Provenance du texte (11)
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Détail
Liste
Résultats : 11 texte(s)
1
p. 318-319
VII.
Début :
Amy, je prends le Mousquet, [...]
Mots clefs :
Grammaire, Soufflet, I, V
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texteReconnaissance textuelle : VII.
VII.
AMy
y
je prends le Moufquety
Et renonce a la Grmmllire,
Dire un mot pour men diftrllire.
C'eftme donner un Sounct;
JQuel abus, quellechimere!
De glosersur £I*surl'V,
-Et de chercher du mifiere
Dans le ba be bi bo hu.!
Le petit Colin de Pethiviers
en Gaftinois.
AMy
y
je prends le Moufquety
Et renonce a la Grmmllire,
Dire un mot pour men diftrllire.
C'eftme donner un Sounct;
JQuel abus, quellechimere!
De glosersur £I*surl'V,
-Et de chercher du mifiere
Dans le ba be bi bo hu.!
Le petit Colin de Pethiviers
en Gaftinois.
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3
p. 96
VI.
Début :
De vos Enigmes, sans effort, [...]
Mots clefs :
Feuille de papier, Main de papier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VI.
VI.
du Havre.
E vos Enigmes , fans effort ,
L'ay pénetré le miftere d'abord,
Et j'aurois mis en Vers le mot de la premiere
,
Sur une Feuille de Papier.
Mais , pour en pouvoirfaire autant de la
derniere ,
Il m'auroit falu , fans quartier ,
En employer du moins une Main toute
entiere.
Le petit Colin de Peshiviers.
du Havre.
E vos Enigmes , fans effort ,
L'ay pénetré le miftere d'abord,
Et j'aurois mis en Vers le mot de la premiere
,
Sur une Feuille de Papier.
Mais , pour en pouvoirfaire autant de la
derniere ,
Il m'auroit falu , fans quartier ,
En employer du moins une Main toute
entiere.
Le petit Colin de Peshiviers.
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4
p. 97
VII.
Début :
Ovy, je le soûtiendray, ces Enigmes de chien [...]
Mots clefs :
Main de papier
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texteReconnaissance textuelle : VII.
VII.
vy, je lefoûtiendray , ces Enigmes
de chien
Ne font qu'un embarras où l'on ne comprend
rien ,
S'écria certainfat , laffè de les relire .
Lefolaftre Colin , qui les leur à fon tour,
Luy dit , en fe paſmant de rire ,
Et moy , je les foûtiens plus claires que le
jour ,
Ton foible efprit torp toft fe rebutte &
s'irrite.
L'une nous fait entendre , en termes fort
exprés,
Qu'en une Feüille tres -petite ,
Qui parloit de ton merite ,
Laifferoit du blanc de relais .
L'autre que de tes faits de fot & de beneft,
On pourroit remplir fort à l'aise ,
Vne Main de Papier à Thêfe.
Q. d'Octobre 1685.
Le mefine .
vy, je lefoûtiendray , ces Enigmes
de chien
Ne font qu'un embarras où l'on ne comprend
rien ,
S'écria certainfat , laffè de les relire .
Lefolaftre Colin , qui les leur à fon tour,
Luy dit , en fe paſmant de rire ,
Et moy , je les foûtiens plus claires que le
jour ,
Ton foible efprit torp toft fe rebutte &
s'irrite.
L'une nous fait entendre , en termes fort
exprés,
Qu'en une Feüille tres -petite ,
Qui parloit de ton merite ,
Laifferoit du blanc de relais .
L'autre que de tes faits de fot & de beneft,
On pourroit remplir fort à l'aise ,
Vne Main de Papier à Thêfe.
Q. d'Octobre 1685.
Le mefine .
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Résumé : VII.
Un dialogue oppose deux personnages sur des énigmes. L'un les trouve confuses, l'autre, Colin, les juge claires. Colin cite deux énigmes : une feuille minuscule discutant du mérite de quelqu'un et laissant du blanc pour des relais, et des actions remplissant une main de papier à thé. Le texte est daté du 16 octobre 1685 et signé 'Le mefine'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 98
VIII.
Début :
MErcure prend le titre à bon droit de galant, [...]
Mots clefs :
Feuille de papier, Main de papier
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texteReconnaissance textuelle : VIII.
VIII.
Mercureprend le titre à bon droit de
galant,
Il l'eft , & mesme en fçait inſpirer le
talent ,
Les difpofitions , l'adreſſe & la maniere,
Nous le reconnoiffons furplus d'une matiere.
Mais il eft liberal ce mois ,
Car il nous fournit à la fois
La Feuille de Papier , & la Main toute
entiere.
M
La plus aimable Brunette du petit
Colin de Pithyviers .
Mercureprend le titre à bon droit de
galant,
Il l'eft , & mesme en fçait inſpirer le
talent ,
Les difpofitions , l'adreſſe & la maniere,
Nous le reconnoiffons furplus d'une matiere.
Mais il eft liberal ce mois ,
Car il nous fournit à la fois
La Feuille de Papier , & la Main toute
entiere.
M
La plus aimable Brunette du petit
Colin de Pithyviers .
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6
p. 100-101
X.
Début :
Deux Autheurs voulant à l'envy [...]
Mots clefs :
Feuille de papier, Main de papier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : X.
X.
Deux Autheurs voulant à l'envy
Louer du Roy le Regne & la Puiffance,
Les Actions & la Magnificence ,
Le dernier jourfe firent un deffy ;
L'un dit d'abord, ' a vifte , qu'on m'apporte
Vne Feuille de grand Papier.
L'autre à l'inftant qu'un mefme zele emporte
,
Dit, il m'enfaut un gros cabier,
Et j'ay dequoy le remplir tout entier
D'éloges de plus d'une forte. "
Farrivay pendant leurs débats ,
Et leur dis , mes amis , fi vous me voulez
croire
Vous ne vous ferez point là- deſſus d'embaras.
du Mercure Galant.
ΙΟΙ
Sila Main de Papièr mefme ne fuffit pas
Pour ébaucher du Roy le merite & la
gloire,
La Feuille & le Cahier ne fuffirent jamais
Pour contenir le moindre de fesfaits.
Le Rival du petit Colin
de Pithiviers.
Deux Autheurs voulant à l'envy
Louer du Roy le Regne & la Puiffance,
Les Actions & la Magnificence ,
Le dernier jourfe firent un deffy ;
L'un dit d'abord, ' a vifte , qu'on m'apporte
Vne Feuille de grand Papier.
L'autre à l'inftant qu'un mefme zele emporte
,
Dit, il m'enfaut un gros cabier,
Et j'ay dequoy le remplir tout entier
D'éloges de plus d'une forte. "
Farrivay pendant leurs débats ,
Et leur dis , mes amis , fi vous me voulez
croire
Vous ne vous ferez point là- deſſus d'embaras.
du Mercure Galant.
ΙΟΙ
Sila Main de Papièr mefme ne fuffit pas
Pour ébaucher du Roy le merite & la
gloire,
La Feuille & le Cahier ne fuffirent jamais
Pour contenir le moindre de fesfaits.
Le Rival du petit Colin
de Pithiviers.
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Résumé : X.
Deux auteurs rivalisent pour louer le roi, son règne et ses actions. Le premier veut une grande feuille, le second un gros cahier. Farrivay intervient, affirmant qu'aucun support ne suffirait à contenir tous les mérites et exploits royaux, soulignant ainsi leur immensité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 194-201
« Je croy ne pouvoir mieux commencer à vous satisfaire / VOus avez accordé, Monsieur, une place dans vos Lettres [...] »
Début :
Je croy ne pouvoir mieux commencer à vous satisfaire / VOus avez accordé, Monsieur, une place dans vos Lettres [...]
Mots clefs :
Explications, Énigmes, Ombre, Blé, Madrigal
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texteReconnaissance textuelle : « Je croy ne pouvoir mieux commencer à vous satisfaire / VOus avez accordé, Monsieur, une place dans vos Lettres [...] »
Je croy ne pouvoir mieux commencer
à vous fatisfaire touchant les Explications
en Vers que vous attendez
fur les deux Enigmes propofées dans
ma Lettre d'Octobre , qu'en vous envoyant
la Lettre quifuit. Les vrais
mots de ces Enigmes, estoient l'Ombre
& l'Epy de Bled.
du´Mercure Galant. 195
V
APethiviers le 12 , Nov. 1685.
>
Ous avez accordé , Monfieur
une place dans vos
Lettres precedentes à mes petites
Explications. L'on en á pris occafion
de m'impofer pour loy indif
penſable , de vous envoyer dorefnavant
tous les mois ces mefmes
Explications en Vers. Voicy donc
celles du dernier mois.
La feconde eft affeurément le
Bled. Pour la premiere, je vous avouë
qu'elle m'a un peu embaraffé
; je crûs d'abord que c'eftoit la
Glace , je trouvay un moment aprés,
que l'ombre y convenoit en
core mieux ; mais l'un & l'autre
me faifoient du fcrupule , parce
que l'Auteur ayant commencé de
parler au feminin, change de gen.
Rij
196
Extraordinaire
re fur la fin , & met l'un au lieu
de l'une. Ce doute , qui fufpendit
quelque temps ma decifion , me
fut bien cher vendu ; vous allez
voir comment la choſe ſe paſſa ,
& à quelles gens j'ay affaire.
Un Petulant Eain de naiſſantes Brunettes
,
Fraifches comme des fleurs , comme des
Anges faites ,
Mais paffant en malignité ,
La plus maligne des Planetes.
Ces dangereux Afpics, fans comtract ny
traité,
M'ont engagé de leur autorité ,
A leur faire un tribut de contes , de
fornettes ,
D'avantures , de jeux, de vers , de chan-
Sonnettes.
Il leur en faut foir & matin.
Ces gourmandes de bagatelles
En ont à tous momens une fi grandefaim,
Qu'on n'a jamais fait avec elles. -
du Mercure Galant. 197
C'a, m'ont- elles dit aujourd' buy,
Petit Avorton de la Rime,
Qu'on nous dife le mot de la premiere
Enigme!
N'obeir pas d'abord , chez elles c'est un
crime ,
Qu'à coups de pieds , de poing, do Cifeaux
ou d'Etuy ,
D'ongles , de bufcs , de gands , d'épin
gles , ou d'éguilles ,
Ces Eutins incarnez , ces bruyantes che
nilles
Mefont expier à l'inftant .
Fe la lis donc , mais rien , trois fois je
recommence ,
Trois fois il m'en arrive autant ,
Bref plus je lis , & moins j'avance.
Defefperé , je bats la chamade à genoux;
Quartier! Comment quartier , m'ont dit
mes obftinées ,
En doit-on attendre de nous ?
A ces mots, contre moy les voilà déchai
nées ,
Je me fens accabler d'une grefle de coups.
R. iij
198 Extraordinaire
Eh bien , nous l'expliquerez- vous ?
Oùfaudra -t-il encor, fur nouveaux frais,
vous battre,
M'ont-elles repeté ? Parlez vifte . Ah!
tout doux ,
Fiffiez-vous plus encor les diableſſes à
quatre ,
Leur ay-je répondu d'un ton de fuppliant,
Cette Enigme, ma foy, me rebutte & me
paffe .
Son mot eft feminin dans le commencement
,
Et fur ce pied , j'y trouve également
Celuy de l'Ombre
Glace :
> & celuy de la
Mais le genre changé fur la fin , m'embaraffe
,
Et deflors je n'en fuis affeuré ny content:
Ainfi pour cette fois , mes belles Enfans,
grace.
Sur mon humble difcours , leur confeil
affemblé ,
M'impofe pour rançon ' d'expliquer la
dernieré.
du Mercure Galant . 199 .
Je la prends , je la lis , inquiet & troublé,
Par un tres-grand bonheur , j'en perce lemiftere.
Helas ! pour peu qu'elle enft tenu de la
premiere ,
Feftois pris comme dans un Blé.
Je fuis , Monfieur , voftre , &c.
Le petit Colin .
Depuis ma Lettre écrite , j'ay
efté bourré, par le Madrigal dont
je vous envoye la Copie. C'eſt au
fujet du double mot fur la premiere
Enigme.
'Ombre eft le vray mot, il me plaift.
Mais pour la Glace , on nesçait so
que c'eft.
On s'en raille , Colin , & j'en suis defolée.
De bonne foy , quand tu l'as mis ainfi,
Ilfalloit que pour toy Pegafe fuft tranfi,
Et l'eau d'Hypocrenne gelée.
Adieu, ta feptiéme Brunette N. S.
RiiTHE
LYON
1893
200 Extraordinaire
Vous voyez bien , Monfieur ,
que j'ay prefqu'autant de Brunettes
qu'Apollon á de Mufes. La
difference , c'eft que celles- cy
rendent quelquesfois d'affez bons
offices , & que les autres ne mé
font que du mal , & ne fe plaifent
qu'à me perfecuter . J'ay tâche
de juftifier à cette belle Criti .
que , le mot de Glace , dont elle eft
choquée , par la réponſe Luivante
à fon Madrigal.
L'
'Ombre plaift en Efté , la Glace
plaift de mefme,
Dans l'Hyver on lafuit avec un foin extrême
,
Elle naift dans la Ville , ainsi que dans
les Bois,
De l'humide & du froid elle tire fon
estre,
du Mercure Galant. 201
Et ces deux qualitez , vous le fçavez
peut- eftre ,
Dans tous les corps fe trouvent à la
fois.
Si le jeu divertit des Femmes un grand
nombre ,
Un plus grand nombre encor prend plaifir
àfe voir
Dans une Glace de miroir ,
Bref l'on mange , l'on boit le matin & le
Soir,
A la Glace auffi-bien qu'à l'Ombre :
Ainfi je nefçay point , Belle & Criti
que Iris
Auquel de ces deux mots donner la preference
Voftre gout feul chez moy fait pancher,
La balance ,
Et je cede à l'Ombre le prix..
à vous fatisfaire touchant les Explications
en Vers que vous attendez
fur les deux Enigmes propofées dans
ma Lettre d'Octobre , qu'en vous envoyant
la Lettre quifuit. Les vrais
mots de ces Enigmes, estoient l'Ombre
& l'Epy de Bled.
du´Mercure Galant. 195
V
APethiviers le 12 , Nov. 1685.
>
Ous avez accordé , Monfieur
une place dans vos
Lettres precedentes à mes petites
Explications. L'on en á pris occafion
de m'impofer pour loy indif
penſable , de vous envoyer dorefnavant
tous les mois ces mefmes
Explications en Vers. Voicy donc
celles du dernier mois.
La feconde eft affeurément le
Bled. Pour la premiere, je vous avouë
qu'elle m'a un peu embaraffé
; je crûs d'abord que c'eftoit la
Glace , je trouvay un moment aprés,
que l'ombre y convenoit en
core mieux ; mais l'un & l'autre
me faifoient du fcrupule , parce
que l'Auteur ayant commencé de
parler au feminin, change de gen.
Rij
196
Extraordinaire
re fur la fin , & met l'un au lieu
de l'une. Ce doute , qui fufpendit
quelque temps ma decifion , me
fut bien cher vendu ; vous allez
voir comment la choſe ſe paſſa ,
& à quelles gens j'ay affaire.
Un Petulant Eain de naiſſantes Brunettes
,
Fraifches comme des fleurs , comme des
Anges faites ,
Mais paffant en malignité ,
La plus maligne des Planetes.
Ces dangereux Afpics, fans comtract ny
traité,
M'ont engagé de leur autorité ,
A leur faire un tribut de contes , de
fornettes ,
D'avantures , de jeux, de vers , de chan-
Sonnettes.
Il leur en faut foir & matin.
Ces gourmandes de bagatelles
En ont à tous momens une fi grandefaim,
Qu'on n'a jamais fait avec elles. -
du Mercure Galant. 197
C'a, m'ont- elles dit aujourd' buy,
Petit Avorton de la Rime,
Qu'on nous dife le mot de la premiere
Enigme!
N'obeir pas d'abord , chez elles c'est un
crime ,
Qu'à coups de pieds , de poing, do Cifeaux
ou d'Etuy ,
D'ongles , de bufcs , de gands , d'épin
gles , ou d'éguilles ,
Ces Eutins incarnez , ces bruyantes che
nilles
Mefont expier à l'inftant .
Fe la lis donc , mais rien , trois fois je
recommence ,
Trois fois il m'en arrive autant ,
Bref plus je lis , & moins j'avance.
Defefperé , je bats la chamade à genoux;
Quartier! Comment quartier , m'ont dit
mes obftinées ,
En doit-on attendre de nous ?
A ces mots, contre moy les voilà déchai
nées ,
Je me fens accabler d'une grefle de coups.
R. iij
198 Extraordinaire
Eh bien , nous l'expliquerez- vous ?
Oùfaudra -t-il encor, fur nouveaux frais,
vous battre,
M'ont-elles repeté ? Parlez vifte . Ah!
tout doux ,
Fiffiez-vous plus encor les diableſſes à
quatre ,
Leur ay-je répondu d'un ton de fuppliant,
Cette Enigme, ma foy, me rebutte & me
paffe .
Son mot eft feminin dans le commencement
,
Et fur ce pied , j'y trouve également
Celuy de l'Ombre
Glace :
> & celuy de la
Mais le genre changé fur la fin , m'embaraffe
,
Et deflors je n'en fuis affeuré ny content:
Ainfi pour cette fois , mes belles Enfans,
grace.
Sur mon humble difcours , leur confeil
affemblé ,
M'impofe pour rançon ' d'expliquer la
dernieré.
du Mercure Galant . 199 .
Je la prends , je la lis , inquiet & troublé,
Par un tres-grand bonheur , j'en perce lemiftere.
Helas ! pour peu qu'elle enft tenu de la
premiere ,
Feftois pris comme dans un Blé.
Je fuis , Monfieur , voftre , &c.
Le petit Colin .
Depuis ma Lettre écrite , j'ay
efté bourré, par le Madrigal dont
je vous envoye la Copie. C'eſt au
fujet du double mot fur la premiere
Enigme.
'Ombre eft le vray mot, il me plaift.
Mais pour la Glace , on nesçait so
que c'eft.
On s'en raille , Colin , & j'en suis defolée.
De bonne foy , quand tu l'as mis ainfi,
Ilfalloit que pour toy Pegafe fuft tranfi,
Et l'eau d'Hypocrenne gelée.
Adieu, ta feptiéme Brunette N. S.
RiiTHE
LYON
1893
200 Extraordinaire
Vous voyez bien , Monfieur ,
que j'ay prefqu'autant de Brunettes
qu'Apollon á de Mufes. La
difference , c'eft que celles- cy
rendent quelquesfois d'affez bons
offices , & que les autres ne mé
font que du mal , & ne fe plaifent
qu'à me perfecuter . J'ay tâche
de juftifier à cette belle Criti .
que , le mot de Glace , dont elle eft
choquée , par la réponſe Luivante
à fon Madrigal.
L'
'Ombre plaift en Efté , la Glace
plaift de mefme,
Dans l'Hyver on lafuit avec un foin extrême
,
Elle naift dans la Ville , ainsi que dans
les Bois,
De l'humide & du froid elle tire fon
estre,
du Mercure Galant. 201
Et ces deux qualitez , vous le fçavez
peut- eftre ,
Dans tous les corps fe trouvent à la
fois.
Si le jeu divertit des Femmes un grand
nombre ,
Un plus grand nombre encor prend plaifir
àfe voir
Dans une Glace de miroir ,
Bref l'on mange , l'on boit le matin & le
Soir,
A la Glace auffi-bien qu'à l'Ombre :
Ainfi je nefçay point , Belle & Criti
que Iris
Auquel de ces deux mots donner la preference
Voftre gout feul chez moy fait pancher,
La balance ,
Et je cede à l'Ombre le prix..
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Résumé : « Je croy ne pouvoir mieux commencer à vous satisfaire / VOus avez accordé, Monsieur, une place dans vos Lettres [...] »
Dans une correspondance, Colin discute des solutions à deux énigmes posées dans une lettre précédente. Il mentionne avoir été harcelé par des jeunes femmes, surnommées 'Brunettes', pour résoudre ces énigmes. La première énigme l'a particulièrement embarrassé, car il hésitait entre 'Glace' et 'Ombre'. Les Brunettes ont exercé une pression sur lui pour obtenir la solution. Après réflexion, Colin choisit 'Ombre' comme réponse, bien que la question du genre grammatical ait compliqué sa décision. Une des Brunettes, identifiée par les initiales N.S., lui envoie un madrigal confirmant que 'Ombre' est le bon mot, tout en se moquant de l'hypothèse 'Glace'. Colin justifie ensuite le choix de 'Glace' en expliquant ses propriétés et son utilité. Il mentionne que la glace est utile pour rafraîchir les boissons et conserve les aliments. Cependant, il conclut en donnant la préférence à 'Ombre' selon son goût personnel. La discussion autour de cette énigme montre les différentes perspectives et arguments des interlocuteurs, chacun défendant son point de vue avec des raisons spécifiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 220-221
XXVII.
Début :
COlin l'autre jour tout en feu [...]
Mots clefs :
Ombre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XXVII.
XXVII.
Olin l'autre jour tout en feu
Colin Avoit perdu beaucoup d'argent
au jeu,
Quanddeux de fes Amis il trouve dans
la ruë ,
L'un& l'autre à l'inftant humblement le
faluë ,
Mais fans voir leur falut il paſſe bruſquement
;
Ils l'arrestent foudain. Eftes - vous en colere
,
Luy demanderent-ils avec empressement?
On y feroit à moins , & je ne puis m'en
taire ,
Leur dit-il dun ton vehement.
Ha Meffieurs! j'ay joué trois mille fois
à l'Ombre,
du Mercure Galant.
221
Tout au moins , & jamais je ne vis
arriver
Coup Semblable à celuy que je viens
d'éprouver.
Trois Matadors , denx Rois
ne puis achever ;
· je
Ainfi je vais chercher un lieu fauvage
& Sombre
Pour ne jouer jamais' , tant je fuis
defolé ;
Ou fi je joue encor je veux eftre a
cable ,
Je veux en plein Efté n'eftre jamais
l'Ombre ,
Voir toujours mon Eftang gelé ,
Et ma cave fans vin , & mon grenier
Sans Blé.
ME
Le petit Baptifte , Frere du
petit Colin de Pithiviers.
Olin l'autre jour tout en feu
Colin Avoit perdu beaucoup d'argent
au jeu,
Quanddeux de fes Amis il trouve dans
la ruë ,
L'un& l'autre à l'inftant humblement le
faluë ,
Mais fans voir leur falut il paſſe bruſquement
;
Ils l'arrestent foudain. Eftes - vous en colere
,
Luy demanderent-ils avec empressement?
On y feroit à moins , & je ne puis m'en
taire ,
Leur dit-il dun ton vehement.
Ha Meffieurs! j'ay joué trois mille fois
à l'Ombre,
du Mercure Galant.
221
Tout au moins , & jamais je ne vis
arriver
Coup Semblable à celuy que je viens
d'éprouver.
Trois Matadors , denx Rois
ne puis achever ;
· je
Ainfi je vais chercher un lieu fauvage
& Sombre
Pour ne jouer jamais' , tant je fuis
defolé ;
Ou fi je joue encor je veux eftre a
cable ,
Je veux en plein Efté n'eftre jamais
l'Ombre ,
Voir toujours mon Eftang gelé ,
Et ma cave fans vin , & mon grenier
Sans Blé.
ME
Le petit Baptifte , Frere du
petit Colin de Pithiviers.
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Résumé : XXVII.
Le poème relate la rencontre de Colin, ruiné au jeu, avec deux amis. Colin exprime son désespoir après avoir perdu massivement à l'Ombre du Mercure Galant. Il décide de se retirer dans un lieu sauvage et sombre, préférant la captivité à revivre cette expérience. Le poème mentionne également 'Le petit Baptiste, frère du petit Colin de Pithiviers'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 48-49
ÉNIGMES.
Début :
Je suis un agrément dans la société [...]
Mots clefs :
Clavecin
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texteReconnaissance textuelle : ÉNIGMES.
ENIGMES.
JE fuis un agrément dans la fociété
Pour celui qui de moi fait faire un bon ufage ;
Pour me connoître à fond , il faut, dès le jeune âge,
Apprendre à m'employer avec utilité.
Je
NOVEMBRE 1766. 49
Je me trouve fouvent en grande compagnie
Où des fayans viennent me confulter ;
S'il eft entre eux difcorde ou brouillerie ,
En un inftant je fais les accorder ;
Je fuis enfant de l'art & ne fuis pas fort rare ;
On ne peut définir ma forme , elle eſt bifarre.
Je fuis long , large , étroit , mais ni tond ni
quarré ;
A mes pareils je me vois préféré
Quand je porte avec moi des titres de vieille ſe ;
Je caufe quelquefois des maux à la jeuneſſe :
Aux Princes , aux Bourgeois je fers d'amusement,
Et tel qui , né fans biens, vivroit dans l'indigence ,
Acquiert par mon fecours un nom & de l'argent ,
Et fouvent dans Paris affiche l'opulence .
Par une Dame de Pithiviers
JE fuis un agrément dans la fociété
Pour celui qui de moi fait faire un bon ufage ;
Pour me connoître à fond , il faut, dès le jeune âge,
Apprendre à m'employer avec utilité.
Je
NOVEMBRE 1766. 49
Je me trouve fouvent en grande compagnie
Où des fayans viennent me confulter ;
S'il eft entre eux difcorde ou brouillerie ,
En un inftant je fais les accorder ;
Je fuis enfant de l'art & ne fuis pas fort rare ;
On ne peut définir ma forme , elle eſt bifarre.
Je fuis long , large , étroit , mais ni tond ni
quarré ;
A mes pareils je me vois préféré
Quand je porte avec moi des titres de vieille ſe ;
Je caufe quelquefois des maux à la jeuneſſe :
Aux Princes , aux Bourgeois je fers d'amusement,
Et tel qui , né fans biens, vivroit dans l'indigence ,
Acquiert par mon fecours un nom & de l'argent ,
Et fouvent dans Paris affiche l'opulence .
Par une Dame de Pithiviers
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10
p. 52-54
AUTRE.
Début :
Lecteur, je n'offre point aux yeux [...]
Mots clefs :
Châtillon
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE..
LICTEUR ,
BCTEUR , je n'offre point aux yeux
De ces maifons que l'on connoît à peine :
Parcours les mers , viens aux bords de la Seine ,
Tout retentit de mon nom glorieux.
Mille fameux exploits m'ont placé dans l'hiſtoire ;
Sur les pas de nos Rois j'ai cueilli des lauriers ;
Mon fang coula pour eux , & fix fiècles entiers
Onttranfmis à mes fils ma grandeur & ma gloire !
A ces traits je ne puis échapper à tes yeux ;
Mais en lifant ceci , tu m'accufes peut - être
De vouloir t'éblouir par un détail pompeux ?
Pour te défabufer , emploie , à me connoître ,
Tous les refforts de ton efprit ;
NOVEMBRE 1766. 53
Tu verras que fur tout ce qui tient à mon être
Je fuis bien éloigné d'en avoir affez dit.
Pour rendre ton travail facile ,
De mes dix pieds fais la combinaiſon ;
Tu trouveras une femence utile ,
Dont le produit fert en toute faiſon ;
Je t'offre encore une très- grande ville
Où l'ouvrier ingénieux
Affortit , d'une main habile ,
Des couleurs dont l'éclat enchante tous les yeux ;
Du corps humain la dernière partie ;
Ce qui marque notre âge ; un Roi de Theſſalie ;
Un vêtement utile aux hommes feulement ;
Une bru d'Ifaac ; le premier aliment.
Ce n'eft pas tout , pourfuis ; en exerçant ta tête ,
Tu trouveras un meuble ; une farouche bête ;
Celle qui dans les flots expia fa fureur :
Raſſemble bien mon tout , & tu verras enfuite
Ce que fait un moulin lorfque l'onde l'agite ;
Une douce voiture ; une favante foeur ;
Un Romain que l'on vante ; un Prince magnanime,
Des ayeux de Louis augufte defcendant.
Sur ce détail réfléchis un inſtant ,
Tu verras que mon nom fublime
S'unit plus d'une fois à l'Empire des lys.
Donne des pleurs au dernier de mes fils ,
Dont la brillante deftinée
Au printemps de fes jours vient d'être moiffonnées
C iij
54
MERCURE DE FRANCE .
Réſerve tous tes voeux pour fon illuſtre ſoeur ,
Des grâces , des vertus le plus brillant modèle ;
Dreffe- lui chaque jour des autels dans ton coeur :
Que jamais ton encens ne brûle que pour elle .
Par une Dame de Pithiviers.
LICTEUR ,
BCTEUR , je n'offre point aux yeux
De ces maifons que l'on connoît à peine :
Parcours les mers , viens aux bords de la Seine ,
Tout retentit de mon nom glorieux.
Mille fameux exploits m'ont placé dans l'hiſtoire ;
Sur les pas de nos Rois j'ai cueilli des lauriers ;
Mon fang coula pour eux , & fix fiècles entiers
Onttranfmis à mes fils ma grandeur & ma gloire !
A ces traits je ne puis échapper à tes yeux ;
Mais en lifant ceci , tu m'accufes peut - être
De vouloir t'éblouir par un détail pompeux ?
Pour te défabufer , emploie , à me connoître ,
Tous les refforts de ton efprit ;
NOVEMBRE 1766. 53
Tu verras que fur tout ce qui tient à mon être
Je fuis bien éloigné d'en avoir affez dit.
Pour rendre ton travail facile ,
De mes dix pieds fais la combinaiſon ;
Tu trouveras une femence utile ,
Dont le produit fert en toute faiſon ;
Je t'offre encore une très- grande ville
Où l'ouvrier ingénieux
Affortit , d'une main habile ,
Des couleurs dont l'éclat enchante tous les yeux ;
Du corps humain la dernière partie ;
Ce qui marque notre âge ; un Roi de Theſſalie ;
Un vêtement utile aux hommes feulement ;
Une bru d'Ifaac ; le premier aliment.
Ce n'eft pas tout , pourfuis ; en exerçant ta tête ,
Tu trouveras un meuble ; une farouche bête ;
Celle qui dans les flots expia fa fureur :
Raſſemble bien mon tout , & tu verras enfuite
Ce que fait un moulin lorfque l'onde l'agite ;
Une douce voiture ; une favante foeur ;
Un Romain que l'on vante ; un Prince magnanime,
Des ayeux de Louis augufte defcendant.
Sur ce détail réfléchis un inſtant ,
Tu verras que mon nom fublime
S'unit plus d'une fois à l'Empire des lys.
Donne des pleurs au dernier de mes fils ,
Dont la brillante deftinée
Au printemps de fes jours vient d'être moiffonnées
C iij
54
MERCURE DE FRANCE .
Réſerve tous tes voeux pour fon illuſtre ſoeur ,
Des grâces , des vertus le plus brillant modèle ;
Dreffe- lui chaque jour des autels dans ton coeur :
Que jamais ton encens ne brûle que pour elle .
Par une Dame de Pithiviers.
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