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A PARTS,
AV ïALAL£*
oN donnera toujours unVolume:
nouveau du Mercure Galant les
premier jour de chaque Mois, & le om vendra, aussï-bien que l'Extraordinaire,
Tiente sols relié en Ve.W)c
£c Vingt-cinq sols enParchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais, dansla-
Salledes Merciers, àla Justice
<' Chez C.BLÀGEART, Ruë S.Jacques,
à l'entrée de la Ruë du Plâtre, ;
Et en sa Boutique Court-Neuve du Palais,
AU DAUPHIN.
£rT. GIRARD, au Palais, dans laGrande
Salle, à l'Envie.
M. DC. LXXXIV.
AVEC FJUVlLEGi DY JI"
2k,G 11091 ty~%b-R-C"vRF4"
CA,LPu~fl, T
JUIN i6$4.
te~.4 E ne sera point,Madame,
par une action
particulière du Roy.
que je commenceray cette
Lettre. Celles dont j'aurois à
vous parler, demandent plus
d'étendue- & comme des
Volumes entiers pourroient
à peine suffire pour marque:
une partie des plus glorieuse
circonstances de ce qui s'est
fait de grand pendant c:
Mois-cy, c'est aux Lettre
séparées que je vous ayadres
fées là-dessus, que je vous
renvoye.Ce qu'elles con
tiennent est arrivé par do
ordres donnez apres des me
sures si justes, que le succo
en estoit infaillible. Cepen
dant je ne m'éloigneray p:
beaucoup de ma matiere on
dinaire, puis que le Marias;
de Madame la Duchess
Royale dont vous attend
la suite, est encore l'ouvrage
de ce mesme Roy, qui ne
fait rien que de merveilleux.
Ma derniere Lettre vous apprit
que cette Princesse estoit
partie de Lyon le Vendredy
5. de May. Elle continua la
route vers Pont Beauvoifin.
C'est un Bourg de Dauphiné,
quisépare la France
la Savoye.
,
La Riviere de
Guyet,sur laquelle il est situé,
-
fait cette séparation, & il
prend son nom du Pont.
Tand's que Madame la Duchesse
Royale s'avançoit: de
ce costé-là, Monsieur le Duc
de Savoye qui venoit la recevoir,
arriva à Chambery.
Cette Ville,Capitale de Savoye,
estoit l'ancien Sejoua~
des Ducs,&estle Siege d'un
Parlement, que l'on appello
Sénat. Il est composé de
quinze Sénateurs, & de qua
tre Présidens. Il y a aussi une
Chambre des Comptes, comr
posée de Présidens
,
Audi
teurs, & des Généraux &
Trésoriers des Finances de
Savoye LA Ville,quiestassez
grande, est située sur la petite
Riviere d'Orbanne, dansun
Plaine, autour de laquelle oile
voit diversesCollines. Il y a
un beau Chasteau qui commande
à la Ville, & dont
Mrle Marquis de S. Maurice
est Gouverneur. Les Jardins
en sont fort propres. Dans
la Court de ceChasteau est la
Sainte Chapelle, desservie par
des Chanoines. Monsieur le
Duc de Savoye s'estant rendu
en poste à Chambéry le
Lundy premierjour de May
sur les sept. heures du soir,
trouva lesRuës remplies d'un
Peuple nombreux qui faisoit
retentir de toutes parts, Vive
Savoye. Mr le Marquis de
S. Maurice, qui l'attendait su
la Porte du Chasseau, luy en
présenta les Clefs. Ce Prince
l'embrassa fort tendrement,
&des qu'il sur déboté, il entra
dans la Sainte Chapelle,
&voulut voiren suite la toute Maison. Le lendemain,,
le Sénat, la Chambre des
Comptes, & les Echevins,
le haranguérent. Ce mesme
jouril envoya inviter toutes;
les Dames de la Ville pour
les divertissemens du foir, &.-.
leur fit l'honneur de les baiser
toutes. Pendant tout les
temps de son sejaur, qui fut
fcjfqviau, Samedy, il y eut
chaque soir Tables de Baisete
, Collation, & Violons,
afin que chacune eust dequoy
se satisfaire. Le Mercredy,
il alla&S.François,
avantquedese faire voir au
Vernay. LeVernay est dans
unFauxbourg de cette Ville„
C'est un Lieu fort ombragé
de plusieurs rangs de vieux
Arbres
, comme une partie
du Cours de Paris, où tout
le monde sassemble & se
promène. Le Jeudy ilprit le
divertissement de la Chasse
du coftéd'Atpremont,& y
demeura tres peu, à cause de
l'excessive chaleur. Le soi
il retourna au Vernay inco
gnito, & entretint plusieur
Dames, chacune en particulier.
LeVendredyil passa l'apresdînéeavec
les Prélats qui
sestoient rendus à Chambéry,
& dança le soir au Vernay,
que l'on avoitilluminé
par ses ordres, & où il avoi
- fait venir des Violons, *des
Hautbois, &des Trompetes;
Apres qu'on eut dancé quelque
temps, il pria les Dames
de passer dans un Jeu de Paume,
qui est dans la mesme
Place du Vernay. Elles y trouvèrent
une Coliation des plus
magnifiques. Ce Prince ayat
exhorte tout le monde à Ce
bien divertir, se retirasans
rien dire, pour aller se préparer
à les dévotions, qu'il
vouloit faire le lendemain, &
dont il s'acquita avec une
pieté tres-édifiante. Le Samedy
6. de May, il alla coucheraux
Echelles en un Château,
d'où il envoya Mr le
Comte Scaravella, Gentilhomme
de sa Chambre, &
MaistredesCérémonies, à
Pontbeauvoisin, avec ordre
f
d'y régaler les Princesses, 1«
Dames, & les Officiers à
Roy, qui avoient accompi:
gné Madame la Duchest
Royale jusquen ce Lieu-la
M le Comte de Soissons.,
M le Prince Philippes [o(
Frere, le luivirenc aux Eche
les.CesPrinces estoient vo
nus le salüeràChambéry. I
les avoit trouvez dans
Chambre lors qu'ilestoit re:
venu du Jeu de Paume, & i
les avoir reçcusavec de grad
témoignages de satisfaction
& d'amitié. Le Dimanche 7\
ce jeune Duc partit des E
:helles en poste sur le midy,
accompagné de sa plus considérable
Noblesse. Ses Garles
s'estoient rendus dés le
Samedy au soir à Pontvoisin,
m estant arrivé dans la Maion
quiluyestoit préparée sur
ses Etats, il ne fit que chan-
TCC de Juste-au-corps, sans
descendre de cheval, & pous
[à jusque chez Madame la
Duchesse Rovale. Cette Princelle
entendant les Trompeces
& les Timbales qui l'assu
roient de son arrivée, s'échapa
à quelque impatience
de le voir, & se mit d'abord
t
à la Fenestre; maissanu
destie l'obligea sur l'heure
s'en rerirer, &: elle ne song
plus qu'à aller sur FEicatH
au devant de luy. Ce Prin
entra dans la France avec f)
Gardes l'Epée à la main,
estant deicendu de chevé.
il monta l'Escalier d'une
grande vîtesse, que Madam
la Duchesse Royale eut
peine descendu trois degrequ'ill'arresta.
Ce sut sur
Escalier que se firent les pro
miers embrassemens de par
& d'autre, avec une extrérn
satisfaction) & mesme avo
surprise deS. Altesse;Royali.
qui trouva la jeune Princene
de beaucoup plus belle que
son Portrait, ie plaignant du
Peintre qui luy avoir fait injure,&
voulant que l'on
*
reformast
celuy qu'il avoità
Turin sous ion Dais. Il la remena
dans son Aparremenr,
&n'y demeura qu'autant
qu'il salut pour les honnestetez
& lescarresses qu'il fit à
toutes les Dames. En suite il
luy prit la main, & la conduisit
dans une Chaise qui
l'attendoit au bas de l'Escalier.
Il l'accompagna à pied,
la main touj ours sur sa Chse,
jusque dans le Territoc
- de ses Etats; & estant alo
monte a cheval, il commas
da aux Porteurs d'estre de
gens. La grande poussia
qui s'éleva, jointe à l'env
qu'eurent ces Porteurs de'
surpasser les uns les autre
sut cause qu'il y en eut quo
ques-uns qui expirèrent
« posant la Chaise. On avo
préparé une su perbe Coll
tion aux Echelles, qui est
moitié chemin de Chanr
béry, mais on ne s'y ar,.eO
pas. Monsieur le Duc o
savoye, qui alloit toujours a
colsté de la Chaise de la Princesse,
luy apporta luy-mesme
un Verre de Limonnade,
qu'elle reçcut de la main fort
modestement. Elle monta
en carrosse à demy-lieuë de
Chambéry, où elle entra sur
les six heures du soir
, ou
pour mieux dire, où elle eut
peine à entrer, à cause de la
grande foule de Personnes
de toutes conditions, qui êtoient
accouruës pour luy
rendre leurs respects, & satisfaire
leur affection & leur
curiosite, Toute laBourgeoigcoisiecftoitfous
les armi
Ôe il vous doit estre aisé
vousfigurer lebruit de Ysi
tillerie. Llle alla au Chastes
descendre à la Sainte Ch
pelle, où M le Camus, Ev
que de Grenoble, l'attende:
avec Mr l'Archevcfque
Tarentaise, & Mrl'Evesq
de Geneve. Le premier
ces Prélats, que l'on recoc
noit dans Chambéry pour
Spirituel, son Diocesè s'etes
dant jusque-là, donna à Leur
Altesses Royales la Benéo
ction accoû tumée. Cette c:
remonie estant faite, la jeun
*
Princesse se retira dans san
Apartement. Plus de deux
cens Femmes de qualité de
Dauphiné & de Savoye, se
trouverent à son passage sur
le grand degré du Chasteau.
Elle leur fit un accueil si obligeant,
que dés ce moment
elle gagna tous les coeurs.
On luy dit qu'il y avoit quelque
diférence à faire entre
elles, &que sielle en dévoie
baiser quelques unes, il yen
avoit d'autres à qui elle devoit
seulement donner sa
main. Elle répondit qu'ellebaiseroit
lesunes paroblizanon,
& les autres par amm
Ainsi elle n'en excepta «
cune, & les charma tout:
LaNoblesse de Savoye Il
vintaulli rendre ses respect
Elle les receuc placée fc:
un Daiz, dans sa Chambre
de parade. Monsieur le D
de Savoye luy nommoit I
Hommes ; & Madame
Princesse de la Cisterne,
Premiere Dame d'honneu
luy fit connoistre les Damo
Leurs AltesssesRoyales se ri
tirérent ensuit en leur par
ticulier, & lors qu'on est
servy le Soupe, Elles fireirs
mettre à leur TableMadame
la Princesse de Lillebonne,
les deux Princesses ses Filles,
& MadamelaMaréchale de
Grancé. Le Soupe, quoy que
magnifique, dura peu. Le
Mariage futconsommé cette
mesme nuit; & le lendemain
ces deux illustres Epoux
estoient si libres & si familiers
ensemble, qu'on auroit
jugé qu'ils se connoissoient
depuis long-temps. Ce jourla
,
qui estoit le 8 du mois,
Madame la DuchesseRoyale
alla à la Sainte Chapelle, où
Mrle Doyen de la Pérouse,
que ion éloquence & sa pii
ont renduaussi fameuxà
ris, qu'il l'est en Savoye
vint recevoir à l'entrée,
luy fit une très- belle ~Hara
gue. On chanta le ~TeDr
dans cette Chapelle, ~6eLett
Altesses Royales qui dîn
rent en public, n'eurent ~pc
sonne à leur Table. L'apn
dinée, les Magistrats &
Echevins vinrent ~complimo
ter la Princesse. Le ~MardJ(
elle fut aussi ~complimenii.
par les Officiers~d'Annefl
& le lendemain par les IT
~purez de Geneve, qui Il
apportérent divers Présens.
Le Jeudy II. ellle sortit en
parade, avec tous ses Gardes,
& toute la Cour, &
alla entendre la Messe aux
Cordeliers où le Gardien.
la harangua. L'apresdinée
elle visita les Peres Jésuîtes,
les Filles de laVisitation de
Sainte Marie, & les ~Relimeoses
reformées de SainteClaire.
Le Vendredy 12. elle partit
de Chambéry, accompagnée
de toute la Noblesse jusqu'à
Montmeillan, où elle coucha.
C'est une petite Ville
sur la Rive droite de L'Ifere^
a deux lieües de Chambér
Elle a une Forteresse ~basti
sur la pointe d'un Rocher
carpé. Cette Forteresse conr
mande le Passage, qui ~eftfot
étroit entre les ~Montagne:
Madame la Princesse de Lii
lebonne, & les Princesses (è)
Filles, dont tout le ~mondes
admire la beauté, s'en ~retoui;
nérentdés le Mercredy ~e:
France, avec une partie do
OfficiersduRoy, quiavoient
accompagné Madame la~Dix
chesseRoyale; & le reste ~des
Officiers estoit party ce ~mes
me jour Vendredy
, ~aven
Madame la Maréchale de
Grancé. Monsieur leDuc de
Savoye leur avoit fait distribuerà
tous des Présens fort
magnifiques. Madame la
Princesse de Lillebonne reçût
un Bracelet de Diamans,
& les Princesses ses Filles, des
Pendansd'oreilles d'un grand
prix. Leurs Altesses Royales
vinrent coucher le Samedy 13.
à Aiguebelle, à quatre lieües
deMontmeillan. LeDimanche,
Elles partirent pour
S. Jean de Morienne, Ville
Episcopale, à six lieües
d'Aiguebelle, Madame le
Duchesse Royale y alla ~cc: cher, & Monsieur le ~D<
de Savoye ayant pris la ~Po1
à la moitié de cette ~ROUJ
se rendit à Lanebourg, ~o lieües pardelà S. Jean deM
rienne, où la Princesse ~pat
le Lundy. L'Evesque de ~ce*
Ville, qui estriche, de n¿;
sance, tres-magnifique
qui , a beaucoup d'esprit, sg
toit préparé pour la recevo
Son Altesse Royale y ~av'
d'ailleurs envoyé ses ~0(
ciers, & rien n'y ~manquJ
pour les Apprests. Ce ~Prirr
estant party de ~LanebouL
~te iS.à neuf heures du ma-
~dn) arriva à Turin à une
heure apres midy,ayant fait
~fcpt Postes,qui sont plus de
quatorze grandes lieües, &
des plus rudes. Il en repartit
le Mercredy 17, environ à la
mesme heure, & se rendità
cinq heures à Lanebourg, où
Madame laDuchesse Royale
vint coucher. Le lendemain
elle passa le Mont Seny
, &
arriva à Suse le soir, Son AIcene
Royale ayant toûjours
fait marcher sa Chaise à côté
~Je celle de cette Princesse,
~în traversant la Montagne.
Mrle Prince de Carignan If
reçût à Suse, où il avoit en
voyé toute laMaison~avâcluyv
pour luy préparer un ~Régala
Vous jugezbienqu'il ~su
magnifique. Dom ~Gabrie:
Prince naturel de ~Savoy(r
vint luy faire ~Complimen
au mesme lieu, &luy ~apport
un riche Présent de la ~pa:!
deMadame Royale. ~C'cfioc
le Portrait de Monsieur 1
pue de Savoye,~enrichyio
Diamans d'un fort ~grann
prix. Elle passa tout le ~Ven'
dredy à Suse, 6c se rendit
Samedy20. à Rivoli,qui ~es
~me des plus belles Maisons
le S.' A. R.à sept milles de
~rurin. Madame Royales'y
~"ftoic rendue aussi le mesme
~oiirpour l'y recevoir, accom-
~>agnéede Madame la Priiu
~effe Loüise de Savoye &
~tesPersonnes lesplus qua-
~[fiées de laCour, de l'un &
~le l'autre Sexe. On y avoit
~Irépàré-une Collation ex-
~[uife-,Du tout ce qu'onpeut
imaginer de propre &de
~lagnifique, fut servy en
bondance. Elles partirent
~Dures ensemble,& arrivé-
~itit à Turin sur les dixheures
du soir, au bruit de plu
de trois cens coups de Q.
non. La jeune Princesse ~eitç:
dans le Carrosse de ~Madam
Royale. On avois~illumin
toutes les Fenestres de~tou
les Etages des Maisons, qlrJ
depuis la Porte neuve par 1J
quelle elle passa,.jusques «-.
Chasteau de S. A. R.~ferr
blent estredes Palais, ~taiu
la structure est égale en tOUj
tes. Lors qu'on faitvoir ,~
S.Suaire au Peuple, on ~l'agj
porte au milieu d'une GalëIlL
rie découverre, qui divii
en deux la grande Place ~db
hassteau
,
qui est fort lonue.
Ce lieu, qui est un eface
en rond, qu'on couvre
e bois & de grosses toiles,
st forme d'une Tribune,
ont les Piliers estoient charez
de petites Lampes en
iranchages, qui paroissoient
ompofer un petit Bois, ou
quelque Berceau brillant.
Cette espécedeBerceau fîissoit
le point de veiie, &
ermoit la perfpeûivedepuis
a Porte de laVille, qui conluit
droit au Chasteau par
leux longues Ruës droites,
me coupe une tres-belle k
tres.. grande Place, nommer
la Place S.Charles. Les mat
gnifiques Palais qui la com
posent,,tous dune fabriqua
égaleavec leurs Arcades, la
font ressembler à la Plaa:
Royale de Paris. Tout ceb]
estoit rcmply de Lui-nierese
La Façade des PeresThea-j
tins eitoit garnie dune 'infi::j
nité depetites Lampes brillantes
depuis le haut du Dôme
de leur Eglise, jusquesau
bas de la Place. Cette Eglises
est située en face du Château.
On lisoitentresgrosse
Lettres formées de ces Lam-.
pes, Fert, Fert, Fert, au milieu
de trois grands Laqs d'alTIOUr;
& au-dessous en semblables
caracteres
,
Annagratiam
,victor Amedeus gloriam,
uterque Regno felicitatem. On.
voyoit plus bas quatre grandes
Devises Latines illuminées
, au milieu desque llesestoient
les Armes myparties
de Leurs Altesses Royales.
Plus de deux millegros F.¡ lambeaux
de cire blanche faisoient
briller la Maison de
Ville. Dans la Montagne
voisine, laVignede Madame
la. Princesse deSavoye ( c'est
une superbe Maison de plai
sance en veüe du Chastea
de S. A. R. qui semble atta
chée à la Ville) estoit char
- gée d'une telle quantité de
ces Lampes brillantes, & et telordre, qu'onl'auroit prifi
pour un Palais enchanté. On
en distinguoit toute la struc
ture
5
& les Jets d'eau qui il sont entrès- grand nombre1
en oroflifïoient leur eclar
Ce Palais est au milieu d'up
tres-spatieux Jardin tout en
Terrasses, dont les Escaliers
brilloient des mesmes Lurmieres.
Une grande Grota
*
tuée au plus haut de ceJarin,
paroissoit estre le Dôme
e ce Palais éclatant, tant
lle estoit garnie de ces feux. - Celuy de l'Eglise des Capuins
, qui est sur cette Monagne,
jettoit une clarté surrenante.
Silon donnoittant
le marques extérieures de
oye ,
il y en avoit encore
plus dans les. coeurs. Chacun,
admiroit la jeune Princesse,
& luy trouvoit une si noble
physionomie, qu'il n'yeut
personne qui n'en demeurait
charmé. Elle fut conduite
en son. Appartement ,
où,
l'attendoient les plus corm dérables Dames de la Vil
a qui elle donna les mains
baiser, & qu'elle voulut e fuite embrasser toutes. El
le fit d'un air si aisé & si e
gageant, qu' on auroit c qu'elle eust toûjours estéavo
elles. Le Dimanche 21. Nonce du Pape la comp
menta sur son arrivée,aussi
bien que le Sénat,la Cham
bre des Comptes, & les au
tres Corps de la Ville. Mr
Marquis de la Chiésa, Pro
mier Préfidenr de la Cham
bre des Comptes,
,:
luy fit un
esbeau Discours. Elle va,
uslesjours à la Promenade,
ans le Carrosse de Madame
oyale, & le rend le soir au
alentin
,
où sefaitle Cours
ans les longues Avenues
ouvertes d'arbres très- hauts.
es Carrosses,de parade iui-''
oient vuides les premiers,
ours. Le premier,auquel il
e manque rien pour une-,
ntieremagnificence,est tiré
ar huit:Chevaux noirs des,
lusfiers
,
chargez de Houses
de. Veloursrougeen Broeric
, avec de hautes Airetes.
Le Postillon & le Cocher
sont aussi venus de Vo
lours rouge, couvert de Ga
Ions d'or& d'argent, & la
Pages ont une riche Livrée
de Velours touge toute es
Broderie d'or, avec de tres
beaux Bouquets de Plumes'
La Feste du S. Suaire, qu
avoit esté remise
,
fin: celé
brée le Dimanche 28. de May
Neuf Archevesques, & Eve:
ques de l'Etat de S. A. R. * assistérent, Madame Royal.
en suite,& le fîrétvoir au Peut
pie, ayant à leurdroiteMadas
me la Duchesse Royale, Madame
la PrincesssLoüisse, M
Monsieur le Duc de Savoye,
vestuen habit de Chevalier de
S.Maurice.CesquatreAltesses
tenoient chacun un Flambeau
de cire blanche, & leurs
Aumôniers estoient de l'autre
costé, à lagauche des
Prélats. Je vous ay déjamarqué
que cette Feste se fait
dans une espéce de Tribune
au milieu de la grande Place
du Chasteau. Les deux Courts
estoient remplies d'uneinfinité
de monde, outre toutes
lesFenestres, les Balcons,&
mefmeles toits. Le Mercredy
3I. la Cour alla à la belle Maison
de Plaisance de la Ver
rie, à trois milles de Turj
Je ne sçauroisfinir cetArcle,
sansvousfaire part d"
neBalladeque MrdeBens
rade a faite sur cet heureu
Mariage. Vous sçavez quel!
est la beautéde sonGéni
&qu'il n'appartient qu'à lui
sndoetbtliermalieteentr,leeensnygrmjanoedslsüansutéIjel.n
ur leMariage de Mademoiselle
avec Monsieur le -
Duc de Savoye.
BALLADE. Dv C quitenez, un rangparmy
lesRoys,
;/sur laChypreavez,deJî beaux
droits,
"endre Pucelle ejlpour vous Don celefie,
Xeynede Chypre>*inficomme autrifoil
r?ejloitVènus^ horjmisquepas modeflty
En a le charme,& n'en aplus terefle.
Bienla devez, recevoiràgenoux,
Elle vota duit; tel Coq, telle Poulete;
Vleurde quinze llrlS., unpeu maigre
entre notu,
Ji/aïs elle aura bicn-tosi gorge replt
.:f!!je de :réfors ! Vom les acqucrczi
tOIa.
Pourriez-vous faire une meilleu
emplete?
Neice,i vous dire icy ce quej*enu
crois,
Aux uns ejîjoyey AUX autres peine
Croix,
£>uant à vous deux, c"e fille. tmam
Lobjetcjlpur, dont vius avezj:ti.;
choixi
.Z.ueyqu'en douceur nullt ne luyçox
tcJle,
Oncquts néyeZj crainte qui vota md*
Icfte.
Amans Agneaux deviennent Marik Loups,
£n ce marchéquisefaitaveuglcte>
vintneferez, ny chagrin n)jaloux>
ansjouirez, defortune complétai
Etoffepaffe& Satin é- Velours.
ourriez-vous faire une meilleure
emplere? v
'fjfas*entendkréglerJesempl&ù,
hante, s'occupe dU trava.ildefis
doigts,
lefpaitquecesi de Gniant quiprotefie;
ore AmoÍJrs., napeurleurs dénies
Loix
cine qui ttnde enj1mine, enfor*-
se¡Je;:,
- - oqneterie efîponrellem?,pefte*
ansAffe#er:d'e»xaû&dccUgouflr^
resfijsueavc-cqHeJaC.îdete, ,
rts s"amtffïaâtfimplcs Bijoux,
rt tant qu'onveut ellefe¡jf'itlfrJlIo. leteïV
La nessbesoin derrille &deverm\
Pourriez-vous faire unemeileu
emplete? E N V O Y..
J^andVOIU vtrrfZJfleurir14 VieIn
Lejoly telu.,quJil'Volusèmblera dou,
Ajmez*-voui bien tom dotx,jeunesi Epoux,
N'aJ{ZJ tom deuxqu'une mejmeTci
letey
Etcefera belle épargnepourvous.
Pourriez-vousfaire une meilleur
emp lete?, Vous voulezbien que d
la Cour de Savoye je pass
à celle de Pologne. Ce qui
j'ay à vous en dire,estson
curieux. Vous sçavez, Ma
dame, que Mrle Duc de
- ).r..-i
Aignanal'honneur d'estre
Parent. dela Reyne de Pologne
, & que par ion mérite
est fort consideré en cette
Cour-là. C'est cette raison
plus que la première,quia
donné lieu à ce qui suit. Mrde
S. Loüis , Capitaine de Dragons
dans l'Armée duRoy,
de Pologne,dépêché par ce
Monarque,&amené par Ma.-
dame laMarquisedeBéthune
, apporta le 26. dudernier
mois à Mrle Duc de S. AU
gnan, l'un des plus beaux
Sabres qu'onait jamais vûs,
de la part deSa MajestéPolonoise,
que cette Marquii
Soeur de la Reyne de Poll
gne , voulut elle-mesme lu
mettre au costé.C'estoit
Sabre du Grand Vizir Ca
Mustapha, qui a fait leSiege
de Vienne. Il a la Poigne
d'Ambre blanc,damasquino
d'un or entaillé dans la pierre
La Garde & le bout,aussibien
que les Boucles du Fourreax
& celles de la Ceinture, sonn
d'or, & laLame d'acier d!
Damas, est remplie de carac:
teres d'or Arabes, dont ox'
n'a pas encore l'explication
CetteCeinture dt d'un double
Tissu d'or d'argent 6c
soye cramoisie ;il ne se peut
rien voir de mieux travaillé;
ny desi riche. Les Lettres de
la main du Roy de Pologne,
& de celle de la Reyne
,
sont
telles. Elles ont toutes deux
pour subscription,Amon Cousin
Mrle Duc de S. Aignan.
LETTRE DU ROY DE
Pologne à Mr le Duc
de S. Aignan. AYam conçu, mon Cousîns
de longue-main beaucoup
ïeftime paurvoflre Peffonne9 &
\yantappris par AT leMarquis
disfrcjuieny mon Beaupere5 il
fentimms que vous: allez po;\ rnoy}&quevousdéjtrie%ava
Un Sabredema-, main, fay en
ne vous -enpouvoirenvoyer m
quifust plus à voitre gré, qitceluy
que j'ay pris au GrandV
'{ir, afh défaite 4 Vienne3 g?
duquel je me' fuisservy dans h}
cccajîonsfutvantes. Je voudra
pouvoirmoy.mefmcVQiis temet:
tre au coflé3 pourvowmarquoi
poer là
s comme je feray en-touai
occasion} combien
j mon Coufîvs
ir veux eflre a vçus. Fait aj&
Wrou ce S.May IDSfa
Ie AN,
Cette de la Reyne de Pologne
à cemesme Duc.
1L rieft pM, jlifte que le Roy?
mon Seirneur voustémoigne,
o v
lion Coufin,l'eflirne qu'il a pourvostre
Eerfbnne,sans que de ma
>art je vous dffure de celle que
e conferve aujjtpour la vostre;
vouspriedecroire> mon Courn1qUt,
lors qu'il Je présentera
wcafion de vous en donner des-,
veuves, vous ccnnoiJhe%que^
ffuis awus
MARIE CASIMIRE.R.
DeJavorouce 9.MayI684.
Dans-uneLettre que Mrli
Marquis d'Arquien, Pere du laReyne, écrivoitenmesme
temps à Mrle Duc de S. Aii
gnan, il yavoitcesparticu
laritez.Que le I{oj de Pologne
avoit eudessein de luyfairefaire,
encore unplusbeauSabre; maïs
que depuisil avoitcrû que celuy
qu'il avoit pris au GrandVizi
devant Vienne
,
osté de sor
costêpour luy en fairepresents
apres s'enestreServy en plusieurs
occasions qui avoientfoivy^ Jeroit
plus à songoust, & quai
Sa Majesté s'estoitElle-mesme
donné la peine d'en accommoder
/*
t Ceinture,commeelle deioit
flrepourluy.Que luy desa part
j'encens M'le Marquis d'Arluien)
envoyoit à ce Duc un
\anchark/t, eu MQufqueton a la
rHrcjue
j que le Grand Vizirse
Wifoitporterpours'enJervirdans
es pccdfions, & dont le Canon
ftoit de Damas. Il aioûtoit à.
:ela mille marques de tendresse
& de bonté, & des
souhaits ardens pour l'union
parfaite du Roy son Maistre
ivec celuy de Pologne, l'assurant
qu'il donneroit volontiers
son sang pour la parfaite
intelligence de ces
D
deux grands Roys.
Je vous ay parlé dans plu
sieurs Lettres de ce qui
donné lieu au Perc Vignio
de l'Oratoire, de croire qu
la Pucelle d'Orléans avoit Cllf
mariée. Apparemmentvous
n'avez pas oublié les preuve
sur lesquelles il a établyson
opinion.C'est ce quim'oblig
à vous faire part des Vers qui
vous allez lire. Ils regardenr
cette fameuse Héroïne, à qUL la France est si redevable.
LETTRE
DE MrLECH. DEN.
Ala Belle Champenoise Mademoiselle
de Mauclerc. L
A Tradition du PAis
M*a depuis quelquesjours appris
Quelefige Mauclerc, Seigneurde X la chauffée,
VoflreTrijayeulpaternel,
Bansfin Ecu,du cossématernel*
Pomit deuxFleursdeLys,acofiant
une Epée,
Dont lapointe efioit couronnée,
Letoutâor.,dans un d'azur;
Etce bruitpublic eflsifùr,
J^u'on m'a fait voir, dans deux Cn
chefs d'agate,
D%unegravure ancienne &délicaU
Sous un mefine Timbre &Cimiery,
Ces Armes, auficend Quartier»
Et dans le troisiéme,
Avecque vostre Fajce, & le rejle, 11
premier,
Etdansle quatrilme;
Etde chaquecoite",poursopport, uk
Lévrier.
Sur cela je maintiens, aimable Dt-,
moiftlle,
1 IZ-UE vowfirtez, de Jeanne la
Pucelle,
Ou de quelqu'un de sa Maifoi^i
YQilafls Armes, fin Blason%
Et les porter, cesi de vojtredejçente
Une marque évidente.
Les Hifioriensyacontans
Le détail de cetteFamille,
Donnent à cette iUuf/rt Fille
Trois Freres, braves &gaians,
acqueminJean,&Pierre, ennoblit
avec elle,
ïn récompcnfe&mémoire eternells
Defes Faits tricmphans.
il!eurentJacques Darcp,lIrPtre;
Isabeau Gautierfut leurMere;
Et ces trois Fils Illiffirent des En.
fins
-
Enlégitimemariages
Etla PuceUe eutle mcfme avantage.
Vousme dire%, mon Cavalier,
Uela s'accorde mal avec le Pllet/age)
Lepouvez vOUdfÛerl
tntcndcns-neiu. Pucelleefloittm
vom de guem
Quelleprit drgktda, comme l'Habr
guerrier,
Tantquelle combatitles Forces d'Ali,,'
gleterre;
MAÏS quad elle eustpoduitparfin
heureuxemploy
LefalntcCOrléans,& le Sacre du Roy
Sa Missionefiantpourlorsremplie*
Elle quitta cenom, cet habit,cctïcviex
Revint virsfin Païsy épousadans
Arlm
Vâ Seigneuramoureux defanfameux
renom,
Etparluy, de Pucelle, & defimpie
Bergere,
EUcfutfaite Dttmt d* Mere.
Veutdirez, U-dejju*, donc commtleÀi
Hébreux
-
De la FourftaifeArdente,
Elleechâpasansrftal de et bràÙr
'!frt.tI.i).
n le cruel Ançlots la mit toute 7.11.. o
Tante,
Woiûfj,inpliin JO/Ir, auxyeux de
foilieGens?
( lefauldVOiier, la chose eiffurprenante;
îaù ilarrive encor des cettps plu.
étonnans.
Le Cielprotégé l'innocence.
es Sféclateurs tralus, dans lettr in;.,
juste espoir,
Revirent rien de ce qu'ilscrûrent
voir;
:/Mercure Galant a mèen éfvidence-
Et les raifons,&lafaçon,
£)uicauserentsa délivrance
De la mortt & de la prison.
row pouvez* vom donner leplaifir
de ik Bre.
/-<~~-~ 1
Desquatorze ans, cette jeune Beautti
Par înfpiratton divine,
Avoitfaitvcsu decha(teté
Entre les mains de Sainte CAtherine.
llejlvrayimais les voeux partent
Leurnullité,
Dans l'age où l'onna pas lapleine
connoissance.
ilfautfti'ze anspour avoir la puiss
sance
D'enfaire avec validité,
Vujage des Convents donne cette
Jcienca
Etpuis cevoeu pûuvoitrieïtrt que
psur un temps,
Jnfquavingt, oujufquk trente
ansi
Carsurl'âge, ou cette Bellone
Endossa la CNiraffi. &foùtint tJojblA
TrPtJt)
LesAuthcursfontfortdiferens.
Leprincipal\apres t/int de tryjteres,
Ft de vainesfubtilitez,,
lift dejuger^fîvousfortez,
DM d'elley oufeulement de quelqum
dcfis Frères.
Pourmoy,jecrois enverite
-9,-_qe vous defeendez, d?clle-rnejrnc$
Vous avez, une amour extrême
four nostreNation, ô"poursa Mdjeftêi
Grandefounrijjlonpour h Grandeur
fuprémci
Vêlacanâem, de la bontéy
De l'honneur, dt laprobité.
CtYltveftUJ, drfur touty du zete&
du courage,
foAurtofuveusrtpvaoierugvjfoeîsrr,Amàfitlodunatnms leeétutrreae.dn.,
Cejotitla les talcns delanoble PIJ'-
cillc,
ils maicjucnt uoflïccx'Yticfiow, j.J Lanj]cmblance en cetteoccasion
Efiunepreuvenaturelle,
-.
O'n n'en peut,fournir deplu*belle*
Trevedonc, aimable Mauclerc,
De manquement defoysur unsujet
si clair.
Jeferokprefld'entrer enlice
Contre le prem,iPer Cihoamnpio$nr,
^uipar envie, ouparmalice,
Combatroitcette opinion.
Sans l%effroyablefu, qui brûlant une
Fille,
Nelxiifiaprefque rien *
.d voflrt Trisayeul, quesa Femme, ç£* fin ( hien,
Ilr.cmCerchsu.île
H>epromtrp*rtit ¡',n.s-Contrallsr
Vhonneur que jattribué à vos noblea
appas;
Maîsparchemins,papiers, cr^argtnty
pierreries,
~)arïsce malheurpublic*, furentmfifi.\
veliesi
Etledefafirtde Vitry
Devintyhelas, le vostrettuifft.
La^Traditionrefit,& lonydoit
fouferire,
lors qà-ell-eefl confirme* avfc.fi»-
cerne
Par des réifonsd'aujji grande
cqwirte
£hte celles queje viens de dire;
EKjénedentepoint qtlt Fourttier,.i
de Chemin,
Du Lis, Blaochart, k Fevre,&
cent autresenfin
Bonoù^dttdoux avants?*.
D'avoir pour leurs AJCu/s, Jean^
Pis?rre,ouJicquercvn,
Nefoitassentbientémoignagey
S'il cftoit de neccfjité,
J^uevoHs esses Panns, decenoble
cossê.
Mats comme Amour,nostre grand
Maistre, .*
Se remarque d'abord,àfa Fleche, à
fin Arc,
Pour vouéfaire connoiflre
Fille de
,
Jeanne Darc,
Vou*navez, cftta paroillre.
Yoflre taille, veflre air9 vereport,
totu vos trlli/J,
Font dire, la voila cette illustre
jannecce,
Rllmh/t, avecmilie attraitss
Avec mille coeurspoint Coquettes
Sage dam le conseilsbrave dans J'.-..
flicn.
Le bonheur de nostre Province,
L'honneur de nostreNation,
Digne d'avoir pour son Epoux un
Prince.
Elle reEçeuptpouortauntAxrm.oises pour
Voulezvous achever unsibeau paralelle?
Degrace, aimable Demoiselle,
.Rt((vez-T/1u) de la mesmefaçon;
JefuUconfiant^jefuisjidelle,
li vous verrez, quijesais bon
Garçon.
*
- J'estois bien persuadé que
vousestimeriez autant que
vous faites, les Conseils de
la Reyne de Portugal à' la
Princesse saFille, que je vous
ay envoyez dans ma Lettre
du mois de May. Comme
ils paroissent partir d'une ame
toute penétrée de l'Espritde
Dieu, vous ne ferez pasfâchée
que je vous apprenne
quelques circonstances de la
mortde cette Reyne, arrivée
le 27. Décembre dernier,
apres huit mois de maladie,
à une demy-lieüede Lisbonne,
dans une Maison de
Campagne
,
où elle estoit
allée le mois de Juillet pour : y prendre l'air. Cette longue
:
naladie commença par des
naux d'estomac, suivis de
vapeurs, d'insomnies,&de
dégousts, qui la firent tomber
dans une maigreurexréme.
Les Médecins ont raisonné
inutilement sur sa veritable
cause. Quoy qu'ils
oient tous convenus que le
nal venoit de loin, ç'a esté
poureux un mal inconnu, &
contre lequel les remédes ordinaires
ont presque toûjours
dl:é sans effet. L'hydropisie
de vents survint apres la maigreur
,
& fut accompagnée
le tant d'autres maux particuliers,
qu'il salut une patience
égale à la sienne, &:
autant de courage qu'elle en
eut, pour les supportercomme
elle fit sans jamais se plaindre
, & sans s'étonner des
suites qu'elle prévoyoit assez.
Dés les premiers jours qu'elle
commençad'estre attaquée
& bien plus encore depuis.
quoy que son mal qui diminuoit
de temps en temps.
donnait beaucoup d'espérance
de guérison, elle a
toûjoursditqu'il ne finiroit
qu'avec sa vie; non pas pan
l'appréhension de la mort,
qu'elle a regardée jusqu' à
on dernier soûpir, avec une
confiance en la bonté &
on la miséricorde Divine,
qiulamettoit au-dessus ie
toutes les craintes, mais pare
qu'elle sentoit que Dieu
epuis quelque temps l' aoit
attirée à luy d'une maiere
si particulière
,
& l'aoit
tellement détachée de
Dures les choses ausquelles
elle estoit le plus sensible,
qu'elle ne recennoissoit pas
on coeur, tant il luyavoit
lû de le changer,pours'enrendre
uniquement le Maître.
Elle eut plusieurs autres
pressentimens de sa mort
qui firent que long-temps
auparavant elle s'y dispose
avec toutes les préparations
qu'elle pût y apporter, même
dans un temps oùelle avoio
bien plus à esperer qu'à craindre
pour le rétablissement de
sa sante afin,disoit-elle, qut\
ce ne soit point la crainte qutm'oblige
à faire la volonté dd
Dieu, en cas qu'il m'appelle à
luy, mais purement son amour
& afin aussi qu'en ce temps-là
je n'aye point de peine ny d'em-A
baras dans un état ou l'abate
sent lafoiblesse& l#d&uleur
mt qu3OPÎ sçait peu ce quel'Oltit
, ou qu'on ne le fait qu'imparfaitement.
Alors
,
aj oûta- t-.
elle
, tout ce (pie nous aurons dr
:ire ,sicela arrive ,sera ,le, rt."
ouveler ce que nous faisonspré.
ntement, @r d'attendre féttm
quiétude ce que Dieu voudra
donner de nous Danscet
enséc, quoy qu'elle parust
e mieux porter, & qu'om
ongeast mesmeà la faire rc.,.
enir à Lisbonns, parce qu-T
elle avoitlaforce d'aller tQUs-.
esjoursàlapromenade,
qu'elle faisoit chaque chofe*
à l'ordinaire, ne prenant plus
que quelques petits reméde
qu'on luy donnoit pour la
récablir, elle fit une Consession
générale de toute sa vie
au mois de Septembre, avec
uneentiereexactitude, pour
suppléerà deux autres qu'elle
avoit faites depuis un an ôc
demy. Ensuite elle communia,
comme si elle eust dû
mourir ce mesme jour, ècz
voulut faire tous les actes de
Foy, d'Espérance & de Charité,
& toutes les protestations
qu'on a coutume de:
faire dans les derniers mo..-
*
tiens de la vie, remettant son
une entre les mains de Dieu
avec une parfaite réfignasion.
Elle fut si satisfaite de
s'estreainsipréparée, que prorestant
qu'elle estoit preste à
mourir, elle disoit que Dieu
uy feroit une grande grace,
s'ilvouloit la prendre en 1etat
où elle estoit. Son mal,
dans lequel elle retomba peu
de temps après, luy ayant
causé d'autres accidcns qui
ostérent l'espérance qu'on
avoic,elleContinua dans sa
fermeté, & dans la mesme;
disposition, sans rien craindredece
quipouvoirarriver.
Tous les jours, en se promenantdans
les Jardins,son
plus grand plaïsir estoit de
s'entretenir de la mort, & de
lafélicité des Saints; &afin
de n'avoir à penserqu'àDieu
quand son dernier jour arriveroit,
elle s'informa de l'état
de sa Maison, & fit payer
tout ce qui se trouva dû, qui:
estoit tres-peu de chose, tant-
elle avoit foin que tout y fust
bien réglé, prenant garde
tous les ans qu'on ne deust
rien à personne. Elle parla
des ce temps-là de faire son
Testament,& en ayant demandé
permission au Roy,
~lle le fit avec toutes les fornalitez
nécessaires. Elle orlonna
que son Corps seroit
enterré aux Capucins qu'elle
fait venir de France, &;-
dont elle a basty le Convent;
qu'on diroit vingt mille Messes
pour le repos de son ame;
qu'on donnercit à toutes les,
Maisons Religieuses, qu'on
appelle Mandiantes, aux Hôpitaux,
aux Prisonniers, aux
Enfans trouvez,àvingt Pauvres
Filles pour les marier,
auxMissions de la Chine,
du Japon, & à celles qui se
font dans le Royaume,aux
Pauvres honteux; ajoûtant
à tout cela une somme consïdérable
pour racheter des
Captifs. Six semaines avant
sa mort , on luy apporta le
Viatique, qu'elle reçut avec
un respect & une devotioru
touteédifiante.Elle setrouvan
mieux depuis; mais quelques
espérance qu'il y eust des
temps en temps du retour
de sa santé
,
elle se prépara
toujours à mourir , & pour
cela,elle ne passoit aucun
jour sans se faire lire quelque
h f: choses
chose de ce qu'a fait le Pere
Noüet, & elle disoit en l'enrendant,
que l'on avoit envie
de mourir quand on regardoit U
mort comme les Saints l'ont envisagée
;c'est à dire, comme
un passage à une vie bienneureufe.
Elle eut beaucoup à
souffrir pendant tout le cours
de sa maladie, mais sur tout
pendant les dernieres six senaines
qu'elle demeura toûoursau
Lit, sans se pouvoir
emuer d'aucun costé. Ce fut
vec des douleurs inconcevables,
causées par des vents
qui l'enstoient par tout le
r-r
corps. Jamais cependant elle
ne laissa échaper aucune
plainte. On admiroit son courage,
&les Médecins euxmesmes
qui connoissoient ce
qu'elle souffroit, enestoient
surpris.S'illuy furvenoit quelque
accident ou quelque
douleur extraordinaire, elle
disoit toûjours que ce n'estoit
rien, &prenoit ensuite tous
les remédes qu'on luy présentoit,
quelques rudes ou
amers qu'ils pûssentestre.Elle
communia plusieurs fois depuis
qu'on luy eut donné le
Viatique, & elle montroit
une joye extréme
,
quand
selon les Régles de l'Eglise
on pouvoit luy renouveller
la Communion
, ce que son
Confesseur fit aussi souvent
qu'il le pût. Ces jours de
Dévotion particuliere,étoient
pour elle des jours de soulagement,
qui ne venoit que
de la consolation intérieure
que sa ferveur luyfaisoit sentir.
Elle communia encore
en Viatique le jour deNoël,
& dit qu'elle croyoit l'avoir
fait pour la derniere fois. Le
Lundy 27. Decembre, elle
demanda l'Extréme-Onction.
à la premiere ouverture qui
luy en fut faire, & souhaita
d'entendre la Messe auparavant.
Le Roy & l'Infante y
assistérent. Ensuite elle pria
qu'on luy dist tout ce qu'elle
avoit à faire pour recevoir ce
dernier Sacrement. On luy
en expliqua les Onctions
,
&
on luy marqua ce qu'ilfalloit
qu'elle fist intérieurement
& extérieurment, a
quoy elle ne manqua point,
s'acquitant de tout avec une
présence d'esprit&une devotion
admirable. Elle fit encore
unereveuë, ou. maniere
deConfdIion genérale,avec
des sentimens de regret de
ses pechez, d'amour de Dieu,
& de résignation, les plus fervens
que l'on puisse avoir.
en cet état. Elle renouvela
alorsàsonConfesseur ce qu'-
i
elle luy avoit dit plusieurs
fois dans sa maladie
,
qu'il
l'avertist de ce qu'elle devoit
faire, ou ne pas faire
, parce qu'elle ne vouloit rien ômettre,
& qu'elle se déchargeoit
sur luy
,
si ellemanquoit en
quelque chose. Apres l'Extréme-
Onction, elle entra
dans une espece de sommeil
doux, où sa poitrine commençaàse
remplir. Un Médecin
estant venu luy râter
le poulx, elle entendit qu'il
répondoitpire, à ceux quiluy
demandoientce qu'il en trouvoit,
Pire,repartit-elle,ilest
meilleur, voulant marquer par
ces mots, qu'elleapprochoit
du bonheur où elle afpiroit
depuis si long temps. Ensuite
elle s'attacha aux dernieres
préparations, tenant d'une
main le Crucifix qu'elle embrassoit
tendrement, & un
Cierge bény de l'autre. Elle
faisoit en François ou en PorI[
teufgtoaiiesn, ttous les actes qui luy
suggérez
,
selon la
Languedans laquelle on luyparloit.
Elle demanda encore
l'Absolution,un demy quart
d'heureavant qu'elle pouffait
.le dernier soûpir; & quelqu'un
luy ayant dit quelque.
chose pour la préparer à paroistre
devantDieu, elle répondit
deux fois en Portugais
, qu'elle ne craignoit
point de mourir. Elle dit aussi
à son Confesseur, qu'elle
avoit toujours entendu dire,
cpte dans l'heure de lamort, on
avoit dit peines & de rudes t-entations,
ée que le Demonemployoit
tous ses efforts pourtroubler
les ames,; qu'elle ne sentoit
rien de tout cela, (gy n 'ai oit aucun
scrupule
,
maisqu'elle seroit
bien aise de flavoir ce quilfaudrait
quellefist,si quelque tentationlasurprenoit.
Elle s arresta
à ce qu'onluy dit, &:
mourut tranquillement &
sans s'agiter, parce que la,
confiance qu'elle avoit en
Dieu, &sarésignationà son
amour, la mettoient en assurance
contre toutes choses.
Son Corps fut enfevely apres
sa mort dans un Habit de
François, du Tiers Ordre
dontelle eftoit-, ôe sonvisage,
malgré la lon gueur de sa maadie,
conserva un air de douceur
& d'agrément, qui attendrit
tous ceux qui la virent.
Les Cérémonies del'Enterrement
se firent la nuit du
Mardy iS. du mesme mois
de Décembre. Si-tostqu'on
eut enlevé le Corps,leRory
& l'Infante montérent ensem
ble en Carrosse, &s'en retournérent
à Lisbonne, où
le Roy s'enfermad'abord
dans son Quartier. Il y passahuit
jours dans sa Chambre
avec un Flalnbeau allume
sans y avoir d'autre jour, &
sans parler à personne. 11,y
demeura encore trente jours
aprescela,&n'y parla qu'aux
Ministres, pour les Affaires
pressées de l'Etat. L'Infante
occupa l'Apartement de la
Reyne, & y fut servie par le
mesme
nombre d'Officiers.
que cettePrincesseavoit,&
de la mesme maniere. Il y
eut quelque contestation en- 1
tre ces Officiers, & ceux qui
avoient elle nommez depuis
un an & demy pour servir
l'Infante. On vouloit sçavoir
lui seroient ceux qui demeueroient,&
leschoses furent
comodées de telle maniere,
qu'on les fit servir les uns &
es autres. Je croy, Madame,
que vous naurez pas de peile
à avouer,qu'on ne sçau-
~oitmieux remplir l'idée d'une
saintemort, qu'a fait cette
Reyne. Ellesel'estoitformée
~ong-tempsauparavant, lors
qu'elle estoit encore en pleine
santé,marquant parécrit
:out ce quellevoudroit avoir
fait en ce temps-là. Sa devotion
estoit solide
,
& ne consistoit
qu'à la porter à s'acquiter
des devoirs d'une ~gra
de Reyne, & d'une Rej
ne vericablementChrétienne
Pour en venir à bout san
obstacle,elles'appliqua
deux choses les deux dernie
res années de sa vie, & 1 reüssit parfaitement. La pre
miere fut de se rendre ~maî
tresse de toutes ses passions
&de tous les mouvemens de
son coeur, sur lequel elle s'acquit
tout l'empire qu'ony
peut avoir par la rai son & ~pa
le bon sens, qu'elle s'estoit
fait une habitude ~d'écouter
en tout. La seconde fut de
~égler son intérieur & sa con-
~cience, pour le rendre agreale
à Dieu, en s'attachant
niquement à luy plaire,6c
décachant de tout ce qui
, pouvoit détourner de luy.
Ces deux choses établirent
on esprit dans une égalité,
ans une liberté, & dans une
aix intérieure si douce & si
rande, qu'elle craignoit
quelquefois qu'elle ne fervift
)ieu par intérest, & par la
atisfactionqu'elle en receoit,
se trouvant, par lardifoit-
~elle
,
au-dessus d'une infinitéde
fyojh qui arrivent dansUw.
or qui ne servent qu'à troubl
nostrerepos. Cependant la ~doi
ceurqu'elle goustoit ave
Dieu
, ne l'empêchoit poir
d'agir au dehors quand
estoit necessaire, avec ~appli
cation &fermeté.Ellea ~laiss
trois fortesdecrits. Le pre
mier contient les Conseil
que vous avez vus, & qu'elle.
a dressez pour l'Infante. Le
second estplein de Poësie:
Chrétiennes, ausquelles elle
s'apliquoit de temps en temps
pour se divertir,prenant plaisir
à faire des Vers, & y ayant
beaucoup de génie. On y
voit les sentimens d'un coeur
:out remply de l'amour de
Dieu. Le troisiéme est compote
de quantité de petits
Duvrages qu'elle a faits depuis
deux ans, dans lesquels
elle marquoit chaque jour
:ous les sentimens que Dieu
~uy donnoit, & la maniere
dont elle les mettoit en pratique,
ajoûtant ce qui se
passoit en elle de plus intérieur
, suivant les occasions
quise présentoienr. Les heures
qu'elle employoit à ces
Papiers, estoient les plus douces
heures de sa vie. Elle
craignoitmeime d'y avoi
trop de plaisir, quoy qu
personne ne vist ce qu'ell
faisoit, que son Confesseur
&quand sa santéou ses assai
res ne luy avoient pas per
mis d'écrire, elledisoitqu'elle
n'estoit pas contente d'elle
mesme.
Il me souvient que je vous
parlay ily a quelques années
desAmbassadeurs que le Roy
deSiam envoyoit en France,
& de là à Rome, avec des
Présens pour sa Majesté, parmylesquels
estoient deux
Eléphans blancs. Mr des LandesBourau,
Frère de lvlr
Bourau , qui a elle si longtdeemlaps
Co»mpagnieaSGuernaétera;l,
se trouvant luymesme depuis
plu sieurs annéesChef
du Comptoir de la CompagSniaiem,
OtrraideunitsaileeledseLFertatrnecsequàe
ce Roy a écrites à Sa Majesté,
& au Pape, & il les at
envoyéesicy par un Officiel
de la Compagnie
, comme
s'il eustpréveu la disgracé
qu'on craint qui ne soitarrivée
à son Frere
,
qui s'em-
barqua à Banta,m i,avec les
Ambassadeurs & les Présens.
sur le Soleil d'Orient, dont on
n'a point entendu parler depuis
prés de trois ans que
s'est fait l'embarquement.
Ces Lettres estant tombées
depuis peu entre mes mains,
j'ay crû que vous ne feriez
pas fâchée de les voir. Elles
font accompagnées de deux
autres, que le Ministre de
Siam a écrites à la Compa--
gnies. Il y a pour subscription
à celle qui est pour le
Roy,
AU ROY DE FRANCE.
LEttre de la Royale ,.@f tnfane
Ambassade dugrand
^ejy du Royaume deSeryjutwia
yïilenvoyéÀ ucus, atrès-grande
y tres -
puijpLnrSeigneur des,
\oyaumes de Fmrtee & de Navarre
y
qui a<uc% des'I)init
ureminentes, dont 1éclat @J la
yienâewrbrillentcomme le Soleilj,
V()Uf qui garde:{ une Lay trèsexcellente
& parfaite ; dr cdF
tujJipoHF cette raison
y que comme
Vousgarder$foutentzla Loy
lajuflice, vous avez rem.
porté des viéîoires sur tous voi
Ennemis
, & que le bruit &
la renommée de vos triomphes
s'est répandue partoutes les Nations
de tVnÍrvers. Ortouchant
les Lettres de la Royale Ambajfadc,
e pleine de Majefléy
(jneF^ousjoTrès-Roy,
q!4C ¡/ous ô' Tres
-
grand nous ave% envoyée par Dom
FrançoisEvcpjue
,
jusque dans
ce Royaume; après avoir
copOE le contenu de voflreiHujlre
& élégante Ambassade
3
nojire
coeur Royal a t'fié remply &
combléd'unt tres-grande joye^
(yay eu foin de chercherle$
moyens d'établir une forte &-
forme amitié a l'avenir; & lors
que jay 'VÛ le Général de Su--
rate
J envoyer fous voflre bon
plaisirun Vai/fiau four prendre
nojïre yémbajjade & nos Ambajjadeurs3
pour lors- mon coeur
s'efi trouve da-ns /'accomplijjement
de ses foubaits Êg de fos
dcfirs
3 & n'ous avons envoyé
tels & tels, pour epre les Porteurs
de nostre Lettre d'AmbaJl
Jade
) & desPréfons que nous
envoyons àV9us,o Très-grand
Roy, afin qu'entre Nous ily ait
une parfaite intelligenee, une
£4rf*jtv& uns véritable unim
@r amitié, & que cette amitié
puiJJè estre ferme & inviolable
dans le temps à venir.Que si,
o Tres-grand Roy , vous désirez
quelquechose de noftie Royaumey
je vous prie de le faire déclarer
à vos Ambassadeurs. Lq-rs que
les mejmesAmbassadeurs auront
achevé> je vous prie de leur
donner permijjion de senrevenir,
afin que je puisse apprendre les
bonnesnouvelles de vosfélicite:{)
Ó Très-grand & Puissant Roy,
& de nous envoyer dés u4rnbaffadeurs,
que nos .Amba./Ja-,
deurs puijjent aller dr venir[ans
manquer; Vvus priant que noflrc
amitié foit ferme & inviolable
pourtoujours ; & je conjure la
ToutepuiJJance de Dieu3 de vous
cenfèrver en toutes fortes de profpérite%
y&quillesaugmente de
jouren jourj afin que vous puissiez
gouverner vos Royaumes de
France & de Navarre, & je
lefuplie quilvousagrandijjepar
des 'iVifloires, sur tous vos Enne.-
mis
x & qu'il vous accorde une
longue vie3 epleine de prof.
périté
Il y a pour subscription à
laLettrequeceRoy a, écrite
au Pape,
AU
SOUVERAIN PONTIFE. LEttre de la.RoyaleAmbassade
du grand Roy de Smmx
qui'lenvoyeau S. Papey qui
rrI le Premier& le Perc de tous
les Chrétiens3 dont il joutient la
Religion3 pour luy donner de l'éclat>
&la gouverner,afin que
tous les Chrétiensy demeurent
fermes? &suivent ce qqe la Religion
& la Jujlice demandent.
D'autantqu'ilacfle"de touttemps
usité, qu e les grands Roys &
.Princes qui excellent en mérites
er

Lettres de nvflrsRoyale Arnbaj
fade dont ils font chargez,
< JejJein qu'il y ait une Royal
Amitiéentre Nous,&un mutue
4mour qui dure jufquà l'aer
nité. Quand nos Ambajfadem
auront achevé ce dont ils Jort
chargez, je vousprie de les lais.
fer revenir> afinqu'ils m'appor.
tent des Nouvelles du S.Pape
qui mtfont tres-cheres
qUI 1eflimeray infiniment. lepri,
aussi le S. Pape de nienvoyer de
Ambajjadeurs> e que nos Am
bajjadeurs puijjent aller o- veni
sans interruption, afin quune si
excellentetfiprécieuse &JiiUufly¡
mitiéfuiffi durer éternellement.
Infin je Jbuhaite que le S. Pape
yiifjjeJe toutesfortes de biens&
rfélicitez dms la Loy des Chréens,
&qu'il viveplusîeurs aneespleinesdemérites,
joje,punie
& repos.
ETTRE ECRITE PAR
le Barcalon
, ou Ministre du
Roy de Siam, à Messieurs les
Directeurs Genéraux de la
Compagnie du Commerce des
Indes Orientales.
Ettre de Cbao Peja Ferry
--'Ttframa Bacba Chady
!matraja3Mebittrdt Pipittra,
Ratbana,Rat, Coujja} Tidodj
Apaja, Peryy Bora, Cromma
PaJJoüi) qu'il envoye en fign
,d'amitIé sincere à M. les rDi
reSIdurs Généraux de la RoyAi
CompagniedeFrance. D'autan
que le Roy mon Afaijtreenvoy
Jes Ambassadeurs, afin deportt
ses Royales Lettres) & Présen,
à la Haute & Royale Afajefï
du Grand Roy de France
,
afi
que leurs Alliances si excellent.
(gjravantageuses puissent est
éternelles. Or comme les Afnba,
fadeurs @:r Serviteurs du Pc
mon Maiflrl font un cheminfi*
long) si lesdits Ambajfadeufs o;
vfoin de quelque choje
,
ou-bien
i le p.:,.e GaynJc fjr Emmanuel
Ficdrdo vont L- demander à la
Compagnie}jeprieladite Com-
Wfrite d'enfaire un Compte clair
nLDet3&de l'envoyer icy, afin atourcequils
jue je satisfasseatout ce qu'ils
mtreçu de la Compagnie Royale;
ie plusy si la Compagnie Royale
iejïre quelque chose de ce RoyAume
yje la prie de nous le faire
sçavoir avec toute la clarté pof
gle,,
LETTRE DU MESME3
Ministre à Mlle Directeur
Baron. cOmme le Generalde Surati
a eu la bonté denvoyer paj
MC des Landes, des Lettres
des Prejens, pour ejtrepréfente%
au puissant Roy mon
Afaiflre
y me recommandant de
donner mon ajjiflance pour les Iuy.
l'jlre présèntez
, & qu'il m84
a -fffienvoyéune Lettre, & des
TrflènJqquuee jf'aayy rreeffuit;; oon»aa eexx*- plifué lefiites Lettres suivant 14
coutume,fay cornu parleur
eneury & par les dtfcours de
Mr des Landes
, que Mr h
General ayant (çû que l'on devoit
envoyer des Ambassadeurs
tu Roy de France) @r au S.
Papey en avoit conçubeaucoup
le joye, & qu'il avoit préparé
Hn Vaisseau afin derecevoirlAmhaffade,
auquel il avoit ordonne
de faire conformément à ce qui
leurferoitcommandé; &quesi
l'on dijfiroitencored'envoyer
lj4mbaffade
,
il nous prioit que
le 'Vaijjeaufiufl dépêche à temps,
pour ne pa6 perdre ta Mouron.
Comme il y a très-long-temps
qu'il desiroit avec passion quily
eUJlAlliance C7 union fermeen*
tre les deux Couronnes à l'avenir
; -~ le - nir; (ê/Quand Al1 Gencraia
envoyé un Va:fJ'.aH les pour porten Jfmprjjadati's
}
ccfl ce que fincoeur Roj al souhaitoit ardemment3
a msime temps il m'a -ordres
3
jeca,y reçus
sur leifmmetd-1 ma tteejele,,IffÇ,t,f--
voir, de préparer des Ambajjlu
deurs four porterffis Lettres &
Prifens à la Royale & Haute
Adajejle du Roy de France, afin
que cette Royale & excellente
sflhanc?fiulfeternelle à l'avenir.
Je croy que M1 des Landes ne
manquera pas de donner avis a
Mr leGencrJ3. desf rxi.esyte.
c luy ay rendus.
Le Roy n'on ri0liS
*nvoye [ej' Vît[cris.
Et moy de ma prtrt, un Cojfrc
ie Japon, a couverture voûtée*
U fond noir Avec des Feiiilles
d'or; un Coffre de Chine, lefond
noir, travaillé avec ambre,
& or; deux jÉrbnJJeaux damtre;
un
Potd'ambre;deuxBoyltï
à Chaa ; huit Chavmes; deux
Banderes noirs & peints; une
paire de Paranavants duJapon;,
ce que je vous prie de recevoir,
pour ïamitiéquevous me ~or~~
Je laijje aM leCentral apour-,
voir aux moyens quisont necessialires
pour entre luy tU moy puisseyavoirunparfaitamour,
& inviolable amitiépourl'avenir.
MrDeslandes, en parlant
des Eléphans que le Roy de
Siam envoyoit en France
avec ses Ambassadeurs, a expliquera maniere dont les
Elephanssauvages peuvent
estre pris, & voicy ce qu'il
en dit. Ce Royen ayant
plusieurs apprivoisèz, masles
& femelles, en envoye quelques
Bandes à quinze on
ringt journées de la Ville,
dans les Bois & dans les
Plaines. Chaque Bande, qui
'it composée de quarante ou
le cinquante, a neuf ou dix
Hommes pour Conducteurs;
\c quand ils ont apperçeuquelque
Eléphant, ils ordonnent
aux Femelles de les aler
entourer. Vous remarquerez
que les Eléphans aprivoiiez
entendent la Lanque
de leurs Conducteurs.
Lors que l'Eléphant est enouré
des Femelles, les Hommes
qui sont montez sur les
Masles, accostentles Femelles,
& font marcher- l'EIé.
phant pris dans le milieu deî
la Bande. Ainsi il ne voit
point ou il va. Aune journée
de la Ville,on les fait passer,
par une Attrapoire, qui est
toute bordée d'Arbres, À
que l'Eléphantsauvage prend
pour un Bois. Ils n'y passent
qu'un à un; & quand l'Eléphant
sauvage est dans l'Attrapoire,
ou il croit passerj
comme lesautres, on
laisse
tomber de gros Pieux par
des coulices devant & derriere,
& il se trouvearresté. 1
comme s'il estoit dans une l
9
Cage, sans qu'il puisse se
tournerde costé ny d'autre.
Les Pieux qui composent
-
l' Attrapoire, sont aussi gros
que des Mats de Navire, &
deux Homes auroient peine
à les embrasser. En fuite on
lie les quatre pieds de l'Eléphant
avec des Cables, afin
qu'il ne puisse fuir, & on l'amene
proche des murailles
de la Ville, où il y auneMaison
couverte. Dans le milieu
de cette Maison est un gros
Mats de cinq à six brasses de
hauteur, avec une Poutre
t passée au travers par le haut
du Mats, qui est enfoüydans
terre d'une brasse en maniere
de Pivot, ou bien tourné
comme le Cabestan d'un
Navire. Quandl'Eléphant
pris est arrivéà cette Maison,
on le suspend à ce Cabestan
par dessous le corps avec des
Cables, en sorte que ses pieds
posent à terre. Estant ainsi
attache, il ne peut tourner
qu'avec le Cabestan, & on
le laisse de cette maniere
pendant deux ou trois jours,
gardé par deux Malles & par
deux Femelles, sans luy donner
à manger. Apres cela,
onl'oste duCabestan, & on
~elie par le corpsavec un autre
Eléphant privé. Ils demeurent
ainsi attachez ensemble,
jusqu'à ce que le
Sauvage soit apprivoisé, &
alors on luy donne un Cornacque,
ou Conducteur. Ces
Animaux sont fort estimez
dans le Pais; aussi le Roy de
Siam en a quantité de damestiques.
On appelle ceux qu'il
monte, Eléphans de l'Etat.
On les loge dans de beaux
Lieux, qui sont comme des
-
Maisons de Princes, toutes
peintes de feüillages; & comme
ces Animaux aiment for
la propreté, on ne se sert qu
de Vaisselle d'argent pou
leur donner à manger. Ja
mais ils ne sortent pour al
ler à la Riviere ou à la Cam
pagne, qu'on ne porte de:
Parasols devat chacun d'eux,
Ils sont précédez de Tambours
& de Musetes, & ont
unHarnois d'argent, & garny
de cuivre. Deux Hommes
montent dessus, l'un sur
le col, l'autre sur la croupe;
& dans le milieu, il y a une
Selle d'écarlate, où personne
n'ose s'asseoir, à cause que
c(t la place du Roy. Celuy
ui est monté sur le col n , a Croc de fer, ou d'acier
uisant, dont il se sert pour le
ouverner, en le piquant sur
: costé gauche du front,
our le faire aller à gauche;
dans le milieu, pour le faire
ler à droit. Chaque Masle
toûjours sa Femellequi
arche devant luy, gouverée
&. enharnachée de la
esmesorte. Ces Eléphans
nt lateste de leur Trompe,
teste, les oreilles, les jamrs,.&
une partie du Corps,
arquetez, comme FeA: la
peau d'unTigre; & quand
ils ont une queuë traînante
avec un gros bouquet de
long poil au bout, c'est un
embellissement qui faitqu'on
lesestime beaucoupdavantage.
i
Je vous ay déja parlé de la
Statuë antique qu'on trouva
il y a trente ans à Arles en
foüillant la terre. Cette Ville
la gardoit dans son Hostel,
où d'illustres Voyageurs venoient
l'admirer de toutes
parts, comme un des Chefd
oeuvres de
-
l'Antiquité.
Mrs d'Arles qui possedoient
ce Trésor,ne prévoyoient
tpas que cette belle Statue,
qui leur attiroit tous les jours
les visites des plus sçavans
Curieux, dust jamais sortir
de leur Ville. Cependant,
voyant les soins que Mrde
Louvois prenoit de s'informer
de tout ce qu'il y a de
belles Antiquitez en France,
pour en choisirles plus rares,
& faire plaisir à ceux à qui
elles appartiennent, en leur
donnant lieu de les offrir à
SaMajesté, ils ont regardé
comme une gloire tresgrande,
l'avantage de pouvoir
faire à cegrand Monar-
,
O
que un présent selon son
goust, & luy donner de nouvelles
marques du zele empressé
qu'ils ont toûjours eu
pour son service, en le priant
d'accepter leur belle Statuë.
Le Roy leur a sçeu bon gré
de leur offre; elle a esté suivie
des effets, & la Statuë est
arrivée à Paris, d'où à l'heure
que je vous écris, elle n'est
pas encore partie pour Verfailles.
Il s'est élevé un grand
diférend touchant son nom,
comme je vous l'ay déja écrit.
Mr Terrin, Conseilierau Prédial
d'Arles,a fait un Vome
entier pour prouver que
est une Vénus, &son sentient
a presque esté genéral.
y a pourtant trois Acadéniciens
de l'Académie d'Ars
qui n'en sont pas, non
lus que le P. Daugiers Jéite,
qui a fait un Livre intulé,
RefléxionssurlesSentiens
de Callisthene touchant ld
iane d'Arles. Mrde Verrron,..:
istoriographe du Roy, ôc
ui fait l'Histoire de Sa Mac
sté en Prose Latine, pour-
.- utilité des Etrangers, est rutt
r" es
troisAcadémiciensd'As-- ,<«»
les qui soûtiennent que cette
Staruë est une Diane. Il est
Autheur du Distique suivant.
LUDOVICO XIV.
FRANCORUM IMPERATORI MAXIMO,
REGI CHRISTIANISSIMO,
PATRI PATRIÆ,
LITTERARUM PARINTI,
SOLI GALLICO,
DISTICHON.
Nunc tibi digne Ardas offert
Lodoüe Diariante
Sole etenimfcmper digna Diana:
fuit.
Un autre Académicien de
la mesme Compagnie, dont
je ne sçay pas le nom, a pris
fpiaicrty pour Diane, qu'il a.
parler ainsy.
STANCES. uN Art ingénieux imitant la
Nature>
Fitparler ce Marhrfautrefois;
la Supcrftitian consacra majigurey
Et mefit Décffc des Bois.
VEJprit tjui manimait, prononça des
GradesÏ
Et mafeinte Divinité,
Par des prefiiges vainsydr par de
fana miracles,
Soutint longtemps ma d('(nit;.
tes Peuples abujez, p4r le nom de
Diane,
ÇwmerttenfouleàmmAutcU
Ilsmoffroient des Enfans, que leur
zèleprofite
,A4rnubvit ditfanmaternel, ~-, i t
ti'u1*t
,, ,
C.ejrtaiaLe> rue,mon cuire atroce, d. Devint une longuefureur;
De ma Rcii(/ionilpi/ncremifterc
Nlsloitfondé que juxl'erreur.
JJe monTemple,Joialle oiefangcr de
carnage,
To_utlEdifice eflrenversés
LIdole est akatué',&tout ce grand,
dommage
range enfin le Cieloffensé.
6)zie d'avoir à tromperles Gens.
?en avois pourtant honte, 6 ma
beautéceleHe
Eut de l'horreur pour ce Tombeau^
Maisje rencontre,après unfijOMr
fifunefie,
7Jn defiinplus Joux)&plus beau.
Jn Royplus glorieux que le Dieu de
la Guerre,
Le Gratid,iinvincibleLOFISI,
Pour tjuijefirs enfin du centre de la
Terre,
Me veutvoire-cônntit mon prix.
tries me conferva durant plus desept
lujhes,
Commefinplus riche ornement;
jefatfois Chonneur des Mémoires,
iUufbres
De l*Anglois,çr de l JAilemttnd.
Echapée A lafin deces vajles. Ruines
Ou Con nesçavoit rien de moy,
Diane brilleraparmyles Héroïnes
J^ui parent la Courd'ungrand
Roy.
Arles dont le Soltitjùssit a tout le
monde,
Feut joindre le Trere &la Soeur;
Arles en me donnant, ejl heureuse &
féconde, Ce prélentferason bonhenr.
Si mes bras fonttombez,fous cette
Fauxcruelle
Dont le tempssifirt en tout lieux,
Ce malheur vientde l'Art,qui me

fttassezbelle -
Pour donner de i*envieaux Dicux.
Naisfay trompé cetemps, &-îa dent
afamee
N'arienfait centre mon honnulr;
le trouve en vkUli/fant,&plus de renommé renommee,
plus J'Au/t/¡, drplus de bonheur.
membresséparez,semblent un
grandoutrage;
Mais le Ciel l'a,sçeuréparer,
EtJe coeur de LOVIS mhonore davantage,
£._a_e_fil'on venoit m'adorer.
Lafaveurqui m'attend efifeure d*
perdurable,
cf<.!!fJJ qu'on disi des Courtisans
*>uepoureux lafortune efllafeule
adorable,
Seule digne de leur encens.
De lagrandeur du Roy ma grandeur
.filÎtenuë,
Espere un haut rang à la Cour;
,y ,,
si j sui-ç Mais çefiajfez,pourmoy^sij'yfuis
reconnut
FourLa Soeur de l'Afire dujour.
icaute, GrandLOFIS, carleDie»
qui magite
Ne me permetplus de mentir;
Ecoute le dessin que tafait ton merite,
Etque1*0(etegarantir.
Tdsuprême valeur naura jamais
cCdbBacle
Jjhtelie ne renverseofudaim
Tupeuxtsans teflater, recevoir tet
Oracle
chuleCiel a mis dans monfein
Tm Rcgnt durerajufqtta lafin du
Monde,
Tuferas regner ton Dauphin;
.s,II Empire, ensuivant la vertusans
fécondé
lufilue-t4n'aura pointéefin.
Les Afires complaijansnauront ridl
qui 1aflige,
Rien qui menace &un revers;
Vn jour UsRejetons de ta Royale '•
Tigi
Seront Maiftrtsde l'Univers.
Tes Neveuxyenmarchant sur les pa*
detaglotre,
Maintiendront les Peuplesofurnis*
OH bien ils apprendront9 en lijant
ton Hijfoire,
,
L'Artde dompter leurs Ennemis..
Ces Vers sont beaux, mais
ils ne fournissentaucune preuve,
d'où l'on puisse tirer la
moindre lumiere, qui fasse
voirque cetteStatuërepréséte
une Diane. Aussi connoiston
que l'Autheur n'a pas eu
dessein de le prouver, mais
seulement de donner des
marques de son esprit, en
saisant parler cette Déesse. 1
Apres vous avoir fait part
de ce qu'ont dit trois Illustres,*
qui veulent paroistre persuadez
que la Statue d'Arles est
une Diane, je fuis obligé de
vous dire quelque chose de
Mis autres, dont le sentiment
est entiérement conforme
à ce que Mr Terrin a
écrit pour prouver que cette
Statuë estuneVénus. Les
Sçavans n'appellentguére de
leur jugement, qui l'emportera
toûjours sur celuy d'un
plus grand nombre.Voicy
ce qu'ilsontécrit surce sujet,
Mr Spon dit dans sa Préface
des RECHERCHES
CURIEUSESSURL'A NTIQUITE',
imprimées à Lyon
en1683.L'Obélisque d'Arles
est une des Antiquitez quifrapent
d'abord la veuë, @Je.
M'Terrinl'a expliquéfçfavam* gm
ment, rtJ A dit presque tout ce quisepommt dire des Obélif*
iuti, dans le Livre qu'il nous
en A donne;aussi-bien que de 14
ielie Venus £Arles,qu'on prenoit
autrefois pour une Diane.
Le P. Jobert Jésuîte, Prédicateur
de Paris, grand Médalifte,
& Amydu R. P. de
laChaise, dit dans une Lettre
qu'il a écrite à Mr Terrin,
datée du 15. May 1684. Jecroy
que la prétenduë Diane est arrivée
; je ne doute point que vous
ne l'emportiez hautement, &
qu'à la premiere vnuë nos SçavansnereconnoissentVénus.
On
J'tI jamais vû Diane en un pareil
équipage;st) quand lePcrc
Daugters auroitfait un Toèmc
mtterpourappuyerïopinion contraire
,
il ny aurait que perdu
des Vers & son temps. Vohs
vous jouvene^ bien que dés que
je la vis, je ne pouvois concevoir
comment on l'avoit ptife pour
une Diane.19and le P. de la
Chaijeferade retour, je luyferay
vos Complimens3& je ne
doute point qu'il ne Jbitdevoflre
AVIS &c.
Mr de Camps
,
nommç
par le Roy à l'Evesçhe
-
de
Glandeve, dans une Lettre
du 8. Fevrier, qu'il écrit à
Mr Terrin.Je vows ay déja
dit mon sentimentsur vostre Livre
de ÏObèlifijiici & de vostre
Vénus, &j'ay loüévostreavis
en plusieurs endroits, &c..j
Vous voyez, Madame,
que tous ces Illustres ne balancent
pas à prendre le party
de Vénus, & que Mr de
Glandeve
y
qui dit qu'il est
de l'avis de Mr Terrin en
plusieurs endroits ( ce qui
marque qu'il n'en est pas en
tout ce quiregarde l'Obélisque
) s'explique assezclaioment
touchant laStatue, nluvdonnantlenom de
Vénus.Voila un grand diérent,
qui ne fera point répandre
desang, quoy qu'il
it excité une grande guerre
lans une Académie qui est
outesprit,&qu'il ait paragé
deux Personnes dansun
Co ps aussi grand, qu'ilest
distingué, & dont tous les
Membres ont une profonde
érudition. Comme tant
de Sçavans ont dit librement
leur sentiment sur la
Statuë dont il s'agit,j'ay.
crûque je pouvoisfaire voir
icy la diversité qui s'y rcn
contre, sans qu'aucun d'eu:
eust lieu de s'en plaindre
Les guerres qui se sont entri
les Souverains, élevent Ici
Conquerans, & font eclatei
leur courage & leur valeur
& celles qui font feüillercl
les Livres, découvrentl'ef
prit des Sçavans, & fervent
souvent à leur élévation. J'ajoûteray
icy à l'avantage de
MrTerrin, que tous les fameux
Sculpteurs de Paris à *où il y en a beaucoup, depuis
que le Roy a pris foin de
faire fleurir les beaux Arts,
emeurentd'accord que la
tatuë d'Arles ne peut estre
u'une Vénus, ou du moins
u'elle n'a jamais esté faite
our une Diane, puis qu'on
a jamais vû je Diane nuë,
moins quelle ne fustdans
Bain. Ceux qui en vouront
sçavoir davantage, peuent
lire le Livre de Mr Terin,
impriméà Arles, & que
'on trouve aussi à Lyon. On
voit un dessein de sa Figure
, comme je vous l'ay
déja marqué dans une de
mes Lettres. Quant à l'Original,
il est encore<au Palais
Brion, où l'illustre Mr Fel
bien, quien a le foin, n
refusera pas de le montre
aux Curieux, qui dans quel
que temps pourront voir c
bel OuvrageàVersailles. J'au
rois commence par vous mar
quer que ce qui cause tan
de disputes parmy les Sça:
vans sur les diférens noms
qu'on peut donner à cette
Statuë est qu'il luy manque
un bras, & qu'il ne luyreste
qu'une partie de l'autre, si
en vous parlant il y a quelques
mois du Livre de Mr
Terrin, je ne vous avois fait
- I
voir dés ce temps -làl'oriine
de toutes ces disputes.
elles ne sont pas sans fondement,
puis que ce qui manue
à cette Statuë eust fait
onnoistre aisément quelle
éesse on avoit voulu repréenter.
Je viens aux Nouvelles de
a Cour que je croy vous
levoir faire sçavoir
, avec le
mesme ordre que j'ay fait
dans. ma Lettre précédente.
[e n'en fçaurois reprendre la
suite
,
sans vous dire enmesme
temps beaucoup de choses
qui se sont passées avant
le retour du. Roy à Versail
les. Sa Majesté voulant ho
norer la mémoire de feu M
d'Artagnan, & perpétuer son
Nom dans les Mousquetai
res ,
qu'il a eu l'honneur de
commander en qualité de
Capitaine-Lieutenant, a donné
de son propre mouvement
la Cornete de la Premiere
Compagnie à Mr d'Artagnan
son Neveu
, & ce
Prince a récompensé ce nouveau
Cornete, des Charges,
de Capitaine aux Gardes J&.
de Lieutenant de la Colonelle,
qu'il possédoit.
,
Je vous ay parlé du Réginent
de Humieres , que le
Roy donna, après la mort de
virle Marquis de Humieres,
lui en estoitMestredeCamp.
Mrle Marquis de la Chare,
Neveu de Madame la
Maréchale de Humieres,&
evous ay dit que ce Marquis
avoir uneCompagnie
dans le Régiment du Roy,
quiavoit esCt9étrouvée la plus
elle de tout le Corps,mais
e ne vous ay pas mandé
que cetteCompagnie avoir
sté donnée àMrleMarquis.
l'Ancenis, Fils deMrleDuc
J q de Charost, & qu'en mesme
temps le Roy avoit donnéà
un Mousquetaire une autre
Compagnie qui avoit vaqué,
Comme cette derniere Compagnie
estoit en un fort méchant
état, & qu'il nemanquoit
rien à celle de Mrle
Marquis d'Anfenis, ce jeune
Marquis supliaSaMajesté de
vouloir faire un échange des
deux Compagnies,parce qu'il
n'y avoit point de dépense à
faire à celle qu'il luy avoir
plû deluy donner, & que
l'autre Compagnie demandant
beaucoup de frais pour
on rétablissement, il pouroit
mieux y fournir, que Iç
Mousquetaire qu'Elle en vetoit
de gratifier. Unprocédé
honnête & si généreux
sut fort.applaudy du Roy
'c de toute la Cour, & Ipa
lit
,
quesiçejeuneMarquis
qui ne commence quaen-r
rer dans le monde
,
fotke>
soit toujours ce caractere, il
deviendroit un des plus aq!
îomplisSeigneursdelaÇour*
Ce seroit icy le lieu- de saka
an détail-des Evefehez.donnez
par le Roy;maiscornme
il me manqueencore.
quelques éclaircissemens su
cetArticle, je ne vous ci
parleray que sur la fin de ma
Lettre.
Puis que vous avez este satis
faite duCamp de Condé, qui
jevous envoyay gravé il y a un
mois, je ne doute point qui
vousnele soyez encore da
vantage de celuy deThulin
que j'ayfaitaussi graver. Or
n'y peut jetter les yeux, fan
voir d'un coup d'oeil une par
tie des grandes Forces de S~i
Majesté. Ce Camp est bief
plus considérable que le pre
mier que vous avez vu, pui



qu'il a esté augmentéde beaucoup
de Troupes, entre
etres de vingt Encadrons,
que commandoitMrle Duc
le Villeroy, & avec lesquels
1 gardaitun Poste surla Hais-
Le. Jugez par ce Camp de
a puissance duRoy, puis que
~army ce que vous voyez, il
n'yaaucun Corps des Trou-
~es qui ont servy au Siege de
le Luxembourg
; que Mr le
Comte de Choiseüil en commande
encore un autreCorps
fort considerable, ôc que
outes les Places que le Roy
posséde dans lesPais-Bas,m
font remplies
-,
&cela,sans
compter lesautres Armées de
Sa Majesté.Mrle Maréchal
de Schomberg commande
ce Camp. Il a fous luy cinq
Lieutenans Genéraux; qui
sont Mr le Duc du Lude,
Mr le Comte d'Auvergne.
Mrle Duc de Villeroy
,
Mle
Prince de Soubise, & Mrle
Marquis de Boufflers. Les
Maréchaux de Camp sont
Mr le Duc de Vcndosme,
MrleDac deBrikenfeld, Mr
le Comte de Schomberg,
ôc Mr.
Pendant que les Troupes
le ce Campbrûloient d'impatience
de servir leur Prince,
& d'acquérir de le. gloire, le
Roy attendoit à Valencien-
~es des nouvelles de la Prise
le Luxembourg. Les ordres
stoient donnez pour luyen
pprendre beaucoup plûtost
que les Courriers les plus digens
n' auroient pû faire;
C'estoit la maniere des Romains,
qui par le moyen des
~eux & des Signaux,dontoient
à Romte" en tres-peu
le temps des nouvelles des
Païs
,
qui en estoient éloi-
gnez de deux ou. trois cens
lieües. Ilestoit juste que
Louis LE GRANDfustservy
à la Romaine. Ce n'a pas
esté toutefois de mesme en
cette occasion,puis que le
Canon n'estoit pas enusage
du temps des Romains. Voicy
ce qui se fit quand le
Prince de Chimay eut demande
la premiere fois à capituler.
Mr le Maréchal de
Créquy dépescha.un Courrier
à Avesnes, où l'on tira
le nombre de coups de Ca-,
non que le Roy avoit ordonné,&
qui n'estoit sçeu,de
personne. Cela fut continué
de
deplace en Place. Landrecies
répondit à Avesnes,&
le Quénoy à Landrecies. Le
Canon du Quénoy fut entendu
à Valenciennesenviron
sur le minuit.LeRoy en
ayant esté averty ,
demanda
combien onavoit tiré de
coups. On luyrépoditqu'on
en avoit compté cinq. Ce
Prince commanda que l'on
écoutait encore; & un peu
de temps après, oncompta
deux autres coups. Sa Majessé
dit alors que Luxembourg
capituloit. Cette nouvelle
fut confirmée le matin
par M~ Desbordes, Lieute:
nant Colonel du Remment
de Navarre; que,Mle. MaL
réchal de Créquy avoitdépesché
au Roy. Commec'est
un Homme d'un fort grand
mérite, & qu'il a l'honneur
d'estre connu & estimé,de
Sa Majestés,Elle luy, fit donner
deux mille écus pour sonvoyage.
Quoy. qu'on dust
s'attendre àcçttenç)
on ne laissapas d'en marquer
autant de joyequesi onavoit
eu lieu d'enestre surpris,&
toute la Cour lafit éclater au~
lever du Roy.Les Carmes;
de Valenciennes, chez ;.<^ui
Monarque alloit tous les
~rs entendre la Messe, vin-
~t fuplier Sa Majesté de
frir qu'ils chantassent le
Deum à la fin de celle
Elle devoit entendre ce
~r-là. Ce qu'ils demandent
leur fut accordé, 6c
chantèrent ce Te Deum
s cérémonie, & feulement
~r satisfaireleur zele. Le
demain, le Royenfit.
anter un dans l'Eglise de
o ean, avec beaucoup de
emnité, quoy qu'il n'eust
aucunes nouvelles de Lu-
~nbourg depuis l'arrivéede
Mr Desbordes. Ainsi il n
pouvoit estre certain que G.
Troupes fussent dans la Vill.
mais ce Prince sçachant l'~
tat des Attaques, & celuy d
ses Troupes, & connossant
l'ex périence de ses Corr
mandans, & la grande hab
leté de les Ingénieurs, crû
,qqtui 'ïill pouvoitbrendre g1 râce
à Dieu d'un succésquiestoit
: infaillibleà ses armes, & qu
ne pouvoit estre retardé lon
temps par aucun obstacle
Mrle Nonce, &: Mrl'Ambaj
fadeur deVenise, assistérent
à ce Te Deum,aussi
-
bien qu les Ministres de plusieurs au
es Souverains. Tout y rue
lemnel; & Mrde Rhodes,
rand-Maistre des Cerémoes,
y fit les fondions de Ca
harge. La Cerémonie fut
ite par Mr l'Archevesque
e Cambray, assisté deson.
lergé; & la Musique de
alenciennes s'y fit entenre.
Il arriva un Courrier de
Mr le Maréchal de Créquy.
ui apprit au Roy la chicane
u Prince de Chimay. Cela
étonna point ce Monarque,
qui sans disérerd'un
eul moment, partit pour
Cambray, comme il l'avoit
rélolu,IllaissaauCamp toi
tes les Troupes de saMaison
& n'en mena avec luy q
deux cens Mousquetair
cinquante Gendarmes,ci
qualité Chevaux - Légers
cent Gardes du Corps, I
quelques Compagnies
Gardes. Sa Majesté -
apprit
Cambray que le Princec
Chimay avoir demandé u
seconde fois à capituler, l
que depuis la premiere il n'a
voie paru que pendant ui
jour en résolution de se dé-,
fendre De Cambray, h
Cour vint à Péronne, à Roy~
iX-Monçbçr^rôrh'chantilly!,
tu Moniteur & Madame se
;rcu.\lcrbnr, Monsieur le
irifiae receut le Roy à la
~pe~CKaAea.u ; & quoy
pulrfust fort incommodé,
puj/ifage ne laissoirvoir que
les ûfànquesxle la joyequ'il
JrIffi. quatre fois avec cet air
outengageant qui fait qu'on
oublie le Roy pour n'aimer
jae saPersonne.Toute la
Dour estant entrée dans le
I^hafteau chacun prit sxon
)a:rty pour en admirer les
jQuite2. Les uns piontcireaj;
".L 1-
dans les Apartemens ;
les au
tres se répandirent dans les
Jardins; les autres cherchcerent
du repos; & leRoy seul
alla travailler. Ce Monarque
demeura enferme pendant
quelques heures;après quoy
il prit le divertissement des
Eaux. Monsieur le Duc le
mena d'abord augrand Réservoir,
qui est d'unebeauté
surprenante. Sa Majestéalla
en fuite en divers endroits,
où les Eaux font des effets
merveilleux. Monsieur le
Prince l'attendit au premier,
& l'accompagna quelque
inpsi mais Monsieurle
ne le conduific par tout,
sûtes les Eaux de ce Lieu
licieux sont belles, & en
ondance. Il y a une Ma-
~ine, qui quoy que fore
nple, fournit de l'Eau vive
tous les Jets d'Eau , & aux
ascades. Le Royen loüa
beaucoup le travail, & fut
TC content de tout ce qu'il
t. On rentra en sxuite dans
us les Apartemens, oùl'on
Amira la beauté des Meues,
qui sontaussiriches que
ien entendus. Il seroit fort
ifficile de voir aucun Lieu.
miéux éclairé que le furer
tous ces Apartemens, no
seulement par le xnombre de
•lumières, mais encore pa
tout ce qui les contenait. L
Roy soupaavecxMonseixgneu
le Dauphin, Madame la Dai
phine, Monsieur, Madame
xMadame la xDuchesse, Ma
dame la xrincesse de Conty
xademoiselle de Bourbon
ôc Mademoiselle de Nantes
La Symphonie fut charman
te, & fit le plaisir de la soirée
Sa Majeste qui se fouvenoi
que Monsieur le Prince, &
Monsieur le Duc
,
navoient
amais épargné ny oins ny
dépense pour la recevoir, que
toutes, leurs Festes ont toûloursesté
d'une magnificen
ce extraordinaire, & qu'on
auroit peine à trouver des
Princes aussi genéreux, ne
voulut pas leur permettre de
faire aucune dépense. Ainsi.
Elle fut srvie à son ordinaire
par les Officiers de sa Maison.
Monsieur le Prince, &
Monsieur le Duc, obéïrent
auxvolontez duRoy, mais
ce fut avec chagrin. Cependant
, quoy qu'ils ne traitas
sent pas Sa Majesté, ily eu
des Tables servies en diven
endroits, & à toutes fortes
d'heures, où chacun estos
convié d'aller manger. Or
porta par tout divers rafraî
chissemens, & ces grandi
Princes firent si bien les hon
neurs de Chantilly, que ian
défrayer le Roy, ny toute a
Cour, ils ne laissent pas de
faire plus que n'eussent pi
faire beaucoup d'autre,à qu
cette permissionauroit est
accordée. La Cour en parti
le lendemain ôcarrivaaVcr
failles, après un voyage de
quarante-neufjours, dont. i
e avoit eu quatorze de
marhe, & trente-cinq de
epos, ou de le jour. Elle
rouva de nouvelles beautez
Versailes, la Franceestant
egléeavec un tel ordre,que
adépense xdelaGuerren'emesche
point celle des Bâtinen5
de Sa Majesté, qu'on
voit s'élever à chaque instant,
aussibien que ses Jardins
se remplir d'embellissxemens
nouveaux., tant ceux
à qui ce soinest commis, sçavent
servir ce Monarque de
diférentes manierexs, &toujours
avec succés.
Comme Madame laDauphine
est revenuë grosse du
Voyage, je croy que le Ma-,
drigal que je vous envoyé
sur ce sujet, peut icy trouver
sa place. Il est de Mr Diéreville
du Pontlevesque. LOVISparoijltoàjoursleplm
heureux des Roysi
Dansletemps quilfoûmet Luxembourg
àJes LoiXy
Et que tout travaille asa glo.ires
] Al'ombrede fomJesLauriers,
Son Fils d'intelligence avecque la
VICTOIRE
Luyfait de nouveatlx Héritiers.
<
La Cour arriva à Versailles
-
-
9. de ce mois, & presque
~flitoft on y eut avis que le
medy 10. un Party duCamp
Thulin avoit batu un Cony,
qui alloit par la Riviere
Dendre,de Dendremonde
Ath. L'on y prit six Belanes
chargées de Poudre ôc
Bled, Davec sept ou huit;
tits Bateaux,qu'on brûla,
ssi-bien que les Belandres.
n jetta les Poudres dans la
iviere; & pour le Bled, on
L
distribua une partie à de
uvres Peuples, & le reste
t emporté par douze cens
chevaux & Dragons dont
f
nostre Party. estoit compo
Mr du Rosel, Colonel,
commandoit. Nous y per
mes un Capitaine de D
gons, & il y eut encore cij
ou six Cavaliers tuez, ou blel
fez. Quatre mille Eipagnol
&Hollandois, avertis de
marche du Party
,
arrivérer
deux heures apresl'Action
avec le Duc de Monmoutlf
& tous les Braves Volonta
res de Bruxelles.
Les Muses ne font pa
demeurées muettes apres L
PrisedeLuxembourg. Voie*
* ce qu'elles ont fait direj
illustre Mademoiselle de
Scudéry.
F1MeprLAiutxDoexmyRboaIuGrbg,AlmeLa,i.n.;tenant Vontrc LoriS vota pavez, pu
tenir. '-. ",
ConfolcT.-'vousd'unfort inévitable.
Vousvattstrompitz,devont croire imprenable,
MAUdvzsesmxins d.C- ".JIJttS veniïalrlez.de..
La Prise de lamesme Place
a donné lieu à MMagnin
de faire une Devise, qui a
pour corps un Chesne sur lequel
la Foudre tombe., en
brise le tronc, & en écarte les
branches. Ces paroles
font l'ame.
- Qjùi profuit aituni
1
ErexiJJe caput?
Elles font expliquées par (
Sonnet du mesmeMrM;
gnin. QVdlld ce chestejilptrbe élevoit
dans les airs
Son tronc imperieux, &fer branche
hautaines,
Il efioit l'ornement &Ugloire des
Piailles,
T9t4t vantoit la bcAUtt defis feuillages
verds'.
MAli enfin le Soleilfarses àfpctfs
divers,
$£Îfo< a lùi jÍj{,/t'd.,.;¡ di : fvitdjcs .,
(t!OUidlnCS, 4asferr:H~ui:uis, & des Cieux 1 •j<jp,'rpoJ1iû0in))e,sZ,/iliCf'.J)
Faitjonv.eMt éprouverde iarriilcs
revers.
Fortcrejcforgucilleufe, à ta perte
ov eo'flnitnine7 e,
Luxembourg,aujourd'httyecfila ta
deflinéc,
Xîsfont donc renversez, tes Bodeuars
fforts.
Etçefila lugrandeur du iléi-es qui
tedompte,
.9,m'ais lieu de teparer de qutlques
vains efforts^
Tupouvoùnenpointafire avaque
moins de honte.
J'ajoûte des Vers qui ont
esté faits sur les merveilles
du Roy, aussi-bien que sur k
Siege de Luxembourg. QVeléclatdebonheur, devaleur,
&degloire!
Jl-tc de nobles lujets pour embellir
CHistoire! fit de raresvertui!que d'exploits
inouïs
Etale à tom mmens ?invincible
LOVlS!
A.éx, atdreJs^Cefa:r;;s. , ce1aJez à, ce Monarque,
TSun vrajfHéros en luy reconnoijjcz*
lanurquey
Vos Conquefiesn'ont rien d'éclatant
aujourd'hui;
yqutvouliez,, makitoit) vous corofam
Il /H).
Ifautdesanspourvous,& desjours
pour ce Prince;
'eutfléchitfottt LOTIS,Chapeau,
Villey Province.
rtimircz, comme nom,fis glorieux
travaux,
)ont les voflres nefont que d'indi.
gnesRivaux.
'Qur ses Soldatsblessez, la retraite
assurée,
es Edits &fisLoix d'eterneUt
dllrée,
Les Sciences, les Arts, réunis aux
Vertus;
Des Peuples convertis, des Temples
abattu.
UnaugnflePalaisd'une richeifni*
Bure,
Ou l'Artindujfricux surpasse la
Nature,
Ses ordresJiférens pour les Etats
divers,
Le Commuteti.ibly, La fonction 1
t::.f.\[(r5,
VAbu//ciwee par tout, lIgnorance
c.
{!U;¡"Zé
La IHJT'CLen vlgueur^ à' la NobU'Jl
instruire,
Le Mérite connu toujours récomi
pensé,
Lit vangeance du Crime 6- duPauvrt
offensé,
Sontlebittdefesfoin-s, &i'employ
desa vie.
Pêurquoydifércs-tudc te rendre
ajJèrvie,
Luxembourg, ttix dcftrs de ce charmant
Héros?
cede t' ds e Cèdeases grandsefforts, d,nnt.to)
du repos,
Etviens,sans prolonger ta, vaine
réfftance,
Partagerfins/es Lys le bonheur de
laFwnce.
Ces Vers, & le Madrigal qui
ait,pfont de Mrde Vertron. iOurquoy rcfiftoi?
- f~ tu ~j- < r/j - t dépitif/ans efforts d'un Hérosin~
rvincibler
'ier Luxembourg, voila ton orgueil
abatu;
affavots cjuà LOFIS rien n'cjloit
impojJiblt;
daissi fil réfif/alla a fauvetonhonneur,
'onfiJlè en mefrne temps quelle augmente
sa gloire,
Rejoùà-toy desfa4vviicct'1o4iirree,,
a Prise déformaisva faire ton bonheur.
Vous trouverez les noms
les Autheurs au bas des autres
Ouvragesque je vou
envoye. ¡ MADRIGAL. B[en. que je forte un nom tout
briHautdelumiere,
DuSoleilje reçois la Loy;
Je'vouloisrrioppofer aJavafle CAYriere,
Mais je le reconnois aujourd'huypok
monRoy. DUHÀMI:
SONNET. TRemble, Luxebourg, trembli
(jrsoûmets tatuijfance
Au Roy leplusvaillentqui vifl jamais
lejour,
JtMOtJttoy que L 0 VIS, l'objet t4:
opPreamour, 1
ange toutJOUJ les Lcix defin indépendance.
ouvoù-tistefiiter de la moindre
apparence
eviter tost ou tard de luyfaire ta
CvUtf
entre, rentre en toy-mejme, & y-mefme
vaincue à ton tOter,
uy rendant ton hommage, imploie si clémence.
ilfeait vaincreVorgueil,&leréduireauxfers,
paajpootuirrllee ppaarrddoenn ttoo.Uujio,puurrss Ilceçsbbrrcass
ouvertsi
raùkslieux lei pimhautsdoivent
., craindrelafoudre.
m ilsfonteltvcz,,plut ilsysint
-
Met);
Htfuffentih.de' marbre, il ItstlJtI; enpondre,
Jgjiàdniheohfs Iirèpsnslîeu.r, rfaorcieàtsi'ab.t
DûMAs,deJoign^
MADRIGAL ENjin tout'doitfléchir, ainsih
CielPardonne,
jiinfi le veulent les Dcftwsi
Cedezjycédcz>,foihLsHnmiins\
Recevezun Hérossichéry de si,don
Ytnez, volez, accounz, toka13
Yenez partageravecnoua
Unjoug centfiûplusbeau que ne
ttneÇouronnc* ., J Maisje nié,gare en mesproje/s,
Ce Dimy- Dieu nefait la guerre
J$£ajin de cimenter le repos de la
Terre,
Ztwnfassourrégnersurde ni":
veaux Sujets.
Vota donc qui Jejitllé donnes* de
vainesmarques*
Envieux imfuijjans du bonheur de
- mon RD).
rndignes Ennemis duflmgrand des
Monarques,
)u~rcccvez> la Paix, ou recevez, 14,
Loy. i
Ds VOGIMS.
«, ORACLE
CRONOGRAPHIQUE.
LVXeMboVrg fera asslegé,.& en
sVIteprIs parLOVIS Le granD,
cMDLLLXVVVIIII. Et Oracle Cronogrdfhique%
Beaucoup plHJ iray que le
Defohiqsiey
A des Ch.ijfîurssi" autrefois renâi
Dans la Forejl des fameuses Ardennes;
Etlesrcntsquisitifluient detoutes
leurs haleines
Contre les feuillesdifis chefaes,
Ne purentempefiber qu'il ne fusi
entendu,
EtJàns que rien enfufiperdu,
il vintjufcjues à noMfou* des Lettres
Romaines)
.!'ZUt L'An du CAS cihûfutparofi'rc
certaines.
VOracleprédisoit, quelefer
LVXcAfbaY'K,
Moinsfage &prnd.»tqueStrass
bourg,
S'obfiineroit à combatre Ufoudre
Du Jupiter Gaulois^ qui réduit tout
en poudre;
Jdaisquenfin l'Infolentfeverroit
>lIf/cg;,
SansejpoirAejlrefoulage
ParlesTroupes Confédérées, silongtemps il aurait ejpé.
rees,
Et quepourlors ayantfort bkn
cômpris
Jgu'ilne pourroit manquerensVlPc
d'efire pris,
Et desuivre les dessinées
De mile autres Citez,qu'il verrait
enchaînées
Au triomphant Char de nos Lys,
Par Lesmainsdtt très - granD
LoVJsr
Bans cette conjonctureextrême,,
Âfiu de confcrverles refics de luymifme,
Il iriitse jetter aux pieds defort
1 (i quenr
Ah?iieu de lanuit, .pmrépargner'
(à.honte,
Et tacberoit de luy gagner lecoeur
(Ce cetury qui têut le n(te domptet
Mtqu'àsabontéprès, rieii autre
ne Surmontey)
En conftfjant afis genoux,
Jgue s1iltftinvincible, il efiencof
plu* douxy
Fuis que pour defarinersi terrible
Puissance,
LesVaincm n'ontqu'à dire un met
àsa clémence.
MrRimper, Srde l'Escarpe,
Autheur de cet Oracle Cronographique
, a fait aussi le
Quatrain qui fuit. LZJ.xembourgparson nom, est
Ville de lumière>
lvldil - 1 » ce nom ne luy donne un éclat
finspareil^ *
htelors quepourbrillerdesaclarté
premitre, ,.,
aifjffJi..,eUeseuni à LQVISfç\t
-1 Soleil.
Un Gentilhomme qui sçait
ussi-bienmanierl'Epée que
aPlume, a fait l'Ode que
ous allez lire. Elle est à la
lCoire dreéMrlqeMuarécyhald.e
ODE.
J Entens par toutquel*on chante
Dn intrépide GMerricr,
Vtît la valeur étonnante
Remporte un nouveau Laurier.
Le braitquefont lesTrompetes,
JtftJigrand,sirépandu,
-1<0Z-eceluj de nos MufiJts
Htferapas enttndll.
lçinefeait que te grandHomm
Sur laMeufc partit tcly
J^'oavit autrefois pour Home
Et h\:biu4 & Manely
£>uavdl'Aigle &fa République
Par les diférensExploits
Dugrand Lion de L*Afrique%
Se trouvèrentaux ItboJÎlil
marche, il tourne, ilavâncey
Hcureux,habile,vaillant,
Et devient parfaprudence,
De Defenseur, AjJÚllanl;
ilfuit les Troupes nombrcufès
Des Germains pré/èmjJJUCNX"
Vasse des Rives fameufesy
Etva triompherchez, eux.
V nejtpas moins redoutable
En des Climatsplus lointains
Et Marstoujoursfavorable,
Couronnefisgrands deju in s;
Il rcnvcrif les Earrures,
Ou nos Soldats arnjlez,
"ojoient borner nos Frentieres
Par des Lions indomptez.
uesBergers du toijtnage,
Ions riell craindrede/brmaisy
louïront de davantage
Quepomroit donner la Paix,
lesBergeresrajjurécsy
Dans les Bois vont s,écdrter,,,
ït n?aurontdans ces Contrées
Qjje les Loups a redouter.
ïnjin lajuperbeEjpagne,
5# nous rendant Luxembourg^
Doit conjoler tAil magne D /4 perte de Fribourg.
Cesgrand', /Ùt;cJs font entendte,
JgjcfousÏAHgttfteLOVîS
Cïéquy feut tout tntrtprtndrt;
Et planter par twt ms Lys.
MrleDuc de S. Aignar
quinelaisse échaper aucun
occasion de marquer fo
zele, a écrit auRoy sur ]
Prise de Luxembourg; t
Sa Majesté l'a honoréd'un
Réponse de simain. Jevou
etnvorye le'une & l'autre Lei
'- vj
t
LETTRE
DE Mr,
E DUC DE S.AIGNAN,
AUROY.
Au Havre le 9. Juin 1684-
«I r IRE,
Compte je ne jçaurois avois
w deJoâmijJion que j'en ay eu
rte ma vie four V. M. bien
:e sa Gloire augmentechaque
yry ilparoiftroit de la diminum
dans mon zéle pour son ferce
sije ne me servois aujourbny
dans la Prise de Luxer»-
bourg, de la permijfwn qu'ilII
A psst de me donner, pour luy t
moigner ma joje pour les auti
Plactl importantes quElle a cop
(iptifes. Jenfûtstoujours3SIRI
au mesme état pourfes Vléloire
& les coups de CAIJOn que la
Te Deum mefont tirer iey, t.
me donnant beaucoup defatt'sfai
tiony nelaissent pas de me ctu
ferquelque regretde n'rn enten
dre pointtirer d'autres. Adan
SIRE
3
je veux esperer pou
mon repos, que ce fera pourl
Paix Généraley que musy met
trens le feu,ouqu'Ellemefer
mettra- d'aller luyconfirmerJou
si) de sa Ennemis,aveccobien
dévouement jefuistoujours,
~IRE,
DE V. MAJESTE,
Le tres-humble, tres-obeïssant,
& tres-fidelle Serviteur
& Sujet,
LE Duc de S.AIGNAN.
REPONSE DU ROY.
viO,n Coufin, Leurty raottfqui
vouî 4 du porter a
J 1 L écrire sur la Prise de Luxemurg,
cefl Uconfianceque vos
r:ttr'a me font toujours fort
reabtet. fay reçu vostreComment
sur cettederniere Conquefie,
comme tous les autret1
mous mave% faits en de ftt
blabla occasions, & je mdou
nullementquevousnaUaJpf^e,
core avec joyefous le Canon
jnes Ennemisffmon service vo
y appelloit. Cependant riépi
t,ntz pas celuy du Havre± i rendant grâces a Dieu de cet,
nouvelle Benédiûionsurla jujti ide mes firmes. Je le prie qu
,dous Aitj mon Coufm en j fainte& dignefarde. A Pc:
failles le u. de Juin 16$4. 1 LOUIS
AmonCousinleDucdeS.Aignan;
l' Pairde France. !
Je vous ay toujours man-
~éfort exactementtout ce
qui s'est passé en Hollande
~Dúchtlnt l'état des Affaires
~'rékntes>&vousenvoyay
~e mois passé quatre Mémoi-
~es présentez aux Etats psr
Mrle Comte d'Avaux; depuis
~:e temps-làilleuren adélivré
~incinquie'me.,dans letemps
que Luxembourg demanda
a premiere fois a capituler,
~enay pû l'avoir,mais voicy
~:e que l'on m'enamandé,
Cet Ambassadeur,après avoir
Fait sçavoir aux Etats la Vtiie
le Luxembourg, exposedans
ce Mémoire
; que les délai
donnez par le Roy son Mai
tre pour répondre aux Pro
positions qu'ilavoit faite
pour le rétablissement de ~L
Paix, ou la conservation ~d<
la Barriere, & le maintien
d'une bonne correspondance
entreSaMajesté&eux, étan
inutilement écoulez, fini
que l'on yait fait aucune Réponse;
Sa Majesté se trou
voit en état de faire de nou.
velles Conquestes,&plus
considérables, & d'augmenter
ses Prétentions contre les
Espagnols, sans se tenir daJ
~itage aux Offres qu'Ellc'
)lt faites le 29. Avril; mais
: neanmoins, pour faire
r qu'Elle demeure toûrs
dans la sincere intende
procurer le bien ge-
~ai de la Chrétienté, en
~pofant tous les moyens
~liblespourluy donner le
~os y
Elle luy avoir comndé
de leur faire Íçavolr"
~e nonobstant lesugrands
.ntages qu'Elle doiricprottre
dela prospéritédeses
mes, Elle veut bien en-
~:e demeurer oblieée ju{:',
au12.du courant aux<
~vn16S4,. (Q,
mesmes Offres qu'Elle a sa
faire le 29. Avril & 9. Ma
derniers, & à tous les E
pediens proposez dans 1
Conférences qu'on a eües 1
sujet de ces Offres, pour
conservation de la Barrier
& pour le rétablissement d
repos, dans les Pais-Bas l
que Sa Majesté s'estoit pol
tée d'autant plusvolontiers
donnercette nouvelle preuv
de lamodération, qu'Ell
avoit esté bien aise de secon
der les bonnes intentions de
ceux qui souhaitantleplus
le bien deleur Patrieenpass
culier
,
& le repos de la
Chrétiétéen général, avoient
ait paroistreunveritable deir
de procurer un prompt
établissement de la Paix,
~d'entretenir toujours une
bonne correspondance avec
a Majesté. Que lenvoy de
urs Troupes au Pais
- Bas
espagnol, avoit obligé Sa,
Majesté dese mettreàlateste
es fiennes, pour poursuivre
a satisfaction qui luyestoit
eüe; mais que l'ordre qu'ils
sur; avoient donné de ne
ommettre aucun acte d'hos
ilité contre les François,l'avoitportée
à donner encore leurconsidérationcedelay
< sept à huit jours, & qu'Elle c
péroit qu'ils en profîteroiet
pour conclure & signer, coi
jointement avec les Ministre
dEspagne, le Traité que i
Majesté avoit proposé
, c
pour le conclure & signereu
seuls, aux conditions que 5
Majesté leur avoit cy-devan
offertes pour la conservatio
de la Barrière, & pour le réta
blissement. du repos.dans le
Païs- Bas, & qu'ils se déclaré
roient nettement dans ce ter
me., parce qu'Elle vouloitsça
r precisement à quoy s'en
ir avec eux,protestant que
s
laissoiét écouler ce temps
s donner uneRéponse pove,
SaMajesté nes'arrestet
plus à aucune considéion
, & ne régleroit dorévant
ses Demandes & ses.
étentions
, que selon le
ccés qu'il plairoit à Dieu
donner à la justice de ses
rmes.
Les Etats ayant souhaité
lelques éclaircissemens sur
:
Mémoire, voicy laRéonse
qui leur aesté faite par
t d'Avaux.
MEjfieurs les Députe^ de
Ves Seigneuriesayantprit
le Comte d'Avoaux 1 , Ambaffa*
deurExtrdominJfirtdu Rl!J.Tres.
Chrétien, de mettre parécritIci
Réponses qu'illeura renduescette
aprefdînêesuriesDemandes qu'ils
lujfbntvenus fairey sur les
éclairaffcmens qu'ils; ont
01 Jreffi le présentMémoire, pour
satisfaire à ce avon a fouhAÍtt
de luyt
Ledit Amkajfadeur a témoin
gnra Meffvurs vos Député^
que leursDemandesse rédmjbient
A deux points; que le premierf
mfjloit en ce que le delaydonné
Mr le Alemoire duj. de JuinÂ
'fl trop court pour pouvoir faire1
lesdélibérations dans vos Provincesy
& moins encore avec
es Ministres de Sa Majrfîé Cahotique
j & de vos Hauts AL
lez. -
Ledit Amba y.
LeditAmbassadeurarép.,ondu'
ur ce premier pointyQue pour
r qui regardait vos Hauts AL
iez ( exceptéle Roy d'E{pagne),
r en parleroit Ibrs qui'lfatisfe-
'oitau fécond point de vos Denandes•;
£)Hd l'égard de rEfpa:.
yie 3
ily avoit apparenté que"
''Envoyé de cette Couronnepré^
déVv.S5. ejloitinflruitdesfen*
timens du Roy sonMaijlre, après
roul les délais que Sa Majefie,
Très-Chrétienne a donnerdepuis
cjh Elle afait des Profofttions di
Paix, &principalement defuir:
que Sa Majesté s'ejldéclarée lei
2f.d'Avrildernier3qu'Elle nei
voulait point entendre à aucun'
atcommodement3qt4avec la cessions
de Luxembourg
; d'ailleurs, qu'ilo
yavoit lieu de croire que la con-\
fiance que le Roy Catholique*
prend ordinairement en la PerJ
Jonne d'un Gouverneur duPais-
Bas Espagness en dfftz grandepour
luy, permettre de cedsr une
Place
'lace, afin d'enfiuver beaucoup
autres, & pourfiniruneguerre
4c fEfpagntne peur joutenir
ng.temps; mais qu'en tout cas
s Majefie n'efloit pas réfOtu¡:)
nés que les Espagnols avoiee,t
mat uje des délais quElle leur
'donnc7,, d'en prolonger le tirle
y
sur tout en cetteptifon
,
eu
a Majefie peut remporter de jt
pands avantages.
, Mais que SaMajefié, pour"
iire voir lasincerite de Jes Ínntions
j
avoit offert des Expélens
qui donnoient tout le temps
kejjaire a l'Effagnr, pourJe
?terminersurTes Offres; &ue
ljimbajjkdetir s'enefloirèxpüî
que dansles Conférencesqu'il 4,
eues avec W. S\. cnfuice diï.
Mémoire du 23. d'Avril, a quoy]
il sess rapporté dans Jbn MEmoire
du de ce moU.C'efl 41
fcanjoir9 que pourvu que iouï
obligiez par un Traité (igné m-j
cejfamment,quifera garanty
par le RIJ),d'Anglttfrre
,
cmparî
tous les Princes qui y.voudrait
entrery de ne donner aucune ajjif-j
tance aux Espagnols,direclcny
inditecle, £7* de ne pas /OM~/
que 'Vos Troupes ftt/Tent lemom~.
are afie d'Hoflilité
contre les.
Troupes, Pais, Sujets,ou
Sa MAjeflé) Elle promet de
contenterde ta Villedt Luxemwrg
, & des autres Lieux qu-
Ue a demande% Ir zy.
d'Auril
rnier; Elleconsent d'attendre
i mois, on tout au plus sixfeaines,
à compter du jour que
Traité fera figné a la Haye,
te Efpatne envojt les Ratiations
en bonne w dûtforme
[dites crfFon & renonciation,
condition toutefois que far le
tfme Traite, qui ferafignépréntement
a la Haye, ilfoit fti-
4equ'au cas que le Roy d'Ef,'
gne ne ratifie pas dans un mois
six femainu en bonne & due
forme lefditcs cejfon dr renon,
ciationy les Etats Généraux re.,
tireront après ledit temps de siJs
semaines Uur^Troupa dcsTaïs'
Bas Efpaçnols,& ne pourrons
aùnner, tant que la prefenh
Guerre durera3 aucun secour
aux Espagnols par teutailleun
ny contre le Roy3 ny contre se
jdllie^i & Sa Maj/fie s'obll.
gera de n'attaquer ny de sempa
rer d'aucune autre Place des Pais
Bas,mesme de ne pouwirfair
la guerre dans le plat PaisEspa
gnol des Pais- Bas, si les Ejpa
gnols s'en abfliennent ; Sa Ma
jejlé se réservant le pouvoir à
Verter fcs Armes dans les Pats
duRoyCatholique,par toutailleurs
quaufditsPaïs-Bas
3
juf
quà ce que lEfpagne aittétably
la Paix quelle a ràmpue.
Quant a ce que W. S S.
allèguent} que le terme rnarcjue
par le Mémoire du f. de ce meti,
efl trIp court mesme à leur égard,
J"AmbllJJadcur leur a répondu
premiérement, que la Ville de
Luxembourg
3
après avoir batu
la Chamade
>
& commencé a
parlementer le
1. de ce mois
, ne
s'eslans pas rendue lemesme jour,
sur les diffiëulttZ quiJefontformées
dans la Capitulation
>
le
terme que Sa Majeflé. VOUK
donné,se trouvera allonge an
tant de jours que cette Place aur. temdpxu le i. de ce mois ; airij
VV. SS. auront eu onze jour
AU moinsadélibérer depuis la pri*
jeritation du Mémoire.
En fécond lieu, qu'il efi du
notoriétépubliquey que Vîf. S5
peuvent en dowçe jenrs, 19 ml.
m: en dixjours,consulter les Pra
vinses , £7* former une Réfblu.
tion dansles Etats Généraux;
que dans les affaires decettt
conférencey ana vuprendre dei
réfolutiêns en moins de tempsqpt
jùeluy de dix joursxsurtout qutyâ
t'tn une Affaire dont les Provîntes
font informéesde longUe
main. , comme elles le font Je
celles dont il s'agit, puis que Ha
~>
t puis a
Proportionfaire le J. de cerrkis
nJeflant pas nouvelle3 il està
présumer que Mcjfteun les'£Vputez:.
aux Etats Généraux, font
inflruits des fentimtns de leurs
Provinces. :"
Ledit Ambassadeur en persuadé
que ces raisons font plus
opefufjfiantes; mais afin d'ôter
.tout prétexté a ceux qui en prenncntsur
les moindres chofes3 pour
tazberd'éloignertouteforte d'a,-
commwement, il a djoâté atte
Reponse a Jes précédentes
y
qH
Jis ordres a la verité efloientpré
cis, &q'J" Sa Majefié luy avol
commandéde ne donner que dO!4
jours après la Prise de Luxent
bourg ; maïs que comme Sa MÀ
festé n'avoit marqué ce terme, qui
parce quElle efioit persuadéequii
cfloit suffisant pour prendre unt
résolution dans les Etats Genéraux
, & quElle ne lavoitpM
dl:ermiJlJé si court pour jetter la
Etats dans limpossibilité de pouvoir
rendre une Réponse dans ledit
temps y Ambaffadeurferé*
gleroit félon la sincérité des liqtarifions,
du RoyfinMaiflre, quii
10 d'apporter toutes fortes de fa- ,
lors que VV. SS. agïorit
de leur cDJqé avec toute la
rncérité:J st)avectoute la dtli-
;ence qu'il leur est pop'le.
C'estpourliiey comme il en
wftant que la Province de Holtnde9
(gf les autres Provinces
6 plus proches, peuventprendre
leurrèfiolutton dans le tempsfpé-~~
fié par le Mémoire du j. de-
:e moü, si la Hollande leÎ
autres^Provinces uoifines ont résolu
dans le terme marqué J'ACcepter
lesOffres de Sa Majesté,
si on en donne part à laeibaf-
(adeur & r'sadeur£r on lu qu'onlujdemandâjl
un jour ou Jeux, foit pour attri
dre la RéJolutton des deux Pr
l'inccs les plus éloignées,si
pour avoir le temps de former
Résolution dans les Entts Gen
raux9 ilvoudroit bien prend
sur luy de Ægnrr/e Traite un joi
oodi d ux tpllau ttaarrddqqtiuiill ne lluu-yYe
ordonne, e il espere qve S
-
Âfajefté tauroitagréable; me,
si la Province de Hollander&
les autres Provinces,<jmpeu
'Vent avoir pris dmsledittemp
leursrésolutions, nr tavotentpa
fait, aUrs il nesedtfpenfcrm
pas de ses ordres, & fuivroi
encore en cela les intentions du
à Majejîé, qui efl AUJF eloinee
d'accorder un dstay>qumâ
! ne feroit que d'un jour, lors
uElle verront qu'on en abufeoit,
quElle auroit dindulgence
our en 4ccorder, lors que VIT.
séf-lirait ce qui rsi en leur
'ou'VQir) il riy durait que la
\orme d? leur Gouvernementt qui
mpêcheroitquon ne puflformer
me Bjfolmt'onventralet qu'un
our ou deux "pres tEcheunct dit
erme.
Voila ce qui regarde le prenier
point. Pour ce qui est du
recond, les Depure'{ de VV. SS.
Jnt témoigne qu'ilsfouhxitoient
fort que lt Paix ou la Trêvef
genérale,
LAmbaffadeur leur a deman
sils entendaient par là quon j
un Trategénéraly ou s'ils vo
lûient qu'on traitaji icyjles conc
tions qui doivent entrer dans
TraitédeTrêveque laFrancedt
faire avec l Empire; ils entrepôt
du qu'ils ne le prétendoient pas. LAmhajfideur arépliré., qi
VV.SS ne fouhaitoient de;
autre chose
s
jinolt que SA MA
jessé voulant bien finir par m
Paixj ou par une Trêvedevint,
années, les diferens qu'Elle
avec l'E(eâgneJ EUe vwlm
en terminer pareillement par'
te Paix
, eu par une Trêve de
ingt années, les démejle%quille
peut avoir avec quelques
'rinces de l'Empire; que ledit
imlajfideur ne pouvait mieux
iire connoifire combien Sa Aîaif/
é fiuhaitoit fncérement de
aire la Paix genérule, @J de
lonner une fécondé fois le repos
! toute l'Europe,auendéclarant
lue Sa Majefiéluy a permis de
rromettre en fcnmm, qUI? du
rour que le Traité proposi fera
clérn'é à la Haye ,
Elle donnera
encore unmois à l7a Dr~iette. de
Ratisbonne, pour l'acceptation dt,
la Trêvefaux conditionsquEli
a cy-devant offerte s, <^rquEllx
* n'itérées depuis tiok mots.
Ledit yimbajjadtur ne doutt
pas que W. SS. nevoyentp*i
toutes lesfacilite^ que Sa Majeiféapporte
À un bon Accommoaonent
, combien Elle desire de
tonneJoy le rftablijifement de la
Paix
j~r~ne jugentbien
,aufl, fte-îf après que Sa Majtjlé
a epuise tous les moyens
pefihles, vv. SS. nen veuUnt
pas profiter ; Ellene sarrefiera
plus dorénavant a aucune confi1
deration,en réglerases Demandes
O*sesPrétentions} que:
1k
le fitccés qu'il fUira,aDiesi
< lonnerà la jujîice desisArmes.
itÀla Haye le Ó. Juin16$4.
gne', LeComted'Avàux.
L'Air nouveauqueje vous
voye, a cite fait par un de
s plus grands Maistres;
lÍi vous le chanterez avec
isir.
vAIR NOUVEAU. 0;cyletetmrJ't Printtmpst
vittdws,hesfioh)da.sh$s -
Champs;
sFBoergùerfscntronet d,ânçâtttfirla verte
*4$dis,hcléU) futjemd,,jejert, --
Etnefuisréfijler auxpeina que je
- •
efns. i
0 trop heureuse Tourterelle, 1
Jjhte ton bonheur (JtgrandfomCAmotireufeLol!
1
v - Prcnspartàma douleurmortelia
Htlas! fil nas pxsperdu comme Mo
Ta CompagneÇdcllc. 5
Vous avez appris la mor11
de Madame laDuchessè de
Richelieu, mais vous n'avez
peut estre pas sçeuqu'un
abcès qu'elle avoit dans le
gorge, s'estant crevé, elleen
est morte presque subitemnt
Elle estoit de la Maison de
Fors- du Vigean,&fut mariée
en premières Nôces à Mrde
, #



Pont, Frere aîné de feu Mrle -
Maréchal d'Albret, & en secondes,
à Mr le Duc de Richelieu,
Neveu du Cardinal
de ce nom. Elle a toujours
eu beaucoup de vertu, mais
sans ostentation- & beaucoup
d'esprit,y sans se mettre en;
peine de le faire paroistre.
Elle ne rejettoit aucune occasion
de faire plaisir, & n'a
jamais fait de mal à personne,
Son mérité la fit nommer
pour remplir le Poste de
Dame d'Honneur de laRey,
ie,qu'occupoit seuë Madane
laDuchesse de. montati.
fier. Elle eut l'avantage d'ê
tre, choisiepar un Roy, qu
joint aux plus grandes qua
litez un discernemét sijuste
qu'on est toûjoursassuré qu.
ceux qu'il choisit font digne
desEmplois qu'illeur confie
Quand ce Monirque voului
mettre une Dame d'Honneur
au près de Madame laDau
phine, en qui cette Princesse
pust avoir confiance, il lu
donna Madame de Riche
lieu, qu'il tira d'auprès deIl
Reyne.
Lemesme jour, Marie
Loüise Pot - de Rhodez
Veuve de Messire François-
Marie de Lhôpital, Duc de
Vitry
, mourut d'une apopléxie,
quila mit deux jours
à l'agonie. Elle estoit Fille
de Claude de Rhodes,&de
Henriette dela Chastre,&
Petite-Fille du Maréchal de
ta Chastre. Ces deuxMaisons
sont des plus illustres,
& des plus anciennes du
Royaume. Tout le monde
sçaitquelaCorneteblanche,
& la Charge de Grad-Maître
des Cérémonies, ontesté
creées par un de nos Roys
dans la Maison de Rhodes&
ce qui est à remarquer--
c'est que laCnarge de Grand
Maître des Cérémonies esl
encore aujourd' huy dans
cette Maison. Madame la
Dachesse de Vitry entroit
dans là cinquante-cinquiéme
année. Elleavait l'esprit brillant
&vif, beaucoup de con
noissance dans les belles Lettres,
&: entendoit & parloit
parfaitement la Langue Italienne.
Son Corps est en dé
post dans S.Eustache, en at
teniant qu'on le porte dan:
le Tombeau de M le Maré
chal de la Glastre. Plusieur
ours avant sa mort, elle deJnanda
lesSacremens, & les;
eçeut avec une devotion, &
in abandonneront à la voonté
de Dieu, qui faisoit
ondre en larmes tous ceux
lui estoient dans sa Chambre.
Il est mort icy quelques
utres Personnes de l'un &
le l'autre Sexe, dont voicy
es noms.
Dame Catherine de Lataignanp,
Veuve de Messire
Pierrc Poncet, Comte d'Alys,
Doyen deMetiteursles.
DojafeiUersd!Etat;.
MessireNoël le Boulte
Coseiller de la Grand'Chan
bre. Il avoit esté reçeu, Co
seiller enJuin1632..SesArm
font, de ruculles au Chevre
d'or au Chef julle d'or~cdl
gueulles de cinqpieces. MrFri
zon, Doyen de la Second
des Enqueftes, est mon
par cette mort à la Grain Chambre; î
Messre Pierre deCarcav
cydevant Conseillerau Pai
lement deTouloute,auGran
Conseil,& Garde de laBiblie
tequeduRoy,Ilported'az
à un Levrierpassantd'or
mpagné de trois Etoiles de mes
e, deux en chef, une enpointe.
Messire Estienne Cisternert,
eigneur de Vinzelles, Préfimc
en la Cour des Aydes
Auvergne. Il avoirépousé
e Soeur de M' deRibeyre,
onseiller d'Etat, Gendre de
Mrle Premier Président.
Dame MagdelaineTalon,
lle estait Soeur de Mr l'Aocat
General Talon, l'un
es plus grands Hommes de
ostre Siecle,de Madame
oisin, Femme du Conseiller
Etat) & deMadame laPré
dente Bignon- , &- avait
epousé Messire JeanFranço
Joly, Seigneur de Fleury-M
rogic Conseilier au Pari
ment, Fils de Messire Jea
Joly, Seigneur de Fleur
Conseilier au Parlement
Bretagne, & en fuite Co
seiller au GrandConseil,
de Dame Charloce de Bou:
Ion, Soeur de Messire Charlc
de Bourlon, Evesque de Soi
fons. La Famille de Joly e
originaire de Bourgogne, o
il y a plusieurs Branches qe ysubsistent au Parlement l
en la Chambre des Compte:
Feu. Messire Georges Jol,
Bara
ron de Blaisy, second Prelent
au Mortier de cc Parnent,
Frere de Madame
Premiere Présidente de la
rchere
, a fait l'une de ces
anches. On compte de
te FamilleM Joly, si eftidu
Duc de Bourgogne
Souverain
,
dont il estait
nseiller d'Etat. Madame
Fleuryest morte d'une fiécontinue,
dans là quatième
annéey avec des
rques d'une pieté très édinte,
& une réssgnation enre
aux ordres de Dieu.
Famille est pleine de Gens,
d'un très-grand mérite.Fei
M ion Pere, Omcr Talon
estait Avocat Genéral du Pai
lement de. Paris, & avoit ci
cette Charge sur la démissio
de M Talon Conseiller d'E
: tat, son Frere aîné. Son Ayei
estoit M Talon celébre Ave
>
car,l'ornement du Bârrea
qui avoit pris Femme dar
la Famille de Choart; de
mieuxalliées de la Rob

Madame sa Mere, qui s'ai
pellaitFrançoise Doujatéte
Soeur de Mrs Doujat, Co
seiller au Parlement, & Mai
tre des Compter, & Fille a
Denys Doujat, AvocatGexéral
de la ReyneMariede
vlédicis, & de M4 adeleine de
lela Haye de Vantelay. Jolyle
Fleury porte écartcléau prenier
& dernier d'azur au Lys
[argent, au Chefd'or,charge
l'une Croix pallee de fable ; an
ercend & troïpeme "azur att .yon leeooppaarrdeé d'oorrjarme &
e ampajjé de gueules. Talon
>orte d'azur au Chevron d or,
ccompagne de trois CroifJans
barge^d'EpysdemeÇme,deux *
n Chefy & l'autre en Pointe.
)oujar porte d'azurauGrifm
couronne d'or.
Toutes ces morts ontefte
suivies de celle de Messire
Loüys Charreron, Seigneur
de la Douze, Président aux
Requêtes du Pallais,&Doyen
du Parlement, où il avoit
este reçuConseiller en Janvier
1616. Jevousay parlé de
luy & de sa Famille en huit
ou dix de mes Lettres. Mr
Godard du petit Marais, qui
estDoyen de la Grand' Chambre
,
l'est devenu du Patiement.
Vous avez vu naistreun
diférent entre les Aftronomes,
& les Astrologues. En.
voicy la fuite.
ETTRE APOLOGETIQUE
d. Mr Crochat, Pro esser des
MathématiquesàParisvcontre
Mrle Serrurier, Aitrologue.
MONSIEVR,
Trois infimes Faueetez, que
- remarque dans vostre prétende
Réponse du motsdAvrils
'Zt assiz con*îoiflrequevous ne
ows lzffek point d'estre le Parfan
de la mauvaise foy da
fftrdlogues,qui vousferont peu
Mi?e% de mettre en compromit
honneur imaginairequ'ils att&.
chent à la recherche de lAftroi
fieJudiciaire.
La première de ces Faujjen
confijie en ce que vous ne voult
pas reconnoiflre pour un jnfta,
fixe Ëm determiné, celuy auqu
le Soleil entra tannee izrriie
M'4 premier degré du Belier; j
fécondé, en ce que 'vous mm
putek de ne reconneiflrele PÔI
ny pourun Ptinf PhyfiJfue> n
pour un Point Mathématique
f)r la troijtéme
, en ce que von
ditaque de mon aveu propre i
ne peut ntltiflre personne fois l Pôle. J'dy d vont direfar laprc.
ttiere
) que l'entréedu Soleilau
dernierdegré du Beher efl teue
ncnt fixée déterminée parles
dftronornes, quelle peut fercuir !'Epoque à tous les inlfans qui
ujfont antérieurs gr pointeurs.
)utre 'qu'il m'éflégalqu'onpuijef
tterminèreu non l'infiantJe la
'aiffance dont il s'agit; carsi on
détermine
,
vojlre sentiment
yett pas légitimé, & si on ne
r determine pas9<vous nefçau-
:e:m( adnrdeses.er la Figureque jevous
Appolui tibi >gnem
: aquam ; ad quod volueris
orrige.
Gluant é U feconde- iota
#ve% mauvaise grace de direqu
je ne reconnois le Pôle ny pot
un Point Phiftque3 ny pour u
Point Mathématique, Si vcjh
ntauvaifefoyvousavoitpermï
d'entrerdansmesvéritablesfm
timens3 vous naurtek pastem
ce langage). qui tourne encore plu
d ma gloire qu'à vostre confusion
J'dyfeulement avancé3 que biet
que le Pôle foit un Point Ma.
tinmatiqnt ou PhjJique, il ne
s'enfuitpas uIj ne puijjenaifln
quelqu'un
dans
le Climat qui
luy répond. J'en ay déja apportt
plujïeurs raisons, que je ne repétt
pas icjy Je me conUnteray d'en
lonner une nouvelle, qui vous
Armera entièrement la bouche.
N'est- il pas vny, MonfÙur,
jue quelque part qu'onon
xaiflfous le Zenith qui est u,
Doint Mathemtttique.) ou pour
e moinsPhifiquc?Paurquoy donç
oùtenirqu'il ne peut naiftreferonne
feus le Pôlexfuis qne ce£l
e Z'nïthmesme de ce Climatf
*2ecoup que vous ne (çauriez'
gauchir
j
étourdira sans doute
oute vojlreCabale.
La troîsiémeFauJJètéeji une
dite de la fécondé. Je tombe
\'accord
j
dites-vous qu'il ne
eutnaistre ferfonnefousle Polei
1-ay néanmoins Joutenu le ion
traire av - c beaucoup de jujlic ù de chaleur
3 ayxnt toijour
cnvifigé cette quejïion comm
ycé quession c /le qui nous partage le plus.
Mats je J.é.:ouvre vojbe sirata
géme; ceflcjxe vousave^ vouh
vaincreparjurerse ceux cjAe10u,
ne (f1.'trIez Vaincre pir unsolïdi
raifintement.Vous-voye% ce.
pi'ndntcombienvojlreatteint^ ètf$aine.; Catrots Faujpte%efiantMn/i
connues&réfutée*yvous n?de*
plus différer de quiter des dr:.
mes dont la ofiblejfc ne peurroii
tjuevmseflrej-atïde.
r
AU refie
) comme vousexitz
de plus amples Reponses que
•Iles que je vous ay faitesy quoy
tielles fuffifnt pour détruire tout
? que vous ave^A avancer en -ell
tveur de t^jtrologie, je vous
vert'tsoue je moccupe àdznnet
un tost au Public un Traite qui
econtiendra autre chefe quemon
y'ije&oniexpliquedanstoutç\
on étendue,, avec la réfutâtort,
Irs Réponjb qu'ony afaites, oti
,uun yfera, fousaure% beauoup
depart À la confusîon qu'en
ccevr&ntlesAstrologues,
npoùrra -
dire avec justice >que
was esses la ViBime facrtfiéç
pour lefa/utdel'Ajlrologie. j
fm,&c.
CROCHAT.
Rien n'estplus à charg
qu'une Converlation pesar
te ,
& on est toujours quit
à ban marché, quand o
s'en tire pour de Targen
C'est ce qu'a fait depuis pe
une Dame de bon goust,
qui ayant le dilcernemen
fortdilicat sur toutes choies
n'a pu se contraindre à cl
fuyer de fatigantes visites
Elle se les attira par une oc
cafioaassez imprévue. Eli
t feule prendre l'air au
rs, & en y entrant, ion
her embarassa son Ca-
: dans un aurre, &eut
nalheur de le renverver..
trebuchement fit accoucus
ceux qui le virent,
ant que de travailler à reer
le Carrosse
, on en tira
Abbé, à peu prés texagere.
La colere où il citoit
ata dans les regards, 6c
chagrin naturel fenifié
celuy de lape
,
le rennt
milepropre à fourcnir
ec patience une pareille
amure , il s'emporta contre
son Cocher,& biçn pi
encore contre celuy. de
Dame. Peu s'en salutmesr
qu'ilnequerellaU les Spe
tateurs inuriles, Il les rega
doic comme sellant asser
blez pour le divertir de le
embaras,&cela contribue
à augmenter sa mauvaite h
meur. La Dame, aussi civi
& honneste qu'il estoit ma
gracieux,delcendit de le
Carrosse, pour luy derrar
drr si le malheur de la chût
cstoit le seul accidentdor
il se plaignill. Illuy repon
dit d'une manière afièzrude
qu'il ne sentoit pas qu'il fust
cfle, mais qu'ilsçavok bien
que tes Glaces estoient casées.
LaDamenevoulantrien
pargner de ce qu'ellecrût
capable de l'adoucir, gronda
OnCocher sur son peu d'airesse
,
& apprenant qu'il
alloit racornmoder quelque
chose au Carrosse de l'Abbé,
l e le pria de prendre une
place dans le fien
,
se charre
ne du ioin de le remener
xh z luy. Il accepta le pany,
& fit quelques tours avec la
Dame, qui pour luy faire oublier
ses Claces cassées,l'encretint
de mille choies, d'u
air enjouéquilulpcndit le
chagrin. L agrément de
Perionne en donnoit beau
coup à tout ce qu'elle difoi
Aussi l'Abbé en fut-il touchi
Il commença à Ce montre
moins sauvage
; & le plaisi
qu'il avoit trouvé à l'enrre
tenir à la promenade, luy
ayant paru trop court, ilail,
la voir le lendemain. La
Dame le reçût obligeanin'ent
& pour l'inden-nifei
de les Glaces
,
elle tâcha de
ne se pointennuyer pendant
deux heures que dura ceuc
i
milite, U ne roanquoit pas
l'esprit; mais quoy qu'il le
ust acquis par là quelque
eputation, ce qu'il en avoic
stoit un esprit de Livresy il
çavoit beaucoup
, & débitoic
nal. Deux jours après, il réïérasa
longue visite, & il alla
nesme juiques à la proloner
d'une troisiéme heure.
a Dame trouvant sesGlaes
très suffisamment payées
ar la complaisance qu'elle
voit euë d'écouter deux fois
s fades douceurs, ne le vie
ts plutost: forty de chez elle,
qu'elle donna ordre à tous
sesGens de le renvoyer quai
il reviendroit. Les choses
firènt la premieretfois d'ui
manière qui ne luy don
aucun Coupçon. Il crût qi
~la Dame estoit sortie, & s'e
recourni sans autre chagr
que celuy de ne pouvoir
voir ce jour-là. Il ne sut p
si tranquille quelques jou
après. UnLaquais d'une I
vrécinconnue,qu'il rencoi
tra d'abord à la Porte , k
dit qu'il avoic laisse la Dan
en sa Chambre; & lors qu
fut aux premiersdegrezd
l'Escalier, un de ceux de
Maison vint l'arrêter brut
quement, & soûtint toujours
qu'elle estoit en Ville. Pendant
qu'il s'obstinoit pour
monter, sur la premiereafsurance
qu'il avoir reçue, une
Suivante parut, & luy ditla
mesme chose ,mais ce fut
d'un certain air qui le convainquit
qu'il y avoit un orire
lecretdonné contre luy.
seretiratout fulminant;-
& pour sçavoir avec certitude
s'ilestoit vray qu'onn'eust
Ms voulu le recevoir, il mit
ut guetun de ses Laquait
lUi. après avoir attendu une
heure, vit sortir la Dame
pour quelques visites qu'été
avoit à faire.Cefut alors
que l'Abbé ne pûtmodère
son ressentiment. Il se représenta
mille fois combien c
mépris estoit outrageant, ve
nant d'une Femme à quiil
sacrifioit ses Glaces. L'essor
qu'il se faisoit pour cela luy
paroissantdigne de touteautre
récompense
,
il résolut de
ne les pas perdre, & fit donner
dés le lendemain assignation
à son Cocher, pour le
payement qu'il en prétendoit.
Le Cocher alarmé de
,ttte- Assignation, alla prier
la Maitresse d' empcicher
Abbé de le poursuivre.Comme
le Cocher avoit fait la
faute, c'estoit à luy de payer
les Glaces ; mais en mesme
temps il ne tenoit qu'à la
Dame de terminer le Procés,
: unevisite rendue à l'Abbé
en faisoitvenir à bout. Elle
y feroit résoluë sans peine,
ce n'eust pas esté s'expor
à en recevoir d'autres,
ont illuy estoit impossible
: s'accommoder. Dans cet
nbaras,voyant que le Procésn'estoit
intentéque parce
qu'elle ne vouloit plus est
visible pour celuy qui le faifoit,
le seul party ~qu'ellev
£ pren dre, fut de dire i fè
Cocherqu'il se défendit
comme il pourroic de la poursuite
quiluy estoit faite,
< qu'elle aimoit mieux paye
les Glaces pour luy, que d
consentirà revoir l'Abbé
Elle fit agir quelques-uns d
ses Amis pour les intérests d
sonCocher, qui paroissoit
seul en Cause
; mais l'Abb
estoit d'une FamilledeRobe
&.çet avantage luydonnant
unfort grandpoidsaupré -.,)
de ses Juges,on demandJ"a
inutilement qu'on rabatift
sur le prix desGlaces quelques
morceaux assez grands
qui en estoientdemeurez,
& dont onpouvoir faire des
Miroirs deToilette; ses prétentions
furent remplies, Be
il obtint tout ce qu'il voulut.
~mH le Cocher fut condalll.
le)p la Dame paya, &l'Abbé
ne la vit plus. Je ne puis
vous dire si le payement de
sesGlaces l'enconsola,mais
pour la Dame, elle a dit souvrreenttidtdepeupiusislleePPrrooccèéssjjuuggée,,
luy payer un. Carrosse entier,
s'il n'y avoir euque ce seul
moyen de se garantir de ses
visites.
6
Il faut vous parler des Evêchez.
Mr l'Evesque de Tarbes,
qui avoit esté nommé
à celuy de S. Omer, dont
il a fait les fonctions, comme
Grand Vicaire du Chapitre
de cette Eglise, a eu l'Archevesché
d'Auch. Il est de
la Maison de Suse en Dauphiné
,
qui est une des plus
considérables de cette Province.
Il est très sçavant, ôc
bienfait de sa Personne.Quoy
qu'il
qu'ilsemblequ'on doive
moins remarquer cette ua-;
ité dans un Prélat, que dans
un Homme du Monde, elle
ne luy est pas neanmoins
tout-à-fait inutile. Si un
Evesque doit imprimer du
respect & de la venération
par son Caractere, il en imrime
encore davantage,
uand la bonne mine est
~inte à la Dignité. Celuy
ont je vous parle a servy
le Roy dans les Etats,où
~trent les Evesques de Saint
Omer, & toutes les Affaires
qui luy ont esté commitMes,
onatreüjsseyausgtréédeS.a
Mrl'Evesqued'Aler,nomxxié
à l'Evesché de S. Omer,
estoitMrl'AbbédeValbelle,
Aumônier du Roy, quipour
faire voir la passion qu'il 1i
d'estre auprès de ce Monarque,
a acheté de Mrd'Agde
laCharge de Maistre de l'O.
ratoire deSa Majesté.
Mf Mellian, Evesque du
~Gap,aestéfaitEvesqued'A
let. ~IlestFilsdefeuMMell
lian, Procureur Genéral ar
Parlement, & a esté Aumônier
de la Reyne Mere, L'E
lcfcl-ié de Gap a esté donné
Mrl'AbbéHervé, Filsd'un
Conseiller de laCour. Ilmene
ne vie tres-exemplaire, &
est fort utileàl'Eglise, à cause
es progrés qu'il fait tous les
)urs par ses Controverses.
Mr l'Abbé de Lusignan,
nomméàl'Evesché de Rho-
~és,estFilsdeMrdelaCoste
Chas, autrefoisLieutenant
es Gardes duCorps,&Frere
e Mr le Marquis de Lusinan,
cy-devantSous-Lieunant
des Gendarmes Ecos-
~is.
Mrl'Abbé de Chalucet.
Fils de feu Mr de Chalucer,
Lieutenant de Roy de Nantes,
& Beaufrere de Mrde
Bavile,Intendant en Poitou,
a esté pourvû de l'Evesché
de Toulon. Il est grand Naturalifte
,& sans une surdité
qui l'incommode très-fort
il eust esté loin dans les Controverfes
,
dont il se mesle
en Poitou avec beaucoup de
succés.
Mrl'Abbé du Luc, Neveu
de feu Mrde Fourbin
,
& de
feu Mr l'Evesque de Toulon,
a estenomméà l'Evesché de
Marseille
, quoy qu'il n'ait
guere plus de ving-cinqans.
Son mérite a fait passer par-
Hessus son âge
, pour l'élever
~L'la Dignité de l'Episcopat,
~1 est de la Maison de Vintimille
,
l'une des meilleures
le Provénce & d'Italie.
L'Evesché de Bazas a esté
lonné à MTAbbe de Gour-
~çues, Fils d'un Président au
Mortier de Bordeaux. "}
,
Mrl'Abbé Verjus, cy-de-
~rant Prestre de l'Oratoire, a
~,fié nomméàl'Evesché de
Grace. Il est Frere du Pere
Verjus,Jésuîte
,
Secrétaire
lu Perede la Chaise , & de
MVerjus, Comte de Crecy
Plénipotentiaire de Franceà
Ratisbonne.
Comme tour cet Article
regarde l'Eglise, je ne ~puiî
mieux le finir qu'en vous
apprenantque M' Jary,Cure
de S. Georges de Mesnil ~cr
Anjou,areçudepuis un mois
-
la Profession de Foy, de MademoiselleElisàbeth
de BOlLrillon.
Il accompagna la Cérémonie
d'une Exhortation
tres-édifiante. v;1
:::'r:, Je vous ay parlé de la more
-
de Madame la Duchesse de
Richelieu y mais je ne vaut
,ay pointdit. parquilaCharge
quelle' possédoitde Qatije
d'HonneurdeMada'm.e}a
Dauphine a- esté remplie.
Comme c'estun Poste qui
ne doit estre occupé que,par
desPersonnesd'unmérite
quisoitreconnu,genéralement
,le Roy jeta d'abord
lesyeux sur une Damed'une
si éminente vertu ,&d'un
esprit si, solide, & si bien
tourné
, que toute laCour
applauditaux desseins-dece
Monarque;mais cette Dame
se défendant avec une mo-
~kteilie qui apeu d'exemple
de l'honneur que Sa Majesté
luyvouloir faire en la nommant,
fit connoistre par là
que ce Prince auroit fait ua
tres bon choix. Monseigneur
le Dauphin & Madame la
Dauphine en parlèrent à cet- teDame, qui se montraen-,
core plus digne de cet honneur
, en s'efforçant démarquerqu'il
estoit trop grand
pour elle. Quand on peut se
voir dans un haut rang, &
qu'onaallezd'empire sur foymerme
pour s'empescher d'y
monter, on s'éleve en s'abaisjkskt
; n'accepter pa.s ~pari
ir principe si noble,c'est
lusque de posseder.Ainsi
Dnpeutdire que cette Daîes'est
mise au dessus de h*
Hgnité où elle a pû parveir,
puis qu'onnerefuse les
rands honneurs que paç
randeur dame, & qu'il ene
fort souvent delafoiblesse
ans ce qui nous porte à les
^chercher. Ce n'estpas que
imbiiion ne puisse établir
n beau caractere ;mais pour
'avoir rien de condamnate,
il faut qu'elle foit accom-
3gn$p de beaucoup dechoquisetrouventrarement
dansuncoeurambitieux. Ce
pendant, le Roy quiavoj
résolu de remplir le Poste d
DamedHonneur de Mada
me la Dauphine, par un
Personne d'un mérite diftin
gué, 6c qui connoist toute
celles que leur vertu re,
considérables, quand mêjiv
elles ne paroistroient pasi
la Cour, nomma Madam
ta Duchesse d'Arpajon, qui
estoit fort éloignée de s'ac o tendre à cet honneur. ~Cela
fait voir qu'il suffit de {èrci>.
dre digne des plus hluter
Dignitez,pourypouvoir
spirer, sans qu'il foit besoin
~re faire de brigues pour les
~ibtenir tant Sa Majesté a
~cs lumieres perçàtes, quand
s'offre occasion de rendre
usticeauvray mérite. Cette
Duchesse est Soeur dé M le
Marquis de Bevron. Quoy
qu'elle fust une des plus bel-
~"s Personnes duRoyaume,
ce qui quelquefois donne
~ine fiertéquel'onreglemal)
~1 conduire & sa vertu l'ont
oujours fait admirer avant
~ipendant son Mariage. De-;
~luis.qu'elleaestéveuve,elle
presque toûjours yéfei|Lf&
tirée à la Campagne, & i continué de mériter une efti
me générale. Mademoifeltf
d'Arpajon, sa Fille'
, a cih
nommée dans le mefmc
temps premiere Fille d'Honneur
de Madame la Dauphine.
Je vous envoye un Livra
nouveau), que le ~St Blagearç
débité depuis peu de jours
vSe quo'il uy a slong-temps que C'est la Sel -,1 ~eo Partie de l'Acj.de/nieGt
Ijtnte. Le Publicaesté si con-*
tentde la premiere, quel'A
theur n'a pu lujr en refufôg
- - J.
suite. Vous y trouverez
: mesme caractere de brusue
enjoüement, qui vous
tant divertie dans le Chealier
de Pontignan
,
lors
~qu'ilaimoit Babet & ses deux
vialftreflèstotit-à-la- fois.
MademoiselledeMirac y nu
onte aussi sesAvantures d'u-
~ne maniere qui répond assez
ce feu d'esprit Gascon. qui
ous a déja prévenuë en sa
~faveur. Ce sont tousPortraits
d'apres nature, & il n'y a
point d'Originaux que l'on
ne recherche, quand on sçait
qu'ils viennent d'une bonne
main.
Le meime Libraire ~m'a
fait voir un autre Livre, qu'il
doit debiter dans sept ou ~huit
jours, & que je m'engage ~de
vous envoyer en ce temps-là
Voicy ce que porte la premiere
Page. Cara Afujïapba
dernier Grand Yi'{ir. ~Histoire
contenant son Elevation
,
~ses
Amours dansle Serrail,sesdivers
Emplois
, & le vraysujet
qui luy a fait entreprendre la
Voyage de Hongrie,&le Siege
de Vienne. Si l'Histoire vous
attache, vous verrez dans
cet Ouvrage beaucoup ~des
choses qui la concernent. S|
~vousestescurieuse de sçavoir
: qui se passe dans le dedans,
~auSerrail, vous y lirezdivers
intriguesqui vous l'apren-
~ront ; & si vous cherchez
es Galanteries, vous y en
~couverez, qui pour estreà
Turque, n'ont rien qui ne
~e pratique parmyles Amans
~es plus délicats. Enfin je fuis
~ort persuadé que ce fera
rendre foin de vos plaisirs,
~quevous envoyer ce Livre.
instruit, il divertit, & la
matiere en est si nouvelle 6c
~si peu connuë,qu'on n'y
roit aucune des repétitions
quisont dans les petites His
toires quel'ona fait fuccé
der à nos longs Romans.
On m'envoye encore ~un Madrigal sur la Prise de Luxembourg.
Je vous en fais
part, sansvous en pouvoir
nommer l'Autheur.
-
J AmatsCintrépide Alexandre
Ny les Césars, nattroitmojê
prétendre
DjJQIIVlirdomptertonorgueili
Tuprétendoisejhe Cécueil
DespitujîtrsConquérans quipoitnjôient
L'entreprendre;
pluigfAndHérosseso cede f
,
Hrendre. < Tes superbes RampartsJe trûwiont | nnihrfcz.^
,. LeGrandLOFISlesaforcez,; -
raïsnenmurmurepoint,uglairecfi
finsfèconde,
e te vtiÍrfiJ/jll(J L'lx duglusgrand
.-
Roy duMande,
Je vous envoye deux Enigles
nouvelles, enattendant
explication de celles du derer
mois, que vous trouvez
dans ma XXVL Lettre
xtraordinaire
, que je vous
épare pour le 15. de Juillet.
~a premiere de ces Enigmes
~est de la $oiitairp -, &
feconde , de Roselinde,
ympheenjoüée, autrefois
~e l'Empire des Fleurs.
ENIGME.
.'Ô J Efuis ce quonaime lemïeux
Prcfquc en tous teslieuxde liC
Terrcy
-
EtfotivcMoniffait Il guerre,
Pourmavoircommeurtbien &rare
&précieux;
Ma#quandmafaitmacontjùeftc
Celu, qui meposséde a le coerirfi léger J44~1-MmdaPp,ùOjffCffÎieoaInJjjaamMaaiisS Ïi1lnnte Ss'a4rr~-
Etneme gwâepeulong-umpssans
r me changer.
1.1
AUTRE ENIGME. N 1 Ayez,pointpemde Oro'y,ievr.
mordsnynerut.
Farr*4Mertjcfwswnçieè..'
Au milieNdesjcux& des ril,
Préfets deux de fisFavoris.
JldmireZJ ntts/ippaà. j aJla ujte cer- nui*j"d
V-.minoirde Guenonsur ungrand
cou de Gruë,
, -D^Jdilesde, ÇÎjawe-Sôittis*
JPui/orient d'un desdeTortue,
eftamiukd'Aufiyuche,un ventre
de Cochony
ZJtupeaud'tîéïijfin
Ho/i.uslementpohnué±
Des citijjlsd'Ours^desjambes de.
Griffon^
Z/'nequeueenifndeBroe?â*.
Cen'cifpastout. Monchmt3oumx
v. - ^xWixlaplusmtUt i
Efi un ety deChoketta '-
M*ajfI\reiUi d'unfin Re/iardy,
LiCottUntd'unSerpent, le voiaunô yAtkÙettC,àl'àga
Et la marche d*une Belette;
Et monplus deux rttArd
Estccluy rilInjier Crocodilk
t PrcHÀ dcvoYcr Femme en Filié.
Ainfifontjolimentcomposèz,mes deJ
hors,
Etmon ame eÏÏcomme Mon corps.
Voicy un Air d'une nouveauté
singuliere. Il est de
l'illustre M de Bacilly,qui
en a fait les Paroles, ainsi
qeue de tous les autres Airs
sa composition.


AIR NOUVEAU. FZJt-iljamais Breuvage
Plusfaveureuxyt>lwdélitait,
Jgue le Chocolat?
LeRojfolû&Le Mufiaty
t toute autre Liqueurluy doiventrudrehoumage.
Le VinnomfaitmalaUteftev
Le Chocolat nomenguérit, il nousfait vivre, ilnous niiurrlij ilnomaiguise ?appétit.
J^elMédecinferoitfbefk^
J$>*cl MédecinfercitJifit,
IHcondamnerkCbocplttfi
HargneduThé,,
Ty duCaséy rJVI/t,wivat ,,;)
LcÇhowUiu
Je ne vousdis point c
que voussçavezilya long
temps, que dans toutesso
tes d'Airs Mde Bacilly réiifl
également.C'estcequi
obligé deux grands HoMm<
à faire un mot toutexpre
pourexprimer ce qu'ils ~pen
sent d'un Génie si universe
Ils disentque de toute laMu
sique,luyseuln'est point~mi
nieré, au lieu quel'ontrecon
noistlamaniere de composi
desautresAutheurs, dans~ch içyp.4çsAirsqu'ils j-nette*
$u jour. Le.gran*inofribi
:
ç^il>ça a donnezdesat
çon, remplit dix Volumes,
qu'on vend auPalais chez
es Srs deLuyne, & Blageart:
la le dond'ajusterlesAir^
mesmeceux d'autruy
, ôcày
donneruntouragreable coh-
~formementausens des paro-»
es, qu'il possede fcuveraine-
~ment, comme on peut le
roir par son Livre de tArtde
~chanter, si vantéde tout le
nonde. Cette vérité se connoistmieux
que jamais, depuis
la mort de MrdeNiert,
~si renommé pourTexecutiort
&les ornemens du Chant,
bnfçavoitlccommereequrils
avoientensembledepuis
trente années, & l'onattribuoit
à Mr de Niert tout ce
qui estoit CI Mr de Bacilly
Cependanton voie bienpar
ce qu'il fait à présent,qu'il
n'emprunte de personne, &
quelques petits Airs d'Amadis,
&autres du temps, qu'il
a ornez, enfont une preuve.
Quoyqu'un talent si peu
ordinairepour tout ce qujj
regarde l'Artde chanter, soit
connu de la plûpart des Gens
éclairez
,
sesEnvieuxquiluy
veulent nuire, n'ontpas laissé
de faire courir le bruit qu'A n'enseignes
n'enseigne plus,& ils rOllé;
si bien persuadé,qu'on ne
s'endétrompe qu'avec peine.
~ilest pourtant vray qu'il est
plus capable d'enseigner,qu'il
ne l'a encore esté, & qu'un
long usageluy a donné de si
grandes & de si vives lumie-
~es,qu'en fort peu de temps
rend une voix capable de
~out ce qui se pratique dans
~e
Chant.Iln'est point borné
ses Ouvrages,comme beau-,
oup d'autres, & enseigne
diféremment tout ce qu'il
a de nouveau. Ce nçll v, pas toûjours par
le succès quel'on doit juger
ddeulcaopuararfgaeitediensteSlloigldeantcse~d&e~s
Générauxd'Arméedansle
Métier delaGuerre. Lagranderésistancede
ceuxquise
défendent avec
vigueur,augmente
quelquefois lagloire
des Braves quiataquentavec
intrépidité;&quandàlafin
du Combatchacun demeure
dans Gb mêmes avantages,
aucun <|csPartisn'adroit de sedonnerlaVictoire.L'un
s'estdéfendu,l'autren'apas
perdre,quedenepointga
gner,onne~sauraitdire
queceluiquin'arien pris
lit perdu. Vousjugez bien"
ide, je veux parler de l'Affaire
de Gironne.Quoiqu'
ellen'aitpasétésuivie de
outl'avantagequelesFrançois
sontaujourd'hui en
collectionde remporter de
~quelque côtéqu'ils toursent
leurs Armes,sil'on
~xamine beaucoup de cir-
~onstances decetteA&ion!
~"n t.ro:uverrafq'u,'e.ll.eégale en
1 igùeu'r toutce qu'on a jju"
mais~oüydiredesActionsles ~lus éclatantes,&lesplus
échaufées. On ouvrit h
Tranchée devant Gironne
le 20. de May. Le Canon
commença à batre la Vhcc
dés le mêmejour. Le 2. 5.
il y avoit fait deux Brèches.
Le 24. on prit une.Demylune
& un Bastion
,
& l'on
fit Prisonniers, ou l'on tua3
tout ce qui était dedansa
parce qu'iln'y avoit point
de communication de ces
Ouvragesàla Place. Lemême
jour 24. on donna raÍfaut.
Ceux qui étaient commandez
devoient partir au cinquième
coup de Canon.Il - -s
~eut à peine tiré, que les Soldats
volèrent à la Bréche,
sans qu'il fust possible de les
faire marcher en ordre de
Bataille. Ces Lions ne furent
point arrestez par un Fossé,
qu'ils franchirent ,ayant de
l'eaujusqu'à la ceinture. Ils
gagnèrent la Brèche, & furent
ensuite obligez de sauL
ter pardessus un autre Fossé
plein d'eau, mais plus étroit.
Cela étant fait,ils rencontrèrentuneespèce
de Marais,
avec un Ruisseau, l'un &
l'autre tout remply de planchés
dans les endroitsoù la
nécessité du Passage y faisait
courir, comme à des choses
: que le hazard avoit heureusement
fait trouver. Le grand
nombre&l'empressementde
ceux quivoulaient passeren
:lDcfine temps sur ces planches,
furent cause que l'on
se jeta dessus, sans examiner
qu'elles étaient garnies de
pointes de fer, avec des mah.
îiieresdaiguilles,dont quantité
percèrent de parten part
les pieds de ceux à qui la
première ardeur nelaissa rien
soupçonner. Les Ennemis
avaient outre cela~s~ctranchementsàdroit&
à gauche,&
en face deceuxqui
avaient gagné le haut dela
Brèche,d'où ilsfaisaient
grand feu. Cependant, nos
Troupes forcèrent tousces
obstacles,&allèrent jusqu'au
milieu de la Ville. Lors qu'-
elles eurent gagné la Place
publique, elles ytrouvérent
un Peuplearmé, soutenu tfe
plusieursEscadrons de Cavalerie.
Ce fut là où il salut qtte
la viileurcedaftà laforce.
Il êfî à crdireiiierè
dont nosFrân^o&'é'èL
taientbatus,le nôffibyenkï.
roit servy qu'à leur ~donner
plus de gloire, s'ils n'avaient
point été affoiblis & fatiguez
par plusieursActions de
vigueur, qu'ils venoient de
faire tout d'une haleine. cela
fut cause que n'ayant pu exécuter
l'ordre qu'ils avoient
reçû, ils tombèrent dans une
confusion qui empêcha de
faire les Logements & les
Retranchementsnécessaires
pour s'y maintenir. Ainsi ils
furent contraints de se retirer,
aprèsavoir combatu avec
une vigueur que l'onne peut
exprimer, depuis huit heu-
,
i
lbes-du soir jusques à présde
minuit. Il estimpossible que
es Ennemis n'ayent pas perdu
-
autant demonde que
~nous en cette occasion. C'est
~un fait constant, qu'on leur
tué ou fait Prisonnier tout
qui était dans la Demy-
JfiC & dans le Bastiondont
~on
se rendit maître avant
~que de monter à la Bréche,
~x qu'on en tua beaucoup sur
~n
Bréche même, puis que
~l'on n'en peut chasser des
Gens qui la défendent vigoueusement,
sans qu'ilyenait
quantité qui demeurent sur la
Place. On le retira en boi
ordre
,
& l'on monta à
Tranchée cette mesme nuit
Ona ensuite consuméles Fo~
rages, on a fait retirer le Ca~
non, & l'on s'est promen
dans lePais Ennémy. Il et
fâcheux de lever un Siege
quand on a perdu plusieurs
moisdevant une Place
; mais
quand on n'y a demeuréque
quatre ou cinq jours, ce qu
sy est fait ne doit estre regardéque
commeunAssaut
donnéà quelque;Chasteau
qu'onauroit voulu- prendre
^emblée>&J^njpafcc&ag
itc une Affaire importante.
lesEspagnols,quin'ontpas
accoûtumé de remporter lé
moindre avantage contre les
kri-nès du Roy, peuvent se
anter de ce Siege. aban.
donné. Ils ontraison. Ils
ont si souvent de grandes
~ertes, que c'est triompher
our eux, que desauver des
lacès qui sont en leur posssion.
Cependant, il leur
~udrades annéespour re-
~mettresur pieddesCompanies,
pobrlerè'rabliflemedû
u~elelqsuqeuse,ljloeusirlsn.Fefraaudnroçiotqiuse
On a remarquéqueGirônn
a soûtenu vingt-trois Siegej
sans que les Attaquans ayen
jamais entré si avantdans 1
Ville, & que toute la Cata
logneaestéprise, sans quoi
ait pià prendre cette Place
Pourcontinuerde répori
dre aux Lardons, le premie
du 25.de May,où j'en fui:
demeuré, dit en propres ter
mes, Ontuëbiendes Gens de
vant Lnxemhoitrar3 CI il fiu
tout essuyer, parce que l'or m
peut faire de brêche dans le coeJt¡
dCueGtAouuthveeurrntreauvr.aDilelpeu,oisïqluase
~ointassiegé de Places, qu'il
fait dit vingt fois la mesme
nose. Il semble par ce dis-
~ours, que beaucoup de Gou-
~rneurs en ayent déja livré
la France; cependant iln'a
~encore pû en nommer auun,
qui se soit laissé corromre
, ny mesme à qui l'on ait
~tt des offres. Les Gouverneurs
qu'on auroit tentez,
n'auroientpas manqué de
lire valoir par là leur fidé-
~te auprés de leurs Maistres,
~i l'on n'a pu faire de Bréche
~ans le coeur du Gouverneur
lç Luxembourg, c'est tj4ç
marque qu'on a voulu lega
gner.Peut-onavancerrien de
plus ridicule,&quisoit moins
vrayséblable? Un aussi grane
Seigneur qu'est lePrince de
Chimay, &par sa. naissance
&par ses grands biens, estoitil
un Homme à qui l'on pust
offrir de l'argent, pour l'engager
à trahir son Roy &
son honneur, Be pouvoit-on
avoir- seulementcette pensée?
Il est à croirequ'ilen
auroit plûtost luy-mesme
donnébeaucoup, pouravoir
M gloire deconserverLuxembourg,
s'il n'eust pas vûa
ils'en fustflaté inutileanêc^
Critiquepousseleschoplus
loin, ôc perdant le
peôppur des Souverains
eje nenomme pas, illes
,c sur deson dit; cequ'on
doit jamais faire surlesépigWgrs
les plus a(Turez*;
ais^ôuces les fois qu'il chere
à répandre son venin, H
)ployé ondit, & croit ,enJl:
te avoir droit de raisonner
perte de vûe; mais qui k)
chey &écrit sans nom, fait,
•nnoiffire assez qu'il craint
l'onze le punisse,&£e(V
qquu'oonn ne ccrraal1i~nt,tppQoiltn1t;
quand on n'a rien à se repro
cher. Le mesme Autheur
la hardiesse de nier ce qUI
Monsieur l'Electeur de Ba
viere écrivit au commence
ment de la Campagne tou
chant les desseins du Roy
que ce Prince s'engagea de
ne point troubler. Ces Ecri
vains croyent les Peuples
bien simples, puis qu'ils pré
tendent leur cacher la verités
en niant des faits publics. Il
ne faut point d'autre réponse
à cet Article
,
sinon que les
Troupes de Monsieurl'Electeur
deBaviere ne font pas
4
~tenuës sur le Rhin,suivant
l'assurancequ'ilavoit donnée
qu'elles n'y viendroient pas, uis qu'il trouvoit les Propotions
du Roy justes.Un
autre Lardon de mesme date,
~ti faisant connoistreque l'Es-
~pagne & la Hollande ne peu-
~vent faire consentir le Roy
Angleterre à ce qu'elles
~souhaitent de luy, fait voir
prudence de ce Monarque,
~iia taûjours eu autant de
~rmetépour la Paix, quele
~ince d'Orange a eu d'ob-
~nationpourlaGuerre.Cette
~ostination couste J:uxent-'
bourgauxEspagnols,puis
qu'ils auroient pûdonnerau
Royun Equivalentmoins
£$nfidérable.Le 3e Lardon
wç encorece que la con;
duite4eMr de Bavierea«
ftisié ,& il est plein des leçonsqu'ils'ingère
de donneraux
Souverains , Amis
ifcli.la paix, ou qui ne Íè
mettent en état defaire Il
guerre, que dans le dessein
deprocurer cette Paix; mais
par malheur aucun de ces
Souverains ne veut profites
des leçons de ce Critique,
0~ nevoit encore que des
repétitionsdans les Lardons
desderniers jours de May.
Onyfait grand bruit pour la
~lix oudouziéme
-
fois, des
Troupes -. de Baviere& de
ranconie,qui doivent ve-
~r su"si leRhin. Il faut toû-
37UËS se liguer,&mettre l'Eu-
~ropeenfeu, parce que le4
~çoy ne tiendra pas ce qu'il
promis, & fera des eoh-"
uestes audelàdelaBarriere.
c'estfaire mal à propos inkc
à unPrince,qui pour
~arder sa parole,a donné
~smeilleuresde ses Places, findefaire tfèxidre des1
Royaumesentiers, On mC
doit point allumer une dangereuse
Guerre pour un soupçon
mal fondé, nyvouloir
persuader au desavantagedu
Roy, qu'il manquera de parole
,avant qu'ilse foit seu.
lementmis en état d'en manquer
, ny qu'il y ait mesme
apparencequ'il s'y mette,
dans la situation où font les
Affaires. Ces Lardons sont
pleins de contradictions,presque
dans les mesmes lignes.
Dans le mesme temps qu'ils
continuent de publier que
leRoy en veut à la Monarhieuniverselle,
ils disentque
e Monarque a des raisons
our ne porter les Armesny
u costé de Fontarabie ,ny
aItalie, ny en d'autres lieux.
Comment cela s'accorde-t-il
avec le dessein de la Monarchie
universe lle?La Monarchie
universelle est tout, &
cependant on veut qu'ily
~pire, & qu'il n'ait que la
andre pour but.C'estdonc
dire que le peu de Paris que
s Espagnols ont encore elll
andre
,
doit tenir lieu de
Monarchie universelle à)
~luy qui s'en rendraA
tre? Ily auroit làdessus de
grands raisonnemensàfaire,
sionvouloityperdre du téps.
On lit encore dans un de ces
Lardosdu30.May lesparoles
qui suivent.Detoutes les Cours
de l'Europe,ilNY*'QU'UNE COUP
qui ne jalouse point la grandeur
àSa Majesté Tres-Chrétienne.
C'est demeurer d'accord cm
deux mots, que ce n'estny
avecraison ny avec justice
qu'onveut faire la guerre au
RtOyi mais feulement par jalousie.
Il poursuitainsi.Ily~&
Ji. l'intérest delaHollande,
Ji$Ermnem demeurent cntrÂ
mains d'unfaible Souverain.
~près cela, on ne doit point
nterles secoursque le Prin-
~d'Orange veut que l'on,
~nnc à l'Espagnecomme
le action toute genéreuse,
digne d'admiration. On
ut secourir l'Espagne par
~son d'Etat, à cause dé sa
faiblesse,&du peu de crainte
~lel'on peut avoird'un foieVoisin.
Onveutattaquer
France, parce qu'ayant àt
~es grandesForces, ellepeut
~ut conquérir. - Voila ïbhl
~imc c- , , & ce qui engage fe-
~rmer lesyeux sur lajustice
~s.
ses prétentions. lam4-
les Lardons ne furent si remplisde
contrarietez,que ceux
du
i. de Juin. La disposition
àla Tréve avec la Hollande
démonte ceux qui les font.
Ils sont Hollandois, François,
o-*ElI'paçynolsy& ne sçavent quel
Party prendre. On y lit d'àbord,
que les Hollandois ont
raison de retirer leurs Troupes
des Païs-Bas, pour les
conserver, ce qui ne se peut
qa^ parcemoyen. Celaestsi
vray , que je nay aucune réplique
à y faire. Ils nelaissent
pas d'assurer toûjours,
qu-el'-Espagnene cé:de.ra rien
à~la France. Ilest bien aisé
l'Espagne
,
de montrer sa
fermeté pour la continuation
l'une Guerre où elle ne con- tribuë nyd'argentny d'Hommes.
Ils disent, sanscherher
de détourpour envelo-
~er un sentiment si odieux
: si criminel
, que l'Empeur
ne devroit pas poursui-
;e les Turcs, afind'attajer
la France, c'est à dire,
le l'Empire devroit exposer
~ute la Chrétienté, , pour sa,
faire le Prince d'Orange,
une peut joüir duneom~
edeSouverainté,quel
pendantlaGuerre.CesLar
dons continuent en blâman~
les Hollandois mesmes, pui
qu'ils disent que l'Espagn
est mal secouruë de ses A
« liez. Il n'en faut pas davar
tage pour faire voir que ce
Autheurs sont dépendans d
Prince d'Orange,puis qu'i
blâment ceux de leur Republique,
dont l'inclination e
portée à la Paix; mais l'E
pagne a voulu en cette ~01
casson prendre la Hollanc
pour dupe, puis que cette E
pagne si puissante & si fier
<& quia tant de Terres ~dai
'., à
le vieux & dans le nouveau
Monde,n'a pas voulu faire
plus d'effortenFlandre,qu'en
auroit pû faire un petit Sou-
; verain, dont le Païs n'auroit
que quinze ou vingt lieües bd'étenduë. Elle a feulement
déclare la Guerre, afind'y
embarquer les Hollandois,
& a voulu ensuite qu'ils défendissent
seuls la Flandre,
comme si l'Affaire n'avoit
regardé qu'eux.Son butétoit
d'affoiblir la Hollande,par
une Guerre qui auroit du
consumer ses Forces, afin
de ne se pointvoir enfermée
entre deux puissansVoisins;
,
&de tirer peut-eftreunjour,,
avantage contre elle de se ,foiblesse
,
lors qu'en la défendant,
elle se seroit épuisée
d'Hommes,& d'argent. Le
reste de ces Lardons, est
remply de raisonnemens que
le temps, a fait reconnoistre
faux, parce que ces Critiques
raisonnent surles mouvemens
qu'ils voyent faire
& que les Souverains ne doivent
en faire aucun, quine
les mene à des choses toutes
opposées à celles qui pa*
roissent aux yeux du Public.
J ,
: (f' ",
Le Lardon du 5. est plein
d'Articles qui ne méritent
l pas de reponse;comme lors
que l'Autheurditqu'il
a avis
que Luxembourg tiendra en-
- core quinze jours; & que le
Princed'Orange part pour
- le recourir. La Capitulation
est signee le 4. on avoit batu
la Chamade dés le premier,
& cet Autheur dit le
5. que la Place tiendra encore quinze
jours:Jugez par lasausseté
d'une pareilleNouvelle, dela
soy qu'on doit ajouter a tout
ce qu'il débite.Je sçay bien
quel'Article qu'il a souvent
repété de la Paix d'Alger
que nous avons achetée
, a
si peu devraysemblance que
personne ne balancera à le "t
trouver ridicule. Ainsij'ay a
négligétoujours d'y répondre
, & je n'en parle aujourd'huy
que pour dire, que si
nous eussionsesté en si parfaiteinte
lligenceavecles Al-
;
gériens, M Foran qui commandel'Indien
, ne leur au- 1
roit pas pris dans le temps
que l'on conclut cette Paix,
un Vaisseau de 24. Pieces de
Canon, qu'ildesagréa
,
& 1
brûla ensuité. On voit dans
<
un Lardon du 6. que l'Envoyé
d'Espagne présènte à la.
Haye un Mémoire, par lequel
il marque qu'il est bien
iverty que Luxembourgtiendra
mcore longtemps ; que le Roy
ron Maistre ne consentira point
i la cession de cette Place, (;):'
) juilvient un Secours d'Allemarne.
Celanemérite aucune: )eensuited'un
Vlémoire présenté par MC,
l'Avaux., depuis la Prisede
^uxembourg
,
dans lequel
1 est marquéque SaMaJesté ,-
Près-Chrétienne donne enrpre
douze jours aux Etats.
pour délibérer sur la Paix ôti
sur la Trêve. Je ne vous explique
point le contenu de
ce Mémoire, puis que vous
avez dû le lire dans cette
mesme Lettre. Le premier
Lardon du 8. de ce mois, est
rèmply de plusieurs Articles
qui ne regardent point la
France,&auxquels par conséquens
je ne repons point.
Le mesme Lardon du8. (remarquez
la date) parle d'un
nouveau Mémoire
, par lequel
l'Ambassadeur d'Espagne
continue à dire,que Luxembourg
est encore en étatd'atendrelong-
temps du secours. La
CapitulationdeLuxembourg
tant signée dés le 4. c'est
vouloir que les Hollandois
sçachent rien de ce qui
se passe. On voit dans un
utre de lamesme date, des
aisonnemens sur le dernier
Mémoireprésenté par Mr
l'Avaux.. Ces raisonnemens
enoient du Party qui ne
eut point laPaix. Je vous
y donné dans cette Lettre
si Réponse que Mr d'Avaux
a faite. On y parle encore, un Echange desPais-Bas,
our lesquelsle Roy donnera
généralement toutes lesClefs
qui luy ouvrent les Portes de
tous costez dans lesEtatsde
les Voisins. Je ne croy pas
qu'il soit à propos de répondre
aux visionsd'un Homme;
qui s'embarasse des choses
futures, & dont les raisonnemens
sur l'avenir sont si peu
vraysemblables, qu'ils se détruïsentd'eux-
mesmes. Le
troisiéme Lardon du mesme
jour dit, que le Ray est mMe
soisplus heureux dans,sesNêgatiationsque
parseArmes,Peuton
rien dire qui soit plus à
contretemps, après la PriseLuxembourg,
qui sélon
que lemesme Autheura.
huit ou dix fois, dévoit
ir autant que Vienne? Si
Roy a pris une Place qui
capable de resister si
g-temps, on ne peut pas
que ce Monarque ne
; pas heureux par ses Ars
; & c'est, dans le mesme
v
rl ps qu'on poiè en sait une
)fè
,
donner un exemple
la détruit..
Le mesme continue en
damnant tous les Souve-
~is de l'Europe, qui ne làpas
unis pour s'opposer
à la grandeur de la Franc
& tâche d'insinuer qu'on i
devroit pas moins se ligu
contre le Roy, que conti
l'Ennemy du Nom Chrétien
cepédant,la diférence du Pl1
cedé de l'un & de l'autre q
bien ~grande.L'EmpereuraQ
fert laPaix au Grand Seigneu
avec ~desavantagestres-cori
sidérales, que ce Monarqu
Turc ne voulut pas accepte
avant la Campagne de Vien
ne, & le Roy dés ce temps
là offrit la Paix ou la Trêve
que les intérests de quelque
Princes particuliers crnpt
~rent d'accepter. Ainsi,
~is le temps que le Turc,
~.lloÍr' la Guerre, & qu'il
~tehdoic accabler la Chr¿.
~ltéparsesnombreuses Ar-
~es> le Royoffroit la Paix
qu'on se mist plusen état
~luyrcfifter."CctAutheur
~lrlùit, par de grandes re-
~ntrances aux Peuples. Il
ait paroistre la rage & le
èspoir, & dit que laPrise
Luxembourg rompt la
~rriere. Cependant il est
lÍhUlt que Luxembourg
ntre point dans laBarriereJ
e les Hollandoisontsuplié
le Roy de ne ponit passé
Aussi les Hollandois ne fo
gent point à s'en plaindre
& si cet Autheur Satiriq
necrivoit pas pour des 4
ticuliers
,
il ne se plaindn
point luy-mesme d'unechc
dont ses Maistres ne dire
rien. Dieu, dit-il en con
nuant, si sertdes François
punir les Espaçnols.Sildit vra
v les François n'ont pas to:
Le bras dont Dieu fefèrtpo
punir5 frape toûjours just
ment. j:' '1
,
Le Lardon du 12. trou
étrange que le Roy demande*
LUX Hollandois dene secouir
l'Espagne ny directement
ly indirectement. Je ne croy
pas qu'on ait jamais rien imaginé
de si éloigné du sens
commun, puis qu'il n'est pas
possible que les Hollandois
oient en mesme temps en
Guerre & en Paix avec le
Roy;qu'ils signent un Traité,
qu'ils entretiennent des
armées à ses Ennemis. Le
Roy, dirent-ils pour donner
quelque couleurà une gross
léreté si manifeste, accusera.
es Hollandois d'avoir assistéles
Espagnols, pour avoir un pré,
texte de leur déclarer la GuerreJ
Si c'estoit le dessein de ce
Monarque, il n'auroit que
faire de chercher tous ces
détours pour parvenir à son
but. Il est tout armé
,
il a
soixante mille Hommes en
Flandre, qui n'ont point doccupation;
les Impériaux font
dans le fonds de la Hongrie,
& il pourroit faire la guerre,
aux Hollandois, sans differer
à un autre temps. \1
Il a paru un sèul Lardon.
du13. quine contient que les
éclaircissemens qu'on avoir
demandez à Mr d'Avaux,sur
senté aux Etats après la Prise
de Luxembourg;&comme
Second Mémoire en éclair- riment elt. déjà dans etrre,il ma ne me relie rienà
ous dire sur cet Arricle. Le
mesmefait connoistre sur la n, que lesHollandoiscomîencent
à-sapercevoir
que
•s Espagnols les joiient, en obtfinant à, dire qu'ils, ne consentiront point à la cef Mde Luxembourg, puis. l'on, ne doit pas prétendre-
Je SaMajestésepuisseréudre
à rendre une Place.
r -
Jqu'aucune Puissance ne luy
sçauroit arracher.
-
Un autre Lardon du IJ.
dit que si le Roy veut montrer
qu'il n'aspire pas à la
Monarchieuniverselle, il faut
qu'ilfasse raser Luxembourg,
& qu'on ne doutepoint qu'il
ne le fasse en faveur de la
Paix. Cela est si fort contraire
à tout ce que ces Autheurs
Satyriques ont employé
dans tous leurs ouvrages
,
qu'on voit bien qu'ils net
disent pas ce qu'ils pensent
ou qu'ils n'ont jamais pensé
ce qu'ils ont dit. On voit
i
danslemesme la grande - 1 &c oüable fenneté d'Am~erlam,
quifait
une grande Déutation
pour avoir la Paix.
UneautreFeüille de lamême
ate dit que Luxembourg a ste pris sans raison
; & ion.
y voit rien qui justifie ce
111 est ainsiavancé. Il n'est
us question, ny de Droits
Roy,ny d'Equiualens
pur rendre la Prise de Lliiîmbourg
légitime. Sa Mastés'estservie
d'unnouveau:
rait, qui ne luy a jamais- :ehcontelié. C'estleDroit Guerre; on la l'uy a
déclarée.Ainsi ce que ce
Monarque a pris, luyappartient.
C'est une chose à laquelle
aucun Jurisconsulte
ne peut répliquer. Le mesme
s'étend sur l'Affaire de GénesJ
& dit que la France a cor..,
rompu les Canonniers, & les..
Principaux de la République.
Quellepreuveatondecela?
Quel autre en parler Quien:;
celuy qui s'en plaine? S'il
estoit vray que la France cuit
ou^nc tous ceux que les Lar-j
dons veulent qu'elle- ait
cor1
rompus, elle devroit déjaj
aypir étendu & dominatiO;
sur toute la terre. On -bat
beaucoup de Pais dansle
nefme Article, touchant le
rentable état de Gènes apres
effet de nos Bombes
; 6c
on ne sçait si l'on a ruiné;
n grand nombre de Mai-
3ns, ou abatu. feulement:
es Cheminées.
-
Le dernier du 15. ne parle
ue des Mémoires de rAlnassadeur
d'Espagne, dont je
DUS ay déjà entretenue, ôc
e l'Affaire de Gironne
,
ou.
on veut que Mr de Belleansait
perdu son Bagage ôc
Artillerie. Comment cela;
feroicil , puis que les Espas
gnols n'avoienc point d'Arniéte
en CCampagne A iA-t-or*
jamais aiiy dire qu'il fuftpoD
sible que des Assiégez qui repouffenr
des Assiégeans dansun
Aflauc, vinssent dans uiv
camp prendre les Equipages
& le Canon d'uneArmees
Usie.Garnison sy verroit
bien-tost enveloper, & seroic
prisè lors qu'elle pen-î
seroit prendre. L'Autheurdu
Lardon du 19. (car les au
tres de mesme date nontt
prlS paru) die qqe, quatre des)
Cept Provinces
-
Vnies ont çoss-J
nty à Id, Neutralité; i.,ne,
~it point controller ce que fonr'
s Souverains, ~eèjqu'ils en doient
avoir de très-fortesraisons.
ces Autheurs Satyriques
meurent d'acord que leurs,
naistres ont eu raison
), pour-
~uoy ne veulent-ils pas que
s autres Souverains qui ont
~opofé cette mesme Neu-
> alité ,ayent eu aussiraisons
~ln voit dans le premier Laron
du 20. une longue description
des mouvemens de
~ollande pour & contre la
neutralité proposée par li,
tance. J'ay tant parlé (î§
ceux qui vouloient sacrifier
la tranquilité de leur Païs à
leursintérests particuliers,
que je ne ferois que vous ennuyer
par des répétitions, si je
répondais à cet Article. La
fuite s'étend sur les Mémoires
menaçans. de l'Empereur.
& du Roy d'Erpagne, &, sur
celuy de l'Electeur de Colo-.
gne,qui se déclare pour la
Neutralité. Le fecond du
mesme jour ne contient que
le Mémoire que voicy.
1
J
LEComted'Avaux,AwbaJ/àdettr
Extraordinaire du Roy Trcsbîétien,
pourfatisfaire à ce queMef
turs lesQeputez, de VF.SS. ontfou*
tité de luy, a mis par écrit la Réwfe
qu'illeur 4 faite
,
& A drejjl
présent Mémoire, qui contient en
'bftance ce quila dit dans une ajjlz,
ngueConférence.
LeditAmbajfideur leur 4 témoi*
ve, que le Roy fin Maigre 'L'tilt,
Tittroemcht la Puix, (y auil n'a
ubefoind'enalignera'autrespreues
que a/fcf que Sa ,i,!a estéz,(lit
0) donner Elle- r-ufme
,
lors qu'-
Ileje tient encoreaprès la Prili, de
'IX' mbourg, aux mcjmes conditions ïElle a offertesauparavant, CT
I, tu,IIe 1 1 J CQÏIJult ENTRE <,Uay dedemeum robligée pendant un mou, a cornpter
du jour de lajignlltllYtdN Traite
quifcfera à la Haye, aux me/mu conditionsqu'Elle
a cy- devantproposées,
4 l'Empire; que cesi-latout ce qui dé.
fenddu Roy> que cesi tout ce que Sa
Majefié a offert a VF.SS. & tout ce
queVV.SS.peuventraifonnablcment
demander d'EUe.Jj^ue s'ily a quelque
fbofe qui leur cause de l'inquiétude,Sd
Majefié leur a donnétrop de preuves
dufoin quElle a de leur repos, pour
croirt quElle vouluif le laisser troubler
pard*autres endroits
,
& quesi
l'onveutfinir icy lej Affaires entre
la France & C Ejpilgne
, vom ne devez,
poes douter que Sa Majefle ne
empLrqe ires-volontiers dans toutce
qui feradevofirc f.ittsfactionîvnaù
quil uLst nyjvjlc ny <'difo?wablet de
] _,.,;J' ,/
VO/Jù,j,.. cii'ir ledit Ambassadeur 4^
entrer la-dessus a une convention
vec W. SS. foit par des Articles
vi feroient inferez, dans le Traité
entre la France &CEspagne,foit
rr des Articles feparezj, puisquesi
Pn en ufoit ainfi\ on tomberoitinftnliment,
flus prétexte des Affaires
t N.rd, dans le labyrinthe d'un
raité général.C'cjl ce que ceux qui
'1 foukaitéd'enveloper toute l'Eup"
e ddans'une Guerregénéralefous etexte d'un AccommoJdement genéll,
ont tenté depuistrois ans. C'ejl
qu'ils tentent encore a cette heure,
ru d'autres termes, &- d'uneautre
tniere;que tette Propositionvague
demejle du Nord, fait ajjèz* voir
e quelque couleur apparentequ'on
v Plliffi donner, elle n'estcependant
rcitée que par ceux qui n'ofantplui
ppofer directement a la Paix, td.
rnt J'y faire nai/tre tant ¿'ebj!".
des,que VV. SS. fioient obligées de
de Uiffirpaffer
,
fins rien conclure,
le temps dans lequel SA MajejléTrès'
ch;étientu conCent de demeurerobliÀ
çéc à ces Propositions ; & pour leu
dire nuore une fois, qu'on ne peult. fiademander de plusaudit Ambass
fiiettr, sinon qu'il traite icy l'Affaire
d'E'pigne aux conditions proposées
If/, y<irU Majesté> qu'on renvoyéàRat-
àbwne celles qui regardent l'Emp/
re, & que SA MAje/té consente de
Je tenir eticote pendant un mois aux
me(mes conditions qu Elle a offertes
à la DuttedeRatubsnne ; ''Ille les
serp.ihesquiccfnpsjcnicelteDhttt
siitl'à.;,JjJ'+ /1s,,\quio'i)t.les ii- ténjh de r; iEmpire a r,quifçau*
ront'ct' tnv ullerahi'clirfin repos*
ry Hsit, j'icfilaRÏ/iiiition de VV»
SS.t;I d, ne eonfentir ny k Paix fJ)"
Trêve entre la Fiance & CE/f&gnc^
ir de rcfufcrlesoffris que Sa Majcjlc
Tws.chrctiine TCWfatan rudie"dcs Pars-fît.^Qrjour fcket Barrière; a moins que le Ccr/ilt
i'Avâux 'ne yengage de concerter
!r-",ec l'oit* cies Articlessur des chofls
fui ncjQntny deson m:nifiere, ny de
ÀcWnoijjanu,cefna ttfrgrans n?alnurpour
/4»Cb>aienté
,
C?Jurlequel
e R&y ,jÔ.IJ Maiflre nayant sien à [c
eproilxr, ledit AmiA[fadeur efftte
me Dieu continue)aht:jours dé le.
iirles AlrntJ de Sa liajxfté> maii
ï*ti cmiAiurv. ss. jifrt fitufaki
(s quon ôfftt di finir,far un prompt iccowmedimentles damfit JL oui fnt
ntre lA France & l'Efyagne que»
emette le calme dans zoftrcFcfiinage
, quon pourvoie à la jihaê
re voflre Barrière,& vuen ruA*
viijjc le repos de rEmpirepttr une
Trêve de vingt années, ledit Amb&
Jpideur réitère à VV* SS. qu'ileB
presten ce ctU designer incessamment
le r,.lité)&depajfcr enmefinetemps
duprés du Roy fin Mdifire les offices
dont il plaira À rr. SS. de le
charger.
Pour ce (fut est afl délay, Mcffieurs
vos Députez* luy en ont demandé la
prolongation, & luy ont demande
dufji de quel jour on pouvoit compter
que le terme de duuze jours avait
commencé ; furquoy ledit AmbAffideur
leurA répondu, que le Gouverneur
de Luxembourgavaitfigné le
4, de ce mois la Capitulation, en vertu
de laquellela Place ejfpdfjee ddnsU
pof/effion de SA MajeJfé,&quainftOH
* devoitcompter cette Vilh de cejour-*
III au Roy i maii quûqiiis- uns de I
MfJJiturs vos Deputtz,ayantobjecte
que les Troupes de SA MajejléNavoient
cfiémises en pCjJeJJlon d'une
des Pertes de La Ville, que le Ó. au
matin, ledit Ambassadeur leur a répété
ce qu'illeuradéclaré dans la Réfonse
du 4. de ce mois, c'efi a dire
quilne s'arrefera point a ces deux
jours,lày lorsqu'il ne fera plm befiill
que aavoir du temps que VV.
SS.voudront bienemployer à /trmi..
ner promptement cetteAil
consentira volontiers de csmmenter
a compter les douze jours de ce mossy
c'est a dire que les douze jours finiront
leIS. AUssir ,* mais comme il A
eu l'honneur de leur dire le G. de ce
mois, qu'ilse régleraitsur celafélon
qu'il verroit que VV. SS.travaillant
sérieusement a la Paix, ne feroient
trrejléesqueparlaforme de leurQtnversement,
il cfi oblige de leur dire,,
qu'il voit avec déplaisir que ce riefr
feintcela qui les arrefleàcette heure;
que ce font des difficultés qui font
hors de CAffaire, (jr des conditions
Sque voaus voulez, imposer auxoffres de qui détruisentl'accepta-
tionque rr. SS. té1moignent envou-
Joir faire. c'tji pçnrquoy ledit Am.
ha(fadeur leur a dit,quesi elles vonhient
1" Paix générale 411ft feriez
ftment qu'elles ledifint, il riyavoit
ny deplusprompt ny deplu*surexpédient
, que de convenir nettement
&sans reflriëtion des offres de Sa
Majefléi ce que ledit Ambajjadturles
pri&itde faire avant l'expiration du
terme (en cas que ce foit l'intention
de :/'r. SS.)riestant patenson pouvoir
aacmdtr aucun délit], CI rr.
SS*jugeantaffez*d\Ues-imfmesvqu'il
v ejrpas ae u prudence du RoyJon
Maifirc, de perdre en neuveAUXdédis
les avantages que luy demie 14
aison, &
fjuildoitAttendredubon
bat de ses Arméees.s.PP, S..SZ.Jtre&h
iconfenty.FaitÀUHâytle20. Juin.
Les Lar dons du 22 par-
~ent feulement de la Tréve,
k des Souverains qui ont
consenty à l'accepcer. Il semble
qu'après cerétablissementd'union
avec la Holande
, un Autheur Hollanlois
devroit nous traiter en
Amis. Cependant on voit
ans l'un de ces Lardons
ne répétition de toutes les
~avectives ausquelles j'ayrépendu
pluheurs fois; & elles
sont si hors de sujet, qu'on
voit que le seul dépit que
cause la conclusion de la
Neutralité, y donne lieu.
L'Autheur du Lardon qui
accompagne celuy-là
,
déguise
mieux son chagrin, &
s'accommodant au temps,
il
a du moins la politique de
loüer ses Maistres. Ilyalongtemps
,dit-il, que ÏEfpagm
Auroit du accorder quelque chose.
aux Prétentions de la France;
mais sa fierté naturelle, & qui
efl dans ce siecle si peu en ~état
desesoutenir, l'ayant atreurlct
leté puoinet dese. dissimulerfil fii- a laissé aller les choit
à une extrémité, dont lafeule
rudence dcsdefintérefek Arbises
de l'Europe peut les tirer.
>efl dans celte pensée que la
iolUndeJincèrementAmît de
's Allie^
)
souscrit à la Trêve
ue la France propose. Illoue
nfoite le Roy; maissansexa.
mer, dit-il, s'il A
-raison Ú
euloir hien la Paix dans la plus
liefaison de ses Conquestes. Il
fait pas paroistre tant de
~min que ses Confreres, en
tyre ; mais il empoisonne
qu'il ditd'avantageux, &
il garde des ménagemens au
prés des Etats & de celuy qui
le fait parler. Il mesle des
Nouvelles dans ses Feuilles
ôc c'est à quoy je ne fais jamais
aucune Réponse
,
mais
feulement aux impostures
formelles.La premierFeüille
du 26 Juin parle d'un Mémoire
si outrageant, présente
par l'Envoyéd'Espagne, que
les Etats l'ont envoyéàleur
Ambassadeur à Madrid, pour
en demander satisfactionau
Roy Catholique. Le Prince
d'Orange; die la mêmeFeuille,
metsesTroupes en Corps, afin
elles ne soient point insultées
les Espagnols,quand ils
prendront l'acceptation de la
Neutralité. On y voit la Rélation
des Etats sur cette
eutralité, portée à Mr d'ALUX,
& qu'Amsterdam rou-
~e aussi-tost: sa Caisse, ce
lui en marque l'utilité pour
s Etats. Je fuis pressé de
nir, & ne dis rien des deux
~tres Feiiilles
,
qui roulent
peu prés sur la mesme maere
,
& dont l'une ca prefne
toute remplie des noms
~e ceux qui sont morts, ou
ui ont esté blessez devant
Luxembourg.
- Je vous ay déjà parlé de
l'Ambassadeur duDivan d'Alger,
lors qu'il arriva à Toulon.
Il est icy depuis quel-~
ques jours, avec une suite1
de douze Personnes. On ~al
sçû d'eux, que jamais rall¿J
greffe n'avait esté si grande
dans leur Ville, que lors qu'ils
conclurent la Paix, qu'ils
avoient demandée au Roy,
3c qu'ilscommencérent alors
à oublier le dommageque
nos Bombes y avoient fait.
Il s'y est trouvémille seize
Maisons entiérementbrûlées,
suivant un calcul exact qu'ils,
Il
~ont fait faire. Ilsledis.1en1t
~y publiquement à ceux qui
vont voir, & qui veulent
~s entretenir. Ils ajoûtent,
~ne dés que le Traité eut
~le conclu,ilscommencént,
des Rejouissances qui
~rérent pendant plusieurs
~urs ; que toutes leurs Mai-
~ns furent illuminées, &:
n'ilstiréret trois cens coups
Canon à balle dans la
er ,ce qui ne se fait que
ement, & pour deschoqui
leur sont de la plus
ande importance. Les mares
de leur joye allérent encore
plus loin, puis qu'ils
traitérent toutes les principales
Dames de la Ville. Ils
disent qu'ils n'ont jamais envoyé
d'Ambassadeurà aucun
Souverain, que de leur Religion
, & que la grandeur
du Roy, & la venération
qu'ils ont pour Sa Majesté,
les a fait passer pardessus leurs
Loix, & qu'ils le traitent de
Padischa, qui veut dire E,ftpereur,
quoy qu'ils n'ayent
jamais donné ce nom
qu'ail
Grand Seigneur. Ils ont trouvé
la France si peuplée depuis
ToulonjusquesàParis,
1
qu'ils ont dit que toute la.
CVamiplalgene. n'estoit, qu'une
- <Enfkle*Hollandois-ont
un consentement unanime
ccepté les Propositions qu'il
plû au Roy de leur offrir
ourle repos del'Europe. IJL
'g tantdechosesà\ dire làx
essuspour lâr gloire de Sa-
Majesté, que comme elles,
nemeneroienttrop loin, je
mais
obligedeles
);é!Çrvcr"
surleMoisprochain: Je Madame,Vôstre,&c.
)
AParisle30juin1684.
Il s'est glissé quelques fautes
dans le Mercure du dernier
mois, par l'application qu'on
fut obligé d'avoir dés ce tépslà
, pour examiner un tresgrand
nobre de Relations de
la Prise de Luxembourg,&
de l'Affaire de Génes, donc
on n'apus'empêcher de fairq
des Volumes particuliers. Oi^
a mis l'Hôpital des Invalides
pour l'Hôtel Rojâl des Invalides.
Mrl'Evesque&Comte
de Beauvais , que l'on a dit
estreFrerede feuMrde Four
bin, est feulement de cette
Maison,& Mrle Comte de
4. 331U. I
Trourville
,
qu'on a marque
Chef d'Escadre
,
est Lieutelant
Genéral. Il y aauffiquelquesnoms
défigurez dans la
iste des Officiers de Mari-
,
mais il est fort difficile
que cela n'arrive par parmy
inq cens noms propres,dont
y en a beaucoup qui sont
nal écrits,
FIN,
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume. AVant-propos. 1
Particulantez. de rentrevue deM1
le Du: de Savoye, 6 de Madame
Royale ; ce qui s'efi pajé sur leur
Route juffues a Thunn, & les Rijoûissances
qui s'y fontfaites. e
Ballade de M1 de Benirerade.e9
lettredu Roy de Pologneà Mrle DHca
S.Aignan, en luy envoyant le Sabrt
aufeuGrAnd Yiz-Îr. 4
Lettre de laReyne dePologne au mèmt.47
Extraitetune Lettre de MxleMarefuù
d*Arquienanmesme. 4S
Lettre en yerssurleprétenduMariagr
de la Pucelle d'Orléans.51.
Relation très-curieuse de la mort th la
Reyne de PortugAL.,
Lettre du Roy de Siam au Pal" & a
Roy de France, avec plusîeurs pArti
(hlaritez. touchant les Ambajfaicurs
TABLE.
embarquez, pour France
,
sur le VmfL
seau le Soleil d'Orient. 8S
Sentimensdeplnfeursgrands Hommes,
touchant la Statué envoyéeauRoypar
MefieursdelaFilled'Arles. 114. Suite du Journal de la Cour
,
quicomprend
pltifîeurs Articles, & la Receptionfaiteau
Roy aChantilly ijf
Madrigalsur la Grossesse de Madame la
Dauph:ne. Ijg;
Plusieurs Ouvrages en ytrssur la Prise
de Luxembourg, iét
&de a Mf le Maréchal de Cré^uy,sur
lemefmesujet. tye Lettre au Roy.1?9 Réponse du Roy. ISI
Mémoireprésentéaux Etats Généraux
parMle Comte £Avaux.1S$
Réponsefaitepar le mesme,sur les éclair*
ejJtmens qui luy AVoient este JtTfWldez.
touchant ce Mémoire. isq
Morts confédérales arrivéespendant ce
m<m. loi
léponfe de M1 Crochat 6 Mr Serrurier
Jlftr+lùgue* ni
TABLE.
tItrjol-oai-re. 2111111
Ivefchez. donnex.par leRoy.
M0*
Conversion- 1+
ChargeW* Dame âHonneur de Madami
la Daupbint, donneeaAdaâame l4
'Duchtjfed Arpajon. 2-47
SécondePartie defAcadémie Gaiat e.1J2
fiifloiredu dernier Grand Vidr. 15
ÀiadrigalfurlaPrifedeLuxembourg.15•
Enigme. 157
Autre EniJmt. M®
Ce qui l,si passî * l'Attaque de Gironnt.
26J
Mêponfeaux Lardoni du derniermois.170
Arrivée des Ambassadeurs du Divaxd'Alver.
V* -* -- AvispeurplacerlesFigures.
lLEECamputeThulin doit regarder lai ,Thulfu regarcier I~
page 140.
,
L'Airqui commence par Voicy Itrc*
tourdu Printemps,doit regarderla p.207
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le