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~v,i,qE.IR.CeqvURJq4lq
DEDIE' A MONSEIGNEUR LE DAVPHIN.
OCTOBRE IÓSZ.
A PARIS.
Ar PALAIS.
ON donnera toûjours unVolume
nouveau du MercureGalant le
lperemier jour de chaque Mois, &: on vendra,aussi-bien que l'Extraordinaire,
Trente sols relié en Veau,
Viiigt-cinq sols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE, au Palais,dans là.
Salle des Merciers, à la Justice.
Chez C. BLAGEART, Ruë S.Jacques,
àl'entréedela Ruë du Plâtre,
Eten sa Boutique Court-Neuve duPalais,
AU DAUPHIN.
Mt T. GIRARD,au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie.
M. DC. LXXXI.
AVEC PRIVILEGE DV X.OT1
r£,i SteurBlagtart vend toutes la Ltftet
«fcJournalgénéral de trunce. iljenadeja
W<t.f. 7.1 ÀtflfU>m*rstaùv^Hteine îeudj
çmÏHif»<SMevemir*»
j
TABLE DES MATIERES
contenuës dansce Volume.
If AVantprtpos, if
Versau Rojsur le Sujettrotofé fourth
dernierPrixdeVAcadémieFrançotjë, f Meffteurs de l%Academte de Villefrxncht celefbrebnt
llafeefiemdeS.LneùitiWtTreêc b,eatucoêup dè C(}n-utrjio»sfaites farM.CEvef^ue Ducai
Laon,«vetunExtraitde/vn.Drfcours aux
1</oui>caux Cc»-uertu, xz
'Lettreete Madame ta Vtguiere d'Ailly?-je dePhilofophes^ir Lettre à la mejmetouchantsan»w<Jt!le Se&e de ^MadameUDutheffe de mbrreynorartoivebe
d'un Garçon,fendant queM.leDut te
Mortemarfefignole sur Mer, et
Xelle'.délion detejeuneCentral des Gtlleres,
tir
Madame la Marqu/felie Livrj accouche d'un Garçon, jé
Remarque sur les faites, Ji
Le Chabot ~Ç$les Vertrrrt, 'PAf,k, yf
Mariage de M. leMarquis deS,Paulauet
M..,tieIRolfelle de Chiner»jt Jfi
J'Mar$agede M." Tellier. ïf
*\r*dtgeh
TABLE.
ZabépujutrreaPtreioodnigduee,Madxamel*,M<ltrquoife de fta,u;- La Mouchelafourmi,fable, ro2i
fieux,
ke C4 latoe»ur~ïl,e
MoiriBellesAdioni desetsJmle Marécchhaail DDiuvcc de
laTertio toy
Mort de M. de YIIIÚ'¡i.. 1x2.
Mort de M,stimeret,ChambrierdefAbbaje
de Coulombs, isf
Le Taux A[mer, Nouvelle en Vers, 111
B.établtjfemcnfdeM,DargettceSy tff
Cenmontesfaites à simiens,164,
Suite des CenJeilsd>ft»terejfez, à la jeune
Jrts, ijf M.éjet>tJf*neesfrites à Rome four la festede
la Rejneregnanted"Effagne,19ç
flou-veaux Cardinauxfatts par le Pase. En
quoy confiée leus Dignité, Ceremontts
qu'ils observententreux.OriginederCar-
'¡,ntfllX , avec plusieurs autres thofesCUrteufrs
sur ce fUlet, & sur t"£Ieéiiom e1
Couronnement des Pafes,20g
Citadelle de Cassai Itérée aux Troufes du
*ey ".f,!
¿ntrÙ de Sa HAvlU dans iaVtlle de Strasbourg
îc,ir
Noms de ceux quiontdevinélesLnigwesdu
t tlern;u Moist 17Ç
Mnijme, 371
4htreLnignte, gyt,
FindelaTable.
T-AE1RCV.P~-tz1
- icA-AILMl~)T - -
OCTOBRE leSl: AVOÜEZ,Madame,
que vous n'avez
point doutéque la
Réduction de Straibourg,
donton parle présentement
dans toute l'Europe, ne duft
faire le premier Article de
cette Lettre, puis que depuis
plus de quatre années vous
n'enrecevez aucune de moy
qui ne commence par quelqueAction
de Sa Majesté.La
matiere est belle, & on n'en
sçauroit trouver qui fournisse
davantage;mais quelque
ample qu'elle soit, elle
demande de longues refléxions
pour la traiter avec un
peu d'ordre. C'est ce qu'il est
malaisédefaire, tant qu'on
est encor dans la surprise
d'un évenement si peu attendu.
La conduite toute
merveilleuse qui a fait mouvoir
les ressorts cachez de
cette Entreprise, mérite qu'-
on s'arreste quelque temps à
l'admirer ; & pour bien entrer
dans le détail de tout ce
qu'elle a d'extraordinaire, il
la faut examiner avec la plus
forte application. Quoy que
les choses qui se font passées
en l'exécutant, ayent esté faites
promptement, il n'y a
rien eu de précipité. La Prudence
& le Cabinet ont fait
à loisirmeûrir ce dessein, ôc
ils ont si bien travaillé à
mettre laforce en état d'agir,
que pour en assurer le succés,
on n'a eu besoin que de
la faire paroistre. Comme il
m'est aisé de m'imaginer
quelle est vostre curiosité sur
cet Article,j'auray foin de la
satisfaire avant que je finisse
maLettre. Cependant pour
ne faire pas si-toll cesser le
plaisir que vous avez d'enten
dre parler de nostre auguste
Monarque, je vous
envoye des Vers qui ont
esté faits pour le dernier
Prix de l'Académie Fran-1
çoise, & qu'on croit n'avoir
pas esté donnez assez tost
pour le disputer. Ils sont de
Mr Bauldry, Curé de Fresnes,
proche Montbard, Diocése
d'Aucun. Leur lecture
vous fera connoistre la beauté
de son génie. Nous en pourrions oei-pérer plusieurs
agreables Pieces, si l'état Ecclésiastique
qu'ila embrassé
pouvoit permettre à sa Muse
desortir des bornes que ce
Caractere luy prescrit. Cest
en quoy on ne sçauroit trop
loüer sa modestie.
AV ROY.
Sur ce qu'on le voit toujours
tranquille, quoy que dansun
perpétuel mouvement. GRand Prince, quandjevoit
Thémis avec Belionne
Régnerégalement dans taJage Pee.
sonne,
Et quepar une Route inconnuë aux
Cefarsy
Ton courage intrépide au milieu des
hasards,
Effaçant des Héros la célébré mémoire,
7é condti »t Teconduitagrandspas au Temple
de la Gloire;
Qued'une heureuftfin couronnant
lesProjets
guisoccupentsans ccjje au bien de
les Sujets,
Jjhielque illuflre dcfjein, quelqu'ardeurquil'enflame,
Tu conferves par tout une égalité
d'Ame;
Je/Ùif enfincontraint de te dire,
Grand Roy,
J^uetefacréValon n'a riendigne
de Toy.
Lesflériles loisirs que l'abondance
donne,
Neflétrirentjamais les Lys de ta
Couronne;
Et bien loin de tomber dans le relâchement,
Tu trouves le repos aufein du Mouv(
ment.
Le zei,, dfs Autels, l'ordre de la
juflice,
Le rrposdu Sujits, ô" l'art de 14
l'ûi'ne,
L'inth',Il de Etat, le commerce des
Me>"s,
Font le /ix j'v reflux de tes EmploÚ
Ù7- Lrs y
Et LOÏS C.'ic LÛIU cesfoinspartagent
la cond1uitey
Tu cor/J('iïvcs lle c.tl,/Kc, ou t-out antre
le q:;itte.
Le Nocher qiïautrefois Mars avoit
rebute,
Traverse par tesfoinsles Mers en
Jcurac,
Et faisant un commerce heureux
commesa conrfey
Trouve des Coeurs François dans J les Peuples de l'Ou/f.
Icy pour rendre au cici le tributde
l'Etaty
Tu retablii /'F^ae en(onpremier
éclatt O j i .J;
Et renversant l'erreur des Seclés
l-lCïétidHCSy7
1 Tit remits envi?ncurlesLoixEvangthques.
O
JLa d'un E(pritfertileenprodiges
enversy
Arbitrejowverain des Roys de L'Univers,
Commehsistiutu tteenrnoiiss la Fortune enchaînée,
Ta prononcesl'Arrcfi qui fait leur
dessinée.
Tantofi réglant le droitde tes peu..
picsfournis,
Tu remets dans les mains la Balance
à Thémis,
Et remplijjant tes Cours de Gens
dosses &ifges,
Fais de tes Tribunaux autant d'AMairésopagesi
Maissidans tonefiritThémis garde
fin rang,
Le mérite de Mars efl aitfji dans ton
Sang,
Etle concert heureux de leurpuif-
, sance unie
Exerce inceffimmtnt ton Bras ou
ton Génie. uiitbeau voir LOVISdans
la tranquillité,
De cent Peuples unis méprisant la
§erte..
SoutenirparfisfoinsUFrance menacée,
Contre toute Europe en un Camp
ramassée,
Etlevaste Occean qui dans le mejme
temps »
Portoit contre nos Lys desRoyaumes jlfltans,
LOFISsansfc troubblleerrvvooiittggrroainiddeerr
cet orare,
Ectcoetute sriarmgeteequ.i règne en fin rc~o,-re eii fon
2\c In/iu.lllt rien partout qui la
pn[i]e égaler,
.su -.J) Ó' tt ,
Netyaroe rien aussi qui la puiffi
ébranler,
Il mefure diu péril l'honneur de la
Victoires
Lagrandeurdu dangerfaitcelle de
sa gloire,
Et comme lespérilsne luyfontpoint
de peur,
Les Viftoires ANssi n'enflentjamais
son coeur. il courtsans s'émouvoir où la Valent
le mene,
Et trouvant du repos au milieu de
la peine,
Jljointtantofl au Siege, & tantofi
au CBmbat,
La majefié de Prince au devoir de
Soldat,
Mlfi; lors quen tant de ofins son
EJpritfopartage,
Ilchanged'exercice,&jamaisde
vifagc,
Et dans ces mouvemens on diroit
à Il voir,
.Zitefon reposconfifle à n'enjamais
avoir.
làfitr l'Escautfournis aujougde
saVictohe,
LOVISmarcheàgrands pas du
périlà lagloire,
Et la mefine vertu qui lesçait engager,
Luyfait voir d'un mifme oeil 14
gloireér le danger.
Jcy l'Aigle du Rhin
,
& le Lyon
duTage,
S'efforcentvainement d'ébranler
fin couraKe.
ILfAîONeÙptluSne, ééttoonnnneé de ces FFaaiittçs
Soumet de toutes parts fin Empire
à LOVIS,
Comme l'Afire du jour dansfavasse
carriere
Répand en divers lieuxsaféconds
lumicre,
Tintotf pour dissiper l'épaisseob»
feurité
Jjïue laTerreenvieuse oppose asa,
beauté;
le) pour couronner lesommet des
Montagnesy
Làpour rendre à Ccrésle tributdes
campagnes,
EEtt cependant toujours tranquille à* tglorieux,ours tranqui#e
Poursuitégalementsa course dans
les Citux.
AinJi dece Grand Roy lafage Politique,
Ménageant la fertune& lagloire
publique,
Sfdépartagerdansl'ordre, &fui.
vant les befems,
En divers temps &Inu.wfts veilles
&fcsfoinsi
Essaisqu'aujougdes Loixilfeûmette
le crime,
Soit que le Dieu de Thrace a la guerre
l'anime,
Dans ces EmpUis divers que le Sort
luyproduity
Le calmel'accompagne, & lagloire
lefuit.
François, ne craignez, plus le Ger.
main,nyCihere,
Puis que LOVIS vousfert c-; de
Prince&de Pere;
Et lors que de Bellonne il affronte
les coups,
S'ilne craintrienpourluy,c'cflqu'il
craint toutpourvom.
Alors quefi valeur luy donne une
Victoire,
Il non* laiffi lefruit, Ó. n'en veut
que lagloire,
\Etlagloire qu'il veut nesi termine
atairien plaisir qu'il reçoit de vorn
faire dubien.
\Sapeine &vofirePaixsuccedent
l'une à l'autre,
LII neperdfon repos quepourgagner
U vostre,
Et veut par ce moyen que le calrftt
& l' honneur
Réo'Jl{¡¡t dans [es Etats comme ils
,-)font enfin coeur.
PRIERE POUR LE ROY. Toy, dont la puissancefitprèwe
Arrit f(!!t,Or'n tranquillement.
Et qui mets tout en mouvement,
Sansjamais te mouvoir TOJmejme;
Sipourcombler nosjours de benedifiions,
Et graver dans nos coeurs de ton
Nom la mémoire,
Tufis fart a LOFIS de tes perfections,
O Grand Dieu, fais aujjl qu'il ait
part a ta gloire.
Cette Piece qui m'oblige
àrapeller le jour deS.Loüis,
dans lequel la distribution
desPrix a esté faite, me fait
souvenir en mesmetemps de
vous rendre compte de la
maniere dont l'Académie de
Villefranche a celébré cette
grande Feste. Ceux dont elle
est composée s'estant rendus
le matin dans l'Eglise avec
leurs Habits de cerémonie,
prirent les places qui leur
avoient esté préparées dans
le Choeur, & l'on chanta la
Grand'Messe avec beaucoup
de solemnité.MrSaladin
Ecclésiastique, qui est
du nombre de ces Académiciens,
prononça le PanégyriquedeS.
Loüis avec autant
de succés qu'on en pouvoit
espérer, ôe cette premiere
cerémonie se termina par des
Prieres publiques pour Sa
Majesté. Sur les deux heures
>
apres midy, tous les Corps
de Ville, le Bailliage,l'Ele- 0 ction, la Prevosté, les Communautez
Ecclésiastiques&
Régulieres, laNoblessedu
Voisinage, & unfort grand
nombre de Dames qualifiées,
se trouverent dans la
Salle de MrBessie du Peloux,
Secretaire perpétueldel'Académie.
Cette Salle erroic"
parée de Meu bles tres-riches.
Les Eloges de son Altesse
Royale Mademoiselle
d'Orleans, Souveraine de
Dombes, & Dame de la
Province de Beaujollois,
avoient esté donnez pour
Sujet par les Académiciensà
ceux de leur Compagnie qui
devoient faire des Discours
publics. Le Portrait de cette
Princesseestoit d'un costé
sousun magnifique Dais de
Velours rouge à Frange d'or,
élevé sur un Fauteüil de la
mesme Etoffe
; & de l'autre
onvoyoit celuy de Mr l'Archevesque
deLyon, Protecteur
de l'Académie, sur
une Toilette de Satin violet.
A trois heures les Académiciens
sortirent de leur Bibliotheque
pour entrer dans
cette Salle, & se placerent
sur des Fauteüilsle long d'une
grande Table, couverte
de riches Tapis de Turquie.
Apres que toutes les Compagnies
eurent pris leurs
places selon leur rang, Mrde
laBarmondiere parla des
grandes& Royales qualitez
de Mademoiselle d'Orleans,
avec la force, l'éloquence &
la grace quiluy furentinspirées
par la dignité de son
Sujet, & qu'il soûtint admirablement
par les bellesdispositions
naturelles & acquises
qu'il a pour les Actions
de cette importance. En
fuite MrMignotdeBussy,
Lieutenant Genéral de la
Province,recitaune maniere
d'Epistre en Vers François
sur cette mesme matiere.
Ceux que jevousay envoyez
deluy à la loüange du Roy,
& que vous avez trouvez si
dignes de l'approbation qu'-
ils ontreçeuë du Pu b lic,vous
: doivent persuader du mérite
de cette derniere Piece.
iToute l'Assemblée en fit pa- roître une satisfaction ex- traordinaire, & on ne peut
rion adjoûter aux applaudisl
semens qu'elle donna à ces
deuxillustres Académiciens.
, M' l'Evesque, Duc de
Laon, & Pair de France,
ayant fait son Entréedans
sa Ville Episcopale au commencement
de l'autre Mois,
comme je vous l'ay mandé,
n'eut point déslors de soin
plus pressant que de s'appliquer
à la Convei sion des
Herétiques. L'ardeur de son
zele eut un succés si heureux,
que sept jours apres ilreçeut
l'abjuration de dix Personnes.
Chacun fut charmédu
Discours qu'il sir à ces nouveaux
Catholiques. Il leur
À
témoigna d'abord la joye
qu'il auoit de commencer
les fonctions de son ministere
par celle du Bon Pasteur,
qui est de remettre dans la
voye du salut ceux qui s'en
font , écartez, & leur fit
connoîtrequ'il ne leur estoitpas
inutile d'avoir esté
quelque temps envelopez
des tene bres de l'erreur,
parce qu'estant enfinheureusement
éclairez des lumieres
de la verité, ils auroient
plus de plaisir à la
voir, & plus de facilité à la
faire voir aux autres, En fuite
il leur expliqua les deux caractères
de la veritable Eglise,
qui sont son Unité,& ion
Universalité,& ille fit d'une
maniere sublime, & en mefme
temps si claire, qu'il rendit
capables ceux qu'il instruisoit,
d'instruireàleurtour
les plus aveuglez du Party
contraire. Il finit en leur disant,
qu'ayantl'avantaged'estre
devenus Enfans de lumiere,
ilsdevoient tâcher de dissiper les
erreurs autant par la pureté de
leur vie & de leurs moeurs, que
par celle de leur Foy; que tout
leur estoitfavorable, puis qu'en
rentrant
rentrant au sein de l'Eglise, ils
rentroientaussi dans le coeur d'un
Pere,dont ilsrecevroient de continuelles
marques de tendresse,
&que ce qui estoitpour eux un
bonheurfortgrand
,
c'est qu'ils
rentroientd'une maniere plus
singuliere fous la protection du
plus grand de tous les Roys, dont
lajusticeempeschoit que les Ensans
qui quittoient les maximes
de Calvin, ne redoutassent l'injusteindignation
de leurs Peres,
& dont la bonté offroit des récompensesproportionnées
aumerite
de ceux qui rendoient leurs
soûmissionsàl'Eglise. CeDisc
cours nattira pas moins de
loüanges au nouveau Prélat
dont je vous parle, qu'il fut
profitable pour tous ceux
qui l'entendirent.
Madame la Viguiere d'Alby
est une Personnesirare,
qu'il ne part rien d'elle qui
ne mérite que vous le voyiez.
Voicy une de ses Lettres qui
m'est tombée depuis peu entre
les mains. Elle est écrite
à une Dame d'Avignon, qui
sans l'avoir veuë, avoit témoigné
de l'empressement
pourestredeses Amies. On
n'apû me dire si elle s'est ac-
-
quitée de sa parole couchant
son Portrait promis. Je juge
aisément de la joye que vous
auriez de le voir, parl'estime
que vous faites de tous ses Ouvrages. o
A MADAME
- LA TRESORIERE
-
DE PIELLAT. OM na pas manqué, MaJ
dame3 de me faire fçauoir
lesjentimens de bontéque njorn
ave^^ pour moy> ç¿'q-' je non
garde de négliger un panchant t'a- r
qui mefait tant d'honneur. JujqueS
icy c)efifeulernent Louvrage
des Etoife8) puis que vous
ne mave jamais veue; mais
je pretens leur aider, &fîvêftre
coeur ne leur reftfie pas3j'efyere
de donner des fuites fort tendrez
ades commevermenssiobligeons
éJ" si particuliers. Croye%3 s'il
<vo'<splaijïyMadame3 que si je
deCire d'entrer vr-is,cest en commerce avec '1))'S, c) est moins ponur le plaisir
£une Avanture singuliere
3
&
pourfournirdesnouvelles aumer-'
cureGalant, queparce quejfeflL
njementjesens un je nejfayquoy
qui m(itirl,luerstOW.Mes petits
Ouvrages mont fou-vent attiré
de divers endroits des honneftetez
de mj;ne nature que les
vostres, mats envéritéje riy ay
pas eslé siJenJtble. Vous ne me
connoijjeMadame3quepar
ma Projfe &mes Vers. Ce n'cft
pointajp%. J'aydejjeindevousenvoyer
mon Portrait auPremier
jour, afin quevous me connois
fiez toute entiere, pour ïesprit
&pourle corps, carje ne veux
point tromper voflreidc£ Je
veux au
contrairequevousfça~
chiez bien quelle eftla Personne
que vous aimeJ'efjtere que
Ta force de voflre inclination
vous obligera de maimer o avec mesdéfauts; ér afin que vous
n'ignoriez r;cn de c: qni me regarde3
je VMS diray3 Adadame,
que je psjfe ma vie 1Ins un petit
crin du iVlonde tres-pivorifé du
Ciel ff) de la Nature;, où lort
rcfpire un airtemperé3 ou les
Gens ont de l'esprit dr de la
politesse
3 & où la joye &les
plaijirs régnent dans tous les
j - coeursjexcepté dans le mien.
J'ay ejléprejqueaujjitojlVeuve
que mariée3&jayJoujJert dans
cette condition des traverses3 des
peines) 0" des embarras incrojailes.
Il efi vray que j'aypour
monfoulagcmentj la liberté &
l'indépendance, dont les plaisirs
font si vantek J & qui ne me
fervent que pour écrire autant
qu'il me plaist en Vers & en
Prose; mais, Madame,je pourrrooiiss
bien fsaair, e un jour un plus
doux usage de ma liberté. Elle
peut me conduire à Avignon,&
il ne tiendra qu'a vous de fortifier
l'envie que j'ay de faire ce
Voyage. Vous n*avckpour cela
qu'a me continuer vos bonté
Abandonnez-vous bien3 Madamey
au panchant que vous
ave^pour moy.LîiflêK faire
les Aftm qni l'ont fvt naître.
EjJayez jufqucs ou ilsnous meneront.
VOUf riena
craindre
>
puis que r", conformité
de Sexe-l'on: ojl<: la peur que
l'on a quc'q:-;ejois dj leurs infwnees.
Vvus trouverez; en moy
tous lessentimens que le coeur le
plus délicat & l? plw tendreM
peut aiwr pour ce qu'ilaime;
st) lefoin que j'auray de rendre
noflre commerce divertiffantt
vousfera connoistre le desir que
faydevous plaire, &de quelle
maniéréje fuis avec refpett,
Vostre tres-humble & tresobeïssante
Servante,
LA VIGUIERE D'ALBY.
Jevousenvoyay il y a
deuxmois une Lettre d'un
spirituel Inconnu, par laquelle
il demandoit à entrer
dans la nouvelle Secte de
Philosophes, dont Madame
la Viguiere d'Alby donné nous a le galant Projet. Depuis
ce temps-là ila changé
de pensée, & n'en trouve
plus les Statuts commodes,
si on prétend les faire obferver
avec rigueur. Voyez,
Madame, s'il vous convaincra
par ses raisons.
A MADAME DE SALIEZ.
VIGUIERE D'ALBY. JE dcjcjbere à present, Madame,
d'entrer en voflre Academie.
Ilfautvousparlerfncé~\
rement. Si --vous en demeure£
à vos premieres Loix}rien n'est
Jt contraire a lefpritde voflre
Sexe que l'amour, & falmc
Avec pajjtondepuis peu de jours.
La Lettre que je vous écrivis
dans le temps que fefiois litre,
maattirefans vanitédes louanges
; & commeje nefais jamais
rien sans texpofcr ala cenfurc
Ve mes Amis) ils n'ontpu gardeYJesecret,
parïinterejl quilsprenaient
a magloire. Le Peintre de
(oy-mesme a esie malheureuJement
connu d'une Belle
3
qui
lapres en avoir eslime la Copie,
>4 genereujementétendeson erttime
jusques à l'Original. Si
je mefuis servy du terme de jmalheureusement.2 ou lesautres
en pareille rencontreJe croiroient
heureux; la raisonJ Madame,
eflque vous fermez la Porte de
'l.Joftre nouvelle Académie aux
Amans de l'un st) de l'autre
Sexe. Cependant comme vous
Jiftinguez deuxfortes de beaux
Efprits} je vousprieausside con*
sidérer en ma faveur deuxfortes'
d'Amans. Lesunsjontinjenje
On les entendflûpirerpar tout.
Ils parlentJouvent aux Arbre*
&aux Rachers>pour nepouvoir
Je parler a eux-mesmes. Ilssi
contrarientfanscesse,& ilsfont,
comme on dit communément, des
JaUts du Ciel enTerre. Tantofiils
élèvent le mérite de leurs Afaîtresses
jusqu'à les placer potrmy
les DivinitéTantojl ils les abaiffent&
les traitentde Furia.
Quelques grâces quelles ayenty
un air de froideur les dejejpere.
'VlJ(aJ, rreeog-aarrdd les rraaijJure. Si leur
imagination facile a blesser les
etourneleurcoeurfirao-ile les rapelleincontinent3
f0 ils fontsi
peu a euxy qu'ils ne jugent des
cbofes que par hasard3 par caprice3ou
parpajJion. Vnefote r&
aveuglecomplaisance est pour
l'ordinaire la réglé de leur con.:
dnite. On remarque qu'ils blÂment
ce quils ont approuvé3 &
qu'ils changent aussi aisement
defentmiens que de rviftl/l,
fembLbles aux Caméleons;) qui
t~rocm~~pefn~t les Ly.r:UX par la dfé. -- p~~ M j
rence d s couleurs. Ce font des
Prothées qui prennent toutesfortes
de figures, pourfaire autant
de perjQnnages quily a depassions
chez eux. Les injuresfui.
njcnt de pres leurs douceurs. Ils
s'enmyent & ennuyent les autres
par leurs discours extradagans3
& par leurs maniérés ridicules.
Ce font làj AfadameM
ces Amans que l'on doit excluredu
nombre deivos SeElateurSy lesquels
au contraire font profejJÙnJ:
defuivre la raison,&de rechercherfur
toutes choses la tranquillité
de Veffrit, & le bonheur de
la vie.Adaïs il y a d'autres
Amans quifont & tendres &
raisonnablesj & qui rendant
justice au mérite> aiment ce
qui est ttirllable; qui ne découvrent
jamais leurs sentimens
squa leurs Afaîtrejjes ou à leurs
.Amis fagts
3
sincéres, & fort
bexerimentez, dans ïArt d'aiimc?
rJ pour en recevoir des conseils.
Si ces Amans parciffent
quelquefois détachez à Vextê-
;rieur3 cejlafin de n'estre point
>inquiète^ dans leur; amours, ou
lpar des Parens fâcheux} oupar
des Rivaux incommodes. Ce
détachement cft un trait de Politique
j férquoy que leurs coeurs
Joient à leurs Maîtreffis, leurs
effrits font toûjours à eux. Ils
f,aiment,sansperdre l'usage de It
raison; & s'ils cessoient d'ern
avoir,ilsfervent incapables'
d'aimer.Quonneme difepoint
que lors que 1 on efi bien amoureux3
on ne se possede plus; que
lesfréreqquenteess eémmoottiioons du coeur
font incompatibles avec le repos
de l'ejprit; car l'expérience nous
faitvoir quesi l'on a bienplacé
l'unjtautre eflfatkfait;
que comme le plaisir de 1 amour
efi d'aimer, un beau réciproque
qui naiss d: /V(lime & de la
confiance jointesa l'inclination, fin znCt;-r¡at;on¿
vient mettre fin a nos justes&
pressans desirs; ce neur quifait le bondelavie.
Envérité,9Afa-
>
-dame3 il y auroit de l'injufkice
de refuser des Places dans vojlre
uAcadémie à des Performessi raijbnnables.
D'a: lleursje l'ous
jïiplie tres-humbl ment de uosa
Jouvenir que l'amour cft l'amt ldenojîre ame) l harmoniedu
monde; cette merveilleusesympathie)
oui prends & qui en--
tretient les ejjJfÍrs dans une parfaite
intelligence; que ccft le
lien des coeurs; que ces Epiaues
volontaires ejliment leur Chaîne
pï-us quuneCouronne3 & que engagementde leur liberté,riejl
point une sèrvitude) mais un pur
sacrifice, mhommaçei&mesme.
unplaisir ou une reconno?Jfance.
Ilsfont leur gloire de la foumission
qu'ils ontpourles ordres
de leus Souveraines; er comme
elles[çtruent commander3 ilsgavent
oheir.En un mot ilsaiment,&
ilsfont aime Helas,
Madame,fins amour tout languit.
Lesplaifirsfontimparfaitst
les d-firs fo/tt" vains} les projets
femblen'inutiles.Quand l'imaginationn-}
plus échauffée par ,un Objetquiïoccu'^oit agréablement;
lorsque l'espritn'eflplus
remply de i::Ú!/e belles penfées
que luy eaufoit la
,
grandeur de
son sujet; lors quenfin le coeur
11 vuide3 on est malheureusement
dépourveu de tous ces
avantagesquiviennent dePAmour3
st) non pas de la Nature
ou de la Fortune. On devient
stérile dansfisproductions,pa-*
rejjeux dans Jes allions
3 ennuyeux
dans Jes discours
3
bigarre
dansfeJJ manicres3mifiantrope
dansses juçrmens3chimérique
en 'fis prétentions. De
bonne-Joy
,
Madame3approuve^-
vouÀ ces Philofo?hes qià
profejjoient hautement ïinfenfitiiité?
Ilfaut avouer quesi l'on
riaime rien3l'on n'ejî bon à
rien, & que toutes les pajjions
nefont qu'un Amour reveflu de
diférentes couleurs. La véritable
Eloquence est celle du coeur.
L'on pourroit mesme comparer
l1e coeur a une AÁcadJém/'ie ou ll''on
apprend le bel Art de persuader
st) de plaire. L'Amour en doit
estre le Direfleur. J'ofirois ttdjoûter
que les grands & les plus
parfaitsPbilofojhes font les-
Amans rafonnables; car a considérer
le nom de Philofcpheon
trouve que c'efl lAmant de la
Sagesse.Memobjeêle% donc
,
fle. Ne ni ogi
point, s'ilvous plaijl,AIa- dame,
que l'amitié a plus de charmes
&plus. de rapolt à la véritable
Pbilofopbie, que tAmour; quelle
ëft plus decommerce; que
l'uneeflune -vertu,- dr l'autre
une paJJion. Pourrépondrex il
suffit d'examiner la diférente
conduite d'unAmant st) d'un
Amy. Un Amy dit tout ce qu'il
pense. Il écrit indiféremmenh
toutes choses.Un Amant au contraire
a peur, deJe commettre.
Un Amy nefeintpoint de montrer
ason Amy tous Jes défauts.
UAmant les cache a sa MaÍtresse
pour s'en corriger. Lafamiliarité(^
rl'ouverture de coeur
pour estre tropfréquente &trop
grandej détruisentl'amitié. En
amour cette discretion, ces égards)
ces refpeélsj, entretiennent l'union
parmy les coeurs. Le diray-
je, Aiadame?Lamitié
qu'onvantetant,riefl aproprementparler
dans lujage ordinaire
du monde, qu'un reste d'amour,
puis que tres-Jouvent il
arrive que lors qu'on cesse d'estre
amoureux, ou parune inclinationnaturelle
de changer'3 ou par
un pur dégoufl> l'on devient
Amy par raison ou par politique,
pour rieftre pointaccuje
dinconfiance, de caprice, de
peu de di/cernement. Mais à
quoj bon
3
Madamejfaire icyiFApologie
des Amans raisonnables
t Vous en connoissez trop
ie mérite& k prix. Atnfi loin
d'appréhender que cette qualité
nouvelle doive eflre un obflacle
%a magloire & a mon bonheur,
yay sujet de croire drd'efféi-er
quelle meservira de moyenfeûr
pour m'attirer voflreestime, elgourmefaciliterenmejme
temps
ma reception dans voflre illuflre
.Académie3 qui fera déformais
il'objet des Personnesfagesst)
icapables.Jefins,Madame,
Vostre tres humble &tresobeissant
Serviteur,
LE GEOLIER DESOY-MESME,
A Tarisle\yaOcî.iCSi.
- Ilseroit à souhaiter que
tous ceux qui aiment demeuraffcncdam
les bornes
quel'Autheur de cette Lettre
prescritàl'Amour. Comme
la raison en seroit la regle,
cette passion, si dangereuse
pour la plupart des.
Amans, leur feroit goûter
des plaisirs sans trou ble, &:
on n'auroitpoint àleur reprocher
toutes les folies dont
elle est la cause. La plus blâmable
de toutes estde mourir
à force d'aimer. La choie
est rare, mais non pas assez
pour n'enpouvoirfournirun
exemple.
exemple. Vous le trouverez
dans l'Avanturequisuit. Un
Cavalier, à qui les Belles
donnoient lenom d'Insensible,
parce qu'il n'avoit jamais
eu d'engagement, rencontra
un jour dans les Tuileries
une grande Brune,
dont la beautéle surprit. La
majesté de sa taille luy donnoit
un air qui la faisoit distinguer
parmy celles de son
Sexe qui s'atiroient le plus de
regards. Illa suivit dans plusieurs
Allées, & curieux malgré
luy, il ne voulut point la
perdre de veuë qu'il n'eust
sçeu qui elle estoit. On luy
apprit que son Pere mort depuis
quatre ans, luy avoit
laissé dequoy estre satisfaite
du costé de la fortune; qu'on
l'estimoit fort pour ses belles
qualitez
; que sa Mere n'avoit
d'autre passion que de
la voir mariée; & que [a
beauté luy ayant acquis
grand nombre d'Adora-j
teurs, on attendoit tous les,
jours quelles'expliquast
pour faire un Heureux. il
foule d'Amans dont le Cavalier
fut in formé, luy fit
prendre le dessein d'approfondirlemérite
qui luyattiroit
cette grosse Cour. Il
trouva moyen d'avoir accés
chez la Belle, &plus il la vit,
moins il fut capable de luy
refuser son coeur. Cette charmante
Personne avoit un
brillant d'esprit qui eust enchanté
les plus délicats, &
elle y joignoit une maniere.
de dire les choses si agréable
& si enjoüée,qu'il estoit
presque impossible de la voir
souvent, & de s'en tenir
pour elle à l'estime. Le Cayalier
ne fut paslongtemps
,N.bans aller plus loin. Son instant
fatal estoit venu, & en
cinq ou six visitesil en devint
amoureux si éperduëment,
qu'il fit éclater sa passion
par toutes les marques
qu'un galant Homme en
puisse donner. Il étudioit
ion goût pour inventermille
Parties de plaisir. La Promenade
succédoit à l'Opéra, la
Comédie à la Promenade,
&il se passoit fort peu de soirs
sans qu'il divertist la Belle en
faisant joüer les Violons
dans sa Ruë. Ainsitout son
Voisinage profitoit de l'amourdu
Cavalier, & onn'y,
parloit que de la galanterie.
La Belle quiavoit l'humeur
portéeàlajoye, luy tenoit
compte de ses complaisantces;
& la maniere obligeante
dont ses soins estoient reçeus
luy faisant croire qu'il avoit
touche soncoeur,ilne douta
point qu'en se déclarant, il
ne la vist disposée à l'écouter
favorablement. Il avoit
beaucoup de Bien, & cet
avantage pouvoit seul suffire
à faire accepter ce qu'il prou
posa. Ce fut cependant inutilement
qu'il s'offrit à répoufer.
Le Mariage fit peur
à la Belle, & les plus fortes
raisons dont se pût lervir la
Mere pourobtenir son consentement,
furent incapables
de l'ébranler. Elle dit
toûjours qu'elle vouloitvivre
libre; que l'Amant le plus
soûmis devenoit en peu de
temps un Mary impérieux;
& que faisant confi ster le
souverain Bien dans l'indépendance,
ellecroyoit se devoir
plus qu'à personne, &:
n'estre pas condamnable de
préferer le repos d'esprit à
une vie pleine d'embarras.
Le Cavalier ne s'étonna
point d'abord. Quoy que ses
refus fussent appuyez de raisons
solides, il ne pût s'imaginer
que l'état de Fille la
satisfist autant qu'elle l'assuroit;
& dans l'espérance que
le temps & ses services luy
feroient changer de sentimens,
il redoubla ses voeux
& ses soins pour l'engager
insensiblement à répondre à
son amour. La Belleestoit
fort contente de ses affiduitez.
Elle luy trouvoit infiniment
du mérite, & rien ne
luyplaisoit tant que les convergions
d'espritqu'ils
avoient ensemble;mais des
qu'il parloit de Mariage, ce
n'estoit plus la mesme Personne.
Son visage se changeoit,
& elle prenoit un sérieux
entierement opposé à
son caractere. Le Cavalier
voyant qu'il n'obtenoit rien,
employa pour la gagner la
meilleure de sesAmies, mais
cette Amie eut beau parler
fortement. LaBelle demeura.
inéxorable; & enfin le Cavalier
desecpérant d'en venir
à bout, s'abandonna tellement
à les chagrins,qu'apres
six mois de poursuite, il fut
aisi d'une Fiévre lente qui le
endit jaune &toutlanguissant.
Cette Fiévre lente se
changea en fuite en continuë,&
les accès en furent si
violens, qu'on desespéra d'abord
de la vie. Il resvoit
presque à toute heure, & en
resvant il nommoit toûjours
la Belle. On la pria de le venir
voir, & de luy donner
du moins de trompeusesespérances
pour tâcher de le
sauver; mais son transport
s'estans augmenté quand
elle entra dans saChambre,
il perdit presque aussitostl'usage
des sens & de laparole
& tout le secours de la Medecine
ne pût l'empeschen
de mourir le lendemain. Il|
laissa un Frere Héritier de
tous ses Biens, qui eussent
esté pour luy une fortune
tres-considérable, s'iln'eust
pas en mesme temps hérite
deson amour. Il vit la Belle,
& en fut encor plus épris
que son Aîné. Ille surpassa,
en soins assidus, & fit ses esforts
pour le surpasseren galanterie.
Comme il estoit
plus riche & plus jeune, il
crûtqu'ilréüssiroit à luy
1
plaire, & s'en flata d'autant
plus qu'il faisoit de jolis Vers,
Se qu'elle avoit de la joye
qu'il en fist pour elle.Ainsi
tous les jours elle en recevoit
un Billet galant, & ne se
fâchoit jamais des termes
d'amour qu'il y employoit.
Apres luy avoir marque pendant
un an tout l'empressement
imaginable, il voulut
parler d'affaires, mais illuy
trouva le mesme dégoust
qu'elle avoit déja montré
pour le Sacrement, & quoy
qu'ilpût faire pour la fléchir,
elleresta ferme dans sa premiere
résolution.Accablé
de ses refus, & ne trouvant
rien d'aimable apres elle, il
abandonna le monde, & alla
prendre l'habit de Chartreux:
dans un Monastereassez
écarré, où l'austérité decette
Regle luy fait beaucoup
moins de peine que ce qu'il
souffroit par sa passion. Sa
retraite, qui a eu la mesme
cause que la mort de son
Aîné, a donné lieu à cet Epi-
Ltaphe.. "on ne doitpointdouterquune
extrêmefoujrance,
D'un Amanty tost ON tard, ne (IlNft
le trépas.
fit/rU.' quandles rigueurs égalent
les appas,
ta Mortymalgrél'Amour,surmente
t
la confiance.
peux Freres trop charmez, onrpery,
tour-a-toury
tanguijfantpour Irisaujfifiere que
belle.
Vunfinit
aN TmitAUsa peine trop
cruelle,
Vautre dans un Defertpour jamais
fuitlejour.
Ainsipourtrop chérirsa beautéfans
fccondcy
Z.'un mourutpour l'autre
efi mort au monde.
Voyez Madame, combien
cette Belle est éloignée
de la conduite que tie1nnent
la plûpart de celles qui luj
ressemblent. Elles n'ont soin
de faire valoir leurs charmes
que pour avoir plutost un
Mary; & celle-cy n'a que
des rebuts pour les Amans,
dés qu'ils ont dessein de
prendre le nom d'Epoux.
Elle a pourtant changé de
méthode; & soit qu'elle ait
craint de rester sans Soûpirans,
soit que le scrupule
de mettre au Tombeau ses
Adorateurs l'ait obligée a se
repentir, apres en avoir encor
rebuté un fort grand
nombre, elle s'est enfinrenlue,
& un galant Homme,
plus heureux que tous les aures,
a eu l'avantage de luy
faire prononcer le terrible
mot qui l'éfrayoit tant.
Madame la Duchesse de
V-ortemar est accouchée
^d'un Garçon. Il sort d'un
Jang si fidelle au Roy, que Vilmarche sur les pas de ses
.deux grands Peres, on ne
peut douter qu'il n'ait un
jour l'avantage de faire éclater
son zele par les services
les plus importans. Quoy
que Mr le Duc deMortemarsonPere
soit encor fort
jeune, il n'a pas laissé de me
fournir déjà plusieurs occasions
de vous parler de son
courage & de sa conduite,
& de vous en dire des choses
qui vous ont surprisè. Vous
vous souvenezsans-doute de
ce que mes dernieres Lettres
vous en ont appris. Elles
vous ont fait connoistre qu'il
a esté tout l'Eté en Mer, &
qu'après avoir fait trembler
les Majorquins, il se rendit
à Marseille, où laissant les
dix Galeres qu'il comman- *
doir, il se remit aussitost en
Mer avec dix autres. Il y 1
donna la chasse aux Corsaires;
& ayant assuré par là le
repos de la Méditerranée, il
ne songeoit plus qu'à revenir
de Code à Marseille, lors
qu'il rencontra devant Ligourne
le Contre- Admiral
de Hollande, qui efcortoit
au Levant un Convoy de
neuf Navires Marchands de
vingt-cinq à quarante Pièces
de Canon, avec deux
Vaisseaux de Guerre montez
Je soixante. Ce Contre-
Admiral (c'est le Comte de
Stirum, Parent duPrince
d'Orange, & Frere de l'Admiral
de Hollande)ayant
refusé de saluer la Réale,
obligeaMrle Duc deMortemar
à le vouloir contraindre
par force de rendre à
l'Etendart Royal le respect
qu'illuy devoir. Les Galeres
se mirentd'abord au vent
de tous les Navires qui estoient
à la Rade; & la résolution
ayant esté prise dans le
Confcil que ce jeune Duc
avoir assembléen marchant,
defaire prendre haleine aux
Chiourmes qui estoient venues
à la rame de Portoferraro
à Ligourne, & d'attaquer
en fuite les Navires qui
se trouvoientau vent, pour
les brûler, & les renverser
sur les autres, il arriva une:
Felouque dela Ville avec le
Capitaine du Port, qui dit:
que le Commandant Hollandois
commençoitàconnoiftre
son devoir, sur les.
remontrances qu'illuy venoit
de faire de la part du
Gouverneur de Ligourne;
ôc après quelques allées &
venues, pendant lesquelles
Mrle Duc de Mortemar, 6c
Mrle Chevalier de Berhomas
qui est auprès de luy,
traitèrent toujours la chose
sans relâcher rien de leur
fermeté, leContre-Admiral
Hollandais salüa la Réale de
neufcoups, ausquels elle ne
répondit que de deux. On
ne peut montrer plus derésolution
& d'esprit, nyfaire
une meilleure figure dans
le Conseil, que fit Mr le
Duc de Mortemar. Il dit
d'abord, qu'ilcroyoitque tous
ceux qui estoientsur les Galeres,
seroient unanimementd'avis de
ne point soufrir que l'Etendart
Royal reçeust un affront; qu'il
faloitpérir, ou l'empescher; que
son ne pouvoit exposerstvietg-
les Galeres dans une occasion
où ilyallast plus de l'honneur
duRoy; quec'estoitsonsentiment,
maisquesonpeud'expérience
ne luy permettant pas de
le dire sur la maniere dont il
tfloit besoin dese comporter dans
une occasionsipressante, ils'en
cemettoit entierement a ce que
diroient Messieurs les Officiers
Genéraux, ~& les Capitaines,
~gjfqu'il les prioitfeulement de
prendre une prompte résolution.
de croy, Madame,que vous
n'aurez pas de peine à croire
que tous les Officiers furent
charmez de la vigoureuse
fermeté que ce Duc leur fil
paroître. Je devois vous er
faire part plutost, mais il er
a usési modestement, que
ses Lettres ne marquant rier
qui le regardast,il a salu attendre
celles des Particuliers
pour estre informé d'une
conduite si pleine d'esprit&
de bravoure. |
Madame la Marquise de
Livry est accouchéepref
que en mesme temps que
Madame la Duchesse de
Mortemar. Dieu répand sur
elle une ample bénédiction.
louis qu'elle a donné un quariémePetit-
Fils à Monsieur
e Duc de S. Aignan son
Pere. Cedoitestreun sujet
le joyesensible à ce Duc,de
e voir renaître dans un si
trand nombre de Defcenlans
,
qui en suivant son
exem ple,ne sçauroient manquer
d'estre aussi galans que
oraves ,
& de servir un jour
l'Ornement à la plus belle
& la plus polie de toutes les
Bours.
Je continuë à vous envoyer
des Fables. Aucune
Lecture ne peut estre plus
utile
, pourveu qu'on en
veuille profiter. Les Anciens
qui sçavoient du moins aussibien
que nousenquoy consiste
la véritable Sagesse, ne
dédaignoient pas. d'y employer
quelques heures; &
ces Ouvrages, quoy que
courts & enjoüez, n'estoient
point traitez debagatelles.
En effet, les Moralicez que
l'on en tire sont des Leçons
quis'impriment dans le
coeur, & si c'est le plusagréa,
ble moyen d'y faire naître
de l'aversion pour levice,ç'en
cfk enmesme temps le plus
ièfùr
seûr, puis que les Fables inistruifent
en divertissant, &
qu'elles font faire de solides
refléxions à l'Homme sur ce
qu'il entend dire à l'égard
des Bestes. Plufieurs des
Peres s'en sont servis dans la
mesme veuë; & si on veut
lire le neufviéme Chapitre
du Livre des Juges, on verra
que Joatham,pour faireconnoistre
à ceux de Sichem ce
qu'ils devoientcraindre d'Abimelechqu'ils
avoiét choisypour~
y, fait parler les
Arbres comme s'ils avoient
voulu prendre un Souverain.
Ces grands exemples qu'on
fuit toûjours avec gloire,
doivent engager tous ceux
qui ont du talent pour la
Poësie,àimiter Monsieurde
Mandajors,JugeGenéral de
la Ville & Comté d'Alais,
qui a dérobé quelquesmomens
à ses serieuses occupa
tions pour nous donner la
Piece qui suit.
L E CH Í,:z. Te 3~3~~JES-.~ , ET LES VERONS.
- FABLE. cEïî.tin ¡Cbl'ibot a *¡,o¡s;se"ecat-ut,
Etd'extraordinaire taille,
--. .;Ar ..1< 1 (.-u. L- tu l.¿~ ,
SeJf.iliinî redouter duras un çrand JL-;..iH.J,.,.,'ll".t"JH'¡1o v"- O 1V'8I Kcfivjoir,
Voulut étendresenpouvoiry
( Dépourveu de toute tendrcffi, )
Jusques a dévorer ceux desa propre
efïct,C.
Dans ce dejjein remply de cruauté,
Il narefièrement d'un & d'atttre
COftéy
Etles autres Poissons qu'il trouve firfi veyc,
De ce Monjlre inhumainfont aufftofl
laproye.
Cen'eifpas toutefois fauted'autre
aliment,
il enpourvoitavoirdailitursfuffi-
Jàmmcnt,
MaatiSs (e*tc)'fi{q¡Iu.IeldeLB".r.>r"j,',.¡re(
Fait de(esCompagnons un mets friant& rare. ceux- voyantsipr:,fez,
1 .o - t /¡, 1./, -:, ,- ,
Se trouventfortemuar-'iffz,.
¡,,/ 1; ., , ¡. /,. v t IJ Chacun craint an il ne1 englouttffe,
Et Von ne voit ane tropquiilfaut
que teutpéïijji,
Si d'un pareil carnage on narrejie
le cours.
Ils cherchent envain duficours,
Perfionnenevienta leur aide, ,nt à ictir ai de,,
Et leurmalfimblefins rcmede.
Mais comme on dit communément
Oue la douleur donne dujtigement,
Ce Proverbe en ce cas se trouva.
veritable;
Car dans cet étatpitoyable,
Etat à nul autrepareil.
CceOs p;alufvlirel,sAAnniîmmaauuxx a1y~,a,anntttteennuu
En députèrent un propre pour la
baranvite, Õrit &par r,-f~ Et par l'ejprit&par la languer
Et qui n'ayantjamais tremblé dans
les bavards,
Touvoit du Monfjil-r;eaffreux fiâ- -,-
tenirlesregards. 1
Mais doutantjujhment que cet Impitoyable
En Cécoutant devinCiiraitable,*
PeurJt mettre cn étatd'avoir quel-
que '/tpsiS,
1.
Et-l'empCjcher defaireplus de
maux,
-:' t L;"tl' ';J Y fJ t, ; ':/
} VonstdeuxBitùlbus- qI~u,,o>n. mit
-:.7
1: ('
J
en cmhtflj.d~eJt
T.ncas ainutile A?;b>vfade>
_IJI :..- ,;.);,.,i. -',¿,".;!~. It' SûUSLlmcujft\4cos'ps¡'"é
ù~ ;<-- ~J- f' tltil ),
1 '-', 1 J)/J chemin quedevoittenirleDé,-
puré,
Si >j ck.ùeivenantsurluyfaire
-
¡ ,'" ",,,,.t,: t J" 1 l/.) .lt" t Lecontraignait afaire volte-face,
Deffeinjudicieux, & qui dans peu
detemps
Rendit ces Malheureux contfns,
A' r, Airsi-qu'on vavoirfar ll',i;s¡s¡;u"è.
VAmb'ifickd'abordfut assiz bien
rcçiùti
Le PoifinOrateurluyft un cemplisi":
,.;:('/Jt
JViùfui oÙy, dit-on, fort attentiver,:?
r.tj
},lais il ria/itt,.",s,loJng.tempsfav#- 7ui>;L .Y;£/,•;«,
Carfî-toflqu'il voulut par humble
remontrance
Luyfairevoir les maux queses dents
avoicntfaits;
Je n'entes rien^dit-il, parlez-moy
de plus près, Et ccl!apourp.ouvoir acoupf¡u;i,r~s',en
défaire.
Seigneur, il n'est pas necessaire,
Dit Vautre, connoiffint le deffeift
duMatois,
De divers tons encor je puis
1 hausserla voix,
Etvous pourrez m'oüir nonob-
fianJ.t la distance.
QnoxRepartle chabot, est-ce ainsî
Jequ'onm'offencc? ,£'C
Je veux, morbleu, te devorer.
Et moy, dit FEnvoyé, je veux me
rcnrer,
Adieu,je ris de tes machoires,
A quicourraplus viste exerçons
nos nageoires.
Apres cepeude mois ilfuit,
Etle Chabot enragé lepeurfkit
J''jY]r!.:!a ll,'end1roit marquép, oursar:.
,
7.0 fujîc d¡é';sIa,i'ses
Maisil.si bunsurpris lors qu'ilfent
qu'on farrefle,
Et qu'au mefine moment ilivoit mille
Ferons
Tenant aux dentsses ailerons.
Ilfait quelques efforts, mais tout efl
inufile;
Pour l'un d'eux qu'ildevore, il en
voitfondre miUe,
Et tomfis aileronsjusqu'àlapeau
rongez,
Neluyfont que trop voirfes Ennemis
VdiîgCZ.
Dans ce honteux état, le malheureux
Coupable
Se trouvant iont-a-coup le ventre
ffrUfiiL-ley
Leur d'm.rade inflamment de le
fj.inmourir.
Non, non,répondent-ils, ilfaut
encorsoufrir,
Et pour augmter ton suplice,
Nous voulons que la faim te
rende cetoffice.
Nfikle, qut dans ta Terre abujant ae
tes droits,
1 Foules incejfîimment tes pauvres
Villageois,
Et toyy Juge, qui n'aspour but que
lafinance,
Etqui de t'orphelin devores lafubfiance,
Si ce Tableau ne vousfert de leç{Jn;!
Craignez,lefortde ce poissôn;
Ceux que vous opprimez* avec tant
d'injuflice,
Trouleront à lafin l'occasion propice;
!
Un intendtnt,omde Grads-Jours,
A qui sijufiementils auront eu
recours,
Tourarrefiervofirepefiantefierre,
Scauront bien VOUA osler&lacharge
&laTerre..
que de Vence, nommé par
Sa Majesté à l'Evesché de
Sisteron. CePrélatestOncle
du Marié. Le Roy, la
Reyne
,
Monseigneur le
Dauphin,Madame la Dauphine,
Monsieur&Madame,
leur ont fait l'honneur de
signer au Contract de Mariage,
aussi bien que les Peisonnes
de la premiere qualité
de la Cour qui sont Par
rens de l'un ou de l'autre..
Mrle Marquis de S. Paul est
de la Maison deThomassin,
l'une des plus anciennes ôc
des plus illustres de Provéee:>"
& - qui de tout temps a produic
des Personnes d'un mérite
rare; ôc Mademoiselle
deChevernyest de celle de
Clermont-Amboise, & Fille
du feu Marquisde Monglat
Grand Maistre de la Garderobe,&
Chevalier des Ordres
du Roy. Sa Bisayeule a
eu l'avantage d'estre Gouvernante
du feu Roy & des
troisPrincesses ses Soeurs,qui
ont esté, l'une Reyne d'I:J=-
pagne ,
l'autre Reyne dAngleterre,
& la troisiémeDuchesse
de Savoye. Du costé
de Madame sa Mere, que
fous sçavez quiest tout esprit,
elle est descenduë du
Grand Chancelier deChe- --- verny. Je vous ay parlé de
Mrle Comte de Cheverny
son Frere
,
quand il plût au
Roy de le nommer pour
estre aupres de la Personne
de Monseigneur le Dauphin.
Il y a eu de la Maison
deClermont-Amboise des
Maréchaux de France dans
un temps où il n'y en avoit
encor que trois.
L'autre Mariage dont je
ne vous ay point parlé, est
celuy de MrleTellier
,
Seigneur
deMorsan, Conseiller
au Parlement de Paris,
& Neveu de Monsieur le
Chancelier. IlaépouséMademoiselle
Pécoil,d'une des
meilleures Familles de Lyon.
C'est une Personne d'un fort
grand mérite, parfaitement
bien faite de corps & d'esprit
,
& qui est estimée de
tous ceux qui la connoissent.
Il me seroit inutile de
vous dire rien du Marié, son
nom seul est un Eloge. Quoy
qu'il soit fort jeune, ily a
déja prés de trois ans qu'il est
Conseiller. Il exerce cette
Charge avecl'aprobation genérale
de sa Chambre&de
tout le Parlement. Aussi Mr
le Chancelier & tous ceux de
sa Famille en font-ils beaucoup
de cas. Il est à croire
qu'avec les talens & la protection
qu'il a, il parviendra
à de grands Emplois,&qu'il
soûtiendra très-dignement
l'éclat du Nom illustre qu'il
porte.
Trouvez bon, Madame,
que pour la seconde fois je
vous parle Médecine. Un
fort habile Homme qui a
fait l'ouverture d'un Corps
monstrueux qu'on a veu
au Havre depuis quelques
jours, me fournit les termes
que vous trouverez dans cet
article.La Femme d'un nomméMiot,
Marinier, âgée de
trente-quatre ans, yeR: accouchée
de deux Filles le 13.
de ce mois, n'estant encor
que dans le huitième de sa
grossesse. Ces deux Filles,
ainsi que celles d'Auxonne
dont je vous parlay la derniere
fois,estoientattachées
l'une à l'autre par le milieu
de la poitrine, & ne composoient
ensemble qu'un
seul Sternon & un cartilage
pXeuiphoïde. Elles estoient un de costé
,
l'une se joignant
par son costé droit
au costé gauche de l'autre,
en sorte pourtant que chacune
avoit son épine du
dos distincte. Elles avoient
deux testes
, quatre bras,
quatre cuisses, & le reste
des extrémitez bien conformées.
Leur ventre estant
commun,n'avoit qu'un seul
umbilic
, & quoy qu'on ait
remarqué quatre arteres, il
n'yavoit qu'une feule veine
umbilicale,&deux mamelles
pour toutes les deux, c'est à
dire que chacune de ces Filles
en avoit feulement une.
L'une des testes ayant paru
avant l'autre, & donné quelque
marque de vie, fut baptisée
à l'instant.On fit la disfection
du corps, & l'on
n'y trouva qu'un foye situé
dans la partie su périeure &
moyenne duventre,n'ayant
point de lobe distinct, mais
seulement dans son milieu la
petite fente d'oùnaissoit la
veine umbilicale. Ce corps
n'avoit qu'une feule vessie
du fiel forcement attachée
au diaphragme par deux ligamens,
l'un du cofté gauche,&
l'autre du costé droit.
Il avoit deux oesophages par
rapport aux deux cols, où
se trouvoient attachez deux
estomacs situez au dessus &
à costé du foye. De ces.
estomacs sortoit un boyau
gresle qu'on appelle ordinairementduodenum
, & qui
avoit à peu pres la mesme
longueur. Ils se venoient
joindre sous le foye, & formoient
une grossecavité,
que les Medecins qui estoient
présens, nommérent
d'abord un troisiéme ventricule.
Des deux costez des
parties inférieures de ceventricule
sortoit également un
boyau gresle qu'on crût estre
la continuation du premier;
en suite les gros,&enfin le
reclum qui se conduisoit à
chacun des anus. Tous les
intestins, quoy que doubles,
estoient attachez a un seul
Mesentere. Il y avoit deux
rates, quatre reins,& deux
vessies. Le ventre inférieur
estoitséparé du moyen par
un seul diaphragme, La poitrine
renfermoit deux coeurs
situez l'un d'uncosté,&l'au.-
de l'autre, envelopez tous
deux dans une feule membrane
ou péricarde. Leurs
pointes panchoient l'une
vers l'autre; en forte qu'il
ne s'en falloit qu'un pouce
ou environ qu'ils ne se touchassent.
Ils estoient bien
conformez,& seulementun
peu aplatis du costé où ils
panchoient. Leurs ventricules
& leurs oreillettes estoient
fort régulieres, ainsi
que les quatre vaisseaux
qu'on y remarque ordinairement.
Les poulmons estoient
un peu plus élevez 8c
éloignez du coeur qu'ils ne le
sont aux Hommes parfaits,&
placez de chaque costé ainsi
que lecoeur. Je vous envoye
la Figure de ces deux Enfans,
afin que vôtre curiosité soit
entiérement satisfaite sur
cette maniere de Prodige.
Onparle d'un autre dont
Mr de Vienne-Plancy, qui
m'a fait l'honneur de m'en
écrire, vous entretiendra
pour moy. Voicy sa Lettre.
Je ne doute point que vous
ne soyez de son sentiment
sur le présage qu'il tire.


A Fau-Cleranton le premier
d'Octobre 1681. J Enjois., Monsieur, que dans
voflre Mercure de Janvier
dernier>page 327. vous sêmblez
douterfi la Comete marquéejjjr
lesOeufs de Rome, efl un effet de
la Nature3 ou une adresse de
1 - -ve; l'Art,parce que vous a appris qu'ily a des eaux qui penètrent
l'écaillé des Oeufs, &
avec lesquelles on trace au dedans
telles Figuresquon veut.
Mais quaurie^-vous à dire si
l5onvous avoit mandé que Ca
Figures de la Comete parêif- - Joient relevées en boffe} ou creusées
dans la coque de l'Oeuf?
vous ave^sans-douteprésumé
qu'il en estoit de ces Oeufs de
pouley comme de celuy du SerpentdePouffan
ruers Montpellier,
dontvous parlez en ce mefm:
Mercureypâge z/j.surlequel
ily avoit destraits quiformoicnt
une écriture mifléneuf-;&il en
a peut-ejlreejléautroient que
vous riave^ présumé. Ce qui
me donne heu de faire ce jugement,
cess la production d'un
nouvelOeufde Poule, arrivée à
Bar-fur-Seine3 faille démon
vofnage3

curieux st) de mérite
}
Coufin
germain de cet Aumônier de la
Heyned'Eftagne,qui seul des
Officiers François a eu le privilege
de luycontinuerfesfervices ;
& il maapprisqu'il luy avoit
effé apportéprcfque aufjitoflquil
avoit ejiépondu ; que cette ponte
lestant faite dans un Pot de
fer ou il ny avoit ny foin ny
paille; cefloitunfécondsujetd-étonnement
quil neujl pas esté
cassé; & que l'ayantmontré à
divers Capucins, dont il efi
l'Hôteordinaire
,
ils le luy
avoientfaitpafjerpour une merveille
de la Nature. PourmOl
je le prens pour un jeu de cette
.Jv1cr,? univerjellcj o:tplutoftpour
unpréfageféricux de la grandeur
de nostre augure Monartpue,
qui étendra les rayons desa
gloiresurlaplus grande partie de
nojlre Hemifthere;puis que le
SoleileflfaDe-jifejquel'Oeuf
efllafigureduMondes st)que
le Soleilmarquéfur cet Oeuf en
remplit presque un des coflez.'
D'autres en auront peut-eflre
d'autre;pensées, mais Ivoila la
mienne. Vous pouvek consulter
les Explicateurs d'Enigmes Ù.
de Chifres sur cette Enigmet
ou ce Chlfre de la Nature. Je
l'appelle ainsi, parce que le hasardny'a
non plus contribuéque
l'Art, le Potdefer qu'on pourroitprendre
pour"Autheurae la
Figure;, ayantJonfondssans aucune
inégalité fort plat (Sf fort
uny. Si vous .defrez de voircet
Oeuf;, Mr
-
Bourbonne cfl trop
obligeant pour nepas vous l'envoyer,
quelque étatqu-'~il e~nr~fa~j/Jrèf;;
mais peut-efl-re vous en fiérezvous
bien à mon raport} puis que
ma bonnefoy vous efc connue
'Nefàyezpas en peinefjegarde
encor le silence sur le Secret de
l'Ecriture universelle. J'attens
pournien ouvrir quej'aye appris
par "vostre entremise, ce que le
Public en aura penje;cess
ce que je verrajj comme je l'espère,
dans voflre Extraordinaire
du mois où nous entrons. JeJuisvoflre,
st)c.
Le Samedysixiéme de
l'autre mois, Madame la
Marquise deVausieux abjura.
l'Herésie de Calvin dans le
Monastere de Port
-
Royal.
MrdeNémondEvesque de
Bayeux a beaucoup contribuéà
sa Conversion, en s'appliquantfortement
à la convaincre
des Véritez Catholiques.
Il a esté secondé dans
ce grand Ouvrage par les
foins de Mrle Marquis de
Beringhen, Oncle de cette
Marquise. Elle est d'une des
meilleures Maisons de Nor-
Inandic) & peu de Personnes
ont autant de beautéquelle.
Une bagatelle cause quelquefois
de grands démenez.
Si on veut sçavoir ce qui en
arrivé ordinairement, il ne
faut que lire ce qu'on ma
donné de la façon du Berger
Fidelle des Accates.
LA MOVCHE,
ET LA FOURMY.
FABLE. DAme Mouche d, Dame
Fourmy,
Chez, le Papillon leurJmy,
J>hùgardoit le Logis ponr s'efire;
ftoiffé l'aîle,
Vnjour enflmble eurent querelle,,
Et conteflcrent le Fautciiil.
Lapremiere, greffed'orgueùil^
Jaifoïtsonnerfort hautfin antique
noblejje,
Et prétendoit l'avoir par là.
PluJ'say,disoit-elle, outre cela,
que cette Magote, &d'es- prit,&d'adresse,
Etje luy cederois,moy,
qui sans
meflater
Crois avoir droitde remporter
Sur tous les Animaux qui rampent&
qui volent?
Si lesCory bantesimmolent
Un Boeufà la Mere des Dieux,
Malgré leurs hurlemens &leurs
cris furieux,
J'en goûte toujoursavãt elle.
Ne baisay-je pas Isabelle
Aussi fouvenc que son Epoux,
Sans qu'elle s'en chagrine, ou
qu'il en foit jaloux?
Je ne dis rien de l'avantage
Que j'ay de rehausser l'éclat de
son virage,
Ny de celuy d'entrer dans la
Chambre d'un Roy
A toute heure,ilne tient qu'à
moy
D'aller à son dîné manger de
sonpotage.
Quepuis-je dire plus de mon
heureux destin?
Jambons, Tourtes,Pastez,Viandes
grosses, légeres,
Crêmes, Tartes, Bugnets,sont
mes mets ordinaires.
Tous lesjours je fuis enFestin,
Mais toy, vil Avorton, malheureusePécore,
Dés la naissance de l'Aurore,
Si tu ne veux mourir de faim,
Ilfautdeton creux soûterrain
Que tu sortesleventre vuide,
Pour aller le remplir d'une viade
insipide,
Dequelques grainspourris,d'eau
bourbeuse. D'accord,
LMy- répondit nostre Fourmy ¡rH.
deates
Maissatisfaitede monsort,
Dans cette eau sale&croupissante,
Dans ces mers fades & gâtez,
Je trouve plus de goustvous
en vos Pastez. !
Je nesuis point oisive & faû
neante,
Je travaille sans cesse,& fais tous
les Etez
Provision de Bled pour la faison
des neiges.
Mais vous, vivant du jour au
lendemain, -
Petite Fanfaronne, alors il est
certain ( ges,
Que malgré tous vos privile-
-. Vous mourrez de froid & de
faim.
Là Guespesurcesentrefaites
Vint lifter lePapillon,
QuTenooutsBtieenlltedsyfadiusociaerniltleonnfiechansa'.
tçloç-'ictes.
1 -,. , r.. D'd':<0Yd,t (tIlZS s'enfaireprter,
TJL prità }'fllthüil) & ks lai/fit
(,:,J(!t.
Cet Apologue,ce mesemble,
Vérifie ajfe& bien le Proverbesuivant,
SfAvoir, qu'un Tiersjouitfsuvent
Des Biens dont deux plaident
ensemble.
En finissant ma derniere
Lettre, je vous parlay de la
mort de MrleMaréchal Duc
de la Ferté, arrivéele27. de
Septembre dans son Château
de la Ferté pres d'Orleans.
Comme il manque
beaucoup de choses dans Ici
détail que je vous ay déjà
faitde les belles Actions, il
est juste d'y supléer par un
autre qui soit plus exact. Cet
illustre Maréchal qui est
mort âgé de 82. ans, avoir
appris le mêtier de la Guerre
fous le Marquis d'Autriou
Colonel dans l'Armée Hollandoise,
& Gouverneur de
Bolduc, son Oncle. Il commença
à se signaler au Siege
de Privas, où un coup de
Mousquet reçeu à la jouë,
pensa luyoster la vie. La
Rochelle & Casal le virent
bientost apres ,
l'une à la
teste d'un Régiment d'Infanterie
,
ôc l'autre d'une
Compagnie de Cavalerie,
aussi bien que Moyenvick,
Tréves& Mayence. Sa valeur
parut à la Bataille d'Aveines,
& s'estant trouvéau
Siege d'Hedin
,
il y défit le
Secours que Picolomini voulut
jetter dans la Place Aussi
fut-il fait Maréchal de Camp
sur la Breche par le Roy même.
La première Action
qu'il
0
fit dans cette Charge,
1fut le gain du mémorable tp
Combat de S.Nicolas
,

les Ennemis perdirent plus
de deux mille Hommes ôc
six Pieces de Canon. La mesme
Campagne il enleva le
Quartierdes Cravates commandez
par Ludovick, ôc
l'annéesuivante il attaqua
& prit la Ville de Chimey
en Flandres
; & quoy que
blessé d'un coup de Fauconneau
à la cuisse
, ayant eu
avis que l'Armée de Pico-'-
lomini, & celle que le Duc
de Lorraine menoit au Se-*
cours de cette Place,avoient
poussé nostre Cavalerie au j
.*:. .
passage de la Riviere
,
il se
sit envelopper la cuisse &
jetter viste à cheval, prit avec
luy fonlnfanterie,& choqua
l'Avant-garde des Ennemis
avec tant de vigueur,qu'ils
furent contraints de seretirer
apres une perte considérable.
Ensuite il commanda
au Siége d'Aire fous M le
Maréchal de laMeilleraye
en qualité de Maréchal de
Camp,& sa vigilance & sa
valeur contribuérent beaucoup
à la prise de cette importante
Place. Il reprit le
Fort de Nieulé
,
le Fort
Rouge & autres que Dom
André Kantelmeavoit pris.
Apres la JournéedeHonnecourt,
au commencementdu
Regne de mostre incomparable
Monarque,ilsetrouva
à la fameuseBataille de Rocroy,
où enfonçant les Ennemis
avec une intrépidité
toute martiale, il fut blessé
de sept ou huit coups & fait
enfinPriionnier; le gain de
la Bataille le délivra. Ses
grands services ayantobligé
la Reyne Régente de luy
donner leGouvernement
de Lorraine, vacant par la
mort de MdeLénoncourt.,
tuéàThionville, il trouva
la Province e* -n» tierement désoléepar
lesArmées de l'Empereur,
par le Duc Charles,
& par les Cravates qui avoiét
apporté par tout la famine
mais sa sage con duite y remit
le calme & l'abondance,
& il ne s'est point encor veu,
dansun Païs conquis par les
Armes, d'exemples d'obeï
sance & de secours pareils. à.
ceux que la France tirapour
lors de cette Province. II.
s'appliqua pendant deux années
à réparer les desordres
que la Guerre y avoit causez,
à rétablir la culture des Terres,
& les Propriétaires dans
la possession de leurs biens,
&à faire subsister un Corps
considérable de Troupes
qu'il levoit luy
-
mesme, &
qu'il faisoit entretenir par le
Païs, sans tirer aucun argent de l'E o pargne, non pas mes
me pour l'entretien des Garnisons
ordinaires; ce qui eftoit
une glorieuse preuve du
def- in téressment de son
zele pour le service du Roy.
Avec ces Troupes, qui n'ont
pas esté peu utiles à l'Etat
pendant les temps difficiles,
ayant esté fait Lieutenant
General, il ne conferva pas
feulement le Pais, mais ilse
mettoit en Campagne fé-
Ion les occasions. Il joignit
l'Armée commandée par
Mrs les Maréchaux deGafsion
& Ranzau, avec un
Corps séparé, & se retira en
Lorraine à la fin de la Campagne.
Il prit plusieurs Villes,
& entr'autres celle de
Lonoüy, Place forte, &
Frontiere de Luxembourg.
Il joignit aussi les Troupes
que commandoit Mrle Manombre
que luy
y
il les attaqua,
& les défit si entierement
, que le Général eut
beaucoup de peine à se sauver.
Dans cette même Campagne
il reprit,après une vigoureuse
résistance,une partie
des Villes dont les Ennemis
s'estoient rendus mal
très, Estant en fuite passé
en Flandres avec un Corps
d'Armée qui avoit subsisté
durant tout l'Hyver en Lorraine
,il fut averty du dessein
qu'ils avoient fait. d'as
sieger Courtray,& se jetta
dans la Place avec deux mille
-- - - - -- - ---.
Hommes de pied & quinze
cens Chevaux, qu'ilfit passer
à la veuë du Marquis de Caracene
& de toute son Ar-
-m---é-e--.---U- n peu apres qu'il fut
arrivé à Courtray, il attaqua
& défitunConvoy quialloit
joindre les Ennemis, dont
il demeura huit cens sur la
place. Il se trouva à la fameuse
Journée de la Bataille
de Lens,rompit la Cavalerie
ennemie, la pouffa jusques
à Doüay d'où il ramena
quinze cens Prisonniers. Il
alla en suite au Siège d'Ypre;
au retour ayantassiegéll~a
Ville de Ligny en Lorraine,,
il y reçeut à la gorge un coup
de Mousquet quile fit tomber
par terre. Toutel'Armée
le crût mort. Ce fut en
ce temps que Sa Majesté le
fit Maréchal de France; ce
qui luy donnant une ardeur
nouvelle, il reprit en peu de
temps les Villes de Chatey
sur la Moselle, Mirecourt &
Neuchastel. S'estant séparé
de Mr de Turenne, avec qui
il prit Mouzon,il empelcha
le Duc de Lorraine depasser
la Meuse pour le Secours de
Sainte Menehoult
,
soûmit
Béfort en Alsace pendant
l'Hyver; & la Campagne
suivante ayant jointl'Armée
que commandoit Mrde Turenne,
il alla à l'attaque
des Lignes que les Ennemis
avoient faites devant Arras,
& entra des premiers dans
cette Place, apres avoir eu
un Cheval tue fous luy.Cette
mesme année il mit le Siege
devant ClermontenArgon- & ne, &: s'en rendit maître
; 8c
dans la suivante, il pritLandrecies
avec Mr deTurenne,
duquel s'estant séparé, il se
signala au passage de l' Ec.
caut
caut à la Neufville proche
de Bouchain, &cela, à la
veuë de toute l'Armée ennemie,
qui se retira sans oser
bombatre. Ainsi il donna
l'entrée- à nos Troupes dans
la Flandre, & mit la terreur
des Armes Françoises dans
tout le Païs. Il est vray que,
la Fortune l'abandonna au
Siege de Valenciennes, où il
fut fait Prisonnier. Il ne fut
pas si-tost délivré, qu'il prit
Montmédy,&un an après
Graveline) qu' on estimoit
imprenable.~orta la
premiere de ~* en,
trente-huit jours, & l'autre
en dix-neuf. Depuis la Paix
faite, le Roy ayant def.
fein d'aller en Lorraine pour
prendre Marsal, le sit Genéral
de son Armée fous Luy;
mais comme le Duc de Lorraine
rendit cette Place, l'affaire
n'eut point de fuite. A
la dernière Promotion des
Chevaliers de l'Ordre, Sa
Majesté le choisitpour estre
-
du nombre, & le fit un
peu apres Duc ôc Pair de
France. J'ay m
dre la mor -qaff"- deVineuil,
rere de Mrle Président Arlier,
&Oncle de Madame
rieubet. C'estoit unHomme
lui avoit de la politesse & de
'esprit,&qui aimant fort le
monde, en sçavoit le bel
usage.Quoyqu'il fust d'une
naissance à estre reçeu par
tout, on peut dire néantmoins
que son attachement
estoit grand parmy les Personnes
de la premiere qualité,
& qu'il se faisoit un Couverain
plaisir de n'en voir
point d'autres.
de Mr Aymeret. Chambrier
l'Abbaye de Coulombs
presNogent-le-Roy,estaussi
mort depuis quelques jours.
Si sa naissance le rcndoit
considérable, ill'estoitencor
bien plus par sa vertu & par
son mérite. Sa charité qui
luy ffaaiiisooiictfafaiirree de ggrraannddeess
aumônes, ne se renfermoit
pas à ne refuser jamais aucun
Pauvre ;
elle s'étendoit
jusqu'à soûtenir secrétement
des Familles de Noblesse
incommodées,dont il
scavoit les besoins. Il faisoit
ds'ailleurs de temps en temps
des présens de conséquence
àl'Eglise de Coulombs,&
tout y parle de ses libéralitez.
Cettedépense n'empefchoit
pas qu'il ne vécuft
honorablement, & qu'il ne
tinst presque table ouverte à toutes les Personnes de
qualité qui passoiet par Coulombs&
parNogent. L'Abbaye
dont il estoit Chambrier,
est de l'Ordre deS. Benoist,
& est presentement
possedée par Mr l'Abbé de
Boisfranc.
Je vous envove un Air
dontoncroitque les Paroles
ont este faites par Mrde
Monbron Conseiller au Parlement
de Toulause. Le sa:..:
meux Mr de Bassilly les a
notées.
AIR NOUVEAU. MAraifinafinymapeinef
J'ay cejfl d'aimersans
eeoir. je nefuis plus charmé des Attraits
1
deClimene, -
Cependantje n'ose la voir.
HcLts!mon erreur ejlextréme;
- Sije la crains encor,jetaime.
J'allois vous conter eiL
Prose une Avanture plaisante
dont on m'a nommé les
Intéressez
,
quand j'ay découvert
qu'un Cavalier qui
réüssitassezen Poësie,s'estoit
diverty à la mettre en
Vers. Je luy en ay fait demander
une Copie dont je
croy devoir vous faire part.
Vous me manderez si sa maniere
de tourner un Conte
vous aura paru assez agréable,
pour vous faire souhaiter
d'en voir quelques autres de
sa façon.
^:.?vsiv?<?
LE
FAVXASNIER.
NOUVELLE. F01 ejl qui croit etnpefcktr
qu'on ne s'aime,
Lors que le coeur en dit bienfo- rte..
ment.
Contre tAmfiur point de pouvoir
fttprémei
C'cfidontjepuitdonnerfort aifément
Preuveautentique, en raconunt
comment
Amante aimée, Amant aime de
meime,
Apres maint trouble & maint ent*
tfbcment,
Par lemoyen d'un heur.uxjlrata-
?c?nr> oJ Dans leurs amoursont eucontentement.
Depuis quinze ans une gente Pual/
c)
Meuble, dit.on, difficile a garder,
D'une Grand-Mere essuyant la tutelley
Enprenoit loix, & vivoitfontfin
aile.
Nulle n'ejloitfi bellek rcgardtr.
Des Regardanslafoule aujjlfut telle,
.f<.!!.e nombre d'eux, pour s'y trop
bazarder,
Enpeu de tempsJe brouilla la cervelle.
Defès beauxyeuxplu* qu'aucunfut
t¡ru,
jeuneBlondinportantcourteRapicre.
Ainftqueluy d'autres cherchoient à
plâtre,
EtNR;I,Ypouvjirjetenirj\ urdnpris»
L'adresse estoitdegagnerLi Grand-
Mere. ilymitpeine,&s'en trouva fort
bien.
LA Vieilleavoitaimé dans fin jeune
age,
EtquelquefoisUne s'enfalloit rien
JjhteUe n'aimaflencorle badinage.
Ctflttldr la qu'allant toujoursfon
train,
SurfonefprirleBlondinprit empire.
Illuyfaisoitmille contespour rire,
La carreffoit, luy gratoit dans la
main,
Etvolontiers il eujlfait encor pire,
Si pMfaiflnt il euflesiécertain
J>'enobtenirplus d'aide enson mar
tire. ilneperdit prèsd'elleson Latin.
Enfafaveur elle prêcha la Belle,
Et luy trouva le oeur ajjez, enclin
Aneluypointvouloir eflre cruelle.
Tendresfêûpirs, sermens d'Aimersans
fin,
Tirent entre eux liaifcn mutuelle.
La Belle à tout préférait le Blondin*,
Etle Blondin nevivantplm qu'en
elley
AvectinRoy n'eustchangéfon dessin.
Nercfloitplus qu'un bon Contrat
a fairet
Jjhù les unift tom deux en Sacrement.
Chacunvoulaitla chofi également,
Maisparmalheurla Bellt avoitfin
Pere,
£>ui rarement venantvoir la Grand
Mere,
Nefçaveit rien de cet engagement.
Adonc luy vint direunjour bonnement,
Jgjiejrjnt nubile, encorque printannicre,
Il avoit sçeu luy trouver un bon
Frd'c,
* Ufcroît vivre gaillardement.
Coup de Foignardn'eujlpour elle eslé
pire,
Elle enpensa tlmher en pamoison,
Etseferoit résoluè à luy dire
Vessesqnen elleavoitfaitlepoifony
Par qui tout coeur,vieuxoujeune,
soûpire.
Mais qriefyêrcr ? cessoit un Maiflre
Sire,
J$uinentendoit ny rime ny raifin
Sur cas choquanssonpaternel empire.
Va, luy dit-il, tu rouleras sur l'or..
Lelichc Epoux que mon choix
tedeftine,
Est un Marchand, dodu, de
bonne mine,
Qui fous les ans met trésor sur
trésor.
Le vraymoyen de prendre bon
eiTor
C'eftdefçavoir bien fonder la
Cuisine.
Ah, mon Papa, je fuis tropjeune
encor,
Luy dt1"Enfant; de peur d'estre
trompée,
Je voudrois bien ne pointprêdre
Mary,
S'il se pouvoit, que je n'eusse
meùrv.
C'est pourJ toujours, quand on
est attrapée.
Si toutefois il vous est apparent
Qu'a. rnoy qu'on voit aimer encor
Poupée,
Doivesi-toftduired'cftreoc* cupeec9
A ce que Fille en mariage apprend,
Pourriez-vous point prendre un
Homme d'épée,
Qui sçeust. Comment, ditle
Pcre enjurant,
Prendre pour Gendre un de ces
Gentillâtres,
De leur noblesse infenfez idolâtres,
Qui n'ont qu'unLievre à gagner
en courant?
Plutost qu'on voye entrer dans
ma Famille
Tels Fanfarôs,quisouvent pour
tous Biens
N'ont qu'un Bidet, & deux ga..
leuxdeChiensj
J'aimerois mieux te laisîer toujours
Fille.
Il n'enditplus,&finit CONrOltcf.
Sfin Blondin la Belle rendit compte
Ou beau Maryparson Pere annoncé
bont ne.manqua de bien luy flire
1.
-
honte.
t'Amour alors parsermens redollhlez,,
Tutjétâblydeduréeettmclles
Chacunjurad7cfire a l'autrejidette,
[plus
en s'aimant ils se verroient
troublez.
Troisjours après vint de nouveau
lePere.
Puis qu'un Marchand, diuil,
n'est point ton fair,
Rcjoiiis-toy5 j'ay trouvé ton
affaire.
C'est un Spavane,mais un Sçavant
parfait,
Quifçaitles Loix mieux que qUi
ies fit faire.
Depuis quatre ans qu'il s"estfait
Avocat,
Il a plaidé déja plus dé cent
Causes.
Il parle d'or, a I'esprit délicat,
Et t'apprendra si tu veux, bien
des choses.
De l'Avocatfutcorne du Marchand.
LaBelle cftoittoujours en trop bai
âge,
Etnefintoitencor aucunpancbant
Afefoumetire aujougdtbMariâge
Autres Maru le Pere proposi.
Surxbacund'eux elle,refia muete,
N'enfitnulcas, &tant en rtfufi)
enraifonnrntenjfnil s'avija
Quellefowvoit avoir une amcurete.
Il s'enenquit, &fçcut que librement
Un beau BlondinfesJoins luynjc~
noit rendre,
il enrgromnda la Greand-Mnere-taff,etuyfitvergogney
&jurahautement
Surfies grands Dieux, quoneques
n'auroitpour Gendre
Traineur d'Epée,&fut ce dur ferment
Suivy d'cjfètssifâcheux,quel'A- ¡;;,..mt
De deficfipoir en apenssésependre.
Apres qu'ainsi le Pere eutbienpefléy
De chcz., la Vieille il retira la Belley
DanssaMaison lamit enjèúreté,
Bienenferméeavecgardesidelie,
jour&nuitrefiatenfintimUe9
Neluylaissoit la moindre liberté.
Ainsivécut le coeurfort contrifié
Pendant deux ans l'amoureufl l'ucelle.
Dans une chambre, Hyver, Printemps,
Eté,
On la tenoit en contrainte mortelle,
Et quind rortirefioit met(fit
(;n ne man]uo:tdesortir avec elle,
Tant de rigueur n'eutpurtant lepouvair
De l'empefeherd'eflre toujours eons
tante..
Pourson Blondin qu'ellenepouvoit
rjclr,
L.t Pauvreté eutl'ameexcorplus
ardaite,
Et ne [on ::(I[ d'abord matin d?fbir
cjifuiterpar ouluyfaire entcndre,
£ffayant t'amourleplusfort, leplut
tendre
z.;! pair Amant* Amantepuisse
a.::r,
Cjutr:jl.-i csl-hï quoy quon puft
e.inri),e;îdre,'
A.,:n:'¥!t. i ,/ A, ire-j'hi-t:î! ï /Jtf'/illirrott! OlJJWVOtr.. y nepourvoitl'cw)iivcir.
cUnfont'csta.it &genoux dans L'E- çiï,
Ou l'onfoujroit qu'elle allafi le matin
Auxjours de Feste,ellefutfortfurrise
-J)'aperceruoir pres d'ellefinBlondtn.
Comme ilneftoit connu de Ía Servante
^ucHe avoit lorspourfeule Surveillante,
Tenapntfirn Liivree, &rfeyignant de Meluy dit, ce foir fous ma fenestre
Avec la nuit ne manquez de
paroistre..
Crayon pourplume^6c Cartes
pour papier)
Me serviront à vous faire connoiltre
Que j'aime trop, pour pouvoir
oublier - Que de mon coeur je vous ag
- rendu maître., -
Ainsiparla, maisfansjetter1eryeux
Sur le Blondin, qui riosantluy rien
dire,
Pour ne donnerfujet aux Curieux
De remarquer quepour elle ilsoupire,
Chez luyJoudain courut Billetécrire,
^riau re¡¡der..-voJU il porta fort
joyeux.
J^wdilyfut,bientoflJurvint la
Belle,
Le coeur pour luy percé d'un trait
fatal.
Crachantytouffhnt, pour amoureux
signal,
Elle luyfîtffavoirque c'eHoitelle.
Lors 11J ùnttC.vtt éi rite enflile doux,
Avec Issi fil futai bas defe nduë,
Car depapier ille ritfloit pourveuë,
Nonplitô que d'tncre;&le Pcre en
courotix
Avoitenjoint depuijfancc abfoluc
g?*» ne laiffafl Ecritoireasaveue,
Tant qu'il l'eust miflau pouvoir
d'un Epoux.
VAmantreçeut cegagedetendrejje,
Dejoye au coeur 1res-vivement touché.
Enfuite aufilfin Billet attaché
Alla charmerson aimableMaîtresse.
LeJeufaisantfin plus fréquent
plaisir,
Cartesjamais ne manquotentpeur
écrire.
Elle en avoit tous lesjours a choijîr,
Pour expliquer au Blondmson martyre,
Et tout lesjourspar là sçavoit lu)
dire
Jjïu'en efire aimée (Jfoit toutfin
desir.
Pendant quainftl'Amourfrenoié
racine,
Plus nos Am.lnI des'écrireavoilui
ftin,
Avint qucrifiafcibLffe de poitrine
Fit desecours que la Belle eut bcfoiy.
Pourcn Lhenhercontre cette foibUjysy
Medecin vint, ordonna Laitd'AjC
nejJe,
DontleBfotidinfutfondain arerîy-.
<£>ucn'ose-t'on, quand ¿'.imour eH
extrême?
PourvoirfitBelle,ilchoisitleparty
De lu), porter le breuvage !u}-mefmcy
Dans ce dejfeinyfam trop sen étois*
ner, Il s'en alla trouveren diligence
Le Maisire Afnierr qui félon l'ordonnance
Dvvoitchez, elle une Asnessè mener
Pendanttrois mois,&lespayant
d'avance,
Jans ce qu'ilsçeut Par deJIHJ luy
dïnncr-j
Il!pritsar:p'iace)n" L'. - épargnafinance>
Appréhendâtqu'iln'aliafip'argonnery
Tour l'obliger agarderleiflence,
MenerCAfiefie cjhit) aj'enavis,
Chofie afiafilavneincapablede nuire,
Degrand matin il dcuoit lacoduire,
J^uil'euficonnufionsdeméchans
H.;bitJ?
Mais dont il ellt grade peine à s'inis
truircy
Ce fltt d'apprendre aluy tirer le Pis.
Afres leçondeucmet prise (y reprije>
Au point-du-jour tlfionit en Afticr,
Ayant Habitconvenable au mefiier>
Crcgttcs de toilej&grîfâtrcchemifie.
En Ma/queainsichez,sa Belleilalla,
(Ellefiavlit l'entrcprifii gaillarde.)
*VwSmervanteaunrpeudnoiree&(4,- OyantJraper, luy cria, qui va \i':
Comme ilmemitAJmjj'ifcnhwilhïd:>
Pourluy !'AJÙeJ/è au mesme inBant
parla.
Lors pour ouvrir la Servante volay
Lefit entrer; elleestoitégrillarde.
Ai],Itiydit-elle, eh bonjour, vous
voila,
Monsieur l'Afnier
; puis le lorgnant,
pritgarde
£hiileBoitbeau,dontfie congratula,
Pourfie la rendre au befioin indulgente
Ilajfittta de luyparoifire humain,
Ditmots nouveaux, &luyfierra U
maint
Dont il connutquelleeBoitsurt ce*-
tente.
JVuand de l'Afnefli il eut tiré le
Lait,
Elle voulut leportei 4 la Belle.
Ah,luJ dit-il, jeans vostre Valet.
,Çà,marchonivifte,oùla Malade
efi..elle?
Julqu'à ion Lit il me convient
d'aller,
L'amende y va; depuis qu'on
empoisonne,
On nous enjoint de porter en
perfbnne
Le Lait à ceux qui doivent l'avaler.
Par cas fortuit, si mal-encontre
arrive,
j'en répondon. La Servante le
crut,
Etle mena, toujoursfortattentive
A lelorgner,tant sa mine lty plut.
Voyant la Belle, ilfit humblesalut.
Comme elle avoit unejoye exccffive,
Ala cacher beaucoup de peine elle
Par eut. mots plaisans,accompagnez
i' d'un Conte, jlluy donna le temps de se ravoir.
La Belle lxpris a boire nefutproptet
Etfit durer leplaisir de levotr.
De leurs regards le langage (floit
tendre;
EtJitun d'euxy quoy quesans l'ap-
¡liqaer,
Parloit d'amour, l'autre prgmptk
l'entendrey
Sçavoit comment il devoitl'expliquar.
Ainfipijpjientdesrnemens agreablei
Tous les mitins &CAmante, c?
l'Ami;:t.
C'efioient pour eux desphifirs incri
ynbles,
Jjhtandpar bazard un instantseulement
ils reftoientfenbîchacun également
cédoit alors à cesird>;Jpoïts aimables
c)ue millefois on éprouve tn aimmti
MAis ces pLvjîrs (fioient trop peu
durables
y EtnoftreAfrïcrlespaycit chèrement.
Pour [es pochez, la Camardi Servante,
lLe'avvcoitytYanotnfr'ia.cics,ipcc7nte;lhéc,abptpeentnifofaunrrtey,,
Etvolontiers,c(-vkwc
le Diable tente
Enccrtatnsï~psL1
v/ioins Ï;;COli?t¡Îtc, éerlte
Si tïis-jMU'.naute(lie il uft ry,
Juffilru!~itriïill* voyoit brûlante,
Elitl'euH p,/!," peurfaçonde Mary,
Avant lejour la Friponne éveillée
Efioit An
gnetal'entendrevenir.
Ellesçavoitdouxpropos luy tenir,
Le ehatouilLoitpoureHre chatouillée5
Esse montroit d'amoursi travaillée,
Jluilnesçavoit commentla retenir.
Cefnt à luy deprendrepatience.
6) u' ¡7' ~.r' - f JI l' l' ~-~pufaire f ilfalloit l*e+
blottir,
N'ayantfoupçon, quoy qu'ellepufi
oNlr,
Jgu'avec la Belle il eufi intelligence,
Elle voyoitfans nulle répugnance
Jjhieparmotsgaysilvinfilaréjciïir.
Il-en avoit foûjoursIOllgue audience,
Et quelquefoisdesa cberc présence
Seul danssa chambre on le laissoit
jouir.
Vnjourqu'enhaut,sans levouloir
con duire,
On luy Lvfpt Ie- breuvage porter, jlfi,fcrvttde ce hmpspourconter LLeteritftrici'.jitleu,l'\ivtv:tiçeu rreéddtuiiirree
LedépLiïfiY dé U voir md-traiter.
La Bellexyantcl-me luy !\imetendre,
De cent douceurs a difeoursfut
fuhy.
Ens'expliquant, chacunefioitravy
D'employermos qu'ilfuftplaifant
d'entendre,
Et tat qucnfn le Pcrefepuflrendre>
Strmens nouveauxfurent faits à
l'envy,
JWwfeu si beau âormiroitfom Ú
cendre.
Leursyeuxdejoye efioient toutêclatansj
Et cettejoye en tous les deux visible
Eutpour!'Amant un charmesifcnfibhj
tQu'iloublia qu'iltardoit trop longtemps.
En bas efioit l'ammreufe Servante
Qu'avec l'AfiJitr l'amour apprivoifeit.
Comme il latint trop longtemps en
attenie
Sans reveniryenfinimpatiente^
Elle voulutfeavoir ce qu'ilfaijbit.
Son peu d'ardeur àretourncyprès
d'elle,
Lny mettant trouble&rfijfondans
lejèin,
Elle monta. La vifon cruelle
Jjhte ce luyfut, quandpanebévers
la Belle
Bile le vit, quiluy bai/oitlamain!
Bile n'enfûtavoirlaboucheclosè,
El dans larage ou la mitsa douleur.
S'imaginantqu'il baisoitautre chosès
Amoy, dit-elle, au Voleur, au
Voleur.
Contre PAfnier secourez ma
Maifirelfe.
Je l'ay surpris sur son Lit étendu,
Tachant par force. ah quelle
hardieLre!
L'effronté Ti-aistre! Il faut qu'il
foit pendu.
VAmanteutbeau laprierdefe taire
Flm ilpria, plas de cris ellejit.
Cegrand vacarme ayantsurpris k
l'ere,
Au mesme infiantilfauta hors dulit,
Vint,oùsihautla Servante encolcrç
Donnoitl'essorùsonjaloux dlpit.
3)aslaMaisonnedemeuraperfonne<>
Jïhà comme luy naccourujfpromptement.
Bien attestéfut lors avecferment
Comme Afnierpartrahi]onfélonne
Avoitvouluprendreébaudissement.
Chacun trouvantle cas erd&pendable,
Le Pcre outrédesa Fille s'ensuit
Si d'ua telfait Afnier efloit coupabley
Etlavoyant dans un troubled'esprit
mideparlerla rendoit incapable;
Ah;trop est vray) dit-il, laMiférahle
Estoit d'accord à faire.Ie délit. iladjoûtamaintscmsans vitupérés.
Vuisfi tAmant en heufeur enfermer,
JEtfour n'eryer enpareilles affairer^
il crutdevoir Parens en informer,
'Etprefndrle d'ieuxrleseconfscïls n.ecer
-
Chez luysoudain grande Parenté
vint,
Oncles mandez, Tan/es, Cousins.,
Cousines,
EA nombre efioientpour le moins
jusquavingt,
Tmous a,jfeiftannt deemontsrer g.ravef Le Pere an long du CM les tntrttiflt.
L'afFaire peut sans peine estre
vuidée,
Je tiens, dit-il, le Voleur prifonnier.
,
Chacun alors,du FaitprenantFidée>
"F)itfin IlVÚ; VneVieille ridée,
Tmidis qu'encore opinoit le Dernier,,
Dit, c'est malheur que Nopce
retardée,
.nn âge meur faut les Gens ma- rier. ma.
)qand de trop prèsune Fille est
gardée,
aure de mieux, elle prend un
Afnier.
:utcependantconclu, contre la Belh,
^uen un Consent le resse defis
jours
llle expieroitfishonteufis amours9
ït que l'Afniery monté sur une
EcbeUe,e rur volonté de Jufiice tfloit telle,
)es jensen l'airverroitfinirh
cours.
Avantcfu'ilfuflconduitenMassin
noire,
La Parentéfilesit amener,
tantpour le voir,quepourtexaminer
sur certains Faits de l'amourtufe
Hifioire. j
VAIS LAjjemblee il vintjans s'é.
tonner.
Un des Coujîns sele mit en mémoire,
El rappellent tous fis traits; Vraymcnt
voire,
Si d'autreAfnier n'avez à nous
donner,
Dit-ii au Ptrc, on vous en fait
biencroire
C'est un Biondin que j'ay trouvé
centfois
Chez la Grand- Mere aupres de
,, ma Cousine.
A-t-ille teint d'un Afnier, ou
la mine?
Peste, c'est là le tour d'un fin
Matois.
Le Taux Afnier oyanttelles parolel,
Aux pieds du Pere humblement
prosterné,
.<? conjura qu'à des desirsfrivoles
*arluyfin coeur
nefiftabandonne.
lïmnlJe il estoit d'assiz bonne Fa-i
miUe
tune, bienfait,&qui'lditfortement,
^neplmlongtemps luy refufr là
Fille,
"estoitvouloirlemettre AUmonument;
chacun touché d'une amitiésitendre,
!après du Pere intercedapour Itty.
)e l'avanture il ne faut prendre
ennuy,
)it un vieil Oncle, & force est de
vous rendre.
:ait comme il eftypourriez-vous
aujourd'huy
rrouverailleurs un plus sortable
G-ndre?
.,C poursuivant pour s'estre said
Afnier,
N'enattendez qu'un éclat inutile.-
!
Les moins rians en riront dans i
laVille; !
Sans vous fâcher, riez-en le premier.
i
Pardonncz-Iuy cette métamorphose,
'i
Il n'cfi: fin tour qu'on n'oublie*
aisément,
Quad l'Hymen est le but qu'on
se propose.
Ma Nièce l'aime, il l'aime rendrement.
Encorun coup force est que
promptement,
Les conjoignant, vous étoufïez
la chose. i L'honneur par là vous feraconservé.
Ainfiquemoy chacun vous 1C1 !
témoigne..
Pere apres avoirunpat refilé,
is que force est, dit-il, qu'on
les conjoigne.
x deux Amans fitlfaitainjl
q,,eartier,
ntUBelle eut une extrême aUégrcJjê
,
sa poitrine,avant ce motdernier,
et forte encor, la tenoit en détyeJ/è,
Itlren guérirl'incommodefaiblejjè,
le n'eutplia bejoin que de l'Afnier,
•pointdu tout deprendre Lait
etAfiefe.
J'ay tort, Madame, de ne
ousavoir pas épargné la peie
de me demanderjusqu'a
eux fois quelle est l'affaire
MrDargences. Je ne vous
uis dire par quel oubly je
n'ay point encor fatisfaic
vostre curiosité sur cet Article,
apres ce que vous m'en
avez écrit il y a plus de trois
mois. L'Affaire a fait tant de
bruit, que comme elle est
sçcuë de beaucoup de Monde,
jevous encroyois entièrement
éclaircie. Voicy ce
que c'est Mr Dargences
Conseiller du Roy, &sson
Lieutenant de la Ville & Vi.
comté du Pontaudemer,
ayant à juger quelques Prisonniers,
trouva que les choses
dont ilsestoient accusez
ne méritoient aucune autre
1
seine que celle de porter les
rmes pour le service de Sa
lajesté. Ainsi il les conamna
à servir dans le Regilent
du Roy, & les mit ene
les mains d'un des Offi-
Lers dece Regiment. Quoy
ue son zele eust un motif
es-loüable, le Parlement
e Roüen,qui garde partout
plus exactejustice, voulutprendre
connoissance de
Affaire; & apres avoir ordonné
que les charges & inormations
feroient apporéesauGreffe,
il ren dit Arest,
par lequel MrDargencesfut
condamné à représenter
les Prisonniers, & interdit
des fonctions de sa
Charge,jusquàcequ'il eust
satisfaitàcetArrest. Lachose
estant impossible à Mr
Dargences, il le pourveut au
Conseil du Roy, & demanda
qu'il plust à Sa Majesté lever
l'interdiction. Le Roy,
avec cette charmante bonté
qui luyest si naturelle, luy
fit l'honneur d'écouter toutes
les circonstances de son
Affaire; & comme les lumieres
de ce grand Prince luy
font découvrir d'abord ce
luiestjuste, dans les choses
mesmeoùla conduite d'au-
:une des deux Parties ne
sçauroitestre blâmée, il ordonna,
que Mr Dargences
seroit déchargédelareprésensation
des Prifonnicrs, &
luy permit de continuer l'eexercice
de sa Charge. C'est
cequeporte l'Arrest du
Conseil d'Etatqu'il a obtenu,
& ce qui a donné lieu
au Sonnet qui fuit.. -
AV ROY,
Sur son extrême application à
faire administrer la Justice.
G.RandRoy, dontlesExploits,
du Temple de Mémoire
Doivent faire ajamais le plusdigne
ornements
gue nos fameurs Atttbeurs avec
empressemens
TeJkivftitpoes àpas de yiftoire en
Victoire.
Tour moy,je veux chanter uneplut
doucegloire
,-?ui n'a, pas pour mon coeur un
attrait moins charmant,
Etque toutnos Neveux remplisd'itQfNlcment,
Admireront toujours, enlisant ton -
Hifloire.
D'un courage intrépide affronter les
hazardsy
C'ejfauss;,bien que Toy ce qu'ontfait
les céfarsy
C'ejlpar la que desTemps ils ont
bravél'outrage.
Mais couvert de Lauriersrtoujoun
viaorieux)
Donner a laufiice un entieravantage,
Ceflce qu'aLOFisfeulontréservê
les Cieux.
Il ne faut pas s'étonner si
Sa Majesté, à qui rien n'échape,
a connu sans peine
les bonnes intentions de Mr
Dargences,&son zele à le
servir, puis qu'il l'a fait éclater
dans toutes les Réjoüissances
qui ont esté faites
pour lesConquestes de ce
grand Monarque,&dans
l'occasion de la Paix, Il est
bien fait, liberal, & l'accés
qu'il a aupres de quantitéde
Personnes du premier rang,
est un témoignage assez convainquant
de son mérite.
Mrle Duc deBouillon l'honore
de son estime particuliere.
Le Dimanche 5. de ce
<
mois, laTranslationdedeux
CorpsSaints a esté faiteà
Amiens avec toute la pompe
& toute lamagnificence;
imaginable,dansl'Eglise des
Peres Capucins delamesme.
Ville. Ces Corps, sont ceux,
des Saints Martyrs Félix &.
Vidor, apportez de Rome,
depuis peu de temps par le
P. Jean Marie d'Amiens.
N'attendez point un entier
détail de cette Cerémonie.
Comme je vous en ay déja
fait d'autres de cettenature,
je me contenteray de vous.
dire que rien ne manquoit a
;
la décoration de l'Eglise de
cesPeres. UnsoperbeMausolée
avoit esté élevé dans le
milieu sur six Colomnes torses.
La Figure de ce Mausolée
estoit Exagone, & aux
quatre coins on voyoitquafre
Vertus en relief de hauteur
naturelle, sçavoir la
Justice, la prudence,laTempérance
& la Force. CetEdi- 'j
sice estoit couronné par la
Renommée,ayant quatre
Génies à ses costez de mesme *
parure, c'est à dire, tous éclatans
de riches Etoffes, de
Diamans & de Pierreries.
Au travers de l'Arcade de ce
Mausolée qui estoit garny
d'une infinité de Cierges, on
découvroit dans l'enfoncement
une merveilleuse Perspective,
toute enflâmée 8e
toute brillante de Lumieres,
au fonds de laquelle on.
voyoit par refléxion de Miroirs
un tres-agreable Parterre
de Fleurs, & à l'entrée
de la Perspective, les deux
Images des Saints Felix &
Victor rayonnans de gloire.
Outre le nombre infiny de
Fleurs qui paroient l'Autel,
& qu'on auroit crû une Broderie
appliquée sur de l'Etoffe,
onavoit pris soin de
l'embellirdequantité de Ta.
bleaux,deLustres, & d'Argenterie
de toutes sortes.
L'Eglise estoit téduë de tres.
bellesTapisseries du haut
jusqu'au bas ; & dans les
Balcons disposezcommodement,
onavoir mis diverses
Figuresen relief,parées d'ornemensconformesàcequ'-
elles représentoient. La Procession
partit de l'Eglise de
S.Jacques,dans laquelle les
Reliques avoient esté mises
endépost,•&fut composée i."S»sAl•
de tout le Clergé Régulier,
& des Prestres & Curez des
douze Paroisses de la Ville.
Mr l'Evesque d'Amiens yassista,
revestu de ses Habits
Pontisicaux. Quatre Trompetes
marchoicnt à la teste,
&estoient suivis de plus de
deux cens Torches des Métiers
& de celles delaVille,
garnies d'Ecussons. Une
Troupe de jeunes Hommes
vestus à la Romaine, & portant
des Eténdarts, précèdoit
cinquante petits Anges
superbement habillez, avec
de semblables Etendarts. ôc
des branchesde Laurier. Les
Châsses qui enformoient les
Reliquesestoient portées
fous un Dais au milieu des
Prestres revenus de Chapes.
Elles reposerent fous quatre
Arcs Triom phaux élevez eo.
divers Lieux, & pen dant ce
temps les Instrumens de
Musique faisoient retentir la
Symphonie. Auxapproches
ldeusConvenc des Capucins, CompagniesdesPrivilégiez
se trouvèrent lous le
armes, & firenthaye dechaquecosté.
Toute la Communauté
de ces Peres estoit
sussi en hayedanslaCourt,
i»u ils reçeurent les Saintes
Reliques au son du Canon,
des Boëtes; des Tromperes;
lk la Musique, &des QF-J
gues.On les porta sousle
riche Mausolée dont jeviens
de vous parler; & Mr l'Eveisque
d'Amiens estant arrivé
au Trône qui luyavoitesté
préparé,entonna le Te Denfn^
apres - lequel,il monta - en
Chaire, & fit le Panégyrique
des deux Martyrs avec une vive éloquence, & un tL~
grandfond de doctrine, que
C6ut l'Auditoire demeura
., charmé.L'Octave fut ro
lemnelle, & cette éclatantg
Feste se termina par la Bel
nédiction que ce Prélat dorçj
na pontisicalement le Di
manche u. du moisau bruijjj
des Tambours, Fifres,Trôjj
petes, & Instrumens mbfiJ
caux, & par un tres- beau FCLJH dartifîce.*, Js
Je me souviens que voftrd
Réponse à maLettre du moisi
d'Aoust marquoit quevous;
aviez leû avçc une extrême
satisfaction une Piece eiif
Prose que vous y trouvartesJ
ayant pour Titre, ConfalA
def-intéressez à lajeune Iris
Dn m'en a donné la suite,
dont vous serez d'autant plus
contente, que l'Autheur
nous fait connoistre qu'iln'a
pas encor épuisé cette
*
matiere.
C'est nousen prometcre
une autre suite, qui ne
sçauroit eltre que fort agréable,
puis qu'il écrit d'une
maniere tres naturelle, &
qu'ilfait régner dans ses pensées
une finesse d'esprit, qui
montre qu'il l'a aussi vif, que
délicat.
s/yite ,, DES CON,SEI@e
A LAJEUNEIRIS. NDusvoila venus,Aimable
IrÍi;) a un pointbien de-r
l€idcraatf.lerJç'ady'un4 vvooutasddééppeeiinnddrreeleL,
'& À voui marquer la manierf
dontil faudra tgir aves luy,
Jle ne Jscay si tout çela ne [CM
pointinutile. pointmutile;cardesoptevont
aimere^
J vois croirez avoiy
trouvé ce veritable & fincefe
A-mant; &pourcc apàregards
rwIlre conduite3 vpflre coeur,
moquera dte mes c ~, règles. Cepen-
dan2t o ne lai/Je^ pat dé vous actpûtumèr
a ptnfer de çertainp
choflsJ st) a faired'utiles rij!é..
xions, tandis quevous nIefiCi
ùOfnténcorprévenuedune pat
fîcncpi:eflbienJouventaveuAe^
&*peutejlreprendre-^-vousun
tourd'espritqm vous rendra plus
Incapable deflretrompée par
VAmour.Examine laplupart lesFemm~tf.Vdabnsqu~elle tzjtx onfiepajp toute leur viem r n-o 1 elles aiment sans efbe
nenfeumd'ejlre aimées;ttntojl
Mes difbutent à une Rivale m
Arnant douteux £r chanceUnt?
tantojlellaseprécaution?nt contre
des indiscrétionsdont ellesfont
menacées; tantost elles tachent à,
arracher des Sacrifices q ion ne
leur fait point de bonne rr¿r.Tcej;
taniolf ellej font réduites àfûtenircommeellespeuventlesrejles
dunegaixnterielan^'-Jfwte, @f
à réveiller de misr iblesfns qui
samortiJjent. Apres cela dans
le temps qu'on vientde leur faire
quelque perfidie, ou qu'elles ont
manqué quelquedessein, il leur
'Vient des d-^oues3 (7 leur c::ur
ejlantfins amour, elles tombent
dtns un repos millefoisplus infuponable
pourelfes
, que n)e{:
Soient tous les troubles quelles
tint ejJuyez i & il faut au'~
ellesse ; récipitent dans quelque
nouvelle intriguey sans avoir
mieux pris leurs mejures qu'aupararuant.
Si en commençant
J'aimer elles s'attacboientà bien
eboifirceferoit beaucoupdepeine
épargnée pour elles. Toutdépend
du choix que
Ion fait d'abord.
Vous feriez bien étonnée sije
VQWS disois que malgrél'oppositionque
Amour& le Mariage
ont enfemble3 [Amour eftpourtant
une eJPece de Mriâge. Il
riy a rien de plus vray J
belle
1rs.Jefçay que cefirait lauhc
1terribleproportionHoUrlesontlies
coqvetes ouprçrieufes, maisriimforte.
Je foutierisqu'un' ion ji nant doit avoir a peu-près lès
Í'lualit£'{ d'un bon Mary, cess4
dire, que cenefera pasunMaty
dans toute tétendue(if dans tou~
te la rigueur de ce fâcheux (y
defkrreabtenom, maisfeulement
~<% v~~f ~ow~ ~f~
Un Âf.try kdoucy 0* miriif.
Demande^avostre Mere quel
ryvousdri/r%Prendre.E}lè
yo'4s répondra dun airsec (Ù
refrogné; Allez au iolide, ma
Fille. Ilne s'agit poinr icy de
tous ces colifichets d'agréptens
quiébloiïiflent lesjeune^
Pcrionnes. Il fautdp
Bien»peit là Içvray, agrqmenv
On doit vivre plus
d'un jour avec un Mary. Un
bon Homme d'humeurua
peu ailéç, a tout, le mérite
dontVQUS avex besoin. Et
rnoy je WisdUprejquc la mefne
(hose touchant le choixdm
Ornant.Jeveuxqutlfoitagrea.-
Ue,C'fft en quoy vuflre Mert
Cr moy nous ne parlons pas la
rnefne JL^nyie. LAmour ne
kursi pa/Ter des a^rêmens. Il
fautq'Tll/es ai-t toujours à s/-t
Cuite i ma#4ye% encor plus d'é-:
gard aux qUAlite':{ ejfenïelîef
de voflre Aman*-, q%a allés qui
ne feront quagreahles. £)u'iL
foit un peu moins magnifique
en Habits,q'iildancemoins
bien, &qu'il ait le coeurmitux
faai*tt.. FFuuye% tous c,'s Fripons de
bon air, qui ne persuadent les
Femmes qu'en changeant fouvent
d'Habits, & en augmentant
hur Train. Tout cela
l,
ne
negâte rien, a la vérité; mais
ilfaut que beaucoup J'autres bonnés
chosessyjoignent encor. J'ay
1/eu d:s Hommespourveus de ce
seulmfrte, tellement difbute^
Rar les Femmes, éJ: tire^par
lune& par iautre, qu'ils ne
sçavoient à laquelle entendre,
lJr>nci{aL,m ni dans urepetitç
^Vailtlee,ostiil^y.rqaLusnqHu•o•m/m?,echqcuiruaiet
Dame veut quefi-. Porte en [cft
honorée. Ily a f'çsFemmes qui
(ont au defjhs d une vanité si
grojjkre3 0" qui donnent dans
une autre, Ellesveulent ejlre
aimées par des Cens d'ejpntt
c'est un titre d'ejïrit pour tY.,S.
Lafidelué
)
U dro ture3 la finccrté3
la déhcatcjje,rientrent
point en li^nc de compte, Il
fitjjitquon Joit d'une conversationenjouée
&amujante} o#
feulement qu'on en ait ta npfl*'
ration. Elles traînentaïecpLiffl
des Censdéfont à leurfuite, €~
elles ne f^.vent pas qu'ilsfun
bienfotivtnt les ffioinsarracbek,
& lesmoinste/,drei.Aliénait,-
solide, aimable Iris. Po,
tous ces
mentesfuperjiciets /'ef'
timequi -eurest deuc.Ilsfontne*,
cejfoeres laplûart, mais ànA
fkjffentpas. Exar?.wé% comint\
't'os Am,ns ont le ce?urfait. Et
comment It rtColini:)Iilre
re^-xotsfIls paroiflinttous
faits les uns corne les auties
surce cha pitre; tous égclemènefournis9-
tous
égaltmëc^^
ÎPMPLAIIANSJTOUS également
)RODI£UES de 1ERMENS de fi- t
TENTE. Vous at-ek raison. Ceiendantitj/
a un ait de Àijcernef
'Cr/* e 'Vr'ry d'cvec aux noefrne en -, natieredateur.Voule^-iouf
ronder ladijeretion d'unHom- ,
fie? Parle^luydeJes premieres 1
Gaffions,s'il en a eu. Dites-luy
QUE HJOHJ ne pouiriÇcroirequ'il
vous dime3 s'ilne vous sacrist.
Iesmarquesd'amour qu'il a remues
de fis autres ÂfaitrJfes,
leurs Lettres, parou enpie.S*t
arrivequ'il njeus les appor e, 1
rendez-les fuy sans les regnd r9 :
fyluydites fort c\fy;lemem )Mt'
~-.¿, ~~-".
'- ,.
vous essessa très-humble Srr.
vinte3 & que vous lefritz de
chercher '-ortiene ailleurs. Gardc^-
votts bien de rcff'mblerà
ces Femmes qui soffenferoient
d'un refusqu'on leurferaitsur
ce te mtriert., éf qui bienfond~
e~nft ne Coûte~nft le p-laifrd~'e/j?trrce
aimées3 que paneqtellessefont
facrfer toutes celles qui les ont
précédées dans le coeur de leurs
jimtns. Je ne [çay comment
elles neJongmt point a se faire
ptravance une applicationparticuliere
du procédé qu'on tient
avec les autres. On les avertit
fez,lamanierr dont on en f
usera unjour avec elles-mesmes;
& quandcela arrive3 elles rions
passujetdeseplaindrequ'on les
aittrompées. Encor une autre
tnaniere d'éprouvervosAmans,
cess de les maltraiter
>
jufquk
vous en faire abandonner toutd-
fait. Obfcrve^quelle retraite
ilsferont. Vous en verreffapurement
la plus grande partie se
Retirer en se révoltant contre
'vous s & en se vangeantpar
tous les moyens que suggere le
dépit. LAissez-les aUer.) & ne
regretez pas leurperte. MaûJi
mous en ruoyekquelquun qui
affe une retraite modèle3 dans
laJj'kHeilconfins,'saPremierè
è'pmepourvouf,rappïUe^ in^
è-éjfam'Menr cet Horn ne-là,cefk
un t'éfor.Je Jkpofetjiïil ait
ailleurs un mérité qui vom
convienne> car pour eflre rappelle,
il fa%t quelque chosede>
plus qu? de sefin retiréd- bonm
p--i.ee. Combieny a-t-il encôr
deméthodesplW finespour dé-Irtafor
autant qu'ilse peutl&k
fintimens vérifiésdt v&p
-uns? Connoijft% vospetit?
défauts;fivousvoye^quom
iBou!¡ en loi?, sion pouffe jNP-
4pièï-la l'effronterie des doàcrmfs^
& frètes, QIf, UQHStrvnpev
,l,' J
Onvortseflimeajjè%peu pour
V9ustendre unpiège ordonnent
musles Ftmnss prévenues le>lei-mepn?s. Si 'vous croye%
fue l'Amantluy~mefmey efl
rompt,0"si vous tene% compta
kfapaffij7i.dte ïcr-eurou elFleï l'a
nis, celam vwtg'tère mieux*
Zroye^-moy; qyjnd on
lape dumde la Perfom*
imêe, on ne laime pas Ion?-*,
ernps. Ilillufionfinit> onouvre:
rr yeux, &ontrouve une Per-"
weie tpion ne reconnuflpwnt., faut prenlre les Gens que
oar H?'4r -U-'-table prix. Qui.
Mis eslime plus aievous ne
'Valez, tiendrabientojl à ne
vous eftrmcrplusdu tout. Voila
desmaximes qni naccommodent
pu la plupartdes F:m¥J'J's. Elles
veulent e/tre aimées le plus
follement qu'il ejlpojjible. Elles
veulent s'entendre nommer les
feulesPerfonms parfaites qui
foientfurlaterre.Elles veulent
qu'on mette a leurs pieds, & 1,~i on met~e d 1
qpïonfoule devant elles tous les
mérites qu ressent dans l'Univers.
Des pajjhns outrées jufqta
ce poin-la vous doivent
efl-e fufpecles. Je ne voudrais
piS répond' q; s durajfent
longtemps.E; ne vous fi^xre%
tj '*
as que la minier: dont vous
eurie jouhaiter qu' on vous
imafl, pour estre plus raijontblc3
en fustmoins ardente.-
rous n'yperdriez rien de ce feu
irf de cette vivacité de l'amour
'U; paroist si agreable.V^oJIre
4namtrouveroit en vous la
Derfonne du monde dont lecoeur
'accord::roit le mieux avec le
rn mais il ne feroit pas bejein
r;t'il simarinajl que vous fufie^
inimitable entoutes chojcs„
AH contraire, il vous aimeroitrjJèZ
po«r voir vos petits debuts,
& n? r."en diminuer deJa i -endrejje.Iljejeroituneétude
»Jk vous en défairetnfenjible*
ment; ff) l'amoura. cela de bon>
îcjH: cj'iind ileflbien pris, cesi Ecoledumondeoul'onJeper*
fié/ionneleplus.
jfonft,comme ie vous dijois
d'abord, vous à peu près
Ht Mary dans un - véritable
Jl.nint. Cependant la diflétcnce
efl toujours fort grande*Uh
jimxnt çyune
Mtitreffi neJe,
doivent rien. Tout ce (JHils font
ru" pour l'autre eflaffaifjnnê
d'une certaine indépendance qui
Yi mesl? un charmeinconceva-r
bit*&cefllafeulement ceqm
met le Mariagesifort 411. tkffisdel
Amour. Cenesi plus*
\m*ury cesi. un Marriiaggee aaff-
\HX, dés qu'un Amant tif'urpe-')
icl^ic autorité sur une Àdaî-x
ejJe - dont il e/laimf. J'ay hor-
W de cette forte &empire, &* |ne sim pardonner a celles qui
V assiz peu decoeur pour sy;
mettre. Prene^ -y garde.
7eft une des chojes du monde
m marque le mieux le çara*
kre d'unfvray-Amant. Jamais^
^neprendra d'autoritéfuruousr
Twnd vous pourrie luy e*.> ujjr prendre il la refufir4;
msquevous*IJOUSen appercele,
iieç. Il ^gus ckimwiçM&&•+-
rjeoj^uerayude'uupjeemcaenqiéuré'tielenfdlrjeef(fyl*
~!'
.- ,dobteni)ç., ilne croira poify
alvoir',.avoirde)lroitsur ,zU-?O ce
qui luy a,tm
esté accorde centfois & le re-
!
cevra comme a la première
Qnoyqu'ilfujlplusnaturelq$
vous euJFzfur luy quelque:em
J~ * pire, * ne texercez pourtant plu{.
des quevousenJère%unefok
s que -vousfn ferek une Pi~
venuejujqual'aveu de vojlri
tendrejje. Il effsi douiï de n<-
xiQ>errien,e de recevoirtout.
J.aijje^ étudier (èfp^veriii
vos
volonté Me les déclaré3
nas -on.imperieujÇ.
Si PMvous rtfujequelque choje
(m$ii
n ous la re- (maisj*entens qu'onvous refuje
avec autant ou mesme avec
èlus de tendrejje que si on vous
tVaccordoit) écy-o' utez les raisons
qu'on vous en donne. Point de
commandement absolu. Rien
n'offince davantage la délica-
'ttjJt de famour. Combieny at-
ilde Femmes qui nese plaisent
, qu'a exercer un gouvernement
tiranniquey &qui ne pourraient
Je résoudre à navoir qu'une domination
douce $ légitimey ou
tlutofl à n'en avoir aucune!
Ce ne font à tous momens que
Jacrificesdéclat quelles demandent.
Ellesvouspropofentàtout
momensd$renoncer atamijoti,
Pua rellrs:'--.E/!es neJetiennent^
point assureesdun Hommkqm et
encor
quelquesménagemens
quelques égardspour le bonfens,
Crqye%qu'uneobcïjjance trop
aveugle estdmAmantqui ne
vouseslime pasnffe% pourrftrc
persuadé que vous pujjie^i'ou*
playerdune e-xcuft miJoÀnable3
&quiefiantraty devoirdécouvert
en vous la'foiblcjje de
Vouloir estre obeïesiabsolu-ment*
ne manquera pas de chercher les
moyensàen profiter.Maispeuteflre,
aimaihIris> je nien*agi
trop amant dans ICI coeils
Piut-eflrr mesmefont-ils u*.
Dca trop jeveres y&tiennent
tropd'un Homme que sonagc
éloigne du commerce de l'amour.
Si cependant vous pouviez en
fairequelque usage, si vous
vous accommodiez de cette manière
d'aimer & desire aimée,
qu'à la véritéfimagine plus que
ie ne tay veue pratiquer,ily
mroit encor beaucoupd'autres
petites choses JurJeJquellesmeS
AVIS pourroient nevouspas estre
inutiles. -
La Feste de S. Loüis, dont
la Reyne d'Espagne porte le
nom,~aJcfté celébréeà Rome
avec une' cntiere magnificence
parMr le Marquisde
Liche,Ambassadeur de Sa
Majesté Catholique. : Plus
d'un mois auparavant, la
Place appellée d'Espagne,
avoit esté illuminée chaque
foir parun tres-grand nombre
de Lumieres que ce Ministre
faisoit mettre aux Fenestres,
& dont ilfournissoit
ladépense. Le foir du 24.
d'Aoust,veille de la Feste,
la quantité en fut de beaucoup
plus grande, ce qui
: faisoitun tres- beleffetdans
cette Place.Le devant de
ion Palais estoit orné dun
ManteauRoyalfleurdelisé
& doublé d'Hermine, & au
dessus on voyoit une Couronneilluminée
de neufpetites
Lampes de verre quon
y avoit attachées. Une Cartouche
,derriere laquelle on
avoit mis des Lumieres, faisoit
lire de fort loin ces paroles
en Lettres distinctes.
Maria Aloysia
,
Hisp. Reg.
Le long du Palais estoit une
superbe Tribune enrichie de
Peintures & de Dorures , éc
éclairéedecinq Chandeliers
~Cx bras chacun. Le divertissement
commença par
la Musique placée sur cette
Tribune, & composée d'environ
six.vingtsVoix & Instrumens.
On chanta d'abord
unDialogue à laloüange
de la Reyne d'Espagné.
La Symphonie estoitadmirable,&
dura une heureentiere
,
pendant laquelle, Mr
le Marquis de Liche fit servir
des rafraîchissemens aux
Dames qui s'y trouverenten
Carrosse. LaMusique ayant
cessé sur les dix heures du
soir, on alluma aussitost, non
pas un Feu, mais douze Feux
~114-1 <A";'
d'artifice, éloignez de soi-
KMitç paslesuns des autres t
cequicausa un fracasextraordinaire
,&d'autant, plus
grand qu'il y avoit plus de
cent Carrosses dans laPlace,
dontles Chevaux ne pouvât
soufrir le bruit des Petards,
ny l'excessiveclarté des continuelles
Fuséesdontils estoient
accablez,avançoient
lx reculoiêt à tous momens.
Ainsiquantitéde Gens furent
blessez, & par ces Carrosses
,
& par le feu des
douze Machines. Il y en eut
quatrereprésentant la Castille
par de grandes ~Tours
Quatreautresreprésentoient leRoyaumedeLéon par de
grands Lyons qui fouloient
un Globe sur des Rochers;
& lesquatre autresestoient
de grandes Fleurs - de- ~Lysc
hautes de six pieds, plantées
sur des Roches. Ce qu'il r:
eut de particulier, & dont
tout le monde demeura
surpris
,
c'est qu'après que
l'artifice eûtjoüé, le feu prit
aux quatre Machines qui représentoientle
Royaumede
Léon, & les consuma avec
tous ces gros Lyonsqui su-ri
~rentréduits encendres. cd.t
lîcfot point pours'être coni^
muniqué deluneàl'autre,
car la premiere estoit à)
Propaganda Fide, la seconde à
Monte àOrcylatroisiéme un
peu en deça de la Trinité du
Mont, & la quatriémeentre
la Ruë d'Espagne & la
Fontaine. D'ailleursces quatres
Machines êtoient entremeslées
des huit autres, dont
l'artifice joüa sans les consumer.
Un Chandelier de six
bras éclairoit entre chacun
de ces Feux. CetAmbassadeur
avoitencor fait ptany
terdevant son Palais douze
gros Piliers, surchacundesquels
estoit un grandLtifh?i
de cristal garny de vingt
Lampes, ',& sur la Fontaine
on avoit dressé unePyramide
de vingt pieds de haut
, ornéedeHiérogliphes
qu'on
voyoit à la lueur d'un tresgrand
nombre de Lampes
dont la Pyramide estoit remplie.
La Reyne de Suede &
tous les Princes&Princesses
de Rome, joüirent de ce
Spéctale. Le concoursdu
Peuple tli y fut extraordinaire,
& tout le monde admirala
magnificencedeMrl'Amta{
Trieur.;CesréiouitIànce&
font destémoignages publics
de la passionque les
Espagnols ontpourleur
Reyne,qui ne se faitpas
moinsaimerque toutesceldes
que la France leuradonnées.
Cesoirlà mesme, apres
pue lesFeux eurentjoüé, on
alla auCours dans la Plaine,
I& on n'en revint qu'à plus
de deux heures apres minuit.
La Princesse PallianoColonteni
» parut habilléeàlaFran- pour obligerson Beaupere,
qui luy avoit demandé
cette marque de complaisance.
Elleavoit un Manteau
de Brocard d'or qui luy
donnoit un fort grand éclat;
mais illuy manquoit d'estre
coëfée; & comme elle ne l'a
jamais esté, elle refusa de
joindre cet ornement à son
habit, & on eut beaucoupde
peine à luyfaire prendre au
moins une Coefe blanche
de foye. Elle retourna au
Cours plusieurs autres soirs,
sans avoir d'autre Cocher
que le Prince son Mary,
Le petit Abbé Colonna son
Frere menoitlesecond
,
Carosseoù
lesEspagnoletes esoient.
Mr le Marquis de
Liche avoit dessein de donera
cette jeune Princesse le
Di.,:_rÜJTelnent d'un Comac
de Taureaux contre des
Hommes,selonl'usage d'Espagne,
mais Sa Sainteté ne
voulut poinr le permettre, à
causequ'il ya toûjours plusieurs
Personnes tuées ou
blessées dans ces fortes de
Combats.
Le jour de l'Octave de
Saint Loüis,quifutle Lundy
I. de Septembre, le Pape ,nt une Promotion de seize
Cardinaux ainsi que vous
l'avezsçeu. Le dessein qu'il
pritde remplir ces Places est
d'autant plusàloüer, qu'il
a choisy pour cela des Hommes
d'un mérite extraordinaire,
ôc que leur vertu rendoit
dignes de la Pourpre.
Ce SaintPontife a fait voir
par là de véritables empressemens
d'un bon Pere pour
ses Enfans,puis qu'il ne se résolutà
faire cette Promotion
que pour le bien de l'Eglise,
ainsi qu'ille protesta en entrant
au Consistoire, & pour
soulager les Cardinaux de


leurs fatigues, &dutravail
continuel & necessaire des
Congrégations, auquelleur
petit nombre ne pouvoit
plus résister.LaPlancheque
je vous envoye vous fera
connoistre les Armes de ces
fcize Cardinaux, que je vay
nommer selon l'ordre des
Chifres qui marquent ces
ArmcsdeJean- Baptille
I. Armes de Jean- Baptiste
Spinola,Génois, âgé de 67.
ans. Il a cfté Archevesque
de Génes, &: il est présentement
Gouverneur de Kome,
& Secrétaire de la CongréGATIONDESRÉGULIERS.
Les
CARDINAL*1JEANDORNINIQUESJ
SPINALAEFMON Oncle.
2. Armesd'Antoine PIGNA-I
tolli, âgéde 66. ans. ILCFFCFL
Napolitain,Frere du Duc des
MONTDCON;' & Neveu DUU
Cardinal Estienne-Pignatel li. Ila EFTÉNCNCE - en Pologne
& àVienne, ôc présente- -
-mtnt il est Evesque deLecce
dans le Royaume de N*U~S
ples, & Maistre de CHAMBREz
du Pape.
,. 3. Armes D'EFTIENNE BRAN>«
caccio,aussiNapolitain,âgé l
DE 64. ans. Il est Neveudu
Cardinal François - Marie
Brancaccio, &aestéNonce
à Florence &àVenise. On
l'a fait en fuite Evesque de
Viterbe,&Secrétaire de la
Congrégation du Concile.
4. Armes d'EstienneAgostini,
âgéde65. ans Il est de
Forli dans l'Etat Ecclésiastique,
Archevesque d'Heraclée,&
Dataire de sa Sain- teté. %nus\/o>f -:&«*? ;fj5
- 5. Armes de François Bonvisi,
Luquois, âgé de 63.
ans. Il est Archevesque de
Thessalonique,Neveu du
CardinalJerôme Bonvisi,&
Nonce à Vienne. Ill'~avoisi
esté auparavant à Cologne
& en Pologne. 6.Armes de Savo Mellini,
Romain, âgé de 37.ans II
est Archevesque de Cesarée,
Nonce en Espagne, &Petit-
Neveu du Cardinal Jean
Garzia Mellini.
7. Armes de Federic Vijt
conti, Milanois, âgéde63.
ans. Il est de l'illustre Famille
desVisconti,Cousin du.
Cardinal Vitaliano Visconti,
& du Cardinal FedéricoBorroit^
o. Il a esté Auditeur de
Rote,& fut nommé il y a
deux ansà l'Archevesché de
Milan.
8.Armes de MarcGallide
Come dans le Duché de
Milan, âgé de 69. ans. Il est
Evesque de Rimini, Frere
du Duc d'Alvito, &: Petit-
Neveudu feu Cardinal G41.
li. Il aesté Nonceà Naples,
& Vicegérent de Rome.
1 9. Armes de Flaminiodel
Taya,Sienois,âgé de 80. ans.
Il est Auditeur de Rote, ôc
Correcteur de la Penitençerie..
:
-- 10. Armes de Raimond
Çapjizucch^Romain,âgede
69. ans. Il est del'Ordrede
Saint Dominique,&Maistre
du SacréPalais.
II. Armes de Jean-Baptiste
deLuca, Napolitain,âgéde
64. ans. Il est Auditeur du
Pape.
12. Armes de Laurens BraneJi,
natifde Laurea en Calabre,
âgé de 64. ans. Ilest
del'Ordre des Mineurs Conventuels,
Professeuren
Theologie, & Consu lteur du
SaintOffice.IlaestéBibliothéquaireduVatican,
&est
prorond dans les Langues
Hébraïque, Grecque,Syriaque,
Caldéenne&Arabe.
L'Ordre dontil ell/ aeu la
gloirede donnerdesPapesà
[r£|iifc.-
- - ;, -
13. Armes d'Urbain Sachet
ti,Florentin,âgé de44. ans.
>11 est Auditeur de la Chànt.
bre Apostolique, & Neveu
>
du feu Cardinal Jules Sa- >;Chetti.'
14. Armes deJean-François
Ginetti, Romain, âgé de 60
sans. Ilest Trésorier de la
Chambre Apostolique, ôc
Neveu du feu Cardinal
MarioGinetti.
15.Armesde Benedetto
J
Pamphilio, Romain, âgé de
28. ans. Il est Grand ~Prieu
de Rome, de l'Ordre dci'
Malte, Filsdu feu Prince
Camille Pamphilio qui eftoit
Neveu d'Innocent X. êdi
de la Princesse Rosane, Petite-
Niéce deClementVII.I
lX Frere du Prince Pamphi-i
liovivant. Il a estétenu fun
les Fonts de Baptéme par Sa
Sainteté.
16. Armes de Michel Ange
Ricci, Romain, âgé de 65^
ans. Il est Secrétaire dela
Congrégation des Indul
gences.
:,
>> Decesseize Cardinaux, il
yena douze Prestres,&
quatre Diacres. Il reste encor
dix Places vacantes, que
Sa Sainteté s'est reservées in
petto pourlesCouronnas, le
nombre devantestre de loixante
&:' dix, pour imiter
Moïse, àqui Dieu conseilla
de prendre un semblable no-
,
bre de Vieillards,afin, qu'ils
le secourussent. CesPromotions
se font quand le Pape
tient un Consistoiresecret. Il
nome sélon l'ordre de leurs
Dignitez les Cardinaux
qu'il veut faire
, & en suite
on a de coutume de lesappellerà
ce mesme Consistoire.
Ils se mettent à genoux
aux pieds de Sa Sainteté,qui
leur met en teste le Bonnet
rouge en faisànt le signede :
la Croix,& disant, esto Cardinalis.
Apres luy avoir fait
leurs remereimens, ils vont
visser le Cardinal Neveu, qui.
les régale splendidement, ôcz
rendent aussivisite aux Parens
& Parentes du Pape.
Cela estant fait, ils se retirent
chez eux,& n'en sortent
point jusqu'au premier Consistoire
public, danslequel
ils*
Cardinal.LOn.ne,pAs
Cardinal.Onne laisse pas
de leur fairedesvisites, mais
ils n'enrendent aucune.Ils
conduisent seulement jusqu'aleur
première Chambre,
& mesme les Cardinaux,
dontilyena peu qui les
aillentvoir si ce n'est de nuit,
qu'après que ce Consistoire aesté tenu. Si quelqu'un
de ceux que le Pape
réleve à cette éminenteDignité,
n'a pas assez debien
pourla soûtenir,illuy donne
arois mille écus de pension,
i.jusq.u"a ce qu'il soit mieux
dansles affaires. Quant à
ceux qu'ilcrée lors qu'ils
font absens de Rome
,
il
leur envoye le Bonnet de
Cardinal par un de ses Camériers;
& s'il n'y a point de
Nonce dans le lieu où ils se
trouvent ,
c'est l'Archeves
que ou l'Evesque, & souvent
le Roy luy-mesme qui fait la
cerémonie de leur donner ce
Bonnet. Grégoire XIII.
ayant élevé au Cardinalat
Mrs de Vendosme & de
Joyeuse, enenvoyalesBonnets
a Henry III. Roy de
France. Ces Cardinaux ne
i
pouvant prendre le Chapeau
qu'à Rome,y arrivent en
Habit de campagne de couleur
violcte, & trouvent
proche de la Ville jusqu'à
quatre-vingts & cent Carrosses
à six Chevaux, envoyez
à leur rencontre, tant
des Cardinaux que des Ambassadeurs
,
& autres Per- !sonnes d'un grand caractere,
qui viennent eux-mesmes
dedans, ou qui envoyent
leurs Maistres de Chambre
leur faire - civilité en leur
nom. Le Cardinal qui arrive
prend place dans le Carrosse
du CardinalNeveu,&
va tout droit chez Sa Sainteté,
où il fait compliment
au mesme Neveu, qui l'accompagne
dans la Chambre
du Pape, apres qu'on luy a
fait la Couronne deCardinal,
6c qu'il a pris le long Habit
avec le Rochet. A l'entrée
de la Chambre de Sa Sainteté;
il met les genoux en
terre jusques à deux fois,
baise saPantouflequi est de
velours, puis sa main, & sa
jouë,&la remercie avec des
paroles pleines de soûmission&
de respect, de la grâce
qu'il luya pludeluy faire.
i r • Ensuite il remene le
,
Cardinal
Neveu jusqu'en sonApartement,
& ie retirechez
luy, sans en plus sortir, jusqu'au
Consistoire, où il reçoit
le Chapeau. Toute la
Ville témoigne s'intéresser
à la Promotion d'un Cardinal,
comme à un bonheur
public. C'est ce qui oblige
les Cardinaux, les Ambassadeurs,
les Princes, & autres
Personnes d'un rangélevé,
de faire allumer des Feux devant
leurs Palais, dont les
Fenestres sont éclairées de
Flambeaux pendant la plus
gran de partie de la nuit. La
Porte du Cardinal pour qui
se fait la rejouissance, est
ornée de Peintures, de Fedtons,
de Lauriers,& des Armes
de sa Famille; & ses Fenestres
& Grilles dont peintes
en rouge. Les Cardinaux
portent le nom des Eglises
de Rome,c'est à dire ceux
qui y demeurent, & prennent
soin, non seulement
du spirituel & du temporel
de ces Eglises, mais encor
desHospitaux, des Colleges,
des Monasteres, & des Confrairies.
Ils ne peuvent résigner
cette Dignité, mais ils
la peuvent quiter, & mesme
se marier, s'ils n'ont point
reçeu les Saintes Ordres. Il
y en a des exemples. Dans
le premier Cosistoire secret,
le Pape ferme la bouche au
nouveau Cardinal. La cerémonie
n'en consiste à autre
chose qu'à luy parler quelque
temps de la Dignité
qu'il a reçeuë, sans que le
Cardinal luyréponde. Celuy
à qui onsermoit la bouche,
navoit autrefoisny voix
active, ny voix passive; mais,
par un Decret de Pie V. il fut
ordonné que cette cerémonie
n'empefcheroit point
qu'il n'eust l'une & l'autre.
SaSainteté luy ouvre la bouche
dans un second Consistoire,
luy donne le Titre
d'une Eglise, & luy met au
doigt un Anneau d'or, pour
marque qu'illa luy fait épouser.
Dans la Promotion qui
vient de se faire, il n'y a
point eu de Festin, à cause
que le Pape n'a point fait
de Cardinal Neveu. Le
Jeudy 4. de Septembre Sa
Sainteté tint un Consistoire
public, dans lequel elledonsa
le Bonnet à Mrs les Cardiaux
Spinola,Pignatelli,
Brancaccio, Agostini, Visonti,
Capizucchi, deLuca,
Brancati, Sachetti,Ginetti,
Bc Pamphilio, qui embras-
~Perent tous les anciens Car-
Hinaux selon la coutume,
& furent en suite reconduits
à la Chapelle Papale par les
Cardinaux Diacres
,
qui
avoient esté les y prendre
pour les amener au Consistoire.
Ils firent l'Adoration
ordinaire dans cette Chapelle;
& apres y avoir presté
Serment sur l'Autel, ils re
tournerent où estoit le Pape
&s'estantmisàgenoux, il
reçeurent le Chapeau de
mains de Sa Sainteté. Elle
fit en mesme temps la ceré
monie de leur fermer la bou
che. Mrsles Cardinaux Galli
Bonvisi&Mellini estoien
absens, & Mrdel Taya 6
Ricci avoient refusé le Car
dinalat. Rien n'est si pref
fant que le Discours qu
court du premier.. Il s'alla
jetter aux pieds du Pape, &
apres luy avoir représente
combien ilestoit indigne du
degré d'honneur oùil vou-
~oit l'élever, il le conjura les
armes aux yeux,de levouloir
nécharger d'un poids que extréme vieillesse le rendoit
incapable de porter. H
~uy dit, qu'il sçavoit bien que
quand lanecessité pressoit, on ne
devoit point avoir égard aux
refus d'un Hommequise vou-
~loit dispenser des Chargu, mais
qu'on estoitdans un temps où Ro.
me ne manquoit point de Sujets
d'une éminente vertu ; que Sa
Sainteté en trouveroit un grand
nombre qui soûtiendroientbeaucoup
mieux que luy l'éclat de U
Ë
Pourpre,dontillaprioitdene
pointrevestir;quesisa travau
avoientapportéquelque avan
tage à l'Eglise, laplusgrande
récompense qu'il en pouvoit~sou
haiter, estoitqu 'on le laissastson
ger à lamort sans aucune in
quiétude;qu'estant prest d'aller
rendre compte à Dieu de toute
sesfautes,ildevoitcraindre que
la Dignité qu'on luy offroit n
mistsonsaluten doute; C,qu
ayant déja la teste dans lasi
pultureparson âgedécrepit, i
nepourroit latournerque de ~for
méchante grace pour joüer ~un
nouveaurôle sur le Theatre el
Monde.
Cerefus fait voirqu'en
aisant le choix de ces seize
Cardinaux, Sa Sainteté n'a
etté les yeux que sur desPer-
~onnes d'une fort grande
vertu. Je vous ay marqué
que la Promotion en est toûjours
faite dans un Consis-
~toire secret. LesConsistoires
oublies sont ceux où se font
~des Harangues des Ambassadeurs
quand ils arrivent, &
où l'on traite tout ce qui regarde
la Religion. Le Pape
sftassis fous un Dais,& a une
Etole sur le col pour faire
connoistreson autorité. Les
Cardinaux rcveitus de Cha
pes violetes, sontassis à se
costez. Ils parlent dcbou
suivant l'ordre de leur recep
tion, la teste nuë, sans Ca
lote, & sans Gansaux mains
Si quelqu'un d'eux entre
apres qu'on a commencéle
Consistoire, ilsaluëSaSainteté
au milieu de laSalle, &
setourne en fuite vers les
Cardinaux, qui se levent tous
pour luy rendre son salut
LesAmbassadeurs des Couronnes
parlent debout ainsi
qu'eux,& la teste découverte.
Ceux de Malte, deBou-
, 4
~0' ogne, & de Ferrare, ont le-s
Beux genoux en terre. Apres
que chacun des Cardinaux a
eu audience, & que tout le
monde s'est retiré,ils se mettent
dans des Chaises pour
s'entretenir de ce qui a esté
proposé. Vous voyez par là
que les Cardinaux, outre qu'
ils élisent seuls le Pape (ce
qui donne beaucoup d'éclat
~à leur Dignité,) sont ses
Conseillers en tout ce qui
touche la Religion & le Gouvernement
de Rome. Aussi
leur rend-on de grands honneurs.
Si un Cardinal passe
en Carrosse, les- Ambassa
deurs, les Princes, &enfin
toutesortedePersonnes,son
obligezde faire arrester le
leurs(Djusqu'à ce qu'il soit pas
sé, si ce n'est que ce Cardi
nalailleincognito, c'est à dir
avec les Rideaux de son Car
rosse fermez, sans Houpes
lateste des Chevaux,&ayan
beaucoup moins d'Estafier
qu'à l'ordinaire. LesCardi
naux s'arrestent aussi quand
ils rencontrent un Ambassa
deur, ou quelque Personn
de qualité pour qui ils ayen
une estime particuliere. Il
leur font civilité, les invitent
même à faire partir leur Carrosse
les premiers; mais cet
avantage demeure toûjours
au Cardinal. Ils observent
de grandes formalitez entr'eux
pour se faire honneur
les uns auxautres lors qu'ils
se visitent, ou qu'ils se rencontrent.
UnCardinal,quoy
qu'il ait des Charges beaucoup
plus considérables
*
que
l'autre, luy donne toûjours
la droite dans son Logis&
dans son Carrosse; & comme
ils préferent le Cardinalat
aux plus importans
Emplois qu'ils pourroient
avoir,le plus ancien parle
le premier, & ordonne de
toutes cho
ses
toutes en.toutes ren chosesentoutesrencontres.
Quand un Cardinal
est dans son Carrosse,& qu'il
enrencontre un autreàpied,
il descend, le complimente,
& attend pour remonter,
que celuy qui est àpied soit
à quelques pas de luy. Siun
Cardinal avant [ori depart
de Rome, a rendu visite aux
autres, ils sont obligez de le
visiter à son retour; mais
c'est à luy à les aller voir à
son arrivée, si en partantil
n'a pas esté les salüer. Lors
qu'un CardinalEtranger arrive
à Rome, les autres sont
obligez de le visiter, & il
leur rend la visite. Ils ne
vont jamais chez un Cardinal,
qu'ils n'envoyent auparavant
luy deman der audience.
A pres qu'elle est accordée,
le Maistre de Chambre
fait mettre les Sieges en
ordre,&avertit tous lesDomestiques
de se tenir prests
pour accompagner leurMaître.
Ces Sieges sont, de mesme
hauteur, couleur, & étose.
Les Estasiers attendent
leCardinal qui doit visiter,
dans la premiere des Salles.
Si-tostqu'il entre, on sonne
une Cloche qui doit peser
deux cens livres; & s'il y a
plusieurs Cardinaux, on la
sonne plusieurs fois. La mesii-
ie chose s'observe quand
ils s'en retournent. Le Cardinal
qu'on vient voir, reçoit
la visite au bas de son Escalier.
On l'y trouve accompagné
de ses Domestiques,
Ôc de son Maistre de Chambre,
qui dela main droite
leve le devant de sa Soutane
lors qu'ilmonte les degrez.
En fuite il oste au Cardinal
visitant, laMantelleta,quiest
un petit Manteau qu'il porte
, & sans lequel son Habit
est plus Seigneurial; & quâdl
il monte en Carrosse, il luy
remetce petit Manteau.Un
des Estafiers de ce Cardinal
qui rend visite,ouvre laPorte
de la premiere Chambre, &
l'Estafier du Cardinal visité,
l'ouvre quand il s'en retourne.
LesChaises sont préfentées
par les Gentilshommes
de la Maison. Celles des Cardinaux
visitans, en quelque
nombre qu'ils soient, sont
disposées de maniere qu'ils
lpauissent touj ours regarder
Portera laquelle le Maistre
de la Maison tourne le dos
Son Maistre de Chambre
met à la main droite du plus
ancien, une petite Cloche
d'argent sur un Escabeau.
Cet Ancien sonne cette Cloche
pour faire venir le Camérier,
qui est dans l'autre
Chambre, s'il a quelques
ordres àluy donner. Quand
ils sont assis, ils mettent sur
leur teste leurs Bonnets rouges
qu'ilsavoienttoujours,
tenus à la main
depuisla
montée de l'Escalier, &les
y tiennent encor jusquà leur
Carrosse lors qu'ils ont quité
le Siege. Pendant la visite,
aucune Personne n'entre
dans la Chambrefi elle
n'est de tres-haute qualité.
On n'y vient aussi rien dire
à l'oreille; ou si l'on 't.:ut
donner quelque avis à l'un
de ceux de la Compagnie, il
faut qu'on parle allez haut
pour estre entendu de tout
le monde. La Visite estant
finie, le Cardinal fait un peu
de bruit avec sa Chaise, &
en mesme temps le Camérier
ouvre la Porte de la Chambre.
Celuy qui avisité, est
conduit par l'autre jusqu'à
son Carrosse; & si un Prélat
a sonLogement dans la Maison
où lavisités'est faite, il
porte la queuë du Cardinal
de dehors. Quand Leurs
Eminences vont tenir quelque
AssembléechezunCar- idinal attaqué de goute, ou
incommodé d'une autre manierc
, sa Famille reçoitla
visite, & son principal OfE^
cier leur oste & remet Iii"
Mantelleta. Si le mal du Cardinaln'est
pasviolent, ilest
obligé,
obligé, quand les autres partent,
de le faire porter dans
sa Chaise jusqu'a leurs Carrosses,
pour les voir partir
eux& leurs Cortéges. Si ce
Cardinal demeure dans le
Palais de sa Sainteté, il reconduit
feulementjusqu'à
sa derniere Chambre. Lors
qu'un Cardinal assiste à la
Feste de son Eglise, il reçoit
à la Porte, & conduit les
Cardinaux qui la viennent
visiter. S'il fait l'office, son
Maistre de Chambre les reçoit
& les conduit. Les Cardinaux,
Princes de naissance.
ouNeveux du Pape,ont dans
leur Chambre & leur Antichambre
deux Daiz de la
couleur dont ilssont vertus,
avec leurs Armes sur le Buset.
¡ Audessous du Daiz est
un grand Tapis de pied de
mesme couleur,&uneChaise,
où ils se mettent quand
ils donnent audience aux;
Ambassadeurs,&autresPersonnes
d'un rangdistingué.
Si les Secretaires ouGentils
hommes des Ambassadeurs
les vont trouver de leur part
ils les font couvrir & leur
parlenten se promenant,les
autres Cardinauxles font
seoir. La nuit arrivant peu,-.
dant que quelqu'unestavec
un Cardinal, le Maistrede
Chambre fait mettre une
Torche ardente de cire blanche
dans la Salle où lesEstasiers
se tiennent, deux Chandeliersd'argent,
avec deux
Chandelles de la mesme cire,
dans chaque Chambre,
& quatre dans celle où le
Cardinal est en compagnie.
Quatre Gentilshommes qui
les apportent, se tournent
vers les Principaux, êc font
tous la revérence dans le
mesme temps, baissant les
Chandelles, & ployant un
des genoux. Quand la Compagnie
s'en va, deux des
Gentilshommes marchent
devant, & portent deux
Chandeliers jusqu'à la derniere
des Chambres, dans
laquelleils trouvent quatre
Estafiers avec des Torches
ardentes de cire blanche,six
ou huit, selon le rang & le
nombre des Personnes. Ccs

Estasiers, apres avoir fait la
revèrence en la maniereque
jeviens de dire, conduisent
leurMaistre & laCompagnie
jusques au Carrosse. Le Cardinal
retrouve à l'entrée des
Chambres les deux Gentilshommes
quil'attedent avec
leurs Chandelles allumées.
Ils luy font encor la revérence,
& le remenent en sa
Chambre. Quand un Cardinal
va faire visite la nuir,
il fait porter deux Torches
à vent devant son Carroisse,
& quatre de cire blanche
des deux costrez,auprès de
la teste desChevaux. Les
Cardinaux Princes en font
porter huitou dix, &quand
ils vont le soir horslaVille
au devant d'unCardinal,il
yadu moins vingt Torches J - , ardentes.
Cette Dignitéestantaussi
élevée que jeviens de vous
marquer, je ne doute point
que vousnesoyez bien aise
d'en apprendre l'origine.
Voicy en fort peu de mots
ce qu'en ont écrit diférens
Autheurs. Les uns tiennent
qu'elle vient des anciens
Officiers qui avoient l'Intendance
des Quartiers de
Rome du temps des Papes
Evariftus & Hyginus dans
le second Siecle. Quelque
temps apres, les Cardinaux,
pourestre plus distinctectement
séparez les uns des
autres, quiterent le nom de
ces Quartiers, & prirent celuy
des Bastimens ou Heritages
donnez àl'Eglise par
des Gensde bien & Femmes
devotes, pour lanourriture
& autres besoins des Prestres
& Diacres. De là sont
venus les anciens Titres appellez,
Tituli Equitÿ, Ve:j}inoeT
Pammachÿ,Luciniæ
,
Julÿ&
Calisti, Damasi, £;{doxi,£, Æmilianæ,
Crescentianæ
,
Fa(;.
ciolæ,Tïbridæ,&c. Onobserva
cette forme tantque
les Chrestiens furent obligez
de secacher pour administrer
les Sacremens; mais
lors quel'Eglise fut délivrée
de la persécution desPayens,
& qu'on eutpermission. de
bastir, publiquement des
Temples en la place de ces
Maisonsdonnées par les Personnes
pieuses, les Cardinaux
adjoûterent à leurs Titres
les noms des Martyrs
ouConfesseurs, se qualifiant
de cette forte. Laurens,Perstre
Cardinal de S. Silvestre, du
Titre d'Equitius. Jean, Prestre
Cardinal des Saints Vital;, Geriw
& Prothais, du Titre -de.
Meftina.LeCardinal Florent
tin en les Conseils,tient que
Les Cardinauxnettoientautrefois
que simples Curez
qu'ondistribuoit par les Paroisses
de Rome.Ilse fonde
sur ce que le PapeGregoire L
leur écrit dans ses Epistres,\fi
comme a ceux qui avoientrP
la charge des Paroisses, ôc
sur ce que dit Platine
, que
[Léon IV. déposa un Cardinal
du Titre de S. Marcel,
pour avoir esté absent cinq
années de saParoisse. David
Chambreen sa Chronique
abregée des Papes, nous sais
connoistre que du temp
de Pontian éleu en 224
quinzePrestres Cardinaux
furentordonnez à Rome
pour ensevelir les Morts, &
baptiser les Enfans,&quinze
autres pour avoir le soin prin
cipal du salut des ames. Il est
certain que les principales
Eglises où l'on exerçoitles
fonctions duChristianisme,
estoient nommées Cardinales,
du mot Cardo, qui signifie
le gond ou pivot sur lequel
tourne une Porte, à
ause que l'entiere direction
au divin Service tournoit sur
st vigilance deceux qui gouteroient
ces Eglises principales,
& l'on prétend qu'ils
furent de là nommez Cardinaux;
ce qui vouloit dire
princi paux Pasteurs. C'est
l'opinion du Cardinal Belsarmin,
quicroit que le nom
le Cardinal a esté d'abord
imposé aux Lieux, & appliqué
en fuite aux Personnes.
Comme il y avoit à Rome
Hes Titres d'Eglises qu'on
appelloit Cardinales, les
Presres àqui on en commettoit
le foin, estoient a
pellez Prestres Cardinaux
Il y en avoit d'autres e
d'autres Quartiers de laVille
dont les Titres se nommoit
Diaconues,parce que lesDiacrcs
y résidoiet, & ces Titre
estoientcause qu'on apelloit
Diacres Cardinaux ceux qui
avoiet les premieres Dign
tez aux principales Eglise
de cette nature. La mesme
raison faisoit appeller Evesques
Cardinaux les six Evesques
choisis sur tous ceux d
la Chrestienté pour élire 1
Pape, & l'assister aux Conles,
& dans ion Conseil.
~ianaPanormitain, de l'Or-
~e des Théatins, dans son
traité de la puissance & des
privileges des Cardinaux,
apporteune Epistre du Pape
EugeneIV.élevéau Ponticat
en 1451.écrite àHenry
archevesque de Cantorbie,
par laquelle ilmontre que
quoy que le nom de Cardinal
n'ait point esté expressément
enusage dans la PrimitiveEglise,
cetOffice ne
~aisse pas d'avoir esté institué
par S. Pierre. Il dit, suivant
l'avis du Pape Innocent
III. qu'il a pris son ~oi
ginedu vieux Testament, £
quece qui est porté par 1
Chapitre
17. du Deutéro
nome, que s'ilse trouve de
difficultez en un Jugement
on aura recours aux Lévite
quijugeront,&ausquels oi
obéïra
,
doit estre expliqui
du Pape &des Cardinaux se
Freres,quiont le droitde
Lévites, pour l'assister com
me ses Coadjuteurs dans
l'execution de ce qui concerne
l'OfficeSacerdotal. I
estporté dans la mesme
Epistre queces mesmesCar
linaux tiennent aupres du
~ape le rang que les Patrices
tenoient autresfois auprès
de l'Empereur, Aussi
tit-ce unCorps si bien uny,
quelePapequien est le
Chef, netire point d'eux le
Serment de fidélité&d'obédience,
mais feulement qu'ils
luy porteront honneur,&
conserveront detout leur
pouvoirson authorité&celle
de l'Eglise Universelle. Cependant
il y a tout lieu de
croire que l'opinion du Cardinal
Florentin,quiveut que
les Cardinaux n'estoient an,
ciennement quesimples Cu
rez, distribuez par les Titre:
&les Paroisses de Romees
plus conformeàla véritéque
toutes les autres. Ce qui h
faitvoir, c'est que les Evesques
Françoisavoient autresfois
des Prestres Cardinaux
,
ainsi. que le Pape
Deuxanciens Titres en foni
la preuve. L'un estde Thibaut
Evesque de Soissons.
rapporté par Pierre le Gris.
ChanoineRégulier de Saint
Augustin dans l'Abbaye de
S. Jean des Vignes. Cet
Evesque confirmant la do~
nation de cette Abbaye faite
par HuguesSeigneur de
Chasteau
-
Thierry se sert de
~ces mots; àlachargeque le
Prestre Cardinal. du Lieu rendra
comptedusoinqu'ilprend deses
Paroissens à moy c. à l'Archidiacre,
selonlacoustume. L'auêreest
un Titre du Roy Phi.
lippe I. de l'an.1076. qui en
confirmant la mesme. Fondation,
adjoûte ces termes.
LePrestreCardinal du Lieu
rendra compte de saParoisse,
comme auparavant, à l'Eves
':<Jue & à l'Archidiacre. Ce
PrestreCardinal, dit le Grisestoit
le Curé de S. Jacques,
l'un des douze Curez de la
Ville de Soissons ou des environs,
dont dépendoit la Paroisse
dans laquellel'Abbaye
de S. Jean des Vignes a
elle bastie.L'ancienPontifical
écrit à la main, qui a servy
aux Evesques de Troyes il y.
a plus de 450. ans, fait foy
que de tout temps l'Evosque
de Troyes a eu des Prestres
Cardinaux quin'estoientau
tres que les treize Curez
de la Ville nommez au Rituel
manuscrit de la mesme
Eglise, lesque-ls do,ive.nt l¡'af-"
sister encor auj ourd'huy
dans ses fonctionsdu Jeudy
Saint
,
duSamedy de Pasques,&
de la veille de la Pentecoste.
Dans un Concile
~tenu à Mets fous Charle-
~imagne ( c'est Pasquier qui
le rapporte) il est dit ex- pressement que l'Evesque
ordonneroit des Titres
Cardinaux
,
dansles Villes
& Fauxbourgs ,c'est à dire
qu'il établiroit en certains
Lieux des Curez qu'il
appelle Cardinaux ; & dans;
l'Abbaye de S. Remy de
Rheims, il y a eu de tout
temps quatre Religieu
nommez Cardinaux parce
qu'entre tous les autres ~il
ont seulsle droit d'officierau
Grand Autel, où ils sont assistez
de doubles Diacres&
Sous- Diacres dans les Festes
solemnelles. Toutefois dans
quelques Epistres de Grégoire
I. Cardinalis Sacerdos se
prend pour un Evesque
,
ef
Incardinare aliquem
,
signifie.
faire un Evesque. On remarque
mesme dans les
Epistres du Pape IeanVlII.j
que Cardinalemconstitui in
EcclesiaBituricensi,n'est autre
chosequ'estrefait Archevesque
de Bourges. Le Pape
estoit autrefoiséleu par le
Clergé & par le Peuple de
Rome, 8c ensuite confirmé
par l'Empereur; Cela le
trouve en plusieursendroits,
& particulièrement dans la
Vie du Pape Grégoire I. qui
se voyant nomméauPontificat,&
ne voulant point accepter
cette grandeCharge,suplia
par Lettres l'Empereur
Maurice de ne le point confirmer
,
afin que l'on procedast
àune nouvelle Election;
Les Papes estant confirmez,
par l'Empereur,luy payoient
vingt livres d'or pour leur
Intronisation , ensuite dequoyilsestoient
sacrez, mais
non couronnez, leur premier
couronnemét n'ayant
esté fait que fous la troisiéme
Race de nos Roys. Cette
confirmation del'Empereur
qui precédoit le Sacre du
Pape,estdemeurée en pratique
tant que l'Empereur
tenant le Siège de l'Empire
à Constantinople a esté en
bonne intelligence avec l'Eglise
Romaine ; mais depuis
il y eut du changement.
Nicole Gilles,l'un de nos.
Historiens François, remarque
qu'après la Feste de Pasques
de l'an 774. le Pape
Adrian I. tint un Concile à
Rome,composéde 153Archevesques,
Evesques & Abbez,:
& que du consentement de
tout le Clergé , il donna à
Charlemagne qui esssstoitprésent
àce Concile ;ainssi
qu'à ses Successeurs Roysde
France, le pouvoir d'élire
lùyseulle Pape,& de remplir
; le SiegedeRome toutes
les fois qu'il seroit vacant.
Ilajoute que ce mesme
'o', Pape fit CharlemagneP
mat&Désenseur de tous!
- Royaumes& Terresde Il
(gliLe: Romaine-ordonnai
quetous les Archevesque,Eu
ques ~fîr)-Prélatsdej.toutes
Chrestienté (ce sontles termi
qu'employe cet Historien
fujfemparluy & non pard'ai ciileurs Benefice
,(t) si aucunsy vouloient entr
sans son congé~fconfientemen
fûts ne fussent de nulsSacrei
,
La medme chode edt rappol
tée dans le Decret de, Gra
tian, & le Pape Léon VII
gccorda encor depuis.,.
mesniÊ
mesme droit à l'Empereur
Othon,surnomméle Grand.
Il est certain que sous la séconde
Race de nos Roys,
ainsi que fous la premicre,
les Bulles desPapes n'et
toient point dattées des années
de leur Pontificat, mais
de celle du Regne des Empereurs
qui vivoient alors.
Insensiblement la grandeur
temporelle des Papes qui
doit son premier avancement
à la donation des Conquestes
de nos Roys sur les
Lombards,faite par Pepin en
faveur du Saint Siège &:
confirmée par l'Empereu
CharLemagne, saugmen
tantdejourenjour,& estan
montée au comble d'hon
neuroùnous la voyons, il
n'eurent pas plûtost elb
couronnez comme Monar
ques fous la troisiéme Rac
denos Roys, que la qua.
lité de Cardinal, dont lesCu
rez&les principaux Diacre;
de Rome estoient honorez,
fut répandue parmy l'Italie,
& délales Al pes;; en sorte
qu'il y eut quantité de Car,
dinaux du S. Siége créeren
divers Royaumes, & on les
qualifia Princes de l'Eglise
Romaine,.. Ils furent encor.
établis Electeurs des Papes,
&: tirez de différentes Provinces
de la Chrestienté,
estant raisonnable, comme
disoitS. Bernard qui vivoit
au temps que leur grandeur
a commencé d'éclater en
France , que ceux qui jugent
le monde, soient choifis
de chaque t Partie du
Monde. Baronius sur le Martyrologe
Romain, a remarqué
, que comme la qualité
de Pape,commune autrefoisà
tous les Evesques des
Gaules, & à tous les Prestres
en l'Eglise Greque
,
est demeurée
particulière à l'EvesdqounendaencReome,
depuis l'Orexpresse
qu'en fit
le Pape Grégoire VII. dans
un Synode; ainsi le Titre
de Cardinal, anciennement
commun aux Curez de
Rome & des Gaules, est demeuré
particulièrement affecté
à ces principaux Officiers
du Pape, qui après
luytiennent le premier rang
dans l'EgliseUniverselle. Le
College des Cardinaux accru
en pouvoir fous AléxandreIII.
pendant le Regne
de Philippe Auguste,fat
auementé en honneur- fous
Innocent IV.éleu au Pontificat
l'an 1242. Il estoit de
la Famille de Fiesque des
Comtes de Lavagnes, & il
est fortremarquable qu'outre
quelques Papes sortis
de cette illustreFamille de
Fiesque., elle a donné à l'Eglise
72 Cardinaux jusqu'au
temps d'InnocentVIII. créé
Pape en1584. Innocent IV.
dont j'ay commencéde vous
parler, ayant assemblé un
Concile général-à Lyon en
1244. dans lequel il déclara
FridéricII. décheu de l'Empire
,
ordonna qu'à l'avenir
les Cardinaux porteraient le
Chapeaurouge
, pour faire
conoistrequ'ilsestoietprests
d'exposer leurs vies quand il
en feroit besoin, & de répandre
leur sang pour la dé.
sense & la liberté del'Eglise.
Paul II. qui occupa le Saint
Siège en 1464. leur permit
de s'habiller d'Ecarlate. Les
soixante-dix Cardinaux qui
composentleSacré Collège,
font divisez en trois Ordres,
Ravoir, six Evesques, cinquantePrestres,&
quatorze
Diacres. QuandSa Sainteté
les crée,s'ils ne sont Diacres,
Elle leur en donnele Titre.
On ne comptepourtant
pointleur voix dans les Asfaires
qui se traitent devant
Elle &au Conclave, si par
une grâceparticulière ;Elle
ne leur accorde ce Privilege.
r-
Vous sçavez sans-doute
que MadamerAbbesse de
Montmartre, qui est de 1tL
lustre Maisonde Guise, fait
tous les ans une Octave foJ
lemnelle en l'honneur de
Saint Denis,& qu'ellechoifit
les Prédicateurs,tes plus
estimez pour faire l'Eloge; de,
ce grand Saint. Le succés de
ceux qui ont presché cette
ennée dans ion Eglise pen"'!'
dant cette Octave, a justifié
son choix. Mr l'Abbé du
Jarry a eu grande partau
juste applaudissement qu'ils
ont tous reçeu. Son Sermon.
fut admiré, & lanoblesse de
l'expression n'y brilla pas
moins que la beauté des
pensées. Il fit voir d'abord
combien le Panégyrique
qu'il entreprenoit estoitdisicile
; .& adressant la parole
,-n suite à Madame de Montnartre,
illuy fit ce Complinent.
Cependant,Madame, quel-
,ue péniblequeJoit ïemploy ou
nron minifcere menzazedans ce lourfolemnel, l'honneurquej'ay
leparlerpour la premierefois en
réfence.deV^.A. demanderont,
esemble, que je fijJe mes efforts
ourjoindre au Panégyrique du
rand Saint Denii les louantes
o
me njoftre pieté mérite; gjf je
leJçaycomme quoy jepourrois
ne difrenfer d'un devoirfijufte,
îje rieflots perjuadé que l'éclat
JÎune Solemnitéfiauguste rejdt
issi pïfques sur V^ons> g IA
parny les Eloges que 'Vous att\
rezde toutes parts à ce genereu
D'éfcnfeur de la Religion,Sa
cunsefouvtentque'vousefh
sertie de ces Héros qui l'ot
Autrefois si "vaillamment défen
due. L'on fait, Adaddme> qu
mgrandes f:judl:te'{ beréditairt
dansvostre tlluflreFamille,J
trouvent réunies en Vous dan
leurplus hautepeffeflien;C1
Grâceen ayantosséâafis'voïbt
coeur, ce que lafoîMejJe de h
Naturey pouvoit avoirmltlfi
deprofane* ne voria a lAissé lm
*equelle*ont deJf>irituel @r de
selcfie. Cepour les garantir
tdeaircontitzieux du~c'
,<vou$ lesenjcvcliflcs dés vostre
jtnfance danscette fainte Solitude,
afin de 1a rendre pluf ¡cIAi.
.,rantes auxyeux, de Dieu, en l.
voilantauxyeux drs Hommes,
jfaifantJervir cette grandeur
dame que vous te-nez dev9$
J^ereSfàmêprifer toute la gloire
que leurs allions heroïques vous
jont acqttife, p§urenchercherune
:dont vous ne fiye%redevable
kqu'à UGrâce,&qu'à vous-
..mefine.C'efi,Madame, ce qui
demanderaitdegrands Eloges*si
">A "',
vous pouviezfiujfrir qu'on e,
fist quelquautredans cette Se
.Jemnité)qúe celuydugrand Sait
dont vous celébrez la mémoÙ
Avec tant de pieté, (êf sile dej
intérejjement de voflre zele n
vous fiaijoit regreter ce peu à
paroles que je viensde dérober
pour ainsidire4 asagloire. Joj
donc ejpércr que vous joindre:
vos-voeux aux miens,pourmoh
tenirduCiel, &c.
L'éloignement de la Cou
donnant le temps à Madam
deLouvoysde faire un tou
eh Province, elle a esté
Rouen, où Madame l'Ab
~'-' .:-",

Duc,je vous envoye celle
qu'en m'enadonnée. Un
de mes Amis l'a reçeuë de
Normandie. '-"- **
A MADAME
DE LOVVOYS, —--- -~
A Paris ce12Octobre 1681.
J r A Erimoisjamais cru, Madame,
pouvoir exécuter tw
quelque chagrin les ordres du
Roy mon tugufle M-tistre, ny
que l'illujlre Epouje d'un Aitnistre
qui contribut" tant à fl
loire, dujlejlre cause de ce
chanement
en mon humeur. Cej e tmty
M.-Jame il n.est riende
lus véritable. La nouvelle que
viens d'Apprendredevojtrc
eyage au Havre, me met au
!/Mwr, d'ejlre attache dans o.
arts. Les foins que le prens icy
lur les divertijjemens de Sa
dajifle, me dérobent aux vifesy
&mejlent à mon déplaiftr
ne me trouver point dans
tte Place pourvousy recevoir,
le cruelle inquiétude de ne (çanr
pointcomme VJHS y fere%.
çcue. Ce n'eflpe, Madame,
tejepuijje. epre, en doute lrloll
ne tache a rendre a voflre Nom
0* au mérité infiny de voflrt
Personne, ce qui leur efldeu; mai.s com.mej,ena.urots puA m)empejcherd'envier
a celuy des Ecbevins
qui vous fera complisômiseonnts,
jl'aaugrlooiirseejdpetycceatteneCroiemnmouis- ,y
blier dans ma courteHaranzue.
le vous aurots dit Madame3
que tous ceux du Hovre s"eAimentheureuxdy'voir
uneDame
que toute la France admire3 &'
en laquelle il n'y a rien a desirer
pourle Corps ny pour l'EsPrit..
j'y aurots adjoâte en ProJe3 en
parlant de vojlre incomparable
"ËEppoouuxx,,cceeqquuee jjertvoouuss dis en ces
ijuatrefers. 1,
Son Corps en infatigable,
, Son secret impénétrable,
Etsessoinsl'ontétably
Pour un Ministre accomply.
Enfin, Madame,
Un stile élégant & haut
Auroit orné ma Harangue,
Etma plume à ce defaut
Faitcequ'auroitfait ma langue.
Ce Compliment aurait mesme
'fl-ê en quelquefaçon militaire,
>mis que saurois pû marcher quelqtues
lieues au devant de vous, la refle de vingtEscadrons.,
àAutant de BaUillom*
-"31 Il efi iray que cespremier. lduraientcédé aceuxde Ja Mai.
sondu Roy; e pouriesrang
denoflreInfanterie, ", *v. i JI'l,s-n'ontp'.-' as c0-'e grand airduRegiment
des Gardes,
Mais sur les fersroüillez dequel-
-
ques Halebardes, -
Un peu de sang humain eustpû
se faire voir. (voir.
Chacund'euxremplit son de-
Fort zélez pour leur Prince, 2c
pour le Divin culte, I Des plus fiers Ennemis
@
ilsre- )
pouffent l'insulte,
< Et soit à découvert, ou derrière unRocher,
0*i oeiçsiî^aur^itapçrc^tor
J'aurois enfuitefris le gahp
iour Arrivera la Citadelle devant
vousyMadame
s &pour
vousyifftlnçr dune Pique a la
Yfle des Trouva>comme une
Impératrice; car si vous rien
renck le rang, vous en avezle
mérite & la mipit-Ip
> 1
Puis ayant quitté la Pique,
Loin de prendre du repos,
Dans ma dance, quoy qu'antique.
'., On m'auroit veu fort dispos.
Carje préfupofe que trente
Violons vous auraientattendue
dans laSalleyavec tous let Galons
Q* les Belles du Havre9
qeuniviveous auroientafitnaître
de me voir dancer un
Menuet.
Je vous auroisfupliée, Ma-
JarnrJ à lafin du Bal3 de fonder
en ce mesme Lituy
Où la Perdrix joint sans peine
Le bon Lapin de Garenne,
La Poularde, le Chapon,
Le Levraut, &le Dindon.
Dame sageautant qu'illustre,
Dõt les beautez en leurlustre
Peuvent tous les coeurs ravir,
Si j'avois pû vous servir
La Serviete sur l'épaule,
k Jamais Amadis de Gaule,
Ny le plus heureux Mortel,
N'auroientrien goûté de cef.
Etsi nous avions pû joindreà
pnlaiirsuirln'hjoonnueurrodeuvdoenus rxe-,
Dv'unegaulanlt OapéFra veouss atuerie.z
Caterqsutaend •- jememetsdansla
D'avoirFlûtes, Musiciens,
Clavessins, Luths,Comédiens,
Opérateurs, Danceurs de
Coordree, ). .;\ Qui tõbent sans miséricorde,
Ayantsouvent les bras cassez,
A peu defraisj'en trouveassez
, MAIS,monDieu, Madame,
ncUr%£ que je vous entretjenti
y monte Lettre tnr)
omptu,comment serez-vous
logéesur un Port de Mer (y
dans une Ville de Guerre?
Helas!quej'auraydebile,
Si pour vostre Logement
On nemeuble promptement
De nostreMaison de Ville
Le plus bel Apartement!
Jr sÇAY bien que ton vou
effrira tout; on le doit parcen
raifins,£T tonm'obéira fan
peine; mais que tout ce qu'ot
pourra fairestrttpeu de ebofe ai
prix de ce que vous mérité^,&
de ce que vous rendra route f
vie avec autant Jemprrffimen
que de ressert, Madamevofir
tres-bumble & tres-oheïjpmt
lServitcurxr\,v
LE Duc DE S.AIGNAN,
Je viens,Madame, ace
queje sçay que vous attendez
dés,le commencement
de ma Lettre. La matiere,
quoyque grande d'ellemesme,
sera de peu d'etenduë.
La prudence denostre
auguste Monarque, & les
justesmesuresqu'il
,
prend
en toutes choses, épargnent
également le, temps &le
sang. Ce qui s'est faitsurla
findu dernier mois, aurait
autrefois cousté la vie a plusieursmilliers
d'Hommes;
maisce n'est pas d'aujourd'huy
que Loüis LEGRAND
sçait venir à bout desEntreprises
les plus difficilesà exécuter.
Qu'on examine toutes
les Histoires.Onn'y
trouve point d'exemple que
les Troupes d'aucun Prince
soient jamais entrées le mes
me jour dans deux Places
aussi importantes que Strasbourg
& que Cazal. Celles
de Sa Majesté prirent possession
de l'une & de l'autre
le Mardy 30. de Septembre;
mais
mais comme il est impossible
de parler tout-à la-fois
dece quis'est fait en divers.
lieux, il faut nécessairement
que je sépare ce que le hazard
a fait arriver en mesme
temps, pour faire connoistre
la grandeur du Roy, & que
je vous fasse deux Articles
dividez de ce quiluy est d'autant
plus avantageux, qu'il
n'en a fait-qu'unpour sa..
gloire. Je commence par
Cazal, Vile Capitale du
Montferrat. Elleestsituée
sur le Pô, dans une Plaine;
fort étenduë, du cofté du
Levant, & qui tirevers Valence,
Place de l'Etatde
Milan, & Passagetres-important
sur cette mesmeRiviere,
mais du cofté duCouchant,
elleest serrée d'une
Colline d'environ sept ou
huit cens pas,laquelle Colline
s'éloigne vers le Midy
jusques à Auximian.Du
costé du Septentrion au
dela duPô,estleCanavais
( partie du Montferrat) qui
confineauMilanois, laSesia
entre-deux. , Ce quiest arrivé
à l'occasion de cette
Ville, non feulement est glokoi
àla France, mais il fait
:õnoistre quede tout temps
elleasacrifié ses Trésors., lèsj
troupes, & les intérests,,
)our la conservation de ses
Alliez. La Successiondes-
Duchez de Mantouë & do
Montferrat, estantécheuë
auDuc de Nevers, lesEspagnolsvoulurent
l'en dé-
?oüillcr';. à cause que ces,
Duchez sont contigus aux
Etats qu'ils possedent en
Italie.. Ainsi ils n'y avoient
aucunautre droit que celuy
debienséance. Le nouveau
Duc de Mantouë se pour.
veut vers l'Empereur, de luy
demanda l'Investiture de la
Successionquivenoit deluy
échoir. L'Impératrice,toutà
fait persuadée de l'équité
de la Cause, sollicita l'Empereur
pour luy;&SaMajesté
Impériale estoit sur le
point de luy accorder sa demande,
quand les artifices
des Partisans d'Espagne l'0-
bligerent à changer de sentimens.
Les Espagnols entrèrentdans
le Montferrat
avec une forte Armée en
1629. & lesImpériaux firent
la mesme chose dans le Mantoûan.
LeRoyintervint, ôc
crût par prierapouvoirarrester
lecours deleurs armes,
mais fc.S.iions
n'ayant point eu de succés,
il fut contraint d'employer
la force; l'intérest, & la répu-
-
tation de ses Alliez, l'enga-
- geant à prendre les armes
- pour repoussercelles qu'on
tournoit contr'eux Il résolut
donc de secourir le Mont-
-
ferrât,quoy que fort éloigné
-
de ses Etars), moyennant le
H'
passage que le Duc de Savoye"
cloiiner à ses
Troupes,mais ce Duc, mat:
jgreles'Traitez faits avecla France, s'opposaaux armes
1de Sa Majesté:Elles sefirent
"aussitost passage, &la puis.
sance du Roy fit trembler
en peu de téps toute l'Italie.
Quelques avantages queuft
ce Prince, il ne s'en prévalut
point,& fitvoirqu'il ne desïroit
autre chose que de rendre
le Duc de Mantouë paisible
Possesseur de ses Etats.
L'Histoire de cette) Guerre
estassez connue. Un grand
Cardinal la ,': commença, (c'est celuy de Richelieu,)
un grand Cardinal la finit.
Ce dernier n'avoit pas encor
la Pourpre, & on l'appelait
ence temps-là le Seigneur
Mazarini.Il futchargé de
la négociation de cette Affaire,
quiluy acquit d'autant
plus d'honneur, que dans le
temps qu'il vint à bout de
mettre d'accord deux Nations
ennemies, les Armées
estoient prestes de se barre,
en forte qu'il sur obligé de
faire figne avec son Chapeau,
pour les empescher de
venir aux- mains. Les François
adjoûterent aux premiers
avatagesqu'ils avoient


tandis qu'on alloit ouvert
ment vers Gazal, onavo
peine à se le persuader,pa
ce qu'on garde un si gran
secret dans tout ce qu'o
fait au Conseil du Roy, qu
on voitles choses sans ok
les croire. La pepsée qu'on
dust assiegerune autre Plac
ne perraettoit pas de s'ima
giner qu'on eustveritable
ment dessein d'aller à Cazal
&en mesme temps lors que
l'on voyoit nos Troupes de
ce costé là, on ne pouyoit se
persuader qu'on les destinastailleurs,
Ainsi on croyois

le 26. sur la Contrescarpe de
la mesme Ville, &furent survis
par ceux d'Artiofini;dui
Cheviller Ducde Saufflay
deGrillon, du Royal Rous
sillon, la Marine&Castres.
Les Dragons de laLande,
& les RegimensdeServon
deBellegarde,deLaray, la
Batie & deSault, arrivèrent lelendemain. Cemesme
jour qui fut le 27. Mrle Marquis
de Bouflers leur ayant
fait distribuer du Pain & de
l'Avoine pour cinq jours, se
mit en marche le soir avela
Cavalerie &les Dragons,&
Mr de Catinatpartit le 28.«.
avec l'Infanterie, lesBagages,
les Vivres & les Munitions
de Guerre. Ces deux
CorpsayantpassélePô sur
le Pont de bois deCarignan,
serendirent auprès de Cazal,
laCavalerie le 1-9. & l'Infanterie
le 30. Ce fut ce jour
la queMr le Marquis de
Bouflers prit possession de la
Citadelle avec ses Dragons.
La Cavalerie resta campée
fous la Place,& le lendemain
premier de ce mois Mr de
Catinat y entra avec l'Infanterie,.&
releva lesDragons,
qui retournèrent au
Camp. La réputation des
François, & l'exactediscipline
qu'ils sont observer
aux Troupes qui sont dans
les Garnisons, font si généralement
connuës; qu'on ne
sçauroit exprimer la joye
qu'ont euë les Habitans de
Cazal de voir approcher celles
de France. La plûpart ont
esté au devant d'elles,& leur
ont porté toute forte de rafraîchissemens.
Le Gouverneur
de la Ville de Cazal
pour Mrle Duc deMantouë,
a traité magnifiquevent
Mr le Marquis - de
souflers,avec les principaux
Officiers de laGarnisonFrançoise.
On but à la santé de
a Majesté, & celle de son
Altesse, de' Mantouë ne fut
asoubliéesMr de Bouflers
envoyé complimenter le
Gouverneur deMilan,&
luy a fait dire qu'ilavoit orre
du Roy de vivre en bon-
,,r- intelligence avec luy, ôc
qu'il espéroit qu'il feroit la
mesme chose.Mrle Marquis
deGrillon qui fut chargé de
cecompliment,eutune audience
tres-favorable dç ce
Gouverneur,qui le reo-ah
dePrésens, après l'avoit fait
aussicoplimenterpar sonCapitaine
des Gardes. MrdeCatinata
eu le Gouvernement
de la Citadelle de Cazal. Il
est Fils de feu Mrde Croisil-
Catinat, Doyen du Parlement,
qui avoit laissésix Garçons,
dontl'un est Conseiller
de laCour. Ily en a deux
d'Eglise; & des crois autres
qui ont pris l'Epée, le plus
âgé estoit Capitaineaux
Gardes, & fut tué à l'Attaque
de Lile.Lesecond, qui
est celuy dont je parle, fut
employédans la Place de
Longvy, pour y commander,
ôc avoir soin des Fortifications;
apres quoy, Sa
Majesté luy donna le Gouvernement
de Condé, puis
ccluy deTournay, & le fit
Inspecteur dans plusieurs
Places de Flandre. Le troisiéme,
apres avoir cité Capitaine
aux Gardes, s'estdéfait
de sa Charge, a cause de
sesinfirmitez. Madame de
catinat leur Mere, estoit.
Fille de Mr Jacques Poisle,
Conseiller au Parlement.
La LieutenancedeRoydans
la Citadelle deCazal ,aelle
donnée àMr del'Isle,Lieutenant
Colonel du Regiment
de Louvigny ; &,' la
Majorité,àMrduCoudray,
Major du Régimentdes
Vaisseaux. MrBréantaesté
fait Intendant; & Mr de
Lévigny, Commissaires
cinqSiecles. Il ic trouve
encor des Etrangers qui l'apellentde
ce nom. Celuy
deStrasbourg, c'est à dire,
deVilledes Chemins,luy a esté
donné à cause de divers chemins
pleins qui conduisent
aux Païs-Bas,enLorraine,
en Italie, & ailleurs. Elle est
affile? sur quatre Rivieres.
Onafait son Pont un peu
en Sypour le rendreplus
ferme, a causede sa longueur.
La Ville est divisée
enneuve, & en vieille, &
les deux ensemble ont environtrois
denos lieuës de I
tour. CetteVilleaneufPortes,&
a jusqu'icyservy de
Magazin à la plus grande
partie del'Allemagne &de
l'Italie. Plusieurs autresNations
se sont toûjours fournies
chez elle de beaucoup
de choses, & sur tout de cet..
les qui sont propres à l'usage
de la Guerre; &; comme elle
estCapitaled'unPaïs qui a
esté cédé au Roypar les
Trairez de Manster & de
Nimégue, on ne doit pas
s'étonner si ce Prince estant
en étatde se faire rendre par i
ses Sujets l' hommage qui
luy estdeû, a tentécetteentreprife,
qui luy à d'autant
plus heureusement réüssy,
que des Sujets véritablement
persuadez qu'ils, doivent
tout à leur Roy , ont
dela peine à réfuser de luy
obéir lorsqu'illes presse de
reconnoistreleur devoir.
Quelque avantage qu'il y
ait à posseder une Ville de
la beauté & de l'importance
de Strasbourg, le Roy qui
sçait se vaincre soy-mesme,
& qui a donné l'exemple de
la plus haute modération
dont on ait jamais parlé, auroit
bien sçeu s'empescher
de faire connoistre à ses Sujets
de Straibourgqu'il est
devenu leur Souverain, si en
le faisant il eust pû trou bler
la Paix; mais au contraire,
c'est pour affermir cette mesme
Paix qu'il a eu besoin de
s'assurer de ce qu'il estoit
averty que les Allemans
avoient résolu de prendre
S'ils sesussent rendus -maîtres
du Pont de Srra sbourg,
il n'estoit pas seûr qu'ils eusfentvoulu
conserverlaPaix,
eux qui dans la derniere
Guerre ont commencé les
-- 4
premiers à nous attaquer;
mais on n'a pas lieu de craindreque
le Roy chercheàla
rompre, puis que rien ne l'a
obligé à la donner aumilieu
deses Conquestes, que le
seul desir de rendre le calme
àtoute l'Europe. Cettegloire
a esté grande, pour luy,
mais il ne l'a pas acquise
sans; qu'illuy en ait cousté
desPlacesaussi importantes
que Strasbourg. Toures
ces choses sont sans replique
à moinsqu on ne
veuille démentir un nom-
>bre infiny de Peuples, &
tousles Tairez de Paix. Mais
quandelles ne seroient pas
si confiantes, on. demeuren
d'accord, (& c'est une ma
xime établie,) qu'en de pareilles
occasions on ne doit
point le laisser surprendre;
qu'ilest de la politique&
de la prudence, de prévenir
ceux quiveulent tenter ce
qui nous seroit préjudiciable,
&que la surprise ne peut
estrecondamnée, quand on
l'employe pour se garder
d'une autre surprise,surtout
lors qu'elle regarde le melme.
dessein. Mille autres raifonsf
raisons sont voirque SaMajessé
a deû en user -comriir,,-
Elleafart.,LesAlleinans^
qui depuis longtemps prenoient
leurs mesures pour
s'emparer deStrasbourg, ca.
choient leur desseinle mieux
qu'ils ponvoient, maisleurs
précautions estoient inutiles,
puis que le Roy neçcaitpis
moins bien découvrirles ser
crets de ceux qui cherchent
àle surprédre,qu'il sçaitenu
pescher qu'on ne pénetre les
liens. Quoy que ce Prince
connuft que l'infaillible
moyen d'arrester l'effet de
leur entreprise, estoit de le
faire rendre l'obeïssance qui
luy estoit deuë par les Traitez
de Munster & de Nimégue,
il aimoit trop à voir
en repos les nouveaux Sujets,
pour vouloir venir contreux
a aucune extrémité
fâcheuse. Il falloit pourtant
se mettre en état de s'opposer
aux forces de ceux -qui
prétendoient s'en serv ir pour
appuyer leur (urpriie.Voicy
la conduite qu'on a tenue
pour cela., La Cour ayant
pris pendant l'Eté à Fontainebleau
les plaisirs de laSaï..
son Sa Majestre en fit préparer
de nouveaux pour se
divertir à Chambord pendant
l'Automne. Le mouvement
des Troupes vers le
Dauphiné, donna sujet de
douter qu'on euit véritablement
dessein-d'aller à Chambord.
Le bruit de l'Affaire
de Cazal estoit répandu,c
parce que les François n'estoient
pas seuls du sècret, &:
l'on devoir esere persuadé
qu'elles alloient de ce costélà.
Cependant la route qu'-
elles en prenoienr ouvertement,
faisoiitnaître la pensée
qu'onlesdestinoit ailleurs,
par la raisonquej'aydite,
que toutce que faitJe &ay
estantincroyable,onnhedoit
plus, danscequ'onrésout en
France,s'arresteritre qu'on,
voit. Toutparoissoitcalme
en Allemagne. Le silence
ettoit observ é de part &: d'autresur
l'Affaire de Strasbourg
,mais pour lesecret,
il ne régnoit pas par tout,
puis que le Roy estoit informé
de celuy des Allemans.
Deux choses pouvaientJaipe
découvrir celuyde Sa Miajessé;
le mouvement du
J grandnombre de Troupes J
qu'ilfalloitqu'on; mist en
marche, & le Bled qu'il faut
faire moudredans lesLieux,,
ou aux environs des Lieux
ou lesgrandes Armées doivent
venir. A l'égard du mouvement
des Troupes, ceux
quele Conseil-duRoy a résolus
en déférentes occasions,
ont elle si furprenans, que
quel queufi-p~ estre celuy
que l'oneustfaitpour StraC.
bourg, on auroir eu peine à
deviner à quelle enrreprife ileustdeûservir.D'ailleurs,
l'Affaire de Cazai occupoit
entièrement les plus Politiques,&
ilsembloir quelune
sust faite pour servirà l'autre,
& pourdétournerles loupçons
de l'Allemagne. Quant
au besoin qu'on avoir de
Bled, c'est un de ces coups
par lesquels M de Louvoys
suprend tour le monde. Ce
zèle Ministre avoit eu foin
d'en faire moudre secretcment
aux environs de Paris.
La Farine avoit esté mise
dans des Caisses embalées,
ôc au dessus des Balots on
avoit écrit les noms des Places
que le Roy saisont fortifier
ou bastir en Allemagne.
C'est une chose dont tout
Paris a estétémoin, puis
quon en aveu quantité traverser
la Ville avec, le nom
de Huninguen.Cepen dant
on croyait ces Caisses remplies
deMousquets? & dau^,.
tres choies semblablés dont
on doit munir les nouvelles
Places. C'estoit du moins
ce qu' on publiair. Pour
mieux ébloüir les Spéculatifs,
plus on préparoit, dequoy
rompre les mesures
que prenoientles Allemans,
plus on parloiràla Cour de
Comédies&de Festes. Ceux
qu'on employoit pour les
plaisirsde Sa Majesté, comme
les Comédiens & les
Danceurs, avoient ordre de
fè trouver à Chambord; &
les premiers y estoient déja,
lors queMr deJLouvoyspartit
pour serendre en Allemagne.
Ce Ministrevoulant
tenir son depart secret pendant
quelquetemps, trouva
le moyend'envenirà bout.
Il s'engagea pour ce mesme
jour à deux Repas diférens,
&à. une Partie de Chaise.
Il estoit attenduà Meudon.,
On l'attendoit chez luy à
Paris, Se l'on s'im patientait
encorà minuit chez,Mt: le
Premier,oùil avoit promis
de venir souper. Cela fut
cause que non seulement
son departresta caché, mais
qu'on n'en eut pas le mJ oindre
soupçon. Ileustestédifsicile
d'en avoir, puis qu'on
avoit publié qu'on l'attendoit
dans tous les Lieux où
il s'estoitengagé d'aller, &
que mille Gens estoient cemoins
des préparatifs qui s'y
faisoient. M de Louvoysfît
davantage. Il ne marcha pas
d'abord du costéoù sa préfence
estoit nécessaire; &
commeil avoit ordonné
qu'on ne donnait point de
Chevaux de poste pendant
quelques jours, & qu'on retardaittous
les Courriers, il
ertoit déjà bien loin avant
qu'onpustmander sont depart.
Les choses demeurerent
en cet état depuis le
Jeudy au soir 25. de Septembre,
jusques au Samedy quatre
heures apres midy, que
le Roy déclara qu'ilpartiroit
le 30. du mesme mots de Septembre.,&
qu'il alloitenA!sacr pour
y recevoir le Serment de fidélité
qui luy estoitdeu par les Habitons
de la Ville de Strasbourg,
en conséquence des Traitez de
'MttnJhr & de Nimégue. Le
jour que Sa Majesté partie
pour aller en Allemagne,
estoit le mesme qui avoir
eilé marqué pour le voyage
qu'on devoit faire à Chambord.
L'ordre donné pour
cette Maison Royale, (ervit
à plus d'une fin. Il détourna
les soupçons du veritable
voyage, &quoy queChambord
ne fust pas si éloigné,
ce mesme ordre ne laiffapas
d'engager la Maison du Roy
à se tenir preste pour luivre*
Sa Majesté. Ainsi ilnesalut
guèreplus depréparation
pour aller en Allemagne,
que pour aller à Chambord,
& on remit en état les Equipages
du Roy, (ans faire
connoistre que Sa Majedté
allast plus loin. Elle partit
de Fontainebleau le Mardy
30. de Septembre, ainsi qu'-
elle l'avoit déclaréle Samedy
précèdent.Monseigneur le
Dauphin,&Monsieur,laccompagnoient-
&la Reyne,
Madame la Dauphine,&
Madame, partirent l'apresdînée
pour le suivre à petites
journées. Le Roy apprit à
Vitry-le-François,où il arriva
le3.d'Octobre,que la
Ville de Strasbourg s'estoit
soûmise à l'obeissance qu'-
elle luy devoit. Il résolut
aussistot d'attendre la Reyne,
qui l'y alla joindre le lendemain.
il faut cependant
vous dire ce qui s'estoitpassé
à Strasbourg. Je vousay déjà
marqué de quelle maniere
les Munitions de bouche &
de guerre avoient esté préparées.
Ilne sagit plus que
dumouvement desTroupes.
On fit partirde Fribourg le
27. de Septembre, le Régiment
de Picardie, & le Regiment
Royal, avec des ordres
pouraller enDauphiné.
Lors qu'ils furent arrivez à
Brifac
, on ferma les Portes,
& on leur demanda un Détachement
de trois cens
Hommes chacun. On en
demanda autant au Régiment
d'Orleans qui estoit
dans cette Place. Mr de la
Sitardie avoit ordre de la
Cour, de commander ces
neufcens Hommes, & un
second ordre d'obeïr à Mrle
Baron d'Asfeld,Colondes
Dragons, qu'il devoit trouver
àStrasbourg. Ainsi ces
Troupes qui devoient aller
en Dauphiné, furent embarquées
pour un voyage
moins éloigné. On rouvrit
aussitost les Portes pour
alleràFribourg dire à Mrde
Chamillydefaire partir le
28 les Bataillons d'Artois,
la Ferté, & la Fére, en toute
diligence, pour se rendre au
Camp de devantStrasbourg,
ce qui surprit fort ces Mefficurs-
là, qui ne s'y attendoient
point. Ils partirent à
deux heures du matin, & arrivèrent
à dix auprEs de Mr
le Baron d'Asfeld, qui des
deux heures après minuit
avoit pris les Forts du Pont
avec trois Regimens de Dragons,
qui sont ceux du Roy,
de Pinconelle, & celuy qui
porte son nom. L'alarme se
répandit en mesme temps
dans la Ville, où l'on alluma
force Feux sur les Remparts.
Onenvoya aussitoslfairedes
plaintes à Mrle Baron d'Asfeld,
quirépondit aux Députez,
qu'il n'avoit rien fait
sans ordre, & que dans peu
on le cÓnoistroit. MrdeMonclar
arriva un peu apres, qui
les fit Commet de la parc du ;
Roy,de se rendre, & leur fit
sçavoirqueMrde Louvoys
devoitarriver incessammét,
& que s'ils songeoient à résister.
ilsferoient traiter
comme Ennemis de Sa Majesté.
Ilsdemanderent, qu'il
leur fustpermis d'attendre
l'arrivéedeMrde Louvoys;
ce queMrdeMonclar leur
accorda, Ils n'eurent pas
plutost sçeu qu'il estoit au
Camp,qu'ils députerent - vers luypour apprendre les
intentions du Roy. Ce Mi
nistreleur fitconnoistre le
droits de Sa Majestésurleu
Ville, & leur ditqu'il faloi
qu'ilsreçeussent Garnison
Françoise, ou que le Roy
les traiteroit comme En
nemis. Ils promirent d'en
venir rendreréponse le lendemain
au matin. Ce delay
leur fut donné. L'heure prescrite
pour cette réponse estant
passée sans qu'on l'eust
reçeuë, MrdeLouvoys s'impatienta,
& envoya de nouveau
pour les sommer;mais
celuy qui estoit chargé 4g
cette commission,ayantrencontré
les Députez en chemin,
revint avec eux. Ils
assurerent Mr de Louvoys
que leur Ville estoitrésolue
de faire tout ce qu'il plairoit
au Roy, & le prierent de leur
vouloir conserver leurs Privilèges.
Voicy les Articles
qaIu'ocn pcr.opoosa,r&dceéqui.fut LA Ville de Strafb;ottrg, a l'e- our7, à l'exemple
de MI l'EueJcjue de
Strasbourg, le Comte deHanau,
Seigneur de Flekenflein, ,& de
la Noble(Je de la Bassi A/faceJ
reconnoijl S'a Très-
SCehirgefnliecunare(pèojuPrfriontSeocuvteeruairn.
Il tue mis sur cet Article.
Le Roy reçoit la Faille & toutes
Jes dépendances en sa Royale
Protection.
II.
Sa Majefléconfirmera tous
les anciens Privilèges, Droits,
Statuts&ConfirmesdelaVille ode Strasbourg3 tant Ecciefiafli-
"<Jues:) que Politiques, conformé-
-nient'duTraitede PaixdeWeflphaliej
,teConfirmé par celuy de ,I!-C.c!t A-rti-cle fut accède.
III.
5tt Àdajejié laissera le libre
exercicedeUReligion, comme -
il a esiedepuis l'année 1614.
jufcptaprrfcHiy. avec toutes les
Eglisesst) Ecoles3 ne permettra
a-qui que ceJoit d'yfaire
des prétentions,'ny aux Biens
EccléfiafliquestFondations Cr,
Convents, à(çavointAbbaye
S. Efl'tenne, le Chapitre S. Thomas,
S. Marc> S. Guillaume,
tux Toussaints,&tous les auirescompris
st) non compris; mais
t1es con.rs;.ervera a perpétuité a l1a
aCes Habitans.
Il fUt mis Sur cet Article;
Accordepourjouirde tout ce qui
regarde les Biens Ecclésiastiques,
suivantqu'ilest prescritpar le
TraitédeMunster,à la referme
du Corps de l'Eglise de Nostre-
Dame, appellée autrement le
Dômequi fera rendu aux
Catholiques, Sa Jbfajefl-é trouvant
bonneantmoinsqu'ilspuissentseservir
des Cloches de ladite
Eglise pour tous les usages
cy-devant pratiquez horspour
sonner leurs Prieres.
IV.
Sa Adajefte veut laijjer le
Jïdagiftrat dans le préjent état,
éveç tous ses Droits, dm libre
élection de leur Collège, nommément
celuy de Treize
,
Quinze,
Vïmt-un3Grand (gjr Petit Sé-
;l.{.t)-desEchcvins, à:sOfficier*
dela faille st) Chancellerie, des
ConvtntsEccléftaBiques, l'Vniverfité
avec tous leurs Docteurs3Projeteurs
($/ Etudians
en quelque qualité quilsfoicnt,
le Collège,
les
Tribus st) Maiftrifes,
tous comme ilsJe trouvent
à présent, avec lajurifdiclion
Civile& Criminelle.
Il fut mis sur cet Article.
Accorde, à la reserve que pour
lesCauses qui excéderont mille
livres de France en capital, on
enpourraappelerauConseil de
Brisac,sans neantmois que
l'appel suspendel'exécution du
Jugement qui .:?ur..t esté rendu
par le Magistrat, s iln'est pas
'queflioh de plus de deux mille
livres de France,
V.
Sra MMa'j,estc-" accordPe au,jrjtr't"i
la Fille,que tous les ï^evcnHé^
Droit. Péages,Pcmen'*e$. &'
""J ""cS",J '-"",.,. /- .; (fj avec ,rr D'inriTie,
-
tU',.. r: .1' -.J ',1 '- ..dl L/ ( ,,;/ 1 ,'J L J (; 't- ,~.
I/~,,- (oient (I,..-:,:.rl'"",..,,.\- cr.n; t0ni"uIc.' fot,rpt.;e;
çy jotïfiances, tOivtic clic les a 1.. ("",1 ¡; II\ L!.- r> L ; eus i'it a pn;enita-calalivre
- 1 < ¡. f 1 t >. 1. 1. c, 1. U diifryorït.icn d,e. l¡a' ]P"j~:niïingth1 urn,
&la Monnoyc, des Magasins
- xk
de Canons, Munitions3 Armes,
tant de ceuxquisi trouvent dans
l'Arsenal,qu'aux Remparts &
Maisons de la Bourgeoise
3
des
4*Ins de 'Bleds,Vins,Bois>
Charbons, Suif, st) tous tes
Autres ; les Clcc. es, comme au/Ji
les Archivesy Doatwens &
Papiers,de quelquenature qu'ils
(oient.
- Il fut mis sur cet Article.
Accordéàla reserve des Canons,
Munitions de Guerre. & Armes
des Magasinspublics, qui
feront aupouvoir des Offciers de
Sa Majesté; & à l'égard des
Armes appartenantes aux Particuliers,
ellesserontremisesdans
l'Hostel de Ville, ou une Salle,
dont le Magistrataura la Clef.
VI.
Toute la Bourgeoisie demeurera
exempte de toutes Contributions
&autres j>,ayemens, Sa
Majeste laissant a la Ville tons
les Impofls ordinaires & extraordinaires
pour sa conservation.
VII.
SaAdajefielaijjeraalaVille
'@j- Citoyens de Strasbourg la,
libre jouijjance du Pont du Rhin,
de toutes leurs Villes, Bourgs,
ViUages, Maisons Cbampeftres,
st) Terres qui leur appartiennent,
&fcra la grace a la Ville
de luy oélroyerdes Lettres de.
Répit contresesCréanciers, tant
dans l'Empire3 que dehors.
VIII.
Sa Afajeflé accorde aufjt Amniftie
de toutlepasseJ tant au
Public,cjua tous les Particuliers,
seans aucune exctption) &
yfera comprendre le Prince Palatin
deVeldence3 le Comte de
Najjau, le Résident de Sa MfrjejléImpériale,
tous les Hoflels"
le Bruderthoffavec[esOfficierSjMaisons
appartenan.
çes.
IX.
Ilferapermit à laVille defaire
bajîir des Casernes poury loger
les Troupes quiyferont en garnsson.
Ces quatre derniers
Articles furent accordez.
X.
Les Troupes duRoy entreront
aujourd'huyjo. Septembre i6$x.
dans la Ville, a quatre heures aprèsmidy.
Cette prompte soûmision
d'une Ville aussi importante
que Strasbourg, auroit
étonnédansun autre Siecle;
mais si l'on y fait une sérieuse
refléxion, on cessea d'en
estre surpris. Mrs de Strasbourg
ne pouvoient douter
du droit du Roy sur leur
Ville. Ils se voyoient comme
assiegez par nos Troupes, &
sçavoient qu'une Place assiegée
par les François estoit
une Placeprise, puis qu'ils
n'ont encor levé aucun Siege
depuis que le Roy sell
chargé du soin de gouverner
son Etat. MrdeLouvoys estoit
à leurs Portes, & de la
nianiere dont ce vigilant &
redoutable Ministre fait exécuter
les ordres de Sa Majesté,
ils ne pouvoient douter
de leur perte, s'ils luyrefufoient
l'obeïssance qu'il
leur demandoit. Il y avoit
encor davantage. Ils sçavoient
que le Roy s'approchoit
d'eux, & ils estoient
fort persuadez qu'un aussi
grand Prince qui ne régie
pas moins ses actions par
la prudence que par la valeur,
ne viendroit pas en
personne devant leurVille
sans estre assuré du succés de
ses desseins; car quoy que
celuy des armes soit journalier,
il ne l'est jamais dans
de certaines entreprises qu'-
on ne tente quavec toutes
les précautions & toutes les
seûretez possibles, parce que
l'on ne veut point hazarder
sa gloire. Telles sont celles
où les grands Princes jugent
leur présence necessaire.J'ay
oublié de vous dire que le
28. de Septembre, qui fut le
jour de la prise des Forts du
Pont, Mrs de Strasbourg écrivirent
à l'Empereur, & luy
envoyèrent un Courrier à
neuf heures du matin. Leur
Lettre nlarqnoit, Qu'ils ne
pouvoients'empescher de témoigner
à Sa MajestéImpériale
leur étonnementde ce qu'aboient
fait ce jour-la à deux heuresdu
matin les Troupes Françoises
répandues danslespetitesVilles
@J Bourgs d'Alsace, lesquelles,
apres s 'estre assemblées avec
beaucoup de secret, s'estoient
approchées de leur Ville sans
qu'ils en eussent riensçeu, st)
avoientemporté les Postesqu'ils
avaient en deça & au dela du
Rhin, dans lesquels elles s'estoient
retranchées, n'ayant pas
este en pouvoir depuis la Paix
de mettre ces Posses en aeez bon
état pour resistercontre une force
siconjîdérable. Ilsadjoûtoient,
cQrôuiere cqoum'umneefuifyukaiitweeitnfturejeptndfes
seroit suivie d'hostilitez plusfacheuses
contre leur Ville,ilsse
trouvoient incapables dans un
périlsi pressant, de prendre des
mesures assez justespourse gtfrrantirdesfuitesj
&qu'ils avoient
crû-m devoirinformer S* MajefiéImpériale,
afin que de concert
avec tous les Membres de
l'Empire, er le College Electoral,
Elle pusty apporter les remedesnrcejJaires
J avectoute U
diligence que méritoit uneAffaire
d'uneaussigrande importance.
Ils mirent au bas, Que
depuis leur Lettre ecrite, il
avoient appris par- un Trompet
envoyé au Sieur Baron dtAJ
feld, qui estoitchargéde la "n
duite de cette Entreprise
, pou
sçavoir de luy les raisons qui l'a
voient porté à ces hostilitez
que ledit Sieur Baron d'Asfelt
avoit esté envoyé la avec deux
mille Chevaux & deux mille
Fantassins, sur un avis queMJ
deMonclaravoitreceu) que Sa
MajestéImpériale faisoit marcher
desTroupes pourse saisir de
ces mesmes Postes, &qu'ilvenoit
pour les prévenir; qtiil
n'auroit commis aucun acte d'hostilité
, si les Gens qui estoient
commis à la garde de ces Postes
n'avoient tiréles premiers,&
blessé quelques-uns de ses Soldats,
(èf qu'il s'offroit mesme de
leur remettre lesPrisonniers
qu'il avoit faits dans cette rencontre.
Ils finissoient, en disant,
Que s'ils apprenoient
quelquechose dans lafuite,ils
ne manqueroientpas d'en donner
avisà Sa Majesté Impériale.
Le 29. ilsécrivirent encor
à l'Empereur,&luy manderent,
Qu'ils s'estoientdonné
fhonneur de l'informer par un
Courrier qu'ils luy avoient dirfjché)
de ce qui sefhitpajjeu
nuitdu 27. au 28. &que ni
scachan<t si l'Orignal de leu Lettre luy auroit pu eflre rendu
ils prenoient la liberté de luy et
envoyer une Copie,&enmesme
temps de l'avertirde l'étatde
leursAffaires.
La mesmeLettre porroit
QueAI deMonclar leuravoi
faÍtconnoiftre le 23. auJoir,qui
souhaitoit qu'ils luy envoyassent,
un Député. pour lesinstruirepas
luy des intentions de Sa Majesté
Tres-ChrrflÚnne
,
qui efloien
que la Chambre Souveraine de
Brisac ayant adjugé auRoysoi
Maistre laSouverainetéde toute
Alsace,dont la Ville de Strasourg
estun Membre,ilvouloit
a vertu de cetArrefl,qu'ils le
rconnuJfent pour leurfouveraw
Seigneur, &reçeujjent Garni-
Françoise,pourmériterparlà
0 protection ;que le Royy*avoir
l'autant plusJongé3qu.ilzfîoit
[mpcriakcherchaitdbpumqtfekk
que tempstousles moyensd'yen
fire entreruneAllemade;qu'on
n'avoit publiquementparléàla
Courdu PrincedeBade,&que
le Baron deMercyleuravoit esté
l'Y)1JO)¡ à cet effet par Sadite
MajestéImpériale. Ils adjoû.
toient., Que Mr le Baron 4
Monclarleuravoitfait entendre
en mesme temps, que silss'accommodoient
à l'amiable,, & de
bonne heure, ils devoient comptersur
la conservation de leurs
Droits & de leurs Privilèges;
mais que s'ils marquoient de la
résistance par le moindreacte
d'boftïlitéleRoy avoit le nombre
de Troupes,& les choses necessaires
pour les soumettre,&
que MrdeLouvoys devant arriver
ce mesmejour, il les convioit
à prendre au plutost des
résolutionsfavorables, afin qu'il
estluy enfaire part àson arrivée,
qui feroitJuirvie avantsix
urs de celle de Sa MajestéTre-
Chrestienne.
Ils disoientdans le reste
e la Lettre, Qu'estant trop
~ibles pours'opposerà unePuis-
~nce aussi grande que celle du
Roy, & ne voyant pas d'ailurs
qu'ilspuissentestre ajjtjîe^
~'aucun secours, ny d'aucuns
onfeils qui les missent en état
luyrésister, leseulparty qu'ils
voientaprendre, estoit de rece-
~oir les conditions qu'il trouve-
~it juste de leur prescrire. Ils
~nissoient, en disant, Qu'ils
avoient voulu se donner l'ho,
: neur d'en informerSa Maje
Impériale; qu'ils luy demar
doient la continuation de j
bonnes ffraces, Ë,7 la Juphoie,
de les croire avec un tres-pr
fond respect, &c.;"'Ufu,':'
Ces Lettres font voir d'au
tant plus le dessein desAlle
mans sur Strasbourg, qu
rien n'y marque le contrair
dans les endroits où vou
voyez qu'il en est parlé. >-
Le Roy estant arrivé
Vitry le
3. de ce mois, y vi
arriver la Reyne le lende
main, & en partir le 6. pou, t
aller coucher à Barleduc. Il
ionna ordre avant son départ,
que les Troupes qu'il
avoit fait avancer versStrafbourg,
retournassentincefsamment
dans leurs Quartiers.
Le 7. Leurs Majestez
allerent à Void
;
le 8. à Germinay,
le 9.à Bayon; & le 10. à Rambervillers, où Elles
passerent unjour. Le u.Elles
se rendirent à S. Dié; le ij.
Elles traverserent les Monts
de Vauge, & arriverent à
Sainte Marie aux Mines, ëe
le14.àSchlestat, où les Magistrats
de Strasbourg vinrent
faire leurs soûmillions
auRôy. Ils les firent àgenoux,
parce que les Députez
des Sujets ne parlent jamais
autrement à leur Souverain.
Ils parlèrent à Sa
Majesté au nom de la Ville
Royale de Strasbourg, & finirent
en l'assurant, Quils
estoientsestrès-humhles&tres-
; obessans Sujets. Le Roy les
reçeut avec cet air engageant
& lïisflé de majesté
quiluy gagnetous les coeurs,
& leur confirma tout ce que
leur avoit accordé Mr- de
Louvoys. Ils estoient ravis
admiration, & n'osoient
resque lever les yeux. Sa
Majesté leur fit voir une
artie des choses qui avoient
sté préparées pourlesassiéer,
s'ils luy eussentrefusé
hommage qu' ils luy deoienr.
Elle fit aussi mettre
:
feuà une Carcasse. On la
Durnavers un Village ruiné
: abandonné, dont ce qui
estoit fut réduit en cendres.
es y Magistrats de Strafourg
s'en retournerent fort
tisfaits, & publierent dan;
oute leurVille, Qu'ilsavoient
"is.) ensesoûmettant, la veritable
résolutionqui esloit àprendre.
Ils adjoûterent,Qu'ils
estoient charmez du Roy, &-
que ce qu'ils avaient veuestoit
beaucoup au dessus de ce qu'on
leur avait dit, tant de sa personne
que d? ses forces. Le 15,
Leurs Majestez arriverent à
Brisac, & y passerentle16.
Le 17. elles allerent à Fribourg,
& revinrent à Brisac
lelendemain. Le 18. toute
la Cour arriva à Enfîsheim,
oùtrente Ambassadeurs des
Treize Cantons Suisses vinrent
faire compliment à Sa
Majesté. Mr de Bonneüil,
Introducteur des Ambassadeurs,
lesvisita de la part
du Roy à l'Hostel de Ville,
oùils ertoient descendus.
Ils furent aussi complimentez
au nom de Sa Majesté
par Mrle Maréchal de Belfond,
& par Mrle Marquis
de Dangeau; apres quoy ils
monterent tous à cheval, &
se,rendirent au Logis qui
leur avoitestépréparé. Huit
Seigneurs que le Roy avoit
nomez pour leur faire compagnieàdîner,
les y attendoient,
&ils y furent traitez.
avec une somptuositéveridience
de la Reyne,de MonseigneurleDauphin,
de
Madame la Dauphine, de
Leurs Altesses Royales, de
Monsieur le Duc, de Monleur
le Prince & deMadame
a Princesse de Conty, & de
Monsieur le Prince de la Roche
sur-Yon. MdeBonneüil
es remena à l'Hostel de
ville, d'où ils partirent pour
aller coucher à Mulhausen,
apres avoir esté régalez de
vingtmille francs, ou envion,
que le Roy leur fit donner
en argent, au lieu des
- Présens qu'on a coûtume de
faire enVaisselle, Médailles,
& Pierreries. Le20.le Roy
alla visiter Huninguen, éc
revint le mesmejour à Ensisheim;
Huninguen est à
deux portées de Canon de
Basle. Ce n'estoit qu'une
Tour, & Sa Majesté en a fait
une Place forte. Le bruit du
Canon de Huninguen s'estant
fait entendre aux environs,
chacun connut que le
Roy y arrivait. Meilleurs de
Basle firent aussitost tirer
quarante Piecesde Canon
qu'ils avoient sur leurs Remparts,
& cela se fîtjusques à
trois
trois fois. Rien ne les y engageoit.
Ce Prince n'estoit
point sur leurs Terres, & ils
pouvoient ignorer qu'ilfust
si proche. Ainsi il est facile
de voir que ces Salves de
bonne volonté expliquoient
leurjoye. On ne sçauroit Ce
défendre d'aimer le Roy,
lors que l'on admire sa grandeur
; & comme il est allié
des Suisses, & qu'en nous
donnanr la Paix il a fait des
choses si avantageuses pour
ses Alliez, on ne doit pas s'étonner
s'ils n'oublient rien
pour se consèrver l'amitié
d'un si grand Prince. Sa Majesté
a aussi visité les Fortifi..
cations de toutes les Placer
de sa route, & lesa trouvées
en fort bonétat. Le21. Elle
partit d'Enfisheim, alla coucher
à Colmar; & le 22. à
Benfeld, où Mr l'Evesque
de Strasbourg la vint salüer.
Ce Prélat dont le mérite soutient
la haute naissance, esroitarrivé
le 20. incognito à
Strasbourg. Il y dîna chez
Mr le Prince Guillaume de
Furstemberg sonFrere, & à
trois heures apres midy il
sortir de la Ville accompagné
de plusieurs Personnes
dequalité,pour allerjoindre
on équipage à un quart de
euë de là. On fit avancer
ois Escadrons de Cuirafers
au devant de luy,& en
nite il fit son Entrée dans
trasbourg, ses propres Troetes
sonnantes, & ses Timales
bacantes. On tira 25.
oups de Canon lors qu'il
ntra, & on mitune Companie
d'Infanterie en garde
evant la Porte de son Palais
piscopal. Le lendemain il
benit son Eglise, qui avoit
sté ostée aux Catholiques
epuis 140. ans, & qu'il fit
rner avec toute la magnicence
possible. LesvingtquatreComtes
& Choreve
ques, qui sont les Dignité
&:. Chanoines, l'ayant reç
à la Porte,le conduisirer
dans le Choeur, & apresqu'
se futmisdans sonsiege,
prirent possession de leur
Places. La Messe fut cele
brée, & des Religieux, mar
;
dez de tous les Lieux de so
Diocese, en dirent plusieur
autres. Les fonctions de ce
Chorevesques font Episco
pales fous l'autorité de Il
vesque, non pas dans Stra:
bourg, mais dans les Lieu
qu'on leur départit, parc
que l'étenduë de l'Evesch
est fort grande. Cette Cathédrale
passe pour une des
Merveilles du Monde, tant
par sa grandeur & par la
somptuosité de son Edifice,
que par la hauteur de ses
Clochers tous faits à jour, &
par sa structure inimitable.
Apres que Mrl'Evesque de
Strasbourg eut fait la Cerémonie
de la rebenir, il reçeut
les Complimens du Magistrat,
& de toutes les Personnes
qualifiées.Voicy ce que
c'est que le Magistrat. Il y a
vingt-deux Tribus, qui ont
chacune un Echevin, desquels
on choisit le Consul
qu'on nommeAmmeister qui
avec les Echevins élit dix
Gentilshommes de la Ville
pour Sénateurs, & tous ensemble
ils composent le
Sénat.Quatre de ces dix
Gentilshommes sont faits
StatmeisterouPréteurs, &
dans les Délibérations ils
demandent les voix premierement
au Consul,&en fuite
aux autres Sénateurs. L'Ofsice
de Consul estannuel &
ne sçauroit estre possedé par
un Gentilhomme. Celuy
des Echevins est de deux
ans. Le Sénat des Treize,&
le Conseil des Quinze, sont
perpétuels. Le premier traite
des Affaires militaires, ôc
des Consedérations
; & le
fecond a pouvoir d'exhorter
le Consul às'acquiter, comme
il doit, des fonctions de
saCharge.
Le 13. leurs Majestez arriverent
à Strasbourg sur les trois
heures, 6c furent rcçeuës hors
les Portes par Mrle Marquis de
Chamilly Gouverneur de la..
Ville, àla teste du Magistrat
qui estoit en Corps, & que ce
Marquis présenta au Roy. Le
Mfitasegsistrat luy offrit les Clefs,&
soûmissions. Le Roy& la
Reyne allerent descendre à
l'Hostel de Dourlach qu'on leur
avoit préparé, & pendant ce
temps on fit une décharge de
265. Pieces de Canon qui avoient
esté rangées hors laVille.Ce
n'estoit que la petite Artillerie,
parce que la grosse auroir ensoncéles
Ponts. La Garnison faisoit
une double haye jusqu'à
l'Hostel de Dourlach; & quand
SaMajesté y arriva, l'on fit une
autre décharge de la mesme Artillerie.
Ce mesme jour le Roy,
accompagné de Monseigneur le
Dauphin, de Monsieur, & de
plusîeursSeigneurs de la Cour,
alla visiter à cheval une partie
des Dehors de la Ville, les Forts
du Rhin&de Kiel, & l'endroit
où il fait bastir une Citadelle.
Ce grand Monarque fit distribuet
beaucoup d'argent aux
Ouvriers, & l'on a publié dans
tout le Pais queceux qui voudroient
y travailler seroient bien
payez. QuandSa Majesté rentra
dans la Ville, on fit une trou
siéme décharge. Le 24. Leurs
Majestez entendirent la Messe
dans la Cathédrale, & le Te
Deum y fut chanté au bruit des
Tambours & des Trompetes.
Mr l'Evesque de Strasbourg,
ayant une Mitre toute brillante
de Pierreries, mais un peu diférente
de celles des Evesques de
France, receutleRoy àla Porte
del'Eglise, & luy fit ce Compliment.
C'est prêlentement, SIRE, mt
vfiyant remispar vos Mtins Royales
en pûjffejjlon de ce Temple, d'où U
violence des Mimftres de CHerésie
nous a tenussi longtempsexilez, moss * mesPndêcejfeurs,quej'ay lit.
de dire, à l'exemple dn fan Ulm,"
Simeotiy quej'attendra} doresnavant
lA fin de mesjoursem repos, fite
je pourray,lors qu'ilplaira 4 Dieude
m'apptlltrA Luy, quitter ce monde
dAvveeccbbeeaauuccoouup de confilation.
Cette illuflrc Eglise doitsans douté.>
SIRE, une bonnepartit defin établijjcmenta-
vos augujfes Predéces
feurs, Cl(mis-&Dagobert,desquels
l'unaplacélapremiere Pierre de te
somptueux VaijfilllJ, & l'autre l'é
fait ériger en Evefèhé, en 14 dotant
de pluseurs Terres & Revenuss
ioda,Fojlre Majeflé par ce quElle
fait aujourd'huy, s'en rend comme le
nouveau Fondateur d'line manière
tncorplusglorieuse.
Jefiubaiterois,STRE, d'avoir
tffez* d'éloquence pour pouvoir vous
bien exprimer l'excés de la joye que
inry&mon Chapitreront unepartie
efiicyprésente^rejfcntons pour l'4r
Wdntage que cette grande Action,&
vrayement digne de la pieté d'un
Aoy Tres-chrejliell,VA.procurer tant
pourlagloire de Dieu que pour la réputation
de Vofire Majejlé; mats.
manquant de termes & Je facilité à
m'expliquer en cette Langue,jefuis
contrainty SIRE, de lâtffer renfermez
dans nos coeurs mille sentimens
de refpcfty de reconnoiffincey de ten*
drejïe,siel'ose dire, & de vénération
pour la tres -augujfePerfonns
deV. M. & de l'affurer simplement
que notu ne ce/feronsjamais, comme
jes tres-obeïssans&tres-jidéliés Serviteurs
&Sujets, de pouffer continuellement
des vaux au Ciel dans
cette mesme Maison de Dieu ou Elit
vient de rétablir le verirable Cultex
enqu'ilplaifè à la Divine Majefti
devouécombler, SIRE,depwfpé~
ffttz drdebénédictions*
- Les Chanoines qui assistoient
ce Prélat,estoient tousenChapes
d'Ecarlate, & avoient de
courtes Soutanes de Velours,
& par dessus, un Surplis à la
Romaine.Madame l'Electrice
Doüariere Palatine estoit arrivée
à Strasbourg quelques jours
auparavant, 5c avoit dit, en parlant
du Roy, qu'elley venoitpour
voir cegrand Homme.Monsieur
& Madame la visiterent incognito.
Le 25. Monsieurle Comte
de Fustemberg de Stilingen,
venu à Strasbourg pour voir Sa
Majesté,tomba sur un Escalier
de pierre, & cette chute luy fit
une fort grande blessure à la
teste. Le Roy luy envoya auffitost
sesMedecins ôc Chirurgiens,
qui la trouverent mortelle, & il
en mourut le lendemain. 0.11
donne de si bons ordres dans
tous les Lieux où le Roy s'arreste,
que tous les Princes des
environs de Strasbourg, que son
arrivéeavoit attirez, y ont logé
tres - commodement, ainsi que
toute la Cour, dont on ne pouvoit
admirer assez la magnificence.
Elle estoit fort grosse,
quoy que Sà Majesté eust déclaré
dés Vitry, que ceux qui
n'estoient point necessaires aupres
de sa Personne,pouvoient
s' épargner les embarras du
Voyage ,afin-- d'éviter la difficultédes
Logemens. Ilest impossible
d'exprimer la joye du
Peuple, ny l'empressement qu'il
a témoignépourvoir le Roy.
Les plus foibles demeuroient
presque étoufez dans la foule;
8c depuis le plus petitjusquesau
plus grand, ce n'estoient que
cris de Vive le Roy, meslez de
mille Eloges à la gloire de cet
auguste Monarque. Leurs Majestez
partirent de Strasbourg
le 27. pour aller coucher ce mesme
jour à Saverne, & le 28. à
Salsbourg. Le 29. Elles devoient
arriver à Vic, le 30. àTroisvil-
Jages à demy-lieuë de Nancy,
& aujourd'huy 31. à Pont-à-
Mousson. Elles y sejourneront
demain premier de Novembre,
& iront le 2. à Mets, & le 3. à
Bouzonville. Le 4. le Roy ira
voir Saarbourg, & reviendra à
Bouzonville. Le 5. Sa Majesté
doit coucher àThionville; le 6.
à Longvy, dont Elle visitera les
Fortifications; le 7. à Stenay;
le 8. à Bayeul; le 9. à Rhetel;
le 10. à Rheims, & y sejourner
le II.le 12. à Fismes
; le 13. à Soissons;
le 14.à Villers-Cottrets;
lreiv1e5r. à Dammartin, & le16, arà
S. Germain.
Je vous envoye une seconde
Chanson, donc les Paroles ont
esté faires par le mesme qui a
fait celles de la premiere. L'Air
est encor deMrdeBassilly.
AIR NOUVEAU. sAnslevouloir,jefuis toujours
vos pM;
Sa?slevouloir^]adorevos appas;
PIÚJ que c'est malgré moy, je nefità
point coupable.
On nauroitpas, Iris,sujetdévoué
blâmer,
Sipar unfortJemblable,
Sans le vouloiraujjly vous veniez.
A m'aimer.
Les deux Enigmes du dernier
Mois estoientsur le mesme Mot,
&quoy que facilesen ali-r-Ilce,
elles ont (né expliquées
dans leur vray sens par peu de
Personnes.Vous le trouverez
dcbans cae Madirignal deeM Da.u- EsEnigmes, Mercureyen leurs
êbfeuritex*
Fajjcrontfour claires & ncttesi
On en voitpeu d'aussi bienfaites,
toutes deux en un motfontdegrades
Seauten.
Messieurs R. de S. Martial;
C. Hutuge d'Orléans, demeurant
à Mets; Léger de la Verbrissonne;
Alcidor,du Havre;
& Gyges, au/fi du Havre, sont
les seuls qui ayent connu,ainsi
que MrDaubaine, que la Beauté
estoit le vray Mot de l'une & de
l'autre. Les quatre derniers les
ont expliquées en Vers. -- Ceux qui n'ont expliqué que
la premiere, que quelques-uns
ont crû estre l'Amour ou le Vin,
font Meilleurs le Chevalier de
Fontenay; DeLepinePloërmel,
(tous deux en Vers;) Pinchon,
de Roüen ; Les Philistins de la
Ruë du Bourer, de Morlaix;
& Mesdemoiselles de la Lautumniere&
de la Chesnay-Bautreil,
deGuingamp. Ces divers
sens ont esté dõnez à la seconde,
VAmour-, l'Ombre, la Mode, la Richesse,
la Pierre Philosophale, le
Miroir, laJoüissance, une Maîtresse,
&laFortune.
Les deux nouvelles Enigmes
que je vous envoye, ont esté
faites par un Etranger de la
premiere qualité
ENIGME. DAnsun me{me Logis diux
Frétéssansje voir,
Jour& nuit demeurant tnftmble.
L'un en toutÀ l'autre st':/fèmbÜ,
Et tous deux em mefinef$uvoeir.
Ilsparlentsans 1l¥f.J(lir de langues,
Ettrahissantceluy qui si commodément
Lesmainticitt dans leur logement,
Ils dijêntfenfecretpdrde vives
Harangues.
C'efi par là qu'en dit d'eux aves
tgreandenrni/tin,eensi
Maison. !()'F¡'"
AUTRE ENIGME. UN Etrangerveflu de bleu
Ëee souventànojln
newè*
Nalgréfin large pied, si tesietrop
feintutt
L4 blancheur defin teint mtt les Vf
Bellesenfeu..),
Com«m1e l!eureflpeur luyfont S'ilarrive qu'en les régale,
Tourcontenterleurfiante on le met
du Ftlîîn.,
Son naturel efl deux> il n'ojfence ,prrjQ¡;ne;
Cefendantteleflfindefin9
Jguemaltraitéfiir& matin,
Ilsoussi les hauts cris descoupque
l'on luy donne. * Je fuis, Madame, vostre &c.
A Pdris u.31. OffobreiâSi.
On avertitceux qui se feront
un plaisir de chercher le Sens
du Billet Enigmatique employé
dans la Page 355. de l'Extraordinaire
du 15. de ce mois, qu'au
lieu de ces mots, Depuisfort longtemps
on n'apoint veu ce qu'onvoit,
aujourd'huy,il faut lire, ce qu'on
doitvoiraujourd'huy. • {
--j- -", 1 'Avùpour placerlesFigures.
"",- ,.,j'l, L , 'A~FigurePdes de~ux Enf)ans4doit r.ega.rder L'Air qui commence par, Ma raisonaiîn-p
9»a peine, doit regarder la page 126.
Les Armesdes Cardinaux doivent regarder
la page 107
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le