XI.
CEs jours paffex un Orateur
Que l'on avoit choifi pour la plus belle
langue ,
Ne
Vonlant au Roy faire Harangue ,
put dire un feul mot , tant il avoit
de peur ;
Il demeura comme une fouche ,
A peine ilput ouvrir la bouche.
La grande Majefté du Roy
Luy pouvoit donner de l'effroy ;
Il eftoit pourtant habile homme,
On l'affeure ,fans qu'on le nomme.
Cependant des le lendemain
I iij
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Extraordinaire
Vn Colporteur aſſez matin ,
De ces gens que l'on voit ne chercher
que l'utile,
Va criant dans toute la Ville ,
*
La Harangue d'un tel .... faite à Sa
Majefté.
Comme on la croyoit fort bienfaite
Chacun en veut avoir par curiofité ,
Tout le monde y court & l'achete ,
On croyoit que l'Autheur pour ſe fairė
eftimer,
Pour reparation l'avoitfait imprimer,
Tons difent, bienfurpris, de voir la tromperie,
Ce n'est que Papier blanc, on n'y voit rien
d'écrit ,
Auffi dit celuy qui le crie ,
Le Harangueur n'a-t- il rien dit.
Hermophile d'Antifer.