R o M A N C E. * :
VUAND j'ai mérité ta haine,
Quand j'ai fait ſeul ton malheur,
Je te vois ſentir ma peine, ' ; '
* Tirée d'orHÉziE, Roman traduit de l'An- '
glois. -
8é MERcURE DE FRANCE.
,. *
Et partager ma douleur.
Ton tourment fut mon ouvrage ;
Puis-je me le déguiſer?
Peut-être encor je t'outrage »
En venant m'en accuſer.
Trop d'amour me fit coupables
Lorſque tu n'aimois que moi 3
Un autre te trouve aimable ;
" J'oſai penſer maI de toi.
Je te rendis la victime
De mes ſoupçons odieux.
Je ne ſens que trop mon crime,
En revoyant tes beaux yeux.
Les pleurs, la douleur amère,
Qui fanèrent tes attraits,
E)u mal que j'oſai te faire,
Sont des reproches muets.
Ah ! chère âme de ma vie,
Quand j'ai pû t'abandonner,
Mon adorable Ophélie,
Pourras-tu me pardonner ?