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1685, 04 (Gallica)
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350
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Texte
MERCURE
DEDIE' A MONSEIGNEUR. LE DAUPHIN.
Ù4RVKLL 1685.
A PARIS,
AV PALAit- G. t$£3-
140.
ON donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant hl
premier jour de chaque Mois, & of<
le vendra, aussi-bien que l'Extraor
dinaire, Trente sols relié en Veau
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais, dans
Salle des Merciers, à la Justice.
Chez la Veuve C.BLAGEART, Couru
Neuve au Palais, AU DAUPHIN
Et T. GIRARD, au Palais, dans la Grand
Salle, à l'Envie.
M. DC. LXXXV.
AVEC PRIVILEGE DV ROY.
TABLE DES MATIERES
contenues dansceVolume.
PRélude. contenant plusieurs Allions
degrandeur, de bonté & de libéralité
du Roy, & plusieurs Pièces à lagloire
de ce Monarque, 1
Lettre en Prose & en Vers, mesléedeplusieurs
Ouvrages,
Second DialoguesurlesChosesdifficilesà
croire, 4.S
Les Arbres choisis par les Dieux. Fable,
69
Mort deM.le Comte d'Ayen, 74
Mort de M. de S. Geniez, 75
Extrait d'une Lettre de Rochefort, 78
Mort de Madame la Marquise de Ro.
bias, -B6
Galanterie, 94,
Sonnet, 100
Réponse. IO- Mariage de M.le Marquis de Chastil-
[ Ion, tq; MariagedeM.leMdrquiideMea:>x,100y
TABLE.
DelaGenération, ni
Plaintes d'un Amant, IH
Retourde M. le MarquisdeTorcy, 13^
Mortde Madamela Duchesse Doüairiere
deMantouë, 140
MortdeM.leDucSforce, 145
Mort de M.le Marquis de Béthune, 147
MortdeM.deNointel, 148
Le Triomphe de la Venus d'Arles, 149
Suite de ce qui s'estfait à Paris touchant
la Thériaque ; avec les Discours qui
ontestéprononcez. surcesujet, 162
Fable, Ise
Suite des Actions du Roy, qui n'ont pû
avoir place dans le Prélude, 187
Affairesd'Angleterre, 213
MariagedeM.l'ElecteurdeBaviere,232
Départ de l'Envoyé d'Alger, 133
Mariagede M. de Miroménil, 235
Madame de Villers -
Canivetest benite
AbbessedeceMonastere, 239
Mort de Mademoiselle de Goth d'Epernon,
141
AutresMorts, 245
Noms de ceux qui doivent estredu CarouTABLE.
1 selde Monseigneur le Dauphin, 146.
Vistoire, 256
evotions du Roy, & de toute la Maison
Royale pendant la Semaine Sainté, 17f
rédicateursquisesontfaitsdistinguerà
P*yU, 279
néss es donnezpar le Roy, 280
oms de ceux qui ont deviné les Enigmes,
28.1.
nigmes, 18r
rangement arrivé dans la Troupe des
Comédiens François, 288
ouveaux Acteurs dans la Troupe des
Comédiens Italiens, 294
acet de troisDémoiselles à Mr M.
bconseillerau Parlement, 297
tionfe dt Mr M. au Placet des trois
Demoiselles, 299
tendancedeSoissons
donnéeparle Ry
M.Bossiet,MaistredesRequestes301
spensed'âgedonnéeparle Roy lUI Fils
aînéde M. Rossuet, pour estre receu-
ConseillerauParlementde Metz, 301 deChafteaugonthier receu ensurvinanceàlaChargedePrésident
au MorTABLE.
tierduParlement de Paris
,
q!:( -po,"
sede M. lePrésilent de Bailleulson
Pere,
*
,o
Mort de Madame la Premiere Préfîdent^
de Novion, 3014
Arrivéedu Dogede Gênesà Paris, 30*1 è Antiquitez de laVilledeGénes,&les
divers changemens arrivez, dansfoie
Gouvernement, 311
SynodeassembléàStrasbourg, parl'ordre
de M. l'Abbé de Ratabon, (Jïand_l
caire du Diocése,31
4bjur,uÙm faire par MessieursPistoriu
& Stachs,sçavans Ministres Luth
riens, entre les mains de AL l' Abbé
Ratabon, en l'EgliseCathédrale
Nostre-Damede Strasbourg, 3h
Livre nouveau, ;j
Fin de la Table.
AvispourplacerlesFigures. I 'Airqui commence par L'Hyverne
cache plus les Fleurs ny les Gazons.
doit regarder la page 134.
Les Devises doivent regarder la ki. page
L'Air qui commence par En vain m
eins nos Champs des plusvivescouleurs,
oit regarder la page 296.
Extrait du Privilege du Roy. pArGrace &PrivilègeduRoy,donné à
Chaville, le 18. Juillet i6îft. Signé, Par leRoyensonConseil, JUNQUIERES. Ilest
permis au Sieur DANNÉAU, Ecuyer, Sieur:
Devizé,de continuer de faire imprimer, ven- 1
dire& débiterleLivreintitulé, MERCURE
GALANT, & généralementtoutcequi dé-
- pend dudit Livre, par tel Imprimeur qu'il J
,
voudra choisir; Et defenses sont faites à tous
Imprimeurs & Libraires, & tous autres, de
faire imprimer,vendre & debiterledit Livre,
ny graver aucunes Planches servant à l'orne-
-
ment d'iceluy, ny mesmede le donner à j lire, pendant le temps & espace de dix années
entieres,, le tout à peine de six mille livres i
d'amende contre les Contrevenans, ainsi que
plus au long il estporté esditesLettres.
Registré sur le Livre de la Communauté;
aux charges & conditions portées,le14
Septembre 1683. Signé, ANGOT, Syndic.
Ledit Sieur DEVIZE' a cedé son droit du
présent Privilege à C. Blageart, Imprimeurlibraire,
pour en joüir suivant l'accord fait
tll'tr'eux.
Achevé d'imprimerle 30. Avril1683.
t-IiER-CV-R~E,
CALMT
r. A VR IL 1685.
1L 'A Y bien crû, Madame,
que ce que je vousay
dit touchant l'Aqueduc
lui doit conduire la Riviere
l'Eure à Versailles, vous paoistroit
aussi surprenantque
igne d'admiration
,
& que
pus donneriezmille loüanges
aux motifs de bonté qui
ont inspiré ce dessein au Roy,
puis que ce qu'il a eu princi- 1
paiement en veuë dans cette V
grande entreprise, a esté de -;
faire trouver les moyens
de subsister à ceux d'entre
ses Sujets,qui avoient
besoin de quelque secours,
, pour ne pas mener une vie
entierement malheureuse,& :
de fournir de l'occupation à
ses Troupes, afin qu'une
longue oysiveté ne les fiftj
pas devenir inhabiles auL
travail, si quelques Puissances
jalouses de sa Grandeur,
-

troubloient le repos qu'il a
! donné a l'Europe. Après a- t'loir ainsi consulté sa bonté
! pour ses Sujets, & l'avantage
que pourroit tirer l'Etat
si ses Troupes estoient toûjours
endurcies au travail du
| remuement des Terres, qui
J est le travail le plus néces-
J saire dans le Mestier de la
l Guerre, il a regardé qu'en
exécutant cet admirable pro-
1 jet, il couvroit la France d'une
gloire sans égale
, & luy
donnoit lieu de se vanter d'être
venuë à bout d'un Ouvrage
plus grand qu'aucun
de ceux qui ayent jamais
esté entrepris par les plus
puissans Empereurs.Romains
deforceque
-
l'embellissement
que Versailles
recevra des Eaux que cet
étonnant & miraculeux Aqueduc
y doit conduire, n'a
presque, pas esté consideré
par le Roy; ce Monarque
comptant pour rien ce qui J
regarde ses propres plaisirs.
Ce n'est pas que la beauté
de Versailles soit pour luy
seul. Il se fait une joye de
donner cét ornementà h
France ,
& -de tenir saCour
dans un lieu délicieux où
elle jouit des plaisirs de toutes
les belles Saisons, & de
celuy d'e stre bien logée,
pendant que les soins dela
grandeur & du repos de l'Etat
le tiennent dans un travail
qui a fort peu derelâche.
Mais ce Prince est aussi
content ,
lors que sa Cour,
ses Sujets
,
& les Etrang ers
joüssent des charmes, de ce
magnifique lieu, & des di-
.- vertissemens qu'il y donne, —
que s'il les prenoit sans cène
luymesme. L'exemple du
travail de l'Aqueduc , a produit
un autre bien pour les
malheureux, qui n'ayant
point d'employ à Paris, n'y
pouvoient trouver les moyés
de vivre. Mrs les Prevoit
des Marchands, & Echevins
de la Ville ont fait publier,
non seulement qu'ils employeroienttoutes
les Pernes
qui voudroient travailler
à remuer la Terre des Ramparts
qu'on fait autour de Pa-
:1 ris; mais aussi qu'il s donne
roient tous les instrumens
nécessaires pour ce travail à <
ceux qui n'auraient pas dc-t
quoy en avoir. C'est ce qu'ils
ont fait le neusiéme de ce
mois; de forte que si l'on
voit presentement des Gens
sans employ
,
& pressez de la
necessité,onne le doit imputer
qu'à leur paresse,&àleur
faineantise. On peut ajoûter
à tout cela que ceux quiont
vvoauul uuss'aoccccuuppeerr,enonttou- , en ont tOUjours
trouvé les occasions
le Roy ayant fait travailler il
y a déjàlong-tempsàune Levée
depuis Paris jusqu'au.
bord de la Riviere qui regarde
Seve
,
afin de rendre le
chemin plus praticable, 6c:
plus commode pour ceux:
qui font obligezd'aller à
Versailles. C'est dans cette
mesme veuë que Sa Majesté
a cru qu'ilfalloit qu'il y eust
un Pontaubout de cette Levéequiconduisist
à Seve,
d'où Elle a fait applanir
,
élargir,
& paver le chemin
jusqu'à Versailles; ce qui le
rendra plus aisé, & plus
Court. Comme Elle a voulu
que ce Pont fust achevé en
peu de temps, Elle en a donné
le revenu pour cinquante
ans à des Particuliers qui l'ont
fait con struire.
On en commence icy un.
de Pierre qu'on appellera le
Pont Royal, & on le fait aux,
dépens de ce généreux Monarque
,
qui n' épargné rien
pour l'embellissement de la
Ville, & pour la commodité
de ses Sujets. Il fera un peu
plus proche des Tuilleries,
que celuy qu'on appclloit le
Pont Rouge
,
& que les Eaux
ont entraînédepuis quelque
tem ps.
Quoy que le Royn'ait
point d'occupation plusforte
que de penserau général
,
il
ne laisse pas de le souvenir
du particulier. On le VO
par les pensions des Dames
du Palais, qu'il a consèrvées
à Madame la Princesse de
Tingry, & à Mesdames les
Contesses de Granmont, &
de Saint Geran
,
qui les
avoient euës du vivant de la
Reyne.MrAbbé de Rohan,
second Fils de Mr le
Prince de Soubise
, a eîhi
pourveu del'Abbaye de Saine
Taurin, Ordre de S. Benoist
Diocése d'Evreux
, vacante
par ladémission volontaire de
Mrl'Abbé du Frénoy
,
qui se
trouant l'aîné de sa Maison,.
a cru devoir semestre en état
de la soûtenir. Ces grandes
Abbayes ne devant estre possedées
que par des Personnes
d'une distinction particuliere
, on ne peut que loüer ce
choix du Roy
,
aussi bien que
celuy qu'il a fait de Mr l'Abbé
de Beuvron qu'il a gratifié
de la Charge de l'un de ses
Aumôniers,vacantedepuis
la mort de Mrl'Abbé de Sait
Luc. Il y a déja quelque
temps queMrrAbbéde Beuvron
avoitoffert de l'argent
d'une autre Charge d'Aumô- :nier, mais l'affaire ne se put
conclurre
,
& il a eu du Roy
r
en pur don, celle doncil
vient d'estre pourveu, sa Majesté
ne permettât plusque ses
Charges d'Aumônier se ven- dent & voulant à l'avenir les
remplir Elle-mesme de Personnes
de merite. C'est par
là qu'Elle a donné à Mrl'Abbé
de laSale, Frere de Mrde
la Sale Maistre de sa Garderobe
, une autre Charge
d'Aumonier vacante par la
démission volontaire de Mr
l'Abbé de SaintValier, qui
est party pour le Canada, où
il doit estre Coadjuteur de
Mr lEvesque de Quebec.
Une grande dévotion & le
zele de convertir des Infidéles
, luy font faire ce Voyage.
Il accompagne Mr le Marquis
d'Enonvile, Colonel des
Dragons de la Reyne, qui
doit estre Commandant en
ce Païs-là
,
dont vous sçavez
queMrle Maréchal d'Estrades
est Viceroy.
Dans le mesme temps que
le Roy s'applique aux differens
soins que je viens de
vous marquer, il songe à donner
moyen à la plus jeune
¡& la plus qualifiée Noblesse
deson Royaume, de s'entretenir
toujours dans les exercices
qui sont les plus dignes
d'elle, & qui font qu'elle sert
l'Etat avec plus de gloire &
plus d'avantage, lors qu'ilest
question, ou de le défendre,*
ou de le remettre dans ses justes
bornes. C'est pour cela
que ce Prince a la bonté de
contribuer à la plus grande
partie de la dépensenécessaire
, pour faire une Course de
Têtes,avec tout l'éclat qu'elle,
peut estre par les plus grands
Seigneurs d'une Cour, qui
n'est pas moins renommée
par la bravoure que par la
«
galanterie. Je ne vous dis
rien de ce qui le fait pour faire
fleurir en France la véritable
Religion, & pour en
bannir la Prétenduë Reformée.
Sa Majesté fait toûjours
paroistre la plus forte
ardeur pour détruire l'Herésie,
&toûjours les Muses tirent
de là son plus grand éloge.
Vous le connoistrez par
ce Sonnet Mr Terraudiere,
premier Echevin de Niort.
SUR LA NAISSANCE
& le progrésdel'Herésie,
fous les régnes des sept derniers
de nos Roys ; & sur
son déclin fous le régne de
LOÜIS LE GRAND. s SONNElT. Om le grand RoyFrançoisce
Monstrepritnaissance
Par de faux Apostatssus~fettez, de l'Enfir;
Son Fils Henrysecond s'en alloit létouffer,
S'il n'eustestétuéd'unfatal coupde
Lance.
Apreslà morton vit cettefatale Engea~
i ~ç:
S'établir par lefeu, s' élever parlefer~ï
François,Charles,Henry lavirent
triompher,
Et répandre à leursyeux teutlesang.
dela France.
Henry quatre endormit ce Serpent
dangereux;
Maisilse réveillabien-tostplusfuvieux,
Etsous Louis le Juste ilfit bien du
ravage.
Enfin le grand LO VIS, l'Hercule de
nos jours,
Par des moyens prudens,pardesages
détours,
Vientd'abatre cètte Hydre,&l'Enfer
en enrage.
Voicy un autre Sonnet (un
la bonté que le Royaeuës.
d'accorder la Paix aux Génois.
Il est de Mr de Gram—
mont de Richelieu.
JI. SURLAPAIXDE GENES..
L SONNET. OVISnapointd'égal,nyn'en auvajamais,
Ilsçaitsefaire craindre, &sur Mcr,
&surTerre,
Et quandses Ennemis luy dé~tlarent x
la guerre, Il lesforce aussi-tost à demander I
Paix. « 92, *
Génesn'estplussuperbe,elleapprend
àsesfrais
tifecet d éviterl'effroyable tonnerre
Dont ilsçait, quand il veut, briser
comme du verre
LesR9ampâ1rtsles2plusforts, & lesplus
Cherche-t-elle Id Paix, aussi-tost il
la donne;
Son Doge est-ilsoûmis,volontiers il
pardonnes
C'estce quepoursa gloire il metau
premier rang;
Etses Lauriersmeslez,aux branches di.
l'Olive,
Luy donnent une joye&plusdouce ¿p'
plus vive,
Que quand ilssont couverts depoussiere&
desang.
Quoy que le Sonnet en-
Bouts rimez qui fuit ces deuxcy,
ne parle qu'en genéral
de ce que leRoy a fait de
grand, il mérite bien d'avoir
placeicy, par le tour heureux
que luy a donné Mr Blanchard,
Curé de Fissé aux Environs
de Dijon.
A e Lexandre & Césarontacquis
moins de gloire
Par leursExploitsfameux, que nostre
auguste Roy;
Sa maniere devaincre, & de donner : laLoy, .j
jttfqufchez, les Vaincusfaitaimersa
Victoire. ;
:
ia
Ses grandesActions effacent leur
Histoire;
Uneseule Campagne en pourroitfaire
foy.
Son Nom porte par tout ou l'amour ou
l'effroy,
Etpeutseuloccuper les Filles de Memoire.
Rome ne vit jamais Héros plm
achevé,
Son esprit est en tout égal,vaste,
élevé,
Sa Fortune répondàson coeur intrépide.
L'ondoitàses vertus des honneurs
immortels;
L'Hydreauxaboisfaitvoirquilest
plus grandqu'Alcide,
Et cent Temples détruits luy valent
centAutels.
Un Particulier ayant fait
divers Ouvrages sur les dernieres
Actions de cet auguste:
Monarque, les a ramassez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'a adressée
LETTRE
J <À E me souviens
,
Monsieur
que vous avez voulu me persuader
quej'avois merité, fueiç
que approbation des bons Connoisseurs
,
lors que je dis ily a
quelques années.
On fait mal ce qu'on fait, on ne
fait qu'uneaffaire,
Mais LOUIS partagé dans cent..
emploisdivers,
Se donnant tout à tout, fait voir
** à l'Univers,
Et qu'il fait cequ'il faut, &qu'il sçait bien le faire.
Vous avez mesmeprétendu
que j'avois expliqué les sentimens
de tout ce qu'il y a d'honnestesGens
au monde en disant,
Que tous les noms des Grands
cedentaunom du Roy.,
Les Césars,les Cyrus,les He£lor.sv
lesAchilles, t Ont eu moins de merite & donné:
moins d'effroy,
Par cent ots rendus, par
cent prisesde Villes.
-
Je vous serois bien obligé, si
vous vouliez fairesçavoiraupublic,
queje défie toute la Terre de
me disputer la verité de ce que je
vais dire.
SONNET
LSVB. LA GRANDEVR DV ROT.t OUIS est grand entout; ili
regle les Finances,*
Il réforme les Loix,il fait fleurir
eess AArrttss;i Mille Il
MilleVaisseauxflottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ses foins,
& ses dépenses;
sa;..
Dans le particulier,dans les réjoüissances
est autant Heros, que dans le
champ de Mars, -.
Fin dans le Cabinet, ferme dans
leshazars, ":
1 faitplier fous foy les plus hautes
Puissances;g
Sa fortunerépond par toutà
savaleur,
Par tout ses grands exploits ré- --
pondentàson coeur, infi quel'ontfaitvoir cent conquestes
demarque; -
•OJ&I
Enfin nos Ennemis connoissent
comme moy,
Que si tout 1 Univers ne vouloit
qu'un Monarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
Je sens bien que ce que je dis
là n'estrien de bon, mais il me
semble que c'estl'explicationsincere
des pensées, qui doiventvenir
naturellement à tous les Sages
qui font sans passion, rtlr qui ont
du bongoust.
Ne croyez donc pas,
Monsieur
, que ce soit une pure conjecture,
ouseulementun effetdel'attche
dessentimens que j'ay pour
? Roy qui m'a fait dire
Enfin nos Ennemis connoissent
comme moy ,
&c.
Vous en jugerez par une peite
avanture que je vais vous
acontertelle quelle m'eH arrivée
en effet.
rJe-meltroeuvaygsur lanroutee de
lors qu'ilseretirait de France a
pas comptez, tant il marquoit
d'envie de n'en point sortir. J'étoischez
une Personnedequalité
& de merite ,
à l'heure qu'il luy
envoya un de ses Gentilshommes
poursçavoir si clle se trouveroit
en état de recevoirsavisite. Com.
me jevis par la réponse, que Aîl
l'Ambassadeur alloit venir, je
voulus luy faire place, mais la
Personne chez qui j'éstoit me
déclara, quelle vouloit absolument
que feujjè part à cette
conversation
,
qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pou-
"VFK pas douter, Monsieur, qu'on
ne parlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur, gjr que sa retraite,
& la guerre qui nous menaçoitalors,
ne fournissentà ten.
tretien. Il nous dit cent choses,qui
nous firent assez comprendre qu'il
n'eust pas eu de peine d'avoüer
nettementque leRoy estoitleplus
grand & lepluspuissant Prince
du monde, s'ileustpuoublierqu'il
avoitun Maistre
,
&se défaire
despréjugezEspagnols.
On doit neanmoins cette justice
à Mr l'Ambassadeur
, que
son bon sens &sa raison ne furentpointobscurcispar
cesentestemens,
qui sontsiordinaires àceux
desaNation. Ilfitl'Elogedela
France, des François, du Roy, &
d'un airfortélevé, & qui marquoit
beaucoup de sincerité dans
ce qu'il disoit ; mais dans les
loüanges qu'il donna à sa Majesté
, iln'oublia ny ce qu'il estoit,
ny ce qu'il devoit à son Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames, il dit qu'ilvouloit
leurfaire voir quelque chose de
fort beau.Il tira ensuite une riche
"Boîtey qui renfermoit, disoit-il,
le Portraitdesa Maîtresse
,
qu'il
emportoit de France, & c'estoit
celuy du Roy, dont sa Majesté
l'avoit honoré,& dontilsefaisoit
en effetungand honneur. La
Personnechez qui nous estions,
qui esi fortspirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conserver ce g^^e,
& quilseferoitbien-tostenluy
une metamorphose surprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
Portrait desa Majesté se changeroit
en celuy de son Maistre.
Aces parolesMl'Ambassadeur
parut Espagnol
, comme son devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roulaensuite sur différentes matieres,
&fut longue & curieu
se. ,Je vous avouë
,
Monsieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne
, je me
fuis toûjours souvenu des entretiens
de cet Ambassadeur. Il nous
dit positivementqu'il y auroitdu
sang répandu; qu'ilseroit difficile
d'arrester les desseins du Roy;
que ses Ennemis ne pouvoient
rien esperer que de l'inconstance
de la fortune; & que l'Empire
& l'Espagnene cherchoientqu'à
mettre leur honneur à couvert,
en ne cedantpas sans avoir combattu.
Voila 1% Prophetie accomplie,
&nous en voyons la verité
dans la disposition des choses
qui se font passées la derniere anneé.
SONNET
Sur l'état desAssaires ât>rcs ht de rniere
Campagne de France.
A O Lgerencorfumãtdes Foudres
dela Guerre,
Vient se jetter aux pieds de fou
noble Vainqueur;
I.C Gennes la superbe est tremblante
de peur
ous les éclats vengeurs de son
bruyanttonnerre:
Luxembourg voit tomber ses
hauts Ramparts par terre,
Cap-de-Quiers attaqué se trouve
sans vigueur;
a Hollande en Partis ralentir
son ardeur
N'ayant pû soûlever les Peuples
d'Angleterre;
Le Danemark amy reçoit nos
Etendars,
L''Empire se ménage &craint
tous les hazars,
L'Espagne plaint sesForts qu'on
pille ou qu'on enleve;
Sa Liége & Tréves soûmis sçavent
faire leur Cour,
L'Europeattend laPaix en rece
vantlaTréve, t
Toutcedeau Grand LOUIS pa
force ou paramour. *
Je vois dans cette peinture tous
ce que l'Ambassadeurd'Espagne
craignoit, ei tout ce que sa poli
tique luy faisoit prévoiraveccha
grin. Avoue aprés cela,Mons
sieur, que lafortune de LOUIS
le Grand doit efire bien constant
pour faire avectantde bonheur
des choses si admirables, puis qus
tant de Heros, (gjf tantde sages
Monarques n'ont pu s'empesches
¡
.1 en estreabandonnez. Mais
voüez aussi à mesme temps que
t prudence &le courage du Roy
mt extraordinaires ,puisqu'il
semble avoir réduit la Fortune
sous lesréglés,&s'estrefait une
methode de réüssireen tout.
Ne peut- on pas compter entre
ses bonnes fortunes la fecondité
le la Maison Royale ? Ce Fils
uniqueque le Cielluyavoit laissé
comme son premier don
,
plus
7 est grand
,
plus il nous faisoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monsieur, que mes pensées fussent
celles de tous les honnestes
Gensà la naissance de JvJonfiigneur
le Duc de Bourgongne.Je
voudrois à cette heure que vo!k\
les engageassiez àdire sur /,,'
naissance de Monseigneur le Dm
d'Anjou.
AU K0Y.
R SONNET. Ecevez un Héros qui ~naist
de vostre Race,
GrandLOUIS,desormaisle Cie
veut tous les ans |
Enrichir vos Etats de semblable
Présens, |
Qui pourront mériter de remplir
vostre place.
~B"s!3i 1
*
Nousverrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
oyer fous les efforts du Pere&
des Enfans;
~r tout dignes de Vous, Se par
touttriomphans,
e tousnos Ennemis ils dompteront
l'audace.
,,'
~si -
~ormez-lesseulement dans l'Art
quifaitlesRoys,
s en apprendront plus par vos
rares Exploits,
'en lisant ce qu'ont fait lesFameuxdel'Histoire;
ffll
t comme ils vous verront toûjours
au- dessus d'eux,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvostre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
Ces sentimensquifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en cette rencontre ,
~si
produisentfort tard ,mais ils seront
toûjours desaison
,
si vous
voulez quecesoient des marques
éternelles de mon respect envers Cf
Prince. J'ay aussilaissépasser U
temps où ces Bouts rimez estoiens
à la mode. Cependantcequ'il
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes
puis que LOUIS le Grand auratoûjours
des admirateurs, qUII
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
I)l I jamais Conquérantmarcha
droit à la Gloire,
jamais Souverain mérita d'être
Roy,
jamais Politique aux autres fit
laloy,
~urtous les Concurrens LOUIS
a la Victoire.
es Faits ferontpasserpour Fable
son Histoire,
~A peine croira-t-on qu'ils soient
dignes defoy;
~Les Siécles à venir en feront dans
1*effr»yt
~Et tout retentira du bruit de sa
Mémoire,
Lors qu'on voudra former unHéros
achevé,
On en prendra les traits sur son ai
élevé, J
Sur ses Combats divers, sur foc
coeur intrépide.
~il
1
;
Autrefoison l'eût mis au rang de
Immortels;
- Et comme ses hauts Faits effacent.
ceux d*Alcide,
Alcideà son Vainqueur éustcédé
ses Autels.
Vous trouverezpeut-ejlrequelque
conformité entre ce Sonnet,
& un autre que vous avez publié.
Elle auroit estèplusgrande
si je ne l'avoisjamais veu.Je ne
sçay si l'autre a esté fait plûtost
que le mien , mais je fuisseur
~ue le mienn'a pOllJf esté fait sur
~Celuy-là. Ces Bouts rimez n'au-
~ont pas perdutout-à-faitlagra-
*
de la nouveauté. Vous a'Vez-
~it il n'y a paslong-temps
,
qu'ils
~stoient à la mode,& lesujet n'en
~st pastropvieux.
UR LA TREVE
que le Roy a faite.
ON disoitautrefois, Non licet
omnibus,
oseledire encore,&qui voudra
s'enfâche;
LOUIS, de qui l'esprit travaille
sans relâ-ebe,
~rient de faire luy seul quod non
licet pilou*,.
H! Nul d'entr'eux ne sçauroit parera
aux coups qu'illâche, |
ParmPy lehs Soeouvebraintsitlsp;a1rois4t un|i
Il commande la Trêve, & vous;
sçavez quibus; 1
Tour ce qu'elleade durpar avace:
illeur mâche. IÉ as
Ils l'avalent enfin avec tous ses 1
Item, f
Dans un profond respectilschan-j
tent Tuautem,
Ravis de prévenir les effets de son
ire. à
92
Sidans le temps présent
ihn'ond
pûdireamo, 1f
eut.;it;c quau futur ilsauront
peineàlire
e qcu'ail lleaurmfitosi.gner currente
Iln'y a point de Rimessibi-
~rres&si Burlesques, qu'on ne
ijje remplir de quelque chose de
~andsurlesujetdu Roy. Ilme
~mble donc qu'on pourroit bien
~nner à celles-là encore un autre
~ur presque surlamesme ma-
~re.
~VRL'ENREGISTREMENT,
& U Publication de ta Tréve.
OUI S le Conquérant fait :
-1 sçavoiromnibus,
ti'ii annonce une Tréve, &qui plaist,&quifâche;
Jamais de ses desseins en rien il ~ne
relâche,
Le coup qui le desarme a fait ~l
loy tribus. |
Que s'il fuit les Combats, il nr
- fuit point en Lâche, t.
Dans le Mestier de Mars il n'est
point E-Pboebm;
Il a du coeur,des Gens,desArmes
duquibus,
Et quand il faut donner, point ~Il
Cire il ne mâche.
Cependant il s'arreste, il se ~mo
dére, item,
Sçachant bien comme il faut ~venir
au Tu IIHlcm,
Pour le bonheur public il ~com
mande à son ire,
ii
ii
Conjuguons luy par coeur dans
touslestem ps amo;
Et nos Neveux diront, lisant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin, Monsieuryil y a treslong-
temps quej'ayfait une Devise
pourle Roy,sur un dessein qui
aesté suspendu. Sielle avoit esté
publiée dés cetemps-là,elle pourvoitpasser
à present pouruneespece
de Prophetie. Cefera pour
le moins une expression allegorique
de ce que nous soyons. Le
corps de la Devise
a
c'estun Soleil
dansson Zodiaque;l'Ame,ceson
cesparoles,Curro, sed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Artj'a
joûterois des Astronomes de toute
les Nations, qui observentle So
leil avec toutes les fortes d'lnstrumens
dont on use pourcela. Ils ni
répondraient pas mal à l'application
He tous les Politiques de L
Terre donnent à penétrer la con.
duite du Roy. Voicy l'explicatif
de ma Devise. LUnivers attentifregarde ma
carriere,
Les esprits appliquezà mesurer
moacour.Sî.
»
Observent avec foin mes tours èc
mesdétours:
Mais nul oeil ne peur voir ma routetouteentiere;
1
Mon éclat plus aux fiers fait
baisser la paupiere;
Mes differens aspects font les
nuits& les jour,
Toutlanguiroit sansmo y , tout
attend mon secours,
Et je porte par tout mes biens&
ma lumiere.
,
Mille divers emplois partagent
mesmomens,
e suis toujours reglé dans tous mesmouvemens,
On connoist mon pouvoir surla
Terre&surl'Onde,
«
Je me haste;je cours; rien n'ar
restemes pas,
J'acheveray bien tostletourentierdu
Monde,
Madémarcheest cachée & l'on
sçaitoùje vas.
Ily a, assez long-temps, Mon
sieur, que je vous entretiens pou
me hasterde, vous dire que je fui
vostre tres, &c.
F.F.D.C.R.G
L'A utheur du Dialogue
que vous avez veu sur les cho
ses difficiles à croire, m'en t
envoyé un second, dont je
vous fais part, Quoy-qu'
1
soit une luite du premier
:J
la
matiere est differente, & cette
diversité doit estre agréable
aux Curieux, qui font
bien-aises d'apprendre beaucoup,
& de s'épargner la
peine des longues levures.
DES CHOSES
DIFFICILES A CROIRE.
DIALOGUE SECOND.
3ELOROND. LAMBRET.
V BELOROND. Ous me trouvez en Jifant
chez Aulu
-
Gelle
une verité qui passeroit pour
difficile à croire, si elle n'étoit
miseicy en pratique aussi
souvent qu'ailleurs; c'est
quand il dit, que l'on punit
les petits Larrons,& qu'on
porte honneur auxgrands:
Fures privatorum furtorum in
nervo atque compedibus ætatem:
gerunt,furespublici in AUTO
&.)
in purpura. I
LAMBRET.
Un autre a dit encore que
les petits crimes font punis,
&, que les grands sont portez
en triomphe: Sacrilegiaminutapuniuntur,
magna in trium
phis feruntur. Nous aurions
bien des choses à dire sur cette
matiere
,
si nous voulions
nous ériger en Satyriques;
mais croyez-moy, parlons du
larcin d'une autre maniereCe
n'est pas icy feulement qu'il
y a beaucoup de Larrons,) &
que la plus- part sont comblez
d'honneurs. Au Royaume
de Tangeo il y a un païs
appelle des Larrons, où l'on
tient à si grand honneur d'avoir
eu des Parens pendus
pour des vols commis, qu'on
s'y reproche comme une espece
d'infamie, si l'on n'en a
pointeu d'Executez en Justi
ce pour une si bellecause
Chez les Lacedemoniens li
larcin estoit permis, pourvi
qu'on ne fust point surpri
en le commettant. C'estoi
afin d'accoutumer ces Peu
ples à chercher des artifice:
& des stratagêmes, dont ils
se servoient souvent dans le:
guerres qu'ils avoient avec
leurs ennemis. Un jeune En
fant Lacedemonien fut sisi.
dele à executer cetteLoy,
qu'ayant dérobé un Renard
j
& l'ayant mis dans son sein
pour le cacher aux yeux de
,
ceux qui le cherchaient,-il
aima mieux se laisser ronger
le ventre par cet animal, que
de découvrir son larcin.
BELOROND,
Jaurois de la peine à croire
ce que vous venez de me
dire, si je ne me fouvenois
d'avoir lu chez Cesar 1. 6. de
bello Gall. que les anciens
Allemans permettaient à la
Jeunesse de dérober,afindeviter
l'oisiveté ; dans Arrien
in Epict. 1.
3. c. 7. qu'Epicure
avoüoit bien que c'estoiune
grande faute de se laisser furprendre
en dérobant mais
qu'il ne croyoit pas que hors
de cette surprise il y eust du
mal dans l'action
; & chez
Suetone in Ner. art. 16. que
les Romains avoient des Festes&
des Jeux: Quadrigariorum
lusus, qui leur -permettoient
de prendretout ce
qu'ils pouvaient. L'Empereur
Neron fut le premier qui condamna
cet injuste usage.Diodore
nous apprend que les
Egyptiens avoient un Prince
des Larrons, à qui l'on s'adressoit,
comme autrefois à
Paris au Capiraine des Coupeurs
de bourse, pour recouvrer
ce qu'on avoitperdu,
en donnant le quart du prix.
LAMBRET.
Vous avez apparemment
aussi lû chez François Alvarez,
qu'il ya un Officier de la
Cour du Prête-Jan
,
qui n'a
que cette qualité de Capitaine
des Voleurs pour gages
de son Office, dont les fonétions
consistent à faire lever
& accommoder les tentes du
Roy.
BELOROND.
Si l'estime que quelques
Peuples ont euë pour le larcin
paroist incroyable,la peine
que dautres Peuples faisoient
souffriraux Larrons, ne
le paroiftra pas moins, comme
chez les Americains,au
rapport d'Oviedo l.
5.
hist.
c. 3. & 1. 17. c. 4. qui les empaloientvifs;
& chez ceux de
Carinthie;qui estoient si animezcontre
les Voleurs, que
sur le seul soupçon ils les pendoient
,
& puis faisoient le
procés auMort,se contentant
d'ensevelir honorablement
ceux contre lesquels
ils n'avoienr point trouvé de
preuves suffisantes pour les
condamner à la mort. C'est
Mercator qui nous l'apprend
dans son histoire l. 7. c. 13.
LAMBRET.
Ceux du Royaume de Lao
n'estoient pas si severes dans
: les châtimens des Larrons
y puis qu'ils les punissoientseulement
en leur faisant couper
sur le corps, selon la qualité
du vol, unecertaine portion
de chair, avec cette clause
>
que si le Bourreau en coupoit
trop, il estoit permis au
voleur de dérober après impunement
pour autant que
pouvoit valoir ce qu'on luy
avoit ôté de trop.
BELOROND.
Ce que vous venez de dire
me faitsouvenir d'une coutume
de Moscovie
,
qui n'est
pas moins déraisonnable,puis
qu'elle veut qu'on donne la
Question premièrement à
l'Accusateur
, pour voir s'il
persistera dans son accufu1
tion, &puis à l'Accusé,si la
chose en question est demeurée
douteuse. C'est Olearius
qui letapporte 1 3. Ya-t-il
rien de plus impertinent,se-
Ion nous, que ces usages >
Et cependant ceux de Moscovie
& de Lao s'imaginent j
que leurs Coutumessont aussi
raisonnables qu'elles nous paroissent
ridicules Ôc extravagantes,
tant il est vray que
chacun abonde en son sens,
& qu'on ne peut établir un
fondement certain sur l'esprit
ou plutost sur les opinions
des hommes. Avoüons.
de bonne foy que les Pyrrhoniens
n'estoient pas les plus
mechans Philosophes, quand
ils n'assuroient rien que par
leur,peut-estre
,
t cela se peut
faire. Si l'entestement, la présomption,
l'obstination &
1\'
l'amour propre ne s'estoient
pas emparez de l'esprit de la
plus- part des hommes,je ne
doute point qu'on ne leur
eust rendu plus de justice
aprèsavoirpourtantemployérlaCirconcision
dont parle un
Pere de l'Eglitè,c'est-àdire,
après avoir retranché de leurs
opinions ce qui peut estre
contraire aux Veritez certaines
& infaillibles de noar
Religion.
LAMBRET.
Devons-nousestre surpris.
devoir les hommes si bizarres
dans leurs opinions &
dans leurs coûtumes, puis
que leur mere commune, je
veux dire la Nature, l'est encore
davantage dans ses productions.
C'est dans la consideration
de la bizarrerie
quelle y fait paroître,que je
puis vous rapporter beaucoup
de choses qui paroistront incroyables
à ceux qui ne mesurent
la puissance de la Nature
, que parce qu'ils ontvû
ou entendu. En effet, un
homme qui n'a pas perdu son
clocher de veuë
,
peut-il se
résoudre à croire qu'il y ait
en Ethiopie un Lac, comme
le rapporte Diodore deSicile,
Bibl.hist.I.i.c.5- dont les eaux
troublent tellement l'esprit
de ceux qui en boivent,qu'ils
ne peuvent rien cacher de ce
qu'ils sçavent; en l'Amérique
une Plante qui represente distinstement
en sa fleur tous
les instrumens de la Passion
du Fils de Dieu, au rapport
de Duval dans son Monde;
en la vallée Baaras, qui est au
levant du lourdain, une autre
Plante qui paroistcomme
un flambeauallumé pend ant
la nuit ; en la Province des
Pudiseranaux, Indes Orientales,
un Arbre appellé l'Arbre
dela Honte, dont les
feüilles s'étendent ou se retirent
selon qu'on s'en éloigne
,ou que l'on s'en approche!
Enfin, pourra-t-il se persuader
que le Boranetz quise
trouve au pais des Tartares
Zavolhans, qui est fait en
forme d'agneau dont il porte
le nom en leur Langue, est
une Plante attachée à sa racine
qui mange toute l'herbe
qui se trouve autour d'elle, &
puis seseche quand il n'yen
a plus; & ne démentira-t-il
pas Aristote, ce genie de la
nature, quand il dit au l.5. des
Animaux,que le Fleuve Hypanis
prés du Bosphore Cimmerien,
porte en Esté de petites
feuilles de la longueur
d'un gros grain
-
de raisin,
d'où sortent des Oyseaux à
quatre pieds appeliezEpbemeres
, qui vivent, & volent
depuis lematin jusques à
midy,puis sur le soir commencent
à défaillir, & enfin
meurent au Soleil couchant?
Je sçay bien qu'il se peut fairequ'il
y ait des Auteurs tellement
passionnez pour les
choses extraordinaires, qu'ils
nous rapportent quelquefois
effrontément des fables qu'ils,
prétendent faire paffer pourdes
veritez; mais quandje
fais réflexion qu'il se presente
tous les jours à mes yeux
des prodiges qui ne demanderoient
pas moins d'admirationque
le Boranetz, fJc:
les Ephemeres, si nous ne
bornions nostre croyance par
la sphere de nostreveuë, ie
ne puis me résoudre à donner
undémenty à tant de
grands hommes, qui après
avoirétudié Cerieusement la
Nature, ont bien voulu nous
faire part de leurs connoissances
& de leurs remarques, en
nous apprenant ses prodigieuses
merveilles.
BELOROND.
Ce n'est pas feulement à
cause que l'on ne voit pas les
choses extraordinaires qui se
lisent dans les Voyages &
chez les Naturalistes que
l'on ne veut pas les croire;
c'est encore parce que l'on
• ne comprend pas comment
elles le peuvent faire. Pour
moy,quand je ne puis penetrer
les causes des merveilles
de la Nature, je ne m'imagine
pas pour cela, qu'elles,
ne soient pas en errer,mais.
je console mon ignorance &
borne ma curiosité par un
Hoec Deus mirari volait> scirenoluit.
Je me dis à moy - même,
que Dieu veut que nous
les admirions, & non pas
que nous les connoissions;
comme s'il avoit voulu humilier
nostre esprit dans l'étude
de la Nature aussi-bien
que de la Religion, par une
expcrience continuelle de
sbon ligenorsancse eàc d.e sa foi.
LAMBRET.
Séparons-nous, je vous
prie, avec une si judicieuse
réflexion. Elle ne servira pas
peu à nous exciter à remarquer
encore des choses plus
merveilleuses que celles dont
nous venons de parler, pour
nous servir de matière dans
nostre premier Entretien.
Parmy les Fables nouvelles
que le Sieur Blageart debite,
& qui sont si estimées
du Public, il y en a une qui
porte pour titre, LesArres
choisis par les Dieux. Mr de la
Barre de Tours a mis en Vers
cette même Fable. Je vous,
Fenvoye.Vous ferez sans douce
bienaise de voir comment
deux Autheurs, qui ont tous
deux beaucoup de talent à
bien conter, auront traité la,
mesme matiere.
LES ARBRES
CHOISIS PAR. LES DIEUX. >FABLE.
T
Outce qui reluitn\ftpasor,
Cesi uue verité dont ontombed'ucj
cord.
1 Sivotavoulez,Avecprudence*
- Juger d'unobjet tel qu'il est,
Regardez, s'il efl bon,sans trop voir
s'il vous plaist,
Et ne vous trompez, pas à lasimple apparence.
Considerez,le vray ,
nepensez point
au beau,
Auplaisant préferez,l'utile,
Lesfruitsauxfleurs, lesecondau
sterile,
Lesolide lUI brillant, l'Automne au
Renouveau.
SimaMorale estveritable,
J'encroy le sens commun,j'en croy
mesmela Fable.
~SI
Un jour Jupin & toutles liu/ru
Dieux,
Dans la grande Sale des Cieux:
Tinrent le divin Consistoire.
OHy traita millesujets divers,,
£>tù concernoient la Pelice ~& la
gloire
Decevaste "Univers.
Quand on parla des Arbres ~& des
Plantes,
Et de leurs Ames vegetantes,
Onfit, dansce Conseil a' Etat,
De creux raisonnemens
, car sur chaque
mistere
Comme l'on peutjuger ,
les Dieux en
sçaventfaire,
i
Mais creux ou non, voicy le réfuL
tat.
Sçavoir, que chacun d'euxsist un
choix volontaire
De l'Arbre qui pourrait luy plaire,
Pour ensuite le proteger,
Et le garder de tout danger,
Commedufeudu Ciel, des Vents,
1 des Orages,
Des Eaux,des longs Hyvers, di des
autres ravages.
Le chesne surcepied futchoisipar
,
Jupin,
Cibelleaprèsluyprit le Pin,
ApollonleDieu de la Lire
Pourcertaines raiforts,s'appliqua le
Laurier,
Hernule le haut Peuplier,
Dame Cyprisquifait que d'amouron
soûpire
Prit avec son Enfant les Myrthes
amoureux:
Enfin, à qui pispis
,
~non à qui
mieuxmieux
Chacun choisit à boulle
- veue.
Minerve dont au Ciel lasagesse est
connue,
S'écria d'un airfurieux
Non,je ne puis souffrir une telle
béveuë
Vostre Conseil a la berluë,
Et voltrc choixest indigne des
Dieux, - Pren
Prendre des Plantes inutiles,
Arbres sans rapport, infertiles,
Et propresà jetteraufeu.
Pins&Lauriers,Peupliers,Myrthes,
Chesnes, -.'
Ne font
- ce pas des Plantes
* vaines?
Pourquoy donc les choisir ? Arrestez-
vousunpeu
Ma fille, dit Jupin,sçachez nostre
pensee.
Nostrrepreotectsionssembéloitineté- tEannla dtonnant aux Arbres por- fruits; f
m Nous ne voulons rien davantage
Que l'écorce & que le réunie ge;& feiiilla..
Ilest des Dieux puissans de pro-'
tegergratis.
C'elr pousserun peuloinvostre
délicatesse, t
Dit MMsiinneerarvvee,gjee Lf~aies conssistser mea- A faire un choix qu'approuve la
raison: J'ay choisi l'Olivier,j'en trouve le ]
fruit bon, j Le feüillage m'en plaist.Que
Minerve estaimable!
Interrompit Jupin en l'embras
, sant
Ouy, ma fille, c'est peu que d'ai-,
-
merleplaisant
Joignons pour estre heureux l'uti- *
leà l'agréable.
Mrle Comte d'Ayen, Fils;
aîné de Mr le Duc de Noail-
Ics, mourut sur la fin du der-JI.
nier mois ,âge de neuf ans.
Ce Duc a supporté cette
perte avec une fermeté digne
deson caracrere. Je vous
en ay fait la peinture en plufleurs
occasions, & jecroy
[ que vous nemesoupçonnez
pas d'avoir rien exageré,
quand je vous ay dit que la
Cour n'a point de grand Seigneur
plus obligeant, ny qui
soit dans une estime plus générale.
M le Marquis de Saint Geniez,
Frere de feu Mr le Maréchal
Duc de Navailles,est
aussi mort depuis peu de
jours. Ilavoit esté Gouver.
neur de Saint Omer, & avoil
remis ceGouvernement entre
les mains de Sa Majesté,
afin de penser à son salut avec
moins de trouble & d'embarras,
lors qu'il connut que
ses forces commençoient à
diminuer, & qu'il ne dévoie
plus espérer de vivre longtemps.
Le Roy luy donnoit
une Pension considerable. Il
est mort à l'Abbaye de Saint
Victor, où il s'estoit retiré.
Ma Lettre du mois de Mars
vous a fait sçavoir la perte
que l'on a faite de Madame
- A
la Princesse de Guemene. Je
ne vous dis rien alors de ses
grandes qualitez ,comme si
j'avois preveu que jedevois;
recevoir l'éloge que vous allez
lire. Ilaesté fait par une
Personne qui la connoissoit
parfaitement,& c'estle moins
que l'on doive à cette Illustre
Désunte, que d'apprendte à
tout le monde , ce que tout
le monde dévroittâcher dV
miter..
EXTRAIT
D'UNE LETTRE
ECRITE DE ROCHEFORT. MAdame la Princesse de
Guemené est morte enson
Chasteau de Rochefort le 14. de
Adars âgéde79. ans. Elle estoit
ijjue des anciensSouverains de
Bretagne&des Rox de Navarremais
quelque grandequellefust
p rune si illusre naissance
,
elle
l'eftolt bien davantage parfit
vertu& parson mérité. Ilss'est
veupeu de Personnesdeson Sexe
@f de son rang qui ayent poffidé
d'aussigrandesqualitez, f?:ï qui
les ayentportéessiloin.Ellefient
joindreensemble déssaplus tendre
jeunesse, une beauté parfaite&
une modestie surprenante
,
19
jouir au milieu des troubles &
des embarras de la Cour, d'une
quiétude, & une tranquillité
d'espritque la pluspart desGrands
ne connossent point, & recherchentencore
moins.Ellefutgrande
sans orgueil
,
belle sans úffestation
3
majestuese sans fierté,
ferme dans les plus grands malheurs
sans,v,4n1't bonne fansfc. »
heursfansvanité 3bonnesansfoiblessecharitable
envers lespauvresJans
oflentation. Sa dévotion
estoittendre &solide. Dieu qui
l'avoitattirée de bonne heure,luy
avoit montré par quelle voye il
vouloit qu'elle vinst à luy ; c'est
pourquoy elle le cherchoit dans la
simplicitédu coeur,&elle l'adoroit
en esprit& en vérité,s'offrantcotinuellementà
luy par le sacrifice
quelle luy faisoit de toutce qu'elle
avoit de plus cher& de plus
sensible au monde. On fait a
jèz de quelle maniere Dieu l'a
éprouvée
,
rù combien il Luy a
faitde grâces ,poursoûtenir un
chocsi terrible avec autantde genérositéqu'elle
l'a fait. Aussi une
vie si chrétienneesi sainte aelle
eslé couronnée par une plus
lfainte mort. Comme elle l'avoit
envisagéedéslong-temps;& quelle
en faisoit son étude dans sesfréquentes
retraites à la Campai
gne depuis plusieurs années
s
elle
ne futpoint effrayée deson approche.
Au contraire
,
aprèssefire
humiliéeprofondémentavoir
reconnu devant le Seigneurson
neant 01 sa bassesse elle adoroit
& baisoit lamain deceluj qui la
frapïoit;elle loüoiy ses midericordes
infinies; elle consoloitceux qui
estoienttouchedela perte qu'ilsalloientfaire;
elle insutoit ,pour
ainsi dire
,
a lafoiblesse des autres,
qui n'écoutoientque leur douleur,
ellesuppertoit lessiennesavec
une patienceinvincibleelle ne
soûpiroit plusqu'après la Maison
de Dieu.où sasoy luyfaisoitvoir
une grandeur bien plus solide que
celte dont elle avoit joüy icy bas.
Pendant toute sa maladie qui a
dure deux mois @1 demy
y
Dieu
luya conqservé jusques au dernier
soupir ce jugement, cette présence,
& cette vivacité d'esprit admirable
, qu'on a reconnu en elle
pendanstoutesa vie. Ilsemble
mesme que pour la récompenser
de l'amour qu'elle avoit toujours
eu pour l'Ecriture Sainte, fJJ
principalement pour les Pseaumes,
& pour le Saint Evangile
,
Dieu luy augmenta la memoire)
~q) qu'il la luy renditplus
vive & plus presentequ'elle
n'avoitjamais esté. Elle luysourniffoit
sans peine lespassages qui
estoientles plus conformes à l'état
au elle se trouvoit
, & lors que
sa foiblesse l'empeschoit de lesprononcer,
elle se les faisoit reciter
par ceux qui avoient l'honneur
de l'assister dansces derniersmomens.
Elle leur avoua*qu'elle
n'avoitjamaisgoûté de plaisir
plus sensible que lors qu'elle avoit
receu les Sacremens pendant sa
maladie,& qu'elle se nourrisseit
de la Parole de Dieu; & ce fut
après avoir achevé ces paroln,
qu'elle adressoit au Crucifix, ,,mon Dieu que vous avez ,,soussert pour moy, &que je souffre peu pour vous
,, encore, mon Dieu,encore
; ce fut,dis-je
,
après avoir
prononcécetActe d'amour &de
pénitence quelle tomba dansune
soiblesse qui l'emporta une demiheure
après.
C'estainsi qu'a vécu
, &
quejl morte Anne de Rphan,.
Princesse de Guemené
,
fille unique
de Pierre de Rohan,Prince
de quemené
, & de Madeleine
de Rieux Chasteauneuf
,
sa premiere
Femme. Elleavoitépousé
LOUPS de RohansonCousin germain
,Fils d'Hercule de Roban,
Duc de Montbazon
,
Pair &
grand Veneur de France, & de
Madeleine de Lenoncoursa premiere
Femme, & ainsi elleporta
par ce Mariage les grands
biens de labranche aînée à la Cadette.
Elle a eu pour Fils Charles
de Roban Duc de Montbazon,
Pere de A/lf le Prince de
Guemené d'aujourd'hui
,
deM
le Prince de Montauban
,
de
Mesdemoiselles de Guemené, de
Montbazon & de Montauban,
e-glfieu Mrde Roban grand Vc t
neurde France.
-
La pieté qui accompagne
j
ordinairement les perlonnes
de vostre sexe, nous en fait
voir un grand nombre
,
qui
dans leurs derniers momens
ont une parfaite soumission
aux ordres de Dieu, & les
reçoivent avec une résignation
veritablement Chrestienne.
Telle a esté Madame
Dau phine de Sartre, femme
de Mr le Marquis de Robias
d'Estoublon
, morte dans la
ville d'Arles le 17. du mois
passé. Elle estoit fille unique
de Mrde Sartre Conseiller en
la Cour des Aydes & Finances
de Montpellier, & de
Dame Brigide de Massauve,
& n'avoir pas moins hérité de
leurs vertus , que de leurs
grands biens. Elle estoit
doüée d'un esprit si relevé
& si propre aux connoissances
sublimes, qu'elle n'ignoroit
rien detout ce qui peut
établir l'estime d'une personne
sçavante. Elle sçavoit jufL
qu'aux parties les plus difficiles
des Mathématiques,
telles que l'Algebre, la Philosophie
ancienne& moderne,
& tout ce qu'il faut croi- 4
re de plus raisonnable de l'une
& de l'autre. Elle s'estoit i
même acquis les principes
de la Médecine; maisquelque
avantagequ'elle receust
de ces différentes connoissan- j
ces,son plus fort attachement I
estoit la Morale, & sur tout,
la Chrestienne qu'elle pre- ]
noit pour regle de toutes ses J
actions. On a peu vû de femmes
avoir une intelligence & i
une pénétration plus rafinée,
une netteté d'esprit & dexpression
plus forte soità
écrire, foit à parler, ny un
talent plus singulier à s'attirerégalement
l'estime,l'admiration
& le repsect de tous,
ceux qui l'approchaient. Elle
avoit le jugement exquis
& 1 on pouvoit s'en tenir à
ce qu'elle décidoit sur toutes
sortes d'Ouvrages. On peut:
juger de la force de son genie
& de sa memoire, par
l'extrêmefacilité qu'elle avoit:
à mettre fidellement sur le'
papier
-
les Sermons les plus
relevez qu'elle entendoit,
sans altererny le sens ny les
paroles, ny obmettre quelque
texte que ce suit dans
sa juste citation. Elle sçavoit
parsaitement la Musique, &
composoit tres -
facilement.
Sa methode à chanterestoit
admirable, aussi
-
bien que
son talent pour les Instrumens,
tels que le Clavessin,
le Lut, & le Theorbe. Dans
le temps où la plus heureuse
constitution sembloit la flater
d'une longue vie, sa santé sut
attaquée, & elle tomba insensiblement
dans une mala-1
die, quiayantduré sept ou
huit mois,luy a donné lieu
de faire admirer dans un
grandaccablement de maux,
tous les sentimens d'une Ame
heroïque & prédestinée.
L'extrême moderation avec
laquelle elle a supporté ce
coup, a fait d'autant plus paroistre
la fermeté de son ame,
qu'il sembloit alors qu'elle ne
dust songerqu'à la joye, à
cause du Mariage de Mle
Marquis d'Estoublon son fils,
Gentilhomme aussi bien fait
que spirituel, avec Mademoiselle
Eugenie de Mirabeau
de Marseille, dontlemerite
répond à l'esprit & à
la naissance. Lors qu'elle vit
qu'il n'y avoit plus aucune: ciperance de guérison, elle
fîtquantité de Legs pieux,
&répandit ses bienfaitsjusque:
sur le moindre de ses Domestiques.
L'inclination particuliere
qu'elle avoir toujours
cuë pour les Carmelites,l'engageaà
leur laisser son Coeur javec unesomme tres considerable,
pour estre employée j
à la con struction de
-.
leur
Eglise Enfin estant preste de
.:
mourir,elle fit des remontrances
si Chrestiennes, si
fortes & si touchantes au genéral
&au particulier de [a.
Famille, qu'on peut dire que
jamais perionne n'a quitté le
Monde avec plus de fermeté
& de courage, ny donné de
plus apparens témoignages
du bonheurque Dieu préparoit
à sa vertu. Toute laVille
a pris part à l'affliction de Mr
le Marquis de Robias son
Mary. Il est d'un merite genéralement
reconnu, & Secretaire
pepetuel de l'Academie
Royale d'Arles.
On croit quelquefois rire
de la Mort quand elle est fort
proche. C'est ce qui est arrivé
à une jeune Personne, qui
n'ayant qu'un peu de Fievre,
dit en badinant à un galant
Homme qui luy rendoit des
soinsassidus
, que quand elle
seroitmorte,elle vouloit qu'il
donnast soncoeuràunedeses
Amies
,
qu'elle luy nomma. !
SaFievreayantaugmenté,elle
mourut peu de jours aprés. i
Un jeune Gentilhomme que
,
les affaires n'empêchét point
desonger de temps en temps
à faire sa Cour aux Muses, a
fait là-dessus les Vers que je -
yous envoye.
A DAMON.
Sur ce qu'Iris luy avoir ordonné
en mourant d'aimer Celimene. IL estdoncvray, Damon, vousaimez,
Celimene,
Vostre Iris en mourantfit naistre cette
ardeur,
Lorsque par Testament, pourserrer
cette chaîne,
Elle luy laissa vostre Ctl'ur.
lesçay qu'il estoit desagloire
De placer en bon lieu vos voeux;
Mais honorez voussa mémoire?
Voussentez-vous bien amoureux? g,
ællU vous serezsensible àcetHAmollf
VûhVcUe
- Dontpour vous Iris afait choix,
Etplus vous montrerez de z,éte
A remplirses dernieres loix.
11
Non, non, ne craignez rien, on n'en
sçauroitmédire.
Aimezen toutseureté;
Iris avantsamort voulut bienysouscrire.
Si vous tournez, vos voeux vers un
ah(tre(ossé,
C'est la marque de son Empire,
Non de vostre legereté.
Malgréce changement d'hommage
roflrecaarnes'elfpoint mépris;
Maiscroyez-moy, Damon,pourn'estre
pointvolage,
DansCelimeneilfaut que vous aimiez
Iris. 1
Lors qu'àvostrejeuneMaistresse
Vous rendrez, des soins à l'écart,
Plein d'Iris,conduisez,sibien vostre
tendresse,
Qu'elle en ait la meilleurepart.
lqi
L' Affaire est assez, délicate,
Gardez de vous tromper, gardez de lu
trahir.
Pour un nouvel objet quandvostre
amour éclate,
Nefaites-vous rien qu'obeïr?
[!.
Onsçaitqu'à prendrefeuvostreame
estassez,prompte,
Qu'un bel oeil peut beaucoup sur
vous.
Ne l'aimeriez-vous point tout-a-fait
poursoncompte?
Wl
Les Vivans, ce dit-on,fontoublier le
Morts.
Ces derniers n'ont rien que desom
bre.
Me trompay-je, Damon?jecroyqu'un
joly Corps
Vous accommode mieux qu'une
Ombre? M,
Voulez-vous y pensersouvent?
Dans Celimene, Iris doit estre regardée.
Ce raporteestaisé;mais ce n'est qu'un
idée,
Et l'amour veuItlplus que du vent.
Comme d'une viande legere
Levostreassezmalsenourrit,
Pourle mieuxsoûtenir,ilfaut que id
matiere
Accoure ausecours de l'esprit.
Luyseul ne rendroit pas uneflame
confiante;
Et quand celuy d'Irisest remonte labauty
Une belle &jeune Vivante
Est beaucoup mieux ce qu'il vous
faut.
Cepedantvoulez,-vous m'en croire,
Prendreleparty le meilleur?
Qu'Irisait toute la mémoire,
Et Celimene toutlecoeur.
s&
Vousy trouverez vostreaffaire,
Et ce partagefaitainsi
A toutes deux vous laissantsatisfaire,
0 Vous voussatisferez, aussi.
J'ajoûte un Sonnet, qu£
vous ne ferez pas fâchée de
voir. Il est de Mrl'Abbé du
Claux
, connu dans le Dauphiné
, par beaucoup d'endroits
qui le distinguent. Il
le fit surce qu'un jeune Marquis
, aussi galant que bienfait,
avoit servy de Cocher
à deux des plus aimables
Personnes de cette Province,
dont l'une a touché son coeur.
A MrLE MARQUIS DE B. LEs ChevauxduSoleilsçavoient
bien leurleçon;
Attelez des long-temps au Charde la
Lumière,
Ils ne quitoientjamais leur chemin
ordinaire.
Et quelfut cependantlefort de phaë.
tO/J?
IdS
Prennez, donc garde à vous, trop hardy
Celadon;
Ceux que vous conduisez, ignorant
leur carriéré,
Quand le coeur vous dira de regarder
derrière, tJV*àlUz> passuccomber à la demangeaison.
j Le péril en estgrand; vous avez,plus
àfaire
K'J)uen'avoit autrefois ce cocher teméraire,
Son employ demandaitmoinsdesoin,
moins depeine,
Carpourfin coup ¿.effi}, ce beauFils
de Climene
Nemenoitqu'unSoleil, & vousen
menez deux.
Ce Sonnet a donné lieu à
cette Réponse, qui est de
l'Autheur des Stances qui le
précédent. sUrl'exemple de Phaëton
N'intinll;dcz,point Céladon,
Sonentreprise estdiférente;
En conduisantunChar, ilconduitune.
Amante,
Mais l'Amour estsur le Timon. M:::11
Cepetit Dieu tientuneResne;
L'Amantpeut -il manquer Alors de
reiifftr
Il doit mener le charsans peine,
La Bellesuit avecplaisir.
TelCochern'estpointtéméraire.
Tourquoy de Phaëton. craindroit-il le
-
destin?
Qu'iltourne à droit, àgauche, ilsçait
cequ'ilpeutfaire,
L'Amourapplanitson chemin,
Je vous dis dans ma Lettre
du dernier mois, que Mrle -
Marquis de Chastillon, premier
Gentilhomme de la
Chambre de Mondeur, avoit
épouse Mademoiselle de
Broüilly, seconde Fille de
Messire Antoine de Broüilly,
Marquis
-
de Piennes, Gouverneur
de la Ville & Citadelle
de Pignerol, Chevalier
des Ordres du Roy, second
Fils de Messire Charles de
Broüilly, Marquis de Piennesy
Comte de Lanoy,Seigneur
de Mesvillers
,
& de
Dame Renéede Rochefort
de la Croisette. Ce Mariage
se fit dans l'une des Chapelles
du Palais Royal, en presence
de Monsieur, de Monsieur
le Duc de Chartres {&
de Mademoiselle. Le soir
Son Altesse Royale fit l'honneur
au Marie de luy donner
laChemise. Les avantages de
la Maison de Chastillon;
qu'on appelle le Grand Chastillon
pour la distinguer de
toutes les autres qui portent
ce nom, sont extremement
considerables. Elle l'a
tiré de Chastillon sur Marne,
Ville de France en Champagne,
entre Epernay ,
& Chasteau-
Thierry, qui font sur
cette même Riviere. Guy de
Chastillon vivoit en 1076. ce
qui prouve uneantiquiré de
prés de huit Siecles.Cetteillustre
Souche a produit plus de
vingt-cinq Branches, remplies
de vaillans Chevaliers,
de pieux Prelats, de puissans
Seigneurs, Comtes, Ducs,
Princes, Souverains, Reines,
&Papes. On trouve en cette
Maison un grand nombre
d'Officiers de la Couronne,
quiontpossedéles plus grandes
Charges,comme Connestables,
GrandsMaistres,
Chanceliers,Amiraux,Grands
Bouteillers, Grands-Maistres
des Arbalestriers,. Grands.
Panetiers, Grands
-
Maistres
des Eaux & Forests
,
Grand-
Queux de France, Gouverneurs
de Villes & de Provinces,
Lieutenans Genéraux,
même desRegens duRoyaume
, & plusieursAmbassadeurs.
Elle s'estalliée jusqu'a
douze fois avec la Maison
de France, & aussi à celles
d'Espagne, Lorraine, Brabanc,
Flandres,Hainaut,Namur,
Gueldre) Luxembourg
Barcy ; & en France, à celles
de Saint Paul, Nevers, Blois,
Vendosme
,
Bretagne,Lusignan,
Brienne, Roucy, Bourbon
l'ancien, Albret,Montmorency
,
Coucy, Beaujeu.
On a remarqué qu'il ne s'est
point fait de Guerre où il n'y
ait eu des Seigneurs de cette
Maison, mesme en toutes les
Croisades & Voyages de la
Terre-Sainte. Elle a possedé
quantité de Terres & Seigneuries
,
& des Souverainetez,
Antioche & Tamaris
dans le Levant, Bretagne
en France,& Gueldre dans,
la Basse Allemagne; comme
aussi les Comtez de Rethel,
Saint-Paul, Nevers, Blois,
Charrres, Soissons, Dunois,
Ponthieu, Perigord, Dammartin,
Vicomtede Limoge,
Vidamie de Reims
,
Laon,
Châlons. Je ne vous diray
rien d'un grand nombre de
Saints canonisez, qui en sont
sortis, ny de quantité d'Abbayes
& deConvents qu'elle
a fondez.
Messire Philippe Hierôme
Chenel, Marquis de Meux,
Seigneur du mesme lieuen
Xaintonge, des Terres &
Seigneuries de Ponceau,Can
remy & Ruiel en Beauvoisis;
Rotonde, Frenel prés Compiegne
,
& de FinK entre
Peronne &Cambray, Mestre
de Camp du Regiment Colonel
de la Cavalerie de France,
Fils unique de Messire
Philippe Chenel, Chevalier,
Marquis de Meux, &
de Dame Elizabeth Sermoise,
a epousé Mademoiselle
Thereze- AngeliqueCollin,
Fille de MessireCesarCollin,
Chevalier des Ordres de
Nostre- Dame du Mont-
Carmel, de Saint Lazare, &
de Saint Jean de Jérusalem,
Conseiller & Secretaire du
Roy, Seigneur de Lyancourt
lez Roye en Picardie, Lessarts
& autres lieux. La Mariée
est Sceur de Madame
Lescalopier. Le Mariage fut
celebré la nuit du 11. au IL.
de ce mois, dans l'Eglise de
Saint Mederic
, par MrBlampignon
qui en est Curé, en
presence deMr&deMadame
Collin,Pere & Mere de la
Mariée, de Mr d'Aligre Concilier
d'Estat, deMrle Président
Mole, de Mr Lescalopier
,
Concilier à la Premiere
des Enqueftes, de Mr<
le Chevalier de Saint Georges,
& d'un grand nombre
d'autres Personnes qualifiées.
Comme vous avez dans
vostre Province quantité
d'Amis Scavans, je ne doute
point que vous ne soyez bienaise
de leur faire voir ce qu'un
Particulier a écrit contre une
Maxime assez généralement
receuë en Philosophie. Corne
ce Traité est court, il peut
trouver place das cetteLettre.
cDE LA GENERATION. Est un principe tiré d'Aristote,
quil n'y a pointdegénération
sans corruption,& que
la corruption d'une chose est la
génération d'une autre. Depuis
,
que ce Philosophe a dit cela,personne
que je sçache ne s'estavisé
d'observercequise passedans les
générations. Onne s'abaijfepoint
à regarder comment une graine
o
germe danslaTerre ;
cela esttrop
bas. On Je fait honneur de lire
Aristote (tff tous les physiciens;
qui l'ont suivy
,
mais on trouve
objet de contempler les effets de
la Nature en elle mesme , (gîf de
tâcher de découvrir les voyes qu'-
elletientpourengendrerune Plante
d'une autre Plante.
Pour moy sans allerchercher
autrechose que les graines par lesquelles
il estvisible que toutes choses
52engendrent, je vay faire
voir qu'une véritable génération
prise dans sa vraye signification
nevientpoint de corruption, mais
quelle est une continuelle production.
Cette seule proportion découvre
tout d'uncoup ma pensée.
Pour luy donner encore plus de
jour, il nefautpassimplement lire
Aristote ;maisilfautJemelire des
graines, lesvoir germer lever,
&pousser leurstiges
,
épanouit
leurs feuilles
,
éclorre leurs fleurs,
voir tomber les feuilles de ces
fleurs,&sur les tiges demeurerdes
bourses dans lesquellessont enfermées
les graines, qui dans leurs
tempsseressemeront comme les
premieres, dont tout l'effet de ces Plantes que-je viens dte dJ~écrire
s'éflenfuivy..
Avant que d'expliquer commentse
fait la génération
y
il
put que je demande à ceux qui,
me pourront contredire si lors que
l'on feme une Feve
,
qu'elleleve
de terre, qu'elle estend ses
branches,qu'elle produitsesfleurs,
er enfin
sesgousses,
dr ses Fevesqui
serviront à avoirdepareilles
Plantes l'année d'après
(Spes altéragentis, ) il faut,
dis-je
y que je leur demande s'ils;
trouvent qu'il y ait de la corruption
danstoutcela, ou en quelqu'une
de ces parties, & en quel
temps. Si Aristote a trouvé là de
la corruption, qu'on me dise, s'il
yanoyen,quelle corruption on
apperçoit quand une branche s'allonge
;
quand elle grossit, quand
une feuille devient plus large é!
plus grande.Lamimechosesedoit
dire des fleurs st) des graines surmenantes
aux fleurs. Que si on
n'y en apperçoit pas, comme visiblement
il n'y en a point, n'y
ayant rien de si incorrompu que
ce qui est actuellement vivant&
bien composé en toutes ses parties,
pourquoy dire que la génération
sefaitpar lacorruption? Onvoit
bien de la génération
,
puis qu*
des fleurs s'engendrent, & sur
une Plante comme je le viens de
dépeindre, & sur un Arbre qui
fleuritaussibien que les Plantes,
& on ne voitpasseulementl'ombre
ou l'apparence de la moin dre
corruption, au contraire tout se
perfectionne en se grossissant
, en
s'agrandissant, s'estalant, Çt)
en s'éparpillant.
Je croy qu'on ne pourra me
dire autre chose
,
sinon que ce n'est
pas là le temps & l' endroit de
cette corruption qui est principe de
génération. Alor, le demande en
queltemps & en quel endroitde
l
La Plante arrive cette corruption
Si on me dit, comme on le dit ordinairement
, que c'est lors que
l'onmetlagraine en terre , &-
qu'elle germe , pourveu que je
fasse voirque mesme en ce tempslà,
rIff en cette partie de la Plante;
(car la graine est une partie
de la Plante
,
bien qu'elle en soit
alorsdétachée, ) elleestde mesme
nature quela plante, dr qu'il
n'arrive rien autrechose à la graine
semée en terre, que ce qui arrive
en toutes les parties de la
Plante quand elle esten son entier,
je croy qu'on ne pourra pas
mecontester que ce que j'ayavance
ne soit veritable. Puis que le
germe qui fort de la grainen'est
autre chose que 1.% branche qui sort
deson tronc, lafeüille qui sort de
la branche,&les fleurs desfeüilles
, ou des boutons entre lesfeüilles
,
il est plus clair que le jour
qu'il n'y a point de corruption à
toutcelà; donc il n'yen a point
dutout non plus dans la génération
de la Plante, qui n'estqu'-
une continuation de production de
mesme nature que la croissance
& l'épanouissement de la Plante.
Pour en venir au détail, il
fautqu'on m'avouequ'aprés q14'u-.
ne Féve a estéquelque temps
dans terre, l'on en voitsortir
deuxdemy Féves
, car la Févequi
estoit contenue dans une pelicule,
comme un oeufdans sa coquille,
la rompt, & l'abandonne
à la corruption & à la pourriture.
C'est là qu'il en faut reconnoistre
comme je fais. Elle est encore
plus sensible aux fruits qui
ont des noyaux, comme U Noix,
l'Abricot, la Perche. Il e(l 'V/i..
ble que la coquille de la Noix se
pourrit quand la Noixgerme;
ainsi du noyau de l' Abricot
, de la Pesche
, & la coquille de
cette Noix & Us noyaux de cet
Abricot
, & de cette Pesche se
pourrissent
pourrissent&se corrompent effectivement.
Aussi ne s'en engendre,
il rien que de la terre noire,
qui peut -
estre est fort propre
a la nourriture des Plantesfutures.
Ces deux moitiez de Fé1)(
bien loin desecorrompre, reverdissent,
&deviennentcomme les
deux premieres feüilles de la
Plante qui doit naistre
)
c'est à
dire qui se va développer *
agrandirà la faveur de l'humidité
& de la chaleur de la terre.
Cette petitepartie appellée legerme
, que l'on peut encore mieux
voir avec des Àdicrofcopes
,
en
déja une Plante,&fait en ellemesme
ce qu'elleauroitpeut-estre
pû faire sur la Plante d'où elle
a esté tirée. Je puis montrer par
un exemple
, que celaarrive à
quelques graines d'Arbres, qui
commencent à devenirArbres,c'est
à dire àavoir racine, tige &
feüillessur leur Arbremesme,
car cela arrive à la graine des Si-
Comores, & d'autres Arbres encore.
On m'a déja, je croy ,
accordé
qu'il n'y a point de corruptionsur
une Plante quand sesfeüilles deviennentplusgrandes
&,qu'el.
les s'estendent, e:;p je fais cornprendre
parla simple veuë qui'l
n'arrive rien à lagraine que ce
qui arrive à ces feüilles ; donc on
ne peut pas dire qu'ily ait de la
corruption à la poussée d'une tige
qui sort de la boettedesagraine;
carqu'onyprennebien garde,toutes
lesgrainessont enferméesdans
des boettes qui neservent à rien
du tout qu'àlesconserver, jusques
au temps de leur plantage,& les
amandes que l'on casse font bien
voir que leur noyau ou coquille ne
esertde rien pour lesfairegermer. que j'aydit de la corruption
& de la pourriture de la
pelliculede la Féve,&de la
co:..
quille de la Noix, peut faire con-
,noi.stre tres-clairementce quec'est
véritablement que corruption &
pourriture. La coquille de Noix
pourrit, &il ne s'enproduitrien.
Si le germe de la Noix pourris
fait de mesme, il ne naistroit
pointdeNoyer. Quand on seme
desgraines, quand on plantedes
Noix, du Gland, des Chastaignes,
il n'en leve quelquefois
pas la moitié. D'où vient cela?
C'est que la graine la Noix, le
Pépin estans maleficié, corrompu,
pourry ,
il ne peur produire ce
bqiue'nil auroit produits'il eust esté
conditionné& dansson entier.
L'idée de la Corruption rieft
doncpas sidifficile à avoirs il n'y
a qu'àconsiderer quedès qu'une
graine estbrizée
, que dés qu'elle
tfi dessechée outre mesure,que dés
qu'elle est excessivementremplie
ou engloutie d'humidité,elle ne
peut plusfaire ses fonctions,et
pousserfilon sa vertu & sa forcenaturelle
une nouvelle Plante.
uiinfidansune Horloge
de'ran- •
gez le moins du monde pfufieurs
ou une feule de fies roues,
vous
ruinez tout le mouvement
, ou
dlu moinsvous le pervertijfc{fy Horloge au heu de marquer
sept heures en marquera dix
, au
lieu de sonner quatre heures, elle
en sonnera douze. Voila un léger,
& tres-joible exemple dece
qui arrive en la nature, la corruption
ness autre cbojequ'un désordre
,cpitm dtrangewehtjqUH-,
neddjjtp^tion.fout p¡t.tMnJ'
tordre
s_
que tout foit bïtn arrangey
qu? toutfûtbien ramafjç&
ajJèmblf, il ne manquera jamais
elj avoir une.bonne productions.
c'est à dire une ventable génération.
On s*elfdonc-bieto trompe .en:
fkivant Ariflot, (;J" tant £autrèsqui
l'en ont crusurfitparole,
quand on a ditquelacorruption
estoit cause de génération; car
je pense avoirfaitvoir,d rien
pouvoir jamais douter, que la corruption
de pourriture efll'ennemie
capitale de toute génération,
& que nous ne verrions que perirles
choses dans le monde, sielles
se corrompoient..
Vous ne me demanderez
plus pourquoy M' d'Ambruis
après s'estre acquistant
de réputation par Tes
beaux Airs, a négligé d'en
faire b part au Public. Il vient
d'en donner un Recueil avec
leurs ornemens dans la meCire
,
& les féconds couplet"
en diminution
r
mesurez
aussi ssir la ikfle continue,
très-propres pour ceux qui
veulent Ce perfectionnerdans
l' Art de bien chanter., ou toucher
sur la partie pour l'accompagnement
de la voix
feule. Il a cru devoir cette fàdsfacHon
au Public) qui le
pressoitdepuis fort longtemps
de faire imprimer
quelques-uns de Ces Airs qui
couroient-dans le monde fort
imparfaits,& sans, leurs Bai-
[es naturelles. Ce Recueil
en contient beaucoup qui
ont mérité une estime genérale.
Mr d'Ambruis y en a
joint d'autres qui n'ont poinc
encore paru, & il les a accompagnez
de leurs séconds
couplets en diminution, mesurez
pareillement sur la Baflc
continuë. Ilamisà lafinun.
Dialogue pour une Hautecontre,
un Dessus
,
& une
Baffe continue. On pourra
chanter laBa(Te-contre quand
on vou dra
,
& en cecason
pourra au ai chanter le DeClus
en Taille. Ceux qui louhaiterontseperfectionner
dans l'Art du Chant, trouveront
de la satisfadion dans
ce Livre, & si l'on veut consulter
ce célébré Maistre, on
découvrira des facilitez qui
ne peuvent s'exprimer sur le
papier, Il s'est servy en quelques
endroits de marques
particulières au lieu de Notes,
pour les Ports de Voix,.
Cadences épuisées
,
Cadences
en l'air, doubles Cadences
, flatemens, accens, ou
plaintes. Il promet dans peu.
un autre Livre d'Airs à trois
parties chantantes
,
& d'au
trcs Ouvrages. Ila dédié celuy-
cy à l'rllufire Mr Lambert,
Maître de Mulique de
la Chambre du Roy. Il en
fait l'éloge) & avouë que
c'est dans la méditation deles
Ouvrages, qu'il a puiie les
connoissancesquil'ont fait
travailler si heureu[enlént. l
est aÏTez rare qu'un habile
Homme veuille ceder à un
autre de mefmc profession,
& c'eil ce qui feraeftimer MJ
d'Ambruis
,
autant que ses
beaux Airs, &. ce. qui luy a
peut-•es<tr1e\a«ttVirùe\iS\onnée. M '1 Ettre dans un bCdtfjtHtr les
pluj foiblcspenjées, »ReparerpAt des lensles dijâ-ttts aIaIn.,
Auiheur, *>-v .\1
Toucherd'uneChanson le moinssensible
coeur,
Et redonner la vie a des choses pàffées\ t1
Avec un tour çaUnt ,
des manieres
aisées
Peindre lespassions,eninspirerl'ardeur,
Faire d'un beau sujet éclater la grandeur,
Etsçavoirménager les choses opposées.
Travaillersans htd/;'ht)e.flrttoûjourJ
nouveau,
C'estmontrerce que l'Artade rare&
de b au,
Etce que jusqu'icypeu de Gensont sceufair*e: as
Maisjoindreàces talens un efprt'ï
bien tourné,
Pourplaire égalementenplusaun
caractère
Ce n'est qu'auseuld'Ambruis que le
Ciel l'adonné, ,
V,
Apres tout ce que je viens
de vous dire de Mr d'Ambruis
,
je croy que ce fera
vous faire plaisir que de vous
donner un Air de sa façon.
En voicy un que vous trouverez
très-digne de ce grand
Maistre. Les paroles sont de
saison, puis qu'on les a faites
s"ur le,re.tou,r d.u Printemps, j 1 ..J
AIR. NOUVEAU. LHyverne cache plus les Fleurs
ny les
-
Gazons,
Vu tendreRossignol on entend les
chîinjbns,
Et lefeuillage renouvelles
Toutestcharméd'unsibeau temps,
Et moiseulje meplains d'unesaison
sibelle;
Son retourne rend pointmon Iris
moinscruelle. *
Helas!puis-jegoûterladouceur du
Voicy d'autres paroles que
vous trouverez fort agréables
& tres-propres à estre
chantées.Elles font de MademoiselleCastille.


LAINTES D'UN AMANT. LAnguissant & rêveur aux
bords d'une Fontaine,
Helas!dis.je centfoissongeant a,
Céliméne,
Ces petits flots d'Argent
Vont d'un CBHYS diligent
R'embellirl'émail de la Plaine.
Ces Ruisseaux
Ont reprisleur doux murmure;
Ces Costaux
:.'¡C nouvelle Verdure;
Ces Ormeaux
Redonnent leurs frais ombrages;
Ces Oiseaux
Fontretentir ces Bocages
De mille chans nouveaux.
Ce Gazen,
Ce Valon
Refleurit,
Tout rit
Dans notreVillage,
Tout fait l'amour;touts'engage,
Tircis ce galant Berger
A réjouir Irissonaimable Bergerey
Vaméditantpeur elle toutlejour
CentpetitsAirsnouveauxforsa FI';"
te legere,
Etsa Bergereàson tour
Nesonge sans cesse
Qu'àsoulagerson amour
D'unpeu de tendresse.
Enfin dans nos Hameaux, dans nos
Bois, dans nos Champs -,
Toutseprépare auxplaisirs inno-
CitiS
Que ramené ,
Le Printemps.
L'onn'yverra plus ainhumaine
Quemoningrate céli,;¡'Ùu,
£hù ne promet a mes foux trop
Qu'une
Qu'une éétteerrnnecl#lee ppeeiinnee..
Ces autres Vers sont de la
mesme Mademoiselle Castille.
T*Tu croyois, me dis tu, le Printemps
de retour
Surlafoy d'un beau jour,
Et déja ton Troupeau paissoit dans U>
Prairie,
Un froid nouveau luy fait garder 14
Bergerie.
Cloriscentfois m'ajouémesme tour
Centfoisj'aycrufincoeursensibleà
monamour,
Ettout ce qu'ellefait,puregalanterie.
Tantot elle me chasse, & tantosme
4
r.fifnt'
l'Amour ensoitloué,pointdepLiinte
importune, L'Am~ouar&nle teme-psvont comme il M
Tircis faycomme moi,prens ItUmps
r
comme-il.vient.. 1.
T
r)i Mr le Marquis de To,..çy"
Fils de Mr Colbert de Crôissy,
cft de retour de Portugal*,
où il a esté Envoyé Extraordinaire
pour le Roy. Ilapassé
par l'Espagne en revenant.
'i oi-il en France, & il s'»est acquis i
tant d'estime dans l'une ôc
dans l'autre Cour, qu'on en
a écrit icy avec de fort grands
Elog-es. Sa Majesté, à qui U 2C)(1i.N 1
son merite cft fortconnu,
en est si persuadée, qu'Elle
l'anommé presque aussitôt
après son retour, Envoy é Extraordinaire
auprès du Roy
de DannemarK, pour aller
faire des Complimens de
Gondoleance a ce Monarque
surla Mort de la Reine
sa Mere. Quand on marche
de si bonne heure sur lestraces
des grands Hommes).
& que l'on continue comme
l'on a commencé, il n'y a-,
rien que l'on ne doive esperer
de son mérité 6c de (à,
fortune.
)
Le vingt-huit du mois
passé Mrle Comte Bagliani,
Envoyé Extraordinaire du
Duc de Mantouë,ayant esté
introduit à l'Audience du.
Roy, luy fit part de la nouvelle
qu'il avoit receuë dela
Mort d'isabelle Claire d'Auftriche
, Fille de Leopold
d'Austriche ArchiducdInspruK
,
DuchcesseDoüairiere.
de Mantouë.Elleavoitépousé
en1649. Charles de Gonzague
III. du nom,Duc de
Mantouë & de Monferrar,
qui mourut le 14. Aoust1665.
& elle a eu de ce Mariage
FerdinandCharles de Gonzague
Duc de Mantouë &.
de Montferrat, né en 1651 &
marié en 1670 avec Isabelle
,I
de Gonzague, Fille de Ferdinand
de Gonzague III.
! du nom,Prince de Guaftalle,
& de Marguerite d'Est-Modene.
Ily a prés de quatre
cens ans que la Maison de
Gonzague possede le Mantoüan.
Louïs de Gonzague
I. de ce nom, Fils de Guy,
en obtint la Seigneurie fous
le titre de Vicaire de l'Empire,
après avoirtué en 1327.
Passerino Bonocolfa Tyran
rit Mantouë. Ses Descen.
dans prirent le même titre
jusqu'à Jean-François, qui
ayant receu l'EmpereurSigismond
en son Païs, fut fait
par luy Marquis de Mantouë
en 1433.Frideric de GonzagueII.
du nom, s'effant
ligué en 1526. avec François I.
Roy de France, & avec les
Princes d'Italie, contre l'Empereur
Charles V. pour la
délivrance du Pape Clement
VII. prit ensuite d'autres
mesures, & se jetta dans le
i Parti de l'Empereur, qui
estant paCE à Mantouë en.
4
1530, donna le titre de Duc
à Frideric, par reconnoissance
de la magnifique Reception
qu'illuy avoir faite. La
Ville de Mantouë, qui est
belle & ancienne, est bâtie
au milieu du Lac que fait le
Fleuve Mincio, & on n'en
peutapprocher que par deux
Ponts conrstruitssur le même
Lac. Quoy que cette flitiation
la rende tres forte, ellefut
prisele 18 Juillet 1630. par
Colalto. Genéral de l'Empe-
! reur FerdinandII. LesSoldats,
à quile pillage ne put
estre. défendu, y ruinerent
l.a!..
des Ouvrages merveilleux.
Le Palais du Duc estoit avant
cette prise,tres. renommé par
les Meubles & par ses Richesses.
On y voyoit une infinité
deTableaux
,
de Statues
, de Cabinets, & de
la Vaisselle d'Or & d'Argent
en tres grand nombre. Chaque
A partement avoit sept
ameublemens differens , ôc
il y avoit six Tables, chacune
de troispieds; la premiere
toute d'Emeraudes, la
seconde de Turquoises, la
troisiéme de Zaphirs, la
quatriéme d Hiacintes
,
ta cin-
..J
cinquiéme d'Ambre, & la
sixiéme de Jaipe. Tout cela
fut pillé avecuneOrgue d'Albâtre.
Le Duc de Mantouë
est Chef de l'Ordre des Chevaliers
du Sang de Christ,
que leDucVincent deGonzague
I. du nom, institua en
1608.
Les Lettres de Rome nous
ont appris la mort de Mr le
Duc Sforce, arrivée à Santa
Fiore le septiéme de Mars. Il
avoit esté créé Chevalier des
Ordres du Royen 1675. &
en avoit reccu le Collier par
les mains de Mr le Duc de
Nevers, qui le donna en
mesme temps au Duc de
Bracciano
,
& au Prince de
Sonnino. Il avoit épousé depuis
peu d'années Mademoiselle
deTiange, Fille de Mr
le Marquis de Tiange
,
&
Soeur de Madame la Duchesse
de Nevers, à laquelle
il a laissé tous les biens dont
il pouvoit disposer. Cette jeune
Veuve a mérité tout ce
qu'il a fait pour elle par une
sagesse, reconnuë pour la plus
reguliere dans un Païs, ou
la conduite des femmes est
observée avec de grands
foins. Mr le Duc Sforze
estmort âgé de soixantesept
ans. Je ne vous dis rien
de sa Maison, qui est une
des plusillustres d'Italie, vous
i en ayant déja entretenuë,
quand je vous parlay de son
Mariage.
Je vous ay appris depuis
peu de mois que Mr leMarquis
de Bethune avoit épousé
Mademoiselle de Rotelin,
Soeur de M le Marquis de
î Rorelin, Gendre de feu Mr le Duc de Navailles. Jamais
on n'avoit vû deux Personnes
mieux
-
unies; mais cette
union a peu duré. Elle vient
d'estre rompuë par la mort
de ce Marquis, qui n'avoit
encore que vingt- huit ans.
Il estoit Enseigne des Gendarmes
,Fils de Maximilien
Alpin Marquis de Bethune,
& de Catherine de la Porte,
& Petit-Filsde François Duc
de Bethune
,
Comte d'Orval,
Chevalier des Ordres du
Roy.
Messire François Olier de
Nointel est mort icy sur la
fin du dernier mois. Il avoit
este Conseiller au Parlement
de Paris, & Ambassadeur.
1
pour Sa Majesté à Constantinople.
Vous vous souvenez de la
Disputequi s'estélevée entre
les Sçavans touchant la Statuë
de la Ville d'Arles, pour
sçavoir si elle representoit
Venus, ou Diane. Ladécision
de Sa Majesté qui s'est
déclarée pour la premiere,
ayant terminé ce differend,
Mr Magnin de l'Academie
Royale ocd'Arles, a fait làdessusle
galant Ouvrage que
je vous envoye.
LETRIOMPHE
DE VENUS. sZJrlc bord de l'Arar, YIJ.t Mufè
fui,Uûïre,
Cherespoirde mes derniers jours
M'Ojf.voit de ijucl>jitcs Vers Itllenlc
secours,
Et révoit à son ordinaire,
Qutlndles Jeux,lesRisdesAmours
Vinrenttroublerenfoule, avecque
leurs Tambours
Leurs chants, leur Haut-bois, leur
Musette,
Lesilence de ma Retraite.
Le Dieu qui faitaimer, l'air gay, le
teint vermeil,
1
M'aborde,s'avance a leur teste,
Etme dit, fors de cesommeil,
Qui,siloin des plaisirs) & t'endort, * Venus triompheenfin,je t'invite à la
feste;
Ala Cour de LOVIS on enfait l'ap- pareil
Ettoutenelfyjtt~frcqjuu'aatut Soleil.
Diane a beaufaire lafiere,
Elle n'a plus de Courtisans,
EtsesplusZelez,Partisans
OOnntta"b,baan1diodnonné¡¡léataca(..r0rriÚer'eiL.
Surunfujetsiglorieux
Nous avons raisonné,maisfoibles
que nomfemmes,
Dis-jealors,n'est-cepas auplusparfait
des Hommes
A direson avissur l'intérêt desDieux?
LOVIS aprononcé,c'està III) de resiudre)
ilcftdn-nundegrésihautchez,les
Humains,
ijnahchncfmcce VicIIX luy ¡ré..
tiroian la foudre, AApein'ecroirait enqu'e, llle' euIsli,ch.wgé
dem.uns.
Après(
queceHerosa ,.1";f 1, rt lle -
Il We saut ph.ff du !rntfcr,
re1'/tt-6 le doit
~cfc
porte r,
IC:
LesMusesdesormais vviivvrrooin;tt bien
avec elle.
Prés de LO VIS le Grand, ellesfont
Les Gr.vccs pourVenusont un zele
JIÎI'.l.ilUci Ul, Jinfiini'IdecevaincueHT
Ch.mtmtL1cUire immortelle
O
Ellesse feront honneur
Deu'azûirqu'un mesme coeur.
t([.i,0t 'CJ Les Gr.iccsnte repondirait,
Ilne tien dra point anoits
Les Feux, les Ris repartirent, tte peut- on fairesans veut,
Fillesde Venus discrettes?
Tout ce que goustent de doux
Lesamours lesplusparfaites,
A\fl-cc pasvousquile faites?
..!Pite peuton fairesans vous.
Filles de Venus discrettes?
Entrez, dans le Palais duplusgrand
Roydu monde,
Admirezsasagesse, & tranquile&
profonde,
EflIrtz." Mere des Amours,
Voixtriomphez,, & Diane
Qui vou-s traitoit de Prophane,
N'eutjamaisdesibeaux jours.
Acescrisd'allagresse
Les Muses à leurtour
Vinrent fendre la pn!jly
Etpeurfaire le lir cour
Mestonsnosvoix,dirent, elles,
A la gloire du Heros,
Dont les grandeurs immortelles,
Nous donnent en ce jour unsi noble
repos,
rr?v)
.ëJ v
Leparty plut d'aboid, les Graces l'aceepter(..:¡
f,
Etsansperdre detemps en récitsfuflmy
Voicy comme elles chanterent
Le Triomphe de Venus.
LES GRACES.
Vcniu a l'airtouchant,& d'elleonpeut
Apprendre
AmesterLauriers les Myrthes -
amoureux.
Venus ne gijlc rien au destin des
heureux,
En eston moins Heros, pour avoir le
coeurtendre?
LES MUSES.
Quand on donne des loix aux plus
grands des Humains,
Toujours vainqueur, (j. toujours
équitable,
Et que de milleSouverains
On tient le fortentre ses mains,
Pour avoir l'amesiere,en est-on moins
aimable?
LES GRACES.
Dans un degréde gloire, ou rien ne
peutatteindre, ilfautsçavoirdécendre,ilfautscavoir
charmer
Il est beau desefaire craindre
Ilestdoux desefaireaimer.
LES MUSES.
Si Venu* maintenar>i uune Pomme
estGrnCE,
De l'air dont elle la tient
On voit (1"/; M.-fjOKvic/li
Du Heros qui L'A do;>ce.
LES GRACES.
Celle cjuelle recent de ce Berger voluge
.!J!.!!,i causa d'Ilion le funsteravage
E:,lJoit- elle de ce prix?
LOVIS a le rare avantage
l) De nepouvor estresurpris; iljointparunheureux,& charmant
assemblage
A lafiertéaHector les charmes de
Paris.
LES MUSES.
Son ~rhnesiplein df m:rveilles
hïU"luindelVdivers.
LhSGRACES.
Jl cfrl'entretien de 10svulies
il (flic ch.'rmc devosVers.
LES MUSES.
Certessaf.ivcur souveraine
j\'(Ilf' tient lieu de toutaujourd'huy,.
LES GRACES.
il((tAnmille,il est Aloeant,
Feusn'avez, affairequ'à,luy.
LES MUSES.
.!!..!!,i peut r,otis troubler? de U
y-c
OnaLfEerSmé les Etendars
GRACES.
Flore peut réduire en parterre
Tout leterrainduCh.imp de Mars.
LES MUSES.
plus de Ca?ia,s,plus de CarcaJJcSy
Ne trouhlcr.tCaeeord de ..cs voix.
LES GRACES.
ilfautlaifferrire les Grâces,
L 0 VIS les remet dans leurs
droits.
LES MUSES.
Diane n'estpoint abaissée;
Que cede-t'elle icy duîten?
LES GRACES.
Elle estla premiereplacée,
Venusne luy dérobe rien.
LES MUSES.
Sous le Herosquilesassemble
£hielles auront dejours heureux!
LES GRACES.
l'ttifcnt. elles toujoursensemble
L'accompagner dans tous ses
voeux.
LES MUSES.
P'uifjètrt elles d'intelligence
Lecharmerdans sespetitsFils.
LES GRACES.
l'uiffent- elle s toujours en France
Faire laculture des Lis.
LES MUSES.
Venez,, heureuses Desti nées
Venez, (èeondr/èsatjtrs.
LES GRACES.
Ne veillez, quesursesannées,
Neménagez, queses plctifîrs*
LES MUSES.
Fieres Beautez, Venu* vous presse
De vousenflamer en cejour.
LES GRACES.
Jïae tout se rende à latendresse;
Quefaire d'un coeursans an,-our
- LES MUSES.
Sansamoursa voit- ilpossible
D'avoir desplaisirs accomplis?
LES GRACES.
J9uAmarilt:-jcit i,^<-.sible,
C\Jlta?2î pi: pour Amarilis,
LES MUSES.
Venu*triomphe,touîlc monde
Doit estrefournisàses loix.
LES GRACES.
Elle enflame la terre (y l'onde,
Peut - on avoir de plia grands
droits? S
Merveille dusiecle oux nomfemmes,
Dit l'Amour,si Venus "voitrétablir
ses droits,
N'est-ce paspar la voix
Duplusparfaitdes Hommes,
Et du plus grand des Rois?
ë)~
Sontriomphe estFiny, si gloire est accomplie
Sa placeestoit marquée
,
crie fra
toujours,
Pouvoit elle (!re mieux remplie
JOueparla ivieler/csA'ÎlOflr.r?
Allez, à vostre tour, allez,prendrevos
pl au
Dansce Palais auguste
,
il ne vous
manque rten
Etpourfinirvostre entretien
apprenez,a torts ceux qui plaignoient
vos disgraces,
Queles JIu/ès, &lesGrues
Nefurentjamais si bien.
Allez,partoute laterre
Assemblervos Favoris,
Le bruit affreux de la guerre
Ne troubleraplus vos cris. -Signalons nostre allegresse,
Regnonsdansce Siecle hCflreftx;,
C'tjlt'.zm:;ltr qui nous en presse,
Dirent /cs RÍJ
)
& les 'leux Allonsfa{i',re é'c1latersru; r llaTerr,e&sru:. rl'Onde,
Allons,ojnetardons plus,
A'(mm du Maitredu monde
Letriomphede Venus.
Aces mots ils disparurent,
Sur leurs pas les Zephirs de la TUine
coururent
Et restantseulje dis en soupirant,
Trop heureux qui vous peutsuivre
DdÍU cetairsitriomphant;
Mais plus heureux qui peut vivre
Auprés de LOUISle Grand!
Comme tout ce qui regarde
la santé est toujours fort
bien receu, & qu'il n'y a rien
qui soit écouté plus volontiers
, je ne m'étonne pas si
ce que je vous ay mandé
dans ma derniere Lettre touchant
la Thériaque
, vous a
donné autant de plaisir qu'à
quantité de Personnes qui
l'ont leu, puis qu'outre la satisfaction
d'apprendre ce qui
peut contribuer à la choie du
monde qui nous doit estre la.
plus prétieuse, on a encore
eu l'avantage de se voir instruit
de plusieurs circonstances
curieuses, dont on
n'avoit peut-estre jamais entendu
parler,& qu'on n'aapprisesqu'avec
des morceaux.
,
d'Histoirequi les rendent remarquables
; & qui font connoistre)
non seulement les,
grandes merveilles de la
Thériaque
,
maisencore lestime
que l'on en doit faire.
Le succez qu'elle a eu, &
parmy le Public, & dans ma
derniere Lettre,a esté cause
que je me fuis informé avec
plus de foin de tout ce qui
s'est parte à Paris, à l'égard
de cét ancien & grand remede.
J'ay trouvé que le discours
deMr de Rouviere qui a
une approbation si genérale,
& que je vous ay envoyé,
n'avoit pas esté le seul que
l'on eust fait sur cette matiere
,
& qu'un autre avoit esté
aussî prononcé en présence
de Mr de la Reynie & de Mc
Robert Procureur du Roy,
par Mr Lienard Medecin ordinaire
deSaMajesté,Docteur
&ancien Doyen de laFaculté
de Medecine de Paris, à présentProfesseuren
Pharmacie
de la rnclinc Faculté. Comme
il manqueroit quelque
chose à l'Histoire de la Thériaquefaite
en cette grande
Ville ;' si ce Discours qui en
est une des plus considérables
partiesne tenoitsa place
dans ma Lettre de ce mois,
je vous l'envoye,parceque je
sçais qu'il vous plaira, & que
je le vois d'ailleurs, souhaité
par tout ce qu'il y a icy de Curieux.
En voicy les termes.
MESSIEVRS,
Si Galien dans le Traité de
la Thériaque qu'il adresse à Pison
,
estime cét Illustre Romain si
digne de toute son admiration
desgrands éloges qu'il luy donne
de ce que se relachant ii,,îJleu des
grandes occupations do-n il estoit
chargépour le salut de la Republique,
illisoit
avec tant d'attention
le petit Ouvrage qu'AndrojnacbïS
)
fortcelebre Medecin,
en 4vùt faitautrefois, &s'ilse
louëendes termes sipompeux&
si magnifiques de la bonnefortune
de son siecle
,
de ce qu'il voyoit
ce grand Homme si attaché aux
choses qui regardaientparticulierement
la santé de ses Concitoyens,
avec combien plus de juslice
(ffyr de raison devons-nous
aujourd'huy honorer de nos éloges
les plus forts
,
les deux grands
Adagistrats que nousvoyons pour
la quatriéme fois en moins de six
wiousedéroberauxemploislesplus
augustes *les plushonorables où
les Conseils importons de nostre
incomparableMonarquelesappelhllt
ordinairementauprès de luy,
pourvacquer
, non pas comme et
Romain à la lecture moins utile
que curieuse d'un simple Traité
de la Thériaque, mais à l'affaire
la plus serieuse& la plus digne
de la Police qu'ils exercent dans
le Royaume, qui est la composition
exacte & fidelle de ce Remede&
de cet Antidote par excellence
,
puis qu'elle regarde le
salut genéral & particulier de
tousles Sujets du Roy. Deisos donc,
& nous écrions avec Galien au
sujet deces deux vigilansMagistrats,
comme il faisoit autrefois
à Rome à l'égard de Pison. Satisne
magnas possumus habere
bere nostritemporis fortunæ
gracias, quod vos, ô summi
Magistratus, usque adeo MedicinæacTheriacæ
studiosos
conspiciamus? En effet, Messieurs
,
quel plus grand bonheur
que celuydenostre siecle de viure
sousun Prince, dont l'application
incroyable aux plus petits
comme aux plus considerables besoins
de ses Sujets
,
réveille dans
tous les Arts & dans toutes les
Sciencesl'étude & l'industrie de
ceux qui les professent, pour les
pousser à leur souverainepersection.
C'est donc l'exemplemesme
du Roy
, le plus laborieux
Prince qui fut jamais, quiporte
aujourd'huy les Professeursde la
Medecine&de la Pharmacie de
Paris, àfaire fous LOUISle
Grand, plus grandque les Antoinesque
les Antonins, &que tous
lesCesars ensemble, pourqui l'on
faisoit sisolemnellement ce Remede
à Rome, dans la Capitale du
Royaume aussi celebre que cette
superbe Ville lefutautrefois
,
à la
veuë & en la présence de l'Illustre
M Daquin premier Medecin
de Sa Majesté
,
qui ne cede
en rien aux Andromachus premiers
Medecins de ces Princes CF
de ces Empereurs, avec lesecours
des menleurs & des plus expertmentez
Artistes de la France,
lesGeoffroy
,
* les Josson
,
les
Bolduc, les Rouviere,aussiéclairez
que l'estoient anciennement
les Critons & les Damocrate,
premiers Pharmaciens de leursiecle;
àfaire, dis-je,sous LOUIS
le Grand ,une Thériaque donton
n'entreprenoit jamais la compositionà
Rome, que sous les auspices
de ses Empereurs, sans la
leurvoüer & consacrer comme
la chose du monde la plus importante
rY la plus salutaire à
* Ce sont les quatreApoticairesqui depuis
six mois ont fait à leurs fraislaThésiaqueà
Paris,
leurs Etats. Prenons donc, Messieurs
, pour nostre Devise, celle
qui devrait l'estreaujourd'huyde
toute la France. Ludovico Magno
felicitas parra. Réjoüissons-
nous de ce que nous voyons,
pour ainsidire
,
guérir dans Paris
la letargie des siecles passez, qui
par une indolence ou une indifference
condamnable, pour ne pas
dire quelque chose de pis, ont jusques
icy presquetoujours deu, ou
à des Nations étrangères, comme
Ji Rome & à Venise
, ou à des
Provinces éloignées
, comme à
Montpellier, la compoftion d'un
Remede dontils ne devoientavoir
obligation qu'à eux-mesmes, &
àleurpropre Patrie, & qui ont
presquetoujours emprunté d'autruy
ce qu'ilsnedevoient avait
ny tenir que de leurrichefonds,
de leurindustrieusecapacité, t7
de leurhabileté laborieuse.
Loüons nous ,
Messieurs, de
nostre bonheur
,
de ce que le
Royaume joüira doresnavant
parla vigilance de nos Magistrats
de Police, appliquez &
attentifs à toutes choses, d'une
Panacéerentable
,
sans fraude,
sans alteration
, &sans le risque
d'en voirdesormais debiter
en France aucune ny vicieuse rjy.
falsifiée, telle que Galienseplatgnoit
dés le temps qu'il estoit à
Rome, que plusieurs Imposteurs,
Charlatans, MonteursdeTheatre
,
Vendeurs de Mithridat,
& véritables Triacleurs en distribuoient
centre l'intention des
Magastrats publics à grand prix
d'argent &fort cherement, aussi
bien qu'à la ruine & au détriment
delasantédes Peuples ignorants
& crédules pour l'ordinaire
en ces sortes de matieres qui
regardent la Medecine, & les
Remedes qu'on voile souvent de
nomsspécieux de Secrets, afin de
lesmieuxtromper.Multæquippe
fiunt, écrit-il, ab Impostoribus
hac etiam in re fraudes
, vulgufque solâ Theriacæ
famâ deceptum,ab istis, quibus
ars est Mercenaria, non.
recte compositam Antidotum
multâ pecuniâ redimit.
J
Loüons-nous encoreune fois,
Messieurs, de ce que par les soins;
bienfaisans de ces mesmes Mar)-
strats, nousjoüissons aujeurd'huy.
à la faveur de nostre veritable
Thériaque
,
sous l'empire de
LOVIS le Grand, du mesme.
bien & du mesme avantage dont,
les Empereurs gratifioient autrefois
leurssujets à Rome. Qui lu
benter,ditte mesme Galien,in
univerios omnia bona, deos
imitati,conferunt, tantumque
gaudium concipiunt,
quanto populimajorem fuerinc
incolumitatem ab ipsis
confècuti, maximam imperan
di partem arbitrantes,
communis salutis procurationcm
; quæ res me magis
in ipsorum admirationem traxit.
Ce sontses propres termes.
C'est lesujet,Messieurs,qui
m'a aujourd'huy engagé, en qualitéde
Professeur en Pharmacie
de la Faculté de Medecine de
Paris3 à vous faire ce petit Discours
,pour un témoignageassuré
de reconnoissance publique &
particuliere envers Mrs nos Magistrats,
pour une marquesensible
de l'obligation que nous avons a Mle premier Medecin
,
de vouloir
bien honorer de sa présence la
composition d'un Remede qui en tirera
assurément beaucoup de gloire
,
de credit &d'authorité
, &
pour un préjugésouhaitable de la
conservation en son entier de la
bonne Medecine de Paris
,
&du
parfaitrétablissement de la mezl.
leure Pharmacieà l'avenir, contre
les vains efforts & les tentatives
inutiles desenvieux ou des
ennemis de l'une & de l'autre,
@J de tous ceux qui voudroient
temérairement dans lasuite s'y opposer,&
les troubler dans leur
exercice @r dans leur ancienne
possesson.
Ce Discours fut prononcé
le 12. de Mars, & le Lundy
suivant, Mr de Rouviere s'attacha
particulierement au
poidsdesDrogues dont il
avoir fait auparavant un juste
choix pour la composition
de son Ouvrage, & qu'il avoir
exposéesau Public, seur queleur
beauté & leur bonne qualité
le défendroient contre les
Critiques & les Envieux. Une
ce jour là un fort beau Discours
sur la Vipere,&sur la
nature de la Thériaque & il
expliqua si bien la maniere
dont les fermentations se
font, qu'il fut genéralement
applaudy. Il pesa ensuite ses
Drogues en présence de Mr
le Doyen de la Faculté, de
Mrs les Professeurs en Pharmacie
, & deMBoudin, l'un
des premiers Apoticaires
du Roy. Toutes ces Drogues
furent brisées ,&mêlées
ensemble confusément
devant toute l'Assembléequi
n'estoit pas moins nombreuse
qu'elle avoit esté les autres
jours. Il en salut huit entiers
pour les pulveriser
,
après
quoy les Curieux revinrent
au mesme lieu, pour
estretémoins du mélange
qu'on appelle Mixtion, ce
qui fit donner de nouvelles
loüanges à Mr de Rouviere.
Ce fut alors que Mr Pilon,
Doyen de la Faculté, & qui
dés sà plus grande jeunesse a
sceu s'acquerir le nom d'Orateur
, fit un Discours tresdigne
de luy, pour fermer ce
grand Ouvrage. La crainte
de vous entretenir trop longtemps
sur vne mesme matiere,
m'oblige à ne vous en rien
dire de plus aujourd'huy.
Vousvoudrez bien cependant
que j'ajoute
, en faveur
de la Thériaque
, que lors
que l'on en fait à Venise, le
Senat y assiste en Corps, &
que dans tous les lieux où l'on
se donne la peine de rechercher
tout ce qu'il faut pour
cette fameuse composition,
elle se fait avec le mesme
éclat, &en présence des Souverains
Magistrats.
Je vous tiens parole, en
vous envoyant les Devises
que lesChevaliers portaient
surleurs Ecus à laCourse des
-
Testes qu'on fità Versaillesle
dernier Dimanche du Carnaval.
Vous les trouverez gravées
dans cette planche
, ou
j'ay tres - peu observé les
rangs, les ayant fait graver
à mesure qu'elles me sont
tombées entre les mains.
L'Envie est un grand défaut,
& il n'y a rien de plus
dangereuxque de l'écouter.
La Fable qui fuit nous lefait
assez connoistre.
LE COQ D'INDE
DE'PLUME'.
uFABLE. Njour les Oyseaux de nos
B014
Disputérententr'eux delaplus belle
voix.
Ils'agissoit d'acquerirdel'estime;
On détermina l'Air que l'on devoit
chanter.
c'estoit un Air grand&sublime,
On vintde toutesparts à dessein d'écouter,
EtpourjugerdecetteAffaire.
VnChardonnet d'abordyparutsur
lesrangs,
Matsf.il'oix cïfoitsivulgaire,
c~
Elle n'eutpas le don de plaire.
Un RfJJig/iolsurvient, mais un des
plussçavans,
Et d'une voix aussi douce queforte;
Ses tonsfcmblentfibeaux,JÎjujies,
Jitouebans,
£)uedecent Piquesill'emporte,
Etmejine de l'aveu des autres prétendans
chacun luydonne la victoire.
Il estvray qu'un Corbeau voulutternirfagloire;
Mais malgré Tescroafjïmens,
On renditjttftice au mérite.
Luy, par une prudente £ modeste
conduite,
Anff.-tosl(e cacha, de peur des Comphm.
is.
La Dijpute estoit doncsin te,
Lors (ptun vieuxPouletd*Inde}emttdejalonJfie,
Osis bien la recommencer.
Quelques Poulettesses Voisines,
Sans esprit,sans bongoust, inquiettes,
chagrines,
Acela le vinrentpousser.
Adisputer le Prixfortement il s'engage;
Ce Chantre du dernier étage,
.Zai n'avoit jamais dit quepi, pi,
pia,pia,
Du Vainqueur hardiment condamna
le ramige;
LeRossignollesceut,&peus'ensoucia.
Ason aise illuy laissa dire
Toutcequ'ilavoitsur le coeur.
Le Coqd'Inde, au lieu de luy nuire,
Ne luyfit qu'un fort grand bonneur.
Cet Oyseaunépourla Cuisine
Nepouvoit, disoit rcesroulemens,
Cesfredons redoublez & ces faux
agrémens
Quinesefontqueparroutine.
Ilaimoitdans le Chant cettesimplicité
n'a rien quisoitaffecté.
Sesplaintespar tout retentissent;
A sesraisonsd'abord les oysons.
applaudissent.
Onfait donc assembler les Oyseaux
d'alentour,
Pourjuger de la Voix charmante.
Ilvintdes Epreviers, avec quelque
Vautour,
Genssujets à la paraquante.
Mesineon invita des Coucous,
Des Chauvesouris, des Hibous,
Pourrendre laTroupe nombreuse
En leurprésence enfin le Coq d'Inde
chanta,
Etsavoix leur parutsi ruât &jipticufi,
Jgjt'en un moment chacund'eux
Sécarts..
Cependant nostre Chantre estoit tout
hors d'haleine,
Lors Iflllln grandEprevier de couroux.
s'enfiama,
Sautasur luy, le dépluma,
Tonr luyfaire payer la peine.
.99.
Ainsi l'on voit desottes Gens,
Entefiez, de leur propreestime,
^ui^f&iten Prose,soiten Rime,
Veulentquon rieà leurs dépens
Quoy que j'ayecommencé
ma Lettre par un grand nombre
d'Actions du Roy,&
que je me. propose souvent
de n'en parler que dans ce
commencement, le nombre
en est néanmoins quelquefois
si grand en un seul mois,
que je me trouve obligé de
rompre cette régle, & de
mettre encore dans le Corps
de ma Lettre, un de ces Articles
à la maniere du Prélude
,
qui en contiennent
plusieursautres. C'est un de
ceux-là que vous allez voir.
Lors que le Roy fit la Reveuë
du Régiment de ses
Gardes Françoises, dont je
vous ay parlé en vous marquant
la propreté de leurs
Habits, ainsi que la magnificence
de ceux de leurs officiers
, Sa Majesté donna des
gratifications à tous les Capitaines
qui avoient des Soldats
dans leur Compagnie
audelà du nombre complet.
On remarqua que ce Monarque
avoit pris ce jourlà
un Habit pareil à ceux des
Officiers. Il n'y a rien qui
foit plus capable de gagner
les coeurs, que des manieres.
aussi obligeantes que celleslà.
Ce que je dis est si vray,
que quand les grand s Conquérans
vouloients autrefois
-
s'acquerir les esprits des Nations
qu'ilsavoientsoumises,
ils paroissoientdevant les
Peuples avec les Habits ordinaires
à ces Nations. On
sçait que le Roy n'a besoin
d'aucun de ces moyens pour
se faire aimer; mais il est sinaturellement
porté à faire
des choses obligeantes pour
ses Sujets, qu'illes fait sans
avoir d'autre veuë que celle
de leur montrer qu'il les aime
;&en effet, quand on
estaussi aimable, aussi puissant
&aussi redouté que ce
Monarque, on n'est obligé
à nuls égards, de quelque
nature, & pour qui que ce
foit que ce puisse estre. Ce
grand Prince, qui se couche
rarement sans avoir fait
des heureux, donna ces
jours passez une gratification
de cent mille livres à Mr le
Maréchal de Humieres, en
consideration des services
qu'il en a receus. - Je vous ay parlé au commencement
de cette Lettre
de divers Ouvrages entrepris
D * pour donner moyen de travailler
à ceux, qui sans cela
manqueroient de subsistance.
Vousconnoistrez par la
Déclaration du Roy concernant
l'ordre des Ateliers publics, (if
la punitiondesMandians valides.,
& Faineants, que c'est
seulement à Sa Majesté que
tant de malheureux doivent
cette grâce. Le sujet de cette
Déclaration est amplement
expliqué dans les paroles
suivantes qui luy servent de
Prélude. La bonté que nous
avons pour tous nos Sujets nous
engageant à procurer les moyens
de gagner leur vie à ceux qui
ont la volonté de s'employer aux
Ouvrages dont ils sont capables,
1 &,
fjX le bon ordre que nous desironsmaintenirdans
nôtre Royaume,
obligeant de contraindre à
travailler ceux qui par faineantise
&pardéreglementne veulent
pas seservir utilementpour
eux, & pour leur Patrie, des
forces qu'il a plû à Dieu de leur
donner
,
Nous avons fait commencer
differons Ouvrages dans
les Provinces de nostre Etat, (3"
Nous avons appris avec beaucoup
de plaisir le succés que ces
entreprises ont eu jusques à cette
heure; & comme il est juste que
ceux de nos Sujetsdenostre bonne
Ville de Paris, @r de ses envivons,
qui n' ont pas de Métier,
reçoivent la mesme grace , &
que rien ne peut estre plus efficace
pourymaintenirune bonne
Police
, que d'occuperainsi les
Faineants que sa grandeuryattire
,
Nous avons ordonneà nos
chers & bien amez les Prevost
des Marchands, & Echevins
d'icelle, d'y faire continuer les
Ouvrages qui ont ejlé commencezpourson
embellissement, (y
sa commodité. Mais comme il
feroit impossible que ce dessein pust
réussiraussi avantageusementque
nous devrons, si nous n'établissions
un ordre certain pour son
execution ; &* d'ailleurs la paresse
de ceux qui ne voudroient
pas y travailler dans un temps
où nous leur procurons les moyens
de le faire avec utilité,meritant
encore une punition plus
severe
, nous avons estimé necessaire
d'y pourvoir par un Reglement,
qui aura lieu seulement
durant que les Ateliers
Publics feront ouverts. Ce Reglement
quiestexpliqué fort
au long aprèscePrélude,
porte, Que tous Mandians valides,
quoy qu'ils ayent un Métier,
CI tous Faineants& Vagabonds,
sans Métier & sans
Employ,qui nesontpasnatifs
de Paris, & de douze lieuës aux
environs
,
seront obligez de se
retirer dans leur païspoury travailler
dans les Ateliers que l'on
y a établis, ou ailleurs, aux
Ouvrages dont ils feront capables,
à peine d'estre enfermez
durant un mois dans les Maisons
de Bicêtre de la Salpétriere
pour la premierefois, &
pour la seconde desGaleres durant
cinq ans, & du foüet rd
du carquan à l'égarddesFemmes
,
quiserontâgezles unsfy
les autres de iuinkeans* au :
diffus, & du foüet&, d'une
t
plus longuedétention dans les
mesmes Maisons de Bicêtre &
de la Salpétriere
, pour les Garçons
C- les Files qui aurontmoins
de quinze ans. Il est enjoint
par le mesme Reglement à
tous Mandians valides, tant
Hommes & Femmes,qu'Ensans
au dessus de douze ans,
natifs de Paris, 0* de douze
lieuës aux environs, ou qui s'y
font hahituez depuis trois ans,
& qui auront la fanté & la
force necessaire pour travailler
aux Ouvrages Publics, soit
qu'ils ayent un Métier,soit
qu'ils n'en ayent pas, d'aller
travailler aux Ateliers qui ont
esté ouverts, & de s'enrôler à cet
effetsur le Registre qui fera tenu
en l'Hostelde Ville par le Greffier,
ou autre Officiercommis
pour cela, avec désense à ceux
qui seront enrôlez de vaquer par
la Ville durant les heures qui
serontrégléespour letravail
,
ny de quitter les Ateliers sans
un congé exprés de l'Officier préposé,
à peine pour les Contre-
-venans, &c. Ces peines sont
amplement expliquées, &
empescheront qu'on ne voye
à l'avenir ce grand nombre
de Mandians dont on estoit
accablé, y
Sa Majesté veillant ians
cesse au bien de ses Peuples,
a aussidonné un Arrest du
Conseil d'Estat concernant
le Contrôle des Exploits.
Cet Arrest porte, Que Sa
Majesté ayant eslé informée que
quelques Commis au Contrôleprétendoient
se fairepayer deux
droits de Contrôle pour chaque
Exploit de Saisie & Execution
de meubles qui sont faites à la
requeste des Receveurs des Tailles
, & des Collecteurs des Paroisses
; l'un pour la signification
à celuy sur lequel la Saisie
a esléfaite, 0* l'autrepour
celle qui se fait au Gardien de
ces meubles
,
Elle défend tresexpressément
à Maistre Jean
Fauconnet, Fermiergénéral des
Domaines, ses Procureurs, Commis
~(t) Préposez
,
de percevoir
qu'un seul droit de Contrôle pour
chaque procés verbal de Saisie&
Execution de Meubles
, tant
pour la signification faite à la
Partie saisie, que pour celle qui
sera faite au Gardien ~@ Dépositaire
de ces mesmes Me/lbles.
Comme plusieurs ne s'abstiennent
de mal faire que
par la crainte qu'ils ont d'être
punis, la honte d'estre
condamnez à quelque peine
seroit peu capable de les
retenir, si cette peine leur
sembloit facile à éviter. il
n'y a que celle du Bannissement
qu'on trouve moyen
de ne subirpas dans sonentiere
rigueur. Ceux qui y
sont condamnez sont peu
réguliers à garder leur ban;
& afin de remédier à cer
abus, il a estéordonné qu'aprés
leur condamnation on
leur liroit à l'avenir la Déclaration
du Roy, du 31. May
1682. faite sur ce sujet
: ce qui -
fait connoistre que ce Monarque
ne s'applique pas
moins à faire observer ce
que la Justice a reglé, qu'à
la faire rendre.
Il a aussi paru depuis peu un y
Arrestdu Conseil d'Estat tou- «j
chant la Vente (çtyf Exploitation,
des Boisdehaute-Fustayeappar- )
tenans aux
Particuliers.Voicy*
le commencement de cet f
Arrest. Le Roy estant informé 4
qu'au préjudice de L'Article III.
duTitredesBois appartenans aux
Particuliers
,
de l' Ordonnance de I
l'année 166,99. c.ocnocnecrnearnnat nletsleEsaEuxauxI
~(^Forests
,
&del'Arrest du .9.-
Novembre1683. portant défenses
à ceux qui possedent des Bois de
haute-Fustaye situezà six lieuës
des Rivieres navigables
,
(Sf a
quinze lieuës de la Jiï'ler
,
de
les vendre & faire exploiter,
qu' ils n'en ayent donné avis six
mois auparavantau Contrôleur
général des Finances, & au
Grand
-
Maistre des Eaux &
Forests, aux peines portées par
ladite Ordonnance&Arrest, 1.1
pluspartdes PropriétairesdesBois
de haute-Fustaye situez à cette
distance de la Mer ~Ç0 des Rivieres
navigables, lesvendent,
&lesfont exploitersans en donner
avis , ce qui fait qu'on a de
la peine à trouver des bois propres
pour la construction des
Vaisseaux dans les Ports &
Arcenaux de Marinede Sa Majesté,
& que d'un autre costé les
Propriétaires desdits Bois qui
veulent executer l'Ordonnance,
ne sçachant pas precisément à
quoy elle les engage ,
font souvent
troublez dans la vente&
exploitation de leurs Bois par Us
obstacles qu'y apportent les Off..
ciers de la Marine, ou ceux des
Eaux & Forests, & estant
necessaire d'y pourvoir, Sa Majesté,
&c. Quoy que dans
la fuite de l'Arrest tout foit
reglé d'une maniere avantageuse
pour la Marine, les
Particuliers qui ont des Bois
de haute-Fustaye ne laissent
pas d'avoir lieu d'estre contens.
Ainsi le Roy atrouvé
moyen de satisfaire au bien
de l'Estat sans chagriner le
Particulier.
On a publié un autre Arrest
du Conseil d'Estat,concernant
les Engagistes
,
Usufruitiers,
& autres qui possedent
des Bois dépendans du
Domaine de Sa Majesté, à
titre de concession ou d'alienation.
Il porte, Que conformément
à l'Ordonnance de 1669.
ils ne pourront faire abatre à
l'avenir aucuns Bois de Fustaye,
ny Baliveaux sur Taillis, ny
aucuns autres Arbres, sous quelque
prétexte que ce soit, qu'en
vertu de Lettres Patentes registrées
aux Parlemens ~e aux
Chambres des Comptes, sur les
avis & Procés verbaux des
GrandsMaistresdesEaux &
Forests.
Il ya eu une nouvelle Déclaration
, quiregarde la
Compagnie des Indes Orientales.
Je vous ay déjàparlé
de plusieurs choses sur ce
mesme sujet. Cette derniere
Déclaration en est une fuite,
& fait connoistre que le Roy
continuë de s'interesser pour
le bien de son Estat en genéral
,
& pour celuy de ses
Sujets en particulier.
Sa Majeste fait encore paroistre
ses foins pour la tranquillité
de son Peu ple, par
l'Arrest du Conseil d'Estat
rendu le 8. de ce mois, sur
ce qu'Elle a esté informée
qu'il arrive journellement des
Naufrages de Barques & autres
Bâtimens sur la Rivière
du Rosne, causez par des
Arbres qui se détachent des
Isles & Islots, qui se font formez
le long de cette Riviere
pat les Courans & les changemens
de Lits; mesme qu'-
une Barque chargée de bleds,
destnez pour les Vivres de
Marine, a fait naufrage depuis
peu près de Viviers. Pour
empescher de semblables accidens,
Ilestordonnéaux Particulters
& Provrietaires de ces
Isles (èr Islots former le long de
laRiviere duRosne,dans l'étenduë
des ProvincesdeLanguedoc,
Provence, cjt4 Dauphine,de
faire ôter les gros Arbres qui se
détacheront des Isles & Islots
qui leurappartiennent en sorte
que la Naviationn'ensoit pas
interrompuë; encas deNaufrages
, autres accidens causez
par ledétachement de ces Arbres,
les Consuls & Communautez
deslieux,vis-à-vis desquels ces
Isles Islots font situez
, en
demeureront responsables en leurs
propres pri'Vez noms.
L'Arrest qui fuit,donné.à.:,
Versailles le 14. de ce mois,
n'est pas moins utileauxSujetsduRoy.
Ce Monarque:
ayant employé les Intendans
&Commissaires départis pour
l'execution de Ces ordres dans
les Provinces & Genéralitez
du Royaume, à travailler à
la vérification & liquidation
des Dettes deuës par les Villes&
Communautez, en forte
que la plus grande partie
de ces Dettes qui estoient
très-considerables, se trouvent
presque aquitées,il est
arrivé que quelques Créanciers
qui ont receu le remboursement
de ce qui leur
estoit dû en tout ou en partie,
sont venus tout de non.
veau dcrnander-le payemen
de leurs Créances-,ôe par uneintelliçence
pratiquée avec
les Officiers des Villes ôc
Communautez , ont recelé
&caché les Quittances, Comptes
,
&: autres Pieces qui
auroient pû servir à découvrir
cette fraude. SaMajesté
avertie de ce desordre, a ordonné
Que les Créanciers, otï
autres estant en leurs droits, qui
demanderont aux Communautez
le payement des Dettes, (f) autres
choses àeux deuës, dontils
auront estè remboursez suivant
lesArrests de liquidation,
qui auront esté passés en la dépense
des Comptes qui ont esté
rendus, des revenus affaires
des Communautez ausquelles la
demande en fera faite
,
feront
condamnez à la peine du quadruple
au profit desdtes Communautez
,par les Intendans
Commissairesdépartis dans les
Provinces & Genéralitez du
Royaume, contraints au payement
comme pour les deniers&
affaires de Sa Majesté,sans que
cette peine du quadruple puisse
estreréduite ny moderée pour
quelque cause occasion que
ce soit.
Tant de Personnes m'ont
témoigné avoir leu avec plaisir
les Nouvelles d'Angleterre,
qui font des Articles importans
dans mes deux dernieres
Lettres, que je puis
croire que vous me parlez
sincerement quand vous
m'asseurez que vous en estes
contente.L'Histoire des malheurs
duRoy, dont je vous
ay fait un abrégé, pouvoir se
trouver séparément en plusieurs
Volumes, mais peutestre
toutes les Relations qui
ont couru ne vous auroient
pas fourny le triste Journal
de ce qui s'estoit passé dans
le peu de temps qu'a duré sa
maladie, si je n'avois eu le
foin d'en ramasser les plus remarquables
circonstances.
Elle acommencé par une attaque
d'Apopléxie
, contre
laquelle l'Art des Medecins a
esté sans force. Il semble que
comme sa vie avoir esté extraordinaire
,
il falloit aussi
que sa mort le fust. Je vous
envoye un Sonner qui a esté
fait surcette pensée.
)
SUR LA MORT
DU ROY D'ANGLETERRE. Qvi nesçaitde ceRoyl'étonnantem..):
j> cïc!
- Sejmalheurspurent-in.aoatYe fltJ
(/'ïi:/ld coeur?
Un ci Troacij'U fumai: cneor ufang
ciUii'p'eiC
Têury monter si-tostluyfùfoii tr op
d'horreur.
Le desir devangerunetestesi chere
Al'niversentierexprimasa douleur.
Jttjtilyfaiisfitbienquandle Ciel
moins contraire
Enfin alns/ès Etats le ramena vaintJ(
uur.'
Mais htLis ! il n'estplus ; l'impitoyable
Parque
Vientdetrancherlefildesjours de ce
Monarque..
C'auroitestétroppeu cependantpour
Lefort
ui d'abordlesoûmitauxsereurs
de Lenvie,
d'avoirpar de grands traits voulu
-
marquersavie
S'iln'eustfaitremarquer legenre de
sa mort.
Je vous ay appris avec
quellefermeté sonAuguste
Successeur s'est déclaré Catholique.
Sa sincerité a elle
heureuse. Les Peuples ont
eu de là joyedèvoir qu'il ne
cherchoit point à les tromper,
& qu'ils'encroyoitassez
aimé,.
aame
, pour leur conher 'un
secret de cette, importance,
sans qu'il en deust rien appréhender
de fâcheux. La
confiance qu'ilaeuëdans l'amour
de ses Sujets, a produit
l'effet qu'il en avoit attendu.
L'intrépidité en toutes choses
leur paroissant digne d'un
Monarque né pour leur donner
des Loly,ilsontellimé
en luy cette grandeur d'ame
qui l'engage à soûtenir l'indépendance
du rang ou le
Ciell'a élevé. Puis qu'il leur
laisse un-e entiere liberté de
conscience
,
il la doit avoir
comme eux, & il seroie bien
injuste qu'il ne joüist pas
d'un Privilege qu'il veut bien
leur accorder. Toutes les
Lettres qui viennent de ce
Pays-là ne parlent que de la
tranquilité où tout le monde
s'y trouve, des Adressespleines
de soûmission & de ret
ped, qu'on présente de toutes
parts au nouveau Roy, &
du choix des Députez pour
le prochain Parlement. Le
16. du dernier mois on expedia
un ordre pour signifier à
tous les Pairs du Royaume ôz
à leurs Femmes, de le trouver
au Couronnement du
Roy avec leurs Robes de Ceremonies
& leurs Couronnes.
Les Barons & leurs Femmes
auront des Robes de
Velours Cramoisy
,
de mes
me que les Vicomtes & les
autres Pairs d'une dignité
plus relevée. On a nommé
le Doreur Turner Evesque
d'Ely, pour prescher en préfence
de leurs Majestez le
jour de cetteceremonie. Let
circonstances en ont esté résoluës
devant le Roy par le
Conseil Privé qui s'est assemà
blé pour les regler. Les Commissaires
que l'on a choisis
pourciter tous ceux que le
devoir de leurs Charges, ou
les redevancesde leurs Fiefs
obligent à faire quelques
fondions au Couronnement,
s'assemblerent le 3. de ce
, mois dans la Chambre Peinte
du Palais de Westminster,
Secommencèrent a recevoir
, les Requestes de ceux qui
prétendent avoir droit de faire
ces fonctions. Ils s'occupent
à vérifier lesTitres qu'on
leur présente
, pour accorder àchacun lafondiorKquiluy
appartient. SaMajestéafait
donner de nouvelles Lettres
à tous les Lords Lieutenans,
ou Gouverneurs des Provin-
: ces que le feu Roy avoit établis.
Les Assemblées pour
les Elevions des Députez
qui doivent entrer au Parlement
,se font par tout avec
beaucou p de
-
tranquilite-
Ces Elections ont déja esté
faites par l'Université de
Cambridge,par celle d'OK-:
fard, par les Comtez de Bedford
,
de Brecon
,
de Kenr,
de Hamp
,
de Middlesek, de
Durban
,
de Glocefier, de
Hereford, de Sommerset, de:
Cambridge
,
de Sussek
,
de
Leicester,deHarrford de
Chester) de Lincoln
,
de
Huntington, de Darby,
de Radnor, & par les Villes
de Cantorbury
,
de Darby,
de Shafsbury, de WoodstocKe
, de Midhurst
,
de
Steyning, de Bedvvyn, d'Amodesham,
d'Ailelbury, de
Ludgerftall, d'Andover
,
de
Durham, deWarvvicke, de
Leicester
,
de Reading, de,
Devvntom, de Heddon) de
Corse
,
de Shoreharn, de
Stamford, de Brecon
,
de
Wincheftcr
,
de Chippin
Wicomb
,
de Chippenham,
d'Ipisvich, de Hindon, de
Peteiboroug ,
de Suithamptom
,
de Linmington, de
Westminster, d'Yorc ,
de
Nestingham, de Wendover,
d'East-Grimstead
,
d'Abington
,
de Lym, de Covventry,
d'Orford
,
de Totnes
,
de Poole
,
de Warcham
, de Sbarehamde
Weoby, de Petersfield ,de
Nevvcaitle, de Borrôbridge,
d'Albroug, de Thirske
,
du
Grand Yarmouth, de Colchester
,
d'Hufemere
,
de
Hereford de Lempster, de
Cardiffe
,
de Marleboroug,
d'chester, de Nevv-Sarum,
de Castle-Rifing
,
deTavistocke
,
de Christ Church,
de Rygate, deWindsor., de
Malton, deNorthallérten, de
-
NevvarKe, deRichmond, de
Beverley) de Ponrefract de
Leaverpoole, de Stafford, de
SandvvicK de Cirencefter, de
Weymouth, de Melcomb, de
Devikes, de Hasting, de
NorfolK, de Higham-Ferrars
,
de Hetsbury, de Thetford
& de Dunvvich. Tous
ceux que l'on a choisis sont
Gens d'unegrandeprobité,
& dont la pluspart ont fait
paroistre un attachement inviolable
au feu Roy dans
les temps les plus difficiles.
Le6. de ce mois le Duc de
Queensborouhg grandTrésorier.)&
présentement grand
Commissaire de Sa Majesté
au Royaume d'Ecosse, & le
Comte de Perth
,
grand
Chacelier du mesme Royaume
,
presserent les Sermens
accoutumez
, en qualiré de
Conseillers d'Etatdu Consèil
Privé du Roy, & prirent
seance au Conseil sélon leur
rang. Peu de jours apre's le J
Duc d'Ormond arriva d'Irlande.
Plus de quarante Carrosses
à six Chevaux allèrent
au devant de luy, avec quantité
de Noblee à Cheval.Il alla
aussi-tost saluer le Roy.& il eI)
receut un accueil tres-favorable.
Ce Monarque luy donna
en mesme temps le Bâton
- de la Charge de Lord Stevvard,
ou Grand Maistre de Ca
Maison,qu'il possedoit fous le
Roy Charles II Comme il
employe tous ses soins à établir
la tranquilité de sois
Royaume, & à reprimertous
les.. desordres qu'y pourroient
commettre les Voleurs
de grand chemin, il fit pu.
blier le mois passe la Proclamation
dont voicy les termes.
AlaCourdevvitheal.
DE PAR LE ROY,
&: les Seigneurs de son Conseil
Privé.
LE Roy voulant pourvoir à
laseureté de ses Sujets dans
les Voyages qu'ils font en ce
Royaume
3
pour vaquer à leurs
affaires
, d ordonnéaujourd'huy
estant en son Conseil
, & il eff
ordonne par ces Presentes à tous
sesOfficiers de Justice, & a tous
ses autres amez Sujets de faire
leurs efforts, ~üd'user de diligence
)
pour apprchender tous
Larrons & Voleurs de grand
chemin
-,
afin qu'on puisse proceceder
contr'eux selon les Loix; &
pour encourager eux qui apprehenderont
lesdits Voleurs) il est
de plus ordonne par Sa Majesté,
que l'on donnera une récompense
de dix livres strling, pour chaque
Voleurarresté
,
à celuy ou a ceux
qui en quelquetemps quecesoit,
depuis le jour de la date des prc__
sentes
3
jusqua ce qu'il plaise a
Sa Majesté de rappeller cet ordre
parproclamation, ou par un autre
erdre fait en son Conseil,
prendront ou appréhenderont aucun
Larron ou Voleur de grand
chemin
3 & le seront mettre en
lieu de seureté. Laquelle somme
de dix livres sterling, leur fera
payée quinze jours aprèsque ledit
Voleur aura esté convaincu ou
prouvéestretel. Etil est enjoint
par ces Présentes a tous les Shérifs
des Comtez (frr autres dans létendue de leur Jurisdiction ou
telle conviction aura estfaitede
payer à celuy ou a ceux qui apprehenderont
de tels Malfaicturs,
la recompense susdite dans
le temps cy- dessus specifié, pour
chaque Voleur ainsipris & convaincu,
sur le CertificatduJuge
ou de deux, ou davantage de Juges
de Paix, devant lequel
, ou
lesquels tel Voleur aura esté convaincu.
Laquelle somme d'argent
ils prendront des deniers de
Sa Majesté
3
par eux reccus dans
le Comté ou telle conviction aura
este faire, & laquelle leur fera
passée en compte, lors quilsviendront
rendre leurs comptes a l'Echiquier)
ou Chambre des Finances.
Et le GrandTresorierd'A
gleterre est autorisé par ces Présentes,
& a pouvoir de donner
des ordresaux Officiers del'Echiquier
,de passer lesdits deniers en
compteausditsShérifs selon le
présent ordre. Il est. encore ordonné
à tous gouverneurs, Lieutenans
Gouverneurs
,
Juges de
Paix, Mairel, Shérifs,Baillis,
& autres Officiers Personnes
de quelque qualité & condition
qu'elles soient, de prendre connoissance
du présent ordre & y
obeïr, comme ausidepressersecours
& assistance en tout ce qui
regardera l'execution
3
sur peine
d'encourir le déplaisir de Sa Majessé~&
d'estre poursuivis comme
contempteurs deson Autorité R.cryale..,- C'UILLAUME.BRIDGEMAN.
Monsieur l'Electeur, de <
Bavicrc doit épouser au premier
jour,l'Archiduchesse
Marie Antoinette, Fille de':
l'Empereur, & ce jeune Souverain
se prepare pour aller
faire sa troisiéme Campagne h
contre les Turcs. Ainsi l'on 1
peut dire qu'il est entiere- S
mène occupé par l'amour & j
par la gl oire. Il en galant
,
il |
s. de l'esprit, du coeur, & de
la grandeur d'ame, & toute
la D dl terre doit ettre pertuadec:
que le courage, & la magnificence
luy étant naturelles ôc.
héréditaires, ilnefera aucune
entreprise qu'il n'execute
avec grand éclat.J'auray soin,
Madame, quand il en faudra
parler, de n'oublier rien de
tout ce que vostre curiosité
peut souhaiter ladessus
Ma dernière Lettre consent
tantdechoies curieuses.
touchant Hadg Mrlie.nict^,
p
Envoyé du Dey d'Alger, que
jen'ay plusrienàvous en dire,
sinon qu'il estpartyebrpuis
quelques jours ,après
avoir pris son Audience de
congé de Mrle Marquis de
Seignelay, & receu dela part
du Roy une Chaîne & une
Médailléd'Or, & quelques,
autres Présens , dont Mebemet
Chelebi son Filsa este
aussi regalé. S'ilsavoientesté
charmez de la Personne du
Rov
,
ilsn'ont pas esté moins
sirisfaits de sa liberalité
,
&'de
toutce qu'ils ontveu d'extraordinaire
& de surprenant en
France.Jesçay que je vous
ay le que cet Envoyéavoic
estéàlaMecque,. & comme.
nous avons peu de Relations
de ce Pays-là, je satisferois
désaujourd'huy à l'envie. que
vous me marquez avoir d'apprendre
ce qu'il ena raconté,
si cet article n'estoit trop
long pour luy pouvoir donner
place dans une Lettre
aussi avancée que celle-cy..
C'est ce qui m'oblige à le reserver
pour le moisprochain.
MrdeMiromesnil Maistre
des Requestes, President au.
Grand Conseil, Intendant etv
la Province de Champagne,
& dont les Ancestres ont pos
sedé depuis plusieurssiecles;
les premieres dignitez du
Parlement de Rouen , a
épouséMademoilelle Blanche
de Bar de Saint Martin,
Fille de Mr de Saint Martin,
ancien Président au Présidial
de Ch alons. La Cérémonie
du Mariage fut faite le 14. de
ce mois par Messire Louis
Antoine de Nouilles Pair de
France, Evesque &: Comte
de Châlons, dans la Chapelle
de son Chasteau de Sarry,
en présence de Ma dame la
Duchesse & Mademoiselle
de Nouilles & de plusieurs
autresPersonnes de qualité.
La Maiion de Mr de Miro.
mesnil est des meilleures &
des plus anciennes de la Robe,
distinguée par des Ambassades
,
& par d'autres
grandsemplois, &alliéeaux
Maisons de Chanvalon, du
Chastelet, deClermont, de
du Perron
,
de Briçonnet,
Courtin, de Mesmes, Beaun
olet, & plusieurs autres du
Conseil
,
& du Parlement
tant de Paris que de Normandie.
Celle de la Mariée est
a ssi des plus anciennes &
d s plus considerables de la
Province. Jean deBar ion sixiéme
ou septiéme Ayeul,s'étant
trouvé avec les autres
Nobles de Champagne à la
Bataille d'A zincour, oùl'Arriereban
estoit convoqué, fut
un de ceux qui s'y didtinguerent.
LaMaison de Barest
alliée à celles de Neuville,
Lambesson, Godet, Ramcou,
Cochon-Versanay
,
& du
costé maternel à celles de
Talon, Voisin, Perigny,Ponchartrain
Daguesseau
,
Tubeuf&
Hebert. Cette nouvelleMariée
est belle & bien
faire. Elleadel'esprit,&sçait
joindre à la Science de. la
Cour l'innocence de la Province.
•j Sa Majesté ayant permis il
y a quelque temps que le
Prieuré des Religieuses Bernardines
de Villers-Caniver,
du Diocese de Sez en Normandie-,
fust érigé en Abbaye
à la consideration de
Dame Anne de Souvré, dont
l'Illustre Maison est connue
detoute la France,& l'ayant
nommée pour en estre la premiere
Abbesse, Mr l'Evesque
de Bayeux assisté d'un grand
nombre d'Ecclesiastiques, fit
le 4. de ce moislaCerémo,
-.;.
nie de la benir dans l'Eglise
de cette Abbaye. Elleestoit
accompagnée des Dames
Abbeffs d'Almenesche &
de Vignats.Tout se passa dans
cette action avec une pompe
& une magnificence extraordinaire
,& quoy que la
plus considerable Noblesse
du Paysse fust renduë dans
l'Eglise
,
& qu'il y fust accouru
un Peuple innombrable,
il y eut un si bon ordre, que
la grande foule n'apporta au,
cuneconfusion.LaCerémonie
fut terminée par un fça*
vant & fort beau Discours
que
que prononça ce Prélat, sur
les obligations &les devoirs
d'une Abbesse à l'égard de
ses Religieuses
,
après quoy
il fut régalé splendidement
avec toutes lesPersonnes de
marque qui estoient venuës
des environs.
Quoy que jevous aye déjà
parlé de quelques Morts,j'ay.
oubliéde vous dire que Marie
Louyse de Goth, estoit morte
icy le Lundy second de ce
mois, n'estant encore que
dans saseiziéme année. Elle
estoit Fille deMessire Jean Baptiste
deGoth
-j
Duc d'Epernon,
& de Dame Marie d'£-
stampes de Valencé. Mr le
Duc d'Epernon de la Maison
de Goth en Gascogne, cil
Fils de Mr le Marquis de
Roüillac, qui fut envoyé en
Portugal à la mort de Louys
XIII. en qualité d'Ambassa
deur Extraordinaire. Ce Marquisestoit
Fils du Baron de
Roüillac, & de l'une des quatre
Soeurs du Duc d'Epernon
de la Maison de Nogarct,
Colonel de l'Infanterie Françoise
,
& Favory de trois de
nos Roys. Par la mort de
Louys CharlesGaston,
connu fous le nom de Duc
de Candale, Mrle Duc d'Epernon
d'aujourd'huy, du
nom de Goth
, a eu droit à la
succession de cette Maison,
ce qui luy a fait prendre le
nom de Duc d'Epernon,
comme representant son !Ayeul paternel. Ce Duc de
r Candale,mort à Lyon le ,.
Janvier i6;8.tfloit Fils de
Bernard Duc d'Epernon ez
de Candale
,
&c. & de Gabrielle
Angelique
,
légitimée
de France,Fille naturelle de
Henry IV. & petit Fils de
Jean Louysde la Valette, Amiral
de France ,& deMarguerite
de Foix Candale, Fille
unique de Henry de Foix
Cadale & de Marie de Montmorency.
Vous remarquerez
par ce nom de Foix Candale,
que la Maison de Cadalc étoit
une branche de celle de Foix.
Elle se fie par le Mariage de
Jean de Foix I. du nom qui
épousa Marguerite de Suffolc,
heritiere du Comté de
Candale en Angleterre. Il
laissad'elle entr'autres Enfans,
Jean de Foix Candale II. du
nom, qui prit alliance avec
Catherine de Foix sa Cousine,
Fille de Gaston IV. Cotrvte
de Foix,& d'Elconor,Reyne
de Navarre.
Mr Commeau, fameux
Ôc ancien Avocat au Parlement,
mourut le 6. de ce
mois. Il estoit fort estimé
,
&;
les grandes Affaires qu'on luy
confioit, faisoient allez voir
combien on estoit persuade
de ses tumieres.
J'ay encore à vous apprendre
la mort de Dame Marguerite
Potdevin, arrivée le
19. de ce mois. Elle estoit
veuve de Messire Jean Louys
de Gondrin, Marquis de Savignac
,
Frere du défunt Ar
chevesque deSens.
Je vous envoye feulement
les noms de ceux qui doivent
composerleCarousel de Monseigneur
le Dauphin. J'aurais
Cuisfait plûtost vostre curiosité
surcétarticle, mais entre
un si grand nombre de Pertonnes
distinguées ,il est difsicile
de fixer un choix. Lesmaladies,
&divers autresaccidens
y peuvent d'ailleurs
apporter du changement, ôc
jenevous répons pas qu'il n'y
enarrive point jusqu'au jour
•de ce Caroufel
,
qui est remis.
au commencement de Juin.
Mr le Duc de S. Aignan qui
entend parfaitement bien ces
fortes deDivertissemensguerriers
,
& qui ordinairement
en est l'Inventeur, a donné
le sujet de celuy-cy. Il l'a tiré
des Guerres Civiles de Grenade
,&en a réglé beaucoup
de choses
, comme il avoit
faità la grande Feste de Versailles
qui avoit pourtître, Le
Palait d'Aleinc, ou Les Plaifirs
de L'IJle enchantée. Elle
estoit entièrement de son invention,
& dura trois jours,,
avec diférensSpectacles. Il y
aura huit Quadrilles dans le
Carousel qui va paroistre.
Elles feront divisées en deux
Partys.Voicy les noms des
Officiers Généraux.
M. le Duc de Saint Aignan
Maréchal de Camp Genéral.
Il fera suivy de quatre Pages,
& de quatre Estafiers, &
aura deux Trompettes & un
Timbalier.
Les Maréchaux deCampsot
M.le Duc de Gramont.
M. le Duc d'Uzés.
M. le Marquis de Tllladec.
M.leMarquisdeDangeau.,
Ilsauront chacun trois Pages
& trois Estafiers.
Monseigneur le Dauphin
feraà la te ste de la premiere
Quadrille de son Party, qui
representera les Abencerrages.
Ses couleurs feront Or &
Noir, il aura quatre Escuyers
quisont:
M. du Mont.
M. de la Neuville.
M. du Gast.
M. de Casau.
Il fera suivy de vingt Pages,
& de vingt Estasiers, & il aura
huit Trompettes & deux.
Timbaliers.
Vous allez lire les noms
des jeunes Seigneurs qui feront
de son Party. Souvenez,
vous, s'ilvous plaist, Madame,
queje mers ces noms
sans marquer les rangs que la
naissance doit donner à chacun
d'eux.
ï
M.le Marquis de Crequy. j
M.le Marquis de Nangis.
M le Comte de Brione.
M.leDucde laTrimoüille.
M.leGrand-Prieur. - M.deMailly.
M. de la Roche-Guyan.
11 le Prince d'Elbeuf.
M.leDuc deVandosme.
M. le Comte de FÜ,[llue..
,
LES ALMORADY,
Dont les Couleursseront Argent
& Couleur de Feu..
M le Chevalier Colbert..
M.de Coedektce.
M. de Plumarrin.
M.deBuffolle.
M. de Mirepoix.
M.deRoussy.
M.de Thiange.
M. de Castres.
M. de la Fayette..
M. de Palavicin.
LES ALABASES,
Dont les Couleurs feront Grisdelin,
& Argent.
M. de Hautefort.
M. delaChastre.
M. le Chevalier de Broïlle.. j
M, le Marquis d'Antin.
M.le Marquis de Trefnel.
M.deVillacerf.
M.le Marquis de Livry.
M. deMédavid.
M. de Lifienay.
M. deBrallâc.
LES GAZULES,
.!<!Ji auront pour Couleurs le Violes
& L'Argent.
M.le Prince de Furstemberg.
M.le Prince Camille.
M.de Chamarante.
M. le Marquis de Bellefonds.
M. de Nesse.
M.de Conifmark.
M. de Rohan.
M le Duc de Roquelaure.
M.le Princede Tingrf.
M. deRochefort.
Ils auront tous chacun
deux Pages, & deux Eqtafiers.
Monsieur leDuc de Bourbon
commandera le Party
contraire. Ses Ecuyers qeront
M. de la Noue.
M. de la Vergne.
Il aura dix Pages, & dix
Esrtafiers) six Trompetes, &
deuxTimballiers.
LES VANEGUES,
Qui auront pour Couleurs l'or &
l'Argent.
M. de Querouël.
M.le Marquis de Soyecourt,
M.deVillequier.
M. Milly Boulignenx.
M.le Comted'Ostel,
M.le Comte Danau
- M.de Carpéigne.
M. de Nogaret.
M.deVïllars,
M.le Comte de Gondrin.
LES ZEGRt I,
Quiporteront Verd & Or.
M. deBlanzac.
M. deValentinois.
M. le Duc de la Ferté,
M. le Marquisd'Alincourt,
M. le Chevalier de Sully.
M. de Sainte Frique.
M. d'Artagnan.
M. deVervins.
M.le Princede Harcourt.
M. deLiancourc.
iLES MASSES, auroïït pour Couleurs Feüillemorte
& Argent,
M. de Vaubecourt,
M. de Surville.
M. de Mursé.
M. de Quelus.
M.de Molac.
M.deFroulé.
M.deMoüy.
M. de Baisemaux.
M. de Bournonville,
M. d'Ancenis- Charost.
LES GOMELES,
Dont les Couleurs feront Cramoisy
& Argent.
ù
M. de Cossé.
M. de Vieuxbourg.
M.de Montchevreüil.
M. de Ferdinand.
M.de Bouligneux.
M. le Chevalier de Soyecourt.
M.deVibraye.
M. de Novion.
M.leDucd'Atris.
M. de Chemerallit.
Ils auront tous chacun
deux Pages, & deux Ecuyers,
de mesme que ceux du premier
Party.
On m'a conté une chose
fort particuliere
,
arrivéeicy
sur la fin du Carnaval.C'est
la saison des Déguisemens, &
par conséquent des Avantures.
UnCavalier d'une Province
éloignée,eslans venu à
Paris pour yacquérir l'air de
liberté & de politessequi distingue
ceux qui ont veu le
monde
,
prit habitude chez
une Dame trèsspitituelle,qui
cultiva cette connoissance
i
avec tout le soin qu'elle devoir.
Elle avoit deux Filles,
toutes deux bien faites. &la
fortune ne luy ayant pasesté
favorable, ilestoit de l'intérest
de l'une & de l'autre que
sapolitiqueménageait ceux
que desvisites un peu assiduës
pouvoient engager à prendre
feu. Le Cavalier elVoïc
riche
,
& cette seule raison
eust porté la Dame à tous îcs
égards qu'elle avoirpour luv,
quand mesme il n'auroir clif:
considérable par aucunmél
qruiteet.emIl pns'eutpendant quelque
des -complarfances
générales que l'honencté
oblige d'avoir pour
toutes les Dames. On lerecevoit
agréablement, & les:
deux Soeurs a l'envy luyfaisoient
paroistre toute l'estime
que la bien séance leur pou,
voit permettre ,
sans quaucunempressement
particulier
pourl'une ou pour l'autremarquaft
le choix de son coeur,
mais enfin il s'attacha à l'A-î.
née,&l'égalité d'humeur qu'il
luytrouvafut pour luy. un si
grand charme, qu'il mit
tous ses soins à s'en faire
aimer. Vousjugez bien qu'il.
n'eut pas de peine à y réüssir.
La Belle estoit dans des
dispositions qui avoient en.
quelque sorte prévenu ses.
voeux, & la Mere authori-.
fant la correspondance que le
Cavalier luy demandoit,il cute
le plaisir de se voir aimé dés
;
qu'il se sur déclaréAmant.
Oneust bien voulu qu'il eust
arresté le Mariage, mais il
estoit dangereux de l'en presser
, & on jugea à propos
d'attendre qne sa passion
mieuxaffermie l'eust mis eo,
état de ne point examiner les
peu d'avantage qu'il devoit
tirer de cette alliance. Cependant
ce ne furent plus
que des Parties de plaisir. Le
Cavalier voulant divertir sa
belle Maistresse
,
la menoit
souvent à la Comedie ou à
l'Opéra
>
&cherchoit d'ailleurs
tout ce qui pouvoit
contribuera luy donner de la
joye. Le temps de la Foire
eslans venu, ils y allérent
plusieurs fois ensemble
,
& il
luy faisoit toujours quelque
Prese nt. La Mere avoit part,
à ses libéralitéz
,
& comme il
aidait à entretenir le Jeu chez,
elle, ses visites assiduësluy
estoient utiles de bien des
manieres. La fin du Carnaval
approchoit, &la Belle
ayant un jour témoigné qu -
elle avoit envie de courir le
Bal, le Cavalier songea aussitost
à la satisfaire. Il alla chercher
des habits fort riches,
lesfitporterchez la Dame,
& chacun choisit ce qu'il
voulut. Les deux Filles s'habillerent
en Hommes à la
Françoise avec des écharpes
magnifiques, &: les autres ornemens
qui pouvoient servir
à leur donner de l'éclat
, &
la Mere & le Cavalier se déguisérentceArméniens.
La
galanterie estoit jointe à la.
propreté
,
ôc cette petite j
Troupe meritoit bien qu'on j
la regardait. Le Cavalier
qui aimoit le jeu, ayant
accoûrumé de porter beaucoup
d'argent, la Belle vouloit
qu'il laissat: sa bourse.
La Mcre dit là dessus, que j
puis qu'on croyoit qu'il n'y
eust pas seureté entiere à se j
trouver le soir dans lesRues,
elle aimoit mieux rompre la j
Partie, que de s'exposer
à une mauvaise rencontre.!
Le Cavalier ne manqua pas
de répondrequ'elle estoit si
peu à crain dre, par le bon
ordre que les Magistrats y
avoient mis, que quand il
auroit mille pistoles, il iroit
luy seul par tout Paris, aussi
seurement que s'il estoit et
corté de tous les Archers du
Guet. En mesmetemps il
donna à la Belle un Diamant
qui estoit de prix, pour tenir
son Masque,&ils montérent
tous en Carrosse, pour
aller dans le Fauxbourg Saint
Germain, où ils apprirent
qu'il y avoit une très-belle
Assemblée. L'affluence des
Malques leur permit à peine
d'y entrer; mais enfin le Cavalier
s'estant fait jour dans
lafoule,ils arrivèrentjusqu'à
la Salle du Bal. Les Lustres:
dont elle estoit éclairée, relevoient
merveilleusement la.
beauté de leurs Habits. Toute
l'Assemblée les remarqua, ôc
cela fut cause qu'on les fit
d'abord dancer. Ilss'enaquitérent
avec une grace qui leur'
attira de grandes honneltetez
du Maistre de la Maison.
il leur fit donner des siéges,
& le Cavalier prit place auprès
de la Belle. Tandis que
l'Amour
l'Amour leur fournissoit le
sujet d'un entretien agréable,
la Mere & la Soeur n',.'ÍtJicnti
@
occupées qu'à regarder;&
s'ennuyant d'estre toûjours
'dans le mesme endroit, elles
se firent un divertissement
^d'allerdans toute la Salle
noüerconvers*ation avec les tJ..ques, qu'elles v trouvérent.
Onenvoyait sanscesse
confiifionydevintsigra&ndela,
qu'on fut enfin obligé de faire
cesserles Violons. Les Jeux
Amans se levèrent, & après
avoir cherché inutilement la
Mere& la Soeur, ils descendirent
en bas, croyant les y
rencontrer. Ils n'y furent pas
plûtost qu'ils les apperceurent.
Le Cavalier prit laMere
par la main ,'" & fit passer
les deux Soeurs devant. On
ne songeaqu'à se hâter de
sortir, & ils montérent tous
quatre en Carrosse, sans se
dire rien. Le Cocher, qui
en partant du Logis avoit eu
ordre de les mener à un second
Bal, en prit le chemin.
A peine avoit il fait deux cens
pas, que le Cavalier osta son
masque
, pour demander à
la Meresielle s'estoit un peu
divertie. Cette Mereprétendüe
fut fort surprise d'entendre
une voix qu'elle ne connoissoit
poinr. Elle cria au
Cocherqu'il arrestast; & le
Cavalier & sa Maistresse ne furent
pas moins etonnez que
les deux autres, d'une méprise
qui les metoit tous dans un
pareil embarras. Le hazard
avoir voulu qu'unHomme distingué
dans la Robe, s'estoit
déguisé avec sa Femme, sa
Soeur, 6c saFille, dela mesme
forte que le Cavalier & les
troisFemmes dont il s'estoit
fait le Conduéteur, cest à
dire, deux en Arméniens,
& deux en habits à la Françoise.
Ils s'eftoienc perdus
parmy la foule des Marques,
& dans la confusion laFemme
&: la Fille de l'Homme
de Robe,avoient pris le Cavalier
& la Belle pour les
deux Perfonncs qu'elles cherchoient.
Il fut question de
retourner à ce premier Bal,
pour tirer de peine ceux qu'-
ony avoitLtiÍfez & loti
prenoitdéja cette r-outc., lors
ope dix Hommes mj!qu'éji
approcliérentdu CattotfîoUs
forcérent le Cocher à quiter
le siége
,
& l'un deux s'y
estant mis, conduisit le Cavalier&
les trois Dames assez
loin dans le Fauxbourg. Le
Carrose s'estantenfin arresté,
ceux qui l'efcortoient leur
dirent qu'il y alloit de leur
vie s'ils faisoient du bruit, &
qu'on n'en vouloit qu'à leurs
Habits. La résistance auroic
esté inutile. Ainsi le meilleur
Party qu'ils virenr à prendre,
fut de deficendre fort paisiblement,
& d'entrer dans
1 une Maison de peu d'apparence
,
qui leur fut ouverte;
La ces Masques un peutrop
officieux prirent la peine de
les décharger de tout léqui-*
page qui avoir servy a les déguifcr
,& Ls"evedrcncâ peu
de frai s, & seulement pour les
garantirdu froid. Outre les
habits, la Belle laissa son Diamant,
le Cavalier Cl bourse,
& une fore belle Montre
,
&
les deux Dames, cè qu'ellès
avoient qui Valoir la peine
dd''ecsflttr-eet-g,aa,-rddée..AAprpersélselessaavvooiirr
ainsi dépoüillez,ces Voleurs
leur demandèrent où ils voüloient
qu'on lesremnàft. Le
Cavalier & la Dame se nom-
••jbi
merent,& on les remitcher
eux. L'Homme de Robeayat
retrouve sa Femme, se persuada
que le Cavalier n'avoit
imite ion déguisement que
pour faire réiissir le vol qui
venoit d'estre commis,& ne
doutant point qu'il n'eust
estéd'intelligence avec les
Voleurs,il commença contre
luy des procédures qui
apparemment auront de la
fuite. De l'autre coste le Ca--
valier touché de sa perte, se
mit dans l'esprit que la Mere
dela Belle n'avoit témoigné
vouloir rompre la partie
quand on luy avoit propole
de laisser sa bourse, que pour
l'obliger à la porter, & s'imaginant
qu'elle s'eilait cachée
à dessein parmy les Maiques
pour l'engager à sortir sans
elle, il la crut complice de
son avanture. Ainsi ion chagrin
ayant étoulié l'amour, il
saic contr'elle les mesmes
poursuites que faitcontreluy
l'Homme de Robe. L'acharnement
est grand à plaider
de part & d'autre. Voila,
Madame, ce que portemon
Memoire. On m'asseure qu'il
est vraydans toutes lès circonstances.
Le Roy qui remplie avec
tant d'application & d'exaétitude
tous les devoirs d'un
grand Monarque, s'est ataché
pendant toute la derniere
semaine de Caresme avec autant
de zéle que de pieté à
tous ceux d'unveritableChré
-
tien. Non leulement il s'est
trouvé à tous lesOffices que
preferit l'Eglise dans un temps
si saint, mais il afait encore
toutes les choses qui les rendent
beaucoup plus longs &:
plus fatigans pour luy que
pour les Particuliers,comme
font celles de faire la Cene,
& de toucher les Malades.
Il y a toujours Sermon le
jour que ce Prince fait la
Cene, & c'estlacoutume
de choisir un autre Prédicateur
que celuy qui presche
le CareGne. Le choix elt
tombé cette année sur Mr Tiberge,
un des Direétcurs des
Missions Etrangeres.Son Ell1
ploy vous doit faire juger de
sa pieté
,
& de son zéle pour
le salut des Ames. Il a de
grands talens pour la Chaire;
& quoy que personne ne l'aie
jamais entendu sans le mettre
au rang des plus grands Prédicateurs
,
il seroit encore
plus conrtu qu'il nest, si la
profonde humilité qu'il pratique
, ne luyfaisoit fuir l'éclat.
Ceux qui le connoissent
tomberont d'accord, que
ren dre de luy cetémoignage,
c'est sim plement rendre la
justice qui est deuë à saverrm
L'Abioure suivit cette Prédièarion.
Elle fut faite par M'le
Cardinal de Boiiillon;apres
quoy SaMajesté lava les pieds
à douze Pauvres, &: les fer-
Vit à Table. Le premier Plat
sur porté par Monseigneurle
Dauphin, il estoit suivy de
Moniteur le Duc de Bourbon,
de Monsieur le Duc
du Mayne,&deMonsieur
le Comte de Thoulouze. Ces
trois jeunes Princes se firent
admirer d'une grande foule
de Personnes qui eitoient venuës
de toutes parts, pour
estretémoinsde cette Cere- 1
monie. Neuf Seigneurs des
plus distinguez de la Cour,
marchoientaprèseux. Monsieurle
Duc, comme Grand-
Maistre de la Maison du Roy,
précédoit Monreigneur le
Dauphin, & estoit suivy des
Maistres d'Hostel de Sa Majessé.
Le mesmejour le Roy,
Monseigneur le Dauphin, &
Madame la Dauphine, entendirent
la Grand' Mesle
chantée par la Musique de
Sa Majesté, & assistèrent à
laProcession du Saint Sacrement.
Le lendemain, leRoy
accompagné de toute la MaisonRoyale,
entendit leSermon
de la Paflionprefché
par le Pere Gaillard, Jéiuîre,
& le jour suivant, Sa Majesté
après avoir fait ses Dévotions,
toucha un grand nombre de
Malades. Ellesupportacette
fatigue, avecl'air Consentque
l'on voit toujours à ce Monarque
, lors qu'il s'attache
à faire du bien. Le jour de
Pasques, ce Prince édifia encore
toute la Cour par sa,
pieré.Il afait de grandes
charitez en divers endroits,
& a donné dix mille écus à
l'HospitalGénéral.
-
La mesmesemaine, Monsieur
& Madame ont assisté
à S. Cloud & à Paris, à tou
les Offices & à toutes les Ce,
rémonies de l'Eglise. Ils ont,
cité à la Paroisse & aux Urfulines
de S. Cloud; & icy
à S.Roch,aux Feuillans, au
Val de Grace, &à S. Eustache.
Leur exemple a inspiré
du zélé & de la dévotion à
tous ceux qui les ont veus
en ces lieux-là. Elle a esté
fort grande à Paris pcndanc
tout le Carme. Plusieurs
Prédicateurs s'y sont distinguez,
&ont attiré beaucoup
de monde. Ce font le Pere
Bourdalouë
,
le Pere de la
Ruë, & le Pere d'Orléans,
Jésuîtes; le Pere Sonin, le
le Pere Hubert, & le Pere de
la Tour Prestres de l'Oratoire
,
Mr l'Abbé Boisseau, &
Dom Jerôme Feüillant. j
-
Le Roy ne voulant s'occuperle
jour de Pasques qu'à
des choses qui regardent la
Religion, donna plusieurs
Abbayes. Mr l'Abbédela
Chastre, Neveu de Madame
la MareschaledeHumieres,
fut nommé à celle de Saint
Sever, vacante par la mort de
Mr rEvdque d'Aire. Cette
Abbaye eit dans le mesme
Evelché. L'Abbaye de Saint
Victor de Caux Diocciè de
Rouen,futdonnéeàM l'Abbé
deBeauvau, Fils de Mr le
MarquisduRivau. Elleestoit
vacante parla démissionvolontaire
de Mrle Comte de
;Clere,&_M l'Abbé de la Morte,
Chanoine,& Archidiacre
del'Eglise deParis,&frerede
tMr dela MotteIntendant des
-
Bâtimens de sa Majesté
, eut
l'Abbaye de MaffayDioceie
;devacante par h.
[ niortdeM' l'Abbé Bourdetor.
dCe,-îweten*r s'estoit démis dd Vertus.Diocéfir
de chalons DCbanlpagne"
queSa Majesté a donnée, à
Mrl'Abbéde.Lufôncy, Do.
cteurde la Maison de Sar- bonne, & Frere de Mr cîcr
Lusancy,quiaesté Capitalne
aux Gardes. Quelques
jours auparavant Madame
de Vauderar avoit esté pourveuë
de l'Abbaye de Saint
Leger de Preaux, Ordre de
Saint Benoît, Diocése de Lisieux,
vacante parla démission
de Madame Olivier de
Neuville.
1 La premiere Enigmedu
dernier mois, dont le mot
estoit l'Orange, a esté expliquée
dans ion vray sens par
Mrs Terrier de Chapouval; Picard de Noblan, du Colle-
,
gedePresle;l'Olivierde Pcronne,
& L. Bouchet, ànrienu
Curé Je Nogent le Roy,cc
dernier en Vers.
Ceux qui ont expliqué la
seconde lur la Perruque
,
qui
en estoit le vrayfcns
,
font
M5 Leger de la verbissonne;
Comiers Cherpy
,
Prieur de
la Rigaudiere de Nantes;
Etienne, Président à Senlis;
La Giraudiere, de la Ruë
Maubué
, ce dernier en
Vers;Tamiriste de la Ruede
laCerifaye ;Lifts de la Rue
Saint 4rtin; J. R le Compilant
de la Cour du Palais,
Mademoiselle Nanon (heC.
feret de la vieille Ruë dt*
Temple> en Vers; la Petite
Tonton Jamar de Sens; la
BlcnJe Loiiifon• laMignaturc
du Cloillre Sainte Gencviefve;
la Petite Marote du
Tertrede la Rue du Four;la.
Jeune Marchande des Sciences
du Quay des Augustins;
la Charmante Picarde du
mesme Quay
,
& l'Eveillée
Parisienne dumesme lieu.
Voicy les noms de ceux
qui ont trouvé le vray Sens
de l'une & de l'autre. Mademoiselle
de la Bcrtoche de
Doullans; & Mrs de l'Hôpital,
Lieutenant au Grenierà
Sel,& de Flessel de Vermollet
de Doullans En Vers. Madcmoilcllc
de Launay; Buret
- de Vitré; Mrs l'Epiney-Buret;
C. Hutuge d'Orleans., & le
Rival du Charbonnier de
Rheims.
Je vous envoye à mon ordinaire
deux tnigmes nouvelles.
La premiere est de Mr
Cherpy, Prieur de la Rigaudiere
de Nantes; & laleconde,
de M'Fauvel, Maistre de
la Poste de Morlaix^
ENIGME.
-1
EfuisapanagedesFilles,
Dans les mains d'un Garson l'on ne
me veut point voir.
Les Lys ne veulentpointaussi merecevoir,
.AAiilllleeuurrss trouve az.,j,/e. ?azile.
Leffeur,veux-tude bannefoy
Uf je t'en dise divantagy?
Jeferssans travailler,fuis de hon
ufage>
liaisjay monCompagnon, qui tfa*
vaillefini moy.
AUTRE ENIGME. ENvain pourfuirla mortj'ay
soindemecacher;
Udtts des lieux très-profonds oujesuisretirée
LesHommesviennent mechercher,
Ets'ilsm'en peuventArracher,
ilsme tirentlesang, puisjesuis deve^
rée<. 3t
Trop heRrtliXAU contraire estfortde
ma Soeur,
QuidansunHautdegrédegloire & :
de splendeur,
N'a des mortels aucune crainte;
Ayantcet insigue bonheur,
D'estre txempu de tente atteinte.
, Jesuissujette aux rigueur de lamort;
'y Elle par un plusnoblefort,
Rvdmt amouraunemachinefïïïïzlc,
Verratousles siécles dumonclc., sMais uneti9erce Soeur, ousi l'on ve-ut
u(n Frère, ,.,), CarnestrenomLatin
; Estdit du genre masculin )
Taitplu* demaux
,
helas ! que Serpent&
Vipere. -
La Comédieestantplus-à
la mode qu'elle n'ajamais
esté
,
& saisant depuisquelque
temps plusieurs fois chaquesemaine
le divertissement
de la Cour,& tous les
jours
jours celuy du Public depuis
la jonction des Troupes Françoises,
jecroyque je doisvous
en parler comme d'un plaisir
recherche de tout le -monde,
&que l'on voit genéralet
,. f, ment aimé. Je vous diray
(,.donc que ce divertissement
quia cessé selon la coutume
:,pendant la'quinzainedePa£ - ques, va re,.c, omr mencer,mais
avec des changemens consi-
derables du cos&té desActeurs.
iPn'ya pas lieu d'enestre sur- pris.LesComediensqui'occupoient
l'Hostel de Bourgogne
,ceux quijouoientau
PalaisRoyal,& fous le nom de
la Troupe de Moliere
,
& celle
quirepresentoitau Marais,nç
composant à prensent qu'une
feule Troupe qu'on appelle de
Guenegdut,àcauiequ'ellealon
Théatreau bout dela Ruë
qui porte ce nom:cestrois
Troupes, dis-je, formant un
Corpstrès-nombreux;, &
tous les grands Corps estant
sujetsà defréquens changemens,
il est difficile qu'il n'en
arrivesouventà celuy dont je
vous parle. La mort a cmpfoartiétbdfeus
iAt cteurs quiavoient danslemonde.;Ih i
yen a d'autres qui iont iortis
de la Troupe avec les accommodemens
qui leur ont
esté proposez, & M Hubert
a demandé à se retirer. Il
estoit l'Original de plusieurs
Roles qu'il representoit dans
les Pieces de Molière
,
&
comme il estoit entré dans le
sens de ce fameuxAutheur
par qui il avoitesté instruit,
il y réussissoit parfaitement.
Jamais Acteur n'a porté si loin
les Roles d'Homme en Femme.
Celuy qu'il representoit
dans les FemmesSçavantes,
Madame Jourdain dans le
Bourgeois Gentilhomme, 34
MadameJobin dans la Devi- i
neresse
,
luy ont attire l'applaudissement
de tout Paris
Il s'est fait aussi admirerdu
le Role du Vicomte Je l'Incannu,
ainsi que dansc de Médecins & de Maa
quis Ridicules. Il est for
avantageux d'avoir cxcecfa
dans les chose pour lesquel
les on s'est senty du Tale
C'estce que Mr Poissona
avecunegrande distinction
t
AussicetActeursurpritfortseMs
Camaradeslors qu'il leurde
clara qu'il vouloit quitter la
Comédie. Ils leprièrentavec
de grandes instances d'abandonner
ce dessein mais il les
a pressez si fortement pendant
plusieurs jours de luy
permettre de se retirer, qu'ils
ont esté enfin obligez d'y
consentir. Il y a vingt-cinq
ans que le Roy ayant pris
plaisir à le voir joüer dans
une Troupe de Campagne,
le mit àl'Hostel de Bourgogne.
Son grand naturel ne le
fit pas seulement réussir comme
Acteur
,
mais me(me
comme Autheur; & le recit
que le Baron de la Crasse fait
de la Cour, parut extrêmement
bien touché. Il a fait
plusieurs Pieces de Théâtre,
& l'on peut dire que c'est la
nature qui parle dans toutes.
Lors qu'il a quitté la Comédie,
les Camarades luy ont
donné des marques de leur
estime & de leur regret. Ily
a eu encore d'autres changemens
dans cette Troupe,
mais commeils sont trop
cclatans pour estre ignorez,
je n'ay rien à vous en dire. Il
y est entré des Acteurs nou.
veaux & des Actrices nouvelles,
qui onttousestéchoisis
parmy ce qu'il ya de meiU
eur entre les Comédiens
qui jouent à la Campagne.
Les Icaliens qui ont déja
paru ce Caresme avec un Acte*
ur nouvea, u, vont encore
fortifier leur Troupe de deux.
autres qui leurviennent d'Italie.
C'est unAmant, &
un Polichinelle. S'ils plaisent
autant que Pasquarel
,
leur
Sale se trouvera trop petitepour
les Assemblées qu'ils attireront.
J'ay cru pouvoir m'étendre
autant que j'ay Fait sur
ce qui regarde des Troupes
dont les premieres Personnes
de la Terre veulent bien
prendre la peine de se mêler.
Le second Air que je vous
envoye est du mesme Mr
d'Arobruis, dont jevous ay
parlé amplement dans un des
articles de ma Lettre.
AIR NOUEVAU. EN vain tu peins nos Champs
dss plus vives couleurs,
J*nmemj>srjt ne voypoint les GIlpn
ny tes Fu urs, Je nesuis point touché d'une Saison
sibelle,
Iris me permet de la voir
Desaspeuole bueauvtémooncioerur,sentle
Etjen'ay des yeux que pourelle.
Les belles Personnes ont


ses privilèges naturels qui
ses font venir à bout de tout
3e qu'elles souhaitent. Vous
connoistrez par la réponse
suis a esté faite à ce Placet.
(PLACE T.
OETROIS DEMOISELLES
Pour le terme de Pasques,
A MONSIEUR M.
Conseillerau Parlement.
QVoy que Juge & Partie,
Nousvoussupplions humblement
-
De vouloirfaire unesortie
De vofhe bas Appartement.
@P'
¿.\
Letemps qui ivult qtil '1',l iiflc7
Fait chercher UJ cette S.:'/on,
£}uandonnapas enlrOjre un
g/i€>
As'sseuerd'trr.e liaifcn. m
La Person »c
qui
notu engage
A riwirtomes troufbhn,
Ttrouvera (¡);'J:?',u!Ufl!,
Etvostre HùP<il sjiflï kfen,
[;:;?1
.;:"!t
Deplus encore toru le monde
Admireravor'1c é1q.:ïté>1
I.tito[ii\ generoflté
Charmerala Brune &laBlonde.
Déve ,du Titlet, &£Orville,
Feroit voir en tom lieux vojlre peut
d'interest,
Etqu'iln'estpoint de jugeen Ville Ytndiji contreluy,commevous
un Arrest.
Vousferez, l'entretien des Belles,
Et le pUifirfcr.xTïen doux,
Pourun M igis;7trat comme vous,
D'estreloué dans les Ruelles. m
Dans vostreChambremesmement
Jeunes& vieux vous serontseste.
D'avoirsouscritsigalamment
Aux finsde nostre humble Re- r-Jh-
REPONSE DL MONSIEUR M.
au Placet des trois Demoielles. I L ne falloitpointm'engager,
Par d'autre interets que le vôtre,
Leplasirdevousobliger,
L'emporte chezmojsurtantautre.
US
£>jtand j'àu.-o,faitun grand
fermeut,
DenemL1ihT7'/ f?httcor.-'vitre, VcfiPIMJT C',/
'If Ma" il,;I!!
£)u<n '7.;'1)/1: rendant il bûr<
C'(jll'(jJ moinspourmevoirlouer,
J^hieparun uCtc de IuCiice. m
hn'avp.tslaamiti^e.nrc:i^
Depn/jare contre vo. les Ar.ncs,
Vousavezpour 'VOI#litr,,('ôn
OMtielaforcede vos charmes.
~~i.-~~
Ce i,'eflp,« mefaire un grandtort,
JOue d'estreJtpromptàme rendre;
£)uandonapru le coeur d'abord,
Toutle rejîe estfacile àprendre.
- Disposez-vous doncvistement,
Ajoüirde vostre conqueste;
L\mtà avec plus d'agrément
le n'enteriay de Requeste.
Sa Majesté a nommé à
l'Intendance de Soldons Mr
BossuetMaistre des Requestes.
Il est frere de Mr l'Evesque
de Meaux, & a deux
Fils, dont l'Ainé, aprés trois
ans d'étude de Droit, a esté
receu Avocat au Parlement
de Paris, où il a plaidé avec
beaucoup de succés. il a eu
depuis peu une dispense d'âge
, pour estre receuConseiller
au Parlement de Metz.
Mr lePrésident deBailleul
a fait paroistre tant de zéle
pour le service du Roy ôc
pour le bien de l'Etat en plusieurs
occasions, que Sa Majessé
qui cherche toûjours à
récompenser le vray mérite,
a bien voulu luy accorder la
survivance de sa Charge de
Président è) au Mortier au Parlement
de Paris, pour Mrde
Chasteaugontier, son Fils,
Conseiller dans le mesme Parlement,
avec toutes les dispenses
qui pouvoientaugmenter
la grâce que ce grand
Monarque luy a faite. Tout
le monde en témoigne icy
beaucoup de joye, par la
haute estime qu'on a pour
ce Président, dont la Maison
est une des plus Nobles
de Normandie
,
où ses Ancestres
acquirent beaucoup
de gloire, allJ Voyages de
laTerre Sainte, & à la Conqueste
d'Angleterre. Messire
Nicolas de Bailleul, son Pere,
a
-
estéle premier de cette
Maison, qui se soit mis dans
laRobe. Il fut Conseiller au Parlement, & ensuite Maistre
desRequestes. Les maï.
ques d'habileté qu'il donna
dans cette Charge, obilgérentle
feu Roy à luy confier
diveriesCommissions des plus
importantes, dontil s'acquita
avec grand succés. Sa Majesté
l'envoya Ambassadeur en Savoye
; & à son retour, Elle
le nommaPrésident au Grand
Conseil.Quoy que cette Charge
fuit considérable, il s'en
démit pour accepter celle de
Lieutenant Civil de Paris. Il
fut éleu Prevost des Marchands
quelque temps apres,
& continué pendantsix années.
En 1627. on lereccut
Président au Mortier. Il fut
fait Chancelier de la feuë
Reyne Mere Anne d'Austriche,
& enfinMinistre d'Etat
& Sur-Intendant des Finances.
avoirIl mourut en 1652. apres rendu de nouveau de
grands services pendant les.
Guerres Civiles, & sur tout
dans les temps ausquels il se
trouva à la te stedu Parlemet.
Illaissa d'Elisabeth Mallier 1k
seconde Femme
,
Dame d'une
vertu genéralement admirée
, Fille de Mr du Houssay
,Conseiller d'Etat & Intendant
des Finances )&::
Soeur de feu Mrl'Evesque de
Tarbes, cy -
devant Ambassadeur
à Venise & vers les Princes
d Italie, Messire Louys de
Bailleul, aujourd'huy Présidentau
Mortier, donc jevous
parle; Madame la Marquise
du Tillet
, veuve de M du
Tillet, Président à la Chambre
des Comptes de Paris;
Madamela Marquise d'Uxelles,
veuve de M le Marquis
d'Uxelles, Lieutenant Genéral
des Armées de Sa Majesté
,
Lieutenant de Roy en
Bourgogne, & Gouverneur
de la Ville ôc Citadelle de
Chalons, & Madame la Marquise
de S.Germain,veuve de
M le Marquis de Saint Gcrmain,
Gouverneur de laHaute
& Baffe Marche. Vous voyez
4 par la combien d'illustres Alliances
,
sans celles que j'obmets
comme plus éloignées,
accompagnent laNoblesse&
le merite de M de Chasteau-
Gontier, dont la Femme,Fille
de Mr de la Cour des Bois,
Maistre des Requestes,joint
à des qualitez extraordinaires
, l'avantage d'estre un*
des plus grands. Partys des iraris. 'j:J-
,
Madame la Première Ptlil
fidenreIde NiJviI-dn- mouru
icy le 23.
dece mois,âgé
de 62. ans. Elle estoit SoeLII
de feu MrlePrésidentGal
lard. Le26ellefutportéeen
fEglifede S.Medéric b Ml
roifle
,
surlesdixheuresdu
marintOtit leClergé,fou
, C , 8IJ!III DotpdtitJns, &un grand
nombre de Pauvres avecd~
Flambeaux à ses Armes,
cédant le Corps. On y .¡:
lébra un Servicefolement
après lequel elle demeura §9
dépost danslamesme~^®l
jusques au soir, quele
fut transporté au Monastere
des Religieuses de S. Thomas
, pour y estre inhumé ;
&le lendemain27. on fit dans
ce mesme Monastere un autre
Service, où toute la Famille
se trouva.
Je ne vous auroisparlé
du Doge de Genes qu'après
qu'il se sera acquitté des Soumissionsqu'il
vient faire au.
Roy, si vous ne m'aviez marqué
de l'empressemét d'avoir
des nouvelles de son arrivée.
Il partit de Genes le 29. du
dernier mois, & non seulelïKn1
Monsieur le Duc de
Savoye luy accorda le passage
surlesTerres, cômeauxquatre
Senateurs, & à tous ceux
de leurSuite, maisildépescha
un Officier de sa Maison,
pour les faire défrayer lors
qu'ils passeroient dans ses
Etats. Le bon traitement quils
en ont receu,a obligé cette
Republique de faire partirle
Marquis Doria en qualité
d'EnvoyéExtraordinaire pour
en aller faire ses Remercimens
à ce Prince. Le Doge,
aprés avoir passé le Mont
Cenis le 4, de ce mois, arriva
le 10. à Lyon. On croyoit
qu'il s'y arresteroit quelque
tem ps, mais il en partit incognito
par la Diligence, ôc
se rendit à Paris le 18. il ne
se fait point encore connoistre,
à cause que son équipage
n'est pas prest. Cependant
il ne laisse pas de voir.
tout ce qu'il y a icy de curieux,
& il le remarque plus
commodement qu'il ne feroit,
s'il estoitenvironné de
la foule qui ne l'abandonnera
pas, lors qu'il paroiftra avec
tout l'éclat qui le doit accompagner.
Il témoigne grande
impatience de le voir aux
pieds du Roy ,& fait travail
ler à tout ce qui luy est nesesfaire
pour avec un empressement
inconcevable Je
vousay déja parlé de Genes
& de ion Gouvernement.
C'est uneVille tresancienne,
dont les Histoires fontmention
depuis plus de dix-huit
cens ani.Ellea esté gouvernée
pardes Consuls depuis
l'an-nopf jusqu'en 1257. que'
le Peupleéleut Guillaume
Boccanegra pour Président
& pour Capitaine. Les Nobles
ayant repris le Gouvernement
en 1262, la mesme
faaio
faction du Peuple éleut Simon
Boccanegra en 1339 &
luy donna le titre de Duc.
Aprés que Jean de Murta,
& Jean de Valenti eurent
successivement occupé la place
,les Genois se fournirent à
Jean Visconti Archevesque
de Milan, qui fit Guillaume
Marquis Pallavicini,Gouverneur
de Genes. Ce Marquis
fut chassé trois ans aprés, &
on rétablit Simon Boccanegra.
Gabriel Adorne luy succeda
en 1363. Dominique
Fregofe occupa sa place en
1370. Il eut divers successeurs
jusqu'en 1384. quelesGenois
se donnerent à la France. Le
Roy Charles VI.envoyoit
des GouverneursàGenés. Le
dernier fut Jean le Maingre,
dit Boucicaut. Les Génois
ayant massacré les François
en 1409. se soumirentauMarquis
de Montferrat jusqu'en
1413qu'ils se choisirent des
Ducs. Thomas Fregosequi
avoit cette Charge, se soumit
à Philippes Marie Visconti
Duc de Milan en 1421.
Les Genois ayant pris les armes
en 1435.
se mirent en libercé,
& eurent des Ducs
jusqu'en1458, En ce temps-là
ils se donnerent de nouveau
aux François fous Charles
VII. & les chasserent en 1461. J
Leur inconstance fut telle
qu'ils le choisirent sept Ducs
en trois ans, aprés quoy la
Ville se donna à François
Sforce Duc de Milan.
Les Milanois en ayant esté
chassez en 1478. Baptiste &
Paul Fregose furent nommez
Ducs successivement. Paul
Fregose ceda encore au Duc
de Milan en 1488. & aprés onze ans le Roy Louis XII..
conquit Genes. Elle se révolta
en 1506. & on la reprit l'annéesuivante.
François de Rochechoüart
, qui en estoit
Gouverneur, fut chassé en
1512. & on nomma Jean Fregose
Duc. Les François le
dépossederent en 1513. & donnerent
le Gouvernement à
Antoniot, qui fut chassé un
mois après par le Peuple.
Octavien Fregofe que l'on
fit Duc, fournit la Ville aux
François, qui luy en laisserent
le Gouvernement. Il
s'en acquitta avec beaucoup
de sagesse. Genes suc pillée
en 152. par l'Armée de l'Em- tnad
r
pereur CharlesQuint.Le Roy
François I. la reconquit en
1527. & André Doria la remit
en liberté peu d'années après.
Depuis ce tempslà elleest
devenuë une Aristocratie,
dont le Chefest nommé Doge
ou Duc.Il nest en Charge
que deux ans de suite, &
est assisté de huit Sénateurs
qui gouvernent avec luy, &
qu'on nomme Gouverneurs.
Il ya ensuite les Procureurs,
r. &les quatre cens du Grand
: Conseil.C'est ce qu'on appelle
la Seigneurie.
f, Voussçavez, Madame.
que lors que le Roy allaà
Strasbourg recevoir les soûmissions
de ses Habitans, qui
l'ont reconnu pour leur Souverain
,
il donna ses premiers
foins à y rétabliravec éclat la
Religion Catholique. Les
avantages qu'elle en a tirez
font de plus en plus considé
rables. Il y avoit prés de cent
quarante ans qu'il n'y avoit
point eu de Synode dans cet-
1, te Capitale de l'Alsace , qui
s'estoit laissée infecter des erreurs
de Luther en 1529. & le
4. de ce mois Mr l'Abbé de
Ratabon
,
Grand Vicaire du
W,""t
Diocese, y en tint un de tous
les Curez
,
ausquels il fit un
DDisicfcoouursrsLaLtairnipn lpeleiinn d-e force &d'éloquence,sur ce qui regarde
les devoirs de l'Etat
Ecclesiastique. Le lendemain
les Jésuites Directeurs du Séminaire
commencérent une
Mission, &il en fit l'ouverture
par une Procession solemneille.
il s'y trouva trois
cens Ecclesiastiques enSurplis
, du nombre desquels
estoient quatregrands Comtes
de l'Eglise Cathédrale. Le
Saint Sacrement fut porté
fous unmagnifique Dais qu'adonné
le Roy. Quatre Lieutenans
Généraux le soûtenoient,
& aprés eux marchoientMr
le Marquis de
Souvré, Filsde Mr de Louvois,
le Gouverneur, le
Lieutenant de Roy, l'Intendant&
les Principaux Officiers
de la Garnison qui estoit
fous les Armes. Pendant la
Procession on fit diverses décharges
du Canon & dela
Mousqueterie. Quelques
jours après Mrs Pistorius &
Stachs
,
sçavansMinistres
Lutheriens, firent Abjuration
de leurs erreurs, & ce fut le
mesme Abbé, de Ratabon
qui lareceut. Elle se fit dans
l'Eglise Cathédrale de Nostre-
Dame,enpresence desPersonnes
les plus qualifiées de
la Ville)d'une fouleextraordinaire
de Peuple. Le Pere
Dez Jésuite, Recteur du Séminaire
, fit la Controverse
après laquelle ces deux Miniftres
déclarèrent les Motifs
qui les avoient portez à ce
changement, & ils le firent
en des termes si touchans,
quon ne doute point que
cette Conversion n'ait de
tres-heureuses fuites. L'Eglise
-
Cathédrale de Strasbourg
dont je viens devous parler,
est digned'estre admirée,
non seulement par la grandeur
& la magnificence de
son Bâtiment, & par ses Portes
d'Airain, mais encore par
le travail & la hauteur de sa
Tourqui est pyramidale.Elle
acinq cens soixante & quatorze
pieds de haut
,
& est
d'un ouvrage tout à jour; il
n'y en a aucun dans la Chrétienré
qu'onestime tant.
On a commencéà débiter
• chez le Sieur Thomas Guillain
sur le Quay des Augustins
,une nouvelle traduction
de Lucrecc qu'on estimefort.
ElleestdeMrleBaron
des Coûtures
,
& par U
manicre dont il est entré dans
le vray sens de l'Autheur,on
connoist qu'il s'est appliqué
à ce travail avec tout le soin
que demandoit une pareille
entreprise. Il nous l'a donné
accompagné d'une fortbelle
Préface, dans laquelle il nous
a fait voir quel a esté l'esprit
de Lucrece
,
lors que
dans l'Ouvrage qu'il nous a.
laissé
,
il a joint à la démonstration
des choses naturel.
les,ce que la Morale a de
plus beaux traits. Cette nouvelle
traduction est divisée en
deux Tomes, avec des Remarques
sur les endroits les
plus difficiles. Je suis, Madame
vostre, &c.
ET CATALOGVE
des Livres qui se vendent chez.
1 J- la Veuve Blageart.
REcherchescurieusesd'Antiquité,
contenues en plusieurs Dissertations,
sur des Médailles,Bas-reliefs,
Statuës, Mosaïques, Se Inscriptions
antiques, enrichies d'un grandnombre
de Figures en taille-douce. In 4. 71.
bHeeuresienlVlersepar,fe3u Mr0de Cor- f.
Sentimens surles Lettres & surl'Histoire,
avec des Scrupules sur le Stile.
Inhuz-t. 30 f.
Lettres diversesde M. le Chevalier
d'Her. Indouze. 50 f.
NouveauxDialogues des Morts,
Première Partie. In douze. 30 f.
Seconde Partie des Dialogues des
Morts. In douze. 30 f.
JugementdePluton sur les deux Pr..
Mties odesrtNsou,veeanuxDyialo.gu.es, des 30f.
La Duchesse d'Estramene. Deux
Volumesindouze. 401.
LeNapolitain.Nouv.20 f.
Académie calante, I. Partie, 30 f.
Acidéiiiier.alaiite,ii.rartie.,;ç)f.
Cara Mustapha, dernier Grand Vizir,
Histoire contenant son élévation, ses
amours dans le Serrail
,
ses divers emplois,
Se le vray sujet quiluy a fait entreprendre
le Siègede Vienne, avec sa
mort, - v 30 f.
Les Dames Galances, ou la Confidence
réciproque, en deux vol. 3 l.
Les diférens Caractères de l'Amour,.
in donne, ! '-'" 'f 30f.
L'illustre-Génoise,indouze, 30f.
,
LeSeraskier,indouze, 30 f. J
SablesNouvelles en Vers, 20 f.
Histoire du Siegede Luxembourg, 30f.
Relation Historiqne de tout cequis'est
fait devant Gènes parl'Armée Navale
duRoy, 30f
Reflexions nouvelles sur l'Acide Se
j
sur l'Alcali,indouze.30f
La Devineresse, Comedie. 15 L
Artaxerce,avecfa Critique. isf.
La Comète, Comedie. 10 f
GoversionsdeM.Gilly&Côufdil.zof.
- Cent trente volumes du Mercure,
avec les Relations Se les Extraordinaires.
Il y ahuit Relations quicontiennent
- ce quis'est passé à la Ceremoniedu
Mdar"iagEe desMpadeampigfellne aveec l.e Roy
Le Mariage de Monsieur le Prince
de Conty avec Mademoiselle de Blois.
Le Mariage deMonseigneur leDau- -
phin avec la Princesse Anne- Chreftienne
Victoire de Bavière.
LeVoyagedu Royen Flandre en 1680:
LaNégotiationdu Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. dePortugal.
BeuT: Relations des Réjouissantes
quisefontfaites pour la Naissancede
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Une Description entiere du Siege de
- Vienne, depuis le commencement jusqu'à
la levée du Siege en 1683.
Traité de la Transpirationdes hji-j
meurs qui font les causes des Maladies,,
la Méthode de guérir les Malades,
ans le irifte secours de la fréquente
saignce, Discours Philcfophique. 30 f.
1 Ily a vingt-huit Extraordinaires,qui
outre les Questions galantes, Se d'érudition,
& sesOuvrages de Vers, contiennent
plusieurs Discours, Traitez,
&Origines, sçav-oir.
- Des Indices qu'on peut tirer surla
manière dont chacun forme ilonF-cràm
ture, Des Devises,Emblèmes, & Revers
de Médailles Dela Peinture, Se
de la Sculpture. Du Parchemin,Se duw
Papier. DuVerre. DesVeritezquifont
contenues dans les Fables,del'excellencede
la Peinture. De la Contes
tion. Des Armes, Armoiries, & de leur
progrès. De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cérémonies. Des Talismans. De lsa
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le