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1684, 01, t. 25 (Extraordinaire)
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EXT,R)A..ORDINAIRE i r , !
TOME XXY.
A PARIS,
AY ralàis.
N donnera torôjTôtirs un volume
nouveau du Mercure Galant le
premierjour de chaque Mois, ^on
le vendra, aussi-bien que ¡-Extbérdinaire,
,.Trente sols felié en Veau,
& Vingt-cinqfôli'èn Parèhetnfn.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE, au Palais, dansla
Salle des Merciers, à la Jufiice.
Chez C.BLAGEART, ttuë S. Jacques,
i l'entrée de la Rue du Plâtre,
Et en sa Boutique Court-Neuve du Palais,
AU DAUPHIN,
EtT. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie.
M. DC. LXXXIV.
jffEC PRIVILEGE DF ltOl.
EXTRAORDINAIRE
DU MERCURE
GALANT.
QUARTIER DE JANVIER 1*84.
TOME XXY.
E croy,Madame, que
je neVOUJ puis mieux
inviter a lire ce xxv.
Extraordinaire, cfuen
le commençantpar un ouvrage qui
traitede laLeëture. Cen'fffplU que
je ne fçacbe que vous connoijîez,parfaitementlujaçrequon
en doitfaire.
mais quelqueconncijjance que vous
en ayez, vous neferez,pasfâchée
de voir ce qu'on a écritjur cefitjet.
Ilfournit beaucoup,ércequ'ilcomprendpeut
tjlre d'une grandeutilité
pour quantité de Gens qui Ifcnt,
mais qui lisentmal, calàdire,fws
réflexion,<y'fansfoinaen tireraucun
avantage. Mr de la ¥renne,
qui penJe admirablemet,dqui exprime
tout ce qui'lpense d'une maniere
très-noble, mefaitesperer quelque
chose desifaçonfilr cette maticre.
Je l'attens, & vousprépare d'avance
au plaisir que vout avi z, lieu de vous
en promettre.
DU BON
ET
DU MAUVAIS USAGE
DELA LECTURE. LEstime que je fais de la Lecture
, ne m'inspire que de
grands sentimens pour elle. Je
la croy non seulementutile, mais
outre cela je dirois presque qu'-
elle est nécessaire à toutes les
Personnes raisonnables. Ce pour.
roir estre un de mes foibles, d'avoir
ce sentiment, qu'on peut
contefier ; on me fera la grâce
de m'avertir
,
si je fuis dans l'erreur.
Je ne décide rien, & bien
loin de vouloir enseigner les autres
,je parle pour m'éclaircir
moy-mesme. Un Pere de l'Eglise
croit que nostreesprit est
tellement borné, qu'il devient
inutile si-tost qu'il se relâche de
l'assiduiréà.laLecture
; & c'ell
peut-estre pour cela qu'un bel
Espritdisoit, que celuy qui ne litpoints estsemblable à ces Maisonsqui
menacent ruine. Apres
tout, il faut avouer que nous
devons nos plus belles lumières
..-a'QX Livres ; d'où vientque Cassiodore,
&cessages Philosophes
del'Antiquité ont foûrenu, que
la Lecture est la véritable source
de pénétration & d'intelligence.
Je trouve dans les conseils d'un
habile Homme, que si nous voulons
devenir polis, & nous dfaire
de nos defauts, il est nécessaire
de lire beaucoup. Que
j'aime ce vieux Philosophe qui
sacrifia tout sonbien pour se former
une belle Bibliothèque Il
avoittant de passion pour la Lecture
,
qu'il prenoic son repos sur
des monceauxde Volumes, dont ilcouvraitsonLir. C'est ce qu'il
observa jusques à la mort, &
nous lisons qu'on leprouva expirant
, si j'cie parler ainsi, entre
les bras de ses Livres. Le grand
Alexandre donnoit tout son loisir
à la lecture des Ouvrages d' Homere
,
qu'il portoit dans ses voyages.
UnMarc-Antoinelisoitjufque
dans les Jeux publics, ôc
lors qu'il assïstoiraux Spectacles.
L'amour des Livres est donc
un partage propreaux belles
ames, oc qui parut si cher aux
1 ej ples d'Abissinie, que la pof.
session des Clefs de la Bibliotéque
du Palais, estoit une des
principales marques de la souveraine
autorité.C'est pour cela
qu'ils avoient foin de mettre ces
Clefs dans les mains du nouveau
Roy, au jour de son élévation
sur le Trône de leur Empire.
Alphonse Roy d'Arragon,préferoit
ses Livres à tous les plaisirs
de la Cour. On luy donnoit
un jour le divertissement d'un
Concert, lors qu'il trouva par
Lazard un volume des Oeuvres
de Ciceron ) ce fut alTez pour
dégoûter ce Prince des beautez
de la Musique. Il prit le Livre,
& congédia tout son mondeavec
ces belles paroles, Je vais men*.
tretenir fins agréablement avec le
Maistre de l'Eloquence Latine. En
effet la Lecture me paroitle plus
ravissant de tous les plaisirs. Je
dirois que c'est un Trésor prétieux,
qui se laisse découvrir à
tout le monde, & que plusieurs
élevent au -
dessus des richesses.
Un Autheur veut que ce foit la
feule nourriture digne de nostre
esprit
;
aussi lors que j'aperçois
des Livres, je m'imagine que je
vois des Fleurstoujours disposésà
répandre des douceursenchantées,
pour ceux qui sont capables
de les goûter. Combien
de Héros ont trouvédans la Lec.
turc le secret de se rendre redoutables
à toute la terre, &. de
cueillir des Lauriersjusquedans
les Parties du Monde les plus
reculées? Mille Seigneurs dont
nous admirons le mérite, suivent
l'exemple de LOUI S, le
plus grand de tous les Roys. Ils
tirent beaucoup, parce qu'ils
ont appris de leur Prince, que
c'ctf dans la Lecture que l'on
trouve l'Art de bien commander,
Sedemieux obeïr. CeDuc
dont la science égale le courage,
s'est toujours déclaré pour les
Livres. Il brille dans l'Empire
des belles Lettres, apres avoir
laiflc des marques glorieuses de
sa valeur & de son courage dans
le Champ de Mars. L'Académie
Françoise joüit depuis vingt
ans dff l'honneur de son Alliance,
& des momens prétieux qu'il
dérobe à ses plaisirs ;
toûjours
prest à donner des preuves de la
vivacité de son esprit, quM cultive
par l'usage des beaux Livres.
Je sçay un de nos plus grands Capitaines
n illustre Maréchal,
qui passeles nuits sur les Livres,
apres qu'il a consumé les jours à
retracer lesanciennes limites de
la France aux environs du Rhin.
Un plus long détailm'engageroit
trop; c'est assez d'ajouter
ce trait de la vie Q'un Sçavant
de ce siécle. Il se plaignoit du
malheureux fort de l'Homme,
réduit à relâcher au sommeil la
moitié d'une vie qu'il devroit sacrisser
toute à la Levurelocaux
fonctions de l'esprit.
C'estdonc une de nos foiblesses
, de ne pouvoir pas lire continuellement.
Il faut partager
son temps entre le repas, la Lecture
,
les reflexions, & le divertissement
;
sans compter ce que
l'on doit aux diférentes occupations
de la vie. La véritéest qu'il
y a des exemples qui nous montrent
je ne sçay combien de
-
grands Hommes tellement pafsioonez
pour les Livres, que les

Exercices les plus agréables ne
pûrent arrester le zéle qu'ils
avoient pour la Leéhuc, Caton
le jeune lisoit presque toûjours,
& mesme dans le Barreau. Les
Livres eurent tantd'attraits pour
Jules César , qu'il les caressois
partout, sansexcepter lesAssemblées
publiques. ALX.lndre Sévere
fit le plus délicat de ses ragotits
d'un bon Livre, qu'il devoroit
à la Table, & dans les
Feitins extraordinaires, selon le
témoignage de Lampride.Pline
qui a si bien écrit des chofesnaturelles,
affaoitde se faire porter
en Litiere
,
lors qu'il eftoic
contraint de forrir) afin de lire
plus facilement.
Pour parler juste, ce font de
ric hes modelles
;
mais je ne scay
si je ferois bien raisonnable de
loûtenir, que l'on est obligé de
les copier. Il est peu de Personnes
qui voulurent s'exposer à
ces études empressées de 1Empereur
Adrien. N'estoit ce pas
outrer les conseils de la raison,
que d'entreprendre de lire,d'ecrire,
& de dicter
, en mesme
temps qu'il s'appliquoit à répondre
à ceux de sa Cour, qui venoient
le saluer ? Nous sommes
persuadez que ce n'elt pas dans
la Leâure continuelle, que l'on
trouve un veritable profit; mais
plucoft
, que le bon usage de
la Lecture se reconnoift par ce
choix judicieux du temps& des
Livres. Faisons réflexion sur ces
deux points, qui semblent utiles
à toutes fortes de Personnes.
Un Sage de la Gréce lisoit
avant que de se coucher
,
8e
le matin à la pointe du jour. Il
faut avouer que le matin est
le temps le plus propre pour
la Lecture. Je (ay qu'il y a de
certains Livres., qui ne demandent
point ou fort peu d'applicarion
ce font ceux- là que je
voudrois faire lire pendant le repas,
que je conseillerois de-porter
dans un Carrosse, & dans les
voyages,& qui peuvent nous
divertir dans plusieurs occa fions
qu'ilferoitinutile de particulariser.
PourcequiestdecesLevures
sérieuses,quiattirentdes réflexions
& des remarques, on les
fait le matin, depuis quatre jusques
à dix heures. C'ei. dans ce
temps que l'esprit est libre &
purgé de certaines fumées qui
suivent nécessairement le repas.
On m'a fort peu conseillé delire
apres le dîné. Le foir peut laisser
deux ou trois heures libres à
ceux qui n'ont soupé que legérement.
C'est, si je ne me trompe,
ce que l'on peut déterminée
touchant le tempsque nous pouvons
accorder à la Lecture. J'ajoute
qu'il ne faut pas courir indifféremment
de Livres en Livres
, sans nléchode) & à toute
heure.
Que ce seroit un avantage
bien considérable, de ne lire
que ce que l'on doit sçavoir, 8c
n'apprendre seulement les cho,
[es que l'on n'aura jamais honte
d'avoir lues ! On doit se régler
fils la portée de sa mémoire,elle
ne veut pas estre fatiguée mal à
propos. Les choses nécessaires,
& qui méritent d'estre rerenues,
sedoivent relire. Aussijenedef.
approuverois pas que l'on se fin:
une régled'employerunedemyheure
chaque jour, pour écrire
le précis de ses Levures.Nous
avons de certains Ouvrages que
chacun auroit inréreil: de scavoir.
Ceux qui font d'un mérite
extraordinaire
,
le doivent presque
apprendre motà mot ;
principalement
si ce font des Originaux
, pour la pureté d'une Langue
, ou bienpour la délicatesse
des pensées.
- Je m'avise d'unmoyen que
l'on m'a donné autrefois,-pour
profiter des bons Livres. C'est
d'en lire trois ou quatre fois de
fuite environ vingtlignes, avant
que des'endormir. L'esprits'occupe
de cette Leaure pendant
le sommeil, l'imagination s'accoutume
à des idées nobles,..&
l'on trouve insensiblement, que
la mémoire se cultive; on serend
les expressionsfaciles, & l'on
apprend à reconnoistre, &à prosiser
des beautez d'une Langue.
Joignez à cela, que si ces Ouvrages
sont aussi solides que bien
écrits, nous nous formons des
habitudes de penser juste ; nous
nous familial ferons
, pour ainsi
dire, avec des maniérés relevées
d'écrire & de parler, qui viendronr
à nostre secours, sans qu'il
soit nécessaire de les appeller.
Lesveilles immodérées, ces Lectures
avides 6i sans méthode, ne
font point de mon goust ; c'est
beaucoup lire, que de se relerver
pource quieftutile. Cefont
les bons Livrjs, & non pas le
grand nombre, qu'il faut rechercher.
Je trouve que celuylà
railloit avec assez de justice,
qui comparoit un amas indifcret
de toutes fortes de Livres,
à un monceau de bled
que l'Avareconferve pour cultiver
de la pourriture. Senéque
ne s'arrestoit pas aux Biblioréques
bien fournies; mais il confeilloit
feulement le choix des
bons Livres, parce qu'une Lecture
fixe profite
, au lieu que
celle qui est trop vague, ne ierc
qu'à divertir, je ne sçache poinc
que l'on se soit fort étudié à marquer
les Livres utiles pour les
sciences diférentes. Si je croyois
qu'on voulust souffrir ce que j'en
ay reconnu,je pourrois en faire
part dans la suite. Ce nVftpas
mon dessein d'écrire contre les
mauvais Livres; on sçait assez
qu'ils portentleurreprocheavec
eux, & qu'il n'y a que trèspeu
de Personnes qui puissent tirer
wn bon suc de ces fortes de fruits.
Aussi Démocrite reproc hait b
un cercain qu'il abusoit de {on
temps, & qll"'il appliquoit i
recüeillir les épiiKs, au lieu dè
s'arresteraux fleurs; on me permettra
de transcrire le passàge
Latin, qui m'a paru tresbeau.
Non enim-, quod tu facis
,
Icgendà
libris fpinas eorum feligo s fcd ea
îdmum confeclor, quæutiliffimasint,
& ubivis commemoranda.
Virgile répondiragreablemenc
à ceux qui luy vouloient faire une
affaire de la fréquente Levure
d'Ennius, se cherche de l'or dans
le fumier. Il est donc vray dedire
que c'est aux bons Livres, aux
Livres utiles, qu'on doit s'arrêter.
Les méchans Livres ne se doiventpointsouffrir,
disoit un Ancien
, parce qu'ilsfont opposez, a 14
puretédes moeurs.Lemauvaisusage
de la Lecturese reconnoist allèz,
en prenant le.contraire de tout
ce que nous venons de dire. Si
l'on trouve que j'aye suivy des
routes particulières en traitant
cette' Question, on aura la bonté
de se souvenir qu'elle est assez
étenduë, pourme permettre cette
liberté. L. M. D. S. B.
DISCOURS EN VERS,
SUR LE MESME SUJET,
Du bon & mauvais usage de la
Levure. sIle panchant de la Nature
Nomsollicite a la leaure
Nayons point lejpritsiméchant
Que de négligercepanchant;
Il est doux, il est raifonnabley
Il est inftru£lif& Imable,
Car la [téfure a des appas
Dont tout sense doit faire cas,
Et ton peut direqu'on eftfage
Quand on en fait un bon usage.
Elle éclaireCentendement,
Elleforme le jugement,
Elle injpire la politesse,
Elle aime Iii délicatesse.
Dujujle elle accroist laferveur,
Elle convertit le Pêcheur,
Oufont dés Chardons met des Rops>'
Jîtfait plus de rnétoemorphofes
Sur les moeurs d"un Chrcflicnz.elc,
Que n'enfitle Poète exilé,
Qui pour avoir esié trop libre,
Elit contraintÂe quitter le Tibre,
Et d'aller en des lieuxdeserts
Gémir au bout delUnivers.
Grenade, lefameuxGrénade,
Cet utheurquina rien defade
Dansses Livres pleins d'oniïions,
A plus fait de Conversions
Qu'ilneflde lettrts dans les pages
Quicomposentses beaux Ouvrager;
Aussi la leffure est vrayment
Une e[pece.d'enchantemcnt,
Vn charme qui nous rend capables
Des emplois lesplm remltrquahleS"
Unefçavante iilufion
Uneafreablevijîon,
Uneoccupation modefle,
Vn armljèmem tout cchfle,
Qui condamnant foyfivaé,
Nom injl,o;Út de la vrité
Et nom élevqéjtiufcjitauxnues x ii!~;:s
Par des lumeres peu ccnnues.
N'cft-ce pas un beau pa/feremps
Des'étendrepar tomles temps,
Fr de courirde ficeléensiecle
L'"p"'Ù h tempsde SanteTecleî
Qit,ec ddiss-;je?depuitssJéz-.abel, DepuisCatn, depÚ1 Abel,
Depuis mefrnele premier Homme,
Qui nota perdit par xtne Pomme.
Dieu! quelle conjolation,
De voir une Relation
De mille Bataillespajpes
Dans une lefture amafees,
Et mille beaux évenemens
Qui causent nos raviffemenr,
Parla leEfurcriun beau Livre
Qui de cent chagrins noies d,li'U,rr!
Nom connoissons à jufle prix
Quels ont esié lesgrandsEffirits,
Lesfaits, les exploits, & lagloire
De ceux qui brillent dans tHistoire.
Sans la ledure,ffauroit-on
Les Harangues de Cicèron,
Les Plaidoyers de Démoflhenes,
Ceux quifleurirent dans Athenes,
Et ces Héros dont les Combats
Ontfait tant de brait icy-bas?
Ousans elleferait Plutarque?
OÙsanselleferait Pétrarque?
Etqui pourleursfameux hazarls
u4uroitefli-nè les Césars,
Les Auguftest les Âléxandres,
Sileurs noms refloient dans les cendres
Honteusement cnfevelis?
La grande &petite Bélú,
Seroiem-ellespar nom connu(Ù:J
Et jufyues anom parvenuës,
SiMathlolle & Dalecbanps,
Quicoururentsouvent les champsy
N'avoient par un travailimmense
Donné la chaffi à l'ignorance
jit'nfiqueFHfch & que Belon,
Gens detefie, Gens de renom,
Ingénieux Naturaliflesy
Et desplusfameux Botanistes,
Quisoigneux de les expliquer,
Nousontifbienfaoiitt remarqquueerr
Les propriétés excellentes
Des Fleurs &desplus belles Plantes?
Et vous, Simplifieàtourde bras,
D'ofcerïJe, on ne doit pat,
Qjtoy que vousfiiflesunpeurogue,
Vous obmettre en ce Catalogue,
Puüque vos curieux Ecrits
Charment nosyeux & nos esprits.•
D'ouvientsouvent que levulgaire,
Peu soucieux de nous complaire,
Et de s'expliquer avec art,
Donnedetfbuflets à Ronfardy
Parle &s'énoncesansjujlejfe,
Sans esPrit) &sanspolitesse?
D'oh viennent tant d'al'furditez,
Defautes,dincongruités,
De locutions enfantines,
JQui choquent les oreillesfilles,
Et qui blessent les dèl'cats,
Sinon qu'on fAitsors peu de cas
Defaire de bonnes le tiares,
Quifont lessourceslespins pures
D'une correfle exprcjJÙm)
Et d'une belle ¿¡[!t'on?
Jlvoüons tow que la leclure
Réjouit toute la Nature,
Et que parla les Mortsfeavans
Inflruifent les greffiers divans,
Les débsurent, lesh-'twanTciit,
Et leurs ames dèbarbarifftn<\
Ainù pour lire avecque r'f.t
Ilfaut entendre ce qiionlit,
Pénétrertesens des paroles,
Soit Enigmes,foit Paraboles,
Soit Corementatres,,ro;t Centons,
Autrement l'onmarche à tâtonsy
Et dans un Paisde tenebres,
Oùtonnevoit quobjetsfinebres-
Quesi l'ejprit efl rebuté
Par la profonde obscurite
De quelque vérité caché-e,
Où famése trouveempefehée
Dans
Dans les matieres de la Foy, Ilnefautquedire,Je croy.
A cette veritéj'adhere,
Sans vouloirsonder ce mystère;
Car le Scrutateur curieux
Qiù prendsa raison, ousesyeux,
Pour les Juges de (a créance,
Perd lefruitdel'obeïssance,
Et doit sevoir accravanté
Par le poids de la Majesté,
Cela dicte la conscience.
Dans les matieres de Science,
Où s'exercent tant de Vivans,
Onse reglesur les Sçavans.
Ces Prodigieux, ces grands Hommes,
Ces Flabeauxdu Siecle où noussommes,
Pour lebien de tous les Humains,
Sçavent la route &les chemins,
Et c'est de leur bouche diserte,
A nos neceffitt offerte,
Qu'onapprend l'explication,
Lesens, &l'explanation
D'un impénetrablePassage.
Orquand on al'aveud'un Sage,
Et l'autorité dunSpavant,
Que chacun consultefenvcnt,
On demeure Came tranquile;
Etsur un Texte difficile,
Où l'onfaifoit un longJejour,
On voit aussi clair qu'en plein jour.
Deplus,pour liresans dommage,
Ilfaut que tHomme seménage,
Et qu'il usefort sobrement
De ce chasle contentemeut,
En s'apliquant a la leElare
Comme on s'appliqueàlapâture,
Faisant réfléchirsonejprit
Sursa letbure; Qu,and on lit,
llfaut quedanslordre onserange,
Car comme celuy qui trop manget
Se créve au lieu deJe nourrir,
SIétoufe au lieu deseremplir,
Tuant la chaleur naturelle
Parune abondance cruelle;
De mesme lors quavidement,
Et par excès riemprejftment.
On précipite sa letture,
Cettemyflique nourriture
Devient inutile an Lccleur,
Comme elle tcJI niAuditeur,
Tout: nourriture indigefle
Eslans dommageable,funeste,
Et dangereuseanofire bien,
Si nous encroyonsGallien,
Et l'honneur de la Medecine,
Qui de Cos prit[onorigine:
Jadis dans iancienne Loy
(Cess dont £Ecriturefaitfoy)
Dieu ne vouloit en sacrifice,
Pourse rendre aux Hommes propice,
JQue des Animauxruminans,
Et leur pâture remâchans.
Dans l'Ordonnance EVAngéliqut,
Toute illustre, & toute héroïque,
Il veut, mais d'un vouloir de Roy,
Qu'un Chrestien méditesa Loy,
Et queson ame possedée
D'une si préc:euse idée,
Conferve inviolablement
Cedélicieuxaliment.
Quand en lit trop à la légère,
Et d'une sasonpassagere,
Cette leElure que l'onfait
Eflsansfinit comme sans effet.
On liten dépit de Minerve;
Desa leElure on ne conferve
Quun infruSlueuxsouvenir
Que le moindre objetsçait bannir.
Si fon ne médite & digere
Desalecture la mAtiere,
Quojr quon la relisefouventy
Autant en emporte lèvent.
Ilfaut donner à la man'e
D'untroptumultueux Génie,
Et donner asavive ardeur
Vn tempérament de lenteur;
Car quelquefois onperd la veuè, 'oy 11UrlorgAnes bienPSUYVtIÛ#
Si l'on a trop d'enteflement
Pour ce beau difJertiJJêment.
Chaque Livre afin CAraatre,
JPour les Devots ilfautTaulere,
Et lire avec affiaion
La pieuse Introduction
DU Bienheureux François de Sailes>
De qui les vertussans égales
Ont éclaté jusques aux deux,
Aussi-bien que dans ces bat Lieux.
Cette Admirable Philothée
Pourroit convertir un Athée,,
Et relancer dans les Chartreux
L'Homme le plusvoluptueux.
Vne ame ness point abuféet
Qui s'occupe à lire Buzée,
LIlnfPerge, Bruno, Ronncfon,
Capiglia, Suffren, Talon,
Hayneufve, &le bon Pere Eustache,
Dont les Ecrits n'ontpoint de tache:
Caignet, l'orthodoxe Abelly,
Parses Ouvragesembelly,
Dontla Grace a conduitlaplume
Pourfaire maint & ma!nt Volume.
Quandvopu aurez,trouvéStella,
Vous pouvezvousarrefler là;
Son Livre du Méprisdu monde
Estune Piecesans fécondé,
Aussi-blen que ce qu'il afait
SurSaintLuc; tout en estparfait,
Toutyrejpireuneamepure,
Bien mortea toute Créature.
CUmachtue(lai*(iffort brn
(Tout Umonte en connût le nr><n\)
Toy~ lesde'r"C7dl'r:,)1'1,,'.{''l,.-,.,., nles devrez,dit C::' f d -nar;'J
Sont beaux &dï*n:'slem^,arq.t Et rienrieft pluedélicieux ,
f2..!!..eson flilefententicux.
Lifez* les Oeuvres de Saintstre,
Ilsfont ravissans,je vous jure,
Pourimprimerdans noflre coeur
Vne ardente& nobleferveur.
Les Oeuvres de Sainte Thércfs
Ne contiennent rien quinepiasse,
Et qui ne marquecegrandsen
Dont toutfin coeur bruloitPour J", Binet eflun Livre a,rLb[.;.
Avila napoint/onfcmtLab!:)
Cajfiagnere est e/Îimé
Gonlren estun peupllU ilmé,
Bérulle est.un Devot myfliquc,
La Serre un pieux Politique.
Vota pouvez,planter le Bourdon
Sur les Ecrits du bon Boudon,
Ce véritableArchidiacre
Qui toutfon.temps au Ciel consacre,
E"tl<7l'';epôuer lninttédoeutDleu,ieu. ~!'t.,r~;f/~M.
C'cfiacetintér<jî "I':I'¡',?
J ¡.. j,;, !. ,;.. 1 '.J "i ""J ¡. Que tout senbeau Livre s'applique.
C'cfc un.'d.viuret'xense+ien
Que le petit Penkz-y-bien;
Et ce au'dfait le PCie AIf bonce,
Dont les motsse pesent a tonce,
entons .rllvhoncc de Maint,
-
a,h '¡bl¡
",,, n'o Estprofitai?le??zenté'c.,r.i;t.
Gygés,Autheitrdes plzujincéreJ
Développe bien desmyf/éres,
Et d'un flilefort racourcy
Les Intrigues de ce temps-cy.
FeuiUetezfréquemmentl'Hiftolre
De cesgrandsHéros, dont lagloire
Pleine de la Divinité,
Brillera dans L'Eternité
De ces Saints, dontla bellevie
J4fait désespérerïEnvie.
Lisez tous les jours les hautsfaits
De tant £Hommes rares, parfaits,
Et dont la lumicre féconde
Eclate en tons les Lieux du Monda
De tant defcrvens Con^-ff^tr,,
De bons Freres,de bonnes SrrwIs,
De Martyrs: & de Patriarches,.
Qtiîfurent devÏ'ThP.oes A-ches,
Si vous voulez,, des Coffresforts,
O0u' DDi.eurenfe,r-maset'.s trè1srors,
Et des Portraits en m'gnaturc
D'un:Charité toutepure.
A ceItjfelr: vont aidera
Le Pere Ribaiereyra,
JMonfieurdu Vni.dont Came bênnt
Fut un Soleil de la Sorbonne;
Surit4ji & MonjteurBeno'st,
Qui partout, ce qu'il estparoist.
Rra;llon, Prejîre de l'Oratoire,
S*est acquis tlujfi de la gloire
si travaillersur cesujet,
Quina rien devil&cPabjet,
Ecrivantl'Histoire Chrefiienne,
Q¿:,i bien la lira, la retienne;
Ces Hifloires ayant du poids,
Illesfaut lireplusîeurs fois.
J'oubliois encoravons dire
Qxil nefautpas manquer de lire
j^vecforte applicrj'cn
L.t divine Im:'fZ;ion,
Cet OuvragesiCatholique,
A4aûd'antrepartfipathétique,
Si brûlantd'un celeflefeu,
Sirtmpiy rieCejpritdeDieu,
Si capable de mettre une 017t
DDans !C' and]eur vd'une si j¡irnte.t:m('
En ce {Ct!iJ! Livre de Gason
Chacun j'cut trci.versaItçon,
Chaque ameydcv lent Aguerrie,
Soit pour Marthe,foit pourAdariey
Soit pour la recollréfion,
Pour lapriere,onCaElion,
Tour le jeune, & pour l'abflinencet
Pour faumôney &pourlesilence.
Vers & Prose de Cerisy,
VOPU n'avez: rien que de choisy,
Vofire éloquenceefl desme]Heures.
1agmn afaitdebonnes Heures.
Les Pastorales de Godeau
N'ont r'en que de chasle &de beau,.
yiujfi-bien que ses Paraphrases,
Quipeuvent eaufer des extases;,
C'est un EJPrit vif& brillant,
Dont letour est èt;nc:lant.
VOPU pouvez parcourirsans crainte
Tous les Tomes de la CO.tl Sainte
DuReverent PereCaifjfin,
Dont le-noble &pieuxdeffcln
Ejioit d'engager les grands Princes,
Seigneurs, Gouverneurs de Provinces,
Dames, Prélats, Souverains,Foys,
yi.faire de nobles Exploits,
Pourplacer Aupres du Ballufire
La Vertu dansson pltU haut lustre.
-4 l'ombre de vos Alisiers
Vous pouvez, lire Cerisiers,
Cefi un Autheurde bonne trempe,
Dont je voudroisavoir l'EI.ieipe.
Votu pouvez lire Pï/leloiein,
Et les Emblèmesde Rtlltdoü:'n;
Lafous des Figuress'étale
Vne belle &saints Morale.
Vvus pouvez, anssijetterCoeil
Sur les Ouvrages de Adontreuil,
J'lntens de MontrÚeille Jesussey
Homme dïejfirit &de méritex
lhvit la vlamc avec verhè
Larip-a,édeBeccaflê
La Paraphée de Beccasse
Toute mitre Paraphrase ejfacr,
Aufuiet du Mifcrere,
On n' y trouve rien etaltéré,
Et qui ne porte une belle a?ne
A quelque douloureuseflâmr,
qneicj'tesentiment caché
Daversionpour lepéché.
Ses Pseaumesdepareille fo-re,
Ontplusdemoelle que décorce;
Tout en eflfort Ô" vigoureux,
Etje m'ejlimcbien heureux
D'eflre lié deparentâge
A cet excellent PersonnAge
Qu'un sTrand Chapitre révérait,
Et que la So:/bonne admiroit.
rifite- aussi le Calvaire,
Dont sin i!luflre &ffavant Frere.
Ce diane & ce fameux Curé,
Qui dans la Brie tft hOlloré
N.m a tracé la belle route.
Cechemin peut mettre en d'route
Tons les Supofls de Lucifer,
Et tous les pièges de l'Enfer.
De Grenaille a pour moy des charnes,
En le lisant je rends lef armes.
LAval, GuilÜbert, & Senavlt,
Ont écrit iufte, &comme ilfaut;
Leurs TraduEtionsfontfidelles,
Etleurs Locutionssi belles,
Quil est au monde peu d'Ejpritf
Qui ne remettent leurs Ecrits.
Lisèz. aussi tout à voflre aise
Les Oeuvres du pieux Nervefc,
Quand on chercheDieufeulement,
On s'y délefie innocemment, -
Sur tout, lisantsa Solitude,
Beau charme de ?inquiétude.
Pour le Pédagogue Chref/ien,
Cess un Livre qui porte au bien,
Ilpeut vous tenir lieu d'azile,
JoignantCagreable a futile;
Les autorltez., les raisons,
Et les justes comparaisons
Qui relevent tout cet Ouvrage,
Luy donnent ungrandavantage;
Il nefeut eflre décrié,
oyqu'ilflitdiversifié
Par tout de mainte & mainte Hifloirc,
Ojiilferoit malaisé de croire,
Si l'Autheur, Homme d'entretien,
Ne les autorisoitfortbien,
Et rienfaisoit venir la course
D'June pure &fçavante Source.
Lisez.fréquemment Rodriguez,
Ce dette & pieuxPortuguats,
JQuitientles YertlU comme àgages,
Yom apprendrez,cent beauxpassages.
Que du Pont foit bien vofire Amy,
Ne le lisez. point à demy,
Mais depuu un bout jufqua fautre;
Quesaferveurdeviennevofire,
Et desesMéditations
Tirez, des fPécuÚltionl
Pour bien conduire vofirevie
Malgré la Critique & l'Envie.
Lisez. aussi tres-fervémanent
Ce qu'acompsféffavamment
Le dévot Saint Bonnaventure;
Son Livre efila bsnne-avanturt
D'un Chrestien quibrûlepour Dieu;
Là ,ecoeur s'échauffi, &prendfeu,
Dnne maniéré inconcevable.
Lisez., oufaites lire A table
Quelque chose de Blofim,
Ou du dévotDréxeïlim,
Ou bienfoufrez.les deux régales
De la leSlure des Annales
Du CardinalBlironim.
De Torniel, de Bfowim,
Defalian, ou de la Peyre,
QuidesAutheurs neflpas lepire.
Ilness rien de mieuxfécondé
Que les Oeuvres de Marmdè.
Cet'Ecrivain de belle mUt,
QuidéfenditJîbien tEgÙ/è,
L'lituflriffimeBossuet,
Qui rend un Ministre muet
Par les rayons desa doélrine,
Et connujusquen Palefline,
Parsa grande devotion
Et profonde érudition,
Afait aussi de beaux Ouvrages
Que le temps verrasansoutrages.
Pour desabuser les Errans,
Et les Setlaires ignorant;
Avecplaifir on les peutlire,
En les lisant on peut s'instruire.
Mais se trouve-t-on jamais la4
DDeeffeèutïleterDécamboltu Dansson doDe &pieux iWode/tt
Quifertdeguide à toutFidelle?
Si votés vous fentes moins enfeu,
L'ame moins élevée à Dieut
SilacolèreVousattrape,
Si la confiance VOtM échape,
Si vofire coeur est raHenty,
Lisez.les beaux FaitsdeRenty,
Ce Gentilhomme dJAritable)
Ce Marquissiconsidérable,
Ce Chrestiensi devotieux,
Qui théfaurifoit pour les deux,
Et quipar un miracle étrange
Stmbloit avoirvisage d'Ange.
La Sainte Mere de Chantal
Nevous apprendrapointdemal,
Quandvornffaurez toutelafuite
Desa merveilleuse conduite.
1Lerage Prélat de Maupas
V9usy guidera pas-a-pat;
Vouiverrez[on coeur tout defiante,
Lafidélité defort ame,
Songranddef-intéressement,
Sonsurprenant avancement;
e'cft la que vont verrez, dépeintes
Danslespratiquesles pliafaintes,
Ses vertus danslenrplus beau jour,
Sadouceur, &son chasse amour,
Sonincomparable innocence,
Sa vertueuse obéissance
Dans lesétats ousonVainqueur
A voulupromenerson coeur;
Dans une diférenteépreuve
V9mlaverrez, & Fille & Veufve,
Mariée, & dans un Convent.
Lisez. doncson Livresouvent,
J'entensl'Hifloiredesa friet
Et quevostre amefait ravie
DudefirdesuivresespM
Dans tousfesdfèrens états,
Danslemonde, ou bien en retraite,
Vou4 laverrez, toujours parfaite,
Toujours vers Dtfu j'acheminant.
Celafufft pour
mfntenant;
Avecque cette tablàture
Vom pourrez,faire lalecture.
Parcourant le MondeChreftiefl
Voi'sny trouverez, que du bien;
Cess un Sîutheurffavant &sags
Q nous a tracé cet Ouvrage,
Au/nur de/prit&de renom;
La Rarre eflfort ilhflre nom.
Dici:! quauxpechez enfaitefearre'
Avecqu* cesgrands coups de BarYey
Et que-/ , j lEnfer cortreca-ré
S'y trouve apropos rembarré,
A la confujïonduSch'p/ie,
A l'honneur du Chriflianifme,
A lagloire du Tout-Puiffant,
A la ruine du Croissant,
Au méprù de tIdolâtrie,
AHgrand biende nostrePatrie!
UIntérieur nommé Chrestien.
Efun L:v:-c dort l'tntretiln
Potinflnuer la pratique
Desgrdndesvertus qu'ilexplique,
ui lagloire du Roy des Roys;
C"eflpeu que le lire unefois.
Lefoir avecquesa Bougie
On peut feuilleterFbilagie;
C'est là laplusproprefaifou
A lire le point d'Oraison.
On trouve une utilitéfeure
Aparcourir la nuit obrcure,
JDunHomme quiseul en VAut troit,
Le BienheureuxJean de la Croix;
C'est un Hommedetautre monde,
Dont la doElrine tres-prfonde,
Opeut nommer trésor caché,
Peut aneantir lepéché.
Leffiér:tuel Cathéchifme
Etablit le Christianisme)
Et la fainte devotion,
Par mainte interrogation;
On apprend là ce qu'ilfautcroire,
Joignant le coeur a la mémoire,
Et mettantsonajfeElion
A chercher la perfcilion.
Pour lajpirituelle adress,
etcft un Livre qui rien ne bleJft
Jrfais quipetitfaire un grandprofit
Aquiconque ardemment le lit.
Tout efl plein de choses sensées;
Chez, vous, o Chrestiennes penféesy
Les Ouvrages de Scapoly
Sontfervens, passentlejoly}
Fentcjiiaméditer on arrive,
Et/ont d'uneforce excessive
Pour combatte les pa/fions
Par les mortificationsy
Et par la haine defoyntefme,
Vertu digne duDiadème.
• y;la,pourledire en deuxmolr;
Le pajje-chagrin des Devqts.
Q:te les Sçavans lisent les Peres,
Ces Flambeaux, ces grandes Lumieres
Qui par leurs Ouvrages divers
Ont éclairé tout l'Univers;
Ceji dans ces (Durees toutespures
Qipnpuiselesbelles leSlures.
Peut-onvoir un plus beau Fejlin
Q2. de lire Sa;nt AugHftin,
Sr&ntdmbro'je, Saint Chrifoilome,. Athanase, SaintJérôme,
Saint Rdjile, Saint Cyprien,
Saint Athanase,.Salvien,
Léon, Projper, Euch?r,Maxim!,
Ces DoEleursCJHC l'Eglise eftimc.
Et qu'à jamais eflimera
Le Chreflien qui bien les lira.
Dans un reJPeEimeslé de craintey
Veneia fEcriture Sainte,
L'objet de nos dévotions,
Et de nosvénérations.
Lesvérités incontestables,
,h-tlestes a l'Il;'a!''cs ;contient ce Livre divin,
Empefchsnt ïHomneetefirevain,
Superbe, insolent, a iultere,
..Au'(conflils du Ciel réfraElaire;
Et pour eflre un Homme de bien,
Honme£honneur, HommeChreflien,
Suffit deserendrefacile
Ce que nous apprend tEvangile;
Quisurses maximesfait fond,.
Delavérité fr répond.
Ces Ecrituressalutaires
Sont des Troupes auxiliaires,
Qui nomftrviront au besoin,
Si Conveutsedonner lefoin
D'en faire une fainte leEfure-,
En gros, ou bien en mignature,
C'està direpar petits points. J'en prens pourJuges & Témoins
Tant d'illustres, tant de Notables,
TantdeDocteurs irréprochables
Q^ifontpresque en toutefaifon-
SrrCEcriture tOraifon,
ADres l'avoirlue & relhè
Avec beaucoup de retenue.
Or fartant d'ungrandsérieux,
On peut parfois jetter lesyeux
Sur quelques Livresde Voyagey
Cette leÊure à rien n'engage;
On peut ainsifacilement,
Mesmefortagréablement,
Sansargent,sans Valet, nyBottes,
Sans craindre la Mer, ou les crottes,
Les Bandit, ou les Armilteurs)
SansprendreBonffolle,on Hauteurs,
D'une vitesse sans fécondé
Viftter tun & fautre Monde,,
Vair leNormand & le Picard,
jïllerjufcjuaMadagascar,
Sans une nouvelle Machine
Donner jufejua la Cochinchinne,
Porter le moule duJupon
Jufc/ues au dela du Japon,
Sepromenerseul &sansfuite
Sur les épaules (lAmphitrite,
Enfin rodertoutïHorifon,
Sansdécamperdesa Maifon>
"Visîtanttoutes ces Demeures.
Onpasse dagreables heures,
VOIU pouvez, lire Thévenot,
Villarnont, Laët, & Linschot,
Jean Moquet, le Goulx, la Boulayer
Colomb
,
Pirard, Baudier, Deshayet,
yiloùifio deClmda,
Xazilly, Aiichon,dtAranda,
Belleforefl CHommehiiforique,
Jambolo Perepacifique,
JeanLyon, Bartheme, Lopez,
FrereEugene, Frere Alvarez.»
Le Laboureur de Calchondiller
Fernande*, de Pinto Chabilex
Bellon ce Medecin Manceau,
Vincent le Blanc ce bon cerveau,
Jean de. MoreJacques le Maire,
PHÙSCevallos le débonnaire,
Dom Garcia de Loayfay
Dom Garcia de Adendoza,
Sandifs, TAvernier, François Draqut,
Qui nevit jamaù Andromaqut,
Olivier de Sarmiento,
Qui curoit la Poste ut oâo
Sur lesflousalez. de Neftune>
slfi-n riétllblirsafortUne,
Sarto ScgIÛz..i,]ac'fue Albert,
Et lefameuxCèsar Lambert,
Zaçachrift Roy d'Ethiopie,
L'Original, ou la Copie,
Dont les Ecrits, pour leur beau tour,
Ont charmé l'ancienne Cour.
J'oubliois Paolo deVenife,
Homme d'intrigue & d'entreprise.
Qjtandvous aurez,ven tout cela,
Onvous pourra bien dire hola.
Apres de si longues leilurtJ,
Jettez. lesyeuxsur lesfigures,
Ilfautfaire profession
D'une immortelleave^f-îon
Pour les leBurescriminelles,
Ou qui tiennent des bagatelles,
Car c'est un pauvre passetemps
Que de lire, &perdrefm temps.
Brûlez, tous les Livres magiques,
Aussi-bien que les hérétiques,
Et ces Livrespleins defatrM,
Qjù des Souverains & Prélats,
A qui Con doit obÚffancl>
Pourroient obscurcir l'innocene. Ilfauttoujours fefairehonneur
D'épargnerles Oings du Seigncm-"
Adalgré la rage invéterée
D'uneplumeincon/idérée)
Ou d'une languesans rejpsft,
Aqui le bien mesme cftfufPeél.
Bannissez.le Décatonphile,
jirtemidore,&Théophile;
Sur tout, nefeuilletez, jamais
jMachiavel, & Rabelait,
L'un efl plein de fausses maximes,
L'autre est tant degeutant de erimes
Dimpuretés,
.nlmpuretez,, d'impiétez.
Et de profAnesfaietez.
Vous ne devez, point donner place
Au Décamenn de BICACe,
Moins au Moyendeparvenir,
Livre à brûler, Livre a bannir.
Fuyez l'opprobre des Familles,
Plid"on npmme Ecole des Filles,
Et ce Livre à chasser dehors,
Les Bigarrures des Accords,
Par qui l'ame est toute obftdêe
Des iUufions£Afmoàée,-
Tous ces Livres malicieux
Méritent 1e couroux des Cieux.
Pour liredonc en Hommefage,
Et pourfaire un heureux ttfage
De la lefhire, ilfaut en tout
Lire lesgivres du bon gouss,
Livres chasles & raisonnables,
Polis, éloquent, profitables,
Les lire avec attention,
Etsans préoccupation.
L. BOUCHET, ancien Curé
deNogent le Roy.
Jjhwy qtte la Lettre quifrit ait
tfié écrite ily a déja deux ans,elle
n'efl tombée entre mes mains que
depuis fort peu de joursi & comme
elle contient des choses ajjèz. particulièresfut
les TrtmbltmtllNe Terre,
je ne doute point que vous ne flJe
bien Aifl de lessçavoir.
A Fau- cleranton le 20. de May 16$2. c'Est pour vous donneravis,
Monsieur, d'un X£ÇJÏlblç.
ment de terre qui se fit icy sur
lestroisheures, la nuit du Lundy
au Mardy apres l'Ascension. On
avoit esperé que le temps pluvieux
cesseroit le jour de cette
Feste, mais il continua, 6c l'humidité
de l'air le rendit mesme
assez froid pour obliger beaucoup
de Gens à s'approcher du
feu le Dimanche au foir, & le
Lundy au matin. Le Soleil ne
parut point ces jours-là avant
Midy, à cause de la pluye, &
parut peu quand elle eut cessé.
Je pris garde alors, que la Riviere
(c'est la Seine) avoit crû
de plus d'un pied depuis le jour
de l'Ascension
,
& que ses eaux
estoient un peu troubles. Le
Lundy au foir 11. de ce mois, le
Soleil s'estant couché dansun
nuage noir, fit juger qu'on n'étoit
pas quitredu mauvais temps;
néanmoins il devint si doux, l'air
si tranquille & si pur, la Lunesi
claire, '&\les Etoiles sibrillantes,
que je poussay avec plaisir
la promenade bien avant dans
la nuit. Le Printemps & l'Automne
sont
, comme vous savez
,
les Saisons des Songes,
aussi-bien que celles des Tremblemens
de terre, & le retour
du Soleil vers nostre Hémisphere
a accoûtumé d'accroistre&
de fortifierles premiers, 6c d'être
l'heure la plus ordinaire des
autres. Le fonge ne m'épargna
pas cette nuîtJàJ non- plus qu'il
aQit fait les précédentes; ôC
dans le moment que je voyois
avec grande frayeur la France
attaquée de toutes parts, par
cent Roys jalouxdelagloire du
nostre, le Tremblement de terre
fit évanoüir le fonge. Je m'éveillay
en sursaut, 6cm'estant.
d'abord levé sur mon séant
,
je
mesentis-ébranler,avec mon Lit,
ma Chambre, ÔelcBadmcntcu
j'estois couché, au bruit d'un
bourdonnement semblable à ce.,
luy d'un incendie
, au cliquetis
desvitres, qui estoit fort grand,.
& aux cris des Choüettes Se des
ClÜens» qui se mirent de la partre
d'isti air qui n'estoit pas trop
agréable. Ilme sembla que cette
agitation violente me berçoit,
pour ainsi dire, de l'Occidentà
l'Orient; mais comme elle ne
me donnoit pas envie de dormir,
je me levay tout-à-faiten tretelant
, & dans ce moment elle se
passa. J'allayaussi-tost à mes fenestres,
pour voir l'étatdu Ciel,
&j'y trouvay la serénité dusoir,
à la réserve dequelques petits
nuages dispersez du costé du Levant
& du Midy ; & voulant reconnoi
stresi l'eau du Puits n'au.
roit point estétroublée par quelque
vapeur, exhalaison, fumée,
ou vent, j'en fis puiser
,
& j'en
goûtay; mais elleme parutaussi
claire&aussi bonne que de coutume.
Les Gens du Village qui
estoient encore au Lit, y furent
traitez de la mesme maniere que
moy, & entendirent le mesme
bruit, ou bruiment, & chacun
d'eux se persuada que ces effets
inconnus se bornoient à saMaison
, & les attribua bonnement
au retour de son dernier Parent
mort, qui venoit luy demander
des Prieres. Mais ce qui est difsicile
à concevoir, c'est que ceux
du Village qui en estoient déja
partis, pour aller à laVille voisine
chercher del'ouvrage, estant en
chemin dans cetemps-là, ne s'aperçurent
d'aucune chose, 6cnô
furent pas peu étonnez, lors
qu'ils trouverent les Habitans
de cette Ville en alarmes, & en
prieres, pour le Tremblement
qu'ils avoient senty
,
mesme à
deux reprises, &.:. d'une maniere
plus violente qu'à Cléranton,
comme 011 le peut juger par quelques
tuiles qui y tomberent des
toits, par des tables &dessiéges
qu'on entendit remuer, & par
un sceau d'eau fraichement tiré
,
dont prés d'un quart s'épancha
au temps de l'agitation. Ce
qu'il y eut icy de plaisant, c'est
que la Fille de la Maison
,
qui
n'a que sept à huit ans, & qui
estoit couchéeauprés de sa Mere,
luydemãda, pleine d'épouvante,
à quel Saint il falloit se voüer
pour les Tremblemens de terre,
& la pria de luy en apprendre
l'Oraison. Cette Dame qui n'est
pas si sçavante en cela que les
Quinze-vingts, eutenviederire
de cette demande, qui luy faisoit
connoistre que sa Fille croyoit
qu'il en fure de cet évenement
comme des journaliers; 5c luy
répondit fort à propos,qu'il
falloit s'adresser au Creaceur, &
Je prier d'affermirsesOuvrages,
& de conserver ses Créatures.
Cette sage réponse me fait sovenir
de ce que jay lú autrefois
dans laMotheleVayer
, au
Traité qu'il a fait de ces Tremblemens.
Il rapporte que les anciens
Romains n'adressoient leurs
prieres à aucune Divinité particuliere
dans de telles rencontres,
comme ilsfaisoient en fojre
autre, parce qu'ils avoient peur
de se méprendre, ne sçachant
pas par quel moyen , ny par quel
Dieu, ou par quelle Déesse la
terre estoit ébranlée. Apres quoy
il oppose à la modestie de ces
Romains la vanité des Grecs,
qui se vantoient non seulement
de sçavoir la causede ces grands
mouvemens, mais encore d'en
prévoir la venuë. Pour moy,
qui trouve cette cause aussi in.
certaine en cetemps-cy, qu'elle
l'estoit du temps de l'ancienne
Rome, je laisse à de plus hazardeux
que je ne fuis, à vous en
expliquer leurs pensées, ou celles
des autres. Je ne puis pourtant
m'empêcher de vous dire,
que les Devotes de la Ville de
mon voisinage, présumant que
ceTremblement est général, le
comparent à celuy qui se fità la
Mort du Sauveur,&le croyent un
signe aÍfúré)&. un avertissement
charitable que Dieu nous donne
de laconception, ou de la naissance
de l'Antechrist, & surcela
preschent laPénitence, & la fin
du Monde
5
& que les Naturalistes
du mesmeLieul'attribüent
au détachement de quelque
grande partie de la Terre, qui
cft tombée vers son centre ,
6c
qui a ému tout le rc ste
,
fondez
sur l'opinionqu'ils ont, que la
Nature ne faisant rien en vain,
n'a pas donné trois mille Iieiies àcet Elément,mais
l'arendu creux comme une Tabatiere.
Ces imaginations font
plus propres à faire rire,qu'à
persuader. Ce qu'il y a de sûr,
c'est qu'on n'a jamais lû, nv oüy
dire, que la terre ait souffert de
pareilles secousses en ce Païs-cy,
&qu'il est étonnant que sa situation
basse, & éloignée de plus
dequatrevingt lieües de l'une &
de l'autre Mer, jeveux dire de
l'Océan & de la Méditerranée,
ne l'ait pas garanty de cet accident.
Il me délivra de la frayeur
de mon songe, du moins aussiviste
qu'un semblable dissipaautrefois
la crainte des Eléens, à
la veille de voir fondre sur eux
une puissanteArmée de S partiates,
conduire par Agis; ce Roy
prit le Tremblement de terre
pour une menace du Ciel, &se
retira de l'Elide, sans y faire
aucun mal. Agésipolis, qui ne levoulut pas imiter dans uneautreexpédition
de S partiates ,traversée
d'un pareil Tremblement,
eut la honted'alléger la Ville v d'Argos, sans la prendre. Jejuge
de là, que Pline n'a pas raison
devancer quecesgrands remuëmens
sont des présages de malheur
pour les Païs où ils arrivent,
puis que ceux-là retour-

nérent si fort au bien des Eléens
& des Argiens, chez qui ils
estoient avenus, te que celuy-cy
m'a soulage d'un songe tres-incommode,
si un songe, quelque
important qu'il soit, mérite d'être
mis en ligne decompte.Vous
penserez peut-estre que je fus
guéry d'une frayeur par une autre
;
mais en verité, Monsieur,
vous ne penseriez pas juste cette
fois- là; le peu de duréedu Tremblément
ne m'aurortpas donné
le loisir d'avoir peur, quand bien
j'eusse autantredouté ceTonnerre
soûterrain T; queje crains
peu ceux qui grondent si souvent
sur nos telles
,
il se passa
en peu de momens. J'ay du panchant
à croire qu'il trouva son
issuë à une demy-lieüe d'icy, de
l'autre costé de la Riviere, par
une ouverture qu'un coup de
foudre y fit dans le guéret d'une
Colline, il y a quatre ou cinq
ans, & qui se trouve augmentée
depuis leTremblement. Cette
ouverture a la figure d'un entonnoir,
avec vingt pieds de diamétre
par le haut, & répond
à des Cavernes fort profondes,
comme on le juge au bruit des
pierres qu'on y jette. Homme
&Cheval y passeroient par l'embouchure
, quoy qu'il ne le semble
pas; ce qu'on a reconnu en
y poussant un Cheval malade,
qui disparut en mesme temps.
CeGouffre est d'autant plus dangereux,
qu'il ne paroît pas si plein
de danger. Vous avertirez vos
Amis, qui viendront de Troyes
à Bar-sur-Seine, par la Guillo.
tiere, d'y prendre garde, parce
qu'il n'est qu'à huit ou dix pas
du grand chemin. Il n'y auroit
pas de plaisir à voir les Etoiles
en plein jour par un trou si profond;
on y seroit peut-estre plus
proche des Enfers que du Ciel,
& il pourroit bien y avoir quelque
reste pestilentiel de vent,
plus propre à empoisonner qu'à
rafraîchir. Comme on parlera
par tout de ceTremblement,
j'ay beaucoup d'impatience de
sçavoir, s'il a tenu autant de Païs
que ceux qui arrivérent fousles
Empires de Dioclétien
,
& de
Valentinien, qu'on fait passer,
comme celuy qui accompagna
la More du Seigneur, pour universels
; s'il n'a point este aussi
merveilleux en quelques Centrées
, que ceux qui firent combattre
des Montagnes anprés de
Modéne, du temps de la Puissance
Consulaire, changer de
place à un Verger d'Oliviers
dans la Bruzze du temps de Néron
, &sauterPélionsurOssa,je
veux dire une Montagne surune
autre, comme ilfiten Angleterre
en 1571 ;
s'il n'auroit point esté
aussi terrible en d'autres endroits,
que ceux qui affligèrent la Judée
en la sêptiémeannée du
regne d'Herode, & l'Asie dans
la sixiéme de Tibere, qui rcnversérent
Nicomédie de fonds
en comble en 358. qui desolérent
Ferrare en 1570. qui ensevelirentPivry,
Ville des Grisons,
sousl'une de leurs Montagnesen
1618. & quiaMmereot une par.
rie de Malaga en 1680; &; si enfin
cette forte d'émotion n'est
point uneespécede Coliquesouferre
par la Terre, que quelques
Philosophes ont crue animée,
comme vous sçavez, dont on
) * ne peut pas dire qu'elle soit guérie,
qu'après quarante Jours,
terme réglé des maux douteux
ôcfufpeéb
,
sùivant l'explication
que je croy devoir estre donnée
aux Textes de Pline &c: (iari.
stote, à l'endroitoùils traitent
de la durée de ces grands mou.,
vemens, Les Nouvellesextraordinaires
méritent une curiosité
de mesme nature.
Mais, Monsieur, je fais réflexion
, que depuis quatre années
les quatre Elémens nous
ont montré dtassez terribles
échantillons de leur puissance.
Le Feu a allumé une Comète
d'unegrandeur surprenante;
l'Air a exercé un Ouragan, qui
a desolé beaucoup de Païs ;
l'Eau
a forcé ses barrières naturelles,
enlevé une Forteresse avec sa
Garnison
,
8c son Canon
,
&
causé beaucoup d'autres dégars;
& la Terre enfin s'est remuée,
malgré sa solidité 8c son immobilité
, nous a menacez de l'ouverture
de sesabîmes, Sea peutestre
fait ailleurs le mal, donc
on n'a eu icy que la peur. Une
liaison si étroite d'évenemens
extraordinaires n'a sans doute
point d'exemples dans l'Histoire.
Le jugement que j'en fais, est
que comme nostre Siécle est celuy
des Prodiges, à l'égard des
Arts, des Sciences, de la Politique,
&de la Valeur, Dieu
veut qu'il le soit aussî à l'égard
de la Nature, afin que rien ne
manque à sa grandeur, & qu'il
soit le plus merveilleux de tous
les siécles
; mais quoy qu'il arrive
, rien ne contribuera tant
à l'élever sur tous autres, que
les qualitez sans pareilles, & les
avionsinimitables de nostreauguste
Monarque. Onn'ajamais
rien vu de si grand,& on ne peut
rien concevoir de plus digne d'admiration.
Jesuis,Monsieur,&c.
Dt VIENNE-PLANCY.
RELAfION
rr.<i('1D-":' '¡Ur:Nt:'V'-OY,AGE
FAIT EN AMERIQUE.
A MADEMOISELLE DE S,
E ne puis, Mademoiselle, vous
envoyer par cetOrdinaire le
détail dugrand voyage que j'ay
fait en Amérique, avec tout le
bonheur possible, & toute la diligence
imaginable. Le peu que
je vous en écris, est dans la pure
sincerité ; les choses y font si
belles par elles-mesmes, que je
croirois leur faire injure,d'emprunter
les ornemens de leloquence
, pour relever leur éclat
naturel, que je gâterois, comme
font la pluspart des Voyageurs,
par des fictions Romanesques,
semblables à celles des Sevanimbes.
Je dis donc dans la pure vérité,
que j'arrivay
,
& vispresque en
mesme temps les plus beaux endroits
qui font le longde la
JiiTÎeredeSurinAme> qui est la
plus belle de toutes les Rivieres
de l'Amérique. Je n'ay eu faute
de rien, ny en allant, ny pendant
mon séjour
, ny dans monretour,
bien que je n'eussefait
provision que des Instrumens de
Mathématique necessaires pour
reconnoistre ladiférencedu Méridien
du lieu de mon depart, à
celuy de l'embouchure de Suriname
, par de bons Horloges à
pendule, & par l'observation des
quatre Satellites, ou Lunes qui
tournent autour de jupiter.
Nous passâmes sous le Tropique
d'Eté, & vîmes à Midy l'ombre
de nos testes entre nos deux
jambes, & le Soleildans le fonds
d'un Puits très- profond; enfinà
six degrez de latitude, nous fûmes
dans la Merde Cust, & mon.
tâmes la grande Riviere de Suriname.
Noustrouvâmes bien-tost
sur la maindroite Piramdribo.
C'est une Ville à cinq Battions,
aparrenanteaux Hollandois;elle
est comme la Clef, qui ouvre ou
ferme la porte pour leCommerce
de cette grande Province habitée
par des SauvagesNoirs, dont
les uns font entrez dans les intérestsdesHollandois.
Paramaribo
est un des plus beaux séjours
du monde
,
à cela prés, qu'il y
pleut pendant trois mois sans discontinuation
aucune; ce qui arrive
régulierement toutes les années
,commeje l'ay observé pendant
mon peu de sejour.
Bien que Plutarque ait autrefois
écrit de la cessation des Oracles,
on ne laisse pas d'entendre
tous les jours dans Paramaribo
ceux qui y sont rendus dans un
Auguste Temple, par la Déesse
Lotitsi -
Lucie de Suriname, Elle
estoitautrefois une des principales
Divinitez Etrangeres du
Panthéon de l'ancienneRome.
Celapeut servir à l'Histoire,
pour démontrer que l'Amérique
n'estoitpas anciennement inconnuë.
Poussez parlacuriosité qui
est naturelleàceux de nostre Na'\
tion,nous coutûmes au Tctûplc-,
de cetteDeesse, nous y trouvâmes
tous les Drüides occupez devant
la" Déesse, pour plaider une
Cause de la derniere importance.
Ils prétendoient fairecondamnerune
Vestale à estreenterrée
vive, pour le seul crimed'avoir
fait un Vers, bien qu'il ne sentist
qu'un peu indirectement,
l'amour. M. JEn. Senec. IJOrteurl'expliqua
en touteslangues;
Voicy ses termes Latins,
Felicesnuptæ!moriar,nifinubere
dulce est..
heureux est£Hymenfcl
Jemeure s'il riestdoux C,
Lfavoirun Epoux.,
Un Accusateur des plusanimezfaifoic
des exclamations surchaque
que mot de ce pauvre Vers,
heureuxestl'Hymenée, ce {on-r;.
disoit-il, des termes partis da
fonds du coeur, & qui marquent
sesardensdesirs. Je meure.,c'est
un Serment qui nepeut estre foufert
à une Vestale. Je meure, s'il
n'est deux, dJtmbraffir un Epoux.
Ou elle jure à faux, ou elle jure
apres l'avoir expérimenté. Elle
doit mourir, &.c.
Je m'informay du nom de ce
Procureur, on le nomma Porcius
Latro, à latrtlndo; car au Royaume
de Suriname on appelle les
choses par leur nom , un Chat,
un Chat, &c.
Enfin la Déesseprononçal'Arrestd'Absolution.
Voicyennôtre
Langue les termes de (on
Oracle,
Les Poëtes ne Jcntcntpat tout ce
qu'ils disent.
LaDéessenous honora d'un
petit coup d'oeil, accompagné
d'un agréable mouvement de
teste, bien diférent deceluy que
la cettede l'Idole d'Abelanecus fait
à Madame de Clerimontdans la
Comédie de laDevineresse. Elle
profera ensuite quelquesmots en
langage Sauvagin. Plusieurs de
nos François en furent aussieffrayez
que s'ils avoientesté conviez
au Festin de Dom Pédro;
Mais le Grand Prestre nous les
fit expliquer par un Dragomant,
qui nous assûra que cette belle
Déesse avoit dit, Braves Etrangers,
sôyez, les bien-venus. E stant
donc rassurez
,
quelques Dames
de nôtre troupevoulurent éprouver
la bonté & le sçavoir de cette
:
Déesse, pour estre instruites par
ses Oracles, des choses qui ne
concernent l'avenir, dont Horacemesme
défefidi>ica<ix Hômmes
fages de chercher la confcoiflTanct.
Elit répondit i toutes
les demandes fort obligeamment,
& mesme en Vers François.
Cela étonna nos Dames,
autantque les Sauvages,qui n'a
voient jamais ouy leurDéesse
parler un tel jargon. Pour mot,
je n'en fus pas surpris
} car les
Déesses font du moins d'un esprit
aussi sublime que bien des Personnes
de qualité, qui sçavent
tout sans avoir rien appris. Je
vous envoye une partie des Questions
que nos Dames firent à la
Déesse de Suriname, & les réponses
Oraculaires qu'elle rendit.
Vous m'obligerez de m'en
apprendre vostre sentiment.
QUESTION DE M. D.
LEquelfiateroitplusvo-ssens &, voflrt
cetur?.
OH dSounn AAmmlalnntt jjaalloouuxx,, qui ttoouûloouurrss CeFnT
fureur, Nevous donnAftAucune patience;
OH d'unautre, de qui la tranquille con- ifance -
Ne vous marquafl jamais aucun tranIport
jaloux,
Et qu'ilse rtpofaftfltns nulle défiance
Etsursonmérite &survous?
REPONSE DE LA DEESSE
de Suriname. NT l'un nyl'autreenvérité
Ne me pourroit donner de U
tendrejïe.
Vn Amllntsijaloux n'a que de la rHdeJlè;
Vautreavecsa trAnquillité,
Suiventse repoferftirmafidélité,
Marque trop peu d'amour
, eu trop de
vanité.
QUESTION DE M. D.
LEquel vont pamftflui honteux}
OH decesser(faimer, OH neftrtpltg
aimee ;
Quitter l'Amant qui nomauroit char-
1 mee,
On-bien Iny devenir un objet ,dieHx,
REPONSE.
LOrs qu'on prétend Aimer avec dé-
-licateffe,-
A quitterpm Amant, jamais, je le ç"l1
"Onfiédevroitsautoriser; (segè,
Maisane vontrien déguifer,
Treufefire millefois ma conduite blâmée]
Je neffauroi*aimer,sije ne fuis aimée.
QUESTION DE M.D.
LEquelcauseplm de douleur,
,De voir que voflreAmantfait moi
perfidie, - -
Et que portant Ailleurs &sesfoins> &
fortcoeur, Ilma^quequopourvomfa tendrejfttft
finie;
Ou vous aimant toujours, qu'il manqué
ason honneury
Etse couvre d'ignominie?
REPONSE.
MOn Amant eufi-il mille appas,
1
S'il manqueason honneur, if
confsns qu on laffimme*
Quilaiwe ailleurs, je n'y balancepas,
Et faime mieuxquilfait le dernier des
,
ingrats, ,:£**de Je vsirmal-hlnntfte Horm"'
QUESTION DE M. D.
LOrs quesans savoirmérité,
Nous voyons aumAmant nota
quitte, &sedégage,
Qkefansfoy
j
sans hotlnefteté"
il devient malgré mus & perfide & vo*
L,,[/,
Etqued un antre objet il s'est laijfîchàr*
mer,
Ailleurs ainsi que luy ne doit-on pas ai*
mer?
REPONSE. IL nefaut point dexcuse à la légèreté,
Il nest point de raison pour l'infidélités
Malheuravofire coeur, s'il trouveun in*
fidelle;
JMais lors (pl¿ll'atrflUvi,si ta""urq¡o_lU..
rapelle,
Gardez-vous bien,Iris} d'en écouter 1*
voix.
Aimer, & bien aimer, nese dût qùnnk
foir.
Les Messieurs demandérent
audiance à leur tour, & les Dames
en estant convenües ,
l'un
d'eux commença ainsi.
QUESTION DE MrD.
LOrs quefinsFavoirfeuhaite,
Etsansrendreaucunsfoins, je
rencontreune Belle
Dont le coeursedésalt, de toutesfaiffiieerrttéé',
Etveuteflrepvurmoytendre, ardentefr
fidelle,
Faut-il avoirmêmeamour,mêmeztlef
Luy dois-je enfin de la fidclité?
REPONSE. LOrs eju'avottsplaireainfivoptsvoyez,
au on semprtjJe,
Sivoftre coeur nepeut aimer cette Mai'
r tresse,
'Pourla tromperriayez, aucuns d(tHrS;
Ne luy marquez, jamaisunefausse tenàrtJfe,
Et derabufez-la, s'¡lfeptutf.nsrudéJ!ia;
Mais si vont luy jurez, d'éternelles
amours,
Etsoûtenez. parlà ce quelle afait altvance,
Soit pAr amour ou parreconnoijfancel.
N'en doutez, point,Hfaut l'aimer tou-
¡QHJ
L'Oracle prononçoit le dernier
mot, lors qu'ungrand bruit
frappa mes oreilles. Je m'éveillay
en sursaut,avec un grand Hélas!
J'éprouvay avec douleur ce que
Senequedisoit dans sa102. Epitre
à son Amy Lucille.
Qu'il est doux d'estre heureux quoy quet
cefoit ensongel
Qui nous éveille:a tort, nom privantdès
plaisirs -
De pojfederunbienqui comble nos desirs,
JQuoyqu'ilnesolt en tout qu'un Aimable
mensonge.
Voila, Mademoiselle, la pure
verité de mon Voyage. Je me
trouvay couchécontreunepalis.
fadedu Jardin du Luxembourg,
d'où j'estois party en dormant,
& avois fait dans une heure ce
grand Voyage sans faire aucune
dépense, & sans courir aucun risque
par terre nypar mer, n'ayant
senty aucune des incommoditez
ordinaires du coeur, contre lesquelles
en 1654. le R. P.Alexandre
de Rhodes de la Compagnie
deJesus,voulantaller au
Tenquin, m'avoitordonné pour
remède souverain, de mettre une
piéce d'hyvoire sur la bouche de
l'estomac, & de manger grillé
quelquePoisson qu'on trouveroit
dans le ventre d'un autre
Poisson.
Nous ne manquâmes point
d'eau,&n'eûmes pas lieu d'adoucir
un Tonneau d'eau de la
Mer, le roulant apres y avoir
jetté un mélange fait avec du
jus de Citrondistilé, &le quart
de Farine fole, &c.
Ces belles Dames,qui dans leur
charmante conversation avoient
fait & récité ces Vers pendant
mon sommeil
,
furent surprises
de voir lever de terre un Homme
tout debout, qu'elles n'avoient
pas crû qui fust couché
si prés d'elles. Leur étonnement
augmenta, lors que je leur eus
fait connoistre que ma mémoire
citoic si heureuse, mesme en dormant,
qu'elle me fournissoit les
beaux Vers qu'elles avoient si
tendrement prononcez. Elles
font toutes belles & très spirituelles
, &. ont dans les yeux le
mesme feu qui paroist dans leur
esprit. Jeneconnoisde nomque
Madame de D. Je vay m'attacher
à devenir beau Dormeur,
&j'espere par cette adresse d'apprendre
la suite des Réponsesde
la Déesse de Suriname deSommeldiks)
dont je vous feray part.
Je fuis, &c. -,
- COAilERS, Prevoflde Termnt.
roicy, Madame, ce quej'ay reçUJ
Explications en Verssur les Enigmes
du mois de Vtccmbre, qui
Avaient estêfaites toutes deux sur lA
jililtbe Mi.
i.
E voy bien, aimableCalifle,
Etvotaanssi)BergerFleuriste,
Sinepour membarrajfer vous tftes de
concert;
Aiais cela nevontfertde guére;
DevoftreénigmatiqueAffaire
Têtttlefeeret mejidécouvert;
Et pour vont dire enfin ce qui m'en
semble,
Ainsi que vos deux coeurs rien ferment
auun ensemble,
Devosdeux Enigmesaussy
Pém rienfaitesquune,& cefl Mi.
DIEKEVILLE.duPonclevetaue.
L II. Autrejourlajeune Angélique,
En me voyant trisse Ô" reveur;
S^iras-tufait de ta belle humeur,
Pour ejîre si métllncolique,
Me dit-elle Sun ton railleur?
Ab! cruelle, cest ta rigueur,
Luydù-je,quifait ma douleur.
Jlfautfoulagertonmartyre,
Dit-elle.faisantunsoùrire,-
jEcoute-moy chanterun Récit etAmadù,
*Toutles Ainenfontapiaudû;
Je vais te charmer par Voreille.
Ellechante, &ji..ttff queson Airfut
finy,
La Folette me dit,n'ay-jepasfinit merveille?
Je nay pas manquéd'unfettl Mi.
Il ifi vrày que tavoix enchante,
ZU] dis-je} & taméthode a beaucoup
a, i dtagrément.
rJtfdithelas ! que mefertquellefoitJî
charmante,
Si je n'en refoy pas quelquefoulaçements
Le mesme.
v III. Ons méritez, beaucoup, admirable
-
Callifte;
Cependantpouvez-vins donner le nom
d'Am)
Augalant &[agi Fleuristes
Non,tota nI lepàhVet,sanslajtllahe
Mi.
GYGES.
p 1V. Eut-on, divin Courrier, qtfon Aime
&avioneftitoe,
-Se bien se6 ressouJ venir-qUtton est vostre
AMY,
Sans découvrir le Àioideftine&t'Autre
Ewgne, - Thûqu'onnt peut donnersonsuffrage
aua Mi?
Le mes-me.
Q v. Voy! tona quatre pieds, un fin*
metsurtoreille,
Sans estre Fille, ny GarfÓlI
Et mesme ny Chair,ny Poijfln.
Fut-iljamais chose J'Are'illes
YDIU nous tenfeignerez.,Mercure nestre
Amy, -
le croy pourtant que cefi un Mi.
L'Exilée de laVille-Françoise
VI. JEfaisplmdecafdesdeuxMi
Que fay refeui, GaUnt Mercure,
Prvostre derniere vetture,
JQue de toutte quipeut me venir aun
;
Amy.
Quecetravailmeplatfi!llefl de deux
Aimables,
JQuejeveuxcroireAmans infiparables*
Il n'est rien dep,Pllumt achee-vvéé,,
Les pl," fâcheux l'ont approuve.
La BelleNourriture.
T VII. Outjeune que jefuis,/'ay fejprit
vifsouvent,
JedefccnÍ de quelqu'un qui voit cturir
le vent;
Des Enigmes dumois j"ay déchiffré
/Arabe,
TY trouve fie mon nom l'une & l'Autre
f-illabe;
Et pourne riell dire aderny,
C'est que l'en m'appelle Mimi.
MIMI-MIdelahuitième
Classe de Geneve.
VIII.
1
J
"Efcois encor prâfquendormy,
QJutndon mapporta le Mercure,
Des Enigmes pourtant jecherchayla
leflltre;
A'aiécjuoy, toutes les deux ne contenaient
quttn Mi.
ALCIDOR,du Havre.
M IX. E tYOmpajjc, Mercure, ou bien
ay-je raison,
De croirecjue lesdeuxEnigmes
OntunetelUliaison,
- Qitcdans l'une on voit l'autre, & que
fautes -leu, leursrimes
Necachent à nos yeux quelafillabù
Mi?
Jel'ay gdgé contre un Amy.
Leme-sme
X.
Aux Antheursdes deuxEnigmes. ADmirables Bergers,dont les charmans
Ouvrages
Ont autant de raport que de perfections
Fousfaites juger axxplusfages
Quonrien trouve pas moins dans V»f
eeélions;
Car lors que l'on a veu de £aimable
Calife
Ujie Enigmesur la Beauté,
Elle avoit feulement le droit de pri-
-
mauté
Sur le galant BergerFleurifle;
Et le Si merveilleux, avec tous ses détours,
Fut, il pas déguisé par le mesmesecours?
Ainsi cette union qu'on trouve inflparaele,
Nousfaitvoir en ce mois, (fanfiile incompparable,
jQue vous, belle Calijle, imitant voflre
Amy..
Vous vous tfles encor rencontrez,sur te
Mi.
Le meÚQe
v Xi. » OUI ne nous ètraînez> Mercure,
qua demy,
- - - Dans ce premier mois de -, lAnnée.
Croyez-vus quejefoisfatùsaite duit
Mi?
NonySeigneur, fefpèroù estre mieuJr:
ÙrennÙ.
SYLVIE, du Havre.
L XII. E chagrind'avoirveu mon Berger
me quitter,
Mavoufait renoncer, Mercure, à tes
Enigmes;
Maisd,f'f)l.fil q.ue Mau depuis que jieevvon1" qquu'iillrreevviieenntt
menconter,
Je reprrensidumplaijîr à rêever susrI.-.urî Lors qfue pour un aimant on rejfeitt sa our,
Et qnefon changement chagrine,
Aquoy fert defaire la fine?'
Onjeji bien-aise du retour.
Faurmoy, tant que dure le jour.
Pour en marquer mon allégrejfey
rdpxeïttn rigoureux ennuy Je , nefais que chantersans cesse.
ZJiremlfa}fàfalfaMi.
-lil nefautpas que Ionmeblâme
T Detaveu que je tefais là,
^Mercure, car malgré cela,
JJeçf(uuiüt ttoouuijootuirrsslalaBBeellllee à l1'A"n.AangarZarmammmee
Libre d'amour, de la Ruë
du Bac.
PORTRAIT
vA MADAME*** Oicy la premiere fois, Madame,
quejevois une gradé
réputationle soûtenir. Ilyena
tant'defàusses, que j'avoisune
foyfort chancelante pour la vôtre
;maile moment où j'ayeu
l'honneur de vous voir, a finy
mes doutes, & je fuis plus persuadé
que personne, que vostre
esprit est étendu
,.
vif & penétrant,
vostrediscernement juste,
que vous avez le goust fin & délicat
)
& non feulement je suis
convaincu que vostre esprit a ces
divers avantages ; j'ayremarqué
qu'il est soûtenu du bon sens,que
son feu est modéré,ses productions
digerées, ses efforts modestes
,
& qu'il a autant de solidité
que de brillant. En vérité,
Madame,on a raison de dire,
que vous n'estes pas moins propre
à donner des conseils, toute
jeune que vous estes,qu'àvousfaire
admirer par vostre Chant
& par vostre Lut. Pourquoy ne
croirayje pas ce qu'on JXLA dit
de vostre coeur,puis queje trouve
tant de fidelité dans l'éloge qu'on
m'a fait de vostre esprit ? Vous
avez, dit-on, les plus beauxsentimens
du monde ; les intérests,
de vos Amis vous font plus chers
que les vostres, vous estes sincerej
usquesà la bagatelle, bonne
&genereuse, honneste naturellement,
engageante sans dessein,
d'une humeur si douce, & d'une
société si agreable
,
qu'on tient
à vous par vostre seul mérite,
plus fortement qu'on ne tient
aux autres Femmes par tout ce
que les plaisirs ont de plus sensible.
On parle de vous, Madame
, comme de ces Femmes
extraordinaires
,
qui ne sont pas
seulement le Modele de leur
§£xe, mais qui donnent de la
honte au nostre. Si je trouve
tout cela, que deviendray »
je?
Doit-on défendre son coeur contre
tant de mérite; & quand le
mien fera prest de vous ceder,
ce coeur tres-tendre, quel fera
son destin? Que je vous crains,
Madame, & que j'ay raisonde
vous craindre! On dit que vous
écrivez comme vous parlez,c'est
à dire, parfaitement bien,qu'il
n'est rien de plus naturel que vos
Lettres. Phébus n'y a point de
part. Cependant elles font pleines
d'esprit &deraison. Ce n'est
point un assemblage de grands
mots, qui ne veulent rien signifier
; c'est quelque chose de si
fin & de si singulier, qu'il n'y a
que vous qui écriviez comme
cela. Pour des Vers,j'en ay vû
de vostre façon; je ne myconconnois
pas, ou vous les faites
sort facilement. On y remarque:
un air libre & dégagé, qui nei
fent nullement le foin ny la pei- ne; sur tout ils me paroissent si:
Qiienjesiifanty j&fentoisnaître
Undouxpanchant a menfiâmcn
Etton n'a gafpeine à conlliftre,
QueJtvous n aimez, pas, voiu[fauriez.
1 bien aimer.
Seroit-il possible
,
Madame, t
que l'insensibilité fust vostre de-;
fi¡ut? J'aurois mille choses àvous,
dire sur ce fuj et, s'il m'estoit permis
dem'expliquer.Jsfuis,&c.
srR:
SVR. vN BRACELET
de Cheveux rtfU. LE Présent que vous eustes
hier la bonté de me faire,
m'est extrémement cher pour sa
beauté, mais sur tout pour la
maniéré obligeante dont vous
me le fistes. Je vous avoüe, Madame
,qu'encore que je fois persuadé
que vous estes libérale &
genéreuse, je n'avois pas esperé
qu'il dust estre si riche, ny accompagné
de tant de grâces,
bien que je sçache qu'elles logent
toutes chez vous. En venté
quand je pense qu'il vient de
vous, &qu'ilest peut-estre l'ouvrage
de vos belles mains, mon
admiration se change en amour,
& mon amour tient unpeu de
l'idolâtrie. Mais, Madame, lors
que je me fouvieas que c'est un
tissu de vos beaux cheveux (car
vous ne viendrez jamais à bout
de me persuader le contraire ) je
ne puis moderer ma joye. Elle
éclate visiblement sur mon visage
, toutes mes actions la font
pariostre ; & dans le ravissement
où je suis, je me laisse all er aux
faillies & aux emportemens qui
m'entraînent.Quoy,dis j-:-,efiil
possible que j'aye une partie
de ces beauxCheveux
,
qllione
contribué à ma prise, & m'ont
servy de liens? Est-il possible
qu'ils soient enchaînez à leur
tour? Non, il n'y a point d'apparence
; je ferois trop heureux.
C'est un fonge agreable
, c'est
une illusion flateuse. Mais mes
yeux qui ne peuvent soufrir
qu'on les démente, me disent
que c'est une verité
,
mais une
verité qui charme & qui enchante;
de sorte,Madame, que
vous me réduisez à la nécessité
de n'élire pas quite avec vous
apres cette vie, & de mourir ingrat
malgré moy. Au reste s'il
faut queje fois redevable à quel»
qu'un, j'aime mille fois mieux
que ce soit à vous, qu'à pcrsonne.
J'ay une secrete inclination
à ne me pas aquiter des
obligations queje vous ay ,
authbien
ne le pourrois- jefaire. Il
m'est glorieux, Madame, de
tenir de vous tout mon bonheur,
&je ne vous fais àdessein
qu'un mauvais remerciement,
afin que je vous doive la grace
entiere.
A UNE DAME,
StJrlA perte de fin Trecés,contre un
fretendu Mary, farfon Avocat. QU'un Homme est malheureux,
Madame, lors qu'il
entreprend de soûtenir des intérests
qui luy sont chers, &qu'il
n'y reüssit pas! Oüy, Madame,
j'osedire que je fuis plus à plaindre
que vous, & que je sens
mieux que personne, la petite
¿J;'r I.JC'; dont je vous vis hier
alarmée. Neantmoins apres y
avoir bien pensé, je trouve de
grands Ílljers de consolation pour
vous & pour moy dans cette Affaire.
Nous haïssons tous deux
la perfidie
a
& vous ne perdez
qu'un Perfide. Essuyez donc vos
pleurs, Madame, &ne les prodiguez
pas ainsi. On n'a jamais
fait l'honneur aux Traîtres, de
les regreter aprèsqu'on les a
perdus.
Vous riavez, veu jufquicy que
des Ouvrages en Proje de Mr deI4
Fcvrerte. Voiey des Refonfes Vosdesa en auxcinq J^uejliotïs
du XXIII.Extrdordinairr.
S'ILEST PERMIS A UN
*
Homme qui aimeavecpassïon,
de foubflijcer que la Personne
qu'ilaime,neluysurvive que
d'un moment. HE!quelle jaloufefureur,
PauvreAmant,embraie ton
v1. coeur,
Quand 14 mort vafinir ton amour &
tavie?
Que timporte après le trépas,
Qu'un autre possede Silvie,
Quellet'aime, ou ne taime pas?
Car enfin jecroy que lamort
Bannitle Convenir denos amourspa/féu;
Et ne la>ffea nostre ameaucunedespettfees
R!.Û pour l'Objet aimé, la tourmentoicnl
Jifort.
Oh s'il eftvray, qu'en tantre Monae
On aece quinousfMt ehen
Ce.sidansune paix si profonde,
Qxefa legereténefçf,a-W;trfooiittnnooUu4l ttoouucchheerr..
Maisje veux mesme qu'aux Enfers,
Vn Amantporte encor sesfers,
Etfoit Esclave desa Belle;
S'il ne peut pas douterdefafidélité,
Cess une trande cruAuté,
DeftHhaitersa mort, pour mieux s'affurer
cfelle.
Etsicette jeuneBergePI
jd mille autres Bergers,prodiguoitf
appas.
Si Cinconfiance efloitson earaftere,
Elfe feratoujoursinfidelie, & legere,
La mort ne la chantera pas.
PArdes ratfansplussérieuses,
Je combatrois ce ftntimenti
Mllis pour les âmes genéreuftt
Ceferoit inutilement.
Et que mefervirêit de dire,
Aux Brutaux que tAmour inspire,
Queceftungrandaveuglement,
Que c'est choquer les moeurs) les Loix,&.
la Nature?
CesGens-lad'ordinaire, ont III tesse trop
dure,
Et ne goîtteroient pas un telraifonnement.
MaisHerode,sans
-
doute, efl lexemple
fidclle
De ce qu'onpopofeItujtnrâhuy;
Jaloux de Marianne, aussi chasle que
belle,
Ce Tyranordonna,silmouroit devant
elle,
Qu'on lafijl mouriraprès luy.
Lecrutl Epoux deManime,
Fit aujîfle
Afais il passa jusqu:l'effet.
Et mesme avantsa mort offrit cette
Yiétime.
Vaincu, par sa Captive au Siege de
Millet,
Il en oevoit faituneReyne;
Mais à cet édatant bienfaits
Aionimepréferoit sa chaîne.
es Fersfurentdorez., sans en efrrepluf
doux.
AjfifefurleTrône, elle reftllCltptive;
Mithridate devint jaloux,
Eteette Amebarbare,inquiète}'\crain"
tive, -
Fltt un Bourreaupour elle, & nonpas
un,Epoux.
Veritables Amans, ql/lme flâme fins,
belle,
Juffu'au dernier moment, anime vos -1\ soUpirs;
Maissur unfemblablemoddl,
Reformez, jamais vos,dcfïrs.
Laquelle est à préserer, de la
beauté dela Bouche, ou de
celle des Yeux; de la beauté
des Cheveux, ou de la beauté
du Teint.
ANtresacré'etamour,&de Cyfris,
-
'--
Source defiâmes & desp- ri-ts,
Palais de volupté, Umerveille des
choses;
Bouche,dontjefuis enchAnté;
Je m'enyvre d'amo tr dans des Coupes
-
dRofts
Quand jecontemple ta beauté.
C't)
C'estoitaw'si que dans mes jeunes ans,
Aux attraits de Philu i'ab-indonnois
mon ame,
Sabouche me donnoit des transports ra-
,
ports ra.
vifPtns,
MaÙfes beauxyeux me mettaient tlltt.
enifâme. .J
Tefavouë,unkel oeil metouche,
Encirplus qu'une belle bouche;
Ltfoitque de taz..ur des deux,
La Nature ait peint de btaux yeux,
Soit que £unverdnaissantson pinceau
les colore,
Oufoit quunefombrc noirceur
Rcleve de leurs feux & Céclat, & Car*
deur,
De toutes ces couleurs mon ame les
adore.
Offresvivans_ Globes mobiles,
Miroirs du coeur&de Vefpriti
Je prens a'vous louer des peines inutiles,
Car que dire devous,que ce qu'onen adit?t
Graces,charmes, attraits,agrément,eloquence,
En faveur de la bouche, engagez, tousles
coeurs;
Surelle de beaux yeuxferont toujours,
vainqueurs,
Et toujours en amour auront la friference,
Jadis de beaux cheveux m'ont vivement
atteint,
Etsouventetune belle tesie,
Jefuu devenu la Conqueste;
Mais encor plussouvent EfclaVi J'un
, beau teint.
Ceschaînes aptieurùynefont plus 4
la mode,
Onrompt bien-toflcesfolbles noeuds;
Et des cheveuxd'autruy depuisquon
saccommode,
Onnefelaijfeplus prendrepAr les cheveux.
Mais tonjours efun beau teint Dnst trouvo
enchanté,
Jlriefi point de coeur qu'il ne bltffè;
Cejl l ornement des traits,lafleurde la
heAHté,
Et la marque de la jeune/Te*
Du bon & du mauvais usage de
la Lecture. ONdit QUE nuit &JOUR, VOHSlisez.
les Romans,
Etlespetits Livresgalant;
Vofire Directeur en murmure,
Et dit que cesi perdrt le temps;
Mailpour évitersa censure,
Et lire en toutefeÎereté;
Belle Iris, tifez, le Mercure,
Vtttsjoindrez. dans cette lefture
Leplilifir, & futilité•
De quelle maniere les images
des Objets sènsibles sont reçeuës
dans les facultez corporelles.
EN vain, ma Mufe, tu tefiâtes
De remporter icy le prix;
JIfAutlaiffir aux beaux Efyrits,
Des Queftimssidélicates.
Mais peut-estre que tu proposes
De luy donner un autretour;
Je tentens, tu crois que famour
Niuifitit comme le fin,'diredebelles
choses.
He-bien^japprouve ton dessein,
D'unefiâme amoureuseichanfe-moy le
fein;
1, Pourvu que la Philosophie
'Aie conduise toujours & Lefprit & la
main,
Je veux-bienparces Vers contenter ton
envie.
JriSyVoJtre chkrmante Image
Dans tons messens trouvepaffage,
Partout je larencontre, e partout je
la vois,
Depuis que je vous vis pour la premièrefois.
St-tojt quevos beaux yeux dans lesmiens
sepeignirent,
Aussi-tolf voflre Image entra dedans
mon coeur;
Et pour la recevoir avecplus de chaleur,
D'un fang pur &fubtillesesprits se
ieignirent.
Alors de chaquetrait, ces atomes bru*
lans
Prennent laforme & lAfigure;
Dans la majJe dufang tracent cette peinture,
Tassentdeveine en veine" & la portent
auxsens;
Jugezsi ces portraits tirez, d'apres nature
Doiventeflre bien rejfemblans.
C'tfld(mcainfi que desplus Belles,
L*amourimprime les portraits,
Dans lesfacultez. corporelles.
Nostre ame conçoit les objets
PAr ces Imagesnaturelles,
Et mufins courentaprès elles.
Si quelquun II-une ame peu tendre,
Et pour faire valoir Cécole & l'argument,
N'approuvepas cefentimeat,
Huitraisonne en DtEleur,jefuis press
de fentendre;
Pourmoy, jeraisonne en Amant,
S'il est plus seûr &plus avantageux,
quand on est malade, de
se servir de la méthode de Gale
lien, opposantcontraria centrarijs,
que de celle de Paracelse,
opposant similiasimilibus,pour
le recouvrement dela santé. v'DIU le sçavez,Iris,je languis
nuit & jour,
Et mon mal devient incurable,-
'En vain juiqu'à presentj'ay tenté tour atour,
Ce qu'un jufie dépit a de plus raifonttable,
.Fr VY trop bl"ien quau maIld£'amour»
Ilfaut un remedesemblable. ?l
Cesiàdire qu'ilfaut, Iris,
Pour(oiilagermapeine extrêmet
Qu'une aimable douceursuccede àvos
mépris,
Et vousmaimiez, autant quefer
vontaime,
;N'lïfllî6tZ4 CCSCVHêîS €dcciftîj toujours a nos maux appliquent les
contraires; Ileiîmalgré ces Affaftns,
ese,,-,",s plusfalataires;
Va peu de ccmplaîfance, & defoins:
amoureux,
Guérit en un moment un Amént 114.
coureux.
La méthode de Galien,
Enamournevaut jamais rien;
crle de Paracelse est d'unmeilleurufage*
Et dans les amoureux combats,
Elle a comme à la guerre, empefiché le
trépas.
Jldais pourenprofiter, ce riefl rien tfeflrefaae,
Il faudroit eflre heureux
}
& je ne le
fuispat.
DE LA FEVRIRIE.
SUR LA LETTRE S*
A MONSEIGNEUR
LE DUC DES.AIGNAN. MONSEIGNEUR,
Je ne fçaurois assez déclamer
contre l'injustice de V Ortographe
nouveau, qui voudroit
maigre l'Usage ancien, supprin!?
r la Lettre S des termes les
plusordinaires, les plus beaux
£>: les plus nécessaires dans nostre
Largue. Ces vingt-trois Filles
dal'Alphabet François,ne doivent
pas estre séparéesd'une
Soeur à qui elles font soûmises,
ce elles prétendent avec justice,
(qiuLD'ulnée1Ar cacuendt énfeaustuffdi'tupnaes pteoluler lettre.Puis qu'elleentre la premiereauSénat,
ôc qu'elle rend ; c hacun le Sien, pourquoy ne
ljY pas rendre ce qui luy cftdû'"
Sans S, le Dictionnaire François
de Meilleurs de l'Académie ne
ièroir jamais achevé, & celuy de
l'illustre Morery ne feroit pas;
remply de tant de choses curieurc
; on seroit privé, de voir les
Conquestes de Loüis LEGPA-I,[£),
le Pere des Lettres, & les belles
achons de ses braves Capitaines;
on ignoreroit ce qui s'est passé
à Strasbourg
,
à S. Orner, àStenay
,
à Spire, dans les Forts de
SCKenk, de S. André, deSainte
Anne, & de Sar- LOÜJS)dans les
Combats de SenefF, de Scorendoss,
& de Sommerhoüen, dans
les Isles de S. Christophe, de
S.Eustache, & dans nne infinité
d'endroits. L'Académie Royale
d'Arles ne vanreroit point tant
sonS. AIGNAN,Alby saViguiere
deSalvandeSalies ; en un mot,
la FrancesesSapho, la Suse,
Scudéry, Serment, rantd'autres
qui sont la gloire & l'ornement
de leur Sexe.
Il faut avoir recours à S, pour
connoistre laSubstance,laSubsistance
& la Solidité deschoses.
Son caraétere est sublime. En
essec, c'est elle qui fait les Souverains
, qui est le principe de
la Santé
,
la porte des Sciences,
& la voye du Salut; c'est elle
qui commence les noms de Sauveur
,
de Seigneur, de Sainteté,
de Sire, de Serénissime;elle entre
dans ceux de Majesté, de
Hautesse, d'Altesse, de Princesse,
&de Maistresse; elle forme
les Surnoms; elle entretient la
Socieré des beaux Esprits. Les
Poètes luy font redevables de
leurs Saillies & de leurs Sonnets;
les Grammairiens ne connoîtroient
point laSignification des
termes, ils ne feroient point des
regles de Syntaxe;les Orateur,
n'auroint pasrecours auxSynedoches,
aux Sultentations
, ny àtantdeSynonimes
;
le nombre
Singulier ne seroit pas distingué.
du plurier
, non plus que les
Substantifs des adjeébfs, dansla
Grammaire. Les Sophistes ne
mettroient point en avant leurs
Subrilitez, nyles Logicienslears
Sylloinfmes; les Sourds ne s'entcndroient
point, puis qu'il n'y
auroit point de Signes; les Musiciens
ne feroient point de Sym
phonie, &ne donneroienc point
de Serenades, puis qu'il n'y auroit
pointde Sons; les Mathematiciens
ne difcoureroient pas
des Sedions, ny des Superficies.
Y auroit
-
il dans les Ecoles des
Sectateurs, des Sçavans dans les
Universitez
,
des Docteurs en
Sorbonne
,
des Secrétaires dansles
Etats, des Sénateurs dans les
Patlemens, des Soldats dans les
Armées, des Sentinelles aux Porces,
des Substituts au Parquée,
des Surinrendans des Finances,
djs Sommes au Trésor Royal,
des Seneschaux
,
des Sousbrigadiers,
des Souslieutxnans, & des
Sousgouverneurs? Commentferoit-
on des Soûtenemens
,
des
Salvations, des Sommations 6c
des Saines, 6c quedeviendroient
les Serçens? Pourroient-ils Soufier
des Exploits, & Surprendre
les Parties?Car sans S, on ne si.
gnifieroit plus, les Syndics seroient
sans employ
,
les Prestres
sans Sousdiacres, les Archevef.
ques sans Suffragans, les grands
Seigneurs sans Serviteurs
,
les Soutv) erains sans Sujets 6c sa.
Suite, la terre mesme seroit privéedes
influences Sublunaires.
Les Curieux de l'Histoire ne
feroient point tant de cas des
Mémoires de Sully; les Personnés
de Piete:, des Lettres de
S. Cyran ;
les Theologiens Scolastiques,
de Syivius, de Scot
& de Suarés;lesPhilosophes
Moraux
,
des Stoïciens, de Socrate
&-de Seneque ; ny les Génealogistes,
des Soubifes & des
Seguiers. En vain les Géographes
citeroient-ils Sanson ;la
Seine, la Saône, la Scarpe, la
Saverne & la Sambre ne feroient
point remarquez dans la Carre;
,P& la Gazette ne parleroit point
de ce Camp dernier sur laSarre
des Exploits du grand Sobiesky,
duSiege de Strigonie,du Voyage
du
du Comte de S. Amand; nous
ne recevrions point de Nouvelles
de StoKolm
,
de Sardagne.
de Savoye
,
de Sicile, de Syrie,
ny de Siam. On n'écriroit point
les vies des Solitaires de l'Arabie
Se de laThebaïde, ny des Sages
de la Grece; les moeurs des Sauvages,
des Satrapes, des Scythes,
desSarmates, & des Saxons, nous
seroient encore inconnues, &
nous ne ferions point alliez avec
les Suisses.
Les Mythologistes n'expose,
roienr point à nos yeux les charmesdes
Svréncs,la Festedes Saturnaies,
cielle des Sybarites, les
Satyres, les Sylvains
,
les tourmens
de Sisiphe, ny le monstre
de Sphinx. Les Oracles ds Sybilles
passeroient pour des Fwibles,
aussi-bien que les Sylphes
&les Salamandres parmy les Cabalistes.
Les Chymistes n'esti.
meroient point tant leur Soulfre
ny leur Sel; les Astronomesne
raisonneroient pointtantduSoleil,
ny dela Sphere ; les Theo':
logiens Moraux, de la Suspenlion,
de la Symonie, de la Superstition
& des Sacremens. Les
Astrologues ne compteroient
point parmy les Planettes un Sa.
turne, & la Semaine feroit sans
Samedy. Ainsi le Sabath ne feroit
pas chez les Juifs dans une
si grande venération ;
le nombre
de Sept, quiestsi considérable
parmy eux, ne seroit pas
plusregardé que les autres nombres
, quoy que dans les Ecritures
Sainres il marque la perfection,
& qu'il explique celuy des
jours de la Semaine, des Planetes,
des Sages de la Grece, des
Portes deThebes, des Embou
chures du Nil, & des Merveilles
du Monde. Sans ces nombres
laSecte dePithagoreseroit meprisée.
Sans la LettreS, les Fondeurs
feroient embarassez, puis qu'ils
n'auroient point le Salpestre
;
les
Sculpteurs avec leurs Scisseaux,
_& les Anatomistes verroient leurs
Arts inutiles, car ils ne pourroient
faire ny des Statuës ny
des Squelettes. Les Comédiens
n'auroientny Sujets, ny Scenesles
Faiseurs de Romans ne feroient
point entrersi souventen
conversation les Sylvandres 2c
lesSylvies ;les Voltigeursne feroient
point de Sauts périlleux.
Il n'y auroit point de ces Specta,
clesqui surprennent les yeux des
Spectateurs; l'Ecole de Salerne
he publieroit pas si hautement les
Vertus des Sirops, du Séné, & du
Sublimé,les Symptômes des me.
dies, laSiatique, la Strangurie, a Squinance,leSpasme, la Suffocation
, les Syncopes, les Saisissemens,
les Sueurs, les Serositez,
ne seroient pas des termes
,de Médecine ;& Messieurs de
la Faculté de Paris, qui tiennent
pour la circulation du Sang,
n'ordonneroient pas si fréquem..
ment la Saignée.
L'expérience nous apprend
que c'est par S qu'on distingue
les Sens & les Saveurs
, qu'on
obtient des Sentences
,
qu'on
donne des Suffrages, qu'on décrit
des Sieges, qu'on compose
des Sermons, qu'ondécouvre
des Sources,qu'on forme des.
Souhaits, qu'on fait des Signatures
, qu'on met les Scelez,
qu'on appose les Sceaux, que
l'on compte la durée des temps
par les Siccles, & leur diversité
par celle des Saisons ; qu'on
marque la diférence des Sexes,
qu'on se sert de Supportsdans
les Armoiries
,
&. de Symboles
dans la Religion, comme autant
de Similitudes, pour mieux,
faire entendre les choses Sublimes,
Spirituelles, Saintes & Sacrées
, par des choses Sensibles.
S'il n'y avoit point de Lettres,
it n'y auroit point de Scrupulesis
former, point de Séminaires ctablis
; de forte que les Supérieurs
se trouveraient sans fondions.
La Situation, & la Symétrie des
corps, comme la Sérénité de
l'air, dépendent en partie de
cette Lettre.
Il est vray,Monseigneur,qu'on
l'accuse de causer les Soins, les
Soucis, les Suppressions) & les
Souffrances; de faire les Subsides,
les Servitudes & les Supplices
; de former les Sanglots, les
Soupirs & les Soupçons; d'attirer
les Severitez des Belles
, &
les dépenses S omptueuses des
Amans ; d'inventer les Sortilèges
, de faire des Sacrilèges, de
dire des Sottises, de produire la
fois, la Stérilité
,
la Sécheresse,
& mille chosessinistres
ymais
elle
ne les nomme que comme un
Sardanapale, pour en donner de
l'horreur, puis que son inclination
& son intention ne sont que
de Seconder, de Soulager.-de
Secourir, de Soutenir,deSoûrire,
de Souscrire, de Survenir,
de Solliciter, de Substituer,de
Sauver, de faire Subsister; en
un mot, de Satisfaire les perfon-
Des par des Services, par des
Soumissions, & par des Sacrifices
, en tâchantd'entretenir
parmy les esprits la Sympathie,
& de faire gouster aux corps un
repos Salutaire par le Sommeil,
éloignant toutes les Sensualitez
par ses beaux Sentimens. En effet
elle est si Sage, qu'elle fait garder
aux Politiques le Silence, la
Solitude auxSçavans,&laSimplicité
aux Devots. >
Avoüez, Monseigneur, que
c'est une impertinente maniéré
de parler, quand une Personne
est yvre ,
de dire qu'elle fait des
SS, puis que cette Lettre au
contraire est la marque de la Sobriété
; mais nous avons beau
faire, c'estune erreur invéterée
dans les esprits populaires
,
qui
ne doit mourir qu'avec eux. Il
faut donner au vostre qui est
élevé, quelque chosedigne de
luy
,
& digne d'une Lettre quia
l'avantage de commencer & de
finir vostre Nom; FRANÇOIS
DE BEAUVILLIERS Duc DE
S.~ÀIGNANTSyllabes prétieuses,
gravéesdansle Temple de Mé.
moire, dans les coeurs de vos
Académiciens
,
& des Gens de
Lettres. L'Histoire Sacrée, 5c
Prophane, nous fournie des éloges
pour s. Sans elle nous n'admirerions
pas la sagesse d'un Salomon
,
la force d'un Sinfonla
beauré de Sara, la chasteté de
Sufonney ny les fuperbcs édifices
de Semiramis. Scipion, Sesostris,
£c Seleucus feroient dans l'oubly,
nous ne remarquerions point les
Sectes des Saducéens & des Samaritains
nous ne scaurions ce
qu'on appelloit les Scribes fit les
Septante Le Sanctuaire, la Montagne
de Syon
,
le Serpent d'airain,
la Synagogue 6c les Synodes
ne feroient point citez dans,
les chaires. Parleroit-on deSaül,
du Prophete Samuel
,
des Séraphins
dans les Hiérarchies
,
de
Simon le Magicien, du S. Siege
Apostolique, & de tantd'Heréciques
, des Srancaricns, des
Suitniceans, des Spirituels, oa
Séparez, des Scriptuaires, des
Sanguinaires,desSabbataires,
des Significatifs, & des Sacramentaux
) & dans le Nouveau
Testament
,
de la Samaritaine,
qui est le Tableau de la Grace?
Le Sopha, le Serrail
,
la Sultane
,
Soliman, & le Salamalec
chez le Turc, le Sophy & le
Schac chez lesPerses,&parmy
les Indiens le Samorin, seroient
autant de contes, sans la Lettre
S, qui les fait connoistre par les
récics verirables qu'elle enfait
ou du moins toutes ces choses,
comme les précédentes,change-
*roient de noms ; aïoli le Soleil,
cet Astre qui a esté adoré par les
Egyptiens, n'auroit plus le sien.
En vérité, Monseigneur, nous
avons de grandes obligations à
cette Lettre, puis que sans elle
il n'y auroit point de Supériorité
ny de Subordination dans les
Charges, point de Sûreté dans
le Commerce, point de Sincerité
parmy les Amis, point de
Secret parmy les Courrisans,
point de Sermens enjustice, enfin
pFoinit dde Seantlifilcaetiosns p.army les
Dans le monde on ne parleroit
point, on n'écriroit point
& l'on n'agiroit point Sérieusement.
D'ailleurs, nous ne pourrions
jamais ny SupplierlesGens,
ny les Saluer, ny les Servir; &
nous ferions bien embarassez definir
les Lettres, ou de faire des
Compliment sur le champ, sans
les termes de Serviteur de de Servante.
1
GUYONNETDEVERTRON,
Ffijloriographe du Roy,&
deCAcadémie Royale.
LA METAMORPHOSE
D'AMARANTE& D'ARISTEE,
Changez l'une en Vigne, & l'autre
en Ormeau. DAnslephu ravissant Hameau-
Quifoitsur lebord de la Seine,
Ourai?nable Fils de Cyrene
Fit paître autrefoisson TroupeAu;
Vne jeune & rare Merveille,
Quine vit jamaissapareille,
Surpritlesyeux de ceBerger;
Illuy conta centfoùtfes peines,.
Et quel charme[fût Cengage*
AporterdeJîdouces chaînes.
Si d'abordleseul nom d'amour
Effraya la belleAmarante,
Laforceenfutassez.puissante
Four nepas ty réduireun jour.
Vn
coeurnestjamais
invincible;
Four peuqk'ilpuijfe eflresensibles
Ce Dieuffait en venir a bout,-
Il en appaise les allarmes;
Etluy, pour triompher de tout, - Fait agir quelquefoisses charmes.
LeDieuquiformelesSaisons,
Avoit vu ce BergerftdeNe,
Depuis qu'ilchérit cetteBelle,
Cueillir quatrefoisses moissons.
Sesfoins,sa tendrejJè, &saflâme,
Nen ont encorpu toucherfame,
Mais l'amourneveutqu'un moment;
UnfOHpir, mais unsoupirtendre,
Vasatisfaire cet Amant,
Et cefoitpir s'èftfait entendre.
Hé-quoy?dit-iltlesjufles deux
Touchez, de monfort déplorable,
De vofirecoeur inexorable
Mefont enfin èjjtérermieux,,
Ceflûpirrilin heureux Augure
Nefort pas d'une Amesidure,
Qu'ilnen marque lessentimens;
Aion coeur en ressentdelafoye,
Et je resPire en ces momens
Du bonheurquele Cielmenvoye.
LA Bellerougissant un peu
Dufeu qiïeïlefeht enfort amè,
N*enffauroitdégqiferlafiàme,
Et n'se enfaireun defaveu.
Cefeu brillesurson vifAge,
Et luy donne touttavantâge
Qui naiftetune noblepudeur;
Afaispuis qu'une couleurfipromte
Trahitlessecrets de mon coeur,
Epargne, dit-elle, ma honte.
Ariflée alors plus charmé
Deîaveu quefait Amarante,
kroit combienson bonheur s'augmente
Par lagloire d'en eflre armé.
Ce riestplusquefoins, que tendresse,
Que douxsentimens,quallégreffe,
S^uilluy vient marquer chaque jour;
Dieux, qui réglez, leurdessinées
Couronnez, bientost leur amour
Farles noeuds d'un doux Hymenée.
Cestoit auxplus beaux de leurs ¡J,u;
Que le Berger& la Bergere,
De leur amourpure&sincere
Gouftoient les plaisirs innocens.
Lepoint-du-jourqui les assemble,
Lesfaitsouventserendreenfemkle>
Dans les Champs, ousuriesCoteaux;
Aiais le devoir quilesy meine,
Ne conjoint pat tant leurs Troupeaux,
Plut leurs coeurs en la mesme Plaine.
Leur amour tendre,mais diferet,
Qui croist avecque leurs Annees.
Lesfait chérir leurs destinées,
Sans découvrir leurfeusecret.
Lafdélité,laConfiance,
Entretient leur douce espérance
De s'unirpar unsi beau noeu,
Que/'Àmour mesmepourroit dire,
JQue jamais nn plus noblefeu
N'asçeu brillerdansson Empire.
Mais un Rival ne pour troubler
L'amourdela chasseBergere,
En a déjàgagné le Tere,
Etses desseins lafont trembler.
Lejfroy deson ame craintÎfle.)
De toutesJesforces laprive,
Et la réduitasoûpirer;
Viens ansecours,cherjirijiée,
Amarante peut expirer
Avant quellefoit assistée.
CetjimantquihaflefespM,
1. La refoiffifoible &silaffe,
R..e bien qu'illa tienne & tembrajfe.
Elle languit entre ses bras.
Leur ameeflvivement atteinte
De douleur, de regret, de crainte
Devoir rompre des noeudssi beaux;
Que les Dieux touchez, de leur peine,
Les changeant en deux Arbrisseaux,
Leur ofient leurfigure humaine.
Leurs corps comme un tronc sendurcit^
Leurs bras &leurs mainsse roidijïent,
Ltlfr's¡ietl.Ltnfibres's'arrondirent,
Et leurpeaupar tout s'épaffit.
Ce riefipins CAmant nylAmante,,
Mais c'est une Vignerampantt,
Qui d'un Ormeau veut s'approcher;
Leur naturellèfymprathie
Marque assez. qu'as'entrechercher
Leurfiâme riefi pas amortie.
L'amour regne toujours entreux;
Etcjuoyqu'ilssoientcouvertsd'écorceg
Jlleurfournit assez. de force
Pourfejoindre encore tousdeux.
C'efilaceSymbolevisible
Dé, celien indivisible
Que deux coeurs ensemble ont formé*•
Lors qu'enleurs ardeurs mutuelles
0 L'un de l'autre efl toujours aimé,
Et auils meurent tout deuxfidelles.
RAULT, de Roüen.
SENT/MENS S'UR LES
Outrions proposées dans le
- XXIV. Extraordinaire
S'il est vray, selon une des Maximes
de l'Opéra nouveau d'A
madis,qu'un peu d'amour cause
moins de peine, que l'embarras
de défendre son coeur.
DEpuis que je vis fotu les Lo¡'
De tincomparable Climene,
Aien coeur ressent bien moinsdepeine
Quil n'enressentoit autrefoiss
Quand croyant que fAmour nellflE'H'-
cenx.qu'ilinfpirc
Que devtins& trompeurs appas, feusse préféré le trépas
Au malheur depasser mes joursfous fort
empire.
Aiat's que fefiois aueuglet & que cefloil
àtort
Quemon eJPritcraintifse formoit ceschimlres!
J'éprouvebien unplus douxfort;
Et les chaînesque ¡'À}, font beaucoup'
plutlégères
Que Mefioit l'embarras de défendre mon?
c.oeur
Des traits dece charmantVainqueur- Ir Silajalousie qui vient de l'amour,
estplus dangereuse dans ses effets,
que celle qui vient de l'auv
bition. vDus demandez,Philis., qudeft moi*
sentiment
Sur cetteQuestionqueMercurepropcfeF
Si je conçois assez.la chose
je nous répondrayhardiment,
Q.I!,'un coeur ambitieux "Atteint de ja-
IÓufie,
Efîplus à redouter queceluy<£unAmant,
Qui recourantau changement,
Trouvelafin des maux dontson Ame efl
Me,
Lors qu'ilvoit qu'un Rival heureux
Neluyfait rencontrer qu'un Objetrigoureux
Dans la Etautl, quise difantfidelle,
Luy répondoitd'unçamour eternelle..
Si l'on en voit quelqu'un dontlefprit outragé
Né rl/Pire que la vançeance,
Dés quilvientafmger qu'il ne reçoit
l' ojfence
Qued'un volage coeurlâchementpartagé,
Il neffait,poursesatisfaire,
Quidoitp'utofl éprouversa coleret
Ousa MAÎtrejfi, ousonRival.
Aiais quandfambition sur une Am"
domine,
On ne rejpireplnsquele momentfatal
D, voirfon Ennemy pour le battre en
rutne.
Envain noflreGrand Roy nous défend
lesDuel,
Ses ordres souverainsriont point en la
puiJPtnce
D'llrrefter cesEfPriucruels
Dans une entière obeissance;
Aveuglez. de la passion
Quipart de leur ambition, CIpour eux un mal necessaire
De répandredu fang pour calmer leur-
COUrfJHX, EtSuniquemoyenqui pttiffefatisfairc
Tous les.Ambitieux jaloux.
Si boire du Vin sans Eau, Uen
fuite del'Eau pure, faitlemesmeeffet
pourla santé, que de
boire du Vin.meslé avec de
l'Eau. JE liJJè aux Medecinslarèsolution.
De la Haifîème Question, - JMc regarde leur Science
Et je trouve qu'ils ont un fort engage*
ment,
Pourprouver leur expérience,
IXen donner un solide &[çavant ¡u
ment.
Quant à moy, ce que je veux dire
N'est qu'unfaibleraisonnement,
Vn discourssans nul ornement,
Et non pas une Loy que je veuille prtf*
crire.
Jiefuùpour le fin pur, &pour l'Eau
priseaprès,
Queje croy cfun pareilfuccés
Que le Pin &tEau qu'on mélange.-
Si cesentiment est confiant,
On ne doitpm trouver étrange
Que le YiNserecherchetant;
Cess qI/en cejmincomparable
L'on rencontre tout-à-IA-fDit
L'ùtile avec le délcétAble,
Quand on n'enprendroit que deux
doigts.
quoy bon donc vouloirdéfaire
Ce que leSouverain afait?
Je trouve que cest unforfait;
EtsitEau nom est necejJàire,
llfautlaprendre aparts & toujours le
Vin pur, C'o la,félonmoy, le plusfeûr.
elle est l'origine des Jeux. sf ton croit Hésiode enfle Théogonie,
Vulcaitt parson divin génie
Voulut produire au jourla premiere
Beauté.
Il laforma de terre, & l'ayarft animée;
Detttules autres Dieux ellefut eflimét
Comme l"efl toute nouveauté;
Des dons les pltts exquis chacun luy fit
largesse,
Vénusde ses attraits, Pallasdesafa*
gefft,
Deses riches trésors Junon,
• Mercure delonélÓquerxc;
Et desa Musique Apollon:
jitnifdesautresDieux, qui tousen
abondance
Luy verserent apleinesmùns
Ce quifait aujeHrdhuy le bonheur dit.
Humains.
Plus brillante alors que l'Aurore,
Par un Decret divin on la nomma Part*
dore,
CarPan,veutdire tout, & dore autant
que don;
Ces deux mqtsassemblez.composerentJott
nom.
MaisduGrandJupiterlaptiijfance irritée
Contre Cjpfolent Prométhéè,
Dont le coeur trop audacieux
Avoitdérobê dans les Cieux
Lefeu qu'ilygardoit,pourfapporter
surterre,
L'engage à prendresonTonnerre,
Pourvangersur tous let Mortels
Cet affront outrageant; & quoy quases
sluteb
Chacun fifldfs voeux pour luyplaire,
On ne pût. de ce Dieu jaloux
fimaúllPpaifer le cOHrrux.
pour
Pour nepasdémentirson divin caraSlere,
Sans redouterfatigues ny travaux, Ilvarechercher tous les maux,
sifindeles cacher danslafataieBoé'te
Que Pandore reçoitpourvenir icy-bas
apportercefuneste amas
PlmviftisjUon ltévoit tourner la Girouette.
Faisant tousftseffortsafin de levxnger,
Elleentre chez. Epiméthie,
Jeune Erere de Prométhée,
Dontl'offrit étourdy craignait peu le
danger. -
Il ne rtfufepaslaBoé'teefuon prêsente,
Le-dthors en tfioitartitfementgraves
Lepréftnt ason gréftTpitson attente,
Cestoit pour mieux surprendre ur. 011.
,
prendre gr. ofivrage
achevé. IlCouvre, & tom les maux que cette
Boëte enferre
Se trouvent dispersezaujp.toftfur la t("rt
LeessJieeuuxx eessaient compris dans totu ces
maux,divers,
fC'efl de là que je tiens que vient leur
origine,-)
Et comme on les croyoit de naissance divine,
l/sfurent bien reçezu d'aborddans l'f:)
nivers.
'.M"is bientofl après lesplpufages
Les décriérent en tons lieux,
Etfirent voir que leurs usages
:Estoient toujours pernicieux, Etplmdangereux que lapefîet
Fuit quenfin leur effetfuneste
Ne s'arreste pas à nos corps,
Rendant nofiremémoire infame,
Et quilsfontsouvent perdrefamé,
"Apres avoirdétruit les plus riches tréfors.
ALCIDOR, du Havre.
La Lettre quifuit estFeffet d'une
Converfatien qui a esié faite entre
plufteurs Ferfonnes d'esprit, de l'un
cf de t'autre Sexe,& dans laquelle
la matiere des Scrupules fut Agitée.
Un galarit Homme qui s'y remontra,
s" efiant hasardé à parler de deux
Autkeurs qui ia traitaient tom les
jours, une Dame d'*nmérite difii~n--
guéteprefifade direles noms de ces
Au/heurs) & d'en expliquerlesfen»
îimens. ilnese tira d'affaires,qnen
luy promettant de luy écrire le lendemain
Ce qu'elle desiroit. Jçavoif.
Cejlctquilfitences ferma.
<-,
SUR LES
S„CRUPULEs:
":':"1" '::', :-
A MADAME*** LE croiriez-vous, Madame,
que depuis le moment que
j'ay eu l'honneur de vous voir,
je n'ay pû assembler les deux
Autheurs qui traitentencore tous
les jours la matiere des Scrupules
, sur laquelle vous m'ordonnez
de vous mander leurs sentimens.
Je vous avoüe que si vous
ne m'y aviez point engagé d'un
air si pressant, je laisseroislarésolution
de vous en entretenir,
le ferois un fort grand scrupule
de parler des Scrupules devant
vous, apres avoir entendu toutes.
les jolies choses que vousfournices
à nostre derniere Conversation.
Cet obstacle ne seroit P,,19
moins difficile à vaincre, que
celuy d'unir les deux Autheurs
dont j'ay commencédevous
parler.
Car l'unsetrouve rarement,
La remontre de ?autrecfibien pltu
impofflblt.
L'un s'cchape fifinement,
uJit cJî appelle l'invisible;
Parmalheurl'autreefljîfenfible, tquad on vous voit un moment
On le cherche inutilement.
A pres cela, Madame,je ne
croy pas qu'il soit nécessaire de
vous déclarer les noms de ces
deux Autheurs. Cependant pour
vous ôter la peine de les chercher
,je veux bien vous les apprendre
dés à présent
, car je
prévoy que vous vous récrierez
sur l'indiscrétion de l'un, & sur
l'égarement de l'autre, si je ne
vous préviens un peuen leur saveur.
-
L>uneJlleCællf, l't1llll'etf..(jrit.
'L'II?}'parle, l'autre s*''attendrit,
L'un a beaucoup defin, l'autrefansceJ/
è brûle,
Et tous deux forment le Scrupules 'oJ quel'on fcacbe bien qu'enfera- ': pule, leCoeur
Efbienplus que l'Efpritundanger
rcuxAutheur.
Sije me sentois beaucoup de
'lu-ii ,i & s'il se pouvoit faire que
je sentisse encore l'autre,je tâcherois,
Madame
,
de leur faire
tenir un langage qui fust digne
de vous, mais puis que je dois
desesperer de ces deuxentreprises,
accommodez-vous, jevous
conjure, de ma stérilité, sur un
sujet où il y a tant de belles chosesàdire.
Si elles naissoient aussi
facilement au bout de ma plume,
qu'elles forcent naturellement de
vostrebouche
>
je ferois beaucoup
moins embarassé à vous
o bïr & à vous satisfaire
; mais,
Madame,jevousavoüe de bonne
foy, que tous les effortsqueje
fais pour avoir de l'esprit font
fort inutiles;&quoyquejevous
montre icy la diférence d'un
grand nombre de Scrupules
,
je
suis toûjours persuadé que je n'ay
pas pénétré la profondeur de
cette matiere ,
sur laquelle j'Jp.
prehende fort que vous ne me
fournissez de trop bons Mémoires.
Ainsi,Madame,aprèsvous
avoir dit ce que je crains
>
je
croy qu'il est temps devousdire
ce queje pense.
J'ay donc tiré avec le secours
de l'Esprit, les fcnriol:'os & les
dé!icrltaès du Coeur sur la nature
des Scrupules; & comme
celuy-cy débute toujours par les
choses qui l'intéressent,il m'a
Iailfé voir ce qui se passoit de
plus profond chez luy, & m'a
fait entrer dans le secret deses
mouvemens,dont l'un des plus
grands est la tendresse, & qui
plus que tout autre a des Srupules
plus violens, mais aussi plus
aisez à vaincre, sur tout quand
un Amant a trouvé larésolution
d'en faire passer le secret jusques,
à l'objet à qui d'abcrd on le cache,
& qui seul enfin le doit sça.
voir, ayant seulaussi le pouvoir
d'y remédier
,
& de le reconnoistre.
C'cfialorsque l'onfentqued'un tendre
secret
Nais't le Scrupule deTtndrdfè,
£*uonn'explique pat tout-à -fait;
Carcertaine délieatcjfey
J^ui du Cæarsi rendlamaîtrejfe^
Luyfait craindre â\(lrc indifiret..
De la crainte on passi au regrety
Du regret on tombeentriftcjfe,
Cefiainfiquele C¡rur, d'un Scrupule
imparfait
Forme un Scrupulede (àgejJè,
£>ucfeuvent il a Ufciblcjfe
DeJeproposerpourobjet.
Tous ces mouvemens dont je
vous parle icy
,
Madame, ont
encore leurs Scrupules particuliers
; mais comme ce sont des
Scrupules du ressort de l'autre,
&qu'ils ont en cela le mesme
destin que les passions qui les
produisent,dont le seul amour
est la source, je demeureray plus
court sur cet article, & continuërayde
vous ouvrir mes sentimens
sur un autre genrede
Scrupules, qui bien qu'il foie
fort à craindre, ne laisse pas
neanmoins d'estre fort à la mode.
C'eflle Scrupule de Mistere, '*n'efipas moinsembarajjant}.
S'ilfautparler,s'ilfaut se taire>
IlejfvaÙI, il est imptÚjJdnt.
S*ilfautaimer, 4r/jr}s*ilfautplaire>
(JtJ déplaire,
Tantostilelfcoupable &tantoflinnocent.
Trophaircux efl celuy lui n'ajamais
affaire -
-
Dece ScrupulecompUifant,
J^uiHeflplus bon à rien, puisquii
ncflptsfincere.
Jecroy, Madame, que je trouvera
y vostre suffrage, pour mieux
finir la condamnation de cedangereux
Scrupule, qui par ton
langageincertain, est autantinutile
àla feinte, qu'il est prefquetoujourscontraire
à la sincerité.
Cette seule raison suffiroit pour
vous en faire détester l'usages;à
VQWS, dis-je, qui faites une profession
ouverted'estre sincere,
que vous soûtenez si merveilleusement,
6c par vos actions, & par
vos paroles.
Enfin, Madame, pour abreger
la matiere des Scrupules qui couchent
aux intérests du Coeur,je
me persuade que vous agréerez
bien que je laisse voir icy une
petite distinction
, que l'on ne
fait pas assez dans le monde,&
sur laquelleil semble mesme que
les délicats passent un peu trop
legérement.Ce sont lescrupules
que l'on doit faire de l'amour,
&en amour qui par leur grande
conformit sont fort aisez à confondré.,
& de qui cependant les
effets ne doivent pas estre confondus.
Jouant au Scrupule de VAmoury
C*eftdtfentirde lâtendnjfe,
Et defeupirtr tourk tour,
Soit que l'onfoitAmant^foitqttt l'on
foit Mdifrcjjci
M"disfowuenttoui lesd'eux ent la nie*
mesi;blessi,
Et de crainte delenflamer,
Ils font unScrupule J'aimer.
Voila, Madame, ce qui fait
le premier Scrupule, dans lequel
sans doute ledésir de conserver
nostre repos & nostre liberté,
nous entraîne
}
mais aussi quand
le Coeur ennuyé de cette oisiveté
,
commenceun choix digne
de son amour, Sequi reconnoist
sa tendresse,
C'eifales qu'en le nommeunScrufuie
enAmour,
Jîhtel*Amant & que la MaîtreJJh
Rejîfntent chacun a leur tour,
uanddoutantdel'excèsd*uneégale
tendresse,
On les voitse diresans cejjey
Animez,de leurs tendresfoinsy
fléUs^jetayme tro!.' Helg, tu mUt*
mesmoins!
C'est
,
Madame
,
le second
Scrupule ,qui, comme vous
voyez, est bien diférent de l'autre.
Cependant cette incertitude
qui fait la délicatesse du tendre
amour, est toujours siagréable,
quel'on craint avec raison d'estre
tiré de cette erreur; car rien n'allarmetantdeux
coeurs qui aimet,
que d'entreprendre,une justification
quipuisse lesfairerevenir de
toutes ces craintes, èc de tous
ces reproches. Mais, Madame,
ne me laissay-je point emporter
au torrent, & ne murmurez-vous
point secretement contre moy,
d'outrer une matiere qu'ilestsi
dangereux de toucher1, quand on
en entretient une aussi charmante
Personne que vous? Ce Scrupule
m'arreste.
Ah Dieux.' quel efidommon Scrupule?
Faut-ilqueje le dissimule?
OU), je ne doispas1*exprimer^
Lejitenceme doitfaffire.
TUT-iljamais un tet martyre?
Lors qu'on nefaitnulScrupule d'aimer,
Pourquoifait-en Scrupule de le dire?
Le Coeur en cette rencontre
n'oublie rien pour le laisser remarquer;
il se fait un langage des
foins, des soûpirs, des regards,
& du silence mesme. Mais PEU
prit, qui fait un peu plus le capable,
suspend tous ces mouvemens
par un esprit de Politique,
d'où naist le Scrupule de Conscience.
Carcefi bienun autre accident, alJdunefaujfc (xpériefJce
• Asurle Coeur-cetafcendai;t,
Jguifaitynaiflre en un moment
Le Scrupule de Conscience.

'Dnsoupiralçrs el un mal, itireaquelqueconféquenct;
Unregardpajfe-encorpeurcrime ca-
IÙAI;
Enfin touty devientfatal,
Sans L'aide de la Pénitence.
On cherche dans la solitude un
azile pourse parer contre le malheur
dont on reçoit la menace.
L'Oraison & la Priere ferment
l'oreille & le coeuraux voeux d'un
Amant; on se retire du bruit &
du monde,on interrompt toute
forte decommerce avec ceux
qui y sont encore; enfin on
s'arme d'une austere vertu, pour
se mettre: en sûreté contre les
airs tendresd'un Amant, Se
contrelesforces de l'amour.
MAis Urs que la vertu tourne tout en
Scrupule,
N*entend^ ne voirrien 'ftlJ:yegrt,;)
J^çlUtftrude, rmîney incrédule
JPeur toutse quise dit, touriQUtceqtiy
£/*#>
ÇltjkfWttverturidicak*
ce n'est fatlàUbel effet
f,funcvertubienftiupnltïifkY JgitiSwtvvpUunttf,tjMdtutèufiii
jtfa/jtofitwwpté,tvw'tÀhaUfy
CtfiunStïufulefmtmtrttt.-
,
Cependant, Madameronfésetme.
un.vray caere d^in^-
sensibilité, sur l'espérancedont
on seflate de s'en faire on de
vertu,& c'est une erreurvà\la^-
quelle l'Esprit s'abandonne,
L'on voitsouvent qu'unJîmplc
Espriti «J
Se veut méfier d'Avoir duffi quelques
Scrupules. '.t ,: ~i , il enfait àfin tour, mais désiridicules,
-- J^uon peut les appeUcrScrupulesà
crédit, t S
Etce qui l'assure,Madame,
dans cet état de perfection où il
croit estremonté,c'est qu'ilappelle
à son secoursceluyd'Une
faulse dévotion, dont il fait un
usage aussi dangereux, qu'une
injuste. parade, qui ne servent
l'un & l'autre qu'à couvrir ce
qu'ilfent;& à cacher ce qu'il
voudroit faire.
Les Scrupulesnaiffans de lit DevIJfÍOll-
Ont bitenBmofipnssruitr£leeCmoepuriqreue*s<ur
Carfil'on nevitpassansinclination,
SiL'onseplaint,sil'onfoùpirey »
c'eji unfigncévidentde la tentlt/oni
Si bien quepour toucherilaperfec-•
tion,•-- j\i
Ilfaut tout faire«&ne. rien dire.Jo
C'est là, j Maclanle, le secret
des faux Devots, qui ne visent
qu'àsauver les apparences,dons
ils parent une conduire qui feroit
souvent beaucoupd'horreur
par elle
-
mesme, mais pour ne
point laisser connoistre la nature
deleursecret, ilslelaissent échaper
fous les airs d'unaustere Scrupule,
quileuraide à passer hardiment
fufi-Je scandale qui ep.
pourroit arriver; & danscet état
ils pa-roi£Iènt tout autresqu'ilsnesont,
& ne sont pas tout ce
qu'ils DAroiCeoCiv;, , C
Mais, Madame,finitions cet
épanchement, qui garde toujours
de profonds égards pourla
vraye Devotion, & venons au
Scrupule de Superstition, que
vous, me reprocherez justement
avoirun peutouchéaux dépens
de vostre Sexe; mais aussi quand
il est question de lever des Scrupules,
que ne doit-on pas faire
afin d'en veniràbout?
Le ScrupulefâchesixdcSupcrflitiea
Scm trop laprofanation.
Onscait que Uprtmiere Femme,
En touchant AU Fruit défendu,
Sefintit un Scrupule en L'ame,
Jjhitn mangeant ce ion Fruit elle eut
bientostperduf Deme(me utizJle illégitime,
Dont r/jritsi trouve empêché,
Fait Scrupulesouvent duplmpetit
pcchéj
Et nenfaitpastoujours defaire un
fortçrandcrime. Ilest vray ,
Madame, que
tout le monde ne donne pas également
dans cette forte de Scrupules.
L'heureuse éducation,le:
beau tempérament,& quelquefois
un caprice un peu brusque,
en corrigentl'erreur,parce qu'oncraint
que l'usage qu'on en pourroit
faire, ne coûtaftbien-tost
des crimes, & cette crainte détruisantalorsceScrupule,
amene
les Scrupules legers, ausquels
tant de Gens se trouvent sujets.
La multitude en est si grande,
qu'elle entraîne la plupart des
honnestes Gens. Ce n'est pas
que quand ils se reconnoissent,
ils ne condamnent ces Scrupules
, ôc ne paroissenthonteux,
d'en avoir esté les dupes. Ils
concluent tous d'une voix,
jQjfilfautétablirpourmaxime^
- Jebien fou-vent fin Scrupule léger,
Au lieu de bien défendre&l'honneur
J ,', /J
-
ef Ce(lime,
Leurfait courre un fins grand
danger,
En les voulant ôter du crime;
Car ce Scrupule enfin que cefaux zélt
anime - - :
EstnomméjuflementdesGens deprohile,
Scrupuledelegereté.l ,
Ce ne fera jamais le mienà
vostreégard, Madame,&quoy
que je ne fois pas Hommeàn'en
avoir aucun, je vous avouëssan
scrupule que j'en ay comme les
autres, puis que c'est un bien
utileselon quelques-uns, Qc ui*
mal nécessaire selon quelques
autres.
jenefuùny iviflérieux,:-
Simple,Légery DevGt, ny rendre,.
Et bien moins Superfiitiux,
£yueje»«leftirtenttndrt.
De ireJijesissfincerc, vertueux^
lwfinfible, au moment quilfaut efirt
amoureux,
C'efi unsecretprofond, qu'ilnefaut
pointapprendre,, adl'adorable Objet à quije dois
mes voeux-
Comprenne quipourracwpredre,
C'ejl un peutrej>m'examiner»
Ce Scrupule ejl" deviner.
D.L. N,
S'il vaut mieux soufrir un peu
d'amour, que de s'en défendre
avec peine.
SONNET.
FIdmelXes &foâcheuixrobjeetsde.r;na.pif*- Arbitres inconfians de mafélicité,
Délicieux amjoptr, tranquille liberté, .,
J2.!!i devonsau/aurd'huyfaut-ilbAmir^
?l
on 1 1 1 croire., , ,;; %,
Théâtre des ennuis qui fletrissent mei
gloire,
Goeurfoible& chancelant3 rias-tu pat
tropdouté?, tropiftfais
jChoifis, &-fats enfin pFaarr un cc*ouuFp arreflteé.3,
De ta tristedéfaiteune illuflre viftoire-
Jfàaisque peux-tH^boifir(Umletatoi*'
jefuis? >
jeveux, & ne veuxplus, jedejïre, &
jefuis;
ChersTyrans, rendez-mol la paix qui
mefi ravie.
C'efl efifait; ma raifort efi mahrejji à
son tour;
Revenez.&régnez,,tranquillité bariie,
Tfiifezrvotis, & mourez, pour jamais,
mon amour.
DIZEUS, DoyendeNostre-Dame
du Mur,de Morlaix.
Voicy les Explications qui ntmt
eHcenvoyées en Vers, sur les deux
Enigmes de Ianvier, dont Us Mots
efloient les Marons & le Mafqtie.
I. p
Este du jeu, morbleu j*enrage,
JJiJots-je rUlre Ioitrapresun coupfataL
Je ne jouray du Carnaval;
Si ce trainduraitdavantage,
Jirois hielltoft a Hôpital*
Peur dissiper mon humeur noire,
Enfaiftnt rofiir des Marons,
jimis, si vous me voulez, croire,
NoIUalloNs vuiderdes Flacons.
Jufqua ce que le fin nout donne dans
le Casque,
jiHons,rions,chantons, bN'tJons;
Et s'il vient encor quelque Masque,
SDans joiter nousIleI.renvoyrons. Epuisque jefuis amoureux,
Helas, que ie fuit mil/heureux!
Jese ns dedans mon coeur unfeu qui me
devore.
Sivom nefoulages bientojlmapassions
Charmante Beautéque j'adore,
11 Je vais roflir comme un Maron.
PUREVILLE, du Pondevefque,
Q III. Vilfautsedéiferdesfermens £um
Belle!
Iru, que iaime tendrement,
M.'a juré millefois quelle m'efioitfidelle,
-
Et quelle ne vendroitjamaisun autre
Amant.
Je laeroyois tout bonnement,
Et jel'en aimois davantage;
Ce nefl pourtant quunevelage.
Je lavis l'autre jour avecque mon Rival,
Le Masquesur le nez., courir de Bai
enBal.
Jjingrate me trahit; unsicruel outrage,
Vne autrefois me rendra face,
Le mesme.
IV.
On se sert dans cette Explication du
Qmot de Loup pour celuy de Masque. Ve jevous plAinS, (relie Sylvie,
De'Vom voir toujours pourfuivic
Far un Alary triste & jaloux!
Heuréuse,qui riapoint affaire a ces vieux\
Loups;
jMais, sivons obfervantfans cejfc,
Il vous cause tAnt de tristesse,
Je n'enfiuffre pas moins quevous.
Le mesme.
c V. Efez, pelle Pbilù, destre in.
qHietej 'jîquoy bon tantvouiallarmer?
Des Vivres quiviennentparAder*
Nom riaurons aucune disette.
lM oy que fHyverglaçant les eaux.
JEmpefcJte en tous lieux les Véijfeaux
D'en apporter en abondAnce;
MercureJ qui prévoit de loin,
Redoutant pour noml'indigence,
Nous vasecourir au besoin. ro
Remarquez,doncsonfoinextreme;
Nefait-ilpas que nous aurons,
Pendant tout le cours du Carême,
Des Châtaignes&des Marons?
Raiut,deRoueii^
L VI.
A nuit du dernier Carnaval,
Jefongeoii en dormant quejecourois AIl
Bal,
Poury voirfaimableClimene;
Et que ne voulant pas d'aucun eflrc
connu,
Je me trouvais assez. enpeine,
QitandMercure à l'infiant auJeçourï
nSefl venu.
Je covnois,ma-t-il dit, le dessein qui te
geInt.
ya,prensvitement cet Habita
Il est bizarre, antique, & grDtefque, (j
fanta/que;
Sous ce déguisement tu passeras pour
Basque,
Ou pour SuiJJè; qu'imp.rte! Anfurplta,
eilfuffit je te vayfournirde Masque.
Le niefilic.-
C VII. Ommentpendant ce rude Hyver
Mercure a-t-ilpu coufcrver,
(Me disoitl'autrejour Sylvie
jQui deMarins avolt envie)
Des Marons si gros C:?'sibeaux,
Qii'ils.furpalfcnt ceux de Bordeau\:?
L'EpINY-BURET, de Vitré
en Bretagne.
D VIII. OnneradevinercommeuneEn'gmc
obfcnre.
Quipourroitavoircet eroploy
Som une belle ouvilaine fignrt?
On dit que c'est un Masque, cfTle le croy
pourmoy;
Soit quen traits hideux il abonde,
Soit qu'il étale auxyeux des Beautez.
a priser,
Cesi luy qui bien fonveni a l'honneur
de baifer
Les plut belles bouches du monde.
LA JOLY-B0UQUINETTE
du Hoc.
M IX. Ereare nefaitnensans de bonnes
r<vrons,
S/lr-udcnce cfîtoujoursextrême";
Pournom raconter le Carême,
litïoiuapréfenté defavourettx Marons,.
AVICE, de Caën, Rue
de laHarpe.
X. COuvert de cet Habitfantasque,
Vom prétendez, notaattraper; l Mais pour vous recennoiftre, & n1e nom
pxs tromper,
Lcvons,s'il "UiJHSplaist,vostre Marque..
Le mesme.
v XI. Ont aveu beau, Seigneur Mercure,
Vans déguiser, fairefigure,-
Ci-angez. totu les mois deMétier,
Soyez.Maréchal,ouFruitier, ou Fru"tier,
PrenezCHabit leplusfantarque,
Vendez, des Marons, ou du Fmit,
Enfinprenez,le meilleur Masque,
Allez de jour, allez, de nuit;
Si-tost que je vous vois paroître,
Yoftreairsi doux&sigalant,
Dont vous avez, le beau talent,
Me fait toujours vom reconnaître.
La Belle Nourriturev
XII. Qtu voulez., dites-vow, Silvie,
Sçavoirmes.occupations.
Je vais clntentet vostreenvie.
Enfaifant rôtirdes Muons,
Prèsdufeu jepasse la vie
Dansfilplm rude des SalCons.
- LIGER,le Lb. , XIII. - ',- p(hvreExilée!cfes tubien
Paroifi/e du jour? ne crains-tu
rien?
XQ"aprèhendes-tuplsulepoiCon C l'envie
De çesBourrm qui tont bannie?
Non,je brave mes Enntmú,
Mercure efi trop de mes Amis,
J'iray déguifée en Fruitiere,
Jevendray des Choux, des Marons,
77 niaprejlèson Masque, &pour aider
l'affaire,
jFay ses ar/es à mes talons.
L'Exilée dela. Ville-Françoises
D XIV. Es Enigmes du mois faime assez
la premiers;
QIÎonla méprise, ou qu'on enfajfe état,
Je prcîens,sansaucun miflere,
En tiren-tn Maronpar la pattedu Chat
s LXA ROVUSQU.E, de Roüen.. Ansefirebizarre.,oufantasque,
Personne nelpauroit nier,
Que d-esEnigmesdeJanvier-
Lafécondé nefoiele Masque.
x V' J.
Le mesme.
XVI. 1 E Bergerqui vitfousma Loy,
Veut envainfe cachera moy,
QitelqM deguiféefUilpuijfe efire,
-Ila toujours je ne-sçay-cjuoy,
Quilmeflaisé de reconnoitfre.
L'autre jource Bergervint mapporter-
Momm
* Bienproprement dans une Bocte;
Je croyais qu'avecluy ma fortune efioit
faite;
Enfinj'enejpéroifquelquechose de bon*
Nous jouons,ilperd, & déniche,
Je firrefle,& luydis, demeurez.Akldnn^
Voyons auparavantsi vous mefaites
riche. Ilparut tout surpris éU recit de son
nom,
Rouvris la Boéte enfin, & ne vis qu'un
Maron.
Ha,ha, dis-je,vrayment je vous trouve
fort drôle,
Masque, de venir me tromper.
-A mon tour je jourqy mon rôle,
EtieffAurayfort bienparou vous attraper.
La Belle à l'AnagrammeLibre
d'amour, de la Ruë du Bac.
Q XVII. Ve,de Marques par tout!un ChA
cunse déçuifei
Mefmc il en efl plus à tEglise
Quaux Maifeusdans le Carnaval.
Mais, o déguisementfatal!
Les premiersfont toujoursUspires,
Etprodui/ant toujoun de plusfâcheux.
effets,
Jlîalnrc Sermons, maigriSatires>.
Ils nre dèmasquentjamais.
Faut pru le, beau semblant, tout mouille
d'Eaubénite,
Catholique à gros gratin, E/pagnol, Hy-
7'
pOCt:te,
Tu p.zrois ce q7uueetutit nn'>ec~ss pp-a,iss;;
On te co;?noitfartbien, mets donc le
Ma(quebas,
Quittece Chapelet, onffltit bien ta manière;
Tu l'as dans une main,dans l'autre une
Rapiere,
La hainedansle coeur,faisant tes orai-
Conf;
Prens-en plutostun de Marons.
S'il est
,
moinspropreafaire une priere"
L'on nenverrapMtantdeprofanations.
CJYGESP
XVIII. Ourejuoy, divineAstrée,aimable
Verité,
JQuittiezj-vous ces bailieux? La vertU;,
CInnocence,
Ontpeude Protecteurs; VOIUefiiez. leur
difenfc;
L'artpce en triomphe avec impunité.
HeltU! j'eftoú toujours dedans lobscurite.
L'on me voitloit contraindre a garker
lejilence,
Du moins on mobligeoit£avoirla complaifanee
De grossir les objets, mais contre L'équité.
jen'oiroisme montrer quandjestois toute
nuéi
Et lors qu'unMasqueprismerendnt
inconnus,
pavois bien des Martyrs, maispeudt
ConfeleursIl
afallu céder maplace aux Politiques,
Qui parlent comme on veut, qui content
des douceurs
'Aux Composeurs deFards & de Pané- lyriques Le mesme.'
XIX. JEnefuispoint Oedipe; &cependantj
Mercure,
u/Jitoft que je vois tes Tableaux &,
tes Yers,
Je devinel'Enigme, &tous sesfinS
divers;
Les deux du mois dernier nous marquent
lafigure
':D'une Châtaigne en coque, & d'un
Masque enifgure.
MAILOTE DU TERTRE.CÎU Pilier vercL
XX. VOs Marons font tres-beauxi 14
faison rigoureuse
Ne les a pas endommagez.
Et la bellefaçon dont vous les partagez
Meparottroitfort gtntreuft.
Si ion n'y troHVoitpai quelque chose à
blâmer,
, Et qui choque le bel usages
Cess,genèreux Seigneur, devousvoir
transformer,
Et qu'unMasque a nos yeux cliche
voflre vifure,
SYLVIE, du Havre-
D XXI. E bonne-foy,je vous assure
Qu'il nefutjamais à Bordeaux
: De Maronssigrosrtysibeaux
JQue ceux que présente Mercure.
LA PU-PU^RON, deVitré.
O XXII Nme l'avoit bien dit, je ne le
croyois pas,
Que le Diwin Courrierfaisoit quelqne
faux pas,
Et qu'ilse ressentoit de la foible humaine;
MAil je ncvoy que trop que ce Dieu
-des Larrons
Nesemetpasbeaucoupenpeine
achexjue.cefiluy quiprit hyer
nos Marons.
ÂlCIDOll, du Havre.
P XXIII.
PhiIls, tenez-votusurvosgardes,
Il court certains roleurs pendant ce
Carnaval;
],'enconnois-u-md'original,
QuifortAdroitement enleve jufqtiaux
Hordes;
Je l'apprishyer à mes dépens.
Le lamrcin qu.oon mu'a fatirt,saensgîblemeen;t
Et pour nepas tenir voftrceJPrit enfufpem,
Jeveux nommerOuvîAruthaeugr deeceg.alant
Mais, juste Ciel! le croirez-vout,
Sans entrer comme moy dans un jujic
couroux?
Mercure efl ce Larron, ce ness point
Inpofture"
Ilsesitreconnoistre a mes yeux étonnezï
Je renutrquay bien fafiguret
jQuiy qu'il entraif chez moy le Marque
[urlenez.
Le XXIV.
mesme.
LEs [Maisons déguisez dans laprc*
miereEnigme,
Serontdefaiftn tout cemois; Mllis on n'y peut portersans crime
LeMaftjue dufçavant Du-Bois,
Si ce n "cft quelques jours lapremiers
Quinzaine,
Puis que la fainte Quarantaine
Arrivant dans ce temps, exige de nos
coeurs
Mortification,Jeûne,Aumône, .Ahfli.,
nence,
Afin que nON soyons trHJmphans &
vainqueurs
Du Monde, du Démon, de la Concupiscence.
Le mesme.
XXV.
1L n'enfautpointfaire laifne3
J'en fuis enpeine tout de-bon;
Est-ceChâtaigne, est-ce Maron,
Difoitnoifreaimable VQiJilJe
Jjkpiy-jepajferpour mutine,
Ou pour navoir point de raison,
De fune j'ay- dit levray nom,
ToujourssurceMetje mobftine.
IPour lafécondé, franchement -' C'est pourmoy du haut Allemand^
Et je renonce à la comprendre.
1 Si fefioisfansverdpourcectupy
Je feroisFille à maller pendre;
Mais jeUtiens>c'efi Mafquc, ou
Loup.
L'Amant de la Belle Madelortj,
de la Rue GrenierS. Lazare*'
CINQUIEME PARTIE
DU TRAITE'
DES LUNETES
DBBIE' A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGN;
PtrM1 Çomicrsd'Antbrun, Previ de Ternmty Pr$fejfcmfies M
thématiques à Parts, NOus avons démontré qui
faut nécessairement qt
tous les verres soient bien cetrez,
pour composer un exclent
Télescope, ou Lunetede Ickgueveuë,
& pour bienprendre
la hauteur des Astres,& des objets
terrestres, &le niveau ou.
Tangente, àun pointdelasphéricitédu
Globe de la Terre;car,,
une ligne à niveau,c'est à dire,
dont les points sont également,
éloignez du centre de la Terre,
n'est pas une ligne droite, maisune
partie d'-un grand cercle,qui
a pourcentreceluy auquel tendent
les centres particuliers de.
gravité de tous les corpsqui COJ.11.-
posent ce Globe.
Nous avonsaussi démontre,
quecette nécessitéde la bonne
centration des verres,n'est pas.
une nouvelle découverte bien
queles plus anciens Autheurs,
s'enayentfaitmention, disant
tout en peude mots. Ainsi, ern
l'année1542. Hieronymus TYACafli*
nUl, le plus ancien qui ait parlé
des Lunetes,se contente de dire
au Chapitre 8. de son Livre de
nomocentfiâs) les seize mots suivans.
Per duospecilla ecttlaria,jî
quisf>erjj?iciar} altero tflteriftperptl.
sito, majoratmtlto&propinquiortf
widebit emnia.
En 1647. MrHevelius,dans fâ:
Selénographie, reconnoist
-
la nécessité
dela bonne centration
des verresc'est àdire,quechaque
centre de leurs deuxsurfaces,
soient en unemesme ligne droite
avec le centre de la forme du
verre, qui est le centre dela
Sphère dont le verre plan-convexe
est un segment, &c. c'est?
pourquoypour me servir de ses
termes, debent tffi in margine dque
crassaspecilla. C'est pour cette,
raison,
Qu'en16.le R. P. Mai-,
gnan, Religieux Minime, à la
fin de son Livre De la Ferjpetti<ve
dr Dioptrique Horaire, donne aux.
Ouvriers ce bon avis. Tali arte
lentes per sous modulos, Ecuelles,
ducito ut semper convexe lentis.
nettex+verticicavimoduli, Eeuelle,
ad amussim insistat, &c.
Monsieur Descartes a bien rc,
marquédans lehuitièmeDiscours
page 142. de sa Dioptrique impriméeen
1658. que les verres doivent
estre disposez en telle forte,
que ltNrsAiffieuxfoÙnten une mefini:
ligne droite.
Ce qu'en 1655. Petrus Borellus^,
car tous ceux de ce nom onttoujours
esté sçavans Medecins.
& tres experts en-la pratiquedu
travail des verres des Lunetes,
n'oublia pasdansla15. page LJb.
2, De vero Telescopii & Binoculi
Inventore,impriméàla Haye en
Hollande, Voicy ses termes. ob;.
serva tendemquod centraduarum
variarum vitri fuperjîcicrum jihi
optimeresponderedebent. ;
En 1666. le R. P. Eschinard
Jésuite, dans la 187. pageDialogi
Optici imprimé àRomeavertit
les Ouvriers, de la necessité de
bien centrer les verres. Curandum
est, dit-il, at axisutriusque superficieiperfecte
dirigaturper centrum
tentis, &c'esten quoy les verres,
objectifs sont ordinairementdéfectueux.
Voicy une courte & palpable
démonstrationdecette necessité:
de la bonne centration des verres
,
de laquelle dépend l'excellence,
&. le bon effet d'une Lunete.
Voyez, }'ig.l.p¡¡¡ndJe 6.
Soit le verre objectif planconvexe
AB mal centré
,
estant
moins épais en son bord vers Ay.
queversB. la ligne DC tirée à
plombparle centre de sasuperficie
plane-convexe, ne fera pas àplomb sur la superficie convexe,
parcequ'elle ne passe pas par le
point J, centre de laforme du
verre ou de la sphére dont il est
segment. Pour le démontrer
continuez, Sc produisez de part
& d'autre la ligne droiteAB,
comme aussi l'arc ACB,jusqu'à
ladite lignedroite aux points EF.
La ligne EF fera la corde de cet
arcECD. Divisez donc égalementla
cordeEFaupointG, M
du point I, centre de l'arc ECF,
tirez par le point G la ligne
droite IGH, elle fera un, demy
diametre, & parce qu'elle coupe
également la corde EF, ellesera
à plomb sur la ligue EF,ousurface
plane duverre,par la troisiéme
Proposition du3.Livred'Euclide
; & comme par la qualité
du rayon du cercle, elle est à
plomb sur le pointH, qui est un
planduPolygone d'infiniscôtez,
donttout cercle estcomposé; il
il s'enfuitque les points G & Hy
sont les centres de la bonne centration
du verre mal centré ABi
C'est pourquoy des points G te
Hpris pour centres, & du rayon
GM û,HN, ayant couvert le
verre avec un carton pour appuyerpuyer
dessus le centre, il fauc
avec le compas à pointe de diamant
tracer un autre cercle sur
sa surface plane
,
&: une autre
sur sa surface convexe. Apres
quoyayant grugé tout autour le
verre jusqu'à ces deux cercles
tracez avec la pointe du diamant,
vous aurezle verre KHM, N'GD,
moindre en ses surfaces, mais
bien centré & il aura partout
égale épaisseuren son bord oa
contour. C'estpourquoy estant
prlacé dans le tuyau delaLunete , RS, l'axe de laradiation
HGItraverseraleverre sans soufrir
aucune réfraction ,parce
qu'il tombe à plomb sur ces deux
surfaces, & parconséquent con
tinuërale long de l'axedu tuyau
cylindrique de la Lunete, &
ayant auflj traversé sans soufrir
aucune réfraction tous les verres
oculaires, que je supose bien
centrez, ôc scituez bien parallelement
au verre objectif, &par
leurs bords bien à plomb contre
le tuyau, tombera aussi à plomb
sur le centre de la prunelle, ou
du moins dans la prunelle, puis
que nous l'appliquons à un trou
de trois ou quatre lignes au plus
de diamettre fait au fond de la
Boëte, qui porte le dernier ou
immédiat oculaire, comme vous
voyez dans la Planche Figure
& ainsi l'objet paroistradans
le lieu veritable ou il est, & se
peindra au fonds de la retine au.
point~
Considérons maintenant ce
mesme verre ABCD, tout entier
avant sa récentration,place
dans le tuyau de la Lunete RS,
TV", 6c pour faciliter ladémonstration,
mettons,y un oculaire
concave, il est évidentque la
prunelle de l'oeil estant placée en
X au milieu du bout de laLunete,
aucun rayon de la radiation du
point principal *del'objet,cotre
lequel on croit la Lunete directement
braquée, n'entrera dans la
prunellede l'oeil, puis que tous
ces rayons émanez divergens,&
lesquels à cause du grand éloigncment
de l'objet, tombent
physiquement parallele sur le
verre, se réunifient sur le rayon
de l'axe ou irrefractionen leur foyer
au point I, & par conséquent sur
le fond de la retine se peindra le
foyer ou image d'un autre point
de l'objet5 & comme l'axe de
cette radiation a loufert réfraction,
l'objet paroiftra où iln'est
pas, 6c on le croira en ligne droite
avec l'axe de la Lunete. Que si
l'oculaire est convexe, & situé:
au deça du foyer de l'objectif, la
prunelle de l'oeil ne peut recevoir
que quelques rayons deceux
qui tombent les plus inclinez
sur le verre oculaire, & dont le
foyer ou réünion n'estant pas
précis, ne peuvent causer que
des couleurs par leur trop grande
réfraction.
Cette mauvaise centration des
verres d'une Lunete, qui fert
d'alidade aux Instrumens graduez
des Astronomes
,
fait que
leurs Observations concernant
te hauteur des Astres) difercnt
du moins en quelques seconde;,
Semesfmeen des minutesentières
, ce qu'ils rejettent tout à
la diférente Denfltéde l'atmoifere,
laquelle caufanc diférentesréfraébons
éleventdifércmmenc
l'objet, & les Planetes que la
parallaxe abaisse toujours. Ilest
donc absfolumentnécessaire que
les Astronomes ne se rapportent
pas sur la portée des Artisans
& Maistres.Lunetiers.
Un Astronome, & tout Homme
curieux, doit premierement
reconnoistre si tous les verresfont
bien centrez, avant que de
les employer en la construction
d'un Telescopes
,
afin que les
centres des deux superficies de
chaque verre, comme aussi les
centres de leurs formes, foienc
dans une mesme ligne droite.
C'est le 103.PostulatumdelaDioptriquedeKeppler,
imprimée en
1611.Voicy ces termes. VI in
tubo linea per utriusque vitri centra
convexÙdlum tranfiens Je una &
eadem. Ce qui dépenda de trois
Chefs. 1. De la bonne centration
des verres. 2. De la situation
parallele de tous les verres
dans le tuyau.3. De la rectitude
dutuyau.Nousallons direIàdelïus,
tout ce quieft nécessaire
dans la Théorie, 2c dans la Pratique.
Si le verre n'est pas bien centre,
ille faut récentrer, trouvant sur
salurface convexe lepoint de sa
bonne centration, auquel aboutit
l'axe de la sphére dont le verre
est un segment ;
mais d'aurant
qu'il est inutile de recentrer, 6c
recouper un verre, s'il est défectueux
dans sa matiere ou dans
son travail
,
& que leur éclat ô£
leurpolyexquisempesche dediscerner
facilement leurs défauts)
la matiere du verre doit estre claire
, pure, nette&homogene.
Pour reconnoistre lesdéfauts
de la matiere d'un verre travaillé
pian-convexe ou convexe des
deuxcofiez, arrestez à l'ôpofirè
d'un objet bien éclairé) & médiocrement
éloigné, le verre que
vous voulez examiner
,
éloignez
vous-en peu à peu,jusquesà
tant que limage aérienne de
l'objet soit précisement sur l'humeur
cristalin, qui employera
tellement les rayons, que les
rayons de chaquepointdel'objet
feront peints confusément furum
mesme point de la retine, & par
conséquent il ne s'y formera
aucune image de l'objet pas mefme
de sa,couleur). mais en échange
on ne verra que le verre, dont
1 image de toutes les parties se
trouve distinctement peinte sur
la retine C'est pourquoy tous
lesdéfautsdela matiere y ayant
leur espece ou image, vous paroîtront
tres-distinctement, comme
tourbilions, cendres, lames,
surchargement,veines, points,,
flble, bouteilles, fumées, vescies;
partiesopacques,&enfin toutes
les parties qui feront. heterogenes..
On peut aussi reconnoistre de
nuit les défauts de la matiere du
verre convexe, en recevant sur
l'humeur criistalin, le foyer, baze
de diftiiiâlan, ou image aérienne
de la flâme d'une Bougie.
Vous jugerezauffide la bonté
de la matiere, & du poly du
verre convexe travaillé, si dans
une Chambre ilrefléchit l'image
du Soleil contre la muraille du
bis intérieur de l'appuy de la
Fenestre, s'il n'y a aucun bril
lant parsemé de lumiere. On reconnoist
aussi par ce moyen, si
un verre travaillé est bien centré,
lors qu'au centre du rond de lumiere
refléchie
, on y remarque
unpetit rond fort brillant,& bien
concentrique.
Pourreconnoistre les défauts
de la matiere d'un verre concave,,
il le faut nlonrerà l'ordinaire à.
un bout du tuyau de la Lunete,
dont l'autre bout effc garny da
verre objectif, par lequel recevant
les rayons du Soleil dans la
Chambre noire, sur un Carton
ou Table d'attente perpendiculairement
opposée au Soleil, son
image portera, & vous marquera
tons les défauts du verre oculaire
concave; & afind'edre assuré
que ces taches ou macules font
dans le verre, & non pas sur le
disque du Soleil, tournez doucement
la Lunete sur son axe, ou
le seul tuyau qui porte le verre
concave, car si ces raches roulent
sansdesssus-dessous dans le
Inclina temps que le verre oculaire
,
elles proviennent de la
matière du verre, & au contraire
feront sur ledisque du Soleil, si
elles ne changent de place.
Il nous reste à examiner la
bontédu travail des verres planconvexes
qui fervent d'objectifs
à toutes hs grandes Luneres) &
tres-souvent mesme de verre
oculaire, comme aussi à examiner
celles desverres également
convexes des deux costez, qui
fervent de verres objectifs aux
Lunetes qui n'excedent pas deux
piedsenlongueur, Se fervent
aussi de verre oculaire aux petites,
aux médiocres,deaux plus
grandes Lunetes. Le R. Pere
Scheiner, dans son Rôfk Vrfina,
Lit. 2. Cap. 20. nie fournit un
moyen que je glose ainsi.Tendez
bien perpendiculairement sur le
planuny d'une muraille, une ficelle
par un poids attaché, Seen
estant éloigné de quelques pas,
arrestez vostre verre directement
ôe parallelemet au plan de la muraille,
&ayantl'oeil peu éloigné
du verre entre le verre & son
foyerobj,estis,consi,I.erez attentivement
si cette ficelle veuëà travers
ce verre, & comme passant
par son centre, vous paroist bien
droite,mesme en tournant le ver- resursoncentre,éloignez-vous
ensuite du verre jusques au deça
de son foyerobjectif, car recevant
les rayons a pres leurs décussations
qu'ils font au foyer,
l'objet vous paroistra renversé,
& considerez si ce filet dont l'image
semble passer par le centre
du verre, paroist toûjours bien
droitemesme lors que vostre adjudant
tournera le verre sur son
iaxe3.celaestanr, vous [ercz'aiTurc:
de la bontédu travail de ce verre,
& pour me servir de mes termes,
vous pourrez dire que ce verre
est bien centré. Vous ferez le
mesme jugement, si en regardant
par ce verre un triangle,
un quarré, ou un cercle, l'apparence
en esttoûjours bien réguliere,
si les costez duquarréparoissent
bien en ligne droite, k
ses angles droits, comme aussi., si
l'aparence du cercle ne dégçnre
point en ovale, &c. mesme lors
que vous tournez ce verre sur
son centre & axe. Toutes ces
fortes d'épreuves ne peuventservir
à trouver le point de la bonne
centration des verres; j'en dis
autant de la maniere d'observer
sur la surface supérieure du verre,
le pointauquel paroissent s'unir
les deux images d'un point notable
d'un objet élevé, la premierede
ces images estant refléchie
par la premiere superficie
du verre;&la seconde, par la
superficie de la profondeur du
verre. Disons donc que les manieres
suivantes font les
Preuves ajjurées de la bonne
Qentrationt des Verres planconvexes
, t'!J des convexes
des deux costez.
i.sI les deux superficies du
verre secoupent vivement
à leurs bords,c'estàdire,s'ils sont
par tout bien coupant àl'entour
de leur circonférence. La démonstration
de sa bonne centration
est trop évidente d'ellemesme,
pour en parler davantage.
2. Siun verre coupé bien rondement,
a par tout une égale
épaisseur dans les bords de sa
circonférence, il fera bien centré.
3. On peut facilement trouver
le point de la bonne centration
du verre, dont la longueur du
foyer Solaire ne fera que de trois
ou quatre pieds. Ayez deux semblables
& égales picces de Carton
de figure rectangle, sur lesquelles
vous tracerez en haut les
quarrez égaux, comme dans les
Fig. IV. & V. de la Planche VI.
des points C,intersections des diagonales
de ces quarrez , tracez
les cercles ABDE,ab de, dont le
diametre soit d'environ une ligne
& demie plusgrand que le diametre
de la superficie du verre à
examiner, tracezaussi sur le premier
Carton,Fig. IV. du centre
C, uncercle intérieur, dont
le diametre ne soit que la moitié
du diametre ducercleABCD, &
sur le secondCarnon Fig. V. un
cercle intérieur dont le diametre
soit d'environ trois ou quatre
lignes plus grand que le diametre
du cercle intérieur du premier
carton;tirez aussi surchaque carton
par les centres C perpendiculairementauxcostez
des deux
* quarrez les lignes AB, DE,ab, de,
apres quoy avec la pointe d'un
aiguiille rougie à la flâme d'une
Bougie, faites huit petits trous
bienronds sur la circonférence
du cercle extérieur de chaque
Carton, aux points de l'intersection
des deux perpendiculaires
,
& des deux diagonales.
Faites aussi huit autres petits
trous sur le cercle intérieur du
premier Carton, & un trou en
son centre,comme en la Fig.IV.
vuidez ensuitele second Carton,
en ostanttout ce qui est contenu
par la circonférence du cercle
inrérieur. Fig.V.
Mettez vostre verre entre ces
deux Cartons, observant que si
le verre estplan-convexe, la furface
plane soit sur le premier
Carton, afin que la boiïe de {&
convexité entre commodement
dans la vuidange ou ouverture
du second Carton. Arrestez enfuite
vostre verre entre ces deux
Cartons, comme en la Fig. VI.
passantavec une aiguille du filet
à travers les huit trous faits &
espacez également, &; semblablement
sur la circonférence du
cercle extérieur, & égal en l'un,
& en l'autre Carton. Sur les bras
de l'assemblage de ces deux Cartons
qui portent le verre enchassé,
mettez une lame de métail
LM, & arrestez le tout bien
à plomb avec deux ou trois viz
en bois,au bout antérieur de la regle
d'épreuve N, Fig.VII. Tournez-
là sur son pied P, en forte
que la ligne du milieu de la longueur
de la regle NO foit dans le
cercle azimutal du Soleil; &
comme la regle NO est mobile
sur l'axe ^qui la traverse, élevez-
la jusques à tant que son
plan supérieur soit dans l'atmtocantarath
du centre du Soleil, ou
cercle parallele à l'horizon qui
a le zeniht pour Pôle, & qui
marque sur un cercle azimutalles
degrez de l'élevation du Soleil
sur l'horizon. Faites en mesme
temps couler en arriere la piece
STV àplombsurla surfacesupérieure
de la regle, & par conséquent
parallele à la surface du
verre, &des Cartons qui le tiennent
enchasse; faiteslacouler,
dis- je, jusques à tant que vous,
voyez sur sa surface antérieure
les Radiations du Soleil, quiont
passé par les neuf endroits que
les trous faits sur les Cartons ont
laissé découverts aux rayons du
Soleil, s'a pprochent toûjours
également &: peu à peu de k*
radiation quLpaÍfe. par le trou
central, & enfin se joindre &
former au point F l'image du
Soleil, que par analogie nous apor
pellons,FoyerSolaire,ou endroit
où les rayons du Soleil estant
rassemblez en grande quantité
brûlent, parce que virtus unita
potentius agit. Ce foyer ou baze
de distinction, ou réünion en UIÏ
mesme point de tous lesrayons
émanez divergens d'un mesme
point du Soleil, & par les loix
de la refraction rendus convergens
en penétrant le verre planconvexe
ou convexe des deux
costez, ce foyer Solaire,dis-je,
est l'image du Soleil. C'est pour.
quoy comme le diametre du
disque apparent du Soleil, mesme
dans son apogée, est compris
par unangle dedemy degré,
&: que par conséquent il ne faudroit
que 720.Soleils semblables
au nostre, pour faire un pont de
lumiere solaire de toute l'Ecliptique
, comme l'Anneau de Saturne
,&c. Par conséquent ce
foyer aura du moins en son diametre,
la corde de JO. minutes
du grand cercle, dont le verre ob..
jcébf planconvexe est segment.
C'est pourquoy le R. Pere Chérubin
a eu une vision parfaite,
lors que dans la 173. page de sa
DioptriqueOculaire de1671. il a dit
que Siunverrecfthon auxLunetes
de longue rvcuè, on doit recueillir
sur un plandireBernent opposé, les
rayons du Soleilmtfme dans unfeint,
Car, ajoute-t-il, si cela arrivoit
henreufemnt,ce{croit,dit.ilen
grand Ageometre,&bon Adiop
tricien, le vray indice de l'excellence
de ce verrer Si qu'il seroit dans
sa veritable & précise largeur,
sans qu'il fut besoin de rien couvrir
de sa circonférence.
Par cette expérience vous aurez
BF la veritable puissance du
verre que nous appellons longueur
de son foyer Solaire; & si
vous éloignez davantage du
verre la PieceSTV , si le verre
est bien centré, vous aurez toûjours
huit radiations, qui s'éloignent
peu à peudavantage,mais
toûjours également, de la neuviéme
radiation qui passe par le
trou central, & qui aura par
conséquent un rayon Mathématique
que nous appelions axe de
la radiation de tout l'objet, le
quel aura penetré le verre sans
soufrir aucune réfraction
, parce
que le centre de ce trou central
a esté fait sur le verre bien centré,
c'est à dire, sur le point, sur
lequel l'axe du verre ou semydiametre
partantdu centredela
sphére dont il est segment,a patte
à plomb sur la surface plane,&
partagé également la corde du
segment de ce verre planconvexe;
ainsi les deux centres des
superficies duverre,& le centre
de sa forme se trouvent dansune
mesme ligne droite.
Vous verrez en mesme tem ps
avec plaisir l'efft de la décussation
des rayons, & pourquoy
dans la veuë naturelle l'image des
objets est toûjours peinte renversée
sur le fond de la Retine
3 car
tant que ceplan STr fera entre
le verre & son foyer solaire, la
radiation dutrou supérieur A, y
paroistralaplusélevée, deleplan
STVestantan-deçà du soyes'f,..
cette radiation du point A se
peindra au-dessous, changeant
de place; & pour vous en convaincre
sensiblement , couvrez
ce trou A, & la radiationla plusbasse
manquera sur le plan STYr
Quesi vous approchez le plan
vers le verre, lors qu'il en fera
moins éloigné que son foyer solaire
, cette radiation du trou A
manquera tout au-dessus dès-autres
par ce qu'au foyersolaire
ces 8 ra diations s'entrecroisent,
les fupéricures devenantinférieures
, & celles qui font à main
droite partant à main gauche,&c.
11
Il y a quelques années que dans
une des Assemblées publiques
des plus curieux &, sçavans du
Corps de Médecine, je me fervis
de cette machine pour expliquer
évidemment tout ce qui
concerne la veuë; elle y receut
une générale approbation, ôc
celle de Mrdu Verney
,
l'un des
plus sçavansMédecins, & expMeertms
Abrneatomistes de l'Europe,&
de l'Académie Royale
des Sciences, qui continue à
faire un des grands ornemensde
la France, en travaillant utilement
à perfectionner les Arts &
les Sciences. Ces Messieurs redoublent
leurs doctes applications,
& leurs sçavantes veilles,
pour répondre aux intentions du
plus auguste des Monarques de
la terre, par les ordres que leur
a donné son incomparable Ministre
d'Etat,puisquedans toutes
les plus grandes Dignitez,
Charges & Emplois du Royau-,
me, par tout & en tout temps,
conformément à son nom,
TRANCOIS-MICHEL LE TELLIER
DE LOUVOIS.
lt ESTLECHEMIN DV SOLEJL
LA FORCE DF ROT.
Si la radiation d'un deces
8 trous faits sur le cercle intérieur
du premier Carton A B:CD s'aproche
sur le plan STy davantage
ou plûtost que les autres,
de la radiation qui passe par le
trou fait au centre c, c'est un
figne infaillible de la mauvaise
ccntration du verre; & que le
trop d'où sort cetté radiation, est
le plus éloigné du veritable point ,
de la bonne centration du verre,
ou de l'axe de la spheredont le
verreest segment
; car les rayons
qui tôbentsur levérrebeaucôupJ
plus éloignez de son axe , tombant
plus inclinez, l'angle de
leur réfraction est plus grand
c'estpourquoy ils se reünissen,t
plûtostsur l'axe;ce que vous"
reconnoistrez par expérience,
ayant fait un trou sur l'un &
l'autre carton fort éloigné du
centre des superficies du verre
ou trou central c, & presquesur
le bord du verre. C'estd'icy
mesme qu'en l'année1651.estant
pour le service du Roy au Fort
de l'Eclusesur le Rhône, àquatre
lieuës au-dessous de Geneve,
je cherchois à, reconnoistre par
expérience la juste & précise ouverture
qu'un verre objectifpeut
soufrir & porter sans diminuerla
netteté & distinction de la vision
de l'objet, car le tropd'ouverture
la rend confuse, mais fort
claire, t& une ouverture trop
étroite rend la vision de l'objet
tres-distinée
,
mais peu claire,
& fort sombre, &c.
Comme cette maniere de connoiftre
& corriger la mauvaise
centration des verres objedifs
desTelescopes ou Luneres de
longue-veuë, ne peut servirque
pour les objectifs des Lunetesde
3ou4 pieds;voicy deux maniéres
desquelles je me servois pour
les verres de longue portée ou
puissance,c'est à dire, de grande
longueur de foyer ;elles sont
tres faciles; tres-précises&demorstratives
dans la pratique.
voyez la FigureXI.Je fis faire à
Genève avec du léton de calendre,
d'une ligned'épaisseur, un
tuyau cilindrique d'un pied de
longueur, soudé d'argent, 8c
tiré à la filiere
,
& puis reactifié
au tour, & rendu précisément
d'égale épaisseur, que je fis couper
bien rondement & à plomb
sur son axe, l'ayant monté sur
un mandrin juste. Lediamétre
de ce tuyau avoit 3 pouces &
4 lignes, quiestlediamètresusfisant
pour la surface à laquelle
on peut réduire un verre planconvexe
, de 20 pieds de foyer,
apres qu'il a esté travaillé, car
pour le bien travailler il faut nécessairement
que le diametre de
sa surface ait du moins 4 pouces,
d'autantqu'il est impossible que
les bords du verre soient également
bien travaillez. Il fufKc
donc qu'un verre de 20 pieds de
foyerait après son travail le
diamètrede sa surfacede 3 pouces
& 4 lignes; car pour excellemment
qu'il puisse estre travaillé
,
quand ce seroit par la
main d'un Ange, il ne pourroit
au plus soufrir avec distinction
qu'une ouverture de 3 pouces de
diamètre, c'est pourquoy luy
donnant un verre oculaire également
convexe des deuxcodez,
ce ) pouces de longueur de foycr
solaire
, vous aurez une Lunete
laquelle avec grande clarté Se
distinction augmentera 48 fois
l'apparence naturelle du diamérre
visuel de l'objet, d'autant que
48 fois 5 pouces sont 240 pouces,
ou 20 pieds,longueur du verre objéctf,
laquelle contient par conséquent
48 fois les 5 pouces ou
la longueur du foyer du verre
oculaire.
Je passay ce tuyau dans un ca..
nal fait parlecentred'une boule
de bois blanc, où il couloit ÔC
tournoit facilement. Voyez la
Fig. XI. J'enchassay &. enclavay
cette boule dans deux planches
vuides en dedans de leur épaisseur
,
suivant le diamètre de sa
boule, que j'avois bien frotté
avec du savon, afin qu'on b. pust
facilement contourner, comme
l'oeil des Animaux dans les coucavitez
où la sage Nature les a
logé; ces deux planches estant
fermement arrestées avec des viz
en bois sur le trou qui reçoit une
partie de la boule,&quiest fait
à un volet de la senestre de la
chambre noire. Voyez, la Figure XIII de la première planche du
XIX. Tome Extraordinairedu Mercure.
Et ayantcontourné la boule
pour voir par ce tuyau quelque
objet éloigné&bien éclairé, serrez
fortement les deux planches.
Placez ensuite vostre verre duquel
vous voulez reconnoistre la
bonne ou mauvaise centration,
& ayant fermé la fenestre de
vostre chambre ou galerie noire,
&: soigneusement bouché toutes
les entrées à la lumiere, présentez
une planchcte couverte d'un
papier blanc bien directementau
dernier tuyau, & parallèlement
à la surface du verre, lareculant
peu à peu jusqu'àtantque la pein.
turc de l'objet paroisse tres-distinctesurla
planchere;c'est pourquoy
vous ne donnerez pas au
verre toute l'ouverture dont il
peut estre capable, afin que l'innge
de l'objet paroisse plus difrintte;
arrestezfixement vostre
planchete, & vous aurez la longueur
du foyer objectif de ce
verre, qui fera toujours plus éloigné
que le foyersolaire. Marquez
avec un point d'encre le
point principal & plus norable
du milieu de l'image de l'objet.
Faites ensuite que quelqu'un
tourne ce tuyau qui porte le
verre, si doucement qu'il n'ebranle
point la boule qui le contient;
si la peinture du point de
l'objet demeure fixesur le même
point d'encre marqué sur la planchete,
vostre verre est bien centré
& bien posé à plomb dans
son tuyau, c'est à dire que l'axe
du verre convient avec l'axe du
tuyau, ôc ne font qu'unemesme
ligne droite. Quesicettepetite
image dumesme point de l'objet
se peint successivement en divers
endroits sur vostre planchete,
il y parcourra la circonsérence
d'un cercle dont l'axe
iroit donner levéritable point de
la bonne centration de vostre
verre, puis que ce contour que
fait ce point de l'image de l'objet
à mesure que l'on contourne le
verre avec -fou tuyau, est une
démonstration qu'il est mal centré
, ou du moins posé de biaiz
dans le tuyau.
La maniere suivante est encore
plus facile &démonstrative par
elle-n-eettile. Faites un trou à un
volet de la fenestre de la chambre
ou galerie noire,passez dans
ce trou un pied ou environ de
la longueur du tuyau antérieur
de la Lunete
>
dans lequel aurez
faitcouler doucemept le tuyau
particulier qui porte le verre à
examiner, tirez ensuite dans la.
chambre les tuyaux, jusques à
tant que la Lunete foit environ
de la longueur requise du foyer,
baze de diHilléhon
, ou image de
quelque objet beaucoup éloigné,
peu élevé sur l'horizon, & fortement
éclairé du Soleil, & dans,
le bout antérieur de la Lunete,
enfoncez peu à peu & doucement
un tuyau particulier
,
qui
sur son extrémité qui demeurera
dans la chambre hors (lela Lu.
nere ,
soit garny du diafragme
monté de deux brins de foye
plate noire bien rendus en croix
sur quatre légerstraies de burin,
Voyez, la F. Figure de la PlancheV.
dans le XX.IV. Tome Extraordinaire
du Mercure. Enfoncez, dis- je, ce
tuyau avec son diafragniejtifqtics
à tant que sur le diafragme qu'aurez
recouvert d'un papier fin
huilé,soitprécisément l'image
aérienne&tres-distinctedel'objet.
Remarquez bien attentivement
quel point de l'image de
l'objet le trouve sur le point de
l'entrecroisement des deux riiefs
du diafragme, faites ensuiteque
quelque adjudant qui fera hors
de la fenestre de la chambre,
contourne peu à peu le petit
tuyau qui porte le verre objectif,
& cela si doucement qu'il n'ébranle
en aucune maniere la Lunete,
c'est pourquoy le dessus
ou partie convexe de ce tuyau
fera bien savonnée. Si le mesme
point de l'image de l'objet demeure
toujours fous l'intersection
des deux filets, toute l'image
de l'objet demeurant inébranlable
nonobstant le contournement
du verre objectif, c'est une
démonstration évidente de sa
bonne centration & position
dans la Lunete.
Si a yant ôté le papier huile
qui couvroit le diafragme, vous
coulez sur le tuyau qui porte ce
diafragme, un tuyau particulier
FigureVII.garnyduverreoculaire
convexe, & de sa boëte de
recouvrement, montée à viz,
ayant au centre de son fonds
creusé en demy rond, une ouverture,
trou ou pinnule d'une
ligne au plus de diamétre, un
peumoins éloigné du verreoculaire,
que de la longueur de son
foyer solaire, &encore plus proche
pour les miopes qui racourcissent
la Lunete, pour recevoir
les rayons plus divergens dechaque
point del'imageaërienne, de
laquelle ils approchent aussi davantage
l'oeil, pour la voir diftindement
,si vous coulez', disje,
doucement& peu à peu ce
tuyau sur la Lunete sans l'ébranler
,jusquesà tant que suivant la
portée de vostre veuë vous voyez
l'objet trèsdistinctement
,
ôc
comme traversé des deux filets
du diafragme, qui vous paroîtront
comme s'ils estoient réellement
sur l'objet.
Pour lorsconsiderez bien attentivementquel
point de l'objet
paroist couvert par l'interfeaion
des deux brins de foye plate noire
tendus sur l'ouverture du diafragme,
puis faites qu'un adjudant
qui soit hors de la fenestre, contourne
doucement & peu à peu
dans le tuyau de la Lunete le
petit tuyau particulier, Figure
qui porte le verre objectif. Si
l'obj et vous paroist ne changer
aucunement de situation à l'égard
des filets du diafragme)ae
quelemesme pointfoit toujours
caché fousle point de leur interfection,
c'estune démonstration
tres-èvidente que l'objectif
est bien centré, & que les deux
verres font bien posez centralement
paralleles dans le tube de
la Lunete. Je me servois de cette
méthode en l'année 1651. pour
examiner si j'avois bien mis à
angles droits les deux brins de
soye plate sur l'ouverturedudiafragme
*, car aprèsavoir tourné
letuyauqui portoit lediafragme
jusques à tant que l'un de ses
filets me parustconvenir & comme
estre appliqué sur une ficelle
blanchie avec de la Céruse, mise
à cent pas loin bien à plomb
par un gros poids, je faisois en
mesme temps marquer avec de
la Céruse précisément les endroits
de la muraille opposée,&
des autres objets verticaux sur
lesquels le filet horizontal du diafragme
me paroissoit appliqué )-. je tournois ensuite lè"tuyau qui
portoit le diafragme, peu 6c tresdoucement,
de peur d'ébranler
la Lunete, jusques à tant que le
filet horizontal du diafragme çI.
\: venu vertical, me couvroit &.
paroissoit comme sur la ficelle,
toûjours bien rendue à plomb;
car si pour lors le filetdu diafragme
qui dans la premiereobservation
estoit vertical, estant
maintenant horizontal, coupoit,
convenoit de paroissoit à droite
Sç à gauche précisement sur les
lpeosiqnuteslsmarquez avec céruse, sur
avoir paru lors de fâ
preîllie obtervation le filethorizontal
,dans cette observation
devenu vertical
,
j'estoisassûré
que mes deux brins de soye pla.
te noire faisoient quatre angles
droits au pojnt de leur intersection
sur l'ouverture du diafragme
, & je çoncluois en méfiée
temps que la ligne tirée par les
points marquez de céruse horizontalementsur
les objets, estoit
une véritable: tangente à la terre,
au point quej'avois fait marquer
avec Ocréjaune, oùellecoupait
la ficelle; & ayant auellement
mesuré depuis laficellejusques
aux lieux marquez, je concluois
geométriquemet lequel des deux
lieux à droite ou à gauche de
la corde estoit le plus élevé, ce
qui est tres-necessaire pour la
conduite des eaux, &c. Les Ingénieurs
sçavans trouveront bien
d'eux-mesmes le moyen de connoistre
par les angles sans aller
sur les lieux, lequel des deux endroits
pris à droite ou à gauche
est le plus élevé ou éloigné du
centre de la pesanteur descorps
de nostre Sistéme. Personne depuis
trente-deux ans n'a pû trouver
à dire contre cette méthode,
car celle que Mr Hevelius a doov
né en 1674. dans la zi & 21 page#
de sa Seleno-graphie, ou Description
de la Lune, parl'observation
des- taches du Soleil sur
la planchete, est très-difficile,:
& souvent impraticable: LeR.
P. Fabry ayant peut-estre eir
égard à cette méthode de Mc
Heveliusa diten l'année 1667
dans la 231 page de optica Synopsis
imprimé à Lyon, Diviniusnoster
pro (ingultJri quâ pollct industriâ,excogitavitfacilem,
modum
, quo citra
solitam Telescopii probationem
, llr..
ïiatt lentis vitiumfacilè deprektndi
possit. fut tempore publici juris
faciet. Pour moy qui n'ay jamais
rien réservé, ny fait mystere d'aucune
chose, pour excellente qu'-
elle pust estre, n'ayant jamais
approuvé les maximesde certains
Dottes. de peu de sçavoir,
qui font mistere de tout, ôc
bien souvent d'un rien. C'efi:
pourquoy. l'illustre & veritable
Sçavant, Mr de Thoinard
>
les
excuse agréablement par ces
quatre mots du Poëte, Pauperis
estnumerare pecus. J'ajoûteencore
ic.y la maniere de. reconnoistre
&corriger la centrationdesverres,
quej'avois pratiqué en l'année
1652., & qu'en l'année 1654.
je donnay à Lyon, avec mon Op\t
trique, Catoptrique & Dioptrique,
au R. P. Ignace Baudet de
Grenoble, qui partit pour la
Mission du Japon, & du Tonquin
, avec le R. P. Cloche, 6c
le R. P. Alexandre de Rhodes,,
de la Compagnie déJëTùPRO
BLEM E.
Reconnoijbre si les Verres Objeéîifs
des grands Telejcopes
ou Lunetes de longue-veut
font bien centretr»unjer
dans la derniere précifon
tlerpoaint dte ileour bnonne.cem LA science des Médecins,que
la Sainte Ecriture nousoblige
d'honorer, pourlanécessité,
est peuutile si elle ne connoist
que la nature des maladies te
leur cause, &. ignore les moyens,
faciles & assurez d'y remédier,
ôc de rétablir la santé dans le
corps humain, qui est son fuier,
C'est par une semblable raison
que je donne icy mon ancienne,
facile & assurée Méthodede reconnoistre
& corriger la mauvasse
centration des verres; car
ils peuvent tous estre recentrez,
régulièrement, sans les retravailler,
puis qu'ayant reconnu le
point de leur bonne centration,
il ne faut que les recouper ou
diminueravec un grugeoir, suivant
la peripherie du cercle qu'on
aura tracé sur la surface plane,
avec le compas à pointe dediamanc,
duquel la pointe de l'autre
jambe appuyera sur le point
<iÎln morceau de carton collé
sur le verre, & qui fera précisément
sur le point trouvé de la
bonne centration;carensuiteles
Qtrsdçs deux surfacesduverre
se trouveront en une mesme lrgne
droite
,
avec le centre de la
forme ou l'axe du verre, qui est
l'axe de la sphere dont le verre
objectifplan,convexe estunsegment.
Voicy la maniere que je mis
en pratique en l'année1652. Reprenez
la Figure X I. dans la
quelle le tuyau dont nous avons
cy - devant donné la mariera
lesmesures, &laconstruction,
estoit mobiledans le canalfait
à travers, &par le centre de la
boule de bois, il faut premierement
le rendre immobile dans
le canal de la boule par l'une ou
l'autre des 4 viz qu'on voit dans
lal}'igure XI.ou parles quatreviz
ensemble,ilfaut ensuite pousser
au-dehors le cilindre creux de
carton
carton qui soûtenoit les verres
qu'onvouloir éprouver parla
1e méthode, lors que cetuyause
contournoit dans la boule. Je
fis donc faire du mesme métal àc
en la mesme maniere, un tuyau
de 9 pouces de longueur, &
presque quatre lignes dediamètre
extérieur; en sortequ'estant
Jivanné) il couloit& pouvait
estre contourné librement dans
le tuyau d'un pied de longueur,
arreste fixement dans le canal
de la boule avec les viz en bois,
la boule estant aussi lors de l'opération
fermement arrestée dans
les deux planches qui l'enclavent
par des autres vis en bois, comme
dans la FigureXI.
Je fis ensuitejetter en fonte
une rondele, quela FigureVIII.
représente, d'une matieredouce
de 3 lignes d'épaisseur, & l'ayant
bien fait recuire & forger à froid,
je traçay sur sa surface bien plane
un cercle de 6 pouces de diamétre
, & fis couper sur le tour les
parties excédentes; jetraçay enfuite
un cercle de 3 pouces & 4lignes
maigres de diamétre, qui
estoit le diamétre extérieur du
tuyau de 9 pouces de longueur,
qui doit entrer & estre soudé,
comme nous dirons cy-apres,
dans l'épaisseur de la rondelle,
apres qu'on aura sur le tourôté
tout ledit cercle de 3 pouces &
presque 4 lignes de diamètre.
Je traçay encore du mesme centre
de la rondelle, un autre cercle
E F G H de 4 pouces de diamètre
j apres quoy je tiray sur
toute la superficie ou plan de la
rondelle, deux lignes perpendiculaires
AB. CD. ausquelles je
traçay plusieurs lignes paralleles
toutes en égale distance les unes
des autres d'un quartde ligne;
je traçay encore du mesme
centre plusieurs lignes concentriques,
qui passoient par lesangles
des quarrez que formoient
ces lignes égalementdistantesdu
centre de la rondele
; 6c comme
le plus grand verre duquel je
voulois reconnoistre lajusteouverture
,
6c le point dela bonne
centration
,
*n'avoitque20 pieds
de puissance
, ou longueur de
foyer solaire, & 3 pouces Se + lignes
de diamétre en sa surface,
quiest, comme nous avons déjà
dit & demontré, une largeur fuf.
fisante après qu'il a esté travaillé;
puis que la mauvaise centrationn'est
ordinairement que de deux
ou trois lignes au plus,son centre,
&c. C'est pourquoy le centré
de la surface de ce verre objectif
plan-convexe estantposé sur Id.
centre de la rondelle, ilrestoit
de chaque costé quatre lignes
d'ébatement jusques au cercle
de 4 pouces de diamètre, auquel
j'avois tracé les 4 tangentes
parallèles aux diamètres A Si
CD. pour former le quarréaAa.
bBb. Il merestedonc un pouce
sur chacune des extrémitez des
deux diamétres A B. CD. Je fis
fondre le cuivre, & battre àfroid
deux pieces de leton de trois lignes
d'épaisseur
,
& dont les bases
couvroient précisément les
deux segmens aAa. b Bb ; je les
arresta y fixementsur la rondelle,
chacune par quatre viz, comme
on voie dans la Fig. VIII. qui les
représente, chacune forée& tarodée
en trois endroitsd'un trou
à écrou d'une ligne de diamètre.
Le trou du milieu estoit presque
sur le plan de la rondelle, le
long du diametre AB; les autres
deux trous à costé, estoient autant
élevez quel'épaisseur de ces
deux piecesou segmensl'avoient
pu permettre. J'avoisusé deroutes
ces précautions, afin que les
deux viz d'acierff. h H. pressant
contre le bas de l'épasseur du
verre taillé en bizeau court, les
quatreviz K. K. K. K.pressantle
verre un peu plus haut, if fut hors
de danger d'échaper & de tomber
, & pour cela j'avois collé
du gros papier gris sur toute la
circonférence du verre, ce qui
le rendoit moins glissant, &, donnoit
prise aux viz.
Je fis aussi forger de trois 1U
gnes d'épaisseur, les deux pièces
ou semenscCc.dDd. que j'arrestay
chacune avec deux vizd'acier.
Ces deux pieces estoient
l'une & l'autre en. deux endroits
horizontalement tarodées en écrou
d'une ligne d'ouverture, sur
le milieu de leur épaisseur,&en
égale distance du diamétre CD.
Les deux pieces M. M. en forme
de regles, estoientde bois, d'environ
quatre lignes&demie d'é.:.
paisseur
;
elles estoient sous la supérieure,
vers le milieu M, un
peu creuses par - deffouis
d'embrasser un peu de l'épaisseur
du bizeau du verre, de.le
tenir plus en sûreté &. plusferme
j & pour les retenir ellesmesmes
plus sûrement sur la rondelle
,
je l'avois fait ouvrir de la
largeur d'une ligne, & environ
un demy pouce de chaque costé,
depuis les segments C. D. le long
du diamétre CD. en tirant vers
le centre de la rondelle. Parchacune
de ces deux ouvertures, ôc
par le dessous de la rondelle, je
fis entrer & couler une viz d'acier
bien unie & ronde, &n'ayant
des pas de viz que depuis le dessus
de la rondelle, pour entrer
chacune dans l'écrouqu'elle
avoit fait elle-mesme dans une
des deux regles M. M. Je serray
doucement ces deux viz perpendiculaircs,
afin que lors queles
viz horizontales L. L. qui font
sans pas de viz vers leurs pointes
émoussées
, qui entrent du
moins une ligne & demie dans
des trous simples & unis, faits à
costé dans l'épaisseur des regles
M.M. venant à les pousserplus
avant vers le centre de la rondelle,
elles puissent librement
couler sur le plan de la rondelle;
ce qu'elles ne pourroient pas
faire, si les viz perpendiculaires
estoient trop serrées.
Je fis ensuite percer la rondelle
bien rondement sur son centre,
suivant la circonférence du cercle
quej'y avois tracé, de3 pouces
& 4 lignes de diamétre, qui
estoit le diamètre de la superficie
extérieure du tuyau,qu'il y faut
faire entrer bien justement & à
plomb
,
c'est pourquoy je démontay
toutes les pieces de la
rondelle. Ce tuyau ne doit aucunement
déborder le plan oula
surface de la rondelle;ajuftezla
donc au tour bien à plomb, sur
le bout du tuyau ; apres quoy
soudez-lapar-dessousàla flamme
de la lampe avec argent , &c.
&. emportez doucement avec la
lime les baveures de la soudure,
s'il y en a sur le dessus du plan
de la rondelle, afin que la surface
plane du verre y puisse par
tout appuyer également,&afin
qu'elle ne foit point rayée par
les bords du tuyau, je fis adou.
cir un peu en rond l'entrée 01*
engorgementdutuyau.
Vostre verre objectif planconvexe
estans bien arrondy &
en bizeau court, posez-le sur le
milieu du plan de la rondelle tenuë
horizontalement; arreilez.
la d'abord legérement par les
deux régies ou pieces de bois
mobiles, que vous poufferez par
les 4 viz L. L. L. L. toûjours également
& parallelement, afin
que le diametrede la surfacedu
verre foit précisément sur l'axe
du tuyau, où estle centrede son
ouuerture; ce que l'on connoîtra,
si les regles font précisément
le long des lignes paralleles qui
sont en égale diltance de part &
d'autre du diamétre A B de la
rondelle; poussezensuite peu à
peu lesdeux viz A. B. bien également
, ensorte que leurs deux
pointes émoussées soient toûjours
égalementéloignées de
l'axe du tuyau,ou centre de la
rondelle
, ce que vous connoîtrez
aussi par le nombre des lignes
paralleles au diamétre CD.
Vostre verre estant ainsi ferré à
ferme par 4 endroits diamétralement
opposez ,c'est à dire par
les deux viz surAB, & par les
eux costez des regles sur C D.,
le centre de la surface du verre,
que je suppose bienronden:sa
circonférences fera précisément
Se perpendiculairement sur "le
centre de l'ouverture & sur la
pointe de l'axe du tuyau cilin- ùuque..
J-'infierayensuite le tuyau d'uw
neexcellente Lunete d'environ
deuxpieds &demy de longueur
.dtaît. le verre oculaire estoit concave,
dansle tuyau qui traversoit
la boule, & que j'y avois fixementarestéparles
4 viz V.V.V.V.
qui le ferrent parle costé, comme
en la Fig. X I. Cette boule
estant enclavée dans l'ouverture
en embrasure des deux planches,
sur l'ouverture, faite au volet de
la fenestre de la chambre ou galerie
noire, tenant toûjours horizontalement
le tuyau de I.,, Lunete,
jecontournay peu à peu
la boule, que je navois quepeuferré
par les viz, jusques à tant
que la Lunete estant perpendiculairement
au plan de la fenêtre
jevoyois unemuraille,Fig.XIII.
éloignée, & forrement éclairée
des rayons du Soleil,&directement
opposée à la fenestre,une
ficelle passant par le diamétise
perpendiculaire de la base de la
vision. Je fis ensuitepar mon Adjudant
couler lelongdela ficelle
une lame de cuivre doré, & traversée
de deux lignes à angles
droits,jusquesà tantquelalame
& le point de l'intersection des
deux lignes me parust au milieu
& au centre de la bafe de la vision;
apres quoyje la fisarrester
fixement, traversant avec une
épingle la ficelleau-dessous de
la lame.On ferala mesme opérationenrase
campagne, Fig.XIV.
faisant porter une grande perche
en ligne droite de la Lunete,
ce qui sefaiten passantavec la
perche de droite à gauche, jusques
à tant qu'elle paroisse au
milieude la bafe de la vision.
C'est pour cela que je me servois
d'une Lunete donc l'oculaire
estoit concave, parce que la base
de la vision en estoit incomparablement
plus étroite, ou de
moindre diamétre qu'avec l'oculaire
convexe,&c. La position
de la perche estant trouvée, plantez-
la fixementen terre, ensorte
qu'elle pancheàdroite ou à gauche
de trois ou quatre degrez,
afin de faire couler une petite
boule de bois de 2 ou 3 pouces
de diamétre le long d'une ficelle
bien tenduë perpendiculairement
par un gros poids. Cette
boule doit estre dorée, ou argentée,
ou du moins peinte avec
céruse
,
afin qu'elle (bit visible;
l'Adjudant l'arreftera. par une
épingle qui rraverfera la ficelle,
lors que par quelque signe vous
luy ferez connoistre que cette
boule vous paroist dans le centre
de la bafe de la vision.
L'une ou l'autre de ces manieres
de point de mire sur l'axe de
vostre Lunete
,
estant trouvé &
arresté, arrestez aussi bien fixement
le tuyau qui traverse la
boule, en le ferrant & pressant
contre sa superficie extérieure,
par les quatre viz V. V. V. V. de
la Figure XI.
Tirez ensuite vostre Lunete,
& en sa place inferez le tuyau
qui porte la rondelle & le verre
à épreuver ; contournez ce tuyau
jusquesàtant que le diamètre A B
foit perpendiculaire, ce que vous
reconnoistrez en luy présentant,
ou sur les lignes cCc. ou dDd.
la soye chargée d'un petit plomb.
Présentez au dernier tuyau das
la chambre ou galerie noire, une
planchete bien unie&recouverte
d'un papier blanc, Fig.XII;éloignez-
la peu à peu jusques à tant
que l'image renversée de la lame
de cuivre,ou de la boule dorée,
paroître tres.difiinélenlent peinte
sur le milieu de vofire ptanchece;
arrestez-laensuite si bien qu'elle
foit inébranlable, & marquez
sur le papier avec un point le
.milieu ou centre de l'image de
la lame, ou de la petite boule,
& parce point tirez sur la planchere
une ligne bien à plomb,
& sur celle-là, & par le mesme
point, une aurre ligne à angles
droits. Voyez la.FigureXII.
Faites ensuite contourner peu à peu le tuyau qui porte la rondélie
&. le verre à épreuver. Si
le mesme point de l'image de
l'entrecraifementdesdeux lignes
foires sur la lame de cuivreyou
si le centre de l'image de la petire
boule dorée demeure [où);..
jours inébranlable sur le pointde
l'entrecroisement des deux lignes
tracées sur la planchete
,
c'efu
une marque infaillible de la bonne
centration des verres;&aw,
contraire
y
si ce point de l'image
de 1 enrrecroifemenr des deux
lignes faites sur la lame de cuivre
, ou le centre de l'image delà
petite boule dorée, changent
tant foit peu, quand ce ne feroit
que d'un quart de ligne, le
verre est mal centré, à quoy il
but remédier, en le reculant.
Marquez donc avec des points;
d'encre sur la planchete, lesdi
férens endroits sur Icfquels se
peint l'image de l'entrecroisement
des lignes tracées sur la
lame de cuivre, & principalement
, ce qui peut suffire, les
quatre endroits où elle se trouve,
lors que le diamètreA B de la
rondelle estpar son contournement
deux fois à plomb,ce qui
arriveaussi au diamètre C D, qui
luy est à angles droits. Par ces
points, tracez un cercle, (ans
ébranler aucunement la planchete,
par le centre duquel tirez
une ligne horizontale, Se une à
angles droits, par le mesmepoint.
Afin que cette rondelle serve
pour reconnoistre tous les verres
de moindre diamétre de surface)
ôtez les deux réglés & leurs viz
perpendiculaires) &;coupez des
cartons minces, donc la surface
foit précisémentégaleàTefpace
ou superficie compriseentre les
4 segmens A. B. C. D. fixes sur la
rondelle,& sur chacun de ces car.
tôs Fig.ix.tracezplusieurs lignes
parallèles aux diamètres A B. CD,
qui formeront des petits quarrez
fëmblablesàceuxqui sonttracez
sur la rondelle de cuivre. Du
centre de cescartons coupez une
ouverture bien circulaire dontle
diametre soit d'environ 3 ou 4 lignes
, moindre que le verre à
épreuver; faites aussi sur chaque
carton, le long du diamètre CD,
une ouverture enligne droitejusques
à 4 lignes de son ouverture
centrale, pour passer & faire couder
le long d'icelles ouvertures fujr
le diamétre C D, les deux viz per-a
pendiculaires,qui serreront fer- <
me les deux regles M. M. & par
conséquent le carton sur la furface
de la rondelle.
Pour comprendre ce mystere,
CJ1fidercz dans la Figure II. e
verre tres-mal centré A DE r 8c
concevez que son segment fut
achevé suivant les lignes ponctuées
EB. DB. &sa, corde AB
divisée également au pointC. La.
ligne * C F., fera l'axe du verre,,
&: la petite image aérienne de
l'objetferah*Fg, &la ligneIK
sera. l'axe du tuyau cilindrique,
& par conséquent le point * F
de l'objet ne fera pas dans IX.
l'axe du tuyau cilindrique..
Concevez maintenant le mç.
me tuyau avec son, centseADEx,
apres avoir comme da laFig.III;
fait un demy tour sur son axe lK,
jle point*F de l'objet immobile
ne fera plus dans la ligne CF
axe du verre, mais par exemplece
fera le point G du mesme objet
, 6c par conséquent l'imagerenversée
de l'objet fera en H G;
& son point* fera de l'autre
costéde IK, l'axe dutuyau ayant
changé de place, & décrit uni
demy cercle par le demy tour
du tuyau.
Il est donc évident, qu'il effe
nécessaire de pouffer sur la Rondelle
ABCD,Fig.YIII. de la ma.
niereque j'aydit, parle moyen
des viz le point C de la bonne:
centration du verre,jusqu'àtant
qu'il foit sur la ligneIKl'axe dus
tuyau, afin qu'en contournant
tant qu'on voudra le tuyau qui
porte la rondelle & le verre, le
mesme pointde l'objet.paroisse
toujours au mesme endroit, 6c
toujours par conséquent cou.
vert de I)lnrerfeébon des deux
brins de soye, mis àangles droits
sur l'ouvereure du diafragme, 8c
placée dans la longueur du tuyau
de la Luuete précisément au
foyerobjedifdu verre, ouimage
aërienne de l'objet.
- Pour reconiaoiftre ensuite sur
la surface plane du verre ce point
c de* sa bonne centration
,
je
coupay d'un Carton mince une
rondelle d'égal diamettre à celuy
de la largeur intérieuredu tuyau,
qui portoit le verre& la rondelle
de cuivre, & ayant marqué son
centre avec un point d'encreje
¡ le mis sur la bazebien ronde d'un
cylindre de bois, fait & coupé
tout autour,& de mesme dJa..
metre que ma rondelle de carton
, sur la surface supérieure
duquel je mis de la colle de poisson,
après quoy par le moyen da
cylindre, je l'enfoncay dans le
tuyau jusqu'au verre que j'appuyois
avec le creux de ma main
gauche;je tiray ensuite le tuyau,
& ayant relâché toutes les viz
delarondelle, & poussé davantage
mon cylindre, j'eus mon
verre garny de sa rondelle de
carton bien collée, & estant seche,
je fis couper & gruger mon
verre suivant ce carton.
L'incommodité de rendre une
Chambre ou Galerie tres-obscure,
pour reconnoistre la mau,
vaise centratiQn d'un verre,&
ensuite le recentrer comme nous*
avons enseigné cy-dessus, me fit:
penser à un autre moyen pratiquable
par tout. Je braquay horizontalement
contre le Tronc d'un Arbrebien
éloigné, &fortement éclairédu
Soleille tuyau de ma Lunetc
biendroit, & tirée de longueur,
& ayant cloüé contre le Tronc
de l'Arbre à la hauteurs requise
une plancherquarrée de bois,bien
noirey en toute sa surface, & puis,
traverséede deuxlignes à angles
droits faites avec ceruse à huile.
J'inferay dans le tuyau antérieur
de la Lunete, mon tuyau de cuivre
portant sa rondelle,&le verre
à éprouver retenu par les deux
réglés &c par les viz: & dans
l'autre
l'autre bout du tuyau de ma Lunete
,
j'inferay un tuyau d'un
pied & demy de longueur, garny
de sa boëce à pinnule, du verre
oculaire également convexe des
deux costez, & du diafragme,
traversé par deux brins de foye
plate noire, 'bien tendus à angles
droits sur le centre de l'ouverture
du diafragme. J'enfoncay
ce tuyau porte-oculaire dans
le tuyau passéri,.urdelà Lunete,
jusqu'à tant que l'image aërienlie,
d'un mot en grosseslettres
que j'avois arraché du titre d'un
Livre, ôc colé sur la planche
noire, &. les deux lignes blanches
traversantes me parurent tres.
distinctement couvertes par les
deux brins de foye du diafragme,
leur intersection paroissant surle
milieu de l'intersection des deux
lignesblanches, 6c de quelque
largeur' peintes sur la plançhe
noire. Ayant rendu ma Lunete
inébranlable, je fis par mon
Adjudant contourner doucement
le tuyau antérieur garnydu
verre objectif arresté fixe sur la
rondelle, pour reconnoistre si
l'apparence des deux lignes blanches,
& leur intersection changeoient
de place sous les deux
brins de foye du diafragme, &c.
De la ReSlitude du Tuyau du
'- Télcfcebe. TOus les verres estant bien
centrez, &. placez endeuë
diitance dans le tuyau, ils y doivent
tous estre bien parallèles,
afin que l'axe du tuyau passe à
plomb, & centralement par
toutes les surfaces des verres.
C'est le CIl. Postulatum de la
Dioptrique de Keppler, imprimée
en l'année1611. Vt in Tuba
linea per utriufiqae vitri centra cm-
<vcxîtatumiranfiensfitun* & eadem.
Ce que Mr Hevélius en 1647. a
expliqué dans la 16. page de sa
Selénographie. Namqucy dieil,
si dum du[îU6 tubi diUunturfittu
reclusIcntium turbdtur, Q-afipeclhs
rcrum aljefldbi/ium male representatur,
quau-,Ito quidt-m amnes Ieîjtcs
in Teleficopiùntcefifkrioexquisite debentcjje
paralcU, si imagines rerum
non confuft, fied difiinffoe amplæque
debentapparere. Le R. Pere
Efchinard Jésuite, dans la 187-
page de son Dialogi Optici
,
imprimé
à Rome en l'année J666.
a reconnu que la vision de l'objet
fera confuse, Siaxis lentis ccularis
, non continuetur cumaxe lentis
,hjeOivæ, hoc est si per accident
colloceturobliquaintubo
,
quod paritur
advertendum eli in ebjective.
il est donc absolument neces-s
faire que le tuyau de la Lunete
conferve sa rectitude,ce qui est
tres-difficile. Il est vray que M
Serra, dans une de ses Lettres
qu'on trouve en l'Appendix du
Synopsis optica du R. Père Fabri,
imprimée à Lyon en 1667. dans
la page 240. dit, De majori Tubê
palmorum 45. qui font 31. pied de
Roy,coqueperfectissimo, ac tam facilè
tractabili
, ob offangulam novam
formant, ut une tantùm circa
mediumfulcimento fufientatm a directionenihilum
quidem divertat.
Pour la mesme rectitude,j'ay fait
autrefois construire avec des longues
planches à contrelater, des
tuyaux de mes Pompessansfrottement
des parties, desquelles j'ay
fait mention dans la 102. page
N. 5 du IX.Journaldes Sçavans,
du Lundy 11. May 1676.
Ptolomée 11. dit Evergetes,
Roy d'Egypte
,
environ la 116.
année avant la Naissance de
Jesus.Christ, avoit sur le Phare
un Telescope Catop
- Dioptrique immobile,
que j'ay décrit dans la
177 page du XXI. Tome Extraordinaire
du Mercure, & donné
la Figure dans la troisiéme
Planche.
En 1637. MrHeveliusinventa
le Polemoscope mobile, ou Telescope
pour servir en temps de
gnerre. Il estcomposé de verres
travaillez, & de miroirs plans.
Et en l'année 1647. dans la 27.
page de sa Selenograhie, dit, Lentes
in Pelemoscopio brevienm exigunt
distantiam,quam in Telescopio. Ce
qui adonné lieu d'abregerla.longueur
des Luneres par le moyen
des miroirs plans, en gardant
leurs mesmes verres, &leurfaisant
produire le mesmeeffet.
..-I Le R. P. Eschinard
,
Jesuite,
est le premier que je sçache, qui
ait apres Mr Hevelius, écrit Se
démontrélemoyen de racourcir
tant qu'on voudra la longueur

Telescope
,
sans diminuer Ton
effet. C'est dans son Dialogi Optici
parte 3. imprimé en 1668.
Dansla page 105. le 71. Problême
a pour titre, Jjhtomodojeri
pojsaTclt(copiumbrinjt, vcrbigratis
,
cïiLcm pdlmorum»rttentislentibus(
yaïîi[diîudi/ie apparentidyquibits
juxfa conjùttudinolldebelllNr
Ionvitudo tMbi, verbi gratta , trigfntapalmorttm.
Voieymotàmoc
l'du.ntielde ce Problème. Cum
denv?;jîra.rverîmu4,dit-il, nibilimmuuri
orJiiJemlinearum cmvergen-
'¡mn ad consurrendum in fteoferrcfl<
rftoncmJpectili pUni ; ubicumquc
iatra tubumpenatur,fedfùlum aliâ
dir,;,(,i,fin reflefti in dtcfam cencurfiln
pro varia nefNli collocatione,ad
étngulttm nunt magis, nunc minus
act'ftbn quidem in tanta distants.
1 a rpèc#/+, ;" qUAXU.fiffit ab
codent fàtèin qnoefispeculum
: iu
ÿt nihilfit Aliudy reflefti ¿¡/JIU tiomou
per rptculum planum tofitum
intra, Teleficopium, quam ipsos conos
vifiitales
,
retcntâ câdcm[figura co..
niea,altoinfieUi. Voyez ma XV.
Figure Pofifumm pro libitoperplttra
Jfecula plana,diversis in locis apte
disposita ita refileffere
,
&quaficomflicare
cônes viftaJes, ut ita comflicAii
rediganmradbrèvefipatiam
qttvad longttudmem : verbi gratiâ,
ex tubojrigimaptlmonmsiettubta
decem palmorumssiper primumifpeculum
planumpositumperdecempal-,
wos,ita reflëûantùr radiiadpartent
IlHleriort, ut ibi ad latte kmis
objecli'Vd
y
&propeipifimiterum excepte
ab iHojjeCtlltJ piano refleffamut
.afdlpeartxemim.ddeép§rimeorfiitpéraontfr-e-,
fin, intra tubumfialito latimm. /*,
h,c toto negotio rationem habcas
ayez égard^fiolummoAtAXÙ leuttà
ob.effivx,tum tfuoad lengituainem,
de Ton foyer, tum éjuead direttioncm.
Vitrum dénique eculare difiet
db objectivé computatis dittisplicisr
fiaitdifuretperunam tantum reffam
lincan* in tuboconfuetQ, & collocett*
r perpendiculariier ad axtm more
coKfùeto.Htnevides,ajoute-t.il,
tjukm commode trafîari poffwt,praaptte
pro Aflronomicis TelefcopU ex
titrovbjeftivg,segment, maximx
fphcrx, & maxime difianti a vitre
oculari,adeoque præftantt magnam
appircntiam;cju£ Tcfefcopia alio-
IJIÚ1lÍJ6lolJgiffimNTIJ tubuwtamdifficultértraèïantur.
J'ajoûte icy les termes du même
Autheur,tirez de sa 194 page, si" elaborarespeculumperfectè fianum,
cujusmodi hic requiritur, hoc
'lIN) &c. d'autant que suivant ce
qu'il avoit ditdans 192. de sa seconde
partie,soepe enim specula
qux vulgò circumsferuntur,suntaliqno
modo enrvajen quoy ila suivy
mon avis,Qu'ilest très-diiffcile de
trouverun verre bienplan
,
quej'avoisdonné
aux Ouvriers dansla
485. pagede mon Traitédelafason
defaire les grandesLunetes à
trois & à quatre verres convexes,
imprimé à Lyon en l'année1665.
avec mon Livre, Nouvelle Science
de la Nature& Présage desCometes.
Le R. P. Eschinard ajoûte fort
à propos, curandumestutspeculum
sitminime profunditatis, &c. car il
parle de miroirs plans de verre,
qui causent deux réflexions par
leurs deux lurfpces.NaiB donnerons
dans nostre Catoptrique
le moyen de donner aux nuroirs
de métal un polyaussi vif que
celuy du verre, en coupant les
poils de métal, qui se levent
comme la soye d'un veloux, &c.
Cette Méthode de racourcir
par le moyen des miroirs plans,
la longueur des Telescopes, (ans
diminuer leur effet, plût, si fort
au S' J. de Haute-feüille, que
croyant leLivredu P. Efchinard
tres-rare, il s'en attribua l'invention
,
& pour telle la donna au
Public pour la premiere fois en
la 14 page d'une Lettre imprimée
en 1678. qui a pour titre,
Penduleperpetuelle. C'est cette
maniere de racourcir les Luneces,
qu'ilavoit promis, & donné fous
des caravcteres inconnus, dit-il,
dans la 14 page d'un Fâttum imprimé
en 1675. contre l'illustre
Mr Hugens, si connu dans l'Empire
des Lettres, ausujet du privilege
des Pendules de poche. Cela
me fait souvenirdu Plagiaredont
parle Mr Hevelius dans la 24
page de sa Selenographie, & l'appelle
Ecllm Homo, en tout semblable
au Graculus del'Afranchy
de Phédre, tumens inani GraclIlæ,
drc. Voicy comme l'illustre Mr
dela Fontaine nous l'a conté.
Zs'n Panmuoit s un Geay pritfm
plumage^
Puis aprèsse l'accommoda;
fuisparmyles Panstoutfierfe panada,
Croyanteflre un beau Personnage.
Quelqu'un le reconnut, ilsevithàsoué,
Semé,sifié mocqtêé^joué,
ItparMeJJleurs les Panspluméaétranre
forte.
Enfin ce petit, aussi-bien que
le grand Visionnaire parfait,
- maie mnlttattu Graculm
JLedire moerens coefitadprofrium genu*.
Ce sont les termes de Phédre.
On donnerA Ufuite de ce TrAité
des Lunetes dans les suivans Merivres
Extraordinaires.
Les Repsnfes qui fuirentfont de
JolI Bouchay ancien curéde Notent
le Âoj.
S'il est vray qu'un peu d'amour
cause moins de peine, que
l'embarras de défendre (on
coeur. AParler en toute rigueur,
Un peu d'amourfait moins de
peine, tde sembarafferadéfendreson coeur
Contre une beNe Bilene.
Mais quand lamour du Roy desRoyt
Nous tient EsclavesfomsesLoix,
Et noussa:t ressentirson attrait invincible,
Onfesait unevolupté,
D'opposer un coeur insensible
Alaplus charmante Beauté.
Si la jalousie qui vient de l'Amour
, est plus dangereuse
duis seseffets,que celle qui
t
vient de l'Ambition.
1 -NOnt ne pouvons souffrir un Con..
current d'amour; En mat1ered'honneur, un K-m.a.lnom
offince;
Et nestre coeur fiquè noppofe nuit (f;-
jour
\4 nos chagrinsjaloux, quune/impie
dèfenÇe.
Mais comme dans l'ardeur de ces deux fassions,
'Dont ledébordement nestjamaûfuportable,
» L"Amantestmoins discret danssesprécautions,
L'Ambitieux jaloux est le moins redoutable.
Si boire du Vin sans Eau, & en
fuite de l'Eau pure,fait le
mesme effet pour la fanté,
que de boire le Vin meslé,
-
avec l'Eau. L
E Fin, cette cherLiqueur,
Jlccordeanoflre Corps uneforce nouvexe;
-
SA chaleurfmpatize avec la naturelle,
Pour nont donner de U vigueur.
TontJes effetsfont innntllS,
Par luy de cent chagrins nfJjlreesPritsi
dégage.
Il réjouit - le coeury il réjouit les[ellf,
Chacun s'en trouve bien, pourveuqu'on
se ménage.
Il aide les digeflions,
Débouche les oblfrufliens,
Il refîfle a la pourriture,
llconfume les cruditez.,
ChAJlèles superfluitez.
Qui peuvent mire 4 la NAttire»
Comme rien nejisifamilier ji l'estomach humain que ce im nonfan•
vage;
CeflfairetortanVin, que vouloir le
lier
A quelquautre Liqueur, pour enfairt
un bruvage.
Mais épluchantlaQueflton
1Que nous propose le Mercure]
Je dû pour noflre inftrutlion,
Etpour le bien commun de toutela N.
turey
Qu'ilvaut bien mieux dans le Repat
Tremperson Vin avec une Eaufort
claire,
Que de boire l'Eau feule, & nefen
tremper pas,-
Ce qui Cemble peu Calutaire.
Avant ejuavoir mangé, comme on boit
rarement>
Le Vinfacilement se porteAH ventricule;
Le ventr'cule aujftfortfîmpatiquement
Leprend, & le reçoitsans peine Ó sans
scrupule,
Illeprend mesme avec avidité;
Et comme en s '¡lniJflmt à îalimentfolide,
Le fin se rendbientoflliquide,
La coftionsefait avecfacilité;
Ce qui narrive pas de lamesmemanièret
Sile Vin estant bit,CEause beitbt derniere,
C'est à dire[eparémtnt;
Car- de ces deux Liqueurs la qualité
diverse
Fait que tune attfJuoft par l'autre fitraverse,
Ce qui nuit au tempérament.
Eneffet,fî cette Eau tardive & paresseuse
Vientsur lesalimens [¿¡liresafonaion.
Parsafroideurinjurieufc
Elle en retarde taftion,
Et cet impétueux lavage
A lafonticause dommage.
Concluons doncenabrège,
xhicCEaufeule ne peut que nuire - ventricule,
AJtIicu que le Vin mélange,
Quifert à Ceau de véhicule,
JLny fait part de fongoutf assez,facilement,
Etsans:diiffcultése mêle a l'aliment*
SUR L'USAGE
DU CHAPEAU. TAnt de Questions qui font
décidées avec esprit dans
lesExtraordinaires du Mercure,
m'ont fait naître la pensée d'en
proposer une. Elle ne regarde
ny les sentimens du coeur, ny les
effets de l'amour. On voudroit
seulement avoir l'avis des honnestes
Gens sur une chose qui
touche la moitié du monde, qui
concerne l'utilité de la vie, & la
commodité de tous les Hommes.
Il s'agit de l'usage du Chapeau,
qu'on prétend estre le plus impertinent,
le plus incommode,
le plus mal-séant, le plus ridicule,
le plus mal-propre, &le
plus gênant habillement de teste
que l'on puisse avoir. Il n'est pas
fort difficile d'obliger tous ceux
qui s'en fervent, à tomber d'accord
de ce que l'on vient de dire.
Pour peu qu'ils y sissent de refléxion,
ils avoüeroient qu'il seroit
très-à-propos que tout le monde
mist en Hyver de beaux Bonnets
de Velours, qui enfonçassent
bien dans la teste, &quipréservassent
les oreilles du vent, du
broüillard, du frimas, & des autres
inçommodirez de l'air; &
en Eté, de petits Bonnets de Tafetas
fort légers. Si huit ou dix
Personnesd'unequalité considérable,
vouloient apporter la
mode de ces Bonnets, on s'y
accoûtumeroit sans aucune peine.-
& d'une cres-grande commodité,
on en feroit un agréable
ornement.
Ce que l'on propose icy est le
Résultar d'une Conférence, où
ceux qui agitèrentcette efrion,
se plaignirent tous des incommodirez
qu'ils reçoivent en
quittant les Bonners de Velours
qu'ils ont dans leur Chambre,
pour prendre un Chapeau quand
ils vont en Ville. Leurs raisons
furent, que la forme du Chapeau
estoit ridicule, ce qui paroisssoit
par la veuë mesme, & que cet
habillement de teste eitoic"' le
plus incommode que l'on puft
choisir. Pour le faire voir, ils disoient
qu'il n'y avoit qu'à considérer
qu'il est insuportable en
Carrosse, où l'on ne sçait où le
mettre; qu'on ne sçauroit s'en
servir à pied, puis qu'il ne couvre
point les oreilles, & ne cache
que lamoitiédelateste pendant
le froid; qu'il est malaisé de le
tenir lors qu'il fait vent, & qu'il
n'y a rien de plus embarassant à
cheval. Ils ajoûterent qu'on est
si fort convaincu de l'incommodité
du Chapeau, que personne
n'en porte chezsoy,ny dansles
lieux où l'on peut vivre avec liberté
, qu'ainsi il semble ne plus
servir que pour la cerémonie Se
pour l'ornement, quoy qu'il n'y
en ait aucun qui soit moins ornant
& plus ridicule, tout le
monde ayant meilleure grace
avec le Bonnet. On joignit à
tout cela, que l'incommodité du
Chapeau ne regarde pas seulement
celuy qui le porte, mais
aussi les Personnes à qui on parle,
le bord du Chapeau leur donnant
souvent dans les yeux; outre
qu'on nesçait comment porter
àla Campagne un Chapeau
qui soit un peu propre, celuy
qu'on porte en chemin ne pouvant
estre d'aucun usage aux
lieux où l'on va. Toutes cesraisons
leur firent conclure, qu'il
seroit à souhaiter qu'on se fervift
de Bonnets, qui sont plus légers
& plus chauds, qui tiennent
mieux dans lateste, qui ne coûtent
& n'embarassent pas tant,
& dont tout le monde s'accommoderoit
plus aisément. Ceux
qui auront des raisons contrai- res,
res, feront plaisirde les expliquer.
D. P. N. C.
La Glace, eftti efi le vrayMfit de
la premier*Enigmede Février, 4
donnéIkuâcts Madrigaux. Lapremière
Explication regardeta mort de
Mademoi/èliede 7innebw de SaM.
murr fontjenomayàppfts le malh.
ur dans UmefineLettre,
M I. 1.
Ereure,lafunefîeHiftoirt
De la charmante Iris quipéritsurU,
Luire, x
A4*a touché vivement le coeur;
JMes-yeux,farts la co-nnoiftre ortt pleuré
fin, malheur;
A la perte de tant de charmes,
Je n'"y pû refuserdes larmes.
QuipoHrroitvoirtout-a-lafois
Vile Soeur morte un Frere accablé de
triflejfe,
UnAmantperdresaMattreffe,
Enfin une Amie aux abois,
Et ne ressentirpas la douleur qui les
freffeî
UHyveracausé tous ces maux,
Le Cruel ria laisse qu'un coulant dans
les eaux
PouryfairenoyerUBelle,
Dont jepleure la mort cruelle.
0 Ciel! vous qui réglez.. les choses (ficyi
bas,1
Tandis quonfeplaignaitcCune hfJrribl.
Gelée,
Ab! que ne l'avez.-vous encore redoMblée!
Si la Glace eufcouvert toute la Loire,
helM!
Irisrieufpastrouvé dansses eaux Ú
trépas.
DIEREVILLE, dePontlevesque.
II. ENnfin fay trouvé mon affaire.
tefuis charmé d'une Bergere
f!..p!!iinreevern,t jamais voir un Amntfl"
S;plaindre, gémir, ny pleurer.
Lunique,moyen deluyplaire,t Ceflaeriredefolâtrer.
C'estjuflementmoncaraElcre. ,.
,
nefçauroislanguirdansl'amoureux
miftere-
Ingrate Iris, ne croyez,pas
Quej'adore encorvos appas,
Il cfl temps dt finir mape'pc;
Jenayquetropfoujfert devôjlreficre
humeur. 1
Quand on se voit traiter avec trop de
rigueur,
Et quel'on trouve ailleurs uneplus belle
chaîne,
On n'en refuse point la charmante douceur.
Moname, devostre froideur
Ne parohraplus desolée;
Cruelle, le Printemps commença mon
malheur,
Ilfinit avec la Gelée.
Le mesmes
III.
QVj !nous donner, Galant Mercure,
Encorde la Gelée, en ce mois du Pritf
temps, jipres lesfâcheux accidens
Dontvous avez,faitlapeinture?
Quoyqùe ron vous estime éclairé, fin'~-
prudent,
yvus en aurez, des coups & de bec&à
dent.
JV1avons-nous point souffèrtassez.dont
les étreintes
D'unHjverJîfâcheux?Ignoriez.-vous
les plaintes
Que les Grands diPetits ontfaitdesa
rigueur?
Ne la prolongez, point, fil durée eftfw
nefle; -
Damnez,putoji, CourrierCeleste,
Nom procurer de la douceur.
GYGES.
IV. BRiflant Monarquedes Sarons,
Charmant Epoux de la Nature,
Beauïoleil, ton retour adoucit la Froidure,
Vn peu de ta chaleurfait fondre nos
glaçons;
Maisehelaxi! totutrlefeêu demmon ameour Neffauroit échauffer la belle Irisqiit
j'aime,
L'Ingrate efl insensible aux preuves dl.
mafoy.
Li,Hylver cft dansson coeur, il efl gel;
pour moy.
Le mesme.
V. T
jtndis que toute la Nature
vernitsi tristementfont le poids des
Hyvers,
Et queIonvoit tout CVnivers
Demander instamment lafin de Ufroidure;
Moyseulje mef*nsconsumer,
Je fokffre, jefrche,jebride;
Je porte dans monfein J'ardente Canicule,
IAfimenemasçen charmer.
Helas!si.laGeléeèteignoit dans mon ame
Les vives aarrdîeeuurrss de imria., flàme,
Heureuse Indiférence, en vain je vont
attens,
Glaçons, Frimas, Hyvers, en va'n ie
vous reclame,
L"Amtouer nefimpassujet apucaprisce de.s VT. S1-toil que l'on voit la Gelée,
Chacunal'ams desolée.
Pourn/oy, jenenfaispoint U.fin;
Bien loin d'enfairt ia grimace,
Jevois avec ylaifir quellefait de la Glacf
Pour rafraîchir r Eté men l'in.
MATAGOT de ia Montagne
z deRheims.
0 v11. t)1' chacun afouffert de lagrande
f"-r'Ao<• :!!r(,
E,ttttrnc:?'>/,.<b';lJe.emmaa.l(cTrrèes¡aa,foouurrrruurree..
Le bel stfc-'edujour ci}oitunfroidAmyr :
lln" Cefno't que des Catbarresi
Lesplwgaillardselfoientbizarrest
Les pltti rofez. en ont blémy.
Lefrorl a tenu lesRivieres;
Bien longtempsaux Arref/s, ces pauvres
Pr'fbntiieres,
Ouoy q:!t dans leurPais natal,
Epoient fous la rigueur d'unsolide
Criftal.
Le temps nefâifoitplUi voirde choses
fluides,
Et les eauxriefloientplusliquides
Que par Cassistance dufeu,
Ce témo;n qu'on nofoit prefjueperdre
de veuë,
TAnt on efloit craintifde marcher dans'
laRué.
Mais tout(lei"C'èft encorpeu.
JQui dans ces lieux eufi crft que le Parnasse,
Où des Gens voulokty galoper,
suflpris de la Gelée, & tout remply
de Glace,
Ousansefireferré,Cm ne Ptutpluo.
grimper.?
SK3
Sinefonfenfuji éteint qu'au lien detïtonfîafmes,
Et de ces divinesardeurs>
On n'y vt'fl plus que des ",tilirs,
eDesfoiblesses d'ejpr(roit, &AdeÍfumrieuex t le grand Apoltony puft estreenrhumé
Du mauvais air qu'il a humé?
Qtiil eust plus de chagrin qued'humeur
enjouée,
QuesaLyresuflenrouée,
Et qu'enfin les NeufSoeurs eujJèntveu
leurs Amans
Pendantunsigrandfroid manquer à
leHTsferment?
Quand je les voygelez., ce qui plus me
chagrine,
C't.(l que tout est glacejnfque dans la
racne,
S,t>îf esPérancede retour.
Hela-i! on n'y voit plus damoltr
Que pour la goinfrerie, & pourla bonne
chere;
Ony hait tes beaux Arts, onfuit tout*
lumiere,
Pourycaresserles Veaux aor;
On y Blâme tous ceux qui nyfont point
trésors
On meet lnà touvt soin teemp,s & toutefo.
Commesi Con efloit affûte de la vie,
Etjc/uon ne duft jamaismourir.
Tonreftre en bonne odeur, ily faut acquérir
Le renom àepre adroit à Gien foutr&
boire;
Cefont les beauxtalens qui font tonte
leur gloim.
Xanyfait mesmeplmdecas
D'un Homme quijoite&pétant
Dans tom lespipafameuxrepas,
Pueddn Homme éclairé;saprésence
importune,
Et chôme toujours un Brutal*
Maistce n'cft pas merveille il tient de Animal.
.Ab! que fay de Bonheur de fiteneflrt
exilée
Aussi je menfuis veueaprès bien cutr
solée.
HeUreux eflquipeut changeràTair!
D'unPais Iroquoisqtiilfmt bons\evader!
L'Exilée de la VilleFrançoise.
Ceux quionttrouvécemesme M't
font McjjiettrsP.m,R. de la Fille
de Touts; S. Grujlé, d Ramier
S.Leu S. Gillesi Mtfdemoiftlles le
JfVM & duCaurej, du mesme
Quartier; Tulesba, de Dreux; &
FAimable a l*Anagramme de Het,
J'en leniy Le centre, du mcjmc
liât.
La Nuë, la Bizc, la Froidure,
&l'HyvQT,fônt les antres ferts que
l'onau(tarez,ala mtfme Enigme.
On a faitUsExplications quifuivcm
sur la fécondevdont levraJ Mot
efioit lesPatins.
I.. NOnC'ulementau Nord, mais encore
à Venise,
Un pareilHyver rend de mise,
Pourvoyagerdejfm les Eaux,
Les Patins, vos Freres jumeaux.
C.HUTUGE d'Orleans
cFeméuiont à Metz.
M IL Afoy, cejiunpeu tard, & ne
vous en déplaise,
roUi en parlez., Mercure, unpeu trop
a voflreaife.
Grâcea vostre p"reJlè il ne tint pas a
vous
Que je rieujfe unfort des moins doux
Au mois de Fevrier, que faute d'"me
Crosse
Je riallois pas dans un CdYOffi.
Jeglisse, je chancelle,& touten desarroy
Je vay donner dit nez. en terre.
Parbonheurilnefipasde verret
Sans cela cestoitfait de moy.
* Mercure toujours charitable,
Croyant queje doù prévenir
Dans le froid à venir
Vn accidentsemblable,
four les autres Hyvers vient moffrir
des Patins;
jipres la mort les Medétins.»
III. JE cherchoispar toutsur les Eaux,
Mercure, vos Freres jumeattx; JytroswvooisnbienFCastror,èavercePolh;ix
Mllu ce riestoitpasencertout,
Car sansdécouvrir le mistere
r, rienPOKVoisvenir à bout.
jQuandvoila quan mois de Décembre,
Ouplutoflt dù-le, deJanvier,
J'entendü Climenecrier
De lafeneftredesa Chainbrei
Snfanne,appre(tez.-moy, que rjlllltu
Oeleftills)
MaJupe, mon Peignoir,mes Gans, &
maToilette,
Mon Manchon et mon Busc, les noeuds
de ma Cassette,
Et n'oubliez, pas mes Patins*
RAULT,de Reu~-en.
c IV. Atin, voy cespetits Garçons
Glifferfurcesvaftes glaçons
Avec unevttejfe extrême.
R!!,e je ne ferois pas sifou,
Sans Patins defairedemesmes
Je me romproisbientofl le cou.
DIEREVILLE,duPoncievesque.
A V.
Vtecesdeux Freres jumeaux,
Ces Patins qu'en Hyver on trouvefort
utiles
j4ux Peuples des Champs & des
Villes,
J'ay voulu marchersurIlsEaux.
le l'A} moyfeuleosé de tous tant que nom
fouîmes;
Aiais voulant imiter ces Hommes
Elevez, dans lefroid, ces Engelez. du
Nord,
Sur un Ruisseau glace dés quejefus au
bord,
eOn me vit renversèe avec plus devîtesse ces Gens n'y paurroientcourir avec
adresse.
Apeint onffeut me relever,
J'engarde encor le Lit, Mercure;
yoflreprèsent m afait injure,
JEtje m'enfouviendrayplus que du grand
Hyver.
LA JOLYBOUQUINETTE
du Hoc.
Cette mefineEnigme aejie expliquéedansfonvrayfens
par Messieurs
de la CarrièreiLe.JR.oux,Medecin,
VFpinay-SuretjdrMesdemoiselles
*dcLi BonnelaMçjrduBijrmn, tous
de Vitré en Bretagne; V. N-deTours',
à Astgramme Torrent muny
d'orj Lés AmansjideUes; Acidalisy
&Zélide,d'Amiens;L'Epouse du
charmant Doüert; L'Amantesans
Amant, deDreux; & la belle Brune
de la Rué de l'Evefcbé, du mesme
lieu.
On a au/Ji expliqué cette Enigme
sur les Avirons &fartes Gans.
Explicationsferl'une &ferra»trt
Enigme.
L I-. A Gelée eflpajjee, il efl bien temps,
Mercure,
D'envoyer des Patins pour courirsur les
Ellux; , Moutarde Apres dîner,reprenez, vos
Gémeaux,
NOUIsommes AllArwuZwde la trisse iftIA".
titre
QmdasSaumur a perceplmeCuncoeur;
Cette belleNoyéelndégoûte, &fais
peur.
La Belle Nourriture.
Q II. Ve dépôt glijJÃnJ danslavie
En toutes les conditions!
le 9 •9 I Chacun ait qu uvaantt; mats bI êAlas:
cjitoy ejuon die,
Ce nefont quefaux-pat dans IIIS PrO-:
fesêons.
Que de chutespar tout,faute dyprendre
garde?
On marcheatétourdy, ton vasi bruF
cjnement,
Que leplusfoibtesehasarde
A courir le plus hardiment-
Divin Courrier, vont nousfiitts ta
gr«1
De nous enuoyer dés Patins
Pour allerfermes sur la Glace;.
J&aissi.prefis de tomberprefqnen tons
nos ehemins
Nous cherchions un peu âaffiftance-
Tour nous bien soutenir dans les occ&*
fions,
jth! Founypenfe pas, enveutfadccfrdence,
Charhnaimefespassîons,
Et trop peu lefecoursde lagrâceDivine*
On la demandepeuFon s'exercej
trouver
Lepasleplits glissant; on s'yplaist, on
s'obstine
Plus a choir qu'ase relever.
GYGIS.
L III. A Gelée à lafin ne glace fins U
Seine,
Quittonsles Patins, Alcidon,
Voicyle temps que dans la Plaine
Ilfaut allerfuriegazon
Coûterles douxplaifirs de labelleSaifou.
LaBelle à l'Anagramme
Libre d'amour, de la
-
T RueduBac. 1 IV.
Es Enigmes,Galant Mercure,
Ne mont pliSmis longtemps l'eJPritl.
latorture,
J'enayt-rouvé lesMots,- pour triefaire
voir,
LaGeléeinvijtble
Efi toujoursfortfcnfiblei
Les Patins font jumeaux, tous deux
dégaipouvoir.
CHENILLE, dOrl-éans.
Ceux qui ont encore expliqué tgu.;.
tes les dlux, fontMessieurs Pieron,,
Vicaire del'Eglise deJoursiL'Abbé
delà Croix, chapelain Royal;Drfmicn
d*Htbecourt, &Baguienne
Avocattous dtux£AmiensîL'Abbé
MarceUt.Chanoinede Sens; DeBê4
bOit-tg, Receveur à CAën; DeVeginy;
Font.xinc, chanoine deBlois; Bissé.-
cûicj, de Roye en Picardie-, Li chevalier,
Cadet.desa Mai/on,de châ
IonsenChampagne; MademoijeUo
E. de Campagne de M'nhrun- dô
BoulognefhrMer> Tamirifte, de l*'
Rue de l.'l Cerifayty Les Ajïociezdé.@
la RIli S. Honoréi Les nouveaux
Jmadu de SrJiffins; & laSociété
d,, la rrimatialedeNancy.
ENIGME ENPROSE
DU BERGER. DEFLORE,
JL LA BERGERE DE POMONE. LE sujet que vous m'avez
prescrit pour faire une Enigrnj,
gentilleBergere, me sem(-
ble des mieux choisis, & jele
croirois fort propre àembarasser
comme vous le souhaitez les Bergeres
de la Vallée de Cerés, si
je n'avois veu échouer contre
leur pénétration tout ce que le
Berger Fleuristre avoit sçeu employer
de plus fin & de plus difsicile
pour leur bien déguiser
son Si. Encore donc que je n'espere
pas un meilleur iuccés de
sieonnnea,dresse, qu'il l'a eu de la
je vais vous donner par
obeïssance dequoy tenter l'Avanture.
Voila ce que j'ay pensé
pour cela. , 'on ,; Il ne nom appelle peint SoeurJ..
Si quelques-unes de nous viennent un mesme Pere r ou d'une mesme
Mtrt il yen amille quin'en viennent
pas. C'ejl donc mieux fait de
nous dppelierfeulement CONfines,/II¡$
que nos Parens font Ireres; ou plt*-
tofi Compagnes, puis que nota allant
de compagnie.->-,. Innocentesoàvcrimineecs,ovnout.
traite presque toujours de la mejmt
fortey,tant nopre dejlinee eetrange-
Comme des Tigres cf des Lianr,, on
nom met dAb".d dans une grande
Irifonferméede barres deferipuis
on nous referre dans des Loges, da
Cages,&desCachets, d., Connout
forte ensuite parles Provinces, pour
nomfaire voir àprixd'argent.Nom
yfemmes lesbien veruHs, mak nous
rien fotnmcs pas plm hiurcifes; le
mauvais fort quinotu accompagne,
nous faitemployerleplmsouvent a.
des ¡;'g(J quemmriosrions dire,
tant ilsfont bas; &si celariarrive -
ilefisi cruel, que le mieux qu'on nom
pilé, cesi de nous perdre; d'ordinaireon
nous écarteHéy ou on nous
brûle. Ce riestpas qu'il riy ait des
Gens qui nom carejfint, & quinom
donnentbien des baiflrs; nomfemmesfaciles,
quelquefoisamoureufis,
souvent sottes & badines, nom le
laijjonsfaire,pans mefine rougirde
leurs aifionsi &sinom uttémoignons
Pasyprendreplaisir aussi nt
stut onpM dire que nOlMtnjèJPIIs
fathées.
Ce que nous avons de commun
Avec beaucoupd*autres, qui ne pdf.
lentpu commenouspar les prijùn.r,
lccfi que nous portons nostreâgefar
lefront, nossecretssurleventre,nos
déftnfesJur le dos, & le nom de nos
Feres ou denos Meres a nos pieds,
k
& que les Ignorans font cmftfier
*voflrcprincipal mérite dans ladélientejft
dr dans la blancheur de nts
Corps, dans larégularité de nos
traits, & dans là grandeurdtnos
tail/"s; au lieu que les Personnes
habiles nom regardent principalement
du cofté de l'esprit & du bon
ftns,& que plus ils en remarquent
en nous, plusnous tirons de louanges
d'eux.
Voila, gentille Bergerc, quelles
estoientmes pensées pour
vostreEnigme, lors quedeux
sftirnables Perfonm?s qui nevous
sont pas moins cheres qu'a mov,
estant-venuës dans ma Solitude, iependirent dans le Ca binet des
Sicqmx>fcs oùje les écrivois, finsvouloirqu'onm'avertist
de leur
arrivée. Vous sçavez que ce Cabinet
est sur le bord de la Seine;
.k que cette Riviere fait en cesendroit
de peties chutes en forme
deCascades, qui causentassezdebruit.
L'attention que j'avois
à mon; ouvrage, sejoignant, çocaubruir de l'eau, m'empesch-
a d"Critendreleur marche, deforte
quem'àyantsurpris laplume
à la mÚri, ils voulurentvoir
àquoyjel'employois..Jeneleur
en fis soinsmistere,. &je leur * .J appris
apptis mesme d'abord le Mot de
vostre Enigme, afin qu'ils jugeassent
si je l'avois biendéguisé.
Ils trouvèrent que je n'y. avois
pas mal rëussy, '& l'un flc l'autre
y voulurent ajouter quelque
chosedeleur façon, pour contribueraussi-
bien que moy àr
vostre divertissement, & àl'embarras
dés Berbères de Cerés.
Doritas & Doraliceelloientces
aimables Personnes.Dorilas
laissa par déference parler Do.
ralice la premiere, & voicy ce
qu'elle me dicta.
- Si les Personnes dont il s'agitsint
unïwrfillemetmaltraitées^ce n'cjipM
sansCAusis il nes'enrencotre pYefque
pQÎntéjuifiientinnocentes.Laplupart
font degrandesflateufes,&me/mede
desmntfllfls; &l*$nobreri'c que
si quelques-unes commencent tcwr
entretienpar desveritez, &l'y continuent,
elles manquent rarement di
lefinirfar le mensonge,* &iln'tfi
que trop vray qu'il y en a beaucoup
plus de méchantes que de bonnes. Dorilas prieenfuite la parole,
ic me fitécrire cee-Mots.
-Leshonirefies,teèjèlies,lesbelles,
ïejJpirituettes^-&tant£autres de
mérité qu'on- voitdâns leur Troupe,
ijr quifembUht r?avoir estéfaites
quefourcharmerydevraientbienfaire
ejkufir celles -qui-ontquelques dew
sauts. Tout n'efl.ilp-asmejlêdans ce
bks m;nder Et n'est-cepas par cette
raifin encore, qu'il s'în trouveparmy
elles quiont le Corps délicat, une
grande hlancheur, & les traits riplièrs
&fins ; &d'autres qui ontle
Corps, le tein,& les traits extrêmement
greffiers; quelques-unes tjui
êitt Ils traits btAIIX, sans avoir le
Çêrps & leteindemefinei & aan-:
1res qui ont le Corps & le tein de la
dtrpiere perftBiort, Avec lès traits
les plus mil-fats qu'on puijftvoity
pelesunesfonigrandeç,ler,a.«-
itrroensspeetMiteassisinq,ue les unes sortent de
lesautres dehas filM;
IJIItJ-ry dt la Boutique, & cetics-là
de 1";que lesunes portent là
Couronne, les autres la Houlette
ceHesmcy.la Croje, &celles -là l'Epée,
& quelles fontsi inégales, quelles
oaufint aujourd'hui delajoje, de-:\
main de latriflejfe s tantesiduplaifiry
dautrefois du chAgrin; fondent dé
Htfpêrance, & quelquefois de U
crainte & du dtfifjoir, & mefine It *Ajoutonsi cela, letir disje>
''fù''Jln a de gALAntes, de propntf,
C;T de parfumées i de sçavantes, de
criijfiufes, & de pédantesques ; de
fiaijantes, defolâtres)& de fériett-
Jes; de dtVottS,d'tnftkntts, à,
d'impies,& enfin de tenusdes natures
y érquU efi impojjible de trMl:
ver Ailleurs tant &sipeu de rejjem- .blanceremarque en/r'eUts;
&quepoureflre d'abordCompagnes
de mefmefortune, elles ne laifientpat
d'hoir desfinsquifont encore plm
diférentes queleursdessinées.
Il est vray, reprit Doralice,
qu'ily en a quelques-unes, qui nont
pour but que deplaire,&d'autresau
contraire, que de fâcher. l'enay<ve*
desmes &desautres* maisfauroh
Jbuhaitéque ces derniereseujjenttott*
jours demeurédans lems priftns.,
4amjavoïs çQnaudUverfionp"our
elles.Avotions, continua cette
Nymphe, quetoutes nefortent aujourd'hny
de ces Vrifonsqu'abonnes
ensa{{fits, que lejougm*on leur
îmjùfc cjl bien mde, puis qr/on" ne
peut les tirer de la sansrançon, (7.
Hrie yancm encore qu'on a bien augmentéedepuis
peu de tempsptivDiotércilïafsoriteamufofvnmtroainqsluoenlgeuuerpcraê--
fenumciitquepar leptjfe,&quil
efloitbienjus'ie''de»payer»,lesfoins de IUIrgarde,^lesfraùde leursvoyages.
Ptiij il aioura,qtie ce qui luy
fimlloit d'e plus âeplaifanten cda
ejloitque la lançon'fj!jlanjji grande
pour une Vieille,poùrfuneContreftitcy
pour tmè Faclxufey & pour
une Sotte,quepourceucsqui avaient
les perfections opposées àcesdéfauts;
rnaû tJl' neconcevoït peint de
mdytnt,propreà.remedter acettf
îfboo~rtieeetisnjuj^rce, i&nntjlaveai« t fc.jftjt Doralice ne se le trouva pas
àjeetegnrd, de plas vafie.¿rcn] , V- ducqueiuy,nonplutsque moyj*
& commeun silence commun îmviccécce réflexion, je crûs
l'Enigme achevée; maisla.Njmphequi
a -l'imagination féeoqde
Lvive,, autant qu'aucuneaurre'
duPàïscAmbarrièia^>1ç,fompiç
bientost, ô£ m'avertitJe certaiiies.
citcoi-iitaiicesàqupy. Dorilas
nf moyn'avions, pas encore
pensé. Elleditdonc,que latli-'
fart dt 1t6J ïftfêâdesCVeriinfetunrneksris dvoitnt au»
quicftoiemt
comme Uurs liens tu leurs cbàs*nef,
ma'i?, que ceiujage ave/tchangée
qiiè^uesautresportaienttçûj^s -~ -'
de ltrymalgrélesdefensèsles pim
pgoureuftsde Sa Majefié; que
(l'autresportaientledemi,sanscjhe
jamais Hcrittcres* que.quelquesau*
très ailoiental'Arméerfanscraindre
des eoupsy-{fr quetoutes portount se,
Armes, sans pourtant Pllffir peur
.Am"ZOJ, sucy qu'aucun danger ne
sufl capable de Us faire polir ny
vnmbler non ltuiue ce*Heroswes.
PUJS elle ajouta encore , que là
frandtPrison où on les metteit
d'abêtd^efiiïtltïiicjpettetabîme, th
elles setrenvoientenconfuJionymais
au largei aulienquelles essoiini'e
trementemrpreffets dans les CJtJnII, 6 que perfenne jt'avaitpitié de la
maniere danton les traitait, que ceux
qui rhtendoientparleraïnjtd'elles^ sanslesconnoifire.
Voila, gentille Bergere ,ce
que cet Amy 8c1cette Amieimaginerent
sur le sujet que vous
m'avezprescrit
,
& comme ils
enchérirent agréablement sur
mes pensées. Je souhaite que te
tout seconde vos espérances, 88
vous faisant triompher de la peb
nétration de nos Voisines,vous
donne lieu d'estre satisfait dtt
vostre tres-humble Servireur, 4
',' LE BERGER DEFLORE
i Sila beauté du Visage est plus
propre pour plaire, que la
beautédela Taille.
MErcurt icyjeneprete/is>s
Comme lestroufisfont diférenS,
Quart autresur lemiense rgl(;,
Jgkiveutrégler,souventdérègle,-'
- r~
Je diray donc tout doucement
aSurafttjctmonftnùment. bcatté de la Taille "ransdute des
charmes
Dont un coeurse fent tout épris;
On a btillf résister, ilfaut rendre let
armes,
On n'en doit pas egrefurpris.
Ce beau port degrandeur luy do.e un
air de Reyne,
Etfintp9r-taaffuîrémnalgeréno;us nous th-
AtnfifansplmnoniconItseur,lter,
Tout enflâmesdamournousluy rertdèM
hommage, : Et cefi toujourssanss'arrejier
JÏ parcourir détail les traitsdefin,
Visage.
Matssi-tosteptelapassion
Setrouvedans tinaêtiori, :
Si l'orrpeut parler de-laforte,
La rkifbn quipolirtors nom parte
Avoir fcbjet denostre choix;
Si-sonmériteestplutde poids -
Que rièft celuy d'un beau Visage,
Vmdratfanr tarderdavantage,
Èxamlner tout-aloifir
Ces traits,afin de bien choisir.
1
sir.
Aloes elleran£ten bataiïe,,
Les beautez de la riche Taill*
-4vecque toussesagrément.
Peurvoirs'ilsfont*Jfezcharmant-
DefkIre naîtredansnoftrt ame
Unfeutrèsvifquinous cnjlâme,
-Non pàur un temps, mais pour toujours,
y- Carsans ceht;fydedse-dsinaomurosu; rs; '^Jnfenbrûlantpariktervale
-Aux vrait Amans efl unfcandak.
Etpasseenpéché.
Fourmoy,jeferoUbienfâché
D'aimer ma charmante Béltfe
Comme parbonds&parreprifr;
Maisauffiriay-jepassujet
De rechercherun antre objet.
Entout temps je la trouve belle,
Tout lemonde la trouvetelle, -
Quoj fuk vra,yy dire elleriaitpM
De la Tall*fous,lesjtppju^-,.
Mais revotons anoflreThème.
Puis qu'ilefi jufie que ton aime,-
8lins en venir, tu reptn,¡r
; v
Jlefl bon de s\ajfujettir
A quelque Beauté qui sans ce/ft
Soif digne de nostretendresse.
Cesspour cela que la ralftm, ,Qui nottédoitfairelaleçon,
Htgardesi la riche Taille
Ejfen , Amour chose quivaille;
Et çeflpmrqûoysans passion
Elleen.faitladiscution
-*fttecjbcaucoup d'exactitude,•
Poursçavoir avec certitude
Quel eflfmair, les mouvement
Quellese donne en divers temps,
CArson nemarchepatsans cesse.
De cette TAille la richesse
Se perd du moins de la moitié
Dans un Fauteuil; quellepitié!
Àiaûjqtlasl cefi bien autre chose,
Quand laBelle en son Lit repofci
Cette Taïge s'évanouit,
Et rienencetemps riéblottit,-
Sescharmesfontdanstesténebres.
Pour lors les Oraisons Funèbres
Sans-douteviendraientbien apeint
Sur cegrand air qu'on ne voitpoint.
On nevoit plus qu'un laid Vifâge
Chargéaunfort trijhéquipage,
Comme est la Cornette de nuiti
Vn AmantsurFheure, &farts bruit,
Tout déplaisant desàdéfaite,
Vtutse retirersans Trompette.
VAmante qui connottsoft-bien
!Zu'en cet état eltenA rien
Pour retenirsapauvre Dupe,
Pendantsa visites'occupe ji grimacer à contre-temps,
Pourfe donner des agrémens.
ELle croitfAire des merveilles,
Et pourse rendre unpeuvermeilles
Ses levres quifontsanscouleur,
Elie les mord; quelle rigueur!
L*Amour ne veut telsacrifice;
Vne Beautésans artifice
Luyplaiflbienmieuxcertainement
Quecefiibit deguisement. }C'cftpourquoyiArmantdâsluymefms
Dépris defortamourextrême,
Etse repentantdefinfeu,
Seretiret en disant adieii;
MNatUepsatrpcpeoquureailemcroeunnrdee THomme
pomme,,
Cet sîpiant a peineforty,
Vdchercherun alttrePArt])
jïwfi que I4 Aifin l'Drdonne ;
Elle luy montre une Personne,
Petite danssataille,ayantCoeilplein defeut Vn teint vermeil comme la Rose.
Que de beautez,, dit-il!mais parcouron,s
Hnpeu,
Il mefeinhle Voir autre chose.
Vne houeheriante; oCiel, quelle4
d'appas!
Et tjuoy?jevoybienplus, & jenair
merois pas,
Envoyant le TT rône des Grâces?
Je necle voyoquetruopfurrfobnfroéntbie,n
Oit 1rsAmourstrouventleursplaces,
JTh/du NeQar des Dieux jefuis tout
imbibé.
Pourlors,dansfmamour extrêmet
EJtocytecuhxa,rmtélds*eacpepralareudOitluyb-'Mjeesmte, luiMnnllinjuftlfuiet
D'avoirufieflame immortelle,
Il rends'onhommage à la BeKey
JQui luy découvremille AttrAits.
Bénitsfoient,dit-il,toutlestraits
Dont-aujourd'huytAmourme percef
Puis, qu'enmesme tempsilfneverfe
Cent&centdouceursdanslefem',
Tourdonner 4 mon coeur un Bain
Plusagréable que l'Eaud'Ange!
Jamaisje neprendray le change.
La !fe/l" dont mesyeuxsurprit
M-'mtfaitconnoistre enfinleprix,
Peutebarmer en toutemaniéré.
7'ailleiretirez-vous,arnere,
rtll11 ne notes charmez que debout;
Vu-beàuk-rifdge peut parfout
Eutouttempsinfinimentflaire,
La cbofe ness'que par trop claire.*' ',-
Mercurr, cet Amantguidépar la ra.ifô"
Notu prouve ajft'z.qu'un beau yifâge
A lieu de charmer davantage,- Que ne fait pat la TAiile &[",n comfaraifon.
v DE LATRONCHE, de Roüen
Pourquoy un Bien dont la conqueste
nous a cousté des fatigues,
quoyqu'ilsoit de peu de
conséquence, nous est neant-
4 moins plus cher qu'un autre
infinîment plusprétieux que
nous avons acquis sans peine.
LA Question efl defçavoir
1Ce quipeutplui nous émouvoip
Dansl'agréaile& deuxmartirc,-,
J'entens l'amour, cest assez. dire,
Sfavoir, d'unCoeur-1 Se laisse prendre a l'hamefottj
- Sansnotudonner beaucoup dePeinej
•On<£anautre quidans tagêne
Nomtientlongtemps foussa rigueur,
Four mieux ensuiteavec douceur
Nousplonger,sans (PIetonsenoye>
JDcaynqsuleedlqouuxecNoeEmloparrdaeifloajroty*t.
Neferafa*horsdefaison,
Carpar elle on pourra comprendre
Ce que jeprêtentfaire entendre.
SAns rechercher degrands détours
Par un long & vastediscours,
LaChasseservira d'exemple.
Voicy comme je ta contemple.
La Chasse est un plalfir qu'onne peut
tropaimer,
A catifede{on innocence;
Son attrait est pJfiJfant, ilsçait nom ammèr farune douce violence;
Maisilfaut un sujetquirésiste à n'b
coups,
VnpUiJirqui mur couste est toujourtlt
- plus dour;
Carsilaprifeenestfacile,
L'Ardeur £un ralHent?itl;u,.,\r.:, ".,:,,'; v, Plus une chtfe efi ét£i.¡i}.:ù il.).
OnC1aepots^se^deranpprèlseafvoec^ptluf^sara^ppétit* ,- , Tonchant ce,q,ue\;.avoi-t:.aq;\:aP ire;*
Maltsicela rie vous 'plaiftpaf,
Posons icy•èfùeiqH'aktrétkf, h
Soit dansParjs, ou tt bienàansRome: faifpytvçircommetoutHomme
Possede 4VTCpinsdetplai^tV
Vn Trésoracauis a loiJirr, Que 'H, ce que le hazardluy donne.
Une Teste mefineà Conronne
MetunPais aupremier. rant,
Quandilluy confie bien dufang-
VOUUZ.-VOHSvoir un autre exemple,
Quifoit une preuvebienamplt,
De toutce que;Ilflllnce.ir;yf.
JJc grâce écoute, te volcy.
Ne!}-ilpasvray qu'unHéritage
Qùnousvient pardroit de lignagep
Ne toucherapuno
Lomme (m Sienacquis£4rfutur#
< S.ravaux,(j: âdnsles veille
Ouftàr<$atttreipiinïspareilles?
Pour Urs onenf^itplus aÙAt: ', &utdesBiensd'un vrand Potentat.
Lemesme. rVoieynnCbifre nouveau quimà
estéenvoyé nefentenspas. On le fropofe'ào»tU.faciliua
decfaifYtr.Q»prieçcpendanteduy
qui.méflïAuihcur,d'anenvoyer
VExplication^Il m'a fait sçavoir
déjtpAraisance.quelesChifres que
vous allez,voir veulent dire, SIl éstoit des Amans discrets,
Comme il est des Chiffes fecretsi
On verroitpeu d'Amans fidelles ,f:'; - Se plaindre avecdroit de leurs Belles.
Ainsiil ne sagit plus que de trouver de
quelle maniere ces quatre Yers font exprimezpdrcesChifres.
- 38. S417. 45- 9b
46^10: 42. 17. 71.:,',
17.joi. 4®. 49. 58. -,vt;
13.7':' *$• Y- ¡I. S>
On a cmfloyé<daki<le'XX11:\E*cfhzJ^
«rdmaire un autre Chifre sur les Enigtkes
de là Chtitméo-&duLoiiisid'éri;
dont ptrflnn, #* découvert lefuret.
commence parceslettresD P Z! T. Le
Publiée* demmdel'ExftïcaMn, (érctt
stieCAtithenrdeCenvoyer. .,¡
1,
QUESTIONS A DECIDER.
Y SI lasimple Estime est préférable à
l'Amour, entre deuxPersonnes qui
sedoiventépouser. IL
Siceux qui ne font point vraisAmis,
peuvent estre Amans fidelles.
Ill.
Si on peut avoir en mesmetemps de
l'Ambition & de l'Amour, sans que
l'une de ces paOEonsanbibliHe l'autre.
IV.
On demande l'origine de la Poesîe.
:ferllil) Madameyvostre, &c.,
TABLE DES MATIÈRES
contenuës dansceVolume.
DX) bon &vtauvaïsjtfitge de la L,.
fture,t •. , t Difcoars en Verssurlemefmefujet, 19
LettresurlesTremblement lëTiYresi
Betationdun f'o/"gÎ' fait en Amerï-,
jur, 619
.Explictltinll en Vers f»rleideux Enig- mesdelafiJlàbclAi,
Portrait,
; S2-
Lettre sur un Bracelet de cheveux reïe">-
97
Lettre Il une -Dame sur ta pertede l'.
Procès, 100
Séntimens enyers de M.dela Févrcrie far les cinqQuefiions du XXIII- Ex-
.,trAs)rt)in¡,iY'e jo*.
TABLE. Extraordinaire,
Lettre en Proft& en Verssur LesScrupules,
HS
S'ilvautmieuxsoufrirun feudamour,
quedes'endéfendreavecpeine, 1
Explications en Vers sur les Enigmes
des Marons & du Marque, 17O
Cinquinème PeartietdueTraitésdes L,u- Si un peu damourcause moins de peine
que Cembarrxt de défendre son coeurl
178
-
<£i la jalousîe qui vient-à, l'Amour el
pins dangereuse dans ses effets que
celte qui vient de fAmbition, 27a
Si boire du Fin sansEau, & enfuite de tEau pure,fait lemefme cffit pour la
[tanté, quede boire le Fin rneflé avec Eau, 180
Sur Tufagedu Chapeau, 184
Madrigaux sur les Enigmes de la Glace
& des Patins, avecles noms de ceux
qui ont trouvé ces deux Mots,07
Enigme en Prose du Berger de FIDrt
jus
TABLE.
ILfquelle efl à preferer, de la beauté du

yîfagetoi* de celle de la Taille,$10
Towrquoy un bien dont la eonqutfit nous aC9njlè desfatigues, nous efl plus cher
que celuy que nous acquérons sans
peine, J17
QChuifree fnlmivoenaus,adécider,$33150
,
Avispêftrplacer la Figure.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le