est mort
Doyen des Conseillers d'Estat.
On vient dem'apprendre
une autre mort qui vous surprendra.
C'est celle de Mr
de Barillon de Morangis,
qui s'estoit acquis une eftime
generale. Elle est arrivée
lei8. de ce mois. Ilavoit
esté receu Maistre des Requestes
en 1672.& quittoit
l'Intendance deCaën, pour
aller exercer celle d'Orleans.
Vous sçavez, Madame5qu'il
avoit epousé une Fille de Mr
le Chancelier
,
qui estoit
Veuve de M'de Nesmond,
Maistre des Requestes
,
&
qu'ilestoit Frere de Mr
de Morangis Ambassadeur
d'Angleterre
,
& de Mr l'Evesque
de Luçon. MrdeBa-
Il ;fiolldit
XZ'lS-t
rillôn son Pere
, mort Pretident
aux Enquelles,estoit
Fils de Messire Jean BarriU
Ion Conseiller au Parlement,
& de Judith de Mesmes, Fille
de Henry de Mesmes sr,
; deRoissy,Conseiller d'Estat.
Barillon porte d'AzurauChevron
d'or, accompagnéde deux
CoquillesenChefd'unerose
en pointe demesme.
Rien n'est phlS fâcheux
qu'un ordre absolu de donner
son coeur, quand il s'est
deji laisse prévenir par ce
panchant agreable qui l'entraînemalgré
nous, & dont
rarement nous cherchons à
nous défendre. C'estl'estat
oùs'est trouvédepuis peu
une jeune Demoiselle
,
qui
ayant receu de la Nature
tous les avantages qui font
remarquer les belles Personnes,
n'avoir pas manqué de,
plaire à beaucoup de Gens.
Elle avoir sur tout charmé
un Gentilhomme bien fait,
qui par tous les foins qu'il
pouvoit luy rendre, l'avoir
engagéeàl'estimer. L'estime
o (.J' va loin quand le coeurest favorable.
Le Gentilhomme
avoit du merite, & l'empressement
qu'il faisoit paroistreà
se rencontrer dans tous les
lieux
,
où il apprenoit qu'il
pourront la voir,ne l'avoit
pas laissée insensible à son amour.
Leur intelligence ne
put demeurer long-temps fecrete.
La Mere qu'une lan-*
gU'2'1lr d'accident retenoir au
lit depuis quelques mois,,,
fut avertie des sentimens que
sa Fille avoit pour le Gentilhomme
,
& ce Party ne luy
plaisant pas,elle crut devoir
la marier au plûtost pour étoufferune
passion,donte lle.
craignoit les suites. Dans ce
dessein elle pria une Dame
qui la venoit voir souvent,
devouloir bien luy choisir
un Gendre. La Dame jetta
les yeux sur un Cavalier fort
riche, & par le portrait avantageux
qu'elleluyfit de la
Belle,ellel'engagea à songer
au Mariage. Il fut content&
de sa naissance&de son bien,
mais quelque aimable qu'on
la luy peignist, il n'en voulut
croire que ses propres
yeux, & demanda à la voir
dans quelque Eglise, avant
que de s'expliquer sur les proportions
qu'on luy pourroit
faire. La Mere ayant iceu
ce que souhaitoit le Cavalier
, le fit avertir de l'heure
où il trouveroit sa Fille à la
lvteilè, & afinqu'il la connust,
on luy marqua qu'elle
auroit un manteau blanc avec
une jupe verte. En mesme
temps elle ordonna à sa
Fille de relever sa beautépar
les ornemens que luy permettoit
son âge. La Belle eut
beau luyrépondre qu'on devoit
du moins luy donner le
temps de faire reflexion sur
ce que c'estoit que de s'engager
pour toute sa vie; elle
avoit affaire à une Mere abfoluë
quivouloir qu'onluy
obeist {ans répliquer,& il fallut
qu'elle canfentist àla recherche
d'un homme qu'elle
n'avoir aucune envied'épouser,
Elle en eut un chagrininconcevable
,&come
l'ardeur defeconferverà ion!
Amant occupoittout sonesprit,
elle resolut de tromp per
sa Mere, qui estant roûjours.-;,
au lit ne pouvoit estre témoin
de l'entreveüe qu'on
avoit promise au Cavalier.
Une jeune Dame, mariée
depuis assez peu detemps,
& qui ayantelleélevée Fille'
dans ion voisinage, l'avoit
toujours cherie tendrement,
estoit venuë paffer huit ou
dix jours avec elle,pendant
un voyage que son Mary
avoitesté obligé de faire. La
Bellela pria de tenir sa place
au rendez-vous, en prenant
son manteau blanc & sa jupe
verte, & sçachant que l'on
estoit demeuré d'accord que
le Cavalier l'aborderoit lors
qu'il la verroit sortir de l'Eglise
,
elle l'engagea à tourner
les choses d'unemaniere
quiledegoutat de cette
recherche,, en luy laissant
entrevoir que si on la forçoit
de se déclarer,ses pretentions
feroient inutiles. La
tromperie ayant esté concertée,
il ne rertoit plus qu'à
l'executer.Quelqueavantageux
portrait que l'on eust
fait de la Belle, la jeune Dame
pouvoit soûtenir le Personnage.
Elleavoit les yeux
fort doux, le teint vif, la
bouche belle, les dents admirables,
& soiten parlant,
foit en riant, elle faisoitvoir
le commerceétroit qu'elle
avoit avec les Graces) tant
elle
elle enestoit tou jours bien
accompapnëe. La Belle s'étfaéner.
àmsoonntraéveaànstaagMeerece,coef- ,&avec
fée à son & avec
l'habit qui devoir la faire
connoistreau Cavalier,alla
promptement le donner à
son Amie, & elles sortirent
ensemble pour le rendezvous
où elle eftoir attenduë.
La jeune Dame sepsaçakule
à l'endroit qui avoir elle
marqué, & le Cavalierfut
frappéd'abord par le manteau
blanc & la jupe verre.
Illa regarda avec grande attention
,
& n'eut pas si tost
rencontre ses yeux, qu'illa
falüa d'un air qui luy fit comprendre
qu'elle estoit fortà
son gré. Aprés l'avoir bien
examinée pendant tout le
temps qu'elle employa en
devotion, il l'aborda lors
qu'elle sortit, & luy fit paroistre
tout ce qu'un amour
naissant peut avoirdeviolence.
Cét amour redoubla
sort par la maniere dontelle
foustint cette premiere entreveuë.
Il iuy trouva dans
l'esprit un charme secret qui
fit sur son coeur une impression
nouvelle,& ce sur pour
luy quelque chose de bien
doux d'estre convaincu que
sa beautéestoit le moindre
de ses avantages. Il la pria
de souffrir qu'ilallast chez
elle des ce mesme jour, 6c laDame qui cherchoit à
obligersonAmie,luy répondit
en riantqu'un amour
si prompt luy elloic
suspect;qu'il estoit juste
qu'on luy donnast quelque
temps pour la mieux connoistre,
avant qu'il fin. aucunedémarche
au prés de la.
Mere; qu'elle en avoir befoin
e lle-mesme pour bien
sçavoir de quels sentimens
elle feroit capable pour luy,
& qu'ils en pourroient le
lendemain dire davantage
à la mesme heure, s'il vouloit
se rendte aumesme lieu.
Le Cavalier sur obligé de se
retirer après la promet du
rendez-vous, & la Dame
quirejoignit son Amie, luy
rendit compte de ce qui s'estoit
passé. La Belle ayant
repris son habit,suivit la
'Dame dans la chambre de
sa Mere
,
qui leur demanda
des nouvelles de l'Amant.
Elles en parlerent fort modestement
, comme d'un
homme qui n'avoit rien qui
choquait. La Belle marqua
toûjours beaucoup de dégoust
pour le Mariage 6c
sa Mere luy déclara en ter,
mes
-
tres-absolus que si le
Cavalier persistoit à la demander
pour Femme, elle
vouloit que l'affaire se terminast
en fort peu de temps-
Cete menace obligea la Belle
à redoubler les instructions
qu'elle avoit données à son
Amie, pour la défaire du
Cavalier, qui ne manqua
pas le lendemain de venir
au rendez vous. Il en sortit
beaucoup plus charmé de la
jeune Dame ,qu'il ne l'estoit
la premiere fois qu'il
l'avoir veuë, & aprés cinq
ou six autres conversations
de mesme nature illuv demanda
ce qu il pouvoit esperer.
Ellerépondit qu'elle avoit
pour luy toute l'estime
que luy devoient inspirer les
sentimens qu'illuy avoit expliquez;
qu'elle en auroit,
tant qu'elle vivrait,. beaucoupde
reconnoissance,
mais quene se trouvant pas
en estat de penser au Mariage,
elle se croyoit obligée
de luy conseiller de chercher
ailleurs quelque personne
dÜrne de ion choix. Le Ca- .-' valier transporté d'amour
l'interrom pit pour luy dire
qu'il n'estoir plus en POUool
voir de choisirailleurs
; que
c'estoit à elle uniquement
qu'il sattacheroit coure si
vie, & que s'il ne pouvoir
l'obliger à l'épouser, le seul
plaisirde la voir, & d'estre
de ses Amis, luy paroissoit
préférable à tous lesengagemens
qu'onluy pourroir proposer.
La Dame ne fut pas
fachée de s'appercevoir que
sa passion estoit violente. Elle
en débarassoit son Amie
en l'affermissant dans l'attachement
qu'illuy prometf£>
it, & c'estoit dans cette
veuë quelleavoittoûjours,
agy. Ainsi ellele pria d'exa,..
miner s'il estoit capable de
soûtenir ce qu'il venoit de
kty dire, èc sur les sermens
qu'il luyen fit, elle Faneura.
qu'elle se faisoit un vray
plaisir d'avoir un Amy de
son caractere. Ils se revirent
encore , ôc leurs entretiens.
roulerent toujours sur les.
mesmes choses. Le Cavalier
luy juroit qu'il ne trit.
qu'elle qui fust digne d'estre
aimée, & la Dame prioit le
Cavalier de songer qu'elle
le regardoit seulement comme
ion Amy,& qu'elle n'avoir
consentyàl'écouter que
sur ce pied-là. Cette priere
ne l'étonna point. Il crut
quel'éloignement qu'elle
luy marquoit pour tout ce
qui est amour ,
estoit l'effet
d'un dégoust aveugle pour
le Mariage, & ne doutant
point qu'il ne vinst à bout
deluyfaire perdre ce dégoust
par ses complaisances & par
les grands avantagesqu'il
pouvoir luy faire en l'épousant,
il ne mit aucunes bornes
au panchant qui le portoit
à le donner tout à elle,
Cependant il estoit temps
d'éclaircir la tromperie. La
Mereayant sceu par celle
qui conduisoit cette affaire,
que le Cavalier estoit charme
desa Fille,demandoit de
jour en jour à le voir. Ilpressoit
de son costé pour avoir
la liberté de rendre visite.
D'ailleurs la jeune Dame qui
attendoit son Mary, fut
obligée de se separer de son
Amie, & derevenir dans son
Quartier.Ainsi il fut arresté
qu'elle avertiroit le Cavalier
de se rendre aux Tuileries;
que par de longues conversations
elle tâcheroit de l'enflâmer
encore davantage
y
&
qu'ensuite elle luydécouvriroit
le secret de l'avanture.
Le Cavalier fut rav y de ce
changement de rendezvous.
Il se flata du plaisir
d'entretenir plus long-temps
l'aimable personne qui faitsoit
toute sa joye, & il la
trouvaeneffetlelendemain
dans une Allé-* écartée des
autre,squ'elleluy avoir Inar. qule. Elle estoit accompagnée
d'une Amie qui sçavoit
la chose, & qui la traitant
de Fille, mit encore plus
fortement le Cavalier dans
l'erreur. Il dit devantelle à
la jeune Dame tout ce qu'on
peur dire de passionné& d'obligeant,
& dans le moment
qu'ils se separerent, il fut
apperceu d'un de ses Amis,
qui vint le feliciter sur son
bon goust à choisir les Gens
qui meritoient qu'on leur en
.,onraf!:. Comme on se plain:
àparler de ce qu'on aime, ôc
qu'ayant un desseinfort legucime,
le Cavalier faisoit
vanité de sa passion,il luy
demanda ce qu'il trouvoit
de la personne qu'il venoit
devoir. Cet Amy luy ré pondit
qu'il la connoissoit,&
après en avoir tlit une peiru,
ture tres-avantageuse, il a~
joûta qu'il latrouveroit toute
parfaite, ianL un grand defaut
qu'il avoit peine à luy
pardonner. Ce défaut estoit
qu'elle ne vouloit que des
Amis,8c que si tost que l'on
secha^cr.t à prononcer seulement
le mot d'amour, on
se faisoit des affaires avec el- le.LeCavalierrépliqua qu'il
sepouvoit faire que l'amitié
latouchast plus que -l'amour,
mais quilavoit la douceur
devoir que s'en estantdeclaré
fort amoureux, cette
declaration ne l'avoit point
offensée. Il ajoûta que comme
elle avoit les sentimens
nobles & tres-bien tournez
sur toutes choses, il suffisoit
qu'elle l'estimait, pour luy
donner sujet d'esperer qu'elle
le rendroit heureux quand ill'auroit épousée.SonAmy
surpris de cette réponse, luy
dit enriant,qu'il ne sçavoit
pas qu'on pust épouser une
femme mariée, & la dispute
qui s'éleva la dessus entreeux,
ne fut pas ailée à terminer
Il fallutenfinquel'Amy
cedast. LeCavalier luy foûtint
si fortement que la belle
Personne qu'il avoit veuë
avec luy , estoit une Fille avec
laquelle il estoit prest
de se marier du consentement
d'une Mere de qui elle
dépendoit
, que ne l'ayant
veuë que d'un peu loin, il
crut qu'il pauvoits'estre
-:::
trompé. Il dit seulement au
Cavalier qu'elle ressembloit
extremement a une jeune
Dame de son voisinage, 6c
que fins ce qu'illuy disoit
de positif, il auroit juré que
c'estoit elle. Le Cavalier ne
conserva pas le moindre
scrupule, & revint le jour
suivant attendre la jeune Dame
dans la nlefnlei\Ilée,aufif
ivmply d'esperance qu'il l'avoit
encore esté. Elle continuapourtant
aluydire, qu'-
elle ne pouvoit estre contente
tant qu'il exigeroit
d'elle des sentimens quelle
nestoit point capable d'avoir,&
le Cavalier commençoit
à luy répondre, lors que
se trouvant au bout de l'Allée,
ils y virent tout d'un
coup entrer cet Amy qui les
connoissoit tous deux. Le
Cavalier qui estoit bien-aise
qu'il vist de prés sa Maistresse,
eut de la joye de cette
rencontre, mais son Amy
qui vonlutluy faire voir qu'il
luy avoit parlé juste le jour
précedent, troubla bientost
-cette joye. Il s'adressa à la
jeune Dame, &: luy demandant
des nouvelles de fixai
Mary, il la jetta dans un si
grand embaras, qu'elle ne
sceut que répondre. Elle regarda
le Cavalier, le Cavalier
la regarda dans le mestemps,
& comme ils gardoient
tousdeux le silence
,
ce nouveau venu les voyant
ainsi déconcertez, se retira
en disant qu'il s'appercevoit
qu'ils avoient ensemble quelqueaffaire
à démester, & que
fil presence ne leur pouvoit
estre qu'incommode. Ce fut
alors que se fit l'entier éclaircissement.
Maisavecquelle
douleur leCavalier connut
il qu'il avoit pris de l'amour
pour une personne qui ne
pouvoit en prendre pour
luy! Il se plaignit à la Dame
de la cruauté qu'elle avoit
euëde l'engager à des sentimens
qu'elle devoit condamner,
& dont, quelque
violence qu'il se fist, il sentoit
bien qu'illuy seroit malaisé
de se défaire. La Dame
après luy avoir appris ce qui
l'avoit obligée à joüerle personnage
dont il se plaignoit;
le fit souvenir, qu'elle avoit
toujours voulu qu'il s'en tinst àIl luy jura que
cette amitié seroit éternelle;.
&: ne pouvant plus entendre
parler de Mariage, il rompit
l'engagement où il estoit
avec son Amie. LaMere qui
croyoit les choses en estat de
se conclure, fut fort surprise
de ce changement.Elle l'impura
à la froideur de sa Fille
qui avoit toûjours fait voir
beaucoup de dégoust pour
cette affaire. La Belle eiïùya
quelque gronderie, mais elle
en fut consolée par la joye
qu'elle eut de n'estre point
obligée d'abandonner son
Amant. Je ne puis vous dire
si le Cavalier n'a plus que del'amitié
pour la jeune Dame.
Je sçayseulement qu'ilmet
son plus grand bonheur à
luy marquer par ses foins
qu'illatrouve toute aimable,
& que s'il ne la voit pasavec
une entiere assiduité, c'est
parce qu'elle s'oppose aux vifites
trop fréquentes.
Mr le Marquis de
-
Beuvron,
Lieutenant General
pour le Royen Normandie, se rendit en la Ville du Ponteaudemer
le z4, du dernier
mois
,
accompagné de
Madame la Marquise deBeit-
U-f/IIT.-
WI-f
vronsaFemme, & de Mademoiselle
de Genlis sa Fille,
pour visiter un nouveau Port
de Mer que Sa Majesté y fait
faire dans le desseinde rendre
cette Ville là une des plus
maritimes de la Province.
Elle est dans une situation
trèscommode pour cela,étant
placée entre Roüen ,
Honfleur
,
& le Havre, &
ayant de tous costez un
grand nombre d'eaux & de
fontaines. Le Magistrat
ayant esté averty que ce
Marquis arrivoit avec un ordre
particulier duRoy pour
îfru-
U(iK<•
cette visite
,
le sit sçavoir à
laNoblesse & au Peuple. La
pluspart des Gentilshommes
& des jeunes Gens , monterent
à cheval avec des parures
magnifiques
,
& tous les
Bourgeois se mirent en ar..
mes. Sur tout, deux Compagnies
de Cuirassiers qui sont
enGarnison dans les Fauxbourgs
allerent le recevoir
le Sabre àla main
,
& il entra
dans la Ville avec de
grandes acclamations. Mr
d'Argences, Lieutenant Gen-
eral dans la Ville & Vicomté
duPonteaudemer, le
vintharanguer à la telle des
Eschevins
,
aussi-bien que
Mrdu Bourg, premier Avocat
du Roydans la mesme
Vicomte. Le premier presenta
à Madame de Beuvron
au nom de la Ville des Corbeilles
de Confitures,& des
rafraichissemens de toutes
sortes. Il y eut deux jours
de réjoüissancespubliques
avec Cavalcade, grands festins,
bruit de Canon & de
Mousqueterie, Trompettes,
Tambours? Illuminations,
Feux de joye, & d'Artifice.
MrdeBeuvronvisita ce Port
de
de Mer, & partit ensuiteau
milieu des cris de Vivele l\.oy.
J'ay fait, Madame, ce que
vous avez souhaité. Il y a un
mois qu'en vous a prenant la
mort de Mr le Comte de Coligny,
je vous parlay de trois
Lettres que l'Em pereurluy
avoit écritessur la fameuse
Vitloire qu'il remporta au
passageduRaab en 1664.
Vous m avez marquébeaucoup
d'envie de les voir, &
comme ces Lettres regardent
l'honneur de laFrance,
je croy pouvoir les rendre
publiques après la mort de
ce Comte, & satisfaire par
la voitre curiosité.Toutes les
trois avoient pour Suscription,
Au Haut st) bien né,
nostre bien aimé le Comte de Co.
ligny) General £Armée du tresliktflre,&
très-PMjjlint Roy de
France,Nostre bien aimé Coufin
G) Frere. En voicy une
tres-fidelleTraduction, qui
aeste faiteàla lettre.
LETTRES
DESA MAJESTE'
Impériale à Mr leComte
de Coligny., General de
l'Armée de France, pendant
la Campagne de
Hongrie en 1664.
I. LETTRE.
1 BIen-aime Comte de Coligny.
On maracontéavec
beaucoup de louanges la valeur
@f la bravoure que vous a'Vez
faitparoijlre dans le dernierCombat
qui s'est donnecontre les Turcs
prés du Raab le premier jour de
ce mois, enforte quavecl'aide de
Vieu.) (s1 par voflre courage st)
coopération remplie de %ele3 après
un vigoureux combat deJept heures
, vous avek gagné le Champ
de 'Bataille sur l'Ennemy
,
quiA
eslé contraint de se retirer avec
perte de quelques milliers de sa
meilleurs hommes au delà du
Raab quilavoit déja paffé. Or
comme avant toutes choses nous
devons à Dieu de justes remerctmens
pourcet heureuxfuccéstvous
in,avek aujji rendu * a tout le
Public un service tres-particulier
&tres-considerable, qui tourne à
masatisfaction particulière
,
Li'
a vostre immortelle réputation ;
de forte que je ne manqueraypM
dans les occasions qui se presenteront
de reconnoistre cette courageuse
resistance que vous a'Ve:( montrée
contre l'Ennemy
, & les belles
actions que vous y avezfaites,
& demeure avec ma grace Imperiale
,
Vostre bien affectionnér
Donne en ma Ville de Vienne le
7.Aoust 1664. LEOPOLD.
II. LETTRE. BIenaiméComte de Coligny.
J'ay apprispar It
Lettre que vous mave% ecrite
comme vous desirez que les Troupes
que vous commandez, soient
logées en des quartiersoùelles
pUlfJenttrouver lesmoyens defubsifler
, en attendant£jr jufquà
ce qu'elles ayent d'autres ordres de
ce quelles auront encore àfaire.
Orcommefajreceu un singulier
contentement des braves aftions
& grande valeur que vous @!
le[dites Troupes ave%fait parot
tre jujqiiàpresent3 &queje les
reconnois aussi avec des remercimenstres-
gracieux;ainjije trouvefortjufle
&fort équitable,&
aypourveu moy.mesme àce qu'on
vous aJFgnafl des lieux commod?
s}ouvc%5trouverpif~ il ,s , ou
fijU>nment des livres pour vos
hommes & vos cbheevvaauuxx ; &
; sur ce je demeure avec ma grâce
Impérial:, voflre bien affiElionné.
Donné en mon Cbaftean
d'Ebcrsdorffle 10.
Oélobre 1664.
-- LEOPOLD.
cIII.LETTRE. hier Comte at Coligny.
Jay fceti par vojlre Lettre
du 17. de ce moisy que vous ave%
receu ordre de mon cher Coufin
0* Frere le Roy de FranceJ de
vous en retourner avec les Trouves
que vous commaneZ
, & qu'à
caujé de votre indfpofitwn dt
corps
, vousave^ esîéobligede
prendre licence ou congépat écrit.
J'ay appris voflre incommodité a,
Dec depUifir & compassion &
aurois ejié birn aije de vous voir
av-m voflredéport, triais commft
toccafionne sen eji pas presentée,
Uous pouvez vous ajjeurerCjue ieHlme vos braves Cmgenerepfê-t
aftionsj &vos bons feervicer.,
& que sen ay une fatisfaéhon
particuliere, les ayantreceus commeje
les reçois avec remercimcns;
Pifjrrte je les ay haut !oü(''Z ati
Roy. Je riobmettray pas de la reeonnoijlreenversvousg?
les xo.
tres, là ou loccapons'en pre/errtera
vous eflant
3
& demeurant
d'ailleurs bien affectionne. 4
Vienne,le
2.5.
Oftobre 1664.
LEOPOLD.-
On adit de Mrle Comte.
deColigny. ce qui s'est dit
autrefois de ses Ancestres,
que les hommes de ce sang.
naissoient guerriers, ce que
l'on a reconnu de regne en.
t.J regne. Cependant Mr l'Abbé
de Coligny son Fils a pris
une route differente. Comil
est jeune,bien fait, d'un.
mérité distingué, & qu'il se,
voit Chefd'une Maison fort
Illustre,avec une grandesuccession,
on avoit cru qu'il suivroit
les mouvemens de son
Sang,& seresoudroirà changer
d'estat,maisilest demeure
ferme dans sa Vocation,&
a fait voir qu'ilestoit peu
sensîbleà toutes ces choses.
A yant eu l'honneur de salüer
le Royle 17. de ce moisil dé.
clara a Sa Majeste' en presence
de M l'Archevesque de
Paris,du R. P. de la Chaise,&
de Mr le Marquis de Seignelay
qui le presenra,qu'il continueroit
sous son bonplaisir
:JLk;t
IlCûlotrf
dans la Profession où il s'étoit
senty appelle.Il est d'une vertu
exemplaire,& cette action
a paru d'autant plus louable,
que MrdeColigny son Pere
l'a desheriré par son Testament,
en cas qu'il reste dans
l'estat Ecclesiastique,où l'on
peut dire qu'il entre en Arpostre.
Il semble que Dieu
ait voulu par là que les injures
qui ont esté faites autrefois
à l'Eglise parOdet de Coligny
Cardinal, Archevesque
de Toulouse, & Evesque de
Breauvais,aisné des Coligny,
son grand Oncle, sussènt reparées
par un autre aisné de
cette mesme Maison. Comme
son mérite & sanaissance
doivent nous le faire voir
dans les mesmes dignirez
,
h
conduite fait aiïèz connoifire
ce que la Religion Catholique
doit attendre de
son zele, dansun temps, où
le Calvinisme qui avoit elle
la cause de l'égarement de
ses Ancestres, vient d'estre
éteint par les soins denostre
Auguste Monarque.
Quoy que la fermeté de
cet Abbé à demeurer dans.
l'ellat qu'il achoisy,eustren.
du Mlle de Coligny unique
heritiere de sa Maison
, cette
tendre, & genereuse Soeur,
méprisant ses propres interests,
a fortement combatu
la resolution de son Frere,
& a fait redoubler par là, Testime
qu'avoient pour elle
tous ceux qui la connoissent,
Voicy les derniers Vers
que Me des Houlieres a faits
pour le Roy.
AU ROY; L*Erreur feconde en attentats
£htitraifnoitLi Dijcorde&lOrgueil
àsifuite,
,LH.UQ:)'
Ne répand plm enfin dam tes vasles
Efiats
Lepoifion dont L'armal'Enfer qui l'a
produite3
Tafiieté,Grand Roy,pourjamais I'd
détruite.
Quelle Hydreviens-tud'étouffer l
En vain tes Grands Ayeux oserent la
combatre,
Ces Héros ne pûrent abatre
Le Monjlre dontsans peine on te voit
triompher.
far combiendeforfaits, de Batailles,
de Siercs
Son orginils'est-ilftgnalé*
gue d'AutelsontsentysesfureursfixeriUgc
s !
Le Trône eu l'on te voit en fut mefime
ébranléi
Tu le feais
,
& tes foins toujours
prompts,toujoursfiages,
VxèferventnosATeuLUX aun defaflrc
FIïCd.
Ainji voyons-nouileSolcïl
Pour fiirt de beaux jours dtjjlper let
nuages.
Le plia rude Jcntiersiustes pass'a»
pla,lit.
Frince Inunhx, les Destinsfont pour
toy unscaprices,
Contre une Hydre indomptée un seul
ordresuffit,
A ta voixfont tombez, lesnombreux
Edifî rs
Ouse neuryifjoient les fureurs;
A ta voix elle rentre en ce goufre d'hor.
reurs
Dessinépeurpunir Us,vices.
Adesirpranldsafitcucedstoiutt,le Ce' ap- (eit. mie ( 'it~
D, loaçrt emensi'abvMt reten- J~ ci' iime., ion secoursdérobeàfis
supplices!
Ah,pour(..uviyton Peuple
,
crpour
langerla FfJ),
Ce que tu nens de faire eJ1 au dejjus
de l'homme )
De quelques grands noms qu'on te
himme,
0) iabd'jjl, il n'ff plus d'¡!/fèz
grands noms pour toy.
-
Mau dans lu bras d, la Victoire
yplains-toy de ton bonheur, erains l'excès
deta gluire
,
Yoy lefort qu'a ton Peuple elle v-z
préparer;
Ta main pui/jante Ó;, Ucourabie
Tire ce Prup 1 /., , ( aiméd'uni tnenrdéploraiit,
Etparune autre Erreur fit le ïas égarer.
Inshu'i pAYcrnt fameux eXCrlJ?Ù;, - ^uja derason a>
des Jtmpla\
Contre ta modeflie on ose-mmmurer.
(kiy.sitapietériymcîioitdescbftdclesy
Tes jours fertiles en miracles
Nomforutoient a tyadorer.
-
Il s'est fait depuis peu une
Table contenant les principes
de la Musique en Dialogue.
Non feulement elle est
facile & divertissante pOUi"
ceux qui apprennent cette
Science de cette nlaniereY'
mais elle est auiïi fort curieuse
pour les Speculatifss,
& les plus habiles, ciui-or-C
témoigné en faire grand cas:"
Cette Table se distribuë
chez M Fleury,quienest
l'Auteur. On y trouve encore
d'autresOuvrages fort
considerables, qu'il a faits
pour jouer la Basse continuë
sur le Theorbe, sur le
Lut,&sur la Guitarre.
On fait toujours de nouveaux
Printemps. En voicy
un qui est estimé des Connoisseurs.
AIR NOUVEAU.
LE Printemps fait éclore aujourd'huy
milleFleurs,
Tout enchante dans la Nature ,
Dans nos Bois, dans nos Prez on VG
voit que verdure,
Et l'Amour ifout fies loix enchaifine
tous les coeurs.
Il riefipoint deiferté qui ne rende les
armes
Sous le doux regne dcs beaux
Jours)
Et les Amans vPfldroient que ce temps
plein de charmes,
Pour leur bonheur duusi toû..,
jours.
Je vous ayparlé plusieurs
fois de la Feste de la Commemorationdu
S. Sepulch re
qu'on celebre tous les ans
aux Cordeliers du Grand
Convent, le Dimanche de
Qmf^rnodo. ony chanteune
MsflH en Grec;&après 1'%-
vangile, on fait un Discours
en lamesme Langue;&ce
qu'il y a de remarquable,
c'est que chaque fois que
cette Cérémonie se fait, on
voit un prodige qui paroist
toujours nouveau ,puis que
ce Discours Grec est toujours
fait par un jeune homme de
quatorze ou quinze ans, &
souvent mesme beaucoup
moins âgé. Le Fils de feu Mr
de Solad
,
Conseiller en la
Cour des Aydes de Monpellier,
a eu cette année la
gloire de cette Action, qui
luyattira beaucoup de loüanges
d'une sçavante & tresnombreuse
Assemblée.
J'ay eu raisonde vous dire
que j'esperois ne pas finir"
cette Lettre, sans vous apprendre
ce quise seroit paile
dans la Ceremonie du Te
Deum qu'on devoirchanter
à Rome,pour rendre graces,
à Dieu de. l'entiere réunion
des Protestans de France à
l'Eglise Catholique. Ce que.
MrdeChassebras de Cramai.
lesaécrit là-dessus à Mrle
Duc de S. Aip-nan,contient
toutes les particularitez de
cetteFeste. Onm'a donné
J1dlriW:
une copie de sa Lettre, dont
je vous fais part. Comme il
a estétémoin de tout, sa Relation
est fort exacte.
L De RomeceMardy 30. Avril 1686. On aimiroit icy depuis
long-temps les grands progrès
quife faisoient dans la France
au sujet de la Conversion des
Relgionnxires
, CT l'on njoyoit
Tle le Cielfécondait deplus en
plus les pieuses entreprises de nôtre
t-Auguste Ado-narque?lorpjue
la nouvelle arriva de l'Edit du
mois d'Oélobre dernier, par le.
"ci S* tJiïlajefti deffendoit lE*
xerciced?laReligion Pretenduë
Reformée dans tautson Royaume.
Cette nouvelle fut si bien recette
à Rome
, que la Chambre Apo-
Flol/que fit' aafji-tost tra duire cet
Edit en Italien. On. le mit fous
la presse ; mais lé grand nombre
des Exemplaires qui en furent
faits ne fujfiftnt pas pour satisfaire
lempreffement que chacun
montroit d'en a-voir une copie, on
fut obligé de l'zmprimer de nouveau
à Bologne
>
& en d'autres.
Villes d'Italie. Le Pape écrivi
aujJi tost à Sa sjïïiajejléune Lettrede
congratulation3 commevous
a,vez1ceu, &témoigna à plupeurs
particuliersqu'iln'avoit ja_c
maureceu denouvelle qui le tou--
cbafl plus sensiblement. L'effir
farprenant de cet Editayantj-ait
uoirpar lafuiteque Dieuymettoit
la main, & toute laFrance
si trouvant aujourd'huyprejquc
entièrement purgée de ïHerejifi
de Calvinparlesjoinsextraordinaires
du Roy
,
qui n'a d'autre
'Vcuè' danstoutes jes entreprife*
que la gloire de Dieu
,
la grandeur
de jonRoyaume gjf la jrelicite
de ses Peuples; Sa Sainteté
fit convoquer un) Confiflaire secret
au commencement de ce Carejmer àla fin un Diftours.Laîm
toute:
tvooutiprlle'aivnadn'téalogqeueqnucee,lapRoeulrifgaiiorne
~o/r ~~r~6' a~f /~f<o~
recevoit du zele de nofîre pieux
Monarque
J
qui soûtenoit avec
tant de gloire la qualité de Tres-
Cbreflun& de Filsaifnéde l'Eghfe*
Ce Discoursfut si touchant
qu'il attendrit le coeur de tousceux
qui l'entendirent
, & fit d'atw
tant plus dtimpr IJionfurhur esprit
qu il (ortoit de la bourbe du Ptre
commun de tous les Chrefttens
y qui commr ficaire de J. C. ne
prononce que des Oracles, (9" qui
fernble avoir furpsfjetouslesautres
Papesses prcdecejjeurs par sa
conduite admirable
, & par la
faintetedefa vie. IlneJecontenta
pas de cette Declaration particulièrefaite
en pleinConjtfloirejl
'VO;dUf encore la rendre publique,
cboifît pour cela le temps de
ttt's1 comme le tempsleplus
propre où les Chrefliens commencent
a resPirer la loye après les
{o'lfrâi?CeS (gjf lesmortifications de
la Penitence du Carcfme.Le26.
de ce mois, il ordonna qu'il se
tlcndroitChapelle extraordinaire
le Dimanche suivant dlÍns la
ChapelledesonPalais
,
(éj que
dans le temps, qu'il entonmroit
luy.mefm? le Te Deum, les
iCanons du ChaPreau S. Ange
feroient leur décharge ,& que
toutes les Eglises de Rome
, tant
les Basiliques, Patriarcales,Collegiales,
que les autres Seculieres
& Regulieres sans en excepter
aucune,sonneroientensemble toutes
leurs Cloches durant l'espace
d'unedemieheure, ordonnantencore
qu'ilseroit chanté un Te
DCUln solemnelle mesmejour
dan.' chacune de cesFvhfes à la
fin de la grandi Altffi, qui ejî
l'heure où la dévotion attire le
plis de monde. Ce jour venu qui
fut Dimanche dernier 28. d'Arvril,
Mr le Cardinal d'Estrées
se rendit le matin de bonne-heure
à la Chapelle du Pape, accompagné
d'une fuite extraordinaire
de Carroeeç; tous les François
qui font a Rome *an grand
nombre de Prélats & de Gentilshommes
Romains e Etrangers
lay ayant voulu faire Cortège,il
chanta la Messeen presence de
tous les Cardinaux ü de toute
la Prelature de Rome. Les Mattres
de Ceremonie du Pape avoient
mis leur habit rouge dont
ils nese ferventCjue dans les plus
grandes F:jles,&laMcffe etant
finie, ce mesmeCardinal
entonna le Te Deum aux Finfares
de toutes les Trompettes du
Palais, & au hruit du Canon3
& de toutes les Cloches de la
Fille qni Je firent entendre à plus
de douze milles aux environs.
Quoy que le Pape se fust trouve
malle jour precedent & toute la
mit
,
il voulut descendre pour
cette Ceremonie, mais [es Médecins
l'en empescherent. Depuis
longtemps on navoit veu une si
grande foule dans la Chopelle.
On fut obligéde redoubler lesSuifles
du Pape qui en gardoient les
avenues ecr luporte8J & l'on eut
toutes les peines du monde àfendre
lapresse pour faire pajjageà
Mr le Duc de Aiantouequi vou.---
- -- lutjvenirincognito.Madame
de la Haye Vantelet
,
femme de
tAmbajJàdeurde France vers la
RépubliquedeV°nifeys'eslans
rencontrée icyfouhaita d'estrepresente
a cette celebre Ceremonie.
Comme il n'est pas de tujage l'on que recoive les Dames dans les
Chapelles du Pape,pourfatisfaire
fort%ele^on eleva exprés une petitr
Tribune separée & ornée de
Tapijjeri
es ou elle vint avecquel"
ques Princejjes Etrangèrestvit
commodement toute la fonclion
sans epre veuë.
Le mesmejour au matin l'on
exposa le Saint Sacrcmtnt pour
les Prieres de Quarante-heures>
Ja1's lEçlife ParoiJJiale dv S.
Louis desFrançois3admin-'lrçe
par des EccrflfbqutJ de la Nalion.
Le Pape avoitaccordé une
Indulgence plewcre à tous ceux
qui vifiteroient cette Eglise l'un
des trois jours qu'ily demeureroit
exposé, & qui s'efiant mis en état
de meriter les lo;ràces du Ciel, re,
rrterciroienc Dieu de l'heureux retour
des Heretiques de france à
lEvlife Catholique. Pendantces
trois jours ilyeflnjenu un nombre
infiny de Peupley ff) le y Mellani
j Maistre de la Afufîque de
cette Eglise>l'un des plus habilesdeRome)
àTemblefefurpa!\
ferluy-mepne danscette
,ne renconv dins cette ren-opitq tre, ou il a voulu fureparoiflm
lezeleardent qu'" a pour l'inte^ reftdelaRehvwn,pour'om
ce q-4iregardel'avantage de U
France.
LeDimancheaufotr!Úer'\
Lundytoute la ydlede Romesur,
ihmmêejufcjuà
une heure après < minuit. Le Darne de S. Pierre du Patican, & la Frlfade de l'Eghfe
piro'JJoient tout enjeu. Sa
Sainteté avoit fait mettre des
Lanterna à tosttrs les Fenestres
&aux Galeriesdefis deux ']Jit..
lats du Vatican) e de Montu
Cavallo.LeSénateur,& lésionfervateurs
de Rome en avoient
fait mettre de mesmefurie Cloche
f y& surle Palais du C'apito.-
le Celuyde M1 le Duc d'EPrreç
estoit éclaire de flambeaux jusque
sur les toits. L'on voyoit sur
la Façade les Armes du Pape C
celles de France environnées de lumieres.
Il auoitfaitfatfedesfeux^
par toute la place, Ü, autour des
deux orandes Fontaines quifont
en iieue de son Hopel. La Reine
de Sufdeauoit pareillementil-1
luminéfonPalais deflambeaux de
cire
blanche. Tous le5Cardinaux)
les Prznces) les AmbafJàdeurs
9
les R.efidèns des CouronnesJ les
Prélats, les TDACS> & generalementtoutes
les personnes de lité qua- avoient aulJifaitallumer des
feux devant leurs portes& éclairer
leurs Hotelsyles uns avecdes
flambeanx3&les autres avec des
lan!eJne;J & il n'y eutprefij'te
ferfon.iequi neJill des Feux de-
Tantf,iportefffr)q'>..'nem;¡q' des
luères à ses f-*iftres. Tr:!tcs
le< L internes efcoient aux Arma
deCt Sainteté& à Cr lles de Fr.in-
1t
es,- r
ce. Ily en eut pl'ffiur* eju1firent
dles Emblèmes& des Devfe<sur Herefteterraff'ée. Entre les Communaurez
QUse fi^n.derent le
& -1 4-
7/W
y
on remarqua particulier
rnent la Communauté des Pteflrcs
delaP(lirJffi deS.huis&de
telle de S. Yves; les Chanoines
RhécgyuelideresdSe.ASn.tojéinuegdufelmVideennf'eA9--
b~'
Ï
'É
de S. Antoine de Vl c,~rie,
£p;
oythurMaisonproche
fainte
Marie Majeure, les Percs de
S. fr.acoïs dePaule> vulgairement
apicuez, les Minimes de
la Trinité du JMont, Eglise Titulairede
Mrle Cardinal dEflrèes
; les Peres Mineurs Re-
,tonnezdH TiersOrdre de S. Franfois
,
connus à Paris fous le nom
de Picpts ,qui ont icy le Consent
de Saiine Marie des Miracles;
les Peres TrinitairesRiformez À)
la Redemption des Captifs
,
donÀ
tEg/ife est dediée a S. Denis
J les Peres Vencdiétinsde ïAbayv,
de S. Cjrmain de Paris qui onii
un Hffice à Rome ,C les Religieux
Rrforwex de Citeaux a- peUez dtm autre nom les Feùil,,
lans
j
qui ont aussi à Rome Hojice un
,
dont ÏEglije ell dediêe
a l.i £icyvt\Toutes
ces Communaut:^&
Convens fontgouver-,
nezpardes EcclcfiaftiquesÜReligieuxdelà
ALuion Françofe.
ijourd!)uyÀdiXY'iy 111.1tln,
les Peres Picpus de Sainte Alarie
des Miracles
ont cdeGre' une
Me(Jesolemnelle dans leur Eg/ire
%aveczr*nd Choeur de MuÇqueSimphonie.
Ensuiteils
ont chanté le Te Dcun1,e tiré
toute la journée quantité de Poètes
Grr> de J"Mortiers. Ilssi preparent
a redoubler ce foir les Illuminations
du Dome de leurEghfe
y (f) de totties les fenestres de leur
Convenu Ces Religieux ont icy
une des bel!es Eglises de Rome
s
quoy que petite. Ils font tous
François, vivent dans une si
grande régularité qu'ils peuvent
fervirdexemple a la pluspart des
autres Reçuli rs. CommefeuAdr
leCardinal Gastaldi les eflirnoil
@
fort
j ilvoulut a lafin de (es joitx
AUOITtoujours auprès de luy U\
Religieux de ce Con ; ent}iwrs
,:
1701~,
luy[rvirdecon[eil & de con:
Jo/ation.
Voicy une autre Lettre d<1
MrChassebras, écrite à Mr ICI¡
Duc deS. Aignan, huit jours
après la premiere.
DDeRome le Mardy 7. Mayitît. Imanche dernier
y.
de cez
moisy les Peres de S. An--
toine de Rome celebycrent uner:
Meffi [lemielle en aclion dee
Ôgrâces de la Convcrfen d s He-
o J -
retiques deFrance. Le S. Sacre-
-
mentfutdésle matin. Ily
eut une superbeAdufiqueavec
grande Simphome. Mr d'Her-
»vault
3
l'un des douze Auditeurs
du Tribunal de la Rote
y
chanta
leTe Deum à la fin de la Mef
se,ouse trouva Mr tArnbaffideur
de France}avec un concours
extraordinaire de Perfonr;es de
qualitt. Comme ces Peres ont le
coeur tout Franfors,c-qu'ilsfont
gloire d pre ne^Sujets d'un Mona'qtLe
quifait tadmiration de
toute la Terreyils neublieient
rien pour rendre cette Fesiedes
plus 4:r7:4f}es * despltâ célébrés.
Ils ~a~ncoïsntfai*t oorr~nfeyr l/e~urr F~g2hfe'
dun riche Damasrouze-cramoif
relJaufé de t'ffiis &Ó f., de frangt
d'dr, avec le Portrait de Sa Sain
tetey ($y celujdu Roj. Ilsavoien
mis en dehors un autre Portrait d
S., Adajefte à cheval, entouré d
fejlonsÇt)de satins. Les Trompât.
tes lIliefloient dans un balcon ap
dejjôusJ mélant leurs fanfares a.
'V.c lefondu Timbales>fer.bloiem
porter jusquau Ciel les loü m^es
du Fils aisné de tEg/lfe. Il y
avait une fontaine de vin à la
porte du Convent, qui coula tou,
te la journpe, y l'air rerentijfo'tdirtoiucofïe%
des cris d'alegreffe
de Vive la France» cVive
le Roy Tres-Chrestien.
La nuit vtnuë, l'on éclaira tout
le Convent de lanternes. On alluma
des feux dans la rue
, on tira
quantité de fusées, & d'autres
Artifices, avec plus de quatrevingt
Boëtes&Mortiers, qui
s'estoientdéjàfait entendre lesoir
du jour préce dent,&tout le matin
de ce jour-là. Ces Peresfont
des ChanoinesReguliers de l'Ordre
de S. Antoine,quisuivent la
Réglé de S. Attguftin. Leur Ordre
est étably dés l'onzième Siecle &ils joüissent , de plusieurs beaux
Privileges.Ilsfont au nombre de
vingt-quatre, tousFrançois, &
ontun Viofpital^OH l'on reçois
ceux quifont malades de quelque
brûlure. Ils font tous les jours d\
fort grandescharité%}ajjijlem
d'argent &de vivres tous lesne..
cejjtteux qui leurviennentdemander
l'aumosne. Le F(everend^JJtmt)
Pere Antoine Pain de la Jasse
Lyormoisyeflpresentement leun
General. Il efl Abbi perpetuel
mitré &1 croJlé. Il a
seance
afit
Parlement de Dauphiné,&droin
de pressier aux Eflats Générauxs
de la mcjme Province, en l'abfen-.
ce de M. tEvefque de Grenoble..
Il rejideauConvent de S. An
ioine, proche deVzenne en D~-.
fhinê3 où efi le corps de S. Antoine3
Patron de l'Ordre. Leur
Supérieur est un Vicaire Triennal
dont tsdbbé a la nomination.
Comme cette Maison de Rome efl
une des principales de /'Ordrefil
riymet ja>;jats qu'une personne d'unprj.nddme.nte & ddt'une vie ()Cest le P. PaulBail- ':ncede letydelamefrne Prvn. ~~f de
Vauphiné) qui remplit un posse
Jthonorable.
Le 4. de ce mùis Sa .V.ntete
fitrendreunEdit,parlequel Zlle
défendà toutesfortes de Few;es
:
dJe quelque qua ,. À. j lité cond^,:on
qu'elles soient, tant Fillesque
veuves, &mariées, d'appren.
dreàchanter,ny ajouer d'aucun
InjlrumentdeMujique? de quelque
Maifire que ce putffe eflrey
foit Seculiers, Eccleftafliques ou
Réguliers, quandmefme ceux qui
leurvoudroient enseigner,ferount'
leurs proches Parens ou AI/tez,.
voulant pareillementqne lesReligieuses
qm ont accoutumé de
C
hanter les Oj ,
chanter OfficesDivins en
Adufïquet ne puissentl'apprendreque
desautres Religieusesleurs
Compagnes. Cet Jïdit fut hier
affichédm;lesprincipaux deRome.rincipaux endroits
LeDimanche 19. de ce
mois, Mr l'Archevesque de
Roüen fit l'ouverture d'une
Mission dans sa Cathedrale.
Mr Colbert, son Coadjuteur,
y prefcha le matin avec un
zele dont tout le monde fut
extremement édifié. Ce fut
une affluence d'Auditeurs extraordinaire.
Il prit pour
Texte : Que la Priere abaisse
l'orgueil, & éleve l'ame du Pecheur
contritjusques à Dieu.
Tous ses Auditeurs, parmy
lesquels il y avoit quantité
de nouveaux Catholiques,
furent penetrez des hauts
»
lentimens de pieté qu'illeu
inspira. Apres les Vdpres
tout le Clergé des Paroisse
de la Ville, & tous les Ordres
Religieux te'tendirenn
en la Cathedrale, pour prendre
les devans de la Procession
qui se dévoie faire de
Noltre-D,.iine à S. Oiien. M"
l'Archevêque
,
& Mrle:
Coadjureur y assisterent avec
tout le Corps du Chapitre
,& ils furent suivis d'une
foule extraordinaire de
Peuple. Pendantle cours de
la Mission, qui est aite particulièrement
en faveur des
Flouveaux Convertis, ondoic"
)reièher àNostre-Dame, à
>. Maclou,à S. Godard,& a
- ].liloy. Ce fontles Peres Jeuifes
qui sont cette Mis- sion. sont Mift
Le Mardyn. de cemois,
le feu prit dans la mesme
Ville avec tant de violence,
bqu'il continua plus de vingtcinq
maisons, & entre autres
une partie du Convent des
Filles Religieuses de la Congrégation
deNostre
- Dame.
Il commença à uue heure aprés
minuit, par un tas de
cercles, & ayant gagné un
*
•
grand Magazin qui en estois
remply
,
il s'étendit par l
travers d'unerue en une ain
tre rue fort écartée, où cf.
toient quantité de vieille;
maisons. Les Cloches de di
verses EglisesTonnant en un: mesme temps à une heure
indeuë, aussi-bien que la
-nouvelle Cloche de la Ca- thedrale, répandirent un
grand estroy par toute la
Ville. On avertit Mr l'Archeveique
de cetaccident,
& si-toilqu'il sceut qu'on
voyoit le feu dans le Convent
desReligieusès queje
viens
viens de vous nommer, il y
courut pour donner ses ordres;
son zele & sa charité
paroissant en toutes occasions
pour la consolation
des affligez. L'Incendie dura
le reste du jour, & toute
la nuit suivante.Malgré ce
furieux embrasement
, en
eut le temps de transporter
les Malades, & une partie
des meubles.
Le 12. de ce mois on celebra
avec beaucoup de magnificence
la Feste de la
Translation des Reliques de
S. Nicolas,Evesque de Mire,
dansl'Eglise de S. Jean en
Grève.Le motifdecette Festefutde
relever une Confrairie
érigée à l'honneur de
ce Saint il y a plus de trois
Siecles
,
& qui avoit esté
comme éteinte dans les dernieres
années.C'est à quoy
Mestre AntQine-Alexandre
de Francelles, Docteur de la
Maison & Société de Sorbonne,
&Curé de S. Jean,
a fort contribuépar ses foins,
aussi-bien que Mr l'Abbé
Billet, Directeur de cette
Confrairie, qui estmaintenant
administrée par les
Clercs & Acolytes de la Paroisse.
On appelle ainsi les
jeunes Gens tonsurezquise
dévouent à l'Eglise. Cesont
Enfans des Paroissiens
; Se
ceux qui ont le plus de naissance
tiennent à honneur
d'estre de ce nombre. Il y
en eut plusieurs des Parait
ses de S.Paul, S. Gervais,
S. Severin,S. Cosme, S. Nicolas
des Champs, S. Eustrache
qui assisterent en Surplis,
& avec un Cierge à la
main,à la Procession qu'on
fit le matin au tour de l'Eglise.
M l'Abbé de Marillac
servit de Prestre Assistant
Mrl'Abbé Chafeul deDia.
cre, M' l'Abbé Morel de
Sousdiacre, & Mrl'Abbé le
Gendre, & plusieurs autres
jeunes Abbez,y firentparoistre
une modestie dont
tout le monde fut édifié.
C'est le moyen de devenir
bon Ecclesiatique, que de
s'a ppliquer ainsi de bonne
heure aux fonctions du party
que l'on elllbraÍfe, & il
nVa rien qui soit demeilleur
exemple, & qui touche
davantage, que de voir tant
de jeuneue, riche & dans
.M
l'âge des plaisirs, renoncer
au monde,&se donner tout
à Dieu. Mr l'Abbé Morelet
fit le Panegyrique du Saint
avec beaucoup d'applaudissement,
& prés de deux cens
Prestres se trouverent au Salut.
La Musiqueavoit esté
faite par le Sr Boutillier, Musicien
de Mademoiselle de
Guise,qui n'en a que de bons"
& disciple de Mr Marais, si
connu pour la Baffè deViole.
Le Te Deum fut chanté
en aâlon de graces à Dieu
pour le rétablissèment de la
fanté du Roy, & pour le retour
desProceftans au sein de
l'Eglise. Ce sur par ces deux
raisons que l'on s'attacha
particulièrement à donner
à cette Feste toute la pompe
qui en pouvoit augmenter
l'éclat. Cette Con frairie
tend entreautres choses
à secourir quelques pauvres
Filles, & mesme à les marier,
sur tout, si elles sont de nais,
sance, & de la Paroisse de
S. Jean. De semblables soins
font fort pieux,puisqu'ils
fervent à retirer de jeunes
personnes du préci pice où la
necessité les peut entrainer.
Comme reloudre & exécuter
n'est pour le Roy qu'-
une mesmechose, sur tout
dans ce qui regarde le service
de Dieu, le Bastiment de
la Paroisse de Versailles est
presque achevé,quoyqu'il
foit commencédepuis peu
de temps, & qu'il ait deux
Tours &une grande façade.
Les six Cloches destinées
pour cette nouvelle Eglise,
furent benistes le
3. de ce
mois par Mrl'Archevesque
de Paris. Monseigneur le
Dauphin & Madame la Dauphine
nommerent la premiere
& la cinquième, & les
quatre autres furent nom- mées par les Princes & les
Princesses du Sang qui assisterent
à cette Cercinonie.Sa,
Majesté qui se connoilt faitement par- à tour,a pris plaisir
à entendre le Carillon de
ces Cloches, qui ont leur
son sur les six Tons de Musique,
avec une justessèadmirable.
Elles ont esté fonduës
au vieux Louvre par le
S: de Ninville, & le sr
Droibrt son Gendre. Cette
fonte a succede à celle du
Carillon dela Samaritaine-,
ce qui augmente de jour en
jour lareputationdes Ouvriers
,qui continuent à travailler
pour le Roy dans le
mesme lieu.
Le Roy estant entierement
remis deson indisposition,
a donné Audience aux
Députez des Etats de Bourgogne,
d'Arcois~c de Bretagne.
Sa Majesté qui préfere
le bien de l'Etat à son
repos, n'avoit pas attendu
qu'Elle fust en parfaite santé
pour donner'des audiences,
particulieresauxMinières
des Princes Etrangers.Ainsi
l'on peut dire que ce Prince
a seulressenty son mal,ôc
que les Etrangers,ny ses Sujets
ne s'en sont point apperceus.
Les Députez des Etats.
de Bourgogne estoient Mr
l'Abbé de Maulevrier, Aumônier
de Madame la Dauphine
; pour le Clergé,Mrle
ComptrdeTournelle pour la Noblesse, & M* Barbier
pour le Tiers Etat. Ils furent
presentez par Son Altesse Se.
renissime Monsieur le Duc
Gouverneur de Bourgogne ,3 & par Monsieur leDuc de
Bourbon, receuen survivance.
Vous remarquerez, Madame,
que c'est la premiere
fonction que ce jeune Prince
ait faite en qualité de-
Survivant.Il y alieu de croire
partout ce qu'on luy voit
faire dans un âge si peu avancé,
qu'il marchera sur les
traces de ses illustres Ancestres.
Je croy pouvoir vous,
dire sans sortir de mon sujet,
que cette Survivance a
donné lieu cette année à la
Devise des Jettons de Bourgogne.
Cest un Soleil levant
qui commence le Printemps
dans Le Signe du Belier, qui
estla premiere Maison celesie,
de mesme que cette Province
estlapremiere du
Royaume. Onsçaitaussique
laToison d'or du mesme Belier
qui fut mis au rano- des
Astres
, a fait l'Ordre des
anciens Ducs de Bourgogne.
Cette Devise a ces mots pour
ame. Ses premiers regards sont
pour moy C'est le Signe qui
parle dans le sens lïrreral, ôc
la Province dans le figuré.
Le reste de l'a pplication est
facile, par rapport au jeune
Prince qui en fait le su
Sl-toif que ce bel Afire tjlsur nofirt
Hcmifphere)
il attire Us yeux sur foyi
Miiis dés qui!fit du bien au monde
qu'il éclaire,(moy.
Ses premiers regards font pour
Ces Vers, aussi-bien que la
Devise, sont de Mr FAbbe
Gauthier
,
dont le talent effc
connu par plusieurs autres
Devises ,sur tout, par celles
qu'il fit pour Monsieur après
laBatailledeCassel, & pour laReyne, lors que la France
pleura la mort de cette Princesse.
Ce dernier Jetton pour
les Etats de Bourgogneaesté
gravé par le SSoubiran,Graveur
du Cabinet de Monse
gneur le Dauphin.
Les Députez de Bourgo
gne, dont j'ay commencé
vous parler, furent condui
à l'A udience du Roy par M
deSaintot, Maistredes Ce
remonies ; ôc comme en de
pareilles occasions, c'est toû
jours le DéputéduClerge
qui porte la parole, Mr 1Abbé
de Maulevrier eut cet
honneur,& presenta le Cahier
des Etats à Sa Majesté,
qui le remit entre les mains
de Mr le Marquis de Chasteauneuf,
Secretaire d'Etat.
t<
Pbly:j
:pcau*
Les Députez des Etats
d'Artois eurent Audience le
lendemain, & furent presentez
par Mrle Prince d'Elbeuf,
receu en survivancedu Gouvernement
de Picardie &
d'Artois. Ces Députez sont
Mr l'Evesque de S. Omer,
M. de Belleforiere, & M.
d'Incourt. Les Cahiers que
ce Prelat presenta au Roy,
furent remis entre les mains
de Mr le Marquis de Barbesieux
,
Fils de Mrle Marquis
de Louvois, & receu en survivance
de la Charge de Secretaired'Etat.
àUorrais
ne-,
1;.,gtiti#1.
teZcCtitnr,
Deux jours après les Députez
des Etats de Bretagne
furent presentez par Mr le
Duc de Chaunes, Gouverneur
de la Province. M"FEvesque
de Treguier, nommé
à l'Évesché de Poitiers, porta
la parole. Ilestoit accompagné
deMr le Marquis de
Charost, Député de la Noblesse,&
du Député du Tiers-
Etat. Les Cahiers qu'ils presenterent,
furent remis entre
les mains de MColbert de.
Croissy, Ministre & Seçrç-r
taire d'Etat. Je nevous dis
rien de particulier des trois
;/afferl,
1
Discours qui ontesté faits au
Roy dans ces différentesoccassons.
Comme ceux qui
les ont faits, sont tous trois
fort éloquens, & que l'on
n'est point nommé par de
grands Corps sans avoir les
qualitez necessàires pour s'aquiter
de pareilles fonctions,
vous pouvez croire qu'itstes
ont dignement remplies, &c
qu'ilsont receu beaucou p
d'applaudissemens; mais
quand on a l'honneur de
parler au Roy
, on peuttoûjours
s'assurer d'un pareil su ctés,
puisque la beautéde la
matiere la feroit paroistre
par elle-mesme, sans qu'on
eust besoin du secours de
l'Art. Les Députez desEtats
sont toujours conduis par le
Maistre des Ceremonies, &
presentez par le Gouverneur
de la Province, ce qui fait
connoistre qu'on les reçoit
avec beaucoup de distinction.
Ils vont à l' Audience
des Enfans de France, & y
sont auÏÏi conduis par le
Maistre des Ceremonies. Il
y a une chose à remarquer,
qui embarasse quantité de
Gens. Ils demandent pourquoySaMajesté
a remisà
trois differens Secretaires,
dtErat les Cahiers des Etats
de ces trois Provinces; si
c'estqu'ils les doivent recevoir
chacun à son tour,ou si
le hazard en a elle cause. Ce
netl par aucune de ces deux
raisons. Toutes les Provinces
de France sont se parées
en quatre, & l'on donne le
nom de Départemens à ce
partage. Tous ceux qui ont
affaire au Roy,doivent s'adresser
au Secretaire d'Etat
du Département dont ils
sont,& c'est toûjours à luy
que Sa Majestéremet les Cahiers
des Etats. Il faut aussi
remarquer que le Gouverneur
de la Province presente
toûjours les Députez. Je ne
sçaurois finir cet Article sans
vous dire une chose fort glorieuse
pour les Etats de Bourgogne
; & qui marque l'arnourque
les Peu ples de cette
Provinceont pour le Roy.
Comme ils ont dessein de
faire élever dans la Place
Royale de Dijon une Statuë
à cheval, semblable à celle
de Henry IV. oue l'on voir
ff,-ar le Pont-neuf,ils avoient
chargé leurs Députezde
consommer cette affaire avant
leur retour, en choisissant
le plus habile Sculpteur
qu'il feroit possible de trouver
, & en arrestant & signant
le marché, tant pour
le prix de l'Ouvrage, que
pour le temps qu'il y fau.
droit employer, afin qu'ils
pûssent avoir au plûtost chez
eux une Figure ressemblante
de ce Monarque, & la contempler
à loisirau defaut de
l'Original. Monsieur le Duc
les a servis dans cette occasion
non feulement comme
un zelé Gouverneur, qui nesouhaitoirpasmoins
qu'eux
de voir l'execution des choses
qu'ils demandoient, mais
encore comme un Prince
toutplein d'amour pour le
le Roy, & comme il a beaucoup
de lumieres sur toutes
choses
,
il s'est donné la peine
de chercher le plus fameux
Sculpteur,&de voir
les Ouvrages qu'ont fait ceux
qui passent pour les plus habiles
dans cet Art. Il a examiné
toutes les Figures de
marbre qui sont à Versailles,
èc qui ont estéfaites par des
Sculpteurs modernes, & celle
qui represente l'Airluy a
paru la plus belle. Ce Prince
a confirmé par là l'opinion
avantageuse qu'on avoir de
son bon goust, puis que le
Sculpteur qui a fait cette Figure
, a merité une gratification
pardessus le
-
prix de
son Ouvrage. Je pourrois dire
que c'est un prix pour avoir
mieux fait que les autres.
Vous le nommerez comme
il vous plaira, c'elt une
chose dans laquelle je ne
pretens point entrer, à cause
des Illustres qui ont esté
concurrens avec ce Sculpteur,
qui s'appelle Mr le
Hongre. Cette Figure de
l'Air frape beaucoup plus les
fins Connoisseurs que les autres,
à causequ'elle n'ell
point animé-e par tout ce qur
marque la crainte, la douleur,&
la joye, qui font que
les Figures auxquelles on est
obligé de donner les vives
expressions, arrachent toujours
d'abord des louanges,
quand mesme elles n'auroient
ny l'art ny la correction
qu'il leur faudroit pour
estre parfaites. Ainsi l'on
peut
peut dire que c'est l'expressionqueon
y remarque qui
attire tous ces applaudissemens.
En effet,il estdifficile
que le Sculpteur le moins animé
n'en donne à sa Figure,
quand il saur qu'elle representequelque
chose de
passionné. Il n'en est pas de
mesme d'une Figure rage)
qui ne demande point ces fortesexpressions,&qu'on ne
regarderoit pas, si elle n'estoit
point d'un habile homme
, parce que cet Ouvrage
est tout du Scu l pteur, & que
l'autre tire toutce qu'elle a
debeau, de la passion que le:
Sculpteur a dû y representer,
& comme le moins habile
l'exprime toujoursen
quelque sorte,il est impôtsible
qu'elle ne frape. Si
quelques-unes de vos Amies
vont à Versailles, elles trouveront
la Figure de l'Air au
bout du lieu que l'on appelloir
Le Parterre d'eau,presqu'à
costé d'une Diane faite dans
le mesme temps par M5, Des-
Jardins; & du mesme coste
où est en bas celle de Mr Girardon,
qui represente l'Hi.,
ver. Je pourroisdire que ces
trois Illustres
, avec Mr Fu.
get,habituéà Marseille, ou
il a travaillé au Milon & à
l'Andromede qu'on voit à
VerGulles, sont aujourd'huy
les quatre premiers Sculpteurs
de l'Europe; mais j'aime
mieux lelaisser dire au
Public, qui ne le taitpas, ôc enreconnoistre beaucoup
d'autres, comme tres-habiles
,& qui le sont en effet.
On frapa une Médaille
pour Mrde Boucherat,sitoit
que le Roy l'eut noii-1, me son Chancelier. Je l'ay
>fait graver 3ôc je vous l'envoye.
Il est naturel devou
loir connoistre les Grandb
Hommes. Ainsijenedout
point qu'elle ne soit veu
avec plaisir dans vostre Proo
vince. Je croy vous avoii
marqué que quand Sa Ma
jesté l'honora de cette imrr
portanteCharge, Elle luy*
dit de cet air honneste 56
obligeant dont Elle accomm
pagne toutes les grâces qu'iu
luy plaist de faire, qu'Elle
ne luyconfioit les Sceaux x
qu'à la chargequ'il les gar
deroit long-temps. Il femm
ble que Mr de la Cour ai11
voulu se conformer aux intentionsdu
Roy, endédiant
àMrle Chancelier un Livre
qu'iladonnéau Public depuis
peu, fous le Titre de
Regime de Santé.Les reflexions
qui sont à faire sur la maxime
à lædentibus & juvantibus ,
peuvent contribuerà laconservation
d'une santé si pretieuse
à l'Estat, & à procurer
une longue vie à ce digne
Chef de la Justice. On
doit mesmeen tirer un bon
augure, puis que c'est le premier
Ouvrage qui luy ait
crte dedié depuis qu'il est
Chancelier; & que pour luy
rendre ce premier devoir,
l'Auteur a choisy la plus utile
matiere qu'il pouvoir traiter.
La lecture de ce Livre
ne fera pas moins avantageuse
à tous les honnestes Gens,
s'ils examinent avec cpelque
attention sur leur conduite,
que tous lesPreceptes
de Santé sont renfermez
dans ceux qui enseignentà
se priverde ce qui fait mal , & à user de ce que l'on senc
qui fait dubien.
-
1
-'
Messire Charles-Loüis de
Montchals, Avocat General
en la Cour des Aydes de Paris,
mourutle 24 de ce mois.
Cette place vientd'estre
remplie par Mr des Haguets,
l'un des plus fameux Avocats
que nous ayons aujourd'huy.
Avec un si p-rand talent, il
ne peut manquer de s'acquiter
avec gloire d'un pareil
Employ.
Cette mort a esté suivie
le28. de celle de DameMarthe-
Agnés Potier deNovion,
ïtf-mm.e:J de Messire ÀAe rmand
de la Briffe,Conseiller d'honneur
au Parlement de Paris
Maistre des Requestes, .,- &-
Président au Grand Conseil.
Elle estoit Fille de Messire
Nicolas Potier de Novion,
Premier President au Parlement
,& Secretaire des Ordres
du Roy, & de Dame Ca-,
cherine Gallard ; Soeur de
Mr Gallard, President en la
Chambre des Comptes, ôc
deMr Gallardde Poinville,
MaistredesRequeites Nicolas
Potier,Sieur du Blancmes
nil & de Grossay, General des
Monroyes deFrance, rurriti
Prevost des Marchands à Paris
fous Louys XII Il refusa
cette Charge, &sur les fouhaits
du IPLiblicil' fut obligé
de l'accepter par Arrest du
ParlementII fut Pere de Jacques
Potier, Srdu Blancmefnil
,Conseiller au Parlement
fous François I. si recommandable
pour ses vertus,
que Mr le Chancelier de
Lhospital, Bodin,& plusieurs
illustres Sçavans en font une
mention très -
mention tres avantap-euse av,avantagesfQ
dans leurs Histoires. Ce Jacques
Potier époufaFrançoife
Cueillette,Dame de Gesvres,
& eut pour Fils Nicolas Potier,
Seigneur du Blancmes.
nil.Prefidentau Mortier an
Parlement de Paris en ¡)"Sr-
&Chancelier de la Reyne,
qui prit Alliance avec Isabeau
Baille,Dame deceaux,
Tresms & Sully, Fille d'un
President au Mortier du Parlement
de Paris. De ce Mariage
sortit André Potier de
Novion, qui épousa Catherine
Cavelier.il fut President
auMortier au Parlement de
Paris, après avoir exercé la
mesme Charge au Parlement
de Bretagnneetfl'Ayeulde
MedelBriffe dont je vous
parle. Elleestoir Soeur de Me
de Ribeyre, Femme deM de
— <
Ribeyre,Conseiller d'Estat.
Cette Maison de Porier a
donné des Evesques& Corntes
de Beauvais Pairs de
France, un grand Aumônier
de la Reyne, des Ducs de
Gesvres&deTresmes
,
aussi
Pairs de France, des Capitaines
des Gardes du Corps
de Sa Majette, Chevaliers
de ses Ordres,Lieutenans
Généraux de ses Armées, signalez
dans les Armes, &
plusieurs morts au lit d'honneur
couverts de play es, particulicrement
Mr le Marquis
deGesvres, tué au Siège de
Thionville âgé de 33. ans,
ayant receu 41 blessures en
son corps. Divers Secreraires
d'Estat de cette mesme Maison
ont rendu de grands servicesànosRoisen
beaucoup
d' occasions importantes. Etle
a aussi donné plusieurs
Conseillers d'Estat,Maistres
des Requefies,Conseillers au
Parlement, &c. Feu MrPotier
de Novion,Maistre des
Requestes
,
& receu President
au Mortier en survivance
de Mr son Pere, estoit Frere
de Madame de la Brisse.
Il avoitépousé la Fille deMr
de Malon de Bercy, President
au Grand Conseil, &
Doyen des Maistres des Requestes,&
en a laissé plusieurs
EnfansL'aisnéest Conseiller
au Parlement de Paris.
Mr le Comte de Murray;
grand COlnnliÍfaire du Roy
d'Angleterre en Ecosse, riva ar- à Edimbourg le 6. de ce
inois TA
, Parlemepnotu.r y presider au Il avoit esté aCte
compagne depuis la Frontiere
par plusieurs Seigneurs du
Royaume, & par quelques
Compagnies des Gardes du
Roy.Mr leComte deperth,
Ci-and ChancelierieConied
d'Etat,le Clergé;& les prince
paux Officiers, suivis de plus
de six cens Bonrgeois à cheval,
allererit au devant delul 4
àcinq milles delaVille.Cint
pieces de Canon qui avoien
esté misesexprès à un mill_(
d'Edimbourg, firent trois dé.
charges pour avertir de for,
arrivée. Le Grand Prevost
, accompagné des autres Magistrats,
revestus de leurs robes
de Cerernonie,le receut
à la Porte de l'Eau. Il fut
conduit au Chasteauavec
coûteslesmarquesdhon-
.toliteS les marques d'honneur
que l'on devoit à son
caradtere, & traité ensuite
avec beaucoup demagnificence
par la Noblesse) le
Clergé, & les Magistrats.
Le 9. tous les Députez qui
doiventcomposer le Par lefments'eiîant
rendus au Chafteau
,
l'accompagnerent a.
la Salle où se devoir tenir
l'Assemblée. Il se plaça fous
le Dais, ôc a près que la lefture
de la Commission eut
elle faite avec les ceremonies
ordinaires,& que l'on
eust leu laLettre duRoy,il
fit le Discours qui suit.
MILORS ETMESSIEUJL
LeRoy a esié si/a<i
ffait des témoignages de fidelm
de rrfpeél &C5de <z,>e*le qu'il a n
ceus de vous dans la derniere Se4t
ce de cette emblée ,&
grandes marques d'affection T1
vous tl't'ez données,pourfaPe
fonm sacrée & ses interests) ii faisant paroistre voflre attacha
mentinviolable a la Couronna
dans le temps de la dangereuj\
Rebellion qu'il a beureufement sa
toujfée
, que voulant aujJi vom
donner des marques dufoinpater*
nelqu'il prend de vous 3
qui esie"
son ancien& bien- aime peuple
y il a jugé à propos de vous rajJembler
promptement
y
afin de vous
fournir par une genereuse reconnotjjance
de nouvelles occaftons de
faire des ebofes qui pourront contribuer
au bien commun de la-
Nation. Toia les divers Estats dt
ce Royaume
,
de quelque rang
qu'ils soient, luy aymt donnéde>
grandes preuves de leur fidélité
& de leur obeïjJance
, non seulement
lors qu'illes a. bonnerez
desa presence Royale, maïs encore
depuiscetemps-lay Sa-Majer-
JléaaujJiresolude vous fairefen^
iir kîous leseffeti desa bun.veil\
ancejtyde[aprotei-ï--o-n-y-$-p0h •Cfefrt>Elleadesseinderefpai
dresur vous[esfaveurs, qu'Eh'
prétend rendre aujjïgénérales $
aujJi gntieresJ que vostre refpet
(cfr voftreaffcrlion
ont ejléremar:
fables„ C'est (ur ce fondemen,
que jay ordre de vous afeurercjut
le Roy,qui employétousfesfoim
pur établir un Commerce hbrt
dentre ses Royaumes d'Ecojîe &> Angleterrey comme un moyen des plus ajJeurez de prevenir la
Mine dontses Filles Royalesfont'
menacéespar celle du Negoce,
n'oubliera rienpouracheverun
Ouvrage si Md&agew a oe
Royaume. Dans cetteveuè
,
Sa
Majesté a donnefes ordres àfin
Envoyéa la Cour de France,afin
qu'iltafcbe de fairesupprimes
les cinquante fols par tonneau , & de recouvrer la po/Jeffion des
prilvilegesdont joùïssoient
autrefois les Marchanda Ecossois
Wafiq^.tns en Francey û que l'on
a Liftéperdre,faute de s'en fermir.
Le RoyvoyantqueÇe\ Bourgs
de Regaijle * deBaroniejoùis.
J'ent plus que les autres de ce trafic
3pour lequellesfaillesRoyales
payent lasixiéme partie des taxes
de la Nation
3
ae aJ. vatl01J ma ordo-nnédt-,
;)
m a oraOÏ}ile ~:
confentirpourluy à tous les Reglemens
que vous trouverez i, quitahlessur ce~f~, comws
plusieurs plaintes luy ont efléfaii
tes touchant les empeschemens
qtlo leszJUarcbands de ce Royaume
trouvent dans le negoce qu'ils ow
aux PaysBas ,}'ay aujji ordre dï
confenîir enJon nom à tout ce qu<\
vous croirez eflre raifonnabh)
pour y apporter remede. On l'a
pareillement informé du granit
préjudice que souffre tEcoJJè pan
les Bestiaux
,
les Chevaux
,
@Ji
lesvivres qu'ony apporte d'Ir—
lande3 j'ay plein pouvoirnont
feulementpourdonnerson confèn-.
tement Royal a tout ce quiponrré\
rmpefcber a l'avenirunpareil
âbttS
3
maisencorepourexaminer
la conduite & les malversations
dtceux à qui on avoit confie le
foin de s'oppofrà ce commerce illicite,
afin qu'ilssoientpunis (e lon
-la rigueur des Lmx, Sa Mt..
jrfié ayant esié aujji avertie du
grandpréjudicequefot*ffve le Negoce
de ce Royaume
, parce qu'on
riy bat pas monnojecontinuellementym
a permis de consentir à
toutce que ce Parlement, félon
sa sagesse
y
trouvera jufle de reglerfup-
t-et Article. Le Royqui
en avançant le Commerce de cet"
te Nation par toutes fortes de
'voyesraijoniahles
J veut enme)
tne te;nps vous donner d/s mat
ques particulières de sa bonté
fna commandé de vous dire qtii
ne vous demande prejentemen
aucuns (ubfidcs ny aucunes taxe
de quelques nature que ce foit
qucry qu'il ait eslé obligé de fairt
de grandes dépenses pourfaire avorter
la derniere Rebellion, Sa
tstâ-tjefïéefîant perjuadée que
vojireaffeéîion er vofire zele
DOUA ont portez à luyfournirtout
ce q%eVÇHS avezpû luy donneru
Ceflpour vous marquer combien
Elleyejlsensible yquElle a refo-
.:Iu de n'épargner aucuns de feâ<
fro.ins pour 11.,avantage &te'ebbi.en
de ce Royaume
3
qu Elle croit avoirc(
te négligé troplong-temps3
car Elle ne doute pas que sa condition
Rojde ne Joit inséparable
du bonheur & de la profp^itê de
(on Peuple. Elleflait que les rentes
qui proviennent des Terres
fontfunhargees de taxes3 st) se
feroit un plaisir d'en osler une partie
si elles nejioient pas abJolument
necessaires,, tant pottrvoflre
seureté que pour soûtenir son
gouvernement. C'est a vous à
voir si l'on peut pajjer quelque
Jlêle
y
qui puisse donner queh
lue Joulagement là dcjJus, sans
tYop diminuer la quotes ou por.
lions ordinaires.Jay ordre dJ
consentirainsï qu'à tous les Re.
glémens qui pourront ajjeurer a
venir un payement exaél à fei
Sujetsde la part des Officiers &
des Soldats de les Troupes
,
foït
dans leurs quartiers
,
Joit dam
leurmarche,egarantir le commun
Peuple des oppressionsqu'on
dit avoir esié cornmifès par les
Commijjatres. Ce qui doit vout
Jùrprendredavantage
,
est que le
Roy ne se contente pasdepourvoir
à laseureté de ce Royaume
, C.
de regarder ses bons & fide/lel
Sujetscommeses Enfarns, mais
£BCQTt
encore comme un Pere pleinde
compajjïon & de tendrcjje
,
il efi
toujoun prest à pardonner lesfautes
inexcusables de ceux qUI ont
osé perdre le rcjpeéî qui luy efl
deu
y
& porter leur dejubeïjpince
jufqstà la révolté.CVy? pourquoy
voulant appaijer les alarme4
deJonPeuple
, & dijjlperencore
unefois les apprehenflons def coupables
, en les déltvranr de la
cramte de subirlesJoafhmens
qu' ils ont mente%,il a eu la bontéde
m'ordorznerde paff, run A£le
à'-immftie, aruecquefques exceptions
necrffilYtS & ra;fonnables
f
pour totttes fortes de crimes (y-de..
vant commis
, ce qui fera voir a
tout le mondequ'il cherche à ramener
ses Sujets a leur devoir par
la douceur&par la clemence,&
qquu'ii l n'y a que leur opiniâtreté nj a queleuropiniatreté
invincible à faire le mal3 qui
pùisse l'obliger à user de cette sêverité
,
qui estquelquefoisneceffÚre
pour la seureté des peuples
& des Ejlats.Milords & Mefsieurs.
LeRoyaprès avoir formé
Je si(J'rands dejfeinadt travailler
<
è) ,1) de tour son pou-voir à ce qui rec{(.
Fde l'honneur& le bien de ce
Royaume,après avoir pru la resol'inon
de pardonneratantd'Ennemu,
(§? de délivrer les coupa,,
blés de ce qu'ils devoient craindr-c
d'une jufte& rigoufeufe peurfuL
tetcroitquepersonne ne s'étonnerasil
demande avecl'avis & le
Gonjentement de cette dffemblée
y le fonlagement& la seureté de
quelques-uns de Jes bons Sujetsde
a Hjligion Catholique Romaine,
qui ont toujours eu de l'attachement
pour la Monarchie,& ont
esléprests en tout tempsdeJacrifier
leurs vies & leurs biens peur le
firvicç st) la defenje de la Couronne;
de forte que Sa Majesté
qui connoist parfaitement les inchnations
fidel/es &r refpeflueufes
deson Peuple Eccffois, efl entieYeme
tptrjuadee que vous frez;.
1 olontiers gr sans delay cequEllesoubasse
, cela neregardant pas
moins voflrepureté quefiafatis- f étion,/hnfi j'espere que vous
merenvoyn a mon vrand Maitre
avec les meilleures marques
que vous puiffi?^ luy donner du
fcIpeflé;-- de lafidélitéinviolable
de son ancien Royaume d'Eccjje.
C'efl en cela que vous ftst
paroiflre que vous esses les
mtilletfrs& les plus affiEltonne'{.
Sujets du meilleur @; du plus heroïque
Prince de la Terre.
Les Députez témoignerent
estre forecontensdece
Discours. On commença à
le mettreendélibération,
& àchoisir Ics Commissaires
ou Lords des Articles.
1
Je ne vous aypoint parlé
des derniers Benefices qui
ont elle donnez par le Roy ,
parceque le mois estant dé.
ja avancé quand cette nominationa
elle faite, je n'aurois
pu estre assez bien informéde
tout ce qui regarde cet,
Article.MVerjus,Evefqùc
de Glandeve
, cy -
devant
Prestre de l'Oratoire,aesté
nommé à l'Evesché de Gras--
se y6z Mrl'Abbé de Viens.
Evesque de Grasse, à l'Evesché
de Vence. Il a de la qualité)
de l'esprit, du mérité,
de l'érudition, & tout ce que
l'on peutsouhaiter dans un
Prelat. Mr l'Abbéde Vence
de Ville-neuve, hommede
qualité, a fait voir tant de
mérité dans l'Assemblée du
Clergé,qu'onl'atrouvé digne
d'un Evesché, quoy que
dans un âge à pouvoir encore
l'attendre. Ila eu celuy de
GlandeveL'Evesché de Treguier
a estédonné à M1 l'Abbé
de Carcado. Il estoit au- trefois Aumônier de laRey- Ie,,4eAai
ne Mere. Cette nomination
fait connoiStre la bonté, la
justice & la memoire du
Roy. Mr l'Abbe de Clermont
de Toury aesté pourveu
de l'AbbayedeS. Pierre
de Verreüil, Ordre de S. ALl.
gustin,Diocese de Bordeaux.
Le nom de Clermont marque
la noblesse de cette Maison.
Ce nomest célébré dans
l'Eglise, ôv:qui voudra y marcher
sur les traces de ~Mrl'Hvesque,
Pair de France,Comte
de Noyon,paroistra avec
une distinction glorieuse.
L'Abbaye de Pontieres,Ordre
de S. Benoist 9Diocese
de Saumur, a estédonnée à.
Mr d'Aubigné. Il a du
te, une grande a pplication
à l'étude) & beaucou p de
modeltie.M-- l'Abbéde Mauroya
eul'Abaye de Noirlac,
Ordre de Cisteaux, Diocèse
de Bourses, & Mr. l'Abbé
Bloiiiny Frere de Mr Bloüin,.
premier Valet de Chambre
dû Roy, a elle pourveu de
tA-bbaye que possedoitMr
le Chevalier de Sourdis. Le
Roy a aussi donnél'Abbaye
Reguliere de S. Benoist, OriJ -
dredeCiiteatix3 Diocese de
MBwl>
lt+4>-
D
Mers, au Pere Cuvier, Religieux
du mesme Ordre, 8c -• l'Abbaye de l'Amour-Dieu,
Diocese de Soissons, au ssi de
l'Ordre de Cilteaux,à Madame
Bergelonne
,
Prieure
du mesme Convent,&Tante
de Me Mansart. LeRoy
avoir donné quelques jours
auparavant l'Abbaye de S.
,. Antoine lez-Paris) à Madame
de Montchevreüil, Religieuse
de Gomer-Fontaine,
& Soeur de M'leNIarquisde
Montchevreüil
,
Capitaine
duChasteau de S.Germain
en1L1ye. C'est une Dame
':jet'1..-ffr
«Kéfcf
d'un fort grand mérite, ôc
qui par une vertu exemplaire,
& la pieté la plus solide
s'estoit acquis l'estimeparti-,
culière de Madame l'Abbesse
de Gomer-Fontaine, & de
toute sa COlllmunauré, Cette
Abbesseest Soeur de Mr l'Archevesque
de Roüen,&joint
aux avantages de sanaissance
des qualirezdiftinçruées*
qui îla mettent dans une tresgrande
con fédération. ~~M
„„„.EnfinMrle Duc de la Force
,
aprèsavoir eu plusieurs
conférences avec Mr l'Ar.1
chevesque de Paris, a esté
de Couni°n!•
entièrement convaincu des:
erreursdelaReligion Protestante.
Pluscette conquelte.
a coûté de soins, plus elle elt
glorieuse à l'Eglise, &à ce
Prélat; &plus Mrle Duc dela
Force a cherché à s'éclaircir
pleinement sur tous [es;
doures, plus on a sujet de
croire qu'il a esté pénétré
des lumières delaFoy.
Ji, ,:
„ La premiere des deux Enigmes
du dernier mois avoit
elle faite sur les Eperons,
Mrs, de Bernay ,de la Caillerie,
l'AbbédeChoix;Mademoiselle
Catin S. & le trèshumbleServiteur
de t'aimable
Fileuse, l'ont expliquée
dansce sens..•A
La Piluleestoit le vra y
mou de la séconde. Il a elle
trouvé par M s le Chevalier
d<e3cs.S.BBrricice,c,FFuumme"cee,LLaluul^~ee^-
rie; S. Silvin, des Avërdins.
en Berry: L. Boucher,ancien
Curé deNogent:le-Roy;
HordédeSenlis-Mesdemoiselles
MarionBariban de
Toul
; Madelon Provais; la
(lge Fanchon du Treillisverr•
l'Afitbléefpiriiuelle
du Quartier d'enhaut de la>
rue de l'Arbre-sec, l'Hom-"4
meàl'esprit droit de la meime
ruë; le trop Sincere de la
ruë S. Antoine; Scaricaski
de Nava, & le gros Amy de
Versailles. ,;)t «it Ceux qui ont trouvé le
vray sens de l'une & l'autre,
sont Mrs Dougan de Caën
P. Carrier de Rouen ; Simonin
l'Abbé de Mont-oliveto
; le Chevalier de Mazeres;
Rau lt de Rouen ; Campion
& du Russeau de Chaalons
sur Saônej le Marquis
de S. Vorle ; C. F. Lourdet
du quartier dela Place Mauberc
j la Prairie; Cairon de
Caën;la Tronchede Roüen;
l'Abbé de Bellay-,Mefdemoiselles
de Courtalvert de Colombiers
au Mans; Dantard
de la ruë de la Cossonnerie
; Manon la belle beauté;
L'esclave de la beauté de
l'Ordre; les bons Gouts de
Beaumont ; l'Ouvrier sans
pareil; l'Exilé d' Argentan;
la Fidélité malheureuse; G.
D. M. Amant de la Charmante
invisible ; M. M de
la Place Maubert L'Arrabe
du mesme quartier;Tamiriste
de la rue de la Cerifaye-,
l'Amy fidelle ;
le Maître
Clerc,Espagnol de la ruë S.
Honoré; les Habitans du
Mont Parnasse
;
l'Amant
Confiant maltraité par la
Belle Indifferente du coin du
Pont Nostre Dame;Mistou^
de Charny; le Chevalier de
beau Regard; l'Orateur de
l'Ordre de laFidélité
;
le
Misantrope de la Fidelité;
Dom Arnolphe de la folie;
le petitCercle noir & blanc
persecuté
; Les Infortunez
Amans de l'aimableSolitaire
de Versailles, y compris le
Chatouilleux
-,
l'Illustre Ber, ger Nicaiseau nez aquilin,,
le Ciccron de Chaillot en
Turquie; l'un des Animaux
de l'Arsenal
;
Alcidor du
Havre ;
la plus Spirituelle
d'Estempes ;
la Charmante
Veuve G. de la rue du Roy
de Sicile; les Belles inseparables
de Lagny sur Marne ;
la Bergere au petit nez; l'En- '-,
jouéeAngélique; la grande
Anachorette ;
la ben. Indolente;
l'Agrémentde la rué
S. Bon; la Belle brune de
l'Ar[tna!.; la Charmante Si
litaire du vieux Versai lles
; a
plus jeune.desGrâces de la
ruë dela Cossonerie;Silvie;
& la petite Assemblée A. du
Havre.
Je vousenvoye deux Enigmes
nouvelles. La premiere
est du Berger de Flore. L'Amant
de la Belle de la Ville
de Paris a fait la seconde.
ENIGMEQ
"Jand jefitàplein a(/prit, QIi 1mçn pere ;
~J~~1jaj> i1e iorps bJo ien fa- it , -on
ell-pri(t ma mcrci
Les Re/is. & Us Lys mcmbcl'(Jlnt
(0'"7..:r<t ;
je,pkis
1 a la mtfine biure
,
tflre en
plmd'uneplacey
OnmepeuttransporterenPerje,comme
en Trace ;
144ts Dieu mefine ne peut me pouffit
pltu Avant,
AUTRE ENIGME. LACûhfufion & l'Envie
*
Sont ceux qui me donnent
la vie
, Etj'aime autant celuy qui veut me
L'enlever,
Zlie celuy qui s'applique a me la constiver.
-9uoy que de tels parens je naisse,
Chacun dans l'équité se peut servir
de ntoy y
- Tel qui me hait, a quije fais ef
froy, j
Siroit en me perdant accablé de tri- stesse.
Quelquefoisfay raifort,&quelque--
fefusfoisfay tort; grands frais,grande dé..,
pense ;
Etsil'on ne prendfoin dj mt/jrc':
ordre d'abord, fepuise en peu de temps la plusforte lance. 1
Ceneftpasen habits,puis quejen ayde
neufs
Pourunfd,toutauplttspourdeux
J'aurois pû vous parlerdés
le commencement de Inæ.
Lettre de la défaite des Protestans
des Vallées de Lucerne,
s{iijje'enn''aavvooiiss'vvoouulluuaatrJ--
tendreque cetteaffaire fusïl
tout à fait consommée, afin
de la mettre entiere dans une
mesme Relation. La Rellgion
que ces Peu ples professoient,
leur avoit toujours
donné de l'aversion pour les
Souverains.Leur revolte continuelle
ayant obligé Monsieur
le Duc de Savoye à les
soumettre d'une maniere
qui pust empescher à l'avenir
leur rébellion, cePrince
voulut se servirauparavant
des voyes de douceur. Ainsi
après plusieurs offres, il
leur déclara parunÉdit qu'il
leur pardonnoit s'ilsseresol:
voient à rentrer dans leur
devoir,& que s'ils eltoient
opiniastres,il leur accordoit
encore huit jours pour sortir
de ÍtS Etats, leur laissant la
liberté de vendre leurs biens
tant meubles qu'immeubles,
Ôe mesme de laisser six per-
(bnncs d'entre-eux pour achever
cette vente, si elle
ne pouvoit se faire dans ce
delay de huit jours. Les Seditieux,
sans avoir égard à la
clemence de leur Souverain,
ayant continué de se fortifier
dans leurs Montagnes,
d'en, boucherles passàges,
ôc de faire amas de munitions
de guerre & de bouche,
l'obligerent enfin à prendre
la resolution de les faire attaquer
par six endroits differens
, tous de tres-difficile
accès
,
& qui avoient toûjours
paru inaccenibics. Ces
Rebelles n'estoient pas seulement
fortifiez d'un terrain
si avantageux, ils l'etoient
encore par quantité
de Forts,& par la pensee
qu'ilsavoient qu'il estoit inl.
possible de les vaincre. C'etoit
beaucoup se Rater; cependant
ils avoient tasso-à
d'en estre persuadez
5,
puis
qu'ils ont resillevingt-six
fois aux Guerres que les Ducs
de Savoye leur ont faites,
quoy qu'ils sussent fecondez
une fois des armes du
Pape, une autre de celles de
la France
,
& qu'ils rayent,
estéauside celles d'Espagne.
Ils estoient au nombre de
douze mille hommes capables
de soûtenir un combat
& ils avoient beaucoup de
Femmes armées&agueries,
&qui dans un terrain aussi,
avantageux .que celuy là,.
ppuvQienctravailler à leur
defence
,
presqueaussi utilement
queles Hommes mesmes.
Toutes ces chosesleur
pouvoiènt faire elperer des
iuccez très- favorables; mais
sil'esprit de Rébellion quirernoit
parmyeux depuis
si long cemps ne les eust
point aveu glez,ils auroient
connu qu'ils ne pouvoiènt
éviter leur ruine entiere,
puiiqu'ils estoientattaquez
par unjeunePrinceenpersonne,
que le zAt de la Religion
& le desir de lagloire
animoient,&qui estan*t
forme .en-parrie'du"Sang de
nos
nos Rois, ne fait rien attendre
que d'extraordinaire.
Les Revoirez n'avoient pas
seulement à faire réflexion
là-dessus) ils devoient encore
considerer qu'un Prince
qui leur devoir eftrcsi redoutable,
estoit sécondé dans
sa loüabie & juste entreprile
, par des Troupes Françosses
,
c'est à dire par des
Chefs & par des Soldats, qui
ne sont jamais revenus du
Combat, que Victorieux.
Quoy que Monsieur le
Duc de Savoye avec le fecours
de son courage & de
ces Troupes invincibles,eust
tout lieu de se promettre les
avantages qu'ila remportez,
une bonté crenereufe ne laissa
pasde sus„pendre sa vangeance
lors qu'il fut prest
d'en suivre les mouvemens.Il
fit offrir de nouveau à ses Sujets
rebelles l'argent de leurs
biens, avec des Passeports
pour ceux qui ne voudroient
pas faire abjuration, ce qu'ils
refuserent avec une obstination
aussi grande que la
bonté de leur Prince l'estoit
pour eux. Ainsi on. ne [on)
gea plus qu'àles punir.
Leschosees estant en cec
état; les Troupes de Savoye
s'avancerent jusqu'à Briqueras
pour estre plus pres des
Montagnes où elles avoient
resolu d'entrer. Elles estoient
de six Bataillons, d'un Regiment
de Dragons, & de
trois à quatre cens Gardes du
Corps. Toutes ces Troupes
estoient belles & Inagnifi;
ques, & tellement resolues
à vaincre ou à périr, que la
pluspart de ceux qui les corn*
posoient - avoient fait- leur
Testament, ce qui marqitoit
une resôlution bien remplie
de zele, puisqu'il est beaucoup
plus glorieux d'affronter
les dangers lorsqu'on se
croit presque assure d'y périr
, que quand la Victoire
paroid peu douteuse. Les
Troupes de France commandées
par Mr Catinat étoient
de cinq Bataillons, &
de deux Regimens de Dra-
", gons. Ces Troupes qui etoient
dans. le Piedmont du
collé de Suze & de Veillane,
s'avancerent dans les quartiers
de Buriafque, osasque,
S. Second, Mirandol,& Massellespluselloigneesétoient
à troismilles de Pignerol au
pied des Montagnes, vis-àvis
des gorges par où l'on
peut entrer dans les Vallées
de Lucerne, & d'Angrogne.
Le Quartier du Roy estoit à
S. Segond. Mr Catinat avoit
pour Brigadiers Mrs de Melac,
Longueval
y
& Naves.
Les Colonels des cinq Regimens
estoient M" dela Lan\.
de, du Pleflîs-Belieré0Clei
rambault , Dainpierre, &c
Milly. t. Les Religionnaires li->
voyant tous ces mcuvemens,
travaillèrent.le jour de Pastiues
à boucher les chemins
0)7).e7,
,:'IL"I,/;,
& les avenues par où l'on
pouvoit aller à eux.
Les Troupes de Savoye
partirent de Briqueras le 23; d'Avril pour serendre à Ypian.
Elles estoient separées
en trois Corps Le premier
estoit commandé par Dora
Gabriel de Savoye,General;
le sécond par le Marquis Do
gliani, Marechal deCamp-,
& Capitaine des Gardes du
Corps; & le troisiéme par
Mde Brichantcau. Il y avare
à la queue de la Colomne
commandée par Dom Gabriel,
douze Mulets chargez
de poudres,bales
,
méches,
& grenades; cinq Mulets
chargez d'ais&de
crocs,une Mule chargée
d'outils
,
deux Mules chargées
de pierres à fusil
,
lanternes,
& torches à vent;
quinze Mules chargées de
sacs de laine,&dix hommes
qui portoient chacun une
échelle. Il y avoit aussi huit
Espingardes& quatre pieces
de Canon, avec une Mule
chargéede sacs a terre, des
barils & des corbeilles pour
faire les batteries des Canons
, & des Espingardes;
une autre Mule chargée de
1 pelles, haches, & hoyaux,
& cent Travailleurs, leurs avec outils.
A la queuë de la Colomne
du Marquis Dogliani,étoient
seizel Mulets chargez
de poudres, balles, méches
& grenades; quinze Mulets
chargez de sacs de laine,
dix hommes
,
chacun avec,
uneéchelle-cinq Mules pour
porter des ais & trente crocs;
une Mule chargée d'outils;
deux Mules pour porter des
cordages
,
deslanternes,&
des torches à vent ; quinze
Espingardes• une Mule qrï!
portoit des sacs à terre,& des
saputtes pour porter la poudre,
des barils&descorbeilles
pour faire les batteries
des Espingardes, & cent
Travailleurs avec leurs outils.
Si rien ne manquoità
ces Troupes du coire des
Munitions de Guerrede
Bouche, & des Instrumens
propres, à l'expédition ou elles
allaient, l'ordre de leur
marche
,
des mouvemens
qu'elles devoient faire,&de.
leurs attaques, estoit quelque
chose de si bien concerté,
qu'il estoitimpossibleque
cette entreprise ne réunie.
Je sçayqu'on n'a pas accoûtumé
de faire entrer ces fortes
de choses dans de pareilles
Relations;maisj'ay jugé
ce court détail necessaire
pour fairevoir que Monsieur
le Duc de Savoye doit
estreunjour un prudent &-
grand Ca pitaine.
Le costé ou les Troupes de
France devoient donner
,
estoit
extremement fortifié,
non feulement parce qu'on,
les y apprehendoir, mais encore
parce que c'estoit une:
Frontiere du Pays, & que
toutes les Frontières d'un
Etat sont ordinairement
mieux fortifiées que le reite,
Ainsi les attaques de ces
Troupes devoient estre 8c
difficiles, & dangereuses. Mr
Catinat qui avoit concerté
toutes choses avec Monsieur
le Duc de Savoye, & qui estoit
chargé du soin de toute
cette affaire à l'égard des
François,fitundétachement
desRegimens d'Infanterie de
Bourgogne,de Castres, & des
Suiffes de Pignerol.Ce Detachement
estoit commarw
dé par Mrde Bar, Lieutenant
Colonel de - Bourgogne. Il
devoit s'emparer du Pont de
la Mirandole, pour faciliter
le passage de l'Infanterie. Il
établit aussi des Ponts sur le
Chisonvis-à-vis le Village
Desportes,& il y occu pa des
hauteurs pour les garder.
M deCatinat fit en mesme
temps un second Détachement
des Regimens de Limosin,
Provence, & du Plesfis
Beliere, qui fut commandé
parMr de Villevieille,
LieutenantColonel du Regiment
deLimoges. CeDétachement
passa le long de
la Riviere du costé des Etats
de Son A. R. pour soûtenir
les Troupes que commandoit
Mr de Bar. Ces deux
Détachemens s'arresterent
dans cet endroit lufqua ce
que la teste des Troupes parust
, après quoy Mr de Melac
fut commandé avec un
Détac hemeut pour se saisir
du Temple de S. Germain,
où il eut ordre de laisser Mr
de Villevieille avec ses deux
cens hommes, afin que par
une fausse attaque il pûst amuser
les Ennemis, & faciliter
le panade. CeDétachement
les pouffa un peu trop
loin, & iè tint presque au
pied du Fort des Rebelles.
Les Dragons de la Lande
passerentla Riviereàpied,&
pousserent si avant sur la droite,
qu'ilss'embarasserentdans
des rochers, où ils perdirent
quelque monde. Le Capitaine
qui les commandoit y
fut blessé. Un autre Détachement
de Dragons prit sur la
gauche,à la teste duquel se
mirent comme Volontaires
plusieurs Officiers de differens
Regimens. Le Major de
Provence y fut blessé à mort.
Mr le Marquis de Birony
receut une blessure à la
teste
desDragonsde la Lande, &
MdeGontaut futaussi bieffé.
Ils s'estoient avancez avec
six Dragons pour reconnoistre
un passage. Leur zele
pour la Religion, & le desir
d'acquérir de la gloire, ont
ellé cause qu'ils le sont trouvez
à cette Expedition. Ils
estoient allez enSavoye avec
Mr le Marquis d'Urfé,Envoyé
du Roy, & ils s'y arresterent
si-tostqu'ils eurent
appris qu'ilspourroienttrou*
'c-f\tabtnrver
occasion de se signaler.
Apres que M'de Villcvieille
eut esté quatre où cinq heures
en presence du Fort des
Rebelles, il receut ordre de
se rendre aux maisons de S.
Germain, qui luy avoient esté
marquées par MrCatinat.
A peine se sutilmis en estat
de suivre cet ordre, qu'il fut
attaqué par un gros de Rebelles,
qui estoit caché dans
un Ravin sur sa gauche, &
par ceux du Fort, qui fortirent
en mesme temps pour
le charger. Il eut quelques
hommes, & plusieurs Officiers
blessèz, & le retira dans
un Templeseulement avec
trente Soldats,& deuxOf
ciers de son Regiment. Il
futattaqué par cinq à fo
cens Rebelles, qui allumerent
des feux tout autour en
luy criant de se rendre. Ils
firent armes de tout, & jetterentunnombre
infiny de
pierres,mais il leur repondit
toûjours à coups de Mouf--
quet, & ne voulut écouter
aucune de leurs propositions,
quoy qu'ils.l'affuraf--.-
fent qu'ils luy feroient bon
quartier. Enfin la nuit jb~~
ce combat ; & après avoir
eu 14.hollllneS de ruez& sept
de bleÍfez, des trente Soldats
qui s'ejroient retirez avec
luy dans le Temple, il receut
un renfort de Mr le Marquis
d'Herville,& conferva glorieusement
ion poste. M de
Bar futaussi attaqué à deux
ou trois reprises,mais n'ayant
pû feulementellre ébranlé)
il confervasans aucune perte
les postes dont il seitoic
saisy.-*•>'
-> ;ntrr**r)~
Pendant ce temps MrCa*
tinatprit son chemin avec
toutel'Arméejusqu'à la P&:
roufe le 10110" de la, Rivière,
11latraveri.Ja,Ôcmontales
montagnes toujours a pied3
ou plûtoftil y crrimpa,si ron
peur em ployericy ce terme!-
Il détacha MrdeLongueval^
Brigadier,pour monter d'un
collé, & M1 de Melac pour
monter de l'autre, &: bitre--.@
toûjours le Pa ys,en chassant
ce qui setrouveroit jusqu'à5-
la Vallée de S., Martin , Où-"
ilsdevoient se réjoindre.-Le'
cheminelloit dangercLix-.,-,
long ;& penible. Onperdre:,
quelques Soldats,un Sergerâr-' de-Bourgogne,ua Ma--
refchal des Logis Dauphin
fuienttuez.LesRebelles Te
(auvoiene parmy les rochers
après avoir fait leurs décharges
j & la nuit surprit les
Troupes Françoises au milieu
de la montagne prés dcr
S. Martin. Comme elles ef.
toient beaucoup fatiguées
d'unesilongue marche,on
fit alte, ôcTon ferepofa furla'
neige jusqu'à la pointe du
jour. Le lendemain Mr de
Catinat arriva à S. Martin
sur lemidy,où les Troupes
se joignirent) après avoir
çhaslé ou tué toutcequ'ei^
lesavoientrencontrédeRebelles.
Le matin du mesme:
jour M de Catinat avoir attaqué
& pris le Fort-Louis,
Il passa ce jour-là jusques à
Riovelaret,de là il se rendit
à Prancor. Le mesme jourzy
Mr de MeJac entra par la
Vallée de Pragellas dans celle
de S* Martinavant que de
joindre Mr de Cadnat;il
s'empara dequantité de po-^
fies qu'il brûla, & tua/tout.
ce qui luy fiL résistance. Le'
24. au matinles Troupes de
Mondevis; avancèrentvigoureuicnieat
de leur Coué.
-stlesfirent beaucoup decarnage,
& se trouvèrent à une:
lieue, ou environydesnoftres.
Cependant les- Troupes
de Savoye poussoient:
leurs attaques. Celles que.
commandoit Dom Gabriel:
de Savoye eltoientà la premiere,
avec les Grenadiers
du Regiment des Gardes. La.-
moitié du -Regiment de Dra>
gons estoit enluife,ayant à
sa teste le Comte de Veruë
qui enest Colonel ;ainsi ce
j'eune Comte se vit exposé
aux plus grande périls ce
ijaêiîedesir de la gloire4ttj-
!SCCL-'
VxUiO.•
faisoit (onhaiier; aussi en at-
il acquis beaucoup dans
cette occasion. Apres les
Dragons suivoient les Gardes
du Corps, commandez
par Mr de S. Maurice, qui
avoir mis pied à terre. Toutes
ces Troupes estoient fou*
tenuës du Régiment des Gardes,
commandé par M le
Marquis de Parelle & de
deux Regimensd'Infanterie,.
Les Troupes de la leconde
attaque estoient Cûlnmandées
par Mr le MarquisDogliani;
& cellesdelatrtrooii--
sieme, où estoit M le Marquis
d'Aix
, par Mr de Brichanteau.
- Les Troupes que
commandoient ces deux
Chefs, estoient composées
de l'autre moitié du Regiment
de Dragons du Comte
de Veruë
,
des Gendarmes,
&de six Regimens d'Infanterie.
Tous ces Corps mar-t.
cherent droit à leurs retranchemens.
On les ébranla par
le moyen des petites pieces
de Canon qu'on avoit portées,
& par les Machines
dont je vous ayparlé, qui
ne firent guere moins d'ef-"
iet; de lorte<3ue les Rebet.
k*
les furent extrêmement (urpris
de se voir pouffez par
des endrois qu'ils croyoient
hors d'in[ulte.On les attaqua
avec beaucoup de vigueur,
& l'on se poila d'une maniere
qui les empefcha de
bien faire leurs décharges,
ce qui les obligea à prendre
le party de se retirer de retranchement
en retranchement.
Ils le firent avec tant
deprécipitation,qu'en un
seul jour on se rendit maistre
de vingt-deux Forts.
Monsieur le Duc de Savoye
estoitassez prés pour voir
toute cette Adlion
,
& il
s'efi toûjours beaucoup plus
approché que ses Generaux
ne fouhriltoient.La presence
de ce Prince, l'impatiente
ardeur de la Victoire, que
l'on voyoit briller dans ses
yeux, & la crainte qu'on
avoit qu'il ne se jettaft au
milieu des dangers, pour peu
que le fucce's ofperé parust
doureux, anima tellement
les Chefs & les Solaâts, qu'après
s'estre saisis des vingtdeux
Forts dontj'ayparlé,
ilscontraignirent les Rebelles
à le retirer dans un lieu
ppelléle Pre de laTour,quils
voient extrêmement fertile,
& pourveu de munitions.
Unfi avec l'avantage de la
ituation, ce lieu auroit pu
enir plus de quatre mois i
ontre une Armée de vingt
aille hommes, si la prcfen-
e)&la résolution deMon- ,
leur le Duc de Savoye n'euf
ont jerté l'épouvante dans
ame de ceux qui avoienc
efolu de s' y défendre. On J
e preparoit à les attaquer,
ors qu'ils exposerent un
Drapeau blanc envoyèrent
dire qu'ils se rendroient
à direction. Plusieurs
autres étonnez de la.
vigueur &de la vîtesse de ces:
Trou pes, implorerent ~aussi
la clemence de Son A. R,
qui lesreceut pareillement à
discretion le 15.& fit entrer
dés ce moment mesme des
Troupes dans tous leurs
Forts. Ce Prince y allaluymesme
le lendemain, & donna
ordre qu'ondistribuast
tous ces Rebtlles dansles
Villes de Piémont. On prit
leurs enfans pour les faire
înstruire dans la Religion,.,
Catholique,Ainsi l'ona smy
en trois ou quatre jours une
entreprise tres-épineuse, ôc
dont le succésparoissoit presque
impossible. Cette courte
Guerre a détruit la race des
Vaudois, qui depuis quatre
cens ans estoit en poflefliorr
de ces Montagnes. Pendant
ce temps on estoit en prieres
dans toutes les Eglifes&dans
touslesConvens de Turin.
Voicy les noms des François
qui ont esté blessez en cette
occasion.
;ri' Mr le Marquis deBiron
yobncaire. ,T""; )
Mrde GonCâULVoloniaire.
Mr de Villevieille,legere
ment en deux endroits.
Mr de Mirabel, & Mr ~dts
la Valterie, Capitaines dans
Limosin.
Mr de Graves, Aide-Major
de Limosin.
MrdeMenonville, Ayde-
Major de Limosin.
Le Major de Provence,
blesséàmort.
Mr de Seguieres, Capitaine
de Provence.
Mr Chapuis, Lieutenant:
des Grenadiers de Provence.,
Mr Beroude, Capitainedes
Dragons de la Lande.
Un Mareschal des Logis
dela Lande.
|t MrduPlessis-Boccassel,Capitaine
dans Plessis-Beliere.
Quoy que.les Troupes auxiliaires
de France,aussi-bien
que celles deMrle Duc deSavoye,
eussentfait tout ce que
l'on peut attendre des Troupes
les plus intrepides,il étoit
impossible que les Rebelles
fussènt entièrement exterminez,
àcausedela diversitédes
portes qu'ils occupoient, &
de la difficulté qu'il y avoit à
les attaquer. On peut dire
même que ces lieux auroient
esté inaccessibles pour les
Artaquans, si le zele de la
vrayeReligion ne leur eust
donné assez de resolution &
de force pour y monter,
malgré la Nature,l'Art, &
la Rebellion qui les avoit
fortifiez.Quelques-unes de
ces Troupes partirent le 6.
de ce mois pour cette secondeexpedition.
Le reste fuivirle
7. & le lendemain les
passages des Valléesde Villars,
& de Bobie se trouverent
entièrement fermez.
Les Ennemis ayant rompu
un Pont sur un torrent par
où ces Troupes devoient palbelles
le traverserentayant
l'eaujusques à la ceinture. Il
y eut àce passage environ
trente Soldats tuez ou blessez
, & les Rebelles, que
l'on poussa jusqu'au Bourg.
de Bobie, perdirent beaucoup
de monde. On les
chassa d'un grand retranchement
qu'ils y avoient fait3aprés
qu'oneneuttuéunassez
grand nombre. Ceux qui
échaperent
,
se sauverent
au sommet des plus hautes
Montagnes, dans des lieux,
&sur des pointes de Rocher,
toit infaillible; mais je n'ay
vû aucune Relation qui marque
qu'on se soit servy de
cet expedient. Ce feroit faire
injustice aux Troupes engeneral
,
& aux Braves en particulier,
de finir cette Relation,
sans faire connoistrela
grandeur du peril où ils se
sonttrouvez, & aveccombien
d'intrépidité ils l'ont
regarde.Outre tous les endroits
que les Troupes ont
forcer
,
& le torrent qu'il
salut passer sans Pont
,
elles
ont traversé les Montagnes
les- plus hautes, ôe marché
où les bestes mesmes auroient
eu biende la peine à
grimper,onnelaissa pas de
prendreposteamy-coste, de
les y envelopper, & de les
tailler en pieces. On leur
donna la chasse sur le haut de
ces Rochers pendant trois
ou quatre heures. Ce qui recstea
tdteeaccetsionmiserablesaprès ,trouvamoyen
de descendreavec des cordes,
dans desCavernes où
l'on proposa de jetter des
bombescomme un leur
moyen de les exterminer
tour à fait. Le succés en esix
jours ayant de la neige
jusqu'à la moitié du corps,
par des endroits où il n'y voit a- point de chemin frayé, Ilfaloit souvent se faire élever
par des cordes,coucher
sur la neige & ne manger
que du pain qui y
avaitesté
trempé. Ces Troupes n'alloient
que le long des Precipices,
doncellesne voyoient
ny le boutny le fonds.Elles
marchoient quelquefois sur
des mines, qui leur estoient
inconnues, & elles napprenoient
qu'il yen avoit en ces.
endroits là, qu'aprés que ces
mines avoient jolie.Tant de
fatigues & tant de périls n'étoient
encore rien. Elles
trouvèrent les retranchemens
les plus élevez des Rebelles
faits avec de gros arbres
couchez, entre lesquels
il y avoit de grosses pierres.
Tous ces Remparts qui né1
toient point cimentez, n'étant
retenus que par des cables
,
il estoit aisé de les faire
servir à la ruine des Atraquans;
auissi les Rebelles coupoient-
ils,les cables, afin
que la chute des pierres
qu'ils retenoient, écrasassent
beaucoup de personnes
à la fois. Enfin c'estoit une
tempeste de rochers,qui rouloient
depuis la cime des plus
hautes montagnes jusques
au fond des plus affreux précipices.
Un Lieutenant de
Mle Comte de Veruë, Colonel
de Dragons, & Gentilhomme
de la Chambre de
Monsieur le Duc de Savoye,
en fut tuéà ses costez
,
& le
Fils de Madame la Comtesse
de Berthe dangereusement
blessé. Quelques momens aprés
Mr le Comte de Veruë
fUi preservé comme par miacle
d'un accident pareil.
Un de ces morceaux de rocher
,
d'une grosseurprodigieuse,
rouloit du haut du
chemin par où il montoit avec
Mrle Marquis de Parelle.
Ils estoient au bord d'un
précipice, & la pierre avoit
tant d'étenduë, & estoit si
proche d'eux, qu'il estoitimpossible
qu'ils l'évitassent
Elle n'estoit plus qu'à quatre
pas, lors que la pointe d'un
morceau de rocher qui estoit
dans le mesme chemin
la fitbriserde manicre qu'elle
se separa en deux, & leur
donna moy en de passer.On
assureque quoy qu'ils se
vissent à un instant prés de
leurmort, ny l'unny l'autre
n'en parut émeu. Leurs Soldats
voyant rouler cette
grosse pierre, firent leurs efforts
pour se jetter au devant
d'eux, afin de mourir au
moins les premiers, puis
qu'ils ne pouvoient empescher
leur perte. Le zele de
ces Soldats fait l'éloge de
leurs Chefs. Ce qu'il y a de
surprenant, c'est que cette
Campagne est la premiere
de Mr le Comte de Veruë;
cependant il a toujours elle
au devant du peril avec un ait tranquille & deliberé, af
nimant les Gens par (es paroles
& par son exemple. Lors
qu'il connut que la difficulté
de traverser les rochers empeschoit
ses provisions d'avancerqu'il
y avoit du
peril à demeurer long-temps
en chemin, il les fit toutes
jetter. Le Regiment des Car.
des fit plus de douze milles à
pied dans la plus rude montagne
de tout le pays.Le pied
ayant manqué à MrleComte
de Drusé, FreredeMrle
Marquis de Parelleil tomba
dansun précipice, &fut
toutbrisé.
- Mr Bourrier, Capitaine
auxGardes, eutla cuiiîè cac.
fée & le corps tout fracassé,
des pierres que les Rebelles
jettoient.Ilestmort de ses
blessures.
Mr Mayne Cadet aux
Gardes, receut aussi plusieurs
coups de pierre, mais
il n'a rien de cassé.
Mr VaOgnon9Cornette de Dragons, a esté écraS.
«
MrFilippi, Lieutenant de
Montferrat, receut trois ha:
lesdans la poitrine,&Mrdu
Clos, jeuneGentilhomme,
un coup dans la cuisse.
NU Premonu , Capitaine
dansla Marine, aeu un cou p
dans lacuisse,&Mr Martin,
Gentilhomme Savoyard, un
dans la jambe.
Mrle Marquis Dogliania
tellement fatigué,qu'il eït
revenu du Camp fort malade.
,- MrslesComtesdela Trinité&
de Bernets donnerent
l'exemple à leurs Soldatsen
se jettant les premiers dansle
Torrent,&letra,vérsantfan*.»
s'étonner, quoy qu'ils eussent
de l'eaujusqu'a la ceinture.
Mrle Comte de la Trinité
est Colonel du Régiment
de Montferrat, & l'un
des quatre premiers Ecuy ers
de Son A.R.Il a elle Envoyé
Extraordinaire en France, &
en Angleterre, & s'est toûjours
distingué par son mérite
, & par son esprit, comme
il vient de faire par sa valeur,
Mr le Comte de Bernets
ell un des quatre premiers
Efcuyers de Madame Royale.
Il a long-temps servy en
France à la teste d'un des
quatre Régimensd'Infantene
que Monsieur le Duc de
Savoye avoit envoyez au
Roy au commencement de
la guerre de Hollande. Lors
que ce Prince leva pour la
premiere fois deux Regimens
de Dragons, il fut fait
Colonel de ceux de Madame
Royale,& il vient d'être
nommé Colonel d'un Regiment
d'Infanterie sousle
nom de Chablais, levé pour
la Garnison de Montmeil,
lian. Comme on a souvent
à parler - des personnes de distinction,
j'ay crû devoir
ce peu de paroles à lavaleur
de ces deux Comtes
,
afin
qu'en vous les nommant
seulement ,ils vous soient
connus une autre fois.
Quoyque les malintentionnez
publient que Monsieur
le Duc de Savoye
n'a pas entierement diïïipe
ses Suj ets rebelles, il n'y a
rien de plus faux que ces
bruits là
,
puisque plusieurs
Regime ns des Troupes Françoises
sont déja retournez en
Dauphiné. Les Officiersont
receu de riches Presens de hpart de ceTnnce
, &Mr
deVillevieillea elle traité
avec ladistictionquemeritoit"
la' belle actionqu'il
vient de faire. Tous ceux de
ce nom sont depuis longtempsdans
le service. Il a un
Frere Lieutenantde Royde
deSommieres, & un Neveu
du mesme nom Officier aux
Gardes
,
Il ne
merefleplusclua
vous parler de l'adresse des
Princes
, ôc des Seigneurs
qui estoient du Carrousel,
èc de ceux qui ont remporte
les Prix,puisque la Relation
particuliere que je vous
envoyay la veille de ce Specacle
,s'eiltrouvée si sem
blable à tour ce qu'on a vu
que je ne vous pourrois rier
mander de nouveau. On ne
courut que les Testes le premierjour
qui fut leMardy18
Je ce mois, 6c les coursesde
deux Quadrillesestantfinies^
il (è trouvacinq Chevaliers
quiavoientégalement bienfait,
,& surpassé tous les autres.
C'estoient
{ul/ Mrle Grand Prieur.
rl-: Mr le Comte de Duras qui
n'a pas encore seize ans.
>u Mr de Murcé qui est aum
fortjeune. Mr
,i,,Il
dep/)rfortT
<~-~
Mr le Marquis de Nangisj.
Mrle Marquis de Nesle
Ces cinq Chevaliers se
trouvèrent encore égaux
dans plusieurs autres courtes
qu'ils firent
; mais enfin
Mr le Grand Prieur & MCj
le Marquis de Nesle demeurerent
Vainqueurs des trois
autres. La gloire des trois qui
sortirent de combat,ne laissa
pas d'estre grande, & l'on souvent a remporté des Prix a-"
prés avoir fait voir beaucoup
moins d'adresse, & avoir
moins fait de testes. Le Prix
qui n'estoit plus à disputer
iii'chan
TCcau
'le.lllaUUj,
qu'entre les deux Vainqueurs
du Champ de Bataille, les
anima tellement, qu'ils firent
toutes les Testes dans
lesCourses qu'ils recommen.
cerent plusieurs fois,de forte
que toute l'Assemblée les
combloit d'applaudissemens.
Il y avoir un grand nombre
d'Etrangers, qui dirent tout
haut
, que dans toutes les
Cours où ils s'estoient rencontrez
,
ilsn'avoient vu ny
tant d'adresse que ceux qui
avoient disputé le prix en a
voient montré,ny de si bons
hommes de cheval, que leur
avoient paru tous les Chevaliers.
Enfin la nuitapprochant sansque
Mr le Grand Prieur, & Mr le
Marquis de Nesle pussent avoir
aucunavantage l'un sur l'autre
, Courses furent remises au lendemain,
& leprix à disputer de
nouveau entre tous les Chevaliers.
Il faloit huit testes pour le
remporter ,
Se Monseigneur le
Dauphin en fit sept ce jour la,
mais illesfit d'un si bon air, que
chacun s'ecria que la bonne grace
avec laquelle il les avoit faites,
luy devoir tenir lieu de la huitiéme.
MrleComtedeBrionneeut le
bonheur de les faire toutes, mais ilauroitesté encore plus heureux,
s'il avoir pu estre moins adroit,
puisqu'il auroit eu la gloire de
contribuer à l'augm ntation de
-~<-~w<~
celle de MonseigneurleDauphin.
Cependant,ce Prince en manquant
le Prix qu'il avoit esté sur
le point de remporter, eut l'avantage
de ne le ceder qu'à Grand un Ecuyer de France,qui
doit mieux sçavoir ces sortes d'Exercices
& manier des Chevaux,
que tout ce qu'il ya de gens dans
le Royaume, puîsque c'est un des
principaux devoirs de sa Charge
On courut auûï la Bague le mesme
jour,& si le Prix des Testes
n'eust pas esté remis, c'estoit le
seul divertissement destiné pour
ce jour là.Apres les Courtes
,
Mi- leGrand Prieur, & Mr leMarquis
de la Chastre furent ceux qui se
trouverent avoir le plus de dedans.
Ils coururent ensemble, &..
le Prix de la Bague demeura à
Mr le Marquis de la Chastre. Le
Roy a donné ces deux Prix. Ce
font deux très-belles Epées, toutes
garnies de pierreries. Si vous
joignez à cet Article la R\la..;
tion particulière du Carrousel
que je vous aydéjà envoyée,
vous pouvez vous asseurer d'avoir
jusques à la moindre circonstance
de tout ce qui a regardé
ce Spectacle. J'ay fait plus
encore ,
puis que j'ay accom pagné
la Relation de cette Feste
des Portraits en Vers de tous les
Chevaliers,&, des Dames qui en
ont esté. L'entrepriseestoit grande,&
ladissimulation estant une
vertu de Cour, il estoit mal-aisé
, de bien faire connoistre les Habitans
d'un Pays où le déguisement
passe pour vertu. Cependant si
j'en crois le sentiment des Sages
qui ont vieilly à la Cour, & dont
l'austere vertu leur a toûjours fait
dire la verité
, ces Portraits fonc
assezressemblans.Peut-estre
qu'ils plairoient davantageà de
certaines gens, si l'on ne les avoit
pas tous pris du beau costé.
Quelque avanrageux qu'ils soient
pour ceux qu'ils regardent, comme
il se trouve toûjours des personnes
qui ont l'art de faire paffer
les vertus mesmes pour desvices,
on a voulu interpreter desavanrageusement
quelques endroits
qui ne disent rien moins
que ce qu'on veut qu'ils signifient,
mais ce n'est pas d'aujourd'huy
qu'il y a, ou d'ignorans,;
ou de malicieux Interpretes, & si
les Interessez veulent se donner
la peine de faire reflexion surJe
portrait entier, ilsconnoistront
par les endroits qui ne peuvent
estre empoisonnez
,
qu'on n'a eudessein
de choquer personne.
Je vous envoye un nouveau Printemps,
quivient d'un grand Maistre.
AIR NOUVEAU. pKojîtons tous de la Saifin
nouvelle,
ramene avec Jà) les Fleurs &
let Zephirs;
GoûtonsyBergers, goûtons les iJJl1ocens
plaisirs
D'une Saifinsi belle.
Chantons,daufions,&fuyons désormais
EttAtngllr &fistraits9.
- Je viens d'pprendre queMrs les
Grands-Audienciers
,
les Contrôleurs
Généraux du Scea, les
Gardes Rôles, les Conservateurs
desHypoteq ues& Censes, & le
Tresorier du Sceau,ont fairfraper
laMédaille deMr leChance
lier, qui accompagne cette Lettre;
ils ont mesme pris le foin de
la faire graver avec qLielqu::s)ldditions,
mais comme toutes ces
choses sont venues trop tard àma
connoissance, vous vous contenterez
ce mois-cy de la Médaille
que j'ay fait graver, &- le mois
prochain vous aurez les Efiam.'
pesdeces Meilleurs, avec le Discours
qu'ils ont fait à Mr leChancelieren
luy presentant les Meà.,
dailles qu'ils ont fait fraper. Je
vous entretiendray aussi d'un ;
ffbûucju
TfoJ.
Plaidoyé qui a fait grand bruit
icy touchant un Enfant supposé,
déclaré Imposteur, & vous verrez
quelque chose de tres singulier.
Ce Plaidoyé a esté fait par
Mr Lordelot. Ce fameux Avocat
fembte destiné pour toutes les
Causes extraordinaires, puis quM
plaida pour le Cordelier, dont la
Cause fit tant de bruit il y a quelques
années,& dont te vous parExtrait
dit Privilège du Roy.
pAr Grâce & Privilegedu Roy, donné à
Chaville; le 18Juillet 1683. Signé, Par
le Roy. en son Conseil, JUNQUIERES. Ilest
permis au Sieur DANNEAU,Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuerde faire imprimer, vendre
& debiter leLivreiiititilié,mÈKeURli-
GALANT, & generalement tout et qui dépend
dudit livre, par tel Imprimeur qu'il
voudra choisir; Et defenses sont faites à tous
Imprimeurs &, Libraires, & tous autres, de
faire imprimer,vendre .& debiter ledit Livre,.
ny graver aucanes Planches servant à l'ornement
d'iceluy, ny mesme de le donner i
lire, pendant le temps & espace de dix années
entières, le tout à peine de six mille livres
d'amende contre les Contrevenans, ainsi que,
plus au long il est porté esdites Lettres.
Registré sur ie Livrede la Communauté,
aux charges & conditions portées, le 14.
Septembre 1683. Signé, ANGOT, Syndic.
Ledit Sieur DE VIZE' a cédé son droit du
présent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Lifcraiie, pour en jouir suivant l'accordfàiz-
CBM'CUXt
Avis pour "plaCfr les Fipures. L'Air qui commence par, Le Printemps
fait éclore anjourd'hitymille
Fleurs ,doit regarderla page 186.
La Médaillé de M. le Chancelier doit -
regarder la page 2.43- L'Air qui commence par, Prositons tout
de la Saison nouvelle, doit regarder la.
'fage;'H,
Qualité de la reconnaissance optique de caractères