→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Fichier
Nom du fichier
1678, 07
Taille
182.40 Mo
Format
Nombre de pages
423
Source
Année de téléchargement
Texte
JV 1 LLE T . .....
·-
... - ~ ,_:.. ~.-:.~ .1. ~·63,.A ._ ·. . - .
.
~g.
;~ . d-1 r 1 •
........
--
- A-- PARIS,-
. -. ~ .
-chez GlJILLAUME DE LUYNE, auP~laisi
da.~s la,_Salle des Merciers, à la Jufi.icC.
CHARLES D.E SERCY, dans la. Grande
Salle, à la Bonne-Foy,~uronnée.
ESTIENNE LOYSON, dans la. Gallerie de~
PriConniers, au _Non1 d.e J e[us_. .
JEAN GUIGNARD.1 d:ins la Grande· Salle
à l'Imagc S. Jca.11.
-
THEODORR GIRARD l dans la Gr.ande
Salle, à l'Envie.
CI-lARLES -OSMONT-, d.tns la Gra.nde
Salle, à I' Efcu d.e France~
Dans la Salle.~oya.le~ à l' Im1ge S .Loüis.
M. D. LXXVIII.
.
AVEC P RJYlLE.GE D·P llOT.
1 ...
_ 1 . ;A9-oit ,.;.'!Ü1w ~
~ -G..i~.. ' . - ..:-::.~~'.
t J .. ..~- ~
:: ...... . ~ --· ~·
.. 1 • - • .....
J "' 1' ·•• .
-~ ' ....-...:, ·~. .. ·"'- ... -_ r.
•'.-f' ~ ·-. .. - ~
' .
; ....
., • '
.....

~.L -- ~
""
...
-~·. -
: : ' ·: .
. ~
f \
ONSEIGNEVR,
V()HJ a1}e~ ta11t de part
~ .. "'
a lJ
.. .
EPIS TR-E .
. aux Vers qf.!i foit1ent, que
quoy qt'e ce nefoit ftU J. Votn
qu~i!S s'adrejflnt, je puis les
• ·regarder comme .un Ou')J?ag-e
qui rvous eft particuliereme;43t.
dedié~ Comme Autheur. du
Mercure~ Je fais chargé de le
faire rooir d tl.JUte l "Europe.
J l contient des q; eritez qui
<vot"s font trop glorieufas
. pour 11e me pas fiiire une
joye d,eftre en-1.ployé a le publier.
Agréez, MO N.J .. EIG
NE VR, l'emprejfemtnt
, . q1tte je tz/Otts en té111otgne ~ &
me p:trdonnez._ la lilerté que
je prcns de q;o114 t1fi1rer e11
· E P~ l s-T R. E.
'nefm~ .te~ps qu~ de tous
teu~_·qu,i.f~.((mireront· l~pein~
ttir-e~, -qui·: s'y rrou'?lt. de rvoS
grantfe, .qu~·/Îtt?~ aucun n~ en
flra .. jJmai4 fi. ch.armé que
moy ~ q11i faù __ tt11~_c la_ p/114-_
pro-fond_e fa#m.~ 1~011,: .,,. -
.. - . -- . ..... .. - - .. -
• l P • 1 r
1 - 1 • •••\. P"" : .-.... r..• . ~ . •1 rl·r '• . . ... "
. . . . ' - - - I .; olo
( - ~,
• -1" ...... ..
~ONSE!GNEV.R,;-
.1
. .. ... ' ...
.. 'i'" •
....... - . -- ...
- - '. -. .. :.
- ~ ~ .
.. ...
i r • ' . . .
Voftre 't:res.:.huinhle: 15: tréB'----- - .. .· .
obetll:tnt Seîvîit?hlt '-·- ~ ·D; ....
\
1
1" '
(:... ... . .. ..
1 ~
~~t'9~.m.'1ft. 4tt~~,--~~: ·'·++ ~- ... "1' ...... 1'" + ~ ..,.. ..,.. ·lf- ..,.. • .'*". -.- -... 1
~ ..
~- '•

; '
·~ .-.
RAND. - ROv J lors que le bruit
qui réf ofuië f tl t9u~ liëOx,
Sur to11 augufte. fù:ol1.t rt1e fic porter. les ::
~ .
yeux, _ _ _ .
Sans f!.1 l\)endï·e n_1ori choix par d'in-..
f1i Bibles llli.l-rqncs,
Je diH:ingua y. d1.abord le plus g~and_
des- Mo11arq~cs, ~
Et .C1.n-; voir to11 vifage ombragé de
Lauriers,.
J,y recon11us les traius dtt plus grand
des Guei:riers;
Mais f urpris de L'éclat de-ta grandeur
fuprên1e~
Je·-tour11ay ines regards fur un. autre
toy-n1efi11e,
Et j'achevay de voir fous des traits
adoucis1
La majefté du Pere au vif age du Fils4'
Co1nme dans f 011 1nidy l) Aftre qui
nous éclaire,,
D!lun pro1npt aveuglement p1u1it un
I • { _[Clnera1Ie, .... _. - .
.......
Q!tj·. fe Iaiil3.11t conduire à des· yeux
indif crets,
D·e fes rayons pctÇ8.11S croit f O'lÎtenit
les traits,
Au lieu qne fiu: le poii-i:t de co111n1encer
Ut conrfe, .
! Il nous laitîë ad1niter fes bea tttez da11S .
; leur [ on!ce,
\ 01'\ par 1' ~loi<Tnen1ent leur éclat tc1n...;
~ " pere
~; Abandonne à nos 1eux un plaifir
~ aflitré.
;; Ainfi t1enviG~gea11t au grand jour de
' ta gloire,
D!une foule d~Exploits rappcllant la

111e114101re,
Mon ef prit & 111es fens égale1nent
troublez,
Dll poids c.{e ta grandeur alloîenr cfire
accablez,
~nd ton charn1ant D)·\.llPHIN par fa
ieule prefence,
A n1es regards. trc1nblans red 01111a
l' ailUra11-ce,
Et panny les éclairs de tant de inaj"efté;
,,.,,., .. . .. . .
a 111J
.-
{
Me oerrnît d!tc11trevoir Ies traits de ta,.
J. l , .... .- -1 ~·u; .~te •
j , ~ro·~,crc~'ns P.t t f 011 front f or1 né des-
.l .l ~
' ., ..... ~,. t .,.., J. c ~ - ~ . ) . ~ ,._.J.11~ c '- s , ~ \ i. ce.5,
L' in-, ~):{tient cl\..:iir de rnar cher fur tes. 1 ... -
..1
t1-~iccs.
] '\ .. dr . r "
~ C'_ us vo1r :i;u1s .ies y·:t:rx une cert.~.:1ne:-
. ,., ~-.Jt·t 1 I· -
Il ~ 1. \. ~ ,.; '
~ déc0uvroit aux rniens fi future
CranJeur.
De.. 1Tjii1e autres attraits le parfa~·t i:,[.. . _
fe1nhJ .eci.. · ô ,JI • D ) , i· l ).. c + i 1 T 1. 1 1u1 1-I eros acco1~p.1.y 1nr.a1 .. 10 e
préfi1ge, .
ltl e n1on:ra d~111s le cours d~un heureu~

ave~111t· Parce qu' ,il cil léj-1, ce qu'il doit de-_
1111 ve1111·. -
* Glorieux RcJettàns de c~tte tige
11, r-- /![r·p
... J.. l. 1 l I - .._ '
D~ où les Lys ont tiré tant de force &
de 1uftrc, (Cour,
O·rne1nen~ nré('i::nx d :- fa no!~ velte 1 •
Donr res ch.~:n1·es naill:ins- croiil~nt de
. ~
. ~
JO Ur ~n J ::>ur.,
.. * Ml·~~u1s les. PLÎ11c~s de Conty Q.
Qgf brûlez comn1e luy de ces heuren~ ,..... fl;.. r..-:-· ~: aines,
Q t~e le Ciel ~iber~1l inf pire aux grandes
}1 tné'S,
E.t qni dés le berceau parragea11t fes
ri~ i""ft~·s r.) .. et .i. "' ..
Pc11etrez <.1c f on coet~r les plus fecrets
· d~~irs.
Dite~,-nons ces tranfports dont l'ar_:
~Y deur i:nccnnuë,
:/ Dicouvr~1nt à- vos yeu~ [011 anle coute ')
.: ... .
:~ i1~1e,
Vous y fit voir cent fois les plus beau~
n1ouvc1ne11s, · ·:
Q2_~ la Gloire .fc-iit naiftre au coeur d··e{
ès An1an~.
In1pétueux defirs d"tlne ardent~ jeuneilè,
Q1! d c~ ans trop tardifs accufez la
patetiè,
~ans ré,reiller r ardeur qui l ,~1nime aux
Cc 1n'.bl1ts~
I""aiH(·z du n1oil1s f orrnet la vlcrueur de,
fon Bras, ~
LOUIS voïJ s !~i{fe en~or dequo,~'
1 ons 1~1 rist~1ireJ
L'
Dc:s Peuples à dompter,des Conque!.. .
tes à fair~ _
De nlille autres Laurier~ pouvant fe
co t11·01111er~,
Par les 1l1a ins de f on Fils il les Vfllt
inoiflônner. ·
Dans le préllè11tin1ent d'une fi douce
attente,
Il retient de f on Bras la force triomphante,
Et content des hoa1neurs qu'il s~aHùre
aujourd"'huj ~
Interro1npt des Exploits qu!'-i~ referve
~ pour luy •
. 0 Toy, de c·e t·ref or heureux dépoli
taire,
.>IDnt11i~fier:1 fais qu\111 jour il égale
fon Per .. ·1 '
Et que fans s~arrefter aux E.xe1nples

a11c1e11s,
Pour les fi1nnonter rous, il in1ite les
fii::· ns.
Fais qnejufqu)àla fin, conduit par ta
prudt·nce~
De tes foins affidus couronnant Ia.
conftanc~ ·
' . .
Les frt~its qu'il nc.us pro1net par tes
1nai11s cu1cîvtlz,
A leur inattltité f oiêt bic11roil a tri vez J
Faflê le. )alte Ciel qn' acl1eva11t to11 .
ouvrag~, .
Dilns les -prct11ier.s ~•l~iis d.o f oi1 j<.:llne
• courage,
.. Tes genereux co11fcils fecondaJ1t li
:.· - Valeur, ·
~· Tu èonduifes f 011 Bras auffi-bien que
f f011 Coeur • .
DU JARRY~
_: j • ~.
~ : ·.
'
0 m1ne le· premier Extr~lordinaire·
r .. • d I 1111 , I"' ?.., . .J onne un 1110-Js a-pres qu 011 a~·
voit prcn:âs., a pû faire croire que la:.
n1efln~· chofe ar:rivcroir dans la ihire,
1 , l Q.11 av2rnt t.111 on a tenu para· e pouI"
Iè fi,cOnd qni a comn1-encé à efi:re _difatri11
1b i1ÇI . d e/s ·J e . 20 .. c_l c Jl u1, ~ 11 .e-tCP. 0- n. 11 t a·
rierl é11argné-püur 1' elnbcllir, & cettX
.qui!.' 01-it- veU: avüüent qu~·- depuis long
temps 011 n~ a n1is d~anffi belles Plan=ches
dans n11 Livr~°" On a fait une
faute da11s r·An:icle des M-od·es. On a.
mis. que les Ho1~111es: s.Jhabilloi ent
d'Et.~n1ine couleur de Prince:; au lien
de dire que la plû·part des doublures
deleursH abits font couleur de p·ri-nce'"
A regard des Ouvrages d"ef prit } Oil
prie qu;) en n!) e11v0ye rien qne de conrt
ta11r po11r le M ~}rcure qu~ pour r'Ex ....
~Iaordinair~. Outre q_ue la diverficé·
PREFACE .
.. plait~, on eilï ·bie11 ai[e qu;til te r1·ouve
place pour tout ce qu' 011 re~oic de
1>on.. Ce 11:9 efl: pas qu'on ne foit obl:i-
-gé à Meilleurs les J?oél:eurs-de!Sedan.
Lêuts l.~ettres qui ion t .dans le d-:-rnier
.Extraordinaire eCc:ant ad111irables , ne
'pouvoie11t efr1e trop longues. Le
Mercure eft · auffi fort redevable à
,c.euxqui n'ayant jatnais rien fair,1nettét
la lnain à la plrn11e roue e}{'.pres P.our
luy ; 1nais on les prie d.e coniÎdercr
-qn~il lt~y faur autre chofe ._l}Ue des
-coups d'etlà. y.. Il va à ans toutes les
·Cours~ & pou·r efrrc bien reçeu, il n~y
f'iaurnit porter des Ouvrr..g~s trop a
·chevez. CeuX qlli veulent hicn [e
.donner la peii1c d·ecrire pour l'Extraordinaire
, peu vent choifir telle n1a ....
tiere qa'i1 leur plaira. Plus elle fera
particulicre ~ plus on la recevra agrea .....
l1lc1nent:. Ils [ont priez de 111cttre
cette n1atiere FOur titre de leurs Ou--
vra~~c:s , CLns con1111encer par des
loiiat)ges ou par des congratulations
il l' Aûtbeur fur le [ucc~s d~ 1011 Li vrc.
..
.,• ,. . :- ..
PREFACE. ~{
Ces loü.anges ne peu Veur qn'inipor__; ~cuner
le Pt;blic quand on y en laiHC ~
une partie, & on" ne les peut retran- ~
cher euticrcn1en t lans qu'il en coufi:e i,;
du te1nps, qui fera beaucoup 1nicux ::
cn1ployé à faire un corps de ces difercntt;"
s Parties, co111111e 011 en fair un
des Nouvelles du 1'.1ois qui co1npof~
nt chaque Mercure. Il y en a eu
tant pour celuy-cy ~qu~ on nl'a pû n1efn1e
les n1ettrc toutes ; & con11ne elles
fOnt préfer~tbles aux Ouvrages qui
peuvent y paroifire en tout reinps _, on
" .... .. r a cru qu~ ceux qiu en ont cnvoye ne
iè fâcheroicnt point d1"attendre. On
a déja dit que tout ce qui clt bon aura
fon rour ~ & 011 n'en avertira point
davantage. Ceux qui fe plaifent à
e::-.:pliquer les E11ign1es en Figures, f 011t
priez de fe fixer i ur un feu! Mot, fans
_c-11 donner pluficurs fi1r la n1efi11e
f: 11igtT1C ; c"' cfl: i1 e rien dire que dire
trop. qn f~ obl~g~ à rhonneftetéde
ceux q1u affranch11lentle J>ort de leurs
I .. cttres , ou q üi les font rendre par
PREFACE.
leurs Ainis. On 11) en aurait jatnais
rien dit, f:1.11S le grand notrihr -~ quJ ot1
en rccoir. Elles font une {01nme co11-
~
fiderable quand le Pert de toutes fe
paye par un feul~ & ce 11>eft: rien pour
~- ~haque particulier •
.\
, ._ f .'1".J" .. '.··
1 ~ .. .-.... -.
\~..- : :.r
·. ~
L
._
"o,3 .
t . ......
, .
TABLE DES MATIERES
conteL1uës en ce Volu111e.
P4nt-Propos, l
~ _..., M"'dYigt1tl d~ ~11tlemoiftlle de
Scodery, .· 2. 6
Àutre .lkladri,gal, 1..7
Sonnet ,le .1.Y.l. l A..6blCot~in, '-9
A11tre Sonnet, ; t
.Air nou..,-ea~/., 3 4-
Noit-Ye l E"'"t1:tblijf'eme11t' de l'Ordr~ lies
Che~11-liers d14 ".lJfl11'.- temps, '7
Enfant porfé l!ing-t.Ji;,t# .11tns par fa
~:J.f.r1, 75
Stdtle~s d Iri;J,fMle1"10Jigede l'!Jl!-
fattt pet-rifté, 'J t
7(.eception faite À 2'iep pe J .J',,~ett:!Nm:
/A~:' uc6=Jlè de C/e-ret•n..l ~fan re ..
. "four 4) A ngletet-re, 9 f
.};fort a~ .1.\f~ .i.kûzrin., 99
.3fort de .lvf. 'E\.__01J/11r-1lt, Il. 1
.Jvfort de M. d/' A pre1!1ont'J l o)
- -
TABLE.
Nort Je M. le .illA-rqui.1 de Cli11ntefne";.·
to+ . ~,
Son· A ltifl 7(_0-yttle Aônne J . .lvf~!Jieul's
les Che)'aliers de· 7Je1J.,f'On (51'-1 ae"
~antoiiillét /,i:P en/ton .tju~ 4~o:it ft'tti:'·
)t;[at!Ame !te· PriNceffe. Je· Moni/.~o,
... \
I·O f. - . -
N. Je Mont'-1êlon-fait· (àm}.1liment J'
:. ~- le 1'remle·r 1,;refi4é.nt ~ ç1,11- nom'
Je tom les À"-tocdts, io·G
, ~eception faite J Ct1ë# J·Bfr114dm~ l.11t·
-~ Grtttnde Vuc!J~ Je: '10ft1Jtntr p.tr~
: .k[.J~§./Rtig11011,:, 108
· r ,
· wÂtr fJO#'Ylt!l.N, i-;7
Ent~le Je .îf.'t'l t»:A.m/;4,;0~t!e11r. l/e Sa-
. ~eye; l ;7·
Suite Je'" Pé(le "M PerroyMet Jè
. Jvfontpelti~r, 1 f +-·
Serpent e,;Jt,.i#orJJn,:1Jre troll'pé ~ss en ..
~iront â11J mefme lie1',. - 15.a
St!l-n~es J Sy!"'fie~ far._lt~ P'cr.1 fi flyeJ
lj8: .
' A .
J.2.'t f no tJ"'f edN-, 16 i,:
7Y.f.4nufadur_e de1 C4no11s tic F,:;r étd-
· l.t!ie d1111~ l~ !fiy_er~{)/6, ·- · ·1~;- ·
...;. e
~ ...
..
' ' TABLE. . .-
t :" - 1L
l:!·
...- .'
t./.!l..,#$nture 1tr~i'Yée att.K:' TtJilerie1, 16' f.;
c> M. dt! Sdliere eJI reçeM Colonel tlr17(:- h_
.: 1 • giment de Soijfons-S: aliere:J 18.0 .;,'
~eception fait-e· 4 .A<,z,J/4111e /,e 'Pritz.. ~
( 1 · cejft ;:/>Epinoy /dr bl~ 7'igot en fa .:~.
Pf4ifan tlé Pi11cor1r, 186 ·:~
" ,JW"o1111111ent d_J .A.mar4nfe, J 9 o ?
.Aio?Jtre 9ui "tja un ,r,n fans e(lre mon- ~.--.
tée, _ l9+ '.·,
•' .
T(eruefte J [ 3 Ame;ur, 199 !~
ï-, Ce9si le(! p4ffè tle"14nt .MQns, 2.o! ~
7Jelle Aélion de M. Je IA .AEote-.lvli~ f~
. cbel, ~o"a :. ~eg4Je do1111é dupte s tiU Fo,-t _d e 14' . ~~
!( uef!_O'j ue, _ . l. 14- ~
Lcttr~ en Prof e (!)'-' en //ers· ,,t bfaJ'.
1-
'1). L~- S. . . 217 t
Jefort de' .M. le Vue d'Onal, . 235 ~
'21e?2edidion de M"adAme l' Abbeffe de· ;
_ Ftttrmontjer foitc 411.V Eeiiillan_t~ ~
2+i f
Le 7(oy no~n~e ftf.le 7JHron de ~irzcy . r
~ .M. "'' ../vftJ11t11!, Lie~tc~1a.ns Gener~
u.;.r ,_ ~4'
Al~ 1:1ou-Ye1111, .tjI
t

••
:A"tttteA!r no1/Ye;l1J:1 · ibid~
~ro,t!s toncl-ant i11 c,#ffe/ion dû.Tef.
tatNent de ..kfad1111u: au 2.l uiJ' ~ . l. j l.
N. le Comte dès .MoteJ prt~~d fo/Jè.Jlio~
,i liS 'l(oche/!e de ~A Cl;itrge de_ Gr;r1nJ
Senefihat~ · _ , · . 26"1(
.l'Yfort de 1\1.(. /e .i;\-[.trefl/i15{ t/~ Gf-d,mGftt:fJ
- L ... • .. - 2.6 z.· . • 1 .... Mort de .LlfL E Jf.rb rir , dé ·1 ~ À·c.1 1dé.7Nie
_ Fr~nçoift> . 1·71
Mort Je _t\;,t. Je LoYm~ ..1Vedeci?1, .i 7 +
J\fort de .M' • .Mdrlin C1iié'-d~ - s* eN~
tach~., .z. 7·5
M14ri11g~ de .J.V. de Lejfè)1ille~ :t83
e,,Â'Pdnture J'11n C11..,alicr faig11ê p.ar
rJne ~ ,:Ué, · · " - 2-8 j
Tont f'e 911i s1ql _pap en Alle"1,s.g11t;
âepuit l' ou"1ertur~ de l~ Cdflpttgne ~
i,5
Exp/i(,,:tion· de 14" premiere- E1J.,.Jg1n~
en r~rs Ju MoU. de Inin~ 3 T:J
Noms de cea.itNi en ont" troN)1e~· leJ«d()/"3 .
3 f8 -·
Bsplic-ttion a~ li flco11.le E_11igmt dt~
meftne aM_qf!:~ i}GO_
-
.,.'.· i ... -
'-•
' .,
, .

f
l
t
T .ABLE •
.. Z,:elils a~!I re11x r;ui ont trOt/:-Yé le MO.f~
.......-.
. ... - 4 '!J i"'f ers noms f onnez.,_ 11us tien~ Enig~
,. me J,

~nigme2
A1Jtr1: Bnitme,
-pi11erfas E .J.:'f llcAtions dOn1.1~ës J lJ E-3
nJgme ef .Eferr:1-tle & d' .Anti!e,
Le ·l~erfent d..,Epid11ure,. En~e,
JJ.-::r.riag3 de M Courtin,
(ènclttjio.11,
t'r~fè du .J!o,,t d~ I(ei Cl" Jll Pont~·
. !~11.;!JONr:,g:, ...
Fin· de la Table,;_
- ... · - r- • J.
. N donnera 1111 V0Iu1ne d'u Met~
·.Jeu rc Gala-11t, le pren1ier · our de
chaque Mois ['lns aucu11 retar 1ne11t~
& un Extraordinaire tous les trois
~fois •. Tous les Volnmes d-e l,année
16 78. à co1n1nencer par celuy· de anvier
, fe donneront à Vingt f o ·s en·_
feuïlles, chez le Sieur Blageart .,. Imrii11eu
r-Lihraire, Ruë S .. Jacques, à
'entrée de la Ruë .d·u Plafl:re ;. & au
Palais à Trente fols reiiez.-en Veau,&,
à Vingt- cinq fols en P·archemin._ ·
Le prt'1nier ~xtraordlnaire fe donnera
aufli au •ne.fine prix dl.1 Mercure:i
quoy qu'îl foit i11arqué à un Efcn ..
Les dix Volun1es de r-A11riée 1677. fe
donnr:ront roûj.ours ait prix ordinaire,,
i;c'('Û à dire vingt fols é'll v·~au ~ &
qui11z~~· en .Parchemin an Palais, & dix
fols ei1 ~eililles chezle Sieu·t Bl.ag~att,
i+:tttttt+ttt:tt?
EztraitdN Pri..,il~e du 7(_oy.
--~Ar Grace· &:: Privilege du Roy, Donné :i
S .. Germain en Laye le ~l-.Decrmbre 1677~
Signé, Pac le Roy en fon Con[cil, JuN~IERliS,
II efi permis à· J. D·(6 Ecuyer, Sieur e e Vizé.ii
de fiîre imprimer par MoiS· un livre intitu16
MER ClJR B GALA NT, prefenté à M0nfei ..
gneur L.E D AUPH1N, & tout· ce qui concerne
Jedit Mercute1 pead~.nt le temps- &. erpace de
ffx années, à çompter du jour qlile cliacun d~fda
V0Jun1es fera a'hevé d~imprin1er pour la prcmicre
fois: Comme auffi d.cfcnfes fo11t fàites
à tous libraires, Itnprimeurs, Graveurs & au.
tres, d'imprimer, graver & debücr ledit Livre
Cans le confenten1ent de l' ExEofant, ny di.en
extraire aucune Piece, ny· P13.ncbes fervant· à
l'ornement·dudit·Livre:) mefme d,,en vendre fe ...
pa.rtmcnt l & de donner à lire ledit Livre, 'le
tout à. peine de !ix rnille livres ,ramende, 8c
confifcation.des Exe1nplaires ccntr.efaits3 ainli
que plus an long ii cft porté audH: Privilegc
R~gifiré fur le Livre de la Cemtnunauté le r ~
JanvJer 1678 .. Signé, H.CounRoT, Syndic.
Et lfdit Sieur D. Ecuyer, Sieur de Vizéj _
~ eedé & tranfporté fon droit de Privilegc fii:
C. })la gear,t, Imprin1eur-Libraire , pour tn ·
joiiir f uivant l'accerd faitentr?eux.
4,he~ê J!imprimer pour /4 premierefijJ_.
Je -;o~ ltJitiet • '7'· ·
::i ! ..... ~ ....
i:- -~ ..... -.. j
>~ ~H • 1
-~r?:,1'}
't·
."/.""î
.. ,,.
.Avi1 pour placer /eJ F igf4ret ~ .! ~-, A Chanf on qui corritnence par~
~/! Amou,-1 craet Amoar., lttiffe· moy
;.~ -Vil'te en· P"i~, doit regarder la page·
1 '4.
:~~ ~ Â
'·~ :t..,-
·~~· La Figure de lJEnfanr porté i6. ans
:i par fa Mere, doit regarder la page
~:f s-2 . - . ..,~.
: :·~ L"' Air qui Con1111e11ce par , Agre"!Jles·
;fr 7(u_i_ffedt1~, (7' "'1t1s fo1nbres Farefls,.
~j~ doit regarder la pJge 137.
)~ L'A ir qui con11nence par, Le Soleil for·
.. ~~ nos champi t?op longtemps ~rre..flé.,
~i ~o_it re~arder la page t6l. ..
·< L Air qu1 c01n1ne11ce par ,. YOM de.
j m4ndez'J Iri1,p,,urzu?i' ie ~oN4 l11ite,
ttl & cclny qui le fuit, doivent regar~
d~r ~a page 25 r.
·~· La Ville de-Rhil1fclde, doit regarder
t la page 31,_
'. La Ville de Sexingen, d'oit regarder la
page 3-44·
· L'E11ig1ne e11 Figure, doit rcga.;:der la
page 37)
• . .
E 1' avouë, ·M~1da111e.'\ -~
~· ~~ Il t. Jll-liff:ci le de l)arler
chofes qt1i plaifènr, & c,efl:
par là qt1e je ne fuis point
fur~)ris de 1' a11pt·obation
parrîc:Jlie~·e que votts donn:.?
z ·all co111n1(ncc111cnt de
ma Lettre du der nier Mois.
JûÎ.lete A ~
Î\ Ir~ n r,~ 'RE 2 1 fi t î:'n J_"r..~ '"~~' ~I
Je la puis recevoir fanS va.- 1
ni té, parce que c' efi la feule :
gra11deur de la n1atiere ~ u i _j
n1e l) attire.. Elle n'a befoin .1
. ;· d ~ au.cun ornement pour ~
a la t1ater1e peut fa1re de ~
peintures éclatantes , & il i'
n~y a p~int . de Panegyri- t
ques étudiez qui faifent îi
concevoir des plus grands r
H(11ï11i.1es~ ce q_ ~e nous pen- ::
fans de nofl:re lnco1npara- :'.
ble Monarque au fimple i
récit de· ce qu,il fait tous les ~;·
jours de [urprenant. Cette )·
n);atiere n'a pas -feule1nen~ t_
~ . '
'
'
~· ..:;.: .,
' ..
·.
1
' ,,
,
G1\LANT.
des. beautez qui ne fe trou_:
• vent point en toute ·autre,
elle eft e.ncore. inépuifable,
& ce font des traits qui ne
fe. peuvent ja1nais qutébau-:
cher. Je v·ous appris la der-
11iere fois ce -qui s'efioit
palfé au Voyage d·e Mr de
Beverning aupres de Sa
Majefté, a.pprenez-en ·aujourd~
l~uy la fuite. Si-tofl
qu'il fut de retour, il rendit
compte aux E·rars de la 1naniere
dont il avoit -efré re~
eu. Tout ce qu1il dit dll.
Roy fut écouté avec une at-
·~ention qui faifoit connoif:
A ij .
. 4. ME F~ <::\/R~ E
tre q u, il n ~en dif oit rieri
qui on n, adn1irafl:. 11 paffa
en peu de 111ors ft1r ce qu'il
a fait da11s 1~1 Guerr , parce
qtte cc f:~--;nt des ch fes qui
font cont1t1ës de toutel1Eu-
..
rope , & venant au particulier,
il'en parla co1nme
d~un Prince qui par les feules~
gt1alirez de G1. Per[Jn11e,
dét~~chées de celle de Con-
-
qt1e1 ant ,_ devoit eflre regarciécon1n1e
le r>lus gr :nd·
Ro~ dL1 t110.nL1e. Il dit llLle
rie r·, n· égal oit !ès 1 u rn i ~· res,
qt1<: la Pe11écration de tàn
efpr"t allait au delà de cout
1
J
1
'
. ~
~ .
·}
1
: ,...
.. ~ ' l Io- .. r_ce qu on sen pouvo1t 1ma-
~. gîner, qu~il efl:oit bon, affa:.
ble~ doux; & ei1fin il le init
.·.au deff us de toute for te de
=~
:;~ 1 ._\;.Joüanges, en Hom11.1e cnar-
'., n1é de fès vertus, e111porté
i. par la \7erité, & qui fe fe11-
~- toit re1111)l)T de ce qu'il dii
· [oit~ Il n'y a rien en cela ~ 4
'. qui fait clifficilc à croire,
puis qL1~ la \Tet1ë de ce
G~and Pri11ce proL1Lrit le
i~ ~-... 1 me n1e ett1'~t l1ans rolïs ceux
~ 1 ., l d l.) qui O·t1t i 11011net1r e ~1p-
P rocl1t~r~ 0 n t1 ~a j 1111ais 1 · ~1-
van rage de 1) cntrete11ir,
qu~on ne découv~re dans. fa
..1 " .A iij
t; · ERC 'RE
Perfonne u·ne grandeur qui :
enfoûten.ant merveilleufe- : ~
ment celle du Trône, fait ·
paroifl:re en 111efn1e temps. :
dahs un degré éminent tout :
ce que l'ho.nllefie Homm~
peut avoir_ de plus. élevé. ,
Mr de Beverning n'en de- :
,.. ' .. roeura pas a ce que le viens·
de vous marquer. Il fit voir
que · le Roy ne pouvoit;
lllanquer de vaincre to.:û-
. '
JO~rs 1 p;.irce qu o.utre cou ...
tes les cl1ofes qui rendent
t1r1 M\->J.1~1rque puiffant, ·il
:1.".,·r~i ~~ t1ne parE-iite con1:1oiff111ce
d.e ce qui f e paffoic
GALANT. ?r
Chez fes Ennemis. Il atf _
joûta qu'il fçavoit non feu- _
lement leurs Affaires generales
, mais n1efine toutes.
celles des Particuliers, jt1fqu'à
leurs interells les plt1~r
cachez. Rien ne pt1t eflre
fufpell dans la boucl1e d,un ..
H~ omm'.e iro u/\1 n1~ s -'a une autre.
Domination , & fur tout
clans celle de Mr de Bever~
ning, dont la probité & la
bonne-foy f(Jnt également:·
connuës. Apres qtte les
Etats eurent eftéinfor111az
de fa N egotiation , ils le-
, 1 -i 1 "\.' re11voyerent aN1n1e_gue,ot1
A iilj .
~ ·

8 f\tl:TI R_ <:V RE
il e1l I)lenii->c)tentiaire. Il y
fit affe1r1bler totts les. AinbJiTa.
deurs des Alliez, leur
parla du Roy de la 111efi11e
1na.nie~e qu'll en a\70it 11arlé
à la H~aye, & leur fit co.nnoifire
· ei1 ft1ite , que les
Etats e.froient réfolus d1 acce1)
ter la Paix aux co11ditions
offertes par Sa 1v1ajei1:é
Tres - Chrefrienne. Plufieurs
fe récrierent .fur le
peu de rc1nps qu'on leur
don11oit pour cl1oifir le
parry qu,ils aveient à 11rendre
; i11ais · 011 doit confi ...
derer qu'outre que le ter--:
....
r. i?.. T ~ N'~
< T ~~ L &.' > ~ • 9 ~~n""' -1 ~ ~ J ~ ..$___
1ne de Gx Se inaines a e fté
de111andé par M de Bevernin
g, le Roy l,accorde à la.·
ttil:e de cent 111ille François
( c' eil: beaucutl l) dire)
& fa11s voir preique de
Troupes oppofees à rant de
forces. Ainfi chaque· jolir
de ces fix Semaines qu'il
veL1t bien f uf11endre [es armes,
11.:ly eil prétieux, & l' 011..
i1eu.t dire qu'en s,en1pefcl1ant
de vaincre , c' eft ·
n1oin.s du temps qu~ii do11 ..
ne, que les'Places qu'il auroit
infaillible1nent prifes
i1cndant ce temps. Il eft
1
...,
..
IO ~~lE R~ CVR E
feul en état de vaincté ~
chacu11. en convient , &
quand nous 1,y vo-y~ns renoncer,
autant de Villes
qu=ïl s1e111pefc1:1e de prendre,.
font at1tant de Vifrolres
q11'il remporte fur cette·
ardeur de glo.ire fi difficiie
à retenir par les Conqué'-
·rans; mais ce n,eft pas d'au-
;:ourd'l1uy que la modél-ation
de- ce Grand Prince
paroifi quand il sJ agit de
donner lcl. Paix. 0 n l'aveu
apres la Barai~le des D .unes,
la Prifè de Dunkerqu.e &
_ttle i1luGeurs autres Places,
\JAL;\NT. II
lors qu·-il eftoit fur le point
de f e rendre maifl:re de tous~
les Païs - Bas, & qu:.il n,a~
voit aucune Puiffance liguée
contre luy ;. on l,a
veu, dis-je, preférer cetcePaix
aux Conqueftes qu'il
po-uvoit faire, pour terminer
un.e Guerre d-e ving~-
cinq annfes. Je ne fçây; ~
Madame:), fi vous vo11s fou~
venez de ce qu'il fit apres k
Ttaité dtts Pyrenées. L'EmJ.
pereur eut befoin de fe_,
cours, illuy envoya auffitoftcles
Troupes fous le comn1ande1nent
de Mr le Dt1c·
.....
12 Î\llEJ R C P.k E,
de la ·FçLiillade quifauva la
Hongrie, & coniërva peuteflre
l'Empire à ce n1efme
E111 pere t1r q t1i s, e fl: declaré
contre nous, lors qt1e nous
t1e fo11gi6s pas à l,atraq11cr.
Jë11nais Monarque n'eut l,a_
n1e G·bie11faif:1nte & ne 111erita
n'lieux le 11on1deGRAND
. que le co11fènre~ent i1niverfel
luy a fait dOUer. Tant
que la Paix des Pyrenées a
a_3 ureI , r·1· ne s,e il atcac he' qu~a'-
faire· du bien, & à. fc>î1tenir
les Puilfa11ces oppri111ées.
Les fréquens Secours qu"'il
a envoye:z en Candie e11 fa~
-- r~~
Gt\LÀA1'lT. 11
~.Veur des Venitiens en font
des preuves i11conteilables.
On (~ait combien cette Pla~
~: ce a refifl:é , & qu' Cl le ne
~ l,auroit pC1 faire fi long~
: te1nps, s)il n) et1fl: pris in te-
~ refr à la défc:ntlre. Il n'a ·pas
-efié 111oins prompt à fecourir
ceux qui ont crû fe i1ouyoir
difpenfèr de s,en fOuve-6
nir, & je 11e d~11te point que
les H ollan<lois ne fe reprocl1cnt
l)in jufiice (lt1;ils 011t
et1ë d'oublier la i11aniere
dont il les afllfia con rre les
forces de l'E·vefq11e de
Munfter. 011 efi: feur djune
..
14 fs/IERC RE
puitTanre proteél:ion quand
-011 cil dans fon Alliancea
Les Ennemis mefines l'avoüent,
& ces paroles qui fe
lifent dans la~ Declara.tion
<lu Roy de Danne1narck,
prefentée à N imégue, le
·font connoiflre.. 1 l ne faut
pas que la fermeté que la
France témoigtze pour fès
vJ.Uie~, triom_phe far la confiance
de ceux que l,interefl
commun a faintement lie'Z. Si
le Roy de Danne1narck fait
le l?~:inegyrique de la fermeté
du Roy pour fes Alliez
, l'Etn p-ercttr de1ncure
Gf\LANT. I)
d ~ accord de fes f orceso
Voicy ce que porte fa Declararion.
Il n'efl pas befai'R
de ra raichir la 1ntmoire d3
papi, pendant qu'il efl fi
manifofte •ux- Con idere'{
qu!I ils ont à faire à un €nne--
my qt'i leur pefanÉ ft fort far
les bras à tous enf èmble, ne
.fiaztroi& eftrt que unefte à
chacun en particulier. Il ne
faut rien davantage P.o-ur
convaincre eternelle111·enc
ceux qui viendront apres
nous du 11aut poi11t de gloi~
re où L.o ü1s LE GRAND a
mis la France_. Ce que je dis
16 . . .~ k. r""' -"~,J R . ~•
ne f~auroit paffer 11our exa·.:
gération, puis que c'efl: de
l~aveu meiine des En11emis
que le Roy efl: plus puiffà.
nt qt1e tous les Conféde- ;
rez en[emble. S'il eil plus
puiffant luy fct1l qu,ils ne
le font tous unis, il pouvait
étendre plus loin iès Con- ,
queftes. S)il en pou·voit
encor faire, ils font i11 j lr1 fle.s
qurnd ils 1e plairrnerir c.le la r:
111aniere dont il e11r offre la ~. ..
Paix. Ce n, eil: point une 1
.
Paix qu'il les force d~accepter.
Il lfur rnar~ue fett- 1
l-ement les condition:, auf•
t
~ ~~ i1i I fi 1;, ~ T -· ~ ~ .~ -r.. . ~~ ~li.~ 17- ~ . -:; ... ,..,.~ I"'t - l'Û j 1 ;_ .,;c'.. -11\ •
f quelles il 11eut confentir
~ dans une ent1ere l1berte de
:: continuer la Guerre, s'ils la . .
~ trouvent pt·e·férable au re--
. pos, d·ont il veut bien les.
faire joüir. 011 ~peut e1i.
ufcr de cette forte,. qt1a11d·
i 011 n> o·ffi·e que des co11.di:_
tio11s avantagc11fes à fes·
En11e1nis, & qu~en t1-1efi.11c
: t~111ps ql1'on fe dép.oliille.
d.e ce qu'on poffcde, on,
do,11ne e1:1cor ce qu' 011 Ce
voit en état de 11re11dreo ..
Mais à ne rie11 dégt1ifcr_, le:;
cl1.ag_rin des All:iç_~ 11_;~ vie i1.t;
.J~iOct. B,
i8. - ERCVR~E
pas des conditions que Ie
R~ov leur offre. Les Hollan- J -
dois dif en.t dans leu.r Let~
tre, - ue· Sa ,fJJ1~jefté TresCbrejlie11ne
met faprincipaltt
gloire J ~onner la . PAix à
l'Europe, &:: c~efl: ce l1àut
clegré d·e gioire qtti rient.
liet1 d'i11jûre aux Alliez., Le
ROy· d·eviet1t l~admirarion
de to11te la Terre par la
Paix qu'il luy a·ccordcJ>.
Voila }JartiCtJ liere1nenr ee
qui les ble:Cfe. Ils fe font
une honte de re.-nir de ce
Grand M·o11arque ce qt1)il~r1e
peuvent avoir ai1treGP3-
LJA~4T~· I9':~
rnent. Ils v·ou.droient qu, on·
leur accord~âtmoi11s,& pou-.
voir rraiterd c la Paix; fans
que ce fL1fr le Roy qui en fi.fi:
les conditions. C:. efr · u11 ...
avantage qu~ aucu11 Souve--
• , .. .. 'il! .. ra1n na Jam·a1s eu, mais puis
qu'il l~ ache te par une n10-
d.érarion inconnt1ë juf- qu ,.r. cy aux c. onqueI rans ,- i• 1
eil: bien. jufre ue cette
gloire luy fàit re ervée_, &
ique -ro11 tes fes aérions [oien-t
Il1arqt1ées de ce caraétere
d.e, gran d~ur qt1i lce diilingt1e
fi fore des plus grands·~.
om.mes del' Antiqt1ité. :l:f-
B ij.
20 iVlE, F~ (~VR E
a vai11ct1 fes En-ne1niS· de.
tot1tes 111aniercs. A- 111eft1re· •
qtte le no1nbre en a augn1enré,
il a étendu fes Co11-
q11eLl:es , & il a coûjours.
paru. qt1'ils ne fe liguoicnt
que pour faire n1ieux écla-ter
fa gloire. Il donne la.
Paix a1)res avoir trio1npl1é.
Il don11e la I)aix eftanr aC..
furé de trio111 i1l1cr de no11-
veau; & la rap.i<lité d.e fes
Viétoires_11'a fair qt1e ti·opvoir
qL1~U11 Ennen1y de plus
n' auroit pas e!lé cap~ible de
les .arrcfter. Ainft les Places_
qu~il ve-ut bien rendre .
~ ~ ~ f\ ~~T ·n ~J }'\_l:m hl ~ . 21
1;~· ne couroient aucun péril
1 cl,eftre rep·rifes,& il les offre
~;; dans t111 ter11ps où il eil le
~ i1lus en état de les gardere.
\~~Les Holla11dois qui ne
t~i 1nanquent ny d1efprit ny
1;J de conduire,. 011t bien re -
c.011nu ces veritez. Ils ont :" - J
, vett l 'A11gleterre iùr le
: poi11 t de f e déclarer ; mais
apres fonArme111ent, ayant
veu prend-rc Gand & Ypres,.
& nos Trou }Jes plus no.in-=
bteufes que ja111ais , ils ont.
jugé q t1e ce fi1rcroift de
forces, quoy que favora.ble
au~ Alliez, ne pouvoit que
,
,,~ . ,. ~ R k'2 - ~ . ..il
-donner auRoy de 11ou velles
ma.tieres de Triomphe~,
c) eft ce q·ui leu·r a fait préf
e rer une Paix ava.nrageufe
©fferte fi genéreu·fem·ent,
~ux fuites d1un.e Guerre qui
~ pouvoir avoir de tres-flt11_
e1les pottr eux , puis
qu' apres 1., An,gleterre dé~
clarée, l'Europe n) ayant.
plus d'Ennemis qu'elle puft
a-djoû.ter à leur .P·arry ,. ils
voyaient à craindre qt1e le
Roy n·e les fi{l:· repentir de
n 1 avoir pa·s acce·pré· fes
cffres. J c m' ~trre1le , Ma~
dame,. Cali lnalgré' tout le·
(_~Iril'\ LAN' T-~" · Zî~
plaiGr que je fens· à volis.
entretenir ·de · ·~-ce Grand
Mo11arq_ue,.1nes exprel-Uons:
fo11t trop foibles pour la:,
dignité: de la m . atiere. La
flaterie & les fàux raifonne=- •
mens ont part affez ordinairemen
·t aux loüanges
qu,·On donne aux p·rinces;.
mais je ne vous a:y rien dit
du Roy qui ne f0ir, ou tiré:
cle cl1o·fes d'e fait , ou confir1né
par les D·eclarations·d:
es En·n·em-is m·efines. Je
vo·us éeris felon la difpo!i~
tioL:1 où no1..Is ·voyons les;
Affaires. ~ans- le temps q~e:-
-
2 4 11 2't.1f t .J-l...f. tJH R. rl.,. i. .!l' lRT..5J-.....-J
j.e co111111e11ce 1na Lettre,.
c' ell: à dire da11s les pre- .
_ 1niers jours de ce Mois. S,il
y arrive ·du cl1a11ge11-1-ent
par les dif ére11s i11 terefi:s
que peuvent avoir les Alliez,
co1n1ne je n' acl1e\"eray
de vous ·écrire que qua11~
le Mois fi11ira, j·e ,rous 1narqucray
les cl1ofes co.m1ne
elles feront ei1 ce te1nps-là;,
111ais ce cl-iangen1·ent , s}il
arrivait , n) c111pefcl1.eroit
pas qu'elles n~ euiferit efié.
telles qLte j-e vous les dis à.
prefe11r. Cependa11t je ne
clou-te point q.ue je n~aye
e11co1· JI
~~ AL t.~ 1\ !T {~J:n ~~1 ~ :L • 2)
encor à vous entretenir de
la Paix. Vous avez eu raif
on d-' aprouver le U?-train
qui finie 11,a dernie re Lettre.
Je vous l'ay envoyé
co1n11 .. 1e je l'avois co11fuiement
entendu, 1nais j'ay
fçeu depuis que c~eiloit la
fin d'un Madrigal de Ma.~
de111oifelle de S cuder y. Je
vous l' envoye aujourd~l1uy
entier, tot1t ce qt1i vient de
fiette illuftre Pcrf onne c:.f-tant
trop confidérable pour~
en rien perdre-.
Juillet. c
·~,
SUR LA _PAIX .
..
A mais o;n n' tlVoit tdntvantJ
Ny Campt1gne d1 Hyver,11y
Cfl·mp:.lgne a' Ejlé, ..
Q/1.tj,dLoürs revenoit faivy
de La Vif/ .ire.
O!f c/lc eJi cett-e nou·ve'/le gloire!
Sr~r ftJ propres Ex1,Joits a t-il p-M
fencherir,
.A.tir.es tdht cle .fi1,ccés for la T_err.1
o~ (ur l'onde?
Otty 1 car dt?nncr ta. Paix â#
/11onde,
c" rft plaJ que de le tonqt1crir.
Les belles cl1ofes ne
vie11ne11-t j~mais trop tard~
G.ALANT .. 27
. uoyqu'il y ait déja _plt1,.s de ·
quatre 111oi.s que 1a .pri{e d~
~t..-.:. ;an d &-d'Y pres a ter1n1.. ne'
laCa111pagne de Sa Majeilé>
vou.s ne ièrez pas fa.cl1ée de.
voir les Vers qui fuivc.nr •
. SUR LA CA.?\1PAGNE
ou Rov~
Faite avant le Pri11te111ps.
M À D1t 1 GAL.
y 0111 rcvencz.Pien tdrdl
~J O.>faaux , danJ ,e
~~ Rnc(1g,e,
" Loü1s a déjafoit da,
rt_lor;eux B.xpltJits~
\.: 12:!,t -11t 1JtJUJ 'f11e !lie~ vor's po11,r d.;,·
'fJoir ,, avilntttgc · ~
. -..
-.
28 Î\'lE R C~VR E
·n c meP er à nos c IJ~1nts vojlrc chdr.
mantcvoix1
En t 'honneur du plus grdnd des
Roil!
Autr.efois !t Printe1np;, & vons,
& lit Vi[ioire, .
Vot1s paroi(lieztous d la fois;
Maintenant Lo lits a la gloire
De ran~er en to·ttt tc;nps laVifloire
à fas Loix.
....
Ce Madrigal e.ll d.e Ma_:
de111oifelle .de la Cl1arce,
Fille de .fet1 Mr le Marquis
de la Cl1arce de Daupl1iné,
de l'lllufl:re Maifon de la
Tour d, Attvergne, & dig11e
Soeur du brave & fpiritL1el
Co1nte de la . Cl1ar.ce q-μi
.)~ ~ L. ~ ~1,,_,.f •
{JA f\1~~ ~ · 29
mourut dans nos premiêres
Campag11es contre les Hollan
dois,
.
g~:g~~~~~g~~l%g~~~
SUR LA PAIX OFER TE
' par le Roy aux Hoilandois.
•f
SONNET .
.
,M & la foudre à La 1>1dl11)
.-.......-.rf...,.. ..... ~ Lo i:i 1 s LE G RA-~N n ptt-
Qt:"&:- roiji au milieu d'une .
' Armee -
Fatale au." Ennemis, à vain.etc
acco~Jlt1mée, ·
A qui tout l 'Vnivcrs J, oppoflroit
.. en vazn.
~~·
]{os plttJ v,1illansGuerriers fi1li1e1it
leur Souverdi11,~ J
~ur /fin e xcmptefiul. teur cqnJaitfi J~ ~t
cj f 1Jrmée, ·
.A. -chaque pdJ qu .. il fait la F J;:ndrt
efl allarmée.,
ToU.(trcmPle ftlr 11 ~fca~t,for i.t ~
Meu fa & te Rhzn, ;~ . g~ .:
'Miracle àe r aieur ! m;tÏ4 J 6 bont~
pluJ grande!
LoiiIS ;alni.e l'orage, & fauve !ta ·
HoL<1ndc •
1)" un de/tige de mau.'t. qui t '1.-1Ut1ienl
inonder.
. ~g
f2.!!..ttnd t• orguei t des Titar~ to1nba
.fous le Tonnerre,
Ainfi'le Roy des Die•~" fit gloire·
d'accorder
Le reto11r de la P ai~ dN .. '( -6eJ!6inJ
de.la Terre:
~~· ~J~~

~ ·Il T ~ 11i. ll-Y'f u·rti.~1r1.1~ij • jI
Mr l~Abbé Corin-a· fait
ce Sonnet. Il fLtt tres·:. bien
re~eu du Roy, quand. il eut
l,l1onneur de le prefenter.
Je ne vous·dis point, Mada1ne,
que M.r Coti11 a fait
quantité de beaux Ouvtages:,
co·mn1e 1.-)f »;n1a·rta , t.. te,
1.ie /'Ame 1 le Recïteil des
Enig1nes ;J les Lett'res Ga-·
Jàntts dHX J)itn2es dt la l~ot1r,
la PtifJIJrale Sac1"ée;, ou le
c_~ntiq~e _des ·Ca12t_iques, que
les Heb·reux ne lifoien t qu'à
q·uaran te an,s, à cau{è.~. de
f.on ftile tnal~ entend11 par
les . fenfuels du mondè.; je
c iiij
.
12 ~IIE,RCVRE
vo~1s dis plus que tot1t cela;
en vott:) diià.11t qu,il eft de
l'~lluft:re Corps de l' Acadé-
- n1ie FraJ1çoi!e~
Vc)icy t111 Sonnet de Mt
Perry d.e S. uentin, ft1r la
Remi[e que Sa Majefré a
fai~e à fo11 Peuple fur les
Tailles.
E~~~~~~g~~~gg~g~
AU ROY.
~';~~-.. ~V travailles fans c~{fè , .. · !JI · ·~ dA'. repos de· l.ci }"'rance,
~!T Gr~1nd R ry , fait d afl5
,.«:· ,:·\:: ,._ I t.FJZ .l tJUVre) tJ i1 fait "'"
,-;;.;;; r.llë a~, ivt ùfJ;
.
GAl~ljiNT. 3~
Et Rome qui par tout étendait fa
puijfancc,
Dcvoit moins d~ bonheur au pr~-
mierdes Ccfars • .
~~
f.2.!!.1nd leJ Peu;les foûmis admirent
ta ciemencC,
:Et qu· on voit ta grandeur briUer de
tout es parts,
Tu nous rc1nets tes droits, tN notts
rends ta preftncc,.
Et ton Ejlat re./Jent _t• effet ic tes
regards~
~~
J l efl vray qu' ~ 'Ros coeurs ta gloire
efl toltjours chere;
Mai4 élU./Jî nous montrant la tcn-·
dreffi d·ut' Perc,
Pou.rio is ... tu rizi eux payer noflr.e fi--
del1 té? ·
-~4 1 .EjRC P~E
' g~ ' ~ . .,
Nan, Grdnd R~, cet exemple· efl
trop doux à la terre,
P 011r luy donner tes;- L.oi.x il ne fafll
1· plus tic· Guerr~,
C' efo ,~ffez defa1mai4 de 1a faul:
bonté.
Les Paroles de la C:l1an~
fOn que vouS allez voir, font
du sOlitaire de Pontoiiè, &
l~ Air,. cl'~ Ivi r de Montigny.
du !-Ia vrei) ~
,-AIR 1'J·o UVF:A.U .
.J.~Mout4, cruél A;nour, taijfe~mry ·
vivre en pai..te,
Jmour ne trorihle pl11s les /;e11u .. ~
jl,'ars de ma vie • .
-t·-t·-·::?5.·--j)- ~-f· ~- -~--P1----~-1·t:·t:~tl'-~j-1~---I, 1 ·f-.-'.:1-:::i~-·r~-~·1·--,
®:Q::~ :=o::.t:7·-:::i:1==t:::t:l: ~~=J::::! ::j~-~]t:~-:'.:=:~:11-: 47:::i;-. \-:-1:li-~:J~~~ i;::h: _~-~ }-i=·f:::_:::-1:-J::!:.ti:Il::t~- ::g -j -e--.t- 1 ___ :t _ :] ·-++J' .. , ____ 1i_"] _j_j __ L:_J,!._'_ --i-:J-+--1· --
~---- - - A•• - ... ; - - ,- ··-, -- 1---
moy, vivre en paix, Je renonce anx lan-gueurs, A la melan. co- lie, La rendoelfc elt une folie; L'indi!fe-
~-t\Jt__~ ~-j·--1-- 1·-1--~ --~-.-i--it-1--1----=4=~-1·--?-+--:--1 ---.~ i m..... . ...., ~±- - - ---1 ----· ·-·j-- --- ·-------- ----1-----.-""·-·-----r-::ttq:--.,.·-----;---·j·- - ·- -1- --.,;-
~~~= :-=:--::1:::::~=: ==)=--:=~-~~=_,:~---· =~-2.=-----J~-~-i~.±~:1:::t:,~Li.:~:=· =-ti= ~-=
-:{--- ~--.-- -:::i·--1---:J'-"l'l- --{-·----_-k,._ -·-·:}'2-:J'!":Ji:I_ -. ..1-.=c-_ ·ti.- _ ~-'---t-::i·-·f;·'.-_ F.'\--1---·---
ii:j-:~t~~==:j:= :-;1::~::~!~:1··::{l:::E::j=.v.j:::~:~:.f'.:-t-=-=~---1d_J-1·!t::ij31:~ ::J: -~ -J:~:d=~:~-:: ====::::== - -i ""' -J 1 -S.- v1 --- ·-- J._ ·--h-.JJ __ L_------d~-~ -~~-·--- - -1---.........---· ·- - -- - l/Î;t _!... - -l -----. ~-·-""""__,,_---~·_,,......_. ,1-,-
. rence feule a pour moy des attraits; Amour, cruel An1our, lailre-inoy, laif-_ fc-moy vivre en paix. pa.ix.
§~~~:t1:::-t::t=-~-~-i --1--..=.:.'.:...:t.--.: :i:::.:::~:: - -~~--=\·*t~--~ -~- -j=--1:~=1::~.::~ ==--_-_..,.....= ' .l---.- Î::t=1'= =:_J::.~1::.= =-+= ==:t:_ +-7-.-~t--,--~-.-!-.·- i--~ . -~1 ·- -- -------~------- --;J-==·3l-· ·-_-il.= 1--·------------- ' ..::...;_;;._..,____ --.. ~-- - 1 __ L\_
- 1 -i- ...... . -.-i""""' • -~- ""il'li:m'O!llf - . - - . - ---v-
- ,.,. ~"" ~/
DE ~10NTIGN}'. .,
~~ ·.• i'J.
;J~
~-1
;_•J .. ~4
fo Ne me pû 1le pi~us d) Vran.ie'.,.
~;j Je L~abt1ndonne pour j(lmdi41 _
.'~) _.tmqur,. crUet Amour, iazflè-moy ... ,.
i/~ vivre en paix •
.': .· 1e renonce aux langueurs, à lit me-
;:~· /ancolie,
· · Lti tendreffe ejl une folie.,.. ·
\:·~ '.L 'ind~fërencè (cule.a pour moy-~ diJ -
. ..
-~~ attraits 1
'.i Amour, crueJ .. :Amo11ir ,. laij]ê .. moy ·
t~ vivre en paixr. _
. , .. - . . . . ' (
\"1
~ Il y a plUfièurs Ordï·es ·
~ de Cl1.evalerie en France ~·J
;.- ils vous font connus,. mais
t '. 1 J •
~~ Je aoute que vous a ye.z Ja-
I 1nais entendu parler de ce=-
'. lù.y dont ce q11i fuit vous va-..
~ ap11rcndre -l'I11Il:itution. ~l:. :
-. .
~
36 1\. jÎE D r1~v7n -E 1 'V I ~ 1~ \. .... ,1 K .. J
les Statuts. Tout y efr ga~
lant, & vous conviendrez
·qu .. il11'y avait que des Perf011nes
de t1aliré capables
de renfermer la joye dans
<les bornes at1OE honneiles
que celles que vous allez
tro11ver. Cette Galanterie
cft de la Nobleifc d.e
~l1ampagne. ·
+ ·
Gf\I~r\l~T. 37
g~ . ·: i~~~~~~g~gg~
L'ORDRE DES
~:; Ii: EV J\INJ I E R::i
DO BON-TEMPS,
Etably à P.le :zz.de Fcvrie,t,j/Jur
d'lt M ardy gr.u de J" année I 6 7 d'.
& nais fous la proteftlon de CttJ
pidon & de Bacchus , D ivinite'
de l•Ordre. ..
1) A R ~1 ES S I E U R S
Le Co1nre Dar-. fonEmi-
11entiOEme Grand-J\1aiflre.
Le Vicon1te DL1p. fan
Grand Se11efcl1al.
De V. fon :Grand Cam~
mandeur.
·Le Con1te ·ne( fon
·Gra11d Marefèhal .
. Le Baron d~E. fon:Gra:nd
Admira.le
l~eGr. fo11 Grand·Cl1a.nce
lier~
De. -Grand-Croix.c ~ De M. ·secret.aire de fon
c0mn1t1n Trefo~ . .
De G. iOn Vice-Cl1a11-
celier.
Du. f on-Hiiloriograplre~·
D~O. de Me Grand Prieur
de (on 1'1e1~1ple. 1
\~_,~! r·~· tAJ r·~ l ~i . 3.9-·
Jnrvoration à 11 Amour fi ~
Bacclit!S, DilV.inite1Z de
J'ordreo
f
-C' efi avec tranfport~
DieuxTutelaires de nofire
Or.dre, qui on vous reclame
i.c "v ·,. ''cnez échauOEer nos .. . ./ .. . ..
i1nag1nat1ons,& reJOu1r nos
ef prlrs par les ento11fiafinc-s
do11t vo1Js avez accoufl:umé
de €1-vorifer ceu·x qui vo11s
l1onoren,t. No-us, Cl1evaliers
cy-de1fot1s llOlnn1ez,
re.connoiiT011s que voL1s
n'efles IJas t11oit1s neccffJ.ires
àla vie, c1ue les Ele1nen-s
...... .
\, ~
...
40 iv1EJ F~ CVR E
qui l'entretiennent, & .,que ,
''ous fçavei mefine tempe- .
rer les combats que nous ~
livrent ceux dont nous f0 1n- ,f
mes co1npofez. Oüy, petit~
Cupidon, airnable Enfant,
nous ferions tous terreftres,
fi vaftre feu ne nous fubti- r .. , :
lifoit; mais auffi le. trop 1
grand feu de 1, Amour pottroit
nous a barre, fi nous n'avions
recol1rs à. ~otts, divin
Baccht1s, pour conferver
nos forces par la co1n1nu11icatio11
de cette inco1nparable
liqueur qui nous releve
& nous ai1ime à de. 1iouvel~
. -~
GJr\I~A}4T. . 41-·
·les enrrcprifes~. Permettez_:-
, donc que nous- n.ous uniffions
toûjours, & que dans
tous les l1on1111.·ages qui
vous feront rendus,- il y ait
une fi grandeé·galité, que
nous ne donnions ja111ais.
plus à Baccl1us qu,à 1,A-
: lTiour, n y 111 us à. \,A 1nour,
, que nous donnerons à Bac ...
chtlS11.
R egles des · chevaliers de
l' Ordre du B-on-temps.
I. Les Chevaliers f e-r.on t
fi étroite1nenrunis d·'amicié
enrr'eux,. qu'ils e111ploye-:
Juillet. D
.1... ·4 2 -En Cl' ,-r) ~·"· . wJ 1~~ u~~ V f~ _t!, ~
ront · dans . l' occafi.on leurs.;~
leurs biens, & toutçe qurils ~·~
ont de pl-us cl1er au mo~de1 (~-.
p-o~r le fervice d~. leurs~;.:
II.. Les Che,1al1ers- · ne t· .. .. ·.:
fo~ffriro11t point qu >on!;~
p.arle. 111a.l de quelqu,un de'.·
leurs Confi·eres ·en .fon ab- i·
f9rten1en t [on _party contre ..
tous ceux q11i o{èr·ont l,atta~
quer.
III~.I. Si q11elque Cheva~
lier de l'Ordre reçoit. une·
inful.te, & fe trouve. emba~
. . ~ -I-~ ft. .- 'Jti. ~ t.,.~~· . G; J-~ Ml~ ;; 4? ..,,;:., .1. . ~ ...-! ~ :i.. - 1.. • . j
ra.Jfe dans~ quelque affaire,
cous les Cl1evaliers en fc~
ro11 t la le·ur · i1ro pre , -&
iè {1éèlia.L1er_on:t l1aute111ent
p_o11r lLI ;1 .. . .
IV. LesClievallers feront
oblio-ez en· tot1 te· occafion 0 .
d'l1onorer·· les Da1ne·s' de
défendre let1rs interefl-s, &
de· leur mar.quer leur zele·
par toure fortes de· fervîces.
V. Les Cl1evaliers ap-oftropl1ero11
t ·à chaque rep;i_S
Cu t)idon & · Baccl1us , les
d,et1x Divi11itez 'de let1r
Ordre ' & ils le· fe~rcnt eri ... ce.s. re . r1nes.
' l). i j. -
44 tliERCVRE
Sttns un peu de Pin danJ le verre,
SanJ ttn peu d'amour danJ Je coettr"
f2!!._~ peut .. on faire far /4 terre,
R:!_e p~1ffer fa vie en languc_Nr l
VI. S'il arrive que dans
la converfation les Cl1evaliers
fc fc11te11r avoir leur
petit quart - d'heure de re·f_
vetie~ ils fe retireront à l 1é-
·-.. · ·carr pour le paifer, afin que
leurs Confreres n,e11 fouffrent
11oinr, & q11e rien ne
di111inuë leur g.a\1--eté~ · ., J
VII. Les Cl-ievaliers fe
régaleront une fois à let1r
• tour 00~11~ e11rrcte111L' corn-.. .1
111crce, & pour co11ferer e11-
t""" ~ ~ !'.:_ N ~~\ L,r~~ . 4)
fe111ble de leurs affaires_, &
des tleffeins de plaifir qu'ils __
T ~ auront i111al_~1nez.
VIII. Dans les Repas qui
fe do11neront ,· les Cl1evaliers
ne f e contenteront pas
de prefenter du Vin de leur
crû, 1nais ils feront obligez
d ~en cli.ercl1.er du meilleur,,
qu~ils feront acco1npagner
lles Liqlteurs les plus exquifes
& les plt1s liélicares
qui fe boiront: dans la {ài{
On; & fi c' eil: l'Eflé. on a1t-
~
ra foin qt1e la Glace & leS
Melo11s s,y trouvent en al)
ondance.
4 6 ~ 1i_\V # l.Î.f-..r.w{ R \t..._.~Al 1\/.Ri i ... E~,
IX. Les Cl1evaliers at1 ..
ront à table une lTonnefie
liberté .. de boire & d.e 1na11-
. g·er, cl1a11tant ·& riant fans
co11rrainte, &- f:1ifant .écJa ...
ter la joye. à, qtti · n1ieux
miet1x. Co1n111e let1r In~friturio11
les rend parri!àns de
Cupidon & de B-acclius, ils
at1ro11r- dans leurs Repas la
M t1fi,que & le Concert .des
Infl:rur11ens q·ui ferviront l
di,1er.tir les Dan1es :, q1t' on
·ne prétend point ,qui [oie,nt
P.annies .. de la- Societé. d.e
~ 1,0rdre4
X .. . Les Cl1evaliers · fc~
i ~~ J,.,, ~ L i,~. \ ~{ t ."Jt ,..1,.$ ~· 47 ·- ..,_ ~ ~ .L. ~ ... .L ~ 4. • "t-.• ·.- ~ .. ~~ ~ 1 .J:'. ~~ .
ront obligez- cle · donner -
-quelciuefois dës Feiles-·a11x:
Da11ies, &· d, àcco1npagn-er
pre{que toûjours leurs Ca-deaux,-
de. Violons pour
joiier de temps en· ten1p"S
pe11dant le Re11as & pour
lës · faire. dan.fer a pres la
Collation. ·
XI. Il y aura un jOt1r
nlarqué pour cele brcr to11s
lès an.s la Fefie. Les C.11cvaliers
fe.ront des Cl1c,ra~
lieres dans ce jot1r, à la maniere
des Valentins &·des
PttlentineJ de Lorainejl Le.
fort déCidera de la deftinée~- _ ...
48 I EF~C-· REJ
des unes & des autres pat
le plus jeune d~s Chevaliers
qui mettra da11s t1ne
Bo·ëte les Noms des Offi- · ..
ciers & des Cl1evaliers de:
l,Ordre. Les Dames auro11t
la bonté d'en tirer un les
unes apres les autres, &
cli.aque C l1evalier fera o b li ..
gé de fervir la Dan1e que le
fort lt1y aura donnée, à laq
t1elle il rendra inille petits
foins galans, fans que perfonne
y puiîfe trouver à red.
ire. Si par l1azard, une
Dame tirait fon Parent, il
luy fera l")ermis de cl1a11gcr
( _
fous
_ u~~AL AtN\1~~1~. 41 49
fous le bon plaifir·du Cl1evalier,
avec une au trc qui
auroit eu la me fine fortune>
pot1r en efl:re plus galamment
fervie; ce qui ne fe
poura faire qu~une fois, &.
avec tin feulelllent.
Xll. Les Cli.evaliers s" s.C:-
·fen1bleront tous les ans,
le Mard y gras, chez .l'E1ni~
ne11tiffime Gra11d-Maillre,.
pour celébrer la Fefie de.
l~Inl1itution de l'ôrdre qui
arrive ce jour-là. Le len- -
de1nain inatin, comme il
fera je11f ne, on tiendra Cl1apitre
avant le Difner, pou1~
Juillet. - E
,_.
tS · ~î) ~~1!n ~ Q :a.. ~~,.,.J ~ \.,...~I :v l~ 't!t
voir fi les Officiers & JeS •. '
Chevaliers auront bien fait - ...
les . cJ1ofes pe.ndant le Car ..
naval, ~ s'il n'y a eu rie.n
~ d~ir_e à .leur n1aniere de
traiter avec le beau Sexe.; .. ~
e11 cas que 1, on s~.~11·plaigi1e,
ils :f çron t .ç_ondarnnez de ..
farisfaire la Dame fur tout '
ce q11' elle defirera , & de
donner quelque fuplé111cn~
pendant le Carefme, c~eil
à diïe , ul)e b;onn.e .Colla~
t.ion l)OUr les -mettre à CQU~
vert du reprocl1e. En f u.ire
011 déliberer;l fut· les moyé$
de pa.1Ter doucçment le Ca.:
G~\Lf\~~T. ,1
·ref me, & d'écouler .fans ennu
y ce cem-ps 'de ra.bajoye,
& apres le D·ifi1er chacun
ttte11 retourne.ra cl1-ez luy .
. XIII. Les Cl1eval-iers rett- .
dro11t dans leurs A-ffemblées.
tous les honneurs &
les déf ere,t=îces p0rtibles à
1 ~ E-i11i11c11 tif1i1ne Grandlvia,
ifèrç, lailfant toûjours à
table deux ou trois places
entre luy & e.uxe Les Chevaliers
ne s ·y n1e,i.tront
~point, que les Officie~s ne
foien-t placez, & leur rcndron
t aufli ·en toutes forte.s
d · occafions l, l1onnefl:et6
...
E ij
.
1
1
1
52 1 tE ·F~ <:!VRE
qu'ils l~t1r doivent~
XIV~ Lc~Cl1evaliers n1 ad~
111ettront dans leur Ordre
que de·s Ge11cilsl10111mes ot1
autres Perfonnes vivant no ..
b1e1nent. ·
X\l .. Les Chevaliers_ qui
vot1dront eftre reçeus da11s
1 , 0 rdre , s ~ adreiferon t à
l) Eininentiffi1ne GrandMaifire,
lequel fera une
inforination de leur vie &
nloeurs ; fçavoir, s>ils ont
toutes les qualite~ neCeff~
ires ; co1n1ne s 1 ils .font
braves, difcrets, libérat1x,
l1onncfles, galans, fi1iri~·
!!!--
~~""°; 1::;, î fi. 1;, ~ ,.,-.r
{J r,~~~~1-&i~ l . )i
tucls ·'·· ai1nant la ~ ba.n11e
chere, fans eflre goinfres;
& ces qualitez fe rencontrant
en la perfonne du
Pofi_ulant, la reception s, en
fera à lès defpens le . plus
honorable1ne11t qu ~il fera
poflible , & ~out le Cl1a_~
pitre s'affe111blera dans fa
Maifot1. pour ce fujet.
XVI. Les Chevaliers fe ...
ront indif penfab1ement o~
b ligez d'écrire aux DatTies,.
& de leur ei1voyer des.Billets
doux quand ils ne pouront
les aller voir en per--f
onne. Ils auront at1f!1 le
E iij
5-4 tE·~~C · RE
.foin d, entretenir parmy
eux ·un petit conïn1e_rce de
Lettres, fur l~envelope def~
quelles ils mettront Bvnttmps,
afin que cette Ler~
tre foit la- premicre leuë,
pour partager, plUtofl: la
joye 011 le chagrin, du Con~
frere, & faire iàns retarde_
rnent ce qu)i1' po11rroit: e.xi~
·ger des Cl1evaliers. ~
.- XV-II. Q_1and qu@lqu,~n
des. Officiers~ de_l:o rdre, ou
de.s .Chevaliers, fe· 1nariëra,
on_ envoycra-- com·pli111enter
· fa nouvelle Epou[e 1-,ar
u.n. A111baffadeut ; _{i c~ cfl:
G-.A·. LP i'li· N' ' ·T . )5"
Un Offi.zier, & fi c'eft_ un
Chevalier, pa·r t1n Envoyé
extraotdinai~re ;-& le nou~
- :-r • /' veau Ma.rie pour reaonnoiftre
la civilité d·e !Vief:
G.eurs de l'Ordre,-les· priër~.l
tous de lu.y fai1~e l'l1onn.eurt
de ve11ir cl1ez lUy· pren·drc
le plus 1nagnifique Repas
qu,il. po~trra donner, c_on1-
m~e- aufli d'itflift~r au Bap-·
tefrrre de fon l'remit1~ .. Enfân-
t· fous- les 1nefi.11es condition
·s.
X\1111. uand il fi.1rvie11d
dr3'\quclque div.ifion parmy
les-Cl1evaliers-) 1' E l11in en tif:..
_ E iiij ..
'
·-~~. .
_.. ..
~ ..
~6 ~1vrE Rr1\.lRN .i . ~ ~ ~ .. .v .. ·,t 1! ~..J
fi1ne Grand-Maiftre dépu;
teta des Officiers de l'or~ !" ·- i;..,
ère pour ter1niner leurs di ... ,'.
férens; & fi quelqu,un re- ·:
fufoit l 'acco1n1nodement,
11 le privera de porter la
~,fédaille pendant tout le .·-
temps qu}il jugera à pro- ,}
pos. _ .
XIX. uand il furvîen~
dra quelques affaires dans
.l'O rdre, le Secretaire du
cotTI.ni_un Tréfor fera · obligé
d'en écrire au Cha11celier,
pour en co1111nuniquer
à l 'Eininentiflime Granà~
~
Maiftre~
~~ ~ ~~'~~ I ~r<.~ ~~ ~.. T '7 '":-.... ~ ~ 5.... .>J.J ~ 3. .i. 'Io • J
XX. Les Officiers de
}'Ordre port,eront un large
Ruba.p j'1-une, à la i11aniere
des Chevaliers. du S. Efprit,
au bout du·qt1el pe11dra la
1v1édaille de 1) Ordre, où
feront gravez deux petits
Dieux, dont l't1n reprefentera
le Dieu de l' A t11our,
& l, autre le Dieu Bacchus . .
L'un&l'at1tre aura les mar--
qLtes de fa Divinité pour
or11ement, c" efi à dire, Cu-
- i1idon, une Couronne ·de
M yrtli.e, fon Carqt1ois, fon
Arc, & fes Fléches ; & BaC~
cl1us, une Couroμne & une
58 i11l-E R c:Vll E
Ceinture dlr Painpr~, a;vec:
une Bouteille a la· main.
Ils s, embrafferont pour·
marque· ,.le· leur étroite
union, avec cette Devife
gravée a11tour · de ia_ Mé~
daillc en· maniere de Car ...
toucl1e',. Nott1 unij(on.r l~s
Plaijirs, & au de!fus à-la.
Banderolle, Bon.-temps.
XXI~ Ces mefines 0 ffi_
ciers porteront let1r Méd,
aille dror' a la diférence
des Chevaliers, q~i ne l' at1~
ront que d-'arge11t ;· a\rec
défenfes ~e - paroifi:re· da11s
les.A1Tem.blées de l'Or~ltc;
..
u~- nJ\_ .L. .~ T nA N~ T" :l_ • )9
·ou ch.ez- un~ des .Officiers,.
& tnefme un de l-eurs Con-·
fi-eres, qu'ils n,ayent cette.
Médailte." à peine. d~efirc
interdits-.
XXII.~ · ·"uan d. res O·ffi~
ciers de l'ordre· iront ren~
dre -v..ifî.te. à l'Eminen tiili111e
1
Gran·d~Maifire,. ou à quel~
q u es autre.s; o . ffi~ie r:s le.t1t:.s~
co~nfi~eres' ils. feront obligez
à 1 imitation du.Gran~~
Maifl:re,. de porter une Mé~
daille e11, Bandoliere ; ce~
qu·' ils- pourront 11e po:nt
f°:lire lors. qu ~ils iront ,~air
l~s . fî111ples Cl1cv.alicrs,
'
1\ ~-P n ~\lD ~1 60 1-lt ~,NJ r~ {~,; 't/ ~'i-.. .t
.mais feule111ent la porteront
comme eux attacl1ée
au Jufl:e-à-corps avec t1n
Ruban fatiné jau11e, large
de quatre do~gts.
E)tercices de la .Jot/Jrnée pouzl
les Cbetvaliers dz~ Bo1ztemps.
Celu_y des Cl1evali~rs qui
fe levera le premier, aura
f oi11 de faire faire filcnce
dans toutes les av·enuës des
Apartemens des Dames,
pour les laiffer repofer la
graife 111atinée·g
t-~~ f- :,~ t l~-171 /.? {_r J\_ 3.v1I ~ \_i_ ~ ~ • lJ.ù.
-uand les Cli.evaliers
fero11t ·habillez , ils iront
fe do1111er le bonjour le~
uns au.x autr1es, & s' embraffer
dans leur Cl1am bre.
Les Cl1evaliers apres- s' el-.
tre entrere11us quelqt1e de~
iny~l:reure enfernble, iront
faire un tour , de Jardin,
pour cl1ercli.er. de l'appétit,,
& de là s'en retourneront
déjeuner à l'Office.
L~l1eure du lever des Da~
mes efl:ant venuë, 1€s Cl1eva~
icrs iront grater à la Por~
te, & leur don11erontle bon
jour, fi elles leur -veulent
.. / . r·· 1 .
u2 ""'~~ .~
:permettre d'entrer; autre~
ment ils attendront qu1el ..
les (Oient ha.billées poi1r
.leur r.endre .ce dev.oir.
1
Les Cl1evaliers iront o~ffrir
tous les i11atins leurs
fervioes auxDa1nes, q11a11d
elles _fero;nt e=n état de pa-
1~oifire,& leur~ p porteront à
-déjeuner dan~ leurs Cl-ia1n ....
bres.
Le Déjeuner efrant finy9
les ,chevaliers prefen teron
t la main aux Dan1cs
~ur faire quelques to·urs
de pro01enade, au retour
~de laquelle ils ·s'applique.~
-\~......,I .;A··"!.. L ~A ~ ·11. '_1, T1 8 .. ..6.~.:~l
tont à dif ére_ns exercices,
les u·ns .au B.illQlrd , aux
Carres, ou à-la ~Paume; &.
les autres à la Chaffe ..., ._à la
Danfe, ou à la Conquc~ftè
àu beau Sexe, fuiva~t l'in...
clinatÎOJl de çl1aq ue ;par~ticulier
.. 'P
L)hettre dtt D ifner ef.. . ~ '
èanr venuë, les Cl1evaliers
fe.ro,nt tplacer les Daines à
t.able, rfX {è placeront apres
fans aucu11es ce.rén1onics.,
cl1acun f uivan t f on ranfx.
1nie.ux à défaire les viandes,
~ à fervir leurs ~{ oiûnes ..
64 -~ERCVRE .
La belle humeur & la ..
ga yeté fero11t l' affaif orine .... ~:,
1neht du ·Repas, &. tous- les ~
Cl1.evaliers donnero·nr· des :
preuVes de la bonté & de -
la délicateife du · Vin de ;.
leur Hofte, par les 11euréu-· .fes
rencontres & les pointes.
d · Efprit qu ~il leur four~
..
n11 .. a.
Le Difner ~fiant acl1evé1
les Cl1evaliers reprendront
les 1nef me·s exercices du
inatin, chacun f uivant fon
inclination & fon humeur,
Les Chevaliers fero11t
Collation entre quatre &
~ #\ > !':. 11, -r ~Nt il \~~X fi_ 1.~JJ Jt·\ l '~ 1 · {,)
cinq l1et1re~, & s~ a111uferont
à plaifc--inter en fui te., & à
joüer à de petits jeux galans
jt1fques au. Souper.
Les Chevaliei?s fouper0nt
l, Hyver à fept l1eures, &
l'Eté à fix & dernie ; &. feront
ce F'"epas un peu plus
long que les al1tres, à cat1fe
que la foirée efi ordinairenient
a' n.o.us, & q11e l' on
peut difpofer de fo),.-lnef~
11e en ce te111pr.s pl us q u, en
aucun at1tre. Les Cl1evaliers
fe f ouviendront de
fa.ire pendant le Soup·er u11
perpétuel carillon cle Ver-
JuiOet. F
\
.... 66 NIEL"R CVR E~
r.es,. &_ d~ agreab le,s. f y1n p ho~
nies de Chanf ons.
Les Cli.~valier-s· iront a~.
pres. le_ Souper goûter. le
fr~is. avec les Da111es , . &
chercheronc--· autant que
faire - fe poura-~ le- tefl:e-à~
telte, ~pour avoir le n1oyen
de po11ffcr. des fentitnens
tendres. Si c,efl l1H yver, ils
«!auferont. chacll:n aupres.
de leur· .chacune; &· inven~
teront-desjeux en commun.
pour fe divertir.·
· L~l1eure- du· Coucher ar~
rivant, les Chevaliers iront
conduire~ les. D.a1nes. dans .. • 1 •
Cr J-'!·\ \ I ni _~t·· \ Nl . T- ~ :fVf ~ 6.1"7' --
leur Cl1an1bre, & leur chan~
te.ront mille petits Airs ga~
lans, apres· quoy "ils fe reti!.
reronr fans aucL1n ·.bruir, &
iro11t· cl-iercl1er leur l1it avee: , t!i
to11te l~llonnelleté- poffible,
fe foul1.aitanc les· uns . at1x
autres un re1)0S qui ne foie-·
troublé d.)·altcun inauvais::
fange ..
YoeUX'-- des chl11aliers- quand ..
ils fon-t ·re~çe-11-s ~
J-e faiS voeu dè c·onfe-rvet·
tofijours la·belle l1u1net1r &
la.-ga yeré; cl~ avoir. ·toute 1na
f , ij.
68 1\ iiE, r> ~~vn E 17rf l. #J ~ '\.._ ~ ... , ~I r~ 'w·~
vie un gr~nd fo11d d'l1onnefl:
eté pour les Da111es;
& de faire à l'égard de mes
Co11freres & de tnes. A111is,
tour .ce que l,l1onneur, l'a-
1nitié)& la confcience> pouront
exiger de 111oy"
Noms des Chevaliers~,
..
1\._ ,!{I.l · de ... C111 . Ard a nt"
'
1vfr D ... Ch. De mille fleur$o
Mr le Co111te do, .. ch. SanJ
reproche. ,
Mr le Ch. d ... ch. B·rillarzt.
_·M r de ... ch. Loyal. .
.lvl r de tvi a•. cli. Preu~~ Q
r--. ~ r ti NT 6 ~I ·lot~ :>.~J ]"""\_ • - 9
Mr de Lat ... c··b. Réjaüijfant.
11 r ci e. . .. C-h . Fi' d- eufle . .
Jvir l1e ..• ch. Te,-iébreux.
Mr de 1\,1 ..... ch. G.<4lantr#
Mr le Ch. de V... ch. De
betleTefte. ·
Mr D ... ch. Fendant . .
Mr de la~·· c/1. Roger.
Mr de ... ch. Sans peur~
l\1 r d'I ... .C h.. Ta-t. /1 ant. ·
Mr de ... ch. I-lonnes?:e.
Mr de -L ... Ch.· Del, A~anture~
. .
Mr d)O b.... Ch. Du SoleilQ
Mr le Ch. des ... ch~ Pimparit.
Mr !'Abbé de B .. ft ch. Fot·--
,
70 ·.. ERCVF~E·
Mr de.M .... ch. De l'ftoile~.
M~· d e ..... Ch ~ F·r e/t t· aa nt~
Mr Doib. ch .. Bon-rrJoulôi11t~.
Mr ... ch. Po/y~
1vi r Di~.. C ;) •. F oudroy-ant .-
M r de ... ch.' Entrep·rena11ta-.
Mr de ... ch. Libéral. -
Mr de M~.. ch .. Pr~.Jfant ..
Mr d e. .. ch~• c ourtou.. .
Mr de n ... C/i, PenA .-..
Mr ... ch. con_quérant ..
Jvtf de ... ch·:- De Re:verence~ ~
.Licences f.:i Pri-viltges des;
cb-evaliërs -de- l 'Oi,.dre
du Bon .. temps. •
A-~ cous paOEez, p.r.éfens;
G S'_ ~, ~~ ~ ;;~ - ~-- ~t ,~ ~:s; j-~--~· ~~ ~·~..... .~... '!!~- ~ 1 ~ N.!lj ~ ~ -i-f\ ~ • /
& à-. venir!;- De la part de ·
Monficur · l:Eminen tifllme
Gran·d-Maifrre1_Co1nte D~~ ~
An1y de la Liberté & de la
J·oye, Prote.lle.ur~ des· Da-i-
1nes , & Amateûr de la
Bonne Chcre.: A nos amez
& feaux,· bons· A~n1is, .Offi+
ciers & Chevaliers· de nof~
tre Ordre. du Bo·n-te~p~,
·Gens· d·e belle hu1net1r,
donnans G:adeaux; Violons:,
& autres·divertiffeme11s a11x
Dames; Salur._en- c.elt1y· qui·
fe plaift- d,·efl:re parmy les
En fans des· HO mines-. Nous.·
v~ous.- 1nandons & _c_o1111nan~
'
72 l\1E R~ CYR EJ
dons tres-ex11reffement par
ces Préièntes, qu' aufiitofi,
incor1tine11t, . & fa.11s aucun
de la y, vous rec~vie z & in ..
troduifiez en .noftre c·om ...
pd.gnie noil:re cher & bien~
aimé N .... dt1 mérite & de
la galanterie duquel nous
âvons fait preuves fuivant
Îes ~tatuts de noilre Ordre;
&apres avoir recon11uqu'il
efi fort enjoüé aupres des
Dan1es, preft à rendre fervice
à fes Amis, & d,un.e
tres-bonne l1u1neur à table,
voulons qu'il ioüiife des
honneil:es plaifirs que· 1' on
gotifte
~·~~ ~ ~1 ~ -N-T ~J }"\ ml·\~ ~ 0 7j
· .oufre da.ris ces .trois occa·~.
ions.; fi1ifo11·s défenfes d·autrement
le traiter, fur les
·peines refervé.es ·e.n noitre
;Cl1apitre ., ·& d'amende ar'
bitraire ; ·car te1 1 efl: n·ofire
vot1loir .; le 'foul1aira.nt -&
defirant ainfy. :Eh foy deqt1oy
not1s avo11s ·G~né ces
I)r-éfe11tes, & -à -icelles ·E1it
ap . poièr le Sc-el d~ noil:re
01·dre. Don11é à .p .... en !
noitre Cercle d) Union &
.de 'Francl1iiè ,.le .... d.e l,a·n-
I nee .....
-Si~né ·D . . . . . . .. Grand~
Maiftre de l'Ord.re d11 Bon-__.
1 _, 1 _ Jutuet. G
~
..
_.,~· .. -
74 iEJRCVRE
temps, Proceéleur des Da~ '~.
1Ues, & Amy de la Li- :.
·ber té. . .
i ,
r
CoU.ationné à l ' 0 rig,ina l par :
n:'?)' S ecretaire du commun
2~réfar de l 20rd1·e, De M •.. .:.
Seigneur de Belle - humeur,
& Enne1ny capital du C h"t~ .
~ • ~ - 1 grtn.
.
Une pareille; Inftitution
d lOrdre donrleroit lieu à
i 11nc agre-able vie , fi les
Statues en eftoient inviolablement
gardez ; 111ais il
~'y a rie11 t1e fi bie11 étably
. qui 11e défTenerc avec le l:> .
ten1ps, co1n1ne il 21'y a rie11
G LA1'l1T· 7)
Je fi extraordinaire, fans
en excepter le l'rodige,
que ce 1nefll1e temps ne
faffe paroifl;re. Nous en
venons d>avoir un exemple
dans cet Enfant que fa
.Mere a par.té vingt-fix ans
fans qu'il fe fait poury dans
fan ventre. La cli.ofe_ ei1:
arrivée à Touloufe, & elle
fait tant de bruit par cour,
qu ~il efl: tmpoflible que
vous tl.'en ayez déja entendtt
parler. Je 1U. ima-·
ginc que vous l,aurez craité.
e de Fable. J~ay crû d'a...:
bôrd que ç,'en ei!oit une· . ,
G ij
' .
··76- ~/fERCVRE
1nais on a·rant de !certitude
de la veriré du fait., .qu3il
ne 111'eft p.lus permis d,;e11
.dot1tcr~ .Le voie.y en ~.peu

. l{e n1ot1s .
. Margtterite Matl1iett,
Fe1n111e de Jean Puget,
To11deur de Draps, devint
grolle en l,année i6·5i.. & ~
Îè11 ti t fur la fin du neuv.
ié1J.1e mois routes l~s dou-- ..:-
leurs qui fo.nt ordiriàire·S
aux -Fet11mes . quand elles
f on r prefres d~accouchera
Ce qui précede l~ cnfanremçn
t, & qui en eft t111e
ma:rque indubitable, luy
GA~LA~~~T. _ 7~7.
arriva., Elle fit les efforts,
ordinaires po.uî' f e decl1arg~
r de fo.n~fardeatt, & l'E11-
fant ne fortit point.. Le
tem.l?S de le inettre au. monde
efl:~n t pa-if é , & cette.
F r_ A f4,· cmn1e ioutena11t. toLtJOUt-s.
qu'elle eil:oit groife, on 1~~
traira de Vi!ion11aire, qt1oy.
qμ'avec quelque. fc~u p11le,._.
}?-~lrçe que c, elloit tl:r1e Fe111-
111e de bon fens polir. t1n.e
A.. r tifàne,. de pi.e té l11efi11.e,
& qu:Jo11~ t1e poi1voit accu:fer
d)ignorance en. ces matieres,
.11uis qu~ elle a voit. eu
plufieurs E.nfans,. & g_.~'cn .. -
G. iij
-+
78 E ~C\'R~E
fin fa grolfe1fe, avec les
JTiarqt1es les plus vifibles
qui l'acco.1npagnenr, avait
e fté connu ë de tout le
inonde. Elle fe plaignit,
pendant vingt ans ou environ,
de fentir quelques
i11ouvemens de cet Enfant,
avec de fi fâcl1eufes incomInoditez,
qu2 elle pria plu ..
llèurs fois fon Cl1irurg"ie11
de luy ouvrir le ventre pour
l'en tirer. Apres avoir pa1fé
quelques années fans que
ces mouvemens continuafferi.
t, elle ton1ba dans une
μlaladie trtortelle, & mo-u,..
....
G .fr. î j,~ 11. l~ .· 1~ 3..-.w .i \ 1 ~ _t • ,,.~9
rut le Vendredy 17. Juin
dernier , protefl:at1t- tOÛ- r
jo~rs qt1) apres fa n1ort on
trouveroit lJEnfant qu~el~e ..
portoit depuis fi lOgre·m.ps •.
Elle fut ouverte le lendemain
, & cette ouverture
fit connoii~re qu:ïl n'y a--
voit point eu devifion da11s
ce qu> elle a voit tolljours d~t
de fa· g1·o!Iè!fe. L' ~nfant
fut trouvé tel que les Enfans
ont accoûtu111é d~efire
q ua11d ils font fi1r le point
de leur ter111e.. 11 efl vr~y
qu,il aVoit cela de particulier
& d, extraordinaire, .
G iiij
...
8 ~ f{"r. î) c~~ TR~· __ ~ .iVt r~ r"1_ ~j V . . t
qu'il eil:oit- pref que e11du-r~
cy· en la plûpart de iès i11e1n-
~ bres. ~ co1nme de la corne . ' - . ou con1n1e une 1J1erre, mais
au reil:e tres-di.f l.i n- étement
for111é .. Il n~ t ftoit, poinr 011
les En fans doivent ellre,
nature Ile 111e11t... La Nature . •
aya11r fJ.iX~ u,11. cfFor-t, il avoit.
percé cette Partie a·vec laquelle
il _1 1e CUlll fertvoit a11 ...
cune-liai(on, & par un feco.
nd prodige Lie. la N,ature,.
il s_~ efl:oit- for-111é. co1nme
une· efpece de Coq u.ille à .
• cette 011\1erture, q u1 rece-.
v·oir toL1tcs les eaux & au~ ~ .. .. • - p ~
. ~
~· li r· i\ 1t 1:~r.. 8'b . ~I 1'1. ~ .t'\.1~ .. f 1

tres i1npuretcz 1 q~i t' au-raient
pourry ,~'. fi elles luy
eiloient tombées deffus,. &
les rejettoit. dans. leur ca~
nal ordinaire.. I~r avoir ta
tefte en bas,._l' extrémité duder.
riere_ pancli._ant~ veJ·s · te
coilé gaucl1e, le5 bras l,un·
fur une cuiife,. &_l'autre fur.
la tefl:e, les ja1nbes. croi~
fées, &. cout le derriere cott<verr
de l'Epipl~oon. ( Pardt)
n11cz -. n10.y c~. tertne,_.
voi~re Cl1irurgien vous l' e.xpJi~~
ra. ) Ce_t Epiploon:~
~fioi t \épais de deux doigts, _
&.G fortc111e..i1 t attacl1é à ce.
· 82 . - ER(:: RE
Çorps en divers endroirs,
qu'on ne l'en pût féparer
qu'en fe fervant de quel~
que I11fl:rument de Chirtirgie
qui en fit couler un peu
de fang. La Figure que j,ay
j~inte icy, & que vous pouvez
exa1n_iner à loifir, vous
fera miet1x con11oifl-re la
pofiure où c.et Enfatit fur
trouvé. Ce petit C_orps pefoit
huit livres -de fèiZe 011-
- ces ,11acune. Le crane eftoi~
fracaffé en plufieurs
... pieces ; le cerveau, ·de la
c·onfiftance & cot1le11r de
.!~Onguent rofac ; les cl1airs
1 - ~:J1\LANT. 83
,..... " : rol1ge-atres en certains endroits,
& jaunes ou t1n peu
J 1· .. d l j iv1. es en que ques autres;
i la langtte avait la molleffe
i & la couleur naturelle.
~ Toutes les parties inter:
nes efroient flétries, de
~ couleur noirâtre, & fans
' aucune trace de fang , à
.~ 11exception du coeur, où
~ quelque rougeur s!tefi:oit
~ co11fervée. Le front, les
oreilles, les yeux, le nez, la
boucl1e, tout cela eil:oit
couvert d1une matiere calleufe
de l 'épaiiTet1r d ' tl n
travers de doigt, laqt1clle
ô0 Ll- 1':, ,~;E R et~ in~ E 1 ~ i .~J ~ V K V ... ., .
cftant oftée, c.es parties p,a~ ~':
r.urent, ainG qμe les den-ts L
apres qu~ on eut coupe/. 1e s _
genciv~. C.es de11ts- qui .
efioie11t aufli grandes,. que
les peuvent avoir les Adul.- i:_
t_es, appuyent par:ticuliereinent
l)opinio11 des Medecins
q~1i 011 r ve.t1 faire l~anato1nie
de cet- Enfa11r, & ql1i1
affurent que qμ.oy qu'à de- .
n1y pcfrrifié >· pour parler.
ainfy ,.~ il doit avoir 're.fcli
auta11.. t que fa l'v1ere. Elle.
e ft. n1ort~. dans la. 64. ai1née
de fo11 âge ,. & Vt1icy, ce:
qu'elle a toûjours dit c1μi.
lt1y efi.oit arrivé,
..
·a~t\LP~NT. ·g)
\~ Lors qu'elle fe îèntit .pres
~ :de -fÜt'l -·terme, ·.elle alla aux
, · Mi11i~nes pour .. quelque de.
-votion.- Les .doule-urs la fllr-
~prire11 t au retour. ·-s~ti vi~
iàge en donna des 111arq
ucs , & alors ayant eflé
abordée da-ns la ··Ru-ë pa:r
une-P·e·r.fonne qt1i luy -offrit
fon ·fecours en -qualité de
Fe1n1ne-Sage { car on ne
dit pas Sage-Fe.n11ne -en ce
-Païs-là ') elle la ·ren1ercia,
nse-n voulant point d'autre'
que celle d.011t ·elle avait
ac-eo·uf\ tun1e' d· e (~e ir ervir. :Ce
refus o.bligea la Per·fonn~
86 EJF~C rRE
qui s, offroit à la qui ter, &
elle crût luy avoir entendu
dire en fe retirant, que ny
fa Fe1nme-Sage ordinaire,
n y ··ttue lq ue autre que ce
fuft, ne l,accoucl1eroit ja-
1nais. Cerre menace fut
fuivie de 1, effet. uelques
efforts-.. qu'on puft faire, il
fut impoflible de faire venir
fon Enfant. On cl1ercha
cette prérendl1ë Fen1 ...
111e-Sage, q11i ayant efté
en-fin trouvée, dit à ceux
qui luy parlerent, qu·il fallait
s,adreffer à un Homn1e
de Beaufelle ._ à 1111e
19
Gl~~ L~}N \ 1~' • 87
lieuë de T oulouf e. Cet
_,
Ho1nme qu on ne manqua
pas d,aller confulter, ré--
Rondit qu'il n,efioir pas en
fàn pouvoir de délivrer
cette Fe1nme; mais qu'elle
feroir foulagée, fi elle portoit
une Ceintl1re qu'il leur
donna. Elle en fentit en
effet ft:s douleurs fort adou ...
cies, n1ais en ayant eù quelque
fcru pu le, fes D ireéleur.s
à qui elle découvrit la cl10 ....
fe,&1nefme quelquesEvefques,
l'ohligerent à quiter
cette Ceint11re ; ce qui la
re:rriir da11s [es pre1nieres in ..
.. ·- .....
" >.-..r
~88 - F.: {~v.R~"T
__ .• 1-,,,,.......I h
··co·mmoditez, fans qu,elles
ayent ce{fé que par fà mort~
-on ,ne doutepoint·qt1,il n~y
ait du fortilege d·ai:1s ~cette
·a van. tt1re. Ceux q.ui ne
croyent pain t de Sorciers,
raifo1111eront con1111e il let1r
. p1aira. ~cette i1npoill'bilir1é
d,ac·coucl1·er me fait iùt1ve- .. .....__
nir de ce qu~Ovide 11ou·s
c·onte d ,Alcmene. Junon
voulant em·pefcher qt1:Her ..
cujle ne vi11il au rrio-nde,
pria Lu~inc ·d~-e·ncrer dans
fe·s in tereJls. Lu.Cine qui
prélide aux enfa·ntemens,
fe dégttifa en Vieille, s-'afiit
.. ~; ja
tt p re s de la porte du Logis
d, Alcm.ene, init un ge11oüil.
[ur 1, autre , .-.avec iès doigts
en crelaifez; & cette ef pece
d 'encl1an.te1n.en-c laiffoit.
f - ~
Alcmene dans de con ti- • L
n.uclles douleurs·; n1ais pot1r
le ro1npre·, il ne s, a·gil(oit
que de faire. quiter cette
poil:u,re à Luci-11e; & Galantis
·, l'Un.e des Suivante.s.
d' Alcm-ene· ,. eut l' adreife
d'en venir à bou.t. Laiffon·s
la Fable. Pafq.uier nous apnrend
dans fcs Rech·ercl1cs. l~
qL1c le Prodige don-r je viens~
de vous parler n1efi pas C1ns
JuiOet. H
.. -~ .....
".' .'t~.· - · ...-::-
~ · - 'i
• _: - :-JI • ·-
9 o .. ,. ; -r-:c u c~~ 'R ,
i C. J~-'1k. .,~1 V .1
exe;nple. Une Femme n6-
mée Colombe Cl1atri, de-
n1euranr 'a Sens;.e ut tot1tes
les n1arques d~une vèrirable
gto.ffeffe, fentit les do11le11rs.
qui précede11t l' ei1fanten1en
tt, & p.a:tfa vingt-l1uit
années dans cet état. On
_ crût qu'il y avoit de l1i1na-·
gination dans ce quJ on luy
entendait dir~, & apres
qu'elle fut morte., on tira
defon ventre leCorps d't1ne
petite Fil le tout fOr1i,1é,mais
pétrifié. Paf quier affure
qu'il avoir appris cerre
1-Iifèoire de Jean d' Alibo·ur,
..i'llN'\ ..&. T il }: t l'""1m~
~ 7f A :!! ~,,~· i·~~ ~ • ,1·~· 1:
---tt.w,L-; .I. ~ -~f 1 ~ · ~~ -~ 7 .....
alors Medecin tres-fameux -.
de Sens~ & depuis premier
Medecin de Hen.ry IV. qui·
en Glvoit eflé cétn-oin ocu ...
laire. Elle efl: dans le 60
\
Livre· de fes Recherches~
Chap4 40.
Vous jugez bien, M.adame,
que ce qui vient
d,arriver à Touloufe a fait
d;abord l'entretien de toute
la Ville. On ne s~efl: pas
contenté d'en parler.. Un
fort galant Homn1.e de ce
Païs-là en a pris occafion
de fe plaindre par ces Vers
du trop de rigueur d'une
belle Dame.
. ;;,i,~J,. .
T~.= \
,... . :.-... ,~.L J
-.-.. :~ ' .
.#
92 ERCVP"E
ST.AN CES A IRIS~
~
Sur le Prodige de !"Enfant
pétrifié.
~ N d11,rcir u-n tendre E11f11nt·
........... Dans le ventre.de fa Mere,.
N, ejl pdJ un Charme fi grttnd
Comme on voudroit nu tu le foire ..
.J-'Cn~faiJ beaucoup moim filrp1i4
!2.!!_e de voir'J aimable Iris 'J
~~à vo$ yeu.~ tout rend les 11rme1~
.Eï que J.~its veulent toucher,
C'es be"tux yeux ont miUe tha-rmes
._12.!f!: 1endroien t tendre un Rocher ...
~<g-
~'à jamai4 pu!jfont· /e.t Die1tx
Punir t~J Viei.Ue s:rueDC
Rf!i fit les matt.r~ en ces lieux,
D~une M édufa no11rveUe!
l:JavDM longtemps ftJnfalt8
.... _
~
'
Gl,~ \L r~i 1N 'l'T .
' . I Pourqaoy v.ojtr.e durcte
S' oppofait à. mil tendreffe,
J l fo111 que pour men maiheu-r·
Yn jour cette Enchantcreffe
Ait endurt'll voftre coeurg
"/. 'f?)" ~5
.Pour fauldger te tourment·
fZui me coufte tant- dclarmeJ~-.
Rompez_cet Enchdntement,
Oppofot.. Charmes à·Charmeso
D' ahord que vorM le v·oudre~"J·
J3 eU e. / 1·i4 ~ VOU4 I e pou-rrt~ .
Aux accord1 de ma M·ufote,~.
CrueHc ~- attendriflé~~oÏu,
.Le coeu.r J/Une Anaxarete
Sied mal J dCs 11esx Ji douxD.
~- g~-
J-e./t préd# bien un jour,_
Voyant vo(tre tyrannie,
Q..11,e dU mêprM de i •Amour
YDIU ftrie.z enfin p.11niea._
...
E n ,t'~';; 1n ~ 94 ~ J~\~~ 'J ~~
Cet Enfant des Dieux Vainqueur.,.
S 1 e ft vangé for voflrc cr.car,
DcJ honne11rs que luy derobe
Ce coeur qui luy fut .. fi cher"j
.Et cornme un autre 1Viohc
You$ a cl1angéc en RfJcher~
~g
P'ot14 pouv~%_ encore aimer,
Si vor.u faites des conqucfics,
Ei no1u Ji.r.. .a vez-\. enft::lmtr,
Ttiute Rocher que voU4 efieJfi
Pourrc:z .. von& vous emp~(chér)
FuJ/ie~-vous cent foi4 RocheY,
SenJî6le à mes longs farvices,.
D)1 répondre qttclquefoi4 l
X es Rochers J des Précipices
R.Cpondent hien à ma 'Voixo
Mal-lame la Ducheffe-de
Cleveland eft de retour
~ -f\ ~ 'N~T 4 ~~l l""i 1 .. ,, P~ 1 · 9)
d ., An cr leterre dés les. derb
:;/r
niers jours de l' at1tfe Mois~
Elle fit le trajet dans un
Hc:Ct1s fort doi~é & fort ajt1ilé,
qui ayant parL1 à la.
Rade de Dieppe, fut auffi~
toil: reconnu pot1r efi:re ce-
, luy qui la portait. Il 1~'efto~
t que quarre het1res de
n1atin q11and l,avis en fut
donné à Mr de TiergevilleoVous
f çavez qu,il eil: Gouverneur
de Dieppe. Il fe
rendit en 111ef me temps fur
le Port, & co111rne le Hoeus
de cette belle Ducl1effe eftoit
à 1, ancl1re attendant la
96- I\11EP.. . CVR-E
m,aréc ,. qui ne devoir eftre
ce jo~r-là qu,à. deux heures.
apres m.idy, il envoya u11
0 fficier à fon. Bord. pou:r la
compli111enter de fa P.art,,
& f çav.oir d~ elle fi elre attendrait
la n1ar.ée,.ou fi elle.
foul1aitoit venir à r.e:rre dans.
une Chaloupe. Elle prit ce
dernier party, & fut reçe11ë
at1 bruit du·Canon,. auquel
celuy du Hceus ré.pondit~
Elle trotiva fur la gréve des,
Carroifes qtii l~atten.doienr,
& fut cond uit.e par -ce. galant
& f pirituel Gouver11eur
dans- l 'A parteme.n.t qu' il
luy
n ~ -~ ~ N.,... .. [ .
-r~I h L f\ !&_ ~~ ,, 97
luy av-oit fait préparer. Elle
fe 1nit au Lit, accablée de
la fati_gue de ci11q Jours de
crros ·re1nps dont: elle avait
~fié f o:rt inco111modée dans
fan trajet. Le Co111s de
Ville luy vint faire co11111li-
1ne11 t , & luy prefenta des
Contitu.:r-es. On cl1antoit
ce jour - là i11cfl11e le TeDeu
m 11our lét prife de Pu.ycerda;
& co1111ne il devoir
eilre iliivy le fair de Feux
d, artifice ,- M r de Tiergevil
le en vot1lut do11ne.r le
pl~tifir à ?\1a-dan1c de Cleveland.
Il a.voit fait éclai- ·
~ f uz!Jet. I
98. tliE.RCVRE
~er to·ut le J arc.\in du ChaC.
teau , où il la. mena avec
(es Filles. Ce fut là qu'elle
j·oiiit du divertiffcment de
ces Feux ; apres quoy on
luy fervit la Collation dans
la Salle de ce Jardin. Les
Violons ne furent pas oubliez,
avec totït ce A_u,on
pût ra1na!fer t1e Sym1;lïonie.
Cerre cl1ar111ance Du-
~l1effe partit de Dieppe le
lenden1ain , & laitfa route
la Ville dans l' ad111iration
des .rare~ qualicez qui luy
acquie1·ent l' eftime de tous·
~eux qui la c:onn.oilfent.
ii;·" ....
..
.. .... ,.
·GA LJJ\?~T. 99
le 1ne fou viens que nl&
derniere Lettre finilfoit
par la nouvelle que je vous
donna y de la mort de Meffieurs
Marin, Rotijault, &:
diApremont. Je ne vous
en plis rien dire de plus, à
caufe de la précipitation
avec laquelle je fus obligé
de faire partir mon Paquet.
Tous les trois s 'efl:oîent
rendus confidérab les dans
leurs Ernploys. Vot1s fçavez,
Mada1ne , · corn bien
Mr Marin avoit acquis de
réputation dans les Financeslt
Il cfioic Intendant de ....... ...

~ ij
·-.
· l:~n r .. TRE 1 o o i r~ ·~r~ --~~I V . _
.celles de Sa MajeJl:é,,& fai~

fait ad1nirer cous les jours
la parfaite intellige.nce .q.u' il
y avoir. ·On ne peut e:flre
n.y plus o.-bligeant, ny .de
plus facile accés i.qu'il l,~f-:-
toit. 011 le trouvoit toÛjo~
Jrs ,,preft à écouter tout
le inonde, à l,exce Jtion des
temps ~où les A aires du
Roy luy ,faifoient une necefiiré
ab:tOluë de s~ enfermer
da.ns fon Cabi11.er. Il
cil n1or.t d'une i11digefrion.
d' fl. . 1) I e1tomaJ: qu1 a en1porte
en vingt- quatre l1eures.
Mr cle la Cl1afl:aigneray~
G ~ ~ A ""k_1lfNt~
~~ luJ1 ~· 1 ~~ 1 • 1.01
Pretnier P'féû·dent au P~ir_; ~
lement d 1 Aix "' M:: de la ~
Troutferie M'aiftre des Requefles,
& Ml de rvioüil.-
leron Lieutenant des Gardes
du Corps) fun·t fes Fils.
Il a laiifé pot1r Filles M·adan1e
dtt Plcffis Bienh1i~
ltric.e da11s le Co·nvent des
Filles· tle Sainte M.arie, &.
M~da·n1e l-l'Opede Fe111t11c
d·e Mr d~Opetie PréGdent·
à 1vlortier au Parlen1e11t
ti)Aix·.
M~· Roujault-COnCeiII~er
C:le rc de ~a Grand·' c·ha111~
hr~erft-~;v.i.oit un· Hom1ne de· ~ .. ~~ ..J ~~. l ...i ~ .. ~ .r _..... . ~. , ~
... • _, •Il
,. ~ .. ? - . . . \1. I .. .. . ' w,..J 11 • ...-r- -.:::
• ... 1 .r
r • LM • •.' . "Il
1 ..... __ • ~ .Il - .:..... • • t .1" - - ...... ~ 1 ... _. 1
i --..1 I m:· f.i. . ·~'"'; ;,:_-':'. • _. \ 1 lJ J .' ~.:!" ir:a : -~-. .....~ \ .... --...,, . .: _ ....... -;r.;..i..J' .. ' 't .. " '!"".-""w;"I!
1 .. -. ... ~. ...-J ,.r- . JI!-:. '\' r. ~ ·. ·-~_f!- 4 .. . 1 f ,. --.:: ~ --.....r ... ~ 1 ~ ' ... . 1 • • ~- - ..... - . r . ... _. ...
\ ' ~... • k-~ _.. ~ ... ~ _.. _ .~ .. '.- . 'f.. ... . '""" ' -t:._..., .. ' ." \.-.-"'" ~J - -. -.... .. ..... I '·, -è . ..- -·_~>·
......._ . .,,.~ ......... _._i .~
l 02 l_~ r;~,J Rr.~"',A' ·11f fm \L . P~
Lettres,& d'un n1érite ·tre~
particulier .. Il f ça voit beauco11
p, & 11'ig11oroit rien de
ce q u't111e .lo~1gL1e l1al1itude
pe11t clon11cr de lun1ieres
dans la Langue Grecque,
qt1oy que·fa principale application
euft efté, depuis
pres de quarar1ce ans, à fe
bien acquitèr de fa ·cl1arge,
dans laquelle· il avoir acqt1is
la réputation d_'un des
111eilleurs Juges du Royau-
111ea Il a laiiTé un Frete qui
pof te f on noJn, & qui eft
. Attditeur des Coinptes.
·.cl eft un parf aitemcnt 11on-
-
~~J hi~l u1A Î~!\l ~~-~ ~T • IOj
r • ne!le Hoinme.. M Petit,
Beaufrere de Mr de Cl1abenas-
Bonneüi l, ~ntrodu.;.
lteur des -Amba!fadeurs-,
eft- inonté a la place du
Confeiller dont je · vous
p-;1rle. ·
· Mr d 'Apremont efl:oit
Capicai11e aux Gardes, Officier
·General , & tres-li.a..;
bile I11génieur. Le grand
no1n b re de Places q u, il a
L1it fortifier en re11d té1noignage.
Il avoit efl:é bleffé
en plu-fleurs Occafio11s importantes,
Jfa11s lcfqt1el~es
il a toû jours eu 1) avantage
l iiij
I 0 4 E . R '"'"'"1\/TI· 17. .v.rl { .... ~1 Dl;._ :!.w.r
de fe fi.gnaler ;. & s'il cG
n1ort avec bcaucot1p de ré.;.
p11tarion, il l~ avoir n1eritée
par fes fcrvices ..
NotlS avons aufli- perdt1
depuis- quelques jours Mr
le M1rqt1is de Chantre11ne,
Baron de Couvé, Seigneur
"-. d.e Vi11arire, Crecy, M1il-
1Qts:.&c. I.1 e f toit c~11)itaine
General pot1t le fervice. de
Sa. M~ljellé à· la- garde des
Coites de Picardie. Le noro.1
d·e ce.tte Fa mille eft 1 e Vert.
J.e ne vous appren,dray
rien de nouveal1, e11 vot1s
diiànt qμe Monfieur dont
-
GA LAJ\N.~f'!. IO)
l' atne eil: tou.te Royale,. ne
laiflè paifer aucurie occa~
:fwn- de faire du bien aux
· Siens; n1ais vous aurez f:1ns
doure bea11cou11 de j-0ye de
fça:voir q.u,il e11 a l-lonn&
des. marqt1es d-epuis peu,
en· faveu . r de M-efiieurs les
Cl1evaliers de Beuvron &
de Nantoüillet,.qu'il. a gratifiez
de la Penfion q u, a.-
voit fe_u lv1ada1ne la Princeife
de 1v1onaco. Le zele
e111pre!fé qu'ils ont l'un &
l ~a11tre pour Je fervice &
pour- la Perfonne de Son
A.lrefre Royp.ale., efl: connu·
t1e tout le n1011de~
"'
6 ii_. ;rp TI r~v R <1''~ IO ~1 ... ~;,,, ~"'" · ~ .. ,~r t
Il n.e fe pet1t rien ·de plus
obligeant, ny q11i faffe plus
_d) l1on11et1r aux Avocats,
que cc qtie .Mo11fieur le
Pre1nier Préfident répondit
à Mr de Montl1elon
quand il l 1alla co111plin1en.
ter comme le plus an.cien
de cc Corps. Apres qu~il
l,eur prié d,avoir potlr eux
les 1nefi11es fèntin1ens de
bonté & de confi<.lérarion
q11,avoit feu Monftettr de
Lamoignon fan PrCdecef:
feur, ·Monfieur le Pre111ier
PréGdent luy dit, que la
Charge où il avoit plû au
GAL1\1'lT. 107
R0y de l~élever, e{loit d'un
grand ·poids; qu'il n'oubli~
roit rien pour en remplir
exall:eme11 t les devoirs;
& que s'il avoit beiOin de
lumietes, il n'en chercl1eroit
point ailleurs que dans
un Corps où qua11rité d~l1a ..
biles Gens co1nme luy ef~
toient capables de luy. en
prefrer. On n'a peut-eftrc
jamais fait un plus· grand
éloge en fi peu de· mors. Il
eil: certain que ce n' efl: pas
avoir acquis peu de gloire,
que de s~eftre rendu dicrne
_ ~8 1\/~~' n <"'~1 Je, ~ ~ ·.-~~ .r~ ~--·-1 ~V r rt;~ T~J ..
~at. Il ne· {ùffit pas pour la
n1ériter d, e!lrc {~avant &
profond fur les 1natieres
d·' érudi-rion les plus efli.
ruées ; it fà.ut dire avec
grace ce que l'on co·nçoit
avec efp1·ic, & trouver des
111anieres infinuantes de
faire goûter la verité .. quand
·elle ne [e rend pas.fenGble
par elie·-111efme~ .
VotrS avez f çeu- fans do11re
que Mada1ne la: Ducl1effe
de TOfcane a.fait un·voy.age
à· Caën dans les rremiers
j·ot1rs de ce Mois.· Il f1ut
votJs en a·p11rendre les par-
P~i~,ANT. 109
ticularicez Ce que je vous -
en va y dire n ' ef l paS de
moy. Il e{l: .tiré d:une tres~
agreable Relation écrite
en Vers &·en Proiè par Mr
d·e Berigny Conifeiller au
Préfidial de la Ville dont je
,Tous parle .
. Si-.toil: ql1e cette ~Princeffe
eut f~it fçavoir le dé_[_
fein de ce Voyage à Mo.nhe.
ur de Matig.non,
Dont la Galanterie égaie J4Naiffi1nce,
Et quJ. danJ fan Gouverntment .
Fait a.vec tant a' eclat ie1 honneurs
• de la F'l'at:ce,
f:!.!_.on ne ~{:.tit tien en Coar plus
magnifiquement;
IIO i tEJRC ·RE
Les ordres furent donnez ..
pour la Receprion qui eftoit
deuë à une petite-Fille
de Henry IV. Mr de Mati-
'gnon fe renditàCaën> d)où
il alla plus de trois lieu ës au
devant d'elle, accompagné
de toutes les Perfonnes de
qualité du Païs , apres luy
avQir envo}1é f on Ca pi raine
des Gardes jufqu)à Falaifë,
_eour la complimenter de
fa part. Madan1e de Me ..
liand Intendante de Caën,
alla auffi fort loin à fa rencontre
pour luy rendre fes
prc1niers devoirs , avec i111
G fi- ~ ~ .N"t'f - 1~ Li ~ __ ~ · · III
fort gra.nd nonlbre de Da-
1nes & de la Ville & des environs.
La m,aniere dont; .
cette Princeffe les reçeut~:
ne leur m.arqua pa·s moins.
de confidération pOur leurs
Perforines , qt1e d 'efl:in1e
pOur leur mérite & pour.·
leur beau té. '

On.rff ait que ccCltmat eft leClimal
· des Beffes,
.~'elle; ont to11tes J• air aa§i don~
.. qae 6ri/l,;fnt, .
~'!ln' eft rien de-plus beau} ny rit'B
de -plus gttia.nt 1
Et qu•enfin on ne voit aucun Je ..
faut en eUe1,
~~- ee./uy d' eftre ~ft>P cr11~0es. ·
..
1r2 t7'1E R CVR E
Mr de Matignon avoit
ordonné .à tous 1 es ·Capitaines
de la Ville. de fe rendre
dans la Plaine à lâ. teil:c
de 1eu·rs:Co111pagnie~, &··on
devoir ·metrre des Flam ..
beat1x à toutes les f e-ne{lres
p.otlr éclairer l ~Entrée d·e
S. A. R. que l~ exceffive cl1a.leur
obligeoit à ne partir
de Falaife que fort tard;
mais -aya.11r voulu s 'épargner
cette forte de cerémonie
, elle arriva beaucoup
i1lutoft qu,on ne 'lla-
\1oit crû., ft1iv.ie de plufieurs
Carroifes à fix Çl1evaux, &
GAI~JANT~ II'~
fttt feule1nentr reçeuë · au
bruit du Canon·~ Si-· toil: .
f qt1' elle fe.· ft1t renduë ~
1 r~ Hoftel que la Ville luy
' élvoit fait préparer Y .. J\;1-~ de
~ la· M·.ote· Lfeurenant Ge-
; i1cral Illy \1in.r faire. coin~
~ pli1nent à la te-fie de.s E~he:-
vins~.Elle e.n témoigna une
~ farisfaélion extra.ordinaire,
& trouva:dan.s tout .c·c qt1'il
lny dit tant. de politeife &
d'éloquence, qu,elle ~\roüa
q·ue c' eftoit avec beaucoup~
de jullice- q~,on lUy avoir
toûjours van·ré les· beaux
Efprits · de.. Caën... A1lres
· Juillet. K ~· ~ ~
114 1 l~ .-·~-.-~pJ R~ ~tr\r~J ~VRE.o~l
cet-ce Harangue, les Préfens
de la Ville luy furent offerts.
El le les reçeut treso;
bligea1n111ent , & fir pa ..
roiflre toute la bonté poffible
aux Dames qui vinrent
l'affurer de leurs ref- ,
-peéts, & dont la co.nverfa- .
tion ne luy plût pas inoins ·
que la beauté. Elle de1neura
un pen de teLnp·s dans le
Jardin à prendre le frais,
f oupa e-n particulier,. & fe
6retiL·a de bonne heure, dans
le detfein de partir le len.
de1nain de grand matin
· pour f on voyage de l~ pé~
..
·~ -- }-\ , I·\ ~ ~ . II)
:~ livrande, C'.efl: ui1e Cha-
~ ·~1 pelle des .plus celebres de
::;, toute l,Europe, par les con~
tin u~els l'vf irae les q u·î s~ y f on-t
-:t Jepuis 11~us de ~x c.en.s ans9
~ Elle efl à trois lieües de
"J. l Caën, & à un qt1art de lieiie
~ de la · 1\tter. Madam.e de
~
; Tofcanc- qt1i avoit v·eu la
! Mediterranée e11 allant en
lt~lie, fut h=~en-aife de voir·
l,Oceanl Mr de . Matignon l
ayatit apP.ris fan deifein,
envoya toute [a nuit rete~ ·
:nir des Matelots ~ afin.-de,
luy dop.ner le plaifir d·e l~-
?'~fç!~e~ ~ ~~ !ùite un gra11~
;K. i)
+
1I6 f;/fE,P~cvR~E~
R~gal. Cette Princetfe par;:
tit de Caën fuiv,ie de plu ..
fieurs Carroffes. Elle fit. Ces
devGtions à la Délivran-dc
av.ec:t1n_e pieté. exemplaire,
1 & apres-. y avoir lailfé des
marq_~1es. de fa libé.ralité;
elle {è rendit à la Coite de
Bernieres , .. 011 non,. feule-
1nent to-utes les P.erfonnes
de qualité. de la Ville_· €f..
toicnt vcnües. en. fC?ule,
tnais mefme les plu-s G.onfidérables
de cinq"' à. fix .. .lieües
aux environs. D' abor·d M~
~ - .
cle M~rignon.luy donna . l~
clivertiffemen,t. de . lal?efche ~ -. . . " .
~- ~ Tf ~;· N. . T '
~~-~~~ LNJ.f\ • n7· • 4 fâns qu~ elle dc;fce.ndifr di1
C:arroife;. en (uite dequoy·
elle monta;. dahs la: Galère
qui·1 Lly. a voi•t· · eJ.J1le.I pre'p areeI :,.
Le temps s'eftoit tenu couvert
tout le n1acin; & il~s· ef--
toit mefme éle,1é un vèn c·
qui· fembloit s,_oppofer au
p laifir de-. 1-a promenade
qu'on avoir crû. lu.y f.aire
prendre fu.r Mer&~ .
· J'vf di4 fi .. tofiqu·e cette P-Tinceffo~-Eut
mu le pied.dans fan Bateau,
On cufi.~dit·que NeptfJ.ne &tous'
.les Diettx del" Fdu
S·e-fuffent.empr~ffez~ luy faire ,dr-
. reffe-~ -
 · J' e.n1)y. f.Un.dè' J,:i autre &~Tri IOTJS
6~ zéphir.s
118 ER~ {:\/RE ...
Voulurent tour-J .. tour farvir à flJ
piai(i1s..
Les TritonJ appaifant les v .. ~gues
+ , mutznees,
N c lat_/fèrent ptus voir qu• sn pai ..
ji6le o-_rfial.,
Et de ce ca/mc general
Les Néreide1 étonnées
Par mille & mi De honds ;' Clanfanl
far l e:s f/OtJ,
r outur:cnt voir t1 ()/;jet qui &au fait
te repos.
~-g
Z ors qu-e V énll4 fartit del' onde
,ZJ r;.ur 11enir rtcevoir ies voet1JC de·
. tottt le monde,
Si Ncptu'IU & [c_1 Deïte~
Adorerent J, é&lat de fts rares /,.eau~
.•, tez,
On peut Jirr qtte cette Reyne,
( ~y11:ae Ja M e.re de t!# Amour)
..
G.i\LANT·. 119
Ne .rtfeUt p4.1 dans ce 6eau jour
Yn hommage Ji grand, une gloire
Ji pleine.
Les Tritons f'avi4 de Id voir,,
Luy re11direat 111.elqtte de!c;pir,
Et po-11-r bon orer fa n;:z~!fànce,
Luy mtirquerent leur juye & leur·
obe'zffence.
~~
ll1 ais~fi· tofi q11.e le Dieu qsi p-rijide
J la k[er ·
Yit briller cette· IUujlre & Royale
PrinceffeJ
· Les Cieux1 les Vcn-ts, lts Flots-,.
& ,,.Air,
Firent gloire de rendre hommage·
à Son Alte_ffe •
.L' Aflr~ mefme d,14 Joa·r dt1at ùn
. n11.rge o/Jfa·ur
Avoit tou-t le matin ejflifqué ~
Jsmzi e r~-,, ~ ...
12·0 ~ -EJF~c ~ 1RE-
.Et. tenu jaJrqu· ator5 la clarté .. pri.~
fanniere-, ~
Rendit en ce momcnt'le Ciel.calme>
&t•Atr pur,
Rt pour mieux jignaler· cette· ptJm<Q
peufe F ejle; _
De· fa s pl111 beau~ raJ'Onf iJ toiJ.;..
ronna fa tcfte~.
La Galere où Son· .t4.. .. R.~
entra.,_ avoit cité -préparée
avec· trop~de pré·cipiration,
pour eftre aufii~ fuperbe
que. Mr de Mâtigno.n 1~·al1-
r.oit f oul1air.ée. Elle efl:ait
neantn1oins· fore· pioprea
·Les Ro.fes, le 1afn1in,_& la
lfleur-d~Or~nge , _ dOn·r_ o~
av Oit· e,u foin de l: ornerj
re1)a~~1nt
\~·A~ A N~r -. u~ k11~ - _ • 1°21
re·parant e·.n -quelque forte
le defau.t de.s dorures, y fai~
fuient _par leur odeur & . par
leur .agreable .confufio11~
l '.effet du m.011de le plt1s
6"alant. uatre petits Cu-. 0 -
.pidons lu y .fervoie11t. de
·Guides, & trente Matelots
veflt:ts à l'I11dienne en eC.
toient les Ra111eurs, auili-.
bien que de la Barque à
laquelle cette Galere efl:olt
attacl1ée , & qt1, on avait
pare1lle1nent enricl1ie de
Feftons, de Cot1ronnes de
Fleurs & d!J Ar111oiries. Tou~
r-es les autres cfloient 1noin~
Juillet~ L ·
122 ~JfEJRCVRE
cr11ées, mais la beauté des
Dames qtt 'elles portoienc
fupléoit agreableme11t à ce
defaur. o~ alla plus d't1ne
~ieüe en Mer, & il ne fe peut
rien de 1nieux concerté que
le fL1t cette petite Flote de
- .. ,
tre11te - cinq a quarante
.Vaiilèaux. L'ordre en ef- .
_,toit auffi jufre qt1e galant.
Q11 y chanta, on y fûûpira
111efme (car ll Amour ell de
routes les parties) & par ...
111y les Voix & les foûpirsj
les Violoris, les Haucbo:s
& ph1fieurs autres Infl:rutne11s
trouvere11t lei1r place~
_ G/~I~ANT. ~z~
~uand on fe ferait einbarq
ué pour un Voyage do
long cours , les Matelot!·
n 'e11ifent pas fait pltts de
voeux. Leurs Chanf ons,,
toutes groteG ues & cham-
Eeilres qu, e les efioienr.
furen_t un. f ujet de plaifir.
~pour la Princeffe. On fit
\tne ef pece de petit Corn-:
bat naval, & on tira tant
de coups de Moufquet e11
la fal üant quand elle paf-.
f oit devant quelqt1e Barque,
que leur brt1ir attira
deu~ Capres d,Ofiende qt1i
efro1ent en Mer, & qui de-
L ij
-r~-i'Î 1{ n f~·v ;} ?!7 ~24 1 '\J.~ f,._,.-i r~ ~~l 3;-. ...~uJ
pL1is d~111c j-ours avoien:t·fait
· quelqu.e \brîga11dage fur la
ÇQfte. /01i. ·craignait que
Sqn A. R. ·n~en fut alarmée;
' -~ mais cette ge11ereu{e Amazone
loi1~ de rie.ij. apprél1e
nder, . donna, ordre qu~-0n
S'a.v;inç~fl; po.l~r r.econnoiftre
lt11 de ces Capres qui
a voit gagné le vent, & qui
s) e froit ap.procl1é de cette
l)eti_çc Flote.. Il ·efioit. mont~
de qu.atre _Piec~s de Cano11;
J.11ais!Oix que .Je nombre
des Va-ilfeaux, ou celuy
des Cavaliers & des ·.Carroffes
qui efl:oient fur lfl
''
.,M·1 ~ -r· #.. "h. "'{ ""°l"...; UA l.H1l'\i~ 1 • 12)
gréVe luy fi!l peur~ [oit que.
le refpeér qu J impriment
le~ Per·fonnes du pren1ier
rang I,obligeafl: à fe retirer,
il s' éloio-na aaOEtoll, & laif- . ~
fa laPrinceffe en riberré de . - re -venir délaifer dans la
MaifonoùMrde Matigno11
luy a:voit fait préparer tl.t1
Régal auOE délicat qt1e gad.
1~1nt & in·agnifiqt1e. I /Aparte111e11
t defiiné pot1r ce
Rep~s, e.floit i1n S-allon· .
Où le la(min1 /dJi/e1trdJOranJ/"t· ~ . . 0 ,
Et ~1i!ltfortes d.~a·utre s Fleurs,
Par la divrrjitC· dé leurs do:;ct')·
odeurs - ' L iij
126 MERCVRE,
Jin foifoient admirer t =' agrea6lc
mélange.
~~
R!!_oy qu' 4tJ. bord de la Mer" on.~ en
vBit point ai!leurJ
Pne Ji charmante abondance,
Et les P arterreJ dt! Pr1vence
·}{ c font point émaille~ Je Ji vive1
couleurs.
Ce Sallon, pour avoir ellé
~préparé fort à I~ hafre, ne
laiffoit pas d' efrre enricl1y
àes Meubles les plus prétieux
que r~on puiffe voir
chez les Princes 111efi11es.
Pour en 1natquer la fon1-
ptuofité, c, efl: affez de dire
.que le Buf!'et eftoit garny
r; ~ I ~ ?J~! ~ . ,..., ~~~ ri_-,. .1~ ~~ •.•,, __..t. ...- \ _~,_ _ - ..,, ~ ~~ - . I 2 .1
J d 'u11e infi11ité de Bafli11s,
de Luilres ~ de Fla1n·bea11x, 1
& de Vafes de vermeil doré.
uoy qu,ils fuffe11t d'un~
pefanreur incro.}'able , l-e
travail en furpaff oit e·ncor la
ricl1eife, tant ils effoient cizelez
déiicate111c11t. La. Ta.-pilferie
re11ref e11roit l 1 cm--
barque 1ne11t d'u ~1e Reyn.e,
& avoir un agreable ra.po14t
avec cell1y que la Princeffe
venoit de faire. Les Fefions
& les Couro11nes de Lys
fufpenduës au la111bris, aahevoient
d 'c1nbellir ·ce
Lieu, dont les Ecl1os retel1-
L iiij
i28 EJRCVRE
tirent pendant tout le Re~
pas d.u b~uit des ·violons- &
.d J autres Inllruinens , qt1i
par leur éloigne1nent proM
portionné··ne faiiOient qu~_
,·autant de brttit qu,il en fal~
loi t po11r char111er douce~
. ment les oreilles; & afin
qt1~il n.e ffidnq_t1ail: rien de
tol1t ce qui peut flaEer le.s
fe11sl! l\i1acl~1111e· la D.ucl-ie fîe
-d-e Tofcan,e eiloit aili-fe e11-
.
tre deux Orangers &t-lev~ant
la pri11cip~1le Allée du Jardi11,
dont le·s deu~ coft.ez
eiîoienr 11arcille1n·ent garnis.
d ·o.ra11gers tous cl1as>
~ ~ ·~.. ~N~T ~r \;], j~_J ... ~.i~ -. 129:
Cette Allée. about1!fo1t a
une Peripeél:ive,. au". devant
nus t1rec fur celle de P1 .. a-;
xite le qui eft. à Flo·rence
dans le P~ilai-s du G:1iancl
Duc, & des deux caftez il
y avoit de petits Dédales ..
otl- l lOn~ pourroit fe .perdre.
plus· ag-reablernent que
da11s cel11y d' otl A.ria ne tira.
· Tl1efée~ 1vf:ais fi la beauté
de ce J~1rcl~n a voit deq uoy·
arrefler les yeu·x vin O"t'
~ quatre Baflills de Gibier·
e.Il Pyra1ni.deS:y. les Melons;.;
I
1t.r_ If. ~ n ,.t1""'"1 T"~ r.1 Ijo ~rvi~JKt~~ l<~c
les Poifes, les Abricots, &
dix-huit autres Baffi11s de, ~
Confitures & . de Fruits les
plus rares, fervis avec au"4
tant d :t abondance qt1e de
propreté, furprire11t celle-
1nent l,Illufire Princeife à
q1li Mr de Matignon donnait
ce Régal,tl]_ Lt' elle avoüa
qu~à l'exceptio11 delaTable
de Sa Majeil:é , elle n'en
• • • avo1t Jamais veu aucune
fervie ny fi magnifique-
1nent, n y avec tant de déJicateiTe.
Apres ce Repas,
Son A. R. alla goûter le
frais du Jardin. On prit ~~
t}f\L;\1'1~r. 1rr
ten1ps pour faire inanger
la Compagnie, & l'on peut
dire que cette feconde Ta ....
ble qui·efioit de quarante
couverts, ne fut pas fervie
avec moins de magnifi_.
!:ence que la pre1niereo
Mr de Matignon. qui en
faifoit les honneurs, n' ou~
blia rien pour régaler à fon
ordinaire ceux qui y prirent
place, a> eft à dire avec
une profnfion f urprenante
àes 1Rets les plus. délicats,
de Vins, de Liqtteurs, & de
rafraîchiffe111ens de routes
f ~rtes. Cependant Ma~
"*· l{P n· 5~1yR~ ~ I j 2 i v :t._ ~~~ K~---2t ~3' r..J
dame· d;e T ofcane accom·~
pa~gnéc de f~s Dam es,_. de
Monfteur de Bayeu_x, & de
M:_-de Mêl1and lntendan-t
de la Gcnéfaliré dC Gaën)
fe promen-oit dans les. Al ..
lées du Ja1xd=in dont elle admira
les Parterres, les Pa.~
liiTades., les Orangers, les
Corn partimens,les Dédales
& les·- -Statti-ës t· & voyant
qu>il fe·faifoit rar-d-, elle relllonta
en Carroife, & revint-
à· Caën. Oni ti~ra le fûir
<quantité de Fufées v.olantcs
fous fes -F·eneilres, &·.e Ile. en
~e~;eu t :. d' at1tant p lt1s i1e fa.~
G/\~LA~~~f .. ··153
tisfaéèio11, que la -Lune qui
efloit .alors dans fO.n plein,
co1Timença à fe cacl1er[ou·.s
un· nuage, d'où eli.ene fortit
qu,apres tout- ce cliver:
.tiifemen t.
Si le SPleil officicu~t:,
roulant fa'V.orifor Son Alteffe_
Royale, .
D4nJ cette Fefic fins égale"
D.c fas /'itJS pur; rayons a voit doré
les Ct'eu ..' <;
La Lune fa cachant fous nn flhfcsr
.nuage,
l"ualut par cc re_.fPeél luy~re.ndre
.cet hommaL'\e'"
Cette Déeffe de la Nuit,
F avqr~{dnt t 'é:cltzt & l' ~igreablt
6rttit
,,,.
.......... ucmil/e SeTpcnteaux répandoien~
dans la nué,
Aima mieux fc priver du plaifi1 d~
/a 1/QlT,
f2!!.e de tro11hler11n fi Oeau fair,
Et que d 'eiz empefther td- '1Jtllii1
I'
~g
' . Se farvânt dei , ()Ctttfisn ~~
'I e ne ffay Ji pot4r lors cette Reyne dé.
l,Om6rc
A Ha trouver fan cher Enàimion;
M diJ enfin tt e/J vray q11e t' airpa~
r'li t t r es -fa m f; r e,
~e peTJdant ccttetJ~(éuritE,
Mille Feux d 'artijfcc ayantporll
/,1 guerre
.Aux A 1'ire1 dont la nuit emprunt~
fa cl(-1.rté)
CeJ feux famhloie!Jt ne rttom/;cr_
en terre,
.. ~ ~ "f ~ "1~ 1 ~~.,
(;y..I _t\_ ~ }·~ i ~ l • , I j)
f4!_e pour y rencontre1 un trcpM
glorieux
Anx'pieds de SonAlte/fe,6 mourir
à:fls ycnx.
Le lendemain cette gran~
de Princeffe ayant eu la
bonté d'aller rendre vifice
à Madame de. ·Caën, elle y
fut reçeuë & régalée avec
toute 1' abondance de Gi- .
hier, de Fruits, & de Confitures
que l)on pet1t slima--
gi11er. t1oy que cette lll11il:
re Abbeflè tù.il: malade,
elle ne laiOE1. pas de· donner
fes ordres fi à propos,
que rien 11e 1nanqua de
Ij6 iv1E. RCV. RE ~ .
tout ce qui pouvort contrt-a
bu.er à rendre ce ·Repas d.es
plus inagnifique.s.
Voila,Madame, de quelle
maniere o.n a tâc-hé de di ..
v-ertir ~1adame la,Duchefiè
deTokan.e pendant lep-eu
,de ·fejour qu~elle a fait à
Caën. . uelqt1es cl1ar1nes
que puiffenr avoi_r -les plu.s
beaux Lieu·x, . ils ne font
particu1ierement ·~grea b les
que par la préfence de ce
~q11i plaiil. Ces Paroles -qu·e
Mr des Fontaines a tnifes
en Air, en fo·nt .foy.
- --..... ---iI:t:: :.1(:1: __ }:1 + ~:-.r:1::1~3.~t::t.=:P. ~]f -1 !+ 1. .! _ 4 __ ,:-:: t:: _ _.. __ ! . "i:;i~;a:~:-()/=:r:::i:-: --:t--T°li
i:t:5::~A::r..:-=~ ·=t:.c::v.~=::+-- .:i;_! ---ii--~-~I =L ~'J~~i:J~:~~ ~j~t:~ti:,~ij1-~-~~n=1 -3 :~}:::-0:::trj=
Gi:eables ruiffeaux, & vous Combres forclls, Cdfcz de n1'é~a1cr VGtl:re charme or-dinai- re, Iris n'efl: point i-
. 6 4 :ît 6 6 G·Î% r:. 7 G 7 G *5 .··· ·, 6 ç §' -: . ~:ri-1 l:-•-1---t-- ,··t-, ·-, ----- 1 --1 -;---· ' -- - *-5----1-:---1 ~--- 3~j·.--~-fjj;-·-•-ï--~-·--4----i---1-·~---4----:q:- 1-----·+ ' 1
--::
-w =--t j-:.. î: ::j::_ -=-r1~:3:~-1,;J_:?~r·--~ ::~:t=:E_1=:=-1-==~=== ~=1:::::j ·:~j3~2 =l=:___~:::;t
..W. -~4~ . J ,;-
c y, vous eil:es fans attraits, ElLil rie!J. qui loin d'elle à 111es yeux puiife plai- 1 re? re?
, ~ , ' X , . __ ,,i. - ... 6 -i- - 7 *- IYl
tK."i o ' . . - iti. 3 ' ., 1 • ~ ' 7!G t ~ r t -s~ , -'111 -1-.. =r.·-·---~-·- .. ~ _· -:-. -t --1--.1 --· 1·-1~----,-----~ ---·· _ ~~~-1·-- ... _.... .
1
'~*---·-1·~-~ ·-1---i~- -· - -~--- - 1 --;----t ·-i--r.-.-- <>-î-1~- - ·-~---!- ~.- __,. ~-., .. -~ -..---.- \1 ~:t··j·-1--:-- ·j-::1-- -- ___ ,,_,_. ___ ,_ .+ -- -- ..... --- . ---- --- - ---- -- --i--:---"'- ,,~--'11--~ - -· --ï -- i -,.--- ---·- '1 -!------------------- -~ --j-·.--- --i --1-; - --
_,,____J./1:1_ --- - -~ ~ --~ -----.l -- ~- - - ----~-- ' -l--
h.\- '--- __,
i=;:i:t_,__ +:î:i:1:1:;:i:1:1=tt1+~-=!.t~l. --~-.!=':;*1~1 :~:=1 :· tJ<=___î ~:.'i-~1:~~f-~t=i .: 3.:.~ë::zi::~:t:j:~ Al.·--11-:_U-:I= -.- - -· ---b-j-- --- ·---1-- o<-·t-- --b- · J· -· :_r;-~-f.;· j: .=t -- ·--. ... - ---1 - - - - ... _ - -· - ... - 01-------· •• • • ---- ·- -· - .. -. 1 - --\J-- ... _
Sous '!'OS ombrages verds fi _j'aime' :l. m'égarer, - Ce n'e!l: que pour cacher mes foüpirs & nies lar- mes; He-
- - · - 6 ( * ~--'J-~ J( :, ~ G l G u 4 8e ·j-
-~--:·i·-= :r--- ' -·-::-J------1-·i~-!- -~--,--- -- t.----·~-4'16*'-jkf--'- --' -;-:t-· -1---.;~ ~~~=x'.t=~::$:~1::Jc~:',I?~~··~::t= l~t.=l:f • t~t~i:lJ1.t:J:.t:=::.~=
~ ~ ~· .. .. - . -G'A ..............,,1,\~ • i·~7--
A I-R·- N:o UVEA U-.· .
.
'

~\Gred~leJ-- Ruiffeaax , .. & Vtll!
~fomhrti-F orejJJ~ . .
èeffe,de m, étaler v11j!rc·- charmeurdi1iaire,
.
.lTid· n11 cjl- point- icy, ·vous efles fa'11
.. attrazts1 ..
:E.jf .. il rien.q1'i loin d' eUc-: à mes ye11x.
puijfè plaire?. _,- .: .
Sous vo5 om:bYages 'fJeYts fi j~ainic ,t·
' i ~ eg,arer, .
Ce- n, eft que pour cachcrmes faûp,irs·-
. & mes larmes,... ';,
Heladt fi.fis 6e:a#X yeu_x 71eas pou;. :
voie"nt é(/direr;.,, _
_4,ûe je (èroiJ hczereux! qtte vous AU-·
rie~:.de-&bdrmes!-.: - '·
-
..
·M-effire. · .A'u· g·u·~·e ~ P.11 i1i-_ ~
.:tuillet,. M~
• ••• -- 1 1 .. . - .: - " -. • "• • • r
1 ... . •
1 : 1
1 -..... .. . . ..- '
'
.. . ~ · . ·-,- ~
.. . ..
' ~
r • :
'
'
' 1(
~ ~-
""..),( .... ~~p ' t.~.t •
~ - .... .· , ~
-
-~
-
. . ._.,,,..
•. 1.. .'. .
. • _. ~ · rtt• .• -_. 1
' '.- ,,.
~· ....
'
,_
• 1 r"
.1•.-;·.._ ·-
, ..& --"
J' • . . \
~- .. -.. .-"'l .·. .. ...,,.~. ...... .
·,-r~ ..
;..;i ' ... . .: .. ~ - ~·
·..:.
.... ..
-~·..
~~

138 l't1ERc:~vRE
bert Scàglia de Veri-üe,
Abbé de SL1ze & de Saint
Efrie 11 ne d 'Ivrée~ perpétuel
Co111111andataire de Sainte
Foy, Prieur & Seip-net1r d.e
Conzieu, &c. fic '-'i cv [on I
Entrée le 3. de ce Mois en
qualité d~ A111 batfadeur de
. Son A. R. de Savoye. Co1n-
1n~e il paroiffoit fous le plus
grand Prince que la France
ait encor eu, il ne VOltlut
rien épargner 11our rendre
cette Entrée des rlus ma-gnifiques_
Monficur le Ma ..
Eefcl1al Duc de la Feüillade
~cco1npagné de Mr de Bo11~
~ G AI~JJ 1~.1~~lT. 159
neüil Introduéteur des Ani~.-"
baffadeurs, l' alla prendre à
PicpUS-4v~c les Carroffes de
Leurs ~1ajeflcz, & le conduiG~
en fo11 Hoftcl fuivy
d)un tres~beau Corregc. Il
y avoir un _fart grand nombre
de Gen tilsl10111mes à
cheval, outre une quantité
de Cat·rotfes à Gx Cl1·evattx·
q.ui efroicnt allez à fa renoq
contrelJ Mr l'An1baffad·eur
en avait trois d'une ricl1ef-. 1 fe admirable. Toute fa Li.,
vrée efl:oit fuperbe, & il ne
fe peut rien adjoûter à la
~nagnifi~~~'!~ -~e f on Train~
M ij
II-~ ~ (~1~~ r~~ . F. .. ' 4 ~ ..-,.,.--~ ::._; ~ -~ • 14 0 •'/ j. ...-J !i!h. ~ .,J w ft"k.. ~
il Ce no111de Scaglia-n>eft·pas
.. ,; un no1n.1nconu pour noL1s,
pt1 is que l\i1_effire Pl1ilibert~
l1erard Scaglia , Con1te
de \l errüe, Bifayeul de ceca
1Uy dont je vous- parle,. fut
envoyé pour traiter le Mariage
de M.adame Cl1riàine
'-. de France avec ViétorA1n.edée_
Duc_ d~ S_avoye. Il eut
l> a·van-rage de le c·oncl11re;r
&-a pres· s~ eil:re acquis-.bcaucot1
p- de. gloire pa.r la prμ~
dence: qt11' il fir .. paroifl:re.
dans tout le cou-rs de cette
ni~gotiation , il mo-urut ~.
Paris cp,1619,.? Il eftoit C.l1c~.-
r.·11~ fl I ~ li,_~
-:i.· -:. -(" .. , _j < ,. I:a • .
~ .......... ....- .,....:.: ~ ~,... ....,.. .-L... ~ . ...
~·-. ~· ;..-;~ ~~~ ~ ~~i:: 14. r:
valicr de l)Ordre de l'.An~ _
i1onciade , _ Confèillcr d~E-·
tat & Grand-Mai!lre de la.
1v1'a ifo n de Savoyeo-
M e flire Au gufte M·an.fi~oyl-
Scag lia fan.Fils, liiy· fucc.eda
dans cette A111baffade,. &
eti foûrint l'honncu·r· avec
gran·d éclat. Il efl:oit Comte
de Verrüe, Marquis de Calufe,
Tronzan, Mofto, Bioglio,&
c-~ Chevalier de 13·0 r-dre.
de·· l, Annl>n-ciade, General.
de l'Infante-rie, Confeiller
& Pre~micr Minitlrè.
d>Etàr-de S .. A.R. Co1nman~
de.tir_ & Cl1evalier Grand-- . ...
J 42 iv1E P~ C'IR E.
Croix de la Rcligio11 de
S. Maurice & Lazare , &
Meîl:re de Can1p Ge11eral
des Ar111ées de Fr a11ce en
Itali~, -
Ce 111e{Î11e Employ fut
d011né à MeffireAléxailder
Scaglia fon Frere. Il efi:oit
Co11feiller d~Etar, & Abbé
de Mandanices ei1 Sicile,
de Suze , de Staffarde , &
de Selva. Il commença dés
l'âge de 2,2.. ans à faire l'An1-
bafrade _d e Rom@, .& fut en
fuite envoyé en France., en
, Angleterre, & en Ef pag11ee
Il ine refte encor à vous
- ·' -~ • ..- .,..J
~~ !i L .~ 11"-~ T %~~ j--\ 114-1 -ii~ " 14 j
parler de Meffire Pl1ilibert
Scaglia de Verrll.e, Fils àu
Co111te A11gufl:e 11anfroy,
Abbé de Suze & de Selva,
l\1ini{lre & Confeiller d'Etat
de S. A. R. de Sav~oye~
Ce fut lt1y qui darts le te1n11s
de fon An1baffade 111énagea
les chofes avec une
cond11ire ad111irable, difpofa
la Fra11ce à la refiitutio11
pref que e11.tiere de toutes
les Places que nOus occupions
dans le Pién1ont
depuis les Gt1erres Civiles
des Princes de cette Mai-
!on.. Vous vo )rez 1--.ar là,
T44 ~ i E"~R <:: •. ·p~ E'
· M-adatne ,._ qμe Mr 1, Abbé
Scaglia qμi · vie nt de f{.i.ire
• ,... / J1. 1 111 1cy ion· Entree, e1{ ·.e c1n-
CJ.uiém.e · de cette- Fan1ille
que nous'· ayons veu paroiftre
avec le caraltere·
d'A1nbaffa.deur .. Il- ne fal~
lOit · _pas fà11s ··- d·oute un
llloins Illuft·re S'uccetfeur.
que luy.- à: . tant de~ Gran,ds.
H·emmes.-.
_, I .. ' . J a y commence. a v·ous
parler d·ans ina Le:t·tre da
Mois deJ Mar d~une Fe·fre
qui fe·: fait . tous· . les .. ans à.
Montpellier pottr un P,er~
.~:q\le~t qμi .s',.y doit: abatre
' a·
·---
. . GP1LANT. 145
i à coups de Flécl1es. Je vous
· en ay 1narqué les cerémonies,
&: je puis vous ap-
. prendre aujourd, l1uy la
fù.ite que ce galant Combatd'adrcffea
euëcerteannée.
Je ne fç:;a.y fi je vous
ay dit que pour en-e1nporter
le prix, il n, eft pas neceffaire
de jetter le Perro-
.. .. uet tout entier par terre.~
l faut feulen1ent en faire
to1nb.er ·la derniere piece
qui refte au bo11 t de la perche,
& celuy qui en peut
venir à bout eft le Roy,
quoy qt1' il n'ait pas fait
Juillet. N
14~6 ME; F~ CVR E
ço1n.b~-r i;ot1tes les autres~
Ce .fut par cette derniere
piece abatuë qu1u.n 1'o.uveau
Roy . terti1ip.a l~ .F.efi.e
~l.y a deu~_inois. Ap:res qu:_il
eut re~eu les c.ompli1uens
de .fes AniiS & de toute .la • - 1 -
T.roupe des Arch_ers ~ il
donrla .à cl:iaque Officier
t;i~s Ec_harp,es _.gar~ies d:une
Dentelle .or .& arg~nt, &
det1x autres pour 1 s faire.
tirer au blanc. ~ · · a fait,
ta Us les .A r..c. l1ers J.~ accom- . . . • "l ....
pagnerent cl1e.z llly, & on
ren1it au-D~n1a.nclJ.e fuivapt
lCs honneu.rs q"1i luy e~
• r(iWt · r<!; 'f A 1t1 ~ 1~ -. . Ji"'\ t~n.1~ . 147
tQient de.ûs. Cependant .
on dreff a u.n gr an cl & f U- -
per.be Arc ~e . Trio111pJ1edevant
.fa M_, a1fon. Les ad- .
iniribles ~e-ffets de l'.A111our,
Dieu de cette Fe-ile~., _y e~C. -
toient re11refentez aux qua ..
tre coias _par autant d'.E1nblên1es.
D' t:1n cofl:é on.
voyait un Atnour frapa11t
fi1r den~ c.oeurs 'qu , il -tâ~,
cl1oit dê joindre.. Ces pa ....
roles Italiennes luy fer~
voien~ d '_aine, Co~ l te-mpo_
De l autr-e on voyait cc
mef me Dieu fiapa11t fur ua·
Fer tout rouge qui fortoit:
N ij
,
148 ïs~1EJF~CVRE
d."une FOrge, avec ces au~·
tre·s paroles , Se non Ardt,
no.n Ji piega. Dans l'un des
de.ux autres coins eftoit re ..
prefenré un Soleil dardant
fes rayons -fu·~· un Miroir
a.rdent qu-i les reflecli.iffoit
·fur un~ l'ourne-·fol, avec ces
Jnt1rs _Eipag11ols-, Muero
/1r:Jrqu·e wl'e ;nira1 ; & dans
le der11ier 011 re111arauoit j_
un CupidoI1 décocli·a:i1t une
Flécl1e contre un ·Cttur élc\
ré fctr 1111e per(:l1e. Ces
paroles eftoie11t a11 d-effous,
.!:t t>ai:t-r~y roft ou tiird. Les
.ii\rmes. de France avec u11
G}~ r 1i:.~Nî·r T · '"\_-LNJ r~l . ~ • 149
n.01nbre infinw ~dé ar,an.des . .il t3 ) .
F l~urs de· Lys -d~o.iée.s fai~- . ~ " . - J) r • • • - • - .....
foie1:tt · .1., 01:net.;t1?~n~t·} l-l:L~ l1atit.
de c,e:Ç!.Ârç .. j E~~~- ~lç :j9qç
defii11é. ·a·u. .T rio.n1-pl1~ du
nouveau Roy ~efra~nt v-en,u,
tous .les Archers fe re1i:di- . . -
. • - • . - - -Î
rent au Fo!fé. Les · Da111es - ' .
y (ure11t ré-galées d~L1ne _.n1.a~
gni6que Collation .da11s
une ChamPre voûtée !qui
cft au bou.t, & apres qu;,el~.
les fe ft1.re11t retirées, l~
nouveau Rôy fortit du Fo-ffé,
& s"alla promener par
toute la Ville au bruit des "lt~ ~
lnftrume_ns que je VOU$
N iij
Jnarquay· la derniere fois\t
.11~ elloit a·u 1nilieu d-u Ca~
·pitalne & dU Lieutenant,
& a voit à- fa~ f uit'e le Roy
de l 3·année derniere. Le
beatt S·exe q·ui s, eft!oit placé
aux Fene-ftrès pou~- le voir
paîfer plUs- co1n111odemenr,
ne fut pas 1noins fatisfait
d~ fa bonri.e i11in·e-, que de
la ricl-ieife de fon Habit~
-On-n·' e11 a\roit l~Oi11t encor
veu ny de plus· :nagnifiq11e
ny de plus gala·nt. 11 t)ortoit
t1ne Toq·ue de velo11rs
:noir bordee .. de Perles. le
Cordon, efl:oit · de d e.u~
..
G fi T A ~-l~f . 8~L,,r?._1 "I~~ • l)I
tours; aufi1 de l} erf C's, · in ais
fines & groffes ,.- entre léf:.
quelles- il y avoir· de t!esi
Oelles En1eraudes d, ef pace
en efpace~- Le revers de la
Toque eltoit:ertricliy· Gl,,One
grande Ro[e de Dia111ans;
avec· une groffe Perle eri
p~ire ; le to11r--- om brag~
d'une Aigrere · b~Janciî.e, &
cle q·u,tntité dè Plu1nes d'e
inefine cot1leur. Il avoit
• A I ' a1oute a ces· or11e111ens u11e
Cl1aî11e ~'oe qui lt1y Fe11~
d·oit en écharpe. -u 11e can~
ne d, Ind·e garnie d·~un.e
groflè P·6mme· d'argent
N fiij. . ;
'-"- ({ E î~ .i-',...1 ~ ., ~~r. E ~~ ~ 'i - _.?" ~ -z.. ~ S. .. r 1 1)2 1 (/ .v-J n .. n.r V ..l~~ . N
doré, luy fervoit d,.appuy~;
Le Perroquet, comme le
principal orne1nent du
Tr.io1nphe_, e!l:oic porté de~
vant luy fur une p.ercl1e à
laquelle on avait attacl1é
l'Arc & la Fléc~1.e du Roy
qui l>avoit abat~u. Les Archers
f uivoien t dans le

mefm.e ordre qui avait -efrC
obferv.é au comméCe1nent
de la Fe1le. Apr.es qu,ils fe
furent ainfi pro1nenez, ils
.fe rendirent dans la Salle .
de l,Hoil:el de Ville, où l'on
-a accot11\ rumeI d. e ten11•. . 1e s .
Etats de laProvince. 0 11 y
1~ jÔ, 1 fi; 1\ ~ 1"? ~ ~ ~jJ 1~1 ~ ~ 1,1 _
avoit préparé un magnffi._
que Feftin par les ordres
du nouveau Roy qui donna
en fuite le Bal aux Datnes . ..
Les plus belles Perfonnes
de Montpellier en fL1renc
priées. On danfa longre1nps,
& le Bal efiant finy,
tous les Archers allerrint
conduire le Roy dans fa
Maifon. Le re!le de la nuit
fe paffa en Seré11ades que
les Arcl1ers Arnans eurent
foin de do11ner à leurs Maîtreffes.
Je ne puis n1, éloi(l"ner de
.L 0
Montpellier fans vous ap·- ·
.et ..
114 1\liERCVR~E
prendre une chof e aum
finguliere ciuefurpren_anre;
qu~ on a· veuë à; trois· lieües
de là,d·epuisquelques jouts~
Un Ap·otica ire hcr·b·orifànt
dans·· Ia Can1pagne, inii: le
pied ;{ùr des broulfaillcs qui
cacl1oient· un· Serpent des
pluS · inonfrrueux. Ce Sernenr-
fe fentân·r bTleffé-~ [e ~~ )
dreffa tout furieux, fit plu-
:ficUrs plis autour du Corps
de:}~ A·potiCaire, lè·mït l~ar
rerre, & le tint telre111enc
~efië, q t1e c, efloit fi.ir· de
ùy, {l des Bergeri·qui 11?·cr1
eil:oien t 1-:as· fort 1 oin , 11e
G1\L~t\!'1T~ 15;·
fulfent a·ccourus à Ces cris ...
I·ls tuerent le·· Serpent, &
clélivrerent ce tnalheureux
qui ei1 avoit-reç:eu plùfieurs.
ble!fures. Il· efl:oit extraoràinairemen
t enfIC du.venin.
qui s,e1t·oir-gliffé par toutes
les parties de fon· Corps·;.,
m·aiS dCux ou~ trois prifes--
d~ rhériaque qui . fe fait
à l,U 11iver!ité de Montpellier,
le re1nirent_ dans fon
premier état. C)n· fendit· le
Serpent. 1r·avoit trois oeufs
dans· fon ventre, & ce qui·
vous ft1rpL·endra, c'efl que.
fiir~ l'un de ces oeufs on ·a:.
1s-6 iv1ERCVRE
trouvé. fix mots mqnof y 1-
labes, rangez en colomne,
parfaireme11t difti~guez les
uns des autres, & fi bien ·- .
écries, qtt'un Peintre auroit
eu peine à les mieux marqt1er.
Ces inots font, f!U,pa,
re) m•,ne,pa. Vous ne dour.
ez pas q~~on ne travaille
à l 'envy à les ~xpliquer.
Cet oeuf a efré donné à
Mr le Car(linal de Bonzi1
t1ile conferve co111me une .
c o fe fore curieuf e.
1,es divers chaugen1ens
u1. arr1. v ent aux Vers a'
oye, ne feroient pas regar~
GALANT. 117
·~z avec moins d-· éconnen1en
t, fi . la chofe efioit
plus rare pour nous. Ils on·t
tOurny le fujet des v-ers qui
f uiven t, & je ne doute point
qu'ils ne [oient de vofrre
goufi: , par le j ufte ra p_ort
que vous y tro11verez entre
les peines que foufre un
An1ant, & le travail de ces
i11dttfrrieux Infeltes. Ce galant
0 uvrage qui efl: to111-
bé entre 1nes 111a i11s à l' inf~
eu de fun Autl-1eur efl: de
l\1r de Tc111plery. C' cll un
Ge11till101n1ne de la Ville
d'AjxJ qui paffe pou.r un des
1~8 -NIER(:VRE
~p1usl10.nneiles Hommes-dt
faiP rovince. Je ne vous dis
rie11 de fon E(prit_, yous .e-n
• pouvez 1u·ger :par _v.ou.s~
111e.fme. ·
A SYLVIE~
·sUR SES VERS A SOYE.
Orsque leJ dernier: Yr/rJ,
~~ ador116le s_yLvie,
J Cl!!_~ je fis far mes maux,
· · ---~ ne votlS to11cher.c11t p.u.,
J e}uray de ne faire aac.unJ Yet"J de
ma vie;
- - -
Mais les vtJjres-d-faye ont pour
m(Jy deJ app4d'
fl!!i m'en font re·veni.r t• envie 1
~oALt~NT. I)9'
~g
Ils -ont aveçqllc may tant de con-
1 for1nitC,
·1 ~e ie puis dire envcTi1é,
f f2i_!ts font de mQ.n, .amour la v.i.;.
;. vante pe intt.11.:e.
i : On voit muer ces Ani111aux,
'
~ ·~_iprennentde .. nouveUes peaux;
Z es .. trueis tottrmenJque ;·_endure>
Pttr vo111 d touJ memenJ change~
en de nouveaux,
Sont d'une femblAble natare.
~~
Comme ce1 petitJ Vers f f grirnpe
dans.les Boi4,
1 e me route far la verdtt.re.,
Je paffe le jourquel1gefoi1
.Autour d' u11e6r()11ffeill e o6fcure;
Et làpourfaireun Vers enti.cr_,,
C'Ôme eux je 6arbo:üiUe nn papier
S11ns 'ftnu.voir rencontrer ny 1ime ny
mefarc;
160 tERC RE
Enfin moznJ qu~ 1JOJ Vers je p1ens d1_
nourrztu1e, ·
Mais hela-.1 ! ft ·pour moy flfJltS 11~
. · vDuLez chd11ger,
Comme eux ;e perdraylemangcr.
~g
Ils filent de la fayt, _&je.file rne
vr-e
P iuS dir,ne miDe fois de pitié que
d'envie,
M()nmai eft tel, que;cn'enpttil
) . guerir .
.c fimme ceJ V 1rs aifle ~ je m" en vai~
difpdraiflrc;
M a;s jt'la ,haleur les fait naître;.
Yoftrefroide11r me fait moarir.
~~
.L orJ que t• on l cf! fo~mls du~ fttY
d' irne in humazne,
Ces petits lnfeEies r11mpan1,
G A.LJJ:\ NVNr·.~ - i6r
\ . En_(cignent a totl.4 ~ts Amans,
~~onne doit point ropre_fat chaine,.
sz.tojl qu'ils ont ba jly leur pialfan ..
te ma~fôn, . ~
Ils y pafferit leMr triJle v1t,
Et m•r:1pprennent par là, trop char-eo
'nante S,ylvie,
Qu'zifoutmourirdll; ma prifanb
~~ '
R!!_oy qat pourvozr m-:t. peine ter~
• I minee,
Regl11nt fare~Rx ma dejlinée,
D.:1.ns te T1mbeau je doive m'en ...
firm~r,
A vos yeux raiy de paraiftre,
Je revit11dro:P·priflr .votu tt1imf r ~
Si cdme eux Ue pouvois renaijtre.
· ~~
c> tn efl trop, prene~/es plaifir1'
Dont un heureux Hymen pe11t &fJ~-.
hier vos àefirs~ ·-
JuiO et~ O
' . .... __......
.. ..
-.:- r

' ·-J
... ..
'"- . .
·.162··,. _, ~iER c·\~ . ;RE~.
.lit n~àttende\f!.44 dau.antag~.
L;e-temps d-~-~imtr pd/fi toûjuurJ, ,.
_ .E:t tandi:! que.Ji:tns un jtune.âge,·.
IJ ew s V trs VDfl4ji1C~f ôUvr age' ..
La r:/J il1ff!e f.t e vos-6idRX .jeurs~
'
A~utrcs -. Vèrs · fûr lâ ri~
gueur! d~une Belle. Je vous.
les eavoye notezs afin que
le plai{if de, -les lire pi1iffe
efirC· fuivy 1)0hlr.vous d.e .. ce~:
lù y. deJes chanter~- .
.
.'A· I.'R: . ·N· o·u_ VE A .U·:
L.E~ SoleiJ far;·n~s· -champs -trop
· Jongtemp1 arrtfté, !·
8'tchi.nos.F/eurJ., 'fnet-en cenriie no1
Piaints, ·. ,
1

:f: rnon ·dmc l ,..':,
~~ J:/-#f7)tr ejl dilns :le coeU'T' dé:ce-Ué
~ qtf i nr/ e'n fla me~ .
·1-
/,
·~
·1.. - .f... i _ 11 ·. y· a -environ· fi~. ans
il, qu~o11 établit une Manufa..:
i él::ure· .. de··. Gano11·s de· Fe.r
·~ d.ans qu-elqucs , Forges ~du
~Nivern·ois:·-On· choilit p·our

1 cela celles q~i font les pl~s
:, p rocl1es · d-e-· la ~V il-le f de Ne
·. vers &·· de· la-, Riviere de ~
: Loireo· -0 n~ en ·ef peroit :.pe11
; de-_ cl1ofe:·.,. _ pai-·ce! que;. leS
Mines dé cette Province
.....
0 - ij
~
. ~ •• •
. - .-.,
. .. _~; 1
' , -' _.
'.'. !
1· 6 4 -~r-::J n.r1~ r~~ 'R~ .. ~~ .. ~.A V r~
ne s 'efl:ant trouvées qtte
dtune bonté 111édiocre, .les
Canons de fo1'lte q t1i en
fortoicnt, ei1:oicnt incapables
de f oûtenir les éprel1 ..
ves que les Co111miiîaires
du Roy dei11ande11r pour
les recevoir. Deux Etrangers,
& un François de la
Province de Dauphiné, fe
préiè11terent il y a quelque
te1nps. Com111e ils fe vantoie.
nt de fupléer à ce qui
pouvoir manquer à ces ?v1i ..
nes, 1. 1 s 1r.e iro ."u m1· rcnt a' l' e'.s i
preuve qui en fut faite avec
beat1cou p de rigueur par
.
G1\L~ANT. iG)
Mr le Co1nll1iffaire du Clos .
• Tous les, Cano1is des Etra.n -
CTers creverent au premier
nais fL1rent feuls tirez trois
coups de fuite fans eftre endor11n1agez.
Ils n'en furent
pas qt1ires pour cet effay.
Mr du Clos qt1i ne pot1voit
croire ce qu)il voyait, fit ·
charger penda11t deux autres
jours les Canons Daupl1ins
avec le plus d'exaél:itutte
qu,l lt1y fut poflible;
mais il les trouva inébranlables,
jufquc- là que les
ayant fait tirer le troifi.éme
~ Â ~ -
I66 iz~lf J.Z F~ (~· f{_ E'
jour· vin c-. coup_s de. fuite
c,jl1ac-un·- ans· au·cun · rafi~·a1·~
chiffe-inenr (Ce qui -~Jlco11~~
llle incroyablè ·fi ·là cl1o!e
n 'eftoir·pu·bliqμ:e-)· ils fo1~~
frirent: cer··eifort ·coJTin1e les·
autres:· ap·resr quoy· il· fLit.
oblig·é- de dire qu'~.l-~n~y-·avoit
pOint de~.meilleurs ~â: -
nnns; &f ce qui -convfir1ne ·
entiere1nent··.la ·b.onté·d·e ce ·
st~cret; efl )q·ne· ces ·canuns
\ r- ..
.mefme poudre .. a···efie ·em:.:.
p~ôyéé jufqu> art nomb-14e "dê
vingr~un·; ayant·efté ton~
d-B.its à Breil p~our fervir: a.11x ·
f'; î-~ , ~ ~ "T·T -~~J t~ ;; . tJ.; ~N~ . 167-:: ..1_ ~ ~.1.A. ~ ?a.- _.i._ • .1
E·1nbarq?e111ens, .& les ·ca ... -
ayant· eprouvez~,, c·omn1e-·
s'ils ne -l~av·oie·n_tpoirit eil·ê;·._
ils les onr··tous-reççus; apres·:.
avoir fait c-réver p_ar< -lës ...
n1ef rries épreuves··Iâ p_lû.part·.
des autres Canons faits au~ -
p~rav·ant da-ns le N iV·erno-iS;~.
& q~i· ay-ant foûtenu/ les··.
épreuve·s· dé Ni~r du Clos, en·.
av-oient· ;efrê fi: fcirt .. ébran.:..
lèz, qujils ne p·ou v·olent p:lus -.
r·e fi frer à.. ces -fè "co n des. ·C "e ·.
brave Datiphinois 1i, appelle
Mr le Prieur Fro1nent& c3 efl:·
une P·erfàpne ·de ·n1érite, · & ·
168 1 tE.RCVREl
qui reile feul de cinq Freres,
qui font glorieufeme11t
:mores au f ervice de Sa Maj
eité, où ils fe font tous fi~
gnalez. Celuy-cy 1nefme,
ayant em braif é co111me eux
la profeffion des A~mcs, ne
s, en efi: retiré- qu' a_p~es des
bleifures confidérables. 011
r
' dit que d'autres Perfonnes
à, ef prit & de qualité viennent
dans la mef me Pro- • J
vince pour faire valoi1~ c.erre
Manufaél:t1re de Ca-nons le
plus qu,il fera poffible, &
qu~un Gentill1ôme de let1r
Co~pagnie _affure .qu J il a
· -.. ~ le
.... ..
GALANT. 169
le Secret d'une Poudre tre5~
exq ui[e pour la purification
des Mines de Fer.
· Il y a longten1ps -que ;e
Vous arrefte dans les For--
ge s. Vous vous accommoderiez
1nicux fans - doute
d'une promenade aux Tuileries.
c~ etl: un lieu de -ren ..
contres agreables, s1 il 11e
lf; efi: pas toûjours d,. A vanturcs
co11certées~ Une Dattle
cres - confidérable par
fon rang, inais beaucoup
plus par le n1érice de fà Perfonne,
s,y pron1enoit ces
derniers jours avec une
juiUet. P
1\1(-y"' R _r-1
1~ ,-. ~f'; ~'i ~- 7R .E , l u ._._ ~.-... J _ · ,.J k. :.....,,...... - . .
fëLile Demoifelle qui efto.
it à _elle, & déja avan.cée.
e11 âge. Son Habit negligé,
q·uoy que propre, n1e 1narLtoit
rien d' extraordi11aire
a11s fa gualité; mais fa
beauté, fa j.euneffe, l' agré~
i11en.t de :fa taill.e, & ttn jene-
fç a y-q t1el air fin & f_f>iriruel
qui 11aiTe encor les
cl1armes de fa b-cauté ~ ef...
roient bien .capables de l~
E1ire difiinguer parn1y tou.
tes celles. de fan Sexe. E,lle
a_voic quité les grand€s Allées
où elle auroir eu à rendre
trop de faluts , & en,
j~ ~:;.~ r - 1't.. .N. ~IYf
~~r ~fr\_~?\l i • I71""
' a.voit · cl1oify une ·écartée·
p~ur y prendre l'a·ir en folitud.
e. Sa Dem-oifelle qu>-~
-elle a voit prife fous le bras, ~
ltty aidoir-à n1ar:cher:; & foie
·qtie l'inégalité de 1 :tâgç. en
deux Perf onnes, dont l'une
ne 1narq uoit pas "le refpee1
qu,elle devait à l'autre en
fe pro1nenant de cette forte,
l)uil: do11ner lieu à des
pe11fëes teméraires , foie -
q11e c·ette retraite euil l, aparence
d'un rendez vous,
deux jeunes A_bbez qui les
virent entrer dans cette Alp
ij
17z ERC~VRE
que te1nps, & Ce hazarderent
enfin à les aborder.
Ils avoient beaucoup d~cf.. .
prit, & de cet efpric q~i ne
s~acquierr qu,en voyarit les
Fem91cs; n1ais apparcmn1ent
ils n'_avoient pas une
fort gra11dc connoilfance
de la Cot1r, puis que la Dame
.qui les attira fut pottr
eux u11e n,1111e tres-inconnu~
·- uoy q11e let1r C<Jn1-
pli1nent fuft fàrr civil, elle
s~apperçeut bien à cette liberré
d)entrer ainfi de I>lein
piecl e11 co11verf:1.tion avec
elle,_ qt1~ils ne fça.voic11t pas
. ,.
. '
.. 1 • - .. . , G1\L·t\N~r .. 173
·à ·Clüi-ils pârloierit-;~ & c6rrin1e
· elle -efl:oit venuë at1x
·Tuileries pour, -fe diVertir~
elle·_ r·éf:olu·r 'de n' eh pas liîffer
·éClla1)et · 1 ~ oècafiori~ ·:·'Il
ne luy fut pas difficile d-e
foû.tenir i·enrrerien. Elle ~à
1 >ef1)rît vif & enjoüé, &
tourne les· Chofes d,u11e 1na-
·niere· fi aifée· & fi l-lélioateJP
qu, il luy fuffiroit de· cet
avantage pour 111eritcr l' ad-
~ rn.irarion q u, elle s l attire.
Jugez de l'in1preOEon qu) ...
elle fit fur les A-bbez, en
leur faifant con11oitl:re que·
fa jeu.neife ~fa beauté n3 ef- • w - p iij
1741 ERCVRE
toient pas fe.s -plus gran4s
charmes. L~ en vie d~ f çavoi~
qui elle eftoit, leur fit
faire q_uelque.s · ,de~afl:d~~'
. aufqu.elle~~ ell~ _ fe.ig~jt-- d.e
..f on J\1~_ry l,avoit. amen·~e à
Paris· pour follic~iter .1111 Pr9-
. cés- qui luy efroit :d.'i1npo~.1ance,
d·an.s la p.e~fé·~ que
les Femr11es, fe. faifoient . -
toûjours plus . (avora~le-
-ment écouter des : Jug~~;
, qu'il l'avoir laitfée e11 Att-perge
, & qu, elle_ venait
quelq-uefo.~s ref p-irer 1 'air
des.~ Tuilerie~ poL1~ fè dé.,
..
1. -.•
._.,.
;l GAI~~ANT. 17)
;1 laffer de la chicane. Le·s
:]
~ Abbez ne n1anquerent pas
j à fe rCcrier fur le pé~il de
~ .fes Parties contre une pareill€
Solliditeufe. Grandes
_offres de luy ~_donner rou-t
le Parlen1ent,.& mefi11e des
A tnis en Co·ur , où ils ne
douroient. · poi11t qtt ~ elle
n, ,_effaçaft· les . l"'lus belles·,
fi elle y vouloir rccevOîr des
-connoi((ânces. La D,a111e
n.e refufa rien~ & leur dit
en rian~t qu-e ' fa· Suivante
leur apren·droit d·ans que llte
A.uberge ils po·uvoie11 t la
yenir chercl1er, parc:e - qu~-
1? iiijy
176 I\/f ER <:VR E
cll~ n'en a voit· -encor pd
retenir le nom. Cette permiflion
de la voir leur fit
propoferdes Parties de Jeu,
d'opéra, & de Pro1nenade,
avec aifu.rance q-u'ils regarderoientl'avantage
de pou-voir
c~ntribuer à la divertir.,
comme un des plus
gra11ds que leur bonne.for
·tune leur pufr procurer. La
réponfe de la Dame fut que
fo11 Procés efioit la feule
cl1ofc qu'elle ettfl: en refre,
& qu'apres qu'on l'aurait
jugé, elle ne feroit pas enll.
emie des plaifirs. La con~
Gft~LANT. 177
verfation dura plus d'u1~e
heure, avec beaucoup d,ef-
Erit de part & d'autre, & il
fut enfin que ilion de fe f éparer.
Com1i.1e on ne ee~.t
eftre plus civil que le font
ordinairement les Abb~z,
ceux-cy voulurent donner
la main à la Dame. Elle
s, en défendit fur ce que
n·ayant point d,é uipage:1
elle etloit bien-ai e de s' é ..
pargner la confufion qu1
-
clle auroir, s'ils efioient ré:..
moins de fa voiture. L, un .
d, eux s3 ofrit auffitoil: à · la
re1nener dans f on Carroîfe,
178 ME1RCVRE
·& la c.onjura de s,en fervir
pour toutes fes. Sollicitations~
Il fut reinercié de
fes ofres .. La: Daine les pria
encor quelque temps de la
Iai{fer aller feule ,1 inais ce
f~t d'une maniere q.tti les
.·ef.tgageoit à n'en_ rien faire,
& enfin feignant de fe ré~
foudre à rougir de· fa voiture,
puis qu'ils le vo11-
Joienr, elle accepra l'a n1ain·
']_Ue le plus einpreifé lt1y·
p.réfentoit.. A peille et1t,.
elle paru fùr la Porte d·cs
'Tuileries,. qite quarre grids
Laquais courure11t faire a~
01\LJi T. 179
Vaiicer un Carro ffe fort n1a-
_gnifi que. U 11Page luy vi~t
p.ren.dre _la queuë, & les Ll.
vrées & les-. Armes du. Car_,
.rOife ayant fait .c·qnnoift.:re
-aux Abbez- que· la fat1OEe
Plaideu·fé e.fl:oit Une ·p·er~
fonne d:u plus ·li_-a.U:t ra11{}'!-
~· . b'
ils_ de11le.urereht dans une
furpri[è qui ne leur perntitpoi11t
de parler. La D,ame
les 'regarda, fe mit à rire, &
m'.ontant dans [on Ca.rroifea
p res leur avoir rendu:graces
de· toutes-leu·rs l1011~ei: ..
tetez, elle leur cria qu, e Ile~
~auro,it foi11 de leur envoyer--
- .
180 ~4~RC RE
·des Placets, afin· qu·ils ap~
puyafTeq.t la juil:ice de Là
Cauf.: aupres de [es Juges.
Mr de Saliere, de l'an.
cienne M·aif on de Chafie- .
-.lard en Daupli.iné, a efié
reçeu Colonel du Regi~
Jnent de SoitTons-Saliere1
fur la démillion de Mr fon
Pere, qui efi un da plus
vieux 0 fliciers du R-oyau ...
me, ayant fervy pres~ de
·cinqua_nre ans fans interr~
ption. Il eftoit au Siege
de la Rochelle en 16z.2. &
a efié Capitaille dans l~s
Regimens de Cavaler1~
GALANT. 181
~F: 'à' Alés, de Balrafar , & de
·jN oaillcs. En 16 J8. i~ com,
·:t. manda dans le Mantoüan,
}/fous le Dμc de Mode ne,
.-:fu11e Brigade de d·eux mille
;'. Hommes, compris fon Re~
.?-J. gir;nen c d1Infanteric, incor]
pPlré en 16 59. dans celuy·de
-j Carignan qui m~rche apres
1 Ies Petits Yieux fur le pied
i~ Etrancrer. Ce mefme &e- l 0
~ giment efl: au j.ourd'll.uy à
· .11onGeur le Co1nre de Soif-
, fons , & s'appelle Soiffons-
Saliere. Ln 1665. il_ alla par
ordre d11 Roy en Canada
182 :tJIEJ-R (~~VR E
·ment & les a11 tres Troupes
de Sa Majeflé fous Mr de
Tracy. Il y -fit bafrir le
Fort-de Sainte Thérefe fur
le Fleuye S. Laure11s. Il a
efré depuis Gouvernet1t de
Mafeik ; & la p€nfion de
det1x mille écus dont il efl:
gratifié par le Roy, efiune
preuve a !fez forte de fes
ferVices. Mr de Saliere fo11
Fils !~accompagna dans ce
Voyage de Canada. Il n'avoi
t encor qt1e feize ans,
& apres en avoir employé
deux à fon retour à faire iès
Exercices, il entra Volon~
r...
' f 1.
...,.. ... ..
~ ~
~
r~:' itl(°'- ~ L 1\ T 8 - ·\J fi fi. ~ e I j
~-taire dans les ·Gardes du
r Corps fous Mr le D tic de
., Noailles.. Un peu apres,
iî sa~ Majefié luy donna 1,En:~
feigne de la belle Corn pagnie
U' Elle mit en ce
'. temps-· à.fur pied, des Gar ...
~ des Royales de la Marine>;
~ compofee de deux cens f,
~ Gentilhon11neS, pour fervir
·fur l,une -& fur l~autre Mer·
fous Mr de Caidea Cette
Compagni~ ayant eilé caffée,
il fut Lieute11ant d,un
Vaiffeau, & fervit en fuite
dans _la pre111iere Co111pa-.
gnie des Moufquetaires"
i84 Tr~I n~ r~.1" \'v ' RE. . ;
Enfin en 1676. il fe trouva
en qualité d,Ingénicur fous
Mr de Vauban, aux Sie·ges
d~Aire & du Fort de Link· )
e111677. attx Sieges de Va ..
lencie11nes, de Cambra y_, &
de S. Guilain ; & en 1678,
aux Sicges de G·and & d'Y.
pres. Il a donné des mar~
ques de fa conduire &. de
{On courage par tôut, &les
ble!fures qu, il a reçeuës
dans tous ces Sieges en ren ..
-dent ltn glorieux témoignage
pour luy. Il ~1 efi
diftingué fùr tout devant
Ypres, où·il .tra~a le LOgeG
h î l\ 1'..1~ .8 î" ]"\. L.1 f"\ l ~ l . ] 5
ment cl<: la.Droite, & rétablit
le defordre de la Gauche.
Mrs de Tilladet & de
Jauve1le qui le connure11r,
ell p_ar leren t à M. de Vau~
ban avec éloges,& en firent
en fuite un ra port tresavantageux
à Sa _Majefié &
àM11e Marquis de Louvois.
Ce Mihifl:re eft fort content
de luy, aihfi que de
plufteurs Travaux qu'il luy
a fait faire à-. Con.. dé. I. l cil
Chevalier de S. La.-zare: &.
. '
un des GentilshoIT1rries, de
France le mieux fair, & le
plus en _efiime pour {a bra~
JiuiOet!
-' .. . '• ~ .... •-...:. j.""
~ \ .
8.6. . Î' if. ~1-u ~~N1 ln E. ·~(:~
] J!. V ~ t~J l '... 1-...... 11 - .t'~ .. ~ --~. :: J;
__ vo11re, f o.n honneftet.é, & ·~-
fo11 adrcffe.. Il a bea11coup. · ·;
d1 efprit,_écrit fort.ja{l:e., & .'
.juge fin.en1~nt. des cl1ofes. . -.
Le lieu de fa naiffân.cc efr r
' '
-~f.ill1au,. Ca11irale du. flat1t· ::,
Roüctg~1e&. Cerce Ville,
~quoy que pctit_c, .a 1Javin- L.tage
d~ a-voir fo.urn;y au R.oy r·;:.
feiz~ a fficiers q~i fo11t ac... .tuellen1en-
t dans le fervice,
& dûn.t. il~ y en a fix .. l11gé~
1111 . n1eurs .. ,
Il eft. diffiCile q·ue. v_ous
n~~yez el).tendu. parler _de
M r ·B~got de S. Pierre , G
.. ~~li~ pour. fo~ oblig~ante
'
,...'
·~
'
~
1
o· 1\ I~_.1, Et NT. 18·7
111aniere·de faire les chofes;
Mada1ne l"a Frince ffe d'E·-t?
i11oy 17 alla voir de.i~nierei-.
1.e11t dans ta be.ll,e Mai.[011
de Pi11courr3.rottte ~greablC
l?ar la régularité d.el {ès J~r.dins
... Elle- y renco·.ntra' plu~
fleurs Perfonnes -de qualité
quL y . refle,rent. à {Üupe1-t
co1n111e elle-~~ M.f Bigoe
donna. fes- or~dres po-ur ce··
Repas, qi-ii~ fut~ fervy d1tns
une grande SallC bien. éclai;r
,- d 'l· rr. r.e.e,~ avec une · ·e. 1cate1re &·
u_ne propreté dignes- .d.e lu}~ ...
A. pein:e con1me_n ç.oir:.. o.n à.
inanger, qt\'on entend il?
. ~ • •
~- . 1 J
·188 ~IIEF'kC ·RE
dans u11 Sallo11 àcofl:é~ une
Syrnpl1onie de Violons, de
Habltbois , & de Flufl:es
douces, q11i joiieren t pendant
roLtt le F~epas. On
defcen~dit en f uire au Jardin
pour s~y pro111ener; & fi. on
avait eilé furpris du co1nme.
nce1nent de certe Fefie,
011 ne le fut pas 111oins de
voir ce Jardin éclairé d'un
grand i101nbre de lun1ieres
miiès à routes les croifées
-de la Mâif on ; ce-qui flif oic
une tres- agreable- illu1ninatien
danS tout le Par~
terre. Apres quelql.J.es tours
.
• ;.:i
. · ~ . •
•-. .=".- ..J~ 'T
' ' -~ 1 ...... , GAI.MA T. 189
~:~ d' Allée , on s' affit fur des
.-:.~
.-~ Gradins ·de gazon. 0 n y
'.·I caufa, o·n y rit. t1elques
;!;} Perf onnes de la Co111 pagnie
~· la i1uit iè paffa de cette for-
~~
~ mens joüoient par reprifes.
:J S'ils n)efl:oient ~1nployez
"
~~
.1.
1 -·•.. ...... ·-~
,o.f.: ...
:.
...
dans cette belle M aif on
que pour -la joyc, on s, en
doit fervir avant q11~il foie
peu pour n1arquer le fenfibte
déplaiGr qu~on a de
la mort de Made1noifelle
de Maif ons.~ Vous le verrez .
. par les Yef.S que je vous
r,o 1l\\ Jftf E !J R ~~~~~ VT RT~_~r:~·.
ei1voye. c) eit une ef11ece'
de petit 0 péi-a IUgubre qui·
· iè prépare. L~A.utheur· qui.
ne fe. fait conn·oiilre que
Cous le no111~ du.Solirai1~e. de·
Pontoiff, 1' inEitule,
M:Q N UMtENTn•
~ 1\11 & D l·\1.v. rt R.. J'~iP...1 ~~· 1~·~· p~~·, .
Lt 'Tbtatr~ repreftntc'" le Cl·iaftea·11 de
.kf 4tronJ en éloig?Jeme»t , & 1
"',. fi~:_
per6eTombe.t.u fin· le hord de la S'einelJ
s·1 ·M~p· Hw~o N-r 'fi T R~ I S TE~
~:rI.A..L·o G PE '7J fi L)AMorr"J(
~ dé !a N11mpl.re de ltt· .f ei11r ....
IL'~~ M OUR ple9rant fur leT.0111beat1.:
d~ A111arante~ ..... , ·
..... _ Marante n~t/l plt~~'.· · la· Parnu-e crueUe-, \.~ :·. ~ 7 r , " '
Sflns refpeffer [on rang)_.fanÂge, 6~
fis app&) · ·
..
,,~A ·r f~ N~'T· ·o 1·Q1~
~~.wf.-. _i .:i. ;ivJ.JJ Y.. ;_ 7
A· voulie i' immtJler.
LA NYMPliE·QH
·eL~~s!J
Amdrttn./e rl.èft plus. 0.-·funcjlc~~
nouveile !
L'A M 0 u·R9.
Etl v(;tin· f ay prétendu préfarver·
cette Belle
v·e J' e., .v :tréme rig~e~r d'un injuflc·
trepb, .
.A.n:arttnte n~:efiplu.s, 6: la..P arqr1.e ·
cru·e Ile·;
Sans-reJl>ell.Cr fon,-rang,fan âgç ;. &··
fa1. ap fJ .u,_.
.A voulu l,immoler.
U·NYM·PHE &·LJA,MOUK_
eu f en1hle. _
...
i-, -- - H e/;u.1 . ...
ÂitZ"!rdnte· n~ fft plus,.& La Parque--
cruelle.., ..
Sàns rcJPeE/e.'Ff an. r~ng~,.fd 'll âge; .. &
ft.f: appM >.

i921 ERCVRE
,/..'.a faûmift aax rigueurs d'un in.
j~.fie trép&.
' LA NYMPHE.
f!.!!.1nd la Belle venoit refver fa?
• men Yt"!Jdge,
Mille petitJ Amo11r1 la faivoient
p& a' p&; - -
.,L j u~ .fe jet toit danJ -f e11u, l1 a#tre
J force de hrdJ
Traverfait Je Fleuve à la nage.
L'un luy donnoit deJ {rt1.it1, f a•tre
apportoit des f/eurJ,
Tout cela charmait .Amarante.
Ce; plaijirs.font paffe~, cette Nymphe
obligeante
Ne demande p/111 q•e dtJ pleur;.
2.· SIMPHONIH PLlJS TRISTE.
Mercure dcfcend du Ciel , & s:tefrant
placé entre t'A1nour &Ia Nyn1phe
de la Seine aupres du Tombeau
d:t.Amafante, il leur dit.
~effc<,
tJALANT~ 193
Cejfa?..,ceffe~ VQJ f!lettrs, vojlre chert
.Amardnte
Partage lts plaijir~ d~s Dieux.
Ah! Ji dans ce T 1Jmbea11 fan Corpf
frape voJ ye11x, · .
Son ame dans lt Ciel 11il heMreMfo.
&- contente.
'J 't1y placé (ette Bette att rang dei
JmmortelJ,
El 'Vien! grdver fa-n nom 11• Temple.
de· )\temoire, · -·
Nymphe·,tra.vaille?\. .t fa gloi'''
,,Amf)ttr,dreffat.../ny des At4JeJ1.
r L~ .. AM·OUR & LA NYMPHE~!
lcndon.s. à:·fan merite ttn érl.Stant
ho1nmage-,
F Ai(o ns q 11' en cewt Ci im ,1 t s div ers,
L':1 R en'dmée inftruite p,~r '101 Vers
Pa rie d -~ elie·avec a.vûntitg·e •
1
- . l l~:. N;y, 1-f· P~H·-.E. .
fZEe.mon Rivdg,e & leJ Echo1,
jutOet. R - "
1. 94 ~l~ l tf l:7 n ex ·'R~ J,NJ rt~ . "I V ' -~
1~011r cht1rft!er .1'fl.(J en.nUiI, 6 .... fou:.
lager nze1 mattx.i
R~pcte~t t~ur à _tour .le bea.u nom
- .d/' Amaran.t.e • ..
L'AMOUR.
~ ,A_ma_r4tJte en dépit de la rigue.
ur dU S oYt.,, .
·Tro.uved.:1.ns !e fain dela Mort
Lagfoire iaplus êciatant.e.
I. . /AMOUR., LA NYMPHE, &
· ~ MER~CP- ~.;E enièn~ble.
1
1
~, Am4ra11te e12 dépit de ·/a fi ...
gu.e.rer du S.Ort,
Trouve d.<1.ns (e foin de /4 il/l ortj
~"glu.ire i/;t plus éclatante.
J. S Y M P H .0 N I -E.
_Je croy, Madatne, que
vous· n,avcz pas oublié -ce
q.u.e je _ vous .dis- dans 11J~
G. ~ L .li T I '4d F~ fi · ~ • 9)
Lettre du Mois de Mars, . .
d,upe dixié1ne Mufe ·qui fe
trouve au P arna.1Te de Sainte.
-Geneviefve. Il ne ffie fuf-.
6r pas de vous 3.voir fail:)
co.nnoifl:re cette a.dn1irable . ..
Perfonne par ~1 le-n1ef~e_, il
faut que vous la.c<?nnoiOEez
encor par un J.;ils qu'elle a,
~ q t1 ' on peut no1nmer un ~
prodige d'invention &d'ef:
prir. Il ·a fait une Montre
qui ·paiferoit pour un 111iracle
del' Art, fi -c, c{loit par ·
les regles de !,Art qt1'il
l'eull faite ~ 111ais il n· a ja~
11?ai~. appris l~s M~1thérna-:
R. ij
196 . ~! C\TR E
-tiqu~s·, &- il eftvenu à bout
de ce 111erveilleux Ouvrage
par le·S feules lumieres que
luy a pre{~ées la N arure.
Cette rviontre eil: fingulierc
en cequ'ellevaunan entier
fans qu'on foit obligé de la
re·111011ter, ce qui ièmble
eflre u11 acl1~1ninen1cn t à
trouver le 1110t1ver11ent pcrpétLtel
.. Son Cad.r;-1 n eit <..~<:
fig11re·ov·ale .Ai11ftl' Aigullle
.s~allonge & [e racourcir. à
111e{Ù re -qll: ~ çlle paife a tl x c nd
ro-i rs lCs plus é' oignez ou
. le·s plus procli.es de· l ov'1~e
el~ 1n·arquant les He_ures. Il
.. ~ !.\ I A ~-~ ' . ~-; i:.~~t ~~rz }-~ · 7 L ~ · .;,.l .r\_ ~ ll_ 1 ,.J 9 ,
n, y a que ce ièul Ca drai1 :dè
,cette fabriq t1e da11s ·t,ou·t:e
l'Europe. -,Les Mois· .del':Aninée,
les _Jours .d,eJla .Sem ~in~e,
les Signes du ÎZodiaque;iles
Solfrices, les ·Eq uino-x,es., --&
les · uartiers ·de la Lt1nè ;s'y
·-découvrent par des ·G lo-b~e·s·
' '
& quo y q ùe les 1nacl1ines
qui font joüer .tous ces rei:.
forts qui fe remon·ten1t
d~ eux -1nefmes~ ·foie.nt ei.1
forr grand no_rn;bre., un ·.pied
en quarré renf cr me 1e toujr.-
Ce qui s'appelle le Bufet
dans-cette_Mànrre, efr;enricl1
y de divers or11e mens de
R iij
198' C RE
·fçulpture, peinture, émai;}
... .--· -· '
~ ·
:ti" .
·,
{..'. -.
-.
-
& graveure; de toües, d€:
balufires. de cuivre & d!t a- .
cier ~· de poulies lx. d'autres
pieces de to.ur, ~orgées- &
travaillées par la feule inaiD
tle l'Authet11·,qui auroit pû
tmpioyer h11ir diiÎercns
Artifans, p-o·ur la ftruélure
àe cet -·Ouvrage~. Il le fait
voir fans façon: aux Curieux.,
qui le. re gard·e nt avec autant
d, ad.tniration qt1e de
furprife.
· ·L' ain1able Bton-dc· dont ..
vous me den-i.a11dez des '
nouvelles, demeure toû~
G~~ I~,/iNT. 199:
jOurs da11s fa Gertct ~rdfn·ai-_~
rc~· Elle n' e(t fenfible qu.~---- ;
aux- ca·rreffes de fon Perro ... ,
qt1et, & c'eft ce qu~ ~ doll.:..
né· lieu à ces Vers. · Ils font
d'un H.omme- q~ui_ne .n1a11-:
que pôi~~- -d'at:cés, au Pa-r:- ·
naife. Vous le- ·connoifirez \ en les. lifant-., ' ~ '
'
~~~~~~~·~~~~~~~îlt~- -
RE- . U Es-TE·
"~ 1" ' t:\ t I{ ,~r)~ · \" 1 R· ~ .3. L .. 1 2 ~ J..: V i "i.,,., . 'I'
1 ~
,. ~ M our, d'dt les fovears
~· .,,..; 'nd tJtn r • ,.--~. ' -
.... .,.._ Et-qrti r~nds mitte· Amans
hetlrcu-x.;-
z.oo Î\iIER(3V:RE . ·. :·o t(J_J., qu_i te mets-qu .. i.ndtu_v.eux
-S·oz14 mifleform~s diferentes,
.Exauce~ma p.riere , -~faconde meJ
-/v · . rr9"1"1 · V . -. • ~ ... ~ ... ~
.. . · .. - ..... ~""'· (' ! 1_ ~ ,• ~ _ .... • -
1 Il .. .- • • .- ...
DN. P e_rroquct~ '!.r.i~· ~,mprun~.e /4
- . jÎ g41: ;~ e, . - - - ·. . .-
Deviens te PC1To(j~et3/_JrN.~
. Pour eflte·defos Favoris;
· 7111 nç le;p_e11x, Amour ,.qu~en.&h~n-
. ·: ge.;tnçJ:lefig~re • .- ,.
LorJ que tu [er.u Perroq11et,
Etle t 11 écoutera pèut. eflre,
Rt q·ua11d tu luy fertU connaijlrt:
Dans ton ingénieux caquet,
Les,. doux ·'{llaijirs que _tu 'fais
naijire,.
~"n ivirgon da-ns fan coesr produ.·r1rt
quelque effet.
Tu luy dirM que la·tendreffe·
I>oit t oUjof!TS faivrc la betJ1'1é,
-!~tgs'iJ-nicfl po,·nt de Ji/;crté
GAL,/11'1T. 201
'Q.ni vaitte prix pour pr~x. l 1 ,;tmos-
. - reu(e foi6tejfe. ·
Sur toût d~pcins luy la fierté
Comme un Monftre qUi p~rd ia
_riante./ eune(fe,
':( oft ou tPl rd iL_f:,lu.~faire ttn ch.oi;e.
Que luy fett-ii d~ ejire cruelle!
C, cft ce que tU ne peux tuy dire trop
defOi1, ;
fl...sand tu te 11err4-r 11tuprestf elle.
D '11n amour P crrequet ç//c aimer"
la voix.
Cepcnd.ant,fi tu ptuJC aJo•cir cet te
Be 11 . ~ie, -~
Entre tous les Berger! qui 'UifJent
fatu [es loix,
Souviens .. toy que je fais,Amosr~ le ·
pJus fi dette.
1oy que les termes de
~aix où. nous fo1nmes avec
202 IVlE R CV E
les Hollandais· & les Efpa-..
gnols, ayent empefché le
Roy d,e continuer fes Con~
quG:fres da-n.s· l~s Païs-Bas,
je.ne laiffer•y p·as de vous
dire d1eux mots d'.e Guerre;
maiS· quand jè ·vous férois·
un auffi grand- d'é.tail d:e~e
qui fe paifa dernier~ment
devan.r M.ons ,. que:· j_'· ay
accoufl:umé. de vous.le d·an·d
ner des Aérions extraordinaires,
vous n' a-pprendriez
~ien autre cl1.ofe linon qu~
la Garnifon de cetce Place
efianc roîijours for,t retfer-
11ée ,. & n1an q~a11 t de- toi1r,
GALAt~T·. 2oj.
-f Ile voulut tenter un· effort
pour favori-fer l~cnerée a~·u~
Con voy. 0 n fit f ortir po~ce
deffein - jufqu, à deux
mille Ho.rnmes qui· furerit
rencon-rrez par rvr~.r 1·. e Com---~·
te d-e Mon.ca1 & par M-r le·
Baron d·e uincy, tous à~ux
Lieut.cnans. Gene.taux~ Ils~
' ". O' · n a v-01e_n·t que- cinq~ cens:
Hommes, & çependant i~s.,
pou·fffrent tes·E·nnemis jufque
dan·s Mons ... L'Alliorl:
eil éclacan-r~ ,, mais· je n, y
voy rien·qui ne,·f6it fort orditr-
aire at1x François, Un
Sold-at Er1ne1ny dit pour· ,
204." iERCVF~E
jufiifier fes Corn agnons,
que des .Corps ans tcfte
manquoient toûj.ours de
vigueur, & qu'il efl:oir inU-
. tile qu' 011 eult fait fortir
~ beaucoup de -Soldats, p11is
qu ·ils n'a voient point de
Cl1efs.. Parmy ceux qui fe
fo11t fignalez dans ce ren~
conrre , je ne \'ous parlera y
ny dce M1 de Montai ny de
Mr de ·uincy. Les Coin ...
mandans 011r roûjours dou .. ·
ble part dans les Allions
-- heureufes , puis qu, otltre
celle que leur bras let1r
donne , ils font 1) ame qt1i
-. \_ GALANT. 205
·.~.~ fouvent difficile de reuffir, . ,..,.
\-i fur cout quan.d· ott a beau-
·~ coup molns de forces que
< les Enn·cmis. Mr le Co1nte
;:j <l-e Lon-gueval qui corri~
·t~",~:-' mande les D·rao0 -ons Dau-~ - ·-
·'.~~ phins, Mr de Cl1evilly- qui_.
:~en eil: Lieutenant Colo-
.! nel, & Mr de Roux Ayde
~ Maj~r=, Ont fd:it des mer~
veille·s ; le pre111ler a e1lé
ble!fé _, . & le dernier a eu
la jan1be· en1porcée\ Il fuffit
de·dire quece font les· trois--.-
2io6 iEF~CVRE
pre\miers ·officiers ·c.les Dra~
-gons Dauphins, pour em ..
·pefcher que les loüanges .
qtt 'on leur donnera ne ·
[oient fufpedes. lls ont .
fait des chofes fi furp_renan~
tes i1ar . tout otl ils ont efré,
& particuliereincn t à la
prife du Fort des V.ac.hes
·-devant S. Offier, -qui fut
une Alti~n incroyable~
ql1'on 11'at1r~ pas d·e pejncà
eilre perf uad~ d.e leur bravoure
dans l~Occafion dont
je vous parle. Mr de Pin·
fonnel quico1nma11doir Ies
Dragons de Sai11f and oui
Qj\f~F~~~T. ·207
-&'y efl: auffi -~ifiingué. M~
.Hennequin Colonel de
.Cavalerie., & M_r d.e Paille-
·rez Cornet.te dans Ro.uffil~ .
. Jon, y. o~t efr~ .tue_z en fe
fignalant. Mr Fonner ~Colonel
de Cavalerie, & Mr
le _Cl1evalier de Montma,s
Ga p.ltai~~ _dans les.Dragons
Dauphins, ,en ont _eflé qui-
:tes -pour que~.qu~s bleiTures.
Mr Greder ·Colonel
'
.Suiffe y a eu fon Cheval
tué fous luy d,u.n coup .de
Canon. Mr De.tbonnets
pourfuivit les Ennemis avec
.tant de chaleur,.qu~il fe Iné-
..
2c·8 ER~CVP~E
la pa.rmy eux .. Il fut fecon~
dé de Mrs de Villeneuve &
de Meronde Aydes de
Camp des deux Commandans
qui en tuerent plufieurs.
Les Çapitaines qui
iè font ~le plus fignalez
dans , cette efCarn1ouChe,
font Mre de Grez·e; Delpas,
& S. Serié~ Mais· il fuffit de· ..
vous· avoir Il1arqué de com..,
bien. les- Forces des Enne~
1nise fl:oi en t f u peri eu.res au~
nofi:res, pour vous faire con ..
cevoir q u, on n'a pû f Onger
à faire ferme devant eux_,
fai:is avoir· cette irrébranla~ · ......
.
.G fw~\ · I ~ li· 1,~ - m 1J\ i'~ ~ •· 209
ble intrepidité qui ne Ce
rencontre que parL11y les
François. .
Elle 11e s'y rencontre pas
n1oi11s fur Mer que fur
Terre. M:- Dauzé Capitai-
11e de Frégate du _R-Oy, & ·
Garde-Côfl-e dans les ~fers
de Bretagne , a ya11t efié
attaqué ·il y a quelque
temps par deux Armateurs
dë Flefilngue à deux lieuë.s
du Port L-oüis, il les reçeut
avec toute la viguet1r
poffible, il effuya toute leur
Artillerie & le feu du Mouf: .
quet .. Il eil:. vray '}tt:lon eut
JuiO~t. S .,,,,.
\
' .
--~ .. ~;
~~,
• 1,:" '.'.
'
"·Io V:~r::: n· C'l't{.E ~ 1 r, ~ ~ .ftti..._ •. 11 V ~ -""'"' J
le mall1eur de le voir en1 ..
porté d1i fecon .. d· c9up-. de
Canon·. q_ue les Frégates des
Erin·e.iniS rirere11t , n1a.is ils
ne_· pr0·fiterenr- pas de .. cette .·
perte .. . l'Vf.~ de· la More-Mi-.
. chet Lieu.cen.anr-- dit· VaiC.
feau: du- Ro·y , .. fit tenir au
Vent fur.- et1x~ ,. & fe barit
pendant det1x he.ures avec
une ard.eur qui n·e· fc peu·t
con~cevoir .. Sa;conâuire fut
admirée. s' efta11r aper~eu
que- les-~ d·eux: Frégares
avoient·deifeii1.de le prcn.
dre .de po·upe. en prouë, il
fit:n1ettre une~ Piec.e: de Ca-- • 1
· ~
., a·:1x r~11\I\1.'f, 21r
non d·ans f1t Cl1ambre- fur~
le d~rriere d~- fe11 ~ B~ail:i-n1c1ïr,.
& ld' Iv1ouf queterieè
1 • ,j; i~ I • ôc. e ê:a11o!n~a111it1 p .ace, in~-
corfl .. n10-tlereï1t fi fort lJ.Alr~·
i11areur q1~i le venoit!abor--
der i1ar: iè11 .. d-erriere , qu,.i~l:.
fl1t' obligé- de J'e 111etfte au-l~
rge·; .. &.de renoncer) àl'ef~
perance d-e l) c11.leve1.... r.e·S·'
Ffécrate-s revintent ·-à·~ bordi D -
dU·· \laiffeau- Pra11çOis,. &:.··
il 1ie. - fe- . fUt pa~·- . plûtbfi:
lnîs:-_c'n-.dèvoit de fe défen~·
Jre malgré fès2Mars · fracaf~fez
·& fes.• v·oiles percées···&
d.écl-iirées,. qμ~il ~~iir·-difFa.~-
S, ij '
....
212 IvlERC\lF~E.
roifire 'les deux Ar1nateurs.
0 il a f ~eu q uJ ils a voient ·eu
plus de dix ou douze de
leurs G e·ns mis 11.ors de
co1nbar, & en danger4 de
Il10Urir de leurs blelfures.
-Mr de la Mote-Micl1el ne ~
fit pas tnoins voir de bravoure
d~1ns tottt le cours de - .
cette AC1ion, qt1e d'experience
en ce qui regarde la
Marine. La Co'Jr a efté
fort farisfaice lle luy~ La
perte qu~on a faite -en la
perfonne de. M · Dauzé eft
cOnGderable. Il avoir ac- .
qui~ beaucoup de repu ta~
·, --Il!
.:;-~ .. · ~'
- • 4..-_. . -.
·~~. tian , & s ~ e1loi c rendu re/;;.-:\,
doutable par p1,us de dix
, · ou douze Capres qu !) .il avait
i1ris & Inenez à Brefl:
en 1noins de h'uit tnois.
Mr le Marquis de la
.. Tr.ou:lfe GoL1verneur d)Y- ·.-:1r
. --~
,,:;~ pres, accompagn·é de Mr
/_. -J de Vauban, Directeur & ~1
.:'.~ Con11niffaire des Forti6ca-
--....
?~~ tio11 de France, & de Mr
~~~l le Boifiel de Cl1alligno11~
j ville, Intenda~t de Don-
: .";""I
-?! kerque & d'Ypres, & Pere
~~l de Mi le Boiflel, l}un des
·.·~
~i pretniers CommiS de M ~
:! le. Marquis ~ d~ Lo.uvoi.s,
•• "J
:: 1
.~.i.
-l
1
T
. ' .
'~~-
• :,
1
~
l.'
"" .
~ .
111.1 .
En r n:---~z14
. I 1{~~~~.~· ~ t~J
alla der.nierelne·nt vifiter lé r.
Fort: de la. ;. _uenoq Lte q~1):011
b.all.it. à la. fourc·h·e·- du· Caur
nal·· de:Dïxrp-ud·e·.· à. Fi:1rn--es}
& de· celuy. d'Ypres à. ce3
deuK: Place~r.·. Com1ne ils
fe mirent dans une-Barque
pour· obferver la· fituati~otl
·d u ·1 ): a •it s. .; ,. t·1 J: ·s ,: y fi t:une11etrr... ~
Fe fie que M~ le: Duc d~Er:
lie11f h~onora- . de· fa-. pre.~
fè-nce~ - Cette·· Barque sla.:.
vançoir~_au:foi1· d~une bande
·dé. Violons qtti ·faifoientun
tres-agr.eablC· ac·cord · aveo
lès Hiutbois, Flufres·don~
~s~,. .. -&·~- Muf.etes~.- de. .- Mr tlC

'
<- n·~ ~ Ir ~ ~1~-- ~-1~
" -"'Y"' ~ ,...: • ~;:; ~' ~ ' " , " ~~ -..-~.::- I ~ ~JM _i ~ -.,, ~ • ~· J
::< B:arbezieres €olo11eV d·e~.
~· D r"'ago ll'S~. Ils furent" re ç eus· -
J ::U bruit dll-' Ca,nen-~- · d·e la. ~ ·'
;~ Place, &: de celUy des Ga~
-~ liotes de M.r Marti11,. p-ar M~
..} .. .. du·H amel GOu·verneu1· dtl
~'.1 Fort; fuiv.y des OffiG:.iers de
-~ fa Garnîfqn~ kpres~ qu'ilir
:~ eurent viGté · les· Ti·avaux_. ~ ..
~ faits & ~rflirfr, dont la:con~
? ·duirf! efl entre· les!·. main·-s :'li
de M.r de la Halle fan1eux--
: lngé11.ieur ~ ils renrreren·t
· dan"S leur Barque.· o·ù: ils ·femire
nt à: table, n'y'. ayant
point: encor de lieu~ dans
le:· Fotr. affez -pro-pF·~ · p'9ur
216 MERCVF~E.
les faire joüir co1nmo-demen~
de la grande chere
qui leur fut faite. ~lle fut
affaifon.née de tout ce qui
peut augr11enter la jo}"e, &
le. bruit en fut porté juf..
qu~à Nieuport & Dixmude
pa1.. cinquante yolées de
Cano11. Cette derniere Place
n'en ·efl: éloignée que
d'une lieu ë.
Il s' eil: donné une a11tre
Fefie at1x environs de Paris,
dont je ne vous puis
apprendre les -particularitez
,· parce qu'elles ne font
pas v enuës à ina connoif-
. fan.çe;
..___
-~~ ~- -; A ·NlT $._"'J ri -~~ r.y\ ~' • z I7
fancc ; 1nais fi vofire r=urio-.
. fité n' eil: .poin.t fatis_faite de
ce collé - là, je .croy que
vou-s vous en confOlerez
aifémc·nt, par .l ,agreable·&
fl1irituelle not1veauté .à laquelle
c~ette fe;fle a donné
-lieu, & que vous trouverez
. dans cette Lettre.
A MADAME D. L-.S.
L ne fa ffe! ptU , Mttd(tnze ,.
me.s a.Eitons durdntrr./oftre ab ...
fonce , il 1Càut q·ue ;e. 'VOUJ
Jw1k~et. T
.. ..
.
......
' 1
Pl r8 Î2i_ /f "î:.{ ~) l~\ fî) E ~ ~ 1 'lJ l. .r..ri 1 ~ ~'"""~' V f'
. ar.renne ;zifqa'J.n1es .Songes;
j e1z eus -un il y a quelques
jou·rs a:ffe~pttrticulier, f.1 oit
.. . Je croy que 'VOU! arverz grttn~
de part, Vn de mes Amis
m'" it7lJoit prié d'.11ne FeJle
q;;, il don11oit à trois ou qiea ..
·tre belles Dames d1.i11s une
des pl:us agre:.1bles _o/ltiifons
q:ti /oit autot.J.1· de Paris. Je
nt! rvot-tS dir~i·v f'ien de la ua .. .J ()
lanterie de mon Amy. Tout
le 111.011de futt;1tré111emer1tfa··
tis__fait cle luy.A,f4n eut tot1s les
pl1iijirr qti3 on·.-·;~pou~voit fôtthaiter
d;.tns un lieu otJ l 1
011 n~
m{tt"nq1-te de rien. Mais il ne
t ~ T ~NT . ;~ (il\~}\ ~ .. 219
~t Relation de cette petite Fefte ..
'-1
\peine a "! tn acqutter. u°!
.l que je faffi de tout,je ne rv1s
prefq_ue 1~ie.n.
De vofl:re aimable & cl1ere idée
;· M~n an1e toûjours poifedée,
_ Parroy les plaifirs les plus doux,
-Ne vit& t1 1entrecint que vous.
La Co,npag11ie ne fot p~
.plûtofl arri'Véc dans le lieu
oU elle efloit attenduil:> qutl
me prit· en•vie de 'lloir le Iar_.
din.. le remarqtitty au bout
cl' une gra12de Allée de
T ij
..
.... ;
.. ~ '•.
~_~.. .. . .. .- - -~~~
- !""
.-l't ."$ o -· l-E1 ~ {~~ rnE ~.·:·L.:
-..tJ.(J ~ !.... v,J .n~ ......... l V~ ·=,. :
:l'hdlrmes qui regne le· lo;~ ·:~ -.-
d'un beau Parterre, une :f ',:
pece de Labirinthe, JY alla]. . :
_La beauté f5 la jrtJttcbeur·d~ .
Lieu où je penfo qu~on .n'.1
jamaü rveu le Soleil, ·m' obli.
gerent de m Y affeoir. Jly
li'Vuit de petits Ltts de ga~pn :
les plm commode1 du monde~ '
__ le .ne fi1.1-pa5 plutofl far un :
de ces Lits~
Q n1 n1~e -a rn ou reu îe ref11erie
Rc1npHlfant moo Efprit .d~s
ptaifirs innocens
~1 f aifoien·t autrefois Je bon;
l1eur de n1a -vie,
Me raYic l'ufage des fens.
•. •.'' ; 1 ' .. r_._
fjf _ o·ft~LANT. 221·
:: ... , Ill ü Mon corps tout a.coup_ 1n1-
-~~ , m<Jbilc, _
·:~: Et mes yeux fur ta. terre atta-
:;, . chez· fans 1 a voir, ·
' :t Faifoient alfrz juger qu ~·au
. . dedans p-eu · rranq ui]]e, .
. '{
-. ..
. ~ ... )
. ) .... ... .
. '
I
Mon coeur fur fes tranf porcs
11'avoir plUs de pouvoir a
~ Vn fommeil fart inquiet:
~~ ;;fi~cce.da a' cette profo;2de. rt}-
Î rveYie, e1 un So1~ge miftérieux
-~occupa mon eJP1~it t~ndis que.
l . d . 'l t ;e . ormots. ·
...4
.".'" ..
~ . · j'e ~vis ce jeune Enfant. q·ue je
.. ~
J tiens a 1nes gages,
Et qui, taor que pour vous j.e-
~ 11'a y point fo û pi ré,
i Me f~rvoic de GuJde a{lilré
E·n cent lieux· di ffcre-ns 011 j 'of:..
fro1s n1es l1otTH1\.~ gcs.
-
222 1't.11~~ 1_çr_T,.J{v" ' tx:'t~ C..... ,\, ivt1l·1,-1: ... }~..7....A
Cet Enfant e.fl un de ces
~
p~tits Amours que le Dieu
Cupidon envoye aup111is de
et s Ha 111n1e s tendres, t/ 14i fi m.
blentn'eJÎrefoies que pourai,.
mer,. qui font pro e 1~n de
n~eFtre jamais fans quelque
A ·Wïire amoureujè 1 el qui
facrifient toutes chofls J /1 A ..
mour. Ce ~ieu por'r recon ..
noiftre /ep1r attachement a
fo12 fer:vice , leur donne t'n
Amour de fa faite qui a foin
de conduire toutes leu1's in- .
trigues, en eu ent-ils qudtte
tout à la fois. _Il y a déja
quelque temps que celuy dont
Si 1i1Ul.e petits [oitis 1ne t·émoi- • • gnent !On zele, _
1'1 i 11 e feux da 11 s n1 on c oe u r a l h.1 ... 4
ni cz tot1 r a' tot1r
N''otlt que trop fait voi-r· qu•à ·
l'An1011r
Je 11 1a }' j a 111 ais eflé re l1el 1 e,
Il ri1e vie11t voir fou vent·; no11s·
nous par]ons tous deu:<.,,
Mais c?eft toîijours avec mifi:
ere. ( 11: Ll x ' ,
11 dit q L1, ~ u x d~ e lfc in ! a 111 ou ...
1"rop d1éclat ef1 contraire.
Il ne fe i11onrre a.ufii qu'à n~oy·
fcul & la·nuîr · •
' T iiij
224 ·t ~RC ·7RE
' o;~l bic-n quand dans Ull Bois
loin du n1onde 8c dL1 bruir,
Le fi.:>i11meil à n-ies yeux déro~
bant l.J 1 utn iere
M·~ob lige à· fer1~er la pau •.
- p1eret
:1A.lors paroiiî~lnt fans efFfoy~ .
Il p 1 r lé~ & s , exp Jiq~1e avec
moy.
Ne vous. lt"onne~ point,
Madame , des réquentes app~
iriti on5 de cet Amour. il
n, eft pa&· nDurvet5U. qu.e les
H·Jm-;11es trat/J'llent rnoyen de
~ii're cannu~ffence avec les
JJieux. 1 l ne fa11t po14r cef,~
·'lr/.f.-~voir quelque habitude
azs P a1·n·.Ijfo ,. on_ noüe coni,~-
·a· ~t\INJAN-1..,. 22y·-
4 merce a.rv.ec éux. e.n. moins de,
:~ Il
.~· 1 rlen ..
LI
J.
'
.....
~ .' .:J
-~
·J . ~
~
...
,
T
1,_
--
..
. ~
Les Divinitez,·des Fab·lesS'aprivoifenc
aifément;
Mais ciuoy q u~e Iles . foient. t.raj.,;.
tables,.~
On ne les· voir qu~en dorn1ant.
Je ne rvottJ fi;atfrois- dire
z~ bien préciftmtnt- les diftour~
~ que me -e:int mon petit Confi.-~~
dent, pendant que j eftois fùlr
1 le ~g·a'Zpn~ Je 111e fourvi.°{!ns.
flu/enient qite 1~e me mi:1- en'.
colere contre Luy, e5 que jtl.
e grond,~y. forti C, e.f1·1J-n petit
liberti~~ , il a toûjoi.trs;
• ~11 I l trJ1r1e. te c11~ingcn1ent, ~ conz.:.
\ .
r - ...;..
226 11t,-_~ l 1f E,. R~. ~r~~~~ vT1)~ -E-7
me j, approu·roois fan libertinage
arvant que je rvom e·uffi
donné mon · coeur ;J il slmagina
peut-tflf'e que j,tflois
toÛjaUf'j dans les mefmes fintimens
, es cri2t qae le meilleur
co1zfiil qu 1il nie pût
offrir dttns 1, accablemtnt o~
il me rvoyoit pour l'amour de
C1. f r&JOUI, es i:ott d' e· ayer a' n~e
guerir de ma pa ffi·on, & dt/
t~cher d q;ous oublier tn
m·atttlchant d quelqz1e autre
BeOe. C J eft ajiu,rément ce
qui m1irrita Ji fort, mais je
n'ay de tout cela qi"'une idée
~fort confofl. Ce que je fetJY
--~ ... ~ ,~
:Il. L -'1. NT \ .... Il"\_ r\~ · • 227
bien certainement, ,~ efl que",
.
. Le pauvre Enf a11t l1~nteux &
dans l'effroy
D • eftre bann y d, aupres de
mov
r/ ' Par tm torrent de Ia..rmes
Me faifoit• voir fa peine & fes
allarn1es;
Lors qu'une Dame qu_e'l'f je
pris pour tt1ous, q;int s'a.f.floir
entre luy- ft) moy. Elle
tftoit d'une taille médiocrej
mais aife·e f..5 tout à fait pro ..
por-tionnée. E!l.e a:voit des
cherveux d) t.tn b !und cendré
le plus beau qu'on fi puijfe
imaginer ; les ye1.ix bleus,·
228 · tE RC:VRE
doux ,fins, {!! bri/Jans, quoy
qu/ils ne fa ent ftU des plus
grands; le totir du l'Oijàge
O'Vale ;. le teint 'Vif f!J uny.;
l'a peau dyune b'lancheur à
ébloüir ;les plus b.el/umains
e1 la· plus belle g·orge dU
mande ; j~11f,nez à cela un
certain air toucb:int de do1~~
ceur (if. d' enjuüen.zent répandt1;-
far tuute fa Perfanne. Je
remarqiet1:y mejme. d1lns ce
qu'elle dit es d~ns tout. ce
qu~eOe /it,1 ce tour aif.é; ce caraétere
d1efPrit fan} eimbû,frM,
cette humet~r bonne fS·
honnefie-, & ces nzanieres.
--G lL~~~lT. 229
o'bligean·tes qui font fi fort L
Je 'VOIJS, qu~ il faroit 4ifficile
aux autrt.s de les imiter... Enfin
.totJ:t autre que mqy ., moins
rtmp/y· de tVuflre .idée , tn
rvoyant ce que Îe 'Vis, n'euft
pas laijfé de dire, C
1 eft ~a-dame
D. L. S.
D'abord .aupres de moy vous
pr.1tes vollre place,
Et n1on p~tit A a1our po.ur fl.échir
n1011 courollX
V i-n c fe j etter à vos gen ou-x-,
_S_eur ,par vous d'o-bten·ir fa
grace.
Senfible .à fes foûpirs voÛs les
reçeufles hien~
Vous luy filles quelques care!
res~
2 o tEJR<: F~t~
e l1e fus poîut de toue_ voilre
• çnrret1en,
Mais il vous dit pour n1oy n1ille
&. n1ille tendreilès.
Enfin jen1e Jaiffa y toucher,
Et ne pûs contre luy plus longtemps
me fâcher.
Je ]uy pardonna y donc 3 &. ce
fut pour vous plaire.
uoy que le Ciel m"ai t fait 1111
efpric alfez doux,,
S'il fe full: appt1 yé d'une autre
que de voàs,
Il n'aurait pas fi roll: appaifé
n1a colere~
Apres cela deve11l1 familier
Cc perit Dieu dont l'l1umeu~
enfantine ·
Efr tcûjours fo]allrc & badine.,
S .. affit fur vos genoux fans fe
f Jire prier.
~
~JALANT. 2j1 ..
Il vous baifa, vott~ le lai!Târes
faire,
Et cout cela n · efioit pas fans
n1ifl:ere.
Enfin ayant longce1nps admiré
vos appas,
Il s'endorn1it en[1·e vos bras~
7!ourmoy j)efloij tout for·
prf;_~_ de la bonté qui ~ou~ ai--
fait Luy perntettre ces petites
libertez-Ltt, niais 1Jous arviez...
'Vos ritijàns .. Vous.ne le
roifles pas plûtl)fl endormy
qt"e rvot1;s eit.f.les la mtilice de.
Luy arri.1clJer toutes les plumes
de fis tiij1ef. Je rzious regard~
y f.izre, ê5 n, etiS pa1 lti JOrce
Ele rr;ouJ en empécher. Le
.
~1'j2 I ER-CVRE
paut'[)rc pett• t Amour ni J' i é..'
q;.eiOJ> que /o,·s.qu~il fat entie.
rement déplut11é_. .Safarprifi
·& fa douleur urent Jà~J
égale.s.
Ai11fi donc, >me dit--il , je ne puis
plns voler,
Ainfi cetre Beauté qui me t.aiifc
ans a ifles ·
Des peines les plus cruelles
N'aura qu'à nous ace a l-,ler.
Nous g,.em:irons tous d.et1x dar1s
.. un lo.ng el.clavagc
Sa.-ns pouvoir de tes maï-ns enlever
vo~re coeur,
Si ·joignant conrre nocs l'inju ..
fiice à l1oi1tra ge
Elle n(>lls traite un Jour avec
· trop de rigueur.
. -
- iir
.~:..-
~ .
- .A. ,. -- r - • • . -
~t. d" A.î AN~î· • ,_,j,~~111'
.... :·~.. JM~~ ~ :::z_ J:vv,j ..L 3- ...;c., -~ •
:· ..
Ç::. Je rv·oyoiJ. auffi-bien que·
::.:i::Juy lesjùites dangereufes dt!'
_-.;)~let nialice que rvous rveniez..de
~,Luy f,ire, mais il n,·eftoit pal·
. d e; } tn .Cl' 'JrtOn f·OUVoir e m (ln J 'a-
~~ cher , f5 luy-1nefo1e , toiJt i'P~
~:i de recefVoir arvec plaifir qu,ef;.
·] ques.pet.ites carejfes· qtie· "!ous·
.~ luy /iflts pour le con fa Ler-. il'
'- ne faut r·ien _po-ur appaifèr le·s
;J Enfans , r::! en un ·mom·ent-on
- 1
, les fait paffer de- l~ extrême.
-~ . r1 ,rr;_ ' l. ,. f trtJ· 1 e11 e· a·, : · t·xt-1,. em e.. ;·oy 11.
c·efl ce qui arri11a-d-mon petit:
""" eAtnoisr. ~elques bij-ou-~·
dont vo~s l,~imufafies diJfr.fe'
1:. . . lï Jui~e~ V
1 =-......-~
..
z_54 }\JlERkCVR~EJ
rent fan chagrin, f5 Luy fi ...
rent oublierfa dif_~race.
Le bruit que firent pou1
lors deu.,r-ç de mes Amis qui
mecberchoient~ m· é'Veilla, f3
jitd mon grand regret difPa.
roiflre la Danie f5 l 1 An1ourt
Il eft inutile , Madame, de
q;ous ex1tJliquer ce Songe qui
e/l trop fairvy pour 11t Jignifter
rien. Vous rzl~ez bien
qu'il 1'.eut dire que La pa!Ji{)n
1Ji1e J~ ~ ' ~pour "Vous m a guery
de tou&es mes inconflances,f!
que <tJous m'att-'e~fi bien pris
que 1a'en ay pour le refle de
• m11 rvte~
'
- '
~'
~ ~ l ~ 1i ~~ ~- ~hr f\ nl J·\1~~~ i . ·2j)
Je voudrais r1'av·oir ja-·
1nais à vo11s parler q~ue
de. fel11 blables Galanteries; .
....
1nais c·o1n1ne la vie eil toû·~ J[O Urs- rne ne I e d-~ ai.nertl11:r1e,
les rriarieres· I-ugu·bres 11e
fucce.de11t que trop toft. aux_
agreablcs. 1.1r de Betl~u11e,
Duc.. d;tOrv~1l, P1·e111i~r Ecuyer
de la feu . ë' R.ey~e·
Mere, e{t mort au con1men~
ce1ne11t de ce 1nois, âgé de
80 ans. Il efioit Chevalier·
des Ordres du Roy, Lieutenant
General dan-s fes
Armées, & de la Province
de. C11ar.r.res ,&: Pays Cli.ar .....
y· ij, \
z~6 i'JIE·R~ C\!R E- ~
tr~itlo Il a voit épol1fé · en·
pren1ieres N opces u11e Fille
(te 1Vir le Marefcl1al de la
Force. Elle eil:oit Soeur de
feu iv1adame de Turenne .
. sa feconde Fe111n1e ql1i vit
encor , efl: Fille de M_r le
M~trq·uis de Palaifeau,.Cl1e~
valier des 0 rdres dt1 Roy.
1vlr lt· M-arq::t1is de Bethu11e
& 1v11le Vi,:0111re· de 1\1e1ux
fo11t dlt prerμier Lit. L1un
& l ~ J.utre e1fli_: n1ar1,. eI . 11 r
l,Abbé & ~vlr le Chevaljcr
d~Orval fo11r du feco~1d .
. Ils ont tous detJx beaucoup
~c Il1trite > & o,n 11e doute
-
. tJ~ · }~·\ _I. -•#1~}\--LN ~r· 1 • 237·~
poi11t- qu~ils·ne. foûtiennen c
tous la. gloire· de lel1r- naif-.
fance. Mr le Duc d'Orval
l
~· fçavoit par.fairement bien=
· }.,) Hifloire. Il: · défendit
Montauban avec-le Marefcl1al
de la Force fon: Beaur;,--
pere, eftant et1cor de la Re~
ligion Pretenduë Refor-
1née .. La feaë-R:eyne Mere
l~envoy.a en Efpagne, Où il'
. ~ part1 ta vec ttn . train· 1nagn1-
fiq ue.. Cette. F.a1nille efl:
treS<-Illufrre. Mfs de Sain te
Martl1e difent qu~elle tire
fun· origine de R.-obert.III.
dit de Betl1un_e, Co1nte de
2.j 8 1l\\l A t" i-~N; R..i. ~ \~ .., ... . ~/ VR.i F--"···JI
Fla11dres, qui épou_fa Blan_
cl1e de Sicile, Niéce du Roy
S.Loüis. Je ne vous no1n~
1ne point tous. les Prédecef.
ièurs de Maxin1ilian. , Pere
de -Mr le Duc d·'orval. Il
efl:oit Duc de Sully, Pair &
Marefcli.al de France, SurI11ten.
dant des Fina11ces,
.Gra11d-M·aiflre· de })Artillerie
, Prince d'Enricl1e9J
111011t, Marquis de Rofny,
S~igneur de Noge:nrleR.otrou,
Pre1nier Mi·niflre &
Favory de Hent~y IV. Il
a voit une tres-grande expé~
rience dans les Alfa.ires~ &
. ---·
Git\IMJ:\NT. 239
{èrvit Con Maiilrc fort uti~
letnent, &~ avec beaucoup.
de fern1eté8 Il eu.t trois Fils
d'Anne de Courtenay fa
Fem1ne, qui on.t fa~t trois
Branches. Ce font celles de
Sully, d'Orval, & de Betl1une-
Cl1arofte Je -11e·vo'-:ls
pourrois rio111·rner routes les
Familles aufquelle_s c;eS
trois Brancl1es f 011t alliées,_
iàns faire un Catalogue de
la plus grande partie des
l)lus Illuil:r~s Mai{àns d.e
France~ ~1ada111e l' ../. \. b beffe
de S~ Pierre <.leRl-ieirns Fille
A I a1nee de M-leDucd)O' rval
'
' 2.4 .9 .1~ ~-i.· ~. En· ~1\1-q-p· .....J ~ \. .... ~ ~ 1..,~~~
a .. rf!~eu. dans cette funeile
occafion. des , marqμes de
l 1eltime de cout. ce q.μ'il y a
de Pe.rfonnes qui tie-nnent
quelquè ra.n.g. dan.s la Pro~
v-ince. Elle a fait faire un
Service f ole111ne l dans fon
Eglife, où-toute ia· Ville de i... _
P'"l1eims s' efl trouvée. dans
un gra~d ordre . . La.mag_nificence
q u~o11. y a. veu ë,. n~ a.
pas em11e1rc. he' q.u~ on:n):a~1 t
remarqué. la. 1no~e.flie que
cette-pieufe·A bbeife ... fair pa·
roiil:re dans to11 tes· f es, ac ...
tion~. Son. Abbaye qui~;e1l
~e- Fondation Royale.,. efl
U11
'
.
GA~LANT. 241
un des plus entiers & des
plus beaux Monafieres de
France, tant pOur la f om.Q
ptuolicé de fes Ball:illlens,
que pour le grand nombre
de Religieufes -qui font
pref que routes Filles de
qualité & de n1erite. Il y a
vingt-cinq ans qu'elle gouverne
cette Maifon avec
autant de prudence que de
douceur; &_ comn1e il y a
des Cl1anoinies, des Chapelles
&quelques Parroiffes
des plus confidérables de
Rl1e-i1ns qui font à faN omi~

llat1on , tous ces petitS
juillet_ X
_,242 ~IIEF~CVRE
.C9r.ps ont.voulu .marquer
_à l~ ~i1vy l.e.ur _ zel.e .p,ou.r la
111er11oire de Mr le Duc · - '
d'Orval _, en fort~ qt1'une
Sen1aine ~.ntier~ sJe:.it paf
fée à R.11ej1ns .en .Po_111p.es
funebresG
~Çc 11~ qui-accompagna -il
y a quelques jours la Be.ne.
..d ietion de Madame 1'Ab. ... . -
~·be(fe de Far111011tier, nç fut
i1as de cette natur~. Je
:vn:us fi.Y p~trlê d•elle dans
n1a Lettre du mois de No .. J
:V;çn1bre, qui vous fir con ..
,-io~re qulelleefi de la Mai~
fon d'U~elles, -~ B~llefo ;ut
.( -.-.-,. .,, ~ .L. -r N f~NI .
~ ~p,_! f\ j~~ 1 . 24·5
Je Mr le :.Comte de Berin-
-dans 1 Eo-l1fe des ,p.ercs
f eüil:lans ,t > ou' l't Jn avo1.: t
dre!fé -quelqt1es Ec-hafau·ts
-oour la comn1oditéde 1,Af: 1 .
. {è111blée qui ne pouvoit
-n1anquerd'eilre· for.t .nom-
-breu-te. ,Cette -préc~ution
-ne fe trouva .pas int1tile.
I ,e del1ors du Ba.luf11 .. e eil:oit
:tout re111p-Iy de Ge11s de la
premiere u.alité , Parens
& antres. -On avait refervé
& pour·ceux de la Cerémonie,
qui fut tres-celebre,
..r X ij

· 244 IviE. F, CVR E
Monfieurl'Arcl1evefque de
Rl1ei1ns officia avec la po1n~
pe ordinaire à ce gr and Pre ..
lat. L'air majefl:ueuX de là
P·erfon ne, la riche1fe de fes
orne1nens,&une excc·llente
Mufiq-t1eco.mpo·fée de fy1n ..
p110.r1 i-e & de voix , atti-
·roie11t ro11r à. tour & les
yeux & l'attention de ltAC
iè1n blée. A preS la Ber1e ..
dillio11:. Mr i· Archevef que
de Rhei1ns fir affeoir Mada ..
~Ine l'Abbeife dans un Fau ..
ttCiiil au pres del' Autel. Ell~
y fut tJ.1 liée par fes det1x A{ ..
fitla11 tes' q lli elloie11 t rv1~1--
G .~. î .~or~ f"H1.""~ 1Ja. 1 ..ç 24 _.,.. ~ ~- ~~ l~·~ ~
#- ..i - • .,..;.! $ i:.,._ ~ ~ ~ ' ' )
dan1e de S. Antoine & l\1a~
dal11e de Hieres:, &·en fl1ite
par ?V.1ef dan1es de ~Berin~
ghen. Let1rs Rc\7.er~nces.
furent graves, & ce qu-elles
11voie11t de concerté efro:it
dio-ne & de la n1ajcilé du
~ . r_
lieu & de l'occa11on qt1i les
faifoit faire. Au fortir de
l'Eglife, on vint chez Mr de
Beri11gl1en, où l~o-n trouva
un ·magn ifi q i1e Re pas f èrvy
avcc11ne abondance & une
délicateffe . ui f ur1Jaifent
toute la pro ufion de·s au ....
tres Tables~ Mefl1curs les
Archevefq ues de Rl1eirns
X iij
246 iVlE.R C'I RE
&-de B·ourges,. & Meffieurs
les Evefq~ues d., Orleans,_
d' Angoulefine, de Meaux,_
de Montauban., de Marfeil-
le ,. de la Roclîelle &
d'Autun; eni e1loient_, ainft
qt1e M'~2 1~ Abb·eife de.Hieres,.
av.~ec les Dames de fa Maifo
·n qui l~a-..oient.acco1111)a ...
g·née. ?vladdtne de S< An ..
, , .
to111.e ne s y trouva. point.
On·11,eut-pas lieu· d'en eflrc·
fi11~pris, pL1isqu' elle ne 111 ange
jarn1ais l1.ors de·cl1cz ell~.
Ea vous parlant de la.
-derniere bravoure de îvi'-le
Comte~ du M~onral.,. &. de·_
.
M~ le Baron de .uincy,.queje
· vous a y dit eil:re -Lieu t€-- -
nan-s Gen·eraux, j,ay oublié··
de vous av·ertir que c,eil:oitdepuis
pvu ·q11e le Itoy lCu,r~
avoir- dort né cette qualité.·
Je fuis ·affuré que· vous p_.e
dc111an(1erez poin.r par· où·
ils l' ont-n1erirée, efl:ant a11 ffi~:
inftru.ite que vou~s .lJeft-es d-~
]eur va1eur & de l' expérience
conf 0111111ée_ qu:tils·
o·n t tous t-let.1x · dan·s lir
g11errc 6 Mr le Co·n1te d'u:
Monra-1 en a appri·s- le 111cf-'
tier fousMonfteur le Prince~~
Cc.font de feûfes ~leç-on·s, &,.
X iiij _
248 J~.V f{lTim.{ TI)~ ~~-.,.1 vR, E_"'"'
on n'en peut prendre beau_
coup fans devenii- un g1·and
Capitaine. Pour I\1r <le
· uincy, il Cervoit les Enne~
mis, & tout fo11 Bien s!tef_
tant trouvé dans l' érenduë ~ des··pa·is Conquis par le Roy,
il .fo uffri t cette perte patiammen
t, fans qu'elle al ..
terafl: le defir qu'il avoit
de facri6er f on fa11g & fà
vie pour celuy qt1i ceffoit
d'eftre fon Prince, puis que
fon Bien n,eftoit plus fous f1
domination ; mai~ co1nme
il .ne pouvait plus fournir
~entretenir fon Regi1nenr,
Gt\l~~J\NT. 249
& qu3ayanc de1nandé une
Pe11fio11, -on n~eufl aucun
foin de luy faire rien toucher,
il fut contraint de
pre11dre le party de France,
& connut bientoil: que le
veritable merite y eil: ré-·
cômpe11fé en peu de temps.
Le Roy lt1y a rendu ·tous fes~i
Biens,· l· él f~it Marefchal de
Can1p, Gra11d Bailly de
Valenciennes, & enfi11Lieutenant
General. De fi fa ..
vorables con1 ·~11enccmens
ne peL1vent promettr~ que
des fuites tres - (Tlorieufes.
. ~ t>
51 on avo1t par tout cette
.. ,
z· ~J 0_1 i~. E,..J îh') , \~...,_~.il v· nJ!!r.-.. E
mefi-11e reconnoiffancepour.
les. fervices. ,_ ou. plutoil: fi .
tous. les Princes reffe1n~
bloient à Loii1s LEGRAND,,
' peut-eilre v.erroit-on plus.
d.e Braves q1:1' on; _n'en voit·
aillet1rs ..
Encor un Air nouvea11,.
~ je paffe à un .Article qui:
fait l:entretien.de tout Pa-·
ris. Les Ve1·s d·7u·ne petite
Pie.ce que le vous cn\10),ay·
il.- y a q··~elque re111l>s ., Oilt·
r.ellen1ent plû. à !v1 l' A·b bé.
BroiÎard, qt1'il e11 a inis Ic.
premier ~~trairi e11 Air ..

AIR NOUVEA.U:.
Vous. demande,_,, Iril ·rf1ourquoy.
i e voz14· évite?
Ceffez de vtJ1u .en étonner~·
'Y ONS tt'Vez des appas, & mon (OEU1. -
va trop vijle -
!J..&ndii.J'agit defe~donner.
Ces autres p·aroles m,. ont·~
e!lé.envoyécs de M.ontpel~
lier avec les NOtes.'.:_.'·Vous.
les. trou.vcrez en. fuite ,le
celles q'1i vous apre11di·ont.
l~ Air du ·-ltatrain. _
A l R. ·N·.OrU-rVE AU~ .
p Ourhoire a~:ec·plus de p/difir ·
C'.r:.tt e~ i i q_u cttt qui 11 o tlJ e 'l1 c h~i?.i.t e i ~
.
~ ..
M e}lons-y Je doux fatJvenir
De quelqtJe amourette naijflinte.
~e ce mélange heureux fait pajfer
de 6ea11 x joNrJI
.A1naTJjBeuveurs,vo;11 pouve:\.bicn
~ . m en croire 1
t.."ii vous trouvt;.,.fi doux> vouJ d'ai~
r• nier, V()Uj de boire,
~el plaift"'r n' e/i te point dt 6r>ire J
fis amfJttrJ!
V o~_s avez veu dans quelq
u~ une de 11:ies Lettres p.l.ufieurs
Articles du Teflament
de Mad_~me Du Pui\'
celebre Joüeufe de Harpe~
Ce Teftament a fair_ grand
bruit depuis peu. 011 a
plaidé pour le faire caffer;
t--r~,_! I!f'a.\ î_ ~- 1-~~~ .1N. 1T, • 2~J ~J
& Mrs Maurice, Vautier &
de Feriere, fameuxA vocats,
ont fait paroiftre leur ef:..
prit, le premier en le defendanr,
& les àettx autres en
l'arcaqua11t. LaPenfion que
la. DefL1nte laiffe à.fon Chat,
& les Vifires au' elle ordon-
.i
ne qu,on luy rend~ toutes
les Semaines , ont e.fté los
endroits contre lefquels on
s,ei~ le plus récrié. Ces Articles
n' àt1roient rien eu
d'exrraordi11aire en T11rqL1ie,
otl 11on a érably cles
Hc)f piraux, & 1nefine ttne
. - R a·tiifei·ic pour. les Cl1ats.
·:254 · iE-R<~VP~E 1
Eaudier da.ns fon. Liv.r.e de'
la Religio11 des Turcs, rap-..
-porte · qu' u:n Particulier
I ' . • ··a y·a11r .acl1e te a cette .Rot1f-
~galer -ccux _de-l'Hofpiral , le
Diret1cur qui regardait
co1n1ne un grand avan.tage
c·elttv de leur diil:ribuer leur / -
portion, voulttt jouïr fe11l de
c·et li.011neur. Le charira~
ble Turc prétendit q.ue c'.cl:
·toit à luy à fervir -1.e-s Chars,
p·ui-s qu,ils devoie-t1t n1a11-
ger ce j·our-là à fes defpe11s~
Il y eut debar, & ]~affaire
a. , d. r 1 ,, ayant e1t:e . ·J1,cqtee ei1 pre~
rJ ~ -;: -'\ -NLT . ~r}·:'-LPi • zr)
fen,:e du Grand Sf igneur >
il .ordonna que les Direll:
eurs des Hofp.iraux diftribuëroient~
c_e -qt1, om. .ap-
.. "" rortero1t a manger aux:
Cl1ats, à la referve d,.un j.011r
.q u,il marqua dans _cl1aq ue
.Semaine., auquel jour il fero.
it permis _a11x Particuliers.
<le diI!ribuer eux - n1.efines
.leurs ct1aritez. Il fe trouve
des -Animaux qui rendent
de fi gra11ds fervices à leurs
Maifir~s, qu'ils ne font pas
-indignes de réco111 pe11fe.
J,ay leû da11s une Hifloire
.d' Ang:leterr.e, .qu~·L1n n.otn1.~
6 f;1lEJRCVRE
111é LÜtai11ton devint par
fon Cl1at un des plus ricl1es
Hoinn1es de fon Siccle. Il
. voyoit charger tin jour des
marcl1andiiès· à Londres,
& quelqu,un_ l11y ayant de ...
111andé s~ïl ne voulait rien
mettre fur le V aiifeau pour
trafiquer comme les autres
Marchands, il répondit
qu'il n,.avoit rien à donner,
fi on ne vot1loit recevoir
-fon Chat. On le reçeut. Il
~~en1barqua, & cc fut a.vea
ta11t de bonl1eur, qu'ondeC
ce11dit cl1ez un Roy qui de ..
puis quelque temps eiloit
~ r I A ~ î'f'"r~ z~7 · < ~ r~·z. ~~ l ir1~ ~ .. . '
~-r .... ~ - -;, ;.,.,.J .1 ~ "" ~ ~
accablé de Rats,. fans qL1,il:
puil trouver moyen de s,èn
délivrer9 On luy propofa
le Cl1at del' Anglais~ Il ,fut
amené, & ce Chat fit une
fi cruelle guerre à ces Animaux,
qu'il en p11rg·ea lel?
alais du Roy. Lorain-ton
en fut réco111pe.nfe par de·
grands créfors qu) il luy
donna, & qui le mirent en
état d:. eftre fait Maire de
Londresil Si- le hazard fut
caufe que ce . Cl1ar fic la.
fortune de.fon Maiflre, on
aveu d}autres Allim·aux mé~
~icer d' eftr.e a~1nez d.e~leurs,,
Juillet: )(
· 0 . :-p·R~VD.-E . ,. Z) 0 l Jv~J \."\,) .f ~ NI
par leur fidclité, par l'ami~
tié qu~il~ ont eu.ë pour eux,.
& parrles fervices·qu,ils leur
ont rendus. . M-~- Maurice
raporta ·dans fon l?laid.oyer
l~exemple. d~;ùn Lyon . qui
avoir· eu .r.ant d~an1ot1r·pourun.
Maifl:re Turc, .qu~·apres
fa mort il en fit v.oir un ·cl1a~
grin qlli n-e ce.ffi point~ La
c.11ofe fut fçeuë_-du Grand
Seigneur-, qui ordonna. la
paye- d) un,, Janiffaire - au
Lyon·; & q;uand ce Lyon
fut n1orc , les . JaniiTaires
l,,~enre-rrererit,.corn1ne a-yant
efté leur. Ca111arade. Tout
l'4 ~-~ .. ~ K1~r ·
\J ft ~v1J f"\_i ~ ~ • 2)9
cèla n >approche p.oi11t-· d.a
ce que je v·oLts va y··· dire·o ·
· t1and le·s Efpagnols conquire11t
Iês· lri·t-ies ·,-.. il~ a ..
vàie11-t da11s -le1.1r- Arin&· L1·n
Cl1it!n- ·= ncJ11i I11é IJ.eoncille~
Çe Chien a voit a p-pris à
co1111oifl-re le~ Indiens ,. &
il les- :l1a.ïffoit~ fi n1·ortèllén1ën
·c·, qu,i "' 1 n ,y <a-vo1. t l) 1u .s
de vie pou1· tousJ c~ux ·qu'll
.attaquait. -Le car11age gu,il
·en fit, luy valu_t un-e·double
paye de·C-avalier,: avec dottble
part au · l1utin ,; & a:ux
t.r..étOrs des~ Roys · Indiens
1 • qu ·~011 partagc 101t~ _ A }">pa~-
y ij
260 M~:R<:~VRE
re1nn1ent cette double paye
tournoie à l'avantage du
Maiflre du Cl1ie11. Caligula
fit encor plus_, puis
qu'il alla jufL1u'à faire Làn
Cl1eval ConfU.l.. Il n,y a
rien fans - doute qui foie
plus extravagant; mais les
Animaux n >ayant befoin
que de nourriture, p-eut ..
eil:re nJy a-t-il pas tant de
fJlie qu' on le croit, à en
laiîfer à ceux do-nt on a re ...
~eu quelqt1es fervices. Cependant
le. Chat n'a i1as
la,i ifé de perdre fon Pr°:-: ~ ces&
Glll.~1t\N~r. 26·1
J.
'Î ~1rle Co111re des Mates, .j
j Fils de Mr le Con1 te de Clif.
il fon, a pris polfeffion à la
:! Roclïelle de la Charge de·
--~ Gra11d ·senéchal. Le Roy
;l perfuadé de fes belles. qua:!
litez, n,.a p·oint do-uré qu>il
t ne fuft rres-capable de la
~ remplir. Le clîoix que . Sa:
~ Majeilé a fait de fa Per,~
fonne pour exercer cette
·: Charg,e , a eilé fui vy dJ t1n
·_ applaudiffeinent genera!,
:; Son 1nérire ne contribuë .
. pas moins que fa naiifance
·:: àl1efl:i111e qu~on a pour luy.
II eft pe.tit-Fils de feu Mr
.. ....._ ..
.,.
z. ~6~ 2;· ~~?~~~ R C VR""." ·-. ~-~'~(~~J - -
le Pré.fidenc. de LefcallCs,
dont -la .. in·e111oîre · e.ft e 11 !i
bonne odeur: & ·à la Rocli.
elle,~& d·an~ .rou.re· la P.ïo ...
vince·.. - 1v1·adame, lil Coin~
teife de- CliiTon; M.ère c.le
Mr des Maetes, & .?\1ada111c
de . Gua.in , - fi- univetièlle ..
ment re.grecée. dept1iàs- deux
ans, ell:oienc:·Filles ·de ce
P;réG dent.-.-
0 n ne fçauroit parlé-r de
r-egr:ers, fans fonger ·à 11
perte qu~on. a faire· de ?vfOn·
fieur le M"are-Ièhal D t1c -de
G.ra 111ont,· Il" eft 111ort à
Eiv.-0nne lieu:·de -fo11 Gou .. ' j -~ ,
. ..~· ~ ?" ~· ,.. ~~ ~· ~ . -1 4 ... - '('" ~ ~ ~ ~ .. ~ """-~ .~ { ~ tH •. L t,.~ ~ ~ ' > • 2 6" -, < li-........... .z. .:i. 1 1 ~ .J:__ ' """ :;.>'.. )
.:~ /\ f 'd '. ,J verne in en t, .. ag_e- e 7 4. an.s~·.
··; Son· exrré111e1 p·a.f.lion pour::
·-{ le fervice du Ro-y-·. l~a y_ant
·:'j obiigé de s,y:'. re11dre ,> iL~y.~
:l fentit quelque:. atraqL1e, de
i la Pierre, ~ les d~ouleurs. ·
~ c r. . 1 1 ·t ·: j e·n Li.1rent.11; v10 entes, qu li
· ~ .fe réfolut .à foufi .. ir la !On.de .. ...
<~ Elle 1 u y ca uf a. 1111e -in flâ--
~J matio·n .. qui~fut ·fuivie_ d.e la-~
J gangrene ,_ __ dont il 111ourut
<~le 12~. de'. ce mois. Sans .la }
~. p_récipîtatio11 de cette) fon·~
.~ de., .. il ·y eut eu gran·de .ef~
-'.~ péra.nce de le fauvc;r,,. p11îs
.l qU:on avoir ·fait pren·dre la
:; P6fte à Mr Collot j d'On~t
· ~
"1
+
~
'
264 ~ it:tJ· R \i~,~'I ~~vR.~uH
tant d)heureufes ép.reuves
ont fà.it connoiftre 1'3.dre[e
particuliere à tailler. Il y
en a deux qui portent ce
nom. Celuy dont je. parle
s, appelle Hyero[n1e Collot
Il reç.eut la nouvelle de la
inort de Mr le Marefchal
en entrant dans le Poitou,
Elle a caufé beaucoup de
cli.agri11 au Roy, qt1i r··avoit
toûjours ho-noré & de fa
bienveillance & de fon ef ..
time. Ses qualitez efl:oient;
Duc de G·ramont , Pair (!)
Marefthal de France, Che ..
tz,'alier (les Ordres, Comtt d~
Guiche)
~ G ~ r AN1T ~. 6 JPi~ 2. 2 )-
Guiche e5 de Lou11igny, Sou-.
11erain de Bidache, Gou,,
erneur éi Lieutenant Ge..,
neral pour Sa MaJ~~flé en fis
Rqyau'f!'Je de Nt1t1arre E1 Paï.t
de Bearn, de.r VzOe & l•ha.fl
teau de BayonNe ê5 Païs
adj;I.cen;, e5 Miniflre d) Etat.
Je ne vous dis rien de fa
naitTa11ce" Per.fonne n' ignore
qt1'il eiloir d't1ne des
plus Illt1flres Maifons du
Royau111e. Il eil aifé de le
voir par la Genealocrie
qu , en a .iCa ire M r d u Bob ucl1et.
Il nâquit avec tant
d. efprit & de n1émoir~, qu~à
JuiUet. Z
'266 l\1l~fl(::VRE
l 1âge de quinze ans il fça~.:
voit la plus grande parti~
des La11gues de l,E11rope,
11 fervit t1'abord en Flandre
& en Ira lie, & rie11 n) efl: G.
connu qt1e le Siege de cette
Place da11s laqt1clle il fe
je rra luy ttentié1ne, & qt1~il
défendit avec la plus iùrprenante
viguet1r. Dept1is
ce· temps-là:> il n'a perdu
aucu·ne occa!ion de fe rend!
1~e rec.omma11dable tians
le~ Arn1ées par [a bravo11re.
Il en· a tionné des 1narques
qui ne laifferon t ja n1als périr
fa n1é111oire. Son efpr.it,
. ... ~ ~ L -~ , ~ ~..-,, . .
{j: }\ ~t\ l~ 1 . 267·.
qu~il avait aif é, vif, & i1ene-·-
trant, l J a ren~u totîjours
cres-co11fidérable à la Cour,
où il a eu .1 ~~vanca·gë · de~
n~ avoir jamais efi:é fuf peét,
ql1clque com111erce qu, il
ait en rrete11u avec les Gens
...
du Party contraire , pendant
les re1nps difficiles:>·
Sa bonne-foy -efl:oit connuë.,
& on a toûj.ours eflé
convaincu , que 1, a1niti~
qu, il pouvoir leur avoir
pro1nife, ne préjudicieroié
l)oint à f 011 devoir. Son i11-
tellige~ce dans· les Affaires,
& fa ma,gnifiCC~ce·- 11atu~
Z~ij ,.
268 iv1E R (~V E
relle , le fire11t cl1oiGL· pour
eflre envoyé A 1nba!fadeur
Extraordinaire à F ra11cf arr,
où la Diete efloit convoqtiée
pour l' éleétion d,un
Enipereur. Sa Majefl:é jetta
en ii.1ite les yeux: fur luy
Oll il alla faire la De1nanl1e
-cle la Reyne à Pl1ilippe IV.
Il foûtin t 1'1i.011neur de cet
E11111loy d~une ma.niere qui
fit voir qu, il n ~e{l:oit -pas
i11dign e de la confianc.r de
[011 Maiilre_. Je fir1is, pour
ne pas repe' te~ r ce -que J.C
vot1s en ay déja- die da11~
~ (!ft~IHJ~t\NT. 269
l l'une de lllCs Lettres, en
i vous app1·enant la 1nort de
{ Madan1e .de Monaco. Je
' l ne 1lous .marque point les
'j te1ùps où il a efré fait Ma~
i refcl1al de France, Cl1cva-
~ lier de !'Ordre., & Duc &
~ & Pair. Ce font des han!
neurs coàjours infaillibles
~ ' . " . '
·~ a ceux qui .Joignent a une
·~haute Naiffance auta11t de 1 i 1nérite qu)il en avoié. J)ad.:.
joûceray feule1nent icy que
le grand Cardinal de Ricl1elieu
qui connoiiToit par~
faite1ne11t bien les Ho111-
n1es exrraorliinaires , eut
z iij
··27 ~ Kl....., n !{~1~ :rn·P 0 l V l ~ ~""-{~~/Ji 't.y 1-~ ~m
ta.nt çle conGdérarion pour
luy, q~'i.l pr.éfera fon Al- ~
liane~ à_ ç_e\lle .d.e -pluf:ieurs
Jlrin~es & gr~ads:Seigneurs
_de la Opur, en lt1y faifant ·
é·poufe.r Madet1.1oife lle du
Pleffis-Chivtay fa Coufine.
Elle e{l:oit fa Niéce à la
inode de Bretagne, & nta .
pas eflé moins ad 1nirée en
France pour fa v'ertu .que
pour fa beauté. Il en a eu
qua, tre En fans , qui ·[ont
feu Mr le Comte de Guicl1e, . +
dont l 'efpri t & la valeur
· pnt ~fté affez connuës, &
t1ui eft morr en Allemao·ne ! Ll, . D
~ ~>"-·~
( ,, _fi., T :;: ·:. 1N' ~ L .,, , I
....~.. ~ .J~:. f\~ ~~ 1 ..l:".. '·~2 ."~"- .~>- • " kJ /
des fatigues qu,il y a e11ës; .
Madan1e la. P ri11·ceffe de ·
Monaco, inorte depL1is Gx:
fe111aines; Mada111e la l\1ar""
quife de Rave rot; & Mo11-
fieur le Comte de Louvigny
Duc & Pair de Fra11ce ; &
fon 11nique Heritier~ Vous
fçavez fans-dot1tc qt1e l'lllufrre
Marefcl1al dC?;t je
vous pal·le , eftoit du i1re ...
1nier Mariage de Mr le
Co111te de Gramont fon
I)ere , c1ui &voie épot1fé Ja
Fille aifnée de lv1r le lvlarefcl1al
de Roquelaure, &
9+ui é110Lifâ- . en fecondes
z iiij
1
1 -·
272 JVlE.RCVRE
N Opces Mademoifelle de
Mont1norency-Bouteville1
C' efr de ce f econd Mariage
que font forris M_r le Comte
de Tottlongeon, Mr le
Coin te de Gran1on t, &
Me[ dames les Marqt1ifes de
S. Chan1ond , de Feuquieres,
& de Lons. Il y a eu un
~ ~
Cardinal de Gra111ont, &
...
un Archevefque de Bordeaux
de cette Fa1nille.
M;- Efprit, Frere dt1 Pre ..
inier 1vledecin deMonfieur,
& de l' Abbé qui porte ce
no111 , vient de laiffer une
plàce vacante dans l~Aca..
. •
G~i\LA~~T- 275
dé mie_ Fran çoi{è. Il efi 111ort
à Beziers, où il s~ efroit re~
tiré depuis fort longtemps.
uoy qu~il euft un fort
grand mérite , la France
·abonde fi. fort aujourd,li.uy
en beaux Efprits, que l,elllbarras
de ceux qui co1npofent
cet Illufl:re Corps, ne
fera pas à luy trouver un
St1cccffeur capable de rem.plir
fa place, n1aiS à choiftr
le plus dig11e de ceux qui
011r quelque droit de l'efperer
; car vous f çave-z,
Madame, que la brigue n'y
peut rien, & qu'il 11~y a que
'
274_fv1ERt:VRE
le fet1l n1érite corifil1eré
dans l' élettion qui s1en fair
par le Scrutin le plus rigou ..
reux.
Notts avons at1ffi perdu
un Medecin at11Ii ancien
qt1e fa1neux. CJell Mr de
. Lorme, qui avoit toûjours
~ $ : - - .- "';; ' rait ce C]UI a- palre en Proverbe
à l'égard des Mede~
c1. ns, 'a qui. c>n ne manque
ja1nais de dire q u-'ils ayent
à. fc guérir eux-1neG1.1es. Il
• 1 avoir n11s en vogue une
TiG1ne a pi1ellée Boüillonro11ge,
dont tnille Gens fe
font bien ·trouvez~ Les
#\~ ~ T ~ -l\_1T
{.,.;:.ln\_ 3v,,J f-'-1 ~li • 2 7)
grandes Comines qu'il a
einployées po11r faire des
.expériences, font des i11arues
-du,_plaifiL· qu)il fe faioit
de 'n'ignorer rien da11s
f on Art. Il efi tnort à
l~ Hofl:el de Monfieur le
Ma.re-fçhal 4e. Créquy où_
il demeurait, apres avoir
vefcu plus de cent ans. Il
avoit encor l'efprit vif, &
j~ayveu des Vers de lu y fort
bien tournez, q ull on .. m :ra
affuré qu~il avoit faits de-
• • ·- ... . 1 puis. qu111ze jours. ~
J1acheve ce lugubre ArEg
ticle par une autre inort
276 ~lfEJRCVRE
qui vient de faire verfer
bien des lar1nes. C' efi celle
de Mr. Marlin, qui avoit
ell:é Curé de S. Eu!l:acl1e
ap1"'es fan Oncle9 Il eiloit
Doéleur de la Maifon de ~ .
Navarre, & fes vertus foA
]ides ltty a voient tellem.ent
gagné le coeur de tous fes
Paroiffiens, qu'il n,y en a~
voit ;iucun, de quelque
qt1alité qu'il fufr, qt1i n'euft
une an1itié particulierepour
luy. Il la 1néritoit & par
les q1ralirez de fa perfonne,
& par cette loüable cl1arité
qui luy a. f:1.it cent fois e111 ..
.
GP~LA1'l~f~ -227
ployer aux befoins des autres,
ce que fe s propres ne-ceffitez
{èmbloient vouloir,
qu:ril fe refervafr. Ainfi on
peut .dire q u' il n' eftoi t à
luy-1nefine qu 'autant que
le den1andoit 1 ~obligation
de fe. conferver pot1r ceux
dont Dieu luy avoir coin ...
1nis le gouver-ne1nent. On
a veu pendant fa maladie
la tendre:ffe de fes Paroiffiens,
par l'empreffe111ent
qu'ils ont eu à cl1ercber
des Remed·es pot1r le o(j uérir.
U 11 Bourgeois en ayant
e.Jlé den1ander pour fa Fem~
~-· 1 -
..1.~ · ,'!"'.". ..• ;.. \ .. ·:.. .. ,,.•
.t.: .. . r. ... _. - .~
.~ ·:..
1.
1 -:.r
278 J:/lER~t::VB~E
me à ces fa111eux Capucins
qui fc)n t au Lot1vre, & àpprenant
l'extrémité ·otl. ef~
toit réduit fon Pafieur, les
luy porta· auf1irofi. L;,effet
en fut extraordinaire. Ils
le firent revenir d'un. alf ou~
piffe1nent dont on n' attentendoit
que la mort. Cette
efpece de retour à la vie
eflant une preuve de la
bonté du Remede, on et1t
recours à ces mefn1es ca_:
pu-cins qui dor1nent de fi
n1erveilleuxCordiat1x. Ceux
qu'il a pris de leur n1ain,
l.' ont fait yivre· perida11t
r~ flv ~ ~ N~T ~~~.r f3t_L1 }'\ - • 2·7 9
trois jours. Tou tes les Per.
fonnes qui l,ont gardé en
co11viennent, inais f on mal
efloit d't1ne nature à rendre
, fa guéri!On impollible, & ·
il eft inort avec des regrets
qt1i ne fc pet1vent conce-.
voir de tous ceux d€ fa Pa-
: roiife. L~ affiL1ence de Peu--
; ple qui il1ivit le Corps dans
le gra11d tot1r qu-'on luy fit
',faire ava11r que de le porter
à rF.gli(e, eft prefqt1e incroyable.
?vir(it1 Ha111cl luy
a fi.1cccdé dans cerre Cure,
dont il avait pris po!feilion
1 • . 11u1t 3ours avant cette 111orc.
280 IVlE R c:vR E
Il eft d)une bonne Maifon
de la Robe, & un des trois
Ar.c.hidiacres de l,Eglife de
Paris. Il a efié Doyen de
Saint Thomas du Louvre,
& efioit Chanoine de
N oitre - Dame , 1nais il a
donné fa Cl-1anoinie au
Neveu du defunt Cure.
Cep.cndant je ne dois pas
oublier à vous dire que les
Remedes des Peres Ca ..
pucins du Louvre, devien ..
nent de JOUr en jour fllus
fa1net1x par les · épreuves
continuelles qu~of.l en fait
faire. Mr de Louvois en a
G1\ I~i_l\NT. 281
fait éprouver UR _pour la
Fievre aux 111valides par
Ivlrdu Chefne fonMedecin,
- . .
& tous ceux qt11 en ont pris
011r eilé gL1érls dans le mef-
111e jour. Il y en a eu beaucoup
d'autres expériences
qui feroien t trop longues
à dire. Mr le Long Medecin
de la Faculté de Paris, rend
té'1noignage par tout de la
gl1érifon d 't1ne Pe~fonne
AG.11atique, ui avoit inutile1nent
épui é tous les Remedes
de la Medecine de
ce Païs-cy. Sa Majefté perfuadée
de la bonté de ceux ..
Juillet~ A~
282 I'J1E~ P~ C'IP~ E
de ces Peres, s'en efi: fervie
tres-t1tilen1ent pour u11 n1al
d~épaule. Mada1ne la Princeife
de Cl1evreu fe e11 a .
e11é guérie d ,u11 Rl1u1naciflne
fur les rei11s; & Madan1e
d~ Ppmpo-n.e, d,une
Fluxion à la ja111b.e , dont
elle ~voit fo1.;iffert depuis
. pl~1{ie~1rs in9is de tres~fenfi
bles dot1leL1rs. Je n·e vous . - ·- ~ .
en t-liray rien- d~ i1lus. Le
.gonJ.btç c;le~ Gu~·ris , .& la
gç~qde _affluepce· de Gens
çl~ tol;ttÇ~ qualitez qui vo11t
leur· de111ander des Reme- .....
_Çcs·., font de$ prei1ves de
-~~-w.r }X \r ~ ~lywf 8--: Jw,, 1~ i_ '"vft • - 2 · î
leur inérite · qui ne fç.au·roient
eil:re contefi:ées.
Apres vous avoir- enrreten11
ë .de ?\1ot·rs & de Malad~
es , il efi bon de votis
parler de Mariage. Mr de
Leffeville Confèiller de la
Cour des Aydes ,. a é·poufé
Made1noife lle P1·evoit,, fort
, confidérable par for1 Bien,
.i 1nais plt1s encor par l~ mé~
. rite de fa Perfonne .. Ce Mariage
s~ efi fait depuis q t1a~
-tre jours. Mr de Leffevilleefl:
tres-bien fait de fa perfonne,
honnefre -& civil à·
tout le monde, affidu ~
Aa ij,
-- .
284 NIEJ R~ C,VR E
efii1né dans fa Charge, &
je ne le ftate point en vous
difant qu'il poifede toutes
les belles qualitez qui font
heréditaires à ceux de cette
Famille. Elle eil: ttne des
meilleures, & des mieuy al ..
liées de la Robe. Mr de
Leifeville f on Pere efloit
Sous - Doye_n du Grand
Confeil. C~efl:oit i1n Juge
d, 11ne intégrité parfaite;
-& co1nme fa Charge luy
donnait la conn.oiifance de
toutes les Affaires qui con-cernoien
t les Monafl:eres
~les Abbayes, fon l1u1neur \
~ .$t ~ AN.. t ., o~ \J ..t\ ~,yf ~S. -~ • 201
bienfaifante l'en avoir re11-
du le Protelteur. Il elloic
Neveu de Mr de Jainville
PréiÎde11t à Mortier, Coufin
gern1ain de Mada1ne la
Ducl1effe d' A1nville, & de
Mrsle Boulanger & de Portia,
& avoir rnefine l'honneur
d,appartenir à Mon.-r
fieur le Chancelier.
J~ay encor tant de cho.·
fes à vous apprendre , que
je; vay trancher court fur
une petite Avanrure qui
s' eil i1alfée depuis un Illois
dans u11e Ville où il y a Par-len1ent.
Deu~ des plus con-:a
286 IVlE F~ (:~'<f'R E
fidérables Officiers d:e cette
Ville eftant àla protnenade
dans le Carrolfe d~u11e Da ..
n1e qui ne cede à aucune
.ny en naiffance ny en. mé ...
. ) rite, cette Dame s appcr ...
~eu~ qu'u11 des deux deve~
nait_ rouge:> & qu,il pâliffoit
un n101nent apres. Elle
crû_t que le devant d11 Carroffe
où il eftoir, l ,avoit
étot1rdy ; & co1n111e elle
voulut lt1y donner fa place,
t1ne De1noifelle parfaite-
111ent belle qui efioit de la
partie, prévint la Darne, &
fit prendr~ à 1,0 fficier celle
:. u~l t~\ L r!!~. NT. 2 87 ·
\qu'elle occupoit attprcs:
~d'elle. Sa foibleife ayant
:~continué encor· quelque
·~ re1nps, on baitTa deux Gla~;
ces qui efloienr levées,
~parce que l10fficier efrant
1 d' l ' . d ~ un.e camp ex1on tres- ep -
1 licate , & îll jét à efrre in-_,
~ cor11n1odé de peu de choiè,
:J on craicrnit que le vent ott
·« ::::>
·Î la pot1dre ne fuffent la eau-
;~. fe d11 n1al a.uque l on tâchoir-
.: de rem-·édier. Ces précau;
tians le foulagerent. On
. luy fit la gt1erre de cet ac~
cident, & il prit fon te~ps
- ~our en al?p.rendre ~~ ft1jet
--
- ..
.
.
z88 tER~(::VRE à la belle Perf onne qui luy :
avoit cedé fa place. Il. luy '.;
avoüa qu'il efroit né avec ·
u11e antipatl1ie fi forte pour -'.
~a Saignée, qu 2 e.n ayanc ; ' apperçeu une petite marque
au bras de la Dan1e, ;
vis-à-vis de iaquelle il s'eC
toit d, abord placé, cette _
ve11ë l'avOit_
1
penfé faire é.. ·
vanoüîr, & qu'il avoir eu
bien de la }Jeine à fe re111et.
tre. La Datne dont l'l1u ..
meur efi: fort el)joüée,
ayant appris de la Demoif
elle ce q tt'e l~ 0 fficier lu y
yenoic de dire, r~po11di~ e? ·1
r1a11t
GALANT. 289
riant que ce n~ efroit pas la.
1narque d'une Saignée qui
avoit caufé [On ma.l, mais
que la beauté de f on bras
l 'avoit fi fort tranfportcf:a
qu,il en avoic efl:é hors de
l~y - mefi11e. Cette petite
raillerie q u, elle tourna fi_
nen1enr, do11.na lie·u à quantité
d~ agreables chofes qui
furent dites. Chacun fe tira
·d'affaires avec efprit. L~Officier
n·en manque pas, je
veux dire de ce luy q.ui eft
le plus en ufage parrny le
beau monde. C 'eft un
Homme de fort bon gouft
.Juillet. B b
,.'
'
' N1E u ( 11
' 2 90 I t "!RF ,v/J !\... .ri V _,...,.~ .
fi1r le cl1apitre des Dames~ ,
Il' ne fe _laiife charmer que
.Par la veiitable Beauté. Les
Habits magnifiques, & l'éclat
dé la nai!fance, ne font
pas les qualitez effentielles
qtt, il faut avoir pour 1~1y
plaire. Une Beauté popu ..
Jaire l'attache, s!ïl y trouve
ce qu'on doit avoir pour
eftre belle, & on petit dire
qu:lune Femn1e eil vraye ..
ment aimable, quand il Ia
croit digne d' efire aimée.
Cette A vanture s-'e.fl:an t ré~!
panduë le lendct11ain par
toute la Ville, un Cavalier 1
:
~ . '.
::;! a11fli bien fait que galant,
J !,entendit conter dans une
'
~~: Atfemblée de Dames où il ' .
<: [e trouva. Les raif on ne- . - -·
( mens qui furent faits là-
:_j deiTu~, luy firent dire qu'il
:~ fe tiendroit bien mall-1eu- -)
: . • 1.
::1 reux, s~il avoir la 1neflne
.~J apprél1enfion. pour la Saiif
g~ée, parce qu'il ei1 .avoit
'..~ u11 tres - grand bef oin-,, &
:j que fon Cl1irurgien e froi t
:.. déja averty pour le jour
•· fui van t. U 11e belle· Per::
fonne qui efibir préfen ce,
;,- & dont 011 ne .doute point
.: que le Cavalier ne foit· fort
J B b ij
~
l~
" -.
292 . EP~CVRE ·:
épris, s, of1.fit à luy épargner :
la dépen[e de ce tee Saig11é€, ;
& dit en riant que les cl10 .. ~
fes valant mieux t°:'tites qu'à ,
faire, elle luy confeilloitde .:
luy confier fon bras, & de :
n'attendre point au. lende ..
fllain. Le Cavalier tourna
la c,1ofe en galanterie, fort
perfuadé que ç 3en eftoir
tine. Il cria luy- mefme
q u, on allaft chercher t1ne
Lancete, & fc laiffa Fetrouf.
fer fa chcmife par deffi1s Je
coude_ La Belle luy frota
le bras, le lia, & fit apporter
· ~eux petits Vafes t-le _por--
--'! •
GALP\!~l1~. 29?
"'' ---
ce laine:> pou1· Y recevoir le
fang. Le Cavalier regarda
la cerémo11ie fans s~ éton- •
ner. Il ·plaifà11ta des apprefts,
en prit occafion de ..
debiter ·de• doucet1rs, & il
n'y eut rien que de réjoüif~
fant_ jufqt1es - là p·our lt1)7';
:mais quand o.n et1t apporrC
. une Lancece, & qt1'il 1~1 vit
;ouvrir à la Belle, ll,ut1e n1a-
~niere qui fai[oit con11oiil:re
·.qu.'elle avoit deffein de s'en
fervir, il ce1nmença d, a·voir
~peur. I 1 11 â lit ;· · & il 11' y., .e ut
~perfon11e qui n_e ren1ar~
· quafl qu , il change9it de
:j . B b iij
~
1
A
~


1-u1 9· .4 .., 1i \/IL1 -:.J7JJ" i R..L CjV' 'DI\... . P~ .. r
vif age à cl1aq u·e infian t. La
verité eil: qt1'il n!lavoit pas
cr~ q L1e c~ d ufl: e fl:re tout
de bon. Cepend~1nt il ef.
toit entre les m1.ins d,une
trop bel le Perf onne pour
ne ·pouffer pas 1, affaire. à
bout. Il ~ne voulut point
ré tirer f on bras, & fouf rit
le cot1p de Lancette, qu'elle
luy do1111a avec at1 ta11t d 'al~
reife qu'cL1fl: pî1 faire le
plus h1bile Cl1irurgien. On
rit de fa crainte, & il i1e la
juil:ifia qu'en dilant que
l'l, ayant point eilé infrruit
4u tale11t que la Belle avait

~ {]f\I~1~NT. 291
pour la Saignéc;il avait e.u
lieu d'appréhender, apres--.
les bleffi1res qu'elle faifoit.
~ tous les jours,qu'elle 1ï'eufl:
·~l la main n~ d {~ at1111 · angereu e
i que les yeux.
· Je paffe tau t ce qui f uivit
un Incident fi peu -·c~in--n1un,
pour vc11ir à l' .i\rricle
qui efr ta11 t de voilre gouil,
& qt1e je puis ap11eller l'Ar-
. ticle des ViC1:oires de la ...
·= : France. Co111111e il· ne fe .
~affc guére de Semaines
fans que notts ·remportions
quelque avanta-ge fur les,
.E.nnemis ' & que J.. e n;) a--. . - __,
B b ilij
296 ~11E R C:\'R E
c-heve mes Lettres qu>à la
fiii de chaque Mois, jiay
%oûjours ·à vous faire un
Corps de ·quantité d, accions
qui vous dojvent donner
beaucoup plus de plaifir
à les voir enfemhle, qut ..
elles ne vons en peuve.nc
caufer quand vous les voyez
féparées. UO)i' qu'il y ait
eu Sufpen:Gon d'armes en
Flandre , toutes les Trou-
-pes y efrant demeurée-~ à
l'ordinaire, les heuret1x f ucce'
s que nous avons eus en
Alle1nagne n~ fo11t pas
~~tns glo~ieuxau Ro}T, que
~ AI· ~ ~-T,.....r Gri. ~f\1 ""~ 1 • 297
s'il avoit eu tous Ces Ennemis
à combatrc. Il efr vray
qu'o11 a fait quelques pétach~
mens pour cette Ar-
1néel in.ais il s~en faut beaucoup
que Monfieur le Marefchal
de Créquy n,aic efté
joint par a11 tant cleTrou p-es
qu,il avoir accoufturr1é d-e
1 'eilre les autres a1111.ées.
! Ainll on ne peut dire qu, -
i elles nous ayent toures fer.
v;r de ce cofré-là, qu~y qujil
f~n1bloit qt1e nous ~n dûC.
, f1011s a voir be foin pour foû.
tenir les eflàrts de ce (Trand . O·
i1ombre d>Ennemis que le
2 9 8 11\ ltf !J.{.,,.j 1K:} ~,-t""t~-·"I "',i' f' R1 J~1 .. 1
Prince de Lorraine com-
1l1andoit. 1v1al gré ce grand
no111bre , ils fo11t rédt1its à
p.ous craindre;· & puis qu,ils·
fe trouvent obligez_ à fe défe.
ndre, la Paix qt1e le Roy
leur a offcrre avec tant de
gen érofité, leur feroit un :
l)arry beaucou11 plus avan ... '.
rageux à prendre, que ce lu y
de s~cJb{l:iner ~ laiffi~r atfoibll
r leurs meille11res Trot1~
pes; c·a.r enfin on pet1 t c..--lire
, qt1e tant de Perfonnes con~
:Gdérables qui ont pér}r par~
m y et1x. dep·uis u11 n1ols, !.
font des Vidi1nes de t.i ·r
'
GA î t'4 NIT ~.l ~ ~'# •• ft 1 . 299
.·gloire, de la vanité, & de
la jalouft.e de ceux qui s,oppofent
à la Paix. Lo ü I s
LE GRAND VOL1loit épargner
ce fang à tant de Fa-
.:J milles, quoy qu'enne1nies;
·~t & j) en fçay qui,fï elles n'ont
:~ ofé s, en 11lai11dre haute-
,.11 1nent, n , /\, Jh 011t pt1 s e~pe1c er
~:l d) en murmurer. J'en pourj
t'ay trop de parcicularitez
:i a vous 1·acC}nter de toutes
. ~
S les Aérions dont je vous
:·;J dois faire le dé cai1. -.- )- ~ .c,
~~ J, aurois eu à co1n1nen- .
:~ cer par Fri_bourg repris [ur
:-:.
· ~
-"1";
-,!..J
~
..1
;~
J~
-..
,)Ïi
.f .~ . •
..-
r;
: . .....
-~
. :;.
I •.,
500 11 J\ l $f-._,~ f;L P\..R.,..rl ~VRE'
nous , fi les Ennemis euf<d
fe11t pû tenir parole. Il n'y
a pourtant pas lieu de fe
plai11dre dJeux là-deffuse Ils
ont toûjours les meilleures
intentio11s du inonde. Leur
Can1pagne doit s ~ouvrir
tous les ans de fort bon ne
heure. Tot1t retentit du
bruit de leurs forces, de
l,a1nas de leurs provifions,
& de lJargent qu1on porte
à leur uaiffe ~Militaire ;
1nais dés qt1e le re1111"ls de fe
mettre en marche efi venu,
ils .iè trouvent réduits à la
déferlfive, & bien loin d}a ..
~A.r ~ ~ N~
~.r ~l"\l ~ ;I 30~
Voir affiegé Fribourg dont
les Fortifications n~ efloient'.
qu'à 111oitié faites à l'ouver-,
rure dé cerce Campagne,
ils les ont laiffées acheVer
dans leur Païs mefme. Il efl •
Vray que ce Siege eufl: eflé
~ne entreprife aflèz difficile
pour eux, à moins de
prévenir Moniîeur le Marefcl1al
de Créquy, ce qui
n1efi pas fort aiie. Ce General
co1nn1en~a par cou\
7rir Fril'loUrO"" · & avoir em ..
V' pefcl1é qt1}on ne foit venu
raffieo-er en l) état où il ef- 0
toit, c'efl en. quelque fa302
Tl'I~ D~ .~;~.. t.~ lN~ l1' 'R1 :1 if l t
çon 1 'a voir pris deux f ois,1
Eri fuite ayant fceu que
~ J. l·, Ar1née des Ennemis fà.i- , . .
foit un 1nouve1ncnt pour :
mieu:x l'obfèrver, il fit cl1ar- r
cher l~ur Arrieregarde qui '.
plia ; & par un effet de fa ;
pruclence ordinaire _, il n~ .
pourfuivit point fes avan~ :
rages. On luy vint donner
avi~ que la tefie del' A.r1?1ée
des Ennen1is tournait vers
!On Can1p, & qu ~ils faifoient
attaquer une Eglife
dans laquelle il avoir 1ni5
cent Hommes commandez
par Mrs les Chevaliers de
~AL A N'f'4 -i._J 1r\1 · · 501
. Langlé~ & de la Citardiere.
~ Il les fecourut auffi- tofr,
~ quoy qu ~ ilS fuffent atta·-
.q uez · par toute 1, Armée
enne111ie, & avec deux Ba-'
teries ci1ac;une de trois Pieces
de Canon. Cette Action
eil extraordinaire, car
.Mr d-e Créquy ayant fait
marcl1er ~· f on Armée .deux
gra11des liet1ës par des che-
~: n1i11s diflicîles pour charger
l l ,Arrieregarde des Enne-
~ 9 ' t n11s, retourna tout4-cot1p,
: & {è trouva apres trois lieu-
·. res de 1narche, à la. telle de
.}.j la 111ef1ne Ar1née qu!til ve-
~~

go4 EJRt:\'R~E
11oi~ de fuivre en queuë~
·uoy qt1,il y ait deja du
- te111ps q1:1e ce que 1e vou~
viens de dire eft arrivé,
con1me l , Article que je
vous donne aujourd ~ huy
d 'Allc111agne , comprend
tour ce qui s'y eft patTé de~
puis la Capi pagne ouverte,
j~ay .crû que .je IJ.e. devais
pas m, en taire, & d~'aillct1rs
vous en connoiftrez mieux . ..
l~en1barras où font les En~
nernis, di avoir affaire à un
Chef fi vigilant & fi con.
fommé dans le mefiier de
la Guerre. J c pa1fc à une~
'
' '
~~J /! L ~ 'f\l1~r jn\_ ~\ ;L ~ • jO)r
.·~.ACtion que le Public n'a_
1roint f çeuë de la maniere
:1que je vous la vay dire, &
~.!dont lnef n1e il n'a eu au- ....
)cun détail. 1\1t de Créquy
1 ' ~vous a y marque, v~11t ca1n ....
< per vis-à-v-is de N cubo.Urg.
! Mr de Cli.oif e üil eJ1oit allé
'.~vers Rhi11feld le jour pré~
~cedent, avc;c Gx Bataillons .
• /l& quinze Eîcadrons. Les.~
:·. En11en1is parurent ce inef~
; n1e jour-là vers Frib.o.urg~
{Ils fe campercnr dans la
~Plaine de S. Georçres~ conk~ , t) .T
~me s'ils euifent voulu l'in~
• Ill Il
i; Juillet. C.c-
• •
306 MEr R C'I R f!
ve.flir. Celan~ e1npefcl1a pas
Mr le Marefchal de f uivre
fa marcli.e , & d ~en voyer
dés le tnatin M r de la Fréze
liere avec du Canon &
quatre Bataillons , pour
prendre les . Cl1afleaux de
Roreli11 & de Brombac, 1
vis-à-vis de Bafie. Les En-~
nen1is avaient deux cens
Ho1nmes dans chacun. On
~ne fit qu'une petite lieuë
ce jour-là, & l)on vint cam ..
. per au bot1t de la Plaine de
Net1bourg dans un lieu. par
où l'on entte da11s ttn Païs
4
plu.s ferré de Montagnes &
.. .- -
1
1'
~ A î l\ ~~1'1~
~J }''\_ LJJ _t\ 1 ~~ -~ • j 07
du Rl~in, pour aller vers
uafle. Mr le Marefcl1al
avait détacl1é la nt1it précede11te
Mrs de la Buffiere
& de Belvefe, avec ce11t
- cinquante Cl1evaux , pottr· .
avoir des no11velles des Ennemis,
dont il ne pouvoir
pll1s rien app1~endre par Fribourg~
Ce Détache1nent
les trouva à noftre vieux:
Camp9 Il fut f uivy de trois. _
~~cens Chevaux e11ne111is ;
._,
1
mais il fit fi bien,. qu'il le-s
e11gao-ea da11s un Défilé~
po~ ~1r eux, qu'il les Init en
-~~ ij
508 1't1E R C~VR E
déroute , leur tua pltis de
trente Hommes~ avec plufi.
eurs Officiers, & en1n1e11a
vingt Prifonnlers8 Co1nme
la nouv-elle du lieu où ef- ..
toien t les Ennemis,. ne paroi
ifoit pas vra.ye-fe111blable,
parce qu'ils eftoient
dans u11e fituarion fâchett ...
fe, éloignez de leur Ville,
& entre dettx de 11os Places,
Mr le M.arefchal renuoya
ce me fine Party pour
en eflre info_r111é avec pl-us
.de cerritu(le, & laitTa les
quatre Efcadrons qui ad
voient, fait I :t Arrieregard~
GAL.A~NT. 509
des Bagages, pour foûrenir
ce Party s~il eitoit pouffée
Ces quatre Efcadrons eftoient
Olier, Coinminges,
d 'Al1nani, & MontaugétA
Mt le Marquis de Maure_,
vert y rell-a~ Cependant un
Cavalier du Party s' alla
rendre aux Ennen1is, & eftant
mal infl:ruit de la mar- .
che de l ~Artnéc de Mr de
Créquy, il af~i1ra M r de
Lorraine qu'elle avoit pa!fé
le Rhin, & qu1il ·n'y a voit
que deux ce.rls Chevaux en
de ça pour couvrir fa mar -
cl1ea Mr de Lorraine ne
jio ERC:VRE
voulant i1aS perdre une h
belle occa!ion de batre •
nofl:re Party~· adjoûta foy
à ce que luy dit le Ca\1alier;
-& po11r faice le fien plus
feûr, il ,léracl1a les trois .
Co1npagnies ·de fes Gardes, j
& fes deux CoflJpagi1ies de (
Gendarmes & de Cl1evaux- ·1
f
L~gers, avec quatre cens:
Cuirafli.ers. C~ en efroit affez
pour batre cent ci11 ..
quanre Cl1.evat1x_, ou plutof1
c 'e1l:oit àvoir bonne opinion
des Fran~ois, & de la
defenfe qu'ils devaient fai ... <
re.. L.' Arm~~ ne faif oit que i.:
- --- ,.._, ._ :
1
,i
..
1
...
GJ:tLA~ T. ~11
de rentrer dans le Camp,
. lors que vingt Maifl:res.
J • qu 011 avo1t envoyez aux:
nouvelles, revinrent pouffez
par· 1es Débandez des
Ennemis, & aifurerent que
tau te la tefte de leur Arn1ée
paroilfoit; ce q11i ef_
toit aff~z plaL1fible , ces
Troupes - là ayant leurs
Etendarts & leurs Tin1balles.
Mr de Maurevert envoya
avertir M'.. le Marefcl1al
de ce qu' avoiet~t rapporté
les Cavaliers , & tle
ce qu,il vo·yoit déj~1 l11y-
·1 nlefine. Mr le Marefchil
J -.- - ...._........
. 312 NIE,RC RE
qll:i eftoit à u~e lieuë de là,
11e do,ura poi11r que les Enne1nis
infor1nez des grands
Détacl1emens qu ~ !l a voit
faits , & perf uadez qu'il
a.voit deffein d ' affieger
Rl1i11feld, ne vou luffent ha ..
zarder une Bataille, pour
ne p·as laiifer perdre cette
Place~ Ain li il fit remar- .
cl1er incefi'a1n1nent toute
1, Armée vers le Can1p quJ~
elle venait de qtiiter, pour
fe pofter la gauche à fon
Camp de Neubourg, & la
droite à ~a Montagne:, a yanc
le Ruiifêau qui coupe la
~~ Plain~:~
~ ~- . 1" -
Plaine en deux, à f on front ..
Dans le temps qu,on àvan-·
~oit, les Enne.tnis croyant·
avoir trouvé ce qu'ils cl1er~
cl1oient , poufîerent nos
Trou11es- fort vivement luC
ques dans le Défilé. Ils de-
1neurere nt en bataille fi1r
ce Défilé, qui eft le Rt1if-·
[eau donr je viens de parler,
. & qu,on patfe pourtant en
'.~beaucoup d, endroits à df oit~
& à gauche. Nos ce11 t .1,1 J' ciil--
qu1nte Chevaux ayant repaffé
un peu en def0rdre, _
·~ les Enne111is pafltrcnt con-. ·
fi1fément fur la aaucl1e do··
~ " ~
Juillet. D d
314 1ît 'zQ"/J_" T~mE. R} {~~1-~V 1 .R . ~..t-~ ;·'
.pos_Eïcadrons. ·La veuë .des· i
TentÇs. qu%ils .. d.éco~uvrire11t i
~ u i1e _bonne ~port~é de Ca- l,
non,le.s effiaya. ·ils v,oyoie11t :
l)_ oi~re Armée qu)ils · croy- .
qient au tlela du Rhin, & !~
ils ef(oicnt à deux lieuës de : •. .
la leur fans eftre .foÙ,tenusG . -
• 1 Ce11enda11t cor111ne dans ce
111on1e·nr ils n'avaient af- · . ... 1
faire ~1u~à.11os quarre Efca ...
drons, q.tt,ils eftoie nt quatre
contre t1n, QC_ que c~ eftoit .::
1 :élite de let1rs Trou:pes, .
pri~1cipale111e.nr cette G.en- :
clarqierie LorraiJ1e.,.pre.(que :
tp~uteco1npof~c d)Officiers, f..
...
i-!s réfolure.nt de ne s'.en--paS·'.
retourner fans rien-faire,-&;
d.e batre -nos quatte Efta~
drons ., au ha.zar.d .d'attirer ~
t{)ute nofir.e A-r.mée fur e-ux.
Leur grand .nombre fut
caufe q u, ils ·en prirent quelques-
u11s e·n ref[e, en flanc
&enqueuë.Celu_y.de Comn1inges
aya·ns fo-n Colonel
en refte, fit d·es chofes fur~
prenires .. Celuy deMontat1.q
gé le fec.Oda avec bea-ucou p
de vi. gueur~ . & 1.cu t n1cn.e, a'
la cl1arge p.aL .. Mr de Mau~
reverc, qui [ __ troJ1va dan.s
tous les endroits pérille~x,
D d ï -- ~ + J
..
.
• .. 1 • ... -· •
3-~ -I 6'· rt'. R_ c~\'~ Rr ~~ • . - d '- ..... ~1 ~ 3....v..J
& arti~ma les Troupes avcC
ui1e intrépidité ~ncroyable . .
M-· de -C01111n in ges a· don né ~
dans cette occafion de
grandes i11arques lle valeur
& de Cont1uite. -M~~ le Cl1e- •
va:lier de Co1nn1inges fon
Frere , Capitaine dans ·Ie =.
~efine Regi1nent, y a elté ;
tué, ainfi que ... M~-· le Cl1e. :
va1ier de Vallcocourjl Mr de ~
la Bertiere C~11.,Jraine dans .
le 1neft11e Corps, fit tout ce :
qt1' on peL1t faire pottr fe fia
1nort, pris & dCgagé. On
prit & reprit les Etendarts,
u~ lFi-~ $.r,h /J,A NT . ·. "l. . • j17
& Mr le Marquis ·de Com~
1ninges ayant p-erdu fë,s
Ti1n balles, les alla re.tire·r
foûtent1· de vj11gtCavalierS.
Les Ennemis voyant venir
de 1oi11 tot1tes les Tr·otlpes,
lè fat1vl~~rent du Goflé de
iet1r Camp. Ce ne fut 11as
fans avoir encor 11ius l)erdu
que no1JS. On leur p·rit l)lus
de tre11te. Gardes & Cl1evaux
- l4egers. Le jeune
Co111 te de Lig11eville fu.t
t1it prifonnier avec tr.ois
des principat1x Officiers,
On eut not1velle peu d~
te1nps apres que le Chaf-
D d iij
.
~318 tER~ CVRE
teau;de Rote lin s>efl:oit tendu
apres av.oir effuyé qua~
t.re volées·. de Canon, & 9ue
la Garnifon efioit prifon~ ,
riiere de guer·re.. On vint ·
at1fli· donner· av:is à Mr le
Marefcl1a1' qt1e le Camp .
volan·t du Comte de Sta~ ·
remberg efl-oît a-rrivé {àl1s ,:
Rhinfeld, & qt1e Mr d~:
Choifè Liit eJ!oît -c,1tnpé fur!
-la Hattteurvis-à.-vis de cette
Place~ dto1l les Enne1nis luy
· tirvienc force co11ps de Ca ..
no11 inutile·men·r.' Tant de
cl1ofes. confidérabl es [e [ont
paLfées.è d·evanr Rl1it1feld,

-
.. . .___ - '
_____ .......... __ _..,.....~_____..... ........ ~--·~-
J------- t
'
;: :
... -.. .. ·--------~· .... ---~
·~- --.-----
..
. 1
I'"r' ,t.
r
. ~
. j
:1
,
I 1 t
~ ' •
t
~--
.......
t~
~ ~
.... 1 •
1:.·" .. :\'
Il . ' t L
-!\, rt ·IL ~l·· • 1
.-.J · ,~ ~ l.' f . 11 1 l'• ·._
~,· ,,.
'j-
~.
_ .. r" •
.• ..1.. ... ........ . ' . ' -
~?
' . ..
L'
1 -- ~,
0
.,..'..,
~ (. . ·~
.~
il
..
'
.. - 1 1 ~ . i~ l\ r t: NT ~~r9.:
. . ~'--~ .À:.~ ~ J. \ •
que potlt volis lfs faire ire
avec plus· de plaiGr , il eOE .
bon de vous .ert faire voir ·
la fituar:ion. E·xa1ninez. la . .
dans· Ie POr'fil <..Jt1e je vou~
envoye , & confidétez· le
POnr où s'efi fait tapr der ,--.

carnage. Pet1t:- e1lre e11!
,~oya~t~ le Rl1in· qui 11afiè;:
~ deffOus, \1ous· r·e11refènte'-
rez-vous les· Allèi11a11s q11!
ttJ111 be11t d~da.11s. Du i11oins·
' c11 re11i:irgua11t q·!1e cette!·
Ville ·eft · fi ruée fi1r ie bord~
. de la· fore fi: noire, auffi_.
: bien ·qtte· celle dortt j~ vous~
). dois encor fa.ire v·oir l.e.P-ori~lt 1
""' .D-tl iiij
_.. .. . '~ _.
320 11 '4\ K~ :,--. r•pJ rn~ ~~.,I- V' '. RE.
aans cetteLettre, vous con.
~~itlrez pourq-uoy on les a
nomrriées Villes Foreilie .. . .. .
- res. Il efl: furprenant fans ..
doute que quatre mille
Ho1111nes en ayent e.ntiere ..
ment défait fep-c à l1uit 111ille
.) • r
bien retranChez, 1a·ns qu'il
s)en foit prefque _ {~11vé at1 ..
cun ; n1ais le Siecle de
Lo ü r s LE GR.AN o efr le
Siecle des PJ~odiges, & ll
n,y a t)lt1s rien d~inçroyable
Ç.e .-la yalct1r des Frai-1ç:ois.
Les belles R.elations que le
Public a veL1ës de cette Ac~
~ic:-11, in' ont fait croire long
u.l ~ .
..
temps que JC ne vous en
pourrois ·rien a1">pre11dre
~ue vous ne iÇeuflièz. "ce~
p·endant j'en ay recueilly
toutes· les par-ticularite:t
a.vec tant de iOi11, que vous
trouverez icy beaucoup d~
cl1ofcs qui pourront efire
not1velles pour '\fous. MI le
~ Comte de Choifeüil & M~
~ le lv{1rquis de Bouflairs, fu.
renr déra-chez de 1) Ar1née
avec un Corps de Troupes
dés le 26. de Juin, pour aller
~ occL1per les Paifages ui
font du calté de Rhinfe d.
Ils iè Ctifirent à leur arri-
0
vée de ceu.x de la Horn-,. &
des Forfs ·qui~ le ga-rd.oient;
& · vin~r·ent. jufq_ues à Rhin~
feld ,f où le Co1n:re. de Starem
berg arriva le lènde ..
main avec. t1n grand -Corps
de Ti·ottpes .pou.r s-~oppofer
à leurs cntreprife~. Il venoit
des Mo11 tagnes noires, où
il avoir·b.rûlé. le·s Pbftes qt1e
Mr (ie BO·uffà.ii"s y avoir a.:.
hando1111ez po11r venir joi11"!
dre M!. de. Cl1oifcüil~-- Le 3~
de. ce n1ois ils reçet1rent
ordt"e l'-un & 1' at1tre de ~/1;
le Marefcl1al de-Créq11y de·
' l . r 1
s ... a1~proc J.er J~ t 1qu a' .. H ornt
r
GAI~1.F\NtT~ 32·1·
Mr le M~arefchaiL s' eftoir· erl.
J11efine temps avancé. avec
·. ;toute fon Armée fu1J le. s
!' H·au1tcurs de Rotelin; à· une
: lict1ë d·e ce FortJ dont on 1..,
.i s~efroit ren<.1t1 n1aiilre: de~ 1
."I
: puis.trois jours, auflt- bie11
.: que de· celu.y de Br-0n1bac.
·~ le Co 111 te d:e s~tare Jn-berg
.·~ avait [011 Ca.mp à la· tefte
~ du Pont de Rl1i11feld, fot1s
J le Ca.non de la Ville~. Il fiE
.J patfee · t1ne partie ·de lès
.:: ·r;roupes~ da r,atitre collé
·~ dLt Rl1in·, fur·l~avis qt1'il eue..
·_ que M.-r le -1';1 drefcl1al s' a~
. ~ v.anç~o ir, afi11.~Jc f ai.J.~,e- palf er:
: 1
1
- 1
324 rv~IERCVF~E.
le refte avec n1oins de con~
·fufion; 1nais la 1narcl1e en
arriere de Mt.- de ·Choifeüil
luy ayant fait croire le con.,
traire, ilJit repaifer en deça
toute iOn Infanterie, fe con..
te11.rant de la faire retra11 ..
cl-1er à la tefl:e du Pont pour
plus grande ièûreté, tena11c
auffi dehors une partie de
fa Cavalerie à la faveur du
Retranchen1e11r. Mt le Nfa ..
refchal ay_an t efté a vert y de
cette dif pofition, crût qu'iî
les pot1voit artaqlter àv-ec
fuccés, & dans ce delfein il
arriva le 6. de bon matin au
~
. ~ - .
!~ -~ î f\ -
Can1p de M~ de Cl1oifeüil.:~Il
fe n1it à la refl:e (le lès
Troup~s , dont il ordonna
la marcl1e, & qu'il fit fùi-
: vre par un Corps a1fez confidérable
co1n1nandé par
~ Mr de Joyeufe Liel1tenant
·~ General. Il fit environ une .
1 :. lieuë ayant que d'efire a ver ...
. · ty que dix Efcadrons des.
l En ne1nis paroiffoien t. Il les
,~reco11nu la· fituation des ·
. -.
~:lieux. Ils fe retrouveren.t .
:'plufieur~ fois à -la fJ. veur
~d'un Païs aiTez coupé, &
1.ayant -fait fer1ne à tous le.s. -
'
'
' .
.1:
'
j26 M.E F~ cv.R-E
Défilez, ils .fe retirerenr e-q
·Gens de~gt1.er1-:e juf qttes~fous
Leurs .Retrancl1eme.ns à la
tefte .du ;Pont de Rli.infeld
où e!loit .l.etir Jnf.1nteriel
Ces diférc~ntes renco1l.tres
cauferent quelques e[car-
1noucl1es,& donne~enr lieu
à plL1lieurs Aélio11s aifez
vigoureufes, où les Troupes
du Roy firent tou.t cc
q u ~ on pou voit ar.ren dre
d'elles. A;pFes ~ela, .Mr le
Marefcl1al ne. fongea 11lus
qu, à ·executer. le deflèin
qu'il avoir de faire attaquer
les Ennemis_ dés qu'-~ !On_
-
j tlnfanterie , qui av.oit .efl:é
,:f obligêe . de fà.ire un .afièz
~ grand tour_i, ferait. arrivée.
'.J Il avoit fait reconnoifrre1es.
;j forces de le.urs .RetranGhe'.!
1nens -qui eiloient .:tres~,
_gra11ds, & _bordez ·.par t.ont.
j d' Infanterie. .On voyait
:t paroiftrc au deva11r dix-fèpt
:! ou dix..:h.uit"Troupe·s de Ca\
valerie. Ce.pendant toute
.~.(' celle de Mr de Choifeüil-
; doubloit & fe n1ettoit en-
-·bataille fur un Terrai11 af_--
~ ~fez a.vantacreux qui re·gar-
-~ doit de fro~t le R etraJtche- ,
inent des Ennelnis~ Les
j28 1'1iE R C\/P~ E
~ragons ~e Lifl:enay aya~t
Mr le Comte de Teîfé à
le·ur tefte, te noient \adroite
de la Cavalerie; & ce·ux du
Roy qt1i ne faifoient que
~·arriver à cau[c d~un grand
~our q~t'ils ~voi~nt pris, furent
pOfie.z- à là gaucl1e, les
Dragons de la Rey ne d~riiere
et1x. 0 n Vit alors q uc
la Cavalerie enne1nie com~
1ençoit _à fe rer~rer, &que
la refre de noftre Infanterie
eftoit encor 1 oin. Ce 1(:1 dc)nna
lieu à Mr 1e Marefchal
<le faire mettre pied à terre
àux Dragons du Roy, dont
• ..,_, -r. T ~- .
$~ ~~ 1- .. ,_
il fit t1n Détacl1en1ent pour
reiferrer quelques Poiles,
ava11rage11x des Impériaux~
1
.ces Dragons f oûtenus · de
tout le Regit11e11t, & de celuy
de la Reyne, ne furent
guéres de .te1nps à fe rendre
au F.. etrancl--iemen r,. 1nalgré
le grand feu des Ennen1is.
M~· de BouRairs fe mit à leur
i telle. Les Dragons de Lif-
. n1ouven1ens de cet1x du
F""oy , s 'a v-a11ceren·t au.ffi
juf qu ~au n1efi11e Retran ....
cl1ement. Ils donnerent 1
:; conjointe1nent les uns à la
~ i Jaillet. E e
(
f
. 1
1

3·j O. · -F.. ...·. ·n (""1\ 71)--1.1 · -J 1~~ ~rf1 if ri~ ~
-droite, les autres· à .la gau·~
che, & en éloignerent bien:
toit les· . Ennernis qui ve~
noient partlev'.ant au·grand
trot·, Ils fe m-ire11t à. fuir
droit à leur=~Ponr afin d,en~
~
trer:dans la~Ville'.. _J~e.s D.ra.;. ~ .
gons·du R·oy fe. faifirent de.s;

Retrancl101nens~ ·. C~ux- de 1
la Re}~ne lès-· ft1iv·t'ie11t ; &
.ceux de Li!l:e11a y\ y! entre~
r·ent·de l'at1tre cofié~ }v{r le
-C:om~e· de· Sc ho1nberg ef.
. r·oit à_let1r· tefre. En peu de
tempS· 011 avan·~a jt1!qu1au
Ponr ,~oLl la. gra11de- qt1an ..
titéde 1v1orts,. de.Mourans,
no,• :,, ~ ~.,.- .lt "1\:r~~ p - ..r ..... ~ ~ :.· ~~ ~ .
...... ~~ :: _?.:.;_ ~ ; ~ • "3I pt_ • -J"~ -~ 5.. 5,._~ ... "J 1. ..... ..:,,,,.. , ~ .)
Je Ble-tfez; .. de\ C~~l1evaux, ·~~
d'A ~:n1.es,:-,etrtpeièhercnr de·
: o.allër~ - le· jeuAne·= Ptin:ce de.
B_a de y- -fu r· rt1 é ,:, & l afA;plû·~
p:arr ·fuTe11·:t paflè z ·-a11 fi~l dé.
1,·- E- 11c' e·, ou · re·nver f"""e' z-- da n,s
le:: P'"l1it1. Q-~~elques~uns d·es·
Ei1ne-111is vouilire11t; lJa!fer
p·ar· c1'-:ili1S' les },/lorts 1)ot1r:
iJt làu \'er da11-s la~ Vil le, 111ais· ~ ~· J a
il en; échap-a fort peu au feu
_ con r-in u el d·eÎs ~;J·:o ilre S' : q11 i
:i les ft.1i veien t de fi -p.res, qu·e·
r h1ns ·1a dili<Te11ce.dt1 · Got1- ~~
ver11 cur · à~ '"-fu_ire h:il1 if.cr: le
; Pont-levis, on~~.-fèroi t entré'
: dis la:Ville ivcc lesFUvai·ds~·
" E e fj
,i 32 t E! R~ C\l~-Fk E
Mr de Boufla.irs n1it pied à
terre fur le P0nt à la tefie
de fOn Regi1nent ~ & s,approcl1a
fort du Pont-levis, .,
fur le bord d=uquel ri11 Cor- ;
nete de fon Regi111ent eut ;
l,avantage de planter fon ·
Ete11dart. Il y- ft1c bletfé; ;
On vit dans le mé_me temps
·; prefque tous les Etendarts ,
des Dragons du Roy, de la
Rey11e , & de Lill:enaj1,
plantez fur ce Pont. On
c;.hercha à s) y retrancher
}lour efirc à couvert de Ia·
Mot1f q ueterie & du Canon
de la Ville, où il n,eftoit
,. GAI ~ ?J~~T . ~: ~b""!. l~J ~l ~ . 3?i
lus pb111 e d'entrer. 0 n
e [e1·vit d'abord pour cela,
des Corps morts,.& en fuire
de TonneaUx pleins de rerre.
Les Ennen1is les rendiè
rent en peu de re1nps inu.
tiles, par le feu qu~ils mirent
à leur Pont, po·ur ne
11ous y pas laiifer retrancl1er.
Comme on vit qu'il
fe confumoit entieremenr~
.; on fut obligé d, en fortir;
·t cc qtt, on ne fic pas fan~
; beaucoup de peine, à caufe
1 de la quantité de Morts &
~ de Maurans aui occu-·
~ l
i }~oient les·paffages. On ·prit:

. - ~~ .. -~- ~... . kt"=· ~ . ~· ,_ · ~ ~~~-~ . RE ..
3 ~ 4- 1 Jt ~.-NJ I'-.(~,,! ~ ri
trois Pieces, de. Cano11 a.ux.
I111périaux pref que àl-~ port
. ée -de._ la Vil l è , o.ù. ~ls rEi~
choient.d.êles ren1e11er. On
en jet ta .,de.ux~ . dans le Ri1ino'
Le Cotnte de Staren1 berg ·
qui con1111an.cloir en cette ·
occafion, fut-.. b1eifé à nlorr, .
On ne p.eltt·dire .juf qu'.011 a
cJté 1 e.ur p.,err.e. 0 Il découvre
tot1s les jours qt1>-elle . e!t
P:l us grande· q u-' on 11e r.a ...
v·oit crû .. ·Le. no111bre. des
TUez, des· Noyez,. & dc--s ..
B1:ifO-n n iers , fl1rpaife· la
moiti.é des Tro.upes qt1'ils
avoie.nt . dev.;1~1t le_ur Porrt; ..

.. ~. "3L T ~ ~ f-:-z ... ·' ..i ;-...~. K. -<.r.. ""T. ~ tti ~ ~ : ..... ,~ s f~·~. ~ ""l~ ~ • ' ? .li(
.,..fol'- ..E ~- >, ..... ;! .I_ ~ -- ~ J J '
& Ie reJle ell-an t bleile, ·au
aya.11t"defe.rt.é,.011 peut t-lire
que la per~te ·d~une.Baraille
genérale n~a·uroir pas~ eftO
fi co11Gdérable po.ur et1x,_
G:ettc. Défaire. leur coufie
leur - meilleure In·fanterie;
& cela n~eil l'as·· Liifficile à
croire, .p1:Jis que la Porte de
la -Ville . Juy fut fern1ée. _ Le
Gouvern·eur fut tné en .f:rii:.oÀ
fane' haL1ffer- le lJ.on-t-levis-.
Toue cela lè-· paJ1:1 à.-.Ja ,veuë
de M~.le Marefcl1al de Créquy,.
qt1i~ 11artit at1OEt:o-il:
poltr s'en· retot1tner à fon
A tï11ef e a' ·.~c1~ n.q ·l "1 euc.... s u.J e 1·"a •.

336 NIE.F~CVRE
Il laiffa Mr de Joyeufe avec
fo11 . Déracl1e1nent, ca1~pe
fur le lieu, & ordonna à
Mrs de Cl1oi[eüil & de Eau .. ..
Hairs , de .s ~avancer j uf qu'à
la Con11nanderie de·Peken,
pottr s'en faiGr; ce qui fut
fait auffi-toil: par Mr de
Monperoux Brigadier d'In ..
fan terie. Nous n, avo11s
pref que perdu perfonne
da11s cette Attaque. Mr
d'Offonvillc Aitle de Camp
de Mr le Marefchal de Cré-
·quy, a efté bleiTé à mort, &
un autre Aide deCamp tué,
a.vec un l.>agc de Nlr_le 1v1are[
cl1al~
. G1\IN.AN~r~ 537
tefcl1al. Un ·Aide de Camp _
& un Page de Mr de Bou~r
flairs, ont ett chacun ·un:
. Cl1eval tué fo.~1s eux, ~ -· ,. un de fcs ~Gardes a e.flé ·
rué derriere luy. o~ ne
fçat1roit d.011t1er trop de
lo ii a-n·p-e s ~t D/l 1"'.~ les Ma.rd u-is -
Cl .1
de Créou·v & clt: 1via11.cc,vert;}
.l ' JI
3~ à !vl~· 1e Co1nte de Scl10111 ..
b-erg. Toutes ies Re:,lations·
parlent d'et1x. d~une n1a-·
lliert c1ui f:·titvoir qtJ.,\")ll eil:
pcrfttadé cl(; ce qtl'ils ont
fiti t. ~v'i_'.: les Marqt1is de
Valfé & dt1 c.,hareiet {è ·fon~
. aufii fignalez. Le pre1nier_
Juillet. F f - ...
3i8 ~~1EFt.CVRE
a efté bleiTé legérementa~
Le jeune Colonel de Lifte_ ~
.n~y .a. fait- des. lllerveilles, ;
aufli-bien que Mr de Givry, "f
~ Ja cefte des Dragons ) & ~
Mr de Lanfon. Mrs d>Eno11- ! .. _ 1 ~

\~_ille Freres, ont fait paroif- f
tre bea.t1coup de viguet1r. 1
Celuy qi1i eft Mellre de ,'.
Camp du Regi1n~nt de la
Reyne, a eu une gra11de
contt1fion. Mr du Son· l\1ajor
de Dragons , Mrs de
la Vie, Baudot~·, fJ orge, &
le Chevalier de Belle1nare,
tous Officiers de Drago11s,
onç acquis beat1co11p de
~~ À î" A }i..~ 't T ~J J-\_LJL-1-l~~ • 339
gloire. Ml Baudot a efl:é
ble!fé de d~ux coups d'E~
pée, Mr Dorge tué, & Mr
le Chevalier de Bcllemare
bleifé. Ce dernier fe rnefia
parmy les Ennemis , & fut
deux_ fois prifonnier,, Mr de·
la Potartiere Cornete de
Mi1e Comte de Teifé, a efl:é
bleifé de deux cot1psa Mc.
d-e Cl1er1nont Volontaire,1
\ ~teft f:'lir di.llinguer. Mr le
', Marquis de Vat1cocour Ca- ·
pitaine dans Comminge,
a)Tant eil:é co111111andé avec
. cinquante Maifires par. Mr
~le ·Maref,hal de ·créqiiy
F f ij
.
340 1\111:( 1{ (~1\tRTI .i ~ t........ 3-. k. .. ~_.,, V .5....,nJ
pott:r aller reconnoiilre la·
Place, il en ai1pr0Cl1a à la
porté.e .. du I\Jiou.f.quet, & eur
fo11 cl~eval tué ·fous luy ..
Il s>eiloit fignalé quelques
jours aup~1ravant dans l'Aélior1
dont je vous ay déja
parlé& Ce fut ·&a11s· cetre
pre1niere occafion que 11~
le ·Cl1evalier de Vat1cocour
f on Fre-re, Cornere dans fa
C • (: ! d I 01111)ao-n1e rur tue en e-
1 b ' fendant -fOn Etendart. Il
n ' avo1-t encor que 15. ans.
C' eil le troifiéme de fes Pre ..
res t11ort dans le fervice depuis
les crois dernieresCa1n~
i~ ~ 1 ~ ~~~t ~JA . .,AA1~~ ,~ • 341
p,agnes. Ils ·font d,.u11e de·s
plus ancicn,nes Familles de
Périgord,.~ quis) efi fait remarquer
(le puis 500. a11s par
les fèrvices· qu'elle a rendus
à 1:tosRoys, ·Leur~Pere embratTa-
·1a prof effion des Arm~
s dés tâge de x.6~ ans·,- & a
e9Cé Marefèl1a_l c.1e C_amp. Je
ne doy pas fi11ir cet Article
I:111s vous par le r <.le ~1r le
C6rl1te l1e Teifé Brigadierde
Orago115~ pt1is~qt1~une
bonne l)artie de cette- Ac-:-
tion a roulé fur luy. Il_ et1·tra
da1Ts le Retra11cl1c1nent
malgré le feu yi.olc~-~ &co-~
F f iij
"4·2 11:.';i~rr::: r.~ (;\1·r1 Fi _J 1 l 3v-i _f~ ~-· ~ r~ Sv.1.1!
~tinuel .des 'Enne1nis.. & ce :J
.ft1tluy qui fit le premier un
..R etra11che1nent au-bout du
'Pont. Mr de Créq11y avoit
·~anr -de confiance en fon
rcourage & en fa conduire,
·qu'il remit à fa difcretion
:d'agir pour fe rendre maif- :
·tre de r·autre bour. L~en- !
treprife luy réiiffit. Il fut ;
legêrement bleffé d, un
coup de Pique à la lévre.
Mr le Chevalier de l 1e·ffé
fon Frere a auffi donné des
·.marques d'une intrépidité
inconcevable. Les Retran .. i
'
~~~men~ qui eil:oient e11:
-.
'

-.
de-ça du Pont ayant e-fte
-forcez, il {è jet ta le pre1nier
dans la Barriere, & l'ouvrit,,
qu.oy qu~e-lle fu-fl: défenduë
par .p lLts de l1uit cens ·Hotn-
Canon. Il y reçeur un coup
de Moufquet au travers de
la cuiffe. Co t11n1e je cro·y
devoir rendre juftice at1x
Corps , auili -- b.ien q.u "aux
Parric.uliers, voicy -ceux qui
11' ont point efl:é -n0inn1ez
da11s cette Relatio,n.; La
,l Brigad.e de Cavalerie de la
R.ocqu·e, la Brigatie d~ Auverg11e,
& celles de PiCar ~
F f iiij
• ..'I.
~ ~<'Yi R ~~~ ~n ~ .. - -~ ~ ~,..~ <: ;- -l 5 fi°~ - j 44 I -~ ~ 5~~-J ~ ~ .. ~.~-: V 1\~ j,-;rJ
âie, de Bertillac, & de Vi..:
Vdns,avcc tin Ottachement
du R egit11ent de la Rey ne,
& ci110 llanre Carabi11iers
l
des Gardes du Corps. 11
fuffit de nomn1er ces Troures,
po11r dire qu'elles iZ
i__,011t {ignalées. uatre mil le
·H0111111es 11' et1 batent poj t1t
hiJit da11s de Lens Retrancl1en1ens,
i~11s u-r1e bra\·oure
extraordinaire. Je paflè at1x
ft1ites de cette i\é1io11. Le 8.
011 inarcl:1a jt1Cqu1à Seki11-
ge11, ql1i eft une des qua-·,
tre Villes Forefiieres en re~ r:
~nOnt.ant le Rr~r1._ Elle prir lt
'
' f
, .
.. ·
,
'
• • L
• 1
..
• E
-
-' ----
.........--.-~~.. .
' ------- $
....
. .
.•
---------
'
~,
'.'
'
-
....
' .. • .. ··-:'à
r , •
. . : -
,,
~f
-,.:,
f~
(.
'··
L
!1 ...:., •
1
,'.•
l -.'. .
,.I.l, . •
1:
rr
t'.
~
-
"l"."'
..!
1
~ '
..
'~. i
:
~
1
~
\
" \
1 ~
\
'
.,
. .,_
\ .
~
~. .
i -· :.
l:
\
.t . , ,. ·-.
.. ....... . ..... ~ .....•
~ ........ , - . ·-== - .... -··---.
t 1
~~
~~.------------------------~ ~·j.
t
....l '
,.--~~- ~
l
L
'
1 ·t r
~
~ .
f
~· .....r..
1
f
l •
~.
~
~
~
1
1
J
!
}
'
~
t
l
il
1 -
~ 1' .
l
~ ·
f ·
• .~
J
• .,, "!
1
J
....
. ':'.
l· ·~~
•.>·
~ .

lL ..·.
)
·~ }
1 l
\ ..
------ ~r-
-~---~
-
(}ALf\NT. i4~
le party de fe rendre à l' arrivée
de Mrs de Choi[eüil
& .(le Bou:Rairs. La terreur
fL1t fj" genérale -p·ar111y les
Eourgeois, qu'ils. i ·abarrdonncrent
avec 1-a Garni:_
fon·, & inire11t le feu à leur
l)ont ·en fè retira11 t. Le \ren·t
le porta dans toute la Ville,_
où l'incendie no·us empef.:..
cl1a d·e laiffer Garnif on· ..
E.lle effi1ya tous les 1nall1et1rs
d•tJ.ne PTace prife d' ai~
f1ut. 1~ou tes les M·~ifons
,·fL1renrco11fumées~fans qt1~il·
~:fLift poilible d'7 l"er11pef:
cl1cr-~. Vous· 11ouvez exami:~
546 ~1Ej·RCVRE
ner cette Ville dans la Plan~·
che qui la i-eprefentee Je _
vous l' cnvoye. Vous j4.1ge-;
rez aite111en t- en la vo~yanr, .
que fà perre doit eil:re fcnÎible
aux l111périauxa -Voila
les fruits de la Gu.erre. Il
n'a P~as tenu au Roy que
tant de fang & de beaux
Edifices n) ayent efié épar-
_gn·ez. Le Vainqueur offi·.e
la PaiX; & celuy qui eil ré~
duit à fe défendre, la refufe,
La cl1ofe efl aifez nouvelle,
1nais elle· ne doit pas fur~
prendre, puis que ce n'eft
pas d'au j àurd,l1uy que les
G;\L1\_~~T. 14 7
intérefi:s particuliers de
quelques Princes fo11t foufi-
ir des Peuples entiers. Les
Vil1es Foreftieres s, et1 iOnt
fenties,, & la ntiit du 8. au 9.
on. fit jetrer dans Rl-1infeld
quantité de Bo1n bes qui y ~·
mirent le feu en divers endroits.
La mefn1e nuit plufieurs
N aget1rs d~ Regi~
ment de Roüergue pafiè~
rent de 1 ~autre Co.flé du
Rl1i1) , & 1nal gré le feu des
Ennen1is, cou perent les ca,.
bles de dix ou douze grands
Bateaux qu>ils laiiTerent al--
1er au .Coltrane de l~eau. Le
' ' '
34 Q Jz. FT..rt .R r1·~ 7-R} ~ o l ~ i J:~ ~~,,J v· 1- !:_. ,oJ,
débordement· du· Rl1in)
dont la rapi,dité eft conlll1
ë, tious a einpefèl1ez d~
f:1.ire un Pont , & a fauve
ce rre Place.. Je n-,-a yë i1.lus à
vous parler que d~t1ne Ac-
~ tian·, c' efi la quatrié1ne dept1is
u11 Mois. Ce· n~ eft pas
trop pour d~es Fran~5ois e:la:ns
la mefi~e ..A. ..rmée. Ce que
Jj ~y à vous en dire, ne sJ ell
p01in.t fait aupres d, 0 ffen1~
bourg, com111e les Rela ..
tians publiqt1es l'on-t marqué.
C' eft aûur~ment u11e
fàt1te d'i1npreOEo·n qui s'y
cfr gl.i{fée. J.)ay crû vot1s en
1
/"~~ ~T ? :3t NT·~
~ ~ i . .,-l; -> s.-a . < ~ ? .A 9 "tt~ 1 ~ ~,;J.J ~ i_ ~ • J ,... '
devoir avertir,afin que vous
ne f oyez pas f urprifè fi je
V·ous parle -de Lauffébourg;
& non d~Off~m:bot1rg qui
eJl: à plus de rren te liet1ës
de l'end-roit où cette dernierae-
Ac'tjon s' efl: p·~!féeo
En ·votcY les particularitezà
1\1r de Créqi1y ayant de-
1neuré trois joL1rs dans fon·
Camp pres de ·Baile, eLtt:
a.v-is --qae les Enne1nis faifoie11t
ll]arcl1er leurs Baga- ·
ges. Il -fcreLtt e11 iùi're q11e
trois jours apres ils avoie11t
te.11u la 1n.efine route par
~1ne· Vallée qui e11tre d~1ns
3y.o NIE: P~ ~::VR E. .
la Sua be, & va fe rendre à!
Neufl:at. Tous les Prifon- .- .
niers l'affurerent que le.
Prince c.har~es prenoit C~.:
cl1 emi11 pour aller à: Lauf--: ~·
fembourg, & nous défe11-:;
dre l'entrée de ce. Paï s-là.1 t
1 ~ Mr le Marefchal ayant;
laitfé quelques T taupes ·
pour la garde du Pont du
Rhin, marcha avec la Bri:1.
gade des Gardes du Corps,
1-i1ille Grenadiers , & les
trois Regimens de Dragons.
On n,eut pas maro4
ché deux.l1eures, que l'on
apperç.eut des Tentes fur
G_it\1~,-f\NT. 31r
une Hauteur~ 1v1.r le Marquis
de Créqu.y pouiÎa. Une
Garde avancée , dont on
fit des Prifonniers qui dirent
que ce Camp Cfioit
compofé d·es Regimens de
Mercy J de Rozieres, de Haranr,&
de Caprara, avec les.
Dragons de Chavagnac.
Ils eil:oien t poflez fort a-
~vantageufement, ayant le
1Rl1in à leur ga11cl1e, & les·.
~Mo11ragne.s qui fèrrent
;d)afièz pres ce Fle11ve, à
leur droite av-ec un crrand· ) 0
Retrancli.e1nent dcvic et1x1
fait dep11is longre1nps par
3)2 ~ EJ n~ ~ c,1.1 vR1.~r~
des PaïCîns. M r le Marcf.._
chal réfoltit cependant de
les attaquer, mais ils ne
l'attendirent pas; & con1-
n1e ·ils décamperent fort
vifl:e, & (IU,cJn ne pouvait
aller à ~eux que par un Dé~
filé~ on ne joigi1it leur Arrieregarde
-ql1~à u11 Village
où paJfoit unRuiffeat1 afièz
dcifficile, qui avoir t1n IJon-t.
Les Dragons n1iren_t picc.i à
terre de \_!,autre cofié .. & firent
un tres-grand feu fur
ce qu)ils ·virenr paroiilre.
Plt1fieurs Fu yards fe jetterent
dans le Ruiffea11 , &
n j.~, î- t.\~ ~~41T ~~? ~ •• .;~ ~ ;. 5v.NJ 1. '..' l '"J'j -~ • ..) J )
Ieur déroute fut grande~
On t1~er1 a. poi11t eu· le_ détail,
parce qu'on ne demeura
point fi1r le lieu pot1r
exa;miner let1r perteo _ 1v1~ le
J\1arefcl1al a}rai1t appris q ~e
ces Trot1pes efl:oient foûre ...
nuës par dix autres ~~gi-
111ens qui venaient d'arri~
· ver à Lau1Îe111bot1rg,oti leur
Ca1np,fut apperçeu,.ne jugea
point à pro.pos · de les
.Pourfuivre. Mr de Ra11es
s~avança· un peu,_ trop,- &
fut rué dans. le temps- qi1e
· 1v11
• le Duc de la. Ferté lt1y
'portoit l'ordre de re rctirer,t . ~ · J2,illet. G--g
.,
.'
~
'
.1
.. ?-, )- 4 1Î \rt Ii Î~ n r' 11} ~ >-·NJ _r;;"" ~. .,, ,,i V J_ ~ C
Il eftoit LieL1tenant Gene- · .. r
ral,&Colonel des Dragons. ;~:
Sa mort laiife beaucoup de i
'de[olation dans fa Famille, [
qui eft tres-contidérable, ·•
& on ne le regrete pas,;:
n1oins à la Cour que dans ~
l' Armée. Il av oit efl:é Cor- ·
nere des ChevauX-Legers i:
de la Garde, & GotJ\ter-neur ~
d' Alen.çon. Mr le Corntet
de Telfé fut bleifé dans le· .
lnef n1·e temps d)11n cou'.p r
qui luy trave1...;fe la· cuiiTe.~
fVIr de la Motc Exempt des
Gardes, répondit à l' opi--
_!lion ·qu'il avait fait conce~
~\~I ~l~5~ L }~\ N.- ~· l1.~ · • j))
v·oir de ià bravo-ure. Ilcon1-
ro.and.oir .tin Déra·ol1e-ment
' d,e c.in.quanre Carabinie-rs;
& la -man:irere vi troure~ufe t> ' .
d·ont on le ~,.it agir .à le~ur
teil:e , .luy attira beat1c0updc
loüanges de Mr le ·Matefcl1al~
Nous fie perdîm,es
paslix Pe.riOnn.es dans ce.rc:C
A:rta.q.11e ; & con1n1e r1ous
ae pouvo11s ~fç avoir la p-er-t-e
des Ennemis ·qu.e par Clt~ ..
tnefm.es, j:e -cro·y q11'ils, ne
feron.t pas de fi bo11n,e-foy
que nous là- detfus ; 111ais
au moi:ns ils ne f cauroient . . ~ .. . '\. nier que n.~us ne vLv10-ns a
Gg ij
..... .... .if'•• r ... 1
1 re." .. ~6 1\ irp R c~~ 1 R~ E . J I " } -,wJ ,,l V ..,1
eurs dc:fpens, &. fur leurS·
Terres en Allemagne, en.
Catalogne; & en Flandres,:
& qu'ils n'ayen-t fettls- befoin
du repos que le Roy
veut bien don11er à l'Eu~ .
rope.
lvfonGcur le-Duc de Saint '
'Aigna11 efl Autl1eur de la
premiere des Enig-n1es du
dernier Mois .. Le vr::1y Mot
c11 a efl:é trouvé par 1\11r Gif..
fon, de l)Acadétnie R.oya1e
à' Arles, qui en a donné
l' Explication qui ft1it. Il
efroit. bien jt1fle qt1 'tlrt
}"1c111brc de cet IllLiilre
f'l'M.'. ;il!. L ~-- ~~ TJ!V'~~ · .
"J .,. r ~ •
• I . f ~
- . 1
T ..s.: .. . ."..'.•.... ... .-
~~J Jlh\ t J~\.1-~~ i * 3)7'
Corps refléci1ift fur 1 'ù·u~ -
:"rage de fo11 Prot.e.êteur.
La corde d'un PriitJ deux
Settux q-ui 1!0nt pendus)
Sont ce J Voijins qui fe fùnt niche ..
Le Settu-.vuide cft Le pauvre_, & le
plein e1'l: le riche.
P'ar tout. le monde ils font &·plein;,
· & répAndu;,
Â-N~~ Sceaux de.fa Chance!lerie ,.
Par un dejlin.fortunJ
~ T; c m~(me nom eft donné;
; ~'M: ttiJ ceux tle !a M ènag et i c
: :Aufondi d'un Puits fambrement
font nithez,
Et n" en fa nt j amaf.s a rra chez
Q::_ e foret eau tlt en deg, outc > & ,~ eft
leur {'leurerie.
~ Sc:ins faire aucun naufrage ili pion":
·gent dans le P•its li ·
.2J 1-8 l1 \~1. i i..f,.. ,M-J P~~ ~~ C..l 'V' RE
I Lj n, ont ny pieds ,tf:y6r 4f ,~Y t eflc~
Et dans Le Puits (ur t(}Ut de t' Hof !
tei où je fitis, i
Dét qz/un V{Jifin afoit, l'aut1e a ~"
puifar ssaprejie ~. !-
Ceux qui ont trouvé ce :
mef me Mot du St au , font ,
Mi:s le Comte de la Collere;,
Du Breüil _, de Paris; De'.
Cha-ntoifeau; Aubin; Tef-:
mier, Subfl:itut du Procu_. ;
~
reur du Roy à la Rochelle; .
Colîon ; Foy t1eau , Sous.'.;
Cl1antre de Vannes; L)Ul ... ; .
~tran1ontin ; L' Anony1ne,::
de Roüen; Drofny; Fon ...
tenay; 11;.a.da1~~ la. Mar:
n-.. ~vIfI'\' l I »Jf}\~ ~i ~-~ 11~- d 359
quife d~ Cl1abrillan; Mada1ne
du Clos-le-Roy, de
Sens; M.efdeinoifelle.s Ur-[
ule, de 1:hv1ante ; Ragueneau,
.de Bordeaux; & Pe--
na valy, de Breit e.n Bretagne;
Le b.eau Te,n,ébreux;
L'InviGb-le; L1 ltalien, de la
Rut!·. ui.nquernpoix; Mon
l1u1neur plaill , mais elle
entelle; Sans vot1s je n'air11e
rier1 ; Les Fauvetes à
tefte noire deClignancour;
La jeuhe Blanchiffeufe du
Po t de Neüilly ; La Socicté
Cloiftrée de Pa ris; La
Belle i11élancoliql1e; L1 En~
36 Q . i· ""·~E _·nrrt·k ~r. . ,.:~I y.Ri E. °k. J :
j:eiiée ;· La belle N. P. de ll l
+ 1
Rt1~ Grenier Si. Lazare; & ·
1Y1rs l~ Abbé D·e[gres procl1e
Caën & de Bollain. C;;1pi .. ~ ~ . i
tai11e. dans Picardieo Ces ~

trois derniers en ont en- ~
' voyé li Explication en Vers. :
· Vous trouverez· celle de ~ - •.'
la feconde Enign1e dans ce [
M aa1r 1. gal .
Acré Lit où ndiffent no; · .~
~ , . . .,. .... \
L Ot.~~ _
ÂiJtel "iu pied tle qui tremble toute ;
la Terre,
D~où contre les lvt. é:ehan;-fa lance. .:
lc. 1-jonnerre, .- · . . ,·
·Trô~e, oi't-t on voit briller le pl:ttJ' :
gr4nd·dp nfJS .R.ays, . -. ~-
Q!!_.c :
'}
. ~
'
'
.
L
1
1
.• ~ ~ T. A NT . -iJf\.LiAl ~ . j6I
~ votu ejlcs a•gu/ie., . _
Eftant rëp~y par un !'rince Ji 7ujle,
Et qui par fa f1.gejfa &foi travaux
divers
Mérite de remplir cel11y de_ J' Y11i-4
,,~ers.
Cette mef me Enigme a
efl:é expliquée fùr le Trdr1,t,
q~i eft: le vray Mot _, par
Mrs Neveu Dcibourréei
du Carfot1r S. Barrl1elemy;
Forefl:,de Beauvais; Laifon
le jeune, -Medccin de Cl1âl~
ns· en·-. Cl1an1pagne; MrJourdan
de la Salle, Cha..-
noine d·e Troyes; Geoffroy
le jet1ne 7 Bertl1on,
Cl1anoirte de la Catl1édrtlle
Juillet~ H h
· ,Gz Ï1'1ERCVP~E,
e Rl1elounac -en Velay;
;de la Barre, deF~oiîcn; Be- .
. roulc,1v1edecin deCo·ncl1es; ,.,
L.efc.a·rde ;_ ·y oif v.ene1 ; .cle· ~
Vaudt1ival, Bailly .de S. Va- ;:
lery; Bo.nnet de·-V aux & de {
Silvecane Fils (ces deux-der~ ;
'
ni~rs en V.ers;') M'\da1ne la_ i
• - 1
Co. n1teife .de S. Pol·; Made~: i
moi-fèlle de , 11enet; Mé~ !
leagre; Le Celeile Allo~
· broCTe·.. & l,A1nanre .. def-in~
b ' . . '
téreifée, de Mo,ntaub.1~n. .
C.et1x~ qui ont explrqu._é 1
les dettx, iOnc M:~s ·Giffon; ·
Ger1nai11, Prellre de Caën,
_en Vers; Routfel, Aumof~ ~ L

;3,;'\~t A-1 · }\. .N.~. ·r.~. ~. : 6 .
~~;! -r ~~#i ]-\ l. Î m· 3 j
:nier ordi11aire du -R~oy ·; ·ne.
la Barre, 'Si du Ple-ifis, ·Con-
·feiller à ·Chi11011·; lviico·ne-r)
.Avocat à Cl1âlons iùr s·aône~
NicolaïfN ippuol1; Le Che-:·
val=ier de Mar les·;-- Roland)
A voc·at à R l-1eims ·-; De la ili
·Croifiere,-de ·cl1auny en Picardie;
Lagrené' de Vrill_y;
Mefde·moi1-elles Laure-ns la_
jeune , de -Roücn ; Andry
de l'Ifie ; D·e la ·FoiTe, de
: ·Chinon-; La. ' Salan1and.re-
~ en 1i berré; ·u 11 Cl1ar1oine
~ de S ....V. iétor·; La be1le Voix
>t
-~ du Q1artier S.. Sau v eu1·; & ·
.;: les trois lv1atadors. ~
' · H h ij
1
1
1.
!
30' 4 fv'fî: R~~vT) E .Z. f JvwJ \~ ~j .r:i~
PluGet1~s ont expliqué
le TriJne iur la Mon·noye,
l 1Her111ine, le Carreau d s'agenoii..
lUe1A ~ 11' Or, le Sceptre,
~la Couro11ne. , ..
Les divers Mots qui ont
eil:é donnez au Seau, fOnt,
• n \
un Vai eau, Urle Ligne a pifc~
e1·, un-clayon, l, Hui:,C/re d,
. . ' 1·' €cai0e , un Tonneau, une
B outeiUe de Vin , un P Ja,con,
lt .Jonc, un Gourvernail) la
Boult;&la La;11pe~
V oicy deux 11ouvc lles
Enig1neslt Mr Gardie 11 Se-
~ 1 ·crcraire d11 Rov, a fait la .J
11rcn1iere. L. autre cfr tl'une
~ Per10n·ne de qt1alité~
.
1
-ENIGME .
...
.
Vec une tejle ~1.!fl~~
.. g,roffe,
. · · f~ D'un pied je tnc tiens
..--...~ ..... • fans. t .. tf o rt. .
Bien que petit de taille, & ric1J
moi'IJJ qu.,un Colojfc,
.11 a__,y quclqMeJCOi4 t trrafté Ir pl111
forto
~~ ·,
~o~y que je fots d;J,s l' in1puiffence "' .J . De foire ttn ft1t! p .. u p()UT marcher,
ltvt'ens pourtant tali,iours etï. grade
dilige~ce; ·
Mau qui me veut, peut 111e venir
fhcr,her'l .
Hh iij
1 : -.~. ·
r • •
'
36.6 ~IIERCVRE.
. ~-g, '
~~ ttls J,nt f eftoi.r le1 Jelite!~
Etqui m" ttvoië_t 1uvcrt let1r coeur,;
.le. rl ay f Mt trep-foaven t· fait de
· gr-and1 fac1ijicc1,
Po11r m>avoir.pris Jans. 6111 .. maN.~
"Uitifa httmeur~- . ~g
Cherche'{;. t/tchez.... dt me. (om. ..
prendre;=
Mail qtt2tdvo114 wi':11are'{_ deviné,
,,tJ.· meJ Frere.r. 6aJldrJi garde;_ de
tJOtu méprendre,, (jiné._
C'tjl un co11p·feli.r.·d'en eft.re â/faf
AUT·R_E· ENIGMEc.
N me. Voit mille foi1 red.
"-~ Mai& a.dm1.re~m~fart,.
-~ I . e,.. -. · ce uy qttc 1e1 ·"1(/.f4 v1vr~~
.Eft celRy tJUi: me fait; périr;)
Et cetuy iJNi me li71re -·
~-ce Dénr:zturé 'l"~ me ~Prive J-.
" 1o_t1r,~ .
Afa lJhilü fons r11oyftroit fort mtsl
fa CO'fJY..,
Chetz·quelq.1t1t! Genr f'Otl7tdnt jt'
·dc~ienj g"a-nde -&-~eUe ,,
Et je,/1refite. J to.ut. mor11ent •.
Jl n]jenej}pdd ainji qu'a-nd je 'fois
en Rue OC,.
Ma~ grand~ut' en ce lieu -dJ'p.fai/J·
·tn.:finimcnt~ - · \. ·
·c~s dif é·ren te~-· E·xpl~ca~
rions o'nr:· efl:é ·don-n:ées à
l,Enïg1ne d~ Antée· & ~"'Hercule-.
-Meili:e·urs. Giffi>n -&
- - ' '· ~ .
P·o-t1lain At·triate'ur· de -= ta.:
Citltat· ,._ 14-P ai:ie· o·ene_rale ;
D·efllots-, Rouffcl, & _l:>Ab~bé
H 11 iiij_
.?::> 68 ~1~\/~ î-.F... ,,.J 1- <"'4 ... '~\._.r1\1 .~ I~R "LE.. ~
Def gres;les Vif1oires du ~ oy
far les Ennemis; Miconet,
& Geoffroy le jeune , la
Guerre eI tout .C' 1 ee par Sa. Maj
e fté; De Cha11.roifeaa, /dt
Ho/!.ande fl jettant dans les
bras du Roy ; De la Gueri-
·-
niere, & le B·run, de Lyon,
la Poudre; Betuland, de
. Ra.f ens ; De Villefroy , de
S~itfo ns; Mademoifelle de
la Salle, de Blois ;. & Mr de
C .. N. T. N. I. lt1> Mint;
~ L' Abbé Pla.ne.au, & le Cl1eyalier
d~ Clairville , /4 F N;,
:rée; ·Cahon, lt To,,nerre,
p~ ~a Barre, sr du Pleili.s;
,
-"' .h r ~ .,, îT G ·
\.I.Tit~f\f\4 ~ · j . ~9
Nîcoiaif Nippuoch ; · Le
Chevalier de la Heronne,
& la Salai~andre er1 liberr~ >
le .Jet d1 §·au; Boudet, Confeiller
du Roy, & Con11nif... .
faire. pour les· Dépefch~-s;
un Cl1anoine de S. ViCtOi-~
& la Belle Solitaire de
l'Ifi:~ç, le Soleil e5 lti Nuée;
Charmoluë , Doyen de
S. Clernen t de Coin piegne;
De Venval; Le Brave Ardennois;
La fpjrituelle Mélancolique
; & l~Anoni1n~
de Roüen, ·l'exhalaifon ou
rvapeur de la Terre dijfi/Jée
pa.,r le Soleil; Beroult &
' -..
_ ... ~
370 r~'fER~(~:~VRE
-R ola11 d ,, un: Arbre arraché
de terre piir Je~ 171nt-.,. · Gar~
reau, le PtJijfan fortan-t de
1 , eau ; Pan tot ,. M·e·decin 'à
L·yon , -le· Triomphe de /,,
Raifon .. for les· PajfiO.ns· hu:c
m,.;iines ;. Bo·nnC-t de Vaux,
le Poëme EpiqNe ;_ De l~ArbriiTeau
& le fàuxCrifânte;
le Bi1,lon;, N-eveu De1bour4
rée,. 1··AJ.imbic .~.- Des Bois~
la Greffe; Ro b·ert,_. de Cl1â-Io-
ns. en Champa~ne ,. t1in
Prejfoir:; Là Croi ie~e ,~ tt1ne
-Fleur-cueiUie ;· Derard, u11e·
Pompe J: tifer de~J'eaz,. :;-B.ertliO
·n -Cl1ano ine,~l~ Fontaine j.
Rault·_, de .Roüen ,_le Mal~
caduc, c·n Vers; Mefdemoîl.
èlles. Metcés_ 1~ aifn.é. e,. &
O dine·t,.l~ Air;_ Vetonneau,
de Blois,~ is Eaul forte;~ Ur.. .
f ule ,. de -~Ian te , le C4t.rcan;.
Le Contemplati~ ·&.le So-=
li taire.. de l > 01~atoire .,. '"
Vertu triamph4.11te· du . J'ice;
Le· Sofitaire de Pontoifë, ..
lti: Grace iviflorieufè ~. en_ .. . ~~ .
Vers;· Jttveaal le· c·ader,./t,
Chardfln qui{ùlfoque le B Led;.
Li11us ,, B~rger· de Lo~hes~.
un Joüeu1~ de· Muftte; Le:
b·eau. T'tnébre11x ;_ Le petit~
B·on: d·e la Bonne ;-, 0:. Mon.
372 N1ERC.VRE
l1umeur plaifl:, mais elle
encefte, le Feu,oula Bor11be; ~
Lifa11dre, le Cac~?.Rt, en Vers;~:
La belle Voix du uartierf~.1.
S. Sauveur, le Parveur, out
le Bucheron. M1
s La:!fon le;
jeune, & du N1ont Avocat.
à Chaumont, en ont trouvéle
vra y fens, en l'expliquant
fur l, Ayman. Hercule eut
la force d1enlever Anrée en
lJ air, malgré f es quarante
coudées de hautéurq Rien
ne reprefence mieux celle
-de l 'A y1nan qui attire le
Fer, quoyque lourd. Le Fer
naiil: dans les en trailles de

la Terre, & Ant·ee. en eftoit
le Fils. La viltoire d,Her_
Cule quil'étoufa,n~ eil poinc:
icy à confidérer , Illais la
.feule aél:ion reprefenrée
:dans le Tableau, qui efi,
d:' Antée tenu en 11 air par
Hercule.
·Il s'agit prefentell1ent de
fçavoir ce qite veut dire le
Serpent d'Epiclaure que je
vous envoye .. Les Ro111ains
efrant affligez de pe1te, députere11t
à F.,pidaure pour
implorer le fecours d'f~[culape
, 11onoré fingulïére-
111ent dans un Temple de

.3 74 ED·C''R NJ 1-~ ~ V __........_....
··cette Ville._ •Les .AmbaiTa~ f
cleu,rs y a )1ant e1lé con.duits, l
Efculape parut· fous la fi_ !
·gure d.'un Serpent qui fe t'
·gliif~. dans.. leur VaiiTeau~ i~
1\ -fur mené & reç-e.u_.à Ro111e :.
:avec:unepompe-&une joye ~~
xtraordinaire, allant par !
l@S .Ruës, & ·g-uériffant ·par t
to.u t. les_ Malades .. Tout ce la. f
·efl: reprefenté -dans ·ce Ta- ·
bleau. Le.s Ma_gill·rats qui
luy jettent des lle·urs~ t11ar_,
qu.ent lap.onlpe~- de fa reception
.. Les Mimes, Pantomimes,
& autres J ouëurs
-0 'Infl.:rume11_s; , fo11t con~
l
r'1 Jl L li N1. iri9 ~
~~.t\ ~~~. . 37) ~ •
r ?ioiftre. la joye t_l u~ on -~ut~
· Je .fon arrivée., -& les l\t1a-.
Jades vous fo·nt figurez parces:
Lan gui!f a.ns coucl1ez
par terr~~.
Il s' efl fait un Maria_ge à
S. Ger1nain, que je ne vous
puis laiffer, ignorer.. ~1r
Courtj . n, ·seigp.eur .du Sauf~
foy ,-Eçuyer du Roy, y ·époi1~
fa ces j ou.rs }Jâife.~ Made-
1noife l le de Kefe·r,d'une-Oes
bonn~s Familles. de Gand.
Elle···. ·a -ell:é . ~é1evéë .depuis
.. tro1s ou quatre .ans aupres
. de Mada-n-ie de Montefpan,
· !JÙ elle_. ~- fi bien, fair con-~
1
..1
1
r
.. ~-.
-
.~
~ Yli_ If T~ tf ~':' /TI E ~ 7 6 i-Lef t .r;.. . .:S.~~ \""~' ' J:t..i ·::, !
Doiilre iOn mérite, q11'eile ~
en a acquis 1) eil:in1e & lai;
bie11veillance de toute la;: .... .
Cour. Madame Courtin /
qui efi: Fille de fe-u Mr de-_
Lafemas, autrefois Liettte- .:
. r
na11t Civil, & mort Doyen\
des Mai!lres dcsRequefies, ~
ayant fçeu le deffein que l
M r du Sauff oy f on Fi~s avait ~,
pour cette aimable Per- \
iànne, en.rra dans fes fen~ ~
timens) ~ Mr de Granmont ~
Védeau Confeillet au Par- ..
. .
lCment, fut cl~oify dans la ,:
Famille pour en aller faire
la Deffiandc, & fu-plier en .
..~-
. --~~ ~ ~ ~ ~ ?~f~ - ..... , ~ ..... -< ,:;- ~ ~ L' Il: }
.iç ..-;. ·~·· .. ~ ~ ~ot ··.-:. ~ t ~. ~ 4... • j /
~ ~ J "':_ < ~ - ~ -i 4.. "9o- ~r9fll/!7
~ ...... ~ _)- '.:I_ >...· .,t; 1 l ., _.:.,_ ; ;.-. ') '
fuite le F'"oy d·e voul\)ir Iuy
accorder fOn a.gré111e11t . &
-tà fignac11re. Il eft Fils de
MrVédeaL1, qui s'ell: ~tcq.t1ls
tant de réputJ.tion dans ce
mefme Corps où il eil:oit
Confeiller ,. & qui f o û ti11t
la qualité de Colot}el Géneral
de la Ville av.ec un
éclat exrraOrdinaire, qua~d
la Reyne de Sucde fit [on
Entrée à Paris'1 Cette Com~
miffio_n ne po·uvoic efrre
donné,e à une Perf on ne ..... plus capable de s·en bierï
tirer. Le prompt f uccés fit
connoifl:re co1nbien laDeq . .......
JuiHet. l~
578 NfE·R_CV.RE
anan. de de M -r de- G.rann1ont f-ut·.
agreabJe_ &. par .elle-nJef me,. &_
par la.i:iianiere dôt elle fùt faite~.
Il re c:;eu t i·es con g·ra ru]a rions de
route la CotJr,_fur· ce ciue· le Roy.
luy fit J•ho.nneur de J-uy direq.u'il·
fe fouvenoit: Gue l\1.' de V Cdeau.
fo11 Pere, n1ort d,epu is vi ngr ans,
~voit efi:é t•un des rroi~Colonels - - .
. de Paris qui·I•efioienr venus c5~
jurer t.-:l'y. rentrer apres l.'affJire
des B.aric.ades., &. ·qu'il. l'a voit_
(-,!en rcr.vy Il 0 n. peut connoifl:re
par là' que le te1nps i1'ofre point_
de la-1.nem·oire de ce grand Mo ..
11ai:q·_l1e ~ ceux qui s'a.cq uiren r-de
Je.or devoir. a v.ec zele,. LaM.~riée
& les. Parnes de la_ N ôce, qui
efi:oient Madame Courtin1 Ma~
-'lame· de Gran111ont, & M-ade~·
μ1oj(e_lle Courtin >~ure11t l1a vanlr
-'~- 1A1~ I j~~~~ r ~1,.~ -T • ?79 _,j..-.. N".. ~ ..,,.,_, ;. ., )
tage de difi.1er a ~('C Jv1 onfieur le
Duc du· l\tlaine & M·,1dame de
Monrcîpan, ch.ez M~dan1e de
IvI on·t:eCpan niefi11e. Les H"oi.n ..
mes .. di:fi1eré[ c hcz M.1 du Maine.,
· IL es M·~~l riez· f L1 r-c n t a n1 en e z l'a:.-
p r e fd î 11 ée c hcz· M' 1 Court in d-a~r
les Carro!fes de ce }eu ne Prince~
p·ar M~e Lan1berr , . de la part de. t.
Madao1e de Montef panll.
On ne f~rir q tt.e n1~a vercir prefen
rem·ent que- dans n1a. Lctrr-e
du M'.ois de J 'anvier, pag·e· 171 •.
jtay. donné le non1 de M/ Blanqt1.
e au Lieurena11t C.oloneL du
Regin1.ent· de Rotiergue.~ Il s·a~
·pelle M r Planque,. C' e!l unG.en ...
ti lhomme.·dc M~ontpellie.r ,- con.
fidérab le par {fs· ferv.ices. ~ II. ~ll:
difficile que je ne caml)e fouv.ent
da11s cette fo14 te de faute; par la
I i ij.
380 t\tIER~CVllE
négligence de ceux dc•nt les
caraéteres font niai for111ez dans
.... Jes noms propres.
On a pri~ tlnt de plaifir à par ..
ler de la Receprion qui a eflé
faite à Caën à Madan1e la Ott-
·-;, cl1effe de Tolcane, que j>en
viens de recevoir une feconde
Relation n1cflée ·de Vers & de
Profe. Elleefl: de M 1 desAvaris~
Il lui a dOné un tour fortgala.nr;
m.ais quoy qu'elle foie remplie
de particularitcz que vo~1s ne
trouverez point dans ce <.lue. je
vous en a. y déja dît, j, au rois trop
de c:l1ofes à vous repéter , fi je
vous en faifo.is encor icy on Ar~
ticle. . La n1atiere n1 ~accable
I to ûjoùrs quand je finis. Mo·nlleur
le fylarefcl1al de Crèquy
a ren1porté de no.uveaux a van~
GALANT. 381
tages en A11en1agne. MeffiellrS
]es Ducs de llol1~n & de Villars
fe fane rnarie. .z ; & M r Def. .
n1aretz a efié cll(>ify par le Roy
pour ren1phr Ja place d'l11ten.
dant des Finances qu'a voit. f ::'ll
M r Marin. '/oil a bien cJes cl10·fes
confidérabJes; mats le ten1p~
111e pre!fe fi fort, que je ne puis
aujourd~buy que vous en pro-mettre
1es parricula ri-rez pour Jepremier
Mois. J,y joindra.y une
fort agreabie Galapterie qui a.
pour titre, L'ordre de la liberté
des Coeurs. Je vous ay déja affUrée
deux fois de la Paix. Cela
marque la_ bonne - foy de la
France. E Jie co1npte pour fait
ce qui eft con cl Il ; mais les autres
N ~ltions q Lli 1 ny cede-nt en
toue,_ veulent encor lu y ce.d_er
. ~
;s:82. 1_E·R cv·R E _
tur lf exatl:itude a.vec Iaq~1e) ~e· ·
elle tie11r totîjo11~rs p-arole .. Le
j-P u r d·e· la. c<..,nf onJm.a ri on. de ce ~
g:rand: Ouvrag~ eflanr arrivé) i
~n a- d.et1\a11dé au Roy ce· gu11l {
a pr-on1is,, fans- vouloir execu rer·;
ce q t1~0n- fç~it·qui- :a d·cn1né lien'.
a fes prometfes ... l l s>eOE- fàir des.
JOix i: luy-mefrl1e· pour facilirer i
à. fes-. E·nnemis· Je_· repos- donr ils 1
ont-· befoin ,. & i1S veulent g-uJit ~
s'.•-atfuj~tritfè à: ces Loix. fans en- i
trer dans-. les\ con-d itions-. qui l e.s ;
peuvent ren·d·re valables .. Ain fi i
quand: ils., manq·uent· feuls de;
parole, ils. r~lchenr- de faire fou .. i
P~?n11er- la fin~·erité- des inten- ~
rions· .. de S,a M·a Jefié~. C'efr une·
injure dont le Roy auroit·d'au ..
tant p·l us·ile lieu· de faire éclacer
fan. reOEèntilne11c- ,. q~'il cfl: ea ·
~\ ~,. r~ ~ 11 1~ g· ~ T f--l i:- J.,~ l~ ::..~:. > 3 ~
"~~~ 2:. ;.. )vv.;( ..z:. 3..; ., 3:... • ") ~
état d~ag.i r par ton t,., & qué les,
(on.tinu c l:s av. ~n ra-ge s llU 'î l re.t11-
p or r e. en.A.lletnagne, l'uy. répon-d
en r- de c o nu ce_ q-u ~on peu r_ a t ,,_
ren;d:re des Arn1-es,_ c·epen<.iant:
au lieu. d.e s ~en: fer v i r, _ fa- n1 o dé -
racion· efl::. telJe ,. qu11l.ne re ferrque
c.i"e- raifons contre cèt1x qui.
cherc h-ent à prévenir· les cré~d.
ules~. Elles fonrvolrqu•il n"apporte
~ucun-. obftacI·e à l'execu ....
tian d11 L1n Traité fi a v.ane:ageu')Ç .
• t tous. les. Peuples.] &- prou vent
<] u'en drt parei Iles occa fions on
n'en-. a· jan1ais~ ufé· aucrern€nt·
qu'il fait. Le M éinoire_ déliv_ïé:
aux- Atn·baffadeurs- des Etats.
G ené·raux, &· ih1prirné-i. Paf is,
e~pliqne· . beaucoup mieux fes
rai f on s. q ile je ne· pou rrois faire .. .
Re.marquez~ J.e· vous prie une.·
' °'.'="- :::- . . ' ,. ..: . . - ...
-• l-1.r·1 .~ · -· .... ' .. . :"": ~
~~~ ~~. :-~
111 · .- 1 .. ... . 1
' 584 .·M EJ F~ & G f\ L,1·
· c 11 u (è. \1 i n g t P rinces Sou v C:-
, ra in s ne fè) n g en r qu'à leu r s in te ..
rei1s ·parti eu li ers, au lieu· de
fonger à ceux de !'-Europe, & Je !
Roy ne s'arracl1e qu•ao lèu1 re~ :
pos de l" Eu f(lpe .. fJ ns aucun ,
èga.rd à fes interefis. I 1 ne fdut
p,1s trop de p·enétration d'ef prit
pour voir ce gui arre fte la P alx,
Il y ad.es Princes qui ne f~ao ..
raient cotnrnander que pendant
la Guerre , & elle ne f<jauroit
trop durer pour euJ{. Je fuis
voflre, &c. ,
A Pdri4 le 1·1. JniUet i6 7,Y·.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le