Au reſte , Madame , vous
ſçaurez que j'ay eu dépuis peu une longue converſation avec
voſtre aimable & jeune Pa- rente. Vous m'en avez toû--
Jours dit beaucoup de bien;
mais j'ay peine à croire que vous connoiffiez tout cequ'el- le vaut. Son eſprit augmente tous les jours auffi-bien que ſa beauté, &il y adequoy charmé de l'un & de l'autre.
Ie me trouvay heureuſement aupres d'elle il y a trois jours àl'Opéra d'Iſis,qu'elle ne vou- lut pointdu tout écouter. Elle aimamieux employer ce temps à me demander de vos noueſtre
GALANT.
SI
fus,mais
velles. Nous diſmes aſſez de
mal de vous , &j'eſpere qu'el le vous en rendra compte. Ce
fut quelque choſe de nouveau
pourmoyde la voir fi peu cu- rieuſe de Muſique,ellequi l'aime avec tant de paffion , &à
qui le moindre Concert tient
lieu du plus agreable Diver- tiſſement. Elle me dit qu'elle n'eſtoit point changée là-del REETE qu'elle avoit deja ven١٧٥٠
Ifis dix ou douze fois , qu'affe n'y eſtoit venuë ce jour-là que
par complaiſance , & qu'elle s'ennuyoit d'entendretoûjours la même choſe