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1685, 07, t. 31 (Extraordinaire)
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348
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Texte
EXTRAORDINAIRE
TOME XXXI.
A PARIS,
AVPALAIS
ON donnera toujours un Volumw
nouveau du Mercure Galant
lperemierjour de chaque Mois, &
vendra, aussi-bien que l'Extraono
dinaire, Trente sols relié en Veao£:
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais, dans lMl;
Salledes Merciers, à la Justice.
Chezla Veuve C.BLAGEART, Court-ii
Neuve du Palais, AU DAUPHIN.
llt T. GIRARD, au Palais danslaGrandob
Salle, à l'Envie.
M. DC.LXXXV.
1AVIPRiyiLEGE or JtW
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume.
REponfe à laQueftion. SiunCour»
tifAn trompé dans ses esperances,
efl plmapUindre qu'un Amant passionnè
,
qui ne peut réüssir dans fort
amourt par Mr A. Ad.A. D. M. D*
page 3
Réponft A deux Quefiionsdu XXIX. Extraordinaire
,par Air Atagnin.17
ConverfationAcademiéjne,surl'origine des
Tombeauxypar MrJe la Fevrerie.14
Tortrait d'une; Damede qualité, par Aiademoiselle
B. D.R. 93
Sonnet a Air le Duc de Saint Aignan sur le Carrousel. , 97
Madrigauxsur lesEnigmesdeJuin, dont
les mots efloient la Truite & l'Hommeàcheval,
99
Entière expojîtion etune première Langut
uriwerfellt. 1-U
TABLE.
flions du 3 Centimens sur les Que/lions 3o0.. EMl
traordinaire, par MrBouchet, "ncn.,
Curé de Nagent teRoy. n
Explications de la
Fable
Enigmatt'q^
11
Onzième Partie du Traité des Lunet\':-\
par Air Comiers. 2s
Sonnet an Rey
, par'Mr MaNguin «j
Bourbon l'Archambaut. 1:.t
L'amour Amant, Baltet 21
Sentimens sur les Quefllons du dernm,
Extraordinaire, par Mr Diercviki:
xx
Vers galans aune jeune Enjouée. iê
MAdrigllux sur les deuxEnigmes x
mots d'Aoufl^dont les deux mots éloiot\)
1 & Vvoyelles &consonnes,ôcle SçoZ
flet, avec les 'noms de'ceux qui les a
expliquées. i
Questions a decider.
1
Fin de la Table.
N n'a point encorepro- ,séde,/[ssion plus
difficiledr:foudre
, que
celle qui met en balance
lainquiétudes d'unCoarii/an,a qui
la Fortune efl toujours contraire
,
&
les peines d'un Amant) qui rend des
foins inutiles à la personne auil aime.
Comme CAmour & l*Ambitions
font deuxpaJftens tres-viotentes, eU-V
les déchirent si crutliement le coeunm
de ccluy qu'elles agitent, qu'on peuagdire
que dans l'un & l'awtre efldt, iài
n'y a rien qui puisse égaler ce quifa*.
endure.L'Ouvrage par leqtieljecom-t,
mence le Recueil de Pieces diverjestx\
quejevous envoyetoiu les troismois
nous en donnelin vifportraityquivotm>\
fraperafans doute, tant la matierey^\
efi délicatement traitée. se ne pue'u
voeuen dire davantage,sansretardent
le plaisir que vsm donnera cette lec-ii
ture.VAutheur, qui n'a voulu dejfàq
gner sonnom -que parlessix lettres*
qui fontaubas deJes Versseferacon,
noiftre qflandil luypUirapard'autres
Ouvrages, puis qu'il efl aisé de voi.)\
qu'un homme quiauntalcmsihCllr(NJ.
pour laPoésie,nedédaigne jaidans/&\j
-
heures de loisir
,
d'tmploytr quelques
wornens à s'entreteniravecles Mujes.
Si un Courtifah trompé dans ses
esperances, est plus à plaindre
qu'un Amant passionné, qui ne
peutfléchir le coeur de la personne
qu'il aime.
VERS LIBRES.
L)Ambition & tAmour
,
Sont de toutes les' affaires;
Et ces deux passionsménagent tour à
tour
De la Ville & de la Cour.',
Et l'intrigueCJ" les mifleres ;
Mais de fçavoir au vray laquelle fait
des deux
Vn plus sensible martire,
Elles font si peu d'heureux
i Qgl* peinepeut-on le dire.
Mercure toigtefoù desire de fçavoir
Quelle en efl la differcnce;
Et je voudrais bien pouvoir
Par raison & par devoir,
Etmlfme par complaisance
Luy donner contentement.
Hier je revoit comment
Je pourrois lesatisfaire,
QuandTircis & Dorilas
JQue je trouvay sur mes pas,
Vinrent me tirer d'affairei
Tircü, le tendre Tircü,
Dont les James amoureuses,
Fidelles & malheureuses,
Parlent dans tous les écrits;
Dorilas qui de la gloire
Fait tout [on enteffement
»
Dorilas qui ne peut croire
Rue la peine d'un Amant
Puisseégaler le tourment
D"un homme ambitieux dont le dessein
échoue
jin moment qu'ilse crott au dejfta dé
la rouë.
Ils Mnteftoientfirtementl
-
Et loin te m'avifcrtCappaiftr leur querelle
J Tranquille & d'un grand loisîr animay leur Dispute, & m'en fis un
plaisir.
yoflre difficulté, leur dis-je, ep assez. belle
Sil faut pour vous accorder
Vn homme qui n'ait point d'interest dans
l'affaire,
Ce(l a moy dé la décider ; Dites donc vos rai/ans,ie[HÜ press *
me taire.
Le languissant Tircis me répondits helatî
Se peut-il que du mal extrême ilun malheureux Amant baydece qu'il
aime,
Et des maux de Doriltu
On pitijfe faire un Problème?
MAil plûtofl, répondit Dorilas a son
tour,
Croira-t-onqu'ilfoit possible
JQu'un Jegertranfptrt d'amour,
Cause un mal aussi sensible
jQue ce quonfoujfre a la Cour,
Lors qu'un fourbe impofieur, plusffa*
vant dans ¡'intrigu,
A rompre vos desseins s'appliquant nuit
& jour,
Fait échouervotfrehrivue.
Expliquez, voi raisons alternativement,
Les Mufes, dit Virgile, en aiment la
maniéré,
La c,n!I:/f:'tiÕn paroiss plus clairement,
Et la décision en efl plus reguliere
Leur dis-je; &' dans ce moment
A tombre tom les deux,auprès de moy
s'agirent
Et , tour a tour Je plaignirent;
A peu prés voicy comment. TIRCIS.
f.!..!!'un cJlr tendre &sensible a de maux
nom expose!
Ouel'on foujfre en amour de secretes langUCHfS,
Quand de lObjet qui lescause
On ne sçauroitfléchir les rf/verts rigueurs
! DORILAS.
QHune ame du dejir de la gleire tnflamÙ
A de douloureux mowvemens !
Qui peut comprendre les tourmens
Dont sans cesse elle est alarmée?
Sera-ce vous, foibles Amans? j TIRCIS. aime, faymillemaux queje noftrois
dires
Alfjlres d'Amarilis je languis je fokr
pire,
Et lorsque ma douleur est peinte dans
mes yeux , Si jecherche les fiens, l'ingratt se re-- tire.
Qui peut en ce moment concevoir mon
mardre?
Sera-ce vous ,
dorAimlbaitiseu.x?
Lanoblepassion dont mon ame est éprise,
ji pourobjet lagloiret & lagloire £efi
tout.
Quel charme, quel transport quand en
en vient a bout!
S^ucl desespoir pour qui manque dans
Centreprise !
1 TIRCIS.
J'ay pour AmÍfrillis une flame fidelle ;
Si je pouvois toucher le coeur de Ucruelle,
Sice-coeursentoit pour moy
Ce que le mien fent pour elle,
OH), ma gloireferait telle,
Que lafélicité d'un Roy
Ne me poroiftroit pas si touchante &J%
belle.
DORILAS.
Si Dardas ponvoit pretendre
De s'établir quelque jour
Au posse ou l'heureux Alcandre,
Efl maintenant à la Cour3
Desfouffiances de tAmour
Il (çauroit bien se defendre. TIRCIS.
Si mon Amarilis,sensible a ma tendrejfc,
Refpondoit un marnental'ardeur qui me
presse,
Herosï dont la vaillance itonneI'Vnivers,
Non,ce-n'elf pas pour vous que jefsrois
des Vers.
DORILAS.
L'Amour a quelques appas,
A4ais il en fait bien accroire,
Et ne dédommage pas.
Des pertes quefait la GlDire.
TIRCIS.
La Gloire,jel'avoué,ade nobles efforts
Mais peut - elle égaler dansses plus
beaux transports
La sensibilité douce & delicieuse
!0'un tendre amour inppire aux coeurs
quifonttouchez ?
1 dk! qu'uneflameamoureuse
Donne de plaijîrscachez.,
Et qu'une ame ambitieuse
Pourroits'estimer heureuse
De lesavoir recherchez!
Mais quand un amour fineert
Ne peutfléchir les rigueurs
D'une inhumaineBergere,
Que de maux, que de langueurs
Son ame injuste & fellerc
Faitressentir à noscoeurs!
Vous qui courez ala gloire,
Si vous le compreniezbien,
rfJUS n'auriez,paspeine à croire
Que tous vos maux ne font rien.
D ORILAS.
Je vous l'avoué à mon tourj Il est vray ,
Tircú lAmour
si des endroits agreabbs ;
Mais aux faveurs de la Cour
Ils ne font pas comparables.
VAin; &faiblesAmans, si vous aviez.
goûté
Desùcharmes flateurs de la Gloire,
Tous les appas de.lABeaUté
Qui vous tient en captivité,
Seroient en un moment hors de vostre
memoire.
Jlfaissi votu ffaviez, aussi
R!!,e/le est la douleur mortelle
D'ln Courtisan qui ria pat rtiffi,
Le chagrin & le feucy
Que vous canfe une Criielle,
Ne feroient que bagatelle. TIRCIS.
La fiere Amarillis d'un air indiffèrent
Regarde tous les maux quej'endurepour
elle.
Ah! Berger tendre & fide/le
Que ta douleur efi cruelle!
Personne ne la comprend. DORILAS.
Le fier Alcimedor peutfaire ma fortune,
11sçait que je m'attache uniquement a
fay lt'Y de l'ambition, cependant aujourd'huy
Sans cmploy,Cans refonree aucune Jemevois accab,'é de chagrin & d'ermur.
Comprend-t-ondemmfort la rigueur importune?
TIRCIS.
ilne tiendroit qu'à VOHS de vouloir vivre
heureux.
1 DORILAS.
Si vousvouliez aussi cesser d'efïreamoureux.
TIR CI S.
Ostez. de vojire esprit cette vainefoible(se.
DORILAS.
Guerissez. Vojirecoeurdesafolle tenàreffi.
TIRCIS.
QuefoHffrez-vopu? Yosmauxfontaifez;,
àquérir.
DORILAS.
Les Amansfont toujours malades a mourir.
TIR CI S.
Contre lemauvaisfort ayez, tifprit Jelle.
DO RILA S,
JQuittez* Amarilis, &vousvoilatranquille.
TIRCIS.
JHelai ! pour la quitter il faut perdre le
jour.
DORILAS.
llmefaudroit mourirsijequittaislaCoun
TIRCIS.
jvQu/md le bonheur vousfuit, aquoy bon
yfretendre?
DORILAS.
R!!,And l'amourvous rebute, a quoy bon
efiretendre ? TIRCIS.
Quay-je a vous dire, hellU ! mon eoenr
ie veut ainsi.
DO RI LAS.
Jefuis néPour la gloire, & j*obéisanssi. TIRCIS.
LifandYIfortuné tu dois a tes richesses
Les plaisirs que l'Himen enleve a mes
tlndrejJès,
jimaritlù efl preste a vivrefous ta loy
Aiais si jufliceestoit faite t
A ma passion discrete,
Amarilis jamais ne vivroit que pour
moDy. ORI LAS.
Trop heureuxFloridorjafourberieinsigne
T'eleve en un hautrang, a laCourde
hOVISt
Tuffais qui denom deux en efloit leplus
digne,
Tu [çaù à qui tu dois l'honneur dont tu
jokis. TIRCIS.
Vous est:,s sur vos pieds,faitesuneautre
brigue. DORILAS.
Ilne tiendra qua vont de faire uneautre
intrigue.
TIRCIS.
Il est d'autres appuis qui votu eleveront.
DO RI LAS.
Il est d'autres beautez. qui vous conflleront.
TIRCIS.
Tous mes voeux malgrémoy font pour
AVJltrillis,
Celimcne, Aminte,Cloris,
Ne sçauroient me rendre inftielle.
Pe'ut-estreauxyeuxdun autre elle n'etf
passi belle,
Mon amour me captive & ne maveugle
pas,
me connais leur merite & jevois leurs appas1
eMais je nDefçOauRroIisLaiAmeSr .qu'elle. peut faire l'amour M fambition regné?
Gelimene, AminteJ Cloris,
Ce n'est pat que je vous dédaigne,
Vont encor moins, uimarillis
> &,Vôtre merite efi grand & peut, jele
veux croire
Contenter , un ambitieux ;
MAisn'en dépiaife à vos beauxyeux,
Je ne puis aimer que la oloire.
J'enviens d'oüirasez, leur dis-je
, pour
comprendre,
Sans
davantage
vous entendre
Quelefi ledegréds vos maux; Mais poursçavoir s'ilsfontégaux,
QUi na plUsenty l'un & l'autre
Le dira difficilement.
Il parle pour le fien, vous parlez, pour le
vofire3
L'unAmbitieux,fantre jAmanu
Si vos tourmcns fontgrands, ilstUfont
pas semblables
, Tour terminer enfinenspropos AmbitUl,
Jecrois vos maux, Tircis. un peu plus
incurables,
Ceux de Dorilas plus aigus.
Le tout roule & se partage
,
Entre îefpprriitt & le ccooeeuurr..
Si Tircis meurt de langueur,
Dorilas moura de rage.
le n'ajoute rien deplus,
On peut juger là-desus
Lequelfoijfre dAvantage.
A.M. A. D. M. D.
Les deux Reponjes qui JuiveM À
deux guefions du XXIX.Extraordinaire,
font de M. Magnin,
dont je vom ay envoyé tant de
beaux Ouvrages à U gloire de SA
'-JJajel".
Si un Amant qui est trahi par sa
Maistresse, est en droit de publier
ses faveurs.
SONNET.
JEtaimois, tu leifçais, je taimois tert »
drement ;
Tu connoiffiis mon coeur, il efloitfifidelle,
Hors toy ,nulle Bergere a mes yeux nel - toitbelle,
Et ne pouvoit pretendre a m'avoirpour
AmAnt.
Jetefiuivoispartout, fAbfenc d'un mo.;-
ment
Efloit a mon amour une mort eternelle ;
Jamais enfin, jamais, tu t'en fiouviens j
cruelle,
Vn Berger amoureux naimasiconfiant-*
mont-
Et tu mofies trahir,perfide! a cet ou* trage
J.:/q!:'a,:! devrait A ller le transport de ma
r.{(!( !
Après celay dtvrois-je encortcménager?
Mais ne crains point quicy le courroux
me furmente,
J'estimeplus l'honneur de ne mepointvav.
Ier>
Ruelefoible plalfîrde te couvrirde honte.
SilaProdigalité.estmoins condamnable
que l rivarce.
VERS LIBRES. QVidonne tout efl fort blafmable,
Car avec un panchant semblable
A force de s'abandonner,
On saccoutume enfin a prendre pourdon
ner;
Et cela n'est pas raisonnable,
1 e moyen de le pardonner?
Qui ga-de tout est encor pire,
Et les Avares ont beau dire,
Les croire, cefl trop hazarder.
A cette méchante habitude
Quand on se laiJlè foJlèder,
On s'accoutume enfina prendre pour
,
garder,
Et cefl pour le salut un dangereux
prélude.
Que le Prodigueefl imprudent?
Sans regle il diJIipe, il déptn/f.
Il mesure encor moins sa vie, &cependant
Il arrive souvent qu'il vit plus qu'il"
ne pense.
Oh! qu'il fait beau le voir, quand
tout est fricafé
} Mourir lançuijfant & café
Dans une honteuseindigence?
Mais aujji que 1"Avartest fou!
Tremblant sur favenir
,
il vit dansla
misere,
Comme s'il navoit pas unfou;
Et narrive-1-il pas qu'il vit moins
qu'ilnespere?
Oh! qu'il fait beau le voirvieux *
languissant, perclus,
Se retrancher le necessaire,
Pour laisser des biens superflus
A quelques héritiers, quine leplaindront
guere!
Quand un Prodigue a tout mange,
Le monde contre Iny murmure.
Franchement fen connais
s
qui fontpauvre
figure,
Et qui vaudraient peut - estre avoir
mieuxménagé.
Lorsque pour senrichir
,
sans regl,
sans mesure,
Vn Avare a tout ravagé,
Tout le monde en efl enragé;
Et dit qu'il efl contre nature.
Me voilà donc bien partagé
Pour me dberminer, Mercure;
Sur cette grande Queflion;
',MAis à ptrier sans passion,
Voulantex-cuser un Prodigue,
Ml est vray ,je prendrais des foins
fort fuperfius,
La Retorique là-dessûs
P:troit un vain effort pour si tirer
r dâi"ntrigue;
\JSkvare toutesfois me déplaift beaucoup
plus.
lEn voicylaraison qui me paroijt
sensible.
LA force de donner en fait quelques
heureux, rVn Avare au contraire, inhumAin)
inflexible,
K Vouiroit encor piller tHospital & les
Gueux.
De nul devoir il ne s'acquitte
La misere du Mendiant
Au lieu de le toucher l'irrite,
Il regarde peu le merite
Du plus honneste Suppliant.
Il veut tout engloutir, il efl insatiable,
Son aveugle fureurne peut je contenir}
Toujours tremblant & miserable,
Par la peur de le devenir.
Le Prodilue, il cft vray, qui na plus
de reffiurce,
Se voit abandonné
,
sans amis, sans
secours;
Mais tandis qu'il vuide sa burfil"
Il a du moins quelques beaux jours.
Enfin c'efi sur la Loy divine
Que je réglé mon sentiment ; Et Cans plus de raisonnement
Vcicy ce qui me determine.
Si je vay consulter F Evangile
, il
mapprend
, Qxetan lis que VEnfantProdigue
Et se ravise &se repent; Par sa detcftable intrigue
Ayant livré l'Innocent)
L'avare Judas se pend.
-'
Jgttdy que vous aJtz veu un
Traité dcs Sépultures dans le dernier
Extraordinaire
,• UOUÔ neferez,
pas finfihéc quen vais renouvelle
cette Matière,quand je vous aufay
appris que la ConverjctimJcadcmiquequiftit
,
efi de M. de la Fe-
? vrc/ie. Elle est diverfifée par tant
j
d*agreables chefes
}
6'-v par des re..
< marques sipropres 4 rendrel'esprit
> content, qu'enpeutdire que leseul
i nom de Tombeau,est ce quelle a de
lugubre.
CONVERSATION
A CADEMI QJJ E
dans laquelle il est traité
de l'Origine des Tombeaux
,ôc des magnifiques
Sepultures.
A MADAME
LA COMTESSEDE,C.H.C.
: LA mort de laReyne, de glorieuse
& de pieuse memoi-
-
re ,
puis qu'elle est en benediction
chez tous les Peuples, a
touché sensiblement toute la
France, mais particulierement
nostre IllustreAbbé. Outre qu'il.:
est bon sujet, & fidelle serviteur du
du Roy, vous savez, Madame,
qu'ilavoir encore d'autres raisons
d'en estre affligé. Ses Amis
prirent parc à sa douleur, mais sur
toutlapetite Troupe choisie, vint
mesler ses larmes avec les siennes.
Comme il estoit alors en
cette Province, elle tâcha de le
consoler par ses frequentes visites,
& elle n'oublia rien pour le
divertir, & pour chasser la mélancolie
que cette mort, & son
indisposition ordinaire luy causoient
dans ce tem ps-là.
Un jour qu'elle estoit venue à
ce dessein
,
& qu'elle commençoit
un Entretien un peu plus gay
qu'à l'ordinaire, elle fut interrompuë
par une Lettre que l'on
aporta à nostre Abbé, de la part
du Reverend Pere de Soria. Vous
sçavez encore, Madame
,
les liaifons
étroites qu'il avoir avec ce
digne Confesseur de la Reyne.
Il nous enfit la lecture, ce qui redoubla
nos regrets, & engagea
la Compagnie dans une Conversation
bien plus serieuse qu'elle
n'avoit crû. On y fit le Panegyrique
de cette Auguste Princesse
en diverses façons, & chacun
s'efforça de marquer le respect
& la veneration qu'il avoit pour
toutes ses vertus. On parla enfuite
de la Ceremonie qu'on devoit
faire pour elle, àNostre-Da
me, & à Saint Denys, & voila,
Madame,ce qui donna sujet, de
traiter dans cette Conversation
de l'Origine des Tombeaux, &
des magnifiques Sepultures.
Que cette matiere ne vous effraye
point, Madame. Toute lugubre
& triste qu'elle est
,
j'ose
vous asseurer qu'elle ne vous inspirera
rien de sombre & de mélancolique
; & mesme qu'elle
vous defennuyëra quelque temps,
comme elle fit nostre Illustre Abbé
qui y prit plaisir, &quiasouhaitéqueje
vousfille part de céc
Entrerien. Il n'y a point icy de
Spectres, & de Fantômes
,
de
Squelettes & de Cadavres rongez
des Vers. L'Or, le Marbre,
leJaspe
, &, le Porphire couvrent
tout cela; & l'Art par ses embellissemens,
donne icy l'Immortalité
à ceux que la Nature avoit
abandonnez à la corruption.
Aussi-tost que le premier Homme
eut peché
,
dit le Dodeur, il
fut condamné à la mort, & dés
ce moment il ne songea plus qu'à
mourir,&, à faire son Tombeau.
Il commença de s'ensevelir en
couvrant sa nudité, & il ne fit
qu'un pas du Paradis terrestre au
Sepulchre, maisdessçavoiroùfut
basti ce Sepulchre, c'est ce qu'on
ne peutdire. Ilesttoujourscertain
que ce ne fut point dans lisle
de Cylon aux Indes Orientales,
comme le croyent quelques Indiens
, auraport d'un Voyageur,
qui nous a faitmention du Tombeau
, & de l'Epitaphe de nostre
premier Pere. Une Epitaphe
d'Adam, s'écria le Chevalier!
Oüy,Monsieur, repartit le Docteur,
& une Epitaphe qui est
dans une Langue,qu'on peutapeller
justement la Langue matrice.
Le Public vous seroit fort obli.
gé, répliqua le Chevalier,si vous
vouliez l'expliquer, car personne
que je sçache, n'a encore pû en venir about. C'est un jeu d'esprit
de l'Auteur, dit le Marquis, qui
aplutost faitun Roman, qu'une
veritable Relation de ses Voyages.
Quoyqu'il en soit, reprit le
Docteur, l'usage desTombeaux
est très ancien, puis que nous
voyons, dans la Genese, que les
Hethéens, ausquels Abraham demanda
le droit de Sepulture pour
sa femme Sara, en avoient de
tres magnifiques. In electissepulchris-
nostris sepeli mortuum tuum,
repondit ce Peuple à Abraham.
Mais il me semble qu'on a mal
traduitelectis en nostre langne,
parbeaux&exquis. Car electis en
cet endroit, veut,dire choisis,,
comme si ce Peuple eustdit,Ensevelijftz,
ce Mort dans les Tombeaux,
que nous avons shoisis pour mus &
nostre famille. D'où vientque
nous disons ordinairement
, ild
thoifïsa. Sepulture en un tel lits.
Mais enfin Abrahamne voulut
pas accepter cette offre, & souhaitra
qu'on kuy vendist un
Champ de terre, & une Caverne
pour y bastir un Tombeau;non
seulement pour Sara& pour luy,
mais encore pour toute sa PoIle,,.
rité. D-iteinibijussepulchrivobif-
Cttm ,& confirmants est ager & antrum
quoderat in eobrabein pqfsessionem
mmumenti àfiliïshetb.
Voila donc un usage & un droit
de Sepulture,le plus ancien qui
soitau Monde, & ce fut suivant
ce droit, & cette coustume, que
Jacob voulut apres la mort en
Egypte
,
qu'on rapportait son
corps dans ce Tombeau d'Abraham.
Sepelite me, ditil à ses Ensans
, campatribus meis in spelunca
duplici (jujt est in agro Ephron, quant
emit Abrahaminpossessionem Sepulchri.
L'Origine des Tombeaux n'est
pas moins ancienne chez les
Pavens, puis que leur grand Dieu
Jupiter avoit son Sepulchre en
l'Islede Crete , &nos Voyageurs
asseurent qu'on voit encore aujourd'huy
cet antique Monument.
Oüy, mais interrompit le
Chevalier, un vieux Poëtea dit,
Les Crétins ont dressé,fowvtrain
Roy, ta Tombe,
Mais ton Efire divin à la mort ne
fuccombe*
Quoy qu'en dise nostre Poëte,
Jupiter estoit mortel
,
reprit le
Docteur. Mais sans nous arrester
là-dessus, c'est à la Grece qu'on
doit l'usage des Charniers, & des
Voutes souterraines, où l'on mertoit
les Corps & les cendres des
Défunts; car les Grecs estoient
fort curieux de la Sépulture des
Morts, en sorte mesme que l'on
croit que toutes ces Grotes qu'on
voit en Candie, n'estoient autre
chose que des Tombeaux. Mais
les Egyptiensont estésans doute
les premiers Inventeurs de ces
Magnifiques Sepultures, & les
premiers Peuples qui ont embaumé
les Corp s ;
fondez sur cette
opinion
, que l'ame estoit aurant
de temps immortelle,que le corps
demeuroir sans corruption. Il ne
faut donc pas s'éronner
,
s'ils
avoientun grand soindebastir à
leurs Morts, de superbes Tombeaux
pour y conserver leurs Momies
, puis que le Monument, se-
Ion qu'il estoit somptueux & magnifique
,rendoit la memoire du
défunt plusillustre& plusglorieu.
se. Qui a rendu immortels Semiramis
, & les Rois d'Egypte?
leurs Pyramides & leurs Tombeaux.
Leur mort a esté plus
éclatante que leur vie, & ils n'ont
esté celebres, &. n'ont survècu
jusqu'à laPosterité
, que par où
les autres Roys de la terre meurent
& ensevelissent toute leur
gloire dans un oubli éternel.
A propos de ces Momies
,
interrompit
le President
, un de
nos Voyageurs prétend que le
Bitume qui croist dans laMermorte,
servoit autrefois à embaumer
les Corps des Egyptiens,& que:
cette poix est un véritable
-
Baume,
pour conserver les Corps en
leur entier. Il estvray, dit Je Marquis
,que Villamont &, quelques
autres, ont avancé cela; mais je
ne fuis pas de leur avis. Lesveri-
-
tables Momies estoientembaumées
d'une miniere bien plusexquife,
& ce n'est que par l'excellence
des matières Aromatiquesqu'on
y employoit, qu'ellessont
pn^ieufes* propresàla gueri- l' son de tant de maladies,C5 Q!.JC;:
n'auroit pas la vertu du Bitule."
qui peur bien exempter un Corps
de pourriture, mais nonpas en
faire une veritable Momie;car
ce mot ne-veut pas dire fiinpléJ:
ment unCorpsentier & embaumé
; mais quelque chose de plus
excellent. Quoy qu'il en soit,
tout ce qu'on peut asseurer du
Bitume de la Mer morte, est que
c'estoit le Baume du vulgaire, &
du simple Peuple de ce Pays-là
car dansles Momies qu'on a découvertes
s on a trouvé qu'elles
font pleines de parfuns les plus
exquis. Cette maniere d'inhumer
les Morts estoit d'une grande dépense.
J'ay lû
,
dit le Chevalier
, une méthode d'enterrer les
Corps, & de leur bâtirdes Tombeaux
, qui efl bien plus facile, &
qui se fait à bien moins de frais.
Les Anciens la pratiquoient pour
tous ceux qui manquoientdeSepulture.
C'est de répeter par trois
fois le nom du Mort. Toute la
Compagnie se prit à rire, & le
Chevalier mesmeavoitde la peine
à s'en em pescher.Vous riez,
leur dit-il d'un air serieux
; c'est
pourtant de Daviry que je riens
cesecret, & jenetrouvepas qu'il
y ait tantà rire; lesPauvres qu'on
jettoit à Rome dans des Puys
apres leurmort,avoient besoin
d'un pareil Tombeau. On avoit
encore trouvé ce secret pour ensevelir
honorablement, & promptement
les Morts qu'on rencontroit
sans Scpulture par le chemin
;car ce devoir estoit si étroitementpratiqué
chez les Anciens
, que l'on se tenoit poilu si
on rencontroitun Mort, qui ne
fust pasenseveli, à moins que de
jetter dessus un peu de terre ou
de poussiere
, ou de répeter trois
fois son nom. Mais quand on ne
le sçavoit pas, ditle Marquis?
Mon Dieu, vous me faites toûjours
des affaires, reprit le Chevalier
, on jettoit de la terre dessus.
Mais que dites vous de Varron,
continua-t-il, pour se tirer
de l'embarras, où le Marquis l'a.
voitmis? Il voulut qu'on le mÍÍt
apres sa mort dans un grand Vaisseau
de terre cuite, avec des
feüillesdeMeurte, d'Olivier, &
de Pavot: tous Symboles de la
paix, du repos, & de la tranquilité
de l'Ame
,
si peut estre vous ne
trouvez finesses dans cette forte
d Inhumation, car Varron estoit
un Sçavant, qu'on peut soupçonner
de Science secrete & de cabale.
Quoy qu'il en soit, les Riches
de Rome estoient inhumez
dans leurs maisons
,
& nonobstans
la coustume de brusler les
Corps en ce temps-là, Popéefut
embaumée,&, portée au Tombeau
des Jules, ce qui me fait
croire, que le Bucher n'estoit pas
la Sepulture de toutes les personnes
de qualité, particulierement
- des femmes; mais seulement des
grands Hommes qu'on vouloit
mettre au rang des Dieux, comme
un moyen plus facile d'élever
leur ame au Ciel, & de faire leur
Apotheose. J'approuve vostre
conjecture, dit l'Abbé, car Néron
n'épargna rien pour les funérailles
de Popée, & il eust fait
brûler son corps, s'il eust creu
rendre par là, un plus grand hon. neuràladéfunte. Ilaimoitlefeu,
comme voussçavez,jusqu'à brûler
Rome, pour s'en faire un divertisement.
Cependanton brûloitde
ce temps,là les Corps des
Empereurs& des personnes considérables
,
dont on conservoit
fore soigneusement les cendres.
Vous me demanderez peut estre
de quelle maniere on recüeilloit
ces cendres ? car elles pouvoient
estre meslées avec celles du bois
qui confumoit le Corps. Pline
vous aprendra cela comme moy,
mais pour vous épargner la peine
de le consulter là dessus, voicy
ce qu'il en dit autant que je puis
m'en souvenir. On donnoit aux
Empereurs & aux personnes de
qualité qu'on devoir brûler,des
chemises faites d'un certain lin
des Indes qui est incombustible,
ce qui rendoit ce lin fort rare, &
tort précieux, ou bien on enfermoit
le Corps dans un coffre de
fer qui estoit percé, de façon que
l'humidité pouvoit s'exhaler,sàns
que la cendre sortist. On mectoit
après cela ces cendres dans
des Urnes d'argent, d'or, ou
d'agathe. On les arofoit de vin,
& d'eaux de senteurs, on les parfumoit,
& souvent on pofoit sur
ces Urnes des Couronnes précieuses
, ensuite dequoy on les
mettoit en dépost dans le Tombeau
de la famille
; & voila de
quelle forte on inhumoit les
Grands à Rome. si
Pour moy, dit le Président, je
croy que la vénération qu'on a
toujours euë pour les cendres des
Morts, vient de ce que la cendre
de chaque chose, contient sa forme
Se sa figure, comme l'experience
nous le fait voir dans la
cendredes Plantes.
Secret dont on comprend que quoy que
le corps meure,
La forme faitpourtantaux cendres
sa demeure.
a dit un grand homme
,
qui prétend
que les cendres des Trépassez
qu'on voitsouvent dans
les Cimetieres font naturelles,
puis qu'elles ont la forme & la
figure extérieure des Cor ps,
qu'on a enterrez en ces lieux; ôc
que ce ne font pas leurs ames, ou
des fantômes representez par les
Démos, comme le croit le simple
Peuple;Car enfin quoyque lecorps
foit réduit en poudre, la figure
ne se perd point. Mais cela se
voit encore mieux dans le champ
d'uneBataille nouvellement don- -
née; & voicy comme la chose feé
fait. Cesfiguresfontexcitées,&
élevées en partie parla chaleur
internede la terre, &, des Mourans,
& en partie parla chaleurs
externe du Soleil & du Canon
<]ui a échauffé l'air. Voila une?
plaisante opération de chimie, dit
Je Chevalier.Elleestnaturelle,
repond le Docteur
,
& c'ell: une
très-bellevision de quelques Rabins
Talmudistes, dont Monsieur
le Président a fait une fort heureuse
aplication, aux devoirs queai
nous rendons à la cendre des
morts, en leurdonnant desTombeaux
magnifiques. C'est [OÛ--J
jours une vision, reprit leChevalier
, mais Monsieur le Docteur, (,
continua-t-l,ditesnousun peus'il
xfy a point de différence entre
ces termes d'Ensevelir
, d'InhkmtY,
d'Enterrer, que nous confondons
si souvent? Il y a quelque différence
entre ces termes, répondit
le Docteur, mais elle n'est pas
grande, &. elle est plus propre à
un Grammairien qu'a un Philosophe,
car tout le monde entend
par-là,la mesme chose. Qui est
inhumé, est enterré, qui est l'un
& l'autre,est enfevely. Choisissez-
- lequel il vous plaira, Le Traducteur
de Pline s'est lourdement
trompé, en voulant faire cette
distinction; car il dit que les Latins
appelloient un homme enfevely,
dequelque maniere qu'il fust
enterré; & qu'il estoit inhumé,
lors qu'on mettoit son corpsen
terre. Je vous demande un peu la..
différence qu'il y a entre un corps
mis en terre, & un corps enterré ? Vous voyez bien que cela est ridicule.
Mais tout ce que je puis
vous direest que lemotd'ensevelir
,
se doit entendre principalement
des Corps qu'on embaume
,& qu'on met en déport dans
des caves, & inhumer de ceux
qu'on laisse pourrir dans la terre
& les uns & les aurres, ayant des
Tombeaux, & des sepultures,
on peut dire indifféremment inhumer
, & ensevelir les Morts.
Pline dans le Chapitre qui fuit ce.
luyque je vous ay cité, s'explique
de maniere qu'il entend toujours
par le mot d'enfevely, un
homme qui est inhumé, &qui
est dans leTombeau;ce quesignifie
conduits que son Traducteur a
mal rendu en nostre langue, par
enterré en quelqueforte que ce
foire
Mais pour ne pas nous éloigner
de nostre sujet, continua le
Docteur, Thevet dans sa Cosmographie
universelle
,
dit que
les Anciens, ôc sur tout les Romains,
firent faire des Tombeaux
& des Monumens publics, aussi
bien pour les pauvres que pour
les riches, voulant montrer parlà
,
dit cet Auteur., que l'h omme
capable deraison est préférable
aux bestes, & que nos corp s doivent
estre ensevelis, & enterrez
en memoire de la condition humaine.
LesentimentdeThevet
est raisonnable, dit l'Abbé, mais
nous y devons remarquer trois
choses. Premièrement les Romains
n'ont élevé des Monument
publics à la memoire des Morrs.
qu'en faveur de leur vercu;6c
alors il est vray , que les pauvres
en ont esté honorez aussi bien que:
les riches;mais avec quelque distinction.
Secondement on a éri.
gé à des bestes de superbes Tombeaux
, comme on le peut voir
dans l'Histoire;&cesTombeaux
les ont élevez au dessus de la condition
humaine; & en troisiéme
lieu le méprisdes honneurs funèbres
,& de nostre sepulture apres
la mort, a esté respecté
,
& approuvé
des plusSages. Lucien a
ditapres Homere, que celuy qui
a un superbeTombeau, est comme
celuyqui n'en a point, & que
chez les Morts on ne rend pas
plus d'honneur à Agamemnon,
qu'à son valet, à Achille, qu'à
Therfite.
De n'eflre enfevely ce n'cftpM grande
perte.
dit Virgile, ou comme a dit cét
autre.
Le Ciel couvre celuy qui na point de
Tombeau.
Seneque méprisa les honneurs
funébres apres sa mort, 6c l'ordonna
expres par son Testament,
cequi fit qu'on brûla son corps,
sans aucunes cérémonies. Il ne
faut point nous mesurer par l'inégalité
des Tombeaux, disoit-il
pendant sa vie. La cendre nous
égale tous. La naissance est inégale,
mais la mort estpareille. Il
raporte que Mécenas avoit de
coustume de dire
je n'ay point de soucy qu'un Sepulçbre
on me drtjfe.
r
Saint AugustinaprèsSeneque,
nous avertit de mépriser ces choses,
& nous asseure qu'elles regardent
plûtost la consolation
des Vivans, que le besoin des
Morts. Laissons doncce foin là,
à nos Parens & à nos Amis,ausquels
il est glorieux de s'en souvenir
& honteux de l'oublier;
Maiscommedit Moiitaecne111 y a
des gens qui pendant leur vie
veulent jouir de l'ordre, & de
l'honneur de leur sepulture, &
qui se plaisent devoir en Marbre
leur morte contenance. Tel est
mon bon homme de pere, dit le
Chevalier, dontje vous veux con- teruneloire surce sujet.
Il est, comme vous sçavez
,
de
bonne & de ferme constitution,
& la mort ne l'épouvante guere.
CepenCependant
il a fongé à faire lou
Tombeau,& il ya quelque temps,
qu'il commença de faire tirer les
pierres qu'il y veut employer;
mais parce que la Carriere luy
apartient, & qu'il ne prétend pas
qu'il soit achevé plûtost qu'en
l'annéequatrevingt seize de son
âge, ne comptant que soixante ôc
dixhuitaine presse point l'executiondetondessein,
& le Public
n'en seroit point informé
,
si des,
Chartiers passant à vuide prés de
cette Carriere
,
An avoient pris
quelques pierres déja taillées, ôc
qui leur semblerent propres 8c
commodes pour faire quelques
jambages de fenestresà leur maison
de village. CVft l'excuse qu'ils
en ont donnée avecoffres de les
payer au double, ou de les raporter
bien humblement à la Carriere.
Mais Mr le Conseillernes'en
contente pas, &ces pauvres Païsans
sont furieusement embarrasfez.
Il y a plainte contre eux, information
, & confrontation de
témoins. Je ne raille point, mon
Pere crie au voleur, & à l'assasin,
& ne prétend pas qu'ils soient
moins coupables que des Sacrileges,
qui auroient violé son Tombeau,
& troublé ses cendres. Son
beau fils, à qui l'un de ces Chartiers
appartiens, le folicite fort
pour sa grâce, mais il ne l'écoute
non plus qu'un Mort, & agittoujours
en Juge severe
,
& terrible
vivant. Le Procez de-ces Chartiers
, fera fait comme à des Voleurs
de grand chemin
,
& le
moins qui leur en puisse arriver,
je dis par grâce, 6c par accommodement
,
c'e st qu'i ls front
condamnez aux depens du Tombeau
toutentier. Ne voila t.il pas
des Chartiers bien redressez
,
ez
ne vaudroit - il pas mieux qu'ils
eussent versé vingt fois? Mais
n'cft-ce pas une bonne fortune
& une heureuse rencontre pour
Mr le Conseiller, d'épargner de
son vivant, la dépense de son
Tombeau. Celle néanmoins de
l'Epitaphen'y fera pas comprise,
&il a besoin de trouver d'autres
Orateurs pour faire son Oraison
funèbre. Dieu garde quelque
pauvre Poëte de tomber entre
ses mains, interrompit le Marquis,
il ne manqueroit pas de le
faire condamner à composer son
Epitaphe,afin d'avoir son Tombeau
complet, au dépens du public.
Mais ne pourroit - on point
direàvostrePere, ce qu'Horace
ditsi à propos aux Viellards
Tufecanda marmora j
Locassubipsumftwus, &ftpulchri.
Jmmtmer ferais domos.
Car il est grand batisseur
,
&
songe bien plus volontiers à sa
Bergerie, qu'à son Tombeau,
quoy qu'il sedispose si glorieusement
a vous laisser la place, 3e
qu'il dise souvent contre son gré.
rixi, & tjuem dederatcursumfortufla,
percgi.
Maisjeveux vous conter quelque
chose d'assez plaisant du Receveur
du Marquis de. Vous
sçavez que cét homme avoitesté
autrefois son Précepteur,& que
ce Marquis avoit beaucoup de
confiance en luy. Il voulut en
mourant reconnoistre ses services,&
il luy donna cinq ou six
mille livres par son Testament.
Comme il mourut en cette Province
, Madame sa femme laissa
a cét homme le foin du Tombeau
de son Mary, mais bien loin de
s'en acquiter d'une maniere proportionnée
à la qualité & aux
grandsbiens dudéfunt, pours'épargner
un Loüis d'or, que luy
Revoit couder une pierre pour
mettre sur le corps de son disciple
,
& de ion bienfaicteur; il remarqua
une vieilleTable d'Autel,
quiestoitabandonnée en un coin
lel'Eglise, où le Marquis estoit
nhumé;il la fit prendre aussi. tost
parun Maçon,sans autre formaité
,
& sans écourer les plaintes
du Curé, & des Marguilliers, &
en sir faire un Tombeau à ce pauvre
Marquis. Er sur ce que ses
Amis luy representoient, que cette
pierre estoit trop cherive
,
&
mesme trop petite, illeur répondoit
, qu'il s'en servoit pardignité
,à cause de l'usageauquel elle
avoirestéemployée, qu'elleestoit
plus noble, & plus précieuse que,
le Marbre & le Jaspe
,
& allé,
guoit sans cesse ce Vers de Virgile.
Condidimm terra moefkafque facravimusaras.
Il ajoûtoit encore que les
Tombeaux des Saines dans la
primitive Eglise
,
servoient dAu':'
tels pour offrir le Sacrifice; .&'
que les Tombeaux & les Autels,
estoient presquela-mesmechose,
lA l'égarddes Héros, dans les cecrémonies
qu'on faisoità leur memoire,
Eji vérité vous me surprenez
,
dir le President, je croyois que
cor Receveur estoit honneste
homme ,& il me sembloit qu'il
avoit de l'esprit. Mais qu'elle mesquinerie
, &quelleingratitude!
Voila comme on est trompé de
ceux en qui l'on se confiele plus.
N'en soyez pas surpris, Mrrepartit
le Marquis, si on ne garde pas
la foy aux vivans, comment voulez
vous qu'on la garde aux morts.
Nos femmes & nos enfans nous
sourbentmesme en ce temps-là.
Vous avez connu cette Dame qui
dans un petitcorps, avoit l'esprit
d'un grand homme;quand je dis,
d'ungrand homme,j'entens d'un
habille homme
5 car dans les Affait
es, elle auroit confondu Cujas
& Berthole, ou pour ne pas m'éloigner
des Loix de sa Province,
elle auroit commenté Beraut, &
corrigé Banage. Mais ce qui fait
àmon sujet, elle estoit sage &aimoit
son Mary, cependant elle
n'a fait faireson Tombeau,&n'a
execuré son Testament qu'en faisant
le fk-n. Et le Monument de
-
ce pieux Chevalier, estoit quatre
mille francs qu'il donnoit aux
pauvres, & à l'Eglise de sa Pa- -
roisse. Il ne falloit pointlà
,
de
Steficrate, ny de Æsyphon ; il
ne falloit qu'un Homme de bien
qui scût compter. On néglige
facilement les morts, pour peu -
de foin que l'on, prenne des vivans.
C'est pourquoy je conclus
Idettour ce que nous avons dit,,
oque c'est une chose frivole de
t'embarrasser pendant sa vie de
~on Tombeau, & desa Sepulrure.
Il y aura toujours quelque Coquin
de Charrier, qui interrompra
nostredessein, on quelque
Receveur qui fruftrera nostre attenté.
Scaliger, continua le Marquis,
sevantefort desTombeaux
deses Ancestres qui font à Verone,
& il s'étonne de ce qu'ils
n'ont pasestédémolis. Mais ilne
s'en soucie point, ditil, & (i ce
n'estoit la Résurrection
,
il ne se
mettroit pas en peine de si Sepulture.
Il ne m'importe où je seray
ensevely quand je feray
*
mort
Mon corps fera comme le corps
d'un Asne. Il y en a qui ne veulent
pas que d'autr(es soient mis
dans leurs Sepultures, mais dans
nostre Religion
, il n'en doit pas
estreainsi.
Voila, interrompit le Docteur,
les beaux sentimens que le Calvinisme
avoitinspirez à ce grand
homme : qui avoit la teste bien
meilleure que le coeur, & plus
d'esprit que de Religion ; beaucoup
de suffisance & peu de pieré.
J'avoue que quelques-uns ont
fait peu de cas des Honneurs sunébres,
& les ont défendus en
mourant ,
mais la pluspart l'ont
fait, pour paroistre après leur
port , ce qu'ils estoient pendant
leur vie, & peurestre ce qu'ils n'étoient
pas, c'est à dire,humbles,
sans orgueil, & sans vanité. Mais
ce n'est pas en cela que consîste
l'a-ff'dire. Un orgueilleux sans
Tombeau
,
&. sans honneurs funèbres
demeure toujours orgueilleux
Il y a mesmede la vanité
à mépriser
,
& à rejetter ces
~ortes de devoirs, autant qu'à les
pendier, & à les rechercher avec
frep de soin.Tela fait plus de
ruit sansTorches, & sans Ecufons
; que sion luy avoit fait les
unérailles d'un Empereur Romain.
Le Chancelier de Lhospitalmëprisa
cette pompe funèbre,
mais comme vous sçavez, plus Huguenot, en qu'en veritable Catholique;&
j-si ce que vous venez
dedire avoir liéu
,
il n'y a point
clé Calviniste qui ne remportai
en cela, sur tous les Philosophes
re la'Grcce sur tout les Marfrsdel'Eglise,
je me promenois un jour dans
leJardin d'une personne dela premiere
qualité,de la Religion Prétendue
Reformée. J'apperçeus au
bouc d'une Allée qu'on fréquentoit
peu; parce quelleestoit fort
négligée;j'apperçeus, dis-je, au
travers des brossailles, uneespece
de caverne toute ouverte ,
d'où
il me fcmbJa voir quelque figures
en bosse
, comme si ce lieu eust
esté autre fois une Chapelle, &
en effet ce caveau estoit au dessous
de l'ancienne Chapelle de la
maison. J'y entray donc par curiosité
,
& malgré la puanteur qui
en sortoit, j'y remarquay quatre
coffres de plôb, dont il yen avoic
deux rangez de leur hauteur contre
la muraille, & les deux autres
couchez à terre. Mais ce
qui estoit remarquable,& qui
causa masurprise, est que ces
Coffres estoient faits selon la forme
du Corps. Que je considéray
bien dans ce moment, le peu que
c'est des grands Hommes apres
leur mort! C'estoient les Corps
des quatre plus considérables
Heros de cette Illustre Famille,
qui estoient là gisans parmy les
Crapaux, dans un Cloaque d'ordures.
Voila quelle esthumilité
Huguenotte touchant les Tombeaux,
&. la Sépulture des Morts.
Il faut au reste n'estre guere persuadé
de la Resurrection des
Corps, pour en faire si peu de
cas, ç'a pourtant esté cette
creance, quia introduit l'usage
des Urnes & des Tombeaux
,

l'on conserve soigneusement
,
&
dans nos Eglises mesme, leurs
Cendres &: leurs Reliques.--
Detoutes les Religionsqui ont
esté au Monde, dit l'Abbé,iln'y
a que la Chrestienne, qui-ait permis
la Sépulture des Morts dans
les Temples:car ny chez lesJuifs,
ny chez les Payens,ny chez les
Mahometans, nul homme, non
pas mesme leurs Héros&.leurs
demy-Dieux n'a eu cér avantage.
Ilmesemble pourtant, dit le
Chevalier, que quelques-unsont
esté mis apres leurmort, dans les
Temples des Payens, -& je me
souviensd'avoir leu que les cendres
d'Hypocrare
,
furent mises
dans un Temple de Junon. IL est
vray ,
repartit l'Abbé
, que les
Payens ontaccordé cet honneur
aux cendres de quelques-uns de
leurs Héros, & de leurs demyDieux
,qui pouvoient eux mesmes
avoir un jour des Temples
& des Autels; mais je parle seulement
de la Sepulture
,
ôc il est
constans qu'elle n'a esté pratiquée
dans aucune autre Religion)
que la Chrestienne
,
&. la raison
est, que les Anciens craignoient
l'infection des Morts; ce qui les
obligeoit de les enterrer en des
lieux fort éloignez, ou de les
brusler,& de n'çn conserver que
les cendres. En effet, la putrefaction
des Corps peut nuire à la
santé, sur tout dans les Pays
chauds. Ainsi les Juifs, dont la
Famille des Prestres & des Sacrificateurs
demeuroit dans leur
Temple; ôcles Mahometans qui
vont cinq fois par jour àlapriere
dans leurs Mosquées, ont eu raiion
d'éloigner la Sépulture des
Morts. Mais outre cette raison,
continua l'Abbé, les Juifs estoient
respectueux jusqu'à la Superstition
, & adoroient un Dieu trop
pur, &. trop majestueux
, pour
souffrir rien de fale & de corronjpu
dans leurTemple. Quoy qu'ils
attendisssent le Messie qui dévoit
élever nostre Nature jusqu'à la
Divinité,ils ignoroientun culte
quiestrelatifàcetteNature, par
le moyen d'un Dieu fait Homme.
Il falloit que Dieu prist nostre
Chair, & fust devenu nostre Frere
, avant que nous eussîons parc
icy basà son Heritage. Et comme
cét Herirage,étoit un Champ
de terre, qui luy servit de Cimetiere
, & qui fut payé du prix de
tout son Sang, il a bien voulu que
'ufa
nous fumons ensevelis auprès de
luy
,
& que les Tombeaux des
Fidelles fussent nu pied de ses Autels.
Le Chrestien est trop uny
avec le Sauveur du Monde,pour
en estre separé après la mort. II
n'en est pas comme du Juif ôc du
Mahometan, qui n'ont eu qu'une
relation servile avec leurs Pro.
phetes. Le Sauveur s'est fait comme
un de nous. C'est un Dieu
quis'est abaissé jusqu'àestredela
maniere d'un Mort au Sacrement
de l'Autel, Se comme ensevely
fous les Especes. Nos Tabernacles
&nos Eglises fontde veritables
Tombeaux, qui renferment
son Corps; & comme le Tombeauest
un héritage commun à
toute la famille, il est juste que
nous sovonsinhumez avec lUYt,
puis qu'il est nostre Pere
,
& itre no- Frere aussï bien que nostre
Dieu. Ainsi le Chrestien a seul,
céravantaged'estreinhumé Jans
le Temple de son Dieu, dont il
est membre & partie. Pardonnez
moy, Meilleurs, si je vous parle
de la sorte, & devant un Docteur
; mais il est difficile de ne
laisser pas écha per quelques traits
du métier. Toute la Compagnie
qui avoit esté fort attentive à
tout ce que l'Abbé avoit dit, luy
marqua qu'elle en estoit tres satisfaire,
& le Docteur mesme,
ce qui l'obligea de continuer
ainsi.
Au commencement du Christianisme
les Fidelles s'assembloient
où Iton avoit inhumé les
Martyrs,car alors l'Eglise avoit
déja des Tombeaux,&n'avoit
pas encor de Temples. Or es
Tombeaux, quoy que souterrains&
cachez, estoient grands,
& fpaciux ; en sorte que les premiers
Chrestiens y faisoient leurs
Cérémonies, & offraient le Saint
Sacrifice sur les Corps des Martyrs
, dont le Tombeau servoit
d'Autel; d'où est encore venu
l'usage de dire la Messe pour les
Morts, & à l'honneur des Saints,
parce que le Prestre faisoit toujours
Commémoration du Défunt
sur le Tombeau duquel, il
célébroit le Sacrifice. Voila donc
é mon sens, ce quiaintroduit, êc.
autorisé la Coustume d'enterrer
les Morts dans nos Eglises
,
mais
enfin l'usage des Tombeaux est
aussi commun, qu'il est ancien
parmy toutes les Nations du
Monde. Ce qui est admirable,
c'est que l'usage de ces Tom.
beaux, qui ont presque toujours
esté embellis des Ornemens de
l'Architecture ait devancé l'Architecture
mesme. L'Ordre Corinthien
apris son Origine du
Tombeau Rustique, qu'une charitable
Nourriceavoit élevé félon
la Mode du Pays, à la Mé.
moire d'une jeune fillede Corinthe.
Et pour ce qui est des autres
Ordres d'Archicedure, il est certain
qu'ils font postérieurs aux
Sepulchres, & aux Tombeaux
qu'on a bastis pour les Morts;mais
il est certain aussi, que ces Monumens
n'ont paru avec éclat, Se
n'ont esté célébres, que depuis
que l'Architecture a esté dans sa
ferfcâion,comme c'est dans les
Tombeaux où elle a fait des chef
pdjoeuvres
,
& montré ce qu'elle
avoir de plus rare & de plus ex-
[ quis.
J'ay lu, interrompit le Chevalier,
dans les Relations des Indes
Orjen[ales, une.aÍfe-z plaisante
maniere deTombeaux
,
qu'on
:bârit pour le Vulgaire,dans lesquels
le Mary & la Femme sont
ensevelis. C'est un simple Mur
en rond ,ou en quarré
,
qui les
renferme tous deux,&qu'on éleve
de la hauteur d'un homme
taffis, car c'est ainsi qu'on enterre
4es Morts en ce pays-là. On en-
:terre la Femme vivante au genoux
de son Mary;&; on luy tord
le cou lors que la muraille est bâtic
àsahauteur. Apres quoy on
la couvre, & on termine ce Sepulchre.
Il n'y a pas là grande Architecture
, ny grande dépense,
mais aussi il y a moins d'orgueil,
& de vanité.Je me souviens à propos
de cela,dit le Marquis, que
dans le premier Voyage que je fis
en Flandre avec le Roy,j'estois
surpris de voir plusieurs monceaux
de pierre,qu'on appelle en
ce pays-là des Tombes. On me
dit que c'estoient les Tombeaux
de quelquesAnciens Capitaines,,
qui avoientesté tuez en ces lieuxlà,
où l'on avoir autrefois donné
Bataille. En eff t je n'en vis que
dans quelquesPlaines,qui étoient
propres pour combattre, &pour
ranger une Armée. Il va peu de
ces Sepulchres Rustiques qui
soient considérables. Il me fem
ble
,
Monsieur le Docteur
, que
j'ay leu quelque choie de pareil
dans l'Ecriture Sainte. Vous y
avez leu la mort d'Absalon
,
réponditle
Docteur, auquel on fit
un semblable Tombeau
,
d'un
grand nombre de pierres qu'on
j;¡rra sur safosse. Cependant ce
Prince tout jeune qu'il estoit,
avoit déjà fait construire son
Tombeau. Porro Absalon crexerat
sibi cum adhuc vivent,titulum qui
eft-invdleReçis. Or titulum veut
direicy la mesmechose que tumuluin.
Et on voit encore aujourd'huy
ce Tombeaud'Absalon,
presqueensonentier. Mais vous
remarquerez que cet amas de
pierres que l'on jettoit sur les
Morts, estoitsouvent une marque
de punition & d'infamie,
comme a l'égard d'Abialon dont
on ne combla la foÍfe de pierres,
que pour chastiment d'avoir esté
Rebelle, & pris les Armes contre
son Pere; ce que l'on pratique
aussi envers les Scelerats & les
Criminels. Cen'est pasàceux-là,
dit le Chevalier, qu'on doit souhaiter
que la terre leur foit légere.
Sit tibi terra levis
,
mollique tegaris
arena.
Les Tombeaux del'Antiquité,
& ceux mesme d'aprefent
,
sont
Ils legers pour les Morts?Je voudrois
bien, Monsieur le Docteur,
que vous m'eussiez expliqué ce
terra,levisde Marrial, dansl'Epitaphe
de Philenis. Martial n'est
pas le seul qui parle de cette sorte,
répondit le Docteur.C'estle
langage ordinaire des Poëres.
Ovide
Ovide fait dire à Procris mourante,
uinte dicm morior, fcd nnUâ yellict
Ufa.,
HQC faciet fofit* te mihi, terra,, le-
V(M.
Et tout cela ne veut dire autre
chose que les attaches & les affections
de la terre qui nous retiennent
icy-bas, & qui nous empeschenr
de nous éleverau Ciel. Les
Anciens, dont plusieursn'estoient
pas persuadez de la Resurrection
des Morts, l'estoientneanmoins
d'une certaine Transmigration
des Ameshors desTombeaux,qui
se communiquoient aux hommes,
& qui habicoient dans les Cimetieres.
Or ils croyoient que les
corps qui estoient privez de sepulture,
empeschoientlepassage des
Aines; 6c c'est pourquoy ils estoient
si soigneuxdeladonneraux
Morrs; mais aussi ils leur souhaitoient
une terre legere, afin que
leur Tombeau ne fust pas un obstacle
à cette communication.
Voilà laraison des Tombeaux légers,
Monsieur le Chevalier, &
pourquoy vous avez accordé si
obligeamment la Sepulture au fameux
Archytas. Vous voudrez
bien faire part à la Compagnie de
cette Ode d'Horace,que vous
avez si heureusement imitèe. A
quoy m'engagez-vous, Monsieur
le Docteur, répondit le Cheva.
lier? C'est l'amusement d'une aprés
dinée, quinevautpaslapeine
qu'on s'en souvienne. Cependant
pour ne pas nous faire acheter
si peu de chose, & augmenter
par là vostre curiosité, voicy ce
quec'est.
JZjtoy, la Terre e la Mer vous manquent,
Archytts
, Et vous estes sans Sepulture;
Vous qui cent & centfois d'un artisse
compas,
Avez, pris leur mestre ?
Bien loin que le bel art vous rendifi
immortel,
Vous payez, comme noué un tribut à
Nature
Jjhtand elle nous doit un Autel.
Il est vray jesaù mort ,
mais U
Geometrie
, Non plUJ que la Phitofophié
N'ontjamaisfaitdes Immirtds.
Connoijlre le Ciel & la Terre,
Nejùrer leur contour, & tout ce qu'il
enferre,
Merite des Autels;
Mais il n'exempte point de payer a
NAture
Ce tribut odieux,
Dont la loy rigoureuse & dure,
S'étendjusques aux demy. Dieux.
Tout le monde estfijtt à cette loysevere,
Le Fils meurt ainjî que le Pere;
Soit en courant les Mers, foit parmy
les Combats,
Par tout, la mort cruelle, inexorable
d-Jiere,
Leurfait, rencontrer le trépan.
PJlagore, Tyton, Radamante, Tantait,
Pour vivre en differens état>,
Ontpourtant unefn égale
A celle du pauvre Archytas.
Peur tftre tout-a-fait comme eux,
Cher Pafant,exîucemesvoeux,
En me donnant la Sepulture;
J'ayperysur la Merj mais d4nscette
avanture,
c!i¿ui peut avoir un fort piu* beau
.!l!..uc le mien, si tes mains- me dref-
-
fent un Tombeau?
Le Chevalier, pour ne pas donner
le temps à la Compagnie de
l'aplaudir sur cette Picce
,
conti.
nuadela sorte. Mon Dieu, dit-il,
que les Funerailles de Pompée
font belles dans Lucain! Voyezvous
ce Soldat officieux qui parcourt
le Nil,pour trouver le corps
desonMaistre?Et qui enfinl'ayant
trouvé, le brûle à un petit Bucher
qu'on avoit allumé pour le corps
d'tt1 pauvre Pescheur. Cela vaut
mieux chez lePoëte, que toutes
lesPompes funebresdesRomains;
& ce Monument simple & rustique,
semble braver icy l'orgueil
des Tombeaux & des Pyramides
des Rois d'Egypte. Son Epitaphe
est cavaliere, permettez - moy ce
mot,mais elle est digne d'un grand
Capitaine, &. je la préféré à tout
ce que les Grecs & les Latins ont
fait sur ce fbjer.
-
Jlgrave sur JI., roche, & dure à*
mal coulée;
Adoreicy ,
FaJJknt, Us cendres de
Pùmpée.
Les Epitaphes, dit le President,
sont desTombeaux spirituels, de
peu de dépense à la vérité,mais
qui honorent quelquefois davanrage,
que les plus superbes Mausolées.
Tous les Poëtes&les Gens
de lettres, qui ont dordinaire
plus de réputation que de richesses
, en ont élevé de semblables à
leur memoire, de leur propre façon
,
S: ont fait leur Epitaphe avant
leur mort. Voulant du moins
qu'on leust dans leurs Ecrits, ce
qu'on ne pourroit pas voir sur leur
Sepulrure. Ils en ont mesme ho..
noré leursAmis,croyant leur donner
par là, une glorieuse immortalité;&
en effet,tel à qui le temps
ou la fortune a renversé leTombeau,
& dissipé les cendres,trouve
encore tout entier, & son nom,
& sa memoire dans leursLivres.
Les Anciens, &. sur tout les Peuples
de Syrie,ont esté fort curieux
d'Epitaphes&d'Inscriptions pour
les Défunts. Il me semble qu'on
les néglige aujourd'huy, & qu'on
envoie peu deconsiderableshor
mis dans les Livres. On a fait plusieurs
Recüeils d'Epitaphes,où il
s'en trouve deplaisantes. Caron
en a fait de ridiculesaussi bien que
de funebres. Surquoy Marot fait
direàun certain Fou dans son Epitaphe.
- Jguand quelque fage homme
Viendra mon EpitApbe lire,
lyi oorr"d{o)nnnnee ss''-ilsee'fJr'{e'nnud à rire, A, il{oit rtri, des FousMaifire pall:
Faut-ilrire d'un Trêpassé?
Il avoit raison, dit le-Docteur,
il ne faut pas s'arrester à gloser sur
les Morts. Cela est indigne d'un
bonnette homme, &. sur tout d'un
Chrestien. On peut avec justice
crier dans nos Temples, à ces railleurs
curieux, hors d'icy, Propbanes.
Pour moy je ne puis souffrir dans
ces lieux-là, d'Epitaphes plaisantes-
Se ridicules, & j'admire jusqu'où
aesté l'impudence de quelques
Chrétiens, ou plurostleur
ignorance & leur simplicite
,
d'avoir
gravé leurs fades railleries
dans nos Eglises, & jusque dans
le Sanctuaire. Il y a mesme plusieurs
de ces Epiraphes impies, &
plusdignes d'unathée Sed'un Li-»
bertin, que d'un Chrestien& d'un
Fidele. Mais pour quitter cette
Morale, je veux vous dire que
c'est à Symonides qu'on doit cette
invention, d'honorer les Tombeaux
des Morts, d'Epitaphes
pleines de leurs louanges;&Ronsard
nous asseure que ces devoirs
& çes éloges agréent beaucoup
aux Manes des Defunts.
Tel bien memoratifallege leurfoucy,
Etse plaisènt de lire en sipetit espace
) 1
Leurs Noms & leurs Surnoms, leurs
Villes & leur Race..
Mais quel ressentimenten peut
avoir unChien ou unCheval,pour
qui on a fait des Tombeaux &. des
Epitaphes? Et quel honneur en
doivent attendre ceux qu'une lâche
complaisance abaisse à cette
ridicule flaterie?Vous retombez
toujours dans vostre Morale.,
Monueur le Docteur, dit le Marquis.
Pour y faire diversion, vous
me permettrez de vous dire, que
les Turcs sontfort curieux de leur
Sepulture, & qu'iln'y a si miferableparmy
eux,qui n'ait son Tombeau
&. son Epitaphe. Ceux qui
n'en peuvent pas avoir d'embellis
d'Architecture, prennent foin de
les orner tous les jours de fleurs.
C'est pourquoy ils les entourent
d'un parterre, où il yen a des plus
belles & des plus odoriferentes.
Ils s'inclinent devant ces Tombeaux,
& les ont en si grande
vénération, qu'aucun n'oseroit
parler à cheval dçvant un Sepulchre,
sans mettre pied à terre, ou
se resoudre à souffrir hl. bastonnade.
Cela fait que mefjne ils respechem
ceux des Fideles, & s'en servent
de la pluspart pour leurs
Mosquées,comme des
Tombeaux
des plus grands Prophetes, &de
quelques Rois deJudée, pour qui
ils ont de la vénération. La beauté
de ces Tombeaux,qui sontspacieux5cmagnifiques,
les obligeà
cela; mais ils le fontsuffi, pour la
reputation des personnes qui y
ont esté inhumées, afin que les
lieux où ils font leurs Prieres,
soient plus célébrés & plus dignes
de la grandeur de leur Prophere.
Ils font encore fort jaloux
de leurs Tombeaux,&conservent
cxachemenc en cela
,
l'honneur&
l'interest de leurs familles, ne permettant
pas qu'aucun Etranger y soitinhumé.lisontimitélesGrecs
& les Romains, quiestoientaussi
fort jaloux de leurs Sepultures.
Cependant leurs Tombeaux n'étoient
pas tellement reservez pour
Jes Familles, qu'on n'y enterraft
ses Amis, & ceux dont on honoroit
le mérité &la vertu. Ennuis
fut mis dans le Tombeau de Scipion
, parce que ce Poëte avoit,
écrit dans ses Vers, la seconde
Guerre Punique. Nous en usons
delalorte,& de nos jours, le brave
& judicieux Prince de Turenne
a elle inhumé à Saint Denys,
qui est le Tombeau & la Sepulture
de nos Rois , honneur qu'on
avoit fait autrefois au genereux
Connestable du Guesclin.
Ces Monumens publics qu'on
dresse à la memoire des Defunts,
produisent toujours de bons effets,
die le Doéteur. Ils avertiffent
les jeunes & les vieux, les
Grands & le Peuple, que nous
sommes tous mortels, &: que nous
ne ferons un jour que cendre &
que poussiere
; mais ils nous excitenten
mesme temps à pratiquer
les vertus qui ont rendu celebres
ces grands Hommes, dont nous
honorons si chèrement les cendres.
Eneffet,selon les Grammairiens
& les Etimologisteun Monument
est un ressouvenir 5c un
avertissement public, qui nous inspire
une parfaite resignation à la
mort, & un grand desir de mourir
en homme de bien, puis qu'on
n'accorde cet honneur qu'à ceux
qui ont eu du mérité &de la vertu.
Ceux qui se tuënr, perdent, selon
les Loix, l'honneur avec la vie;
car il n'appartient pas à tout le
monde de faire le Caton, ccuxlà,
dis.je,font privez de Sepulrure
& de Tombeau, parce que ce sont
des marques d'honneur qu'on
donne à la memoire du Defunr.
Mais ces magnifiques Tombeaux
font quelquefois toute la gloire
des Morts; & tel qui a mené une
viefortobscure, devient célébré
par ses funerailles, l'or & le marbre
quile couvrent, font la ma.
riere-aussi-bien que l'éloge de les
vertus. UnTombeau somptueux
nous donne une grande idée de la
personne qu'il renferme;& quoy
lIue nous sçachions qu'on peut
dater en Tombeaux,comme-en
Panégyriques,& qu'on peut cor- , rompre le ciseau des Architectes,
mauiti-bien que la langue des Orateurs,
on se laisse plus aisément
prévenir par ces forces de Monumens,
& on ne sçauroit croire que
les cendres d'un fat, soient conservées
dans une Urne de Jaspeou
d'Agathe. Il nous souvient de la
Fourmyembaumée dans de l'ambre,
dont parle Martial; vous me
permettrez bien de vous rapporter
icy cette jolie Epigramme, de
LaTraduccion de Marot. Elle ne
vous déplaira pas dans son vieux
fiile, qui pour n'estre pas fort juste
dans les rimes, l'est beaucoup
dans le sens.
DeJfeuAl'arbre oul'ambre dégoûte
La petite Fourmisalla :
Siur elle en tomba une goulet tout à coup se congela:
Dent la Fourmis demeura la
Au milieu de l'ambreenfermée. j
Ainsi la bejle déprisée
,
j
Et peu prisée quandvivoit,
Easinadsa mortfort eflimée si beau Sepulchre on lay
voit.
Il feroit aisé d'appliquer cette
Morale à plusieurs de ce fïecljj*
mais l'honnesteté m'empesche de
la pouffer plus loin. J'aime mieux
vous dire, que comme les Tom- *
beaux des Anciens estoientbâcisi
sur les grands chemins, de u uc
venuë la coutume de mettre'.ans
les Epitaphes,Staviator.0 1. ion
'.veut, on prouvera de cet-2 en -
tume, que les Tombeaux estoit c
bâtis aucrefois sur les grand s ch -
mins. Cette voye Appia, ouc? voye qu'Appius Ciaudiusnc faite
quiduroit depuis Rome juÍq;'iei
Brindes, c'est à dire six grandes
journées, n'estoit prefquc qu'on
Cimeriere remply deTombeaux., Ce fut là que l'on trouva sous le
Pontificat d'Alexandre VI. le'
corps de Tullia fille de Ciceron,
encor tout entier, après treize fiecles.
Et ce futdans son Tombeau
)où l'on trouva une de ces Lampes
imerveilleufes
,
dont les Anciens
1fe servoient pour éclairer leurs
iîSepulchres, parce qu'elles étoienc
inextinguibles, pourveu qu'elles
ne recceuseèntaucun air. Maisap..
prouvez-vous, dit le Chevalier, le
procedé de ce Pape, qui fit jetter
le corps de cette illustre Fille dans
leTibre? Pourmoy jeluy en veux
mal, &jefçay tjpngréau Conservateur
de Rome, qui la fit porter
au Capitole, comme une Relique
rare & precieuse5 c'estoit garder
le respect qui est deu aux Morts.
Mais ce Pape ne devoit pas ainti
violer les Tombeaux, & traiter de
la forte ce que l'aruigultéavoitde
plus venerable. Il devoit respecter
les Mânes de la fille de Ciceron,
ou du moins ne les pas diffamer.
Ce Pape,dit le Marquis, eftoic
cruel, & n'avoit aucun égard pour
personne.Maisremarquezje vous
prie, combien le foin de la Sepulture
eit inutile, queiqae precaution
qu'on puisse prendre pour
conservernoscendrcs. Jadmire
ces gens qui craignent de mourir
ailleurs que chez eux, parce qu'on
negligeroit leurs Obseques. Socrate
préféra la mortàl'exil, luy
qui le disoit Citoyen du Monde-,
parce qu'il craignoitde porter Tes
os ailleurs) & qu'il vouloirquele
lieude son Berceau, fust celuy de
son Sepulchre; c'est qu'il vouloic
mourir entre les brasdesa. Nourice,
dit le Chevalier. Quoyqu'il
en fait, reprit le Marquis;on die
qu'il n'avait jamais mis le pied
hors le territoire d'Afrique. Montagne
dit de Juy. mesme, que s'il
croyoit mourir en autre lieu que
celuy de sa naissance, il ne fortiroit
pas sans effrov hors de (a Paroisse.
Cependant il alfeure ailleurs,
que s'il suivoitsa volonté,
il voudrait mourir horsde sa maison
, & loin des Gens; m;is enfin
la nature est toûjours plus forte
que la raison, & nos inclinations
ne manquent jamais de s'opposer
ànos raisonnemens.Socrateaima
mieux mourir à Athenes, que de
vivreàSparte. Pour moy j'aimea
vivre par rour, &il m'importe peu
en quel lieu je dois mourir. AIna
ne croyez pas que j'ambitionne la
gloire d'avoir un Tombeau superbe
& magnifique. Mais il est
tard, &, nous abuions de la patience
de Monlieur 1.Abbé. A ces
mots il prit congé, & toute la
Compagnie se separa.
Jevous ay tenu parole, Madame,
vous n'avez rien trouvédans
ce Recit de terrible-& de lugubre.
Le serieux y est temperé d'un honneste
enjouement ; car les genies
qui habitent ces Tombeaux, sont
bons & agréables, & n'inspirent
que la joye & la consolation à
ceux qui les Frequentent. C'estce
qui me fair esperer, Madame, que
vous agréerez cette Conversation
,
& le soin que j'ay pris de
satisfaire vostre curiosite. Je fuis
vostre, &c. DE LA FEVRERlE. ------.1>.---- PORTRAIT D'UNE DAME
de Qualité,fait par Mademoiselle
B. D. R.
a.QVoy que je nefois pas habile,
Je peins Irist & veux la peindre
- - bien,
VOriginalefltelqu'ilferait difficile
Que le Portrait nen valnft rien. A
Si 11ècUt de ses yeux ne sçauroit se de
crire,
Au moinsils font connm par leur divin
pouvoir;
Leursfeuxfitnt si persans, que ce qu'il
enfant dire,
C'efl que s'ils regardaient, on ne les pourroit
voir.
Sa bouchecharme & plaijl
, quoy que
trop inhumaine,
Et qu'il n'enferterien quisiaste les de-
PrS
Sensourire aux Amans donne mille plaisirs,
Quandmesme elle rit de leur peine.
Diray-je que le teint d'Iris
Défait les Roses & les Lis?
A de foibles beautez. comme feroient les
nojfres
Ceséloges communs peuvent eflre tlàreffés:
Onena trop dit pourles autres,
Etpour elle on nepeut jamais en dire asîés.
Unegorge, des bras dignes d'une Deejje,
De l'agrément, de la dellcatejfe,
Ilefl pour eHe un eternel Printemps,
Elle paroist avoir quinze ouseize ans,
Peut-ef/re en a-1-elle bien trente,
Maissa beautécroist & croft*ai
Et quand elle en aura soixante,
Je nesçay qui s'ensauvera.
Son esprit est galant & tendre
Délicat, prmptIl concevoir,
Quand on la voit, on ne veut que la voit;
Quand on tentend, on ne veut que fentendre.
Soncoeur estfait pour l'amitié,
Four la rccennoijfance
, ou bien pour lA
pitié,
Car pour l'amour, Iris le hait & le redoute,
Son coeurest tranquille & content,
Heureux les Amans quelle entend,
Puis quiln'en estpoint qu'elleéepute.
Regarde1.t- en ces lieux, quand on voit
cette belle:
Quand elle en efi absente,yporte-t-onfes
ptU?
On ny voit rien quand on ne Lyvoit
pas;
Quand on ty voit,onny voit ql1elle.
Iris veut connoilfre à loisir,
De pénétrer les coeurs ellefaitson étude,
uiu choix deses amispins qua lamultitude
Elle
Ellea toujours mis son plaisir.
EDe choisit par gDUft, & non parsantasfie
;
On est en eflat de choisir
Quand entre mille on peut eflre chiste.
Que de mérité & <£agreemens,
Et que d'amourtous les jours ilsfontnaître!
On ej1 forcé de reconnotflre
Que la louer,cefl plaindre bien des gens.
jaurois voulu tepeindre,& d'un trait immortel
Exprimer tafierté,ta douceurjon courage,
Et donner aux François un modelle eternel
Me merite & d'honneur, en traçant ton
image.
Mais Minerve & Fallas de concert avec
toy, faifattt tous leurs plaisîrs des plaisirs de
ton Roy,
Semploientsefaireunjeu desfureursde
la guerre.
Mars ce Dieu sicruel d'accord avec la
Paix,
Luy quifait tout tremblersur rOnde &
sur la Terre,
Divertit partes foinsLOXJIS & ses
Su]ets.
AMOUREUX, de Digne, Avocat
au Parlement d'Aix.
Voicy les Explications en Vers,
quej'ay recettessur les deux Enigmes
du mois de Juin, dont les wsts esment
la Truice
,
ér l'Homme à
cheval.
Q I.
Vi pourroit s'empescher de dire
Que le Galant Mercure est toujeurs libéral
nom, donne toujours par un foin
prefijue égal
Dequoy nom divertir, & dequoy nous
instruire ?
Il nom donne mesme à gruger
Vif Poisson d'un mérité à ne pas negliger,
Vne Truitte d'importance,
Qui pourroit plaire IIUgoust du plusgrand
Potientat. nauroit de la complaisance
Pour un morceau si délicat?
- L.- BOUCHET.
ancien Curé de Nogentle Roy.
IL MErcure efi un Galant Garçon
De nom donnerchair &poijfen;
Pour nout bien régaler il nepouvaitmieux
faire;
Cela s'appelle chere entiere.
La Truite efl le premier plat,
C'eflunmorceau fort délicAt.
-A luy seul auffl je marrefie,
Et laisse-la l'Homme à Cheval,
yMes dents neferont pointde mal
sî l'Homme non plus qu'à la Beste.
c 11D1iersy.ilib. E que vous vous imaginez
Aimable Bergen Fleurette^,
Et cfUa deviner vous donnez.,
Efl une Enigme assez. secrete.
Sans me donner beaucoupdemal,
jfay pourtant trouvé
1
ce miflere,
St vous me voyiez, achevai,
Serait-ce pas juste ïaffaireï
Le mefmflk e
v IV. Ive le poisson frais & la belle marée,
Jabhorre le poissonfalé;
Qu'ilne menfoitjamais parle,
Ce n'efl que pour ces gens dont Came est
Alurée
'A qui racrimonie est tonjours de bon
gouss,
Et tout autre cause un degoufl.
Pourmoy j'aime mieux une Truire
Quand elle efl fraische& pins pttin
Que le PfJijfo" le plue exquis;
S'il n'efl pointfrais*je le bannis
De ma table} & de ma cuisine ; sufl>-ce mesme un Turbot,dejlorsqu'ilefl Il n,efl plus de bon gouss, on eflptalrétAlé;
Ilfaut donc le laisser a ces gens de marine,
Illeur plaifl,s'il efl de bonsel.
No], je m"en trouverais blesée,
Il faut eflre spirituel
Pour enfaire une fausse un peu bien poli- -
cee.
La belle Nouriture da
Havre.
V. E
N Mer Aussi-bitn quesur terre
On voit Us animaux sentrefaire la guer
re, Legrand devore le pltit,
Pourveu qu'on ait un peu d'adrcjfe
-
Onprofitedesafoiblesse,
Et d'unindefendu le puissantse nourrit.
VIII impertinente Ecrevice
!!.!Ji ne marche qua reculoNs,
Parce -qu'elle a des crocs bienlongs,
A le pouvoir & l'artifice
Degoûtertout, Merlans,Turbots,
Soles, Alozes, Saumons, Truites,
Sans garder aucunes limites- Fussent-ils mesmes des plu*gros,
Tant il est vray qùonprend tout ce que Ion peut prendre
,
jQue ses griffes on fait valoir,
Dejlors qu'on en a le pouvoir,
Et qu'on a dequoy se defendre.
GYGEZ du Havre.
M VI. Ercure, j'avoisoùy dire
Que vous estiez. adroit,fkbtil,
Le Prince des Poissons d'Avril.
Vn Ministreâamour mais fonvientd
m'instruire
Que vous esses de tous messiers,
Et que ton vous a veu tout chargé de
marée,
QueVêw-mesmeavezdecîarée,
^4inji que font les Polfonniers;
Huevowaviez, beaucoup de Truites
faumonnèes
Pour tous vos amis def/inées,
A tenvychacun a receu
De ce beaufruit de vofîrePesche,
Mais pour moy je n'enay point eu,
Que comme à l'ordinaire assez. tard, &,
peu fraische;
Je neffay point pourquoyjefuis tout le
dernier,
Si c'est lafaune du * Courrie.
* Homme à Cheval.
Le mesme.
VII.
D'Où vient que dans un Port J,
Mer
Lepoijfondevientrare ,
& dans lautre
il abonde ?
Qui vendra bien s'en informer,
Verra que de tout temps ces Citoyens
de l'Onde
Suivent leur route ,
& vont leur
train
Selon la cosse & le terrain,
OH se trouve leur nourrituret
Par un inftinft de la Nature
Ils la sentent de loin, tif dans les
douces taux
CArpes , Truites, vont par mot*,
Ce-aux
Où leur pasture tft abondante,
Ce que l'on ne petitcontefier;
Mais je crois quon peut ajouter
four éclaircir de pltu la qutftion presentes
JQue pour avoir de bon poisson,
EtJ comme lrtm dit, 'à foism On , ne doit point faired"outro«ge,
N, de chagrinauPoissonnier,
Je nen diray pas davantage,
Je le laisse a dire au Courrier.
Lemesme.,
VIII.
MErcure, permettez, que jehausse
lavoix
Sur les deux Enigmes du mois.
La première inferwit une Truite,
Dont le goust délicat charme les plus
friands,
Dont les yeux font vifs & riants,
Le corp'sllger) prompta la fuite;
On peut la prendre au feu quand on
pesche la nuit,
On la prend à la ligne, au filet;
mais sans bruit.
Les eaux font son PIIYS, font le lit
de samere,
Elle aime les ruisseaux & la source
d'eau claire,
Elle chaj/c an GouJon,auGravier, au
Veron
y 'Aux autres Poiffonnels, aux Vers, au
Moucheron,
Elle prend quelquefois le raisin la
cerift. roil quel est son aliment,
Ajoutez, que sur fil chemise,
pourm'expliquer mieux
,
surson
éca>''lesrife,- On découvreordinairement
Des Etoilles abondamment.
Dans la feconde Enigme on voit Dme
Fleurette
D'une fort agreable humeur.
Elle y fait un Portrait qui pourroit
faire peur,
Mesme aux avaleurs de Charette.
Six jambes & deux brlU, quatre
oreilles, quatre yeux, Deux bouches
,
& de plus, écoutez
Curieux,
Marcher dessus des clous, la chose eftsinguliere,
jlvoir sur le dos un derriere.
Fuyez., Petits. Cachez.-vous fieuxi
Car si ce Tout avoit envie
De vous gober en un- morceau,
Ce feroit fait de vostre peau,
Ce feroit fait de vostre vie:
Cependant revenez. , VOHS n'aurez, point
de mlli,
Ce terrible Portraitnest qu'un Honu
me à Cheval.
M?!;j que diroit Dame Tleurette
Si ce Cheval estoit sans fcrs.
Si l'Homme estoit fani jambe
, ousans
moule à manchette,
Si borgne des deux jeux, l'un Wiar.
choit de travers?
Ma foy
j je croy que sa peinture
S'expliquerait a1 tavanture,
Et que qui voudroit disputer,
Et luy donner quelque torture,
Pourroit enfin la rebutter.
Mais supposé billes pareilles
Qu'ils , eussent chacun deux oreilles,
L'un quatre pieds, &l'autredeux,
Chacun fil bouche &ses deux yeux,
Et que les pieds de la monture,
Tour ne pas perdre leur chaujptret
Fussent garnis de clous pointus,
Que l'homme enfin de son derrière
Sans felle
,
sans bass, sans fessus-
TOHChAfl le des a nud de la beste a
criniere
Je croirois fort probablement
Le tout expliqué nettement.
A voflreavis, Seigneur Mercure*
Ay-ie fait bonne conjeEbure?
Et me pais-je flater davoir bien ren*
contré
Expliquant cette Enigme obscure?
Non, ee feroit vanité pure,
De croire que mon nom doiveestre enregifiré
Parmy ceux qui chez,vontfont si be/ú
figure, #
Qui font Poètes par nature,
Qui dlabord ont tout pénetré.
Ces Ssavons de toutes manieres,
Comme la doftc des Houlieres,
Lesublime Magnin, Cadmirable Morel,
La fage $cudery dont le bon naturel
Paroiff-dans [es Ecrits autant prudent
qu'habile,
L'incomparable Diereville,
Et tant £autres que tous les jours
V9Ht rendez, tres - recommen !ables
Par vos louanges AdmirAbles,
Ou bien pour leurs Ecrits, ou bien
pour leurs Amours.
LucuAPPE' de Lomprey.
XI.
QVilest rare d'avoirde fagesdo*
meftiques
Et , que leumindifcretion
NOHl produit souvent de Critiq«es!
Ils font toujours en faEHon
Pour mieux conmiftre nos affaires,
Nom leur mettons faut en dèpost,
Mais ils nous trahissent bien-tost
- Ces dangereux dépoftaires.
Heureux donc ceux dont les Agens
Sont fidelles
,
discrets
, autant quintelligens,
Qui ne font rien que de licite,
Qui n'ont des mains que pour signer
Ce que le Droit peut ordonner,
Et font muets comme une Truire
jQumd il font cacher nos secrets
Dont la conduite irréprochable ,
Rend a tous la noflre honorable;
Et gardant nos vraisinterefls
Peuvent imiter la Merlette
Sans'griffes &[uns becpiuette;
S'ilsfont autres tous ces Mouchards
Qnjls nousfont donner de brocardsJ
LA PETITE ASSEMBLEE G.
du Havre.
IX.
LE Sujet a quelques AppM Sa bonté plaist , aux délicats,
Lair muet, le lit de la Mere
Pourmoy ne fontpM un mistere.
Aîais ilfaut(avoüerItvecsincerité,
Les Etoilles mont arresté,
A moins que ce ne foit la Truitefallit
mariée,
Tout le resse convient iufîea sa destinée.
L'Insensible de Montalte.
X, cE composé de chair & d'os,
JtAroift double en foy ce me ÇembIt,
En cet estat point de repos.
Mais plus Fanfne le contemple*
Elle apperfoit les douxquinefont ml
tourment: Et dit dans son ravinement,
Six pieds, deux mains, quatre yeux*
deux bouches, quatre oreilles, -
L'Homme à Cheval fait ces merveilles-
Le mesme.
ENTIERE EXPOSITION
- d'une premiere Langue
Universelle. ..,
vA Fau-Cleranton, le 8. d'Aoust1685. Oussçavez,Monsieur,qui-••
prés que les Apostres eurent
receu du saine Es prit,le don
des Langues, ils estoient entendus
des gens de divers Pays, bien
que ces gens ne s'entendissent pas
encre eux, mais qu'il n'est pas décidé
si les Apostres parloient en
même temps toutes fortes de
Langues; ou bien s'ils n'en parloientqu'unefeulequi
fust entenduë
de tous. Il me semble plus
plausible de croire qu'ils.partaient
une Langue Universelle,quietoit
comme la Langue de la Nature
humaine dans tous ses mots,com_
me elle l'est de la douleur dans le,
mot bon bon prononcé lentement,
& de la joye dans le mot hi hi hi,
prononcé viste & qu'il leur étoit
ainsi facile de se rendre inrelhgL.
bles à tous les hommes.
Une telle Langue, qui fut, sans
doute, celle de nostre premier
Pere
,
estoit bien plus propre
toucher l'esprit & le coeur, que
taures les autres Langues; & n'aida
peut-estre pas peu le Serpent
à persuader ce qu'il voulutànôtre
premiere Mère; &: puisque
Dieu a favorisë tous les Animaux,
d'une langue de cette forte, propre
à se faire entendre de leurs
petits & de leurs semblables,
pourquoy ne croirions nous pas
qu'il en donna une de mesmeà
l'Homme,qui est la principale
de ses creatures?
Cela mesemble horsdedoute;
mais la corruption du peché yapporta
bien-tost du changement,
de mesme qu'à tous les autres a.
vantages qui avoient esté faits à
Adam avant sa chute; & comme
les Rivieres sont moins pures &
moins claires, à mesure qu'elles
s'éloignent de leurs sources;cette
langue dégénéra de sa pureté ôc
de sa force à mesure que les hommes
se répandirent sur la Terre,
&s'éloignerent du temps de leur
création,de de l'innocence qui
l'avoit accompagnée ; &. elle devint,
pour ainsi dire, un patois, * dont on tient que nous avons les
restes dans la langue Hebraïque.
Ce n'en:pas qu'on ne puisse
croire que la petite Famille que
Dieu sauvadu Deluge, la parloit
encore assez bien, & que cet avantage
dura mesme jusqu'à la
construction de laTour de Babelj,-
mais depuis ce temps-Ià,cctte langue
qui prit, à ce qu'on dit, le
nom d'Hebraique de la Famille
; d'Heber où elle demeura, receut
de la colere de Dieu, je ne sçay
combien de compagnes ou defiI
les, qui la gâtèrent par le commerce
qu'elles eurent ensemble,.
& elle a commenté si tard à paroistre
dans les premiers Livres
que nous en avons,qu'on peut
dire qu'elle avoirdèja éprouvéce
queletemps & le peché peuvent
sur toutes choies.
Les.nomsqu'Adami-niofa aux
Animaux, cflotent leurs noms pro-
!ru) ditleTextesacré; & comme
nous ne voyons point que les-
Animaux viennent aux noms que
Moyseleur donne, quand nous
les employons, il y a lieu de croire
qu'il ne se servit pas de ces noms
naturels quenostre premierPere
leurimposa
; parce que les causes
que je viens de rapporter, lesavoient
corrompus, ou tout à fait
changez, dans le temps que ce
Prophete écrivit.
Une langue si parfaite eftoir un
grand bien dans le monde, &son
patois mesme n'en estoit pas un
petit, car quel embarras n'est-ce
point, que cette diversitéinutile
de mots & de prononciations, qui
rendles Nations, comme sourdes
les unes pour les autres; &qui
fait tant perdre de temps aux curitufes
pour entendre leurs voifines
> Et quel moyen de reparer
jamais ce mal 6c cet embarras?
Il est vray qu'ilpourroitcesser
par uneconqueste qui foûmift
toutes les Nations à un mesme
Prince,& par une Defense abfo,¿
luë & redoutable de ce grand
Conquérant, d'apprendreaux
Enfans une autre langue que la
sienne; mais comme les Alexandres
font rares, & que si ce
bonheur n'éclate dans nostre siecle,
il arrivera difficilement dans
un autre, personne n'ayantjamais
esté si propre aux grandes choses
que LE GRAND Louis nostre
Auguste Monarque, je vais en
attendant vous en proposer,
Monsieur , une ou deux de ma
façon,quejenetrouve pas moins
propres à estre renduës universellesque
les Ecritures dont je
vous ay entretenu par mes Lettres
precedentes.
Avant néanmoins que d'en ve.
nir là, ilne fera pas hors de pro.
pos, ce me semble, que je vous
parle d'une Langue parciculiere,
qui a fait l'eronnement de ce
Pays, & qui en fait encore l'admiration
lorsqu'on y reflechit,en T^icyl'Histoire.
Maitre Guillaume Bellenden,
fameux Avocat au ParlemênFÏÏé
Paris, qui a comporé de sçavans
Livres unentr'autres de lure Re-
¡if) ,-& fêtcfiAtumy & qui estoit
:Agn. du Roy d'Angleterre en
France, 8< qui en a laisse un à
imprimer- De HierarchiaEcclesia-
',stica, ayant amassé du bien, &se
voyant sur l'âge & sans Enfans,
rfit venir d'Ecosse qui estoit son
pays un Neveu qu'il avoit de
mesmenom, &demesmesurnom
que luy , pour l'instituer son Hé- -
ritier
,,
& pourle marier ; mais ce
Naveu estant arrivè en France,
[TIC feconda pasles intentions de;
ÉaeïDncle,à l'égarddumariage*
Il se sentoit de la vocationpour
IJEgIife, il alla bien-tost aprés à
Rome, y étudia en Theologie, 6c
s'y fit Prestre. A son retour à
Paris, il trouva son Oncle mort,
& sa successiondispersée, la plus
grande partie au profit des Hôpitaux.
Il estoit homme de pieté,
il s'en consola, & dans la suite
du temps, son merite le fit
choisir par M. Zamet Evesque
de Langres, pour estre son Confesseur
& son Aumônier. Il fut
quinzeannéesdans ces fonctions
auprésde ce Sage Prélat ; a prés
quoy la mort en estant arrivée,
ilseretira dans une Cure qu'ilen
avoitreceuë,avec quelques Chapelles.
Cette Cure qu'il desservit
pendant 25ans est ma Paroisse,
ainsi cér bonnetteEcclesiastique
m'estoitfortconnu.
C'étoit
C'estoit un homme d'une raille
médiocre & droite, d'une
complexion forte, & d'un ceint
plein de feu, qui marquoit l'ardeur
de son esprit, & la promptitude
de son humeur. Il avoit du
bon sens, outre l'étude; la conversation
agréable, & les inclinations
portées au bien. Il estoit
tel en 1670. & il tomba malade
cette année là
, au mois de Septembre
,estant alors âgé de 77.
ans. Cette maladie fut une Fiévre
qui luy dura prés de trois
mois, & qui fut accompagnée
dés son commencement, d'une
Paralisie sur la langue, qui le fit
begayer encore quelques jours
après la guérison de la Fiévre;
en forte qu'on ne le pouvoit entendre.
La Paralisie estant pasfée,
il parla fort distictement;
mais voicy la merveille. C'est
qu'au lieu de parler sa Langue
ordinaire, qui estoit la nostre;ou
bien l'Ecossoide,qui estoit celle de
son Pays; ou la Latine qu'il sçavoit,
ou la Grecque, ou l'Hebraïque,
dont il avoit quelques
teintures, il parla une Langue
inconnuë àtout le monde. On
entendoit bien les mors qu'il prononçoit
,
& je me souviens que
dans une conversation que j'eus
avec luy, aux Festes de Pasques
de l'an 1671. où je feignois de
l'entendre, & où je répondois
par conjectures à sa pensée
, autant
à propos qu'il m'estoit possible,
ilrepetoit quelquesfois ces
mots paginé, maginé, prius;mais
je n'y concevois rien, non plus
qu'aux autres qu'il proferoit
,
il
entendoit bien ce qu'on luy difoit,
& il ne disoit rien qu'on pust
entendre. Ce quiestdeparticulier,
c'est que Monsieur Ramezet
son Neveu, aussi Ecossois,
Theologien, & Prestre fait à
Rome commeluy, à qui ilavoit
resigné sa Cure,quelques années
avant sa maladie, l'ayant prié de
mettre par écrit quelque chose
qu'il vouloit sçavoirde luy
,
dans
l'esperance qu'il écriroit autrement
qu'il ne parloit, M. Bellenden
prit la Plume, & écrivit quatre
ou cinq lignes d'une maniere
fort lisible
; puis presentant son
Ecriture à son Neveu, avec un
geste qui témoignoit beaucoup
plus que les paroles dont il l'accompagna
,
qu'il avoit fait ce
qu'il desiroitde luy
; M. Ramezet
prit ce Papier avec joye, 8c
fut bien étonné de n'y trouver
que ce mesme langagequ'il ne
pouvoit entendre, & de se voir
aussi peu avancé qu'auparavant.
Ce qui me semble encore plus
surprenant que cela, c'est que
M. Bellenden qui ne disoit plus
laMesse, ne manquoit point d'y
assister; & se mettantau Lutrin,
chantoit avec les Chantres les
Airs de l'Eglise, & ne prononçoit
pourtant aucune des paroles ordinaires
; mais toujours ses paro.
les inconnuës. Son Neveu averty
de cette singularité dont quelques-
uns avoient ry & raillé,
obligea le bon homme à prendre
depuis ce temps là une autre
place dans l'Eglise
,
& l'invita à
prier Dieu tout bas. Ilfitl'un&
l'autre sansresistance.Ilenestoit
de mesme
,
lors que l'envie le prenoit
de dire son Breviaire; on le
voyoit bien lire, & onl'entendoit
bien prononcer; mais rien
de ce qui estoit écrit dans son Livre.
L'adresse que son Neveu
employa pour le faire confesser,
quand après huit ou neuf mois de
santé, il le vit attaqué d'une nouvelleFiévre
,
fut demander son
Confesseur ordinaire, & de luy
faire dire par ce Confesseur qu'il
n'entendoit point son langage,
qu'ill'interrogeroit, & qu'il luy
pressastlamain lors qu'il se fenriroit
coupable du peché dont il
luy parleroit,& la luy pressast pluheurs
fois quand il y auroit plusieurs
rechutes; moyennant quoy
il luy donneroit l'Absolution.
Celafut executé, & dés le lendemain
le bon homme prit son
Neveu par la main, le mena à l'EgIifc,,& luy montra leTabernacle
, pour luy témoigner qu'il
desiroit de recevoir le Viatique;
puis estant de retour à sa Maison,
il s'étendit sur son lit en joignant
,
les mains, pour marquer la mesme
intention. Son Confesseur
fut mandé, il revint, & M. Bellenden
ayant pris de son propre
mouvement du linge blanc, &
ses Habits longs, vint oüir la
Messe, communia avec grande
devotion, & versamesme des larmes.
Il mourut quinzejours après
ces Actions de pleine connoissance,
parlant peu;mais parlant tou-
- jours son mesme langage inconnu,
quand la necessité l'obligeoit
de parler. Un incendie qui arriva
au Village six ans après sa
mort ,
&qui consuma une partie
de la Maison & des Livres de son
Neveu, brûla aussi le Billet qu'il
avoit écrit; ce quime sembleune
grande perte pour lesCurieux,qui
auroientpu travaillersur sa ledu.
re, à reconnoistre quel langage
parla M. Bellenden, depuislafin
desapremieremaladie,jusqu'à sa
mort, c'est à dire pendant huit ou
neuf mois. Il disoitassez souvent
Subgenenemé Goguené prius quiapri
la magnus, à ce que j'ay sceu d'un
homme qui le servoit; & quand
il rencontroit un de ses Paroissiens,
nommé Prieur, qui l'avoit
flatté de quelque esperance qui
ne luy déplaisoit pas, illuy disoit
Ancnu prius. Voila ce que mon
peu de sejour au Pays, m'a pu apprendre
des circonstancesdecette
Histoire qui me sembleassez curieuse.
Ce que j'y puis ajouter
,
c'est
qu'il estseur queM.Bellenden ne
parloit pas la Langue Hebraïque
ordinaire,je m'en serois apperceu
à la conversationque j'eus
avec luy, lx. M. son Neveu auili
qui avoit quelque teinture de cette
Langue. Ce n'estoit pas non
plus la Languenaturelle dJ-Adanl,
dont je viens de parler, elle auroitestéintelligible.
Quece furt:
la Langue Phrigienne, la plus
ancienne du monde selon l'épreuve
de Psammetiques Roy
d'Egypte,rapportée dans Herodote,
on ne peut pas le dire, parce
qu'il n'employa jamais le mot
de Becos ,
à demander du pain,
oud'autreschosesàmanger. Ce
que je m'en persuade
,
c'est que
cette Langue luy estoit particuliere;
& je jugede là, malgré l'épreuve
de Psammetiques, que
si mille Enfans estoient nourris
par autant de Personnes muettes,
ils parleroient tous des Langues
aussi differentes
, que seroient
leurs voix, leurs visages, leurs
complexions, & leurs esprits. La
Mothe leVayersoûtient qu'ils
seroienttous muets, parce qu'il
ne fort aucune parole de la bouche
, qui ne foit entrée par l'oreille
,
surquoy il cite l'exemple
des Sourds de naissance dont aucun
ne parle, & il allégue que
les Enfans de l'épreuve de Psammetiques,
avoient sans doute oüy
la voix de quelque Chevre qui
crioit Bayhe, d'où ils avoient appris
à dire Becos,qui se trouva par
hazardeftre une parole Phrigienne;
mais pour moy ,
jecroyque
la Langueestfaite pour parler,
aussi bien que les yeux pour voir
& que les oreilles pour entendre,
& que si les Sourds de naissance
font muets, c'est que l'empefchement
qu'ils ont à l'oreille, s'étend
jusqu'à la Langue, & qu'on ne
peur oster l'un sans l'autre. Vous
pouvez, Monsieur, proposer
cette Question aux Curieux pour
l'examiner plus à fonds, & pour
en avoir leurs sentimens ; comme
aussi les prier, de dire ce qu'ils
pensent de cette maladie, qui
ayant fait oublier à son Malade
sa Langue ordinaire, où l'empeichaut
de la parier, luy donne
-en échange l'usage d'une langue
nouvelle & inconnue.
J'aylu dans des Mémoires d'un
demes Ancestres, qui a vescu la
grande Climacerique, queNicolasde
Vienne son Trisayeul, mort
& enterré àLigny, dont il estoit
Gouverneur en 1474. âgé de jo.
ans ,
sélon Con Epitaphe , après
avoir receu du Ciel une mémoire
si heureuse, uneimaginarion si vive
,
&,tant d'adresse naturelle,,
qu'ayant eu des Maistres en toutes
fortes d'exercices d'efprir &
de corps, il sçavoit à l'âge de 21
anvtout ce-q¡n'on peut sçavoir, &
faisoit tout ce qu'on peut faire:
tomba malade à 21 ans d'une fiè-
-vre chaude, & puis d'une parali- surla langue, donrles effets
furentsiétranges, qu'il en perdit
le souvenir de tout ce qu'il avoic
jamais appris, enforte qu'illuyi
fallut même ra pprendre à parler,
à lire &à écrire, comme on l'apprend
aux Enfans, à quoy il eut
bien de la peine à parvenir. Et j'ay
veu un nomméJean Guenot,Fermier
d'une Terre de mon Voisinage,
où il y avoit ces années
passées une Cristallerie
,
à qui la
nesmechose estoit arrivée à l'âge
d-j 30 ans; mais ny l'un,ny l'autre
ne partaient point du tout après
leurs maladies, bien loinde parler
avec facilité & distinction une
langue inconnuecomme mon defunt
Curé. Les Curieuxde la Médecine
ou de l'Histoire, pourront
encore m'éclaircir par vostre entremise,
s'il y ades exemples d'une
pareille avanture,où vous, Monteur,
qui n'ignorez rien, pourrez
m'en instruire sans leur secours, si
peu que vous ayez de complaisance
pour mes desirs.
Il faut presentement queje vous
avoue
,
qu'encore bien que j'aye
conceu l'Ecritureuniverselle avant
la langue
,
celle-cy a fait la
loy
,
& donne la regle à l'autre;
& que si je n'avois imaginé la langue,
j'aurois apparemment disposé
l'Ecriture d'une autre maniere,
car enfin il m'estoit d'abord venu
dans la pensée d'employer dans
l'Ecriture, le moins d'enseignes Se
de signes qu'il me feroit possible;
3e à cet effet de distinguer le nombre
pluriel des Noms & des Verbes
, par des chiffresdifferens
de ceux du nombre singulier; Se
de marquer meime, par des chiffres
aussi, le genre des Noms dont
j'ay lailré l'expression à la Nature.
Chaque Nom substantif simple
auroit eu trois chiffres pour la fignificarion
de ses variarions; chaque
Nomadjeâlf,&chaquenoni
de diminution, d'augmentation &
de comparaison,en auroit eu quatre;
& chaque Verbe, cinq. III
par exemple, auroit exprimé le
nom au masculin
, par ion premier
chiffrej au nombre singulier,
par son deuxiéme
; &au nominatif
par son troisiéme. 223 l'auroic
lignifié au feminin
, par son premier
chissre; au pluriel,ou au
duel par son fécondj & au datif,
par son dernier.316 l'auroit donné
à connoistre au neutre, ou
au commun , par son premier
chiffre; au singulier, par ion lecond;
& à l'ablatif par Ton troisiéme.
Et aioli j'aurois pû donner
aux noms simples, si je l'a.
vois voulu, plus de trois genres,
plus de deux nombres, & plus de
six cas, le tout sans aucune confusion.
Quant aux autres noms, j'aurois ajoûté ud chiffre,. aux
trois que je viens de marquer;Se
ce chiffre qui auroit précédéles
autres, auroit exprimé l'adjeâif
par un zero; le premier diminutif
par i ;
le fecond par 2j le premier
augmentatif par.?; le fecond
par4-,lenomd'égalité,aussi, autant
, ny plus ny moins, par f; le
comparatifplus, par 6; le comparatif
moins par 7 ; le superlatif le
plus par 1; & le superlatiflemoins
par pi & j'aurois ainsi marqué
tous les degrez dont le nom est
susceptible. A l'égard des verbes,
mi ,auroit signifîé le verbe à l'actif
par ion premier chiffre
; à
l'indicatif par son fecond ;au present
par son troisiéme; au singulier
par son quarriéme, & à la pre.
miere personne par son cinquié.
me. 24323 l'auroit exprimé au paffifpar
son premier chirrre,au fubjondif
par son deuxième ; au futur
par son troifiénle; au pluriel
par son quatrièmej & à la troisiéme
personne par son dernier; Se
j'aurois augmenté aussi toutes les
fortesde variations du verbe, autant
qu'il m'auroit plu, & sans aucun
embarras
, pourveu que je
n'eusse pas poussé l'expression de
chacune, plus loin que le zero,&
les neuf càiJfreSjOu nombres;simpies.
Cette methode auroit elle
claire, exacte) & d'un facile dénieflement
i mais dés que j'eus
conceu le grand fecretde la Lan.
gueuniverselle, ilme fallut pren1
dre d'autres mesures, &. renon..
cer à cettebelle methode pour en'
chercher une plus commode à
l'expression de cette langue. II ne
fera pas inutile que je vous apprenne
la maniéré dont elle me
vint dans l'esprit.Lavoicy.
Lors que j'eus ébauché le premier
Plan de l'Ecriture, il me
sembla d'abord qu'il y manquoit
quelquechofe àsa perfeébon;c'é
toit d'estre lisible, car le moyen,
àssois.je en moy mesme') de lire
ce qui n'est pas composéde leu
rres,puis quecefont elles qui forment:
les sillabes & les mots, Ct}:
manquement me cboquoit, mais
je m'en confolay bien tost, en jugeant
mesme pour me flater, que
cette indépendance des lettres,
estoit un grand avantage à cette
Ecriture, veu qu'elle ne laiflcic
pas d'exprimer toutes choses; &
que c'estoit la veritable Ecriture
de l'esprit, puis qu'elle signifioit
immédiatement, tout ce qu'il estoit
capable de concevoir. Néanmoins
je remarquay ensuite qu'-
on la pouvoit lire, en disant par
exemple cent quatre pour signifier
Dieu, quej'exprimepar194,dans
mon premier Dictionnaire,en disant
mille trente-quatre pour signifier
cennoitre. Et disantmille trente-
quatre cent quatre, pour exprimer
cotoneifireDieu. Maisconfideranr
aussi tost l'embarras de ces
expressions, dans la pluraliré des
mots que j'employoisàn'ensignifier
qu'un; ôc dans leurs équivoques
à ne sçavoir par exemple si
mille trente quatre qu'on entendroit
prononcer, feroient trois
mots, ou deux, ou un seul,je connus
que cette façon de lire estoit
mal propre à estre mise en usage ;
& presque impossible, lors qu'on
passeroit del'expressïon des nombres
primitifs, à celle des auxiliaires;
& qued'ailleurs, quand bien
elleseroit facile& commode, elle
ne seroit pas universelle comme
l'Ecriture, parce quechaque Nation
donne des noms differens à
ses chiffres, ôc aux nombres qui
s'en forment.
L'éloignement de cette pensée
fit place à une autre; & l'usage
des Hebreux & des Grecs, qui
employent leurs lettres à figurer
leursnombres,mefit songer qu'au
lieu de substituer des mots aux
chiffres, il n'y falloir substituer
que des lettres; & qu'ainsi il ne
resulteroit qu'un mot pour chaque
nombre composé de plusieurs
chiffres; que ces mots feroienc
differenssuivant la diverse combinaison
de ces chiffres; & qu'alors
mon écriture feroit lisiblepar
elle-mesme, sans superfluité Se
sans équivoque; & se liroitencore
d'une mesme façon,par toutes
les Nations.
Sur cette idée,je passay de la
speculation à la pratique;& après
avoir donné à chaque chiffre,telle
signification de lettres que je jugeay
à proposée trouvay en effet
qu'il s'en formoit non seulement
une écritureaisée à lire&àconcevoir,
mais encore une langue claire
&. distincte, tout aussi propre à
estre renduë universelle,que l'Ecriture
mesme.
Uefl difficile d'atteindre d'abord
à la perfection des choses, il me
salut faire plusieurs Alphabets,
avant que de me déterminer dans
leur choix; & lors que je me
vis en possession de deux Ecritures
au lieu d'une, il fallut encore
changer quelque chose à ces Alphabets
pour les accommoder à
ces, Ecritures; mais enfin voicy
quels ils font pour l'une & pour
l'autre
,
d'où vous pouvez juger
que comme ces Ecrirures font diverses
dans leurs dispositions
,
il
ne se peut que les Langues qui en
resultent ne soient différentes
dans leurs mots ,&qu'ainsi au
lieu d'une que j'ay proposée jusqu'à
ce jour,je ne vous en donne
aussideux.
J'ay divisé les Chiffres en primitifs,
&enauxiliaires, à quoy
j'ay ajouté des enseignes, des accents
,& quelques points; & de
tout cela j'ay formé mes Caracteres.
Voulant les changer en
paroles
,
je fais répondre, aux
Chiffres primitifs
1, 2,3,4,5,6,7,3,9,0.
Les Lettres b,f, d, g,tll,p, c,j, v,ti,
que j'appelle aussi Lettres primitives.
Aux Chiffres auxiliaires
Il Il3, 4)y, 63 7,8,9,0,
les Lettres
a,i,ay,o,u,ou,é, eu,oy,r,
que je nomme aussi Lettres auxiliaires.
Et aux enseignes
, aux points
& auxaccents les Lettres simples
ic,1,f,C.
Et leurs Combinaisons ou Lettres
doubles-
KK,KL,KS,KT.LK,LL,LS,LT.
SK,SL,SS,ST. TK,TL,TS,TT.
Et encore kz, LZ, TZ. que je
nomme Lettres subalternes, pour
lesdistinguer des précedentes qui
sont les Lettres principales. Il
feroit à souhaiter que les subalternes
doubles s'exprimassent par
des figures simples; comme ks
s'ex prime par x.
Quanta z, il ne répond ny à
Chiffreny Signe, lors qu'il n'èst
pasuny à une autre Consone, ce
qui meluy fait donner en cet état
le nom denulle.Quelques autres
Lettres prennent aulIi ce nom,
suivant les endroits où elles se
trouvent; & d'autres portent
quelquesfoisceluy de /ùp,!eantu..,
parce qu'elles sont substituéesen
la place de leurs Compagnes. Cela
s'expliquera dansla fuite. *
Pour les Diphtongues ei ,eiU
au, &, pour la Lettre double qu
ouq, je ne juge pas à propos de
m'en servir, àcause qu'elleséquivoquent
avec é,o,&k.
A la vérité i, employe l'y Grec;
mais c'estseulement dans l'expression
des Diphtongues ay &
cy; &je marque les deux autres
ou&eti parunrenvoy ,ainsioû;eû,
afin de lesdistinguer des Voyelles
qui les forment, lors que ces
Voyelles ne sont quecontiguës.
Cét
CérJ Grec, 6c ce figne de liaison
montrent que chacune de
ces quatre Diphtongues, n'a de
rapport qu'à un seulChiffre. Il
seroitmieux de ne les exprimer
que parune feule Figure, comme
nous exprimonsay par e) mais ce
feroit trop d'innovation à l'égard
des autres.
Il en fera de mesme de la demie
lettre ou aspirationh , comme
de l'r Grec.Elle ne répondra
qu'au
Chiffre
de la Consone,àlaquelle
on la joindra, si on la veut
exprimer;mais il fera mieux de la
sousentendre, pour ne pas augmenter
inutilement l'Ecriture. Il
feroit inutile aussi de l'employer
après p ,
puis que ph ne fait rien
entendre de plus quef Quant à
la prononciation des mots de ces
nouvelles Langues, elle doit estre
exacte,& ne rien perdre des
Lettres qui les composent,&il
faut sur tout distinguer clairement
ces lettres les unesdes autres
, afin de connoistre avec facilité
le rapport qu'elles ont avec
les Chiffres & avec les signes.
Il fera libre à la verité de prononcer
gn , comme dans le mot
François regne , ou comme dans
le mot Latin regnum; 6c ll comme
dans le mot mille, ou dans le
rnotflmillr,\11ais on prononcerag
suivy de Voyelle,ou de Diphtongue
,
d'un ton ferme
, comme
dans ga, go, gu ; & par consequent
ge, gi, comme s'ils estoient
écrits ghe
,
ghi, afin de les empefcherd'équivoqueravecje,
ji,
Il en fera de mesme de t, il se prononcera
comme dans ta, to, tu, &
par consequent ti, comme s'il
estoit écrittbi, pour le distinguer
de Ji.
Pourc, on le prononcera par
th., afin qu'on ne le confonde pas
avec K ,
dans Ka ,
Ko
,
Ku ,
&
avec s,dans ce, ci; & l'on prendra
garde à ne le point mettre à
la fin d'uneSyllabe, parce qu'il y
équivoqueroitencoreavec K. On
fera la mesme observation pour
ma nulle
, que l'oreille ne déîmfkroit
point d'avec s ,
si une
Syllabe en estoit terminée.
A l'égard de b, il fera prononcé
differemment d'v eOlJflne, 6c
on distinguera de mesme u voyelle,
de la Diphtongue ou. Jesçay
bien que cette premiere diversité
de prononciation fera de la peine
aux Gascons,& quela seconde
encauseraau Italiens k aux Espagnols
; mais pourquoy confondent,
ils ce qui doit estre distingué?
Enfinpn donnera à chaque
Lettre, un son qui n'aie rien de
commun ave lesautres, afind'éviter
les équivoques qui se pourroient
glisser dans l'Ecriture numeralie
lors qu'on viendroit à
écrire en Chiffres les mots de l'une
ou de l'autre Langue.
Vous jugez bien de là, Monsieur
, que chaque Langue aura
deux forres d'écritures, la numerale
qui est composée de Chiffres
ou de nombres;& la litteralequi
seformeavec les Lettres de l'Alphabet,&:
dont chaque Nation
pourra se servir en son particulier,
pour s'exercer,& pours'instruire
plus commodement dans
la Langue universelle.Cette Lan..
gue fera contraire en cela à l'Hebraïque
Se à la Grecque,parce
que n'employant que les mesmes
Caractères à exprimer leurs Lettres
Scieurs Chiffres, elles n'ont
qu'une Ecriture pour ces deux
choses, mais il ne tiendra qu'aux
Nations de reduire les deux à
une, en quittant leurs Ecritures
parciculieres pour la générale.
Je ne doute point que vous ne
soyez dans .l'impatience de sçavoir
de quelle maniéré je me
prends pour prononcer mes Lettres
primitives, puisque je ne les
exprime que par des Consones,
Je me fers pour cela de lademie
Voyelle quela naturemettou.
jours dans nostre prononciation,
lors qu'il y a deux Consones con-'
secutives, de difficile union dans
unemeime Syllabe, que j'ay dit
dans la Grammaire Universelle,
devoir estre marquée feule après,
chaque Conson, pour en apprendre
plus aisément la prononciation
; & qui est le fçcva Ólf.
fihcvll des Hebreux; si perceptible
aux oreilles fines par tout ou
il est inséré par.la nature, & si
remarquable aux moins déHcars:
dans les mots de blâmer, drapper.
fpcttacleySL autres semblables,puis
quelles entendent bien qu'ils se
prononcent comme s'ils estotent
écrits de cette forte belamer
,
tU":
rapper ,
J'infère donc
cet e féminin entre routes mes
Consones primitives, lcfts qu'elles
font disposées de la maniéré
que je viens de dire, le considerant
comme leur lien naturel; &
je l'exprime mesme afin de re.,
gler les Syllabes, & ne pas faire
de peine au Lecteur qui ne seroit
pas accoustumé, comme les Allemans,
à voir de fuite dans irn
mot plusieurs Consones peuaecordantes.
Je laisse mesme encore-
la liberté de le prononcer
en e masculin,aux endroits ou
l'on jugera que cette prononciation
aura plus de grace que la
feminine; & bien que j'emploie
céré masculin pour exprimer le
Chiffre7.lorsqu'il est auxiliaire,
il n'en faut pas craindre d'équivoques,
comme vous le connoistrez
parlesRégies qui fuivent.
Régies a observer dans le changent
de la premiere Ecriture
numerale en Litterale. LA premiere Régie est quV
masculin ou féminin, place
seul entre deux primitives, doic
toujours estre consideré comme
une nulle
,
c'est à dire, comme ne
répondant à Chiffre ny à signe
ainsi que je l'ay déja explique.
Voulant donc changer en Lettres
104. & III. Chiffres primitifs
de mon premier Dictionnaire,
qui ftgninenc Dieu& Faux-Dieu,
au lieu d'écrirebng,&bbb,j'écris
h(n(%& bebeb;mais sije veuxehanger
en deux mots ma premiere
Langue, 1.'14'(. & 111'1) Caractercs
aussi ae ma premiere Ecriturequilignifientau
nominatif ces
mesmes paroles Dieu & Faux.
Dieti, au lieu d'écrire benega &
bebeba,j'abrege &j'écris benga &
bebba.
La sécondé Régie en: que
quand un Caractere a deux, trois,
quatre ou cinq Chiffres primitifs
de mesme façon, on en peut
exprimer un par la Diphtongue
eâ,, & deux par la Diphtongue
oy.
o
Ainsi n 31. qui: signifie
Divinité, Dieu ou DlcJfl, dans m&
premiere Ecriture, & quise change
en bebeda ou bebda
,
selon la
Régle precedenre, se peur exprimer
par beuda. III'I. quin~nin~
Vaux-Dieu
,
& qui se tourne de
mesmeenbebedaou hebba, la comme esté dit, se peur exprimer par
beuba. un'i qui lignine le CielPcredes
Dieux,&qui se transforme
en bebbeba. ou bebebba, se peut ou
plûtost se doit exprimer par beubbitouboybt;
Et qui lignifie
Imposteur, & qui se marque par
bebbebeba ou bebbebba
,
se doit exprimer
par beubebba, ou plutost
par boybba. J'appelle ces Diphtongues
qui font substiruées çJe
laforte,àla place des Consones.
primitives Lettres supplcantes ou
cjjlcieufes
, non feulement parce
qu'elles fervent pour d'autres
Lettres ;
mais encore parce qu'-
elles abrègent les mots ,
Se en
adoucirent la prononciation.
De là il résulte
, que toutes les
fois que ces Diphtongues se trouvent
inferées seules entre des primitives
,on ne les doit pas 'onf.
derer comme des auxiliaires, mais
comme des suppleantes.
LatroisiémeRégie, est de ne
pas commencer un mot par. la
nulle e ,
puis qu'il ne fait cette
fonction qu'étant inséré & de
ne pasnon plus substituer les suppleanres
à la place de la premiere
primitive, puis que c'est elle qui
fait connoistre leur employ:
comme aussi de ne jamais mettre
~comme nulle, après la derniere
primitive, ny les suppleantes en
sa place, lors qu'elle est suivie
d'une voyelle qui fait l'office
d'auxiliaire, d'autant que cette
voyelle suffit pour l'adoucissement
du mot ,
& que cér ufiçe
causeroit de l'équivoque. Aind
voulant exprimer iiiiqtilficnisieDivin,
il ne faut pas écrire bebbea
,
bebeûa
, ny boyd, parce que
bebbea répond à ii1-7-1 r bebeûa-, à
11.81; ôcboya à 1.91 mais ondoit
écrire bebbaou beuba., qui ne peu
vent répondre qu'au premier Caraétere
m'i,suivant les deux Régiesqui
précèdent. Quesila
derniere primicive-efr fuivie de
l'auxiliaire r, on peut umployer
é, comme nulle après cette primitive;
supposé que la necessités
de leur liaison le demande
, ou
mesme changer cette primitive
en suppleante ; mais en prenant
l'un ou l'autre party, il faut ajouter
la Cubalternek,après r, pour
marquer la nullité de IV
, ou la.
substitution des suppleantes, parce
qu'autrement ces Lettres pafseroient
là pour des auxiliaires..
Ainsivoulantexprimer 97orqui
signific ce mot nullité dans ma
premiere Ecriture, au lieu d'écrire
simplement vecbera ou vecera
y
j'écris vecerka, dautant que
vecera exprimeroit 97-701, Caractère
differentde l'autre mais
si j'avois à exprimer 104-01 qui
signifie Divinité, qualiré qui appartientàDieu,
&, 10411-01 qui
signifie Création,qualitédu Créateur
, au lieu d'écrire bengerka &
bengckberka
,
j'écrirois bengra &
& bengebbra, à cause de la nature
de la primitiveg, qui s'unit à l'au.
xiliaire r y
sans demander entre
ellesl'expressiondeIV. Ainsiencore
voulant exprimer 88-01 &
888-01
,
je dois écrire jeûrkaôC
joyrka.
, parce que jeûra &joyr*t
répondroient à 8-801 êcà 8-901,
autres Caractères que les pre.
miers. Que il au lieu d'une pn.
mitive,ille trouve une fubaltcrne
devant r, on doitaussi mettre
entre deux e , comme nulle, s'il
est necessaire pour la liaison du
mot 5
mais conjointement avec
le k, pour marque de cette nullité.
Ainsivoulant exprimer 104-01
qui signifie le premier diminutif
de Divinitéy qualité, oupetite Divinité
,
il faut que je Mzbcngctferka
,
à moins que je ne veuille
prononcer bengetsra
,
qui seroit
bien rude.
La quatrième Régle, est flu'/,
doit estre encore confideré comme
nulle; & eû & oy, comme fuppleanres,
lors qu'ils sont inserez
seuls dans un mot après des primitives
,
& devant toutes fortes
de subalternes
,
excepté devanc
t, *& devantlz unis, ou bien separez
feulement par une auxiliaire.
La fuite en fournira assez d'exemples
,
sans que j'en rapporte
icy.
La cinquième Règle, est que
,
que cel mesmes Lettres se trouvant
dans un mesme mot feules
& finales, après des primitives
ou des subalternes, y font par
rieceffité la fonaion d'auxiliaires,
, parce qu'il n'y a point de mot
dans la Langue, qui ne réponde
à un Caractère ;ny un Caractere
dans l'Ecriture, qui ne soit composéde
Chiffres auxiliaires & de
primitifs; maisil faut mettre un
t après elles, pour donner à connoistre
cette fonction quelles
font d'auxiliaires
, comme pour
marquer celles de nulle & de fuppleantes
,
j'ay dit qu'il falloir y
employer un k. Ainsi voulanc
exprimer 1'7)1'8, &1'9 qui si-

gnifient dans ma premiere Ecri.
'ture l'Adverbe ouy ,
la conjonction
&) &la proportion en ou
dans, au lieu d'écrire fiment
be, beu,boy, on doit écrire & prononcer
bet, beût, boyt. Il en est
de mesme de 2/7 & de 2/7 qui fignifient
les Advarbes numéraux,
deux fois & la deuxième fois, au
lieu de les exprimer par sikié &
fkjJ, il faut écrire6c direket&
sikz,et.
Enfin la fixicme Règle
,
ett
que toutes les fois que ces mefj
mes Lettres font immédiatement
suivies ou -
précedées. d'autres
Voyelles,d'autres Diphtongues,
ou d'elles mesmes, elles font en- -
core la fondion d'auxiliaires
, en
quelque endroit qu'elles se trouvent
avoir besoin d'aucune mar>
que. Ainsi dans bebbee ou bcûbée
qui signifie l'Adverbe superlatifleplus
divinement, les deux é
qui se Suivent immediaremenc
font auxiliaires & répondent à
77 , comme tout le Caraél:re àiri-
77. Cet exemple suffit pouren
former d'autres.
L'observation de ces Régies-.
empefeheraqu'il n'y arrive aucune
équivoque dans cette premiere
Langue, non plus que dans ma
premiere Ecriture; & voila tou'_-
tes les marques qui concernent
le changement de sesChiffrespriu
mitifs en Lettres,
Quant à celuy de ses Enseignes
& desautres Signes. Lepremier
avernucmentest, que l'Enseigne
simpleinferée nes'ex prime
point,dautant que la réparation
quelle apporre entre les
Chiffresprimirifs & les auxiliaires,
éclattea(Tez par la difteren-
- ce des Lettresausquellesje donne
ces mesmes dénominations,
sans qu'ilfoitnecessaired'y ajouter
un autre Signe de diftinclion.
Ainli1°4'1; 104.-ii,104-10^, Be
1041.1003 caraares de ma premiere
Ecriture qui fignifienf
Dieu, Divin, ilcrée Se on crée, s'expriment
fimplemenr par bengd,
bengaa, bengebaray
,
& bengebar*
ray.
Le fecond avertitfemenr
,
est
qu'il en est de mesme de l'Enfeignequeje
place sur les Chiffres,
paroùjemarque les parties invariables
du discours
,
les Proverbg3,
& les Lettres de l'Alphabet
avec leurs Diphtongues & leurs
Syllabes les plus communes, elle
ne s'exprime pas non plus, dautant
qu'elle se refout en inferée,
avant le dernier Chiffre de ses
ex prc ssions.Ainsi 17 qui signifie : l'Adverbeouy
, 1017 qui signifie
l'interjection helas lOS. qui figni.
fie la conjondion car, 119 qui
gnifielaprépositiondedans, 4tto
qui signifie un proverbe5 & 015; qui signifie la Lettre d ou de
,
seresolvent
en l'y, en 101'7'-, en<
10'8, en 11*9, 411'0en 01h'
& s'expriment par bet, senbet, binent,
hehoJt,gebber & nebay.
! Le troisiéme avertillemenr,,
estqu'il n'en est pas de mesme derEnfUgne
que je mets sur les
Chiffres
, par ou je marque .les' »
noms des lieux & des Person. *"
nés celébres ) ny de celle que je
place dessous
, par où, je, les nombrans
, ou qui demeurent
en nature: Ces Enfei*
grnes fervent à mettre de la diveriité
entre des expressions
,
qui4
n'en auroient point sans cela; Su
par conlequent se doivent exprh
mer. Je marque donc celle que
jeplace furies Chiffres
, qui si.
gnificnt les noms des lieux& des
Personnes par la subalterne KT.
Et de cette forte t'i qnisignifie
rAJle; 11'1 qui finisse la chine-i:
& 111'1 qui signifie Canton prerniere
Province de la Chine, &c.
s'expriment par btkla
»
par bebe..
fra, ou beúKta
,
& par bibbew, b..
bcâuayQVL boj,e-ta. Et z/U}i qui
vous signifie s'exprime par febbebcdi
kla
, ou fcbojdexKtt. Et je
marque celle que je mets fous les
Chiffres,,qui signifient les nom
! bres nombrans par les fubalternes
Ki ou x ,
quîcfFla mesme
chose,&par kzj..fiçavoirla barre
droite des nombres Cardinaux
par x) & la courbe des Ordinaux
parkAinfi1quisignifiedeux
indéclinablej & lï qui le figni..
fie déclinable au nominatif pluriel,
s'ex primenr par [ex) & par
fixas. Et l'ï qui signifie deuxième
ou second substantif; & 211 qui
le signifient adicdif ,s'expriment
par /ÎK^4&par ftnzaa. Ileneft
de mesme de leurs Adverbes adjrdifs,
2,17 qui signifie doubleruent,
& 2 17quisignifie dltlxiémement
i ih s'expriment par PXAt
&/:K~. J'ay parlé de l'expression
de leurs autres Adverbes
dans la cinquième Règle.Quant
aux Verbes & aux Noms verb,
lux,qtlidériver desNoms numéraux,
on peut les exprimer comme
les autres dérivez; mais a l'égard
de leurs négatifs, & de ceux
qui signifient le retour de l'action,
il est plus à propos de suivre dans
la Langue
,
l'avis que j'ay donné
pour leur expression page 197,
& 298 du XX. Extraordinaire
, que la manierede les exprimer
par les auxiliaires, telle quelle
est marquée dans les pages
précédentes du mesmeLivre.
Le quatrième avertissement,
est que j'exprime pour la raison
précédente
,
les signes qui font
joints aux Enseignes, & qui donnent
à connoistre les degrez
d'augmentation, de diminution
& de comparaison. je marque •
ceux d'augmentation par ST 6C
SL , ceux de diminution par TS
&rz, ceux de comparaison en
, élevant parSK,& ceux decomparaison
enabaissantpar.TK.
Ainsi 104'1 & 104 11 qui signifient
Dieu & Divin, & que j'exprime
simplement par benga & benga,
commeiladéjaestédit, ont pour
augmentatifs 104;1 ,
& 104,1 qui
signifient grand Dieu
,
&. trèsgrand
Dieu, &104-11,& 104.11 quisignifient
fort Divin & tres Divin,
& que j'exprime par bengesta,
bengejht
,
bengestaa
,
& bengeslaa.
Ils ont pour diminutifs104?I &
104?I qui signifient petit Dieu ôC
trèspetit Vilu; & 104.11, & 104-11
qui signifient peu Divin& tres pet «
Divin; &que j'exprime par ben
gnfl) bengetza,bengetsaa& ben-
-
gflztZtl. Ils ont pour degrez de
comparaison en élevant 104 11^,
104-41 & 104-71 qui signifient
autant ou aufjl Divin, plus Divin,
&leplus Divin, & que j'exprime
par bengeskaa
,
bengeskaa
,
& bengeskea.
Etils ont enfin pour degrez
decomparaison en abaissant
104 11,104 41 &104-71 qui fignifient
dujji peu Divin,moins Divin&
lemoinsDivin,&quej'exprime
par bengetkaa,bengetKoa&
hengcKCtl. Neanmoins comme
j'employe simplement dans ma
premiere Ecriture 104-41 &
104-71 à exprimer les comparaifons
d'élevation plus Divin & le
plm Divin, il fera plusà propos
pour
pour l'abréviation de la Langue,
de ne point ajourer de subalternes
dans l'expression de ces deux
degrez
,
& de dire simplement
bengôa & bengea.
£ Le cinquièmeavertissement
estquej'exprime aussi les deux
points & la barre, que je mets
sur les Chiffres auxiliaires, pour
marquer le nombre pluriel de
tout ce quise décline, & de tout ce' qui se conjugue, avec cette
différence que j'employes. pour
le pluriel de la déclinaison
,
& l.
pour celuy de la conjuguaifon.
Ainsi 104'i
, ou 1041 qui signifientDieuxau
nominatif pluriel;
104*2 qui en signifient le génitif
des Dieuxj & 104*3 qui en signifient
le datifaux Dieux s'exprimentparbenvas,
benris&benrais.
«
Et 1041 ioï ou 1041.101 qui fignifienc
nomcréons;1041-101 qui fignifienc
vous créez,3 & 1041-10;
qui fignifienc ils créent s'expriment
par bengebaral,kengebaril,&-
bengebartyl.
Le fixiémc avertissement, regarde
les accents d'augmentation
, que je mets sur les Chiffres
primitifs pour accroistre le nombre
des expressions, & en fournir
les feaioos des estres les plus
abondantesj celuy que je place
sur les mesmestChiftres
, pour
marquer les feconds Verbes negatifs
; celay que j'employe sur
les Chiffres auxiliaires pour fignifier
le futur prochain,& le
futur éloigné de toutes fortes de
Verbes. Ces accents font detrois
façons pour l'augmentation des
expressions qui regardentle
estres
;
l'aigu, le grave & le cir-
-confléxei& je mefers des mefmes
fubalternesl &fpour expri.
mer les deux premiers, 6c encore
dé K pour sïgnifïer le troifiérné;
Ain(î,4é^7'i qui signifie dans
ma première Ecriture Ecuyers'ex.
prime par gepeteta, & 4647*1 qui
lignifie son augmentation, PaÜ-.
frinier se marque par gepegerela.
Il en, est de mesme de m'i qui
lignifie Canton' premiere Province
de la Chine, & qui s'exprime
yaiMbekta>6çdeIII'Iquifignifie-/
onaugmentation htnam dixième.
Province du mesme Etar,
&quisemarque par bebbektU.
Ces mots se peuvent abreger
,
Se
on peut dire gepgetela 6c boyktela.
yoHa.cwmc,s'exprimc.l'accenc
aigu d'augmentation, quand il se
trouve sur la derniere primitive;
&. on peut juger par luy
,
de la
maniéré d'exprimer le grave èc
le circonfléxe
,
quand ils se rencontrent
sur la mesme primitive;
& de tous trois lors qu'ils sont
placez sur la penultiéme ou sur
l'antépenultiéme,oùils setransportent
selon le besoin, sans qu'il
soit necessaire que j'en rapporte
des exemples. Quantat'accencaigu
qui marque les seconds Verbes
négatifs
,
je l'exprime par la,
subalternekl. Ainsi 1066-10 qui
signifie dans ma
premièrer,EcriJ
ture lesecondVerbepositif
faire,s'exprime par benpepar,
oui
Bcntppar, Et1066-10 qui y signifie
le second Verbe negatif red!.
faire s'exprime avec son accent
par beneppeklar. Ma premiere
pensée n'avoit pas esté d'exprimerdela
sorte ce second Verbe
négatif, ny mesme son positif
refaire; ny ceux encore dont l'un
& l'autredérivent, jeveux dire,
faire&défaire
, comme vous l'avez
pu remarquer dans ma Lettre
de vostreXVII. Extraordinaire
page 310 & suivantes. Je
projettois alors de distinguer ces
quatre sortes de Verbes, par la
diversité de leur premier Chiffre
primitif, tellement quesi 11110
avoitsignifié le premier positif
ou l'affirmatiffaire;211-10 auroit
exprimé le premiernégatif
dlfirt; 31110 le second positif
refaire, & 411-10 le second nega.
tif redéfaire. J'appelle aussi ces
deux derniers Verbes du nom de
rcfijts de retour d'action -, maisayant
reconnu dans la fuite que
cetusage pourroit apporter de la
confusion à d'autres expressions,
je le changay ,
& je transporta y
ladistinction de ces Verbes,de
leur premier Chiffre sur leur dernier
, en exprimant faire par
106410 défaire par 1065.Ío; &
refairepar 1066 10. Cechangement
le voir dans ma Lettre du
XX. Extraordinaire page 247.
avec la raison qui m'a fait recourir
à un accent pour l'expression
du second Verbe negatif; & si je
vous en entretiens icy;c'est pour
reparer l'omission quej'enay faite
là. A l'égard de l'accent encore
aigu, que jemetssur les Chiffres
auxiliaires pour marquer les divers
futurs des Verbes, lesquels
t;
font particuliers à ma premiere
Ecriture, je l'exprime encore différemment
de celuy que. j'employe
sur ses Chiffresprimitifs,
Sec'cft par la subalterne Ainsi
1-10 qui signifiele Verbetftrt,&.
qui s'exprime par bar, a pour son
futur ordinaire, futur indéfiny
1-104 qui signifiejeseray, &. qui
se marque par baro; & pour futurs
définis 1-104 qui signifieje
seray loll, & 1-104 qui signifieje
feraytardy & qui s'expriment avec
leur accent par batro & barto.
Cetteexpression de futurs sepeut
aussi étendre sur les préccrits,
puisqu'on peutdirejefustost, je
fta tard,j'ay esté tost, j'ayestétard&
autres semblables.
Le septiéme & dernier aver.
tissement, est d'observer que
quand un Caractère a deux accents
, comme l'auroit le futur
du Verbe redéfaire,on doitsedispenser
de l'expression du second,
si le mot qui en réfulre a une
longueur desagreable, & employer
la phrase
, au lieu du mot
simple.
Apres ces avertissecmens qui
font mes secondes Régles, il
reste quelquesréflexionsà faire.
La premiere, que l'expression
des Enseignes ou seules, ou accompagnées
de Signes, s'infere
toujours entre les expressions des
Chiffres primitifs
,
& des auxiliaires.
La seconde, que l'expression
des accents & des points
ne se place qu'après celle du
Chiffre primitif ou de l'auxiliaire
,
sur Lequel ils font marquer
Latroisiéme
, que mes subalternes
doubles ne répondent qu'à
un Signe, de mesme que mes
Diphtongues auxiliaires faisant
cette fonction, ne répondent
qu'à un Chiffre. La quatrième,
quenon feulement éfait l'office
,' de nullej mais K &.Taussi, aux
endroits que j'ayrapportez, &
qu'ainsiestant auxiliaire, & ces
subalternes me servant à exprimer
des accents d'augmentation,
ces trois Lettres ont double employ.
La cinquième ; que leurs
compagnes eû & oy, 7 &ffont de
mesme employées doublemenr.
Les premieres
, comme auxiliaires
& comme suppleantes
;
&les.
autres àl'expression des pluriels,
&àcelle desaccents. Etlafixié.
me, que les subalternes doubles,
KK,/I,.If, tt,Ik, Is, lt, &tla
contraires des subalternes fimn
ples n'ont aucun employ dans
cette premiere Langue.L,en
arusesi uzn tbroisiieemenq-uervooussvte.r
Je ne vous ay presque encoroi
rien ditde la nulles.Ilest rempjq
de vous expliquer son usage ;jot
l'insere parmy mes Lerrres auxi..;:
Jiairesàmefmefin que ma nulltl
e parmy mes primitives
,
je veuaxi
dire pour leur liaÏÍon, & pour
leur adoucissement, & de plusi
comme j'employe e élu unis en--j
semble dans la Diphtongue eû
pour suppleante simple
, &,,
pour suppleante double
, encres
ces primitives, fin de diminuer
dans les mots le nombre des Sy1-
labes,Remployé encore à mesmes
intention l & z. unis ou separez,
entre ces auxiliaires; mais seule,
ment pour suppleantesimple, la
double nem'estant pas necessaire.
Ainsi au lieu d'écrire & de
prononcer simplement benga.
quisignifie Divin
,
6cfaa qui signifie
savois
,
faaiqui signifieTu
aveis ; faaay qui signifieilavoit;
&fitaaay qui signifie onavoit, j'écris
& je dis bengA&a fitza,flizi,
falzay 6c ftlzallY ou falazay. Le
toutde la maniere qu'on trouvera
la plus propre à lier le mot, &
à luy oster sa rudesse. Surquoy
il fautobserver que l'employ de
Suppléante entre les auxiliaires
appartient à la subalterne 1 6c
non pasaz, mais que pour avoir
cet employ
,
elle doit estre suiviedu
z immediatement, ou bien feparée
de luy seulement par une,
auxiliaire: Et on ne doit pas
craindre que l'usage de ces nulles
& de ces subalternes simples ou
doubles, cause aucune équivoque
dans cette Langue, il n'y en
arriveroit pas mesmes quand
bien on en écriroit tous les mots
sans distance, on les diftingueroit
encore plus aisément queles Caraéteres
dont ils résultent
,
i smesmesçavoir
leur signification,
pourveu qu'on priftbien garde à
mes Régies.
Voila,Monsieur, l'expression
litterale de la premiere de mes
Ecritures universelles,& dequoy
former, une Langue de mesme
étenduë, demesmeclarté, 6cde
mesme abondance qu'elle. Il ne
mereste qu'àen donnerun petit
échantillon, comme j'ay fait à la
fin de chacune de ces Ecritures;
& je me ferviray du mesme exemple
que j'ay employé.Vous sçavezqu'il
consiste en ce début du
Texte Sacré. Dans le commencement
Bien créa le Ciel & la Terre.
Je n'ay que faire d'en rapporter
les Caractères numéraux, vous
les pouvez voir dans le XX. Extraordinaire
page 284.Voicy
les motsqui en résultent boyt du
benembebru bengabengebalzuô de
fenbi,beûtdosembo.
Je pourrois joindre au dérail de
cette premiere Langue universelle,
celuy de la seconde, & ce que
j'ay encore à vous dire de l'une M
de l'autrecommeje l'avois projetté
à la fin de ma derniere Lettre
, mais je croy qu'il est plus à
propos de finir celle-cy
,
elle me
paroist assez longue, & mesme
trop pour un petit Livre où taoDI
de beaux Ouvrages demandent
place. Agréez doncquejeremette
l'accomplissementdumienà vôtre
Extraordinaire du 15.de Janvier
, & faites moy toujours Jass
grâcede me croire, MOPÍieur'
vostre,&c.
DE VlINNJS P&AÏÏCV.,
SÊNTIMENS
SUR LES QUESTIONS
DU XXX.
EXTRAORDINAIRE.
D'oùvientque plusieurs Maris,
qui ont de tres -
belles Femmes
, en aiment souvent, non
feulement de beaucoup moins
belles, mais mesme de treslaides?
D'Où vient ce défaut£amitié?
D'm vient cette bijarrerie,
Depréferer une furie
Auxebarmes rawijfuns de sa chert Mtirtiê?
D'où vient qu'en ce temps IHnoUlfimes
On voitfouie, on voit nombre d'hommes
Quise IAffim injuflement
D'un bien honnefle & légitime
Que leur offre le Sacrement, *
Pour courir scandaleusement
Après la Uideur & le crime?
Ce déplorable aveuglement
A. qui le bon sensse dénie,
Vient d'un certain enteflement
Que l'on peut appeller manie,
- Fièvre de toutes les faisons
Que la Nature abhorre,
Que l'on ne peut filtffrir quaux petites
Maisons,
Et qu'ton ne peut guérir qu'avecque Hellebore.
Car outre que la Loy de Dieu,
Qui doit noue regler en tout lieu,
Défendce commence execrable,
Ûefi que quiconque en uze ainsi,
Se voit de honte tout noircy,
Et ne peut s"empefeber d'estre dértifonnable.
Ilfaut que ce lâche Mortel,
Accusé d'un desordretel,
Ait l'ame bien noire & brutale,
Tuifque pour flater fort defin
Ilse livre AU vilain plaiftr,
EtJe noyé dans de l'eau salle.
Ilpourrait éteindresesfeux
DAns lefein d'une cbafle Epouiei
Quifeule en vaut bien dix ou douze-
Et qui(Failleurs narien d'affreux;
Cependantl'injufle s'amuse
Par une tHufîon qu'inspire Lucifer"
A carresseruneMeduz^e
Qui ne mérité que tEnfer.
Est-ce un plalfiir,ejl-ce un honneur,
• D'aller prodiguer sa tenâreffe
Envers une indigne Maîflrefife
Quifait banqueroute a (honneury
Quin^Âquune conduiteinfame
Et d'odieuses qualités,
Quitraisne fori corps & Toname
1
Dans lafange des voluptez
,
Pendant qu'une Femme discrette,
Qui de bcautez a plus d'ungrain
> w DeVore en secret son chagrin,
Et garde unefainteretraite,
Employant envers Dieu tonsfes empreA
femens
Enfaveur deceluy quifait toussestouw.
mens.
er.i
Certes disons la verité
Parlons avecsïncerité,,
Pour faire une telle conqueste
Avec un choix si precieux
Ilfaut qu'un hommeaitmal aux yeux.'t.
Et plus mal encore a la tesse.
Nfent une extrême ailegreffe
!?!:!and on peut s'acquérir une fiereMat-- \*
tresse,
JQui regardaitCamour comme un frm'¡
défendu;
JMais bien plusfenfble efl la joye •
Quand on peut ratrapper sa proye, ,,
Etre\a<rner un coeur que lonavoitpcrdu*^
Si un Amant peut voircontinuellement
fà Maistresse sans 'en. nQuyer. Uelque belle quefoit une aimable
Personne,
Fufi-elle une Venu4
,
fuji-elle une Hermionne,
Ou celle à qui Parisfitsafunejiecour,
Si les yeux n'ont toujours à voir quejren
visage,
Enfin l'on sen dégOHtc, & l'on Je décourage
, Et lennuy prend-bien-tofi la place de l'a- -
mour.
Tour gâter un plaisîr3 il faut tfes-peu de
chose
Le changem3 ent nomplaifl, &'. nous IÍtnJf
lieu de don;
Ce qui d'abord paroissoit une roze
X>anslafuite du temps dégénéréen chafr'~
dom
Il n'en VA pas ainsi ds la cause premiere,
<.
Ce Soleil Eternel
, cette vive Lumiere,
DontCesprit & les sensreflerontenchan--
tez.
Sotteson Empire heureux, chacun rendra
les armes;
Voyant Dieu l'on verra mille & mille
beautez., ,
Sans que l'Eterniti suffi epuiser fei
charmes.
De l'Origine des Orgues. 1 L'Orlue efl une Machine antique,
Harmonieuse CT magniifque,
Qni par le mouvement des doigts.
JLt des pieds msfmequelquefois,
Entonne les justes lokanges
Dit Roy des Hommes & des Anges
Déterrons-en dans ce Traité
L'Origine. & CAntiquité,
.:Et rapportonsce que lHifloire
FtHt fournir à nostre memoire.
rn écrit que Tidal-Cam, Un des descendans de Cam,
Homme de coeur & de courAge,
Mit tout le premier en usage,
Corme en oeuvres a grandscoups de
main
QUO} , le Fer, la Bronze & l'Airain,
DontenfRite par tente terre
On fit des Infirumens de Guerre;
,7;,,ottes ,
Caj^ues,Bourguignottes, BBrraaSffâirrttss)
Hallecreti
,
Javelots, Cuijfarts,
Dards, Hallebardes, Bayonnettes,
SAbresJ Poigrardt, CllirafJèr, Brettes,
Flatnkerges de toutes saÇCMS,
Qui par des coupsd*EframasenJ
Derolent des fillis entiercs
Et piHplcnt , tant de Cimetières.
A ce Forgeron non taqun
DcJJom le grand nom de Vitlcain,
:>Mtèfotte & barbare
Par nn rvcuglement bicarré
, Comme a beaucoup d'autres izotels,
Offrit des ¡.roel!:C & des Autels.
Au reste, cet Homme heroiejue
Fllt l'Inventeur de la Musique,
Et des musicaux Inflrumens
Qui font let doux enchantemens,
Et les ravivantes merveilles
Des plus delïcatesoreillesi
Car des Motets bien inventez,
Bien conduits, bien executez t
Sur un Inflrument dharmonie,
Flattent doucement le génie,
Et s'attirent plus d'Auditeurs
Que le Printemps ne voit de fleurss
Quel'Automne ne voit de pommes,
Que l'air ne premene dUattomes
Que , tHyver ne voit de glaçons,
Que l'Esté ne voit demoissons.
Si la chose efl de cette forte
Comme on l'écrit, je men rapporte,
Dés le berceau de l'Univers
On parla Proze, on parla Vers,
Et l'on empUya des machines
A chanter les Grandeurs divines:
L'Orgue en efioit pareillement-
Selon mon petit fentiment*
Dt!vld, tornement des Prophètes,
L'honneur des RoisÔ" des Poètes,
Ce Chantre iiluflre & fortuné,
Ce couronné,
Ce Prince délite & de mise
Qui donne une Langue à ïEglife,
Qjii jo,,gnoit auson des
Hautbois
Ladouceur defit belle voix,
Dans Ion dernierPseaume conjure
Toute mortelle Creature
De rendre avec fidélité
Ses Voeuxà la Divinité,
Sans épargner la Castagnette,
L'Orgue,laHarpe, rEpinette,
Les Tymballes_&lesClairons,
BaJJes. de Yiaie & Violons,
Les Clavessins & rAngelique.
Et tout autre outil de Musique,
Car on ne peut trop eslimer
Celuy qu'on ne peut trop aimer.
Onécrit que l'Eglise Grecque,
Tlui Orthodoxe que la Meque,
FitAutrefois au grand Pepin,.
Slvant qu'ilfent.fl le lapin,
Et qu'il :;'dpprocha de la forguo Present , d'un riche buffet dOrgues,
En plujieurs membres départit
De mille tuyauxassorti,
Et fait d'une telle jlrutture
Quel'art y passant la Nature,
Rendoit par des traits inouis
Les fpeSlateurs tout ébl&uis.
Celle qui fit cette dépense
Ne manqua pas de récomptn/e;
Cette Histoire au refle an-iv%,
Nonfotu le regne de Nerva,
Maisfous celuy de Capronyme,
Prince qui vefeut sans esime
J Qui fouilla les Fonds lf"Aptifmaux,
>
PÓréfane infaillible des maux !2l(il firoit [s(oluuf!fF-iirr aà ¡' EE:g;,!>!ifree
Par (a rigueur ra (ot:ze : ù Par lajuoent les bons Erpr:ts
Quel Orguea bien descheveux gris.
0)
Platne le fameux Platine,
Hemtnc
Homme de profonde dotlrine,
Et de haute Irudition,
Faifant des Papes mention
Dit qu'un Pape , en vertm illuftre-,
Digne du Daiz. & du Balluftre,
Au Culte divin lattAchAnt,
Intreduifit l'Orgue & le Chant,
Relevantainsi la memoire
Du doiïe & zelé Saint Cregoire,
Qui se faisoit un doux plaisir
Dansjes beaux momens de loisir
D'apprendre quelquesaintCantique
A des Efleves de Musique.
Ce Pape efl Saint Vitalian,
Il me faudroit du moins un an
Pour bien portraire ce grand Homme
Quifut les delices de Rome,
Pour qui le Pais des Cesars
Eut de favorables égards.
On nom dépeint Sainte Cecile,
Qui portoittoujours CEvangile
Sur sson chaste & pudique ftin
Avec l'Orgue ou le CIAlItffi".
Joignant a sa belle harmonie
Vne agreablesymphonie;
Ce quifait croire avec.rai{on
Que COrgue estoit lors defaison.
Vn Orfani]Îe à grandfeuillage
Qui soutient bien son personnage,
Et qui réüJ!it dans son art
Par fcieuce & non par bazard
Efl digne , certes qu'on le lOlÛ,
Car sur une mesmeOrgue il joué,
Ce qui surprend les fptaateurs
Aussi-bien que les auditeurs,
La Yéelle, tEcho, la Mufttte,
La voix humaine, la Trompeltt.
Le Rossignol & le Cornet,
Le Cremorne & le Flageollet,
Sans que la baffe-continue
S'interrompe, discontinuë,
Etcesse pour un seul moment
De gronder agréablement;
Et cette aimable gronderie
Ne met point les gens en furie.
Au refle, ilfemblc en tant d'emploù
Qu'un homme ait vingt mains & cent
doigts.
Ajoutez.qu'en ce bel Ouvrage
Jamais le Souffleur ne partage
L'estime
,
lagloire & l'honneur,
Qm# ne font deus qu'au seulJoueur,
Comme eut la vanitédefaire
Un certain petit Necejptire,
Qu'autrement on nomme Laquais,
Spirituel à peu de frais.
Cet Avorton, ce Souffleur d'Orgue,
Digne que son orgueil on morgue,
AttribuAnt avec excez.
gue
De l'Orgue un fortuné succez,
Parlant un jour a [a Alaiflrejfe,
Et faisant valoir son adresse
Luy dit d'un , ton non enroüé:
Madame, a.t.on pas bien jiûé?
7e m'en rapporte à vosoreilles,
fc'Orgue a-t-elle
.@
PM.fait mervdlle
fItOC'Ï,styt . Pierrot,j'en reftay sans voix. mOJ, Madame, qui foufflois.
Ah Pierrot! ta fortune est faite
JI faut que le Begue en retraite.
Cherche a se cAch:r devant toyt
Ou qu'il renonce à fort employ.
Ah le [çItVAnt! ah l'habile homme!
Députa Lutece jufqua Rome
Voit-on rien de plus excellent
Que ton esprit & ton talent
Réponda ce vain Salmeaé*.
La Dame qui fait l'étonnée,
Voyant Pierrot se faire honneur
De la qualité de Soujfleur?
DesOrgues souvent l'on AhHft
Leur faisant dire
,
quelle rufe!
AH lieu d'Airs fierez. & divins,
Des Airs profanes & mondains,
Des Pont-retons, des Sarabandes,
Des Chacones, des Allemandes,
Des Gigues, & d'autres Chansons
Qu'onchantechez, les BrabAnçons,
Chez, les François, chez, les Druydesi
Chez, les Sarmates & Gepides,
Et chez, ceux qui d'un air ferAi"
Boivent la Moselle & le Rhin.
Certain Concile de Cologne,
.J..UDY que maint Organtfle en grogne par , tout Pays & Nations
Défend ces profanations.
En tffety de cette machine
Dont nous épluchons l'origine
e positif & le plein jeu :1 Ve doivent jouer , que pour Dieu,
semblables aux Troupes Celestes
lui nemployentleurs a tons modefies rendre dans l'Eternité
dommage a la Divinité.
eux qui nont pas l'oreille fine,
Prennent le son pour lafarine
a fable s pour la vérité,
1"oinbre pour la realité,
'our chants etEglise des Bourées • Adroitement élabourées,
"our des Pseaumes, des Menuetsy
uifont parler mille Muets,
ar les Tuyaux & les Pcdalle*
ue l'on na point sans Richedales,
appez d'un insensibleJon
'mblent parler , en leur façon.
ombre dEglises Calhedrltltl,
Fafiorales
,
Collégiales,
De grande réputation,
Se trouvent en possession
D'avoir des Orguesd'importance;
Mais dans un certain lieu de France,
Qui vaut bien plus d'un million,
C'efl dans l'Eglise de Lion,
Riche & superbe Basilique,
On est sans Orgue & sans Mus-ique,.
On se contente du Plain-chant
Melodieux, dévot, touchant,
Oui porte à Dieu sans artifice
Danscemagnifie/ne Edifice,
Les plus grands Princes d'icy-bas
Fontgloire d'y porter les draps.
- L. BOUCHET,
- ancien Curé deNogent le Roy
Je veut envoye quelques Explications
de la Fable Enigmatique,
employée dans le Mercure du mois de
Juillet. I. DE ces Ajlres sigrands qui brillent
dans les deuxx
Le Soleilfesait voir le plusgrand a nos
yeux.
uiinft LE GRANB Loiiis surla Terre &
sur l'Onde,
Efl sur les plus grands Rois, le plus
grand Roy du monde.
Ce Roy pour sa Devise a choisi le Soleil
Aussi comme cet Astre on le voit sans Ptfreil,
Tout brille dans son Regne avec magnifiunce,
Toutfait voirfit Bonté, toutfait voirfA
Puissance ; 0 Qt/il ait lefoudre enmain,quilpanche
a la douceur,
Gene ne peut assez admirersa Grandeur,
Quand au pié de ses murs ce Monarque
l'étonne,
Elle admire l'éclat qui par tout l'environne
; El le Doge fournis,ensecret 1ft contraint
D'adorer ce grand Roy qHil redoute d?
qu'il craint.
Trem(tz.. Gene, & craignez. d'iriter'
sa vangeance,
Connoissant sa valeur, mtnagez. fil clemence
; Et puisque sa bonté vous a donné III
Paix,
Voussortez. du péril,mats ny rentrez. ja*
mais.
En vain vous attendiez lefecoursde J'Er
pagne,
De Vos égaremens trop fidetle compagne.
Qui pourroitrefifier an plus grand des
GuerrierV
Laviiloire par tout le charge de laurhrsi
yoflre Etoile pour vota efl d'unméchant
présage,
Songez-y
, que cela serve a vous rendre
fllge,
* Ercraignez, defrcerun Vtinqueurirrité,
Pour la premierefols à manquer de bonté.
Ne vous yifez, point, le Chefde la Co/tr
fainte
Ne voudra plus entendre une fccondt
plainte.
Tourlors abandonnée au pouvoirdu YAin..
queurJ
Vontfcntirez. lepoids desa juste rigueur,
Indigne dureposoù vousmetfaclemence,
Vohs perirez.. sùperbe,avecvoflre arro-
1
gance.
DE LA TRONCHE, de Roüen.
II.
sAns aller à fObfervatoire
Pour voir les Oracles du Te,mps,
Sur vostreFable ou vostreHistoires
Mon cher Mercure, jel'entends.
ccft Gènes la Superbe, & tousses Partifans.
Cette noble Etoite exilée,
Qui de LCÜlS LE GRAND se trouve consolée
,
Est le Comte de Fiefque
,
a qui cent mille
écHS -
Viennentdleftre comptez attendant le
(urplw.
Saturne estle Saint Pere,
JQui pour deformer la cdlere
Du plus puissant des Roit juflementirritéy
S'entremit dela Paix> & jugea que le-
Doge
[Devait venirluy-mesme en tontehumi
lité
LU1 demanderpardon,&fairefin Eloge-
VLGNIEIU
AIIRIII. S.
DAns la Fable 4 MercllreJ 01'"
voit la verité.
Autrefois Genes la Superbe,
Rombpea,nte aujourd'huy comme ther-
AH.'t: pieds du GRAND LoürsAflHmilsa
fierté.
Contre luyles efforts font toujours inutiles,
De mesme que tAmour efllemaiflre des
coeurs,
Ce Héros invincible efl le Aiaiflre des
YiJles#-
7/ les br/tic. il les prend malgré leurs défendeurs.
Tripoli vient encor d'en sentir les ardeurst.
IrisJ depuis long tftnps je languis dllnJ
vos chaînes,
Vous méprisez.toujours le pouvoir de
CAmour;
Pour me vanner de tant de peines,
Craignez, que ce Dien quelque jour
Ne faJfe avcftre coeursentirle fort de
Genes.
DiEREVILH.
IV.
LA Venus proposée efl la Ville de
Gene,
Et pour la proteger CEfpagne * en vain
se peine,
Si le Soleilmarqué pour le Roy des François,
Pretendparses rayons * la rangerfoUI
ses Loix.
Cette superbe Fille éprouvant leur puïssance,
j4 veu tvut recsmment punir son inralence.
Le Doge resolu de ejhitterses EflAts
Tour venir faire hommageau Chef* det
Potentats.
* Le Comte qui reçoitforce éCHI tn par*
tage,
Tout cela du Soleil 4 ness qu'unléger
ouvrage.
* La Lune. *Bombes. *De Fiesque.IsLeRoy..
L'Autheurde Phij,addphe,..
ONZIE'ME PARTIE
DUTRAITE'
DES LUNETTES,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE
Par M* CoMIERS d'Ambrun,
PrevotsdeTernant) profeffiur
es Mathématiques 4 Paris. NOusavons démontré dans
les deux derniers Mercures
Extraordinaires, par le temou
gnageancien Ic irréprochable
de plusieurs doctes Autheurs
François & Latins, qui ont fait
imprimer leurs Livres,plusieurs
années auparavant que leR.P.
Cherubind'Orléans
,
grand Adioptricien,
eut donné au Public ses
ParfaitesVisions des années 1677.
678. & 1681. iQue la premiere
Invention des Binocles, celoit deuë
à Daniel CHORES, qui les presensa
au Roy, & en publia la facile
construction en l'année i6iy.
Nous avons aussi demoncré que
tous les véritables Sçavans reconnoissoient
devoir l'invention
des Binocles, dont les verres
oculaires font convexes , au R.
P. Anthoine Maria de Rheita,
ce-doc'te &Religieux Capucin
Allemand, qui après avoir fait
admirer à tous les Sçavans Curiéux
le prodigieux effet de ses
Binocles, en donna en l'année
1645. la construction dans le premier
Volume de son Livre in fo-
-
lio ; intitulé Oculus ErucS & Elia.
Je veux - encores démontrer
l'Anciennetédes Binocles, par le témoignage
d'un tres sçavant Autheur
Italien, c'est le P. F. LANA
de la Compagnie de Jesus.
Voicy ses termes que j'ay tirez
de la 209 page de fou Livre infolio
, qui a pour Titre PRODROMO,
ALL' ARTE MAESTRA
imprimé in Brescia en
l'année M. DC. LXX.
Resta, dit cét Autheur
,
di dire
alcunacofa, délit Cannoebiali,*con>
i qualisityirano gl* oggetti con tutti
e due gl' Occhi che per cio adimafJd(
iamo BINOCULI. EjJendo dunque certa che quando mi miriam,
alcttn' o-ggetto con embi gl1 occhi l,
vediamo piu chiaro, Particolarmente.
in molta diflanza
,
Stquitacbeft--\
cendo noi un Cannochiale conilqua~\
le Jt pojfa rapprcfentarel'oggetto avb
tutti due gl' oahi
, non solo ci com-x
farira pia chiaro
, ma faremo men"
fatica.
Si fara dunque in questa
, o altrav
jimilforma, &c.Iverniobjcctivi^x
devono ejjere di una medefima L#fJ"-
&bez,za di diametro
, ç l'lino totale
mentesimile aU'Illtrl) ncllafia figurai
COllveffi ; fmi/mente coUocheraivicino
à gl' occhi due vettri concavité
overo due lenti, o anche fei, cerne tiew
T411nochiafj di quattro vettri
,
si chc&
Jîano DUO CANNOCHIALI INTC
UNO;ma quefit vicini a gl' êccbûù
devonoessereccllocatic&n taldijîaza^h
cbeIL CENTRO LORO CORRIS-2
FONDA"ESATTAMENTEAL CEN-fr
r&0 DELLA PUPILLA DE GL"
JCCHij ail' incontro li due vettri
b.ec-tivi devono tffire ira dise al
ju&ntopiuvicini, 0 meno,conforma
d lontananza dell' oggetto ,
che vorliamo
quardarei puiche in maggiore
Vietnam,A delT oggetto ,
ancb* tJfi:
icvono tjflre piu vicini tra di sa
lecio in tal modo i raggi vifuali
d'amhidue gl'occhi
,
paffando per li.
vettri objettivi,vadano à terminare:
nel medefieioogeetto. onde, &c..
Voila pour me servir des mefmes
termes du P. Cherubin daus-i
la 54 page de la Vision Parfairede
1678. LA veritable & unique
Cênftruttion de CoculaireBinocle.t' tous les Verres ysoient, il a oublié
de dire dans chacune des deux:
Lunettes, centralementtoujours partiellesentreux.
2. £)uilsyfoien#
centrdementptrpendicuUires 4fti
Axes.3. elis,déllX-Axes/eNI
soientréciproquement toujours centralement
perpendiculaires,à que.diftanct quepuijpseflre tl.ohje
D'où est évidentque lesVerrts immea
diatsjX veut dire les oculaires plus
proches desyeu%^eftantcentrdemet
ajustez, aux papilles- des yeux. C.
que leP. Lana dit par ces morsj
che il cento loro corn/fonda effimente
d centro délit pupille de gÊ
occhi. Reprenonstes termes
du
P. Chérubin, les Axes pénétre*
ntcejfaircment, enfnite perptndiem
Idirement,&très, direffemtnt toutk
U profondeurdes yeux , jujquesm
tomber sur lemilieu des deux letinés
sansseromprei ce qui efi t'tfill-.
ciel de la VisionpArfaite, &pdrtutM
ftquem AIIJfl delàconjkrufîh»l"r:
faite de l'oculaireBinocle. Ce que
Daniel Choyes, & leP. de Rhei_-
ta, ce sçavant & Religieux Capucin
Allemand, & Je P. Lan*
en 1670. & le P. de chales em
1674. avoient enseigné & pratiqué
en 1645. dansla construction
de leurs anciens Binocles. C'est
pourquoy M. le Marquis deSeignelay
Secretaire d'Etat, dit au
R.P; Chérubin, ce que luy mesme
a publié en Tannée16-jy*.
dans la 412 page de sa Contiquité
des Corps. Ilfaut avouer que,--
le Binocle est une belle invention;
mais franchement elle nejîpas nouuelle
; néanmoins nostre Autheur
Adioptricienajoute ,
qu'il repliqua,
qu'ilyavoit plus de vingt tms;,
qu'il avoit inventé & construit le?
Binoclt. Et n'ayant point de
preuve par témoin ny par écrit,
d'avoir inventé ou construit
quelque Binocle,il gagneroit (a.
cause s'iltrouvoit un Juge qui le
voulut croire, dajudicem qui me,
credat, & ego convincam. Maispar
malheur, il a luy mesme démenty
en l'année 1681. par termes
formels &tres décisifs le témoignage
avantageux qu'il s'étoit
donné,d'avoir inventé &
construit le Binocle vingt ans auparavant
l'année 1679. Voicy
ses termes couchez au commencement
de la 191 page de ses parfaites
Visions imprimées en 1681.
ny'ayant, dic-il,jamais paru aucun
Binoclejusques a l'impreon du LivredelaVision
Parfaite de1677. dat
lequelj'en ay donnél'invention. Ce
noj/j.m Inventeur delà vieille
invention des Binocles, fit ailleurs
une réponse autanr juste
que la précedenre. Quelqu'un
luy ayantditque M. Da/encé Secrétaire
du Roy, estant à Vifbourg
en l'année 1668. eut pendant
trois semaines
,
l'excellent
Binocle de quatorze pieds de M.
l'Electeur de Mayence, & luy
ayant de plus faitvoir sur son
Agenda, ce qu'il avoit tire du 2.
Livre Chap. 11. page 241, de M.
F.R.A.B. J^ueMejjîeursdesCoptes
neconvenoientpas dans sa Sommationdes
Tlu(tesd'Allemand> dont on
avoitbâti les Lunettes des Princes nouvellemetimpriméesàAnvers.
Il protesta
que c'estoitluyquiavoit
donné ces Binocles à des Princes
d'Allemagne, & qu'il estoit vray
qu'on luy avoit fourny de Flustes
d'Allemagne pour luy servir de
tuyaux pour chacune Lunette
du Binocle. Quelque Rieur ajouta,
qu'asseurémêt ces grandsBinoclesàFlustes
d'Allemagne,avoiée
enfanté le perit Binocle de deux
pieds de longueur, du P. Dechales-
Savoyard, & comme aussi celuy
de decemcirciterpalmorum de longueur,
dont il parle dans la 673
page du fecond Tome de son
Mundus Matkemntieut, imprimé à
Lyon en l'année 1674. Ainsices
deux Binocles étrangers sont ail
moins de vingt ans plus anciens
que la Vision Parfaite de 1677:
du P. Chérubin. C'est pourquoy
comme il est facile d'estre Prophere
des choses payées, &. Inventeur
des vieilles choses, il a eu
raison en l'année 1678. de donner
vers la fin de la 27 page de
tes Visions latinisées, cét Avis si
important au Public,Certe, ditil,
hujus Geniisumfatcor qui in pr.e.
dilyiis ac pulchris adinveniendis
simmedelcetor. En effet, y a.t.il
truUrim ? Que la transformation
en Ange de lumiere dans les Vi-
,
gnetes de ses Visions de 1677. &
de 1681. Y a-t il rien pulchriu?
que Ía Meremsicosation en teste
d'Apollon
,
dans les Culs de lampedesesVisionsde1677.
Quid
froecUriué ac pulcbrius ? que cette
belle Anagramme ou renversement
de nom autour de cette
teste creuse
,
mais Apollonifiée;
CHERV&BINWS AVRELIANENSIS.
UNA IN VERIS
HABERIS LUCENS.
Mais toute cette force d'espritn'est
rien en comparaisondes
ce qu'en l'année 1671. dans lu]
296 p. de sa Dioprrique oculaire,
il asseure avoir vû dans laLune
mais par un moyen tout particulier
jusques ici inconnu; que je firaJ
voir, aj oute-t'il, ensonlieu : ce sera
pour lors qu'il prendra ouvertement
laqualité d'Ambanadeurti
de l'Empereur dela Lune.Ce sera
pour lors que donnant laRelationn
au Public de son Voyage dans Ia,
Lune, il confirmera ce qu'il al)
dit en 1679. dans la ni page des
la Contiquité des Corps: j'ayv
trouvé, dlr-]I,_fenf,;blcmcnt, quel'a¡r,,'\
agit naturellementsportivement e.
montant, dr seulementnegativement
en descendant, ce font ses propres v.
termes, qui par leur cadences
payent leur manque de raison,
bienn
bien qu'il en ait prononcé un arrest
solemnel contre tous les veritables
Philosophes, qui ayant
la teste trop dure & bien timbrés,
ne peuvent ressentirles influences
de ce Soleil nocturne,
mysimpathiser à la legereté de
Jair. Voicy les termes de son rell: tirez du fecond Article de troisiéme page de la Préface
Eê Ces Parfaites ViJiensàQ l'année 681. Pour desabuser dit-il, le
ondepréoccupé d'une êpinion éga- nent nouvelle
,
je. maiségaUment ; de laprétenduepefauteurde
£air,quequelques Philosophesrecens
croyoient avoir tres solidement Iflfblie
parmy les Sç&vans,
La. Nature luy a de tres grandiûimes
obligations, puis qu'il
estoitleseuldansluniverscapable,
commeil diten1679. dans
la septiéme page desa Contiquité
des Corps pour démontrerlaveritécontraire.
J'avoue,dit-il, que
ce n'est pas sans un travail
,
& qui
demande mefîtoe des connoissances tres
étendues
,
& une très vivepénétration
d'esprit. Voila enpeude mots
le Panégyrique que luy mesme
fait de sonesprit,il le faut croire
sans hésiter aussi fermement que
lors que dans la399 pagedumesme
Livre, il prononce que l'oculaire
pourservir aux objets de terre, -
nedoit point excederla longueur de
dix pieds environ : Et par confequirttattjji
le Binocle ; mais pour les.
tû9jits du*font, ajoûtet'il,
édtlinz., par eux mt/mes, c'estàdire,
ajoute-t'il encores, qui sont lumineux
: le Binoclepeut estre tant l()ng
que Con voudra. Philosophes &
A stronomes que je vousplains!
d'avoir creu que les objets du
Ciel, ces Planettes que vous observez
avec tant de vigilance &
de précaution avec vos simples
Telescopes
,
& non pas avec des
Binocles, n'avoient qu'une lumiere
empruntéedu Soleil, apprenez
enfin que cét Autheur
ayant faitenfin son vôyage d<ins
la Lune, à reconnu en observant
les objets du Ciel avec des Binocles,
que laLune, Mercure, Jupiter
&. ses quatre Satellites
, Saturne
son Anneau, &' ses sept Lunes,
font commeil asseure
,
éclai-
TrZo par eux mesmes,c'est à dire qu'ils
sont lumineux.
Voila le fruit & les découvertesque
l'Aucheur des Visions a
fait avec les Binocles de quoy il
doit se contenter, car pouravoir
continué à crier pour l'invention
des Binocles, comme les Fauxperdeurs
de cognées à Jupiter, il
luyest arrivé lamesme cho[e,&.
ses Amis luy ont conseillé de de-.
mander plutost à Jupiter comme;
les AberReids;la reftitutio* de son
premierbony£/?.f,commeadit M.F..
R. au Prologue de son quatrièmes
Livre page239.« Du Paraleliijhte de l'Axe des
deux Lunettes du Binocle
TekJèopique.,
,
pique.,
Nous avons dit dans le derniers
Mercure, que laconstruction diuj
Binocle pour voir les objets cloi—
gnez ;
estoit fort facile, puis qu'il
lutEr de mettre paralellement sunt
un mesme plan deux LunetCe
en tout semblables
,
& d'égale
forcé & longueur, & que leurs
Axes estent paralelles ne soient
éloignez l'un de l'autre, que de
la distance qu'il y a entre les centresde
deux prunelles
,
laquelle
n'est ordinairement que de deux
pouces & demy au plus, lors
mesmeque les
-
yeux font dans la
situation pour voir les objets
Rlffi éloignez que les Astres de
l'immobile Firmament, il s'agit
doncdedemontrerle paralellismePhysique
des Axes (lesdeux,
Lunettes du Binocle,mesme
JOur les objets terrestres fort
:loignez,-
Tous les Sçavans reçoivent
Axiome qui est en l'Article
IVÏI page 21 ,de la Dioptrique
le Keppeler de l'impression de
( - 7 ]61I.Áx-es fer centra, Pupilloe^C2"
humomm-oculorum tranfeuntes natu
rali motuvel poiitu quiete ,paraieUt
funt, volanttrie vero conterqneturad)
propinquacomemplanda.
Vopiscus Fortunatus Plein,
pius Medecin d'Amfteldam
, a,
parlé comme Keppler. Voicy
ces irermes tirez de la.97,Page du -
Lib. 3. càf.^.vde fcm
grdpbiti de l'année 16yy. car aise--
moto oculedurfimid*deamdcmpar-\
tcm '"zoveatur répond. ZJt,
direéta in unum idemquc pun-Bum
dmborumLuminumacie
,
idemobjeffum
utrumquc oculum uno rempote
ftmiléraJiorum infltxioneingrediatur,
quo unaelhitur diflinBa.vJJto
aïque acuratn dignotio, & au Livre
4 Problème LV. page 176 il
ajoute,Vtfn4 ad multumpropinqm
dgrius id efilaboriofius& molejiius
dr dolcntiusrefpicit quant ad rcmctiora
, parce que, in vifione rtrum
fropinquarum contorqutri
,
feu adJe
invicim mnuèreoculos
,
értantomagis
contorqueri quanto res visa provins
vifîtm confifiit: In vifione -dutem
objeciorum longinquorum eculos
Uneri paralellos; at situs hic oculorum
paraieIIus naturalis 11
, quetn
Jpontesuarepetuntoculi vi mufculorum
aliorsum non difiracii. Vndè
in meditabundis eo quodhimufiulos
oculorum rimittant,qito minusad res
proximas contorqucantur ,
recurrunt
ipsiad istum paraitHum : qua nota,
voicy qui est digne de remarque,
exflatici isis facile dignofeuntur ab
omnibus, &sianon cmnibm, not*
ratio intelligatur. Contorfio nonnisi
rnufçulorum ope Uboriose pfrficitur:
quare flquituream fatigatioj &quo 4
major fucritilla contortio
,
eo major i
fatigatio ac lalor. Deprchendimw t
autem non camdem omnibu* incjfc ;
eculos contrahendi facultatem
,
fid
quibusdam longilrem
,
aliii breviorem
terminnm à natura pojïtumesse,
quo propimadducercoculosnequeunt
prout feiliect Ad TlJdgisvtlmin#s
propinqua vifionemfe affue fecerint.
C'est - pourquoy il y a plus de
trente années que j'ay déclaré le
Binocle miscroscopique, sinon
inutile du moins d'un usage tres
penible & fatigant à bien des
gens, qui ne peuvent qu'avec
grande violence contourner sussisamment
les yeux pourvoir un
objet fort proche; mais le P Chérubin
par certaine Antipatie qui
estentre iuyôc lebon sens, a dit
;-n iéSi. dans la 1 page de les Vivions
, JVuc tout les mouvcwènsdes
:dcux yeux conjointementr se fai-
Soient avec une Ji douce activité*
toujours accompagnée de sa délectation
& duplaisir
,
quilsparoissent
infatigables en leurs actions.
Reuenons au paralellis--me de
l'Axedes deux Lunettes du Binocle
Telescopique, pour voir en
mesme temps des deux yeux les
objets qui sont cres éloignez.
Pousledct-nontrerje poiede faits
rnconteftables.
1. Le P. de Chales, après Alazen,
Vtellion 5c plusieurs
autres Autheurstant anciens que
Modernes, avoit démontré en
l'année 1674. depuisla 381 page
de son Mundm Maïkmaticu*<^uc
Axes optici concurrunt inunumidem
punctum
,
le P. Cherubin ayann
étudié, cét Autheur en a voulu!
en 1677. & 1681. regalerles ignoo
rans, ce qu'il a fait par un excella
lent verbiage &ennuyanre Mac
rologiedans ses Visions pdrfai.i;
tes, où le concours des deux À.f"
xes de la Vision en un seul poinin
de l'obj et.
20. Le R. P. Chérubindanin
ses Visions Latinisées 5c augmentéesen
l'aimée 1678. parle en cerj
ternies dans la 66 p ig Totalem Si.\i
vmuli fieflri cxhrfarcmînbum trirtms
dintaxat icd/un, qtiotf.1licet
ccoumlihmuidjuiosrtiistbmejp v(Jl/Ji, qui ufk&\
,
& nibil hominùs a&x
ttrrcftriaJingulanscjfeffu-4forets
r^rro,ajoute-t'll,Binoculumhnn&\
très,tantum peds longum,etiam dj-\
Jiificiu'm adfexleucarum inîcYVùl2\\
lun; objaftlm prxbcrc, curisus 'l'Û-:
[";etartyre poterit experiri.
Supposons que nostre Au-
Ihcur ait la veuë aussi force, que
l'ay euë autrefois, qui voyois
,lif1:iLlél:emnt les objets colorez
wC bien éclairez, à la distance de
deux cens cinquante pas Geonetriques
qui valentdeux stades
iilc 615 pieds chacune. Voyez.
wlineffifi. Nat. lib.2. cap. 234 Supposons encores quenostre
grand Autheur Adioptricienparf.;
juste
,
lors qu'il asseure qu'arec
son Binocle de trois pieds de
Sftngueur,il voyoitdistinctement
ses objets qui font éloignez de six
euës. Voila un Binocle excelsentissime
poursa petite taillé,&c.
dont la gloire en reviendra toû-
M)-.îrs toute, entiere au Maistre
lunetier-, puis que le R.: P. Cherubinn'ajamais
fait dtEtiJY
, ny
travaille aucun des Verres, 1
vray que par sa Lettre écrite du
Convent de Saint Honoré à Pa
ris cUttée du 2. Décembre 1676
&-adressee à M. gmrrchu M.:i:,:
treMiroëtier& Lunetier,aux
deux Croissans d'argent sur le
Quay de l'Horloge, qu'il a miau
nombre des minutes de M. le
Franc le jeune Notaire Royall
par Acte dedépostdu 17. Janvier
1*678. Je P. Cherubin parleau
SieurQuerrreau en ces termes
Lundy Sa Majejfe me commanda 4
luy faire un.Binocle ,jt me feron
trouvétnpeintdeflttisfaire au corm
mandement- de saMajeÏÏe,.J-IlJ-""
plus de vingt ans quefay defefté tl1
travailler, au Verre*'Mais je me ftù
fouiâgé fefprit aufîtjet de ce travail
fer Pefttme queje fais du vofrr,,
ysipourquoyje vous prie de me faim t grace de mefairedesVerrespour
monter lesoculaires que le Roy desire
tueje luy fissi
,
qui font un oculaire
Winocle, dr un Autre pour Mffigner,
Semblable à celuy que je vousfis faire
fl.le Nonce Bargellini
, pour mettre
r la Machine à dejfmerdeloin,je
mus prie de voussouvenir que c'est
Jour le Boy, t? en cette consideration -- Hy apportertout lefoin&exactitude
wjjikle, vous en aurez de l'honneur,
vutre que, drc.
Cette Machine à dessiner de
de loin est mon Telesgraphe, qu'il
déguisa pour s'en dire l'inventeur
,
mais ille rendit irregulier
g&c sesopérations fausses
, par la
taillie qu'il donna à l'index,&
n'en ayant pû reconnoiflre la
fausseté
,
il en sir en l'année1677.
dans la 144 page de les Vision
parfaites
, un grand prelcnÇ.Ali,
Personnes que leurs Chargesexpi
sentperilleusiment dans les Armée.
Et deplus, a-t'il ajoute dans f.
187 page de ses Visions de 1681
Aux Ingénieurs dans les Armées,
centretirer &" dessiner les dehor
des Places, mefmcr ajjiegée
hors de la portée du Canon. Cette
invention est autant admirable
& utile que celle dont M.F
RAB. fait mention, dans sou
quatriéme Livre ChapitreLXIII
Comment Gajhrmvehivit art ck
moyen denon estreblissénytouchépaq
Coups de Canon.
- Il ne reste plusqu'àconsideres:
dans l'excellent effet de ce BiJ
nocle, duquel a parlé leR. P.'
Cherubin, que lajufte proporion
des Verres, & leurjufte arcengementdanschacune
Lunet- te.NostreCommissionnairedes
Binocles n'en doit encore tirer
aucune vaine gloire, puis qu'il
appris le tout de moy , en voicy
ses preuves incontestables.
Dans mon Livre de la nouvelle
ience de la Nature & Presage des
demettes ,
imprimé à Lyon en
année 1665. est mon Traité sucint,
de la PFon de faireles grands
dunettes a, trois.¿&.. à quatre Verres
convexes, je me fuis servy des ternnes
suivans dans la 486 page
Articlevu. Ftlú qu'unVerreecusaire
tant pins il est d'un moindre
wjcr, tantplusil agrandit lu objets
un les rendant en échangeplustrou-
Mes ; ilfaut gardercertaine proportion
entre les longueurs des foyersdes
Verres, laquelleproportion neconjiflh
icy enrigueur &précifionMathemax*
tique
,
puis quelle commence d'iftnv
bonnedepuM unjusquesà ;f.& 40, A
Foctu du Verreoculaireétaïd'unpou«
ce y
le foyerdu Verreobsessifdoiteflrrï
depuis36jufques.kquarantepouces.
Le P. Chérubin dans les Vi-i"
fions parfaites de 1677. Page140A
a parlé en ces termes. Pourmon-*
ter L'oculaire de quatre Verres con-u
vexes, qui redresse excellemment
l'espece très augmentée & tres diftimK
ÏÏe,pourfervir aux objets de la, terrey
il faut remarquer que les trou der.
niers Verres doivent estre de petit."
SSppbhecre,ccoommparez, au Verre objc£lif\\
aufquclsils doiventservir: ils peu-*
vent bien eflre tous trois égaux,db
fifre en proportion avec leur objctlif\:
emme 1. à sf. 38. ou 40. au ïluam
il ajoute du si-rn ,ces mots, au
plia, ce qui est tres faux; car, par
exple,un Verre objectif de mille
pieds de longueur de foyer, &.
qui a 21 pouce de diamettre en sa
surface, que nostre bon Amy M.
Hotsoker a travailléil luy faudroit
un Oculaire de 27
pieds &
neuf pouces, pour estre avec son
àobjectif en meim* raison comme 36
, ou du moins illuy faudroitun
Oculaire de 15 pieds, pour
il
estreà son objectifcomme 1 à 40,
ainsi cette prodigieuse Lunette
n'augmenteroit que quarante'
fois l'apparition naturelledel'ob- jet, & n'auroic par dessus ma
Lunette de poche
,
dont l'objectifàun
pouce d'ouverture,augtreavantage
quede me Lirevoirun
objet 411 foisplusclair, c cil:
à dire, autantdefois que la furfa^;
ce del'onverturedwt'objjéHfd«t
ma petite Lunette, est contenuë
dus la surface de 21 pouce d'ouverture
de ce grand objectif.
Il reste à examiner si le P. Che-3
ruban a trouvé ou donné quelque
chose du sien
, concernant l'arrengement
desVerres convexe
dans les Lunettes.
En l'année 1665. dans la 497
page de mon Livre de la nouvcUo\
Sc'tnce de la Nature d* Fnfige dù&
Cnna/es" je donnay l'arrangement
des quatre Verres en cea^
termes ,
Toute la perfection de nosv*
grandes Lunettes, consisteen quatre
Verres,&c. Ayant vos quatre Ver—*\
res, fin objectif, trois oculaires
-qu,,-ts oculaires peuventeflretoustroislw
cPunmcjme Ftlçm, pour les logent
dans un Tube en
deue distance,puis
qui'ls ne font que deux Lunettes a
partquircnvirfcut les objets
, T<?M
mettrez lapetite Lunette
,
qui efteomposée
de deux derniers Foresoculaires
, au bout de l'autre Lunette ,
qui
est plus longue
, pour estre composée
dungrandohjecîtf& a'unoculaire,
0 & él()inez.en ^euapeu la petiteLunette,
jusques
atant
que njout voyez,
lesebtetstrèsdiftinciefhent.
En l'année 1678. le P. Cherubin
dans ses Visions latinisées, &
augmentées dans la 141dit, Jd•
construendum quatuor vitris conve- xisocularedioptricum,animadvertendumesttria
postrema vitrasuoobjeefivoxemparata
;pari/queinterfefacuitutissimulcum
-ejfiEfti ejje
posse,suo videlicet objectivo,utfsnt5
comme j'avois dit en l'année
iGGyJtcat i.ad36.vel 37.38.&c.r
ufcjucJummum40cjfvdendo.Voiiala
me(me erreur, ufyucfummum
40 que nous avons remarquéjçydessus.
Il pourfuic pour l'arrengement
certèpofuivefacilitts cornsoussi
can/îi ejfirie¡¡dUl/J. est
, M fecuïidum
viirum convexum cum pri.
mo objectum, il oublie de dire bien
éclairé 6ctres éloigné) difltnftif-
Jime invetftmreddatr, demum hoc
idemtertium, cumpreccdente secundo
; cfu&rtttm dénique cumprecedente
tertio
, tôt quasi jingNlis horum vu
trorum combinationibus pArticulàrÏA
nimirum ocu/dritl objcffttmnitidijjlmeinverjum
proejiantia comportendoy
.f<!!£ tandem simulconjttnÏÏÂ Prd-
Jlantijjiwum constituentOculare Dioptricum
dUabuseverjïonibus oculo
eiettum prabens objcéfum. Ildevoit
ajouter que les trois oculaires ne
doivent plus changer entr'eux, &
que pour cela on les peut mettre
dans un seul tuyau. Mais il faut
que la Lunette des deuxderniers
oculaires, ait esté faite en regardantun
objet tres eloigné ,c'eil:"
pourquoy le plus ~sur est de les
mettre à la c\ifiarJce de leurs foyers
- solaires. -
Enfin le P. Cherubin n'a rien
contribué aux Binocles. Leur invention
& leur usage est d'une
ancienneté au de là du jour de sa
Baiuance. Il n'a jamais construit
lestuyaux
, ny travaillé les Verres
, & leur proportion & leur arrangement
n'est pas de luy
, en
ayant presquedemotà rpot emprunté
ce que j'en avois dit en
1665.
DïtnonftrationduPuralcllifme
*
des Axes des deux Lunettes du -
BinocleTcLcfeofique.. sUpposons quele Binocle qui
n'a quetroispieds delongueur
,
fasse voir distinctement
un objetéloignéde six: lieuës,
comme le R; P. Cherubin Tailèuredansla
66 page deses Visions
augmentées& latinisées en l'année1678.
jedémontre queladistance
qui est entre les centres
des deux Verres objeél.i.fs de ce
Binocle, estphisiquementég.alçr
à la distance qui est entre les centres
des deux Verres oculaires
immediats, c'est à dire plus proches
des yeiix ,
puis que la distance
d'entre les centres de ces.
erres n'est pas plus grande que
distance d'entre les centres des
rerres objectifs, d'une partie
es 1730.d'uneligne. Voyez 14 igl#re premiere.
1°. La distance A B d'entre les
centres des deux prunel les, A &
~se des J cux du P. Chérubinn'est
auplus que de30 puisque
luy mesmedans la 136 pagede ses
Visionsde1681. dit, ladistancedes
centradespupilles de mes yeux est de
eux pouces cinq'lignes environ
,
&
u'il ajoûte dans la deuxiéme des
pagecottées 2t7.e lA distance
Misi trouve plus ordinairement entre
les centres des ouvertures desyeux,
comme £expérience me l'a fait connoistre
dansles meilleures veuës, DId'environ
deux pouces & demy.
2°. La distance d'entre les centres
des deux prunelles,efl: tOU1
jours plus grande que ladistance
d'entre les centres des Verres
oculaires, mesme des immédiats;
mais puis que nostre Adioptrieien
& Ageomerre
,
les a proponcées
égales dans la zos page
de ses Visions de 1681. Suppôt
sonslà égale, 6c disonspour luy
complaire , que la distance des
Verres immediats estde trente lu-i
gnes.
3:\ Il faut détermine-renlig-nes
la distance ou longueur deliaKi
lieuës. Bienquedansla195 page
du XXVII. Tome du Mercure
Extraordinaire, Quartier de Juillet
1684. au sujet du NivelâncnQt
pour la conduite des eaux , j'ayyj
donné 57100Toises du Châtelet
à chacun degré d'uir^randGer-o
~elol
pie de la terre où elleest moyenpement
élevée,puis que par tout
superficie n'est pas également
éloignée de son centre,ce que le
cpohuisrisqudeems eRntivieres demontrent
; neanmoins dans
rerre rencontre, je veux bien ne
donner au x environs de Paris que
~7060 toises à chacun degré, lui.
vant le calcul de Messieurs de
VAcademie Royale des Sciences,
?0 puis qu'un degré terrestre con-
:riet suivant ces Me ssieurs25lieuës
xommunes de France, chaque
îllieuë ne contient que 2282 toises
h pieds 4 pouces, 9 lignes & trois
cinquiémes d'une ligner C'est
Ipourq uoy chaque lieuë commume
de France, ne contient en
llongueur que 1971993 lignes &
dtrois cinquiémes de ligne, lefquelles
estantmultipliées parsixx
le nombre des lieuës, à la distan
ce desquelles le P. Cherubinau
lieu fus cotté de sa Visiõ latiniséo
en1678. dit que sonBinocle longr
feulement de trois pieds ou 43:^
lignes,faisoitvoir l'objet distincte
ment: vous aurez dans la Fig. J.\
N~11831961 lignes & trois cinquiémes
pourladistance dumilieu
d'entre ces deux yeuxàl'objet.
Et AB la distance d'entre Jeso
centres des prunelles des yeuxdu
P. Cherubin,n'est pas de 30 lignes
, comme il dit luy mesme
dansla136 pagedeses Visionsde
1681. Sippofons là néanmoins»]
estre de trente lignes, qui eM
deuxpouces ÔC demy
,
puis que
dans la page 117 ,
il la dit relief
dans les meilleures veuës
, 6e~
'ayans point égard que le conournement
des yeux vers cét
objet diminüe cette distance, i:nfm pour donner tout l'avantage
ossibleau P. Cherubin, fuppoons
A B 30 lignes.
Donc A B est la baze d'un
riangle Isocelle A + B : & ne
orenant pour N que 11831961
iignes,pour femidiamettre d'un
Cercle la circonference fera
74341410, & comme A B est un
les 2478080 costez du Poligone
gulier inscriptible l'âgle A B
JIU sommet du triangle isoscelle,
quiestauCentredu Cercle n'est
quela 6883 partied'un degré, & ar côsequét insensible. Donc les xes des deux lunettes de ce Binocle,
qui font les deux costez du
riangleisoscelle A tjfB sont paralelles.
Ce calcul desabuser
ceux qui ont creu pouvoir cond
noistre ladistance des objets ~pq
la difference de l'inclinaison dob
Axes des deux Lunettes du B
nocle.
Je veux icy rendre encores l
démonstration plus évidente db
paralellisme phisique
,
des Axo
des deux Lunettesdu Binocle db
trois pieds de longueur du Fl
Cherubin,disposé pour voir dib
stinctement comme il dit un ob
jetéloigné de sixlieuës, suppo
sâtmesme seslunettesdu Binoclb
tant soit peu plus longues que db
trois pieds, en sorte que la ligne
jyF foit precisément de 3 pied
ou 431lignes.
Donc NIoIl831961lignes
NF 432=F~ H&3T529lignes.,?:
I Donc par la 4. prop. du VI. Euchdei'
N.NA:: t F.FC
Lf. lignes plus 11825481 parties
l'une ligne partagée en 11831961
arties égales.
Mais FC =FD,tlkFC
FD =CD. Donc CDdu
allce descentres des Verres objectifs
est 19 lignes plus 11819001
parties d'une ligne divisëe en
^831961 parties égales; mais la
iftèrence des termes de cette
fraction qui font nombres premiers
entr'eux, est 12960, & cette
différenceestcontenue 912
fois -t 11441de11960. dans le
eénominatlur. Tellement qu'il
De s'en manque pasla913partie
d'une ligne, que ladisdtancedes
centres C & D des Verres objectifs,
ne foit égale à la distance
A B des centres des prunelMl
par le/quels passent les des!
rayons principaux, Axes de 3
Vision du point de l'objet t a£
quel concourent les Axes db
deux Lunettes du Binocle. LJ
Machinesdonneront-elles cetr
precision ? Bien plus elleest inn
possibleaux Binocles du P. Chor
rubin, puis que luy mesme en
marge de sa 206 page de ses VI'
fions de 1681. dit, !f!.!!,e les deit*
tuyaux des deux oculaires du Binées
doivent estreun peu vagues les im
sur lesautres.S'ilsfontvagues of
est la precision qu'il a voulu cltrt
sinecessaire ? La nature ne laiss
pas de faire ses fondions sans le'
precisionsMathématiques, par.
ce que ses organes font phifi
ques,jeveuxdire matériels
,
rayque dans l'usage des Lunetés
estant allongées, suivant qu'il
strequis pour bien voir un ob t, on peut l'alonger ou racourir
unpeu ,
sans que l'on recoii.-
loilTede la differenceà la visîon,
i raison en est, que les rayons se
eiiniflanf pour formerles piaeaux
optiques, ils se croisent si
orten biaisant, que leur interfe-
Uon a de l'ccenduëphiuque.
Je veux encores établir icyla.
qantitédel'angle, que les Axes
esdeux Lunettes de ce Binocle
e trois pieds, forment, par leur
oncours à un point de l'objet
loi-gnédesixlieues.Voicyl'A- alogie.
Comme N 11831961.
Està N A 15.
Ainsi~*Nfiiius total10000000
Fft à N A Tangente n—H-
-801^-4^8 fraction à negliger
11831961
6c dautant que la Tangente d'une
minute eil 2909. & qu'une minute
= 3600 minutes tierces, fautes
cette Analogie.
Donc 1agleN«2?Aetf14m.tierces
plus la fraction.
Maisl'angleNA =l'angle N
B'.
Donc l'angle AtD n'estque de
29 tierces & une fraction
,
dont
l'Angle A i' B que les Axes
des deux Lunettes font au point
duconcours,c stinsensible. Donc
les Axes des deux Lunettes de ce
Bmociefont phisiquement para.
selles,cfhnc ajustées pour voir
un objet qui n'est éloigné que de
fn lieuës, combien à plus sorte
raison feront encore phisiquement
plus paralelles les Lunettes
d'un Binocle poutvoir les Astres,
tel qu'estoit celuy du P. Rheira.
Que P. Cherubin sans penser à la
consequence
, a avoüé estre
Inventeur &. Publicateur depuis.
1-année1645.Binocles à lunettes
composées de Verres convexes,
mais enmefme temps il a
vouJu ternir lareputationde l'excellencedes
anciens Binocles de
ce P. Rheita^&voicicomment,/!?
P.-Rbeita
,
dit-il dans la 47 page'
daf--sVisions de l'année 1.677.se
contentoitdefairevoiravec son Bi--
nocle tellementquemlment des deux
yeux quelques objets du Ciel,comme
la Lune parunefeuleinversiond'Ef
pe.
Pour épuisercette matiere du
paralellifme des Axes des deux
lunettes des Binocles Telescopiques,
je remarque.
Primo que Daniel Chores qui en
l'année1615. presenta aa Roy
Loüis XIII. ses Binocles, & en
publia la construction
, a esté
grand Ingenieur, Geometre,Ma.
chiniste & le plus estimé des
Ouvriers pour le travail des Verres
de lunettes, qu'il faisoit de
toute longueur. Néanmoins le
P. Chérubin, dans la 196 page de
ses Visions de l'année 1681. dit
hardiment,JZuechores faisoit des
Lunettes
,
qui n'ont jamais excedé
deux ou troispouces de longueur comme
elles sont dépeintes en si figure,
quand on luy permetrroit de con.
clurre que les lunettes de Chores
-
Õnt: il composoit ces Binocles
n'eussent que la longueur des Figures
qu'il en a donné, il auroit
toujours-parlé contre la vcriré)
puis qu'une des Figures de Chores
a beaucoup plus de trois pouces
de longueurle Binocle
qu'il monta en argent pour Mr
de Monmaur Maistre des Reguestes,
que j'ay montré & fait experimenrer
leur excellent effet
par plusieurs Sçavans, ont plus
de neuf pouces delongeur.
Secundo, Je fais remarquer que,
cbms dans son imprimé concernant
lafacileconftru&ion de son
Binocle Telescopique pour voir
les objets éloignez, que vous
trouverez au long avec ses Fig.
dans le XXIX. Tome du Mercure
Extraordinaire, parloit en
ces termes. Ces deux Lunettes d()t'
vent eflre fardeliesentreelles, PO(
un$bjet éloigné de plus de centP(
tantloinpuiffe-tilefire.• [
Le P. Chérubin a voulu faim.
acroiré à ces Lecteurs, que le/ai
Binocles de choresn'excedoienn
pas la longueur de trois pouceszo
bLà ce faux allégué ,il en ajoûteii
unautredans le cinquième Arti-iî
de de la Letrre A, dans les Ta..£'
bles des Matieres de ses Visioonn
de l'année 1681. & l'experience,
dit h,faitvoir qu'ellesfonttoujours:
un anglefcnfible peur en voiries ofc\
jets les plus éloignez: que l'on en ptlA
si voir. Il m'est facile de démen-r
tir par le calcul l'exp,::r-jenco'
qu'il a controuvé, pour tâchera
d'avilir la bonté des Binocles deo
Ghorez. 4
SUPPofOL.par complaisance
Pour le P. Chérubin, que les Binocles
de Chorez n'eussent que
[.pouces ou 36 lignes de longueur
,
& que les deux lunettes
manrajufiées
pour bien voir un Sbjet feulemét éloigné de cet pas
-E=500 piedszz6 000 pouces ta-
71000 lignes, & pour mettretout
l'avantage dans le parry du Pere
Chérubin,'supposonsencor que
nonobstant le contournement
des yeux, necessaire pour faire.
concourir les deux Axes de la
Vilion àunmême point de l'objet
éloigné de 72,000 fig. la diflance
des centres des prunelles foit en- orde deux pouces & demy ':=,
30 lignes.
-
Vous aurez dans la Figure
II. le triangle ifofcelle Atys
faites cette Analogie.
Cemme rS? N 72000 -EfiaN A -. iy.
AinîlfbV-ftnMtotal 10000000
Ejia1YATangentc 2083
plus un tiers,
&dautantquela Tangent d'une
minuteest2909, & qu'une pre-,^
miere minute =60 secondes,~faites
cette Analogie.
2909. 60. m.s. :: 2083 H- un
tiers. 42. m. s. & une fraction;
mais l'angle N+ A = iV«î»2?..?
Donc tout l'angle A i' B n'est
pas une minute &26 secondes..
Par quelinstrument, &par quelle
experience nostre Adioptricien rj
& grand A geometre a-t'il veu
qu'un angle d'une minute 8c 26
secondes soit sensible?
Pour connoistregeometriquement
la distance C D d'entre les x
entres des Verres objectifs, des
~eux Lunettes de ce mesme Bi-
~ncle de trois pouces de longueur
,
disposé pour bien voir
~objet téloigné de cent pas ou
"1000 lignes,supposant mesme
que nonobstant le contourne-
~ment des yeux, les centres des
orunelles fussent éloignez de
lieux pouces&demy :;= 30 Ii.;ncs
~aites cette Analogie.
N. 72000 lignes. NA 15::
mais N -NF36 ::::l' F.
71964. FC 14 lignes 397quatre
centièmes.
MaisFD ==Fc. DoncCD
..9lig.—H 394 quatre centièmes,
mais la différence des termes de
cette fraction est 6, que le dénominateur
contient 66 fois 8t deux
hwierSjii ne s'en faut donc pas la 66
partied'une ligne, que la distanceCDdescetresdes
Verres obectifs,
ne foit aussi grande que I)
distance AJJ des centres des Pru-u
nelles. Donc les deux IlJnc[[e:
de ce Binocle feront phisique.
ment parelelles.Voustrouverez
le mesme paralellisme des deux
lunettes des Binocles les plulongs,
lors qu'ils feront en états
defaire voir un obj et tres éloigné
à proportion de leur longueur
,& enfin ce paralellisme
phisique seroit encore plus ap-q
prochant du geometrique dama
les BinoclesAstropiques.
Enfin il faut conclurre que lôlj
P. Cherubin en écrivant tant dôl]
Volumes de Visions qu'il a reill-q
ply de tantd'articlesatrabilieres
qu'on peut dire comme Senemehb.
i. de Clementia 5. Muliebre
furere in iras. Quecet Aueur
si Religieux avoirignoré ce
~uedit Saint Jerôme, sur le pre-
~ierChapitre du PropheteDa-
Siéjuûadnj'erfw Mathematis.
vclitfcriltrt imfttrhw Mathe-
Atts, Rijuifatcbit, ce quiestmes- erapporté dans le Canon
, Qui li. dict. dïft. XXXVII. ç'e£l::
~ourquoy pourmeservirdes téres
de M. de Balzac dans sa 26
ttre à Hidafpe, Je -pietofine
~u'on permette de violer impuncrtiint*
=rj Veritez*mathzmaiiques-,dontkvulgairene,
se devroit non plus aï--
%YO.,bcr
, lite du gouvernement des
Mats&dzstifyfteres de la Religicnr>
estimebicnflm,ajoute-t3rlJeef~<
desChartreux que les Vificns de;'
T.tAu(bmrAdioptricien-.
DeCInutilité& dangereuxZJ/age^
des Binocles. pEndant les deux ou trois
nées que jem'amusayà tras*
vailler au Journal des Sçavant
je dis dans le XXXIII. Journ~
du Lundy 20 Décembre 1677.
la page 249. Que le P. Cher
bin donnoitunnouveau jourauBinocle
oculaire, ou double tJncttc, a(lÍÍ\1)
le P. Rheitha avoit parléamplemens
en l'année1645. dans son Livre 00 culusENOCH ELIÆ, 63
j'ajoûtay, dans la page 250.
toutes ces difficultés en avoient faàtl
négliger l'usage
, ce que l'experience
moderne prouve encoreîo
puis que le Sçavans n'ont jann,,ii
regardé le Binocle comme un
hose utile. C'est pourquoy ,
le
çavant A stronome M. Heve-
ILtS de Danzic
,
dans la 25page
le la Selenographie imprimée en
1647. dit minimeproestantissimum
d, Cttjll u/ùs adifficultatibus mamis
dependet
,
& ajoûte dans la
page 53 en parlant des Binocles.
Voh estquidoculo Enochiano,tantum
ribuat, & M. l'EvesqueCaramuel
Lobkouvitzius dans la p. 1603 de
on Mathesis Nova imprimé Cam-
~anioe en l'année 1670. parlant de
ces lunettes, ditlongaexperientia
didici, in omni genere, non esseproetantissima,
quorum usus à difficultaibusmagnis
dependent. Ceux qui
Dnc des Binocles le reconnossent
par leur propreexperience.
J'ajoûte, Que l'usage des Binocles
suppose deux yeux également
bons bien conformés, Mali
le nombre de tels yeux est très
petit, & mesmetresrare, un ch.J
cun pourra examiner les siens
en la maniere suivante, que je tire
du Giornale Romano de LettcrAI).
di 29. Gennarioenl'Article
ob/crvariene del Sig. Gio. Alfonsi
BoriUiNeapelitano,intorne 484 vir
tuinequalc d'egliocchi. Si sambu
co rotondo,riclia fi/st(Irad'macamera
chinfa daper tuito ,
o si pone Nlt.'
pallay baie, nerapcndtntc net mlZ..
d'unafneliraaperta ,
la qudie passi
l'occhio dero ,
Jiriquardi ber coll'occhto dejlro hA
h"
colJîiriflroy-e parangonatej compas
rez, insieme que/te vedate si trovt ejftrnetabilmcnndiversa.fïmagin*
perche Cocchiê sinistro vtde le cosipià
grande, e plu diBinfe, -che il defin
the rapprefcrttaunimagine cm c-ert.
hltdtura atmnp. Cette inégalidevision
en la grandeur, bL
~n la distinction de l'apparence
~el'objet
,
vient de la disparité
esyeux, puisqu'unmesme objet
~tant veu conjointement de
eux yeux , l'apparence n'est pas
~distincte, & qu'estant regardé
~successivement d'un oeilseul, &
ouis de l'autre
,
l'apparence du - mesme objet fera inégale,ce qui
arriveou par la differente ouverture
desprunelles, ou par les differentes
convexitez de ses humeurs
cristallines, ou par leur dif-
&r£ntcioignement de la Retine.
C'est pourquov^Egnatiopanùen
J:s Commetaires sur le Due Regole
Wfelta Prospettivepratica di M. Jacomo
Barrozzi da vignola imprimé
~n folioà Romeen l'année 15S5/
dit dansla page54 Chevolendo
mirareuna cosasquisitamente, la miriamo
con un fil, occhio
, per che cio
lo facciamo per eslcuere ogn* altro
objetto ~& vederesolamente quella co- sa
,
che mi intendiamo di mirare ; il
che molto meglio opéra cm una foU
piramidevifuale che con due. Voila
un Arrest solemnel prononcé à
Rome depuis plus de cent ans
contre les Binocles.
M. Gassendi Prevost de l'Egli
se Collégiale de Digne, & Professeurdes
Mathématiques à Paris
, avoit experimenré cette différente
force des deux yeux.
Voicy comme il en parle dans son
Livre de Apparente Magnitadine
Solishorizontalis en sa 2. Lettre
ad Ferumatum Licetum N. 7. Possum
ipîe dit-il, cette de me ,
oculisque
uàtefiari, qui dcxtro oculo res video
onnibil quidcm obfcuraiiores,fed
majores tamen , qitamsinistro, quinlâ
prexime magnitudinis parte. ./od casu d(?num adverti, cùm in
mrttm wtuens,sacroque oeuliJiniflri
v.onfrtffu, dcxtro legens ebaracieres
ideprebendi jcnjihilttermajores,
fjuàm visi moxfuijftnt,&il ajoute,
\(îniftro(ego oculo quo charafferesminiores
quiaem, fcdelariùJ ramen intfucor
i dextro otulo neque magnitudi-
,nt.(, uique obfeuriiatà
,
1) quicquam ad- cùm "f.)/o atiiwt opéra data
Mcxtro oculo legire
,
tumwutari iliiuo
fîtnmjubfuhuquodam(entio>aetum
mequepayviiatem , neque titi; itatem
ttff!ia confuete, ccq ue l'sfïîdu travail
&àobserver lesasiresd'un ieul roiJ,
Uuy avoir causé,ajnG cette gran-
)d<: difficulté du contoumement
des Axes de ses yeux, ne pouvoit,
l'attribuer qu'à la très grande diih
parité de la conformation de fo)
yeux, c'est pourquoy il ajoûto
Nonpoterlsforte, vir eximie, tat..:
tlemlegendfJ experiri
,
& mixité
quidem si exiquafitoculorum difpAv.
rÙtU. C'est pourquoy en suppo.o
fant que cous les hommes ont ges;
neralement les yeux differement
ment conformés, y ayant uneno.o
table disparicéd'un oeilà l'aurre
il a mal tiré cette conclusion ges
nerale,Rationem duco, ex paralel.
lifin? motusocuterum
,
à tuimfachy
ut demirer, ajoûte-t'il
,
cfiitOptiez"
non advtrimntimpojjlbilem cjfèsquam
depredicant Axium (oÏti(jnem\
Il en dit autant au N. 15. desa38
Lettre Ad Bnllialdnm.
Bien des Sçavans ont crû qUrJf
nonobftam»-
onobsrant que les deux yeux
fussent ouverts l'on ne voyoit en
nême tems un objecque d'un oeil,
l'a esté l'opinion de Ioa.Bap. Porta,
ib; vr. deRefract. de Sennert lib.I.
nsfit. cap.12.

Bien que le P. Dechales dans
on lrJlIlJdlU Malhematicus
,
imprimé
en 1674. ait demontré dans
Prop. 49 page 382, qu'Axesepet
concurrunt in unum idemque obvftum
y
bien loin de douter de
experience de M. Gassendi
iIlÍnjmmo eam aliis
,
dit il, expeientiisconfirmo.
Habemus hic fra-
-rem aliquem janitorem
, qui lin,
:Cf!() est myops ,
alio vero Presbyta,
ta ut distintissimè objecta diJJit-s
ercipiat uno oculo, qu* aliovix dis'inguit
, & vicissim cum legendum
$altero utatur oculo.idem mea,
ajoure-t'il, conjirmo experiemidx
quam quilibct facere pOferit. Stln
Myops, oculos tamen habtosatis Pt")
fccteJîmiles
,
quotiefcumquc
alterutiv
ocitlorum lenttm concavam adhibet\
nonclaufoaitHa>objecta lus vidcùi
dijlincic per lentem concavàm j 0
confuse alto oculo
,
quo cîiam wajom
mihiapparent,fedopus cfi alïqua îljb
tentione. Negosa experientiapr$k\ b.iriAxiumopîtictrumulriujtf®^ oculiparaleilifmum,
ia &e. tamin non puffint flm!6
Axes optici quomodolibet concurrent
quando nempe oljetfum efi valde VI'':
rinum oeillo1nonpotesi ut /IdÁ
invicem inctinentur oculi, 6" dirix
gant utrumqi Axemopticum adideto
objeffum,indefit ut myàpihtal
ilccidat, unum tantum oculum ad oA
jeefum dirigi ; & eo tantum legem
seso quident cculo qua-siferidnte
,
si
t benenon vident
,
hoc efisi tanta
difpruportio interejaJvifiontm,
oculi bene affeffivifionem,utunium
non. afficiat. Jhtod si oequales
rtQCNli ,
orieturmultiplicatif objeornm
lufizpe experier & ofiendam
fra. Trop. LVII. pag. 415. si Axes
niciin nullo propofitoobjeffo, conciliant
omnia gemimri videntur,
fc qu'il dit- arriver plus facile-
Itent Miopes
1)
ment aux ,qui ut difiinôte
yegant tbjefôa multum oculis admovientytuneenim
ut fere qaotidieex-
"'erior, objetta geminantur.
Le Pere Chérubin luy niesme
dans la 44 page de les Visions de
677. reconnoit dans les deux
dernieres lignes,Qu'ilfaut avoir
tes deuxyeuxsains,&mesme,ajoure-
t'il,médiocrementbien conformez
pour éprouver par experience (]A"
l'objet eji veu des deux yeux pl,,\c
grand, plus fortement, e--plui ab
ttinttementqued'unseul
, si les dei/n:
yeux fontfiins & bienconformez
Mais peu de Personnes ont loi
fdeuox yeurx émgalemenet biezn co.nc Le Pere zlIcehim dans la 100
pige de la seconde Partie de 4 :
Philosiophia Optica imprimée e3
1656. remarque que ,
Si alter oeltA)
lorumfitfiujfuifonetantifper ObfteJè.
tus, tuneferapparentiam exhibitaxs;
per apprehenfionem in oculo jùffujio
ne vitiate, inficitur alia
,
correspond
dens apprehensions exerciteià
ro , qut statim ac toUitur apprehenfiy*
per vitiatum co clausio
,
adsuum nim
toremrestituitur.;Ilrestreàdémontre
trer.
lemauvaisEffet, & le dangereux
Vsigt du Binocle.
pErfonne n'ignore qu'on ne
peut voir distinctement en
mesme remps un grand objet,
'!!,indi procédé, comme dit Danti
lia 54 page de ses Annotations
la Perspective pratique de Vipole
impriméeà Rome en l'an-
Ic 1583. che volendo noi vedere
al sivoglidcofa minuta mente,
diamo girando glhi eccbi, &mundo
la Bdza délia piramide
, per
scorrere con l'Assesopra tutta la covifibile,
&c. & che nella prospetva
fia un punèfô solo designando
la quel che si vede in un occbiata;
uza moverfipunffo. Puis que
Binocle arreste fixement les
deux Axes de laVision en nu
mesme point de l'objet, il s'enM
fuit que les autres objets qui nid
font pos dans 1'Horëftere_rfoniri
veus doubles, & paroissent en
deux différents endroits. Biem:
que le Pere Cherubin ait fait umi
perpetuel divorce, avec le borne
fcns & la raison ,"il convient
néanmoins de cette experience fil
defavantagetife à l'usage des Bi-1
noclesrVoiey sestermes tirez de-il
ses Visions de1677. depuis la 15Zi
-
ligne de la 42 page.c'est. 'lIr.
quoy,dity.-il avec raison,laforce de 14 t.
meue&l'attention de l'effrit, efiant ,-
alors arrejlez,&fixez* à voirunK\
à* specialementsonpoint auquelcon—j
courent les deux Axesy ils verrtnt,y
par exemple,lesommet d'un bktm *
double , mis entre les Axes de la ji
mon ou dehors, 6C enfin de tous
jers qui ne feront pas dans le
an de l'Horoptere
,
à caufey
.n1me il dit, que les rayons qui leur
portent 'pece,ysont receus des
rtics des deux yeux qui ne font pas
monyrnes & les deux peintudu
sommet du btÎtorJsi trouvent
fertmment situées dans les deux
tines\&pourqueyl'on voit nccef
t,ement cet objet double.
Pour vous convaincre facileent
de ce doublement d'objet,
evez vostre doigt index,vis à
le milieu de vos deux yeux, à
distance d'environ huit pous
,
& vis à vis d'un objet plus
Digne
,
regardez fixement vô-
; oigt, pour lors les deux Axes
la vision y concourror, & l'au-
: objet qui eftplus éloigné que
ledoigt, vous paroiftra en deuxi
differens lieux, & par consequent
double, & si peu à peLD
vous détournez vos yeux pount
porter la réunion des deux Axeas
sur.l'objer plus éloigné, ces deuxx
apparences s'approcheront aufluF
peu à peu, & enfin il vous femblera
que deux semblables bjetn
se penetrenc pour n'en faires
qu'un seul. C'est pourquoy re---
gardant fixement cét objet éloi
gné, vostre doigt vous paroiftraè
double, & en contournant peu à J;
peu les yeux pour apporter la«
réiinion des deux Axes de la Vi- - lion sur le doigt, vous verrez 3
aussi que ses apparences s'appro- cberont - peu à peu, & enfin s'é- '.- tant comme penetrées
,
n'en fe- -
rontvoir qu'un seul.
L'expérience qui est la seule
riaiftrefle des ignorans
,
qui ne
1 euvent rien comprendre nier, ny
rvoiïer fins son secours 8c hors de
n presence,leur montre,que nous
rapportons tout ce que nous
t'oyons bien dlftlndcmentàl'Ho-
Koptere, qui efluneligne tirée par le
wintdu concours des Axes optiques,
",arA/eUrment A la ligne qui conjoin-
11roit les centres desyeux, telle est la
iigne G H 1 de la Figure III.
Un objet K mis entre les deux
Axesfera veu en deux
différents
endroits,en L&en M.
Pi Deux objets comme AT. o.mis uflîhorsderHoroptere, & hors
Hutriangledes Axes de lavifion,
::haque objet paroiftra en deux
HirFjrencsendroics, car l'objet IV
eparoiftra en P 6c j ,
6c l'objet
otpraroaifti-iareneK 8.t s,ô£ au co
.-
SisurchacunAxedelaViflO"
vous mettez un objet T. v ,
lei
deux objets ayant leurs apparat
ces peintes chacune sur le fonç
de la Retine d'un oeil, ils ne p
roiftront que comme un seul si
le point de H de l'Hoptere 0'
reiinion des Axesde la visîon.
Le P. Dechales danslefeconc
Livre deTon Optiqueen larPro
48. Problème wJÎYuwcntumconfia
re quo quæcumque de Horoptere cLÂ
cuntnrexperiri pojjimm
, mettez
plom les deux planches A B B
chacune â0 deux pieds de lônÉ
güeur, & d'un pied de largeurtn
faites plusieurs trous en différenciai
endroits, pour y planter le fiiloJ,
CM qui servira d'objet en diffe»:>
entes polirions; car il ne parle
que d'un sèul objet veu à la fois
dans le mesme temps, que les
deux Axes des deux yeux1Kcon.
courent au point F de laligne
horizontale GFH & l'Horoptcrey
& la planche BD de l'Horoptee,
donr la Planche B D estle Plan
aioli le point M fera veu es points
J & H" & paroistra double.
Le bon homme Alhazen Araoe,
dans son TheftiurmCpticoe lib.
N. 12. page- 81 de l'imprenion
lie 1572. dit.vifibile aliks unum:
dicis geminum videri, organo ojîen*
Mirur. Je l'explique & le rends inelligible
en moins de paroles.
Soit dans la Figure V. la planche
ADIS d'une coudée de longueur
, & de quatre pouces de
margeur, tracez les Diagonales
ADIS,que vous remplirez d'une
mesme couleur à huile, tracez
aussilestraverses BOCM, que
vousremplirezde différente couleur
à huile, faites l'entaile FR
pour recevoir l'élninence du nez,
fin qu'en regardant sur la planche
, les centres des prunelles
soient en FR) faites trois petites
colomnes comme dans les Figu
res 1.1. 3. de 3 lignes dediamettre
, & de deux pouces environ
de hauteur
,
peignez-en une en
bleu, l'autre en rouge, & l'autre
en jaune, faitesen la planche es
points C. O. M.T.N.F..!¿L.x.des:
trous qui fervent à y planter les
trois petites colomnes.
Plantez premièrement vos
trois colomnes dans les trous C.,
Q. M. appliquez ensuite les yeux
proches des pointsFR. Fixez la
veuë,c'est à dire, regardez attentivement
la colomne en -o. 8c
regardez ensuite tout ce qui est
sur la planche, rien ne vous paraîtra
double, parce que les trois
objets ou colomnes font sur la ligne
Horoptere c. 0. M. Regardez
ensuite fixement l'objet ou
colomne en c. ou en M. les colomnes
ne paroiftront pas dou.
bles,parce qu'elles sont toujours
sur l'Horoptere, mais la ligne N B.
l&les deuxdiametres AS. DI paroiftront
doubles.
Laissez toûjours une colomne
sur l'Horoptere en0, &plantez
leeux autres dans les trous N,
L. & regardez fixement la colomne
o. pour lors chaque co
lomne N. L. paroiftra double,
ainfïdeux en feront voir qllatreu
deux de chaque couleur, & poc
fées obliquement deux à costés
droit, & deux à cofté gauche des
la veritable ligne B. o. N. laquêl-l
le aussi paroiftra double.
Que si ayant planré vos deuxx
colonines sur une mesme Diagonale,
par exemple sur A.s.dans lese*
trousp.j^_vousregardésfixemenm
la colomne 0, les deux autres P&
vous paroiftronr doubles,canj
Ja Diagonale paroiftra en deuxx
lieux dirrerens.
Il en arrivera de mesme si vouszi
plantez vos deux colomnes danszi
les trousT.des deux-Diagonales,
elles doublerontaussi, puisai
que les Diagonales paroistront
doubles.
Que si vous mettez une des
colomnes dans le trou X,fait sur le
nord de la planche, & bien au de
:à de l'Horoptere CO M en regar.
dant fixement la colomne O ,
la
colomneX doublera,&au contraire
en regardant fixement la.
colomne plantée dans le trou X,
les deux colomnes c. O0. paroî-
::ront doubles, & la ligne C. O.
Wl. aussi
,
n'estant plus l'Horotere.
Ayant démontré que les
Lieux Axes de la vision concouranten
unmesme point d'un obet,
les objets qui ne font pas sur t'Horopfere, paroissent en deux
differents endroits, & par consequent
font veus doubles, il
s'enfuit que le Binocle faisant
concourir les deux Axes de la
vision à un mesme point de l'objet)
envoyant distinctement un
Vaisseau sur la Mer, tous les au-ru
tres Vaisséaux qui ne se trouveront
pas sur l'Horoptere paroi
stront doubles,&peu de Vain
seaux paroistrontune Armée Na-sl
vale ; jugez de la consequence
sisonusagen'est pas dangereux.
L'experience que le Binoclo
fait voir le double des Vaisseaux
sur la Mer est tres confiante. Parmy
les Sçavans quis'assembloient
les apresdisnées chez M.Justel Se-3<
cretaireduroy.M.ChibertdeMontigny,
Frere de M.l'Auditeurde
Comptes, y raconta le Samedy 30
Aoust 1681. queM.de Sauvage.y^
tres sçavant Mathématicien ôoô
Ingenieur du Roy,l'avoit .af-l*
seure que les Binocles ne POUU4
voient estre d'aucun usage sur lai
Mer, puis que M. le Maréchal


Estréevoyoit huit Navires des
ennemis avec son excellent Bi-
Iode, bien qu'à la verite,il n'yen
ont que 4. comme tous ceuxqui
voient de simples Lunettes 1'cd:'
auroient,ilajouta quele P. Chemin
demandoit400 livres vun
~nocle; mais pourquoy acheter
cherement une chose, tres ditcileàajuster
,
inutileà laplus
grande partie du monde qui ont
lesyeuxd'inégale bonté & consommation
,
& enfin qui noust'ompe
dans son usage
,
dans les
Affaires de la derniere importande
,
lors qu'il s'agit de reconnoîre
le nombre des Vaisseaux des
ennemis,
Enfin, voila tout ce que j'ay à
tire concernant les Binocles,
vec lesquels le R. P. Cherubin
voit toujours son image devant
luy, commeAïitiphcfôtt o~~w~
par la raison dont Aristote fait
mentionau Chap. 1.DeMemori
& R miniscentià. ; 6c Galien lib.1
delocis tiss,ctis Ctlf. 6. Illuy eil ar-u
rivé la mesme chose qu'au Mila-js]
nois dont parle Cardan Lib.1. aU
Subtilitatepag.34. Galeasde Rabeam,
civis nostercum jam olim inventa
Cochleam Archimedis ad elevandums
aquam, ipse QUAIFprimu*AUÎOYvellei^
existimarireperiisse, prx loetitia illl.\-
&c. C'est pourquoy il voir cou.tj'
teschoses d'une autre maniero
que les Sçavans, demesmequ'un
celebre Medecin à Dresde, donne
parle Senert lib. 1. Prax. p.
sect.2.cap. 45 lequelestantmont
sur une échelle pour prendre unu
Livre
,
çculefqtte fortiùs fursumJ*
r¡j)wneret) il vit depuis pendant
,Wois mois toutes choses en ifruation
renversée
,
&homines, ini>U- ,â in capite ambulare:aussi le R.
Cherubin asseure dans sa Diototrique
Oculaire de 1671. page
-34 ligne 2. voir les chiens courans
Surledos.Jelaisseàunautreàrépondreauxfaits
particuliers qui le
raegardçc,&quelePv.P.Cheriabia
cotte depuis la 7.lignedela 392
age,desonLivdela Contiqukêdes
X:orJH impriméen 1679. Et dans
Er Art.de la lettre H. dela Table
des Matieres des Visionsde iéSu
Nom donnerons dans le ¡r(Jchai,,-
Mercure Extraordinaire, la confira*
tlion des Lunettes polemoflopes) &-
Je toutes les Lunettes au/quelles w
employélesmiroirs*C<oMIÊkSi
SONNET.
AU ROY. cEfar dompta l'orgueil & du Rhin m &duTaqe,
Pompée aux Ecumeurs fit deserter les i
Mers,
AlexandreleGrandfit tremblerl'Vni--
vers,
LefameuxScipiontriompha deCartâge. ,
LeTibre vit jadis Brennm sur son ri- -
vage,
Onparle davnibal & deresfaitsdivers,
Achille, HeElor,Ajax, de lauriers tout
couverts,
Ont par mille combats signalè leur cou- »
raqe j
De cesfameux Guerriers, de tout ces de- ,
mi-Dieux,
^OVISfeularemply les travaux glo-
Ow rieux.
m»utceûjHafait Cesar
, ce quafait
Alexandre,
mempèe, Achille, HeElor, & tous ces
r-.ii-totCfonquerans,
que ce Héros a daignéîentre-
1 ! prendre, r a fait voir en luy cent Héros dif- ferens.
MAUGUIN de Bourbon
-.- l'Archambaut.
L'AMOUR AMANT.
L BALLET. Amour averty d'une Feste
qu'une Personne de qualité
donnée il y a quelques jours
dans une Maison de Campagne,
~orés d'une des plus considerables
Villes du Royaume, voulut h04ÏofJ
norer cette Feste de sa presence
Ce Dieu se doutoit bien que dans
le concours des Belles qui devoient
s'y rencontrer, il y en auroit
beaucoup de soûmises à se
Loix ; ayant eu tout le loisir dot
remarquer qu'elles préparoien
pour la Feste leurs ajustemens leso
plus magnifiques. Il Savoir PÛH
remarquer la mesme chose à l'é-à
gard des insensibles, à causequ'il
n'a aucun commerce avec elles:
mais comme il y en auroit pu avoir
de ce caractere, il pretendoit
en cas que cela fust, devenir l'Amant
de quelqu'une d'elles,& nerJ
vouloir point sortir de l'Assemblée,
qu'il n'y eust fait quelque
importante conqueste.*1
- I.ENTREE.
L'Amour vestu d'une maniefort
propre, &; sans avoir de
~andeau sur ses yeux, ny d'arc en
samain, danfoir avec de petits
Amours, afin de se servir deleurs
traits en cas de befoinr
L'AMOUR.
Du haut du celeste Lambris
Je viens vous imnoncer Beautez pleines
decharmes,
Qu'un Dieu de ces charmes éprù
jFcroit gloire aujourdhuy de vous rendre
les armes.
Ce Dieu, lecroirez.-vouiycejf le Maistre
des Dieux.
Ceftl'amourquiprétendse mettre en
efclaage.
u4 quelquune de vous, pour rendre son
hommage 12volfoudllin il estpartydes deux.
Mes Freresles Amours,surmoncoeurjé^
vous prie,
Soyez, prestsàtirer. S3ilvousprendquelque
envie
De vous bumanifer pour faire les yeux t
deux
Je vous promets qu'alors je tireray sur s
vous.
Une fois pour moy sens employons ma b
methode
D*adoucir là fierté, de la rendre com- -
mode.
Jefuis}sans meflater,
.Assez:.. bien fait pour en conter.
Et vousy Amans, quiminspirezl'en—
vie
D'ejlteAmantcommevom,tantjevota t
trouve heureux,
Sçachez"s'ils'iffreic] desBeautezames t
yeux, Dont l'Ame ne foit point a mes loix afservie,
Que vous verrez en ce Sejour
VAmoursefaire par l'Amour
Oln"
ûy,jeveuxgalamment débiterlafleurette,
Etfaire éclore une amourette.
II. ENTREE.
Pendant que l'Amour chernoit
dans toute l'Assemblée des
oeurs dontil pust triom pher ;la
poësie, accompagnée de toutes
s especes de Vers, venoit luy
frir son service.
LA Poësie.
Depuis que fay receu ma naissance en
la Grece, rCroissantplusieurs fois renouvelleson
; tour,
yfbiiéen veu du Pays, maisenfin je contailleurs
jenay point veu ce qu'on
voitencejour.
uvent plm d'un Amant & minvoque
& m'appelle,
Pour avoir de ma main le Portrait deA
Belle.
Dans le brillant concours des plm grAmtl
des beautez.,
Jamais en travaillant je n'enssi beaumew
lIe/le
-QZtUice cceeuuxx qquueejjee-ddééccoouuvvrreeenencecesslieliueuwmt1 écartez.,
Mon Pere eflle garand de tellesveritezx*
Lny quivoit tantsurla Terre
tOnde.
Pourrait avoueraujturd'hny
Quicy les plus beaux yeux du mon
N'ont pas un moindre éclat que luy.(
Leriche émail desfleurs dont la ttrree.
parée,
L'or des Epies,lapourpre des Rassis.
Le vert lambris des Chesnes& dk
Pins,
Etme[me touslesfeux de la Voute aZMSrte,
Ne font rien en comparaison
De ce brillant amas de charmes.
g L..Amosr luymefme « bien raifin «
LDc venir y rendre les armes. faisildoitestre undangereux Ornant, ilestpropre & joly dans sonajufle.
t ment!
jt Quel vif éclat sur son visage !
Comme j'ay fottvent Cavantage,
ïtQjiencwmpofant ilmtpreste sesfeux Et qu'talors je réûssis mieuxé
J'amtne en ce beatt jour de Tefie
De pltu d'une espece de Vers.
lWfi" de celebrer la pltu rare conauefle,
ïjuetonaitjamaisfaiteencevajteVnù*
m vers*
III. ENTREE.
La Musique,suivie de toutes ses
arties, s'offroit à mettre sur les
~irs les plus melodieux, les Vers
ue la Poësie la Soeur auroit pu
méditer pour l'Amour.
LA MUSIQUE. -
quitte avec plaisir le Séjour du Tan
nl"t. Bb ij
Oul'Olympese meut par mes divins An
cords.
Je trouve mille fois plus d'attraitssur As
terre
Qu'il rien est aux lieux d'oùjefors,A
lcy je vois brilleruneillnftreJeunesse
.A qui doit le Pays son plus bel ornCït
ment.
Heutense
,
si je puis causer de Fallet
grefe -
A ces rares Beautez, à ce concours chami
mant.
Mais tandis que j'appreste & mavoix db
ma Lyre •
fourformer en ces lieux de raviJfansComu
certs ;
Unconcert defoupirs alorsfrape les airn
fay de l'oreille, & jepuis dire 4
Que pour moy tous les coeurs paroijfemnî
flûpirer.
S'il en 1ft toutefois quiveuillent s'endèk
fendre;
A l'Amour je puis bien montreur
Sur quel ton il lefaudraprendrai
IV. ENTREE.
La Bonne-chere, qui n'est pas
joue, à faitinutile àl'A mour, vecoit
précédée de la Soif &. de'
AApp:nt) donner aux Conviez
me magnifique Collation.
LA BONNE-CHERE
* Amour.. dit-on, se repaift de fiûpirs
)',,'oeilladcJ, de transportS, defaveurs, de
dcfirs.
Cesî-lasafeule nourriture.
Je le veux,toutefois je jure
M languirait icy,si l'on negoûto'tpas'
,;¡C-)"es mets delicieux & desvintdélicat*
mua son ordre aujourdhuy (apporte en
abondance.
Minfî,cess feulement pour égayer tAmour
, 'eautez., qui ressentez. sa douce violence,
QuilVOUSfautboire &manger en et
jour.
V. ENTREE. 1?
L'Amourayant repris son prem
mier état,c'est à dire ayant loi
Bandeau sur les yeux,l'Arcenloi
main, & la Trousse sur le dos, venoit
apprendre à ses Freres les A-A.
mours, qu'il n'avoir point trouvov
de coeur infenfibledansl'Affem-n
blée. Ainsin'ayantpointdecon-n
quelte à remporter, il invitoit 1$1
Pocfie & la Musique à faire erm
tout temps pour les Belles qu'ils
avoit trouvées à la Feste, ce qu'_t,
elles s'eficient proposées touteis
deux de faire pour luy seul. :.;.
L'AMOUR.J
VA
Volant vers ces beaux Lieux] s
Si je riens point alors de Bandeaufunà
lesyeux,
V'e fut afin defAire une exatte reveué
N'ur ces rares Beautez, dont mon ame eji
tmeuë.
J'ay découvert les replis de leurscoeurs; \t leurs coeursniontfembîè reffintir mes
ardeurs.
7fufjît,laissons-la l'espoir d'un beau trophée
;
N'allons point fierement
Slltlirune Maijlrejfea[on fidelleAmant,
CD'un projetamoureux lachaleurétoufsa
"tWelaiffe dans monfein nulle ardeurfour
anchoix
7)Hr des coeurs rangez, fous mes Loix.
Ain[îdonc je reprens mon premier équi
page.
11.'aime mieux ejlrearmé de l'Arc & ail
Flambeau,
"SEndofiédu Carquoisaffable du Bandedu,
iïPour nemereserver que leseul avantage
M'admirer ensecret vos celefiesappas,
00 parfaites Beautez, Soleils de mon Em-:
pire!
Il vaut mieuxquandpar tout vous avez
droitdeluire,
Vous suivre comme une Ombre) & ne
l, m.échauffer pas. la Toéfie avec la Symphonie,
Venoient me consacrer leurs Chansons &
leurs Yers,
Et donner pour moy seul de plus charmant
concerts Q:: n'en peut faire entendre un Cigne
à l'atonie.
Tout presl à retourner dans le vapue
des airt, u
Je laisse ces deux Soeurs au service des
Bellies; se verront loüer par elles
Avec des tonsnonmoins me/odieux..
Que ceux dont en tout temps elles charment
les Cieux.
SENTIMENS
JUELTOUTES LES QUESTIONS
du dernier Extraordinaire.
O'aùvient que plusieurs Maris,
quiontde très-bellesFemmes,
en aiment fouvent, non seulement
de beaucoup moins belles,
maismesmedetres-laides. Edemeure d'accord avec vous, belle
W ,IrIS
Qu'on voit tous les jours des Maris
Posseder de tres-belles Femmes,
xlEt cependant aimer avec beaucoup dar"
deur
Des objets die qui la laideur
\1Êien'loin'de les charmer, & d'enflamer
lettrs ames,
Devroient a leurs jeuxsafre peur.
(De ce gÓujl dépravé dans- tampnr eux
empire, 1
Vom demandez,la catife ? Ht bien, fm
vais la dir.
Quoy que le défautfoit en mus,
'.AH beausexetoûioursilfautrendreiisflicc,
* C'efique ces Hommes-lafont foux,
Et n'aiment rien que parcaprice,
Je rrien rapporte a tous.
Maissi vous voulez, un Epoux |
Qui fo:t toujours fidelle & tendrer
Le Ciel masa;t ainsîpour vouss
Irie, vous riavez, qu-' a< meprendre. a<
Lequel donne plus de joye de féal
faire aimer d'une Belle fiere
qui sèmblen'avoiraucun pan--c
chant pour l'amour, ou de re..-
gagner le coeur d'une MaîtreC-3
fè justement irritée, & dontla
haine nous paroist invincible.. DEpais que je me fuis Attiré voflrew
haine.
Et que/'aymérité vos plus cruels mêpris&x
l'ay voulu, trop aimable Iris
Formerailleurs , une autre chaine.
Vhilis est mon objet
,
ses Attraits mont
charmé.
Elle efloitfiere
,
înltcæ/fible,
Et cependant aysceu la rendrefifenjîhle,
Quejefuis pres cTen eflre aimé.
Cependant, aimable Bevgeret Dans le temps que iedesespere
?epouvoir de mes jours regagner vofire
coeur,
rrite contre moydune jufie colere;
lelasp!lsai jie rpoeuv.ois recommencer de
Avogreoeil mon premier vainqueur,
J.eflimeroisplus selsimerotspluscceebboonnhheeuurr
Que toute autre conquefieàfaire*.
Si un Amant peut voir conti--1
nud lement la Maîtrelf fan¡'<il
s'ennuyer.
LOrs quun Amant
Aime bien tendrement,
uluprès de sa Silvie
Parlant deses amours, Ilpeut eflre toujours
Sansqu'il s'ennuye.
Dans un doux Entretien
De l'amoureux mdrtire,
Le temps ne dure rien,
On a tropa se Jill.
Tourmoy lors que je fuis auprès de m* t
Beauté,
Je plljJè sans ennuy les plus longs jours v riEsté
A luy témoigner que je faimei
Charmé de vivre fous sa loy,
Mêlas! s'il netenoit qu'a moy
J'y passerois les nuits de mefrne.
DlEREYIIL{.3
Voicy des Vers quunBergtr de
'iojlre connoi/fluue adrejja demieimcnt
Il une jeuneEnjoÜee, qui
floit venue dansfonHameau, pour
'y rtfaire d'un mal de poitrine; à4
lui luy Ayantfilouté la Clef de Jk
Zhambre, cherchoit àluy faire quelque
piece pourJe divertir.J'y ajoute
une Lettre qui regarde cette Belle,
'& qui fut écrite en mifmettmps
arce Berger à un de kurs Amis,
Ojficier de la Marine.
----.---.--.-
VERS GALANS.
Dlignez., belleDiane, ÙeutermA
priere.
Dites-mey, que cherche en ces lieux
yoftrcespritcurieux? r cherchez. -vous ma Panetière t
Ma Houlette ou mon Chalumeau>
Sans doute, tout cela vousferoitnecessaire,
Si vont estiez Bergere,
MAis grâces à vosyeux,vostrefort est
plus beau. w
Sont-ce des Fleurs, un Lis,dujafmin,
quelques Roses?
Non, non, sur vostre teint, on en
Voit trop eléclifes ; Et malgré vostre mal
,
il en brille
en tout temps,
De pltts belles cent fois, que nen a
le Printemps.
Est-ce mon coeur ? - Helat ! vous en
parlerjen'ose.
L'amour vous apprendra qu'il est dans
vos liens.
Du jour que vos beaux yeux ont éclairè
les miens;
Je laijfte a cette noble confie
14 vous tn raconter la prise & Ill,!
defin;
1t comme de fA peine, il fait tous
ses plaisirs.
Est-ce quelyHAutrechose?
Ah! vous Fpavez. trop bien
Que qui donne fin cteur, ne se re.
serverien;
LA raison fowtient cet usage,,
Et Cupidon tout nud
, en rend hon
témoignage.
!vayant donc rien a moy, fut ne
foit toutà vous,
Cefltemps perdu d* chercher J..
vantage.
Il eji vray, Diane, entre nous,
Que si mon fort clioit plus deux,
Et que vous m'aimassiez, autant que
je vous aime..
Vous pourriez., fécondant mes voeH..
Chercher à fmlager mes feux;
NAis je vois à regret quil n'en rft
pas de mesme;
Il sen faut plus de la moitié,
1QHeaale ne fait Camitié,
La Voffre est mediocre -& la mien-i
ne est extrême.
Vous cherchez, donc, belle Diane^
en vain, A moins que de chercher a faireIIIfIW
malice.
Ah! Jî ctft là vostre Jtjfem
Je tien porteray pas mif. plainte ài,
la IHf/ice;
, Dieu veuille qu'elle rèùssisse,
le m'offrea tout souffrir, vostrefUUA:
sir mestcher, Dianey vous pouvez chercher.
Cette Belle, qu'on faitpasser
pour digne imitatrice d'un fameux
Heros, (c'est delaRancune,
l'un des principaux du Roman n
Comique,) chercha tant,qu'elle
trouva moyen d'exercer fonhu..1
meurhonneJstement malicieuse;
(
&lâ. piece qu'elle fit au Berger, C
ronna occaiion à ces lecon^ls
jcrs.
ous AVez. réussi,Ceau ne vous conte
guere,
le fuis percé de tous costez..
ïJte lefiu qui me brûle & quime
desespere
(Heud'Amour,} riagit-il ainsisur vos
beautez ?
vous verrois bt'en-tolf y chercher S,
rcmede,
Mon eau pourrait vont foklager.
coureroisaussi, sans remise.. a votre
aide:
leureux devons servir, heureux de
me vanger.
dais helasî'lemoyen d'enflameruner
Belle
- Qui ne veut quefe r.ifratchir?
4h poitrine malade!ah malade cruelle!'
uiJJè.. en vous guerissant, le Seigneur,'
voiu fléchir.
Voicy la Lettre du BBeerrggeerr,,
l'ofifcier de la Marine. LAuriez-vous cru, Seigneur
Marin, la jeune Diane
faitune action qui la rend cligner
d'avoir une des premieres Placeæ
dans la Galerie des Femmes-for-*
tesj actionheroïque & des plus
belles. On avoit lèrvy sur sa ra.£
bJe, sans y penser, une aiBettoi
deFramboifes des mieux condi-i
tionnées ) & comme elle lesaimes
passionnément, elle ne les a pasjs
pluroft veuës, qu'ellea porté la¡il
cüeilier à l'assiette pour en pren.-l dre mais retenue tout à conptj
par la force imperieuse de sa rai-ij
for, 4
Non, non, mJ-t-llle dit, nepcnfhz,pdtï.si
Btrgtr,
Que jen aille manger; lw ne veux point m'attirer de repr,ci);,)
«.
; Non plter que faire de jaloux ; Je veux avoir le coeur de rock*,
Etpourlaframboise,&p9H*-vovs\
[ Rcfiftanrdoncdelnforceà!•.
i::ntation, elle n'a pas cour',
aie ce fruit qui luy estoitdéfenun
par son Medecin.
ii fEpouse âAdllm en euflfait tant
autant
A l'égard de la Tomme,
v[t Seigneur eust esiècontant,-
Et le pauvre homme
N'eust pas avallé le morceau,
nQui comme du poison mm cgnduit, atr
tombeau j
Mais moins forte que nnftreBelle;.
L'appétit femportasur elle.
le-Et mey hlefiè
,
malade, & p"efqf;;'
mort d'amour,
.rYtUi'TIIX que ye ftrm, fenfoiffî? fin;"
& /W. Ceij'
Je ne vous conre pas ma peine,
Seigneur Marin, pour vous faire
pitié, j'aimerois mieux vous faire
envie. Je vous l'apprens seulement
, à cause de l'égalité de
nos fortunes auprès de cette
Belle.
,
Car enfin, quoy qu'on en dégoise1 e
Jesçay des fidelles témoins
De tous vos petits foins, **
De Tite, de Marqiti*, & de Dame
Fraxfoife;
QuaprèsAvoir languy trots mois a ses
genoux, f
Doncèreux comme laframboise,
Son coeurwom a paru tout aussi dur
qu* nous.
>
A dire vray ,
je ne vois point de
raison qui duft induire une Dame
àtraiter mieux un Marin qu'un
ergerj & sil meit pertllb de
:nisexpliquer finceremenc nfés. mes
Les Marins font des gens
ur quil'on ne peut pas fonder grttn.
de assurance.
cars coeurs font des vaisseaux qui vos
guent a tous vents, font comme la Mer, sujetsa fin.
constance-
Il rien efi pas de mesme des Bergers
Leurs tendrescoeursprennent rAcinil
Comme les plans de leurs Vergers ;
t leur fidellc Amour paroiss mesme a
leur mine.
On sçait de plus que les Marins
mt un peu fanfarons, médifans &
malins;
Hautant prefcjue vaudroit ef/re pris
des Corsaires,
Quaveceuxavoir des affaires.
Au lieu cjue les Bergers dans leursui
jeux & leurs rù Sont , comme leurs brebis,
Toujoursaccompagnez. de la pure inno-ú
cence,
SAns malice & sans médifance-
Je ne dis rien de la difcretlon,
LAttendre des Marins, cefl une illu-
[ton.
Sont-ils en Mer? Ilsriontplpts rien a
faire
Leurs Bell,esfontbien loin le temps du*
re àse taire, Il fautparlery chacun parle à fan sur,
Et chacuny, trahit les secrets de l'a-
'-mOHr.
Les Bergers au contraire
Rarement éloignez, des objets de leurs
voeux,
Et toujours occupez, de mille-foins pour
eux,
Ont trop de peur de leur déplaire,
Pour jamaisdivulguer leur amoureux
miftereAjoutez
a cela, que vos Mans
si.nt Íujlr à donner des noms
eu obligeans, aux personnes à
ui ils doivent le plus de refpeai
uuque, sans aller plus loin que
belle cause de nos peines, ils
nt osé la nommer la Signera B4.
MCU&, au lieu que nos Bergers
ccommodent toujours leurufae
à leur devoir; & honorent
tte Dameavec raison, du beau
3m de Diane, qui est une triple
léelfe, comme vous sçavez.
Ce n'est pas qu'il n'y ait des
tarins de l'humeur des Bergers5
ais on voit rarement des Berde
celle des Marins: & à
garder les choses en général,
fnme je fait sans vouloir ofnier
personne en particulier,
fâcher un Amy comme vous,
que j'aime &quej'estimeinfîainimenc,
je croy en vérité
, que
s'il y avoir quelque préférence ai
efpererde la belle Diarre, ce ne;
reroit pas pour les gens de vostres
forte, rmis pour ceux de la.
mienne.
J'ofeaufji meflater, qu'aprèssa mulaiic
Framboise&moy pourrons bien fapprochlr
Et luy trouver l'ameattendrie,
.AJe lieu de [on coeur de rocher. -
Du moinsenay-je grande envie.
C'efl -pourtant fous le bon pUi/tr j
Du Galant qui tAlceu choisir,
Pour partager les douceurs desavie.
Vous douterez peut-estre de
cette protection ; mais je vous
allure qu'elle n'est pas moins sincere
quecelle que jevousay Faite
d'estre inviolablemenr, Seigneur
Marin. Vôtre,&c.LeB.deFI.'
I, & lA lettre V, estoient le vray
'ot de la pretniere Enigme du mois
¿oNH
,
& le Souflet ccluy de la
etnde. En voicy flufieurs Explic4.
ions en Yers.
I. vRayment oüy
, vous pllrle a nota,
Açreable Berqer de Flore,
Vont quartefiime & qu'on honore) en puis répondre icy pour tout.
Aiai*ffavez-vou* que par vos rimes
Votu embarrAssèz. trop les gens?
Sur vos plus faciles Enigmes
7faut rêver huit jours pour en trouver
le sens. JJ leu cent fois vojlre nouvelle
Avant que dy rien remarquer; ïnfîn votre trtijîcme& cinquième voyelle,
roflre I, vojlre V.. pour me mieuxexpli.
quer1
Xfontpensé tourner la cervelle,
je ne fçaurais vous le nier,
Berger, quand vous voudrez dansi
Galant Mercure
Nous exercer sur quelque Enigme cio
fcure,
Yo," en sçavez. bien le métier,
Donnez-nous un mot tout entier,
Il nous mettra bien moinsl'ejprit à
i 1
torture.
DIlREVILL:l.
II.
BElle Iris, il ejf des Souflets
Qui pour nous promener ont de pu",
sans attraits,
Rien au monde n'ejf plus commode,
Et ceux-là font fort à la mode. -
Il en efl encor pour Valcain,
Et dont l'utilité me semble sans égal6h
Lors quefiant plus petits pour quelq^\
bon festin
, -
On en fait boüillir la Timhalle.
Mais lors qu'auprès de vous faisant tni
le badin,
BelleIris,vous leve la main,
Peur men donnersur le visage,
Cessouflets-là n'ont rien defain.
r peur d'en recevoir saime mieux eflre
fage.
L- e mei-me.
III.
D,'Où naiji tant de bruit dans les
Cieux,
Tant de tumulte, (7 tant d'alarmes>
L'onycrie, aux armes, aux armes,
ut vive, qui va la! Seroit-ce entre les
Dieux?
eroit-ce les Geans,ces Enfans de laterre,
',t!i leur viendroient encor renouveller la
guerre?
Jupiter a la foudre en main;
allas prend son Armet,sa Lance
,
&
son Egide,
Saturne sa Faux homicide,
Deson Marteau sarme Vulcain.
MArs a déjà ceint sa Rapiere ;
Junon tient saPantoufle, & Venusr\
Patin;
Pour MajJè Hercule prend un Pin; i
Neptune desa Fourchefiere
S'en va faire en deuxcoupssix trlU."
Maist Mercure, je vous demandtta
Dans cette émotion sigrande,
P,uel efl tAutioeur de ce couroux?
Ha, G"lllnt! cest-la voflreaffaire3
t Et vous voilà pris surlefait.
Faut-il devant les Dieux en cacher
1 i
mylfere?
Non, non, on ne le peut après voffiï-
SSoouuHfleect..
RAULT de Roucna.
1v.
1
L eu/ffallu ce dernier mois
Demeurer au lapon
, pour ne pas dans?
l'Enigme
Trouver Gennessoùmise au pluspuijflUt.
desRois,
On neulf pu rignorersans crime,
iMaïs la premiereEnigmeâAoust
"Wenous paroisspas sifacile, «
Elle semble aux gens de bon goaft
Pleine etejprit, & tres-subtile,
ux voyellespourtant en paroissenttobiu,
DEnt tl'uneestconsonne en jeunefe,
l'ilutre l'est dans la Vieillesse,
mteautrenepeut pasfaireunsibeleffet.
La petite Aflemblce G.-
du Havre.
V. ,7Ous nousavez déjà donné
,
Galant t'-
Mercure>
Lepremier de vostrois Souflets,
Le trotifème nous faitinjure,
Ceji pour regaler des Valets
, 7ous prenons le fécond
*
il nous met attoftre
Aist
j
7ous qui marchons si lentement
tfouryferons commodément, y
Wayant ny Carosse ny Chaise.
Le ratefmcr
Ddiij,
VI.
J'E me fâchoisdevoir Mercure
Nous donner un Souflet & des mieHX"S.\
ajfenez.,
Lamoutardedéja m'alloitmonterau nez]
Dans le ressentiment d'unesi grande
injure.
Mais comme ce Souflet peut libéralement
Nous donner du plaisir & du foulagement,
En favorisant noflre allure,

Ou dans une rude faison
Nous défendant de la froidure, #*»
le me fuis referié que Mercure a raison:
L. Bouçhet, ancien Curé
de Nogentle Roy.
VII.
AMy
y
je prends le Moufquety
Et renonce a la Grmmllire,
Dire un mot pour men diftrllire.
C'eftme donner un Sounct;
JQuel abus, quellechimere!
De glosersur £I*surl'V,
-Et de chercher du mifiere
Dans le ba be bi bo hu.!
Le petit Colin de Pethiviers
en Gaftinois.
VIII.
sVrle papier un Six Romain,
Sur le nez. un revers de main,
Figurent sans Prose ny Rime>
Les mots de l'une &l'autre Enigme.
Le mesme.
IX.
ADmirable Berger de Flore,
Faut-il plus long-temps que j'i~
gnore
luel efl L'heureux climat qu'onvous voie
habiter?
Maissans doute ceflAH PArlMJfè ;-
Carvousffavez. nous débiter,
Des Vtrs d'une trop bonne grâce,
Pour ne pas le tenir du divin Apollon i i
OUyy l'on connoifl tres-bien que ce Diemxi
vous inspire,
Que mtfme quelques-fois dans le ftcrt
Vallon,
Ilvous donne a touchersaLyre,
Pour chanter les faits induis
De nostre invincibleLOUIS
Ou comme dans ce mois en changeant de V,
langage,
Pourfaire paroiflre un Ouvrage,
Sfavant,subtilyingénieux;
Qui dans unsens rniftcricMx
Kous déguisant un I, de Cordre Alpha- -\
betique,
Transforme encor un f, musfacinant les x
yeux i.
C'estainjï que quittant te (tile serieux
Vous recherchez,fEnigmatique,
Comme le plus conforme AU langage des t
Dieux.
ALCIDORdu Havre..
X. DE tro;s Souflecs tout a lafoi
Mercure, vous Ilvefaitchoix,
J'our nous presenter une Enigmer Bon du fécond & du premier..
Mais 'on vous accuse de crime
Pour avoir donné le dernier;
Prenez, gardeejuon ne s'envange,
Et que quelque tfprit mal-bassi,
Ne veuille vous donner le change
Âprés le moindLre déememnti.esme
xi.
D"Uneautre main que de la voflrei
Philisj je nefluffrirois
pas
Un Sounet;car enfin tout autre
Sans doutey passeroit le pas.
tts estesobligée a vos yeux pleins d0
charmes,
Qui mefont poser bas les Armes, Et m'emp'.!chenr. de me vanger;
Adaissivous redoublez., Cruelle,
Vous me verrez, bien-talf changer, and j'endevrois souffrir
une douleurta
mortelle. -
XII.
Le 111efine.
SAns eflre un grand Expllcateur,
Nydu Pays de Sapience,
Sansme[me eflre doité de vive intelligence
f feppere eflre le Devineur
De la premiere Enigme elle efl afexfacilâ
Deux let,tres font lesfoeurs qu'on met dj
verfemenr.
V1voyelle ou consonne, & l'Vsemblablement,
Quejamais Ecrivain habile
Ne marque toutes deux ejuavec difiinflion
Suivant le changement de leurcondition.
Les mettre en oeuvre à rÂVntureJ
Efl,un peché contre Nature.
G Y G E'S du Havre,
XIII.
"E veux quon me prenne au colet
Pourme menerau Chastelet,
uon me pende avec un filet,
ne l'on me coupe le chifflet
nnme si j'estois un Poulet
, u'on me traite comme un Valet
, uon me charge comme un Mulet7
eue jamais dans un Gobelet boive ny vin ny lait,
ue d'un trait d'un arc à lalet,
u que etun Canon le boulet
t"écràse comme un Arggulet,
ue la nuit quelque efpritfofet
îefaffe danser un balet,
uuàa mon nneezz. rsee fsaijfe un Bourlet
Pe la longueur d'un Flageolet,
t qu'onluy donne un camouflet,
i le mot n'est pas le Sonfltt.
GIRARDOT de Moulins.
XIV. LE prefrnt peu commun que Mercll 1
re nous fait,
Sont deux lettres de FAlphabet L'j ; comme /'V tantofl efi consonne ou
,
voyelle,
L'une & l'autrefouvcntfontladiversité
Slge le Berger de Flore en ce mois nous
revelt
JÎvec tant de subtilité.
HEKMOPHXLE d'Antifer..
I XV.
Evousfuis oblhê, Mercure,
Jtfoy dontsouvent les pieds font misi
la torture, A qui la goute ne permet
Des jambes que par bienfeance-
J'ay pris vostrefécondSouflec,
JQui me rendra bonne affiftancey
Soit en Hyver3 fait en E/té,
ile pouvant plus marcher quavec difficulté.
Le mcfme.
XVI. vOflre premier Soilflet me fera fort
commode,
Et servira bien-totf pour allumer mon
feu;
A rigardva fécond, quoy qu'ilfait à
la mode,
Ay"nt bon pied. bon mil, il me servira
peu,
sortez. de voflre main le troijiéme a quelqu'autre,
Pour ne vous le pas rendre il faudrait
eflre Apostre.
DE LA TRONCHE de ltoüen.
c XVII. E tempspassé, Galant Mercurl,
V9HS efliezdes plus obligeants,
Apresent vous cherchez à maltraiter les
gens,
Comme la belle Nourriture; Qua-t-elle dit? QiAt elle fait
JQuipuissemeriter qu'on luy donne à
Souflet ?
Pour en avoir raison, feujfeperdu la vu
J'aurois juré dix mille morts,
laurois mis flamberggee ddeehhoorrss;
Mais mon sexe a trompé ma genereH}..
envie.
LA BELLE NOURRITURE
du Havre.
XVIII.
LE Souflet en Hyver utile,
Sert pour allumer nos tisons ; A fOrgue ilfait qu'un MÃiftre h<&&x
bile
Charme J'oreille par ses fons.
Le Souflet qu'on dit à la mode,
A la campagne effort commode;
On efl assis, on neflpoint las,
Soit pour la poste,ou pourle pas.
L'autre Souflet,jevous l'avoue,
Lors qu'onrimprimefur la joué,
Fait âèguainer,causedesmorts.
Oufait dire dans les transports
HXfoibles, L'insolent en eust perdu
lavie,
l'âge n'eust trompé ma genereuse en-
-
vie. -
ï XIX.
9 c'Est un I, voyelle & conforme]
Qu'en ce mois Mercure nous
t donne.,
,:' Lesecrèt nous en efl connu,
Mais ily jêint encor un V, 1.
Par un flratagème admirable,
L'on ne voit rien de mieux caché,
Plttfieurs l'auront trouvépeut-estre ipé..
nétrable,
* jlpré1s lC' avoir l1ong-temps chherchhél,
Et scanos qnuenleohaizafrdlrnoeussles*afait
Pins que nostre capacité,
Nom les aurions passez. fous Benedicite)
i
Et ton nauroit pat vu dans ce mots
- t paroiflre j
LA PETITE ASSEMBLES A
du Havre.
XX. VEritables Chreftitns, dont Cefprfr
pacifique
Veut aupéchéfaire la nique,i J~~ n'avez, nul defein de vanger /m1
affronts
Que l'on s'efforce de vous faire,
Et qui de pardonner esses toujours fori.,
prompts,
sism de pouvoir sans fin plaireJ
Au Createur de l'V/iivers;
lnfpirt a nos coeurs la mesme patiences
Pour ne pas user de vangeance
Contre un Courier qui va dans mille lieux"t.
divers,
Mercure qui tantofi d'une maintrop le~*
gere,
Sans avoircontre nous nulsujet de coleren
xvoHs a donnetrois beaux Soufitrs
,
nousatraitéfisqu'an ne¡a;tdesVttictS..
wr un moindresujet onfait bien du carnage,
Mais les duels font défendu*;
eujfrons,puis qu'illefautde peur eteftrt
• perdus,
En voulant vanger cet outraae. Lamefme.. XXI.
Lalnefme..
VIErcure dans ce mois vient nous re
-
mettre net JÎ nostrepremier Alphabet,
Lors qu'il nous presente une Enigme;.
Dans laquelle on dèguise un Ji qui (Vse voit mefvteuniy
Ainsi qu'en monsens je l'estime.
oicy par ou je crois qu'on le peut attester
un & l'autre est voyelle Mtffi-bien que.
consonne;- C'est furquoyVEnigmeraisonne,
On ne peut me lecontefter.
SYLVIEdu,Havre,.
XXII.
DVfécondSoulfet^fEnigme
1
Jeferoit
un choix lefitime,
S'ilestoit en ma liberté ; - Mais on ffait bien que mafortune
Efl contraire a ma volonté.
Par une disgrace importune.
Je nenveux doncaucun des trois,
Jay des premiers à fuiffCance,
JEtpuis que lefeemd efl hors de mapuis
sance,
Ce neflpas du dernierdont je veuxfairechtix.
La mesme
Ceux qui ont expliquélesme/mev
Enigives dans leur vray fins, font
Mrs Charpentier Receveur des Tailles
de RomorantiniHutuge d'orledfJS;
P. Carrier, & F. Marie de Rouen5
Confiant) Cervdis de S.Simon ; de
Lallde, Directeur dfsPoJles de:
ivence> la Loy de Lyon; chajle-
9 de la Cosse
,
Alflcil de la rue
nt Denys;N. lude&I. Malhcux
Rouen; le Tourangeau, Amant
fiant de l'Inftnfible Champion;
pinay Buret de Vitrysl'Ouvrier
(imparabledes Gobelinsy MefdeifellesdeNcubourg
de Rieuxi de
emand ;de Tondjecq;M. Trouais,
pouss mal contente ,
& lajeune
Emblée de la rué de CEcti de Ro.
rantin.
RESTIONS A DECIDER.
I.
.i
Equel des deux Amans aime
le plus, celuy qui souhaité
petite Verol'e à la Maistresse.
pour luy faire voir que la laideur
seroit incapable de le faire changer;
ou celuyqui aime mieux qu 1
elle doute de son amour, que dd
luy voir arriver une pareille disgrace.
11.
Si l'on peut mourir d'amour. IIL
Si l'on peut aimer sans jaloufi
IV.
On demande l'Origine des Monstres.
Jefais, Mllatlme, Vofire', &c.
AParisx.ceis. Offobre lÓSf.
ERR.ATA. 1 P
Age 233. ligne 21.lisez.440.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le