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p. 104-108
« LES FAUX PAS, ou les Mémoires vrais ou vraisemblables de la Baronne *** [...] »
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LES FAUX PAS, ou les Mémoires vrais ou vraisemblables de la Baronne *** [...]
Mots clefs :
Roman, Faux pas, Baronne, Pierre Rousseau
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texteReconnaissance textuelle : « LES FAUX PAS, ou les Mémoires vrais ou vraisemblables de la Baronne *** [...] »
LES FAUX PAS , ou les Mémoires
vrais ou vraisemblables de la Baronne ***
traduits de l'original Bas- breton ; deux
parties. Chez Duchefne , rue S. Jacques ,
au Temple du Goût. 1755 .
Le titre eft juftifié par le Roman . La Baronne
*** ou la Rofen , doit le jour à un
faux pas. Sa mere fut féduite par un petit
Souverain d'Allemagne ; notre héroïne fut
le fruit de cette foibleffe . Son éducation
fut encore un faux pas , qui forma la chaîne
de plufieurs autres. Abandonnée de fes
parens dès fon enfance , & confiée à des
mains étrangeres , elle fut miſe dans un
couvent dont la Supérieure l'inftruifit la
premiere à broncher . Elle eſt enlevée de
JUIN. 1755 . 105
ce cloître par une méprife : nouvelle occafion
de faux pas , qu'elle veut mettre à
profit ; mais Duréal , fon raviffeur , defefperé
de s'être trompé , a la modeftie de ne
pas s'y prêter , & montre toute la pudeur
qu'elle eût dû faire paroître. Ils couchent
tous les foirs dans la même chambre avec
une fageffe édifiante , dont le Cavalier a
toute la gloire , & la Demoiſelle tout le regret.
Il la laiffe un beau matin pour courir
après Mlle Bafin qu'il adore ; il la trouve
mariée , revient fe confoler auprès de Mlle
Rofen , & parvient enfin à l'aimer par dépit.
Elle bronche de plus belle ; mais il la
quitte une feconde fois pour aller recueillir
une fucceffion . Dans le defoeuvrement
où elle fe trouve , elle fe lie avec une jeune
perfonne appellée Lolote , qui fous un
air honnête l'engage dans une partie qui
ne l'étoit pas. Elle dément dans cette occafion
fon éducation & fon caractere ; elle
a fait des faux pas au couvent , où tout
doit en garantir , & dans une promenade
arrangée pour en faire , elle marche droit
contre toute apparence. Elle a heureufement
à faire à M. Meffin , Financier , auffi
diftingué par fes fentimens que par fes richelles
; car dans nos Romans nouveaux
on n'en voit plus que de ceux-là . Ce galant
homme édifié de la réfiftance , fe prend
Ev
T06 MERCURE DE FRANCE.
pour elle d'une tendre eftime , & la conble
de bienfaits fans en exiger de falaire .
Turreville , fon neveu , en devient auſſi
amoureux ; mais quoiqu'elle le trouve aimable
, elle fe dérobe à fes pourfuites , &
fe rend à Paris où elle cherche inutilement
Duréal , dont le fouvenir lui eft toujours
cher.
Dans cette circonftance Riza-beg , Ambaffadeur
de Perfe , arrive à Paris , voit
Mlle Rofen , l'adore , & lui donne le mouchoir.
C'eft ici où l'hiftoire eft adroitement
fondue dans le Roman. Notre héroïne enchaîne
fi bien Riza- beg à fon char qu'il
l'époufe fecrettement , & répare par ce
noeud fingulier le faux pas qu'elle a fait
en fa faveur. Mme Riza-beg part avec fon
mari , accouche à Dantzick d'un gros Perfan
, & rencontre une bande de voleurs
qui l'enlevent avec le bagage , & laiffent
Riza- beg dépouillé , maître du champ de
bataille avec l'enfant & la nourrice. Prête
à faire avec fes raviffeurs , qui fe la difputent
, le plus terrible faux pas qu'elle eût
fait en fa vie , elle eft arrêtée avec eux.
Ils font exécutés ; elle obtient fa liberté ,
& la Juftice de Brandebourg , qui devroit
fervir de modele à toutes les autres , lui
reftitue tous les effets que ces fcélerats .
avoient volés à Riza-beg fon mari . La fille
JUIN . 1755. 107
du Geolier vient la joindre dans le vaiffeau
qui doit la porter en Afie , & la prie de
vouloir bien l'y faire recevoir avec un
jeune homme dont elle a rompu les fers.
Il fe trouve que c'eft Duréal lui - même ,
ils fe reconnoiffent ; & après s'être juftifiés
l'un & l'autre , leur flamme fe rallume ; la
fille du Geolier defefpérée de s'être jettée
dans les bras de fa rivale , fe précipite
dans la mer. Duréal frappé de cette mort
tragique difparoît à la premiere occafion
& quitte fa maîtreffe pour la troifieme fois .
Celle-ci retrouve fon fils , qui la confole
de cette perte ; mais elle apprend en même
tems qu'elle eft veuve , & que Rizabeg
a été étranglé par ordre du Sophi . Elle
revient fur fes pas , & s'arrête à Drefde
où elle fait la conquête du Prince de ....
Elle trouve fon pere dans cet amant , qui
la reconnoît pour fa fille , la fait légitimer,
& obtient pour elle de la Cour de Vienne
le titre de Baronne ; il lui permet de retourner
en France . Elle retrouve Duréal à
deux lieues de Strafbourg , & s'écrie avec
raifon en le voyant : eh ! d'où fortez- vous ?
on ne trouve que vous dans les chemins,
Pour fe juftifier , il lui conte fon hiftoire
que je fupprime ; ils fe pardonnent mutuellement
leurs écarts : elle donne la main à
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
Duréal , & l'hymen pour le coup termine
tous fes faux pas.
Ce Roman eft de M. Rouffeau de Touloufe
; il eft écrit vivement : la premiere
partie fur-tout fe fait lire avec plaifir ; il y
a du ftyle , des portraits , des faillies . Comme
il a du feu & un talent facile , je lui
confeille de les employer à traiter le Roman
dans l'intérêt , & de l'affervir toujours
aux régles de la décence . Nos Romanciens
qu'il a trop fuivi , ont dénaturé le
genre ; la meilleure de leurs productions
eft plutôt un recueil de réflexions détachées
qu'un récit d'aventures fuivies.
Comme les incidens ne font que le prétexte
, on y trouve plus d'efprit que de
conduite , plus de coloris que de deffein ,
plus de détails que d'enſemble , & plus de
propos que d'action . Pour comble de maladreffe
le fond en est toujours libre fans.
être amuſant ; il ennuie aux dépens des
moeurs , & le vice y paroît auffi froid que
la vertu.
vrais ou vraisemblables de la Baronne ***
traduits de l'original Bas- breton ; deux
parties. Chez Duchefne , rue S. Jacques ,
au Temple du Goût. 1755 .
Le titre eft juftifié par le Roman . La Baronne
*** ou la Rofen , doit le jour à un
faux pas. Sa mere fut féduite par un petit
Souverain d'Allemagne ; notre héroïne fut
le fruit de cette foibleffe . Son éducation
fut encore un faux pas , qui forma la chaîne
de plufieurs autres. Abandonnée de fes
parens dès fon enfance , & confiée à des
mains étrangeres , elle fut miſe dans un
couvent dont la Supérieure l'inftruifit la
premiere à broncher . Elle eſt enlevée de
JUIN. 1755 . 105
ce cloître par une méprife : nouvelle occafion
de faux pas , qu'elle veut mettre à
profit ; mais Duréal , fon raviffeur , defefperé
de s'être trompé , a la modeftie de ne
pas s'y prêter , & montre toute la pudeur
qu'elle eût dû faire paroître. Ils couchent
tous les foirs dans la même chambre avec
une fageffe édifiante , dont le Cavalier a
toute la gloire , & la Demoiſelle tout le regret.
Il la laiffe un beau matin pour courir
après Mlle Bafin qu'il adore ; il la trouve
mariée , revient fe confoler auprès de Mlle
Rofen , & parvient enfin à l'aimer par dépit.
Elle bronche de plus belle ; mais il la
quitte une feconde fois pour aller recueillir
une fucceffion . Dans le defoeuvrement
où elle fe trouve , elle fe lie avec une jeune
perfonne appellée Lolote , qui fous un
air honnête l'engage dans une partie qui
ne l'étoit pas. Elle dément dans cette occafion
fon éducation & fon caractere ; elle
a fait des faux pas au couvent , où tout
doit en garantir , & dans une promenade
arrangée pour en faire , elle marche droit
contre toute apparence. Elle a heureufement
à faire à M. Meffin , Financier , auffi
diftingué par fes fentimens que par fes richelles
; car dans nos Romans nouveaux
on n'en voit plus que de ceux-là . Ce galant
homme édifié de la réfiftance , fe prend
Ev
T06 MERCURE DE FRANCE.
pour elle d'une tendre eftime , & la conble
de bienfaits fans en exiger de falaire .
Turreville , fon neveu , en devient auſſi
amoureux ; mais quoiqu'elle le trouve aimable
, elle fe dérobe à fes pourfuites , &
fe rend à Paris où elle cherche inutilement
Duréal , dont le fouvenir lui eft toujours
cher.
Dans cette circonftance Riza-beg , Ambaffadeur
de Perfe , arrive à Paris , voit
Mlle Rofen , l'adore , & lui donne le mouchoir.
C'eft ici où l'hiftoire eft adroitement
fondue dans le Roman. Notre héroïne enchaîne
fi bien Riza- beg à fon char qu'il
l'époufe fecrettement , & répare par ce
noeud fingulier le faux pas qu'elle a fait
en fa faveur. Mme Riza-beg part avec fon
mari , accouche à Dantzick d'un gros Perfan
, & rencontre une bande de voleurs
qui l'enlevent avec le bagage , & laiffent
Riza- beg dépouillé , maître du champ de
bataille avec l'enfant & la nourrice. Prête
à faire avec fes raviffeurs , qui fe la difputent
, le plus terrible faux pas qu'elle eût
fait en fa vie , elle eft arrêtée avec eux.
Ils font exécutés ; elle obtient fa liberté ,
& la Juftice de Brandebourg , qui devroit
fervir de modele à toutes les autres , lui
reftitue tous les effets que ces fcélerats .
avoient volés à Riza-beg fon mari . La fille
JUIN . 1755. 107
du Geolier vient la joindre dans le vaiffeau
qui doit la porter en Afie , & la prie de
vouloir bien l'y faire recevoir avec un
jeune homme dont elle a rompu les fers.
Il fe trouve que c'eft Duréal lui - même ,
ils fe reconnoiffent ; & après s'être juftifiés
l'un & l'autre , leur flamme fe rallume ; la
fille du Geolier defefpérée de s'être jettée
dans les bras de fa rivale , fe précipite
dans la mer. Duréal frappé de cette mort
tragique difparoît à la premiere occafion
& quitte fa maîtreffe pour la troifieme fois .
Celle-ci retrouve fon fils , qui la confole
de cette perte ; mais elle apprend en même
tems qu'elle eft veuve , & que Rizabeg
a été étranglé par ordre du Sophi . Elle
revient fur fes pas , & s'arrête à Drefde
où elle fait la conquête du Prince de ....
Elle trouve fon pere dans cet amant , qui
la reconnoît pour fa fille , la fait légitimer,
& obtient pour elle de la Cour de Vienne
le titre de Baronne ; il lui permet de retourner
en France . Elle retrouve Duréal à
deux lieues de Strafbourg , & s'écrie avec
raifon en le voyant : eh ! d'où fortez- vous ?
on ne trouve que vous dans les chemins,
Pour fe juftifier , il lui conte fon hiftoire
que je fupprime ; ils fe pardonnent mutuellement
leurs écarts : elle donne la main à
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
Duréal , & l'hymen pour le coup termine
tous fes faux pas.
Ce Roman eft de M. Rouffeau de Touloufe
; il eft écrit vivement : la premiere
partie fur-tout fe fait lire avec plaifir ; il y
a du ftyle , des portraits , des faillies . Comme
il a du feu & un talent facile , je lui
confeille de les employer à traiter le Roman
dans l'intérêt , & de l'affervir toujours
aux régles de la décence . Nos Romanciens
qu'il a trop fuivi , ont dénaturé le
genre ; la meilleure de leurs productions
eft plutôt un recueil de réflexions détachées
qu'un récit d'aventures fuivies.
Comme les incidens ne font que le prétexte
, on y trouve plus d'efprit que de
conduite , plus de coloris que de deffein ,
plus de détails que d'enſemble , & plus de
propos que d'action . Pour comble de maladreffe
le fond en est toujours libre fans.
être amuſant ; il ennuie aux dépens des
moeurs , & le vice y paroît auffi froid que
la vertu.
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Résumé : « LES FAUX PAS, ou les Mémoires vrais ou vraisemblables de la Baronne *** [...] »
Le roman 'Les Faux Pas, ou les Mémoires vrais ou vraisemblables de la Baronne ***' relate l'histoire de l'héroïne, la Baronne ou la Rosen, née d'une relation illégitime entre sa mère et un petit souverain d'Allemagne. Son éducation est marquée par plusieurs erreurs, notamment son placement dans un couvent où la supérieure l'incite à mal se comporter. Enlevée du couvent par méprise, elle est ensuite abandonnée par Duréal, son ravisseur, qui la laisse pour une autre femme. Après diverses aventures, elle rencontre M. Meffin, un financier, qui l'aime malgré ses résistances. Elle refuse ensuite les avances de Turreville, le neveu de Meffin, et part à Paris chercher Duréal. À Paris, elle rencontre Riza-beg, ambassadeur de Perse, qu'elle épouse secrètement. Enlevée par des voleurs, elle est libérée et retrouve Duréal, qui l'abandonne à nouveau après une tragédie. Elle découvre alors qu'elle est veuve et retrouve son père, qui la légitime et lui permet de revenir en France. Elle retrouve finalement Duréal, et ils se marient, mettant fin à ses nombreux faux pas. Le roman est écrit par M. Rouffeau de Touloufe et est apprécié pour son style et ses portraits, bien que l'auteur conseille de respecter davantage les règles de la décence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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