Titre
Extrait d'une Lettre du Camp de Calaf du 18 Novembre.
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46
Page de début dans la numérisation
292
Page de fin
52
Page de fin dans la numérisation
298
Incipit
Mr le Comte de Muret, Lieutenant General ayant esté détaché
Texte
Extrait d'une Lettre du
Camp de Calafdu 18
Novembre.
Mr le Comte de Muret,
Lieutenant General ayant esté
détachéavec trois mille hommes.
pour aller attaquer Cardone,
y arriva le 14. Il trouva
qite les Ennemis avoient aDèz
bien fortifié la Ville & le
Chasteau, £r que même ils
avoient aussifortifié une Casfine
où ils avoient missix-vingt
hommu. Ilfut aussi que la
Garnisonetoit composée de
bonnes Troupes; sçavoir du
Régiment de Taf, de deux
Battaillons; d'un Régiment de
Grisons, & de celuy Jef.,
Députation de Catalogne d'un
battaillon chutlnJ (;7 trois cens
hommes d'autres Troupes, qui
toutes étoient bien disposées à
faire une vigoureuse résistance :
Mais les Troupes du Roy
étoient auiYi bien dijpojeeh a les
attaquer. L'Artillerie ayant
ruiné les def,njres de deux
Tours quiflanquoient ungrand
retranchement que les Ennemii
avoientélevé entre la Cassine
& la Ville, Mr le Comte de
Muretfit toutes les dispositions
necessaires pour attaquer ce
retranchement. Il partagea
quatorze cens hommes en trois
Corps; celuy du centre, desix
Compagnies de Grenadiers Ë,,r
de six piquets, étoit commandé
parMr le Marquis d'Arpajon;
celuy de la droite,composé d'un
pareil nombre de Grenadiers gr
de
de piquets étoit commandé par
fyfr le Comte d'Hercel, c:::ï
celuy de la gauche
,
de trois
:ens Dragons &desix Piquets,
étoit commandé par
Mf le Comte de Melun. On
narcha dans cet ordre le i7.a
a pointe dujour, en laissant
derriere la Cassinefortifiée,&
e retranchement fut emporté
.)Epée à la mainJaux trois ataques.
Les Troupes qui les
dessendoientfurentsuiviesdesi
réscjue les nôtres entrerentdans
a Ville avec elles. Le Gou-.
verneur du Chasteau, voulant
profiter de ce désordre, fit sortir
trois cens hommes pour enveloper
nos Troupes, & les mettre
entre deux feux; mais ellesse
rallierentsipromptementqu'elles
obligerent les Ennemis de se
jetter dans un Ravin, & de
se retirerderriere la Riviere de
Cardonner. On ne trouva point
d'Habitansdans laVille,parce
qu'ils en étoient tous sortis à
l'approche de nos Troupes. Mr
le Comte de Muretfit ensuite
sommer le Commandant de la
CaJJine,cjiiise renditavecsept
autres Officiers 0* cent douze
Soldatssans avoiretféattaque;
IJÆI'!Y que cepostefustfraisé&
palissadé. Mr de Courtieres,
Lieutenant Colonel dans les
TroupesWalones,unCapitaine
des Grenadiers & un Aidc-
Major des mesmesTroupes,
furent blessezàl'attaque du
retranchement, qui n'a pas
cousté aux Troupes du Roy
vQleufiae%ra9ntehommes tuez ou
au lieu que les Ennemisen
ont perdu environ sept
cens, tant tue%, déserteurs
ouprisonniers,y compris
lessix-vingtshommesqui
étoient dans la CaJJtne. On
trouva beaucoup de vivre?
dans la Ville, que les Ennemis
yavoientamassez. Lelendemain
de l'action, Mr le Comte
de Muretfit dresserdes Batte
ries contre leChasteau.
Camp de Calafdu 18
Novembre.
Mr le Comte de Muret,
Lieutenant General ayant esté
détachéavec trois mille hommes.
pour aller attaquer Cardone,
y arriva le 14. Il trouva
qite les Ennemis avoient aDèz
bien fortifié la Ville & le
Chasteau, £r que même ils
avoient aussifortifié une Casfine
où ils avoient missix-vingt
hommu. Ilfut aussi que la
Garnisonetoit composée de
bonnes Troupes; sçavoir du
Régiment de Taf, de deux
Battaillons; d'un Régiment de
Grisons, & de celuy Jef.,
Députation de Catalogne d'un
battaillon chutlnJ (;7 trois cens
hommes d'autres Troupes, qui
toutes étoient bien disposées à
faire une vigoureuse résistance :
Mais les Troupes du Roy
étoient auiYi bien dijpojeeh a les
attaquer. L'Artillerie ayant
ruiné les def,njres de deux
Tours quiflanquoient ungrand
retranchement que les Ennemii
avoientélevé entre la Cassine
& la Ville, Mr le Comte de
Muretfit toutes les dispositions
necessaires pour attaquer ce
retranchement. Il partagea
quatorze cens hommes en trois
Corps; celuy du centre, desix
Compagnies de Grenadiers Ë,,r
de six piquets, étoit commandé
parMr le Marquis d'Arpajon;
celuy de la droite,composé d'un
pareil nombre de Grenadiers gr
de
de piquets étoit commandé par
fyfr le Comte d'Hercel, c:::ï
celuy de la gauche
,
de trois
:ens Dragons &desix Piquets,
étoit commandé par
Mf le Comte de Melun. On
narcha dans cet ordre le i7.a
a pointe dujour, en laissant
derriere la Cassinefortifiée,&
e retranchement fut emporté
.)Epée à la mainJaux trois ataques.
Les Troupes qui les
dessendoientfurentsuiviesdesi
réscjue les nôtres entrerentdans
a Ville avec elles. Le Gou-.
verneur du Chasteau, voulant
profiter de ce désordre, fit sortir
trois cens hommes pour enveloper
nos Troupes, & les mettre
entre deux feux; mais ellesse
rallierentsipromptementqu'elles
obligerent les Ennemis de se
jetter dans un Ravin, & de
se retirerderriere la Riviere de
Cardonner. On ne trouva point
d'Habitansdans laVille,parce
qu'ils en étoient tous sortis à
l'approche de nos Troupes. Mr
le Comte de Muretfit ensuite
sommer le Commandant de la
CaJJine,cjiiise renditavecsept
autres Officiers 0* cent douze
Soldatssans avoiretféattaque;
IJÆI'!Y que cepostefustfraisé&
palissadé. Mr de Courtieres,
Lieutenant Colonel dans les
TroupesWalones,unCapitaine
des Grenadiers & un Aidc-
Major des mesmesTroupes,
furent blessezàl'attaque du
retranchement, qui n'a pas
cousté aux Troupes du Roy
vQleufiae%ra9ntehommes tuez ou
au lieu que les Ennemisen
ont perdu environ sept
cens, tant tue%, déserteurs
ouprisonniers,y compris
lessix-vingtshommesqui
étoient dans la CaJJtne. On
trouva beaucoup de vivre?
dans la Ville, que les Ennemis
yavoientamassez. Lelendemain
de l'action, Mr le Comte
de Muretfit dresserdes Batte
ries contre leChasteau.
Lieu
Date, calendrier grégorien
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
Le 14 novembre, le Comte de Muret, lieutenant général, arriva à Cardone avec trois mille hommes pour attaquer la ville. Les ennemis avaient fortifié la ville, le château et une caserne, où ils avaient placé soixante-dix hommes. La garnison comprenait des troupes du Régiment de Taf, deux bataillons, le Régiment de Grisons, le Régiment Jef, une députation de Catalogne et trois cents hommes d'autres troupes. L'artillerie française détruisit les défenses de deux tours, permettant au Comte de Muret de préparer l'attaque d'un retranchement entre la caserne et la ville. Il divisa quatorze cents hommes en trois corps : le centre commandé par le Marquis d'Arpajon, la droite par le Comte d'Hercel et la gauche par le Comte de Melun. Le 17 novembre, à l'aube, les troupes françaises attaquèrent et prirent le retranchement après trois assauts. Les ennemis se retirèrent derrière la rivière de Cardonner. La ville était vide d'habitants. Le Comte de Muret somma ensuite le commandant de la caserne, qui se rendit avec sept autres officiers et cent douze soldats. Parmi les blessés français figuraient Mr de Courtieres, un capitaine des grenadiers et un aide-major des troupes wallonnes. Les pertes françaises s'élevèrent à vingt-neuf hommes tués ou blessés, tandis que les ennemis perdirent environ sept cents hommes, y compris les soixante-dix de la caserne. Beaucoup de vivres furent trouvés dans la ville. Le lendemain, le Comte de Muret fit dresser des batteries contre le château.