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1713, 03 (Gallica)
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MERCURE
GALANT.
A PARIS,
M.DCCXIII
AvecPrivilege du Roy.
M ERCO R.E: (3.AJLANT.
Parle Sieur Du F***
Mois
deMars
1713.
Le prix est ;o. (ois relié en veau ,(&
25.sols, broché. 1
A PARIS, I
Chez DANIEL JO L LET, au Livre
Roy.ll,JU bout duPontS.Michel
du côté du Palais.
PIERRE RIBOU, à l'Image S. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la rut:
du~Foin, du côté de la rue
Saint Jacques.
sivscArprobatlon3&Privilegedu Fol.
MERCURE
GAL ANT.
il
HI STO RIETTE,
.', traduite de l'Espagnol.
Eux jeunes Cavaliers
de Sevilledevinrentamoureux.
d'une belle personnequi
senommoit Beatrix EHe
étoit aussi riche que bel-
Te-" étant fille unique
d'un homme qui avoit
été Gouverneur des Indes
, où il avoit amassé
de grands biens. Il s'appelloit
Don à Cuarado.
L'un des deux amans dfëg.
Beatrix étoit DonFernand,
parti convenable
au pere, parce - qu'il étoit
aussi fort riche: mais
Don Felix, qui avoit
moinsde bien, avoit
touché le coeur de Bea-r
trix. Il étoit d'une valeur
distinguées & Don
Fernand n'étoit pas fort
brave, quoy qu'Espagnol.
(Ilya des poltrons
dans toutes sortes de nations,
& même dans la
nôtre) ajoûte l'auteur
Espagnol.
Ces deux amans ne
manquoient pas un jour
\ase trouver dans une petite
ruë peu frequentée,
où donnoit une fenêtre
de l'appartement de Beatrix,
qui avoit aussi corn*
munication sur un jardin,
dont une petite porte
à demicondamnée
rendoit dans cette petite
ruë. Les deux amans venoient
separément sur le
foir aux environs de ce
jardin:mais l'amant poltron
se donnoit bien de
garde dese montrer lorsqueDon
Felix paroissoit;
il lé concentoit de
l'observer comme un jaloux,
& dés qu'il étoit
parti, il alloitchanter&
soûpirersous lesfenêtres
de Beatrix, dont il n'étoit
presque pas écouté.
Il faut remarquer que
ce jardin,dont la petite
porte donnoitsur la ruë,
étoit commun à la maison
de Beatrix 8£ à une
autre où logeoit une veuve
fort belle, qui voyoit
en cet endroit un troisiéme
Cavalier al'indu de
ses parens. Les choses
étant ainsi disposées, D.
Fernand prit le parti de
demander Beatrix à son
pere,&l'obtintaisément
à cause de ses richesses.
Le mariage fut resolu
promtement;& les conventions
étant faites, il
prit jour pour donner
une fête à sa maîtresse
,
dans les jardins d'Alfarache.
Don Felix apprit bientôt
toutes ces choses par
Donna Hermandez
f suivante de Beatrix, 8c
qui étoit la confidente
de son amour. Don Felix
resolut de parler à Beatrix,
qui neparoissoit
plus à la fenêtre depuis
qu'onl'avoit promise à
Don Fernand, soit par
devoir, soit parce que
Don Fernand lui avoit
fait défendre par son pere
d'entrer dans l'appartement
dont la fenêtre
lui servoit à voir Don
Felix.
Ce Cavalier avertidu
jour que la fête se devoit
donner dans les jardins
d'Alfarache, gagna
le jardinier, qui lui permit
de se déguiser comme
s'il eût été un autre
jardinier qui lui vinst aider
à cüeillir des fleurs,
&, préparer des feüillées
pour la fete. Don Felix
ainsi déguiséen jardinier
se mit à travailler dans
de petits cabinetsde verdure
qu'on ornoit avec
des festons de fleurs;&
comme il y en avoit plusieurs,&
que les Dames
de la famille de Beatrix
& de Fernand se promenoient
de l'un à l'autre,
il épia l'occasionde parler
à Beatrix, & se confia
à unvalet de la fête,
dont la suivante Hermandez
recevoit volontiers
les hommages 3 8C
ce valet ayant été avertir
Beatrix & la suivante,
elles se détacherent des
autres Dames,& vin-
;it.
rent voir travailler le
jardinier- amant Don
Felix.
Le jaloux Don Fernand
qui s'apperçut de
ces menées, avoit suivi
de loin Beatrix; & la
voyant parler familièrement
à ce jardinier, s'approchoit
insensiblement
pour les examiner:mais
Don Felix l'ayant apperçû
avant qu'il fùraffez
prés pour en estrereconnu
, prit son parti
dans le moment, & dit
à Beatrix & à la suivante,
qui vouloient fuir,
qu'elles restassent à l'endroitoù
ellesétoient; &
aussitôt avec une promtitude
incroyable il rentra
fous le cabinet de verdure,
où il avoit laissé
le valet amant de la fuivante
; & l'ayant revef-
, tu de son habit de jardinier,
qui étoit fort remarquable
quoy qu'à la
brune, parce qu'il étoit
de serge blanche, il i'in-j
struisit en deux mots de
ce qu'il devoit faire. i
Ce valet, que D. Fernand
prit pour le mesme
qu'ilavoit déjaveu
avec Beatrix, la pria de
trouver bon qu'il lui parlât
familièrement, pour,
faire croire au jaloux
Don Fernand qu'il étoit
ale mefine. En effet en p prochant illes trouva
parlant dumariage,
de ce jard inieravecHermandez,
illui parut vraisemblable
que Beatrix
voulust bienfamiliariser
par bonté avec l'amant
de sa suivante, pour la
marier: & cela dissipa
pour cette fois-là le soupçon
de Fernand, qui
les eût empeschez de
prendre les mesures qu'-
ils vouloient prendre,
parce que le pere de Beatrix
eût fait éclat sur
cette intrigue; ce qui 3* siarriva point ce jourlà.
Cette fête fut fort
galante: mais ellen'ennuya
pas moins Beatrix,
qui feignit même d'estre
malade pour la faire
cesserplûtost. Ainsichacun
étant retourné chez
foy, la signature du contrat
fut resoluë pour le
lendemain:mais la maladie
feinte ou veritable
de Beatrix la retarda de
quelques jours, pendant
lesquels Don Felix fut
surpris par D. Fernand
dans
dans une autre tentative
qu'il fit pour parler à
Beatrix. Don Fernand
fut desesperé 5 &nese
sentant pas assez de courage
pour se battre contre
Don Felix, il saisit
une occasion que le hazard
lui fournit, pour se
vanger sans rien hazarder.
Voici comment la
chose arriva.
Beatrix au desespoirs;
&C obsérvée de siprés,
qu'elle n'avoit plûs aucune
esperance de pouvoir
parler à Don Felix,
chargea d'une lettre pour
lui un petit laquais Maure
qu'elle avoit auprès
d'elle; & Don Fernand,
à qui tout étoit suspect,
voyant sortir le soir ce
petit Maure, lui fit avoüer
,
à force de menaces
& de coups,qu'il
étoit. chargé d'une lettre
pour Don Felix. Il
ouvrit la lettre, qui étoit
écrite en ces termes.
Le desespoir ou me met
un mariage queje ne puis
fias retarder, m'afait oublier
devoir, respect &
obeissance. Un pere cruel
aura voulu en vain disposer
de la confiante Beatrix
ytf)sil m'ôte à celui
que fatrne, du moins il
ne serapasenson polivoir
de me livrer à celui que
je hais. Ce malheur cruel
ma fait prendre une resolution
desesperée : si vous
maimeZj autant que je
'vousaime,ha^arde^out
pour entrer à l'heure de
minuit dans le petit jardin.
se hasarderai tout
pour rrij trouver avec,
Hermandez, qui veut
bien suivre ma malheureuse
destinée. Vous nom
menerez dans un sonvwty
ou, j.',ai une tante,
qui me recevra par çitie',
& j'y passerai le reste de
mes jours.
La premiere idée qui
vint à Don Fernand, fut
de se trouver au rendezvous
au lieu de son rival
aimé, & de prendre
une cruelle vangeance
de Beatrix, en la surprenant
en faute. Il gagna,
ou crut gagner par argent
le petit Maure,qui
lui promit en effet de
dire à Beatrix qu'il avoit
donné la lettre à
Don Félix: mais ce petit
Maure dit à Beatrix
comment la chose s'é-
: toit passéc. Ainsi elle ne
fut point au rendezvous,
où Don Fernand
attendit encore deux
heures par-delà celle du
rendez-vous. Enfin il entendit
que quelqu'un
marchoit dans le jardin:
Ja nuit étoit fort noire;
il ne douta point que ce
ne fût Beatrix & sa suivante
, & c'etoit en esset
unemaîtresse & une
fuivanre ; c'étoie cette
veuve dont nous avons
parlé, qui avoit donné
rendez- vous dans le même
jardin à un brave
Cavalier; qui dévoie
l'emmener chez lui, 6C
l'épouser malgré ses parens
,
c'est à dire malgré
les parens de laveuve,
qui vouloient l'obliger à
un autre mariagequi
convenoit mieux à leurs
interêrs. Cette ressemblanced'intrigue
& Iobscurité
de la nuit produisirent
une conversation
à voix basse, qui
fut équivoque pendant
quelques nlorrftns, la
veuve prenant Don Fernand
pour son Cavalier,
& Don Fernand la prenant
pour Beatrix. Mais
cette double erreur ne
put durer long-temps,
& la choseéclairciemit
la veuve au desespoir >
elle conjura Don Fernand
de lui garder le secret.
Il rêva quelque
temps au parti qu'il avoit
à prendre sur une
a aiavanturesi
singuliere ;
& voici ce qu'il lui répondit.
Madame, étant
amant comme celui que
vous Attendez, &
la même necessité rienlcver
celle que j'aime, parce
que[el parens font aulft
déraisonnables que les vôtres
,
la conformité d'avanture
me fait prendre
part à votre situation :
liachcZ-J donc que j'ai rencontré
en venant ici le Cavalier
qui doit vous venir
prendre. Il entroit en
même temps que moy dans
cette petite rue, & j'ai
entendu en payantqu'il
disoit à quelqu'un qui l'accompagnai
: Attendons
que cet homme-ci n'y
foit plus; car à coup sur
on ne S'impatientera
point dans le jardin,&
il ne faut pas risquer d'y
estredécouvert. jitnfi (continua Don Fernand,
qui inventoic sur
le eh mp ce qu'ildifoit
) je suis sur que votre
amant attend au coin
de la rue, & qu'en me
voyantsortirilviendra:
A - je vais même l'arvertir de
ce qui cft arrivé9 je laisserai
la porte ouverte , je le ramenerai., (t)nprés
vous avoir aidez, dans
votre entreprise
,
j'aurai
tout le loisir d'accomplir
la mienne; car ma Beatrix
ne doit venir que
sur les trois heures après
minuit, & l'impatience
damant mavoit fait
prévenir lheure de beaucoup.
jittendtZjdonc patiemment
, je vait chercher
votre amant, &
je rentreraiici avec lui.
La veuve remercia
affectueusement D. Fernand,
&: lui dit qu'elle
rattendroir. Il sortit à
tâtons: il rveut pas fait
vingt pas dans la rue,
qu'il entendit marcher,
èc c'étoit le Cavalierqui
venoit au rendezvous.
Il l'aborda,& lui
dit d'une voix mysterieuse
: Est-ce vous, Don Juan? (car il avoic
appris son nom de
la veuve.) Don Juan luidemanda qui il étoir
:Ïe fuis, lui dit-il,
votre rival, mais un rival
malheureux, qui ne
suis pas plus aimé que
VOUS de la veuve perfide
qui nous trahit tous
deux, têsi vous avez,
du courage, vous devez,
vous joindre à moy pour
vous vanger d'un rival
heureux, qui doit cette
même nuit enlevercelle
qui nous méprise. Don
Juan étoit naturellement
vif& jaloux, &C
fut si étourdi d'une infidélité
à laquelle il s'attendoit
si peu, qu'il
ne fit pas reflexion qu'
il n'était pas tout-àfait
vrai-semblable que
sa maîtresse eustchoisi
)
pour se faire enlever par
¿
tin autre, la mesme nuit
qu'elle lui donnoit à lui
pour rendez-vous. Il
entra d'abord en fureur
contre ce pretendu rival
qui devoit enlever
sa maîtresse. Don Fernand
lui dit que pour
peu qu'il attendît
,
il le
verroitvenir, &C quensuitil
verroit la veuve
sortir avec lui du
jardin: en un mot, que
s'il vouloit attendre patiemment
dans une porteenfoncée
qui n'étoitr
pas loin de celle du jardin,
il seroit témoin de
lenlevement
, & seroit
contraint d'avouer qu'
en intrigues de femmes
les circonstances qui paroissent
les moins vraisemblables
sont quelquefois
les plus vrayes.
Don Fernand, après
avoir posté Don Juan
en embuscade dans la
porte enfoncée,SCfuivant
à tout hazard le
projet qu'ils'écoit formé,
court au logis de
Don Felix, qui n'étoit
pas fort loin de là, heurte
très-fort à la porte.
Onseréveille, un valet
de Don Felix vient
ouvrir; illui donne la
lettre, lui disant qu'un
incident fâcheux l'avoit
empesché d'executer
à l'heure nommée la
commission que lui avoit
donnée Beatrix de
rendre cette lettre : mais
que si Don Félix Ce pressoit
fort, il seroit encore
temps dexecuter
ce qui écoit porté dans
la lettre. Il donna les
meilleures raisons qu'il
put pour justifier la lettre
décachetée : mais enfin
elle étoit écrite de la
propre main de Beatrix
, &, cela ne pouvoit
estre douteux à
Don Félix. Don Fernand
court au plus vîte
dire à la veuve que son
amant Don Juan alloit
venir la prendre. Elle
va au-devant à la porte
du jardin, où arrivoit
Don Felix. Alors Don
Fernand dit tout bas à
la veuve de sortir au
plus vîce, parce qu'il
entendoit quelqu'un du
logis qui couroit après
elle. Don Felix prit la
veuve par la main. La
crainte d'estre suivie entrecoupant
la voix de
la veuve , ÔC l'obscurité,
laissaDonFélixdans
l'erreur tout le temps
qu'ils mirent à rraverfer
la ruë. Ilcroyoitenlever
sa Beatrix, pendant
que Don Fernand
fut avertir le Cavalier
amant de la veuve qu'il avoit porté dans)
la parte enforcée. Cet
amant transportéde fureur
court à sa veuve;
& l'accablant de reproches
& d'injures
,
surprit
fort Don Felix
It
qui croyoit que ces reproches
s'adreffoient à
sa Beatrix,qu'il croyoit
encore tenir par la main;
car tout cela se fit si
promptement, qu'il n'étoit
pas encore détrompé.
Don Felix piqué
au vif, met l'épée à la
main, charge l'autre,
qui le receut en homme
brave & jaloux.
Laissons-les se battre,
oC retournons à Don
Fernand, qui fut ravi
d'avoirreüssi à faire attaquer
Don Felix pat
ce jaloux furieux; car
il n'avoit tramé cette
avanture nocturne que
pour se défaire, sans se
commettre, d'un rival
qu'il craignoit. Il fuivoit
de loin nos combattans
, pour voir la
reüssite du combat,
quand il se sentit faisir
par deux ou trois
hommes; & c'étoit les
gens du logis de la veuve,
qui le prenant pour
celui qui l'avoit enlevée,
l'emmenerent dans
le jardin, & le jetterent
dans un caveau, où ils l'enfermerent
promptement, pour courir
après la veuve, qu'-
ils ne purent rejoindre;
car dans le moment
qu'elle eut entendu la
voix de Don Juan, &
que le combat commença
,
elle avoit fui
toute effrayée, & n'osant
retourner chez elle
,
elle étoit allée se
réfugier chez une de
ses amies, qui ne logeoic
pas loin de Jà.
Retournons à nos deux
combattans. Don Felix
receut d'abord deux
grands coups depée:
mais il pouffa si vivement
son ennemi, quaprés
l'avoir blessé en
plusieurs endroits trésdangereusement
, il le
desarmatomba enfuite
faite de foiblesse à côté
de son ennemi. Ces mêmes
hommes qui avoient
enfermé Don
Fernand dans le caveau,
arriverent jusqu'à l'endroitoùétoient
les blef
fez; &: l'un d'eux
J
qui
étoit parent de la veuve,
reconnut Don Felix
,
dont il étoit ami.
Quelle fut sa surprise !
Don Felix le reconnut,
& d'une voix
mourante lui demanda
du secours
, & pria quon
en donnâtaussi à
son adversaire, qui se
trouva entièrementévanoui.
Cet ami les fit
emporter chez lui, c'est
à dire dans la maison
de la veuve, où il logeoit.
On leur donna
du secours, on les mit
chacun dans un lit; 8c
quand ils furent en état
de s'expliquer, toute
l'avanturenoéturne
se débrouilla par un éclaircissement.
Les deux
blessez furent au defespoir
de s'êtreainsi
mat-trairez, 6L l'indignation
de tous tomba
sur Don Fernand,
qu'on laissa passer la
nuit dans le caveau,
pour le mettre lelendemain
entre les mains
de la Justice.
Don Felix, qui ne
pouvoit se consoler d'avoir
b!e(re trés-dangereusement
Don Juan,-¡
obtint de son ami qu"--
on lui donneroit laveuve
en mariage : car cet
ami, parent de la veuve
,
avoit un grand credit
auprès de ses autres
parens.
-
A l'égard de Don
Felix, il se trouva que
ses deux blessures n'étoient
pas dangereuses.
Il empêcha qu'on ne
mît Don Fernand entre
les mains de la Justice
: mais il pria qll'-::
on avertît le pere de
Beatrix de tout ce qui
s'était passé la nuit. Ce
pere étoit hommed'honneur
, quoique feroce-
Il alla trouver Don Fernand
, & lui declara
qu'un homme capable
de tramer de si noires
actions étoit indigne de
sa fille; & l'ami de
Don Felix lui déclarade
sa part que s'il ne
vouloit pas se battre
contre Don Felix, il saloit
seresoudre à s'exiler
lui-même hors de
Seville. Il se seroit exilé
même d'Espagne
plûtôt , que de se battre,
&C accepta l'exil:
ce qui acheva d'indigner
contre lui le pere
de Beatrix, qui, pour
le punir encore davantage
, la donna en mariage
à son rival. Ainsi
Don Felix & Beatrix
devinrent heureux
par un incident, duquel
Don Fernand avoit
voulu se servir
pour perdre Don Felix.
MARIAGE.
Monsieur le Comte
de Châceaurenault, fils
de Monsieur le Maréchal
de Châceaurenault,
aépousé le du
mois de Février dernier
Mademoiselle. deNoailles,
fille de feu Monsieur
le Maréchal d'er
Noailles.
Le mois prochain on
donnera un memoire
plus ample, qu'on n'a.
pû avoir celui-ci.
NouNouvelle
preuve de lA Multiplication,
e nouvelle
maniéré de faire la D/i;/-
sion,plus courtequ'aucune
qui ait paruë jusques ici.
LEs auteurs'quiont parlé
de la preuve de la Multiplication
par ( 9 ) ont eu raison
de la traiter de défectueuse,
en ce qu'elle peut paroître
bonne, quoique la Multiplication
soit fausse
: mais
t il me paroîtqu'ils nont pû
la regarder comme une
preuve moralement bonne;
puis qu'à l'égard d'un calculateur,
qui de deux Multiplicationns
qu'il feroit,
commettroit toujours une
faute en une des deux, la
preuve de 9 devroit de 32,
coups contre 1 paroître bonnc
quoique la Multiplication
fùt fausse: ce qui est
bien éloigné d'être moralement
bonne;car dans ceux
qui ne calculent pas souvent
il en est peu qui ne
fassent une faute en 1 o
coups.Or à l'égard de ceuxlà,
la preuve de 9 doit être
fallacieuse de 160 coups contre
,parce que pour que
cette preuve devienne
fallacieuse,
il faut dans la même
Multiplication faire une
seconde faute qui releve la
premiere ; & pour cela il
faut 20 coups par la supposition,
& en chaque coup
il y a neuf chiffres à poser,
dont il n'yen a qu'un qui
doive faire la compensation,
contre huit qui ne la
feront pas; ce qui fait huit
fois
,
2.0 coups,ou160contre
un : ce qui ne peut point
encore établir une preuve
morale. Pour rendre donc
cette preuve plus fidelle du
double, en forte qu'il faille
3 2o coups contre un, moralement
parlant, pour qu'-
elle puisse paroîtreinfidelle,
je me sers de la preuve de
11 en cette forte.
Soit le nombre (73904) à
multiplier par ( 50871 ) la
multiplication étant faite,
je trouve. pour produit (3759570384. ) Or pour m'as
furer par la preuve de 9 que
ce produit est le veritable,
tout le monde sçait qu'il
faut faire une somme des
chiffres de chacun de ces
trois nombres, rejettant 9
toujours dés qu'on y arrive,
ou qu'on passe 9 ; ce qui
donne trois restes,sçavoir
5 pour le premier, 5 pour
le second
,
& 6 pour le troisiéme.
Je multiplie donc les
deux premiers restes, 5 &
3, l'un par l'autre j ce qui
donne 15 :
d'où ôtant 9, il
reste 6, qu'on appelle la
preuve des produifans. Or
cette preuve est égale au ref.
te 6 du produit 3759570384, (qu'on appelle aussi la preuve
du produit)comme elle
le doit toujours être lorsque
laMultiplicationest bonne
comme ici : mais il se pourroit
faire, sans grand miracle,
quela Multiplication
étant fausse, ces deux preuves
du produisant &du produit
feroient cependant
égales; comme il nveft arrivea
moy-même, la premiere
fois que j'ai voulu en
faire épreuve. C'est pourquoy
je fais encore la preuve
par 11, & pour cela je
tranche tous les chiffres des
lieux pairs, tant des multiplicateurs
que du produit
*
en commençant à droite,
&je mets en leur place leur
différence à n. Ainsi en
73904 je tranche le 3, & je
mets un 8 en la place, ou
au-dessus;en50871 jetranche
7y & je mets 4 en la
place & en 3759570 84 je
tranche 8,5,5,3,& je mets
3,6,6j8 en leur place. Ce
preparatif étant fait, j'achève
la preuve par 11, comme
par 9, ajoûtant tous les
chiffres des trois nombres
préparez, (78904) (50841)
( 8769670334 ) & rejettant
toujours II,àchaque fois
qu'il vient 11 ou plus
y ce
qui donne pour les restes
des deux premiers 6&7;
pour le reste ou la preuve
,
du dernier (9.) Multipliant
donc lesdeux premiers restes
6, & 7 entr'eux, le produit
est 41 ;
d'où ôtant tous
les II, il reste 9 pour la
preuve des produisans, laquelle
est aussi égale à celle
du produit, commeelle le
doit, puisque la Multiplication
est juste;&je dis que
la certitude de sa bonté est
précisément double de ce
qu'elle seroit, si je ntavois.
fait que la regle de 9, c'est
à dire moralement de 310
coups contre un..
Maintenant, pour la demonstration
de ces deux
preuves, il ne faut que considerer
que quand on ôte,
de quelque nombre de dixaines
que ce soit, comme
de 80,les 9, autant qu'on
le peut, leleste est le chiffre
8, même de 80-r parce
qu'otant9 de 10,le resteest
de 1. De même ôtant tous
les 9 r
de quelque nombre
de centaines que ce soit,
comme de 700, le reste est
le y, même de 700 ; parce
qu'ôtant tous les 9 de ioo,
(ou 99 ) le refle est 1. On
trouve la même chose en
ôtant tous les 9 desnombres
de looo>de lOOOO, de
100000, &c. comme de
2.000, de 3oooo,de 400000,
&c. C'est précisément la
même chose pour 11 que
pour 9, à l'égard des lieux
impairs feulement,sçavoir
des centaines
>
des dix mil ,
des millions, &c. comme
de 400 y
de 5°000, de
éoooooo, à cause que ( 99)
( 9999 ) C99|999) fone auÍfltbien
des multiples de Il
que de 9,comme on peut
le voir aisémentendivisànt
ces nombres par 11.
Maisà
l'égard des lieux pairs qui
contiennent les centaines,
les 10000, les 100000, &c.
lorsqu'on en ôte tous les
11 »
il reste la différence de
leurs chiffres à II. Ainsi
ocanc les u de 30, il reste8
y qui est la différence de 11
au chiffre
5
de 50,& cela à
cause que II surpasse 10 de
i ; car il fuit de là que 3$
doit surpasser30 de 3, &
que par consequent 30 doit
surpasser 22 de 8 : difference
dde Il a y DDe mAême"ôtant,
tous les ir de 4000, il reste
7, qui êlt la difference de
JI à 4, chiffre de 4000, &
cela à cause que r001 qui
est un multiple de II, surpasse
1000 de
1 :
d'où il suit
que 1ooo doit surpasser un
multiple de
1 r, de la différence
de II. à I ,
& de même
des autres lieux pairs
lOOOOO', 10000000, &c.
qui sont toujours suivis immédiatement
des multiples
de r1 ; ravoir
, icoooi 10000001, &c. comme on
peut aisément le voir en divisant
ces nombres par 11.
Il fuit de là que pour avoir
le reste des dixaines, des
IOOOJ des ioooco, &c.apres
en avoir ôté tous les JI,
comme par exemple le reste
de 70, de 80, de 3000,
de 500000 ,
de 50000000,
de 3000000000, (qui sont
renfermez dans les trois
nombres de la question) il
faut ôter tous les chiffres,
7, 8>3> 5,& mettre en
leur place leur différence à
II; sçavoir 4,3,8,6, com-
- me nous avons fait dans la
pratique ci-dessus. A l'égard
des zéro, il est inutile
d'yavoir égard, parce que ç'est.limême qui est leur
différence à II, & qu'il faut
rejetter II dans l'addition
de tous les chiffres, comme
on l'a dit. Donc aprés
cette correction, la somme
de tous les chiffres de chaque
nombre proposé fera
(on reste, après en avoir
ôtè tous les 115 de même
qu'après en avoir ôtétous
les 9, puisque le premier
chiffre à droite peut toûjours
eêrtrree regardeé comme
un reste , étant toujours
moindre que II, & au plus
9. On doit donc regarder
chacun des trois nombres
proposez (apres le préparatiffait
pour II ) comme une
somme de 9 ou de II, plus
un reste,lequel reste soit la
somme de ses c hiffres,aprés
avoir ôté de cette somme
tous les 9 ou tous les II. On
a donc pour les deux multiplicateurs
une somme de
9 ou de II, plus un reste,
5 ou 6 à multiplier par une
somme de 9 ou de II ,
plus
un reste, 3 ou7 ; ce qui
doit donner trois especes de
produits; sçavoir, celui du
premier reste par le second,
c'est à dire de 5 par 3, qui
est 15 ; ou de 6 par 7, qui
est 42. Ensuite le produit de
la premiere somme de 9 ou
de II par 3 ou 7, & reciproquement
celui de 5 ou
6 par la seconde somme de
9 ou de fI; & pour la troisième
espece le produit de
la premiere somme par la
feconde. Or ces trois derniers
produits ne sonttoûjours
que des sommes de 9
ou de II, comme il est évident.
dent. Donc tous les 9 ou
tous les
11 étant rejettez du
produit proposé 3759570384,
il ne reste que le produit 15.
ou 41 des restes 5 & 3ou
6 & 7 ;c'est pourquoy si
l'on ôte encore de ces deux
produits tous les 9 ou tous
les 11, il restera la même
chose, que si l'on avoit ôté
du produit 3759570384 tous
les 9 ou tous les 11 ) autant
de fois qu'il est possible;
sçavoir, 6 ou 9. Or prenant
la somme des chiffres
( 3759, &C. ) corrigez pour
il en rejettant toujours9
ou ii, on trouve les mêmes
restes 6 ou 9. De mêmeprenant
lasomme des chiffres
des produifans
,
corrigez
pour 11, en rejettant toujours
les 9 ou les II,on trouve
les reltes 5 ôc 3,ou 6 &-
7, comme on l'a démontré
ci- dessus. Donc la preuve
des produifansdoit être é.-
gale à celle du produit'
quand laMultiplication est;
bonne.
Il est maintenant évident
que si les deux fautesqu'oa
sùppose avoir faites tombent
sur des lieux pairs tour
tesdeux,outoutes deux sur
des lieux impairs, savoir
l'une en plus, & l'autre en
moins,(comme la preuve
le demande pour faire compensation
) on aura auni
compensation dans la preuve
deII. A l'égard des lieux:
pairs , la chose est toute
ciaire ; & pour les impairs,
il ne faut que considerer
que la faute en plus deviendra
une faute en mOIns, ôc
celle en moins une en plus,
après le preparatif fait; le
tout comme la compensa.
don le demande:mais la
secondè faute peut tomber
sur un lieu de diiïërenieeîL
pece,du lieu de la premiere
aussitôt que sur un lieu de
mêmeespece,c'est à dire:
sur un impair , quand la.
premiere tombe sur un
pair, ou tout au contraire.
Alors aprés la correction
faire , les deux fautes seroient
toutes deux en plus,,
ou toutes deux en moins;
ce qui ne produiroit pas de
compensation seroitparoître
la preuve fausse, de
même que la Multiplication.
Ce qui demande evidemment
deux fois plus de
coups pour faire paroîtrela
preuve de 11 fallacieuse,
comprise celle de 9, que
pour celle de 9 ou de Il toute
feule
y
& ce qui par con.
sequens affure la certitude
de ces deux preuves du double
de ce qu'elleest,lors.
qu'elles sont separées..
Ceci servira pour nousacquitter
de la promesse
que nous avons faite sur la
preuve de (9) dans le sécond
tome de nos Recherc
hes ou Essais
)
première
édition.
Nouvelle mortiere Je diviser,
composéedel'Italienne
&delaFrançoise..
Ce n'est pas sans raiÍÕnt
cib'un, auteur moderne des
plus célébrés en Arithmétique
a nommé la Division
l'épine de l'Arithmétique,
puis qu'elle en contient
presque seule toute la difficulté,
c'efl à dire les trois
plus difficiles opérations; savoir,
une Division,une Multiplicarion,
&uneSouftraction,
réitérées pluficurs fois
tout de fuite. C'est pour
cela qu'on doit s'appliquer
à la simplifier autant qu'il
est possible, pour la commodité
des commençans,
Nous en proposons, ici
une ,
qui etant compofee*
de la Division Françoise
& de l'Italienne, comme
des deux plus abrégées,
évite cependant les emprunts
frequens & réitérez
de la premiere, & les
longues répétitionsdu Diviseur
de la derniere.
-.
Soit pour cet effet le
nombre (9807950450 ) a
QOOO0.0 2450 1.5
1
735Q.4
7 3 5.0 o0073.5
- 9307.9 49Q0.3
20OI50
diviser par
le nombre
(49003)j'écris
d'abord
le diviseur
49003,&au
dessus le dividens
9807950450>en forte
que les premiers chiffresde
ce dernier 980, &c. contiennent
les premiers 49 y
&c. du diviseur. Et s'il y
avoit, par exemple,ig dansles
deux premiers chiffres,
du dividensyau lieu de 98V
fécrirois le 8 sur le 4 du diviseur
y
ôc le 2.
de 28 plus
avancé
avancé d'une place vers la
gauche, & le reste comme
dans la Division ordinaire.
A l'égard du reste du dividens
de (50450) donc il
déborde le diviseur vers la
droite, je récris au- dessus
des derniers chiffres 9 & 5
du dividcns ou du diviseur
en ligne perpendiculaire,
comme on le voit en l'exemple
cy joint. Divisant
donc 9 par 4 à l'ordinaire,
il vient pour quotient 1,
que j'écris fous une barre
au-dessous de 4. Je fais enfuite
la preuve à. l'Italienne,
en disant [2 fois 3 font 6.
que j'ôte de 9 qui est audessus,
il reste 3 ] que j'écris
sur le reste du dividens,
audevant de 5. Ensuite [2
fois zero ne font rien, que
j'ôte de 7, il reste 7 ]quej'écris
sur le zero du dividens,
devant le dernier 3. Ensuite
encore [ z fois rien ne font
rien]que j'écris devant le
7 au-dessus du 8. Puis [ z
fois 9 font 18 , que j'ôte de
18 ,
le reste est zéro] que
j'écris sur le 9 du dividens,
retenant l'emprunt 1. Enfin
[ 1 fois 4 font 8,de1 que je
retiens font 9, que j'ôte du
9 du dividens, le reste est
encore zéro] que j'écris audevant
du dernier zero sur
le même alignement.
Ainsi mon restetotal,
ou nouveau dividens est
( 000735) que je separe du
premier par une barre. Je
continuë donc ma Division.
en disant [4en zero,le
quotient est zéro,que j'écris
fous la barre à côté du
i ; & multipliant le diviseur
49003 par zéro, le produit
est zero) qui étant ore de
735) ilreste 735, quej'écris
au- dessus du dividens
000735 au-devant du zero,
& c'est le troisiéme dividens
, lequel étant encore
divisé par 4, le quotient est
encore zero; & le produit
de 49005 par ce zero étant
encore ôté de 7350,le reste
est 7550, que j'écris au-des
fus
J
au-devant du 4 :
ainsi
le quatriémedividens est
73504, lequel étant aussi divisé
par 4, le quotient est 1,
que j'écris sous la barre aprés
le 1 ôc les deux zéro;
& multipliant49003 par cet
1, en commençantparle
dernier chiffre3,&le produit
étant ôté de 73 504, en
commençant par le dernier
chiffre, 4,il reste 14501, que
j'écris au-dessous de 73504,
au-devant du 5, pour avoir
le 5e dividens, 145015. Enfin
divisant245015 par 4,1e quo.
tient est 5, que j'écris fous la
barre après 1; & multipliant
49003 par ce 5,le produit est
145015 ,
qui étant ôté de
2,4^015,le reste est zero, que
j'écris audessus de 14501, audevant
du zero du premier
dividens. Enfin divisant ce
reste zéro ou dernier dividens
par 4, le quotient est
zero, quejécris à la fuite
despremierschiffres du diviseur
: & comme je fuis arrivé
à un dividens(000000)
dont le dernier chiffre zéro
du dividens proposé,
9807950450, fait partie,je
conclus que la Division est
finie, Ce que le quotient
cherché est ( 100150 ).& k
reste de la Divisionzéro,
Il faut faire de mêmeà pro.
portion pour tous les autres
exemples que l'on peut proposer;
ce qu'il n'est pas poffi- le de faire ici dans un plus
grand détail.
EPISTRE A M. DE S.
sur la Peinture.
A Rt merveilleux, art
enchanteur,
Dont l'ingenieuseimpofturc
Charme les yeux, touche
le coeur,
Aimable & divine Peinture,
Qu'on peut justement appeller
La rivale de la nature,
C'est de toy que je vais parDes
Héros tu cheris la gloire,
Tu nous rends les siecles
passez, '¡
Tu fais revivre la mémoire
Des exploits que le temps
avoit presque effacez.
La verité, qui te- sert de
modele,
Se trouve dans tes fictions;
Par toy l'ame la plus rebelle
-
Sent émouvoir ses passions.
Peins
- tu le meurtre & le
carnage,
Traces-tu d'un combat les
sanglantes horreurs;
Du soldat animé je redoute
la rage,
Et mes yeux des vaincus
distinguent les vain- -
queurs.
Fais-tu voir un riant bocage
Trompé par cette vive image)
Je promene de toutes parts
Avecavidité mes curieux
regars; t) J' y vois de clairs ruisseaux
couler dans une plaine,
Ma main impatiente y veut
cueillir des fleurs,
De Flore & des zephirs j'y
crois sentir l'haleine,
Et mes sensenchantez goûtent
mille douceurs.
Tu sçais nous inspirer la
haine, la tendresse,
Tu nous transportes où tu
veux;
Par toy l'amant joüit sans
cesse
Du plus doux objet de [es
voeux.
Qui mieux que toy, S.
inimitable,
Dont les talens sont si vantez,
De cette science admirable
Sent & fait sentir les beautez?
Tu cannois des couleurs
l'agreable harmonie;
Lorsque tu veux faireun tableau,
Minerve guide ton genie,
Et l'Amour conduit ton pinceau.
A tes portraits tu donnes
l'ame,
L'audacieux fils de Japet,
Qui du ciel déroba la flâme,
T'apprit sans doute son secret.
Ta Sufanne m'inspire une
fage tendresse
; Etonné des attraits qu'elle
offre à mes regards,
Je n'ose condamner l'excufable
foiblesse
De tes impudiques vieillards.
Qu'un critique jaloux contre
toy se déchaîne,
Dans ta pieuse Madelaine
Je reproche trop de beau-
# ce, Il nous montre son ignorance,
Et tous ses murmures font
vains;
Tu fais aimer la penitence
Sous les couleurs donc tu
la peins.
,
Le vif portrait d'Adélaïde
Eli si naturel & si beau,
Qu'un jour on doutera s'il
n'est point du pinceau
Oudu Titien, ou du Guide.
En exprimant ces traits,
cet air noble & brillant,
Tu joignis tant d'appas,
tant de graces ensemble,
Que ce portrait est ressemblant
A qui personne ne ressemble.
Remerciment d'une bourse,
faite & donnée par une
même main àl'auteur, pour
s'être acquittéd'une cornmission.
A FLORISE.
Madrigal.
J E fuis parce present trop
payé de ma course;
L'ouvrage est de Minerve,
6c le don de Venus.
Est-il un Financier du midi
jusqu'à l'ourse,
Dont la caisse, les gains,
les rentes vaillent
plus?
Ah!sans puiser comme eux
dans la brillante
source
D'où coulent les tresors du
tout-puissant Plutus,
Je crois être, avec cette
bourse,
Cent fois plus riche que
Cresus.
L'auteur envoya le lendemain
à la meme personneunmiroir
qui diminuoit les objets,
avec ces vers.
A FLORISE.
Madrigal.
DAignez
vous regarder
dans ce brillant miroir;
Des plus rares beautez il
vous fait la peinture:
Quoique vos doux attraits
n'y soient qu'enmignature,
Il
Ilne retranche rien à leur
vaste pouvoir.
Voyezce tein de lys, que
ses couleurs font belles!
Quel objet! que d'appas
l'ornent de toutes
parts!
Ah! si cet Amour n'a point
d'aîles
;
L'autre a mille fois tnoinq
de dards.
COMPLIMENT
A Son Altesse Electorale
Monseigneur le Duc
de Baviere.
Par le Curé de Surêne & de
Putaux, le 7. Mars I7I3.
MONSEIGNEUR,
Un juste empressement
attire devant Vôtre Altesse
Electorale un foible Clergé
,
accompagné de la Justice,&
des principauxChefs
d'une Communeassez nombreuse
: mais c'est moins
ici une specieuse offrande
de nos profonds respects,
qu'un sincere hommage
de nos coeurs; &, si je
l'ose dire,un pur mouvement
de nôtre amour propre.
Quel ravissement pour
le Pasteur en particulier,
de revoir aujourd'hui de
si prés, & dans sa Parois.
se,un Souverain qu'il eut
autrefois le plaisir de considerer
dans toute la splendeur
de son Empire! Quelle
allegresse pour Is troupeau
en général
,
de posseder
dans ce petit coin
de la terre un Heros donc
le nom precieux remplit
l'univers! Quel charme enfin
pour ce village, de parrager
avec les premieres
villes du Royaume les delices
d'une presencequ'-
elles se disputent à l'envie !
Quel astre favorable vient
nous éclairer! Quelle heureuse
destinée se declare
pour nous! Pourrons-nous
assez nous en feliciter?
Dure long-temps un bonheur
sidesiré, & si chéri;
dût- il nous faire une infinité
de jaloux, jamais nous
ne nous lasserions de contempler
un Prince qui se
retrace dans les nôtres par
la vive impressiondeson
genereux sang, qui coule
dans leurs veines; jamais
nous ne cesserions
d'admirer en son auguste
personne ces riches quaticez
des plus belles ames valeur, magnificence,,
bonté, religion; en un
mot ces nobles caracteres
, & ces dignes vertus
de vrais Souverains: car
en quel autre voit-on briller
plus de majesté > Mais
quelle que soit l'ardeur de
nos souhaits, pour joüir
encore plus long-temps
d'un si doux spectacle,
c'est un bien precieux que
nous va ravir la paix, que
s'efforce de rendre à l'Europe
le puissant Monarque
qui nous gouverne.
Au milieu de tant d'interêts
divers, qu'il regle
au poids du Sanctuaire, il
n'oublie pas sans doute ce
qu'il doit à les meilleurs
amis, à ses plus fideles alliez;
leurs droits lui sont
aussi sacrez, aussî sensibles,
ou plus chers que
les siens; & par quels EC.
tats , par quelles Couron.
nes même son grand coeur
ne voudroit-il pas payer
l'inviolable attachement
d'un Heros qui a tout sacrisié
à la justice de la bonne
cause ?
NOUVELLES
de la basse Allemagne.
ON écrit deWismar du
14. Février que le General
Hamerstein que le Duc
d'Hanover avoit envoyé
au Comte de Steinbock
pour proposer des moyens
de faire la paix avec les
Puissances confederées, a
rapporré qu'illuy avoit dit
pour toute response qu'il
n'avoir point d'autre ordre
du Roy son Maistre
, que
de restablir les Traitez de
Trawendal & de Raenstadt.
CesmesmesLettres
portent qu'un Parti de quarante
Cavaliers Suedois
ayant appris que plusieurs
chariotsquivenoient de
Pomeranie, chargez d'habirs
& de bagages, avec
une escorte Moscovite,
marchoient vers le Holstein,
resolut de l'aller attaquer
; qu'il avait surpris
& défait l'escorte & pris
les chariots
; qu'il avoit
amené le butin & les prisonniers
à Wifmar. Celles
de l'armée des Princes confederez
, portent qu'elle
avoit passé en deux endroits
lariviere de Trene,
& que le Czar ayant trouvé
l'accèsdeFredericstadt
impraticable du costé de
l'Eyder, à cause de l'inondation
où il avoit couru
risque de se noyer, fit marcher
les Troupes vers Husum,
laissantl'inondation
de la Trene sur sa gauche.
Le 12. Février l'armée estant
arrivée prés de Fredericstadt,
sa Majesté Czarienne
se mità la testede
cinq bataillons desesGardes
& de quelques Régiments
de Dragons pour
attaquer un retranchement
gardé par les Suédois,
le combatcommença
à huit heures du matin
& dura près de cinq heures.
Les Moscovites furent
repoussez deux fois, mais
après un grand feu de canon
& de mousqueterie
ils se rendirent maistres du
retranchement
,
prirent
deux pieces de c,anon,tlueI..
ques bagages
, & firent
près de trois cents prisonniers,
on ne parle point de
la perte que les Moscovites
ont faite, qui sans doute
est considerable dans
une attaque si opiniastre.
On écrit du camp des Suedois
à Gardingen que les
Moscovites n'avoient pas
creu trouver une si vigoureuseresistance
dans l'attaque
des retranchements
faits sur la digue de Swabstede
,que le peu de TroupesSuedoisesquiy
estoient
les avoient deffendus avec
tant de valeur que les Moscovites
n'avoient pu s'en
rendre maistres que sur le
soit avec un grand carnage
de leurs gens,outreun
grand nombre suffoqué
dans le marais, & les blesfez
donc vingt chariots furent
chargez pour les conduire
à Renfbourg. Cette
grande resistance donna le
temps au General Stakelberg
de retirer de Fredericstadt
les trois mille hommes
qui y estoient en garnison,&
de faire sa retraite
vers Gardingen. Ils
avoient resolu d'attaquer
le General Sreinbock aussi-
tost la prise des retranchements;
mais ayant appris
que ce General avoit
fortifié les avenuës de son
camp par des redoutes &
des retranchements, ils
changerent de resolution.
Les dernieres Lettres de
Wismar porrent que la forteresse
de Tonningen a
esté livrée au Comte de
Steinboc K par un ordre du
jeune Prince Charles Frédéric
Duc de Holstein Gortorp
neveu du Roy de Suede
,
& qui est à Stockolm
où il a
esté déclarémajeur.
Cet ordre fut portéau General
Steinbock par OU
Courier qui passa au travers
de l'armée conféderée.
Le Colonel Wols
qui commandoit dans
Tonningen ne fit aucune
difficulté d'y obéïr
, & il
fut continué dansl'employ
de Commandant de la place.
Cette nouvelle a beaucoup
chagriné les Confederez,
qui depuis traittent
comme ennemis lesEstats
du Duc de Holstein Gottorp
; ils ontmis garnison
dansGottorp, dans Kiel &
dans Eckenforde, ils demandent
de grosses contributions
au pays, les Danois
ont fait faire l'inventaire
des meubles du Chasteau
de Gottorp dont on
fait monter la valeur à plus
de douze cens mille e
feus.'
On écrit que le Roy de
Dannemarck fait armer
quelques Vaisseaux & six
Fregates pour oster la
communication des vivres
par mer aux Suedois. Ils
menacent de ruiner lesEstats
du jeune Duc de Holstein
Gottorp
,
ils ont fait
prisonnier le sieur Breckdorf
Drossard de Gottorp
avec la garnison. Le Comte
Welling a fait publier
un Manifeste par lequel il
declare que s'ils executent
cette resolution
, les Suedois
feront un pareil traittement
aux sujets du Roy
de DannemarcK & à ceux
duRoyAuguste. LesConfederez
ont fait camper
une partie de leurs Troupes
a Oldenfworth & à
Wofbuls pour observer les
Suedois, & ils ont distiribué
le reste en quartier
d'hyver dans les Estats de
Holstein Gottorp en attendant
que le beau temps
leur donne le moyend'attaquer
les Suedois.LeCzar
a fait élever des redoutes
devant l'arméeSuedoise&
dans la Dithmarse pour
empescher qu'ils ne tirent
des vivres & des fourrages
de ces costez-là.
Sa Majesté Czarienne
partie le 19. pour aller à
Hanover ; mais ayant appris
en chemin que le General
Sceinbock avoit fait
construireunpont sur l'Eyderà
Tonningen avec un
grand nombre de batteaux
qu'il y avoit trouvez, &
qu'il commençoit à y faire
passerses Troupes, il [uc.
pendit son voyage. Il ordonnaàles
Troupes de décamper,
& de s'avancer
vers l'Eyder pour le passer
à Fredericstatd où la pluspart
de l'infanterie arriva
lé mesme jour. Le pont
estant rompu elle ne put
estreassemblée au deça que
le 21. au nombre d'environ
dix mille hommes pour aller
joindre la Cavalerie Danoise;
cependant le General
Baver s'avança pour attaquer
les Suedois, mais
comme ils n'estoient passez
qu'environ quinze ou seize
cents chevaux, & qu'ils estoient
informez que les
Ennemis recevoient à tout
moment de nouveaux renforts,
ils se retirerent après
de rudesescarmouches, ôc
la perte a esté à peu prés
égale des deux costez. Les
Lettres de Berlin portent
que le sieurLosender qui
avoitesté envoyé à Bender
estoit revenu, qu'il
avoit rapporté que le Roy
de Suede ne vouloit point
entendre parler de la Renonciation
du Roy SraniClas
à la Couronne de Po»
logne, que les Troupes Sa»
xonnes ôc Moscovites qui
estoient à VVolgast & en
d'autres lieux de Pomeranie,
en estoient sorties pour
aller dansleHolstein joindre
l'armée confederée.
On mande deDresde qu'-
on continuoit d'exercer les
milices afin de former un
corps d'environ douze mille
hommes, qui seroit mis
dans les places pourentirer
les Troupes reglées
f
on ne croit pas que les
Estats de Saxe veuillent
fournir à leurentretien la
pays estant desja excessivement
chargé,
Les Lettres de Valaquie
du 6. Février portent que
le Roy Stanislas estoit arrivé
à Bender où le Roy de
Suede estoit encore , qu'il
n'attendait pour partir que
le resultat de la conference
qu'un Bacha envoyé par
le Grand Seigneur,&un
Député du Kam des Tartares
devoient avoir sur la
frontiere avec la Palatin
de Podolie, pour regler le
passage du Roy de Suede
par la Pologne, que le
Grand Seigneur qui estoit
tousjours à Andrinople luy
avoit de nouveau envoyé
de grandes sommes, que
le Kam des Tartaresavoit
ordre de rescorter en personne,&
de traittercomme
ennemis tous ceux qui
voudroients'opposerà son
passage; celles d'Andrinople
du 28. Janvier asseurent
que lePalatin de Masovie
Ambassadeur de Poiogne,
logne
,
avoit eu Audience
du grand ViGr, & qu'il
estoit bien [rainé) mais
que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours
prisonniers au Chasteau
des sept Tours,que l'armée
Othomane devoit estre
assemblée sur le Danube
avant la fin de Mars
pour s'avancer vers l'UKraine
& en chasser les
Moscovites,afin de remettre
les Cosaques en pleine
liberté.
NOUVELLES
d'Allemagne.
L'Archiduc
a donne au
Comte Nicolas Palsi la
Çharge de grand Juge de
Hongrie, vacante par la
mort du Comte George
Erdedi ,& le gouvernement
du Comté d'Arva
que le mesme Comte Erdedi
possedoit, a esté donné
au Comte de Sinmaningh
Vice -
Président de
la Chambre de Hongrie.
On apeuré mesme que
l'Archiduc a nommé le
Comte de Thaun à la Viceroyauté
de Naples) &
qu'il a aussidonnéau Comte
SchileK la Charge de
grand Chancelier de Boheme
J
& celle de Commissaire
general des guerres
au Comte de Thierheim.
On a envoyé des ordres
en Hongrie pour reparer&
augmenter les fortifications
des places, &
pour remplir les magasins.
On fait à Vienne de grands
préparatifs pour la, campagne
prochaine quoyqu'on
parle fort d'une paix
generale. On asseure que
l'Archiduchesse doit bientost
revenir en cette Cour.
Les Lettres de Constantinople
du commencement
de Janvier confirment les
grands préparatifs de guerre
que font les Turcs pour
l'ouverture de la campagne
; elles adjoustent qu'il
y avoir ordre d'armer un
grand nombre de Galeres,
de Tartanes & de Bastïmens
de transport, qui do&
vent estre employez sur le
Danube, afin de conduire
les provisions pour la fub-?
sistance de l'armée, & pour
remplir les magasinsqui
sont establis à Silistrie
,
à
Thessalonique,& end'autres
endroits
y on juge par
le grand amas de vivres
que la principalearmée
fera tres- nombreuse. Depuis
l'arrivée du Grand
Seigneur à Andrinople, il
a fait depescher un Aga
avec de nouvelles instructions
pour aller en Pologne
expliquer au corps
de la Republique les intentions
de ce Prince touj
chant la declaration de la
guerre contre les Moscovites,&
au retour du Roy
de Suede. Les mesmes Lettres
portent que le Visir
avoit eu une conference
sur le mesme sujet avec le
Palatin de Mafovie.
NOUVELLES
a*Espagne,r
LE Roy a fait Brigadier
de ses armées Don Joseph
de Gayoso
,
& Mendoca
Lieutenant général de l'artillerie,
qui eut une jambe
emportée d'un boulet
de canon au siege de Campo
Mayor. Sa Majesté a
formé une Junte ou Conseil
composédesPrésidents
des Conseils de Castille
&des Finances, du Comte,
de Bergeik, & trois Auditeurs
du Conseil Royal
& d'un Secretaire. On a
receu à Madrid la nouvelle
de la promotion que le
Pape avoit faite de quatre
Cardinaux,du nombre def.
quels est Don Manuel Arias
Archevesque de Se-3
ville
,
auquel le Roy en §
donne avis par un Courier
ex près On mande de Gironne
& de Roses que le
Mareschal de Berwick y
avoit fait entrer toute forte
de munitions & de vivres,
& fait remplir les magasins
de ces deux places, &
qu'il avoit laissé fous les
ordres du Comte de Piennes
dix sept Bataillons &
quelques Regiments de
Cavalerie & de Dragons.
Les Lettres de Barcelonne
portent que la levée du
blocus de Girone, y avoit
causé une grande consternation
nation, & qu'on y apprehendoit
fort que les Hollandois
ne consentissent à
la suspension d'armes
, ce
qui empescherois qu'on y
amenast par mer des grains
& d'autres provisions dont
les Catalans avoient un
extreme besoin, que le General
Staremberg avoir distribue
ses Troupes en quartier
d'hyver, & qu'il avoit
en mesme temps fait la reveuë
des Miquelets,& des
Volontaires, dont il avoic
formé des Regiments;mais
ne leur ayant pas fait donner
la payequ'onleuravoit
promise, ils s'estoient débandez
& fait de grands
desordres à la campagne.
Celles de Saragosse&d'autres
endroits portent que
le peuple de Barcelonne
estoit fort mécontent de
l'Archiduc, & que depuis
peu un grand nombre de
gens s'estoient assemblez
durant la nuit devant le
palais de l'Archiduchesse,
criant VivePhilippe V. Ils
furent ensuirefaire un
grand tumulte devant la
Maison du Comte de Staremberg.
Il avoit faitdemander
un don gratuit aux
peuples de la plaipe de
Vich:mais ils avoientrefpondu
qu'ils le donneroient
à celuy qui seroit
Roy d'Espagne & ConltO
de Barcclonne.
NOUVELLES
d'Angleterre.
LE Duc d'Ormond sest
demis avec la permission
de la Reine de son Regiment
de Cavalerie qui eit
en Irlande en faveur de
Mylord Ashburnham son
gendre. Le Regiment de
Mylord Tirawly a esté
donné au Colonel Hara
sonfils. LeMajorBlakney
a esté fait Capitaine aux
Gardes, a la place du Colonel
Coots, qui a ordre
de s'endéfaire & d'en traitter
avec luy. Le General
Compton a pris poneffion
de la Charge de Lieutenant
- Gouverneur de la
Tour que possedoit le GeneralCadogan.
Les sieurs HoraceVVal»
pole & ThomasMerhcot,
qui sont du parti des Anglicans,
ont esté faits Commissaires
des revenus d'Irlande
à la place du Chevalier
Guillaume Quintin
& du sieur Jacques Southwel
qui sont du parti contraire.
Le sieurHarisson
Secretaire des Plenipotentiaires
d'Angleterre à Utrecht
,arriva à Londres
le 10Février avec le Traité
de la Barriere & de la garantie
de la Succession à la
Couronne. On asseurequ'il
fut ratifié le 16 par la Reine,
& que le sieurHarifion
devoit partirincessamment
pour le porter en
Hollande.
Le mesme jour 10. les
ordres furent envoyez en
Flandres pour faire revenir
à Londres le premier Bataillon
des Gardes qui est
en garnison à Gand.
Le 17. le Duc de Buc-
Kingham Président du
Conseil, traitta magnifiquement
à disner le Duc
d'Aumont, le Marquis de
Monteleon, & plufieusautres
personnes de distinction.
Le Comte Pawlet
traitra aussi le Baron de
Groot Envoyé de Hano,)
ver,&lesautresMinistres
Etrangers.
Le 20. les Commissaires
de la Marine firent
vendre six vieux Vaisseaux
de guerre que des Marchands
acheterent pour
s'en servir dans leur commerce.
Le 21.le Chevalier
Thomas Hammer arriva
de France à Londres.
Le Marquis de Camarthen
fils du Duc de Leeds,
& gendre du Comted'Oxfore
grand Thresorier,doit
prendre séance dans la
Chambre des Pairs en vertu
d'une Patente de la Reine,
fous le titre de Lord
Kiveton.
NOUVELLES
d'Utrecht & de
Flandres.
LEs Conferences entre
les Ministres des Alliez
sont plus frequentes qu'auparavant,
il y en a mesme
eu plusieurs entre les Plenipotentiaires
de France,
d'Angleterre, des Estats
Généraux &de l'Archiduc..
Les Lettres de Hollande
portent que les Estats Géneraux
ont ratifié le Traitré
de la Barriere, & de la
Succession à la Couronne
de la grande Bretagne. On
asseure que l'évacuation de
la Catalogne eil reglée.
On mande de Tournay
que le Regiment Saxon de
Seckendorf de deux Bataillons,
qui estoit à lasolde
Angloise
, ayant receu
ordre de s'en retourner,
voulut sortir le13 Février,
le Commandant dela Ela*
ce pria le Colonel de ce
Regiment, d'attendre qu'il
eust receu les ordres de la
Haye. Les Lettres de Bruxelles
portent que les Troupes
Danoises à la solde
d'Angleterre s'estoientas-
Semblées à Vilvorde au
nombre de Gx mille hommes
pour retourner en leur
pays, ayant esté rappellées
par le Roy de Danneniarc.
Celles de Liege du
18 porrent que les Troupes
de l'Electeur de Brandebourg
qui composent la
plus grande partie de la
garnison
,
refufoient depuis
quelques jours de faire
le service jusqu'à ce qu'
on leur paye tous les arrerages
qui leur sont deus;
elles se font faisies des portes
d'Auroix & de sainte
Marguerite,disant qu'elles
leurestoient necessaires
pour avoir communication
avec celles qui logent dans
lleess FFaauuxxbboouurrggss.. On rmnaann,..~"
de de Cambray que deux
Partis de Maubeuge & de
Condé avoient surpris près
d'Ath un poste gardé par
quatre - vingt Fantassinsd'un
des Regimenrs ds
l'Archiduc, qui furent cous
faits prisonniers.
MORTS.
FredericGuillaumeIII.
du nom,Marquis de Bean.
debourg, grand Chambellan
& Electeur du saint
Empire Romain
,
Roy de
Prusse, Prince d'Orange
Duc de Magdebourg, Ju-,
liers, Cleves
,
Monts, Stetin,
Pomeranie, Cafubie
Vandalie, Silelie t
3
Crossen
& de Jargerndorff, Burgrave
de Nuremberg, Duc
de Rugie, Prince d'Halberftad
& de Minden.,
Comte de la Marche & de
Ravensperg,Seigneur de
Ravenstein
,
est more à
Berlin le 1y du mois de
Février de cette année. Il
estoit né l'an 1657. &: avoit
épousé en premières nop.
ces l'an 1679. le 23.Aoust
ElizabethHenrietteLandgrave
de Hesse Cairel fille
deGuillaumeVII Landgrave
de Hesse Cassel, ôc
de Hedwige SophiePrincesse
Electorale &de Brandebourg
: & en sécondés
nopces l'an 1684. le6Octobre
l felon Moniteur de
fainte Marthe dans son Europe
vivanteselon Monsieur
d'Osier dans l'un de
ses Manuscrits) le 2.6. Septembre,
Sophie Carherine
fille d'Ernest-Auguste Duc
de Brunswick Evesque
d'Osnabrucg
,
puis Duc
d'Hanover
, & de Sophie
Princesse Palatine Electoraletance
de Madame. Du
second lit est venu Frederic-
Guillaume Prince Electoral
de Brandebourg, né
le4.Aoust l'an 1688. qui
devient par la mort de son
pere Roy de Prusse & Electeur
de Brandebourg. llcft
marié & a des ensansàqui
il fait porter le titre de
Prince d'Orange à cause de
sa prétention à la Principauté
d'Orange, comme
èftint héritier de Guillaume
III. Prince d'Orange
Jnort en 1702.
La Maison de Brandebourg
est tres-noble, quoyque
les sentimens de son
origine soient partagez entre
les Autheurs, l'on ne
laisse pas de remarquer des
Princes de distinction de
cette Maison depuis près
de six siecles
)
c'est pourquoy
nous éviterons d'ennuyer
le Lecteur en rapportant
les premiers de
ceux de cette Maison, &
nous nous contenterons,
pour satisfaire sa curiosité
de dire que FrédéricIV.
acheta de* l, 'Empereur Sigifmond
de la Maison de
Luxembourg, leMarquisat
de Brandebourg 400000.
florins,ilen sur inverti au
Concile de Confiance llan
1417. & c'cft depuis cetems
que
que la Maiiort des Comtes
de Zollern est en possession
du Marquisat de Brandebourg,
& depuis lequel
elle s'estdivisee en différentes
branches; & afin de
donner une idéegenerale
de l'estat de cette Maison
nous remarquerons que
Georges-Guillaume Marquis
& Electeur de Brandebourg
,mort l'an 1656;
(selon Messieurs Scevole
de sainte Marthe dans son
Estat de l'Europe, & selon
Morery l'an 1640. ) & qui
eut beaucoupde parc aux
affaires d'Allemagne dans
le dix-septiéme
siecle.fils
de l'Electeur Jean -
Sigismond
,
qui introduisit la
doctrine de Calvin dans ses
Estats vers l'an 1614. que
ses Successeurs ont suivie,
&qui mourut l'an 1619.&
d'Anne filleaisnée d'Albert-
Frederic Duc de Pruss(
ed,'o&ù de Marie de Cleves,
vient la Prusse que
l'Electeur de Brandebourg
possede)laissa d'Elizabeth-
Charlotte Comtesse Palatine
du Rhin,fille de Frédéric
IV.EledleurPala-'
tin ,
plusieurs enfants.
1. Frédéric-Guillaume qui
fuit. z, Louise-Charlotte de
Brandebourg Duchesse de
Curlande
,
née le 3. Seprembre1617.
épousa le 30
Septembre 1645. Jacques
Duc deCurlande. 5. Hect
wigeSophie
,
née le 14.
Juillet 1623femme deGuillaume
VII. Landgrave de
Hesse-Cassel. 4. & Jean-
Sigismond mort en enfant
ce. « 1 Frederic-Guillaume Marquis
Electeur de Brandebourg,
épousa le 7. Dec
cembre 1646. Loüise Henriette
de Nassau Princesse
d'Orange, fîile du Prince
Frederic
-
Henry,ôc d'Amelie
Comtesse de Solms.
Cette Princesse estant morte
le 15. Juin 1667. il épousa
à Berlin ensecondes nopces
le 25 Juin 1668 Dorothée
DuchessedHolface-
Glucfbourg, & de Sophie-
Hedwige Duchesse de Saxe-
Lavembourg.
Du premier lit font venus
I. Charles-Emilie Marquis
de Brandebonrg né Je
6. Février 1655. 2.Frédéric
Guillaume qui vient de
mourir. 3. N. fille née le
15?. Novembre 1664 4
Louis. Leopold Margrave
de Magdebourg, né l'an
1666 qui épousa l'an 1680.
Loüise Charlotte de Radzewil
Princesse fort riche
en Pologne, fille du Prince
Bogellas Gouverneur de
Prusse pour l'Eleéteur.
Du second lit font venus
1. Philippe-Guillaume
né le 19. May 1669. & baptiséle
9. Juin. 1. Albert-
Frederic né le 14. Janvier
1671.. 3.Chriftien-Louis
né le 14. May 1677.4 M'ai.
rie - Emilie née le 16. Novembre
1670. & mariée le
26 Juin 1689. avec Maurice
- Guillaume Duc de Saxe.
Zeilt
,
elle estoit veuve
de Charles Duc de Mekclbourg
- Guftraw qu'elle a-
Voitépouséle8. AoLift1687,
sans enfans. y. Elizabeth-
Sophie de Brandebourg , née le 16. Mars 1674. &
mariée le 19. Avril 169u
avec Frederic-CasimirKeU
ter Duc de Curlande & de
Semigall en Livonie dont
il a eu Frédéric- Guillaume
J •
Kelter Ducde Curlande &
de Semigall.
, mort le 20•
Février 1711. qui avoic epousé
le 13Novembre 17iola
PrincesseAnne fille unique
du Czar Jean Grand
Duc de Moscovie.
J'ay dit cy- dessus que la'
Maison de Brandebourg
ffioir divisée en plusieurs
branches, desquelles il n'y
en a plus que trois qui subsistent,
qui font l'aisnée
celles des Marquis de Ba,-
reith ou deCulembach
)
ôc
les Marquis de Brandebourg-
Anspach.
Celles des Marquis de
Culembach a pour tige
Christian Marquis de Culembach
& de Bareith fils
de Jean - Georgçs Electeur
de Brandebourg, & d'Elizabeth
fille de Joachim-
Ernest Duc d'Anhalc sa
troisiéme femme
,
lequel
laissaErmanAuguste mort
l'an 1651qui de Sophie
Marquise de Brandebourg
a laisse Chrestien,Ernest
Marquis de Brandebourg-
Bareith ou de Culembachoù
il reifde,jie le 1 7.Juik letc 1644,&quia épouse en
en premieres nopees le 19.
Oaobrc: 1661. Ertrude. Sophie
Duchesse de Saxe fille
de l'Electeur Jean-Georges
II. du nom, & de Magdelaine
- Sibille Marquise
de Brandebourg, &en fécondésSophie-
Loüise Du
cJaefle deWirtemberg: du
fecond lit sont venus Chreflienne-
Ebradc,Eleonore-
Magdelaine, George-GuiL
laumené en 1678.
La branche des Marquis
de Brandebourg-AnC.
pach a pour tige Joachim-
Ernest fils du mesme JeanGeorges>&
de sa troisiéme
femme.CeJoachim Erneü
aeu de Sophie deSolms
Albert quis'est marié deux
fois: la prcmiere le n.
Aoust 1642. avec Loüise-
Henriette Duchesse de
Wirtemberg,&la seconde
avec Marguerite
-
Sophie-
Comtessed'Ortingen. Du
premier lit il n'a eu qu'une
fille, & du second est
neentrautresenfansJean-
Frederic l'an 1654. Marquis
dé Brandebourg- Anspach,
qui a cpoufe Jeanne Elizabeth
de Bade-DourlÀc,de
laquelle il a Chriftian- Alberty
Dorothée
- Fridericque,
& Georges -
Frideric9
& n'en a point de Leonor.
Ermude-Loüise de Saxe-
Eifenac sa seconde femme.
Reste prefentemenc à faire
remarquer que l'Elec^
teur de Brandebourg est
le plus puissant -& le plus
riche de tous les Electurs,
il l'on en excepte le Roy
de Bohême
,
qu'il est Luthérien
comme nous l'avons
dit cy dessus
,
qu'il
fait sa residence à Berlin
:OÙ il tientune nombreuse
Cour, & qu'il est le [epr
tiéme aux Assemblées Imperiales.
LePrince Abaffi quidemeuroit
à Vienne en Austriche,
y mourut le premier
de ce mois, âgede trencesix
ans. Ila elle enterre
sansaucune pompe. L'Empereurpere
de l'Archiduc
l'yavoie fait venir, où il
luy donnoitune pension de
10000florins qui ne fervoient
que pour sa subsstance
& avec laquelle il
vivoit commeun particulier.
Ce Prince estoitfilsà
Michel Abaffi Prince de
Tranfilvanie, Comte de
Siculer
,
nommé par le
Grand Seicrneur Souverain
de la Principauté de Trartfilvanie
l'an 1661.& petitfils
d'un Magistrat de la
VilledHermànftade , ca^
pitale de cette Principaux
cc. Ce Prince avoit succedé
à Chimâin Janos qui
défit en bataille Jacob
Comte de Barclay, lequel
avoit esté nommé Prince
en 1658. & qui avoit fiiccedé
au Comte Redey- Ferents
nommé par le Turc
la melme année, la Principautédé
Tranfilvaniectf
sur les confins de Hongrie.
CEREMONIE
de la Renonciation.
LE quinze Mars Monfeiigneur
le Duc de Berry cf..
tant venu en cette VilIe"fc
rendit au Palais, accompagné
de Monsieur le Duc
d'Orléans, &ils allerent
entendre la Mesle à la-fainte
Chapelle. Deux Présidents
à Mortier & deux
Conseillers députez par le
Parlement, pour le recevoir
, vinrent l'y prendre,
& le conduisirent à la grande
Chambfe, où il prit fà
place. Ensuite Monsieur le
Duc d'Orléans, prie aulïi
la sienne, de mesme que le
Duc d'Anguien, le Prince
de Conti, le Duc du Maine
& le Comte de Toulouse.
Les Pairs Ecclesiastiques
qui s'y trouverent, estoient rArcheveCque Duc de
Reims, l'E vesque Duc de
Laon
3
l'Evesque Ducde
Langres, l'Evefaue Comre
de Chaalons, & rEvetauc
Comte de Noyon. Puisles
Ducs de laTremorille., de
Sully, de Richelieu
,
de
Saint Simon, de la Force,
de Rohan, d'Estre'es, de
la Meilleraye, de Villeroy,
de Saint Aignan, de Tret
mes, rEvefque de Metz
Duc de Coislin
,
de Villars
, de Berwik, d'Antin,
& de Chaulnes. Comme
il s'agissoit de faire registrer
les Lettres Patentes
données par le Roy, sur la
Renonciation du Roy d'EC
pagne , aux Droits de sa
naiÍfance & à ceux de ses
descendants sur la Couronne
de France, de mesme
que la Renonciation de
Monseigneur le Duc de
Berry, & celle de Monsieur
le Duc d'Orleans à
leurs Droits & à ceux de
leurs defeendants ,sur la
Couronne d'Espagne
,
ôc
de faire tirer des Registres
les Lettres par lesquelles les
Droits du Roy d'Espagne à
la Couronne de France luy
avoient esté conservez,
lorsqu'il partit pour Madrid
,
le sieur de Mesmes
PremierPrésident
, ayant
expliqué les intentions du
Roy, le sieur Joly de Fleury
Advocat General présensa
les Lettres Parentes.
de Sa Majelté;, qui furent
leues,aussi bien que tous
les autres Adtes qui y ef.
toient joints. L'Arrest
d'Enregistrement fut ensuite
prononcé suivant les
Conclusions du Procureur
General.
Le Duc de Shrewsbury
Ambassadeur de la Reine
de la grande Bretagne & le
sieur Prior l'un des Plenipotentiaires
de Sa Majeslé
Britannique
,
furent tesmoins
de cette fonaion qui
doit faire une condition essentielle
des Traittez de
paixyle Duc d'Ossone nommé
par le Roy d'Espagne
pour la traitter,& la signer
en son nom aux Conférences
d'Utrecht, se trouvant
encore à Paris
J
le sieur
DonCornejo Secretaire de
l'ambassade pourSaMajesté
Catholique en cette
Ville & Royaume, a asfifié
à cette ceremonie qui
s'eil faite trèssolemnellemène,
& où il s'esttrouvé
un grand nombre de personnes
distingueés , d'Estrangers
& de peuple. Le
Duc d'Ossonne, & le sieur
Don Felix Cornejo, le Duc
de S hrewsbury & le sieur
Prior estoient placez dans
la mesme Lanterne. Ces
AmbaÍfadeurs avoient demandé
d'efire mis dans le
mesmelieu.Cette Ceremonie
fera memorable par la
réunion des trois Nations
qui ont eIlé si long
- temps
opposées.
RECEPTIONS
de Conseillers.
TiE Vendredy 17. Mon^
sieurRoiiillc de Joüy fils
du Mastree des Requestes,
& frere du Conseiller, fut
receu Conseiller au Parle,,
ment. Le mesme jour Monsieur
Pajoc de Nozereau
Substitud de Monsieur le
Procureur General) fils de
Monsieur Pajot le grand
Audiencier
,
fut aussi receu
Conseiller au Parlement,
qui par sa reception
£t voir qu'il avoit sceu bien
profiter du peu de temps
qu'il aelléau Parquet.
MARIAGE S.
ManGeur le Marquis
de joyeuse présomptif heritier
du Comté de Grandpré,
par la donation entre,
vifs que Jules de Joyeuse
Comte de Grandpré son
oncle luy a faite, a épou-
Sé Mademoiselle de Roufseville
,
fille de Monsieur
de Rousseville, d'une ancienne
famille d'Amiens.
Monsieur de Montholon
Conseiller au grand
Conseil, fils de Monsieur
de Montholon Conseiller
au Cbastelet,d'une ancienne
Famille de la robe,a
épousé Mademoiselle Potier
fille de Monsieur Potier
de Novion. On a promis
d'envoyer pour le Mercure
prochain des Mémoires
sur ces familles.
Monsieur le Chevalier de
Launay cy-devant Officier
de Marine,&depuisLieutenant
aux Gardes, seigneur
de la Montagne &
neveu de Monsieurle Président
Chevalier) épousa
le 20. Mars Damoiselle
Charlotte-Angélique Daniau
de (aine Gilles fillede
feu Monsieur de S. Gilles
Conseiller auParlement de
Paris, lequel eftoic d'une
anciennenoblesse,
ENIGME., AVxclimatSâu Caffé
jadis jepris naissance,
t jûi)eç moiplusd'unfrere
y evitaujjî lejour.- :'
sanspieds?teste ny bras,
rieQ
rien queventre f5
que pansè
figureejîparfaite,($
je suisfaite au tour.
Mesparents,par caprice,
- enfaisantlepartage
.Que^ mes freres ont eus
n'oublièrent que moy.
Mais fnaigrecette injuste
^4ytoutefoisbienfoulent
l'avantage
>
- (Encore quejeriayerien)
De les enrichirtous, Çj?
d'augmenter leur bien,
Mm1713. Q
C'est mesme la monseul
usage.
Je n'aime point le lieu
« à*honneurs
Quandjesuisà leurteste
on mevoit sans valeurs
àl leursuiteje fais merveilles
M'y 3 mettre ou m'en oster
n'estpoint indiffèrentm
"Il n'estpoint richessespa-
-
reilles
Acelles que dans un in*-
stant
, Avec monsecours on af*
semble; -
Mais malheur à qui me
ressemble.
ENIGME.
DE deux différentes
matkres•
Mon corps est souvent
composé,
De. cruelles dents heriss黕
L'un briseroit jusqu'aux pierres,
L'autresuivant f5 le
goust& le choix
Jtfaiji dans la terre ou
dans les bois:
Jesuis tout r*empli d'yeux pourtant jen'en vois
goutte,
Mais pour suivre ma
: route
J'en aypeude besoin,
lisfontfaitspour un autre
foin:
Jay pour conduire mon
ménage
Un second, un associé
Pour les sens d'un utile
usage,
Avec qui jefais de mot*-
tic
De mes travaux i£ de
mespeines,
Mais helas lorsque je
myen fers
Il est environné de cloaifi
nés>
Deses liens f5 défissess
Il ne se devait qu'a mesure
\Que l'on voit par mes
soinsdépérirsa figure:
oS)il ne peut rienfans moy
jenepuis tiensans luy
[J\donpnvilegeejigroend9y
(5de plus d'un mary Je coupe & je finis. la
,
trame
Quand luy ria pas plus
d'unefemme.
Je nesuis pas veuve long
temps,
Etquoyque tres-peu bienfaifante,
Quemespremiers époux
demoysoientpeucontens,
Unautre bientostlJepresente
foursi briser contre mes
dents; -
Mes autresfoeursfontoccupees
A desemploisplusfriants
(ff plus doux,
Cesontdepetitessucrées
Quisontfaites pour da*
-: très gousts y
Aioy contente de mes é-":.
'-' poux -: Sans
-
les trop envier jé
vois leurs défîmes,
Monsieur Savary des
Bruslons donne avis., que
le Parfait Négociant de
feu M. Savary sonPere
qu'il a fait réimprimer
& considérablement augmenté
,
est en vente chez
Guignard & RobustesLibraires
à Paris rue S. Jacques
; & pour connoistre
plus facilementcette nouvelle
Edition, onavertit
de prendre garde à la premiere
Page de la matière
du Livre
,
qu'elle soit signée
& paraphée dudit
Sieur Savary des Bruslns.
Mle Toussaint de Forbin
Cardinal de J nson Commandeur
de l'Ordre du S.
Esprit & Comte de Beauvais
Vidame de Gerberoy
3
Pair
& Grand Aumônier de Fran-
, ce Abbé de saint Pierre de
Corbie, Precüilly
,
de Marchicnnes
,
& des Avigny, fut d'abord Evêque de
Digneen i6$6. facié le
1 4.
May 1657. transféré à Marseilleen
1669 puis Evêque
Comte de Beauvais le 14.
Aoust1679 Il futen1673.
Ambassadeur Extraordinaire
en Pologne, après la more
du Roy Michel il contribua
à l'Election du Roy
Jean Sobieski, retourna une
seconde fois Ambadadeur
en ce Royaume en 1680.
fut fait Commandeur des
Ordres en 16857. nommé
par le Roy de Pologne au
Cardinalat & futcrééparlé
Pape Alexandre VIII. en
la secondecréation qu'il fit
le 13. Fevrier 1690.luyenvoya
en France le Bonnet
par l'Abbé Trenisani Camerier
de Sa Sainteté, il le
receutdes mains du Royen
laChapelle de Versaillesle2.
Avril de la rr:ême année)
ensuite il fut à Rome ou il
arriva le 2., Juillet&y receut
le Chapeau, le 10. il s'cft
trouvé en cette Ville aux
Conclaves duPape Innocent
X11.& Clement XI &ya
resté pour lesinterrests dela
France aveccaractere d'Ambassadeur&
chargé de toutes
les affaires
,
puis cfla-nt
retourne en France en 1766.
& la Chargede Grand Aumônierestant
vacante par la
mort du Cardinal deCossin
luy donna en reconnoissance
de ses services & en presta
ferment le 14Juillet de la
même année, depuis ce
temps il n'est plus sorry de
France & est mort à Paris
le 24. Mars 1713. âgé de
83. ans d'où son corps a esté
porté à Beauvais.
Toussint de Forbin de
Janson estoit filsdeGispard
de Forbin Marquis de Janson
,&de Claire de Libetat
sa seconde femme
,
issuë
d'une famille ancienne de
Provence descenduë de Guillaume
de Forbin qui estoit
marié à Marseille en 1 380.
avecGaufride Rousse ou de
Roux
,
de laquelle sortie
Jean deForbin
,
duquel toute
la Maison de Forbin
descend.Il partagea en 1415.
avec ses frercs
,
lesquels ils
eurent posterité qui est finie
il y a long temps,& estant
âgé de 73. ans il testa en
1453. & laissa d'Isoarde de
Martin son épouse trois fils
Jean, Palamedes
,
& Jacques
de Forbin,qui furent tous
mariez & ont fait les trois
principales branches de cette
maison, Jean fut Seigneur
d.: Bardent
,
Palamedes suc
Seigneur de Soliers,& Jacques
fut Seigneur de Gar.o-:
dane
,
laquelle branche de
Gardane ne subsiste plus
qu'en une branche de caders,
l'aînée estant finie, de celle
qui Íllbfillc: estissu le Chevalier
deForbinCapitaine d'utt
des Vaisseaux du Roy, & cydevant
Grand Amiral du
Roy de Siam,la branche des
Seigneurs de Soliersissue de
Palamedes de Forbin surnommé
le Grand qui fut
Gouverneur & grand-Sencchal
de Provence, & Gouverneur
de Dauphiné,Louis,
de Forbin son fils Seigneur
du Luc & deSoliers
,
fut
premier President en la
Chambre des Comptes de
Provence, & plusieurs fois
Ambassadeur pour la France
aux pays Etrangers
,
soutint
vigoureusement ses interests
au Concile de Lattan fous le
Pape Leon X. il fut pere de
François de Forbin Seigneur
deSoliers quifut marié avec
Catherine d'AnjouDame
de saintRemy & de saint
Canal Marquise de Pont i
Mousson dans le Duché de
Bar
,
fille & heriere de Jean
d'Anjou Marquis de Pont
a' Moullon,fils naturel du
Roy René. Cette branche
s'est toûjours soutenue avec
honneur jusques aujourd'huy
& dont est Jean de
ForbinMarquis de Solicrs
Marquis de saint Remy Bi
S.Canal Chevalier d'Honneur
de Madame Doüairiere
d'Orléans qui a plufieursr
enfans de Francoise Amat
fille du Seigneur) du Poët
i- & toute les autres branches
delà maifonde Forbin font
iflae de Jean de Forbin qui
fut Seigneur de Bardent
& de luy font dcfccndus les
Marquis de ]anion, les Seigneurs
de la Roque
,
les
Marquis d'Oppede
,
& les
Seigneur de fainte Croix
dans toutes Icfquelles branches
il y a eu des Seigneurs
de tres-grande diftin&ioft,
& desalliances trcs. confidcrables.
M A R I A G E.
Mcffire N. Comte de
jonzac, fils de Monfieur le
Comte d' Aubeterrcaépousé
Mademoitcfte Henault fille
de Monsieur Henault, Fermier
General & soeur de
Monsieur Henaulr President
de la premiere Chambre des
Enquestes. du Parlementde
Paris, il descend de la Maison
d'Esparbez de Lussant.
On trouve au treizième
Siecle un Armand d'Efparbez
Seigneur de la Firte qui
fut pere d'Odet d'Efparbez
premier du nom&dQ6tavian
d'Esparbez, Chevalier
de S. Jean de Jerusalem
Commandeur du Temple
de Bordeaux.
Odetd'Esparbezeut pour
fils Odet d'Elparbez 2,
t du
nom Seignent de Lussant-
De lui vint Bertrand Seigneur
de Luttant, qui épousale
10. Aoust IJ2.3. Louise
de Saint Félix, ils eurent
plulieursenfans.
Philippes l'aîné fut Chevalier
de l'Ordre du Royen.
1573.épousa Charlote
Goulare de la Maison de
Castelnau qui eurent pour
enfans Pierre Desparbez,
Seigneur de Lussant Gouverneur
de Tarascon qui épousa
la fille du Maréchal d'Ornano
& ne laisserent point
de posterité.
François lecond fils de Bertrand
Desparbez fut Gouverneur
de Leictoure de Nerac
de S. Sever épousa en
Jr6j. Anne du Verdier
Dame de Seuqua & ont fait
la branche des Defparbez de
Seuqua, Pierre troisiémefils
de Bertrand sur Chevalier de
Malthe grand Prieur de S.
Celles Ambassadeur pour son
ordreversle Roy Henry IIII.
Il y eut deux autres fils
Chevalier de Malthe, Jean
François tuez à la bataille de
Dreux en ij6i.
Joseph Desparbez-Mestre
de Camp du R. giment de
Picardie & de Premont qui
épousa Jeanne Dubois du
Bouvray dont il eut entre
autre Jseph Despat bez
Evesque de Pamiers.
jv*an Paul Desparbez 7e.
fils de Bertrand est celui qui
a fait la branched'Aubeterre:
il fut Capitaine des Gardes
Ecossoises du Corps du Roy
Gouverneur de Blaye Sénéchal
d'Agenois ôz Coudomois
Chevalier du S Esprit
il mourut tortâgé le 18 Novembre
1616. ilavoit epouse
Catherine
de Montagu
Dame de la Serre donc il
eut.
I. François d'Esparbez Seigneur
de Lussant & d'Aub-
Terre qui fut créé Maréchal
deFrance le 18. Septem bre
it>20 & mourut au mois de
Janvier 162.8. ilavoit épousé
Hipolrte Bauchard Vicomtesse
d'Aubrerre fille unique
de David Vicomte d'Aubeterre,
Chevalier des Ordres
du Roy & Gouverneur de
Petigord & de Reneé de
Bourdeil les
,
il a eu decette
alliance six fils & cinqfilles
Pierre Bouchard d'Esparbez
de Lussant Marquis d'Aubeterreaisné
quiépousa Marie
Claire de Pardeilleur de Gonormi
de Montespan dont
est venu Charles Louis Henry
Bouchard Marquis d'Aubeterre
qui d'Henriette Dorothée
Bouchard d'Anbeterre
fille de Louis & de Catherine
Berrinice, de Beradeau,
de Parabere eurent
plusieurs enfans.
2. FrançoisBouchard Marquis
d Aubeterre Lieutenant
General des Armées du Roy
dont il fera parlé ci après.
3. Roger Comte de Lussan
mott sans enfans de Louise
de la Riviere.
4 Louis de Lussan d'Aubeterre
Comte de la Serre,
Lieutenant General des Armées
du Roy & de la Haute-
Gayenne mort en 1623. il
avoit épousé Catherine Tiercetm
de Saveuse dont il a eu
un fils mort en Portugal, &
Louise qui épousaFrançois
Maquis de Cosnac qui n'ont
laisse qu'une fille nommée
Louise Mancé le i 5. Mars
1693. à Monsieur leComte
d'Egmont. * 4,Lçpn, dit le Chevalier
d'Aubeterre Gouverneur de
Colioure mort sans alliance
le 27. Avril1707. âgé de
88. ans, étant le plus ancicr*
Lieutenant General des ArméesduRoy.
6. Alexandre mort jeune.
7 Marie d Esparbez de
Lussan, fille aînée du Maréchal
êpousa Leon de Saint
MJUIc Comte de Jonzac
Chevalier des Ordres du
Roy1
8. Habelle femme de Pont
de Sali&nucCeme de Seneton.
-' 9 Antoinnette. niariée'z
Hector Comte de Leau.
Et les autres deux filles
Religieuse?, l'une Abbesse
de Bruxelles.
François Bouchard d'Er.:
parbez de Luffanc Marquis
d'Aubcterre & de Bonne, second
fils du Maréchal fut
institué héritier par sa mere.
il épouss Marie Pompadour
fille de Philibert Marquis de
Pompadour Chevalier des
Ordres du Roy &Lieutenant
General au Gouvernemenr
deLimousin. Il mourut le i8.
Février 168 3 âgéde 65.ans,
& lailla de son mariage,
Pietre Bouchard d'Esparbez
de Lussant Comte dAubeterre
Lieutenant General des
Armées du Roy aujourd'huy
Monsieur le Comte d'Aubeterre
qui a épousé en 1678-
Julie Lucine de Sainte Maure,
Dame de Jonzac fille
unique & heritiere d'Alexis
de Sainte Maure Comte de
Jonzac, &de Sufanne Catelan.
C'est deux qu'est venu
Monsieur le Comte de
Jonzac qui vient d'épouser
Mademoiselle Henaulr.
Toutbadinage est dangeeux,
en folatrant, on se plaist
par des manières vives &:
touchantes,d'où n'aist la
simpatie, & dés qu'on en
cli là, il arrive presque coû.
jours ce que vous verez dans
la chute du Rondeau suivant.
RONDEAU.
En badinant craignez, de
vous. meprendre
Ne vous diray comme on
se laif/è prendre;
Je n'yparfois quand ce
Dieugr.,,tieuit
Par maints devis, &'
maints difcoursjojeux
Vints m'inspirer je ne
sçait quoy de tendre
Lors je lui dis, quoy tu
veux m'entreprendre
Trop te connois ,que pourrois-
tu prétendre?
Je sçat braver tes transports
furieux
,
En badinant.
Ce traître enfant qui fin-
Arcsçait bien tendre
Dit vois ce trait,
songe à te deffendre;
JI le lança de l'air
uicîoriepix
Dontsisouvent ilasoumis
les Dieux
Et je me vis- contrainte
demerendre
En badinant-
NAISSANCE
du Duc d'Alençon.
Madame
-
la Duchessede
Berry accoucha Dimanche
26.Fevrier à Ver failles, d'un
Prince qui a esténommé Duc
d'Alençon.Ilfutondoyé par
l'Evoque de Sécz premier
Aumônier de Monseigneur
le Duc de Berry ,assisté du
Curé de Versailles. On donnera
dans le Mercure du
mois prochain l'origine des
Ducs d'Alençon.
MU: Pierre-Jean François
de Percin de Montgaillard,
Evêque de S Pons en Languedoc
, mourut dans son
Diocese le 16 Mars âgé de 80.
ans. Il a laissé tous ses biens
à deux Hôpitaux de son Dio.
cese.
On écrit d Utrecht que le
Comte de la Corfana , second
Plénipotentiaire de
l'Archiduc,avoitresolu d'accepter
l'Amnistie offerte par
le Roy d'Espagne, & qu'il
avoit renvoyé à Vienne sa
Commission ; qu'on y avoit
signé un Traité ou Convention
pour l'évacuation de la
Catalogne & pour la Neutralité
de 1 Italie On en don*,
nera les Articles dans le Mercure
prochain.
Extrait
Extrait d'une Lïtiie de Quebec
du 11Novembre 1712.
CE Pays-ci en mainte-
L nant forttranquile
au de dans & au dehors, il
cft des plus beaux de tous
ceux de l Univers, il fournie
abondamment toutes les
commoditez de la vie. La
NoblelTc, le Bourgeois,
l'Habitant dans les Costes.
tous sont vêtus proprement,
rien de plus leste que tous
les Officiers, victorieux de
nos ennemis sans qu'il nous
en coûte une goute de fang,
nous vivons contens dans
nos maisons. Les Officiers
la plufparr dans les Villes,
les Marchands dans les Boutiques,&
Habitant dans ses
Terres le long du Fleuve S.
Laurent. Monsieur le Marquis
de Vaudreüil nostre
General que le Roy vient de
faire Commandeur de l'Or.-
dre Militaire de S. Louis &
N
dontil a reçû le grand Cordon
a si bien sçu ménager
les interests des Anglois &
des Sauvages, qu'il a tout
lieu d'ésperer que nous vivrons
en paix cet hyver.
Le Gouverneur de Port-
Royal en Acadie a fait une
espece de traité avec les habitans
François de l'Acadie
& les Abnaquis Sauvages de
ce Païslà; par lequel on s'est
obligé réciproquement de
vivre en bonne intelligence,
& d'entretenir un commerce
libre de toute sorte de denrées.
Voila un commencement
de Paix de ce costé là,
nous avons aussiaptis par les
Anglois maiilfesck puis peu
de l'Acadie, la Sulpeniïon
d'Armes entre la France,
l'Espagne & l'Angleterre.
Depuis le 3. Decembre
1711.jusqu'au 10. Fevrier
1711. il a fait un froid qui
nenousa point donné de
relâche. Le Fleuve S. Laurent
n'a esté qu'un Pont presque
continuel depuis ce temps là
jusques à la fin du mois d'Avril,
il n'y a eu qu'un intervalle
d environ un mois qui
a este pluvieux
j
aprèsquoy
la gelée a repris le dessus. Les
vents d la Bandedu Nord
& quelques- uns decelle de j
YOiiij},s'eltantliguezenlembIe,
font venus fondre icy.
avec tant de fureur,que malgré
les grands arbres que
nous leurs avons opposé en
faisant de grands feux à nos
cheminées & dans nos poëles
, nous avons esté contraints
de leur ceder la partie,
& de nous enfuir en assez
bon nombre dans nos caves
pour éviter la pourfuitc d'un
ennemi si cruel, qui venoit
nousassaillir au travers des
flammes & au milieu des plus
gros brasiers.
#
Nos anciens Habitans,
& n'eme les Sauvages publioient
en se cachant le nez
fous de bonnes peaux de Caftors
gras ,
qu'ils n'avaient
point encore senti d'air si
froid,& qu'il falloit avoir du
sang de Fenoüillette, le corps
d'Acter pour resister à un si
grand frold.Il revient un profic
bien clair à la Colonie de
tous les assauts plus ou moins
grands, que nous avons à
soutenir conrre les froids
de l' Amerique Septentrionale
; c'estque l'on arrache &
que l'on coupe beaucoup de
bois, ce qui découvrirasi
fort le Pays que bien des gens
de l'Europe feront invirez à
venir le peupler. Nous aurionsbesoinenmême
temps
pour rendre l'air de Canada
plus supportable en hiver,
de plusieurs bons Ingenieurs,
qui fissent de bonnes saignées
à nos grandes Rivieres
& à nos Lacs, qui nous amenant
des glaces hautes comme
des montagnes !orfcmctles
sont ramassees ensemble,
nous procurent des r humatifmes
en quantité par le
froid qu'elles nous envoyent;
car pour peu que l'on quitte
la cheminée ou le poële, on
estgelé. La negenousatenu
compagnie depuis le
1 5. de
Novembre 1711. jusqu'au
milieu d'Avril de cette année
1712. Les Orignaux, les
Loups- Cerviers
9
les Carcajoux,
& les Chats sauvages
qu'on appelle , icy Enfans du
Diable
,
n'ont point cessé de
gambader sur ce tapis blanc,
& d'aller excorier nos Cedres
& nos Pins pour contenter
leur faim
: mais les Sauvages
par differens pelotons armez
de fléches & de fusils les ont
tirez d'inquietude pour subvenir
au même maiquiprefsoit
ces animaux.
Au mois de Mars dernier
le fils de Mr de Vercheres,
connu sous lenom de Beauvenir,
& prisonnier chez les
Anglois depuis quelques années
nees), a eesuteé cennfinnéecchangé. &
Sur la fin du mois de Mars
quatre Sauvages Ambassadeurs
de la Nation des Iroquois
,
dite Onontahé
,
sont
venus en posture de Si\&-
plianss'excuser devant Onoln..
tio,clefl- à dire Mr le Gouverneur
General
3
de ce que
l'année derniere. A Pinftio-ao
tion des Anglois ils avoient
levé la hachet); je veux dire,
déclaré la guerre contre le
François leur pere. A la teste
decetteAmbassadeestoitun
Chef Sauvage celebre parmi
les Iroquois,nommé U
Grand- Terre. La harangue fut
courte mais pleine de sens;
pour convaincre Mr le General
de la parole qu'il portoit
de la part des Iroquois nos
.Mi,ll.ez
,
ilérendit au milieu
de la Salle un magnifique
Collier de porcelaine, pour
garent de sa fidélité&d'une
paix inviolable avec Onontio
&tous les François.
Onatravaillé tout 1Eté à
fortifier nostre Ville Capitale
par tous les endroits où l'on
pourroit l'attaquer, Mr le
Chevalier de Beaucour est
l'Intendant de tous ces travaux,
& de rout ce qui regarde
les Fortifications dans la
Colonie, La Cour vient de le
declarer premier Ingenieur
de Sa Majesté en Canada.
Non seulement Quebec fera
dans peu entouré de bonnes
&fortes murailles, maisencore
Montreal. Des Particuliers
de cette derniere Place
ont commencé a bâtir le
long des palissades qui enferment
la Ville: de maniere
que la Ville se trouvera gardée
par un bon mur.
Les Sauvages ont fait à
leur ordinaire differens Partis
chez nos ennemis dontils
ont apporté des chevelures
e amené des prisonniers : ils
appellent cela, fairecoup, Un
de nos Sauvages estant allé à
la découverte du costé dela
Nouvelle Angleterre pour
tâcher d'apprendre leur dessein
sur la Colonie, s'estant
trop avancé fut surpris par
deux Anglois j le Sauvage
qui en de la Nation des jilgonkins,
par consequent fort
alerte, se mit en devoir de se
bien dessndre, il cassala
teste à un d'un coup defusil,
puis se jetta sur l'autre à qui
il venoit du secours,illutta
avec luy comme auroit fait
Aiilon de Crotone, ou le plus
robuste bas Breton, l'ayant
renversé d'un coup de massue
, que les Sauvages appellentCasse-
teste: il s'échapa à
la faveur de ses jambes.
On a fait cette année proche
les grands Lacs, ce qu'on
appelle icy
, en haut, un
grand catnage de Renards,
mais de Renards qui parlent.
Les Ontagamis,autrement
dity les R nards,Nation Sauvage
assez belliqueuse, mais
pauvre, sont des gens qui ne
sémentpoint,&qui croyent
devoirvivre aux dépens de
leurs voisins
5 ces Renards
> dis- je, ayant tout -
à
- coup
retranché & fortifié le Fort
qu'ils avoient construit proche
le Décroît * où pour lors
* Fort des François environne de
quelques' ha bitations ; il est situé
entre Je Lac Erié & le Lac des Hurons
, an43e. degré de latitude
seprentrionale.
on ne comptoit que trente
hommes de garnison. commandez
par le sieurduBuisson
,
Lieutenant en l'absence
MC de la Forest, qui en est
le Gouverneur,cette manoeuvre
ne laissa pas que de nons
donner quelque inquiétude;
car on ne sçavoit pas ce que
de tels gens dont le nombre
augmentoit tous les jours,
& qui venoient des'enfermer
dans un Fort assezregulier
& bien palissadé, en vouloient.
Ces Sauvages demeurerent
assez de temps dans
cette contenance pour que
des Sauvages des Nations
voisines nos Alliezen fussent
informez Eneffet,onvitsubitement
paroistre ungrand
nombre de Canots tous sauvages,
mais ennemis jurez
des Renards
, ayant esté informé
par un petit détachement
de nostre garnison du
sujet de leur voyage, la porte
du Détroit leur sur ouverte,
les provisions de guerre ne
manquant point, la poudre
& le plomb furent diftribuez
; après qu'on eut fait
le festin de guerre, pour se
Conformer aux manières sauvages.
Les Outagamis à la
vûe deces nouveaux Hostes,
loin de s'épouvanter, furent
se ranger en bon ordre le
long de leurs pieux en dedans
, & commencèrent à
tirer surnôtre Fott : nous
leur répondîmes assez bien;
en mêmetemps on fie divers
détachemens du costé de la
riviere & des bois pour les
empêcher de s'en servir, ce
qui réüssit à merveille, puisqu'ils
n'oserent faire de sorties
se voyant ferrez de roures
parts. D'un autre costé le
feu que nous faisionssur leur
Fortestoit siviolent & si ennuyeux
à ces Renards qu'ils
se virent contraints d. faire
à la hâte des logemens fous
terre en
rnamcre de ca sernues
pour se mettre à couvert
de nos tireurs,qui les
voyoient de face
,
de revers,
& de tous costez
, par le
moyen J un cavalier élevé à
la faveur de plusieurs grosses
décharges que l'on sit
brusquement sur eux. Pour
rendre ces décharges plus
completteson y joignit de
petites pieces de campagne.
Néanmoins les plus braves
d'entre ces Sauvages ne laissoient
pas de s'opiniâtrer à
faire de décharges sur ceux
qqi paroissoient le long des
courtines de nofire Fort, en
leur envoyant des balles dans
les endroits où les pieux ne
joignoient point assez, & à
tirer des flèches sur les détachemens
que l'on faisois de
temps à autre. Cependant
les Renards, après quinze ou
dix huit jours, furent obligez
faute de vivres, de manger
leurs couvertures, c'estàdire
des peaux de Castor,
d'Ours blancs de LoupsCerviers
i
de Carcajoux &
autres,ils poufferent la faim
encore plus loin, ils croquerent
mêmeles raquettes,
qui fervent comme l'on sçait
à marcher sur la neige
,
&
leurs sou liers ordinaires, qui
n'est que d'une peau sans
talons.
Les Ontagamis ou Renards
réduits à la derniere extrémité
, prirent la fuite en
grande hâte & confusément
à la faveur d'une nuit tresobscure
accompagnée d'une
grande pluye
,
ils furent se
retrancher dans un bois éloigné
d'une lniis du Fort qu'ils
venoient d'abandonner. Ces
Sauvages se retrancherent
d'abord par un grand abattis
d'arbres, & par des efpeccs
de lignes qu'ils avoient
formées:Ellant informé du
fait par nos batteurs d'eftrade
,
nostre Commandant
donna ses ordres & sans perdre
temps on alla fondre sur
eux avec tant de vigueur que
nostre Avant-garde ayant
franchiles premiers retranchemens,
elle renversa tous
ceux qui les gardoienr,lien
ne put resister, ce ne fut que
carnage L s
Renardsquoique
vaillans d'ailleurs, plus fermes
dans les Combats que la
pluspart des Nations {àuvar.
ges, se voyans environnez de
routes parts, se rendirent à
di scretion. Les prisonniers
furent partagez ;les Sauvages
ennemis des 111nois, des
Miamis, des Pouteou-alamis,
& de bien d'autres, emmenerent
le plus grand nombre
de ces gens-là prisonniers
au Détroit, où ils les tirèrent,
comme l'on fait en France au
blanc. A l'égard des vieillards,
des femmes~des ensans
, pour qui ks Sauvages
(par un certain droit fort observé
parmy eux) ont beaucoup
de compassion
,
ils ont
esté amenez la pluspart en
l'Ble de Montréal
,
& dans les
Côtes voisines. Nous n'avons
eu dans la surprise du
Fort des Outagamis & les differens
Combats qui s'en sont
ensuivis, quetrente hommes
tuez ou blessez, quoy que
toute cette affaire ait duré
prés de trois fernaines. Les
blessez sont à present guetis.
Aucun des Renards qui
estoient dans le Fore trop
voisin du nôtre, n'a échapé,
tout a esté tue ou fait pnionmer.
Le nombre est de lepe
septà huir cent.
Mr le Marquis de Vaudreuil
Gouverneur gêneral a
envoyé dire à Mr de la Forest
Capitaine de nostredétachement
de la Marine,& Gouverneur
du Detroit, de pretfentiren
descendant à Montreal
,
& à Québec, le dessem
des cinqNations Iroquoises,
& s'il y à moyen de les appasser.
Mr le Baron de Longueuil
aimé des Iroquois,est
monté aux grands Lacs pour
cet
ce sujet,avec les sieursdeVincennes,
de Lignery, & Deeliettes:
Voici ce que les Principauxd'entre
les Sauvages
ont temoigné au Gouverneur
du Détroit; tu és le bienvenu,
il n'y a parmi nous aucune
mechante herbe, il ny4
point de bêtevenimeuse ni mAL.
faisante, la hacbe est cachée en
terre, &c.
Nous sommes toujours
bons amis des Nations Sauvages
d'enhaut. Depuisle
mois de Juillet jusques à a
fin d'Aoust de cette année,
il est descendu des grands
Lacs plus de cent cinquante
grands Canots chargez de;
ttoouutteeisobrtesdepelleterie du
ftcs de pe) !etcrie Detroit & de M'filimakjnae.
Ce dernier endroit est une
Isle,& le lieu d'un Fort &
d'un magasin;est est situé entre
le LacHuronou Midngané.&c
le Lac des Ilinois; ce poste
paroistêtre à la mêmeélévationdePole
que Monrreal,
c'est-à dire à 45. degrez &
prés de 30. minutes de latitude
Septentrionale. Les
Outraouacs, Mijjifagucs, Otcbipoues
ou Sauteurs, les Safos,
'JeSFoll(s Avoines, tous ami$
des,~Atgonkins, demeureoint
attachez à leur Pere,c'est -
à
-
dire aux François,& sont
étroitement unis contre ceux
des Iroquois qui voudroient
vangerla mort de la Chaudierenoirechefsi
fameux chez
les Nations Iroquo ses & à
qui nos Sauvages ont cassé
la teste &enlevé la chevelure.
Vers la fin de Septembre
dernier, d 'ùx Ambassadeurs
Iroquois de la - Nation des
Onciout arriverent au Montreal
avec deux Colliers de
porcelaine,p- resens ordin aires
des Naturels de l'Amerique
Septentrionale, l'un de ces
colliers étoit destiné pour
Ononthio
,
c'est- à
- dire
pour le Gouverneur General
& l'autre pour les Sauvages
des environs de l'lue de
Montreal.Peu de jours aprés
l'arrivée de ces Iroqois partirent
pour ?Aifilim,¡ktna(,
le sieur de Ligneri, pour les
Miamis, le sieurde Vincen-
Des pour les Ilinois, le sieur
~Ddltetres; tous Officiers de
guerre qui sçavent la langue
de ces differentesNations,
& qui en connoissent le
genie; on a envoyé en même
temps quelques Canots pour
le Detroit.
1
Dans leS- temps de l'arrivée
du Héros, Vaisseau de
cinquante pieces de canon,
commandé par le Chevalier
de Beau- Charnois de Beaumont
au commencement
d'Octobre, nos Philibustiers
sont venus mouiller dans la
rade de Québec avec une
prise Angloise qui leur avoie
été ménagée p::r les Abna fej's
Sauvages de l'Acadie& tresfidele
aux François.
On fit le 2j. du mois
d'Octobre dernier dans
nostreEglise Cathedrale un
Servicesolémnel pour feu
Monseigneur & Madame la
Dauphine, le luminaire a
été des plus beaux qu'on ait
jamais vu dans la Nouvelle
France, tour étoit parfaitement
bien entendu
,
& a e,re executé avec toute 1la
pompe imaginable) cette
relation 6nr par une choseétonnante.
Unenff-ant â"g,édd'un
an& quelques mois a été
vu par plusieurs personnes
fumer comme s'il en avoir eu
l'ha bitude depuis long-tems.
Le Canada cil peut-estre le
Puïs du monde où l'on use
le plusde tabac, & où-l'on
fume le plus, aussi- bien les
petits que les grands; c'est
une pratique & un usage universe
dans toute la Colonie,
parmi même la plufparc
de ceux qui y menent la vie
la plus fefieufe.
Les Sauvages ne font aucune
difficulté de faire de
grands feux dans les Bois
pour y allumer ce que nous
appellons ici le Calumet,
c'est- à-dire la Pipe, ils
laissent sans façon au mi-
1reu d'une Forest de grands
Arbres tousembrasez, dont
la flâme aidée par les vents
& poussée au loin, cause des
incendies qui ne sont point
rares en ce Païsci.
MORTS.
MrJean Gustave de Rieux,
~M.wquls dAcerac Vicomte
de Donges, &c. est mort à
Paris le mois de Février1713.
il avoir épouséledeuxiéme
Mars 1677. Anne d'Aguilion,
fille unique de Cesar,
Seigneur de la Juliennaye &
de la Motte de Gennes au
Païs de Nancois, de laquelle
il reste aujourd'huyJean
Severe de Rieux Marquis
d'Acerac.
-
Ce Seigneur descend
d'une des plus anciennes &
des plus illustres de Bretagne,
qui y ont possedé de trèsgrandes
Terres,& de laquelle
on connoist son origine audessus
de l'an 1071. quevivoit
Guit- Noch, Sire de
Rieux. Le Pere Anfelmc dans
sa nouvelle Edition ne commence
la Genealogie qu'à
Roland
,
Sire de Rieux, qui
fut l'un des Seigneurs qui
s"',¡!Tenlblerent à Vannes en
IÎOI. pour vanger la mort
d'Artus Comte de Bretagne
& d'Anjou leur Seigneur;
mais ilest bien certain qu'elle
existoir plus de vingt ans auparavant;
elle s'est divisée en
trois branches, la première
encelle deMatquisd'Acerac
dont je par le, la seconde
celle des Seigneurs de Château-
neufVicomte de Donges,
sortie de Jean de Rieux
& de Rochefort Comte de
Harcourt Maréchal de Bretagne,
& d'Isabelle de Brosse
sa troisiéme femme. Cette
branche cft tombée dans la
premiere branche de Rieux
dont elle étoit sortie par le
Mariage de Jeanne Pelagie
de Rieux,Comtesse de
Chasseau-neuf, Vicomtesse
de Donges ( fille unique de
Guy de Rieux deuxiéme du
nom Comte de Chasteauneuf
Vicomte de Donges,
& de Catherine de Rosmadec)
laquelle Jeanne Pélagie
de Rieux épousa en 164J,
Jean Emanuel de Rieux
Marquis d'Acerac desquels
est sorti le Marquis d'Acerac
qui vient de mourir, & qui
donne lieu à cet article,
La troisieme branche de
cette Maison est celle de
Sourdeac & forrie de celle
de Chifleau-neuf, Jean Sire
de Rieux troisiéme fils de
Jean Sire de Rieux de Rochefort
& de Harcourr Maréchal
de Bretagne,Isabelle
de Brosse eut plusieurs enfans
de Beatrix de Jonchere
,
&
entr'autres Guy deRieux Seigneur
de Chateau-neufcontinua
cette branche, & René
de Rieux son frere fut st
de Sourdeac, auquel commence
cette branche duquel
cO: defendu Alexandre de
Rieux Marquis de Sourdeac
& d'Oxanr qui fut marié à
Helene de Clere en 1641.
duquel il ne reste que tîes
filles, ainsi toutes les branches
(ic- cette Maison sont
finies à la reserve de l'aînée
qui subsiste en la personne
de Monsieur le Marquis
d'Acerac fils de celuy qui
vient de mourir comme j'ay
dit ci dedus.
Al'égard des alliances &
des illurtrations elles font
très illustres, & très considerables)
AlainSire deRieux
qui mourut en 11z7.épousa
Berthe de Léonen Bretagne
descenduë des anciens Rois
de Bretagne; Guillaume Sire
de Rieux ion arrière petit fils
fut marié à Louise de Machecoul
fille d Olivier Seigneur
de Machecoul
,
& d'Eustache
deVitré avec laquelle il fonda
les Cordeliers de Nantes
où ils sont enterrez. Leur fils
Jean premier Sire de Rieux
sur mariédeux fois, la première
à Isabeau de Clisson;
tante du Connestable de
France, la seconde à Jeanne
Dame D.f^on, il eut pour
filsJean deuxième Sire de
Rieux& de Rochefort Maréchal
de Franceépousa en
1 374.Jeanne de Rochefort
Baronne d'Ancenis Dame
de Rochefort, d'Acerac de
Chasteu neuf Vicomtasse
de Donge, riche heritière,
&le mariage fut fait à cOrk:
dition que leditJean
deuxième porteroit le nom
ôc les armes de Rochefort.
CetteDame étoit de très*
grande maison, & étoit veuve
de Eon de Monsort, &
étoit petite fille de Marie de
Montmorency femme dç
Thibaud,, Sire de Rochefort,
elle eut de ton mariage
neuf enfansentr'autres Jean
troisieme, Sire de Rieux
dont je parleray
,
Pierre de
Rieux dit de Rochefort Maréchal
de France Seigneur
d' Acerac & de Desval mort
sans posterité de Jeanne de
Molac sa premiere femme,
ni de Jeanne de Chasteaugiron
sa seconde.
Jean troisieme fut marié deux
fois, la premiere à Beatrix
de Montauban. z °. En1414.
avec Jeanne de Harcourc ,
fille de can,septiéme du
nom de Harcourt & d'Atfmalc
& de Marie d'Alençon,
il eut plusieursenfans de ses
mariages,entr'autres Marie
de Ricux femme de Louis
Seigneur d'Amboise Vicomte
de Thouars, qui étoit
du premier lit & du sécond
François, Sire de Rieux &
de Rochefort, Comte de
Harcourt Chambellan du
Duc de Bretagne qui épousa
en 1442. Jeanne de Rohan
fille d'AlainVicomte de
Rohan & de Leon, & de
Marguerite de Bretagne,
leurs fils Jean, Sire de Rieut
& de Rochefort Comte de
Harcourt Miréchal de Bretagne
, qui sur mariétrois.
fois, la première à Françoise
Riguenelle Dame de Malestroit
& la seconde à Claude
de Maillé fille de Hardouin
Seigneur de Maille & de
Pcronelle d'Amboise, la
troisiéme à Isabelle de Brosse
fille de Jeantroisiéme ditde
Bretagne Comte de Penthieuret>,
du premier lit il eut
Françoise de Rieux Dame de
Malestroit qui épousa François
de Laval Seigneur de
Chasteaubriant, &c. & du;
troisiéme lit Claude,Sire de
Rieux qui fuit & François de
Rieux Seigneur d'Acerac qui acommencé la branche d'Acerac
, & Jean de Rieux
souche de la branche
de Chateau-neuf& de Sourdcac.
Claude, Sire de Rieux &
de Rochefort Comte de
Harcourt & d'Aumale fit la
Charge de Maréchal de
France à la bataille de Pavie
où il demeura prisonnier, il
épousa Catherine de Laval
fille de Guy seiziéme du
nom Comte de Laval, & de
Catherine d'Artagon eu
1518 & en 1 jl$. il prit
une sceonde alliance avec
Sufanne de Bourbon fille de
Louis Prince de la Rochesur
-
Yon
,
& de Louifc de
Bourbon Montpenfier qui
le survescut trente huit ans.
Du premier lit il eut deux
files, la premiere Renée de
Rieux qui prit le titre de
Huyonne:, djx-huitième
Comtesse de Laval mariée à
Louis de Sainte Maure Marquis
de N.=lIe Comte de Joigny
morte sans enfans ; SC
Claudede Rieux futmariée,
à François de Coligny Sei..,
gneur d'Antelot Colonel
General del'Infanterie Fran.
çoic,eut pour son partage
le Comté de. Montfort en
Bretagne, & succeda dans la
fuite en tous les biens de sa
soeur qui font tombez ensuite
dans la maison de la
Tremoille, du second lit de
Claude premier est sorti
Claude deuxième du nom,
Sire de Rieux )& de Rochefort
Comte d'Harcourt &
& d'Aumale qui mourut sans
estremarié en 1548. Ilest
impossible de pouvoirrapporter
dans un si petitarticle
toutes les grandeurs de ccrce
maison ses hautes alliances
& ses llluluarJons,il suffit de
ce que j'en viens de dire pour
en donner une idée.
Parodie de 1 Enigme, dontle
mot est le Cerneau.
Ajourd'huyjesuis Noix
~&je l'etois hier
Cessant d'estre doublè,je
nesuis plus moi-même
Quoique coupépourtant,
le Cerneaureste entier^
Mais ain/ipartagé
pointfruit de Carême,
Jesuisfemelle etant double
Aîais de mon bonnetvtrd
étantdesafublé
L'on me donne un nom cmâle apres ma ddi'
vrance
Von me nOyt & le sel
faisant mon
-
exllence
J'ay ce raport avec les
ouvrais d-tjprit
En mangeant le Cerneait
le buveurchante&rit
Mais qui n'a point de
temps à perdre quu
m'évite
Patience avecmoiquelque
fois periclite.
Le mot de la fécondé
Enigmec'est le Fev.
On ne m'a point envoyé
de Parodie surcelle-ci, apparament
on n'a pas trouve
qu'cit: valut la peined'eflfe
parodiée.
Comme le 5. Novembre
xie la presente année mil
sept cens douze j'ay passé,
juré & signé pardevant D.
Manuel Vadillo y Velasco
mon Secretaire d'Estat &
grand Noraire des Royaumes
de Castille, de Leon,
& en presence des tesmoins
l'Aéte public dont la teneur
s'enfuit mot à mot.
RENONCIATION
du Roy d'Espagne à la Couronne
de France. Don Philippe par la grace
de Dieu Roy de Castille,
de Leon, d'Arragon,
&c. par la teneur & l'exposé
cydessus de cet Aéte
de renonciation & de desistement,
& afin que la
memoire soit z jamais manifestée
à tous les Rois,
Princes, Republiques &
Communautez, & personnes
particulières, que l'un
des principaux fondemens
desTraittez de paix entre
les Couronnes de France &
d'Espagne d'une part, &
celle d'Angleterre de l'autre,
pour la cimenter, &
la rendre permanente , &
parvenir a la paixgenerale,
estant d'asseurer le repos
universel de l'Europe, &
establir un équilibre entre
les Puissances, ensortequ'il
ne puisse arriver que plusieursestant
réunies en une
feule la balance de l'égalité
qu'on veut asseurer
panche à l'avantage de
l'une de ces Puissancesaux
risques & dommages des
autres, il a esté fait instance
par l'Angleterre, & il
a esté convenu de ma part,
& de celle du Roy mon
grandPere
, que pour éviter
en quelque temps que
ce soit l'union de cette Monarchie
à celle de la France,
il se sist des Renonciations
réciproques pour moi
&, mes Descendants à la
succession de la Monarchie
de france , & de la part
des Princes de France, de
toute leur ligne presence &
à venir à la successionde la
Nlc!naxcl-iie d'Espagne, faisant
réciproquement une
abdication volontaire de
tous les droits que les deux
Maisons Royalles d'Espagne
& de France pourroient
avoir à se succeder
mutuellement, feparanc
par les moyens justes de
maRenonciation ma branche
de la tige Royalle de
France, & toutes les branches
de la Tige Royalle
d'Espagne
, prenant aussi
des mesures iuivant la maxime
fondamentale & perpetuelle
de l'équilibre des
Puissances de l'Europe)ain.
si qu'il est justifié par cet
Aéte que l'on évite en tous
lescas imaginables l'union
de la Monarchie de France
avec celle d'Espagne
,
l'on
prévienne l'inconvenient
qui arriveroit si au deffaut
de ma descendance le cas
avenoit que la Couronne
d'Espagne pust retomberà
la Maison d'Austriche
, ce
qui la rendroit trop formidable
; pour cet effet il a
esté convenu & accordé
par l'Angleterre avec moy
& avec le Roy mon grand
Pere, qu'à mon deffaut &
à celuy de mes Descendans
le Duc de Savoye feroit appellé
à la succession de cette
Monarchie, luy, ses ensans
& Descendans malles,
nez en legitime mariage ,
& l'on doit croire qu'avec
cette esperance perpetuelle
& continuelle, il fera le
centre invariable de la balance
, qui asseure volontairement
l'équilibre entre
toutes les Puissances fatiguées
de la guerre,j'ay
resolu en consequence de
ce qui estcy-dessusexposé
par l'amour que j'ay pour
les Espagnols, par la connoissance,
& par les fréquentes
experiences que
j'ay faites de leur fidelité,
& pour rendre grace à la
divine Providence avec
une entiere resignation à
ses volontez,de la grande
faveur qu'elle m'a faite en
me plaçant, en me maintenant
sur le Throsne,&
en m'eslevant sur tant de
Sujets illustres
,
qui m'ont
si bien servi, desirant vivre
& mourir parmy eux. :-
Moy Don PHILIPPE
par la grace de Dieu,Roy
de Castille, de Leon, d'Arragon,
&c.je renonce par
le presentActe pour tousjours&
a jamais,pour moymesme
Ôc mes heritiers ôç
successeurs,à toutes prétentions,
droits & titres
que moy ou mes Descendants
ayent des à present,
ou puissent avoir à l'avenir
à la succession de la Couronne
de France, je les
abandonne & m'en desiste
pour moy & pour eux, je
me declare. & me tiens
pour exclus & separé, moy,
mes enfans & mes descendants
,
de la succession à la
Couronne de France. Je
veux & consens pour moy
&mes descendants que dès
à present comme alors moy
& mes descendants estant
exclus & inhabiles & incapables
, l'on regarde ce
droit comme passé & transferé
à celuy qui se trouvera
suivre en degré & immediatau
Roy par la more
duquel la vacance arrivera
,& auquel successeur
immediat on déferera la
succession de la Couronne
de France en quelque tems
& quelque cas que ce soit,
afin qu'il l'ait& la possede
comme legitime & veritable
successeur
,
de mesme
que si moy ôc mes descendants
n'eussions pas esté
nez,je veux,consens pour
moy -mesme & pour mes
descendants que dès à present
comme alors ce droit
soit regardé & confideré
comme passé & transferé
au Duc de Berry mon frere
,ôc à ses descendants
masles nez en legitime maria
ge ; & au deffaut de ses
lignes masculines au Duc
d'Orleans mon oncle & à
ses enfans & descendants
masles nez en legitime mariage
,
&c. & pour plus
grande assurance & stabilité
de cette abdication de
tous les droits& titres qui
m'appartiennent,&a tous
mes descendants,àla succession
de la Couronne de
France, je me dépoüillé 06
medesistespecialement des
droits qui pourroient m'appartenir
par les Lettres Patentes,
ou Actes par le£
quels le Roy mon grand
Pere me conserve, me reserve
le droit de succession
à la Couronne de France,
lesquelles Lettres Patentes
furent donnéesàVersaillesau
mois de Decembre
mil sept cens, & passées &
approuvées au Parlement,
je les rejette& y renonce,
ô&c les rcegiardecommenul- d e comme nul-
les; je renonce à tous moyens&
specialement à celuy
de la lesion évidente ôc
énorme que l'on pourroit
trouver dans la Renonciation
du droit de pouvoir
succeder en aucun temps
à ladite Couronne, je veux
dès à presènt comme alors
qu'elle soit tenuë jugée &c
déclarée pour illicite
, injuste
,
mal encreprise, &
pour violente invasion, ôc
usurpation faite contre la
raison & contre la conscience,
& qu'au contraire
l'on juge & qualifie pour
jufie, licite & permise celle
qui fera faire par celuy qui
au moyen de mon exclusion
&decelle de mes descendants
,
devra succeder
à ladite Couronne, & pour
plus grande stabilité dece
qui est contenu encette renonciacion,
& de cequi est
promis & statué de ma part
j'engage de nouveau ma
parole Royalle,je jure &<
lemnellement par les
Evangiles contenus en ce 4
Missel
)
sur lequel je pose
la main droite, que j'observerai
,
maintiendrai le #
present écrit, & Acre de
Renonciation,tant pour
moy que pour mes succesfeurs
héritiers & descendants
dans toutes lesclauses
qui y sont contenues selon
le sens & la consftruction
la plus naturelle & la
plus littérale &la plus évi- * dente; & je passe ce pre-
,
sent Acte devant le present
Secrétaire de ce Royaume,
, le signe & ordonne qu'il
soit scelle de mon scel
Royal, estant tesmoinsrequis
& presens appellez le
Cardinal Don Francisco de
Judice Inquisiteur général,
& Archevesque de Montreal,
de mon Conseil d'Estat
,
Don Joseph Fry de
Velasco, y Tobbar de Castille
Duc de Frias gentilhomme
de ma Chambre,
mon Majordome
,
grand
Sommelier & grand Ve- neur,DonJtianClaros Albnzo
Perez de Gusman &
Bueno Duc de MedinaSidonia
Chevalier de l'Ordre
dre du S. Esprit,mon grand
Ecuyergentilhomme dela
Chambre & de mon Conseil
d'Estat
, &c. Moy le
Roy, moy Don Manuel de
Vadilloy Velasco, Chevalier
de l'Ordre de S. Jacques,
Commandeur de Pozuelo,
de celuy de Calatrava,
Secretaire d'Estat de
Sa Majeste
,
Notaire & Ecrivain
public en fes- Royaumes
& Seigneuries, qui
ay esté present à la stipulation
de ce qui estcy-desfus
contenu, je le certifie,
ôc en tesmoignage de verité
je l'ay sïgné de mon
nom. A Madrid le cinquième
Novembre mil sepc
cents douze. DonManuel
Vadillo y Velasco.
C'est pourquoy par la
consideration des convenances
dont il est fait mention
dans leditActe icy inferé
,j'ay ordonné l'expedition
de la Presènte lignée
demamain, & scelléedu
sceau de mes Armes Royalles
, & contresignée de
mon Secrétaire d'Estat Ôc
grandNotaire de ces Ro-;
yaumes. A Buenretiro le
sept Novembre mil sept
cens douze. Signé moy LE
ROY ,& plus bas, Ma*
NUEL VADILLO Y Velasco.
RENONCIATION
de Monseigneur le Duc de
BERRY a la Couronne
d'Espagne.
CHarles fils de France;
Duc de Berry, d'Alençon,
d'Angoulesme,&c. A tous
les Roys, Princes, & Republiques
: Sçavoir faisons
que toutes les Puissances do
l'Europe le trouvant presque
ruinées à loccafion
des presentes guerres qui
ont porté la desolation
dans les Provinces fronde..
res, & plusieurs autres parties
des plus puissantes Monarchies,
on est convenu
dans les Congrez & Traittez
de paix qui senegocient
avec la Grande Bretagne,
d'establir un équilibre &
des limites politiques entre
les Royaumes dont les in-»
terestontesté ,& sontencore
le triste sujet d'une
sanglante dispute de tenie,
pour maxime fondamentale
de la conservation de
cette paix, que l'on pourvoit
à ce que les forces de
ces Royaumes ne soient
point à craindre,&ne pua:
sent causer aucune jalousie,
ce que l'on a creu ne pouvoir
establir plus solidement
qu'en lesempefefunt
de s'eitendre.
Pour cet effet le Roy
nostre très-honoréSeigneur
& Ayeul, & le Roy
d'Espagne nostre tres-cher
Frere, sont convenus avec
la Reine de la Grande Brc;,
tagne ,
qu'il fera fait des
renonciations réciproques
par tous les Princes presents
& futurs de la Couronne
de France , & d'Espagne
à tous droits qui
peuvent appartenir à chacun
d'eux sur la succession
de l'un ou de l'autre Royaume,
pour maintenirl'équilibre
qu'on veut mettre
dans l'Europe, & partant
à particulariser tous les cas
preveus de l'union; il a esté
nuHi convenu & accordé
entrele Roy très- Chreffien
nostre tres-honoré SeK
gneur & Ayeul
,
le Roy
Philippe V. nostre Frère,
& la Reine de la Grande
Bretagne, que ledit Roy
Philippe renoncera pour
luy & pour tous ses descendants
à l'esperance de
succeder à la Couronne de
France
, que de nostre coCi
té nous renoncerons aussi
pour nous 6c nos descendants
à la Couronne d'EL:
pagne;que le Duc d'Orleans
nostre cher oncle fera
la mesme chose,desorté
que toutes les lignes de
France & d'Espagne respectivement
feront excluses
pour tousjours de tous
les droits que les lignes de
France pourroient avoir à
la Couronne d'Espagne,&
les lignes d'Espagne à la
Couronne de France, Se
enfin quel'onempeschera
que fous prétextedesdites
renonciations,nisous quelque
autre prétexte que ce
soit la Maison d'Austriche
n'exerce les prétentions
qu'elle pourroit avoir à la
successiond'Efpâgnejdaii-:
tintqu'en unifiant cette
Monarchie auxPays&Estats
tats héréditaires de cette
Maison
,
elle seroit trop
formidable aux autres Puit:
fances quisontentre deux,
ce qui détruiroit l'égalité
qu'on establit aujourd'hui,
pour établir plus parfaitement
la paix de la Chrestienté
qui est la fin qu'on
se propose par cet équilibre
politique en éloignant
toutescesbranches,appellant
à la Couronne d'Espagne
au deffaut des lignes
du Roy Philippe nostre
Frere
,
la Maison du Duc
deSavoye qui descend de
l'infante Catherine fille de
Philippe second, ayant esté
confideré qu'en faisant
ainsi succeder immédiatement
ladite Maison de San
voye,on peut establir comme
dans son centre cette
égalité& cet équilibre entre
les trois Puissances.
Voulant donc concourir
par nostre desistement
de tous nos droits pour
nous,nos successeurs
, &
nos descendants, àestablir
le repos universel de l'Europe,
parce que nous croyons
que ce moyen est le
plus seur dans les terribles
circonstances de ce temps,
nous avons resolu de renoncer
à la succession de
la Couronne d'Espagne, &
afin que cette resolution
aietoutsoneffet nous nous
declarons & tenons maintenant,
nous, nos enfants
& descendants pour exclus
&inhabiles absolument&à
jamais à succeder à la Couronncdfpagne
; nous
voulons & consentons
pour nous, nos enfants &
de[cendants,que des maintenant&
pour tousjours on
nous tienne - nous &eux
en consequence des Presentes
, pour exclus & inhabiles,
de mesme que tous
les descendants de la Maisond'Auftriche,
qui comme
il a esté rapporté &
supposé
,
doivent estre exclus
en quelque degré que
nousnoustrouvions les uns
les autres, que par cette
raison le Royaume d'Espagne
soit censé devolu à
qui la succession doit en
te l cas estre devoluë &
transférée en quelque
temps que ce soit , nous
ni nos descendants ne devons
plus estre considerez
comme ayant aucun fondement
de representation
active ou passive
, ou faisant
une consideration de
ligne effective ou contentieuse
de substance
,
fang
ou qualitez, ni mesme tirer
droit de nostre descendance.
Nous renonçons
pareillement au droit
qui nous peut appartenir à
nous & à nos descendants
en vertu du testament du
Roy Charles II. qui nonobstant
ce qui est rapportécy
dessus nous appelle à
la succession de la Couronne
d'Espagne, la ligne
de Philippe V. venant à
manquer, nous nous desistons
donc de ce droit.
& y renonçons pour nous
& nos enfans & nos descendants
, promettons &
nous obligeons pour nous
& nos enfans & nos descendants
de nous employer
de tout nostre pouvoir
pour faire accomplir
ce présent Adet sans permettre
nisouffrir que directement
ni indirectement
on revienne contre,
soiten cout/bic en partie;&
pour plus grande seureté
de ce que nous disons Se
promettons pour nous si
nos enfans,&nos descendants,
nous jurons solemnellement
sur les Evangiles
contenus au Mitrel)
sur lequel nous mettons
la main droite que nous
le garderons
,
maintiendrons
& accomplirons en
tout & par tout, nous ne
demanderons jamais de
nous en faire relever, &
nous faisons d'abondant
cet autre ferment que celui-
cy subsistera & demeurera
tousjours, quelques
dispenses qu'on puisse nous
accorder
, nous jurons &
promettons aussi que nous
n'avons fait ni ferons ni en
public,ni en particulier, ni
en secrét, de protestation
contraire qui puisse empescher
ce qui est contenu
en ces Presentes ou en diminuer
la force.
En foy dequoi
,
& pour
ces Presentes authentiques
elles ont estépassees pardevant
Meilleurs Alexandre
le Fevre, & Anthoine
le Moyne Conseiller du
Roy, Notaires Gardes Notes
de Sa Majesté, & Gardes-
scelsauChasteletdeParis,
soussignez, lesquels ont
tous délivré le presentActe.
RENONCIATION
de Monseigneur le Duc
d'Orléans
3
à la Couronne
d'Espagne.
Philippepetit fils de
France, Duc d'Orléans,
de Valois, de Chartres &
de Nemours ; à tous Rois,
Princes, Republiques
,
Potentats,& Communautez,
Faisons sçavoir par
ces Presentes, que la
crainte de l'union desCouronnes
de France & d'Espagne
ayant cite le principal
motif de la guerre, &
les autres Puissances de
l'Europe ayant tousjours
apprehendé, ne fussent sur
une mesme teste, on a posé
pour fondement de la
Paix que l'on traitte presentement,&
qu'on espere
cimenter de plus en plus
pour le repos de tant d'Estats
qui se sont saçrifïez
comme autant de victimes
pour soppofer au péril
dont ils se croyoientmenacez
,
qu'il falloit establir
une espece d'égalité & d'équilibre
entre les Princes
qui estoient en dispute.
Que dans la veuë d'establir
cette égalité la Reine
de la Grande Bretagne a
proposé, & sur ses instancesil
aesté convenu par
le Roy nostre très honoré
Seigneur & oncle, & par
le Roy Catholique nostre
cher neveu, que pour éviter
en quelque temps que
ce soit l'union des Couronnes
Lfpao,,ne & de France,
il seroit fait des renonciations
reci proques
,
ravoir
par le Roy Catholique
Philippe V. nostre neveu
pour lui &pour tous ses de-fcendants
à la succession de
laCourone de France,commeaussipar
leDuc de Berri
nostre cher neveu,& par
nous pour tous nos descendants
à la Couronne
d'Espagne
,
à condition
auni que la Maison d'Austriche
ni aucun de ses deI:
cendants ne pourront facceder
à la Couronne d'Espagne
par cette maison
mesme qui sans l'union de
l'Empire seroit formidable
, si elle a joustoit une
nouvelle puissance à ses
anciens Domaines; pour
arriver à la fin qu'on
se propose
,
&: au moyen
de ce que sa Majesté Catholique
a de sa parc fait
par sa renonciation le J.
du présent lTIois, nous
consentons qu'au défaut
de Philippe V. nostre Neveu
&de ses descendants,
la Couronne d'Espagne
passe à la Maisondu Duc
de Savoye ; dont tous les
droits sont clairs & comme
d'autant qu'il descend
de l'Infante Catherine
Fillede Philippe II. & desirant
de nostrecosté concourir
à la glorieuse fin
qu'on se propose derestablir
la tranquillité publique,
à prévenir les craintes
que pourroient causer
les droits de nostre naissance
, ou tous autres qui
pourroient nous appartenir
, nous avons resolu de
faire ce desistement & cette
renonciation de tous
nos droits, pour nous&
pour nos successeurs ôc
descendants
, nous decla,.
rons & nous tenons dès
à present nous, nos enfans,
descendants pour exclus
& inhabilles absolument
& à jamais
,
de toute
action & tout droit à la
Couronne d'Espagne ;
nous voulons ôc consentons
pour nous & nos descendants,
que dés maintenant
& pour tousjours, on
nous tienne, nous & les
nostres pour exclus Be. inhabile
en quelque degré
que nous nous trouvions,
& de quelque maniéré
que la succession puisse arriver
à nostre ligne;nous,
ni nos déscendants ne devons
plus estre considerez
comme ayans aucun
fondement de representation
active ou passive, ou
faifanr une continuation
de ligne effective ou contentieuse
de substance
fang , ou qualité, ni tirer
droit de nostre descendance
de la Reine Anne
d'Austriche nostre très honorée
norée Dame& ayeule,ni
des glorieux Roys ses Ancestres
j au contraire, nous
ratifions la renonciation
que ladite Dame Reine
Anne a faite,& toutes les
clauses que les Rois Philippe
111. & Philippe IV.
ont inserées dans leurs testaments
; nous renonçons
pareillement à tous les
droits qui nous peuvent
appartenir, & ànos enfans
& descendants, &en vertu
de la déclaration faite à
Madridlevingt neuviéme
Octobre 1703. par Philippe
V. Roy d'Espagne nostre
neveu , & quelque
droic qui nous puisse appartenir
pour nous & nos
descendants
, nous nous
en desistons
, & y renonçons
pour nous & pour
eux, nous renonçons absolument
& en particulier
à la lesion évidente, énorme
& très énorme qui se
peut trouver en la renonciation
à lasuccession de
ladite Couronne d'Espagne,
& voulons qu'aucuns
desdits moyens ne nous
fervent ni puissent nous
valoir, & que tous ce prétexte
nous voulions nous
emparer dudit Royaume
d'Espagne à force d'armes,
la guerre que nous ferions
& exceuterions, foit tenue
pour injuste, illicite &induement
entreprise
,
ôc
qu'au contraire celle que
nous feroit celuy qui en
vertu de cette renonciation
auroit droit de succeder
à la Couronne d'Esagne
,
foit teuë pour permise
ôc juste ôcc.
Et pour plus grande sureté
de c que nous disons
& promettons au nom de
nos sccesseurs & descendants,
nous juronssolemnellement
sur les saints Evangiles
contenus en ce
Missel sur lequelnousmettonsla
main droite, que
nous le garderons , maintiendrons,&
accomplirons
en tout & par tout, & que
nous ne demanderons jamais
de nous en faire relever
-
: nous jurons & promettons
encore que nous
n'ayons fait niferons en
public ni en secret aucune
protestation nireclamation
contraire qui puisseenpescher
ce qui est contenu dans
ces presentes
, & pour plus
grande fureté, nous avons passé
& passons ce présent Acte
de renonciation d'abdication
& de désistement
,
pardevanc
Maistres Antoine le Moyne; & Alexandre le Fevre Conseillersdu
Roy, Notaires Gardes-
Nottes,&c. & Garde
Scels au Chastelet de Paris fouffignez ,
, en nostre Palais
RoyalàParis l'an 1712. le 19.
Novembre avant midi, & pour
faire insinuer ces prefentespar.
tout où il appartiendra, nous
avons constitué pour nostre
Procureur lePorteur
,
&avons
signécesPrésentés & leur Minute
demeurée en la possession
dudit le Fevre Notaire. Signé
PHILIPPE D'ORLEANS, le
Moine, le Fevre
3
& à costé
scelléledit jour. -
HIstoriette traduite de l'espagnole,
page 3
Nouvellepreuvede lamultiplication
y & nouvelle
maniéré defaire la division
plus courte qu'aucune qui
ait paru jusques icy. 49.
Epistre a Madame ,sur Iii,
peinture. 79c
Madrigal.88
Compliment à son Altesse
Electorale Monseigneur le
Duc de Baviere. 50
Nouvelles de la basse Allema- gne.-97 Nouvelles d'Allemagne. 114
Nouvelles d'Espagne. 118
Nouvelles etAngleterre. 113
Nouvelles d'Utrecht e de
Flandres. 118
Mort de l'Electeur de Bran- debourg.132,
Cérémonie de la renoncia-
Mtiona. riages.15IJ8O
Entames. 160
Mariage de fyf. le Comtede
Jonzac: - 169
Le badinage ,& ses suites
dans le Rondeau. 183
Renonciation du Roy d'Espagne
à la Couronne de France.141
Renonciation de Monseigneur
le
Duc,deBerry
a laCouronne
d"ECpaé. 1-51!-
leur.
tour Ujietd*
'fd/i2icr4-
ïk/Mw
dcuu'crttC *; évxn,,,
,-/IL'LiV{Cft<
r -rr-w- y
- 1-111 1 -, ,r- "- !
',¡ f.,
) ----t"
0 -,< 1
--------f
MERCURE
GALANT.
A PARIS,
M.DCCXIII
AvecPrivilege du Roy.
M ERCO R.E: (3.AJLANT.
Parle Sieur Du F***
Mois
deMars
1713.
Le prix est ;o. (ois relié en veau ,(&
25.sols, broché. 1
A PARIS, I
Chez DANIEL JO L LET, au Livre
Roy.ll,JU bout duPontS.Michel
du côté du Palais.
PIERRE RIBOU, à l'Image S. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la rut:
du~Foin, du côté de la rue
Saint Jacques.
sivscArprobatlon3&Privilegedu Fol.
MERCURE
GAL ANT.
il
HI STO RIETTE,
.', traduite de l'Espagnol.
Eux jeunes Cavaliers
de Sevilledevinrentamoureux.
d'une belle personnequi
senommoit Beatrix EHe
étoit aussi riche que bel-
Te-" étant fille unique
d'un homme qui avoit
été Gouverneur des Indes
, où il avoit amassé
de grands biens. Il s'appelloit
Don à Cuarado.
L'un des deux amans dfëg.
Beatrix étoit DonFernand,
parti convenable
au pere, parce - qu'il étoit
aussi fort riche: mais
Don Felix, qui avoit
moinsde bien, avoit
touché le coeur de Bea-r
trix. Il étoit d'une valeur
distinguées & Don
Fernand n'étoit pas fort
brave, quoy qu'Espagnol.
(Ilya des poltrons
dans toutes sortes de nations,
& même dans la
nôtre) ajoûte l'auteur
Espagnol.
Ces deux amans ne
manquoient pas un jour
\ase trouver dans une petite
ruë peu frequentée,
où donnoit une fenêtre
de l'appartement de Beatrix,
qui avoit aussi corn*
munication sur un jardin,
dont une petite porte
à demicondamnée
rendoit dans cette petite
ruë. Les deux amans venoient
separément sur le
foir aux environs de ce
jardin:mais l'amant poltron
se donnoit bien de
garde dese montrer lorsqueDon
Felix paroissoit;
il lé concentoit de
l'observer comme un jaloux,
& dés qu'il étoit
parti, il alloitchanter&
soûpirersous lesfenêtres
de Beatrix, dont il n'étoit
presque pas écouté.
Il faut remarquer que
ce jardin,dont la petite
porte donnoitsur la ruë,
étoit commun à la maison
de Beatrix 8£ à une
autre où logeoit une veuve
fort belle, qui voyoit
en cet endroit un troisiéme
Cavalier al'indu de
ses parens. Les choses
étant ainsi disposées, D.
Fernand prit le parti de
demander Beatrix à son
pere,&l'obtintaisément
à cause de ses richesses.
Le mariage fut resolu
promtement;& les conventions
étant faites, il
prit jour pour donner
une fête à sa maîtresse
,
dans les jardins d'Alfarache.
Don Felix apprit bientôt
toutes ces choses par
Donna Hermandez
f suivante de Beatrix, 8c
qui étoit la confidente
de son amour. Don Felix
resolut de parler à Beatrix,
qui neparoissoit
plus à la fenêtre depuis
qu'onl'avoit promise à
Don Fernand, soit par
devoir, soit parce que
Don Fernand lui avoit
fait défendre par son pere
d'entrer dans l'appartement
dont la fenêtre
lui servoit à voir Don
Felix.
Ce Cavalier avertidu
jour que la fête se devoit
donner dans les jardins
d'Alfarache, gagna
le jardinier, qui lui permit
de se déguiser comme
s'il eût été un autre
jardinier qui lui vinst aider
à cüeillir des fleurs,
&, préparer des feüillées
pour la fete. Don Felix
ainsi déguiséen jardinier
se mit à travailler dans
de petits cabinetsde verdure
qu'on ornoit avec
des festons de fleurs;&
comme il y en avoit plusieurs,&
que les Dames
de la famille de Beatrix
& de Fernand se promenoient
de l'un à l'autre,
il épia l'occasionde parler
à Beatrix, & se confia
à unvalet de la fête,
dont la suivante Hermandez
recevoit volontiers
les hommages 3 8C
ce valet ayant été avertir
Beatrix & la suivante,
elles se détacherent des
autres Dames,& vin-
;it.
rent voir travailler le
jardinier- amant Don
Felix.
Le jaloux Don Fernand
qui s'apperçut de
ces menées, avoit suivi
de loin Beatrix; & la
voyant parler familièrement
à ce jardinier, s'approchoit
insensiblement
pour les examiner:mais
Don Felix l'ayant apperçû
avant qu'il fùraffez
prés pour en estrereconnu
, prit son parti
dans le moment, & dit
à Beatrix & à la suivante,
qui vouloient fuir,
qu'elles restassent à l'endroitoù
ellesétoient; &
aussitôt avec une promtitude
incroyable il rentra
fous le cabinet de verdure,
où il avoit laissé
le valet amant de la fuivante
; & l'ayant revef-
, tu de son habit de jardinier,
qui étoit fort remarquable
quoy qu'à la
brune, parce qu'il étoit
de serge blanche, il i'in-j
struisit en deux mots de
ce qu'il devoit faire. i
Ce valet, que D. Fernand
prit pour le mesme
qu'ilavoit déjaveu
avec Beatrix, la pria de
trouver bon qu'il lui parlât
familièrement, pour,
faire croire au jaloux
Don Fernand qu'il étoit
ale mefine. En effet en p prochant illes trouva
parlant dumariage,
de ce jard inieravecHermandez,
illui parut vraisemblable
que Beatrix
voulust bienfamiliariser
par bonté avec l'amant
de sa suivante, pour la
marier: & cela dissipa
pour cette fois-là le soupçon
de Fernand, qui
les eût empeschez de
prendre les mesures qu'-
ils vouloient prendre,
parce que le pere de Beatrix
eût fait éclat sur
cette intrigue; ce qui 3* siarriva point ce jourlà.
Cette fête fut fort
galante: mais ellen'ennuya
pas moins Beatrix,
qui feignit même d'estre
malade pour la faire
cesserplûtost. Ainsichacun
étant retourné chez
foy, la signature du contrat
fut resoluë pour le
lendemain:mais la maladie
feinte ou veritable
de Beatrix la retarda de
quelques jours, pendant
lesquels Don Felix fut
surpris par D. Fernand
dans
dans une autre tentative
qu'il fit pour parler à
Beatrix. Don Fernand
fut desesperé 5 &nese
sentant pas assez de courage
pour se battre contre
Don Felix, il saisit
une occasion que le hazard
lui fournit, pour se
vanger sans rien hazarder.
Voici comment la
chose arriva.
Beatrix au desespoirs;
&C obsérvée de siprés,
qu'elle n'avoit plûs aucune
esperance de pouvoir
parler à Don Felix,
chargea d'une lettre pour
lui un petit laquais Maure
qu'elle avoit auprès
d'elle; & Don Fernand,
à qui tout étoit suspect,
voyant sortir le soir ce
petit Maure, lui fit avoüer
,
à force de menaces
& de coups,qu'il
étoit. chargé d'une lettre
pour Don Felix. Il
ouvrit la lettre, qui étoit
écrite en ces termes.
Le desespoir ou me met
un mariage queje ne puis
fias retarder, m'afait oublier
devoir, respect &
obeissance. Un pere cruel
aura voulu en vain disposer
de la confiante Beatrix
ytf)sil m'ôte à celui
que fatrne, du moins il
ne serapasenson polivoir
de me livrer à celui que
je hais. Ce malheur cruel
ma fait prendre une resolution
desesperée : si vous
maimeZj autant que je
'vousaime,ha^arde^out
pour entrer à l'heure de
minuit dans le petit jardin.
se hasarderai tout
pour rrij trouver avec,
Hermandez, qui veut
bien suivre ma malheureuse
destinée. Vous nom
menerez dans un sonvwty
ou, j.',ai une tante,
qui me recevra par çitie',
& j'y passerai le reste de
mes jours.
La premiere idée qui
vint à Don Fernand, fut
de se trouver au rendezvous
au lieu de son rival
aimé, & de prendre
une cruelle vangeance
de Beatrix, en la surprenant
en faute. Il gagna,
ou crut gagner par argent
le petit Maure,qui
lui promit en effet de
dire à Beatrix qu'il avoit
donné la lettre à
Don Félix: mais ce petit
Maure dit à Beatrix
comment la chose s'é-
: toit passéc. Ainsi elle ne
fut point au rendezvous,
où Don Fernand
attendit encore deux
heures par-delà celle du
rendez-vous. Enfin il entendit
que quelqu'un
marchoit dans le jardin:
Ja nuit étoit fort noire;
il ne douta point que ce
ne fût Beatrix & sa suivante
, & c'etoit en esset
unemaîtresse & une
fuivanre ; c'étoie cette
veuve dont nous avons
parlé, qui avoit donné
rendez- vous dans le même
jardin à un brave
Cavalier; qui dévoie
l'emmener chez lui, 6C
l'épouser malgré ses parens
,
c'est à dire malgré
les parens de laveuve,
qui vouloient l'obliger à
un autre mariagequi
convenoit mieux à leurs
interêrs. Cette ressemblanced'intrigue
& Iobscurité
de la nuit produisirent
une conversation
à voix basse, qui
fut équivoque pendant
quelques nlorrftns, la
veuve prenant Don Fernand
pour son Cavalier,
& Don Fernand la prenant
pour Beatrix. Mais
cette double erreur ne
put durer long-temps,
& la choseéclairciemit
la veuve au desespoir >
elle conjura Don Fernand
de lui garder le secret.
Il rêva quelque
temps au parti qu'il avoit
à prendre sur une
a aiavanturesi
singuliere ;
& voici ce qu'il lui répondit.
Madame, étant
amant comme celui que
vous Attendez, &
la même necessité rienlcver
celle que j'aime, parce
que[el parens font aulft
déraisonnables que les vôtres
,
la conformité d'avanture
me fait prendre
part à votre situation :
liachcZ-J donc que j'ai rencontré
en venant ici le Cavalier
qui doit vous venir
prendre. Il entroit en
même temps que moy dans
cette petite rue, & j'ai
entendu en payantqu'il
disoit à quelqu'un qui l'accompagnai
: Attendons
que cet homme-ci n'y
foit plus; car à coup sur
on ne S'impatientera
point dans le jardin,&
il ne faut pas risquer d'y
estredécouvert. jitnfi (continua Don Fernand,
qui inventoic sur
le eh mp ce qu'ildifoit
) je suis sur que votre
amant attend au coin
de la rue, & qu'en me
voyantsortirilviendra:
A - je vais même l'arvertir de
ce qui cft arrivé9 je laisserai
la porte ouverte , je le ramenerai., (t)nprés
vous avoir aidez, dans
votre entreprise
,
j'aurai
tout le loisir d'accomplir
la mienne; car ma Beatrix
ne doit venir que
sur les trois heures après
minuit, & l'impatience
damant mavoit fait
prévenir lheure de beaucoup.
jittendtZjdonc patiemment
, je vait chercher
votre amant, &
je rentreraiici avec lui.
La veuve remercia
affectueusement D. Fernand,
&: lui dit qu'elle
rattendroir. Il sortit à
tâtons: il rveut pas fait
vingt pas dans la rue,
qu'il entendit marcher,
èc c'étoit le Cavalierqui
venoit au rendezvous.
Il l'aborda,& lui
dit d'une voix mysterieuse
: Est-ce vous, Don Juan? (car il avoic
appris son nom de
la veuve.) Don Juan luidemanda qui il étoir
:Ïe fuis, lui dit-il,
votre rival, mais un rival
malheureux, qui ne
suis pas plus aimé que
VOUS de la veuve perfide
qui nous trahit tous
deux, têsi vous avez,
du courage, vous devez,
vous joindre à moy pour
vous vanger d'un rival
heureux, qui doit cette
même nuit enlevercelle
qui nous méprise. Don
Juan étoit naturellement
vif& jaloux, &C
fut si étourdi d'une infidélité
à laquelle il s'attendoit
si peu, qu'il
ne fit pas reflexion qu'
il n'était pas tout-àfait
vrai-semblable que
sa maîtresse eustchoisi
)
pour se faire enlever par
¿
tin autre, la mesme nuit
qu'elle lui donnoit à lui
pour rendez-vous. Il
entra d'abord en fureur
contre ce pretendu rival
qui devoit enlever
sa maîtresse. Don Fernand
lui dit que pour
peu qu'il attendît
,
il le
verroitvenir, &C quensuitil
verroit la veuve
sortir avec lui du
jardin: en un mot, que
s'il vouloit attendre patiemment
dans une porteenfoncée
qui n'étoitr
pas loin de celle du jardin,
il seroit témoin de
lenlevement
, & seroit
contraint d'avouer qu'
en intrigues de femmes
les circonstances qui paroissent
les moins vraisemblables
sont quelquefois
les plus vrayes.
Don Fernand, après
avoir posté Don Juan
en embuscade dans la
porte enfoncée,SCfuivant
à tout hazard le
projet qu'ils'écoit formé,
court au logis de
Don Felix, qui n'étoit
pas fort loin de là, heurte
très-fort à la porte.
Onseréveille, un valet
de Don Felix vient
ouvrir; illui donne la
lettre, lui disant qu'un
incident fâcheux l'avoit
empesché d'executer
à l'heure nommée la
commission que lui avoit
donnée Beatrix de
rendre cette lettre : mais
que si Don Félix Ce pressoit
fort, il seroit encore
temps dexecuter
ce qui écoit porté dans
la lettre. Il donna les
meilleures raisons qu'il
put pour justifier la lettre
décachetée : mais enfin
elle étoit écrite de la
propre main de Beatrix
, &, cela ne pouvoit
estre douteux à
Don Félix. Don Fernand
court au plus vîte
dire à la veuve que son
amant Don Juan alloit
venir la prendre. Elle
va au-devant à la porte
du jardin, où arrivoit
Don Felix. Alors Don
Fernand dit tout bas à
la veuve de sortir au
plus vîce, parce qu'il
entendoit quelqu'un du
logis qui couroit après
elle. Don Felix prit la
veuve par la main. La
crainte d'estre suivie entrecoupant
la voix de
la veuve , ÔC l'obscurité,
laissaDonFélixdans
l'erreur tout le temps
qu'ils mirent à rraverfer
la ruë. Ilcroyoitenlever
sa Beatrix, pendant
que Don Fernand
fut avertir le Cavalier
amant de la veuve qu'il avoit porté dans)
la parte enforcée. Cet
amant transportéde fureur
court à sa veuve;
& l'accablant de reproches
& d'injures
,
surprit
fort Don Felix
It
qui croyoit que ces reproches
s'adreffoient à
sa Beatrix,qu'il croyoit
encore tenir par la main;
car tout cela se fit si
promptement, qu'il n'étoit
pas encore détrompé.
Don Felix piqué
au vif, met l'épée à la
main, charge l'autre,
qui le receut en homme
brave & jaloux.
Laissons-les se battre,
oC retournons à Don
Fernand, qui fut ravi
d'avoirreüssi à faire attaquer
Don Felix pat
ce jaloux furieux; car
il n'avoit tramé cette
avanture nocturne que
pour se défaire, sans se
commettre, d'un rival
qu'il craignoit. Il fuivoit
de loin nos combattans
, pour voir la
reüssite du combat,
quand il se sentit faisir
par deux ou trois
hommes; & c'étoit les
gens du logis de la veuve,
qui le prenant pour
celui qui l'avoit enlevée,
l'emmenerent dans
le jardin, & le jetterent
dans un caveau, où ils l'enfermerent
promptement, pour courir
après la veuve, qu'-
ils ne purent rejoindre;
car dans le moment
qu'elle eut entendu la
voix de Don Juan, &
que le combat commença
,
elle avoit fui
toute effrayée, & n'osant
retourner chez elle
,
elle étoit allée se
réfugier chez une de
ses amies, qui ne logeoic
pas loin de Jà.
Retournons à nos deux
combattans. Don Felix
receut d'abord deux
grands coups depée:
mais il pouffa si vivement
son ennemi, quaprés
l'avoir blessé en
plusieurs endroits trésdangereusement
, il le
desarmatomba enfuite
faite de foiblesse à côté
de son ennemi. Ces mêmes
hommes qui avoient
enfermé Don
Fernand dans le caveau,
arriverent jusqu'à l'endroitoùétoient
les blef
fez; &: l'un d'eux
J
qui
étoit parent de la veuve,
reconnut Don Felix
,
dont il étoit ami.
Quelle fut sa surprise !
Don Felix le reconnut,
& d'une voix
mourante lui demanda
du secours
, & pria quon
en donnâtaussi à
son adversaire, qui se
trouva entièrementévanoui.
Cet ami les fit
emporter chez lui, c'est
à dire dans la maison
de la veuve, où il logeoit.
On leur donna
du secours, on les mit
chacun dans un lit; 8c
quand ils furent en état
de s'expliquer, toute
l'avanturenoéturne
se débrouilla par un éclaircissement.
Les deux
blessez furent au defespoir
de s'êtreainsi
mat-trairez, 6L l'indignation
de tous tomba
sur Don Fernand,
qu'on laissa passer la
nuit dans le caveau,
pour le mettre lelendemain
entre les mains
de la Justice.
Don Felix, qui ne
pouvoit se consoler d'avoir
b!e(re trés-dangereusement
Don Juan,-¡
obtint de son ami qu"--
on lui donneroit laveuve
en mariage : car cet
ami, parent de la veuve
,
avoit un grand credit
auprès de ses autres
parens.
-
A l'égard de Don
Felix, il se trouva que
ses deux blessures n'étoient
pas dangereuses.
Il empêcha qu'on ne
mît Don Fernand entre
les mains de la Justice
: mais il pria qll'-::
on avertît le pere de
Beatrix de tout ce qui
s'était passé la nuit. Ce
pere étoit hommed'honneur
, quoique feroce-
Il alla trouver Don Fernand
, & lui declara
qu'un homme capable
de tramer de si noires
actions étoit indigne de
sa fille; & l'ami de
Don Felix lui déclarade
sa part que s'il ne
vouloit pas se battre
contre Don Felix, il saloit
seresoudre à s'exiler
lui-même hors de
Seville. Il se seroit exilé
même d'Espagne
plûtôt , que de se battre,
&C accepta l'exil:
ce qui acheva d'indigner
contre lui le pere
de Beatrix, qui, pour
le punir encore davantage
, la donna en mariage
à son rival. Ainsi
Don Felix & Beatrix
devinrent heureux
par un incident, duquel
Don Fernand avoit
voulu se servir
pour perdre Don Felix.
MARIAGE.
Monsieur le Comte
de Châceaurenault, fils
de Monsieur le Maréchal
de Châceaurenault,
aépousé le du
mois de Février dernier
Mademoiselle. deNoailles,
fille de feu Monsieur
le Maréchal d'er
Noailles.
Le mois prochain on
donnera un memoire
plus ample, qu'on n'a.
pû avoir celui-ci.
NouNouvelle
preuve de lA Multiplication,
e nouvelle
maniéré de faire la D/i;/-
sion,plus courtequ'aucune
qui ait paruë jusques ici.
LEs auteurs'quiont parlé
de la preuve de la Multiplication
par ( 9 ) ont eu raison
de la traiter de défectueuse,
en ce qu'elle peut paroître
bonne, quoique la Multiplication
soit fausse
: mais
t il me paroîtqu'ils nont pû
la regarder comme une
preuve moralement bonne;
puis qu'à l'égard d'un calculateur,
qui de deux Multiplicationns
qu'il feroit,
commettroit toujours une
faute en une des deux, la
preuve de 9 devroit de 32,
coups contre 1 paroître bonnc
quoique la Multiplication
fùt fausse: ce qui est
bien éloigné d'être moralement
bonne;car dans ceux
qui ne calculent pas souvent
il en est peu qui ne
fassent une faute en 1 o
coups.Or à l'égard de ceuxlà,
la preuve de 9 doit être
fallacieuse de 160 coups contre
,parce que pour que
cette preuve devienne
fallacieuse,
il faut dans la même
Multiplication faire une
seconde faute qui releve la
premiere ; & pour cela il
faut 20 coups par la supposition,
& en chaque coup
il y a neuf chiffres à poser,
dont il n'yen a qu'un qui
doive faire la compensation,
contre huit qui ne la
feront pas; ce qui fait huit
fois
,
2.0 coups,ou160contre
un : ce qui ne peut point
encore établir une preuve
morale. Pour rendre donc
cette preuve plus fidelle du
double, en forte qu'il faille
3 2o coups contre un, moralement
parlant, pour qu'-
elle puisse paroîtreinfidelle,
je me sers de la preuve de
11 en cette forte.
Soit le nombre (73904) à
multiplier par ( 50871 ) la
multiplication étant faite,
je trouve. pour produit (3759570384. ) Or pour m'as
furer par la preuve de 9 que
ce produit est le veritable,
tout le monde sçait qu'il
faut faire une somme des
chiffres de chacun de ces
trois nombres, rejettant 9
toujours dés qu'on y arrive,
ou qu'on passe 9 ; ce qui
donne trois restes,sçavoir
5 pour le premier, 5 pour
le second
,
& 6 pour le troisiéme.
Je multiplie donc les
deux premiers restes, 5 &
3, l'un par l'autre j ce qui
donne 15 :
d'où ôtant 9, il
reste 6, qu'on appelle la
preuve des produifans. Or
cette preuve est égale au ref.
te 6 du produit 3759570384, (qu'on appelle aussi la preuve
du produit)comme elle
le doit toujours être lorsque
laMultiplicationest bonne
comme ici : mais il se pourroit
faire, sans grand miracle,
quela Multiplication
étant fausse, ces deux preuves
du produisant &du produit
feroient cependant
égales; comme il nveft arrivea
moy-même, la premiere
fois que j'ai voulu en
faire épreuve. C'est pourquoy
je fais encore la preuve
par 11, & pour cela je
tranche tous les chiffres des
lieux pairs, tant des multiplicateurs
que du produit
*
en commençant à droite,
&je mets en leur place leur
différence à n. Ainsi en
73904 je tranche le 3, & je
mets un 8 en la place, ou
au-dessus;en50871 jetranche
7y & je mets 4 en la
place & en 3759570 84 je
tranche 8,5,5,3,& je mets
3,6,6j8 en leur place. Ce
preparatif étant fait, j'achève
la preuve par 11, comme
par 9, ajoûtant tous les
chiffres des trois nombres
préparez, (78904) (50841)
( 8769670334 ) & rejettant
toujours II,àchaque fois
qu'il vient 11 ou plus
y ce
qui donne pour les restes
des deux premiers 6&7;
pour le reste ou la preuve
,
du dernier (9.) Multipliant
donc lesdeux premiers restes
6, & 7 entr'eux, le produit
est 41 ;
d'où ôtant tous
les II, il reste 9 pour la
preuve des produisans, laquelle
est aussi égale à celle
du produit, commeelle le
doit, puisque la Multiplication
est juste;&je dis que
la certitude de sa bonté est
précisément double de ce
qu'elle seroit, si je ntavois.
fait que la regle de 9, c'est
à dire moralement de 310
coups contre un..
Maintenant, pour la demonstration
de ces deux
preuves, il ne faut que considerer
que quand on ôte,
de quelque nombre de dixaines
que ce soit, comme
de 80,les 9, autant qu'on
le peut, leleste est le chiffre
8, même de 80-r parce
qu'otant9 de 10,le resteest
de 1. De même ôtant tous
les 9 r
de quelque nombre
de centaines que ce soit,
comme de 700, le reste est
le y, même de 700 ; parce
qu'ôtant tous les 9 de ioo,
(ou 99 ) le refle est 1. On
trouve la même chose en
ôtant tous les 9 desnombres
de looo>de lOOOO, de
100000, &c. comme de
2.000, de 3oooo,de 400000,
&c. C'est précisément la
même chose pour 11 que
pour 9, à l'égard des lieux
impairs feulement,sçavoir
des centaines
>
des dix mil ,
des millions, &c. comme
de 400 y
de 5°000, de
éoooooo, à cause que ( 99)
( 9999 ) C99|999) fone auÍfltbien
des multiples de Il
que de 9,comme on peut
le voir aisémentendivisànt
ces nombres par 11.
Maisà
l'égard des lieux pairs qui
contiennent les centaines,
les 10000, les 100000, &c.
lorsqu'on en ôte tous les
11 »
il reste la différence de
leurs chiffres à II. Ainsi
ocanc les u de 30, il reste8
y qui est la différence de 11
au chiffre
5
de 50,& cela à
cause que II surpasse 10 de
i ; car il fuit de là que 3$
doit surpasser30 de 3, &
que par consequent 30 doit
surpasser 22 de 8 : difference
dde Il a y DDe mAême"ôtant,
tous les ir de 4000, il reste
7, qui êlt la difference de
JI à 4, chiffre de 4000, &
cela à cause que r001 qui
est un multiple de II, surpasse
1000 de
1 :
d'où il suit
que 1ooo doit surpasser un
multiple de
1 r, de la différence
de II. à I ,
& de même
des autres lieux pairs
lOOOOO', 10000000, &c.
qui sont toujours suivis immédiatement
des multiples
de r1 ; ravoir
, icoooi 10000001, &c. comme on
peut aisément le voir en divisant
ces nombres par 11.
Il fuit de là que pour avoir
le reste des dixaines, des
IOOOJ des ioooco, &c.apres
en avoir ôté tous les JI,
comme par exemple le reste
de 70, de 80, de 3000,
de 500000 ,
de 50000000,
de 3000000000, (qui sont
renfermez dans les trois
nombres de la question) il
faut ôter tous les chiffres,
7, 8>3> 5,& mettre en
leur place leur différence à
II; sçavoir 4,3,8,6, com-
- me nous avons fait dans la
pratique ci-dessus. A l'égard
des zéro, il est inutile
d'yavoir égard, parce que ç'est.limême qui est leur
différence à II, & qu'il faut
rejetter II dans l'addition
de tous les chiffres, comme
on l'a dit. Donc aprés
cette correction, la somme
de tous les chiffres de chaque
nombre proposé fera
(on reste, après en avoir
ôtè tous les 115 de même
qu'après en avoir ôtétous
les 9, puisque le premier
chiffre à droite peut toûjours
eêrtrree regardeé comme
un reste , étant toujours
moindre que II, & au plus
9. On doit donc regarder
chacun des trois nombres
proposez (apres le préparatiffait
pour II ) comme une
somme de 9 ou de II, plus
un reste,lequel reste soit la
somme de ses c hiffres,aprés
avoir ôté de cette somme
tous les 9 ou tous les II. On
a donc pour les deux multiplicateurs
une somme de
9 ou de II, plus un reste,
5 ou 6 à multiplier par une
somme de 9 ou de II ,
plus
un reste, 3 ou7 ; ce qui
doit donner trois especes de
produits; sçavoir, celui du
premier reste par le second,
c'est à dire de 5 par 3, qui
est 15 ; ou de 6 par 7, qui
est 42. Ensuite le produit de
la premiere somme de 9 ou
de II par 3 ou 7, & reciproquement
celui de 5 ou
6 par la seconde somme de
9 ou de fI; & pour la troisième
espece le produit de
la premiere somme par la
feconde. Or ces trois derniers
produits ne sonttoûjours
que des sommes de 9
ou de II, comme il est évident.
dent. Donc tous les 9 ou
tous les
11 étant rejettez du
produit proposé 3759570384,
il ne reste que le produit 15.
ou 41 des restes 5 & 3ou
6 & 7 ;c'est pourquoy si
l'on ôte encore de ces deux
produits tous les 9 ou tous
les 11, il restera la même
chose, que si l'on avoit ôté
du produit 3759570384 tous
les 9 ou tous les 11 ) autant
de fois qu'il est possible;
sçavoir, 6 ou 9. Or prenant
la somme des chiffres
( 3759, &C. ) corrigez pour
il en rejettant toujours9
ou ii, on trouve les mêmes
restes 6 ou 9. De mêmeprenant
lasomme des chiffres
des produifans
,
corrigez
pour 11, en rejettant toujours
les 9 ou les II,on trouve
les reltes 5 ôc 3,ou 6 &-
7, comme on l'a démontré
ci- dessus. Donc la preuve
des produifansdoit être é.-
gale à celle du produit'
quand laMultiplication est;
bonne.
Il est maintenant évident
que si les deux fautesqu'oa
sùppose avoir faites tombent
sur des lieux pairs tour
tesdeux,outoutes deux sur
des lieux impairs, savoir
l'une en plus, & l'autre en
moins,(comme la preuve
le demande pour faire compensation
) on aura auni
compensation dans la preuve
deII. A l'égard des lieux:
pairs , la chose est toute
ciaire ; & pour les impairs,
il ne faut que considerer
que la faute en plus deviendra
une faute en mOIns, ôc
celle en moins une en plus,
après le preparatif fait; le
tout comme la compensa.
don le demande:mais la
secondè faute peut tomber
sur un lieu de diiïërenieeîL
pece,du lieu de la premiere
aussitôt que sur un lieu de
mêmeespece,c'est à dire:
sur un impair , quand la.
premiere tombe sur un
pair, ou tout au contraire.
Alors aprés la correction
faire , les deux fautes seroient
toutes deux en plus,,
ou toutes deux en moins;
ce qui ne produiroit pas de
compensation seroitparoître
la preuve fausse, de
même que la Multiplication.
Ce qui demande evidemment
deux fois plus de
coups pour faire paroîtrela
preuve de 11 fallacieuse,
comprise celle de 9, que
pour celle de 9 ou de Il toute
feule
y
& ce qui par con.
sequens affure la certitude
de ces deux preuves du double
de ce qu'elleest,lors.
qu'elles sont separées..
Ceci servira pour nousacquitter
de la promesse
que nous avons faite sur la
preuve de (9) dans le sécond
tome de nos Recherc
hes ou Essais
)
première
édition.
Nouvelle mortiere Je diviser,
composéedel'Italienne
&delaFrançoise..
Ce n'est pas sans raiÍÕnt
cib'un, auteur moderne des
plus célébrés en Arithmétique
a nommé la Division
l'épine de l'Arithmétique,
puis qu'elle en contient
presque seule toute la difficulté,
c'efl à dire les trois
plus difficiles opérations; savoir,
une Division,une Multiplicarion,
&uneSouftraction,
réitérées pluficurs fois
tout de fuite. C'est pour
cela qu'on doit s'appliquer
à la simplifier autant qu'il
est possible, pour la commodité
des commençans,
Nous en proposons, ici
une ,
qui etant compofee*
de la Division Françoise
& de l'Italienne, comme
des deux plus abrégées,
évite cependant les emprunts
frequens & réitérez
de la premiere, & les
longues répétitionsdu Diviseur
de la derniere.
-.
Soit pour cet effet le
nombre (9807950450 ) a
QOOO0.0 2450 1.5
1
735Q.4
7 3 5.0 o0073.5
- 9307.9 49Q0.3
20OI50
diviser par
le nombre
(49003)j'écris
d'abord
le diviseur
49003,&au
dessus le dividens
9807950450>en forte
que les premiers chiffresde
ce dernier 980, &c. contiennent
les premiers 49 y
&c. du diviseur. Et s'il y
avoit, par exemple,ig dansles
deux premiers chiffres,
du dividensyau lieu de 98V
fécrirois le 8 sur le 4 du diviseur
y
ôc le 2.
de 28 plus
avancé
avancé d'une place vers la
gauche, & le reste comme
dans la Division ordinaire.
A l'égard du reste du dividens
de (50450) donc il
déborde le diviseur vers la
droite, je récris au- dessus
des derniers chiffres 9 & 5
du dividcns ou du diviseur
en ligne perpendiculaire,
comme on le voit en l'exemple
cy joint. Divisant
donc 9 par 4 à l'ordinaire,
il vient pour quotient 1,
que j'écris fous une barre
au-dessous de 4. Je fais enfuite
la preuve à. l'Italienne,
en disant [2 fois 3 font 6.
que j'ôte de 9 qui est audessus,
il reste 3 ] que j'écris
sur le reste du dividens,
audevant de 5. Ensuite [2
fois zero ne font rien, que
j'ôte de 7, il reste 7 ]quej'écris
sur le zero du dividens,
devant le dernier 3. Ensuite
encore [ z fois rien ne font
rien]que j'écris devant le
7 au-dessus du 8. Puis [ z
fois 9 font 18 , que j'ôte de
18 ,
le reste est zéro] que
j'écris sur le 9 du dividens,
retenant l'emprunt 1. Enfin
[ 1 fois 4 font 8,de1 que je
retiens font 9, que j'ôte du
9 du dividens, le reste est
encore zéro] que j'écris audevant
du dernier zero sur
le même alignement.
Ainsi mon restetotal,
ou nouveau dividens est
( 000735) que je separe du
premier par une barre. Je
continuë donc ma Division.
en disant [4en zero,le
quotient est zéro,que j'écris
fous la barre à côté du
i ; & multipliant le diviseur
49003 par zéro, le produit
est zero) qui étant ore de
735) ilreste 735, quej'écris
au- dessus du dividens
000735 au-devant du zero,
& c'est le troisiéme dividens
, lequel étant encore
divisé par 4, le quotient est
encore zero; & le produit
de 49005 par ce zero étant
encore ôté de 7350,le reste
est 7550, que j'écris au-des
fus
J
au-devant du 4 :
ainsi
le quatriémedividens est
73504, lequel étant aussi divisé
par 4, le quotient est 1,
que j'écris sous la barre aprés
le 1 ôc les deux zéro;
& multipliant49003 par cet
1, en commençantparle
dernier chiffre3,&le produit
étant ôté de 73 504, en
commençant par le dernier
chiffre, 4,il reste 14501, que
j'écris au-dessous de 73504,
au-devant du 5, pour avoir
le 5e dividens, 145015. Enfin
divisant245015 par 4,1e quo.
tient est 5, que j'écris fous la
barre après 1; & multipliant
49003 par ce 5,le produit est
145015 ,
qui étant ôté de
2,4^015,le reste est zero, que
j'écris audessus de 14501, audevant
du zero du premier
dividens. Enfin divisant ce
reste zéro ou dernier dividens
par 4, le quotient est
zero, quejécris à la fuite
despremierschiffres du diviseur
: & comme je fuis arrivé
à un dividens(000000)
dont le dernier chiffre zéro
du dividens proposé,
9807950450, fait partie,je
conclus que la Division est
finie, Ce que le quotient
cherché est ( 100150 ).& k
reste de la Divisionzéro,
Il faut faire de mêmeà pro.
portion pour tous les autres
exemples que l'on peut proposer;
ce qu'il n'est pas poffi- le de faire ici dans un plus
grand détail.
EPISTRE A M. DE S.
sur la Peinture.
A Rt merveilleux, art
enchanteur,
Dont l'ingenieuseimpofturc
Charme les yeux, touche
le coeur,
Aimable & divine Peinture,
Qu'on peut justement appeller
La rivale de la nature,
C'est de toy que je vais parDes
Héros tu cheris la gloire,
Tu nous rends les siecles
passez, '¡
Tu fais revivre la mémoire
Des exploits que le temps
avoit presque effacez.
La verité, qui te- sert de
modele,
Se trouve dans tes fictions;
Par toy l'ame la plus rebelle
-
Sent émouvoir ses passions.
Peins
- tu le meurtre & le
carnage,
Traces-tu d'un combat les
sanglantes horreurs;
Du soldat animé je redoute
la rage,
Et mes yeux des vaincus
distinguent les vain- -
queurs.
Fais-tu voir un riant bocage
Trompé par cette vive image)
Je promene de toutes parts
Avecavidité mes curieux
regars; t) J' y vois de clairs ruisseaux
couler dans une plaine,
Ma main impatiente y veut
cueillir des fleurs,
De Flore & des zephirs j'y
crois sentir l'haleine,
Et mes sensenchantez goûtent
mille douceurs.
Tu sçais nous inspirer la
haine, la tendresse,
Tu nous transportes où tu
veux;
Par toy l'amant joüit sans
cesse
Du plus doux objet de [es
voeux.
Qui mieux que toy, S.
inimitable,
Dont les talens sont si vantez,
De cette science admirable
Sent & fait sentir les beautez?
Tu cannois des couleurs
l'agreable harmonie;
Lorsque tu veux faireun tableau,
Minerve guide ton genie,
Et l'Amour conduit ton pinceau.
A tes portraits tu donnes
l'ame,
L'audacieux fils de Japet,
Qui du ciel déroba la flâme,
T'apprit sans doute son secret.
Ta Sufanne m'inspire une
fage tendresse
; Etonné des attraits qu'elle
offre à mes regards,
Je n'ose condamner l'excufable
foiblesse
De tes impudiques vieillards.
Qu'un critique jaloux contre
toy se déchaîne,
Dans ta pieuse Madelaine
Je reproche trop de beau-
# ce, Il nous montre son ignorance,
Et tous ses murmures font
vains;
Tu fais aimer la penitence
Sous les couleurs donc tu
la peins.
,
Le vif portrait d'Adélaïde
Eli si naturel & si beau,
Qu'un jour on doutera s'il
n'est point du pinceau
Oudu Titien, ou du Guide.
En exprimant ces traits,
cet air noble & brillant,
Tu joignis tant d'appas,
tant de graces ensemble,
Que ce portrait est ressemblant
A qui personne ne ressemble.
Remerciment d'une bourse,
faite & donnée par une
même main àl'auteur, pour
s'être acquittéd'une cornmission.
A FLORISE.
Madrigal.
J E fuis parce present trop
payé de ma course;
L'ouvrage est de Minerve,
6c le don de Venus.
Est-il un Financier du midi
jusqu'à l'ourse,
Dont la caisse, les gains,
les rentes vaillent
plus?
Ah!sans puiser comme eux
dans la brillante
source
D'où coulent les tresors du
tout-puissant Plutus,
Je crois être, avec cette
bourse,
Cent fois plus riche que
Cresus.
L'auteur envoya le lendemain
à la meme personneunmiroir
qui diminuoit les objets,
avec ces vers.
A FLORISE.
Madrigal.
DAignez
vous regarder
dans ce brillant miroir;
Des plus rares beautez il
vous fait la peinture:
Quoique vos doux attraits
n'y soient qu'enmignature,
Il
Ilne retranche rien à leur
vaste pouvoir.
Voyezce tein de lys, que
ses couleurs font belles!
Quel objet! que d'appas
l'ornent de toutes
parts!
Ah! si cet Amour n'a point
d'aîles
;
L'autre a mille fois tnoinq
de dards.
COMPLIMENT
A Son Altesse Electorale
Monseigneur le Duc
de Baviere.
Par le Curé de Surêne & de
Putaux, le 7. Mars I7I3.
MONSEIGNEUR,
Un juste empressement
attire devant Vôtre Altesse
Electorale un foible Clergé
,
accompagné de la Justice,&
des principauxChefs
d'une Communeassez nombreuse
: mais c'est moins
ici une specieuse offrande
de nos profonds respects,
qu'un sincere hommage
de nos coeurs; &, si je
l'ose dire,un pur mouvement
de nôtre amour propre.
Quel ravissement pour
le Pasteur en particulier,
de revoir aujourd'hui de
si prés, & dans sa Parois.
se,un Souverain qu'il eut
autrefois le plaisir de considerer
dans toute la splendeur
de son Empire! Quelle
allegresse pour Is troupeau
en général
,
de posseder
dans ce petit coin
de la terre un Heros donc
le nom precieux remplit
l'univers! Quel charme enfin
pour ce village, de parrager
avec les premieres
villes du Royaume les delices
d'une presencequ'-
elles se disputent à l'envie !
Quel astre favorable vient
nous éclairer! Quelle heureuse
destinée se declare
pour nous! Pourrons-nous
assez nous en feliciter?
Dure long-temps un bonheur
sidesiré, & si chéri;
dût- il nous faire une infinité
de jaloux, jamais nous
ne nous lasserions de contempler
un Prince qui se
retrace dans les nôtres par
la vive impressiondeson
genereux sang, qui coule
dans leurs veines; jamais
nous ne cesserions
d'admirer en son auguste
personne ces riches quaticez
des plus belles ames valeur, magnificence,,
bonté, religion; en un
mot ces nobles caracteres
, & ces dignes vertus
de vrais Souverains: car
en quel autre voit-on briller
plus de majesté > Mais
quelle que soit l'ardeur de
nos souhaits, pour joüir
encore plus long-temps
d'un si doux spectacle,
c'est un bien precieux que
nous va ravir la paix, que
s'efforce de rendre à l'Europe
le puissant Monarque
qui nous gouverne.
Au milieu de tant d'interêts
divers, qu'il regle
au poids du Sanctuaire, il
n'oublie pas sans doute ce
qu'il doit à les meilleurs
amis, à ses plus fideles alliez;
leurs droits lui sont
aussi sacrez, aussî sensibles,
ou plus chers que
les siens; & par quels EC.
tats , par quelles Couron.
nes même son grand coeur
ne voudroit-il pas payer
l'inviolable attachement
d'un Heros qui a tout sacrisié
à la justice de la bonne
cause ?
NOUVELLES
de la basse Allemagne.
ON écrit deWismar du
14. Février que le General
Hamerstein que le Duc
d'Hanover avoit envoyé
au Comte de Steinbock
pour proposer des moyens
de faire la paix avec les
Puissances confederées, a
rapporré qu'illuy avoit dit
pour toute response qu'il
n'avoir point d'autre ordre
du Roy son Maistre
, que
de restablir les Traitez de
Trawendal & de Raenstadt.
CesmesmesLettres
portent qu'un Parti de quarante
Cavaliers Suedois
ayant appris que plusieurs
chariotsquivenoient de
Pomeranie, chargez d'habirs
& de bagages, avec
une escorte Moscovite,
marchoient vers le Holstein,
resolut de l'aller attaquer
; qu'il avait surpris
& défait l'escorte & pris
les chariots
; qu'il avoit
amené le butin & les prisonniers
à Wifmar. Celles
de l'armée des Princes confederez
, portent qu'elle
avoit passé en deux endroits
lariviere de Trene,
& que le Czar ayant trouvé
l'accèsdeFredericstadt
impraticable du costé de
l'Eyder, à cause de l'inondation
où il avoit couru
risque de se noyer, fit marcher
les Troupes vers Husum,
laissantl'inondation
de la Trene sur sa gauche.
Le 12. Février l'armée estant
arrivée prés de Fredericstadt,
sa Majesté Czarienne
se mità la testede
cinq bataillons desesGardes
& de quelques Régiments
de Dragons pour
attaquer un retranchement
gardé par les Suédois,
le combatcommença
à huit heures du matin
& dura près de cinq heures.
Les Moscovites furent
repoussez deux fois, mais
après un grand feu de canon
& de mousqueterie
ils se rendirent maistres du
retranchement
,
prirent
deux pieces de c,anon,tlueI..
ques bagages
, & firent
près de trois cents prisonniers,
on ne parle point de
la perte que les Moscovites
ont faite, qui sans doute
est considerable dans
une attaque si opiniastre.
On écrit du camp des Suedois
à Gardingen que les
Moscovites n'avoient pas
creu trouver une si vigoureuseresistance
dans l'attaque
des retranchements
faits sur la digue de Swabstede
,que le peu de TroupesSuedoisesquiy
estoient
les avoient deffendus avec
tant de valeur que les Moscovites
n'avoient pu s'en
rendre maistres que sur le
soit avec un grand carnage
de leurs gens,outreun
grand nombre suffoqué
dans le marais, & les blesfez
donc vingt chariots furent
chargez pour les conduire
à Renfbourg. Cette
grande resistance donna le
temps au General Stakelberg
de retirer de Fredericstadt
les trois mille hommes
qui y estoient en garnison,&
de faire sa retraite
vers Gardingen. Ils
avoient resolu d'attaquer
le General Sreinbock aussi-
tost la prise des retranchements;
mais ayant appris
que ce General avoit
fortifié les avenuës de son
camp par des redoutes &
des retranchements, ils
changerent de resolution.
Les dernieres Lettres de
Wismar porrent que la forteresse
de Tonningen a
esté livrée au Comte de
Steinboc K par un ordre du
jeune Prince Charles Frédéric
Duc de Holstein Gortorp
neveu du Roy de Suede
,
& qui est à Stockolm
où il a
esté déclarémajeur.
Cet ordre fut portéau General
Steinbock par OU
Courier qui passa au travers
de l'armée conféderée.
Le Colonel Wols
qui commandoit dans
Tonningen ne fit aucune
difficulté d'y obéïr
, & il
fut continué dansl'employ
de Commandant de la place.
Cette nouvelle a beaucoup
chagriné les Confederez,
qui depuis traittent
comme ennemis lesEstats
du Duc de Holstein Gottorp
; ils ontmis garnison
dansGottorp, dans Kiel &
dans Eckenforde, ils demandent
de grosses contributions
au pays, les Danois
ont fait faire l'inventaire
des meubles du Chasteau
de Gottorp dont on
fait monter la valeur à plus
de douze cens mille e
feus.'
On écrit que le Roy de
Dannemarck fait armer
quelques Vaisseaux & six
Fregates pour oster la
communication des vivres
par mer aux Suedois. Ils
menacent de ruiner lesEstats
du jeune Duc de Holstein
Gottorp
,
ils ont fait
prisonnier le sieur Breckdorf
Drossard de Gottorp
avec la garnison. Le Comte
Welling a fait publier
un Manifeste par lequel il
declare que s'ils executent
cette resolution
, les Suedois
feront un pareil traittement
aux sujets du Roy
de DannemarcK & à ceux
duRoyAuguste. LesConfederez
ont fait camper
une partie de leurs Troupes
a Oldenfworth & à
Wofbuls pour observer les
Suedois, & ils ont distiribué
le reste en quartier
d'hyver dans les Estats de
Holstein Gottorp en attendant
que le beau temps
leur donne le moyend'attaquer
les Suedois.LeCzar
a fait élever des redoutes
devant l'arméeSuedoise&
dans la Dithmarse pour
empescher qu'ils ne tirent
des vivres & des fourrages
de ces costez-là.
Sa Majesté Czarienne
partie le 19. pour aller à
Hanover ; mais ayant appris
en chemin que le General
Sceinbock avoit fait
construireunpont sur l'Eyderà
Tonningen avec un
grand nombre de batteaux
qu'il y avoit trouvez, &
qu'il commençoit à y faire
passerses Troupes, il [uc.
pendit son voyage. Il ordonnaàles
Troupes de décamper,
& de s'avancer
vers l'Eyder pour le passer
à Fredericstatd où la pluspart
de l'infanterie arriva
lé mesme jour. Le pont
estant rompu elle ne put
estreassemblée au deça que
le 21. au nombre d'environ
dix mille hommes pour aller
joindre la Cavalerie Danoise;
cependant le General
Baver s'avança pour attaquer
les Suedois, mais
comme ils n'estoient passez
qu'environ quinze ou seize
cents chevaux, & qu'ils estoient
informez que les
Ennemis recevoient à tout
moment de nouveaux renforts,
ils se retirerent après
de rudesescarmouches, ôc
la perte a esté à peu prés
égale des deux costez. Les
Lettres de Berlin portent
que le sieurLosender qui
avoitesté envoyé à Bender
estoit revenu, qu'il
avoit rapporté que le Roy
de Suede ne vouloit point
entendre parler de la Renonciation
du Roy SraniClas
à la Couronne de Po»
logne, que les Troupes Sa»
xonnes ôc Moscovites qui
estoient à VVolgast & en
d'autres lieux de Pomeranie,
en estoient sorties pour
aller dansleHolstein joindre
l'armée confederée.
On mande deDresde qu'-
on continuoit d'exercer les
milices afin de former un
corps d'environ douze mille
hommes, qui seroit mis
dans les places pourentirer
les Troupes reglées
f
on ne croit pas que les
Estats de Saxe veuillent
fournir à leurentretien la
pays estant desja excessivement
chargé,
Les Lettres de Valaquie
du 6. Février portent que
le Roy Stanislas estoit arrivé
à Bender où le Roy de
Suede estoit encore , qu'il
n'attendait pour partir que
le resultat de la conference
qu'un Bacha envoyé par
le Grand Seigneur,&un
Député du Kam des Tartares
devoient avoir sur la
frontiere avec la Palatin
de Podolie, pour regler le
passage du Roy de Suede
par la Pologne, que le
Grand Seigneur qui estoit
tousjours à Andrinople luy
avoit de nouveau envoyé
de grandes sommes, que
le Kam des Tartaresavoit
ordre de rescorter en personne,&
de traittercomme
ennemis tous ceux qui
voudroients'opposerà son
passage; celles d'Andrinople
du 28. Janvier asseurent
que lePalatin de Masovie
Ambassadeur de Poiogne,
logne
,
avoit eu Audience
du grand ViGr, & qu'il
estoit bien [rainé) mais
que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours
prisonniers au Chasteau
des sept Tours,que l'armée
Othomane devoit estre
assemblée sur le Danube
avant la fin de Mars
pour s'avancer vers l'UKraine
& en chasser les
Moscovites,afin de remettre
les Cosaques en pleine
liberté.
NOUVELLES
d'Allemagne.
L'Archiduc
a donne au
Comte Nicolas Palsi la
Çharge de grand Juge de
Hongrie, vacante par la
mort du Comte George
Erdedi ,& le gouvernement
du Comté d'Arva
que le mesme Comte Erdedi
possedoit, a esté donné
au Comte de Sinmaningh
Vice -
Président de
la Chambre de Hongrie.
On apeuré mesme que
l'Archiduc a nommé le
Comte de Thaun à la Viceroyauté
de Naples) &
qu'il a aussidonnéau Comte
SchileK la Charge de
grand Chancelier de Boheme
J
& celle de Commissaire
general des guerres
au Comte de Thierheim.
On a envoyé des ordres
en Hongrie pour reparer&
augmenter les fortifications
des places, &
pour remplir les magasins.
On fait à Vienne de grands
préparatifs pour la, campagne
prochaine quoyqu'on
parle fort d'une paix
generale. On asseure que
l'Archiduchesse doit bientost
revenir en cette Cour.
Les Lettres de Constantinople
du commencement
de Janvier confirment les
grands préparatifs de guerre
que font les Turcs pour
l'ouverture de la campagne
; elles adjoustent qu'il
y avoir ordre d'armer un
grand nombre de Galeres,
de Tartanes & de Bastïmens
de transport, qui do&
vent estre employez sur le
Danube, afin de conduire
les provisions pour la fub-?
sistance de l'armée, & pour
remplir les magasinsqui
sont establis à Silistrie
,
à
Thessalonique,& end'autres
endroits
y on juge par
le grand amas de vivres
que la principalearmée
fera tres- nombreuse. Depuis
l'arrivée du Grand
Seigneur à Andrinople, il
a fait depescher un Aga
avec de nouvelles instructions
pour aller en Pologne
expliquer au corps
de la Republique les intentions
de ce Prince touj
chant la declaration de la
guerre contre les Moscovites,&
au retour du Roy
de Suede. Les mesmes Lettres
portent que le Visir
avoit eu une conference
sur le mesme sujet avec le
Palatin de Mafovie.
NOUVELLES
a*Espagne,r
LE Roy a fait Brigadier
de ses armées Don Joseph
de Gayoso
,
& Mendoca
Lieutenant général de l'artillerie,
qui eut une jambe
emportée d'un boulet
de canon au siege de Campo
Mayor. Sa Majesté a
formé une Junte ou Conseil
composédesPrésidents
des Conseils de Castille
&des Finances, du Comte,
de Bergeik, & trois Auditeurs
du Conseil Royal
& d'un Secretaire. On a
receu à Madrid la nouvelle
de la promotion que le
Pape avoit faite de quatre
Cardinaux,du nombre def.
quels est Don Manuel Arias
Archevesque de Se-3
ville
,
auquel le Roy en §
donne avis par un Courier
ex près On mande de Gironne
& de Roses que le
Mareschal de Berwick y
avoit fait entrer toute forte
de munitions & de vivres,
& fait remplir les magasins
de ces deux places, &
qu'il avoit laissé fous les
ordres du Comte de Piennes
dix sept Bataillons &
quelques Regiments de
Cavalerie & de Dragons.
Les Lettres de Barcelonne
portent que la levée du
blocus de Girone, y avoit
causé une grande consternation
nation, & qu'on y apprehendoit
fort que les Hollandois
ne consentissent à
la suspension d'armes
, ce
qui empescherois qu'on y
amenast par mer des grains
& d'autres provisions dont
les Catalans avoient un
extreme besoin, que le General
Staremberg avoir distribue
ses Troupes en quartier
d'hyver, & qu'il avoit
en mesme temps fait la reveuë
des Miquelets,& des
Volontaires, dont il avoic
formé des Regiments;mais
ne leur ayant pas fait donner
la payequ'onleuravoit
promise, ils s'estoient débandez
& fait de grands
desordres à la campagne.
Celles de Saragosse&d'autres
endroits portent que
le peuple de Barcelonne
estoit fort mécontent de
l'Archiduc, & que depuis
peu un grand nombre de
gens s'estoient assemblez
durant la nuit devant le
palais de l'Archiduchesse,
criant VivePhilippe V. Ils
furent ensuirefaire un
grand tumulte devant la
Maison du Comte de Staremberg.
Il avoit faitdemander
un don gratuit aux
peuples de la plaipe de
Vich:mais ils avoientrefpondu
qu'ils le donneroient
à celuy qui seroit
Roy d'Espagne & ConltO
de Barcclonne.
NOUVELLES
d'Angleterre.
LE Duc d'Ormond sest
demis avec la permission
de la Reine de son Regiment
de Cavalerie qui eit
en Irlande en faveur de
Mylord Ashburnham son
gendre. Le Regiment de
Mylord Tirawly a esté
donné au Colonel Hara
sonfils. LeMajorBlakney
a esté fait Capitaine aux
Gardes, a la place du Colonel
Coots, qui a ordre
de s'endéfaire & d'en traitter
avec luy. Le General
Compton a pris poneffion
de la Charge de Lieutenant
- Gouverneur de la
Tour que possedoit le GeneralCadogan.
Les sieurs HoraceVVal»
pole & ThomasMerhcot,
qui sont du parti des Anglicans,
ont esté faits Commissaires
des revenus d'Irlande
à la place du Chevalier
Guillaume Quintin
& du sieur Jacques Southwel
qui sont du parti contraire.
Le sieurHarisson
Secretaire des Plenipotentiaires
d'Angleterre à Utrecht
,arriva à Londres
le 10Février avec le Traité
de la Barriere & de la garantie
de la Succession à la
Couronne. On asseurequ'il
fut ratifié le 16 par la Reine,
& que le sieurHarifion
devoit partirincessamment
pour le porter en
Hollande.
Le mesme jour 10. les
ordres furent envoyez en
Flandres pour faire revenir
à Londres le premier Bataillon
des Gardes qui est
en garnison à Gand.
Le 17. le Duc de Buc-
Kingham Président du
Conseil, traitta magnifiquement
à disner le Duc
d'Aumont, le Marquis de
Monteleon, & plufieusautres
personnes de distinction.
Le Comte Pawlet
traitra aussi le Baron de
Groot Envoyé de Hano,)
ver,&lesautresMinistres
Etrangers.
Le 20. les Commissaires
de la Marine firent
vendre six vieux Vaisseaux
de guerre que des Marchands
acheterent pour
s'en servir dans leur commerce.
Le 21.le Chevalier
Thomas Hammer arriva
de France à Londres.
Le Marquis de Camarthen
fils du Duc de Leeds,
& gendre du Comted'Oxfore
grand Thresorier,doit
prendre séance dans la
Chambre des Pairs en vertu
d'une Patente de la Reine,
fous le titre de Lord
Kiveton.
NOUVELLES
d'Utrecht & de
Flandres.
LEs Conferences entre
les Ministres des Alliez
sont plus frequentes qu'auparavant,
il y en a mesme
eu plusieurs entre les Plenipotentiaires
de France,
d'Angleterre, des Estats
Généraux &de l'Archiduc..
Les Lettres de Hollande
portent que les Estats Géneraux
ont ratifié le Traitré
de la Barriere, & de la
Succession à la Couronne
de la grande Bretagne. On
asseure que l'évacuation de
la Catalogne eil reglée.
On mande de Tournay
que le Regiment Saxon de
Seckendorf de deux Bataillons,
qui estoit à lasolde
Angloise
, ayant receu
ordre de s'en retourner,
voulut sortir le13 Février,
le Commandant dela Ela*
ce pria le Colonel de ce
Regiment, d'attendre qu'il
eust receu les ordres de la
Haye. Les Lettres de Bruxelles
portent que les Troupes
Danoises à la solde
d'Angleterre s'estoientas-
Semblées à Vilvorde au
nombre de Gx mille hommes
pour retourner en leur
pays, ayant esté rappellées
par le Roy de Danneniarc.
Celles de Liege du
18 porrent que les Troupes
de l'Electeur de Brandebourg
qui composent la
plus grande partie de la
garnison
,
refufoient depuis
quelques jours de faire
le service jusqu'à ce qu'
on leur paye tous les arrerages
qui leur sont deus;
elles se font faisies des portes
d'Auroix & de sainte
Marguerite,disant qu'elles
leurestoient necessaires
pour avoir communication
avec celles qui logent dans
lleess FFaauuxxbboouurrggss.. On rmnaann,..~"
de de Cambray que deux
Partis de Maubeuge & de
Condé avoient surpris près
d'Ath un poste gardé par
quatre - vingt Fantassinsd'un
des Regimenrs ds
l'Archiduc, qui furent cous
faits prisonniers.
MORTS.
FredericGuillaumeIII.
du nom,Marquis de Bean.
debourg, grand Chambellan
& Electeur du saint
Empire Romain
,
Roy de
Prusse, Prince d'Orange
Duc de Magdebourg, Ju-,
liers, Cleves
,
Monts, Stetin,
Pomeranie, Cafubie
Vandalie, Silelie t
3
Crossen
& de Jargerndorff, Burgrave
de Nuremberg, Duc
de Rugie, Prince d'Halberftad
& de Minden.,
Comte de la Marche & de
Ravensperg,Seigneur de
Ravenstein
,
est more à
Berlin le 1y du mois de
Février de cette année. Il
estoit né l'an 1657. &: avoit
épousé en premières nop.
ces l'an 1679. le 23.Aoust
ElizabethHenrietteLandgrave
de Hesse Cairel fille
deGuillaumeVII Landgrave
de Hesse Cassel, ôc
de Hedwige SophiePrincesse
Electorale &de Brandebourg
: & en sécondés
nopces l'an 1684. le6Octobre
l felon Moniteur de
fainte Marthe dans son Europe
vivanteselon Monsieur
d'Osier dans l'un de
ses Manuscrits) le 2.6. Septembre,
Sophie Carherine
fille d'Ernest-Auguste Duc
de Brunswick Evesque
d'Osnabrucg
,
puis Duc
d'Hanover
, & de Sophie
Princesse Palatine Electoraletance
de Madame. Du
second lit est venu Frederic-
Guillaume Prince Electoral
de Brandebourg, né
le4.Aoust l'an 1688. qui
devient par la mort de son
pere Roy de Prusse & Electeur
de Brandebourg. llcft
marié & a des ensansàqui
il fait porter le titre de
Prince d'Orange à cause de
sa prétention à la Principauté
d'Orange, comme
èftint héritier de Guillaume
III. Prince d'Orange
Jnort en 1702.
La Maison de Brandebourg
est tres-noble, quoyque
les sentimens de son
origine soient partagez entre
les Autheurs, l'on ne
laisse pas de remarquer des
Princes de distinction de
cette Maison depuis près
de six siecles
)
c'est pourquoy
nous éviterons d'ennuyer
le Lecteur en rapportant
les premiers de
ceux de cette Maison, &
nous nous contenterons,
pour satisfaire sa curiosité
de dire que FrédéricIV.
acheta de* l, 'Empereur Sigifmond
de la Maison de
Luxembourg, leMarquisat
de Brandebourg 400000.
florins,ilen sur inverti au
Concile de Confiance llan
1417. & c'cft depuis cetems
que
que la Maiiort des Comtes
de Zollern est en possession
du Marquisat de Brandebourg,
& depuis lequel
elle s'estdivisee en différentes
branches; & afin de
donner une idéegenerale
de l'estat de cette Maison
nous remarquerons que
Georges-Guillaume Marquis
& Electeur de Brandebourg
,mort l'an 1656;
(selon Messieurs Scevole
de sainte Marthe dans son
Estat de l'Europe, & selon
Morery l'an 1640. ) & qui
eut beaucoupde parc aux
affaires d'Allemagne dans
le dix-septiéme
siecle.fils
de l'Electeur Jean -
Sigismond
,
qui introduisit la
doctrine de Calvin dans ses
Estats vers l'an 1614. que
ses Successeurs ont suivie,
&qui mourut l'an 1619.&
d'Anne filleaisnée d'Albert-
Frederic Duc de Pruss(
ed,'o&ù de Marie de Cleves,
vient la Prusse que
l'Electeur de Brandebourg
possede)laissa d'Elizabeth-
Charlotte Comtesse Palatine
du Rhin,fille de Frédéric
IV.EledleurPala-'
tin ,
plusieurs enfants.
1. Frédéric-Guillaume qui
fuit. z, Louise-Charlotte de
Brandebourg Duchesse de
Curlande
,
née le 3. Seprembre1617.
épousa le 30
Septembre 1645. Jacques
Duc deCurlande. 5. Hect
wigeSophie
,
née le 14.
Juillet 1623femme deGuillaume
VII. Landgrave de
Hesse-Cassel. 4. & Jean-
Sigismond mort en enfant
ce. « 1 Frederic-Guillaume Marquis
Electeur de Brandebourg,
épousa le 7. Dec
cembre 1646. Loüise Henriette
de Nassau Princesse
d'Orange, fîile du Prince
Frederic
-
Henry,ôc d'Amelie
Comtesse de Solms.
Cette Princesse estant morte
le 15. Juin 1667. il épousa
à Berlin ensecondes nopces
le 25 Juin 1668 Dorothée
DuchessedHolface-
Glucfbourg, & de Sophie-
Hedwige Duchesse de Saxe-
Lavembourg.
Du premier lit font venus
I. Charles-Emilie Marquis
de Brandebonrg né Je
6. Février 1655. 2.Frédéric
Guillaume qui vient de
mourir. 3. N. fille née le
15?. Novembre 1664 4
Louis. Leopold Margrave
de Magdebourg, né l'an
1666 qui épousa l'an 1680.
Loüise Charlotte de Radzewil
Princesse fort riche
en Pologne, fille du Prince
Bogellas Gouverneur de
Prusse pour l'Eleéteur.
Du second lit font venus
1. Philippe-Guillaume
né le 19. May 1669. & baptiséle
9. Juin. 1. Albert-
Frederic né le 14. Janvier
1671.. 3.Chriftien-Louis
né le 14. May 1677.4 M'ai.
rie - Emilie née le 16. Novembre
1670. & mariée le
26 Juin 1689. avec Maurice
- Guillaume Duc de Saxe.
Zeilt
,
elle estoit veuve
de Charles Duc de Mekclbourg
- Guftraw qu'elle a-
Voitépouséle8. AoLift1687,
sans enfans. y. Elizabeth-
Sophie de Brandebourg , née le 16. Mars 1674. &
mariée le 19. Avril 169u
avec Frederic-CasimirKeU
ter Duc de Curlande & de
Semigall en Livonie dont
il a eu Frédéric- Guillaume
J •
Kelter Ducde Curlande &
de Semigall.
, mort le 20•
Février 1711. qui avoic epousé
le 13Novembre 17iola
PrincesseAnne fille unique
du Czar Jean Grand
Duc de Moscovie.
J'ay dit cy- dessus que la'
Maison de Brandebourg
ffioir divisée en plusieurs
branches, desquelles il n'y
en a plus que trois qui subsistent,
qui font l'aisnée
celles des Marquis de Ba,-
reith ou deCulembach
)
ôc
les Marquis de Brandebourg-
Anspach.
Celles des Marquis de
Culembach a pour tige
Christian Marquis de Culembach
& de Bareith fils
de Jean - Georgçs Electeur
de Brandebourg, & d'Elizabeth
fille de Joachim-
Ernest Duc d'Anhalc sa
troisiéme femme
,
lequel
laissaErmanAuguste mort
l'an 1651qui de Sophie
Marquise de Brandebourg
a laisse Chrestien,Ernest
Marquis de Brandebourg-
Bareith ou de Culembachoù
il reifde,jie le 1 7.Juik letc 1644,&quia épouse en
en premieres nopees le 19.
Oaobrc: 1661. Ertrude. Sophie
Duchesse de Saxe fille
de l'Electeur Jean-Georges
II. du nom, & de Magdelaine
- Sibille Marquise
de Brandebourg, &en fécondésSophie-
Loüise Du
cJaefle deWirtemberg: du
fecond lit sont venus Chreflienne-
Ebradc,Eleonore-
Magdelaine, George-GuiL
laumené en 1678.
La branche des Marquis
de Brandebourg-AnC.
pach a pour tige Joachim-
Ernest fils du mesme JeanGeorges>&
de sa troisiéme
femme.CeJoachim Erneü
aeu de Sophie deSolms
Albert quis'est marié deux
fois: la prcmiere le n.
Aoust 1642. avec Loüise-
Henriette Duchesse de
Wirtemberg,&la seconde
avec Marguerite
-
Sophie-
Comtessed'Ortingen. Du
premier lit il n'a eu qu'une
fille, & du second est
neentrautresenfansJean-
Frederic l'an 1654. Marquis
dé Brandebourg- Anspach,
qui a cpoufe Jeanne Elizabeth
de Bade-DourlÀc,de
laquelle il a Chriftian- Alberty
Dorothée
- Fridericque,
& Georges -
Frideric9
& n'en a point de Leonor.
Ermude-Loüise de Saxe-
Eifenac sa seconde femme.
Reste prefentemenc à faire
remarquer que l'Elec^
teur de Brandebourg est
le plus puissant -& le plus
riche de tous les Electurs,
il l'on en excepte le Roy
de Bohême
,
qu'il est Luthérien
comme nous l'avons
dit cy dessus
,
qu'il
fait sa residence à Berlin
:OÙ il tientune nombreuse
Cour, & qu'il est le [epr
tiéme aux Assemblées Imperiales.
LePrince Abaffi quidemeuroit
à Vienne en Austriche,
y mourut le premier
de ce mois, âgede trencesix
ans. Ila elle enterre
sansaucune pompe. L'Empereurpere
de l'Archiduc
l'yavoie fait venir, où il
luy donnoitune pension de
10000florins qui ne fervoient
que pour sa subsstance
& avec laquelle il
vivoit commeun particulier.
Ce Prince estoitfilsà
Michel Abaffi Prince de
Tranfilvanie, Comte de
Siculer
,
nommé par le
Grand Seicrneur Souverain
de la Principauté de Trartfilvanie
l'an 1661.& petitfils
d'un Magistrat de la
VilledHermànftade , ca^
pitale de cette Principaux
cc. Ce Prince avoit succedé
à Chimâin Janos qui
défit en bataille Jacob
Comte de Barclay, lequel
avoit esté nommé Prince
en 1658. & qui avoit fiiccedé
au Comte Redey- Ferents
nommé par le Turc
la melme année, la Principautédé
Tranfilvaniectf
sur les confins de Hongrie.
CEREMONIE
de la Renonciation.
LE quinze Mars Monfeiigneur
le Duc de Berry cf..
tant venu en cette VilIe"fc
rendit au Palais, accompagné
de Monsieur le Duc
d'Orléans, &ils allerent
entendre la Mesle à la-fainte
Chapelle. Deux Présidents
à Mortier & deux
Conseillers députez par le
Parlement, pour le recevoir
, vinrent l'y prendre,
& le conduisirent à la grande
Chambfe, où il prit fà
place. Ensuite Monsieur le
Duc d'Orléans, prie aulïi
la sienne, de mesme que le
Duc d'Anguien, le Prince
de Conti, le Duc du Maine
& le Comte de Toulouse.
Les Pairs Ecclesiastiques
qui s'y trouverent, estoient rArcheveCque Duc de
Reims, l'E vesque Duc de
Laon
3
l'Evesque Ducde
Langres, l'Evefaue Comre
de Chaalons, & rEvetauc
Comte de Noyon. Puisles
Ducs de laTremorille., de
Sully, de Richelieu
,
de
Saint Simon, de la Force,
de Rohan, d'Estre'es, de
la Meilleraye, de Villeroy,
de Saint Aignan, de Tret
mes, rEvefque de Metz
Duc de Coislin
,
de Villars
, de Berwik, d'Antin,
& de Chaulnes. Comme
il s'agissoit de faire registrer
les Lettres Patentes
données par le Roy, sur la
Renonciation du Roy d'EC
pagne , aux Droits de sa
naiÍfance & à ceux de ses
descendants sur la Couronne
de France, de mesme
que la Renonciation de
Monseigneur le Duc de
Berry, & celle de Monsieur
le Duc d'Orleans à
leurs Droits & à ceux de
leurs defeendants ,sur la
Couronne d'Espagne
,
ôc
de faire tirer des Registres
les Lettres par lesquelles les
Droits du Roy d'Espagne à
la Couronne de France luy
avoient esté conservez,
lorsqu'il partit pour Madrid
,
le sieur de Mesmes
PremierPrésident
, ayant
expliqué les intentions du
Roy, le sieur Joly de Fleury
Advocat General présensa
les Lettres Parentes.
de Sa Majelté;, qui furent
leues,aussi bien que tous
les autres Adtes qui y ef.
toient joints. L'Arrest
d'Enregistrement fut ensuite
prononcé suivant les
Conclusions du Procureur
General.
Le Duc de Shrewsbury
Ambassadeur de la Reine
de la grande Bretagne & le
sieur Prior l'un des Plenipotentiaires
de Sa Majeslé
Britannique
,
furent tesmoins
de cette fonaion qui
doit faire une condition essentielle
des Traittez de
paixyle Duc d'Ossone nommé
par le Roy d'Espagne
pour la traitter,& la signer
en son nom aux Conférences
d'Utrecht, se trouvant
encore à Paris
J
le sieur
DonCornejo Secretaire de
l'ambassade pourSaMajesté
Catholique en cette
Ville & Royaume, a asfifié
à cette ceremonie qui
s'eil faite trèssolemnellemène,
& où il s'esttrouvé
un grand nombre de personnes
distingueés , d'Estrangers
& de peuple. Le
Duc d'Ossonne, & le sieur
Don Felix Cornejo, le Duc
de S hrewsbury & le sieur
Prior estoient placez dans
la mesme Lanterne. Ces
AmbaÍfadeurs avoient demandé
d'efire mis dans le
mesmelieu.Cette Ceremonie
fera memorable par la
réunion des trois Nations
qui ont eIlé si long
- temps
opposées.
RECEPTIONS
de Conseillers.
TiE Vendredy 17. Mon^
sieurRoiiillc de Joüy fils
du Mastree des Requestes,
& frere du Conseiller, fut
receu Conseiller au Parle,,
ment. Le mesme jour Monsieur
Pajoc de Nozereau
Substitud de Monsieur le
Procureur General) fils de
Monsieur Pajot le grand
Audiencier
,
fut aussi receu
Conseiller au Parlement,
qui par sa reception
£t voir qu'il avoit sceu bien
profiter du peu de temps
qu'il aelléau Parquet.
MARIAGE S.
ManGeur le Marquis
de joyeuse présomptif heritier
du Comté de Grandpré,
par la donation entre,
vifs que Jules de Joyeuse
Comte de Grandpré son
oncle luy a faite, a épou-
Sé Mademoiselle de Roufseville
,
fille de Monsieur
de Rousseville, d'une ancienne
famille d'Amiens.
Monsieur de Montholon
Conseiller au grand
Conseil, fils de Monsieur
de Montholon Conseiller
au Cbastelet,d'une ancienne
Famille de la robe,a
épousé Mademoiselle Potier
fille de Monsieur Potier
de Novion. On a promis
d'envoyer pour le Mercure
prochain des Mémoires
sur ces familles.
Monsieur le Chevalier de
Launay cy-devant Officier
de Marine,&depuisLieutenant
aux Gardes, seigneur
de la Montagne &
neveu de Monsieurle Président
Chevalier) épousa
le 20. Mars Damoiselle
Charlotte-Angélique Daniau
de (aine Gilles fillede
feu Monsieur de S. Gilles
Conseiller auParlement de
Paris, lequel eftoic d'une
anciennenoblesse,
ENIGME., AVxclimatSâu Caffé
jadis jepris naissance,
t jûi)eç moiplusd'unfrere
y evitaujjî lejour.- :'
sanspieds?teste ny bras,
rieQ
rien queventre f5
que pansè
figureejîparfaite,($
je suisfaite au tour.
Mesparents,par caprice,
- enfaisantlepartage
.Que^ mes freres ont eus
n'oublièrent que moy.
Mais fnaigrecette injuste
^4ytoutefoisbienfoulent
l'avantage
>
- (Encore quejeriayerien)
De les enrichirtous, Çj?
d'augmenter leur bien,
Mm1713. Q
C'est mesme la monseul
usage.
Je n'aime point le lieu
« à*honneurs
Quandjesuisà leurteste
on mevoit sans valeurs
àl leursuiteje fais merveilles
M'y 3 mettre ou m'en oster
n'estpoint indiffèrentm
"Il n'estpoint richessespa-
-
reilles
Acelles que dans un in*-
stant
, Avec monsecours on af*
semble; -
Mais malheur à qui me
ressemble.
ENIGME.
DE deux différentes
matkres•
Mon corps est souvent
composé,
De. cruelles dents heriss黕
L'un briseroit jusqu'aux pierres,
L'autresuivant f5 le
goust& le choix
Jtfaiji dans la terre ou
dans les bois:
Jesuis tout r*empli d'yeux pourtant jen'en vois
goutte,
Mais pour suivre ma
: route
J'en aypeude besoin,
lisfontfaitspour un autre
foin:
Jay pour conduire mon
ménage
Un second, un associé
Pour les sens d'un utile
usage,
Avec qui jefais de mot*-
tic
De mes travaux i£ de
mespeines,
Mais helas lorsque je
myen fers
Il est environné de cloaifi
nés>
Deses liens f5 défissess
Il ne se devait qu'a mesure
\Que l'on voit par mes
soinsdépérirsa figure:
oS)il ne peut rienfans moy
jenepuis tiensans luy
[J\donpnvilegeejigroend9y
(5de plus d'un mary Je coupe & je finis. la
,
trame
Quand luy ria pas plus
d'unefemme.
Je nesuis pas veuve long
temps,
Etquoyque tres-peu bienfaifante,
Quemespremiers époux
demoysoientpeucontens,
Unautre bientostlJepresente
foursi briser contre mes
dents; -
Mes autresfoeursfontoccupees
A desemploisplusfriants
(ff plus doux,
Cesontdepetitessucrées
Quisontfaites pour da*
-: très gousts y
Aioy contente de mes é-":.
'-' poux -: Sans
-
les trop envier jé
vois leurs défîmes,
Monsieur Savary des
Bruslons donne avis., que
le Parfait Négociant de
feu M. Savary sonPere
qu'il a fait réimprimer
& considérablement augmenté
,
est en vente chez
Guignard & RobustesLibraires
à Paris rue S. Jacques
; & pour connoistre
plus facilementcette nouvelle
Edition, onavertit
de prendre garde à la premiere
Page de la matière
du Livre
,
qu'elle soit signée
& paraphée dudit
Sieur Savary des Bruslns.
Mle Toussaint de Forbin
Cardinal de J nson Commandeur
de l'Ordre du S.
Esprit & Comte de Beauvais
Vidame de Gerberoy
3
Pair
& Grand Aumônier de Fran-
, ce Abbé de saint Pierre de
Corbie, Precüilly
,
de Marchicnnes
,
& des Avigny, fut d'abord Evêque de
Digneen i6$6. facié le
1 4.
May 1657. transféré à Marseilleen
1669 puis Evêque
Comte de Beauvais le 14.
Aoust1679 Il futen1673.
Ambassadeur Extraordinaire
en Pologne, après la more
du Roy Michel il contribua
à l'Election du Roy
Jean Sobieski, retourna une
seconde fois Ambadadeur
en ce Royaume en 1680.
fut fait Commandeur des
Ordres en 16857. nommé
par le Roy de Pologne au
Cardinalat & futcrééparlé
Pape Alexandre VIII. en
la secondecréation qu'il fit
le 13. Fevrier 1690.luyenvoya
en France le Bonnet
par l'Abbé Trenisani Camerier
de Sa Sainteté, il le
receutdes mains du Royen
laChapelle de Versaillesle2.
Avril de la rr:ême année)
ensuite il fut à Rome ou il
arriva le 2., Juillet&y receut
le Chapeau, le 10. il s'cft
trouvé en cette Ville aux
Conclaves duPape Innocent
X11.& Clement XI &ya
resté pour lesinterrests dela
France aveccaractere d'Ambassadeur&
chargé de toutes
les affaires
,
puis cfla-nt
retourne en France en 1766.
& la Chargede Grand Aumônierestant
vacante par la
mort du Cardinal deCossin
luy donna en reconnoissance
de ses services & en presta
ferment le 14Juillet de la
même année, depuis ce
temps il n'est plus sorry de
France & est mort à Paris
le 24. Mars 1713. âgé de
83. ans d'où son corps a esté
porté à Beauvais.
Toussint de Forbin de
Janson estoit filsdeGispard
de Forbin Marquis de Janson
,&de Claire de Libetat
sa seconde femme
,
issuë
d'une famille ancienne de
Provence descenduë de Guillaume
de Forbin qui estoit
marié à Marseille en 1 380.
avecGaufride Rousse ou de
Roux
,
de laquelle sortie
Jean deForbin
,
duquel toute
la Maison de Forbin
descend.Il partagea en 1415.
avec ses frercs
,
lesquels ils
eurent posterité qui est finie
il y a long temps,& estant
âgé de 73. ans il testa en
1453. & laissa d'Isoarde de
Martin son épouse trois fils
Jean, Palamedes
,
& Jacques
de Forbin,qui furent tous
mariez & ont fait les trois
principales branches de cette
maison, Jean fut Seigneur
d.: Bardent
,
Palamedes suc
Seigneur de Soliers,& Jacques
fut Seigneur de Gar.o-:
dane
,
laquelle branche de
Gardane ne subsiste plus
qu'en une branche de caders,
l'aînée estant finie, de celle
qui Íllbfillc: estissu le Chevalier
deForbinCapitaine d'utt
des Vaisseaux du Roy, & cydevant
Grand Amiral du
Roy de Siam,la branche des
Seigneurs de Soliersissue de
Palamedes de Forbin surnommé
le Grand qui fut
Gouverneur & grand-Sencchal
de Provence, & Gouverneur
de Dauphiné,Louis,
de Forbin son fils Seigneur
du Luc & deSoliers
,
fut
premier President en la
Chambre des Comptes de
Provence, & plusieurs fois
Ambassadeur pour la France
aux pays Etrangers
,
soutint
vigoureusement ses interests
au Concile de Lattan fous le
Pape Leon X. il fut pere de
François de Forbin Seigneur
deSoliers quifut marié avec
Catherine d'AnjouDame
de saintRemy & de saint
Canal Marquise de Pont i
Mousson dans le Duché de
Bar
,
fille & heriere de Jean
d'Anjou Marquis de Pont
a' Moullon,fils naturel du
Roy René. Cette branche
s'est toûjours soutenue avec
honneur jusques aujourd'huy
& dont est Jean de
ForbinMarquis de Solicrs
Marquis de saint Remy Bi
S.Canal Chevalier d'Honneur
de Madame Doüairiere
d'Orléans qui a plufieursr
enfans de Francoise Amat
fille du Seigneur) du Poët
i- & toute les autres branches
delà maifonde Forbin font
iflae de Jean de Forbin qui
fut Seigneur de Bardent
& de luy font dcfccndus les
Marquis de ]anion, les Seigneurs
de la Roque
,
les
Marquis d'Oppede
,
& les
Seigneur de fainte Croix
dans toutes Icfquelles branches
il y a eu des Seigneurs
de tres-grande diftin&ioft,
& desalliances trcs. confidcrables.
M A R I A G E.
Mcffire N. Comte de
jonzac, fils de Monfieur le
Comte d' Aubeterrcaépousé
Mademoitcfte Henault fille
de Monsieur Henault, Fermier
General & soeur de
Monsieur Henaulr President
de la premiere Chambre des
Enquestes. du Parlementde
Paris, il descend de la Maison
d'Esparbez de Lussant.
On trouve au treizième
Siecle un Armand d'Efparbez
Seigneur de la Firte qui
fut pere d'Odet d'Efparbez
premier du nom&dQ6tavian
d'Esparbez, Chevalier
de S. Jean de Jerusalem
Commandeur du Temple
de Bordeaux.
Odetd'Esparbezeut pour
fils Odet d'Elparbez 2,
t du
nom Seignent de Lussant-
De lui vint Bertrand Seigneur
de Luttant, qui épousale
10. Aoust IJ2.3. Louise
de Saint Félix, ils eurent
plulieursenfans.
Philippes l'aîné fut Chevalier
de l'Ordre du Royen.
1573.épousa Charlote
Goulare de la Maison de
Castelnau qui eurent pour
enfans Pierre Desparbez,
Seigneur de Lussant Gouverneur
de Tarascon qui épousa
la fille du Maréchal d'Ornano
& ne laisserent point
de posterité.
François lecond fils de Bertrand
Desparbez fut Gouverneur
de Leictoure de Nerac
de S. Sever épousa en
Jr6j. Anne du Verdier
Dame de Seuqua & ont fait
la branche des Defparbez de
Seuqua, Pierre troisiémefils
de Bertrand sur Chevalier de
Malthe grand Prieur de S.
Celles Ambassadeur pour son
ordreversle Roy Henry IIII.
Il y eut deux autres fils
Chevalier de Malthe, Jean
François tuez à la bataille de
Dreux en ij6i.
Joseph Desparbez-Mestre
de Camp du R. giment de
Picardie & de Premont qui
épousa Jeanne Dubois du
Bouvray dont il eut entre
autre Jseph Despat bez
Evesque de Pamiers.
jv*an Paul Desparbez 7e.
fils de Bertrand est celui qui
a fait la branched'Aubeterre:
il fut Capitaine des Gardes
Ecossoises du Corps du Roy
Gouverneur de Blaye Sénéchal
d'Agenois ôz Coudomois
Chevalier du S Esprit
il mourut tortâgé le 18 Novembre
1616. ilavoit epouse
Catherine
de Montagu
Dame de la Serre donc il
eut.
I. François d'Esparbez Seigneur
de Lussant & d'Aub-
Terre qui fut créé Maréchal
deFrance le 18. Septem bre
it>20 & mourut au mois de
Janvier 162.8. ilavoit épousé
Hipolrte Bauchard Vicomtesse
d'Aubrerre fille unique
de David Vicomte d'Aubeterre,
Chevalier des Ordres
du Roy & Gouverneur de
Petigord & de Reneé de
Bourdeil les
,
il a eu decette
alliance six fils & cinqfilles
Pierre Bouchard d'Esparbez
de Lussant Marquis d'Aubeterreaisné
quiépousa Marie
Claire de Pardeilleur de Gonormi
de Montespan dont
est venu Charles Louis Henry
Bouchard Marquis d'Aubeterre
qui d'Henriette Dorothée
Bouchard d'Anbeterre
fille de Louis & de Catherine
Berrinice, de Beradeau,
de Parabere eurent
plusieurs enfans.
2. FrançoisBouchard Marquis
d Aubeterre Lieutenant
General des Armées du Roy
dont il fera parlé ci après.
3. Roger Comte de Lussan
mott sans enfans de Louise
de la Riviere.
4 Louis de Lussan d'Aubeterre
Comte de la Serre,
Lieutenant General des Armées
du Roy & de la Haute-
Gayenne mort en 1623. il
avoit épousé Catherine Tiercetm
de Saveuse dont il a eu
un fils mort en Portugal, &
Louise qui épousaFrançois
Maquis de Cosnac qui n'ont
laisse qu'une fille nommée
Louise Mancé le i 5. Mars
1693. à Monsieur leComte
d'Egmont. * 4,Lçpn, dit le Chevalier
d'Aubeterre Gouverneur de
Colioure mort sans alliance
le 27. Avril1707. âgé de
88. ans, étant le plus ancicr*
Lieutenant General des ArméesduRoy.
6. Alexandre mort jeune.
7 Marie d Esparbez de
Lussan, fille aînée du Maréchal
êpousa Leon de Saint
MJUIc Comte de Jonzac
Chevalier des Ordres du
Roy1
8. Habelle femme de Pont
de Sali&nucCeme de Seneton.
-' 9 Antoinnette. niariée'z
Hector Comte de Leau.
Et les autres deux filles
Religieuse?, l'une Abbesse
de Bruxelles.
François Bouchard d'Er.:
parbez de Luffanc Marquis
d'Aubcterre & de Bonne, second
fils du Maréchal fut
institué héritier par sa mere.
il épouss Marie Pompadour
fille de Philibert Marquis de
Pompadour Chevalier des
Ordres du Roy &Lieutenant
General au Gouvernemenr
deLimousin. Il mourut le i8.
Février 168 3 âgéde 65.ans,
& lailla de son mariage,
Pietre Bouchard d'Esparbez
de Lussant Comte dAubeterre
Lieutenant General des
Armées du Roy aujourd'huy
Monsieur le Comte d'Aubeterre
qui a épousé en 1678-
Julie Lucine de Sainte Maure,
Dame de Jonzac fille
unique & heritiere d'Alexis
de Sainte Maure Comte de
Jonzac, &de Sufanne Catelan.
C'est deux qu'est venu
Monsieur le Comte de
Jonzac qui vient d'épouser
Mademoiselle Henaulr.
Toutbadinage est dangeeux,
en folatrant, on se plaist
par des manières vives &:
touchantes,d'où n'aist la
simpatie, & dés qu'on en
cli là, il arrive presque coû.
jours ce que vous verez dans
la chute du Rondeau suivant.
RONDEAU.
En badinant craignez, de
vous. meprendre
Ne vous diray comme on
se laif/è prendre;
Je n'yparfois quand ce
Dieugr.,,tieuit
Par maints devis, &'
maints difcoursjojeux
Vints m'inspirer je ne
sçait quoy de tendre
Lors je lui dis, quoy tu
veux m'entreprendre
Trop te connois ,que pourrois-
tu prétendre?
Je sçat braver tes transports
furieux
,
En badinant.
Ce traître enfant qui fin-
Arcsçait bien tendre
Dit vois ce trait,
songe à te deffendre;
JI le lança de l'air
uicîoriepix
Dontsisouvent ilasoumis
les Dieux
Et je me vis- contrainte
demerendre
En badinant-
NAISSANCE
du Duc d'Alençon.
Madame
-
la Duchessede
Berry accoucha Dimanche
26.Fevrier à Ver failles, d'un
Prince qui a esténommé Duc
d'Alençon.Ilfutondoyé par
l'Evoque de Sécz premier
Aumônier de Monseigneur
le Duc de Berry ,assisté du
Curé de Versailles. On donnera
dans le Mercure du
mois prochain l'origine des
Ducs d'Alençon.
MU: Pierre-Jean François
de Percin de Montgaillard,
Evêque de S Pons en Languedoc
, mourut dans son
Diocese le 16 Mars âgé de 80.
ans. Il a laissé tous ses biens
à deux Hôpitaux de son Dio.
cese.
On écrit d Utrecht que le
Comte de la Corfana , second
Plénipotentiaire de
l'Archiduc,avoitresolu d'accepter
l'Amnistie offerte par
le Roy d'Espagne, & qu'il
avoit renvoyé à Vienne sa
Commission ; qu'on y avoit
signé un Traité ou Convention
pour l'évacuation de la
Catalogne & pour la Neutralité
de 1 Italie On en don*,
nera les Articles dans le Mercure
prochain.
Extrait
Extrait d'une Lïtiie de Quebec
du 11Novembre 1712.
CE Pays-ci en mainte-
L nant forttranquile
au de dans & au dehors, il
cft des plus beaux de tous
ceux de l Univers, il fournie
abondamment toutes les
commoditez de la vie. La
NoblelTc, le Bourgeois,
l'Habitant dans les Costes.
tous sont vêtus proprement,
rien de plus leste que tous
les Officiers, victorieux de
nos ennemis sans qu'il nous
en coûte une goute de fang,
nous vivons contens dans
nos maisons. Les Officiers
la plufparr dans les Villes,
les Marchands dans les Boutiques,&
Habitant dans ses
Terres le long du Fleuve S.
Laurent. Monsieur le Marquis
de Vaudreüil nostre
General que le Roy vient de
faire Commandeur de l'Or.-
dre Militaire de S. Louis &
N
dontil a reçû le grand Cordon
a si bien sçu ménager
les interests des Anglois &
des Sauvages, qu'il a tout
lieu d'ésperer que nous vivrons
en paix cet hyver.
Le Gouverneur de Port-
Royal en Acadie a fait une
espece de traité avec les habitans
François de l'Acadie
& les Abnaquis Sauvages de
ce Païslà; par lequel on s'est
obligé réciproquement de
vivre en bonne intelligence,
& d'entretenir un commerce
libre de toute sorte de denrées.
Voila un commencement
de Paix de ce costé là,
nous avons aussiaptis par les
Anglois maiilfesck puis peu
de l'Acadie, la Sulpeniïon
d'Armes entre la France,
l'Espagne & l'Angleterre.
Depuis le 3. Decembre
1711.jusqu'au 10. Fevrier
1711. il a fait un froid qui
nenousa point donné de
relâche. Le Fleuve S. Laurent
n'a esté qu'un Pont presque
continuel depuis ce temps là
jusques à la fin du mois d'Avril,
il n'y a eu qu'un intervalle
d environ un mois qui
a este pluvieux
j
aprèsquoy
la gelée a repris le dessus. Les
vents d la Bandedu Nord
& quelques- uns decelle de j
YOiiij},s'eltantliguezenlembIe,
font venus fondre icy.
avec tant de fureur,que malgré
les grands arbres que
nous leurs avons opposé en
faisant de grands feux à nos
cheminées & dans nos poëles
, nous avons esté contraints
de leur ceder la partie,
& de nous enfuir en assez
bon nombre dans nos caves
pour éviter la pourfuitc d'un
ennemi si cruel, qui venoit
nousassaillir au travers des
flammes & au milieu des plus
gros brasiers.
#
Nos anciens Habitans,
& n'eme les Sauvages publioient
en se cachant le nez
fous de bonnes peaux de Caftors
gras ,
qu'ils n'avaient
point encore senti d'air si
froid,& qu'il falloit avoir du
sang de Fenoüillette, le corps
d'Acter pour resister à un si
grand frold.Il revient un profic
bien clair à la Colonie de
tous les assauts plus ou moins
grands, que nous avons à
soutenir conrre les froids
de l' Amerique Septentrionale
; c'estque l'on arrache &
que l'on coupe beaucoup de
bois, ce qui découvrirasi
fort le Pays que bien des gens
de l'Europe feront invirez à
venir le peupler. Nous aurionsbesoinenmême
temps
pour rendre l'air de Canada
plus supportable en hiver,
de plusieurs bons Ingenieurs,
qui fissent de bonnes saignées
à nos grandes Rivieres
& à nos Lacs, qui nous amenant
des glaces hautes comme
des montagnes !orfcmctles
sont ramassees ensemble,
nous procurent des r humatifmes
en quantité par le
froid qu'elles nous envoyent;
car pour peu que l'on quitte
la cheminée ou le poële, on
estgelé. La negenousatenu
compagnie depuis le
1 5. de
Novembre 1711. jusqu'au
milieu d'Avril de cette année
1712. Les Orignaux, les
Loups- Cerviers
9
les Carcajoux,
& les Chats sauvages
qu'on appelle , icy Enfans du
Diable
,
n'ont point cessé de
gambader sur ce tapis blanc,
& d'aller excorier nos Cedres
& nos Pins pour contenter
leur faim
: mais les Sauvages
par differens pelotons armez
de fléches & de fusils les ont
tirez d'inquietude pour subvenir
au même maiquiprefsoit
ces animaux.
Au mois de Mars dernier
le fils de Mr de Vercheres,
connu sous lenom de Beauvenir,
& prisonnier chez les
Anglois depuis quelques années
nees), a eesuteé cennfinnéecchangé. &
Sur la fin du mois de Mars
quatre Sauvages Ambassadeurs
de la Nation des Iroquois
,
dite Onontahé
,
sont
venus en posture de Si\&-
plianss'excuser devant Onoln..
tio,clefl- à dire Mr le Gouverneur
General
3
de ce que
l'année derniere. A Pinftio-ao
tion des Anglois ils avoient
levé la hachet); je veux dire,
déclaré la guerre contre le
François leur pere. A la teste
decetteAmbassadeestoitun
Chef Sauvage celebre parmi
les Iroquois,nommé U
Grand- Terre. La harangue fut
courte mais pleine de sens;
pour convaincre Mr le General
de la parole qu'il portoit
de la part des Iroquois nos
.Mi,ll.ez
,
ilérendit au milieu
de la Salle un magnifique
Collier de porcelaine, pour
garent de sa fidélité&d'une
paix inviolable avec Onontio
&tous les François.
Onatravaillé tout 1Eté à
fortifier nostre Ville Capitale
par tous les endroits où l'on
pourroit l'attaquer, Mr le
Chevalier de Beaucour est
l'Intendant de tous ces travaux,
& de rout ce qui regarde
les Fortifications dans la
Colonie, La Cour vient de le
declarer premier Ingenieur
de Sa Majesté en Canada.
Non seulement Quebec fera
dans peu entouré de bonnes
&fortes murailles, maisencore
Montreal. Des Particuliers
de cette derniere Place
ont commencé a bâtir le
long des palissades qui enferment
la Ville: de maniere
que la Ville se trouvera gardée
par un bon mur.
Les Sauvages ont fait à
leur ordinaire differens Partis
chez nos ennemis dontils
ont apporté des chevelures
e amené des prisonniers : ils
appellent cela, fairecoup, Un
de nos Sauvages estant allé à
la découverte du costé dela
Nouvelle Angleterre pour
tâcher d'apprendre leur dessein
sur la Colonie, s'estant
trop avancé fut surpris par
deux Anglois j le Sauvage
qui en de la Nation des jilgonkins,
par consequent fort
alerte, se mit en devoir de se
bien dessndre, il cassala
teste à un d'un coup defusil,
puis se jetta sur l'autre à qui
il venoit du secours,illutta
avec luy comme auroit fait
Aiilon de Crotone, ou le plus
robuste bas Breton, l'ayant
renversé d'un coup de massue
, que les Sauvages appellentCasse-
teste: il s'échapa à
la faveur de ses jambes.
On a fait cette année proche
les grands Lacs, ce qu'on
appelle icy
, en haut, un
grand catnage de Renards,
mais de Renards qui parlent.
Les Ontagamis,autrement
dity les R nards,Nation Sauvage
assez belliqueuse, mais
pauvre, sont des gens qui ne
sémentpoint,&qui croyent
devoirvivre aux dépens de
leurs voisins
5 ces Renards
> dis- je, ayant tout -
à
- coup
retranché & fortifié le Fort
qu'ils avoient construit proche
le Décroît * où pour lors
* Fort des François environne de
quelques' ha bitations ; il est situé
entre Je Lac Erié & le Lac des Hurons
, an43e. degré de latitude
seprentrionale.
on ne comptoit que trente
hommes de garnison. commandez
par le sieurduBuisson
,
Lieutenant en l'absence
MC de la Forest, qui en est
le Gouverneur,cette manoeuvre
ne laissa pas que de nons
donner quelque inquiétude;
car on ne sçavoit pas ce que
de tels gens dont le nombre
augmentoit tous les jours,
& qui venoient des'enfermer
dans un Fort assezregulier
& bien palissadé, en vouloient.
Ces Sauvages demeurerent
assez de temps dans
cette contenance pour que
des Sauvages des Nations
voisines nos Alliezen fussent
informez Eneffet,onvitsubitement
paroistre ungrand
nombre de Canots tous sauvages,
mais ennemis jurez
des Renards
, ayant esté informé
par un petit détachement
de nostre garnison du
sujet de leur voyage, la porte
du Détroit leur sur ouverte,
les provisions de guerre ne
manquant point, la poudre
& le plomb furent diftribuez
; après qu'on eut fait
le festin de guerre, pour se
Conformer aux manières sauvages.
Les Outagamis à la
vûe deces nouveaux Hostes,
loin de s'épouvanter, furent
se ranger en bon ordre le
long de leurs pieux en dedans
, & commencèrent à
tirer surnôtre Fott : nous
leur répondîmes assez bien;
en mêmetemps on fie divers
détachemens du costé de la
riviere & des bois pour les
empêcher de s'en servir, ce
qui réüssit à merveille, puisqu'ils
n'oserent faire de sorties
se voyant ferrez de roures
parts. D'un autre costé le
feu que nous faisionssur leur
Fortestoit siviolent & si ennuyeux
à ces Renards qu'ils
se virent contraints d. faire
à la hâte des logemens fous
terre en
rnamcre de ca sernues
pour se mettre à couvert
de nos tireurs,qui les
voyoient de face
,
de revers,
& de tous costez
, par le
moyen J un cavalier élevé à
la faveur de plusieurs grosses
décharges que l'on sit
brusquement sur eux. Pour
rendre ces décharges plus
completteson y joignit de
petites pieces de campagne.
Néanmoins les plus braves
d'entre ces Sauvages ne laissoient
pas de s'opiniâtrer à
faire de décharges sur ceux
qqi paroissoient le long des
courtines de nofire Fort, en
leur envoyant des balles dans
les endroits où les pieux ne
joignoient point assez, & à
tirer des flèches sur les détachemens
que l'on faisois de
temps à autre. Cependant
les Renards, après quinze ou
dix huit jours, furent obligez
faute de vivres, de manger
leurs couvertures, c'estàdire
des peaux de Castor,
d'Ours blancs de LoupsCerviers
i
de Carcajoux &
autres,ils poufferent la faim
encore plus loin, ils croquerent
mêmeles raquettes,
qui fervent comme l'on sçait
à marcher sur la neige
,
&
leurs sou liers ordinaires, qui
n'est que d'une peau sans
talons.
Les Ontagamis ou Renards
réduits à la derniere extrémité
, prirent la fuite en
grande hâte & confusément
à la faveur d'une nuit tresobscure
accompagnée d'une
grande pluye
,
ils furent se
retrancher dans un bois éloigné
d'une lniis du Fort qu'ils
venoient d'abandonner. Ces
Sauvages se retrancherent
d'abord par un grand abattis
d'arbres, & par des efpeccs
de lignes qu'ils avoient
formées:Ellant informé du
fait par nos batteurs d'eftrade
,
nostre Commandant
donna ses ordres & sans perdre
temps on alla fondre sur
eux avec tant de vigueur que
nostre Avant-garde ayant
franchiles premiers retranchemens,
elle renversa tous
ceux qui les gardoienr,lien
ne put resister, ce ne fut que
carnage L s
Renardsquoique
vaillans d'ailleurs, plus fermes
dans les Combats que la
pluspart des Nations {àuvar.
ges, se voyans environnez de
routes parts, se rendirent à
di scretion. Les prisonniers
furent partagez ;les Sauvages
ennemis des 111nois, des
Miamis, des Pouteou-alamis,
& de bien d'autres, emmenerent
le plus grand nombre
de ces gens-là prisonniers
au Détroit, où ils les tirèrent,
comme l'on fait en France au
blanc. A l'égard des vieillards,
des femmes~des ensans
, pour qui ks Sauvages
(par un certain droit fort observé
parmy eux) ont beaucoup
de compassion
,
ils ont
esté amenez la pluspart en
l'Ble de Montréal
,
& dans les
Côtes voisines. Nous n'avons
eu dans la surprise du
Fort des Outagamis & les differens
Combats qui s'en sont
ensuivis, quetrente hommes
tuez ou blessez, quoy que
toute cette affaire ait duré
prés de trois fernaines. Les
blessez sont à present guetis.
Aucun des Renards qui
estoient dans le Fore trop
voisin du nôtre, n'a échapé,
tout a esté tue ou fait pnionmer.
Le nombre est de lepe
septà huir cent.
Mr le Marquis de Vaudreuil
Gouverneur gêneral a
envoyé dire à Mr de la Forest
Capitaine de nostredétachement
de la Marine,& Gouverneur
du Detroit, de pretfentiren
descendant à Montreal
,
& à Québec, le dessem
des cinqNations Iroquoises,
& s'il y à moyen de les appasser.
Mr le Baron de Longueuil
aimé des Iroquois,est
monté aux grands Lacs pour
cet
ce sujet,avec les sieursdeVincennes,
de Lignery, & Deeliettes:
Voici ce que les Principauxd'entre
les Sauvages
ont temoigné au Gouverneur
du Détroit; tu és le bienvenu,
il n'y a parmi nous aucune
mechante herbe, il ny4
point de bêtevenimeuse ni mAL.
faisante, la hacbe est cachée en
terre, &c.
Nous sommes toujours
bons amis des Nations Sauvages
d'enhaut. Depuisle
mois de Juillet jusques à a
fin d'Aoust de cette année,
il est descendu des grands
Lacs plus de cent cinquante
grands Canots chargez de;
ttoouutteeisobrtesdepelleterie du
ftcs de pe) !etcrie Detroit & de M'filimakjnae.
Ce dernier endroit est une
Isle,& le lieu d'un Fort &
d'un magasin;est est situé entre
le LacHuronou Midngané.&c
le Lac des Ilinois; ce poste
paroistêtre à la mêmeélévationdePole
que Monrreal,
c'est-à dire à 45. degrez &
prés de 30. minutes de latitude
Septentrionale. Les
Outraouacs, Mijjifagucs, Otcbipoues
ou Sauteurs, les Safos,
'JeSFoll(s Avoines, tous ami$
des,~Atgonkins, demeureoint
attachez à leur Pere,c'est -
à
-
dire aux François,& sont
étroitement unis contre ceux
des Iroquois qui voudroient
vangerla mort de la Chaudierenoirechefsi
fameux chez
les Nations Iroquo ses & à
qui nos Sauvages ont cassé
la teste &enlevé la chevelure.
Vers la fin de Septembre
dernier, d 'ùx Ambassadeurs
Iroquois de la - Nation des
Onciout arriverent au Montreal
avec deux Colliers de
porcelaine,p- resens ordin aires
des Naturels de l'Amerique
Septentrionale, l'un de ces
colliers étoit destiné pour
Ononthio
,
c'est- à
- dire
pour le Gouverneur General
& l'autre pour les Sauvages
des environs de l'lue de
Montreal.Peu de jours aprés
l'arrivée de ces Iroqois partirent
pour ?Aifilim,¡ktna(,
le sieur de Ligneri, pour les
Miamis, le sieurde Vincen-
Des pour les Ilinois, le sieur
~Ddltetres; tous Officiers de
guerre qui sçavent la langue
de ces differentesNations,
& qui en connoissent le
genie; on a envoyé en même
temps quelques Canots pour
le Detroit.
1
Dans leS- temps de l'arrivée
du Héros, Vaisseau de
cinquante pieces de canon,
commandé par le Chevalier
de Beau- Charnois de Beaumont
au commencement
d'Octobre, nos Philibustiers
sont venus mouiller dans la
rade de Québec avec une
prise Angloise qui leur avoie
été ménagée p::r les Abna fej's
Sauvages de l'Acadie& tresfidele
aux François.
On fit le 2j. du mois
d'Octobre dernier dans
nostreEglise Cathedrale un
Servicesolémnel pour feu
Monseigneur & Madame la
Dauphine, le luminaire a
été des plus beaux qu'on ait
jamais vu dans la Nouvelle
France, tour étoit parfaitement
bien entendu
,
& a e,re executé avec toute 1la
pompe imaginable) cette
relation 6nr par une choseétonnante.
Unenff-ant â"g,édd'un
an& quelques mois a été
vu par plusieurs personnes
fumer comme s'il en avoir eu
l'ha bitude depuis long-tems.
Le Canada cil peut-estre le
Puïs du monde où l'on use
le plusde tabac, & où-l'on
fume le plus, aussi- bien les
petits que les grands; c'est
une pratique & un usage universe
dans toute la Colonie,
parmi même la plufparc
de ceux qui y menent la vie
la plus fefieufe.
Les Sauvages ne font aucune
difficulté de faire de
grands feux dans les Bois
pour y allumer ce que nous
appellons ici le Calumet,
c'est- à-dire la Pipe, ils
laissent sans façon au mi-
1reu d'une Forest de grands
Arbres tousembrasez, dont
la flâme aidée par les vents
& poussée au loin, cause des
incendies qui ne sont point
rares en ce Païsci.
MORTS.
MrJean Gustave de Rieux,
~M.wquls dAcerac Vicomte
de Donges, &c. est mort à
Paris le mois de Février1713.
il avoir épouséledeuxiéme
Mars 1677. Anne d'Aguilion,
fille unique de Cesar,
Seigneur de la Juliennaye &
de la Motte de Gennes au
Païs de Nancois, de laquelle
il reste aujourd'huyJean
Severe de Rieux Marquis
d'Acerac.
-
Ce Seigneur descend
d'une des plus anciennes &
des plus illustres de Bretagne,
qui y ont possedé de trèsgrandes
Terres,& de laquelle
on connoist son origine audessus
de l'an 1071. quevivoit
Guit- Noch, Sire de
Rieux. Le Pere Anfelmc dans
sa nouvelle Edition ne commence
la Genealogie qu'à
Roland
,
Sire de Rieux, qui
fut l'un des Seigneurs qui
s"',¡!Tenlblerent à Vannes en
IÎOI. pour vanger la mort
d'Artus Comte de Bretagne
& d'Anjou leur Seigneur;
mais ilest bien certain qu'elle
existoir plus de vingt ans auparavant;
elle s'est divisée en
trois branches, la première
encelle deMatquisd'Acerac
dont je par le, la seconde
celle des Seigneurs de Château-
neufVicomte de Donges,
sortie de Jean de Rieux
& de Rochefort Comte de
Harcourt Maréchal de Bretagne,
& d'Isabelle de Brosse
sa troisiéme femme. Cette
branche cft tombée dans la
premiere branche de Rieux
dont elle étoit sortie par le
Mariage de Jeanne Pelagie
de Rieux,Comtesse de
Chasseau-neuf, Vicomtesse
de Donges ( fille unique de
Guy de Rieux deuxiéme du
nom Comte de Chasteauneuf
Vicomte de Donges,
& de Catherine de Rosmadec)
laquelle Jeanne Pélagie
de Rieux épousa en 164J,
Jean Emanuel de Rieux
Marquis d'Acerac desquels
est sorti le Marquis d'Acerac
qui vient de mourir, & qui
donne lieu à cet article,
La troisieme branche de
cette Maison est celle de
Sourdeac & forrie de celle
de Chifleau-neuf, Jean Sire
de Rieux troisiéme fils de
Jean Sire de Rieux de Rochefort
& de Harcourr Maréchal
de Bretagne,Isabelle
de Brosse eut plusieurs enfans
de Beatrix de Jonchere
,
&
entr'autres Guy deRieux Seigneur
de Chateau-neufcontinua
cette branche, & René
de Rieux son frere fut st
de Sourdeac, auquel commence
cette branche duquel
cO: defendu Alexandre de
Rieux Marquis de Sourdeac
& d'Oxanr qui fut marié à
Helene de Clere en 1641.
duquel il ne reste que tîes
filles, ainsi toutes les branches
(ic- cette Maison sont
finies à la reserve de l'aînée
qui subsiste en la personne
de Monsieur le Marquis
d'Acerac fils de celuy qui
vient de mourir comme j'ay
dit ci dedus.
Al'égard des alliances &
des illurtrations elles font
très illustres, & très considerables)
AlainSire deRieux
qui mourut en 11z7.épousa
Berthe de Léonen Bretagne
descenduë des anciens Rois
de Bretagne; Guillaume Sire
de Rieux ion arrière petit fils
fut marié à Louise de Machecoul
fille d Olivier Seigneur
de Machecoul
,
& d'Eustache
deVitré avec laquelle il fonda
les Cordeliers de Nantes
où ils sont enterrez. Leur fils
Jean premier Sire de Rieux
sur mariédeux fois, la première
à Isabeau de Clisson;
tante du Connestable de
France, la seconde à Jeanne
Dame D.f^on, il eut pour
filsJean deuxième Sire de
Rieux& de Rochefort Maréchal
de Franceépousa en
1 374.Jeanne de Rochefort
Baronne d'Ancenis Dame
de Rochefort, d'Acerac de
Chasteu neuf Vicomtasse
de Donge, riche heritière,
&le mariage fut fait à cOrk:
dition que leditJean
deuxième porteroit le nom
ôc les armes de Rochefort.
CetteDame étoit de très*
grande maison, & étoit veuve
de Eon de Monsort, &
étoit petite fille de Marie de
Montmorency femme dç
Thibaud,, Sire de Rochefort,
elle eut de ton mariage
neuf enfansentr'autres Jean
troisieme, Sire de Rieux
dont je parleray
,
Pierre de
Rieux dit de Rochefort Maréchal
de France Seigneur
d' Acerac & de Desval mort
sans posterité de Jeanne de
Molac sa premiere femme,
ni de Jeanne de Chasteaugiron
sa seconde.
Jean troisieme fut marié deux
fois, la premiere à Beatrix
de Montauban. z °. En1414.
avec Jeanne de Harcourc ,
fille de can,septiéme du
nom de Harcourt & d'Atfmalc
& de Marie d'Alençon,
il eut plusieursenfans de ses
mariages,entr'autres Marie
de Ricux femme de Louis
Seigneur d'Amboise Vicomte
de Thouars, qui étoit
du premier lit & du sécond
François, Sire de Rieux &
de Rochefort, Comte de
Harcourt Chambellan du
Duc de Bretagne qui épousa
en 1442. Jeanne de Rohan
fille d'AlainVicomte de
Rohan & de Leon, & de
Marguerite de Bretagne,
leurs fils Jean, Sire de Rieut
& de Rochefort Comte de
Harcourt Miréchal de Bretagne
, qui sur mariétrois.
fois, la première à Françoise
Riguenelle Dame de Malestroit
& la seconde à Claude
de Maillé fille de Hardouin
Seigneur de Maille & de
Pcronelle d'Amboise, la
troisiéme à Isabelle de Brosse
fille de Jeantroisiéme ditde
Bretagne Comte de Penthieuret>,
du premier lit il eut
Françoise de Rieux Dame de
Malestroit qui épousa François
de Laval Seigneur de
Chasteaubriant, &c. & du;
troisiéme lit Claude,Sire de
Rieux qui fuit & François de
Rieux Seigneur d'Acerac qui acommencé la branche d'Acerac
, & Jean de Rieux
souche de la branche
de Chateau-neuf& de Sourdcac.
Claude, Sire de Rieux &
de Rochefort Comte de
Harcourt & d'Aumale fit la
Charge de Maréchal de
France à la bataille de Pavie
où il demeura prisonnier, il
épousa Catherine de Laval
fille de Guy seiziéme du
nom Comte de Laval, & de
Catherine d'Artagon eu
1518 & en 1 jl$. il prit
une sceonde alliance avec
Sufanne de Bourbon fille de
Louis Prince de la Rochesur
-
Yon
,
& de Louifc de
Bourbon Montpenfier qui
le survescut trente huit ans.
Du premier lit il eut deux
files, la premiere Renée de
Rieux qui prit le titre de
Huyonne:, djx-huitième
Comtesse de Laval mariée à
Louis de Sainte Maure Marquis
de N.=lIe Comte de Joigny
morte sans enfans ; SC
Claudede Rieux futmariée,
à François de Coligny Sei..,
gneur d'Antelot Colonel
General del'Infanterie Fran.
çoic,eut pour son partage
le Comté de. Montfort en
Bretagne, & succeda dans la
fuite en tous les biens de sa
soeur qui font tombez ensuite
dans la maison de la
Tremoille, du second lit de
Claude premier est sorti
Claude deuxième du nom,
Sire de Rieux )& de Rochefort
Comte d'Harcourt &
& d'Aumale qui mourut sans
estremarié en 1548. Ilest
impossible de pouvoirrapporter
dans un si petitarticle
toutes les grandeurs de ccrce
maison ses hautes alliances
& ses llluluarJons,il suffit de
ce que j'en viens de dire pour
en donner une idée.
Parodie de 1 Enigme, dontle
mot est le Cerneau.
Ajourd'huyjesuis Noix
~&je l'etois hier
Cessant d'estre doublè,je
nesuis plus moi-même
Quoique coupépourtant,
le Cerneaureste entier^
Mais ain/ipartagé
pointfruit de Carême,
Jesuisfemelle etant double
Aîais de mon bonnetvtrd
étantdesafublé
L'on me donne un nom cmâle apres ma ddi'
vrance
Von me nOyt & le sel
faisant mon
-
exllence
J'ay ce raport avec les
ouvrais d-tjprit
En mangeant le Cerneait
le buveurchante&rit
Mais qui n'a point de
temps à perdre quu
m'évite
Patience avecmoiquelque
fois periclite.
Le mot de la fécondé
Enigmec'est le Fev.
On ne m'a point envoyé
de Parodie surcelle-ci, apparament
on n'a pas trouve
qu'cit: valut la peined'eflfe
parodiée.
Comme le 5. Novembre
xie la presente année mil
sept cens douze j'ay passé,
juré & signé pardevant D.
Manuel Vadillo y Velasco
mon Secretaire d'Estat &
grand Noraire des Royaumes
de Castille, de Leon,
& en presence des tesmoins
l'Aéte public dont la teneur
s'enfuit mot à mot.
RENONCIATION
du Roy d'Espagne à la Couronne
de France. Don Philippe par la grace
de Dieu Roy de Castille,
de Leon, d'Arragon,
&c. par la teneur & l'exposé
cydessus de cet Aéte
de renonciation & de desistement,
& afin que la
memoire soit z jamais manifestée
à tous les Rois,
Princes, Republiques &
Communautez, & personnes
particulières, que l'un
des principaux fondemens
desTraittez de paix entre
les Couronnes de France &
d'Espagne d'une part, &
celle d'Angleterre de l'autre,
pour la cimenter, &
la rendre permanente , &
parvenir a la paixgenerale,
estant d'asseurer le repos
universel de l'Europe, &
establir un équilibre entre
les Puissances, ensortequ'il
ne puisse arriver que plusieursestant
réunies en une
feule la balance de l'égalité
qu'on veut asseurer
panche à l'avantage de
l'une de ces Puissancesaux
risques & dommages des
autres, il a esté fait instance
par l'Angleterre, & il
a esté convenu de ma part,
& de celle du Roy mon
grandPere
, que pour éviter
en quelque temps que
ce soit l'union de cette Monarchie
à celle de la France,
il se sist des Renonciations
réciproques pour moi
&, mes Descendants à la
succession de la Monarchie
de france , & de la part
des Princes de France, de
toute leur ligne presence &
à venir à la successionde la
Nlc!naxcl-iie d'Espagne, faisant
réciproquement une
abdication volontaire de
tous les droits que les deux
Maisons Royalles d'Espagne
& de France pourroient
avoir à se succeder
mutuellement, feparanc
par les moyens justes de
maRenonciation ma branche
de la tige Royalle de
France, & toutes les branches
de la Tige Royalle
d'Espagne
, prenant aussi
des mesures iuivant la maxime
fondamentale & perpetuelle
de l'équilibre des
Puissances de l'Europe)ain.
si qu'il est justifié par cet
Aéte que l'on évite en tous
lescas imaginables l'union
de la Monarchie de France
avec celle d'Espagne
,
l'on
prévienne l'inconvenient
qui arriveroit si au deffaut
de ma descendance le cas
avenoit que la Couronne
d'Espagne pust retomberà
la Maison d'Austriche
, ce
qui la rendroit trop formidable
; pour cet effet il a
esté convenu & accordé
par l'Angleterre avec moy
& avec le Roy mon grand
Pere, qu'à mon deffaut &
à celuy de mes Descendans
le Duc de Savoye feroit appellé
à la succession de cette
Monarchie, luy, ses ensans
& Descendans malles,
nez en legitime mariage ,
& l'on doit croire qu'avec
cette esperance perpetuelle
& continuelle, il fera le
centre invariable de la balance
, qui asseure volontairement
l'équilibre entre
toutes les Puissances fatiguées
de la guerre,j'ay
resolu en consequence de
ce qui estcy-dessusexposé
par l'amour que j'ay pour
les Espagnols, par la connoissance,
& par les fréquentes
experiences que
j'ay faites de leur fidelité,
& pour rendre grace à la
divine Providence avec
une entiere resignation à
ses volontez,de la grande
faveur qu'elle m'a faite en
me plaçant, en me maintenant
sur le Throsne,&
en m'eslevant sur tant de
Sujets illustres
,
qui m'ont
si bien servi, desirant vivre
& mourir parmy eux. :-
Moy Don PHILIPPE
par la grace de Dieu,Roy
de Castille, de Leon, d'Arragon,
&c.je renonce par
le presentActe pour tousjours&
a jamais,pour moymesme
Ôc mes heritiers ôç
successeurs,à toutes prétentions,
droits & titres
que moy ou mes Descendants
ayent des à present,
ou puissent avoir à l'avenir
à la succession de la Couronne
de France, je les
abandonne & m'en desiste
pour moy & pour eux, je
me declare. & me tiens
pour exclus & separé, moy,
mes enfans & mes descendants
,
de la succession à la
Couronne de France. Je
veux & consens pour moy
&mes descendants que dès
à present comme alors moy
& mes descendants estant
exclus & inhabiles & incapables
, l'on regarde ce
droit comme passé & transferé
à celuy qui se trouvera
suivre en degré & immediatau
Roy par la more
duquel la vacance arrivera
,& auquel successeur
immediat on déferera la
succession de la Couronne
de France en quelque tems
& quelque cas que ce soit,
afin qu'il l'ait& la possede
comme legitime & veritable
successeur
,
de mesme
que si moy ôc mes descendants
n'eussions pas esté
nez,je veux,consens pour
moy -mesme & pour mes
descendants que dès à present
comme alors ce droit
soit regardé & confideré
comme passé & transferé
au Duc de Berry mon frere
,ôc à ses descendants
masles nez en legitime maria
ge ; & au deffaut de ses
lignes masculines au Duc
d'Orleans mon oncle & à
ses enfans & descendants
masles nez en legitime mariage
,
&c. & pour plus
grande assurance & stabilité
de cette abdication de
tous les droits& titres qui
m'appartiennent,&a tous
mes descendants,àla succession
de la Couronne de
France, je me dépoüillé 06
medesistespecialement des
droits qui pourroient m'appartenir
par les Lettres Patentes,
ou Actes par le£
quels le Roy mon grand
Pere me conserve, me reserve
le droit de succession
à la Couronne de France,
lesquelles Lettres Patentes
furent donnéesàVersaillesau
mois de Decembre
mil sept cens, & passées &
approuvées au Parlement,
je les rejette& y renonce,
ô&c les rcegiardecommenul- d e comme nul-
les; je renonce à tous moyens&
specialement à celuy
de la lesion évidente ôc
énorme que l'on pourroit
trouver dans la Renonciation
du droit de pouvoir
succeder en aucun temps
à ladite Couronne, je veux
dès à presènt comme alors
qu'elle soit tenuë jugée &c
déclarée pour illicite
, injuste
,
mal encreprise, &
pour violente invasion, ôc
usurpation faite contre la
raison & contre la conscience,
& qu'au contraire
l'on juge & qualifie pour
jufie, licite & permise celle
qui fera faire par celuy qui
au moyen de mon exclusion
&decelle de mes descendants
,
devra succeder
à ladite Couronne, & pour
plus grande stabilité dece
qui est contenu encette renonciacion,
& de cequi est
promis & statué de ma part
j'engage de nouveau ma
parole Royalle,je jure &<
lemnellement par les
Evangiles contenus en ce 4
Missel
)
sur lequel je pose
la main droite, que j'observerai
,
maintiendrai le #
present écrit, & Acre de
Renonciation,tant pour
moy que pour mes succesfeurs
héritiers & descendants
dans toutes lesclauses
qui y sont contenues selon
le sens & la consftruction
la plus naturelle & la
plus littérale &la plus évi- * dente; & je passe ce pre-
,
sent Acte devant le present
Secrétaire de ce Royaume,
, le signe & ordonne qu'il
soit scelle de mon scel
Royal, estant tesmoinsrequis
& presens appellez le
Cardinal Don Francisco de
Judice Inquisiteur général,
& Archevesque de Montreal,
de mon Conseil d'Estat
,
Don Joseph Fry de
Velasco, y Tobbar de Castille
Duc de Frias gentilhomme
de ma Chambre,
mon Majordome
,
grand
Sommelier & grand Ve- neur,DonJtianClaros Albnzo
Perez de Gusman &
Bueno Duc de MedinaSidonia
Chevalier de l'Ordre
dre du S. Esprit,mon grand
Ecuyergentilhomme dela
Chambre & de mon Conseil
d'Estat
, &c. Moy le
Roy, moy Don Manuel de
Vadilloy Velasco, Chevalier
de l'Ordre de S. Jacques,
Commandeur de Pozuelo,
de celuy de Calatrava,
Secretaire d'Estat de
Sa Majeste
,
Notaire & Ecrivain
public en fes- Royaumes
& Seigneuries, qui
ay esté present à la stipulation
de ce qui estcy-desfus
contenu, je le certifie,
ôc en tesmoignage de verité
je l'ay sïgné de mon
nom. A Madrid le cinquième
Novembre mil sepc
cents douze. DonManuel
Vadillo y Velasco.
C'est pourquoy par la
consideration des convenances
dont il est fait mention
dans leditActe icy inferé
,j'ay ordonné l'expedition
de la Presènte lignée
demamain, & scelléedu
sceau de mes Armes Royalles
, & contresignée de
mon Secrétaire d'Estat Ôc
grandNotaire de ces Ro-;
yaumes. A Buenretiro le
sept Novembre mil sept
cens douze. Signé moy LE
ROY ,& plus bas, Ma*
NUEL VADILLO Y Velasco.
RENONCIATION
de Monseigneur le Duc de
BERRY a la Couronne
d'Espagne.
CHarles fils de France;
Duc de Berry, d'Alençon,
d'Angoulesme,&c. A tous
les Roys, Princes, & Republiques
: Sçavoir faisons
que toutes les Puissances do
l'Europe le trouvant presque
ruinées à loccafion
des presentes guerres qui
ont porté la desolation
dans les Provinces fronde..
res, & plusieurs autres parties
des plus puissantes Monarchies,
on est convenu
dans les Congrez & Traittez
de paix qui senegocient
avec la Grande Bretagne,
d'establir un équilibre &
des limites politiques entre
les Royaumes dont les in-»
terestontesté ,& sontencore
le triste sujet d'une
sanglante dispute de tenie,
pour maxime fondamentale
de la conservation de
cette paix, que l'on pourvoit
à ce que les forces de
ces Royaumes ne soient
point à craindre,&ne pua:
sent causer aucune jalousie,
ce que l'on a creu ne pouvoir
establir plus solidement
qu'en lesempefefunt
de s'eitendre.
Pour cet effet le Roy
nostre très-honoréSeigneur
& Ayeul, & le Roy
d'Espagne nostre tres-cher
Frere, sont convenus avec
la Reine de la Grande Brc;,
tagne ,
qu'il fera fait des
renonciations réciproques
par tous les Princes presents
& futurs de la Couronne
de France , & d'Espagne
à tous droits qui
peuvent appartenir à chacun
d'eux sur la succession
de l'un ou de l'autre Royaume,
pour maintenirl'équilibre
qu'on veut mettre
dans l'Europe, & partant
à particulariser tous les cas
preveus de l'union; il a esté
nuHi convenu & accordé
entrele Roy très- Chreffien
nostre tres-honoré SeK
gneur & Ayeul
,
le Roy
Philippe V. nostre Frère,
& la Reine de la Grande
Bretagne, que ledit Roy
Philippe renoncera pour
luy & pour tous ses descendants
à l'esperance de
succeder à la Couronne de
France
, que de nostre coCi
té nous renoncerons aussi
pour nous 6c nos descendants
à la Couronne d'EL:
pagne;que le Duc d'Orleans
nostre cher oncle fera
la mesme chose,desorté
que toutes les lignes de
France & d'Espagne respectivement
feront excluses
pour tousjours de tous
les droits que les lignes de
France pourroient avoir à
la Couronne d'Espagne,&
les lignes d'Espagne à la
Couronne de France, Se
enfin quel'onempeschera
que fous prétextedesdites
renonciations,nisous quelque
autre prétexte que ce
soit la Maison d'Austriche
n'exerce les prétentions
qu'elle pourroit avoir à la
successiond'Efpâgnejdaii-:
tintqu'en unifiant cette
Monarchie auxPays&Estats
tats héréditaires de cette
Maison
,
elle seroit trop
formidable aux autres Puit:
fances quisontentre deux,
ce qui détruiroit l'égalité
qu'on establit aujourd'hui,
pour établir plus parfaitement
la paix de la Chrestienté
qui est la fin qu'on
se propose par cet équilibre
politique en éloignant
toutescesbranches,appellant
à la Couronne d'Espagne
au deffaut des lignes
du Roy Philippe nostre
Frere
,
la Maison du Duc
deSavoye qui descend de
l'infante Catherine fille de
Philippe second, ayant esté
confideré qu'en faisant
ainsi succeder immédiatement
ladite Maison de San
voye,on peut establir comme
dans son centre cette
égalité& cet équilibre entre
les trois Puissances.
Voulant donc concourir
par nostre desistement
de tous nos droits pour
nous,nos successeurs
, &
nos descendants, àestablir
le repos universel de l'Europe,
parce que nous croyons
que ce moyen est le
plus seur dans les terribles
circonstances de ce temps,
nous avons resolu de renoncer
à la succession de
la Couronne d'Espagne, &
afin que cette resolution
aietoutsoneffet nous nous
declarons & tenons maintenant,
nous, nos enfants
& descendants pour exclus
&inhabiles absolument&à
jamais à succeder à la Couronncdfpagne
; nous
voulons & consentons
pour nous, nos enfants &
de[cendants,que des maintenant&
pour tousjours on
nous tienne - nous &eux
en consequence des Presentes
, pour exclus & inhabiles,
de mesme que tous
les descendants de la Maisond'Auftriche,
qui comme
il a esté rapporté &
supposé
,
doivent estre exclus
en quelque degré que
nousnoustrouvions les uns
les autres, que par cette
raison le Royaume d'Espagne
soit censé devolu à
qui la succession doit en
te l cas estre devoluë &
transférée en quelque
temps que ce soit , nous
ni nos descendants ne devons
plus estre considerez
comme ayant aucun fondement
de representation
active ou passive
, ou faisant
une consideration de
ligne effective ou contentieuse
de substance
,
fang
ou qualitez, ni mesme tirer
droit de nostre descendance.
Nous renonçons
pareillement au droit
qui nous peut appartenir à
nous & à nos descendants
en vertu du testament du
Roy Charles II. qui nonobstant
ce qui est rapportécy
dessus nous appelle à
la succession de la Couronne
d'Espagne, la ligne
de Philippe V. venant à
manquer, nous nous desistons
donc de ce droit.
& y renonçons pour nous
& nos enfans & nos descendants
, promettons &
nous obligeons pour nous
& nos enfans & nos descendants
de nous employer
de tout nostre pouvoir
pour faire accomplir
ce présent Adet sans permettre
nisouffrir que directement
ni indirectement
on revienne contre,
soiten cout/bic en partie;&
pour plus grande seureté
de ce que nous disons Se
promettons pour nous si
nos enfans,&nos descendants,
nous jurons solemnellement
sur les Evangiles
contenus au Mitrel)
sur lequel nous mettons
la main droite que nous
le garderons
,
maintiendrons
& accomplirons en
tout & par tout, nous ne
demanderons jamais de
nous en faire relever, &
nous faisons d'abondant
cet autre ferment que celui-
cy subsistera & demeurera
tousjours, quelques
dispenses qu'on puisse nous
accorder
, nous jurons &
promettons aussi que nous
n'avons fait ni ferons ni en
public,ni en particulier, ni
en secrét, de protestation
contraire qui puisse empescher
ce qui est contenu
en ces Presentes ou en diminuer
la force.
En foy dequoi
,
& pour
ces Presentes authentiques
elles ont estépassees pardevant
Meilleurs Alexandre
le Fevre, & Anthoine
le Moyne Conseiller du
Roy, Notaires Gardes Notes
de Sa Majesté, & Gardes-
scelsauChasteletdeParis,
soussignez, lesquels ont
tous délivré le presentActe.
RENONCIATION
de Monseigneur le Duc
d'Orléans
3
à la Couronne
d'Espagne.
Philippepetit fils de
France, Duc d'Orléans,
de Valois, de Chartres &
de Nemours ; à tous Rois,
Princes, Republiques
,
Potentats,& Communautez,
Faisons sçavoir par
ces Presentes, que la
crainte de l'union desCouronnes
de France & d'Espagne
ayant cite le principal
motif de la guerre, &
les autres Puissances de
l'Europe ayant tousjours
apprehendé, ne fussent sur
une mesme teste, on a posé
pour fondement de la
Paix que l'on traitte presentement,&
qu'on espere
cimenter de plus en plus
pour le repos de tant d'Estats
qui se sont saçrifïez
comme autant de victimes
pour soppofer au péril
dont ils se croyoientmenacez
,
qu'il falloit establir
une espece d'égalité & d'équilibre
entre les Princes
qui estoient en dispute.
Que dans la veuë d'establir
cette égalité la Reine
de la Grande Bretagne a
proposé, & sur ses instancesil
aesté convenu par
le Roy nostre très honoré
Seigneur & oncle, & par
le Roy Catholique nostre
cher neveu, que pour éviter
en quelque temps que
ce soit l'union des Couronnes
Lfpao,,ne & de France,
il seroit fait des renonciations
reci proques
,
ravoir
par le Roy Catholique
Philippe V. nostre neveu
pour lui &pour tous ses de-fcendants
à la succession de
laCourone de France,commeaussipar
leDuc de Berri
nostre cher neveu,& par
nous pour tous nos descendants
à la Couronne
d'Espagne
,
à condition
auni que la Maison d'Austriche
ni aucun de ses deI:
cendants ne pourront facceder
à la Couronne d'Espagne
par cette maison
mesme qui sans l'union de
l'Empire seroit formidable
, si elle a joustoit une
nouvelle puissance à ses
anciens Domaines; pour
arriver à la fin qu'on
se propose
,
&: au moyen
de ce que sa Majesté Catholique
a de sa parc fait
par sa renonciation le J.
du présent lTIois, nous
consentons qu'au défaut
de Philippe V. nostre Neveu
&de ses descendants,
la Couronne d'Espagne
passe à la Maisondu Duc
de Savoye ; dont tous les
droits sont clairs & comme
d'autant qu'il descend
de l'Infante Catherine
Fillede Philippe II. & desirant
de nostrecosté concourir
à la glorieuse fin
qu'on se propose derestablir
la tranquillité publique,
à prévenir les craintes
que pourroient causer
les droits de nostre naissance
, ou tous autres qui
pourroient nous appartenir
, nous avons resolu de
faire ce desistement & cette
renonciation de tous
nos droits, pour nous&
pour nos successeurs ôc
descendants
, nous decla,.
rons & nous tenons dès
à present nous, nos enfans,
descendants pour exclus
& inhabilles absolument
& à jamais
,
de toute
action & tout droit à la
Couronne d'Espagne ;
nous voulons ôc consentons
pour nous & nos descendants,
que dés maintenant
& pour tousjours, on
nous tienne, nous & les
nostres pour exclus Be. inhabile
en quelque degré
que nous nous trouvions,
& de quelque maniéré
que la succession puisse arriver
à nostre ligne;nous,
ni nos déscendants ne devons
plus estre considerez
comme ayans aucun
fondement de representation
active ou passive, ou
faifanr une continuation
de ligne effective ou contentieuse
de substance
fang , ou qualité, ni tirer
droit de nostre descendance
de la Reine Anne
d'Austriche nostre très honorée
norée Dame& ayeule,ni
des glorieux Roys ses Ancestres
j au contraire, nous
ratifions la renonciation
que ladite Dame Reine
Anne a faite,& toutes les
clauses que les Rois Philippe
111. & Philippe IV.
ont inserées dans leurs testaments
; nous renonçons
pareillement à tous les
droits qui nous peuvent
appartenir, & ànos enfans
& descendants, &en vertu
de la déclaration faite à
Madridlevingt neuviéme
Octobre 1703. par Philippe
V. Roy d'Espagne nostre
neveu , & quelque
droic qui nous puisse appartenir
pour nous & nos
descendants
, nous nous
en desistons
, & y renonçons
pour nous & pour
eux, nous renonçons absolument
& en particulier
à la lesion évidente, énorme
& très énorme qui se
peut trouver en la renonciation
à lasuccession de
ladite Couronne d'Espagne,
& voulons qu'aucuns
desdits moyens ne nous
fervent ni puissent nous
valoir, & que tous ce prétexte
nous voulions nous
emparer dudit Royaume
d'Espagne à force d'armes,
la guerre que nous ferions
& exceuterions, foit tenue
pour injuste, illicite &induement
entreprise
,
ôc
qu'au contraire celle que
nous feroit celuy qui en
vertu de cette renonciation
auroit droit de succeder
à la Couronne d'Esagne
,
foit teuë pour permise
ôc juste ôcc.
Et pour plus grande sureté
de c que nous disons
& promettons au nom de
nos sccesseurs & descendants,
nous juronssolemnellement
sur les saints Evangiles
contenus en ce
Missel sur lequelnousmettonsla
main droite, que
nous le garderons , maintiendrons,&
accomplirons
en tout & par tout, & que
nous ne demanderons jamais
de nous en faire relever
-
: nous jurons & promettons
encore que nous
n'ayons fait niferons en
public ni en secret aucune
protestation nireclamation
contraire qui puisseenpescher
ce qui est contenu dans
ces presentes
, & pour plus
grande fureté, nous avons passé
& passons ce présent Acte
de renonciation d'abdication
& de désistement
,
pardevanc
Maistres Antoine le Moyne; & Alexandre le Fevre Conseillersdu
Roy, Notaires Gardes-
Nottes,&c. & Garde
Scels au Chastelet de Paris fouffignez ,
, en nostre Palais
RoyalàParis l'an 1712. le 19.
Novembre avant midi, & pour
faire insinuer ces prefentespar.
tout où il appartiendra, nous
avons constitué pour nostre
Procureur lePorteur
,
&avons
signécesPrésentés & leur Minute
demeurée en la possession
dudit le Fevre Notaire. Signé
PHILIPPE D'ORLEANS, le
Moine, le Fevre
3
& à costé
scelléledit jour. -
HIstoriette traduite de l'espagnole,
page 3
Nouvellepreuvede lamultiplication
y & nouvelle
maniéré defaire la division
plus courte qu'aucune qui
ait paru jusques icy. 49.
Epistre a Madame ,sur Iii,
peinture. 79c
Madrigal.88
Compliment à son Altesse
Electorale Monseigneur le
Duc de Baviere. 50
Nouvelles de la basse Allema- gne.-97 Nouvelles d'Allemagne. 114
Nouvelles d'Espagne. 118
Nouvelles etAngleterre. 113
Nouvelles d'Utrecht e de
Flandres. 118
Mort de l'Electeur de Bran- debourg.132,
Cérémonie de la renoncia-
Mtiona. riages.15IJ8O
Entames. 160
Mariage de fyf. le Comtede
Jonzac: - 169
Le badinage ,& ses suites
dans le Rondeau. 183
Renonciation du Roy d'Espagne
à la Couronne de France.141
Renonciation de Monseigneur
le
Duc,deBerry
a laCouronne
d"ECpaé. 1-51!-
Qualité de la reconnaissance optique de caractères