Fichier
Nom du fichier
1713, 07 (Google)
Taille
7.00 Mo
Format
Nombre de pages
315
Source
Lien vers la source
Année de téléchargement
Texte
Zugua
BIBLIOTHÈQUE
11
60
SJ
CHANTILLY
7
MERCURE
GALAN T.
JUILLET 1713 .
www
UNI
NC
WAN
NIN
A PARIS ,
M. DCCXIII
Avec Privilege du Roy,
MERCURE
GALANT…
Par le Sieur Du F ***
Mois
de fuillet
1713.
Le prix eft 30. fols relié en veau , &
25. fols , broché.
A PARIS ,
Chez DANIEL JOLLET , au Livre
Royal, au bout du Pont S. Michel
du côté du Palais .
PIERRE RIBOU , à l'Image S. Louis,
fur le Quay des Auguftins.
GILLES LAMESLE , à l'entrée de la rue
du Foin , du côté de la ruë
Saint Jacques.
AvecAprobation,& Privilege du Rei
MERCURE
GALANT.
NOUVELLE GALANTE.
LA JALOUSIE GUERIE
par la jaloufie .
Par M. le Chevalier de P *
N Gentilhomme
fort riche , & qui
n'avoit qu'un fils , avoit
depuis long - temps en-
Fuillet 1713 .
A ij
4 MERCURE
vie de le marier : mais
comme il remarqua dans
ce fils unique une grande
difpofition à la jalou
fie , il craignit de le rendre
malheureux en le
mariant ; il prévoyoit
que fon humeur inquicte
& foupçonneuse pourroit
chagriner une femme,
& que les chagrins
d'une femme retomberoient
fur lui : car il fuffit
en mariage que l'un
des deux foit de mau
GALANT. S
vaife humeur , l'autre le
devient bientôt par contagion.
Ce pere étoit
homme fenfé
, penetrant
; il connoiffoit
dans
fon fils un fond de raifon
& de vertu
, qui lui
faifoit efperer
que dans
un âge plus avancé
il
deviendroit
plus capable
de furmonter
ſes paffions
; & celle de la jaloufie
dont il le croyoit
fufceptible
, n'étoit
pas
de ces jaloufies
noires
A iij
6 MERCURE
qui partent d'un mauvais
coeur : ce n'étoit qu'-
une jaloufie foupçonneufe
, qu'il condamnoit
lui - même , pour peu
qu'il fit reflexion fur
l'injuftice de fes foupçons
. Ainfi par les confeils
de fon pere il ne fe
preffoit point de fe marier
, & fon pere trouva
à propos de laiffer épuifer
la jaloufie de fon fils
fur quelques maîtreffes ,
en attendant qu'il fût
GALANT.
7
affez
raiſonnable pour
rendre une femme heureufe.
Cependant l'amour
, fans confulter la
prudence du pere , s'empara
du fils. Celle qu'-
il aima étoit belle &
d'une naiffance diftin- -
guće : mais il voulut étouffer
fon amour dés
qu'il s'apperçut qu'il avoit
beaucoup de rivaux.
C'étoit une trop
rude épreuve pour lui .
Ilfut quelques jours fans
A iiij
8 MERCURE
aller chez la Marquife
de P ... ( C'étoit ainfi
que s'appelloit cette jeune
perfonne , veuve d'un
Marquis tué à la guerre
, qui n'avoit été fon
mari que pendant un hiver,
& qui l'avoit laiffée
avec trés - pey de bien . )
Cette Marquife commençoit
à aimer nôtre
jeune jaloux , & s'étoit
déja apperçuë de fon
foible. Elle fit fes efforts
pour l'oublier , quoique
GALANT .
ce fût un parti qui lui
faifoit fa fortune ; car
elle craignoit de s'enga
ger avec un jaloux . Elle
tâcha donc de fe confoler
de fon abfence avec
fes rivaux , & refolut
fermement de choisir entr'eux
un époux qui pût
la tirer de fon indigence
: mais ce fut en vain
qu'elle voulut s'attacher
à d'autres qu'à l'amant
jaloux , c'étoit le feul défaut
qu'elle lui trouvoit
10 MERCURE
fa paffion pour lui augmentoit
de jour en jour :
en un mot elle prit fon
parti pour le faire revenir
chez elle , & trouva
plufieurs pretextes pour
congedier tous ceux qui
la recherchoient en mariage
.
Cependant l'amour du
Cavalier avoit encore
augmenté par la violence
qu'il s'étoit faite pour
ne point voir la Marquife
; & fon pere , qui
GALANT . 17
le voyoit accablé de chagrin
, avoit exigé de lui
une entiere confidence .
Ils vivoient enſemble
comme deux veritables
amis ; ce pere de bon fens
s'étoit plus attaché à ſe
faire aimer de fon fils ,
qu'à s'en faire craindre ,
& avoit enfin sequis fur
lui , à force de bons procedez
, cette confiance
que les enfans ont fi rarement
en leurs peres.
Celui - ci s'informa d'a12
MERCURE
bord à fond du caractere
de la Marquife , & fitôt
qu'il fut bien perfuadé
de fa vertu & de fon
bon efprit, il ne fut point
rebuté par fa pauvreté ;
il confeilla à fon fils de
s'attacher à elle , & d'examiner
exactement fi
la jaloufie qu'il avoit
conçûë étoit bien fondée.
On s'informa , on
examina , & l'amant jaloux
ayant appris que
tous les rivaux étoient
GALANT. 13
écartez , fe flata qu'il
pouvoit avoir quelque
part à ce changement . Il
retourna chez elle , &
dés ce jour - là ils furent
fi contens l'un de l'autre
, qu'en moins d'un
mois leur mariage fut
refolu , & le pere , qui fe
lia d'amitié avec la Marquife
, y donna fon confentement
avec plaifir.
Cependant il dit en particulier
à fon fils qu'il
lui confeilloit de fufpen14
MERCURE
dre encore le contrat
pendant quelques mois ;
& que quoi qu'il blâmât
ordinairement fon foible
fur la jalousie , il
croyoit qu'en cette occafion
la prudence vouloit
qu'il obfervât pendant
quelque temps la
conduite d'une perſonne
qui avoit reçû tant de
declarations d'amour ;
qu'il la croyoit trés-vertucuſe
: mais que fi elle
l'étoit , elle le feroit enGALANT.
15
core dans fix mois ; qu'en
un mot on ne riſqueroit
rien à differer . Le fils
donna de bon coeur dans
fon foible . En effet ils
trouverent d'honnêtes
pretextes
pour differer
de jour en jour un mariage
que la Marquife
enviſageoit comme le
plus grand bonheur qui
lui pût arriver . Le Cavalier
amoureux paffoit
les jours entiers chez
elle , lors qu'il furvint
16 MERCURE
A
une affaire qui l'obligea
d'accompagner fon pere.
dans un petit voyage de
huit jours. La feparation
des amans fut tendre ,
& la Marquife paffa fort
triftement le temps de
cette petite abſence : mais
la joye du retour la dédommagea,
& fon amant
revint fi paffionné , qu'à
leur entrevue il refta une
heure entiere fans pouvoir
parler , fes regards
fixez fur ce qu'il aimoit .
Aprés
GALANT . 17
Aprés les premiers tranfports
, il jetta les yeux
fur un miroir magnifique
, & fut fort furpris
de voir ce nouveau meuble
à la Marquife , qui
n'étoit pas affez riche
pour s'en donner de pareils.
Pendant qu'il le regardoit
fixement , la Marquife
fourioit , en lui
ferrant tendrement les
mains. Mon cher époux,
lui difoit - elle , jerezvous
auſſigalant aprés le
Juillet 1713.
B
18 MERCURE
contrat , que vous l'avez
été pendant vôtre abfence
? Cette corbeille de dentelles,
qui m'eft venuē avec
ce miroir & ces autres bijoux
, choifis d'ungoût exquis...
Moy un miroir ,
interrompit brufquement
le jaloux tout étourdi
! moy des dentelles
! moy des bijoux ! Ah
Ciel qu'entens- je ! Cette
furpriſe qu'il témoigna
en caufa une fi grande à
La Marquiſe , qu'elle refGALANT
. 19
ta muette & immobile ;
car ceux qui avoient apporté
ces prefens chez
elle avoient affecté un
air myfterieux , & elle
n'avoit point douté que
ce ne fuſt une galanterie
de fon amant : mais il
prit la choſe ſur un ton
qui la détrompa dans le
moment. Elle fe troubla
enfuite fur quelques petits
reproches que lui fit
ce tendre amant , qui
pour cette fois ne put
Bij
20 MERCURE
avoir pourtant aucun
foupçon que la Marquife
n'y euft pas été trompée
elle-même. Elle jura qu'-
elle tâcheroit de découvrir
de quelle part lui
venoient ces preſens, &
qu'elle les renverroit au
plutôt .
Nôtre amant ne laiſſa
pas d'être fort inquiet
fur l'avanture , dont il
fit confidence à fon pere
, qui le raffura , étant
perfuadé de la vertu de
a
GALANT . 21
la Marquife. Elle crut
avoir trouvé occafion dés
le lendemain de s'éclaircir
fur la galanterie qu'-
on lui avoit faite .
Un Huiffier vint chez
elle de la part de quelques
marchands d'étoffes
à qui elle devoit deux.
mille francs,& cet Huiffier
, fans refpecter fa
qualité ni fa beauté , lui
demanda permiffion d'executer
fes meubles ; &
fans vouloir lui donner
22 MERCURE
une heure de répit , en
commença l'inventaire .
On ne sçauroit exprimer
la confternation de la
Marquife : elle étoit prê
te à tomber évanoüic au
milieu de ſes gens , qui
étoient auffi accablez
qu'elle de la vifion des
Sergens , lorfque l'Huiffier
confiderant
le miroir
, & examinant
les
bijoux qui étoient fur la
table , s'écria : Ab qu'al
lois -je faire , Madame ?
GALANT . 23
ter
je reconnois ces nipes , &
j'ai même aidé à les acheauGentilhomme
le plus
genereux & le plus amoureux
qui foit en France ;
homme à qui j'ai même
obligation de ma fortune.
Quoy c'étoit donc à vous ,
Madame , à qui il les def
tinoit ? Ah que je vais
bien faire ma cour à cet
amant , non feulement en
ne faififfant point ces marques
de fon amour , mais
en facrifiant à l'adorable
24 MERCURE
perfonne qu'il aime les
memoires & procedures
dont je fuis porteur. Tenez,
Madame , tenez ,
continua- t - il , en montrant
à la Marquife les
memoires arreftez & les
Sentences obtenues , voila
comment je fçai fervir
mes amis amoureux , &
fur- tout quand ils le font
d'une perfonne auffi charmante
que vous l'êtes.
Aprés un difcours déja
trop galant pour un
HuifGALANT.
25
P
Huiffier , il acheva de
prouver qu'il ne l'étoit
pas , en déchirant tous
les memoires de la Marquife
, & lui difant qu'à
coup fûr l'amant qui avoit
fait preſent du refte
feroit ravi d'acquitter
ces memoires pour elle .
Jugez de l'étonnement
où fut la Marquiſe du
procedé de ce faux Huiffier
, & du tour que l'amant
genereux avoit
pris pour lui faire pre-
Pre-
Juillet 1713.
26 MERCURE
fent de deux cent piftoles.
Dés qu'elle eut repris
fes efprits , & qu'
elle fe fut remiſe de l'effroy
qu'elle avoit eu en
voyant executer ſes meu
bles , elle ne fongea plus
qu'à s'informer du nom
de cet
l'Huiffier
continua
d'en
amant : mais
faire myftere , & dit
feulement certains mots
équivoques , par où la
Marquife crut être ſeure
que c'étoit fon amant
GALANT. 27
époux lui - même qui
lui avoit joué ce fecond
tour. Il arriva chez
elle un peu aprés que
l'Huiffier en fut forti ;
& l'éclairciffement qu'-
ils eurent enfemble fut
tel , que l'amant en fut
penetré de jalousie , & la
Marquife accablée de
douleur. Cependant la
bonne foy de cette amante
étoit viſible ; car elle
avoit appris elle- même
l'avanture à fon amant.
Cij
28 MERCURE
C'eſt à quoy fon pere lui
fit faire attention ; car il
couroit à lui dés qu'il avoit
quelque fujet de.
plainte contre la Marquife
: & ce pere auſſi
froid, auffi tranquile que
fon fils étoit bouillant &
agité , lui repreſentoit
que les apparences les
vrai-femblables é- plus
toient fouvent trompeufes
; que tout mari fenfé
devoit s'accoûtumer
à
ne rien croire de tout ce
GALANT . 29
qui pouvoit lui donner
de l'ombrage
; qu'il faloit
d'abord approfondir
de fang froid , feulement
pour connoître la verité
, & non pour s'en fâcher
; qu'il y a de la folie
à fe chagriner d'avance
; & qu'en cas même
que les foupçons d'un
mari fe trouvaſſent bien
fondez , il faloit en prévenir
les fuites , fans fe
chagriner du paffé , où
l'on ne peut plus reme-
C iij
30 MERCURE
dier. Mais , lui repliquoit
vivement fon fils
à de pareils difcours ,
mais , mon pere , il eft encore
temps de rompre les
engagemens que nous avons
avec la Marquife ;
ainfi je n'ai pas tort d'être
jaloux. On a toûjours
tort d'être jaloux , lui difoit
le pere : mais on n'a
pas tort d'être prudent ;
approfondiffez la ainfi
conduite de la Marqui
fe , je ne m'y oppoſe pas :
t
GALANT:
31
mais apprenez pour vô
tre repos à douter des
chofes qui vous paroiffent
les plus certaines ;
car je fuis perfuadé que
la Marquife eft innocente
des galanteries qu'on
lui fait ; & vous devez
croire que c'eft quelque
amant qu'elle a maltraité
, & qui veut s'en vanger
en vous donnant de
la jaloufie. Continuez
donc de voir une perfonne
fi aimable , & de
C iiij
32 MERCURE .
concert avec elle tâchez
de découvrir quel eft l'amant
qui commence à
niper vôtre époufe , &
às payer fes dettes .
Avec de pareils difcours
le pere remettoit
le calme dans l'efprit du
fils , qui avoit
heur encore plus de rai
fon que de difpofition à
la jaloufic . Il continua
de voir affidûment la
Marquife , à qui le rival
inconnu fit encore d'aupar
bonGALANT.
33
tres tours auffi finguliers
que les precedens . Un
jour la Marquise pria le
peré & le fils à fouper à
une maison de
campagne
qu'elle avoit proche
de Paris elle leur dit
d'y mener quelqu'un de
leurs amis , & qu'elle y
meneroit quelque amie
intime , pour pouvoir
raffembler fept ou huit
perfonnes , nombre defirable
pour fe bien réjoüir
, & qu'on ne doit
34 MERCURE
jamais exceder quand on
hait la cohue. Le pere
promit d'y aller , à condition
que la Marquife
ne lui donneroit qu'un
petit ſouper propre & de
bon goût , parce qu'il
n'aimoit point les cadeaux
.
Elle lui promit ce
qu'il exigea d'elle , & refolut
de lui tenir parole :
mais elle fut bien furprife
le foir en arrivant
chez elle avec fa com'
GALANT .
35
pagnie , d'y trouver un
fouper fuperbe , voluptueux
& galant . Elle demande
au concierge raifon
de ce qu'elle yoyoit.
Il lui dit bas à l'oreille :
Madame , on m'a recommandé
le fecret : mais
je crois que c'est celui que
vous devez épouſer qui
vous fait cette galanterie.
Ne dites mot ; car il prepare
encore dans la maifon
voisine une mafcarade
où il fe déguifera ,
36 MERCURE
je vous le montrerai
alors, afin que vous ayiez
le plaifir de le reconnoître.
La Marquife
perfuadée
de ce que lui difoit
fon concierge
, prit
un air de gayeté & d'enjoûment
, qui joint à la
magnificence du fouper ,
fit grand plaisir à la compagnie
. Tout le monde
fe réjouiffoit à table, excepté
le jeune jaloux ,
qui ne pouvoit s'imaginer
que la Marquife cuft
GALANT . 37
difpofé & fait les frais
d'un pareil repas fans l'aide
de quelqu'un
. Il étoit
trop rebattu des galanteries
de l'amant inconnu
, pour ne pas croire
qu'il euft encore part à
celle - ci . Cependant
la
gayeté de la Marquiſe
lui ôtoit tout foupçon
;
car il l'avoit veuë inquiete
& chagrine à l'oc
cafion des galanteries
precedentes
; il ne fçavoit
que penfer de cel38
MERCURE
le- ci. Il entra dans une
rêverie profonde , & ne
mangea point de tout le
repas . Sitôt que la Marquife
s'en apperçut , elle
ceffa de croire qu'il fuft
l'ordonnateur de la fête ;
ce qui la rendit auffi chagrine
que lui . Le repas
finit par une ferenade ,
où l'on mêla une Cantate
fur les amans heu- ·
reux & les maris jaloux .
Ces deux fujets firent
une alternative de muGALANT
. 39
fique douce , tendre &
galante , dans le goût
François , & de mufique
Italienne propre à exprimer
la bigcarrerie des
jaloux auffi fit - elle fon
effet ; nôtre amant époux
penfa éclater au milieu
de l'affemblée. On vit
entrer enfuite dans le
jardin , qu'on avoit éclairé
par des illuminations ,
une troupe de gens mafquez.
Le concierge les
voyant entrer , courut
40 MERCURE
dire à la
Marquife que fi
elle vouloit il alloit lui
faire voir celui qui donnoit
cette fefte galante.
La Marquife troublée ,
hors d'elle - mefme , hazarda
tout pour connoî
tre celui qui lui enfonçoit
le poignard dans le
fein : elle fuivit brufquement
fon concierge
dans une allée moins éclairée
que les autres
& dans le moment un
des mafques fe détacha
,
GALANT. 41
1
cha , & vint joindre la
Marquife. On n'a point
fçu ce qui fut dit dans
cette entrevue. Quelqu'un
prit le moment
pour la faire remarquer
au fils jaloux . Il la fit
remarquer
auffitôt à fon
pere , qui commençant
à donner le tort à la Marquife
, fut emmené par
fon fils . Ils fortirent tous
deux fans parler à cette
infidelle , & refolurent
de ne la voir jamais . Ce
Fuillet 1713.
D
42 MERCURE
qui penfa la faire mou
rir de douleur ; car le
lant maſqué ne lui donna
aucun éclairciffe
ga
ment & aprés l'avoir
amufée autant qu'il faloit
pour la faire foupçonner
, & lorfque pouffée
à bout , elle voulut ,
aidée de fon concierge
& d'une femme de chambre
, contraindre le galant
à fe faire connoître
, elle trouva fous le
mafque une femme, qui
GALANT .
43
lui rit au nez , & s'enfuit
, en lui laiffant dans
la main un billet qui
contenoit ces vers.
Alle dormir tranquilement
,
Vous connoîrez demain
celui qui vous tourmente
D'une maniere figalante:
Croyez qu'il ne veut point
vous êter vôtre
amant ,
Il voudrait le guerir con-
Dij
44 MERCURE
tre la jalousie s
D'un vieux mauvais
plaifant c'est une fantaifie
,
Qui peut être fage en un
fens.
Marquife , repreneZ_vos
fens;
A prefent , il eft vrai ,
Votre amant vous
foupçonne :
Mais files foupçons qu'
on lui donne
Le rendent fans retour
reellement jaloux ,
GALANT. 45
Vous ne devez jamais
l'accepter pour époux.
Ces vers énigmatiques
embarafferent fort
la Marquife , au lieu de
la tranquilifer. Elle paffa
la nuit à fa maifon de
campagne : mais dés le
lendemain matin elle retourna
à Paris , dans la
refolution de fe juftifier
auprés de fon amant .
Elle le conjura par un
billet de la venir voir ,
46 MERCURE
& fon pere y confentit ,
pourveu qu'il n'y allât
que fur le foir ; car , lui
dit - il , il vouloit eftre
prefent à cette entrevuë.
3
On écrivit à la Marquiſe
qu'on iroit dans la
journée , & dans le moment
le pere reçut en
preſence du fils un billet
, qu'il lut fans vouloir
le montrer à fon
fils. Cependant
voyant
que ce myſtere lui donGALANT
. 47
noit trop d'inquietude ,
il lui avoua que c'étoit
un avis que lui donnoit
la femme de chambre
de la Marquife , qu'il
avoit gagnée à force d'argent
; & cette femme de
chambre lui mandoit
que l'amant inconnu devoit
venir le foir à neuf
heures voir fa maîtreffe.
Le pere enfuite dit qu'-
aprés un pareil avis ,
qu'il croyoit trés - certain
, il ne faloit point
48 MERCURE
aller chez la Marquife.
Cela dit , il laiffa fon fils
dans un chagrin mortel ,
& fortit pour aller fouper
en ville. Le fils outré
de jalousie refolut ,
fans le dire à fon pere ,
d'aller fecrètement chez
la Marquife . Il y alla
avant l'heure du rendezvous
; & donnant encore
trente piftoles à la
femme de chambre , il
la pria de le mettre en
lieu où il pût furprendre
celui
GALANT.
49
celui que la Marquiſe
attendoit. La femme de
chambre lui fit
promettre
qu'il ne feroit aucun
éclat , du moins dans la
maifon de la Marquife ;
ce qu'il lui promit.
Peu de temps aprés , à
la lueur d'une bougie
que la femme de chambre
tenoit en fa main , il
entrevit un homme envelopé
dans un manteau
, qui montoit chez
la Marquife , & qui fe
Juillet 1713 .
E
MERCURE
cacha dans un petit paffage
, dés qu'il s'apperçut
qu'on l'avoit vu .
Nôtre jaloux tranſporté
de fureur courut à l'homme
à
manteau , à qui il
dit tout ce que la rage
peut faire dire à un homme
fage ; & il finit par
lui dire que s'il avoit du
coeur il devoit fe faire
connoître à lui , afin que
dans la rencontre il pût
tirer raifon d'un rival
qui le ménageoit fi peu .
GALANT.
L'autre lui répondit à
voix baffe & de fang
froid qu'il ne faloit pas
foupçonner legerément
une femme auffi vertueufe
que la Marquife ;
qu'il s'offroit à la juftifier
dans fon efprit ; &
qu'en lui faifant voir
que les apparences les
plus vraisemblables peuvent
eftre fans fondement
, il lui rendroit du
moins le fervice de le
corriger pour le refte de
Eij
32
MERCURE
fa vie de la facilité qu'il
avoit à fe chagriner ſans
fujet. Nôtre amant penfa
perdre patience, quand
il entendit moralifer fon
rival , qui dans l'inftant
appella la femme de
chambre , difant qu'il
vouloit pourtant ſe faire
connoître , & qu'il ne
refufoit point de fe battre
contre un rival of
fenfé Lalumiere
parut :
quel fur l'étonnement du
fils , en reconnoiffant fon
GALANT.
33
pere ! C'étoit ce pere qui,
de concert avec le concierge
& la femme de
chambre de la Marquife
, avoit crû lui rendre
ſervice , en pouffant à
bout la jaloufie d'un fils ,
f galant homme d'ailleurs.
Il continua de lui
faire des remontrances
fi touchantes , qu'il lui
fit prendre la fage refolution
de ne rien croire
mefme de tout ce qu'on
peut voir ; c'eft à dire ,
E iij
34
MERCURE
quand on s'eft une fois
pour
tout
affuré
de la
veitu d'une femme avant
que de l'épouſer , on ſeroit
imprudent de la
prendre fans l'examiner
: mais fitôt qu'on l'a
époufée , plus d'examen ,
ou du moins il la faut
croire fidelle tout le plus
long- temps qu'on peut.
GALANT.
44
ENIGM E.
Par Monfieur le D ...
Je commence à brillerdans
lafaifon nouvelle ,
Suivant de fort prés l'hirondelle.
Vous
peintres me
voyant
blanc , bleu , vert ,
violet ; 1
Vous quifçavez l'effet du
mélange en peinture ,
Apprenez-moy pourquoy,
vermeil de ma nature
,
E iiij
36
MERCURE
Le gris - de - fer me rend
jaune , noir , blanc
de lait ;
Enfuite un furtout noir
finit ma deftinée ,
Quand fepulture
donnée.
m'est
A de mauvais plaifans
j'inspire le bon mot ;
Pour les faire railler je
fuis leur vrai balot :
Mais , raillerie à part ,
je pique les gens
chiches ,
Fagis avec douceur plûtôt
GALANT $ 7.
fur les
gens
riches ;
Avec force j'agis fur les
plus pareffeux,
Tant-pis pour eux.
DEVISES.
La Province de Bourgogne
ayant coûtume de
faire fraper des jettons tous
les trois ans , a prefque toûjours
rempli le revers d'emblêmes
ou de devifes , dont
les unes rendoient témoi
gnage de fon zele pour le
fervice du Roy , les autres
faifoient connoître l'avan$
8
MERCURE
tage que cette Province
recevoit
de la protection
de
Tilluftre
Maiſon de Condé :
enfin quelques - unes par
des allegories ingenieuſes
marquant
les principaux
évenemens arrivez dans le
Royaume pendant la triennalité
, il ne peut rien arriver
de plus confiderable à
cette Province , que l'entrée
de Son Alteffe Serenilime
pour la premiere
fois dans fon Gouvernement
, d'autant plus remarquable
, que Monseigneur
le Duc eft le cinquiéme
GALANT.
59
Prince de pere en fils qui
a eu cette place .
C'eft ce qui a donné l'idée
d'en fraper une medaille
à deux revers. Dans
l'un le Prince paroîtra à
cheval , vêtu à la Romaine,
fans étriers , couronné de
laurier , fuivi de gardes à
pied , & faifant fon entrée
dans la Capitale de la Province
, avec ce mot dans
l'exergue :
Adventus.
Et pour legende :
Burgundis felicia facla
propagat.
60
MERCURE
Dans l'autre revers le bonheur
public y fera reprefenté
par quatre petits enfans
qui defigneront les
quatre faifons. Le Printemps
portera des fleurs ,
l'Efté une faucille , l'Automne
des fruits & un lievre,
& l'Hyver tiendra d'une
main un inftrument
pour
prendre des oiſeaux , & de
l'autre les oifeaux qu'il a
pris.
Pour legende :
Condiades quintus genus alta
à fanguine Regum.
Et dans l'exergue :
GALANT.
Burgundia
Comitia.
Burgundis felicia facla
propagat.
Condiades genus alto à
Sanguine Regum.
Le 10. Juin 1713. les De
putez des Etats de Bourgo
gne , qui font M. l'Abbé de
Roquette pour le Clergé,
le Marquis de Laffé pour
la Nobleffe , & M. de la Forêt
, Maire de Montbart ,
pour le tiers état , eurent
audience du Roy , étant prefentez
par Son Alteffe Sereniffime
Monfeigneur lé
62 MERCURE
Duc , Gouverneur de la
Province , & par Monfieur
le Marquis de la Vrilliere ,
Miniftre & Secretaire d'Eétant
conduits par
Monfieur le Marquis de
Dreux , grand Maître des
tat ;
Ceremonies , & par Monfieur
Defgranges Maître
des Ceremonies ; & l'Abbé
Roquette porta la parole.
Il y a plufieurs mariages
de confideration
dont on n'a point parle
ce mois- ci , parce qu'on
n'a pas eu le loifir de
GALANT.
63
s'informer des circonftances
neceffaires ; on
en parlera dans le mois
prochain.
ENIGMES.
Le mot de la premiere
Enigme c'eft la
Chandelle. Il faut remarquer
que le mot de chandelle
convenoit anciennement
auffi- bien aux
ciergès qu'à la chandelle
de fuif.
64 MERCURE
Parodie .
Lorfque d'humaine fubftance
,
Id eft de graiffe humaine
on me forme le corps
On dit que les forciers
avec moy font bien
forts ;
Le loup-garou fuis ma
prefence ,
La meche , ou fil ourdi
du cierge fait l'effence ;
Car fans lui fon corps
abattu
N'auGALANT.
65
N'auroit pas la haute
vertu
Qui fait qu'avec refpect
le peuple le contemple.
Il eft femelle au bal , #
cierge mâle au
temple :
L'aconome l'enferme un
temps dans fa
maison ;
Car le proverbe dit , Suif
gardé fait foifon .
Il lui donne la vie en l'otant
de prifon.
*
Fuillet
1713 .
F
66 MERCURE
Tant que je brûle on me
mutile
,
Excepté quand je fers la
ville ;
La tête chaude & le pied
froid,
En baubeche je fuis
chaußé fort à l'étroit.
Quand cierge fe promene
avecfes camarades ,
Le timide bourgeois a de
triftes aubades :
Mais fouvent il rit bien
au fpectacle où nous
pend
GALANT.
67
Dans un luftre celui qui
nous monte & defcend
:
Là nous mourons de ce
dernier fupplice ,
Pour avoir au public
rendu trop de fervice.
Parodie de la feconde
Enigme , dont le mot
eft arbre.
Un arbre réuffit fans édu
cation ;
Fij
68
MERCURE
A l'élever pourtant maint
homme oifif s'empreſſe
,
Lorfque du jardinage il
a la paffion.
On l'enchaîne dansfa jeuneffe:
Lorfque d'un compagnon
autre arbre jeune
& mort
La perche jointe à l'arbre
en double la figure ,
A l'aide de la perche arbre
prend haut l'ef
fort.
GALANT. 60
Quoy qu'un lien d'ofier
le mette à la torture
,
Il vit e ne refpire pas
Un arbre mis au feu
brille aprés fon trépas ;
Aprés avoir brilléfa carriere
eft finie ,
Serviteur à la compagnie.
Quoy qu'un arbre ait bon
pied , bon oeil ,
Souvent par la cognée
il est mis au cercueil.
70
MERCURE
ENIGM E.
Fhabite une folide & vivante
maison ;
Lors qu'on m'a tiré de
prifon ,
Gens qu'on appelle oififs
me mettent à la
chaine.
Le fer qui m'a percé le
flanc
Ne me fçauroit tirer de
Jang,
Quoique le fangfous moy
GALANT. 71
coule en plus d'une
veine.
'Mon oeil brûlant & mon
teint vif
M'attireroient l'amour
d'un Corfaire, d'un
Fuif.
Lorfque de deux beaux
yeux tu vois couler
des larmes
,
Amant , fouviens- toy de
mes charmes.
Mais s'en fouvienne qui
voudra ,
Quelque mauvais Poëte
72 MERCURE
au moins s'en forviendra.
DONS DU ROY.
Le Roy a nommé l'Evê
que de Tournay à l'Archevêché
de Toulouſe.
L'Evêque de Riez à l'Archevêché
d'Auch.
On a promis pour le
mois prochain des inemoires
fur ces familles.
MARIA
GALANT. 75
MARIAGES.
Le courier qui portoit les
diſpenſes des mariages de
M. le Duc avec Mademoifelle
de Conti , & de M. le
Prince de Conti avec Mademoiſelle
de Bourbon , arriva
de Rome à Versailles le
4. Juillet , à dix heures du
matin. Sa Majefté declara
fur le foir qu'on feroit les
fiançailles le 8. à fix heures
du foir , & les mariages le
9. à onze heures & demie
du matin . Le Samedi au foir
G
Fuillet 1713.
74 MERCURE
M. le Duc de Berry & Madame
la Ducheffe de Berry
, tous les Princes & Princeffes
y vinrent vêtus magnifiquement.
Le Roy portoit
ce jour- là un habit de
pluye d'or , M. le Duc de
Berry en portoit un de
pluye d'argent . Madame la
Ducheffe de Berry avoit un
habit d'une étoffe d'or tout
parfemé de perles & de diamans
, & fa coëfure en étoit
toute remplie , Sa Majeſté
lui ayant envoyé le 6. toutes
les pierreries de la Couronne
pour s'en parer ; &
GALANT.
75
4
l'on affure qu'elle en portoit
pour plus de dix - huit
millions . M. le Duc & M. le
Prince de Conti portoient
un habit & un manteau d'é.
toffe d'or ; Mademoiſelle
de
Bourbon & Mademoiſelle
de Conti avoient des habits
d'étoffe d'or , avec une
mante de la même étoffe
dont les queues étoient portées
par Mademoiſelle
de
Charolois
& Mademoiſelle
de la
Rocheſuryon, & quan .
tité d'agraffes
de diamans ;
leurs coëfures en étoient
toutes brillantes. La cere-
Gij
76 MERCURE
monie fut faite dans le ca
binet du Roy par M. le Cardinal
de Rohan grand Au
mônier, enprefence du Curé
de Verſailles. Le lendemain
9. à onze heures trois
quarts , M. leDuc de Berry
fe rendit au cabinet du Roy,
revêtu d'un habit d'étoffe
d'argent , enfuite Madame
la Ducheffe de Berry , dont
l'habit , qui étoit auſſi d'étoffe
d'argent , & la coefure
ébloüiffoient les yeux par
le grand nombre de diamans
dont ils étoient remplis.
Son colier & fes penGALANT.
77
deloques étoient d'un prix
ineftimable ; fa jupe étoit
couverte d'un point d'Ef
pagne d'argent. Les fiancez
étoient habillez de même
que le jour precedent : mais
les habits des fiancées é.
toient d'étoffe d'argent , de
même que ceux des autres
Princes & Princeffes du
fang. M. le Duc de Berry
avoit la Toifon d'or & la
Croix du Saint Efprit , toutes
couvertes de diamans ,
il en avoit un d'une groffeur
prodigieufe au chapeau.
M. le Duc d'Orleans
Giij
78 MERCURE
étoit trés magnifique ; Madame
la Ducheffe d'Or
leans avoit une coëfure de
trés- bon goût , toute parfe
mée de diamans trés-brillans
, de même que fon habit
& fes pendeloques de
grand prix. Les habits de
tous les Princes & Princeffes
du Sang , auffi -bien que
ceux de tous les Seigneurs
& Dames de la Cour , répondoient
à la magnificen
ce de ceux dont je viens de
vous faire le détail. Le Roy,
accompagné de tous les
Princes & Princeſſes du
GALANT.
79
Sang , traverfa la galerie &
tous les appartemens , qui
étoient remplis d'une infinité
de perfonnes qui s'y
étoient renduës de Paris :
& étant arrivé à la Chapelle
, aprés avoir fait fa priere
fur fon prie- Dieu , il alla auprés
du marchepied de l'autel
, où les fiancez & fiancées
étoient à genoux fur
des carreaux de velours ,
M. le Duc étant à la droite
avec la Princeſſe fon époufe
, & M. le Prince de Conti
à la gauche avec la Prin
ceffe fon épouſe. M. le Car-
G iiij
80 MERCURE
dinal , qui étoit affis avec
la mitre & la croſſe , commença
la ceremonie , pendant
laquelle Sa Majeſté demeura
debout , & à la fin
Elle ſe remit fur fon prie-
Dieu , ayant au- devant fur
la droite M. l'Abbé d'Entragues,
M. l'Abbé de Choiſeul
, M. l'Abbé de Maulevrier
, M. l'Abbé du Cambout
, tous quatre fes Aumôniers
; fur la gauche étoient
M. le Cardinal Gual
tieri , M. le Cardinal de Polignac
, & quatre Evêques,
tous en camail & en ro-
:
GALANT.
81
chet ; un peu au -deffous du
Roy, fur la droite M. le Duc
de Berry étoit à genoux fur
un carreau de velours,ayant
à fon côté M. l'Abbé Berard
, un de ſes Aumôniers
.
Immediatement
aprés le
Roy fur la gauche Madame
la Ducheffe.de
Berry
étoit à genoux fur un carreau
de velours , ayant
fon côté M. l'Abbé de Caftres
& M. l'Abbé Rouget ,
tous deux ſes Aumôniers
.
Au- deffous de M. le Duc
de Berry étoit M. le Duc
d'Orleans
, ayant à ſon côté
82 MERCURE
M. l'Abbé de Treffan & M.
l'Abbé Malet , tous deux
fes Aumôniers . Madame la
Ducheffe d'Orleans venoit
à fon côté
enfuite ,
ayant
M.
l'Abbé
Geneft
, un de
fes
Aumôniers
. Tous
les
Princes
& Princeffes
du
Sang
étoient
placez
enfuite
, chacun
felon
fon rang
,
excepté
Madame
, qui étoit
en haut
dans
la tribune
. A
droite
& à gauche
derriere
les
Princes
étoient
placez
tous
les Seigneurs
& Dames
de la Cour
. A la fin de
la Meffe
le grand
Maître
GALANT . 83
des
Ceremonies porta le
regiftre fur le prie Dieu ; le
Roy figna , enfuite M. le
Duc de Berry , Madame la
Ducheffe de Berry , Madame
la Princeffe , Madala
Ducheffe , M. le Duc &
Madame la Ducheffe fon
époule , Madame la Princeffe
de Conti , M. le Prince
de Conti & Madame la
Princeffe de Conti fon épouſe
. Tous ces Princes fe
rendirent le même foir à
dix heures dans l'antichambre
du Roy , où fe fit la
noce fur une table en long
84
MERCURE
de vingt trois couverts . Le
Roy étoit placé tout ſeul au
bout de la table , ayant à ſa
droite M. le Duc de Berry ,
à fa gauche Madame la Duchefſe
de Berry , & enfuite
Madame , M. le Duc d'Orleans
, Madame la Ducheffe
d'Orleans, M. le Duc
de Chartres , qui ne s'étoit
pas trouvé à la ceremonie
du mariage , Madame la
Princeffe , Madame la Ducheffe
, M. le Duc & Madame
la Ducheffe de Bourbon
, M. le Comte de Charolois
, Mademoiſelle ' de
GALANT. 85
Charolois , Mademoiſelle
de Clermont , Madame la
Princeffe de Conti , M. le
Prince de Conti & Madame
la Princeffe de Conti ,
Mademoiſelle de la Rochefuryon
, M. le Duc du Maine
, Madame la Ducheffe
du Maine , M. le Prince de
Dombes , M. le Comte d'Eu ,
M. le Comte de Toulouſe ,
tous placez chacun ſelon
fon rang . A la fin du foupé
on entra dans le cabinet du
Roy , d'où l'on reffortit peu
aprés pour aller chez Madame
la Princeffe , qui a86
MERCURE
voit fait preparer deux appartemens
pour les nouveaux
mariez . Le Roy donna
la chemiſe aux deux
Princes , & Madame la Ducheffe
de Berry aux deux
Princeffes. Le lendemain le
Roy , M. le Dauphin , M. lė
Duc de Berry , Madame la
Ducheffe de Berry , tous les
Princes , Princeffes , Seigneurs
& Dames de la Cour
rendirent vifite aux nouveaux
mariez. Les deux
Princeffes reçûrent toutes
les vifites habillées , coëfées
, & affiles fur leur lit ,
GALANT. 87
ayant derriere des carreaux.
Le 11. elles rendirent
leurs vifites . Madame la
Ducheffe fit preſent à ſa brû
d'une bourſe dans laquelle
il y avoit vingt mille livres
en or , & d'une corbeille où
il y avoit en rubans ou autres
bijoux pour quarante
mille livres ; Madame la
Princeffe de Conti donna à
fa brû une boëte d'or , dans
laquelle il y avoit des pendeloques
eftimées dix mille
écus.
Le Roy a donné cent
cinquante mille livres à
88 MERCURE
chacun des deux Princes , &
cent mille livres à chacune des
deux Princeſſes.
On ouroit de dire que M. le
Duc, Madame la Ducheffe , M.
le Prince de Conti , Madame la
Princeffe de Conti allerent à
l'offrande , tenant chacun un
cierge à la main , & à chaque
cierge il y avoit 25. louis d'or.
Commeje me fuis engagé
de ne dóner aucunes loüanges
de moy- même aux pieces
de merite, je me contenterai
de vous dire que les
vers fuivans ont eu beaucoup
de fuccés . Je
laiffe aux perfonnes qui ont
du
GALANT. 89
du goût pour la Poëſic , à juger
de la valeur de cet ouvrage
, pzimombo , qui
a été lû avec bien des agré
mens
pour
l'auteur.
A LEURS ALTESSES
Sereniffimes Mg¹ LE DUC
& M LA DUCHESSE.
EPITA LAME.
I Lluftres rejettons des Heros
de la France ,
Le Ciel vous refervoit cette digne
alliance ;
Coeurs formez l'un pour l'autre,
auffi tendres que neufs ,
De vôtre amour l'hymen vient
Juillet 1713.
H
GO MERCURE
de ferrer les noeuds ,
Et de tant de vertus le brillant
affemblage
N'auroit pas de mon zele en ce
jour quelque hommage ?
Aux applaudiffemens d'un auffi
noble choix ,
Mufe , dans cette fête entremêle
ta voix ;
Signale tes tranfports , en chantant
l'hymenée
De ces jeunes amans qu'unit
cette journée .
PRINCE , dont la bonté fait
tant d'honneur au rang ,
Que la valeur diftingue encor
plus que le fang ;
Vous , de qui la ſageſſe a parû
dés l'enfance ,
Et dans qui le fçavoir égale la
naiflance ,
GALANT.
91
Quel bonheur pour vos feux
que tout a fecondé
De trouver dans CONTI le
fang du grand CONDE ' ,
Et de revoir en vous tous les
traits de vos Peres ,
Même efprit , même coeur , &
mêmes caracteres ?
Quel fecours , Couple augufte,
& quelle gloire un jour
L'Etat n'attend- il point des
fruits de vôtre amour ?
Vive image d'un pere élû Roy
par merite ,
Fille du grand CONTI , des
grands Hommes l'élite ,
Vous , que la pieté , la raiſon
la douceur
Elevent plus cent fois que toute
autre grandeur ,
Pour le foûtien des lys dans la
Hij
92
MERCURE
paix , dans la
guerre ,
Hâtez vous de donner des Heros
à la terre ,
Qui jaloux du beau fang dont
ils feront fortis ,
Faffent revivre en eux les
CONDE'S , les CONTIS .
Pour vous , époux charmans ,
puiffent les deftinées
Filer un fiecle entier de riantes
années !
De tout le monde aimez , de
vous feuls amoureux ,
Puiffiez - vous ne paffer que
momens heureux !
des
Que, pour rendre durable une
union fi belle ,
L'un à l'autre toûjours foit conquête
nouvelle !
Que les ris , que les jeux s'empreffent
tour à tour
GALANT.
93
PRINCE , avec les plaifirs
groffir vôtre cour !
Mais fur le Rhin déja j'entrevois
la victoire
Qui la palme à la main vous
appelle à la gloire.
Allez par vôtre exemple échauffer
nos guerriers ,
Chargé de myrte , allez moiffonner
des lauriers.
S. A. S. Mgr le Duc , marié le
9. Juillet 1713. partit le 14. du
même mois pour l'armée.
Cette piece fut prefentée à
Leurs Alteffes
Sereniffimes.
Mgr le Duc & Me la Ducheffe
, le lendemain de la celebration
de leur mariage,qui
94
MERCURE
la reçûrent trés - gracieuſement
des mains de celui qui
l'a compofée. Elle eſt de la
façon de la même perfonne
qui prefenta à feu Mgr le
Duc de Bourgogne,lorfqu'-
il revenoit de fa conquête
de Brifac , l'Epître qui plut
fi fort aux connoiffeurs. Cet
Epitalame a eu trop
fite , pour taire le nom de
l'auteur , qui eft M. Martineau
, Seigneur de Solleyne
en Bourgogne , fils de M.
Martineau , Prefident à Auxerre.
de reüfGALANT.
95
Nouvelles
d'Angleterre.
La Reine a donné au Duc
d'Ormond le
gouvernement
des 5. Ports , qui eſt
un des plus confiderables
du Royaume , que poffedoit
ci- devant le Comte de Dorfet.
La
Lieutenace a été donnée
à
Milord
Ashburnam ,
gendre du Duc d'Ormond.
Le
Chevalier Henry Bellaffis
a été fait
Gouverneur
de la ville de Bervvick fur
les
frontieres d'Ecoffe . La
Chambre en grand comité
a refolu
d'accorder 83281.liv.
96 MERCURE
fterlin pour l'entretien des
gardes & des garniſons de
la grande Bretagne ; 29095 .
liv. pour la garniſon de Minorque
; 18771. liv. pour la
garniſon de Gibraltar; 38964.
pour celle de Dunkerque; &
9300. liv . pour ce qui eft dû
aux troupes de Saxe- Gotha.
On a prefenté une adreffe
à la Reine , pour la prier de
faire communiquer à la
Chambre une eſtimation
des fommes neceffaires
pour donner la demi- paye
aux Officiers de terre qui
ont été reformez.
La
GALANT.
97
La Chambre a ordonné
de dreffer un projet d'acte
pour donner pouvoir aux
Commiffaires chargez de
faire conftruire cinquante
nouvelles Eglifes , d'acheter
du terrain pour les Eglifes
, pour les cemetieres , &
pour les maiſons des Mi
niftres.
Le 28. May les Communes
lûrent un projet d'acte
pour lever cette année les
milices , & elles refolurent
de preſenter une adreffe à
la Reine , pour la prier de
leur faire communiquer
Juillet 1713 .
I
98 MERCURE
une eſtimation de la demipaye
qui doit être donnée
aux Officiers & aux Chapelains
de l'artillerie qui
ont fervi en Flandres , en
Eſpagne & ailleurs ; aprés
quoy
la Chambre
en
grand comité
travailla
aux
moyens
de lever le ſubſide ,
& il fut refolu de mettre
une impofition
de deux
fchelins
par aune fur les
toiles à faire des voiles , qui
feront aportées
durant ſept
ans des pays étrangers
; &
qu'au contraire
on diminuëra
un fchelin par aune
GALANT. 99
fur les mêmes toiles fabriquées
dans le Royaume , &
qui feront tranfportées aux
pays étrangers ; qu'on fera
la même grace aux tabacs
gâtez dans les magaſins.
Les lettres d'Edimbourg
du 30. Juin portent qu'il y
a eu un grand tumulte , à
caufe que les Officiers de
la Douane avoient confif
qué des marchandiſes qu'-
on faifoit entrer en fraude.
La populace fe foûleva, enfonça
les portes de la Douane
, jetta deux des Officiers
dans la riviere , qui ne fu-
I ij
100 MERCURE
rent pas noyez , & enleva
les marchandiſes . Le Commandant
du château fut
obligé d'envoyer un detachement
de la garnifon
pour appaiſer ce defordre.
Nouvelles d'Espagne.
Le Roy a fait Brigadier
de fes armées Don Francifco
Bruno de Cano , Colonel
du regiment d'infanterie
d'Oftende , en confideration
des fervices qu'il
a rendus aux Pays - Bas , furtout
au blocus de Girone ,
GALANT. ΤΟΙ
où il s'eft fort diftingué.
Les recrues & la remonte
de la cavalerie font ache
vées , & tous les magaſins
de la frontiere font remplis
: neanmoins le Roy a
fait donner quatre cent
mille écus aux Munition .
naires , de l'argent qui lui
eft venu des Indes , afin que
les troupes foient abondamment
pourvûës de toutes
les chofes neceffaires .
Sa Majesté a nommé
cinq Officiers de Robe, tous
Catalans , pour regler le
gouvernement
politique
I iij
102 MERCURE
de la Catalogne , avec ordre
d'accorder à cette Principauté
tous les privileges
qui ne porteront point de
prejudice à fa Souveraineté.
On croit qu'ils feront
reglez fur le pied des
Royaumes d'Arragon & de
Valence.
Les lettres de Catalogne
du 19 Juin portent que l'ef
cadre Angloife étoit revenuë
de Port Mahon, où elle
étoit
retournée pour y
charger des provifions, pendant
que le Vice- Amiral
Jennings , qui étoit reſté à
GALANT.
103
Barcelone , prenoit avec le
Comte de Staremberg des.
mefures pour l'embarquement
des troupes Allemandes
; que le Marquis de Ceva
Grimaldi , Commiffaire
general pour l'évacuation
de la Catalogne , avoit reçû
une lettre du Comte de Staremberg
, qui lui marquoit
que s'il vouloit fe rendre le
13. à Cervera , il y trouveroit
un Commiffaire Alleman
, qu'il avoit nommé
pour regler avec lui la fortie
des troupes de l'Archiduc
, & qu'on croit qu'on
I iiij
104
MERCURE
fera avancer l'armée du
Roy pour couvrir leur embarquement
, & empêcher
qu'elles ne foient infultées
par les Catalans , qui font
irritez de leur départ ; que
les Officiers Allemans étoient
obligez de vendre la
plupart de leurs équipages ,
à cauſe qu'ils manquoient
de vaiffeaux de transport
pour les embarquer tous .
Les dernieres lettres de
Catalogne portent que le
Marquis de Ceva Grimaldi
& Don Franciſco Pineda ,
qui ont été nommez ComGALANT.
103
miffaires pour regler l'évacuation
de la Catalogne , &
y aflifter , s'étoient affem .
blez à Cervera avec les
Commiffaires nommez par
le General Staremberg ;
du Roy
que les
troupes
s'affembloient
pour
prendre
poffeffion
de cette Principauté
: mais que l'évacuation
étoit
retardée , parce
qu'il n'y avoit pas un nombre
fuffifant
de bâtimens
de
charge
pour
tranſporter
toutes
les troupes
Allemandes
; qu'une
partie de ceux
qu'on avoit fretez
en Italie
106 MERCURE
refufoient de partir, à moins
qu'on ne leur payât d'avance
ce qui leur a été promis.
On écrit de Girone que
le Sieur de Maleden , Commandant
de Cadaquez
ayant apperçu quatre galiotes
Majorquines failant
route vers le Cap de Creus,
jugea qu'elles viendroient
fe mettre à l'abri de la petite
Ifle Fredofa , pour enlever
huit barques chargées
de farine qui alloient à Rofes
, prit cinquante grenadiers
du regiment Suiffe de
GALANT. 107
Caſtelas , & alla ſe mettre
en embuscade dans cette
Ifle. Deux galiotes , l'une
montée de quatre - vingtdix
hommes , & l'autre de
feize , entrerent dans le
port , les autres les fuivant :
mais ayant été découvert ,
il fut contraint de charger
les deux premieres , qui
aprés avoir foûtenu un
grand feu , furent obligées
de fe rendre , aprés avoir
eu quinze hommes tuez ,
plufieurs bleffez , & foixante
& quinze faits prifonniers.
108 MERCURE
Nouvelles d'Utrecht.
Les ambaffadeurs d'Ef
pagne continuent leurs
conferences avec ceux de
la Reine de la grande Bretagne
, de Portugal , &
des Etats Generaux. On
efpere que les deux traitez
feront conclus dans
peu & fignez. Le traité
avec la Grande Bretagne
doit être inceffamment
conclu . Il eſt ſurvenu quelques
difficultez touchant
celui de Portugal , qui
GALANT. 109
ont obligé les Plenipotentiaires
à envoyer des
couriers à Madrid & à Lif
bonne.
Le Baron Carg & le Baron
de Malknecht , Minif
tres des Electeurs de Cologne
& de Baviere , font partis
d'Utrecht
pour
aller
retrouver
leurs maîtres , aprés
avoir terminé ce qui
regardoit les interêts de ces
Princes avec cette Répu
blique.
On mande de Cologne
que les troupes de Vvirtemberg
, qui confiftent en
ΓΙΟ MERCURE
un regiment de cavalerie
& trois d'infanterie , devoient
arriver le premier
Juillet prés de Cologne
avec deux regimens d'infanterie
de Munſter & un
de Holſtein
- Gottorp
, pour
marcher vers l'Empire
; que
les fix regimens de cavalerie
& les huit d'infanterie
du Duc de Hanover campoient
encore prés de Limbourg
fur le Lahn ; que les
troupes Saxonnes qui viennent
des Pays Bas , compofées
d'un regiment de
cavalerie , de deux de draGALANT.
III
1
gons , & de fept bataillons ,
avoient paffé le Rhin à
Mulheim & à Cologne le
29. Juin ; qu'on ne fçavoit
pas fi elles remonteroient
vers le haut Rhin , parce
qu'on affuroit que leur General
avoit reçû ordre de
les faire marcher vers la Saxe
; que les troupes de
Pruffe étoient vers Nuys ,
dans le bas Electorat de
Cologne , & que celles de
Munſter & de Heffe - Caffel
n'étoient pas encore en
mouvement : de forte que
l'armée de l'Empire ne
112 MERCURE
pourra pas être fitôt aſſemblée
.
On mande de Gand qu'il
a eu un grand tumulte ,
à caufe d'un foldat Anglois
qui fut au nom de fes camarades
demander une
fomme qu'on leur retenoit
pour leurs tentes au General
Sabine , qui le fit arrêter
& mettre entre les mains
du Prevôt. Le bruit s'étant
répandu qu'il alloit être
executé , plus de mille foldats
s'attrouperent la nuit
du 22. au 23. de Juin , délivrerent
le prifonnier , élûrent
GALANT. 113
rent un grenadier pour General
, & fe retrancherent
fi bien derriere un pont ,
où ils mirent trois pieces de
canon , qu'on fut obligé de
leur accorder une amniftie
generale , & leur promettre
l'argent qu'ils demandoient
; & ainfi le tumulte
ceffa.
Nouvelles de l'armée..
M
Le Maréchal de Villars
ayant reglé avec le Maréchal
de Befons & le Sieur
de Vallory l'attaque de
Füillet 1713 .
K
1
114 MERCURE
1
il
Landau , & le jour de l'ou
verture de la tranchée ,
fit élever un retranchement
d'onze cent toiſes , pour occuper
la fortie du pont de
Philiſbourg . Le Comte de
Broglio fut détaché pour
aller du côté de Vvorms
avec vingt eſcadrons , ramaffer
les grains des campagnes
voifines de Mayence
: il étoit foûtenu par le
Marquis d'Alegre , qui campoit
avec cent efcadrons
dans la plaine de Frankendal.
C
Le Comte de Coigny
GALANT
LIS
gardoit avec un corps de
troupes les bords du Rhin
depuis le camp jufqu'à Yochenum
, & le Comte du
Bourg avec un autre corps
jufqu'au Fort Louis. Le Maréchal
de Villars a laiffé en
Alface vers Brifac plufieurs
bataillons & efcadrons ,
pour s'opposer au corps que
les ennemis ont dans la Forêt
noire .
Le Sieur de Dillon Lieutenant
general fut détaché
pour aller attaquer la ville
& le château de Keiferlautern
, qui fe rendirent le 24.
Kij
116 MERCURE
Juin . La garniſon fut faite
prifonniere de guerre , au
nombre de cent fantaffins
ou huffars , avec un Colonel
& quarante Officiers ,
qui furent conduits à Châlons
. On y a trouvé huit canons
& deux mortiers
beaucoup de munitions &
de vivres. Le Sieur de faint
Pierre , Brigadier d'infanterie
, & Lieutenant Colonel
du regiment de faint
Valier , y a été dangereuſement
bleffé. Aprés la prife
de Keiferlautern le Sieur
Dillon détacha le Baron de
GALANT. 717
Sandraski , Brigadier d'armée
, commandant le regiment
de Courcillon , avec
trois cent chevaux , pour
aller inveftir le château de
Vvolfſtein , & fommer le
Commandant de fe rendre ;
ce qu'il refufa , à moins qu'il
ne fût attaqué dans les formes.
Le Sieur Dillon en étant
averti , y envoya fix
compagnies de grenadiers,
avec deux mortiers & deux
canons. Sitôt qu'on eut tiré
trente volées de canon , ils
fe rendirent prifonniers de
guerre au nombre de cent
hommes.
118 MERCURE
Le 25. le Maréchal de
Villars alla vifiter le fiege
de l'ouvrage à corne qui
couvre le paffage du pont
volant de Manheim
, que
le Comte d'Albergotty
,
Lieutenant general , attaquoit
par fon ordre . Ce
pofte eft trés - fort , ayant
deux foffez pleins d'eau , &
communication par leRhin
avec les ennemis .
Le Maréchal de Befons
fit faire la nuit du 24. au 25.
Juin l'ouverture de la tranchée
devant Landau par le
Comte du Bourg LieuteGALANT.
119
T
nant general , & le Marquis
de Mimeure Maréchal de
camp , avec les regimens
de Navarre , de Saillant ,
de Sourches , & de Dillon.
Elle fut ouverte à la droite
de l'ouvrage à corne de la
porte de France, & fut pouf
fée à la demi- portée de fufil
des premiers ouvrages
de la place. Nous n'y avons
perdu qu'un grenadier , les
affiegez ne nous ayant apperçus
qu'à la pointe du
jour.
Le 25.
au foir la tranchée
fut relevée par le Marquis
120 MERCURE
de Silly avec les regimens
de la Marine , de la Chenelaye
, de Medoc , & du
Royal -Baviere .
Le 26. par le Marquis de
faint Fremont & le Chevalier
de Broglio , avec les regimens
d'Orleans , de Tallard
, de Vermandois , & de
faint Ange.
Le 27. par les Marquis de
Hautefort & de Grancey ,
avec les regimens de Brof
fe , d'Alface , & de Chartres.
Les affiegez firent une
fortie le 12. de ce mois ; ils
furent
GALANT . 121
furent repouffez jufqu'à
leur contrefcarpe par les
regimens de Navarre &
d'Auxerrois , avec perte de
part & d'autre . Le Marquis
de Biron , qui avoit
monté la tranchée ce jourlà
, eut le bras gauche caſ
fé. Le Sieur Jacquier , Brigadier
d'Ingenieurs , fut
bleffé à la tête d'un éclat de
bombe ; le Sieur le Camus ,
Ingenieur de Brilac
fut
auffi bleffé dangereufement.
Les lettres de l'armée du
4. portent qu'on avoit pouf
Fuillet 1713.
122 MERCURE
fé les approches jufqu'à
quarante toiles du premier
ouvrage avancé du côté de
la Juſtice , qui eft une redoute
en forme de tenailles
, revêtuë à douze pieds
de hauteur , ayant une gorge
fermée d'un mur crenelé
, avec un chemin couvert
& une communication
avec la ville , défendu des
deux côtez par des parapets
; & qu'on avoit pouffe
une parallele de quatre
cinq cent toifes , fortifiée
au milieu d'une groſſe redoute.
à
GALANT . 123
Eftat des troupes qui font
dans Landau.
BATAILLONS.
Palatin.
Naffau ,
Chomberne ,
I.
1.
Mayence,
Goler ,
Franconie,
Darmftat ,
2 .
Anhalt , 2.
De Heffe.
Anſpach ,
I.
Imperiaux.
Gombertein ,
Lij
124 MERCURE
Dornay ,
De Bens ,
Total. 12. bataillons.
Et 3. eſcadrons d'Huffars ,
& une compagnie franche
de cavalerie .
IMPROMPTU..
Par M. de S ***.
DE toutes les b autez
1
qu'amour tient fous
fa loy,
En eft-il une egale à toy?
GALANT. 125
Peut- être : mais du moins
je
croy
Qu'en ce qui m'aflaté tu
n'as point defeconde ;
C'eft que tu plais à tout
le monde ,
Et que tu n'asjamais voulu
plaire qu'à moy.
REPONSE.
Si tu veux que je te réponde
En quatre mots de bonne
foy,
Liij
126 MERCURE
Tu ne penfes pas comme
moy,
Je voudrois plaire à tout
le
monde ,
Pour être plus digne de
toy.
Cet Impromptu & ſa
réponſe peuvent donner
mariere à une differtation
galante , & tenir
lieu d'une premiere quef
tion pour le Mercure.
GALANT . 127
Seconde queftion fur le
même fujet.
Un amant peut-il être
delicat fans être jaloux ?
Troifiéme queſtion
morale.
: Si le pauvre
peut être
aufi beureux
que le riche
, à vertu égale.
Quatrième question .
Si la raison peut veri-
Liiij
128 MERCURE
tablement être maitreffe
de l'amour.
On a envoyé ces quef
tions , & on en redemande
par plufieurs lettres
anonimes. Voudroit
- on réveiller l'auteur
du Mercure ? Cela
fera difficile , car il dort
volontairement. Il fau
dra voir fi la paix generale
pourra lui donner
des correfpondances &
des fecours proportionGALANT
. 129
nez à fon zele & à ſa vanité
; car il est bien las de
voir courir fous fon nom
des Mercures imparfaits
où il a fi peu de part.
Je prie ceux qui m'ont
donné ces questions de
m'envoyer promtement
les réponſes ; ils peuvent
les avoir toutes faites , &
doivent être moins pareffeux
que les autres ,
puis qu'ils aiment ces
fortes d'amufemens dans
le Mercure.
130
MERCURE
MARIAGES.
M. le Duc d'Olonne a
Juillet Ma- épousé le
demoifelle
de Barbefieux
,
fille de M. de Barbefieux
Miniftre & Secretaire d'E
tat , & de Loüife Catherine
de Cruffo !, fille d'Emanuel
de Cruffol , Duc d'Uſez , fa
premiere femme , foeur de
M. le Duc d'Ufez d'aujourd'hui
, & de M. le Comte
d'Ulez . Cette Dame eſt petite-
fille de M. le Marquis
de Louvois , qui étoit fils
GALANT. 131
de M. le Chancelier le Tellier.
Cette famille a donné
à l'Etat des perfonnes de
diftinction dans ce minif
tere ; comme ont été M. le
Chancelier, M. de Louvois ,
M. l'Archevêque de Reims,
& M. de Barbefieux . Toutes
ces perfonnes font connuës
de tout le monde , &
il n'eft pas neceffaire de fai
re l'éloge de chacun en particulier
; il fuffit de dire que
pendant leur vie ils ont rempli
leurs devoirs dans le miniftere
que le Roy, leur a
confié.
132 MERCURE
Quant à M. le Duc d'Of
lonne,il fe nomme Charles
Paul - Sigifmond de Mont
morency - Luxembourg
Comte fouverain de Luffe
fils de Meffire Paul - Sigif
mond de
Montmorency-
Luxembourg, Duc de Châtillon
, & de Dame Marie-
Anne de la Tremoille,Mar
quife de Royan, d'Olonne ,
& c. & quoique l'on le nomme
Duc d'Olonne , il eft cependant
Duc de Châtillon ,
par la ceffion que M. fon
pere a faite en faveur
de ce mariage , le Roy
GALANT. 133
lui ayant accordé un brevet
qui lui conſerve les hon .
neurs de Duc ; & le nom
qu'il a pris de Duc d'Olonne
, eft feulement une diſ
tinction pour connoître le
pere d'avec le fils . Je ne vous
dirai rien fur la maifon de
M. le Duc d'Olonne , étant
de la maifon de Montmorency
, qui nous a donné de
fi grands hommes & tant
de grands Officiers de la
Couronne je dirai feulement
que M. le Duc de
Châtillon fon pere eft frere
de M. le Duc de Luxem-
:
134 MERCURE
bourg, Gouverneur de Nor
mandie , & Lieutenant general
des armées du Roy ;
de M. le Prince de Tingry ,
Gouverneur de Valencien
nes , & auſſi Lieutenant general
des armées du Roy ;
& de Madame la Princeffe
de Neufchâtel : tous enfans
de feu M. le Maréchal Duc
de Luxembourg. Et la raifon
pour laquelle je ne m'étens
point fur la maiſon de
Montmorency , c'eſt que
j'en ai parlé dans le mois de
Decembre 1711. trés -ampleen
parlant du mament
GALANT. 135
riage de M. le Prince de
Tingry avec Mademoiſelle
de Harlay , où je renvoye le
lecteur , n'en pouvant rien
dire davantage
, tant pour
leurs illuftrations leurs
alliances , & les fervices
que cette maiſon a rendus
à l'Etat.
M. le Marquis de Caumont
, frere de M. le Duc
de la Force , vient d'époufer
Mademoiſelle de la Frette.
Ce Seigneur eſt d'une
trés - grande & ancienne
maifon de Guyenne , con136
MERCURE
nuë depuis plus de 800. ans,
alliée à tout ce qu'il y a de
grandes maifons , & qui ont
paru dans les occafions de
confequence dans les guerres
avec les Comtes de Toulouſe
pour les Rois de Françe
contre les Anglois . Guillaume
Raymond , Seigneur
de Caumont , eut guerre en
fon nom en 1344. contre
Bernard Sire d'Albret. Les
fervices de Jacques Nompar
de Caumont , Duc de
la Force , Pair & Maréchal
de France , & ceux d'Armand
Nompar de Caumont
GALANT .
137
mont fon fils , auffi Duc de
la Force , Pair & Maréchal
de France , feront toûjours
regardez avec veneration ;
& ce fut en confideration
des fervices de Jacques
Nompar de Caumont , que
le Roy Louis XIII . érigea
en Duché les terres de Madiran
& de Muffidan en
Duché - Pairie fous le nom
de la Force en 1637. auquel
fucceda Armand Nompar
de Caumont fon fils , le
quel étant mort fans pdf erité
maſculine , la Duché a
paffé dans la branche de
Juilles 1713.
M
138 MERCURE
Henry Nompar de Caumont
, Marquis de Caſtel
nau , fon frere , dont le petit-
fils Jacques Nompar de
Caumont fut Duc de la
Force , & reçû Pair en Parlement
le 10. Février 1678.
De lui & de Dame Sufanne
de Beringhen eft forti M.
le Duc de la Force , qui a
épouſé en 1698. Mademoifelle
de Romelet , fille de
weffire Jean Reuzelin de
Romelet , Preſident à mortier
du Parlement deRouën,
& de Dame Renée Boutil
lier de Chavigny ; & M. le
GALANT. €139
Marquis de Caumont , qui
vient d'époufer Mademoifelle
de la Frette.
AMMORT.
Le 4. de ce mois M. de
Sainctor , âgé de 81. an, mourut
en cette ville , fort regretté
pour fon merite , fa
vertu & la pieté , qui lui
avoient acquis une eſtime
univerfelle. Il avoit été cidevant
ur aître des Ceremonies
de France , & enfuite
Introducteur des Ambaffadeurs.
Dans l'une & l'au
Mij
140 MERCURE
tre de ces Charges il s'étoit
diftingué par fon applica
tion & fon fçavoir. Il étoit
dans les Ceremonies dés
avant le Sacre du Roy , &
il avoit fuccedé à fon pere
& àun de fes grands- oncles
à la Charge de Maître des
Céremonies.
Il paroît par des actes de
foy & hommage rendus à
Paris à la Chambre des
Comptes , pour des terres
confiderables
que fes ancêtres
avoient en Champagne
, que dés le temps de
Charles V I. fes ancêtres
GALANT. 148
avoient des Charges principales
& diftinguées dans
la Maiſon des Rois . Ils les
ont fucceffivement
l'un à
l'autre confervées juſqu'à
Henry ſecond. Quelque
temps aprés ces Meffieurs
font rentrez à la Cour au
fervice des Rois .
Suite du Calendrier hiftorique
, contenant parordre de
datte les évenemens lesplus.
remarquables arrivezdans
tous les Etats & Empires
du monde pendant l'année
Be 1712. l'extrait du prononcé
142 MERCURE
des Edits , Declarations
Arrêts publiez dans la même
année. Avec une table
alphabetique des matieres ,
& un catalogue des livres
imprime en France depuis
commencement de l'année
1713, In 8° . A Paris , chez
Delaunay , ruë faint Jacques,
à la ville de Rome ;
Prudhomme, au cinquiéme
Pilier de la Grand
Salle du Palais , à la Bonne
- Foy couronnée ;
Rondet, ruë de la Harpe,
à la Longue Allée .
Ce livre , qui vient de pa
&
GALANT. 143
roître au commencement
de Juillet , eft la fuite de
l'ouvrage que j'ai déja annoncé
au mois de Decembre
dernier , & dont on doit
attendre un volume tous les
fix mois .
Madame la Comteße
d'Entragues , que l'on connoiffoit
auparavant fous
le nom de Madame de
Pringy , vient de regaler
le public d'une petite piece
toute enjouée & trés-divertiẞante
,fous le titre de
La Loterie , Fefte ga144
MERCURE
fante. Tous les autres ouvrages
de cette Damefont
affez comprendre par l'ap
probation qu'ils ont eue ,
que cette Piece ne peut
manquer d'être bien reçûë.
Il feroit à fouhaiter
que les Dames d'un tel
merite , & qu'en annonce
avec tant de plaifir
, envoyaffent quelque
nouveauté de leur
façon , pour rendre l'annonce
de leurs ouvrages
plus agreable au public.
GALANT . 145
DISSERTATION
aftronomique.
LE fieur Touraine Pref
tre Curé de Margency prés
Montmorency, Dioceſe de
Paris , a donné au public
un Livre intitulé Inftructions
du Calendrier univerfel &
perpetuel , imprimé à Paris
en 1705. Il croit avoir montré
par ce Traité avec évidence
que Meton avoit raifon
, & que les Aftronomes
pofterieurs , tant ceux
qui ont eftabli le Calendrier
de Jules Cefar , que
Juillet 1713 .
N
146 MERCURE
ceux qui l'ont reformé en
1582. fe font également
trompez dans le jugement
de la correfpondance qui
eft entre les mouvemens
du Soleil & de la Lune , Son
zele pour les Regles de l'Eglife
luy a fait enviſager
avec une douleur fenfible
les effets de cette erreur
par rapport à la celebration
de la Pafque & de
toutes les Festes mobiles ,
mefme par rapport du feptiéme
jour ; & il a pensé que
pour faire profiter le talent
qui luy a cfté confié d'enGALANT.
147
haut, il ne devoit pas ceffer,
malgré les contradictions
exposées au public & à ſes
fuperieurs , l'importante
verité qu'il a découverte ,
dont les confequences feroient
fi avantageuſes pour
l'exécution des intentions
de l'Eglife .
Entre les Sçavans qui fe
font oppoſez au fyfteme de
l'Auteur , les uns ont traité
fa doctrine avec mépris ,
les autres l'ont examinée
de bonne foy pour l'intereft
de la verité. Entre plufieurs
de cette derniere ef-
Nij
148 MERCURE
pece il eft honorable pour
Auteur de compter Mr
Caffini , qui a bien voulu
luy propofer pour épreuve
de ce nouveau fifteme trois
Eclipfes arrivées , l'une le
19. Mars de l'an 121. avant
Jefus Chrift , l'autre le
Janvier de l'an du falut
753. & la troifiéme le 22 .
Juin 1694 .
- 9.
" L'Auteur a fi heureuſement
déterminé par ſa methode
le temps moyen de
ces Eclypfes , quoi qu'arri
vées à une fi grande diſtance
les unes des autres ,
GALANT : 149
7
qu'il fembloit qu'on ne
pouvoit plus luy oppofer
de legitimes contradic
tions : mais la neceffité du
calcul l'ayant engagé de
montrer qu'outre la refor
mation Gregorienne de
1582. il y a preuve qu'il s'en
eftoit fait une autre dans
quelqu'un des ficcles précedens
, quoy qu'elle n'air
efté déterminée ny parles
Papes , ny par les Empeny
mefme qu'elle
reurs
ait eſté remarquée par aucun
Hiſtorien , en forte qu'-
il ne s'en trouve ny trace
Niij
150 MERCURE
ny memoire humaine. Cette
propofition luy a attiré
une foule de nouveaux
contradicteurs
, qui ont
creu que l'honneur de l'hiftoire
& de la chronologic
eftoit intereffé par l'Autheur
, & qui ont pris dans
fa propofition mefme des
moyens
pour affeurer le
calcul commun des Aftronomes
, qui détermine que
235. mois lunaires défail
lent d'environ deux heures
de dix - neuf années folaires
, au lieu que l'ancien
Meton & le nouveau fur
GALANT . IS !
fon principe démontrent
qu'ils font parfaitement égaux
, & que les erreurs du
Calendrier Gregorien
ne
viennent que de l'inégalité
que les reformateurs y
ont voulu fuppofer.
Le fieur Curé de Margency
a montré dans fon
ouvrage principal par les
propres paroles de Mr
Caffini que les Peres du
Concile.de Nicée , & les
Aftronomes Egyptiens qu'
ils chargerent de la conf
truction d'un cicle Pafchal,
eftoient perfuadez de cette
N iiij
¹² MERCURE
égalité , mais qu'ils ignoroient
encore la veritable
durée en jours naturels de
la periode folaire annuelle,
puifqu'ils fuppofoient qu'-
en 400 ans Juliens elle
n'excedoit que d'un jour ,
au lieu de quoy l'anticipation
des Equinoxes obligea
les Reformateus de 15821
de décider que dans le mef
me eſpace de 400. ans elle
excedoit de trois jours entiers
; c'est une verité qui
n'eſt pas conteſtée aujour
d'huy: mais on en conteſte
la conſequence la plusſenGALANT.
153
fible , qui eft que puifque
le Calendrier Julien a commencé
45. ans avant l'Ere
devoient
du falut , & qu'il s'enfuit
qu'au temps de la reformation
il s'eftoit paflé 1627.
ans , c'eft - à - dire plus de
quatre fois 4oo. ans , les
Reformateurs
pour reftablir l'Equinoxe
au temps où il fe trouvoit
Pan 4. avant Jefus Chrift
retrancher douze jours de
l'année. Cependant il eſt
notoire qu'ils n'en ofterent
que dix. L'Auteur a done
pû dire avec un legitime
154 MERCURE
fondement qu'avant cette
reformation il s'en eftoit
fait une autre , & qu'elle a
efté fuppofée par les Aftronomes
employez par Gre
goire XIII.
L'on auroit pû repliquer
à l'Auteur que la reformation
Gregorienne n'a point
eu pour objet le reftabliffement
des Equinoxes aux
jours où elles eftoient fous
Jules Cefar , mais à celuy
où elles eftoient au temps
du Concile de Nicée 370 .
ans aprés. Ce n'eſt pas cependant
le chemin que l'on
GALANT. 155
a pris ; on a mieux aimé
luy objecter , que s'il eftoit
vray qu'il y euft eu une
reformation
ou un retranchement
de quatre jours
dans la fuite du Calendrier
Romain avant celle de
1582. il faudroit qu'il y euft
eu interruption
de quatre
lettres Dominicales
, & que
cela eft contraire à tout ce
qu'il y a de chronologie.
Le fieur Curé de Margency
a entrepris de refpondre
à cette objection ,
& il la fait d'autant plus
volontiers , qu'en la refu156
MERCURE
tant il efpere détruire fans
reffource toutes celles de
pareille nature qui luy
qu'-
pourroient eftre oppofées .
Celle qui a efté marquée
cy- deffus qui n'a point efte
faite & qui pouvoit l'eftre
plus raisonnablement
aucune autre , & enfin montrer
inconteftablement par
les mefmes principes . I ,
La caufe & l'origine des
erreurs du Calendrier Julien.
2. Les deux corrections
qui en ont efté faites ,
l'une par autorité publi
que & avoiiée ; l'autre mé,
GALANT . 157
connuë , mais certaine &
fupposée . 3. Et enfin découvrir
nuement l'erreur
de ces corrections , & ce
qu'il auroit fallu faire pour
les rendre bonnes & convenables
à la fin que l'on
fe propofoit en les faifant.
Il ne faut pour de fi grands
effets qu'eftablir les principes
, les plus particuliers
de l'Auteur, & ceux qui luy
font communs avec les
conteftans , & en tirer en
fuite d'exactes conclufions ;
le public jugera fi celles de
cet écrit font juftes & neceffaires
.
158 MERCURE
Les Reformateurs qui
ont dreffé le Calendrier
Gregorien ont déterminé
la quantité de l'année folaire
à trois cens foixante
cinqjours cinq heures quarante
neuf minutes & douze
fecondes . Perſonne n'ignore
ce fait , il n'eſt queſtion
que de fçavoir fi cette
détermination eft jufte .
Ptolomée l'Aftronome avoit
fixé la durée de l'année
folaire à 365. jours 5 .
heures ss 12" & en cela il
avoit imité Hipparque le
premier maistre de l'aftro-
1
GALANT . 159
nomie. Tout le monde en
convient encore ; mais fi
la détermination des Reformateurs
eft vraye , il
s'enfuit que celle de Prolomée
ne l'eftoit pas ; cependant
c'eftoit la feule connuë
au temps de Jules Cefar
, & au temps du Concile
de Nicée : mais il y a
plus, car loin que les Aſtronomes
pofterieurs à la reformation
ayent eftendu
la quantité de l'année , il
eft certain qu'ils l'ont tous
refferrée. Mr de la Hire
dans fes nouvelles Tables
160 MERCURE
l'a reduite à s . heur . 49 ' 0"
les Aftronomes d'Angleterre
à 5. heur . 49 ′ 4″ . Il fe.
roit inutile de faire le détail
d'une infinité d'autres opinions
, le peu qui en cft dit
icy fuffit pour faire connoiftre
que la fixation faite par
Hipparque eftoit fauſſe , &
qu'elle jettoit tous les hommes
dans l'erreur juſques à
ce que l'anticipation eſtonnante
des Equinoxes leur
ouvrift les yeux & leur fiſt
connoiftre que quelques
minutes negligées formoient
trois jours entiers
en
GALANT . 161
en 400. ans ; que les Aftronomes
modernes ayent
mieux reüffi à déterminer
la quantité de l'année ſolaire
que les Reformateurs
de 158 2. non feulement
l'Auteur
ne le croit pas
mais il a démontré le contraire
, & ille fera de nouveau
cy - aprés . Contentons-
nous de remarquer
à
prefent que dix neuf années
folaires de la quantité
déterminée
par les Reformateurs
font enſemble
6939. jours 14 48".
La revolution finodique
Fuillet 1713.
162 MERCURE
de la eft felon l'Auteur
de 29. jours 12. heur. 43
33" 8 " & de la 235 ° . partie
d'une minute 40" Cette fixation
n'eft peut - eftre pas
tout-à-fait celle de Meton
l'Athenien , mais elle revient
parfaitement à fon
fifteme , puis qu'en 235. periodes
elle compofe la mefme
durée que 19. années
folaires , c'eft à - dire 6939 .
jours 14. heures 34' 48 ".
Mr de la Hire au contraire
fixe la revolution lunaire
à 29. jours 12 , heures
44" 3 ' 11" ; les Aftronomes
GALANT. 163
d'Angleterre à 29. jours
11
зе
14 .
heures 44 3 93° 31 ° 265e.
27° & 38″. On pourroit
citer vingt autres opinions
differentes fur ce fujet ,
mais il fuffit pour eftablir
celle de l'Auteur à leur préjudice
qu'il ait fait voir par
un calcul où l'on ne peut
rien reprendre , que les
trois Eclypfes dont il a efté
parlé , conviennent exactement
à fa methode , &
que diftance reciproque ſe
trouve mefurée avec une
juſteſſe infigne dans une fi
grande fuite de fiecles par
O ij
164 MERCURE
les temps qu'il a détermi
nez pour la quantité de
l'année folaire & la durée
des revolutions finodiques
de la , puifque s'il y avoit
la moindre erreur dans l'une
ou dans l'autre il feroit
impoffible que les Eclipfes
convinffent à fon calcul . Il
n'y a perfonne de bonne
foy qui n'en doive convenir
cela pofé , voicy les
principes communs .
Le Calendrier Julien a
commencé
Jefus- Chrift.
45. ans avant
L'ordre des biffextes y
GALANT . 165
eft obfervé de quatre en
quatre ans fans exception .
Le Calendrier Gregorien
à réformé le Julien en
1582. de Jefus Chrift 1627.
ans aprés fon cftabliffement
, la reformation a retranché
dix jours de cette
année 15 8 2. elle a fixé la
durée de l'année folaire à
365. jours 5. heures 49' 12";
elle a déterminé qu'à l'avenir
toutes les centiémes an
nées ne feroient plus biffextiles
fi ce n'eft de 400 .
en 400. ans ; elle reconnut
le deffaut de corref
166 MERCURE
pondance qui fe rencontroit
dans le Calendrier Julien
entre les mouvements
du Soleil & de la Lune.
Hinc fit , dit le Canon premier
, ut novilunia hoc tem
pore plufquam quatuor dies diftant
ab aureo numero in veteri
Calendario Romano.
De ce petit nombre de
principes , voicy les conclufions
que l'Auteur croit
pouvoir tirer legitimement
& hors de toute contradiction
, s'agiſſant de faits &
de calculs arithmetiques
où l'on ne fçauroit errer.
GALANT . 167
L'ordre prefcrit pour l'avenir
par Gregoire XIII.
doit s'eftendre au paffé au
moins pour juger du fondement
de la reformation ,
& il eft certain que dans
cet ordre des feize centaines
d'années écoulées entre
le premier an du Calendrier
Julien , & le 1582 .
de Jefus Chrift il n'y en
avoit que quatre qui deuffent
eftre biffextilles , &
que toutes l'ont efté , ce qui
fait que la quantité du
temps a efté augmentée
d'autant de jours qu'il y a
*
168 MERCURE
eu de faux biffextes , c'eftà
dire de douze jours.
Si l'on dit que la reformation
n'a efté entrepriſe
que pour reftablir l'Equinoxe
au 21. de Mars , jour
auquel elles eftoient fixées
au temps du Concile de
Nicée qui s'eft tenu l'an
325. de Jeſus Chriſt , il eſt
certain que depuis cette
année juſques à 1582. il ne
s'eft paffé que onze centai
nes années qui donnoient
feulement huit jours de
faux biffexte , pattant d'une
& d'autre façon la reformation
GALANT . 169
l'on a faite formation que
n'eft pas jufte , puifqu'il falloit
ofter ou douze jours
pour reftablir totalement
le Calendrier Julien , ou
feulement huit jours pour
le reftablir au point d'erreur
où il eftoit desja au
temps du Concile de Nicée.
La mefme erreur fe trouve
par rapport au nombre
d'or & à fa correfpondance
avec les nouvelles Lunes.
Les Reformateurs ne
reconnoiffent en 1582. que
quatre jours de diftance
Fuillet 1713 .
Р
170 MERCURE
entre celles- cy & celuy- là ,
& il y en auroit deu avoir
autant que de faux biffextes
, puifque les années
avoient efté augmentées
mal à propos d'autant de
jours,
Il faut donc reconnoiſtre
ou que les Reformateurs
ont ignoré les confequences
de leurs propres principes
, & les notions les
plus fimples & les plus
vraies que l'on puiffe jamais
avoir en pareille matiere
, ou qu'ils ont conneu
qu'il y avoit eu quelque re-
3
GALANT . 171
formation précedente de
quelque caufe qu'elle ait
pù naiftre , foit ufage populaire
, foit loy publique ,
& non tranfmife à la poſterité
, foit toute autre chofe
que l'on pourra imagi
ner de plus probable ; c'eſt
le feul expedient que l'on
puiffe imaginer pour fauver
la gloire de leur fifteme
, mais on invente cela
gratuitement , les Tables
fuivantes vont former une
invincible demonftration
de la verité qui confiſte
manifeftement en cecy .
Pij
172 MERCURE
Qu'il n'y avoit que huit
jours à retrancher de l'année
Julienne pour reftablir
les Equinoxes au point où
elles eftoient du temps du
Concile de Nicée , ou qu'il
y en avoit douze pour les
remettre au point où elles
eftoient au premier an Julien.
Et pareillement à l'égard
de la correfpondance du
nombre d'or avec les nouvelles
Lunes qui n'a efté
fixé pour l'ufage des Chreſtiens
qu'au temps du Concile
de Nicée , il y auroit
GALANT . 173
eu huit nombres à reftablir
au lieu de quatre que lesReformateurs
ont trouvé fion
n'avoit fait une premiere
correction précedente celle
de 1582. de quelque maniere
qu'elle foit arrivée .
Il eft vrai , car il ne faut
rien diffimuler que les Reformateurs
n'ont pas attri
bué le deffaut de corref
pondance des nouvelles
Lunes avec le nombre d'or
au defordre des faux biffextes
, mais qu'ils ont creu
qu'il avoit fa cauſe dans
l'inégalité naturelle qu'ils
-
P iij
174 MERCURE
3
fuppofoient entre 235. lunailons
complettes & 19.
années folaires qu'ils jugeoient
telles qu'en 312 .
ans chaque lunailon devoit
anticiper d'un jour , mais
c'eft là précisément le
point de l'erreur d'avoir
fuppofé un deffaut qui n'ef
toit point , & de n'avoir pas
fait attention au veritable.
Chacun ſçait qu'au temps
de la reformation les nombres
d'or ne marquoient
plus les nouvelles Lunes, &
que pour les attraper pref
qu'au hazard il eftoit d'ufa
GALANT. 175
ge de compter les cinq fyl
labes de ces mots . Nova
Luna hic , en retrogradant
depuis le nombre d'or de
l'année jufqu'au nombre
ou romboit le hic . Si l'Auteur
demandoit à fes contradicteurs
de quelle aurorité
cet uſage s'eftoit introduit
, comment il avoit efté
inventé , par qui , & 'en quel
temps , ils refpondroient
fans doute qu'il a efté un
effet de la neceffité que les
Ecclefiaftiques obligez à
indiquer la Pafque , & les
Feftes mobiles au peuple ,
Piiij
176 MERCURE
n'ont pû fe difpenfer d'inventer
quelque chofe qui
rectifiaft le Calendrier ;
que l'on n'a pas dit d'abord
, nova Luna hic , mais
feulement nova hic , & qu'-
on y a enfin adjouſté les
deux fyllabes du mot Luna
lorfqu'on a trouvé dans le
progrés des ficcles que le
deffaut de correfpondance
eftoit augmenté de deux
jours.
Pourquoy ne veut - on
pas permettre que
l'Auteur
en dife autant de la reformation
qu'il foutient avoir
GALANT. 177
précedé celle de 1582. puifqu'elle
n'a pas efté moins
neceffaire que la conceffion
de nova Luna hic ; on
aura beau dire que l'anticipation
des Lunes ne pouvoit
eftre que de 4. jours
en 1557. années écoulées
entre le Concile de Nicée
& le Pontificat de Gregoil'on
conre
XIII . dés que
vient que les années ont
efté augmentées au moins
de huit jours pendant cet
intervalle . Il faut avoüer
que la correfpondance
du
nombre d'or avoit efloigné
178. MERCURE
d'autant , autrement c'eſt
avaler le chameau & cribler
le moucheron , c'eftà-
dire fe faire un monftre
d'une erreur qui n'eft rien ,
& negliger celle qui eft
effentielle & plus palpable
que les tenebres d'Egypte .
Mais comment s'eft- elle
faite cette reformation ?
comment a t'on pû interrompre
l'ordre continu des
lettres Dominicales ? en
quel temps cela s'eft- i! fait ,
quelles en font les preuves
demonſtratives
? les voicy.
L'Auteur avoit dit en
GALANT . 179
gros dans fon Traité du Calendrier
univerfel qu'elle
n'eftoit pas faite avant l'an
753. de Jefus- Chrift , & fa
preuve confiftoit en l'obfervation
d'une Eclypfe de
cette année qui refpondoit
parfaitement
dans le ftile
Gregorien qu'il eft auffi
utile d'eftendre au paſſé par
fuppofition que de le continuer
réellement dans l'avenir
, à l'erreur commune
près du ftile Julien qui con
fifte en l'augmentation des
faux biffextes , comme il
a efté tant de fois repeté.
180 MERCURE
7.53.
De forte qu'en retranchant
de l'année 752. les fix derniers
jours qui luy eftoient
de trop , & qui cftoient les
fix premiers de Janvier ; par
ce moyen le 9. de Janvier
fe trouvoit eftre le 15.
dans le ftile Gregorien ,
comme depuis le 5. Octobre
1582. a efté declaré eftre
le 15. du mefme mois
par la Bulle de reformation
à cauſe du retranchement
de dix jours qui y fut
ordonné. Mais la contradiction
ayant obligé l'Auteur
d'approfondir davanGALANT.
181
tage cette matiere , il s'eft
d'abord
apperceu que les
quatre
jours d'erreur
qui fe
trouvoient
dans la corref
pondance du nombre d'or
en 1582. ne provenoient
que des faux biffextes des
années 1100. 1200. 1300. &
1500. lefquelles n'en devoient
point avoir ſelon la
correction Gregorienne
,
& qui en ont eu felon l'ordre
du Calendrier Julien .
Il s'enfuit donc que
reformation conteſtée a
efté faite avant l'année 100.
& pofterieurement à l'an
la
182 MERCURE
900. car fi le faux biffexte
de cette derniere année
n'avoit pas efté ofté , il y
auroit eu cinq jours d'erreur
au lieu de quatre feulement
qui fe trouvoient en
1582 .
Reduifons ceci à des termes
exacts qui puiffent
donner des notions précifes
, quand l'Auteur avance
& fouftient qu'il y a eu une
reformation avant l'année
1100 & pofterieurement à
l'année 900. Il ne l'eftend
point à l'erreur provenante
de l'anticipation des EquiGALANT.
183
noxes , il la borne pour ainfi
dire à l'anticipation des
nouvelles Lunes qui aboliffoit
leur correfpondance
naturelle avec le nombre
d'or , car comme il eſt évident
qu'ily a eu depuis l'an
1000. de Jefus Chrift juf
ques à la reformation de
1582. quatre faux biffextes
qui avoient augmenté la
fomme des jours de quatre,
& qui avoient décompté
d'autant de jours la correfpondance
des nouvelles
Lunes & du nombre d'or.
Il n'eft pas moins évident
184 MERCURE
que fi depuis le Concile de
Nicée on n'avoit fait aucun
changement
, à cet égard
la fomme des jours
auroit encore efté augmentée
des faux biffextes des
années de Jefus Chrift soo .
600. 700. & 900. ce qui
auroit fait une difcordance
de huit jours au lieu de quatre.
Partant il faut neceſſairement
ſuppoſer une reformation
précedente , &
quelque objection qu'on
puifle former par rapport
aux moyens & à l'execution
GALANT . 185
tion d'un fait fi évident ,
nulle ne peut prévaloir à la
demonftration que quand
de huit unitez posées , &
dont la fouftraction eft jugée
neceffaire , il ne s'en
trouve que quatre fans refte
, il faut dire que l'on en
a ofté précedemment quatre
autres.
A l'égard de la reformation
par rapport à l'anticipation
des Equinoxes il eft
tres difficile de dire comment
les Reformateurs ,
aprés avoir déterminé la
quantité de l'an folaire
Juillet 1713. e
186 MERCURE
comme elle est marquée
cy deffus , ont pû eftimer
qu'il y avoit dix jours de
trop à l'année , fuppofant
qu'ils ayent voulu la reſtablir
au point où elle eftoit
lors du Concile de Nicée ,
puifque conftamment il ne
s'en trouvoit que huit . Cette
difficulté avoit fait penfer
à l'Auteur que la veuë
des Reformateurs s'eftoit
portée juſqu'au reſtabliſſement
total du Calendrier
Julien ; mais en ce cas il
trouvoit douze jours à of
ter , il jugea donc que cette
GALANT. 187 .
confequence cftant tirée
de leurs principes , il n'eftoit
pas poffible qu'ils n'euffent
fupposé une reforma
tion précedente
, quoy qu'il
en foit , car de ces fortes de
faits interieurs , il faut convenir
qu'il eft tousjours temeraire
de nier ou d'affirmer
au dela de ce qui eft
produit au dehors , la propofition
de l'Auteur qu'il y
a eu une reformation précedente
celle de 1,8 2. du
moins quant à la correfpondance
des nouvelles
Lunes avec le nombre
Q ij
188 MERCURE
d'or; & ne refte qu'à achever
fa demonftration , en
montrant comment
quand, & par quels moyens
l'ordre des lettres Dominicales
depuis le Concile
de Nicée a efté interrompu
; ce que l'on a fait
pour le reftablir , & ce qu'il
auroit fallu faire pour qu'il
n'y euft plus eu d'erreur .
Premiere Table des lettres
Dominicales comme
elles auroient dû eftre fans
erreur.
Seconde Table des lettres
Dominicales comme
GALANT. 189
elles auroient efté dans
l'ordre du Calendrier Julien
fans la correction fupposée
.
Troifiéme Table des lettres
Dominicales comme
elles ont efté effectivement
par erreur , & deux fauffes
corrections .
Premiere Colonne des
lettres Dominicales des
82. années de chaque fiecle
tirée de la troifiéme
Table jufqu'à l'année 982 .
avec la correction qui y ef
toit à faire.
Seconde Colonne des
190 MERCURE
lettres Dominicales des 82 .
années de chaque fiecle tirée
de la troifiéme Table
avec la derniere correction
auffi fauffe que la premiere.
Troifiéme Colonne des
lettres Dominicales des 82 .
années de chaque fiecle
avec une jufte correction ,
apres laquelle il ne faut
preſque rien pour la faire
bonne & perpetuelle.
On peut voir ces trois
Tables & ces trois Colonnes
dans la demonſtration
de l'Auteur pag.
Les paroles écrites au
GALANT . 191
deffus de chaque Colonne
des Tables , expliquent fuffifamment
ce qu'elles contiennent
fans qu'il foit befoin
de le repeter, Mais il
faut obferver deux differences
entre les lettres de
la premiere & feconde Table
. La premiere eft que
centiémes années n'ont
qu'une lettre , à l'exception
de celles qui font de quatriéme
centaine , leſquelles
en ont deux , parce qu'-
elles font biffextiles fuivant
l'ordre du Calendrier
Gregorien ; & dans
& dans la fe
192 MERCURE
conde Table toutes les centaines
années ont déux lertres
, parce qu'elles ont efté
faites biffextiles felon l'ordre
du Calendrier Julien ,
que l'on fçait avoir eſté vicieux
par cet endroit précisément.
La feconde eft
que le nombre total des lertres
des centaines années
dans la premiere Table ne
monte qu'à vingt , & dans
la feconde il eft de trente
deux .
La premiere difference ,
découvre la caufe du defordre
& de la confufion)
de
GALANT . 19
de tout le Calendrier Julien
, tels qu'ils font reprefentez
dans la feconde Table
,parce quefans les faux
biffextes toutes les lettres
de la feconde Table auroient
efté femblables à
celle de la premiere . La
feconde difference montre
la quantité de l'erreur , par
ce que les douze lettres que
la feconde Table contient
de plus que la premiere denotent
autant de jours à
retrancher pour establir le
Calendrier dans fa préci-
19 , poldat sions asb et
Juillet 1713 .
R
194 MERGURE
६
On peut encore remar
quer que dans la premiere
Table toutes les années
ont les meſmes lettres Do
minicales de 400. en 400.
ans , au lieu que dans la
feconde elles ne les ont pareilles
que tous les 800. ans,
& que dans la troifiéme
Table qui a efté celle d'ufage
, on a fait une correction
qui ne fe rapporte ny
Pune ny à l'autre.qa
Enfin il faut remarquer
que la lettre Dominicale
de la premiere des 82. années
des trois Tables eft la
GALANT. 195
mefme , parce qu'alors le
Calendrier eftoit fans erreur
fenfible , n'y ayant
point encore eu de faux
biffexte . La mefme lettre
fe retrouve de 400.en 400 .
ans dans la premiere Table
jufques à l'année de la
reformation 182. mais en
la feconde c'eſt une autre
lettre , & en la troifiéme
encore une autre , juſqu'à
ce que la reformation luy
a donné abufivement la
mefme lettre qu'en la feconde
Table , au lieu de
celle de la premiere..
Rij
196 MERCURE
:
L'année 63. avant Jefus
Chrift qui eftoit la 82. de
la scentaine , qui a précedé
fa naiffance , & la 1582.
avant cette naiffance font
fort efloignées l'une de
l'autre mais elles fe refpondent
entre elles de 400 .
en 400. ans ; ainfi elles auroient
deu avoir la meſme
lettre Dominicale dans
l'ordre Gregorien qui eft
le naturel , & qui partant a
tousjours deu exifter , ou
que l'on doit eftendre par
fuppofition jufques au
commencement des fieGALANT
. 197
cles , auffi cette correfpondance
fe trouve- t elle dans
la premiere Table.
Pourquoy n'eft - elle pas
dans la feconde , la raifon
en eft claire. C'eſt la mul !
tiplication des faux biſſextes
qui y font comptez , &
qui ont augmenté la fom ?
me des jours de 12. jours
& de 12. lettresilǝ abomm
Pourquoy n'eft elle pas
dans la troifiéme , & pour
quoy cette troifiéme differ
roit - elle encore de la fes
conde avant la reformation
, & qu'on l'y a fait con
Riij
198 MERCURE
former depuis ? C'est qu'on
avoit fait un changement
précedent , & que reconnoiffant
enfuite l'erreur de
ce changement on la voulu
corriger fans fçavoir
appliquer la regle , enforte
que l'ona fait une feconde
faute pire que la premiere,
du moins en ce que le
remede eſt plus difficile à
yapporter , aujourd'huy
que les efprits font préve
nus en faveur du travail
des Reformateurs .
Mais en quoy confifte
l'erreur de ces corrections ?
GALANT 199
le
voicy.
La premiere n'a ofté
qu'une partie de l'erreur ,
car au lieu d'ofter quatre
jours de l'année , & de
changer la lettre Domini
cale de 982. de d en A,
comme on le voit en la
troifiéme Table , il falloit
nettement retrancher huit
jours , & mettre e, pour Do
minicale , comme il eft en
la premiere Table , puif,
qu'il y avoit effectivement
huit jours de trop de la
fomme du Calendrier Julien.
Riiij
1200 MERCURE
2. Ce retranchement n'a
point apporté de remede
à l'erreur , dont le princi
pe a fubfifté depuis comme
auparavant , enforte que
dans les derniers ficcles qui
ont précedé la feconde reformation
le defordre courant
avoit fait perdre l'i
dée de la premiere cor
rection , laquelle quoyque
tres évidente ne paroif
troit plus croyable aujourd'huy
, fi l'on ne fçavoit
avec certitude que la lettre
Dominicale courante
en 1582. eftoit g , qui fut
GALANT . 201
changé en c par les Reformateurs.
La feconde correction a
eu auffi fes deffauts évidens
, & qui ne fçauroient
couverts par les eftre couverts
grands éloges qu'on luy a
donnez , & qui fe font fentir
malgré la favorable difpofition
où l'on eft pour
les Reformateurs de 1982 .
premierement de quelque
cofté qu'ils ayent regardé
la fouftraction qui eftoit à
faire dans la fomme des
jours ils ont erré , en ayant
retranchéo dix au lieu de
202 MERCURE
huit s'ils ne vouloient que
reftablir le Calendrier au
point du Concile de Nicée ,
ou au lieu de douze , s'ils
vouloient le remettre dans
fa premiere perfection ;
mais ces dix jours avec les
quatre de la premiere reformation
font quatorze ,
ainfi quelqu'ait efté leur
deffein ils ont tousjours
ofté deux jours de trop.
Il cit vray qu'ayant redonné
à l'année 1600. une
biffextile qui ne devoit pas
reftre , ils ont remis un des
jours qu'ils avoient oftez
GALANT 203
mal à propos ; mais ils font
tombez à cet égard dans
un autre inconvenient qui
eft d'avoir fait biffexte une
centiéme qui ne devoit pas
l'eftre , en cela trompez par
le terme de feize centaine .
Mais s'ils s'étoient donné
la peine de faire remon
ter la regle & la fupputation
Gregorienne jufqu'à
un terme qui puft fervir de
racine à tous les temps pofterieurs
, comme il l'eft
dans le fifteme de l'Auteur
l'an 4200. avant la
naiffance de Jefus - Chriſt ,
204 MERCURE
pas
ou comme l'eſt le commen
cement de la periode Julienne
dans le fifteme hiftorique
, ils auroient connu
que l'an 1600. n'eſt
une centaine biſſextile n'ef
tant pas quatrième centaine
mais feconde , & ils auroient
jugé que ce deffaut
fe devant communiquer
à
toutes les quatriémes centaines
qui refpondront à
1600. dans la fuite des fie
cles il tiendra tousjours le
Calendrier deffectueux .
GALANT 205
LE BOUQUET
- provincial a Mde de
R. le jour de fa fefte
apres qu'on eut cueilli
le for precedent toutes
les fleurs qu'elle avoit
dans fon jardin.
Ne vous envoyer point
de fleurs le jour de vofstreifefte
, & vous écrire
pour excufe qu'on a pillé
toutes celles qui eftoient
hier dans vos parterres ,
106 MERCURE
& qu'il n'y avoit que celles
qui naiffent fous vos
pas qui fuffent dignes de
vous eftre préfentées , &
de vous dire encore que
les plus brillantes perdent
leur luftre auprés de
celles de voftre teint ;
qu'à voftre approche les
plus blanches femblent
devenir pafles , & les
plus vermeilles rougir de
honte , & que deux Soleils
feroient bientoft
mourir ce qu'un feul fait
naiſtre.
CALANT! 207
Sur ce ton pedamment
badin
Ce feroit vous donner de
tres mauvaife
grace
Pour les fleurs de vostre
jardin ,
Les plus communes du
Parnaffe.
L'amue tendre , auſfi-
240 bien que l'amour
Vous en doit d'autres en
saq love your ,
SUD
Plus brillantes , & plus
A nouvelles.
Ce tribus appartient au
108 MERCURE
• nom que vous portez
Et s'il fe paye àde moins
belles
a
Je vous laiffe à penser fi
vous le meritez
Vous le modele des beautez.
T
Ne yous offrir des
feurs qu'en petite quantité
, & vous donner pour
excufe de cette épargne,
que fi je n'avois pas
eſté fi pareſſeux.
Vous en auriez eu da-
AntonVantage din 30
Et
GALANT 209
des le
Et que chez moy
matin
,
Les Abeilles ont mis le
Parterre au pillage ,
Et s'en vont avec leur
butin.
Mais pardonnons-leur ce
ravage
Elles l'ont fait a bonne fin
Les Zephirs mes amis
m'ont dit que cette
queste
Eftoit pour celebrer dans
un galand feftin
Le foir du jour de vostre
fefte.
S
210 MERGURE
Je vous connois, Mde,
vous feriez d'humeur à
ne croire ni les Zephirs
ni leur Truchement
, &
l'on courreroit rifque de
ne paffer aupres de vous
que pour un contèur de
nouvelles faites à plaiſir.
L'inconvenient m'a paru
fafcheux , & pour
l'éviter
j'ay fait amaſſer des
fleurs , & vous en envoye
troisCorbeilles toutes
pleines .
Celadon de ma part ;
GALANT. 211
vous les va prefenter ,
Et j'ofe me flater
Qu'elles vous feront
agréables.
Elles parfument l'air
d'une charmante odeur ;
L'innocence 5 l'amour
brillent dans leur
couleur
Il n'en eft point de plus
aimables
Lesrofes & les lys n'ont
point tant de beautez.
Ce font pour les Autels
des ornemens paffables .
Sij
212 MERCURE
Mais voicy ce qu'il faut
pour les Divinitez.
Fleurs d'Orange & de
Grenade , Jafmin de
France & d'Efpagnie , &
oeillets de toutes les fortes.
Je n'ay pas voulu les
mettre en bouquets
,
a
ç'auroit efté entreprendre
mal à propos fur cet
efprit de difcernement
& d'invention dont vous
eftes pleine jufqu'au bout
des doigts , & qui rend
tous vos ouvrages fi
! દ્ર
GALANT . A215
beaux , qu'on n'en voit
point de mieux travaillés
que ceux qui fortent de
yos mains. sup hold
C'est donc à vostre adreffe
A faire valoir leur ri-
Scheffet, onne
A menager leur rang ,
leur éclat , leur douceur,
Et puis à les placer fur
voftre aimable coeur.
Ceft-là que vous allez
finir vos deftinées ,
Fleurs trois foisfortunées,
Et c'est là qu'un Amant
S iij
214 MERCURE
mettroit toutfon bonheur
Afinir fes années.
Pour moy Madame ,
bien que je ne fois qu'au
nombre de vos amis
?
fans mentir en cette rencontre
, fi je l'ofe dire
Je fuis du fentiment de
vos Adorateurs.
Je voudrois bien avoir le
deftin de mes fleurs.
Tout iroit à me fatisfaire,
Vous me regarderie.comme
unjoly préfent ,\I
Faurois le bonheur de
GALANT 211
vous plaire ,
Et je mourrois en vous
plaifant ,
Eft-il rien de plus doux,
de plus innocent. {
**********************
LUDOVICO MAGNO
In res foeliciter Pacis
Bellique geftas.
EPIGRAMMA
ab A.P.P.M.P.P.AM
·Finitimos animo juvenis
Ludovicus & armis ,
116 MERCURE
Vicit , nunc armis confilioque
fenex.
Multas poft clades rédiit
victoria victo
Vincere fic victus gloria
major erat.
Nunc igitur taceant
regem jure mirentur I
Quj nee pace videt , nec
fibi Marte parem.
Hunc tu ne afpicias Ales
germanice Solem , I
.
Sub radiis , memor es
-tela tremenda vibrat.
zimena 23 zavoltoku.I zit
GALANT . 217
RELATION
de Monfieur Caßart.
N
Ous appareillâmes de
la Martinique le 12 .
Janvier , & fimes voile pour
la Guadeloupe qui eft un
Ifle Françoife , & voifine de
la précedente. Nous y prîmes
trois de nos Vaiffeaux
qui y estoient , & environ
cent cinquante Flibuftiers ;
de-là nous allâmes à S. Euſtache
, petite Ifle Hollandoife
Juillet 1713 .
T
218 MERCURE
où nous moüillâmes , le 25 .
elle a cfté pillée & brûlée , il
y a deux ans par les Flibuftiers
de la Martinique , les
habitans nous firent plus de
pitié que d'envie ; cependant
aprés avoir pris la valeur
de 10000. écus de contribution
, nous levâmes
l'Ancre le 27. pour aller à
Carafol , dans noftre route
nous cûmes deux jours de
calme , ce qui fit prendre le
parti à Monfieur Caffart de
toucher la Cofte de Caraça ,
Espagnolle , pour y faire de
l'eau , ayant appris qu'il n'y
GALANT . 219
en avoit point à Caraſol , le
30. Février eftant fur la
Cofte qui n'eſt habitée que
d'Indiens , le calme nous obligea
de moüiller devant
une Plage qu'on appelle
Tropfea , où cinq jours
aprés noftre Vaiffeau fe perdit
; je n'eftoit pas à bord
quand ce malheur arriva , j'avois
profité d'un Canot que
Mr Caffart avoit envoyé à la
Ville de Carcaça : avec le
Baron de Mouvance , Lieutenant
de Vaiffeau qui alloit
faire un
compliment de ſa
part auGouverneur ; comme
Tij
220 MERCURE
cette Ville elt éloignée
de
dix -huit lieues de l'endroit
où nos Vaiffeaux
eftoient
mouillez , nous n'aprîmes
cette perte que deux jours
aprés , Mr Caffart ayant
appareillé
fur le minuit pour
venir mouiller
avec fon efcadre
à la Ville , fon Vaiſſeau
deux heures aprés toucha
fur un banc inconnû à trois
&
Y
refta
lieuës de terre ,
quelque temps , aprés quoy
il revint à flot de luy même ;
mais èftant crevé dans beaucoup
d'endroits & plein
d'eau , on n'eût que le temps
GALANT. 221
de l'aller échouer à terre , où
nous l'avons laiffé. On n'a
prefque rien fauvé , bienheureux
d'avoir pû fauver les
équipages & nos hardes , à
caufe de la Mer qui bat en
cofte & qui eft furicufe. Mr
Caffart mit toute fon application
aprés cela , à faire débarquer
deux Mortiers de
douze pouces pour fervir à
fon expedition , il y réüffic
avec beaucoup de peines ,
mais il ne pût avoir les Bombes
ny les Fufées ; aprés un
pareil naufrage nous ne devions
plus fonger à aller at-
Tiij
222 MERCURE
taquer Caraſol , ayant perdu
pour trois mois de vivres à
huit cens hommes quiétoient
dans ce Navire , la moitié de
leurs armes , & toutes les munitions
de guerre ; cependant
Mr Caffart en decida autrement.
Le 13. de Février
nous fimes voile pour cette
Ifle avec cinq Vaiffeaux qui
nous reftoient , & nous y
moüillâmes le 16. dans un
Ance que l'on appelle Sainte
Croix , comme les courants
font fort rapides , & qu'ils
portent au large , nous ne
fimes point noftre defcente
GALANT. 223
le lendemain , à caufe d'un
de nos gros Vaiffeaux qui
ne pouvoit gagner le moüillage.
Le 17. ce Vaiſſeau bien
loin de s'approcher étoit enpar
les courants & le trainé
vent contraire , ce qui nous
faifoit defefperer de pouvoir
rien entreprendre & bien
moins de réüffir fi ce Navire
venoit à nous manquer, cela
arriva cependant ainfi , & le
18. au matin nous ne le
vîmes plus , il avoit avec luy
les deux Mortiers de douze
pouces fauvez du naufrage ,
qui eftoient nos plus gros ,
T iiij
224 MERCURE
la plus grande partie des
Bombes pour d'autres que
nous avions , trois cent fol
dats & quatorze ou quinze
Officiers dont fix eftoient
nos principaux , tout s'oppofoit
de ce cofté - là à noftre
entreprife : de l'autre nous
donnions le temps aux ennemis
de s'affembler , enfin
Mr Caffart contre toute apparence
de réüffir prit fon
parti fur le champ & dans la
réfolution de vaincre ou d'y
refter , nous defcendîmes à
terre le même jour à neuf
heures du matin au nombre.
GALANT. 225
de fix cens foldats & de trois
cens cinquante Flibuſtiers ;
d'abord nous trompâmes les
ennemis qui nous
attendoient
dans l'Ance , devant
laquelle nous cftions moüillé
& qui nous voyoient partir
de nos Vaiffeaux dans nos
Chaloupes , quand nous
nous fûmes un peu avancez
& que l'approche de terre
commença à couvrir nos
Chaloupes , nous vogâmes
de force fur noftre droite ,
& nous mîmes pied à terre
un à un , deux à deux dans
une petite Plage que les en226
MERCURE
nemis ne gardoient pas , la
croyant impratiquable , à la
verité on n'a jamais rien veu
de pareil pour la difficulté ,
car s'il y avoit eu feulement
vingt hommes bien refolus ,
nous aurions efté obligez de
nous rembarquer avec perte ,
c'eftoit un endroit fort petit ,
lequel aprés que l'on eftoit
defcendu à terre , il falloit
monter en grimpant par
deffus un Rocher tres - difficultueux
& paffer par un
trou un à un pour s'aller former
dans un petit bois taillis
qui fuivoit ce paffage , noſtre
1
GALANT. 227
bon heur nous conduifit heureufement
& nous fit former
peu à peu un corps de 400 .
hommes, àl'abry deſquels les
autres paffoient & arrivoient
en feureté. Les ennemis qui
eftoient à deux portées de
fufil de nous ne nous fçeurent
que lorfque nous defilâmes
par quatre dans une
Plaine qui aboutiffoit à ce
petit Bois , où nous nous
rangeâmes en bataille ,
quand nos gens furent deſcendus
les ennemis ne nous
tirant que de tres - loin & occupant
une hauteur , nous
228 MERCURE
marchâmes à eux fort vite
en bataille , ils ne difputerent
point leur terrain , ils nous
abandonnerent la Montagne
aprés avoir fait leur décharge
qui ne nous bleſſa que
cinq ou fix hommes & en
tua trois , ils le jetterent fur
leur droite derriere un retranchement
qu'ils y avoient :
comme nous avions monté
cette Montagne fort vite
& que nos Troupes eſtoient
fort effouflées , Mr Caffart
les fit repofer ; ce fût là
les ennemis nous tirerent de
leur retranchement plus de
que
GALANT. 229
deux mil coups de fufil ; mais
aux premiers tirez nous nous
couvrîmes de la crête de la
Montage , ce qui rendit leur
grand feu fans beaucoup
d'effet , les balles nous paffant
par deffus la tefte , lorfque
nos foldats furent repofez
nous marchâmes droit à
eux fans beaucoup d'ordre
la bayonnete au bout du fufil
; ils foûtinrent noftre feu
quelque temps par le leur ;
mais comme nous avancions
toûjours à mesure que nous.
avions tiré , il n'attendirent
pas l'effet de nos bayonetes ,:
230 MERCURE
leurs
nous fautâmes dans le retranchement
qui eftoit d'une
bonne muraille de pierre &
les pourſuivimes l'espace de
demy lieuë , nous
primes dans cette attaque
trois Drapeaux & la pluſpart
de leurs chevaux qui nous
ont bien fervi dans la fuite ,
nous perdîmes quarante cinq
hommes tant tuez que bleffez
, Mr Caffart a efté bleffé
dangereufement d'une balle
qui luy pêrce le pied ; cette
affaire ayant ainfi réüffi nous
jugeames que ce choc intimideroit
les ennemis & que
GALANT. 231
nous irions plus loin ; c'eſt
pourquoy l'on refolut de
s'aller emparer d'un habitation
qui nous reftoit fur
noftre gauche à demy lieuë
dans une belle Plaine , nous
y arrivâmes fans difficulté &
ne voyant d'ennemis d'un
cofté ny d'autre , nous y
fimes noftre Camp. Comme
Mr Caffart avoit efté emporté
à bord il envoya Mr
de Bandeville , Capitaine de
Fregatte pour comm nder à
fa place & pour reglerce que
nous aurions à faire dans la
fuite , nous paffames la nuit
232 MERCURE
fans eftre inquietez de l'enne
my, Mt Caflart, dis - je, ayant
remis toutes chofes à la
prudence de Mr de Bandeville,
foit pour le rembarquement
, foit pour penétrer
plus avant , l'on tint confeil
le lendemain matin pour
voir fi il falloit marcher par
terre à la Ville qui estoit à
huit lieues de là , & l'on fût
d'avis d'attendre un jour
pour voir fi deux beatteaux
que l'on avoit envoyé à bord
de ce Vaiffeau qui nous
manquoit chercher nos gros
Mortiers , & nos Troupes
L
GALANT
. 233
n'arriveroient pas , aprés ce
temps attendu nous ne vîmes
rien paroiftre & nous n'avons
rien veû depuis , les bâtimens
n'auront jamais pû
gagner contre le vent & les
courants. Le 20 l'on retint
un nouveau conſeil qui s'en
remit entiérement à Mr
Caffart qui conclut à penétrer
dans le Pays & à marcher
à la Ville , nous voyons
devant nous mille difficultez
qui n'eftoient pas faciles à
furmonter par un fi petit
nombre de Troupes que
nous cftions , ayant felon les
V
Fulllet 1713 .
234 MERCURE
apparences plufieurs retranchemens
à forcer qui mineroient
noftre Troupe avant
d'arriver à la Ville qui eftoit
fort éloignée outre qu'il y
avoit dans l'Ile trois mille
hommes armez , & que nous
eftions attendus depuis plus
de fix femaines ; d'un autre
colté nous n'avions point de
Port à nous auprés de la Ville
pour pouvoir débarquer nos
Mortiers & nos Vivres , cela
n'empêcha point il fût refoque
l'on partiront le lendemain
, & que nos Cha- :
loupes partiroient en même
lu
GALANT. 235
temps en côtoyant la terre
avec les vivres , les bombes
& trois Mortiers qui nous
reſtoient , dont les deux plus
gros n'eftoient que de neuf
pouces & l'autre au - deſſus ,
nous nous preparames à
marcher tout ce jour , pour
cette effet l'on fit débarquer
cent cinquante Matelots armez
pour nous fervir de
renfort , mais ils nous incommoderent
beaucoup plus
qu'ils ne nous furent utiles.
Le 21. à fix heures du matin
nous nous mîmes en
marche , nous fimes quatre
Vij
236 MERCURE
lieues ce jour là fans voir
qui que ce foit , nous cou
chames fort tranquillement
à une habitation que nous
trouvâmes fur le chemin .
Le 22 nous fimes la même
manoeuvre dans le deffein
de nous aller emparer d'un
petit Port qui s'appelle Pifcader
, qui eft éloigné de la
Ville de trois quarts de lieuës.
& où il y a une batterie de 9.
pieces de canon qui donne fur
la Mer & qui n'a qu'un foffé
retranché du cofté de terre ,
afin de mettre nos Chaloupes
en feureté qui alloient
GALANT. 237
comme j'ay deja dit le long
de la cofte à mesure que
nous avancions par terre
mais nous fûmes trompez
dans nos attentes . Le 22. au
matin aprés avoir fait environ
une lieuë & paffé un fort
mauvais defilé , nous arrivâmes
dans une Plaine affez
grande qui avoit pour face
une Montagne fort étenduë ;
noftre guide nous dit que le
grand chemin paffoit pardeffus
la hauteur & qu'il n'en
connoiffoit point d'autre ,
fans nous defier de l'ennemy,
puiſque nous ne l'avions pas
238 MERCURE
trouvé au defilé nous marchâmes
, d'abord nous apperçûmes
quelques Cavaliers
ce qui nous fit fait alte pour
nous mettre en battaille
quand cela fût fait nous
continuames noftre route
tambour battant & Drapeaux
deployez à meſure
que nous avancions du pied
de la Montagne nous appercevions
le nombre des ennemis
augmenter & qu'ily avoit
là un fort retranchement ,
quand nous en fûmes bien
perfuadez , Mr de Bandeville
fic marcher le premier
GALANT. 239
bataillon
par
la
droite
pour
prendre les ennemis en flanc
le fecond bataillon dont ma
Compagnie eftoit & dont
j'étois troifiéme Capitaine
marcha droit en face du retranchement,&
les Flibuftiers
& Matelots marcherent
par
la gauche , dans cette difpofition
fans fçavoir le nombre
d'ennemis que nous avions.
à combattre ; le premier bataillon
marcha feul par la
droite, comme j'ay déja dit,
parce qu'il falloit beaucoup
monter & paffer par un Bois
avant d'arriver au fanc du
240 MERCURE
retranchement
>
comme
nous n'étions fimplement
que hors la portée du fufil
nous attendîmes que noftre
premier bataillon cût tiré
avant de donner , aux premiers
coups nous marchâmes
les ennemis nous laifferent
approcher à portée de pifto
let fans tirer, aprés quoy l'on
n'entendit plus de toute parts
qu'un feu terrible , neuf
pieces de canon qu'ils avoient
tirerent fur nous à mitraille ,
ce qui fit plier les Flibuftiers &
Matelots ; nos Troupes ne
firent pas de même, comme
le
CALANT. 241
le feu du canon & de la
Moufqueterie nous empêchoit
de monter au retranchement
auffi viſte que nous
l'aurions fouhaité , & que la
montée étoit affez escarpée.
L'on nous fit jetter fur noftre
droite , nous montâmes au
travers les Rochers & les
épines , ce qui nous fit rencontrer
avec les Grenadiers
du premier Bataillon , & entrâmes
enſemble par le flanc
dans le retranchement que
les ennemis abandonnerent.
Comme le feu eftoit fort diminué
les Flibuſtiers & les
Fuillet 1713.
X
242 MERCURE
Matelots
reprirent courage
& donnerent par la gauche
qui ne tint pas , voyant leurs
camarades
en fuite, ils avoient
comme nous du blanc à
leurs chapeaux , ce qui nous
empêcha d'en tuerbeaucoup
,
nous leurs prîmes encore
quatre Drapeaux
& neuf
pieces de canon de bronze ;
ce te action fût vive , mais
elle paroift incroyable
, ils
eftoient fept cens foixante
& quinze blancs , & trois
çens noirs armez , ce que
nous fçûmes fur le champ
par les prifonniers
que nous
GALANT . 243
fimes , nous ne perdîmes que
quarante hommes tant tuez
que bleffez , nous devions en
perdre davantage & affurement
que tout notre bataillon
devoit y refter , noftre bonheur
vient de ce que nous
eftions trop prefts fans avoir
tiré , car ils eftoient obligez
de tirer de haut en bas , ce
qui faifoit tomber la pluſpart
de leurs balles derriere nous
fans effet, n'olant par trop fe
découvrir ; je ne perdis que
cinq hommes de ma Compagnie
& mon Enſeigne
bleffé. Comme ce retran-
X ij
244 MERCURE
chement eftoit entouré de
Bois , nous ne nous y arrêtâmes
point, nous rejoignames
le grand chemin & fimes demi
lieuë fans aucun veſtige
d'ennemy ; nous nous reposâmes
dans le deffein d'aller
le foir attaquer Pifcader ,
mais comme nous contâmes
que cet endroit feroit fort
deffendu , nous fûmes coucher
à demi lieuë de ce petit
Port à cauſe de la nuit.
Le lendemain 2 3. nousmarchâmes
à Pifcader , nous
fumes furpris agréablement
d'y trouver nos Chaloupes
GALANT. 245
mouillées , les ennemis épouvantez
de la veille avoient
abandonné cette batterie &
encloué les canons & nos
Chaloupes eftoient arrivées
demi -heure avant nous ; l'épouvante
les avoient tellement
faifis qu'ils s'étoient
retirez en confufion dedans
leur Ville qui eft fermée du
cofté de la terre, par le Port
& fortifiée de quatre bons
Baftions , comme nous ne
devions pas efperer de faire
rendre certe Ville par le peu
de monde que nous eftions
par la difficulté de faire dé-
X iij
146 MERCURE
barquer de gros canon de
nos Vaiffeaux qui estoient
fort éloignez,n'y ayant point
de mouillage que dans le
Port, & par le peu de vivres
que nous avions , on fe contenta
de la bombarder à
deffein de la faire contribuer ,
pour cet effet nous marchâmes
le 24. à la Ville , le terrein
avoit efté reconnu la
veille par de mauvaisconnoiffeurs,
ce qui penfa nous coûter
cher ; car l'on nous mena
a portée du piſtolet de cette
Ville pour aller à un Camp
que l'on avoit marqué ; &
GALANT. 247
par le plus grand bon - heur
du monde, dans le temps de
noftre paffage les ennemis
ayant mis le feu à des maifons
qui eftoient le long de
la Mer , nous paffames à la
gueulle de leurs canons &
des Vaiſſeaux ; ils s'aperçeurent
cependant de noftre
marche fur la fin , ce qui les
fit tirer fur ceux qu'ils
voyoient , nous perdîmes
cinq hommes du canon ,
nous fumes obligez de décamper
fur le champ , quoique
couverts d'un petit ri-
X iiij
248 MERCURE
deau , ils chargeoient leurs
canons à demi charge , &
tirant par ricochet ils commençoient
à nous incommoder
, cela nous fit retirer
derriere une Montagne qui
eltoit proche de nous , &
nous campâmes hors la portée
du canon. Le 25. & le
26. nos trois mortiers furent
débarquez & mis en
batterie à trois cens toifes
de la Ville. Le 27. au matin
eftant prêts à tirer on envoya
fommer la Ville de contribuer
, ce que le Gouverneur
ne voulut entendre , fa réGALANT.
249
ponſe nous fit commencer
de bombarder à huit heures
du matin ; on nous répondit
à bon coups de canon qui
ne firent rien dans noftre
épaulement. Sur le midy nos
mortiers cefferent de tirer ,
& je montai la tranchée ce
foir là avec ma Compagnie ;
fur les huit heures du foir
nous recommençâmes de
tirer , ce qui dura juſqu'à minuit.
Le 18. au matin nous
fimes la même chofe , aprés
quoy fur les neuf heures les
ennemis demanderent une
Tréve pour fçavoir ce que
250 MERCURE
Mr Caffard demandoit de
contribution ; enfin aprés
trois jours de pourparler à
caufe de l'éloignement de
nos Vaiffeaux , dans lesquels
Monfieur Caffart eftoit , la
contribution fut arrêtée &
fignée le 3. de Mars à quatre
cent foixante mille francs ,
bien heureux d'avoir tiré cela
; car fi ils avoient attendus
encore un jour nous eſtions
obligez de nous rembarquer
faute de vivres & de munitions
, nous n'avions pas cent
bombres à tirer , encore n'étoient-
elles pas bonnes par
GALANT. 258
l'inégalité des fulées, Le
Vaiffeau abfent les ayant
toutes ; l'on commença le
payement. Le 4 , ils nous
tinrent jufqu'au 1 5. eſperant
qu'il leur arriveroir quelque
nouvelle d'Europe pour leur
confirmer une Tréve avec la
France dont ils nous menaçoient.
Le 15. nos Troupes
fe
& nous fimes voile le 20 .
pour la Ville de S. Domingue
Espagnolle ; où nous
avons fait de l'eau & fommes
partis deux Vaiffeaux pour
Europe. Le 19. Mr Caffart
rembarquerent
252 MERCURE
ayant mené les deux autres
en Cartagene.
MORT,
Meffire Charles de Gaucourt
, Seigneur de Cluys ,
de Boueffes , &c. Lieutenant
du Roy en Berry , mourut
le 30 May. Il avoit époufe
Marguerite de Tiercelin de
Rancé , Fille de Jean , Seigneur
de la Chapelle - Barion
& de Jeanne Marie
Turpin aprés la mort de laquelle
fans enfans en 1686 .
il a pris une feconde Alliance
GALANT. 253
en 1687. avec Albertiné
Brigide de la Beaume , fille
de Charles , Marquis de S.
Martin & de Therefe Anne-
Françoife de Trafignys , fa
feconde femme ; de laquelle
ila cu un fils qui luy fuccede
en fa Charge . La Maiſon
de Gaucourt eft une des
plus confiderables de Picardie
; elle a donné de grands
Officiers à la Couronne , elle
tire fon origine de Raoul ,
Seigneur de Gaucourt &
d'Argicourt qui vivoit en
1270. Jean de Gaucourt ,
Seigneur de Maiſons fur
254 MERCURE
Seine , de Viry & de Villiers
a efté Maistre d'Hoftel du
Roy ,il mourut le 2 2. Février
1393. laiffant de Jeanne de
Farinaille fa femme , Jeanne
de Gaucourt , mariée à Ro
bert , Seigneur de Vaurin-
Lillers & c. Raoul , Jean Archidiacre
de Joinville en
l'Eglife de Châalons , Euftache
, Seigneur de Viry ,
grand Fauconnier de France
mort vers l'an 1415. fans
pofterité de Jeanne de Mommorency
, veuve de Gautier
de Thorote
, Seigneur
de Chaftellier , & fille de
GALANT 255
Guillaume de
Monmorency
Seigneur de S. Luc , & Jean
de Gaucourt Seigneur de
Maiſon fur Seine de Villiers
fous S. Leu , & c. qui fut inf
titué Maitre des Eaux &
Forefts de France , Champagne
& Brie en 1398 .
Raoul Seigneur de Gaucourt
, Chevalier Chambellan
du Roy, Bailly de
Roüen , où il fut tué lors
d'une fedition qui arriva en
1417. aprés avoir rendu des
fervices confiderables à l'Etat
; il avoit épousé Margue
rite de Beaumont , veuve de
356 MERCURE
Charles de Hanget , Senechal
de Beaucaire & avoit pris
une feconde Alliance , avec
Aleaume de Berghes , veuve
de Jean de Roye , Seigneur
Daunois ; du premier fortirent
Guillaume de Gaucourt
vivant 1402. & Raoul Seigneur
de Gaucourt , & c.
Premier Chambellan du Roy
Charles VII, Gouverneur
du Dauphiné & Bailly d'Or.
leans , puis grand Maiftre
de France, fe trouva à la de
faite des Anglois devant
Montargisen 1427 , contribua
à la repriſe de Chartres
GALANT. 257
en 1429. & ayant eſté établis
Gouverneur
de Dauphi
né ; il défit en 1430 au combat
d'Anthon le Prince d'Orange
qui tenoit le parti du
Duc de Bourgogne. L'an
1437 il fe fignala au Siege
de Montereau & fervit beau
coup à la Conquefte de la
Normandie . Il affifta en qualité
de premier Chambellan
du Roy à la magnifique Entrée
que Charles VII . Ge
dans la Ville de Rouen , &
en 1456. il reçût de la part
du Roy en qualité de grand
Maitre de fon Hoftel les
Y
Juillet 1713 .
258 MERCURE
Ambaffadeurs
envoyez par
le Roy de
Hongrie
pour
demander
la Princeffe
Magdaleine
en mariage ; il avoit
époufé Jeanne de Preuilly ,
fille de Gilles Seigneur de
Preuilly & de Marguerite de
Naillac dont il cut Charles ,
Jean , Evêque & Duc de
Laon , mort le 10. Juin 1468.
Raoul Seigneur de Lufarche
& Marie de Gaucourt qui
époufa les Juin 1456.
Charles de Tournon Seigneur
de Belcaftel , Charles
Seigneur de Gaucourt , Argicourt,
&c . Vicomte d'Acy,
GALANT. 259
Lieutenant General Gouverneur
de la Ville de Paris &
Ifle de France , Confeiller &
Chambellan du Roy , rendit
des fervices confiderables
aux Rois Charles VII. &
Louis XI. mourut à Paris
en 1482. fut enterré en l'Eglife
de S. Jean en Grève.
Il avoit épousé le 8 Octobre
1454. Agnés de Vaux , dite
Collette , fille de Jean Seigneur
de S. Jues & de
Jeanne Bouteiller , Dame de
Saintines dont il eut Charles
Jean , Evêque d'Amiens ,
Louis , Evêque d'Amiens ,
Y ij
260 MERCURE
આ
aprés fon frere , François
Chevalier de Rhodes , Annemariée
le 2 3. Octobre à Jean
de Cullan , Seigneur de
Chasteau - neuf. Catherine
alliée le 10. Mars 1480. à
Louis d'Aubuffon . Seigneur
de Villeneuve, & Marguerite
de Gaucourt , femme de
Pierre du Puy , Seigneur de
Vatan , Bailly & Gouverneur
de Berry,
3D Charles Seigneur de
Gaucourt de Boëffes , Cluys ,
& c. vendit en 1498 le Fief
de Gaucourt.
Louis de Gaucourt , Sei
GALANT. 161
gneur de Cluys de Boeffes ,
& c. Chevalier de l'Ordre du
Roy , Chambellan du Duc
d'Alençon , mourut le 3 .
Aouft 1589. de la bleffure
qu'il reçûr en commandant
pour la Ligue ; il avoit époufé
en 1564. Jeanne d'Efcoubleau
, fille de Jean , Seigneur
de Sourdis . Maiftre de la
Garde Robe du Roy , il cut
Charles ; Jean Abbé de
Maubec; Jacques qui a fait
la branche de Cluys & Aymée
de Gaucourt , femme de
Gabriel de Mallefu , Seigneur
de Chaftelus , Charles de
262 MERGURE
Gaucourt , Seigneur de Ville-
Dieu & de Boeffes , époufa
le 29. Septembre 1604.
Charlotte de Rochefort ,
fille d'Imbert , Seigneur de
Beauvais & de Ville- Dieu.
Branche des Seigneurs de
Cluys.
Jacques de Gaucourt , Seigneur
de Cluys , &c . fils
puifné de Louis de Clays &
de Françoife d'Efcoubleau ,
fut Capitaine de Chevaux
Legers & Senechal de la
Marche ; il époufa en 1603.
GALANT. 263
Jeanne d'Elbene , fille de
Guillaume , Seigneur de l'Ef
pinoux , Confeiller au grand
Confeil & d'Ayfieux Chamarre
dont il eut Louis
& Charles , morts jeunes.
Charles Guillaume , Prieur
de Cluys , Aimée , femme
de Frederic de Gamaches ,
Vicomte de Chasteau - Meliand
, Efther & Magdelaine
de Gaucourt , Religieufes..
Charles de Gaucourt, Selgneur
de Cluys , mourut en
Juin 1692. il avoit épouſé
en 1656. Gilberte d'Affy ,
yeuve de Claude de Trouffe264
MERCURE
bois , Seigneur de Champaigre
, & fille de Hugues ,
Seigneur de Rochefolle , &
de Marguerite de Morette,
dont il laiffa Charles de
Gaucourt , qui mourut le
30. May, comme nous l'avons
dit ci - deffus , & Silvain
Chevalier de Malthe. N. &
Nde Gaucourt .
Extrait d'une Lettre de
Gironne le 7. Juillet 1713 .
L'évacuation fe fait tresferieufement
de la part du
General Staremberg , il a
déja
GALANT. 265
les
déja fait embarquer feize
bataillons qui font le Regimens
de Staremberg , Traun,
Bagnes , Reventelaw ,
Grifons & un autre , lefquels
ont fait voile du cofté de
Naples ; l'Evefque de Barcelone
eft parti en même tems ;
ce que je vous écrivis il y a
quelque tems au fujet de la
mort du fieur Puig , fils de
: l'un des Chefs de la revolte
Seſt confirmé, il fût tué à
Bergue où il commandoit .
Le nommé Ragus , autre
Chef des revoltes à quitté la
refidence ordinaire.
Fuillet 1713 .
Ꮓ
*
266 MERCURE
น
Les deliberations de l'Affemblée
generale qui s'y
tient n'ont encore rien produit
; on avoit dit d'abord
que les habitans de la Ville
& de la Plaine de Vich
avoient refusé d'y envoyer
des Deputez , cependant ils
y en ont huit ; mais cette
Ville , celle de Manrez , &
plufieurs autres ont limité le
pouvoir de leurs Deputez
à ne faire qu'écouter ce qui
Le paffera dans l'Aſſemblée
pour leur en rendre compte
& ne prendre aucune deliberation
fans avoir reçû répon
GALANT. 267
fe , cependant nous aprode
ce mois , jour
chons duis.
1
auquel Barcelone doit eſtre
remife au Roy d'Espagne
.
Du refte ils ont fait jurer un
tres grand fecret à tous ceux
qui onteſté admis dans cette
Affemblée
. Ils ont empêché
le General Staremberg de
tirer de Montjouy aucune
munition & y ont mis
garnifon Bougeoife .
Ils
cont auffisfait entrer dans la
Ville quelques Troupes de la
Deputation, cela n'empêcha
pas qu'il n'y cut beaucoup
de gens qui confeillerent de
Z ij
268 MERCURE
prendre le parti le plus fage.
Entrée du Duc d'Aumont ,
Ambassadeur Extraordiuare
à la Cour de Londres.
Mercredy 12. Juillet le
Duc d'Aumont , Ambaffadeur
Extraordinaire de France
fit fon Entrée publique à
Londres . Il fût reçû à Greenvich
par le Comte de
Scarfdale
que
Grande Bretagne avoit nom .
mé faire les honneurs ,
pour
le Maitre de Cerela
Reine de la
&
par
monies
; enfuite
il
fut
conGALANT
. 269
duit dans la Barge de la
Reine à la Tour , reçû &
complimenté par le Gouverneur
. & falué par une décharge
de toute l'Artillerie .
La Cavalcade commença
vers les quatre heures aprés
midy à la Tour , & traversa
la Ville. Le Miniftre eftoit
dans un Caroffe de la Reine
avec le fieur Nadal , Secre
taire de l'Ambaffade & le
Maitre des Ceremonies .
Le Caroffe eftoit precedé
de huit Officiers de fon Excellence
à cheval , de
quatre
Suiffes à Cheval , de trente
Z iij
270 MERCURE
Valets de pieds , douze
Pages à Cheval , & d'un
grand nombre de Gentils
hommes à Chevall
ས
གལ་
I eftoit fuivi d'un autre
Caroffe de la Reine auffi à
fix chevaux , par cinq autres
tres- magnifiques de ce Miniftre
, attelez chacun de
huit chevaux richement har
nachez , & par plus de cin
quante , à fix chevaux , des
principaux Seigneurs.
Il y avoit prés de cent
hommes habillez d'une ma
gnifique livrée : Cette En
trée eft une des plus belles
GALANT 2711
"
qu'on ait jamais vuë.
Son Excellence- arriva fur
les fix heures au Palais de
Sommerfet aux acclamations
d'un nombre infini de peuple
à qui il fit de grandes
largefles.
Il fut reçû par le
Capitaine
à la tefte de la Garde
qui eftoit fous les armes , &
conduit dans l'appartement
par le Maitre des Ceremo
nies où il fut complimenté
par Lord Windfor de la
part de la Reine , & regalé
magnifiquement avec toute
fa fuite pendant trois jours
Z iiij
272 MERCURE
aux dépens de la Majeſté.
Le 15. Sa Majesté la Reine
de la Grande Bretagne luy
donna Audiance au Palais
de S. James.
SUPPLEMENT
aux Nouvelles.
Les Lettres de Londres
du 16. Juillet portent que
la Reine a honoré du Titre
de Chevalier Baronnet le
fieur Thomas Crofs , Braffeur
fort riche , un des Deputez
au Parlement pour la
Ville de Weſtminſter
; que
GALANT. 273
le fieur Huggins grand
Bailly de la même Ville a
efté fait Gouverneur de la
Prifon de la Flote à la place.
du Colonel Leigthon mort
depuis peu . Que le 13 .
Juillet les Miniftres Errangers
furent invitez
par la
Cour & par le Lord- Maire,
à la Ceremonic de l'action
de grace à S. Paul , y ayant
des places refervées pour eux,
& que
les quatre Compagnies
de Gardes du Corps
de la Reine & la
Compagnie
des Grenadiers à cheval
avec deux bataillons de Gar
274 MERCURE
des à pied font aufli commandez
pour ce ſujet.
D'autres Lettres marquent
qu'on avoit prefenté une
adreffe à la Reine pour
la prier qu'il luy plût pour
plus grande feureté , demeurer
en poffeffion des Villes
de Flandres qu'elle occupe
jufqu'à ce que ceux qui auront
la Souveraineré des Païsbas
Espagnols ayent approuvé
les Articles du Commerce
& confenti qu'il foit égal , à
celuy de toute autre Nation ;
qu'on avoit fait l'Election des
Sherifs pour la Ville de
GALANT 275
Londres , & le Comté de
Middlefex , qu'il y avoit
quatre concurrents qui fai--
foient de grandes brigues ,
fçavoir , les fieurs François
Forbes,Marchand Chapelier,
& Jofue Sharpe , Marchand
de Cuir , du partis des Toris,
le Chevalier Rodolphe Kinpe
Horlogeur , & Jean Chad,
wick Tailleur , du partis des
Whigs ; mais que les deuxpremiers
l'avoient emporte
d'un grand nombre de voix ;
& que les Whigs avoient de
mandé le fcrutin qu'on leur
accorda , que le 4. de ce
276 MERCURE
mois le Duc d Aumont avoit
donné une magnifique Fête
fur la Riviere , à un grand
nombre de Seigneurs & de
Dames , qui eftoient dans
une Berge & dans deux autres
qui la joignirent , outre deux
autres où eftoient la Muſique
& les autres Inftrumens .
Les dernieres Lettres de
Londres portent que les
Seigneurs avoient prefenté
une adreffe à la Reine pour
la prier de faire inftance auprés
Duc de Lorraire & de
Les autres Alliez , de ne point
donner dans leurs Etats de
GALANT 277
retraite au Piétendant , afin
de reconnoistre ceux qui luy
eftoient contraires ou favorables
, & cette adreffe fut
approuvée , aprés quelques
conteftations. La Chambre
baffe preſenta une pareille
: adreffe à Sa Majesté .
le
On écrit de Madrid du 1o.
Juillet que les Troupes de
Sa Majeſté Catholique doivent
entrer le 12 à Barcelonne
commandées par
Duc de Popoli pour en prendre
poffeffion , & que dans
un Confeil tenu par les trois
Etats de la Principauté , on
278 MERCURE
avoit réfolu de fe mettre à
la clemence du Roy pour
en obtenir le pardon & marquer
leur attachement à fa
Majefté Catholique .
Des Lettres de Catalogne
du 8. portent que le Comte
de Staremberg avoit fait
embarquer fon Infanterie au
nombre de 8000 hommes ,
& que fa Cavalerie.devoit
s'embarquer du colté de
Tarragonne & faire voile le
15.
On ajoûte que les Miquelets
s'étoient jettez dans
Cardone dans la Seu d'UrGALANT
. 279
gel , & dans quelques autres
poftes à mesure que les Allemans
en fortoient ; mais
qu'il y avoit des divifions
entr'eux , les uns voulant fe
foumettre , & les autres le
refufant , en forte que dans
quelques combats deux de
leurs Chefs avoient efté
tucz .
On voit par les Lettres
de Girone du 17. Juillet que
le Comte de Ruallis veut
rendre de bonne foy aux
Efpagnols Tarragone &
Oftalrick. Le ficur Nebot
s'étant preſenté devant Tar
280 MERCURE
ragone avec mille Miquelets
& Payfans & deux ou trois
cent chevaux , on luy a fait
dire que s'il ne fe retiroit on
le recevroit à coup de canon
& le fieur Baffet eſtant venu
à Oftalrick avec neuf cent
hommes & environ quatrevingt
chevaux ; on luy a
fait dire de ne point approcher.
Nouvelles de Landau.
Les Lettres de l'armée du
17. portent que la nuit du
14. au 15. les Affiegez firent
GALANT. 281
jouer un fourneau qui fit
fauter les travailleurs , dont
quinze ou feize furent enterrez
, ils en firent
jouer
trois
autres
en divers
endroits
qui
ne nous incommoderent
pas,
qu'on
travailloit
à établir
des
batteries
qui verront
à revers
la plus
grande
partie
de l'a- ; vant
chemin
couvert
& des
Lunettes
qu'on
doit attaquer
au premier
jour
, que
les
Afliegez
n'avoient
encore
fait qu'une
fortie
. !
Fuillet 1713. Bb
282 MERCURE
EXTRAIT
d'une Lettre de l'Armée le
29 Fuillet 17138
4
Nous efperons eftree
Maiftre de Landau vers
léto. d'Abuſt car la redoutable
demi lune de Melac
qui eft revêtue d'un bon v
chemin & d'un large foffe ,
für abandonnée ; la nuit du
22. au 2 3 les trois redoutes
de la gauche qui ne valent
rien font envelopées ; nous
fommes logez fur l'angle ,
onze fourneaux fauterent les
GALANT. 283
20. fans nous incommoder,
on laiffe jetter les derniers
feux aux ennemis . On continue
les fappes avec ardeur,
& avec quarante pieces de
canon & trente mortiers . On
impoſe filence aux Affiegez
& on bat en breche. Le Chevälicer
de Baviere reçût une
contufion à la tefte le 22 .
On va avancer bien vire.
Bb iji
TABLE.
Nouvelle Galante, lajaloufie
guerie par la jalousie, 3
Enigme ,
Devifes , 57
Parodie de l'Enigme dont le mot
eft la Chandelle , 98
Parodie de la fecond Enigme
dont le mot et l'Arbre, 67
Enigme, 70
Dons du Roy , 72
Mariages , 73
Eithalame à leurs Alteffes Sere
niffimes Mr le Duc eg
Madame la Ducheffe . 89
TABLE.
Nouvelles
d'Angleterre . 95
Nouvelles
d'Espagne ,
Nouvelles
d'Utrecht
.
Nouvelles de l'Armée,
100
108
1134
Etat des Troupes qui font dans
·Landau , 123
Impromptu par M de S ... 124
Réponse ,
Questions
Mariages
Mort ,
325
12.7%
130
139
Suite du Calendrier Hiftorique,
contenant par
ordre les
evenemens
les plus
remarqua-
141 bles , c.
Differtation
aftronomique
. $ 45
Le Bouquet
Provincial
à Ma
TABLE
de R.. le jour de fa fête
du
Epigrame latine,
2051
214
Relation de Mr Caßirt , 217 '
Extrait d'une Leure deGirone
le 7.Juillet,
264-
Entrée du Duc d'Aumont à la
Cour de Londres , 268-
Supplément aux nouvelles , 272
Nouvelles de Landan , 280-
1
CATALOGUE
DES
LIVRES NOUVEAUX ,
Imprimez chez PIERRE RIBOU
Quay des Auguſtins , à la Deſcente du
Pont-Neuf , à l'Image S. Louis.
Des RR. PP. Benedictins de la Congregation
de S. Maur.
San
Andi Auguftini Hipponenfis Epifcopi Opera , de
nuò caftigata & illuftrata , cum Indicibus , &
Vita ejufdemfancti Auguftini , fol . 8. vol .
Petit papier , veau ,
Moyen papier ,
Grand papier ,
164.
liv
224. liv
320.
liv Eorumdem Operum Indices ; cum Vita fanci
Auguftini , fol. feparément, petit pap . 21. liv
24.li
40.li
Les volumes fe vendent feparément , en pe
Moyen papier ,
Grand
papier ,
tit
papier,
Moyen papier ,
Grand
papier ,
A
18. li
24. li
40.liv
-Vita S. Auguftini , fol . feparément, 6. li
Sancti Hilarii Epifcopi Pidavienfis Opera, eman
Fromondus in Scripturam , Rothomagi 1709.foliz..
P. Alexander in Paulum , fol . 1710. 121.
Sancti Gregorii Epifcopi Turonenfis Opera , caftigata
& edita ftudio Domni Theodorici Ruynart,
Monachi Ordinis fancti Benedicti , Congregationis
fanéti Mauri , fol. IS.liv.
Hiftoire de Bretagne , compofée fur les Titres
& les Auteurs originaux , par Dom Guy Alexis
Lobineau , Benedictin de la Congregation
de S. Maur , avec les Preuves ; & enrichie de
Portraits , de Tombeaux , de Sceaux , & autres
monumens gravez en taille- douce , fol
2. vol . 1707. 60. liv .
Meditations pour tous les Jours de l'Année , tirées
des Evangiles qui fe lifent à la Meffe , &
pour les Fêtes principales des Saints , avec
leurs Octaves : par le R. P. Rainſſant , Benedictin
de la Congregration de S. Maur , in 4.
quatrième édition , 1707 .
6. liv.
Domni Edmundi Martene Benedictini Congregatio
nis S. Mauri , Commentarius in Regulamfancti
Benedicti litteralis , moralis , hiftoricus , in 4.
7. liv. 10. f.
Comitolus , 4. Rothomagi 1710 .
2
Ouvrages de M. Baluze.
7. liv.
Conciliorum nova Collectio , in qua continentur plurima
Concilia , nunc primùm in lucem edita ex
antiquis Codicibus feu Supplementum ad Collectionem
Conciliorum Labbai, fol. 1707. pctit
papier ,
Grand papier ,
15. liv.
24.liv. cilia Gallia Narbonenfis , nunc primùm edita ,
4. liv.
Notis , in 8.
orini P.de Marca Archiepifcopi Parifienpier
,
Grand papier ,
24 li
Ejufdem
de Marca
Hifpanica
, five
Limes
panicus
, hoc eft , Geographica
& Hiftorica
D
fcriptio
Catalonia
& Rufcinonis
: acceffere
Ge
veterum
Comitum
Barcinonenfium
, Nicolai
S
cialis
Res Sicula
, &c. omnia
nunc
primùm
edi
fol. petit
papier
,
Grand papier,
15.1
24. 1
- Ejufdem
Differtationes
tres , cum Notis & A
pendice
actorum
veterum
. in 8 .
3.
Ejufdem Opufcula , nunc primùm in luc
edita. in 8 . 2 .
Vita Paparum Avenionenfium , hoc eft , Hiftor
Pontificum Romanorum qui in Gallia federu
ab anno 1305. ad annum 13.94. fcripta ab aud
ribus coetaneis , cum Notis. in 4. 2. vol. 14. 1
Sancti Agobardi Archiepifcopi Lugdunenfis Oper
necnon Leidradi & Amulonis Archiepifcopor
Lugdunenfium Epiftola & Opufcula „ cum Not
in 8. 2. vol .
Sancti Cafarii Epifcopi Arelatenfis Homilia nu
quam antehac edita , cum Notis. in 8. 1. 1. 10
Marii Mercatoris Opera , cum Notis. in 8. 3.1
Reginonis Abbatis Prumienfis Libri duo de Ecc
fiafticis Difciplinis & Religione Chriſtiana , &
cum Notis. in 8.
2
6.1
4.
Salviani Maffilienfis, & Vincentii Lirinenfis Ope
cum Notis uberioribus . in 8. tertia editio. 3.1
Vita Petri Caftellani Magni Francia Elecnarii
a Petro Gallando fcripta , cam No
1. liv. Io
Mifcellaneorum Libri quinque , hoc eft , Collectio
terum Monumentorum. in 8.5 . vol.
Les volumes fe vendent feparément
Hiftoire'de la Ville de Rouën , in 12. 3.V´
in 8 .
15 .
2
4
rages de feu Mre ARMAND LE BOUTHILLIER:
DE RANCE' , Abbé de la Trappe.
Fe la Sainteté & des Devoirs de la vie monaftique
, avec les éclairciffemens fur les difficulrez
furvenues au fujet de ce Livre , in 4.3.
vol .
Les mêmes in 12. 3. vol .
17. liv.
3. liv.
Les Eclairciffemens
, in 4. feparément
, 6.1.
Les mêmes
in 12. feparément
, 2. liv. 10.f.
Cinq
Chapitres
tirez
du Livre
de la Vie
Mona-
.
ftique
, fçavoir
, de l'Amour
de Dieu
, de la
Priere
, de la Mort
, des Jugemens
de Dieu
,
& de la Componction
, in 12 .
I. liv.
Difcours
de la Pureté
d'intention
, & des moyens
pour
y arriver
, in 12 .
1. liv.10.f
..
Carte
de la Vifite
de M. l'Abbé
de la Trappe
à
l'Abbaie
des Clairets
, avec
une Inftruction
fur
la mort
de Dom
Muce
, in 12.
1. liv.
Inftruction
de S.Dorothée
Pere
de l'Eglife
Grecque
, traduites
du Grec
en François
, avec
la
la Vie
de ce faint
Pere
, in 8.
2. liv. s.f.
nftructions
fur les principaux
fujets
de la Pieté
& de la Morale
Chrêtienne
, in 12. 1.liv.10.f.
Lettres
de Pieté
choifies
& écrites
à differentes
perfonnes
, in 12. 2. vol.
4. liv.
Meditations
fur la Regle
de S. Benoît
, troifiéme
édition
,augmentée
de la veritable
Préparation
.
à la mort
, in 12.
2. liv..
De la veritable
Préparation
à la mort
, in 12. feparément
.
1. liv.
éponses
au Traité
des Etudes
Monaftiques
de
Dom
Jean Mabillon
, in 4 .
6. liv. e Texte de la Regle de S. Benoît, trad. in 12. r.l. Regle de S. Benoît
, traduite
& expliquée
fe- fon veritable
efprit
, in 4.2 . vol . 12. liv .
า
ême in 12. 2. vol 1 :..
Reglemens generaux de l'Abbaïe de la Trappe
in 12. 2. vol.
3. liv . 12.1
Vies des Saints par Ribadeneira , fol . 2. vol . pa
pier fin.
De papier Champy , 2. vol.
15. liv
12.liv
8.1
Relation de la Mort de Dom Abraham Beu
gnier , in 12. brochure.
Relation de quelques circonftances de la Mor
de M. l'Abbé de la Trappe ; in 12. brochu
re , 8.
Traité abregé des Obligations des Chrêtiens
1. liv. 16.1
in 12.
Du R. P. Dom LE NAIN , Soûprieur dé l'Abbai
de la Trappe.
Homelies fur le Prophete Jeremie , in 8. 2
1 vol. 7. liv. 12.
Hiftoire de l'Ordre de Cîteaux , ou Vies de
Saints de cet Ordre , in 12. 9. vol. 16. liv . 4.
De Noffeigneurs du Clergé de France.
Procès verbal de l'Affemblée de 1690. fol . 6.
De l'Affemblée de 1693. & 1695. fol . 10 .
De l'Affemblée de 1701. & 1702. fol. 6 .
Relation des Affemblées de MM . les Prelats po
la condamnation du Livre de M. l'Archev
que de Cambray , in 4. 4. li
Recueil concernant l'établiffement de deux S
minaires dans le Diocefe de Reims , in 4. 6 .
Du R. P. DUBOIS , de l'Oratoire.
Hiftoria Ecclefia Parifienfis , fol . 2. vol . 30. li
Le fecond Tome feparément . 15. li
Du R. P. A MELOTTE , de l'Oratoire..
Le Nouveau Teftament traduit fur la Vale
Du R. P. HARDOUIN , de la Compagnie
de Fefus.
Antirrheticus de Nummis antiquis Coloniarum &
Municipiorum adJoannem Vaillant, in 4. 3. liv.
Sancti Joannis Chryfoftomi Epiftola ad Cafarium
Monachum Grac. & Lat. cum Joannis Harduini
Notis , & Differtatione de Sacramento Altaris,
in 4.
De differens Auteurs .
4. liv.
Compendium Inftitutionum fuftiniani , feu compendiofa
eorum tractatio , in 12. 1. liv.
Coeur affectif de S. François de Sales , tiré de
ce qu'il y a de plus touchant dans fes Ecrits ,
pour la confolation des ames devotes , 'par
M. Gambard , in 12. 1. liv. 12. f..
Diurnale Ciftercienfe ad ufum Fülienfium , rubronigrum
,in 24. maroquin. 3. liv.
Difcours de S. Bernard, compofez à la priere de
fa foeur la Religieufe , où font contenus tous
les principaux points du Chriftianiſme , nouvelle
traduction in 16.. 1. liv . 1o.f.
Exercice Journalier à l'ufage des Religieufes de
la Congregation de N. Dame , in 16. 1. liv.
Maniere de bien entendre la Meffe de Paroiffe,
par Meffire François de Harlay Archevêque
de Rouen , imprimée par l'ordre de feu M.
l'Archevêque de Paris , in 12. 1. liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
in 12.. 15% vol.
43. liv.
Les volumes fe vendent feparément. 3. liv.
Reglement pour le Regiment des Gardes , in
12.
1. liv.
rieres
Chrêtiennes , recueillies
par ordre de
M.
l'Archevêque de Paris , en Latin & en
bien gagner le Jubilé , in 12. troifiéme édi
tion . 2. liv. 10 .
Tradition de l'Eglife fur le Silence Chrêtien &
Monaftique , contre -l'intemperance de la langue
, & les paroles inutiles en general , & en
particulier contre la trop grande frequentation
des Parloirs des Religieufes , par M. Hermant
, in 12 .
1.liv. 16.f.
Traité du Cancer , & des moyens de le guerir,
par M. Alliot , in 12 .
I. liv. 10. f.
Traité des Ecoles Epifcopales , par feu M. Joly,
Chantre & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
in 12. 2. liv.
Vie de la Mere
Eugenie
de Fontaine
, Religieufe
de la Vifitation
, morte
en 1694.
in 12. 1. I.10.f.
De l'Ufage
de celebrer
le Service
divin
en langue
non vulgaire
, par le R. P. Caponnel
Chanoine
Regulier
, in 12.
1. liv. s. 1
Hiftoire
du Concile
de Trente
, par Fra Paolo
in 4 .
8.liv
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel , fol 2. vol.
18.liv
--Les mêmes , in 4. 6. vol. 36.liv
L'Art de Tourner , ou de faire en perfectio
toutes fortes d'ouvrages au Tour : ouvrag
tres-curieux & tres- neceffaire à ceux qui s'
xercent au Tour, Latin & Franç. fol. 15.li
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon , Pa
M. de la Foffe , feconde édition , augmenté
de deux Odes , l'une de Pindare , & l'aut
d'Horace , in 12. 2. liv. 10.
Nouvelle Grammaire Elpagnole , par M. Pe
ger, in 12 .
2. liv. S
Nouvelle Traduction de Juftin , avec des
marques , in 12. 2. vol.
4. liv
intra
Traité de la Nobleffe. par la Roque , 4. 1710.7.1 .
Nouvelle & parfaite Grammaire Françoiſe du
Pere Chifflet , avec un Abregé d'Orthographe,
in 12.
I.liv . 1o.f.
De la Connoiffance de Dieu , par M. Ferrand ,
in 12. 2. liv. 10.f.
Novum Teftamentum Gracum , in 18. 1. liv. 16. f.
L'Efprit de l'Ecriture fainte, in 12.2.vol.3.l.10.f.
Le Comte de Cardonne , in 12. 1. liv . 16. f.
Les Avantures galantes du Chevalier de Thenicourt
, par Madame D. . . in 12. 1. liv. 16. f.
Furteriana , ou les bons mots de M. Furetiere ,
}
in 12.
2. liv.
Traduction nouvelle de Miguel Cervantes ,
in 12.
Biblia facra, in 4.
2. liv.
6. liv .
Amufemens ferieux & comiques , par M. du
Freny , in 12 .
1. liv. 10.f.
Grammaire Allemande , de Perger , in 12. 1. liv .
Effais de Litterature pour la connoiffance des
bons Livres , & Supplement des Effais , in 12.
4. vol .
8. liv.
Le Jeu de l'Hombre
, augmenté
des
Décifions
nouvelles
, & des Regles
fur les Incidens
de
de ce Jeu
, in 12.
1. liv. 10. f.
La Vie de M. de Moliere
, in 12. 2. liv.
Les Memoires
& la Vie de M. de Thou
, 4. Rotterdam
,
S. liv.
Hiftoire
de la Virginie
, contenant
celle
de fon
établiffement
& de fon gouvernement
juf
qu'à
prefent
, les productions
naturelles
du
Païs
, la Religion
, les Loix
& les Coutumes
des Indiens
naturels
, par un Auteur
natif
&
habitant
de ce Païs
-là , in 12. enrichie
de fi
ures
en taille
- douce
,
2. liv. 5. f.
parfaire
des Officiers
de Pouche
1
ures feches & liquides , les Liqueurs , les
Eaux , les Parfums , la Cuifine , à découper
les viandes , & à faire la pâtifferie ; huitiéme
édition , corrigée & augmentée des Pâtes , des
Liqueurs nouvelles , & des nouveaux Ragoûts
qu'on fert aujourd'hui : Avec des modeles
pour dreffer les Services de Table , in
2 liv . 5. T.
12. 1713.
Abregé de la Sainte Bible , en forme de Quef
tions & Réponses familieres , tirées de differens
Auteurs ; divifé en deux parties , l'ancien
& le nouveau Teftament , par le R. P.
Guerad , de la Congregation de faint Maur
feconde édition , in 12. a liv.
Les Delices de l'Italie , contenant une defcription
exacte du Païs , des principales Villes ,
de toutes les Antiquitez , & de toutes les Raretez
qui s'y trouvent ; ouvrage enrichi d'un
tres- grand nombre de figures en taille douce
in 12. 4. vol.
12. liv.
Traité
des Jardinages
, par M. de la Quintinie
,
in 4° . 2 vol.
12 liv.
2 liv.
Le Prince Grec , in 12.
Hiftoire de D. Quixotte, derniere édition , augmentée
d'un volume qui va jufqu'à fa mort ,
in 12. 6 vol. Is liv.
Les Fables de la Fontaine , in 12.5 vol . 1o . liv .
La Princeffe de Cleves , in 12. 2 liv . 10 f
L'Arithmetique de Legendre , nouvelle édition ,
augmentée de la maniere de compter aux Jettons
, in 12. 2 liv. 10 f
Les Oeuvres de S. Evremond , in 12. 7 vol. is liv .
Juvenal , de la traduction du P. Tarteron , j'
2 liv.
12.
Zayde , in 12. 2 vol.
C
Code de la Marine , in 4.
3 liv .
Traité hiftorique des Monnoyes de France , par
M. le Blanc , in 4 · 9
liv.
2 liv.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable
Borgne, par M. le Noble , in 12 .
Traité de la Parole , in 12. brochure ,
3.
8 f.
Lucien d'Ablancourt , nouvelle édition , augmentée
de Notes , in 12. 3 vol. 6 liv.
Numifmata area Imperatorum Auguftorum & Cafarum
in Coloniis , Municipiis & Urbis Jure
Latio donatis , ex omni modulo percuffa , autore
Joanne Eoy-Vaillant , in fol . vol. & 36 liv.
L'Hiftoire reduite à fes principes , dediée à
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , in 12.
2 vol. liv . 10 f.
Contes des Fées , ou les Chevaliers Errans , &
le Genie Familier, par M. D ... in 12. 1 1. 15 f.
D. Guzman d'Alfarache , in 12. 3 vol. 71. 10 f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Ovven , in 12. 1. liv. 10 f.
Virgile , de Martignac , in 12. 3 vol. 6 liv .
Lucrece , de la nature des chofes , avec des remarques
fur les endroits les plus difficiles ,
traduction nouvelle , in 12. 2 vol . 4. 1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteuil , ou veritez hiftoriques ,
compofées du Joueur, du Nouvellifte, du Fi
nancier , du Critique , de l'Inconnu , da Sincere
, du Subtil de l'Hypocrite , & de plufieurs
autres perfonnages de differens caracteres
, in 12. Iliv.5 f.
Les Avantures d'Apollonius de Tyr ,livre rempli
d'évenemens , & écrit dans le même ftile que
Telemaque , par M. le B ... in 12 .
2.
2 liv.
Prince
Eraftus
, fils de l'Empereur
Dioclein
12. 2 liv. 5 f.
:.
avec plufieurs planches nouvelles qui n'ont
point paru dans les précedentes éditions , fe
tout dirigé par un ami de l'Auteur qui a fait
plufieurs voyages avec lui , in 12. 6 vol . 15 liv.
Abregé de Geographie , & de tout ce qu'il y
a de plus remarquable dans chacune des quatre
grandes parties de la Terre , particulierement
dans l'Europe & dans le Royaume de
France le tout mis en ordre pour pouvoir
être appris & retenu facilement par coeur
avec les routes des Poftes de France & d'Ef
pagne, dedié à S.A. S.Monfeigneur le Prince
de Dombes , par M. Poncein , in 12. I liv. s
Les Metamorphofes d'Ovide , traduites par M
,du Ryer, derniere édition , in 12.3 vol . 6 liv
Les mêmes en Rondeaux , avec figures , de
Benferade , imprimées à Bruxelles, in 8. 4 liv
Les Fables d'Efope Phrygien , avec celles de
Philielphe , traduction nouvelle , enrichie d
Difcours moraux & hiftoriques , & de Quadrains
à la fin de chaque difcours , aves figu
res. On a ajouté à cette nouvelle traduction
les Contes d'Efope, lès Fables diverles d'A
brias & d'Avienus, in 12. 2 vol .. 4 liv. 10 f
Les Memoires de la Vie du Comte D ... avant í
retraite , contehans diverfes avantures qu
peuvent fervir d'inftruction à ceux qui ont
vivre dans le grand monde; redigez par M. d
S. Evremont , in 12. 2 vol. 4 liv. 10
Les Memoires de MeffireRoger Rabutin , Comt
de Buffy, in 12. 3 vol.. 7 liv. 10 1
Idem , Ses Lettres , nouv . édit. in 12. 4 vel , 8 1
Hiftoire de France par Mezeray , derniere édit
4. 3 vol.
Idem , in 12. 7 vol.
Les Oeuvres d'Homere , traduites en F
24
12
Quinte- Curce , de la traduct, de M. de Vuagelas,
avec le Latin à côté , 2 vol . in 12. 41. 10f.
Oeuvres d'Horace en Latin & en François , avec
des Remarques critiques & hiftoriques , de M.
Dacier , troifiéme édition , revûë” , corrigée
& augmentée confiderablement par l'Auteur ,
in 12. 10 vol.
20 liv . Hiftoire de France, P. Mareelle, in 12.4 vol . 8 1.
Lexicon Buxtorfi , in 8 . 4 liv. 1 f.
Corpus Furis Canonici , à Petre Pithao , cum appendiceJuris
Canonici ; continens Librum feptimum
Decretalium , & Jo. Pauli Lancelotti inf
titutiones furis Canonici , in fol . 2 vol . 20 liv.
Les Oeuvres de Maître Guy Coquille , Sieur de
17 Romanci , 1703. 2. vol .
13 liv .
ARecueil
de bons
mots
des Anciens
& des Modernes
, in 12.
2 liv.
E
THEATRE DE MESSIEURS
Corneille , in 12. 10 vol . 25 liv. Racine , 2 vol.
6 liv
Campiftron , nouvelle édition , augmentée d'une
Tragedie & d'une Comedie , & ornée de
De la Foffe , avec les Poëfies , 2 vol .
figures ,
Legrand ,
Crébillon ,
Hi Pradon ,
4 liy
s liv.
2 liv. 10 f.
3.
liv.
3 liv.
De la Grange , augmenté d'Ino & Melicerte .
Tragedie , 2 liv. 10 f.
Moliere , 8 vol . nouvelle édition , augmentée
de fa Vie, avec de nouvelles Remarques , 151 .
Dancourt , 8 vol. nouvelle édition , augmentée
de plufieurs Pieces qui n'avoient point été
rimées dans les éditions précedentes , avee
& mufiane se liv
13
2 liv.1of De Hauteroche ,
Palaprat , 2. édition augmentée de plufieurs Comedies
qui n'ont pas encore été imprimées.
& d'un Recueil de Preces en Vers ,
5 liv.
Baron 2.
2 VOL
De Riviere ,
De la Thuillerie ,
Boindin ,
De Champ-mêlé,
De Montfleury , 2 vol .
Bourfault , 2 vol .
De Mademoiſelle Barbier ,
Quinaut ,
3 liv
2 liv . 10
2 liv
2 liv
2 liv.
Sliv
Sliv
2. liv. 10. f.
2. liv . 10. f.
Theatre François , 6. vol. 15. liv.
Theatre Lyrique avec une Preface où l'on traite
du Poëme de l'Opera , & la Réponse à une
Epître Satyrique contre ce fpectacle , par
M. le B. in 12 .
Idomenée .
Hypermnestre.
Pieces feparées.
2.liv.
Atrée.
Electre.
Abfalon .
Rhadamifte & Zenobie .
Cyrus .
Geta.
Les Tyndarydes .
Saül .
Medée.
Herode.
Ino & Melicerte.
Polydore .
La Mort d'Ulyffe.
Tragediese
Le Curieux Impertinent .
Les Agioteurs.
L'Amour Charlatan.
Le Naufrage.
Danaé.
Turcaret.
Crifpin Rival.
Le Jaloux defabufé.
Les Metamorphofes .
L'Amour vangé ..
Efope à la Ville .
Efope à la Cour..
Sancho Panfa Gouverneur..
La Devinereffe .
Comedies..
Les Airs notez des Comedies Françoifes , par
M. Gillier, in 4.
Cantates & Arietes de M. le B: fol .
Le quatrième Livre des Motets de
pra,
Le Mercure Galant ,
Et broché ,
7. liv.
7.liv . to . f.
5. liv..
M. Cam-
1. liv.ro.f..
1. liv. 5. f.
Recueil de Pieces en Vers , adreffées à S. A. S..
Monfeigneur le Duc de Vendôme , & plufieurs
Effais de Poëfies diverſes , par M. de Palaprat
, 1.vol.in 12.
1. liv . 10. f..
Et toutes les autres Pieces de Theatre, tant anciennes¿
que nouvelles
L'Hiftoire de l'Empire , contenant fön origine,
fon progrès , fes revolutions , la forme de
fon gouvernement , fa politique , fes allian
ces ,
fes negociations , & les nouveaux Reglemens
qui ont été faits par les Traitez de
Vveftphalie , & autres : par le Sieur Heill.
Touvelle édition , continuée jufques à preht
& augmentée de plufieurs Remarques.
IS
Mailon Royale de France , des grands Officiers
de la Couronne , & de la Maifon du
Roy ; avec les qualitez , l'origine & le progrès
de leur famille : enfemble les Statuts &
le Catalogue des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre du S. Efprit. Le tou
dreflé fur les Titres originaux , Regiftres des
Chartres du Roy, du Parlement , de la Chambre
des Comptes , & du Châtelet de Paris-
Cartulaires d'Eglifes , Manufcrits & Memoi
moires qui font dans la Bibliotheque du Roy
& autres . Par le P. Anfelme , Auguftin Dé
chauffe . Revue , corrigée & augmentée pa
l'Auteur , & après fon decès continué jufque
à prefent par un de fes amis , 2. vol. in fol
1712.
36. liv
Dictionnaire
d'Agriculture
, contenant
genera
lement
tout
ce qui regarde
le ménage
de la
campagne
, & l'ornement
des Jardins
, & c
in 4. fous
preffe
.
Le Munitionaire des Armées de France , qui en
feigne à fournir les Vivres aux Troupes ave
toute l'oeconomie poffible , par M. Nodo , i
8. I. vol.
3. liv. 10
La Connoiffance parfaite des Chevaux , conte
nant la maniere de les gouverner , nourrir &
entrenir en bon corps , & de les conferver er
fanté dans les voyages ; avec un détail gene
tal de toutes leurs maladies , des fignes & de
caufes d'où elles proviennent , des moyens d
les prévenir , & de les en guerir par des re
medes experimentez depuis long-temps , &
la portée de tout le monde. Joint à une nou
velle Inftruction ſur le Haras ,bien plus é
duë que celles qui ont paru juſques àr
16
chevaux de manege , tirée des meilleurs Auteurs
qui en ont écrit . Le tout enrichi de figures
en taille-douce , in 8. 3. liv . 10. f.
Lettre à M. de ... fur l'origine des anciens Rois
ou Dieux de l'Egypte ; qui explique ce qui a
donné lieu aux -Fables des Dieux de l'Antiqui
té in 12. 1. liv.
2. liv.
La Rivales traveltie , in 12.
Nouveaux Secrets de Medecine pour la guerifon
de toutes fortes de maladies , donnez par une
perfonne charitable, augmentez des Secrets
naturelles de M. Lemery , 2. vol. in 12. liv
BIBLIOTHÈQUE
11
60
SJ
CHANTILLY
7
MERCURE
GALAN T.
JUILLET 1713 .
www
UNI
NC
WAN
NIN
A PARIS ,
M. DCCXIII
Avec Privilege du Roy,
MERCURE
GALANT…
Par le Sieur Du F ***
Mois
de fuillet
1713.
Le prix eft 30. fols relié en veau , &
25. fols , broché.
A PARIS ,
Chez DANIEL JOLLET , au Livre
Royal, au bout du Pont S. Michel
du côté du Palais .
PIERRE RIBOU , à l'Image S. Louis,
fur le Quay des Auguftins.
GILLES LAMESLE , à l'entrée de la rue
du Foin , du côté de la ruë
Saint Jacques.
AvecAprobation,& Privilege du Rei
MERCURE
GALANT.
NOUVELLE GALANTE.
LA JALOUSIE GUERIE
par la jaloufie .
Par M. le Chevalier de P *
N Gentilhomme
fort riche , & qui
n'avoit qu'un fils , avoit
depuis long - temps en-
Fuillet 1713 .
A ij
4 MERCURE
vie de le marier : mais
comme il remarqua dans
ce fils unique une grande
difpofition à la jalou
fie , il craignit de le rendre
malheureux en le
mariant ; il prévoyoit
que fon humeur inquicte
& foupçonneuse pourroit
chagriner une femme,
& que les chagrins
d'une femme retomberoient
fur lui : car il fuffit
en mariage que l'un
des deux foit de mau
GALANT. S
vaife humeur , l'autre le
devient bientôt par contagion.
Ce pere étoit
homme fenfé
, penetrant
; il connoiffoit
dans
fon fils un fond de raifon
& de vertu
, qui lui
faifoit efperer
que dans
un âge plus avancé
il
deviendroit
plus capable
de furmonter
ſes paffions
; & celle de la jaloufie
dont il le croyoit
fufceptible
, n'étoit
pas
de ces jaloufies
noires
A iij
6 MERCURE
qui partent d'un mauvais
coeur : ce n'étoit qu'-
une jaloufie foupçonneufe
, qu'il condamnoit
lui - même , pour peu
qu'il fit reflexion fur
l'injuftice de fes foupçons
. Ainfi par les confeils
de fon pere il ne fe
preffoit point de fe marier
, & fon pere trouva
à propos de laiffer épuifer
la jaloufie de fon fils
fur quelques maîtreffes ,
en attendant qu'il fût
GALANT.
7
affez
raiſonnable pour
rendre une femme heureufe.
Cependant l'amour
, fans confulter la
prudence du pere , s'empara
du fils. Celle qu'-
il aima étoit belle &
d'une naiffance diftin- -
guće : mais il voulut étouffer
fon amour dés
qu'il s'apperçut qu'il avoit
beaucoup de rivaux.
C'étoit une trop
rude épreuve pour lui .
Ilfut quelques jours fans
A iiij
8 MERCURE
aller chez la Marquife
de P ... ( C'étoit ainfi
que s'appelloit cette jeune
perfonne , veuve d'un
Marquis tué à la guerre
, qui n'avoit été fon
mari que pendant un hiver,
& qui l'avoit laiffée
avec trés - pey de bien . )
Cette Marquife commençoit
à aimer nôtre
jeune jaloux , & s'étoit
déja apperçuë de fon
foible. Elle fit fes efforts
pour l'oublier , quoique
GALANT .
ce fût un parti qui lui
faifoit fa fortune ; car
elle craignoit de s'enga
ger avec un jaloux . Elle
tâcha donc de fe confoler
de fon abfence avec
fes rivaux , & refolut
fermement de choisir entr'eux
un époux qui pût
la tirer de fon indigence
: mais ce fut en vain
qu'elle voulut s'attacher
à d'autres qu'à l'amant
jaloux , c'étoit le feul défaut
qu'elle lui trouvoit
10 MERCURE
fa paffion pour lui augmentoit
de jour en jour :
en un mot elle prit fon
parti pour le faire revenir
chez elle , & trouva
plufieurs pretextes pour
congedier tous ceux qui
la recherchoient en mariage
.
Cependant l'amour du
Cavalier avoit encore
augmenté par la violence
qu'il s'étoit faite pour
ne point voir la Marquife
; & fon pere , qui
GALANT . 17
le voyoit accablé de chagrin
, avoit exigé de lui
une entiere confidence .
Ils vivoient enſemble
comme deux veritables
amis ; ce pere de bon fens
s'étoit plus attaché à ſe
faire aimer de fon fils ,
qu'à s'en faire craindre ,
& avoit enfin sequis fur
lui , à force de bons procedez
, cette confiance
que les enfans ont fi rarement
en leurs peres.
Celui - ci s'informa d'a12
MERCURE
bord à fond du caractere
de la Marquife , & fitôt
qu'il fut bien perfuadé
de fa vertu & de fon
bon efprit, il ne fut point
rebuté par fa pauvreté ;
il confeilla à fon fils de
s'attacher à elle , & d'examiner
exactement fi
la jaloufie qu'il avoit
conçûë étoit bien fondée.
On s'informa , on
examina , & l'amant jaloux
ayant appris que
tous les rivaux étoient
GALANT. 13
écartez , fe flata qu'il
pouvoit avoir quelque
part à ce changement . Il
retourna chez elle , &
dés ce jour - là ils furent
fi contens l'un de l'autre
, qu'en moins d'un
mois leur mariage fut
refolu , & le pere , qui fe
lia d'amitié avec la Marquife
, y donna fon confentement
avec plaifir.
Cependant il dit en particulier
à fon fils qu'il
lui confeilloit de fufpen14
MERCURE
dre encore le contrat
pendant quelques mois ;
& que quoi qu'il blâmât
ordinairement fon foible
fur la jalousie , il
croyoit qu'en cette occafion
la prudence vouloit
qu'il obfervât pendant
quelque temps la
conduite d'une perſonne
qui avoit reçû tant de
declarations d'amour ;
qu'il la croyoit trés-vertucuſe
: mais que fi elle
l'étoit , elle le feroit enGALANT.
15
core dans fix mois ; qu'en
un mot on ne riſqueroit
rien à differer . Le fils
donna de bon coeur dans
fon foible . En effet ils
trouverent d'honnêtes
pretextes
pour differer
de jour en jour un mariage
que la Marquife
enviſageoit comme le
plus grand bonheur qui
lui pût arriver . Le Cavalier
amoureux paffoit
les jours entiers chez
elle , lors qu'il furvint
16 MERCURE
A
une affaire qui l'obligea
d'accompagner fon pere.
dans un petit voyage de
huit jours. La feparation
des amans fut tendre ,
& la Marquife paffa fort
triftement le temps de
cette petite abſence : mais
la joye du retour la dédommagea,
& fon amant
revint fi paffionné , qu'à
leur entrevue il refta une
heure entiere fans pouvoir
parler , fes regards
fixez fur ce qu'il aimoit .
Aprés
GALANT . 17
Aprés les premiers tranfports
, il jetta les yeux
fur un miroir magnifique
, & fut fort furpris
de voir ce nouveau meuble
à la Marquife , qui
n'étoit pas affez riche
pour s'en donner de pareils.
Pendant qu'il le regardoit
fixement , la Marquife
fourioit , en lui
ferrant tendrement les
mains. Mon cher époux,
lui difoit - elle , jerezvous
auſſigalant aprés le
Juillet 1713.
B
18 MERCURE
contrat , que vous l'avez
été pendant vôtre abfence
? Cette corbeille de dentelles,
qui m'eft venuē avec
ce miroir & ces autres bijoux
, choifis d'ungoût exquis...
Moy un miroir ,
interrompit brufquement
le jaloux tout étourdi
! moy des dentelles
! moy des bijoux ! Ah
Ciel qu'entens- je ! Cette
furpriſe qu'il témoigna
en caufa une fi grande à
La Marquiſe , qu'elle refGALANT
. 19
ta muette & immobile ;
car ceux qui avoient apporté
ces prefens chez
elle avoient affecté un
air myfterieux , & elle
n'avoit point douté que
ce ne fuſt une galanterie
de fon amant : mais il
prit la choſe ſur un ton
qui la détrompa dans le
moment. Elle fe troubla
enfuite fur quelques petits
reproches que lui fit
ce tendre amant , qui
pour cette fois ne put
Bij
20 MERCURE
avoir pourtant aucun
foupçon que la Marquife
n'y euft pas été trompée
elle-même. Elle jura qu'-
elle tâcheroit de découvrir
de quelle part lui
venoient ces preſens, &
qu'elle les renverroit au
plutôt .
Nôtre amant ne laiſſa
pas d'être fort inquiet
fur l'avanture , dont il
fit confidence à fon pere
, qui le raffura , étant
perfuadé de la vertu de
a
GALANT . 21
la Marquife. Elle crut
avoir trouvé occafion dés
le lendemain de s'éclaircir
fur la galanterie qu'-
on lui avoit faite .
Un Huiffier vint chez
elle de la part de quelques
marchands d'étoffes
à qui elle devoit deux.
mille francs,& cet Huiffier
, fans refpecter fa
qualité ni fa beauté , lui
demanda permiffion d'executer
fes meubles ; &
fans vouloir lui donner
22 MERCURE
une heure de répit , en
commença l'inventaire .
On ne sçauroit exprimer
la confternation de la
Marquife : elle étoit prê
te à tomber évanoüic au
milieu de ſes gens , qui
étoient auffi accablez
qu'elle de la vifion des
Sergens , lorfque l'Huiffier
confiderant
le miroir
, & examinant
les
bijoux qui étoient fur la
table , s'écria : Ab qu'al
lois -je faire , Madame ?
GALANT . 23
ter
je reconnois ces nipes , &
j'ai même aidé à les acheauGentilhomme
le plus
genereux & le plus amoureux
qui foit en France ;
homme à qui j'ai même
obligation de ma fortune.
Quoy c'étoit donc à vous ,
Madame , à qui il les def
tinoit ? Ah que je vais
bien faire ma cour à cet
amant , non feulement en
ne faififfant point ces marques
de fon amour , mais
en facrifiant à l'adorable
24 MERCURE
perfonne qu'il aime les
memoires & procedures
dont je fuis porteur. Tenez,
Madame , tenez ,
continua- t - il , en montrant
à la Marquife les
memoires arreftez & les
Sentences obtenues , voila
comment je fçai fervir
mes amis amoureux , &
fur- tout quand ils le font
d'une perfonne auffi charmante
que vous l'êtes.
Aprés un difcours déja
trop galant pour un
HuifGALANT.
25
P
Huiffier , il acheva de
prouver qu'il ne l'étoit
pas , en déchirant tous
les memoires de la Marquife
, & lui difant qu'à
coup fûr l'amant qui avoit
fait preſent du refte
feroit ravi d'acquitter
ces memoires pour elle .
Jugez de l'étonnement
où fut la Marquiſe du
procedé de ce faux Huiffier
, & du tour que l'amant
genereux avoit
pris pour lui faire pre-
Pre-
Juillet 1713.
26 MERCURE
fent de deux cent piftoles.
Dés qu'elle eut repris
fes efprits , & qu'
elle fe fut remiſe de l'effroy
qu'elle avoit eu en
voyant executer ſes meu
bles , elle ne fongea plus
qu'à s'informer du nom
de cet
l'Huiffier
continua
d'en
amant : mais
faire myftere , & dit
feulement certains mots
équivoques , par où la
Marquife crut être ſeure
que c'étoit fon amant
GALANT. 27
époux lui - même qui
lui avoit joué ce fecond
tour. Il arriva chez
elle un peu aprés que
l'Huiffier en fut forti ;
& l'éclairciffement qu'-
ils eurent enfemble fut
tel , que l'amant en fut
penetré de jalousie , & la
Marquife accablée de
douleur. Cependant la
bonne foy de cette amante
étoit viſible ; car elle
avoit appris elle- même
l'avanture à fon amant.
Cij
28 MERCURE
C'eſt à quoy fon pere lui
fit faire attention ; car il
couroit à lui dés qu'il avoit
quelque fujet de.
plainte contre la Marquife
: & ce pere auſſi
froid, auffi tranquile que
fon fils étoit bouillant &
agité , lui repreſentoit
que les apparences les
vrai-femblables é- plus
toient fouvent trompeufes
; que tout mari fenfé
devoit s'accoûtumer
à
ne rien croire de tout ce
GALANT . 29
qui pouvoit lui donner
de l'ombrage
; qu'il faloit
d'abord approfondir
de fang froid , feulement
pour connoître la verité
, & non pour s'en fâcher
; qu'il y a de la folie
à fe chagriner d'avance
; & qu'en cas même
que les foupçons d'un
mari fe trouvaſſent bien
fondez , il faloit en prévenir
les fuites , fans fe
chagriner du paffé , où
l'on ne peut plus reme-
C iij
30 MERCURE
dier. Mais , lui repliquoit
vivement fon fils
à de pareils difcours ,
mais , mon pere , il eft encore
temps de rompre les
engagemens que nous avons
avec la Marquife ;
ainfi je n'ai pas tort d'être
jaloux. On a toûjours
tort d'être jaloux , lui difoit
le pere : mais on n'a
pas tort d'être prudent ;
approfondiffez la ainfi
conduite de la Marqui
fe , je ne m'y oppoſe pas :
t
GALANT:
31
mais apprenez pour vô
tre repos à douter des
chofes qui vous paroiffent
les plus certaines ;
car je fuis perfuadé que
la Marquife eft innocente
des galanteries qu'on
lui fait ; & vous devez
croire que c'eft quelque
amant qu'elle a maltraité
, & qui veut s'en vanger
en vous donnant de
la jaloufie. Continuez
donc de voir une perfonne
fi aimable , & de
C iiij
32 MERCURE .
concert avec elle tâchez
de découvrir quel eft l'amant
qui commence à
niper vôtre époufe , &
às payer fes dettes .
Avec de pareils difcours
le pere remettoit
le calme dans l'efprit du
fils , qui avoit
heur encore plus de rai
fon que de difpofition à
la jaloufic . Il continua
de voir affidûment la
Marquife , à qui le rival
inconnu fit encore d'aupar
bonGALANT.
33
tres tours auffi finguliers
que les precedens . Un
jour la Marquise pria le
peré & le fils à fouper à
une maison de
campagne
qu'elle avoit proche
de Paris elle leur dit
d'y mener quelqu'un de
leurs amis , & qu'elle y
meneroit quelque amie
intime , pour pouvoir
raffembler fept ou huit
perfonnes , nombre defirable
pour fe bien réjoüir
, & qu'on ne doit
34 MERCURE
jamais exceder quand on
hait la cohue. Le pere
promit d'y aller , à condition
que la Marquife
ne lui donneroit qu'un
petit ſouper propre & de
bon goût , parce qu'il
n'aimoit point les cadeaux
.
Elle lui promit ce
qu'il exigea d'elle , & refolut
de lui tenir parole :
mais elle fut bien furprife
le foir en arrivant
chez elle avec fa com'
GALANT .
35
pagnie , d'y trouver un
fouper fuperbe , voluptueux
& galant . Elle demande
au concierge raifon
de ce qu'elle yoyoit.
Il lui dit bas à l'oreille :
Madame , on m'a recommandé
le fecret : mais
je crois que c'est celui que
vous devez épouſer qui
vous fait cette galanterie.
Ne dites mot ; car il prepare
encore dans la maifon
voisine une mafcarade
où il fe déguifera ,
36 MERCURE
je vous le montrerai
alors, afin que vous ayiez
le plaifir de le reconnoître.
La Marquife
perfuadée
de ce que lui difoit
fon concierge
, prit
un air de gayeté & d'enjoûment
, qui joint à la
magnificence du fouper ,
fit grand plaisir à la compagnie
. Tout le monde
fe réjouiffoit à table, excepté
le jeune jaloux ,
qui ne pouvoit s'imaginer
que la Marquife cuft
GALANT . 37
difpofé & fait les frais
d'un pareil repas fans l'aide
de quelqu'un
. Il étoit
trop rebattu des galanteries
de l'amant inconnu
, pour ne pas croire
qu'il euft encore part à
celle - ci . Cependant
la
gayeté de la Marquiſe
lui ôtoit tout foupçon
;
car il l'avoit veuë inquiete
& chagrine à l'oc
cafion des galanteries
precedentes
; il ne fçavoit
que penfer de cel38
MERCURE
le- ci. Il entra dans une
rêverie profonde , & ne
mangea point de tout le
repas . Sitôt que la Marquife
s'en apperçut , elle
ceffa de croire qu'il fuft
l'ordonnateur de la fête ;
ce qui la rendit auffi chagrine
que lui . Le repas
finit par une ferenade ,
où l'on mêla une Cantate
fur les amans heu- ·
reux & les maris jaloux .
Ces deux fujets firent
une alternative de muGALANT
. 39
fique douce , tendre &
galante , dans le goût
François , & de mufique
Italienne propre à exprimer
la bigcarrerie des
jaloux auffi fit - elle fon
effet ; nôtre amant époux
penfa éclater au milieu
de l'affemblée. On vit
entrer enfuite dans le
jardin , qu'on avoit éclairé
par des illuminations ,
une troupe de gens mafquez.
Le concierge les
voyant entrer , courut
40 MERCURE
dire à la
Marquife que fi
elle vouloit il alloit lui
faire voir celui qui donnoit
cette fefte galante.
La Marquife troublée ,
hors d'elle - mefme , hazarda
tout pour connoî
tre celui qui lui enfonçoit
le poignard dans le
fein : elle fuivit brufquement
fon concierge
dans une allée moins éclairée
que les autres
& dans le moment un
des mafques fe détacha
,
GALANT. 41
1
cha , & vint joindre la
Marquife. On n'a point
fçu ce qui fut dit dans
cette entrevue. Quelqu'un
prit le moment
pour la faire remarquer
au fils jaloux . Il la fit
remarquer
auffitôt à fon
pere , qui commençant
à donner le tort à la Marquife
, fut emmené par
fon fils . Ils fortirent tous
deux fans parler à cette
infidelle , & refolurent
de ne la voir jamais . Ce
Fuillet 1713.
D
42 MERCURE
qui penfa la faire mou
rir de douleur ; car le
lant maſqué ne lui donna
aucun éclairciffe
ga
ment & aprés l'avoir
amufée autant qu'il faloit
pour la faire foupçonner
, & lorfque pouffée
à bout , elle voulut ,
aidée de fon concierge
& d'une femme de chambre
, contraindre le galant
à fe faire connoître
, elle trouva fous le
mafque une femme, qui
GALANT .
43
lui rit au nez , & s'enfuit
, en lui laiffant dans
la main un billet qui
contenoit ces vers.
Alle dormir tranquilement
,
Vous connoîrez demain
celui qui vous tourmente
D'une maniere figalante:
Croyez qu'il ne veut point
vous êter vôtre
amant ,
Il voudrait le guerir con-
Dij
44 MERCURE
tre la jalousie s
D'un vieux mauvais
plaifant c'est une fantaifie
,
Qui peut être fage en un
fens.
Marquife , repreneZ_vos
fens;
A prefent , il eft vrai ,
Votre amant vous
foupçonne :
Mais files foupçons qu'
on lui donne
Le rendent fans retour
reellement jaloux ,
GALANT. 45
Vous ne devez jamais
l'accepter pour époux.
Ces vers énigmatiques
embarafferent fort
la Marquife , au lieu de
la tranquilifer. Elle paffa
la nuit à fa maifon de
campagne : mais dés le
lendemain matin elle retourna
à Paris , dans la
refolution de fe juftifier
auprés de fon amant .
Elle le conjura par un
billet de la venir voir ,
46 MERCURE
& fon pere y confentit ,
pourveu qu'il n'y allât
que fur le foir ; car , lui
dit - il , il vouloit eftre
prefent à cette entrevuë.
3
On écrivit à la Marquiſe
qu'on iroit dans la
journée , & dans le moment
le pere reçut en
preſence du fils un billet
, qu'il lut fans vouloir
le montrer à fon
fils. Cependant
voyant
que ce myſtere lui donGALANT
. 47
noit trop d'inquietude ,
il lui avoua que c'étoit
un avis que lui donnoit
la femme de chambre
de la Marquife , qu'il
avoit gagnée à force d'argent
; & cette femme de
chambre lui mandoit
que l'amant inconnu devoit
venir le foir à neuf
heures voir fa maîtreffe.
Le pere enfuite dit qu'-
aprés un pareil avis ,
qu'il croyoit trés - certain
, il ne faloit point
48 MERCURE
aller chez la Marquife.
Cela dit , il laiffa fon fils
dans un chagrin mortel ,
& fortit pour aller fouper
en ville. Le fils outré
de jalousie refolut ,
fans le dire à fon pere ,
d'aller fecrètement chez
la Marquife . Il y alla
avant l'heure du rendezvous
; & donnant encore
trente piftoles à la
femme de chambre , il
la pria de le mettre en
lieu où il pût furprendre
celui
GALANT.
49
celui que la Marquiſe
attendoit. La femme de
chambre lui fit
promettre
qu'il ne feroit aucun
éclat , du moins dans la
maifon de la Marquife ;
ce qu'il lui promit.
Peu de temps aprés , à
la lueur d'une bougie
que la femme de chambre
tenoit en fa main , il
entrevit un homme envelopé
dans un manteau
, qui montoit chez
la Marquife , & qui fe
Juillet 1713 .
E
MERCURE
cacha dans un petit paffage
, dés qu'il s'apperçut
qu'on l'avoit vu .
Nôtre jaloux tranſporté
de fureur courut à l'homme
à
manteau , à qui il
dit tout ce que la rage
peut faire dire à un homme
fage ; & il finit par
lui dire que s'il avoit du
coeur il devoit fe faire
connoître à lui , afin que
dans la rencontre il pût
tirer raifon d'un rival
qui le ménageoit fi peu .
GALANT.
L'autre lui répondit à
voix baffe & de fang
froid qu'il ne faloit pas
foupçonner legerément
une femme auffi vertueufe
que la Marquife ;
qu'il s'offroit à la juftifier
dans fon efprit ; &
qu'en lui faifant voir
que les apparences les
plus vraisemblables peuvent
eftre fans fondement
, il lui rendroit du
moins le fervice de le
corriger pour le refte de
Eij
32
MERCURE
fa vie de la facilité qu'il
avoit à fe chagriner ſans
fujet. Nôtre amant penfa
perdre patience, quand
il entendit moralifer fon
rival , qui dans l'inftant
appella la femme de
chambre , difant qu'il
vouloit pourtant ſe faire
connoître , & qu'il ne
refufoit point de fe battre
contre un rival of
fenfé Lalumiere
parut :
quel fur l'étonnement du
fils , en reconnoiffant fon
GALANT.
33
pere ! C'étoit ce pere qui,
de concert avec le concierge
& la femme de
chambre de la Marquife
, avoit crû lui rendre
ſervice , en pouffant à
bout la jaloufie d'un fils ,
f galant homme d'ailleurs.
Il continua de lui
faire des remontrances
fi touchantes , qu'il lui
fit prendre la fage refolution
de ne rien croire
mefme de tout ce qu'on
peut voir ; c'eft à dire ,
E iij
34
MERCURE
quand on s'eft une fois
pour
tout
affuré
de la
veitu d'une femme avant
que de l'épouſer , on ſeroit
imprudent de la
prendre fans l'examiner
: mais fitôt qu'on l'a
époufée , plus d'examen ,
ou du moins il la faut
croire fidelle tout le plus
long- temps qu'on peut.
GALANT.
44
ENIGM E.
Par Monfieur le D ...
Je commence à brillerdans
lafaifon nouvelle ,
Suivant de fort prés l'hirondelle.
Vous
peintres me
voyant
blanc , bleu , vert ,
violet ; 1
Vous quifçavez l'effet du
mélange en peinture ,
Apprenez-moy pourquoy,
vermeil de ma nature
,
E iiij
36
MERCURE
Le gris - de - fer me rend
jaune , noir , blanc
de lait ;
Enfuite un furtout noir
finit ma deftinée ,
Quand fepulture
donnée.
m'est
A de mauvais plaifans
j'inspire le bon mot ;
Pour les faire railler je
fuis leur vrai balot :
Mais , raillerie à part ,
je pique les gens
chiches ,
Fagis avec douceur plûtôt
GALANT $ 7.
fur les
gens
riches ;
Avec force j'agis fur les
plus pareffeux,
Tant-pis pour eux.
DEVISES.
La Province de Bourgogne
ayant coûtume de
faire fraper des jettons tous
les trois ans , a prefque toûjours
rempli le revers d'emblêmes
ou de devifes , dont
les unes rendoient témoi
gnage de fon zele pour le
fervice du Roy , les autres
faifoient connoître l'avan$
8
MERCURE
tage que cette Province
recevoit
de la protection
de
Tilluftre
Maiſon de Condé :
enfin quelques - unes par
des allegories ingenieuſes
marquant
les principaux
évenemens arrivez dans le
Royaume pendant la triennalité
, il ne peut rien arriver
de plus confiderable à
cette Province , que l'entrée
de Son Alteffe Serenilime
pour la premiere
fois dans fon Gouvernement
, d'autant plus remarquable
, que Monseigneur
le Duc eft le cinquiéme
GALANT.
59
Prince de pere en fils qui
a eu cette place .
C'eft ce qui a donné l'idée
d'en fraper une medaille
à deux revers. Dans
l'un le Prince paroîtra à
cheval , vêtu à la Romaine,
fans étriers , couronné de
laurier , fuivi de gardes à
pied , & faifant fon entrée
dans la Capitale de la Province
, avec ce mot dans
l'exergue :
Adventus.
Et pour legende :
Burgundis felicia facla
propagat.
60
MERCURE
Dans l'autre revers le bonheur
public y fera reprefenté
par quatre petits enfans
qui defigneront les
quatre faifons. Le Printemps
portera des fleurs ,
l'Efté une faucille , l'Automne
des fruits & un lievre,
& l'Hyver tiendra d'une
main un inftrument
pour
prendre des oiſeaux , & de
l'autre les oifeaux qu'il a
pris.
Pour legende :
Condiades quintus genus alta
à fanguine Regum.
Et dans l'exergue :
GALANT.
Burgundia
Comitia.
Burgundis felicia facla
propagat.
Condiades genus alto à
Sanguine Regum.
Le 10. Juin 1713. les De
putez des Etats de Bourgo
gne , qui font M. l'Abbé de
Roquette pour le Clergé,
le Marquis de Laffé pour
la Nobleffe , & M. de la Forêt
, Maire de Montbart ,
pour le tiers état , eurent
audience du Roy , étant prefentez
par Son Alteffe Sereniffime
Monfeigneur lé
62 MERCURE
Duc , Gouverneur de la
Province , & par Monfieur
le Marquis de la Vrilliere ,
Miniftre & Secretaire d'Eétant
conduits par
Monfieur le Marquis de
Dreux , grand Maître des
tat ;
Ceremonies , & par Monfieur
Defgranges Maître
des Ceremonies ; & l'Abbé
Roquette porta la parole.
Il y a plufieurs mariages
de confideration
dont on n'a point parle
ce mois- ci , parce qu'on
n'a pas eu le loifir de
GALANT.
63
s'informer des circonftances
neceffaires ; on
en parlera dans le mois
prochain.
ENIGMES.
Le mot de la premiere
Enigme c'eft la
Chandelle. Il faut remarquer
que le mot de chandelle
convenoit anciennement
auffi- bien aux
ciergès qu'à la chandelle
de fuif.
64 MERCURE
Parodie .
Lorfque d'humaine fubftance
,
Id eft de graiffe humaine
on me forme le corps
On dit que les forciers
avec moy font bien
forts ;
Le loup-garou fuis ma
prefence ,
La meche , ou fil ourdi
du cierge fait l'effence ;
Car fans lui fon corps
abattu
N'auGALANT.
65
N'auroit pas la haute
vertu
Qui fait qu'avec refpect
le peuple le contemple.
Il eft femelle au bal , #
cierge mâle au
temple :
L'aconome l'enferme un
temps dans fa
maison ;
Car le proverbe dit , Suif
gardé fait foifon .
Il lui donne la vie en l'otant
de prifon.
*
Fuillet
1713 .
F
66 MERCURE
Tant que je brûle on me
mutile
,
Excepté quand je fers la
ville ;
La tête chaude & le pied
froid,
En baubeche je fuis
chaußé fort à l'étroit.
Quand cierge fe promene
avecfes camarades ,
Le timide bourgeois a de
triftes aubades :
Mais fouvent il rit bien
au fpectacle où nous
pend
GALANT.
67
Dans un luftre celui qui
nous monte & defcend
:
Là nous mourons de ce
dernier fupplice ,
Pour avoir au public
rendu trop de fervice.
Parodie de la feconde
Enigme , dont le mot
eft arbre.
Un arbre réuffit fans édu
cation ;
Fij
68
MERCURE
A l'élever pourtant maint
homme oifif s'empreſſe
,
Lorfque du jardinage il
a la paffion.
On l'enchaîne dansfa jeuneffe:
Lorfque d'un compagnon
autre arbre jeune
& mort
La perche jointe à l'arbre
en double la figure ,
A l'aide de la perche arbre
prend haut l'ef
fort.
GALANT. 60
Quoy qu'un lien d'ofier
le mette à la torture
,
Il vit e ne refpire pas
Un arbre mis au feu
brille aprés fon trépas ;
Aprés avoir brilléfa carriere
eft finie ,
Serviteur à la compagnie.
Quoy qu'un arbre ait bon
pied , bon oeil ,
Souvent par la cognée
il est mis au cercueil.
70
MERCURE
ENIGM E.
Fhabite une folide & vivante
maison ;
Lors qu'on m'a tiré de
prifon ,
Gens qu'on appelle oififs
me mettent à la
chaine.
Le fer qui m'a percé le
flanc
Ne me fçauroit tirer de
Jang,
Quoique le fangfous moy
GALANT. 71
coule en plus d'une
veine.
'Mon oeil brûlant & mon
teint vif
M'attireroient l'amour
d'un Corfaire, d'un
Fuif.
Lorfque de deux beaux
yeux tu vois couler
des larmes
,
Amant , fouviens- toy de
mes charmes.
Mais s'en fouvienne qui
voudra ,
Quelque mauvais Poëte
72 MERCURE
au moins s'en forviendra.
DONS DU ROY.
Le Roy a nommé l'Evê
que de Tournay à l'Archevêché
de Toulouſe.
L'Evêque de Riez à l'Archevêché
d'Auch.
On a promis pour le
mois prochain des inemoires
fur ces familles.
MARIA
GALANT. 75
MARIAGES.
Le courier qui portoit les
diſpenſes des mariages de
M. le Duc avec Mademoifelle
de Conti , & de M. le
Prince de Conti avec Mademoiſelle
de Bourbon , arriva
de Rome à Versailles le
4. Juillet , à dix heures du
matin. Sa Majefté declara
fur le foir qu'on feroit les
fiançailles le 8. à fix heures
du foir , & les mariages le
9. à onze heures & demie
du matin . Le Samedi au foir
G
Fuillet 1713.
74 MERCURE
M. le Duc de Berry & Madame
la Ducheffe de Berry
, tous les Princes & Princeffes
y vinrent vêtus magnifiquement.
Le Roy portoit
ce jour- là un habit de
pluye d'or , M. le Duc de
Berry en portoit un de
pluye d'argent . Madame la
Ducheffe de Berry avoit un
habit d'une étoffe d'or tout
parfemé de perles & de diamans
, & fa coëfure en étoit
toute remplie , Sa Majeſté
lui ayant envoyé le 6. toutes
les pierreries de la Couronne
pour s'en parer ; &
GALANT.
75
4
l'on affure qu'elle en portoit
pour plus de dix - huit
millions . M. le Duc & M. le
Prince de Conti portoient
un habit & un manteau d'é.
toffe d'or ; Mademoiſelle
de
Bourbon & Mademoiſelle
de Conti avoient des habits
d'étoffe d'or , avec une
mante de la même étoffe
dont les queues étoient portées
par Mademoiſelle
de
Charolois
& Mademoiſelle
de la
Rocheſuryon, & quan .
tité d'agraffes
de diamans ;
leurs coëfures en étoient
toutes brillantes. La cere-
Gij
76 MERCURE
monie fut faite dans le ca
binet du Roy par M. le Cardinal
de Rohan grand Au
mônier, enprefence du Curé
de Verſailles. Le lendemain
9. à onze heures trois
quarts , M. leDuc de Berry
fe rendit au cabinet du Roy,
revêtu d'un habit d'étoffe
d'argent , enfuite Madame
la Ducheffe de Berry , dont
l'habit , qui étoit auſſi d'étoffe
d'argent , & la coefure
ébloüiffoient les yeux par
le grand nombre de diamans
dont ils étoient remplis.
Son colier & fes penGALANT.
77
deloques étoient d'un prix
ineftimable ; fa jupe étoit
couverte d'un point d'Ef
pagne d'argent. Les fiancez
étoient habillez de même
que le jour precedent : mais
les habits des fiancées é.
toient d'étoffe d'argent , de
même que ceux des autres
Princes & Princeffes du
fang. M. le Duc de Berry
avoit la Toifon d'or & la
Croix du Saint Efprit , toutes
couvertes de diamans ,
il en avoit un d'une groffeur
prodigieufe au chapeau.
M. le Duc d'Orleans
Giij
78 MERCURE
étoit trés magnifique ; Madame
la Ducheffe d'Or
leans avoit une coëfure de
trés- bon goût , toute parfe
mée de diamans trés-brillans
, de même que fon habit
& fes pendeloques de
grand prix. Les habits de
tous les Princes & Princeffes
du Sang , auffi -bien que
ceux de tous les Seigneurs
& Dames de la Cour , répondoient
à la magnificen
ce de ceux dont je viens de
vous faire le détail. Le Roy,
accompagné de tous les
Princes & Princeſſes du
GALANT.
79
Sang , traverfa la galerie &
tous les appartemens , qui
étoient remplis d'une infinité
de perfonnes qui s'y
étoient renduës de Paris :
& étant arrivé à la Chapelle
, aprés avoir fait fa priere
fur fon prie- Dieu , il alla auprés
du marchepied de l'autel
, où les fiancez & fiancées
étoient à genoux fur
des carreaux de velours ,
M. le Duc étant à la droite
avec la Princeſſe fon époufe
, & M. le Prince de Conti
à la gauche avec la Prin
ceffe fon épouſe. M. le Car-
G iiij
80 MERCURE
dinal , qui étoit affis avec
la mitre & la croſſe , commença
la ceremonie , pendant
laquelle Sa Majeſté demeura
debout , & à la fin
Elle ſe remit fur fon prie-
Dieu , ayant au- devant fur
la droite M. l'Abbé d'Entragues,
M. l'Abbé de Choiſeul
, M. l'Abbé de Maulevrier
, M. l'Abbé du Cambout
, tous quatre fes Aumôniers
; fur la gauche étoient
M. le Cardinal Gual
tieri , M. le Cardinal de Polignac
, & quatre Evêques,
tous en camail & en ro-
:
GALANT.
81
chet ; un peu au -deffous du
Roy, fur la droite M. le Duc
de Berry étoit à genoux fur
un carreau de velours,ayant
à fon côté M. l'Abbé Berard
, un de ſes Aumôniers
.
Immediatement
aprés le
Roy fur la gauche Madame
la Ducheffe.de
Berry
étoit à genoux fur un carreau
de velours , ayant
fon côté M. l'Abbé de Caftres
& M. l'Abbé Rouget ,
tous deux ſes Aumôniers
.
Au- deffous de M. le Duc
de Berry étoit M. le Duc
d'Orleans
, ayant à ſon côté
82 MERCURE
M. l'Abbé de Treffan & M.
l'Abbé Malet , tous deux
fes Aumôniers . Madame la
Ducheffe d'Orleans venoit
à fon côté
enfuite ,
ayant
M.
l'Abbé
Geneft
, un de
fes
Aumôniers
. Tous
les
Princes
& Princeffes
du
Sang
étoient
placez
enfuite
, chacun
felon
fon rang
,
excepté
Madame
, qui étoit
en haut
dans
la tribune
. A
droite
& à gauche
derriere
les
Princes
étoient
placez
tous
les Seigneurs
& Dames
de la Cour
. A la fin de
la Meffe
le grand
Maître
GALANT . 83
des
Ceremonies porta le
regiftre fur le prie Dieu ; le
Roy figna , enfuite M. le
Duc de Berry , Madame la
Ducheffe de Berry , Madame
la Princeffe , Madala
Ducheffe , M. le Duc &
Madame la Ducheffe fon
époule , Madame la Princeffe
de Conti , M. le Prince
de Conti & Madame la
Princeffe de Conti fon épouſe
. Tous ces Princes fe
rendirent le même foir à
dix heures dans l'antichambre
du Roy , où fe fit la
noce fur une table en long
84
MERCURE
de vingt trois couverts . Le
Roy étoit placé tout ſeul au
bout de la table , ayant à ſa
droite M. le Duc de Berry ,
à fa gauche Madame la Duchefſe
de Berry , & enfuite
Madame , M. le Duc d'Orleans
, Madame la Ducheffe
d'Orleans, M. le Duc
de Chartres , qui ne s'étoit
pas trouvé à la ceremonie
du mariage , Madame la
Princeffe , Madame la Ducheffe
, M. le Duc & Madame
la Ducheffe de Bourbon
, M. le Comte de Charolois
, Mademoiſelle ' de
GALANT. 85
Charolois , Mademoiſelle
de Clermont , Madame la
Princeffe de Conti , M. le
Prince de Conti & Madame
la Princeffe de Conti ,
Mademoiſelle de la Rochefuryon
, M. le Duc du Maine
, Madame la Ducheffe
du Maine , M. le Prince de
Dombes , M. le Comte d'Eu ,
M. le Comte de Toulouſe ,
tous placez chacun ſelon
fon rang . A la fin du foupé
on entra dans le cabinet du
Roy , d'où l'on reffortit peu
aprés pour aller chez Madame
la Princeffe , qui a86
MERCURE
voit fait preparer deux appartemens
pour les nouveaux
mariez . Le Roy donna
la chemiſe aux deux
Princes , & Madame la Ducheffe
de Berry aux deux
Princeffes. Le lendemain le
Roy , M. le Dauphin , M. lė
Duc de Berry , Madame la
Ducheffe de Berry , tous les
Princes , Princeffes , Seigneurs
& Dames de la Cour
rendirent vifite aux nouveaux
mariez. Les deux
Princeffes reçûrent toutes
les vifites habillées , coëfées
, & affiles fur leur lit ,
GALANT. 87
ayant derriere des carreaux.
Le 11. elles rendirent
leurs vifites . Madame la
Ducheffe fit preſent à ſa brû
d'une bourſe dans laquelle
il y avoit vingt mille livres
en or , & d'une corbeille où
il y avoit en rubans ou autres
bijoux pour quarante
mille livres ; Madame la
Princeffe de Conti donna à
fa brû une boëte d'or , dans
laquelle il y avoit des pendeloques
eftimées dix mille
écus.
Le Roy a donné cent
cinquante mille livres à
88 MERCURE
chacun des deux Princes , &
cent mille livres à chacune des
deux Princeſſes.
On ouroit de dire que M. le
Duc, Madame la Ducheffe , M.
le Prince de Conti , Madame la
Princeffe de Conti allerent à
l'offrande , tenant chacun un
cierge à la main , & à chaque
cierge il y avoit 25. louis d'or.
Commeje me fuis engagé
de ne dóner aucunes loüanges
de moy- même aux pieces
de merite, je me contenterai
de vous dire que les
vers fuivans ont eu beaucoup
de fuccés . Je
laiffe aux perfonnes qui ont
du
GALANT. 89
du goût pour la Poëſic , à juger
de la valeur de cet ouvrage
, pzimombo , qui
a été lû avec bien des agré
mens
pour
l'auteur.
A LEURS ALTESSES
Sereniffimes Mg¹ LE DUC
& M LA DUCHESSE.
EPITA LAME.
I Lluftres rejettons des Heros
de la France ,
Le Ciel vous refervoit cette digne
alliance ;
Coeurs formez l'un pour l'autre,
auffi tendres que neufs ,
De vôtre amour l'hymen vient
Juillet 1713.
H
GO MERCURE
de ferrer les noeuds ,
Et de tant de vertus le brillant
affemblage
N'auroit pas de mon zele en ce
jour quelque hommage ?
Aux applaudiffemens d'un auffi
noble choix ,
Mufe , dans cette fête entremêle
ta voix ;
Signale tes tranfports , en chantant
l'hymenée
De ces jeunes amans qu'unit
cette journée .
PRINCE , dont la bonté fait
tant d'honneur au rang ,
Que la valeur diftingue encor
plus que le fang ;
Vous , de qui la ſageſſe a parû
dés l'enfance ,
Et dans qui le fçavoir égale la
naiflance ,
GALANT.
91
Quel bonheur pour vos feux
que tout a fecondé
De trouver dans CONTI le
fang du grand CONDE ' ,
Et de revoir en vous tous les
traits de vos Peres ,
Même efprit , même coeur , &
mêmes caracteres ?
Quel fecours , Couple augufte,
& quelle gloire un jour
L'Etat n'attend- il point des
fruits de vôtre amour ?
Vive image d'un pere élû Roy
par merite ,
Fille du grand CONTI , des
grands Hommes l'élite ,
Vous , que la pieté , la raiſon
la douceur
Elevent plus cent fois que toute
autre grandeur ,
Pour le foûtien des lys dans la
Hij
92
MERCURE
paix , dans la
guerre ,
Hâtez vous de donner des Heros
à la terre ,
Qui jaloux du beau fang dont
ils feront fortis ,
Faffent revivre en eux les
CONDE'S , les CONTIS .
Pour vous , époux charmans ,
puiffent les deftinées
Filer un fiecle entier de riantes
années !
De tout le monde aimez , de
vous feuls amoureux ,
Puiffiez - vous ne paffer que
momens heureux !
des
Que, pour rendre durable une
union fi belle ,
L'un à l'autre toûjours foit conquête
nouvelle !
Que les ris , que les jeux s'empreffent
tour à tour
GALANT.
93
PRINCE , avec les plaifirs
groffir vôtre cour !
Mais fur le Rhin déja j'entrevois
la victoire
Qui la palme à la main vous
appelle à la gloire.
Allez par vôtre exemple échauffer
nos guerriers ,
Chargé de myrte , allez moiffonner
des lauriers.
S. A. S. Mgr le Duc , marié le
9. Juillet 1713. partit le 14. du
même mois pour l'armée.
Cette piece fut prefentée à
Leurs Alteffes
Sereniffimes.
Mgr le Duc & Me la Ducheffe
, le lendemain de la celebration
de leur mariage,qui
94
MERCURE
la reçûrent trés - gracieuſement
des mains de celui qui
l'a compofée. Elle eſt de la
façon de la même perfonne
qui prefenta à feu Mgr le
Duc de Bourgogne,lorfqu'-
il revenoit de fa conquête
de Brifac , l'Epître qui plut
fi fort aux connoiffeurs. Cet
Epitalame a eu trop
fite , pour taire le nom de
l'auteur , qui eft M. Martineau
, Seigneur de Solleyne
en Bourgogne , fils de M.
Martineau , Prefident à Auxerre.
de reüfGALANT.
95
Nouvelles
d'Angleterre.
La Reine a donné au Duc
d'Ormond le
gouvernement
des 5. Ports , qui eſt
un des plus confiderables
du Royaume , que poffedoit
ci- devant le Comte de Dorfet.
La
Lieutenace a été donnée
à
Milord
Ashburnam ,
gendre du Duc d'Ormond.
Le
Chevalier Henry Bellaffis
a été fait
Gouverneur
de la ville de Bervvick fur
les
frontieres d'Ecoffe . La
Chambre en grand comité
a refolu
d'accorder 83281.liv.
96 MERCURE
fterlin pour l'entretien des
gardes & des garniſons de
la grande Bretagne ; 29095 .
liv. pour la garniſon de Minorque
; 18771. liv. pour la
garniſon de Gibraltar; 38964.
pour celle de Dunkerque; &
9300. liv . pour ce qui eft dû
aux troupes de Saxe- Gotha.
On a prefenté une adreffe
à la Reine , pour la prier de
faire communiquer à la
Chambre une eſtimation
des fommes neceffaires
pour donner la demi- paye
aux Officiers de terre qui
ont été reformez.
La
GALANT.
97
La Chambre a ordonné
de dreffer un projet d'acte
pour donner pouvoir aux
Commiffaires chargez de
faire conftruire cinquante
nouvelles Eglifes , d'acheter
du terrain pour les Eglifes
, pour les cemetieres , &
pour les maiſons des Mi
niftres.
Le 28. May les Communes
lûrent un projet d'acte
pour lever cette année les
milices , & elles refolurent
de preſenter une adreffe à
la Reine , pour la prier de
leur faire communiquer
Juillet 1713 .
I
98 MERCURE
une eſtimation de la demipaye
qui doit être donnée
aux Officiers & aux Chapelains
de l'artillerie qui
ont fervi en Flandres , en
Eſpagne & ailleurs ; aprés
quoy
la Chambre
en
grand comité
travailla
aux
moyens
de lever le ſubſide ,
& il fut refolu de mettre
une impofition
de deux
fchelins
par aune fur les
toiles à faire des voiles , qui
feront aportées
durant ſept
ans des pays étrangers
; &
qu'au contraire
on diminuëra
un fchelin par aune
GALANT. 99
fur les mêmes toiles fabriquées
dans le Royaume , &
qui feront tranfportées aux
pays étrangers ; qu'on fera
la même grace aux tabacs
gâtez dans les magaſins.
Les lettres d'Edimbourg
du 30. Juin portent qu'il y
a eu un grand tumulte , à
caufe que les Officiers de
la Douane avoient confif
qué des marchandiſes qu'-
on faifoit entrer en fraude.
La populace fe foûleva, enfonça
les portes de la Douane
, jetta deux des Officiers
dans la riviere , qui ne fu-
I ij
100 MERCURE
rent pas noyez , & enleva
les marchandiſes . Le Commandant
du château fut
obligé d'envoyer un detachement
de la garnifon
pour appaiſer ce defordre.
Nouvelles d'Espagne.
Le Roy a fait Brigadier
de fes armées Don Francifco
Bruno de Cano , Colonel
du regiment d'infanterie
d'Oftende , en confideration
des fervices qu'il
a rendus aux Pays - Bas , furtout
au blocus de Girone ,
GALANT. ΤΟΙ
où il s'eft fort diftingué.
Les recrues & la remonte
de la cavalerie font ache
vées , & tous les magaſins
de la frontiere font remplis
: neanmoins le Roy a
fait donner quatre cent
mille écus aux Munition .
naires , de l'argent qui lui
eft venu des Indes , afin que
les troupes foient abondamment
pourvûës de toutes
les chofes neceffaires .
Sa Majesté a nommé
cinq Officiers de Robe, tous
Catalans , pour regler le
gouvernement
politique
I iij
102 MERCURE
de la Catalogne , avec ordre
d'accorder à cette Principauté
tous les privileges
qui ne porteront point de
prejudice à fa Souveraineté.
On croit qu'ils feront
reglez fur le pied des
Royaumes d'Arragon & de
Valence.
Les lettres de Catalogne
du 19 Juin portent que l'ef
cadre Angloife étoit revenuë
de Port Mahon, où elle
étoit
retournée pour y
charger des provifions, pendant
que le Vice- Amiral
Jennings , qui étoit reſté à
GALANT.
103
Barcelone , prenoit avec le
Comte de Staremberg des.
mefures pour l'embarquement
des troupes Allemandes
; que le Marquis de Ceva
Grimaldi , Commiffaire
general pour l'évacuation
de la Catalogne , avoit reçû
une lettre du Comte de Staremberg
, qui lui marquoit
que s'il vouloit fe rendre le
13. à Cervera , il y trouveroit
un Commiffaire Alleman
, qu'il avoit nommé
pour regler avec lui la fortie
des troupes de l'Archiduc
, & qu'on croit qu'on
I iiij
104
MERCURE
fera avancer l'armée du
Roy pour couvrir leur embarquement
, & empêcher
qu'elles ne foient infultées
par les Catalans , qui font
irritez de leur départ ; que
les Officiers Allemans étoient
obligez de vendre la
plupart de leurs équipages ,
à cauſe qu'ils manquoient
de vaiffeaux de transport
pour les embarquer tous .
Les dernieres lettres de
Catalogne portent que le
Marquis de Ceva Grimaldi
& Don Franciſco Pineda ,
qui ont été nommez ComGALANT.
103
miffaires pour regler l'évacuation
de la Catalogne , &
y aflifter , s'étoient affem .
blez à Cervera avec les
Commiffaires nommez par
le General Staremberg ;
du Roy
que les
troupes
s'affembloient
pour
prendre
poffeffion
de cette Principauté
: mais que l'évacuation
étoit
retardée , parce
qu'il n'y avoit pas un nombre
fuffifant
de bâtimens
de
charge
pour
tranſporter
toutes
les troupes
Allemandes
; qu'une
partie de ceux
qu'on avoit fretez
en Italie
106 MERCURE
refufoient de partir, à moins
qu'on ne leur payât d'avance
ce qui leur a été promis.
On écrit de Girone que
le Sieur de Maleden , Commandant
de Cadaquez
ayant apperçu quatre galiotes
Majorquines failant
route vers le Cap de Creus,
jugea qu'elles viendroient
fe mettre à l'abri de la petite
Ifle Fredofa , pour enlever
huit barques chargées
de farine qui alloient à Rofes
, prit cinquante grenadiers
du regiment Suiffe de
GALANT. 107
Caſtelas , & alla ſe mettre
en embuscade dans cette
Ifle. Deux galiotes , l'une
montée de quatre - vingtdix
hommes , & l'autre de
feize , entrerent dans le
port , les autres les fuivant :
mais ayant été découvert ,
il fut contraint de charger
les deux premieres , qui
aprés avoir foûtenu un
grand feu , furent obligées
de fe rendre , aprés avoir
eu quinze hommes tuez ,
plufieurs bleffez , & foixante
& quinze faits prifonniers.
108 MERCURE
Nouvelles d'Utrecht.
Les ambaffadeurs d'Ef
pagne continuent leurs
conferences avec ceux de
la Reine de la grande Bretagne
, de Portugal , &
des Etats Generaux. On
efpere que les deux traitez
feront conclus dans
peu & fignez. Le traité
avec la Grande Bretagne
doit être inceffamment
conclu . Il eſt ſurvenu quelques
difficultez touchant
celui de Portugal , qui
GALANT. 109
ont obligé les Plenipotentiaires
à envoyer des
couriers à Madrid & à Lif
bonne.
Le Baron Carg & le Baron
de Malknecht , Minif
tres des Electeurs de Cologne
& de Baviere , font partis
d'Utrecht
pour
aller
retrouver
leurs maîtres , aprés
avoir terminé ce qui
regardoit les interêts de ces
Princes avec cette Répu
blique.
On mande de Cologne
que les troupes de Vvirtemberg
, qui confiftent en
ΓΙΟ MERCURE
un regiment de cavalerie
& trois d'infanterie , devoient
arriver le premier
Juillet prés de Cologne
avec deux regimens d'infanterie
de Munſter & un
de Holſtein
- Gottorp
, pour
marcher vers l'Empire
; que
les fix regimens de cavalerie
& les huit d'infanterie
du Duc de Hanover campoient
encore prés de Limbourg
fur le Lahn ; que les
troupes Saxonnes qui viennent
des Pays Bas , compofées
d'un regiment de
cavalerie , de deux de draGALANT.
III
1
gons , & de fept bataillons ,
avoient paffé le Rhin à
Mulheim & à Cologne le
29. Juin ; qu'on ne fçavoit
pas fi elles remonteroient
vers le haut Rhin , parce
qu'on affuroit que leur General
avoit reçû ordre de
les faire marcher vers la Saxe
; que les troupes de
Pruffe étoient vers Nuys ,
dans le bas Electorat de
Cologne , & que celles de
Munſter & de Heffe - Caffel
n'étoient pas encore en
mouvement : de forte que
l'armée de l'Empire ne
112 MERCURE
pourra pas être fitôt aſſemblée
.
On mande de Gand qu'il
a eu un grand tumulte ,
à caufe d'un foldat Anglois
qui fut au nom de fes camarades
demander une
fomme qu'on leur retenoit
pour leurs tentes au General
Sabine , qui le fit arrêter
& mettre entre les mains
du Prevôt. Le bruit s'étant
répandu qu'il alloit être
executé , plus de mille foldats
s'attrouperent la nuit
du 22. au 23. de Juin , délivrerent
le prifonnier , élûrent
GALANT. 113
rent un grenadier pour General
, & fe retrancherent
fi bien derriere un pont ,
où ils mirent trois pieces de
canon , qu'on fut obligé de
leur accorder une amniftie
generale , & leur promettre
l'argent qu'ils demandoient
; & ainfi le tumulte
ceffa.
Nouvelles de l'armée..
M
Le Maréchal de Villars
ayant reglé avec le Maréchal
de Befons & le Sieur
de Vallory l'attaque de
Füillet 1713 .
K
1
114 MERCURE
1
il
Landau , & le jour de l'ou
verture de la tranchée ,
fit élever un retranchement
d'onze cent toiſes , pour occuper
la fortie du pont de
Philiſbourg . Le Comte de
Broglio fut détaché pour
aller du côté de Vvorms
avec vingt eſcadrons , ramaffer
les grains des campagnes
voifines de Mayence
: il étoit foûtenu par le
Marquis d'Alegre , qui campoit
avec cent efcadrons
dans la plaine de Frankendal.
C
Le Comte de Coigny
GALANT
LIS
gardoit avec un corps de
troupes les bords du Rhin
depuis le camp jufqu'à Yochenum
, & le Comte du
Bourg avec un autre corps
jufqu'au Fort Louis. Le Maréchal
de Villars a laiffé en
Alface vers Brifac plufieurs
bataillons & efcadrons ,
pour s'opposer au corps que
les ennemis ont dans la Forêt
noire .
Le Sieur de Dillon Lieutenant
general fut détaché
pour aller attaquer la ville
& le château de Keiferlautern
, qui fe rendirent le 24.
Kij
116 MERCURE
Juin . La garniſon fut faite
prifonniere de guerre , au
nombre de cent fantaffins
ou huffars , avec un Colonel
& quarante Officiers ,
qui furent conduits à Châlons
. On y a trouvé huit canons
& deux mortiers
beaucoup de munitions &
de vivres. Le Sieur de faint
Pierre , Brigadier d'infanterie
, & Lieutenant Colonel
du regiment de faint
Valier , y a été dangereuſement
bleffé. Aprés la prife
de Keiferlautern le Sieur
Dillon détacha le Baron de
GALANT. 717
Sandraski , Brigadier d'armée
, commandant le regiment
de Courcillon , avec
trois cent chevaux , pour
aller inveftir le château de
Vvolfſtein , & fommer le
Commandant de fe rendre ;
ce qu'il refufa , à moins qu'il
ne fût attaqué dans les formes.
Le Sieur Dillon en étant
averti , y envoya fix
compagnies de grenadiers,
avec deux mortiers & deux
canons. Sitôt qu'on eut tiré
trente volées de canon , ils
fe rendirent prifonniers de
guerre au nombre de cent
hommes.
118 MERCURE
Le 25. le Maréchal de
Villars alla vifiter le fiege
de l'ouvrage à corne qui
couvre le paffage du pont
volant de Manheim
, que
le Comte d'Albergotty
,
Lieutenant general , attaquoit
par fon ordre . Ce
pofte eft trés - fort , ayant
deux foffez pleins d'eau , &
communication par leRhin
avec les ennemis .
Le Maréchal de Befons
fit faire la nuit du 24. au 25.
Juin l'ouverture de la tranchée
devant Landau par le
Comte du Bourg LieuteGALANT.
119
T
nant general , & le Marquis
de Mimeure Maréchal de
camp , avec les regimens
de Navarre , de Saillant ,
de Sourches , & de Dillon.
Elle fut ouverte à la droite
de l'ouvrage à corne de la
porte de France, & fut pouf
fée à la demi- portée de fufil
des premiers ouvrages
de la place. Nous n'y avons
perdu qu'un grenadier , les
affiegez ne nous ayant apperçus
qu'à la pointe du
jour.
Le 25.
au foir la tranchée
fut relevée par le Marquis
120 MERCURE
de Silly avec les regimens
de la Marine , de la Chenelaye
, de Medoc , & du
Royal -Baviere .
Le 26. par le Marquis de
faint Fremont & le Chevalier
de Broglio , avec les regimens
d'Orleans , de Tallard
, de Vermandois , & de
faint Ange.
Le 27. par les Marquis de
Hautefort & de Grancey ,
avec les regimens de Brof
fe , d'Alface , & de Chartres.
Les affiegez firent une
fortie le 12. de ce mois ; ils
furent
GALANT . 121
furent repouffez jufqu'à
leur contrefcarpe par les
regimens de Navarre &
d'Auxerrois , avec perte de
part & d'autre . Le Marquis
de Biron , qui avoit
monté la tranchée ce jourlà
, eut le bras gauche caſ
fé. Le Sieur Jacquier , Brigadier
d'Ingenieurs , fut
bleffé à la tête d'un éclat de
bombe ; le Sieur le Camus ,
Ingenieur de Brilac
fut
auffi bleffé dangereufement.
Les lettres de l'armée du
4. portent qu'on avoit pouf
Fuillet 1713.
122 MERCURE
fé les approches jufqu'à
quarante toiles du premier
ouvrage avancé du côté de
la Juſtice , qui eft une redoute
en forme de tenailles
, revêtuë à douze pieds
de hauteur , ayant une gorge
fermée d'un mur crenelé
, avec un chemin couvert
& une communication
avec la ville , défendu des
deux côtez par des parapets
; & qu'on avoit pouffe
une parallele de quatre
cinq cent toifes , fortifiée
au milieu d'une groſſe redoute.
à
GALANT . 123
Eftat des troupes qui font
dans Landau.
BATAILLONS.
Palatin.
Naffau ,
Chomberne ,
I.
1.
Mayence,
Goler ,
Franconie,
Darmftat ,
2 .
Anhalt , 2.
De Heffe.
Anſpach ,
I.
Imperiaux.
Gombertein ,
Lij
124 MERCURE
Dornay ,
De Bens ,
Total. 12. bataillons.
Et 3. eſcadrons d'Huffars ,
& une compagnie franche
de cavalerie .
IMPROMPTU..
Par M. de S ***.
DE toutes les b autez
1
qu'amour tient fous
fa loy,
En eft-il une egale à toy?
GALANT. 125
Peut- être : mais du moins
je
croy
Qu'en ce qui m'aflaté tu
n'as point defeconde ;
C'eft que tu plais à tout
le monde ,
Et que tu n'asjamais voulu
plaire qu'à moy.
REPONSE.
Si tu veux que je te réponde
En quatre mots de bonne
foy,
Liij
126 MERCURE
Tu ne penfes pas comme
moy,
Je voudrois plaire à tout
le
monde ,
Pour être plus digne de
toy.
Cet Impromptu & ſa
réponſe peuvent donner
mariere à une differtation
galante , & tenir
lieu d'une premiere quef
tion pour le Mercure.
GALANT . 127
Seconde queftion fur le
même fujet.
Un amant peut-il être
delicat fans être jaloux ?
Troifiéme queſtion
morale.
: Si le pauvre
peut être
aufi beureux
que le riche
, à vertu égale.
Quatrième question .
Si la raison peut veri-
Liiij
128 MERCURE
tablement être maitreffe
de l'amour.
On a envoyé ces quef
tions , & on en redemande
par plufieurs lettres
anonimes. Voudroit
- on réveiller l'auteur
du Mercure ? Cela
fera difficile , car il dort
volontairement. Il fau
dra voir fi la paix generale
pourra lui donner
des correfpondances &
des fecours proportionGALANT
. 129
nez à fon zele & à ſa vanité
; car il est bien las de
voir courir fous fon nom
des Mercures imparfaits
où il a fi peu de part.
Je prie ceux qui m'ont
donné ces questions de
m'envoyer promtement
les réponſes ; ils peuvent
les avoir toutes faites , &
doivent être moins pareffeux
que les autres ,
puis qu'ils aiment ces
fortes d'amufemens dans
le Mercure.
130
MERCURE
MARIAGES.
M. le Duc d'Olonne a
Juillet Ma- épousé le
demoifelle
de Barbefieux
,
fille de M. de Barbefieux
Miniftre & Secretaire d'E
tat , & de Loüife Catherine
de Cruffo !, fille d'Emanuel
de Cruffol , Duc d'Uſez , fa
premiere femme , foeur de
M. le Duc d'Ufez d'aujourd'hui
, & de M. le Comte
d'Ulez . Cette Dame eſt petite-
fille de M. le Marquis
de Louvois , qui étoit fils
GALANT. 131
de M. le Chancelier le Tellier.
Cette famille a donné
à l'Etat des perfonnes de
diftinction dans ce minif
tere ; comme ont été M. le
Chancelier, M. de Louvois ,
M. l'Archevêque de Reims,
& M. de Barbefieux . Toutes
ces perfonnes font connuës
de tout le monde , &
il n'eft pas neceffaire de fai
re l'éloge de chacun en particulier
; il fuffit de dire que
pendant leur vie ils ont rempli
leurs devoirs dans le miniftere
que le Roy, leur a
confié.
132 MERCURE
Quant à M. le Duc d'Of
lonne,il fe nomme Charles
Paul - Sigifmond de Mont
morency - Luxembourg
Comte fouverain de Luffe
fils de Meffire Paul - Sigif
mond de
Montmorency-
Luxembourg, Duc de Châtillon
, & de Dame Marie-
Anne de la Tremoille,Mar
quife de Royan, d'Olonne ,
& c. & quoique l'on le nomme
Duc d'Olonne , il eft cependant
Duc de Châtillon ,
par la ceffion que M. fon
pere a faite en faveur
de ce mariage , le Roy
GALANT. 133
lui ayant accordé un brevet
qui lui conſerve les hon .
neurs de Duc ; & le nom
qu'il a pris de Duc d'Olonne
, eft feulement une diſ
tinction pour connoître le
pere d'avec le fils . Je ne vous
dirai rien fur la maifon de
M. le Duc d'Olonne , étant
de la maifon de Montmorency
, qui nous a donné de
fi grands hommes & tant
de grands Officiers de la
Couronne je dirai feulement
que M. le Duc de
Châtillon fon pere eft frere
de M. le Duc de Luxem-
:
134 MERCURE
bourg, Gouverneur de Nor
mandie , & Lieutenant general
des armées du Roy ;
de M. le Prince de Tingry ,
Gouverneur de Valencien
nes , & auſſi Lieutenant general
des armées du Roy ;
& de Madame la Princeffe
de Neufchâtel : tous enfans
de feu M. le Maréchal Duc
de Luxembourg. Et la raifon
pour laquelle je ne m'étens
point fur la maiſon de
Montmorency , c'eſt que
j'en ai parlé dans le mois de
Decembre 1711. trés -ampleen
parlant du mament
GALANT. 135
riage de M. le Prince de
Tingry avec Mademoiſelle
de Harlay , où je renvoye le
lecteur , n'en pouvant rien
dire davantage
, tant pour
leurs illuftrations leurs
alliances , & les fervices
que cette maiſon a rendus
à l'Etat.
M. le Marquis de Caumont
, frere de M. le Duc
de la Force , vient d'époufer
Mademoiſelle de la Frette.
Ce Seigneur eſt d'une
trés - grande & ancienne
maifon de Guyenne , con136
MERCURE
nuë depuis plus de 800. ans,
alliée à tout ce qu'il y a de
grandes maifons , & qui ont
paru dans les occafions de
confequence dans les guerres
avec les Comtes de Toulouſe
pour les Rois de Françe
contre les Anglois . Guillaume
Raymond , Seigneur
de Caumont , eut guerre en
fon nom en 1344. contre
Bernard Sire d'Albret. Les
fervices de Jacques Nompar
de Caumont , Duc de
la Force , Pair & Maréchal
de France , & ceux d'Armand
Nompar de Caumont
GALANT .
137
mont fon fils , auffi Duc de
la Force , Pair & Maréchal
de France , feront toûjours
regardez avec veneration ;
& ce fut en confideration
des fervices de Jacques
Nompar de Caumont , que
le Roy Louis XIII . érigea
en Duché les terres de Madiran
& de Muffidan en
Duché - Pairie fous le nom
de la Force en 1637. auquel
fucceda Armand Nompar
de Caumont fon fils , le
quel étant mort fans pdf erité
maſculine , la Duché a
paffé dans la branche de
Juilles 1713.
M
138 MERCURE
Henry Nompar de Caumont
, Marquis de Caſtel
nau , fon frere , dont le petit-
fils Jacques Nompar de
Caumont fut Duc de la
Force , & reçû Pair en Parlement
le 10. Février 1678.
De lui & de Dame Sufanne
de Beringhen eft forti M.
le Duc de la Force , qui a
épouſé en 1698. Mademoifelle
de Romelet , fille de
weffire Jean Reuzelin de
Romelet , Preſident à mortier
du Parlement deRouën,
& de Dame Renée Boutil
lier de Chavigny ; & M. le
GALANT. €139
Marquis de Caumont , qui
vient d'époufer Mademoifelle
de la Frette.
AMMORT.
Le 4. de ce mois M. de
Sainctor , âgé de 81. an, mourut
en cette ville , fort regretté
pour fon merite , fa
vertu & la pieté , qui lui
avoient acquis une eſtime
univerfelle. Il avoit été cidevant
ur aître des Ceremonies
de France , & enfuite
Introducteur des Ambaffadeurs.
Dans l'une & l'au
Mij
140 MERCURE
tre de ces Charges il s'étoit
diftingué par fon applica
tion & fon fçavoir. Il étoit
dans les Ceremonies dés
avant le Sacre du Roy , &
il avoit fuccedé à fon pere
& àun de fes grands- oncles
à la Charge de Maître des
Céremonies.
Il paroît par des actes de
foy & hommage rendus à
Paris à la Chambre des
Comptes , pour des terres
confiderables
que fes ancêtres
avoient en Champagne
, que dés le temps de
Charles V I. fes ancêtres
GALANT. 148
avoient des Charges principales
& diftinguées dans
la Maiſon des Rois . Ils les
ont fucceffivement
l'un à
l'autre confervées juſqu'à
Henry ſecond. Quelque
temps aprés ces Meffieurs
font rentrez à la Cour au
fervice des Rois .
Suite du Calendrier hiftorique
, contenant parordre de
datte les évenemens lesplus.
remarquables arrivezdans
tous les Etats & Empires
du monde pendant l'année
Be 1712. l'extrait du prononcé
142 MERCURE
des Edits , Declarations
Arrêts publiez dans la même
année. Avec une table
alphabetique des matieres ,
& un catalogue des livres
imprime en France depuis
commencement de l'année
1713, In 8° . A Paris , chez
Delaunay , ruë faint Jacques,
à la ville de Rome ;
Prudhomme, au cinquiéme
Pilier de la Grand
Salle du Palais , à la Bonne
- Foy couronnée ;
Rondet, ruë de la Harpe,
à la Longue Allée .
Ce livre , qui vient de pa
&
GALANT. 143
roître au commencement
de Juillet , eft la fuite de
l'ouvrage que j'ai déja annoncé
au mois de Decembre
dernier , & dont on doit
attendre un volume tous les
fix mois .
Madame la Comteße
d'Entragues , que l'on connoiffoit
auparavant fous
le nom de Madame de
Pringy , vient de regaler
le public d'une petite piece
toute enjouée & trés-divertiẞante
,fous le titre de
La Loterie , Fefte ga144
MERCURE
fante. Tous les autres ouvrages
de cette Damefont
affez comprendre par l'ap
probation qu'ils ont eue ,
que cette Piece ne peut
manquer d'être bien reçûë.
Il feroit à fouhaiter
que les Dames d'un tel
merite , & qu'en annonce
avec tant de plaifir
, envoyaffent quelque
nouveauté de leur
façon , pour rendre l'annonce
de leurs ouvrages
plus agreable au public.
GALANT . 145
DISSERTATION
aftronomique.
LE fieur Touraine Pref
tre Curé de Margency prés
Montmorency, Dioceſe de
Paris , a donné au public
un Livre intitulé Inftructions
du Calendrier univerfel &
perpetuel , imprimé à Paris
en 1705. Il croit avoir montré
par ce Traité avec évidence
que Meton avoit raifon
, & que les Aftronomes
pofterieurs , tant ceux
qui ont eftabli le Calendrier
de Jules Cefar , que
Juillet 1713 .
N
146 MERCURE
ceux qui l'ont reformé en
1582. fe font également
trompez dans le jugement
de la correfpondance qui
eft entre les mouvemens
du Soleil & de la Lune , Son
zele pour les Regles de l'Eglife
luy a fait enviſager
avec une douleur fenfible
les effets de cette erreur
par rapport à la celebration
de la Pafque & de
toutes les Festes mobiles ,
mefme par rapport du feptiéme
jour ; & il a pensé que
pour faire profiter le talent
qui luy a cfté confié d'enGALANT.
147
haut, il ne devoit pas ceffer,
malgré les contradictions
exposées au public & à ſes
fuperieurs , l'importante
verité qu'il a découverte ,
dont les confequences feroient
fi avantageuſes pour
l'exécution des intentions
de l'Eglife .
Entre les Sçavans qui fe
font oppoſez au fyfteme de
l'Auteur , les uns ont traité
fa doctrine avec mépris ,
les autres l'ont examinée
de bonne foy pour l'intereft
de la verité. Entre plufieurs
de cette derniere ef-
Nij
148 MERCURE
pece il eft honorable pour
Auteur de compter Mr
Caffini , qui a bien voulu
luy propofer pour épreuve
de ce nouveau fifteme trois
Eclipfes arrivées , l'une le
19. Mars de l'an 121. avant
Jefus Chrift , l'autre le
Janvier de l'an du falut
753. & la troifiéme le 22 .
Juin 1694 .
- 9.
" L'Auteur a fi heureuſement
déterminé par ſa methode
le temps moyen de
ces Eclypfes , quoi qu'arri
vées à une fi grande diſtance
les unes des autres ,
GALANT : 149
7
qu'il fembloit qu'on ne
pouvoit plus luy oppofer
de legitimes contradic
tions : mais la neceffité du
calcul l'ayant engagé de
montrer qu'outre la refor
mation Gregorienne de
1582. il y a preuve qu'il s'en
eftoit fait une autre dans
quelqu'un des ficcles précedens
, quoy qu'elle n'air
efté déterminée ny parles
Papes , ny par les Empeny
mefme qu'elle
reurs
ait eſté remarquée par aucun
Hiſtorien , en forte qu'-
il ne s'en trouve ny trace
Niij
150 MERCURE
ny memoire humaine. Cette
propofition luy a attiré
une foule de nouveaux
contradicteurs
, qui ont
creu que l'honneur de l'hiftoire
& de la chronologic
eftoit intereffé par l'Autheur
, & qui ont pris dans
fa propofition mefme des
moyens
pour affeurer le
calcul commun des Aftronomes
, qui détermine que
235. mois lunaires défail
lent d'environ deux heures
de dix - neuf années folaires
, au lieu que l'ancien
Meton & le nouveau fur
GALANT . IS !
fon principe démontrent
qu'ils font parfaitement égaux
, & que les erreurs du
Calendrier Gregorien
ne
viennent que de l'inégalité
que les reformateurs y
ont voulu fuppofer.
Le fieur Curé de Margency
a montré dans fon
ouvrage principal par les
propres paroles de Mr
Caffini que les Peres du
Concile.de Nicée , & les
Aftronomes Egyptiens qu'
ils chargerent de la conf
truction d'un cicle Pafchal,
eftoient perfuadez de cette
N iiij
¹² MERCURE
égalité , mais qu'ils ignoroient
encore la veritable
durée en jours naturels de
la periode folaire annuelle,
puifqu'ils fuppofoient qu'-
en 400 ans Juliens elle
n'excedoit que d'un jour ,
au lieu de quoy l'anticipation
des Equinoxes obligea
les Reformateus de 15821
de décider que dans le mef
me eſpace de 400. ans elle
excedoit de trois jours entiers
; c'est une verité qui
n'eſt pas conteſtée aujour
d'huy: mais on en conteſte
la conſequence la plusſenGALANT.
153
fible , qui eft que puifque
le Calendrier Julien a commencé
45. ans avant l'Ere
devoient
du falut , & qu'il s'enfuit
qu'au temps de la reformation
il s'eftoit paflé 1627.
ans , c'eft - à - dire plus de
quatre fois 4oo. ans , les
Reformateurs
pour reftablir l'Equinoxe
au temps où il fe trouvoit
Pan 4. avant Jefus Chrift
retrancher douze jours de
l'année. Cependant il eſt
notoire qu'ils n'en ofterent
que dix. L'Auteur a done
pû dire avec un legitime
154 MERCURE
fondement qu'avant cette
reformation il s'en eftoit
fait une autre , & qu'elle a
efté fuppofée par les Aftronomes
employez par Gre
goire XIII.
L'on auroit pû repliquer
à l'Auteur que la reformation
Gregorienne n'a point
eu pour objet le reftabliffement
des Equinoxes aux
jours où elles eftoient fous
Jules Cefar , mais à celuy
où elles eftoient au temps
du Concile de Nicée 370 .
ans aprés. Ce n'eſt pas cependant
le chemin que l'on
GALANT. 155
a pris ; on a mieux aimé
luy objecter , que s'il eftoit
vray qu'il y euft eu une
reformation
ou un retranchement
de quatre jours
dans la fuite du Calendrier
Romain avant celle de
1582. il faudroit qu'il y euft
eu interruption
de quatre
lettres Dominicales
, & que
cela eft contraire à tout ce
qu'il y a de chronologie.
Le fieur Curé de Margency
a entrepris de refpondre
à cette objection ,
& il la fait d'autant plus
volontiers , qu'en la refu156
MERCURE
tant il efpere détruire fans
reffource toutes celles de
pareille nature qui luy
qu'-
pourroient eftre oppofées .
Celle qui a efté marquée
cy- deffus qui n'a point efte
faite & qui pouvoit l'eftre
plus raisonnablement
aucune autre , & enfin montrer
inconteftablement par
les mefmes principes . I ,
La caufe & l'origine des
erreurs du Calendrier Julien.
2. Les deux corrections
qui en ont efté faites ,
l'une par autorité publi
que & avoiiée ; l'autre mé,
GALANT . 157
connuë , mais certaine &
fupposée . 3. Et enfin découvrir
nuement l'erreur
de ces corrections , & ce
qu'il auroit fallu faire pour
les rendre bonnes & convenables
à la fin que l'on
fe propofoit en les faifant.
Il ne faut pour de fi grands
effets qu'eftablir les principes
, les plus particuliers
de l'Auteur, & ceux qui luy
font communs avec les
conteftans , & en tirer en
fuite d'exactes conclufions ;
le public jugera fi celles de
cet écrit font juftes & neceffaires
.
158 MERCURE
Les Reformateurs qui
ont dreffé le Calendrier
Gregorien ont déterminé
la quantité de l'année folaire
à trois cens foixante
cinqjours cinq heures quarante
neuf minutes & douze
fecondes . Perſonne n'ignore
ce fait , il n'eſt queſtion
que de fçavoir fi cette
détermination eft jufte .
Ptolomée l'Aftronome avoit
fixé la durée de l'année
folaire à 365. jours 5 .
heures ss 12" & en cela il
avoit imité Hipparque le
premier maistre de l'aftro-
1
GALANT . 159
nomie. Tout le monde en
convient encore ; mais fi
la détermination des Reformateurs
eft vraye , il
s'enfuit que celle de Prolomée
ne l'eftoit pas ; cependant
c'eftoit la feule connuë
au temps de Jules Cefar
, & au temps du Concile
de Nicée : mais il y a
plus, car loin que les Aſtronomes
pofterieurs à la reformation
ayent eftendu
la quantité de l'année , il
eft certain qu'ils l'ont tous
refferrée. Mr de la Hire
dans fes nouvelles Tables
160 MERCURE
l'a reduite à s . heur . 49 ' 0"
les Aftronomes d'Angleterre
à 5. heur . 49 ′ 4″ . Il fe.
roit inutile de faire le détail
d'une infinité d'autres opinions
, le peu qui en cft dit
icy fuffit pour faire connoiftre
que la fixation faite par
Hipparque eftoit fauſſe , &
qu'elle jettoit tous les hommes
dans l'erreur juſques à
ce que l'anticipation eſtonnante
des Equinoxes leur
ouvrift les yeux & leur fiſt
connoiftre que quelques
minutes negligées formoient
trois jours entiers
en
GALANT . 161
en 400. ans ; que les Aftronomes
modernes ayent
mieux reüffi à déterminer
la quantité de l'année ſolaire
que les Reformateurs
de 158 2. non feulement
l'Auteur
ne le croit pas
mais il a démontré le contraire
, & ille fera de nouveau
cy - aprés . Contentons-
nous de remarquer
à
prefent que dix neuf années
folaires de la quantité
déterminée
par les Reformateurs
font enſemble
6939. jours 14 48".
La revolution finodique
Fuillet 1713.
162 MERCURE
de la eft felon l'Auteur
de 29. jours 12. heur. 43
33" 8 " & de la 235 ° . partie
d'une minute 40" Cette fixation
n'eft peut - eftre pas
tout-à-fait celle de Meton
l'Athenien , mais elle revient
parfaitement à fon
fifteme , puis qu'en 235. periodes
elle compofe la mefme
durée que 19. années
folaires , c'eft à - dire 6939 .
jours 14. heures 34' 48 ".
Mr de la Hire au contraire
fixe la revolution lunaire
à 29. jours 12 , heures
44" 3 ' 11" ; les Aftronomes
GALANT. 163
d'Angleterre à 29. jours
11
зе
14 .
heures 44 3 93° 31 ° 265e.
27° & 38″. On pourroit
citer vingt autres opinions
differentes fur ce fujet ,
mais il fuffit pour eftablir
celle de l'Auteur à leur préjudice
qu'il ait fait voir par
un calcul où l'on ne peut
rien reprendre , que les
trois Eclypfes dont il a efté
parlé , conviennent exactement
à fa methode , &
que diftance reciproque ſe
trouve mefurée avec une
juſteſſe infigne dans une fi
grande fuite de fiecles par
O ij
164 MERCURE
les temps qu'il a détermi
nez pour la quantité de
l'année folaire & la durée
des revolutions finodiques
de la , puifque s'il y avoit
la moindre erreur dans l'une
ou dans l'autre il feroit
impoffible que les Eclipfes
convinffent à fon calcul . Il
n'y a perfonne de bonne
foy qui n'en doive convenir
cela pofé , voicy les
principes communs .
Le Calendrier Julien a
commencé
Jefus- Chrift.
45. ans avant
L'ordre des biffextes y
GALANT . 165
eft obfervé de quatre en
quatre ans fans exception .
Le Calendrier Gregorien
à réformé le Julien en
1582. de Jefus Chrift 1627.
ans aprés fon cftabliffement
, la reformation a retranché
dix jours de cette
année 15 8 2. elle a fixé la
durée de l'année folaire à
365. jours 5. heures 49' 12";
elle a déterminé qu'à l'avenir
toutes les centiémes an
nées ne feroient plus biffextiles
fi ce n'eft de 400 .
en 400. ans ; elle reconnut
le deffaut de corref
166 MERCURE
pondance qui fe rencontroit
dans le Calendrier Julien
entre les mouvements
du Soleil & de la Lune.
Hinc fit , dit le Canon premier
, ut novilunia hoc tem
pore plufquam quatuor dies diftant
ab aureo numero in veteri
Calendario Romano.
De ce petit nombre de
principes , voicy les conclufions
que l'Auteur croit
pouvoir tirer legitimement
& hors de toute contradiction
, s'agiſſant de faits &
de calculs arithmetiques
où l'on ne fçauroit errer.
GALANT . 167
L'ordre prefcrit pour l'avenir
par Gregoire XIII.
doit s'eftendre au paffé au
moins pour juger du fondement
de la reformation ,
& il eft certain que dans
cet ordre des feize centaines
d'années écoulées entre
le premier an du Calendrier
Julien , & le 1582 .
de Jefus Chrift il n'y en
avoit que quatre qui deuffent
eftre biffextilles , &
que toutes l'ont efté , ce qui
fait que la quantité du
temps a efté augmentée
d'autant de jours qu'il y a
*
168 MERCURE
eu de faux biffextes , c'eftà
dire de douze jours.
Si l'on dit que la reformation
n'a efté entrepriſe
que pour reftablir l'Equinoxe
au 21. de Mars , jour
auquel elles eftoient fixées
au temps du Concile de
Nicée qui s'eft tenu l'an
325. de Jeſus Chriſt , il eſt
certain que depuis cette
année juſques à 1582. il ne
s'eft paffé que onze centai
nes années qui donnoient
feulement huit jours de
faux biffexte , pattant d'une
& d'autre façon la reformation
GALANT . 169
l'on a faite formation que
n'eft pas jufte , puifqu'il falloit
ofter ou douze jours
pour reftablir totalement
le Calendrier Julien , ou
feulement huit jours pour
le reftablir au point d'erreur
où il eftoit desja au
temps du Concile de Nicée.
La mefme erreur fe trouve
par rapport au nombre
d'or & à fa correfpondance
avec les nouvelles Lunes.
Les Reformateurs ne
reconnoiffent en 1582. que
quatre jours de diftance
Fuillet 1713 .
Р
170 MERCURE
entre celles- cy & celuy- là ,
& il y en auroit deu avoir
autant que de faux biffextes
, puifque les années
avoient efté augmentées
mal à propos d'autant de
jours,
Il faut donc reconnoiſtre
ou que les Reformateurs
ont ignoré les confequences
de leurs propres principes
, & les notions les
plus fimples & les plus
vraies que l'on puiffe jamais
avoir en pareille matiere
, ou qu'ils ont conneu
qu'il y avoit eu quelque re-
3
GALANT . 171
formation précedente de
quelque caufe qu'elle ait
pù naiftre , foit ufage populaire
, foit loy publique ,
& non tranfmife à la poſterité
, foit toute autre chofe
que l'on pourra imagi
ner de plus probable ; c'eſt
le feul expedient que l'on
puiffe imaginer pour fauver
la gloire de leur fifteme
, mais on invente cela
gratuitement , les Tables
fuivantes vont former une
invincible demonftration
de la verité qui confiſte
manifeftement en cecy .
Pij
172 MERCURE
Qu'il n'y avoit que huit
jours à retrancher de l'année
Julienne pour reftablir
les Equinoxes au point où
elles eftoient du temps du
Concile de Nicée , ou qu'il
y en avoit douze pour les
remettre au point où elles
eftoient au premier an Julien.
Et pareillement à l'égard
de la correfpondance du
nombre d'or avec les nouvelles
Lunes qui n'a efté
fixé pour l'ufage des Chreſtiens
qu'au temps du Concile
de Nicée , il y auroit
GALANT . 173
eu huit nombres à reftablir
au lieu de quatre que lesReformateurs
ont trouvé fion
n'avoit fait une premiere
correction précedente celle
de 1582. de quelque maniere
qu'elle foit arrivée .
Il eft vrai , car il ne faut
rien diffimuler que les Reformateurs
n'ont pas attri
bué le deffaut de corref
pondance des nouvelles
Lunes avec le nombre d'or
au defordre des faux biffextes
, mais qu'ils ont creu
qu'il avoit fa cauſe dans
l'inégalité naturelle qu'ils
-
P iij
174 MERCURE
3
fuppofoient entre 235. lunailons
complettes & 19.
années folaires qu'ils jugeoient
telles qu'en 312 .
ans chaque lunailon devoit
anticiper d'un jour , mais
c'eft là précisément le
point de l'erreur d'avoir
fuppofé un deffaut qui n'ef
toit point , & de n'avoir pas
fait attention au veritable.
Chacun ſçait qu'au temps
de la reformation les nombres
d'or ne marquoient
plus les nouvelles Lunes, &
que pour les attraper pref
qu'au hazard il eftoit d'ufa
GALANT. 175
ge de compter les cinq fyl
labes de ces mots . Nova
Luna hic , en retrogradant
depuis le nombre d'or de
l'année jufqu'au nombre
ou romboit le hic . Si l'Auteur
demandoit à fes contradicteurs
de quelle aurorité
cet uſage s'eftoit introduit
, comment il avoit efté
inventé , par qui , & 'en quel
temps , ils refpondroient
fans doute qu'il a efté un
effet de la neceffité que les
Ecclefiaftiques obligez à
indiquer la Pafque , & les
Feftes mobiles au peuple ,
Piiij
176 MERCURE
n'ont pû fe difpenfer d'inventer
quelque chofe qui
rectifiaft le Calendrier ;
que l'on n'a pas dit d'abord
, nova Luna hic , mais
feulement nova hic , & qu'-
on y a enfin adjouſté les
deux fyllabes du mot Luna
lorfqu'on a trouvé dans le
progrés des ficcles que le
deffaut de correfpondance
eftoit augmenté de deux
jours.
Pourquoy ne veut - on
pas permettre que
l'Auteur
en dife autant de la reformation
qu'il foutient avoir
GALANT. 177
précedé celle de 1582. puifqu'elle
n'a pas efté moins
neceffaire que la conceffion
de nova Luna hic ; on
aura beau dire que l'anticipation
des Lunes ne pouvoit
eftre que de 4. jours
en 1557. années écoulées
entre le Concile de Nicée
& le Pontificat de Gregoil'on
conre
XIII . dés que
vient que les années ont
efté augmentées au moins
de huit jours pendant cet
intervalle . Il faut avoüer
que la correfpondance
du
nombre d'or avoit efloigné
178. MERCURE
d'autant , autrement c'eſt
avaler le chameau & cribler
le moucheron , c'eftà-
dire fe faire un monftre
d'une erreur qui n'eft rien ,
& negliger celle qui eft
effentielle & plus palpable
que les tenebres d'Egypte .
Mais comment s'eft- elle
faite cette reformation ?
comment a t'on pû interrompre
l'ordre continu des
lettres Dominicales ? en
quel temps cela s'eft- i! fait ,
quelles en font les preuves
demonſtratives
? les voicy.
L'Auteur avoit dit en
GALANT . 179
gros dans fon Traité du Calendrier
univerfel qu'elle
n'eftoit pas faite avant l'an
753. de Jefus- Chrift , & fa
preuve confiftoit en l'obfervation
d'une Eclypfe de
cette année qui refpondoit
parfaitement
dans le ftile
Gregorien qu'il eft auffi
utile d'eftendre au paſſé par
fuppofition que de le continuer
réellement dans l'avenir
, à l'erreur commune
près du ftile Julien qui con
fifte en l'augmentation des
faux biffextes , comme il
a efté tant de fois repeté.
180 MERCURE
7.53.
De forte qu'en retranchant
de l'année 752. les fix derniers
jours qui luy eftoient
de trop , & qui cftoient les
fix premiers de Janvier ; par
ce moyen le 9. de Janvier
fe trouvoit eftre le 15.
dans le ftile Gregorien ,
comme depuis le 5. Octobre
1582. a efté declaré eftre
le 15. du mefme mois
par la Bulle de reformation
à cauſe du retranchement
de dix jours qui y fut
ordonné. Mais la contradiction
ayant obligé l'Auteur
d'approfondir davanGALANT.
181
tage cette matiere , il s'eft
d'abord
apperceu que les
quatre
jours d'erreur
qui fe
trouvoient
dans la corref
pondance du nombre d'or
en 1582. ne provenoient
que des faux biffextes des
années 1100. 1200. 1300. &
1500. lefquelles n'en devoient
point avoir ſelon la
correction Gregorienne
,
& qui en ont eu felon l'ordre
du Calendrier Julien .
Il s'enfuit donc que
reformation conteſtée a
efté faite avant l'année 100.
& pofterieurement à l'an
la
182 MERCURE
900. car fi le faux biffexte
de cette derniere année
n'avoit pas efté ofté , il y
auroit eu cinq jours d'erreur
au lieu de quatre feulement
qui fe trouvoient en
1582 .
Reduifons ceci à des termes
exacts qui puiffent
donner des notions précifes
, quand l'Auteur avance
& fouftient qu'il y a eu une
reformation avant l'année
1100 & pofterieurement à
l'année 900. Il ne l'eftend
point à l'erreur provenante
de l'anticipation des EquiGALANT.
183
noxes , il la borne pour ainfi
dire à l'anticipation des
nouvelles Lunes qui aboliffoit
leur correfpondance
naturelle avec le nombre
d'or , car comme il eſt évident
qu'ily a eu depuis l'an
1000. de Jefus Chrift juf
ques à la reformation de
1582. quatre faux biffextes
qui avoient augmenté la
fomme des jours de quatre,
& qui avoient décompté
d'autant de jours la correfpondance
des nouvelles
Lunes & du nombre d'or.
Il n'eft pas moins évident
184 MERCURE
que fi depuis le Concile de
Nicée on n'avoit fait aucun
changement
, à cet égard
la fomme des jours
auroit encore efté augmentée
des faux biffextes des
années de Jefus Chrift soo .
600. 700. & 900. ce qui
auroit fait une difcordance
de huit jours au lieu de quatre.
Partant il faut neceſſairement
ſuppoſer une reformation
précedente , &
quelque objection qu'on
puifle former par rapport
aux moyens & à l'execution
GALANT . 185
tion d'un fait fi évident ,
nulle ne peut prévaloir à la
demonftration que quand
de huit unitez posées , &
dont la fouftraction eft jugée
neceffaire , il ne s'en
trouve que quatre fans refte
, il faut dire que l'on en
a ofté précedemment quatre
autres.
A l'égard de la reformation
par rapport à l'anticipation
des Equinoxes il eft
tres difficile de dire comment
les Reformateurs ,
aprés avoir déterminé la
quantité de l'an folaire
Juillet 1713. e
186 MERCURE
comme elle est marquée
cy deffus , ont pû eftimer
qu'il y avoit dix jours de
trop à l'année , fuppofant
qu'ils ayent voulu la reſtablir
au point où elle eftoit
lors du Concile de Nicée ,
puifque conftamment il ne
s'en trouvoit que huit . Cette
difficulté avoit fait penfer
à l'Auteur que la veuë
des Reformateurs s'eftoit
portée juſqu'au reſtabliſſement
total du Calendrier
Julien ; mais en ce cas il
trouvoit douze jours à of
ter , il jugea donc que cette
GALANT. 187 .
confequence cftant tirée
de leurs principes , il n'eftoit
pas poffible qu'ils n'euffent
fupposé une reforma
tion précedente
, quoy qu'il
en foit , car de ces fortes de
faits interieurs , il faut convenir
qu'il eft tousjours temeraire
de nier ou d'affirmer
au dela de ce qui eft
produit au dehors , la propofition
de l'Auteur qu'il y
a eu une reformation précedente
celle de 1,8 2. du
moins quant à la correfpondance
des nouvelles
Lunes avec le nombre
Q ij
188 MERCURE
d'or; & ne refte qu'à achever
fa demonftration , en
montrant comment
quand, & par quels moyens
l'ordre des lettres Dominicales
depuis le Concile
de Nicée a efté interrompu
; ce que l'on a fait
pour le reftablir , & ce qu'il
auroit fallu faire pour qu'il
n'y euft plus eu d'erreur .
Premiere Table des lettres
Dominicales comme
elles auroient dû eftre fans
erreur.
Seconde Table des lettres
Dominicales comme
GALANT. 189
elles auroient efté dans
l'ordre du Calendrier Julien
fans la correction fupposée
.
Troifiéme Table des lettres
Dominicales comme
elles ont efté effectivement
par erreur , & deux fauffes
corrections .
Premiere Colonne des
lettres Dominicales des
82. années de chaque fiecle
tirée de la troifiéme
Table jufqu'à l'année 982 .
avec la correction qui y ef
toit à faire.
Seconde Colonne des
190 MERCURE
lettres Dominicales des 82 .
années de chaque fiecle tirée
de la troifiéme Table
avec la derniere correction
auffi fauffe que la premiere.
Troifiéme Colonne des
lettres Dominicales des 82 .
années de chaque fiecle
avec une jufte correction ,
apres laquelle il ne faut
preſque rien pour la faire
bonne & perpetuelle.
On peut voir ces trois
Tables & ces trois Colonnes
dans la demonſtration
de l'Auteur pag.
Les paroles écrites au
GALANT . 191
deffus de chaque Colonne
des Tables , expliquent fuffifamment
ce qu'elles contiennent
fans qu'il foit befoin
de le repeter, Mais il
faut obferver deux differences
entre les lettres de
la premiere & feconde Table
. La premiere eft que
centiémes années n'ont
qu'une lettre , à l'exception
de celles qui font de quatriéme
centaine , leſquelles
en ont deux , parce qu'-
elles font biffextiles fuivant
l'ordre du Calendrier
Gregorien ; & dans
& dans la fe
192 MERCURE
conde Table toutes les centaines
années ont déux lertres
, parce qu'elles ont efté
faites biffextiles felon l'ordre
du Calendrier Julien ,
que l'on fçait avoir eſté vicieux
par cet endroit précisément.
La feconde eft
que le nombre total des lertres
des centaines années
dans la premiere Table ne
monte qu'à vingt , & dans
la feconde il eft de trente
deux .
La premiere difference ,
découvre la caufe du defordre
& de la confufion)
de
GALANT . 19
de tout le Calendrier Julien
, tels qu'ils font reprefentez
dans la feconde Table
,parce quefans les faux
biffextes toutes les lettres
de la feconde Table auroient
efté femblables à
celle de la premiere . La
feconde difference montre
la quantité de l'erreur , par
ce que les douze lettres que
la feconde Table contient
de plus que la premiere denotent
autant de jours à
retrancher pour establir le
Calendrier dans fa préci-
19 , poldat sions asb et
Juillet 1713 .
R
194 MERGURE
६
On peut encore remar
quer que dans la premiere
Table toutes les années
ont les meſmes lettres Do
minicales de 400. en 400.
ans , au lieu que dans la
feconde elles ne les ont pareilles
que tous les 800. ans,
& que dans la troifiéme
Table qui a efté celle d'ufage
, on a fait une correction
qui ne fe rapporte ny
Pune ny à l'autre.qa
Enfin il faut remarquer
que la lettre Dominicale
de la premiere des 82. années
des trois Tables eft la
GALANT. 195
mefme , parce qu'alors le
Calendrier eftoit fans erreur
fenfible , n'y ayant
point encore eu de faux
biffexte . La mefme lettre
fe retrouve de 400.en 400 .
ans dans la premiere Table
jufques à l'année de la
reformation 182. mais en
la feconde c'eſt une autre
lettre , & en la troifiéme
encore une autre , juſqu'à
ce que la reformation luy
a donné abufivement la
mefme lettre qu'en la feconde
Table , au lieu de
celle de la premiere..
Rij
196 MERCURE
:
L'année 63. avant Jefus
Chrift qui eftoit la 82. de
la scentaine , qui a précedé
fa naiffance , & la 1582.
avant cette naiffance font
fort efloignées l'une de
l'autre mais elles fe refpondent
entre elles de 400 .
en 400. ans ; ainfi elles auroient
deu avoir la meſme
lettre Dominicale dans
l'ordre Gregorien qui eft
le naturel , & qui partant a
tousjours deu exifter , ou
que l'on doit eftendre par
fuppofition jufques au
commencement des fieGALANT
. 197
cles , auffi cette correfpondance
fe trouve- t elle dans
la premiere Table.
Pourquoy n'eft - elle pas
dans la feconde , la raifon
en eft claire. C'eſt la mul !
tiplication des faux biſſextes
qui y font comptez , &
qui ont augmenté la fom ?
me des jours de 12. jours
& de 12. lettresilǝ abomm
Pourquoy n'eft elle pas
dans la troifiéme , & pour
quoy cette troifiéme differ
roit - elle encore de la fes
conde avant la reformation
, & qu'on l'y a fait con
Riij
198 MERCURE
former depuis ? C'est qu'on
avoit fait un changement
précedent , & que reconnoiffant
enfuite l'erreur de
ce changement on la voulu
corriger fans fçavoir
appliquer la regle , enforte
que l'ona fait une feconde
faute pire que la premiere,
du moins en ce que le
remede eſt plus difficile à
yapporter , aujourd'huy
que les efprits font préve
nus en faveur du travail
des Reformateurs .
Mais en quoy confifte
l'erreur de ces corrections ?
GALANT 199
le
voicy.
La premiere n'a ofté
qu'une partie de l'erreur ,
car au lieu d'ofter quatre
jours de l'année , & de
changer la lettre Domini
cale de 982. de d en A,
comme on le voit en la
troifiéme Table , il falloit
nettement retrancher huit
jours , & mettre e, pour Do
minicale , comme il eft en
la premiere Table , puif,
qu'il y avoit effectivement
huit jours de trop de la
fomme du Calendrier Julien.
Riiij
1200 MERCURE
2. Ce retranchement n'a
point apporté de remede
à l'erreur , dont le princi
pe a fubfifté depuis comme
auparavant , enforte que
dans les derniers ficcles qui
ont précedé la feconde reformation
le defordre courant
avoit fait perdre l'i
dée de la premiere cor
rection , laquelle quoyque
tres évidente ne paroif
troit plus croyable aujourd'huy
, fi l'on ne fçavoit
avec certitude que la lettre
Dominicale courante
en 1582. eftoit g , qui fut
GALANT . 201
changé en c par les Reformateurs.
La feconde correction a
eu auffi fes deffauts évidens
, & qui ne fçauroient
couverts par les eftre couverts
grands éloges qu'on luy a
donnez , & qui fe font fentir
malgré la favorable difpofition
où l'on eft pour
les Reformateurs de 1982 .
premierement de quelque
cofté qu'ils ayent regardé
la fouftraction qui eftoit à
faire dans la fomme des
jours ils ont erré , en ayant
retranchéo dix au lieu de
202 MERCURE
huit s'ils ne vouloient que
reftablir le Calendrier au
point du Concile de Nicée ,
ou au lieu de douze , s'ils
vouloient le remettre dans
fa premiere perfection ;
mais ces dix jours avec les
quatre de la premiere reformation
font quatorze ,
ainfi quelqu'ait efté leur
deffein ils ont tousjours
ofté deux jours de trop.
Il cit vray qu'ayant redonné
à l'année 1600. une
biffextile qui ne devoit pas
reftre , ils ont remis un des
jours qu'ils avoient oftez
GALANT 203
mal à propos ; mais ils font
tombez à cet égard dans
un autre inconvenient qui
eft d'avoir fait biffexte une
centiéme qui ne devoit pas
l'eftre , en cela trompez par
le terme de feize centaine .
Mais s'ils s'étoient donné
la peine de faire remon
ter la regle & la fupputation
Gregorienne jufqu'à
un terme qui puft fervir de
racine à tous les temps pofterieurs
, comme il l'eft
dans le fifteme de l'Auteur
l'an 4200. avant la
naiffance de Jefus - Chriſt ,
204 MERCURE
pas
ou comme l'eſt le commen
cement de la periode Julienne
dans le fifteme hiftorique
, ils auroient connu
que l'an 1600. n'eſt
une centaine biſſextile n'ef
tant pas quatrième centaine
mais feconde , & ils auroient
jugé que ce deffaut
fe devant communiquer
à
toutes les quatriémes centaines
qui refpondront à
1600. dans la fuite des fie
cles il tiendra tousjours le
Calendrier deffectueux .
GALANT 205
LE BOUQUET
- provincial a Mde de
R. le jour de fa fefte
apres qu'on eut cueilli
le for precedent toutes
les fleurs qu'elle avoit
dans fon jardin.
Ne vous envoyer point
de fleurs le jour de vofstreifefte
, & vous écrire
pour excufe qu'on a pillé
toutes celles qui eftoient
hier dans vos parterres ,
106 MERCURE
& qu'il n'y avoit que celles
qui naiffent fous vos
pas qui fuffent dignes de
vous eftre préfentées , &
de vous dire encore que
les plus brillantes perdent
leur luftre auprés de
celles de voftre teint ;
qu'à voftre approche les
plus blanches femblent
devenir pafles , & les
plus vermeilles rougir de
honte , & que deux Soleils
feroient bientoft
mourir ce qu'un feul fait
naiſtre.
CALANT! 207
Sur ce ton pedamment
badin
Ce feroit vous donner de
tres mauvaife
grace
Pour les fleurs de vostre
jardin ,
Les plus communes du
Parnaffe.
L'amue tendre , auſfi-
240 bien que l'amour
Vous en doit d'autres en
saq love your ,
SUD
Plus brillantes , & plus
A nouvelles.
Ce tribus appartient au
108 MERCURE
• nom que vous portez
Et s'il fe paye àde moins
belles
a
Je vous laiffe à penser fi
vous le meritez
Vous le modele des beautez.
T
Ne yous offrir des
feurs qu'en petite quantité
, & vous donner pour
excufe de cette épargne,
que fi je n'avois pas
eſté fi pareſſeux.
Vous en auriez eu da-
AntonVantage din 30
Et
GALANT 209
des le
Et que chez moy
matin
,
Les Abeilles ont mis le
Parterre au pillage ,
Et s'en vont avec leur
butin.
Mais pardonnons-leur ce
ravage
Elles l'ont fait a bonne fin
Les Zephirs mes amis
m'ont dit que cette
queste
Eftoit pour celebrer dans
un galand feftin
Le foir du jour de vostre
fefte.
S
210 MERGURE
Je vous connois, Mde,
vous feriez d'humeur à
ne croire ni les Zephirs
ni leur Truchement
, &
l'on courreroit rifque de
ne paffer aupres de vous
que pour un contèur de
nouvelles faites à plaiſir.
L'inconvenient m'a paru
fafcheux , & pour
l'éviter
j'ay fait amaſſer des
fleurs , & vous en envoye
troisCorbeilles toutes
pleines .
Celadon de ma part ;
GALANT. 211
vous les va prefenter ,
Et j'ofe me flater
Qu'elles vous feront
agréables.
Elles parfument l'air
d'une charmante odeur ;
L'innocence 5 l'amour
brillent dans leur
couleur
Il n'en eft point de plus
aimables
Lesrofes & les lys n'ont
point tant de beautez.
Ce font pour les Autels
des ornemens paffables .
Sij
212 MERCURE
Mais voicy ce qu'il faut
pour les Divinitez.
Fleurs d'Orange & de
Grenade , Jafmin de
France & d'Efpagnie , &
oeillets de toutes les fortes.
Je n'ay pas voulu les
mettre en bouquets
,
a
ç'auroit efté entreprendre
mal à propos fur cet
efprit de difcernement
& d'invention dont vous
eftes pleine jufqu'au bout
des doigts , & qui rend
tous vos ouvrages fi
! દ્ર
GALANT . A215
beaux , qu'on n'en voit
point de mieux travaillés
que ceux qui fortent de
yos mains. sup hold
C'est donc à vostre adreffe
A faire valoir leur ri-
Scheffet, onne
A menager leur rang ,
leur éclat , leur douceur,
Et puis à les placer fur
voftre aimable coeur.
Ceft-là que vous allez
finir vos deftinées ,
Fleurs trois foisfortunées,
Et c'est là qu'un Amant
S iij
214 MERCURE
mettroit toutfon bonheur
Afinir fes années.
Pour moy Madame ,
bien que je ne fois qu'au
nombre de vos amis
?
fans mentir en cette rencontre
, fi je l'ofe dire
Je fuis du fentiment de
vos Adorateurs.
Je voudrois bien avoir le
deftin de mes fleurs.
Tout iroit à me fatisfaire,
Vous me regarderie.comme
unjoly préfent ,\I
Faurois le bonheur de
GALANT 211
vous plaire ,
Et je mourrois en vous
plaifant ,
Eft-il rien de plus doux,
de plus innocent. {
**********************
LUDOVICO MAGNO
In res foeliciter Pacis
Bellique geftas.
EPIGRAMMA
ab A.P.P.M.P.P.AM
·Finitimos animo juvenis
Ludovicus & armis ,
116 MERCURE
Vicit , nunc armis confilioque
fenex.
Multas poft clades rédiit
victoria victo
Vincere fic victus gloria
major erat.
Nunc igitur taceant
regem jure mirentur I
Quj nee pace videt , nec
fibi Marte parem.
Hunc tu ne afpicias Ales
germanice Solem , I
.
Sub radiis , memor es
-tela tremenda vibrat.
zimena 23 zavoltoku.I zit
GALANT . 217
RELATION
de Monfieur Caßart.
N
Ous appareillâmes de
la Martinique le 12 .
Janvier , & fimes voile pour
la Guadeloupe qui eft un
Ifle Françoife , & voifine de
la précedente. Nous y prîmes
trois de nos Vaiffeaux
qui y estoient , & environ
cent cinquante Flibuftiers ;
de-là nous allâmes à S. Euſtache
, petite Ifle Hollandoife
Juillet 1713 .
T
218 MERCURE
où nous moüillâmes , le 25 .
elle a cfté pillée & brûlée , il
y a deux ans par les Flibuftiers
de la Martinique , les
habitans nous firent plus de
pitié que d'envie ; cependant
aprés avoir pris la valeur
de 10000. écus de contribution
, nous levâmes
l'Ancre le 27. pour aller à
Carafol , dans noftre route
nous cûmes deux jours de
calme , ce qui fit prendre le
parti à Monfieur Caffart de
toucher la Cofte de Caraça ,
Espagnolle , pour y faire de
l'eau , ayant appris qu'il n'y
GALANT . 219
en avoit point à Caraſol , le
30. Février eftant fur la
Cofte qui n'eſt habitée que
d'Indiens , le calme nous obligea
de moüiller devant
une Plage qu'on appelle
Tropfea , où cinq jours
aprés noftre Vaiffeau fe perdit
; je n'eftoit pas à bord
quand ce malheur arriva , j'avois
profité d'un Canot que
Mr Caffart avoit envoyé à la
Ville de Carcaça : avec le
Baron de Mouvance , Lieutenant
de Vaiffeau qui alloit
faire un
compliment de ſa
part auGouverneur ; comme
Tij
220 MERCURE
cette Ville elt éloignée
de
dix -huit lieues de l'endroit
où nos Vaiffeaux
eftoient
mouillez , nous n'aprîmes
cette perte que deux jours
aprés , Mr Caffart ayant
appareillé
fur le minuit pour
venir mouiller
avec fon efcadre
à la Ville , fon Vaiſſeau
deux heures aprés toucha
fur un banc inconnû à trois
&
Y
refta
lieuës de terre ,
quelque temps , aprés quoy
il revint à flot de luy même ;
mais èftant crevé dans beaucoup
d'endroits & plein
d'eau , on n'eût que le temps
GALANT. 221
de l'aller échouer à terre , où
nous l'avons laiffé. On n'a
prefque rien fauvé , bienheureux
d'avoir pû fauver les
équipages & nos hardes , à
caufe de la Mer qui bat en
cofte & qui eft furicufe. Mr
Caffart mit toute fon application
aprés cela , à faire débarquer
deux Mortiers de
douze pouces pour fervir à
fon expedition , il y réüffic
avec beaucoup de peines ,
mais il ne pût avoir les Bombes
ny les Fufées ; aprés un
pareil naufrage nous ne devions
plus fonger à aller at-
Tiij
222 MERCURE
taquer Caraſol , ayant perdu
pour trois mois de vivres à
huit cens hommes quiétoient
dans ce Navire , la moitié de
leurs armes , & toutes les munitions
de guerre ; cependant
Mr Caffart en decida autrement.
Le 13. de Février
nous fimes voile pour cette
Ifle avec cinq Vaiffeaux qui
nous reftoient , & nous y
moüillâmes le 16. dans un
Ance que l'on appelle Sainte
Croix , comme les courants
font fort rapides , & qu'ils
portent au large , nous ne
fimes point noftre defcente
GALANT. 223
le lendemain , à caufe d'un
de nos gros Vaiffeaux qui
ne pouvoit gagner le moüillage.
Le 17. ce Vaiſſeau bien
loin de s'approcher étoit enpar
les courants & le trainé
vent contraire , ce qui nous
faifoit defefperer de pouvoir
rien entreprendre & bien
moins de réüffir fi ce Navire
venoit à nous manquer, cela
arriva cependant ainfi , & le
18. au matin nous ne le
vîmes plus , il avoit avec luy
les deux Mortiers de douze
pouces fauvez du naufrage ,
qui eftoient nos plus gros ,
T iiij
224 MERCURE
la plus grande partie des
Bombes pour d'autres que
nous avions , trois cent fol
dats & quatorze ou quinze
Officiers dont fix eftoient
nos principaux , tout s'oppofoit
de ce cofté - là à noftre
entreprife : de l'autre nous
donnions le temps aux ennemis
de s'affembler , enfin
Mr Caffart contre toute apparence
de réüffir prit fon
parti fur le champ & dans la
réfolution de vaincre ou d'y
refter , nous defcendîmes à
terre le même jour à neuf
heures du matin au nombre.
GALANT. 225
de fix cens foldats & de trois
cens cinquante Flibuſtiers ;
d'abord nous trompâmes les
ennemis qui nous
attendoient
dans l'Ance , devant
laquelle nous cftions moüillé
& qui nous voyoient partir
de nos Vaiffeaux dans nos
Chaloupes , quand nous
nous fûmes un peu avancez
& que l'approche de terre
commença à couvrir nos
Chaloupes , nous vogâmes
de force fur noftre droite ,
& nous mîmes pied à terre
un à un , deux à deux dans
une petite Plage que les en226
MERCURE
nemis ne gardoient pas , la
croyant impratiquable , à la
verité on n'a jamais rien veu
de pareil pour la difficulté ,
car s'il y avoit eu feulement
vingt hommes bien refolus ,
nous aurions efté obligez de
nous rembarquer avec perte ,
c'eftoit un endroit fort petit ,
lequel aprés que l'on eftoit
defcendu à terre , il falloit
monter en grimpant par
deffus un Rocher tres - difficultueux
& paffer par un
trou un à un pour s'aller former
dans un petit bois taillis
qui fuivoit ce paffage , noſtre
1
GALANT. 227
bon heur nous conduifit heureufement
& nous fit former
peu à peu un corps de 400 .
hommes, àl'abry deſquels les
autres paffoient & arrivoient
en feureté. Les ennemis qui
eftoient à deux portées de
fufil de nous ne nous fçeurent
que lorfque nous defilâmes
par quatre dans une
Plaine qui aboutiffoit à ce
petit Bois , où nous nous
rangeâmes en bataille ,
quand nos gens furent deſcendus
les ennemis ne nous
tirant que de tres - loin & occupant
une hauteur , nous
228 MERCURE
marchâmes à eux fort vite
en bataille , ils ne difputerent
point leur terrain , ils nous
abandonnerent la Montagne
aprés avoir fait leur décharge
qui ne nous bleſſa que
cinq ou fix hommes & en
tua trois , ils le jetterent fur
leur droite derriere un retranchement
qu'ils y avoient :
comme nous avions monté
cette Montagne fort vite
& que nos Troupes eſtoient
fort effouflées , Mr Caffart
les fit repofer ; ce fût là
les ennemis nous tirerent de
leur retranchement plus de
que
GALANT. 229
deux mil coups de fufil ; mais
aux premiers tirez nous nous
couvrîmes de la crête de la
Montage , ce qui rendit leur
grand feu fans beaucoup
d'effet , les balles nous paffant
par deffus la tefte , lorfque
nos foldats furent repofez
nous marchâmes droit à
eux fans beaucoup d'ordre
la bayonnete au bout du fufil
; ils foûtinrent noftre feu
quelque temps par le leur ;
mais comme nous avancions
toûjours à mesure que nous.
avions tiré , il n'attendirent
pas l'effet de nos bayonetes ,:
230 MERCURE
leurs
nous fautâmes dans le retranchement
qui eftoit d'une
bonne muraille de pierre &
les pourſuivimes l'espace de
demy lieuë , nous
primes dans cette attaque
trois Drapeaux & la pluſpart
de leurs chevaux qui nous
ont bien fervi dans la fuite ,
nous perdîmes quarante cinq
hommes tant tuez que bleffez
, Mr Caffart a efté bleffé
dangereufement d'une balle
qui luy pêrce le pied ; cette
affaire ayant ainfi réüffi nous
jugeames que ce choc intimideroit
les ennemis & que
GALANT. 231
nous irions plus loin ; c'eſt
pourquoy l'on refolut de
s'aller emparer d'un habitation
qui nous reftoit fur
noftre gauche à demy lieuë
dans une belle Plaine , nous
y arrivâmes fans difficulté &
ne voyant d'ennemis d'un
cofté ny d'autre , nous y
fimes noftre Camp. Comme
Mr Caffart avoit efté emporté
à bord il envoya Mr
de Bandeville , Capitaine de
Fregatte pour comm nder à
fa place & pour reglerce que
nous aurions à faire dans la
fuite , nous paffames la nuit
232 MERCURE
fans eftre inquietez de l'enne
my, Mt Caflart, dis - je, ayant
remis toutes chofes à la
prudence de Mr de Bandeville,
foit pour le rembarquement
, foit pour penétrer
plus avant , l'on tint confeil
le lendemain matin pour
voir fi il falloit marcher par
terre à la Ville qui estoit à
huit lieues de là , & l'on fût
d'avis d'attendre un jour
pour voir fi deux beatteaux
que l'on avoit envoyé à bord
de ce Vaiffeau qui nous
manquoit chercher nos gros
Mortiers , & nos Troupes
L
GALANT
. 233
n'arriveroient pas , aprés ce
temps attendu nous ne vîmes
rien paroiftre & nous n'avons
rien veû depuis , les bâtimens
n'auront jamais pû
gagner contre le vent & les
courants. Le 20 l'on retint
un nouveau conſeil qui s'en
remit entiérement à Mr
Caffart qui conclut à penétrer
dans le Pays & à marcher
à la Ville , nous voyons
devant nous mille difficultez
qui n'eftoient pas faciles à
furmonter par un fi petit
nombre de Troupes que
nous cftions , ayant felon les
V
Fulllet 1713 .
234 MERCURE
apparences plufieurs retranchemens
à forcer qui mineroient
noftre Troupe avant
d'arriver à la Ville qui eftoit
fort éloignée outre qu'il y
avoit dans l'Ile trois mille
hommes armez , & que nous
eftions attendus depuis plus
de fix femaines ; d'un autre
colté nous n'avions point de
Port à nous auprés de la Ville
pour pouvoir débarquer nos
Mortiers & nos Vivres , cela
n'empêcha point il fût refoque
l'on partiront le lendemain
, & que nos Cha- :
loupes partiroient en même
lu
GALANT. 235
temps en côtoyant la terre
avec les vivres , les bombes
& trois Mortiers qui nous
reſtoient , dont les deux plus
gros n'eftoient que de neuf
pouces & l'autre au - deſſus ,
nous nous preparames à
marcher tout ce jour , pour
cette effet l'on fit débarquer
cent cinquante Matelots armez
pour nous fervir de
renfort , mais ils nous incommoderent
beaucoup plus
qu'ils ne nous furent utiles.
Le 21. à fix heures du matin
nous nous mîmes en
marche , nous fimes quatre
Vij
236 MERCURE
lieues ce jour là fans voir
qui que ce foit , nous cou
chames fort tranquillement
à une habitation que nous
trouvâmes fur le chemin .
Le 22 nous fimes la même
manoeuvre dans le deffein
de nous aller emparer d'un
petit Port qui s'appelle Pifcader
, qui eft éloigné de la
Ville de trois quarts de lieuës.
& où il y a une batterie de 9.
pieces de canon qui donne fur
la Mer & qui n'a qu'un foffé
retranché du cofté de terre ,
afin de mettre nos Chaloupes
en feureté qui alloient
GALANT. 237
comme j'ay deja dit le long
de la cofte à mesure que
nous avancions par terre
mais nous fûmes trompez
dans nos attentes . Le 22. au
matin aprés avoir fait environ
une lieuë & paffé un fort
mauvais defilé , nous arrivâmes
dans une Plaine affez
grande qui avoit pour face
une Montagne fort étenduë ;
noftre guide nous dit que le
grand chemin paffoit pardeffus
la hauteur & qu'il n'en
connoiffoit point d'autre ,
fans nous defier de l'ennemy,
puiſque nous ne l'avions pas
238 MERCURE
trouvé au defilé nous marchâmes
, d'abord nous apperçûmes
quelques Cavaliers
ce qui nous fit fait alte pour
nous mettre en battaille
quand cela fût fait nous
continuames noftre route
tambour battant & Drapeaux
deployez à meſure
que nous avancions du pied
de la Montagne nous appercevions
le nombre des ennemis
augmenter & qu'ily avoit
là un fort retranchement ,
quand nous en fûmes bien
perfuadez , Mr de Bandeville
fic marcher le premier
GALANT. 239
bataillon
par
la
droite
pour
prendre les ennemis en flanc
le fecond bataillon dont ma
Compagnie eftoit & dont
j'étois troifiéme Capitaine
marcha droit en face du retranchement,&
les Flibuftiers
& Matelots marcherent
par
la gauche , dans cette difpofition
fans fçavoir le nombre
d'ennemis que nous avions.
à combattre ; le premier bataillon
marcha feul par la
droite, comme j'ay déja dit,
parce qu'il falloit beaucoup
monter & paffer par un Bois
avant d'arriver au fanc du
240 MERCURE
retranchement
>
comme
nous n'étions fimplement
que hors la portée du fufil
nous attendîmes que noftre
premier bataillon cût tiré
avant de donner , aux premiers
coups nous marchâmes
les ennemis nous laifferent
approcher à portée de pifto
let fans tirer, aprés quoy l'on
n'entendit plus de toute parts
qu'un feu terrible , neuf
pieces de canon qu'ils avoient
tirerent fur nous à mitraille ,
ce qui fit plier les Flibuftiers &
Matelots ; nos Troupes ne
firent pas de même, comme
le
CALANT. 241
le feu du canon & de la
Moufqueterie nous empêchoit
de monter au retranchement
auffi viſte que nous
l'aurions fouhaité , & que la
montée étoit affez escarpée.
L'on nous fit jetter fur noftre
droite , nous montâmes au
travers les Rochers & les
épines , ce qui nous fit rencontrer
avec les Grenadiers
du premier Bataillon , & entrâmes
enſemble par le flanc
dans le retranchement que
les ennemis abandonnerent.
Comme le feu eftoit fort diminué
les Flibuſtiers & les
Fuillet 1713.
X
242 MERCURE
Matelots
reprirent courage
& donnerent par la gauche
qui ne tint pas , voyant leurs
camarades
en fuite, ils avoient
comme nous du blanc à
leurs chapeaux , ce qui nous
empêcha d'en tuerbeaucoup
,
nous leurs prîmes encore
quatre Drapeaux
& neuf
pieces de canon de bronze ;
ce te action fût vive , mais
elle paroift incroyable
, ils
eftoient fept cens foixante
& quinze blancs , & trois
çens noirs armez , ce que
nous fçûmes fur le champ
par les prifonniers
que nous
GALANT . 243
fimes , nous ne perdîmes que
quarante hommes tant tuez
que bleffez , nous devions en
perdre davantage & affurement
que tout notre bataillon
devoit y refter , noftre bonheur
vient de ce que nous
eftions trop prefts fans avoir
tiré , car ils eftoient obligez
de tirer de haut en bas , ce
qui faifoit tomber la pluſpart
de leurs balles derriere nous
fans effet, n'olant par trop fe
découvrir ; je ne perdis que
cinq hommes de ma Compagnie
& mon Enſeigne
bleffé. Comme ce retran-
X ij
244 MERCURE
chement eftoit entouré de
Bois , nous ne nous y arrêtâmes
point, nous rejoignames
le grand chemin & fimes demi
lieuë fans aucun veſtige
d'ennemy ; nous nous reposâmes
dans le deffein d'aller
le foir attaquer Pifcader ,
mais comme nous contâmes
que cet endroit feroit fort
deffendu , nous fûmes coucher
à demi lieuë de ce petit
Port à cauſe de la nuit.
Le lendemain 2 3. nousmarchâmes
à Pifcader , nous
fumes furpris agréablement
d'y trouver nos Chaloupes
GALANT. 245
mouillées , les ennemis épouvantez
de la veille avoient
abandonné cette batterie &
encloué les canons & nos
Chaloupes eftoient arrivées
demi -heure avant nous ; l'épouvante
les avoient tellement
faifis qu'ils s'étoient
retirez en confufion dedans
leur Ville qui eft fermée du
cofté de la terre, par le Port
& fortifiée de quatre bons
Baftions , comme nous ne
devions pas efperer de faire
rendre certe Ville par le peu
de monde que nous eftions
par la difficulté de faire dé-
X iij
146 MERCURE
barquer de gros canon de
nos Vaiffeaux qui estoient
fort éloignez,n'y ayant point
de mouillage que dans le
Port, & par le peu de vivres
que nous avions , on fe contenta
de la bombarder à
deffein de la faire contribuer ,
pour cet effet nous marchâmes
le 24. à la Ville , le terrein
avoit efté reconnu la
veille par de mauvaisconnoiffeurs,
ce qui penfa nous coûter
cher ; car l'on nous mena
a portée du piſtolet de cette
Ville pour aller à un Camp
que l'on avoit marqué ; &
GALANT. 247
par le plus grand bon - heur
du monde, dans le temps de
noftre paffage les ennemis
ayant mis le feu à des maifons
qui eftoient le long de
la Mer , nous paffames à la
gueulle de leurs canons &
des Vaiſſeaux ; ils s'aperçeurent
cependant de noftre
marche fur la fin , ce qui les
fit tirer fur ceux qu'ils
voyoient , nous perdîmes
cinq hommes du canon ,
nous fumes obligez de décamper
fur le champ , quoique
couverts d'un petit ri-
X iiij
248 MERCURE
deau , ils chargeoient leurs
canons à demi charge , &
tirant par ricochet ils commençoient
à nous incommoder
, cela nous fit retirer
derriere une Montagne qui
eltoit proche de nous , &
nous campâmes hors la portée
du canon. Le 25. & le
26. nos trois mortiers furent
débarquez & mis en
batterie à trois cens toifes
de la Ville. Le 27. au matin
eftant prêts à tirer on envoya
fommer la Ville de contribuer
, ce que le Gouverneur
ne voulut entendre , fa réGALANT.
249
ponſe nous fit commencer
de bombarder à huit heures
du matin ; on nous répondit
à bon coups de canon qui
ne firent rien dans noftre
épaulement. Sur le midy nos
mortiers cefferent de tirer ,
& je montai la tranchée ce
foir là avec ma Compagnie ;
fur les huit heures du foir
nous recommençâmes de
tirer , ce qui dura juſqu'à minuit.
Le 18. au matin nous
fimes la même chofe , aprés
quoy fur les neuf heures les
ennemis demanderent une
Tréve pour fçavoir ce que
250 MERCURE
Mr Caffard demandoit de
contribution ; enfin aprés
trois jours de pourparler à
caufe de l'éloignement de
nos Vaiffeaux , dans lesquels
Monfieur Caffart eftoit , la
contribution fut arrêtée &
fignée le 3. de Mars à quatre
cent foixante mille francs ,
bien heureux d'avoir tiré cela
; car fi ils avoient attendus
encore un jour nous eſtions
obligez de nous rembarquer
faute de vivres & de munitions
, nous n'avions pas cent
bombres à tirer , encore n'étoient-
elles pas bonnes par
GALANT. 258
l'inégalité des fulées, Le
Vaiffeau abfent les ayant
toutes ; l'on commença le
payement. Le 4 , ils nous
tinrent jufqu'au 1 5. eſperant
qu'il leur arriveroir quelque
nouvelle d'Europe pour leur
confirmer une Tréve avec la
France dont ils nous menaçoient.
Le 15. nos Troupes
fe
& nous fimes voile le 20 .
pour la Ville de S. Domingue
Espagnolle ; où nous
avons fait de l'eau & fommes
partis deux Vaiffeaux pour
Europe. Le 19. Mr Caffart
rembarquerent
252 MERCURE
ayant mené les deux autres
en Cartagene.
MORT,
Meffire Charles de Gaucourt
, Seigneur de Cluys ,
de Boueffes , &c. Lieutenant
du Roy en Berry , mourut
le 30 May. Il avoit époufe
Marguerite de Tiercelin de
Rancé , Fille de Jean , Seigneur
de la Chapelle - Barion
& de Jeanne Marie
Turpin aprés la mort de laquelle
fans enfans en 1686 .
il a pris une feconde Alliance
GALANT. 253
en 1687. avec Albertiné
Brigide de la Beaume , fille
de Charles , Marquis de S.
Martin & de Therefe Anne-
Françoife de Trafignys , fa
feconde femme ; de laquelle
ila cu un fils qui luy fuccede
en fa Charge . La Maiſon
de Gaucourt eft une des
plus confiderables de Picardie
; elle a donné de grands
Officiers à la Couronne , elle
tire fon origine de Raoul ,
Seigneur de Gaucourt &
d'Argicourt qui vivoit en
1270. Jean de Gaucourt ,
Seigneur de Maiſons fur
254 MERCURE
Seine , de Viry & de Villiers
a efté Maistre d'Hoftel du
Roy ,il mourut le 2 2. Février
1393. laiffant de Jeanne de
Farinaille fa femme , Jeanne
de Gaucourt , mariée à Ro
bert , Seigneur de Vaurin-
Lillers & c. Raoul , Jean Archidiacre
de Joinville en
l'Eglife de Châalons , Euftache
, Seigneur de Viry ,
grand Fauconnier de France
mort vers l'an 1415. fans
pofterité de Jeanne de Mommorency
, veuve de Gautier
de Thorote
, Seigneur
de Chaftellier , & fille de
GALANT 255
Guillaume de
Monmorency
Seigneur de S. Luc , & Jean
de Gaucourt Seigneur de
Maiſon fur Seine de Villiers
fous S. Leu , & c. qui fut inf
titué Maitre des Eaux &
Forefts de France , Champagne
& Brie en 1398 .
Raoul Seigneur de Gaucourt
, Chevalier Chambellan
du Roy, Bailly de
Roüen , où il fut tué lors
d'une fedition qui arriva en
1417. aprés avoir rendu des
fervices confiderables à l'Etat
; il avoit épousé Margue
rite de Beaumont , veuve de
356 MERCURE
Charles de Hanget , Senechal
de Beaucaire & avoit pris
une feconde Alliance , avec
Aleaume de Berghes , veuve
de Jean de Roye , Seigneur
Daunois ; du premier fortirent
Guillaume de Gaucourt
vivant 1402. & Raoul Seigneur
de Gaucourt , & c.
Premier Chambellan du Roy
Charles VII, Gouverneur
du Dauphiné & Bailly d'Or.
leans , puis grand Maiftre
de France, fe trouva à la de
faite des Anglois devant
Montargisen 1427 , contribua
à la repriſe de Chartres
GALANT. 257
en 1429. & ayant eſté établis
Gouverneur
de Dauphi
né ; il défit en 1430 au combat
d'Anthon le Prince d'Orange
qui tenoit le parti du
Duc de Bourgogne. L'an
1437 il fe fignala au Siege
de Montereau & fervit beau
coup à la Conquefte de la
Normandie . Il affifta en qualité
de premier Chambellan
du Roy à la magnifique Entrée
que Charles VII . Ge
dans la Ville de Rouen , &
en 1456. il reçût de la part
du Roy en qualité de grand
Maitre de fon Hoftel les
Y
Juillet 1713 .
258 MERCURE
Ambaffadeurs
envoyez par
le Roy de
Hongrie
pour
demander
la Princeffe
Magdaleine
en mariage ; il avoit
époufé Jeanne de Preuilly ,
fille de Gilles Seigneur de
Preuilly & de Marguerite de
Naillac dont il cut Charles ,
Jean , Evêque & Duc de
Laon , mort le 10. Juin 1468.
Raoul Seigneur de Lufarche
& Marie de Gaucourt qui
époufa les Juin 1456.
Charles de Tournon Seigneur
de Belcaftel , Charles
Seigneur de Gaucourt , Argicourt,
&c . Vicomte d'Acy,
GALANT. 259
Lieutenant General Gouverneur
de la Ville de Paris &
Ifle de France , Confeiller &
Chambellan du Roy , rendit
des fervices confiderables
aux Rois Charles VII. &
Louis XI. mourut à Paris
en 1482. fut enterré en l'Eglife
de S. Jean en Grève.
Il avoit épousé le 8 Octobre
1454. Agnés de Vaux , dite
Collette , fille de Jean Seigneur
de S. Jues & de
Jeanne Bouteiller , Dame de
Saintines dont il eut Charles
Jean , Evêque d'Amiens ,
Louis , Evêque d'Amiens ,
Y ij
260 MERCURE
આ
aprés fon frere , François
Chevalier de Rhodes , Annemariée
le 2 3. Octobre à Jean
de Cullan , Seigneur de
Chasteau - neuf. Catherine
alliée le 10. Mars 1480. à
Louis d'Aubuffon . Seigneur
de Villeneuve, & Marguerite
de Gaucourt , femme de
Pierre du Puy , Seigneur de
Vatan , Bailly & Gouverneur
de Berry,
3D Charles Seigneur de
Gaucourt de Boëffes , Cluys ,
& c. vendit en 1498 le Fief
de Gaucourt.
Louis de Gaucourt , Sei
GALANT. 161
gneur de Cluys de Boeffes ,
& c. Chevalier de l'Ordre du
Roy , Chambellan du Duc
d'Alençon , mourut le 3 .
Aouft 1589. de la bleffure
qu'il reçûr en commandant
pour la Ligue ; il avoit époufé
en 1564. Jeanne d'Efcoubleau
, fille de Jean , Seigneur
de Sourdis . Maiftre de la
Garde Robe du Roy , il cut
Charles ; Jean Abbé de
Maubec; Jacques qui a fait
la branche de Cluys & Aymée
de Gaucourt , femme de
Gabriel de Mallefu , Seigneur
de Chaftelus , Charles de
262 MERGURE
Gaucourt , Seigneur de Ville-
Dieu & de Boeffes , époufa
le 29. Septembre 1604.
Charlotte de Rochefort ,
fille d'Imbert , Seigneur de
Beauvais & de Ville- Dieu.
Branche des Seigneurs de
Cluys.
Jacques de Gaucourt , Seigneur
de Cluys , &c . fils
puifné de Louis de Clays &
de Françoife d'Efcoubleau ,
fut Capitaine de Chevaux
Legers & Senechal de la
Marche ; il époufa en 1603.
GALANT. 263
Jeanne d'Elbene , fille de
Guillaume , Seigneur de l'Ef
pinoux , Confeiller au grand
Confeil & d'Ayfieux Chamarre
dont il eut Louis
& Charles , morts jeunes.
Charles Guillaume , Prieur
de Cluys , Aimée , femme
de Frederic de Gamaches ,
Vicomte de Chasteau - Meliand
, Efther & Magdelaine
de Gaucourt , Religieufes..
Charles de Gaucourt, Selgneur
de Cluys , mourut en
Juin 1692. il avoit épouſé
en 1656. Gilberte d'Affy ,
yeuve de Claude de Trouffe264
MERCURE
bois , Seigneur de Champaigre
, & fille de Hugues ,
Seigneur de Rochefolle , &
de Marguerite de Morette,
dont il laiffa Charles de
Gaucourt , qui mourut le
30. May, comme nous l'avons
dit ci - deffus , & Silvain
Chevalier de Malthe. N. &
Nde Gaucourt .
Extrait d'une Lettre de
Gironne le 7. Juillet 1713 .
L'évacuation fe fait tresferieufement
de la part du
General Staremberg , il a
déja
GALANT. 265
les
déja fait embarquer feize
bataillons qui font le Regimens
de Staremberg , Traun,
Bagnes , Reventelaw ,
Grifons & un autre , lefquels
ont fait voile du cofté de
Naples ; l'Evefque de Barcelone
eft parti en même tems ;
ce que je vous écrivis il y a
quelque tems au fujet de la
mort du fieur Puig , fils de
: l'un des Chefs de la revolte
Seſt confirmé, il fût tué à
Bergue où il commandoit .
Le nommé Ragus , autre
Chef des revoltes à quitté la
refidence ordinaire.
Fuillet 1713 .
Ꮓ
*
266 MERCURE
น
Les deliberations de l'Affemblée
generale qui s'y
tient n'ont encore rien produit
; on avoit dit d'abord
que les habitans de la Ville
& de la Plaine de Vich
avoient refusé d'y envoyer
des Deputez , cependant ils
y en ont huit ; mais cette
Ville , celle de Manrez , &
plufieurs autres ont limité le
pouvoir de leurs Deputez
à ne faire qu'écouter ce qui
Le paffera dans l'Aſſemblée
pour leur en rendre compte
& ne prendre aucune deliberation
fans avoir reçû répon
GALANT. 267
fe , cependant nous aprode
ce mois , jour
chons duis.
1
auquel Barcelone doit eſtre
remife au Roy d'Espagne
.
Du refte ils ont fait jurer un
tres grand fecret à tous ceux
qui onteſté admis dans cette
Affemblée
. Ils ont empêché
le General Staremberg de
tirer de Montjouy aucune
munition & y ont mis
garnifon Bougeoife .
Ils
cont auffisfait entrer dans la
Ville quelques Troupes de la
Deputation, cela n'empêcha
pas qu'il n'y cut beaucoup
de gens qui confeillerent de
Z ij
268 MERCURE
prendre le parti le plus fage.
Entrée du Duc d'Aumont ,
Ambassadeur Extraordiuare
à la Cour de Londres.
Mercredy 12. Juillet le
Duc d'Aumont , Ambaffadeur
Extraordinaire de France
fit fon Entrée publique à
Londres . Il fût reçû à Greenvich
par le Comte de
Scarfdale
que
Grande Bretagne avoit nom .
mé faire les honneurs ,
pour
le Maitre de Cerela
Reine de la
&
par
monies
; enfuite
il
fut
conGALANT
. 269
duit dans la Barge de la
Reine à la Tour , reçû &
complimenté par le Gouverneur
. & falué par une décharge
de toute l'Artillerie .
La Cavalcade commença
vers les quatre heures aprés
midy à la Tour , & traversa
la Ville. Le Miniftre eftoit
dans un Caroffe de la Reine
avec le fieur Nadal , Secre
taire de l'Ambaffade & le
Maitre des Ceremonies .
Le Caroffe eftoit precedé
de huit Officiers de fon Excellence
à cheval , de
quatre
Suiffes à Cheval , de trente
Z iij
270 MERCURE
Valets de pieds , douze
Pages à Cheval , & d'un
grand nombre de Gentils
hommes à Chevall
ས
གལ་
I eftoit fuivi d'un autre
Caroffe de la Reine auffi à
fix chevaux , par cinq autres
tres- magnifiques de ce Miniftre
, attelez chacun de
huit chevaux richement har
nachez , & par plus de cin
quante , à fix chevaux , des
principaux Seigneurs.
Il y avoit prés de cent
hommes habillez d'une ma
gnifique livrée : Cette En
trée eft une des plus belles
GALANT 2711
"
qu'on ait jamais vuë.
Son Excellence- arriva fur
les fix heures au Palais de
Sommerfet aux acclamations
d'un nombre infini de peuple
à qui il fit de grandes
largefles.
Il fut reçû par le
Capitaine
à la tefte de la Garde
qui eftoit fous les armes , &
conduit dans l'appartement
par le Maitre des Ceremo
nies où il fut complimenté
par Lord Windfor de la
part de la Reine , & regalé
magnifiquement avec toute
fa fuite pendant trois jours
Z iiij
272 MERCURE
aux dépens de la Majeſté.
Le 15. Sa Majesté la Reine
de la Grande Bretagne luy
donna Audiance au Palais
de S. James.
SUPPLEMENT
aux Nouvelles.
Les Lettres de Londres
du 16. Juillet portent que
la Reine a honoré du Titre
de Chevalier Baronnet le
fieur Thomas Crofs , Braffeur
fort riche , un des Deputez
au Parlement pour la
Ville de Weſtminſter
; que
GALANT. 273
le fieur Huggins grand
Bailly de la même Ville a
efté fait Gouverneur de la
Prifon de la Flote à la place.
du Colonel Leigthon mort
depuis peu . Que le 13 .
Juillet les Miniftres Errangers
furent invitez
par la
Cour & par le Lord- Maire,
à la Ceremonic de l'action
de grace à S. Paul , y ayant
des places refervées pour eux,
& que
les quatre Compagnies
de Gardes du Corps
de la Reine & la
Compagnie
des Grenadiers à cheval
avec deux bataillons de Gar
274 MERCURE
des à pied font aufli commandez
pour ce ſujet.
D'autres Lettres marquent
qu'on avoit prefenté une
adreffe à la Reine pour
la prier qu'il luy plût pour
plus grande feureté , demeurer
en poffeffion des Villes
de Flandres qu'elle occupe
jufqu'à ce que ceux qui auront
la Souveraineré des Païsbas
Espagnols ayent approuvé
les Articles du Commerce
& confenti qu'il foit égal , à
celuy de toute autre Nation ;
qu'on avoit fait l'Election des
Sherifs pour la Ville de
GALANT 275
Londres , & le Comté de
Middlefex , qu'il y avoit
quatre concurrents qui fai--
foient de grandes brigues ,
fçavoir , les fieurs François
Forbes,Marchand Chapelier,
& Jofue Sharpe , Marchand
de Cuir , du partis des Toris,
le Chevalier Rodolphe Kinpe
Horlogeur , & Jean Chad,
wick Tailleur , du partis des
Whigs ; mais que les deuxpremiers
l'avoient emporte
d'un grand nombre de voix ;
& que les Whigs avoient de
mandé le fcrutin qu'on leur
accorda , que le 4. de ce
276 MERCURE
mois le Duc d Aumont avoit
donné une magnifique Fête
fur la Riviere , à un grand
nombre de Seigneurs & de
Dames , qui eftoient dans
une Berge & dans deux autres
qui la joignirent , outre deux
autres où eftoient la Muſique
& les autres Inftrumens .
Les dernieres Lettres de
Londres portent que les
Seigneurs avoient prefenté
une adreffe à la Reine pour
la prier de faire inftance auprés
Duc de Lorraire & de
Les autres Alliez , de ne point
donner dans leurs Etats de
GALANT 277
retraite au Piétendant , afin
de reconnoistre ceux qui luy
eftoient contraires ou favorables
, & cette adreffe fut
approuvée , aprés quelques
conteftations. La Chambre
baffe preſenta une pareille
: adreffe à Sa Majesté .
le
On écrit de Madrid du 1o.
Juillet que les Troupes de
Sa Majeſté Catholique doivent
entrer le 12 à Barcelonne
commandées par
Duc de Popoli pour en prendre
poffeffion , & que dans
un Confeil tenu par les trois
Etats de la Principauté , on
278 MERCURE
avoit réfolu de fe mettre à
la clemence du Roy pour
en obtenir le pardon & marquer
leur attachement à fa
Majefté Catholique .
Des Lettres de Catalogne
du 8. portent que le Comte
de Staremberg avoit fait
embarquer fon Infanterie au
nombre de 8000 hommes ,
& que fa Cavalerie.devoit
s'embarquer du colté de
Tarragonne & faire voile le
15.
On ajoûte que les Miquelets
s'étoient jettez dans
Cardone dans la Seu d'UrGALANT
. 279
gel , & dans quelques autres
poftes à mesure que les Allemans
en fortoient ; mais
qu'il y avoit des divifions
entr'eux , les uns voulant fe
foumettre , & les autres le
refufant , en forte que dans
quelques combats deux de
leurs Chefs avoient efté
tucz .
On voit par les Lettres
de Girone du 17. Juillet que
le Comte de Ruallis veut
rendre de bonne foy aux
Efpagnols Tarragone &
Oftalrick. Le ficur Nebot
s'étant preſenté devant Tar
280 MERCURE
ragone avec mille Miquelets
& Payfans & deux ou trois
cent chevaux , on luy a fait
dire que s'il ne fe retiroit on
le recevroit à coup de canon
& le fieur Baffet eſtant venu
à Oftalrick avec neuf cent
hommes & environ quatrevingt
chevaux ; on luy a
fait dire de ne point approcher.
Nouvelles de Landau.
Les Lettres de l'armée du
17. portent que la nuit du
14. au 15. les Affiegez firent
GALANT. 281
jouer un fourneau qui fit
fauter les travailleurs , dont
quinze ou feize furent enterrez
, ils en firent
jouer
trois
autres
en divers
endroits
qui
ne nous incommoderent
pas,
qu'on
travailloit
à établir
des
batteries
qui verront
à revers
la plus
grande
partie
de l'a- ; vant
chemin
couvert
& des
Lunettes
qu'on
doit attaquer
au premier
jour
, que
les
Afliegez
n'avoient
encore
fait qu'une
fortie
. !
Fuillet 1713. Bb
282 MERCURE
EXTRAIT
d'une Lettre de l'Armée le
29 Fuillet 17138
4
Nous efperons eftree
Maiftre de Landau vers
léto. d'Abuſt car la redoutable
demi lune de Melac
qui eft revêtue d'un bon v
chemin & d'un large foffe ,
für abandonnée ; la nuit du
22. au 2 3 les trois redoutes
de la gauche qui ne valent
rien font envelopées ; nous
fommes logez fur l'angle ,
onze fourneaux fauterent les
GALANT. 283
20. fans nous incommoder,
on laiffe jetter les derniers
feux aux ennemis . On continue
les fappes avec ardeur,
& avec quarante pieces de
canon & trente mortiers . On
impoſe filence aux Affiegez
& on bat en breche. Le Chevälicer
de Baviere reçût une
contufion à la tefte le 22 .
On va avancer bien vire.
Bb iji
TABLE.
Nouvelle Galante, lajaloufie
guerie par la jalousie, 3
Enigme ,
Devifes , 57
Parodie de l'Enigme dont le mot
eft la Chandelle , 98
Parodie de la fecond Enigme
dont le mot et l'Arbre, 67
Enigme, 70
Dons du Roy , 72
Mariages , 73
Eithalame à leurs Alteffes Sere
niffimes Mr le Duc eg
Madame la Ducheffe . 89
TABLE.
Nouvelles
d'Angleterre . 95
Nouvelles
d'Espagne ,
Nouvelles
d'Utrecht
.
Nouvelles de l'Armée,
100
108
1134
Etat des Troupes qui font dans
·Landau , 123
Impromptu par M de S ... 124
Réponse ,
Questions
Mariages
Mort ,
325
12.7%
130
139
Suite du Calendrier Hiftorique,
contenant par
ordre les
evenemens
les plus
remarqua-
141 bles , c.
Differtation
aftronomique
. $ 45
Le Bouquet
Provincial
à Ma
TABLE
de R.. le jour de fa fête
du
Epigrame latine,
2051
214
Relation de Mr Caßirt , 217 '
Extrait d'une Leure deGirone
le 7.Juillet,
264-
Entrée du Duc d'Aumont à la
Cour de Londres , 268-
Supplément aux nouvelles , 272
Nouvelles de Landan , 280-
1
CATALOGUE
DES
LIVRES NOUVEAUX ,
Imprimez chez PIERRE RIBOU
Quay des Auguſtins , à la Deſcente du
Pont-Neuf , à l'Image S. Louis.
Des RR. PP. Benedictins de la Congregation
de S. Maur.
San
Andi Auguftini Hipponenfis Epifcopi Opera , de
nuò caftigata & illuftrata , cum Indicibus , &
Vita ejufdemfancti Auguftini , fol . 8. vol .
Petit papier , veau ,
Moyen papier ,
Grand papier ,
164.
liv
224. liv
320.
liv Eorumdem Operum Indices ; cum Vita fanci
Auguftini , fol. feparément, petit pap . 21. liv
24.li
40.li
Les volumes fe vendent feparément , en pe
Moyen papier ,
Grand
papier ,
tit
papier,
Moyen papier ,
Grand
papier ,
A
18. li
24. li
40.liv
-Vita S. Auguftini , fol . feparément, 6. li
Sancti Hilarii Epifcopi Pidavienfis Opera, eman
Fromondus in Scripturam , Rothomagi 1709.foliz..
P. Alexander in Paulum , fol . 1710. 121.
Sancti Gregorii Epifcopi Turonenfis Opera , caftigata
& edita ftudio Domni Theodorici Ruynart,
Monachi Ordinis fancti Benedicti , Congregationis
fanéti Mauri , fol. IS.liv.
Hiftoire de Bretagne , compofée fur les Titres
& les Auteurs originaux , par Dom Guy Alexis
Lobineau , Benedictin de la Congregation
de S. Maur , avec les Preuves ; & enrichie de
Portraits , de Tombeaux , de Sceaux , & autres
monumens gravez en taille- douce , fol
2. vol . 1707. 60. liv .
Meditations pour tous les Jours de l'Année , tirées
des Evangiles qui fe lifent à la Meffe , &
pour les Fêtes principales des Saints , avec
leurs Octaves : par le R. P. Rainſſant , Benedictin
de la Congregration de S. Maur , in 4.
quatrième édition , 1707 .
6. liv.
Domni Edmundi Martene Benedictini Congregatio
nis S. Mauri , Commentarius in Regulamfancti
Benedicti litteralis , moralis , hiftoricus , in 4.
7. liv. 10. f.
Comitolus , 4. Rothomagi 1710 .
2
Ouvrages de M. Baluze.
7. liv.
Conciliorum nova Collectio , in qua continentur plurima
Concilia , nunc primùm in lucem edita ex
antiquis Codicibus feu Supplementum ad Collectionem
Conciliorum Labbai, fol. 1707. pctit
papier ,
Grand papier ,
15. liv.
24.liv. cilia Gallia Narbonenfis , nunc primùm edita ,
4. liv.
Notis , in 8.
orini P.de Marca Archiepifcopi Parifienpier
,
Grand papier ,
24 li
Ejufdem
de Marca
Hifpanica
, five
Limes
panicus
, hoc eft , Geographica
& Hiftorica
D
fcriptio
Catalonia
& Rufcinonis
: acceffere
Ge
veterum
Comitum
Barcinonenfium
, Nicolai
S
cialis
Res Sicula
, &c. omnia
nunc
primùm
edi
fol. petit
papier
,
Grand papier,
15.1
24. 1
- Ejufdem
Differtationes
tres , cum Notis & A
pendice
actorum
veterum
. in 8 .
3.
Ejufdem Opufcula , nunc primùm in luc
edita. in 8 . 2 .
Vita Paparum Avenionenfium , hoc eft , Hiftor
Pontificum Romanorum qui in Gallia federu
ab anno 1305. ad annum 13.94. fcripta ab aud
ribus coetaneis , cum Notis. in 4. 2. vol. 14. 1
Sancti Agobardi Archiepifcopi Lugdunenfis Oper
necnon Leidradi & Amulonis Archiepifcopor
Lugdunenfium Epiftola & Opufcula „ cum Not
in 8. 2. vol .
Sancti Cafarii Epifcopi Arelatenfis Homilia nu
quam antehac edita , cum Notis. in 8. 1. 1. 10
Marii Mercatoris Opera , cum Notis. in 8. 3.1
Reginonis Abbatis Prumienfis Libri duo de Ecc
fiafticis Difciplinis & Religione Chriſtiana , &
cum Notis. in 8.
2
6.1
4.
Salviani Maffilienfis, & Vincentii Lirinenfis Ope
cum Notis uberioribus . in 8. tertia editio. 3.1
Vita Petri Caftellani Magni Francia Elecnarii
a Petro Gallando fcripta , cam No
1. liv. Io
Mifcellaneorum Libri quinque , hoc eft , Collectio
terum Monumentorum. in 8.5 . vol.
Les volumes fe vendent feparément
Hiftoire'de la Ville de Rouën , in 12. 3.V´
in 8 .
15 .
2
4
rages de feu Mre ARMAND LE BOUTHILLIER:
DE RANCE' , Abbé de la Trappe.
Fe la Sainteté & des Devoirs de la vie monaftique
, avec les éclairciffemens fur les difficulrez
furvenues au fujet de ce Livre , in 4.3.
vol .
Les mêmes in 12. 3. vol .
17. liv.
3. liv.
Les Eclairciffemens
, in 4. feparément
, 6.1.
Les mêmes
in 12. feparément
, 2. liv. 10.f.
Cinq
Chapitres
tirez
du Livre
de la Vie
Mona-
.
ftique
, fçavoir
, de l'Amour
de Dieu
, de la
Priere
, de la Mort
, des Jugemens
de Dieu
,
& de la Componction
, in 12 .
I. liv.
Difcours
de la Pureté
d'intention
, & des moyens
pour
y arriver
, in 12 .
1. liv.10.f
..
Carte
de la Vifite
de M. l'Abbé
de la Trappe
à
l'Abbaie
des Clairets
, avec
une Inftruction
fur
la mort
de Dom
Muce
, in 12.
1. liv.
Inftruction
de S.Dorothée
Pere
de l'Eglife
Grecque
, traduites
du Grec
en François
, avec
la
la Vie
de ce faint
Pere
, in 8.
2. liv. s.f.
nftructions
fur les principaux
fujets
de la Pieté
& de la Morale
Chrêtienne
, in 12. 1.liv.10.f.
Lettres
de Pieté
choifies
& écrites
à differentes
perfonnes
, in 12. 2. vol.
4. liv.
Meditations
fur la Regle
de S. Benoît
, troifiéme
édition
,augmentée
de la veritable
Préparation
.
à la mort
, in 12.
2. liv..
De la veritable
Préparation
à la mort
, in 12. feparément
.
1. liv.
éponses
au Traité
des Etudes
Monaftiques
de
Dom
Jean Mabillon
, in 4 .
6. liv. e Texte de la Regle de S. Benoît, trad. in 12. r.l. Regle de S. Benoît
, traduite
& expliquée
fe- fon veritable
efprit
, in 4.2 . vol . 12. liv .
า
ême in 12. 2. vol 1 :..
Reglemens generaux de l'Abbaïe de la Trappe
in 12. 2. vol.
3. liv . 12.1
Vies des Saints par Ribadeneira , fol . 2. vol . pa
pier fin.
De papier Champy , 2. vol.
15. liv
12.liv
8.1
Relation de la Mort de Dom Abraham Beu
gnier , in 12. brochure.
Relation de quelques circonftances de la Mor
de M. l'Abbé de la Trappe ; in 12. brochu
re , 8.
Traité abregé des Obligations des Chrêtiens
1. liv. 16.1
in 12.
Du R. P. Dom LE NAIN , Soûprieur dé l'Abbai
de la Trappe.
Homelies fur le Prophete Jeremie , in 8. 2
1 vol. 7. liv. 12.
Hiftoire de l'Ordre de Cîteaux , ou Vies de
Saints de cet Ordre , in 12. 9. vol. 16. liv . 4.
De Noffeigneurs du Clergé de France.
Procès verbal de l'Affemblée de 1690. fol . 6.
De l'Affemblée de 1693. & 1695. fol . 10 .
De l'Affemblée de 1701. & 1702. fol. 6 .
Relation des Affemblées de MM . les Prelats po
la condamnation du Livre de M. l'Archev
que de Cambray , in 4. 4. li
Recueil concernant l'établiffement de deux S
minaires dans le Diocefe de Reims , in 4. 6 .
Du R. P. DUBOIS , de l'Oratoire.
Hiftoria Ecclefia Parifienfis , fol . 2. vol . 30. li
Le fecond Tome feparément . 15. li
Du R. P. A MELOTTE , de l'Oratoire..
Le Nouveau Teftament traduit fur la Vale
Du R. P. HARDOUIN , de la Compagnie
de Fefus.
Antirrheticus de Nummis antiquis Coloniarum &
Municipiorum adJoannem Vaillant, in 4. 3. liv.
Sancti Joannis Chryfoftomi Epiftola ad Cafarium
Monachum Grac. & Lat. cum Joannis Harduini
Notis , & Differtatione de Sacramento Altaris,
in 4.
De differens Auteurs .
4. liv.
Compendium Inftitutionum fuftiniani , feu compendiofa
eorum tractatio , in 12. 1. liv.
Coeur affectif de S. François de Sales , tiré de
ce qu'il y a de plus touchant dans fes Ecrits ,
pour la confolation des ames devotes , 'par
M. Gambard , in 12. 1. liv. 12. f..
Diurnale Ciftercienfe ad ufum Fülienfium , rubronigrum
,in 24. maroquin. 3. liv.
Difcours de S. Bernard, compofez à la priere de
fa foeur la Religieufe , où font contenus tous
les principaux points du Chriftianiſme , nouvelle
traduction in 16.. 1. liv . 1o.f.
Exercice Journalier à l'ufage des Religieufes de
la Congregation de N. Dame , in 16. 1. liv.
Maniere de bien entendre la Meffe de Paroiffe,
par Meffire François de Harlay Archevêque
de Rouen , imprimée par l'ordre de feu M.
l'Archevêque de Paris , in 12. 1. liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
in 12.. 15% vol.
43. liv.
Les volumes fe vendent feparément. 3. liv.
Reglement pour le Regiment des Gardes , in
12.
1. liv.
rieres
Chrêtiennes , recueillies
par ordre de
M.
l'Archevêque de Paris , en Latin & en
bien gagner le Jubilé , in 12. troifiéme édi
tion . 2. liv. 10 .
Tradition de l'Eglife fur le Silence Chrêtien &
Monaftique , contre -l'intemperance de la langue
, & les paroles inutiles en general , & en
particulier contre la trop grande frequentation
des Parloirs des Religieufes , par M. Hermant
, in 12 .
1.liv. 16.f.
Traité du Cancer , & des moyens de le guerir,
par M. Alliot , in 12 .
I. liv. 10. f.
Traité des Ecoles Epifcopales , par feu M. Joly,
Chantre & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
in 12. 2. liv.
Vie de la Mere
Eugenie
de Fontaine
, Religieufe
de la Vifitation
, morte
en 1694.
in 12. 1. I.10.f.
De l'Ufage
de celebrer
le Service
divin
en langue
non vulgaire
, par le R. P. Caponnel
Chanoine
Regulier
, in 12.
1. liv. s. 1
Hiftoire
du Concile
de Trente
, par Fra Paolo
in 4 .
8.liv
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel , fol 2. vol.
18.liv
--Les mêmes , in 4. 6. vol. 36.liv
L'Art de Tourner , ou de faire en perfectio
toutes fortes d'ouvrages au Tour : ouvrag
tres-curieux & tres- neceffaire à ceux qui s'
xercent au Tour, Latin & Franç. fol. 15.li
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon , Pa
M. de la Foffe , feconde édition , augmenté
de deux Odes , l'une de Pindare , & l'aut
d'Horace , in 12. 2. liv. 10.
Nouvelle Grammaire Elpagnole , par M. Pe
ger, in 12 .
2. liv. S
Nouvelle Traduction de Juftin , avec des
marques , in 12. 2. vol.
4. liv
intra
Traité de la Nobleffe. par la Roque , 4. 1710.7.1 .
Nouvelle & parfaite Grammaire Françoiſe du
Pere Chifflet , avec un Abregé d'Orthographe,
in 12.
I.liv . 1o.f.
De la Connoiffance de Dieu , par M. Ferrand ,
in 12. 2. liv. 10.f.
Novum Teftamentum Gracum , in 18. 1. liv. 16. f.
L'Efprit de l'Ecriture fainte, in 12.2.vol.3.l.10.f.
Le Comte de Cardonne , in 12. 1. liv . 16. f.
Les Avantures galantes du Chevalier de Thenicourt
, par Madame D. . . in 12. 1. liv. 16. f.
Furteriana , ou les bons mots de M. Furetiere ,
}
in 12.
2. liv.
Traduction nouvelle de Miguel Cervantes ,
in 12.
Biblia facra, in 4.
2. liv.
6. liv .
Amufemens ferieux & comiques , par M. du
Freny , in 12 .
1. liv. 10.f.
Grammaire Allemande , de Perger , in 12. 1. liv .
Effais de Litterature pour la connoiffance des
bons Livres , & Supplement des Effais , in 12.
4. vol .
8. liv.
Le Jeu de l'Hombre
, augmenté
des
Décifions
nouvelles
, & des Regles
fur les Incidens
de
de ce Jeu
, in 12.
1. liv. 10. f.
La Vie de M. de Moliere
, in 12. 2. liv.
Les Memoires
& la Vie de M. de Thou
, 4. Rotterdam
,
S. liv.
Hiftoire
de la Virginie
, contenant
celle
de fon
établiffement
& de fon gouvernement
juf
qu'à
prefent
, les productions
naturelles
du
Païs
, la Religion
, les Loix
& les Coutumes
des Indiens
naturels
, par un Auteur
natif
&
habitant
de ce Païs
-là , in 12. enrichie
de fi
ures
en taille
- douce
,
2. liv. 5. f.
parfaire
des Officiers
de Pouche
1
ures feches & liquides , les Liqueurs , les
Eaux , les Parfums , la Cuifine , à découper
les viandes , & à faire la pâtifferie ; huitiéme
édition , corrigée & augmentée des Pâtes , des
Liqueurs nouvelles , & des nouveaux Ragoûts
qu'on fert aujourd'hui : Avec des modeles
pour dreffer les Services de Table , in
2 liv . 5. T.
12. 1713.
Abregé de la Sainte Bible , en forme de Quef
tions & Réponses familieres , tirées de differens
Auteurs ; divifé en deux parties , l'ancien
& le nouveau Teftament , par le R. P.
Guerad , de la Congregation de faint Maur
feconde édition , in 12. a liv.
Les Delices de l'Italie , contenant une defcription
exacte du Païs , des principales Villes ,
de toutes les Antiquitez , & de toutes les Raretez
qui s'y trouvent ; ouvrage enrichi d'un
tres- grand nombre de figures en taille douce
in 12. 4. vol.
12. liv.
Traité
des Jardinages
, par M. de la Quintinie
,
in 4° . 2 vol.
12 liv.
2 liv.
Le Prince Grec , in 12.
Hiftoire de D. Quixotte, derniere édition , augmentée
d'un volume qui va jufqu'à fa mort ,
in 12. 6 vol. Is liv.
Les Fables de la Fontaine , in 12.5 vol . 1o . liv .
La Princeffe de Cleves , in 12. 2 liv . 10 f
L'Arithmetique de Legendre , nouvelle édition ,
augmentée de la maniere de compter aux Jettons
, in 12. 2 liv. 10 f
Les Oeuvres de S. Evremond , in 12. 7 vol. is liv .
Juvenal , de la traduction du P. Tarteron , j'
2 liv.
12.
Zayde , in 12. 2 vol.
C
Code de la Marine , in 4.
3 liv .
Traité hiftorique des Monnoyes de France , par
M. le Blanc , in 4 · 9
liv.
2 liv.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable
Borgne, par M. le Noble , in 12 .
Traité de la Parole , in 12. brochure ,
3.
8 f.
Lucien d'Ablancourt , nouvelle édition , augmentée
de Notes , in 12. 3 vol. 6 liv.
Numifmata area Imperatorum Auguftorum & Cafarum
in Coloniis , Municipiis & Urbis Jure
Latio donatis , ex omni modulo percuffa , autore
Joanne Eoy-Vaillant , in fol . vol. & 36 liv.
L'Hiftoire reduite à fes principes , dediée à
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , in 12.
2 vol. liv . 10 f.
Contes des Fées , ou les Chevaliers Errans , &
le Genie Familier, par M. D ... in 12. 1 1. 15 f.
D. Guzman d'Alfarache , in 12. 3 vol. 71. 10 f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Ovven , in 12. 1. liv. 10 f.
Virgile , de Martignac , in 12. 3 vol. 6 liv .
Lucrece , de la nature des chofes , avec des remarques
fur les endroits les plus difficiles ,
traduction nouvelle , in 12. 2 vol . 4. 1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteuil , ou veritez hiftoriques ,
compofées du Joueur, du Nouvellifte, du Fi
nancier , du Critique , de l'Inconnu , da Sincere
, du Subtil de l'Hypocrite , & de plufieurs
autres perfonnages de differens caracteres
, in 12. Iliv.5 f.
Les Avantures d'Apollonius de Tyr ,livre rempli
d'évenemens , & écrit dans le même ftile que
Telemaque , par M. le B ... in 12 .
2.
2 liv.
Prince
Eraftus
, fils de l'Empereur
Dioclein
12. 2 liv. 5 f.
:.
avec plufieurs planches nouvelles qui n'ont
point paru dans les précedentes éditions , fe
tout dirigé par un ami de l'Auteur qui a fait
plufieurs voyages avec lui , in 12. 6 vol . 15 liv.
Abregé de Geographie , & de tout ce qu'il y
a de plus remarquable dans chacune des quatre
grandes parties de la Terre , particulierement
dans l'Europe & dans le Royaume de
France le tout mis en ordre pour pouvoir
être appris & retenu facilement par coeur
avec les routes des Poftes de France & d'Ef
pagne, dedié à S.A. S.Monfeigneur le Prince
de Dombes , par M. Poncein , in 12. I liv. s
Les Metamorphofes d'Ovide , traduites par M
,du Ryer, derniere édition , in 12.3 vol . 6 liv
Les mêmes en Rondeaux , avec figures , de
Benferade , imprimées à Bruxelles, in 8. 4 liv
Les Fables d'Efope Phrygien , avec celles de
Philielphe , traduction nouvelle , enrichie d
Difcours moraux & hiftoriques , & de Quadrains
à la fin de chaque difcours , aves figu
res. On a ajouté à cette nouvelle traduction
les Contes d'Efope, lès Fables diverles d'A
brias & d'Avienus, in 12. 2 vol .. 4 liv. 10 f
Les Memoires de la Vie du Comte D ... avant í
retraite , contehans diverfes avantures qu
peuvent fervir d'inftruction à ceux qui ont
vivre dans le grand monde; redigez par M. d
S. Evremont , in 12. 2 vol. 4 liv. 10
Les Memoires de MeffireRoger Rabutin , Comt
de Buffy, in 12. 3 vol.. 7 liv. 10 1
Idem , Ses Lettres , nouv . édit. in 12. 4 vel , 8 1
Hiftoire de France par Mezeray , derniere édit
4. 3 vol.
Idem , in 12. 7 vol.
Les Oeuvres d'Homere , traduites en F
24
12
Quinte- Curce , de la traduct, de M. de Vuagelas,
avec le Latin à côté , 2 vol . in 12. 41. 10f.
Oeuvres d'Horace en Latin & en François , avec
des Remarques critiques & hiftoriques , de M.
Dacier , troifiéme édition , revûë” , corrigée
& augmentée confiderablement par l'Auteur ,
in 12. 10 vol.
20 liv . Hiftoire de France, P. Mareelle, in 12.4 vol . 8 1.
Lexicon Buxtorfi , in 8 . 4 liv. 1 f.
Corpus Furis Canonici , à Petre Pithao , cum appendiceJuris
Canonici ; continens Librum feptimum
Decretalium , & Jo. Pauli Lancelotti inf
titutiones furis Canonici , in fol . 2 vol . 20 liv.
Les Oeuvres de Maître Guy Coquille , Sieur de
17 Romanci , 1703. 2. vol .
13 liv .
ARecueil
de bons
mots
des Anciens
& des Modernes
, in 12.
2 liv.
E
THEATRE DE MESSIEURS
Corneille , in 12. 10 vol . 25 liv. Racine , 2 vol.
6 liv
Campiftron , nouvelle édition , augmentée d'une
Tragedie & d'une Comedie , & ornée de
De la Foffe , avec les Poëfies , 2 vol .
figures ,
Legrand ,
Crébillon ,
Hi Pradon ,
4 liy
s liv.
2 liv. 10 f.
3.
liv.
3 liv.
De la Grange , augmenté d'Ino & Melicerte .
Tragedie , 2 liv. 10 f.
Moliere , 8 vol . nouvelle édition , augmentée
de fa Vie, avec de nouvelles Remarques , 151 .
Dancourt , 8 vol. nouvelle édition , augmentée
de plufieurs Pieces qui n'avoient point été
rimées dans les éditions précedentes , avee
& mufiane se liv
13
2 liv.1of De Hauteroche ,
Palaprat , 2. édition augmentée de plufieurs Comedies
qui n'ont pas encore été imprimées.
& d'un Recueil de Preces en Vers ,
5 liv.
Baron 2.
2 VOL
De Riviere ,
De la Thuillerie ,
Boindin ,
De Champ-mêlé,
De Montfleury , 2 vol .
Bourfault , 2 vol .
De Mademoiſelle Barbier ,
Quinaut ,
3 liv
2 liv . 10
2 liv
2 liv
2 liv.
Sliv
Sliv
2. liv. 10. f.
2. liv . 10. f.
Theatre François , 6. vol. 15. liv.
Theatre Lyrique avec une Preface où l'on traite
du Poëme de l'Opera , & la Réponse à une
Epître Satyrique contre ce fpectacle , par
M. le B. in 12 .
Idomenée .
Hypermnestre.
Pieces feparées.
2.liv.
Atrée.
Electre.
Abfalon .
Rhadamifte & Zenobie .
Cyrus .
Geta.
Les Tyndarydes .
Saül .
Medée.
Herode.
Ino & Melicerte.
Polydore .
La Mort d'Ulyffe.
Tragediese
Le Curieux Impertinent .
Les Agioteurs.
L'Amour Charlatan.
Le Naufrage.
Danaé.
Turcaret.
Crifpin Rival.
Le Jaloux defabufé.
Les Metamorphofes .
L'Amour vangé ..
Efope à la Ville .
Efope à la Cour..
Sancho Panfa Gouverneur..
La Devinereffe .
Comedies..
Les Airs notez des Comedies Françoifes , par
M. Gillier, in 4.
Cantates & Arietes de M. le B: fol .
Le quatrième Livre des Motets de
pra,
Le Mercure Galant ,
Et broché ,
7. liv.
7.liv . to . f.
5. liv..
M. Cam-
1. liv.ro.f..
1. liv. 5. f.
Recueil de Pieces en Vers , adreffées à S. A. S..
Monfeigneur le Duc de Vendôme , & plufieurs
Effais de Poëfies diverſes , par M. de Palaprat
, 1.vol.in 12.
1. liv . 10. f..
Et toutes les autres Pieces de Theatre, tant anciennes¿
que nouvelles
L'Hiftoire de l'Empire , contenant fön origine,
fon progrès , fes revolutions , la forme de
fon gouvernement , fa politique , fes allian
ces ,
fes negociations , & les nouveaux Reglemens
qui ont été faits par les Traitez de
Vveftphalie , & autres : par le Sieur Heill.
Touvelle édition , continuée jufques à preht
& augmentée de plufieurs Remarques.
IS
Mailon Royale de France , des grands Officiers
de la Couronne , & de la Maifon du
Roy ; avec les qualitez , l'origine & le progrès
de leur famille : enfemble les Statuts &
le Catalogue des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre du S. Efprit. Le tou
dreflé fur les Titres originaux , Regiftres des
Chartres du Roy, du Parlement , de la Chambre
des Comptes , & du Châtelet de Paris-
Cartulaires d'Eglifes , Manufcrits & Memoi
moires qui font dans la Bibliotheque du Roy
& autres . Par le P. Anfelme , Auguftin Dé
chauffe . Revue , corrigée & augmentée pa
l'Auteur , & après fon decès continué jufque
à prefent par un de fes amis , 2. vol. in fol
1712.
36. liv
Dictionnaire
d'Agriculture
, contenant
genera
lement
tout
ce qui regarde
le ménage
de la
campagne
, & l'ornement
des Jardins
, & c
in 4. fous
preffe
.
Le Munitionaire des Armées de France , qui en
feigne à fournir les Vivres aux Troupes ave
toute l'oeconomie poffible , par M. Nodo , i
8. I. vol.
3. liv. 10
La Connoiffance parfaite des Chevaux , conte
nant la maniere de les gouverner , nourrir &
entrenir en bon corps , & de les conferver er
fanté dans les voyages ; avec un détail gene
tal de toutes leurs maladies , des fignes & de
caufes d'où elles proviennent , des moyens d
les prévenir , & de les en guerir par des re
medes experimentez depuis long-temps , &
la portée de tout le monde. Joint à une nou
velle Inftruction ſur le Haras ,bien plus é
duë que celles qui ont paru juſques àr
16
chevaux de manege , tirée des meilleurs Auteurs
qui en ont écrit . Le tout enrichi de figures
en taille-douce , in 8. 3. liv . 10. f.
Lettre à M. de ... fur l'origine des anciens Rois
ou Dieux de l'Egypte ; qui explique ce qui a
donné lieu aux -Fables des Dieux de l'Antiqui
té in 12. 1. liv.
2. liv.
La Rivales traveltie , in 12.
Nouveaux Secrets de Medecine pour la guerifon
de toutes fortes de maladies , donnez par une
perfonne charitable, augmentez des Secrets
naturelles de M. Lemery , 2. vol. in 12. liv
Qualité de la reconnaissance optique de caractères