Titre
IMITATION de la XVI. Ode du II. Livre d'Horace, sur la Tranquilité.
Titre d'après la table
La Tranquilité, Ode,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
46
Page de début dans la numérisation
69
Page de fin
50
Page de fin dans la numérisation
73
Incipit
Lorsqu'une Tempête soudaine,
Texte
IMITATION de la XVI Ode
du II. Livre d'Horace , sur la...
Lorsqu'un
Tranquilité.
Orsqu'une Tempête soudaine ,,
De Thétis agite les flots,
L'image d'une mort certaine ,
S'offre aux timides Matelots :
Pour guide ils n'ont plus les Etoiles ,
La nuit étend ses sombres voiles ,
Lez
JANVIER. 1731. 47"
Le Pilote déconcerté ,
Pendant les cruelles allarmes ,
Demande , en répandant des larmes ,
Le repos , la tranquilité.
Le Thrace dont le cœur respire ,
Et le carnage, et la fureur ,
Dans les Combats pourtant soupire ,
Après la Paix et sa douceur ;
Les Medes qu'un beau Carquois pare,
Font des vœux pour un bien si rare ;
Les Diamans , la Pourpre , l'or ,
Ne sçauroient les rendre tranquiles ;.
Tous leurs efforts sont inutiles ,
Pour joüir d'un si cher trésor...
Avec les richesses d'Attale
Notre esprit est-il plus serein ?
Lés honneurs rendent-ils égale ,
L'ame de quelque Souverain ? '
Les Grands ont leurs soins pour escorte s
La Garde qui veille à leur porte ,
N'en deffendra point leurs Palais ;
Sous leurs toits ils volent sans cesse
Et le Licteur qui fend la
Neles écartera jamais.
pressé ,
Content :
48 MERCURE DE FRANCE
Content du modique heritage ,
Que lui transmirent ses Ayeux ,
Parmi les Mortels, le seul Sage ,
Goute un repos délicieux .
Sa table n'est point magnifique ,
On sert sur sa vaisselle antique ,
Peu de mets , sans trop d'appareil ;
Jamais l'avarice sordide,
La crainte au visage livide ,
N'interrompirent son sommeil.
Tel est l'ordre des Destinées
Que l'homme vive peu de temps ,
Ou que ses forces ruinées ,
Succombent sans le poids des ans.
Pourquoi des trésors de la Perse ,
Ce Marchand par un long commerce ,
A-t'il enrichi notre Bord 1
Il trouva dans chaque Hemisphere,
Des ressources à la misere ;
Mais en est- il contre la mort ?
Envain en des plages lointaines ,
Fuyons nous pour çhasser l'ennui ;
De l'Est les bruyantes haleines ,
Ne vont pas si vite que lui ;
Il nous suit sur Mer et sur Terse ,
II-
JANVIER. 1731. 49
Il nous accompagne à la guerre ,
Parmi les Escadrons nombreux
Sa course paroît plus rapide .
Que n'est celle du Cerftimide,
Suivi du Chasseur vigoureux,
Qu'une secrette inquietude ,
Ne trouble jamais nos plaisirs ;
Faisons notre premiere étude ,
De moderer tous nos desirs ;
Adoucissons par notre joye ,
Les maux dont nous sommes la proye
Il n'est point de bonheur parfait ;
Mon esprit joyeux et facile ,
Sur l'avenir se tient tranquile ,
Et du présent est satisfait.
Le fameux vainqueur de Pergame ,
Périt sous le fatal Cizeau ,
Lorsqu'il restoit beaucoup de trame ,
Pour faire tourner le Fuseau.
La vieillesse la plus chagrine ,
Use Tithon, elle le mine ;
O Grosphus , cet heureux moment ,
M'accorde une faveur durable ;
Pour vous peut être inexorable ,
La refuse-t'il constamment.
Auteur
so MERCURE DE FRANCE
Autour de vous vos Boeufs mugissent 3-
Vous voyez croître vos Troupeaux ;
Qui tantôt dans vos Prez bondissent ,
Tantôt errent sur vos Côteaux ;
De vos trésors ils sont la source ;
Vos Haras seront pour la course ;
Votre superbe ameublement
Ravit le Spectateur , l'enchante ;
La Pourpre n'est pas trop brillante ,
Pour vous servir de vêtement..
Pour moi , la bienfaisante Parque
M'accorde un champ fort limité ;
Mais c'est une plus grande marque ,›
De sa singuliere bonté ;
Si je n'ai qu'un petit Domaine ,
Elle m'a doté de la veine ,
D'ou coulent les lyriques chants &
Aux Sçavans je tâche de plaire ,
Et je méprise le vulgaire ,
Qui trouve mes Vers peu touchants.
Par M. Chabaud.
du II. Livre d'Horace , sur la...
Lorsqu'un
Tranquilité.
Orsqu'une Tempête soudaine ,,
De Thétis agite les flots,
L'image d'une mort certaine ,
S'offre aux timides Matelots :
Pour guide ils n'ont plus les Etoiles ,
La nuit étend ses sombres voiles ,
Lez
JANVIER. 1731. 47"
Le Pilote déconcerté ,
Pendant les cruelles allarmes ,
Demande , en répandant des larmes ,
Le repos , la tranquilité.
Le Thrace dont le cœur respire ,
Et le carnage, et la fureur ,
Dans les Combats pourtant soupire ,
Après la Paix et sa douceur ;
Les Medes qu'un beau Carquois pare,
Font des vœux pour un bien si rare ;
Les Diamans , la Pourpre , l'or ,
Ne sçauroient les rendre tranquiles ;.
Tous leurs efforts sont inutiles ,
Pour joüir d'un si cher trésor...
Avec les richesses d'Attale
Notre esprit est-il plus serein ?
Lés honneurs rendent-ils égale ,
L'ame de quelque Souverain ? '
Les Grands ont leurs soins pour escorte s
La Garde qui veille à leur porte ,
N'en deffendra point leurs Palais ;
Sous leurs toits ils volent sans cesse
Et le Licteur qui fend la
Neles écartera jamais.
pressé ,
Content :
48 MERCURE DE FRANCE
Content du modique heritage ,
Que lui transmirent ses Ayeux ,
Parmi les Mortels, le seul Sage ,
Goute un repos délicieux .
Sa table n'est point magnifique ,
On sert sur sa vaisselle antique ,
Peu de mets , sans trop d'appareil ;
Jamais l'avarice sordide,
La crainte au visage livide ,
N'interrompirent son sommeil.
Tel est l'ordre des Destinées
Que l'homme vive peu de temps ,
Ou que ses forces ruinées ,
Succombent sans le poids des ans.
Pourquoi des trésors de la Perse ,
Ce Marchand par un long commerce ,
A-t'il enrichi notre Bord 1
Il trouva dans chaque Hemisphere,
Des ressources à la misere ;
Mais en est- il contre la mort ?
Envain en des plages lointaines ,
Fuyons nous pour çhasser l'ennui ;
De l'Est les bruyantes haleines ,
Ne vont pas si vite que lui ;
Il nous suit sur Mer et sur Terse ,
II-
JANVIER. 1731. 49
Il nous accompagne à la guerre ,
Parmi les Escadrons nombreux
Sa course paroît plus rapide .
Que n'est celle du Cerftimide,
Suivi du Chasseur vigoureux,
Qu'une secrette inquietude ,
Ne trouble jamais nos plaisirs ;
Faisons notre premiere étude ,
De moderer tous nos desirs ;
Adoucissons par notre joye ,
Les maux dont nous sommes la proye
Il n'est point de bonheur parfait ;
Mon esprit joyeux et facile ,
Sur l'avenir se tient tranquile ,
Et du présent est satisfait.
Le fameux vainqueur de Pergame ,
Périt sous le fatal Cizeau ,
Lorsqu'il restoit beaucoup de trame ,
Pour faire tourner le Fuseau.
La vieillesse la plus chagrine ,
Use Tithon, elle le mine ;
O Grosphus , cet heureux moment ,
M'accorde une faveur durable ;
Pour vous peut être inexorable ,
La refuse-t'il constamment.
Auteur
so MERCURE DE FRANCE
Autour de vous vos Boeufs mugissent 3-
Vous voyez croître vos Troupeaux ;
Qui tantôt dans vos Prez bondissent ,
Tantôt errent sur vos Côteaux ;
De vos trésors ils sont la source ;
Vos Haras seront pour la course ;
Votre superbe ameublement
Ravit le Spectateur , l'enchante ;
La Pourpre n'est pas trop brillante ,
Pour vous servir de vêtement..
Pour moi , la bienfaisante Parque
M'accorde un champ fort limité ;
Mais c'est une plus grande marque ,›
De sa singuliere bonté ;
Si je n'ai qu'un petit Domaine ,
Elle m'a doté de la veine ,
D'ou coulent les lyriques chants &
Aux Sçavans je tâche de plaire ,
Et je méprise le vulgaire ,
Qui trouve mes Vers peu touchants.
Par M. Chabaud.
Signature
Par M. Chabaud.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte, publié en janvier 1731, imite la seizième ode du deuxième livre d'Horace et explore la quête de tranquillité et de paix. Lors d'une tempête en mer, marins et pilote cherchent la tranquillité. De même, les Thraces, les Mèdes, les riches et les puissants aspirent à la paix, mais leurs efforts sont vains. Les honneurs et les richesses ne garantissent pas la sérénité. Seul un homme content de son modeste héritage trouve un repos délicieux, sans être troublé par l'avarice ou la crainte. La mort, inévitable, poursuit chacun, que ce soit sur mer, sur terre ou à la guerre. Le poète exhorte à modérer ses désirs et à se contenter du présent. Il compare la brièveté de la vie à celle du vainqueur de Pergame, mort prématurément. Le poète se réjouit de sa condition modeste mais heureuse, doté de la veine poétique, et méprise ceux qui ne comprennent pas ses vers.
Est probablement rédigé par une personne