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1684, 06 (supplément 1, Histoire du siège de Luxembourg)
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465
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AU PALAIS,
Chez G. de Luyne, dans la Salle de*
Merciers, à la Justice.
C. Blagcart, Coiut-ncuve du Palais,1
au Dauphin.
Et T. Girard, dans la Grande Salle,
ái'Envie.
La Planche doiç regarder la page 385.
A MONSEIGNEUR
MONSEIGNEUR.
LE PRINCE
DE CONTYv
ÍSÊIONSEIGNEVR,
jf'oey cru que l "Histoire
à un Siege^ ou vous avezj
pam avec tant de difiin-
£twnyne devois foint voir
á ij
E'PITRE.
le Jour, sans avoir en tese
le JSlom gloriieux de V*.
A. S. Et comme tout ce
ce que l'òn voit de grand
en Vom^ fmrnit une $m+.
fie matière pour un bel
^°Ke
>
Ie h'dy/pas voulu
laisser échaper une occasion
Jlfavorable
5
d'étaler
aux jeux de toute l"Eurofe^
ce que par une grandeur
dame extraordinaire
vofire modeste vom porte
À tenir caché. Je la ferav
fans-doutefoufrir^ en fatEPI
TRIE.
sant paroîílre ce quelle
condamne à demeurer inconnu
\ mais fespère que V.A 8. me pardonnera
Jì je luy fais violence. IIy^
va de ítritérdï de tom les
Princes de la Terré, qui
ont besoin que Von publie
vos vertus, afin quelles
leur servent d'exemple.
Dés voftre plm tendre jeunejse,
'vous avez* secouru
les Aísérables, ce quon
nauroìt jamais ffett, tant
f vous ]?renìe&> foin de ne
â iij
EPITRE.
le pas laìjser\ découvriry
fi la vérité qui perce toujours
les ténèbres les plus
fortes
3
ne teuft pas fait
éclater. Vous' ave& fait
mefme des Présens de la
meilleure grâce du monde\
4 des Personnes d rum
naissance cofidérable, dont
les besoins ne vous efoient
pas cachez^. Si parmy les
Malheureux fur qui vous
avet,fait tomber vos bien*
faits^
quelques-unsn ontpu
-garder ksilence^ mìíe au-*
EPITRE,
ires n ont osé se permettre
de le rompre \ Qf beaucoup
de belles ABions que <vous
rìa<ve& faites que par le
plaisir de faire du bieny
ont esté ensevelies. Cette
manière de donner rìeji
pas ordinaire, La plupart
des frdhds Seìphcun rij
font portes que par un
motifde vaine gloire. On
les oblige, lors qu on fait
connoiïíre les grâces quon
en reçoit^ ç£ on nefçaurott
*vms plaire3 qu'en m dn
âiiij
fiant rien de celles quevom
répandes à tous mowens. Lefhíìe les engage a don*-
ner
3
çg en donnant, vous
regardeZjfeulement la ver-.
tu ç$ le mérite. Ils n ont
de la libéralité que pour
faire parler d'eux
; Qf la
(ZìíiCXi'fi' ** t**\4dV* fui-tÀl sili+m>J*
les avantages de ceux que
vous honore^ de vofire estime.
Enfin ils paroijsent
intéressez*dans une A&ion
qui doit efire toute noble> çtf
vos manières vous mettent
El> ITR E.
au dessus de Vous-mesme^
ceft a dire des plusgrands
Princes. IIsemble, MONSEIGNEUR
y que V. A. S.
soit née, pourpojseder dans
' le degré le plus haut tout
ce qui peut faire mériter
le titre de Généreux. Uarde
vos IUuítres Anceftres^
vous auroit fait affronter
les plus grands perds dés
vos premières années, fi
l'on vous avoitpermis £écoûter
les mouvemens que
EPITRE.
vous inípìroìt la Gloire.
Sì-toB que vous vous estes
fenty assez** oie forces pour
vous exposer aux fatigues
de la Guerrei comme vous
navets point trouve en
France dequoy exercer votre
courage, vous cfies
,
párty pòur la Hongrie
Vofíre valeur vous j a
conduit
$ voBresoumiston
aux, ordres du Roy vous
en a ramené. Vous avez>
volé quelque temps âpres
itu Skge dt Çourtray,, ffî
E PI TRE,
njous estes demeure a l'Arméependant
la plus grande
partie du plus rudff
Hfver que nous ayons eu
depuis longtemps. Que rìa
pointfaitV. A. S. MONSEIGNEUR,
tant que le
Siège de Luxembourg s
dure? Les périls de U
branchée ont efiéles moin*
ires que mous aye& es
fuyez*
-, vous a<vetj esté
expose'sans ce(se aux,plus
redoutables. Vos dons gj*
MoBre présence en deíns*
EPITRE.
importantes occasions., ont
fait reprendre du coeur a
des Soldats rebutez^ Ce
font des Faits qui ont
faru aux yeux de toute
VsArmée. Elle fcaït que
quand Luxembourg s est
veu en état de ne pouvoir
réfífôr Imgîèmps, ila souhaité
de ne se rendre qua
Vous* bien moins cependantparce
que 'vous avez>
la gloire desortir de Vau*
gufîe Sang de nos Mo-*
narques 7
que parce qu'on
EPITRE.
*vow connoît pour un
Prince magnanime, Mille
autres vertu* que l'on admire
en Vou$> MONS
EIG N E u El, me donnerotent
icy sujet de niétendre
^
fi favoù besoin,
d*autres paroles que de
celles de Sa Majesté, pour
faire 'voir que vous efies
un Prince accomply. Toute
la Cour sçait que le Roy
v
dit dans le temps de voftre
Aîariage, qu'il avoit remarqué
cn Vous toutes
EPITRE;
les vertus des Princ„es
fans qu'elles fussent mêlées
de leurs défauts
3
&C
que s'il avoit connu un
plus honneste Homme,
il l'eust donné à Made~
moifelle de Blois. Apre*
un témoignagefiéclatants
il ne me reste plus rien a ,
dire yfìnon que pour faire
connoiftre tant de grandes
*verite&9 J'ay choijj un
Lièvre qui fera <veu Jans
toutes les Tarties duMonde^
non pas par le mérite
EPITRE.
deson Autheur^ maù par
la grandeur desa matière.
Ce Projet es; téméraire
pour un génie ausì sotble
que le mien ; maù fespère
que 'vous voudrez, bien ne
regarder que mon &eley ($,
la protestation que je fau
dtestre toute ma vie avec
un profond respeóf,
MONSEIGNEVR,
DEV.A.S.
Le tres.humble &tresobdssant
Serviteur,
PREFACELAmatière
qui a donné
lieu à ce Volume, est si
ample, que Ion verra aisément
qu'il na pas esté en
mon pouvoir de la renfermer
dans ma Lettre ordinaire
de chaque mois. Ainsi
elle est une Seconde Partie
de celle de Juin, qui roulant
entièrement fur le Siège de
Luxembourg, en peut avoir
l'Hìstoire pour Titre. Cc
PREFACE.
Travail çstok fort grand
-y
éc
quand il s'agit d'un Journal
de plus de quarance joute,
& de repéter ce qui s est
passé, presque heure par
îieure, dans tine -entreprise
austi fameuse que la este
celle de ce Sie^e, je ne croy
í|>às qtfil y ait áiícun Histoâien
y quelques fídelles* Mettibirés
qu'il en eust rèçeú^
qui pust se flater d'en pouvoir
donnet un détail, auquel
on ne trouvaíl* rien qui ne
fust juste. Si c'estoit une
chosé postible, je me vaiit^
mïs de ravoir faic, ayant
.PREFACE,
travaillé
;
sur plus de çctít
cinquante Relations. Elle&
.xn'ont fait connoistrc la diifìcultç
qu'il y a que 'ceux,
qui non feulement font si;r
les lieux,, mais encore, qui
font Témoins oculaires, ôc
Acteurs des grandes Actions,
puissent en rapporter toutes
les circonstances avec la derniere
certitude. Ix feu m
dérobe quelques-unes^ chacun
s
tyest pas, aux nlesmes
endroits, pour voir tout, ce
qui s y paíse
^ ; ôc celuy qùi;
,veut sçavoir des nouvelles
du epsté dune Attaque ou
PREFACE.
il nestoit pas, doit íë rapporter
à ceux qui ont corn--
batu de ce colle-là. Ainsi.
personne ne pouvant tout:
Fçavoir par soy-mesme,, chacun
est (ùjet à estre trompé.
Des Ignorans peuvent raconter,
ce qu'ils óntveu d'uneautre
manière qu'il ne s'eífc
passé, & de plus habiles peuvent
déguiser la vérité pour
favoriser kurs Amis, ou pour
s'attribuer à eux-mcfines des
Actions qu'ils n'ont pas faites.
On voit par là que lors»
qu'il se glisse quelques-fautes;
dans' rHistoire d'un Siege;p
PREFACE.
on ne doit pas croire pour
cela que VAutheur n aie pas
pris couecs les précautions
possibles pour les e'viter. On
peut tomber dans de certaines
fautes qui ne peuvent
«stre reprises que par ceux
qui aiment à critiquer, comme
de marquer un jour pour
une Action qui aura este
faite dans tin autre, & de
faire monter la Tranchée à
un Officier General un jour
plus-tost ou plus-tard qu'il
me 1 aura fait. Comme cela
ïi'oste rien à la gloire des
uns ny des autres, ce n'eft
PRE.FJCE
pas une faute bien grande
qu'un chágcment de temps,
& cela ne fait pas que tous
les Travaux &; que touccs les
Actions d'un Siège en soient
moins dans leur jour. Le
Lecteur doit prendre garde
que lors qu'on fait rapporter
par un Déserteur de la.Gar*
nison quelque circonstance
qui se trouve fausse qluelque
Temps apres^ il ne s'enlùit
pas que l'on ait dit une fauC
fêté en faiíànt parler le Soldat.
Il suffit qu'il ait dit la
chose, véritable, ou non. On
ne doit pas feulement matPRÉFACE:
quer dans un Journal tout ce%
qui s'est fìiit, mais encore le
temps, & la manière dont
les choses se font faites. Un
Soldat peut avoir eu des raisons
de parler contre la vérité,
òc ce qu'il dit peut faire
prendre de justes & de faut
ses mesures; Enfin Ton doit
tenir pour constant, que s'il
y a quelques fautes dans
cette Relation
>
elles se font.
glistees dans les meilleures
qui* ont esté envoyées, &
qu'un Autheur n'ayant pas
droit d'inventer dans ces fortp
d'Ouvrages, commedansi
TREFACE.
des Romans, nc met rieti
qui n ait esté écrit, ôc envoyé'
des Lieux mefmes.
Extrait dií Privilège ân &oy.
PAi-Grâce & Privilège du Roy> donné A
Chavillc, lc 18. Juillet irfSj. Signé>Paí
le Roy cn Ton Conseil
>
JuN qui ÈRES. II cil
permis au Sieur DANNBAU, Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuer de faire imprimer) venxlrc
& débiter IcLivrc intitulé, MERCOR B
CALANT, & généralement tout ce qui dé«
pend dudit Livre, par tel Imprimeur qu'il
•voudra choisir \ Et défenses font faites á tous
Imprimeurs 6c Libraires, & tous autres, de
faire imprimer,vendre & débiter ledit Livre»
ny graver aucunes Planches servant à Tornçïyicnt
d^celuyr, ny mesine de lc donner à
lire, pendant le temps & espace dé dix années
entières, le tout ÍÌ peine de six mille livres
*1'amende contre les Contrevenans, ainsi que
plus au long il est porté cíHitcs Lettres.
Rcgillré fur lc Livre de la Communauté»
*ux charges & conditions portées, lc 14*
Septembre 1683. Signé, AH«OT, Syndic.
Ledit Sieur DEvi ZE' a cédé son droit dft
'présent Privilège à C. Blageart> Imprìmeur-
^ibrairc'j pour cn.joUir suivant l'accord fait
•entr'eux.
êédwvé <Timprimeries IHWÍ$§#,
HISTOIRE
DU SIEGE
DE LUXEMBOURG.
1|IÉS||^|[ O MME la France n a jamais eu dé
.f*Mk" Monarque qui par
ses vertus morales, poli-,
tiques & guerrières, par
la pénétration de son eft
prit, &c par sa conduire
A
a 'Histoire du Siège
route merveilleuse dans
le grand Arc qui fait
distinguer les Souverains^
sç soit acquis plus d'ad*
miratione^ic Loijis LE
GRAND, parmy tous
les Peuples de la terrej óh
peut dire aussi qu'on n'a
Íamaisvu régner plus vio~
Gemment en Europe de
cecce eípece d'envie qui
piarque la haute élévation
de cetix qu'elle nie
sçauroit souffrir, &C à qui
pourtant elle ne refuse
de Luxembourg.
3.
pas son estime
,
dans k
temps même qu'elle cm->
ployé tout son venin &c
toutes ses forces pour diminuer
un éclat de grandeur
qu'elle ne haïe que
parce qu'elle 1c reconjioit
trop légitimement
acquis
d
& qu'elle en est:
trèpibteyïe. Voila le sujret
quî pendant tous les
Hyversfákmouvoir*£ri#
4e ressorts contre la pui'P
sance die* Sa Majesté. Oní
s'assemble
5 on fait des
A ij
4 Hfioìre du Siège
projets de Ligues 'v oïl
menace 5 toutes les Lettres
ne font remplies que
des résolutions qu'on a'
prises contre la France;
& dudetail des nomSreuses
Troupes qui de toutes
parts doivent inonder les
Terres qui reconrçoìssent'
ía domináitíon
5
ròdis dé#
que le Printemps parois
&C que le Roy se montre
ën canípagne 5>
Fécl&oqui?
l'aceonipagne par toú^t
produit les mêmes effets
1
ds Luxembourg.
y
que le Soleil
5
il d:íïnc
,Us iôragcs que ces Tonjafcrrcs
grondans vonloient
exciter
,
&£ fait:
jouir ses Etats d'un repos
tranquille
5
a rexemplèAç
céq Astre, qui aprés<
avoir écarté les nuages,
Hè laisse plus découvrir
qu'une agréable sérénité.
Nòus vêtions de voir ar-i
river tólitcs ces choses.
L'Espjgne nous a déclaré
la Guerre
5
les Ministres
des Hauts -
Alliez aísem-
A iij
tf HistoireduStige
blez à lá Haye ont coftï
juré contre nous.5 te-Pim*.
ce d'Orangea mçnacé
5
&C
il sembloitque toutes lest
Troupes d'Allemagne4e-»
voient couvrir les bordsf
duiRhio, pour apuyet des
projets qui ne tendoìcst»
qu'à la ruine enticre de'
la Trançe. Qu?çst
•-
il ar^
*ivéde touc celalLePruu
temps a paru ,1e Roy s'est:
mis en campagne, Luxembourg
a esté pris. 'A-'
vant que de se résoudre à
de Luxembourg. 7
entreprendre ce Siège, ce
Monarque n'a rien ou-,
blié de tout ce qui potu
voie contribuer a la paix,
èí à la tranquillité de
ÏEurope, quoiqu'il fuit
en état de choisir parmy
les plus fortes Places eclk
» qu'il luy plairoit de
soumettre, ainsi que lc
succès Fa fait voir
, &c
qu'il eût un double droit
d'éccndre ses Conquêtes,
Celuy des dépendances
qu'il a prauvé qui luy ap*
A iiij
8 Hifioìre du Siège
parrenoient, &:poui^leGr
quelles il demandoit un
Equivalent & celuy que
donne à un Prince une
Guerre ouverte^ fur tout
quand ce nest pas lujr
qui la déclarée, Cependant
le Roy malgré la,
justice de íà cause reconnue
par beaucoup de,
Souverains, & maigre le
bon é.;at de ses Armées,
a marqué tant d'inclination
pour la Paix,, & la
succrité de son procede
de Luxembourg. p
a si visiblement paru,quç
ceux que des intérêts particuliers
faiíbicnt opiniâtrer
à-vouloir mettre le
feu dans toute l'Europe,
ont pris de là occasion-3j
de dire que ce Prince
youloit la, Paix
, parce
qu'il n'étoit pas en état
de faire la Guerre. Tout
cela n'a point arrêté ja
bonté de ce Héros que
l'on vouloit irriter parla,
II a donné de nouveaux
délais
a
& les a souvent
to Hìfioìre âu> Siège
renòuvelez^asin que ceu£
qui ne vouloient la Guerre
que par un motifd'ambition
,
eussent le temps
de faire réflexion sur le$
périlsoù les alloit entrai
her une conduite emporJ
tée, aveugle &c irrégu^
liere
,
ô£ que ceux dorit
les désirs ne tendoientí
qu'à affermir le repos de
l'Europe en affermissant
le leur, eussent le moyen
d'y travailler avec suc--
ces ^
& de ramener les
de Luxembourg* 11
esprits, gagnez , ou inti*
midez par quelques Ambitieux
3
qui négligeant
finteret & le bien de leuí
Patrie
,
luy preferoienf
\ine gloire qu'ils n'étoient
pas feùrs d'acquérir. En*
fin les Ennemis de la Paix
ayant lassé les bontez du
Roy
y
&i les ayant empoisonnées
de plusieurs manières,
&í ce Prince ne
pouvant plus s'empêcher
de faire la Guerre à ceux
qui la luy avoient declaif
Hflaire dn Sìégz
jtcc ; sans donner lieu de
douter -de :la ^grandeur?
de ses fçric^s
^
&;;d^.íá
bomie situation des afïai-í
res de fop Royaume, ft,
résolut, a fá|re un Sicgey
& prit dp secrètes & ju^
stes mesures pour aéta-i
quer Luxembourg. Cet-,
te Ville qui, donne son
IÌQÏÏ) à une des plus grandes
Provinces des Païs-
Bas, est: fort ancienne.
Pcplomée rappelle Au-,
gttjîoe Rçmaridmmm i .&£
'ìdâ" Luxembourg, 1$
koùis Grúicliárflin duns ùv
dtseríption des rnênies
Provinces, raporre que;
fes Payens avoient donne
ks noms des Pjaneres a
plusieurs Villes du Duché
4e Luxembourg. La Ville
qui a ce ìiòm est la Ville
du Soleil
3
Arlon, fAutel
(h la LUi^&Thionville,
la Ville des Dieux, à-Timitâúétí
du Panthéon
que Ton voit à Rome.1
J'ay a vous apprendre làdessus
une chose assez etif4
Histoire au Siëge^
rieuse, &c qui confirme ctf
que je viens davancefc
touchant les noitis don-}
nez à ces Villes. Pendjanc
le Siège dont j'entreprens
la Relation, on a trouvé
dans le Cabinet d'un Curieux
de Delf une Monnaye
,
dont on se sqrvoifc
anciennement dans Lu->
xembourg. Limage du
Soleil s'y voit d'un còté^
&; les Armes de la Ville
font gravées de l'autre
^vec ces paroles tout aude
Luxembourg, IJ
tour, Ducu*Burgum^qui
marquent que Luxembourg
étoit alors appelle
le Bourz du Soleil. Ainsi
l'on peut dire quelaMonnoye
dont cette Ville-là
se fervoit il y a plusieurs
siécles
9
portoit la Devise
d'un Monarque, qu elle
reconnoit aujourd'huy
pour son Souverain,con>
më si l'on avoir prévu dés
ce temps-là qu'elle passe*
roit fous la domination
d'un Prince qui n'a^pinc
wf Histoire du Siège
d'égal parmy les Rois,
comme le Soleil nena
point parmy les Astres*
La Province dans laquelle
lá Ville de Luxembourg
est située, est dáns
la BasseAílemagiie5otielle
est bornée de la Lorraine
au Midy
$
d'une partie du
Pais de Liège &de Lim~
bourg,auSeptent;rion$de
TEvéché de Trêves
, &C de
la Moselle, au Levants
ôc de la mêiíie Rivière,
&C d'une partie de FAr,
de ;Lu$çmbotty,g* 17
denn^au; Gou chan c. E1le
fut c^cc^n:Duché par
TEmpcrcur Henry IV. m
faYpLirT de^Vcnctílas ion
Eírcjrcy quj;çû;t lc Comté
de Luxembourg en partage
, & gui épousa Jcannç
j Ducheífc de Brabant
ctjitiçn est d'ejrviron foix^
çe,di$ lïcjUQ^r )fte,.P:aïs.;,
' cÍJ,^/TR»-
y-;
^?^ÎTÎTpí^i de; la
J^oí^lle
3
de ílíUb
^,
&: de
plusieurs autres Rivières.
II
f y.. st vingt gilles .mut»-
B
i& Histoire dtô$iegè
rces, plusieurs Boris Châteaux
>
&C douze à treize 1
cens Villages; r y\- M
> La Maisonde Luxem^;
bourg
,
qui ëïl une <&&
plus Illustres del'Euròpe^
a £u quatre Erftpëreur^f
qui sóíít^Hfcttr^lT.níJ
Gharlds rVV'Authèú^dt^
la Bulle d'tìrj^àxcéílàsi'
&£Sigiímondfësdeux•Tjllsìr
Elle a ^ìrbdÙiAffcïiie^
ordonné dèttf'Còtiii^a!^"
blés à là France, fçavolr [
Yal0ran ïtl. dée&idu dq:
de Luxembourg. |p
ValeranI. Cadet deHen*
ry V11. Empereur 5

Louis de Luxembourg
Comte de S> Paul
i
íì fa-*
meux foiís le Règne áé
Louis XI. qui laiísa deu^
Fils
y
Pierre de Luxenv
bourg 11. du nom,Cómtc!
de S» Paul
5
&C Antoine
Comte de Briehne .du-
<jiíel fórit vènùs lesCoitiJ
tes de Brienné^Siles Ducs
de Piney. De tous ses
Enfans, Pierre de Luxer»
bourgmlaiíïa que MaHe*
B ij
z p tììjtoîre dmú tege
sa Fillç&son unique Heridere^
quiepouía en secondes
nopées François
de Bourbon
,
Comte d&
< ^endoíkie
,
quatrième
Ayçul paternel de notre
Auguste Monarque
f
On;
parle diversement idcsl
premiers Seigneurs de J^u-j
xei;nbo.çijg,
;
Qnt\ en con-)
noit point de plus ancien)
que Sigcfroy^Ercrepùiliés
de Godefroy \ Comte de;
Verdun. Il acquit cnp$j< k Château de Luxern-i
,
de Luxembourg, xr, bourg, de ViKer Àbbé de
5. Maximin de Trêves,
6. en prit la qualiré de
Comte & le surnom qu'il
laissa à ía Ppstcricé Cette,
Maison a poísedé ce Duché
jusqu'au temps que
Charles le Hardy dernier
Duc de Bourgogne acheta
des Héritiers de l'Empereur
Sigismond,. tous,
ïcs droits qu ils y avoient^
6í par le Mariage de Marie
ía Fille unique>& derniere
de íà Maison
* aveç
22 Hiftoiredtt Siège
FEmpereur Maximilien^
la Maison cfAutriche hérita
du Duché de Luxembourg.
II y a trois Branches
de Luxembourg, La
première est celle de
Luxembourg X^igny
y
oui
Linèy
y
qui a eu pour
tige Vàleran de Luxembourg
I. du nom >
Sei-
£ìieUr de Ligny bí dû
Róùssy, Fils puîné d'Heti*
ryl Comte de JLuxembourgs&
qui a çsté étein*
tëèáM personne drY*^
de Luxembourg. i\ kranl 11. Grand Boutciller
,
&; Connétable de
Frailce. La seconde Branche
! est celle de Luxcml?
QurSV Brìerìnd
, S. Paul,
&DPiney,quia cofamencéh
et* «j'eaty de Luxembourg
Seigneur de BeaurJèvoidyFils
puîné de1 Guy
Çqmm.'de Ligny^ 8>C qur
subside * i éncorê aujòurdMiyfwla
fersohiie de1
M^dekiíi^^ 'Chárlôrëaî
Borin^ y
Thátefë deÛer^
24 Isiffioìrç àn Siège
xembourg
,,
mariée cn
166,1.. à «François Henry
de Moiumoreucy ^ Duc
de- L^cmbourg,,; Pair
& Maréchal de ' Erance,'
Coince de .fioutçviltë'ÔÔ
de Lusse, Gapicaiinr> dòs>
Gardes du Coi*ps dlv RiQ?yJ
La rroisiéme\Bráítche>esti
celle dey. t-tucmbou^)
Bennes, '^:..,.;Marciètìt-dsi'i
Elle a còrnst>en)çé ça-,Ti?H&
baut de Luxembóuirg^
Seìgne^f^ íb^íiçsy Ris!
de Luxembourg.
t
aj'
nom, Comte de Briennc,
&C elle a continue jusqu'à
Françoise de Lorraine,
Duchesse de Mercoeur.
Princesse de Martigues,
mariée en róop. à Ceíar
Duc de Vcndosme
, &
morte à Paris en 1669,
Quatàla Ville qui porte
je nom de Luxembourg,
elle est bâtie fur uiìRoc$la
Rivière d'Elfe, que quelques-
uns apellent Ais ou
Alsits, l'environne prêt
que entière. C'est une Ri-;
C
%6 Histoire du Siège
yiçîre qui vient du Midy*
&C qui aprés avoir paísç à
Luxembourg, va se jet-;
ter dans le S^ur; vefs, M
Septentrion, pour se join^
dre ensuite à la Moselle
au dcísus de Trêves. La
partie du %oc qn einvH
ropne VEl(e est éxtrêmçment
escarpée. Ainsi sa
situatípn naturellç luy,
sert de déferçse. C'est cei(
qui est cause que peu de>
Travaux la fortifient de
ce coté
-
là. Qiì^tre ^-Ï
de Luxembourg* ij
stions taillez dans le Roc
auslî - bien que leur Fossé
qui est tres-profond, oeuvrent
la partie qui regarde
le Couchant
>
&c qui
n'est pas entourée de la
Rivière* Au devant des
Bastions, foiit des Contregarëes
,
des Demi-1 unesì&:
des Ravelins taillez
auffi dans le Roc
>
ainsi
quelcsFòfíez qui les couvrent
$&s au devant de
tous ces Ouvrages il y a
4eux Chemins couverts
C ii
á8 Hifioìre du Siège
bí deux Glacis. Quatre
Redoutes de maísonnèrie
dans les angles sailláns
de la Contreícarpe^dcsen^
denc le premier de cés
Chemins. Quelque bien
forcifiéc que soit cetté
teste que FElse n'entouré
point, on n'a pu ppur^
tant attaquer la Place
Ique; par cet endroits c'ell
à dire, par là partie où
est la Porte neuve du
;còté du Septentrion,, partce
que le reste est xtrdp
de Luxembourg. %$
escarpé. Vers celuy où
Ja Rivière commence à
quiter là Ville, on trouva
ain Chemin creux par lequel
on pouvoit venir à
couvert assez prés de la
Contrescarpe
3
&: çe suc
par là que son ouvrit la
Tranchée. Cette Ville a
esté prise plusieurs fois.
Charles Duc d'Orléans,
second Fils de François I.
la prie en 1542 5 & Charles-
Quint
,
qui dés fa
naissance avoit porté le
C iij
3© Histoire du Siège
^ Titre de Duc de Luxent*
bourg, la reprit sur Ici
írançois en 1544.
Àprés vous avoir parlé
de l'écat de eette Place^
&C de ceux qui l'ont possédée
avec le Duché, je
viens à la mémorable Histoire
de son Siège, dont
la postérité se pourra ser4
vir comme d'un exemplfc
pour les beaux Travaux
qu'on y a faits, afin d'épargner
le sang de la No*
blcílè Françoise, qu'une
de Luxembourg, JÌ
impatiente ardeur de
gloire, jointe à une valéuí
naturelle, porte à mépriser
les plus grands périls,
en s5exposant à décou-
. vert à tout le feu d'une
Garnison nombreuse, 6c
feienretranchée, qui n'étaiìt
point vûë
,
choisit
souvent en tirant, &tnè
s'attache qu'à ceux qui
luy paroissent les plus
braves, &£ les plus qualifiez.
Mais avant que
d'encrer dans le détail des
G iiij
p, tììfioìre du Siège
Travaux, &; des Attaques,
il faut admirer en
passant ce qu'on rie peut
jamais assez admirer
5
je
yeux dire les premières
intelligences qui ont fait
mouvoir tous les ressorts
par lesquels ce Siège a
esté conduit si heureusement
5 cette conduite de
Cabinet aussi immanquable
qu'elle est merveilleuse
&í prudente
5
enfin ces
miracles du Conseil du
Roy
> ces réfolutipns si
âe Luxembourg. 33
judicieusement prises
5
&C
ces ordres pour les exécuter
fi 'bien donnez, que
ceux qui les suivent {ont
toujours certains de réussir.
C'est par là qu'on a vu
souvent les Ennemis croi-<
re pendant des années
entières, qu'on assiègeroit
de certaines Places,
ÔC apr.es avoir eu lieu d'en
estre tellement persuadez
qu'il ne leur paroiísoit pas
qu'on en pût attaquer
d'autresj les dégarnir par
34 tJìftoìre du Siège
la jalousie que les môtr*
vemens de nos Troupes
donnoient à toutes leuri
Villes, & se laisser surprendre
dans k même
temps qu'ils mettoient
toute leur application,
& qu'ils employoient
tôut ce qu'un long usage
de la Guerre leur avoir
donné de lumières en cet
Art pour s'empêcher d'être
surpris. C'est: ce qui
leur vient encore d'arri-
Ver en quelque forte
^
de Luxembourg. 35
comme la suite vous le
fera voir. Quand le Roy
a faic investir Luxembourg,
la Politique Guerrière
8£ celle du Cabinet
demandoicnt qu'il ne
manquât rien dans cette
Place pour soutenir un
Siège de six mois. Tourtes
les forces d'Espagne,
ou pour ainsi dire
,
l'Eft
pagne toute entiere,y de*
.voit estre enfermée, puis
que mille importantes
raisons vouloient qu'on
gtf Hiftótréâk Siège
41 apréhendât que pour
elle seule. Enfin par les
mesures que les Eípa^
gnols avoient eu le temps
de prendre, par les Munitions
de Guerre
>
&í par
la nombreuse Garnison
qui luy devait servir de
défense
5 tout autre que
LOUIS LE GRAND
Feût crue imprenable,
quand même elle ne Fauroit
pas esté par ses Fortifications.
D ailleurs, elle
estoit remplie de Soldats
de Luxembourg. fj\-
déterminez} qui pour a-;
voir fait des actions cri^
minelles3mais dont beau-í
coup étoient de vigueur/
s'ctoient réfugiez dans
cette Place
5 commedans
celle où îes Espagnols recevoient
tous les Braves,
& dans laquelle, si Ton
estoit auffi mal payé que
le sont toutes leurs Troupes,
on estoit récompensé
par les Courses que faisoit
cette Garnison qui
rançonnoit, pour n'cm3#
Hiftoire du Siège
ployer pas un terme plus
rude
9 tous ceux qui ca
rencohtroient les Partis;
m quelque temps que c€>
fut. Oa sçait que de semblables
Soldats combatent
en désespérez lors
qu'ils sont dans une Placo
assiégée, & que quand
la valeur ne leur seroic
pas naturelle, ilsíefbni!
^ pour fuir la figueur &5
&C la honte du suplice,
qu'ils ne póurrotent évi.
ter s'ils se laissaient pren*
de Lmemhwirg.. $9 4re | un courage de nçr
Ceíîïce, qui entes rendant
' capable^ dç ton t^leut fait
vepdre çlìcrement leur
vie, Le Prince deChimay,
1 gouverneuralors de Luxembourg
,
avoir-de fca
epeé d'aussi pressantes raiípns
9
mais d'une autre
nature, qui rengageoient
àse dcftndre juíqua l'çx-.,
s
tremté avec la derniere
vigueur, puis qu'il avait
non feulement à cornbistre
powr la Gloire,
4° Histoiredu Siège
mais encore pour la de-*
fcníe d'un Gouvernement
qui luy étoit héréditaire
, par la vtntè que
leRoy d'Espagne, qui luy
devoit beaucoup de deniers,
luy en avoit faite
pour huit cens mille écus.
II avoit encore cinquan^
te mille livres de rente
dans la Province de Luxembourg^
Joignez à cela
que fa Principauté de Chimay,
qui est d'un revenu
trës-considcrable,est préde
Lùxemhurg. 4*
íentement dans nos Con-*
quêtes. Chimay, Ville des
Pais-Bas dans le Hainaut,
avec un beau Château
y
est entre des Forées
à six lieues d'Avelines, fur
une petite Rivière appellée
la Blanche. L'ani486,
^Empereur Maximilien L
rérigea en Principauté
pour Charles de Croy.
Croy est un Village dç
France dans la Picardie
entre Amiens &c Âbbeyilk
t
dont l'Illustre Mai4^
irîïjíûirtik Sïej^e
son de Croy dans le Pais-
Bas a tiré son nom. Jean
de Croy I du nom, Comte
de Ghimay
, a fait là
Branche des Princes dé
Chimay
,.
des Comtes de
Solre, &des Ducs d'Havre:
Cette Maison qui á
toujours- esté fort attachée
aux Princes de la?
ÎVlaison de Bourgogne, &£.
ensuite à celle d'Autriche
qui luy a succédé, est divisée
en plusieurs a-utre&
Branches
>
des Due 4 A^^
4^ Ê^^^om^.
choc 4J y Gbmce de Portien,
Comte de Guine^
Marquis de Háiirech;
Comte de Roetix, &c.
Guilláiìnie de Croy jSciíêneur
de Gícures, un deà
plus íag^s Seigneurs de
fòhfiécle, qui fut nomme
par Lotiis XII. Couves
neur de la Personne dé
Charles-Quint:, &í que
les Eípâgnols1 empoiíqjii
rierentpár jaloufie/e'cjpíé
de cette- Maison. Elle si
eu de tres - grandes AU
D'ij
<44 Hfjfomdu$ìe^
ljances en France,&aU3ç
Pais-Bas, Ô£ mesmc en,
Allemagne
5
quantifé die
Çhevatiers de la Toison»:
&C de Générauxd'Armées*
.& plusieurs Gouverneurs*
:de Provinces&de Villes.!
Le Prince de í^imay
égnt je vouì parlej. %
c^pusé une des plus ricins
Héritières de toute;
Espagne. Le double inr$
íj|st qui rengageoit à*
défendre Luxembourg*;
par les raisons, que je;
de Luxembourg. 4$
M;ous ay dites, l'heureuse
situation de la Pla^
çe, ô£ le secours, qu'on
luy faisoit espérer d'Aile^
magne, dies PaisrBas, &S
4e toute laHollande, dévoient
oster la pensée de
tàífiéger,, ce Siège estant
de ceux que le Peuple
n'a jamais envisagez íans
fb&yeur, & qu'on n'ose
proposer dans le Conseil
des Souverains,, à? cause
des suites, fâcheuses que
l'onmdoit craindr€.ÇÍltes
4^ HìftoìreâuSieçe
n'ont point détourné lè
Roy d'une entreprise qui
íuy devoit donner tant
<ie gloire, & ce Prince
a pris des mesures Q(CÚZ '
justes pour combatre en
meíme temps la Mature
&rArt,rintérest, &le
deíeípqir des Hommes*
Ce Monarque se voyoit - des Forces capabks d'ataquer
en tticsme temp$>
deux âuttfes Places eíi
Flandre^ aussi considérables
qu<l Luxembourg*
de Luxembourg. 47
mais qui auroicnc esté;
plus dégarnies
,
& pat
conséquent moins en état
de se défendre
3
&; d'estre
secourues
3
les Ennemis
n'estant point encore est.
campagne, &t n'ayant
point de Magazins pour
s'y mettre , comme les
Troupes de Sa Majesté,
ta prise de ces important
tes Places en auroit íait
tomber d'autres fous la
domination du Roy
r
fans
qu'il euít esté besoin de
48 fíifiùm au Siège
les assiéger
$
Ô£ ie peu ck
Villes qui restent, auroit
bientôt fuivy leur exenv
pie, touc ce Pais n'aspirant
qu'à reconnoître les
Loix d'un seul Souverain,
afin de goûter les douceurs
d'une Paix fiable.
Et quel autre Souverain
pourroient-elles souhaiter
,,
qu'un Monarque
:raint &í admiré de toute
j.a Terre ,
&C qui possède
h plus grande, Ô£ la plus
forte partie des Pais-Bas?
.
Xous
de Luxembourg- 4$
Tous ces avantages dòilt
il auroit pu se laisser fla ter
san$ injustice,n'ont point
fait balancer ce généreux*
Erínce^ny ébranlé la forte
résolution qu'il avok
pn&dò' travailler au .ròpps'de
toute l?Buropei Jé
h'avaneé rien qui ìie fcìt
connu, &£ que:'&i Jvlàjçsté
n'Aie dit \Elle^iìême5 fim
que^J&r le (jortite d*A~
vau^ 1% foit íçavoir aux
États \des "' Provinces-
Unies V dans le Meiinoire
50». '
^íjk)^du^c^
qt|*il kiir- pnefeua lfe:$0f'
I
cTAyrit.Moic^íiap:
Èxtíiaiet
de cet: Arácle* ApHfâ^òin
parlé des iíitrigtaes rdçSí',
Ministres d'Eípagfre à la
Raye^ çéc Ati)ba0adeuq
ppuríuit enu cesoterímmi
Qefi ce éjui a\ ^etermiéá
Sa JMLdjefié à partir im
cessamment pourse )neitre
a la tête âesses jáïMfafy ^ se, faire un chemin à
I4 Paix par la force dû
ses firmes
>
âpres que ìtòfë
1
.
de* Luxembourg.
51
Mt les <voyes de douceur
^ Çtf de modération luy ont
este inutiles. JMais quoyque
Sa 2\/Lajefésoit entièrement
dégagée des offres
quelle a faites% par
Sexpiration du tems quEL
le avoit fixé pour en convenir
, gf quEllt /cache
bien qu'Elie pourroit attaquer
des Places
,
dont la
Conquêteseroitplusfacile9
(£ d'un plus grand avan^
tage a fa Couronne que
cellt de Luxembourg, nean-
E ij
5* Hifiùirt> du Siège
moins Elle 4: résolu de Ziè&
faire assiéger, tant pareç
quelle efi entierem^t déx
tachée de tou$c§' qui^d&t:
fairela Barrière des PMs~
Bas
, f$ quelle ne peut
donner aucun íuj/t de
crainte a ceux qui y pren*
nént ìnterefiy que parceque
ledeffewqua Sa -Àf'a-"v
Jefit? de s en rendre Maîtres
tend[ plutôt a faàïltte^-la-
Paix, ç£ a mettre ses Su*y
Jets en feureté) qu a inc&ïty»
moder ceux du Roy Catkë*
dèíèxemhòurg^ JJ
Uqne, ausquèls cette Place
m pm0 ejtre £aumné utilité
)
ç^ que d!aillmrs Sa
Jtâàjejfè possédant désa
tout le Pais qui tewvi^
ronne
%
les Espagnols ne
iattachenta la vouloir reièrìé
y que par íefpétançe
quils ont quelle leur fournira
toujours des occasions
de rehot4wllerla>Guerre^
des moyens de porterplus de
damage a la France qu aucune
qui soitfous la domh
nation du.Roy Catholique
E iìj
J4 Hìfiùte du Siège
Quoy-que Ton ait toû*
yoûvi vu beaucoup de
bontév &; de modération
dans le procédé du Roy,
on peut dire qu'il n'en a
jamais tant marque que
dans cette occasion, puis
qu'il estóit en état de se
rendre Maître de la Flandre,
&c q^ie loin de l'ávoir
fáic, il n'a pas feulement
voulu* attaquer une Place
hors de la Barrière, au
delà' de laquelle
,
il s'est
engagé.de ne rien pren>
§r§
; )Oii íçùt dans le méme
temps que le Roy
^ípâgne avoit écrit au
j^rquisîle Grana, Qdïl
ne consentiroit jamais a la
Paix), (ffquil ptrdifi tout^
mAtsen cQmhatant. Je ne
puis; cjoriner un autre
fQur à ces dernieres pa~
jrotes, parce qu'elles sont
traduites mot à mot de
î'Eípagnol,,,& que j'en
altérerais le sens, si j'y
changeais quelque chose.
Ççs AfFaires étant dans
E iiij
tfáttQ situatioiv* il est aifî§
èccormohm que le Roj^'
dont les Troupes estòicnt
ft'atìjbneiase's, &/ e^ état
d-agir."( ce qui fâic encore
glus paroirre la- bonté
fuiï^ivoit euë de vouloir
procurer la Paitf M'Eui
rope ) ne devoir point dte
férer à le mertre en cam^
pagine. GePríncepí^tit.j
& quoy qtte áei/à.iìcé\^ai
un grand nombre de
Troupes qui avoieíit leitt
rendesvous fur ík ùìémé
foiïc§"\ il fie prit point le
chemin du lieu où devoit
lombejell'efïort de ses Aríriek
XQefiit alors que ses
EnjieMs commencèrent
à ne íçavoir que s'imagifle&
SM? craigtooierit poutf
jLuxembourg qui ne fè
tifóuvoit point dans là
Barrière, ils '' craignòient
m méme temps pùùt ' les
Places de Flandre l^u-ils
voyoient environnées dc3
meilleures Troupes dií
Roy? v parmy ^lesiiuelle^
soient celles de-fa Mail
son; Ce grand armement
rìétoit pbinc fbndéíûrtíilí
bruit confus^ il étoit réeîj'
Ces Trompes pairoiísoientó
dans le Pais, & Sa Mai
/
jesté les alloit joindre;
Cette conduite les mit
dàns-uh embarras qu'ils
n'auroient point eu fi ld
Roy eust fait marcher ses
Troupes vers Luxembourg
, ou du moins s'il
n'en eust point fait camper
en Flandre, puíï
de Luxembourg* y$ qu'alors la plus grande
partje~ 4e celles d'Bfpagner&;
celles detíûllandô .
que le Prince d'Orange
forçoit dejuy obéis, au- roient pu prendre la route
de Luxembourg
5
mais
le mouvement que les
Troupes du Roy fàisoient
en Flandre
,
étoit cause
qu'on n'en osoit dégarnir
les Places
>
&C méme on
ne Teust pas fait quand
on adroit sçû avec une
,
entière certitude qu'on
«alloit former le Siège de
eette Ville
$ ammtû&íi
on se seroic expoíeV tìóii
sculet^ent à perdre quelques
Places en Flandres
mais même & la perdra
rfout£ entière. C'en étúk
•trop pour embarasser dès
Ennemis aussi foiblescjue
les Eípagnals
$
mais quoy
que tant de précautions
ne fuísent pas absolument
nécessaires, comme
on ne peut prendre
«des mesures trop JU&U^
dp Lummbonfg. írtoutm
choies
$
&2 <ju oin?
m doit pas se fier tellement
a ses Forées, qu on
tì'agiíse sûrement quand
on le peut, les grandes
Affaires nésc'déterminent
pas dâns le Conseil de Sa
Majesté ,:àvèc'' mòítò de;
précaution
3 que fi'là nc~;
eeífité obligeoit de faire
s
supleer Fadrefse de Cabinets
&£ îesrtïfès de Guerre
à là force des Armées. ;
Tout fe résout dans ce
Conseil
,
donc les fuites'
CJJÚÁ en ïònt ç^áota#eles
résolutions, déçotivreïìtf
l,es vives lumières,de ee
Pnnçéi fur çoutes sortes
de matières. Les mouvemens
dés Troupes y
font reglezjle Politique y
est Soldat, .&. grand Gar
picaine, & le Capitaine
grand & fin Politique.
Enfin tout ce que l'on y
résout est, si surprenants
&si bien imaginé lorsque
Texécution en rend les
effets visibles
,
qu'il sembj^
que les ordres qui cil'
sprtpnt/oiencdonnez par
q&elqjie suprême Jntelli-
$ét\c^y tánfils pròduisenû
juste, tout1 ce qu'on croir
en devoir attendre, te
Siège! n de..-.{Luxembourg
ayant- esté, arrêté dans ce
Conseil
,
où Ifpi* peut
compter pour fait touc
çç qu'on y détermine,
le R.oy partit pour se
rendre à plus de quarante
liéuës de Luxembourg, &c
dpnna le rendez-vous au-»
#4 Hìfioìre du Siège
prés de Condéà des Troupes
si nombreuses, qu'on
auroìc pu croire qu'il luy ne en seroit^poiht rcstc
pour faire des Sièges
ailleurs qu'en Flaiklre.
Dans le méme rcmps iì:
ordonna un decachenierit
conduicpàrMrdeRentyy
&; fítr publier que c?ctoit
pour aller jdndr£ les
Troupes de ^pviûctit
^Electeur de ^LoÍ0pìë,
que M1 le Gomre
f dç
Ghoiseul òòtóttiandoit/
'. de &MeinbiM:'*g. 6$
-Cedétadhemênc sic bruit;
les Hollandais s en montrèrent
alarmez
y ce qui
donna lieu de le croire
véritable. Erisin cou*
tes les Lettres des Enhe^
mis
3
SZ leurs Gazette»!;
mémcjle publièrent eoini
me une chose certaines.
Cependanp ces Troupes;
investirent Luxembourg;
& lorsque Faláráíe des
Hollandois diMiíìtía
0

frayeur des Espagnols fut
"ût beaucoup augmentée,
66 Histoire au Siège
M1 le'Maréchal de Créqui
se trouva le lendemain
devant la Place, &C
j fit tracer le Camp, pendant
que de tous cotez
il y arrivoit des Troupes,
dont une partie avoit souvent
fait des Cóntre-mai?-
ches qui l'éloignoient du
lieu
,
où fans le sçavoir
elle se laiíTok conduire.
Xe .Roy déclara à Pérónne
que Luxembourg
estojt investy
,
& Mr le
Çheyalier de Tiiladet^ &
de Luxembourg* 67
Wle Marquis d'Uxelles $ furent nommez pour y
conduire un détache-'
pnenc. Sa Majesté cornfriánda
enménne tems les
Gardes du Corps
.,
& la
Gendarmerie, avec plujfî-
eurs Brigades de Cavalerie
pour se poster en divers
endroits, afin d'cm*
pêcher que quelque secours
ne se gliífast dans
h Place. MES du ìsSontal'J
de la Trouífë^ &'
de Bousiers'..; en -curent0
63 Hiftmre'du Sïege
le cqmniiandcment
y 8c
l'on mie des Troupes, à
Sedan, à Mariembourg>
à Dinan, a Charlevilley&S
à divers autres lieux; Ainsi
, Toïi peut dire qu'à pluà
de quarante lieues du
Luxembourg
%
le Ro^
agiííbk pour lUv&fice*
ment du Siège
5
Cûmmfc
s'il cuíl este devant cette
Place. D'ailleurs ía pré*
íktìct étòit Bien plu^sft&.
ceslaire dans les lieux óà
il était
$
puis cju'ete *&*
de Luxembourg, 6$
n^nt toutes les Places de
Flandre en jalousie
3
il
empêchoit- ses Ennemis
d'en tirer des Troupes,
&C de faire aucun mouvement
pour le secours
de celle qu'on assiégeoit.
Ainsi ce Prince étoit utile;
a beaucoup de grandes
choses;
%
&2 il n'étoit pas;
besoin que les Aíïiégeans;
le vissent pour affronter
ìes' périls. Il-suffifbit quite
fussent François, &qu'ils
i^mJbatriíseíií: ppur &
70 Hìftoire âù Siège
gloire, pour n'épargner
pas leur sang* On peut
ajouter à tout cela, qu'une
Cour auíïí nombreuse
que celle de France auroit
fans nécessité fáit
renchérir les vivres au
Camp de devant Luxembourg
, quoy qu'on eust
pris de grandes précautions,
afin qu'il y eust en
abondance des pjrovK
fions de Guerre &£ de;
bpuche* II y en avoit ám
<Gany> qui Yenoiient df
de Luxemhonrg. 71
Longvy, de Verdun,, &C
de Thionville. Un grand
nombre de Bateaux & de
Chariots avoir ordre d'y
conduire -tous les jours
du Foin
$
Ton ayoit construit
deux Porçts
,
l'un
fur rOrn
,
&C l'autre du
côté de Trêves, pour la
facilité du transport, &c
les Païíahs de vingt-cincj
lieues à la ronde y apportoient
à toute heure
Quantité de vivres. Des
jCharpesttiers>& desJylafi
72» Hìfioìre du Siège
sons pour les Fours, y
croient venus de Metz,,
On ne s'étoic pas contenté
de ce qu'on avoit:
trouvé de Pionniers en.
Champagne$
Ton en prénôit
encore dans les Villages
du Pais Meífín,plus
ou moins dans chaque
Village
3
selon qu'on ea
rcncontroit de fores.. Des
Canons,& des Mortiers,,
i
des Boulets, des Bombe%.
deá Grenades
^
dés; Armps
,&C desi Qutils à- remuer
la
de Luxembourg.
73 la terre, tout cela étoit
venu de la Citadelle de
Metz. Les Trois Evêché?;
(avoient fourny des Cha~
rettes, &C Ton avoit faic
faire des Echelles dans le
Pais de .Vauge
,
&c des
Sacs à terre en divers endroits.
Le nombre étoit en tres-grand, parce
qu'on avoit appréhendé
de ne pas trouver assez
de terre pour faire la
Tranchée, &: pour y cstre
suffisamment a couvert,
G
^4 hlïseoire du Siège
On ne peut aflez admirer
toutes les mesures qu'on
avoit prises pour faire que
tout fust prest,&:apporté,
fans qu'il parust quel'on
eust rien préparé pour ce
Siège.Cela ne s'est encoíe
pratiqué que fous íe
Règne du Roy. Cependant
rien n'est plus important
pour empêcher
un secret de s'éventer,
que d'avoir de longuemain
dans les Places voisines
de celles qu'on a
de Luxembourg
75
dessein d'attaquer \ touc
ce qui est nécessaire pour
un Siège. Par là on trouve
moyen d éblouir les
Ennemis, & on les em~ pêche d'avoir des soupçons
fondez fur des apparences:,
vra y -
semblables
puis qu'ils ne voyent an- river aucune chose aux
environs de la Place Ion que est prest d'assiéger,
au lieu qu'ordinairement
d'autres mesures font deviner
des desseins ausquels
G ij
76 Hifioire du Siège
mi ne s'ayifcroic jamais
àc penser. Gette conduite
que Ton observa au
Siège de Gand
5
suc cause
cn partie de .l'heureux
succès qu il eût. <,
Pendant qu'on travaiL
Joie devant Luxembourg
aux Lignes de Girconvalafcion
& de ContrevalatipnyM*
le Maréchal de
Qiqjuy
5
& Mr âojùm^
banfj à qui le Ropavok
donné ordre d'épargríbr
les Troupes, & de fe ferde
Luxembourg. 77
vir pour cela, dç
< tous les
rpoyens possibles & permis
,
s'apliqucrent entièrement
à chercher ceux
qui pourroient empêcher
la Noblesse Françoise de
s?exposcr
, parce qu'elle
n'a aucun ménagement
lors qu'elle est une fois
dans le péril, &C qu'elle
n'écoute qu'un impatient
désir de gloire qui rengage
à suivre tous les
mouvemens de son ardeur,
Ìs/V de_YauhaiL4:e-
G iij
fS Htfioïre au Siège
conuut que la Place íe
pouvoit batre à revers,
& clic que pendant qu'on
bacroit ainsi l'Ouvrage
qu'on attaqueroit
,
lc
même Ouvrage seroit ba~
tu par les deux cotez i ce
qui pourroit, non feulement
le détruire en peu
de temps ,
mais aussi incommoder
fort les Ennemis,
qui ny (croient
point en leûreté, ô£ qui
ne pourroient tirer à couvert
fur les Aísiegeans.
de Luxembourg. 79
Gé.t Homme touc merveilleux
dans son Employés
5 exposa avec beauçbup
d'intrépidité à des
périls évidens
, pour en
garantir la plus grande
partie de l'Armée. Il alla
erì plein Midy reconnoìtre
la première Contrescarpe
, £>C en avançant
il fit signe aux Assiégez de
ne point tirer. Par un
bonheur extraordinaire,
ils furent aíïcz simples
,
pour croire qu'il étoit de
G iiij
8ò Histoire dtï Siège
leur Party, & ils curent
pour ses ordres toute la
déférence qu'il en pouvoie
souhaiter, mais qu'il
n'attendoit pas d'eux. II
trouva bien plus de terre
qu'il n'avoit crû en trou-';
ver. II y enfonça son épéè;
jusqu'à la garde
,
& s'en
retourna avec le plaisir, 1
&' la gloire d'avoir ex-^
pose fa vie pour le service
de son Prince &C de
sa Patrie. Apres avoir pris
une parfaite connoiísance
de Luxembourg. $ì
de la Place
,,
il rêva aux
Travaux qu'il crût nécessaires
pour avancer le
Siège íans beaucoup de
perce ,
&í il imagina de
petits Cavaliers qu'il fit
élever quelque temps
aprés d'espace en espace1
dans les Travaux 5
ils
ont esté fort utiles, &C
d?un grand usage pendant
tout le Siège. Quoy
que les Lignes ne fussent
pas achevées, tandis que
toutes ces choses se pat
Szy kfìftotre au Siège
soient/& que les Ennemis
puisent jetter du secours
dans la Place, plus
facilement que fi elles
avoient esté en leur perfection^
les ordres que le
Roy avoìt donnes, faiípient
que Ton s'ytenoic
en seûreté de la méme
sorte que s'il n'y avoit
point eu d'Ennemis à
craindre. On apprit au
Camp en ce temps-là que
Mr du Montai'.qui com~
mandoit le Corps le plus
de Luxembourg. 83
avancé en Flandre, avoit
écrie à Mr de la Trousse
qui en commandoit un
autre , comme je vous
l'ay déja marqué
5
pour
luy faire íçavoir
5
Quilne
se faisoit aucûn mouvement
dans les Pais - Bas0
quil n en devoit point
avoir d"inquiétude
,
quil
avoit toujoWs cinq oufìx
cens Chevaux qui croisaient
tout le Pais d*entre
Huy & Liège, outre les
Garnisons des Châteaux
84 Hïfioïre au Siège
qui croisoient aussi par
tout, deforte que les Ennemis
ne pouvoient rien
faire qu il ne leffut ajsel^
tot pour en avertir Af le
MaréchalÉe Créquy
>.
çes
ceux qui commanâoient
les autres Camps.
Comme les Braves qui
ctoient au Siège
3
jugeoient
bien qu'ils ríauroient
point a combattre
les Ennemis de dehors,
leur impatience étòit fort
grande d^en venir aux
de Luxembourg. 85
mains avec ceux du dedans
,, & elle parut tellement,
que le Roy à qui
rien n'est caché, envoya
oìrdre à JVT ^e Maréchal
de Créquy de ne point exposer
ses Troupes, d empêcher
les Volontaires,
& les Officiers meímes
d'aller à la Tranchée fans
estre commandez, £>c de
déclarer de íà part, Que
iom lesVolontaires eujfent
a choisir dans quel Régiment
ils vouloienï servir
tó Hifeoire du Siège
fendant le Siège 5
Que les
Officiers çg Volontaires
qui iroieni à la "Tranchée
fans efire de jour,feroient
mis en arrefi tant que dureroit
ce Siège, ç^ qu ainsi
ceux qui feroient Braves
a contre ~ temps
>
montreroient
bien
,
qu'ils rìauroient
pas envie defèrvir
dans cette importante occajion.
Pendant que Mr le Maréchal
de Créquy expliquoit
au Camp les ordres
de Luxembourg. S'y
du Roy, Sa Majesté cstoit
''continuellement sollicitée
par cous les grands
Seigneurs, & par toute
la jeune Noblesse de la
Cour, de vouloir soufrir
qu'ils se trouvassent au
Siège. L'impatience d'aller
acquérir de la gloire,
leur laissoit peu de repos,
&leurs instances estoient
si vives, & si souvent réitérées,
que lors que le
Roy refuíbit à quatre la
permission qu'ils luy de88
TrTtftotre du Skge
mandoient avec tant
d'ardeur, ce Prince trouvoit
comme impossible
de ne la pas accorder à
dix autres, &c ils la regardoient
comme une des
plus grandes grâces >
&C
des plu? distinguées que
Sa Majesté leur pouvoit
faire. La passion d'aller
combatre les possedoit íì
violemment, que quelques-
uns oublièrent leur
devoir, en quittant leurs
Compagnies qui estoiefit
de Luxembourg. 85?
au Camp de Coudé, ou
ikestoient obligea d'être.
íLePrinoe enviai*tleM&-
tïùt de Soldat, se trouvoit
gesné par sa' naissance* &s;
il seïroit difficile
1
d^exiprimer
dans quelle' conster-
'nation eítoient ceux que
^obligation de leurs Emplois
forçoit de renoncer
au plaisir de seryir le Roy
dans une occasion où il
y avoir tant de gloire à
espérer. B'autçes qui
'n'çstoienp pas- en; âge ,de
po Histoire au Siège
porteries armes,estoient
animez du meíme désir,
&c l'on peut dire qu'ils
âvoient moins de force
:que de coeur, &; que la
vajjeur prevenoit en eux
lé nomBre de leurs an-'
hécs. Les Etrangers ont
rôontréla mefme ardeur,
& Ton a vu à ce,Siège
un tres grand nombre dé
Seigneurs &C Milords An*
glois, de Princes Ailemans,
Ô£ dePcrsonnes de
la première qualité, de
de Luxembourg, pi
DannemarK.& de Suéde,
jusque-là- qu'il a falu redoubler
Jes Chevaux de
Poste dans tous les lieux
qui scrvoient de passage
à cette illustre Noblesse.
L'envic de servir dans les
Troupes d'un Monarque
qui est admiré de toute
la terre, jointe au dc&r
de voir un beau Siège., &
d'y chercher à se signaler,
les engageoit à se rendre
devanp Luxembourg. Ils
estoient bien-aises d'apte
y
9%
Histoire du Siège
prendre le Méstier de la
Guerre chez une Nation
qui a passé de tout temps
pour estre tres-bçlliqueusc,
&C qui s'est surpassée,
depuis qu elle a Tavantage
d'obeïr aux Loix de
Fàuguste Souverain qúi
gouverne âujòurd'huy
k France. Quoyqueson
Règne ait produit des
choies que' là: Postérité;
ne croira, que pahe que;
tqutès les Natioíis lés
publient égálétòent, M
de Luxembourg* 91
Siège de Luxembourg
devoit estre le plus fameux
dont on eust oiijr
parler depuis plusieurs
Siécles. La Place paroissoit
la plus forte de l'Europe,
&c TArt bc laNa-i
ture avoient tra vaille a
la rendre imprenable à
tout áutre qu'à Louis
LE GRAND. Cependant
ce Prince qui connoissoit
la valeur de ses Sujets^ ô£
leur zèle pour son service,'
rie voulant permets
$4 Hìfioìre du Siège
tre qu'ils s'exposassent
que dans des occasions
absolument nécessaires,,
n'avoit pas dessein de
faire emporter la Place à
force d'Hommes. Ainsi
les Travaux que l'on devoir
voir à ce Siège pour
épargner le sang de'tous
les Braves, qui ne vou~
loient pas Tépargner euxmesmes,
dévoient estre
des Ouvrages surprénans^
bí c'est en partie ce qui
íivoit porté tat d'illustres
de Luxembourg. 9$
Etrangers à venir voir
tout ce que l'art d'attaquer
les Places, en épargnant
le sang des Aísiégeans,
a de plus ingénieux
& de plus seûr. La
réputation de Mr de Vauban
leur promettoit tout
cela. Voicy les Troupes
aveclefquellesxes Braves
curieux .dévoient combatre,
&les Postes qulçjr%
les occupoient devant
Luxembourg.
9$ Histoire du Siège
QUARTIER GENERAL
depuis lá Hauteur de
Bambuchèjusqu'au Village
de-Merle.
LieutenantGénéraux.
M1 le Comte de S, Gérait,
Mí le Marquis de Lâbert*
Maréchaux de Camp.
Mr le Comte de Broglio.
Mrle Chevalier de Til-
V'< ladèt.
Brigadiers de Cavaleries
yí le Comte de Tatlart,
M" de Roqttevieillc.
Brigadiers;
de Luxembourg.
97
.
Brigadiers dInfanterie.
JVTlcDuc de la Ferté. 1
< < >< M" de Joíseaux.
.
Commìjfaire Général
.
-: ! de la Cavalerie,
Mrk Marquis de Mont-
A rével
Champagne,
; 2 Bacaillons.
it
;
Gommiíïaire General,
? 2 Escadrons.
Vaubecourt,
1 -Bataillon,
< Anjou, 1 Bataillon,
Commissaire General,
1 Escadron.
,1
$>8 Histoire du Siège
LaFerté, i Bataillon.
Tallarc, a Escadrons.
Navarre, '» Bataillons*
Royal, a Bataillons.
Enguicn, i Bataillon.
Tallart, i Escadron.
La Reyne, * Escadrons.
Canonniers, 4 Cotápai
gnies.
QUARTIER DÉ M LE
Corate du Plessis, de mis
Linsing jusqu'à la Hauteur
de la Justice de
l'Abbaye de Bonnevove.
de Luxembourg. 99
.; 'Lieutenant General;
M1 le Comte du Plçíïk\ f
*
JMaréchauxde Camp;
- Mr d'Herkc,
M^deRubantcl.
•Brigadierde Cavalerie.
Mr de la Valette.
BrigadiersdInfanterie»
Mrdç Refuge.
M" le Marquis de Ncíle. ^
Piedmont, 2 Bataillons:
Auvergne, 1 Bataillon.
Xyonnois, 1 Bataillon.
Conty, 1 Bataillon.
Normandie* 1 Bataillon,
i©o Hifioìre âuSìège
LaGouronnc?i Bataillon.
ArmàígtiàCjy%\ Esc#dronsí
Condé, v i Bataillon,
^oiíìsons, i Báfaillòii
Armagnac^ % Eícadtofti
HUmieres, i Bataillon.
Schomberg, % Efcadtóns.
Turenne, i Bataillon.
Ghombet, i Escadron.
QUARTIER DE GENLIS,
depuis la Hauteur de
Bonnevoye jusques à la
Ravine qui va ^u Vil-
1
/
lage.de Hanti
; ;
de Luxembourg* 101
Lieutenant General.
M1 le Marquis de Genlis»
JMaréchal de Camp.
Mrde Gournay.
Brigadier £Infanterie.
M'IeMarquisdeCrénan,
La Marine, % Bataillons
La Reync, 2 Bataillons,
Orléans^ 1 Bataillon.
QUARTIEZ DE JOYEUSE,
depuis la Rivière d'Alfìtz
en remontant au
.(Bant, jusqu'au Village
de Homd d'Auge.
I iij
102 Histoiredu Siège
"Lieutenant GenéraL
Mr de Joyeuse.
Maréchaux de Camp.
JVfdeRenty.
Îv4r d'Uxelles.
,
Brigadiers de Cavalerie*
MrdeRiveroles.
M'deMelae.
Brigadiers£Infanterie*
ìsA de Morton.
ìsAr de Momonc.
,
Brigadierde Dragons.
• ÏVfle Baron d'Hasíeld.
Bourbonnois, i Bataillon.
Eudicourt, i Escadron..
dç Luxembourg, ioj
Languedoc, i Bataillon.
jBçurgogne, x Bataillon.
Egdicourt, i Escadron.
Vçrmandois, i Bataillon.
Mclac, i Escadrons.
Hamiltonr i Bataillon.
ÏMelaCj ï Escadron.
Roiiergue, I Bataillon.
RouíÏÏllon,
3 Escadrons.
Parc d'Artillerie.
Lieutenant Gen/ml.
M1 de la Fréscliere. ^n™<
Fuzelicrs, 2 Bataillons.
La Compagnie des Bombardiers.
I iiij
io4 Histoire,duSiège
• *
Dans le fond de Homeí
d'Ange, •:.i:
Hasfeld Dragons- 2 Escadrons.
Trois cens Cadets des

Compagnies dé M'etá
-
& LongWjC ' ' ;-
Les Escadrons qui suivent
ont relevé ceux qui a-
'í voient dabord tenu les
Lignes.
Royal-Roussillon, 3 Escadrons.
M
de Luxembourg. Io5
Royal-Piedmont, 5 Eí-
;,';. cadrons.
f ; ta Valette, 3 Escadrons.
.Dragons-duRoy, 3 Escadrons,
Dragons Dauphins, 3 Es-

cadrons. :
Dragons de la Lande*,
;
3 Escadrons.
f
Je n'ay point trouvé
dans cette Liste le nom
de M1 de Langalerie Maréchal
de Camp. Cependant
commé plusieurs
lo6 Hìfiòire au Siège
Relations marquent qu'il
a monté la Tranchée, je
croy le devoir ajouter
icy, ne (cachant en queì
Quartier le placer.
Comme on ne sçauroit
douter que le Roy ne
prenne toutes les Places
qu'il, attaque,. plusieurs
Soldats
?
& mcfme quelques
Officiers de la Garnison
de Luxembourg,
dont le courage n' étoit
pas à l'épreuve du
péril qui les menaçoit*
de Luxembourg. Ï07
trouvèrent moyen de se
sauver, &: se rendirent
en diférens jours. Quoy
qu'on doive peu se rapporter
à ce que ces sortes
de Gens disent, parce
qu'ayant une fois manqué
à leur devoir, ils ne
font pas scrupule de mentir,
on doit pourtant leur
ajouter quelque foy, lors
qu'estant venus en divers
temps, & par diférens
endroits, ils rapportent
tous-la mesitáe chose* Qú
lo8 Hïftén àu Sìegg
apprit d'eux qu'on 'avoit
délibéré dans la Place íî
Ton tuëroit les Chevaux,
parce qu'on n'avoit pas
dequoy les nourrir
3
mai?
ils parlèrent íì diversement
du nombre des
Troupes qui composoient
la Garnison .qu'on s'apperçût
bien qu'ils n'en
avoient pas une entière
connoiííance. Les uns
dirent:
qu'il y avoit dans
la Place troìû Regimens,
sçavoir^ ccky de Bade^
de Luxembourg, iop
un vïaloiì», un Italien,;
cinq;'.-? cens/. Espagnols
naturels
^ * autant, de
Bourgeois
;
choisis portant
\ les armes
%
-&C:«huit
peûs Officiers ' réformez.
D'autres ajoutèrent qu'il
y avoit un grand nombre
de Païíans, &£ d autres
assurèrent qu'il n?y avoit
cn tout que douze cens
Hommes de Troupes réglées;,
& six cens Chevaux.
Quelques-uns si-*
rent...' ce nombre plus
ilo Htfiotre duSiège
grands mais ce fur de
peu qu'ils l'augme^tc?
rent. Tous ces raports
diférens donnèrent lieii
de juger, ou queles Rem
dus estoient mal instruits,
òu que les Commandans
de la Place avoientfait
en forte qu'ils ne connus*
sent qu'imparfaitement
quelle en estoit la défense.
Je ne parle point des
Françoisf parce qu'ils étoient
répandus en divers
Corps. Comme on rece*
âe Luxembourg, m
voitáans cetçe Place tQu$
cèùx qui demandoient à
porter lès Armes, beaucoup
;de
:
Çrirninels s'y} q*
tpiënt fefugiez5 il-jp'jr en
avoit pas seulement dû
Erance^maisauílì d'autres
endroits, / Ainsi les Assiège;*;
ppuvoient nous com- tetfre avec de Troupes de
toutes fortes de Nations.
Toûs les Rendus corivenoient
que leGouvcrneur
n'ofqit mettre das les De-*
hors de la Place, que des
ìíí Htfióìredu Siège
Bourgeois^mx des Espagnols
íktuíels, dans la
crainte qu'il avoit queles
autres1 Troupes ne désertassent^
tant parce qti'ék
lès avôient moins de sujet
de s'intéresser dans la.
défense de la Ville
* que
^álree que la valeur des
ïráiìçòis, òí l'Apareil du
Siège les intimident. Pen-<
daftt que eeux de leur
Párty se fauvoient dani
notre Camp, ori sçùt que
quelques Ingénieurs véde
Luxembourg, Ilj
tus comme nos Soldats
:,s'étoient glissez dans la
Places Le Prince de ;Chi~J
tìnay crut qu'avant Tòuverture
de la Tranchés

il devoit du moins hazarder
une Sortie. Les Escadrons
qu'il /commanda
pour la faire, n'eurent pas
:
esté plutôt aperçus, que
M£ de Roquevieille Brigadier
de Cavalerie marcha
droit à eux à la teste
de son Régiment. 11 fut
arrêté par une grande
K
114 HípoïveàttSiège
Ravine
$
le feu ne laissa
pas d'estre grand de part
òc d'autre. jyT de Roque-.
vieille reçut un coup de
pistolet dans le bras
5
soa
Neveu & quelques Soldats
furent blessez dans;
la mefme Qccasion. Mrle
Marquis de Montrevel,,
Commissaire General de
la Cavalerie, s'estant mis.
à la teste du Régiment de
Schomberg pour couper
les Ennemis i poussa juC
qu'à leur Contrescarpe
' de Luxembourg, ir j
dont il essuya le feu. Les
Ennemis se retirèrent a~
yec une extrême diligeneç.
L'Eçuyer de JVf de
ívíontrevel, & quelques
autres, furent blessez pap- les décharges qu'on fît
de tous les Dehors de
la Place. Pendant douze
jours que nos Troupes
Font tenue investie avant
qu on ait ouvert la Tranchée
y
la Garnison n'a
fait que cette Sortie, &
ce xi est que dans cette
K ij;
116 Hìftoìredu Siège
seule occasion qu'elle:
s'est servie des Chevaux^
dont on paroissoit si embarassé
dans la Place, &.
qu'on déliberoit de tuer.
II eust mieux vallu les
faire périr au Combat, en
harcelant nos Troupes.
C'est à quoy la Cavalerie
d'une Place doit toujours
estre employée jusqu'à ce
qu'on la resserre, en s'a«
prochat trop des Dehors.
Apres cela elle devient
inutile aux Assiégez* Cede
Luxembourg.* *iij
pendant on a pris grand
foin de conserver celle de
Luxembourg
,
puis que
dans l'espace de quinze
ou vingt jours qu'elle
eust pu agir, on ne Ta fait
sortir qu'une fois, au lieu
quelle dcvoit presque
tous les jours paroìtre,
& rendre visite à notre
Camp
5
mais les Cavaliers
se seroient peut -
estre
trouvez moins en seûretéy
que derrière les Ramparts
qu'ils prétendaient
imprenables.
JX8 Histoin dttrSiege
Apres avoir travaille;
depuis le 28 d'Avril aux
apprêts du Siège, &C aux
JLignes juíqu' au : 8. dç
May, on ouvrit la Tranchée
la nuit de ee mêmç
jour. Elle fut prise un peu
de loin dans le Valon qui
entoure la Chapelle de
Nostrc
- Dame de Conso-r
Jation
5
ÒC poussée plus de
deux cens pas aii delà do
cette Chapelle
5
à demy
portée de Mousquet des:
fomûcmons de la Place
de Luxembourg. Ilp
Mrle Comte du Pleíîìs,,
Lieutenant General de
jour, Mr If Comte de
Broglio JVtatéchal/ de
Camp
r
& M1" le Due de
la Ferté
,,
Brigadier d'Infanterie,
s'ctoient rendus^
entre cinq &C six: heures;
du soir fur les hauteurs
de eette même Chapelle,,
avec quatre Bataillons
>, sçavoir deux de Champagne,
un d'Enguien, 8£
wn de la Êerté. Les deur
$e Champagne marche-'
Ï20 Hiftoire du Sìegc
rcnt dans un fond derrière
la .Chapelle. Mr 1c
Bailly Golbert Colonel
de ce Régiment, étoit à
leur teste. Itarrivait.au
Camp dans ce momertt
même, & n'eut que le
temps de fe déboter pour
venir à la Tranchée. Les
Bataillons d'Enguien &C
de la Ferté
,,
marchèrent
à la gauche des deux au-
; tres fur le revers de ces
Hauteurs. JVtr le Comte
<de Talart, Brigadier de
Cavaleries
de Luxembourg. ïzl
Cavalerie*, s'y étòit aussi
rendu. Il commandoic
quatre cens Chevaux
pour la Garde de la
Tranchée
, &C avoir de-<
vanc luy deux cens Fantassins
,
qui dévoient servir
en cas que les Assiégez
eussent fait quelque
Sortie. On détacha deux
cens Hommes du Régiment
des Fuzéliers pour
faire des Bateries. Ce Régiment
qui écoit party
d'Avennes lans íçavoir oì\
h
I2z Histoire du Siège
ilalloic, n'étoitîirrivé que
le jour d'auparavant.Des
trois Bateries qu'on fit,
on en traça une fur le
Paffendal. C'est,uneHauteur
qui eft vis-à-vis de la
Porte neuve ,
de l'autre
côté de?la Rivière. Il y
avoic fur cette Hauteur
un Bataillon d'Orléans
avec un Détachement de
deux cens Hommes. Les
trois Bateries furent de
trente -
huit PiecesjdeCanon
,
sept de trente- trois
de Luxembourg, m
livres de balles, &í trenteune
de vingt-quatre. Ou
fit aussi une Bateriç de
douze Mortiers.poqr j ester
des Bombes. L'ouverture
de la Tranchée fut
d'environ cinq cens toises.
Elie fut faite par deux
endroits diférens
,
l'un à h Chapelle fur la gauche
du Quartier gênerai,
&; l'autre du còtéduPai>
fendal. On conduisit une
Ligne qui communiquoic
jusqu'à la Vallée, dans la-
L ij
124 Histoire au Siège
quelle coule la Rivière*
Ainsi les Ennemis nepouvoient
plus forcir de ce
côté-là pour inquiéter la
Tranchée. Ils furent plus
de cinq heures íans tirer
un coup, ne pouvant s'imaginer
que Ton songeât
tout de bon à faire ce
Siège
$
mais quand à la faveur
du Gaudron ils fe
furent apperçùs que Ton
îcravailloit à la Tranchée,
ils commencèrent à faire
grand feu. Ce fut avec
de Luxembourg. 125
peu d'effet, puis qu'ils ne
tuèrent qu'un Soldat, en
.blessèrent seulement sept
ou huk, & deux Capitaines.
A la pointe du jour
ils cessèrent de tirer
,
&c
fur les cinq heures du matin
,
quelques Cavaliers
sortirent; mais nôtre Car
valerie ayant paru aussitôt,
ils furent vigoureusement
repoussez jusque
dans leurs Palissades. Sitôt
qu'ils furent rentrez,
le Canon recommença,
L iij
Ii6 Hìfioìre du Siège
mais sons nul succès. Lé
Licucenant de la Colonelle
de Champagne re*
çût un coup de fyíou£
quet à la teste. Mr Racine
Ingénieur fut aussi
blessé
5
òíïìy eut un au-*
tre Ingénieur tué aveç
sept ou huit Soldats. Cette
nuit là on fit deux faus»
se$ Attaques. L'une fut
fâite par M1 le Marquis
tic Rcntj
r
Maréchal dé
Camp
5
fur le haut du
Fatïxbourg dé Groiï^ úú
de Luxembourg. I27
de la Baise-Ville, avec un
Bataillon de Condé
5
&C
3Vf le Marquis de Cré*
nan fit l'autre par le fond
de FAbayede Bonnevoye
avec cinq cens Hommes
détachez. On fut obligé
de faire deux Parcs d'Artillerie
au Camp, èà cause
de la-difficulté des chemins;
Monsieur le Prince
de Conty
,
Monsieur le
Prince de la R oche
-
fur-
Yòn,& Monsieur le Prin*
cédeTurenne, firentpa-
L iiij
n8 Hijioìre du Siège
roître toute rintrépidité
dont on peut estrc capable.
Ils furent préfens à
l'ouverture de la Tranchée
,
èc ils y passèrent
toute la nuit. Monsieur
le Prince de Commerce
s'y présenta
5
mais Mr H
Maréchal de Créquy ne
voulut pas lc recevoir,
parce qu'il étroitvenufans
permission du Roy. Le
travail de cette première
nuit fut poussé de la droite
à la gauche par le?
de Luxembourg. 12$
Travailleurs de. FAtta-.
que de Champagne
5
§C
ceux de l'Atraque de la
ferte& d'Enguien.,Fayat
poussé de la gauche à
la droite
, ces Travaux
fe trouvèrent joints à
moitié chemin.
Le 9. fur les quatre Heures
dû soir
,
Mr le Marquis
de Gcnlis
;
Lieute-tf
nant General de jour
3
Ô£
Mr de Josseaux
,
Brigadier
d'Infanterie, relevèrent
Mr le Comte du
130 Hifioire du Siège
Plessis, & Mr le Duc de
la Ferré, qui avoienc la
droite de la grande Attaque
5
&c Mr le Comte de
Broglio qui avoit la gauche
,
fut relevé par-M1
d'Erlac
,
Maréchal de
Camp. Deux Bataillons
de Navarre relevèrent à
la droite les deux de
Champagne
5 & un Bataillon
de Vaubecourt,
& un de Conty, relevèrent
à k gauche, ceux
d'Ënguien &c dek Ferté.
de Luxembourg. Ï3T
Monsieur lc Prince de
vÇonty
,
accompagné de
Monsieur le Prince de la1
Roche- sur-Yon en qualité'
de Volontaire, estoit
à k teste de son Régiment.
Un Bataillon des
Fuzeliers releva ceux qui
avoient commencé la
première Baterie. Le Travail
fut fort avancé pendant
lá nuit. Oitpouítì
un second Boyau paralelíé
att premier de la
gfâiide Attaque, à soixan-'
Ï32 Histoire du Siège
te toises de l'Avant -
chemin
couvert de la Place $
& quelque grand feu de
mousqueterie que fissent
les Ennemis, ils ne tue-,
rcntyny ne blessèrent aucun
des Travailleurs, qui
vinrent à bout de fairb
les Conmiunications.Nos
Bateries ayant commencé
à tirer
>
ruinèrent tin
Cavalier qui incommodoit
beaucoup le Camp.
Les Assiégez mirent le feu
àíaBasse-Ville, & à une
de Luxembourg. 135
partie des Misons du
Faux-bourg de Pafifendal.
Ils avoient abandonné
un Moulin qui n'en
étroit qu'à cinquante pas,
dans la pensée que les
Aíïìégeans s'cnsaiíìroientj
mais personne n'y alla.
Ainsi un Fourneau qu'ils
y avoient préparé
3
le sit
sauter fans qu'ils en tirassent
aucun avantage.
Dans l'une de ces premières
nuits, M'de Lausun
eut une légère conÏ34
Histoire du Siège
tusion à sépaule, Mr de
Jyíontmeillant Capitaine
au Régiment Royal, &C
M" de Favigny,Capitaitie
&C Ayde
-
]S/íàjor de Pie-!
jttont, furent bleísez^infì
que quatre ou cinq Lieu*
tenais §£ le feu que l'Artilleriede
la Place fit à la,
pointe du jour, tua six ou
sept Soldats.
Le io. nos Bateries commencèrent
à tirer à la
pointe du jour au nombre
de quatre, avec une
de Luxembourg. I35
autre de Bombes. Les
Ennemis avoient un
grand Cavalier fur lequel
dixPiéccsdeÇanonécoiét
dressées. Qn s'attacha à
çe Cavalier
, & fur lç$
onze heures 011 démontU
pjresque les dix Pièces de
Canon L'on fit une grande
Brèche au Cavalier&
les Bombes qui continuèrent
à tomber eurent
tant d'effet, que fur les
quatre heures du íbir il
fut tout à lait hors de dé1^
6 Histoire du Siège
fense.MM? Joyeufe,Lieu«
tenat General de jour, entra
dans la Tranchée avec
Mr le Marquis de Renty,
Maréchal de Camp
>
&C
Mr de Refuge Brigadier
«fanfantcriç
,
& ils relevèrent
M1 le Marquis de
Genlis, Mrd'Erlac5&
Mr de Josseaux, avec les
deux Bataillons de Piémont
,
le premier Bataillon
d'Auvergne
,
ô£ 1c
premier du Royal-Roufíìllon,
qui prirent la' plade
Luxembourg.
>
I37
ce des deux de Navarre,
& de ceux de Vaubccourc
3.
& de Conty. Les
Assiégez brûlèrent l'autre
partie du Fauxbourg de
Paffendal
,
& continuèrent
leur feu de Mouk
queterie qui fut tresgrand.
II n'y eut pourtant
que sept ou huit?
des nôtres tuez ,
& dix
pu douze blessez. Un
Capitaine du Rcgimenti
Royal, &£ un d'Auvergne^
furent de ce dernier nom,
.M '
I38 -
Histoire du Siège
bre. On poussa un troisième
Boyau paralelle au
second à trente pas dii
premier chemin couvetft*
Il erçibrassoit tous les De^
hors de la Place. Les Fui
zeliers furent relevez k
Fordinaire
y
& Ton aches*
va une cinquième Bâte*
rie de quinze Pièces
^
du
vingt-quatre, & de trente-
trois livres de balles*
On tira des Ëombes toute
là nuit, &; à la pointé
du jour le Canon reco&i}
de Luxembourg. Ijp
mençâ: II incommoda fï
fore les Assiégez, qu'à
neuf heures* du matin il
ne leur réílòit plus cjuò
six iPíëces que Ton rícúst:
pas démbntées.Le hazárd
Vdulùc ' qu'un. Boulet dé
leurs Canons niit le fedt
cìhLrtë ^uekjdes Chárettes
thargées de Bombésdans
3à Bateíie des fvíoirtitírs.
w\'4$$ikwjs. pé«& y p&
tir-''"& son en fût quite
pour quinze Bûtobardim
tuez
>
où Messes
M íjj
I4P Hìfioire du Siège
Cette fncme nuit on leur
arréca un Espion party de
Bruxelles pour Luxemr
bourg, avec des Lettres
écrites en Ghifre. íl por*
toit aussi trois Lettres de
Change, chacune de dix
mille Florins.
Le II. au matin, un Soldat
qui se rendit, reporta
qu'on manquoit cfargent
&d'eau dans la Place, ^í
que les Ennemis n'osoient
faire de Sortie
> par la
crainte qu'ils avoieht
âe Luxembourg. ,14!
qu'on ' ile déseìrèast. Le
soir Mr le Comte de Saint
Géran
,
Lieutenant General
de jour, & Mr le
Marquis de Neíle
,
Bri*
gadier d'Infanterie, relevèrent
à la droite Mis de
Joyeuse &£ de Refuge5 &
Mr le Chevalier de Tilladet
occupa le Poste de
Mr le Marquis de Renty5
qui étoit à la gauche. Les
deux Bataillons de Piémont
furent relevez par
deux de Normandie $ ô£
I42 ïiifioire au Siège
ceux d'Auvergne, §L du
Royal, par deux Bataillons
de Lionnois& de
Turenne. On se logea à
Vmgcpias de lapalissade du
premier Chemin couvert
à l'Átaquede la Chapelle,
&£ on eut fur le Glacis une
Place d'Armes de deux
cens pas. la gauche de
cette Attaque n'étoit
qu'à quarante pas de lá
Palissade du même Chemin
couvert- La terre
qtfón trouva fur le Gláde
Luxembourg. t$
çis, étoit assez bonne. On
ehangea quelques Bateries,
pour batre des défenses
de la Place qui pouvoienc
incommoder
5 &
l'on en commença une
fur le bord du Chemin
couvert, fans que les Ennemis
s'y opposassent. ïh
Yeut nfcuf Soldats tuez,
outre le Lieutenant de&
Grenadiers de Normandie
,.& un Sous-Lieutenant
d'Ëngúien, Six ou
íejpt autres furent blesses
Ï44 Hifroire du Siège
LeiL il y eut un feu
continuel de notre Canon
,
& de nos Mortiers.
Celuy des Ennemis fut
consiédrable. Nous n'eûmes
pourtant que neuf
ou dix Soldats tuez ou
blessez
,
& point d'Officiers.
Mr de Caillemote,
second Fiìs de Mr le Marquis
de Ruvigny r reçût
un coup de Mousquet a
la gorge. Le soir, Mr le
Comte de S. Gérán, M- le
ÌMarquis de Neste
y
&/
Wle
îâe Luxembourg. 14$
M1 le Chevalier de Til~
ladet, furent relevez par
JVT le Marquis de Lambert,
Lieutenant General,
M* de Rubantel,
&C Mx le Marquis de
Crenan, Deux Bataillons
de la Marine releverent
les deux de Normandie,
& deux autres Bataillons
de la Reyne relevèrent
ceux de Lionnois Ô£ de
Turenne. On avança fort
le Travail cette nuit-là.
On le conduisit jusqu'à
N
I4<£. Hifioire dt$ Siège*
trente pas du JFpssé !, du
coté de la Porte de
Thiqnville
9
ou une Baterie
de cinq Piéçes de
Canon fut dreííee. Oti;
avoit dessein de ruiner la
Porte de Paffendal, &C de
batre le Bastion â revers,,
ainsi que les Dehors de la
gauche de la grande Attaque.
On avança pour
cela cinq Pièces de la
grande Baterie de PafFeiidalj&
s Ton descendit cille
fui étoit sur la hauteur
de Luxembourg.' 147
de Grondt,pour s'en servir
à ruiner la Porte de
ce Fáiixbourg
3
&rà dé<-
monter deux Piéccs donc
les Afsiégeans étoientfort
incômodez. Elles croient
fur urte Plate
.-
forme à
cent pas a la droite de
cette Porte.- Les Travailleurs
ne perdirent pas de
temps à l'Attaque de
Grondt, &í ils ouvrirent
à vingt pas du Fossé ijn
Boyau paralelle, à la face
qui regarde, cette ,Hatu
N ij
teur ,
&: qui a quatre*
Tours fur* la même Ligne,
AAemy'f>ortce du Mousquetí
de la Place, etoit
une Eglise sur une autre
Hauteur qui se trouve
entre -
celles; de
Grondt, &: de Paffendalf
les Assiégeans s en saisirent
fans aucun obstacle,
& y laissèrent cent cinquante
Hommes pour la
conserver.La perte qu'on
fit cette nuit-là, ne fut
que d'un Sergent, ô£ de
de Luxembourg Ï49
dix Soldats'. Il y cil eut
feulement vingt blessez.
Le 13. on apprit par un
Kendu que le Prince de
Chimay craignant que ícs
Soldats ne continuaíTent
à déserter
5
les avoit .fais
entrer dans la Ville
y
&
qu'il avoit chargé les
Bourgeois de défendre les
Dehors. Sur les quatre
heures aprés micly
,
les
Ennemis firent jouerdeux
Fourneaux à FAngle de
1& première Contrescar-
N iij
I5ô *Hìfioìre du Siège
pe. Tout l'esset qu'ils eurent
y ce fut de blesser
huit ou dix Soldats
5
mais
ce ne fut pas sons avantage
de nôtre côte, puis
que cela donna lieu aux
Troupes de la Tranchée
de s'y faire un Logement*
Le soir M1 le Comte du
Piefsis, Lieutenant Ceneral,
Mr de Goujrnay, Ma^
réchaîdc Camp, ô£Mc dé
Maumont ,
Brigadier
dìnfanterie
,
relevèrent
fyí le Maquis de Lan*-
de Luxembourg. I5I
'.ben-9.1$ de Rubantel,
&Mr le Marquis de <t>enan.
Quatre Bataillons,
íçavoir.un de Bourbonnoisy
un de Humicres, un
de la Couronne
,
& un
de Languedoc
y
prirent
lá place des deux Bataillons
de la Marine, & des
deui de la Reine. Cette
nuit4à, à TAttaque de la.
Chapelier Ton fit la descente
duChemin couvert
pour aller à la Redoute.,
qui est: vis -à-vis du Ba-
N iiij
15a Histoire du\ Siège
stion de Chimay,& î'o-rt
se logea à la pointe de
cette Redouce
,
fans la
pouvoir embrasser, par*.
ce qu'il"riétroit pas poíïî*
Me de íe mettre entre:
deux feux
6
les Ennemis
qui la gardoient jour &C
nuit
> ne rayant point
abandonnée. Il faut vous
dire ce que cefli que ces;
Redoutes. Elles fqnt tresbien
revêtues, &£ particulièrement
celle qu'oni
appelle de Sainte Marie*
de Luxembourg, Ijj
Elle a daíis leHoc un
Fossé de quinze pieds,.
&£ d'autant de profondeur,'
ávec trois étages
donc il étoit difkile de venir
à bouc
,
les Bombes
glissant
y & le Canon ne
pouvant y" rien raser.,
Quand les Ennemis vo~
yoient quelque chose de
ruiné
-,
ils quitoient Fétage
haut,& se fetiroient
à celuy qui est: plus bas,
tirant à chaque moment
par des Creneatix fort m~
í$4 Wftotre au Siège
foncez dans uneanúraille it dix-huit pieds tòutè
d'e Koc
y
&c jettant une
infinité de Grenades ô£ de
Pierres. Ces Redoutes
ont deux communica*
tions. JL'Une Va de W
Redoute à FAngle saillant
du premier Chemin
.couvert, ou Avant-Fosse:
M1 Lapara Ingénieur
5
la
découvrit
y
&c aprés que
les. Ennemis Feurent abandonnée
pour se retirer
dans la Redoute., nos
de L uxembourg. I55
Gens s'en rendirent Maîtres.
Elle leur servit beaucoup
pour entourer la
Redoute^ & la faire íàuter
, en gagnant le pied
par Sapes, & par Fourneaux,
L'autre commua
nication va de la pointe
de la Redoute a la pointe
du Chemin couvert de la
Place5 c'est une espèce de
CS&ponrìiere qui fait cette
seconde communication.
Comme cette Caponnie^-
re se trouva remplie da
1)6 Jíijfòire du Stege
Mousquetaires, Ô£ qu'on?
.n'y pouvoit entrer que
par une Galerie-'souterraine,
qui aboutissoit at*
Chemin couvert le plus»
pre's de ía Place
, on fut
contraint de se retirer
aprés avoir essuyé un feu
extraordinaire de Grenades,
de Mousquetades,S£
de Feux d'artifice, &c Ton
s'apliqua a s'avancer jfÈur
la Sape, jusqu'à la Palis,
fade. On poussa de la um
Logement dans le Cher
de Luxembourg. I j^,".'
min couvert. Les Áfliegeans
retendirent à droit
& a gauche du'K bas du
Eoííe de la. 11 edoute, &C
comrrçe on crut ne la pouvoir
ruiner que par dessous
le FoíTé
y on commença
d'en miner le bord
pour en faire la descente.
A FA traque de la gauche*
on íe logea fur le Glacis
du Chemin eottvert, &C
l'oo fit une communication
au Logement de la
droite. M1 le Marquis de
Ï5# Hiftoìrì àuSìcge
tïuti>ier€Sj Fils Uniquedu
Maréchal de ce nom, fut
tué en regardant entre
deux sacs à terre, ce qui
se paísoic dans une action
particulière de quelques
Grenadiers, &c méditant
pbur le soir une Attaque
qu'il devoir faire d'un
grand Ouvrage, à la teste
de son Régiment. Une
balle de Mousquet., qui
luy paísa par l'oeil dansja
teste, finit ía vie dans ses
jpremiçres années.LeRoy
ide'", Luxemhùurg, m
a donne fçst Régiment
appelle le Régiment de
Humieresy à M'le Marquis
de la Châtre, donc
la Compagnie /qui ccoit
dans le Régimentdu Roy,
a passé pour la plus belle
de toutes celles que Ton
ait veuës au Camp- de
Gondé. Il est Neveu de
Madame la Maréchale
de Humieres. M" lePoutre
\ &C de Contre Ingénieurs,
furent légèrement
blessez
,
mais M' de la
l$Q ï£ìfîòmàuSiège
Croix, lé fupt à mor&
íl est Lieutenant'de la
Compagnie ' d'Alais du
Régiment Royal. LeCa*
pitaine des Grenadiers
du Régiment de Humiéres
fut aussi blessé, & le
Valet de Chambré de
M1 le Marquis de Crequy
eùt la testé emportée
d'un'coup de Canon,
prés la Baterie de Ja; Ghapelle.
On perdit cçtm
nuit-là environ cinquante
Soldats. Il y en eutautant
f de Luxembourg, téi
de bleííez
,
deux Lieutenans,
ô£ trois Sergens.
Le 14. Mr le Marquis
de Genlis
y
Lieutenant
General;, Mr le Marquis
d'Uxellés, Maréchal de
Camp-y & M1 le Due de
la Ferté, Brigadier d'Iru
fantene
y
relevèrent <l£$,
Postes de la Tranchée.,
g£ deux Bataillons de
Champagne
,. un de la>
Eerté} &C wn d'Orléans y
entrèrent en la place
des qvtatre Bataillons de
'•:. ' 0 '
i6i Histoire du Siège
Bourbònnoisj de Humieres,
de la Couronne, &C
de Languedoc. Lingenieur
qui étoic de jour,
ayant trouvé beaucoup;
de facilité à fàire son Logement
fur la première
Contrescarpej poussa loti
Travail
3
&y k)gea
^
&ns
avoir eíïuyé que quelques
coups de Mousquet,
Le Major' d'En-"
guien eut une contusion^
ô£rMr de Riche Sous-!
Lieutenant de & Çonx^
pagnie de Villcroy de ce
Rcgitìient,.suc blessé. Uu«
Boulet de Canon' étant
venu donner dans lespoudres
d'une- Bateric
.nouvelle de cinq Boiii^-
bes qu'on íaiiòii; jouer
y mit le feu à quantité*
de Barils de poudre:, &c
de Bombes chargées;, qui.
nous coulèrent un tresgrand
desordre. Il y eut
cinq ou six Grenadiers.'
blessez dangereusement,
&.sept de brûlez.. Heu-.
Ï64 Hìfiotre iu Siège
reusement les Officiers
n'y étoient pas. Mr.de
Vigny étant survenu,
rétablit tout. Comme
cette Baterie ne s'étoit
faite que pour en ruiner
une de quatre Pièces de
Canon des Assiégez, que
les Nôtres ne pouvpicnb
démonter
5
il en vint k
bouc par le moïen de cinq
ou six Bombes
,
qui les.
reversèrent, & les mirent
hors d'état d'estre si tôt
rétablies. Presque en mé*
de Luxembourg. 165
me temps que ce malheur
arriva, six Canonniers de
la Ville furent emportez
par un seul coup. A la
grande Attaque de la
Chapelle à la droite, 011
partit de l'Angle du Redan
,
qui envelopoit la
Redoute de SainteJVfarie,
&£ Ton fit un Logement
de deux cens pas d'étenduc,
qui effleuròirleRedan
du Chemin couvert
à quatre toises, Alagat&~
ehe de cette Attaque, uu
i66 HiftoìnduSiegs
Détachement de Grenadiers
de la Ferré tenta le<
Logement du> premier
Chemin couvert 5/ mais;
quand on voulut reconnoître-
seles Ennemis lavoient
abandonné de ce
còté-là?, on les trouva»
couchez fur*, le ventre/
Ainsi ils se relèvement íl
tôt qu'ils virent paroître.
les Travailleurs r &C les>
oblitèrent àr se retirer»
U y eut trois ou, quatre:
Officiers, bleísez., XeGan
de Luxembourg. itfy
pitainc des Grenadiers suc
tué avec dix Soldats. Le
Lieutenant des Grenadiers
d'Orléans & trois
Ingénieurs furent blcssczs
& Mr le Chevalier de
Gréoux
y
Ayde de Camp
de M* de Genlis
5 aprés
s'estre signalé avec beaucoup
de Jpravoure/ut en>
porté couvert de vingtr
trois blessures de coups
de Mousquet & de Sa*
bre, dont fi mourut qucU
fuesjours.apris..
168 Hìfioìre du Siège
Le 15. un Soldat qui se
rendit
,. raporta que le
Prince de Chimay a^oit
esté blessé à la jambe, Ô£
qu'il ne laissoit pas de
marcher. Il ajouta qu'une
Bombe avoic tué le Major,
qui étoit un bofrOífi*-
cier, ce qui dans la fuite
ne s'est pas troyvé véritable
3 que les Assiégez
avoient déja perdu trois
cens Hommes, &C qu'on
donnoit aux Soldats urt
pot de Vin à trois,
:
Ô£ un
8
quarteron!
de Luxembourg. 169
quarteron de Viande à
chacun. Ce soir Mr de
Joyeuse., Mrle Comte de
Broglio
,
&í Mr de Jos~
seaux, relevèrent MrS les
Marquis de Gcnlis
,
&c
d'Uxelies, &MrleDuc
de ía Perte, avec les deux:
Bataillons de Navarre, &C
deux de Vaubccourt, &
de Conty. Monsieur 1c
Prince de Conty écoit à
la teste de ce dernier Bataillon.
Presque en même
temps Mr le Marquis de
P
170 Histoire du Siège
la Valetc eut la cuisse
cassée d'un coup de Canon
d'une de nos 13acènes
,
qui avoit passé par
dessus la Ville. A la grande
Attaque de la Chapelle
, on fît un Logement
,
&C Ton embrassa
deux Angles extérieurs à
la droite. On mit auíïî
une Piéce en Baterie,
pour réunir la communication
de la Redoute de
ce côté-là, afin de la faire
abandonner aux Assiégez,
de Luxembourg. 171
qui gardoient toujours
Técage de dessous, malgré
les deux Pièces qui la
batoienc à bout touchant,
mais qui ne pouvoient
plonger si bas.
Pendant la nuit 011 éleva
deux Cavaliers à huit ou
neuf toises de la Contrescarpe.
Les Assiégez se
trouvèrent exposez à un
fì grand feu de Mousqueterie,
deGrénades5&
de Pierres, qu'ils abandonnèrent
la Place d'ar-
P ij
íjz Histoire au Siège
mes. En se retirant, ils
firent jouer un Fourneau
qui n'eût pas l'eifet qu'ils
en avoient attendu. Au
contraire, il fut favorable
aux Nôtres. Mr de la
Lande Brigadier Ingénieur
,
partit aussi-tôt
avec une Fascine
,
suivy
de ses Camarades de travail,
quiselogerentdans
le trou qu'avoit fait la
Mine. Ils retendirent
jmalgré le grand feu que
J.£S Ennemis faiíòient fur
de Luxembourg. 173
íes deux faces de la Place
d'armes y qui étoit fourchue
en forme de Tenailles,
&C conrinuoit: de
s'étendre le long de la
branche droite. Mr de
Chastillon Ingénieur, y
fut tué de deux còups
qu il reçût en méme tems.
Ms Pcraut, autre Ingénieur
,
&£ M1 du Pont
Capitaine de Navarre,furent
bleííèz
y
le premier à
la cuisse
,
& l'autre à la
main
x
qu'il eut fracassée
P Mi
i.74 Histoire-du Siège
par un coup de Fauconneau.
Il y eut encore un
Capitaine de Bourgogne
blesse, avec un Sous-Lieutenant
des Grenadiers de
Conty
5
6c dix ou douze
Soldats. On s'établic dans
les Redoutes du côte du
PafFendal.
Le i.6 JVT Boullon renversa
la muraille de Tek
carpe du Fossé de la Redoute
par le moyen d'une
mine. Cette muraille renversée
dans ce Fossé
>
le
de Luxembourg. 175
combla beaucoup
, &C
donna lieu d'y établir un
Logement. M1 de Court,
Major de Conty5fut tué,
lors qu'il defeendoit de la
Tranchée. Les Aslïégeans
tuèrent dans la Redoute
un Officier d'Artillerie
que les Ennemis appcitaient
l'Herraice
$
il étoit
en considération parmy
eux. Le soir, JVf le Comte
de saint, Géran, Mr d'Erlac,
& Mr de Refuge, relevèrent
les Officiers Ge«
P iiij
176 Histoire du Siège
neraux, & les deux Bataillons
de Navarre,, ceux
de Vaubecourt &C de
Cònty, furent rélevez
par deux Bataillons de
Piémont, &í deux d'Au*-
vergne, &: du Royal. A.
la grande Attaque de la
-Chapelle, on étendit à la
droite & à la gauche le
Chemin couvert, afin de
pouvoir se communiquer.
I/on ouvrit aussi deux
demi-Sapes pour faire
•tìne belle Place d'armes
de Luxembourg: 177
entre les deux Redoutes.
II y eut deux Licutcnans
blesses & trente Soldats
tuez ou blessez.
Le 17. au soir, Mrs les
Marquis de Lambert
5
de
Renty
, &C de Crénan,'
montèrent la Tranchée,
en la place de Mrs les
Comte de Saint Géran,
d'Erlac & de Refuge:; ô£
un Bataillon de Normandie,
un de Soiísonsr un de
Lionnois, &: un de Turenne
,
prirent celle des
178 Htftoire du Siège
deux de Piémont, & de
ceux d'Auvergne & du
Royal. L'on ruina à coups
de Canon les deux hauts
étages des deux grosses
Redoutes
,
qui étoient
aux Angles faillans du second
Chemin couverts
donc l'on embrassa le .
Glacis environ de deux
cens cinquante pas fur la
droite. Les Assiégez tuèrent
un Capitaine de la
Ferté
>
& blessèrent un
Capitaine de Humieres^
de Luxembourg. 179
& un Lieutenant de Normandie.
Il y eut auífi
vingt-cinq ou trente Soldats
tuez ou blessez. A la
gauche de cette Attaque,
on s'étendit pour joindre
la droite entre le Glacis,
&C le premier Chemin
couvert , &C l'on envelopa
en partie la Redoute
de la gauche. Quinze ou
seize Soldats surent tuez
ou blessez. Le mêmejour
17, on prit deux Capitaines
du Régiment d'Autel,
ï8o tîîftoìre du Siège
& uri Lieutenant Refori
me, qui se vouloient jetter
clans la Place. Ils dirent
qu'ils .ccoient partis»
de Louvain avec î/íï de
yalíassin,. qui conduiíòit
400 Dragons,& 300 Officiers
Reformez pour cn*
trer dans Luxembourg5
mais qirayant apprisque
M1 de Mclac avoit eu
avis de fa marche &C venoit
à fa rencontre, il
s'en ctoit retourné avec
fa Troupe
, ayant jugé
de Luxembourg. i8t
que son entreprise étant
découverte, -il luy serok
impossible dy réussir.
Le soir du :*8 Mr le
Comte du Plessis ,'& Mr.
le Marquis de Nèfle, relevèrent
à -la droite 'Mrs
les Marquis de Lambert
ôjdcCrénan, avec deux
Bataillons de la Marine3
& Mr le Chevalier de
Tilladet releva M* le
Marquis de Rcnty
? avec
deux
*
Bataillons de la
Heine. A l'Attaque de la
ì$i Histoire du Sì^gs
droite, on enfonça la Ga^
lerie qui commdniquoic
lc grand Chemin couvert
à la Redoute
,
dans laquelle
on entra, aprés
qu elle eut esté abandonnée
par les Ennemis. On
travailla auísi à achever
la Place d'armes fake/ur
le Glacis du Chemin couvert
qui alloit jusqu'à FAtaquede
la gauche, donc
les Aíîïégeans n'avoient
point encore quit^ la Redoute.
On avoit poussé
<4e Lu&epïbòurg. 18$
là Tranchée entre cette
Il^dQUte
y & le, grand
Chemin couvert $
ainsi il
:íp'y ^Voit plus qu'à percer
là Galerie^ qui commu-
,
piquoiç po#les contrain*
%e de ràbandonner.Lors
Qu'ils
;
eurent vu que les
^lílìegeans íe préparoient
\%le faire, ils craignirent
dp périr sons aucun sc-
.
c0urs!
>
& se retirèrent
'avec précipitation dans
leùr Fossé." Ensiite on
roula deux Tonneaux
ï84 Uìfioìre au Siège
pleins de Fascines dans la
seconde Galerie, malgré
le grand feu qu'ils fáifoient
de la Porte. Il y eut
prés de deux heures de
combat souterrain, apres
quoyon établit une traverse
pour les empêcher
de revenir à la Redoute*
Ils firent la méme chose
de leur côté, afin d'arrérer
les progrés des Travailleurs.
On-fit un Logement
fur le revers du
PaíFendal
,
le long de
de Luxembourg. 185
cette Traverses & de k
face de k Demi Lune 9k
quatre pas de laquelle les
Travaux étoient avaiiccz$
mais les Ennemis jetterent
de laDemi~£unev
& de leur Chemin
- couvert,
un íì gi:and nombre
de Bombes
3
de Grenades,
& de feux d'artifice,
qu'on fut contraint
de 1 abandonner.La communication
des deux Attaques
fut faite pendant
cette nuit. Ce, fut- avec
CL.
ÌS6 Histoire du Siège
quelque peine, à cause de
trente toises de Roc qui se
rencontrèrent entre les
deux Logemens>
Le 19. on attacha quatre
Mineurs \ l'Attaque
de Gronde, depuis la Porte
jusqu'à la Tour la plus
proche. Ils commencèrent
le soir à charger les
Mines
, tant ils furent
prompts à travailler. 11 y
eut cinq ou six Soldats
tuez ,
& environ vingt
blessez. Utì Cápitaifte de
de Luxembourg^ Í87
laReine,&deux òu trois
Officiers .subalternes, le
furent auslì. Sur les quatre
heures Mr le JV^arqqis
de Genlis, Mr de Rubantel
v
Ô£ Mr le Marquis de
Crénan
, montèrent la
Garde de la Tranchée^
&C quatre Bataillons de
Bourbonnpis, deHumieres>
de la Couronne &C de
Vermandois, relevèrent
les deux de la Marine, &£
les deux de la Reine. Pendant
la nuit on travailla
188 Histoire du Siège,
à élargir la Place d'armes
fur le Chemin couvert?,
&£ à faire des Banquetes
'jusqu'au haut des Parapets,
afin d'en sortir en
Bataille pour l'Attaque
du Chemin couvert, Ô£
de s'y loger. La Redoute
de la gauche que les Ennemis
tenoient encore,
s'éboula par le devant,
Ô£ on vit les Ennemis en
sortir. Ils se retirèrent
dans les Casemates. On
continua de batre ce qui
de Luxembourg. I8p
en restoit aussi-bien que
les Casemates^ on passa
une Sape entre le Chemin
couvert 5
& 1a Rev
doute, la laissant derriere.
Le grand nombre de
Grenades
r
& de Bombes
que les Ennemis jetterrent
^ nempêcha point
qu'on ne rctablist avec de
gros Gabions,le long de
la Traverse
,
jusqu'à la
pointe de: la Contre»
scarpe
y
le Logement:
qu'on y avoit fait îa de*>
Ipo Hifioìre au Siège
niere nuit, & que Ton
avoit abandonné le jour.
.
Mr le Comte de Gassé,
Colonel du Régiment de
Vermandois
y
qui soutenoie
la reste de ce Travail
à la gauche, fit paroitre
une fort grande bravoure,
&C eut vingt Grénadiers
tuez ou blessez.
Mr le Comte de Tonnerre,
& M' le Marquis de
Sàncerre y furent blessez
avçc plusieurs Officiers.
AfAttaque de la droite
de Luxembourg, ipi
étoienc le Régiment de
Humiéres
, &£ celuy de
Bourbonnois.Ils n'eurent
pas moins de feu à essuyer
y
les Ennemis ayant
jette un nombre infini de
Grenades, lors qu'on se
fut approche a la longueur
de la Hallebarde
dé fAngle de la seconde
Contrescarpe. Ccttc résistance
n'empêcha pas
que l'on n'enlevait un
Cavalierv & qu'on n ^
táblist un afsei beauI^
ípz Hìfinìre du Siège
gemenc avec peu de perte.
M1 Lapara Brigadier
Ingénieur qui conduisoit
ces Attaques,. les pouíïa
avec tòute 1a valeur
>
&
toute là vigilance, possible
ymalgré le grand feu*
des Assiégez. Les Gapirainas
des Grenadiers de
Humíeres r & de Bourbonnois>
firent des choses
qui les-distinguèrent.
Le 20. les Assiégez firent
: jouer un Fourneau
ÍQUSL chacun des Angles
de~
de Luxembourg. 191
de la droite &C de la gauche.
Il ne fit aucun effet
à ce dernier Angle
$
mais
pour celuy de la droite,
il renversa environ vingt
Gabions, &C enterra deux
Soldats. Le tout fut réparé
en moins de deux
heures. Peu de temps
aprés, ils abandonnèrent
la Redoute de la droite,
&leurs Caponnicres souterraines.
Aussi
* tot on
jetta des Travailleurs
pour faire une Traverse
R
í«?4 Histoire du Siège
dans leuh coniniuniça-'
tiohs. MÏS les Marquis
de Genlis &/ de Crénany
suivirent Mr Laplara In^
génieur ; &£ y demeure*l
rent jusqu'à ce que la>
Traverse surt faite. A fëpt;
heures du matin s 14:1xh\
Choiíy
5
Gouverneur, de
Sar-Loùis^ quicommaiidoit
les Ingénieurs fous
Mx de Vauban, eueordre
de Mr le Maréchal de
Créquy de faire jouer,
la Mine à l'Ataque. de.
de Luxembourg. ïs>j
Gronde. Elle étoit chargée
dés le 19. &C en estât
de faire Fcffet que l'on
s'en étoit promis. Cét ordre
fut exécuté en même
temps. Si tôt que le jour
avoit paru on avoit envoyé
à. l'Attaque du Régiment
de Languedoc,
les Compagnies des Grenadiers
de la Marine, de
la Reine
-,
de.Rouergue,
de Bourgogne &t d'Hamilton
, pour soutenir
celle.des Grérfadiers de
Rij
Ì96 HîJPoìrc au Siège
Languedoc, qui ctant de
Tranchée'donna la première
,
soutenue de ce
dernier Régiment. £nfuité,
âpres que la Mine
eut fait une brèche à pasfer
six ou sept Hommes,
les Grenadiers comment
cerçnt a donner, &c lors
qu'ils furent au haut de
la brèche, les Ennemis
firent une fort grande decharge
de leur Mousqueterie,
ce qui les arréca un
moment.*Ils essuyèrent
de Luxembourg* I97
leur feu
.,
&C incontinent
aprés, Ìs/V de Saint Leger,
Capitaine de ceux de
Languedoc qui les. concis
madoir,. ne balança point
à faire mettre Tcpée à la
main à ses Grcfíadiers,
&: chargea si rudement
les Ennemis avec les autres
Compagnies de Grenadiers
qui le soutenoient
y
qu'il les poursuivit
l'cpée aux reins jusqu'à
la Rivière. Ií y fut
blesse d'un coup de Gré^
R iïj
ip8 Histoiredu Siège
nade à la teste
5
Sc Mr
Olivier
,
Lieutenant des
Grenadiers de Languedoc
reçût un coup de
Mousquet dans les reins»
Le Sous-Lieutenant fut
aussi bfeísé
,
&c il y eut
vingt Grenadiers de Languedoc
ruez ou biestez.
Le Capitaine de ceux de
Bourgogne eut une blessure
dans la même-occasion.
Le Régiment de
Languedoc fit un Logement
ioia- étendu. M1 de
de Luxembourg. Ì99
Davejan qui en est Major
, eue ordre de M1 de
Vauban de se saisir de la
Poi'te de Gronde, ce qu'il
fit avec ún Sergent, &
<pitue Grenadiers de ce
:mêhie Rcçiment. Il fit
rompre& Ouvrir la Porte
etaht à kur teste ,'-&
'àydnt fáir abatre la Ba~
èuk
,
& le grand Pont-
Levis, il en chalfe les Ennemis,
âpres avoir eíîuyé
Un grand feu de leurs
Grenades
3
& de leur
R iiij
aoo Histoire au Siège
Mousquçteric, &c celuy
que les Assiégez faiíbient
tin Château du vieux
'Munster,d'où ils voioient
à plein le Chemin par où
il falloic qu'il passait pour
aller à cette Porte. Il eut
une contusidh dans cette
Affaire. On commanda
quinze cens Grenadiers
détachez de plusieurg Regimens,
trois cens Geh7
til$-hommes Cadets, &C
mille Dragons d'élite,
pour l'Atçaqued'une Dede
Luxembourg. 201 '
mi-Lune
,
qui restoit à
prendre de tous les Dehors.
Le loir
,
M" de
Joyeuse, Mc Ic. Marquis
de Renty, '& Mr le Marquis
de Neíle, montèrent
la Tranchée avec deux
Bataillons de Champa*
gne, un de la Ferté ,»&: un
d'Orléans. A la droite de
la grande Attaque vers la
Redouce que les Nôtres
occupoient, onpoussa le
dernier Gabion jusque
íW h Palissade du Chelóx
Hìfioìre au Siège
min couvert de la Place.
L'on cira auíïì tine Ligtìe
paralelle à la Barrière du
premier Chemin couvert,
fur la droite à huit toises
:de la Talislade. de huit
pìbds de largeur ; & un
dôubleíarapét,On pouf
fa la^gauche jusqu'à trois
toises du Chemin couvert
des Ennemis
5
& au bas
; une Ligne de communication
dans les trois Redoutes
du PafFendaldoiit
nous étions Mauresf de
de Luxembourg, toi
la profondeur de huit
pieds dans terre. Ils firent
jouer deux Sapes, où il y
eut cinq ou six Soldat$
tuez. .
Les Assiégeans en
avoient éventé trois autres
fur le Glacis de la
Contrescarpe
,
qui leur
furent découvertes par
un Ingénieur de la Place
qui s'étoit sauvé. On apprit
par un Transfuge
que le Prince de Chimay
s'étok fait faire un Logis
dans du fumier
?
d'où
* 204 Hjflòiri-du Sìefee
il jne sortoit point.
, JLe 2,1. a trois heures
aprés minait, la Redoute
d| l'Attaque de la gau-<
che,quoy qu'elle eust utî
Foísc de quinze pieds
taillé dans le Roc, fut
abçindonnée, aprés avoir
esté batuë crois jours par
riòtre Canon. Le soir,
la Garde 4e la Tranchée
fut relevée par Mr le
Comte de Saint Géran,
Mr le Marquis d'UxçW
les\y òc Mc de Josseaux^
de Luxemhùiirg* %o%
avec cieux Bataillons de
Navarre, un de Vaubecourt,
&C un de Conty.
Monsieur le Prince, de
Conty a toujours esté à
la teste de ce dernier. On
se logea à TAttaque de la
gauche sur un Angle de
la Contrescarpe qu'on
embraísoit toute entière,
tes Ennemis firent jouer
un Fourneau à cet endroit-
là , mais il ne fie
qu'ébouler un Cavalier
qu'on y avoit fait, la
%a$ Histoire au Siège
communication fut entièrement
achevée pour
les Sapes, &C on la fit d'une
si'grande largeur, que
Ton pouvoit s'en servir
par tout de Place d'armes.
On éleva aussi deux
Cavaliers,k l'Attaque de
la droite
, pour incommoder
les Ennemis dans
leur Chemin couvert, &C
Pon avança à la hauteur
des Redoutes
, que les
Nôtres avoient prises,
une Batcric de sept Pièces
4ç Luxembourg. 207
de GJ^non. L'on fis auífi
fys" la méme Ligne une
Baterie de neuf Mortiers
a l^tca^ue de la gauche.
:: Ije.22i à la pointe du
jour
,
-le Canon de nos
Bateries rua deux Mineurs
dans le trou 5
&
une ^uixe Baterie blessa
trois Soldats dans la derïiieîre
Redoute du Paffen-
.dal. Le matin un Fourneau
que les Ennemis
firent sauter, renversa un
Çayalier qui s'élevoit
ao8' tí"tflotnâúÈitge
pour voir a revers rAngle
de la Contrescarpe de lâ
gauche de la grande Attaque
,
&C pour en châsses
les Ennemis. Malgré ref7:
set que fit ce Fourneau,
on ne laissa pas de se
loger à neuf heures du
matin fur l'Angle de la
Contrescarpe
, &C Y'òti
étendit ce Logement fort
prés de la Dame ,
d'où'
l'on découvrit un Poìit de
communication dans le
Fossé. Les Dames font
de Lwcerréourg. 205
des Pièces de Traverses
qui prentìent aux deux
'.flancs de la Gontregarde,
tirant aux Demi
- Lunes
pour couvrir les faces du
Bastion qu'on veut attaquer,
&'-laisser la Coutregarde,
& tous les autres
Ouvrages en arriére.
On fie percer deux Sapes
dans le Chemin couvert,
&í l'on se rendit Maîi-re
des deux Traverses que
îes Ennemis y avoiert faites
contre Ilival, A trois
S
210 íïìfiòire au Siège
Jieures aprés midy
,
deux
Sapes furent ouvertes à
la droite del'Attaque , &C
l'on fie porter des Gabions
jusqu'à la Paliííade
de la branche gauchede
XAngle de la Contrescarpe.
L'on appuya prés
de cinquante Gabions le
long de la Palissade, malgré
le grand feu des Ennemis,
contre lequel on
séroic précautionné. Le
soir ils mirent le feu dans
k Basse-Ville, ce qui inJ>
e Lmembotirg: ÎMÌ
eommoda fort* le Logement
que l'on avoit tìiit
jáiû (^fòndt. Mr le Marquis
de-ianibert
5
;ôc Mc
de Refuge, écoient de
•Tranchée a la droite a'vee
les deux 'Bataillons, de
Piémont
5 & Mr de Lan^
galerie étoit à la gauche
tìvéc les Bataillons d'Auvergne
&í du Royal. 'Iout
ce que Ton fit
>
ce foc de
s'étendre à F une &C a l'autre
branche. L'on com^
mença à travailler a deux
' S ij,
xi
Bateries à gauche pour
voir le Foífé à droit, &C
pour batre le Chemin
couvert* Mr du Éoscq,
ÔC JVrdeJoux Ingénieurs,
furent bìeíîez ce jour-là.
I.a nuit on se logea sur
la Contrescarpe à TAttaque
de la droite
, ayant
embrassé YAngle saillant
du coté de la Redoute de
la droite. On fit une Ba*
terie de douze Pièces de
.Canon fur la Contreíçaifpe
du jpremier Chçt
de Luxembourg. a*î
min, couvert. Ces douze
fiéces batoient toute
Fouverture de la Demi-
^une devant la Dame à
la face du Bastion de l'Ataque
de la droite. On
fit áuflî une Baterie de
neuf Mortiers dans le
Glacis entre les deux
Chemins couverts , &c
Ton découvrit le Foífé de
laContregardede l'Attaque
de la droite
>
qu'on
trouva n'avoir que huit h
peu-f pkcb de profoia^
^*4 Hifiòìh;dk>Sïège
dcur. Dáns toute cette
nuit il n'y eut que trois
ou quatre Soldats tùfez*,
& quinze pu seiz^ bleílez.
. .-.•'
Le 23. les deux Logemens
des Aíîiégeans fuirent
prolongez \ &í l'on
fit une Baterie de Mortiers
à FAttaque du vieux
Munster, pour tâcher de
chasser les Ennemis de là
troisième partie qui leur
restoit du Château
5

pour "yí Élire un Loge^
;
de Luxemho urg. %
ment sans beaucoup de
perce. A rActaquq de
Gronde, où les Assiégez
avòient mis.le feu la nuit,
on avança toujours les
Travaux, laissant à gauche
le Ravelin qu'ils occupoienc
,
&£ poussant
vers la Porte du Château
de Munster que nôtre
Canon bacoic a toute
heure. M-r le Marquis de
Montpesat, fut tué ce
matin-la d'un coup de
Mousquet. Il étoit Co%
i6 Hijfoire au Siège
loncl d'un Régiment
.d'Infanterie , & depuis
peu venu de Casai M"
le Comte de Tonnerre
fut blessé légèrement à
la joue, la balle n'ayant
fait que Féfleurer. Le soir
M! le Comce du Plessis,
&í M1 de Morcon Brigadier
d'Infanterie
>
relevèrent
les Postes de la Tranché
à la droite avee les
Bataillons de Normandie
&C de Soiísonsj &C M* d'Er-.
lac qui reprit son.- ra%;
(m
$e Luxembourg. 217 íur Mr le Comte deBroiglio,
comme plus ancien
Maréchal de Camp, ks
<releva à la gauche, à vec
lés Bataillons de Lion-
«ois& de Turenrie. A la
droite de k grande A-tta*.
que qui ctok celle de la
ChapeUe, 011 s'étendit «fur
la droite, & encore plus
fur la gauche, jusqu'à dix
pas de la Place d'^iiTics
de l'Angle rentrant, tes
Ennemis la gardaient
avec des Traverses qui
, '
' T-..
ii8 HìftoìwâuSìtgt!
, croient dans J le -Chemin
couvert, &m\ ils ,firent
fortk (mmw h. mût ;
íAts
Grenadiers, qiai incenjamfpireïir
1b Travail, &! oèE.
gèrent mcmc dkfcaîndonner
une pârtiediuÈJQgeíne&
t qu'on çeo0^-
tòeika .jusqu'à trois; £úk,
íans qu'on le pût conserver^
cause dé laquatnróèé
de Grenadesi que des Asíìegezijetterent.
0iiíeiiemitiáuIFraváil.,..&
Qà faire
dfes ÍÎSÀj«5S-;si tot íqitìl fuideLmembourg.
ìtç
four. Il y eut trente SoL
cjat$ tuez ou blessez en
ic-ettê oçcaíìon. À ìá
méme droite on poussa
une Xigne pour gagner
TAngle íailtant du Chemin)
£®uverr. A la gau^.
ielie
9
-les Ennemis firent
jojxèt un Fourneau qui
ílçrangea cinq ou six Ga-
,
|bjp&s, -&ì?eiî méme tenips
on se servit de fouvq^
ture dé la terre pour i
faire un Logerpent, í,es
deux Bâtera se trouves
Ti)
aio líijtoìre du SÌege
renc asîbz avancées pout
y nrctere le Canon
,
&
Ion cn fît'itne >de trois
Mortiers, pour démonter
les Picces que les Assiégez
tiroienî. Mrdç Valoi'gp..;
Capitaine Grenadier
'•''' de Liorinois
,,
fat
écrasé d'un.éclat de Bombe
5
& Mr Proinqaev&
Mr Durand ingénieurs
tarent ' dangereusement
bleífez chacun d'un conp
de Mousquet.Au Grondt
le premier JBatailipn dés
de Luxembourg, au
Fuzeliers étant de Garn
de, ón établit une Baterie
de deux Pièces au bord
de làtroisième coupure,
pour enfoncer la Porte
du vieux Munster.
; Le 24; à sept hçures du
maçin
y on fît; cirer la Bat:-
eriè àç trois Pièces, de
Ç5anon,:& celle des Mortiers
ayant coiîimencé à*
jet ter dtís Bombes
,,
il y
ejii eut une qui tomba fur
un treí; grand": artìas de
Grenades <jue les, Assiégez.
Tiïj
%%% Hifioindu Siège
avbient fait dans là De*
mi-Lune. Elle y mit le
ÍCÛ
,
èc il fut tres -
grand
pendant plus d'un^ demi
heure* On chargea lt&
Fourneaux de là Contre
garde y&i deux Pièces1 de
Canon bâtirent les Caponnieres
qui croient:
dans le Fosse qui regniì
le long de 1$ fbce droite
de cet Ouvrage. MDar<*
cher Capitaine des £&-«•
nóriiers j &S tin JLieutfrlàitous
deux de coups de
Mousquet. Mv Tericr&r
Babur
> eurent chacun
,imc contusion. Milord
Howard
r
Fils du Comte
de Castille, qui étoit venu

Volontaire
y reçut le mafia
de ce jour-fa un coup
de Mousquet à répaufe.-
M avok donné de fort
gçaiadeS marques áe cou-
.".toige* Lesoir Mr le Marquis
de Genlis^Sc.M' 1c;
Marquis <|e Neíl^,;fuiíenG
de TrancJaée à la droite
Tiiij.
:U4 Histoiredu Siegà'
avec deux Bataillons dé
la Marine, &Mrle Corn^
te de Broglio eut le Poste
de la gauche avec deux
bataillons de*la Reine..
On n'avança point cette
nuit- la a la droite de là
grande Attaque-, parce
que les Eimçmis decùpoient
une Place d'armes;
datls le Chemin erfuyert,
&C les Traverses qui y étoient; Ils jettoiertt de .
là tìn grand nombre de
(Sitén&des ^ qui tuèrent
d'e Luxembourg: 2*$
ou blessèrent: vingt- cinq
Hommes. A la gauche de
la même Attaque, on s'étendit
par Sapes le long
de la Palissade environ
quarante pas. On fit une
Baterie de deux Pièces à.
la droite pour batre îa '
D^mi-Lune.. Celle de la
.
* gauche où Fòn avoie niis
deux autres Biéces- commënçaa
tirer dans le Fossé
de la Contregarde*
Au vieux Munster
, on
mena deux Picccs de C&r
2%s Htjvotnm Stege
non qui firent une fort
grande ouverture dans la
dçrniere-Forte..' Le Bataillon
de Bourgpgne j étoit de Garde. Çilnq oui
six Soldats forent tuera^ & ií y en eút. environn
vingt de blessez,
te- 2% MP8f les Matfqu|'
is de Joy*euse $4 de:
Cwmn r inanterenc la-
Traichée à la droite avec,
nu Bajaiìlon* de Bour-.
feonnois^Si <fe la Cíiar^
dt'hukemhowgy aay
res 5
.''&.M1, le íyí^rquis
de Renty occupa k gauche
ayeç cieux Bataillons
de ía Couronne &C de
yermaiidois. On s'atta*
clia a pousser les Sapes de
parc & d'autre pour em*
braiser route la Gontrc-
{carpe, î'Ennetrty ne te*
n^nt plift que les deux
JíngÍÊsdfentrée. À la droi*
çe,y}Ofì puvrit uiìe Saper
dansk Foífé de la Demi-,
-í*un.ç,& à la gatiçhé*.OÏÌeîîprçaM^<|^
nsieÇhsizS
Htfioìred'uSïegc
min couvert', dont nos
Bateriés avaient fort ba<-
tu le Travers & le Gpfre
du Fossé. Il y eut quelque
retardement dans les,
Fourneaux de la Contre-^
• gai de
? parce qu'on voulut
fairç batrô les deUx
faces, l& les flancs eri
méme retpps. *JVs Pòr~
. tain Ingénieur %t BlfcíTë
.cette nuit- là
?
áíúìï biens
qu?un Capitaine-} & en*
vìyoìX vingt Soldats;><&
1:Attaque du yíètr^jytWft*
de Ltixembòwg. aap
fter, onfie tirer sur la troifiérçie
Porte, &ltBataiU
Ion de Languedoc y eue
quelquesiGjens cuete.
Le-26.. les Escadrons
du Royal4loussillon
,,
de
la Valletté,, de Schombérg,
&? du Dauphin çfranger
/ revinrent au
Çanap , &. furent campez
,
sçavòir le Royal-
Roussillon à la gauçhç
d'Orléans, la*Vallecte
entré Lorraine, &c la Marine
à la droite de la MaÏ30
IBìftoircdu Siège
rine, &c Dauphin étrange
à la gauche de Tùreftne,
Le soir
>
fyT leComte de
Saint Géran
+ &c< M' 1$
Duíe dé la Ferté, relevèrent
la Tranchée a la
droite^ avec Champagne
&Conde3 &Mrle€hei
valier de Tillade* la releva
à: la gauche avec
Orléans $c la Ferté. Les
Asiiégeans s'emparerérit
cntieremînt du dernier
Chemin couvert v ~<ïst &ye qu'il fò^y i ; etìt ptô
* de Lttxetéhwrg* 231
aucune Place d armes occupée
par les Ennemis.
JQtfperça deux Sapes pour
entrer dans le-. Chemin
couvert, fane pour aller
gagner le "Poste de la Contregarde
qui couvroic le
Bastion de Monterey
3 ou
de sainte Marie, qui étòit
à la droite de la grande
Attaque.' Leïosle de certe
Contregírrde n avòit
pas plus de huit à neuf
\kâ de profondeur L autre
Sape étoit à la gau%
2 ^^mM^g^
che de lá^^ánáe Attaqua,
?|>our aller fíirflë bord du
Jpoïíc de la bi^ív^dc
iQu^iag^ a corn^^tqui
couvroit 1$$BastionV-ács
Bauçlemqw. ;, Les Ennemis
feignirent qu'ils se
préparaient à une Spçtíe,
mais ce ne fut que dans
le dessein d'attiter les Nôtres
fur un Fourneau,
qu'ils firent faúçer à JMI
Angle saillant de la Pçjmi
- Lune. Ce Fourneau
tua pu bleíía .dix p*
douze Soldats, ma&il n)e
tètúxda pointle Tramail*
cet endroit ayánç astérctábfy
en- p^ia de temps, Ak gauche on ût une
Baterie; de deux Pièces
.qui;VGWÌG lìm Xnwctihrdans
le FoíJe de lit Demi-
Ikjste. La Sape parvint
jusqtí'àurevétiítement diiv'
Foífé- &CTon acheva- la>
communication des deiux;
branehes: de l'Attaque le
long, du Chemin'GO<U.Ver c. ',
A.-y l^Attaqxie. du vieux;,
2#4 tftfiùm^Site^ ' Muhste^Engùidnjetant
die Garde
* on travaillaà
tirer les ruines du troiíîétie
Pont, & de la; $dr*
te où Ton sMcoic log4
pour •
pouvoir Faire uii
passage au Canon ,
afíit;.
de b&tre uné Traverse
qui écoic datfs àét Oiw
vrag.e avec deux Fiécfcsi
de Canon* M ;
JLè 27, on ne sir epe ftt
préparer A FAttaque de k Gontregarde de Barle*
«ipiït, $ft pour' cel^ osk
achevai de charmer te
}$m. Des Soldats divisez
ettr íTí*a*áillfe*s
|toaeretìr k tktódre. OÏÏ
^mplbyax ce déguisement,
& cause qt^on av<$it rc^
tóarquéiéd^puis quelque
teitïps> qiue les Assiégez
épargftoient lies- TravaiL,
(
feufs
5
fur lesquels ils ne
tiroieftt pas beaucoupy
croyant que cëcòienc de&
Païíàns des environs que
l'oir contraignoit de" trai
cailler. Il y eut dix Sok
dats mmy &c environ
viíigt jbleíscz;; Le soir,
relevèrent la Garde de
U Ti&nchee à la droits
avec d&m Bataillons, de
Navarre & de Rouer*
prit ks Postas cle la gau^
ch^ a#çc les Bataillons
d# Vaufeecourt /& de
Gonty. On disposa toiK
^schpfeayèc un grand
fcin ptîuîi, íaire,[ciâ^r: la*
de iMMmboùrg- 237
Miné le lendemain au
matin
y
& pour montes
ensuite àslá; Brèche^
Enfin nous voicy à
Mction la plus mémorable
de nos purs. No*
trè Histoire en fera embêtiez
&: la Postérité la regardera
avec autant do
fyrptise que d'admira*
tion.Ôn peut dire qu'en
prénant lá Cootre'gardeí
ou l'Quvrage à corne de
JLuxenibourg^ on afaifi
m Sicgç dans ua Sieg&*
3^8 ÈsifâfafâSîègfr
S&qw?en s© rerldaát Ma&*
tre dç cet Odvt&geyonâk
emporté e& tcòis tóute
mie Placerai deyôit tenir
plus dé" citais moisi.
Quiòy q^'en gftttá Átt&>
<$u e on air di* pjtómier
Áísimc trioítipy dei' Art,
db la Nature, & de la
valeur d«s Hommes, .otâ
im peut difco^nveliirrque
Itò Assiégea D'âyent erc
quelque íaçon p&ircagé:
avèc fes Aífiégeans 1&
gloire dfícattCî $o«ttiç%,
imk $1 y en a eu pour*
$m dans kun déíaite^
çlfoa'^st p#s comparable
à (?et(e qulpnb mérité te§
4çta<5pans
^
puis qu'ils
edpimt à 4^0UVGrt:
>
&*
^'a^oieiit; pjpui! eux, que
l§tjr Y^leui!:>, au, lieu qua
fes Aíji^gez étoieut çoi*- fçrca^fô tom ce que UArt
..4$ H>Jlri^ "peiit inven^
t«r * cte plu^ mfufitriçr Se
4e plto teírible.Mais de~-
quoy ne viennent point à*
feo^ tes-lía^çoi^.^ iár
240 tïìfîôwè dùSitgt
tìruits dans lé métier dès
k Guerre par un Roy qui*
l'entend- ft parfairemërity
'&' ítir tout lors que les:
simples Soldats voyant
les Princes du Sang
j
s'efr*
poser avec eux aux plù#
gràiids dangers/ C'est* £#
que- ces Princes oûtMtf
pendanttout fe cours du
Siège avec la Noblesse k[
plus qualifiée, delà €our^
Qltoy quelës périlssoient'
passez, vous ne laisserez'
pas de trÊmbkr* áacorel
de Luxembourg 141
pour eux quand voiìs 1R
rez le détail de rincro^able^
Áctjori qùe( jè vky
vous raconter. Avant
que $t pqtíïer plus avant,
it faùt yoiìs dire iìrf thòt
dé ' rdùyfage dont ì!a(
prise;a fait tant de bruit.
Il est nommé Contregarde,
parée qu'il seirt de
Garde au Bastion de la
Place vis-à-vis duquel 1
est construit. II est aussi
appelle Ouvrage à corne,
parce qu'ayant plu-
X
endroits
,
,$C \ pn y FQmarque
mcme des Pa-.-
fíions 2>C dès, pemi - iM^
nés iviivant le.coçe AQ.^tj
on- le voit. VoiCY* ce
qu'en écrit un Homme
du métier
,
qui en $eux
ou trois lignes renfepme
toutes ces choses.'. Le z8.
t
il se fit une grande Àtta^i
que de foute une Contre^
.
mrde exirêmer^trip hauts,*.
@3 esçarpee, ,^#*. / <?#. ;<?;#~;..
de Luxembourg Z4>
fortd avec une efipece de
Bafiìon qui j te7;oit
,
0*
une fort grande D'émis
Lune
5
que la Aline fit
sauter. Vous pouvez jugei
4 par là de la force
y
&C de la grandeur de ,céç
Ouvrage. Un .antre Gfí~
cier écrit. NS're 'ora,nd.k
attaque se fit contre
;
la
Contregarde qui couvr.e le
Ba(lion de Barkmont qui
efi fous le grand Cavalier.
Cela marque qu'elle
ctoic encore, plus redot^
M4 'Histoire du Siège
table
,
puis que outire
ce que l'Arc, &C la, Nature
luy avpient donné
de force
,
elle êtoìt défendue
par uii gràntd Cavalier.
Enfin
5
je ìlçfçaurois
mieux achever la
peinture de cet Ouvrage
que par ce que j'en ay
trouvé dans la Relation
d'un Ingénieur., qui âpres
ch avoir parlé à peu prés
de la manière que vous
venez de voir
,
poursuit
jíifisi, le ne votísdsoispas
dï Lútâtôbourg. H$
man bas de ïOuvrage
Wcorné ily a des Galènes
souterraines avec de bons
Créneaux fur lesquels on
ïtoyoit túus les Fojse^ de
cet Ouvrage; quonj étoit
à couvert sous de bajfes
Voûtes
5 ç$ que de là les
Ennemisavoient une corn*
municaîìon dans le Fossés
duquel il y avoìt aussi une
cómmunìcaíion dans la
Place. Voila là description
de ce terrible Ouvrage
y
qui merkoit ú#
"Xíij
<5'4"tf Bìïfiúïrè'âu Siège;,
'Siège l &í que des Fráit
çSjs íeuls pouvoient.emporter
eri trois "heures (le
Gòrnbat. A ìa pointe dti
joui: qui dèvoit éclairer
cëttc Action si digne dé
láxjlumïere du Soleil, M*
lè Marquis de la Fréseliere
3
qui avoit eu soin
que nos Bateries fuísent
ën bon état, fit tirer le
Ganòn \ qui ne discontinua
point pendant deux
heûrès. ìs/( de Vigny fit
la même chose à í'egái?d
* de Luxembourg 247
'des Batteries de Mortiers $
oá ce reu continuel., ce
•mélange de Boulets, íx
de Bombes, déconcerta
çprêmemcnc les, A0ìé~
gez , qui n oioient íe telìir
dans leurs Bastions.
ny. dans tous les lieux, ou
us n etoient pas a couvert
de cet orage de feu.
Ritmnerut plus prudem-
^jttejnt' ordonne pour etfrayer,
& écarter tes Ennemis,
& pour leur mipirer
de la crainte quand
' X iiij
248 Histoire auSiège
ils scroient obligez dé
s'exposer à ces Torrens
enflâmez pour défendre
les lieux qu'on étoit fur
le point d'insulter*
Pendant que touteTÁrS
tillcrie tonnoit, &£ que
les Bombes remplissoient:
l'air', d'un nombre infinjr
de'Foudres
5
les Troupes
choisies po r TAttaque
qu'on devoir faire,se rendi.
rc.rit aux Postes que Mr
lç Maréchal de Créquy
leur a voit marquez. Il
de Luxembourg. --24$.
s'étoit fait porter à la
teste de k Tranchée afin
d'y donner ses ordres,
quoy qu'il fuft incommodé,
&C qu'on luy eustfaít
le jour précédent une in-»
cision à la jambe. On de*
voie attaquer par trois
endroits r si tôt que la
Mine auroit produit son
èífet. VAttaque de la
gauche étoit pour Navarre,
celle du milieu
pour Vaubecour, &c celle
4e la droite pour Conty»
$Ìp îíifîffit:dìt''ìïrtge
lìbs-' trois CompagniesSe
«Ôtèiadiérs de 'ccs-î&èçitáènàl
ëtoicnc soutenues
jíáï' ïíëuf1 kiiVrés cix; cíifetófe'fítgi^
òns/^^cíle tle
Há^àrré qilí dëVoirhtat--
(fhèràkgauche buiìfyttt
GátioiVâVoit Fait Ëfêcífíë,
ëtoit^ soutenue par son
Regimëhc,! &t par la pre~
%itite Compagnie de* lá
$í$ririe.' Ensuite -ecôiéát
fteú^ Ingénieurs suivis
Wsoíiante Travailleurs
plusieurs sortes d'Outils
V tine Compagnie clc
Roiíergue, & cent Hòmmesrcle
Liônnoís. Celle
de! Váubecòur , qui dévoie
faire son Logement
fur Teflfct dé la Mine,
étòit soûrcnjLië par les
ìdeuxde Piémont, suivies
4e deux Ingénieurs^de
'soixante Travailleurs/des
"Grenadiers d'Auvergne,
& de cent Hommes de
Taubecour. La Compagnie
des1 Grenadiers de
ip HiftoïreduSfcge
.Contjr, que les deux de
Normandie soûtenoient,
écoit íuiyie d'un pareil
nombre d'Ingénieurs &C
de Travailleurs, Ô£del&
seconde du Royal avec
eent Hommes de Conty.
Ges détachemensavoient
ordré de se poster sur les
ruines des espèces de Faícinages
que le Canon
avoit rompus, &.qui font,
cn forme d'Ouvrages à
corne du côté de la Gontregarde.
L'ordre&Tcmde
Luxembourg. 253
ploydes Travaillevirs de
ces trois Attaques avoic
esté réglépar M'de Vaiiban,
& donné à Mr des
Landes
>
Brigadier &c ïngénieur
de jour. Les deux
Goînpagnks des Gentilshommes
etoient comandées
àvcc les Grenadiers,».
&C prétendoicnt avoir la
pointe
,
qui leur fut disputée
par ces derniers,
qui,dirent qu'ils, ne la
cederoient qu'aux seuls
Mousquetaires du Roy,
2 54, IrfifiomÂMM^,,
Comme il
,
s'agifípjt
v
,<J^.
combatte, &uoixpasdç,
disputes
, &C qu'il y ay pic
prés de deux millç Çv$h.
iiadiers tirez de to^is, ]$$
Regimens de l'Armée, on
jugea qu'un ft
,
gr^pd,
corps ,
si accoutumé
au feu
,
& si remply de
valeur
5
devoir estra preT,
feré dans une occasion si
importante, cette jeune
Noblesse ne s'étaiic point
encore trouvée à ces for*
tqsxfAffaires
L- & le CQU-,
íajre,_Amu chacun de eçs
Cpjrps eut }ieu d cltfcjr(^,
tissais <Qes sortes cfaxar^
t;i^^ d^yeïit fairç. jrrçrg^
bler les Ennemis de Sa
Jyfajpste y, en íaiíanç eofi^
noître ses, Forces
.
,&
la preílapre ardeur, nue,
montren11ous se s 3uj e tg,
t) pq^r.. .s'exposer à dcs^f^:.
sauts pu les plus graiids
périls, fonc évkiens, Qji,
voit troisççns j^&nes;.
Gcntils-liommes qui brûlent
de cômbatrè >
&;qiìï
he ppuvéstt obtenir cÉ
àvantage.Y a~t-il des Souverains
fur la Terre qui eh
de pareilles occasions eá
puissent laitier un prreîl
Jlòmbre inutile? Geptp-S
dant le Roy en a presque
autant dans la plus grande
partie de ses Places
fortes, &; ce Monarque
avec des Forces si redoutables,
veut bien donner
là1 Paix à l'Euròpe. Je ne
de Luxembourg, %^rj
dis rien d'une bonté k
généreuse
5
qui me fèroit
trop écarter de mon sujet.
Apres que routés les
choies neceíïaircs pour
les tròis Attaques dont
je yiens dé vous parler,
curent esté disposes,::&
quóii eut donné ìcs ordres
aux Troupes*, qui
ne dévoient marcher par
les Chemins diféreris qùi
leur avoient esté montrez
,
qb'aprés que/les
JVîines auroiònt eu effets
on Ht a quatre Jbíeures du
matin retirer 4e la "tranchée
toutes celles qui
etoient aux Postes ayançcz
^
ÒC on les fit aíïez
éloigner pour être hors
de la portée des débrisque
la Mine pourroit
faire. Qn fit auísi sortir
les Mineursde leur trouj
Ôí Mr le Marpchal de
Çréquy se retira a la Ba~
terie du Précipice , pu
du Rochec. Comme les
coups de Canon tirezt
de Luxembourg. 259 '& les 'Bombes qïi'òix
avDXt jjcctccsdesJa pointe
du ionr , auroient: pu
íaire croire aux 'Ennemis
qu 011 a voie detíein de les
.*:*: .- <, >, ìAy-'ff-"
:
attaquer : :-.ï.,':, 3
M[ le Maréchal
de Gréquvvqui íçáítr
loiíidrè 1 adresse à la force,
& qui n est pas moin&
i.r bon'General
a_
que; grand
Soldat
,
&: grand Cápitaíne,
ordonna q u'on laií
ïast feulement les Piques~
plantées avec les Drapeaux
3
&C quelques Sol-
Y îij
%6o fâijfairèMMfigâ
dats, de crainteque si les
Assiégez s?apercevoient
qu'on s'etoit retire, ils
ne fussent confirmez dans
les soupçons qu'ils pouvoient
avoir conçus! Ost
avoit fait deux fort beaux
Chemins pour monter
à l'Assaut, outre toutes
les sorties des Boyaux,
&descentes du Fossé. II
y aVoit huit Fourneaux
& deux Chambres qu'on
n'avoit pu faire jouer la
Veille, parce que le Mi-:
de Luxembourg, ifa
neur avoit trouvé plus
de travail qu il n avoit
cru. Tout cela compo*
soit deux Mines, &; le
feu y dévoie estre mis a
deux reprises. On le mit
fur les sept heures du
matin à la première qui
ctoit dans la face de ce
qui paroissoit partie d'un
Ouvrage à corne. Le Canon
ràvoit ruinée
3
auflit>
ién qu'une Teste tenaillée
qui étoit fur celle de
cét Ouvrage. Apres que
tâz !fTìfioìrê%H SÍsge
'ccttc première Miné èïit
Fait son effet qui fut
grand, Mr le Marcehal
Sctc CréqUy fíc faire
ùtí mouvement dans la
Tranchée, & l'on feignit
de marcher,, pour voir si
les Ennemis nc se.prcïchreroient
point sur la Brèche
5
& ensuite mettre
îe feu à la seconde Mine
afin de les faire sauter 5,
mais ilá nò parurent
point
,
éc Foii iie difera
guére à faire sauter Taudi
'LuxcmùoUr^ '" Kì6$
trc Miìie qui etóic dàns
le flanc de la Còntregarcl
ci' L't fief de ces Mines
im favorable, & les
! terres "' furen t atfez ron-
'"VeHcc.s'poúr faciliter les
moyens de nioncèr à la
Brèche. Les choies demeurerenc
assez longtemps
en cet etàt, íàhs
que nos Troupes s'avançassent
pour FAssaut, íìjr
que les Ennemis se présentassent
pour défendre
cette Brèche. Mais aprés
2^4 Hìfioìre du Siège
un assez long espace de
temps, ils mirent le feu
à quelques Fourneaux
.qui renversèrent la muraille
,
&c les traits de la
Courtine des flancs &C
face du Bastion de la droite
\ en sorte que laJBre*
che se trouva d'une tresgrande
étendue
3
& facile
à monter. Ainsi les
Assiégez.,. loin de nous
faire du mal, favorisèrent
nos desseins. Nos Troupes
sortirent alors des
Boyaux^
de Luxembourg, IÓ'J
Boyaux, & marcherenc
aux endroits qui leur
ctoient destinez. Chaque
Corps attaqua en
même temps, afin que les
Ennemis n'eussent pas
celuy de se retrancher
5 maisles Attaquans trouvèrent
la montée de la
Coiltregarde, &: des autres
Ouvrages plus rude,
&C plus dificile qu'ils n avoient
crû. Ainsi pour arriver
a la hauteur de la
Brèche
,
ils furent con-
Z
y- 66 Histoire du Siège
rraincs de grimper, &çdé
s'élever les uns fur les
autres. Je vous ay déja
marqué les trois endroits,
où les Aísiégeans avoient
ordre de s'attacher. Les
Ennemis qui les attendoierìt,
&C qui s etoienc
préparez à les recevoir,
se présentèrent sur les
Brèches avec une fore
bonne contenance , &C
parurent résolus à les défendre
vigoureufementé
Us étoiene armez de Pi'
de Luxembourg* i6y
'ques
,
de Mousquets,
ûc Halçbardes, de Pertuisanes
,
dé Faux
,
ô£
autres instrumens meurtriers,
&C de toutes fortes
d'Armes à feu. Ils
jetterent un nombre iníïtty
de Grenades, & ncpargnerent
' pas des sacs,
OC des barils de Poudre,
dont le feu éblouissoit
plus nos Soldats
,
qu'il
ne les étonnojc. Rien ne
fut capable d'ébranler
rintrepidité des Atta->
Z ij
268 Hìfloire du Siège
qiians. lis prirent le dessus
,
passèrent la Brèche,
ÒC s avancèrent jusque
la muraille dé la Place,
se faisant jour par tout
avec une vigueur toujours
égale. Ils furent
long-temps exposez au
feu des Ramparts, 06 de
la Porte, d'où ils eurent
assez de peine a.se tirer,
pendant que les Travailleurs
cornmençoient à
itablir leur Logement.
3Lçs Ennemis furent en-'
de Luxembourg* %6$
ticrcment repoussez à l'Ataque
de*Vaub.ecour. Le
feu y fut fi grands que
mille actions y sont demeurées
ensevelies, ceux
qui les ont faires ayânt
trop de modestie pour les
raconter. La perte n'y
fut pourtant pas íì grande
qu'en faisant les Logemens,
£>i la Communication,
qui se trouvèrent,
fort disiciles
, par
réloignemertt des Matériaux
>
&c par la grau-
Ziij
^7° Hìfloire du Siège
deur du Terrain qu'il
falQit embrasser^On étoit
pendant ce temps -
là exposé
au feu du Bastions
de la Courtine.
Enfin nos Troupes
ayant vigoureusementrepoussé
les Ennemis, les
trois Logcmens furent
bientôt en état, parce
qu'on se logea sur la
crête des ruines. On fit
un Boyau depuis 1?Attaque
de la gauche jusqu'au
flanc de la gauchç
de Luxembourg. 171
du Bastion de Barlcmont,
n'y ayant point de Fossé
en cet endroit-là. Les
vieux Soldats Espagnols,
&: les Officiers Reformez,
soutinrent long~temps,&:
furent en partie tuez dans
leurs Postes, &les autres
se retranchèrent derrière
un Parapet d'où ils dé~
couvroient nos Travailleurs
de front, &c de revers
5
ils en mirent alors
un assez grand nombre
hors de combat,
£ iii)
2ji Histoire du Siège
Apres beaucoup de sang
répandu
, on demeura
maître de la Contre^
garde
,
& de la Dame,
qui ne fut pas attaquée
par la Contrcgarde comme
on l'avoit crû
>
mais
par un petit* Ouvrage à
corne du côté des marais,
qu'on avoit pris d'abords
&C dans lequel on avoit
en mefme temps étably
un Logement. Ces deux
Pièces furent emportées
aprés un combat fort opi<
de Luxembourg. 275
niâtrc. Les Assiégez voulurent
faire un effort pour
ks reprendre
,
mais ils
furent repoussez avec autant
de vigueur, que fì ce
Combat n'eust fait que
de commencer ,
&C lc
monde qu'on leur tua
aida beaucoup a les affbiblir.
La Gontrcgardcfur
disputée pendant plus de
trois heures
>
& pendant:
tout ce temps-là, qui
xit employé à établir les,
Xogcmens
,
il firent un
Ì74 'Histoiredu Siège
feu prodigieux de dessus
le Bastion de Barlemont,
&C de leur Demi-Lune. "í
3Le Combat à coups de
main ne dura qu'environ
trois quart d'heures^mais '
il n'y eut presque point
de coups perdus de paie
ji'y d'autre.
A TAttaque de Conty,
la descente du Fossé s'étant
trouvée facile suivant
le sentiment de Mc
de la Lande Ingénieur,
les Nôtres y entrèrent
r de Luxembourg. %f$
maigre la résistance des
Ennemis, qui ne pouvant
soutenir ressort des Gré*
nadiers voulurent gagner
Une Redoute qui est dans
le flanc de la Contrégarde5
mais ayant esté jointe
on s'en rendit maître,
c'est à dire, de rentrée de
laRedoute,aprés en avoir
tué beaucoup. " Je dois
vous apprendre icy par
quelle avanture , &C de
quelle manière nos Grenadiers
entrèrent dans h
2j6 Hifiòìre au Siège
Fosse. C'est une chose
assez singulière, & bien
digne d'estre sçuë. Les
Grenadiers de la droite
ayant poussé les Assiège?
derrière une efpece de
Traverse de massonnérie,
les Ennemis la quicerent,
&C descendirent dans le
Fossé par une Echelle*
mais comme ils ctoient
vus
y
ils fuioient à mesure
qu'ils descendoient \ à
cauíc du feù que les Nôtres
leur faifoient. Les
de Luxembourg. 277
Grenadiers qui n'étòi-ent
pas encore satisfaits de
l'avantáge qu'ils avoient
fur les Ennemis
?
èc qui
brûloient d'en venir aux
coups de main
,
poussez
d'une impatiente ardeur
de les joindre de plus
prcsjdescendirent, ou plu-
,
tòt se précipitèrent dans
le Fossé par un endroits
ou une Bombe avoir rendu
la descente un peu
facile. Cette descente np
les conduisit pas jusques
ÏJ9 ffiftoireduSiegt
au bas, &£ ils se trouvèrent
encore à six pieds du
Fossé. Ils ne balancèrent
point à prendre le party
de s'y jetter, &ils fautèrent
dedans
,
fans que le
péril qu'ils couroient de
diverses manières, ralen*
tist d'un seul moment la
violence de leur ardeur.
Ils pouvoient se blesser en
tombant, &C estre ensuite
surpris Ô£ accablez»par le
nombre des Assiégez qiii
pouvoient sortir par les
de Luxembourg. 27*
Portes de la Villev qui
dofinent dans les Fossez;
Ils n'envisagèrent aucune
de ces, choies, &C n'eurent
que leur gloire en
veuë. A peine les premiers
qui fautèrent furent-
ils dans le Fossé,
qu'ils coururent aux E*
chelles des Ennemisjdont
ils tuèrent un grand nombre
l'épée à la main
y
à
mesure qu'ils descendoient.
Le péril étpit égal
de tous cotez pour les
i2o Hìfioìre au Siège
Ennemis
,
& ils ctoient
également pressez par les
Nôtres en haut, & en
bas. Ainsi il ne leur restoit
qu'à vendre chèrement
leur vie
, ce quò
firent quelques-uns.Dans
le même moment on
vit paroître un Escadron
composé d'Officiers, qui
sortit de derriereJe flanc
droit à notre égard du
mesme Bastion, ÓC marcha
à nos Grenadiers qui
n'étoient que douze ou
de Luxemhotìrg. i$%
quinze
, tant Officiers
que Grenadiers. Comme
ils étoient fur les escar^
pes du Fossé
,
ils firent
grand feu fur cet Escadron,
&c l'on vit tomber
beaucoup d'Hommes
&: de Chevaux, a~
vant qu'il fost arrivé à
nos Grenadiers. Quand
il en fut proche, les
Officiers luy présentèrent
leurs Pertuisanes,
&C les Soldats qui en tenoient
les Cavaliers erç
£82, Hifioìre du Siège
joue, firent leurs décharges
d'assez prés
5
de forte
qu'on vie une seconde
fois tomber les Hommes,
&les Chevaux. Les Grenadiers
se jetterent ensuite
dans une Porte qui
communiquoit à la Galerie
de l'Ouvrage qui ve«
noit de sauter. Quant à
la Cavalerie, elle plia, &c
se retira en desordre, ne
pouvant souffrir le feli
4'enhaut, qui étoit trop
grand. Les Grenadiers
âe Luxembourg 2S3
trouvèrent dans Ja communication
, ou ils le retirèrent,
plusieurs bieffez
tant Officiers que Soldats
Espagnols. Ceux qui
purent marcher, furent
menez à Mr le Maréchal
de Gréquy par la petit'e
Echelle qui coduifoit à la
Traverse. Quoy qutv les
Xogemens fuííent bien
établis, on eut beaucoup
de peine à faire les communications
3
Vespace
étant long, $c le terrain
Aa ij.
2 84 Hìfiom au Siegè
vif. Elles se firent pourtant
par deux endroits,
&C Ton se rendit maître
de la.Porte de la Galerie
qui étoit de plein pied
avec le Foísë du Bastioiy
ce qui facilica le moyen
d'attacher le Mineur à ce
Bastion. 'V
Chacun convient que
jamais il ne s'est fait une
plus belle Action que
celle de l'Attaque Ô£ de
U prise de cette Cqntrc~
garde; &c Ouvrage à corâe
Luxembourg. 2ÍJ5
ne , toutes les Troupes
s'y étant portées avec
toute Fardeur, &:la fermeté
qu'on en pouvoit
deíirer. JVIr le Maréchal
de Créquy
,
&C M1 de
Vauban3dirent qu'ils n'a~
voient point encore vu
de Poste plus vigoureusement
attaqué ny mieux
défendu. Quand j'ay dit
qu'il méritoit un Siège
particulier, je n'ay rien
dit que de véritable,
puis qu'on peut mettre
%B6 Histoire au Siège
milleHommeS en bataille
Tur cet Ouvrage.
Comme *
les grandes
Actions en renferment
d autres qui ne sont que
particulières à leur égard,
quoiqu'elles soient touç
à fait éclatantes, on peut
mettre de ce nombre celle
des douze ou quinze
Grenadiers dont jê viens
de vous parler, contre un
Escadron entier d'Ennemis.
Cependant cette
Action qui a fait le plus
de Luxembourg. 287
de bruit aprés la générale
qui est la prise de la
Contrescarpe, c'est celle
qui a esté le moins éclaircie.
J'ay leu plus de six
vingt Relatiòs pour composer
celle que je vous
envoyé ,
fans en avoir
trouve qu'une feule qui
en ait fait le détail
, &C
c'est celuy que je viens
de vous donner. Ce n'est
pas que toutes n'en parlent
3
mais elles raportcht
seulement la valeur
288 Hifioire du Siège
du Commandant dès
Grcnadicrs,de ïvT le Chevalier
de Mailly
,
ô£ de
M1 le Comte de Labatiç^
Fils de M1 de Chaoiaranr
te Premier Maîcre d'Hostel
de Madame la Dauphine
,
& la mort du
Commandant de l'Efeadron
ennemy. Ces Rela^
tion-s ne sont pas d'accord
fur beaucoup de circonstances
,
&C il n'y a pas
lieu de s'en étonner. Tout f
le monde écrit fur Ûts'ouy
/ dìre>
de Luxembourg. i9&
'dire, &C raconte une Action,
donc douze ou
quinze Personnes peuvent
seulement parler.
Voila pourquoy on n'a
pu en décrire le détail,
comme des Actions générales
qui font faites à la
veuë de toute l'Arméc.
C'est ce qui me fait croire
que celuy que je vous en
envoyé, est véritable,
puis qu'il ne peut avoir
esté écrit que par un
Homme qui s'est trouvé
B b
apo HìftoìreâiïSiegè
aux endroits qu'il décrie
si bien. Ony voit pas pour
pas tout ce que les Ennemis
& nos Grenadiers
ont fait. Tous leurs mou*
vemens & leurs actions
y paroissent instant pour
instant, &C Ton compteroit
presque les coups des
uns &c des autres. Comme
je n'ay trouvé que
cette feule Relation circonstantiée,
je lay préférée
à d'autres qui ne parlent
que de ce qu'ont fait
de Luxembourg.
%$x jfleî Particuliers dans cette
Action, íans donner
une fuite du but tout, mon estant moins de vous
envoyer un détail des
Actions particulières qu'~
ne description générale
du Siège*; Ainsi de lajm~
jiiere que say mis cet Aiv
ticle, je n'oste pas la
gloire à ceux qui préten-»
<Jent en avoir mérité dans
cette occasion, quoyque je ne donne pas un détail
de ce qu'ils ont fait de
particulier.
ìp2 Hifi'óìreduSïége
-'.La derniere Action deá;
Ennemis, en cédant une
pleine victoire aux AíTîégèans,
fttt de mettre le
feú à! un petit Magasinj
remply de Bombes, de
Grenades,' &C de Poudre.
Ainsi ilssê retirèrent avecí
autant de bruit que d?é*
clat, âpres avoir abandonné
un Poste qu'on
peut nommer un ama£
de diférentes sortes de
Fortifications, ce qui se
connoist par les divers
,'âcLmemhourgy 291
homs qu'on luy donne,
&C dont toutes les Relations
font remplies. Les
Aflïégeans n estant rebuï
tez nydufeu, ny du travail,
n'eurent pas plùtost
remporte cç grand avantage,
qu'ils tentèrent un
Logement prés le Fossé,
yis-à-vis de la face droite
du Bastion, mais le feu
çxtr^ordiijaire des Assiégez
lçs obligea desereti*
jrer U long de la Crète*
tomme ils: avoient bien
B b iij
k$>4 Hìfioïn au Sìegè
crû qu'on les attaquëroit
de ce costé-la, ils ayoicnc
placé quelques Pìeces de
Gahon dans des Terrasses
couvertes d5 herbes du
costé de Grondt. Quelques
Assiégeans eh furent
tuez, parce qu'ils; ext êtoient
batus en flanc,,
ainsi que de l'Artillerie
que les Assiégez avoìent
fur le flanc du Bastion
opposé à celuy de Barlemont.
Les Ennemis encore
tout échaúfez $\xd
de Luxembourg, ipj
Combat à coups de main,
dont ils venoient de sortir
,
&: irritez de la perte
qu'ils y avoient faite,
scmbloiet redoubler leur
feu par désespoir &c par
vangeance, & ils le faisoient
sans nul danger,
parce qu'ils estoient à
couvert, ce qui rendoit
ce feu continuel. On cessa
de leur donner lieu de se
fatiguer davantage en tirant,
Ô£ on leur laissa lé
jcmps de rêver tranquil-
Bbiiij
i$>6 Histoire du Siège
lement à la grande perte
qu'ils venoient de faire,
& qui alloit indubitablement
entraîner celle de
leur Ville. Je ne íçaurois
passer plus avant, fans
vous dire un mot de l'intrépidké
de nos Braves,
qui dans une occasion si
périlleuse n ont point ménagé
leur yie. Monsieur
.le Prince deContyy toujours
prest de s'exposer
aux plus grands périls,
jnalgré fa quâlitç &soij
deLuxembourg npy
âge, qui devroient l'en
exempter* n'a point cesse
un moment* c! agir, tant
qua duré l'Action, &í il
n'a pas esté plus à couvert
du danger que le
plus simple Soldat. Monsieur
le Prince de la R(V
che-sur~Yon, marchant
fur ses traces5 ô£ fur celles
de ses illustres Ancestrçs,
y reçût un coup de pierre
a l'estomac. Ce Prince,
&S Mr de Vaubeicourt.
;^yapt sçeu que les Capiap8
HistoireduSiège
taines de leurs Grenadiers
avoient esté tuez,
en regagnèrent la teste,
&í ne les quittèrent point
qu'âpres l'Action. Les
Ducs de Grafton, &C de
Northumberland, tíous
deux Frères, & Anglois,
se sont signalez dans la
meíme occasion 5
ils êtoient
Volontaires à ce
Siège. Mr de Bourlemont
y fut tué$ & Mr le Duc
de Choisciiil, &£ ìs/iï\.\&
$idame de Laon* y re-j
de Luxembourg. i$?
çeurent deux coups mortels.
Le premier fut blessé
d'un éclat de Bombe à la*
teste, & l'autre de deux
coups de Mousquet. On
ne sçauroit exprimer l'activité
de Mr de Váuban,
sur qui ont roulé les principaux
Travaux de cc
Siège. Il donna des ordres
pour la scûreté, &la
continuation de ceux
qu'on faiíoit dans la Contregarde,
où il se trouva
des premiers > en s'expo$
òo Histoire du Sie&
sant.au péril, quoy que
de la, conservation de sa,
personne dependift celle
de ce que ía France a de
plus qualifié. Je >ne dois,
pas taireque tput reçenw
tit icy du .bruit de:1)A\
ction de celuy qui estoit
à la teste des Grenadiers
qui íauterent dans \?$òù
íé, &C qu'il en a mérité
l'estime du Roy. Si sort
nomm'estoit connu, je
me ferois un fort grand
plaisir de. rapprendre à»
de Luxembourg. ÌOÏ
tout le monde. Je me
sens auiïï obligé de rendre
justice a l'Action d'un
jeune Espagnol. De sept
qu'ils estoienç ensemble,
quatre furent tuez, deux
prirent la fuite, &c il resta
seul. Le párty qu'il prit,
fùt de marcher fièrement
contre un Capitaine de
Grenadiers. Il en reçeut
un coup de I>eh:uisanc$
&C presque dans le mefme
instant il fut blessé de:
deux coups de Mou£
302 Hifioìre du Siège
quet, &Ç fait prisonnier.1
£^oy,dit-il, quand il se vit
en cet état, faut:il queJe
meure a Fâge de vingtdeux
ansì Ce n'est pas
d'aujourd'huy ' que l'on
a veu des Espagnols braves.
Il semble que le Régiment
de Castille qui
s'est trouvé dans Luxembourg,
& qui s'y est défendu
jusqu'à ne vouloir
point de quartier, n'y ait
esté qu'afin d'augmenter
la gloire que les François
de Luxembourg. 303
ont acquise en se rendant
maistres de cette Place;
La valeur des Officiers &C
des Volontaires y a esté
égaie, &c l'on |ie peut
agir avec plus de distinction
qu'ont fait Mr le
Prince de Tingry, M*, le
Marquis de Créquy, M"
les Comtes de Luz &
d'Estrces, Mrs les Marquis
de Thiangé, de No-'
gêné;1& de Labatîe, Fils
de Mr de Chamarante.
Je ne mets icy íes
jP4 Mtjvotreauòiege
noms ny des Morts
> ny
des fil estez
$ on les trouvera
dans une Liste à la
fín de cette Histoire.
Le 2p. Mây, la nuit qui
suivit cette imjportantp
Action, Mr le Comte du
Plessis?&Mr de Refuge,
estant de jour a la droite,
oïl descendit dans le Fossé
de la Contregarde de
SteMarie, où ce Comte
fie tuer ou chasser tout
ce qui fe trpuva d'Ennemis
devant luy.On poussa
de Luxembourg. $05
íine Galerie jusqu'à la mu«
raille de la face gauche
de cet Ouvrage. LeMineur
fut attachés & l'on
travailla à deux Sapes
pour entrer dans le FoíTc
de la Demy-lune. Pendant
que tout ce Travail
se íxt, les Aflïegez jetteíent
de dessus leurs Bastions
une prodigieuse
quantité de Grenades, de
Feux d'artifice,bc de Pier--
res, fur-les Tavailletirs^
ht fur îes Soldats. Ì$tï&
C'-c
t®6. tlifioìre àuSìep
Gomte du Pleffis 'recette
au dessus du coude un
éclatde Grenade qui íempefcha
quelque temps de
le pouvoir remuer 5
il ne.
laissa pas cte demeurer
toujours présent au Trav
vaiL A la gauche, Mf de
Gournay, avec les BatailV
los d'Auvergne &; Royalí,
assura, & fit mettre en
état les Logemens de la
Contregarde, &c leur
communication fut poussée
jusqu'à la face droit*?
de Luxembourg. 507
du Bastion,'avec une Galerie]
pour laquelle il y
eut une grande facilite,,
par le moyen d'une Casemate
qui communiquoit
de la Contregarde
a'ií Foíse. Le Mineur êtant
attaché aux deux
faces du Bastion de BarlemontjOiifít
encore une
fausse Galerie a la face
droite du Bastion-, ían$
dessein d'y attacher de
Mineur^maispour oeçu*
fer &cuoperles Ennemis.;
Cc iiji
$o8 'Histoire du Siège
Le 30, Mrs de GenEa
& de Morton ayant re~
levé à la droite avec les
Bataillons de Normandie
&deSoissonsi'&-'Mtd,Uxelles
à la gauche avec
Lyonnois &C Turenne/on
travailla à un Logement
fur une terre que le Canon
avoit fait ébouler de
la pointe du Bastion de;
Sainte Marie. Ce Logement
estoit à dix heures
du matin au dessus du
Cordon. On poussa deux
Sapes de k Demy-Lune
de la Porte de la gauche.
Outre les Mineurs qui
estoient attachez la veille
au Bastion de Barlemònr^
où d'un coup de Canon
il y en eut deux de tuez,
êC un de blessé, on en attacha
encore un autre à
la face gauche de ce rnesme
Bastion, par le moyen
d'une Caponiere dont on
se rendit maître. On entra
de cette Caponiere
dans le Fossé de la face
: ju> ffîijïoire SuSiège
droke de Barlemont, qui
a deux branches, d'où
l'on chaífa TEnnemy, &
d'une Deray^Lunercequi
donna une grandefacilité
pour.communiquer à la
Galerie du Mineur, &C
pour se poster à la gorge
*le la Demy-Lune de lá
"Porte.
Avant que de vous parler
de ce qui s'est paító
à l'Attaque- du Vieux
MunsterjOuVermunster,;
'je croy dtyoir vous fair&
de Luxembourg, jrt
corìnoistre ce que c'est
que eet endroit, afin que
vous admiriez davantage
la valeur des Àffiégeansv
Vòicy en propres ternies,
ce qu'un Officier de mérite
en a écrit âpres lavoir
bieix examiné, afin
d'en faire la description,
Uautre Attaque $ appelle
de Grondt
r
du cojté de la.
Baffe Fille] çes ceík une
çhofe étonnante
y quon ait
eu seulement la pensée de
Ìattaquerfar la, Ctjïun
\p% Histoire duSiège
JRochfr large de quatre ot^
cinq pas. Ilj aune Porte
avec un Pont-lepùy^
apres\ une Muraille fort
épaiffe, par laquelle <VQM
flanquez^ l ''Attaque du
Pamendai
, g^ le cofié
de la Ville Baffe \ qdon
ftourroit croire imprenable
yarsafîtuatimfurleRoc.
Je n entens pasparlerde Id
Baffe Villey mau du cofiê
de la Baffe Ville par ou la
Haute ne peut çpte prise*
Depuù le Pont4evk ation
*
v
' ' \. "" , alip'-'p"e|U|t t
de Luxembourg, jtj
appelle le Vieux jMLunffier^
jusqua une Fortificatiom
que les uns nommentPJté,
& les autres un Maflion
petit ç$ferrés ily aplmde
deux censpas quifont coupezj
par des Retranchemens>
âpres quoy on trouve
lePâtéon Bastion^ quisert
deMuraille a la Ville. Qe
Chemin eftfort étroit
0
çg
l'on ne pourra croire a l"a~
venirquonaitpm la Place
par cet endroit Nom
qui sommesfur les lieux;
Dd
JT4 Histoire du Siège
çtf qmle' voyonsy^nïsommes
tout étonneZj, cinquante
Hommes y pouvant >arrê±
ter une jirmee ^entiere^
fourveu quils aythp} ûèia
résolution. \ '.'.v'> ' ìl semble qu'âpres cettç
defcriprioiY on doive attendre
celle d'unGombat
aussi beau que celùy de
la Contregarde
,
donné
deux jours auparavant 5 mais i'mtrépide valeur
des François avoit trop
intimidé les Ennemis»
de Luxembourg, f:%
pour ;ne leur faire pas
éviter de" les approcher
de si prés.
-
Pendant qu'on
avançoìt, à FAttaque dii
Piaffendálvle $o. auniatin,
comme je vous Vay mar-
^uéy toûtie diípoíoic à ce
detjtií'er fosteppoiirHàtcaqíucr
ÌB travers)dM'E™éu
my> qu':ori avoit bátu de
deux Pièces de Gamon^
mais les Assiégez se retirèrent^
dés qu'ils virent
les Aílìégcàns l'Epée à la
main, Le premier BataiL
Ddij
;$ rá Hifiamdu'Siège.
ion desFuzeliersquiêtoit
de garde, sçeut profiter
fde l'occasion, &í les prés*,
rsant íviveríicsnc, il en tua
quelqiues-unsyôt se rendit
-maître de tous les Re*
tranchen^ens y dam le£
quels il trouva Quelques
PiecesídéGanon. II avança
jusques au Fossé, &Cy
íït un Logement; l>es Batteries
de PaíFendaï bâtirent
/aufficost fen brécke
h i'Bastióri du Ghasteau.
&es; álïïege&n^ /tôûjours
de Luxembourg 317
impatiens de combatre,
&: de vaincre, ne donnèrent
pas aux Ennemis le
temps de reprendre haleine,
âpres les ayoir fait
íî bienv fuir peu aupara-*
vanr. Ils attaquèrent ce
Chasteau fur les; deux
heures apres midy dm
mefrae jour, mais avec
tant de vigueur, qu'ils;
frent lâcher pied aux Assiégez
, &c s'emparèrent
-de tous les Dehors, à 1&
át?eur du Canon des, ga**
D d iij
3 Ï 8 Histoire au Siège
teries de Paffcndal, qui
les desoioit. Nos Bombes
kuir avoient démonté un
peu auparavant deux Pièces
de Canon qu'ils avoient
chargées à cartouchey&:
qui nous auroienc
fait perdre beaucoup de
aionde. On se logea au
pi^cl du Bastion qui soru.
de Rampárt a la Place.
Ce qui doit rendre cette
Action encore pi us admirable,
c'est qiìe les Ali-"
fiegez àvoient foifcckeíser;
de Luxembourg. 31s*
trôis Pièces deCanon derrière
la Coupure 5 que
Ton ne pouvoit aller à
eux que six ou sept de
front, &qu'on estoic exposé
au feu de la Place.
Cependant on n'employ;a
pas une demy-heureà
exécuter tant de choies.,
&C il n'y eut qu'environ
cinquante Soldats tuez
òu blesse;?., avec un Ingénieur.
Pendant qu'on, ayançoit
si heureusement,
$£aycc si peu de perte, k
D d iiij
32o BïstoìnrduStegè
l'Attaque de Gronde,
deux Lieucenans, &C le
Major de Soifíbns, pri*
sent (ur les cinq heures
du soir la Demy-Lune de
la Contregarde que les
Ennemis occupoient encore
à la grande Attaques
íans qu'on leur tirait un
coup5 mais' on leur fit
en fuite un fort grand feu!
du Rampart. La facilité
avec laquelle on éstoie
éntrédans cet Ouvrage,
ût craindre aux Officiera '
de Luxembourg, jn
Généraux qui estoient de
garde, qu'il n'eust este
abandonné à dessein.
Ainsi ils ordonnèrent a~
vec beaucQup de prudence^
-qu'avant qu'on y
fist un Logements on envoyait
à la Brèche quelques
Gens qui estoient
à la pointe de la Contregarde,
pour reconnoistre
s'il n'y avoit point de
Fourneaux, &c pour éventer
ceux qu'on trouvetokì
*
Voicy de quelle
3*2 Hìfioìre du Sìegâ
manière on les découvrit.
On apperçûc une Porte
couverte de PaliíTades.
Cette Porte estant rompue
,
donna entrée dans
un Souterrain qui conduisit
à des Fourneaux
qui estoient faits sous la
pointe de cette Contregarde,
dont la Saucisse
fut tirée, avec deux Caques
de Poudre,-& plusieurs
Grenades. Cecte
Jvline n estok pasi eqcor^
«ouci^-fklt preste dç|áirç
de Luxembourg. 913
son effet, On attacha le
Mineur au Bastion de. la
Place
5
ôc Mr Parisoc, Ingénieur&
c Major deCambray,
fut blesse en cette
occasion. On fit le mesme
jour des Bateries pour ra~
#er le Bastion du Vieux
Munster. Le soir, Mrs de
Joyeuse. d'Erlac, & .de
Neíle5 relevèrent la Tra lâchée
avec deux Bataillons
de la Marine, &
deux de la Reyne. On
poujíía une Baçerie à M
$M Isifioìre du Siège
Courtine, a la gauche de
Barlemont, pour y atta--
cher le Mineur-, & Ton
£t par la Sape environ,
vingt toises de Boyau, en
tirant de la Contrégards
à la Courtine, qui est vers
le revers de PafFendaL
A l'Attaque du Vieux
Munster, où le Bataillon
de Bourgogne estoit de
garde, on établit un Logement
fur le Fossé.
Sur les cinq heures du*
loir du 3L Mrs de S. Gcrai$
de Luxembourg. <jif
•&-deCrçnan, montèrent
•la Tranchée, avee un Bataillon
de Languedoc &C
de JVírdePu-
!%nan>, Colonel de Languedoc,
passa une partie
4e la nuit à faire travailler
à ìa Sape pour la cje£
qentedu Fossé, à l'Actaque
du Vieux Munster.
II envoya un peu avant
le four Mr Davéjan son
Major; visiter ùne Tour
qui estoit à la gauche, où
il avoit posté un Sergent
p.6 Htfioire du Stegc '
&C six Grenadiers pour
faire feu dans le Fosse par
dès Flancs qui y regârdoient,
en eas que les Etu
nemis ys eussent ^nvôyt
du monde. Còitune il re^
voioit à la petite pointe
dujoupj uri Taítibtíur des
Assiégez bâtit? une Dktte,
&C en luíte un Áp'el. Dés
• qu'il eut finy, un Officier
parut fyr le Bastion;& ìuy
QÛ^quïlefloìt làde lápárP
de M.1 le Prince de Ghi-
Maj, qui shuhaïtùìFí$eft~
deLuxembourg. 517
<voycr des Officiers parler
au General de VArmée^
pour capituler
1
ç$quil envoyeroit
des Otages. Mc
Davéjan alla le dire à
M'dePùsignan, qui l'envoya,
à TAttaque de la
Chapelle en avertir M*'
de S. Gétan-,. Lieutenant
General de jour. M1 de
S.Géran en fit donner
avis par le mesme à MMc-
Maréchal de Créquy, qui
fit dire à Mr de Pusignan
par JVf Davéjan, qu'il enjz8
Histoire au Suge
voyast deux Capitaines,
de son Régiment pour
servir d'Otages. Ce Colonel
donna ordre à son
Majoi de choisir les deux
Capitaines,& de les conduire
aux Assiégez
,
qui
luy en remettroientdeux
des leurs. Mr Davéjan
mena Mr de Beaumont,
&: M1' de Rochere
5
&C les
Assiégez luy donnèrent
un Capitaine du Régiment
de Castille,, & un
du Régiment i'HQxel,,
ie Luxembourg. $ip
qu'il mestaà M£ïe Maréchal
de Créquy, qui
estoit venu à l'Attaque
de ía Chapelle
$
&í com*
me le Prince de Chimay
demanda huit jours pouïr
avertit. tó M^^¥^ ^&
Tirana de X'&fà de íaíPlaU
m$$ Beniâijdes à celle4%
&«á>p&rk&i4e çapiçujçr^
JM^5\tó'ìIyferácW d&Cfié*

de'Luxembourg. 3jt Otage revint encore, &£
dit, que Ulendemain a dix
keum ìLapfMerottstiMï
leAiaréçhal de Créquj le
Projet de la Capitulation^
fourveu quon accorda]?
présentement' la icF'revoef)
cefi à dire âdïis. le temps
quiHnyparloit M?\ leM&-
récliaí íde Crcguy:Ayy)ï,í-
^pndic; "4m'fó &&{$& ^ '^.t^ge--fíÌj^ufrÀk^ iïjHiow
iàçcordafô une^M'vQiavMf
qwòrtfuftK/çmwmtde$ air~
$lclps de 'l4yQapì;Puh4th^
Ee ij
?]2 .'fflifflòiwdà-Sfajjge
• Sur les cinq heures,. uá
Capitaine du Régiment
d'Hôtel virff dire de k
part du Prince deChimajv
qu?ilnevouloit point capituler,
puis qu'on lúf
refusoit la première Pro-v
poíîtíon qu'il mok faite*,
ainsi toute la journée
s'estant passée en allées*
& en venues de la Vitk
vau Quartier du Royj san&
qu'on euâ pà convenir
íâ'aucunc chose, MrDa^
yéjafi eut orctee de JMf k
âe Luxembourg. y% Maréchal de Gréquy, sur
les six heures du soir, die
remencr lies Otages à fô
Ville, &; de retirer les
nôtres, ce cjwil fit
3
& une
lieure âpres on recommença
à cirer de part ôí
d'autre.
Le 2. de ce mois, M"
áe Lambert, de Renty^
"éc íe |>uc de la Fert4
estant de garde à la Tranchée,
avec les Bataillons
*de Champagne & de la
fert4 on travailla íoie*
Ïj4 ffiifiùìwûuJSìt^fi
toeiic aux Minés du eosté
^de la gauche. On fie à la
iároite une Baterie de
fcrois Pieees darìs la gorge
*le la Contregárde dia
Bastion deGhknay, quì
i>atòk le flaná de cííluy
íde Barlemontj& une autre
dé quatre íieces qui
fcatoit 1 angle deTcpàule,
&une partie du ïjanc du
bastion de Chinnay; da
Conduisit: uiie Tranchée
le íong de la brandhe de
âa Corítífega^de^^axomír.
muniquanc dans la' Bemi*
Lune d'au Ton vouloit
de&endre dans le ' Eossé
pòurallerattacher leivl>
meurala Courtiae.
, Les Ennemis aroierifc
m\ feu fait rajuster leurs*
l^avaux \&j leurs Bâteries
pensant lé Pourpar-^
Ì€ty&C ils enávoient meíróàffaic
quelques autres
qui i"; iéconarcacdcrcnt les
Aíîjégean^, Le mêmeJour
le bruit íe répandit dans
5j6 HìfioìreduSie^
Garnison yxDuloit íe renr
dre à la garde de Monsieur
le Prince de Concyv
parce que k pur prece*
dent
y en demandant k
capituler, plusieurs s'êtoient
informezpce0ow
Son Alteffe qui eBoitM
ìgarde
5
ç$ âemanâenm
quel pur elle en êewaiiï
tíìre. Cela fit croire (jubila
ráavoient pas eu» deffeini
de se rendre, âpres,#v'òk
fait batre .la première
Chamade^fuis íqù'ikéè*
de.Luxembourg. $7
toienc opiniâtrez à des
Demandes aussi déraison*,
iiables que celles qu'ils
avoient faites. Les Assied
géz & les Assiégeant eurent
de grandes conversations
ensemble pendant
£ette Trêve,' &; les Officiers
de part ô£ d'autre
se traitèrent fort honnêtement.
Les Assiégez
croyant que Monsieur
le Prince de Conty com~
mandoit l'Armée, bu. qu'il
y estoit avec une autorité
F'f
338 Histoire du Stège
égale a celle de Mr léMaréchal
de Çréquy} fir.ent
paroistre un Fort grand
étonnement, quand ôii
leur dit qu'il rìy fmsoìt
que lafonéíìon d unsimule
Colonels &c il n'y en eút
aucun qui ne rnârquast
ìe désir qu'il avoit de se
rendre à une Personne de
ía naissance. Rien n'est
plus glorieux à un grand
Prince, que de passer par
lesdegrez fans lesquels on
ne sçauroit bieiv (savoir
de Luxembourg. %$
le métier de la Guerre, &
de les apprendre sous un
grand Capitaine. Le soir
de ce meíme jour
, on
connut que les Assiégez
faisoient tous les Signaux
par lesquels on peut faire
entendre qu'une Ville
est dans le dessein de capituler
,
& Ton apperçùt
un Drapeau blanc
5
mais
ce qui s'estoit passé la
Veille, ne permettant pas
qu'on les écoutast qu'âpres
de fortes instances,
Ffij
240 ííí^Qireâ^Sk^
on vpulut leurrdonneií
lieu de bien penser a ce
qu'ils avoient à foire
-y a~
yanc qu,e; de foire-yojfe
qu'on s'appercevoiti
;
de
leurs Signaux, Cepen-^
dant ils estoient fort pres>
sez, 6c par conséquent
fore inquiets. Le Bastion
du Vieux Munster estoic
ruiné, Ô£ la Mine preste
à y jouer, auffi r biçt*
qu'en trois, endrpk$ \ <ltf
Bastion de Bíiílemostç> Le
(eu íuc grand de Tune $£
de Luxembourg. 341
ée l'autre part peiidant
toute lit nuit qùííuiVïti
Ibdiminuá peu; a p^eu tó
matin du 3; & enfin îl
cèlïa entièrement sur les
clíi beiirtó* Les Ennemis
furent pllis. d'une dernyjheure
ían$ tirer &c íàns
se montrer $
niais lors
qu'ils eurent c5nu qu'on
dressoit dàiìs lè Fosse tine
Baterie de quatre grosses
Pièces, ils firent paroistre
à l'Attaque où estoic
Monsieur lé Prince dé
,
F f iij
j4i- Hìfîoiredu Siège
Conty, quelques Hommes
qui témoignèrent
vouloir parles, &C est
mefme temps on bâtit
la Chamade du costé du
Chasteau. Le feu des Nôtres
empeschant de rien
entendre
3
les Ennemis
en ftire^t si alarmez, qu'¬
ils firent batre la Générale
avec la plus grandò
partie des Tambours de
la Garnison. Tout cela
n'ayant encore servy de
rien, les Tambours se
de Luxembourg. 345
dispersesenty. &C le feu des
Assiegeans ayant encore
este grand pendant quelque
temps, il diminua un
peu 3 & cèux des Assiégez
qui se trouvoient à FAttaque
où estoit Monsieur
le Prince de Conty, estant
à la fin venus a bout de se
faire entendre
,
dirent
qu'on vçnoit de batre la
Chamade du costé du
Chasteau, &C demandèrent
qu'on ne fist pas
pointer, le Canon. Les
Ffiiij
$44 HifîoireduSkge
Officiers Généraux de
jour estoient, JVf le
Comte du Pleflîs-'ji M* de
Tilladet, &: Ìs/V Josseaux.
On répondit, que les Assiégez
físfent batre laChamade
du costé oìi les Généraux
faiíòierìt dresser
leur Baterie, & qu'on
eeíseroit de traValler. On
discontinua, &l4e Tambour
vint. 11 cria, âpres
avoir battr, qu'on avoìt
fait l'Appel pour capituler,
Quelque temps âpres*
deLuxembourg) ^
îesOtagesfurent amenez
à la garde de laTrááchée,
oii estoit Monsieur fó
Prince de Gonty. Ce
Prince les renvoya à M*
le Maréchal de Créquy5
.qui estoit' dans fa Tente
à la queue de la'Tranchée,
Ces Ostages rassurèrent,
cjue il//r le Baron de Cham-
,w( ojuì commsndoit la
Cavalerie de 1$ Place
>
un
Major
^
ç$ les DéfmteZj
des> Etats
)
dévoient' luy
apporter les Arûclet de la*
346 Histoire duSiège
Capitulation-que âeman*
doit JMlle Prince de Chimky.
Estant arrivez sur
les deux ou trois heures
âpres midy, ils présentèrent
les Articles à Mr lc
Alaréchal de Créquy, qui,
les lut en leur présence,
&; âpres les avoir lus, les
apostilla de ce qu'il vouloit
leur accorder. Ces
Députez,qui le retirèrent:
pendant ce temps-là, assurèrent
qu'ils ríestoient
pas encore trop pressez.
de Luxembourg. 347
On ne crût là-deísus que
ce que l'on devoir croire.
Òn ne perdit pas un ino^
ment, jusqu'au lendemain
£\ue tout fut arresté,
a pousser $£ à perfectionner
les Travaux &c la
Tranchée. Le 4. on signa
la Capitulation. En voicy
les Articles.
1. QUele Gouverneur, Dom Mario
Aurilia General de Bataille des
Armées'de Sa Majesté Catholique
,
le
Commis des Finances
>
Emmanuel de
Fran^ucn, Intendant de la Province
de JCuxèmbourg, le Commissaire d'es
34$ Htjïoìre du Siège
dtóes, toute la Garnison, tant Oife
ciers' que Soldats, de quelque, qualité,
caractère' tk Nation qu'ils puissent
estre y
soit à pied pu à che-val, commé
ctuífi l'Auditeur des Gens de Guerfe,
lés Comniilìàires 'des vivres & fòiw
rages, Ingénieurs, Canoniets
-,
Bon>
bardiers, Artificiers & Mineurs
>
leurs
Familles, Domestiques $& Valets; for-»
tiront'de la Ville,en toute liberté, aveç
l'eiu's meublés &'ef¥hs'tcls qu'ils {nuisent
estre, íluis-qu'il leur Toit fait aucun
tort, violence ni outrage, directe»
nient ni indirectement en leurs peiíbnnés.,
biens, Sc ceux de leur Famille, ny
que lesdits Bagages Sc cfTvts puiíîent
cstre visitez
, tant à la sortie de la
ïMace-que par tout ailleurs, jusques à.
Bruxelles.-
accorde, à texceptiott qu*à la sortie
de U Place tontes les personnes cy-dessus
nommées •& leurs effets oseront conduites
an .passage de la Meuse à Stockem
>
otf
éux environs dit voté 4e Mastric} &t
delà{ fjQiefl* auquel lieu ils ne feront
en façon quelconque insultez, par nos
Troupes pendant quatre joitrs
t
pcnàant
lequel temps de quatre jours, ils pour~
ront prendre le chemin de Louvain , oti
de Malines
^fans quUn sy oppose*
Cjiie l'Infanterie sortira par la BÏ&.
che du Château
, prenant par la Porto
du PafTêndal^ 6c la Cavalerie, Artillerie
Ôc Bagage par la mesìne Porte,
ou telle autre que le Gouverneur trouvera
convenir
, & toute la Garnison
sjkYec Armes & Bagages, Tymbales S<
^Tambour;? batans, ìk Trompettes fonçantes
, Drapeaux, F.tcndars & Guidons
déployez
,
mèche allumée aux
deux bouts, baie en bouche, avec quatre
Pièces de Canon de bronze, à
fçavoir deux Demi-Canons, tk deux
quarts, & un Mortier auíîi de bronze
íive'c tous leurs Affûts, Avaht-trains,
& les munitions necesiàires, a. raiíbn
ttc íîx coups pour chaque Piéce y aitI
$50 Hifioire du Siège
quel effet les Assiégeans fourniront
les Chariots, Chevaux, Equipages, &:
toute autre choie neceslâire pour la
voiture & le transport.
Tout le présent article accordé
s
à U
reserve qu il ne sera donné à la Garnison
que les deux Demi-Canons i &
pour les deux quarts de Canon & Mortier
, ils seront donnez,'en faveur de
Monsieur le Prince de Chimay.
III.
Que pour la voiture des Bagages,
Hardes & effets des OfficierV & Soldats,
& autres dénommez ey-^eílìts;,
comme aussi des bleíïèz qui pourront
souffrir le charoy
,
seront pareillement
fournis par les Assiégeans, quatre cens
Chariots attelez chacun de six Chevaux
,
vingt - quatre heures plus oti
moins avant la (bitte.
Accordé trois cens Chariots, & quèt*
ques-nns de plus s il est nécessaire*
IV.
Qne'ladité Garnison & tout ce qui
de Luxembourg. 351
est expliqué cy-devant, fera conduit
avec Escorte & en toute, seureté, juk*
qu à la Ville<Ìe Bruxelles par la route'
la plus droite, plus courte & la plus
commode, à íçavoir par celle d'Arlon,
de Bastogne, Marche & Namur, en
faisant le jour de la sortie deux heures
de chemin, & chacun des autres jours
trois heures au plus, leur faisant suivre
tout ce qu ils auront besoin en
chemin és lieux où ils gîtent, tant poiu* la subsistance des Hommes que des
Chevaux.
La Garnison de Luxembourg sera
conduite à Stockent
t pour de la enfuit€ aller a Diest
, comme U est marqué att
premier article cy - defus, rie fera que
deux heures de chemin la première fourfnie
i les autres jours trois heures, con-* armement à la demande quelle a faite.
Si ladite Garnison a besoin de pain &
de viande
, on luy en fera donner a ta
sertie pourcinq jours
t
& le Co mmijfalre
• qui fera mis a fa conduite pourvoira q
fa fubsiftancfi
>
pmr le reste de U route
é* 'des pajjfages
f
UCJMIU route ferai,
donnée la flus droite
_
& la plus* cmrte
qu'ilfipourri*
1 Cet Article concernant le pavdoti
'des Déserteurs n'a pas'esté accordé
par M1' le Maréchal-de Créquy,
' vï.":' ': -.
Que les Prisonniers tant Ofricieus
que Soldats faits devant & pendantle
Sjège de cettç Place par les Gefts de
Guerre de la mefme Garnison , de
mesme que ceux de ladite Garnison
qui sont sous le pouvoir du Roy
Tres - Chrétien
, en quelque endroit
qu'ils puilìcnt estre &c de quelque qualité
qu'ils soient, comme auísi ceux
qui pourroient avoir esté pris en se
voulant jettes dans la Ville pendant
le Siège
,
de mesme que les Canoniers
qui ont esté pris à Bastogne. Sç conduits
à"Marche ,
feront incelíamn^nt
de bonne foy tous rendus. de par *
& d'auto, sans rançon 6c fans ba~
knccr
.,
ni iconipenferle plus .JSíc le
MioinSv ..<...:•.-
se feramifin dt fart <&-'/âymtre Mi-
Mtyòm que l'on se pmï "deVohWs $rí±
fmnkn cy~àè<vúnt nníWn ' ' ,;
-
' '
- VII.
'Que les bieíïèz qui ne pourront eíte
transportez ni sourîtiv 1G chaioy,' "demeureront
dans lenrí Hôpitaux
>
prés
«teÍKJ^élsii fèrartíj>rc dt'kife-'tuí C>'stì-
«ieripfeúi: ení'av&it1 foin ; ^ôViiti^e titìffi
•quety.iws Chirurgiens $,& 'd'aille-irra &*
•ïontì feíviis íde-.Medcbih.\ 'Gfair.ui'.gíe»i.
Ôciitires ichoíes necdllùreá
-t
jusqu'au
toi; guérison: entieïe .f iapés qu©y iU
seiJÒtot ' rcnw/ezí <
ûi wîvsc 'íeurecé.' reufe
;Kiesïrie'lì<îrt -que 'l'stìGíiii'niíbh & ;párlk
inicssmqichewin
,
tínJlkwfóutiïiíìWléfc:
.sauf-conduitS'.ip'oÙÊ <Ìeur -.ftmrctá
s
VQÌ^
ture & transport de leurs .pvc'íbnnes,,
Gg
354
-fflfíàìre-àï*Siège
t. '- '". '
<
.
vin. '; V:
Que tout butin fait par la Garnison
de Luxembourg en Chevaux, Hardes»
& antres chosesMe quelque nature
qu'elles soient, fans exception aucune,
pendant '& devant le Siège de cette Place
,
restera fans dihcuítê à ceux q&
Yont fait, ou qui peuvent l'avoir
acheté,
accordé* ^ V '
Que les Femmes veuves & Enfant
Domestiques * Valets des Officiers
& Soldats de la Garnison, pourront
rester dans la Ville, ou sor le Plat.
Pais, à leur choix, oi\ ils auront leurs,
maisons & biens, pour en pouvoir diíposer
& profiter sans estre molestez,
ni maltraite* en leurs personnes &
effets en façon quelconque, âpres la
sortie de ladite Garnison.
accordé*
X.
Qoe pendant le temps qu'ils scroftt
de Luxembourg. j)f
-obligea 4e rester en cette Ville, ou si.tr
lePlat-Païs, ils joiiiront des mesines*
franchises & exemptions de guet, garde
,
logement
j
& toute autre charge*
personnelle & réelle
, comme avant-1»
réduction de la Ville*
accordé.
Kl
Cju'il sera accordé le terme de si»
mois, à tous Officiers, Soldats, & autres
cy-deísus dénommez, pour disposer
personnellement ou par procures
,des biens & effets, meubles ou mimeublés
à eux apparteuans, tant en cette
Ville que par tout ailleurs, iòíis îo~
béïllànce de Sa Majesté Tres-Cmér-
.tienne
,
soit par vente, aliénation, donation
ou autrement, d'ans les formes
accoutumées $c usitées
,
6c que l"òa.
•i-omiera guatuitement les- Sauf- conduits
Ôc Passeports dont ils auront
besoin pour le transport des fíardesi
Sc effets qu'ils voudreat retirer &naííêï
pcíidani ledit :ecr-tue;? êi Villes ^te
i& fíífioìn au Siège
l-obéïlïànce du Roy Catholique.
Accordé* ; 'I
XII, .
Que les Osticiers militaires $c au-»
îtrés cy-delïus dénommez, ne pOur*
ront estre arrêtez ni retenus dans U
Ville, le jour de la sortie çjfe la Garnison
, pour dehtes ou pour aucre
prétexte.
Accorât
>
'híen entendu que les pur*
ikuïiers qui devront dans la Ville, don*
neront des promesses t>Q,kr ìa feûretè dw
payement aefdites deítes. ;,
XIÏI...
;Queles Receveurs, ComrmíTaire*
des vivres >8c fourages, ne pourront
estre rechercher «n aucune manière»
ni sous quelque 'prétexte que çe puiíïê
estre, des impositions faites fur le Plâtrais,
en argent, foins,ígrains<& atypií*
nés qu'ils ont reçues. ,:,
Accordé*
^i.J<t^'^«atiíc>tici:mfi.;que la Gmi,
nifòn sè prépairerct à la sottie, & '\ë
jour de la sottie mesme
,
il ne se permettra
d'entrer ni d aprocher la Place
à aucun Officier ou Soldat des Astfïégeans
,
plus prés que leurs Tia-;
vaux.
jiccovâí*
XV,
QuelaToy Catholique* Apostolique
6c Romaine, fera gardée inviolablement
dans la Ville, Pais, Duché
de Luxembourg 8c Comté de Cftiny,
íàns qu ancune Secte
, ou Hérésie 'f
puiíìe estre íoufrerte, ou tolérée en au-
«imô sorte ou manière que ce íbit.
accordé ; le Roy m ayant ordonné
mtil ne put syètablìr aumine autre Re*
tmon que la Catholique-, A.poflolìque
W Romaine dans la ville
j
Pars de
iMScetrìbouw & Comté de Chlny.
XVI.
Les Prélats, Nobles & Députez des
Villes représemans les Trois Etats du
$mV'Duc)ié#e "luxembourg ®c Con^
358 Histoire du Siège
té de Chiny
,
ensemble les Ecclésiastiques,
tant Séculiers que Réguliers»
ceux de l'aucienne Chevalcrie,Ecuy.ers,
Annoblis, Bourgeois, Habitans cíudic
Pais
,
feront protégez par Sa Majesté
Trcs-Chrétienne, & demeureront en
la jouissance de tous leurs droits, possessions,
privilèges, libertez, bénéfices,
exemptions
,
bonnes usances ík. anciennes
coutumes, ainsi ôc en la sorte
qu'ils ont joiïy jusqu'à présent sous»
le Roy Catholique, fans qu'au préjudice
d'iceux puiííè estre introduite au*
cunc nouveauté.
accordé. Le Roy sera supiié tre$-
mflamment de vouloir ratifier cet sir~
tklc fmr luy donner plus de forée.
XVII.
Que ceux du Conseil Provincial,
Procureur General & son Substitut,
«Greffier, ceux du Magistrat, Syndic,
$iége Prévotal, & leurs Clercs jurez,
tes Receveurs Généraux &particuliers
des Domaines du Roy .& des Aydes^
de Luxembourg, 35P
& autres Officiers Civils, & deídics
Domaines,de quelque condition qu'ils
puiíïènt estre, de la Ville 6c du Duché
de Luxembourg & Comté de Chiny,
qui voudront continuer en la pollèfc
sien & défetvitude de leurs Charges,
y seront maintenus, 6V continuez en la
incsme J.uriíciiction & prérogatives,
Franchises cV gages que du temps dùdìt
Roy Catholique j comme auíîi les
Avocats, Procureurs, Huissiers, Notaires
,
Sergens
, & autres Suposts
dudit Conseil & Magistrat.
Atcordè en-faisant le serment accoûtumè
en pareil CAS, XVIII.
Qu'il fera permis & loisible à ceux
dudit Conseil & du Magistrat / & à
tous autres de quelque qualité & condition
qu'ils puislènt estre, de íe retirer
ailleurs avec leurs Familles
}
meubles
& effets, & en disposer dans fix mois
de la datte de cette Capitulation \
comme auífi de vendre Sc aliéner, ©a
ì6o Hìfloìre du Siège
autrement disposa* de leurs immeubles
dans un an aptes leurs retraites j auquel
eírtt leur fera accordé gratuitement
Sauf-conduit òV Passeport lors
qu'ils voudront se retirer j mesme que
les Officiers Civils s'étant retirez de
ladite Ville & y revenant avances Ç\%
hiois écouler, íbront continuez dans
leurs Charges comme au temps de leur
sortie.
Accorde
3
e?îsesoítmettaut attxseymcny
AccoHttimeK* xtx; '
Que toutes les Villes, Prévotez
seigneuries, Lieux, & ensemble les9;,
Valïàux 6c Sujets dépendans du Duché
de Luxembourg
x
&c Comté ' de
Chiny avant la Guerre qu íí y a eue
entre les Couronnes en lVnî^
,
qui
*>nt esté cédez par le Traité de Paix
^des Pyrénées avec ceux qui restòient:
dépendans de cette ville Capitale,, ne
^ompp'íèront quim Corps;Çíui sera.régi
^*.gbav£rnéfélonies^Lòk londátóen-
•tales^
de Luxembourg. x6\
talcs, bonnes uíanccs, &c anciennes
Coutumes ckidk Pais, fous un Gouverneur,
Président, & Gens dudit Conseil
Provincial, un Justicier, & Siège
des Nobles
, &: autres justiciers &:
Officiers subalternes comme d'ancienneté.
Les Coutumes dit Comté de Ch'my, &
celles de Luxembourg feront examinées
dvec eeux de fEtat
, four ensuite en
eflre fait un Règlement conforme aux
intérêts du Pdis.
XX.
Que les biens, rentes &.eíFets saisis
ou confisquez aux Habitans de cette
Ville & Province, de quelque qualité
& condition qu'ils puiíïent estre, Sc à
leurs Parens dans leNDuchéde Luxembourg
ôc Comté de Chiny ou ailleurs,
fous la domination de Sa Majesté Tres-
Chrétienne, leur íêront restituez, ou
permis la pleine joUilìance d'iceux,
avec les meímcs droits, Juriíclictions,
tentes,prétentions &; corvées, íurpoí» Hh
,
36 i Histoire au Siège
íesïion légitime en conformité des
Coutumes générales du Pais 8c Oi>
donnanct'S des Souverains, .fans estre
besoin d'autre authorisation ou poutv
fuite.
Accordé pour tons ceux qui refteront
foM la domination dn Roy Tres-
Chrêticn.
XXI.
Que les Rentes, Contracts fk Obligations
que ceux de la Ville
,
& du
Pais ou autres, peuvent avoir affectées
fur les Domaines & Aydes du
Roy
,
de la Ville ou Duché de Luxembourg
de Comté de Chiny
, & fur les
Communautez, d'an eu an, feront acquitées
&'remboursées*
Accordé.
XXII.
Que les Cloches.& métaux íe trouvant
en ladite Ville, demeureront respectivement
à tous ceux à cjui ils appartiennent,
fans que personne y puiíïe
prétendre aucun droit à quelque. Titre
que ce soit.
de Luxembourg, $6y
Tom les métaux qui font dans U
Ville appartiennent naturellementa t'artilUrìe.
Ainsi U faut que Meffieurs des
Etats & de la fille conviennent avec
.Monsieur le Marquis de la Frak.eliere
Lieutenant General de l\Artillerie
,
fur
cêt Article.
XXIII.
Que s'il se trouve dans la Bourgeoisie
quelqu'un qui ait íervy Sa
Majesté Tres-Chrétienne, ou François
naturels établis en cette Ville, ne pourra
estre molesté, ny inquiété en aucune
manière.
Les Bourgeois domiciliez
>
de quel-'
que Nation qui/s soient, demeureront
dans la Ville.
XXIV.
Que le Receveur des Domaines du
Roy, Aydes, deniers de secours, comme
auíïí de ceux de provenans des
demandes faites aux Habitans de la
France, Lorrains, Bouillon, 6c autres,
ou «Tailleurs, rendrontHcomhpitej de ce
': 64, HìJl'QÌrc du Siège
qu'ils «nt recru jusqu'au, jour de cette
datte, à ceux de la Chambre des
Comptes en Brabant, en la forme ÔC
manière qu'il s'est pratiqué cy-devant j
mesme pourront raire entrer les rentes
& revenus des Domainesde Luxembourg
écheus avant Tan courant 1684.
lans qu'ils en puilìènt estre empêchez
«y recherchez de la part du Roy Tres-
Chiétien, íes Ministres & Officiers.,en
façon quelconque, non plus que tout
ce qui a esté rcçeu ,
& que l'on a fait
entrer en vins, grains ou autrement,
provenans dudit Domaine avant Tan
1684.
accordé cèt Article, bien entendu
quen ce qui regarde les Domaines, ceU
ne concernera cjitelc Domaine de la Ville
de Luxembourg, & non ceux du Comté
de Chiny Pais réunis» '
XXV.
Que personne de la Ville ne pourra
çstre pareillement recherchée fous
quelque prétexte ou Titre que ce soit,
de Luxembourg. 365
des vivres, denrées, bétail, boislbn,
fourrages, & généralement de touc ce
qui a esté fourny
,
livré 8c encré dans
ladice Ville avant 8c pendant qu'elle a
esté bombardée
,
6c depuis jusqu'à
présent, comme pendant le Siège.
accordé.
XXVI.
Que la Ville ne sera point pillée ni
maltraitée.
accordé.
XXVII.
Et d'autant que plusieurs Officiers
8c Soldats natifs de cette Province,
qui sont actuellement au service de
Sa Majesté Catholique ou de ses
Alliez, tenant le paity contraire aux
interests de Sa Majesté Très-Chrétienne
, pourront continuer dans ledit
service. leur père, mère, femme, frère,
soeur ôc enfans,, restans en cette Ville,
ou au Pais & Duché de Luxembourg
Sc Comté de Çhiny,. fous la domination
de Sa Majesté Tres-Cluétienne., Hhiij
3<ft> Hìfioire du Siège
ne pourront estre inquiétez en quelque
façon que ce soie, en leurs personnes
,
biens ou autrement.
Cét Article accordé, bien entendu que
CCHX CJHÌ trolent au service des Ennemis
da Roy, en s'y engageant par U
Cap'mlatUn, seront sujets aux Ordonnances
de Sa Majesté. xx'vîn.
Le contenu de ces Articles fera enregistré*
& vérifié dans tel Parlement
& Chambre des Comptes de Sa Majesté
que besoin sera.
accordé pour eflre vérifié & enrsgiflré
aux lieux oh il appartiendra,
XXIX.
Moyennant lesquelles conditions on
promet d'évacuer la Place au bout de
trois fois vingt
* quatre heures, aprés
qu'elles auront esté acceptées 6c signées
de part & d'autre
, & fera livré
aux Aíïiégeans une Porte une heure
avaiv: la sortie de la Garnison, qui ne
'pourra estre occupée que par soixante
de Luxembourg. 357
Hommes, pres de laquelle on mettra
une Contrcgarde.
Cét Article sera exécuté
t
& four
s*expliquer nettement, la Garnison de
'Luxembourg fera tenue desortir de U
Place Mercndy 7. du présent mois de
Juin au flus tard» & remettra a huit
heures du matin
, une Porte qui fera:
'occupée far cent Hommes du plus ancien
Régiment, près de laquelle les Assiégez,,
pour leur /cureté, peuvent mettra
une garde voisine,
X X X,
Que pour a(ïciu;ance de tous les Articles,
seront donnez des Ostage s de
part Ik d'autre.
Accordé pour la seureté de cét Ar~
ticle ; trois Oftages de pareille charte
feront donnez, de pan & d'autre
>
& les
Articles fîgnez, doubles par Monsieur
le Maréchal de Crèquy
s
& par Monsieur
le Prince de Chimay,
Commedans les presens Articles il
Ji'est fait mention que de ce qui re« H h iiij
3<s8 Hijloìre au Siège
garde la Garnison 8c la Ville
,
il est h
propos que l'on se dispose à remettre
de bonne soy les Inventaires des Pieces
d'Artillerie
,
munitions de guerre
&: de vivres étant dans ladite Ville de
Luxembourg
, appartenans à Sa Majesté
'Catholique.
Fait double,M Camp devant Luxembourg
le 4, Iuìn 1684., ^ Cíîìcl hmrc$
dusoir. Signé*
FRANÇOIS SIRE DE CREQUY,
Maréchal de France.
Le Prince de ClUM AY.
O III LIA.
Le 7. la Garnison sortie
cìi vertu de cette Capitulation.
Elle estoic encore
d ' environ treize cens
Hommes de pied, la plude
Luxembourg. 169
part Espagnols ou Walòns,
& de pl'us de cinq
cens Chevaux Croates
011 .Dragons, qui paroifl
soient tous fore fatiguez,
,
& parmy lesquels il y a»
yoit.de vieux Soldats, &:
déjeunes Gens. Les Troupes
du Roy entrèrent en
niefme temps dans la Place,
où son chanta ensuite
le Te Deum au bruit des
décharges du Canon de
l'Armée. CHi travailla
auílkost au rétabliísemet
37© Histoire duSiège
des Fortifications, ce qui
surprit fort lesHabicans,
qui dirent, que celle* de
Philipjhourg rìefloient pas
encore réparées^ quoy que
cette Place eufi efiè prise
depuk plusieurs années.
Dés que le bruit de la
Réduction de Luxembourg
se suc répandu, le
Camp se trouva remply
d'un grand nombre de
Curieux. lien vint beaucoup
de Metz
5
parmy
lesquels on compui sept
de Luxembourg, 371
ou huit Compagnies de
Dames, qui donnèrent
lieu à quelques Festcs galantes
5 ce qui augmenta
lajoyed'un succès fi heureux,
âpres vingt-scptr
jours de Tranchée ouverre,
&í la Réduction
d'une des meilleures Places
qui soit dans TEurope.
Elle est enceinte de deux
b5s chemins couverts3cntre
lesquels il y a d'espace
en espace des Redoutes,
avec des Créneaux& de
372 tíifioive du Siège
bons Fossez, qui ont leur
sortie &C leur communication
à laCpntrefcarpe,
& au Fpíse de la Place.
Le Glacis est tout remply
de Mines, & la moindre
de ses Redoutes mériteroit
un Siège. Ony trouve
en fuite de bonnes
Demy- Lunes, & des
Contregardes tres-fortes,
ayant leurs Foísez avec
des Galeries souterraines,
qui servent de Caponieres/&
qui ont leur coittde
Luxembourg. 373
munication dans le Fossé.
Il y a âpres, un Ouvrage
à corne d'une prodigieuse
hauteur, &C fur un panchant
qui dóne de Téfroyj
&; cependant le Roy a
pris avec vingt-cinq mille
Hommes, cette Ville formidable,
& qu'on regardoit
comme une Place
qui nedevoit jamais estre
attaquée
5 ce qui donne
lieu de craindre aux Ennemis
de Sa Majesté, puis
qu avec ses nombreuses
57+ Hìfioìre au Siège
Armées
, ce Monarque
peut toujours attaquer
d'aussi fortes Places, St
avoir d'aurresTroupes en
campagne, capables d'en
empeícher le secours.
En vous parlant de la
marche,des mouvemens,
Ô£ des campemens de
fArmée du Roy au commencement
de cette Histoire,
je ne vous ay pas
marqué beaucoup de
choses qui auroient esté
mieux à la teste, qu'à l'ende
Luxembourg: $j$
droit où elles feront pdacees$
mais comme je les
crois absolument nécesfaires
pour ceux qui souhaiteront
avoir une Relation
complète du $iege
de Luxembourg, je suis
obligé d'ajouter encore
iey quelques particularitez
qui ne doivent pas
estre ignorées. Si je les
avois sçeuës plutost, elles
seroient en leur place, ou
elles auroiènt meilleure
grâce,
yj6 'Hiftoire du Sieye
La plupart des Officiers
Généraux qui dévoient
servir à ce Siège, s'estant
rendus à Verdun depuis
le aj. d'Avril jusques au
26. Mr le Maréchal de
Créqu^gui y estoit quelque
temps auparavant,
•en partit cé mesme jour
26. avec les deux Bataillons
du Régiment Royal,
& alla loger à Sobincourt
3
où il fut joint par
léRégiment de Cavalerie
de Roussilloa Le 27.il
de Luxembourg. 377
logea à Reou sous Lon~
gvvjí &.le 28.ayant pris.
en passant le Bataillon de
Bourbonnois, &ç leRegiment*
du Royal-Rouffîl-
Ion, il se rendk devant
jLuxerobourg, où il trouva
Mr de Lambert qui y
estoit arriVc du costé
d'ArlonavecleRcgiment
des Dragons du Roy
5
&c
M1: de Renty par le costé
d'Esternach &C de Grèvemahet,
avecJVíolac Dra~
agon.% le Régiment d'Eu378
Histoire au Siège
dicourt Cavalerie, &C
Roúergue, Hamilton, ÒC
Bourgogne Infanterie,
fyf-de Gournay s'y estoit
rendu aussy, &C estoit venu
du coílé de Thionville
avec Talart Cavalerie,
Navarre, la Marine, &C
Turenne Infanterie. Ainsi
toute FArmée se trouva
devant la Place^ sans qu'il
y epst eu d'Armée assembles
pour s'y rendre, &C
par conséquent sans que
i'onpuíl soupçonner qu'il
de. Lt4Xe?nbùurg. 37,9".
y ciicust une à íb Portes
pour ['assiéger. Ce ìVeít
là que le moindre effet
que produisent les hautes
Intelligences par lesquelles
lâ France est aujourd'huy
gouvernée. Dés ce
jour-là, on commença à
prendre des Quartiers, à
disposer l'ordre du commandement
des Brigades,,
&í à former un Parc pour
les outils &£ munitionsde:
guerre qui arriveroient^
& un autre pour les Fa--
là ij.,
380 Hifioìn auSiège
rines. Le ;ip. on traça
des Redoutes pour les
Lignes de contrevalation
fur les Hauteurs de Banbach
&C Lapsace, &sur
les Terres des Justices de
Mefles, ô£ l'on y mit cent
Hommes par Bataillon,
pour j travailler. Les
Regimens de Languedoc,
Soissons, Vermandois, la
Couronne, &í la Ferté,
arrivèrent au Camp 1c
mefme jour. Le 30. on
&ravaillaf aux Lignes de
àeLuxemhomrg. 381
cìrconvalation, & l'on y
employa les Faisans venus
du Païs Messin, de
Lorraine, des Eveschez
de Toulon de Verdun, &£
ceux qui estoient venus
de la Meuse. Les Regirnens
de la Rocque Ô£
d'Asfeld, le Bataillon
LyÓnnois, &c les quatre
Compagnies des Canonniers
,
arrivèrent aussi ce
jour-là. Le 1, de May, le
Bataillon delaRcyne ar-
«ariva au Camp
?
&C Ton
#2 ffìftùwediíSiège
s'appliqua a con cimier les
Ouvrages. Le i, &le ?.
les Munitions-de- guerre
& de bouche arrivèrent..
Le Régiment de la Rocque
fut retiré du fonds
de Bánbachjparce que les
Redoutes dé la Hauteur
estoient en bon état. Ce
Régiment campa* auprès
du Quartier général, &C
l'on mit tousìes jours un
Bataillon pour soutenir
les Redoutes. Le 415. 6.
&Cj. on continua le Tra^
de Luxembourg. 38$
vail des Lignes,.' on travailla
au Pont de communi.
cation$ &í les grosses
Pièces-, &autres Equipages
d'Artillerie, arrivèrent
avec les Bataillons
d'Auvergne& deConty.
Le 5. Messieurs les Princes
de Conty &c de la
Roche-sur-Yon, se rendirent
au Camp avec leurs
Regimens. Le Bataillon
d'Orléans y vint le 6$ &c
ceux d'Anjou, &C le second
des Fuzeliers
5
n'y
584 tftftoïn* au Siège
arrivèrent que le 9. Cent
cinquante Gentilshommes
de la Citadelle de
Metz estât auíïì arrives
furent postez à la- For-est.
de Vaudrevange, &-ç€nc
cinquante de Longvvyyà
ÍEglise de VolmelKilen.
Le 8. on ouvrit la Tranchée,
comme je vousl'ajr
déja marqué.
Je ne mets point icy de
nouveau Plan de cette
Flactp. Vous cn avez
ïtrouVc un assez régulier
d.ans
deLuxemhot^rg, 385
dans ma derniere Lettre,
&C d'ailleurs on en a
donné deux au Public,
dont le moins grand est
fort juste. Ainsi je vous
envoyé seulement Yéle*
vation de la Ville, que
j'ay fait graver exprçs. Je
ne doute point que fa situation
ne vous fesse dire
d'abord que vous avez
peine à concevoir corn.
ment des Hommes onr
píi prendre une Place,
dont la feule veuc fait
KK
$96 Histoire du Siège
trembler. Les Ennemis
en ont mesme este surpris,
&C cela sic dire à quelquestins-
âpres fa Réduction,
quefiles François aboient
dessein de se rendre maL
tres de VEnfer> ils en vien*
droient a bout, **En effet,
cette Place est si forte,
que Mr de Vauban dit
que les seuls Déhbrs, s'ils
avoient esté garnis d'au:-
cant de Troupes qu'il en
faloit pour les défendre,
dévoient résister plus de
de Luxembourg. 387
CÍK mois. On peut dire
aussi qu'on a fait des Travaux
inoiiis
, &C que Ton
ne peut s'imaginer la
quantité de terre qu'on
arèmùéev & *out cela,>
afind'avacer pied a pied,
& d'épargner les Hommes
5
mais ce qui ;cst infcroyable^
i&C'qui n'est jamais
artivé pendant au-
4 cun Siège, c'est que tant
qu'a duré celuy de Luxembourg,
on n'a pas reculé
d'un seul pas. Quoy
K K ij
$88 Htfiotredu Siège
que la valeur des Assied
geans y ait fort contrit
bue, ellé n'en est pas la
feule cause. M'deVajju
ban a part à cette gloire,
&í son cxffrérieáce a: épan,
gné bien dusang. G'estoit
ce que le Roy avoir lâ
bonté de luy faire reçonv
mander tous:lcçjours, &C
c'est ce qui a obligé; ce
grand Monarque à ré^
- pandre ses gratifications
fur luy, aussi-bien que fur
fys dé la Fresiliere, & fur
de Luxembourg* 389
plusieurs Braves dont on
a veu couler le sang pendant
ce Siège. Sa Majesté
estoit tous les jours en
inquiétude de ee qui s'y
paíToic, à cause des Prince^
qui montoient la
Tranchée
5
pour lesquels
E'iîe s'mccr.eísoic de la maniere
dtl mV onde la plus
obligeante& la plus tendre.
Il y avoic devant la
Place quarante-cinq Pièces
de Canon en sept Baterie$
í&: quinze Mortiers
KK iij
3$>o Hìpoire du Siège
pkcez en divers endroits
Les Ennemis ont remoté
jusques à sept ou huit fois
des Batéries que nostre
Canon leur âvoit démontées.
Leurs Bombes; &-
toient petites., mais leurs
Grenades estoient de fonte,
&C fort grosses.; Le£
Astìégeans ont tire cin*.
quante mille coups de
Canons jette cinq mille
sept cens Bombes. On &
voulu épargner les?Mai*
(om^&C l'on a fait enforte
de Luxembourg fyi
que la plupart de ces
Bpmbes ne soient tombées
que dans les Dehors,
ou fur les Ramparts. Ori
sera surpris, íì Ton examine
qu'on est rarement
Venu à bout de mettre
les Places les plusfoiblc»
en état d'estre insultées
par deux endroits en niesme
tems. Cependant Luxembourg,
qui sembloifr
n'en ofrir aucun par lequel
il pust estre attaqué,
a esté ouvert de deux
KK iiij
jpx HifioìreduSiège
côtezjpuis qu onpouvpit
monter en mefmc temps
à Fassaut a FAttaqua de
Paffendal, &c à celle de
Groiidt. A voir de quellç
martiere agissoiént les Ennemis
y
il semblait qtfóti
eust résolu de faire pfrir
le Gouverneur avec toute
ía Garnison.vpuis que
fans qu'il y eust un seul
Homme en campagne,
ceux de son parcy, luy
mandoient que Valdec
rnarchoie à son secours
de Luxembourg. 325
s avec une Armée d'Alice
mans, d'Espagnols, &C de
Hollandois. Touc leur
but estoic de l'engager- à
se défendre plus longtemps
5
mais cestoit une
chose qui ne leur pou-voie
v apporter aucun avantage,
puis que ce secours
qu'ils luy prometeoientr
n estoic pas en état de
marcher.
" II me reste encore à
Vous parler de quelques
Actions singulières qui
j$4 HifioìreduSìegò
ne sont pas venues d'abord
à ma connpiísance3
mais quoy que je vous
aye cléja nommé la plupart
des Morts ô£,des
Blessez dans le détail que
j'ay fait de chaquejour*
née de Tranchée
, fen
dois ajourer icy une Liste,,
parce qu'on ne les peut
nommer trop de fois, &:
que n'y ayant rien de
plus glorieux que d'avoir
répandu son sang pour
son Roy &C pour sa Pade
Luxembourg. •}$ %
trie* ceux qui restent des
Familles de tant de Braves,
doitfcnt cstre ravis
que la Postérité apprenne
les marques de courage
&C vde valeur qu'ils ont
données. D'autres que
des François cacheroient
leurs pertes 5
mais la sincérité
de la Nation ne le
permec pas, & d'ailleurs"
ce qu'on a perdu à ce
Siège ne Te trouvçrà pas
fort considérable par lé'
tiOmbre, si l'on fait resté;-
$pe> Histoiredu Siège
xiori que cette Plaëe del
voit tenir,six iridis^&t
coûter aux Xflîégcáh's
j>lus de dix .mille'Homi-
^mes. ' '; '
,
• "
LISTE DES OFFIC/ERS
qd'ónt eflé Me% ouï blesses,
fendant le Siège àeT^uxernbourg.
.
Monsieur le Prince de k Roche-sur-
Yon, bielle d'un coup de pierre à
l'cstomac.
>M. le Marquis de Humieres, Colonel

d'Infanterie, toc.
M. le Comte'<Je Tonnerre, Colonel du
Régiment d'Orléans, blessé.
M. le Marquis dek VaÚcte, Brigadier
de Luxembourg. 397
de Cavalerie, la cuisse cassée d'un
coup de CanQii.
VOLONTAIRES.
Mess, le Duc de Choiseuil.1 -\
Le yi.dstme daXâon. tó*V&^yí*ï«W?
Milord Hovvard, morts de leurs bief*
sures.
Le Marquis deJSiontpeik.
Le Marquis de_J3ojudejnont-4^Atìá».
Le Chevalier de Mégrigny.
DeJaXailkìiQté, bUfptz*
RÉGIMENT DE CHAMPAGNE.
Capitaines blessez..
Mess. de_S,~Cicment.
P " Mablanf l'aîué.
Le Chevalier de_MAhlanc.
Bòuquetardoa.
Galquet.
, DuPlessisy Ayde Major.
""* Liemenans tuez*
Mess, Des Moulins.
De Laval.
jp8 Htflaire au Siège
Litutwans bleffiz,,
Meíï. ta Ikftidc. '- h<o.
Bçau£egai^*, ,• ; í f .'.
SaintJtivupolitc.. Í; í
. -f '
I^eJaJíilkte.
Edlics. .. ..
Tillieiu '-i'j..- ,1. >; .;.!.M
Da^aìé.. .;r v< . •, .,/,-.
,,u.iî/'RÉGIMENT gt VAUBECÒUR,'
Cttphàw'e tùé.
M. de TEpinaj.
Capitawts kleJfeKì--
Mess cLAiman.
De Chanliiea.
LajComke..
DejCouíhíX. ,
.
*
Lieutenant tué.
M. deJkajilieiL
LiemtnansblcJseK,* : .... Mess, laJifliflkxe. ...'.,....,..
De Saint Franc
VendajL
^
de Luxembourg. ^9
La Combe.
SJHslieutenant tué*
. De Bonv oulak.
z RÉGIMENT D'ANJOU, ;,;;
Capitaines blessez,»
Mess. de Maille.
Durand.
Battinguant»
DeJyloflU
Extrêmes.
Lieutenant blessé,*
M. Lougmagqc.
RÉGIMENT E> Ï„J/A..£ERX?\
Capitaines tuez*.
,MeíT. Menjyax, Major.
PatigSy"
Capitaines blejptx*
MeíT. &ûnjjtannjçt. ,
D'Aubarej&
De_la_RoJie.
Picojjec.
400 Histoire du Siège
Lieutenant tnL
M. deJ^kçoicQutt; """'•' '-.
Lieutenans biejfex*
MontiFaijtx,
Fumé».
• • Choisé.
RÉGIMENT DE NAVARSLÏ.
Capitaines blejftz,
Mcfl'. Dovignaç, Major.
• Du Rival.
LaJSalle^
DuJPont. "
La Harlierç.
Sonne).
Çastillon.
Rieutpj;.
Deíus.
Í£_FoL:est.
CadiQiìniçuiç.
Masliliafí.
Moìlaiir
de Luxemhmrg* 401
Lìmunans tues*
'áMeíE Ptìgttt.
ÇciâJIûumelle.
Pu fíauu
Lietíten/tm blcjfóz.
DesEssasts.
SëvIÏÏÏë^
Carignan.
3DX)rgenaL
RÉGIMENT R OYAL
Capitaines blessez**
Mess, de Aiontm^llan.
LaJEiïite.
Çqrbé. Dorigny.
Lientenans blejftz»
Melí. Boujaiiger.
SainteMajifqn.
De la Croix.
DiTBettiL
Sous-LkHtïnAnt biesté* '
M. Paco. •
"KEGÏMENT D'ENGÚIBN,
CapiuiM blessé,
M.dejfourj,
402 Hifioire du Siège
Lieutenant tuè.
M. Du Bìçhot,
Lientenam bUffléx^, \
Mess. Ferrant.
a
.
Du Boily.
SOHS-Lieutenant Hessê?- ;
M-Rjcher.
RÉGIMEUT DE PIÉMONT,.
Capitaines blefiez*.
Mess. ^Oimoòs.
. Sjçcard^
Sainte Marie»
, , Laiigaiion.
Robert.
Chjvdignst.
Deaejs^ •.,:.
Çhaflxc^ ?
. La Fleur. h, ;,
2&Kgn£» Ay^e Major.
RÉGIMENT ^lÂMM9^*f.
Capitaines bhjfçz,*
Mess.tligaV
,
de Luttemhéurg.
40*$
Lieutenant t'uì.:
MjuGlost.
^

,
/):) ;
Lieutenants Mcffltz*
Med'. Brpyng.--'
Founiter.
£oger^ ,-'' ,Ï^Jefe,;Aa|i^^ri ,-...'.:.' ->!
^'"''""' KEtf-U't'ËfJ'í LYOMNOÏS*,
Capitaine tué, -'
.M. de Vatege;'
LteutenéM blessez*
Melï'. sLeXavore* .
Brocard. .->:» ' J
Le Chevalier de Raouíîec^
.
: : : f JLaJTour. '" ,v-/]'i ",
Saintjgan.
Pelou. ,;;.;.\\ '.'.., ," Qîaudêì,, Aydé-Majoiy
iJi|
.
404 Hipoìrè dm Siège
RÉGIMENT »E CONTV.
Çaptmms ttítt'
Mesi". dfcjGfcw, Major.
DeMoççJâil.
Capitaines IfUffcz.
Mess. Couìange^
Romieu._ '
àaint_.§.ç.Yé,
Saint.Ange.
Lieutenutns blefféz.
MeíT. La Semmçrie.
nçXfiniieion, r
Biàfl.ydu.Myic.
Faïuse«
RÉGIMENT DE NORMAN©!**'
Capitaines blejfez,
Mess. Poligiiaiii
Lieutenant tnL
de Luxembourg. 405
Lientenans blcjfìz*.
MeíV. (^Martine.
Le Chevaliex.Gus.
DeGiuÉfifec.
langon.
RÉGIMENT DE I'A COURONNE.
Capitaines ùlejsez»
Mess. djeJPille.
DeJa Forcadç..,
Lientenam blcjftz,.
Mesl.' de^Noyion.
CJìMlet.
Eisfi.
'Malvoisiin.. .
RÉGIMENT: DECONDEV
' Lieutenans blcjfez,*
MeiE Catiac.
DeGuesexiç.
DeJean. ! %uray, \
•' RÉGIMENT ^,:i;A_ÇHAsTMt^.
Capitaines bìejsçz.
MeC Boisla^clty.
MíK>n7 ~r~""'- ''
< '
4<ró Hìfioìre du Siège
Mess, LaSalfe.
, „
f
£tamdi* ..,..:'.•: ;,;
, ]Perré._
.
.,.-';,'
1M.LV RÏG'IMENT D B. TuRBNNj^ /,
Lieutenant blèffeXr
Bctltazar.
.. ;,
RlGXMJENT DE £>OlS$ÒNfÀ
Capitaines bleffez,.
- >;
MeflV Mignai^_de^la.Colonelle,.
De Famanuilìe.
Taentenant blessé.-
M. deU Bovde^
REGTMENT D E B,OURBÇNNOÏ^
Capitaine thé* ,' ".
, M.JftblarcL
Capitaine UefiL
Bhier^. '..,.;.
^ ,
Lietitenans bleffi^-..,,
,
Be^CampeiíW ' i,--. i/^i.'.'i'-vV ."il. ^.-^ Ê.Bruyère;.. _BajdbWfia;
>.
:...; ; ; ,>i
de Luxembourg^ 407
RÉGIMENT B-B ROUERGU*.
Capitaines blejfez,,
Desfesq» ' '
Lieutenant tuf-
M* dêJLuïam.
Lieutenant hUffèK».
Meíï'. Bienfait.
Meufnier.
; De Monblanc
RÉGIMENT BE BoiufcGOGWïsi<
Capitaines blejfex,.
Mess. lítSabUèr^
De Belcaftel. *""
; ;
Saint Vincent*
Lìmtenans blessez,*
Mein du_G[OUti'oye,
M^son neuve. v,
^randierg. f,
., \->
De Bouideíoulle.
;,
4o8 Histoiredu Spège
RÉGIMENT SB VERMANPOIS.
, Capitaines blesser
MesE Sayigay*
De la Xoyçhêj
I^Fa&iero^
. Lieutenant blessez*
MeíT. YjÉígeusc.
Arnaiilt.
Amiérç. ,-\ i.:
0ë Dslix.
. <
!
RÉGIMENT DE LANGUEDOC/
Capitaine blessé.
M^_Siéger.
Lientenans blessez,*
Mesll Rouville»
Olivier.
Bonaiaux,,-''
.
^ejay^ > '''' • '/ '- : * '
Çov|abat,_ ....-. . .. <
Saint Mjsttcin.
Lanclois, •'''"' ! J <
WT~"^"3;— l ' ' < Márestajj.i ' ' r * •
-••^v! ;«
de IjUXâM&ùûrg. 4°9
RÉGIMENT DE HÁMiVtO]^
Capìtai0FÇÏëJsI.
|tó. de S. Génies.
lûïémènmt blessé.
5M. delaMoline.
"RÉGIMENTDES FtlZEUBRS*
w
Capitames btejftz,
Mesl:jaíc4.
Rabats
Texìej^ •'.-''
Capitaine tue*
*~~"~ LieMenws blesses
McC deja Vigae.
De la GaL*de_, mort deses btefltreh
A'titre's Officiers.
MeC Mam;oj^, Capitaine dans- ta.
-'Reine, r#*.
S.FrancvCapitaine dans la Marine., tué.
lïteffèz.
De Liancpur.
X.e Chevalier de Megrieny.
M m
BJai^
Çe_MoireA
- » •: ; '>; v'£.
Commissaires Provinciaux blejfez,»
MeíT, De„Chevngnyv ," ',.-';. !. ,;{*;
De Oçdlv,
»-,,.; ; ; ;, ./., -\ \Í
Comìmjfaim\d*\Art}llwkblejfez,*
Melï' de Villégrasfo
• • '
!*
Fleurs '
.
• ;
Vïïïed.or. • .-!,. nês_Câyées, ?«<?'.
•/Hydes de Camp blessez.»
, MeíT. de]a Lputarclene, Capitaine des '
Vaisseaux*
• . \
Le Chevalier..de._Gtéo.ux. /
RjD£ueseUille.,
,
M. XfcaKhejL'
.,
Capitaine des Çaho-•'
niers,, tué d'un coup de Canon»
M. deJa'Gardje
,
Lieutenant,^'; \
Inçéttieitrs tuez..
Mess, de ÇJwffiJlsn.
Perrault.
Ingénieurs blffi*»
'3&sJ&aU3ÊE©L-,';.,;..' \ v
.''''/•' \,'\
De Couwe.,r ' '- '.:.. DeTpagne le jeune, !
Du Boscq.
Roulïèlgt.
Ì&Ú&L ' -.•>
j^ouLíaiii»-. "",•'"..'.'
Paulioj^e,
Gtand coiiible*
J^feexu
....
"fi"
-. - ..;
Charmafìt.
Kaçjuc,- \ - ;.-; ' : ' ••
jProinglg,.'
Le Père Maxtmllkn Kccotet, blhfsêù
d#m la Tranchée,
,
Mm ij
Je ne parle point de
ceux qui ònt rcçlç^j- d$%
contusions, párrrijf"ì'Ifefif'
quels M's dg^RQÍtaiûg
i
Ce
font distinguez, .pairie
est Major du Régiment
Bourbonnois. QuoyqjtStil;
n'ait encore que«ti4ent:eneuf
^ans, il en a déjà
vingt-trois de service,iaÔÇ;
a fait voît son courage,>&£
; son intrépidité, ayànt'ek*
suyé le feu en toutes oe~
casiûns. M1 de Rostaii^
son Frère, s?èst exposé
fètii^t ;lfcn $te§f a^ëè
íbëátocdup cte bMrvòurèí
"ëb â ^miii ! fa éôr^pà^riiè
mmM&ìtàs-.[>lf mìf<
On Ad íçâíjréit'írò^
aídftiirer tout cé que Mr
l&WktêçhòlPáò^é^js
àífôiï raiiit qu?aí dúré cè
Sit^éi Jánnàtë Générai
ë'Aïiriée nV agy avec
plùs'dè vigiíacei Kon ffetìi
îëíiìciit:Ê fit tfaSord J>òïk.
tes sáTente à la quéuë cîë
ìà Trânlhée, mais ilyfié
itoèsitìë ! poster soft-"Iìitt
,
Mm iij
II y a toujours couché,
ôç est demeuré présent à
$$uc£s|es Àttaqi^, ftufl^-
bien que Mrl^M^fJîWÍf.
d§ Gséiquyson "FJ^s.
, r;
vyv,Q^& n'aurois-je poinç
^jj,| Tpus4ftí<?í#^(9^
§çûv Je Milice; f%Cçiíffjk
Aucqnpéril pel'a écpnné^
ïl s'y est expose coûtes les
q;u^il{n'a pasí fait:> pK\p$$
<jui ne l'ait Gprt^wç à 1^
glcsr&iît%pte| fai%Afíâ>
de Luxembourg. 415
Prince voyant des Soldats
rebutez, &£ qui ne
<
vouloitent point atta-
:quer tine Redoute qu'ils
cròyoient minée, il les
anima par ía présence &C
.par ses libéralitez, & la
Redoute fut prise,
r Je vous ay parlé de
.plusieurs belles Actions
de Monsieurle Prince de
'laRoche'-íur-Yon5 mais
je ne vous ay rien dit de
ce que j'ay lû depuis dans
plusieurs Lettres,; Elles
Mm iii}
-
4Ì6 Histoiredu 8,ìeg&
portent que ce Prince
écrivant clans fa Tente,
accompagné de son Se*
çretaire
,
qui estoit de
l'autre costé de la Table,'
cetteTablefut emportée
par un boulet de GanonV
Bien loin d'en estre éton-j

3
il se fit apporter unç
autre Table, & continua
d'écrire. Ce sang-froid
est si beau, & marque
tant d'intrépidités qu'il
est préférable à la valeur
la plus emportée^
de Luxembowg. jpf
JMl ctelaR_o.cheguyon
Vest aussi beaucoup distingué.
11 estait à costé
deM leVidame de Laon
lors qu il fut blesse*
.
%s Roy a fort regrets
ÌMr de. Yalpige^. l'un
des> plus braves Capitaines
de Grenadiers. Il
fut tué par un éclat de
hos Bombes.
Je dois vous dire à l'avantage
de tous les Grenadiers,
que leur fermeté
%esté; íì;grande, que fans
<4ï8 Hifioìre du Siège
vouloir reculer d'un pas,
plusieurs ont esté brûlez
par des Barils de Poudre
que les Ennemis faiíòient
rouler.
Un Ingénieur, nommé
M'JRofe, fit percer une
Galerie qu'on çroyoit
;
servir de communication
d'une Redoute avec la
Contrescarpe. Il entra
dedans le premier
, &C
niesme quelque temps
avant que d'estre suivyj
$c ne trouvant point de,
/our, il apperçûç une
fausse Trape par laquelle
$ rtrua quelques Soldats
ennemis^retranchez dans
ijnc Chambre. On le» fit
^carter avec des Grenades,
mais il salut y cnencore
le premier, &. fut
foivy dd, quelques SolajaligereftC
;la Garde, a
^petirec par la Galerie
taffo de la Contres
Un 'Soldait du ftegfc
ment dclaGhastre, étant
sorcy seul de k Tranchée
/ávefc; fon Fusil, dl& jtìft
ques à lá Pàlisladèy ók
ayáht trouvé lin Soldat
des Ehnfcíîíisj it'le ttì%
í&írêvlnt iiïtú ìM&ùc&iïf
de fèrrticté. "' ' '"'«*•-*-
• ;
Òn<m^ vient d'apprenidré
que W ^e&oígtisi
Capitaine ! dáMis -Nòír^
çomrne Volontaire avec
lès Grenadiers qui-$0,,
tendirent dans le Fossé
de la Còntregarde, árresta
par la bride de son
'Cheval 1$ Cotefaandant
de TEfcadroh ennerny,
qui fut àuífitost tué, &C
qui venoit £.ux Nôtres
lé Sabre h^ut. Cette
Áótion a fait tant de
bruit* quej'&y crû devoir
ajouter ;içy k nom de
celuy qui:Fafeite.
Parmy les Aydes de
Camp blessez:, je vous ày
nom^iç M"le Chevalier
5j.il Histoire au Siège
de GrcoLix, Vous regTçteriez
fa perte, íì son mérite
vous avoit esté con<-
nu. G'estoit un Gentil^
homme âgé feulement
de vingt-six ans, fort bien
fait de fa personnel d'Un
esprit doux&tres-éclairé.
Il scrvoit d'Aide deGamp
à M1 le' Marquis de Genlis,
&C estoit Chevalier
non Proses de l'Ordre de
Malte. Estant de Tranchée
la nuit du Dinian-'
che 14, de Mayi il yïëf1
de Luxembourg.v 42$
çeut vingt-quatre bief,
sures, six d'Estramaçou
fur4a teste, au visages
au col, sept de Pistolet
dans lë corps 5
&C les autres
de Pique& de Mousquet.
II".mourut le Dimanche
suivant, jour de
kPentecoste, de la gangrené
qui se mit à une
playe de feu qu'il avoit
a la cuisse, & conserva
jusqu'à son dernier soupir
autant de présence d'esprit,
qu'il ayòit eu d'ih^
Í4 Histoire âuSìegè ^
trcpidicc dans l?occasion« "
II estoic d'une des plus
anciennes Maisons de
Provence, second Fils deí
Messire Alexandre dêCk^
piers, Baron de Greouxy
& de Dame Véronique
4<LG£âífc. Meffire Â1&
xandre de_Graste
,
Seigneur
de Laval de Ca-v
bris
,
du Taneron, le Tignêt,
&c Monsteyret, son
Ajfeul maternel
5
estoit
Capitaine de.Tune des ;::'
Galères, du Roy ,
sor la^ |
||ï,elle'il suc tué en Ça-
^gìognë lc 6\ Juin. 164Ì.;
igCclcscendoit des Gorqt.es
' lí 11.c\Roy ayant -joint;le..
VDuché dé Luxembourg
au s CJouvernenacnt de
•^Lorraine, que M le Maréchal
d^iGssauyiiìiposíéde
depuis, longtemps^
SavMajtM a donné la
Êìeùtenance Généralede;
c<5
^Gouyer^ement à 3M&
lei Marquis de^yun^t^
«pElle". a> faiè en meíme
Xíemps Gouverneur ì $|;
Luxembourg.
Je ne puis mieux finir,
cette Histoire que par
un endroit ciré d'un íntw
primé de Hollande. Il
doit estre çTaucant mieux
reççu, que les louangel
dies perangers nepeuvenc
çstre suspectes. JÊnfiwla
KéduStìon de Luxembourg
yûft$e clairemew^ìl^
<c -/point de : Blmceim-. IVt>,
prenv?., gf que L Qií I i : íiE; G&AND èûfîité C4^,
'deLuxembourg. 427 $êk à'oser
j
d'entreprens
dre
y
ç$ de faire des' Conr
qmpei. Cette Ville
y
que
fksituation devait cesem-
^& rendre imprenable
±
çj3
ìfêòn a eu tout le temps
de pourvoir abondamment
àè iùtite^ les chofeâ necesfaim
<f une éternelle ré~.
Jiffiana?, a este contrainte
de céder aux Travaux
£un Hercule plm formidable
<ym ne fut Jamais
le Àíars- que la Fable
prit plaisir à former. Je
suif/ /|Mamfc,/>pra
JParis ce $oé ìmn rfSf*
,
'
' .v\y
La Relation- de c& q(R *'e&
passé devant Gènes, devoit estrç
jointe á ce Volume5 mais orï
peut juger par fa grosseur/ îà que choíè nia pas esté possible;;
D'ailleurs,. i'AfEiire de Gènes,
eíl íï considérable, qu'elle më«v
rite aussi un Volume séparé, qu'-,
qn donnera dans quelques-jpur$.
au Public
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le