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ON donnera toujoursunVolume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaqueMois, & on
le vendra,aussi-bien que l'Extraordinaire,
Trente sols relié en Veau,
&Vingt-cinq sols,en Parchemin.
A PARIS,
Chez G.DE LUYNE,au Palais, dansla
Salledes Merciers, à la Justice.
Chez C. BLAGEART, Ruë S. Jacquet,
à l'entrée de la Ruë du Plâtre,
EtensaBoutique Court-Neuve du Palais,
AU DAUPHIN.
EtT. GIRARD, auPalais, dansla Grand*
Salle; à l'Envie.
M. DC. LXXXIV.
JWEC PRIVILEGEDV itler-4
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume. p Rébide, contenant plus de vingt
ASlions du Rey, qui fo.it autant
de Nouvelles, 1
Extrait d'une Lettre de Siam, 73
Autres Nouvelles tj,e Siarp, 79
Corps d'un Arthïèefque de Tours qui
vivait l'an 1191. trtttVé dansl'Eglise
Cathédrulè de lamesme siste, 80
Jvl- de Mailly est élu Prieur de S. Vi- ctor, OteagAv, 8.,-
SonnetIitr la derrière Ecllpfe, 9+
Lettre curicitfcsur le mefmcsujet, 97 deAï,le Comte de Grignan,
1:l
Mr~orts~, c~~;-~ 156 139
Abjurations, 143
Le Satire&le Loupt Fable, 147
Prodiges etefpris,is7
Confecratt'onde£Eglisedes Capucins de
Vdlogne, 164
Sonnets, 167
Ai.le Comte de Tonnersetflrefen Pi'Cm
er Gentilhomme de la Chambre de
JAotffi:Ut-, ï"4
r.il:¡:raratvsc,1c7é VrledeSainte>'a:vrf avecdetl'st'Srere--
7n.vf.4ss car,'en inrLJJÎe dece nom,
&jurfafituath/:, J90 1eltrecontenaniurs particularité*.
1euebant le Pere Couplet Jefmtc, ar- rvé depuis peu de la Chine avec If"
jehrie Ch'mis, iii
Bot.s ofifces rtit1><parM.de Gaillera-
,r:teS AUX Vcyili.cns, 115
7*1tiraogee,, 122266 j\bb.ycs données par le Roy, 1 Njuveaux Rerlmcnsdonnez.par le RJ)',
Il;;::: lesNom:Çjla Fami/lc ds ceux l:<on:an, 128
1_:,.(1,:"" MJ-j'ïoiicre,S2241'.' Dr f'.:ite ordonnée par le Roy pour la
CbarredeVio'ePeur en La-içat
à J JJ l.)
GrecquekCaën, iyï
Tout ce qui sefi paffé a l'Académie de
Peinture &de Sculpturelejour de la
dijbilfHtUndcsYriXr X75
1Vhn.r. i .¡ ;.. 1.-0 , 2.90
M. le Comte de MontejJin est nommé
Enseignedes Gardes, 23)5
Viartage de M. dtVrfè & de MademoifeliedeGontand,
197
Ma&ladieJd'eyW;m,f.i.eur,Départ du jclJ
Enigmes, 306
Mnomtelles, 509
Findela Table.
AVIS ET CATALOGVE
des Livres qui se vendent chez
le Sieur B/ageart. REcherches curieusesd'Antiquité,
contenues en plusieurs Dissertations,
sur des Médailles, Bas-reliefs,
Staruës, Mosaïques, & Inscriptions
antiques, enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille-douce. In 4. 7l.
Sentimens sur les Lettres & ssirlhif-
Itoinre,davoec dueszScreupu.le3s su0r lefStil.e.
Lettres diverses de M. le Chevalier
d'Her. Indouze. 30 f.
Nouveaux Dialogues des Morts,
Premiere Partie. Indouze. 30f.
Seconde Partie des Dialogues des
Morts. ln douze.30f.
Jugement de Pluton sur les deux Parties
des Nouveaux Dialogues des
Morts, 30f.
La Duchelle d'Estramene. Deux
Volumesindouze. 4° r.
LeNapolitaift,Nouv.îof.
Académie Galante, 1. Partie, 30 f.
Académie Galante, II. Partie, joL
Cara Mustapha, dernier Grand Vizir,
Histoire contenant son élévation, les
amours dans le Serrail
,
ses divers emplois,
& le vray suj et quiluy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec sa
mort, 301.
Histoire du Siegede Luxembourg, 50f.
Relation Historiquedetout ce qui s'est
fdait duevaRnt Goénesypar,5l'Ar0méefNav.ale Reflexions nouvelles sur l'Acide &
sur l'Alcali.Indouze. 50f
LaDevineresse,Comedie. ijf.
Artaxerce, avec sa Critique. 15f.
La Comete, Comedie. 10 f.
CoversionsdeM.Gilly&Coprdil.20f.
Cent vingt-sept Volumes du Mer
cure, avec les Relations & les Extraordinaires.
Il y a huit Relations quicontiennent
Ce qui s'est passé à la Ceremoniedu
Mariage de Mademoiselle avecle Raid'Espagne.
:,Le Mariage de Monsieur le Prince
de Conty avec Mademoiselle de Blois.
Le Mariage de Monseigneur le Dauphin
avec la Princesse Anne-Chrestienne
Victoire deBavicre.
LeVoyagedu Royen Flandre en 1680.
LaNégotiationdu Mariage de M.le
Ducde Savoyeavec l'Inf. dePortugal.
Deux Relationsdes Réjoüissances.
qui se sont faites pour la Naissance de
l^lonfeigncurleDucde Bourgogne.
Une Description entieredu Siege de
Vienne, depuis le commencement jusqu'à
la levée du Siege en 1683.
•
Il y a vingt-sixExtracidinaires, qui
ouue les Questionsgalantes, ce d'érudition,
& les; Ouvrages de Vers, contiennentplusieursDiscours,
Traitez,
& Origines, sçavoir.
DesIndices qu'on peut tirer sur la
maniéré dont chacun formeson Ecriture.
Des Devises, Emblèmes, Se Revers
de Médailles. De la peinture, &
de la Scupture. Du Parchemin, & du
Papier. Du Verre. DesVeritezquisont
contenues dans les Fables, & de l'excellencedela
Peinture. De laContestion.
Des Armes, Armoiries,& de leur
progres. De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cérémonies. Des Talismans. De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philosophale.
Des Feux dontles Anciens se
servoientdansleurs Guerres,& deleur
composition. De la simpathie, & de
l'anthipatie des Corps. De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée, & de ses
diférentes especes. De ce qui contribue
le plus des cinq (ens de Nature à la satisfaction
de l'Homme. De l'usage de
la Glace. De la nature des Esprits folets,
s'ils font de tous Pais, & ce qu'ils
ont fait.De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, &de seseffets. Du fréquent
usaçe de la Saignée. De la Noblesse.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire.Des effets
de l'Eau minérale. De la Superstition,
àc des Erreurs populaires.Dela Chasse.
Des Metéores, & de la Cometeapparuë
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France. Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention,trespropre
A estre renduëuniverselle,avec
celuy d'une Langue qui en resulte, l'un;
& l'autre d'un usage facilepour lacommunication
des Nations. De l'air du
Monde, de la veritablePolitesse,&en
quoyil connue. De la Medecine. Des
progrés & de l'état présent de la Medecine.
Des Peintres anciens,& deleurs
manières. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin.Del'HonHeftetéJ5cdelavéritableSagesse.
De la Pourpre
8c AèL'Eçarlate, de leur diférence, 8c
deleur u(aoç>. De la rrarcu: 1ft pluset
sen~Jelle de la véritable moitié. L'Abrégé
du Didrionnaire Uni,,(dèl.,DlJ
mépris de la Mort. De l'origine des
- Couronnes, &: de leurs es~ptces. Dc-,
Machinesanciennes &r modernespeur
élever les Eaux. Des Lunetes. Du Secret.
De la Conversation. De la Vie
heureuse. Des Cloches,&de leur antiquit&.
Dée bonnes & mauvaises qua-
Iitez del'Air. Des Bains. Du bon &
du mauvais usage dela Lcâtire. De la
facile construction de toutes sortes de
Cadrans Solaires;& des Jeux..I<jij.*r,-y:
On fêta une bonne composition à
ceux qui prendront lescent vingt-sept
Volumes, ou la plus grande pâme.
Quant aux nouveaux qui se débitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente sols en veau, & de vingt-cinq
-il parchemin.
Outre les Livres contenus dans ce
Catalogue, on vend aussi chez le Sieur
Blaigeart toutessortes de Livres nouveaux,
& autres. On ne marque icy
queceuxqu'il a imprimez, à la reserve
les Recherches d'antiquité, qu'on
trouvechez tres-peud'autres Libraires.
Il ajoûtera à ce Catalogue les Livres
nouveaux qu'il donneradetemps en
temps au Public.
On ne prend aucun argent pour les
Memoires qu'on employe dans le Mercure.
On mettra tous ceuxqui ne desobligeront
personne, & ne bleflèront point
la modestie des Dames.
Il faut affranchir les Lettres qu'on
îukeflera chez leSr Blageart, Imprimeur-
Libraire, Ruë S.Jacques, àl'eno
tréedelaRuëduPlastre.
:
Il fera toûjours les Paquets gratis
pour les Particuliers §: pour les Librairesde
Provinces. Ils n'iront la
soin que d'en acquiter le port sur les mx. Ceuxqui envoyent des Memoires,
doivent écrire les noms propres en caracteresbien
formez.
On ob-ntiK point tesJUeces trop difsiciles
à lire.
On met tous les bons Ouvrages à
leurtour,&les Autheurs ne se doivent
point impatienter.
-Il est inutile d'envoyer des Enigmes
sur des Mots qui ontdéja servy desujet
à d'autres. i<
On prie ceux qui auront plusieurs
Memoires,ouplusieurs Ouvrages aenvoyer
en mesme temps, de les écrire
sur des papiers separez. * si. J.
Onavertitqueles Mercures qui simpriment
en Hollande, & en quelques
Villes d'Allemagne, font fort peu corrects,
& tronquezen beaucoup d'endroits
»
11;~~AL-VRE,
'-IlIl~-CALANT
SEPTEMBRE1684.
•C
~t
Ivous neconnoisfiez
parfaitement
toutes les grandes
qualitez du Roy, le commencement
de cette Lettre
vous jetteroit dans une surprise,
dont vous auriez de la
peine a revenir, puis que
vous y allez lire en un seul
Article plus de vingt Actions
de grandeur, de bonté, de
charité, de magnificence, &
de libéralité, ausquelles toutes
les vertus ont part. Chaque
Actionmériteroit un
éloge. Cependant je me
contenteray de les nommer
toutes, & lors qu'elles feront
ramassées ensemble, elles formeront
une espece de Panégyrique
tout de Faits constans,
qui parleront eux-mesmes,
& en diront plus sans
art, & en exposant feulement
la verité,que la plus vive eloquence
ne pourroit en dire,
si elle entreprenoit de les relever
chacune séparément.
Je commence par le Traité
qui fut arresté entre le Roy
& les Etats Genéraux des
Provinces Unies des Païs Bas
le 29. Juin dernier. Comme
les Articles en sont imprimez,
je ne les mets point icy.
Je ne vous en envoye que
le Prélude, qui vous fera
mieux comprendre que je
ne pourrois le faire, les sentimens
que Sa Majesté a eus
pour le repos de l'Europe, &
les avantages de la Chrétienté.
Voicy quels sont les
termes de ce Prélude. unom de Dieu le Createur;
A tous presens & a venirfbit
not ire) Que comme Très-Haut,
Tres-Exce/lent)&Très-Puissant
PrinceLOV1S ~7~: par la - grâce de *Dieu3RoyfTres~Chrê~
tien de France & de Navarre,
ria rien eu defit** à coeur que de
faire ceffir touslesTDiférendsqui
allaient troubler lerepos JelEu-
YDpe, (b-dedonnerpar ce moyen
une fécondéfo'^la Paix ,à la
Chrejliente;SaAfajefteriaxien a, ~jeslé 'T*en
omis detoutcequipourvoit enfaciliter
le rétab/ijftmentJ,mrfme
depuis la Déclaration de Guerre,
qui luy a esiéfaite par le Roy
Catholique; &comme Sa Majessé
Tres-Chrefliennt
4,.
ejlé informée
que les Seigneurs Etats
Généraux des Provincces Unies
témoignent un très-grand dejir de
contribuer de tout leur pouvoir à
une oeuvre sisalutaire, Elle leur
a ouvert les expédiens quEUeA
jugé lesplus proprespour éteindre
lefeu de la Guerrey qui commenfoit
a s'allumer dans leur voisinage
s & qui mettoit non seulement
foùte leur Frontiere dans un
ddaannggeerrinévitable, maisquiejloit
encore sur le point d'embrazertout
le reste de l'Europe. Et afin que
ces Difiérends, dont lesfuites allouent
estre sijùnefles a la Chrétienté,
pujfient eflrc plus prompternent
terminez, Sa Majefié 4
isnnéplein pouvoir au Sieur de
Adefimes,Cherahcr}Comte d'A-
*vaux3 Confieitierordinaire enson
Confieild'Etat, &[on Amhaf-
Jadeur Extraordinaireàla Hayey
po::rarrester, conclure, (êf signer
avec les Seigneurs Etats Gené.
raux, ou avec leurs Députe
pareillement munis de Pleinspouvoirs5
les Articlescjuifieront
jugez necejfiaires pour parvenir
a unprompt accommodementavec
l'E/pagne; lesditsSeigneurs
Etats Générauxrecevant avec
une extrêmeJatisfiaélion les témoignages
que Sa Adaje[le TVtt-
Cbrejlienw[Vur a si jouvent
tonne^ t4onne; doe fnc affeElionJ & repondant
de lenrpartavecune entiere
confiance au desirsincere que
Sa Aiajefié a de rétablir la Paix
dans toute l'Europe3& d'ajjiirer
particulièrement le repos de leur
Frontière3 ont examine avec application
les efires que Sa Majesté
a bienvoulu faire pourarriver à
une fin si heureuje
3
(2)apres en
avoirmûrement délibéré> ils ont
ju:z:.é qu'on ne pouvoit prendre
siexpédiens plus prompts, plus
faciles, ny plus convenables,
pour artcjler incessamment le
cours dï la Guerre*,•• que ce*
luy que Sa A/laje;rt r??s-Chrétienne,
a offert dune Trêve de
*vi?Ut annéesylaquelle pouvant
faire ce(Jetdés à cette heure les
fuites iftcheufes des Diférends
quifontsurvenus entre Sa Maje(
lé Tres- Chrefiienne & Sa
Maje/léCatholique, donnera
lieu dans la fuite de les terminer
entierement par une bonne &
solide Paix. C'efi pourquoy ils
ont nommé leurs Plénipotentiaises,
pourarrester) conclurey &
figmr les Articles dent oncon-,
viendfoit avec ledit Sieur Cemtt
J'A,u,aux, AmkaffideUi ExtraoorrddiinnaairiereddeeSSû,
4J,M, ajeflé Trèstienne>
fourparvenir à un bon
&prompt~~C~WC~W~
La conclusio*n de ceTrai- té, signéà la Haye avec les
Etats Genéraux, a fait ouvrir
les yeux àl'Espagne &àtout
l'Empire. Les Princes qui
gouvernent ces Etats, ont
reconnu que le Roy sçavoit
mieux qu'eux ce quiestoit
de leursintérests, ôc qu'ils^-
roientcoupables aux yeux
de Dieu& des Hommes, s'ils
m -
ne profitoient des avantages,
qu'il avoit la bonté de vouloir
bien procurer à la Chrêtienté
;
de sorte que toutes
ces Puissances ont aussi accepté
la Tréveaux conditions
que Sa Majestéavoit
réglées, &offertes pour eux
aux Hollandois. Jamais Monarque,
dans l'état où estoit
le Roy, n'a remporté de si
grandes victoires sur foymesme.
Il se voyoit en pouvoir
de porter ses Conquestes
aussi loin qu'ill'eust voulu.
Il avoit de nombreuses Armées,
desSoldats intrépides,
des Chefs expérimentez au
Mestier de la Guerre, & des
Magazins fournis de tout ce
qui pouvoit estre nécessaire
pour la continuer. SesCofres
estoient remplis, & la Fortune
le favorisoit. Enfin il
devoit tout espérer de ses forces,
& ses Ennemis avoient
tout à craindre de leur extréme
foiblesse. Les Algériens
avoient demandé la
Paix à ce Monarque. Il l'avoit
avec toute la Coste de
Barbarie, &: joüissoit par là
d'un avantage auquel les Romains
avoient esté autrefois
obligez de renócer.Avoüez,
Madame, que dans ce -haat
degré de puissance, où jamais
aucun autre Souverain n'êtoit
parvenu, il a fallu estre
un Vainqueur bien moderé
pour donner soy-mesme
des bornes à ses Victoires,
& que les Jaloux de la grandeur
où elles ont mis le Roy,
n'en ont pas usé dé mesme
lors qu'ils ont eu quelque
avantage sur leurs Ennemis.
Aussi ne peut-on nier que
toute la gloire de cette Tréve
ne foit deuë à ce Monarque.
C'est ce que dit il y a quelr'
ques jours avec beaucoupde
justice Mr Ranuzzi, Nonce de Sa Sainteté. Il avoit esté
, prié d'assister à la cerémonie
de la Profession d'un Relii
gieux de S.Victor. Le Prieur
f quile reçeut dans cette Ab-
H baye avec tous les honneurs"
jt possibles, se trouva à laPorte
L de l'Eglise avec saCommu-
I nauté; & en le complimen-
KI tant, ille félicita commeMi- nistre d'un si grand Pape,
d'avoir tant contribuéà la
mI Trêve arrestée entre les Cou- ronnes La Réponse de M'
Ranuzzifut toute pleine d'esprit.
Il luy dit cntr'autres
choses, Qujl n'avoit esté qu'un
foible inflrument dont Sa Sainteté
avoit bienvoulu seservir
aupres du Roy, mais qu'on devoit
attribuer toute la gloire el: cet
important Ouvrage à unsigrand
Monarque, àquiseulDieusembloit
en avoir voulu réserver
l'entier accomplissement.
Cette verité est si connuë,
qu'il n'est permis à personne
d'en douter, non plus que du
changement heureux que la
Trêve va causer dans toute
l'Europe. La Hollande qui a
filé la premiere à l'acceprer, l,
,a joüy aussi la premiere des
: avantages qu'on en doit at-
; tendre. Elle a veu une partie
des nouveaux Impofts sur le
Vin & sur la Biere, & quelques
autres appellez Droits
de Consomption, entierenient
suprimez dans lerenouvellement
des Fermes
qui a elle fait depuis peu. La
joye de laVille d'Amsterdam
en a esté si grande,qu'en
| considération de cette Tréve, les Bourguemestres y ont traité M le Comte d'Avaux
avec beaucoup de magnifiai
cence. Le Roy qui ne cherche
qu'à faire du bien à ses
Peuples, l'a veuë à peine concluë,
qu'il a commencé àleur
en faire sentir les effets. Il
s'est fait représenter les Commissions
expédiées pour l'imposition
des Tailles de l'année
derniere, par lesquelles
il avoit esté obligé de les augmenter
de la somme de trois
millions quatre cens quarante-
quatre mille sept cens
dix-sept livres, pour subvenir
aux frais de la Guerre; & par
sen Arrest du Conseil d'Etat
du 5. de ce mois, Sa Majesté
voulantfairejoüirses Sujets des
fruits delaTrtve, a accordé deux
millions quatre cens quaranteÎiuatre
mille Jept cens dix-sept
ivres de diminutionfuries Tailles
de - l'année prochaine, outre&
par. -
dejJUi le miBion de livres
j^nEtte auoit auparayataccordé
far U Brevet de la Taille expedié
sur la mesme année.
Toute l'Europe en doit
sentir de mesme les fruits,
chacun selon ses besoins, &
l'état de ses affaires. Plusieurs
- ont écrit sur cette Trcve,#e
entr'autres Mr Rault de
Roüen, dontjevous enyoye
les Vers, avec un Sonnet de
Mr Dumas de Joigny.
SUR LE RETOUR DELA PAIX,
Par la Tréve concluë. Dc:flenJ, Tille du Cielvient
revoir la Terre,
Cent peuples fontl-yjtz, des travaux
de la Guerrei
Four ramener le calme, abandonne
»
les Cieux,
fayrenaître enfn le repos en tom
lieux.
loris toutde nouveau veut(uU
tiverl'olive,
Et dansFardent desir que ce
bonheur
arrive,
VEuropefait des voeuxpour en voir
le retour,
Et régner dans les coeurs la Concorde
& CAmour.
Lefeu trop allumé doit a la fin s'éteindre,
Et des troublespaf/cz,Fon ne doit
plus rien craindre,
Puis qu'unsi grand dcffiin tantde
fois entrepris,
Dans la tranquillité remet tout les
esprits.
Déjà cegrandHéros, qui toutcouvert
de gloirer
Avoit centfois couru de ViBoire en
Yiéloire,
EtréfiHéluyseulcontretantd'En»
nemis,
.2!!,'il a parsa valeur ou défaits, ou
fournis,
Ptéfere la Concorde aux plusgrandis
Conquettes,
Et l'union des Ctrurs à des Couronna
presses,
-ZU,indpourj.oair d'un Bienqu'il
donne àsesSujets,
11devientJeull*Arbitre & Maijtrc
de la Paix.
S'ila voulu paroiflre aufrontdefin
Armee,
JVve d'un desesregards il rendoit
animée,
CeHoitpeur triompher d'un infolent
ergueily
.!<!!,; del'iberefaitlenaufrage, on l'écueilj
J.tfidans les momens que la Guerrt
tH ouverte,
JEt queses Ennemis s'opninent a
leurperte,
ÏMxembeurgse voit pris, &fousses
Loix ridait,
D'un légitime droit Luxembourgefi
le fruit.
Decefameux Rocher ilfait une Borriere,
^uoyqu'ilput conquérir une Province
entierei
Hais arreffanlfin Char^Ja Vtffoire,
&fis ¡JI;!,
Definpremierdejjein ilne s'ecarte
pas.
Nymphe, pour fembrafftr^ il met
tlollfhA/lcs armes, Il en thaffi le bruit, le trouble, cfles
alaimes,
Et content des Lauriers qui luy couvrent
le fronty
Il basie ton retour pAr unmoyenplu*1*
eromt. , Ilfait ce quaiiecpeine encore ondé- :';
libère,
Etdonneà cent Etatsun Siensi
affÛre: ,\w/
C'eflpar cegrandficret qu'il joint
en mefmejour
VOlive &les Lauriers aux Myrthes
de l'Amour,
£>uand dans le mesmetemps une
au"siste Alliance
Joint le Sang de Savoye au beau Sang
de la France,
Et que dans nos Climats nom allons
voirencor
L*Abondance quifuit,un nouveau
Siccle d'or,
Les Loix dans leur vigueurpar le
retour d*Astrée,
Et l'Equitépartout;saintement réverée;
La Mer libre au Commerce, & les
Ports aux Vaiffcaux,
Où les Indes mettront mille Trêsors
nOllveaux.
Oiipfèsfoinsvigilant vont raipellersans
ceJfl
Lesplaifirs innocensy lajojrey &l'ailégrtfa
Etcommefitjadisleplusgrand des
Cefiars,
ilvafaire en tous lieux renaître les
beaux Arts.
VEspagne donc confient, ainsi que
la Hollande,
A ce que ce Héros réglé,ordonne, ou
commande;
Et tEmtirepourvoirtousfies Frincep
unis,
S\ltttfche 4voir Aujji leurs diférens
jinis,
Pour tournerauplutofi leursforces
mutuelles
Par un commun accord contre les InfidtOts,
En arrester le cours, en rompre les
efforts,
Sesecourant L'un l'autre, ou nefaifiant
qu'uncorps.
Ils entrouventletemps quela Trevy
lcurdOline,
Ou chacun,s'tl le veMt,feutagir en
perfinne,
faroifiredansfin Camp,faire des
armement^
Fsuropprimer enfin Corgueil des
Othomans.
Vous doncqui prenez part a ce bonheurjitpréme,
Chasses Filles du Ciel, quele Grand
LorIS Aime;,
Puis qu'on voit par 14 Paix le repor
ajfurêy
lomjjez. de ce bien qu'il vousapré.
paré.
JEt voiUy chersNourrirons de ces
-
Soeurs immorte/lcs,
Aqui vous confacren,vos Ouvrages
ftddJts,
Mtnimez,le beaufeu que vous tirer.,
des CieIlX)
EtneÏattachez, PLM quAUXSujets
glorieux.
LOVISjeGrandLOVIS^vom ouvre
une Carriere,
Ou la Paix vousfournit une iUuJlre
matjerc;
Ses grandesAffions,sesVertus,ses
,!Lui
Lauriers,
.f<!!.i l'ont mis au ddcejfuU4l ddeessppllumsi ffia--
• meux Guerriers,
Votiâ dlCent leur éclat,&quelle efi
cette gloire,
.f<!!,i lu.) dessine un Trône au Temple
de Mémoire,
Ou le cultc 0" l'encens quon rend AUJÇ
Immortels,
Doivent de mcfme unjourJtrendre
a ses Autels.
SUR LE MESMESUEJT. pEHtJ/ts)rr cr-livriez.-plusy&nc
z -- r prenez,/es aimes,
1 1 » ne pour f.v.ye ce.Itcy texcis devos
pl-IflYS.
Ne re/ji/!l Z,-'{.'NU pasl'cjjet de vos
dcjjY-Ss ??
La P.sixvient vousrevoir Mecque
tea*fis chArmes.
Ce ;; Hplut lafoifin de répandre des
larmes,
Nj depousserCieldes cris S" des
jfJllpirs;
Four vousfairejouir desplus charmansleifirs,
il arrefle le cours de toutes vos allarmes.
0 que /'airpareifl:beau,lors qu'âpre*
milleéclairsy
Les rayons du Soleilfontsivifs & : siclairs,
Qu'ils dissipent forage, drchajfcnt
leTonnerre.
LOFIS rendra vosjoursplus heureux
quejamais;
Et[ivous n'aviez, eu lesfrayeursde
la Guerre,
Vous ne goûteriez, pas les douceurs
de la Paix.
Les François ne sont pas
seuls obligez de le loüer.
Depuis que la Tréveestarrestée,
il a fait deux choses
pour lesFlamans, qui doivent
luyavoir attiré leur amour
&: leur admiration. Il
donna ordre que dés le moment
qu'on l'auroit concluë,
la nouvelle en fust portée à
Mr le MaréchaldeSchomberg,
avant mesme qu'ill'eust
reçeuë, parce que si elle
estoit venuë d'abord à la
Cour, les hostilitez auroient
duré quelques jours de plus
en Flandre, & qu'il vouloit
qu'elles y cessassent dés le
moment que la Tréve y pourroit
estre eué. Cette bonté
pour les Flamans a esté suivie
d'une autre encore plus grande;
&: leurs miseres ayant cité
représentées à ce Monarque,
il leur aremis trois millions
cinq cens mille livres sur ce
qu'ilssotobligez deluy payer
pour les Cotributions. Comme
on ne doit rien négliger
pendant la Paix, de ce qui
regarde la Guerre, afin de
rendre cette Paix plus durable,
en ne donnant point occasson
de se faire attaquer,
Sa Majesté, quoy qu'Elle
neust rien à craindre, n'a pas
laissé d'ordonner qu'on n'épargnast
rien pour faire une
& a fait le mesme honneur a
Monsieur le Duc du Maine.
Je ne vous répete point ce
que je vous ay dit plusieurs
fois, en vous faisant la peinturede
ce jeune Prince, dont
l'esprit a toujours paru au
dessus de son âge.
Si l'on examine bien la vie
de Sa Majesté,on trouvera
qu'Elleen paffe peu de jours
sans combler quelqu'un de
fcs bienfaits. Nous en venons de voir une preuve en la personne
de MrduHarlay Procureur
General duPàOieimét,d'o'r
l'exaéiéintégrité'&la parfaite
intelligence dans sonEmploy
font connuës. Le Roy ayant
augmenté ses Apointemens
de deux mille écus paran,luy
fit un présent de deux cens
mille livres quelques jours
apres. Il a donné dix mille
écus à Mrde Villars son Ambassadeur
en Dannemarc, &
autant à Mrde Ruvigny, en
considération de leur mérite
& de leurs services. Les Gens
de Lettres ont aussi reçeu les
gratifications * de ce grand
Prince, par l'ordre qu'illuy a
plû d'en donner, & par les
foins de Mrde Louvoys, qui
s'applique à faire fleurir les
Arts & les belles Lettres Ces
gratifications qui font assignées
sur le fond des Bâtimens,
semblent estre privilégiées,
puis que la Guerre n'a
point empesché que la die.
tribution n'en ait toûjours
esté faire.
Le feu Roy, par ses Lettres
Patentes du 13. Octobre
1629. ayant creé une Pension
en faveur de Mr d'Hozier,
Gentilhomme ordinaire de
sa Maison, pour luy donner
moyen de vaquer plus commodement
à la recherche
qu'il saisoit par ion ordre des
Maisons illustres du Royaume,
& à laconnoissance de
l'Histoire, cette Pension luy
a toujours esté conservée jusques
à & mort, qui arriva en
1660. Mr l'Abbé le Laboureur,
qui travailloit alors aux
mesmes recherches,mérita
que son travail fust récompensé
de la mesmePension
que Mr d' Hozier avoit euë
pendant sa vie. Mrdu Boucher
qui vient de mourir, a
joüyaussi de cette Pension
depuis la mort de Mr IçlLaboureur;
& comme le Fils
dece grand Monarque tombent
sur les Particuliers, les
Reglemens qu'il fait dans
l'Etat font sentir à tous ses
Peuples l' heureux effet de
sessoins, & de son extréme
application au manîment des
Affaires de son Royaume.
Deux Edits, ôc trois Déclarations,
qui ont esté régistrées
au Parlement le 7. de"
ce mois, en sont des preuves.
Le premier de ces Edits
porte la réünion du Nouveau
Chastelet à l'Ancien. Les
Habitans de Paris estantobligez
de répondre à un grand
nombre de JusticesSubalternes,
selon la situation de leurs
demeures, & en recevant
beaucoup d'incommoditez
à cause des conflits que l'incertitude
des limites de ces
Justices, & la prévention des
Officiers du Chastelet, faisoient
souvent naître, Sa Majesté
par son Edit du mois de
Février 1674. réünit ôc incorpora
à la Justice duChastelet
toutes ces Justices Subalternes,
tant du Bailliage du Palais,
que des Seigneurs; &
en mesme temps pour faire
promptement administrer la
Justice à fcs Sujets,enétablissant
un nombre considérable
d'Officiers pour supléer
ceux dont les fondions avoient
cessé par cette réùnion
, Elle créa un secon d
Siege Présidial, & de la Prevosté
& Vicomté de Paris,
composé d'un nombre considérable
d'Officiers, qui ont
fait un feu1 & mesme Corps
avec h Siege & les Officiers
déja établis, sans qu'il y eust
aucune diférence entr'eux,
sicen'est par la séparation des
Territoires dans lesquels ces
:1'
deux Sieges exerçoit la Justice.
Cet Etablissement a eu
son effet jusqu'àa aujourd'huy;
mais l'ex périence journaliere
ayant fait connoistrequ'il
avoit un nombre infiny d'inconveniens
qui mettoient la
confusion dans l'ordre de la
JutUcc,ôcqui engageoient
les Peuples à des dépenses
immenses, Sa Majesté qui ne
cherche en toutes choses
qu'à contribuerà leur soulagement,
a éteint (tJ suprimé
le Nouveau SiegePrésidial Ç0
de la Prevosté & Vicomté de
Paris, dont illuy plaist que les
OfficiersJoient d-r demeurent incorperez
dans le Siege Ancieny
pour ne faire à l'avenir qu'un
Jeul ù mesme Sieget & exercer
Id, Jurifdiélion dans toute l'étendue
de laPreuojîé & Vicomte
de Paris)sans diférence ny
dinjifiondeterritoire & limites,
ordonnant que les Offices de Preivofl,
de Lieutenant General Cini
j CJT1 de Lieutenant General
Criminel, quElleanjoit créez
ytrson Edit de 1674. demeureront
fuprime comme aussîl'offie:
de son Procureur de l'Ancien
Cbaflelet,enconfcquence de la
démijjwn que le Titulaire en 4
mis volontairement entre ses
mains.
Le second Edit regarde les
Ministres de la Religion Prétenduë
Réformée. Vous scavez,
Madame, que le Roy ne
s'aplique à aucune chose avec
plus d'ardeur, qu'à faire connoistreàceux
de sesSujetsqui
suivent cette Religion, l'erreur
dans laquelleils se trou.
vent engagez,&que ses soins
ont si heureusementréüssy
jusqu'à présent, qu'on voit
tous les jours un tres-grand
nombre de Conversionsdans
toutes les Provinces du Royaume.
Cependant on a connu
que beaucoup de Personnes
touchées de ces bons
exemples, ont esté retenuës
de les suivre, par la déférence
aveugle qu'elles out pour les
sentimens des Minilires établis
depuis longtemps dans
le mesme Lieu,ces Ministres
prenant un pouvoir si.
[ absolu sur les e s prits, qu'ils
abusent de la confiance de
ceux qui se rendent trop facilement
à leurs persuasions,
ôc leur inspirent souvent
des résolutions contraires à
leurs propres intérests, & à
l'obeïssance qu'ils doivent -ni
Roy.C'est ce quia obligé
Sa Majesté d'ordonner, qu'à
l'avenirlesMinistres dela Religion
Prétenduë Réformée ne
pourront exercer leurn plus de trois ans consécutifs dans
un mesme Lieu, ny apres ce
temps, ou avant mesmequ'ilsoit
.£xpiré., estre envoyez pourfaire
lesfonctions de Adimfircs en aucun
autre, ou l'exercicede cette
Religionest permis, comme ml
..au personnel,soit de lameftie
Provinceouautre,qu'il ne fui
.-u moinstloivntdevinotIKU£~3 »<&e fQUS ceux eu ils -auïcnr déja
44 MERCURE
exerce leur Mïnijlere)Jans qu'ils
puiffint retourner en aucun de ces
Lieux où ils en auront fait les
fonêliens pour lesyfaire de
nouveau9
que douze ans après en
eflre fortis. Il leur cft trcs-expressement
défendu par le
jnefmeEdit, de demeurer,après
avoircejje l'exercice deleurAliniflere}
ou de Je rétablir dans Ilf,
fuite comme Particuliers, fous
quelqueprétexte que ce foit, dans
les
Lieux où ils auront eslé Ministres.,
nypluspres de ces mesmes
Lieux, que deJtx lieues3 le tout apeined'eflreprive pour toujours
de leur Ministere dans le
Royaume, de deux mille livres
d'amende, &d'interdiElion de l'exercicey&
démolition du Temple
dans le Lieu où ton aurafoujjxrt
qu'ils ayentexerce leur Miniptere,
oufenit leur residences au préjudice
de l'Edit du Roy.
Des trois Déclarations,
il y en a deux qui regardent
encore les Prétendus Reformez.
Le Roy ayant
sçeu que les Biens donnez
par eux aux Pauvres de leur
Religion, estoient souvent
employez aux affaires particulieres
des Consistoires qui
en avoient la disposition, Se
que l'on s'en servoit mcfinî
pour empescher les Conversions,
ordonna par [a Déclaration
du 15. Janvier de l'année
derniere, que tous les
Biens immeubles, Rentes,&
Pensions donnéesouléguées
par dispositionsfaites entre-
- - vifsou derniere volont-C, aux
PPaauuvvrreessddeec-ecet!t"eteRReclliiCgliioo1n1,
ou aux Consistoires, pour
leur estredistribuez, let:
quels se trouvoient pour Vors
possedez parces Consistoires,
ou alienez depuis le mois
de Juin 1%6l.foroient hélait
ïcz. aux Hôpitauxdes.Lie*x
où estoient les Consistoires;
& en cas qu'il n'y en eust
pas, à l'Hôpital le plus proche,
pour estre régis par les
Directeurs de ces Hôpitaux
comme les autres Biens qui
leur apartiennent, faufle recoursdes
Acquéreurs de ces
Biens contre leursVendeurs,
à la charge que les Pauvres
~4e cette Religion y feroient
reçus aussi
-
bien que les Catholiques,
& traitez avec la
mesme charité, sans qu'on.
pust les y contraindre àchanger
de Religion. Cette Déclaration
ayant donné aux
Directeurs des Hôpitaux ut*
droit réel sur ces Biensils
ont essayé de découvrir en
quoy ils pouvoientconsister,
afin de s'en mettre en possession
; mais les Consistoires
pour leur en ôter la connoissance,
leur ont refusé la communication
des Registres où
ils pouvoient s'en instruire,
& ils ont mesme prétendu
que les fonds acquis des
sommes qui avoient esté données
pour les Pauvres, ou du
revenu des Biens à eux léguez,
n'étoient point compris
dans la Déclaration, non
plus
plus que ceux qui le trouveroient
avoir esté donnez par
ceux de cette Religion sans
expression de cause. Sa Majessé
voulant lever toutes ces
difficultez
,
& empescher la
dissipation des Biens dont
joüissoient plusieurs Consistoires
fuprimez par l'inter-
1
diction de l'exercice, & qui
| ne peuvent estre mieux employez
qu'au soulagement
des Pauvres, puis que personne
n'y a de prétention légitime,
aordonné, nonseulement
que sa Déclaration du Ir.
Janvier ifàj. seraexecutée dans
toute Jon etenaue> mais aujjt que
les Biens qui auront eslé acquis
des deniers des Pauvres de cette
ReligionJ ou du prix d4 la vente
des ISiens qu'on leur aura donnez,
quoy qualiène% dequis le
mois de Juin 1661,appartiendrontaux
Hôpitaux, fauj-le recours
des Acquéreurs de ces Biens
alienez contre leurs Vendeurs;
& que les Biens qui auront eslé
Leguez par ceuxde la Religion
Prétendue Reformée Jans exprejjion
de cause, depuis lt der-
- niere DéclarAtion publiée, Je-
-
ront aujJi Jélttiffiz aux Hopi-
-
tauxjquise mettront pareillement1
GALANT. >1
enpossessiondes Biens dont jciïifl
soient les Consistoires suprimez
par l'interdiction de l'exercice,
en quoy qu'ilspuissent consister,
à quelque usage qu'ils soient
employez, à l'exception neanmoins
de ceux qui se trouveront
avoir este vendus sans fraude.
Les Prétendus Réformez ne
peuvent se plaindre de ce
Reglement, puis qu'il est
fait, toûjours à condition
que les Pauvres de leur Religion
feront receus dans les
Hôpitaux sans qu'on puisse
les obliger à se faire Catholiques.
A l'égard des ConsiJtoires
qui fubjijlentactuellement,
Sa Alajeflé veut que siÀ
l'avenir on en fuprime encore
quelques
- uns par l'interdiélion
de l'extrcice
,
les "Biens dont ils
font présentement en poffiffion,
ferontaussi déldiJJèz aux Hôpitaux,
& qu'à la premiere Sommation
qui fera faite par les
Direéleurs de ces Hôpitaux a
ceux qui doivent efire chargez
des Regifires de ces Conjïfloires,
de leur en donnercommunication
en presence du luge du Lieu, ils
feront.oblige^ ay satisfairesans
aucun Jéltty, a peine d'y ejlre
contraints par corps, de cinq cens
livresd'amende (lpplicableANX
Hôpitaux, e de JufpenJton de
l'exercice dans les Lieux ou il
aura esié contrevenu a ce qui efl
en cela de lintention de Sa Majessê
,
jufqtta ce que les Régilires
ayent eIlé communique
- La seconde Déclaration a
pour fondement les mesmes
raisons qui ont obligé le Roy,
non feulement de suprimer
les Chambres my -
parties,
& d'ordonner à plusieurs
Officiers de la Religion Prétenduë
Reformée de se défaire
de leurs Charges; mais
aussÏ de défendre aux Seigneurs
Hauts Justiciers de-"
tablir dans leurs Terres d'autres
Juges que des Catholiques,
&- à tous Officiers de
Judicature d'appeller pour
Assesseurs & Opinans aux
Jugemens des Procès au..
cuns Avocats graduez & autres
Personnes qui professent
cette Religion.Malgré des
Reglemens si louables, les
Catholiques ne laissoient pas
d'estresouvent exposez aux
Jugemens de ceux de la.
ReligionPrétenduë Reformée,
les Jugesestantobligez
de se conformer à leurs raports
lors qu'ils estoient choi-
Gs pour Experts. Pour remédier
à cet abus, SaMajesté a
ordonné que ceux de cette I{elï~
gion ne pourront à l'avenir estre
pris pour Experts, ny nommez.
d'office par les Juges en quelque
occasion que ce (Oit, sur peine
contre ceux qui lesauront choisis
des dépens, dommage, & intérejls
de leurs Parties, &de nullité,
desArrests, Sentences & lugemens,
qui seront intervenussurlesraports
d'Experts de cette.
Religion.
La troisiéme Déclarationdu
Roy concerne les Bâtimens
que font faire les Religieux
Mandians. Les depenses
en ayant esté extraordinaires
depuis quelque
temps, tant pour des Décorations
superfluës de leurs-
Monasteres,que pour en augmenter
les Revenus, ce
qui est contraire à la sainteté
de leurs Regles,'& à la Police
de l'Etat, Sa Majestéa.
estiménecessaire de prévenir
les desordres que la continuation
de cette liberté pouvoir
produire au préjudice de
la Discipline Réguliere, & de
plusieurs de lès Sujets, qui
r
s'engageoient par diférentes
voyes à prêter&fournir aux
Religieux Mandians,les fommes
dont ils pouvoient avoir
besoin pour la construction
de ces Bâtimens ; & afin
d'empescher le scandale que
pourroit causer dans la fuite
la vente de ces Lieux consacrez
au culte & au service
de Dieu, si ceux de l'argent
desquels ils auroient esté bâtis
se trouvoient forcez de la
poursuivre dans la forme ordinaire
de la Justice pour
la côservation de leurs Biens,
Elle a défendu aux Religieux
A4and'.ans, à peine aeftrc pri-
'LIez de tous les Privilèges quelle
leur a accordez, ou les Rois
ses PrédecejJèurs) d'entreprendrr
&'de commencer à ïaveniraucun
Bâtiment dont la dtienfe
excede lasomme de quinze mille
Dures, sans en avoir obtenu la
pfrmijjhn par des Lettres Patentes
,
(ignéesdesa main. &
contref^nksj\irluïdesSecrétairesdEtat}&
de si" Commandement>
(t)scelleesd:igrand
Sceau C,5, les
j,avoirf.itenre- giflreren sa Cour de Parlement
de Pansy sur ïavis du Lieutenant
de Police, deson Procureur
mCbâtelet,(êf des Prévofl des
MIC-rchands & Echevins de la
mejme Ville. Et à l'égard des
BâtÚnens, dont la dépenje excedant
la femme de trois mille
livres3 fera au dejjous de celle de
quinze mille livres, Elle leur
défend pareillement de les entreprendre,
cjuaprès en avoir obtenu
la permijjion par Arrest du Parlement,
qui ne fera accordée qu'avecgrande
connoissance de causes
& les formilitek neccffaires.
Ilnesuffit pas auRoy de
veiller en toutes choses au
bien de ses Peuples, il songe
-
aux intérests de ses Alliez; Ow
1
& comme les suites du diférent
qui estoit entre Monsieurl'Electeur
de Cologne,
& la Ville de Liège, pouvoient
estre dangereuses,il
fit donner il y a un mois le
Mémoire suivant à Messieurs
de Liège par Mr de laRaudiereson
Résident. - MESSIEURS
Monsieur PElcéleur de Co-
Idgne ayant fait representer au
R01qI/il riavoit pu difererplus
long -temps afairemarcherses
Troupes vers cette Vilk peur reduire
les Habitans à leur devoir,
Sa Majefiema, commandé de
vous dire qu'elleeslime que pour
terminer promtement vos diferens,
qui peuvent troubler le repos
quElle est prête de donner à
toute l'Europeyilnya pas d'autre
expédient aprendre là-defp4S}
que devousfoûmettre e de
rendre a votre Prince ce que vous
luy de'1.!e:(
,
furquoy j'attendray
vos résolutions pour en rendre
compte a Sa tffîajefté. CependAnt,
tJïieJJieurs, la confiance que
vous en ,:t, moy,
m'oblige de me rendre aujourdbuj
a Vises pour apprendre de
l'Evéque de Strasbourg les
prétentions de SonAltejje Eleaorale,
ne doutant pas que si
j'étois ajftz heureux de pouvoir
contribuer à rétablir le repos (çjf
la tranquillité dans cette Ville9
je ne jijJè une cbofe qui feroit
agreable a SaiJMajeslé, puis
que jesçay auElle a toûjours la
bonté de sy vouloir bien interesser.
Fait à Liège ce tj,
Aoust 16S4.
La Ville a esté réduite depuis
ce temps-là fous l'obéissance
de Monsieur l'Electeur
de Cologne, de la
maniere qae vous l'avez
sçeu.
Mr le Duc de Grafton.
s'estant trouvé à toutes les
occasions de la derniere
Campagne de Flandres, &
ayant donné des marques de
son courage aux Siéges de
Courtray & de Luxembourg,
a fait quelque séjour à Verfailles
après cette derniere
Expédition; & lors qu'il a
pris congé du Roy pour s'en
retourner en Angleterre, Sa
Majesté luy a fait présent d'une
Epée enrichie de Diamans.
Ce Monarque qui n'a jamais
rien de plus agreable
que l'occasion de faire du
bien, a donné la Lieutenance
de Roy du Limosin à Mrle
Comte d'UrféT en considération
de son Mariage avec
Mademoiselle de Gontault-
Biron, Fille d'honneur de
Madame la Dauphine, à laquelle
il a fait aussi présent
d'une somme considérable.
Je vous entretiendray plus
amplement de l'un & de l'autre
, quand la cerémonie de
ce Mariage aura esté faire;
je ne marque icy que ce qui
regarde les libéralitez du
Roy.
Mr Fleury, qui a esté Précepteur
de Messieurs les
Princes de Conty, ôc de la
Roche-sur-Yon, & de feu
Mrle Comte deVermandois,
y a eu part, ayant esté gratifié
de l'Abbaye de Locdieu,Diocese
de Rhodez. C'est un
Homme d'un mérite reconnu
, d'une pieté exemplaire,
& d'un esprit qui n'a pas
moins de brillant que de solide.
Peu de temps après, Sa
Majesté donna l'Intendance
de Marine du Havre
-
de-
Grace à Mr du Fargis-Montmor,
quoy qu'il ne fust encore
que Conseiller à l'Ancien
Châtelet. Ses bienfaits
se
,
sont répandus sur toute
cette Famille, puis que le
premier jour de ce mois,
Elle gratifia Mr l'Evêque de
Perpignan son Frere,del'Abbaye
de S. Michel deCuxa,
Ordre de Saint Benoist. Elle
est située en Roussillon dans
le Conflans prés la Ville de
Prades, & vaquoit depuis
peu de jours par le deceds de
Dom Joseph de Villadet qui
GALANT. 67
la possedoit en Réglé. Ces
deux Praces,accordées à huit
jours' l'une de l'autre, marquent
beaucoup de distinction
de la part du Roy.
Aussi ce Prélat remplit-il
tres- dignement toutes les
fonctions de son;Ministere.
Vous n'ignorez pas, Mada..
me, que ces deux Messieurs.
sont Fils de feu Mrde Montmor
, Doyen des Maistres
des Requestes ,:'un des plus
sçavans Hommes du Siècle,
& des Magistrats de la plus,
grande probité. Leur Maison
estalliée à celles d'Estrée,
deThémines, de Frontenac
, & à quantité d'autres
des plus considérables
du Royaume.
Le Roy a donné encore
d'autres Benéfices queceux
dont je viens de vous parler.
Je vous en entretiendray
avant que de fermer cette
Lettre , aussi
-
bien que du
grand nombre de Regimens
nouveaux que Sa Majesté a
donnez à des Personnes distinguées,
ou par leur naissance,
ou par leur valeur,
ou par leur mérite personnel.
Cejudicieux Monarque
leur donne par là un Titre
pendant la Paix. Ils ne laisseront
pas de monter à mesure
que les vieux Colonels
mourront, & de devenir anciens.
Ainsy en jouissant
mesme des biens de la Paix,
ils ne feront point privez des
récompenses ausquelles aspirent
les Gens de guerre.
Enfin la Cour a quité le
deuil, & l'on peut dire qu'il
n'avoit jamais esté si long ny
si régulier en France, le Roy
n'y ayant fburferc aucun relâchement.
Il l'a fait continuer
quarante jours par dela
le bout de l'année du deceds
de laReyne; &nonseulement,
il n'y a point eu de
Comédie àla Cour pendant
toute cette année, mais mesme
pendant les quarante
jours suivans. Je vous ay
promis d'abord que je vous
entretiendrons de quantité
d'actions duRoy. Je vousay
tenu parole,& ne laisse pas
d'en réserver encore quelques-
unes qui auront leur
place dans le cours de cette
Lettre. Le repos qu'ila donné
à l'Europe fait renouveler
lajoye & les plaisirs. de la.
Cour, & j'auray souvent à
vous parler de ses Festes. Ce
»jqui se faittous les jours,augmente
la gloire dont il s'est
couvert en faisant la Tréve,
puis qu'il estoit en état de
continuer la Guerre. Nous
le voyons par le remboursement
des sommesconsidéirables
qui étoient dans la
Quaisse des Emprunts, qu'il
faut comme forcer les Particuliers
de venir reprendre,
ce qui l'a obligé de déclarer par ion Arrest du Conseil
* d'Etat, que ceux qui n'au-
,J: ront pas retiré à la fin de ce
mois les deniers qu'ils ont
dans cette Ouaitie seront
décheus de leurs intérests.
Cet incomparable Prince
s'est acquis une si grande
réputation, qu'elle s'étend
jusque dans les Païs les plus
éloignez.Voicy l'Extrait
d'une Lettre de Siam qui en
fait foy.
EXTRAIT
EXTRAIT DE LA LETTRE
de MrdgsuLandcs,Bourreaq,.
écrite de Siam, en datte du22.
Décembre 1682. MOnjieurl'Eiefqtie dHe-
.lifJpolÚ a préfente les Let-
L 1 y très qu'ilavait de Sa Majefle
Très- Cbreflienne pour le Roy de
Sidm, & elles ont cJlé nçetlé's de
la mesme maniéré vue les premierea
le furent. Cet Evejque
tut le lendemain audience de ce
Monarque, à laquelle M11Ahbe
deLyonne seul affilia.
- Ilyavoit déja que
le Barcatlon m'avoit dit.que le
Roy Jon Mtiflrc,, avant que
d'aller à Lavau, me donneroit
une marque de l'eslime qu'ilfaisoit
de nostre Nation, & de la
considération particuliere qu'il
avoit pour moy i
lors qu'onniavertit
de me trouver le 11. Octobre
au Palau du Roy. Les
jimbaffadeurs du Roy de Damby
devoient le mejme jour avoir
audience. Je m'y rendis dés le
matin3 & après avoir passé
pltifieurs Courts, dans l'une desquelles,
qui efloit vis-a-vis le
Trône du Roy, il y avait pluGALANT.
7*
fleurs Soldats fous les armes9
l'on me fit ajifeoir dans un endroit
tout couvert de Tentes, au milieu
de plus de six cens Mandarins.
Lon fitasseoir les Ambajifadeurs
de Dam»y douze à quinze pas
derriere moy 3
cesi à dire que
feflois plus près du Trône du Roy
dequinze pas.Aufilialdequel-
,qua Inftrtmens,plusieurs riches
Rideaux qui couvroientleTrone
de ce 'Prince, Je tinrenty 19 sa
Majerréy parut avecbeaucoup
<£éclat, tantpour la beauté du
Trône-; que pour la richeffi du
Pirrrerie$;, dontJa tesie efes
habits efioient couverts. Apres
plujîeursfanfares de Trompettes]
le Barcdllonprit laparole, dr luy
dit, que félon l'ordre de Sa Majessé,
je me prêfcntois asespieds
pour recevoirses faveurs. Ce
Prince me fit quelques quefiions
sur le Roy de France, esur le
grttnti nombre de ses Conquefles.
jipras que j'eus repondu a ce
qu'il me demandait, l'onmit devant
moy une 73andeige d'ttrgent,
dans laquelle ily avoit un Juftrau
-corpsfait d'un 'Brocard d'or&
d'argent, dont mus luy avions
flcfiité quelques Pieces en arri- ,vanticyyun$>nbre à la manicredes
Indes, garny, d'or,
[Ayant élevé trois fois le t&ut a
la hauteur de ma tesse, l'en me
rcvejlit du Jufte-at4-corps,&je
recommençay la revérence a la
mode du Pais.Apres cela, le
Roy dit quelque chose aux AmbassadeursdeDxmlyy
r chacun
d'eux fut revcfîu de la mcfme
jorte d'un Jufie-aucorps de peu
devaleur,d,t,,sOignaldesInftm-*
1 mens que l'on avoit entenhis
d'abord, les i'i?l(rncs Rideaux rc-
cCoOutvrurirrlerfnntl.tele TTrrêcnneeRROoyYatil!.:TTcouutt
le monde a eite étonné de cet
honneur, que je ne puis attribuer
qua la haute efiime que le Roy
de Siam a peur Sa AIajefléTresChrefficnne,
dontle*Ân'A'Sn Cles
Hollandois ne peuvent s'emp:
fcher de parler avec ad miration.
Le Roy a ordonne que l'on
batij} une E'jJife pour M¡' Ics
Evcj-fJiucs* ¡rroche du Seminaire J e s!e,,,~ï ; .,,i ~,~
1*re
qu'il leur avoit déjà jatt bliïïry
& une Adaifonpoury recevoir
les ;4mbafpideurs qu'il s'attend
quenojlre invincible Monarque
luy envoyera. Il faitfaire de la
Vaiffille d'argent pour leurfervice.
Le Barcallon ma fandonner
une grandeMaijon di bois,
que fay fait élever dans nOJqre
Enclos.
,- J'ay veu une autre Lettre
du mesme Lieu, écrite par
Mr Marin, Millionnaire en
cePaTs:IaTll mande que tous
les ans il se convertit des milliers
de Payens; Que l'Empereur
des Tartares s'est rendu
maistre de toute la Chine,
à la réserve de l'isle de Formose,
&: que M de Beurge
a esté (acre Evciqtîe"ticla"
Province où ilest Que le
Roy de Siam s'estfait expliquer
plusieurs choses qui regardent
la Religion desChrétiens,
par l'Evesque de Métellopolis,
quiluy dit toute
la Vie de Nostre Seigneur;
que ce Monarque l'écouta
avec plaiGr; qu'il la fit écrire
afin d'avoir plus de temps
pour y penser, & qu'il a
donné du Riz aux Millionnaires
pour six mois.
Je quite les Nouvelles
Etrangères, pour vous apprendre
une chose qui a fort
surpris Meilleurs de l'Egliiè
de Tours. En travaillant à
une nouvelle Décoration
proche leur Grand Autel, on
trouva le 14. de Juin dernier
du coté de l'Evangile, le
Corps d'un de leurs Archevêques
, qui estoit en les
Habits Pontificaux dans un
Cercueil de Pierre à un pied
du rez de chaussée. Sa Chasubleviolete
estoit encore
entiere
,
aussi bien que son
Etole,&son Manipule. On y
remarquoit distinctement
plusieurs figuresd'Evêques
en broderie d'or, d'argent, &:
de foye, que l'on eust crû qui
,J, sortoient des mains de l'Ouvrier.
L'Etole, & le Manipule,
qui est beaucoup plus,
long que ceux d'aujourd'huy
,estoient chargez d'Ecussonsaux
Armes de la Ville.
de Tours, & de la Maison
de cet Archevêque, qui sont
de gueules au Lyond*argent
rampant. Son Rochet estoit
d'un petit Tafetas rouge,garny
par devant de Boutons de
crin noir; lès Gands blancs.
de foye brochée. Le chaton
de sonAnneauPastoral estoit
d'or, & la Pierre plate tirant
sur rAgate. Sa Cro-fle n'estoit
que de plomb doré, & fort
petite. On netrouvade fou
Pallium que le plomb qui est
au bas; le reste qui est de
laine avoit esté consumé,.
aufll- bien que les Patinsôç
.-i
le Linge, comme laubé,
l'Amiâ:, ôcc. Pour les Offe-
Dlcns) ils étoient en leur entier.
Il y avoic proche de la.
telle une petite Lampe de
verre,pleine d'une gomme
graffe ; mais ce qu'il y eut
de plus curieux, ce fut un
Calice d'étain, d'une figure
eraordinaire, dans lequel
s'étoit conlervé une liqueur)
dont ceux qui le touchèrent
d'abord, eurent les mains
mouillées. Il estoit couvert
dune Patene de mesme métal,
sur laquelle cftoient gravez
ces mots, en caractéres
qui tcaoïcnt du Gothique,
& du Romain. -
H. jacet Ragus de Mrnïé-
Ma%jmis-G. D.,uomiamAr:
chiepifeopus Turonenjis.
Ce Ragus de Mont-Barzan
vivoit sous le Recmcde
Philippe le Bel, & & mourut
en 1312.. Il avoir cfte Doyen
de l'Emilie de Tours Ô( sut
fait Archevêque en 12'1. -
- Je croy, Madame, ^ueT
dans le temps que je vous
manday que Mess les Chanoines
Réguliers 4e Salut
Viélor avoient élu Mr de la
Lane pour lcy,rGrand-piîcUïJ
je vous marquay qu'ils faisoient
cette Elcâlon tous les
trois ans. Elle se fit le 29. de
l'autre mois, & Mr de Mailly
fut mis eu la place-de Mrde
la Lane, dont les trois ans
étoient ex pirez. IlestFilsde
Mr le Marquis de Mailly, Ôc
Frerc de Mr le Marquis de
Ncfle, & n'est âgé que de
vingt.neufàtrente-ans.C'est
ce qu'on n'avoir point enr,
core vu à Saint Viaor. Aussi
seroit
-
il difficile de trouver
t un Homme qui possedais
plus parfaitement que luy i les qualitez qu on n'acquiert
ordinairement qu'à force
d'années, la conduite, la fogesse,
Se la vertu. Ce font ces
qualitez qui l'ont mis en la
place qu'il occupe, après
avoir eiié trois ans Maître
des Novices. Il s'eiloit tresdignement
acquité de cet
cmploy. Aussi-tôt qu'il fut
élu, M! OiérevilIcluy en témoigna
sa joye par ce Madrigal.
LE Ciel exauce mdpricre,
Enfin de Saint Victorvous
voila Grand. Prieur, T f Et chacunvient asa maniéré r
Vousfaire un Complimentsurce
nouvel honneur..i.• •
Tour moy, je dis à vsfire gloire^ J~ cette grandeDignité
No;isn'avios point CNccrmémoire
£6t)1d}'avo,f{iJ.re aJIgc: un autre euIfftmote.
Ce P,~es Pas nna'arriieennqquui;i.nIoounx*céttoo;n;nnee,,
Le méritetZtIX Maillys prévientpar
tout les ans,
NOM eu AVirJS veu chez., Bellone
Depuispeu desFaitsconvaineans.
Vom ne régnerez, là qu'untemps;
J^u'il vtusfiit toujours agréabley
El quenfuite le cidd mes voeax
favorable
Von*éltve à deplus hauts rangs.
Le il. du mois d'Aoua,
sur les onze heures du soir,
il y eut aux environs de Nogent
le Roy, une espece
d'Ouragan, qui causa beaucoup
d'alarmes,& krde trèsgrands
fracas. Il estoit composé
de foudrc5, déclairs,de
grêle, & de pluye. Le tonnerre
se faisoit entendre d'une
façon si terrible, que les
moins sujetsàs'effrayer, en
parurent consternez. Les
éclairs frapoient les yeux
coup [Uf-coup, êc faifoienO
voir tout le Ciel en feu. La
pluyetomboit à torrens, &
la grêle estoit grosse en quelques
endroits comme des
Olives, & en d'autres comme:
des oeufs de Pigeon. Les ef-
1 fets de cet orage, qui ne dura j
pas une heure dans la violence,
furent fiirprenans.Ui*
subit débordementdeauxy
qu'il cftoit impossible de prévoir9entraînaquelques
Personnes
dans k campagne.-
Beaucoup de Maisons furent
abatuës,quantice de Granges>
découvertes, plusieurs Clochers
renvcr{èz,&:ena*autres*
l
celuy du Boulay-Thierry, ui&
des plus beaux & des plius,
élevez du DiocesedeChartres.
On le voyoir de cinq
• au fil lieues, & on l'appelloic
I le grand Clocher, à cause de
,
sonélévation. L'Eglise futcm
mesme temps fort endort
magee, aussi bien que le.Château
de Madame du Boulay,
Bclle-mere de Mr l'Avocat
General Talon, 'ëe de Mr le
Comte deCarrouge. Les plus
gros Arbres furentfendus,ou
cleracinez. Vous pouvez ju..;
ger parla quel fut le dégast
des Biens de la terre. Quelques
jours auparavant, dans
un Village voisin de Bréteiiil
(Bréteiiil est un Bourg en
Normandie du Diocese d'Evreux
) un Curé se préparant
à dire la Messe pendant un
pareil orage, le Tonnerre
entra dans l'Eglise, alla aupres
de l'Autel, coupa ce
Curé en deux, tua sa Mere
qui estloic derriere luy, & foudroya
encore quatre ou cintt
Hommes, venus dans le dei:"
fein d'entendre la Melfe-
,
ravais bien crû que les;
Airs nouveaux que je vou£>
envoyé depuis quelque réps))
m'attireroient les remerciemens
que vous m'en faites».
Comme ils font toujours des.
plus sçavans Maistres, je fuis
fort fèûr qu'ilsméritent l'approbation
que vous leur domnez.
Celuy que vous trouve.
rez icy eil: dun tore habiîm
Musicien, qui autrefois a eu3
des inftruétions de Mt doh
Bacilly. Vous sçavez5 rvla-h
dame, qu'il cil rOrigindM
l'Invente1ur de o ces fortes do
Recits de Baffe. Il a trouver
mesme que celuy-cy avoitJil
tant de raporç avec cet Aini
fameux de sa compofitionKr C~, croiJfeZjjrunes l{aifinsJt't
qu'il a esté obligé d'en chan—
gertout le COffilnencemeHt.:J
Les Paroles font de M"1
Royer.
AIR NOUVEAU. Lcr[smliffinllt des Lauriers
DAVIS un Champ iiiACCtffibieï
Ilfintr, mbli-r Usplm fameux
Gu-rrtrs,
AceHéros ilricjl rien d'imlcfftble,
Par îetti il brave les htlz-:!rúJ,
TgouUtCt.irniever;s ejt timeindeJk eî,-
H n'est point d*Alextinau} ilst(fî
ptint dt ctflrs)
£hicftsExploits n'effiant dafi* ïHistoire.
Beaucoup de Personnes
ont tremblé de l'Edifie qui
arriva le u. de Juillet. On
&cn figuroit une obscurité.
qui egaleroit celle de la nuitpendant
quelques heures.
Ainsi on fut fort sorpris de
voir toujours la terre éclairée.
Si vous en voulez fçavoir
la cause, vous la trouverez
dans ce Sonnet d'un jeune
Inconnu de Soissons.
FOURQUOY L'ON VIT
clair pendant rEclipfe.
..,'') LA LunequiparutdessUs no/Ire
f
Hcmifphere,
puneprefonde nuit devoit couvrir
; )
lesCieux, LebelAÏÏre du jtur&éclairer que
ks Dieux,
Car cet sijlre éclipféperd si clarté
prcmÙre.
Ilgarda cependantsi brillante lumicre,
ElpâlitJànsceffir de paroishe à nos
yeux,
Oufélonsacoutume éclatant en tottë
lieux,
il voulut achever, &fournirsa Carrure.
Le Soleil efi un Afire envieux &
jaleux,
Jgjri ne veut rien céderdes droits
qu'il a surnom,
Mats moins encor de ceux qu'il 4
deffm la France.
LorIS, lAflre vivantd'uneedfatanteCaur>
IJII Soltil icy -ltMfaruguntUpuif-
Janccy
SAIIJfin AidechJï*hJeull'éfUirer 4 fin flflr.
'- .- »
La matière des Eclipsès a
fait raisonnerbeaucoup de
Sçavaris. La Lettre qui fuit
en cft une marque; je croy
que vous la lirez avec pliifir.
AcM'.jDE L. G. v yetïp>tj. Ous fme mande%
,
Monfeur,
que vous ave% eu
un grand entretien avec un de
vos jimis de la Province, sur le
sujetd?s Echpfes
,
f0 vousfoub*
ite% en mesme temps que je
vous dise messentimenssur cette
matiere qui fait du bruit en vos
Quartiers, je vous avoue que
fay esiéfurpru qu'une Personne
quipénétré dans les plus profonds
secrets de la Nature, & qui en
_con!JruIte sur ces PhincJmencs, qui
attirent nos rezoerds, excitent U ods
, exciteilt 14
curiosité des Peuples, &Jvurnffent
dequoy s'exercerauxPhilosophes,
aux Historiens, aux Aftronowes,
aux Medecins, &
mefrne aux Theologiens. Je n'ay
aucune des qualitez des Grands
Hommes qui ont fleury dans ces
Arts st) dans Cel Sciences3 dont
les Ouvrages vous donnent fouvent
du plaisir, £? voffs ave^
dans veftre Famille des Philosophes
e des Théologiensquipeur?-
reient mieux vous Jatisfaire que
,moy; mais vous desirezm'épreu-
Qtr, & je nepuis m'empefèher
de vous obéir. Ne croyez pourtant
pas que ce je vous diray
vienne de moy, je l'ay appris
dans une .Affimblée où je me
troHvay ily a quelques jours, &
ou cette Question fut misesir le
tapis. Comme on demanda ce que
c'efloit quEclipje3 un des plus
jeunes de la Compagniequi ne
faifolt que desortir du Collegey
répondit brusquement que ce n'étoit
qu'une figure de Rhétotique,
qui confiée a pafifer fous silence
dans le difèours; quelque cboje
qui en apparencefieroit necejfiaire
kfcr perftbon, & cela à dejjein.
Piufieurs se mirent a sourire de
li bévue du jeuneHomme qui
répondoit sans estreinterrogé) £r
mepne sans avoir conçu dequoy
il efloitqucflion.Ongarda quelque
temps le ftlence; mais celuy
qui avoitfait la proportion, pria
la Compagnie de n'en demeurer
pas a i & comme cestoit une
Personne de qualité qui avoit de
l'esprit & beaucoup d'inclination
pour les belles Lettres, on ne
voulut pas luy refuser ce qu'il
demandoit avec empressement.
Undesplus anciens,& qui avoit
de très,belles connoifjances}ayant
ejié invité de parler la-dessus,
commença à peu pres de cette
forte.
Puis que vous voulez, McP
siéurs,que je vous entretiéne
des Eclipses, je le feray, mais
nonpas sans craindre de tober
moy-mesme en Eclipse. Cette
matiere est si délicate & si
subtile, qu'il y en a peu qui le
soient davarage. Chaque Facu
lté recrarde l'Eclipse d'une
maniéré d¡ ifçé.'rente. M.fonficu-r
qui a répondu d'abord, a cra
qu'on parloit d'une figure de
Rhétorique. En esser, il y en
aune qu'on appelle Eclipse',
& Monsieur l'a alTz bien
définieV mais cen'est pas de
celle-là dont nous pretendons
parler.Onditaussisouvent
parmy le vulgaire, que
les grands Esprits sont sujets
à de grandes Eclipses, pour
exprimer les defauts de jugement
dans lesquels ils tombent
quelquefois; mais ce
n'est pas encore la Question.
Tous les Sçavans reconnoissent
que l'Eclipse n'est autre
chosequ'une privation de
lumiere, causée par l'interposition
d'un corps opaque &c
tenébreux; & comme il y a
deux grands Luminaires
f
que
Dieu a créezpour nous éclairer,
l'un le jour, & l'autre la
nuit, & que nous sommes
privez quelquefois d'une maniereextraordinaire
de leurs
lumieres&irradiations, nous
appellons cela defaut, défaillance,&
les Grecs l'appellent
Eclipse,carEclipse estun
mot Grec francisé, & c'est ce
qui fait aujourd'huy l' entretien
des Hommes &des Femmes,
la crainte & la dévotion
desuns & des autres. Les
Philosophes considérent l'Eclipfe
comme un admirable
PhénOlTICne) dont la rareté
excitant leur admiration ôc
leur curiosité, ils en cherchent
les principes &les causes,
en examinent lanature
& les effets; sur quoy les Anciens
& les Modernes ont
fait quantité de belles & curieuses
remarques. Les Astronomes
passent plus avant;
car comme c'est l'objet spécial
de leur Science, qui leur
fait connoistrelesrévolutions
des Cieux, les conjonctions
des Astres, leurs distances&
leurs approches, & melmc
prévoir&prédire les effets
purement naturels qui en résultent,
ils marquent le temps
des Eclipses avec une grande
certitude, jusques à déterminer
non seulementlesannées,
mais encore les mois,
les semaines, les jours, les
heures, & jusques aux minutes.
Tous leurs Livres d'Ephémerides
sont pleins de
ces remarques &: prédictions.
Ceux qui ont lû les Histoires
des Indes, sçavent que dans
le Royaume de la Chine, ôc
dans les Païsnouvellement
convertis à la Foy,cessortes
de Prédictions faites par d'habiles
Mimonnaires leur donnent
une grande autorité sur
les esprits des Peuples, & les
disposent à écouter avec docilité
des Personnes si intelligenres
en ces matieres sublimes
& cachées au commun
des Hommes. Les Astrologues
n'en demeurent pas là.
Ils prédisent beaucoup de
choses à l'occasion des EclilEesuesr,
prméraeisndounësçait combien
Science cil*
décriée. Le sçavant Pic de
la Mirande a composé contre
ces Astrologues, qu'on
appelle Judiciaires, un excellent
Ouvrage,qu'ilfinit, en
disant que leur prétenduë
Science n'est que folie. En
effet, quand ils veulent conclure
des Eclipses,l'évene-
[ ment des choses quifont déjpendantes
de la liberté dès- Hommes, comme des Revoltes,
des Trahisons
,
des
Guerres,&c.ilsse trompent
manifestement;mais quand
r ils se contentent de faire des
r;Prédictions sur les choses piu rement naturelles, comme
les stérilitez, maladies, sechej
rc sses,&c.ils ontquelque
raison, & en ce quelesAstro-
1 nomes en concluënt. Les
Historiens de tous les Siecles
ont fait des remarques sur les
1
Eclipses, & les ont regardées
commedes évenemcns finguliers
qui méritentplace
- dans l'Histoire; ils ont écrit
avec foin ce qui a précédé,
suivy, & accompagné les Eclipfes.
C'est une chose admirable
devoir les merveilles
qu'ils en rapportent,. & l'on
peut dire qu'il n'apoint paru
d'Eclipieconsidérable qui
n'ait esté précédée ou suivie
de divers accidens.
Comme celuy quip^trlvitâfuoit
la mémoire merveilicufr,0* qiiil
vit que la Compagnie prenoit
goust' à ce qiiil disoit, voicyqueL
^ues-uvs des exemples J'Eclipfts
de Soleil qu'ilrappQrta, dont
je mefais souvenu.
Seus le Regne de l'Empereur
Gordian, le Soleil défaillit d'une
telle maniéré, e les tenehres
furent si cpaijjes3 qu'ilefloitimpojjîblederienfaire
sans allumer
des Chandelles. La Terre futsi
horriblement ébranlée, que des
Villes entieres,& tousleurs Ha-
Mtans,furent engloutis dans les
ouvertures quise firent;ceque le
Sénatprit pour un figne de la
mort deGordian.Avant les cruelles
persecutionsque l'Empereur
ValêrianfitauxCbrefiiens, la
Terre fut courverte de tentbres
pendantplusieurs jours; ily eut
d'épouvantables tonnerres; plusieurs
Edificesfurentttbîmez dins
les Ouvertures qui se firent A la
Terre; toute l's4fiefoaffrit, Rome
fut émuë) la Libie & quantité
de Terres furent chFIouties, U
Mer couvrit les Villes maritimes,
&de là sènfuivit la Peflef
qui fit mourir en un jour jusques
A "quinze millePersonnes a Ro- me, dans l'sfcbaïe. Ily eut
une grande Eclipse de Soleil
quand les Cbrefliens furent mi.
férablement défaitslanuitpar les
PerfesaSyngara* qu'ils ajjiégerent
N7i[io'is, &prirent Amida.
Enl'an ÓÓl. de NopreSeigneur.,
ily eutune grande Eclirfi de
Soleille 10. de May; en fuite
me cruelle Maladie,&la Pefley
affligèrent la Bretagne. Constance
futen déteflation pour sa
Crannie, pour sonfratricide3 &
pourses crudutez tni'ersles bons
Enûefyues. Lafàp^. le Ó. du
Regrre de ïEmpereurCopronime,
depuis le 4. d'Aoufljusquesan
premier de Septembre, ily euten
Orient £epaisses tenehres, qui furent
suivies de prodigieux tremblemens
JeTerre en la Palestine
jèj/fentoutel'AJJirie; en fuite lA
Pesle desola la Sicile;elle dura
trois ans a ConftantinopleJ&fit
un DeJ'en de cette grande Ville.
Theophane dit que Dieu envoya
ce Fléau pour faire amender les
Hommes, eparticulierementcet
Empereur impie. L'an 760. le
zSjSeptembre, à neufheures, il
y eut une Eclipse. Pépin, Rey
de France,mourut
a, Paris ; le
Pape Paul mourut. Conflantin
fut défait par les Dulgares, où il
perditquantitédeNoblesse, &
toutes jes Troupes ; les Arabes iemparèrent de ïArménie.Lan
797.aumois de Juillet, dans le
temps que ïImpératrice Irene fit
crever lesyeux a son Fils Conftantin,&
s'empara de tEmpire;
le Soleil ne parut point durant
dix-septjours, & les tenebrei
furent sigrandes, que les Vais
féaux ne se pouvoient conduire
sur Mer. Ily eut de grands
tremblement de terre en Crete-,
en Sicile3&sursauta Constantinople.
Conflantin mourut bien,
tost apres. VanSu.ilyentune
Ec/ipfe deSoleil le 2. des Ides
dï Juin, à deux heures. Vhin),
Fils de Charlemagnej mourut^
Les Uni*aresdtji'ent les RamainJ
JttS du Fleuve S'trimoniura ; 6"
/•' Empereur Nicêphoyemeurutayant
eslé vaincu des Buls,ares.'
L'an813.le 4, de May, il_y eut
une Echpfe de Soleil.L'Empereur
Michel ayant eslé vaincu
des "Bulgares,Je retira de l'Empire
j @J cboijtt une vie monastique.
L'an S33. le Seleil la
Lune. éclipferolt; & dans le
mefne temps, 'Empereur Lew,
abandonné des Siens.,& mis entre
les mnns dejesEncans, fut
renfermé duns un Cloijlre. L'an
joop. que les TurcsprirentJérllr,
tle;n, il y eut une Eclipje de
Soleil. Celle cpù arriva en11$6.
fut suivie d'une irande Pesle en
Pologne & dans la Russie; le
PapeLucIII. mourut; iHyver
futchaud.Enni7*ily eut
deux Eclipses merveilleufa3l'une
de Soleil}l'autre de Lune,
avecuneconjonÛien de Planetes.
Tousles Afroloçues du Levant,
de tOccidrnt, & duMidy, tant
Chrefliens que Mahometans>
firent des Prédiftions qui furent
toutes conformesy comme si elles
sussentsorties d'un mesme cerneau.
Les effits ne furentpas
absolumenttets en Occidentqu'ils
les dvoientprédits)encore que la
prise de Jerusalem par Saladin
Roy des Sarrasins, eule Roy
Baudouin dr toute la Noblcffe
furent pris, les armes des Chrétiens
Occidentaux dans la Palejline5
la prise de Conflantinople
par les mcjmes, la veçuëdesTartares
, & les horribles CIJdngemens
qu'ils apportèrent preflotedans
toutes les Contrées de la
Terre, outre ceux qUI arrivèrent
particulièrement en Afrique. &.
tn Ejpagne3témoignèrent qu'ils
ne s'efloietpas entifrement trompez
en leurs Prédictions. L'Eclipfe
du Soleil qui arrivale4.
dAoust de tan 959. que le Duç
de Lorrainese noya dans le Rhin,
st) que les Espagnols donnèrent-
U Bataille ae Simancas,ejlremarquavle
en cequ'eue duraplue
d'une heure.,&qde pendant tout
ce.
temps-la on, vit au Cielles
Etoiles brittïntes•& remuante*.
Luitprand de Pavie qui njivoit
alors
j
du qu'il en a eslétémoin
oculaire. La mort du Pape Gré--
OfoireJ.& la FaéliondesGibelins
Çjjr des Guelphes, qui causa de
grandes calilmitez, annexent
apru l'Eclipse de l'an 1230. Ily
en eut une en141f. aprèsla Fejlt
du S. Sacrement. Jean Hus fut,
truie. Lanijjo.l'Eté, fut extrémementchaud&[
ec, deforte
que les Foins, lu Légumes>
twtto les autres chofu qui 'Vien';W
nent en abondance dans un temps
temperé, furent extrêmement rares.
Ily eut feulement des Seigles
dffizraifonrptbhment;,& quantité
de Vins trèsforts, & d'une
bonté admirable3mesme dans
les lieux ouil en croissoit le
moins. Le Palais Royal de Pragut3
dr VEglife Cathédrale
bâtie avec de grands foins & de
grandes magnificences par les
Roys de Hongrie3furent krû/ez,
& il y eut de grandes incendies
ailleurs5 dont beaucoup de Gens
furent accusez, qui moururent en frotejltrit de leur innocence.
Il nefis enditbeaucoupd'autre?
qui avoient eslè toutes fuhies
d'évenemens tragiques & extruordinaires
; mais je m'arrefie
à celle-cy,qui a du raport par
on commencement aux grandes
secheresses que nous avons eues
ce Printemps, & au commence.
ment de l'Eté* à la disette des.
Foins st) des Herbages de toutes
fôrtes, à la raisonnable quantité
de Setgles que l'onaferre%, &
a la belle apparence que chacun
'VOlt de remplir cette année les
Celiers d'excellens Fins.Mais
avectoutes cesconformitek, dei
mandons à Dieu que l'Eclipse
<duiz, deJuillet de la prefentç
année3 à deux heureJ. &demie,
xaitpointd'effetsfïmflres.Aprescelay
noflre Dofleur reprit Jondiscours3
&nous dit que les Me-
~c/~ ~4~~ roM decins ayantconfdert les p~rri~ncf~ip~e
& les effetsdesEclipjes avec les
Philosophes &lesAflronomesy
en concluent, sur tout quand elles
fontde longue durer,quily aura
des maladies, principalement
quand cessle Seleil qui efl êclipsé,
car ilf conneijpnt kien que
cet Aftfe si benm, qui efl comme' loeildu Àdmâe & le Pere de la
Nature, ne nous regardantpM
dt bon oeil, tout va mal; commeilagitsurletchofes&d'icquye- basv
IntS, leur communiquant ses in*
fuencesyfon mouvementyfa lueurt
@rfa chaleur, cette lumière&
sesrayons, efiant arreile%sur la
partie supérieure de la Lune, qui
efl éclairée alors centre l'ordre
naturel3 cet Aflre qui efl malfaisant,
nous dérobant en partie
la lumière, nous osse en mefme
temps-lessalutairesinfluences du
soleili-er comme dans le petit
monde, qui efl l'Homme, quand
l'irradiation des efyrits animaux
qui defeendent du cerveau efl
empefehée par quelque humeur
froidequi cause obftruEllOn, les
parties inférieures du Corps fouffrent,
de Ynefmel'irradiation du
Soleil eslansempefchte par le
corps opaque &solide de laLune,
roui les Animauxsouffrentpùr
cette interruption.
Vn de la Compagnie interrompit
icy le difeours, disant que
l'Eclipsè efloit une cboje nature
lle, qui ne prdduifoit aucun
mauvais effet; qu'il ne s'enfui-
''Voit pas que les Corps s'en troulassentpis,
encore que les rayons
du Soleil fussent détourné%
,
st)
sa lumière obscurcie; C que s'il
en arrivoit autrement, on 4uroit
fitjet de craindre qu'il n'y east de
grandes maladies (Dutu les fois
que le Soleilferoitcache par des
nuages, ou par degrands brouilL
lards. Noflre bon Vteillard ré..
pondit que ce nefloitpas uneraifin
aJlèz forte pour combatte lu
sentimens des Agronomes&des
Meiecinsy de dire que ce qui cft
-
naturel ne produit peint de maladies,
Ily a millecboses natureilesqui
produisentbien des maladie,
s, comme les Tempefies> les
Orages., laTonnerres, les Tremblement
de terre3 les exhalaisons
puantes $infe£léesdesCloaques.
Quesiquelqu'un ri-avoitpasref-
[enty les effets malins des Eclipret)
elles en Avaientpu produire
en aautres Perjonnu; que dans
les temps des maladies générales,
mtfme co'tao,,Ietifes,tour lemende
rieftoit pas pour cela sujet aux
mrfmes maladiM; que les Corps
les plus forts, vigoureux, &rebufteSj
réjîflent aux venins de
l'air ; que la nourriture mesme y
cOYJtribuë) maisqueles CorpsfoL
bles & mal dfPofzysuccombent,
&quil avoitveu des Personnes
tombermalades,mesme
en mourir) pour avoir eflc exposées
dehors durâtVEclipse;quil
conseilloit mesme a ses Amis de ne
pas regarder en ce temps-là trop
fixement le Soleil ny U Lune) gjr
de les regarderfeulement dans un
Baffin d'eau expose devant quelquevitre,
ou par un petit trou, tel
qu'on en fait pour mirer ou pour
ni'VelerJ puis que les observations
diférentes faites par tant d'bahiles
Gens n'efioient pas à négliger;
&surce que Vautreavoit
dit des nuages& des breüinards, ilréponditqu'ilefloitconfiantque
Îileuand ils nous cachent longtemps
Soleily ils c-iufent du desordre.
C'est alors que les Fièvres s'augmentent,
que les Goûtesreviennent,
que les Fluxionsdébotdent
ducerveau, qui étoufent souvent
les Malades tout d'un cout>t&
quil arrive mille autres accidensy
comme Migraines) maux de
Dents,apoplexies,&c.
Un autre qui ejloitfort ejîime
parfonffa.-voir,.crûtl'embaraffir>
en luy demandant comment il
efloit pojjibleque les Habitons de
¿'¡]le de GroenUndpussent vivre,
eflant\la 'moitié de tannle.
dans les tenebres9 sansvoir le;
Soleily&par conséquent prive
de ses douces influences. Il réponsdit
qu'il ne falloit pas s'en étonner,
que ces Gens-la efîoientac.
CQHtume% & naturaliser dans
ces Lieux)qutils ejloientenun
Paisfroid, que cejlle propre
dufroid de dessecher les Corps, {£
de concentrer lachaleur naturelle,
su dedans, ce qui faisoit que en
Personnesefleient fartes & robustes
pourrefîfier à Ugrojjtereiz
desvapeurs;qu'ils ne laissoient
pas de voirun peu de jour, &,
que l'habitude efl une fécondé
Nature. Il ajoûta que ceux qui
navigent vers Groenland
>
&,
pussent mefrte jusques à Sbisbergue,
pour lapcfcbt de la Baleiner
st) pour chercher des Dents dt
Chevaux marins & de Vac/Jes,
marines,qu'on trouve sur tout
vers Sbisbergue, qui cft fort
antancc vers le Nord, ne vont1
point en ce Pais que quand le
Soleil efl bien hauty & qu'ils le
voyent quasi toute la nuit sur
leurs tefles. QuesicesGens,quoy
lu'habituez en des Paisfroids
erfujets auxvapeurs&brQüillards)
commefont les HoHandoisy
les Damis,&lesHambQUrgU9isy
alloient là dans d'autres temps, ils
n'y pourraientvivre, ny réfifler à
lagrojjiereté de l'airj encore que
les Habitansyvivent bien.
Il dit de plus, qu'outre ce qu'il
avoit lâ la-d:jfus} il avoit interrogédes
Officiers de Marine
quiyavoient esié) @rqsÚ l'avoient
affureque les Vaiffeavx
ny peuvent aller que dans les
grands jours& les grandes chaleurs,
car autrement les Hommes
ne pourroient réfijleral'airépais
&malaifêyremply de brl'ÍÚt!a?ds>
& tres froid. IveftreVieillard
ayantfatissaità la Queflion qui
luy avoit eHé faite
t
reprit ou il
en efloit demeure, & dit que les
Tbeilogiens & les Saints Perei
parlent fortsouvent desEclipsee,
sur teutde la o-rande& admirable
qui arriva a la mort du-
SauveurJ qui avait ejlêpredite
par les Propbetes, dr laquelle
efloit tout à.fait rniraculeufe, par
troisraifbns* La premiere,parce
qu'elle arriva dans la pleine
Lune. La seconde., parce qu'elle
dura troisheures, ce qui encontre
l'ordre naturel ; @¡ la troisiéme,
à cause qu'elle fut universelle9
comme les Evangelistes le témoignent.
Et S. Denys ïjfreopagistegrand
Philosophe (j* grand
Mathématicien, estant alors elt.
Egipte, dit à cette occasion
,
Il
faut que le Dieu.de la Nature
souffre, ou toute la Machine
du Monde se dissout. Il
ajoûta, pour éclaircir ce qu'il avoit
dit, que l'Eclipse du Soleil ne
sefaisoitsuivant le communsentiment
des Philosophes (Sf des.
jéfironomes, que dans le temps
que la Lune til dans la tesse ou
dans la queue du Dragon, oubien
près, cejî à dire dans [on commencement
on àsafin7&quelle
efïoit pleine à la mortdeNoBrs
Srigncur; que le Soleil efiant
fort rapide dans sa course) la
Lune ne pouvait empefeher si
logtempsFinfluence deJes rayons.
Enfin ilfiimiNe belles reiféxions
sur. les diférentes Eclipses naturelles
&fumaturclies, dont tonte
In Compagniefutextrêmement
contente, luy témoigna bien,
des rrconnoiffances. J'en anjois- l'espr.it tout remply, quand fay,
reçeu uojtre Lettre; deforte que
je nay eu qua les mettresur le
JUtpÙr) mais non pas avec son
éloquence;ce qui me tiendra lieu,
s'il vous plaiR;, d'une décharge
pour ce que vous avek d¡firé.
de M«:*'
Vostretres-humble & tresobeïssant
Serviteur,
VlGNI£fU
,.. Richelieu ce Juilletj6$j, - "6_4,
vers laCôte, & donna si
promtement ses ordres par
tout, qu'ilassembla en trcspeu
de temps, les Milices &
la Noblesse, ôc mit toute la
Côte horsd'insulte. LaVille
d'Antibe estant le Poste le
plus avancé, & le plus dangereux
, il s'y est tenu prés
d'un mois, & sa préience a
elle aussinecessaire pour rassurer
cette Ville, & les autres
de la seûreté desquelles il
avec pris soin, qu'elleaefté
utilepourintimider les Ennemis
, puis que par sa vigi-
L:.n:e l'on y estoit à couvert
de toute surprise. Le Roy
satisfait de sa conduite, luy
avoit donné un plein pouvoir
de se servir des Troupes
dela Marine, & du Canon
qui estoit dans les principales
Villes, comme il le jugeroit à
propos, en attendant le secours
qu'il luy devoit envoyer
; mais les Ennemis
ont pris le seul party qu'ils
avoient à prendre, & ils se
font retirez dans leurs Ports
sitôt que la Tréve a été
signée. Ainsy Mrle Comte de
Grignan a congedié ce qu'il
avoit levé de Milices,aussibien
que la Noblesse, qui
avoit couru le joindre avec
Tempreflèment qui luy eit
ordinaire dans les occasions,
où elle peut espérer de donner
des marques de sa valeur
& de son zele pour le service
deSa Majesté. Tous les
Gentils
-
hommes qui s'étoienc
mis fous les armes, se
font retirez avec toute la satisfattion
possible de la 'manierc
dont ils ont été traitez
ppaarr ce CCoomnlttee,)qquUiI nn'a'a éeppaarr--
gné aucune dépense pour les
régaler, & pour soutenir avec
éclat l'honneur de la Charge
qu'il exerce il dignement.
Ma Lettre setrouva si.
remplie le dernier mois, que
je ne pus vous apprendre la
mort de Messire Pierre Boutet,
Seigneur de Marivats,
arrivée le 19. d'Août.Il était
Chevalier des Ordres Royaux
& Militaires de Notre-
Dame de Mont-Carmel,
& de Saint Lazare, Premier
Gentil
-
homme Ordinaire
-
de Monsieur, Grand-Bailly
de la Ville & Duchéd'Etampes
, Gouverneur & Capitaine
de la mêmeVille.
Il n'a laissé qu'un Fils âgé de
dix ans, auquel Son Àltcflc
Royale avoit accordé depuis
quelques mois laSurvivance
de la Charge de Premier
Gentil-homme ordinaire, en
considération des services de
Mr de Marivats son Pere.
Le 29 du même mois
mourut Messire Michel Polaftron
de la Hilliere, Marquis
de Grillemont,Grand-
Maître de la
-
Vénerie de
Monsieur. Son., mérite aussibien
que sa naissance
,
lui
; avait donné beaucoup d'Arilis
dont il est fort regreté.
Monsieur l'honoroitde son
estime
,
& a témoignéêtre
touché de sa perte. Il y avait
environ six semaines qu'il
était veuf, & quoy qu'il ne
fûtplus en âge de sentir l'amour,
ayant plus de soixante
èc six ans,& que mesme il
luy fût restéquelques incommoditez
d'une attaque
, d'apopléxie qu'il avoit euë
l'année précédente, il s'était
rendu au mérite d'une Fille
de qualité, avec laquelle il
venoit de résoudre le jour de
son Mariage au Lundisuivant,
lors qu'il retomba dans,
lie même mal d'apopléxie.
Cetterechute l'emporta eudix-
huit heures.
Jay encore à vous appren.
dre la mort de Mrle Viûam^
de Vassé, Lieutenant de
Vaisseau,arrivée à Touloa
le 17. du même mois, aprèscinq
jours de maladie. Il
était Gendre de Mr le MaréchaldeHumiéres,
& par-"*
conséquent Neveu de M1lô-
Marquis de Preuilly,Lieutenant
GeneraldesArmées
Navales deSaMajesté.Ii>
avait servid'Ayde de C-aiiië.*
auprès deM'leMaréchal de:
Créquysononcle, dans tou-~
tes ces dernieres Guerres,
oùilavait donné des marques
de sa valeur, aussi-bien
que dans le Combat que Mr
de Relingueasoutenu depuis
peu de mois contre les trente-
six Galeres d'Espagne, &
de Génes. Il a été enterré
dans l'Eglise Cathédrale de
Toulon avec beaucoup de
magnificence. Mess. du Chapitre
~vinrét enlever le Corps,
accompagnez des Dominiquains,
des Capucins, des
Minimes, des Augustins, &
des Peres de la Mercy, au
nombre de plus de six cent,
ayant chacun un Cierge à la
main. Il yavait aussiquatre
Compagnies de Penitens,
~sçavoir, blancs, bleus, noirs,
& gris,quifaisaient plus de
sept cens Personnes, & qui
portoient tous chacun UllY
Flambeau. Les Confreres de
la Miséricorde marchèrent
après leCorps, suivis de cinquante
Pauvres en deüilavec
des Flambeaux,oùles Armoiries
de sa Maison étaient attachées.
Quatre des plus anciens
Lieutenans de Vaisseau
tenoient les coins du Drap
mortuaire; & six Sergentsdes
Vaisseaux,avec un crêpe au .¡
Chapeau, portoient le Corps.
Mr le Marquis d'AmfrevdIe
se trouva à cette Pompe funebre
avec tout le Corps de
la Marine , & trois Compagnies
de Gardes Marines,
sçavoir,celle deToulon, cello
de Brest, & celle de Rochefort
, ce qui faisait plus de
huit cens Hommes. La marche
se fit en tres- bon ordre;,
& quand le Convoy paÍfa,
sur le Port de la Marine,
l'Amiral le ~salüa de vingtcinq
coups de Canon. Quel- -ques jours après3 ily eut un
Service solemnel pour le repos
de son ame dans l'Eglise
des Peres Carmes, qui.
était tenduë de noir, & où
l'on avoit dressé une Chapelle
ardente. Tout le Corps
de la Marine y assista, & la,
foule y fut si grande, que l'Eglisen'en
put contenir qu'une
partie.
Le Pere Aléxis du Buo-
Théatin qui continuë à se
donner tout entier aux Controverses
, a vû ce mois-ci
son zele récompensé par trois
Abjurations remarquables,
qu'il a~reçuës. La premiere
aétédans l'Eglise des Religieuies
Angloises, Ruë de
Charenton,Faux-bourg Saint
Antoine, de Mademoiselle
Marie Forêt, âgée de cinquante
-cinq ans, Femme
de Mr Mucet, Bourgeois de
Paris. Elle a suivil'exemple
de Mr Forêtson Pere, qui
ne voulut pas mourir dans la
Religion, où il avait été
élevé.
La seconde
a été dans
l'Eglise des Filles de Sainte
Marie, Faux- bourg Saint
Germain
,
de Mademoiselle
Fenou, recommandable par
le#
les belles qualitez, & d'une
Famille fort attachée à sa
Religion. Elle n'en a pas
plutôt connu les erreurs,
qu'elle a quité genéreusement
la Maison de sa Mere
pour les abjurer. Sa Majesté
en ayant été informée, luy a
accordé sa protection.
La troisiéme de ces Abjurations
s'est faite dans l'Eglise
desThéatins, où Mr de
Salus, du Pais des Grisons,
Lieutenant des Gardes Suisses
du Roy, a fait profession
,
des Veritez Catholiques, en
presence de plusieurs Personnes
de qualité.
L'approbation que vous
avezdonnée à tous les Ouvrages
que vous avez leûs
du Bercer de Flore,m'oblige
à vous faire pa7 rt de
celuy-cy, je croy que vous
n'en ferez pas moins contente
, que vous l'avez este
de tous ceux de la façon,
que je vous ay déjà envoyez.
LE SATY-FR-E.,,
ET LE LOUP.
,
FABLE. ?
S uN Satire àvilain MHzeatf,
Croyant avtir une voix sans fa-
Ycillcy .;¡
Etquilalloit dire merveille,
Chantafar un ton de Corbeau,
A CEch» d'un Rocher, fres d'unbord
de la Seine.
Oüy, oüy, j'aimerois mieux la
Bergère Circene,
Que son Troupeau.
Z'¡; Loupqui l\,,nndoit,cwchesur
-
la Fougère,
sSee levantttoouuttj1o~y, eux>Utyrépondit ,
cesmots;
Nous ne ferons donc pas Rivaux,
Car foy de Loup qui te rérere,
J'aimerois leTroupeaubien plus
que la Bergere.
La-dessus, ilsfontamitié
Avec un complot sans pitié.
Circene cejour-là gardoitles Brebiettes
Dd;e.r des guéretsvoifms du Rocher
& de CEau,
Et s'amufiitacueillir des Fleurtttes,
Tour enfaire un Fejlonafinpetit
Agneau,
Le Satire& le Loup l'eurent toe
éventeei
£t dés le mesme infiant, l'ardeurprécipitée
De contenter leurs appétits,
Les fait courir comme a la FeJie,
Le Satire a la Belle, &le Loup aux
Bribú..
Mais ils partent, les Etourdis,
Sansfongerifrien ne s'apprefle
A s'opposer JleNrconiJuejle,
Etleurcourse imprudente ajujlcment
sonprix;
l'enfant prendre,ils Ce trouvent pris,-
Le BergerFUridon7Amantde cette
Belle,
.!l.!!i nofiitpar refpeffporterfespas
vers elle,
La voyantfeule,&hin de leur Hameauy
Litoitproche de là) montesur un
C/'efntall)
Vadmiroit afin aise, à" 1* regardotï
faire.
Il eut toit découvert la marche téméraire
Des deux dangereux Enntmù.
A Fiifpcffdupérilque courtl'objet
qui'l aime,
ilfrémit,ilpâlit, il fI hors de luymefinei
Mais grâce a la Fortune, ilejîbientofi
remis.
Il apperçoit quatre défis Amis
Venir à luy, montez *Cavantagev
Armez, d*EpieuXyd*Arcs, &de
Traits,
Suivis de chiens vijlesd-fria,
JVtvisortoient du prochain Bocare.
Au Satire, au Loup, Compagnons,
Leur cria-t-i1, descendant defin
Chefine.
Les voila, qui vont à Circene,
Le Satire les tient; le Loup est
aux Moutons-
Secourons-les, donnons, donnons.
Le Berger court, sa voix efi entendue,
Son exemple estsuivy des Chiens &
des Chiffeurs,
£ttoutpercc une Hayeélevée &
touffue.
*hti les cachûitanos deux Ravis
flurs.
L'un&l'autre dépt s'emparoit de si froye, jeyes
EtméprifitntlèscrÙ, Id pressoitaveç
Mais ce grandfccours arrivimt,
Chacun lâibesa, prise,
Etgagneaupiedvijle comme lôiicnty
Avec une douleur evale à sasurprisè.
Les Chasseurs çr les Chiens n'en demeurentfAJ
là.
Les Chienssuivent le Louf, les Chasseurs
le Satire;
Ils courent tous,àqui plus visse ira;
Tandis que le Berger retire
La Belle &fesBrebis, de l'extrême
frayeur
.f!..!!.i leur glace lefang, & Uw IIbAt
Le ffeur.
Apres une longuepourfutte,
Les chiens erijiujoignent le Leui,
Et devenu*plus hardisparfafuite,
L'acculent, leprennent au cou,
Etde tOUJles(Iftez lemordent coup
sur coup.
Vun luyperce la!(IUI, l'autre laluy
dcchire,
Alccorcher chacunaspire.
Cefutpour lors qu'a cepauvreAnimal
Les dents firent grand mal,
Les dents des chiens, cela s'enva
sans dire;
IlenfiujfiillUI bienfâcheux martire.
Son Compagne#fuyard ne fut 141
mieux traité;
On Rattrapey il eïl Itrrtjll,
MalgréJesfauts&fis gambadesy
Et de cent cêups de baflennadts 1
Son cuir, s9HTa bien durycjîfifort
é1prouvé,,
Jgu?ellesmarquentpartout leurs
traces;
Jamais a telle Fesle il ne s1eBoit
tioui'é,^
Jamais iln'avoit fait desilaides
grimaces.
tC"e n'cdflpas la Mtj JCilfC f~ 1 Sonttoaus euux cnJj.umz^ç?conduits Puis4tt,:ch.-zp.irdebonsnoeuds
AuPoteaud-iCarcanpluuèsur le
Pour t'jlre ainsilivrez aux rÚ.,
PJFW*
Aureproche kiinfulte,- ai'injure,
à Coutraje
DesEnfins, des Passi.-is,de tout le
voifhiagc,
Sur leur dessein mal entrepris.
Les Prisonniers couchez, pur terre,
Trisses,pinfifs,&Ictnglliffins)
NeJep:,irlerent point) tantqu'on leur
[fitla guerre;
Maisquand 14 nuit eutdijjlpé les
Gens,
Lafftz enfin deprendre enpatience
Ta:td'affronts,& tantdefivffrance,
7/j- ~y~~f~/ .-7~~<' Ilsviennentàse quere ller,
Cc nessqueplaiy;tc,que raxcusCy
lis ne font quefeharctu r,
£>ucs1imputer leur infortune,
QueJe rendre garantis l'un l'autre
de leursmaux.
Apres celd, laplainte Attire lesgras
mots;
Les gros motsfontsuïvis de la rude
menace>
La menace, de coups;&les coups,
de lambeaux.
Leurfangde toutesparts couleparmy
laplacey
Et leuramefenoyc en cesfanglans
ruiffeaiix.
Mais comme le DcfHn assez,fouvext
nomojle
Le voile à l'heure delA mort;
Ces Aveuglez,,mais tard, apperçoivent
leurfaute,
Etpour lors, bien d'accord,
Se demandentpardonavec beaucoup
de zde
De leurs trop choquansentretiens, 1
De leur trop funefie querelle;
Maudijfcntles Chevaux, les Chaf-
Jeursydr les chiens,
Et le Berger enfentineUe;
Etmalgrétous leurs déplaisirs,
"Epargnentlesobjets de leurs ardent
dejirs)
Les Brebis,&la Belle;
Puis rheure cfiant venue, enfin meurentpeftans,
T>avoirmalpris leur temps.
Leéîe-ut-, ne tratte pas cette Fablè
nouvelle
De pure bagatelle,
Vaisque, s*ilfautte l'expliquer*
Elle inflruitceux dont t'ordinaire
Efl d'allertrop vijle en affaire,
Que Con doitreconmijfre, avant que
d'attaquer,
Ajîn que, s'il efl nlceffiire,
OIJse luúffi tiférnentfouflrairc
Aux redoutablesaccidens,
Qui peur tftreimprêveus,perdentj
les imprudens.
Il y a des Génies heureux
à qui l'acquisition des Sciences
ne coûte rien. C'est ce
qu'on a vu depuis un mois
dans un jeune Rhétoricien
du Collège des Jesuites de
Toulouse, quia raisonnépubliquement
de la Rhétorique
dans toute son étenduë,
de la Poësie, & surtout de
la Françoise dans toutes ses
regles, & des Fortifications,
ou Siéges de Places dans un
détail fort particulier. Il est
Fils de MrDaspe deMeilhan,
& n'a encore que quinze ans.
Pendant deux séances, aus.
quelles tout le Parlement,
le Clergé, les autres Corps
de la Ville, & genéralement
tous les Gens de Lettres &:
Curieux assisterent, il répondit
avec une présence d'esprit
surprenante aux diverses
Questions qui luy turent faites
sur toutes ces choses; êc
ce qu'il y a de plus merveilleux,
c'est qu'en expliquant
les endroits dont on
luy demanda l'eclaircissemét
dans les Ouvrages d'Homére,
de Juvenal, de Perse
d'Horace, du Tasse, & de
Lope de Vega, il parla la
Langue de tous ces Auteurs,
c'est à dire, Grec su l'Iliade,
& su la Batrachomyomachic
d'Homée, Italien, sur l'Amint,
&la Jerusalem délivrée
du Tasse & Espagnol,
sur quelques Comédies de
Lope. Il cH: frt rare de sçavoir
cinqLangues dans un
âge si peu avance, & plus
encore de les possedr assez
pour ne les confondre pas
en s'en servant. La facilité
avec laquelle il s'énonça dans
chacune de ces Langues, a
donné lieu à ces quatre Vers
Italiens de Mr Fermat Conseiller.
Stupiron quel che fevellar
l'udiro,
Ed in diverje Lingue effirJi
presto,
Che Tosco in Roma, e Greco
in Epiro
L'héiurian creàuto, e quel popely
e queste.
Toute la Ville parl- e encore
avec surprise de ce prodige
d'esprit.
Ce qu'on m'a mandé qui
s'est passéà Lyon n'est guère
moins extraordinaire. Le Fils
de MrduTour Conseiller devant
soûtenir le 7. Aoust dernier
une Thése de Philosophie
dans le grad College des
Jesuites, une jeune Demoiselle,
Fille d'un fameux Medecin
de Montpellier, allai
trouver le Régent du Soû'rcnant
pour luy demander ïki
permission d'arguméter dans:
cette dispute publique. Le
Régent l'interrogea, & surpris
devoir une Fille Philosophe,
qui parloit tres -
bien
Latin, il la présenta au Pere
Recteur. D'autres Peres de
la mesme. Compagnie, 6c
quelques Particuliers de la
Ville, qui se trouverent à la
conférence qu'elle eut avec
luy, admirerent ses vives &
spirituelles réponses sur les
Questions les plus difficiles
de la Philosophie, ausquelles
ellesatisfit tres-sçavamment,
& avec une hardiesse, qui en
marquant la solidité de forr
esprit, ne démentoit point la
modestie de son Sexe. Cependant
comme la chose n'avoit
point d'exemple, on la
pria de se contenter de la justice
qu'on luy rendoit, en
confessant qu'elle estoit tresdigne
de paroîtredansl'Acte
public qui devoir se Elire, &
qu'on l'yauroit reçuë avec
plaisir,si quelque usage avoit
pû autoriser une entreprise
de cette nature.Mess du
Parlement de Dambes à qivi
ces Théses étoient dcdie'e&>,
furent. fort fâchez de l'cX.-
clufion qu'on avoit esté contraint
de luy donner. Comme
elle fit bruit,chacun parladans
la Ville d'une nouveauté
si particuliere, & il n'y eut.
aucune Personne considerable,
qui ne souhaitast connoître
cette jeune Demoiselle.
Vous pouvez juger
combien elle reçût de louanges
de tous ceux qui s'empresserent
à luy faire Com,,..
pliment sur son dessein.
Le 17. du dernier mois,
Mr l'Evêque de Coutances
fit la cerémonie de la consécration
de l'Eglise des Peres
Capucins de Valogne, qui.
fut dédiée à la Vierge, & à.
S. Joseph. Elle commença à
six heures du matin, & dura
jusqu'à une heure aprèsmidy,
avec une foule incroyable
de Peuple.Toute la Noblesse
du Païs y assista
,
ôc
entre - autres Madame la
Marquise de Saint Pierre,
d'une des plus illustres Maisons
de la Province. Cette
cerémonie se fit avec beau-
~cvmp de magnificence. Les
Dames entrerent d&is le
Convent, où les Peres régalerent
tout ce qu'il y eut
d'honnestes Gens..
Je vous envoye le COUP)
d'essay d'une Muse naissante,,
qui a eu l'aplaudissement de
toure la Cour. Ce sont quatre
Sonnées de Mr de Hautmont
de Saumur , sur des.
Bouts-rimez, que l'onavoit
proposez icy à la louange:
des Héros du Siècle. Il eut.
l'honneur le 8. de ce mois de
lire en présence de Sa Majesté
celuy qu'il a fait pour
Elle. On m'a fait esperer
quelques Pièces tendres de
sa façon. Je ne doute point
qu'elles ne vous plaisent Les
bords delaLoire [ont d'heureux
Climats
,
où les coeurs
semblent naître pour Tarmour.
POUR LE ROY. sljdmaù un Hérosfut couronne
degloire,,
Si lesSieclcs jamaisontproduit un
grmdRoy,
Si jAnnusConquérant fçcut bien
donner la Ley,
C*(si LOVIS, durit le Brus couronne
la Vivoire.
onne nous l'ente fins la valHiT
/'histoire
De toiu ces Dewy*. Dieux dotla Faile
faitfoy;
LA Francetriimfhante,&CEuross
en eirFr*roy, *'
JEt l' Afriquedomptée, effacent leur
mé,moire. £
il na rien entrepris qu'il ne lait
achevé,
Aufaifie des grandeurs Luyfiuls'est
élevé)
TolUsespas ont marquéson courage
1.
inrrépide;
Et Fan en voit beaucoup aurangdes
Immortels,
Audejfm d'un César,au dejjitt d'un
Alcide,
J^ui bien moins que LOFISméritent
desAutels,
A MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
JEunc & brillant Héros, qui cours
après la gloire
Surlesp<ts triomphansdenojl-re atigusleRoy,
Apprensdesajuflice a nous donner
laLoy,
Et defin Bras vainqueur 4 forcer
la Vidoire.
Ce Grec audacieux si vanté dans fHifloirel,
Ce Guerrier foudroyantdont Arbclles
faitfoy,
Dit Monarque Verfan la terreur&
l'effroy,
170 MERCURE
N'aura rien aéclatant auprix de ta
mémoire.
Le Dessin nous promet ce Miracle
achevé,
Un Dauphin glorieux, dont lesoeur
élevé
Seconde la grandeur de LOVIS
l'intrépide.
Apres l'avoir (ouvert de Lauriers
immortels,
Nom lenrroï/spompeux,ifivy d'un
AiitïC Alcide,
}J c1ri. ter a Iontourdel s voeux &-!.dJes
Aili, Is.
A MONSIEUR. pRINCE, dentlegrandcoeur
mérita tant de gloire,
Dans cesChampsJifameux où tu
Jonnæ lit Loy,
Tavaleur àCajftlfitbien voira ton
Roy
J$ue PHILIPPE DEFRANCEeftnc
pour iaVictoire.
0;/ verra les Flamans terrajjtz, dans
l'Histoire
Marquer tous lesgrands coups dont
ce Combatfaitfoy;
Les Murs deSaintOmer en tembeient
G/effroy,
Etfin il érosvaincucraintencor ta.
mémoire.
Un Epdminondds fust-il plus a.
chevé?
-119-Ue nepeutleFrançoisfous ce chef
élevé?
LOFISfût tout tremblerfow ton
Bras intrépide.
Tulefuis de bien pres au rang des
Immortels;
Auguste dans la Paix, cf dans 14
Guerre AIcitic, -,r~ VOlive 6" le Laurier chargent tout
tes Autels.
A MONSIEUR LEPRINCE,
HEros, dort la valeurfait
éclaterU gloire,
Dans ces fameux Combats ad-mi-rez,
de ton Roy,
Tourqui ta. jeuneaudace osa porter laLoy
Dans ces Lieux de tout temps fermez
à la Victoire.
Ces Champssirenommez,parlent de
tonHistoire,
RocroJ) Lens, é" Norlingue., di" Frihourg,
enfliuFoy;
Dnncjuerque,Thionville, enccnfirventl'effroy,
Et Senef& le Rhinredoutent lit
niémoire.
rit-on unConquérantplus grande
plus achevé?
Ton Nom, de tous les Noms est le
plwélzvé)
Prince iuet généreux que Guerrier
intrépide.
La France doitfin luflre ates Fdits
immortels,
FEile"n"a cjuunCondJéI, t14 Grècequ,'un
Alcide,
MdiiAIcide à Condédoitcéderles >
Aucelso
Je vous ay parlé des changemens
de Charges qui ont
cfié faits dans la Maison de
Monsieur entre les grands
- Officiers, à l'occasion de la
mort de MrleDuc deCI-ioijeuA,
& des libéralitezqui
leur ont esté faites par ce
Prince; mais je ne vousay
pas dit que Mrte Comtede
Tonnerre avoit estéreçeu ---- dans le mefmc temps Premier
Gentilhomme de sa
Chambre. Je vous ay (buvent
parlé de sa Maison, qui
est généralement reconnuë
pour une des plus illustres
de France. Quantà sa personne,
il a un air sier, & qui
marque sanaissance. Sonesprit
est vif&plein de feu; il
eH: intrépide,& toujours
prest à donner des marques
de son courage.
Le 10. du mois passé, Mr
le Marquis deBriqtiemault
épousa MademoiselledeCaf
relmoron, Fille de François
Nompar de Caumont de la
Force,Marquisde Castelmoron,
Lieutenant General
des Armées du Roy,cy-devant
Gouverneur de la Principauté
de Montbeliard,
Comte de Bethford &: Païs
adjacens, & de Marguerite
deViecese, & Petite-Fille de
Jacques Nonpar deCaumont,
Duc dela Force, Pair
&Maréchal deFrance. Elle
estd'unmérite qui répond
à sa naissance; c'est vous en
faire un fort grand éloge en
peu de mots. M'le Marquis
de Briquemault est riche, &
bien fait. Son esprit & ses
belles qualitez luy ont fait
acquérir beaucoup d'estime,
& il n'est pas moins confidérable
par là que par l'anciéne
noblesse de la Maison, dont
les Historiens ne se taisent
pas. François deBriquemault
estoit Chevalierdel'Ordre-,.
dit Roy François I. Gentilhõme
ordinaire de sa Chambre,
& fut fait Mestre de
Camp General de l'Infanterie
Françoise en Piémont l'an
1566. Cette Maison porte de
gueules à trois faces, à la Bande
d'Hermines brochantsurlebout.
Le 5. de ce mois, on célébra
en Champagne une cinquièmeAlliance
entre les Maisonsde & de
Vignier, par le Mariage de
MrleChevalier de Vienne
avec Mademoiselle-Vigniq"
Dame deS.Usage. Le Marié
-
est Fils de Messire Jacques
de Vienne, Seigneur de
Coing, d'Argentenay, & de
laGesse,Conseiller d'Etat,
Capitaine, & Gouverneur
pour le Roy des Ville &
Chasteau de Barsurseine, &
de Dame Magdelaine Gervasse-
la-Verfine, Petit -
Fils
de Jean-Baptiste deVienne,
Seigneur de Gevroles, aussi
Capitaine & Gouverneur de
Barsurseine, & de Dame
FrançoiseVignier, Grande-
Tante de la Mariée, & Arriere-
Fils d'Antoine de Vienne,
Seigneur de Gevroles
& de Breviande, & de Damefut
Gervais de Vienne, Frere
aîné de Geoffroy de Loupy,
Maréchal de Champagne,
tous deux Fils de ce Geoffroy
deVienne, que Du
Chesne marque dans son
Histoire de France parmy les lChevaliers Bannerets de cet-
! te mesme Province, quiac-
\', compagnérent le Roy Phil
lippe Auguste dans ses Guer,
> res ôc Voyages d'Outre-mer
vers l'an 1190. &qui eut pour
» Femme Matilde, Dame de
Loupy, dont Geoffroy II. prit
f.
le nom. La Mariée est Fille
I d'EstienneVignier,Seigneur
ïdeS.
Usage, duFay & Cu-.5
Fosses, & de Dame Jeanne
deVienne
-
la-Thuillerie,
Petite-Fille d'Estienne Vignier,
Seigneur de Chamblain,
& de Dame Claire de
Vienne-Saint-Martin, deux
Daines Parentes du Marié,
& Arriere-Fille de Jacques
Vignier, Seigneur de Chamblain
& d'Anneville, & de
Dame Isabeau de Saumaize-
Chazans, Ancestres de Madame
la ComtessedeTonnerre
la derniere morte; de
Mrs les Marquis de Ricey
4c d"Hauteïjyc
; deJeanneJt
de Françoise Vignier, mariées
à Mlli de Bonnefons, ôc de
Vienne-Trévilliers; ôc du
Pere Vignier le Jésuite leur
Frere, Homme sçavant, qui
a laissé entr'autres Ouvrages
à imprimer, Lagrande Histoire
de la Ville & du Diocese de
Langres, & encore celle de
iSainte Salaberge, où est con- tenu'é,avec d'autres Généalogies,
l'origine des Comtes de
Champagne, Roys de Navarre,
jusqu'àprésent inconnuë,
& que le défunt Pere
Vignier de l' Oratoire, son
Parent, avoit aussi travaillé à
raire connoistre, comme ¡e
vous l'ay marqué en faisant
le détail de ses Livres, dans
ma Lettre de Novembre dernier.
Jacques Vignier eut
pour Pere Guy Vignier, Seigneur
de Cbamblain, de la
Mothe, de Villeneuve, d'Avirey
en partie, & de Chassy;
& pour Mere Dame Gillette
de Mesgrigny
,
aussi Ances.
tres de cet illustre Pere de
l'Oratoire, & de MrVignier,
SeigneurdeVilleloin, de
Nigelle,&de la Motte, cydevant
Capitaine & Gouverneur
des Ville & Duché de
Richelieu. L'Ayeul de Guy
fut Philippe Vignier, Ecuyer
de Philippele Bon, & Cal
pitaine-Gouverneur pour ce
Duc, de la Ville d'Avalon.
Philippe estoit Fils de Guillaume
vignier, Secretaire.
d'Etat, dela mesme Province
de Bourgogne, fous les deux
Ducs précedens, puis de-
France sous le Roy Charles
VI. & Guillaume fut Arriere-
Fils de Gilles Vignier Seigneur
deLisle, qui alla à 1&
TerreSainte avec Thibaut V.
Comte de Champagne&de
Brie, Roy de Navarre, dont:
il estoit Chambellan. Le Préfident
Fauchet fait mention
de l*uy dans son Recueil des
vieux Poëtes François. Gilles
Vignier descendoit deN. Vignier,
dit Corboran,Seigneur
de Mussy, & d'autres Terres
sur les Frontières de Bourgogne
& de Champagne, qui
allaàla premiere des Croisades,
&: qui y signala si bien
sa valeur,qu'il en rapporta
ce nom de Corboran, qui
estoit celuy d'un Prince Sarazin,
peut-estre le mesme
avec Corbagath, General de
la prodigieuseArmée, que le
Sultan de Perse envoya au
secours d'Antioche, dans le
temps de cette premiere
Croisade, comme il se voit
dans sa nouvelle Histoire;
Prince qu'il avoit vaincu) &
à qui il avoit donné la vie Se.
rendu la liberté, & de qui par
révolution de fortune,il reçue,
en suite les mesmes graces,
à condition d'en porter le
nom. Mr le Marquis de
Vienne, Frere aîné du Marié,
a eu l'honneur d'êstre Page,
du Koy, l'un de ses anciens-
Maistresd'Hostel,Ayde der
Camp dansses Armées. ôL
aussi Capitaine & Gouverneur
de Barfurfeine. Ces
deux Freres ont un Neveu
de leur mesme nom, quia
esté Page de la Reyne de
Pologtne),dontils ont l'hon- neur d'estre alliez par Madame
leur Mere, & qui est
présentement Capitaine de
Cavalerie dans les Troupes
Polonoises, où il ne se fait
pas moins distinguer par son
courage que par sa naissance.
LaCerémonie du Mariage se
ne à S. Usage, où assistérent
entr'autres Parens, Mr de
Vienne-Gevroles, Seigneur
duBouverot, deLandreville;
& de Mailly, Coufin germain
du Marié, qui s'est signalé
plusieurs fois dans les Armées
de Sa Majesté, & dans
les Etats de Bourgogne; &
le Pere Vignier,del'Oratoire,
Frere de la Mariée, qui a fait
voir son zele dans les Missions
& dans la Conversion
des Religionnaires.
Comme la tristesse succede
assez souvent à la joye par
l'inconstance des choies humaines,
MdeGevroles qui
avoit assisté à ce Mariage,
efl: mort peu de jours après,
Il estoit Fils d'Antoine de
Vienne, Seigneur de Gevroles,
& d'uneNiéce de feu
MCoquelay,Conseilleren
la Grand'Chambre, ôc Chanoine
de Nostre- Dame. Il
n'a laifïc qu'un Fils, qui est
Garde de la Marine, & qu'il
a eu d'une Dame issuë des
anciens Seigneurs de Landreville,
dont le nom estoit
celuy de cette Terre.
Je viens à la prilè de Sainte
Maure, dont le Siége fut
formé le23. de Juillet par
l'Armée Vénitienne,& parles
Troupes Confédérées du
Pape, du Grand Duc de ToL
cane, ôc de la Religionde
Malthe, fous le commandetment
de Mr Morosini, Procurateur
de Saint Marc, &-.
Genéralissime de l'Armée.
LIsle de Sainte Maure estoit
autrefois attachée au continent
de la Grece, qui la
compte pour une de ses Isles
Occidentales, comme elle
met au nombre des Orienta.
les celles de l'Archipel. En
effet, toute la largeur de la
Grece prise de l'Orient à l'Occident
,
séparel'Archipel de
Sainte Maure. Elle estoit conf
nuë dans l'Antiquité tous le
nom de Leucade, & saisoit
une partie du. Royaume d'Ulisse;
auuieit elle fort proche
d'Ithaque, où ce Prince &
sa Femme Pénélope résidoient.
Une Rocher de cette
Isle elloit autrefois le refuge
,
où l'on voyoit accourir
en foule tous les Amans infortunez
de la Grece, qui,
croyoient appaiser en ce lieulà.,
la violence de leurs transports
amoureux, en sautant.
du sommet de ce Rocher..
On tient que la fameuse Sapho
quiacompose tant d'excellens.
cellens Poëmes
,
donna l'exempled
e sauter en bas, lors
qu'elle eut appris l'infidélité
de son Amant Phaon. D'autres
attribuent à Cephale, le
premier essay d'un remede si
extraordinaire. Ce Rocher
auroitesté un grand ornement
dans la Carte de Tendre.
Mais pour ne parler que
de Sainte Maure, il est certain
que cette Place a totU
jours paru très-importante.
Elle touche presqueà l'Epire,
ôc est prés de la Morée,à l'entrée
du Golphe de Lépante,
(
où se donna en 1571. cette fameufeBataillejquiacquit
tant
de gloire à l'Armée Chrétienne,&
à Dom Juan d'Austriche
qui la commandoit. La
Ville de Sainte Maure futréduite
en 1502.. fous l'obeissance
desVénitiés par Bencdetto
Pesaro. Ce Général y estant
venuavec le secours de quelquesVaisseaux
du Pape,de
Loüis XII. Roy de France, &
des Rhodiens, fit la décente
avec une partie de l'Armée,
& s'estant rendu le maisrte
du Pont, après un combat
opiniaitré, dans lequel quantité
de Turcs demeurèrent
sur la place, il força la Ville à
se soûmettre;mais l'accommodement
s'estant fait quelque
temps après entre Bajazet
11.& la République,par la
médiation du BassaAchmet,
il fut arresté
,
qu'on restitueroit
au Turc line de Sainte
Maure, & elle luy fut d'autant
plus volontiers accordée,
que celle de Céfalonic demeuroit
aux Vénitiens. La
1
Ligue qu'ils ont faite depuis
peu avec l'Empereur ôc le
: Roy de Pologne, contre cet
OEnnemy commun de la
Chrétienté, les autorisant à
luydéclarer la guerre, ils Il
folurent d'aller attaquer Sazi
te Maure, après que Mr MM
rofini leur Genéralissime ce
tenu conseil à Corfou le
de Juillet avec les Chefs d'ICJ
cadres, ôc les Principaux
Officiers de l'Arméeauxils
res. Mais avant que de voo
entretenir de cette expéco
tion
,
il faut vous apprenchi
l'état des Bâtimens de MM.
de toutes les Puissances, qp
font entrées dans leurs inrests,
leur nombre) & lordbi
de Bataillequiestoit résolu 01
cas qu'on eust estéobligé
<1
Vm
dittr,
Valtra.
Galera
Venetiana
Cap.
in
Golfo.
Gal.
Generale
di
Malta.
Gal.
Parrona
di
sua
Santità.
Gai.
Patrona
di
Malta.
Gal.
di
S,
Santiâ.
Gal.
di
S.
Santi-tà.
Cal.
di
S.
Santità.
Gal.
di
S.
Santità.
Gal.
di
Malta.
Ga,
di
Malta.
Gal.
di
Malta.
Gal.
di
M
%Ira.'
1
Squadra
del
Procurado
d'Armât
a.
Gal,
del
Medemo.
Gal.
Zuane
Pizzamano.
Gal.
Marcho
Barbarigo.
Gal.
Allessindro
Beregan.
Gal.
Ven.
Otaviano
Valier.
Gal.
Ven.
Andrea
Pasqualigo.
Gai,
Ven.
Anzolo
,0 Corner.
iU
60~
r'WSqnsdra
del
Cap.
in
Gêsse.
Gall.
del
Medemo.
Gal.
Yen.
Isepe
Bolani.
Gal.
Ven.
Camilo
Trevisan.
Gal.
Ven.
Froncefco
Ponà.
Gal.
Ven.
Teodoro
Corner.
Gal.
Ven.
Gerolamo
Priuli.
Gal.
Ven.
Danei
Venier.
Squadra
del
Couver
tt.
ac
CondAfiàù»
Gal.
del.
Medemo.
GsT.
Ven.
Zuane
Contarini.
G.I.
Ven.
Zuanc
Ouer
iiii.
Gal.
Ven.
Francesco
Moro.
(liLi.
Ven.
Gafparo.
Bragadin.
<?aL
Ven.
Anzolo
Michiel.
-Gai.
Veiu
Michiel
Mazno.
combatre les forces maritimes
du Grand Seigneur. Je
vous envoye cet ordre de Bataille
,
àz la manière qu'il a
esté dressé à Corfou , & que
je l'ay receu de Vénise. La
Langue Italienne vous est familiére
ainsi je n'av rien à
vous expliquer.
L'attaque de Sainte Maure
ayant estéarrestée dans le
Conseil tenu à Corfou, où se
trouverent le Provéditeur
Genéral Cornaro, les Chefs
des Escadres du Pape, du
Grand Ducde Toscane
,
de
la Religion de Malthe
,
le;
Genéral Strafoldo, & les autres
Officiers, MrMorosini
sir faire la revûë de toutes les
Troupes que l'on avoit deftinées
au débarquement.
Deux Bataillons de six cens
Hommes chacun,l'un des
Troupes du Pape, & l'autre
de celles de Malthe,passerent
en revûë avec huit mille
Hommes des autres Troupes.
La premiereLigne de
ce dernier Bataillon avoit
quel quechose de bien éclatant,
puis qu'elleestoit conv*
posée de cent Chevaliers, revétus
de leurs Cottes d'Armes
de Satin rouge, avec la
Croix blanche de la Religion.
L'Arméeayant misa.
la voile le 19 de Juillet, arriva
heureusement le lendemain
hors la portée du Canon
de Sainte Maure, où elle
moüilla. Cette Ville effc
surune langue de Terre du
costé du Levanr, & un Aque
duc de trois cens soixante
Arcades en forme de Pot, large
seulemet de trois ouquatre
pieds, la joint au Continent
du costé duSeptentrion. Un
Pont de bois partagé en trois
luy fournit aussi un passage
au Continent du costé du Levant
& du Couchant. Elle a
une Peninsule assez longue,
dont la teste porte le nom de
la pointe de Saint Jean. La
Mer environne tout le reste.
La Forteresse est un Pentagone
irrégulier, dont de
grosses Tours flanquent tous
les Angles. Deux autres.
Tours qui sont au tiers de la
Courtine des deux costez,
fortifient encore la plus grande
face, qui estcelle du Couchant.
La Flote estant entrée
dans le Port de Démata,
qui est au Levant de la Place,
&: qui peut tenir un grand
nombre deVaisseaux
, on fit
le débarquement. Mr Morofini
décendit aussi à terre,
où il visita tous les Postes,
que l'on avoit reconnus, ôc.
un logement qu'avoit fait
le CapitaineManetta dans un
lieu nommé Chiebe, dont il
s'estoit rendu maistre.C'estoit;
laMaison deplaisance du Fils
de l'Aga. Cependant il ne
voulut point faire tirer le Canon,
qu'il n'eust envoyé sommer
le Commandant de Iz
Place. Illuy écrivit lesjustes.
sujets qu'avoit eus la République,
d'assemblerune puisfancc
Armée, aprés que les
Turcs avoientrompu la Paix
en donnant retraite aux
Corsaires de Barbarie,ôc en
exerçant des hostilitez contre
les Sujets de l'Etat Vénitien.
Le Commandant s'étant
contenté de luy répondre,
que Dieu puniroitlaRépubliqueduprétexte
qu'elle
• prenoit de déclarer la guerre
au GrandSeigneur,onarbora
lePavillon de la Genérale,
&les Galeres &les Galeasses
commencèrent a canonner
la Forceresse. Plus de douze
cens coups de Canonqui furreennttttiirreezze,
liednodommmmaaçglecrrecnlltt
beaucoup les Maisons & les'
Fortifications
,
& ruinerent
une Mosquée. Il y eutua
feu continuel de l'Artillerie
-
des Turcs. Il-nempdchâpas
pourtant les Troupes du Pape,
ôc celles de Malthe & de
Toscane
,
de s'avancer fore
présde la Place, & de se loger
dans les Fauxbourgs. Ils
le firent sans obitacle
,
les.
Ennemis nrayant osé hazarderaucuneSortie.
Ustache-"
rent feulement en continuant
un grand feu d'Artilkrie,
de retarder le travail des
Assiégeans, quin'oubliaient
rien pour mettre leur Canon
en baterie
y
mais tous ces
efforts des Assiégez furent
inutiles. Les Bateries commencerent
à tirer avec un
fort grand succés fous les ordres
du Seigneur Lorcnzo
Venier.Elles endommagerent
fort les murailles de la
Place, & les Bombes que l'on
jetta en quantité dans la Ville
, y causerent un très-grand
desordre. Le premier jour
d'Aoust ces mesmes Batteries
raserent entièrement le
Boulevard; &: la Bréche qui
estoit déjà considérable
, fut
augmentée. Elles démonterent
quatre Pieces de Canon
des Ennemis, & les Bombes
mirent le feu en plusieurs endroits
de la Ville, les Travaux
seftant avancez à la faveur
du feu continuel du Canon
& des Mortiers, les Assiégeans
commencèrent à
combler le Fossé avec des
Fascines & des Sacs à terre.
Enfin, le Dimanche 6.
jour d'Aoust,aprés que le feu
eut continué jusqu'au soir de
part & d'autre, les Turcs éleverent
un Drapeau blanc sur
leurs Murailles, pour faire
connoistre qu'ils vouloient
capituler. Ilsenvoyerentà
une heure de nuit trois Députez
à MrMorosini, pour
luy dire qu'ils estoient prests
de rendre la Place, pourvû
qu'on leur accordait une Capitulation
honorable. Ils de- ,
mandoient permission -de
sortir avec tous leurs biens,
& on leur donna seulement
la liberté de se retirer avec
leurs Familles, & d'emporter
tout ce qu'ils pourroient porter
sureux. Les Ostagesfurent
envoyez le lendemain,
& on mit en liberté tous les
Esclaves que l'on trouva dans
la Place, à condition qu'ils
serviroient pendant un ansur
lesVaisseaux
, ou sur les Galéres
de la République, en
qualité de Mariniers& de Soldats.
LaGarnison sortitvers
le soir par la Porte du Couchant.
Elle estoit de septcens
Hommes, qui avoient leSabre
& le Mousquet. Les Bâtimens
où ils furent embarquez,
les conduisirent à terre
au delà du Bras de Mer.
En mesme temps les Troupes
Vénitiennes entrerent
dans la Ville par la Bréche.
Le Butin que les Soldats y
ont fait a elle considérable.
On trouva quantité de Provisions
dans la Place,& quatre-
vingtsPiéces de Canon.
Les Vénitiens n'ont perdu
que deux cens Hommes à ce
Siége. MrJoüyFrançois, Sergent
Major de Bataille
,
Ôc
Colonel d'un Régiment Allemand,
y fut blesséà la cuisse,
& eut le bras percéd'une
mousquetade.MrMorosini
fitaussitost benir la principale
Mosquée,&le Te Deum y
futchanté. Elle a esté dédiée
fous le nom de San Salvator,à
cause que les Turcs avoient
élevé le Drapeau blanc le 6.
d'Aoust , jour de la Transfiguration
de NostreSeigneur
Il fit bénir une autre Mos.
quée que l'on dédia à Saint
Gaëtan , dont on célebroit.
la Feste le jour quelesTroupes
entrerent dans la Place-
Il en a donné le Commandement
au Seigneur Lorenzo
Vénier Noble Vénitien,&de
la Famille de Mr l'Ambaffa.:.
deur de Vénise, qui est à présent
à la Cour de France.
Tous ceux de ce nom ont
rendu de grands services à la
République. SebastienVénier
estoit Chef de l'Armée
Vénitienne, lors que celle de
Selim fut entièrement défaite
le jour qu'on donna la Bataille
de Lépante.
La Lettre qui suitest fort
curieuse.Elle est du sçavant
Mr Comiers à un de ses Amis
de Province. Il a bien voulu
Ili3en donner une Copie. Je
l'ay demandée pour vous, ÔC
je vous l'envoye.
AMrD. S.DICKS.
: 1 vDus ferez sans doute bien,
aiseRapprendre que le
Pere Couplet lefuite efl deretour
de la Chine, où il efioit allé
travailler aux Missions, &
qu'il en a amené un jeune Indien
de Njlnkjn^3 C?pftdlede
la Province du mfwe nom.
Vous [ça-,;rz que la Cl?h? cJl-
Mtijft rnnde que texte lFttrope^
st)cjuun de leurs Empereurs'
Ayant sist le dènoTibremenï du.
commun du Peuple) trouva cinjoo
quante huit nÚllions, cinquantecinq
mille, & quatre-vingts
Hommes,sansycomprendre les
Eunulues, & ceux qui font profijjton
des Lettress ou qui port.
ent les arme-s, dont en peut
dire que le nombre efl infiny.
La Chine est remplie de trèsbelles
Villes.Nanking efloitfi
grand autrefois,qu'apeine un
Homme à cheval pouvoir en
deux jours faire le tour des murailles.
"Bien que le Pere Couplet
Joit de Adalines, & qu'il ait
demeurevingt-quatre ans parmy
les Chinois.chargé de la cçn
duite de soixante grandes Eglijes. 7 6 u Jo.
composées de plus de fosxante.
mille Chrétiens, ilparlebon
François, (t) avecJa riche taille,
il porte bien le caraélére d'un
Héros de l'Evangile dansJa 61.
année. Le jeune Chinois quil a
amené parle affè'{ bien Latin,
& s'appelle MiKelh Xin.
Ils allèrent le
15. de ce mais a.
Verfail/es, où ils eurent l'henneur
de sàlüer. Sa Majeflé. Ils
virentensuitejouer les eaux,
& Je trouvèrent le lendemain
au dîner du Roy. Le jeune Indien
estoit en [es habits Indiens,
ayantuneriche resse de Brocard
dorpond bleu, avecaes figures
de Dragons> & un vipère affreuxsur
le haut de chaque manche.
Il avoit par defus une ef
pece de Tunique de foye verte.
Sa Majefltaprèsavoirentendu
fis Pricres en Lawue Chinofc,
luyfitservir une yffpete sur la
Table, pour voir 11 propreté,
& l'adrjp des Chinois a manger
avec deux petites Baguettes
dyvoire à quatre pins
>
dr d'un
piedde long,qu'ils tiennent dans
la maindroite, entre deux doigts.
Mr Hubin Emailleur du Poy,
si connu dans toute l'Europe par
son travail des yeux artificielç,
(gf par tout ce qu'ily a de plus
beau, dr de plus jçavant en
matiere de verre & d'émail3 je
chargea de leur faire voir les
Expériences qu'on appelle
du Viiide
, par lesquelles nous
démontrons la pesanteurde l'air.
Le Pere Couplet) &Ion Compagnon3
le Pcre Pierre Vanhammé
de Gand
) avec le jeune
Chinois, je rendirentchez luy
Mercredy dernier) (èj ilfittoutes
ces Expériences avecjon airejje
accoûrumée, les accompagnant
de rd.iflnnempns si jufies> que
toute L'zlluftre Compagnie qui s'y
trouva,3convint qu'il avoit dêmontre
enplus de dixfaçons la
necejjité de la pefanteurde ïairA
puis qu'on nepmvoit attribuer
a aucune autre caufc tantdadmirables
effets qu'ilauoitfait-voir
par le moyen de la machine que
le commun qppelle, la Machine
du Viiidç.Ilfait publiquement
de temps en, temps les mesmes
Expériencespour l'utilité du Public3
& pour la curiefitédes
Sçavans.
Péu de jours aprèst Mr Hubin
0* moyy noiu allâmes kla
Maison de Saint Louis, ou ces
Peres,& le jeuneChinois5 nous
firent ^oirquantité cL Portraits
sfuurt.
forduTafetas-de la Chine. Cette
forte de Peinture na peint de
corps. Je vis avecplAisir le Portrait
du Dofleur Confusius
avecses grandes moustaches noires,
qui a efltchez les Chinois
ce quArifiote a depuis esléche%
les Grecs
9
&je remarqua^ que
tous ces PQrtrAits, comme ceux,
desMandarins, onttous des Chapelets,
foubliay de demandersi
sur chaque grainils disent comme
les Turcs StafcrlayDieu aye%
pitié de nous.
Le jeune Chinois a hicn voulu
maprendre a écrire. Leur Encre
efl celle que nous appelions Encre
de la Chine. Un long Pinceau
leurjert de plume. Voicy
de son écriture. Ils appellent
Dieu Tien chu. Le Seigneur
du Ciel, ou bien Xam Ti. SuprêmeEmpereur
; tir l'Empereur
de la Chine est appelle
Xam 11y,Empereur inferïrur.
Leur Encre & leur Plume
sint bien déférentes des nôtres;
mais leur écriture l'est mille fois
encore davantage. Leur alphabetestcomposé
de plus de qutttrevingtsmille
diférens Caraéleres
eu Chiffres) car chaque Lettre
fait un nom ; cestpeurquey il
faut trente ans pour apprendre à
life9 & avoir la mémoirel'imagination
très-fortes pour contenir
l'zdée de tous ces quatrevingtsmille
difélrensCaraéleres,
& de leurs ftgnifcations.
-
Vous ffavek que les Hétreuxécrivant
dedroit a gauche;
que leurs lignes font horizontales
J (x leurs mots compofe^
de plujteurs lettres sans voyelles,
tuaisAvec de certains poinp,
afpiratiens &c.. & que leurs
Livres commencent par où les
nôtres finirent. Les Chinois
corftrhençcntdemefne; mail
chaque mot n'a qu'une lettre .og
caraûere. Ils écrivent de. haut
en btU, ainsi leurs lignes font
ftrpendiculaires) & commencent
ÀmAin droite.
Ils parlent comme en (kantant,
& les difiérensaccens ou
tons de voix donnent les diférentes
fignific4ti,ns aux mots ojuon -~
prononce3 carpour les mots écrits
on ne peut pas se tromper à les
lire, puis que tous les QaraEleres
font diferens; mais un mesme
-mot prononce
>
Jkivant qu'il est
prononce,signifie pfujÙurschoses
diférenteJa Voityl'exemple que
ce jeuneChinois m'a donne. Le
monosyllabe Po; a on^e'panifications}
pion onze tons tous
diférensdont on peut leprononcer.
Ces onze fgnijîcationsfont-,
mince, verre, amplitude, deviner,
point de tout, vieille,
un nom de Fleuve, égaler
rompre, cacher.
LesChinois font Idolâtres)
gp rendentdegrandshonneursa
urte .¡¿oh'/¡; trow. tejhs, qui representeleurs
trois grands.'Phu
h[oçhes>ConfusiuSyXequiam-,
& Tauziiu Leurs principaux
"Dieux, font comme aux Afiroll,
oomgueessleSolel-i'l,llaaLune,gp
tes Etoiles. Ils adorent aujJi le
DiableJafinqu'illes lai[fi vivre
tp reposqgll ne leursa(Te.-
frint de mal. CVJf>ourauoy fit
figure est sur la Proue de leurs
Navires3 & la V*ef}e de Brocard
d'ur du jeuneIndien acette
mepne figurepur lehaat dechaque.
manche. Ils fontPytaçprïclens,
ff) croycnt là Trunfmqration
des âmes. Ils tité ont aun^ d'Ecolesj&sigrandequantité
d'Hôpitaux four les Pauvres}
cyîon ne 'VtJlt point de
t^îand'ansparmy eux. Ils ont
mfsi ch.:;-.théde Tempes,j (g}' J
j ..,. l, r "', l. '- 1', ¿. , W
un très X;,,,£Ild nombre dePrcflres,
toushabille%denoiry avec qualtirgeieOujredsr3es
ddees RHeelrigmieituexs;3d&esd/?e?iMontagnes
consacrées cù l'on va
en Peterinave. Les nouvelles
& lIespleinoes Lunesfont leurs
jours de Fesses, & laprincipale la nouvelle Lune de Féirier,
qui cft le jour de leur nouvel an.,
Celuy de la naijjancede l'Ernpereur
est aussitresflemnel
} pereur cftdNfsi trcs.fvlernne/, C&
chdcHn en fin. particulierycelebre
le jouron il eff né.Bien qu'ils
riayent aucune connoijjance des
biens & des maux de l'autre
vie, ils enterrent leurs Parens
dans des Plaines avec grande
ceréirJonie, (ij ils les adorent,
Ils croyent que les Dieux font
encourroux lors auilarrive auel*
iur, - Eclisse de Soleil
>
>,m te Lune.y
Monfitur
3 combien
il efl Avantagentv4\ejirs
Attron;omc. Je fuié voflre, drc. COA41ERS.
A Paris le 25. Sept,1684 ?5 -'r~
"•-* r,'},s>;nh)*»"/!
Dans une des Conférences
que cette.. Lettre, vous
marque le jeune Indien
donnaà M1 Comiers sa figmture,
&les noms de Dieu,
& desEmpereurs,encaraélercs
Chinois,avec le mot
Po, dans ses onze diférentes
accentuations. Je vous envoyeray
le tout gravé le mois.
un très important secrvice,
puis que c'eit dans un de
leurs Vaisséaux qu'ils font
revenus. Ce Vaisseau que
l'on nomme le Fidelle,eftoic
commandé par Mr Bidaut,
qui estoit allé de ce costé-là
pour sservir d'escortea quelques
Vaisseaux.
M de la Guetre, Fils de
M: de la Guette, qui a eslé
Intendant de la Marina, a
épousé Mademoiselle de Brusselle.
Il est proche Parent de
Mrde Breteville, Conseiller
d'Etat ordinaire, & a servy
plusieurs Campagnes, où il
sestfait distinguer. Il a un
Frerè, quià l'âge de dix. neuf
ans avoir déja esté deux fois
Prisonnier de guerre; pour
S',cilre trouvé aux occasions.
Je ne vous dis rien de la Famille.
de Mademoiselle de
Brusselle;il y a fort peu de
noms plus connus à Paris.
L'Abbaye de S. Eusebe,
Ordre de S, Benoist, Diocese
d'Apt) a esté donnée à Mc
l'Abbé du BreiiiLFouquet.
Il y a plus de vingt ans qu'il
est Aumônier de SaMajesté.
Il a toû jours paflfé pour un.
Horftirre d'une grande probité;
& le Roy qui aime le
vray mérite,ne manque jamais
àle récompenser en
quelque sujet qu'ille trouve.
Mr l'Abbé Fouquet ett de
Bretagne,t.& de la Famille
des Fouquets , qui est une
Pdesapiluss-clonàsi.dsérafbleisde ce mavp
Je vous ay parle des Régimens
nouveaux au commencement
de cette Lettre. -
Voicy les noms deces Regimens,
& de ceux qui les
remplirent.Ce que je vous
envoyé, vous fera connoistre
en peu de paroles, de quelle
Maison. sont ces Colonels.
Je vous aydéjà marqué les
raisons qui pouvoient avoir
porté le Roy à créer ces nouveaux
Regimens; mais je ne
vous ay pas dit que pendant
[la Paix ilsne seront compotfez
que d'un Bataillon chacun,
& que ces Bataillons
font tirez de plusieurs Regimensqui
en avoient un
grand - nombre. Ceux qui
estoient à la teste de ces Bataillons,
deviennent Lieute-^
nans Colonels de ces Regi-.
imens^ui porteront le noe
desProvincesdeFrance, ce
qui donne à ces nouveaux
Lieutenans Colonels un titre
qu'ils n'avoient pas, ùvec
l'espérance de se voir un jour
élever dans un degré plus
haut. FLANDRES.
Mrde Folleville, Capitaine
au Regiment du Roy, élevé
Page de la Grande Ecurie.
Il est Fils de Guillaume le
Sens, Vicomte de Folleville
en Caux,LieutenantGeneral
des Armées du Roy, & de
Marie Malherbe-duBoüillon.
ZERRV.
M deGoüezbriand, de
Bretagne, Ecuyer ordinaire,
& Capitaine au Regiment
duRoy. Il est Fils de Mrde
Goüezbriand, Capitaine du
Chasteau du Toro, sur la Riviere
de Morlaix en Bretagne.
-BEARN.
Mr de Mornay-Montchevreüil,
élevé Page de la
Grande Ecurie, puis devenu
Capitaine au Regiment du
Roy. Il est Fils de Henry de
Mornay, Marquis de Montchevreüil
en Véxin, & de
Marguerite Boucher
-
d'Orçay,
Gouverneur des Filles
d'honneur de Madame la
Dauphine. Mrle Marquis de
Montchevreüil son Pere a
esté Gouverneur, de Mr le
Comte deVermandois,& de
Mr leDuc du Maine.> *;
,^tHJIN4VLT.x\$\ Mrde Pompone,Capitaine
auRegimentduRoy. Il est
Fils de Simon Arnaud,Seigneur
dePompone, cy-de":
vant Secretaire & Minière
d'Etat, & de Charlote Lauoeat.
-ffôliftftTO'h
\.,4NG0VIMQIS>t)\
MleMarquisdeBellesons,
Premier Ecuyer de Madame
la Dauphine,Fils de Bernardin
Gigault, Marquis de
Bellefons, Maréchal de France,&
de Magdelaine Fouquet.
- BOULENOIS.
Mrle Marquis de Vibraye,
Fils d'Henry Hurault, Marquis
de Vibraye au Maine;
& de Polixénele Cogneux,
Soeur du Président au Mor- tier.
PERIGORiy.
Mr d'Ornaifon, Comte de
la Bâtie, Premier Maistred'Hostel
de Madame la Dauphine,
Fils deClair-Gilbert
d'Ornaison,SeigneurdeChamarante
enForets Premier
Maistre d'HosteldeMadame
la Dauphine,cy .dtvanr PÉemier
Valet de Chambre du
Roy, Gouverneur de Phalsbourg
& de Sarbourg en
Alsace; & d'Anne de Trélon.
XAINTONGE.
M le Camus de Bligny,
Fils de Nicolas le Camus,
Premier Président à la Cour
des Aydes, & de Marie Larcher,
Fille de Michel Larcher
Président à la Chambre des
Compres.
1
r.
BICORRF..
Mr Pelot,élevé Page de
-
- la GrandeEcurie, Fils de feu
Claude Pelot, Premier PrésidentauParlemet
de RoLi'enJ_.
&de Claude le Camus.
FORESTS.
Mfde Barbesieres de Çlii—
merault,FilsuniquedeCharles
de Barbesieres, Comte
de Chemerault en Poitou,
& de Magdelaine Tabouret,
DgamendeTeurn.y en Bourgo-
CAMBPESIS.
MrleMarquis de Chasteaurenaud
en Touraine, Fils dsz
François Rousselet, Marquis
de Chafteaurcnaud, Lieutenant
de la Mestre de Camp
du Regiment des Gardes, &
de Mariele Gay, Dame de la
Possonniere. Il elt Neveu de
Mrle Chevalier deChasteaurenaud,
Chefd'Escadre.M
TQVRNESIS.mib
Mrle Marquis de Broüllly,,,.,-,
de la Maison de Pienne. Il
-, est d'aupres deSenlis.Tous
ceux de cette Maison ont
toujours esté dans le [crvicco
BRESSE.% fiirnoTÎ
Mrle Comte de Kercado
élevé Page dela Grande Ecu'tC
rie,Fils de Renéle Senéchal,
Ob'Mt'e de Kercado en Bretagne,
Gouverneur de Dimny&
Brigadier de Cavalerie;
& de Marie-Anne de
Rosmadec-de Molac.
-&A MAKCHE.
- Mr de Gontaur, Marquis
de Biron, Fils de François de
Gontaut, Marquis de Biron
enPérigord, & d'Elizabeth
de Cossé-Brissac.
-' OVERCY.
Mr dAmanzé, Fils de Loüis
Comte d'Amanzé en Bourgogne,
Lieutenant de Roy
au Gouvernement de cette
Province, &de N. Falconis.
VRIE.
MrleMarquis de Charost,
Fj-ls d'Armand de Béthune,
Duc de Charost en Berry,
Pair de France, & de Marie
Fouquet.
NITERNOIS.
Mrle Comte deLusse, Fils
de François de Montmorency,
Duc de Luxembourg,
Pair & Maréchal de France,
Capitaine des Gardes du
du Corps, & de Catherine
de Clermont-Tonnerre, Duchéffe
de Luxembourg.
soISI.SONNOis >•
Mr de Grimaldi, Duc de.
Valentinoisen Dauphiné,
Fils de Loüis de Grimaldi,
Prince de Monaco, Duc de
Valencinois, Pair de France,
&c/v& de Charlote-Catherine
de Gramont. 15IJOOotJ
ISLE DE FRANCE.
MrDespagne-dePardaillan
& de Gondrin, Marquis
d'Antin,Fils de Loüis-Henry,
Marquis de Montespan en
Guyenne , & deFrançoise-
Aténais de Rochechoüart-
Mortemar, Sur-Intendante
de laMaisonde la feuë
Reyne,
VEXIN.
Mr d'Hautefort,élevé Page
de la Grande Ecurie, Fils de
Gilles Marquis d'Hautefort
en Périgord Comte de Montignac,
Premier Ecuyer de la
feuë Reyne, & de Marthe
d'EHourmeMe Surville. JVNIS.
Mrle Marquis dePolignac,
Fils de Loüis- Armand Vicomte
de Polignac en Vellay,
Marquis de Chalançon;
&c. Chevalier des Ordres
du Roy, & Gouverneur du
Puy, & de Jacqueline de
Grimoard-
de Beauvoir-du
Roure.
2?EA VCE.
Mrde Pompadour, Marquis
de Lauriereen Limousin,Fils
de Philbert de Pompadour,
Marquis de Lauriere, & de
Catherine de Sainte-Maure
de Montausier.
DAVPUINE.
Marie Arbaléte.
LVXEMBOVRG.
Mrde Brancas, Duc de Villars
en Provence, Pair de
France.
BA55IGNY.
Mrle Comte de Mailly, Fils
de Loüis Charles Marquis
de Nesle en Picardie, & de
Jeanne de Monchy-Montcaurel.
Quoy qu'il me reste quanJ
tiré d'Articles à employer
dans ma Lettre, je neveux
pasoublier à vous faire part
d'une Avanture, donc les
incidens vous divertiront.
Quelques jeunes Demoiselles,
des plus jolies qu'il y ait
dans une fort grande Ville,
où il s'en trouve beaucoup,
commençant à s'ennuyer
après un long entretien quelles
avoient eu ensemble,
propolerent de se donner le
plaisir de flater un Cavalier
qu elles connoissoient, de
l'espérance d'un Rendezvous
amoureux. Le Cavalier
avoit du mérite. Ilestoit bien
fait, & ne manquant ny d'esprit,
ny de ces manieres aifées
& insinüantes qui font
que l'on plaist par tout, il [c
feroit attiré une estime générale,
s'il eust esté moins
persuadé de ce qu'il valait;
mais c'estoitl'Homme du
monde le plus remply de
luy-mesme.. Quoy que l'on
pust dire à son avantage, sa
fote présomption n'estoit jamais
satisfaite. Il croyoit toujours
qu'on ne disoit pas asfez
, & sa vanité luy faisant
faire cent contes du commerce
qu'ilavoit avec les
Dames, il fè donnoit des airs
de bonne fortune qui détruisent
les plus favorables impressions
qu'on auroit pûprendre
pour les bonnes qualirez.
Ce dessein du Rendezvous
ayant paru fort plaisant
auxDemoiselles, il fut question
de l'exécuter. Il s'agissoit
pour cela d'écrire un Billet
au -
Héros de l'Avanture.
L'une d'elles s'en chargea, 6c
contrefaisant son cara<5terer
quoy qu'il fure entièremène
inconnu au Cavalier, elle
écrivit ce Billet dans les mesmestermes
que vous allez lire. -' ,;'
•10'- BILLET.
On^om prie de nous trowvev
demain aux Cordeliers sur les
trois heures. Je ne doute point
point que cela ne vous étonne;
771X16cnjin} A4o:i[t?ur3 rendezeZHHtS
~c~., persuadé
qu'ilfaut un mérité aujjt extraordinaire
que le voffre, pourfaire
naître des sentimens pareils à
ceux o.ac '1JO:£J m'a"t'ez* que 'vous mave%inspire
von-s pouvant a[Jurer avecvérité
<pi'personne n'a pû faire sur
mencoeuryaprès leau:o:ip defoins "Je :'L_t., U(' (/.) th ,;. "f ) eya:peinesjcequevousyavc%
fait3peut-eflresanslevouloir.
Vouspouve^ jugerdelaviolence
de ma pajfton par Vaveu que je
vous fais. J'ay opposémafierté
naturelle
,
fayfait agir mon le,
Voir, (7 tout ce!.t na pû e ,'p'fcberfjui}
jeerendje. La
dijhfict'iox ,"'J" on surparcou?
si)l.. 'v',. '1"'( "Jo< r'wl H).¡'
des qualité^ quitous aiomcrent
.,J ¡¡¡¡"d. "1': 4"u:.- "::""c I~" lestiMe de ion* ceux qui njoi-s
convoif'fne(nty juft,1ifrc r ce que je [ens
u. IJ) , "1 'J.~ -L. lrh JL. 1.
P l
d
1 '1 J- t.J. ; ~- .,' ; 1 çqhïhjous de tropfort, p.as q:id
yamoins de foihUfje en maya
vous 6irn?r3 quedeforce en vous
, J ri pour rnycontraindre,je vous
diray le rcfledemain. VnHabit
LU L.,.. \, l £ VI. rI, ¡.{. Wblanc,
(y une Fontange couleur
dde feru> r ;(1. si
me feront connoistre ruons me cherche% au Lieu que
qjous marque ce 'Billet.
Comme on ajoûte toûjours
aux dessein qu'on fait
pour se divertir, une jeune
Demoiselle de la compagnie,
qui fçavoic le monde autant
qu'aucune autre,quoyqu'elle
ne fun: sortie du Convent
que depuis deux mois, dit
que pour tirer un effet plaisant
de la tromperie qu'on
faisoit au Cavalier, il falloit
écrire le mesme Billet à trois
ou quatre de ses Amis,afin
que se trouvant tous au mesme
lieu das le mesme tem ps, ilsseregardassent lesuns les
autrescomme des Fâcheux
qui seroient venus mal àpropos
troubler une occasionde
bonne fortune, & que pour
elle qui n'avoit nulle habitude
avec aucun d'eux, ne
les connoissant que de viiage,
elle sengageoit à joüer
le rôle de la Demoiselle du
Rendez-vous, afin de venir
leur rendre compte de la
manière dont tout s'y feroit
passé. On approuva son avis,
& apres qu'on eut copié cinq
fois le Biller, il fut envoyé au
Cavalier, Ôc à cinq de ses
Amis. Chacun y trouvant
dequoy s'applaudir sur son
Inéricc) s'en fit un triomphe
qu'il vous est facile de vous
figurer. Ils le préparerent à
venir auRendezvous; mais
le Cavalier sur tout se mit en
état de charmer la Belle par
sa bonne mine. Il n'oublia
rien de ce qui pouvoir luy
donner de l'agrément. Ilprit
un Habitfort propre, & passa
tout le matin à consulter son
Miroir sur l'ajustement de sa
Cravate & de sa Perruque.
Il estoit encore dans cette occupation,
lors qu'un de ses
intimes Amis vint luy dire
que des Dames l'avaient mis
d'une Partie de plaisir; qu'elles
partoient incontinent apres
le dîné pour aller passer
le reste du jour à une lieuë de
la Ville, & qu'elles l'avoient
chargé de le venir prendre.
Vous pouvez croire que le
Cavalier n'accepta pas le
party. Il prit diverses excuses,
&[on Amyqui n'en recevoit
aucune, persistant toujours à
le presser; il se résolut enfin
à luy découvrir ce qui l'obligeoit
à ce refus. Sa vanité y
trouvait son compte, & il
n'estoit pasfâché qu'on le
contraignist à déclarer son
secret. Apres avoir fait promettre
à son Amy qu'il ne
diroit rien, il luy fit lire le
Billetdu Rendez vous, & ce
fut allez pour luy faire voir
que rien ne l'empecheroit
de s'y trouver. CetAmy sortir,
&le Cavalier plein d'impatience
se rendit au Lieu
marqué une heure plutost
qu'onne l'y devoitattendre.
Ilestoit d'un galant Homme
den user de cette sorte, &
la Belle dont il s'estoit fait aimer,
luy devoit sçavoir bon
gré du soin qu'il prenoit de
la prévenir. Il regardoit toû
jours vers la Porte, & ce fut
pour luy un grand sujet de
surprise, lors qu'une demyheure
apres il vie entrer un
de ses Amis. Il se détourna
pour luy cacher son visage,
&[on Amy qui le reconnut,
ne se trouva pas moins embarassé
que luy. Ils eurent
fort peu de temps à examiner
ce qu'ils devoient faire,
puis qu'un troisiéme survint,
& qu'il fut suivy presque
aussitost de tous ceux qui
avoient reçeu le mesme Billet.
Je nevous dis point quel
fut leur étonnement de se
; rjenconcrcr ainsi l'apresdînée
en un Lieu, où ils ne pouvoient
faire croire que la devotion
les eust attirez. Il n'y
avoit rien de plus surprenant
que ce fust un pur effct du
hazard, & ill'estoit encore
davantage que chacun euOE
eu une raisonparticulière de
venir en ce Lieu-là, Ôc en
mesme jour, & à la mesmev
heure. Ilsavoient tous voulu
prévenir la Belle pour se faire ,
voir plus dignes des sentiniens
favorables qu'elle leur
avoir marquez, & vous pouvez
vous imaginer quel chagrin
cc fut pour eux que la
•
présence de tant de Témoins
qui se connoissoient l'un l'autre,
ne leur permiss pas de
jouir du Rendez-vous. Ce
malheur toucha d'autant plus
le Cavalier, qu'il l'impuroit
à son indiscretion. Il crût que
celuy à qui il avoit confié
son amoureuse avanture, ne
s'était pastû, &que les Dames
qui avaient voulu le
mettre de leur Partie, avanté
appris son secret., luy avaient
malicieusement envoyé des
Espions pour le traverser
da,is son bonheur. Opendantcomme
tant de Gens
liez d amitiéeniembie ne
pouvaient se voir sans estre
obligez de se parler, ilsle
joignirent un moment après
qu'ils furent entrez. Chacun
apporta quelque méchante
raisonqui autorisait [on arrivée,
&ils se donnoient en-
* core ce mutuel éclairciffe-;
ment, quand la Demoiselle j
à l'Habit blanc & à la Fon-.
range rouge, enfra dans l'Etrille,
suivie d'une Femme,
que l'habillement marq
uoic
avancéeenâge. Elles étoientw
toutes deux masquées, & al-j
lércnt se placer à vingt pas4
l'une de l'autre.La; Belle'
ayantdequoyfairenaître de
la curiosité par la finesse &
l'agrément de sa taille, les
Intéressez au Rendez-vous
craignirent de le faire soupçonner,
s'ils la. regardaientsansrien
dire d'elle. Chacun
pour cacher qu'elle fust venuë
pour luy, montra quelque
envie d'apprendre ce'
qui l'amenait, & leCavalier
que l'on connaissait aussi
hardya querprésomptueux
s'offrit aussitôt à lay aUerr
faire compliment. C'était
profiterde l'occasion, sauss
donner sujet de croire que
la Belle l'eust mandé. Il alla.
se mettre a genoux a COlle
d'elle, & il n'y sur pas plutost,
qu'elle luy dit d'un ton fier,
qu'illuy était inutile d'avoir
amené des Témoins de (on
triomphe, & que si elle avait
eu la foiblesse de luv vouloir
quelque bien, dans la pensée
qu'il en estoit digne, elle auroit
la force d'étoufer des
sentimens qui n'étaient dûs
qu'à des Gens difèrers. Le
Cavalier luy jura qu'elle l'acculoit
injustement, que tous
ceux qu'elle voyoit eitoienc
venus par hazard, sans rien
savoirdu Billet qu'elle avoit
eu la bonté de luy écrire, ôc
qu'ils croyoient qu'il ne l'avoit
abordée que par une
hardiesse de Cavalier, qui ne
blesse point les Dames quand
elle est accompagnée de terpe£
t.. Elle, feignit quelque
temps de ne le pas croire; &
enfin comme vaincue par si
passiony elle consentit à luy
donner rendez-vous à la
même heure pour le jour
suivant, dans une autre E(Tlise
,
où il venoit peu de monde.
Les mesures quai faUoie.
qu'elle gardait, ne permettant
pasqu'elle cuit avec luy
une plus longue coverfation.
devantses Amis, qui en auroientpûformerdessoupços
contre lagloire, elle le pria
de les emmener, afin qu'elle
pull sortir sans crainte d'estre
suivie. Illa. conjura de luy
montrer son vilage, mais il
ne pût l'obtenir, & il salut
qu'il le contentat de voir de
beaux yeux, & des cheveux
d'un blond cendré admiras j
ble. Il se retira fort satisfait.
de s'êtrejustifié, & vint dire
à ses Rivaux qu'il n'avait pu
rienSavoir de la Belle, sinon
qu'elle attendait une Dame
pour une im portante affaire,
dontelles devoient conférer
ensemble. En même temps
il leur demada s'ils vouloient
sortir. Chacun se croyant la
Dame qu'attendait la Belle,
jugea a propos de s'éloigner
un moment, dans l'espérance
de se separer des autres, & de revenir au Rendez-vous.
Ils sortirent de l'Eglise, sans
que la Belle eût détourné
les yeux sur aucun; & le Car.
valier qui avoit remisses pr¿.
tentions au lendemain,tâcha
de les engager à la promenade
; mais chacun eut un
prétexte pour s'en dispenser,
& s'eslans quitez presque
aussitôt,ils revinrent tous
, au même lieu par des chemins
diférens. Ils n'y trouvèrent
personne, & ce qu'il y
eut dembaraflfant,cest que
quelques-uns d'entr'eux se
rencontrerent encore une,
fois. Ils rejetterent leur em-i
pressement à revenir sur l'en- ;
viedevoir ce que devien- j
droit la Belle, & ne pouvant,
deviner pourquoy elle avoir:
sitôt disparu, ils se staterent
qu'elle auroit le soin de leur
envoyer de ses nouvelles.
Le Cavalier que le sécond
Rendez-vous avaitremply
d'espérance,s'y trouva le lendemain
de fort bonne heure
&: l'impatience de voir
arriver la Belle le fit d'autant
plus souffrir) que le lieu
estant defert, il se voyoit en
pouvoir de l'entretenir sans
être observé; mais il l'attendit
inutilement. Il ne tira
aucun fruit de ses nouveaux
foins à se mettre du bel air,
& après plus de trois heures
qui luy parurent d'une Iongueur
extraordinaire, ilrut
contraint de sortir, parce
qu'un-Religieux vint
fermer
la Porte. A ion retour, il
trouva chez luy ce fécond
Billet de la-mesme niaia que
le premier.
'Jer'feignis hier ae me rend-re A- Î- A U vos Isrmens pour voxsoter i crivie
de me suivre ; mais je demeuuy
convaincue de voflre indiscretion,
ffi je 'vous donnay
un faux Rende?-VMSJour TO/JI
punir d'avoirdécouvert le véritable.
Je v.doisfietit-eftrr bien
cqueequveoJuCs fachlsrac^'>apjjoîurVOaUmA èritzr imûs lù
GALANT. 2(,
laplus belle Conquejle ne nous
touche point, si elle n'eflfçuë.
Adieu@ joüiffiZ tout à lojlre aise
du plaisir d'avoir parlé, f£)
compu'{ -moy perdue peur touajours.
-
Ce Billet mit le Cavalier
au desespoir. Il se resolut à
rompre avec son Amy qu'il
croyoit toujours avoir trahy
son sècret, & l'ayant trouvé
le lendemain, il s'emporta
contre luy avec tant de violence
,qu'il le contraignit de
tirer l'Epée. On les sépara,
lx. leur querelle ayant fait
grand bruit, tout le monde
en demanda le sujet. Les
Amis du Cavalier qui avoient
eu part à son Avanture,ayant
< voulu en estre éclaircis, il
leur répondit qu'ils se louvenoient
du lieu où ils
étaient venus répier, & qu'il
sçavoit bien qu'ils n'y seroient
pas venus, si on neust
:
pris soin de les aller avertir
qu'il y estoit attendu. L'un
d'eux luy dit sans façon, qu'il
yestoit venu pour son com-f.
pie, & que loin de croirei:
qu'ildeustl'y trouver, 111a-Jr
voit vu avec grand chagrinIj
aussi-bie-n que tous les an- :f?
très, puis que leur présence
avoit mis obstacle à un Rendez-
vous, dont il n'avoir pas
voulu leur parler. Pour luy
faire voir qu'il disoit vray ,
il
luy mit entre les mains le
Billet qu'il avoit eu. Les autres
voyant l'écriture de ce
Billet semblable à celle que
l'onavoir employée dans
ceux qu'on leur avoit apportez,
se mirent à rire
, & les
mesmes termes se trouvant
dans les uns & dans les autres,
ils n'eurent point à
douter qu'on ne les eust pris
pour dupes en lesfaisant
tous venir dans un mesme
lieu. Le Cavalier fllt defàblicé&
rcconnoiffant fcn
injustice, il envoya faire satisfaéhonàson
Amy. Je n'ay
point tcti s'ilsont découvert
par qui cette pièce leur aesté
faite. Je sçay seulement que
quelquesuns d'eux ont entendu
raillerie, & qu'ils ont
conté la chose sans aucun
déguisement.
Mr de la Garde, receu
ConCeiller au Parlement en
1668. est mort le 4.dece mois.
C'estoit un Homme encore
jeune, & d'une très- grande
application pour les Affaires.
Madame de la Tour, Femme
du Maistre des Comptes de.
ce nom, qui estoit de les Vüifines,
estant allée le voir dans
le temps qu'on commençoit
à desesperer de saguérison,
setrouva attaquée de sièvre
au sortir de là, & [cs accès
curent tant de violence) quelle
mourut un jour avant
luy.
Madamedu Tillet est
morte aussi depuis quelques
jours. Elle estoit Femme de
Mrdu Tillet-Nogent,Présidtenc
en la Chambredes
Comptes, & Soeur de MrFreson,
au Parlement.:
WsgpfU AJk
Mr de Lariscourt, Lieutenant
de Roy au Cârelet, cft
more dans le mesme temps.
C'estoit un Gentilhomme,
qui par plusieurs marques
de courage & de valeur qu'il
a données dans le Service,
& par son exactitude à exécuter
les Commissïons dont
Sa Majesté l' honoroit souvent,
avoit méritécette Lieutenance
de Roy qu'il a pod
sedée pendant plusieurs an- *
nées, avec l'estime de foiv
;f
Gouverneur, & l'applaudilsemenc
de tout le Peuple.
La Charge de Professeur
en Langue Grecque deCaën
estantvacante, le Roy a envoyé
ordre au Reéteur, de
cette Université de faire entreren
dispute ceux qui y
prétendent, & SaMajesté
veut qu'après que cette dispute
aura esté faite, on luy
nomme
-
les trois Afpirans,
qui auront paru les plus"ha-"
biles, afin qu'Ellefasse tomber,
son choix & ses grâces,
surceluy d'entr'eux qu'Elle
jugera à propos de préférer.
On a de la gloire à obtenir
ainsi des Emplois, puis qu'on
ne les donne qu'au véritable
1 mente.
L'Air qui fuit est tout nouveau
, & de la façon d'un de
nos plus sçavans Maistres.
AIR NOUVEAU. AH, Ne mep.iriez-plm des don-
(curs de La vie.
L4 marteftleftulbi'en f}lrJl.l!C mon
cftoh;
J\iy sust tout mon honhiur cCcfire
aime de SUnie,
VInçrAteo renonce a mevoir;
Ah) nemeparlez, plus ehs do;cran
de 1.1 vie.
vais, le Magazin des Tapitferies
de la Manufacture
Royale de Flandre, comme
le Roy luy en avoit donné
l'ordre; & pour répondre à
l'intention de ce Grand Monarque,
& ferisfaire l'amour
qu'il a luy
-
mesme pour les
beaux Arts, qu'il cherche à
faire fleurir par toutes fortes
de voyes, il vint le Jeudy 14.
de ce moisàl'Académie
Royale de Peinture, & Sculpture
dont il est le Protec-
;
teur. Il y fut reçu au bas
du degré par Mrle Brun qui,
en est Diredeur, & Chancelier,
& par Mr de Séve
l'aîné , qui faisoit pour lors
la fonction de Recteur. Ils
estoient accompagnez de
plusieurs autres Officiers, &
Académiciens. Mr de Louvoys
vit d'abord la Salle de
Géometrie, & d'Astronomie,
& ensuite il entra dans celle
où les Aflemblécs se tiennent.
Il y considéra quelque
temps les Ouvrages de Peinture,
& de Sculpture, qui
avaient elle fairs pour les
Prix que le Roy donne tous
les ans aux Etudians, qui travaillent
sur un sujet proposé.
Il s'estoit donne la peine
quelque temps auparavant
de les aller visiter pendant
qu'ils travailloient aétuellement
à ces Ouvrages, &
estoit entrédans le détail des
Ordres qui fontohfcrvez
dans l'Académie pour cmpescher
qu'ils ne ment aucun
secours pour ce travail,
que celuy que leur fournit
leur propre génie. Si
-
tost
qu'il se fut allis dans le Fauteuil
qui luy avoit estépréparé
sur une Estrade, Mr le
Brun, qui en labfence du
Proreéteur préside à l'Academie
, se mit à sa droite,
& lesRecteurs & Professeursaprés
luy. Mr le Chevalier
de Nogent qui avoit
accompagné Mr de Lou.;.
voys
,
fut prié de se mettre
de l'autre côté au prés de ce
Ministre; & Mr de Séve
,
le
Professeur de mois & tous
les Conseillers; prirent leurs
places du mesme coté.Après
cela M Guillet de S. George
lût le Discoursque je vous
envoyé. U"tr
à» iAejbe-m3 9nM~q
MONSEIGNEVR.,
L'Académie regarde l'honneur
quevous luyfaites aujourd'huy
comme le comble des graces
dont vous l'arvez favorisée
pendant le cents de cette année.
Elie avusa Pension augmentée
parvos recommandations auprès
Au Roy
, & s'eflainsi trouvée
en état de fontenirune dépense
necessaire à toutes ses fonctioni".
ElleAvu témulation saccroître
parmy ses Elèves
, non feulement
par les nouveaux Prix qui
se font diflribue%fous vos auf
pices a la fin de chaque Quartier
; maii encore par la bonté,
& par la "vigilanceque vous
leurave% marquée ces jourspass
pzJ en venant icyvous-mesme
à des heures inopinées pour eflre
le témoin de leur travail. Aujeurd
buy elle voitquevousvoulez
bieneflre leur Arbitre, lors
que elyerebant a ïenvy la persession
de leur Art, ils ne Je disputent
la viéloire que pour Je
ri ndre plus dignes de représenter
toutes celles du Roy. Ils [ça.
ventyMonseigneurs quecesî
vitre intention5 rjr l'objet des
Prix que vous leur préfMrez.
CV/Ï iuflafeule, ambition que
rAcadémie leur i*nfptre. Chaque
jour elle confitlefoin de leurs
progrèsa laconduiie particulière
du Recteur
, e du Prefejjeur
quifont en exercice; mais elle s'y
applique toute entiere dans les
Délibérations des /tfjemblées
qu'elle tient. Vous ntignore^
pas, Mmfeigneury que lAssemblée
élu premier Samedy de chaque
mots efîdessinée à des Conférencesgénérales>
tant pourcon-
Jerverlesprit desocieté,& d'union
parmy les Académiciens,
dqeue pour agiter quelqueQuejlton
l'Arty quifaffe <Voirceque
les unssçavent déjà, & ce que
les autres doivent apprenare.
Amfydans la premiere Conférence
de cette année, M1Monter
afait lfaftre d'unDifimrs qu'il
a composésur la lumiere, &sur
lesombres. Ilyexplique la manieredetraiter
ces deuxParties
de la Pçintu&e
1
félon que les
ohfets du Table4# font di-versement
opptfe^ au corps lumineux„
Dans 14 fécondeConférence
on lût unDifcoundeM1 Champagne
contre les Copiflcs des
maniérés,qu'ilaccuse de peu de ejde peu d'mdufwe
fe/nt./.cJsbeabraoarmnantaunefervdemu- Jle i1*
ration.
Dans la troisiéme on fit lecturc
etun Discours de M Renaudin
sur le Bachus antique,
& fttr les inflruflicns que les
Etudiant en peuvent tirer.
Dans mbléefuivante
la Comptante ayantconfideré
qw la plupart des Tableaux qui
ont eslé faits pour la recepiion
d'esAcadémiciens,representoient
foisdesfiguresallégoriquesles
plxsgr>ndsEvénement del'Hipire
du Roy 3Elle m'ordonna
d'en faire les explications 3{0
Ùnviales Académiciens à me
SonnertinAbrégé de leur3 fensecs
; mais comme tous ces memoires
ne mont pas encore esie
fournis>il ne mapaseftepojfible
de ranger ces Discours félon lordre
des années. Ainsi sans observer
lafuite des temps de chaqhuceîurEefvuéntementyma
premiere
line explication du
Tableauallégorique de AI Friquct.
Il avoitprispour sujet la
Campagne que le l{oy fit em
Flandre l'annéetàk-j.&lapremière
Conquefie de la Franche*
Comté; au commencement de
l'annéesuivante; ce qui, furoy du Trttité iAix la Chapelle,
& donna lieu au Peintre
de marquer combien, cette Paix
fut oforieufe au Roy, avantageuse
a la Frdtnce, $ favorable
aux Sciences, @¡ aux beaux
Arts.
Le premier jour de juillet je
lus dans l'Affimblée l'explication
du Tableau de AirPaiSet, d,ontles/efn~sallégocrniq~uee~xp~r7i--
moit la Bataille des Dunesdonnée
le 14.Juin 165S. ce qui favorisa
la fécondéprise de Dunkerque,
dr facilita la Paixdes
Pyrenées, dont le Peintre marque
les avantages.
Le5.jourd'Aouftj jelus un.
Discourssur le Tableau allegorique
de A4' Hovafjc qui ngarde.
Ietatymsetrouvala Hollande,
lorsqu'en 1&71. te Royy sir en
l'erfinne une Campagne>&
quesavaleur cm sa prudencey
surmonterent tes diversobifacles
du Rhin, desForterêssesj (gjr du
CAnpement des Ennemis> cfià
furent autant de vaines refiurces,
quele Peintre a trouvé l'art
de sir,urer. :
Sours vos ordres,Monfet.
orneur1 je dcnneraj le ressedes
,Explications a mesurequ'on m)ert donneralesA4moiresy trop heu- tveux,sima plumepsuvoit répon-
>
dre à l'ardeur de mon%ele, & à
Lricftfjfediunematiereyoù,fin4&
5MFF.CURE
trevoj par tout les traces devos
importas jerinces
,
parmyles
Joins que le Roy,prend de porter,
& dc maintenir les Armes,t
les Sciences3 & les Arts, dansi
une fplendcur qui n'a point entore
eu d' fgale. ; »r..:^r)rn y MdeLouvoisayant marque
la satisfaction que ce
Discours luy avoit donnée,
& celle qu'il recevoir de voir,
que cetteCompagnie ne
prenoit pas seulement le soin
de donnçr des Leçons aux t'
Etudians sur l'étudedes Modelles,&
d'aprés les Desseins
des Professeurs,avectoute
l'exaditude possible, mais
qu'elle s'appliquoit encore
principalement à rechercher
tout ce qui pouvoit contribuer
à la perfection de l'Art
qu'elle professe, distribua
luy-mesme les Prix à ceux
qui les avoientméritez, sur
le raport que le Secretaire luy.
fit des sentimens de l'Académie,
quiavoît examiné; & ju- jgé dumérite desOuvrages de
ceux qui y aspiroient. Je ne
vous répete point en quoy
consistoiet ces Prix. Je vous
en fis une description la dermiere
fois qu'on en donna,
& on n'y a rien changé cette
année. Il exhorta les Eléves
de s'appliquer fortement au
travail, & les assura des gratifications
de Sa Majesté, s'ils
continuoient dans la mesme
ardeur.Il promit mesme qu'il
en donneroit tous les mois
à quelques pauvres Etudians,
parce qu'on luy représenta,
que n'ayant pas eu dcquoy
étudier, ils n'avoient pû persectionner
les Ouvrages ausquels
ils avoient travaillé
pour les PriX". L'A(Tembl:'c
finit par les loüanges qu'on
donna à ce Mmillçe5 qui
s. -*
s'attache avec tant d'exactitude,
de bonté, & de
genérosité pour la gloire du
Roy, & de la France, à l'avancement
des Arts. Avant
que de sortir de l'Académie,
il paiTa dans la Salle où les
Modelles estoient posez en
attitude, & où les Etudians
& Desssinans estoient dans
leurs places fous la conduite
du Professeur. Il fut reconduit
à ion Carrosse par toute
la Compagnie. Le Sieur Péron
vend toutes les Estampes
gravées d'après les Graveurs
de cette célébré Academie,
dont il est Concierge,
&; d'a prés divers Tableaux
des Peintres de lamelmc
Compagnie.
Madame la Marquise de
Coeuvresest morte icyd^j
puis peu de jours, d'unesi
vre qui luy a causé un transport
au cerveau. Elle n'avoit
que trente-ans,& estoit dans
le quatriéme mois d'une
grossesse. Elle estoit Filled feu
Mr de Lyonne, Ministre
&Secrétaired'Etat, &a
épouséen 1670. François AnnibaldLEflrèes111.
du nom.
Marquis de Coeuvres,Gouverneur
& Lieutenant General
pour le Roy de l'Isle
de France, Fils de François
Annibal II. du nom, Duc
d'Estrées, Pair de France,
AmbassadeuràRome, &de
Catherine de Lauzieres-Thémines,
& Petit-Fils de François
Annibal Duc d'Estrées,
Pair & Maréchal de France,
qui est mort âgé de plus de
centans.
Madame la Marquise de
Valençay est morte environ
dans lemesme temps. Elle
estoit Fille aînée de François
de Montmorency de Bouteville,
Soeur de Mrle Maréchal
Duc de Luxembourg,
& de Madame la Princesse
de Meklebourg, & avoit
épouse Dominique d'Estam-
:
pes, Marquis de Valençay,
Fils de Jacques d'Estampes
II.du nom,Chevalier des
Ordres du Roy, Grand Maréchal
de Logis de la Maison
de Sa Majesté, Lieutenant
Colonel de la Cavalerie
Legére, Gouverneur de
Montpelier, & de Calais,
mort à Boulogne en 1659.
'! Mc de ValençayChevalier;'
cb Mahhe, Grand-Croix,&
Bailly de son Ordre, & qui
est mort Grand
-
Prieur de
France If estoit Beaufrere de
cetteMarquise. Elle
., a eu
trois Fils,dontl'aîné est mort, ,laissedes Enfans. Les
deuxautres sont,Mr le
Comtede Valençay,Exempt
des Gardes du Roy, & Mi:
=
le Chevalier de Valençay.,
•u Cesmorts ont estésuivies
de celle de Mr le Chevalier
- de Humiéres, Commandeur
,i de Villiers au Liége,Abbé
4deS. Messant,& de Preüllly,
.,. ôc Seigneur de Bassigny.Il
lefloit allé prendre du Lait à
Baville, où il a esté surpris
d'un épanchement de sang
qui l'a fait mourir su bitement.
Loüis de Crevant II.
du nom, son Bisayeul, Vicomte
deBrigueil, Capitaine
de CentGentilshommes d'armes
de la Maison du Roy,
Gouverneur de Compiegne,
& de Han, fut fait Chevalier
du Saint Esprit en 1619. &
mourut en 1646. âgé de 83.
ans. Il avoitépousé Catherine
de Humiéres, Dame de
Monchy, Fille de Jacques
Marquis de Humieres, Chevalier
des Ordres du Roy,
nom sd 2/m<j
Gouverneur de Péronne, &
Héririere de Charles, Chevalier
des mesmes Ordres,
son Frere, dont il eut
Loüis de Crevant III. du
nom, Marquis deHumiéres,
Gouverneur de Compiegne,
Capitaine de Cent Gentilshommes
de la Maiion du
Roy, & Pere de Loiiis de
Crévant IV. de ce nom,
Marquis de Humiéres, Vicomte
de Brigueil, Maréchal
de France, Gouverneur
de Compiegne, de Lile, &c.
Frere de M le Chevalier de
Humiéres, dont je vous apprens
la mort.
Celle de Messire François
de Vaudetar, Marquis de
Persan, est arrivée presque
dans le mesme temps. Il
estoit Enseigne des Gardes
du Corps du Roy dans la
Compagnie de Mr le Duc
de Luxembourg. Mr le Cointe
de Montesson, le plus ancien
Exempt de cette Compagnie,
a esté pourvû de cette
Enseigne par Sa Majesté.
Ce Comte a commandé
long-temps les Gardes qui
servoient auprès de la feuë
Reyne, & ensuite ceux qui
font au prés de Madame la
Dauphine.
Mr le Marquis d'Urfé
épousa ces jours passezMademoisellede
Gontaud -Biron,
Fille d'honneur de Ma-
-dame la Dauphine. Elle cft
dans une estime generale
pour les agrémens de sa personne,
& pour la douceur
de son esprit, Mr le Marquis
d'Urfé en a infiniment. On
ne doit pas en estre surpris
;, le coeur 6c l'esprit ont toujours
éclaté dans cette Maison.
Je vous en ay fait un si
grand détail dans l'une de
mesLettres, que jenecroy
pas vousen devoir dire davantage;
les bords du Li- 1
lgenon sont connus de tout monde
,
&: l'on ne sçauroit
s'en souvenir sans se re-•
mettre en mémoire la Mai-1
son d'Urfé. Quant à celle de |
Gontaud-Biron, elle tire son 1
origine de
1
Perigord où est 1
situé Biron, petiteVilledans I
les Montagnes du côté de
Quercy, l'une des ancien- I
nes Baronnies du Pais que I
le Roy HenryIV. érigea en j
Duché en faveur de Charles
de Gontaud, & qui a au jourd'huy
le Titre de Marquifat.
Jean de Gomaud. BaronM
de Biron, après avoir eue
Ambassadeur pour le Roy
en Angleterre, mourut des
blessuresqu'il reçeut à la Bataille
de Saint Quentin en
1557. Il eut d'Anne de Bonneval,
Dame deCheboutonncs
, Armand 4e Gontaud,
qui se signala aux Batailles
de Dreux, de Saint Denis,
de Montcontour, Se à divers
Sièges. Le Roy.HenryII£
l'envoulant récompensèr,
Igy donnale Bâton de Marech^
J de France en 1577la.
Lieutenance Generale du
Gouvernement de Guyenne^
èc le fit Chevalier du Saint
Esprit en 1581. Apres la mort
de ce Prince, il fut le premier
qui se déclara pour Henry
le Grand, qu'il servit utilement
aux Journées d'Arques,
d'Ivry, &ailleurs. Il
fut tué en 1592. devant Epernay
en Champagne
,
s'estant
avancé pour reconnoître la
Place. Il laissa trois Fils de
Jeanne Dame d'Ornesan, &
de Saint Blancard, sçavoir
Charles de Gontaud, Jean,
& Armand. Ce dernier fut
tué au Massacre d'Anvers en
1)83. Charles de Gonraud fut
Duc de Biron, Pair, Amiral,
& Maréchal de France, Gouverneur
de Bourgogne & de
Bresse. Jean de Gontaud son
Frère qui a continué la posterité,
épousa en premieres
Noces Jaqueline de Gontaud-
Saint Céniez; Dame de
Bedefou, 6c en secondes,
Marthe-Françoise de Noailles,
Fille puifnée de Henry
Baron de Noailles, dont il
eut Henry Mettre de Camp
du Regiment de Périgord,
mort à Paris d'une ch1 ute de
Cheval en 1636. 6c François
deGontaudMarquis de Biron.
C'est de ce Marquis,
& de Dame Elizabeth de
Cosse, Fille puînée de François
Duc de Brissac, qu'est
sortie Mademoiselle de Gontaud
, dont je vous apprens
le Mariage. Outre ce que je
vous ay déja dit que le Roy
avoit donné à ces nouveaux
Mariez en considération de
cette alliance, Sa Majestéa
mis Mr le Marquis d'Urfé
auprès de Monseigneur le
Dauphin
, avec la Pension
des Seigneurs qui doivent
toujours accompagner ce
Prince. Mademoiselle de*
Gramont, Fille du Comte de
ce nom, & Nièce de feu
Mr le Maréchal de Gramont,
a esté choisie pour
remplir la place de Fille
d'honneur de Madame la
Dauphine,que quite Mademoisellede
Gontaud.
Le Roy qui devoitpartir
le 18. de ce moispour aller
prendre le divertissement de
la Chasse au Château de-
Chambor, n'estparty de
Versailles que le 2,1. La maladie
de Monsieur a esté
cause de ce retardement,
& elle auroit mesmsempesche
tout à fait ce Voyage,
si Sa Majesté, qui a une
extrême tendresse pour ce
Prince, & qui a témoigné
beaucoup de chagrin de ion
mal, n'avoit esté assurée avant
son départ qu'on n'en
devoit appréhender aucun
dangereux effet & ne l'avoit
mesme vu presque entièrement
guéry. Ce mal
estoit une fièvre doubletierce,
avec des rédoublemens.
Unesaignée du bras,
& du pied, que ses Medécins
firent faire fort à propos,
jointes à quelques autres
reinedes,donnerent d'abord
un grand soulagement
à ce Prince , Bc le Remede
Anglois a achevé d'emporter
sa fièvre.Tant qu'on a
crû sa maladie danc;creu(e„,
le Roy est venu le voir tous
les jours. Monseigneur le
Dauphin, & Madame 1»
Dauphine
, y sont aussi venus;
& toute la Cour, qui a
esté sensiblement touchée
de son mal, en a donné des
marques par rempressement
qu'elle a témoigné en le venant
voir en foule.
- Vous aurez les nos de ceux
qui ont expliquélesEnigmes
du dernier mois, dans l'Extraordinaire
qui fera donné
le 15. du mois prochain. En
voicy deux nouvelles, qui
viennent des Nymphes enjoüées,
Clione, & Rozelinde.
ENIGME.
JE laiffi d part& ma vie, c7 ma
mort, Mes courts ch1evIeurx .acterneuIel verdure,
MAcouleurjaune, dr maforte na*
ture.
Voicy le reste de monfort.
Pourmieuxagir,fay doubles:
Aimes.
Les employant avec ligueur,
le détourne cet maux,féloigne leurs
allarmes,
le mets l'ordre ou je plfJlè) &j'en
accrois les charmes.,
lefais plAijir, ô~ mtfme bonnettr,-
Mais ce quonaw>i peine àcroi-reDl
Je deviens Jccquandjefuis en
repos, Etg,dans mesplus grands tra~
vaux,
Rije n'attaquepeintsans gagner
la viBoire.
Le plus fou-vent dans les jCl/nty
ForeHs
Je vais,ieviensyje moccupe à.fll:
Chasse; fajujleend'autres, desfilets
Avectant cCadreffe & ài prace-
^ueplusd'un coeurs'y prend avec
plaijîn
Mais quelque course que jefajfcy
^uej'aillevifiC) ou que j'aille à
, loiJiry
Jamaisje ne me ItfJ/è.
AUTRE ENIGME.
JEfors des hauts Lieux, &j'y,
fers
.AIres avoir pajsjme/pAr t«es lAMX, par
lesfrs,
Eaux bouillantes dontDieu vous
garde,
frrstranchans acouper chairdouillette
en moueaux•,
Au Curieux qui me regarde,
Qujemontre les dents, ouje tourne
le dos.
Bien que je naffecteperforwe
Dans lesfirvices queje rends,
Iamaù mesfoins nejont indiférens
A celles a qui je les donne.•
lTêeffutiuschcheerar uauBBrurunneett.ypplulusseennccoorree aai»t
Mon tmploy flatft aux gNAIs, &Ji. -verùtItsmvrniM
Et pourtoutdire enil,, ilfaidtmeeîsmsepCortoerarunxpelussGaylans
Sans qu'ils. etifoofrtr,i de chagrin
L'Article des Modes nouvelles
quevous attendez,
n'est pas unechosefacile, &
l'on voit -encore si peu d'Habits
d'Hyver, qu'il efl; mal-
.1
aile d'assurer quelles Mocfcl
auront le plus de cours péndant
cetteSaison. Cependant
je vous diray qu'on fait
des Jupes de Brocard d'or.,
dont le devant & le zetm
d'embas sont d'un Brocard
diférent de celuy du reste chfl
la Jupe, ce qui épargne à
celles qui s'en servenr
les
Points d'Espagne qu'on met
ordinairement (tir les Jupes
qui ne font pas de ces Bro
cards. La plupart des Dames
qui veulent des Jupes tajBj
nies, mettent dans le milles
de longues Agraphes, ave
des Boutons &des Boutonnieres
comme les Hommes
les portent sur leurs Brandebourgs
;*en fuite on met un
Point d'Espagne de chaque
codé, après quoy on met un
autre rang d'Agraphes, &
puis un autre Point d'Espas
gne,&ainsi alternativement,
îùivantla quantité quon
veut de ces ornemens. On
ne fait plus tant de Gorges
rondes aux Manteaux, &
l'oncommence à en couper
beaucoup en coeur. La plupart
des Manches font haurics,
& attachées par des
.t
Agraphes pareilles à celles;
qu'on met au devant des Ju-;
pes. On en met tout autour
des Manches. On porte
beaucoupd Etofes rayées.
La plûpart des Souliers fons
à l'Angloise avec des Bour
cles. Jamais on n'a tant ports
d'Echarpes, toutes de Den- i
telle; on n'y laisse pas feule- -
ment un doigt de Taferas) i
& la Dentelle est cousuë sur
un Cordon. Presque tous les
Habits des Hommes font de a
Drap brun tirant far la cou--3
kur de Musc; on les garnit 3j
de Boutons d'or filéy avec a
des-s:
des Gances de mesme.Les
revers des Manches font de
[Brocard, ou tout or, ou tout
sargent, ou meslé. Ceux qui
arn veulent de moins riches,
ICn prennentdeMoiiere, tout
¡or, ou tout argent. Quelques
grands Seigneurs portent des
Manches relevées, entourées
de Dentelles d'or,& attachées
avec de gros Noeuds
Wc tissus d'or. On ne porte
çoint de revers aux Vestes,
le les Manchesfinissent juc.
isement à l'endroit où elles
Revoient estre rcnverlees. Il
Tena beaucoup dontlelre-»
bords sont travaillez, & forment
un dessein qui finit la
Manche. Plufieurs* font encore
garnir leurs Cujptes
avec des Toufes de Rubaps
qui font d'espace en elpaçc,
& que l'on appelle Bouquets..
Rien n'cit flmagnifique que
les Noeuds d'épàule & d*
pées de quelques grands Sei,
gneursjils (ont de diférens
tissusdor. On attache aux:
costez d'une partie de ces;
tifliis des Campanes or &car--
gent, & d'autres de mefmcc
iHaniere aux bouts, & qu'on:
appelle Glands, parce qu'et,.,
-,.-.:..,',ut.K"
ïlcs font plus longues. La :mode la plus nouvelle cft de
larges Rubans unis, sur let
quels on coust divers morceaux
de Point d'Espagne or
& argent, qui forment plufleursfortes
de figures. Les
costez &i les bouts font aussi
garnis des Campanes dont je
• viens de vous parler.On fait
: des Sur-tout qui n'en ont
que les Manchesy lerefle
1reiTemblant plus à un Jufteau-
Corps qu'à un Sur-tout.
:";Il estàcroire que quand le
froid fera revenu, onfera les
• Corps assez larges pour poiu
voir mettre un Juite-au-corps
dessous, & ce seront alors de
véritables Sur-tout. On porte
des Bas mêlez de foye & de
laine, pour lesquels on ne
s'assujetÏs pas tout-à-fait à la
couleur de l'Habitua cause
du mélange. Ces, Bas font
roûjoursrayez à l'endroit où.
ils le roulent.J'espere vous
en mander davantage le mois
prochain.
Comme les Comédiens.
Italiens ont donne *depuis,
1 deux ans toute leur application
à mériterl'aplaudiflement
de leurs Audiceurs, &
quepouryreussir, ils n'ont
1épargné ny foins, ny dépenfè,
toures les Pièces nouvelles
qu'ils ont jouéesdepuis
ce temps-là, ont eu des
succés qui ont pasle
ceux
1
qu'on auroit pu esperer autrefois
des Ouvrages les plus
achevez. Tout Paris y court
>en foule, comme aux preinneres
représentationsde
l'Opéra. La Satyre vive, &:
(juste dont plusieurs de leurs
iScenes font remplies, paroist
ixpirofitablc & de bon goûtj Oles vices & les folies des
IPrancCois cfsttaannst ddèeuuxx mmaattiicc--
res inépuisables, ils peuvent
se promettretoujours de
très grandes AfTemblées3
s'ils continuent à donner des
Comédies de ce caratlere. Ils,
en representent une depuis
trois semainesintitulée, LA
Toisond'or Comique, dont les.
seuls Articles du Mariage
d'ArlequinJalon, peuvent.
divertir les plus serieux.
Je vous envove deux Livres
nouveaux, que vous
pouvez faire voir à tous les
Sçavans de vôtre Province.
La matiere leur en plaira
d'autant plus3quelleestrcBevee
par la netteté, & par
(l'agrément du style. L'un a
[pour Titre, Dïscours d'Eusebe.
iEvêque de Cesareey touchant
Hes Miracles attribue% par les
iPajensiàApollonius de Tyane;,
& l'autre), Dïscours de C/ftment
Alexandrin.pour exhorter
»iles payens aemkrajjer la Reli- Cbrétienne. Ce font des.
Traductions faites par Mr le.
[ Préfidcnt Coufin,qui estun [Homme d'une profonde é-
: rudition, dont nous avons,
déja la Traduction de l'Hifloire
Bifantine. La Langue
Grecque luy est famillere,&
vous ne douterez point de
la bonté de ses Ouvrages,
quand vous fçaurez quT'il a
esté nommépoùr examiner
une partie des Livres qui se
donnent au Public, & que
c'est far son raport que l'on
accorde la permission de les
imprimer. Le Sieur de Luyne,
Libraire au Palais,v qui
débitéles* deux Discours
dont je viens de vous parler,
commence à vendre un autre
Livre nouveau intirulé,
Dom Henrique de Castro, ou
la Conquefie des Indes. Je fuis,
Madame vôtre, &c.
A Parls ce 30. Septembre 1684.
Toute la réponse que je puis
faire à celuy qui m'a fait la
.U,race de m'écrire de la Haye,
icejl que femployeraysa Lettre
idans le XXVII. Tome de
\l'Extraordinaire qui paroiftr"
\/e
15.
du mois prochain. Comme
\ladecision des doutes qu'il pro-
Wofe sur la Langue eff laffaire
\du Publiç) je ry en apprendray
\M1es fre,nti"rnr>en.,'y s.-t'l: s"'-e''xVphlliiqnu"pe Ml'--
, l JJ"- 1
- ---"
Avispourplacer lesFigures.
L'Air qui comnitncr par T,,ot!.;s mj;rsonne
desLauriers, dur: rc-rJcr
la pagegt,.
La FeüilleItalienne doit rc^a;dcr la
paee107.
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaqueMois, & on
le vendra,aussi-bien que l'Extraordinaire,
Trente sols relié en Veau,
&Vingt-cinq sols,en Parchemin.
A PARIS,
Chez G.DE LUYNE,au Palais, dansla
Salledes Merciers, à la Justice.
Chez C. BLAGEART, Ruë S. Jacquet,
à l'entrée de la Ruë du Plâtre,
EtensaBoutique Court-Neuve du Palais,
AU DAUPHIN.
EtT. GIRARD, auPalais, dansla Grand*
Salle; à l'Envie.
M. DC. LXXXIV.
JWEC PRIVILEGEDV itler-4
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume. p Rébide, contenant plus de vingt
ASlions du Rey, qui fo.it autant
de Nouvelles, 1
Extrait d'une Lettre de Siam, 73
Autres Nouvelles tj,e Siarp, 79
Corps d'un Arthïèefque de Tours qui
vivait l'an 1191. trtttVé dansl'Eglise
Cathédrulè de lamesme siste, 80
Jvl- de Mailly est élu Prieur de S. Vi- ctor, OteagAv, 8.,-
SonnetIitr la derrière Ecllpfe, 9+
Lettre curicitfcsur le mefmcsujet, 97 deAï,le Comte de Grignan,
1:l
Mr~orts~, c~~;-~ 156 139
Abjurations, 143
Le Satire&le Loupt Fable, 147
Prodiges etefpris,is7
Confecratt'onde£Eglisedes Capucins de
Vdlogne, 164
Sonnets, 167
Ai.le Comte de Tonnersetflrefen Pi'Cm
er Gentilhomme de la Chambre de
JAotffi:Ut-, ï"4
r.il:¡:raratvsc,1c7é VrledeSainte>'a:vrf avecdetl'st'Srere--
7n.vf.4ss car,'en inrLJJÎe dece nom,
&jurfafituath/:, J90 1eltrecontenaniurs particularité*.
1euebant le Pere Couplet Jefmtc, ar- rvé depuis peu de la Chine avec If"
jehrie Ch'mis, iii
Bot.s ofifces rtit1><parM.de Gaillera-
,r:teS AUX Vcyili.cns, 115
7*1tiraogee,, 122266 j\bb.ycs données par le Roy, 1 Njuveaux Rerlmcnsdonnez.par le RJ)',
Il;;::: lesNom:Çjla Fami/lc ds ceux l:<on:an, 128
1_:,.(1,:"" MJ-j'ïoiicre,S2241'.' Dr f'.:ite ordonnée par le Roy pour la
CbarredeVio'ePeur en La-içat
à J JJ l.)
GrecquekCaën, iyï
Tout ce qui sefi paffé a l'Académie de
Peinture &de Sculpturelejour de la
dijbilfHtUndcsYriXr X75
1Vhn.r. i .¡ ;.. 1.-0 , 2.90
M. le Comte de MontejJin est nommé
Enseignedes Gardes, 23)5
Viartage de M. dtVrfè & de MademoifeliedeGontand,
197
Ma&ladieJd'eyW;m,f.i.eur,Départ du jclJ
Enigmes, 306
Mnomtelles, 509
Findela Table.
AVIS ET CATALOGVE
des Livres qui se vendent chez
le Sieur B/ageart. REcherches curieusesd'Antiquité,
contenues en plusieurs Dissertations,
sur des Médailles, Bas-reliefs,
Staruës, Mosaïques, & Inscriptions
antiques, enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille-douce. In 4. 7l.
Sentimens sur les Lettres & ssirlhif-
Itoinre,davoec dueszScreupu.le3s su0r lefStil.e.
Lettres diverses de M. le Chevalier
d'Her. Indouze. 30 f.
Nouveaux Dialogues des Morts,
Premiere Partie. Indouze. 30f.
Seconde Partie des Dialogues des
Morts. ln douze.30f.
Jugement de Pluton sur les deux Parties
des Nouveaux Dialogues des
Morts, 30f.
La Duchelle d'Estramene. Deux
Volumesindouze. 4° r.
LeNapolitaift,Nouv.îof.
Académie Galante, 1. Partie, 30 f.
Académie Galante, II. Partie, joL
Cara Mustapha, dernier Grand Vizir,
Histoire contenant son élévation, les
amours dans le Serrail
,
ses divers emplois,
& le vray suj et quiluy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec sa
mort, 301.
Histoire du Siegede Luxembourg, 50f.
Relation Historiquedetout ce qui s'est
fdait duevaRnt Goénesypar,5l'Ar0méefNav.ale Reflexions nouvelles sur l'Acide &
sur l'Alcali.Indouze. 50f
LaDevineresse,Comedie. ijf.
Artaxerce, avec sa Critique. 15f.
La Comete, Comedie. 10 f.
CoversionsdeM.Gilly&Coprdil.20f.
Cent vingt-sept Volumes du Mer
cure, avec les Relations & les Extraordinaires.
Il y a huit Relations quicontiennent
Ce qui s'est passé à la Ceremoniedu
Mariage de Mademoiselle avecle Raid'Espagne.
:,Le Mariage de Monsieur le Prince
de Conty avec Mademoiselle de Blois.
Le Mariage de Monseigneur le Dauphin
avec la Princesse Anne-Chrestienne
Victoire deBavicre.
LeVoyagedu Royen Flandre en 1680.
LaNégotiationdu Mariage de M.le
Ducde Savoyeavec l'Inf. dePortugal.
Deux Relationsdes Réjoüissances.
qui se sont faites pour la Naissance de
l^lonfeigncurleDucde Bourgogne.
Une Description entieredu Siege de
Vienne, depuis le commencement jusqu'à
la levée du Siege en 1683.
•
Il y a vingt-sixExtracidinaires, qui
ouue les Questionsgalantes, ce d'érudition,
& les; Ouvrages de Vers, contiennentplusieursDiscours,
Traitez,
& Origines, sçavoir.
DesIndices qu'on peut tirer sur la
maniéré dont chacun formeson Ecriture.
Des Devises, Emblèmes, Se Revers
de Médailles. De la peinture, &
de la Scupture. Du Parchemin, & du
Papier. Du Verre. DesVeritezquisont
contenues dans les Fables, & de l'excellencedela
Peinture. De laContestion.
Des Armes, Armoiries,& de leur
progres. De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cérémonies. Des Talismans. De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philosophale.
Des Feux dontles Anciens se
servoientdansleurs Guerres,& deleur
composition. De la simpathie, & de
l'anthipatie des Corps. De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée, & de ses
diférentes especes. De ce qui contribue
le plus des cinq (ens de Nature à la satisfaction
de l'Homme. De l'usage de
la Glace. De la nature des Esprits folets,
s'ils font de tous Pais, & ce qu'ils
ont fait.De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, &de seseffets. Du fréquent
usaçe de la Saignée. De la Noblesse.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire.Des effets
de l'Eau minérale. De la Superstition,
àc des Erreurs populaires.Dela Chasse.
Des Metéores, & de la Cometeapparuë
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France. Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention,trespropre
A estre renduëuniverselle,avec
celuy d'une Langue qui en resulte, l'un;
& l'autre d'un usage facilepour lacommunication
des Nations. De l'air du
Monde, de la veritablePolitesse,&en
quoyil connue. De la Medecine. Des
progrés & de l'état présent de la Medecine.
Des Peintres anciens,& deleurs
manières. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin.Del'HonHeftetéJ5cdelavéritableSagesse.
De la Pourpre
8c AèL'Eçarlate, de leur diférence, 8c
deleur u(aoç>. De la rrarcu: 1ft pluset
sen~Jelle de la véritable moitié. L'Abrégé
du Didrionnaire Uni,,(dèl.,DlJ
mépris de la Mort. De l'origine des
- Couronnes, &: de leurs es~ptces. Dc-,
Machinesanciennes &r modernespeur
élever les Eaux. Des Lunetes. Du Secret.
De la Conversation. De la Vie
heureuse. Des Cloches,&de leur antiquit&.
Dée bonnes & mauvaises qua-
Iitez del'Air. Des Bains. Du bon &
du mauvais usage dela Lcâtire. De la
facile construction de toutes sortes de
Cadrans Solaires;& des Jeux..I<jij.*r,-y:
On fêta une bonne composition à
ceux qui prendront lescent vingt-sept
Volumes, ou la plus grande pâme.
Quant aux nouveaux qui se débitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente sols en veau, & de vingt-cinq
-il parchemin.
Outre les Livres contenus dans ce
Catalogue, on vend aussi chez le Sieur
Blaigeart toutessortes de Livres nouveaux,
& autres. On ne marque icy
queceuxqu'il a imprimez, à la reserve
les Recherches d'antiquité, qu'on
trouvechez tres-peud'autres Libraires.
Il ajoûtera à ce Catalogue les Livres
nouveaux qu'il donneradetemps en
temps au Public.
On ne prend aucun argent pour les
Memoires qu'on employe dans le Mercure.
On mettra tous ceuxqui ne desobligeront
personne, & ne bleflèront point
la modestie des Dames.
Il faut affranchir les Lettres qu'on
îukeflera chez leSr Blageart, Imprimeur-
Libraire, Ruë S.Jacques, àl'eno
tréedelaRuëduPlastre.
:
Il fera toûjours les Paquets gratis
pour les Particuliers §: pour les Librairesde
Provinces. Ils n'iront la
soin que d'en acquiter le port sur les mx. Ceuxqui envoyent des Memoires,
doivent écrire les noms propres en caracteresbien
formez.
On ob-ntiK point tesJUeces trop difsiciles
à lire.
On met tous les bons Ouvrages à
leurtour,&les Autheurs ne se doivent
point impatienter.
-Il est inutile d'envoyer des Enigmes
sur des Mots qui ontdéja servy desujet
à d'autres. i<
On prie ceux qui auront plusieurs
Memoires,ouplusieurs Ouvrages aenvoyer
en mesme temps, de les écrire
sur des papiers separez. * si. J.
Onavertitqueles Mercures qui simpriment
en Hollande, & en quelques
Villes d'Allemagne, font fort peu corrects,
& tronquezen beaucoup d'endroits
»
11;~~AL-VRE,
'-IlIl~-CALANT
SEPTEMBRE1684.
•C
~t
Ivous neconnoisfiez
parfaitement
toutes les grandes
qualitez du Roy, le commencement
de cette Lettre
vous jetteroit dans une surprise,
dont vous auriez de la
peine a revenir, puis que
vous y allez lire en un seul
Article plus de vingt Actions
de grandeur, de bonté, de
charité, de magnificence, &
de libéralité, ausquelles toutes
les vertus ont part. Chaque
Actionmériteroit un
éloge. Cependant je me
contenteray de les nommer
toutes, & lors qu'elles feront
ramassées ensemble, elles formeront
une espece de Panégyrique
tout de Faits constans,
qui parleront eux-mesmes,
& en diront plus sans
art, & en exposant feulement
la verité,que la plus vive eloquence
ne pourroit en dire,
si elle entreprenoit de les relever
chacune séparément.
Je commence par le Traité
qui fut arresté entre le Roy
& les Etats Genéraux des
Provinces Unies des Païs Bas
le 29. Juin dernier. Comme
les Articles en sont imprimez,
je ne les mets point icy.
Je ne vous en envoye que
le Prélude, qui vous fera
mieux comprendre que je
ne pourrois le faire, les sentimens
que Sa Majesté a eus
pour le repos de l'Europe, &
les avantages de la Chrétienté.
Voicy quels sont les
termes de ce Prélude. unom de Dieu le Createur;
A tous presens & a venirfbit
not ire) Que comme Très-Haut,
Tres-Exce/lent)&Très-Puissant
PrinceLOV1S ~7~: par la - grâce de *Dieu3RoyfTres~Chrê~
tien de France & de Navarre,
ria rien eu defit** à coeur que de
faire ceffir touslesTDiférendsqui
allaient troubler lerepos JelEu-
YDpe, (b-dedonnerpar ce moyen
une fécondéfo'^la Paix ,à la
Chrejliente;SaAfajefteriaxien a, ~jeslé 'T*en
omis detoutcequipourvoit enfaciliter
le rétab/ijftmentJ,mrfme
depuis la Déclaration de Guerre,
qui luy a esiéfaite par le Roy
Catholique; &comme Sa Majessé
Tres-Chrefliennt
4,.
ejlé informée
que les Seigneurs Etats
Généraux des Provincces Unies
témoignent un très-grand dejir de
contribuer de tout leur pouvoir à
une oeuvre sisalutaire, Elle leur
a ouvert les expédiens quEUeA
jugé lesplus proprespour éteindre
lefeu de la Guerrey qui commenfoit
a s'allumer dans leur voisinage
s & qui mettoit non seulement
foùte leur Frontiere dans un
ddaannggeerrinévitable, maisquiejloit
encore sur le point d'embrazertout
le reste de l'Europe. Et afin que
ces Difiérends, dont lesfuites allouent
estre sijùnefles a la Chrétienté,
pujfient eflrc plus prompternent
terminez, Sa Majefié 4
isnnéplein pouvoir au Sieur de
Adefimes,Cherahcr}Comte d'A-
*vaux3 Confieitierordinaire enson
Confieild'Etat, &[on Amhaf-
Jadeur Extraordinaireàla Hayey
po::rarrester, conclure, (êf signer
avec les Seigneurs Etats Gené.
raux, ou avec leurs Députe
pareillement munis de Pleinspouvoirs5
les Articlescjuifieront
jugez necejfiaires pour parvenir
a unprompt accommodementavec
l'E/pagne; lesditsSeigneurs
Etats Générauxrecevant avec
une extrêmeJatisfiaélion les témoignages
que Sa Adaje[le TVtt-
Cbrejlienw[Vur a si jouvent
tonne^ t4onne; doe fnc affeElionJ & repondant
de lenrpartavecune entiere
confiance au desirsincere que
Sa Aiajefié a de rétablir la Paix
dans toute l'Europe3& d'ajjiirer
particulièrement le repos de leur
Frontière3 ont examine avec application
les efires que Sa Majesté
a bienvoulu faire pourarriver à
une fin si heureuje
3
(2)apres en
avoirmûrement délibéré> ils ont
ju:z:.é qu'on ne pouvoit prendre
siexpédiens plus prompts, plus
faciles, ny plus convenables,
pour artcjler incessamment le
cours dï la Guerre*,•• que ce*
luy que Sa A/laje;rt r??s-Chrétienne,
a offert dune Trêve de
*vi?Ut annéesylaquelle pouvant
faire ce(Jetdés à cette heure les
fuites iftcheufes des Diférends
quifontsurvenus entre Sa Maje(
lé Tres- Chrefiienne & Sa
Maje/léCatholique, donnera
lieu dans la fuite de les terminer
entierement par une bonne &
solide Paix. C'efi pourquoy ils
ont nommé leurs Plénipotentiaises,
pourarrester) conclurey &
figmr les Articles dent oncon-,
viendfoit avec ledit Sieur Cemtt
J'A,u,aux, AmkaffideUi ExtraoorrddiinnaairiereddeeSSû,
4J,M, ajeflé Trèstienne>
fourparvenir à un bon
&prompt~~C~WC~W~
La conclusio*n de ceTrai- té, signéà la Haye avec les
Etats Genéraux, a fait ouvrir
les yeux àl'Espagne &àtout
l'Empire. Les Princes qui
gouvernent ces Etats, ont
reconnu que le Roy sçavoit
mieux qu'eux ce quiestoit
de leursintérests, ôc qu'ils^-
roientcoupables aux yeux
de Dieu& des Hommes, s'ils
m -
ne profitoient des avantages,
qu'il avoit la bonté de vouloir
bien procurer à la Chrêtienté
;
de sorte que toutes
ces Puissances ont aussi accepté
la Tréveaux conditions
que Sa Majestéavoit
réglées, &offertes pour eux
aux Hollandois. Jamais Monarque,
dans l'état où estoit
le Roy, n'a remporté de si
grandes victoires sur foymesme.
Il se voyoit en pouvoir
de porter ses Conquestes
aussi loin qu'ill'eust voulu.
Il avoit de nombreuses Armées,
desSoldats intrépides,
des Chefs expérimentez au
Mestier de la Guerre, & des
Magazins fournis de tout ce
qui pouvoit estre nécessaire
pour la continuer. SesCofres
estoient remplis, & la Fortune
le favorisoit. Enfin il
devoit tout espérer de ses forces,
& ses Ennemis avoient
tout à craindre de leur extréme
foiblesse. Les Algériens
avoient demandé la
Paix à ce Monarque. Il l'avoit
avec toute la Coste de
Barbarie, &: joüissoit par là
d'un avantage auquel les Romains
avoient esté autrefois
obligez de renócer.Avoüez,
Madame, que dans ce -haat
degré de puissance, où jamais
aucun autre Souverain n'êtoit
parvenu, il a fallu estre
un Vainqueur bien moderé
pour donner soy-mesme
des bornes à ses Victoires,
& que les Jaloux de la grandeur
où elles ont mis le Roy,
n'en ont pas usé dé mesme
lors qu'ils ont eu quelque
avantage sur leurs Ennemis.
Aussi ne peut-on nier que
toute la gloire de cette Tréve
ne foit deuë à ce Monarque.
C'est ce que dit il y a quelr'
ques jours avec beaucoupde
justice Mr Ranuzzi, Nonce de Sa Sainteté. Il avoit esté
, prié d'assister à la cerémonie
de la Profession d'un Relii
gieux de S.Victor. Le Prieur
f quile reçeut dans cette Ab-
H baye avec tous les honneurs"
jt possibles, se trouva à laPorte
L de l'Eglise avec saCommu-
I nauté; & en le complimen-
KI tant, ille félicita commeMi- nistre d'un si grand Pape,
d'avoir tant contribuéà la
mI Trêve arrestée entre les Cou- ronnes La Réponse de M'
Ranuzzifut toute pleine d'esprit.
Il luy dit cntr'autres
choses, Qujl n'avoit esté qu'un
foible inflrument dont Sa Sainteté
avoit bienvoulu seservir
aupres du Roy, mais qu'on devoit
attribuer toute la gloire el: cet
important Ouvrage à unsigrand
Monarque, àquiseulDieusembloit
en avoir voulu réserver
l'entier accomplissement.
Cette verité est si connuë,
qu'il n'est permis à personne
d'en douter, non plus que du
changement heureux que la
Trêve va causer dans toute
l'Europe. La Hollande qui a
filé la premiere à l'acceprer, l,
,a joüy aussi la premiere des
: avantages qu'on en doit at-
; tendre. Elle a veu une partie
des nouveaux Impofts sur le
Vin & sur la Biere, & quelques
autres appellez Droits
de Consomption, entierenient
suprimez dans lerenouvellement
des Fermes
qui a elle fait depuis peu. La
joye de laVille d'Amsterdam
en a esté si grande,qu'en
| considération de cette Tréve, les Bourguemestres y ont traité M le Comte d'Avaux
avec beaucoup de magnifiai
cence. Le Roy qui ne cherche
qu'à faire du bien à ses
Peuples, l'a veuë à peine concluë,
qu'il a commencé àleur
en faire sentir les effets. Il
s'est fait représenter les Commissions
expédiées pour l'imposition
des Tailles de l'année
derniere, par lesquelles
il avoit esté obligé de les augmenter
de la somme de trois
millions quatre cens quarante-
quatre mille sept cens
dix-sept livres, pour subvenir
aux frais de la Guerre; & par
sen Arrest du Conseil d'Etat
du 5. de ce mois, Sa Majesté
voulantfairejoüirses Sujets des
fruits delaTrtve, a accordé deux
millions quatre cens quaranteÎiuatre
mille Jept cens dix-sept
ivres de diminutionfuries Tailles
de - l'année prochaine, outre&
par. -
dejJUi le miBion de livres
j^nEtte auoit auparayataccordé
far U Brevet de la Taille expedié
sur la mesme année.
Toute l'Europe en doit
sentir de mesme les fruits,
chacun selon ses besoins, &
l'état de ses affaires. Plusieurs
- ont écrit sur cette Trcve,#e
entr'autres Mr Rault de
Roüen, dontjevous enyoye
les Vers, avec un Sonnet de
Mr Dumas de Joigny.
SUR LE RETOUR DELA PAIX,
Par la Tréve concluë. Dc:flenJ, Tille du Cielvient
revoir la Terre,
Cent peuples fontl-yjtz, des travaux
de la Guerrei
Four ramener le calme, abandonne
»
les Cieux,
fayrenaître enfn le repos en tom
lieux.
loris toutde nouveau veut(uU
tiverl'olive,
Et dansFardent desir que ce
bonheur
arrive,
VEuropefait des voeuxpour en voir
le retour,
Et régner dans les coeurs la Concorde
& CAmour.
Lefeu trop allumé doit a la fin s'éteindre,
Et des troublespaf/cz,Fon ne doit
plus rien craindre,
Puis qu'unsi grand dcffiin tantde
fois entrepris,
Dans la tranquillité remet tout les
esprits.
Déjà cegrandHéros, qui toutcouvert
de gloirer
Avoit centfois couru de ViBoire en
Yiéloire,
EtréfiHéluyseulcontretantd'En»
nemis,
.2!!,'il a parsa valeur ou défaits, ou
fournis,
Ptéfere la Concorde aux plusgrandis
Conquettes,
Et l'union des Ctrurs à des Couronna
presses,
-ZU,indpourj.oair d'un Bienqu'il
donne àsesSujets,
11devientJeull*Arbitre & Maijtrc
de la Paix.
S'ila voulu paroiflre aufrontdefin
Armee,
JVve d'un desesregards il rendoit
animée,
CeHoitpeur triompher d'un infolent
ergueily
.!<!!,; del'iberefaitlenaufrage, on l'écueilj
J.tfidans les momens que la Guerrt
tH ouverte,
JEt queses Ennemis s'opninent a
leurperte,
ÏMxembeurgse voit pris, &fousses
Loix ridait,
D'un légitime droit Luxembourgefi
le fruit.
Decefameux Rocher ilfait une Borriere,
^uoyqu'ilput conquérir une Province
entierei
Hais arreffanlfin Char^Ja Vtffoire,
&fis ¡JI;!,
Definpremierdejjein ilne s'ecarte
pas.
Nymphe, pour fembrafftr^ il met
tlollfhA/lcs armes, Il en thaffi le bruit, le trouble, cfles
alaimes,
Et content des Lauriers qui luy couvrent
le fronty
Il basie ton retour pAr unmoyenplu*1*
eromt. , Ilfait ce quaiiecpeine encore ondé- :';
libère,
Etdonneà cent Etatsun Siensi
affÛre: ,\w/
C'eflpar cegrandficret qu'il joint
en mefmejour
VOlive &les Lauriers aux Myrthes
de l'Amour,
£>uand dans le mesmetemps une
au"siste Alliance
Joint le Sang de Savoye au beau Sang
de la France,
Et que dans nos Climats nom allons
voirencor
L*Abondance quifuit,un nouveau
Siccle d'or,
Les Loix dans leur vigueurpar le
retour d*Astrée,
Et l'Equitépartout;saintement réverée;
La Mer libre au Commerce, & les
Ports aux Vaiffcaux,
Où les Indes mettront mille Trêsors
nOllveaux.
Oiipfèsfoinsvigilant vont raipellersans
ceJfl
Lesplaifirs innocensy lajojrey &l'ailégrtfa
Etcommefitjadisleplusgrand des
Cefiars,
ilvafaire en tous lieux renaître les
beaux Arts.
VEspagne donc confient, ainsi que
la Hollande,
A ce que ce Héros réglé,ordonne, ou
commande;
Et tEmtirepourvoirtousfies Frincep
unis,
S\ltttfche 4voir Aujji leurs diférens
jinis,
Pour tournerauplutofi leursforces
mutuelles
Par un commun accord contre les InfidtOts,
En arrester le cours, en rompre les
efforts,
Sesecourant L'un l'autre, ou nefaifiant
qu'uncorps.
Ils entrouventletemps quela Trevy
lcurdOline,
Ou chacun,s'tl le veMt,feutagir en
perfinne,
faroifiredansfin Camp,faire des
armement^
Fsuropprimer enfin Corgueil des
Othomans.
Vous doncqui prenez part a ce bonheurjitpréme,
Chasses Filles du Ciel, quele Grand
LorIS Aime;,
Puis qu'on voit par 14 Paix le repor
ajfurêy
lomjjez. de ce bien qu'il vousapré.
paré.
JEt voiUy chersNourrirons de ces
-
Soeurs immorte/lcs,
Aqui vous confacren,vos Ouvrages
ftddJts,
Mtnimez,le beaufeu que vous tirer.,
des CieIlX)
EtneÏattachez, PLM quAUXSujets
glorieux.
LOVISjeGrandLOVIS^vom ouvre
une Carriere,
Ou la Paix vousfournit une iUuJlre
matjerc;
Ses grandesAffions,sesVertus,ses
,!Lui
Lauriers,
.f<!!.i l'ont mis au ddcejfuU4l ddeessppllumsi ffia--
• meux Guerriers,
Votiâ dlCent leur éclat,&quelle efi
cette gloire,
.f<!!,i lu.) dessine un Trône au Temple
de Mémoire,
Ou le cultc 0" l'encens quon rend AUJÇ
Immortels,
Doivent de mcfme unjourJtrendre
a ses Autels.
SUR LE MESMESUEJT. pEHtJ/ts)rr cr-livriez.-plusy&nc
z -- r prenez,/es aimes,
1 1 » ne pour f.v.ye ce.Itcy texcis devos
pl-IflYS.
Ne re/ji/!l Z,-'{.'NU pasl'cjjet de vos
dcjjY-Ss ??
La P.sixvient vousrevoir Mecque
tea*fis chArmes.
Ce ;; Hplut lafoifin de répandre des
larmes,
Nj depousserCieldes cris S" des
jfJllpirs;
Four vousfairejouir desplus charmansleifirs,
il arrefle le cours de toutes vos allarmes.
0 que /'airpareifl:beau,lors qu'âpre*
milleéclairsy
Les rayons du Soleilfontsivifs & : siclairs,
Qu'ils dissipent forage, drchajfcnt
leTonnerre.
LOFIS rendra vosjoursplus heureux
quejamais;
Et[ivous n'aviez, eu lesfrayeursde
la Guerre,
Vous ne goûteriez, pas les douceurs
de la Paix.
Les François ne sont pas
seuls obligez de le loüer.
Depuis que la Tréveestarrestée,
il a fait deux choses
pour lesFlamans, qui doivent
luyavoir attiré leur amour
&: leur admiration. Il
donna ordre que dés le moment
qu'on l'auroit concluë,
la nouvelle en fust portée à
Mr le MaréchaldeSchomberg,
avant mesme qu'ill'eust
reçeuë, parce que si elle
estoit venuë d'abord à la
Cour, les hostilitez auroient
duré quelques jours de plus
en Flandre, & qu'il vouloit
qu'elles y cessassent dés le
moment que la Tréve y pourroit
estre eué. Cette bonté
pour les Flamans a esté suivie
d'une autre encore plus grande;
&: leurs miseres ayant cité
représentées à ce Monarque,
il leur aremis trois millions
cinq cens mille livres sur ce
qu'ilssotobligez deluy payer
pour les Cotributions. Comme
on ne doit rien négliger
pendant la Paix, de ce qui
regarde la Guerre, afin de
rendre cette Paix plus durable,
en ne donnant point occasson
de se faire attaquer,
Sa Majesté, quoy qu'Elle
neust rien à craindre, n'a pas
laissé d'ordonner qu'on n'épargnast
rien pour faire une
& a fait le mesme honneur a
Monsieur le Duc du Maine.
Je ne vous répete point ce
que je vous ay dit plusieurs
fois, en vous faisant la peinturede
ce jeune Prince, dont
l'esprit a toujours paru au
dessus de son âge.
Si l'on examine bien la vie
de Sa Majesté,on trouvera
qu'Elleen paffe peu de jours
sans combler quelqu'un de
fcs bienfaits. Nous en venons de voir une preuve en la personne
de MrduHarlay Procureur
General duPàOieimét,d'o'r
l'exaéiéintégrité'&la parfaite
intelligence dans sonEmploy
font connuës. Le Roy ayant
augmenté ses Apointemens
de deux mille écus paran,luy
fit un présent de deux cens
mille livres quelques jours
apres. Il a donné dix mille
écus à Mrde Villars son Ambassadeur
en Dannemarc, &
autant à Mrde Ruvigny, en
considération de leur mérite
& de leurs services. Les Gens
de Lettres ont aussi reçeu les
gratifications * de ce grand
Prince, par l'ordre qu'illuy a
plû d'en donner, & par les
foins de Mrde Louvoys, qui
s'applique à faire fleurir les
Arts & les belles Lettres Ces
gratifications qui font assignées
sur le fond des Bâtimens,
semblent estre privilégiées,
puis que la Guerre n'a
point empesché que la die.
tribution n'en ait toûjours
esté faire.
Le feu Roy, par ses Lettres
Patentes du 13. Octobre
1629. ayant creé une Pension
en faveur de Mr d'Hozier,
Gentilhomme ordinaire de
sa Maison, pour luy donner
moyen de vaquer plus commodement
à la recherche
qu'il saisoit par ion ordre des
Maisons illustres du Royaume,
& à laconnoissance de
l'Histoire, cette Pension luy
a toujours esté conservée jusques
à & mort, qui arriva en
1660. Mr l'Abbé le Laboureur,
qui travailloit alors aux
mesmes recherches,mérita
que son travail fust récompensé
de la mesmePension
que Mr d' Hozier avoit euë
pendant sa vie. Mrdu Boucher
qui vient de mourir, a
joüyaussi de cette Pension
depuis la mort de Mr IçlLaboureur;
& comme le Fils
dece grand Monarque tombent
sur les Particuliers, les
Reglemens qu'il fait dans
l'Etat font sentir à tous ses
Peuples l' heureux effet de
sessoins, & de son extréme
application au manîment des
Affaires de son Royaume.
Deux Edits, ôc trois Déclarations,
qui ont esté régistrées
au Parlement le 7. de"
ce mois, en sont des preuves.
Le premier de ces Edits
porte la réünion du Nouveau
Chastelet à l'Ancien. Les
Habitans de Paris estantobligez
de répondre à un grand
nombre de JusticesSubalternes,
selon la situation de leurs
demeures, & en recevant
beaucoup d'incommoditez
à cause des conflits que l'incertitude
des limites de ces
Justices, & la prévention des
Officiers du Chastelet, faisoient
souvent naître, Sa Majesté
par son Edit du mois de
Février 1674. réünit ôc incorpora
à la Justice duChastelet
toutes ces Justices Subalternes,
tant du Bailliage du Palais,
que des Seigneurs; &
en mesme temps pour faire
promptement administrer la
Justice à fcs Sujets,enétablissant
un nombre considérable
d'Officiers pour supléer
ceux dont les fondions avoient
cessé par cette réùnion
, Elle créa un secon d
Siege Présidial, & de la Prevosté
& Vicomté de Paris,
composé d'un nombre considérable
d'Officiers, qui ont
fait un feu1 & mesme Corps
avec h Siege & les Officiers
déja établis, sans qu'il y eust
aucune diférence entr'eux,
sicen'est par la séparation des
Territoires dans lesquels ces
:1'
deux Sieges exerçoit la Justice.
Cet Etablissement a eu
son effet jusqu'àa aujourd'huy;
mais l'ex périence journaliere
ayant fait connoistrequ'il
avoit un nombre infiny d'inconveniens
qui mettoient la
confusion dans l'ordre de la
JutUcc,ôcqui engageoient
les Peuples à des dépenses
immenses, Sa Majesté qui ne
cherche en toutes choses
qu'à contribuerà leur soulagement,
a éteint (tJ suprimé
le Nouveau SiegePrésidial Ç0
de la Prevosté & Vicomté de
Paris, dont illuy plaist que les
OfficiersJoient d-r demeurent incorperez
dans le Siege Ancieny
pour ne faire à l'avenir qu'un
Jeul ù mesme Sieget & exercer
Id, Jurifdiélion dans toute l'étendue
de laPreuojîé & Vicomte
de Paris)sans diférence ny
dinjifiondeterritoire & limites,
ordonnant que les Offices de Preivofl,
de Lieutenant General Cini
j CJT1 de Lieutenant General
Criminel, quElleanjoit créez
ytrson Edit de 1674. demeureront
fuprime comme aussîl'offie:
de son Procureur de l'Ancien
Cbaflelet,enconfcquence de la
démijjwn que le Titulaire en 4
mis volontairement entre ses
mains.
Le second Edit regarde les
Ministres de la Religion Prétenduë
Réformée. Vous scavez,
Madame, que le Roy ne
s'aplique à aucune chose avec
plus d'ardeur, qu'à faire connoistreàceux
de sesSujetsqui
suivent cette Religion, l'erreur
dans laquelleils se trou.
vent engagez,&que ses soins
ont si heureusementréüssy
jusqu'à présent, qu'on voit
tous les jours un tres-grand
nombre de Conversionsdans
toutes les Provinces du Royaume.
Cependant on a connu
que beaucoup de Personnes
touchées de ces bons
exemples, ont esté retenuës
de les suivre, par la déférence
aveugle qu'elles out pour les
sentimens des Minilires établis
depuis longtemps dans
le mesme Lieu,ces Ministres
prenant un pouvoir si.
[ absolu sur les e s prits, qu'ils
abusent de la confiance de
ceux qui se rendent trop facilement
à leurs persuasions,
ôc leur inspirent souvent
des résolutions contraires à
leurs propres intérests, & à
l'obeïssance qu'ils doivent -ni
Roy.C'est ce quia obligé
Sa Majesté d'ordonner, qu'à
l'avenirlesMinistres dela Religion
Prétenduë Réformée ne
pourront exercer leurn plus de trois ans consécutifs dans
un mesme Lieu, ny apres ce
temps, ou avant mesmequ'ilsoit
.£xpiré., estre envoyez pourfaire
lesfonctions de Adimfircs en aucun
autre, ou l'exercicede cette
Religionest permis, comme ml
..au personnel,soit de lameftie
Provinceouautre,qu'il ne fui
.-u moinstloivntdevinotIKU£~3 »<&e fQUS ceux eu ils -auïcnr déja
44 MERCURE
exerce leur Mïnijlere)Jans qu'ils
puiffint retourner en aucun de ces
Lieux où ils en auront fait les
fonêliens pour lesyfaire de
nouveau9
que douze ans après en
eflre fortis. Il leur cft trcs-expressement
défendu par le
jnefmeEdit, de demeurer,après
avoircejje l'exercice deleurAliniflere}
ou de Je rétablir dans Ilf,
fuite comme Particuliers, fous
quelqueprétexte que ce foit, dans
les
Lieux où ils auront eslé Ministres.,
nypluspres de ces mesmes
Lieux, que deJtx lieues3 le tout apeined'eflreprive pour toujours
de leur Ministere dans le
Royaume, de deux mille livres
d'amende, &d'interdiElion de l'exercicey&
démolition du Temple
dans le Lieu où ton aurafoujjxrt
qu'ils ayentexerce leur Miniptere,
oufenit leur residences au préjudice
de l'Edit du Roy.
Des trois Déclarations,
il y en a deux qui regardent
encore les Prétendus Reformez.
Le Roy ayant
sçeu que les Biens donnez
par eux aux Pauvres de leur
Religion, estoient souvent
employez aux affaires particulieres
des Consistoires qui
en avoient la disposition, Se
que l'on s'en servoit mcfinî
pour empescher les Conversions,
ordonna par [a Déclaration
du 15. Janvier de l'année
derniere, que tous les
Biens immeubles, Rentes,&
Pensions donnéesouléguées
par dispositionsfaites entre-
- - vifsou derniere volont-C, aux
PPaauuvvrreessddeec-ecet!t"eteRReclliiCgliioo1n1,
ou aux Consistoires, pour
leur estredistribuez, let:
quels se trouvoient pour Vors
possedez parces Consistoires,
ou alienez depuis le mois
de Juin 1%6l.foroient hélait
ïcz. aux Hôpitauxdes.Lie*x
où estoient les Consistoires;
& en cas qu'il n'y en eust
pas, à l'Hôpital le plus proche,
pour estre régis par les
Directeurs de ces Hôpitaux
comme les autres Biens qui
leur apartiennent, faufle recoursdes
Acquéreurs de ces
Biens contre leursVendeurs,
à la charge que les Pauvres
~4e cette Religion y feroient
reçus aussi
-
bien que les Catholiques,
& traitez avec la
mesme charité, sans qu'on.
pust les y contraindre àchanger
de Religion. Cette Déclaration
ayant donné aux
Directeurs des Hôpitaux ut*
droit réel sur ces Biensils
ont essayé de découvrir en
quoy ils pouvoientconsister,
afin de s'en mettre en possession
; mais les Consistoires
pour leur en ôter la connoissance,
leur ont refusé la communication
des Registres où
ils pouvoient s'en instruire,
& ils ont mesme prétendu
que les fonds acquis des
sommes qui avoient esté données
pour les Pauvres, ou du
revenu des Biens à eux léguez,
n'étoient point compris
dans la Déclaration, non
plus
plus que ceux qui le trouveroient
avoir esté donnez par
ceux de cette Religion sans
expression de cause. Sa Majessé
voulant lever toutes ces
difficultez
,
& empescher la
dissipation des Biens dont
joüissoient plusieurs Consistoires
fuprimez par l'inter-
1
diction de l'exercice, & qui
| ne peuvent estre mieux employez
qu'au soulagement
des Pauvres, puis que personne
n'y a de prétention légitime,
aordonné, nonseulement
que sa Déclaration du Ir.
Janvier ifàj. seraexecutée dans
toute Jon etenaue> mais aujjt que
les Biens qui auront eslé acquis
des deniers des Pauvres de cette
ReligionJ ou du prix d4 la vente
des ISiens qu'on leur aura donnez,
quoy qualiène% dequis le
mois de Juin 1661,appartiendrontaux
Hôpitaux, fauj-le recours
des Acquéreurs de ces Biens
alienez contre leurs Vendeurs;
& que les Biens qui auront eslé
Leguez par ceuxde la Religion
Prétendue Reformée Jans exprejjion
de cause, depuis lt der-
- niere DéclarAtion publiée, Je-
-
ront aujJi Jélttiffiz aux Hopi-
-
tauxjquise mettront pareillement1
GALANT. >1
enpossessiondes Biens dont jciïifl
soient les Consistoires suprimez
par l'interdiction de l'exercice,
en quoy qu'ilspuissent consister,
à quelque usage qu'ils soient
employez, à l'exception neanmoins
de ceux qui se trouveront
avoir este vendus sans fraude.
Les Prétendus Réformez ne
peuvent se plaindre de ce
Reglement, puis qu'il est
fait, toûjours à condition
que les Pauvres de leur Religion
feront receus dans les
Hôpitaux sans qu'on puisse
les obliger à se faire Catholiques.
A l'égard des ConsiJtoires
qui fubjijlentactuellement,
Sa Alajeflé veut que siÀ
l'avenir on en fuprime encore
quelques
- uns par l'interdiélion
de l'extrcice
,
les "Biens dont ils
font présentement en poffiffion,
ferontaussi déldiJJèz aux Hôpitaux,
& qu'à la premiere Sommation
qui fera faite par les
Direéleurs de ces Hôpitaux a
ceux qui doivent efire chargez
des Regifires de ces Conjïfloires,
de leur en donnercommunication
en presence du luge du Lieu, ils
feront.oblige^ ay satisfairesans
aucun Jéltty, a peine d'y ejlre
contraints par corps, de cinq cens
livresd'amende (lpplicableANX
Hôpitaux, e de JufpenJton de
l'exercice dans les Lieux ou il
aura esié contrevenu a ce qui efl
en cela de lintention de Sa Majessê
,
jufqtta ce que les Régilires
ayent eIlé communique
- La seconde Déclaration a
pour fondement les mesmes
raisons qui ont obligé le Roy,
non feulement de suprimer
les Chambres my -
parties,
& d'ordonner à plusieurs
Officiers de la Religion Prétenduë
Reformée de se défaire
de leurs Charges; mais
aussÏ de défendre aux Seigneurs
Hauts Justiciers de-"
tablir dans leurs Terres d'autres
Juges que des Catholiques,
&- à tous Officiers de
Judicature d'appeller pour
Assesseurs & Opinans aux
Jugemens des Procès au..
cuns Avocats graduez & autres
Personnes qui professent
cette Religion.Malgré des
Reglemens si louables, les
Catholiques ne laissoient pas
d'estresouvent exposez aux
Jugemens de ceux de la.
ReligionPrétenduë Reformée,
les Jugesestantobligez
de se conformer à leurs raports
lors qu'ils estoient choi-
Gs pour Experts. Pour remédier
à cet abus, SaMajesté a
ordonné que ceux de cette I{elï~
gion ne pourront à l'avenir estre
pris pour Experts, ny nommez.
d'office par les Juges en quelque
occasion que ce (Oit, sur peine
contre ceux qui lesauront choisis
des dépens, dommage, & intérejls
de leurs Parties, &de nullité,
desArrests, Sentences & lugemens,
qui seront intervenussurlesraports
d'Experts de cette.
Religion.
La troisiéme Déclarationdu
Roy concerne les Bâtimens
que font faire les Religieux
Mandians. Les depenses
en ayant esté extraordinaires
depuis quelque
temps, tant pour des Décorations
superfluës de leurs-
Monasteres,que pour en augmenter
les Revenus, ce
qui est contraire à la sainteté
de leurs Regles,'& à la Police
de l'Etat, Sa Majestéa.
estiménecessaire de prévenir
les desordres que la continuation
de cette liberté pouvoir
produire au préjudice de
la Discipline Réguliere, & de
plusieurs de lès Sujets, qui
r
s'engageoient par diférentes
voyes à prêter&fournir aux
Religieux Mandians,les fommes
dont ils pouvoient avoir
besoin pour la construction
de ces Bâtimens ; & afin
d'empescher le scandale que
pourroit causer dans la fuite
la vente de ces Lieux consacrez
au culte & au service
de Dieu, si ceux de l'argent
desquels ils auroient esté bâtis
se trouvoient forcez de la
poursuivre dans la forme ordinaire
de la Justice pour
la côservation de leurs Biens,
Elle a défendu aux Religieux
A4and'.ans, à peine aeftrc pri-
'LIez de tous les Privilèges quelle
leur a accordez, ou les Rois
ses PrédecejJèurs) d'entreprendrr
&'de commencer à ïaveniraucun
Bâtiment dont la dtienfe
excede lasomme de quinze mille
Dures, sans en avoir obtenu la
pfrmijjhn par des Lettres Patentes
,
(ignéesdesa main. &
contref^nksj\irluïdesSecrétairesdEtat}&
de si" Commandement>
(t)scelleesd:igrand
Sceau C,5, les
j,avoirf.itenre- giflreren sa Cour de Parlement
de Pansy sur ïavis du Lieutenant
de Police, deson Procureur
mCbâtelet,(êf des Prévofl des
MIC-rchands & Echevins de la
mejme Ville. Et à l'égard des
BâtÚnens, dont la dépenje excedant
la femme de trois mille
livres3 fera au dejjous de celle de
quinze mille livres, Elle leur
défend pareillement de les entreprendre,
cjuaprès en avoir obtenu
la permijjion par Arrest du Parlement,
qui ne fera accordée qu'avecgrande
connoissance de causes
& les formilitek neccffaires.
Ilnesuffit pas auRoy de
veiller en toutes choses au
bien de ses Peuples, il songe
-
aux intérests de ses Alliez; Ow
1
& comme les suites du diférent
qui estoit entre Monsieurl'Electeur
de Cologne,
& la Ville de Liège, pouvoient
estre dangereuses,il
fit donner il y a un mois le
Mémoire suivant à Messieurs
de Liège par Mr de laRaudiereson
Résident. - MESSIEURS
Monsieur PElcéleur de Co-
Idgne ayant fait representer au
R01qI/il riavoit pu difererplus
long -temps afairemarcherses
Troupes vers cette Vilk peur reduire
les Habitans à leur devoir,
Sa Majefiema, commandé de
vous dire qu'elleeslime que pour
terminer promtement vos diferens,
qui peuvent troubler le repos
quElle est prête de donner à
toute l'Europeyilnya pas d'autre
expédient aprendre là-defp4S}
que devousfoûmettre e de
rendre a votre Prince ce que vous
luy de'1.!e:(
,
furquoy j'attendray
vos résolutions pour en rendre
compte a Sa tffîajefté. CependAnt,
tJïieJJieurs, la confiance que
vous en ,:t, moy,
m'oblige de me rendre aujourdbuj
a Vises pour apprendre de
l'Evéque de Strasbourg les
prétentions de SonAltejje Eleaorale,
ne doutant pas que si
j'étois ajftz heureux de pouvoir
contribuer à rétablir le repos (çjf
la tranquillité dans cette Ville9
je ne jijJè une cbofe qui feroit
agreable a SaiJMajeslé, puis
que jesçay auElle a toûjours la
bonté de sy vouloir bien interesser.
Fait à Liège ce tj,
Aoust 16S4.
La Ville a esté réduite depuis
ce temps-là fous l'obéissance
de Monsieur l'Electeur
de Cologne, de la
maniere qae vous l'avez
sçeu.
Mr le Duc de Grafton.
s'estant trouvé à toutes les
occasions de la derniere
Campagne de Flandres, &
ayant donné des marques de
son courage aux Siéges de
Courtray & de Luxembourg,
a fait quelque séjour à Verfailles
après cette derniere
Expédition; & lors qu'il a
pris congé du Roy pour s'en
retourner en Angleterre, Sa
Majesté luy a fait présent d'une
Epée enrichie de Diamans.
Ce Monarque qui n'a jamais
rien de plus agreable
que l'occasion de faire du
bien, a donné la Lieutenance
de Roy du Limosin à Mrle
Comte d'UrféT en considération
de son Mariage avec
Mademoiselle de Gontault-
Biron, Fille d'honneur de
Madame la Dauphine, à laquelle
il a fait aussi présent
d'une somme considérable.
Je vous entretiendray plus
amplement de l'un & de l'autre
, quand la cerémonie de
ce Mariage aura esté faire;
je ne marque icy que ce qui
regarde les libéralitez du
Roy.
Mr Fleury, qui a esté Précepteur
de Messieurs les
Princes de Conty, ôc de la
Roche-sur-Yon, & de feu
Mrle Comte deVermandois,
y a eu part, ayant esté gratifié
de l'Abbaye de Locdieu,Diocese
de Rhodez. C'est un
Homme d'un mérite reconnu
, d'une pieté exemplaire,
& d'un esprit qui n'a pas
moins de brillant que de solide.
Peu de temps après, Sa
Majesté donna l'Intendance
de Marine du Havre
-
de-
Grace à Mr du Fargis-Montmor,
quoy qu'il ne fust encore
que Conseiller à l'Ancien
Châtelet. Ses bienfaits
se
,
sont répandus sur toute
cette Famille, puis que le
premier jour de ce mois,
Elle gratifia Mr l'Evêque de
Perpignan son Frere,del'Abbaye
de S. Michel deCuxa,
Ordre de Saint Benoist. Elle
est située en Roussillon dans
le Conflans prés la Ville de
Prades, & vaquoit depuis
peu de jours par le deceds de
Dom Joseph de Villadet qui
GALANT. 67
la possedoit en Réglé. Ces
deux Praces,accordées à huit
jours' l'une de l'autre, marquent
beaucoup de distinction
de la part du Roy.
Aussi ce Prélat remplit-il
tres- dignement toutes les
fonctions de son;Ministere.
Vous n'ignorez pas, Mada..
me, que ces deux Messieurs.
sont Fils de feu Mrde Montmor
, Doyen des Maistres
des Requestes ,:'un des plus
sçavans Hommes du Siècle,
& des Magistrats de la plus,
grande probité. Leur Maison
estalliée à celles d'Estrée,
deThémines, de Frontenac
, & à quantité d'autres
des plus considérables
du Royaume.
Le Roy a donné encore
d'autres Benéfices queceux
dont je viens de vous parler.
Je vous en entretiendray
avant que de fermer cette
Lettre , aussi
-
bien que du
grand nombre de Regimens
nouveaux que Sa Majesté a
donnez à des Personnes distinguées,
ou par leur naissance,
ou par leur valeur,
ou par leur mérite personnel.
Cejudicieux Monarque
leur donne par là un Titre
pendant la Paix. Ils ne laisseront
pas de monter à mesure
que les vieux Colonels
mourront, & de devenir anciens.
Ainsy en jouissant
mesme des biens de la Paix,
ils ne feront point privez des
récompenses ausquelles aspirent
les Gens de guerre.
Enfin la Cour a quité le
deuil, & l'on peut dire qu'il
n'avoit jamais esté si long ny
si régulier en France, le Roy
n'y ayant fburferc aucun relâchement.
Il l'a fait continuer
quarante jours par dela
le bout de l'année du deceds
de laReyne; &nonseulement,
il n'y a point eu de
Comédie àla Cour pendant
toute cette année, mais mesme
pendant les quarante
jours suivans. Je vous ay
promis d'abord que je vous
entretiendrons de quantité
d'actions duRoy. Je vousay
tenu parole,& ne laisse pas
d'en réserver encore quelques-
unes qui auront leur
place dans le cours de cette
Lettre. Le repos qu'ila donné
à l'Europe fait renouveler
lajoye & les plaisirs. de la.
Cour, & j'auray souvent à
vous parler de ses Festes. Ce
»jqui se faittous les jours,augmente
la gloire dont il s'est
couvert en faisant la Tréve,
puis qu'il estoit en état de
continuer la Guerre. Nous
le voyons par le remboursement
des sommesconsidéirables
qui étoient dans la
Quaisse des Emprunts, qu'il
faut comme forcer les Particuliers
de venir reprendre,
ce qui l'a obligé de déclarer par ion Arrest du Conseil
* d'Etat, que ceux qui n'au-
,J: ront pas retiré à la fin de ce
mois les deniers qu'ils ont
dans cette Ouaitie seront
décheus de leurs intérests.
Cet incomparable Prince
s'est acquis une si grande
réputation, qu'elle s'étend
jusque dans les Païs les plus
éloignez.Voicy l'Extrait
d'une Lettre de Siam qui en
fait foy.
EXTRAIT
EXTRAIT DE LA LETTRE
de MrdgsuLandcs,Bourreaq,.
écrite de Siam, en datte du22.
Décembre 1682. MOnjieurl'Eiefqtie dHe-
.lifJpolÚ a préfente les Let-
L 1 y très qu'ilavait de Sa Majefle
Très- Cbreflienne pour le Roy de
Sidm, & elles ont cJlé nçetlé's de
la mesme maniéré vue les premierea
le furent. Cet Evejque
tut le lendemain audience de ce
Monarque, à laquelle M11Ahbe
deLyonne seul affilia.
- Ilyavoit déja que
le Barcatlon m'avoit dit.que le
Roy Jon Mtiflrc,, avant que
d'aller à Lavau, me donneroit
une marque de l'eslime qu'ilfaisoit
de nostre Nation, & de la
considération particuliere qu'il
avoit pour moy i
lors qu'onniavertit
de me trouver le 11. Octobre
au Palau du Roy. Les
jimbaffadeurs du Roy de Damby
devoient le mejme jour avoir
audience. Je m'y rendis dés le
matin3 & après avoir passé
pltifieurs Courts, dans l'une desquelles,
qui efloit vis-a-vis le
Trône du Roy, il y avait pluGALANT.
7*
fleurs Soldats fous les armes9
l'on me fit ajifeoir dans un endroit
tout couvert de Tentes, au milieu
de plus de six cens Mandarins.
Lon fitasseoir les Ambajifadeurs
de Dam»y douze à quinze pas
derriere moy 3
cesi à dire que
feflois plus près du Trône du Roy
dequinze pas.Aufilialdequel-
,qua Inftrtmens,plusieurs riches
Rideaux qui couvroientleTrone
de ce 'Prince, Je tinrenty 19 sa
Majerréy parut avecbeaucoup
<£éclat, tantpour la beauté du
Trône-; que pour la richeffi du
Pirrrerie$;, dontJa tesie efes
habits efioient couverts. Apres
plujîeursfanfares de Trompettes]
le Barcdllonprit laparole, dr luy
dit, que félon l'ordre de Sa Majessé,
je me prêfcntois asespieds
pour recevoirses faveurs. Ce
Prince me fit quelques quefiions
sur le Roy de France, esur le
grttnti nombre de ses Conquefles.
jipras que j'eus repondu a ce
qu'il me demandait, l'onmit devant
moy une 73andeige d'ttrgent,
dans laquelle ily avoit un Juftrau
-corpsfait d'un 'Brocard d'or&
d'argent, dont mus luy avions
flcfiité quelques Pieces en arri- ,vanticyyun$>nbre à la manicredes
Indes, garny, d'or,
[Ayant élevé trois fois le t&ut a
la hauteur de ma tesse, l'en me
rcvejlit du Jufte-at4-corps,&je
recommençay la revérence a la
mode du Pais.Apres cela, le
Roy dit quelque chose aux AmbassadeursdeDxmlyy
r chacun
d'eux fut revcfîu de la mcfme
jorte d'un Jufie-aucorps de peu
devaleur,d,t,,sOignaldesInftm-*
1 mens que l'on avoit entenhis
d'abord, les i'i?l(rncs Rideaux rc-
cCoOutvrurirrlerfnntl.tele TTrrêcnneeRROoyYatil!.:TTcouutt
le monde a eite étonné de cet
honneur, que je ne puis attribuer
qua la haute efiime que le Roy
de Siam a peur Sa AIajefléTresChrefficnne,
dontle*Ân'A'Sn Cles
Hollandois ne peuvent s'emp:
fcher de parler avec ad miration.
Le Roy a ordonne que l'on
batij} une E'jJife pour M¡' Ics
Evcj-fJiucs* ¡rroche du Seminaire J e s!e,,,~ï ; .,,i ~,~
1*re
qu'il leur avoit déjà jatt bliïïry
& une Adaifonpoury recevoir
les ;4mbafpideurs qu'il s'attend
quenojlre invincible Monarque
luy envoyera. Il faitfaire de la
Vaiffille d'argent pour leurfervice.
Le Barcallon ma fandonner
une grandeMaijon di bois,
que fay fait élever dans nOJqre
Enclos.
,- J'ay veu une autre Lettre
du mesme Lieu, écrite par
Mr Marin, Millionnaire en
cePaTs:IaTll mande que tous
les ans il se convertit des milliers
de Payens; Que l'Empereur
des Tartares s'est rendu
maistre de toute la Chine,
à la réserve de l'isle de Formose,
&: que M de Beurge
a esté (acre Evciqtîe"ticla"
Province où ilest Que le
Roy de Siam s'estfait expliquer
plusieurs choses qui regardent
la Religion desChrétiens,
par l'Evesque de Métellopolis,
quiluy dit toute
la Vie de Nostre Seigneur;
que ce Monarque l'écouta
avec plaiGr; qu'il la fit écrire
afin d'avoir plus de temps
pour y penser, & qu'il a
donné du Riz aux Millionnaires
pour six mois.
Je quite les Nouvelles
Etrangères, pour vous apprendre
une chose qui a fort
surpris Meilleurs de l'Egliiè
de Tours. En travaillant à
une nouvelle Décoration
proche leur Grand Autel, on
trouva le 14. de Juin dernier
du coté de l'Evangile, le
Corps d'un de leurs Archevêques
, qui estoit en les
Habits Pontificaux dans un
Cercueil de Pierre à un pied
du rez de chaussée. Sa Chasubleviolete
estoit encore
entiere
,
aussi bien que son
Etole,&son Manipule. On y
remarquoit distinctement
plusieurs figuresd'Evêques
en broderie d'or, d'argent, &:
de foye, que l'on eust crû qui
,J, sortoient des mains de l'Ouvrier.
L'Etole, & le Manipule,
qui est beaucoup plus,
long que ceux d'aujourd'huy
,estoient chargez d'Ecussonsaux
Armes de la Ville.
de Tours, & de la Maison
de cet Archevêque, qui sont
de gueules au Lyond*argent
rampant. Son Rochet estoit
d'un petit Tafetas rouge,garny
par devant de Boutons de
crin noir; lès Gands blancs.
de foye brochée. Le chaton
de sonAnneauPastoral estoit
d'or, & la Pierre plate tirant
sur rAgate. Sa Cro-fle n'estoit
que de plomb doré, & fort
petite. On netrouvade fou
Pallium que le plomb qui est
au bas; le reste qui est de
laine avoit esté consumé,.
aufll- bien que les Patinsôç
.-i
le Linge, comme laubé,
l'Amiâ:, ôcc. Pour les Offe-
Dlcns) ils étoient en leur entier.
Il y avoic proche de la.
telle une petite Lampe de
verre,pleine d'une gomme
graffe ; mais ce qu'il y eut
de plus curieux, ce fut un
Calice d'étain, d'une figure
eraordinaire, dans lequel
s'étoit conlervé une liqueur)
dont ceux qui le touchèrent
d'abord, eurent les mains
mouillées. Il estoit couvert
dune Patene de mesme métal,
sur laquelle cftoient gravez
ces mots, en caractéres
qui tcaoïcnt du Gothique,
& du Romain. -
H. jacet Ragus de Mrnïé-
Ma%jmis-G. D.,uomiamAr:
chiepifeopus Turonenjis.
Ce Ragus de Mont-Barzan
vivoit sous le Recmcde
Philippe le Bel, & & mourut
en 1312.. Il avoir cfte Doyen
de l'Emilie de Tours Ô( sut
fait Archevêque en 12'1. -
- Je croy, Madame, ^ueT
dans le temps que je vous
manday que Mess les Chanoines
Réguliers 4e Salut
Viélor avoient élu Mr de la
Lane pour lcy,rGrand-piîcUïJ
je vous marquay qu'ils faisoient
cette Elcâlon tous les
trois ans. Elle se fit le 29. de
l'autre mois, & Mr de Mailly
fut mis eu la place-de Mrde
la Lane, dont les trois ans
étoient ex pirez. IlestFilsde
Mr le Marquis de Mailly, Ôc
Frerc de Mr le Marquis de
Ncfle, & n'est âgé que de
vingt.neufàtrente-ans.C'est
ce qu'on n'avoir point enr,
core vu à Saint Viaor. Aussi
seroit
-
il difficile de trouver
t un Homme qui possedais
plus parfaitement que luy i les qualitez qu on n'acquiert
ordinairement qu'à force
d'années, la conduite, la fogesse,
Se la vertu. Ce font ces
qualitez qui l'ont mis en la
place qu'il occupe, après
avoir eiié trois ans Maître
des Novices. Il s'eiloit tresdignement
acquité de cet
cmploy. Aussi-tôt qu'il fut
élu, M! OiérevilIcluy en témoigna
sa joye par ce Madrigal.
LE Ciel exauce mdpricre,
Enfin de Saint Victorvous
voila Grand. Prieur, T f Et chacunvient asa maniéré r
Vousfaire un Complimentsurce
nouvel honneur..i.• •
Tour moy, je dis à vsfire gloire^ J~ cette grandeDignité
No;isn'avios point CNccrmémoire
£6t)1d}'avo,f{iJ.re aJIgc: un autre euIfftmote.
Ce P,~es Pas nna'arriieennqquui;i.nIoounx*céttoo;n;nnee,,
Le méritetZtIX Maillys prévientpar
tout les ans,
NOM eu AVirJS veu chez., Bellone
Depuispeu desFaitsconvaineans.
Vom ne régnerez, là qu'untemps;
J^u'il vtusfiit toujours agréabley
El quenfuite le cidd mes voeax
favorable
Von*éltve à deplus hauts rangs.
Le il. du mois d'Aoua,
sur les onze heures du soir,
il y eut aux environs de Nogent
le Roy, une espece
d'Ouragan, qui causa beaucoup
d'alarmes,& krde trèsgrands
fracas. Il estoit composé
de foudrc5, déclairs,de
grêle, & de pluye. Le tonnerre
se faisoit entendre d'une
façon si terrible, que les
moins sujetsàs'effrayer, en
parurent consternez. Les
éclairs frapoient les yeux
coup [Uf-coup, êc faifoienO
voir tout le Ciel en feu. La
pluyetomboit à torrens, &
la grêle estoit grosse en quelques
endroits comme des
Olives, & en d'autres comme:
des oeufs de Pigeon. Les ef-
1 fets de cet orage, qui ne dura j
pas une heure dans la violence,
furent fiirprenans.Ui*
subit débordementdeauxy
qu'il cftoit impossible de prévoir9entraînaquelques
Personnes
dans k campagne.-
Beaucoup de Maisons furent
abatuës,quantice de Granges>
découvertes, plusieurs Clochers
renvcr{èz,&:ena*autres*
l
celuy du Boulay-Thierry, ui&
des plus beaux & des plius,
élevez du DiocesedeChartres.
On le voyoir de cinq
• au fil lieues, & on l'appelloic
I le grand Clocher, à cause de
,
sonélévation. L'Eglise futcm
mesme temps fort endort
magee, aussi bien que le.Château
de Madame du Boulay,
Bclle-mere de Mr l'Avocat
General Talon, 'ëe de Mr le
Comte deCarrouge. Les plus
gros Arbres furentfendus,ou
cleracinez. Vous pouvez ju..;
ger parla quel fut le dégast
des Biens de la terre. Quelques
jours auparavant, dans
un Village voisin de Bréteiiil
(Bréteiiil est un Bourg en
Normandie du Diocese d'Evreux
) un Curé se préparant
à dire la Messe pendant un
pareil orage, le Tonnerre
entra dans l'Eglise, alla aupres
de l'Autel, coupa ce
Curé en deux, tua sa Mere
qui estloic derriere luy, & foudroya
encore quatre ou cintt
Hommes, venus dans le dei:"
fein d'entendre la Melfe-
,
ravais bien crû que les;
Airs nouveaux que je vou£>
envoyé depuis quelque réps))
m'attireroient les remerciemens
que vous m'en faites».
Comme ils font toujours des.
plus sçavans Maistres, je fuis
fort fèûr qu'ilsméritent l'approbation
que vous leur domnez.
Celuy que vous trouve.
rez icy eil: dun tore habiîm
Musicien, qui autrefois a eu3
des inftruétions de Mt doh
Bacilly. Vous sçavez5 rvla-h
dame, qu'il cil rOrigindM
l'Invente1ur de o ces fortes do
Recits de Baffe. Il a trouver
mesme que celuy-cy avoitJil
tant de raporç avec cet Aini
fameux de sa compofitionKr C~, croiJfeZjjrunes l{aifinsJt't
qu'il a esté obligé d'en chan—
gertout le COffilnencemeHt.:J
Les Paroles font de M"1
Royer.
AIR NOUVEAU. Lcr[smliffinllt des Lauriers
DAVIS un Champ iiiACCtffibieï
Ilfintr, mbli-r Usplm fameux
Gu-rrtrs,
AceHéros ilricjl rien d'imlcfftble,
Par îetti il brave les htlz-:!rúJ,
TgouUtCt.irniever;s ejt timeindeJk eî,-
H n'est point d*Alextinau} ilst(fî
ptint dt ctflrs)
£hicftsExploits n'effiant dafi* ïHistoire.
Beaucoup de Personnes
ont tremblé de l'Edifie qui
arriva le u. de Juillet. On
&cn figuroit une obscurité.
qui egaleroit celle de la nuitpendant
quelques heures.
Ainsi on fut fort sorpris de
voir toujours la terre éclairée.
Si vous en voulez fçavoir
la cause, vous la trouverez
dans ce Sonnet d'un jeune
Inconnu de Soissons.
FOURQUOY L'ON VIT
clair pendant rEclipfe.
..,'') LA LunequiparutdessUs no/Ire
f
Hcmifphere,
puneprefonde nuit devoit couvrir
; )
lesCieux, LebelAÏÏre du jtur&éclairer que
ks Dieux,
Car cet sijlre éclipféperd si clarté
prcmÙre.
Ilgarda cependantsi brillante lumicre,
ElpâlitJànsceffir de paroishe à nos
yeux,
Oufélonsacoutume éclatant en tottë
lieux,
il voulut achever, &fournirsa Carrure.
Le Soleil efi un Afire envieux &
jaleux,
Jgjri ne veut rien céderdes droits
qu'il a surnom,
Mats moins encor de ceux qu'il 4
deffm la France.
LorIS, lAflre vivantd'uneedfatanteCaur>
IJII Soltil icy -ltMfaruguntUpuif-
Janccy
SAIIJfin AidechJï*hJeull'éfUirer 4 fin flflr.
'- .- »
La matière des Eclipsès a
fait raisonnerbeaucoup de
Sçavaris. La Lettre qui fuit
en cft une marque; je croy
que vous la lirez avec pliifir.
AcM'.jDE L. G. v yetïp>tj. Ous fme mande%
,
Monfeur,
que vous ave% eu
un grand entretien avec un de
vos jimis de la Province, sur le
sujetd?s Echpfes
,
f0 vousfoub*
ite% en mesme temps que je
vous dise messentimenssur cette
matiere qui fait du bruit en vos
Quartiers, je vous avoue que
fay esiéfurpru qu'une Personne
quipénétré dans les plus profonds
secrets de la Nature, & qui en
_con!JruIte sur ces PhincJmencs, qui
attirent nos rezoerds, excitent U ods
, exciteilt 14
curiosité des Peuples, &Jvurnffent
dequoy s'exercerauxPhilosophes,
aux Historiens, aux Aftronowes,
aux Medecins, &
mefrne aux Theologiens. Je n'ay
aucune des qualitez des Grands
Hommes qui ont fleury dans ces
Arts st) dans Cel Sciences3 dont
les Ouvrages vous donnent fouvent
du plaisir, £? voffs ave^
dans veftre Famille des Philosophes
e des Théologiensquipeur?-
reient mieux vous Jatisfaire que
,moy; mais vous desirezm'épreu-
Qtr, & je nepuis m'empefèher
de vous obéir. Ne croyez pourtant
pas que ce je vous diray
vienne de moy, je l'ay appris
dans une .Affimblée où je me
troHvay ily a quelques jours, &
ou cette Question fut misesir le
tapis. Comme on demanda ce que
c'efloit quEclipje3 un des plus
jeunes de la Compagniequi ne
faifolt que desortir du Collegey
répondit brusquement que ce n'étoit
qu'une figure de Rhétotique,
qui confiée a pafifer fous silence
dans le difèours; quelque cboje
qui en apparencefieroit necejfiaire
kfcr perftbon, & cela à dejjein.
Piufieurs se mirent a sourire de
li bévue du jeuneHomme qui
répondoit sans estreinterrogé) £r
mepne sans avoir conçu dequoy
il efloitqucflion.Ongarda quelque
temps le ftlence; mais celuy
qui avoitfait la proportion, pria
la Compagnie de n'en demeurer
pas a i & comme cestoit une
Personne de qualité qui avoit de
l'esprit & beaucoup d'inclination
pour les belles Lettres, on ne
voulut pas luy refuser ce qu'il
demandoit avec empressement.
Undesplus anciens,& qui avoit
de très,belles connoifjances}ayant
ejié invité de parler la-dessus,
commença à peu pres de cette
forte.
Puis que vous voulez, McP
siéurs,que je vous entretiéne
des Eclipses, je le feray, mais
nonpas sans craindre de tober
moy-mesme en Eclipse. Cette
matiere est si délicate & si
subtile, qu'il y en a peu qui le
soient davarage. Chaque Facu
lté recrarde l'Eclipse d'une
maniéré d¡ ifçé.'rente. M.fonficu-r
qui a répondu d'abord, a cra
qu'on parloit d'une figure de
Rhétorique. En esser, il y en
aune qu'on appelle Eclipse',
& Monsieur l'a alTz bien
définieV mais cen'est pas de
celle-là dont nous pretendons
parler.Onditaussisouvent
parmy le vulgaire, que
les grands Esprits sont sujets
à de grandes Eclipses, pour
exprimer les defauts de jugement
dans lesquels ils tombent
quelquefois; mais ce
n'est pas encore la Question.
Tous les Sçavans reconnoissent
que l'Eclipse n'est autre
chosequ'une privation de
lumiere, causée par l'interposition
d'un corps opaque &c
tenébreux; & comme il y a
deux grands Luminaires
f
que
Dieu a créezpour nous éclairer,
l'un le jour, & l'autre la
nuit, & que nous sommes
privez quelquefois d'une maniereextraordinaire
de leurs
lumieres&irradiations, nous
appellons cela defaut, défaillance,&
les Grecs l'appellent
Eclipse,carEclipse estun
mot Grec francisé, & c'est ce
qui fait aujourd'huy l' entretien
des Hommes &des Femmes,
la crainte & la dévotion
desuns & des autres. Les
Philosophes considérent l'Eclipfe
comme un admirable
PhénOlTICne) dont la rareté
excitant leur admiration ôc
leur curiosité, ils en cherchent
les principes &les causes,
en examinent lanature
& les effets; sur quoy les Anciens
& les Modernes ont
fait quantité de belles & curieuses
remarques. Les Astronomes
passent plus avant;
car comme c'est l'objet spécial
de leur Science, qui leur
fait connoistrelesrévolutions
des Cieux, les conjonctions
des Astres, leurs distances&
leurs approches, & melmc
prévoir&prédire les effets
purement naturels qui en résultent,
ils marquent le temps
des Eclipses avec une grande
certitude, jusques à déterminer
non seulementlesannées,
mais encore les mois,
les semaines, les jours, les
heures, & jusques aux minutes.
Tous leurs Livres d'Ephémerides
sont pleins de
ces remarques &: prédictions.
Ceux qui ont lû les Histoires
des Indes, sçavent que dans
le Royaume de la Chine, ôc
dans les Païsnouvellement
convertis à la Foy,cessortes
de Prédictions faites par d'habiles
Mimonnaires leur donnent
une grande autorité sur
les esprits des Peuples, & les
disposent à écouter avec docilité
des Personnes si intelligenres
en ces matieres sublimes
& cachées au commun
des Hommes. Les Astrologues
n'en demeurent pas là.
Ils prédisent beaucoup de
choses à l'occasion des EclilEesuesr,
prméraeisndounësçait combien
Science cil*
décriée. Le sçavant Pic de
la Mirande a composé contre
ces Astrologues, qu'on
appelle Judiciaires, un excellent
Ouvrage,qu'ilfinit, en
disant que leur prétenduë
Science n'est que folie. En
effet, quand ils veulent conclure
des Eclipses,l'évene-
[ ment des choses quifont déjpendantes
de la liberté dès- Hommes, comme des Revoltes,
des Trahisons
,
des
Guerres,&c.ilsse trompent
manifestement;mais quand
r ils se contentent de faire des
r;Prédictions sur les choses piu rement naturelles, comme
les stérilitez, maladies, sechej
rc sses,&c.ils ontquelque
raison, & en ce quelesAstro-
1 nomes en concluënt. Les
Historiens de tous les Siecles
ont fait des remarques sur les
1
Eclipses, & les ont regardées
commedes évenemcns finguliers
qui méritentplace
- dans l'Histoire; ils ont écrit
avec foin ce qui a précédé,
suivy, & accompagné les Eclipfes.
C'est une chose admirable
devoir les merveilles
qu'ils en rapportent,. & l'on
peut dire qu'il n'apoint paru
d'Eclipieconsidérable qui
n'ait esté précédée ou suivie
de divers accidens.
Comme celuy quip^trlvitâfuoit
la mémoire merveilicufr,0* qiiil
vit que la Compagnie prenoit
goust' à ce qiiil disoit, voicyqueL
^ues-uvs des exemples J'Eclipfts
de Soleil qu'ilrappQrta, dont
je mefais souvenu.
Seus le Regne de l'Empereur
Gordian, le Soleil défaillit d'une
telle maniéré, e les tenehres
furent si cpaijjes3 qu'ilefloitimpojjîblederienfaire
sans allumer
des Chandelles. La Terre futsi
horriblement ébranlée, que des
Villes entieres,& tousleurs Ha-
Mtans,furent engloutis dans les
ouvertures quise firent;ceque le
Sénatprit pour un figne de la
mort deGordian.Avant les cruelles
persecutionsque l'Empereur
ValêrianfitauxCbrefiiens, la
Terre fut courverte de tentbres
pendantplusieurs jours; ily eut
d'épouvantables tonnerres; plusieurs
Edificesfurentttbîmez dins
les Ouvertures qui se firent A la
Terre; toute l's4fiefoaffrit, Rome
fut émuë) la Libie & quantité
de Terres furent chFIouties, U
Mer couvrit les Villes maritimes,
&de là sènfuivit la Peflef
qui fit mourir en un jour jusques
A "quinze millePersonnes a Ro- me, dans l'sfcbaïe. Ily eut
une grande Eclipse de Soleil
quand les Cbrefliens furent mi.
férablement défaitslanuitpar les
PerfesaSyngara* qu'ils ajjiégerent
N7i[io'is, &prirent Amida.
Enl'an ÓÓl. de NopreSeigneur.,
ily eutune grande Eclirfi de
Soleille 10. de May; en fuite
me cruelle Maladie,&la Pefley
affligèrent la Bretagne. Constance
futen déteflation pour sa
Crannie, pour sonfratricide3 &
pourses crudutez tni'ersles bons
Enûefyues. Lafàp^. le Ó. du
Regrre de ïEmpereurCopronime,
depuis le 4. d'Aoufljusquesan
premier de Septembre, ily euten
Orient £epaisses tenehres, qui furent
suivies de prodigieux tremblemens
JeTerre en la Palestine
jèj/fentoutel'AJJirie; en fuite lA
Pesle desola la Sicile;elle dura
trois ans a ConftantinopleJ&fit
un DeJ'en de cette grande Ville.
Theophane dit que Dieu envoya
ce Fléau pour faire amender les
Hommes, eparticulierementcet
Empereur impie. L'an 760. le
zSjSeptembre, à neufheures, il
y eut une Eclipse. Pépin, Rey
de France,mourut
a, Paris ; le
Pape Paul mourut. Conflantin
fut défait par les Dulgares, où il
perditquantitédeNoblesse, &
toutes jes Troupes ; les Arabes iemparèrent de ïArménie.Lan
797.aumois de Juillet, dans le
temps que ïImpératrice Irene fit
crever lesyeux a son Fils Conftantin,&
s'empara de tEmpire;
le Soleil ne parut point durant
dix-septjours, & les tenebrei
furent sigrandes, que les Vais
féaux ne se pouvoient conduire
sur Mer. Ily eut de grands
tremblement de terre en Crete-,
en Sicile3&sursauta Constantinople.
Conflantin mourut bien,
tost apres. VanSu.ilyentune
Ec/ipfe deSoleil le 2. des Ides
dï Juin, à deux heures. Vhin),
Fils de Charlemagnej mourut^
Les Uni*aresdtji'ent les RamainJ
JttS du Fleuve S'trimoniura ; 6"
/•' Empereur Nicêphoyemeurutayant
eslé vaincu des Buls,ares.'
L'an813.le 4, de May, il_y eut
une Echpfe de Soleil.L'Empereur
Michel ayant eslé vaincu
des "Bulgares,Je retira de l'Empire
j @J cboijtt une vie monastique.
L'an S33. le Seleil la
Lune. éclipferolt; & dans le
mefne temps, 'Empereur Lew,
abandonné des Siens.,& mis entre
les mnns dejesEncans, fut
renfermé duns un Cloijlre. L'an
joop. que les TurcsprirentJérllr,
tle;n, il y eut une Eclipje de
Soleil. Celle cpù arriva en11$6.
fut suivie d'une irande Pesle en
Pologne & dans la Russie; le
PapeLucIII. mourut; iHyver
futchaud.Enni7*ily eut
deux Eclipses merveilleufa3l'une
de Soleil}l'autre de Lune,
avecuneconjonÛien de Planetes.
Tousles Afroloçues du Levant,
de tOccidrnt, & duMidy, tant
Chrefliens que Mahometans>
firent des Prédiftions qui furent
toutes conformesy comme si elles
sussentsorties d'un mesme cerneau.
Les effits ne furentpas
absolumenttets en Occidentqu'ils
les dvoientprédits)encore que la
prise de Jerusalem par Saladin
Roy des Sarrasins, eule Roy
Baudouin dr toute la Noblcffe
furent pris, les armes des Chrétiens
Occidentaux dans la Palejline5
la prise de Conflantinople
par les mcjmes, la veçuëdesTartares
, & les horribles CIJdngemens
qu'ils apportèrent preflotedans
toutes les Contrées de la
Terre, outre ceux qUI arrivèrent
particulièrement en Afrique. &.
tn Ejpagne3témoignèrent qu'ils
ne s'efloietpas entifrement trompez
en leurs Prédictions. L'Eclipfe
du Soleil qui arrivale4.
dAoust de tan 959. que le Duç
de Lorrainese noya dans le Rhin,
st) que les Espagnols donnèrent-
U Bataille ae Simancas,ejlremarquavle
en cequ'eue duraplue
d'une heure.,&qde pendant tout
ce.
temps-la on, vit au Cielles
Etoiles brittïntes•& remuante*.
Luitprand de Pavie qui njivoit
alors
j
du qu'il en a eslétémoin
oculaire. La mort du Pape Gré--
OfoireJ.& la FaéliondesGibelins
Çjjr des Guelphes, qui causa de
grandes calilmitez, annexent
apru l'Eclipse de l'an 1230. Ily
en eut une en141f. aprèsla Fejlt
du S. Sacrement. Jean Hus fut,
truie. Lanijjo.l'Eté, fut extrémementchaud&[
ec, deforte
que les Foins, lu Légumes>
twtto les autres chofu qui 'Vien';W
nent en abondance dans un temps
temperé, furent extrêmement rares.
Ily eut feulement des Seigles
dffizraifonrptbhment;,& quantité
de Vins trèsforts, & d'une
bonté admirable3mesme dans
les lieux ouil en croissoit le
moins. Le Palais Royal de Pragut3
dr VEglife Cathédrale
bâtie avec de grands foins & de
grandes magnificences par les
Roys de Hongrie3furent krû/ez,
& il y eut de grandes incendies
ailleurs5 dont beaucoup de Gens
furent accusez, qui moururent en frotejltrit de leur innocence.
Il nefis enditbeaucoupd'autre?
qui avoient eslè toutes fuhies
d'évenemens tragiques & extruordinaires
; mais je m'arrefie
à celle-cy,qui a du raport par
on commencement aux grandes
secheresses que nous avons eues
ce Printemps, & au commence.
ment de l'Eté* à la disette des.
Foins st) des Herbages de toutes
fôrtes, à la raisonnable quantité
de Setgles que l'onaferre%, &
a la belle apparence que chacun
'VOlt de remplir cette année les
Celiers d'excellens Fins.Mais
avectoutes cesconformitek, dei
mandons à Dieu que l'Eclipse
<duiz, deJuillet de la prefentç
année3 à deux heureJ. &demie,
xaitpointd'effetsfïmflres.Aprescelay
noflre Dofleur reprit Jondiscours3
&nous dit que les Me-
~c/~ ~4~~ roM decins ayantconfdert les p~rri~ncf~ip~e
& les effetsdesEclipjes avec les
Philosophes &lesAflronomesy
en concluent, sur tout quand elles
fontde longue durer,quily aura
des maladies, principalement
quand cessle Seleil qui efl êclipsé,
car ilf conneijpnt kien que
cet Aftfe si benm, qui efl comme' loeildu Àdmâe & le Pere de la
Nature, ne nous regardantpM
dt bon oeil, tout va mal; commeilagitsurletchofes&d'icquye- basv
IntS, leur communiquant ses in*
fuencesyfon mouvementyfa lueurt
@rfa chaleur, cette lumière&
sesrayons, efiant arreile%sur la
partie supérieure de la Lune, qui
efl éclairée alors centre l'ordre
naturel3 cet Aflre qui efl malfaisant,
nous dérobant en partie
la lumière, nous osse en mefme
temps-lessalutairesinfluences du
soleili-er comme dans le petit
monde, qui efl l'Homme, quand
l'irradiation des efyrits animaux
qui defeendent du cerveau efl
empefehée par quelque humeur
froidequi cause obftruEllOn, les
parties inférieures du Corps fouffrent,
de Ynefmel'irradiation du
Soleil eslansempefchte par le
corps opaque &solide de laLune,
roui les Animauxsouffrentpùr
cette interruption.
Vn de la Compagnie interrompit
icy le difeours, disant que
l'Eclipsè efloit une cboje nature
lle, qui ne prdduifoit aucun
mauvais effet; qu'il ne s'enfui-
''Voit pas que les Corps s'en troulassentpis,
encore que les rayons
du Soleil fussent détourné%
,
st)
sa lumière obscurcie; C que s'il
en arrivoit autrement, on 4uroit
fitjet de craindre qu'il n'y east de
grandes maladies (Dutu les fois
que le Soleilferoitcache par des
nuages, ou par degrands brouilL
lards. Noflre bon Vteillard ré..
pondit que ce nefloitpas uneraifin
aJlèz forte pour combatte lu
sentimens des Agronomes&des
Meiecinsy de dire que ce qui cft
-
naturel ne produit peint de maladies,
Ily a millecboses natureilesqui
produisentbien des maladie,
s, comme les Tempefies> les
Orages., laTonnerres, les Tremblement
de terre3 les exhalaisons
puantes $infe£léesdesCloaques.
Quesiquelqu'un ri-avoitpasref-
[enty les effets malins des Eclipret)
elles en Avaientpu produire
en aautres Perjonnu; que dans
les temps des maladies générales,
mtfme co'tao,,Ietifes,tour lemende
rieftoit pas pour cela sujet aux
mrfmes maladiM; que les Corps
les plus forts, vigoureux, &rebufteSj
réjîflent aux venins de
l'air ; que la nourriture mesme y
cOYJtribuë) maisqueles CorpsfoL
bles & mal dfPofzysuccombent,
&quil avoitveu des Personnes
tombermalades,mesme
en mourir) pour avoir eflc exposées
dehors durâtVEclipse;quil
conseilloit mesme a ses Amis de ne
pas regarder en ce temps-là trop
fixement le Soleil ny U Lune) gjr
de les regarderfeulement dans un
Baffin d'eau expose devant quelquevitre,
ou par un petit trou, tel
qu'on en fait pour mirer ou pour
ni'VelerJ puis que les observations
diférentes faites par tant d'bahiles
Gens n'efioient pas à négliger;
&surce que Vautreavoit
dit des nuages& des breüinards, ilréponditqu'ilefloitconfiantque
Îileuand ils nous cachent longtemps
Soleily ils c-iufent du desordre.
C'est alors que les Fièvres s'augmentent,
que les Goûtesreviennent,
que les Fluxionsdébotdent
ducerveau, qui étoufent souvent
les Malades tout d'un cout>t&
quil arrive mille autres accidensy
comme Migraines) maux de
Dents,apoplexies,&c.
Un autre qui ejloitfort ejîime
parfonffa.-voir,.crûtl'embaraffir>
en luy demandant comment il
efloit pojjibleque les Habitons de
¿'¡]le de GroenUndpussent vivre,
eflant\la 'moitié de tannle.
dans les tenebres9 sansvoir le;
Soleily&par conséquent prive
de ses douces influences. Il réponsdit
qu'il ne falloit pas s'en étonner,
que ces Gens-la efîoientac.
CQHtume% & naturaliser dans
ces Lieux)qutils ejloientenun
Paisfroid, que cejlle propre
dufroid de dessecher les Corps, {£
de concentrer lachaleur naturelle,
su dedans, ce qui faisoit que en
Personnesefleient fartes & robustes
pourrefîfier à Ugrojjtereiz
desvapeurs;qu'ils ne laissoient
pas de voirun peu de jour, &,
que l'habitude efl une fécondé
Nature. Il ajoûta que ceux qui
navigent vers Groenland
>
&,
pussent mefrte jusques à Sbisbergue,
pour lapcfcbt de la Baleiner
st) pour chercher des Dents dt
Chevaux marins & de Vac/Jes,
marines,qu'on trouve sur tout
vers Sbisbergue, qui cft fort
antancc vers le Nord, ne vont1
point en ce Pais que quand le
Soleil efl bien hauty & qu'ils le
voyent quasi toute la nuit sur
leurs tefles. QuesicesGens,quoy
lu'habituez en des Paisfroids
erfujets auxvapeurs&brQüillards)
commefont les HoHandoisy
les Damis,&lesHambQUrgU9isy
alloient là dans d'autres temps, ils
n'y pourraientvivre, ny réfifler à
lagrojjiereté de l'airj encore que
les Habitansyvivent bien.
Il dit de plus, qu'outre ce qu'il
avoit lâ la-d:jfus} il avoit interrogédes
Officiers de Marine
quiyavoient esié) @rqsÚ l'avoient
affureque les Vaiffeavx
ny peuvent aller que dans les
grands jours& les grandes chaleurs,
car autrement les Hommes
ne pourroient réfijleral'airépais
&malaifêyremply de brl'ÍÚt!a?ds>
& tres froid. IveftreVieillard
ayantfatissaità la Queflion qui
luy avoit eHé faite
t
reprit ou il
en efloit demeure, & dit que les
Tbeilogiens & les Saints Perei
parlent fortsouvent desEclipsee,
sur teutde la o-rande& admirable
qui arriva a la mort du-
SauveurJ qui avait ejlêpredite
par les Propbetes, dr laquelle
efloit tout à.fait rniraculeufe, par
troisraifbns* La premiere,parce
qu'elle arriva dans la pleine
Lune. La seconde., parce qu'elle
dura troisheures, ce qui encontre
l'ordre naturel ; @¡ la troisiéme,
à cause qu'elle fut universelle9
comme les Evangelistes le témoignent.
Et S. Denys ïjfreopagistegrand
Philosophe (j* grand
Mathématicien, estant alors elt.
Egipte, dit à cette occasion
,
Il
faut que le Dieu.de la Nature
souffre, ou toute la Machine
du Monde se dissout. Il
ajoûta, pour éclaircir ce qu'il avoit
dit, que l'Eclipse du Soleil ne
sefaisoitsuivant le communsentiment
des Philosophes (Sf des.
jéfironomes, que dans le temps
que la Lune til dans la tesse ou
dans la queue du Dragon, oubien
près, cejî à dire dans [on commencement
on àsafin7&quelle
efïoit pleine à la mortdeNoBrs
Srigncur; que le Soleil efiant
fort rapide dans sa course) la
Lune ne pouvait empefeher si
logtempsFinfluence deJes rayons.
Enfin ilfiimiNe belles reiféxions
sur. les diférentes Eclipses naturelles
&fumaturclies, dont tonte
In Compagniefutextrêmement
contente, luy témoigna bien,
des rrconnoiffances. J'en anjois- l'espr.it tout remply, quand fay,
reçeu uojtre Lettre; deforte que
je nay eu qua les mettresur le
JUtpÙr) mais non pas avec son
éloquence;ce qui me tiendra lieu,
s'il vous plaiR;, d'une décharge
pour ce que vous avek d¡firé.
de M«:*'
Vostretres-humble & tresobeïssant
Serviteur,
VlGNI£fU
,.. Richelieu ce Juilletj6$j, - "6_4,
vers laCôte, & donna si
promtement ses ordres par
tout, qu'ilassembla en trcspeu
de temps, les Milices &
la Noblesse, ôc mit toute la
Côte horsd'insulte. LaVille
d'Antibe estant le Poste le
plus avancé, & le plus dangereux
, il s'y est tenu prés
d'un mois, & sa préience a
elle aussinecessaire pour rassurer
cette Ville, & les autres
de la seûreté desquelles il
avec pris soin, qu'elleaefté
utilepourintimider les Ennemis
, puis que par sa vigi-
L:.n:e l'on y estoit à couvert
de toute surprise. Le Roy
satisfait de sa conduite, luy
avoit donné un plein pouvoir
de se servir des Troupes
dela Marine, & du Canon
qui estoit dans les principales
Villes, comme il le jugeroit à
propos, en attendant le secours
qu'il luy devoit envoyer
; mais les Ennemis
ont pris le seul party qu'ils
avoient à prendre, & ils se
font retirez dans leurs Ports
sitôt que la Tréve a été
signée. Ainsy Mrle Comte de
Grignan a congedié ce qu'il
avoit levé de Milices,aussibien
que la Noblesse, qui
avoit couru le joindre avec
Tempreflèment qui luy eit
ordinaire dans les occasions,
où elle peut espérer de donner
des marques de sa valeur
& de son zele pour le service
deSa Majesté. Tous les
Gentils
-
hommes qui s'étoienc
mis fous les armes, se
font retirez avec toute la satisfattion
possible de la 'manierc
dont ils ont été traitez
ppaarr ce CCoomnlttee,)qquUiI nn'a'a éeppaarr--
gné aucune dépense pour les
régaler, & pour soutenir avec
éclat l'honneur de la Charge
qu'il exerce il dignement.
Ma Lettre setrouva si.
remplie le dernier mois, que
je ne pus vous apprendre la
mort de Messire Pierre Boutet,
Seigneur de Marivats,
arrivée le 19. d'Août.Il était
Chevalier des Ordres Royaux
& Militaires de Notre-
Dame de Mont-Carmel,
& de Saint Lazare, Premier
Gentil
-
homme Ordinaire
-
de Monsieur, Grand-Bailly
de la Ville & Duchéd'Etampes
, Gouverneur & Capitaine
de la mêmeVille.
Il n'a laissé qu'un Fils âgé de
dix ans, auquel Son Àltcflc
Royale avoit accordé depuis
quelques mois laSurvivance
de la Charge de Premier
Gentil-homme ordinaire, en
considération des services de
Mr de Marivats son Pere.
Le 29 du même mois
mourut Messire Michel Polaftron
de la Hilliere, Marquis
de Grillemont,Grand-
Maître de la
-
Vénerie de
Monsieur. Son., mérite aussibien
que sa naissance
,
lui
; avait donné beaucoup d'Arilis
dont il est fort regreté.
Monsieur l'honoroitde son
estime
,
& a témoignéêtre
touché de sa perte. Il y avait
environ six semaines qu'il
était veuf, & quoy qu'il ne
fûtplus en âge de sentir l'amour,
ayant plus de soixante
èc six ans,& que mesme il
luy fût restéquelques incommoditez
d'une attaque
, d'apopléxie qu'il avoit euë
l'année précédente, il s'était
rendu au mérite d'une Fille
de qualité, avec laquelle il
venoit de résoudre le jour de
son Mariage au Lundisuivant,
lors qu'il retomba dans,
lie même mal d'apopléxie.
Cetterechute l'emporta eudix-
huit heures.
Jay encore à vous appren.
dre la mort de Mrle Viûam^
de Vassé, Lieutenant de
Vaisseau,arrivée à Touloa
le 17. du même mois, aprèscinq
jours de maladie. Il
était Gendre de Mr le MaréchaldeHumiéres,
& par-"*
conséquent Neveu de M1lô-
Marquis de Preuilly,Lieutenant
GeneraldesArmées
Navales deSaMajesté.Ii>
avait servid'Ayde de C-aiiië.*
auprès deM'leMaréchal de:
Créquysononcle, dans tou-~
tes ces dernieres Guerres,
oùilavait donné des marques
de sa valeur, aussi-bien
que dans le Combat que Mr
de Relingueasoutenu depuis
peu de mois contre les trente-
six Galeres d'Espagne, &
de Génes. Il a été enterré
dans l'Eglise Cathédrale de
Toulon avec beaucoup de
magnificence. Mess. du Chapitre
~vinrét enlever le Corps,
accompagnez des Dominiquains,
des Capucins, des
Minimes, des Augustins, &
des Peres de la Mercy, au
nombre de plus de six cent,
ayant chacun un Cierge à la
main. Il yavait aussiquatre
Compagnies de Penitens,
~sçavoir, blancs, bleus, noirs,
& gris,quifaisaient plus de
sept cens Personnes, & qui
portoient tous chacun UllY
Flambeau. Les Confreres de
la Miséricorde marchèrent
après leCorps, suivis de cinquante
Pauvres en deüilavec
des Flambeaux,oùles Armoiries
de sa Maison étaient attachées.
Quatre des plus anciens
Lieutenans de Vaisseau
tenoient les coins du Drap
mortuaire; & six Sergentsdes
Vaisseaux,avec un crêpe au .¡
Chapeau, portoient le Corps.
Mr le Marquis d'AmfrevdIe
se trouva à cette Pompe funebre
avec tout le Corps de
la Marine , & trois Compagnies
de Gardes Marines,
sçavoir,celle deToulon, cello
de Brest, & celle de Rochefort
, ce qui faisait plus de
huit cens Hommes. La marche
se fit en tres- bon ordre;,
& quand le Convoy paÍfa,
sur le Port de la Marine,
l'Amiral le ~salüa de vingtcinq
coups de Canon. Quel- -ques jours après3 ily eut un
Service solemnel pour le repos
de son ame dans l'Eglise
des Peres Carmes, qui.
était tenduë de noir, & où
l'on avoit dressé une Chapelle
ardente. Tout le Corps
de la Marine y assista, & la,
foule y fut si grande, que l'Eglisen'en
put contenir qu'une
partie.
Le Pere Aléxis du Buo-
Théatin qui continuë à se
donner tout entier aux Controverses
, a vû ce mois-ci
son zele récompensé par trois
Abjurations remarquables,
qu'il a~reçuës. La premiere
aétédans l'Eglise des Religieuies
Angloises, Ruë de
Charenton,Faux-bourg Saint
Antoine, de Mademoiselle
Marie Forêt, âgée de cinquante
-cinq ans, Femme
de Mr Mucet, Bourgeois de
Paris. Elle a suivil'exemple
de Mr Forêtson Pere, qui
ne voulut pas mourir dans la
Religion, où il avait été
élevé.
La seconde
a été dans
l'Eglise des Filles de Sainte
Marie, Faux- bourg Saint
Germain
,
de Mademoiselle
Fenou, recommandable par
le#
les belles qualitez, & d'une
Famille fort attachée à sa
Religion. Elle n'en a pas
plutôt connu les erreurs,
qu'elle a quité genéreusement
la Maison de sa Mere
pour les abjurer. Sa Majesté
en ayant été informée, luy a
accordé sa protection.
La troisiéme de ces Abjurations
s'est faite dans l'Eglise
desThéatins, où Mr de
Salus, du Pais des Grisons,
Lieutenant des Gardes Suisses
du Roy, a fait profession
,
des Veritez Catholiques, en
presence de plusieurs Personnes
de qualité.
L'approbation que vous
avezdonnée à tous les Ouvrages
que vous avez leûs
du Bercer de Flore,m'oblige
à vous faire pa7 rt de
celuy-cy, je croy que vous
n'en ferez pas moins contente
, que vous l'avez este
de tous ceux de la façon,
que je vous ay déjà envoyez.
LE SATY-FR-E.,,
ET LE LOUP.
,
FABLE. ?
S uN Satire àvilain MHzeatf,
Croyant avtir une voix sans fa-
Ycillcy .;¡
Etquilalloit dire merveille,
Chantafar un ton de Corbeau,
A CEch» d'un Rocher, fres d'unbord
de la Seine.
Oüy, oüy, j'aimerois mieux la
Bergère Circene,
Que son Troupeau.
Z'¡; Loupqui l\,,nndoit,cwchesur
-
la Fougère,
sSee levantttoouuttj1o~y, eux>Utyrépondit ,
cesmots;
Nous ne ferons donc pas Rivaux,
Car foy de Loup qui te rérere,
J'aimerois leTroupeaubien plus
que la Bergere.
La-dessus, ilsfontamitié
Avec un complot sans pitié.
Circene cejour-là gardoitles Brebiettes
Dd;e.r des guéretsvoifms du Rocher
& de CEau,
Et s'amufiitacueillir des Fleurtttes,
Tour enfaire un Fejlonafinpetit
Agneau,
Le Satire& le Loup l'eurent toe
éventeei
£t dés le mesme infiant, l'ardeurprécipitée
De contenter leurs appétits,
Les fait courir comme a la FeJie,
Le Satire a la Belle, &le Loup aux
Bribú..
Mais ils partent, les Etourdis,
Sansfongerifrien ne s'apprefle
A s'opposer JleNrconiJuejle,
Etleurcourse imprudente ajujlcment
sonprix;
l'enfant prendre,ils Ce trouvent pris,-
Le BergerFUridon7Amantde cette
Belle,
.!l.!!i nofiitpar refpeffporterfespas
vers elle,
La voyantfeule,&hin de leur Hameauy
Litoitproche de là) montesur un
C/'efntall)
Vadmiroit afin aise, à" 1* regardotï
faire.
Il eut toit découvert la marche téméraire
Des deux dangereux Enntmù.
A Fiifpcffdupérilque courtl'objet
qui'l aime,
ilfrémit,ilpâlit, il fI hors de luymefinei
Mais grâce a la Fortune, ilejîbientofi
remis.
Il apperçoit quatre défis Amis
Venir à luy, montez *Cavantagev
Armez, d*EpieuXyd*Arcs, &de
Traits,
Suivis de chiens vijlesd-fria,
JVtvisortoient du prochain Bocare.
Au Satire, au Loup, Compagnons,
Leur cria-t-i1, descendant defin
Chefine.
Les voila, qui vont à Circene,
Le Satire les tient; le Loup est
aux Moutons-
Secourons-les, donnons, donnons.
Le Berger court, sa voix efi entendue,
Son exemple estsuivy des Chiens &
des Chiffeurs,
£ttoutpercc une Hayeélevée &
touffue.
*hti les cachûitanos deux Ravis
flurs.
L'un&l'autre dépt s'emparoit de si froye, jeyes
EtméprifitntlèscrÙ, Id pressoitaveç
Mais ce grandfccours arrivimt,
Chacun lâibesa, prise,
Etgagneaupiedvijle comme lôiicnty
Avec une douleur evale à sasurprisè.
Les Chasseurs çr les Chiens n'en demeurentfAJ
là.
Les Chienssuivent le Louf, les Chasseurs
le Satire;
Ils courent tous,àqui plus visse ira;
Tandis que le Berger retire
La Belle &fesBrebis, de l'extrême
frayeur
.f!..!!.i leur glace lefang, & Uw IIbAt
Le ffeur.
Apres une longuepourfutte,
Les chiens erijiujoignent le Leui,
Et devenu*plus hardisparfafuite,
L'acculent, leprennent au cou,
Etde tOUJles(Iftez lemordent coup
sur coup.
Vun luyperce la!(IUI, l'autre laluy
dcchire,
Alccorcher chacunaspire.
Cefutpour lors qu'a cepauvreAnimal
Les dents firent grand mal,
Les dents des chiens, cela s'enva
sans dire;
IlenfiujfiillUI bienfâcheux martire.
Son Compagne#fuyard ne fut 141
mieux traité;
On Rattrapey il eïl Itrrtjll,
MalgréJesfauts&fis gambadesy
Et de cent cêups de baflennadts 1
Son cuir, s9HTa bien durycjîfifort
é1prouvé,,
Jgu?ellesmarquentpartout leurs
traces;
Jamais a telle Fesle il ne s1eBoit
tioui'é,^
Jamais iln'avoit fait desilaides
grimaces.
tC"e n'cdflpas la Mtj JCilfC f~ 1 Sonttoaus euux cnJj.umz^ç?conduits Puis4tt,:ch.-zp.irdebonsnoeuds
AuPoteaud-iCarcanpluuèsur le
Pour t'jlre ainsilivrez aux rÚ.,
PJFW*
Aureproche kiinfulte,- ai'injure,
à Coutraje
DesEnfins, des Passi.-is,de tout le
voifhiagc,
Sur leur dessein mal entrepris.
Les Prisonniers couchez, pur terre,
Trisses,pinfifs,&Ictnglliffins)
NeJep:,irlerent point) tantqu'on leur
[fitla guerre;
Maisquand 14 nuit eutdijjlpé les
Gens,
Lafftz enfin deprendre enpatience
Ta:td'affronts,& tantdefivffrance,
7/j- ~y~~f~/ .-7~~<' Ilsviennentàse quere ller,
Cc nessqueplaiy;tc,que raxcusCy
lis ne font quefeharctu r,
£>ucs1imputer leur infortune,
QueJe rendre garantis l'un l'autre
de leursmaux.
Apres celd, laplainte Attire lesgras
mots;
Les gros motsfontsuïvis de la rude
menace>
La menace, de coups;&les coups,
de lambeaux.
Leurfangde toutesparts couleparmy
laplacey
Et leuramefenoyc en cesfanglans
ruiffeaiix.
Mais comme le DcfHn assez,fouvext
nomojle
Le voile à l'heure delA mort;
Ces Aveuglez,,mais tard, apperçoivent
leurfaute,
Etpour lors, bien d'accord,
Se demandentpardonavec beaucoup
de zde
De leurs trop choquansentretiens, 1
De leur trop funefie querelle;
Maudijfcntles Chevaux, les Chaf-
Jeursydr les chiens,
Et le Berger enfentineUe;
Etmalgrétous leurs déplaisirs,
"Epargnentlesobjets de leurs ardent
dejirs)
Les Brebis,&la Belle;
Puis rheure cfiant venue, enfin meurentpeftans,
T>avoirmalpris leur temps.
Leéîe-ut-, ne tratte pas cette Fablè
nouvelle
De pure bagatelle,
Vaisque, s*ilfautte l'expliquer*
Elle inflruitceux dont t'ordinaire
Efl d'allertrop vijle en affaire,
Que Con doitreconmijfre, avant que
d'attaquer,
Ajîn que, s'il efl nlceffiire,
OIJse luúffi tiférnentfouflrairc
Aux redoutablesaccidens,
Qui peur tftreimprêveus,perdentj
les imprudens.
Il y a des Génies heureux
à qui l'acquisition des Sciences
ne coûte rien. C'est ce
qu'on a vu depuis un mois
dans un jeune Rhétoricien
du Collège des Jesuites de
Toulouse, quia raisonnépubliquement
de la Rhétorique
dans toute son étenduë,
de la Poësie, & surtout de
la Françoise dans toutes ses
regles, & des Fortifications,
ou Siéges de Places dans un
détail fort particulier. Il est
Fils de MrDaspe deMeilhan,
& n'a encore que quinze ans.
Pendant deux séances, aus.
quelles tout le Parlement,
le Clergé, les autres Corps
de la Ville, & genéralement
tous les Gens de Lettres &:
Curieux assisterent, il répondit
avec une présence d'esprit
surprenante aux diverses
Questions qui luy turent faites
sur toutes ces choses; êc
ce qu'il y a de plus merveilleux,
c'est qu'en expliquant
les endroits dont on
luy demanda l'eclaircissemét
dans les Ouvrages d'Homére,
de Juvenal, de Perse
d'Horace, du Tasse, & de
Lope de Vega, il parla la
Langue de tous ces Auteurs,
c'est à dire, Grec su l'Iliade,
& su la Batrachomyomachic
d'Homée, Italien, sur l'Amint,
&la Jerusalem délivrée
du Tasse & Espagnol,
sur quelques Comédies de
Lope. Il cH: frt rare de sçavoir
cinqLangues dans un
âge si peu avance, & plus
encore de les possedr assez
pour ne les confondre pas
en s'en servant. La facilité
avec laquelle il s'énonça dans
chacune de ces Langues, a
donné lieu à ces quatre Vers
Italiens de Mr Fermat Conseiller.
Stupiron quel che fevellar
l'udiro,
Ed in diverje Lingue effirJi
presto,
Che Tosco in Roma, e Greco
in Epiro
L'héiurian creàuto, e quel popely
e queste.
Toute la Ville parl- e encore
avec surprise de ce prodige
d'esprit.
Ce qu'on m'a mandé qui
s'est passéà Lyon n'est guère
moins extraordinaire. Le Fils
de MrduTour Conseiller devant
soûtenir le 7. Aoust dernier
une Thése de Philosophie
dans le grad College des
Jesuites, une jeune Demoiselle,
Fille d'un fameux Medecin
de Montpellier, allai
trouver le Régent du Soû'rcnant
pour luy demander ïki
permission d'arguméter dans:
cette dispute publique. Le
Régent l'interrogea, & surpris
devoir une Fille Philosophe,
qui parloit tres -
bien
Latin, il la présenta au Pere
Recteur. D'autres Peres de
la mesme. Compagnie, 6c
quelques Particuliers de la
Ville, qui se trouverent à la
conférence qu'elle eut avec
luy, admirerent ses vives &
spirituelles réponses sur les
Questions les plus difficiles
de la Philosophie, ausquelles
ellesatisfit tres-sçavamment,
& avec une hardiesse, qui en
marquant la solidité de forr
esprit, ne démentoit point la
modestie de son Sexe. Cependant
comme la chose n'avoit
point d'exemple, on la
pria de se contenter de la justice
qu'on luy rendoit, en
confessant qu'elle estoit tresdigne
de paroîtredansl'Acte
public qui devoir se Elire, &
qu'on l'yauroit reçuë avec
plaisir,si quelque usage avoit
pû autoriser une entreprise
de cette nature.Mess du
Parlement de Dambes à qivi
ces Théses étoient dcdie'e&>,
furent. fort fâchez de l'cX.-
clufion qu'on avoit esté contraint
de luy donner. Comme
elle fit bruit,chacun parladans
la Ville d'une nouveauté
si particuliere, & il n'y eut.
aucune Personne considerable,
qui ne souhaitast connoître
cette jeune Demoiselle.
Vous pouvez juger
combien elle reçût de louanges
de tous ceux qui s'empresserent
à luy faire Com,,..
pliment sur son dessein.
Le 17. du dernier mois,
Mr l'Evêque de Coutances
fit la cerémonie de la consécration
de l'Eglise des Peres
Capucins de Valogne, qui.
fut dédiée à la Vierge, & à.
S. Joseph. Elle commença à
six heures du matin, & dura
jusqu'à une heure aprèsmidy,
avec une foule incroyable
de Peuple.Toute la Noblesse
du Païs y assista
,
ôc
entre - autres Madame la
Marquise de Saint Pierre,
d'une des plus illustres Maisons
de la Province. Cette
cerémonie se fit avec beau-
~cvmp de magnificence. Les
Dames entrerent d&is le
Convent, où les Peres régalerent
tout ce qu'il y eut
d'honnestes Gens..
Je vous envoye le COUP)
d'essay d'une Muse naissante,,
qui a eu l'aplaudissement de
toure la Cour. Ce sont quatre
Sonnées de Mr de Hautmont
de Saumur , sur des.
Bouts-rimez, que l'onavoit
proposez icy à la louange:
des Héros du Siècle. Il eut.
l'honneur le 8. de ce mois de
lire en présence de Sa Majesté
celuy qu'il a fait pour
Elle. On m'a fait esperer
quelques Pièces tendres de
sa façon. Je ne doute point
qu'elles ne vous plaisent Les
bords delaLoire [ont d'heureux
Climats
,
où les coeurs
semblent naître pour Tarmour.
POUR LE ROY. sljdmaù un Hérosfut couronne
degloire,,
Si lesSieclcs jamaisontproduit un
grmdRoy,
Si jAnnusConquérant fçcut bien
donner la Ley,
C*(si LOVIS, durit le Brus couronne
la Vivoire.
onne nous l'ente fins la valHiT
/'histoire
De toiu ces Dewy*. Dieux dotla Faile
faitfoy;
LA Francetriimfhante,&CEuross
en eirFr*roy, *'
JEt l' Afriquedomptée, effacent leur
mé,moire. £
il na rien entrepris qu'il ne lait
achevé,
Aufaifie des grandeurs Luyfiuls'est
élevé)
TolUsespas ont marquéson courage
1.
inrrépide;
Et Fan en voit beaucoup aurangdes
Immortels,
Audejfm d'un César,au dejjitt d'un
Alcide,
J^ui bien moins que LOFISméritent
desAutels,
A MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
JEunc & brillant Héros, qui cours
après la gloire
Surlesp<ts triomphansdenojl-re atigusleRoy,
Apprensdesajuflice a nous donner
laLoy,
Et defin Bras vainqueur 4 forcer
la Vidoire.
Ce Grec audacieux si vanté dans fHifloirel,
Ce Guerrier foudroyantdont Arbclles
faitfoy,
Dit Monarque Verfan la terreur&
l'effroy,
170 MERCURE
N'aura rien aéclatant auprix de ta
mémoire.
Le Dessin nous promet ce Miracle
achevé,
Un Dauphin glorieux, dont lesoeur
élevé
Seconde la grandeur de LOVIS
l'intrépide.
Apres l'avoir (ouvert de Lauriers
immortels,
Nom lenrroï/spompeux,ifivy d'un
AiitïC Alcide,
}J c1ri. ter a Iontourdel s voeux &-!.dJes
Aili, Is.
A MONSIEUR. pRINCE, dentlegrandcoeur
mérita tant de gloire,
Dans cesChampsJifameux où tu
Jonnæ lit Loy,
Tavaleur àCajftlfitbien voira ton
Roy
J$ue PHILIPPE DEFRANCEeftnc
pour iaVictoire.
0;/ verra les Flamans terrajjtz, dans
l'Histoire
Marquer tous lesgrands coups dont
ce Combatfaitfoy;
Les Murs deSaintOmer en tembeient
G/effroy,
Etfin il érosvaincucraintencor ta.
mémoire.
Un Epdminondds fust-il plus a.
chevé?
-119-Ue nepeutleFrançoisfous ce chef
élevé?
LOFISfût tout tremblerfow ton
Bras intrépide.
Tulefuis de bien pres au rang des
Immortels;
Auguste dans la Paix, cf dans 14
Guerre AIcitic, -,r~ VOlive 6" le Laurier chargent tout
tes Autels.
A MONSIEUR LEPRINCE,
HEros, dort la valeurfait
éclaterU gloire,
Dans ces fameux Combats ad-mi-rez,
de ton Roy,
Tourqui ta. jeuneaudace osa porter laLoy
Dans ces Lieux de tout temps fermez
à la Victoire.
Ces Champssirenommez,parlent de
tonHistoire,
RocroJ) Lens, é" Norlingue., di" Frihourg,
enfliuFoy;
Dnncjuerque,Thionville, enccnfirventl'effroy,
Et Senef& le Rhinredoutent lit
niémoire.
rit-on unConquérantplus grande
plus achevé?
Ton Nom, de tous les Noms est le
plwélzvé)
Prince iuet généreux que Guerrier
intrépide.
La France doitfin luflre ates Fdits
immortels,
FEile"n"a cjuunCondJéI, t14 Grècequ,'un
Alcide,
MdiiAIcide à Condédoitcéderles >
Aucelso
Je vous ay parlé des changemens
de Charges qui ont
cfié faits dans la Maison de
Monsieur entre les grands
- Officiers, à l'occasion de la
mort de MrleDuc deCI-ioijeuA,
& des libéralitezqui
leur ont esté faites par ce
Prince; mais je ne vousay
pas dit que Mrte Comtede
Tonnerre avoit estéreçeu ---- dans le mefmc temps Premier
Gentilhomme de sa
Chambre. Je vous ay (buvent
parlé de sa Maison, qui
est généralement reconnuë
pour une des plus illustres
de France. Quantà sa personne,
il a un air sier, & qui
marque sanaissance. Sonesprit
est vif&plein de feu; il
eH: intrépide,& toujours
prest à donner des marques
de son courage.
Le 10. du mois passé, Mr
le Marquis deBriqtiemault
épousa MademoiselledeCaf
relmoron, Fille de François
Nompar de Caumont de la
Force,Marquisde Castelmoron,
Lieutenant General
des Armées du Roy,cy-devant
Gouverneur de la Principauté
de Montbeliard,
Comte de Bethford &: Païs
adjacens, & de Marguerite
deViecese, & Petite-Fille de
Jacques Nonpar deCaumont,
Duc dela Force, Pair
&Maréchal deFrance. Elle
estd'unmérite qui répond
à sa naissance; c'est vous en
faire un fort grand éloge en
peu de mots. M'le Marquis
de Briquemault est riche, &
bien fait. Son esprit & ses
belles qualitez luy ont fait
acquérir beaucoup d'estime,
& il n'est pas moins confidérable
par là que par l'anciéne
noblesse de la Maison, dont
les Historiens ne se taisent
pas. François deBriquemault
estoit Chevalierdel'Ordre-,.
dit Roy François I. Gentilhõme
ordinaire de sa Chambre,
& fut fait Mestre de
Camp General de l'Infanterie
Françoise en Piémont l'an
1566. Cette Maison porte de
gueules à trois faces, à la Bande
d'Hermines brochantsurlebout.
Le 5. de ce mois, on célébra
en Champagne une cinquièmeAlliance
entre les Maisonsde & de
Vignier, par le Mariage de
MrleChevalier de Vienne
avec Mademoiselle-Vigniq"
Dame deS.Usage. Le Marié
-
est Fils de Messire Jacques
de Vienne, Seigneur de
Coing, d'Argentenay, & de
laGesse,Conseiller d'Etat,
Capitaine, & Gouverneur
pour le Roy des Ville &
Chasteau de Barsurseine, &
de Dame Magdelaine Gervasse-
la-Verfine, Petit -
Fils
de Jean-Baptiste deVienne,
Seigneur de Gevroles, aussi
Capitaine & Gouverneur de
Barsurseine, & de Dame
FrançoiseVignier, Grande-
Tante de la Mariée, & Arriere-
Fils d'Antoine de Vienne,
Seigneur de Gevroles
& de Breviande, & de Damefut
Gervais de Vienne, Frere
aîné de Geoffroy de Loupy,
Maréchal de Champagne,
tous deux Fils de ce Geoffroy
deVienne, que Du
Chesne marque dans son
Histoire de France parmy les lChevaliers Bannerets de cet-
! te mesme Province, quiac-
\', compagnérent le Roy Phil
lippe Auguste dans ses Guer,
> res ôc Voyages d'Outre-mer
vers l'an 1190. &qui eut pour
» Femme Matilde, Dame de
Loupy, dont Geoffroy II. prit
f.
le nom. La Mariée est Fille
I d'EstienneVignier,Seigneur
ïdeS.
Usage, duFay & Cu-.5
Fosses, & de Dame Jeanne
deVienne
-
la-Thuillerie,
Petite-Fille d'Estienne Vignier,
Seigneur de Chamblain,
& de Dame Claire de
Vienne-Saint-Martin, deux
Daines Parentes du Marié,
& Arriere-Fille de Jacques
Vignier, Seigneur de Chamblain
& d'Anneville, & de
Dame Isabeau de Saumaize-
Chazans, Ancestres de Madame
la ComtessedeTonnerre
la derniere morte; de
Mrs les Marquis de Ricey
4c d"Hauteïjyc
; deJeanneJt
de Françoise Vignier, mariées
à Mlli de Bonnefons, ôc de
Vienne-Trévilliers; ôc du
Pere Vignier le Jésuite leur
Frere, Homme sçavant, qui
a laissé entr'autres Ouvrages
à imprimer, Lagrande Histoire
de la Ville & du Diocese de
Langres, & encore celle de
iSainte Salaberge, où est con- tenu'é,avec d'autres Généalogies,
l'origine des Comtes de
Champagne, Roys de Navarre,
jusqu'àprésent inconnuë,
& que le défunt Pere
Vignier de l' Oratoire, son
Parent, avoit aussi travaillé à
raire connoistre, comme ¡e
vous l'ay marqué en faisant
le détail de ses Livres, dans
ma Lettre de Novembre dernier.
Jacques Vignier eut
pour Pere Guy Vignier, Seigneur
de Cbamblain, de la
Mothe, de Villeneuve, d'Avirey
en partie, & de Chassy;
& pour Mere Dame Gillette
de Mesgrigny
,
aussi Ances.
tres de cet illustre Pere de
l'Oratoire, & de MrVignier,
SeigneurdeVilleloin, de
Nigelle,&de la Motte, cydevant
Capitaine & Gouverneur
des Ville & Duché de
Richelieu. L'Ayeul de Guy
fut Philippe Vignier, Ecuyer
de Philippele Bon, & Cal
pitaine-Gouverneur pour ce
Duc, de la Ville d'Avalon.
Philippe estoit Fils de Guillaume
vignier, Secretaire.
d'Etat, dela mesme Province
de Bourgogne, fous les deux
Ducs précedens, puis de-
France sous le Roy Charles
VI. & Guillaume fut Arriere-
Fils de Gilles Vignier Seigneur
deLisle, qui alla à 1&
TerreSainte avec Thibaut V.
Comte de Champagne&de
Brie, Roy de Navarre, dont:
il estoit Chambellan. Le Préfident
Fauchet fait mention
de l*uy dans son Recueil des
vieux Poëtes François. Gilles
Vignier descendoit deN. Vignier,
dit Corboran,Seigneur
de Mussy, & d'autres Terres
sur les Frontières de Bourgogne
& de Champagne, qui
allaàla premiere des Croisades,
&: qui y signala si bien
sa valeur,qu'il en rapporta
ce nom de Corboran, qui
estoit celuy d'un Prince Sarazin,
peut-estre le mesme
avec Corbagath, General de
la prodigieuseArmée, que le
Sultan de Perse envoya au
secours d'Antioche, dans le
temps de cette premiere
Croisade, comme il se voit
dans sa nouvelle Histoire;
Prince qu'il avoit vaincu) &
à qui il avoit donné la vie Se.
rendu la liberté, & de qui par
révolution de fortune,il reçue,
en suite les mesmes graces,
à condition d'en porter le
nom. Mr le Marquis de
Vienne, Frere aîné du Marié,
a eu l'honneur d'êstre Page,
du Koy, l'un de ses anciens-
Maistresd'Hostel,Ayde der
Camp dansses Armées. ôL
aussi Capitaine & Gouverneur
de Barfurfeine. Ces
deux Freres ont un Neveu
de leur mesme nom, quia
esté Page de la Reyne de
Pologtne),dontils ont l'hon- neur d'estre alliez par Madame
leur Mere, & qui est
présentement Capitaine de
Cavalerie dans les Troupes
Polonoises, où il ne se fait
pas moins distinguer par son
courage que par sa naissance.
LaCerémonie du Mariage se
ne à S. Usage, où assistérent
entr'autres Parens, Mr de
Vienne-Gevroles, Seigneur
duBouverot, deLandreville;
& de Mailly, Coufin germain
du Marié, qui s'est signalé
plusieurs fois dans les Armées
de Sa Majesté, & dans
les Etats de Bourgogne; &
le Pere Vignier,del'Oratoire,
Frere de la Mariée, qui a fait
voir son zele dans les Missions
& dans la Conversion
des Religionnaires.
Comme la tristesse succede
assez souvent à la joye par
l'inconstance des choies humaines,
MdeGevroles qui
avoit assisté à ce Mariage,
efl: mort peu de jours après,
Il estoit Fils d'Antoine de
Vienne, Seigneur de Gevroles,
& d'uneNiéce de feu
MCoquelay,Conseilleren
la Grand'Chambre, ôc Chanoine
de Nostre- Dame. Il
n'a laifïc qu'un Fils, qui est
Garde de la Marine, & qu'il
a eu d'une Dame issuë des
anciens Seigneurs de Landreville,
dont le nom estoit
celuy de cette Terre.
Je viens à la prilè de Sainte
Maure, dont le Siége fut
formé le23. de Juillet par
l'Armée Vénitienne,& parles
Troupes Confédérées du
Pape, du Grand Duc de ToL
cane, ôc de la Religionde
Malthe, fous le commandetment
de Mr Morosini, Procurateur
de Saint Marc, &-.
Genéralissime de l'Armée.
LIsle de Sainte Maure estoit
autrefois attachée au continent
de la Grece, qui la
compte pour une de ses Isles
Occidentales, comme elle
met au nombre des Orienta.
les celles de l'Archipel. En
effet, toute la largeur de la
Grece prise de l'Orient à l'Occident
,
séparel'Archipel de
Sainte Maure. Elle estoit conf
nuë dans l'Antiquité tous le
nom de Leucade, & saisoit
une partie du. Royaume d'Ulisse;
auuieit elle fort proche
d'Ithaque, où ce Prince &
sa Femme Pénélope résidoient.
Une Rocher de cette
Isle elloit autrefois le refuge
,
où l'on voyoit accourir
en foule tous les Amans infortunez
de la Grece, qui,
croyoient appaiser en ce lieulà.,
la violence de leurs transports
amoureux, en sautant.
du sommet de ce Rocher..
On tient que la fameuse Sapho
quiacompose tant d'excellens.
cellens Poëmes
,
donna l'exempled
e sauter en bas, lors
qu'elle eut appris l'infidélité
de son Amant Phaon. D'autres
attribuent à Cephale, le
premier essay d'un remede si
extraordinaire. Ce Rocher
auroitesté un grand ornement
dans la Carte de Tendre.
Mais pour ne parler que
de Sainte Maure, il est certain
que cette Place a totU
jours paru très-importante.
Elle touche presqueà l'Epire,
ôc est prés de la Morée,à l'entrée
du Golphe de Lépante,
(
où se donna en 1571. cette fameufeBataillejquiacquit
tant
de gloire à l'Armée Chrétienne,&
à Dom Juan d'Austriche
qui la commandoit. La
Ville de Sainte Maure futréduite
en 1502.. fous l'obeissance
desVénitiés par Bencdetto
Pesaro. Ce Général y estant
venuavec le secours de quelquesVaisseaux
du Pape,de
Loüis XII. Roy de France, &
des Rhodiens, fit la décente
avec une partie de l'Armée,
& s'estant rendu le maisrte
du Pont, après un combat
opiniaitré, dans lequel quantité
de Turcs demeurèrent
sur la place, il força la Ville à
se soûmettre;mais l'accommodement
s'estant fait quelque
temps après entre Bajazet
11.& la République,par la
médiation du BassaAchmet,
il fut arresté
,
qu'on restitueroit
au Turc line de Sainte
Maure, & elle luy fut d'autant
plus volontiers accordée,
que celle de Céfalonic demeuroit
aux Vénitiens. La
1
Ligue qu'ils ont faite depuis
peu avec l'Empereur ôc le
: Roy de Pologne, contre cet
OEnnemy commun de la
Chrétienté, les autorisant à
luydéclarer la guerre, ils Il
folurent d'aller attaquer Sazi
te Maure, après que Mr MM
rofini leur Genéralissime ce
tenu conseil à Corfou le
de Juillet avec les Chefs d'ICJ
cadres, ôc les Principaux
Officiers de l'Arméeauxils
res. Mais avant que de voo
entretenir de cette expéco
tion
,
il faut vous apprenchi
l'état des Bâtimens de MM.
de toutes les Puissances, qp
font entrées dans leurs inrests,
leur nombre) & lordbi
de Bataillequiestoit résolu 01
cas qu'on eust estéobligé
<1
Vm
dittr,
Valtra.
Galera
Venetiana
Cap.
in
Golfo.
Gal.
Generale
di
Malta.
Gal.
Parrona
di
sua
Santità.
Gai.
Patrona
di
Malta.
Gal.
di
S,
Santiâ.
Gal.
di
S.
Santi-tà.
Cal.
di
S.
Santità.
Gal.
di
S.
Santità.
Gal.
di
Malta.
Ga,
di
Malta.
Gal.
di
Malta.
Gal.
di
M
%Ira.'
1
Squadra
del
Procurado
d'Armât
a.
Gal,
del
Medemo.
Gal.
Zuane
Pizzamano.
Gal.
Marcho
Barbarigo.
Gal.
Allessindro
Beregan.
Gal.
Ven.
Otaviano
Valier.
Gal.
Ven.
Andrea
Pasqualigo.
Gai,
Ven.
Anzolo
,0 Corner.
iU
60~
r'WSqnsdra
del
Cap.
in
Gêsse.
Gall.
del
Medemo.
Gal.
Yen.
Isepe
Bolani.
Gal.
Ven.
Camilo
Trevisan.
Gal.
Ven.
Froncefco
Ponà.
Gal.
Ven.
Teodoro
Corner.
Gal.
Ven.
Gerolamo
Priuli.
Gal.
Ven.
Danei
Venier.
Squadra
del
Couver
tt.
ac
CondAfiàù»
Gal.
del.
Medemo.
GsT.
Ven.
Zuane
Contarini.
G.I.
Ven.
Zuanc
Ouer
iiii.
Gal.
Ven.
Francesco
Moro.
(liLi.
Ven.
Gafparo.
Bragadin.
<?aL
Ven.
Anzolo
Michiel.
-Gai.
Veiu
Michiel
Mazno.
combatre les forces maritimes
du Grand Seigneur. Je
vous envoye cet ordre de Bataille
,
àz la manière qu'il a
esté dressé à Corfou , & que
je l'ay receu de Vénise. La
Langue Italienne vous est familiére
ainsi je n'av rien à
vous expliquer.
L'attaque de Sainte Maure
ayant estéarrestée dans le
Conseil tenu à Corfou, où se
trouverent le Provéditeur
Genéral Cornaro, les Chefs
des Escadres du Pape, du
Grand Ducde Toscane
,
de
la Religion de Malthe
,
le;
Genéral Strafoldo, & les autres
Officiers, MrMorosini
sir faire la revûë de toutes les
Troupes que l'on avoit deftinées
au débarquement.
Deux Bataillons de six cens
Hommes chacun,l'un des
Troupes du Pape, & l'autre
de celles de Malthe,passerent
en revûë avec huit mille
Hommes des autres Troupes.
La premiereLigne de
ce dernier Bataillon avoit
quel quechose de bien éclatant,
puis qu'elleestoit conv*
posée de cent Chevaliers, revétus
de leurs Cottes d'Armes
de Satin rouge, avec la
Croix blanche de la Religion.
L'Arméeayant misa.
la voile le 19 de Juillet, arriva
heureusement le lendemain
hors la portée du Canon
de Sainte Maure, où elle
moüilla. Cette Ville effc
surune langue de Terre du
costé du Levanr, & un Aque
duc de trois cens soixante
Arcades en forme de Pot, large
seulemet de trois ouquatre
pieds, la joint au Continent
du costé duSeptentrion. Un
Pont de bois partagé en trois
luy fournit aussi un passage
au Continent du costé du Levant
& du Couchant. Elle a
une Peninsule assez longue,
dont la teste porte le nom de
la pointe de Saint Jean. La
Mer environne tout le reste.
La Forteresse est un Pentagone
irrégulier, dont de
grosses Tours flanquent tous
les Angles. Deux autres.
Tours qui sont au tiers de la
Courtine des deux costez,
fortifient encore la plus grande
face, qui estcelle du Couchant.
La Flote estant entrée
dans le Port de Démata,
qui est au Levant de la Place,
&: qui peut tenir un grand
nombre deVaisseaux
, on fit
le débarquement. Mr Morofini
décendit aussi à terre,
où il visita tous les Postes,
que l'on avoit reconnus, ôc.
un logement qu'avoit fait
le CapitaineManetta dans un
lieu nommé Chiebe, dont il
s'estoit rendu maistre.C'estoit;
laMaison deplaisance du Fils
de l'Aga. Cependant il ne
voulut point faire tirer le Canon,
qu'il n'eust envoyé sommer
le Commandant de Iz
Place. Illuy écrivit lesjustes.
sujets qu'avoit eus la République,
d'assemblerune puisfancc
Armée, aprés que les
Turcs avoientrompu la Paix
en donnant retraite aux
Corsaires de Barbarie,ôc en
exerçant des hostilitez contre
les Sujets de l'Etat Vénitien.
Le Commandant s'étant
contenté de luy répondre,
que Dieu puniroitlaRépubliqueduprétexte
qu'elle
• prenoit de déclarer la guerre
au GrandSeigneur,onarbora
lePavillon de la Genérale,
&les Galeres &les Galeasses
commencèrent a canonner
la Forceresse. Plus de douze
cens coups de Canonqui furreennttttiirreezze,
liednodommmmaaçglecrrecnlltt
beaucoup les Maisons & les'
Fortifications
,
& ruinerent
une Mosquée. Il y eutua
feu continuel de l'Artillerie
-
des Turcs. Il-nempdchâpas
pourtant les Troupes du Pape,
ôc celles de Malthe & de
Toscane
,
de s'avancer fore
présde la Place, & de se loger
dans les Fauxbourgs. Ils
le firent sans obitacle
,
les.
Ennemis nrayant osé hazarderaucuneSortie.
Ustache-"
rent feulement en continuant
un grand feu d'Artilkrie,
de retarder le travail des
Assiégeans, quin'oubliaient
rien pour mettre leur Canon
en baterie
y
mais tous ces
efforts des Assiégez furent
inutiles. Les Bateries commencerent
à tirer avec un
fort grand succés fous les ordres
du Seigneur Lorcnzo
Venier.Elles endommagerent
fort les murailles de la
Place, & les Bombes que l'on
jetta en quantité dans la Ville
, y causerent un très-grand
desordre. Le premier jour
d'Aoust ces mesmes Batteries
raserent entièrement le
Boulevard; &: la Bréche qui
estoit déjà considérable
, fut
augmentée. Elles démonterent
quatre Pieces de Canon
des Ennemis, & les Bombes
mirent le feu en plusieurs endroits
de la Ville, les Travaux
seftant avancez à la faveur
du feu continuel du Canon
& des Mortiers, les Assiégeans
commencèrent à
combler le Fossé avec des
Fascines & des Sacs à terre.
Enfin, le Dimanche 6.
jour d'Aoust,aprés que le feu
eut continué jusqu'au soir de
part & d'autre, les Turcs éleverent
un Drapeau blanc sur
leurs Murailles, pour faire
connoistre qu'ils vouloient
capituler. Ilsenvoyerentà
une heure de nuit trois Députez
à MrMorosini, pour
luy dire qu'ils estoient prests
de rendre la Place, pourvû
qu'on leur accordait une Capitulation
honorable. Ils de- ,
mandoient permission -de
sortir avec tous leurs biens,
& on leur donna seulement
la liberté de se retirer avec
leurs Familles, & d'emporter
tout ce qu'ils pourroient porter
sureux. Les Ostagesfurent
envoyez le lendemain,
& on mit en liberté tous les
Esclaves que l'on trouva dans
la Place, à condition qu'ils
serviroient pendant un ansur
lesVaisseaux
, ou sur les Galéres
de la République, en
qualité de Mariniers& de Soldats.
LaGarnison sortitvers
le soir par la Porte du Couchant.
Elle estoit de septcens
Hommes, qui avoient leSabre
& le Mousquet. Les Bâtimens
où ils furent embarquez,
les conduisirent à terre
au delà du Bras de Mer.
En mesme temps les Troupes
Vénitiennes entrerent
dans la Ville par la Bréche.
Le Butin que les Soldats y
ont fait a elle considérable.
On trouva quantité de Provisions
dans la Place,& quatre-
vingtsPiéces de Canon.
Les Vénitiens n'ont perdu
que deux cens Hommes à ce
Siége. MrJoüyFrançois, Sergent
Major de Bataille
,
Ôc
Colonel d'un Régiment Allemand,
y fut blesséà la cuisse,
& eut le bras percéd'une
mousquetade.MrMorosini
fitaussitost benir la principale
Mosquée,&le Te Deum y
futchanté. Elle a esté dédiée
fous le nom de San Salvator,à
cause que les Turcs avoient
élevé le Drapeau blanc le 6.
d'Aoust , jour de la Transfiguration
de NostreSeigneur
Il fit bénir une autre Mos.
quée que l'on dédia à Saint
Gaëtan , dont on célebroit.
la Feste le jour quelesTroupes
entrerent dans la Place-
Il en a donné le Commandement
au Seigneur Lorenzo
Vénier Noble Vénitien,&de
la Famille de Mr l'Ambaffa.:.
deur de Vénise, qui est à présent
à la Cour de France.
Tous ceux de ce nom ont
rendu de grands services à la
République. SebastienVénier
estoit Chef de l'Armée
Vénitienne, lors que celle de
Selim fut entièrement défaite
le jour qu'on donna la Bataille
de Lépante.
La Lettre qui suitest fort
curieuse.Elle est du sçavant
Mr Comiers à un de ses Amis
de Province. Il a bien voulu
Ili3en donner une Copie. Je
l'ay demandée pour vous, ÔC
je vous l'envoye.
AMrD. S.DICKS.
: 1 vDus ferez sans doute bien,
aiseRapprendre que le
Pere Couplet lefuite efl deretour
de la Chine, où il efioit allé
travailler aux Missions, &
qu'il en a amené un jeune Indien
de Njlnkjn^3 C?pftdlede
la Province du mfwe nom.
Vous [ça-,;rz que la Cl?h? cJl-
Mtijft rnnde que texte lFttrope^
st)cjuun de leurs Empereurs'
Ayant sist le dènoTibremenï du.
commun du Peuple) trouva cinjoo
quante huit nÚllions, cinquantecinq
mille, & quatre-vingts
Hommes,sansycomprendre les
Eunulues, & ceux qui font profijjton
des Lettress ou qui port.
ent les arme-s, dont en peut
dire que le nombre efl infiny.
La Chine est remplie de trèsbelles
Villes.Nanking efloitfi
grand autrefois,qu'apeine un
Homme à cheval pouvoir en
deux jours faire le tour des murailles.
"Bien que le Pere Couplet
Joit de Adalines, & qu'il ait
demeurevingt-quatre ans parmy
les Chinois.chargé de la cçn
duite de soixante grandes Eglijes. 7 6 u Jo.
composées de plus de fosxante.
mille Chrétiens, ilparlebon
François, (t) avecJa riche taille,
il porte bien le caraélére d'un
Héros de l'Evangile dansJa 61.
année. Le jeune Chinois quil a
amené parle affè'{ bien Latin,
& s'appelle MiKelh Xin.
Ils allèrent le
15. de ce mais a.
Verfail/es, où ils eurent l'henneur
de sàlüer. Sa Majeflé. Ils
virentensuitejouer les eaux,
& Je trouvèrent le lendemain
au dîner du Roy. Le jeune Indien
estoit en [es habits Indiens,
ayantuneriche resse de Brocard
dorpond bleu, avecaes figures
de Dragons> & un vipère affreuxsur
le haut de chaque manche.
Il avoit par defus une ef
pece de Tunique de foye verte.
Sa Majefltaprèsavoirentendu
fis Pricres en Lawue Chinofc,
luyfitservir une yffpete sur la
Table, pour voir 11 propreté,
& l'adrjp des Chinois a manger
avec deux petites Baguettes
dyvoire à quatre pins
>
dr d'un
piedde long,qu'ils tiennent dans
la maindroite, entre deux doigts.
Mr Hubin Emailleur du Poy,
si connu dans toute l'Europe par
son travail des yeux artificielç,
(gf par tout ce qu'ily a de plus
beau, dr de plus jçavant en
matiere de verre & d'émail3 je
chargea de leur faire voir les
Expériences qu'on appelle
du Viiide
, par lesquelles nous
démontrons la pesanteurde l'air.
Le Pere Couplet) &Ion Compagnon3
le Pcre Pierre Vanhammé
de Gand
) avec le jeune
Chinois, je rendirentchez luy
Mercredy dernier) (èj ilfittoutes
ces Expériences avecjon airejje
accoûrumée, les accompagnant
de rd.iflnnempns si jufies> que
toute L'zlluftre Compagnie qui s'y
trouva,3convint qu'il avoit dêmontre
enplus de dixfaçons la
necejjité de la pefanteurde ïairA
puis qu'on nepmvoit attribuer
a aucune autre caufc tantdadmirables
effets qu'ilauoitfait-voir
par le moyen de la machine que
le commun qppelle, la Machine
du Viiidç.Ilfait publiquement
de temps en, temps les mesmes
Expériencespour l'utilité du Public3
& pour la curiefitédes
Sçavans.
Péu de jours aprèst Mr Hubin
0* moyy noiu allâmes kla
Maison de Saint Louis, ou ces
Peres,& le jeuneChinois5 nous
firent ^oirquantité cL Portraits
sfuurt.
forduTafetas-de la Chine. Cette
forte de Peinture na peint de
corps. Je vis avecplAisir le Portrait
du Dofleur Confusius
avecses grandes moustaches noires,
qui a efltchez les Chinois
ce quArifiote a depuis esléche%
les Grecs
9
&je remarqua^ que
tous ces PQrtrAits, comme ceux,
desMandarins, onttous des Chapelets,
foubliay de demandersi
sur chaque grainils disent comme
les Turcs StafcrlayDieu aye%
pitié de nous.
Le jeune Chinois a hicn voulu
maprendre a écrire. Leur Encre
efl celle que nous appelions Encre
de la Chine. Un long Pinceau
leurjert de plume. Voicy
de son écriture. Ils appellent
Dieu Tien chu. Le Seigneur
du Ciel, ou bien Xam Ti. SuprêmeEmpereur
; tir l'Empereur
de la Chine est appelle
Xam 11y,Empereur inferïrur.
Leur Encre & leur Plume
sint bien déférentes des nôtres;
mais leur écriture l'est mille fois
encore davantage. Leur alphabetestcomposé
de plus de qutttrevingtsmille
diférens Caraéleres
eu Chiffres) car chaque Lettre
fait un nom ; cestpeurquey il
faut trente ans pour apprendre à
life9 & avoir la mémoirel'imagination
très-fortes pour contenir
l'zdée de tous ces quatrevingtsmille
difélrensCaraéleres,
& de leurs ftgnifcations.
-
Vous ffavek que les Hétreuxécrivant
dedroit a gauche;
que leurs lignes font horizontales
J (x leurs mots compofe^
de plujteurs lettres sans voyelles,
tuaisAvec de certains poinp,
afpiratiens &c.. & que leurs
Livres commencent par où les
nôtres finirent. Les Chinois
corftrhençcntdemefne; mail
chaque mot n'a qu'une lettre .og
caraûere. Ils écrivent de. haut
en btU, ainsi leurs lignes font
ftrpendiculaires) & commencent
ÀmAin droite.
Ils parlent comme en (kantant,
& les difiérensaccens ou
tons de voix donnent les diférentes
fignific4ti,ns aux mots ojuon -~
prononce3 carpour les mots écrits
on ne peut pas se tromper à les
lire, puis que tous les QaraEleres
font diferens; mais un mesme
-mot prononce
>
Jkivant qu'il est
prononce,signifie pfujÙurschoses
diférenteJa Voityl'exemple que
ce jeuneChinois m'a donne. Le
monosyllabe Po; a on^e'panifications}
pion onze tons tous
diférensdont on peut leprononcer.
Ces onze fgnijîcationsfont-,
mince, verre, amplitude, deviner,
point de tout, vieille,
un nom de Fleuve, égaler
rompre, cacher.
LesChinois font Idolâtres)
gp rendentdegrandshonneursa
urte .¡¿oh'/¡; trow. tejhs, qui representeleurs
trois grands.'Phu
h[oçhes>ConfusiuSyXequiam-,
& Tauziiu Leurs principaux
"Dieux, font comme aux Afiroll,
oomgueessleSolel-i'l,llaaLune,gp
tes Etoiles. Ils adorent aujJi le
DiableJafinqu'illes lai[fi vivre
tp reposqgll ne leursa(Te.-
frint de mal. CVJf>ourauoy fit
figure est sur la Proue de leurs
Navires3 & la V*ef}e de Brocard
d'ur du jeuneIndien acette
mepne figurepur lehaat dechaque.
manche. Ils fontPytaçprïclens,
ff) croycnt là Trunfmqration
des âmes. Ils tité ont aun^ d'Ecolesj&sigrandequantité
d'Hôpitaux four les Pauvres}
cyîon ne 'VtJlt point de
t^îand'ansparmy eux. Ils ont
mfsi ch.:;-.théde Tempes,j (g}' J
j ..,. l, r "', l. '- 1', ¿. , W
un très X;,,,£Ild nombre dePrcflres,
toushabille%denoiry avec qualtirgeieOujredsr3es
ddees RHeelrigmieituexs;3d&esd/?e?iMontagnes
consacrées cù l'on va
en Peterinave. Les nouvelles
& lIespleinoes Lunesfont leurs
jours de Fesses, & laprincipale la nouvelle Lune de Féirier,
qui cft le jour de leur nouvel an.,
Celuy de la naijjancede l'Ernpereur
est aussitresflemnel
} pereur cftdNfsi trcs.fvlernne/, C&
chdcHn en fin. particulierycelebre
le jouron il eff né.Bien qu'ils
riayent aucune connoijjance des
biens & des maux de l'autre
vie, ils enterrent leurs Parens
dans des Plaines avec grande
ceréirJonie, (ij ils les adorent,
Ils croyent que les Dieux font
encourroux lors auilarrive auel*
iur, - Eclisse de Soleil
>
>,m te Lune.y
Monfitur
3 combien
il efl Avantagentv4\ejirs
Attron;omc. Je fuié voflre, drc. COA41ERS.
A Paris le 25. Sept,1684 ?5 -'r~
"•-* r,'},s>;nh)*»"/!
Dans une des Conférences
que cette.. Lettre, vous
marque le jeune Indien
donnaà M1 Comiers sa figmture,
&les noms de Dieu,
& desEmpereurs,encaraélercs
Chinois,avec le mot
Po, dans ses onze diférentes
accentuations. Je vous envoyeray
le tout gravé le mois.
un très important secrvice,
puis que c'eit dans un de
leurs Vaisséaux qu'ils font
revenus. Ce Vaisseau que
l'on nomme le Fidelle,eftoic
commandé par Mr Bidaut,
qui estoit allé de ce costé-là
pour sservir d'escortea quelques
Vaisseaux.
M de la Guetre, Fils de
M: de la Guette, qui a eslé
Intendant de la Marina, a
épousé Mademoiselle de Brusselle.
Il est proche Parent de
Mrde Breteville, Conseiller
d'Etat ordinaire, & a servy
plusieurs Campagnes, où il
sestfait distinguer. Il a un
Frerè, quià l'âge de dix. neuf
ans avoir déja esté deux fois
Prisonnier de guerre; pour
S',cilre trouvé aux occasions.
Je ne vous dis rien de la Famille.
de Mademoiselle de
Brusselle;il y a fort peu de
noms plus connus à Paris.
L'Abbaye de S. Eusebe,
Ordre de S, Benoist, Diocese
d'Apt) a esté donnée à Mc
l'Abbé du BreiiiLFouquet.
Il y a plus de vingt ans qu'il
est Aumônier de SaMajesté.
Il a toû jours paflfé pour un.
Horftirre d'une grande probité;
& le Roy qui aime le
vray mérite,ne manque jamais
àle récompenser en
quelque sujet qu'ille trouve.
Mr l'Abbé Fouquet ett de
Bretagne,t.& de la Famille
des Fouquets , qui est une
Pdesapiluss-clonàsi.dsérafbleisde ce mavp
Je vous ay parle des Régimens
nouveaux au commencement
de cette Lettre. -
Voicy les noms deces Regimens,
& de ceux qui les
remplirent.Ce que je vous
envoyé, vous fera connoistre
en peu de paroles, de quelle
Maison. sont ces Colonels.
Je vous aydéjà marqué les
raisons qui pouvoient avoir
porté le Roy à créer ces nouveaux
Regimens; mais je ne
vous ay pas dit que pendant
[la Paix ilsne seront compotfez
que d'un Bataillon chacun,
& que ces Bataillons
font tirez de plusieurs Regimensqui
en avoient un
grand - nombre. Ceux qui
estoient à la teste de ces Bataillons,
deviennent Lieute-^
nans Colonels de ces Regi-.
imens^ui porteront le noe
desProvincesdeFrance, ce
qui donne à ces nouveaux
Lieutenans Colonels un titre
qu'ils n'avoient pas, ùvec
l'espérance de se voir un jour
élever dans un degré plus
haut. FLANDRES.
Mrde Folleville, Capitaine
au Regiment du Roy, élevé
Page de la Grande Ecurie.
Il est Fils de Guillaume le
Sens, Vicomte de Folleville
en Caux,LieutenantGeneral
des Armées du Roy, & de
Marie Malherbe-duBoüillon.
ZERRV.
M deGoüezbriand, de
Bretagne, Ecuyer ordinaire,
& Capitaine au Regiment
duRoy. Il est Fils de Mrde
Goüezbriand, Capitaine du
Chasteau du Toro, sur la Riviere
de Morlaix en Bretagne.
-BEARN.
Mr de Mornay-Montchevreüil,
élevé Page de la
Grande Ecurie, puis devenu
Capitaine au Regiment du
Roy. Il est Fils de Henry de
Mornay, Marquis de Montchevreüil
en Véxin, & de
Marguerite Boucher
-
d'Orçay,
Gouverneur des Filles
d'honneur de Madame la
Dauphine. Mrle Marquis de
Montchevreüil son Pere a
esté Gouverneur, de Mr le
Comte deVermandois,& de
Mr leDuc du Maine.> *;
,^tHJIN4VLT.x\$\ Mrde Pompone,Capitaine
auRegimentduRoy. Il est
Fils de Simon Arnaud,Seigneur
dePompone, cy-de":
vant Secretaire & Minière
d'Etat, & de Charlote Lauoeat.
-ffôliftftTO'h
\.,4NG0VIMQIS>t)\
MleMarquisdeBellesons,
Premier Ecuyer de Madame
la Dauphine,Fils de Bernardin
Gigault, Marquis de
Bellefons, Maréchal de France,&
de Magdelaine Fouquet.
- BOULENOIS.
Mrle Marquis de Vibraye,
Fils d'Henry Hurault, Marquis
de Vibraye au Maine;
& de Polixénele Cogneux,
Soeur du Président au Mor- tier.
PERIGORiy.
Mr d'Ornaifon, Comte de
la Bâtie, Premier Maistred'Hostel
de Madame la Dauphine,
Fils deClair-Gilbert
d'Ornaison,SeigneurdeChamarante
enForets Premier
Maistre d'HosteldeMadame
la Dauphine,cy .dtvanr PÉemier
Valet de Chambre du
Roy, Gouverneur de Phalsbourg
& de Sarbourg en
Alsace; & d'Anne de Trélon.
XAINTONGE.
M le Camus de Bligny,
Fils de Nicolas le Camus,
Premier Président à la Cour
des Aydes, & de Marie Larcher,
Fille de Michel Larcher
Président à la Chambre des
Compres.
1
r.
BICORRF..
Mr Pelot,élevé Page de
-
- la GrandeEcurie, Fils de feu
Claude Pelot, Premier PrésidentauParlemet
de RoLi'enJ_.
&de Claude le Camus.
FORESTS.
Mfde Barbesieres de Çlii—
merault,FilsuniquedeCharles
de Barbesieres, Comte
de Chemerault en Poitou,
& de Magdelaine Tabouret,
DgamendeTeurn.y en Bourgo-
CAMBPESIS.
MrleMarquis de Chasteaurenaud
en Touraine, Fils dsz
François Rousselet, Marquis
de Chafteaurcnaud, Lieutenant
de la Mestre de Camp
du Regiment des Gardes, &
de Mariele Gay, Dame de la
Possonniere. Il elt Neveu de
Mrle Chevalier deChasteaurenaud,
Chefd'Escadre.M
TQVRNESIS.mib
Mrle Marquis de Broüllly,,,.,-,
de la Maison de Pienne. Il
-, est d'aupres deSenlis.Tous
ceux de cette Maison ont
toujours esté dans le [crvicco
BRESSE.% fiirnoTÎ
Mrle Comte de Kercado
élevé Page dela Grande Ecu'tC
rie,Fils de Renéle Senéchal,
Ob'Mt'e de Kercado en Bretagne,
Gouverneur de Dimny&
Brigadier de Cavalerie;
& de Marie-Anne de
Rosmadec-de Molac.
-&A MAKCHE.
- Mr de Gontaur, Marquis
de Biron, Fils de François de
Gontaut, Marquis de Biron
enPérigord, & d'Elizabeth
de Cossé-Brissac.
-' OVERCY.
Mr dAmanzé, Fils de Loüis
Comte d'Amanzé en Bourgogne,
Lieutenant de Roy
au Gouvernement de cette
Province, &de N. Falconis.
VRIE.
MrleMarquis de Charost,
Fj-ls d'Armand de Béthune,
Duc de Charost en Berry,
Pair de France, & de Marie
Fouquet.
NITERNOIS.
Mrle Comte deLusse, Fils
de François de Montmorency,
Duc de Luxembourg,
Pair & Maréchal de France,
Capitaine des Gardes du
du Corps, & de Catherine
de Clermont-Tonnerre, Duchéffe
de Luxembourg.
soISI.SONNOis >•
Mr de Grimaldi, Duc de.
Valentinoisen Dauphiné,
Fils de Loüis de Grimaldi,
Prince de Monaco, Duc de
Valencinois, Pair de France,
&c/v& de Charlote-Catherine
de Gramont. 15IJOOotJ
ISLE DE FRANCE.
MrDespagne-dePardaillan
& de Gondrin, Marquis
d'Antin,Fils de Loüis-Henry,
Marquis de Montespan en
Guyenne , & deFrançoise-
Aténais de Rochechoüart-
Mortemar, Sur-Intendante
de laMaisonde la feuë
Reyne,
VEXIN.
Mr d'Hautefort,élevé Page
de la Grande Ecurie, Fils de
Gilles Marquis d'Hautefort
en Périgord Comte de Montignac,
Premier Ecuyer de la
feuë Reyne, & de Marthe
d'EHourmeMe Surville. JVNIS.
Mrle Marquis dePolignac,
Fils de Loüis- Armand Vicomte
de Polignac en Vellay,
Marquis de Chalançon;
&c. Chevalier des Ordres
du Roy, & Gouverneur du
Puy, & de Jacqueline de
Grimoard-
de Beauvoir-du
Roure.
2?EA VCE.
Mrde Pompadour, Marquis
de Lauriereen Limousin,Fils
de Philbert de Pompadour,
Marquis de Lauriere, & de
Catherine de Sainte-Maure
de Montausier.
DAVPUINE.
Marie Arbaléte.
LVXEMBOVRG.
Mrde Brancas, Duc de Villars
en Provence, Pair de
France.
BA55IGNY.
Mrle Comte de Mailly, Fils
de Loüis Charles Marquis
de Nesle en Picardie, & de
Jeanne de Monchy-Montcaurel.
Quoy qu'il me reste quanJ
tiré d'Articles à employer
dans ma Lettre, je neveux
pasoublier à vous faire part
d'une Avanture, donc les
incidens vous divertiront.
Quelques jeunes Demoiselles,
des plus jolies qu'il y ait
dans une fort grande Ville,
où il s'en trouve beaucoup,
commençant à s'ennuyer
après un long entretien quelles
avoient eu ensemble,
propolerent de se donner le
plaisir de flater un Cavalier
qu elles connoissoient, de
l'espérance d'un Rendezvous
amoureux. Le Cavalier
avoit du mérite. Ilestoit bien
fait, & ne manquant ny d'esprit,
ny de ces manieres aifées
& insinüantes qui font
que l'on plaist par tout, il [c
feroit attiré une estime générale,
s'il eust esté moins
persuadé de ce qu'il valait;
mais c'estoitl'Homme du
monde le plus remply de
luy-mesme.. Quoy que l'on
pust dire à son avantage, sa
fote présomption n'estoit jamais
satisfaite. Il croyoit toujours
qu'on ne disoit pas asfez
, & sa vanité luy faisant
faire cent contes du commerce
qu'ilavoit avec les
Dames, il fè donnoit des airs
de bonne fortune qui détruisent
les plus favorables impressions
qu'on auroit pûprendre
pour les bonnes qualirez.
Ce dessein du Rendezvous
ayant paru fort plaisant
auxDemoiselles, il fut question
de l'exécuter. Il s'agissoit
pour cela d'écrire un Billet
au -
Héros de l'Avanture.
L'une d'elles s'en chargea, 6c
contrefaisant son cara<5terer
quoy qu'il fure entièremène
inconnu au Cavalier, elle
écrivit ce Billet dans les mesmestermes
que vous allez lire. -' ,;'
•10'- BILLET.
On^om prie de nous trowvev
demain aux Cordeliers sur les
trois heures. Je ne doute point
point que cela ne vous étonne;
771X16cnjin} A4o:i[t?ur3 rendezeZHHtS
~c~., persuadé
qu'ilfaut un mérité aujjt extraordinaire
que le voffre, pourfaire
naître des sentimens pareils à
ceux o.ac '1JO:£J m'a"t'ez* que 'vous mave%inspire
von-s pouvant a[Jurer avecvérité
<pi'personne n'a pû faire sur
mencoeuryaprès leau:o:ip defoins "Je :'L_t., U(' (/.) th ,;. "f ) eya:peinesjcequevousyavc%
fait3peut-eflresanslevouloir.
Vouspouve^ jugerdelaviolence
de ma pajfton par Vaveu que je
vous fais. J'ay opposémafierté
naturelle
,
fayfait agir mon le,
Voir, (7 tout ce!.t na pû e ,'p'fcberfjui}
jeerendje. La
dijhfict'iox ,"'J" on surparcou?
si)l.. 'v',. '1"'( "Jo< r'wl H).¡'
des qualité^ quitous aiomcrent
.,J ¡¡¡¡"d. "1': 4"u:.- "::""c I~" lestiMe de ion* ceux qui njoi-s
convoif'fne(nty juft,1ifrc r ce que je [ens
u. IJ) , "1 'J.~ -L. lrh JL. 1.
P l
d
1 '1 J- t.J. ; ~- .,' ; 1 çqhïhjous de tropfort, p.as q:id
yamoins de foihUfje en maya
vous 6irn?r3 quedeforce en vous
, J ri pour rnycontraindre,je vous
diray le rcfledemain. VnHabit
LU L.,.. \, l £ VI. rI, ¡.{. Wblanc,
(y une Fontange couleur
dde feru> r ;(1. si
me feront connoistre ruons me cherche% au Lieu que
qjous marque ce 'Billet.
Comme on ajoûte toûjours
aux dessein qu'on fait
pour se divertir, une jeune
Demoiselle de la compagnie,
qui fçavoic le monde autant
qu'aucune autre,quoyqu'elle
ne fun: sortie du Convent
que depuis deux mois, dit
que pour tirer un effet plaisant
de la tromperie qu'on
faisoit au Cavalier, il falloit
écrire le mesme Billet à trois
ou quatre de ses Amis,afin
que se trouvant tous au mesme
lieu das le mesme tem ps, ilsseregardassent lesuns les
autrescomme des Fâcheux
qui seroient venus mal àpropos
troubler une occasionde
bonne fortune, & que pour
elle qui n'avoit nulle habitude
avec aucun d'eux, ne
les connoissant que de viiage,
elle sengageoit à joüer
le rôle de la Demoiselle du
Rendez-vous, afin de venir
leur rendre compte de la
manière dont tout s'y feroit
passé. On approuva son avis,
& apres qu'on eut copié cinq
fois le Biller, il fut envoyé au
Cavalier, Ôc à cinq de ses
Amis. Chacun y trouvant
dequoy s'applaudir sur son
Inéricc) s'en fit un triomphe
qu'il vous est facile de vous
figurer. Ils le préparerent à
venir auRendezvous; mais
le Cavalier sur tout se mit en
état de charmer la Belle par
sa bonne mine. Il n'oublia
rien de ce qui pouvoir luy
donner de l'agrément. Ilprit
un Habitfort propre, & passa
tout le matin à consulter son
Miroir sur l'ajustement de sa
Cravate & de sa Perruque.
Il estoit encore dans cette occupation,
lors qu'un de ses
intimes Amis vint luy dire
que des Dames l'avaient mis
d'une Partie de plaisir; qu'elles
partoient incontinent apres
le dîné pour aller passer
le reste du jour à une lieuë de
la Ville, & qu'elles l'avoient
chargé de le venir prendre.
Vous pouvez croire que le
Cavalier n'accepta pas le
party. Il prit diverses excuses,
&[on Amyqui n'en recevoit
aucune, persistant toujours à
le presser; il se résolut enfin
à luy découvrir ce qui l'obligeoit
à ce refus. Sa vanité y
trouvait son compte, & il
n'estoit pasfâché qu'on le
contraignist à déclarer son
secret. Apres avoir fait promettre
à son Amy qu'il ne
diroit rien, il luy fit lire le
Billetdu Rendez vous, & ce
fut allez pour luy faire voir
que rien ne l'empecheroit
de s'y trouver. CetAmy sortir,
&le Cavalier plein d'impatience
se rendit au Lieu
marqué une heure plutost
qu'onne l'y devoitattendre.
Ilestoit d'un galant Homme
den user de cette sorte, &
la Belle dont il s'estoit fait aimer,
luy devoit sçavoir bon
gré du soin qu'il prenoit de
la prévenir. Il regardoit toû
jours vers la Porte, & ce fut
pour luy un grand sujet de
surprise, lors qu'une demyheure
apres il vie entrer un
de ses Amis. Il se détourna
pour luy cacher son visage,
&[on Amy qui le reconnut,
ne se trouva pas moins embarassé
que luy. Ils eurent
fort peu de temps à examiner
ce qu'ils devoient faire,
puis qu'un troisiéme survint,
& qu'il fut suivy presque
aussitost de tous ceux qui
avoient reçeu le mesme Billet.
Je nevous dis point quel
fut leur étonnement de se
; rjenconcrcr ainsi l'apresdînée
en un Lieu, où ils ne pouvoient
faire croire que la devotion
les eust attirez. Il n'y
avoit rien de plus surprenant
que ce fust un pur effct du
hazard, & ill'estoit encore
davantage que chacun euOE
eu une raisonparticulière de
venir en ce Lieu-là, Ôc en
mesme jour, & à la mesmev
heure. Ilsavoient tous voulu
prévenir la Belle pour se faire ,
voir plus dignes des sentiniens
favorables qu'elle leur
avoir marquez, & vous pouvez
vous imaginer quel chagrin
cc fut pour eux que la
•
présence de tant de Témoins
qui se connoissoient l'un l'autre,
ne leur permiss pas de
jouir du Rendez-vous. Ce
malheur toucha d'autant plus
le Cavalier, qu'il l'impuroit
à son indiscretion. Il crût que
celuy à qui il avoit confié
son amoureuse avanture, ne
s'était pastû, &que les Dames
qui avaient voulu le
mettre de leur Partie, avanté
appris son secret., luy avaient
malicieusement envoyé des
Espions pour le traverser
da,is son bonheur. Opendantcomme
tant de Gens
liez d amitiéeniembie ne
pouvaient se voir sans estre
obligez de se parler, ilsle
joignirent un moment après
qu'ils furent entrez. Chacun
apporta quelque méchante
raisonqui autorisait [on arrivée,
&ils se donnoient en-
* core ce mutuel éclairciffe-;
ment, quand la Demoiselle j
à l'Habit blanc & à la Fon-.
range rouge, enfra dans l'Etrille,
suivie d'une Femme,
que l'habillement marq
uoic
avancéeenâge. Elles étoientw
toutes deux masquées, & al-j
lércnt se placer à vingt pas4
l'une de l'autre.La; Belle'
ayantdequoyfairenaître de
la curiosité par la finesse &
l'agrément de sa taille, les
Intéressez au Rendez-vous
craignirent de le faire soupçonner,
s'ils la. regardaientsansrien
dire d'elle. Chacun
pour cacher qu'elle fust venuë
pour luy, montra quelque
envie d'apprendre ce'
qui l'amenait, & leCavalier
que l'on connaissait aussi
hardya querprésomptueux
s'offrit aussitôt à lay aUerr
faire compliment. C'était
profiterde l'occasion, sauss
donner sujet de croire que
la Belle l'eust mandé. Il alla.
se mettre a genoux a COlle
d'elle, & il n'y sur pas plutost,
qu'elle luy dit d'un ton fier,
qu'illuy était inutile d'avoir
amené des Témoins de (on
triomphe, & que si elle avait
eu la foiblesse de luv vouloir
quelque bien, dans la pensée
qu'il en estoit digne, elle auroit
la force d'étoufer des
sentimens qui n'étaient dûs
qu'à des Gens difèrers. Le
Cavalier luy jura qu'elle l'acculoit
injustement, que tous
ceux qu'elle voyoit eitoienc
venus par hazard, sans rien
savoirdu Billet qu'elle avoit
eu la bonté de luy écrire, ôc
qu'ils croyoient qu'il ne l'avoit
abordée que par une
hardiesse de Cavalier, qui ne
blesse point les Dames quand
elle est accompagnée de terpe£
t.. Elle, feignit quelque
temps de ne le pas croire; &
enfin comme vaincue par si
passiony elle consentit à luy
donner rendez-vous à la
même heure pour le jour
suivant, dans une autre E(Tlise
,
où il venoit peu de monde.
Les mesures quai faUoie.
qu'elle gardait, ne permettant
pasqu'elle cuit avec luy
une plus longue coverfation.
devantses Amis, qui en auroientpûformerdessoupços
contre lagloire, elle le pria
de les emmener, afin qu'elle
pull sortir sans crainte d'estre
suivie. Illa. conjura de luy
montrer son vilage, mais il
ne pût l'obtenir, & il salut
qu'il le contentat de voir de
beaux yeux, & des cheveux
d'un blond cendré admiras j
ble. Il se retira fort satisfait.
de s'êtrejustifié, & vint dire
à ses Rivaux qu'il n'avait pu
rienSavoir de la Belle, sinon
qu'elle attendait une Dame
pour une im portante affaire,
dontelles devoient conférer
ensemble. En même temps
il leur demada s'ils vouloient
sortir. Chacun se croyant la
Dame qu'attendait la Belle,
jugea a propos de s'éloigner
un moment, dans l'espérance
de se separer des autres, & de revenir au Rendez-vous.
Ils sortirent de l'Eglise, sans
que la Belle eût détourné
les yeux sur aucun; & le Car.
valier qui avoit remisses pr¿.
tentions au lendemain,tâcha
de les engager à la promenade
; mais chacun eut un
prétexte pour s'en dispenser,
& s'eslans quitez presque
aussitôt,ils revinrent tous
, au même lieu par des chemins
diférens. Ils n'y trouvèrent
personne, & ce qu'il y
eut dembaraflfant,cest que
quelques-uns d'entr'eux se
rencontrerent encore une,
fois. Ils rejetterent leur em-i
pressement à revenir sur l'en- ;
viedevoir ce que devien- j
droit la Belle, & ne pouvant,
deviner pourquoy elle avoir:
sitôt disparu, ils se staterent
qu'elle auroit le soin de leur
envoyer de ses nouvelles.
Le Cavalier que le sécond
Rendez-vous avaitremply
d'espérance,s'y trouva le lendemain
de fort bonne heure
&: l'impatience de voir
arriver la Belle le fit d'autant
plus souffrir) que le lieu
estant defert, il se voyoit en
pouvoir de l'entretenir sans
être observé; mais il l'attendit
inutilement. Il ne tira
aucun fruit de ses nouveaux
foins à se mettre du bel air,
& après plus de trois heures
qui luy parurent d'une Iongueur
extraordinaire, ilrut
contraint de sortir, parce
qu'un-Religieux vint
fermer
la Porte. A ion retour, il
trouva chez luy ce fécond
Billet de la-mesme niaia que
le premier.
'Jer'feignis hier ae me rend-re A- Î- A U vos Isrmens pour voxsoter i crivie
de me suivre ; mais je demeuuy
convaincue de voflre indiscretion,
ffi je 'vous donnay
un faux Rende?-VMSJour TO/JI
punir d'avoirdécouvert le véritable.
Je v.doisfietit-eftrr bien
cqueequveoJuCs fachlsrac^'>apjjoîurVOaUmA èritzr imûs lù
GALANT. 2(,
laplus belle Conquejle ne nous
touche point, si elle n'eflfçuë.
Adieu@ joüiffiZ tout à lojlre aise
du plaisir d'avoir parlé, f£)
compu'{ -moy perdue peur touajours.
-
Ce Billet mit le Cavalier
au desespoir. Il se resolut à
rompre avec son Amy qu'il
croyoit toujours avoir trahy
son sècret, & l'ayant trouvé
le lendemain, il s'emporta
contre luy avec tant de violence
,qu'il le contraignit de
tirer l'Epée. On les sépara,
lx. leur querelle ayant fait
grand bruit, tout le monde
en demanda le sujet. Les
Amis du Cavalier qui avoient
eu part à son Avanture,ayant
< voulu en estre éclaircis, il
leur répondit qu'ils se louvenoient
du lieu où ils
étaient venus répier, & qu'il
sçavoit bien qu'ils n'y seroient
pas venus, si on neust
:
pris soin de les aller avertir
qu'il y estoit attendu. L'un
d'eux luy dit sans façon, qu'il
yestoit venu pour son com-f.
pie, & que loin de croirei:
qu'ildeustl'y trouver, 111a-Jr
voit vu avec grand chagrinIj
aussi-bie-n que tous les an- :f?
très, puis que leur présence
avoit mis obstacle à un Rendez-
vous, dont il n'avoir pas
voulu leur parler. Pour luy
faire voir qu'il disoit vray ,
il
luy mit entre les mains le
Billet qu'il avoit eu. Les autres
voyant l'écriture de ce
Billet semblable à celle que
l'onavoir employée dans
ceux qu'on leur avoit apportez,
se mirent à rire
, & les
mesmes termes se trouvant
dans les uns & dans les autres,
ils n'eurent point à
douter qu'on ne les eust pris
pour dupes en lesfaisant
tous venir dans un mesme
lieu. Le Cavalier fllt defàblicé&
rcconnoiffant fcn
injustice, il envoya faire satisfaéhonàson
Amy. Je n'ay
point tcti s'ilsont découvert
par qui cette pièce leur aesté
faite. Je sçay seulement que
quelquesuns d'eux ont entendu
raillerie, & qu'ils ont
conté la chose sans aucun
déguisement.
Mr de la Garde, receu
ConCeiller au Parlement en
1668. est mort le 4.dece mois.
C'estoit un Homme encore
jeune, & d'une très- grande
application pour les Affaires.
Madame de la Tour, Femme
du Maistre des Comptes de.
ce nom, qui estoit de les Vüifines,
estant allée le voir dans
le temps qu'on commençoit
à desesperer de saguérison,
setrouva attaquée de sièvre
au sortir de là, & [cs accès
curent tant de violence) quelle
mourut un jour avant
luy.
Madamedu Tillet est
morte aussi depuis quelques
jours. Elle estoit Femme de
Mrdu Tillet-Nogent,Présidtenc
en la Chambredes
Comptes, & Soeur de MrFreson,
au Parlement.:
WsgpfU AJk
Mr de Lariscourt, Lieutenant
de Roy au Cârelet, cft
more dans le mesme temps.
C'estoit un Gentilhomme,
qui par plusieurs marques
de courage & de valeur qu'il
a données dans le Service,
& par son exactitude à exécuter
les Commissïons dont
Sa Majesté l' honoroit souvent,
avoit méritécette Lieutenance
de Roy qu'il a pod
sedée pendant plusieurs an- *
nées, avec l'estime de foiv
;f
Gouverneur, & l'applaudilsemenc
de tout le Peuple.
La Charge de Professeur
en Langue Grecque deCaën
estantvacante, le Roy a envoyé
ordre au Reéteur, de
cette Université de faire entreren
dispute ceux qui y
prétendent, & SaMajesté
veut qu'après que cette dispute
aura esté faite, on luy
nomme
-
les trois Afpirans,
qui auront paru les plus"ha-"
biles, afin qu'Ellefasse tomber,
son choix & ses grâces,
surceluy d'entr'eux qu'Elle
jugera à propos de préférer.
On a de la gloire à obtenir
ainsi des Emplois, puis qu'on
ne les donne qu'au véritable
1 mente.
L'Air qui fuit est tout nouveau
, & de la façon d'un de
nos plus sçavans Maistres.
AIR NOUVEAU. AH, Ne mep.iriez-plm des don-
(curs de La vie.
L4 marteftleftulbi'en f}lrJl.l!C mon
cftoh;
J\iy sust tout mon honhiur cCcfire
aime de SUnie,
VInçrAteo renonce a mevoir;
Ah) nemeparlez, plus ehs do;cran
de 1.1 vie.
vais, le Magazin des Tapitferies
de la Manufacture
Royale de Flandre, comme
le Roy luy en avoit donné
l'ordre; & pour répondre à
l'intention de ce Grand Monarque,
& ferisfaire l'amour
qu'il a luy
-
mesme pour les
beaux Arts, qu'il cherche à
faire fleurir par toutes fortes
de voyes, il vint le Jeudy 14.
de ce moisàl'Académie
Royale de Peinture, & Sculpture
dont il est le Protec-
;
teur. Il y fut reçu au bas
du degré par Mrle Brun qui,
en est Diredeur, & Chancelier,
& par Mr de Séve
l'aîné , qui faisoit pour lors
la fonction de Recteur. Ils
estoient accompagnez de
plusieurs autres Officiers, &
Académiciens. Mr de Louvoys
vit d'abord la Salle de
Géometrie, & d'Astronomie,
& ensuite il entra dans celle
où les Aflemblécs se tiennent.
Il y considéra quelque
temps les Ouvrages de Peinture,
& de Sculpture, qui
avaient elle fairs pour les
Prix que le Roy donne tous
les ans aux Etudians, qui travaillent
sur un sujet proposé.
Il s'estoit donne la peine
quelque temps auparavant
de les aller visiter pendant
qu'ils travailloient aétuellement
à ces Ouvrages, &
estoit entrédans le détail des
Ordres qui fontohfcrvez
dans l'Académie pour cmpescher
qu'ils ne ment aucun
secours pour ce travail,
que celuy que leur fournit
leur propre génie. Si
-
tost
qu'il se fut allis dans le Fauteuil
qui luy avoit estépréparé
sur une Estrade, Mr le
Brun, qui en labfence du
Proreéteur préside à l'Academie
, se mit à sa droite,
& lesRecteurs & Professeursaprés
luy. Mr le Chevalier
de Nogent qui avoit
accompagné Mr de Lou.;.
voys
,
fut prié de se mettre
de l'autre côté au prés de ce
Ministre; & Mr de Séve
,
le
Professeur de mois & tous
les Conseillers; prirent leurs
places du mesme coté.Après
cela M Guillet de S. George
lût le Discoursque je vous
envoyé. U"tr
à» iAejbe-m3 9nM~q
MONSEIGNEVR.,
L'Académie regarde l'honneur
quevous luyfaites aujourd'huy
comme le comble des graces
dont vous l'arvez favorisée
pendant le cents de cette année.
Elie avusa Pension augmentée
parvos recommandations auprès
Au Roy
, & s'eflainsi trouvée
en état de fontenirune dépense
necessaire à toutes ses fonctioni".
ElleAvu témulation saccroître
parmy ses Elèves
, non feulement
par les nouveaux Prix qui
se font diflribue%fous vos auf
pices a la fin de chaque Quartier
; maii encore par la bonté,
& par la "vigilanceque vous
leurave% marquée ces jourspass
pzJ en venant icyvous-mesme
à des heures inopinées pour eflre
le témoin de leur travail. Aujeurd
buy elle voitquevousvoulez
bieneflre leur Arbitre, lors
que elyerebant a ïenvy la persession
de leur Art, ils ne Je disputent
la viéloire que pour Je
ri ndre plus dignes de représenter
toutes celles du Roy. Ils [ça.
ventyMonseigneurs quecesî
vitre intention5 rjr l'objet des
Prix que vous leur préfMrez.
CV/Ï iuflafeule, ambition que
rAcadémie leur i*nfptre. Chaque
jour elle confitlefoin de leurs
progrèsa laconduiie particulière
du Recteur
, e du Prefejjeur
quifont en exercice; mais elle s'y
applique toute entiere dans les
Délibérations des /tfjemblées
qu'elle tient. Vous ntignore^
pas, Mmfeigneury que lAssemblée
élu premier Samedy de chaque
mots efîdessinée à des Conférencesgénérales>
tant pourcon-
Jerverlesprit desocieté,& d'union
parmy les Académiciens,
dqeue pour agiter quelqueQuejlton
l'Arty quifaffe <Voirceque
les unssçavent déjà, & ce que
les autres doivent apprenare.
Amfydans la premiere Conférence
de cette année, M1Monter
afait lfaftre d'unDifimrs qu'il
a composésur la lumiere, &sur
lesombres. Ilyexplique la manieredetraiter
ces deuxParties
de la Pçintu&e
1
félon que les
ohfets du Table4# font di-versement
opptfe^ au corps lumineux„
Dans 14 fécondeConférence
on lût unDifcoundeM1 Champagne
contre les Copiflcs des
maniérés,qu'ilaccuse de peu de ejde peu d'mdufwe
fe/nt./.cJsbeabraoarmnantaunefervdemu- Jle i1*
ration.
Dans la troisiéme on fit lecturc
etun Discours de M Renaudin
sur le Bachus antique,
& fttr les inflruflicns que les
Etudiant en peuvent tirer.
Dans mbléefuivante
la Comptante ayantconfideré
qw la plupart des Tableaux qui
ont eslé faits pour la recepiion
d'esAcadémiciens,representoient
foisdesfiguresallégoriquesles
plxsgr>ndsEvénement del'Hipire
du Roy 3Elle m'ordonna
d'en faire les explications 3{0
Ùnviales Académiciens à me
SonnertinAbrégé de leur3 fensecs
; mais comme tous ces memoires
ne mont pas encore esie
fournis>il ne mapaseftepojfible
de ranger ces Discours félon lordre
des années. Ainsi sans observer
lafuite des temps de chaqhuceîurEefvuéntementyma
premiere
line explication du
Tableauallégorique de AI Friquct.
Il avoitprispour sujet la
Campagne que le l{oy fit em
Flandre l'annéetàk-j.&lapremière
Conquefie de la Franche*
Comté; au commencement de
l'annéesuivante; ce qui, furoy du Trttité iAix la Chapelle,
& donna lieu au Peintre
de marquer combien, cette Paix
fut oforieufe au Roy, avantageuse
a la Frdtnce, $ favorable
aux Sciences, @¡ aux beaux
Arts.
Le premier jour de juillet je
lus dans l'Affimblée l'explication
du Tableau de AirPaiSet, d,ontles/efn~sallégocrniq~uee~xp~r7i--
moit la Bataille des Dunesdonnée
le 14.Juin 165S. ce qui favorisa
la fécondéprise de Dunkerque,
dr facilita la Paixdes
Pyrenées, dont le Peintre marque
les avantages.
Le5.jourd'Aouftj jelus un.
Discourssur le Tableau allegorique
de A4' Hovafjc qui ngarde.
Ietatymsetrouvala Hollande,
lorsqu'en 1&71. te Royy sir en
l'erfinne une Campagne>&
quesavaleur cm sa prudencey
surmonterent tes diversobifacles
du Rhin, desForterêssesj (gjr du
CAnpement des Ennemis> cfià
furent autant de vaines refiurces,
quele Peintre a trouvé l'art
de sir,urer. :
Sours vos ordres,Monfet.
orneur1 je dcnneraj le ressedes
,Explications a mesurequ'on m)ert donneralesA4moiresy trop heu- tveux,sima plumepsuvoit répon-
>
dre à l'ardeur de mon%ele, & à
Lricftfjfediunematiereyoù,fin4&
5MFF.CURE
trevoj par tout les traces devos
importas jerinces
,
parmyles
Joins que le Roy,prend de porter,
& dc maintenir les Armes,t
les Sciences3 & les Arts, dansi
une fplendcur qui n'a point entore
eu d' fgale. ; »r..:^r)rn y MdeLouvoisayant marque
la satisfaction que ce
Discours luy avoit donnée,
& celle qu'il recevoir de voir,
que cetteCompagnie ne
prenoit pas seulement le soin
de donnçr des Leçons aux t'
Etudians sur l'étudedes Modelles,&
d'aprés les Desseins
des Professeurs,avectoute
l'exaditude possible, mais
qu'elle s'appliquoit encore
principalement à rechercher
tout ce qui pouvoit contribuer
à la perfection de l'Art
qu'elle professe, distribua
luy-mesme les Prix à ceux
qui les avoientméritez, sur
le raport que le Secretaire luy.
fit des sentimens de l'Académie,
quiavoît examiné; & ju- jgé dumérite desOuvrages de
ceux qui y aspiroient. Je ne
vous répete point en quoy
consistoiet ces Prix. Je vous
en fis une description la dermiere
fois qu'on en donna,
& on n'y a rien changé cette
année. Il exhorta les Eléves
de s'appliquer fortement au
travail, & les assura des gratifications
de Sa Majesté, s'ils
continuoient dans la mesme
ardeur.Il promit mesme qu'il
en donneroit tous les mois
à quelques pauvres Etudians,
parce qu'on luy représenta,
que n'ayant pas eu dcquoy
étudier, ils n'avoient pû persectionner
les Ouvrages ausquels
ils avoient travaillé
pour les PriX". L'A(Tembl:'c
finit par les loüanges qu'on
donna à ce Mmillçe5 qui
s. -*
s'attache avec tant d'exactitude,
de bonté, & de
genérosité pour la gloire du
Roy, & de la France, à l'avancement
des Arts. Avant
que de sortir de l'Académie,
il paiTa dans la Salle où les
Modelles estoient posez en
attitude, & où les Etudians
& Desssinans estoient dans
leurs places fous la conduite
du Professeur. Il fut reconduit
à ion Carrosse par toute
la Compagnie. Le Sieur Péron
vend toutes les Estampes
gravées d'après les Graveurs
de cette célébré Academie,
dont il est Concierge,
&; d'a prés divers Tableaux
des Peintres de lamelmc
Compagnie.
Madame la Marquise de
Coeuvresest morte icyd^j
puis peu de jours, d'unesi
vre qui luy a causé un transport
au cerveau. Elle n'avoit
que trente-ans,& estoit dans
le quatriéme mois d'une
grossesse. Elle estoit Filled feu
Mr de Lyonne, Ministre
&Secrétaired'Etat, &a
épouséen 1670. François AnnibaldLEflrèes111.
du nom.
Marquis de Coeuvres,Gouverneur
& Lieutenant General
pour le Roy de l'Isle
de France, Fils de François
Annibal II. du nom, Duc
d'Estrées, Pair de France,
AmbassadeuràRome, &de
Catherine de Lauzieres-Thémines,
& Petit-Fils de François
Annibal Duc d'Estrées,
Pair & Maréchal de France,
qui est mort âgé de plus de
centans.
Madame la Marquise de
Valençay est morte environ
dans lemesme temps. Elle
estoit Fille aînée de François
de Montmorency de Bouteville,
Soeur de Mrle Maréchal
Duc de Luxembourg,
& de Madame la Princesse
de Meklebourg, & avoit
épouse Dominique d'Estam-
:
pes, Marquis de Valençay,
Fils de Jacques d'Estampes
II.du nom,Chevalier des
Ordres du Roy, Grand Maréchal
de Logis de la Maison
de Sa Majesté, Lieutenant
Colonel de la Cavalerie
Legére, Gouverneur de
Montpelier, & de Calais,
mort à Boulogne en 1659.
'! Mc de ValençayChevalier;'
cb Mahhe, Grand-Croix,&
Bailly de son Ordre, & qui
est mort Grand
-
Prieur de
France If estoit Beaufrere de
cetteMarquise. Elle
., a eu
trois Fils,dontl'aîné est mort, ,laissedes Enfans. Les
deuxautres sont,Mr le
Comtede Valençay,Exempt
des Gardes du Roy, & Mi:
=
le Chevalier de Valençay.,
•u Cesmorts ont estésuivies
de celle de Mr le Chevalier
- de Humiéres, Commandeur
,i de Villiers au Liége,Abbé
4deS. Messant,& de Preüllly,
.,. ôc Seigneur de Bassigny.Il
lefloit allé prendre du Lait à
Baville, où il a esté surpris
d'un épanchement de sang
qui l'a fait mourir su bitement.
Loüis de Crevant II.
du nom, son Bisayeul, Vicomte
deBrigueil, Capitaine
de CentGentilshommes d'armes
de la Maison du Roy,
Gouverneur de Compiegne,
& de Han, fut fait Chevalier
du Saint Esprit en 1619. &
mourut en 1646. âgé de 83.
ans. Il avoitépousé Catherine
de Humiéres, Dame de
Monchy, Fille de Jacques
Marquis de Humieres, Chevalier
des Ordres du Roy,
nom sd 2/m<j
Gouverneur de Péronne, &
Héririere de Charles, Chevalier
des mesmes Ordres,
son Frere, dont il eut
Loüis de Crevant III. du
nom, Marquis deHumiéres,
Gouverneur de Compiegne,
Capitaine de Cent Gentilshommes
de la Maiion du
Roy, & Pere de Loiiis de
Crévant IV. de ce nom,
Marquis de Humiéres, Vicomte
de Brigueil, Maréchal
de France, Gouverneur
de Compiegne, de Lile, &c.
Frere de M le Chevalier de
Humiéres, dont je vous apprens
la mort.
Celle de Messire François
de Vaudetar, Marquis de
Persan, est arrivée presque
dans le mesme temps. Il
estoit Enseigne des Gardes
du Corps du Roy dans la
Compagnie de Mr le Duc
de Luxembourg. Mr le Cointe
de Montesson, le plus ancien
Exempt de cette Compagnie,
a esté pourvû de cette
Enseigne par Sa Majesté.
Ce Comte a commandé
long-temps les Gardes qui
servoient auprès de la feuë
Reyne, & ensuite ceux qui
font au prés de Madame la
Dauphine.
Mr le Marquis d'Urfé
épousa ces jours passezMademoisellede
Gontaud -Biron,
Fille d'honneur de Ma-
-dame la Dauphine. Elle cft
dans une estime generale
pour les agrémens de sa personne,
& pour la douceur
de son esprit, Mr le Marquis
d'Urfé en a infiniment. On
ne doit pas en estre surpris
;, le coeur 6c l'esprit ont toujours
éclaté dans cette Maison.
Je vous en ay fait un si
grand détail dans l'une de
mesLettres, que jenecroy
pas vousen devoir dire davantage;
les bords du Li- 1
lgenon sont connus de tout monde
,
&: l'on ne sçauroit
s'en souvenir sans se re-•
mettre en mémoire la Mai-1
son d'Urfé. Quant à celle de |
Gontaud-Biron, elle tire son 1
origine de
1
Perigord où est 1
situé Biron, petiteVilledans I
les Montagnes du côté de
Quercy, l'une des ancien- I
nes Baronnies du Pais que I
le Roy HenryIV. érigea en j
Duché en faveur de Charles
de Gontaud, & qui a au jourd'huy
le Titre de Marquifat.
Jean de Gomaud. BaronM
de Biron, après avoir eue
Ambassadeur pour le Roy
en Angleterre, mourut des
blessuresqu'il reçeut à la Bataille
de Saint Quentin en
1557. Il eut d'Anne de Bonneval,
Dame deCheboutonncs
, Armand 4e Gontaud,
qui se signala aux Batailles
de Dreux, de Saint Denis,
de Montcontour, Se à divers
Sièges. Le Roy.HenryII£
l'envoulant récompensèr,
Igy donnale Bâton de Marech^
J de France en 1577la.
Lieutenance Generale du
Gouvernement de Guyenne^
èc le fit Chevalier du Saint
Esprit en 1581. Apres la mort
de ce Prince, il fut le premier
qui se déclara pour Henry
le Grand, qu'il servit utilement
aux Journées d'Arques,
d'Ivry, &ailleurs. Il
fut tué en 1592. devant Epernay
en Champagne
,
s'estant
avancé pour reconnoître la
Place. Il laissa trois Fils de
Jeanne Dame d'Ornesan, &
de Saint Blancard, sçavoir
Charles de Gontaud, Jean,
& Armand. Ce dernier fut
tué au Massacre d'Anvers en
1)83. Charles de Gonraud fut
Duc de Biron, Pair, Amiral,
& Maréchal de France, Gouverneur
de Bourgogne & de
Bresse. Jean de Gontaud son
Frère qui a continué la posterité,
épousa en premieres
Noces Jaqueline de Gontaud-
Saint Céniez; Dame de
Bedefou, 6c en secondes,
Marthe-Françoise de Noailles,
Fille puifnée de Henry
Baron de Noailles, dont il
eut Henry Mettre de Camp
du Regiment de Périgord,
mort à Paris d'une ch1 ute de
Cheval en 1636. 6c François
deGontaudMarquis de Biron.
C'est de ce Marquis,
& de Dame Elizabeth de
Cosse, Fille puînée de François
Duc de Brissac, qu'est
sortie Mademoiselle de Gontaud
, dont je vous apprens
le Mariage. Outre ce que je
vous ay déja dit que le Roy
avoit donné à ces nouveaux
Mariez en considération de
cette alliance, Sa Majestéa
mis Mr le Marquis d'Urfé
auprès de Monseigneur le
Dauphin
, avec la Pension
des Seigneurs qui doivent
toujours accompagner ce
Prince. Mademoiselle de*
Gramont, Fille du Comte de
ce nom, & Nièce de feu
Mr le Maréchal de Gramont,
a esté choisie pour
remplir la place de Fille
d'honneur de Madame la
Dauphine,que quite Mademoisellede
Gontaud.
Le Roy qui devoitpartir
le 18. de ce moispour aller
prendre le divertissement de
la Chasse au Château de-
Chambor, n'estparty de
Versailles que le 2,1. La maladie
de Monsieur a esté
cause de ce retardement,
& elle auroit mesmsempesche
tout à fait ce Voyage,
si Sa Majesté, qui a une
extrême tendresse pour ce
Prince, & qui a témoigné
beaucoup de chagrin de ion
mal, n'avoit esté assurée avant
son départ qu'on n'en
devoit appréhender aucun
dangereux effet & ne l'avoit
mesme vu presque entièrement
guéry. Ce mal
estoit une fièvre doubletierce,
avec des rédoublemens.
Unesaignée du bras,
& du pied, que ses Medécins
firent faire fort à propos,
jointes à quelques autres
reinedes,donnerent d'abord
un grand soulagement
à ce Prince , Bc le Remede
Anglois a achevé d'emporter
sa fièvre.Tant qu'on a
crû sa maladie danc;creu(e„,
le Roy est venu le voir tous
les jours. Monseigneur le
Dauphin, & Madame 1»
Dauphine
, y sont aussi venus;
& toute la Cour, qui a
esté sensiblement touchée
de son mal, en a donné des
marques par rempressement
qu'elle a témoigné en le venant
voir en foule.
- Vous aurez les nos de ceux
qui ont expliquélesEnigmes
du dernier mois, dans l'Extraordinaire
qui fera donné
le 15. du mois prochain. En
voicy deux nouvelles, qui
viennent des Nymphes enjoüées,
Clione, & Rozelinde.
ENIGME.
JE laiffi d part& ma vie, c7 ma
mort, Mes courts ch1evIeurx .acterneuIel verdure,
MAcouleurjaune, dr maforte na*
ture.
Voicy le reste de monfort.
Pourmieuxagir,fay doubles:
Aimes.
Les employant avec ligueur,
le détourne cet maux,féloigne leurs
allarmes,
le mets l'ordre ou je plfJlè) &j'en
accrois les charmes.,
lefais plAijir, ô~ mtfme bonnettr,-
Mais ce quonaw>i peine àcroi-reDl
Je deviens Jccquandjefuis en
repos, Etg,dans mesplus grands tra~
vaux,
Rije n'attaquepeintsans gagner
la viBoire.
Le plus fou-vent dans les jCl/nty
ForeHs
Je vais,ieviensyje moccupe à.fll:
Chasse; fajujleend'autres, desfilets
Avectant cCadreffe & ài prace-
^ueplusd'un coeurs'y prend avec
plaijîn
Mais quelque course que jefajfcy
^uej'aillevifiC) ou que j'aille à
, loiJiry
Jamaisje ne me ItfJ/è.
AUTRE ENIGME.
JEfors des hauts Lieux, &j'y,
fers
.AIres avoir pajsjme/pAr t«es lAMX, par
lesfrs,
Eaux bouillantes dontDieu vous
garde,
frrstranchans acouper chairdouillette
en moueaux•,
Au Curieux qui me regarde,
Qujemontre les dents, ouje tourne
le dos.
Bien que je naffecteperforwe
Dans lesfirvices queje rends,
Iamaù mesfoins nejont indiférens
A celles a qui je les donne.•
lTêeffutiuschcheerar uauBBrurunneett.ypplulusseennccoorree aai»t
Mon tmploy flatft aux gNAIs, &Ji. -verùtItsmvrniM
Et pourtoutdire enil,, ilfaidtmeeîsmsepCortoerarunxpelussGaylans
Sans qu'ils. etifoofrtr,i de chagrin
L'Article des Modes nouvelles
quevous attendez,
n'est pas unechosefacile, &
l'on voit -encore si peu d'Habits
d'Hyver, qu'il efl; mal-
.1
aile d'assurer quelles Mocfcl
auront le plus de cours péndant
cetteSaison. Cependant
je vous diray qu'on fait
des Jupes de Brocard d'or.,
dont le devant & le zetm
d'embas sont d'un Brocard
diférent de celuy du reste chfl
la Jupe, ce qui épargne à
celles qui s'en servenr
les
Points d'Espagne qu'on met
ordinairement (tir les Jupes
qui ne font pas de ces Bro
cards. La plupart des Dames
qui veulent des Jupes tajBj
nies, mettent dans le milles
de longues Agraphes, ave
des Boutons &des Boutonnieres
comme les Hommes
les portent sur leurs Brandebourgs
;*en fuite on met un
Point d'Espagne de chaque
codé, après quoy on met un
autre rang d'Agraphes, &
puis un autre Point d'Espas
gne,&ainsi alternativement,
îùivantla quantité quon
veut de ces ornemens. On
ne fait plus tant de Gorges
rondes aux Manteaux, &
l'oncommence à en couper
beaucoup en coeur. La plupart
des Manches font haurics,
& attachées par des
.t
Agraphes pareilles à celles;
qu'on met au devant des Ju-;
pes. On en met tout autour
des Manches. On porte
beaucoupd Etofes rayées.
La plûpart des Souliers fons
à l'Angloise avec des Bour
cles. Jamais on n'a tant ports
d'Echarpes, toutes de Den- i
telle; on n'y laisse pas feule- -
ment un doigt de Taferas) i
& la Dentelle est cousuë sur
un Cordon. Presque tous les
Habits des Hommes font de a
Drap brun tirant far la cou--3
kur de Musc; on les garnit 3j
de Boutons d'or filéy avec a
des-s:
des Gances de mesme.Les
revers des Manches font de
[Brocard, ou tout or, ou tout
sargent, ou meslé. Ceux qui
arn veulent de moins riches,
ICn prennentdeMoiiere, tout
¡or, ou tout argent. Quelques
grands Seigneurs portent des
Manches relevées, entourées
de Dentelles d'or,& attachées
avec de gros Noeuds
Wc tissus d'or. On ne porte
çoint de revers aux Vestes,
le les Manchesfinissent juc.
isement à l'endroit où elles
Revoient estre rcnverlees. Il
Tena beaucoup dontlelre-»
bords sont travaillez, & forment
un dessein qui finit la
Manche. Plufieurs* font encore
garnir leurs Cujptes
avec des Toufes de Rubaps
qui font d'espace en elpaçc,
& que l'on appelle Bouquets..
Rien n'cit flmagnifique que
les Noeuds d'épàule & d*
pées de quelques grands Sei,
gneursjils (ont de diférens
tissusdor. On attache aux:
costez d'une partie de ces;
tifliis des Campanes or &car--
gent, & d'autres de mefmcc
iHaniere aux bouts, & qu'on:
appelle Glands, parce qu'et,.,
-,.-.:..,',ut.K"
ïlcs font plus longues. La :mode la plus nouvelle cft de
larges Rubans unis, sur let
quels on coust divers morceaux
de Point d'Espagne or
& argent, qui forment plufleursfortes
de figures. Les
costez &i les bouts font aussi
garnis des Campanes dont je
• viens de vous parler.On fait
: des Sur-tout qui n'en ont
que les Manchesy lerefle
1reiTemblant plus à un Jufteau-
Corps qu'à un Sur-tout.
:";Il estàcroire que quand le
froid fera revenu, onfera les
• Corps assez larges pour poiu
voir mettre un Juite-au-corps
dessous, & ce seront alors de
véritables Sur-tout. On porte
des Bas mêlez de foye & de
laine, pour lesquels on ne
s'assujetÏs pas tout-à-fait à la
couleur de l'Habitua cause
du mélange. Ces, Bas font
roûjoursrayez à l'endroit où.
ils le roulent.J'espere vous
en mander davantage le mois
prochain.
Comme les Comédiens.
Italiens ont donne *depuis,
1 deux ans toute leur application
à mériterl'aplaudiflement
de leurs Audiceurs, &
quepouryreussir, ils n'ont
1épargné ny foins, ny dépenfè,
toures les Pièces nouvelles
qu'ils ont jouéesdepuis
ce temps-là, ont eu des
succés qui ont pasle
ceux
1
qu'on auroit pu esperer autrefois
des Ouvrages les plus
achevez. Tout Paris y court
>en foule, comme aux preinneres
représentationsde
l'Opéra. La Satyre vive, &:
(juste dont plusieurs de leurs
iScenes font remplies, paroist
ixpirofitablc & de bon goûtj Oles vices & les folies des
IPrancCois cfsttaannst ddèeuuxx mmaattiicc--
res inépuisables, ils peuvent
se promettretoujours de
très grandes AfTemblées3
s'ils continuent à donner des
Comédies de ce caratlere. Ils,
en representent une depuis
trois semainesintitulée, LA
Toisond'or Comique, dont les.
seuls Articles du Mariage
d'ArlequinJalon, peuvent.
divertir les plus serieux.
Je vous envove deux Livres
nouveaux, que vous
pouvez faire voir à tous les
Sçavans de vôtre Province.
La matiere leur en plaira
d'autant plus3quelleestrcBevee
par la netteté, & par
(l'agrément du style. L'un a
[pour Titre, Dïscours d'Eusebe.
iEvêque de Cesareey touchant
Hes Miracles attribue% par les
iPajensiàApollonius de Tyane;,
& l'autre), Dïscours de C/ftment
Alexandrin.pour exhorter
»iles payens aemkrajjer la Reli- Cbrétienne. Ce font des.
Traductions faites par Mr le.
[ Préfidcnt Coufin,qui estun [Homme d'une profonde é-
: rudition, dont nous avons,
déja la Traduction de l'Hifloire
Bifantine. La Langue
Grecque luy est famillere,&
vous ne douterez point de
la bonté de ses Ouvrages,
quand vous fçaurez quT'il a
esté nommépoùr examiner
une partie des Livres qui se
donnent au Public, & que
c'est far son raport que l'on
accorde la permission de les
imprimer. Le Sieur de Luyne,
Libraire au Palais,v qui
débitéles* deux Discours
dont je viens de vous parler,
commence à vendre un autre
Livre nouveau intirulé,
Dom Henrique de Castro, ou
la Conquefie des Indes. Je fuis,
Madame vôtre, &c.
A Parls ce 30. Septembre 1684.
Toute la réponse que je puis
faire à celuy qui m'a fait la
.U,race de m'écrire de la Haye,
icejl que femployeraysa Lettre
idans le XXVII. Tome de
\l'Extraordinaire qui paroiftr"
\/e
15.
du mois prochain. Comme
\ladecision des doutes qu'il pro-
Wofe sur la Langue eff laffaire
\du Publiç) je ry en apprendray
\M1es fre,nti"rnr>en.,'y s.-t'l: s"'-e''xVphlliiqnu"pe Ml'--
, l JJ"- 1
- ---"
Avispourplacer lesFigures.
L'Air qui comnitncr par T,,ot!.;s mj;rsonne
desLauriers, dur: rc-rJcr
la pagegt,.
La FeüilleItalienne doit rc^a;dcr la
paee107.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères