AUTRE.
Cinq lettres compofent mon nom ,
Lecteur , c'eſt déja beaucoup dire.
Crains-tu d'aimer ? Fuis-moi , je pourrois bien te
nuire ,
Et te rendre fenfible en troublant ta raiſon.
A ce trait me connois- tu ? Non.
Malgré les cris de la fiere fageffe ,
J'aurai donc la confufion
De fubir le tourment de la combinaiſon.
Degrace fi j'ai la foibleffe
D'y conſentir ,
Pour ton plaifir ,
N'atrifte point ma complaiſance ,
En te fervant d'un terme de dédain
Qu'en combinant mon nom l'on rencontre fou
dain.
Contre ta coupable infolence
Je fçaurois faire agir ce germe de vengeance
Que toujours je porte en mon fein.
Sans allarmer la bienféance ,
Cherche plutôt ce qui le plus fouvent
Fait mon travail & mon amuſement.
Un arbre qui toujours grace à la nature
L'Eté comme l'Hyver conferve fa verdure,
Se trouve auffi chez moi : pour me defennuyer
DECEMBRE. 1752 95 .
Sous fon ombre fouvent je me plais à chanter:
Si tu me vois à ton paffage ,
N'approche point en tapinois ,
De peur de t'attendrir au doux fon de ma voix,
Mais quoi Malgré cet avis fi fage
Tu veux donc faire le mutin,
J'en ai trop dit ... ab le lutin ...!
Tume tiens ... au'fecours... tu finiras peut- être,
Contente-toi de me connoître.
De Berville , en Caux.