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1682, 02 (Gallica)
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366
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Uu

,
11, 11
( il 1
1
,

TABLE.
j aicei £iogc de MonfiCltr, ira:ions, y
10
'.rtfrc de AT. ie Mrqw'., d'Orv;/!e>j
? A4ademo-.[elle de V'i^iMcoiir, io.
FcrÎHifan?t lAbeilleJ yc,Fable.&,lleiVecrs-à f.ont ce qui s'eftpafltouchant.?Affaire d.
Tripoly jufqua la signature de lA Paix, avec ynantité departiculantèz.
fHtnontpointeslévues dans les Relationspubliques,
l'p-rramme, ]13311
194 Od,£Hor,ce,
J\-GcrtrdseM/,.T)r>on1çwC, ChoansmeillebrdreeU,,
.i}/-. !JJt:/cÚ monte à UGrandi Chambre
2°5
Àdort deAi.If Comte de Fienne, 707 Hcxnqrs rendusalamémoiredu R. P.
Ih"anAErudteds,esetaire,212c3g
RéceptiondeM. le Comte de UMotheondancourt,
à la Charge de Premier
-Hs-lLiaeutenantdes Chevaux-Levers i2.

TABLE.
Suite Me tArtÙie de tAmbassadeur dg
Maroc, 29i
Carte d'une Partie de la Lombardie,oÀ
font manquez, les Etats que la Adaifon
de FÙ[ql{e y a possedez., 3 3 & M. Amelêt de Gournaynommé à l'AmbajfadedeVenist,
5371
Mort deM. de Mauyeou, 344h
EtIlbliffimentduJeuduMonde, 34-5
Livre dt ,,:r. le Févre) intitulé, Motift
invincibles pourconvaincre ceux de la
ReligionPrétendue Reformée, 346
Fin de la Table.
CATALOGVE DES PIECES
contenues dans leXVI. Extraordinaire
du Mercure Galant,
Quartier d'Avril 1681.
IL CONTIENT
UNeRéponse en Prose, & une en Vers, à la Question
,
sçavoir
, Si
un Amant qui a peu de bie, une tréme ambition, ex- beaucoup de délicatesse,
& un violent Itmottr, doit époufer une AlaitreJJe peu favorisee de la Fortune, &
qui a comme luy de l'ambition, & de la
délicate(se.
Une Réponse en Prose, & une en Vers,à la Question,sçavoir, Si un Amant
ne devant point épouserune Maîtresse,
peutaimer uneautrePersonnefarts e/ireinconfiant.• Une Réponseen Prose,&une Vers,àla Qneftion, sçavoir, en Si Usplaù*
firs du CorpsfolJt plusfenfîhlesqueceux
deL'E{prit.
Deux Réponse1 s en Pros-e, & d-eux en
en Vers, à la Question
,
Sçavoir, Si le
Mary doit estre plus grandMaistre que
la Femme.
Deux Discours en Prose, & un en
Vers, surl'origine de la Medecine,
Deux Discours en Prose, & un en
Vers,surl'Airdumonde, & laveritable
Politesse.
Plusieurs Billets ggaallaannss..
Un Discoursen Prose,& un enVers,
sur l'Eloquence ancienne & moderne.
Une Fable surl'Originedes Bagues.
UneRéponse en Prose,àlaQuestion,
sçavoir, SilaSantépeut estre alterée par
les passions.
UneRéponseà la Question, sçavoir,
Lequelest plusavantageux pour une
Veuvede 2.5. a 16.ans,ou dese remarier,
* ou de demeurerdans le Venvase
, ou dabandonner
entièrementle monde ense retirant
dansunCouvent.
graUinns Discours sur l'origine dela. Mi-
d'Iris.de la UnTraité surles Vandanges, &l'origineduVin.
Deux Réponses en Vers, &: une en Prose,à laQuestion, Sil'onpeut aimer
SansSçavoir Une qui. Réponse en Vers, & une en Prose, à la Question,sçavoir,Sime
Bellequi aimefortement peut executer les e(feinsdevangeacequellemédite
unAmantabsent contre qui l'aoubliée, quand àsonretourilapportedesraisonspour justifiersaconduite.
Deux Réponses enVers, & une en Prose, àla Question
,
scavoir, Sisans
marquerpeuçTefiime pour une Personne qui nous afaf un préfemparamitié, peut donneràun on autrecequ'elle nous* donné.
UneRéponseenVers,&uneen
Prose,àlaQuestion,sçavoir,Siun
Amant ayantreceud'uneBelle, les plus sertesmarquesl'estime &d*ai ^Selle
peut lu) donner,peutsansattirersa co.
lere., luy témoigner quildoute desaterrdreffepour
en recevoir de nouvelles assurAnces.
Deux Discours sur laQuestion,sçavoir
, En quoy consiste la veritable Sagtfiê.
Le Secret de l'Ecriture universelle.
Plusieurs Madrigaux sur les Enigmes
des trois mois, avec les noms de ceux:
qui ont deviné lesEnigmes du dernier mois. Une Réponse aux Larmes de Daphnis,
sur la mort de sa Femme, qui ont
paru dans le dernier Extraordinaire.
QUESTIONS A DECIDER.
Quelle efl la marque la plus ejfentiella
t£une r»ritableamitié.
II.
Vngalant Homme à qui une belle Personne
plaist fort, efl employé auprès d'tll
pour les interefls de son Amy qui en ej& tAmant. La Belleluyditquilpeutparlerfour
luy-mesme. On demandecequ'iix
doit faire la feule confédération de fort
Amy tayrnttoujours empeschédese di.
couvrir. III.dans une me-
S'il eflfaciledediVtnguer même
Personne, les moWVemens depolitique, daVecceitkdinclination,& quels moyens onpeu*employerpour ny estre pas pé, trom- puis que bien Couvent les apparences & leseffets de tune & de l'autrefont
semblables.
IV.
On demande la peinture d'un parfait
Amant, &aquelles marques onpeut le
conJloiflre.
V.
OndemandeCorigine deLilPourprt &
de CEcarlate, & quelleenefloit la diference
dans l'ufagt des Anciens.
VI.
D'oit peuvent venir les vapeurs dont
prrque tous les Hommes font attaquez
IlUjJi bien que les Femmes, &dont parloit on ne point ily a quinze ans.
Avispourplacerles Figures.
LA Médaille qui représente Monsieur,
doit regarder la pag,-\9.-
L'Air qui commence par GradROYJ
quelbonheur est le nostre,doitregarder
lapage 191.
L'Air quicommence par Quand
nousallons, jeui&Berrer*, doitregarder
la page 261.
Le Portrair de KAmbaflàdei# de
Maroc,doit regarder la page 3*5.r
MERCVRE 1CrAL ',: e r 1FEERIEH m2; QPOY que la Libéralité
ait par excellence
le nom de
Vertu Royale, cen'est point
l'abondance des Trésors qui
rend un Souverain libéral
Dans quelquerag que soient
élevez les Hommes, ils suivent
le panchant qui les entraîne,
& l'on peut dire qu'un
Roy qui aime à récompen-
,
fer les services qu'on luy
rend avec un vray zele, le
fait beaucoup moins par sa
qualité de Roy, que par une
grandeur d'ame qui le porte
naturellement à la libéralité.
C'elt dont nous avons un
brillant exemple dans nostre
auguste Monarque. Je vous
ay
déja marquéen plusieurs
occasions, que le mérite n'a
aucun besoin desollicitations
-aupres de Luy, & que l'obligeantemaniere
donc il se
plaist à donner, vaut mille
fois mieux que le Présent
mesme,quelque magnifique
qu'il puisse eltre. Aussi doiton
demeurer d'accord que
ce grand Prince ne donne
jamais, qu'il ne fasse plus
d'unegrace à la fois, estant
certain que les marques glorieuses
qu'on reçoit par là de
son estime , touchentplus
sensiblement que l'utilité
qu'on tire de les bienfaits.
Monsieur le Duc de Boüillon-
vient d'en recevoir, dont
il a elle agreablement surpris?
s'il est vray qu'on le
puisse estre lors que le Roy
prévient les souhaitsenfaisant
du bien. Ce Duc le trouvant
à son lever, Sa Majesté
qui n'ignore rien de la maniere
de vivre, & du mérite
de ceux qui font distinguez
par une haute naissance, luy
demanda des nouvelles de
Kl1le Prince de Turenne son
Fils aîné; & comme Elle
avoit appris qu'il commençoit
à paroistre dans le monde,
non seulement avec toutes
les qualitez qu'un grand
Seigneurdoit avoir, mais
encor avec toutes ce lles qui
font le veritable honneste
Homme
,
Elle déclara qu'~
Elle luy donnoit la Survivance
de la Charge deGrand
Chambellan
,
dont il presta
le Serment des le lendemain,
Jugez delajoye de Monsieur
le Duc de Boüillon, devoir
son zele si glorieusement reconnu
par le plus grand de
tous les Monarques.
Monsieur le Duc de Saint
Aignan eut environ dans le
mesme temps une pareille
surprise. Il ne demandoit aucune
grace nouvelle
,
<3c le
Roy luy dit de cet air charmant
qui luy est si naturel,
qu'il augmentent de dix mille
francs la Pension dontil le
gratifioit déja, & quil avoit
ordonné qu'on la luy payast
au Trésor Royal. Ce Duc
que vous estimez avec beaucoup
de justice, a fait depuis
peu diférens petits Ouvrages
dont on m'a promis une Copie.
Je vous l'envoyeray sitost
qu'on m'aura tenu parole.
Ceux qui les ont veus
en parlentd'une maniere
tres-avantageuse. Ces Ouvrages
sont un Inpromptu
fort galant, t'ait en préience
de Sa tvlajcfte; une Lettre à
M le Marquis de Dangeailj
une autre en Vers à une Demoiselle
de beaucoup d'esprit,
& d'une naissance tres--
considerable- & un Sonnée
sur les Bouts-rimez qui courent
du Flageolet & du Décalogue.
Ces Bouts-rimez
ont fait faire des Sonnets for
toute forte de matieres. En
voicy quatre que vous n'avez
peut-estre pas veus. Mr Fourmy,
deBaugé en Anjou, est
l'Autheur desdeux premiers.
LE TYRAN DE VILLAGE. uY Fendeur de nazeaux ,sto
comme un Flageolet,
-
Z?
---
Méprisantles Decrets Utijac1:e.-DeIl -
calogne,
Entreses Citoyens tranche du Roytelet,
Dont maint Rimeursecretcompose
mainte Eglogue.
N'envoyra-t-onjamais ceTraître att
Chastelet?
Il enfut mrnacéjadis d'un Pédagoguc,
£t que sonCorpstraînépar Cheval,
ou Mulet)
Serviroitdepâture à Loupr Vautoury
ou D ogue.
bili!f,, nofire Village en peut estre
écuré,
De ce Ru[ire qui batjusquesàson
Çurè,
Chacun en liberténom en dirons de
beltes.
Un bruit court qu'auPrintemps il
va voir Heflespont,
JjhtefonTrainJeprépare: Helas, qui , m'en répond?
Vis, Mercure Galant,ensçais-tudes
nouvelles*
LE NOUVEAU CONVERTY.
J E chantedéformais dcJfm mon
Flageolet
Des C-ant'-i.ques devots tirez, aIuTj-vjellogul.
Vom lit m'entendrez,plu-s^ RcJJignolj
Roytcler,
Entonner dans ces Sols une profane
E^Ioçtuc.
h :,nue.
MsnLouvre cftLlHop:tdftiov Court
le Chaflelet;
IdesFables, mes Romans,le chrcjJial
Ped_goguc;
Despéchez,duProchainchargécomme
un Muler,
Jïhtcnepuis-jeaffonvirl'impitoyable
Dogue!
Despajjctemps mondains mon efyrvt
écuré
Ne veutplm écouter que lavoix du
Curéj Ji ren,nu' aux F~j'y~'D~x~ ,FejïwsjiuxDigmtez,7
aux Belles.
Allons au Roy des lioyssoumettre
rHellcTponr,
Dusuccés, ô grand Dieu, mon zele
vous répond.
Qu'une IImt est en repos dans ces
douceurs nouvelles!
CONTRE UN RIVAL, uUHymenbienflus doux qu'un
son de Flageolet,
Faitdans toutes les Loix du Divin
Décalogue,
Alloit me rendre heureux bienplus
qu'un Roytelet;
Déjàsur mon bonheur je faifois une
Eglogue.
Maisje voisquun destinpirequ'un
Chastelet
Me retienttoujourspresaun Pore
Pédagogue.
Quediable !suis-jenépour garder leMulet?
Non milfoy. Je vayfaireautant de
bruitqu'un borruc.
Unefera pas du, aprèsmcjhe
écuré
JNll'IeJ
au derniersou, que Monjicur
le Curé
M'oste par certains Bans le Miracle
des Belles.
Car mon Rivalfust- il plus loin que
l'Hellespont,
Je lesuivray par tout, ma bravoure
enrépond,
LIsi charge au retour d'en dire des
nouvelles.
IMPROMPTU FAI-JT
à tableleJour des Roys. LAqauis, rl"is-nous5prenant
ton Flageolet,
fduisr.cnous ch1 antes rien contraire
an 1.)éC !o.HIC3
Nous avons tous dessein defaire un
Roytelet,
Z>'eniennerdesC.hanfins? d'allerjufi
1U'.1/'Egloue.
cfi!..:.,i ne hc'Y pas ¡z(t,flÙ mis an
Ciiaftcletj
Arn'-rC loin deneus tatltfidePéda.
gogne.
Fourmoy fui veux
ftfrtir charge
co?%h:cunMu1er,
Et retournerchtz rnoy coucherfioul
iih.n.tun Dogue.
J'en auray l'oeilporçant, bien clair,
bien écuré;
En buvant à Fhilùj ainsiqu'à mon
Curé,
Je rendray cette Felle une de nos
flu* belles.
Nos Roys-hou schtc, dront auxbords
tÚ¿'HdlciilOJr;
Si chaque Cûm.iradt à mes brindes
repond,
VonVL rraduj)\cas,* d(mai¡¡, thofès
nouvelles.
Je vous envoyay il y a
deuxmois la Lettre en Prose
& en Vers, portée par l'un
des Amours à la Belle Indiférente.
Vous ne ferez point
fâchée d'en voir la Réponse,
qu'on m'a donnéedepuis
quelques jours.
A MADAMEDE***
J E veux bien me perjuader,
Aiadame5 que lesdvisque
vous me donnez parvojlre derniereLettre
touchant l'amour,
ne partent que d'unattachement
sincere à snes in.térefts, & de l'abligeante
envie que vous a'Ve
de contribuer à me rendre heurcuje.
Les noeuds de tamitÍé qui
nous lieji étroitement,neme lais
fcnt pas jugerautrecvoje. Mais
"vous me permettre% avec* cet
efyrit libre($findépendant que
vous me donner de me défendre
centre ce petit Tyran, dontveus
prenez le party avec tant d'ardeur>&
que vous faites si pro.
digue deplaijirs.
Qu'Amour fait bien fbnperfortnage,
Lorsqu'il veut quele coeur s'en-
&kci
Qu'ilprometdecontentement-!
Mais que ce cqcur sent promptement
Qu'ilafaitun fâcheux naufrage 'C. 0
Fuyons, fuyonsson cfclfrttige,
Liberté dans lejeuneâge
A mille fois plus d'agrément
Qu'Amour.
Il aura beau par ion langage
Vanter le channant avantage
D'un doux&tdreengagement;
Je n'en croiray pas son le:ment,
Puis qu'il n'est rien de plus volage
Qu'Amour.
Je ne -voispas, Madame, que'
ce foit une prétention injufle^
--(Q)IJ/ne'v-voOuMst"vi)a(JuUlcCZ nVjOoUu5s l'ima- L liÎÙ1.-
gliner, que devouloirvivre dans indépendanceyqu'enjaitr
cfamour> le manque depitiépour
son Prochain blcffe les maximes
de la charité Chrestienne, puis
(fte la Religion que nous pro"
feffonsnenous partequ'an cleia~
ebement de cequinous paroijl le
plusfenfjlc. Mais peurne pas
mesler icy le facrc avec le profane
je 'Vou:; diray qu'il ness
rien a mon avis cl: plusnoble que
cette ,-r:nércufc envie de s'affranchirdu
jourlun Tyran tel que
celuydontvousprenez la défenft.
LAmourque vousmave% cn-
%oyése[hit promis la conquefie
de mon coeur, & il la croyoit
mepnefortajjuree ; mais il a bien.
tast connu qu'il nemployoit que
defoiblcs armes,& que quoy quil
ftjî, jenefiois pasnée pourporter
les chaînes. En c(fit) je riay paseesrieefortémettedes
menaces dont ifrJl('ttf "e5 rn('naconl
ilosestferrzydt'abord.s Et meris Jetons(es cranfportsj
Caraprestout,q .ic peut-ii ffa.ire>
Ce n5Cit qu\miiiuant en colerc..
Joiytlap^reisrianuvtoiliermreecnotniniujoariciiel,f(a$Uf quejenefloispasd'un
naturel
faedeaintimider,orcr,
qu:: je1 faci¡e ..t iIt tir"• il
..1, rYls dei
njoy^s moinsviolientes;&pour
me fairegoujltrces mots- rlefclcertJ.
d;Jrr:;4c;elh:cha(ÎnL'j4) iL les a al: îties, il ajjlujonne^
demille douceurs, ($f
ilne(laucun plaisîrauil ne mait
fait (pereYJ sije'voulais me (oûmettre
àfortempire; mais sa .fla;-
terie riapaseficpluspmjjanteque
sa colere-
Si je ne crains point Tesmenaces-
D'un Dieu qui se montre irrité,
Je fais bien moins de cas de ses
ris, de fb graces,
Lors qu'il veut me ravir ma chere
liberté.
Enfin quelques moyens quit
dit employer pour me réduirey il ,a1- t emplo_yeKpourmerediiire., i
lu:} a esléimpossibled'envenir à
bout. Je riay pu me resoudre à
me défaire de mes premiers prépigezay
er ils meparoifJentfilevïtwesy
que faypeine a croirç
l 'p cj/ic Je lacpittc jarr;a*$.Poures
qUi esrc:1 d¡eLiclow'wij(j7"ijn que vous
luy ,tl'Ú'Z' donncc il s'en eftfcft
r ,, i J tL/i;n iJ
acLjUi:uj jv/' m a rendu cri
fyiûLn pot-ré"Oojii'CPrcf'enty (J"'nt' ."J.¿!j, l'rI, L v/u C jaJd?grandsrtmer,ate m1 cei nLsIà., .u "cous c..1J y
fuire;çj*a^naue<vqh>:fo^cz rcontentedeonmerIf')j1^7rrct'O,j(ejfiJ)st" njous Jruo:is ii, apprend,-ayop.iesu ri>a pu rien
fairesOUYluy
,
il ria p.<s perdu
son temps pour Je -cous
envoyé Un petitTDeffem de Miniat,,
-^vous rvo(J.re
niatureou -vous verre^ voflre
Amour'vaincuporter les mtjÎmes.
liens(juilauoitoje medeftiner.
Ce Dieu que vous voyez en ce
triLleélUlplSc>
Charge dechaînesce de fers,
Est ce Vainqueur de l'Univers
Donvt ivnocuisblmeecovuarnatgeez. tant l'in-
Malgré la force de ses cou ps,
Mairie l'ardeurdeson couroux,
J'ay'içculuyfaireréii(lance.
Et ce Dieu qui donnedes Loix
Aux Dieux les plus puiiTans, aux
plusaugustes Roys,
N'a oÙ d'un jeune coeur vaincre
l'in diférence.
EnfinyMadame,ojue ce foir
caprice ou raison, ce font la mes
fentirnens) aifquelsil nefera paï'
facile de mefairerenoncer. Qttoy\
qu'ils soientfort contrairesaux:
l'offresjjene defspere pas poup
teL d'ejïretoujours dunombre de*.
Dos Amies, puis que nous me
"ro'l,t-'c' tant af" ie rI!''-''-at'V l/j.(11..11 )'
Yofhe tres-humblc Servante*.
LASOLITAIREDECHAMBON.
Ma derniere Lettrevous
a instruite de l'établissement,
èc du progrés '-de l'Académie
Royale de Peinture & de
Sculpture, 6c ce détail vous
a fait connoistre les diverses
fonctions de ceux dont ce
Corps est composé. Il y manquoitunHistoriographe
qui
prist soin de ramasser ce qui
se dit d'utile, & de curieux
dans leurs Conférences;&;
Mr Guillet de S. Georges,
vient d'estre choisy pour cet
Employ. Mle Brun, Chancelier
&principal Recteur
de l'Académie, s a ppliquant:
toûjoursàlamaintenir dans
le haut degréoù ses merveilleux
talens l'ont élevée, le
présenta à Mr Col bert, qui.
estant informé de ion mérite,
approuva le choix- qu'il en.
avoir fait. L'agrément d'un.
si éclairé Miniltre est un éloge
si grand, qu'il m'estpresque
inutile de vous dire que
Mr Guillets' efl: acquis beaucoup
de réputation par plusieurs
sieurs Ouvrages qu'il a donnez
au Public, &entr'autres
par son Athenesancienne &
nouvelle, Le Dictionnaire des
Arts de l*Hommed'Epée, &
L'Histoire du Sultan Mahomet
II. Il fut receu en pleine
Assemblée de l'Académie,
en qualité de son Historiographe
leSamedy
31. de l'autre
mois, &fit connoistrepar
un éloquent Discours, que
c'estoit avec justice que les
suffrages de tous cesIllustres
luy avoient esté donnez. Il
dit, qu'ilseroit bien difficile qI/il
nefust pas ébloüy parla gloire
de l'Employoù ilavoit l'honneur
d'ejlreappelle, puisqu'il leferoit
par le seul avantage de le rencontrer
commeJtmpleAdmirateur
parmy tant d'exceUens Hommes,
dont les fameux Ouvrages de
Peinture st) de Sculpture,rendoient
leLieuoù ilssaffembloient
comparable aux célébrés Ecoles
de la Grece,& del'Italie; Que
ceftoitla que leurs doéles Conférences,
& leurs louables Critiques
,fondées sur les Tableaux
ou sur les Statues qu'ils examinoient,
donnoient une entiere
inflruftionde toutce queleurArt
sublime avoitfimable & de
parfait;Quecejloitparmy leurs
Dissertations, er leurs Remarques,
que le SçavantJefortifioit
clanstesjudicieusespratiques;&
que celuy qui avoittravailléavec
un esprit d'incertitude>Je fixoit
AUX regles que le raisonnementy
établifjoit,st) disposoit aujji les
Elèves a sy conformer;Quon
auroit eu peine a introduire une
coutume plus propre 4 tenir les
Espritsen haleine pourlétudej à
lespiquer d'une émulationcontinuelle
& a leur laiffir une carrieretoûjours
ouverte pour les approcher
de l'état parfait où les
grands Hommes efloientarrive^.
Il adj outa, que cestoit parces
Applications continuelles que ïAcadémietâchaitde
remplirles espérances
que le Roy enavoitconçeuè's,
lors qu'en la fondant il
en avait regarde létabhjfemcnt
comme un des principaux Ornemens
deJon Regne> & comme
un célébréMonumentoù la Pofterité
verraitque ce grand Monarquenavoit
pas eu moins de
passionpour leprogrés des Sciences
& des Arts, que pour la
gloire des Armes ; Que cejloic
par là quelles'ejforçoit de répondre
aux foins & à restim
dont l'honoroienrchaquejourM[
ColbertJonProtelfeur, @r Mr,
leAdarquis de SegnelayJon Vicepote[
leur, qui prenant tous deux
uninterestparticulier à lagloire
de Sa majeeéj&àlafplendeur
aefis Etats3Jouhaitoient quelle
y contribuaftavecavantage; &
enfin que cessoit de cette forte
que la mesmeAcadémie rendoït
un témoignagepublic de la conduite
judicicufe quy apportoit
M le Brun3 des grands
exemples quelleenrecevoit3 &
qui ïavoient obligée à le reconnoiftre
avecautant d'inclination
que de juflice pourson Chancelier,&
sonprincipal Reéleur. Il
finit en disant,quesi le détail
des Conffrencs:J@;r des Observations
de l'académieauoit mérite
d'eflre donné au Publics il ne
falloit pas douter que lHifloire
de fion origine,&le dénombrement
de fies excellens Ouvrages
nefiujfient receus avec autant de
fiatisfiaélion que dutilité; Ouil
fie faiflit une espérance agréable
de voir cette Hifloire tenir un
jourune place parmy fies autres
Ecrits; qu'illaregardoitavecdes
réfiervesplusdélicates,puis qu'outre
la noblejfie de sonsujet, ce
sujetluyefioit preficrit parune
Pûijjance que tout le monde devoitreverer
; qu?yqu"i.Jsi
sentoit étonnéquand il songeoit
quesaplumeejloitdeflinéea
cet *~c~f
employ, il recevoit cet houneur
avec une tres-refperlueufe JoumiJJion;
& que s'il ne pouvait
s'en rendre digneparle fccoursde
l'éloquence, il auroitrecours a la
force de la véritéj & foûtiendroit
Vopinien qu'on avoit de
luy par la dignité de sa matiere.
Je ne doute point, Madame,
que l'extrait de ce Discours
qui satisfit fort toute
l'Assemblée, ne vous fasse
concevoir toutes les beautez
dont on le trouva remply.
Voicy un Ouvrage d'une autre
nature. C'est une Fable
deMrDaubaine. La morale
qu'il en tire, ne plaira peutestre
pas à toutes les Belles.
Du moins aura-t-elle peine à
estredugoust de celles qui
font consister leur plus grand
mérite, dans l'excés de leur
fierté.
LE PAYEN,
ET L'IDOLE.
FABLE. LE défit d'tlmaffirdu Bien,v
Contraignit unjourun Payen
Afaire le Devot; Il dresse un Oratoire,
Plante là Jupiter.D'autres diftnt
Platon;
N'importepas lequel.Mais ce Dieu
de carton,
Ou de boisysij'en ay mémoire,
Deson Adorateurayant à tous moment
Sacrificesur Sacrifice,
Prenoitpardevers luy l'Encens,
- Et n'en efloitpoesflutpropice
A celuy qui l'en régaloit.
Dit Vaycn l,ifortunealloit
Toujours àpetit tour de Roue.
Est-ce ainsi de moy qu'on se
jotië,
(Dit-ilunjour dansl'Oraison
.f<!!,'ilst(ùitdfon Dieu l) Je me
vois misérable,
Moy, mes Enfans, ma Femme, Se
toutemaMaison,
Autant que si chez moy je n'avois
mis qu'un Diable;
Et cependant ton entretien,
Ingrat, ne se fait pas de rien.
Pour tâcher à te rendre à mes
voeux exorable, Ilm'en couste mon plus beau
Bien.
Les Boeufs& les Moutons, dont
jefais tes Vi&imes,
A les vendre au Marché me rendroient
de l'argent.
Suy, de grace, d'autresmaximes,
Et fois un Dieu plus obligeant;
Sinon de moy tu n'auras plus
d'hommages,
Plus d'offrandes, ny plus de
voeux,
En un motje te casse aux gages.
Mais quereller les Dieux,
Ce(lgronder contre le Tonnerre,
Le nosire a celafaitlefiuidy
Le muet dr l'aveugle, & four le
couper courte il s'en émut comme une pierre.
A lafin Homme au desespoir
Decequ'ilnenpeut rien avoir,
Parpriere,ny parmenace,
Prend un boit gros Levier,puis
grands tours de bru
Frape l'ingrdteIdole, & uotu la mei
,
A bd6.
L*idole en tombantsefracnjjr,
Etleplmplaifantdufracas^
Cesiqu'ellejettefurla place
Tout ce qu'elleavoitdans le corps.
On dit quecefioient des Triflrs,
Force Ecwy &force Piflaie-r.-
Noffre Tayen lesprit,&s'écrit
ioyeuxi
Non seulement chez « nous, mais
aussi chez les Dieux,
Les coups,je le vois bien, font
plus que les paroles.
CC'e'ntfàtacvorusiqsuej'é ;vous, Mef*
jieurs les Amans,
Vou* quipaJJcz, vosplus beaux ans
Vostre prétieusejeunejjc,
Agémir, àlanguirauxpieds d'une
IdaÍtrtjfèJ
Sans enpouvoir tirer la plusfoible
faveur;
Allez,y vous n'avez pointde coetir,
Fousméritez veftreJort déplorable.
Je ne dispasq*efuivantcetteFable,
On doivesans faire quartier,
S'en aller à coups de Levier
D'une Ingrate cajfcr la tctfey
Uattionferoit mal-hcnneîie.
Mais lors qu'on n'apourvous que
rzgueurs, que mépris;
Maislors que vostrïEncensse dijjïpe
enfuméex
Lors que de-VDJ douleurs cette Ingrate
eflcharmée,
.!<.!lau lieu de vous mener chez les
eux, chez lesRis,
Onveutvous accablerdepeines
Dégagez-vous, rompez,brifez vot
chaî<tnes, <
Et lefaites avec éclat.
Aux Doucessoyez, doux j aux Stéperhes,
juperbts;
Cesi en amOHr, fourfinirles Proverbes,
,%u'ilfautejlreàbon ChatbonRat.
J'oubliay le dernier mois
à vous apprendre la mort de
Madame la Marquise deSenas.
Elle estoit l'unique Heritiere
de sa Maison, n'ayant
que des Soeurs Religieuses,
& Fille de feu Messire GeoffroyLhuillier,
Seigneur d'Orgeval,
Bure, Montamers, la
Malmaison, Guérard, Pesarche,&
c. dont la Famille est
connuë pour une des plus
anciennes qu'ilyaitenFrance.
Il avoit esté reçcu Chevalier
de Malte en 16iz. &
ayant quitté l'Epée pour
prendre la Robe apres la
mort de son Frere aîné, il fut
fait Confciller au Parlement
en 1627. & Maistre des Requestes
en 1631. Depuis ce
temps il n'a point discontinué
de servir dans les Armées
des Provinces, & aux
guerres de Paris pendant
vingt-six ans, & ensuite au
Conseil d'Etat. Son Frere aîné
dont je viens de vous parler,
fut tué dans la Tranchée
au Siege de Montpellier, apres
avoir fait tout ceque l'on
peut attendre d'ud Homme
de coeur. Il avoit aussi esté
aux attaques de Montauban,
& auparavant il s'estoit trouvéà
Malte,&avoit combatu
sur les Galeres contre leTurc,
fous Mrle Commandeur de
Ris de Faucon son Oncle
qui les commandoit. Il prit
trois Vaisseaux des Ennemis,
& revint en France commander
un Regiment d'Infanterie
en 1618. Madame de Senas
dont je vous apprens la
mort, avoit epousé Messire
Charles de Jarente, Marquis
de Senas
,
d'une tres-illustre
& ancienne Maison de Provence,
& allié des plus considérables
de la Province,
Madame sa Mere estant de
celle du Puy de Montbrun,
&Soeur de de M le Marquis
de S.André Monbran,qui a
commandé longtemps toute
l'Armée des Vénitiens au
Siegede Candie.
Cette mort a esté suivie sur
la fin du dernier mois, de
celle de Messire Alexandre
de Canonville, Marquis de
Rasserot, Seig neur de Beuzeville,
Malleville, Veneville,
Gueüres, Vinacour, &autres
lieux. Il estoit Gendre de feu
MrleMarchal de Gramont,
& fortyd'une des meilleures
Maisons de Normandie.
Ils'estfait icy quantité de
Festes sur la fin du Carnaval,
dont j'auray un Article particulier
avous faire; mais
quoy qu'on le soit fort diverty
dans toutes, il n'y en
a peut-estre eu aucune qui
ait donné de plus grands
plaisirs qu'un Impromptu
dont le hazard a esté la cause.
Il faut vous dire comment
Un Cavalier plein d'esprit&
de mérite, mais sujet à quelque
oubly sur certains engagemens
dont il croyoit qu'il
estoit permis à un galant
Homme de ne se pas souvenir
trop exactement, s'estant
rencotré depuis quinze jours
chez une Dame de fort grande
qualité qui régaloit cinq
ou six de ses Amies, fut mis
de la Feste, dont on peut dire
qu'il augmenta les plaisirs
par unenjouement d' humeur
extraordinaire. Le Soupéfut
magnifique.Trois ou
quatre Hommes en avoient
esté priez, & ce mélange de
Gens choisis de l'un & de
l'autre Sexe, rendoit la Partie
des plus agreables. Le discours
estant insensiblement
rombésur la beauté de quel
ques Maisons, la Dame dit
qu'on en voyoit peu de plus
commodes que celle du Cavalier.
Une autre adjoufta
que l'on vantoit fort la propreté
de ses Meubles, & que
cequ'elle en trouvoit de plus
estimable, estoit d'avoir oüy
dire que le bon goust y régnoit
partout Cette loüange
fut soûtenuë par les autres
d'une certaine maniere qui
fît connoistre qu'on avoir
dessein de rendre visite au
Cavalier. Il dit assez galamment
que si ces Dames luy
vouloient faire l'honneur de
l'aller voir, il tomboit d'accord
qu'il y auroit alors quelque
chose de fort digne d'estreveudans
saMaison; mais
qu'il falloit pour cela qu'elles
y vinssent louper, & que si
le coeur leur en disoit pour la
dance, il leur promettoit un
Lieu assez spacieux pour faire
paroistre avec avantage tout
le talent qu'elles y avoient.
Le jour fut pris auLundy
prochain. On luy enlaissoit
trois ou quatre d'intervale,
& c'estoit assez de temps
pour préparer le Régal. Tous
les Conviez promirent devenir
prendre la Dame, afin
d'aller tous ensemble chez
le Cavalier. Le jour arresté
estant venu, chacun se trouva
au Rendez-vous, oùl'on
s'entretint cfe diverses choses,
en attendant l'heure du Repas.
Apres une conversations
assez enjouée, on commençoit
à se lever pour sortir,
quand un Gentilhomme qui
rendoit souvent visite à la
Dame du Logis, entra dans
la Chambre où estoit la Compagnie.
A peine la Dame eut
jettéles yeux surluy, qu'elle
luycria de loin qu'ilvenoit
fort à propos, & qu'elle alloit
le mener en lieu où elle sçavoit
qu'il feroit très- bien reçeu.
Le Gentilhomme ayant
appris la Partie, dit qu'il s'étonnoit
que le Cavalier, dont
il estoitforamy,& qu'il avoit
veu le jour précedent, ne luy
en eust point parlé Il adjoûta
que c'estoit unHomme
qui n'avoit point ion pareil
pour les Repas inprompru
mais que lors quon luy don.
noit un peu de temps à se préparer,
comme son emplo
l'appelloit souvent en Couril
ne manquoit jamais d'y
avoir quelque affaire indif
pensable, ô( qu'il craignoi
fort, puis qu'on luy avoi
laisséquatre joursqu'ilneu
oublié l'honneur qu'on luy
devoit faire. La Dame reprit
qu'avec ses Amis il cHai.
des temps où l'on pouvoi
manquer de mémoire; rnaii
qu'avec des Femmes, & suj
tout des Femmes d'un cer
tait
tain rang,on gardoitd'autres
mesures.On ne dit rien davantage.
Les Hommes donnerent
la main aux Dames.
Chacun monta en Carrosse,
& l'on se rendit chez le Cavalier.
Sa Porte fermée fut
d'un fort mécbant augure.
On frapa longtemps sans
qu'on entendit personne,6c
ce grand fitencene appréhender
que le Gentilhomme
n'eust trop bien jugé de (on
Amy. On frapa plus fort
que l'on n'avoit encor fait,
& une vieille Servante vint
enfinouvrir. On luy demanda
des nouvelles de Ion
Maistre. Elle réponditquil
estoit allé à S. Germain, &
quequand il en revenoit le
meune jour, ce n'estoit jamais
avant minuit. La Dame
chez qui la Partie sestoit
nouée, ne balança point sut
la résolutionqu'elle devoi
prendre. Elle ne montraaucune
surprise de ne poin
trouver le Cavalier, & dit
feulement que l'on n'avoit
pas besoin deluy pourvoir sa
Maison Sur ce prétexte elle
fit ouvrir la grande Porte,
Tous les Carrosses entrèrent
& elle ne sust pas si-tost descenduë,
qu'elle demanda à
la Servante, chez qui ion
Maistre envoyoit quand il
donnoitàmanger à ses Amis.
La Vieille nomma un Traiteur
voisin, qu'on fit venir
aussitost La Dame ordonna
un Repas fort propre, soit
pour l'entrée,soit pour le dessert,
& dit au Traiteur qu'elle
répondoit de tout,si le Cavalier
ne le payoit pas. Lamesme
chose pour les Violons
qu'on alla chercher. On visita
toute la Maison, dont on
trouva les Ameublemens
fort bien entendus; ôc les
Violons estant arrivez lors
qu'on commençoit à servis
sur table, on les fit joüer pendant
le Soupe. La fanté du
Cavalier fut beuë solemnellement,&
la Dame fit les
honneurs de la Feste de la
manieré du monde la plu:
galante, ôc la plus spirituelle
Si-tost quonie fut levé de
table, le Bal commença. 01
ne pouvoir donner quelque
heures à un divertissement
plus agréable, pour attcndr
sans ennuy le retour du Ca
valier. Comme il estoit in
certain, & que les Montres
marquoient entre minuit &
une heure, on défefperoit
qu'il revinst ce mesme jour,
lors qu'on entendit fraper à
coups redoublez. La vieille
Servante courut promptement
ouvrir, & un Carrosse
estant entré dans la Court,
on connut par là que c'estoit
le Maistre du Logis, & l'on
se fit une joye sensible de
pouvoir joüir de sa surprisè
Elle fut fort grande d'entendre
des Violons, & de voir
sa Court pleine de Laquais &
deCarrosses.Il reconnut les
Livrées, & devina aussitost
qu'on s'estoit vangé de son
absence. Comme il avoit de
l'esprit, il entendit raillerie,
& prit le party de ne se fâcher
de rien. Les Violons ayant
cessé de joüer lors qu'il entra
dans la Salle, il dit à la Dame
qui s'avançoit vers luy en
riant, qu'il se souvenoit de la
partie; mais que le jour luy
en estant échapé, il s'estoit
laissé occuper entierement
d'une affaire embarrassante,
pour laquelle il avoir esté
contraint de se rendre à
Saint Germain. La Dame
l'interrompit sur ce qu'ils'osfroit
à reparer cet oubly involontaire;
& d'une maniere
honneste
,
& plaisante tout
ensemble, elleluyapprit que
connoissant le fond de son
coeur,elle avoir tenu sa place,
& faitensonnomce qu'elle
sçavoit qu'il neust pas manque
de faire;que son Traiteur
qu'on luy avoit amené,
avoit admirablement régalé
la Compagnie, & que tout
le monde en estant fort satisfait,
il ne restoit plus qu'à
continuer le Bal. En mesme
temps elle le prit pour dancer.
Le Cavalier ne se déconcerta
poinr. Il remercia
la Dame avec toutes les marques
possibles de joye, d'avoir
si bien fait les honneurs
de sa Maison, & la pria de luy
vouloir feulement accorder
quelques momens,afin qu'il
tâchast de reparer par une
Collation un peu propre, ce
que le voyage qu'il ~n'avoit
pu se défendre de faireà ta
Cour, devoir avoir fait paroistred'irrégulier
dans le:
premiers apprests de la ~Fester
La Dame luy dit qu'il ne ~se
mist en peine de rien, qu'en
ordonnant le Repas elle
avoir aussi ordonné la Collat•
ion qui l'inquietoit, & que
la joye qu'on avoit de son retour
dissipoit tout le chagrin
qu'avoit causé son absence.
Ce furent pour luy de nouveaux
remercîmens à faire à
la Dame, &il les fit de si
bonne grace, &t)irutsi gay
tout le leste de la nuitj qu'il
n'y eut personne qui ne demeurast
persuadé que le jour
choisy pour le Régal, luy estoit
forty de la mémoire. Il
mena dancertoutesles Dames
,plein d'un enjoüement
dont elles furent surprises; &
quand à une heure apres
minuit on apporta la Collation
,
ilyjoignit diverses Liqueurs
qu'il alla prendre
dans son Cabinet. Il en fit
boire aux plus réservées, &
cette agreable interruption
dura tres-longtemps. Chacun
se trouvant de belle humeur,
on recommença la
Dance, & elle ne fut finie
qu'à quatre heures du matin.
Tout le monde s'en alla.
fort satisfait,& jamais ~Festes
si mal preparée ne ~divertits
tant une belle Compagnie.
Le Cavaliers'estoit tiré d'embarras
en galant Homme. Il
avoit assezmérité la piece, &
il ne pouvoit rien faire de
mieux que de la tourner en
plaisanterie. Il fausnc leTraiteur
sans luy témoigner le
moindre chagrin; & quoy
qu'il n'eust pas ordonné la
Feste, on peut dire au moins,
s'ilpaya lesViolons,que ce ne
fut point sans avoir dancé.
Comme de tout tempson
a peint l'Amour aveugle, il y
auroit lieu de croire qu'il seroit
Aveuglené,siMrdeVin,
Substitut de Mrle Procureur
dp Roy au Chastelet de Pa
ris, nenousapprenoitce~qu
a causé son aveuglement
Vous en serez éclaircie en li
fant ce que jevous envoye
de sa façon sur cette matiere
Il faut observer, Madame
que la plus commune opi
nion porte que l'Amour es
Fils de Mars, & de Vénus
qui tous deux estoient En
sans de Jupiter, Fils de Sa
turne, sur lequel il usurpl'Empire.
L'AMOVR
DEVENU AVEUGLE. L)mour croissoitdejour en
jour,
Chacun aamiroittour-a-tour
Saforce,sa vigueur,&son adrcffi
Eitafuixnuatrmpige,se,a,vait,dv es charmes nele cédoienttout-au-flui
cf¿u'À, ceux de labelle rénm;
Enfin brave commeson Pere,
il eçaloit encorlabeautédefk Nere.
jttpttcr qui le vit aufirtirdu Berceau,
Chery du Mondeentier,sivaillent,
&sibeau,
1 En confcllt un jaloux ombrages
Cette amitié luyfutd'unifnifirepréfige.
Ces grandesqualités, cet honnalr,
ce refptcl,
De Id Terre & des Cieux cet idolÂtrt
hommage,
Tout celaluyparutfufpeft,
Et ce Monarque crût que lai desi
personne,
Ouflatcz, d'un Regne nouveau,
LesDieuxpourroientenfin luy ravit
la Couronney
Fourla donner aufouvenceau.
ilnesçavoit quetrop qu'il devoit à
son crime,
De Roy, deSouverAin, le titre glorieuxi
Quen'eflantpas du Cielle Maiflre
légitime,
Sesjaloux &fesEnvieux,
Sous couleurde Dangersêti Tere,
Murmuroientensecret contreson
Minifleye)
De ce Trône usùrpê cktrchoientà
le chaJlèr.,
En faveur de tAmour qu'ils voulaientyplacer,
EtquecepetitDicu^fçavantenl'art
deplaire,
Etqui des coeurspar tout ejloit victorieux,
Pourmonter àfaptice,d- s'emparer
des deux,
N'avoitpresque qu'unposafaire.
ilsçavoit qu'icybat,parune erreur
vulgaire,
Obtenird'une Belle une tendrefaveur.
Ccfloitdesa Famille intéreffir l'honneun
4ue pluficurs, ojfenfez, desagalan-
Icrie,
Du mépris desiss Loix pajjant a ta
furiey
Ne brûloient plus d'Encensfinrfis
divinsAutels,
Il connoissoit encor que les autres
Mortels
Appréhendoientpour eux une mcfm
fortuney
jQuefaifis, que touckt^d'une craint
(ornmune,
ils mvoyoient en luy qu'un objet
odieux; eJilessissEpoNxde teûtes les
Coquctes,
Jhà d'un coeur ou perfide, ou trop
ambitieux,
Avoientpreflé l'oreille afies douces
ficuretes,
Se refientoientd'un Sortqu'on croit
injurieux;
guési tons les Parens de celles que
Jur terre
II avoitfçenséduire, exciter à 14 v
guerre,
SejeignoientauxSéditieux;
enfinsi, par malheur,sa trop
jalousè Femme,
£hiideses infidélités
Cardoit, malgréfes foins, un vieil
dépit dans tame,
Favorisoit les Revoltez,
Ilatiroit centfolsplus afaire,
Pour réduire ces ETnportez,
n'eutdans les extrémitez,
Ou le mit autrefois Typhon le témtraire.
Ainsi craignant de tous (oHez,
Nesçachant à qttOJsiréfoudrv
Voulantytantoifnevoulantpas
Contre cepetitDieusijèrvir de son
Foudre,
Toutprest à le lancer, il retenoitfou
bras,
Etquoyque lepéril ceJfaftJMrfin
trépas,
il trembloit à le mettre en poudre
Enfin dans ce grand embarras,
Son Fils, Con ApoUon,qlJifeulfçavei
sipeine,
-!i!!!:,i gardoit contre Mars unesecret
haine,
Et qui jaloux encor des plaisirs
amoureux, ilobtintde Vénus auméprisde
fisfeux,
Cherchoitenfh Famille un objet de
vangeance,
Luy confeiUa pour lors d'àfer de sa
puiJlânce..
* 1 1- 1- -- Pour frustrer cet -E,n.f.ant d1e.1l-a
faveur des Dieux,
Faites-luypromptement, dit-il,
perdre ijs yeux,
Et le mettez par làdans l'entiere
ârnpuissance
De regnerjamais dãs Iesiux)
Car qui de nous voudroit d'un
aveugleMonarque?
Si-tostque l'on verra cette infamante
marque
De sonaudace,& du pouvoir
De vostre redoutable & supréme
Justice,
De la Rebellion le plus ardent
Complice,
Se rangera dans le devoir. V
L'ltvis, qtwy quesanglant, ne IllijJit
pas depldire,
La Naturetout-basen,vain y rljifta
La Politiquel'emporta,
Jupiteralafn le trouvasalutaire,
eEt sansfingeràt'intéress lejaloux phéhæ avoit en cette
affaire,
Contre l'Amour il fulmina l'Arre(f.
rukain fut chargeduJupltcc.
Ce MiniJ/re cruel desi haute fuftic
En reçoitl'ordreavecplaisir.
il conservoit toujours un mfuiffan
dcfir
Defemanger unjour duscandaleux
outrage,
Dontlefaiflit ressouvenir
Cetadultère fruitdesa Femme volages
Il craignoit
Marsfin
Pcre, il n'ossi
l'en punir,
EtlesplusgrAnds tjfortsdejÀtimi.
rage
N'avoientencor paruefuàfin défi
uantage;
Mais enfin appuyé du plw fuiJltlJ
des Dieux,
Ilsiprécipita des Cieux,
Et joignant cet ordresevers
A cevieil&fenjiblcaffront>
À peine est-il entrédans l'I[le de
eCythcre, ce pauvre Innocent, mefine aux
yetk^dcsa Mere,
Se sentit appliquer un Fer chaudsur
lefront.
!!<!!e l'effet, hellU, enfutprompt!
Vardeur en un momentpénétré, s'insime.
D'abord ilenperdit la veuë,
Le Barbare en triomphe, insulte ast
douleur,
Se repdift a loisir desa dure van-,
geance,
Etpouffant plus loinsafureur,
Luy reproche comme une ojfince,
Sabeauté, ses traits, MArs, Venta,
6-fapuisance.
Toutfutpajponnê das ce cruel Arnfi,
Lafeulejaloujîe enfit tout£wtcrejfi
ApollonJe vangeoitdu mépris desa
Belley
yulcain desa Femme infidelle,
Et fupiterd'un attentat
.ku'il craignoit, &quilcrut ne devoirpas
attendre.
Ainfide tous coflez, &tAmour, &
l'Etat,
Lefirentconseiller, &rendre.
Toutlestrois ravisdufuccts,
Selfatoientdejoitir enpaix
Deleur inhumainevangeancej
Maistrompez, à taJin dans leurdouce
ifjérAna,
Ils connurent bientûfl, emifme à
leurs dépens,
QuonneJevantoitpas longtemps
De l'ojfencequ'on osoitfaire
Acet aimableEnfant, à ce Dieu de
l'Amoury 0
Etque danssajuficcelen
ilfauoit tofi ou tardferanger À
fin tour.
Apollon le premieren ressentit l'atteinte;
rercé deses traits dangereux,
Luy-mesme en se jouant tua fin
Hyacinthe;
La cruelleDaphnése moqua dtfis
voeuxy
Le mit, en le fuyant, presque tout
hors ci'haleine.,
Etpour le payer desa peine,
N'offritason ardeurqu'un Laurier
-d'baiîer,
Etqu'unbelArbrepourfependre,
Jupiter, dont lecoeur toujoursfenfiblt
& tendre #
Ne cherchoit qu'à s'humaniser
Entre les bras deses AlaÎtreffis.,
Acheta éterement leursplm douces
careffesi
Maissans compter icy tousJes dcguifimens,
Chacun ne fiait que trop qu'aucun
nefuthonnefie,
EtquefairefowventlaBesse,
Fut un desesamufiemens.
Vulcainfut le dernier, il eut auss
fin compta
yenut,pourle punirdefes chagrins
jaloux,
Leva le ma/que enfin,&mitbas
toute honte;
Tillefit des Amans, & mefine aux
yeux deiom,
Prodiguafiesfaveurs,tantefiAU bel
Anchijt,
Tantefi au charmant Adonis,
Etsecrutsansfaçontoute chosepermiss,
TourJèrvir en tous lieux le courroux
defion Fils.
imcuïypourquoyplm loin portes-tu
ta vangeancef
Euxseuls avoient commis l'ojfencey
N'ejloit-ce pltJdffiz., pour tO}? oy, toute la Nature humaine
DevfJit. elle, innocente, en endurer
lapeine,
Et pourquoysans raison.l'étendre
jufiJu'à nlO}?
He/M! que t'ay-jefait? dequoy te
peux-iu pl/lindrc.
yfy-je malparléde tes traits?
Ay-je de ton Empire empesché Upré~
Contraire a ton ardctt-r, ay-jevoulu
grés?
ardcit-al,-je veala tt¡ciudrtsi
Non,grand Dieu;cependantjen*aj
que tes rigueurs,
Tume traites comme lin Coupablep
Tu me refuses tes douccursi
Iris toujours impitoyable,
Se rit de mes fiJ1Ρir,jè moque de
mes pleurs,
Etje nefuis ehjia qu'un Amant miferable.
Quoy que je vous ~parles
souvent desEtats d'Artois,je
nevousayrien dit de la derniere
Audience que leurs;
Députez ont eue de Sa Majesté.
Mr l'Abbé deDompmartin,
en qui un mérite singulier
a toujours devancé
l'âge, portoit la parole. Sa
Harangue qui eut pour sujet
les loüanges de nostre auguste
Monarque, & lesinterests
de la Province, fut universellementapplaudie.
Ilestoit
accompagné de Mr le
Comte de Mauve, Député
pour le Corps de la Noblesse,
& de Mle Conseiller Taffin,
Pensionnaire de la Ville de
Saint Omer, Député pour le
Tiers-Etat. Ce dernier est
un Gentilhomme qui se distingue
par une rare vertu, 6c
par une capacité confommée.
Mrle Comte de Mauve
est de la Maison de Bernaige,
l'une des plus nobles
& des plus anciennes des
Païs-Bas. Il a de tres grandes
qualitez, & d'illustres
alliances, 8[, a eu l'honneur
de rendre au Roy des services
utiles & fort agréables.
Sa Majesté les reçeut tresfavorablement;
&: comme
depuis cette Audience,il s'est
tenu une autreAssemblée des
Etats d'A rtois,Elle a eu la
bonté de faire donner à ces
Députez, des témoignages
de la sarisfaction qu'Elle a de
la conduite des Etats en general
,
& de la leur en particulier.
Les grands fruits qu'ont
faits les Capucins Missionnaires,
que Mr l'Evesque de
Soissons avoitfaitvenir dans
la Capitale de ion Diocese,
ont continué pendant tout
l'Avent, en forte que cette
MHuon a durépres de deux
mois, avec une affluence de
monde extraordinaire. Le
Pere Vincent de Troyes y a
fait paroistre ce zele ardent
qui l'applique tout entier à
ce qui regarde la conversion
des Ames. Il y avoit tous les
jours matin & soir dans la Cathédrale,
cinq Prédications
diférentes, à quatre desquelles
Mr de Machaut, Iiv
tendant de la Province, a fort souvent assisté. Celacftoit
d'un très grand exemple;
mais ce qui a particulièrement
excité la dévotion des
Peuples, ç'a esté de voir Mr
de Soissons si assiduà entendre
ces zelez Millionnaires,
que quoy que leur premiere
Prédication commencast à
quatre heures & demie du
matin
,
il n'a manquéà aucune
des cinq qu'ils ont
faites chaque jour pendant
tout le cours de leur Mission.
Il la termina par la benédiction
d'une très belle Croix
qui a esté élevée à la principale
Porte de Soissons, &
dont il fit la Cérémonie. Il
assista à la Procession avec
les Peres Capucins, qui estoient
au nombre de soixante
,
suivis d'une tresdgerande
foule de Peuple, tant
la Ville que des environs,
& précha au pied de cette
Croix de la maniere du monde
la plus touchante. Le zele
a esté si grand pour l'élever,
que les Dames ont travaillé
elles-mesmes à porter de la
terre sur le lieu où il avoit,
esté résoluqu'on la planteroit.
Depuis ce temps-là, on
y a veu jour ôc nuitquantité
de monde en prieres tour autour,
& cette dévotion clt
cause qu'on a résolu de planter
des Croix aux trois Portes
de la Ville, pour l'édification
des Pèlerins qui passent par
là en allantà Nostre-Dame
deLiesse. CesmesmesPeres
vont par l'ordre de Mr de
Soissons, faire de semblables
Millions dans tous les lieux
de sonDiocese. Ce digne
Prélat le trouve par tout, ôc
[e montre infatigable quand
il s'agit de remplir les fouctions
de son Ministere.
Sur la fin du dernier mois
Madame la Comtesse de Gacé,
Fille de Mr Berthelot,
Conseilier d'Etat, & Secrétaire
desCommandemens
de Madame la Dauphine,
accoucha d'un Fils, que Madame
la Princesse de Carignan
& Mr Colbert tinrent
sur les Fonts le lendemain,
& qui fut nommé Louis-
Jean-Baptiste. La naissance
deceFils, est un grand sujet
dejoye pour l'illuttreFamille
de Matignon, dans laquelle
iln'y a présentement d'Eu":
\:
fant mâle que ce nouveau
:¡ né, sur lequel on fonde de fort grandes espérances.
Jevousay toûjours connuë
une si confianteAmie,
que jecroy vous obliger en
vous envoyant une Lettre,
que vous trouverez remplie
de protestations de confiance.
C'est une vertu qui ne
doit pas vous déplaire, puis
que vous aimez si fortà la
pratiquer. Le titre de cette
Lettre vous apprendra qui
enestl'Autheur.
1 T? T~ T? T~ T"' T~ -E BERGER
FLEURISTE,
LA CHARMANTE CLORIS. N- On, non,aimable Cloris,
je ne vais pas comme les
rfbeilles, de Fleur en Fleur; ny
omme les Cbajjeurs
3
de Buijjon
n Buijjon; ny comme les Voyaeurs
d' Hôtellerie en Hôtellerie; )y-) jarbore encor moins dans mes
Etendant la Devised'à chaque
Lune, Amour nouvelle.
La pajjion que faj pour vous,
n a de raport avec cet AJire que
par la candeur. Elle rejfemblt
parsa sirmeté au Soleil, qui efi
toujours le mesme.
Pour s'envoler,monamour n'a
point d'aîlpj
Il est con stant, aussi-bien que
fidelle;
Et puis, vouloirtourner ailleurs
ses pas,
Ceseroit tenter l'impossible
Belle Cloris, ne trouveroit-il
pas
A ce dessein un obstacle invincible
Dans la force de vosappas?
CejJe"{ doncj de grace, Jo
mécrirecommevousfaites. L'irtu
'onftance ne peut rien sur moj.
Sanecejjtré que vous juftifiezpar
es changemens de tous les Eflres; ra~docufc~eurquevousappuyé^sur c ïo~
les charmes de la nouveauté; f"
n que vous 'Ve établiesur IA
recherche de la perfiElion; (éf
routes les autres rayons quevous
me représènte'{ avec tant d' cf.
prit Pour lafoûtentr, ne livreront
jamais que dfe vai-nes attaques A
la pajjion que vous mave% in
Virée.
Vous y joindriez encorl)abfenç.
6c les Rivaux,
Qui font à l'Amour tant d'ou
trages,
Etlrenadentgtant cei'AmsnnsV,Q.'
Que je craindrois peu leurs
assauts.
Ils pourroient bien affliger ma
pauvre ame,
Elle n'est pas à l'abry de leur
maiïx,
Mais ils ne pourroient pas dimi
nuer ma flâme.
Que tout le monde donc cour
au changementjjenverray l'e
xemple sans en eflre touché ; £5
je me laijjeray plutojlfouler au
piedsj que de m'abandonner a.
lâche courant des choses. N
gouray-le pas en vous almanJ
tous les plaisirs de la nowveautt
puis que mon eJfrit ne peut pen
fer avos divines qalitezJ qui
riendécouvre toujours quelque
nouvelle, qui sejloit auparavant
dérobéeÀfaconnoissancet Et ne
(troit- ce pas méloigner de la
Perfection
, que de vous quitter
bour une autre.) puis qu'il n'est
riensur la terre qui[oitsiparfait
1ue vous ?
Vous estes, ô Cloris, le chefd'oeuvre
des Cieux,
Vous effacez tout ce quela
Nature
A mis de plus beau fous les
Cieux.
Si j- changeois, je me ferois
inj ure,
Aveclejugementj'aurois perdu
les yeux.
Ilestvray queje vois chaquejour
quelque Belle
Qui fait l'ornemetde cesLieux;
2V3aïs chaque Objet me sertà
vivre plus fidelle,
Voyant combien vous valez
mieux.
Jevousassure aussi que la galante
Blonde,
Nyl'engageante Vacesmonde,
Caliste, Caliston, Iris, ny Bccd'amour,
Ny les autres Beautez qu'on
trouve & qu'on adore
Auxenvirons de mon sejour,
N'ont pas eu le pouvoirencore
D'effacer de mon coeur avec
tous leurs attraits,
)Le moindre de vos traits.
Soyez donc desorma is plusjuste,
p ou moinsmode ste;
Et sitoûjours pour moy quelque
bontévousreste,
N'appréhendez point que ce
COEur
D'uneautre que de vous deviene
la conquestes,
A vos pieds la raisonl'arrefle^>
Il y borne ia gloire, il y metson
bonheur,,
Il y trouve Utl pbirir extrême,
Là,commeungraind'encens,
il brûle à vostre hJnncur;
Jusqu'i la mort il brûlera de

Je me trompe,bclie.C!oris:y
woi dmour ne finiraPas avecma
rvici il aura plus de durée qu'elle,
& j'ejpere qu'à l'exemple dej
nouvelles Etoiles qui ontparu au
trépas de certains Princes,
Mon feu s'élevera de mon coeur
dans les Cieux,
Pour montrer aux Mortels qu'il
est digne des Dieux,
Ou plutofl que suivant les principes
de la Religion galante que
nous professonsJ & Juivant la
récompensequ'elle promet aux
J'imans fidelles @r conflans, ce
beaufeufera changé en un bel
Apre
D'où hiilleL#-z mille iufluences
d'amour,
Sur mille &mille coeurs coulerontnuit&
jour.
Et qu'enfin de quelque maniere
que ceJoity
Apres ma mortvous me verrez
briller
Du feu dont en vivant vous me
voyezbrûler.
Uafjurance de cette' duree nejl
paspins raison, belle Cloris;
Car enfin, quand ce feu si vif,
si prétieux,
Au lieu de venir de vos yeux,
Viendroit de ceux d'une Immortelle,
'II n'auroit pas une source plus
belle.
Adjoût(Zà cela, qu'il efl trop
purpour sen aller enfumée con
me les autres ; (èf trop grand ttrop
heauy pour n'avoir pas- m
dejlinée"extraordinaire. jure q4u'i1l fera i~mwmoorrtel ro~~ comm
tr Dieu qui ra fait naistre; g
cess; belle Cloris-, dans cette m
mortalité que j'établis la prina
pale félicité de vojlrc, &c.
Je vous envoyay il y
quelques mois, une Médaill
dontla Face droite représen
toit Monsieur, & le Rever
la Devise de ce Prince.. En
voicy une seconde,qu'on
trouve beaucoup plus. re(
semblante que cette premiere3
êc dont le Reversest
diférent, puis qu'on y voit
la Bataille de Cassel. L'occasion
qu'elle me fournit de
parler de SonAltesse Royale.
est trop belle pour la laisser
échaper; mais comme la
gloire des Conq*uu"'érans*, de
des Ministresd'aujourd'huy,
vient toute du Roy, on.,¡1e
peutparler d'aucune Action
d'éclat, sans faire voir que ce
Monarque y a la premiere
part. La prise de Valenciennes,
ôc Cambray, & Saint
Omer (deux des plusfortes
l.
Places de l'Europe) assiegez
dans lemesme temps, sont
des choses inoüyes. Si le
seul dessein de les attaquer
doit paroistre incroyable à la
Postérité, avec quel étonnement
leur prise ne sera-t-elle
point regardée? C'est neantmoins
dans ce temps que le
Roya préparé à Monsieur
l'honneur dugain d'une Bataille,
& voicy comment. Sî
Majesté ayant sçeuque M
le Prince d'Orange s'estois
avancé vers Ypres, dans le
dessein de secourir S. Omer,
envoya Mr de Louvois
Lile; ôç ce Ministre dontla
prévoyance ne peut estre
assez admirée,donnades
ordres pour faire marcher
vers l'Armée de Monsieur
la Petite-Gendarmerie de la
Maison duRoy, avec la Cavalerie-
Legere. Sa Majesté
envoya aussi à Son Altesse
Royale un Détachement
commandé par Mrde la Cardonniere,
composé de huit
Bataillons. Le Roy ayant
appris quelque temps apres
quel'Armée ennemie continuoit
sa marche, & qu'elle
estoit plus nombreusequ'il
n'avoit crû, fit partir Mr de
Luxembourg avec quelque
(Cavalerie-Legere, les deux
Compagnies de les Mousquetaires
, deux Bataillons
des Gardes Françoises, trois
du RegimentdeStoup,deux
du Regiment Royal, 6c un
du Maine. Le Royayant
ainsipréveu à tout, se fiaen
l'intrépidité de Monsieur
pour le reste. Ill'avoit connue
en plusieurs occasions.
Il sçavoit de quelle maniere
il s'estoit exposé dans latranchée
de tous les Sieges où il
avoir esté. Celuy de Zutphewu
llljç
luy estoit encor present. Il
se souvenoit de la conduite
qu'il avoit tenuë dans cette
entreprise, de sa libéralité
envers les Soldats, 8c de l'amour
qu'ilsavoient pour luy.
[1 ne faut pas s'étonner si
dans l'affaire de Cassel, ce
Prince répondit si bien à
l'attente de Sa Majesté. Il
fit voir beaucoup d'esprit
dans le Conseil de guerre; &
les deux Maréchaux de France
,
qui avoient l'honneur
Combat. Quoyqu'il sus
moins fort que lesEnnemis
& qu'ilseussent l'avantage
du terrain, il nes'en étonna
point, non plus que de se
voir obligé de diviser sor
Armée pour garder la Tran.
chée de S. Omer, les Postes
qu'il avoit gagnez devant
cette Place-là, & huit endroits
par lesquels le secours
pouvoir passer. Ce Prince
chargea plusieurs fois à la
teste des Bataillons& des Escadrons.
Il estoit toujours at
plus fort de la meslée, & eu
un coup de Mousquet dan:
là Cuirasse.Un de ses Officiers
fut blessé aupres de luy,
en luy attachant une Calque;
& Mrs les Chevaliers de
Lorraine &de Nantoüillet,
qui ne l'abandonnoient
point, le furentaussi à trois
pas de sa Personne. Un Bataillon
Suisse estant rompu,
il fit aulILtoft mettre ses
Gardes en Escadrons, ainsi
que quelques-uns de ses Domestiques
qui estoientaccourus;
& les animant par
son exemple, il leur inspira
tant de courage & de force,
quetoutes les Troupes qui
l'environnoient, ayant e
fuycà la portée du Pistole
la décharge des Ennemis
allerent à eux l'Epée à 1
main,&lesrompirent. Ilde
meura à cheval depuis tto
heures dumatin jusques à
nuit, & fit voir unecondui
admirable & une présen
ce d'esprit surprenante dar
les ordres qu'il donna.
combatit les Ennemis. Il e
horta les Soldats. Ainsi O
peut dire que sa teste, so
coeur, son bras, son esprit
son éloquence, agirent éga
lement danscette importar
te occasion, & que jamais
on n'a moins craint le péril,
ny fait voir un plus grand
sang-froid au milieu des dangers
où il estoit exposé. Ce
Prince qui le jour duCoiiibat
avoit esté la terreur des
Ennemis,en devint les délices
le lendemain. Il se montra
Pere des Blessez, & en.,
voya dans le Champ deBataille
des Medecins, des Chirurgiens,
des Remedes, des
Vivres & des Chariots, pour
transporter ceux quiestoient
encor en état d'estre secourus.
Une si belle action auroitinspiré
de la fierté d'ami
aux Vainqueurs les moin
sujetsàlavanité. Cependan
lagloire qu'elle a répandus
sur SonAltesse Royale, n'j
pu l'ébloüir un seul moment,
&jamais il n'y a rien eu de si
modesteque les Réponses
aux Lettres qui luy ont esté
écrites, &aux Compliment
qu'on luy a faits for le gain
de cette grande Bataille.
La Religion des Préten
dus Réformez, s'affoiblit si
fort de jour en jour, que je
vous ferois de longs Articles
si je voulois vous parler de
toutes les Abjurations qui
se font dans le Royaume. Je
ne sçaurois pourtant m'empescher
de vous apprendre
celle de Mr Roy, fameux
Avocat de la Rochelle, &
qui passe pour un des plus
beaux Génies de la Province.
Un Capitaine d'Infanterie
que Sa Majeste envoye
dans l'IsledeCayenne, l'ayant
entrepris sur la fin du
dernier mois, luy prouva si
bien la fausseté des maximes
de Calvin, qu'estant reftéconvaincu
dans les vingrquatre
heures, il abjura dés
le lendemain son héresie, et
forte qu'ilestaujourd'hui
l'exemple, ou pour mieui
dire, le fleau de ceux qui ne
veulent pas ouvrir les yeux
surles erreurs dont il elMorty.
Voila, Madame, ce que
peut la force de la vente,
quand l'écoutant sans trop
de préoccupation, on ne s'arme
point d'un coeur obstiné
pour la combatre.
Les marques de pietéque
donnent Mr&Madame de
Strada, dont je vous appris
la conversionilya un mois,
ont quelque chose de si touchant,
que jamais il n'y eut
rien de pareil à l'édification
que tout le mondeen reçoit.
Parunehumilité surprenante,
ils ont demandé longtemps
à faire Amende honorable,
la corde au col,
& les pieds nus, ne pouvant
croire quilsméritassent le
pardon de leurs erreurs, s'ils
n'en faisoient réparation publique.
Mais Mr l'Evesque
deClermont s'yesttoujours
opposé. Ils n'ont voulu prendre
aucun divertissement ce
Carnaval, &commeon sçait
qu'ils sont l'un ôc l'autre infiniment
éclairez, cestémoi
gnages de leur répentir n
peuvent estre que d'une tres
grande utilité à l'Eglise. Le
Fréquentes coférences qu'il
ont euës avec le P. Antoine
de Beaujeu, Gardien de
Capucins de Lyon, Mission
naire alors à Clermont, on
beaucoup contribué à leui
Abjuration. Mr de Strada,
qui estoit considerécomme
le principal appuy des Réligionnaires
de cette Province,
est arriere-petit-Fils du
grand Strada, Chancelier de
l'Empire. La Maison des Fabrices,
dontjevous ay dit que
Madame de Strada estoit,
est une des plus illustres &
des plus anciennes d'Allemagne.
Je viens de me souvenir
d'un Mariage fort considérable,
qui s'est fait au commencement
decette année,
& que j'oubliay la derniere
fois de vous apprendre. C'est
celuy deMrle Marquis d'Orville,
Chef de la Maison de la
Vieuville en France, qui a
épouseMademoiselle de Vignacour,
Heritiere de cette
Maison,&petite-Nieced'un
Grand-Maistre de Malte de
cemesmenom. Lacerémo.
nie en fut faite le Jeudy hui
tiéme de Janvier, par MIrE,
vesque & Comte de Châ
Ions, dans la Maison de Ma
dame la Duchesse de Noail
les,àSainte Geneviefve de
Bois, où cette Duchesse trai
ta magnifiquement couct
l'Assemblée.
Onfait beaucoup de des
feins pour le Mariage, mai
il en est peu que quelque ob
staclenetrou ble. Malheur
ceux qui en trouvent d'invincibles.
L'inégaliré du bien
est le plus à craindre pour
ceux qui s'engagent à aimer
sans estre appuyez de la Fortune.
Cette autre Fable de
MrDaubaine, vousapprendra
ce que l'on en peut souffrir.
LE
VERLUISANT
L'ABEILL E,
ET LE VER-A-SOYE..
FABLE.
Y ne voitpoint desipetite
BeJlr,
1ui dansJ&jeuneyOHJa vieille
faison,
Nesi mette l'amour en tesse,
Etquint croyeencor lefaire avec
raifort.
Ce queje dis esivéritable,
Lapreuve en esidanscette Fable»
rous lepied d'une Ruche un certain
VerluiJant
logeoit; & ce Logis efioit assez,fiaifant.
NôJlre benne Mere Nature,
Soitkdef[ein,foitparhazard^
Defesfaveurs dH Veravoitfait bonne
part. il trouvait po/trfa nourriture
A quatre pasdequoy mangeravec
plaisir
fJcrbefecbe, Herbefraîche, il n'avait
qu'àchoifry
S'il en vouloitfaire Fâture)
Toul alloitfilonsondesir.
Mail he/lU! du momet qu'on dime,
Amoinsque ce nefoitpar un bonheur
extrême,
Ilfuitsi résoudre asoufrir.
UAmwr eflun vray trouble fejl(
DesHommes en ontpumourir;
Voyons comme il traite une BI (le.
Dans laRuche, heupropre & trcsbien
habité,
Entreplusieurs, logeoit certainejeun
Abeille,
Dont le ccrur a l'amourestoit ajjtz*
porte.
Ce ricftoitptsg.randemerveille>
A cette PttJJionleSlxeféminin
Efl enclin,
Autant (3:plUi que rieflle mafeuhn
Ajoutez, que le njoiftnage
Donnantles moyens desi voir
Matin &seir,
Jnfenfiblementonsengage.
Venins auVer. Ilavoitdel'ejprtt,
lqlruie'fitlortitarifefnrdîetbieau,ny debon*
Aujjijamaisnavoit-on veuReptile
En belles qualités autant que luy
sessile.
Il dançoit &chantoitfortagreablement;
Mais ce que l'on trouvoitde rare,
Etdans un Ver qui Cesiassurêment,
Cesiqu'iljouoitde la Guitare
Pajfablemtnt.
Enfin pourla galanterie
Ilavoit unsibeau talent,
!!<!!.'en Profi comme en PoijÙ:
C'estoit un Autheur excellent.
Ouvrage en Yers, BilletLettre,
Le touteliantdesafaçon,
On n'y trouvoitplia rien à mttr{',
Et Voiture en comparaison
Auroit auprès deluypaffépour un
Osse.».
rT/.¡;'l'! le Ver..Quant à l'Air &' Y ',#-t1' 1 -v' ,
EtpourCefpyit^çrpeur lecorps
De laNatureelle fllt lespiiu rithés
tréfirs.
Du Mandeellepafîfitpourhuitième
Merveille,
Elle jouaitdu Claveciny
Elleauoitapprisla vuîiqtie,
Tarhit Italien, &me/me un pttt
Latin,
Sa mémoireefioitangêlique.
AuJJlïcxerçoit-elle avecjujleraifon
BileUfittla Fable, elle lifoitfHiftaire,
Ellelisait celafepeut-il croire?
Jfufquesaux Livres de Blason.
S'ilfautparler desaperfonney
*>uoyquelle eujl ajfèa Àembonpointy
-.
SâtaiEe cflVitgrande&mignemît
Etk ben airn'y manquoitpoint.
Ah rdte<(.'droit une Biendey
vontleteintblanc,frais,&poly^
Laijlfaitfc/pajjer dans le monde
leur l'objetleplmaccornply.
Cependantmaigretoits ces charmes,
LHistoire dit que nofre Fi rlnifant
JEuJl bîavcjôti pouvoiry sli,i rendu les armes
Au regard tendre & languifont,
D t' ".:' ,/:' l,;r,:t':: D } ï>°r: (ruand i.phxifiUà L Dame)
Le coeuylepli46gi.icéjeflatoit tout
enflame.
Ccftao; 'V/lÍn 'u;o-('.;()N¿ro¡treiffter l'Amour.
Tostoutard,cjuoy quonfa/Jey ilcff
MaiBrc fiw tour.
CepetitDîcUy dJe toute chr,s1f.è:
En cemonde asongré dispofc.
LAbeille est amoureuses & le Ver
amoureux,
Sans que cependant ton- les deux
? De leurtroublefccretsçachentd'Abord lacause;
liais comme en eux ce trouble efltout
3 lesjoursplUJgrand,
L'un& l'autre biemolt l'apprend.
JLe Ver elien humeurchagrine,
Jjluandilne voitpassa Voisines
EtdetAhâUe lechagrin,
C'efldenepointvoir/onVoiftn.
J>)uefiquelque doux teïle-a-tefie
Se rencontrepour nos Amans,
ils ne font que trop voir dans ces
heureux momens
Jpue l'un de l'autre ejl la conquejle.
in mille (ymille occajions
JVue leur donnoit lafolttude,
Sansfoucy^faus inquiétude,
Satisfaisantleurspassions,
ilspajfcrentdeux ans dans et dpux
lutdiNdge.
Mau àlafineHantfùrpris,
ilfallut que le rcrfirtijl duvoifîf
nage.
Cefioitleseulmoyen de dissiperl'omebrage
les Parens de l'Abeille anjoient
pru. :
Toutd'un coup ilpliA bagage,
Et crut afranchementparler,
£>*ajindefauter mieux, il alloit
reculer.
C'effoÎt agir en Ver trtS-jàgt;
Maispar malheur, lepauvre Viable
alla
Pis que de Caribde en Sylia.
Comme ilne voyottplrnquuneJÕH
lafemainey
Encor incognito, toujours mifme
avecpeine,
L'objet defes tendresamour
LfiJ qui pouvoit le voir autrefois
tous lesjoursr
-
Par un revers en telCM ordinairef
A mesure qu'issutmoinsvnt,
(Jj)uide.l'Abeillel'auroit crHf)
A mfunilcejja deplaire.
Deplusj.Dante Avanceyvint mettr
dufieny
Ellequitomlesjours de tantde mlfll)
est Ctlfl(tsi
les Parens de l'Abeille avoient beau
coup de Bien,
Etceux du Galantn'avoient rieny
Ou tantauplusfipet* de choses
£>uejen'ose
La-dejfmfeulementfouflen
Et de vpuloir les ttccQttpler
Le coupparoissoitimpoffiblc.-
A l'Abeille on dit bien 6" beauf
donmroitsur le miifeatt,
Siplwan Ver luisant on la voyott
finjiblt;
Qùtnfinelle devaitavoir
Sursariehejje un autre cjpoir,
fuis que le Mielpouvait la mt tire
- fil l'alliance
Duplus riche Animal de France.-
Fyd'un Ver, disoit-on, qui n'a
pour toutvaillant
Qu'une étincellede brillante
Ordoncparheureuse rencontrey
AnofrreVerluijant un jour
Vinconfiante Abeillesi montre. Il luyparla d'abord defion amour.
Elle l'éciute (ans réplndre., efi:-ce donc qui peut vous
confondre,
Luy ditce Ver, luy-mefine confondu
De cequ'àsespropos elle narépodu?
Ay-je quelque Rival à craindre?
Non, de cela, dit-elle, il ne faut
pas vous plaindre;
Si l'air froid dontj'agis fait vostre
étonnement,
Je m'en vais vous conter sans
feindre,
Ce qui cause ce changement.
Tous mes Pareos) ne vous de
plaise,
Sont Gensquisont fortà leur aise.
Et les vostres, en vain vous en
feriez le fin,
N'ont pas unsemblabledessin
Il estvray que vous Ver, & ma:
chétive Abeille,
Nostrecondition se trouve asser
pareille.
Mais on ne compte point sur
cette égalité
Dam
Dans la plûpart des Mariages;
Et ce qui les fait chez les Sages,
Ce n'est que la réalité.
Ergo. Par mes Biens seulsestant
recommandable,
je dois faire choix d'un Party
Qui plus que vous me soit sortable.
Mes Parens à nos feux n'ont jamais
consenty.
Ainsi cherchez une Maîtresse
Quiveüille bien recevoir en
payement
Vos douceurs & vostre tendresse.
J'y renonce, & des ce moment
e laisse à vos desirs liberté toute
entiere
De se donner ailleurs carriere.
,Abeille dijjaroifl; le Ver au defèfioir
A tout ceUqucufi-ilpû dire?
Si vota de/irez lesçAvoir,
Ilefidans ce Rendent*, vous nUve
qu'à le lire.
Un tendre coeur fait tout mon
bien;
Et pour n'avoir que ce soûtier
Je feray toûjours miserable;
Cardas ce temps abominable
On regarde un Gueux comm
un Chien.
Des amitiez le seullien,
Argent,bel argent,c'est le tier
Et sans toy l'on envoye au
Diable
Un tendre coeur.
J'ay mon sort, chacun a le sier
Mais en est-il comme le mien?
En est il d'aussidéplorable?,
Non, nonje suisinconsolable,
Si l'Abeillecompte pour rien
Un tendre coeur.
Pendantqu'ainsinofire Ver ma-*
rttlifl,
VAbeillesans sienfiflcier,
PrendfoncjforjuifquefitrunMeu*
riery
Ousitostqu'ellesefutmtj'e,
Sesyeux d'un Ver. à-fioye attaquent
lafranchise.
Sur ces Arbrestoujours Ver-kfoyc
esterrant.)
Ce Verla voit,l'aborde,e dit enfin
langage,
Apres l'humblesalut que Abeille luy
rend;
A venir en ces lieux quel fujec
vousengage?
-
Vous n'y trouverez point de
Fleur,
Mais en récompense monc Viens'offrir à vostre pillage.
Pour vous il est sans aucun fie
Vous en pourriez faire du Mie
Belle Abeille,daignez le pren
dre.
1 NejlrcAbeillesansflm Attendre.
Aprèsun regarddesplusdoux,
- Luy dit, Tout-de-bon,m'aime
vous?
-
A peine encor m'avez-vous
veuë; * Et cependant, si vous quitf^z c
lieux,
RefondleVer, vostreabsence rr
tuë,
Je ne puis vivre éloigne de Vos
yeux.
Je ne sçaurois aulî-î sans défiance
Croire un amour si prompt, si
plein de violence,
lepartl'AbeilleauVer. Mais en cas
que demain
Vous ressentiez pareil martire,
Vous viendrez chez moy me
le dire,
Et vous n'y viendrez pas en
vain;
Adieu, beau Ver, je me retire.
JçfiandVAbeille ejfenJaMaijoït,
Ellefionge àfion avanture,
Etpar le Siecle d'or en foy-mefmc
ellejure
J^ucllefera très-prompteguérifin
De lablc(siure
Qiïaticroe~~urr du Vcr-a-fioyc (lnt Jf/aJ'i/tfis
doux appas,
Si L'A/lÍn""!porte (Ù pas
Le lendemain du coftêdelàRuche.
Qtioy, j'aimerois un gueux de
Verluisant,
Difoit-elle en riflÙhijfant?
Il faudroit queje fusseCruche
Viventmes nouvelles amours
Ah, quelle joye!
Je vais couler le reste de mes
jours
Et dans le miel,&dans la foyc
Elle pajja la nuit arayonner ainjyi
Et dés le grand matin elle neut de
foHcy
cf<.!!/ de demeurersursa Perte,
Croyant de momenten moment J/ii!faitquele bon ventyporté
Leleanrer,sonnouvel Amant.
en arriva d'autreforte,
Four elle ce(loit tempsperdu.
SOI) rcr-a-fjye c(toitdodu,
Et manhoitlancineut,Jmvy de l'équipage
S»*»Versemblablealuy mine a
son Mariage.
le Rendez-'vom estoit un Rendezvous
d'amour.
Maispou* faire unpareil voyage,
tupesant Vtr.à-foyeilfalloitplm
d'unjour.
Çhtdy qu'ilyla triste
défiinée
autourde la Ruche traînait
lepauvre Ytrluifant. Son ame abandonnée
4uplu* mortel chagrinsanscesse
examinait
Par où pouvoir adoucir VInhumaine.
lir lefeuilde la Ruche il lasurprit
lefoir.
iElle n'efioitpaslasans-doutepeur
le voir.
N'aurez-vous point pitié, luy
dit-il, de ma peine?
Je vous aime toûjours, & vous
ne m'aimez plus?
Ingrate,insensible,infidelle,
Que dites-vous d'une flâme
si belle?
el Messoûpirssi constans (eront-ÍI
superflus?
Enfin, tout-de-bon, dois- je
croire
Que contre moy vous soyez en
couroux,
Etquevous perdiez la mémoire
De toutce que l'Amour m'a fait
faire pour vous?
Vil Animal
,
Insecte teméraire,
Qu'avez-vousfait qu'en vous
trompanr,
RépondïAbeille,Jeque pouviezvous
faire?.
De quej'ay fait, dit le Ver en rampant?
e m'en vay vous l'apprendre,
Abeille trop légere.
J'ay fait, non sansde grands
travaux,
Pourvous cotermes doleances,
Mes foins, mes soucis, mes foufrances,
Tous les jours milleVers nouveaux.
J'ay fait cent & centMadrigaux
Sur la moindre de vos absences;
J'ay fait des Odes & des Sraces,
Chansons, Triolets, & Rondeaux.
J'ay fait pour vous desEpigrammes,
Et mesme quelques Anagram
mes,
Le tout d'un stile pur & net.
Et s'il eust esténécessaire,
J'avois telle ardeur de vousplaire
Quej'eusseestéjusqu'au SÕncl
De tout celaje vous tiens peu d
compte,
RefendïAbeille, &je mourrois
de honte,
Si j'avois de l'attachement
PourunAmant
Dontle plus solide mérite
Consiste en beauxdiscours;des
mes plus jeunes ans
On m'offusquoit de cet Encens.
J'aime aujourd'huy celuy de la
Marmite.
Flie rentre ensa Ruche, en dijan1 ce
beau mot.
AuJJl le Verluifant efloit-il un
grandfit,
D'oftrajpirera la.proye,
uefuivantlesreglesdu temps
Doitattraperleriche Ver-a-foye.
£>u'ilfiitdoncfage afisdépens,
Etfi contente d'une Mouche,
Qui n'aura comme luy, que l'esprit
&la bouche,
7pajjcra purlapourm Ver de bon
senSI.
f'aypretendu qu'en cette FAbtt,
your quelque Amant peut-jfre Histoire
veritable,
Etles Fillesy&lesGarçons,
Trouveroientde bonnes leconr.
Les nnes fttr l'obeïssance
Que rend/'Abeille aux droits de U
nttiffirJceJ
Profiteront en latifant;*
Et les autresJujets à Faveugle tendreffe,
JOuandils'voudrontcheifir une Mat
lrcffi,
Consulteront le Verluifant;
Ilsçaitdansl'amoureuse affaire
Comme ejlpuny le Tànéraire.
Il n'etf aucune entreprise
dont la France ne vienne au.
jourd'huy à bout; 8c quand
il s'agit de faire éclater la
gloire du Roy, la Mer luy
sert de Theatre ainsi que la
Terre. La fiere puissance des
Ottomans si formidable à
toutes les Nations, n'a point
encor faitployer la nostre, &
malgré tout son orgueil, elle
doit craindre plus que jamais
l'effet de la Prophétie qui
luy donne des alarmes depuis
si longtemps. Lors que
l'honneur & le repos de l'Europe;
ont voulu que Sa Majestésoit
entrée dans quel
-
que affaire, où ces superbes
Ennemis dunomChrestien
avoient quelque part, ils ne
s'en sont jamais tirez avantageusement.
Ils le voyent
dans ce quiestarrivé devant
l'Isle de Chio, & la Bataille
de S. Godard doit estre encor
présente à leur mémoire,
quand l'Allemagne ne s'er
veut pas souvenir. Tout leur
fait connoistre la grandeur
de nostre Monarque; & la
noble fermeté de MrdeGuilleragues
son Ambassadeur à
Constantinople, leur en est
un seûr garand. Jamais aucun
autre n'avoit repoussé
leurs menaces par des menaces
encor plus fieres, &ils
nes'estoient jamais adoucis
apres avoir menacé; mais ce
n'est que fous le Regne de
Lo ü i s LE GRAND que se
font les choses extraordinaires,
& qu'on s'accoûtume à
voirce qui navoit point en-
:or esté vû. Quoy que par
es nouvelles publiques vous
ayez appris quantité de circonstances
de l'Affaire de
Chio, qui depuis six mois
faittant de bruit en Europe,
vous n'avez point eu le détail
du Combat donnépar Mrdu
Quesne, ny de l'Audience
que Mr de Guilleragues eut
du Lieutenant du Grand
Visir avant qu'il fustapellé à
celle de ceMinistre.Ces deux
choses,& d'autres particularitez
que jadjoûteray diversifieront
assez ma Rélation,
pour vous la faire regarde
comme nouvelle. Voussça
vez d'ailleurs que quand i
arrive quelque grande as
faire qui fait ouvrir les yeux
sur la liiite3 j'attens toûjours
à vous en écrire qu'elle soit
entièrement consomée,afin
de vous épargner la peine de
chercher dans plusieurs Lettrès,
ce que jerenferme alors
enunseulArticle. |
Les Tripolins, Corfaircs
de Barbarie,qui moyennant
un Tribut qu'ils payent au
Grand Seigneur, vivent fu^
jets à leurs seules Loix, ayant
efusé de faire raison d'un
Vaisseau pris fous la Banniere
le France, & de plusieurs
Chrestiens retenus E sclaves,
Sa Majesté ordonna qu'on
es poursuivist en quelque
Port qu'ils se retiraient. Ain-
[1 le20.Juin, Mr le Marquis
d'Anfreville
, que Mx du
Quesne avoit détaché aux
Isles d'Hyeres pour reconduire
deux petits Bastimens,
pris à Modon depuis quelques
mois, ayant reconnu
six de leurs Vaisseaux dont
trois estoient de quarante
Pieces de Canon,& les trois
autres de vingt à vingt-qu
tre, aupres du Cap de S
pience, il se mit incontine
enétatde lescombatre. Il
eut trois de ces Bastimen
qui firétforce devoiles apr
une courte résistance. Le
trois autres s'obstinerent
soûtenir le combat pres c
trente heures. LeComman
dant n'eut que deux Hon
mes tuez & peu de bkfTe;
& un autre de ces Navire
environ dix ou douze Hoir
mes. Mrd'Anfrevilleenpe
dittrois, apres quoy les Tr
polins se retirerent dans iifl
le Chio pour se radouber.
Mrdu Quesne en ayant esté
verty ,
les y alla surprendre
ziy Juillet avec son Escadre
:om posée de septVaisseaux.
Aussitost qu'il eut mouillé à
embouchûre du Port, il
nvoya dire à FAga qui comnandoit
dans la Forteresse.
qu'il venoit là comme Amy;
que l'Empereur de France
H:oit ancien Allié de celuy
les Turcs; mais qu'il avoir
les ordres exprés d'exterminer
lesPyrates deTripoly,qui
par les termes des Capitulations
estoient appelez Sujets
rebelles, & abandonnez a
vangeancedel'Empereur
des François. LesTripolin
qui efloient en tres-gran
nombre, s'estoient rendu
les Maistres dans la Ville,
dans le Port. Ainsi quelqu
temps apres qu on eut jett
l'Ancre, Mr du Quesn
voyant qu'on ne luy sasso
aucune reponse, fit assem
blerle Conseil. On trouv
qu'on tâcheroitinutilemen
d'aller brûler les Vaisseau
desTripolins, àcause d'un
Estacade qu'ils avoientfaite
& qui empeschoit qu'on 11
piift les aborder. Il fut ré-
(olu à ce défaut, que les Navires
François les canonneroient.
Ce dessein s'exécuta
apres qu'on se fut posté environ
à demy portée de Canon
des Enncnlis, avec autant
de commodité qu'on le
pouvoit souhaiter par un tresbeau
temps. Mr du Quesne
ayant commencé à tirer sur
lesTripolins entre midy &
une heure, fut secondé de
la bonne forte par les cinq
autres Navires. Les Ennemis
qui (e radouboient,&
qui par cette raison ciraient
desarmez,tirerenttres-peu d
coups. On remarquamesm
que la plûpart de ceux qu
estoient dans leurs Vaisseaux
se jetterentà lanage, pour s
sauver dans laVille, où il
a deux Forts, l'un de trent
Pieces de Canon, & l'autre
devingt. Le Combat dur
trois heures & demie, pen
dant lesquelles il fut tiré du
Chasteau sur les Vaisseaux de
Mr du Quesne. On tira de
son costé jusques à sept mille
coups, dont il y en eu
fort peu de perdus, ceux qu
n'attrapoient point les Navires
Tripolins allant dans la
Ville, où ils faisoient encor
un plus grand dommage,
ant sur les Maisonsqu'ils
abatoient,que par les personnes
qui en estoient accablées,
Quelques Manoeuvres
furentremportez dans le VaiC
seaux de Mr du Quesne, qui
reçeut quatreoucinq coups
de Canon, dont l'un passa
dans l'entrée de sa Chambre.
Il y eut six Hommes tuez, &
louze ou quinze blessez
dans celuy de Mr d'Anfreville.
Mr de S. Amand ne
perditpersonne. M leChevalier
de RhodesLieutenan
& Mrle Chevalier Bellocic
Garde de la Marine, furer
blessez dans le Navire de M
de Lery.On perdit deu
Hommes dans celuy de M
de Seppeville, oùil y en et
cinq ou sixautres blessez. Le
lendemain la Ville envoy
demander composition,
plaignant de la disgrace qu
luy attiroient les Tripolir
qu'elle vouloit obliger à faire
la Paix, ou à sortir du Po
de Chio. On ne fit point ~d
réponse, & on moüilla seule
ment au large de la Ville, e
son
)rtc que les Corsaires resteent
bloquez.
L'lue de Chio, que les
Turcs appellent Saquezada,
est à dire, Isle du Mastic est
deux cens cinquante milles
e Constantinople, dans le
voisinage de la Natolie, & en
quatre-vingts dix de circuit.
Elles'étendduMidyauSepentrion
presque en ovale, &
'a que le Port Dauphin qui
~oit bon. Il est vers le Sepentrion,
à six milles de la
Ville.C'est avec raison que
ette Isle estappellée les Déces
de l'Archipel, & le Jardin
de la Grece, puis qu'il n'
a rien de plusagreablequ
lesForests d'Orangers & d
Citronniers, quel'on y voi
outre quantité de Maisons d
plaisance qui ne ressenter
en rien la Turquie, & qt
ont estébasties le long de l
Mer par lesGénois. Sonter
ritoire eil fort montueux
mais quoy que le haut de
collines soit sterile, les valée
sont cependant si fertiles
que les Habitans les em
ployent en Jardinages, qu
leur valent beaucoup plu
que du Bled, ou toute autre
:
chose qu'ils y femeroient.
Dans la Partie Septentrionale
il croist des Vins excelens,
quisont pourtant fort
couverts. Ilyaun lieuentr'-
autres,qui produit celuy que
es Anciens appelloient le
Vin d' Homere,à cause du
ieu où estoit né ce celébre
Poëre) qu'ils croyentavoir
esté dans un Village, nommé
à présent Cardamila. L'on
voit une chose assez singuliere
dans la Partie qui regarde
leMidy. Les Paisans y
nourrissent des Perdrix aussi
privément que des Poulets;
ôc comme ils les mener
tous les jours aux champs,il
les accoustument si bien a
zoup de siflet, que quo
quelles soient le plus sou
vent jusqu'à sixou sept mille
ensemble, elles distinguen
ce coup de siflet, & se sépa
rent pour suivre celuy quile
mene paistre. On trouv
dans la mesme Isle plusieur
petits Arbres qui ressem
blent au Lentisque, & qu
estant piquez en Juinô
Juillet, distilentune Gomrrn
blanche, qui fait le Masti
que nous voyons. Onabeau
piquer les Arbres des Iiles
voisines, il n'en sort aucune
chose, ce quifaiteonnoiftre
que cette vertu est particuicre
aux Arbres de celle-cy.
Les Turcs ont un tres- grand
oin de recueillir ce Mafbc,
qu'ils enferment dans des
:taiÍrcs quien peuventcon-
:enir deux cens livres. SiTon
en trouvoit chez quelqu'un
del'Isle, ce seroit assez pour
e ruiner. On en recueille
ordinairement deux cens cinquante
Quaisses tous les
Etez. Onen portecinquaneà
Constantinople pour l'ufage
du Serrail, &l'O.Q. vend
les autres au profit duGrand
Seigneur. LaVille de Chio est di
visée en Bourg, &en Chi
teau. Le Château estassis le
long du Port, & a enviror
quinze cens pas de circuit
Il n'a pour Fortification que
quatre petites Tours, dont la
Muraille est flanquée. Une
Fausse- braye, & un Fossé;
demy remply,environnent la
Muraille, & il y a un Eperor
du costé du Port, avec quel
ques petites Pieces de Ca
non. Les Maisonsy sont [crn
blables à celles de la Cofte.
Aussi les mesmes Génois les
ont-ils basties. Si les Turcs
n'eussent pas trouvéle Château
en cet état lors qu'ils
s'enrendirent Maistres,ils
a'eussent pas seulement son-
Dgea l'enfermer de Murailles,
tant ils se mettent peu en
peine de fortifier la plûpart
des lieux qu'ils prennent. Le
Bourg ell beaucoup plus
grand que le Chasteau
; mais
les Maisons & les Ruës n'y
sont pas si belles, parce qu'il
ne servoit que de Fauxbourg
lors que les Chrestienspossedoient
l'Isle. Elle apparte
noie à la Maison des Just
niens, qui l'avoient acheté
de la République de Génes
ôc ausquels le Grand Se
gneur l'osta en 1566. Le
Chrestiens y furent d'abor
traitez par les Turcs ave
assez de- douceur. On leu
conserva leurs Biens, & o
les laissa dans le Chasteau
mais les Galeres de Florence
que commandoit Virgini
Ursinio, ayant essayédel
surprendreen 1595. les Turc
repouserét vigoureusemen
les Florentins,& si rent mou
ir tous ceux qui n'eurent
as le loisir de se rembarlucr;
& parce qu'ils les crûentappellez
par les Chrêiens
decetteIsle,ils ne les
Duffrirent plus dans le Châeau,
& peu s'en salut qu'ils
e fissent des Mosquées de
eurs Eglises. La Religion
Chrestienne s'y efr pourtant
oûjours maintenuë depuis
ce temps-là avec plus de lierté,
qu'en aucun endroit
le la Turquie. Les Jésuites
ont un College, où ils enseignent
pu bliquement; &
esCapucins, Cordeliers, &
Jacobins, portant leur Hat
de Religieux,yfont les C
rémoniesde l'Eglise à port
ouvertes, & la Processic
dans les Ruës. Il y a pli
sieurs Convents de Religie
ses, chez qui on va causer
brement jusque dans leu
Chambres. Elles ne foi
point voeu de closture,
sont de Religion Grecqu
de l'O rdre de S. Basile.Tou
cettelile est remplie de bell
Femmes, & l'on en voit po
qui ne soient fort agreable
Leurcivitité,jointeaubona
du Païs, rend ce sejour tre:
lélicieux. C'est là que lesCoraires
d'Alger, de Tunis, &
le Tripoly,ont accoûtumé
le chercher retraite lors
qu'ils veulent espalmer
, ou
qu'ils sont chassez par des
Navires Chrestiens.
Le Combat donné par vir
du Quesne ayant causé à la
Porte un mouvement extraordinaire,
Mrde Guilleragues
ht dire aussitost qu'il
n'estoit
-
question que des
Tripolins; que l'Empereur
son Maistre avoit ckfleiri
d'entretenirl'amitié entre
l'un 6c l'autre Empire ; que
ses Vaisseaux n'avoient rie
fait contre les Capitulation
Que si on faisoitle moindr
tort à un François, ce sero
une declaration de guerre
dont les fuites ne pouvoien
estre que tres-dangereuses
& qu'il n'y avoit pas d'appa
rence que le Grand Seigneui
voulust rompre une ancienne
Paix pour soûtenir des Py
rates. Le Grand Visir fit af
sembler plusieurs fois le Con.
seilsur cetteAffaire. On dôna
des ordres pour augnlcnrcl
les Garnisons des Places, &
jamais pareille alarme n'avoi
gité tous les Esprits. Enfin
pres avoir employé toute
rte de moyens pour intilider
nostreAmbassadeur, il tappelle le 23.Aoust chez
Kiaïa, ou Lieutenant du
rand Visir, avec lequel il
ut une conférenced'une
surcôc demie. Le Kiaïaluy
t connoistrel'extréme core
où estoit le Grand Seineur,
pour l'entreprise de
MrduQuesne, Ô( apres l'aoir
traitée d'inoüye, ainsi
ue de teméraire,il luydit
uil luy donnoit avis en
my, qu'il seroit peut-estre
assez heureux, pour pouvo
racheter son sang
,
& celu
des François, par lemoye
d'une grande somme. Mr d
Guilleragues répondit, qu'
estoit en seûreté à Constan
tinople comme à Paris, parc
que l'Empereur des Turc
estoit juste,&celuy de Franc
tres-puissant; qu'on ne de
voit rien attendre de Lui
pour reparer les dommage
de Chio, & que c'estoit aux
seuls Tripolins à les payer
Il adjoûta d'un ton fierplusieurs
choses qui surpriren
le Kiaïa, & qu'assurémens
s Ministres de la Porte n'aoient
jamais entenduës. Il
y par la de tout ce que
Empereur son Maistre seoit
en ce Païs,si on l'irritoit,
finit en luy disant, que si
es François importunoient
Grand Seigneur ou le
Visir, il les remeneroit tous
n France, où l'on se passeoit
aisément de la Turquie,
,e Kiaïa le traita avec de
ort grandes honnestetez;
k apres l'avoir exhorté à
orendre d'autres résolutions,
l alla trouver le Grand Visir,
5cluy rendit compte de cet
entretien. Le Grand Vif
étonné d'une conduite
fiere,vit bien qu'il falloit
servir d'autres moyens. O
fie partir aussitost le Capita
Bassa, qui arriva à la Rad
de Chio le 4. Septembre
avec 33. Galeres du Gran
Seigneur. Il trouva Mr d
Quesque bloquant toûjour
lesTripolins dans le Por
Ils se firent l'un à l'autre
beaucoup de civilitez; &
contre l'attente du Premie
Ministre de la Porte qui avoi
crû qu'en voyant l'Armée
du Capitan Baffe? Mr du
Quesne confentiroit à quel- le accommodement gloieux
au Grand Seigneur, ce
lernier demeura ferme dans
i premiere résolution, ce
lui obligea le Bassa d'entrer
n negotiation avec luy pour
Affaire desTripolins. Peutant
quelle se traitoit, le
Grand Visir, qui dépefchoit
les Courriers incessamment
Chio) fut sur le point de
erdre la vie. La Sultane
Lyant remontréqu'il ne faL
oit pas lever unImpost qu'on
sve ordinairement lors que
e Grand Seigneur nlarchc-,
cet Impost apauvrissant trc
les Peuples, le Grand Se
gneur consentie à le reme
tre. Cependant il ne fut p;
si-tost éloigné, que leGran
Visir le fit lever, suivant
coûtume. La Sultane qui!
sçeut, en donna avis a
Grand Seigneur, qui fort
rite contre le Visir, alloit
faire étrangler, lors qu'u
Eunuque Favory de Sa Hai
tesse, s'ellantjettéàsespied
luy fit entendre que le Liei
i.iziM du GrandVisir avo
levé cet ïmpost sans en avo
receu l'ordre. Le visir ab
Tous, appella son Lieutenanr
;c luy ayant demandé pourquoy
il avoit levé cet Impost,
le fîtétrangler sans atendre t) a réponse. La Sultane qui
Litin(Imite de tout, dit qu'il
le suffisoit pas qu'il eust fait
périr un Innocent, ce qu'il
l'eltoit pluspossible de veru
ier, qu'il feroit encor des at:
Sires pour le Sopha qu'il ne
rouloit pas donner ,& qu'il
estoit cause du desordre de
Chio. Les divers Courriers
queje vous ay ditqu'ilyenvoyait,
luy ayant tous rapportéque
M du Quesne ne
s'étonnoitpoint, que savigilance
oftoit tout espoir aux
Tripolins de recevoir du secours,
& que s'il avoir befoir
de trente Galeres & de cin.
quanteVaisseaux pour pouC
fer l'Affaire à bout, le Roy
en avoit ordonné l'armement
, il crût la devoir accommoder
avec Mrde GuiL
leragues. Ainsi le 13. d'Octobre,
veille du Bairan, ou de
la Parque des Turcs, il envoyaun
Chaoux au Palais de
France, pour avertir cet Ainballadeur
qu' il l'attendait
dans rOll Serrail2 où il le
prioit de vou loir se rendre.
Mrde Guilleragues y estant
illé avec peu de fuite, fut rereu
à l'entrée de ce Serrail
par le Chefdes Chaoux, qui
e conduisit au premier Aparlement.
Lors qu'il fut dans
l'Antichambre, il y eut pluleurs
allées 3cvenues sur la
naniere dont il auroit l'Auiience.
On vouloir le faire
asseoir sur un Tabouret hors
du Sopha. Il le refusa toûcours,
& prit le party de parer
debout. On luy opposa
qu'il ne feroit pasléancqu'il
parlast sans estre assis, & que
l'Audience devant estre loi
gue, il en recevroit beaucou
d'incommodité. Il répondi
que ne s'a giffant que d'ur
Audience particulierc, il Pol
voit parler debout sans coi
séquence, si le Grand Vif
n'aimoic mieux qu'il demei
raft dans un Apartement se
paré,d'où les paroles [croic]
rapportées de part & d'auti
par les Interprétés.Apr
une longue contestation, c
le con duisit dans laChan
bre d'Audience. Le Gran
Visir y estant entré presqu
aufifitollfaliiaMrde Guilli
agues par une inclination
e teste, & monta sur le soha,
où uft Tabouret luy
voit esté préparé. Les
chaoux en présènterent un
utre au bas du Sopha à Mr
Ambassadeur
y mais il se
etourna fiérementvers eux
:n le repoussant du pied juslues
à deux fois, ce qui fut
rauseque le Grand Visir leur
ordonna de ne plus l'importer
sur une chose qui ne
luy estoit pas agreable. Il y
eut quelques difficultez sur
la fonction des Interprètes.
Si-tost qu'on les eutre glées,
le Visir prit la parole, & si
de fort grandes plaintes di
procédé de Mr du Quesne
Il dit qu'il avoit tiré liir1
Chasteau, abatu plusieur.
Maisons, & ruiné des Moi
quées que le Grand Sei
crneur en estoit fort en co
lere,& que l'unique moyel
qu'il avoit de l'appaiser.estos
de payer le dommage fai
par les François, estimé
750. Bources de cinq cen
Ecuschacune, c'etf à dire;
trois cens soixante-quinzi
mille Ecus. Mr de Guillera
gncs répondit, que les Vais
1 1
eaux de l'Empereur ion
Maistre n'avoient rien fait
lui pust choquer Sa Haueffe,
ny donner occasion de
uptureentre les deux Empereurs
; qu'ils navoient eu
d'autres ordres que de poursuivre
par tout les Tripolins,
Ennemis de la France, Pyrates,
& Rebelles de la Porte;
que si le Chasseau de Chio
ti'eu si pas tiré le premier sur
les Vaisseaux de Sa Majesté,
ils n'auroient jamais tiré contre
la Ville. Le Grand Visir
répliqua qu'ils devoient faire
leurs plaintes au Grand Scigneur,
qui leur en eust fait
justice ; & persistant toûjours
dans ses plaintes, il demanda
si l' Escadre des Vaisseaux
François resteroit encor long
temps à la Rade de Chio.
Mr de Guilleragues luy répondit,
qu'après queMrdu-
Quesne auroitterminé l'Affaire
des Tripolins, il viendroit
aux Dardanelles pour
le demander luy & tous les
François, &les ramener en
France, si on ne luy accordoit
rAudience sur le Sopha.
Que quat aux plaintes qu'on
luyfaitoic de ce qui sestoit
.ffé à Chio, les Tripolins
LIts estant cause du desore,
devoient aussi estre seuls
sponfablesdudommage,
pres que le Grand Visir
ut envoyé plusieurs fois
ndre compte au Grand Seineur
de tout ce qui se diit
dans l'Audience, & qu'il
n eut eu plusieurs réponses,
dit à Mr de Guilleragues
u'on luy donneroit trois
purs pour se retirer dans son
palais, à examiner avec les
larchands François, les
moyens de satisfaire le Grand
seigneur, & qu'il ofriroit ce
qu'il voudroit. Cet Ambassadeur
luy répondit, qu'on
luy faisoit une
proposition
fort inutile; quabsolument
il ne donneroit aucune chose;
qu'il le repétoit encor une fois, &que c'estoit là toute
la réponse qu'il avoit à faire.
Le Visir luy fit entendre qu'il
ne faisoit rien que par les
ordres exprés du Grand Seigneur;
que sa volonté estoit
qu'on luy fist payer les sept
cens cinquante Bources ; &
que s'il refusoit de s'y soûmettre,
il l'alloit faire mener
prisonnier aux Sept Tours.
Mr. de Guilleragues luy dit,
que la prison ne l'étonnoit
point, mais qu'il ne répondoit
pas de révenement, &:
qu'ille prioit de se souvenir
qu'il estoit Ambassadeur de
l'Empereur de France,Prince
assez puissant pour se vanger
de l'injure qui luy seroit faite,
si le droit des Gens estoit
violé dans sa personne. Il ne
dit rien davantage, & sortit
de l'Audience, pendant laquelle
l'Interprete du Visit
s'estant servy une fois du
terme de Roy, parlant de Sa
Majesté, Mr de Guilleragues
luy dit fiérement, qu'il devoit
avoir plus de respect pour 1
plus grand Prince de la Chrêtienté
,
& qu'il ne l'écoute
roit plus, si en quelque Lan
gue qu'il s'expliquait, il ou
blioit à le traiter d'Empereur
L'Interprete qui n'ignoroi
pas que ce Titre est deû au
Roy, à qui seul de tous le
Princes Chrestiens les Empereurs
Turcs ont accoûtu
me de le donner, employa CI
terme dans tout le reste de
l'Audience, qui dura pres de
trois heures. Les menace:
réïtérées plusieurs fois par le
Visir, avoient fait croire que
MrdeGuilleraguesn'ensortiroit
que pour aller aux Sept
Tours, s'il s'obilinoit à ne
vouloir point payer la lonime
quiluy estoit demandée. Cependant
il n'yen eut aucun
autre que de faire mettre son
Cheval dans les Ecuries du
Visir, & de mener cet
Ambassadeur dans la Chambre
du Chefdes Chaoux, qui
est proche du Divan où le
Grand Ecuyer de Cuisine
estoitchargé de luy envoyer
toutes sortes de Viandes à la
Turque, & les rafraîchissemens
qu'il souhaiteroit; mais ilrefusa ce qu'on luy offrir,
& se fit apporterde ion Palais
toutes les choses qui luy ef.
toient necessaires. Tout le
reste de ce jour, & le lendemain,
on continuaà le menacer
de le faire mettre dans
les Sept Tours, s'il ne donnoit
contentement à laPorte;
&: plusieurs Emissaires qu'on
luy envoya, firent leurs efforts
pour luy persuader d'éviter
par là l'indignation du
Grand Seigneur, luy représentant
que le refus qu'ilfaisoit
de le satisfaire, pouvoit
voir de fâcheuses suites;
nais tout ce qu'ils pûrent
lire, ne fut point capable de
ébranler. Il leur déclara de
a manière du monde la plus
intrépide, qu'il foufriroit
toutes choses, plutost que ète
cosentir à aucune propofiion
qui blessast l'honneur
le l'Empereur son Maistre;
& que tout ce qu'ilpouvoit
Dromettre, estoit un Présent
de Curiositez de France, selon
la coutume des Cours
d'Orient; mais qu'il feroit
ce Present au Grand Seigneur
en son nom kut",
non en celuy de son A
pereur.
Le16.sur les4. heures ap.
midy
,
le Grand Visir à c
Mrde Guilleragues avoit £
dire le jour précèdent qu'il
vouloit plus demeurer da
cette Chambre, luy'envoy
le Chef des Chaoux, & sc
Kiaïa, qui tuy apprirent qu
ce Ministre avoir obtenu qui
le Grand Seigneur se contenteroit
duPrésent qu'ila
voit offert de luy faire en son
nom seul, & qu'on luy dor
noit six mois pour cela. M.
de Guilleragues ne pût refu
ler ces conditions, puis qu'il
les avoit proposées luy-mes-
Lie. Lors qu'il les eut acce-
Itées, on le conduisit chez
se Visir à l'Aparrement du
iaïa) où il trouva le Chef
lesChaoux. Ces deux Offiiers
luy firent paroistre une
xtréme joye, de ce qu'on aoit
accommodé cette Afaire;
mais il déclara que si
celle desTripolins ne fè terninoit,
& qu'on diféraft à
uy accorder l'Audience sur
e Sopha, il ne s'engageoit à
Lucune chose. Ils l'assurerent
qu'ilauroitbientost tout lieu
d'estresatisfait; & son Cheval.,
que l'on avoit mis dan
les Ecuries du Grand Vrfiï
n'estant pas preil, le ch,
des Chaoux le pria avec beau
coup de civilité de prendr
le fien pour retourner au Pa
lais de France. Il l'accepta
& y retourna ce mesme jour
tout chargé de gloire pourla
fermetéaveclaquelleilavoi
soûtenuladignité de son Ca
ractere.
Tandis que le Grand Visi
faisoit agir son adresse pou
tirer quelque avantage de
l'Affaire de Chio, le Capital
alfa suivoit les instructions
[ue luy envoyoit la Porte,
c voyoit souvent Mr du
e[ne, avec lequel il conint
enfin d'un Traité de
>aix entre la France & les
ri ipolins, dont l'un & l'autre
igna les Articles. En voicy
es principaux.
I.
Tous les François embarqu
ant sur lesVaisseaux des Coraires
de Tripoly
, que sur ceux
pùfontfortis de Tripoly pendant
feront mis en lu 11D81. feror;t .mû Ii:
1erte.
IL
Le Vttifftau du Capitain
Cruvillier, prisfous la Bannier
de France
3 &qui est dans Il
Port de Chio, monte de feiQ
Pieces de Canon, fera rendu
aIvecsIesAgIrets., sesArmes,se; Eluipa
Le VaijjeautEurope, pri
fous la Bannière de Adajorque
& quise trouve aufjt dans h
mesme Port, demeurera en Jéposs
fous Vautorite du Capital
Baffa, avec ses Armes &se.
Agrets, jusquà ce quil ait efti
décidé s'il doitpasserpour Fran.
fois.
IV.
Les Vaisseaux de Tripoly ne
rront iijiter aucun Baftimtnt
Btiant fous la Bannière de
itnce ny toucher aux Ptr.
nés, aux Vitifftaux, ny aux
archandifes> pourteu qu'ils
nt Porteurs du Paffiport de
imiral de France.
V.
Tousles Etrangers quiJe troulontsur
les ViffiaHx Fran- jferont libres (gjr ajJurt'{. en
rs Ptrfonnesg en leurs
ns;commtuJFtOIli les FrAn-. i de quelque qualité qu'ils
?ntJ quisetrouveront enéar*
que,-, sur des Vaiffiaux porta,
Banniere Etrangère, quoy qui
ftfjpnt EnnemtS.
VI.
!Les Prises FrançofiesquiJ
rontfaites par les Ennemis
y
?
pourront epre vendues, ny l
EfcUvesjdans aucun des Por
du Royaume de Tripolj.
VII.
Ilfera étably un Consul Fra;
çois a Tripoly.
VIII.
Aucune Prise ne pourra esi
faite sur les Cosses de Franc
qu'à la diftanre de dix milles t
Aier.
Ces Articlesn'eurent pas
ûtost esté signez, que le
apitan Bassa les envoya à
Constantinople, pour estre
Ltifiez par le Grand Scineur.
Cette ratifications'esf
lite, & en conséquence de
s Traité, le Vaisseau du Caitaine
Cruvilliera esté remis
ntre les mains de Mr du
eG1e) avec sesCanons, ses
nlles) ses A grets,sesEquiages,
& cent soixante EslavesChrestiens.
Onasceu
lue pendant que ces Coraires
ont esté bloquez par
Mrdu Quesne. ils en avoient
soustrait quelques-uns, &
Capitan Bassaluy a pron
defairerendretous ceul q
reviendront pour s'emba
quer sur leursVaisseaux,
qu'on menera à Tripoly p
quelque autrevoye.Apr
que l'on eut restituéce N
vire, & délivré les Esclave
le Capitan Bassa fit prier >
du Quesne de vouloir se r
- tirer, parce qu'illuyesto
ordonné de ne point sort
du Port de Chio qu'il n'e
fustparty, & qu'ilestoit dat
un grand besoin de vivres.
yavoit dans ce Port huit Va
aux des Tripolins, dont on
L'a pu en faire forcir que
rois, les autres estant déntiot
ntierement d'Equipage, &
es Canonades les ay ant exraordinairement
endommarez.
Ces trois Vaisseaux (onc
llez se munir de vivres en
Candie, pour passer de là à
Tripoly, où ils menent M1
le la Magdeleine, qui va y
aire les fonctions de Consul
le la Nation Françoise.
Pendant que Mr de Guileragues
soûtient l'honeur de
aFranceavecautant de ferneté
que d'éclat, & quil
s'obstine à ne vouloir ri
donner au Grand Seigne
, *de la part du Roy, la Co
de Vienne fait partir le Cor
te Albert de Caprara po
Constantinople, où il va po
-.ter pour plus d'un million
Présens. Ilyaoutrel'arge
comptant quidoitservirpo
les dons secrets, seize Ho
loges de diférentes façon
des Cabinets, des Miroi
des Cassoletes, desChand
liers, des Soucou pes, d
Tasses, des Bassins, 8c d
Vases de toutes manière
Les Présens destinez pour
Hautesse, & pour lesSultanessont
fort enrichis de Dianans.
Le tempsnous ferafçavoir
ce que produira cette
Ambassade.
Rien n'estplus digne de
suivre un Article si glorieux à
laFrance, que les Paroles de
l'Air nouveau que je vous envoye.
TouteestdeMrdeBassilly,
qui les a faites à l'honneur
du Roy. Cest ce qui
luy arrive presque toûjours
de composer l'un & l'autre
ensemble. Il promet encor
un Livre d'Airs qui fera
gravé pour le mois de
Mars, & qui fera cor
noistre au Public qu'ila toû
jours le mesme génie pour l
Chant, pour les Paroles, &
pour les seconds Couplets en
diminution. Ce Livre fera in
tirulé, Second Mélange. Au
cun des Airs qu'on y trou
vera n'a encor paru, & le:
Connoisseurs à quiilabier
voulu les faire entendre, assûrent
qu'il n'a jamais rien
fait de si beau. Il elt également
fécond pour les Airs
Sérieux, pour les Spirituels,
pour les Bachiques, & les
Chansonnetes. Son Livre de
l'Art de Chanter est dans une
fiÍ111e genérale. Aussi le
lait.on cité en divers endroits
dans celuy que le Pere
Menestrieramisau jour, Des
Représentations en Musique. Il
a rendu justice par là à Mr de
Bassilly, quoy qu'il ne luy
soit connu que par son Ouvrage.
AIR NOUVEAU. G
Rjnd Roy, quel bonheur cff
lemjlre,
r.J'eFfre nez dans un temps ou de nos
propre jeux
Nomvoyons cc que nos Jycux
-N'ontjttmaúvû danspasunautn
Nom devonsplaindre ceux qui via,
drontaprèsnom.
Ils n'apprendrontqueparl'Hijlol
,
Vosexploits dont les Dieux mejmes
feroientjdonxi
Et ce qu'ils apprendront} ils ne le
pourront croire.
Il vous sera plus aisé, Ma
dame, de ne pas manquerd
foy pour ce que j'ay à vou
dire d'une Personne de vostr
Sexe, puis que les Dame
ont naturellementl'espri
vif & délicat, & qu'il ne leu
manque à la plûpart,pourac
querir les plus belles connois
sances,que la volontéde s'ap
pliquer
pilL|UCL.V^LiiC dont )ay a
vous faire connoiltre le mérite
estde Carpentras, & s'appelle
Madame de Roque
Montroufe. Elleaesté élevée
par un Pere qui n'ayant
qu'elle d'Enfans, & estant
un des plus riches Gentilshommes
de la Province
,
n'a
rien épargné pour luy faire
apprendre les Sciences les
plus relevées. Ainsi elle possede
admirablement la Philosophie
de Descartes, la
Geométrie; &la Sphere, &
quand elle veut se divertir à
faire des Vers Latins, peu de
Personnes entreprendroien
de la surpasser.Vos Amies m
pardonneront, si je vous sa
part d'une Epigramme de
façon en cette Langue. Elle
ne perdront rien de la per
sée,vous ayant pourIntei
prete. Mr son Mary estan
allé à une Maison de Camp;
gne à un quart de lieuë de
Ville, où quelqu'un de se
Amisl'avoit prié de venir pa
fer le jour desRoy,elle fit ce
quatre Vers qu'on luy port
de sa part le lendemain.
Esmihiperfomnumviftadiadcmai
cintttu,
Regales legesprojicicns populo.
(I ubi contigerat cam jomno vifx
perire,
0 utinam^dixi^fomnia veraforert.
Madame de Roque ne fait
15 moins bien des Vers
ançois, & ccue qui suivent
n sont une preuve.
RADUCTION DE LA
XXIII. Ode du premier Livre
d'Horace, qui commence par
VitdshinnuUo^
BElle chLoé, mon aimable Bcrgerc,
D-vJ U vIentque uouf m)'é1vitez.
wblablc au Fan qui va chercher
sa Mere
ParmydesMonts écaruz,?
Pourpeu que les Zéphirs farleurs
douces haleines
Dans nos fombrcs Forejls fajfcnt
bruire les chifnes,
Ou bien qu'en la bellefaifin
Vn Lézard agité un Buisson,
Ce Fan tremble, &finfangsi gl
dansfis veines.
Cependant loin d'avoir le barbai
dejfcin
De courir apres vom comme un Ti
inhumain,
Ou tel qu'unLyonen colere
.!<!Ji veutvousdéchirerlefein^
Jesingea vousdonntr un confiil
Ja'lutaire.
Puis que vosyeuxfontfaitspeur A
ci4 mer,
tgjie vflrejeltne coeur est en lige
d'aimer,
Ce/flz desuivre vostre Mcrc.
Mr Tronçon, Conseiller
le la Grand'Chambre est
mort depuis quinze jours,
gé de soixante & quatre ans,
près une demy-heure de maadie.
On luy a trouvé deux
Pintes d'eau dans la poitrine.
Sa probité l'a fait regreter de
ous ceux qui l'ont connu. Il
estoit bonJuge, tres-intelligent,
& n'ignoroit rien de
"Outce qu'un Homme de sa
Drofession doit sçavoir. Mr
on PereavoitestéConseiller
enlaGrand'Chambre,Secretaire
du Cabinet, &Intendant
des Finances fous le
Regne de Loüis XIII. La
confiance que Sa Majesté
avoit en luy, donna quelque
ombrage à ceux qui se mesloientalors
des Affaires. Ils
suposerent pour obtenir son
éloignement, qu'il vouloit
mettre de la division entre
le Roy & la Reyne. Il fut
banny de LICOl;f fousce prétexte,
& rappelléseulement
apres la mort de ses Ennemis.
Il joüit peu de cet avantage,
n'ayant vécu que trois jours
apres son retour. Il avoit
épouséClaude de See, Soeur
le feu Mr de Seve, Conseilier
au Conseil Royal des Finances,
Pere de Mr le Prenier
Président de Mets, &
le Mr l'Evesque d'Arras.
L'Ayeul de Mr Tronçon,
est mort Maistre des Requestes.
Ilépousa Marie de
Etoile, Petite-Fille de Mr
e Montholon, Garde des
ceaux de France. Ce fut luy
qui porta la parole au Duc
u Maineau nom des Notales
de Paris, pour le presser
e faire la Paix avec Henry
IV. & sur ce que luy dit ce
Duc quiluy parloit sans aveu,
il luy montra la Déliberation
des Notables qu'il tenoit cachée
sur sa chemise. Le Duc
du Mayne luy promit de
faireassembler les Etats, afin
derésoudre sur la priere qui
luy estoit faite.
Son Bisayeul, marié avec
Jeanne du Pré, Fille de Jean
du Pré, Seigneur de Cossigny,
est mort Doyen du Parlement
de Paris. Il fut Prevoit
des Marchands pendant
les Guerres de François I. &
deCharles-Quint. Safidélité
e fit continuer dans la mesne
Charge, ce qu'on croit
lui n'avoit jamais esté fait
)our aucun autre avant luy.
.1 estoit encor Prevost des
Marchands lors que Charles-
Quint passa à Paris, & ce fut
uy qui eut l'avantage de le
recevoir.
SonTrifayeul,à qui Jeanne
de MirebeufapportalaTerre
du Coudray, fut le premier
de cette Famille qui s'établit
à Paris. Ils firent bastir la
Chapelle qui elt derriere le
Choeur de Saint Germain
Lauxcrrois, pour servir de
Sepulture à leurs Descen
dans. Je vous ay parlé d'abord
de la probité de Mr
Tronçon. Pour vous faire
voir avec quelle exactitude
& quel des-intéressement i
rendoit justice à tout le monde,
je n'ay qu'à vous faire
part d'une action qu'on ne
peutassez loüer. Son Secretaire
ayant reçeu de l'argent
pour soustraire une Piece
d'un Procès dont il estoit
Rapporteur, ceux qui l'avoient
corrompu gagnerent
leurCause. Les Perdansvinrent
se plaindre à Mr Tronçon
& le convainquirent de
ce qui avoit esté fait en faveur
de leurs Parties. Il chassa
on Secretaire,& pour réparer
la perte que sa mauvaise y leur avoitcausée
,
il leur
dôna huit à neufmille francs
de son propre argent. Ilavoit
esté reçeu Conseiller en 1644.
& estoit l'aîné de quatorze
Ensans; son Pere, cadet de
neuf; son Ayeul,cadet de
dix-huit; & son Bisayeul, cadet
de quatre. Cependant de
toute cette nombreuse Famille,
il ne reste plus aujourd'huy
que trois de Messieurs
sesFreres. L'un estSupérieur
du Séminaire de S. Sulpice
L. second passe sa vie dans le
mesme Séminaire; & le troi
sieme, qui est le seul qu
soit demeuré au nlonde).
elleemployé en plusieurs
affaires tresimportantes, &
envoyé par le Roy vers la plû
part des Princes de l'Europe
Madame Tronçon, Veuve
de celuy dont je vous apprens
la mort, est Fille deM
de Beaussay, Auditeur en li
Chambre des* Compres.C'est
une Dame d'un mérite fin.
gulier, & d'une vertu genéralement
reconnuë.
MrDoujat, Conseilleren
la Seconde des Enquestes,
reçeu à cette Charge le 30.
Aoust 1647. est monté à la
Grand'Chambre en la place
de Mr Tronçon. Ilest Fils de
feu Mr Doujat, mort depuis
quinze ans Conseiller dans la
mesme Chambre Quoy qu'il
se soit particulierement appliqué
à la connoissance de
ce quiregarde les affaires, les
belles Lettres ne luy sont pas
inconnuës, & il leur donne
tous les momens qu'il peut
dérober à ses necessairesoccupations.
Mrde Nyert,Premier Vale
de Chambre de Sa Majesté
est mort dans le même temp
que Mr Tronçon. Il estoit
âgé de quatre-vingt sept ans
& avoit servysous Loüis
XIII. qui l'honorait d'une
bienveillance particuliere. I
s'estoitretiré de la Cour il y
a déja plusieurs années, non
seulement à cause de ion
grand âge, mais parce que
M de Nyert son Fils receu
en survivance,estoit tres-capable
de remplir le devoir
de cette Charge. On peut
dire de ce Fils qu'il iert le
Roy selon son gré, & s'est
beaucoup dire.
Nous avons aussi perdu
Messire Merry de Vic, Come
deFienne, Seigneur d'Ernenouville.
Il estoit Fils de
Mrde Vic, Garde des Sceaux
le France, Frere de Mrde
Vic, qui est mort Archevesque
d'Aufch, & Neveu de
Mr de Vic Gouverneur de
Calais, & Vice-Admiral de
France. De Vie porte, de
gueules à deux Bras&Mains
lextres jointes ensemble,
nouvantes de deux flancs,
& posée en face, le tout d'argent;&
enchefun~Ecuffc
d'azur, chargé d'une Fleu
de-Lys d'or, & d'une Bo
dure de mesme.
Vous aurez appris il y
longtemps, la mort du R. ]
Jean Eudes, l'un des plus CI
lebres Millionnaires qu'~c
ait eus depuislongtemps,
dont l'Eglise ait receu de pli
utiles services. Il a travail
sans aucun relâche ~pendai
plus de soixante ans à pre
cher, cathechiser,inftruir
& faire des Millions) au
quelles il s'est quelquefo
trouvé pour un seul Sermo
¡fqu'à quarante mille per-
~nnes. Il a étably plus de
nquante ou soixante Mai-
~)ns de Séminaire en Nor-
1111 die & ailleurs, & a fait
e tres-grands fruits à l'égard.
es Prétendus Réformez. Je
e parle point d'un fort
rand nombre de Monaste-
~?s de Filles, dont il estoit
~irecreur, ôc auiquelles il a
~lit de tres-grands biens. Mr
Evesque de Bayeux, à qui
~is Personnes de pieté ont
~ftétoûjours récommanda-
»
les,voulant rendre honneur
la memoire de ce grand
Missionnaire
,
luy fit faire
mois parte un Service d
plus solemnels dans l'Egli
de Nostre-Dame de Caë
Quelque grande qu'elle fo:
ellese trouva trop petite ~p01
contenir ceux que l'env
d'entendre l'Eloge de cet ~j
lustreDéfunt attira en foi
le. LaMesse futcélébrée ~p;
Mr de Longaunay
,
Gran
Doyen de Bayeux, Homin
d'autant de mérite que d
naissance. Elle ne fut pas si
tost achevée,que Mr. Jollair
Chanoine de la Cathédral
de Bayeux,monta en Chaire
eut un beau champ de
Lire paroistre son éloquent
e ordinaire. Aussi fut-il admiré
dans son OraisonFunere.
C'estoit proprement le
Panégyrique de la Vertu. Le
ere Eudes qui l'a si parfaimentpratiquée
pendant sa
~ie, estoit Frere de Mr de
Mezeray, à qui nous devons
Histoire de France.
On m'a fait voir le commencement
d'un petit Trai-
~)qui peutestre utile à beauoup
de Gens. Vous encontiendrez
quand je vous diay
qu'il a pour titre, l'Art cki
se taire. Ilestdiviséen pet
Chapitres, dont je vous e
voye les trois premiers.Je
vous puis dire qui en ~(
l'Autheur. Si j'en juge p
le stile, il est de la mefn
Plume que les Conseils ~doj
nez à Iris.
L'ART
DESE TAIRE.
CHAPITRE I.
Combienl'Art de se taire est au
dessus de celuy del'Eloquence.
[ L efl surprenant qu'on ait
donné tant de revles aux
Hommesyp»Hrne leurapprendre
quaparler, e qu'on ne leur n
d 1 ait donné aucunes pour leur apprendre
a Jetaire. Cepend tnt
ily a bien plus d'art à ttn qua
l'autre,& Ion a beaucoupmoin
desecours de la Nature;) pourf
taire3 que pourparler. Combien
de Gensnaissentgrands Parleur
ou grands Orateurs,sivousuou
lezj & combien peu naijfen
avec les talens de neparler point
On afait un Artde parler beau
coupsurpeu de chof &il en sa.
loitfaire un de parlerpeusur bhi
du choses.Que la Rhétorique m
nous njante pointtantfisfigures
Une Personneignorante, pour.
njeu qu'elle fait pajjtonnee, v,
faire honte a Cicéron. Il efl ra
quelle neffaura pas le nom de.
figures quelle aura employées, (è)
qe Cicéron le(çaura. Voila tout
avantagequ'auraCiceron sur
le,, pouravoirétudiéla Rbétoque.
Aiaïs l'Art de Je taire efl
en autre cboje. Ce n'est point ipajJian qui ienseigne. Ce riefl
4e la raisons(gjrIonsçaitaffe%
mbien les leçons de l'unefont
lus difficiles a future que celles
l'autre.Un Homme quiJe
tiss; raisonne;&bien souvent
v Homme qui parle, ne raisonne
uére. Voyrz les Femmes. Elles
mt naturellement éloquentes.
tussi ne se fie-t-on pas tropà
urs raisonnemens.Jay trouvé
n nombreprodigieuxd'Orateurs
en lijanttHijloiretantancienr,
quemoderne. On ne voit qu
Gens qui parloient beaucoup3 £
qui mejme parloient bien; ma
je riaytrouvé quunHTVoomwm~~e qt
ait merité le glorieux nom c
Taciturne. Tout le monde ton
bera d'accord qu'il l'a bien Jou
tenu. Il a esié le ChefJ'une di
plus grandes Affaires qui ayey
peut-estreeslèjamaisfaites. Ce
GuillaumePrince d'Orange,
plus considérable de ces illujlr
Gueux qui ontformé la Rép
blique des ProvincesUnies. L
Cardinalde Grannje\le3 ;CeléPa
tifan de Efjwgne,sçavoit bie
que vaioit le jiLcnce de cet
tomme, lài car quand on luy
rnt apprendre que les Comtes
Egmontr& de Horll estoient
refleildemandasi l'onavoit
'Ú aujJi le Taciturne. Comme
x
luy repondit que non; Ah1
t-il, on ne tient donc encor
en. Comparez à Guillaume
Orange ces beaux Parleurs
'icéron e Vemofthéne &
ous <verre% qu'avec toute leur
hetorique ils ne Jefont pas tant
it craindre de leurs Ennemis,
s ont tous deux finy leur vie
fez malheurrufiment) pour
voirtrop Parle.,C, je croy que
par leurs dernières parolesils détejlerent
tontes les autres. Ne
fut-ce pas une admirable entrcpnfj
que celle que tout un Peuple
jii de ne parler guèret J'entens
le Peuple de Lcicédemone, qui
danssonflileferré a dit millefois
plus de bons mots que le Peuple
d'Athènes quiparloit tant.Que
Philippe Roy de Macédoine en-
VJj/alf demander aux Lacédemoniens
ltepassàge par l7eurs 'T-yer-
I*cs , i fès, ilIss r1époonnddooiieennt taallaa lolonnuguuee
HaranguedeJon Ambassadeur,
Non, (èfce Non lesfatfoitplus
craindre que toutce quauroient
débité les Orateurs Athénienssur
tte matiere. Tâchons donc aremuer
cet Art dese taire, que
m sçavoitfibien à Sparte. C'est
ie des plus belles cbojes de lAnyûte,
quisejl entièrementpertë
j & a laquelle on n'a pournt
point de regret, qurry qu'on
itfortfâchéde la perte de beauup
de Secrets anciens qui ne
dotentpas eeluj-la. Mais lors
e fentreprens deguérir ceux qui
it la maladie de trop parler, il
présente une sigrande foule de
dalades, quilfaut ncceffiireent
lesséparer par petites Trou-
's, pourdire à chacune
ce qui luy
nvient. Mous en ferons une
des Femmes, une des Confidens,
une des Amans
3 une des Autheurs3
une des Nouvellijles, une
des Plaideurs, une des Donneurs
de conseilsy g) une des Marjs,
Peut-eflre'viendra -t- il encor
quelques Gens à qui nous ne nous
attendons pas préftntement.) qui
auront besoin qu'on leur donne
quelque petite Recepte pour leur
mal.
CHAPITRE II.
De l'Arc de se caire pour
v les Femmes. Oicy un terrible Chapitre,
&je croy que desle Titre
mesme bien des Gens s'en moqleuseront.
LArtde se taire pour
Femmes, c'cft comme qui divoitVArt
de ne mourir jamais.
Cependant voyons si au hasard
des plaisanteries quon en pourra
faire, nous ne gagnerions point
quelque chose sur les grandes
Parleuses. Premierement, ceferoit
beaucoup, si dans la conversation
on pouvoit obtenir quelles
ne parlaffintpoint toutes ensemble.
J'admirelafacilitéq:ielles
ont a se parler toujours les un'
aux autresysans sentrécouter j;.t
mais. Il fvut avoir l espritmer-
-jeilleufementnjif3 pourrepondre
à ce qu'on n'a point entendu. Si
quelqu'une je taifl par hasard
pour attendre qu'une autre ait
achevédeparler, vous luy1Jez
Iairinquiet &diflrait,& vous
lrcZ danssesyeux l'impatience
quelle a de reprendre laparole.
Il y en a qu'on 'Voit qui s'ennuyent
cruellement pendant le
moment qu'ellespaffenta écouter.
Aussi quand elles se font unefois
reffxifes du droit deparlerj c'est
un privilège dont ellesfontvaloir
admirablement les avantages.
J'avoue que celles-là font hors
d'état de guérir; mais les autres <..: eri I«
ne devraient-elles pas du moins
pour leurinterest cornmun, convenir
de ne parler que -les unes
après les autres?Pouî-q,,,,,oli pardonnent-
elles si aifiémcnt qu'on
ne les écouté point; & si elles
'Veu1lent ecsrtreélcoutées>queneJ/-
coûtent-elles? Eft-ce quelles ne
parlent que pourJe décharger la
langue de quelque humeur mordicante
&.'-..rcqui les incommode
? Seciflfment,
ce proit
enéor un grdttin(,si ellesven- * loientbicn ne
repéterquel: ¡:;chl.'-
qu'ilsi pourvoit. Qujune Femme
, si" f' l' aitesîéjrapée vivementde (':t:'l-
'T L
1
que CiJojè j 'r J par exemple de cntzlque
Habitmal-entendu. c" o:/i! )1. luy viennedo;t%eviji.es ufne
-." IW' .V"F\ "')U_- 'r..
après l'autre,voila do!ze defèriptions
de cet Habit, tentes également
éloquentes çjr animées.
J"en ay veu qui.sortoientexprès
de c/?CZ elles pour aller répandre
par toutes les Maisons de leur
cjixoifjance un Récit qui leur
pliijoit. Hcveux Ceux qui leur
L j , I/P 1 l. HI
1 , i!l' r; - Cfei-ot-1
perrm de toucher acetteJource
inépuisablede cê^vcfdtions intttiles
parmy les Femmes;atoutes
cesmenues nouvelles de Jupes que
les unesveulentavoir;des Points
que les autres ont acheter> Hê)
de mille autres chosesai:JJî conjtdérablet
? Si tout celaejloitreinché
de leurs entretiens3 elles
roientbienréduites à avoirpins
efyrit quelles n'en ont d'orditire
j ou a garder,un silence qui
iroit bien plus d'aird'eff>ritque
tteprodiggiieuse iinntteemmppéerraannccee de
trier pir ces Jortes de sujets.
dais quoj? Veut-on quelles
'nIent le talent quelles ont de
trcoimr en un moment les Gens
U» la teste. jujquauxpieds;
?
deviner le prix de tout ce qules
leur njoyent, de retenir le
ombre ù la qualité de tous les
labits qui ontjamais ejléporte
ms une Ville
)
depenétrer dans
KIS Icsjlcretsdeménage quel'on
jeut avoirJurcette mdt.ere-l
Enventé ces raisons me par;/]t
sifortes> que faime mieux ;
taire moy-mesme, que de leur
donner inutilement des leçons.
CHAPITRE III.
De l'Art de se taire pOlr
les Confidens.
JE croy qu'il vaudroit bi
mieux apprendre aux Ge
l'.Art de ne point dire leurs J
crets.) que d'apprendre à ceux
qui on en confie, l'Art de les tan
mais comme on est qxelqvef
prejpdese décharger le coeur
>
~Ht avoirpitié de ceux quiparit3
e enseignerà leurs Con-
~ens à neparler point. La rai-
~i
la plus générale qu'ils ayent
~Yr autoriser leur indiscretion
fl que si les Personnes intéref-
~'s riontpugarderleurs propres
rets} ce n'estpasgrande mer-
~iUe
,
si eux qui n'y ont pas le
fne intérest,ils se trouvent
~cor moins en pouvoir de les
~:rder. Mais
, ne leur en dé-
~tifej cette raisson n'estpas bon-
; car sijeconfie mon secret,
flquil faut que je me soulage
le confiant;quec'est une chose
nt jeJuis siplein, quellemechape)
quenfin il faut quej
parle.Mais celuy a qui je
confie rien est pas si incomrn
que je l'estois. Il reçoit a
tranquilité ce que je luy dis
plus fiouvent avec beaucoup
mouvement Ü d'agitation.
je mefuis trahy, ça esiepar t
Je chaleur; s'il me trahit, c
deifang-firoid. Mais quelle oi
ggaattiioonnaavvoonnss--nnoouuss aaUuXx Gens
Jecfctsquilsnousconfient, pa
lqau'ils ne lespeuvent garder?
vérité, on ne leur en a 1
beaucoup; maissi on ne leur
fidelle par reconnoissance.ilsi
dIt moins l'eflre parpitié.Cefit
pauvres Gens qui n'ont pu
vpefcber de parler) & qui
bien a plaindre. Que fia-
\s-noiis? Il nous enpeut arriautant.
Je dis lien plus.
te legeretémefine avec lFalie
on nous a dit des sècrets,
me raison pour nous les faire
'ux garder, car nous n'aurons
tropdthonneur à nousvanter
la confiance qu'on a eué' en
S. Onpeut donc découvrir un
vf quand il est tel quon s'en
(se faire bonneurf Non,cela,
vapassivisse.J3avouequon
beaucoup de peine à je tairet
tndla confidenee qu'on a refuëpâte
noflre vanité. On a
chaque moment ces jecrets-lasi
le bout de la langue. Si nous t
dijons pas ce que nousfeu>v.
nousvoulons du moinsquonfça
che que nous le ffa-vons. Nou
prenons je-ne-fçay-combien a
maniérésd'une discretion indij
crete. Un petittour djeux;, u.
airdefe taire, un rien, nousJauv
une partie dç l'honneur que nou
; *nevoulonspasperdre; erc'ej
peutejlre pourquoy ce Sage à qu
un Roy demandoit ce qu'il vou
loitqu'il luydennajl3 répondit
Donne-moy tout ce que ~ti
voudras, pourveu que ce ~n<
las taconhdence. Appaent,
toutfate qu'il estoit,
ûgnoit d'en tirer trop de
'y t0 de ne s'en taire pas.
ridant si l'on veut consulter
nité mesme,onneperd rien
n cacher les secrets dont on
pofitaire. Le temps Le nviieenntt
futJe découvre,& qu'on a
fois plus d'honneur à eflre
nu pour Confident fidelle,
ri auparavant on eufl eslè
( feulementp'ourConfident.
Vle Comte de laMothedancourt,
digne Neveu
Maréchal de ce nom, a
esté gratifié de la Charge
Premier Sous Lieutenantc
Chevaux-Legers de la Gar
de Sa Majelté
, en confie
ration de iès services. Ilyf
reçeu à Chaftou le neufvj
me de ce mois, par Mr
Duc de Chévreuse, & prel
le Serment de fidélité cnt
les mains de Mrle Maréch
de Créguy, à lateste de
Brigade des Chevaux-L
gers.
Le Roya nommé Mr
Baron de Breteüil, Ledtei
ordinaire de sa Chambrer
Envoyé Extraordinaire au
es de Mr le Duc de Man-
~iie. Ainsi il va remplir la
ace de MÍl'AbbéMorc:I,qui
résidoitenlamêmequalité.
vousay parlé plusieurs fois
:
MrdeBreteüille Pere, &
: toute sa Famille. Ilestimossible
que l'on ne parle
uvent de ceux qui fervent
Royen divers Emplois, &
ù le fervent d'une maniere
greable. On ne peut douter
ue Mrle Baron de Breteüil
e s'aquite dignement de
luy que Sa Majesté luy
ent de donner. Iladel'es- itInhnÎlnent1 mais decet
esprit aisé, & qui plast pi
tout, ôcsa Personne ~foûtiei
noblement cetavantage.- MrdeBasville,Maistre ~d<
Requestes. Fils de.feu Mr1
, Premier Président ~deLama
gnon, & Frere de MfIrA
vocat General qui porte c
nom, a eu l'Intendance d
Poitou. L'exactitude qu'il
toujours fait paroistre dan
les fonctions de sa Charge
jointe au sincere raport ~qu'j
fit au Roy de l'Affaire de
Remparts, & qui obligea S
Majesté à prononcer ~contr
Elle-mesme, fait assez con
~oifire ce qu'on doit atten-
~re de sa probité, dans cette
~rande & importanteCom-
~lififon.Cest une vertu si
3i"t attachée a ceux de cette
Famille, qu'elle y peut passer,
~infi que l'esprit, pour heré-
~iltaire. Ce que je vous ay
iit dans cinq ou six de mes
ettres des soins de Mr de
Marillac, pour tout ce qui a
egardé la Conversion des
Religionnaires de Poitou, ne
~ous peutavoirlaisse ignorer,
lU'il estoit Intendant de
:etre Province. Les services
[uil y a rendus à Sa Maiesté,.
l'ont tellement faristàite,que
pour l'en récom penser, Elle
a permis que M'de Marillac
fan Pere le démift en sa faveur
de sa Charge de'Conseiller
d'Etat. Je vous ay (J
souvent parlé de cette Mai-
[on, que la crainte de répéter
m'empesche aujourd'huy de
vous en rien dire.
Le Carnaval s'estpassé icy
avec des marques d'une joye
si genérale, qu'on a connu aisément
qu'elle estoit l'effet de
l'heureux repos dont le Roy,
nous fait jouir.Jamaisil n'y,
Cllt tant de Parties de diverkraenc,
jamais tant de
mptueux Régales) & jaais
tant d'affluence de
onde à l'Opéra. & aux
Dmédies. Les deux dernies
Pieces nouvelles que l'on
cpréfentées, font Zélonide
.jnce.¡Jè de Sparte
>
& le Paen.
L'Autheur de la preere
est un Homme de mée,
quis'est acquis grande
putation partout ce quiest
rty de la Plume. Il y a
gtemps qu'il a l'estime
rticuliere de Mr Pélisson.
parfaiteconnoissance
aussi honnesteHomme,
ne luy pouvoit inspirer qu
beaucoup d'esprit, & de ne
blessentimens.Aussi les voit
on briller dans toute sa Piece
C'est ce melmeMrGene
qui a remporté l'un des pre
miers Prix de Poesie, quel'A
cadémie Françoise a distri
buez. Il accompagna Mr
Duc de Nevers, lors qu':
conduific Madame la Du
chesseSforce en Italie. L'el
prrt deceDuc estconnu d
tout le monde, & c'est un
preuve qu'onen a beaucoup
que de mériter d'avoir part
sonestime. Ce Voyage es
:auie queMr Genest nous a
donnéla description de Tioly.
C'estun Ouvrageque
e vous ay envoyé dans quelqu'une
de mes Lettres,& je
ne souviens que vous lavez
dmiré. Vouspouvez juger
par les beaux Vers, dont il
st remply)que fil Tragédie
n est toute pleine. On les
fort applaudis, & les plus
Critiques font tombez d'acord
que -8fioit avec justi- eMrle Maréchal Duc de
Vivonne régala de cette Piee
une fort belle Assemblée,
e soir du dernier jour du
Carnaval. Elle fut meisl
d'Intermedes de Musiqui
Tout fut éclatant danscett
Feste. MrdeVivonne la don
noit, c'est assez dire.
Le Parisien, Comédie nou
velle, aesté joié alternative
ment avec Zélonide. Le
pus portez au chagrin se di
vertiroient à cette Piece. O
y rit par tout; & il seroit ma
aisé deramasserdans un feu
Ouvrage un plus grand nom
bre dechoses plaifanres. El
le a cela de nouveau., qu'il,
a un Personnage de Fernm
tout Italien. Mademoifell
Guerin
Guerin, a quicette Langue
fl: familière, soûtient cerôe
admirablement, & y fait
jaroiftre avec beaucoup d'avantage
cette fînesse d'esprit,
lont elle accompagne tout
ce qu'elle jolie.
Les Bals ont esté en fort
grand nombre. Celuy qu'a
ionné le Fils de Mr Talon,
qui dans son peu d'âge est
in prodiged'esprit,méritoit
bien l'illustre Assemblee qui
s'y trouva. Mr le Duc de
Bourbon luy fit l'bonneur
d'y venir, accompagné de
Mr le Chevalier de Longueville,
deMrlePrince deTin
gry, & de Mr de S. Simoi
Vous sçarez, Madame, qu
ce jeune Prince estaussi cor
fidérable par ses belles qu,
litez, que par lagrandeurd
sa naissance. C'est une me:
veille de voir dés les premic
resannées, combien son dit
cernement est juste fuivray
mérite. Comme il c:
connoist beaucoup dans 1
Fils de Mr Talon, il fut bie
aisè deluy marquer son est
me dans l'occasion du Bal
dont j'aycommencé à vou
parler. La plus belle Jeuness
le la Cour en partagea les
plaisirs
,
ainsique M" les
Marquis de Pousse & de
Roullillon, &MrsdeChaiL
ou & de Miramion. On y
dt Meldames de Bussy)de
vienillet, & de Berulle. Malemoifelle
de Seraucourt y
parutavec éclat.Onyadmia
Mademoiselle d'Acigné,
le tout le monde demeura
surpris des charmes naiflans
de la jeune Mademoiselle
Barentin. Le petit MrTalon
lyant dancé, mitun grand
Carreau sur une Estrade &
y fit asseoir la Reyne du Bal,
qu'ilavait choisie à peu prc
de sonmesme âge.Illuy de
bita cent choses galantes qu
n'esdtoient point d'un Enfan
Aussi l'est-il moins qu'il n
paroist. Ce que je vay vou
en dire en est une preuve.,:
estoit un jour chez Madam
la Duchesse, & faisoit sa cou
à Mesdemoiselles de Bour
bon & de Montmorenc)
Ces jeunes Princencs se di
vertissant à de petits jouxta
voient mis de la partie; ti
Mademoiselle de Montmo
rency estant obligée de l
baiser, comme illa vit s'a
ancer vers luy, il se retourna
ans s émouvoir, & mettant
m genoiul en terre, il luy
cli[a le.bas de la Robe, en
uy disant, Ahi ma Princesse,
uaile^-njousfairefXout ce
qu'il fait& tout ce qu'il dit
st au dessus de l'imaginaion;
& si MrrAvocat Geleral
Talon n'estoit pas le
Pere d'un Enfant si accom-
Ily, on ne pourroit croire
lU'il eustautant d'esprit qu'il
nJ.
Monsieur avoit este si conent
du premier Bal que luy
lonna Mr de Minnevillete,
qu'illuy demanda une se
de Assemblée, à laque
ne manqua, pas dese t
ver.Toutcequ'il y ade
illustre àla Cour,s'y ci
renduexprés, y demeura
quesà quatre heures du
tin. Touts'y passa avec
mesmes apprests,&la
me affluence de Person
du premier Rang, qu'c
avoit veuës lapremiere f
ce qui fait dire que c
Mailon eil: le sejour d
joye & dela magnifice
L'Opéra d'Atis, la Com
Françoise
,
l'Italienne
, <
Bal,ont fait tour à cour les diertissemens
de Leurs Majebez.
Il y a eu quelques Bals
>u la Cour estoitparée, &
ien n'en peut exprimerl'élat.
On nepeut douter qu'il
~e fust fort grand, les Franois
estant toûjours si bien
nis, &: ayant si bonne mine,
ue pour paroître beaucoup,
s n'ont pas besoin d'unaj utement
extraordinaire.
Je quitte les belles & nomr.
euses Assemblées, pour
ous faire part d'un teste-à-
.-fle, qui n'a pas eilé heueux
pour deux Amans traversez
dans leurs amours.
Un Homme de Ropc,
estimé par tout pour ses belles
qualitez, voyoit une jeune
Demoiselle, qui ayant
beaucoup de bien, avoitencor
plusdequoyengager un
honneste Hommepar sonesprit
& par son mérite, que
par l'avantage qui luy estoit
seûr du costé delaFortune.
Il avoit accès chez elle par
le privilege d'une alliance un
peu éloignée;&ce privilege
luy donnant souvent l'occasion
de luy parler sans témoins
,il en profita si bien,
que luy témoignant beaucoup
d'amour, & ayant l'humeur
tort insinuance,ill'engagea
enfin à luy dire que les
assurances qu'illuy donnoit
de sa passion ne luy estoient
point desagreablcs. Leur intelligenceaugmenta
avec le
te-n-ips. & si la Belle eust esté
maistresseabsoluë de ses volontez,
l'Officier eustpû se
répondre de son choix; mais
elle avoit une Mere, dont
l'aversion pour les Gens de
Robe avoit paru en plusieurs
rencontres;& ce n'estoit pas
une chose aisée que venir
&: avant qu'on luy permist
de rendre aucune visite, elle
lapria de luy donner quelque
temps pour se consu lter
elle-mesme sur une affaire
de cette importance.Elle demanda
ce temps pour avoir
celuy de prendre conseil de
l'Officier. Cette nouvelle le
mit dans un trouble qu'il
vous est aisé de concevoir.
Quelques devoirsqu'ileust
rendus à la Mere, ilsevoyoit
un Rival trop redoutable
pour conserver l'espérance
de la faire entrer dans ses intérests.
Ainsi il n'en eut
lu'en sa Maistresse,qui ayant
pour luy une veritable estine,
luy promit d'estre constante,&
se servit de mille détours
pour se dispenser de
donner parole en faveur du
Cavalier. La Mere étonnée
d'unerésistance qu'elle n'avoit
pas préveuë, commença
de soupçonner l'attachemét
secret de saFille.Ellefitrefléxion
sur le changement de
l'Officier, quiestantnaturellement
fort enjoüé
,
estoit
tout d'un coup devenu chagrin;&
les observant tous
deux lors qu'ils se parloient
ensa présence, ellecrûtvoi
dans leurs yeux le secre
qu'ils luy cachaient, ôcne
douta plus qu'ils ne s'aimas
sent. Elle en fit grand bruit
& dit des choses si fâcheuses
à sa Fille, que cette aimable
Personne en estantoutrée,
s'échapa enfin à luy répondre,
que s'il estoit vray que
l'Officier eust touché son
coeur, les voyes qu'on prenoit
n'aideroient pas fort à
l'en bannir. Ce futassezdire
pour faire prendre à la Mere
les plus violentes résolutions.
Elle défendit à l'Officier de
cnir jamais chez elle, &
garda sa Fille si étroitement,
que l'ayant toûjours devant
esyeux, elle luy osta papier
& encre, de peur que la nuit
lle n'écrivist quelque Billet.
Ainsiilluy estoitimpossible
le voir son Amant, ou de
uy donner de ses nouvelles.
~ors qu'elle alloit à l'Eglise,
a Mere l'accompagnoit; &
out ce que pouvoit faire
Officier qui en sçavoir
heure, c'estoit de la regarler
de loin, & de luy marquer
par l'abatement defon
visage, la douleur ou elle
estoit. Quinze jours s'estan
passez dans cette contrainte
elle s'ennuya de ne point pa
ler à l'Officier; & voulan
prendre avec luy de juste
mesures sur ce qu'ils auroien
à faire, elle luy fit dire pa
une Servante, quelletrouv
moyen de gagner, qu'il s
rendist dans sa Ruë entre mi
nuit & une heure; que le
fenestres de sa Chambre es
toient assez baffes, & qu
tout le monde estant alor
endormy, ils pourroients'en
tretenir de leurs affaires.
ne manquapointau rendez
ous;& pourne mener aucun
e les Gens, il prit un Carosse
de loüage dans lequel
se rendit à la Porte de la
elle. Il fit ranger ce CarosTe
contre la muraille, &
yant monté sur l'Impériale
orsqu'elle parut à la feestre,
il eust pû sans peine
ntrer dans sa Chambre,si
lle eust voulu y consentir.Ils
e parlerent une partie de la
uit, & comme l'amour n'a
amais assez de temps pour
expliquer, ils prirent heure
deux j ours de là pour un se-
:ond rendez-vous. Il fut
moins heureux que le pre
nÚer. Apeine commen
çoient-ilsà s'entretenir,qu'u
des Domestiques de la Mai
ion ouvrit sa fenestre pou
quelque necessité.Malheu
reusement la Lanterne estoi
tout proche de celle où l'of
sicieravoitconversation. c
Domestique ayant aperçe
un Homme sur l'Impérial,
d'un Carrosse,crût qu'il ve
noit voler la Maison,ôcsi
mettantàcrier de toute sa
force, il fut entendu des Archers
du Guet, qui dans cc
moment entroient dans la
:tuë. Ils coururent au Carosse,
& se saisirentdeTOfE-
:ier qu'ils virent descendre
de l'Impériale. La crainte
qu'il eut d'intéresser l'honneur
dela Bélier quelqu'un
le la Maison venant à
sortir,
reconnoissoit, luy fit sonera
ouvrir sa Bource. Ilen
ira vingt Louis qu'il mit enre
les mains des Archers, en
es priant feulement de le mener
à trois Rues de là, où ils
examineroients'il méritoit la
prison dont ilsl'avoient d'abord
menacé. Les Loüis sienteffet.
Une partie des Archers
monta avec luy dans
Carrosse. Les autres suivirent
& quand ils furent assezéloignez,
l'Officier (è fit connoistre,
& leur apprit que
des interestsd'amour ra.
voient fait surprendre où ils
venoient de le voir. Comme
il les pria de le remene* chez
luy) il leur fut aisé de voir
qu'ils luy avoient fait injure
en le traitant de Voleur. Le
inauvaife mine du Cocher, le
Carrossede louage propre
recevoirunvol, &le manqué
de Laquais, tout cela justi
oit ce qu'ils avoient crû de
ny. Ils luyservirent descorte
)our ses vingt Louis qu'il ne
oulut point reprendre. L'Aanture
s'estpassee sur la fin
lu Carnavalsans qu'onm'ait
pû dire si l'Officier & la Belle
e sont reveus depuis ce
emps-là.
Je vous envoye une se-
:onde Chanson dont vous
urez lieu d'estresàtisfaite.
AIR NOUVEAU.
QVand nous allons, jeune Ber-
1 jcane Bergère,
."hantersur la verte Fougère
Li douceurdes teaux io/:r~
j
Ah, que n'eftcsvom assiz tendre,
POlirJafire aujji.bien entendre
celle de nos amours ?
MrdeBoisfranc, Maistr
des Requestes,épousaMa
demoisellede Soyecourt, L
Jeudy cinquiéme jour de a
mois. Il est Fils de Mr d
BoisfrancSur-Intcedant de
Finances de. Son Altac
Royale.La sagesse,&: les bon:
& agreables services du Perc
ont faitmériter au Fils la sur
vivance de cette importante
Charge.On n'en peut mieus
réplir les devoirs qu'a fait M
dcBoisfranc.Si parun merite
singulieril a eu la gloire de
acquérir l'estime&laconsiancede
Monsieur, ilaen-
:or gagné, par une droiture
d'ame généralementconnue
fcpar des paroles que leses-
:cts.oor toujours suivies,l'af-
;e£tiott de tous ceux qui ont
:u affaire à luy. Mr de Bois
mnclePilsa beaucoup d)ef..
prit. Il est bien fait,& ses maniere
sont sihonnestes & si
engageantes.,qu'onnepeut
evoirsans l'estimer.Ila esté
~:n[eiller.aLLParlement, &
quoy que peuavancé en âge,
y a déja fis ans qu'il est
Maistre desRequestes. Ur
Homme d'un mérite si par
fait sembloit n'estre ne que
pour faire le bonheur d'un
Personne accomplie. Ill'
trouvéeenMademoiselle de
Soyecourt, FilledeseuMr 1,
Marquis de Soyecourt de
Bellesouriere,Grand Véneui
de France, & Chevalier de:
Ordres du Roy.Elle est très
bien faite,a des cheveux cen
drez les plus beaux du mon
de, de l'esprit infiniment, &
joué parfaitement bien du
Clavessin. Madame sa Me.
re est Soeur de Mr le Préss.
dem
dent de Maisons. C'est ene
Femme tres-fage, ôc qui a
toûjours conduit lesaffaires
avec beaucoup de prudence.
Aussi dans la plûpart des
complimens qu'on luy a faits
surce Mariage, ainsi qu'à Mr
de Boisfranc le Pere, on leur
a dità l'un & l'autre qu'ils
1\ 1 avoient toûjours marque une
fort grande condûite, mais
qu'onn'enpouvoit montrer
davantage qu'ils avoient fàit
dans cette rencontre. Monsieur
fit l'honneur aux Mariez
de lesaller voir aum tost
après leurs Epousailles.
Si vous voulez vous *donn
la peine de revoir ma Leti
du mois d'Aoust de l'ann
1678.vous y trouverezl'Av
ture d'une Demoiselle
qualité, morte d'amour pc
un Cavalier d'un grand ir.
rite. Ce Cavalier, qu'on a
pelle Mr de Martiny, avec
ressentysi vivement la pei
de cette aimable Personne
qu'il sembloit estre à couve
des charmes de toutes
Belles.On avoit tâché in
tilement depuis quatre ai
de luy faire prendre que
ques engagemens; mais
sinils'est rendu, & a epouse
Mademoiselle de la Tour
Dabots, au commencement
le ce mois. C'est une jeune
Heritiere de Bourgogne,qui
:si toute aimable. Elle cIl:
de la Maison de Bougnes, &
de Chaitellux. Dans celle de
Bougnes, ilya eu un Chantier
d'Espagne en 1147. 8c
un Maréchal de France sous
Charles VII. Dans celle de
Chastellux
,
les alliances en
ont tres-considérables. Ce
Mariage s'etf fait avec une
égale sarisfaction des Parties
ntéressées. M de Martiny
est un Cavalier aussi galar
que spirituel; & la violent
passionqueje vousay d
qu'ilavoit causée, & qui
estésuivie d'un sîsunestesu
cessait assez connoistre qu
est dangereux de l'ecouter.
M" leDuc d'Usés,apresur
maladie très -
dangereuse
jouit à présent d'une parfait
santé. Il a eu une Fièvre cor
tinuë pendantsixsemaine<
ôc une opreffion de poitrine
dont on a détourné lafluxio
par onze saignées faites à pre
pos. MrsTuillier & Sero
l'ont tiré d'affaires. Il n
avoir pas dixjours que Madame
laDuchéssesa Femme
estoitaccouchée, lors que la
Fievreleprit, & l'accouchement
avoit esté très-fâcheux.
Mr le Duc d'Usés, Mademoisellede
Ou(Toi ion aînée,
& Mademoiselle de Florensac
sa cadete, estoient en même
*temps en danger de
mort,Mademoiselle de Crus.
sol ayant eu prés de cinquante
redoublemens de Fievre
continué. On peut dire que
Madame la Duchessed'Usés
les a sauvez tousles lumières
de son esprit s'étendant jusque
sur la Medecine. Ilne
s'est rien fait sans son con
sentement
; mais l'on a fai
pluficurs choses par son or
dre seul, dont l'heureux suc
cés a visiblement paru. Ellc
estoit nuit&jour en action;
&: présente à toutes les Consalutations.
Onauroit peineà
exprimer la douleur qu'a sais
paroistre Mrle Duc de Montausier
pen dant cette maladie.
L'assiduité qu'on luy a
veuë auprés de Mr le Duc
d'Usés son Gendre, estoit
suivie d'une inquiétude qui
ne luy laissoit aucun repos.
Nettoie avec beaucoup de
ustice qu'il craignoit pour
1Y. La Cour eust perdu en
Personnel'un de ses plus
-
peaux ornemens.
La premiere des Enigmes
~lu dernier Mois estoit tAI-
~habet. Alcidordu Havre,, en
renfermé l'explication dans
e Rondeau,sur lesmesmes
imes dont son Autheur s'est
~ervy en la proposant. pArl'AlpAhabeJLtonpeutnommer lesDieux,1•
'ous leurs beauxFaits c9ontenu4fo-m
les Cieux,
,(J Elemens, leurs vertus, leur u~~
Chatjucj'ijÕÎJ, &queleouvragbe),
Tour mdruunir tousles ans ces las
Lieux.
Téirson secours l'onvoit toujours
joyeux
Les BPeaiuxel-u/}rixts),les Galans, les
!(Ji de túJ' B;.;/1S sçavent faire
ailcmblage
l'Alphabet.
Ilfut l'Amy de nos Verestout VKHÎX - (. r.f ~y/y vi~ux
il a feyvypournospropres Aveux,
11fertemor a tous ceux de rtofire
age;
Millebienfaitsenfin,& davantage,
Sontpréfentes tous lesjours à nos
veux
i Par l'Alphabet*.
Ceux qui ont expliqué
cette mesmeEnigme dans
son vray sens sont, M5 Peigné.
Conseiller au Chastelet
d'Orleans; De Gyves, Premier
Avocat du Roy aumesme
lieu; Re. de S. Martial;
De Corbigny, de la Ruë de
la Harpe; Subligeau, Maillre
Garde des Marchands Merciers
de Paris; Couturet;Buret,
de Vitré en Brctagne;
Bolesme,âgé de quinze ans,
ou le jeune Autheur de la
Victoire;Pinchon,deRoiien,
De la Varenne, & Poirier, de
Mer; Dassy, de Vernon; Le
Solitaire des Perdreaux; La
belle Indiférente de Dreux,
&sonAmantfidelle;LaBelle
Fille Veuve, de la Ruë du
Colombier d'Orleans; Sylvie,
du Havre; La belle Acidalie,
de la Rue des cinq
Diamans La Nymphe Sauvage,
de la Ruë de Seine; Le
Berger Floriste; L'Inventeur
de la Mascarade blanche, de
la Ruë Quinquempois; Le
Senlifois, d'Orleans; Le pe- titNotairede la mesmeVille;
LesAssociezdela Placeaux
Chars, de la Ruë S. Honoré;
LeMantois Galant cher prisé,
dans l'enceinte du Palais;
L'Amantconfiant de la belle
Préau, dela Rue Qjjnquempois
; L'aimable Marquis de
Mar.Page de la grande Ecurie
; L'agreable Marseillois,
Pensionnaire du College
d'Harcour; L'Aspirant de
l'Ordre Philosophique; &
Tamiriste
,
de la Ruë dela
Cerisaye.
En Vers, Mesdemoiselles
Maurice, Roullin, & Planson;
Meilleurs de Boismallard;
Rault
-'
de Rouent
Droüart de Roconval.L'Abbéd'Arly,
de la Ruë Sainte
Avoye; J. BouchardPrestre,
de Tours; L. Boucher, ancienCuré
de Nogent le Roy;
Wallon de Beaupuis,deBcalivais
; Du Hamel, Précepteur
deMrsHebert. de Roüen;
Baricot, du Havre; De Corday,
pres Falaise; E. Foineau,
Soûchantre dela Cathédrale
de Vennes, & Recteur du.
Maine; Siloft, d'Orléans;
Priollet de Dourdan, du College
de Beauvais; L'Abbé
de Rochefort, de la Ruë de
Richelieu; LeComte de
Montaigu, de laRuëSainte-
Croix de la Bretonnerie;
Henry Varlet, de Reims,Phisicien
àTroyes; Varlet, Medecin
de Caen; Le Cordelier,
de la mesme Ville; De
Clelban
-,
Richer, Prestre,
Vicaire d'Arcyes sur Aube;
Le Chevalier de Louriac, en
Vers Gascons
; L'aimable de
Bretignieres, de Tilliers pres
Verneüil au Perche; Manon
Bonoda, de la Ruë de
Poitou au Marais; La jeune
Nympheinsensible,du Fauxbourg
S. Germain; La belle
Accordée à l'Anagrame, Elle
,va aimer, de Laigle; La
Brune à l'Anagrame, Jeune
lien d'ames;L'Albaniste, de
Roüen; Il Pastor sido, de la
Ruë S. Nicolas du Chardonnet
; Le Solitaire du Parnasse,
de Reims;Les deux Affligez
sans su jet; L'aimable Chevalier
Paquier, de la Ruë de la
Harpe; Le Disciple de feu
Moliere Parisien, Receveur à
Troycs; L'Ai-nanttii-nide de
la belle Héron; Gygés; Floridor
;& Lysidor, du Havre.
On a encor expliqué cette
Enigme Íùr les Heures,& un
LivreàprierDieu.
Plusieurs Personnes ont
explique la seconde sur une
Boëte de Sapin; mais Mr
Daubaine, & l'Enfant des
deux Soeurs d'Aumale, qui
ontaussi trouvé l'Alphabet,
font les seuls qui l'ayent expliquée
sur la Boëte À Perruque,
ou à Cheveux, qui en
estoitle vray sens.Voicy ce
qu'en adit le premier. vOffregalante Boàe,Ù-'génÙflx
Mercure,
M'a mu Longtemps a1 la torture.
le riayjamaisfouftrt de mauxtllN
rigoureux.
Aussiifn-je à douter encore,
Sicefiune Boëteà Chveux)
Ou bierfla Boëte de Pandore.
Les autres sens qu'on luy ;
donnez sont, une Cassete un
Carrosse, un Masque ou Loup
une Boëte de Senteur, une Ar
moire, une Chaise roulante, II
Coton, une Couche, un Manchon,
de la Dentelle, le Lin, II
Parfum,de laToile, (Sf un Bon- netdepluche.
Les deux nouvelles Enigmes
que jevousenvoye sont
du mesme Autheur. Il se cache
fous le nom du Mantois
Galant cher prisé, dans l'eh
ceinte du Palais.
ENIGME.
CEst moy qui fais valoir un joly
Flageolet,
Sans moy l'on n'entendroitjamai-s leDécalogue;
Jefais auRossignolcéder le Roytelet,
Etsa:le je produis la Nymphe de
L'Eg!oguc.
Je règne au Tari,ment,je réglJCat
Chastelet;
Utile à l'Ecolier ainsiqu'auPéd,,,-
gogue,
Je distingue un Marin d'un terrestre
Mulet,
Etsuis tout ce qu'ilfautpour un excellent
Dogue.
Le Palaisd'où je fors estans bien
écure,
J'ay souvent un effet si charmant
procuré, '()n en a veu pâmer les Homme
&les Belles.
Ne mel'TA peintebereher pardela, Hellespont,
Jesuis en toy, Lecteur, é". cecy te
répond
Qu'ent'informant de moy , tu du d
mes nouvelles.
s AUTRE ENIGME.
Aylecorps fait ainsi qu'un Fiarreolct
liesprit contraire aux LOIX au ur,e'-
calogue;
Je ne sersguère à moins qu'un -
Royteler,
Plutostmatiere a l'ode qu'a tE..
glogue.
JefaÚ trembler le meilleur Chafreler,
Comme la Garde avec sonPéctagoguc;
Carj'abats tout, Homme, cheval,
Mulet,
Bien quejefois enchaînécomme un
Dogue.
Mejme souvent m' ayant mal écuré,
Mon Gouverneur s'ejl le mal procuré,
Dont il vouloitaccablerles Re-belles.
CommejurTerre> ainsisurl'Hellespont
Je fuis un Foudre à qui rien ne
répon,
Heureux quiconque en sçait peu el
nouvelles!
Vous voyez, Madame
ces deux Enigmes faites si
les Bouts-riinéz du Flageoli
& du Décalogue, qu'ils or
cours en toutes choses.E
voicy deux que l'on m'a don
depuis cette Lettrecommer
cée. Ils vous plairont, pu
que vous aimez les chose
d'esprit.Un Homme de foi
grande qualité en est l'Au
cheur. Commeil prend sois
de cacler ces fortes d'Où
vrages, qu'il fait presque
toujours sur le champs qu'il
brûle ensuite, apres les avoir
fait voir à quelqu'un de ses
Amis, on a grande peine à
les recouvrer, à moins qu'on
ne luy fasse une espece de trahison,
en les retenant de mémoire
pendant qu'il les lit.
POUR UN AMANT
malheureux. NOttyje ne connois plus ny Luth,
ny Flageolet,
l'obetsjànscontraintc auxLoixatt
Décalogue.
On ne me verraplus gay comme un
Roytelet,
Et la trisse Elégie efl enfin mon
Eglogue.
Plussombre&pluscaptifqu'on n'est
au Chafteler,
Unamoursans espoir estmonseul
Pédagogue;
Le cruel m'a chargé defers comme
un Mulet,
Ileflsurtous messens Arhttrnécomm
un Dogue.
D'agréablespensers mon coeur efl
ecuréj
Toutprestà me jetteraux pieds de
mon Cure,
le tiens lesyeux baijfc&^fans re.
garderles Belles.
Lesruisseaux de mes pleursgrossraient
l'Hellespont)
J$>uandj'achcveunsoûpir,unautre
luy répond,
Etjefaisensecretmilleplaintes nou.. velles..
AUN AMY ABSENT. LHeureux Berger qui dance ail
[on du Flageolet,
LeDévotquivoitjui'vreentoutle
Décalogue,
L'Enfantqui parJineffi a pris un
Royteler,
Le Bel Esprit qui lit une charmante
Eglogue,
Le Prisonnier quifort enfin du
Chafieler,
l'Ecolier éloigné d'un rudePédagogue,
L'Avarequi d'argent voit charger
son Mulet,
Le petit chien tiré des pates d'un
grand Dogue,-
Le Voyageurfauve des flou de
l'Hellespont,
Le Courtisan pourqui le gros Marchand
répond,
Sont moins contens que moy quand
j'ay de vos nouvelles.
Voicy trois autres Sonner:
dont le premier est de Mr de
Benserade
Benserade; & le second, des
Freres du Cloistre de S. Pierre
à Géneve.
SUR LA GROSSESSE
de Madame la Dauphine. QUe de Gens vont dancer au
-
fin du Flageoler,
Quand du Royal Hymen l'Autheur
duDécalogue
Fera naiftrea la France un nouveau
Royteler,
PourlequelnésBergerssi rantplm
d'un Egloguei
Le Paiement enCorps, Jnivy du
Chastelet,
Et du Païs Latin la, Troupe Péd.
gogue,
Iront à son Berceau tous en pas de
Mulet,
Et Saintot devant eux fera fier
comme un Dogue.
Tout pour le recevoirsera bien
écuré.
Tourmoy,sijevouvoisdevenirfort
Curé,
Iefiroisplutheureux que de plaire
auxplus belles.
Sagloire volera Jusques à l'Hellefponr,
LeSangvictorieux des Bourbons
en répond,
Etle Turc dans quinzeans enfcajtr* desnouvelle.
CONTRE LA BIZARRERIE
des Bouts-rimez du Flageolet
&duDécalogue. ADieu,jelaisse-là Trempete&
F-lageo,le.r., ,.. Mon Pègaze s'effraye au bruit du
Décalogue,
Tout le faitse cabrer, jusques au
Roytelet;
Comment dans ceSonnetfaire entrer
une Eglogue?
lenesçaypointplaider; quefaire au
Chastelet?
Ay-je besoin icyd'unfâcheux Pédagogue?
Pour loüer cet Enfant, à quoy bon
un Mulet?
Dira-je qu'ilsera plus valeureux
qu'un Dogue?
Non,mon cerveau n'estpas "fiez
lu'n écuré.
La belle liaison d'un Prince &d'tm
Curé!
le crains bien que ce mot nefasse
peur aux Belles. iereux le mener aux bords
de/'Hclîefponr, Ilmesembled'oüirDesprtaux qui
me répond,
JOue cet Exploit n'e encor dans
nos Nouvelles.
A MADAME LADAUPHINE. O ,.,* Nnepeutpastoujours joüer
duF-lageoAler-, 'J_ Conformerses desirs aux Loix au
Décalogue,
Entendre dans les Bois chanter le -
Royteler,
Et chéry des NeufSoeurs, ne faire
qu'une Eglogue.
On n'estguère en humeur de rire au Chastelet,
Et l'on est trop gesné d'avoir un
Pédagogue,
Qui dans toutce q,lil<r.Jellf,plsu te(la
qu'un Mulet,
Poursefaire obeïr,faitplusde bruit
qu'un Dogue.
Lors que de ses payez, il fautestre
écuré,
On ne vapas toujours les dire àCon
Curé,
EtConifLJi enfin des chofis les
plus belles.
Mats si celuy qui fit la Terre &
l'Hellespont,
En vom donnant un Fils
,
à nos
desirs répond,
Quelplaisird'enparlersurdesrima
nouvelles!
Si ces Bouts-rimez ont
paru bizarres,envoicy d'autres
donnez par MrMignon,
Maistre de la Musique de
Nostre-Dame, qui le paroîtront
encor davantage.
Pan., Guenuche, Satalpluche;)
Fan, R.u£he;, Lan, Autruches
Hoc, Troc, Niche;, Par, Fric/)(;,
Car.
Il invite tous les Beaux
Esprits à y travailler, & promet
la Médaille du Roy à
celuy qui les aura mieux remplis
à la loüange de Sa Majesté.
On cachetera ces
Bouts-rimez, qui seront reçeus
chez luy jusqu'à Pas
ques, dans la Maîtrise, au
Cloistre Nostre-Dame. Il y
aura des Juges nommez pour
donner le Prix.
Je vous sçay bon gré, Madame,
de ce que vous dires
que si vous estiez icy, vous
auriez peine à vous empescher
de faire une déclaration
d'amour à l'Ambassadeurde
Maroc. Comment n'aimer
pas un Homme qui a si bien
sceu connoistre ce qui rend le
Roy le plus grand Prince du
Monde? Les loüanges, qui
sortent de la bouche d'un
Etranger, ne peuvent estre
suspectes, & quand il parle
si avantageusement d'un autre
que de son Maistre, il faut
qu'il y soit contraint parla
verité. Si jeraportoistoutce
qu'il a dit de Sa Majesté en
mille rencontres, je vous
envoyerois de gros Volumes,
& non une Lettre. Il vit un
jour un Homme de guerre
cstropié d'un bras, <3cayanc
appris que c'estoit un Officier
qui avoit esté blessé à
l'Armée,illuy dit, Qu'iln'a
voit rien à craindre, & que
connoissant le Roy, il estoitfort
scûr que ce grand Prince seroit
son Bras. Cet Officier ayant
répondu qu'il ne s'estoit pas
trompé, & qu'il recevoit du
Roy une Pension considérable,
l'Ambassadeuradjoûta,
£)uilny avoit que les Gens de
guerre que l'on duft considérer;
que les autres Hommes nefloient
la plupart propres a rien, (if
quon en voyoit beaucoup moins
utiles dans le Monde que n' es
toient lesFemmes, puis que le
Femmesservoient du moins a
ménage. On le mena à Ver
failles au commencement d
ce mois Il futsurpris de l
beauté des Apartemens, &
sur tout d'y voir tant d'Ar
genterie. Apres qu'il en eu
examiné le travail, on hr
donna leplaisir des Eaux.
dit avec de fortgrandes mar
ques d'étonnement,Qu'il n
s'estoit pas attendu à ce qui
njoyoït
, parce que la Nature leu
en avoit donné d'admirableset
leur Païs ; c- que ce qui luj
aufoit le plus desurprise,estoit
le rVoir que dans ce Lieu-là,
Art alloit beaucoup au dessus de
a Nature. Iln'admiroit point
par complaisance, & sans
çavoir ce qu'il admiroit. Il
aisoit de temps en temps arester
les Eaux pour faire à
ooiifiirr sseessrreeffllexxioonnss,, & nn''aapp--
plaudir pas sans connoiffan-
;c. Il fut charméde la beaucé
des Statuës, qu'ilnavoit
reuës quimparfaitemet pendant
que les Eaux joüoienr,
& rien ne luyéchapa de tout
ce que les beaux Arts avoient
prestéd'ornemens aux su
perbes Lieux qui les renfer.
ment. Cet Ambassadeurfui
reconduitàParis, apres avoil
montré son esprit dans les ga
lantes loüanges qu'il donn
aux diférentes beautez de ce
somptueux Palais. Le joui
précèdent, il avoitvû une se
condeReprésentation d'Arif;
& eu le matin son Audience
de congé du Roy. Voicy la
Traduction duDiscours Ara.
be qu'il fit à Sa Majesté.
Vous la devez croire exacte
& fidelle, puis que je la tiens
de son Interprete.
EMPEREUR DEFRANCE,
Loüis XIV. LE PLUS
GRAND DE TOUS LES EMPEREURS
ETROYS CHRESTIENS
QUI ONT IAMAIS
STE,, ET QUI SERONT.
Toutes - les grandes choses que
3avois entendu dire en mon Païs
le Voflre Adajefle, font infininentau
dejjous de ce que fay vû,
& appris depuis que je fuis en
France;-& comment la Renomme
pourroit -elle epre jufle en
mhhant vos grandeurs de st
roinJ puis que l'application en-
Liere d'un million de Personnes
'cy pendant toute leurvie, ne
IHrfuiroit pas pourenconnoijtre
le mérite st) le prix? Je m'en
retourne3 aprèsavoir obtenu unt
Paixsisouhaitèe, st) si avantageust
a ïEmpereurm%nMaifire.
l'Jfrit remply d'un nombn
sans nombre de merveilles quif
confondent entrelles.Toutce qui
sen dfmej/e fortdiftinélement
cesique comme touslesMiracle
du Monde font dans la France
ainiftoutes lesgrandes parties qu
peuvent rendre un Empereur ac
complyJe trouvent dans Vofir
l'vlajefté. Il ne mapartient pa
d'en parler. Je me contente d'aJ
mirer V* M. rbje rne taisj g
jounaitant que le Ciel veuille
donner un jour toute l'Afrique
à l'Empereurmon Maiflre,& à
V. M. toutes les autres Parties
du Monde.
-
Je n'ay rien voulu changer
Ala diction, pour n'affaiblir
pas les pensées. Cest'la
principale chose qu'on doit
regarder dans les rencontres
Je cette nature. Elles ont
pcut-ellre plus de grâce, &
plus de force dans la Langue
dont cet Arnbaffadeur s'est
ervy en prononçant ce Die.
;Ours. Il nie paroist qu'il a
dit beaucoup en peu de paroles,&
je ne sçay si on pourroit
dire davantage. Cependant
il ne s'est presque passé
aucun jour qu'en parlant du
Roy sur divers sujets, il n'en
ait dit des choses nouvelles,
&fait son éloge d'une maniere
diférente. Il a mesme
adjoûté, Quesi on luy laissois
passer le reste desa vie en France
, il ne
doutaitpowte^uilnenj\
tous lesjoursde nouveauxsujet.
d'admiration,ede louange, tan
il trouvoit de qualité^louable,
dans cet Empereur. Un peu
après son retour de S. Gernain,
il fut régalé d'une Cotation
magniifque,accompa-
?néedeSymphonie,chezMr
Aubert Introducteur desAnv
Jaffadeurs pres Son A. R. Il
'aeslé en plusieurs endroits
dont je ne vous parle point,
a galanterie ayant fait foulaiter
à tout le monde d'avoir
le plaisir de l'entretenir,
II a esté voir la Pépiniere.
Vous vous souvenez de ce
que je vous en dis, en vous
faifantla Rélation du dernier
Voyage du Roy à Paris. Il vit
à son retour le Dôme des Religieuses
de fAssomption.
dont il fut aussi surprisqu'il
l'avoir esté de celuy du Valde-
Grace. Il a vu la Bibliotheque
du College des Quatre
Nations, autrefois celle
de Mr le CardinalMazarin.
Mr l'Abbé de laPoterie, qui
en estBibliotéquaire, levint
recevoir. Apresqu'il l'eut
entretenu de
diverses
choses.,
il fit tomber le discours sur
ce qui regarde la Religion
& comme il est tres-sçavant,
il entra adroitement dans le
ridicule de celle de Mahomet,
& dit qu'il y avoit eu
des Peres de l'Eglise de son
Païs. Cet Ambassadeur demeura
un peu embarassé. Il
ne laissa pas pourtant de dire
du bien de Mrl'Abbé de la
Poterie, & témoigna souhaiter
de le revoir, ce qui donna
lieu de croire qu'il avoit fait
quelque refléxion sur ce qu'il
venoit d'entendre. Il fut
étonné de la quantité de Livres
Arabes qu'on luy sir:
voir,& crût qu'il y en avoit
plus en France que dans son
Païs, sçachant que l'on en
trouvoit dans toutes les Bibliothèques
qui estoient un
peu considérables. Cela luy
fit dire Que Paris seul renfermoit
ce qu'on ne pouvoitvoirque
Jeparement chez les autres Nations.
On lamenéarAcadé
mie de Peinture & de Sculpture;
mais comme il ne choisit
point un jour d'Affinl.-
blée pour y aller, & que perlonne
nestoit averty, il ne
s'y trouva que le Concierge,
quiluy montra les Tableaux
& lesStatues. Il ditqu'il y
rcvicndroit un autre jour,
afind'y voir les Etudians en
exercice, lors qu >ils deiïinent
d'après le Modeliez
mais il a elle si occupé, qu'il
n'a pu avoir le temps de tenir
parole.
Il a visité la plupart des
Communautéz, & entr'autres
celle de la Charité du
FauxbourgS.Germain, où il
alla le Mercredy 18. de ce
mois. Le Pcre AthanaseTribou,
Prieur du Convent,
ayant eu avis de son arrivée,
fit assemblerune partie de
la Communauté, qui le reçeut
en la grande Salle de
S, Louis. Il fut conduit dans
toutes lesautres, contenant
six-vingts seize Lits, qu'il ne
pût voir sans en admirer la
propreté, & le bon ordrequi
estoit par tout. Il apperçeut
des Religieux faignant des
Malades,ce qui rétonna, ôc
luy fit dire, que la Saignée ne
fefaijoitjamais en Hyver enson
Païs, mais seulement
en Eté.
De là on le mena à l'Apotiquairie,
qu'il visita aussi-bien
que le Droguer, contenant
plusieurs Minéraux,Racines;
Semences, Bois, Gommes,
Animaux, & autres choses
utiles tant pour les Emplâ
tres que pour les Médica
mens. En fuite on luy fit voir
le Poudrier, qu'il observa
- 1
avec grande exactitude, faisant
connoistre qu'il n'ignoroit
pas quelles estoient les
plus prétieuses Poudres, puis
qu'il s'arrefta longtemps à
examiner' celles du Ruby,
de la Perle, du Topase, de
l'Hiacinthe, du Corail rouge
& blanc, Pierre de Crapau,
Ambre, Civere, & autres,
pour la composition des conférions
d'Hiacinthe & d'A1.
kierme. Onluydemanda ce
qu'il pensoit de ces choses,
& il répondit, que cela Benoit
deJon Pais>aujji-bien que la
Science des Medecins) qui tiroit"
de lafon origine; mais quesasurprise
efloit de voir tant d'ordre
dans un Hôpital public;) où ce
q!/ilYa depluspretieuxJe trouy
rue pour la ruérifondesPauvres.
On le conduisit de là par le
grand Escalier de la premiere
Coure, pour entrer dans le
Convenr. Il alla d'abord dans
le Réfeétoir des Religieux,
où voyant la Cloche du Supérieur,
ôc la Chaire du Ledeur,
il fit entendre qu'il
comprenoit ce que cela vouloit
dire. Ayant demandé à
voir le Pain des Religieux, il
en admira la legereté & la
blancheur)
blancheur, & dit, que le*Malades
ayant de ce Pain, il jugeoit
bienque lereste devoirfiiivre3&
qu'ainsi illes tenoitfort heureux
davoir de pareillesajjîjlances.
On le fit passer dans la Galerie
duPere Prieur, où il
aperçeut plusieurs Cartes de
Géographie, sur lesquelles il sarrelta fort longtemps, &
fit remarquer à 7son Interprete
le Lieu de son Gouvernement
en son Païs. Pendant
qu'il considéroit Cartes) ces on luy apporta la
Gaine dans laquelle les Pierres
des Taillez fonteonfervées.
Il en témoigna beaucoup
de surprise, tant à cause
du grand nombre, que de la
prodigieuse grosseur de quelques-
unes, y en ayant du
poids de dix onces. Il en mania
trois ou quatre; & lors
qu'on luy eut nommé Mr
Janot pour le principal & le
plus expert des Opérateurs
& Chirurgiens de cette Maison,
il écarta les mains, &
bailla les yeux, comme par
figne d'admiration. Le Pere
Prieur luy demanda s'il dedroit
voir l'Eglifc. Il répondit,
que comme il riefloit permis
qt/à ceux de leurl\eligion de njïsiser
leurs Mosquees, Hfaifîit
scrupule dentrer dans nos Temfies.
Il forcit fort farisfait,&
fut conduit jusqua ses Carrosses
par ceux qui avoient
esté le recevoir. Ce qu'il y
eut de fort remarquable,
c'est que lors qu'il passa laSalle par des Blessez, il y en
eut plusieurs qui se levèrent
5c entrautrescinq ou six,
qui depuis plus de trois mois
paioiffoient sans mouvement
; mais la curiofice fit
ilans cette occasion ce que
es Medicamens n'eussent pu
rairesi-tost.
- Cet Ambassadeur arendu
aussi visite aux Chartreux. Le
Pere Prieur, accompagné des
Peres Officiers de la Maison,
luy fit voir plusieurs Cellules
des Religieux, les Cloistres,
les Peintures, & une Pompe
qui est au milieu de leur
grand Cloistre,pour élever
l'eau, & la distribuer dans les
Cellules. Il regarda tout avec
grande attention; & Dom
Boisard, Sacristain, qui fçak
les Langues,l'entretint toujours
en Italien & en Espa-
,
gnol. Il voulut aller chez luy,,
où ce Pere luy montra des;
Livres Arabes, Turcs,Hébreux
,Ethiopiens,&c. mais
il ne lût que l'Arabe, & dit
qu'il nentendoit point les
autres Langues.L)A111baC
fadeur écrivit ion nom Sc son
seing, qu'illuy donna comme
un témoignage d'une
considération particulière.
Apres cela, on le ne entrer
dans une Salle, où estoit servie
uneCollation de plusieurs
Bassinsde Fruit. Il en mangea
avec force Sucre; &un
Pere Cordelier qui survint
avec quantité de monde, luyayant
demandé enEspagnol
ce qu'il trouvoit de cette
JvfaiJon, il dit, que quoyqu'il
n'y eust rien veu que de beau,
l'honnesteté des Religieux qui
l'habitaient estoit ce qu'ily trouvoit
de plus agreable. Le Pere
Prieur ne le quita point. Cependant
il voulut aller dans
sà Cellule,afin de le remercier
plus civilement chez luy.
Il vit en luite les Offices de
laMaison, le Jardin, & le
Clos,& remonta en Carrosse.
Comme il avoit entendu
parler du College de Sorbonne
il souhaita de levoir.
Ses deuxCarrossesentrerent
dans la Court, quoy qu'il n'y
eust point d'Acte,hors lequel
temps les Portes demeurent
fermées, si ce n'est
quand Mts de Richelieu y
viennent,àqui,comme Biensasseurs,
elles sont toûjours
ouvertes. Il cofidéra le grand
Perron,ainsi qu'avoit fait le
feu Chevalier Bernin, qui le
regarda, lors qu'il vint en
France, comme l'une des
plus belles choses qu'il eust
jamais veues. MrPic, Doéleur
de la Maison, le vint
prendre en suite pour le conduire
àla Bibliothèque. Cet
Ambassadeur voulut atten-,
dre que les Ouvriers quife
préparoient à lever un Ar.
chicrave de Marbre., & un
des petits Socles, eussent
achevé cet Ouvrage, &il
demeura fort attentif 'à'-¥oir
la maniéré d'enlever de gros
blocs deMarbre. Estant dans
la Bibliothèque,onluy mon-,
tra deux Exemplaires. du Camus
, ou Océan, qui est un • Dictionnaire Arabe, & plufleurs
Livres dans la mefme3
Langue ,entr'autres un Alcoran,
& des Livres de Prie-,
res à l'usage des Turcs; mais
rien ne l'arresta davantage,
que les deux Volumes de
Flandria Illustrata, trèsbeaux
& très- bien enluminez. Celuyqui
leluy montroit, luy
fit remarquer jusqu'où le
Roy avoit porté ses conquestes.
Il remarqua luymesme
la jonction de la Sambre &
de la Meuse; & comme s'il
n'eust eu plus rien à voir apres
les Conquestes de Sa Majesté,
il ferma le Livre, ôc dit
en riant, TomusJecunàus, de la
mesme forte qu'on le prononce
àParis. Il fut reconduit
jusqu'à ses Carrosses qui
l'attendaient dans la Courr.
Ilaveu laFoire, & y remarquant
tant de Richesses, il
estoit surpris de ce que toutes
les Boutiques de Paris ne
laissoient pas d'estre ouvertes
, comme si ceux qui en
avoient à la Foire eussent dû
faire fermer celles de laVille.
Il s'estextrêmement diverty
à la Comédie Italienne, qu'il
a veu trois fois. Il entend la
Langue, & il estoit difficile
queles excellens Acteurs qui
composent cette Troupe ne
luy donnaient beaucou p de
plaisir. Untres-liabilcHomi
me de mes amis, ayant delfiné
pour son plaisir, luy, &
tous ceux de sa Suite, la première
fois qu'il alla à la Comédie
, m'a fait la grace de
me donner leurs Portraits.
Je vous les envoyé. Vous ferez
persuadée de leur ressemblance
, quand vous aurez
sçeu qu'ils ont elledessinez
par le mesme qui me donna
le Portrait de la Voisin, qu'il
fit sibien ressembler, quoy
qu'ilnel'eust veuë que dans
le moment qu'on la conduisoit
à N. Dame. La vivacité
de son génie ne peut s'exprimer.
Celuy qui est marque ,
est l'Ambanadeur. L'autre
marqué 2, est le Gouverneur
de Salé.Jê-.p'ay pas crû necessaire
dechifrer les autres.
Je vous diray seulement que
le François est Mr de Remondis,
qui a eu le foin de
leurconduite.Onanégligé
de le faire ressembler pour
s'attacher davantage aux autres.
Ils sont tous placez
comme ils l'estoient dans la
Loge,&avec les mesmes attitudes.
Cet Ambassadeur estant
curieux de tout ce qui regarde
les Sciences & les Arts,
on luy a fait voir l'Imprimerie
le MrThierry, comme l'une
des plus belles qui soient à
Paris. Apres qSul^eut tout
examiné, on le mena chez
Mrle Petit, où il demanda à
voir des Caracteres Arabes.
Onluy en montra. Il fit travailler
devant luy à l'impref-
Gon de quelques lignes) &
on luy donna son nom imprimé
, ainsi qu'à ceux de sa
Suite. Ils virent ces noms
avec beaucoup de plaisir,
parce qu'on n'imprime point
en leur Païs,& qu'il n'y a que
des Manuscrits. Jay oublié
de vous dire qu'ils ont esté à
une Reveuë de Cavalerie de
la Maison du Roy,que l'Ambassadeur
trouva très- belle,
malgré la pluye, qui dura
presque pendant tout le jour.
Il passa dans tous les Rangs,
fit compliment à Sa Majesté
sur sa mine martiale, & dit
que chaque Cavalier luy paroissoit
un César. La grande
foule qu'il y avoit à Versailles;
la premiere fois qu'il en alla,
voir les Apartemens, l'ayant,
empesche de les bien confu,
dérer, il y fut conduit une seconde
fois, accompagné de
à feule Suite. Il remarqua
nieux toutes les beautez de
ce superbe Palais; & dans la
urprise qu'elles luy causeent,
il dit., qu'ily avoir tant
le choses à diresur ce qu'il voyoit,
que ne pouvant les bien expriner,
il avoit la bouche cousuë.
es Présens qu'il a faits à Sa
Majesté, sont un Lyon, une
yonne, une Tygresse, &
quatre Autruches. Deux
ours avant son depart, on
uy porta de la part du Roy,
Deux beaux Chandeliers
le Cristal.
oJ Deux Pendules des plus CU":
rieuses & des plus riches.
Une douzaine de Montres
de toutes sortes, parmy lesquellesil
y en a deux enrichies
de Diamans, & une de;
Diamans & de Rubis.
Une douzaine de Vestes
des plus magnifiques Brocars.
cars. Deux tres- beauxFuzils, &
deux Paires de Pistolets.
Un Tapis, un Lit de repos,
des Sieges; &autresOuvrages
dela Savonnerie, des plus
fins & des plus beaux.
On a pris garde que dana
ous les ornemens dont -ces
Présens estoient enrichis, il
ne se trouvast aucunes figures
l'Hommes, d'oyseaux, &
d'Animaux, que l'Ambassaleur
avoit declaré estre concrairesàsa
Loy.Onyjoignit
pour ceux de sa Suite, sçavoir,
POVR AGGI AALLI>
Gouverneur de Salé.
Un tres-beau Lustre de
Cristal.
DeuxFuzils, & deuxPaires
de Pistolets.
Une tres-belle Pendule, &:
une demy-douzaine de toutes
fortes de Montres, dont
l'une est enrichie de Diamans.
Six Vestes des plus riches
Brocars.
POVR AGGI ABDIL,
Neveu de ïuémbaffadeur.
Un très- beauFuzil, & deux
Montres des plus belles. Le
mesme Présent fut fait à Morakesch,
Neveu du Gouverneur
de Salé. Rien n'a paru
plus curieux, ny plus beau à
l'Ambassadeur,que lesChandeliers
deCristal,lesMontres,
les pendules, & les Armes.
La veille de ion depart, il alla
voir l' Opéra de Proserpine,
que Mrde Lully voulut luy
donner, afin de luy laisser en
partant une grande idée des
Divertissemens de France. Il
est party fort charmé de toutes
leschoses qu'il yaveuës,
mais sur tout de la Personne
du Roy. Je dis de saPersonne,
parce qu'il a sçeu laséparer
de l'éclat de sa grandeur; &
cette maniere deloüanÇTc doit
plus satisfaire un Prince que
toutes celles que luy attire
sonrang. SaMajestélefait
conduire, luy, & tous ceux
de saSuite, jusquesau lieu
où ilsdoivents'embarquer.
Vous devez avoir entendu
parler de la Requeste présentée
au Roy parMrle Comte
de Fiesque, & du Mémoire
qu'ilafait dresser pour établir
sesprétentions & droits,
contre la République de Gé^
nes. Depuiscetemps,Mrde
Fera publié une Carte d'une
partie de la Haute-Lombardie,
où sont marquez les
Etats quelaMaisonde Fiesqueapossedezjusqu'enl'année
1547. & qui sontprésentement
retenus par divers
-
Princes. Le Roy d'Espagne,
le Grand Duc deToscane, le
Duc de Parme, & la République
de Génes, en retiennentune
partie, & le reste
est possedé par les Heritiers
d'André Doria, qui commandoit
les Galeres de François
I. Roy de France, par
Mrs de Fiesque qui demeurentàGénes,
& par les Seigneurs
Ferreri Piémontois,
qui ont pris le nom de la Maison
de Fiesque. Vous ferez
persuadée qu'on en trouve
peu d'aussi illustres, quand
je vous auray appris que son
originevientd'un Fliscus,
sorty de celle des premiers
Ducs de Bourgogne. Depuis
ce Fliscus, il se justifie
par de bons Titres,& par
toutes les Histoires d'Italie,
qu'il y a eu dix-neufComtes
de Fiesque sans nulle interruption,
jusqu'àMrle Comte
de Fiesque d'aujourd'huy qui
s'appelle Jean-Loüis-Marie.
Outre deux Papes de cette
Maison
,
elle a donné à l'Eglisesoixante
& quatorze
Cardinaux, & plus de quatre
cens Archevesques & Evesques.
Je n'entreray point
dans la discution de ses droits.
Tout le monde sçait que
l'entreprise de Jean-Loüis de
Fiesque III. du nom, Comte
deLavagne, Prince de l'Empire,&
Souverain. de Pontremoli
& de Taro, pourremettre
Génes sous l'obeïssance
de nos Roys, à qui
depuis Charles VI, elle avoit
presté ferment de fidélité,
luy fit perdre tous ses Biens,
dont la République s' empara.
Ce Comte Jean-Loüis
estant totnbé dans la Mer,
où il se noya dans cette entreprise,
laissa trois Freres, Jérôme,
Ottobon, &Scipion.
Jérôme eut la teste coupée
contre la foy des Traitez.
Ottobon, s'estantretiré en
France où il commandoit
une partie de 1Arinee du
Roy Henry II. fut tuéen 1555.
auSiege de Porto-Ercolé; &
Scipion resté seul, se rendit
aupres de ce mesme Prince,
qui le fit Chevalier de son
Ordre, &luy donna des Emplois
proportionnez à son
mérite & à sa naissance. Ce
Scipion mourut à Moulins
en K97. &eut pour Fils François
Comte de Fiesque, qui
fut aussi Chevalier des Ordres
res du Roy, & Pere de
Charles-Léon Comte de Fielque.
Ce dernier épousa Dane
Gillete d'Harcourt, ôc
c'est de ce Mariage qu'est
sorty Mrle Comte de Fiefjucjseul
Hericier légitimé,
&l'Aîné de cette Maiion,auquel
par conséquent appartiennent
tous les Etats marquez
dans la Carte dont je
vous parle.
MrAmelot de Gournay,
Maistre des Requestes, nommé
dés le mois passé Ambassadeur
de Vénise, se diipoie
pour partir. L'estime seule où
il est dans le Conseil
,
& dans
l'esprit des Ministres, l'a fait
choisir pour cet important
Employa On le peut connoistre
puis qu'il.n'a encor
que vingt-sept ans, & qu'il
faut au moins qu'un mérite
distinguésupléeau peu d'âge.
Il est connu pour un Homme
d'une sagesse extraordinaire,
d'une vivacité surprenante
dans la penétration desAffaires,
& d'une netteté admirable
à les faire concevoir
-
quand il les rapporte. Il est
fort bien fait de sa personne,
a la mine prévenante,& un
On de voix agreable. Sa Mai-
3n, l'une des meilleures &.
les plus anciennes de laRose,
a produit un grand nombre
de tvÍdgiitrts) qui de
Pere en Fils ont esté à la teste
de plusieurs Cours Souveraines,
tant par elles que par
ses alliances. Pendant que
Mr son Pere estoit Premier
Président du Grand Conseil,
Mr Amelot son Cousin-germain,
Vestoit de la Cour des
Aydes; comme MisNicolaï
&Briçonnet ses Beauxfreres
l'estoient en mesme temps,
l'un de la Chambre des
Comptes,& l'autre du Grand
Conseil. Il y a encor aujourd'huy
trois Maistres des Requestes
de cette mesme Maiion.
Mrl'AbbéAmelotson
Frere, estAumônier du Roy,
& Sa Majesté sa gratifié depuis
deux mois de l'Abbaye
d'Evron, vacante par la démission
de Mr l'Archevesque
de Tours son Oncle. Madame
la Comtesse de Vaubecourtest
sa Soeur. Vous sçavez
, Madame, que Mr le
Comte de Vaubecourt, Gouverneur
de Châlons, & Lieu,
tenant General du Verdulois,
& Pais meiiin3 eit
?etit-fils de l'illustre Comte
le Vaubecourt,Chevalier de
'Ordre, dont le nom fera
:oûjours confervé dans nos
Histoires. Sa valeur s'est ficrnalée
en mille rencontres;
mais particulièrement par la
prisedelaVilledeJavarin,a
la Porte de laquelle il alla l«uy-mesme aattttaacchheerr le PPee..
tard, qui ayant fait ouverture
,
luy donna occasion
d'entrer dans la Place, suivy
de douze Hommes seulement.
La bravoure avec laauelle
il s'en rendit maistre
a fore peu d'exemples.
Quoy que l'on ne duft
presque point douter de la
Grossesse de Madame laDauphine,
on en a présentement
une parfaiteassurance. Cette
Princesse ayant senty son Enfant,
la Cour en a marqué
tant de joye, qu'ilm'est impossible
de vous l'exprimer.
Elle s'estrépandue dans tout
Paris, & on ne doit point
douter que les Provinces ne
la partagent bientost. Chacun
fait des voeux pourl'heureux
succés de cetteGrossesse;
& les Dames Religieuses de
Nostre-Dame de Relay, de
l'Ordre de Fontevraut, en
Touraine, en ayant estéinformées,
Madame delaGrois
leur Supérieure fit faire une
procession générale àl'Autel
où la Vierge cft particulièrement
reverée en ce lieu-là.
La Procession fut suivie d'une
Neuvaine pour demander à
Dieu son secours & ses benedictions
sur Madame la Dauphine.
Sa Majesté doit aller
passer une quinzaine à Saint
Cloud incontinent après Parques.
Ce Lieu est non seulement
fort délicieux&magnifique.
mais Son Altesse
Royale en fait si bien les honneurs,
que rien n'y manque
lpaour les divertissemés & pour commodité.Toute laCour
y est bien logée; & ce Prince
se donnant la peine d'ordonner
de tout, prend défijustes
mesures, qu'il ne faut pas s'étonner
si quand ces Illustres
Hostes en sortent,ils trouvent
toujours qu'ils n'y ont
point assez demeuré.
On m'apprend la mort de
Mr<: Pierre deMaupeou,Seigneur
de Monceau, d'Efury sur Seine
en partie, &autres Lieux, Conseiller
Honoraire en la Grand'
Chambre, &auparavant Présilent
en la Cinquième Chambre
les Enqueftes. Il estoit Beaupere
de Mr de Pontchartrain,
Premier Préfidentdu Parlement
de Bretagne,&est mort fubitemetàS.
Victor,où ils'estoit retiré.
Vous aurez le Mois prochain
une ample Description duJeu du
Monde de MrdeJaugeon.Je vous
l'ay promise il y a déja quelque
temps,&je voustiendray parole.
Ce que je vous en diray fera
pourtant beaucoup au dessous
de l'utilité qu'on en peut tirer,
& des beautez que ce Jeu préfente
à laveuë. Il paroist dans la
Foire fous le nom de Tablesfçavantes.
On ny avoit encor rien
veude si rire,ilv desi digne d'occuper
les Curieux. Le temps dont
les Ouvriers ont eu besoin pour
achever cet Ouvrage, m'afait
insensiblementdiférerquatre ou
cinq mois àvoussatisfaire sur cet.
Article.
Mrle Févre,Docteur enTheologie
dela Faculté de Paris, a
mis au joui un Livre nouveau
dont on peut attendre de fort
grands fruits. Il s'intitule, MOltp
invinciblespourconvaincre ceux de
la ReligionPrétendueReformée. Spn
utilitéfesaitconnoistreparlà. II
traite en détail des principales
Questions de Controverse,&les
traite d'une maniéré à éclaircir
tous les doutes. On le trouve
chez le Sr Georges Angot, Rug
S.Jacques,au Lyond'or. C'est le
premier qu'il airinlprinlé.Com..
meilestNeveude Mrle lletite
-
nez qui il a demeure,ily a îujct
e croire qu'ill'imitera dans les
elles Impressions. Celle de ce
ivre en estune marque.
Le Pere Menestrier jesuite,
nousaaussi donné un Traité nourcau,
quiapourtitre,Lesdiverses &lesmarileres
Un dresser les Preuves. Tout ce
qu'ilfaitest sicurieux, qu'onle
peut promette beaucoup deplaifrr
de cette ledure. Ce Livre se
vend chez le Sr René Guignard,
Rue S.Jacques, à S. Bazile; £c
chez le SrClaudeBlagcarr,Court
neuve du Palais, au Dauphin.
Vous devez estrecontente touchant
le Remede Anglais pour,
La guérison
des Fièvres,puisqueMoniteur de
Bleeny l'a publié par ordre du Roy.
Ce qu'il en écrit est accompagné des
'-}01t:rvatIOflS de Mr D:.qnin PrerrH
Medecin Je sa Majesté, luila COIIIFO. on, les vertus.Je l'usage de ce Re.
mede.
1 Les Mémoires de l'Entrée de Mr l'Evesquede Meaux dcTonnk>cefe,j^'ondtans cette Ville. esté rendus si tard,
*je
ftiis forcée remettre cet u;';-Itlcle JulqualtJOls prochain rinfï
queceluy de!a Reception deMIl'.Abbé deDangeau à l'Académie Françoise. Jesuis Madame, vostre&c.
A Paris ce 28. Février 1682.-
Mr Brunet, Avocnfâi^ Parlement de Provence a fait la Duphcation du Cu- be en oUmaniérés, par le Cercle o. la Ligne droite, c'estàdire,laRésolutionGéometrique
du Probléme propo
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le