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Uu
/• r,Jo j
1
ir
i_> Jir. A Iviit NulJR. LE DAUPHI H
JANVIER l69z.
A PAi"1S,-
GALERIE-NEUVE Dr0 PALAIS.
ONdonneratoûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant au
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra Trente fols relié en Veau,
le Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE, au Palais, dans 1t
Salle des Merciers, à la Justice.
T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie.
EtlaVeuve M. GUEROUT, Galerie-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. XCII.
AVEC PRIVILEGE DUROY,
AVIS.
QUelqttcs prières quonaitfaites
pu{qu'a present de bien e*c--Tclesnoms de Famili(e1 empl!oyez,
dins les Mémoiresquonenvoyépour
ce Mercure , on ne lasse pas dy: ,;,':l1J," quertoujours.Celaijteaujequi'lyA
de temps en tinpsquelques-uns de
'1.¡" fl,/J (,,, lf.t!'- j':"'1'!" -, N U,
ces CC'Sdont on nejepeutfertz.
Ír. Ca reitci'( la rm.f/lc*i'ir.Cnréitérélamesnieprierede
bnieensyéc'priruecisesstrnoommpse)r.eOnn¡nOeiepr(e"£ra.dn
aucun argent pour les lieivoires ,
&
l'onemployeta tons les bons Ouvrages
à leur tour, p°/tnVltt qu'ils ne
de[obligent personne
,
6" qu'il n)
ait rien de hantieux.Onprie Jeulement
ceux qui les envoyent, 6-fur
tout ceux qui n'écrivent que pour
faire employer leurs noms clins l'ar-
1 d d' If- l' 1 ticledesEnigmes,£afranchir leurs
Lettres deport, s'ils veulent qU'Oïl,
faffe ce qu'ils demandent. C'ijlfort
peu de chose POf/Y chaque particulier,
& le tout cujemhle efl beaucoup pour
un Libraire.
Le fleur Guerout qui débite presentementle
Mercure, a rétably les
choses de maniere qu'il efl toujours
imprimé au commencement de cbique
mon.ilavertitqu'al'égard des
E'nvois qui sefont a la il J Camfpa0gne , fera partir les paquets de aux
gui le chargeront de lesenvoyer ava nt
que ton co-nmence a vendre icy le
Mercure. Comme ces paquets feront
çluflcursjours en chemin, Paris ne
laiferapus d'avoir le Mercurelongtemps
avant quilfait arrivé dans
les Villes éLoignées,mais al/ffilel
Villes ne le recevront pas ji tard
quellesfaisoient auparav-ixt. Ceux
quise le font envoyerpar leurs Amis
Jans eu charger ledit Guerout) s'expojent1
le recevoir toujoursforttard
p4r deuxùfons. La premiere ,parce
que ccs Amis n'ont pas foin de le
venirprendresi-tofi qu'ilejl imprilné,
outre qu'il lejtratoujours quelques
jours avant quon enfaffe le
débit i dr l'autre, que ne [envoyant
quaprèsquils font leu, eux &
quelques autres à qui ils le pressent,
ils rejettent la faute du retardement
(ùrleLibraire) en disant que 14
vente n'en a commencé que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardement par la voye dudit Sieur
Guerout, puis qu'il se charge defaire
lespaquets luy-mesme & de les fiire
portera la pojle ou aux ytefarcr*
sans nul iïitfijl,tantpeur lesïar-
! 1 ticulars que /;//r Us Libraires de
Rr,'vi¡}tc
, (1:1-i l'!y aurontdonnéleur
adr, -,Isr:e.Iy\Iï~ j l1a mefive ch1o"fc généraie,",.'
;-// de tons les Livrest.ouvi-t<x
,
1
J -" 1
quon LI;) (.LfiJ..-. ,,.,f.1.1 l"~ t !, ,/oitqfll:s
d,. l.. f ,.l' , , : débite
, ou quils aH-:rtii/.„i/:t à
dd''autres LLi'br raires ,j.:.s ai prendre
p*ourceladavantage. nue leprix fixé par les Lib'aires qui les vendront,
jcjptrad il fc rcnco/itrcrat r;/t'f)¡"l demanderaces
Livresà La pn du ÍÎnÚ,
il les foiiJdra ait Mercure,afin de
n'en faire qu'un mesme paquet. Tout
çelafera executéavec une exactitude
dont on aura tout lieu defui
fon/ent.
JANVIER
1 E croy ,
Madame,
que je ne puis mieux
commencer ma premiere
Lettre de cette nouvelle
annéeque par un Discours
que Mr le Comte de.
- Rebenac, Envoyé Extraore"
dinaire de Sa Majesté à Genes,
fit au Doge & au Senat,
- Iczydu mois de Novembre
dernier, dans une Audience
publique qu'il eut, Ce Dis-
-
cours a receu de grands applaudissemens
; & comme il
en a couru beaucoup de co-
-
pics, & que mesme on en a
veu icy des exemplaires de
l'impression de Hollande,
- j'ay craint que vous ne m'accusassiez
de manquer à la
promesse que je vous ay faite
de vous faire part de tout
ce qu'il y auroit de curieux,
si je me laissois prévenir dans
le soin que pourroient avoir
vos autres Amis de vous envoyer
cette Harangue. En
voicy les termes.
- * sERENISSIME DOGE,
& Excellentissimes Seigneurs)
Le Roj mon Maifire a DH
avec une Jatisfiaêiion si grande
l'attention que vous alvek pour
tout ce qui peut rendre uofire
conduite agreable a Sa Majesté,
quElle a bien voulu mhonorer
de Jes ordres exprès
trendre > pour me prés de Vofire Serenité &'
t detVos Excellences, afin de vous
mdonntr en cela un témoignage
plus particulier du gréqi'Elk
vqiou'szet n'sEçaitl, '@edeu rn15tjje<njtimien.t en<4.
SSa AMda.jensl"em,a command{e"
en mesme te:?ips de ious furc
fai'oir9 que non feulement Elle >dejire que vos Sujets continuent
à jouir dans lés Ports & d.:ns
ses Etats de toutes les franchises
& de toute la liberté dont ils
ont joüy jufqual'heureprésente,,
maisquElle a mesmeréitéré (es
:
ordres pour qu'ils y reccujjcnt:
toutes les diftinélions & toutes j
les faveurs pojjibles3ne moulantI
pas que rien Je purJfe opposer ai
la parfaite intelligence que Sa4
Jlftijeflê souhaite d'établir entre
Elle dr voflre SeremffimeRepu-
MaisquelAvantage o{erez..
blique.
d,,
vous vous promettre de,ss difpofîlions
favorablesdeSaA^^j'jié,
aitjfi longtemps que les alarmes
($f lesinquiétudes que le voisinaged'une
cruelle guerre vous
donne avec tant de sujet, vous
rendront toutes choses fufpeEles,
& vous ferontregardervos plus
grands biens comme des biens in"
Ocertains, (f) dont le cours peut
cfire interrompu d'un moment à
l'autre? C'est pour cela, Serenif.
JimeDoge, Excellentissimes Scigneurs,
que Sa Afajefté "Veut
prévenirvosdéfis, & quElle•
m'ordonne de vousfaire connoi*
« flre la fticerité de ses intentions 'j
pour le réfdbltffcrnent du repos i
de l'Iicdie.V ',,;.' tiendrapas àfesx
foins q/Je la trtna,Hittite riy flitt
parfaite, @¡ vous luy verreTt
toujours donner lu mains
avecf
joye àtout ce qui pourra contrt-,
buer la paix & an vepos
dt%
cette grande partie de la Chrt--,
jliente. Les intentions du Royq
mon Maiflre ont toujours esiélesi
mesmes sur ce sujet. Lors qun
Mf le Prince d'Orange,àlatefln
de la LigueProteflan0te> entre-*
prit de détruire la Religion Catboliqne>&
d'usurper le Trône
du Royson Onclc &son Beaupere>
MajtftéJe lit obligée
de prendre les armes poursoutenir
ces deuxgrandescaufes>l'une
f!J Cautre égalementjufies>mais
Elle ne fut pas longtemps à reconnaître
avec une évidence en.
ticre que cette Ligue estoit foutenue
pa* une autre TuiOanct
confiJerable» & ainsi la guerre
avec l'Empereur devint necesseaire.
Ce fut ahr- que Sa MA- mit toute son attention à
(h-i'e.lcr eue ce Oi!:"é-,',cr q!-t ': su,u>,qquuzi ee1m11brrda.--
foit afiunegrande partie de
l'Europe, ne s'étendifl à toutes
les autres, f0 particulierement
chez les Princes Cathvliques,
quesa pieté rembloit devoir porter
à une union parfaite entreeuxipoursopposer
avec plus de
force au malheur dont elle efloit
menacrr. Elle proposa donc au
2{oy Catholique toui les moyens
lesplus propres à confervtr la
Paix. C" fut en vain,&il n'y
en eut aucun qui pufl eflre approuvé.
Enfin, pour ne rien obmettre
de ce qui pouvait faire
connoiftrr la droiture de ses in*
tentions, Elle luy offrit de conserver
du moins
la Trem dans le
Continent de Espagne& dans Mais cette proposition
fut rejetiée comme les autres, &
toute la terrre peut juger par là
qu'autant que les sèntimens du
Roy mon Maistre efloient porte%
au repos de l'Italie?autantceux
de la Maison d'Aufiriche en
efloient.ds éloigne Toutes les
particularitez de cette négociation,
& les Mémoires qui en ont
esté presentez
, en font des preu.
ves incontefhbles. L'honneur
que j'avois en ce tempslàd'eflre
Ambassadeur Extraordinaire de
Sa Maje&éen Espagne )mf met
en eflat de vous en donner une
connoissance parfaite.
Dans cette conjonélure) leRoy
mon Maiflre (floit portéparson
ajfrSlton pour les Princes dita.
lie>par son propreintercjl à
s'opposer au dessein ambitieux
que la Maisond'jiuflricbe afait
paroiflre dans tous les temps, de
joindre aux grands Efiâtsquelle
poffide ceux Je ses VO-ffils &
€tal7-tr sur tous les autres une
autorité qui la rr/ideun jour
l'arbitre, ou platoflLi Souveraine
del'Italie.SaAfajeslc
<voyoitencoreanjecpeiKC que
cette union toujoursp.irfme entre
ll''autorité prêt:aned¡e:EEn*
,
sereurssur lesEtats de l'Italie,
& les interefls particuliers de
l'Efpdgne
>
se faisoit déjasentir
par la démolition'violente de
Gaftalle dans le pays d'un Prince
libre, & par les subsides que
fous dijferenspretexttsl'Empereur
exigeoit de quelques autres;
mais le Roy mon Maistre esperoit
que la tranquillité, dans Uquelle
il demeuroitences Payscy
ofleroit à ses Ennemis tout
sujet de mouvement @¡ de noucelles
entreprises
,
lors que Sa
1 Majeflé vit clairement que la
forcefeule pouvoit s'opposer à ce
(uccts des deffrins de la Mai/Ôn
d'AusIriche.CetteçjiïiaifonaU
moitmieux abandonner en quelque
forte la guerre de Hongrie
& celle du Rhin, que de ne point
profiter d'une conjoncture qui luy
paroissoit sifavorable
> & quon
luy voit rechercher depuis prés
de deux Sitcles avec une si
grandeattention, ü enfin elle
croyoit la France fujjifamment
occupée par ce grand nombre
d'Ennemis qu'elle luy avoit atti:
rez de toutes parts.
La Maisond'Autriche nignorait
pas la promptitude avec laquelle
on a veu dans tous les
temps que les R,ois Tres-Chréliens
font accourus au Jecours des
Estats dont elle a voulu opprimer
la liberté) &elle fçanjoit que le
Roy mon Maistre y liendroit
avec de plus grandes forces
qu'aucun des Rois ses Predectffèurs.
Il ne falloit donc plus0
pourJe rendre Maitrcjjeabsoluë
de lItalie
, que luy en fermer les
paeea&es ,eelleJe flattoit d'un
succésoejjeuré dans [on dejJein,
par le bon- heur quelle a cu depuispeu
defaire entreir-dans ses
interefli un Prince., que le Roy
mon Maigreavoit toujours rcgardé
avec tant de raison comme
un proche Parent, & dont
l'alliancedevoit dans tous les
temps ejlre toujours affurée pour
luj.
Cefut donc pour prévenir des
fuites fifacb euses,cjue Sa Majefiefe
vit obligée de faire pdjfcr
en diligence un Corps de Troupes
dans le Piedmont. Elle demande
à Monsieur le Duc de Savoj e
des feunte%convenables. Ce
Prince les ayantrefusées> la
guerre s'est alluméeparunefuite
inévitable
3
0* vous scavez si
ellepeut jamais estreque très-finesse
à la libertéde l'Italie. C'est
à voflre prud enef, &à vosgrandes
lumieresJ Sereniffimc Doge,
ExcellentissimesSeigneursJà pren.
dre les voyes les plus proprespour
en prévenir les consequences) &
c'estfur<e sujet quefay eu l'honneur
de vous dire que Sa Majesse
donnera les mains à tout ce
qui luyferaproposê de rdifonnable,
& qu'EUe vous accordera
en mesme temps tous les fecoUYS
qui dependront de sa puissance.
Elle vous déclaréquElle ne veut
que vostrerepos,la tranquillité
aevojlre Pays
? (£r l'entiereliberté
de vojhe Commerce. Elle a
lieu de croire en mesmetemps>
que vous contribuere^par tout ce
f dépendra de vous à une chose
dont l'avantage est tout entier
pour voflre ScreniJJtme République
, que vous vousgarderez sur
tout d'appuyer par des subsides)
contributions>prejis d'argent
)
quartiers, &autressecours,foit
directement ou indireBernent
tambition ) de ceux qui ne vous
le demandent qu'autant qu'ils le
trouvent neccjJaire peurmieux
cpprimer vojtu-liberté. Cefèroit
employer vos forces à vofîre propre
deflruéhon
, & contribuer
vous-mesmes au plusgranddes
malheurs3 dont vouspuijjie% eflre
accable^.
Quelle douleur n'auroit pas le
Roy mon Maifire
,
dont lessentimens
vous font si favorables
» s'ilesloit obligé d'en changer, (Sf
de regarder ruoftre Serenijjime
République comme une source
dans laqueftesesEnnemis trouveroient
une augmentationde
forces o contre luy & contre vousmtfmesï
Vos intereflsfont communs
en cela. Suiruez les conseilssalutairesque
mon Maifire
"Vous donne. SesEnnemis ne cher*
chent que vostre dejlruftion &
'Voss,e ruine; il ne veut que vo+
tre bien * vos a'Uanra('l.(s. Pro.
lirez d'une disposition sifavorable.
Sa Alajefîéne vous demande
point aengagement particuliersft
vous ne les juge'{pas ne*
cejjaires vous mesmes
,
mais
exemptez-vous du joug que ses
Ennemis cherchent À vous impo.
fer. N'apprehende^ point leurs
menaces.Ils n'ont de forces veritables
que la crainte quils ont
lesecret d'inspirer aux faIbles.
Prene'^ feulementunerejolution
finne Je confirver vostre repos
&vofîre liberté, fil si vous avez
befom de secours
»
le Roy mon
Mitjlre m'ordonne de vous en
ojftr de si putffans par Mer c:;-
par Terre> que vous y pourrez
connoiflre en mejmetemps
3
0*
la
la (inceiité de [on affeflion pour
vous, e l'utilité d'une proteilion
& d'une amitié aussi pretieuje
qucftcelle de Sa Majesté.
Vous avez eu raison, Madame,
de vous étonner de
l'Article de ma Lettre de Novembre,
où en vous parlant
de Mr l Abbé cTAuvcrgnc>>
receuChanoine dans l'Eglise
de Strasbourg , je vous ay
marqué qu'il y en avoit seulement
deux Capitulaires. Jay
;
vouluvous dire douze, & je
fuis bien-aise d'avoir aujourd'huy
à reparer une erreur de
k^uKI
plume, qui me donne lieu de
vous apprendre des choses
plus particulières de cetillustre
Chapitre. Je vous ay aussi
parléfort improprement, en
vous disant que Mr l'Abbé
d'Auvergne a esté nommé
Chanoine de Strasbourgpar
Sa Majesté. Il est vray qu'il
doit en quelque façon ce
Canonicat au Roy, qui estant
- devenu maistre de cette importante
Place,amisenestat : d'en obtenir de semblables,
tous ceux de sa Cour qui font;
d'une assez haute naissance,
pour faire les preuves dont
aucun Chanoine ne sçauroit
se dispenser ; mais ce Monarque,
équitable en toutes choses,
ne s'est point voulu attribuer
le droit des élections.
On continuë à les faire suivant
l'ancien usage; & comme
il se presente toujours plusieurs
Sujets lors qu'il vaque
quel que place, si les preuves
de tous ceux qui y pretendent
se trouvent valables,celuy qui
a le plus d'Amis dans le Chapitre,
est receu Chanoine Domiciliaire.
Ces Chanoines Domiciliaires
sont ceux quin'ont
point de voix en Chapitre
,
comme qui diroit, Petits Seigneurs,
parce que la Coutume
du Pays estde traiter les Chanoines
Capitulaires de Monseigneur,
à caufc de la grande
naissance dont ils sont tous.
Ainsi les uns font Domini,&
les autres Domiciliarii; si l'on
n'aime mieux dire que ces
derniers ont ce nom, quasi
domi sedentes, parce que ne
pouvant avoir auçun revenu,
ils se tiennent chex eux; &
qu'assistant à l'Office, ils y
assistentgratis. Il n'y a en tout
quevingt quatre Chanoines,
douze Capitulaires, & douze
Domiciliaires.Voicy les
noms des uns & des autres,
que vous ne serez pas fachée
de sçavoir. Les Capitulaires
font
Mr le Prince deNassau,
Grand Prevost.
Mrle Comte de Levestein
Abbé de Murbach.
Mr leComte de Hohen.
Mrle Comte Alexandre de
-Salm Jollcrn. Mr le Comte Ernest de
Mandrecheit.
': M le Comte Maximilien
de Mandrecheit.
? Mr le Comte Charles de
: Rekeim. C iïj
- Mr le ComteGuillaume de
Salm,
Mrle Comte François de
Rekeim.
M' leComte Jean de Levestein.
Mrle Prince Henry Ozuvaldd'Auvergne.
La douziéme place Capitulaire
est vacante;aussi y a-t-il
treize Domiciliaires; sçavoir.
Mr le Prince Antoinede
Neubourg.
Mr le Comte de Konigseg
l'Amé.
Mrle Comte de Konigseg
le Cadet.
tffiwr
Mr le Comte de Mandrecheic
-
Blankenen, l'Ainé.
- Mrle Comte de Fustemberg
Meskirk
- - MrIe Comte de Truchsez.
Mr le Comtede Mandrecheit
Blankenen, le Cadet.
- Mrle Landgrave deHesse.
Mr le Prince Clement de
Baviere, Electeur de Cologne.
Mrle Prince de Talmond
lM'Ale P.r,ince-de Rohan, l'Ainé. -
Mrle Prince de Rohan, le
Cadet.
Mr le Prince Frederic d'Auvergne.
/) :lh,
Ces Canonicats sontélectifs,
& ce qui s'observe dans l'élection
est un reste de l'ancienne
discipline,qui est gardée
mesme dans les grandes Eglises
d'Allemagne; maispour
n'estre pas à la nomination
du Roy, ils ne laissent pas
d'estre tous ,
aussi-bien que
l'Evesché de Strasbourg
,
de la
fondation des anciens Rois
de France. La plus commune
opinion est que Clovis fît le
premier bâtir l'Eglisede Strasbourg,
mais queDagobert fonda
l'Evesché & le Chapitre.Il y
a eu cependant des Evesques,
de Strasbourg avant Dagobert,
puis que vers l'an 350.
S. Amand se qualifia Evesque
de Strasbourg. On pourroit
dire pour accorder ces deux
sentimens, que l'Evesché estoit
étably longtemps avant
Dagobert; mais que ce Roy
par les grands biens qu'il y fit
en fut cftimé le véritable Fondateur.
Tout efl: plein dans
l'Alsace de fondations illustres,
qui font autant de preuves
, non feulement de la domination
de nosancicns Rois
sur cePays, mais aussi de leur
pieté & de leur magnificence.
Le zele du Roy ne s'est pas
borné à rétablir la Religion
Catholique dans Strasbourg,
on le voit encore éclater de
jour en jour par le loin qu'il
prend de l'étendre. Ce Prince
y a étably une Maison de Jesuit,
où sont quarante Scminaristes
qui apprennent la
Langue Allemande,&toutes
les autres choses qui sont necessaires
à de parfaits Ecclcfiaitiques.
Cette Maison sera
une des plusconGderablesque
ces Percs ayent en Europe, &
je puis même ajouter des plus
utiles, à caufc du grand nomî
bre d'Herctiques Luthériens
&Calvinifles dont le Paysest
remply. Le Peupley estbon
naturellement, &Ce laisse toucher
par l'exemple plus qu'aucun
autre. Au commencement
du dernier Siecle, un
Evefquc de Strasbourg qu'on
croit estre Guillaume III officia
dans la Cathedrale en habits
Episcopaux. L'Historien
quile rapporte,remarque que
plus de cent années auparavant
aucun Evesque n'y avoit
j, officié, ny fait nulle fonction
i
d EvcrqlJc, & que le Peuple
alla à cet Office, comme il
i
auroit couru pour voir un miracle.
Depuis cc temps là, la
mesme chose n'est point arrivée,&
comme en trois Siecles
on n'a vu qu'un seul Evesque
officier à Strasbourg, ilne
faut pas s'étonnersilHercfie
a fait de si grands progrés
dans un lieu ou tant d'Ennemis
de la veritable Religion
ont répandu leurs erreurs. Si
Mr le Cardinal de Furftemberg
pouvoit trouver àStrasbourg
une entiere seureté., la
satisfaction qu'on auroit à le
voir officier - , contribueroic
sans doute à la çonverlîon
d'un grand nombre d'Heretiqucs.
Jevous envoyé une réponse
au Traité des Vapeurs de
Mdela Brosse, donc je vous
fis part dans ma Lettre d'Oaobrc.
Elle est de MrChays,
Medecin du Bourg Saint Andeol
en Vivarest. Vous ferez
bien aise de voir le pour & le
contre.
REPONSE
A laLettre d'un Philosophe,
touchant la Maladie des - Vapeurs.
A Mademoiselle de Scudery.
J'Ayesté sur pris, Mademoilclle,
qu'un Philosophe de
nos jours
3
iQfeélé d'HcrcHc
en matière de Medecine, vous
ait adresse une Lettre que j'ay
veuë dans le Mercure du mois
d'Octobre, pour vous perfuader
ses opinions erronées,au !
préjudice de la veritable doctrine.
Je sçay bien que tous les
Herefiarquesonr une pratique
fcmblablc alafienne, en vou-
- lant persuader aux personnes
de credit & d'autorité leurs
nouvelles opinions, afin de
les faire ensuite glisser plus
facilement dans l'esprit du Public;
mais comme je sçay que
lavous vousplaisez à écouter vérité en toutes choses
, je
nne'ay point douté que vous reccuffiez favorablement
ce que j'ay à vous dire contre
des opinions qui Ce réfutent
assez d'elles-mcfmes.
- Si ce Philosophe avoit dumoins
eu quelque vénération
pour l'antiquité & n'eust
point déchiré la réputation
du Divin Hypocratc, & de
tanr de Grands Hommes qui
l'ont imité,Il n'auroit peutestre
point donneoccasion à
luy répondre
,
mais comme
il s'en prend & aux Anciens
& aux Docteurs modernes de
la Faculté, & qu'il veut abbatre
par là tous les fondemens
de
la Medecine, pour
establir ses sentimens sur leurs
ruines,je n'ay pu me dispenser
de luy répondre, pour luy
i prouver par de bonnesraisons
appuyées sur l'experience
:que » tout ce qu'il a avancé
n'est à proprement parler
, qu'une chimere & une illuiion.
Il estcertain que les vapeurs
caufentbeaucoup de fynipto.
mes au Corps humain,& sur
tout dans le siecle ou nous
: sommes, puisque c'est presenitement
une maladie à la mode,&
que bien des personnes,
tant de l'un que de l'autre
sexe, en sont attaquées. Cela
donne lieu de croire que les
saisons, les climats differens,
&les revolutions des années
nous causent souvent des maladies
djffcrcntesJmais quoy
que ce mot devapeurs foitun
mot vague & généralqui
comprend en soy beaucoup
de differens symptomes
,
&
qu'elles soient produites,
tantost par les hypocondres,
tantost par reftomach>&tantost
par les mouvemens & les
indispositions de la Mere, &
mesme par beaucoup d'autres
partiesducorps,ce Philofophe
neantmoins veut, que
tous ces s,ymiptomes differens,, qui sont compris fous le nom
de Vapeurs, ne partent que
d'une mesme source
>
& d'un
estomach foible & depravé.
Il donne le nom de cette maladie
à celle de l'affection hypocondriaque
; & veut faire
comprendre par là que tous
ceux qui sont atteints de vapeurs
sont infectez de cette
maladie,& qu'on n'ose la
nommer ainsi, à cause que
ce nom a quelque chose d'ignominieux.
Il veutensuite que ces memes
va peurs , que les Mede-
; cins supposent estreengendrées
dans le basventre, ne
puissent en aucune maniere
monterny au Cerveau,ny à
la Poitrine ,ny aux autres par.
ties superieures
,
& ainsi il
veut prouver que les Medecins
font dans l'erreur, de
donner lenom de vapeurs à
tous ces symptomes differens,
que nous voyons arriver tous
les jours aux Femmes qui sont
sujettesàla Mere,& aux hommesaussi
qui sont atteints de
beaucoup de maladies
,
qui
font causées par les va peurs.
Il allegue pour ses raisons,
que les vapeurs qui s'élevcat.
du bas ventre ne peuvent
monter au Cerveau, à cause
des obstacles quelles trouvent
en chemin,comme font
le diaphragme, & la plevre,
&tous les autres obstacles
qu'il rapporte;mais s'il veut
n'estre point prévenu de ses
sentimens, comme les Medecins
le font des leurs, à ce
qu'il dit,& ne s'attacher pas
aussi fortementàsonopinion,
que les Turcs font à leur Alcoran,
je puis aisement le detromper,
& luy faire voir
qu'il est dans l'erreur luy-
! meCmco.,
••
q;; ,: ':,'
<
Il rapporte que nos Anciens
Docteurs soustiennent que
l'Epilepsie sympathique pro-
- vient des parties basses,& Galien
dans le livre3. des lieux
affectez chap. 7.' rapporte
qu'un jeune homme cstantatteint
d'une Epilepsie Sympathique,
lors que le Paroxisme
l'attaquoit, sentoit monter, à
ce qu'il disoit - comme un
ventfroid, de la Jambe à la
Cuisse,& de laCuisse consecutivementpar
les autres parties,
jusquesau Cerveau, &
qu'il estoit ensuite attaqué de
ce fâcheux y m ptome. Ce
Philosophe qui est de bonne
soy, avouë du moins que si
ce n'est pas une vapeur, qui
causoit l'accident de ce jeune
homme, c'estoit, à ce qu'il
dit, une humeur maligne,
qui se glissoit par les parties
du corps de ce Malade,&qui
luy causoit l'Epilepsie. Mais
je croy qu'il devroit bien avouër
qu'une vapeur qui est
plus subule qu'une bumeur,
peut bien passer par lesmesmes
endroits que l'humeur
passera
,
& sur tout puisque
celaest autorité par le Malade,
qui disoit sentir comme
un vent froid qui luy montoit
de la Jambe jusques au
Cerveau. Cet argument doit
paroistre sans réplique, puisbqiueenqui
reçoit le plus peut
recevoir le moins.
Mais comme il ne veut
point adherer aux opinions
& aux autoritez de nos Dofleurs
,
& qu'il ne s'attache
qu'à ses idées particulieres,
je neveux me fcrvir ny
d'aucune autorité, ny d'aucune
preuve d'Hypocrate ny
de Galien. Je veux seulement
le convaincre par des raisons
ôz des experiences fort sensibles
) & que tout le monde
pUÎifC;
puisse comprendre, ce qui
pourtant devroit m'obligerà
ne point disputer avec luy,
parce qu'il nie les princi pes
dela Philosophiedonc il fait
f. profession. Contra negantem
principia , non est disputmdum.
i Jeluy demande donc, dllÙ
l vient que ceux qui boivent du vin plus qu'a l'ordinaire,
sentent bien-tost après avoir
beu troublerl'oeconomie de
leur Cerveau, & qu'ils perdent
en peu de temps l'ufJ,CTc
de la raison. Le vin cependantreste
dans leurestomach,
6iOu dans leurs intestins. Je
croyqu'il devroit avoüer de
bonne soy, que c'est la vapeur
du vin, qui pénétrant facilement
le Diaphragme,la
Plevre, & les autres obstacles
qu'il propose. va directement
pervertir lesfonctions de î'esprit
animal, & fait souffrir
aux Beuveurs la depravation
qui le fait dans leur Cerveau
pendant leur debauche; ou
bien cette mesme vapeur se
glissant dans les Veines &;
dans les Arteres
, contre le
sentiment du Philosophe,va
attaquer directement le
Cerveau.
Ce qui prouve forte[
ment ce que je viens de dire,
c'cft qu'ona veu des personnesaqui
estantencrées dans
une Cave, où les cuves étoient
remplies de vin nouveau,
la vapeur scule de ce
vin lesentièrementenyvrées,
quoy qu'elles n'eussent pour- tant pas beu. Ainsi il pour
com prendre que les vapeurs
agissant si fortement
, quoy
qu'elles viennent du dehors,
elles doivent agir avec plus de
violence lors qu'un homme a
fait la débauche, parce qu'elles
agissent au dedans.
Les Femmes qui font si souvent
attaquées. des Vapeurs
de Mere,nous fournissent enr
core un exemple, & une preuveincontestable
,
contrele
sentiment du Philosophe.
Car en effet, si c'estoit une
matiere quise portast des parties
baffes si facilement dans le
Cerveau, pour leur causer des
convulsions,&lesautres ac.,
cidens qui dépravent les fonctions
animales
, pourquoy
ces mcfmcs accidens passeroienr-
ils si vÎrc, & pourquoy
arriveroient -
ils si inopinement?
Ce n'est que le propre
des vapeurs de changer si fa*
cilement d'une partie à l'autre,
& de cau fer des accidcns,
qui font si faciles à naître,ÔC
si faciles à terminer.
Que si le Philosophe veut
que ce soit la malignité de
- l'humeur qui le trouve corrompuë
dans les parties basses
qui se communique par le
moyen de la circulation, ou
autrement, dans la capacité
du Cerveau
, pourquoy une
vapeur qui s'exhalera de cette
matiere corrompue
, ne pourra-
t elle pas faire le mesme esset
avec plus de disposition &:
pe promptitude?
Si je voulois encore pouffer
la chose plus avant, l'exemple
du Mercure me fournit
une occa sion fort propre à le,
faire revenir de ses sentimens. -
Je sçay par experiencc
, qu'ayant fait frotter plusieurs
fois d'un onguent fait avec ce , minéral, labplante des pieds
de ceux qui font atteints des
maladies Vénériennes le
Mercure ne manque point de
monter par les parties internés,
jusque dans le Cerveau,
sans que le Diaphragme,la
Plevre ,ny le Mediastin l'c
emperchent, quoy que de sa
nature ce mineral soit des
plus pesans, & qu'il tendenaturellement
en
-
bas ,par son
piqprc poids; & ce qui nous
prouve qu'il monte jusques
au Cerveau
,
c'est qu'il y produit
des symptomes qui ne
sont propres qu'à cette partie,
Ifie qu'en mettant quelque piece
d'or dans la bouche ,le
Mercure nemanque pas de s'y
attacher. Ainsi nous pouvons
scio,nclure&le Philosopheau£ que les vapeurs qui sont
plus legeres que ce mincral
Émeuvent bien monter jusques
tau Cerveau, puisqu'elles ten- -
dent naturellementen haut;
& qu'elles ne vont jamais en
bas, que par impulsion & par
violence Il est si vray que
noistre corpsest tout perspirable,
suivant le sentiment de
nos Docteurs, & que toutes
les parties ont une fort grande
communication &connexionentre
elles
,
qu'il faut
n'estre point Medecin pour
en douter;&ainsi les vapeurs
qui s'eflevent d'une matiere
maligne,causent en nous par
cette intime communication
&connexion,bien des symptomes
differens, suivant le
degré de corruption, &suivant
les parties où elless'attachent
,
sans qu'elles puissent
trouver des obstacles aIT,z
forts pour les empescher de
monter.
Si nous confidcrons auni
une especed'Hydropisie que
nous appelions Timpanite,
& qui est produite par des
vents & des vapeurs, qui font
contenus dans la capacité du
ventre JIil faut suivant son hypothese,
que ces mesmes vapeurs
passent au travers des
intestins
, & au travers des
cinqtegumens, lors que le
Malade vient à guérir, pour
pouvoir estredissipées; & cependant
le Diaphragme ny la
Plevre ne font pas de plus
forts obstaclesque ceux que
je viens de rapporter.
Et si dans la fausse Pleuresie,
qui n'est le plus souvent produite
que des vapeurs & des
vents, on voit d'ordinaire que
par l'application des topiques
qui ouvrent les pores,
ces mesmes vapeurs sont disfipées
par insensible transpiration,
en perçant les cinq
tegumens,elles pourront bien
aussi passer au travers duDia- -
phragme, qui n'est pas plus
épas que les cinq tegumens,
& si raB est convaincu que la
matiere purulente, qui bl(st
trouvée dans lapoitrine, s'est
quelquefois évacuée par les
urines, sans que rAnatcmic
ait trouvé jusqu'icy aucun
conduit par où le pus ait pû
passer jusque dans les reins, il
est immanquable que les va-
:peurs, qui sont & plus tranf- pirables & plus legeres, pouril
ront bien sortirde la pôuri-n
ne:& se frayer une voyc dans
le cerveau sansqu'aucun ob- jftacle les arreste,puis que le
pus en est bien sorty , tant il
est vray que nostre corps cft
tout transpirable
Pourquoy le sage Ouvrier
dela Nature auroit il donné à
nos corps tant de millions de
pores, si ce n'est pour en faire
sortir les vapeurs supeifluës,
qui s'exhalent continuellement,&
qui sont que lquefois
apparentes aux sens, comme
nous le voyons à ceux qui
suent, dont il fort une fumée
semblable àcelle qui fort d'une
marmite,&qui n'est autre
chose qu'une vapeur; & s'il
arrive que nous ne voyions
sortir aucune vapeur de nos
corps,c'est qu'elles font Ím- *
perceptibles. Que si le Philosophe
vouloit estre convaincu
par experience qu'il en fort
continuellement du lien, il
n'auroit qu'à s'exposer devant
unmiroir& y rcfpircr contre>
& il verroitpar les petû
: tes gouttes d'eau qui s'y attachent
, que ce qui fort de ses
poumons n'est autrechose
qu'une vapeur qui se condense
» &qui s'attache contre le
miroir, quoy que pourtant la
vapeur qui sort de ses poulmons
soit imperceptible.
Il doit cftre persuadé qu'il
s'exhale toujours des vapeurs
de toutes les parties de nostre
corps, comme j'ay déja montré
, & que ces vapeurs trouvent
en nous allez de conduits
pour monter jusquesau
cerveau, & dans les autres
parties; mais lors qu'elles partent
d'une matiere qui n'est
ny alterée, ny corrompuë, elles ne produisent en nous
aucun symptome qui soit facheux.
Que s'il arrive quelquefois
que les vapeurs dépravent
les fonctions, comme
nous voyons aux Femmes qui
font sujettes à, la Mere, à ceux
qui sont sujets à l'affection
hy pocondriaque, & à bien
d'autres,dont les vapeurs alterent
la santé, c'est que les
mesmes vapeurs partent d'une
matiere corrompuë & alterée.
Nous ne devons point douter
que les vapeurs ne soient
la cause de beaucoup de maÍ.
ladies qui nous arrivent, &
qui causentennous desaccidens
extraordinaires puisque
nous voyons mesme qu'elles
causent dans tout l'Univers
tant de çhofts surprenantes.
- - - -
Ne voyons-nous pas quela
pluye
,
le tonnerre, la gresle,
les tremblemens de terre, &
les choses mesme les plus naturelles
, & qui nous sont le
moins apparentes font formées
par des vapeurs? Cornment
pourrions-nous sentir
l'odeur d'une rose si ce n'est
par la vapeur qui s'exhale de
cette fleur? Jerapporte seulement
cet exemple afin qu'on
jugedetout ce qui se fait dans
la Nature par le moyen des
vapeurs; & peut- estre Dscartes
n'auroit-il pas mal faitde
donner le nom de vapeur à
ses atomes& frscorpufcules;
mais parce que c'estoit un
mot dont l'ancienne Ecole se
servoit, il a voulu déguiser sa
-
doctrine en changeant feulement
de terme, & la rendre
ainsi particuliere, quoy que
d'ailleurs ces changemens de
termes n'en puissentjamais
apporter,& neservent qu'à
caufcr de l'admiration en faveur
de ceux qui les inventent
; car enfin qu'est-ce
qu'une vapeur sinon des atomes
& des corpuscules de
mille fortes de figures, &
qu'est-ce que des atomes&
des corpuscules, qu'un amas
de ces petits corps qui composent
la vapeur?
Jereviens à l'affectionhypocondriaque
, à laquelle le
Philosophe rapporte la cause
detoutes les vapeurs;comme
si les Femmes qui font lujet*.
tesaux maladieshysteriques,
n'avoient point d'autres causes
de leurs vapeurs quecelle
de l'affection hypocondriaque.
Qn pourroit bien conclurre
,
si on vouloit ajoûter
foy à ses sentimens,que laffectionhypocondriaque
tfL
bien frequente & bien à la
mode, puis que nous voyons
tant de Femmes su jettes aux
vapeurs de Mere.
Mais si nostre Philosophe
vouloit bien reconnoistre une
, autre cause de l'affection hypocondriaque
que celle de la
foiblessed'estomac,il pourroit
aussien mesme temps en attribuer
une autre aux va peurs
des Femmes que celle de l'affection
hypocondriaque; car
si la foiblessed'estomacestoit
la seule cause de l'afft[tion
hypocondriaque, tous ceux
qui ont une foiblessed'estomac
,comme il arrive à ceux
qui font atteints de la Lienterir,,&
de la Leucophlegmatie,
auroient des symptomes encore
plus forts que ceux qui
ont l'affection h ypocondriaque,
ce qui n'arrive pourtant
pas. Il devroit reconnoistre,
comme font tous les habiles.
Medecins, qu'il yauneautre
cause de cette maladie, qui
est une melancolie atrabilaire
qui est contenuë dans les
hypocondres (c'est pour cela
qu'on appelle cette Maladie
bypocondriaque) & qui est la
causeprincipale de tous les
symptomes qui en procedent;
éC ce qui fait qu'on a quelque
espece d'horreur pour cette
maladie, c'est qu'elle affecte
le plus souvent le cerveau, &
déprave quelquefois la raison,
& tout cela par le moyen des
vapeurs
-
qu'elle y éleve en se
fermentant:ce quiestconfirmé
par l'évacuation du fang
melancolique qui se fait par
les Veines hemorrhoïdales
qui profite immanquablement
à cette maladie.
Nostre Philosophe combat
- fort la chaleur d'entrailles
dans cette maladie, quoy
qu'il convienne pourtant qu'il
peut y en avoir quelque fois,
mais il dit aussi que cette chaleur
d'entrailles provient immediatement
de l'indigestion
d'estomac
,
aussi bien que la
dessiccation des excremens,
comme si l'humide devoit
dessecher. & la chaleur ra..
fraischir ; & pour luy faire
voir par une seule experiencc)
que c'estla c haleur contre
nature qui estdans lecorps
qui échaufe & qui desseche
les exrcmens, il n'a qu'à
prendre un lirge trempé dans
de l'eau commune ,
& l'appliquer
ensuitte sur une partie
qui fera atteinte d'une Heresipelle
,
& il verra par là
, que
lelinge se dessechera plûtôt
que sion l'appliquoitsurune
autre partie qui se trouveroit
faine. A plus forte raison la
chaleur contre nature deffeche
lesexcremens quisetrouvcnt
dans le Corps
,
où elle
agic avec plus de force, puis
qu'elle desseche si fort les hu- j:mides qu'on luy oppose aux
parties externes. Je ne puis pas croire qu'un homme soit ca-
;:. pable de former une semblable
hypothese,de vouloit faile
comprendre que la chaleur
t
rafraischit, & que l'humide J
déniche; c'est ce que nous j
n'avons point encore veu.
Il dit encore que s'ilyavoit
un feu dans les Intestins capable
de dessecher les excremens
secaux
,
il est constant qu'il
diffecheroit auparavant les
Intestins, car on ne peut jamais
dessecher. une substance
humide
,
dans un vaisseau hu-:
mide, que le Vaisseau ne foit
préalablement desseché.Voila
Tes propres termes, mais
s'il prenoit garde que les Intestins
font toûjours humectez
par le suc nutriticr qui
y
yestporté pour leur nourriture
, & pour leur accroissement
» il demeureroit d'accord
que les excremens se
doivent dessecher, & non les
Intestins, parce que les excrcmens
n'ont point de vie,
&ne reçoivent aucune nourriture
pour les humecéter. Le
Soleil dessechera bien plustost
une branche d'un Arbre qui
ne recevra point de nourriture
de ses racines, qu'une autre
branche qui reçoit sa nourriture
du tronc & de ses racines.
t.. Quelle erreur de s'imaginer
que ce qui échauffe ou detre-z
checeux qui sontatteinsd'unesievre
ardente,ou d'une fievre
hectique,n'est autre chose
qu'une foiblesse d'estomach,
ou une indigestion J'ay veu
- de jeunes gens atteints de la
fièvre hcûtque fort échaufez,
& fort extenuez 5 qui mangeoient
& qui beuvoient
mieux que moy, & dontl'eftomach
faisoit fort bien sa
fonction.Ondevrôit -conclu.
re comme fai t nostre Philosophe
,
qu'il faudroit échaufer
&dessecher dans ces maladies.
Cependant j'en ay veu guerir
pluficurs par le fcul usage du
lait, qui n'est pas fort propre
pour fortifier l'estomach,
n'aurois jamais fait si je voulois
combatre tout ce qu'il
rapporte couchant les Maladies
des Vapeurs. C'est ce qui
demanderoit plustost un volume
qu'une Lettre Je suis
pourtant fortobligé
,
Mademoiselle,
à la Doctrine nouvelle
du Philosophe, puis
qu'elle m'a procuré l'honneur
de vous adresser cette response
,& de vous asseurer que je
fuis avec beaucoup de vénération,
Vostre tresse.
Le zi. de Novembre
,
jour
où l'on célébré la Feste de
Sainte Cecile Mademoiselle
de Briançon, Fille deMessire
Jean Baptiste de Jkiançon
Seigneur de Varce ,& de Dame
Marie deVachon
,
prit
ThabitdeReligieuse au Monastere
de Mont Fleury auprès
de Grenoble. Ce Monatferefut
fondé en 1340. pour
des Fillesdequalité par Humbert
II. dernier Dauphin de
Viennois.MrAllard,ancien
President en l'Election de
Grenoble, a donné au public
l'Histoire de ce Prince, & a
faitl'Elogede cette Maison.
Il aaussi composé laGenealogie
de celle de Briançon,
originaire de la Tarentaiseen
Savoye
,
qu'elle a gouvernée
autrefois indépendamment,
après la décadence du Royaume
de Bourgogne. Les pratiques
d'Herachusquienétoit
Archevêque, ayant obligéun
Comte de Savoye d'en sortir
vers l'an 1082. Aimeric de
Briançon fut contraint de cede--
rà--lra.-' force
,
& de quitter
son petitEtat au Comte, qui
luy donna par Traité &en
échange la Terre de Bellecombe,
qui estoitalors la dernière
place de la Sâvoye- limitophe
du Dauphiné, &
quil'estaujourd'huy de cette
Province du costé de la Savoye,
&à une petite licuë de
Montmelian. Humbert de la
Tour, premier du nom, l'acquit
en 1289. d'un autre Ai.
merie deBriançon, descendu
par six Générations de ce premier
Aimeric,& le Dauphin
luy donna la Terre de Varce
que cette Famille possede encore
aujourd huy. Mademoifelle
de Briançon qui vient
ddee se sFiai irreRReclliiggiiecuusfee , &
dont le Pere fait la dixhuitiéme
Génération depuis le premier
Aimeric, porte le nom
d'Honorade
,
d'Honoradc
Prunier, son Ayeule maternelle.)
&cellecy le portoit
d'Honorade juplue ,
son
Ayeule paternelle) Epouse
d' Artus dePrtinicr-, second
du nom, qui fut premier Pre.
fident au Parlement de Grenoble,
& en celuy de Provence,
& qui a estél'Aycul
paternel de Nicolas de Pr!1"'-
nier, Marquis de Virieu ,Seigneur
de SaintAndre,aujourd'huy
premier President
au Parlement de Grenoble; :..
qui commande en Dauphiné
en l'ablence du Gouverneur
& du Lieutenant General;&
quia estéAmbassadeur
a Venise. C'estun homme
d'un très grand merue & »
dont lasagesse&lavertu sont !
connuës de toute l'Europe.
LemêmeMrAllarda composé
aussî la Généalogie de
cette Maison venuë d'Anjou,&
dont la branche ainée
a fini par Marie f!!]oicr, Femme
de Pomponede Bellievre,
Chancelier de France, & Mere
de Marguerite de Bellievre,
Bisayeule maternelle de la
Religieuse dont jevous parle,&
Mere de Mr le Marquis
de Viricu. Prunier porte
de Gueules à la Tour d'argent
,
donjonnée d'une. autre
Tour de mesme,le tout creneley
maconne (7 portillé de Sable.
Briançon porte d'Azur à U
Croix d'Or.
Voicy un Sonnet qui aesté
fait pour une autre personne
quia depuis peu renoncé au
monde
,
& pris l'Habit de
Religieuse.
A MADAME DU B.
SONNET.
P EXJsçavent commevous quiterla
Criaturc,
Ne trouver àans le monde nuam
cjlat heureux
,
Renoncer au pbijirpar de pénibles
Yællx,
Etsoumettre a £cfprit la loy de la
niture.
Onpeuts*accoutumerafonffrirfan:
murmure,
A n'avoirpoursoncorps quun irepris
généreux y
On peut desbienscrée^fuir l"¡flas
dangereux,
Mesme àsa libertéprefererda c!ojlttré.
Mais nn(e'pprroouuvveerrjjamais de trouble amais trtluble
intérieur,
D'un objet qui nous plaifi détacher
tout fort coelir,
Et noferpas aimer ce que l'on trouve
aimable.
Cette Auflcre Vertu me doit faire
trembler,
Etje sens qu'il faudroit pour en
ejlre capable,
Ohne-pas vousconnoyre, ou biett
vous rcJIèmbler!a'
Je ne vous préviendray
point sur les Vers qui fui-
-
vent. Vous verrez en les lisant
s'ilsont le tour fin que vous
Souhaitez dans les Ouvrages
de cette nature. L'Auteur y
fait un agreablce reproche à
un Cavalier, qui ayant pris
de l'amour pour une jolie
Personne, s'estoit tellement
abandonné à sa passion, qu'il
avoit ccffé devoir ses Amis.
STANCES.
QZJoy
>
faut-il que pour ejlre
--
Amant
Vous n'aye^jrelâche ny trêve,
Et parmy tant de jours que l'amour
nousenleve,
lïamitiéne peut-elle obtenir un moment?
gue jeplainsvojlrefervitude l..
futile quen foit la caufl) & quel
qu'en foit le prix,
Des Corfaites d'Alger jamais Chrétien
futfris
Ne trouva de Patron plus rude.
Ces termesvous Jemblent trop
forts,
Et cachant à tous vostrechaiftt,
' rous ofiz vous parer dune liberté,
vaine,
IzUand le poids de vof fers vousfait
courber le corps.
IZIWE vous fert de faire le brave,
Et l'homme invulnerablc, eflantpercé
1. de coups ?
t.Leccoaepurt,ilfecchorpes,zfe/priti tout efi vous.
! En est-ct assez, pour tftte cfclavt?
Aujji le meritez-vousb;en,,,
Fier ennemy de la taldreJlè,
rous traitiez autrefoisà'erreur& de
foiblesse
Tous les foinsempreJfeT^ d'un amoureux
tien.
De l'amour méprisant les charmes,
Condamnant des Amans la crainte
& les desirs,
D'un æil plein de pitié vous voyiez.,
leurs plaiftrs
y Et vous vous maluiez de leurs larmes.
Pouravoirtantpbilofophe
Sur tamour & contre sescrimes,
Vous cflre armé le coeur de farouches
maximes,
De ses charmessecretsavevous
triomphé?
Voflre prévoyance efl trompée.
Vous v>'itcz,d'éprouverpar ùnfitttl
retour
J^u*ilnestcontre les traits quefait
lancer l'amour
Point d'armure affe7 bien trempée„
Vous voilà donc bon grémaigre
De CAmour devenu la proye.
Ce Dieu mesme s'eflfait une mati.
gllc joye
D'en faire allerl'ardeur jufquatt
dernier degré. Je gage que pour mettre en poudre
Cecoeurquisembloitfaitd'unemasse
d'airain,
Au lieu de ses flambeaux il a pris
cheZVrthÛn
Le feu dontseforge la foudre.
Nous quisuivonsses étendars
En qualité de volontaires,
J>)ui couronsau devant desesflèches
legères,
Koflre joye avec luy ne court Aucuns
hazards.
Nousnefentonrnsseu,n),chaînts.
Nousdifpojonsde nous au gréde nos
dejirs;
Et rencontrant par tout defilides
plaijirs,
Nousnavonsquedesaussèspeines.
Pourquoycontre des coeurs fournis,
Zui luy font un fncere hommage,
Mettroit il&lesfcn & les feuxen
nflgt?
Tous ces apprllsJOnt bons contrefes
ennemis.
Tour eux vainqueur inexorable,
Il en fait le butin des Amours ferieux.
Voureux point de faveurs, deplaisirs,
ny dejeux,
El toujoursMAiflrtjfl intraitable.
Ceflou vous en esses réduit.
Car que vous Jért qu'une Mai.
flrtJ/è
Vous témoignepeut-efre une égale
tendrcjfe,
Si les faveursn'en fintdl' la preuve
&lefruit ?
£)ue fert qu'en voflre amour e. treme
Vousfacrifez, tout pour meriter son
coeur,
Si malgréson panchant aufertiran
d'honneur
Elle vous immole eUe-mifme ?
Mon Amourdansses alimens -
Est UN Enfantâpre Àsa Huche,
il s'accommode peu quand quelque
objet le touche,
De la frug.ditc des amours de Rv-
+M.liïS.
Une heauté trop ménagere
De ces biens dont le don ne l'appauvriroit
pas,
Pour Aronce & Cyrix peut avoir des
aI/tU,
Tour moy cefiviandetrop legere.
Tous ces Héros d'invention
Mesembl'.nt de mccb.tr}s modellcs.
Faire dix ans tt/mour) cftrc ai??icz,
de Leurs Belles,
Sans fîtctomber jamaisà latentation!
ZJnep-gcfjl- sicornA'cte
Outre le naturel, rejjent tenchaJJ/ement
,
Et plus -un 1:1 objet cft un tresor
charmant,
Plus il a de biens qu'onsouhaite.
Lrs Amadis Ventendoientmieux.
Toujours en croupe quelque Infantey
J>)ue l'on n'efiimoit pas moins chasse
6" moins prudente,
Pour prendre sur l'Hymen des droits
délicieux.
Par cette louable coutume
On vvooyjooiitt faa-s ennuuy ces preux Avanturhrs
Promener leurconfiance eleurs actes
guerriers
fttfques
au dourJémc volttmc.
Lndnt ce que jevous i:C1:J,
Sans dC/lttr: i<ous i;-ui': etrinve
.f<.!!e je ïm¿/c!'o;'r.:u,¡z ; £)uccjeinlymziç pQ-r.tj.ui iCH,
En ftvci- lO.jït d»h!1<0XSl'fii'S
{!!ilJ.
jesçay bienquerien ne l'égale,
Par les charmes du corps, & le tour
deCe/prit;
Maispour 14 bien louerjesens trop
de dépit,
Etjelaregarde en Rivale.
Jpres 14 perte queje fats,
Si vous voulez, vaincre ma haine,
"Ilsiutml venir voir deuxfoischaque
Semaine,
Etje rendrayjujlice a ce que1 lle il
d'attraits;
Sinon, deust me faire querelle
Tout Paris c^njuré pour en dire du
bien
Je , nepourrayjamais vous dire qll-
» elle aii rie
£ui mérité vos foins pour elle.
On montre icy depuis quelques
jours dans la ruë des
Vielles Etuves, à l'Hosteldu
GrandChasseur ,proche la
CroixduTiroir ,une Momie
nouvellement arri vée d'Egypte
en France, la plus belle»
&la plus parfaitequ'on ait
encore veue.C'est un corps
mort apporté par un Voyageur
» quiasseure qu'il a esté
trouvé sous une des Pyramides
de ce grand Royaume. Il
est dans une conformation
reguliere de toutes ses parties,
&conserve encore toutes ses
c?airs)& ses dents qui sont
fort blanches. Ce corps .'a
aucune lesion, nydommage,
& les differens caracteres qui
l'accompagnent
,
& tous les
Hieroglifes dont il est orné
, -
font connoistre par des préjugez
sensibles, qu'il est d'une
personne de la plus haute
-
naissance. Le Voyageur qui le
montre aux curieux, pretend
que ce soitceluy d'une Prin.
cesse d'Egipte,defendue du
sang des anciens Rois. C'est
là dessus quel'on a fait ce
Quatrain.
1
Vobjet des Curieux & l'Amourdes
Sçavans Jefors du , Sang des Rois des Climâts
de l'Aurore.
Victime de la Mort depuis quatre
mille aNS,
Malgréla mortje vis encore.
Je (roy, Madame
,
qu'à
l'occasion de cette Momie, je puis vous par ler
,
& des
Momies en généra! & des sa.
meuses Pyramides d'Egypte
quipassent avec tant de raison
pour une des Merveilles
du monde. Ces Pyramides
sont à neuf milles du Caire ,
& on commence à les voir
dés qu'on est forty de la petite
Ville deDezizequi en est
a six milles. Ce qui les fait
paroistre de si loin, c'est
qu'elles sont situées sur un
terrein pierreux & inferrile,
qui est beaucoup plus relevé
que la Plaine. L'on ne peut
voir sans étonnement ces
énormes Masses,que l'onn'admire
pas tant pour la dépense
incroyable qu'il a fallu faire
pour achever unBastiment si
prodigieux, que parce qu'on
ne peut comprendre comment
il a esté possible de |
monter
monter sihaut despierres aussi.
grandes que celles que l'on
y VOlt) dans un temps où la
plus part des belles Inventions
estotent inconnues. Il
y a trois greffes Pyramides
distantesl'une de 1 autre d environ
deuxcens pas,mais l'on
nesçauroit entrer que dans la
plus grande, qui est du costé
du Nord. EUeeft d'une hauteur
si prod Igil:use,qut: sapointe
paroist seulement un peu
émoussée, bien qu'il y ait une
place ienconsiderableà son ,
Commet Q-j lques uns tien.
plus de twis mille ans par un
Roy d'EgypceappelleChemmis,
qui employa pendant
vingt années trois cens soi- »xance mille Ouvriers à ce travail.
Pline qui en parle, ajoûte
qu'il y futdépensé dix-huit,
censtalens ,seulementen Raves&
en Oignons, les anciens
Egyptiens estans grands mange
urs de Raves & de Légumes.
Il y a des pierres si haut
elevées, & d'une grosseur si
excessive> qu'il a fallu des
Machines bien extraodinaires
pour les placer. Plusieurs
croyent que ces Pyramides
étoient autre fois plusélevées
sur laterrequ'elles ne le font
presentement,&que leSable
a caché une partie de leur
base. Cela pourroit estre,
puisque le costé de Tramontane
en est tout couvert jufques
à la porte, & que les
trois autres costez n'en ont
point de mesme, ce qui donnelieu
de croire que laTramontane
souflant de ce costé
\- là avec plus de-violence
qu'aucun autre Vent,y a plusport,ede Sable quen'ont
fait les autres Vents aux au-
1- trescostez.Louverture de la
grande Pyramide où l'on peut
entrer, est un trou presque
quarré, d'un peu plusde trois
pieds de haut. Il est relevé
dureste duterrein,& l'on y
monte sur des Sablesque le
vent jette contre, & qui le
bouchent souvent, en forte
qu'on cft obigé de le fai-I
re ouvrir. Ondiequ'autre- j
foisil yavoit auprès de l'entrée
une grosse pierre, qu'on
avoir taillée exprès pour boucher
cetteouverture, lors que
le Corps qui devon y eltre
mis seroir dedans & que cette
pierre l'eust fermée»
qu'on n'auroit pu reconnoître
qu'on l'eust ajouftée, mais
qu'un Bacha la fit enlever,
quelque grande qu'elle sust,
afin qu'on ne pust fermer cet..
te Pyramide. Sa forme est
quarrée, & en sorrant de terre
,
elle a onze cens soixante
pas,ou cinq cens quatre-vingt
toises de circuit. Toutes les
pierres qui la comparent, ont
trois pieds de haut & cinq ou
six de longueur,&lescostez
qui paroissenten dehors font
, tout droits sans estre taillez
en talud. Chaque rang [c retire
en dedans de neuf ou dix
pouces, afin devenir àse terminer
en pointe à la cunc, &
c'est sur ces avances qu'on
grimpe pour aller iufiu"au
femmet. Vers le milieu, ily
a à l'un des coins des pierres
qui manquent & qui font une
bréche, ou petite chambre de
quelques pieds de profondeur.
Elle ne perce pourtant
point jusqu'au dedans. On ne
sçait si les pierres en font tombées)
ou si ellesn'y ontjamais
esté mises. Il y a grande
apparence que l'on se fcrvoitdecetendroit
pourassurer
les machines qui tiroicnt
les matériaux en haut. C'est
encore une raision quia obligé
de baitirla Pyramide avec -des degrezà chaque rang,
1 puisque si les pierres eussent
esté taillées en talud
3
& po-
-
fées l'une sur l'autre sans qu'il
y fust demeuré aucun rebord,
il auroit esté absfolument
impossibbledeconduire
juiquàsonsommetles lourdes
masses qu'on y a portées.
On fc repose ordinairement
dans cette brèche, le travail
estant grand à s'élancer ainsi
trois pieds chaque fois pour
monter jusques au faiste. Il y
a environ deux cens huit acgrez
formez par le rebord de
ces. grosses pierres dont l'épaisseurfait
la hauteur de l'un
à l'autre Ce qui fcmblc c stre
pointu d'en bas, a quinze à
seize pieds en quarré, & fait
une platteforme qui peut
contenir quarante personnes.
Ceux qui y montent découvrentde
làunepartie del'Egipte
, le Desert sablonneux qui
s'étend dans le Païs de Barca,
& ceux de la Thebaïde de
l'autre costé. Le Caire ne pa.
roist presque pas éloigné de
ce lieu, quoy qu'il en soit à
neuf milles. On entre auiïi
dans la mesme Pyramide
,
&
il faut se pourvoir de lumieres
pour cela. Oi passe la premiere
entrée en se courbant,
& l'on trouve comme une allée
qui va en descendant environ
quatrevingt pas. Elle
estvoûtéeendes d'asne& apparemment
toute entiere dans
l'épaisseur du mur, puis qu'on
n'y voit rien qui ne foit solide
de tous costez. Cette allée a
assez d'élevation & de largeur
pour y pouvoir marcher, mais
son pavé baisse encore bien
plus droit qu'un glacis, sans
avoir aucun degré, & la pierre
n'a que quelques legeres piqueures
de pas en pas, pour
retenir les calons, de forte que
pour s'empêcher de tomber,
on estobligé de setenir avec
les mains aux deux côtez du
mur. Les pierres font si bien
unies ensemble, qu'à peine
peut-on appercevoir les jointures.
Au bout decette allée
on trouve un passage qui n'a
d'ouverure que ce qu'il en faut
pour laisserpasser un homme.
Il est ordinairement remply
de fable, qui nteH: pas si-tost
pouffé par levent dans la premiere
ouverture, qu'il suitle
panchant de la pierre, & se
vient tout rassembler en ce
lieu-là. Lors qu'on a osté ce
sable,& qu'on a passé cetrou,
en setraînant huit ou dix pas
sur le ventre, on voit une
voûte à la main droite, qui
semble descendre à costé de
la Pyramide. On trouve aussi
un grand vuide avec un puits
d'une grande profondeur. Ce
puits va en bas par une ligne
perpendiculaire à l'horison,
qui ne laisse pas de biaiser un
peu,&quand ceux qui y desccndcnt
sont environ à soixante
& sept pieds en comptant
de haut en bas ils trouvent
une fenestre quarrée, qui
entre dans une petite grotte
creusée danslamontagne,qui
en cet endroit n'efl; pas de
pierre vive Ce n'est qu'une
espece de gravier attaché fortement
l'un contre l'autre.
Cette grottes'étend en long
de l'Orient à l'Occident, &
de là à quinze pieds en continuant
de descendre en bas,
est unecoulissefort panchante,
& entaillée dans le roc.
Elle approchepresque de la
ligne perpendiculaire, &est - -
large environ de deux pieds
& un tiers, & haute de deux
pieds & demy. Elle descend
cent vingttrois pieds en bas,
après quoy elleest remplie de
- fable & de fiente de Chauvesouris.
On croit que ce puits
avoit esté fait pour y descendre
les corps que l'on dépofoit
dans des cavernes qui font
fous la Pyramide. A prés qu'on
estarrivé àce grand vuideoù
le puits cft à la gauche, on
est obligé de grimper surun
rocher, dont la hauteur est
dev ingt-cinq ou trente pieds.
Au dessusest unespace,long
de dix ou douze pas,& quand
on l'a traversé on monte par
une ouverture, qui n'est pas
plus large que le passage où
l'on est obligé de se traîner,
maisqui a pourtant assez d'élcvation
pour ymarcher fansque
l'on se baisse. Il n'y a point de
dcgrez non plus qu'au reste.
On y a fait seulement des
trous de chaque collé> qui
font de distance en distance.
On y met les pieds en s'écartant
un peu, & l'on s'appuye
contre les murs, qui font de
• pierres de taille fort poles&
':Olnres ensemble avec autant ]
d'adresse que toutes les autres.
Les niches vuides que l'on y
voit de trois en trois pieds, &
qui en ont un de large & deux
de hauteur, donnent lieu de
croire qu'elles estoient autresois
remplies d'Idoles. Ce pafsage
est haut de quatre vingt
pas& on n'y sçauroit monter
sans beaucoup de peine.
On trouve au dessus un peu
d'espace de plein pied, & en»
fuite une chambre qui a trente
deux pieds de long & seize
de large. Sa hauteurest de
dixneuf pieds, & au lieu de
yoûtc)eHe a un plancher ou
lambris tour plat. Il est composé
de neuf pierres, dontles
sept du milieu font larges
chacune de quatre pieds,-
&
longues de seize. Les deux
autres qui font à l'un & à
l'autre bout, ne paroi(Tene
larges que de deux pieds seulement.
Cela vient de ce que
l'autre moitié de chacune est
appuyée sur la muraille Elles
font de la mesme longueur
que les sept autres, & toutes
les neuf traversent la largeur
de cette chambre, ayant chacune
un bout appuyé sur la
-nurailic,& l'autre sur la ma:
rcraille qui est de l'autre costé.
Cette chambre dont lesmurs
font fort unis, n'a aucun jour,
& dans le bout qui est opposé
J
à la porte, il y a un Tombeau
vuidc, fait tout d'une piece.
( Il est long de sept pieds & lars
ge de trois, & a trois pieds
quatre pouces de hauteur,&
cinq pouces d'épaisseur. La
i pierre en est d'un gris tirant
,sur le rouge passe
,
& à peu
prés semblable au Porphire.
Quand on la frappe, elle rend
» un son clair comme uneCloche.
Elle cft fort belle lors
qu'elle cft polie mais tellement
dure que le marteau
a peine à la rompre. Il y a
une autre Chambre à costé
de celle cy, mais plus petite
,
& sans nul Sepulcre.
- C'cMà le plus haut endroit
où l'on puisse aller au dedans
, de la Pyramide, qui n'a. pour
toute ouverture que le passage
d'embas, au dessus duquel est
une pierre en travers qui Ir
onze pieds de long,& huit
de large.Vers cette entrée est
un Echo qui repete les paroles
jusques à dix fois. Ce manque
de jour dans toutela Pyramide,,
cft cause qu'on y respire
un air extrêmement etoufé.
La flame. des Flambeaux que
l'on y porte paroist toute
bleuë, & l'on s'en fournit
toujours d'un fort bon nombre,
puisque s'ils venoient à
s'éteindre lors qu'on est monté
bien haut, il seroit absolument
impossible d'en sortir.
Les deux autres Pyramides ne
font ny si hautes, ny si grosses
que la premiere, Elles
n'ont aucune ouverture, &
bien qu'elles soient aussi baff
tics par degrez, on n'y peut
monter, à cause que le cii
ment dont l'une & l'autre est
enduite n'est pas assez tombe.
Elles paroissent d'embas tout
à fait pointuës dans leur sommet,
On attribué ces superbes
Monumens à celuy des Pharaons
qui fut englouty dans la
Mer-Rouge. On prétend quc
les deux moindres estoient
pour la Reine sa Femme & la
Princesse sa Fille, &que leurs
Corps y ayant esté mis, on
les a fermées ensuite, en forte
que l'on ne peut recornoistre
de quel costé en estoit l'entrée.
La grande estoit defti- -
née pour ce mal- heureux Mo.,
narque, & comme il n'a p&s -
,
~tu besoin de tombeau, elle
cft toujours demeuréeouverte.
Devant chacune de ces
Pyramides, on voit encore
des vestiges de certains bastimens
quarrez, qui semblent
avoir esté autant de Temples,
& à la fin du pretenduTemple
quiest devant la [econde.
il y auntrou par lequel quelques
uns croy ent qu'on descendoit
de dedans le Temple,
pour aller dans l'Idole appellée
Sphinx, éloignée de quelques
pas de ce trou. Pline dit
que les gens du Pays croyent
1-' que leRoy Amasis est en:
terré en dedans, & d'autres
veulent que ce futunRoy
d'Egipte qui fit tailler cette
Figure en faveur d'une Rho.
dope de Corinthe dont il avoitesté
amoureux.Ce Sphinx
qu'on tient qui rendoitréponfe
sur ce qu'on luy demandoit,
dés que leSoleil
estoit levé,est un demy corps
qui represente un visage de
Femme avec son sein, & donc
la hauteur cit prodigieux La
teste a prés de cent pieds de
tout, & du menton Jusqua,
son sommet, il y en a soixante.
Le nez cft proportionne
au reste, & les oreilles sont
d'une étendue demesurée.
Cette énorme Statuë qui est
posée en manière de Terme
sur une base convenable au
vaste Colosse qu'elle fouf--
tient, est tout d'une pièce
ereuse par dedans, &la pierre
dontelle est, égale en beauté
lt Marbre. Sa monstrueuse
grosseur avec la Colomnc
d'Alexandrie & les Obelisques
demesurez qui ont esté
trouvez dans l'Egipte, ont
donné lieu de penser que les
Anciens Egiptiens avoicnt le
secret de fondre la pierre, ôc
de pouvoir en faire des Mas.
ses de la grandeur qu'ils vouloient.
Il ya une autre Pyramide
à seize ou dix-septmilles
du Caire, qu'on appelle
la PyramidedesMomies, à cause
qu'elle cft proche du lieu
ou elles se trouvent. Elle est
aussigrande que les deux
moindres des trois dont je
viens de vous parler, mais
- bien plus rompue. Elle a
cent quarante huit degrezde
gi oflc's pierres, pareilles à celles
desautres,&il manque un
espace àsonsommet qui semblen'avoitjamaisesté
e.
Son ouverture est du costé du
Nord, &a trois pieds & demy
de largeur, & quatte de
hauteur. On defccnd au dededans
encore plus bas qu'à la
grande Piramide, ôc il n'y a
rien à observer qu'une Salle
au fond
,
dont le plancher est
d'une élévation extraordinaire.
*A quatre milles delà
cH: le Village des Momies
nommé Sakara. L'endroit où
1 elles setrouventest un grand
champ sablonneux où l'on
croit qu'estoit autrefois la
superbe Ville de Memphis.
|Quoique avant que l'on y
jpuidc fouiller; on ne rçau"
IL
roir rencontrer de terrain!
solide.LesMomies ront,au
dessous
,
dans des Caves:
sousterraines
,
où il faut defcendre
par un puitsbasty de
pierres seches, quiest profond
de la hauteur de prés de deux
piques. On se fait pour cela
attacher à une corde,r.&
comme il tombe quantité
de sable des bords de ce puits
qui ne font pas maconnez, il
faut avoir beaucoup de pré-Y
caution pour en préserver Ces
yeux. Quand on cft au fond ,j
il faut passer par un lieu ex-j
trémementetroit,après quoy
on!lè trouve au large dans des
cavernes qui font creusées
f{¿ans le roc. Il y a des niches
fairesalentour, longues d'en- ;viran sixpieds, & faites en
* façon de cofres. C'est où reposoient
les corps mores embaumez,
quel'onappelle Momies;
mais on n'en [IOUVC plus
guere à present dans ces cavernes,
qui estant enlassées
l'une dans l'autre forment une
espece de Labyrinthe. Cela est
cause que ceux qui sont afiez
:',& hardis pour serésoudre à pénetret
bienavant,se serventd'une
-corde
,
dont ils Laissent un
bout à l'entréeafin d'en retrouver
le chemin. Les Momies
qu'onvoitentières font
envelopées de bandes de toile
larges de trois doigts
,
les
jambes & les bras joints ensemble,
comme on les joint
aux petits Enfans. La teste, le
col & les épaules font aussî
couverts de bandes,en force
que le tout n'a la figureque
d'un corps emmaillotté ; mais
ces bandes font tant de tours
& deretours qu'il faut bien
dutemps pour les défaire,&
là dessous on trouve les mains
entières ainsi que les pieds.
Ces corps font embaumez
d'une composition noire,
dure & luisante, dont l'odeur
approc he de la poix
,
quoy qu'elle soit bien plus
agréable. Ce qu'il y a de
fort surprenant, c'etf que la
toile qui ne semble imbuë
d'aucune mixtion, se conserve
pluficurs Siecles
,
sans
qu'il y ait autre chose que
quelques morceaux du desfus
qui aillent en poussiere.
1
Levisage de ces corps estcouvert
de plastre dore, ou d'une
paste de canon qui en rc preente
les lineamens, & lors
qu'onoste cette manière de
marque) ce qui est dessous se
trouve ordinairement gasté,
soit que le visage n'estant
point envelopé comme le
reste, ne puisse resister au
temps, soit que ce qu'on applique
dessus en gâte lachair.
On trouve en plusieurs Momies
au dessous des bandes à
l'endroit de l'estomach ,de
petites Idoles de terre verte
de la longueur du doigt. Les
unes representent des demy-
,, corps d'hommes, les autres
des animaux,& d'autres font
fculement gravées de leurs
hierogliphiquesécritesen or..
Il en estquicroyent que les
Momies font des corps ensevelis
parmy lefable, qu'une
qualité nitreuse & salée qui se
trouve dans ce fable empêche
de fc corrompre, & qui estant
dessechez par les ardeurs du
Soleil, seconservent toutentiers.
Il est vray qu'il fc rencontre
quelques corps parmy
le fable, & cela vient de cc
que quelques uns de ceux qui
restent trop loin dcrricrc les
Caravanes,en perdent lestraces
par les tourbillons que le
vent élevé, en forte qu'aprés
avoir erré quelque temps au
milieu desnuages depouflîerc
dont l'air est remply,ils y
demeurent enfin malheureusement
envelopez,mais quoy
que leurs corps se trouvent
ordinairement entiers,il s'en
faut,bienqu'ils n'ayentles
vertus qu'onattribuëaux Momies.
Un fameux Voyageur
écrit que s'cftant fait descendrc
dans un de ces puits profond
de deux ou trois piques,
il estoit entré dans une petite
chambre dont les murs & la
voûte estoient de pierre & 1
j
oui il trouva trois ou quatre
corps. Il n'yen avoir qu'un
entier, fort grand & large
dans unecaisse d'un bois bien
épais. Ce bois estoit du vray
bois de Sycomore; que l'on
appelle en Egipte Figuier de
Pharaon. Il ne se pourrit pas
si aisément que les autres.
Aussi celuy-là estoit-il encore
entier; &surce boisonvoyoit
taillé en bosse le visage de la
personne dont le corps estoit
dans cette caisse
,
qu'on avoit
eu foin de bien fermer de tous
les costez. Lors qu'on l'eut
rompuë, il trouva le visage
dela Momie couvert d'une -;
maniere de calque de toileaccommodée
avec du plastre,
sur lequel tous jfes véritables
traits estoient representez en
or. En ostant ce marque:
,
il
ne vit aucun reste du visage,
qui est ordinairement réduit
en poudre, parce qu'il n'est
pas facile de le gommer aussi..
bien que les autres parties du
corps. On ne laisse pas devoir
destelles de Momies ajustées
•
si proprement, qu'elles n'empêchent
point qu'on ne voye :
la figure des yeux, du nez ,:
& de la bouche. Le reste du t
corps de cette Momie estoit
emmaillotté avec de petites
bandes de toile,& avec tant
de tours Ôc de retours, qu'il
dit qu'on y en auroit pû
compter plusde mille aunes.
Il y en avoit uneenlong sur
l'estomach attachée avec les
autres bandes, qui estoit large
de trois doigts
, & longue environ
d'un pied & demy. Sur
cette bande estoient plusieurs
lettreshierogli phiquesécritcs
en or. N'ayant trouvé aucunes
Idoles dans la biere, il crut
qu'il y en auroit dans l'estomach
de cette Momie, où
ceux qui ouvroient les corps
- pour lesembaumer, enenfermoient
ordinairement ; mais
il le Se rompre sans y rien
trouver. Ces Idoles font de
pluficurs sortes, & endiver-
"fr les postures. Il y en a de bronze,&
de différentes especes
de pierres & de terres. Outre
ces coffres de bois; il y en a
de pierres, avec le visage de la
personnequ'ils enferment re.
presenté en bosse, & des hierogliphes
tout du long. Il ya
mesmedeces fortes de Caisses
qui font faites de plusieurs
toiles collées cnrcn)blc, &
celles -là ne font pas moins
fortes que celles de bois.
-
Le
Voyageur dont j'ay commen-
-ce à vous parler, assure qu'il
en a apporté une, qui est
fàtic de plus de quarante toiles
que l'on a colléesles
unes avec les autres. ; Elle
est toute couverte d'hieroglyphes
,
&d'Idoles peintes
sur un plastre fort délié. La
première toile est enduite ÔC
un peu gastée, à cause du plâtre
&- écrousté en quelques
endroits. Entrecesfigu-
-
res vers le bas, il y a un compartimentlarge
de deuxpouces
& long d'un pied, qui est
en face en travers de cccre
caisse. On y voit peint de
quelle façon les anciens Egy..-
ptiens embaumoient leurs
corps. Aumilieu de ce compartimentest
une longue table
,taillée en forme de Lyon,
sur le dos duquel le corps
qu'on doit embaumer est
étendu. Auprès de ce Corps
il y a un homme avec un
marque fait en bec d'Eprevier.
Iltient un cousteaudont
il ouvre le Cadavre, & ce
marquequi representelatête
d'Osiris, marque la couftu-.
Jme de leursEmbaumeurs,
qui cherchoientà se preserver
par là de respirer la corruptionquipouvoit
sortir des
corps qu'ils ouvroient. Sous
la table sont quatre Vases sans
ances J
qui ne peuvent faire
entendre autre chose que les
-ï#Vaisseauxoù se confcrvoient
lesdrogues necessaires, tant
pour l'embaumement que
Fi pour l'envelopement & l'incrustation
du corps. Des deux
costerdela table on voit plusieurs
personnes debout, &.
assises en différentes postures,
& au dedans de la bicrc cft ref
presentée la figure d'une Fille
toure nuë qui a les bras étendus.
Une des raisons qui obligeoient
les anciens Egyptiens
à prendre tant de soin de
leursTombeaux,pour lesquels
ils faisoient plusde depense,
que pour les Maisons qu'ils
habitoient, c'est que ces maifons
ne dévoient estre que
pour un petit nombre d'annec.,
au1leu qu'ils regardoient
leurs Tombeaux comme des
Palais que leurs amesdevoient
habiter pendant plusieurssie- * cles.1 Cen'est pastoujoursparla1
grandeur du present, qu'on
fait estimerce que l'on donne.
La gal anterie en fait souvent
tout le prix,& comme
il (si ordinairement plus difsicile
de faire paroistre de l'esprit
dans de petites choses que
dans de grandes, ceux qui
reussissent par le tour, l'agrément
& l'invention qu'ils
trouvent moyen de faire briller
dans ce que l'on peut traiter
de bagatelles, ne meritent
pas de mediocres loüanges.
Voyez Madame, si vous pourrez
refuser les vostres à la
manière toute galante&spirituelle
dontun jeune Cava:-
liers'est fcrvy au commencement
de cette année, pour
faire une déclaration d'amour.
Sur la fin du mois passéunejolie
Demoiselle àqui
il rendoit des soins un pcuaÍfidus.
luy demanda en riant
ce qu'il vouloit luy donner
pour ses Estrennes. Illuy répondit
qu'elle le verroit ,&
qu'il y avoit déja pensé. Cette
reponse qui pouvoit le
~marre en droit d'aller plus
loin qu'elle n'auroit souhaité,
fit qu'elle ajoûra que si elle
consentoit à recevoir un pre,
sent de luy,c'estoit à condition
que ce Present feroit d'une
tres- petite conséquence ,
ou plustost qu'il n'auroit
point d'autre prix, queceluy
que son cfprit luy pourroit
donner, sans quoy il pouvoit
se tenir seur à d'estre resuré.
Ces paroles furent prononcées
d'un air qui fit sentir au
Cavalier qui la connoissoit
fort reservée
,
qu'ilfalloit luy
obéir sans réplique
, &que le
refus luy estoit feur s'i l passoit
les bornes qu'elle luy avoit
prescrites. Il y avoit fort long
temps qu'il aimoit la Demoiselle,
sans qu'il eust osé se de*
clarer autrement que par fès
yeux, dont lelangage avoij;
deu se faire entendre. La civilité
,
la franchise
,
& le favorable
accueil dont ses foins
estoient payez, avoient pour
luy un charme sensible, mais
tout cela ne se rendoit qu'à
l'Amy qu'on vouloit trouver
en sa personne, & il sembloit
que l'Amant n'y puft prendre
aucune part. C'estoit cependant
en cette dernière
qualité
,
qu'il eust bien voulu
que l'oneust,rendu justice à
sesaffiduitez,& brulant d'e.a.-
-
vie de se declarer
, ilprit
l'occasion quis'offroit. Il vint
saluer la Demoiselle le premier
jour de l'année & luy
mitune petite boëte entre les
mains,en la priant de ne point
l'ouvrir qu'elle ne fust feule.
Comme il la vit obstinée à
vouloir sçavoir ce qu'il avoit
mis dedans, il se mit à rire, &
luy dit qu'il avoir suivy sesordres,&
qu'ellen'y trouveroit
rien autrechose qu'un Oiseau,
qui n'avoit point encore pris
l'essor. L'impatience où elle
parut de s'éclaircir mic:ux..l'o.
bligea de la quitter sans luy
parler davantage. Il luy promit
seulement de revenir la
voirsurle soir, pour apprendre
d'elle comment elle aurait
traité son Oiseau, & si
son chant l'auroit satisfaite. A
peine fut il sorty qu'elle ouvritla
Boëte sansen examiner
lecouvercle
, tant elle avoit
envie de sçavoir dequelle nature
pouvoit estre un Oiseau
si petit & si tranquille; mais
elle sur bien surprise de n'y
trouver que trois pains de cire
gros comme le bout du
doigt, & arrangez au fond de
la Boëte. Le premier citoit
blanc,le second rouge, & le
troisiéme vert. Elle leut sur
le premier,Simplicité, sur le
second, d'un feu,& sur le troisiéme
,quise nourritd'esperance.
Ces mots estoient écrits
sur la Cire en un caractère
, fort ner, quoy que fort petit,
Se avoient rapport aux couleurs
des petits pains sur lcfquels
on les lisoit;laSimplicité
au blanc, leFeu, figure
de l'amour,au rouge. &l'Es-
| perance au vert; la Belle
| comprit aisément le sensde
ces paroles,& quand elleauroit
voulune les pasentendre,
les Vers suivans qui estoient
dans le Couvercle delaBoëte
écrits avec du Cinabresur une
feuille d'or collée sur le bois,
ne l'auroient laisséedans aucune
incertitude,
Aulieu deces Couleursquiparlentde
majltimc
Je vouion, belle Iris, vous çrefen*
ter mon Coeur,
Mais voyez qut!juflt blâme
Auroit¡ùi,,:); mon trretir.
Ce Coeury c^mhr.cCoeurdontjefaU
fois ldrgrffi
)
Ce Coeur ejlaità nous3 vousen rjltJ
Maijlnjfe.
Lors que la Belle cut tiré les
- Pains
Pains de Cire hors de la Boëte,
elle leut dans le fond cet
autre Madrigal
,;
qui estoit
-
écrit comme le premier.
i Ne vous ofinfez, pas demon jifJare
avcu.
Belle Iris, cet amour mii veut enfin
paroifre
,
Et devantvous sàrcéclaterfort
pu ,
Vousnele pouvez, méconncijlre.
C'ejl vofre Eafnt
, vos chômesL'ont
fait nafre.
1 Tout le dedans delaBoëte
estoit doré, & le de hors azuré.
Les Chifres de la D moiselle
& du Cavalier esteient
sur le couvercle, enrr,elace"z"
avec beaucoup de delicaresse,
& couronnez d'une Guirlande
dont les liens les entouroient.
Au dessous de ces Chifres,
il y avoit un Coeur en—
flamé> percé d'une Fleche
donc la pointe sembloit me»-
nacer un autre Coeur» qui
n'estoit point enflamé avec
ces mors à l'entour, S'il pouvoit
y estre sensible. A costé de:
Chifres estoient de petits vases
brulans ,avec ces mots au
dessus, Rien de plus pur, roussi
cela en or sur l'Azur, & travaillé
avec une propreté char-*
mante.Aussi laBelle ne put-elle
revoir celuy qui luy avoit
fait ce galant Present,sans luy
dire entre autres choses que la
veuë de son Oiseaul'avoit
agreablement surprise, qu'clleenauroitsoin,
& prendroit
mesme plaisir à entendre Ton
ramage.
Voicy une autre galanterie,
faire par un homme d'un merite
distingué. Une aimable
Demoiselle ayant distribué
unGasteau le jour des Rois, iltrouva un coeur de ~sucre au
lieu de féve dans la part qui
- luy écheut, & luy renvoya c-zcoeur
le lendemain, avec Cee,
Vers.
A MADEMOISELLE T. ROJ de la fève, ou Roy d'lin
coeur,
Cela m'tjl tout égal; une telle avantare
JLuft efic pour un autre unfavorable
augures
Maismoy
,
sur qui l'amour exercesa i
rigntur,
Jene laprendray point pourmarque )
de bonheur.
Je veux plûtost du Sort adtnhtr le 1
caprice,
.f<.!!i ma donne sans choix &finI' difeerntment>g
€e que je ne croy pas meriter
Hf),
moment. 4
Tour reparerson injujtice
Et (on bizarre aveuglements
Souffrez,, belle &jeune Erunette,
£)uentrevcs trainsaujourd'huy je
remette
Des bieu(lui ne (Clmroicr;t cftre trop
J j j>}.' tojï rendusy
Puis que etjl à vous fuieà qui les
coeurs fontdia.
La galanterie n'a pas seulement
lieu dans les choses
où l'amour prend quelque
part;il ~suffit d'avoir de l'esprit
pour la faire entrer dans celles
qui sont les plus serieuses, &
c'est ce qui a paru dansun
prefcnt d'un Voile de Calice
.fore riche, fait depuis peu à
Mr l'Archid iacre de Paris.
Ce Voileestoit envelopé de
telle forte
,
qu'en défaisant
le paquet,on voyoit d'abord
desrasses dePorcelaine, des
cueillers de Vermeil doré
pour prendre du Café, & de
petits pains de Sucre de law
longueur du doigt.Pour
mieux trom per cc l u y à qui
ce presentestoit adressé, on
avoit écrit sur le paquet, Excellent
fajr. Ces tasses & ces
cueillers luy avoient esté prises
par plaisanterie, sans qu'il
s'en fust apperceu ,
& on luy
en faisoit la restitution, en !
envoyant le Voile, que l'on
accompagna de ces Vers.
E fuis un petit Frcfent,
Ou que Lon donne,ou que lon rend;
Car ness-ce pas un trait plaisant
De faire ejirenne à quil'on prend?
VEtiquete trompe souvent,
C'efl là
)
dit-elle, en me celant,
Du vray Café de Levant.
Il ejJtrfs bon, tres-excellent;
Archidiacresçavant,
* fuçczt-en en le bûvant.
.Æ!se dites-vous en me developant
DesTaffis
,
des Cueillers, du Sucre
de Bantan ?
Vous devinez, en vous trompant.
^uoydonc, duChocolat?N'en d(;'
mandez, pas tant.
Comme a ce premier jour de l'an
Jeveux par toutrimer en an, fe ne jçauroisainji rimant
Mi declarer cnmt nommant; mai,,vajez pourquelquesmomens
- Sivray u dis, ou Ji je mens.
lV?'oQ,'!:J:S(J::;:¡n:. dJi¡C êniÇ7'¡lidtjdJJ(~ v.INZ, donc ênigmatiquem:
nt
JJu'k-m*riol:,agréableInftrttment,
1A: dtclareJujjifammcntî
C.ir fins un grand dérangement,
Sans m'ychercherpenibumeat
JCous m'y Jrvuvert:{ fruremtnt.
C'efl !1:. d'écLiirciJ]h,-;c,>u\ --'/- sevoussouh.iïtc le lu !Viole0<»J /uHe,,
Il y a prés de quatre ans que,
les Peintres & les Sculpteurs
de la Ville de Bordeaux formerent
le desseind'yétablir
une Academie de Peinture &
de Sculpture, sur le modelle
de celles de Paris & de Rome.
Ils y trouverent d'abord de
grandes diffucultez qu'il fallut
lever, & ayant eu enfin l'avantage
d'en venir à bout,
ils obtinrent l'Esté dernie«r les
Lettres patentes qui leur et
toient necessaires pourcenouvel
établissement Ou peut
dire que les soins de Mr le
- Blond de la Tour., qui se
trouva à lateste de saCompag
~le ,
n'y contribuerent pas
peu. Je ne vousdis rien de luy.
Sa capacitéest allez connuë
par le Livre qu'il a composé
sur le mélange des couleurs.
Ils choisirent Mr l'Archevêque
de Bordeaux pour leur
Protecteur, & Mr l'Abbé
Bardin, Archidiacre de cette
Eglise
,
leur donna une Salle
dans le College de Guienne,
dont il est Principal, avec
l'agrémentde t'ifs les Jurats,
qui sont les Patrons de ce College.
Par un Reglement de
leurs Statuts, ils sont obligez
de faire celebrer tous les ans
une Messe ~solemnelle pour la
conservation de la Personne
sacrée du Roy. Ils voulurent
faire l'ouverture de leur Academie
par une action digne
de leurzele & choisirent pour
celale Dimanche i6.dumois
passé. Ilsposerent le matin un
Buste du Roy sur la porte de
l' Academie
, au bruit d'un
grand nombre de boëtcs, qui
tirerent encore plusieurs fois
pendant le reste dujour. Sur
les dix heures
,
Mrl'Archevesque,
accompagné de ses
- Vicaires Generaux & d'une
partie du Chapitre, Mclà
Marquis deSourdis
) Commandant
dans la Province,
suivy de beaucoup de Noblesse,
Mrs les ~Jurars en habits
de ceremonie.&un grand
nombrede Pcrfonncs de qualité,
de l'un & de l'autre Sexe,
se rendirent dans la Chepelle
du College, où l'on avoit élevéun
Trône à la hauteur de
cinq pieds, pour y placer le
Portraie du Roy. La Messe y
fut chantéeparlaMusique,
& ensuiteMr l'Abbé de Barré
prononça le Panegyrique - de
Sa Majesté, avec une grace & -
1 iùuM 171
tne éloquence qui charmerent
toute l'Assemblée. Il est
impossible de parler avecplus
de justesse, de goust & de
discernement sur unematiere
dont les tours mesms sont
usez, & il seroit à souhaiter
quesamodestie ne s'opposast
pas à rendre public un Difcours
dont la Itatire feroit
mieux son éloge,que tout ce
qu'on pourroit dirt à son avantage.
On commença le
lendemain les Ecoles publiques
de l'Academie, quidoivent
continuer tous les jours.
Ily a déja un grand nombre
d'Eleves, & on ne doit crpe.2'
rer que de grands fruirs d'un
établissement si utile. Si cette
Academie a choisi Mr 1tAr..t
cheveeque de Bordeaux pour
son Protecteur, ce n'a pas etté-1
seulement par la consideration
qu'on doit à sa dignité
mais encore parce qu'ayant
demeuré longtemps en Italie,
il a une connoissance parfaite
des beaux Arts. Vous sç ive
que ce Prelat eit de la M..fo
d'Anglure de Bourlemontd'une
des plus anciennes Nof
ble{Te< deFrance.Elleestalliée
auxMaisons d'Arragon,d'Aquaviva
,
d' Aspremont, '&'
autres Familles considerables.
Ellea letitre deDuchéd'Atry
au Royaume de Naples. Ce
Duché fut confisqué par les
Easpgnols, à cause que le
Duc d'Atry de ce temps là,
s'estoit mis fous la proteéllon
de Charles VIII lors
qu'il fit 1ta Conqueste de ce
Royaume. Mr de Bourlemont,
presentement Archevesque
de Bordeaux
,
fut en';'
vové à Rome en 1658. en qualité
d'Auditeur de Rote pour
la France. Pendant qu'il a
exercécette Charge,il a eu
le soin des affaires du Roy et
l'absence des Ambassadeurs
de Sa Majesté,&futPlenipotentaire
au Traité de Pise,
où il obtint routes les farisfa--
6tions que le Roy demandoit
pour l'Attentat commis par
les Corses, Soldatsde la Garde
du Pape Alexandre VII.
en la personne de Mr le Duc
de Crequy
,
Ambassadeur de
France à Rome. Il a heureusement
rcuffi dans plusieurs
Negotiations tres-importan-i
tes pour les Conclaves, pounj
le Mariage delaReinede
Portugal
> avec le Prince Rc;
gent,FrereduRoy Alphonse,
& pour toutes les affaires de
consequence, concernant le
service de Sa Majesté, qui ont
pasle par ses mains. Les sujets
qui ont ces heureux Talens &
ces grandes Prerogatives de
lumiere ôcdcfàgtflc ne manquent
jamais de remplir avec
beaucoup d'avatage les Postes
où leur merite les fait placer.
, Il arrive toujours quelque
changement dans la Medecine.
Son Altesse Royale Mademoiselle
d'Orleans
aCI-mifir unpremier ,Mayeadnet-
1. cin
3
s'est enfin determinée à
fc confier à Mrde Provansal, ]
qui est duCorps dela cc l e bre i
Facultéde Montpellier.C'cftr
un homme qui possedetoutesT
les Sciences dans un haut degré.
Il y a plus de vingt ans
qu'il employé les lumieres dcî
Ion arc dans les Armées dur
Roy avec beaucoup de succés,
& une approbation génerale.
Depuis que Strasbourg
est fous l'obeissance de SaMajesté
,
il a toûjours derneufÍ,",
danscette Place, & c'est de làjj
que cette Princesse l'a fait ve-i
nir, ayant fait demander (ont
congé à la Cour, pour l'avoir
àson service.Il n'cft passeulement
des plus habiles dansce
qui regarde saProfession,mais
il a d'ailleurs tout le merite
d'un fort honneste homme.
On a imprimé un Livre
nouveau, qui doit estre fort
utile à ceux qui s'adonnent à
la Medecine. Il est de M Callard
de la DÛ'luenc,Professeur
Royal à Caën, & contient
l'étymologie de plus de trois
mille mots qu'il a expliquez
dans les Ecoles publiques de
Medecine, à la pnere deceux
qui sont venus prendre ses Leçons.
Ce Livre cft intitulé
L.xtconMedieidm Etymvlogi-
.cum, &, se débitechez leSr
M'chaliet, ruë S. Jacques,à 1Image de laintPaul.
Quantàla Livre de M' Mijiot
donc je vous parlay la derniere
fois,&que vouscraignez
que vos Amis ne trouvent
pas aisément, parque je ne
vous en ay pas assezbien marque
le Titre, je vousdiray
cju'il se trouve ruë S. Jacques
au Saint Esprit, & qu'il cft-J
intftulé-'; 7Jc la nature 0* des
causes de la Fièvre, du légitime*
ufige de la Saignée»&des Pur.
taiifs
) avec des experiencessurle
Quinquina, f0 des réflexions
sur les effets de ce Remede.
On debite depuis peu un
autre Livre nouveau, ruë de
la Harpe
,
à la S phere. Il a
pour titre, Caracteres naturels
des JF/ommcS) & contient cent
Dialogues. MrBordelon en
cft l'Auteur. Son nom vous
cft connu par plusieurs autres
Dialogues de sa façon sur les
choses difficiles a croire, que
vous avez leus avec plaisir
dans mes Lettres. Jecroy que
ces nouveaux Dialogues ne seront
pas moins de vôtre goût.
Ils sontcourts J& l'on y trotlve
d'abord le Fair, ce quin'est
pas ordinaire. Il faut qu'un
Auteur prenne beaucoup dcL
pouvoir sur son esprit pour
l'arrester quand il veut.
Je viens à un Livre que vous
attendez depuis long-temps,
&pour lequel le bruit qu'il a
fait dans les lectures, vous a
prevenuë avec beaucoup de
justice. C'est un Poëme de
Mr l'Abbé de Villiers sur:
l'Amitié.Il estdivisé en qua-,-,il
tre Chants. Le premier renfermeune
description des
avantages de l'Amitié en ge—
ueral.L-c fccond roule sur les
choix des Amis; letroisieme
sur les Vices qui peuvent corrompre
l'Amitié, & favoriser
l'entestement, ou la lâcheté
des Amis, & le quatriéme
enseigne quels font les
principaux devoirs de l'Amitié.
Vous sçavez par tout ce
que vous avez veu de Mr
l'Abbé de Villiers ,
qu'il a
l'cfprit fin, aisé
,
délicat, &
que tous ses Vers partent de
Source. Combien a-t-on fait
d'éditions de l'ArtdePrescher,
& avec quel plaisir ne l'a-t-on
pas leu, quoy qu'elles ayent
esté faites sur une Copie derobée,
& par consequent im-;
parfaite & peu correcte. Ora
en a déja. faitcrois des e flexions sur les Defauts d'autruy,
& ilne faut rien de plus
pour justifier de quelle beau^d
té font ses Ouvrages. Le dernier
de l'Amitié, cil assurément
digne de luy. Vous y verrez
du sublime & de l'agréable
Aussi peuton dire qu'il
trouve l'artd'y conserver (OH
le sel, & tout ragrerpent «
la Satyre
, en y obligear
pourtant tout le monde. Il
yous
parleroisplusampl~
ment de cet excellent0~
ge^
getsi je n'estois asseuré qu'en
le lisant, vous le trouverez
beaucoup au-dessus de tous
les Eloges que j'en pourrois
faire. CeLivre le vend chez le
tSt Barbin.
J'acheveray cet article vous en apprenant une chose qui
voussera sans doute agreable.
Vous vous estes plainte plusieurs
fois,ansi que bien d'au-
; tres, du peu de foin que les
Libraires de Paris avoicnr eu
des Oeuvres deMrsCorneille
Freres, dont ils donnerent en
Li68i.une Editionenneufvo.
plumes si pleine de fautes, foie
pour un grand nombre de
Vers entiers oubliez, soit pour ]
uneinfinité demots changez,
ou obmis, qu'on peut dire que
c'est ne les point avoir, que 1
de les avoir d'une édition si|
defectueuse. Il est impossible
d'y trouver du sens en beaucoup
d'endroits. Les personnages
y font souvent confondus.
On donne à l'un ce
qui appartient à l'autre, oui
l'on donne au mesme Acteur
sansrien separer,ce que deux
Auteurs doivent dire. Il n'yai
presquepoint de Piéces oui
l'on ne trouve pluficurs foi$|
quatre masculins, ou quatre
feminins de suite & cela est
cause qu'on neconnoist prêt
que rien en ce qu'on lit. Vous
serez bien aise de sçavoir qu'on
a enfinreparé cette négligence
par une nouvelle Edition,
qui commence à se debiter.
On s'est si bien appliqué à la
rendre correcte
)
qu'on a lieu
de croire que le public en sera
concent Le Theatre de feu
Mr de Corneillequiestoiten
quatre parties
,
est presentetl11ent
separéencinq, & on l'a
fait afin que IcsVolumes étant
ijnoins gros, se puissent ou*
vrir plus facilement Les Examens
particuliers de ses picces
qui estoient rous ensemble
au commencement de chaque
Volume
, ont esté mis
chacun à la fin de chaque piece,
ce que l'on a cru plus à
propos, parce qu'il est naturel
de lire un ouvrage, avant
que de lire l'examen que l'ont
en fait.On trouvera plusieurs
changemens dansles cinq VcM|
lumes qui ont pour tierce
Poëmes Dramatiques, & qui
font de MrCorneille son Fre-i
re. Ces changemens regardent
ce qu'il a trouve dansse
Pieces de moins correct pour
la Langue,& sur rout plusieurs
façons de parler, qui
estoient encore autorisées par
l'Usage il y a vingt ans,
comme alors que, pour lors
quei lors pour alors, dedans,
dessus, & aejjous3 pour dans,
sur &sous. Le quatriémeVolume
aestéaugmenté du Festin
de Pierre, dont les Comediens
donnent chaque année
plusieurs representations,
&qui n'est pourtant de luy,
qu'en ce qu'il a mis en Vers la
Prose du fameux Moliere, à
l'exception de quelques cn.
droits un peu délicats,&des
Scenes où ilparoist desFemmesautroisiéme
& au cinquiéme
Acte,&qui n'estoient
point dans l'Original. On a
misaussiàla findu cinquiéme
Volume lesdeux Discours
qu'il a prononcez à l' Academie
Françoise. Ces dix Volumes
se debitent chez les StS de
Luines, Trabouillct
j
sogne.n**&B.cI:-
Le Samedy12. de ce Mois.
Mrs de l'Academie Françoise
s'estantassemblez pour la pro- 1
position du Sujet qu'ilsjuge- !
roient le plus propre à remplir
la place quela more de
Mr le Clerca laissée vacance,
MrdeTourreil futceluy qui
cmporra la pluralité des Voix.
Mrl'AbbéRegnier Secretaire
perpetuel de la Compagnie,alla
le lendemain rendrecompte
au Roydece quis'étoit paue,
& Sa Majesté agréa qu'ils le
choisissent
, ce qui fut fait
dans l'Assemblée du 19. du
mesmemois, où par le second
Scrutin tous les suffrages tomberent
sur luy.C'est un homme
de naissance
,
qui s'est toûjours
rendu fort confiderablc
par lestalens de l'esprit. Deux
prix qu'il a remportez pour
les pieces d'Eloquence au ju- 1
gcmcnt de l'Academie) étoient
un préjugé favorable ( qu'il y mériteroit bien-tost
une place, & l'excellence tra-!
duction qu'il nous adonnéej
des Harangues de Demofte-
DC ,
l'a fait voir très-d igne de
la repuration qu'il s'eftoic
déjaacquise; mais ce qui cft
au dessusde tour, c'estde voir
qu'un grand Ministre
,
infiniment
éclairé en toutes choses
, l'ait choisi comme un
homme de Lettres ,
& d'un
merite distingué pour l'attacheràM'sonFils
»Ilferarc- i
ceule mois prochain dans la
Compagnie, & ce fera un
nouvel article pour la première
Lettre que vous recevrez de
moy.
Quoy que la Capitulation
de Limeric ait esté faire dés
le mois de Septembre,elle ne
laissera pas de paroître nouvelle
,
puis qu'il n'en a couru que
tres-peu decopies, & que ce
n'estoit mesmeque des Extraits.
D'ailleurs, cette Capitulation
que je vous envoye
trad uite de l'Anglois, cft un
fort beau morceau d'Histoire
à garder,& l'on en voit
dpeeu de mieux entenduës, &
plus nettement expliquées.
On peut dire aussiqu'il n'yen
ajamaiseu,oùilau été permis
au Peuple de toutun Royaume:)
de passer dans un autre.
Le chagrin de ceux qui fonc
demeurez en Irlande fait voir |
que la pluspart des Habitans
en feroient fortis. s'il avoit
cité facile de traverser les *
mers, &si ceux qui fouhaitoient
de passer en France
n'eutrent point manqué de
Bastimens. On connoi st par
l'empressement des Irlandois.
à quitter leur Patrie, combien
les François se font fait aimer
& estimes pendant le temps
qu'ils ont esté en Irlande, puis
qu'on a marqué tant d'ardeur
pour les suivre, & pour venir
voir la France, qui semble
n'avoir esté attaquée de touces
parts, que pour faire mieux
brillersagloire,& luy donner
lieu d'augmenter toujours le
nombre de ses conquestes,
ARTICLES
DE LACAPITULATION
DE LIMERIK,
Faite entre M s les Lieutenans
Généraux Dusson & de
Tessé,Comma-,nd-ansen chefl'Armée
Irlandoise
,
d'une
part; & Mr le General
Guinkel, commandant en
chef l'ArméeAngloise,
d'autre part&autresOfficiers
Generaux qui ont signé
ces Articles le 19. Septembre
1691.
Q I. V*tlferapermis À toutes
fortes de personnes* de telle
ero !J.¡
qualité & conditionqu'elles
Jfuiffenteflre sansaucune exception,
qui loudronc Jortir du
Royaume d'Irlande, de se retirer
outre Mer dans tet Pays qu'ils
voudront, excepté l'Angleterrei
& l'Ecç/pt avcc leues Famillts,
Meubles, yaijfellesd'argent &
JOYAUIX. I.Q!!.: tous les 0Offfficciieerrss CGeénneé---
raux ,
Co/o~~/c~ autres Offt.
ciers generalement quelconquei,
tant de Cavalerie,Dragons
t
que £Infanterie* tous qarJ"
au Roy, Cavaliers, Dragons&
Soldatstels qu'ils puijjent eflrt,
gen quelques lieux qu'ilssoient
en garntfon dans les Places &
Tofles occupez prejentement par
les Irlandois, ou campez.. dans
les Comte^mde Corke> Clare, &
Kerri
, & mesme ceux quon
appelleRâperiez ou volontairesp
lesquels voudront pjjftr outre-
Mtr comme il cil cy-devant dit,
Joit en Corps comme ils font prefintenzentcomposez
) avec une
partie d*iceux> ou avec leurs
Compagnies, ou autrement > auront
la liberté de s'embarquer
dans les lieux oùferont les Vaisseaux
qui devront les transporter
jam quilleur fait fait aucm
empeschement.
,
m. -
Que toutes les personnes cy
dessus dites qui voudront sortir
dudttRoyaume pour pajjer en
France, auront LA liberté de le
déclarer dans le temps écheu cytprés
marqué,fça*voiry les Troupvreoscqhauiin*
font à Limerik Mardy
la Cavalerie dans leur
Camp Mercredy) e les Troupes
qui font di[posées dans les Comtez
de Kern, Clarre, & Corkç
le 18. du prejent mois e en nul
dutre temps, (y que cette déclaration
fera faite pardevant Ait
de fumeron Intendant franpis,
gr pardeyant Mr le Colo:
nelVvithcrSy cm apréi que cette
..aeclarati,nfera faite lesTroupes
qui devront paJJer en France,
refieront fom la dtfcipline &
commandement des Officiers qui
dtvront lesy conduire.
IV.
Que tous les Ofifciers
3
tant
'AngloisquEcoffois, qui feront
presentement en Irlande »profiteront
AUJJI de la presentecapitulation
, tant par la joüijJanre de
leurs biens en EcossejAngleterre
& Irlande s'ils y veulent demeurer,
que pour pajfcren Francey
ou dans tel autre pays qu'ils..
voudront, s'ilsdéfirenty auer,
v.
Que tous les Officiers Généraux
fraflfois
5
/ntendant» les
Ingénieurs de Guerre )& d'Artillerie
i Cm autres Oiffciers François,
Etrangers, & dutresgeneralement
quelconques qui font
dans Limerilz, Pec., (Iarre)
dans les Troupes, dans le commerce
ou autrement) & de telle
qualité(g) condition qu'ilssoient,
auront aussi la liberté depasser en
France ou aiUeurs>& de lembarquer
avec tous leurs chevaux, éq
jj c
quipages)argelnle)tp>afpvierasi
~<y effets de telle nature qu'ils
itouiffent efire
,
âr MCle Grnfrttl
Guinktl leur fera pareillement
donner desTasse-ports
,
desEscortes
&des Vivrts, tant par
eau que par terre, pour en faire
<
en feuretc le transport depuisi
Llmenk jusque dans les Vaif- -
féaux où ils devront estre tm--
barque^fanspayer aucunes cho-c
ses pour raisondcfdit.es voiturt*^
ny À ceux qui feront employe
avec leurs Chevaux
,
Charettes^
Chaloupes r& Bateaux.
VI.
Que lil y a quelque chof1
desdits équipages, Marchandifesq
Chevaux, Argent, VaiffiUes,
autres Hardes,) & ujlencillcsc.
appartenant tant Aufdites Troupes
lrlandoifes) qu'aux Officiers
Franfois, & autres particuliers
tels qu'ilspuissenteflre, de pris
ou pille par les Troupes dudit
General Guinhl, ledit General
les fera rendre & reflituer ou
payer, felon l'efitmation qui en
fera faite par ferment de ceux
qui auront ejléainsipitle%> &
lesdites Troupes Irlandoifes &
autres personnes de leur fuite observeront
le mefmc ordre dans
leurmarche Cm leurs quartiers)
w
@Jfeyont rendre ou payer ce qui
ffera aujJipris dans le Pays.
vri.
Que pourfaciliter ledit embarfjuernent,
le GeneralGuinkel
fournira cinquante Vaijjeaux du
Port de deux cens tonneaux
chacun, sans que l'on foit oblige
d'en payer aucune chose3 e en
cas qu'ily en ait quelqu'un d'une
moindre chargt
>
il en fera
fournir une plusgrandequantité
qui fupléra au deffault de ceux
qui neferont pas du Port dedeux
cens tonneaux, & donnera ausi
deux Vaisseaux de Guerre pour
tmharqucrlesOfficiers princi-
«
paux , &serisy d'escorte aux
Vaisseaux de Cha-rze.
VIII.
GhSun Commijjaire fera enwoyé
immediatement a Coykc
poury lifter les Vaiffiaux def
tinez pour le tranfport^defdites
Troupes, & voir en quel efiat
ilsfont pour les mettre en Mer,
&aujjl'toflquilsferontprefls à
faire iode* les Troupes qui doivent
eflre transPortées marcheront
en diligence par le plus court
chemin
>
gr s'il y a encore des
hommes À transporter au delà de
ce quil en pourra contenir dans
lesditscinquanteVaiJ].eauxfceux
qui refieront quitteront la Ville
Angloije de Limerik, &Je metw
tfont dans les quartiers qui leur
feront marque&qui feront
les plus commodes pour le trans
fort desdites TroupesJoù ilsref
feront jufquà ce que les autres ?
1nngt Vaisseaux qui ferontfour-
- visdans un mois au plus tard,
soient prefls, & t en attendant ils,..
pourront s'embarquer sur les
VaisseauxFrançois qui
tourrona
arriver icy.
IX.
f Que lesdits Vaisseaux (eronnj
fournis de fourages pourlesche-J
'Vaux, $ de vivres neceffatresi'
pour ta fuhfifiance des OfficiersJ:
Qavahers
>
Dragonsygr Soldats^
st) des autres personnesqttils
pourront transporter> lesquels on
payera après que le tout aura
ejié débarquéaThreflott a Nante,
sur les cojies de Bretagne, ou
dans aucun autre Port de Fran.
ce où le vent les portera, en -
payant au prix que le Roy a
accoutuméde payer pour de pa*
reilstransports.X.
Que pour la feuretestant du
retour desdits Vatjfeaux(jue dit
payement des vivres, il fera
laijïé des Oflagessuffîsans.
XI.
Que les Çarnifons des Chaj
fitaux de Clarrr) RoJJe, les
autres Troupes d'Infanterie qui
-
font en garnison dans les ComteZ
de Corksy Clarre> st) deKerry,
jouiront de la prejente Capitulation,
& ceux desdites Gar..
nifons qui veulent pAsser en
Jftance,sortirontavec leurs armes9
bagages, balle en bouchet
tambour battant, miche allumée
par les deux bouts
»
Ensèignes1
déployées, & les provifons de
bouche avec la moitié des mu~ i
nitions deguerre qui y pourront tflre,passeront avec la Ca~*
valerieys'il ny a pas aetz, de i
Vaisseaux avec le premier Corps 1
d'Infanteriz :
d'Infanterie qui fera transporte
après la Cavalerie, auquel effet
Mt le General Guinkjl leurfera
*fournirdesvoitures r:7 des viivres,
dont elles auront besoin
pour leur (ubjiftancependant le
temps quelles feront en chemin,
eennppa~yyaannttpopuorulrelfeStes provisions
où ils les prendront dans
leurs Magajins.
XII.
Que les Troupes de Cavalerie
& de Dragons qui font dans less
dits Comtez, de Qorkf
, Kerri &
>Clarre
>
jouiront pareillement de
icettc Capitulation> & .iju'en attendant
qu'on puisse faire embarquer
ceux desditesTroupes
qui veulent pagtr en France, il
leur fera baillé des quartiers dans
j
les Comte7, de Clarre de Ker-
-
ry )
fepart:C de ceux des Troupes,
commandées par leGencral Guin*4
kelipouryfubfîjler, en payant^
à la refervt du fourage dr de lad
pasturet qui leur feront fournisv
gratis. XIII.
Jgue ceux de la Garnison.dtal
Sleiço qui ont joint l'Armée IrÂ
landolfe, jouiront pareillement
de la Capitulation) ri1 qu'ilfer,.
envoyé un ordre à ceux quifond
chargez de les efeorter
>
de M
.mener ince/Jamment a Limerich
par,leplus court chrmin.
XIV.
ue l'on pourra embarquer
avec lejdites Troupes Irlandosses
neuf cens C'hevauxJ cornpris
les chevaux deÍ Officiers, f0
que le transport en ferafait gratis
A l'egar-d de Cavaliers qui
veulent rester icy , ilsdifpofront
d'eux-mefn;es comme hon leur
semblera, en mettant leurs chevaux
&leurs armes entre les
mains de tellespersonnes que leGeneral Gutr.kfl rsiiXlV. 'll.oudra. fera permis à ceux qui
feront prépofekpourprendrefoin
de la (ubjiftance de ceux de la
Cavalerie qui voudront paffir
en France
3
dans la quartiers qui
leur feront ajjtgne^> d'acheter
du grain ù du foin par tout où
ils en pourront trouver, sans
aucun tmpêchement, au prixdu
Roy, & qu'il fera permis d'en
faire voiturer de toutes les autres
provisions necessaires de la Fille
de Limeric, cm pourcet esset Ai1
le General Guinkflfera fournir
les voitures necessaires pour la
1
transporter dans let endroits où
!
lesdites Troupesdoiventejire i
ernbaïquées.
XVh
QtSiî fera permis aufft de
seseruir du foin qui efl en
provifon dans le Comté de Kerri,
pour la nourriture des chevaux
de la Cavalerie qu'on embarquera,
& s'il n'yen a pas fùffifammenty
qu'il fera permis de
* faire acheter du foin & de lta-
*voinc
par tollt où l'on en pourra
trouver au prix que le Roy ['achete.
XVII.
Que tous la Prisonniers de
[3LHefre qni efloient en Irlande
l le 18. de Septembre, feront rendus
de part & d'autre, dr Af le
General Guinkel promût de lem:
ployerpourfaire donner la liberté
pareillement à aux quifont
enAngleterre & en Flandre.
XVIII.
Que le General Guinkel fera
fournir les alimens & mediedmens
necessaires aux OjJiciers)
7Jragons
3
Cavaliers & Soldats
des Troupes lrlandoifu, malades
ou bleez
à
qui ne pourront pat
estre embarque% dans le premier
embarquement que l'on fird) dr
après leurguérifontquilleur fera
donner des Vaisseaux pour paffir
en France, s'ils veulentyaller.
XIX.
ghfen fiznant la prefente Capitulation>
le General Guinkel
donnera un 'Paffiport pour tnnoyer
un VaiJJeauexprés en
France
,
(ij qu'outre cela ilfournira
deux petits Bastimens de
ceux qui font presentement dans
la Riviere deLimerich3pourtransporter
en France deux Personnes
que Ionfouhaiteyenvoyer pour
informer du presentTraitej &
que les Commandans defditsBastimens
auront ordre de débarquer
apuorptreerma.ieerr Port ootùi le vent Ilcui
e x x. tous ceux defdites Trou*
pu
y
foit Officiers ou autres> de
tel caraflerequ'ils puissentestre
» lesquels voudrontpa^ren France)
n'en pourront estre empefche%
pour dettes, ny Jous aucun autre'
pretexte que ce puisse eflre.
-
XXI.
Que si aprés la signature du
present Traités &avantl'arrivée
de la Flotte Françoise> il
arrive une Cornette de France,
ou autre Vaiffeaudeflmépourle
transport des Troupu en quelque
lieu d'Irlande que ce sist
,
le
TafSsport fera donnépar M1 le
GeneralGuinkfl>nonfeulement
pour envoyer qui on voudra à
bord duditVaisseau, mais efftore
pour lefaireven ir dans le Port
le plus près de l'endroit où les
Troupes qui paieront en France,
feront de quartier.
XXII.
Qu'aprèsl'arrivée de ladite
Flotte on pourray communiquer
librement des quartiers des Trou»
peSitant pouraller que pour retenir
,
particulièrement tous
ceux qui auront des rpaffiports
du Commandant deladitteftlot-
Ite, cm dufteur de Fumcrcn Intendant.
XXIII.
En consideration de ladite QapifUtation
,les deux Villes de Limericb
ferontrendue* ffr) mises entre
les mains de Mr le General
Gnink.>on de telle autrepersonne
quil commettra,dans le temps
di h >jours cy*après>sçavoir la
i
ViUe Irlandoifè le jour de la fi-«
gnature du present Traité.AI
l'égard de la Ville Angloijejelle*
refleraavec l'Isle&lepassagei
libre du Pont du Shaunou entreI
les mainsdesTroupes Irlandoife
qui en composentprcfentement la^
Garnijon
, ou qui pourront a-*?—'
nir cy-afrés des Comtcg,, de Cor-.,
ke
kf ) Kerri, ClarTe, Sleigo, CM
>
Kerrt3Çlarre,Sleîgo,&
autres lieux dont il est parlécjdevant
)
jufqua ce que l'on trouve
la commodité de les faire
transPorter.
XXIV.
Zt4e pour empefeher le defor-
dre qui pourroit arriver entre l,a
Çarnifonque le gerJtral
Guinkd mettra dans lafaille Irlanauife
qui luy fera cedée, &
les Troupes Irlandoifesquirefieront
dansla fille Angloise &
rIfle, où ils pourront refier jusqu'à
ce que les Troupes sur les
premiers cinquante Vasséaux
soient parties pour la France)&
non pourplus long temps
.J
lott
Je retranchera de part c. d'autre
pour empefcber lacommunication
desdites Garnironsyausquellesil
fera d'ailleursdeffendu deJe rien
dire ou faire d'offençant
>
@rsi
cela arrive
,
les contrevenons
ferontpunis de part &d'autre.
XXV.
QtSilferapermisà ladite GarnssondeLimerich
desortir en une
feule OH plusieursfoufelon quelle
pourra eflre embarquée avec armes
(if Bagage) Tambour battantJ
Mesche allumée par les
deux bouts, Enseignes déployées)
six pièces de Canon de fonte au
choix des dfjiege^
J
deux Mortiers>&
lamoitié de toutes les
Munitions de guerre qui font
dans les Magasins de ladite
* Place, &pourcet effet il en ferafaitunInventaire
en
prejen-
J,ce de tellepersonne que le Genc•
raI Çuiriiel nommera le lendemain
de lafgnature duditTraité.
XXVI.
Que tous les Magasins des
\Vivres refieront entre les mains
ide ceux quienfont déjà char,,o,e
ipour fairefubftfierceux de iJArt.
mée Irlandoife qui voudront paf-
Iser en France3 & en cas quti
n'y en ait pas (ufftfamment dans
lesdits Magasins
J pour faire
JubftflerlefdttesTroupes pendant
qu'elles referont dans ce Royau-
*me
,
le GeneralGuir^l fera ;
fournir les provisions necessaires
4
au prix que le Roy les acbete
, en j
luy donnant un estat des Trou--
pes ,
én qu'ilfera permis J" fairej
venir toutes choses au Michel
de Limerich, @r dans les Autres,
endroiti
)
où lefdittes Troup-sse--
ront en quartier, & s'il reflet
des Pruvifions dans les Magasins
ylors que l'on rendraLimerichitl
en ferafut unp ejlirmttiom
pour en déduireleprixsurcequa
devra eftrt payé pour les Vivres
qui feront fournis aux Troupes
dans lepass:igede la JMer.
XXVII.
Qifily aura une cessation
d'armes tant 4 l'éggaarrdd des troupes
de terre, qu'à l'égard des
Vaisseauxfrançois
>
Anglois 19
Hollandois qui feront dejîine^
po^rembarquer cm transporter
Itfdites troupes, ju(qu'à ce qu'ils
soient de retour dans leurs C;Portt,
auquel(jj-L'tiUferont munis de
bens T-tjf ports de part st) d'au..
»tre,tintpour les Vaisseaux que
pour ceux qui fontà botddesdits
vaecauxeesilarrivequ'ilfoit
contrevenu par quelques CommandanfJotlCapitaines
des Vais
reaux,Offciets) Cavaliers, DragonsJSoldats,
&auties perfonnesy
ilsferont châtirZ deparI (1'
a'autre,st) les tortsferontrepare! Ilferaenvoyé de part (Ji d'autre
des Oiffciers à l'embouchure
de laRivitrt de Limerik, pour 1
avertir les Commandans
) tant
de la Flotte Françoise
> qw de la "
flotte Angloise de la pnfente
Convention
,
afin qu'ils observent
entr'eux la Crffation dparmeSiComme
il eftditcy-devant.
XXVIII.
Que pour laseureté de l'execntion
dupresent Traite danstous
ses Articles, il fera donnéfour
Oflages de la part des AliegeK
» Àfejjieurs, &c.
Etdela part de VJlr le Çenerai
Guirt-lçf-tj,Messîeurs)ec.
XXIX.
Que si avant l'execution du
,presènt Traité, il arrive quelque
.cbangtment dans le Gouvernement
de l'Armé" qui cft prefen-
"tmentjous le Commandement du
iCeneral Guûk7atous ceux qui
feront pour cet effetétablis&ordonne^
feront oblige^ d'executer
&faire executer porEluellementtout
cequiestcontenu en la
prefentc CapitulAtionJsansprrmettre
qu'il y sottcontrevenu en
aucune maniete.
Treize ou quatorze mille J
Irlandois étant arrivez àBrest f
suivant cette Capitulation, & |
, le General Salsfield y estant |
attenduavecquatremille, qui
manque de Bâtimens, n'a-S
voient pû accompagner les I
premiers qui ont passé, le I
Roy d' Angleterre partit des
S. Germain en Layele 11.du,
mois passé pour aller voir ces
Troupes,& coucha à E[am-.~!. tTroupes,&coucàaàEtainpe.
Il arriva le1
~I.& logea au Palais Episcopal,
où MrEvesque luy avoit fait
préparer un magniifque [OU-)
pé. Il en partit le 17. dans le
î Carrossedu mefrne Prelat qui
lemena jusqu'aNostre Dame
de Clery 4, où il prit la
Chaise de Poste dans laquelle
il a fait tout le relie de son
Voyage. Il alla coucher à
Tours. Mr l' Archevesque,&
Mrde Miromenil, Intendant
de cette Généralité
,
vinrent
le recevoir une lieüe au delà
de la Ville. Sa Majesté dcfcenditau
Cloistre de S. Martin,
dans la Maison de Mr
w~
l'Abbé Milon,Chanoine de
l'Eglise de Tours, & Elle y
fut traitée magnifiquement
avec M le Duc de Barvik, &
toute safuite par Mr de Miromenil
qui loge dans cette
Maison. Le lendemain Elle
entenditla Messe au Tombeau
de S. Martin. M" du
Chapitre, qui est un des plus
anciens,&des plusnombreux
du Royaume,l'attendoient à
la porte de leur Eglifc , oud
M'TAbbéBerninquiencft
Treforicr & Chanoine , &
MfJtAbbé de_Galll.zQJl.qui
-en est Chantre & aussiChadnf6-
zwiztï,
noine, luy donna une portionde
la vrayeCroixàbaiÍcr.-
Ensuite ces deux Messieurs
, tout le Clergé & le
Peuple qui estoit accouru
en foule, conduifirenc ce
Monarque au Tombeau de
Saint Martin
,
où la Mcflc
fut celebrée par Mr l'Abbé
du Çhamp) Camerier, de la
mesme Eglise lit
,
assisté de ses
Marguiliers. Sa Majesté le
mit à genoux au pied du Scpulchre
sur le quel on avoit
,.
placé une partie du Chef, &
une autre du Bras de S. Marjtin
,& un Crucifix au milieu,
&donna toutes les marques
de l'ancienne. pieté de nos-
Rois envers ce S. Lieu, où à
commencer par Clovis, on
les aveu venir dans tous les
temps implorer l'assistance
Divine. La Messe finie le
Roy d'Angleterre& route sa
tsruuititecaaddmjmirireèrreenntt en ss'eenn rce-
1 tournantla grandeur &lamagnficence
de ceTemple,qui
est un des plus vastes & des^
plus anciens Edifices quinous
soient reliez du cinquiémes
siecle de l'Eglise. Elle fut premierement
bâtie de la maniere
que nous la represente Gregoire
de Tours au Livre second
de son Histoire. Ce
Prince étant sortyde Tours
le 18 au matin par la Porte
de Charlemagne
,
poursuivit
saroute vers Angers, & coucha
dans l' Hôtel de Ville,à
l'appartement du Maire, qui
luy donna un grand Soupé.
Il alla le 19. coucher à Nantes,
où il fut conduit par Mr
le Maréchal d'Estrées qui
estoit venu trois lieuës au devant
de luy. Il y sejourna
trois jours, pendant lesquels
il fut toûjours magnifiquement
regalé par ce Maréchal,
Le 22. il partit pour Rhedon,
&disnaà Blain chez
Mr leDuc de Rohan, qui
estoit venu au devant de ce
Monarque, avec plusieurs
Gentilhommes des plus considerables
du Pays. Il fut traité
à Rhcdon par M" deVille,
& a esté ainsi régalé dans
toutes les Villes où il a sejourné
jusques à son arrivée
à Rennes, où Sa Majesté a
demeurédepuis le premier de
Janvier jusques au septiéme.
Mr le Maréchal d'Estrées le
traita pendant tout ce temps,
hors le jour des Rois, que Mr
'- l'Evesque
l'Evesque de Rennes, de !a.
Maisonde Beaumanoir,luy
onna un fort grand repas.
Ces cinq ou (ix jours furent
employez parcePrinceàtravailler
avec Mrle Maréchal
'durées, &Mrs d'Usson &
»deTe(Té,& les Officicrs générraux
) à distribuer en Regimens
les Troupes Irlandoises,
tant Infanterie que Cavalerie.
Il est impossible d'exprimer
l'amour & l'atrachement qu'
elles ont marqué pour leur legitime
Souverain, les Malades
mesme s'estant voulu
trouver aux Reveuës qui ont
été faites. Le Roy d'Angleterre
en partant de Rennes alla
coucherà Cande, frontière des
Bretagne & d'Anjou. Le 8. ill
en partit pour Saumur) où ill.
coucha chez le Lieutenant
General. Il fut traité par la
Ville le 9. & alla coucher à
Blois. Le 10 il passa à Orléans»!
où il fut encore traiémagnifiquement
à dîner par Mr l'Eij
vesque. Il coucha à Tours, &e
arriva le11.à S. Germain. J'ajn
oublié de vous dire qu'à Moncontour
M1le Marquis de1^1
Coste Lieutenant de Roy ctl
la Basse-Bretagne
,
donna
souper à ce Monarque,& à
disner le lendemain à Lambale.
Mr le Comte de Co'ëtlo^
gon., Lieutenant deRoy de
la Province ,luy fit aussi préparer
à disner à la Trinité
, &
il fut traité à Quintin aux
dépens de Mrle Maréchal de
Lorge. Mrle Duc de Ba.wich l'atoujoursaccompagnéisi
igue MrSaltort, Gentilhommeservant
àsa chambre, Mr,
ide la Motte, Enseigne des
Gardes duCorps, & Mr de [Louviii, Ecuyer duRoy. dcT
deux derniers font Officiers
?urfàcrr
de Sa Majesté , &. fervent
auprès de Sa Majesté Britannique.
Sur la fin du Mois passé, le;
Roy fit la distribution dcM
Bénéfices-,&donnal'Abbayej
deSavigny, Ordre de S.Bcnoist
Diocese de Lyon, à Mrfi
l'AbbéBossuer.Ilest Filsdei
M Bossuer, Maistre des Re
questes & Intendant à Soif.
fons, d'une bonne Famille deji
Bourgogne, & Neveu de M,
l'Evesque de Meaux, dont le
Ouvrages pour la Religion
x - rendront àjamais lamemoire
celebre, ainsi que le choix
que Sa Majesté en avoit fait
pour l'éducation de Monseigneur
-
la Dauphin, & qui
avoit esté mis auprès de Madame
la Dauphine, en qualité
de son premier Aumonier.
Ce jeune Abbé qui marche
avec gloire sur les pas d'un si
grand homme & qui a fait
tous fcs Actes enTheologie,
kavcc un éclat,& un a pplaudiflement
extraordinaire,a
idéjà acquis tout ce qu'on peut (ouhaiter dans une personne
deson caractère.
L'Abbaye de la Rivour ,
Ordre de Cisteaux
,
Dioccfc
de Troycs,a esté donnéesà
Mr l'AbbéFleury,Aumonier
du Roy, qu'il a l'hon--
neurdeserviril ya long temps
dans cete Charge. Il en de,
Montpellier
,
d'une Familles
tres-considerable, &. joint ai.
beaucoup d'esprit toutes les
vertus qui sont necessairesà
ceux qui s'engagent dansl'Eglise.
Ses manières sontaisées
& le rendent d'un commerce
fort agréable.
Mrl'AbbédeBessaydeLusignan
, a eu l'Abbaye dc,:
Boeail» Ordre de Cisteaux.
Diocese de Limoges. Le nonde
Lusignan cn: connu de
tout le monde,& le choix
que leRoya fait de luy pour
cette Abbaye, ne permet
point de douter de son merite.
Mrde Grammont,Evesque
dePhiladelphie,GrandDoyen
1de1'Egltfè de Besançon, Abibc
de Montbenoist
,
& de
Bitaine
,
Prieur de Beaupré,&
Maistre des Recjucftes au Parlement
de Besançon
, a esté
pourveu du Prieuré de Montau,
Ordre de Cluny, Diocelofe
deBesançon
, vacant par la
tmortdeM1 l'Abbé Maréchal.
Il est Neveu de Mr l'Archevesque
deBesançon,& Frere
de Mrs les Marquis Comte,
&Chevalier de Grammont,
tous trois Colonels de Dragons.
Ils fervent avec une diÍtlnétibn
siavantageuse, qu'il
ne se passe aucune action considerable
dans nos Armées,
où ilsn'ayent part.Ilestvray
qu'on pe.1ut d&ire presque la
mesme chose de tout ce qu'il
,lya d'Officiers&de Soldat
Comtois dans les Troupes de
SaMajesté. Cette Province
en fournit beaucoup au Roy
& aelle feule huit Regimens
t au service
, tant Cavalerie &
f' Dragons, qu'I nfanterie» sans
L comprendreun Regiment de
Milice qui est un des plus
»
beaux duRoyaume, & quan-
-
tité d'Officiers qui servent
,
dans d'autres Troupes. Aussi
> Sa Majesté en cft
.-
elle si contente,
qu'Ellene lesregarde pas
moins favorablement que ses
anciens Sujets. Elle a donné
( depuis peuà Mr le Marquis de
htL-aub_esLpin, CLapitaine de Che- b vaux dans Gevres, la survim
e vance de la Charge de Cheva-
.{
lier d'honneur au Parlement
1 de Besançon
,
quepossede Mr
/âJ1uua--
le Comte d'Arinteau Laubespin
son Pere, & ce qu'il y a
deplus agreable dans ce don,
C'cil queSaMajesté luy remec: enconsideration de ses services
la sommeàlaquelle cette
Charge eust esté taxée;aussibien
que toutes celles de ce
,
Parlement, pour les rendre
héréditaires. Il y a plus d'un
siecle qu'elle est danslaFamille
de Mr le Marquis de
Laubespin, dontun desAn-
; cestresestoitSecretaired'Estat
de Charles Quint. Cette Fa-
< milleestIllultre,&alliée decelles
deGrammont,de Vau*
drey de S. Maurice, dela Baume,
de Vaubecourt, &c.
- Le22. dumois passé,Messire
Hugues de Bar, Evesque
de Leitoure,mourut dans son
Palais Episcopal. Il estoit dru
de l'ancienne Maison de Bar
au bas Limosin,&Fils de
Messire Guy de Bar, Lieutenant
General des Armées de
Sa Majesté, Gouverneur des
Ville&Citadelled'Amiens,
& Grand Bailly de Picardie.
C'estoit un Prélatd'unevertu
& d'une pieté singuliere, &
qui donnoit tous ses soins au
soulagement des Pauvres. Il
avoit beaucoup de doctrine,
& une grande application
à remplir tous ses de
voirsenversceuxquiestoient
, commis à saconduirc,ccqui,
* l'atrachoit si fort à sonDiocese,
que bien que les charges
n'en fussent pas grandes,
on ne l'apresque point veu 1
depuis vingt ans à laCour;
encore n'y est
- il venu que
pour les affairespressantes de
f0n Eglise. Il a fait bastir à
1
,, ses dépens un Hostel Epifco-j
pal, où il y a un tres-beau
Jsaersdin en terrasse, pour loger Successeurs.LesEvesques j
de Leiroure n'en avoient point
eu depuis les guerres de la Religion
Ilafaitaussiconstruire
à ses dépens un Seminaire
pour élever des Sujets dignes
1
de servir l'Eglise. if
Le 30 du mefine mOIs;
l'Eglise de Tours perdit Mes-.
sire GabrielRemon, qui en
estoit Chanoine dés l'an 1618.
& Prevost deLeré Il s estoit
rendu recommandable par
son eXtléb: assiduité aux Offices
divins, & par sa grande
charité envers les Pauvres.
Longtemps avant qu'il mourust
ilavoit distribué tous iCi
- .,.- 61" r.-.:, --¿. - .,J,. - -
biens à son Eglise, aux Monasteres,&
aux Hôpitaux &
n'en avoit retenu que ce qu'il
en falloit pour ses funerailles,
& pour n'estre point à charge
àsa Familleapréssamort. Depuis
trois ou quatre ans il paC.
soit tous les jours de son extrêmevieillesse
dans leChoeur
à l'Office,& dans l'enceinte
du tombeau de Saint Martin,
au pied des Autels, & devant
unCrucifix dans sa chambre.
Les Riches ne l'ont pas moins
regretté que les Pauvres, qui
le regardant comme leur Pere,
ne pouvoient quitter son cercueil,
ny abandonner celuy
qui pendant sa vie avoit eu
pour eux des entrailles de misericorde.
Le Prieuré de Leré
qu'il possedoit cil un Personnat,
ou dignité de l'Eglifc de
Saint Martin de Tours, qui le
rendoit Chef du Chapitre de
Lcré en Berry. Ce Chapitre,
tant pour le spirituel que le
temporel
)
dépend de cette
grande Eglise, à qui avec le
Prevost appartient le Fort &
laVille de Lcré.
Le Mercredy2 de ce mois,
Messire Nicoias Cheron,
Doyen de Bourge, Abbé de
laChalade,&Officialde Paris,
mourut icy après une longue
maladie Ilestoit parvenu
par son [culIDente à estre l'Arbitre
de presque tous les Ecclesiastiques,
qui avoient des
differensconsiderables. Tous
les Evesques prenoient son
conseil
, & quelques affaires
quiarrivassent dans leurs Eglises,
elles ne leur donnoient
aucun embarras par la certitude
où ils se voyoient, qu'avec
l'avis & le secours de Mr
Cheron
,
il n'y en pouvoit
avoir de si difficiles dont ils
ne vinssent à bout. Le Cierge
de France,à qui ilavoit rendu
des services tres-importans
pendant le cours de plus de
quarante années, luy avoit
donné une Pension considerable,
afin d'estreen droit de
le consulter dans lesoccasions
qui s'en offriroient. Mr l'Archevesque
de Paris qui connoissoitlacapacité
& son merite
,
l'avoit attaché icypour
travailler avec luy dans les
! grandes affaires que Sa Majestéluyconfie,
ou que laconnoissance
que l'on a de sa julfbce
[qui luy attire de tous ceux
ont besoin deprotection
pour faire leur devoir, ou qui
languissent dans l'oppression.
Onaeunouvelle que Messire
Michel le Vayer ,
Chanoine
& Doyen de l'Eglise
du Mans,estoit mort le 21.
du mois passé. Il avoit esté
auparavant Archidiacre de la
mesmeEglises a près quoy il
fut Doyen de l'Eglise Royale
de S. Pierre de la Cou de la
mesme Ville, & enfin le Chapitre
de l'Eglise Cathedrale
l'éleut pour son Doyen en
1677. sur la démission de M1*
de Baumanoir, Evesque de
Rennes. Il avoitestéAumônier
de la feuë Reine Mere
deSaMajesté, OfficialdeMr
de Lavardin
,
Evesque du
Mans, & ensuite Grand- Vicaire
de Mrde la Vergne de
TressansonSuccesseur.Ilétoit
Fils de Messire René le Vayer,
Lieutenant General de la Senechaussée
duMaine, & Maire
de la Ville du Mans, qui
fut ensuite Intendant de la
Generalité d'Arras. Ce Magistrat,
à qui son merite avoit
acquisune estime generale,
eut cinq Fils
,
dont l'Aisné
qui succeda à la Charge de
Lieutenant General mourut
,4Ur' /n~t~n
jeune, &laissa un Filsunique,
qui cil Maistre des Requestes.
.1
Le second fut Mefïîrc Michel
le Vayer, Doyen de TEglife
du Mans, dont je vous apprens
la mort. Le troisiéme j
est Messire Jacques le Viycr>|
qui remplit presentement avec j
beaucoup de gloire la Charge1
de Lieutenant General. Le
quatrièmefut Messîre Rolandj
le Vayer de Boutigné, Maistre
des Requestes, & Inten-J
dantde laGcneralitédeSoif.
sons, qui quelque temps a-i
vailr que de mourir, se
retirai
en une de ses Terres, où il fit
connoistre visiblement que
c'estoit la Grace qui l'y avoit
attiré , pour achever par la
retraite ce qu'il n'avoit qu'ébauché
pendant qu'il estoit
dansles Emplois.Mr le Vayer,
Conseiller au Parlement de
Paris,est son Fils. Le dernier
de ceux de René le Vayer est
Messire Charles le Vayer,
GrandArchidiacre de l'Eglifc
du Mans, Docteur de Sorbonne,
qui par une vie exemplaire
fait voir qu'il n'a pas.
esté oublié danslepartage
des benedictions celestes que,,
Dieu répand sur cette Famili.
le. Mrle Vaycr, presentement
Lieutenant General,a quatre
Fils; sçavoir Mr le Vayer de
Vandoeuvre,Conseiller en la
Cour desAides. Mr le Vayer
de Brc ssac, Mrle Vayer de la
Saussaye, Docteur de Sorbonne,
& Chanoine en l'Eglise
du Mans, & Mt le Vaycr de
Rendoné, aussi Docteur de
Sorbonne. Ces trois derniers;
se font dediez au service dcsÉ
Autels par le Sacerdoce, Ôôt
rem plissent leurs devoirs avcol
une exactitude tres édifiante.
La narure avoit donné à feu
Mr leVayer,Doyen de l'Eglise
du lvians,tlne prestance qui ne
contribuoit pas peu à donner
du relief aux talens de sonesprit,
& à cette éloquence qui
cft comme naturelle à tous
ceux de sa Maison. Il avoit
souvent presché devant le
Roy , & la feue Reine sa Mere,
& avoit paru avec applaudissementen
plu sieursChaires
de Paris. Il faisoit de temps en
temps des Discours pleins d'édification
dans le Chapitre
dontilestoitleChef, & on l'a
veu plusieurs fois parler sur le
champ dans desoccasionsimpreveuës,
avec autant de facilinéique
s'il avoir eu beaucoup
de temps pour s'y pre- ]
parer. Son zele pour la DisciplineEcclesiastique
dont il
sçavoit parfaitement bien les
Loix ,
1- ne luy attiroit pas
moins de vénération que la
régularité de sa vie, qui cHoied
pour tout le monde une per..J
petuelleexhortation à la Ver-*
tu. Il estmorcaprés un mois
de maladie,&a eu pendant
ce temps un jugement fain &i
entier,dont ila fait tout le;
bon usage que doit faire un
VéritableChrciîien.
LesVers que vous allez lire
font
•I
fontd'unepersonne de vostre
sexe5 qui les a faits lors qu'elleestoitattaquée
d'une maladie
qu'ellesçavoit incurable,
& peut -
eftrc vous sembleroient-
ils marquer trop de
fermeté
,
si les deux derniers
ne faifoicnt connoistre, que
la tranquillité qu'elle monrre,
venoit dela confiance qu'elle
mvon: en la misericorde de
bDku.
-
-Lientolfla fumiere des Ckux
Ne parroiflra plus à mes yeuxl
- Buntoft quitte envers la Nature Je vais dans , une nuit Dbfèure
We-livyYpo-urjdînaisaftx douceurs
1- du jÕmmtit
je ne me verray plus par un irijte1
réveil
Exçofée à sentir les troubles de la x vie.
Mortels, qui commenceT^icy-bas votre t
Cours st ne vous porte point ttenvie
rPjlre fort ne vaut pas le dernier de i
mes jours.
riens,favarable Mort, viens bri-i
ferlesliens
Jgui malgrémoy mattachent à la viet
Frappe,fécondemon envie.
Nepoint foujfrir eflleplus grane,
des biells,
Dans ce long Avenirj'entre l'efpriik
tranquille.
fourquoy ce dernier pas ejl-ilsi re*
douté ?
DuMaijlre des Humains .1eternelU
bonté
Du malheureux Mortel ejk le plus-
- feura^Jle.
Mrle Marquis du Guasta
épousé depuis peuMademoiselle
de Chasteaupeuf
, riche
heritiere d'Avignon,Mr l'Evesque
de Cavaillon, Oncle
dece Marquis, fit le Mariage
dans ITgli-fc des Dames Religieuses
de S. Laurens, en prefcnce
de la plus part des personnesqualifiées
de laVille,
quiallerentensuitedînerchez
,
la - Mariée
?
où Mr l'Archevesque
Vicelegat se rronr
va. Mr le Marquis du Guast
cft d'une tres -
ancienne-&-
mille, qui se soûtient encore
noblementen Italie,oùelle
possede depuis deux cens ans
les Marquisats de Scrralonga,&
de Castellazo, & cft
France ceux de Montgaugié
&deLuffai au Maine. Ellea
donné un Grand Maistre à
l'Ordre de S. Jean de Jcniklem
Loüis du Guast, Fils de
Roftafa
, & de Loüisede Venasqueestoit
Chevalier decet
Ordre dés l'année 1314. Ilya
eudecette Maison deux premiers
Maistresd'Hosteldes
Rois de Sicile, René & Loiiis»
des grands Marcichaux deLogis
,
des grands Maistres des
Eaux & Foreils, des Capitaines
& Lieutenansaux Gardes,
des Gouverneurs de Places,
des Chevaliers de l'Ordre du
Roy, & cn Italie des Généraux
d'Armée ,&des Vivres.
Elle areccu encore beaucoup
d'éclat par les Alliances qui
y font entrées depuis qu'elle
habite au Comtat Venaissin,
& en France,où elle s'etf alliée
des Maisons d'AuffanG
ISeigneurs de Menerbe,deB^ noiiard
?
Seigneurs deVancluse,
de Venasque, Seigneurs
de Mandene
,
d'Estienne
,
Seigneurs de Lambese, de
Remond,de Roux Beauvezet,
deFourneur, deVassadis,de
Varradier S. Andeol, de
Chaouflet, de Lopis
,
de Fortier
,de Sade, de MontmorencyThuri,
de Bretagne-
Avaugour, de Nerestang
,
de
Verdun, de Cottelier, &c.
Elle porte d'Azur à cinq be-
1
zans d'or 2. 2. CI. On tient j
que cette Maison est encore 1
alliée avec la Maison de 1
Lorraine. par le Mariage de la î
feuë Princesse de Phalfbour
I
Soeur de feu Madame Duchesse:
d'Orléans.
,
Tante du
Roy,avec Dom Carlo Guasqui.
En vous envoyant le Journal
du Siege. de Monmelian,
le mois passé, je vous dis que
le Roy Henry IV. ne l'avoit
pû prendre, & vous avez crû,
parce que je ne m'expliquay
pas affcz clairement,que les
Troupes de ce Monatque en
avoient levé le Siege:, mais
les choses ne le passerent pas
ainsi. Il cft vray que ce Monarque
voyant les difficultcz
qu'il yavoir a dresser desBatteriescontre
une roche, panchoit
à se retirer de devant la
Place, quand l'Esdiguieres,
qui connoissoit mieux que
tout autre l'estar & le pouvoir
deceux qui la défendoient,
se soumit à payer les frais de
l'Armée, si dans un moisil
ne se rendoitmaistre de Monmelian
par force ou par compoficion.
Ainsi le Roy luy
laissa laconduite deceSiège,
pendant qu'il passa vers le
Genevois & Foussigny
,
&
qu'en se faisant montrer les
passages des Montagnes par
où le Duc de Savoyepouvoit
/3 "JI/lAentrer
decosté-là, il donna
ordre à toutes les avenuës.
La Place fut remise lci<rNovembre
de l'année 1600. entre
les mains du Marquis deCrequi,
Gendre de l'Efdiguieres.'
à qui on en avoir destiné le
Gouvernement. Si elle estoit
alors très-importantes
elle est devenue bien plus
considerable par les travaux
qu'on y a faits en divers
temps. Depuis le détail que
je vous ay envoyé de sa
prise
,
j'ay lû pluficurs Relations
du Siège, qui m'ont
k
fait voir qu'il a cité tresbeau
& très-vigoureux, &
que non seulement Monmelian
peutestremisaunombre
des plus fortes Places
mais qu'il pouvoit mesme
passer pour une Place imprenable.
Cependant malgré la
difficulté duterrain. on y a
pouffé les travaux de tous
costez jusques à la portée du
Pistolet» & nos Bombes
qui ont toujours desolé les
Assiegez,ontsouvent - enlevé
des gens dans la Place, &
entre autres un Gentilhomme
d'Annecy, & un de Chambery
, nommé Mde Villeneuve.
Quoy que les Assiegez
ayent paru quelquefois tranquilles,
&ayent fait peu de
I feu, ils en ont fait assez en
d'autres temps pour étonner
les plus intrépides, & quand
ils employoient les barils de
poudre, les pots â feu & les
Carcasses, cestoit en si grand
nombre, qu'on en a souvent
vû les chemins éclairez à une
lieuë à la ronde. La prise d'une
Place si bien défendue, &
l qui d'ailleurs se défendoit
d'elle-mesme par sa situation
&lesavantages que la nature
luy a donnez, doit couvrir
d'une gloire immortelle ceux
qui sont venus à bout des
l'emporter. Aussi en ont ilSG
merité beaucou p, & la descente
du fosse est une des;
plus vigoureuses a dtiors qui:
ayent jamais étéfaites Les nostres
s'en emparerent en pleinr
jour, & pousserent la galeries
qui conduisit le Mineur auf.
Bastion. Les Grenadiers &:
les Fufeliers estoient retran— chez sur le bout du glacis
pour favoriser cette dcfccnrc.
Les Ennemis demeurerent fil
surpris de la vigueur & de l'in--
trepidité avec laquelle on les;
dh
attaqua, qu'ils connurent bien
que leur perte estoit prochaine,
& quand .la Bombe qui
~enous fut favorable ne seroit
pas tombée, ils n'auroicnr
lp'luucsonserver la Place encore
es de trois jours. Lors que
Ennemis creurent devoir
capituler,le Major ayant pa«.
ru, parla en ces propres termes
à M deGcnlis,Brigadier,,
de jour." Jeviens de la part de
\M! leMaquis de Bignffc,
poursçavoir, Monsieur,siaprès
savoir défendusi vaillamment la
\pUce
, & combatu si long-temps
vour son Prince
?
il n'y a pas
k,
0
moyen d'avoir capitulation. Oni
entra ensuite en pourparlers
& après plusieurs contestations,
onconvintde lacapi—
tulation suivante.
: CAPITULATION
Faite entre Mr de Çatiûac,t
Lieutenant Gênerait commandant
en chcflesArmecM
de Sa Majesté en Italie: Eu
Mr le Marquis de Bagnasc,
Gouverneur de S. A R-aiu
IFort de Monmelian. L a esté convenu que Mr In
Marquis de Bavnafc livrer
aemain22. Decembrt" aux Troll-..:
fesduRojfi à.huit heures dm
mAtin, la Porte du Fortde Montmeillan
,
de maniéré qu'il n'en
rejle aucune entr'elles e celles
de S. A. R.lesquelles ne devront
estre Jeparéesque par des Sentinelles.
La Gamifonsortira aprèsdemain
zj. par la Brèche, Tambour
battttnt, Mèche Allumée,
!Balle en bouche
J
rU Drapeaux
déployé
Ladite Garnijon fera conduite
jusquesaVeillane avec uneJeure
efcorie
)
(£jr par le chemin leplus
court de la Maurienne.
A caufc de la difficultédu transport
de trois pieces de Canon qui
ent été accordéesaMldeBagnaJc,
il a été convenu qu'il en feroit
remis à Turin trois pieceschoijÙs
a Pignerol, de ce!1rs qui y font
aux Armes de <S. A. R.
Il a esle convenu que l'Etape
fera fournie aux Troupes de la
Garntfon de Montmeillan jusques
à Veillane
3
ainsi quelle tfl
fournie aux Troupes de Sa Ma.
jejléi & qu'elles ne feront point
au dessus de cinq lieuës.
Il a esté convenu qUi les Prisonniers
feront rendus de part (çy
d'autre.
Lors que la porte aura eftp livréekmun
aux troupes du Roy,
comme il Ca dit cy dejfusjes clefs
des Magasins des munitions de:
guerre & de bouche feront remises
aux Officiers des troupes du
J^oy qui auront ejlènomme%.
pIbllaeesjié convenu que les meu- effets, tant des Officiers
delà qarniJônJ que Soldats f0
tautres gens) qui auront rfnic mi-s
fadans lefdiîs Magaftasparprécaution
contre la Bombe, feront lemis
si ceux à qui ils appartiennent.
Ila (fié convenu qne M1 le
iarqms de Bagnafc
, tou' les
autres Ossi itrs ,
Sergent f0Solmats
mets tpourront sortir IcU; leurs j
tant dentées commuflibles,
qu'autresmeubhs, Cf les f)ne
Véinfiwrter
en te ls lieuxeu*Ion
If, rJf) J r t t; r r n tes ¡ i e t:x c; t4 0 n
leur sèmblera) en toute fureté.
ILefi convenu qui! ferafour^
ni des chariots autresvoiturer
à Mf de Bagnajcypourtranfpor»*
terses meubles en Piémont,
Gqu'auxaarutrnes iOfsficioers nde .W
Il a eslé convenu qu'il feroiiï
jôfJrni) aux dépens de sa Aî<t»{
jefié3 des chevaux de felle pou*
Ad deJBagnafc
>
çjïd1*les OjjiïI
ciers> Volontaires eprincipaux
Domefiques.
Il a t'fié convenu que Mr a\
Catinat employcroit ses officlI)
auprJr de sa Majefle, pour qm)
les OfficiersSavoyards de ladit
Garnison quiferétireront en Piemont,
ne feront nullement inquietezpour
leurs tiens> au contraire
jeront rétablis dans ceux
qui leur auront tfié confifque% â
cauft de la guerre.
Il a tfié convenu que l'on ne
débaucheroit point les Soldats de
lagarnison.
Il a esîé convenu que s'il y a
quelque OfficIer) Sergens ou Soldats
qui par causedeblcffures
ou maladie ne puijjtntpasfuivre
le gros de la Garnison,ils feront
oreceusdanjCIJambery pour cjlre
f°%neK & traite% felon leur
qualité
j, & de la mrfme madnieèsreesqTueroluepReso,&
jqenuu'isle làelu'érgfearrad
de [es T!c:spes) & qu'zlJeurfera
délivré des PjjJcportsen bonne
l poi@is en forme
)
lors que leurfanté le leur permettra.
Il a esté convenu que Af de
Bagnafc pourra faire emporter
les Ornemtns de la Chapelle du
Château,Vafies sacreZ, e autresappartenans
à ladite Chapelle.
Il a esté convenu que les Soldats
,
de auelque Nation qu'ils
puissent efire
, ne feront repris ni
rech erc [Jez.
ghe les Bourg"ois r? autres
retire ¿{.:ru le Ch;A-:au, e:i
pourront sortir en toute Jeurete
avec leurs armes & etftts) Cm
les pourrontemporter où bon leur
fimblera, & ne feront nullement
recherchez pour avoir porté les
armer pendant le Siege ; qu'an
contraire) Sa Majesté aura la
bontéde leur accorder lesTrivileges
dont ils jcuijjoient auparavant..
Quonlelueir~hr iljiijweêrcara lleess CC."'oO--'
jchcs de leur Eg'ije,l/orioge
t r! t~ ,
I.Orneme.ns eVafcsfaccycK qu'ils
onl retirez au Chameau.
ghf les 1\R. crP. litigieux
IdmeontSer. Dominique fermant ifAu.. s
a laditeGarnijon
> pourront
emporter les Ornemens de
leur Eglfs, Vases feacrez) meubles
& rpapiers de leur Couventy
de mesme que leurs CID.
ches qu'ils avoient retirées audit
Chasteau.
Il a esté convenu que les bagàges
de Mr le gouverneurt des 1
Officiers
,
Volontaires> Sergeni 1
st) Soldats,neferont point vifi~
tt«., non plus que ceux des Bourgeois.
Ilfera délivréde part &d'au--
tre des Orages de qualité égale.
Fait double au Camp devantx
Montmeillan le 11. Décembrej
!Ó,r.
Comme la Place ne manquoit
de rien, il est confiant
qu'elle n'a esté emportée que
paj la feule valeur des François,
à qui rien n'est impossible.
Après vous avoir fait parc
de tout ce qui regarde le Siege
de Monmeltan, ie croy
vous devoir apprendre l'Histoire
des mouvemens qui se
font faits pour secourir cette
Place. Elle est fort curieuse,
& assezparticu lière. Monsieur
deSavoye ayant appris àTurin
que Monmclian étaitaffirgét
crut par des raisons politiques
devoir feindre de l'ignorer, &
se rendit à Milan, où il estoit
attendu, & a prés son arrivée
le Marquis deLeganezlepria
à un grand Souper,& à un Bal
avec Mr l'Electeur de Baviere.
Ils s'y rendirent, &lors qu'aprés
le Soupe on eut commencé
le Bal, il arriva, lin
Courier avec des nouvelles
qui portoienr que Monmellian
estoitassiegé dans lesformes,
& que selton tous les
préparatifs que l'on avoit faits,
il y avoit apparence, que ce
Siege seroit pou Se vigoureusement.
Ce Courier yant rapporte
rapporté ces nouvelles-la tout
haut.dans l'Affembte'cMonsieur
le Duc deSavoyeprit
delà occasion de parler fortement
à Mr (jeLeganez.pour
avoir des Troupes Espagnoles,
&tâcha d'engager Mr
deCaraffa d'en donner d'Allemandes,
afinde pouvoir lecourir
la Place. ils répondirent
l'un & l'autre
, que leurs
- Troupes estoient fatiguées,0*
que- par letemps qu'il faisoit3il
tny- avoit pas d'apparencr de les
ifaire. marcher après une longue
'Campar;ae ; quelles estoient dans
Quartiersquectfiait
perdre tout que de les exposera
nant le printemts.Mr de Savoy.
partie de Milan le lendemain-
& dit fort en colere,quequoyn
qu'on refusast de le secourir
»
n'empécheroit cela*
pas qu'il ne fist c~
qWil pourroit, & qu'il allait:
faire marcher pr Troupes
, U
comme sondépit le posse-î
doit encore, lors qu il arriva
à Turin,il dit qu'ilvouloit ques
tous les Aïïemansfortijfenu w~
me des Hopitaux où ils estoiens
retenus par des maladies ou pa
des blessures, ce qui n'a pas est
exécuté. Qioy que M' de S.I
voyeeust demandé des Alice
sans,il n'avait point neanoinsparlé
àCarassa. Ce
crnier se plaignoit beauoup
de cette Altesse
3
allepuant
qu'il en avoit elle malfaite
pendant toute la Camgne.
C'est ce qui cft cause
u)tls ne fc font point vus à
Milan, & que le Gouverneur
cetteVille-làs'est mesl. de
autes les affaires pour lesellesils
auroient clic obli. z de le parler. Le sejour de,
infieur de S,vjc>ye àMLI<tn>
seurCnltrH detrois jours,
ant arrive à Turin, il en fit tir le Marquis de Parelle
pour la Valdofte, & demanda
sept cens mille livres aut
General de ses Finances, qui!
l'afrura qu'elles ettoient épuifées)
& qu'il ne pouvoit luy
rien donnerà quoy Monsieun
le Duc de^Savoye répondis
qU'li en devoit prendre dans les
ieux
où il pourroit en trouver
, Cet ordre ayant esté trouvés
bizarre & difficille à executerJ
n'eue aucune suite. Ce
pendant Monsieur le Ducde
Savoye avoir un extrême bc3
oin d'argent,& le Regiment
leJ.-ilicn qui estoit venu :;
Turin pour se rendre au lieu:
où les Troupes dévoient s'âfsembler:
pour le secours de
Montmelian-) étant roue nud,
nepouvoit se mettre en marcheavantqu'onl'eust
habillé.
On fit partir duBlcd deTurin
& de Verceil .enu d'Alexandrie
pour l'A rmée, &Mr de
Schomberg pretendoit tenter
l'impossible par la Valdoste.
Monsieur de Savoyc avoit
fait amas de Pionniers, & s'étoit
proposé de gagner ujnc
Montagne qu'on voit de
Montmellian,& de faire des
Signaux pourmarque de se,
cours; mais après beaucoup
de loins, de deppnfes»gM
fatigues inutiles
,
et Duc 11
eu non seulement le chagrin
de voir prendre léiPlact" qu'il
pretendoit secourir emaiscrx
core celuy de
-
voir peu d.
temps aprèsbrûler le Pontde
Poncalier prés de Turin.
Monsieur.deSayoye doit
attendre peudesecours des
Allemans, & l'on commer
ce à connoiftrc que les prétentions
de l'Empereur sui
l'Italie sec réveillent.Lesplus
fcnfcz y font reflexion,<91
1on dit mesme que le - quis de Leganeza rcccu
dre du Confcil d'Espagne
d'empêcher , que les Allcmans
ne puissent s'emparer
d'aucune Place du Milanois,
& l'on envoyé des Espagnols
nature ls pour mettre dans les
Places,& pouréviter I'çsser
d'un Conseil au nom de l'Empereur
que le General Carasta
a paru vouloir établir à
-
Milan.
Je vous envoye quelques
Ouvrages qui ont été faits sur
cette derniere Conqueste de
Sa Majesté. Les trois premiers
que vous allez lire font de
Mr de Vin.
SUR LA PRISE
de Monmelian. HE'bïe/îjpolititjucrFrançois,
De vos precochon5 quilie (fll" certitude?
^uand tiendradite ferihude
Dont nous nunaço'tatcr^jois
Vojlre timide tnquuîndc
, Et jommes-nous ffifor tousréduits
aux abboÍJ,
Comme vous le dijÙz quand' Bourbon*
& Turen>:e
Tombèrentfous lescoups de la Parque
inhumaine ?
Si pour noflrc malheur on vous en
avoit cru , ( pcrdttl
La France alloitperirJ & tordteait
Feu Monfieut le Prince.
Telle qu'un Va'Jfeau sans Pilote, -
Jïue Neptune en couroux de tous
crjÙZba/ott,
Elle vousparuiffoit pour Urs engnnd
aan ~ft, r ,
aangtr,
EtcetteLigue menaçante.
J^u'enfanta de Naffau l'ambition
bruflinte*
Ne vousJ.1 faifit voir que preste h
fuiMLrger.
De ces deux grands Guerriers la trop
funeste perte
Vous la representoit ouverte
Auxflots impétueux de tousses En,
nemis
, Jggiiconfus&tremblans de crainte,
Toujours battus pAr eux, en fuite
tonjoursmist.
Ne s'exposoient que parcontrainte
Aux coups, clair à pâsseg.'!eri.f,
ils avoitnt t.i t Ùl'foissenty la rude atteinte.i~y rtide
T>.vusnavonsplus de Gtncraux
J^AV vn'j/cntfoutcnirde ta chdji pubinjue
Lepû'ds tropaccablant>•c\(l ce qu'à
tohs propos (raniqu<',
Débitait en tous lieux vofire terreur
Vous gew/JJu& pour lors de ne les
avoir. pins
,
Et quand on vous diseitquefaiusir
leur modelle,
D'autresfuivroient de prés leur valeur&
leur '{fIt,
Vous traitiez, ce difeours de chanson
& d'abul.
Je ne fais point de paraielle;
Je regrette , je pleure sncor ces deux
Hcros.
Jesçay
ce qu'ils valoient, e que pdr
leurs travaux
Tous deusfesontcouverts d'unegoire
immorte/If.
Ouy> nous ne pouvons trop louer
Ce qu'ils ont faiten faveurdt la
Frnnu, -
Etl'on ne craint pointd'avouer se nous devons beaucoup à leur
rare prudence.
Vun efloit noftrc Achille, ér l'autre
noflre Htstors
Cependant l'un&l'autre ejlmort,.
Etle mejmebonheur toujours nous
accompagne.
Luxembourgaux champs de Fleuris
Triomphe d'un seul coup des Princes
d'Allemagne,
De £Angleterre ,& deïEfptgne.1
Tourville ji£ses pu,,quandDuquef,
ne n'efl plus, une audace quencortoutl'Univers
admire,
Brule & batsur lamer lesJuperùes perteç Anglais
Unis avec les I-Iollandois
JOui jcuisjttdis entre eux s'en disputoiehtfFmp
re.
Louis mefmc, Louis que leurfateufe
ernur
LLeeuurrpp,,iîiggtitàooiîitccooin;m,mee un RRoo~yy (c.leflr- eÎo rmaisîKCap.
ibU
,
De rompre du repos le charme trop
aimable,
Et a'avoirpour la guerre encor la
m cjrfJt ardeur,
Louis, dis je , en un temps on Mars
avec Bellone
jffisprès d'un bon feu laijfcbreù'illet
ses traitst
Louis le Grand que rien netonne>
Erplus vi,ait Etplusvigoureu.x.,q(ue,j.amais,
jiux rigueurs de byvtrj'expose,s'abandonne
mMaarrccth'.1e1, Ccourta ,Li gloire, & prend ,court~tIt~-loire,r
Hons en personne.
Dfj:lblJséede cette erreur
N4ffiupourL'tmpefèher accourant
présd. Haiey
Vmoiteesnmluy ele vwa.l-efmur: bhomme, 6e la
Jgjiiluyfut toujours st fatale ,
Et ce prodigieuxfucccs
A(a hO.'7tr' luy fit connoiflre
J^U'i Heros ne vieillitjamaist
Et qu'enapprocher de plus prés,
C'estoitjouer sans doute àse dê-nner
un Maiffrt.
A peine ce r/Juvrau Tyran
Foit-Ili Mons de Louis implorer la
cl- mo]ceJ
gue -V iccy fcYc encor, maitjusqu'a
l'infoUnce
D'avoir , veu sans périlUs armes ri'g»
Suitaa Etsa"levan,t fis murs échouer la
pu'.!!",ce
: Vu formidable Soliman;
Niceidis-jeyd'uncoup de Bombes
Lancé Par Catinat,s'humilie &fuccombe.
Bien plus, qui l'eutf pensé! l'or..
gueilleux Monmeillan,
Jj)uisembloitsur son roc ne craindre
que U foudre,
Vientfous ce mfmebrasdevoird'un
oeil dolent,
lT'oommob'eerr tout sfoinn oorrgueil e- les remparts
en poudre j Etquand encor? le croÙ'oit.on ?
Tandisque Allemand préférait à la
gloire
Vn chaud quartier d'hyver, & le
plaïfr de boire,
Etlors que le froid Aquilon
Fait sentir sur nojlre htmifphere
Sa plus impetueuse & finglante colere.
Ces fuxqu'onfaitpar tout disent
qu'il ejljonmis;
te bruit de nos Camns en porte Ils
nouvelle
Jusquechez,nosfersEnnemis,
El leur apprendpar là cette gloire im.
mortelle
£)ue le dtjlin promet a l'Empire des
Lis-
Apres cila, François, reprendrezvota
courage?
J^uoydonc, en faut-il davantage
Pour de voftrs frayeurguérirtousvos
tlpfÙs ?
Hé bien, un pçrl de patience5
Montmeillan/M*ns & Nicepris
Sujjifcnt pour le faire, &peuvent
par dvance
Vous répondre que nos Guerriers
Toujours heureux toujours pleins
d'ardeur pour Li France , Iront,&p/'Útújl qu'oqae pensè,
Lu) cueillir de nouveauxLauriers*
Souffrez, que Luxembourg £r Catinat
rejpircïït.
L'HTJ & l'autreabeflin degoujlcrun
repos onnercfufepas aux plusgrands
des Héros.
IlsJuivent d^jjlz,prés les modelies
qu'ils prirent,
Et tous deux à leur gloire ils font vovirqouiUrsafpinntn:t:
Leloifirde (edéi>tjfer.
Maisdonnez,Uur,sanslespnJJeY,
Vùjrerigueurtropi;>humaine
Veut-elle qu'épuisez, par les 'Veilles
d'un Camp,
Ils aillent, & sans fruit) &sans
reprendrehaleine,
Verferjufefu'à leur d(r,/i.rfuig;
Quo),mefmt les fieras que nous
c'ratentUsF^b'>s
jE/?~-'A do.,c infuigables ?
^uoy,l'intrepide Fils du brave Anu
phitrion
S'occupoit-il toujours à vaincre fIn
Geryon ? ( fatale.
Cette fatigue au mondeeufl esté trop
On le vit quelquefois entre les bras
d'Omphale
Jouir d'un utile repes ;
ta Quenouille à la main il Ji/Dit
avec elle, ( vaux
Et l'on sçait desesgrands tra-
JOuallant Jedélajjerauprès decctte
Belle 1
Il n'ensortoit que plus herot.
Je megarderay bien dedire
Jgued'Hercule en cela tendres ,:mitatturs
ils lais'fentquelquefois fouprtr leurs
grands coeurs;
Mais ils peuventavoir chacun kitr
D'jimre,
:Et craintey en gzujlerlesch-ir*
mantes dotteeurs.
je vous promets four eux qu'à leut
gloirejidelles)
ils iront après d'un grand pas
Chercher ces Ennemis qui fuyent Ici
combats,
Etqua* retour deshirondelles:
Tel qui s'm croitsauver
,
& quin'»
penfi pas,
Sentîta dé nouveau ce que pefentleum
brds.
AU TRE. D1NS larudefaison ou la Biz :
en fureur
Fd:¡ featir tn tous lieux sa plu.\
grande rigueur,
A dompterUontmeillan la bravoure
Françoise
(Occupe toute son ardeur.
&Allemande
>
& la BAv.troifi
S'exerce
, au lieu de lesauver,
A prendre des quartiers ahyver
Sur Jes Amis à force ouverte,
Et sans tenter du moins d'en retarder
la perte,
A neifngerenfn qu'àse bien conserver
Sa violente & mal-honneffe,
Mais chaude,& vintufi conquefie.
Tousfesvasles projetsfont urmine'{;
par là.
Vous en avez» voulu sçavoir la difsérence.
né bien
,
volontiers, la voila.'
Cependantpour leprixdemonobeifftneey
- A laquelle des deux,Climene,après
cela
Donnerez-voids lapréférence ?
Ah) c'est, me djrtt'Volu à celle de
la France.
D'accord; je ruois quesi valeur
Dans tout ce qu'elle fait ne cherche
que lagloire;
Mais l'Allemande d'autre humeter
Fuit les coups, 01 riaimç.quà
hoire.
AUTRE.
SZJbjuguerNices& Mons au ré*
-
tour du Zephir-i
Et quand la Bize trop cruelk
Au coin dufeu nous fait tenir,
Dompter Monmeiiaw, voila ce eut
,S,ppelle
-
Bien commuter,& bienfinir,*
Voicy encore trois Madrigaux
sur cette mesme matiere.
Le premier cft de Mr dc Lor
me, Avocat au Parlement de
Grenoble.
SUR LA PRISE
de Montmeillan
)
& sur les
vains efforts de laLigue.
MADRIGAL. c
E Fort ri renomme
}
q/J0.11
- croyoit imprenable
, rient cnjïn d<: ader à nos braves
François.
A leur rare valeur rienrïeftinsurmontable
Sous LOZJIS le p'usgrand des
Rois.
Tout prouve déformais la puissante
sidis.ir.iblc
De ce Monar/jue incomparable.
AUemans
>
Ejpagnols,Ffinces dtê
Norti Anglois,
Holandois, Savoyards
5
Liéteois)
£td'autresAlliiz,unetroupeinnombrable
Semblent n'avoir formé leur Ligué
épouventable,
Jguepour vetiir en Corps flfiûmettre
àses Lois.
SUR LA PRISE
de Monmelian. Q
Uellcgloire à Louis le Grand !
Farle Sirgt d.J.e 1 Mons il ouvrit te
campagne , Etfoudroyacettejître Montagne.
Ilhfinit encoren Conquérant•>
Il prend un autre Mont;imprena^'aimportant,
in vain le Savoyard avecan air d'audact3
De finflmeux rocher veut defendre
la Place,
Il la renforce en vain des frimats
qu'il attend.
Les Armes de Louis surmontent tous
obflacles
, SesConquêtes fontdes Miracles
L'ilyverilprend Montmelian.
SUR LA PRISE
de Montmclian, quia terminé
la Campagne de lépi.
ouverte par J. prise de
Mons.
MADRIGAL. cOmmtnt les deux I-le-rosd'ave
Lignesiifere>.
LegrandNafflia^legranà Bavicu,
- Ces Princes favoris de Mars,
Ont-*îoufert qu'on prifl en leur
prejence
Leurs deux plus fermesBouleviîrs9
Sans vouloir JeuLment en tester U
defense ?
Les Francots, dit t'anfroidement,
Sont trop toflen campagne, tJl-On press
à les battre ?
Et l,iutre ajoute bruftjucment,
Ilsyfont trop longgtteemmpps -s ; 0;1 efl la4 ; on ejl la*
de combattre.
Comme je fais graver les
Médailles de l'Histoire du
Roj, non pas suivant qu'e l les
ontesté frapées, mais selon
qu'elles tombent entre mtsj cmalDs,
mains, celle que je vous en- -
voye presentement devroie
avoir estéune des premières,
puis qu'elle marque le temps
où Sa Majestéacommencé à
regner par Elle mesme. On
voie dans le revers ce Monarque
armé à la Romaine, &
couronné de laurier, tenant
en samain unGouvernail.
LeCube representersa fermeté
dans toutes ses actions,& le
Gouvernail,le maniement des
affaires de son Roy aume,dont
il prend laconduite,
MrVloeusMavaezcqicueuislda meorr cta
.C
Colonel du Regiment de la
Saare, & Gendre deMr de
Brizac Major des Gardes. Sa
bravoure luy avoir acquis
beaucoup d'estime
-,
&l'on
n'en sçauroit douter,puis qu'il
est mort en faisant son devoit.
avec une intrépidité surprenaute.
-
Son R. giment estant :
demeuré vacant, le Roy l'a
donné à Mr le Chevalier de4
V^udifiy» Capitaine de Grc*i
nadiers dans Tournon. Il cfll
de l'illustreMaison deVaiJl
drey enFranche-Comté, alli
àtour ce qu'il y en a de njea
considerable, dans"Cc
vince. Il avoit esté autrefois
destiné à l'Eglise
,
& il avoit
mesme pris l'habit de Religieux
de Saint Claude, que
l'on sçait qui ne se donne qu'à
des Perfonncs d'une naissance
trés-diitinguéc. Il fut depuis
!|Chanoine dans l'Eglise de Besançon &ayant enfinquité
1 ses Bénéfices pour entrer dans
le Service, Il s'etf extrêmef
ment fi^na'-é en Flandre, en
»
[ Irlande & Piémont. Mais rien
l n'aproche dece qu'ilsitàConi
loùil.entra luy dixléme.&
I oùilfutabitu sousrtrente-trois
l blesseures&, fait Prisonnier.
Le Roy témoigna estre fors
content de cette aébon;,
&en relevantla Perruque, il
eut la bonté de faire remarqucr
les coups qu'il avoir rcceus.
M leChevalier de Vaudev
<il Fils de Mr le Comte,
de Saint Remy, & Frere de
Mrle Comte de Vaudrey ,.
qui cH son aisné. Il a un Cadet
d'Eglise
)
& des Soeurs
dansdesColleges de Noblesse
en Franche-Comté. Ij
Ce que je viens de vous di
re de Coni,me donne
fjeri
de vous parier d'une richon*
de bravoure ciciiaoidilialic
qui s'etf faite au Siege àc cecte
Place,& qui est une des
plus vigourcufcs qu'on puisse
trouver dans les Histoires.
Mr d'Urfon jeune Gentilhomme
âgé devingtans,
Lieutenant dans le Régiment
de Bretagne
,
estant à ce Siege
,fut commandé pour conduire
lesTravailleurs de la
Sape du chemin couvert. Le
27. de Juin
, comme il ciUut
après,son Travail ,lesAffiegez
firent tout à coup ullC
I5Iotietilel>e(&ortielsqula'aypoanutsésje.roeunyt ,dnete
ceux qui dévoient le soûtenir,
ilse trouva seul &cn^
velopé d'un grand nombre
d'Ennemis. Il en tua trois, &
receut douze blesseures,sçavoir
deux coups de Bayonnette
dans la poitrine quatre
coups de Sabre sur le bras
droit, deux autres à la main
gauche
,
dont un luy a coupé
le tendon de l'Index
,
& le
rend estropié
)
& enfin quatre
autres sur la reste, dont il y
en a un qui luy a emporté
une grande piece
-
du Crane
avec les deux tables de la largeur
& rondeur de deux écus
blancs. C'est le plus furieux
coup qu'on ait encore veu.
On voit la Dure- mere denuée
d'os, & son mouvement à découvert,
ce qui se verra toûjours
,au rapport de Mrs du
Chesne & Beflj^re qui l'ont
visitédepuis son retour, &
qui ont certifié que ces mouvemens
ne peuvent estre remis
dans leur estat naturel
,
à
causedeladepartition del'Os
qui a cité emporté. C'est en
ces termes que leur Certificat
cft conceu. Cependant aprés
un coup si terrible qui le renlVecrfa
par terre, il eut encore courage de se relever
, bc.
ayant un peu repris ses esprits,
il alla passersonépée au travers
du corps d'un Officier.
Ennemy, où il la laissa. Cet
effort l'ayant étonné
,
le fit
retomber, mftis on luy donna
la vie
,
& il fut mené Prisonnier
dans la Ville. Il y demeura
trois mois &demy,&. il fut
enfinéchangé sur la fin d'Oaabre"
le Gouverneur dela
Placeluy ayant donnéd'amplesCertificats
de son action.
Mrde Catinat qui fit son éloge,
luy en a encore donné
d'autres,qui luy ont faitobtenirune
Pension du Roy avec
la continuation de sa paye de
Lieutenant,jusquà ce qu'il
soit en état d'exercer quelque
autre employ plus considerable.
Il eut l'honneur de saluer
Sa Majesté au commencement
de ce mois dans une
coë ffure bien bizarre, puisque
ne pouvant porter ny Perruque
nyChapeau, il aune Calotte
d'argent qui couvre sa
blessure ,&par dessusun bonnet
à la Dragonne fourré de
Martre par devant, qu'il n'ôte
jamais, non pas mesme dans
l'Eglise. Toute la Cour l'a re- gardé avec étonnement>& a
voum voir les pieces de son
Crane qu'il porte toûjours
surluy Ce jeune Gentilhomme
appartient aux Familles
lesplus distinguéesdeDijon
& d'Aucun. Ces exemples de !
valeur ont dcquoy étonner les
Ennemis, qui ne doivent pas
douter qu'il n'y ait dans les
Armées de Sa Majesté quantiré
de Braves, dont rien n'égalel'intrépidité.
Mr leChevalier deSainfens,
Capitaine -
Lieutenant dès.
Gendarmes de Bourgogne,
étant mort ces derniers jours,
le Roy a donné cette Charge
7'"tt1\.{':J-:
à Mr de Mezieres, d'un merite
distingué & reconnu ,
&
qui estoit Sous Lieutenant de
ce mesme Corps. Mr de la
Mcffclizrc, Premier Exempt
dans la Compagnie de Noai lles,&
Neveu deMrl'Abbé
de laVau, de l'Academie
Françoise, a cité faitSous-
Lieutenanten la Place deMr
de Mezicres.
Pour vous répondre sur ce
que vous demandez si les Lot*
terics font encore un des divertissemens
du Carnaval
,
comme elles firenc l'année
derniere;je vous diray qu'il y
(:JIJC'
::rú- iU1
ena peu,& que l'on ne parle
plus que ec celle de Mr de
Philidor l'aine
>
Ordinaire de
la Mufiquc duRoy,qui fut
ouverte à Versaillesle Carnaval
dernier, & qui fera tirée
la première semaine de Caresme,
chez Madame la Princesse
Douairière de Conty, ce
xjuine sçauroitmanquer, puis
qu'elle se trouverempJic:Jà.
très peu dechose présde sorte
que si ceux qui ontdessein
d'y mettre ne veulent pas être
surpris ,ils n'ont point de
temps à perdre. Cette Lotterie
est faite sur le modelledeceljê
deVenize, ouil n'y a qu'un
seul Lot. Il est d'une Maison
'quiueslé prisée par ordre du
Roy, & qui est estimée par
justicevingt 8t un mille ux
cens livres. Elle est loüée quatorze
cens livres, & comme
les Billetsne sootque d'un
écu,iln'y a per sonne qui ne
puisse esperer un si gros Lot
pour une si modique somme.
Ceux qui ont souvent éprouvé
la fortune favorable, ne
doivent pas manqutr une si
belleoccasion, qui leurapprendra
s'ils ont lieu de f
-
fUtter
qu'elle ne changera ~o~nL
On prend tant & si peu detl
billetsquel'on veut. Ilsfcdi-"
stribuent à Paris chez le sieur
Louvct Marchand Papetier
rue de l'Arbre tee à l'Enlpc-I
reur ,
& à Versailies chez
MrdePhilidor,ruedeBel-air
Je viens à l'Enigme dont
levéritable mot estoitl'Epée
Ceux qui l'ont trouvé sonc
Mrs le Comte de Quermeno;
le Vicomte Pcrdoulx de Beauregard:
F. Maroy:Loüis Bou-Î
chet,ancien Curé de Nogent
le Rùy: Bonnard de l'Hostel
duQuesnoy, Place Royale:]
yci-dcl, Doyen des Chanoinés
de Nostre-Dame de
Pontorson ; Turrault de la
Cossonniere
,
Chanoine du
Mans : Thomas, Maistre de
Pension du Fauxbourg S. Antoine
: Champagne le jeune,
Chanoine de Troyes:Dumesnil-
le-boisd'Abbeville : C.
Huruge d'Orléans: Cognard
Maistre de Musique; le Petit
Pa'fhc du Grand Turc de la
rue S. Honoré:le Bas le jeune,
& son aimable Soeur de
laruëS. Germain;le~Tnumvirat
de Bourg en Bresse; l'Amant
de sa Voisine de Carenran,
& le Berger Floride du
Septentrion:l'indifferent de
la , rue du Mail, & saparfaite
au Clavessin de la rue S. Pierre
: le Doyen de la rue des
Boules. Le Preux de Saint
Quentin : l'Amant sans fard
de Diepe: les nouveaux mariez,
de la rue Aubry
,
boucher
: l'Amant Limitrophiste
-
du Quay de
-
la Tournelle
Pionneau: L D M.de la rue 1
du Tcmplede Troyes:leChevalier
de B.iflî^nv> le bnvc 1
Biprirtc dvi Jardins delarue
des BourdoiMoivj l'Inconstant)(
y);l^«éluy deSGermam
en Lay c:îc P^irnf jnac de
lacharmante&impitoyable
Blonde de larue de la Sourdicre;
Mesdemoiselles Raver;
deLouche, & Rolland:l'aimable&
touchante Champion,
la spirituelle Rolland , àt la charmanteRaillard, toutes
trois de Vczoul en Fran.
che Comté:la belle de Taveaux
:la Mere du Joly-Trio:
la Blanche Mimie, &: son ai-
- mable Louloisde la rue Vivien
: l'aimable& mignonne
Boisot; l'aimablede Vernay,
& les deux aimables Soears<*
-
d'auprès du PalaisdeGranvelle
, toutes cinq de BcCançon;J
Cachas Chevalier,de la rue
~Tt-ossevache,& la grands
Brune de la rue ~Tircchape::
les trois blonds Bergeres du
Quay de la Tournée: lai.
belle Provinciale de l'Hostel
des Ursins : la belle & brillante
Desmarests , de la rue
des MauvaisGarçons TAmies
de la jeune Muse : la toute
charmante Honoréedansles
Cloistre : les deux Beautez des
ioisir du Quay des Augustins::
la mignonne Merc de la Barrierc
S. Honoré:les Muses dee
larue du Parc-Royal ; la belle
Minerve;la belle Solitaire du
Fauxbourg S.SeverdeRoüen àl'Anagrameest wray modelle
d'Ange, & son fidcllc amy de lamesmeVille;
L'Enigme nouvelle que je
vousenvoye )est d'un Cavalier
d'Angers,donc vous en
avez déjà veu d'autres.
ENIGME.
JEfers datts un filais, comme dtns
nn Hdmtau.
vu je fuis ftojïtabU3 ou je mets a14
Tombeéu. 1el Il- f M4 demeure n'ep que aécailles :
Et qudndj'aureiscaufélestrijîesfum
nnailles
D'un homme de la Cour, ¿. mesme
d'ungrand. Roy,
Onnementreprendpoint;deux Gardes
prés de moy
Sontfeu!s chargez, de ma deffince,
Si malgré leursfoins on m'pfence.
on peut me rétablir
,
sans de fort
grands efforts,
ptme mettre enétatde rcntrtr dans
le Corps.
On A hefiill de moy dans la Paix,
dans la Guerre.
Onme portesurMer, onmeportesur
Terre.
-quoyquef., neceffiirtonme donne 4
vil prix,
Mais pour sen hienfirvir
, il faut voira
Je vous envoyé un Airnonveau,
sur une plainte fort ordinaire
aux Amans qui font
privez du plaisir de voir ce
qu'ils aiment.
AIR NOUVEAU. Fl'Uye:(
,
Tlalfirs j>
pourgoujlervos appas
De ma jufle-douleurjefuis trop
orcupéep
Vous paroijfe^envahi où mon
Bergernef: pas.
D'un coup mortel son départ
ma frappee.
Fuyez) Plaisirs,fuyez ; pour
gouftervosappas>
Demajufie douleur je fuis trop
occupée*
Le Sr Coignard
.J
Libraire
du Roy,rue S. Jacques, à la
Bible d'or, commence à debiter
Jephté,Tragédie de M'
Bover
,
del'Académie Françoise.
Vous devez avoir çnT
rendu parler de cette Piece,
aprés le grand nombre delectures
qui en ont esté faites
depuis un an chez Mr l'Abbé
Testu
,
dans de grandes
Assemblées , que l'on a veu
toûjours composées d'une infinité
de gens d'esprit,& de
personnes d'un rang distingué
dela Cour & dela Ville.
Si la lecture ne luy donnoit
pas routes les graces que les
Ouvrages de cette nature ont
accoûtuméde recevoir sur le
Theatre, des differens Acteurs
qui les representent, elle avoit
en récompenselesornemens
d'une excellente Musique, de
lacomposition deMr Oudot.
Tous les Choeurs estoient
chantez, &lechants'accommodoit
si bien aux paroles,
qu'il estoitimpossible de ne
pas entier dans les l11ouve.
mens de crainte, de douleur,
ou de joyc qu'elles exprimoient,
selon ce qui sepassoit
successivement. Aussi
peut-on dire que cet Ouvrage
a receu une approbation generale,&
qu'il estun des plus
beaux que nous ait donnez
son illustreAuteur. La beauté
des Vers y soutient par
tout celle du sujet, &quoy
qu'il ait esté oblige d'en re..
trancher, comme il le marque
dans sa Preface, tout ce
qu'il y a de plus vif& de plus
humain dans les Tragedies
ordinaires, c'est à dire, les
emportemens de l'amour propre,
fane il l'a si bien diveriffiér.
; par tout ce que la tend ressedu
l sang peut trouver de plus propre
à interelTer& à émouvoir
î le coeur, que rien ne languit
t dans l'action. Ce quevousad-
„ mirerez dans cette excellente
Tragedie) ceII que le princi-
„
palIncident du sujet, qui est
-
le Sacrifice d'une Fille par les
ord res de son Pere ,ayant esté
déja vû sur le Theatre, il l'a
-
conduit avec tant d'adresse,
qu'il luy a donné une forme
L
qui le fait paroistre tout nous
;vOeaun. vient d'imprimer un
autre Livre,intitulé, Des mots
à la mode, e des nouvelles manieres
de parler. Ce font deux
Discours en forme de Dialogues,
dont la lecture donne
beaucoup de plaisir. On y
trouve des tableaux faits d'aprés
la nature, de diverses
manières d'agir, & des'exprimer
de plusieurs gens de la
Cour&de laVille,&s'ilsne
plaisent pas égalementàtoutes
furres de gens,cela ne sçau- -j
roit venir que de ce que quel-
9.
ques - uns se reconnoissent
dans ces peintures générales,
quoy que l'Auteur affure qu'ilsi
De lesa faites pour personneen
particulier. Cependant quoy
qu'ils s'y trouvent avec leurs
defauts favoris, & qu'ils paroissent
avoir quelque sujet
de se plaindre, lors quel'on
fait remarquer cequ'ilyade
ridicule dans les effets de leur
vanité
,
ils ne doivent pas en
vouloir du mal au Peintre,
qui sans les connoistre les a
representez tels qu'ils font.
J1. %, 1 Cu. à eux à reformer les Originaux,
& à régler leurs
discours& leurs actions d'une
manierequi ne lesexposeplus
-.
la raillerie ny à la censure.
Ce Livre qui se vend chez le
Sr Barbin au Palais, contient
aussiun Di scours enVers sur
les mesmesmatieres. Je ne
vous diray rien de son Auteur,
dont le merite est assez
connu par d'autres Ouvra
ges,
On trouve chez le Sr Quinet
,
aussi Libraire au Palais,
,
une Nouvelle galante, qu'il
debite depuis peu fous le titre
Des Agremens f0 Chagrins du
Mariage. Comme il y a dm
pour & du concre,l' Auteur y )
a fait entrer beaucoup de pein.]
turcs agreables, & peut- estre
y a -t-il peu de personnes
qui n'ayent interest à
prendre partysurcette matiere.
QJOY que cet Ouvrage
puisse passer simplément pour
un Jeu d'esprit, en en peut
tirer de grandesutilitez. La
conversation de Philogame &:
d' Antigame, dont l'un défend
, & l'autre blâme ceux
qui fc marient
,
inspire les
sentimens de défiance que l'on
doit avoir du coeur humain,
& fait connoistre qu'il est
dangereux de s'engager dans
le Mariage par la seule veuë
duplaisir permis. Dans l'Histoire
de Syngamis& d'Agamis
Sophronie apprend aux
honnestes Femmes les maniéres
dont elles se doivent servir
pour retirer leurs Maris du
libertinage, & Scortinc fait
voir en mesme temps, qu'il
ne faut jamais fè confier â une
Filleque l'on voit dans le desordre.
Lavie & la mort de
l'un & de l'autre
,
je veux dire
de Syngamis&d'Agamis,
nous fervent d'instruction,&
nous apprennentqu'autant
qu'un homme sage & bien
reglé vit heureux & meurt
content, autant un débauché
vit inquiet& meurt malheureux
MonsieurleDuc deChar-,
tresayantfaitvoir déssa plus
grandejeunesse qu'il seroitun
Prince accomply )&qu'ilde..;.
vroit à son heureux gcnieJ à
son bon naturels auSang.augufte
dont il est forty, ce qur
la plus part de ceux d'une si
haute naissance ne doivent
qu'à- de grands soins,& à un
grand nombre d'années, vous
ne devez pas vous étonner si
j'ay souvent eu des occasions
de vous faire son éloge. On
ne pourvoit rien desirer en
2f4FA
luy, quand mesme il seroit
dans un âge beaucoup plus
avancé Il possede toutes les-
Sciences qu'un Prince doit
ravoir. Il aime non seulement
le métier dela Guerre,
mais il a toutes les lumières
; & toute la valeur neceffaire
pour l'exercer. Il n'a
pas moins toute la galanterie
que peut inspirer son
âge; ses manicres sont honnettes,&:
sans descend re de
son rang, il fait voir une
affabilité qui luy gagne tous
les coeurs. Toutes ces choses
luy ayant acquis l'estime du
Roy,& Sa Majesté voulant
luy en donner des marques
en le mariant ,a déclaréque
ce Prince épouseroisle mois
>
prochain Mademoiselle de
Blois. Les avantages que le
Roy. leur fait font si considerables
, que toutes les
parties en font extremement
satisfaites. Sa Majesté
unit par ce Mariage le plus
illuilre, & le plus beau Sang
du monde. Il joint le mérite
au mérite
,
l'esprit à l'esprit &
allie lavertuà lavertu. Leurs
AitcfTcsRoyales Monsieur
Fr
& Madame ont ~icccu sur ce
p
Mariage les Cornplimens de
toute laMaison Royale, des
Princes, & Princesses, & de
tour ce que la Cour & la France
ont de distingué.
Monfcigncur le Dauphin
étant venu au Palais Royal
la semaine derniere, y futtraité
parMonteur avec la magnificence
qui est ordinaire à
ce Prince. Il alla l'a prés- dî.
née voir l'Opera d'Armide»
après quoy il y eut grand jeu
au Palais Royale le Jeu fut
suivi du Bal, où l'on reccut
toutes les personnes de distin-
6cion, & tous les Marques)
de forte que plusieurs appartemcns
s'en trouvèrent remplis
aussi bien que la grande
j[ Galerie. Il y eut grande Colation?
& le Bal dura ;susque
bien avant dans la nuit.
On a eu avis de Rome, que
dans un des derniers Confia
noires)rAIchcveCchéde
Sens
avoit esté preconisé pour M'
de la Hoguette, Evesque de
Poitiers;l'Evesché de Mar-
IciI!e> pour Mr l'Abbé de
Vintimille de Luc, celuy de
Nifmcs pour MrPAbbe Flechicr
de l'Academie FrançoU
fc,&celuy de SoiflTons pour
-'/:-;r- ';!it.
Ml'Abbéde Sillery.Onappelle
préconifcr lors que dans
le Consistoire de Rome, un
Cardinal fait la proposition
deccluy qu'un Roy,ou un
Souverain, a nommé à que lque
Prélature
, en vertu des
Lettres dont il est porteur,
pour la faire agréer au Pape,
qui donne ensuite sa collation.
On n'enpreconisejimais
plus de quatre à la fois dans
unConsistoirepour une Couronne.
Je vousmanday la dernière
fois que Madame dela Vauguion
estoit morte. Le bruit
lb'yu-
-1*11 '1
t(tJtú
~~h
qui s'en tlxoic répandu s'est
trouvé faux. Je suis,Madame,
voste, &c.
A Paris, ce 31.Janvier 1692,-l m-Oncontinue les Entretiens
en forme de Pasquiades,
dont le dixième fera débité le
ij de Février. Le bonaccueil
que fait le Public à cet Ouvrage
»
oblige l'Auteur d'en
donner la fuite.Quand il au.
ra achevé l'Histoire du Prince
d'Orange, quine contiendra
plus que trois Entretiens,
il passera à d'autres maticres,
qu'il renfermera louvent dans
un seul, & qu'il poufferaquelquefois
jusques à deux
,
mais
sans l'étendre jamais davantage,
afin de faussaireceux qui
aiment lesnouveautez.
TABLE. Aut*e.749 Etablissement auneAcadtmie de
Peinture & de Sculpture à Bordedllx,
7/3
Mr de Prouvenza efi nommé premier
MtdecindeMlle d'orleans, 161 Livresnouveaux.163
Mr Toureitcflnommépourremplir la
place qui vaquoit à l'Acadtmie
Françoise par la mOIt de Mr le
Clerc. 174
Articles de la Capitulationde Lim1 e-
YIc. 177 jrrournal du Voyage du Roy d'Angle.
terre en Bretagne, avec la réception
qui luy a eslé faiie par les
lieux ou il a pjfé. 210
Benefces donnezpar le Roy. 220
}.forls. 227
Vers faits par une Dame deux jours
avantsa mort. 241
TABLE.
MariagedeM.leMarquis dUGUll.243
NouvrU"sparticlÛarittZ touchant le
Siège de Montmelian , avec la Capitulation.
147
Détail de ce qui s'eji pasé touchant
le secours que le Duc de Savoye
vouloit donner àcette Place. 263
Divers Ouvragesfaitssur la prise de
Montmelian. 273
Régiment de Mr de Braque donnéà
Mrde Vaudrey. 237
Aftion extraordinaire.292
Charges données par le Roy. içi
Article des Enigmes. 302
Autres Livres nouveaux. 370
Le Roy déclaré le Mariage de M r le
Duc de Chartres avec Mademoiselle
de Blois. jjp
Bal donné au Palais Royal, 321
Nouvelles de Rome. 315
Avis. 52.5
La Medaille doit regarder la page
288.
L'Air doit regarder la pagejoo.
CATALOGVE DES LIVRES
nouveaux qui se débitent chez, le
Sieur Guerout, Galerie-neuve du
Palais. HIstoirede Jeande Bourbon Prin.
ce de Carency. y vol. in douze,
4livres10lois.
Onzième partie des affaires dutemps,
remplie de Figures, & contenant trois
Entretiens des Plaintes de l'Europe
contre le Prince d' Orange, & trois
autres du Prince d'Orange travaillant
à son Histoire. 2. livres.
Affaires du Temps, dix Volumes
indouze, 15.
Reflexions sur les défauts ordinai-.
res des hommes, & sur leurs bonnes
qualitez.
La Duchesse de Medo, Nouvelle
galante & historique, deux Volumes,
Explication en Vers des Tableaux
de laGalleriedeVersailles, 15.f.
La DécouvertedesMisteres du
Palais toù1il est traité des Parties en
général, des Intendans des grandes
Maisons, des Procureurs, Avocats,
Notaires, & Huissiers. vol. in douze,
1. liv. 10. f.
La Vie de la seise Reine d'Angleterre,
dans laquelle outre sesactions
particalieres de pieté, on trouve ce qui
s'eftpaflédéplus remarquable pendant
les Régnés des Rois Charles I. &
Charles 1I. Vol. in S. - 2. I. 19. f.
Nouvelle Chirurgie, Medicale &
raisonnée de Michel Ettmuler, avec
une Dissertation sur l'infusion des li- ,
queurs dans les Vaisseaux. 1. 1. 10. f.
Pratique de Medecine speciale du
- rneûneEttmuler, sur les Maladifs propres
des Hommes, des Femmes & des
Enfans.' Vol. in 8- - 3. L
)
HistoireMonastique d'I rlande..
Traité de l'Artillerie,expliquant
la différence
,
les proportions ,
les portées,
les affuts, & tout ce qui concerne
les Canons dont on se sert en
France, tant sur Terre que sur Mer,
avec plusieurs Planches, par Monsieur
Gautier de Nismes. I. 1. 10.f.
Lettres sur toutes forcer de sujets. 2.
vol. in douze. 3. liv. 10. f.
Lettres Familières & autres sur differentes
matieres, par le Sieur Meilleran
- Professeur des Langues Françoise,
Allemande & Angloise
,
seconde
Edition
,
corrigée & augmentée de
plusdecentLettres. I. 1.10f.
Histoiredu Monde. 5.vol. in12. 9.l.
Etat nouveau de la France. l. vol.
in douze. -, 3. liv.
Histoire de l'établissement de la
,
République de Hollande, ou sa r-evolte.
2. vol. in 12.4. liv.
f Chevalerieancienne& moderne,avec
la maniere de faire la preuve pour tous
les Ordres de Chevalerie 1. 1. 10. f.
Histoire de l'Afrique ancienne. &
moderne, enrichie de 80. si gures, 4.
volumes in douze. 8liv.
Histoire de Normandie. 2. v. 3. 1.
Eloges des Personnes Illustres de
l'ancien Testament, par M. 1Do.u1ja.t,
Réflexions sur l'Acide & sur
l'Alkali.
I. liv.10. f.
Essais de Morale & de Politique,
où il est traité des Devoirs de l'Homme
confideré comme particulier, &
comme vivant en Societé. 2. vol. 2. l.
Observations de M. Spon sur les
Fiévres & les Febrifuges. J. 1.
Antiquitezdu mesme M. Spon, Ouvrage
enrichy de plusieurs Figures.
7. 1.
OEVVRES DE tgfr
deFontent lle.
Dialogues des Morts. 2.. vol. indouze.
3.l.
Jugement de Pluton sur les Dialogues
des Morts. 1.l. 10, s.
Entretiens sur la pluralité des Mondes,
augmentez en plusieursendroits,
avec un sixiéme Soir qui n'a point encore
paru, contenant les dernieres
découvertes qui ont esté faites dans leCiel,
1. l. 10. f.«
Histoire des Oracles. 1. liv.10f.
Poësies Pastorales avec unTraité de
la Nature de l'Eglogue, & une Dir,
gression sur les Anciens & les Modernes.
1. li.10. f.
Lettres galantes de M. le Cheva-
Aliecr da'dHeerm. 2i.veol. 3.l. 2, vol., 3.liv.
La Duchesse d'Estramene. 2. Vol.
2. liv.
Les Dames Galantes. 3.I.
Caractères de l'Amour. 1. 1. 10. f.
Sentimens sur les Lettres & sur
l'Histoire
, avec des Scrupules sur le
Stile. LI. 10. f.
Le Mary Jaloux. 1. l.10. s.
L'Illustre Genois.1.l. 10. f.
L'Ariostemoderne. 4.v. 6.l.
Secrets concernant la beauté & la
santé.2. vol. in octavo. 6. l.
Dialogues Satyriques & Moraux.
1. vol. 3. 1.
VDisceoursrSastyr.iq1ues &.Mloraux.en Fables nouvelles. 1. l.
Epistres en Vers de M. Sabatier
de l'Academie Royale d'Arles. i-1.
Le Chevalier à la Mode. 1. 1. 10. s.
7G-9i. : b' 1 J.y-1:-, - V - /- •-t ;---Y.'
- K i .> - '"- •'• 1
— ,,.., : V
/•' -• ; <-•
/• r,Jo j
1
ir
i_> Jir. A Iviit NulJR. LE DAUPHI H
JANVIER l69z.
A PAi"1S,-
GALERIE-NEUVE Dr0 PALAIS.
ONdonneratoûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant au
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra Trente fols relié en Veau,
le Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE, au Palais, dans 1t
Salle des Merciers, à la Justice.
T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie.
EtlaVeuve M. GUEROUT, Galerie-neuve
du Palais, au Dauphin.
M. DC. XCII.
AVEC PRIVILEGE DUROY,
AVIS.
QUelqttcs prières quonaitfaites
pu{qu'a present de bien e*c--Tclesnoms de Famili(e1 empl!oyez,
dins les Mémoiresquonenvoyépour
ce Mercure , on ne lasse pas dy: ,;,':l1J," quertoujours.Celaijteaujequi'lyA
de temps en tinpsquelques-uns de
'1.¡" fl,/J (,,, lf.t!'- j':"'1'!" -, N U,
ces CC'Sdont on nejepeutfertz.
Ír. Ca reitci'( la rm.f/lc*i'ir.Cnréitérélamesnieprierede
bnieensyéc'priruecisesstrnoommpse)r.eOnn¡nOeiepr(e"£ra.dn
aucun argent pour les lieivoires ,
&
l'onemployeta tons les bons Ouvrages
à leur tour, p°/tnVltt qu'ils ne
de[obligent personne
,
6" qu'il n)
ait rien de hantieux.Onprie Jeulement
ceux qui les envoyent, 6-fur
tout ceux qui n'écrivent que pour
faire employer leurs noms clins l'ar-
1 d d' If- l' 1 ticledesEnigmes,£afranchir leurs
Lettres deport, s'ils veulent qU'Oïl,
faffe ce qu'ils demandent. C'ijlfort
peu de chose POf/Y chaque particulier,
& le tout cujemhle efl beaucoup pour
un Libraire.
Le fleur Guerout qui débite presentementle
Mercure, a rétably les
choses de maniere qu'il efl toujours
imprimé au commencement de cbique
mon.ilavertitqu'al'égard des
E'nvois qui sefont a la il J Camfpa0gne , fera partir les paquets de aux
gui le chargeront de lesenvoyer ava nt
que ton co-nmence a vendre icy le
Mercure. Comme ces paquets feront
çluflcursjours en chemin, Paris ne
laiferapus d'avoir le Mercurelongtemps
avant quilfait arrivé dans
les Villes éLoignées,mais al/ffilel
Villes ne le recevront pas ji tard
quellesfaisoient auparav-ixt. Ceux
quise le font envoyerpar leurs Amis
Jans eu charger ledit Guerout) s'expojent1
le recevoir toujoursforttard
p4r deuxùfons. La premiere ,parce
que ccs Amis n'ont pas foin de le
venirprendresi-tofi qu'ilejl imprilné,
outre qu'il lejtratoujours quelques
jours avant quon enfaffe le
débit i dr l'autre, que ne [envoyant
quaprèsquils font leu, eux &
quelques autres à qui ils le pressent,
ils rejettent la faute du retardement
(ùrleLibraire) en disant que 14
vente n'en a commencé que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardement par la voye dudit Sieur
Guerout, puis qu'il se charge defaire
lespaquets luy-mesme & de les fiire
portera la pojle ou aux ytefarcr*
sans nul iïitfijl,tantpeur lesïar-
! 1 ticulars que /;//r Us Libraires de
Rr,'vi¡}tc
, (1:1-i l'!y aurontdonnéleur
adr, -,Isr:e.Iy\Iï~ j l1a mefive ch1o"fc généraie,",.'
;-// de tons les Livrest.ouvi-t<x
,
1
J -" 1
quon LI;) (.LfiJ..-. ,,.,f.1.1 l"~ t !, ,/oitqfll:s
d,. l.. f ,.l' , , : débite
, ou quils aH-:rtii/.„i/:t à
dd''autres LLi'br raires ,j.:.s ai prendre
p*ourceladavantage. nue leprix fixé par les Lib'aires qui les vendront,
jcjptrad il fc rcnco/itrcrat r;/t'f)¡"l demanderaces
Livresà La pn du ÍÎnÚ,
il les foiiJdra ait Mercure,afin de
n'en faire qu'un mesme paquet. Tout
çelafera executéavec une exactitude
dont on aura tout lieu defui
fon/ent.
JANVIER
1 E croy ,
Madame,
que je ne puis mieux
commencer ma premiere
Lettre de cette nouvelle
annéeque par un Discours
que Mr le Comte de.
- Rebenac, Envoyé Extraore"
dinaire de Sa Majesté à Genes,
fit au Doge & au Senat,
- Iczydu mois de Novembre
dernier, dans une Audience
publique qu'il eut, Ce Dis-
-
cours a receu de grands applaudissemens
; & comme il
en a couru beaucoup de co-
-
pics, & que mesme on en a
veu icy des exemplaires de
l'impression de Hollande,
- j'ay craint que vous ne m'accusassiez
de manquer à la
promesse que je vous ay faite
de vous faire part de tout
ce qu'il y auroit de curieux,
si je me laissois prévenir dans
le soin que pourroient avoir
vos autres Amis de vous envoyer
cette Harangue. En
voicy les termes.
- * sERENISSIME DOGE,
& Excellentissimes Seigneurs)
Le Roj mon Maifire a DH
avec une Jatisfiaêiion si grande
l'attention que vous alvek pour
tout ce qui peut rendre uofire
conduite agreable a Sa Majesté,
quElle a bien voulu mhonorer
de Jes ordres exprès
trendre > pour me prés de Vofire Serenité &'
t detVos Excellences, afin de vous
mdonntr en cela un témoignage
plus particulier du gréqi'Elk
vqiou'szet n'sEçaitl, '@edeu rn15tjje<njtimien.t en<4.
SSa AMda.jensl"em,a command{e"
en mesme te:?ips de ious furc
fai'oir9 que non feulement Elle >dejire que vos Sujets continuent
à jouir dans lés Ports & d.:ns
ses Etats de toutes les franchises
& de toute la liberté dont ils
ont joüy jufqual'heureprésente,,
maisquElle a mesmeréitéré (es
:
ordres pour qu'ils y reccujjcnt:
toutes les diftinélions & toutes j
les faveurs pojjibles3ne moulantI
pas que rien Je purJfe opposer ai
la parfaite intelligence que Sa4
Jlftijeflê souhaite d'établir entre
Elle dr voflre SeremffimeRepu-
MaisquelAvantage o{erez..
blique.
d,,
vous vous promettre de,ss difpofîlions
favorablesdeSaA^^j'jié,
aitjfi longtemps que les alarmes
($f lesinquiétudes que le voisinaged'une
cruelle guerre vous
donne avec tant de sujet, vous
rendront toutes choses fufpeEles,
& vous ferontregardervos plus
grands biens comme des biens in"
Ocertains, (f) dont le cours peut
cfire interrompu d'un moment à
l'autre? C'est pour cela, Serenif.
JimeDoge, Excellentissimes Scigneurs,
que Sa Afajefté "Veut
prévenirvosdéfis, & quElle•
m'ordonne de vousfaire connoi*
« flre la fticerité de ses intentions 'j
pour le réfdbltffcrnent du repos i
de l'Iicdie.V ',,;.' tiendrapas àfesx
foins q/Je la trtna,Hittite riy flitt
parfaite, @¡ vous luy verreTt
toujours donner lu mains
avecf
joye àtout ce qui pourra contrt-,
buer la paix & an vepos
dt%
cette grande partie de la Chrt--,
jliente. Les intentions du Royq
mon Maiflre ont toujours esiélesi
mesmes sur ce sujet. Lors qun
Mf le Prince d'Orange,àlatefln
de la LigueProteflan0te> entre-*
prit de détruire la Religion Catboliqne>&
d'usurper le Trône
du Royson Onclc &son Beaupere>
MajtftéJe lit obligée
de prendre les armes poursoutenir
ces deuxgrandescaufes>l'une
f!J Cautre égalementjufies>mais
Elle ne fut pas longtemps à reconnaître
avec une évidence en.
ticre que cette Ligue estoit foutenue
pa* une autre TuiOanct
confiJerable» & ainsi la guerre
avec l'Empereur devint necesseaire.
Ce fut ahr- que Sa MA- mit toute son attention à
(h-i'e.lcr eue ce Oi!:"é-,',cr q!-t ': su,u>,qquuzi ee1m11brrda.--
foit afiunegrande partie de
l'Europe, ne s'étendifl à toutes
les autres, f0 particulierement
chez les Princes Cathvliques,
quesa pieté rembloit devoir porter
à une union parfaite entreeuxipoursopposer
avec plus de
force au malheur dont elle efloit
menacrr. Elle proposa donc au
2{oy Catholique toui les moyens
lesplus propres à confervtr la
Paix. C" fut en vain,&il n'y
en eut aucun qui pufl eflre approuvé.
Enfin, pour ne rien obmettre
de ce qui pouvait faire
connoiftrr la droiture de ses in*
tentions, Elle luy offrit de conserver
du moins
la Trem dans le
Continent de Espagne& dans Mais cette proposition
fut rejetiée comme les autres, &
toute la terrre peut juger par là
qu'autant que les sèntimens du
Roy mon Maistre efloient porte%
au repos de l'Italie?autantceux
de la Maison d'Aufiriche en
efloient.ds éloigne Toutes les
particularitez de cette négociation,
& les Mémoires qui en ont
esté presentez
, en font des preu.
ves incontefhbles. L'honneur
que j'avois en ce tempslàd'eflre
Ambassadeur Extraordinaire de
Sa Maje&éen Espagne )mf met
en eflat de vous en donner une
connoissance parfaite.
Dans cette conjonélure) leRoy
mon Maiflre (floit portéparson
ajfrSlton pour les Princes dita.
lie>par son propreintercjl à
s'opposer au dessein ambitieux
que la Maisond'jiuflricbe afait
paroiflre dans tous les temps, de
joindre aux grands Efiâtsquelle
poffide ceux Je ses VO-ffils &
€tal7-tr sur tous les autres une
autorité qui la rr/ideun jour
l'arbitre, ou platoflLi Souveraine
del'Italie.SaAfajeslc
<voyoitencoreanjecpeiKC que
cette union toujoursp.irfme entre
ll''autorité prêt:aned¡e:EEn*
,
sereurssur lesEtats de l'Italie,
& les interefls particuliers de
l'Efpdgne
>
se faisoit déjasentir
par la démolition'violente de
Gaftalle dans le pays d'un Prince
libre, & par les subsides que
fous dijferenspretexttsl'Empereur
exigeoit de quelques autres;
mais le Roy mon Maistre esperoit
que la tranquillité, dans Uquelle
il demeuroitences Payscy
ofleroit à ses Ennemis tout
sujet de mouvement @¡ de noucelles
entreprises
,
lors que Sa
1 Majeflé vit clairement que la
forcefeule pouvoit s'opposer à ce
(uccts des deffrins de la Mai/Ôn
d'AusIriche.CetteçjiïiaifonaU
moitmieux abandonner en quelque
forte la guerre de Hongrie
& celle du Rhin, que de ne point
profiter d'une conjoncture qui luy
paroissoit sifavorable
> & quon
luy voit rechercher depuis prés
de deux Sitcles avec une si
grandeattention, ü enfin elle
croyoit la France fujjifamment
occupée par ce grand nombre
d'Ennemis qu'elle luy avoit atti:
rez de toutes parts.
La Maisond'Autriche nignorait
pas la promptitude avec laquelle
on a veu dans tous les
temps que les R,ois Tres-Chréliens
font accourus au Jecours des
Estats dont elle a voulu opprimer
la liberté) &elle fçanjoit que le
Roy mon Maistre y liendroit
avec de plus grandes forces
qu'aucun des Rois ses Predectffèurs.
Il ne falloit donc plus0
pourJe rendre Maitrcjjeabsoluë
de lItalie
, que luy en fermer les
paeea&es ,eelleJe flattoit d'un
succésoejjeuré dans [on dejJein,
par le bon- heur quelle a cu depuispeu
defaire entreir-dans ses
interefli un Prince., que le Roy
mon Maigreavoit toujours rcgardé
avec tant de raison comme
un proche Parent, & dont
l'alliancedevoit dans tous les
temps ejlre toujours affurée pour
luj.
Cefut donc pour prévenir des
fuites fifacb euses,cjue Sa Majefiefe
vit obligée de faire pdjfcr
en diligence un Corps de Troupes
dans le Piedmont. Elle demande
à Monsieur le Duc de Savoj e
des feunte%convenables. Ce
Prince les ayantrefusées> la
guerre s'est alluméeparunefuite
inévitable
3
0* vous scavez si
ellepeut jamais estreque très-finesse
à la libertéde l'Italie. C'est
à voflre prud enef, &à vosgrandes
lumieresJ Sereniffimc Doge,
ExcellentissimesSeigneursJà pren.
dre les voyes les plus proprespour
en prévenir les consequences) &
c'estfur<e sujet quefay eu l'honneur
de vous dire que Sa Majesse
donnera les mains à tout ce
qui luyferaproposê de rdifonnable,
& qu'EUe vous accordera
en mesme temps tous les fecoUYS
qui dependront de sa puissance.
Elle vous déclaréquElle ne veut
que vostrerepos,la tranquillité
aevojlre Pays
? (£r l'entiereliberté
de vojhe Commerce. Elle a
lieu de croire en mesmetemps>
que vous contribuere^par tout ce
f dépendra de vous à une chose
dont l'avantage est tout entier
pour voflre ScreniJJtme République
, que vous vousgarderez sur
tout d'appuyer par des subsides)
contributions>prejis d'argent
)
quartiers, &autressecours,foit
directement ou indireBernent
tambition ) de ceux qui ne vous
le demandent qu'autant qu'ils le
trouvent neccjJaire peurmieux
cpprimer vojtu-liberté. Cefèroit
employer vos forces à vofîre propre
deflruéhon
, & contribuer
vous-mesmes au plusgranddes
malheurs3 dont vouspuijjie% eflre
accable^.
Quelle douleur n'auroit pas le
Roy mon Maifire
,
dont lessentimens
vous font si favorables
» s'ilesloit obligé d'en changer, (Sf
de regarder ruoftre Serenijjime
République comme une source
dans laqueftesesEnnemis trouveroient
une augmentationde
forces o contre luy & contre vousmtfmesï
Vos intereflsfont communs
en cela. Suiruez les conseilssalutairesque
mon Maifire
"Vous donne. SesEnnemis ne cher*
chent que vostre dejlruftion &
'Voss,e ruine; il ne veut que vo+
tre bien * vos a'Uanra('l.(s. Pro.
lirez d'une disposition sifavorable.
Sa Alajefîéne vous demande
point aengagement particuliersft
vous ne les juge'{pas ne*
cejjaires vous mesmes
,
mais
exemptez-vous du joug que ses
Ennemis cherchent À vous impo.
fer. N'apprehende^ point leurs
menaces.Ils n'ont de forces veritables
que la crainte quils ont
lesecret d'inspirer aux faIbles.
Prene'^ feulementunerejolution
finne Je confirver vostre repos
&vofîre liberté, fil si vous avez
befom de secours
»
le Roy mon
Mitjlre m'ordonne de vous en
ojftr de si putffans par Mer c:;-
par Terre> que vous y pourrez
connoiflre en mejmetemps
3
0*
la
la (inceiité de [on affeflion pour
vous, e l'utilité d'une proteilion
& d'une amitié aussi pretieuje
qucftcelle de Sa Majesté.
Vous avez eu raison, Madame,
de vous étonner de
l'Article de ma Lettre de Novembre,
où en vous parlant
de Mr l Abbé cTAuvcrgnc>>
receuChanoine dans l'Eglise
de Strasbourg , je vous ay
marqué qu'il y en avoit seulement
deux Capitulaires. Jay
;
vouluvous dire douze, & je
fuis bien-aise d'avoir aujourd'huy
à reparer une erreur de
k^uKI
plume, qui me donne lieu de
vous apprendre des choses
plus particulières de cetillustre
Chapitre. Je vous ay aussi
parléfort improprement, en
vous disant que Mr l'Abbé
d'Auvergne a esté nommé
Chanoine de Strasbourgpar
Sa Majesté. Il est vray qu'il
doit en quelque façon ce
Canonicat au Roy, qui estant
- devenu maistre de cette importante
Place,amisenestat : d'en obtenir de semblables,
tous ceux de sa Cour qui font;
d'une assez haute naissance,
pour faire les preuves dont
aucun Chanoine ne sçauroit
se dispenser ; mais ce Monarque,
équitable en toutes choses,
ne s'est point voulu attribuer
le droit des élections.
On continuë à les faire suivant
l'ancien usage; & comme
il se presente toujours plusieurs
Sujets lors qu'il vaque
quel que place, si les preuves
de tous ceux qui y pretendent
se trouvent valables,celuy qui
a le plus d'Amis dans le Chapitre,
est receu Chanoine Domiciliaire.
Ces Chanoines Domiciliaires
sont ceux quin'ont
point de voix en Chapitre
,
comme qui diroit, Petits Seigneurs,
parce que la Coutume
du Pays estde traiter les Chanoines
Capitulaires de Monseigneur,
à caufc de la grande
naissance dont ils sont tous.
Ainsi les uns font Domini,&
les autres Domiciliarii; si l'on
n'aime mieux dire que ces
derniers ont ce nom, quasi
domi sedentes, parce que ne
pouvant avoir auçun revenu,
ils se tiennent chex eux; &
qu'assistant à l'Office, ils y
assistentgratis. Il n'y a en tout
quevingt quatre Chanoines,
douze Capitulaires, & douze
Domiciliaires.Voicy les
noms des uns & des autres,
que vous ne serez pas fachée
de sçavoir. Les Capitulaires
font
Mr le Prince deNassau,
Grand Prevost.
Mrle Comte de Levestein
Abbé de Murbach.
Mr leComte de Hohen.
Mrle Comte Alexandre de
-Salm Jollcrn. Mr le Comte Ernest de
Mandrecheit.
': M le Comte Maximilien
de Mandrecheit.
? Mr le Comte Charles de
: Rekeim. C iïj
- Mr le ComteGuillaume de
Salm,
Mrle Comte François de
Rekeim.
M' leComte Jean de Levestein.
Mrle Prince Henry Ozuvaldd'Auvergne.
La douziéme place Capitulaire
est vacante;aussi y a-t-il
treize Domiciliaires; sçavoir.
Mr le Prince Antoinede
Neubourg.
Mr le Comte de Konigseg
l'Amé.
Mrle Comte de Konigseg
le Cadet.
tffiwr
Mr le Comte de Mandrecheic
-
Blankenen, l'Ainé.
- Mrle Comte de Fustemberg
Meskirk
- - MrIe Comte de Truchsez.
Mr le Comtede Mandrecheit
Blankenen, le Cadet.
- Mrle Landgrave deHesse.
Mr le Prince Clement de
Baviere, Electeur de Cologne.
Mrle Prince de Talmond
lM'Ale P.r,ince-de Rohan, l'Ainé. -
Mrle Prince de Rohan, le
Cadet.
Mr le Prince Frederic d'Auvergne.
/) :lh,
Ces Canonicats sontélectifs,
& ce qui s'observe dans l'élection
est un reste de l'ancienne
discipline,qui est gardée
mesme dans les grandes Eglises
d'Allemagne; maispour
n'estre pas à la nomination
du Roy, ils ne laissent pas
d'estre tous ,
aussi-bien que
l'Evesché de Strasbourg
,
de la
fondation des anciens Rois
de France. La plus commune
opinion est que Clovis fît le
premier bâtir l'Eglisede Strasbourg,
mais queDagobert fonda
l'Evesché & le Chapitre.Il y
a eu cependant des Evesques,
de Strasbourg avant Dagobert,
puis que vers l'an 350.
S. Amand se qualifia Evesque
de Strasbourg. On pourroit
dire pour accorder ces deux
sentimens, que l'Evesché estoit
étably longtemps avant
Dagobert; mais que ce Roy
par les grands biens qu'il y fit
en fut cftimé le véritable Fondateur.
Tout efl: plein dans
l'Alsace de fondations illustres,
qui font autant de preuves
, non feulement de la domination
de nosancicns Rois
sur cePays, mais aussi de leur
pieté & de leur magnificence.
Le zele du Roy ne s'est pas
borné à rétablir la Religion
Catholique dans Strasbourg,
on le voit encore éclater de
jour en jour par le loin qu'il
prend de l'étendre. Ce Prince
y a étably une Maison de Jesuit,
où sont quarante Scminaristes
qui apprennent la
Langue Allemande,&toutes
les autres choses qui sont necessaires
à de parfaits Ecclcfiaitiques.
Cette Maison sera
une des plusconGderablesque
ces Percs ayent en Europe, &
je puis même ajouter des plus
utiles, à caufc du grand nomî
bre d'Herctiques Luthériens
&Calvinifles dont le Paysest
remply. Le Peupley estbon
naturellement, &Ce laisse toucher
par l'exemple plus qu'aucun
autre. Au commencement
du dernier Siecle, un
Evefquc de Strasbourg qu'on
croit estre Guillaume III officia
dans la Cathedrale en habits
Episcopaux. L'Historien
quile rapporte,remarque que
plus de cent années auparavant
aucun Evesque n'y avoit
j, officié, ny fait nulle fonction
i
d EvcrqlJc, & que le Peuple
alla à cet Office, comme il
i
auroit couru pour voir un miracle.
Depuis cc temps là, la
mesme chose n'est point arrivée,&
comme en trois Siecles
on n'a vu qu'un seul Evesque
officier à Strasbourg, ilne
faut pas s'étonnersilHercfie
a fait de si grands progrés
dans un lieu ou tant d'Ennemis
de la veritable Religion
ont répandu leurs erreurs. Si
Mr le Cardinal de Furftemberg
pouvoit trouver àStrasbourg
une entiere seureté., la
satisfaction qu'on auroit à le
voir officier - , contribueroic
sans doute à la çonverlîon
d'un grand nombre d'Heretiqucs.
Jevous envoyé une réponse
au Traité des Vapeurs de
Mdela Brosse, donc je vous
fis part dans ma Lettre d'Oaobrc.
Elle est de MrChays,
Medecin du Bourg Saint Andeol
en Vivarest. Vous ferez
bien aise de voir le pour & le
contre.
REPONSE
A laLettre d'un Philosophe,
touchant la Maladie des - Vapeurs.
A Mademoiselle de Scudery.
J'Ayesté sur pris, Mademoilclle,
qu'un Philosophe de
nos jours
3
iQfeélé d'HcrcHc
en matière de Medecine, vous
ait adresse une Lettre que j'ay
veuë dans le Mercure du mois
d'Octobre, pour vous perfuader
ses opinions erronées,au !
préjudice de la veritable doctrine.
Je sçay bien que tous les
Herefiarquesonr une pratique
fcmblablc alafienne, en vou-
- lant persuader aux personnes
de credit & d'autorité leurs
nouvelles opinions, afin de
les faire ensuite glisser plus
facilement dans l'esprit du Public;
mais comme je sçay que
lavous vousplaisez à écouter vérité en toutes choses
, je
nne'ay point douté que vous reccuffiez favorablement
ce que j'ay à vous dire contre
des opinions qui Ce réfutent
assez d'elles-mcfmes.
- Si ce Philosophe avoit dumoins
eu quelque vénération
pour l'antiquité & n'eust
point déchiré la réputation
du Divin Hypocratc, & de
tanr de Grands Hommes qui
l'ont imité,Il n'auroit peutestre
point donneoccasion à
luy répondre
,
mais comme
il s'en prend & aux Anciens
& aux Docteurs modernes de
la Faculté, & qu'il veut abbatre
par là tous les fondemens
de
la Medecine, pour
establir ses sentimens sur leurs
ruines,je n'ay pu me dispenser
de luy répondre, pour luy
i prouver par de bonnesraisons
appuyées sur l'experience
:que » tout ce qu'il a avancé
n'est à proprement parler
, qu'une chimere & une illuiion.
Il estcertain que les vapeurs
caufentbeaucoup de fynipto.
mes au Corps humain,& sur
tout dans le siecle ou nous
: sommes, puisque c'est presenitement
une maladie à la mode,&
que bien des personnes,
tant de l'un que de l'autre
sexe, en sont attaquées. Cela
donne lieu de croire que les
saisons, les climats differens,
&les revolutions des années
nous causent souvent des maladies
djffcrcntesJmais quoy
que ce mot devapeurs foitun
mot vague & généralqui
comprend en soy beaucoup
de differens symptomes
,
&
qu'elles soient produites,
tantost par les hypocondres,
tantost par reftomach>&tantost
par les mouvemens & les
indispositions de la Mere, &
mesme par beaucoup d'autres
partiesducorps,ce Philofophe
neantmoins veut, que
tous ces s,ymiptomes differens,, qui sont compris fous le nom
de Vapeurs, ne partent que
d'une mesme source
>
& d'un
estomach foible & depravé.
Il donne le nom de cette maladie
à celle de l'affection hypocondriaque
; & veut faire
comprendre par là que tous
ceux qui sont atteints de vapeurs
sont infectez de cette
maladie,& qu'on n'ose la
nommer ainsi, à cause que
ce nom a quelque chose d'ignominieux.
Il veutensuite que ces memes
va peurs , que les Mede-
; cins supposent estreengendrées
dans le basventre, ne
puissent en aucune maniere
monterny au Cerveau,ny à
la Poitrine ,ny aux autres par.
ties superieures
,
& ainsi il
veut prouver que les Medecins
font dans l'erreur, de
donner lenom de vapeurs à
tous ces symptomes differens,
que nous voyons arriver tous
les jours aux Femmes qui sont
sujettesàla Mere,& aux hommesaussi
qui sont atteints de
beaucoup de maladies
,
qui
font causées par les va peurs.
Il allegue pour ses raisons,
que les vapeurs qui s'élevcat.
du bas ventre ne peuvent
monter au Cerveau, à cause
des obstacles quelles trouvent
en chemin,comme font
le diaphragme, & la plevre,
&tous les autres obstacles
qu'il rapporte;mais s'il veut
n'estre point prévenu de ses
sentimens, comme les Medecins
le font des leurs, à ce
qu'il dit,& ne s'attacher pas
aussi fortementàsonopinion,
que les Turcs font à leur Alcoran,
je puis aisement le detromper,
& luy faire voir
qu'il est dans l'erreur luy-
! meCmco.,
••
q;; ,: ':,'
<
Il rapporte que nos Anciens
Docteurs soustiennent que
l'Epilepsie sympathique pro-
- vient des parties basses,& Galien
dans le livre3. des lieux
affectez chap. 7.' rapporte
qu'un jeune homme cstantatteint
d'une Epilepsie Sympathique,
lors que le Paroxisme
l'attaquoit, sentoit monter, à
ce qu'il disoit - comme un
ventfroid, de la Jambe à la
Cuisse,& de laCuisse consecutivementpar
les autres parties,
jusquesau Cerveau, &
qu'il estoit ensuite attaqué de
ce fâcheux y m ptome. Ce
Philosophe qui est de bonne
soy, avouë du moins que si
ce n'est pas une vapeur, qui
causoit l'accident de ce jeune
homme, c'estoit, à ce qu'il
dit, une humeur maligne,
qui se glissoit par les parties
du corps de ce Malade,&qui
luy causoit l'Epilepsie. Mais
je croy qu'il devroit bien avouër
qu'une vapeur qui est
plus subule qu'une bumeur,
peut bien passer par lesmesmes
endroits que l'humeur
passera
,
& sur tout puisque
celaest autorité par le Malade,
qui disoit sentir comme
un vent froid qui luy montoit
de la Jambe jusques au
Cerveau. Cet argument doit
paroistre sans réplique, puisbqiueenqui
reçoit le plus peut
recevoir le moins.
Mais comme il ne veut
point adherer aux opinions
& aux autoritez de nos Dofleurs
,
& qu'il ne s'attache
qu'à ses idées particulieres,
je neveux me fcrvir ny
d'aucune autorité, ny d'aucune
preuve d'Hypocrate ny
de Galien. Je veux seulement
le convaincre par des raisons
ôz des experiences fort sensibles
) & que tout le monde
pUÎifC;
puisse comprendre, ce qui
pourtant devroit m'obligerà
ne point disputer avec luy,
parce qu'il nie les princi pes
dela Philosophiedonc il fait
f. profession. Contra negantem
principia , non est disputmdum.
i Jeluy demande donc, dllÙ
l vient que ceux qui boivent du vin plus qu'a l'ordinaire,
sentent bien-tost après avoir
beu troublerl'oeconomie de
leur Cerveau, & qu'ils perdent
en peu de temps l'ufJ,CTc
de la raison. Le vin cependantreste
dans leurestomach,
6iOu dans leurs intestins. Je
croyqu'il devroit avoüer de
bonne soy, que c'est la vapeur
du vin, qui pénétrant facilement
le Diaphragme,la
Plevre, & les autres obstacles
qu'il propose. va directement
pervertir lesfonctions de î'esprit
animal, & fait souffrir
aux Beuveurs la depravation
qui le fait dans leur Cerveau
pendant leur debauche; ou
bien cette mesme vapeur se
glissant dans les Veines &;
dans les Arteres
, contre le
sentiment du Philosophe,va
attaquer directement le
Cerveau.
Ce qui prouve forte[
ment ce que je viens de dire,
c'cft qu'ona veu des personnesaqui
estantencrées dans
une Cave, où les cuves étoient
remplies de vin nouveau,
la vapeur scule de ce
vin lesentièrementenyvrées,
quoy qu'elles n'eussent pour- tant pas beu. Ainsi il pour
com prendre que les vapeurs
agissant si fortement
, quoy
qu'elles viennent du dehors,
elles doivent agir avec plus de
violence lors qu'un homme a
fait la débauche, parce qu'elles
agissent au dedans.
Les Femmes qui font si souvent
attaquées. des Vapeurs
de Mere,nous fournissent enr
core un exemple, & une preuveincontestable
,
contrele
sentiment du Philosophe.
Car en effet, si c'estoit une
matiere quise portast des parties
baffes si facilement dans le
Cerveau, pour leur causer des
convulsions,&lesautres ac.,
cidens qui dépravent les fonctions
animales
, pourquoy
ces mcfmcs accidens passeroienr-
ils si vÎrc, & pourquoy
arriveroient -
ils si inopinement?
Ce n'est que le propre
des vapeurs de changer si fa*
cilement d'une partie à l'autre,
& de cau fer des accidcns,
qui font si faciles à naître,ÔC
si faciles à terminer.
Que si le Philosophe veut
que ce soit la malignité de
- l'humeur qui le trouve corrompuë
dans les parties basses
qui se communique par le
moyen de la circulation, ou
autrement, dans la capacité
du Cerveau
, pourquoy une
vapeur qui s'exhalera de cette
matiere corrompue
, ne pourra-
t elle pas faire le mesme esset
avec plus de disposition &:
pe promptitude?
Si je voulois encore pouffer
la chose plus avant, l'exemple
du Mercure me fournit
une occa sion fort propre à le,
faire revenir de ses sentimens. -
Je sçay par experiencc
, qu'ayant fait frotter plusieurs
fois d'un onguent fait avec ce , minéral, labplante des pieds
de ceux qui font atteints des
maladies Vénériennes le
Mercure ne manque point de
monter par les parties internés,
jusque dans le Cerveau,
sans que le Diaphragme,la
Plevre ,ny le Mediastin l'c
emperchent, quoy que de sa
nature ce mineral soit des
plus pesans, & qu'il tendenaturellement
en
-
bas ,par son
piqprc poids; & ce qui nous
prouve qu'il monte jusques
au Cerveau
,
c'est qu'il y produit
des symptomes qui ne
sont propres qu'à cette partie,
Ifie qu'en mettant quelque piece
d'or dans la bouche ,le
Mercure nemanque pas de s'y
attacher. Ainsi nous pouvons
scio,nclure&le Philosopheau£ que les vapeurs qui sont
plus legeres que ce mincral
Émeuvent bien monter jusques
tau Cerveau, puisqu'elles ten- -
dent naturellementen haut;
& qu'elles ne vont jamais en
bas, que par impulsion & par
violence Il est si vray que
noistre corpsest tout perspirable,
suivant le sentiment de
nos Docteurs, & que toutes
les parties ont une fort grande
communication &connexionentre
elles
,
qu'il faut
n'estre point Medecin pour
en douter;&ainsi les vapeurs
qui s'eflevent d'une matiere
maligne,causent en nous par
cette intime communication
&connexion,bien des symptomes
differens, suivant le
degré de corruption, &suivant
les parties où elless'attachent
,
sans qu'elles puissent
trouver des obstacles aIT,z
forts pour les empescher de
monter.
Si nous confidcrons auni
une especed'Hydropisie que
nous appelions Timpanite,
& qui est produite par des
vents & des vapeurs, qui font
contenus dans la capacité du
ventre JIil faut suivant son hypothese,
que ces mesmes vapeurs
passent au travers des
intestins
, & au travers des
cinqtegumens, lors que le
Malade vient à guérir, pour
pouvoir estredissipées; & cependant
le Diaphragme ny la
Plevre ne font pas de plus
forts obstaclesque ceux que
je viens de rapporter.
Et si dans la fausse Pleuresie,
qui n'est le plus souvent produite
que des vapeurs & des
vents, on voit d'ordinaire que
par l'application des topiques
qui ouvrent les pores,
ces mesmes vapeurs sont disfipées
par insensible transpiration,
en perçant les cinq
tegumens,elles pourront bien
aussi passer au travers duDia- -
phragme, qui n'est pas plus
épas que les cinq tegumens,
& si raB est convaincu que la
matiere purulente, qui bl(st
trouvée dans lapoitrine, s'est
quelquefois évacuée par les
urines, sans que rAnatcmic
ait trouvé jusqu'icy aucun
conduit par où le pus ait pû
passer jusque dans les reins, il
est immanquable que les va-
:peurs, qui sont & plus tranf- pirables & plus legeres, pouril
ront bien sortirde la pôuri-n
ne:& se frayer une voyc dans
le cerveau sansqu'aucun ob- jftacle les arreste,puis que le
pus en est bien sorty , tant il
est vray que nostre corps cft
tout transpirable
Pourquoy le sage Ouvrier
dela Nature auroit il donné à
nos corps tant de millions de
pores, si ce n'est pour en faire
sortir les vapeurs supeifluës,
qui s'exhalent continuellement,&
qui sont que lquefois
apparentes aux sens, comme
nous le voyons à ceux qui
suent, dont il fort une fumée
semblable àcelle qui fort d'une
marmite,&qui n'est autre
chose qu'une vapeur; & s'il
arrive que nous ne voyions
sortir aucune vapeur de nos
corps,c'est qu'elles font Ím- *
perceptibles. Que si le Philosophe
vouloit estre convaincu
par experience qu'il en fort
continuellement du lien, il
n'auroit qu'à s'exposer devant
unmiroir& y rcfpircr contre>
& il verroitpar les petû
: tes gouttes d'eau qui s'y attachent
, que ce qui fort de ses
poumons n'est autrechose
qu'une vapeur qui se condense
» &qui s'attache contre le
miroir, quoy que pourtant la
vapeur qui sort de ses poulmons
soit imperceptible.
Il doit cftre persuadé qu'il
s'exhale toujours des vapeurs
de toutes les parties de nostre
corps, comme j'ay déja montré
, & que ces vapeurs trouvent
en nous allez de conduits
pour monter jusquesau
cerveau, & dans les autres
parties; mais lors qu'elles partent
d'une matiere qui n'est
ny alterée, ny corrompuë, elles ne produisent en nous
aucun symptome qui soit facheux.
Que s'il arrive quelquefois
que les vapeurs dépravent
les fonctions, comme
nous voyons aux Femmes qui
font sujettes à, la Mere, à ceux
qui sont sujets à l'affection
hy pocondriaque, & à bien
d'autres,dont les vapeurs alterent
la santé, c'est que les
mesmes vapeurs partent d'une
matiere corrompuë & alterée.
Nous ne devons point douter
que les vapeurs ne soient
la cause de beaucoup de maÍ.
ladies qui nous arrivent, &
qui causentennous desaccidens
extraordinaires puisque
nous voyons mesme qu'elles
causent dans tout l'Univers
tant de çhofts surprenantes.
- - - -
Ne voyons-nous pas quela
pluye
,
le tonnerre, la gresle,
les tremblemens de terre, &
les choses mesme les plus naturelles
, & qui nous sont le
moins apparentes font formées
par des vapeurs? Cornment
pourrions-nous sentir
l'odeur d'une rose si ce n'est
par la vapeur qui s'exhale de
cette fleur? Jerapporte seulement
cet exemple afin qu'on
jugedetout ce qui se fait dans
la Nature par le moyen des
vapeurs; & peut- estre Dscartes
n'auroit-il pas mal faitde
donner le nom de vapeur à
ses atomes& frscorpufcules;
mais parce que c'estoit un
mot dont l'ancienne Ecole se
servoit, il a voulu déguiser sa
-
doctrine en changeant feulement
de terme, & la rendre
ainsi particuliere, quoy que
d'ailleurs ces changemens de
termes n'en puissentjamais
apporter,& neservent qu'à
caufcr de l'admiration en faveur
de ceux qui les inventent
; car enfin qu'est-ce
qu'une vapeur sinon des atomes
& des corpuscules de
mille fortes de figures, &
qu'est-ce que des atomes&
des corpuscules, qu'un amas
de ces petits corps qui composent
la vapeur?
Jereviens à l'affectionhypocondriaque
, à laquelle le
Philosophe rapporte la cause
detoutes les vapeurs;comme
si les Femmes qui font lujet*.
tesaux maladieshysteriques,
n'avoient point d'autres causes
de leurs vapeurs quecelle
de l'affection hypocondriaque.
Qn pourroit bien conclurre
,
si on vouloit ajoûter
foy à ses sentimens,que laffectionhypocondriaque
tfL
bien frequente & bien à la
mode, puis que nous voyons
tant de Femmes su jettes aux
vapeurs de Mere.
Mais si nostre Philosophe
vouloit bien reconnoistre une
, autre cause de l'affection hypocondriaque
que celle de la
foiblessed'estomac,il pourroit
aussien mesme temps en attribuer
une autre aux va peurs
des Femmes que celle de l'affection
hypocondriaque; car
si la foiblessed'estomacestoit
la seule cause de l'afft[tion
hypocondriaque, tous ceux
qui ont une foiblessed'estomac
,comme il arrive à ceux
qui font atteints de la Lienterir,,&
de la Leucophlegmatie,
auroient des symptomes encore
plus forts que ceux qui
ont l'affection h ypocondriaque,
ce qui n'arrive pourtant
pas. Il devroit reconnoistre,
comme font tous les habiles.
Medecins, qu'il yauneautre
cause de cette maladie, qui
est une melancolie atrabilaire
qui est contenuë dans les
hypocondres (c'est pour cela
qu'on appelle cette Maladie
bypocondriaque) & qui est la
causeprincipale de tous les
symptomes qui en procedent;
éC ce qui fait qu'on a quelque
espece d'horreur pour cette
maladie, c'est qu'elle affecte
le plus souvent le cerveau, &
déprave quelquefois la raison,
& tout cela par le moyen des
vapeurs
-
qu'elle y éleve en se
fermentant:ce quiestconfirmé
par l'évacuation du fang
melancolique qui se fait par
les Veines hemorrhoïdales
qui profite immanquablement
à cette maladie.
Nostre Philosophe combat
- fort la chaleur d'entrailles
dans cette maladie, quoy
qu'il convienne pourtant qu'il
peut y en avoir quelque fois,
mais il dit aussi que cette chaleur
d'entrailles provient immediatement
de l'indigestion
d'estomac
,
aussi bien que la
dessiccation des excremens,
comme si l'humide devoit
dessecher. & la chaleur ra..
fraischir ; & pour luy faire
voir par une seule experiencc)
que c'estla c haleur contre
nature qui estdans lecorps
qui échaufe & qui desseche
les exrcmens, il n'a qu'à
prendre un lirge trempé dans
de l'eau commune ,
& l'appliquer
ensuitte sur une partie
qui fera atteinte d'une Heresipelle
,
& il verra par là
, que
lelinge se dessechera plûtôt
que sion l'appliquoitsurune
autre partie qui se trouveroit
faine. A plus forte raison la
chaleur contre nature deffeche
lesexcremens quisetrouvcnt
dans le Corps
,
où elle
agic avec plus de force, puis
qu'elle desseche si fort les hu- j:mides qu'on luy oppose aux
parties externes. Je ne puis pas croire qu'un homme soit ca-
;:. pable de former une semblable
hypothese,de vouloit faile
comprendre que la chaleur
t
rafraischit, & que l'humide J
déniche; c'est ce que nous j
n'avons point encore veu.
Il dit encore que s'ilyavoit
un feu dans les Intestins capable
de dessecher les excremens
secaux
,
il est constant qu'il
diffecheroit auparavant les
Intestins, car on ne peut jamais
dessecher. une substance
humide
,
dans un vaisseau hu-:
mide, que le Vaisseau ne foit
préalablement desseché.Voila
Tes propres termes, mais
s'il prenoit garde que les Intestins
font toûjours humectez
par le suc nutriticr qui
y
yestporté pour leur nourriture
, & pour leur accroissement
» il demeureroit d'accord
que les excremens se
doivent dessecher, & non les
Intestins, parce que les excrcmens
n'ont point de vie,
&ne reçoivent aucune nourriture
pour les humecéter. Le
Soleil dessechera bien plustost
une branche d'un Arbre qui
ne recevra point de nourriture
de ses racines, qu'une autre
branche qui reçoit sa nourriture
du tronc & de ses racines.
t.. Quelle erreur de s'imaginer
que ce qui échauffe ou detre-z
checeux qui sontatteinsd'unesievre
ardente,ou d'une fievre
hectique,n'est autre chose
qu'une foiblesse d'estomach,
ou une indigestion J'ay veu
- de jeunes gens atteints de la
fièvre hcûtque fort échaufez,
& fort extenuez 5 qui mangeoient
& qui beuvoient
mieux que moy, & dontl'eftomach
faisoit fort bien sa
fonction.Ondevrôit -conclu.
re comme fai t nostre Philosophe
,
qu'il faudroit échaufer
&dessecher dans ces maladies.
Cependant j'en ay veu guerir
pluficurs par le fcul usage du
lait, qui n'est pas fort propre
pour fortifier l'estomach,
n'aurois jamais fait si je voulois
combatre tout ce qu'il
rapporte couchant les Maladies
des Vapeurs. C'est ce qui
demanderoit plustost un volume
qu'une Lettre Je suis
pourtant fortobligé
,
Mademoiselle,
à la Doctrine nouvelle
du Philosophe, puis
qu'elle m'a procuré l'honneur
de vous adresser cette response
,& de vous asseurer que je
fuis avec beaucoup de vénération,
Vostre tresse.
Le zi. de Novembre
,
jour
où l'on célébré la Feste de
Sainte Cecile Mademoiselle
de Briançon, Fille deMessire
Jean Baptiste de Jkiançon
Seigneur de Varce ,& de Dame
Marie deVachon
,
prit
ThabitdeReligieuse au Monastere
de Mont Fleury auprès
de Grenoble. Ce Monatferefut
fondé en 1340. pour
des Fillesdequalité par Humbert
II. dernier Dauphin de
Viennois.MrAllard,ancien
President en l'Election de
Grenoble, a donné au public
l'Histoire de ce Prince, & a
faitl'Elogede cette Maison.
Il aaussi composé laGenealogie
de celle de Briançon,
originaire de la Tarentaiseen
Savoye
,
qu'elle a gouvernée
autrefois indépendamment,
après la décadence du Royaume
de Bourgogne. Les pratiques
d'Herachusquienétoit
Archevêque, ayant obligéun
Comte de Savoye d'en sortir
vers l'an 1082. Aimeric de
Briançon fut contraint de cede--
rà--lra.-' force
,
& de quitter
son petitEtat au Comte, qui
luy donna par Traité &en
échange la Terre de Bellecombe,
qui estoitalors la dernière
place de la Sâvoye- limitophe
du Dauphiné, &
quil'estaujourd'huy de cette
Province du costé de la Savoye,
&à une petite licuë de
Montmelian. Humbert de la
Tour, premier du nom, l'acquit
en 1289. d'un autre Ai.
merie deBriançon, descendu
par six Générations de ce premier
Aimeric,& le Dauphin
luy donna la Terre de Varce
que cette Famille possede encore
aujourd huy. Mademoifelle
de Briançon qui vient
ddee se sFiai irreRReclliiggiiecuusfee , &
dont le Pere fait la dixhuitiéme
Génération depuis le premier
Aimeric, porte le nom
d'Honorade
,
d'Honoradc
Prunier, son Ayeule maternelle.)
&cellecy le portoit
d'Honorade juplue ,
son
Ayeule paternelle) Epouse
d' Artus dePrtinicr-, second
du nom, qui fut premier Pre.
fident au Parlement de Grenoble,
& en celuy de Provence,
& qui a estél'Aycul
paternel de Nicolas de Pr!1"'-
nier, Marquis de Virieu ,Seigneur
de SaintAndre,aujourd'huy
premier President
au Parlement de Grenoble; :..
qui commande en Dauphiné
en l'ablence du Gouverneur
& du Lieutenant General;&
quia estéAmbassadeur
a Venise. C'estun homme
d'un très grand merue & »
dont lasagesse&lavertu sont !
connuës de toute l'Europe.
LemêmeMrAllarda composé
aussî la Généalogie de
cette Maison venuë d'Anjou,&
dont la branche ainée
a fini par Marie f!!]oicr, Femme
de Pomponede Bellievre,
Chancelier de France, & Mere
de Marguerite de Bellievre,
Bisayeule maternelle de la
Religieuse dont jevous parle,&
Mere de Mr le Marquis
de Viricu. Prunier porte
de Gueules à la Tour d'argent
,
donjonnée d'une. autre
Tour de mesme,le tout creneley
maconne (7 portillé de Sable.
Briançon porte d'Azur à U
Croix d'Or.
Voicy un Sonnet qui aesté
fait pour une autre personne
quia depuis peu renoncé au
monde
,
& pris l'Habit de
Religieuse.
A MADAME DU B.
SONNET.
P EXJsçavent commevous quiterla
Criaturc,
Ne trouver àans le monde nuam
cjlat heureux
,
Renoncer au pbijirpar de pénibles
Yællx,
Etsoumettre a £cfprit la loy de la
niture.
Onpeuts*accoutumerafonffrirfan:
murmure,
A n'avoirpoursoncorps quun irepris
généreux y
On peut desbienscrée^fuir l"¡flas
dangereux,
Mesme àsa libertéprefererda c!ojlttré.
Mais nn(e'pprroouuvveerrjjamais de trouble amais trtluble
intérieur,
D'un objet qui nous plaifi détacher
tout fort coelir,
Et noferpas aimer ce que l'on trouve
aimable.
Cette Auflcre Vertu me doit faire
trembler,
Etje sens qu'il faudroit pour en
ejlre capable,
Ohne-pas vousconnoyre, ou biett
vous rcJIèmbler!a'
Je ne vous préviendray
point sur les Vers qui fui-
-
vent. Vous verrez en les lisant
s'ilsont le tour fin que vous
Souhaitez dans les Ouvrages
de cette nature. L'Auteur y
fait un agreablce reproche à
un Cavalier, qui ayant pris
de l'amour pour une jolie
Personne, s'estoit tellement
abandonné à sa passion, qu'il
avoit ccffé devoir ses Amis.
STANCES.
QZJoy
>
faut-il que pour ejlre
--
Amant
Vous n'aye^jrelâche ny trêve,
Et parmy tant de jours que l'amour
nousenleve,
lïamitiéne peut-elle obtenir un moment?
gue jeplainsvojlrefervitude l..
futile quen foit la caufl) & quel
qu'en foit le prix,
Des Corfaites d'Alger jamais Chrétien
futfris
Ne trouva de Patron plus rude.
Ces termesvous Jemblent trop
forts,
Et cachant à tous vostrechaiftt,
' rous ofiz vous parer dune liberté,
vaine,
IzUand le poids de vof fers vousfait
courber le corps.
IZIWE vous fert de faire le brave,
Et l'homme invulnerablc, eflantpercé
1. de coups ?
t.Leccoaepurt,ilfecchorpes,zfe/priti tout efi vous.
! En est-ct assez, pour tftte cfclavt?
Aujji le meritez-vousb;en,,,
Fier ennemy de la taldreJlè,
rous traitiez autrefoisà'erreur& de
foiblesse
Tous les foinsempreJfeT^ d'un amoureux
tien.
De l'amour méprisant les charmes,
Condamnant des Amans la crainte
& les desirs,
D'un æil plein de pitié vous voyiez.,
leurs plaiftrs
y Et vous vous maluiez de leurs larmes.
Pouravoirtantpbilofophe
Sur tamour & contre sescrimes,
Vous cflre armé le coeur de farouches
maximes,
De ses charmessecretsavevous
triomphé?
Voflre prévoyance efl trompée.
Vous v>'itcz,d'éprouverpar ùnfitttl
retour
J^u*ilnestcontre les traits quefait
lancer l'amour
Point d'armure affe7 bien trempée„
Vous voilà donc bon grémaigre
De CAmour devenu la proye.
Ce Dieu mesme s'eflfait une mati.
gllc joye
D'en faire allerl'ardeur jufquatt
dernier degré. Je gage que pour mettre en poudre
Cecoeurquisembloitfaitd'unemasse
d'airain,
Au lieu de ses flambeaux il a pris
cheZVrthÛn
Le feu dontseforge la foudre.
Nous quisuivonsses étendars
En qualité de volontaires,
J>)ui couronsau devant desesflèches
legères,
Koflre joye avec luy ne court Aucuns
hazards.
Nousnefentonrnsseu,n),chaînts.
Nousdifpojonsde nous au gréde nos
dejirs;
Et rencontrant par tout defilides
plaijirs,
Nousnavonsquedesaussèspeines.
Pourquoycontre des coeurs fournis,
Zui luy font un fncere hommage,
Mettroit il&lesfcn & les feuxen
nflgt?
Tous ces apprllsJOnt bons contrefes
ennemis.
Tour eux vainqueur inexorable,
Il en fait le butin des Amours ferieux.
Voureux point de faveurs, deplaisirs,
ny dejeux,
El toujoursMAiflrtjfl intraitable.
Ceflou vous en esses réduit.
Car que vous Jért qu'une Mai.
flrtJ/è
Vous témoignepeut-efre une égale
tendrcjfe,
Si les faveursn'en fintdl' la preuve
&lefruit ?
£)ue fert qu'en voflre amour e. treme
Vousfacrifez, tout pour meriter son
coeur,
Si malgréson panchant aufertiran
d'honneur
Elle vous immole eUe-mifme ?
Mon Amourdansses alimens -
Est UN Enfantâpre Àsa Huche,
il s'accommode peu quand quelque
objet le touche,
De la frug.ditc des amours de Rv-
+M.liïS.
Une heauté trop ménagere
De ces biens dont le don ne l'appauvriroit
pas,
Pour Aronce & Cyrix peut avoir des
aI/tU,
Tour moy cefiviandetrop legere.
Tous ces Héros d'invention
Mesembl'.nt de mccb.tr}s modellcs.
Faire dix ans tt/mour) cftrc ai??icz,
de Leurs Belles,
Sans fîtctomber jamaisà latentation!
ZJnep-gcfjl- sicornA'cte
Outre le naturel, rejjent tenchaJJ/ement
,
Et plus -un 1:1 objet cft un tresor
charmant,
Plus il a de biens qu'onsouhaite.
Lrs Amadis Ventendoientmieux.
Toujours en croupe quelque Infantey
J>)ue l'on n'efiimoit pas moins chasse
6" moins prudente,
Pour prendre sur l'Hymen des droits
délicieux.
Par cette louable coutume
On vvooyjooiitt faa-s ennuuy ces preux Avanturhrs
Promener leurconfiance eleurs actes
guerriers
fttfques
au dourJémc volttmc.
Lndnt ce que jevous i:C1:J,
Sans dC/lttr: i<ous i;-ui': etrinve
.f<.!!e je ïm¿/c!'o;'r.:u,¡z ; £)uccjeinlymziç pQ-r.tj.ui iCH,
En ftvci- lO.jït d»h!1<0XSl'fii'S
{!!ilJ.
jesçay bienquerien ne l'égale,
Par les charmes du corps, & le tour
deCe/prit;
Maispour 14 bien louerjesens trop
de dépit,
Etjelaregarde en Rivale.
Jpres 14 perte queje fats,
Si vous voulez, vaincre ma haine,
"Ilsiutml venir voir deuxfoischaque
Semaine,
Etje rendrayjujlice a ce que1 lle il
d'attraits;
Sinon, deust me faire querelle
Tout Paris c^njuré pour en dire du
bien
Je , nepourrayjamais vous dire qll-
» elle aii rie
£ui mérité vos foins pour elle.
On montre icy depuis quelques
jours dans la ruë des
Vielles Etuves, à l'Hosteldu
GrandChasseur ,proche la
CroixduTiroir ,une Momie
nouvellement arri vée d'Egypte
en France, la plus belle»
&la plus parfaitequ'on ait
encore veue.C'est un corps
mort apporté par un Voyageur
» quiasseure qu'il a esté
trouvé sous une des Pyramides
de ce grand Royaume. Il
est dans une conformation
reguliere de toutes ses parties,
&conserve encore toutes ses
c?airs)& ses dents qui sont
fort blanches. Ce corps .'a
aucune lesion, nydommage,
& les differens caracteres qui
l'accompagnent
,
& tous les
Hieroglifes dont il est orné
, -
font connoistre par des préjugez
sensibles, qu'il est d'une
personne de la plus haute
-
naissance. Le Voyageur qui le
montre aux curieux, pretend
que ce soitceluy d'une Prin.
cesse d'Egipte,defendue du
sang des anciens Rois. C'est
là dessus quel'on a fait ce
Quatrain.
1
Vobjet des Curieux & l'Amourdes
Sçavans Jefors du , Sang des Rois des Climâts
de l'Aurore.
Victime de la Mort depuis quatre
mille aNS,
Malgréla mortje vis encore.
Je (roy, Madame
,
qu'à
l'occasion de cette Momie, je puis vous par ler
,
& des
Momies en généra! & des sa.
meuses Pyramides d'Egypte
quipassent avec tant de raison
pour une des Merveilles
du monde. Ces Pyramides
sont à neuf milles du Caire ,
& on commence à les voir
dés qu'on est forty de la petite
Ville deDezizequi en est
a six milles. Ce qui les fait
paroistre de si loin, c'est
qu'elles sont situées sur un
terrein pierreux & inferrile,
qui est beaucoup plus relevé
que la Plaine. L'on ne peut
voir sans étonnement ces
énormes Masses,que l'onn'admire
pas tant pour la dépense
incroyable qu'il a fallu faire
pour achever unBastiment si
prodigieux, que parce qu'on
ne peut comprendre comment
il a esté possible de |
monter
monter sihaut despierres aussi.
grandes que celles que l'on
y VOlt) dans un temps où la
plus part des belles Inventions
estotent inconnues. Il
y a trois greffes Pyramides
distantesl'une de 1 autre d environ
deuxcens pas,mais l'on
nesçauroit entrer que dans la
plus grande, qui est du costé
du Nord. EUeeft d'une hauteur
si prod Igil:use,qut: sapointe
paroist seulement un peu
émoussée, bien qu'il y ait une
place ienconsiderableà son ,
Commet Q-j lques uns tien.
plus de twis mille ans par un
Roy d'EgypceappelleChemmis,
qui employa pendant
vingt années trois cens soi- »xance mille Ouvriers à ce travail.
Pline qui en parle, ajoûte
qu'il y futdépensé dix-huit,
censtalens ,seulementen Raves&
en Oignons, les anciens
Egyptiens estans grands mange
urs de Raves & de Légumes.
Il y a des pierres si haut
elevées, & d'une grosseur si
excessive> qu'il a fallu des
Machines bien extraodinaires
pour les placer. Plusieurs
croyent que ces Pyramides
étoient autre fois plusélevées
sur laterrequ'elles ne le font
presentement,&que leSable
a caché une partie de leur
base. Cela pourroit estre,
puisque le costé de Tramontane
en est tout couvert jufques
à la porte, & que les
trois autres costez n'en ont
point de mesme, ce qui donnelieu
de croire que laTramontane
souflant de ce costé
\- là avec plus de-violence
qu'aucun autre Vent,y a plusport,ede Sable quen'ont
fait les autres Vents aux au-
1- trescostez.Louverture de la
grande Pyramide où l'on peut
entrer, est un trou presque
quarré, d'un peu plusde trois
pieds de haut. Il est relevé
dureste duterrein,& l'on y
monte sur des Sablesque le
vent jette contre, & qui le
bouchent souvent, en forte
qu'on cft obigé de le fai-I
re ouvrir. Ondiequ'autre- j
foisil yavoit auprès de l'entrée
une grosse pierre, qu'on
avoir taillée exprès pour boucher
cetteouverture, lors que
le Corps qui devon y eltre
mis seroir dedans & que cette
pierre l'eust fermée»
qu'on n'auroit pu reconnoître
qu'on l'eust ajouftée, mais
qu'un Bacha la fit enlever,
quelque grande qu'elle sust,
afin qu'on ne pust fermer cet..
te Pyramide. Sa forme est
quarrée, & en sorrant de terre
,
elle a onze cens soixante
pas,ou cinq cens quatre-vingt
toises de circuit. Toutes les
pierres qui la comparent, ont
trois pieds de haut & cinq ou
six de longueur,&lescostez
qui paroissenten dehors font
, tout droits sans estre taillez
en talud. Chaque rang [c retire
en dedans de neuf ou dix
pouces, afin devenir àse terminer
en pointe à la cunc, &
c'est sur ces avances qu'on
grimpe pour aller iufiu"au
femmet. Vers le milieu, ily
a à l'un des coins des pierres
qui manquent & qui font une
bréche, ou petite chambre de
quelques pieds de profondeur.
Elle ne perce pourtant
point jusqu'au dedans. On ne
sçait si les pierres en font tombées)
ou si ellesn'y ontjamais
esté mises. Il y a grande
apparence que l'on se fcrvoitdecetendroit
pourassurer
les machines qui tiroicnt
les matériaux en haut. C'est
encore une raision quia obligé
de baitirla Pyramide avec -des degrezà chaque rang,
1 puisque si les pierres eussent
esté taillées en talud
3
& po-
-
fées l'une sur l'autre sans qu'il
y fust demeuré aucun rebord,
il auroit esté absfolument
impossibbledeconduire
juiquàsonsommetles lourdes
masses qu'on y a portées.
On fc repose ordinairement
dans cette brèche, le travail
estant grand à s'élancer ainsi
trois pieds chaque fois pour
monter jusques au faiste. Il y
a environ deux cens huit acgrez
formez par le rebord de
ces. grosses pierres dont l'épaisseurfait
la hauteur de l'un
à l'autre Ce qui fcmblc c stre
pointu d'en bas, a quinze à
seize pieds en quarré, & fait
une platteforme qui peut
contenir quarante personnes.
Ceux qui y montent découvrentde
làunepartie del'Egipte
, le Desert sablonneux qui
s'étend dans le Païs de Barca,
& ceux de la Thebaïde de
l'autre costé. Le Caire ne pa.
roist presque pas éloigné de
ce lieu, quoy qu'il en soit à
neuf milles. On entre auiïi
dans la mesme Pyramide
,
&
il faut se pourvoir de lumieres
pour cela. Oi passe la premiere
entrée en se courbant,
& l'on trouve comme une allée
qui va en descendant environ
quatrevingt pas. Elle
estvoûtéeendes d'asne& apparemment
toute entiere dans
l'épaisseur du mur, puis qu'on
n'y voit rien qui ne foit solide
de tous costez. Cette allée a
assez d'élevation & de largeur
pour y pouvoir marcher, mais
son pavé baisse encore bien
plus droit qu'un glacis, sans
avoir aucun degré, & la pierre
n'a que quelques legeres piqueures
de pas en pas, pour
retenir les calons, de forte que
pour s'empêcher de tomber,
on estobligé de setenir avec
les mains aux deux côtez du
mur. Les pierres font si bien
unies ensemble, qu'à peine
peut-on appercevoir les jointures.
Au bout decette allée
on trouve un passage qui n'a
d'ouverure que ce qu'il en faut
pour laisserpasser un homme.
Il est ordinairement remply
de fable, qui nteH: pas si-tost
pouffé par levent dans la premiere
ouverture, qu'il suitle
panchant de la pierre, & se
vient tout rassembler en ce
lieu-là. Lors qu'on a osté ce
sable,& qu'on a passé cetrou,
en setraînant huit ou dix pas
sur le ventre, on voit une
voûte à la main droite, qui
semble descendre à costé de
la Pyramide. On trouve aussi
un grand vuide avec un puits
d'une grande profondeur. Ce
puits va en bas par une ligne
perpendiculaire à l'horison,
qui ne laisse pas de biaiser un
peu,&quand ceux qui y desccndcnt
sont environ à soixante
& sept pieds en comptant
de haut en bas ils trouvent
une fenestre quarrée, qui
entre dans une petite grotte
creusée danslamontagne,qui
en cet endroit n'efl; pas de
pierre vive Ce n'est qu'une
espece de gravier attaché fortement
l'un contre l'autre.
Cette grottes'étend en long
de l'Orient à l'Occident, &
de là à quinze pieds en continuant
de descendre en bas,
est unecoulissefort panchante,
& entaillée dans le roc.
Elle approchepresque de la
ligne perpendiculaire, &est - -
large environ de deux pieds
& un tiers, & haute de deux
pieds & demy. Elle descend
cent vingttrois pieds en bas,
après quoy elleest remplie de
- fable & de fiente de Chauvesouris.
On croit que ce puits
avoit esté fait pour y descendre
les corps que l'on dépofoit
dans des cavernes qui font
fous la Pyramide. A prés qu'on
estarrivé àce grand vuideoù
le puits cft à la gauche, on
est obligé de grimper surun
rocher, dont la hauteur est
dev ingt-cinq ou trente pieds.
Au dessusest unespace,long
de dix ou douze pas,& quand
on l'a traversé on monte par
une ouverture, qui n'est pas
plus large que le passage où
l'on est obligé de se traîner,
maisqui a pourtant assez d'élcvation
pour ymarcher fansque
l'on se baisse. Il n'y a point de
dcgrez non plus qu'au reste.
On y a fait seulement des
trous de chaque collé> qui
font de distance en distance.
On y met les pieds en s'écartant
un peu, & l'on s'appuye
contre les murs, qui font de
• pierres de taille fort poles&
':Olnres ensemble avec autant ]
d'adresse que toutes les autres.
Les niches vuides que l'on y
voit de trois en trois pieds, &
qui en ont un de large & deux
de hauteur, donnent lieu de
croire qu'elles estoient autresois
remplies d'Idoles. Ce pafsage
est haut de quatre vingt
pas& on n'y sçauroit monter
sans beaucoup de peine.
On trouve au dessus un peu
d'espace de plein pied, & en»
fuite une chambre qui a trente
deux pieds de long & seize
de large. Sa hauteurest de
dixneuf pieds, & au lieu de
yoûtc)eHe a un plancher ou
lambris tour plat. Il est composé
de neuf pierres, dontles
sept du milieu font larges
chacune de quatre pieds,-
&
longues de seize. Les deux
autres qui font à l'un & à
l'autre bout, ne paroi(Tene
larges que de deux pieds seulement.
Cela vient de ce que
l'autre moitié de chacune est
appuyée sur la muraille Elles
font de la mesme longueur
que les sept autres, & toutes
les neuf traversent la largeur
de cette chambre, ayant chacune
un bout appuyé sur la
-nurailic,& l'autre sur la ma:
rcraille qui est de l'autre costé.
Cette chambre dont lesmurs
font fort unis, n'a aucun jour,
& dans le bout qui est opposé
J
à la porte, il y a un Tombeau
vuidc, fait tout d'une piece.
( Il est long de sept pieds & lars
ge de trois, & a trois pieds
quatre pouces de hauteur,&
cinq pouces d'épaisseur. La
i pierre en est d'un gris tirant
,sur le rouge passe
,
& à peu
prés semblable au Porphire.
Quand on la frappe, elle rend
» un son clair comme uneCloche.
Elle cft fort belle lors
qu'elle cft polie mais tellement
dure que le marteau
a peine à la rompre. Il y a
une autre Chambre à costé
de celle cy, mais plus petite
,
& sans nul Sepulcre.
- C'cMà le plus haut endroit
où l'on puisse aller au dedans
, de la Pyramide, qui n'a. pour
toute ouverture que le passage
d'embas, au dessus duquel est
une pierre en travers qui Ir
onze pieds de long,& huit
de large.Vers cette entrée est
un Echo qui repete les paroles
jusques à dix fois. Ce manque
de jour dans toutela Pyramide,,
cft cause qu'on y respire
un air extrêmement etoufé.
La flame. des Flambeaux que
l'on y porte paroist toute
bleuë, & l'on s'en fournit
toujours d'un fort bon nombre,
puisque s'ils venoient à
s'éteindre lors qu'on est monté
bien haut, il seroit absolument
impossible d'en sortir.
Les deux autres Pyramides ne
font ny si hautes, ny si grosses
que la premiere, Elles
n'ont aucune ouverture, &
bien qu'elles soient aussi baff
tics par degrez, on n'y peut
monter, à cause que le cii
ment dont l'une & l'autre est
enduite n'est pas assez tombe.
Elles paroissent d'embas tout
à fait pointuës dans leur sommet,
On attribué ces superbes
Monumens à celuy des Pharaons
qui fut englouty dans la
Mer-Rouge. On prétend quc
les deux moindres estoient
pour la Reine sa Femme & la
Princesse sa Fille, &que leurs
Corps y ayant esté mis, on
les a fermées ensuite, en forte
que l'on ne peut recornoistre
de quel costé en estoit l'entrée.
La grande estoit defti- -
née pour ce mal- heureux Mo.,
narque, & comme il n'a p&s -
,
~tu besoin de tombeau, elle
cft toujours demeuréeouverte.
Devant chacune de ces
Pyramides, on voit encore
des vestiges de certains bastimens
quarrez, qui semblent
avoir esté autant de Temples,
& à la fin du pretenduTemple
quiest devant la [econde.
il y auntrou par lequel quelques
uns croy ent qu'on descendoit
de dedans le Temple,
pour aller dans l'Idole appellée
Sphinx, éloignée de quelques
pas de ce trou. Pline dit
que les gens du Pays croyent
1-' que leRoy Amasis est en:
terré en dedans, & d'autres
veulent que ce futunRoy
d'Egipte qui fit tailler cette
Figure en faveur d'une Rho.
dope de Corinthe dont il avoitesté
amoureux.Ce Sphinx
qu'on tient qui rendoitréponfe
sur ce qu'on luy demandoit,
dés que leSoleil
estoit levé,est un demy corps
qui represente un visage de
Femme avec son sein, & donc
la hauteur cit prodigieux La
teste a prés de cent pieds de
tout, & du menton Jusqua,
son sommet, il y en a soixante.
Le nez cft proportionne
au reste, & les oreilles sont
d'une étendue demesurée.
Cette énorme Statuë qui est
posée en manière de Terme
sur une base convenable au
vaste Colosse qu'elle fouf--
tient, est tout d'une pièce
ereuse par dedans, &la pierre
dontelle est, égale en beauté
lt Marbre. Sa monstrueuse
grosseur avec la Colomnc
d'Alexandrie & les Obelisques
demesurez qui ont esté
trouvez dans l'Egipte, ont
donné lieu de penser que les
Anciens Egiptiens avoicnt le
secret de fondre la pierre, ôc
de pouvoir en faire des Mas.
ses de la grandeur qu'ils vouloient.
Il ya une autre Pyramide
à seize ou dix-septmilles
du Caire, qu'on appelle
la PyramidedesMomies, à cause
qu'elle cft proche du lieu
ou elles se trouvent. Elle est
aussigrande que les deux
moindres des trois dont je
viens de vous parler, mais
- bien plus rompue. Elle a
cent quarante huit degrezde
gi oflc's pierres, pareilles à celles
desautres,&il manque un
espace àsonsommet qui semblen'avoitjamaisesté
e.
Son ouverture est du costé du
Nord, &a trois pieds & demy
de largeur, & quatte de
hauteur. On defccnd au dededans
encore plus bas qu'à la
grande Piramide, ôc il n'y a
rien à observer qu'une Salle
au fond
,
dont le plancher est
d'une élévation extraordinaire.
*A quatre milles delà
cH: le Village des Momies
nommé Sakara. L'endroit où
1 elles setrouventest un grand
champ sablonneux où l'on
croit qu'estoit autrefois la
superbe Ville de Memphis.
|Quoique avant que l'on y
jpuidc fouiller; on ne rçau"
IL
roir rencontrer de terrain!
solide.LesMomies ront,au
dessous
,
dans des Caves:
sousterraines
,
où il faut defcendre
par un puitsbasty de
pierres seches, quiest profond
de la hauteur de prés de deux
piques. On se fait pour cela
attacher à une corde,r.&
comme il tombe quantité
de sable des bords de ce puits
qui ne font pas maconnez, il
faut avoir beaucoup de pré-Y
caution pour en préserver Ces
yeux. Quand on cft au fond ,j
il faut passer par un lieu ex-j
trémementetroit,après quoy
on!lè trouve au large dans des
cavernes qui font creusées
f{¿ans le roc. Il y a des niches
fairesalentour, longues d'en- ;viran sixpieds, & faites en
* façon de cofres. C'est où reposoient
les corps mores embaumez,
quel'onappelle Momies;
mais on n'en [IOUVC plus
guere à present dans ces cavernes,
qui estant enlassées
l'une dans l'autre forment une
espece de Labyrinthe. Cela est
cause que ceux qui sont afiez
:',& hardis pour serésoudre à pénetret
bienavant,se serventd'une
-corde
,
dont ils Laissent un
bout à l'entréeafin d'en retrouver
le chemin. Les Momies
qu'onvoitentières font
envelopées de bandes de toile
larges de trois doigts
,
les
jambes & les bras joints ensemble,
comme on les joint
aux petits Enfans. La teste, le
col & les épaules font aussî
couverts de bandes,en force
que le tout n'a la figureque
d'un corps emmaillotté ; mais
ces bandes font tant de tours
& deretours qu'il faut bien
dutemps pour les défaire,&
là dessous on trouve les mains
entières ainsi que les pieds.
Ces corps font embaumez
d'une composition noire,
dure & luisante, dont l'odeur
approc he de la poix
,
quoy qu'elle soit bien plus
agréable. Ce qu'il y a de
fort surprenant, c'etf que la
toile qui ne semble imbuë
d'aucune mixtion, se conserve
pluficurs Siecles
,
sans
qu'il y ait autre chose que
quelques morceaux du desfus
qui aillent en poussiere.
1
Levisage de ces corps estcouvert
de plastre dore, ou d'une
paste de canon qui en rc preente
les lineamens, & lors
qu'onoste cette manière de
marque) ce qui est dessous se
trouve ordinairement gasté,
soit que le visage n'estant
point envelopé comme le
reste, ne puisse resister au
temps, soit que ce qu'on applique
dessus en gâte lachair.
On trouve en plusieurs Momies
au dessous des bandes à
l'endroit de l'estomach ,de
petites Idoles de terre verte
de la longueur du doigt. Les
unes representent des demy-
,, corps d'hommes, les autres
des animaux,& d'autres font
fculement gravées de leurs
hierogliphiquesécritesen or..
Il en estquicroyent que les
Momies font des corps ensevelis
parmy lefable, qu'une
qualité nitreuse & salée qui se
trouve dans ce fable empêche
de fc corrompre, & qui estant
dessechez par les ardeurs du
Soleil, seconservent toutentiers.
Il est vray qu'il fc rencontre
quelques corps parmy
le fable, & cela vient de cc
que quelques uns de ceux qui
restent trop loin dcrricrc les
Caravanes,en perdent lestraces
par les tourbillons que le
vent élevé, en forte qu'aprés
avoir erré quelque temps au
milieu desnuages depouflîerc
dont l'air est remply,ils y
demeurent enfin malheureusement
envelopez,mais quoy
que leurs corps se trouvent
ordinairement entiers,il s'en
faut,bienqu'ils n'ayentles
vertus qu'onattribuëaux Momies.
Un fameux Voyageur
écrit que s'cftant fait descendrc
dans un de ces puits profond
de deux ou trois piques,
il estoit entré dans une petite
chambre dont les murs & la
voûte estoient de pierre & 1
j
oui il trouva trois ou quatre
corps. Il n'yen avoir qu'un
entier, fort grand & large
dans unecaisse d'un bois bien
épais. Ce bois estoit du vray
bois de Sycomore; que l'on
appelle en Egipte Figuier de
Pharaon. Il ne se pourrit pas
si aisément que les autres.
Aussi celuy-là estoit-il encore
entier; &surce boisonvoyoit
taillé en bosse le visage de la
personne dont le corps estoit
dans cette caisse
,
qu'on avoit
eu foin de bien fermer de tous
les costez. Lors qu'on l'eut
rompuë, il trouva le visage
dela Momie couvert d'une -;
maniere de calque de toileaccommodée
avec du plastre,
sur lequel tous jfes véritables
traits estoient representez en
or. En ostant ce marque:
,
il
ne vit aucun reste du visage,
qui est ordinairement réduit
en poudre, parce qu'il n'est
pas facile de le gommer aussi..
bien que les autres parties du
corps. On ne laisse pas devoir
destelles de Momies ajustées
•
si proprement, qu'elles n'empêchent
point qu'on ne voye :
la figure des yeux, du nez ,:
& de la bouche. Le reste du t
corps de cette Momie estoit
emmaillotté avec de petites
bandes de toile,& avec tant
de tours Ôc de retours, qu'il
dit qu'on y en auroit pû
compter plusde mille aunes.
Il y en avoit uneenlong sur
l'estomach attachée avec les
autres bandes, qui estoit large
de trois doigts
, & longue environ
d'un pied & demy. Sur
cette bande estoient plusieurs
lettreshierogli phiquesécritcs
en or. N'ayant trouvé aucunes
Idoles dans la biere, il crut
qu'il y en auroit dans l'estomach
de cette Momie, où
ceux qui ouvroient les corps
- pour lesembaumer, enenfermoient
ordinairement ; mais
il le Se rompre sans y rien
trouver. Ces Idoles font de
pluficurs sortes, & endiver-
"fr les postures. Il y en a de bronze,&
de différentes especes
de pierres & de terres. Outre
ces coffres de bois; il y en a
de pierres, avec le visage de la
personnequ'ils enferment re.
presenté en bosse, & des hierogliphes
tout du long. Il ya
mesmedeces fortes de Caisses
qui font faites de plusieurs
toiles collées cnrcn)blc, &
celles -là ne font pas moins
fortes que celles de bois.
-
Le
Voyageur dont j'ay commen-
-ce à vous parler, assure qu'il
en a apporté une, qui est
fàtic de plus de quarante toiles
que l'on a colléesles
unes avec les autres. ; Elle
est toute couverte d'hieroglyphes
,
&d'Idoles peintes
sur un plastre fort délié. La
première toile est enduite ÔC
un peu gastée, à cause du plâtre
&- écrousté en quelques
endroits. Entrecesfigu-
-
res vers le bas, il y a un compartimentlarge
de deuxpouces
& long d'un pied, qui est
en face en travers de cccre
caisse. On y voit peint de
quelle façon les anciens Egy..-
ptiens embaumoient leurs
corps. Aumilieu de ce compartimentest
une longue table
,taillée en forme de Lyon,
sur le dos duquel le corps
qu'on doit embaumer est
étendu. Auprès de ce Corps
il y a un homme avec un
marque fait en bec d'Eprevier.
Iltient un cousteaudont
il ouvre le Cadavre, & ce
marquequi representelatête
d'Osiris, marque la couftu-.
Jme de leursEmbaumeurs,
qui cherchoientà se preserver
par là de respirer la corruptionquipouvoit
sortir des
corps qu'ils ouvroient. Sous
la table sont quatre Vases sans
ances J
qui ne peuvent faire
entendre autre chose que les
-ï#Vaisseauxoù se confcrvoient
lesdrogues necessaires, tant
pour l'embaumement que
Fi pour l'envelopement & l'incrustation
du corps. Des deux
costerdela table on voit plusieurs
personnes debout, &.
assises en différentes postures,
& au dedans de la bicrc cft ref
presentée la figure d'une Fille
toure nuë qui a les bras étendus.
Une des raisons qui obligeoient
les anciens Egyptiens
à prendre tant de soin de
leursTombeaux,pour lesquels
ils faisoient plusde depense,
que pour les Maisons qu'ils
habitoient, c'est que ces maifons
ne dévoient estre que
pour un petit nombre d'annec.,
au1leu qu'ils regardoient
leurs Tombeaux comme des
Palais que leurs amesdevoient
habiter pendant plusieurssie- * cles.1 Cen'est pastoujoursparla1
grandeur du present, qu'on
fait estimerce que l'on donne.
La gal anterie en fait souvent
tout le prix,& comme
il (si ordinairement plus difsicile
de faire paroistre de l'esprit
dans de petites choses que
dans de grandes, ceux qui
reussissent par le tour, l'agrément
& l'invention qu'ils
trouvent moyen de faire briller
dans ce que l'on peut traiter
de bagatelles, ne meritent
pas de mediocres loüanges.
Voyez Madame, si vous pourrez
refuser les vostres à la
manière toute galante&spirituelle
dontun jeune Cava:-
liers'est fcrvy au commencement
de cette année, pour
faire une déclaration d'amour.
Sur la fin du mois passéunejolie
Demoiselle àqui
il rendoit des soins un pcuaÍfidus.
luy demanda en riant
ce qu'il vouloit luy donner
pour ses Estrennes. Illuy répondit
qu'elle le verroit ,&
qu'il y avoit déja pensé. Cette
reponse qui pouvoit le
~marre en droit d'aller plus
loin qu'elle n'auroit souhaité,
fit qu'elle ajoûra que si elle
consentoit à recevoir un pre,
sent de luy,c'estoit à condition
que ce Present feroit d'une
tres- petite conséquence ,
ou plustost qu'il n'auroit
point d'autre prix, queceluy
que son cfprit luy pourroit
donner, sans quoy il pouvoit
se tenir seur à d'estre resuré.
Ces paroles furent prononcées
d'un air qui fit sentir au
Cavalier qui la connoissoit
fort reservée
,
qu'ilfalloit luy
obéir sans réplique
, &que le
refus luy estoit feur s'i l passoit
les bornes qu'elle luy avoit
prescrites. Il y avoit fort long
temps qu'il aimoit la Demoiselle,
sans qu'il eust osé se de*
clarer autrement que par fès
yeux, dont lelangage avoij;
deu se faire entendre. La civilité
,
la franchise
,
& le favorable
accueil dont ses foins
estoient payez, avoient pour
luy un charme sensible, mais
tout cela ne se rendoit qu'à
l'Amy qu'on vouloit trouver
en sa personne, & il sembloit
que l'Amant n'y puft prendre
aucune part. C'estoit cependant
en cette dernière
qualité
,
qu'il eust bien voulu
que l'oneust,rendu justice à
sesaffiduitez,& brulant d'e.a.-
-
vie de se declarer
, ilprit
l'occasion quis'offroit. Il vint
saluer la Demoiselle le premier
jour de l'année & luy
mitune petite boëte entre les
mains,en la priant de ne point
l'ouvrir qu'elle ne fust feule.
Comme il la vit obstinée à
vouloir sçavoir ce qu'il avoit
mis dedans, il se mit à rire, &
luy dit qu'il avoir suivy sesordres,&
qu'ellen'y trouveroit
rien autrechose qu'un Oiseau,
qui n'avoit point encore pris
l'essor. L'impatience où elle
parut de s'éclaircir mic:ux..l'o.
bligea de la quitter sans luy
parler davantage. Il luy promit
seulement de revenir la
voirsurle soir, pour apprendre
d'elle comment elle aurait
traité son Oiseau, & si
son chant l'auroit satisfaite. A
peine fut il sorty qu'elle ouvritla
Boëte sansen examiner
lecouvercle
, tant elle avoit
envie de sçavoir dequelle nature
pouvoit estre un Oiseau
si petit & si tranquille; mais
elle sur bien surprise de n'y
trouver que trois pains de cire
gros comme le bout du
doigt, & arrangez au fond de
la Boëte. Le premier citoit
blanc,le second rouge, & le
troisiéme vert. Elle leut sur
le premier,Simplicité, sur le
second, d'un feu,& sur le troisiéme
,quise nourritd'esperance.
Ces mots estoient écrits
sur la Cire en un caractère
, fort ner, quoy que fort petit,
Se avoient rapport aux couleurs
des petits pains sur lcfquels
on les lisoit;laSimplicité
au blanc, leFeu, figure
de l'amour,au rouge. &l'Es-
| perance au vert; la Belle
| comprit aisément le sensde
ces paroles,& quand elleauroit
voulune les pasentendre,
les Vers suivans qui estoient
dans le Couvercle delaBoëte
écrits avec du Cinabresur une
feuille d'or collée sur le bois,
ne l'auroient laisséedans aucune
incertitude,
Aulieu deces Couleursquiparlentde
majltimc
Je vouion, belle Iris, vous çrefen*
ter mon Coeur,
Mais voyez qut!juflt blâme
Auroit¡ùi,,:); mon trretir.
Ce Coeury c^mhr.cCoeurdontjefaU
fois ldrgrffi
)
Ce Coeur ejlaità nous3 vousen rjltJ
Maijlnjfe.
Lors que la Belle cut tiré les
- Pains
Pains de Cire hors de la Boëte,
elle leut dans le fond cet
autre Madrigal
,;
qui estoit
-
écrit comme le premier.
i Ne vous ofinfez, pas demon jifJare
avcu.
Belle Iris, cet amour mii veut enfin
paroifre
,
Et devantvous sàrcéclaterfort
pu ,
Vousnele pouvez, méconncijlre.
C'ejl vofre Eafnt
, vos chômesL'ont
fait nafre.
1 Tout le dedans delaBoëte
estoit doré, & le de hors azuré.
Les Chifres de la D moiselle
& du Cavalier esteient
sur le couvercle, enrr,elace"z"
avec beaucoup de delicaresse,
& couronnez d'une Guirlande
dont les liens les entouroient.
Au dessous de ces Chifres,
il y avoit un Coeur en—
flamé> percé d'une Fleche
donc la pointe sembloit me»-
nacer un autre Coeur» qui
n'estoit point enflamé avec
ces mors à l'entour, S'il pouvoit
y estre sensible. A costé de:
Chifres estoient de petits vases
brulans ,avec ces mots au
dessus, Rien de plus pur, roussi
cela en or sur l'Azur, & travaillé
avec une propreté char-*
mante.Aussi laBelle ne put-elle
revoir celuy qui luy avoit
fait ce galant Present,sans luy
dire entre autres choses que la
veuë de son Oiseaul'avoit
agreablement surprise, qu'clleenauroitsoin,
& prendroit
mesme plaisir à entendre Ton
ramage.
Voicy une autre galanterie,
faire par un homme d'un merite
distingué. Une aimable
Demoiselle ayant distribué
unGasteau le jour des Rois, iltrouva un coeur de ~sucre au
lieu de féve dans la part qui
- luy écheut, & luy renvoya c-zcoeur
le lendemain, avec Cee,
Vers.
A MADEMOISELLE T. ROJ de la fève, ou Roy d'lin
coeur,
Cela m'tjl tout égal; une telle avantare
JLuft efic pour un autre unfavorable
augures
Maismoy
,
sur qui l'amour exercesa i
rigntur,
Jene laprendray point pourmarque )
de bonheur.
Je veux plûtost du Sort adtnhtr le 1
caprice,
.f<.!!i ma donne sans choix &finI' difeerntment>g
€e que je ne croy pas meriter
Hf),
moment. 4
Tour reparerson injujtice
Et (on bizarre aveuglements
Souffrez,, belle &jeune Erunette,
£)uentrevcs trainsaujourd'huy je
remette
Des bieu(lui ne (Clmroicr;t cftre trop
J j j>}.' tojï rendusy
Puis que etjl à vous fuieà qui les
coeurs fontdia.
La galanterie n'a pas seulement
lieu dans les choses
où l'amour prend quelque
part;il ~suffit d'avoir de l'esprit
pour la faire entrer dans celles
qui sont les plus serieuses, &
c'est ce qui a paru dansun
prefcnt d'un Voile de Calice
.fore riche, fait depuis peu à
Mr l'Archid iacre de Paris.
Ce Voileestoit envelopé de
telle forte
,
qu'en défaisant
le paquet,on voyoit d'abord
desrasses dePorcelaine, des
cueillers de Vermeil doré
pour prendre du Café, & de
petits pains de Sucre de law
longueur du doigt.Pour
mieux trom per cc l u y à qui
ce presentestoit adressé, on
avoit écrit sur le paquet, Excellent
fajr. Ces tasses & ces
cueillers luy avoient esté prises
par plaisanterie, sans qu'il
s'en fust apperceu ,
& on luy
en faisoit la restitution, en !
envoyant le Voile, que l'on
accompagna de ces Vers.
E fuis un petit Frcfent,
Ou que Lon donne,ou que lon rend;
Car ness-ce pas un trait plaisant
De faire ejirenne à quil'on prend?
VEtiquete trompe souvent,
C'efl là
)
dit-elle, en me celant,
Du vray Café de Levant.
Il ejJtrfs bon, tres-excellent;
Archidiacresçavant,
* fuçczt-en en le bûvant.
.Æ!se dites-vous en me developant
DesTaffis
,
des Cueillers, du Sucre
de Bantan ?
Vous devinez, en vous trompant.
^uoydonc, duChocolat?N'en d(;'
mandez, pas tant.
Comme a ce premier jour de l'an
Jeveux par toutrimer en an, fe ne jçauroisainji rimant
Mi declarer cnmt nommant; mai,,vajez pourquelquesmomens
- Sivray u dis, ou Ji je mens.
lV?'oQ,'!:J:S(J::;:¡n:. dJi¡C êniÇ7'¡lidtjdJJ(~ v.INZ, donc ênigmatiquem:
nt
JJu'k-m*riol:,agréableInftrttment,
1A: dtclareJujjifammcntî
C.ir fins un grand dérangement,
Sans m'ychercherpenibumeat
JCous m'y Jrvuvert:{ fruremtnt.
C'efl !1:. d'écLiirciJ]h,-;c,>u\ --'/- sevoussouh.iïtc le lu !Viole0<»J /uHe,,
Il y a prés de quatre ans que,
les Peintres & les Sculpteurs
de la Ville de Bordeaux formerent
le desseind'yétablir
une Academie de Peinture &
de Sculpture, sur le modelle
de celles de Paris & de Rome.
Ils y trouverent d'abord de
grandes diffucultez qu'il fallut
lever, & ayant eu enfin l'avantage
d'en venir à bout,
ils obtinrent l'Esté dernie«r les
Lettres patentes qui leur et
toient necessaires pourcenouvel
établissement Ou peut
dire que les soins de Mr le
- Blond de la Tour., qui se
trouva à lateste de saCompag
~le ,
n'y contribuerent pas
peu. Je ne vousdis rien de luy.
Sa capacitéest allez connuë
par le Livre qu'il a composé
sur le mélange des couleurs.
Ils choisirent Mr l'Archevêque
de Bordeaux pour leur
Protecteur, & Mr l'Abbé
Bardin, Archidiacre de cette
Eglise
,
leur donna une Salle
dans le College de Guienne,
dont il est Principal, avec
l'agrémentde t'ifs les Jurats,
qui sont les Patrons de ce College.
Par un Reglement de
leurs Statuts, ils sont obligez
de faire celebrer tous les ans
une Messe ~solemnelle pour la
conservation de la Personne
sacrée du Roy. Ils voulurent
faire l'ouverture de leur Academie
par une action digne
de leurzele & choisirent pour
celale Dimanche i6.dumois
passé. Ilsposerent le matin un
Buste du Roy sur la porte de
l' Academie
, au bruit d'un
grand nombre de boëtcs, qui
tirerent encore plusieurs fois
pendant le reste dujour. Sur
les dix heures
,
Mrl'Archevesque,
accompagné de ses
- Vicaires Generaux & d'une
partie du Chapitre, Mclà
Marquis deSourdis
) Commandant
dans la Province,
suivy de beaucoup de Noblesse,
Mrs les ~Jurars en habits
de ceremonie.&un grand
nombrede Pcrfonncs de qualité,
de l'un & de l'autre Sexe,
se rendirent dans la Chepelle
du College, où l'on avoit élevéun
Trône à la hauteur de
cinq pieds, pour y placer le
Portraie du Roy. La Messe y
fut chantéeparlaMusique,
& ensuiteMr l'Abbé de Barré
prononça le Panegyrique - de
Sa Majesté, avec une grace & -
1 iùuM 171
tne éloquence qui charmerent
toute l'Assemblée. Il est
impossible de parler avecplus
de justesse, de goust & de
discernement sur unematiere
dont les tours mesms sont
usez, & il seroit à souhaiter
quesamodestie ne s'opposast
pas à rendre public un Difcours
dont la Itatire feroit
mieux son éloge,que tout ce
qu'on pourroit dirt à son avantage.
On commença le
lendemain les Ecoles publiques
de l'Academie, quidoivent
continuer tous les jours.
Ily a déja un grand nombre
d'Eleves, & on ne doit crpe.2'
rer que de grands fruirs d'un
établissement si utile. Si cette
Academie a choisi Mr 1tAr..t
cheveeque de Bordeaux pour
son Protecteur, ce n'a pas etté-1
seulement par la consideration
qu'on doit à sa dignité
mais encore parce qu'ayant
demeuré longtemps en Italie,
il a une connoissance parfaite
des beaux Arts. Vous sç ive
que ce Prelat eit de la M..fo
d'Anglure de Bourlemontd'une
des plus anciennes Nof
ble{Te< deFrance.Elleestalliée
auxMaisons d'Arragon,d'Aquaviva
,
d' Aspremont, '&'
autres Familles considerables.
Ellea letitre deDuchéd'Atry
au Royaume de Naples. Ce
Duché fut confisqué par les
Easpgnols, à cause que le
Duc d'Atry de ce temps là,
s'estoit mis fous la proteéllon
de Charles VIII lors
qu'il fit 1ta Conqueste de ce
Royaume. Mr de Bourlemont,
presentement Archevesque
de Bordeaux
,
fut en';'
vové à Rome en 1658. en qualité
d'Auditeur de Rote pour
la France. Pendant qu'il a
exercécette Charge,il a eu
le soin des affaires du Roy et
l'absence des Ambassadeurs
de Sa Majesté,&futPlenipotentaire
au Traité de Pise,
où il obtint routes les farisfa--
6tions que le Roy demandoit
pour l'Attentat commis par
les Corses, Soldatsde la Garde
du Pape Alexandre VII.
en la personne de Mr le Duc
de Crequy
,
Ambassadeur de
France à Rome. Il a heureusement
rcuffi dans plusieurs
Negotiations tres-importan-i
tes pour les Conclaves, pounj
le Mariage delaReinede
Portugal
> avec le Prince Rc;
gent,FrereduRoy Alphonse,
& pour toutes les affaires de
consequence, concernant le
service de Sa Majesté, qui ont
pasle par ses mains. Les sujets
qui ont ces heureux Talens &
ces grandes Prerogatives de
lumiere ôcdcfàgtflc ne manquent
jamais de remplir avec
beaucoup d'avatage les Postes
où leur merite les fait placer.
, Il arrive toujours quelque
changement dans la Medecine.
Son Altesse Royale Mademoiselle
d'Orleans
aCI-mifir unpremier ,Mayeadnet-
1. cin
3
s'est enfin determinée à
fc confier à Mrde Provansal, ]
qui est duCorps dela cc l e bre i
Facultéde Montpellier.C'cftr
un homme qui possedetoutesT
les Sciences dans un haut degré.
Il y a plus de vingt ans
qu'il employé les lumieres dcî
Ion arc dans les Armées dur
Roy avec beaucoup de succés,
& une approbation génerale.
Depuis que Strasbourg
est fous l'obeissance de SaMajesté
,
il a toûjours derneufÍ,",
danscette Place, & c'est de làjj
que cette Princesse l'a fait ve-i
nir, ayant fait demander (ont
congé à la Cour, pour l'avoir
àson service.Il n'cft passeulement
des plus habiles dansce
qui regarde saProfession,mais
il a d'ailleurs tout le merite
d'un fort honneste homme.
On a imprimé un Livre
nouveau, qui doit estre fort
utile à ceux qui s'adonnent à
la Medecine. Il est de M Callard
de la DÛ'luenc,Professeur
Royal à Caën, & contient
l'étymologie de plus de trois
mille mots qu'il a expliquez
dans les Ecoles publiques de
Medecine, à la pnere deceux
qui sont venus prendre ses Leçons.
Ce Livre cft intitulé
L.xtconMedieidm Etymvlogi-
.cum, &, se débitechez leSr
M'chaliet, ruë S. Jacques,à 1Image de laintPaul.
Quantàla Livre de M' Mijiot
donc je vous parlay la derniere
fois,&que vouscraignez
que vos Amis ne trouvent
pas aisément, parque je ne
vous en ay pas assezbien marque
le Titre, je vousdiray
cju'il se trouve ruë S. Jacques
au Saint Esprit, & qu'il cft-J
intftulé-'; 7Jc la nature 0* des
causes de la Fièvre, du légitime*
ufige de la Saignée»&des Pur.
taiifs
) avec des experiencessurle
Quinquina, f0 des réflexions
sur les effets de ce Remede.
On debite depuis peu un
autre Livre nouveau, ruë de
la Harpe
,
à la S phere. Il a
pour titre, Caracteres naturels
des JF/ommcS) & contient cent
Dialogues. MrBordelon en
cft l'Auteur. Son nom vous
cft connu par plusieurs autres
Dialogues de sa façon sur les
choses difficiles a croire, que
vous avez leus avec plaisir
dans mes Lettres. Jecroy que
ces nouveaux Dialogues ne seront
pas moins de vôtre goût.
Ils sontcourts J& l'on y trotlve
d'abord le Fair, ce quin'est
pas ordinaire. Il faut qu'un
Auteur prenne beaucoup dcL
pouvoir sur son esprit pour
l'arrester quand il veut.
Je viens à un Livre que vous
attendez depuis long-temps,
&pour lequel le bruit qu'il a
fait dans les lectures, vous a
prevenuë avec beaucoup de
justice. C'est un Poëme de
Mr l'Abbé de Villiers sur:
l'Amitié.Il estdivisé en qua-,-,il
tre Chants. Le premier renfermeune
description des
avantages de l'Amitié en ge—
ueral.L-c fccond roule sur les
choix des Amis; letroisieme
sur les Vices qui peuvent corrompre
l'Amitié, & favoriser
l'entestement, ou la lâcheté
des Amis, & le quatriéme
enseigne quels font les
principaux devoirs de l'Amitié.
Vous sçavez par tout ce
que vous avez veu de Mr
l'Abbé de Villiers ,
qu'il a
l'cfprit fin, aisé
,
délicat, &
que tous ses Vers partent de
Source. Combien a-t-on fait
d'éditions de l'ArtdePrescher,
& avec quel plaisir ne l'a-t-on
pas leu, quoy qu'elles ayent
esté faites sur une Copie derobée,
& par consequent im-;
parfaite & peu correcte. Ora
en a déja. faitcrois des e flexions sur les Defauts d'autruy,
& ilne faut rien de plus
pour justifier de quelle beau^d
té font ses Ouvrages. Le dernier
de l'Amitié, cil assurément
digne de luy. Vous y verrez
du sublime & de l'agréable
Aussi peuton dire qu'il
trouve l'artd'y conserver (OH
le sel, & tout ragrerpent «
la Satyre
, en y obligear
pourtant tout le monde. Il
yous
parleroisplusampl~
ment de cet excellent0~
ge^
getsi je n'estois asseuré qu'en
le lisant, vous le trouverez
beaucoup au-dessus de tous
les Eloges que j'en pourrois
faire. CeLivre le vend chez le
tSt Barbin.
J'acheveray cet article vous en apprenant une chose qui
voussera sans doute agreable.
Vous vous estes plainte plusieurs
fois,ansi que bien d'au-
; tres, du peu de foin que les
Libraires de Paris avoicnr eu
des Oeuvres deMrsCorneille
Freres, dont ils donnerent en
Li68i.une Editionenneufvo.
plumes si pleine de fautes, foie
pour un grand nombre de
Vers entiers oubliez, soit pour ]
uneinfinité demots changez,
ou obmis, qu'on peut dire que
c'est ne les point avoir, que 1
de les avoir d'une édition si|
defectueuse. Il est impossible
d'y trouver du sens en beaucoup
d'endroits. Les personnages
y font souvent confondus.
On donne à l'un ce
qui appartient à l'autre, oui
l'on donne au mesme Acteur
sansrien separer,ce que deux
Auteurs doivent dire. Il n'yai
presquepoint de Piéces oui
l'on ne trouve pluficurs foi$|
quatre masculins, ou quatre
feminins de suite & cela est
cause qu'on neconnoist prêt
que rien en ce qu'on lit. Vous
serez bien aise de sçavoir qu'on
a enfinreparé cette négligence
par une nouvelle Edition,
qui commence à se debiter.
On s'est si bien appliqué à la
rendre correcte
)
qu'on a lieu
de croire que le public en sera
concent Le Theatre de feu
Mr de Corneillequiestoiten
quatre parties
,
est presentetl11ent
separéencinq, & on l'a
fait afin que IcsVolumes étant
ijnoins gros, se puissent ou*
vrir plus facilement Les Examens
particuliers de ses picces
qui estoient rous ensemble
au commencement de chaque
Volume
, ont esté mis
chacun à la fin de chaque piece,
ce que l'on a cru plus à
propos, parce qu'il est naturel
de lire un ouvrage, avant
que de lire l'examen que l'ont
en fait.On trouvera plusieurs
changemens dansles cinq VcM|
lumes qui ont pour tierce
Poëmes Dramatiques, & qui
font de MrCorneille son Fre-i
re. Ces changemens regardent
ce qu'il a trouve dansse
Pieces de moins correct pour
la Langue,& sur rout plusieurs
façons de parler, qui
estoient encore autorisées par
l'Usage il y a vingt ans,
comme alors que, pour lors
quei lors pour alors, dedans,
dessus, & aejjous3 pour dans,
sur &sous. Le quatriémeVolume
aestéaugmenté du Festin
de Pierre, dont les Comediens
donnent chaque année
plusieurs representations,
&qui n'est pourtant de luy,
qu'en ce qu'il a mis en Vers la
Prose du fameux Moliere, à
l'exception de quelques cn.
droits un peu délicats,&des
Scenes où ilparoist desFemmesautroisiéme
& au cinquiéme
Acte,&qui n'estoient
point dans l'Original. On a
misaussiàla findu cinquiéme
Volume lesdeux Discours
qu'il a prononcez à l' Academie
Françoise. Ces dix Volumes
se debitent chez les StS de
Luines, Trabouillct
j
sogne.n**&B.cI:-
Le Samedy12. de ce Mois.
Mrs de l'Academie Françoise
s'estantassemblez pour la pro- 1
position du Sujet qu'ilsjuge- !
roient le plus propre à remplir
la place quela more de
Mr le Clerca laissée vacance,
MrdeTourreil futceluy qui
cmporra la pluralité des Voix.
Mrl'AbbéRegnier Secretaire
perpetuel de la Compagnie,alla
le lendemain rendrecompte
au Roydece quis'étoit paue,
& Sa Majesté agréa qu'ils le
choisissent
, ce qui fut fait
dans l'Assemblée du 19. du
mesmemois, où par le second
Scrutin tous les suffrages tomberent
sur luy.C'est un homme
de naissance
,
qui s'est toûjours
rendu fort confiderablc
par lestalens de l'esprit. Deux
prix qu'il a remportez pour
les pieces d'Eloquence au ju- 1
gcmcnt de l'Academie) étoient
un préjugé favorable ( qu'il y mériteroit bien-tost
une place, & l'excellence tra-!
duction qu'il nous adonnéej
des Harangues de Demofte-
DC ,
l'a fait voir très-d igne de
la repuration qu'il s'eftoic
déjaacquise; mais ce qui cft
au dessusde tour, c'estde voir
qu'un grand Ministre
,
infiniment
éclairé en toutes choses
, l'ait choisi comme un
homme de Lettres ,
& d'un
merite distingué pour l'attacheràM'sonFils
»Ilferarc- i
ceule mois prochain dans la
Compagnie, & ce fera un
nouvel article pour la première
Lettre que vous recevrez de
moy.
Quoy que la Capitulation
de Limeric ait esté faire dés
le mois de Septembre,elle ne
laissera pas de paroître nouvelle
,
puis qu'il n'en a couru que
tres-peu decopies, & que ce
n'estoit mesmeque des Extraits.
D'ailleurs, cette Capitulation
que je vous envoye
trad uite de l'Anglois, cft un
fort beau morceau d'Histoire
à garder,& l'on en voit
dpeeu de mieux entenduës, &
plus nettement expliquées.
On peut dire aussiqu'il n'yen
ajamaiseu,oùilau été permis
au Peuple de toutun Royaume:)
de passer dans un autre.
Le chagrin de ceux qui fonc
demeurez en Irlande fait voir |
que la pluspart des Habitans
en feroient fortis. s'il avoit
cité facile de traverser les *
mers, &si ceux qui fouhaitoient
de passer en France
n'eutrent point manqué de
Bastimens. On connoi st par
l'empressement des Irlandois.
à quitter leur Patrie, combien
les François se font fait aimer
& estimes pendant le temps
qu'ils ont esté en Irlande, puis
qu'on a marqué tant d'ardeur
pour les suivre, & pour venir
voir la France, qui semble
n'avoir esté attaquée de touces
parts, que pour faire mieux
brillersagloire,& luy donner
lieu d'augmenter toujours le
nombre de ses conquestes,
ARTICLES
DE LACAPITULATION
DE LIMERIK,
Faite entre M s les Lieutenans
Généraux Dusson & de
Tessé,Comma-,nd-ansen chefl'Armée
Irlandoise
,
d'une
part; & Mr le General
Guinkel, commandant en
chef l'ArméeAngloise,
d'autre part&autresOfficiers
Generaux qui ont signé
ces Articles le 19. Septembre
1691.
Q I. V*tlferapermis À toutes
fortes de personnes* de telle
ero !J.¡
qualité & conditionqu'elles
Jfuiffenteflre sansaucune exception,
qui loudronc Jortir du
Royaume d'Irlande, de se retirer
outre Mer dans tet Pays qu'ils
voudront, excepté l'Angleterrei
& l'Ecç/pt avcc leues Famillts,
Meubles, yaijfellesd'argent &
JOYAUIX. I.Q!!.: tous les 0Offfficciieerrss CGeénneé---
raux ,
Co/o~~/c~ autres Offt.
ciers generalement quelconquei,
tant de Cavalerie,Dragons
t
que £Infanterie* tous qarJ"
au Roy, Cavaliers, Dragons&
Soldatstels qu'ils puijjent eflrt,
gen quelques lieux qu'ilssoient
en garntfon dans les Places &
Tofles occupez prejentement par
les Irlandois, ou campez.. dans
les Comte^mde Corke> Clare, &
Kerri
, & mesme ceux quon
appelleRâperiez ou volontairesp
lesquels voudront pjjftr outre-
Mtr comme il cil cy-devant dit,
Joit en Corps comme ils font prefintenzentcomposez
) avec une
partie d*iceux> ou avec leurs
Compagnies, ou autrement > auront
la liberté de s'embarquer
dans les lieux oùferont les Vaisseaux
qui devront les transporter
jam quilleur fait fait aucm
empeschement.
,
m. -
Que toutes les personnes cy
dessus dites qui voudront sortir
dudttRoyaume pour pajjer en
France, auront LA liberté de le
déclarer dans le temps écheu cytprés
marqué,fça*voiry les Troupvreoscqhauiin*
font à Limerik Mardy
la Cavalerie dans leur
Camp Mercredy) e les Troupes
qui font di[posées dans les Comtez
de Kern, Clarre, & Corkç
le 18. du prejent mois e en nul
dutre temps, (y que cette déclaration
fera faite pardevant Ait
de fumeron Intendant franpis,
gr pardeyant Mr le Colo:
nelVvithcrSy cm apréi que cette
..aeclarati,nfera faite lesTroupes
qui devront paJJer en France,
refieront fom la dtfcipline &
commandement des Officiers qui
dtvront lesy conduire.
IV.
Que tous les Ofifciers
3
tant
'AngloisquEcoffois, qui feront
presentement en Irlande »profiteront
AUJJI de la presentecapitulation
, tant par la joüijJanre de
leurs biens en EcossejAngleterre
& Irlande s'ils y veulent demeurer,
que pour pajfcren Francey
ou dans tel autre pays qu'ils..
voudront, s'ilsdéfirenty auer,
v.
Que tous les Officiers Généraux
fraflfois
5
/ntendant» les
Ingénieurs de Guerre )& d'Artillerie
i Cm autres Oiffciers François,
Etrangers, & dutresgeneralement
quelconques qui font
dans Limerilz, Pec., (Iarre)
dans les Troupes, dans le commerce
ou autrement) & de telle
qualité(g) condition qu'ilssoient,
auront aussi la liberté depasser en
France ou aiUeurs>& de lembarquer
avec tous leurs chevaux, éq
jj c
quipages)argelnle)tp>afpvierasi
~<y effets de telle nature qu'ils
itouiffent efire
,
âr MCle Grnfrttl
Guinktl leur fera pareillement
donner desTasse-ports
,
desEscortes
&des Vivrts, tant par
eau que par terre, pour en faire
<
en feuretc le transport depuisi
Llmenk jusque dans les Vaif- -
féaux où ils devront estre tm--
barque^fanspayer aucunes cho-c
ses pour raisondcfdit.es voiturt*^
ny À ceux qui feront employe
avec leurs Chevaux
,
Charettes^
Chaloupes r& Bateaux.
VI.
Que lil y a quelque chof1
desdits équipages, Marchandifesq
Chevaux, Argent, VaiffiUes,
autres Hardes,) & ujlencillcsc.
appartenant tant Aufdites Troupes
lrlandoifes) qu'aux Officiers
Franfois, & autres particuliers
tels qu'ilspuissenteflre, de pris
ou pille par les Troupes dudit
General Guinhl, ledit General
les fera rendre & reflituer ou
payer, felon l'efitmation qui en
fera faite par ferment de ceux
qui auront ejléainsipitle%> &
lesdites Troupes Irlandoifes &
autres personnes de leur fuite observeront
le mefmc ordre dans
leurmarche Cm leurs quartiers)
w
@Jfeyont rendre ou payer ce qui
ffera aujJipris dans le Pays.
vri.
Que pourfaciliter ledit embarfjuernent,
le GeneralGuinkel
fournira cinquante Vaijjeaux du
Port de deux cens tonneaux
chacun, sans que l'on foit oblige
d'en payer aucune chose3 e en
cas qu'ily en ait quelqu'un d'une
moindre chargt
>
il en fera
fournir une plusgrandequantité
qui fupléra au deffault de ceux
qui neferont pas du Port dedeux
cens tonneaux, & donnera ausi
deux Vaisseaux de Guerre pour
tmharqucrlesOfficiers princi-
«
paux , &serisy d'escorte aux
Vaisseaux de Cha-rze.
VIII.
GhSun Commijjaire fera enwoyé
immediatement a Coykc
poury lifter les Vaiffiaux def
tinez pour le tranfport^defdites
Troupes, & voir en quel efiat
ilsfont pour les mettre en Mer,
&aujjl'toflquilsferontprefls à
faire iode* les Troupes qui doivent
eflre transPortées marcheront
en diligence par le plus court
chemin
>
gr s'il y a encore des
hommes À transporter au delà de
ce quil en pourra contenir dans
lesditscinquanteVaiJ].eauxfceux
qui refieront quitteront la Ville
Angloije de Limerik, &Je metw
tfont dans les quartiers qui leur
feront marque&qui feront
les plus commodes pour le trans
fort desdites TroupesJoù ilsref
feront jufquà ce que les autres ?
1nngt Vaisseaux qui ferontfour-
- visdans un mois au plus tard,
soient prefls, & t en attendant ils,..
pourront s'embarquer sur les
VaisseauxFrançois qui
tourrona
arriver icy.
IX.
f Que lesdits Vaisseaux (eronnj
fournis de fourages pourlesche-J
'Vaux, $ de vivres neceffatresi'
pour ta fuhfifiance des OfficiersJ:
Qavahers
>
Dragonsygr Soldats^
st) des autres personnesqttils
pourront transporter> lesquels on
payera après que le tout aura
ejié débarquéaThreflott a Nante,
sur les cojies de Bretagne, ou
dans aucun autre Port de Fran.
ce où le vent les portera, en -
payant au prix que le Roy a
accoutuméde payer pour de pa*
reilstransports.X.
Que pour la feuretestant du
retour desdits Vatjfeaux(jue dit
payement des vivres, il fera
laijïé des Oflagessuffîsans.
XI.
Que les Çarnifons des Chaj
fitaux de Clarrr) RoJJe, les
autres Troupes d'Infanterie qui
-
font en garnison dans les ComteZ
de Corksy Clarre> st) deKerry,
jouiront de la prejente Capitulation,
& ceux desdites Gar..
nifons qui veulent pAsser en
Jftance,sortirontavec leurs armes9
bagages, balle en bouchet
tambour battant, miche allumée
par les deux bouts
»
Ensèignes1
déployées, & les provifons de
bouche avec la moitié des mu~ i
nitions deguerre qui y pourront tflre,passeront avec la Ca~*
valerieys'il ny a pas aetz, de i
Vaisseaux avec le premier Corps 1
d'Infanteriz :
d'Infanterie qui fera transporte
après la Cavalerie, auquel effet
Mt le General Guinkjl leurfera
*fournirdesvoitures r:7 des viivres,
dont elles auront besoin
pour leur (ubjiftancependant le
temps quelles feront en chemin,
eennppa~yyaannttpopuorulrelfeStes provisions
où ils les prendront dans
leurs Magajins.
XII.
Que les Troupes de Cavalerie
& de Dragons qui font dans less
dits Comtez, de Qorkf
, Kerri &
>Clarre
>
jouiront pareillement de
icettc Capitulation> & .iju'en attendant
qu'on puisse faire embarquer
ceux desditesTroupes
qui veulent pagtr en France, il
leur fera baillé des quartiers dans
j
les Comte7, de Clarre de Ker-
-
ry )
fepart:C de ceux des Troupes,
commandées par leGencral Guin*4
kelipouryfubfîjler, en payant^
à la refervt du fourage dr de lad
pasturet qui leur feront fournisv
gratis. XIII.
Jgue ceux de la Garnison.dtal
Sleiço qui ont joint l'Armée IrÂ
landolfe, jouiront pareillement
de la Capitulation) ri1 qu'ilfer,.
envoyé un ordre à ceux quifond
chargez de les efeorter
>
de M
.mener ince/Jamment a Limerich
par,leplus court chrmin.
XIV.
ue l'on pourra embarquer
avec lejdites Troupes Irlandosses
neuf cens C'hevauxJ cornpris
les chevaux deÍ Officiers, f0
que le transport en ferafait gratis
A l'egar-d de Cavaliers qui
veulent rester icy , ilsdifpofront
d'eux-mefn;es comme hon leur
semblera, en mettant leurs chevaux
&leurs armes entre les
mains de tellespersonnes que leGeneral Gutr.kfl rsiiXlV. 'll.oudra. fera permis à ceux qui
feront prépofekpourprendrefoin
de la (ubjiftance de ceux de la
Cavalerie qui voudront paffir
en France
3
dans la quartiers qui
leur feront ajjtgne^> d'acheter
du grain ù du foin par tout où
ils en pourront trouver, sans
aucun tmpêchement, au prixdu
Roy, & qu'il fera permis d'en
faire voiturer de toutes les autres
provisions necessaires de la Fille
de Limeric, cm pourcet esset Ai1
le General Guinkflfera fournir
les voitures necessaires pour la
1
transporter dans let endroits où
!
lesdites Troupesdoiventejire i
ernbaïquées.
XVh
QtSiî fera permis aufft de
seseruir du foin qui efl en
provifon dans le Comté de Kerri,
pour la nourriture des chevaux
de la Cavalerie qu'on embarquera,
& s'il n'yen a pas fùffifammenty
qu'il fera permis de
* faire acheter du foin & de lta-
*voinc
par tollt où l'on en pourra
trouver au prix que le Roy ['achete.
XVII.
Que tous la Prisonniers de
[3LHefre qni efloient en Irlande
l le 18. de Septembre, feront rendus
de part & d'autre, dr Af le
General Guinkel promût de lem:
ployerpourfaire donner la liberté
pareillement à aux quifont
enAngleterre & en Flandre.
XVIII.
Que le General Guinkel fera
fournir les alimens & mediedmens
necessaires aux OjJiciers)
7Jragons
3
Cavaliers & Soldats
des Troupes lrlandoifu, malades
ou bleez
à
qui ne pourront pat
estre embarque% dans le premier
embarquement que l'on fird) dr
après leurguérifontquilleur fera
donner des Vaisseaux pour paffir
en France, s'ils veulentyaller.
XIX.
ghfen fiznant la prefente Capitulation>
le General Guinkel
donnera un 'Paffiport pour tnnoyer
un VaiJJeauexprés en
France
,
(ij qu'outre cela ilfournira
deux petits Bastimens de
ceux qui font presentement dans
la Riviere deLimerich3pourtransporter
en France deux Personnes
que Ionfouhaiteyenvoyer pour
informer du presentTraitej &
que les Commandans defditsBastimens
auront ordre de débarquer
apuorptreerma.ieerr Port ootùi le vent Ilcui
e x x. tous ceux defdites Trou*
pu
y
foit Officiers ou autres> de
tel caraflerequ'ils puissentestre
» lesquels voudrontpa^ren France)
n'en pourront estre empefche%
pour dettes, ny Jous aucun autre'
pretexte que ce puisse eflre.
-
XXI.
Que si aprés la signature du
present Traités &avantl'arrivée
de la Flotte Françoise> il
arrive une Cornette de France,
ou autre Vaiffeaudeflmépourle
transport des Troupu en quelque
lieu d'Irlande que ce sist
,
le
TafSsport fera donnépar M1 le
GeneralGuinkfl>nonfeulement
pour envoyer qui on voudra à
bord duditVaisseau, mais efftore
pour lefaireven ir dans le Port
le plus près de l'endroit où les
Troupes qui paieront en France,
feront de quartier.
XXII.
Qu'aprèsl'arrivée de ladite
Flotte on pourray communiquer
librement des quartiers des Trou»
peSitant pouraller que pour retenir
,
particulièrement tous
ceux qui auront des rpaffiports
du Commandant deladitteftlot-
Ite, cm dufteur de Fumcrcn Intendant.
XXIII.
En consideration de ladite QapifUtation
,les deux Villes de Limericb
ferontrendue* ffr) mises entre
les mains de Mr le General
Gnink.>on de telle autrepersonne
quil commettra,dans le temps
di h >jours cy*après>sçavoir la
i
ViUe Irlandoifè le jour de la fi-«
gnature du present Traité.AI
l'égard de la Ville Angloijejelle*
refleraavec l'Isle&lepassagei
libre du Pont du Shaunou entreI
les mainsdesTroupes Irlandoife
qui en composentprcfentement la^
Garnijon
, ou qui pourront a-*?—'
nir cy-afrés des Comtcg,, de Cor-.,
ke
kf ) Kerri, ClarTe, Sleigo, CM
>
Kerrt3Çlarre,Sleîgo,&
autres lieux dont il est parlécjdevant
)
jufqua ce que l'on trouve
la commodité de les faire
transPorter.
XXIV.
Zt4e pour empefeher le defor-
dre qui pourroit arriver entre l,a
Çarnifonque le gerJtral
Guinkd mettra dans lafaille Irlanauife
qui luy fera cedée, &
les Troupes Irlandoifesquirefieront
dansla fille Angloise &
rIfle, où ils pourront refier jusqu'à
ce que les Troupes sur les
premiers cinquante Vasséaux
soient parties pour la France)&
non pourplus long temps
.J
lott
Je retranchera de part c. d'autre
pour empefcber lacommunication
desdites Garnironsyausquellesil
fera d'ailleursdeffendu deJe rien
dire ou faire d'offençant
>
@rsi
cela arrive
,
les contrevenons
ferontpunis de part &d'autre.
XXV.
QtSilferapermisà ladite GarnssondeLimerich
desortir en une
feule OH plusieursfoufelon quelle
pourra eflre embarquée avec armes
(if Bagage) Tambour battantJ
Mesche allumée par les
deux bouts, Enseignes déployées)
six pièces de Canon de fonte au
choix des dfjiege^
J
deux Mortiers>&
lamoitié de toutes les
Munitions de guerre qui font
dans les Magasins de ladite
* Place, &pourcet effet il en ferafaitunInventaire
en
prejen-
J,ce de tellepersonne que le Genc•
raI Çuiriiel nommera le lendemain
de lafgnature duditTraité.
XXVI.
Que tous les Magasins des
\Vivres refieront entre les mains
ide ceux quienfont déjà char,,o,e
ipour fairefubftfierceux de iJArt.
mée Irlandoife qui voudront paf-
Iser en France3 & en cas quti
n'y en ait pas (ufftfamment dans
lesdits Magasins
J pour faire
JubftflerlefdttesTroupes pendant
qu'elles referont dans ce Royau-
*me
,
le GeneralGuir^l fera ;
fournir les provisions necessaires
4
au prix que le Roy les acbete
, en j
luy donnant un estat des Trou--
pes ,
én qu'ilfera permis J" fairej
venir toutes choses au Michel
de Limerich, @r dans les Autres,
endroiti
)
où lefdittes Troup-sse--
ront en quartier, & s'il reflet
des Pruvifions dans les Magasins
ylors que l'on rendraLimerichitl
en ferafut unp ejlirmttiom
pour en déduireleprixsurcequa
devra eftrt payé pour les Vivres
qui feront fournis aux Troupes
dans lepass:igede la JMer.
XXVII.
Qifily aura une cessation
d'armes tant 4 l'éggaarrdd des troupes
de terre, qu'à l'égard des
Vaisseauxfrançois
>
Anglois 19
Hollandois qui feront dejîine^
po^rembarquer cm transporter
Itfdites troupes, ju(qu'à ce qu'ils
soient de retour dans leurs C;Portt,
auquel(jj-L'tiUferont munis de
bens T-tjf ports de part st) d'au..
»tre,tintpour les Vaisseaux que
pour ceux qui fontà botddesdits
vaecauxeesilarrivequ'ilfoit
contrevenu par quelques CommandanfJotlCapitaines
des Vais
reaux,Offciets) Cavaliers, DragonsJSoldats,
&auties perfonnesy
ilsferont châtirZ deparI (1'
a'autre,st) les tortsferontrepare! Ilferaenvoyé de part (Ji d'autre
des Oiffciers à l'embouchure
de laRivitrt de Limerik, pour 1
avertir les Commandans
) tant
de la Flotte Françoise
> qw de la "
flotte Angloise de la pnfente
Convention
,
afin qu'ils observent
entr'eux la Crffation dparmeSiComme
il eftditcy-devant.
XXVIII.
Que pour laseureté de l'execntion
dupresent Traite danstous
ses Articles, il fera donnéfour
Oflages de la part des AliegeK
» Àfejjieurs, &c.
Etdela part de VJlr le Çenerai
Guirt-lçf-tj,Messîeurs)ec.
XXIX.
Que si avant l'execution du
,presènt Traité, il arrive quelque
.cbangtment dans le Gouvernement
de l'Armé" qui cft prefen-
"tmentjous le Commandement du
iCeneral Guûk7atous ceux qui
feront pour cet effetétablis&ordonne^
feront oblige^ d'executer
&faire executer porEluellementtout
cequiestcontenu en la
prefentc CapitulAtionJsansprrmettre
qu'il y sottcontrevenu en
aucune maniete.
Treize ou quatorze mille J
Irlandois étant arrivez àBrest f
suivant cette Capitulation, & |
, le General Salsfield y estant |
attenduavecquatremille, qui
manque de Bâtimens, n'a-S
voient pû accompagner les I
premiers qui ont passé, le I
Roy d' Angleterre partit des
S. Germain en Layele 11.du,
mois passé pour aller voir ces
Troupes,& coucha à E[am-.~!. tTroupes,&coucàaàEtainpe.
Il arriva le1
~I.& logea au Palais Episcopal,
où MrEvesque luy avoit fait
préparer un magniifque [OU-)
pé. Il en partit le 17. dans le
î Carrossedu mefrne Prelat qui
lemena jusqu'aNostre Dame
de Clery 4, où il prit la
Chaise de Poste dans laquelle
il a fait tout le relie de son
Voyage. Il alla coucher à
Tours. Mr l' Archevesque,&
Mrde Miromenil, Intendant
de cette Généralité
,
vinrent
le recevoir une lieüe au delà
de la Ville. Sa Majesté dcfcenditau
Cloistre de S. Martin,
dans la Maison de Mr
w~
l'Abbé Milon,Chanoine de
l'Eglise de Tours, & Elle y
fut traitée magnifiquement
avec M le Duc de Barvik, &
toute safuite par Mr de Miromenil
qui loge dans cette
Maison. Le lendemain Elle
entenditla Messe au Tombeau
de S. Martin. M" du
Chapitre, qui est un des plus
anciens,&des plusnombreux
du Royaume,l'attendoient à
la porte de leur Eglifc , oud
M'TAbbéBerninquiencft
Treforicr & Chanoine , &
MfJtAbbé de_Galll.zQJl.qui
-en est Chantre & aussiChadnf6-
zwiztï,
noine, luy donna une portionde
la vrayeCroixàbaiÍcr.-
Ensuite ces deux Messieurs
, tout le Clergé & le
Peuple qui estoit accouru
en foule, conduifirenc ce
Monarque au Tombeau de
Saint Martin
,
où la Mcflc
fut celebrée par Mr l'Abbé
du Çhamp) Camerier, de la
mesme Eglise lit
,
assisté de ses
Marguiliers. Sa Majesté le
mit à genoux au pied du Scpulchre
sur le quel on avoit
,.
placé une partie du Chef, &
une autre du Bras de S. Marjtin
,& un Crucifix au milieu,
&donna toutes les marques
de l'ancienne. pieté de nos-
Rois envers ce S. Lieu, où à
commencer par Clovis, on
les aveu venir dans tous les
temps implorer l'assistance
Divine. La Messe finie le
Roy d'Angleterre& route sa
tsruuititecaaddmjmirireèrreenntt en ss'eenn rce-
1 tournantla grandeur &lamagnficence
de ceTemple,qui
est un des plus vastes & des^
plus anciens Edifices quinous
soient reliez du cinquiémes
siecle de l'Eglise. Elle fut premierement
bâtie de la maniere
que nous la represente Gregoire
de Tours au Livre second
de son Histoire. Ce
Prince étant sortyde Tours
le 18 au matin par la Porte
de Charlemagne
,
poursuivit
saroute vers Angers, & coucha
dans l' Hôtel de Ville,à
l'appartement du Maire, qui
luy donna un grand Soupé.
Il alla le 19. coucher à Nantes,
où il fut conduit par Mr
le Maréchal d'Estrées qui
estoit venu trois lieuës au devant
de luy. Il y sejourna
trois jours, pendant lesquels
il fut toûjours magnifiquement
regalé par ce Maréchal,
Le 22. il partit pour Rhedon,
&disnaà Blain chez
Mr leDuc de Rohan, qui
estoit venu au devant de ce
Monarque, avec plusieurs
Gentilhommes des plus considerables
du Pays. Il fut traité
à Rhcdon par M" deVille,
& a esté ainsi régalé dans
toutes les Villes où il a sejourné
jusques à son arrivée
à Rennes, où Sa Majesté a
demeurédepuis le premier de
Janvier jusques au septiéme.
Mr le Maréchal d'Estrées le
traita pendant tout ce temps,
hors le jour des Rois, que Mr
'- l'Evesque
l'Evesque de Rennes, de !a.
Maisonde Beaumanoir,luy
onna un fort grand repas.
Ces cinq ou (ix jours furent
employez parcePrinceàtravailler
avec Mrle Maréchal
'durées, &Mrs d'Usson &
»deTe(Té,& les Officicrs générraux
) à distribuer en Regimens
les Troupes Irlandoises,
tant Infanterie que Cavalerie.
Il est impossible d'exprimer
l'amour & l'atrachement qu'
elles ont marqué pour leur legitime
Souverain, les Malades
mesme s'estant voulu
trouver aux Reveuës qui ont
été faites. Le Roy d'Angleterre
en partant de Rennes alla
coucherà Cande, frontière des
Bretagne & d'Anjou. Le 8. ill
en partit pour Saumur) où ill.
coucha chez le Lieutenant
General. Il fut traité par la
Ville le 9. & alla coucher à
Blois. Le 10 il passa à Orléans»!
où il fut encore traiémagnifiquement
à dîner par Mr l'Eij
vesque. Il coucha à Tours, &e
arriva le11.à S. Germain. J'ajn
oublié de vous dire qu'à Moncontour
M1le Marquis de1^1
Coste Lieutenant de Roy ctl
la Basse-Bretagne
,
donna
souper à ce Monarque,& à
disner le lendemain à Lambale.
Mr le Comte de Co'ëtlo^
gon., Lieutenant deRoy de
la Province ,luy fit aussi préparer
à disner à la Trinité
, &
il fut traité à Quintin aux
dépens de Mrle Maréchal de
Lorge. Mrle Duc de Ba.wich l'atoujoursaccompagnéisi
igue MrSaltort, Gentilhommeservant
àsa chambre, Mr,
ide la Motte, Enseigne des
Gardes duCorps, & Mr de [Louviii, Ecuyer duRoy. dcT
deux derniers font Officiers
?urfàcrr
de Sa Majesté , &. fervent
auprès de Sa Majesté Britannique.
Sur la fin du Mois passé, le;
Roy fit la distribution dcM
Bénéfices-,&donnal'Abbayej
deSavigny, Ordre de S.Bcnoist
Diocese de Lyon, à Mrfi
l'AbbéBossuer.Ilest Filsdei
M Bossuer, Maistre des Re
questes & Intendant à Soif.
fons, d'une bonne Famille deji
Bourgogne, & Neveu de M,
l'Evesque de Meaux, dont le
Ouvrages pour la Religion
x - rendront àjamais lamemoire
celebre, ainsi que le choix
que Sa Majesté en avoit fait
pour l'éducation de Monseigneur
-
la Dauphin, & qui
avoit esté mis auprès de Madame
la Dauphine, en qualité
de son premier Aumonier.
Ce jeune Abbé qui marche
avec gloire sur les pas d'un si
grand homme & qui a fait
tous fcs Actes enTheologie,
kavcc un éclat,& un a pplaudiflement
extraordinaire,a
idéjà acquis tout ce qu'on peut (ouhaiter dans une personne
deson caractère.
L'Abbaye de la Rivour ,
Ordre de Cisteaux
,
Dioccfc
de Troycs,a esté donnéesà
Mr l'AbbéFleury,Aumonier
du Roy, qu'il a l'hon--
neurdeserviril ya long temps
dans cete Charge. Il en de,
Montpellier
,
d'une Familles
tres-considerable, &. joint ai.
beaucoup d'esprit toutes les
vertus qui sont necessairesà
ceux qui s'engagent dansl'Eglise.
Ses manières sontaisées
& le rendent d'un commerce
fort agréable.
Mrl'AbbédeBessaydeLusignan
, a eu l'Abbaye dc,:
Boeail» Ordre de Cisteaux.
Diocese de Limoges. Le nonde
Lusignan cn: connu de
tout le monde,& le choix
que leRoya fait de luy pour
cette Abbaye, ne permet
point de douter de son merite.
Mrde Grammont,Evesque
dePhiladelphie,GrandDoyen
1de1'Egltfè de Besançon, Abibc
de Montbenoist
,
& de
Bitaine
,
Prieur de Beaupré,&
Maistre des Recjucftes au Parlement
de Besançon
, a esté
pourveu du Prieuré de Montau,
Ordre de Cluny, Diocelofe
deBesançon
, vacant par la
tmortdeM1 l'Abbé Maréchal.
Il est Neveu de Mr l'Archevesque
deBesançon,& Frere
de Mrs les Marquis Comte,
&Chevalier de Grammont,
tous trois Colonels de Dragons.
Ils fervent avec une diÍtlnétibn
siavantageuse, qu'il
ne se passe aucune action considerable
dans nos Armées,
où ilsn'ayent part.Ilestvray
qu'on pe.1ut d&ire presque la
mesme chose de tout ce qu'il
,lya d'Officiers&de Soldat
Comtois dans les Troupes de
SaMajesté. Cette Province
en fournit beaucoup au Roy
& aelle feule huit Regimens
t au service
, tant Cavalerie &
f' Dragons, qu'I nfanterie» sans
L comprendreun Regiment de
Milice qui est un des plus
»
beaux duRoyaume, & quan-
-
tité d'Officiers qui servent
,
dans d'autres Troupes. Aussi
> Sa Majesté en cft
.-
elle si contente,
qu'Ellene lesregarde pas
moins favorablement que ses
anciens Sujets. Elle a donné
( depuis peuà Mr le Marquis de
htL-aub_esLpin, CLapitaine de Che- b vaux dans Gevres, la survim
e vance de la Charge de Cheva-
.{
lier d'honneur au Parlement
1 de Besançon
,
quepossede Mr
/âJ1uua--
le Comte d'Arinteau Laubespin
son Pere, & ce qu'il y a
deplus agreable dans ce don,
C'cil queSaMajesté luy remec: enconsideration de ses services
la sommeàlaquelle cette
Charge eust esté taxée;aussibien
que toutes celles de ce
,
Parlement, pour les rendre
héréditaires. Il y a plus d'un
siecle qu'elle est danslaFamille
de Mr le Marquis de
Laubespin, dontun desAn-
; cestresestoitSecretaired'Estat
de Charles Quint. Cette Fa-
< milleestIllultre,&alliée decelles
deGrammont,de Vau*
drey de S. Maurice, dela Baume,
de Vaubecourt, &c.
- Le22. dumois passé,Messire
Hugues de Bar, Evesque
de Leitoure,mourut dans son
Palais Episcopal. Il estoit dru
de l'ancienne Maison de Bar
au bas Limosin,&Fils de
Messire Guy de Bar, Lieutenant
General des Armées de
Sa Majesté, Gouverneur des
Ville&Citadelled'Amiens,
& Grand Bailly de Picardie.
C'estoit un Prélatd'unevertu
& d'une pieté singuliere, &
qui donnoit tous ses soins au
soulagement des Pauvres. Il
avoit beaucoup de doctrine,
& une grande application
à remplir tous ses de
voirsenversceuxquiestoient
, commis à saconduirc,ccqui,
* l'atrachoit si fort à sonDiocese,
que bien que les charges
n'en fussent pas grandes,
on ne l'apresque point veu 1
depuis vingt ans à laCour;
encore n'y est
- il venu que
pour les affairespressantes de
f0n Eglise. Il a fait bastir à
1
,, ses dépens un Hostel Epifco-j
pal, où il y a un tres-beau
Jsaersdin en terrasse, pour loger Successeurs.LesEvesques j
de Leiroure n'en avoient point
eu depuis les guerres de la Religion
Ilafaitaussiconstruire
à ses dépens un Seminaire
pour élever des Sujets dignes
1
de servir l'Eglise. if
Le 30 du mefine mOIs;
l'Eglise de Tours perdit Mes-.
sire GabrielRemon, qui en
estoit Chanoine dés l'an 1618.
& Prevost deLeré Il s estoit
rendu recommandable par
son eXtléb: assiduité aux Offices
divins, & par sa grande
charité envers les Pauvres.
Longtemps avant qu'il mourust
ilavoit distribué tous iCi
- .,.- 61" r.-.:, --¿. - .,J,. - -
biens à son Eglise, aux Monasteres,&
aux Hôpitaux &
n'en avoit retenu que ce qu'il
en falloit pour ses funerailles,
& pour n'estre point à charge
àsa Familleapréssamort. Depuis
trois ou quatre ans il paC.
soit tous les jours de son extrêmevieillesse
dans leChoeur
à l'Office,& dans l'enceinte
du tombeau de Saint Martin,
au pied des Autels, & devant
unCrucifix dans sa chambre.
Les Riches ne l'ont pas moins
regretté que les Pauvres, qui
le regardant comme leur Pere,
ne pouvoient quitter son cercueil,
ny abandonner celuy
qui pendant sa vie avoit eu
pour eux des entrailles de misericorde.
Le Prieuré de Leré
qu'il possedoit cil un Personnat,
ou dignité de l'Eglifc de
Saint Martin de Tours, qui le
rendoit Chef du Chapitre de
Lcré en Berry. Ce Chapitre,
tant pour le spirituel que le
temporel
)
dépend de cette
grande Eglise, à qui avec le
Prevost appartient le Fort &
laVille de Lcré.
Le Mercredy2 de ce mois,
Messire Nicoias Cheron,
Doyen de Bourge, Abbé de
laChalade,&Officialde Paris,
mourut icy après une longue
maladie Ilestoit parvenu
par son [culIDente à estre l'Arbitre
de presque tous les Ecclesiastiques,
qui avoient des
differensconsiderables. Tous
les Evesques prenoient son
conseil
, & quelques affaires
quiarrivassent dans leurs Eglises,
elles ne leur donnoient
aucun embarras par la certitude
où ils se voyoient, qu'avec
l'avis & le secours de Mr
Cheron
,
il n'y en pouvoit
avoir de si difficiles dont ils
ne vinssent à bout. Le Cierge
de France,à qui ilavoit rendu
des services tres-importans
pendant le cours de plus de
quarante années, luy avoit
donné une Pension considerable,
afin d'estreen droit de
le consulter dans lesoccasions
qui s'en offriroient. Mr l'Archevesque
de Paris qui connoissoitlacapacité
& son merite
,
l'avoit attaché icypour
travailler avec luy dans les
! grandes affaires que Sa Majestéluyconfie,
ou que laconnoissance
que l'on a de sa julfbce
[qui luy attire de tous ceux
ont besoin deprotection
pour faire leur devoir, ou qui
languissent dans l'oppression.
Onaeunouvelle que Messire
Michel le Vayer ,
Chanoine
& Doyen de l'Eglise
du Mans,estoit mort le 21.
du mois passé. Il avoit esté
auparavant Archidiacre de la
mesmeEglises a près quoy il
fut Doyen de l'Eglise Royale
de S. Pierre de la Cou de la
mesme Ville, & enfin le Chapitre
de l'Eglise Cathedrale
l'éleut pour son Doyen en
1677. sur la démission de M1*
de Baumanoir, Evesque de
Rennes. Il avoitestéAumônier
de la feuë Reine Mere
deSaMajesté, OfficialdeMr
de Lavardin
,
Evesque du
Mans, & ensuite Grand- Vicaire
de Mrde la Vergne de
TressansonSuccesseur.Ilétoit
Fils de Messire René le Vayer,
Lieutenant General de la Senechaussée
duMaine, & Maire
de la Ville du Mans, qui
fut ensuite Intendant de la
Generalité d'Arras. Ce Magistrat,
à qui son merite avoit
acquisune estime generale,
eut cinq Fils
,
dont l'Aisné
qui succeda à la Charge de
Lieutenant General mourut
,4Ur' /n~t~n
jeune, &laissa un Filsunique,
qui cil Maistre des Requestes.
.1
Le second fut Mefïîrc Michel
le Vayer, Doyen de TEglife
du Mans, dont je vous apprens
la mort. Le troisiéme j
est Messire Jacques le Viycr>|
qui remplit presentement avec j
beaucoup de gloire la Charge1
de Lieutenant General. Le
quatrièmefut Messîre Rolandj
le Vayer de Boutigné, Maistre
des Requestes, & Inten-J
dantde laGcneralitédeSoif.
sons, qui quelque temps a-i
vailr que de mourir, se
retirai
en une de ses Terres, où il fit
connoistre visiblement que
c'estoit la Grace qui l'y avoit
attiré , pour achever par la
retraite ce qu'il n'avoit qu'ébauché
pendant qu'il estoit
dansles Emplois.Mr le Vayer,
Conseiller au Parlement de
Paris,est son Fils. Le dernier
de ceux de René le Vayer est
Messire Charles le Vayer,
GrandArchidiacre de l'Eglifc
du Mans, Docteur de Sorbonne,
qui par une vie exemplaire
fait voir qu'il n'a pas.
esté oublié danslepartage
des benedictions celestes que,,
Dieu répand sur cette Famili.
le. Mrle Vaycr, presentement
Lieutenant General,a quatre
Fils; sçavoir Mr le Vayer de
Vandoeuvre,Conseiller en la
Cour desAides. Mr le Vayer
de Brc ssac, Mrle Vayer de la
Saussaye, Docteur de Sorbonne,
& Chanoine en l'Eglise
du Mans, & Mt le Vaycr de
Rendoné, aussi Docteur de
Sorbonne. Ces trois derniers;
se font dediez au service dcsÉ
Autels par le Sacerdoce, Ôôt
rem plissent leurs devoirs avcol
une exactitude tres édifiante.
La narure avoit donné à feu
Mr leVayer,Doyen de l'Eglise
du lvians,tlne prestance qui ne
contribuoit pas peu à donner
du relief aux talens de sonesprit,
& à cette éloquence qui
cft comme naturelle à tous
ceux de sa Maison. Il avoit
souvent presché devant le
Roy , & la feue Reine sa Mere,
& avoit paru avec applaudissementen
plu sieursChaires
de Paris. Il faisoit de temps en
temps des Discours pleins d'édification
dans le Chapitre
dontilestoitleChef, & on l'a
veu plusieurs fois parler sur le
champ dans desoccasionsimpreveuës,
avec autant de facilinéique
s'il avoir eu beaucoup
de temps pour s'y pre- ]
parer. Son zele pour la DisciplineEcclesiastique
dont il
sçavoit parfaitement bien les
Loix ,
1- ne luy attiroit pas
moins de vénération que la
régularité de sa vie, qui cHoied
pour tout le monde une per..J
petuelleexhortation à la Ver-*
tu. Il estmorcaprés un mois
de maladie,&a eu pendant
ce temps un jugement fain &i
entier,dont ila fait tout le;
bon usage que doit faire un
VéritableChrciîien.
LesVers que vous allez lire
font
•I
fontd'unepersonne de vostre
sexe5 qui les a faits lors qu'elleestoitattaquée
d'une maladie
qu'ellesçavoit incurable,
& peut -
eftrc vous sembleroient-
ils marquer trop de
fermeté
,
si les deux derniers
ne faifoicnt connoistre, que
la tranquillité qu'elle monrre,
venoit dela confiance qu'elle
mvon: en la misericorde de
bDku.
-
-Lientolfla fumiere des Ckux
Ne parroiflra plus à mes yeuxl
- Buntoft quitte envers la Nature Je vais dans , une nuit Dbfèure
We-livyYpo-urjdînaisaftx douceurs
1- du jÕmmtit
je ne me verray plus par un irijte1
réveil
Exçofée à sentir les troubles de la x vie.
Mortels, qui commenceT^icy-bas votre t
Cours st ne vous porte point ttenvie
rPjlre fort ne vaut pas le dernier de i
mes jours.
riens,favarable Mort, viens bri-i
ferlesliens
Jgui malgrémoy mattachent à la viet
Frappe,fécondemon envie.
Nepoint foujfrir eflleplus grane,
des biells,
Dans ce long Avenirj'entre l'efpriik
tranquille.
fourquoy ce dernier pas ejl-ilsi re*
douté ?
DuMaijlre des Humains .1eternelU
bonté
Du malheureux Mortel ejk le plus-
- feura^Jle.
Mrle Marquis du Guasta
épousé depuis peuMademoiselle
de Chasteaupeuf
, riche
heritiere d'Avignon,Mr l'Evesque
de Cavaillon, Oncle
dece Marquis, fit le Mariage
dans ITgli-fc des Dames Religieuses
de S. Laurens, en prefcnce
de la plus part des personnesqualifiées
de laVille,
quiallerentensuitedînerchez
,
la - Mariée
?
où Mr l'Archevesque
Vicelegat se rronr
va. Mr le Marquis du Guast
cft d'une tres -
ancienne-&-
mille, qui se soûtient encore
noblementen Italie,oùelle
possede depuis deux cens ans
les Marquisats de Scrralonga,&
de Castellazo, & cft
France ceux de Montgaugié
&deLuffai au Maine. Ellea
donné un Grand Maistre à
l'Ordre de S. Jean de Jcniklem
Loüis du Guast, Fils de
Roftafa
, & de Loüisede Venasqueestoit
Chevalier decet
Ordre dés l'année 1314. Ilya
eudecette Maison deux premiers
Maistresd'Hosteldes
Rois de Sicile, René & Loiiis»
des grands Marcichaux deLogis
,
des grands Maistres des
Eaux & Foreils, des Capitaines
& Lieutenansaux Gardes,
des Gouverneurs de Places,
des Chevaliers de l'Ordre du
Roy, & cn Italie des Généraux
d'Armée ,&des Vivres.
Elle areccu encore beaucoup
d'éclat par les Alliances qui
y font entrées depuis qu'elle
habite au Comtat Venaissin,
& en France,où elle s'etf alliée
des Maisons d'AuffanG
ISeigneurs de Menerbe,deB^ noiiard
?
Seigneurs deVancluse,
de Venasque, Seigneurs
de Mandene
,
d'Estienne
,
Seigneurs de Lambese, de
Remond,de Roux Beauvezet,
deFourneur, deVassadis,de
Varradier S. Andeol, de
Chaouflet, de Lopis
,
de Fortier
,de Sade, de MontmorencyThuri,
de Bretagne-
Avaugour, de Nerestang
,
de
Verdun, de Cottelier, &c.
Elle porte d'Azur à cinq be-
1
zans d'or 2. 2. CI. On tient j
que cette Maison est encore 1
alliée avec la Maison de 1
Lorraine. par le Mariage de la î
feuë Princesse de Phalfbour
I
Soeur de feu Madame Duchesse:
d'Orléans.
,
Tante du
Roy,avec Dom Carlo Guasqui.
En vous envoyant le Journal
du Siege. de Monmelian,
le mois passé, je vous dis que
le Roy Henry IV. ne l'avoit
pû prendre, & vous avez crû,
parce que je ne m'expliquay
pas affcz clairement,que les
Troupes de ce Monatque en
avoient levé le Siege:, mais
les choses ne le passerent pas
ainsi. Il cft vray que ce Monarque
voyant les difficultcz
qu'il yavoir a dresser desBatteriescontre
une roche, panchoit
à se retirer de devant la
Place, quand l'Esdiguieres,
qui connoissoit mieux que
tout autre l'estar & le pouvoir
deceux qui la défendoient,
se soumit à payer les frais de
l'Armée, si dans un moisil
ne se rendoitmaistre de Monmelian
par force ou par compoficion.
Ainsi le Roy luy
laissa laconduite deceSiège,
pendant qu'il passa vers le
Genevois & Foussigny
,
&
qu'en se faisant montrer les
passages des Montagnes par
où le Duc de Savoyepouvoit
/3 "JI/lAentrer
decosté-là, il donna
ordre à toutes les avenuës.
La Place fut remise lci<rNovembre
de l'année 1600. entre
les mains du Marquis deCrequi,
Gendre de l'Efdiguieres.'
à qui on en avoir destiné le
Gouvernement. Si elle estoit
alors très-importantes
elle est devenue bien plus
considerable par les travaux
qu'on y a faits en divers
temps. Depuis le détail que
je vous ay envoyé de sa
prise
,
j'ay lû pluficurs Relations
du Siège, qui m'ont
k
fait voir qu'il a cité tresbeau
& très-vigoureux, &
que non seulement Monmelian
peutestremisaunombre
des plus fortes Places
mais qu'il pouvoit mesme
passer pour une Place imprenable.
Cependant malgré la
difficulté duterrain. on y a
pouffé les travaux de tous
costez jusques à la portée du
Pistolet» & nos Bombes
qui ont toujours desolé les
Assiegez,ontsouvent - enlevé
des gens dans la Place, &
entre autres un Gentilhomme
d'Annecy, & un de Chambery
, nommé Mde Villeneuve.
Quoy que les Assiegez
ayent paru quelquefois tranquilles,
&ayent fait peu de
I feu, ils en ont fait assez en
d'autres temps pour étonner
les plus intrépides, & quand
ils employoient les barils de
poudre, les pots â feu & les
Carcasses, cestoit en si grand
nombre, qu'on en a souvent
vû les chemins éclairez à une
lieuë à la ronde. La prise d'une
Place si bien défendue, &
l qui d'ailleurs se défendoit
d'elle-mesme par sa situation
&lesavantages que la nature
luy a donnez, doit couvrir
d'une gloire immortelle ceux
qui sont venus à bout des
l'emporter. Aussi en ont ilSG
merité beaucou p, & la descente
du fosse est une des;
plus vigoureuses a dtiors qui:
ayent jamais étéfaites Les nostres
s'en emparerent en pleinr
jour, & pousserent la galeries
qui conduisit le Mineur auf.
Bastion. Les Grenadiers &:
les Fufeliers estoient retran— chez sur le bout du glacis
pour favoriser cette dcfccnrc.
Les Ennemis demeurerent fil
surpris de la vigueur & de l'in--
trepidité avec laquelle on les;
dh
attaqua, qu'ils connurent bien
que leur perte estoit prochaine,
& quand .la Bombe qui
~enous fut favorable ne seroit
pas tombée, ils n'auroicnr
lp'luucsonserver la Place encore
es de trois jours. Lors que
Ennemis creurent devoir
capituler,le Major ayant pa«.
ru, parla en ces propres termes
à M deGcnlis,Brigadier,,
de jour." Jeviens de la part de
\M! leMaquis de Bignffc,
poursçavoir, Monsieur,siaprès
savoir défendusi vaillamment la
\pUce
, & combatu si long-temps
vour son Prince
?
il n'y a pas
k,
0
moyen d'avoir capitulation. Oni
entra ensuite en pourparlers
& après plusieurs contestations,
onconvintde lacapi—
tulation suivante.
: CAPITULATION
Faite entre Mr de Çatiûac,t
Lieutenant Gênerait commandant
en chcflesArmecM
de Sa Majesté en Italie: Eu
Mr le Marquis de Bagnasc,
Gouverneur de S. A R-aiu
IFort de Monmelian. L a esté convenu que Mr In
Marquis de Bavnafc livrer
aemain22. Decembrt" aux Troll-..:
fesduRojfi à.huit heures dm
mAtin, la Porte du Fortde Montmeillan
,
de maniéré qu'il n'en
rejle aucune entr'elles e celles
de S. A. R.lesquelles ne devront
estre Jeparéesque par des Sentinelles.
La Gamifonsortira aprèsdemain
zj. par la Brèche, Tambour
battttnt, Mèche Allumée,
!Balle en bouche
J
rU Drapeaux
déployé
Ladite Garnijon fera conduite
jusquesaVeillane avec uneJeure
efcorie
)
(£jr par le chemin leplus
court de la Maurienne.
A caufc de la difficultédu transport
de trois pieces de Canon qui
ent été accordéesaMldeBagnaJc,
il a été convenu qu'il en feroit
remis à Turin trois pieceschoijÙs
a Pignerol, de ce!1rs qui y font
aux Armes de <S. A. R.
Il a esle convenu que l'Etape
fera fournie aux Troupes de la
Garntfon de Montmeillan jusques
à Veillane
3
ainsi quelle tfl
fournie aux Troupes de Sa Ma.
jejléi & qu'elles ne feront point
au dessus de cinq lieuës.
Il a esté convenu qUi les Prisonniers
feront rendus de part (çy
d'autre.
Lors que la porte aura eftp livréekmun
aux troupes du Roy,
comme il Ca dit cy dejfusjes clefs
des Magasins des munitions de:
guerre & de bouche feront remises
aux Officiers des troupes du
J^oy qui auront ejlènomme%.
pIbllaeesjié convenu que les meu- effets, tant des Officiers
delà qarniJônJ que Soldats f0
tautres gens) qui auront rfnic mi-s
fadans lefdiîs Magaftasparprécaution
contre la Bombe, feront lemis
si ceux à qui ils appartiennent.
Ila (fié convenu qne M1 le
iarqms de Bagnafc
, tou' les
autres Ossi itrs ,
Sergent f0Solmats
mets tpourront sortir IcU; leurs j
tant dentées commuflibles,
qu'autresmeubhs, Cf les f)ne
Véinfiwrter
en te ls lieuxeu*Ion
If, rJf) J r t t; r r n tes ¡ i e t:x c; t4 0 n
leur sèmblera) en toute fureté.
ILefi convenu qui! ferafour^
ni des chariots autresvoiturer
à Mf de Bagnajcypourtranfpor»*
terses meubles en Piémont,
Gqu'auxaarutrnes iOfsficioers nde .W
Il a eslé convenu qu'il feroiiï
jôfJrni) aux dépens de sa Aî<t»{
jefié3 des chevaux de felle pou*
Ad deJBagnafc
>
çjïd1*les OjjiïI
ciers> Volontaires eprincipaux
Domefiques.
Il a t'fié convenu que Mr a\
Catinat employcroit ses officlI)
auprJr de sa Majefle, pour qm)
les OfficiersSavoyards de ladit
Garnison quiferétireront en Piemont,
ne feront nullement inquietezpour
leurs tiens> au contraire
jeront rétablis dans ceux
qui leur auront tfié confifque% â
cauft de la guerre.
Il a tfié convenu que l'on ne
débaucheroit point les Soldats de
lagarnison.
Il a esîé convenu que s'il y a
quelque OfficIer) Sergens ou Soldats
qui par causedeblcffures
ou maladie ne puijjtntpasfuivre
le gros de la Garnison,ils feront
oreceusdanjCIJambery pour cjlre
f°%neK & traite% felon leur
qualité
j, & de la mrfme madnieèsreesqTueroluepReso,&
jqenuu'isle làelu'érgfearrad
de [es T!c:spes) & qu'zlJeurfera
délivré des PjjJcportsen bonne
l poi@is en forme
)
lors que leurfanté le leur permettra.
Il a esté convenu que Af de
Bagnafc pourra faire emporter
les Ornemtns de la Chapelle du
Château,Vafies sacreZ, e autresappartenans
à ladite Chapelle.
Il a esté convenu que les Soldats
,
de auelque Nation qu'ils
puissent efire
, ne feront repris ni
rech erc [Jez.
ghe les Bourg"ois r? autres
retire ¿{.:ru le Ch;A-:au, e:i
pourront sortir en toute Jeurete
avec leurs armes & etftts) Cm
les pourrontemporter où bon leur
fimblera, & ne feront nullement
recherchez pour avoir porté les
armer pendant le Siege ; qu'an
contraire) Sa Majesté aura la
bontéde leur accorder lesTrivileges
dont ils jcuijjoient auparavant..
Quonlelueir~hr iljiijweêrcara lleess CC."'oO--'
jchcs de leur Eg'ije,l/orioge
t r! t~ ,
I.Orneme.ns eVafcsfaccycK qu'ils
onl retirez au Chameau.
ghf les 1\R. crP. litigieux
IdmeontSer. Dominique fermant ifAu.. s
a laditeGarnijon
> pourront
emporter les Ornemens de
leur Eglfs, Vases feacrez) meubles
& rpapiers de leur Couventy
de mesme que leurs CID.
ches qu'ils avoient retirées audit
Chasteau.
Il a esté convenu que les bagàges
de Mr le gouverneurt des 1
Officiers
,
Volontaires> Sergeni 1
st) Soldats,neferont point vifi~
tt«., non plus que ceux des Bourgeois.
Ilfera délivréde part &d'au--
tre des Orages de qualité égale.
Fait double au Camp devantx
Montmeillan le 11. Décembrej
!Ó,r.
Comme la Place ne manquoit
de rien, il est confiant
qu'elle n'a esté emportée que
paj la feule valeur des François,
à qui rien n'est impossible.
Après vous avoir fait parc
de tout ce qui regarde le Siege
de Monmeltan, ie croy
vous devoir apprendre l'Histoire
des mouvemens qui se
font faits pour secourir cette
Place. Elle est fort curieuse,
& assezparticu lière. Monsieur
deSavoye ayant appris àTurin
que Monmclian étaitaffirgét
crut par des raisons politiques
devoir feindre de l'ignorer, &
se rendit à Milan, où il estoit
attendu, & a prés son arrivée
le Marquis deLeganezlepria
à un grand Souper,& à un Bal
avec Mr l'Electeur de Baviere.
Ils s'y rendirent, &lors qu'aprés
le Soupe on eut commencé
le Bal, il arriva, lin
Courier avec des nouvelles
qui portoienr que Monmellian
estoitassiegé dans lesformes,
& que selton tous les
préparatifs que l'on avoit faits,
il y avoit apparence, que ce
Siege seroit pou Se vigoureusement.
Ce Courier yant rapporte
rapporté ces nouvelles-la tout
haut.dans l'Affembte'cMonsieur
le Duc deSavoyeprit
delà occasion de parler fortement
à Mr (jeLeganez.pour
avoir des Troupes Espagnoles,
&tâcha d'engager Mr
deCaraffa d'en donner d'Allemandes,
afinde pouvoir lecourir
la Place. ils répondirent
l'un & l'autre
, que leurs
- Troupes estoient fatiguées,0*
que- par letemps qu'il faisoit3il
tny- avoit pas d'apparencr de les
ifaire. marcher après une longue
'Campar;ae ; quelles estoient dans
Quartiersquectfiait
perdre tout que de les exposera
nant le printemts.Mr de Savoy.
partie de Milan le lendemain-
& dit fort en colere,quequoyn
qu'on refusast de le secourir
»
n'empécheroit cela*
pas qu'il ne fist c~
qWil pourroit, & qu'il allait:
faire marcher pr Troupes
, U
comme sondépit le posse-î
doit encore, lors qu il arriva
à Turin,il dit qu'ilvouloit ques
tous les Aïïemansfortijfenu w~
me des Hopitaux où ils estoiens
retenus par des maladies ou pa
des blessures, ce qui n'a pas est
exécuté. Qioy que M' de S.I
voyeeust demandé des Alice
sans,il n'avait point neanoinsparlé
àCarassa. Ce
crnier se plaignoit beauoup
de cette Altesse
3
allepuant
qu'il en avoit elle malfaite
pendant toute la Camgne.
C'est ce qui cft cause
u)tls ne fc font point vus à
Milan, & que le Gouverneur
cetteVille-làs'est mesl. de
autes les affaires pour lesellesils
auroient clic obli. z de le parler. Le sejour de,
infieur de S,vjc>ye àMLI<tn>
seurCnltrH detrois jours,
ant arrive à Turin, il en fit tir le Marquis de Parelle
pour la Valdofte, & demanda
sept cens mille livres aut
General de ses Finances, qui!
l'afrura qu'elles ettoient épuifées)
& qu'il ne pouvoit luy
rien donnerà quoy Monsieun
le Duc de^Savoye répondis
qU'li en devoit prendre dans les
ieux
où il pourroit en trouver
, Cet ordre ayant esté trouvés
bizarre & difficille à executerJ
n'eue aucune suite. Ce
pendant Monsieur le Ducde
Savoye avoir un extrême bc3
oin d'argent,& le Regiment
leJ.-ilicn qui estoit venu :;
Turin pour se rendre au lieu:
où les Troupes dévoient s'âfsembler:
pour le secours de
Montmelian-) étant roue nud,
nepouvoit se mettre en marcheavantqu'onl'eust
habillé.
On fit partir duBlcd deTurin
& de Verceil .enu d'Alexandrie
pour l'A rmée, &Mr de
Schomberg pretendoit tenter
l'impossible par la Valdoste.
Monsieur de Savoyc avoit
fait amas de Pionniers, & s'étoit
proposé de gagner ujnc
Montagne qu'on voit de
Montmellian,& de faire des
Signaux pourmarque de se,
cours; mais après beaucoup
de loins, de deppnfes»gM
fatigues inutiles
,
et Duc 11
eu non seulement le chagrin
de voir prendre léiPlact" qu'il
pretendoit secourir emaiscrx
core celuy de
-
voir peu d.
temps aprèsbrûler le Pontde
Poncalier prés de Turin.
Monsieur.deSayoye doit
attendre peudesecours des
Allemans, & l'on commer
ce à connoiftrc que les prétentions
de l'Empereur sui
l'Italie sec réveillent.Lesplus
fcnfcz y font reflexion,<91
1on dit mesme que le - quis de Leganeza rcccu
dre du Confcil d'Espagne
d'empêcher , que les Allcmans
ne puissent s'emparer
d'aucune Place du Milanois,
& l'on envoyé des Espagnols
nature ls pour mettre dans les
Places,& pouréviter I'çsser
d'un Conseil au nom de l'Empereur
que le General Carasta
a paru vouloir établir à
-
Milan.
Je vous envoye quelques
Ouvrages qui ont été faits sur
cette derniere Conqueste de
Sa Majesté. Les trois premiers
que vous allez lire font de
Mr de Vin.
SUR LA PRISE
de Monmelian. HE'bïe/îjpolititjucrFrançois,
De vos precochon5 quilie (fll" certitude?
^uand tiendradite ferihude
Dont nous nunaço'tatcr^jois
Vojlre timide tnquuîndc
, Et jommes-nous ffifor tousréduits
aux abboÍJ,
Comme vous le dijÙz quand' Bourbon*
& Turen>:e
Tombèrentfous lescoups de la Parque
inhumaine ?
Si pour noflrc malheur on vous en
avoit cru , ( pcrdttl
La France alloitperirJ & tordteait
Feu Monfieut le Prince.
Telle qu'un Va'Jfeau sans Pilote, -
Jïue Neptune en couroux de tous
crjÙZba/ott,
Elle vousparuiffoit pour Urs engnnd
aan ~ft, r ,
aangtr,
EtcetteLigue menaçante.
J^u'enfanta de Naffau l'ambition
bruflinte*
Ne vousJ.1 faifit voir que preste h
fuiMLrger.
De ces deux grands Guerriers la trop
funeste perte
Vous la representoit ouverte
Auxflots impétueux de tousses En,
nemis
, Jggiiconfus&tremblans de crainte,
Toujours battus pAr eux, en fuite
tonjoursmist.
Ne s'exposoient que parcontrainte
Aux coups, clair à pâsseg.'!eri.f,
ils avoitnt t.i t Ùl'foissenty la rude atteinte.i~y rtide
T>.vusnavonsplus de Gtncraux
J^AV vn'j/cntfoutcnirde ta chdji pubinjue
Lepû'ds tropaccablant>•c\(l ce qu'à
tohs propos (raniqu<',
Débitait en tous lieux vofire terreur
Vous gew/JJu& pour lors de ne les
avoir. pins
,
Et quand on vous diseitquefaiusir
leur modelle,
D'autresfuivroient de prés leur valeur&
leur '{fIt,
Vous traitiez, ce difeours de chanson
& d'abul.
Je ne fais point de paraielle;
Je regrette , je pleure sncor ces deux
Hcros.
Jesçay
ce qu'ils valoient, e que pdr
leurs travaux
Tous deusfesontcouverts d'unegoire
immorte/If.
Ouy> nous ne pouvons trop louer
Ce qu'ils ont faiten faveurdt la
Frnnu, -
Etl'on ne craint pointd'avouer se nous devons beaucoup à leur
rare prudence.
Vun efloit noftrc Achille, ér l'autre
noflre Htstors
Cependant l'un&l'autre ejlmort,.
Etle mejmebonheur toujours nous
accompagne.
Luxembourgaux champs de Fleuris
Triomphe d'un seul coup des Princes
d'Allemagne,
De £Angleterre ,& deïEfptgne.1
Tourville ji£ses pu,,quandDuquef,
ne n'efl plus, une audace quencortoutl'Univers
admire,
Brule & batsur lamer lesJuperùes perteç Anglais
Unis avec les I-Iollandois
JOui jcuisjttdis entre eux s'en disputoiehtfFmp
re.
Louis mefmc, Louis que leurfateufe
ernur
LLeeuurrpp,,iîiggtitàooiîitccooin;m,mee un RRoo~yy (c.leflr- eÎo rmaisîKCap.
ibU
,
De rompre du repos le charme trop
aimable,
Et a'avoirpour la guerre encor la
m cjrfJt ardeur,
Louis, dis je , en un temps on Mars
avec Bellone
jffisprès d'un bon feu laijfcbreù'illet
ses traitst
Louis le Grand que rien netonne>
Erplus vi,ait Etplusvigoureu.x.,q(ue,j.amais,
jiux rigueurs de byvtrj'expose,s'abandonne
mMaarrccth'.1e1, Ccourta ,Li gloire, & prend ,court~tIt~-loire,r
Hons en personne.
Dfj:lblJséede cette erreur
N4ffiupourL'tmpefèher accourant
présd. Haiey
Vmoiteesnmluy ele vwa.l-efmur: bhomme, 6e la
Jgjiiluyfut toujours st fatale ,
Et ce prodigieuxfucccs
A(a hO.'7tr' luy fit connoiflre
J^U'i Heros ne vieillitjamaist
Et qu'enapprocher de plus prés,
C'estoitjouer sans doute àse dê-nner
un Maiffrt.
A peine ce r/Juvrau Tyran
Foit-Ili Mons de Louis implorer la
cl- mo]ceJ
gue -V iccy fcYc encor, maitjusqu'a
l'infoUnce
D'avoir , veu sans périlUs armes ri'g»
Suitaa Etsa"levan,t fis murs échouer la
pu'.!!",ce
: Vu formidable Soliman;
Niceidis-jeyd'uncoup de Bombes
Lancé Par Catinat,s'humilie &fuccombe.
Bien plus, qui l'eutf pensé! l'or..
gueilleux Monmeillan,
Jj)uisembloitsur son roc ne craindre
que U foudre,
Vientfous ce mfmebrasdevoird'un
oeil dolent,
lT'oommob'eerr tout sfoinn oorrgueil e- les remparts
en poudre j Etquand encor? le croÙ'oit.on ?
Tandisque Allemand préférait à la
gloire
Vn chaud quartier d'hyver, & le
plaïfr de boire,
Etlors que le froid Aquilon
Fait sentir sur nojlre htmifphere
Sa plus impetueuse & finglante colere.
Ces fuxqu'onfaitpar tout disent
qu'il ejljonmis;
te bruit de nos Camns en porte Ils
nouvelle
Jusquechez,nosfersEnnemis,
El leur apprendpar là cette gloire im.
mortelle
£)ue le dtjlin promet a l'Empire des
Lis-
Apres cila, François, reprendrezvota
courage?
J^uoydonc, en faut-il davantage
Pour de voftrs frayeurguérirtousvos
tlpfÙs ?
Hé bien, un pçrl de patience5
Montmeillan/M*ns & Nicepris
Sujjifcnt pour le faire, &peuvent
par dvance
Vous répondre que nos Guerriers
Toujours heureux toujours pleins
d'ardeur pour Li France , Iront,&p/'Útújl qu'oqae pensè,
Lu) cueillir de nouveauxLauriers*
Souffrez, que Luxembourg £r Catinat
rejpircïït.
L'HTJ & l'autreabeflin degoujlcrun
repos onnercfufepas aux plusgrands
des Héros.
IlsJuivent d^jjlz,prés les modelies
qu'ils prirent,
Et tous deux à leur gloire ils font vovirqouiUrsafpinntn:t:
Leloifirde (edéi>tjfer.
Maisdonnez,Uur,sanslespnJJeY,
Vùjrerigueurtropi;>humaine
Veut-elle qu'épuisez, par les 'Veilles
d'un Camp,
Ils aillent, & sans fruit) &sans
reprendrehaleine,
Verferjufefu'à leur d(r,/i.rfuig;
Quo),mefmt les fieras que nous
c'ratentUsF^b'>s
jE/?~-'A do.,c infuigables ?
^uoy,l'intrepide Fils du brave Anu
phitrion
S'occupoit-il toujours à vaincre fIn
Geryon ? ( fatale.
Cette fatigue au mondeeufl esté trop
On le vit quelquefois entre les bras
d'Omphale
Jouir d'un utile repes ;
ta Quenouille à la main il Ji/Dit
avec elle, ( vaux
Et l'on sçait desesgrands tra-
JOuallant Jedélajjerauprès decctte
Belle 1
Il n'ensortoit que plus herot.
Je megarderay bien dedire
Jgued'Hercule en cela tendres ,:mitatturs
ils lais'fentquelquefois fouprtr leurs
grands coeurs;
Mais ils peuventavoir chacun kitr
D'jimre,
:Et craintey en gzujlerlesch-ir*
mantes dotteeurs.
je vous promets four eux qu'à leut
gloirejidelles)
ils iront après d'un grand pas
Chercher ces Ennemis qui fuyent Ici
combats,
Etqua* retour deshirondelles:
Tel qui s'm croitsauver
,
& quin'»
penfi pas,
Sentîta dé nouveau ce que pefentleum
brds.
AU TRE. D1NS larudefaison ou la Biz :
en fureur
Fd:¡ featir tn tous lieux sa plu.\
grande rigueur,
A dompterUontmeillan la bravoure
Françoise
(Occupe toute son ardeur.
&Allemande
>
& la BAv.troifi
S'exerce
, au lieu de lesauver,
A prendre des quartiers ahyver
Sur Jes Amis à force ouverte,
Et sans tenter du moins d'en retarder
la perte,
A neifngerenfn qu'àse bien conserver
Sa violente & mal-honneffe,
Mais chaude,& vintufi conquefie.
Tousfesvasles projetsfont urmine'{;
par là.
Vous en avez» voulu sçavoir la difsérence.
né bien
,
volontiers, la voila.'
Cependantpour leprixdemonobeifftneey
- A laquelle des deux,Climene,après
cela
Donnerez-voids lapréférence ?
Ah) c'est, me djrtt'Volu à celle de
la France.
D'accord; je ruois quesi valeur
Dans tout ce qu'elle fait ne cherche
que lagloire;
Mais l'Allemande d'autre humeter
Fuit les coups, 01 riaimç.quà
hoire.
AUTRE.
SZJbjuguerNices& Mons au ré*
-
tour du Zephir-i
Et quand la Bize trop cruelk
Au coin dufeu nous fait tenir,
Dompter Monmeiiaw, voila ce eut
,S,ppelle
-
Bien commuter,& bienfinir,*
Voicy encore trois Madrigaux
sur cette mesme matiere.
Le premier cft de Mr dc Lor
me, Avocat au Parlement de
Grenoble.
SUR LA PRISE
de Montmeillan
)
& sur les
vains efforts de laLigue.
MADRIGAL. c
E Fort ri renomme
}
q/J0.11
- croyoit imprenable
, rient cnjïn d<: ader à nos braves
François.
A leur rare valeur rienrïeftinsurmontable
Sous LOZJIS le p'usgrand des
Rois.
Tout prouve déformais la puissante
sidis.ir.iblc
De ce Monar/jue incomparable.
AUemans
>
Ejpagnols,Ffinces dtê
Norti Anglois,
Holandois, Savoyards
5
Liéteois)
£td'autresAlliiz,unetroupeinnombrable
Semblent n'avoir formé leur Ligué
épouventable,
Jguepour vetiir en Corps flfiûmettre
àses Lois.
SUR LA PRISE
de Monmelian. Q
Uellcgloire à Louis le Grand !
Farle Sirgt d.J.e 1 Mons il ouvrit te
campagne , Etfoudroyacettejître Montagne.
Ilhfinit encoren Conquérant•>
Il prend un autre Mont;imprena^'aimportant,
in vain le Savoyard avecan air d'audact3
De finflmeux rocher veut defendre
la Place,
Il la renforce en vain des frimats
qu'il attend.
Les Armes de Louis surmontent tous
obflacles
, SesConquêtes fontdes Miracles
L'ilyverilprend Montmelian.
SUR LA PRISE
de Montmclian, quia terminé
la Campagne de lépi.
ouverte par J. prise de
Mons.
MADRIGAL. cOmmtnt les deux I-le-rosd'ave
Lignesiifere>.
LegrandNafflia^legranà Bavicu,
- Ces Princes favoris de Mars,
Ont-*îoufert qu'on prifl en leur
prejence
Leurs deux plus fermesBouleviîrs9
Sans vouloir JeuLment en tester U
defense ?
Les Francots, dit t'anfroidement,
Sont trop toflen campagne, tJl-On press
à les battre ?
Et l,iutre ajoute bruftjucment,
Ilsyfont trop longgtteemmpps -s ; 0;1 efl la4 ; on ejl la*
de combattre.
Comme je fais graver les
Médailles de l'Histoire du
Roj, non pas suivant qu'e l les
ontesté frapées, mais selon
qu'elles tombent entre mtsj cmalDs,
mains, celle que je vous en- -
voye presentement devroie
avoir estéune des premières,
puis qu'elle marque le temps
où Sa Majestéacommencé à
regner par Elle mesme. On
voie dans le revers ce Monarque
armé à la Romaine, &
couronné de laurier, tenant
en samain unGouvernail.
LeCube representersa fermeté
dans toutes ses actions,& le
Gouvernail,le maniement des
affaires de son Roy aume,dont
il prend laconduite,
MrVloeusMavaezcqicueuislda meorr cta
.C
Colonel du Regiment de la
Saare, & Gendre deMr de
Brizac Major des Gardes. Sa
bravoure luy avoir acquis
beaucoup d'estime
-,
&l'on
n'en sçauroit douter,puis qu'il
est mort en faisant son devoit.
avec une intrépidité surprenaute.
-
Son R. giment estant :
demeuré vacant, le Roy l'a
donné à Mr le Chevalier de4
V^udifiy» Capitaine de Grc*i
nadiers dans Tournon. Il cfll
de l'illustreMaison deVaiJl
drey enFranche-Comté, alli
àtour ce qu'il y en a de njea
considerable, dans"Cc
vince. Il avoit esté autrefois
destiné à l'Eglise
,
& il avoit
mesme pris l'habit de Religieux
de Saint Claude, que
l'on sçait qui ne se donne qu'à
des Perfonncs d'une naissance
trés-diitinguéc. Il fut depuis
!|Chanoine dans l'Eglise de Besançon &ayant enfinquité
1 ses Bénéfices pour entrer dans
le Service, Il s'etf extrêmef
ment fi^na'-é en Flandre, en
»
[ Irlande & Piémont. Mais rien
l n'aproche dece qu'ilsitàConi
loùil.entra luy dixléme.&
I oùilfutabitu sousrtrente-trois
l blesseures&, fait Prisonnier.
Le Roy témoigna estre fors
content de cette aébon;,
&en relevantla Perruque, il
eut la bonté de faire remarqucr
les coups qu'il avoir rcceus.
M leChevalier de Vaudev
<il Fils de Mr le Comte,
de Saint Remy, & Frere de
Mrle Comte de Vaudrey ,.
qui cH son aisné. Il a un Cadet
d'Eglise
)
& des Soeurs
dansdesColleges de Noblesse
en Franche-Comté. Ij
Ce que je viens de vous di
re de Coni,me donne
fjeri
de vous parier d'une richon*
de bravoure ciciiaoidilialic
qui s'etf faite au Siege àc cecte
Place,& qui est une des
plus vigourcufcs qu'on puisse
trouver dans les Histoires.
Mr d'Urfon jeune Gentilhomme
âgé devingtans,
Lieutenant dans le Régiment
de Bretagne
,
estant à ce Siege
,fut commandé pour conduire
lesTravailleurs de la
Sape du chemin couvert. Le
27. de Juin
, comme il ciUut
après,son Travail ,lesAffiegez
firent tout à coup ullC
I5Iotietilel>e(&ortielsqula'aypoanutsésje.roeunyt ,dnete
ceux qui dévoient le soûtenir,
ilse trouva seul &cn^
velopé d'un grand nombre
d'Ennemis. Il en tua trois, &
receut douze blesseures,sçavoir
deux coups de Bayonnette
dans la poitrine quatre
coups de Sabre sur le bras
droit, deux autres à la main
gauche
,
dont un luy a coupé
le tendon de l'Index
,
& le
rend estropié
)
& enfin quatre
autres sur la reste, dont il y
en a un qui luy a emporté
une grande piece
-
du Crane
avec les deux tables de la largeur
& rondeur de deux écus
blancs. C'est le plus furieux
coup qu'on ait encore veu.
On voit la Dure- mere denuée
d'os, & son mouvement à découvert,
ce qui se verra toûjours
,au rapport de Mrs du
Chesne & Beflj^re qui l'ont
visitédepuis son retour, &
qui ont certifié que ces mouvemens
ne peuvent estre remis
dans leur estat naturel
,
à
causedeladepartition del'Os
qui a cité emporté. C'est en
ces termes que leur Certificat
cft conceu. Cependant aprés
un coup si terrible qui le renlVecrfa
par terre, il eut encore courage de se relever
, bc.
ayant un peu repris ses esprits,
il alla passersonépée au travers
du corps d'un Officier.
Ennemy, où il la laissa. Cet
effort l'ayant étonné
,
le fit
retomber, mftis on luy donna
la vie
,
& il fut mené Prisonnier
dans la Ville. Il y demeura
trois mois &demy,&. il fut
enfinéchangé sur la fin d'Oaabre"
le Gouverneur dela
Placeluy ayant donnéd'amplesCertificats
de son action.
Mrde Catinat qui fit son éloge,
luy en a encore donné
d'autres,qui luy ont faitobtenirune
Pension du Roy avec
la continuation de sa paye de
Lieutenant,jusquà ce qu'il
soit en état d'exercer quelque
autre employ plus considerable.
Il eut l'honneur de saluer
Sa Majesté au commencement
de ce mois dans une
coë ffure bien bizarre, puisque
ne pouvant porter ny Perruque
nyChapeau, il aune Calotte
d'argent qui couvre sa
blessure ,&par dessusun bonnet
à la Dragonne fourré de
Martre par devant, qu'il n'ôte
jamais, non pas mesme dans
l'Eglise. Toute la Cour l'a re- gardé avec étonnement>& a
voum voir les pieces de son
Crane qu'il porte toûjours
surluy Ce jeune Gentilhomme
appartient aux Familles
lesplus distinguéesdeDijon
& d'Aucun. Ces exemples de !
valeur ont dcquoy étonner les
Ennemis, qui ne doivent pas
douter qu'il n'y ait dans les
Armées de Sa Majesté quantiré
de Braves, dont rien n'égalel'intrépidité.
Mr leChevalier deSainfens,
Capitaine -
Lieutenant dès.
Gendarmes de Bourgogne,
étant mort ces derniers jours,
le Roy a donné cette Charge
7'"tt1\.{':J-:
à Mr de Mezieres, d'un merite
distingué & reconnu ,
&
qui estoit Sous Lieutenant de
ce mesme Corps. Mr de la
Mcffclizrc, Premier Exempt
dans la Compagnie de Noai lles,&
Neveu deMrl'Abbé
de laVau, de l'Academie
Françoise, a cité faitSous-
Lieutenanten la Place deMr
de Mezicres.
Pour vous répondre sur ce
que vous demandez si les Lot*
terics font encore un des divertissemens
du Carnaval
,
comme elles firenc l'année
derniere;je vous diray qu'il y
(:JIJC'
::rú- iU1
ena peu,& que l'on ne parle
plus que ec celle de Mr de
Philidor l'aine
>
Ordinaire de
la Mufiquc duRoy,qui fut
ouverte à Versaillesle Carnaval
dernier, & qui fera tirée
la première semaine de Caresme,
chez Madame la Princesse
Douairière de Conty, ce
xjuine sçauroitmanquer, puis
qu'elle se trouverempJic:Jà.
très peu dechose présde sorte
que si ceux qui ontdessein
d'y mettre ne veulent pas être
surpris ,ils n'ont point de
temps à perdre. Cette Lotterie
est faite sur le modelledeceljê
deVenize, ouil n'y a qu'un
seul Lot. Il est d'une Maison
'quiueslé prisée par ordre du
Roy, & qui est estimée par
justicevingt 8t un mille ux
cens livres. Elle est loüée quatorze
cens livres, & comme
les Billetsne sootque d'un
écu,iln'y a per sonne qui ne
puisse esperer un si gros Lot
pour une si modique somme.
Ceux qui ont souvent éprouvé
la fortune favorable, ne
doivent pas manqutr une si
belleoccasion, qui leurapprendra
s'ils ont lieu de f
-
fUtter
qu'elle ne changera ~o~nL
On prend tant & si peu detl
billetsquel'on veut. Ilsfcdi-"
stribuent à Paris chez le sieur
Louvct Marchand Papetier
rue de l'Arbre tee à l'Enlpc-I
reur ,
& à Versailies chez
MrdePhilidor,ruedeBel-air
Je viens à l'Enigme dont
levéritable mot estoitl'Epée
Ceux qui l'ont trouvé sonc
Mrs le Comte de Quermeno;
le Vicomte Pcrdoulx de Beauregard:
F. Maroy:Loüis Bou-Î
chet,ancien Curé de Nogent
le Rùy: Bonnard de l'Hostel
duQuesnoy, Place Royale:]
yci-dcl, Doyen des Chanoinés
de Nostre-Dame de
Pontorson ; Turrault de la
Cossonniere
,
Chanoine du
Mans : Thomas, Maistre de
Pension du Fauxbourg S. Antoine
: Champagne le jeune,
Chanoine de Troyes:Dumesnil-
le-boisd'Abbeville : C.
Huruge d'Orléans: Cognard
Maistre de Musique; le Petit
Pa'fhc du Grand Turc de la
rue S. Honoré:le Bas le jeune,
& son aimable Soeur de
laruëS. Germain;le~Tnumvirat
de Bourg en Bresse; l'Amant
de sa Voisine de Carenran,
& le Berger Floride du
Septentrion:l'indifferent de
la , rue du Mail, & saparfaite
au Clavessin de la rue S. Pierre
: le Doyen de la rue des
Boules. Le Preux de Saint
Quentin : l'Amant sans fard
de Diepe: les nouveaux mariez,
de la rue Aubry
,
boucher
: l'Amant Limitrophiste
-
du Quay de
-
la Tournelle
Pionneau: L D M.de la rue 1
du Tcmplede Troyes:leChevalier
de B.iflî^nv> le bnvc 1
Biprirtc dvi Jardins delarue
des BourdoiMoivj l'Inconstant)(
y);l^«éluy deSGermam
en Lay c:îc P^irnf jnac de
lacharmante&impitoyable
Blonde de larue de la Sourdicre;
Mesdemoiselles Raver;
deLouche, & Rolland:l'aimable&
touchante Champion,
la spirituelle Rolland , àt la charmanteRaillard, toutes
trois de Vczoul en Fran.
che Comté:la belle de Taveaux
:la Mere du Joly-Trio:
la Blanche Mimie, &: son ai-
- mable Louloisde la rue Vivien
: l'aimable& mignonne
Boisot; l'aimablede Vernay,
& les deux aimables Soears<*
-
d'auprès du PalaisdeGranvelle
, toutes cinq de BcCançon;J
Cachas Chevalier,de la rue
~Tt-ossevache,& la grands
Brune de la rue ~Tircchape::
les trois blonds Bergeres du
Quay de la Tournée: lai.
belle Provinciale de l'Hostel
des Ursins : la belle & brillante
Desmarests , de la rue
des MauvaisGarçons TAmies
de la jeune Muse : la toute
charmante Honoréedansles
Cloistre : les deux Beautez des
ioisir du Quay des Augustins::
la mignonne Merc de la Barrierc
S. Honoré:les Muses dee
larue du Parc-Royal ; la belle
Minerve;la belle Solitaire du
Fauxbourg S.SeverdeRoüen àl'Anagrameest wray modelle
d'Ange, & son fidcllc amy de lamesmeVille;
L'Enigme nouvelle que je
vousenvoye )est d'un Cavalier
d'Angers,donc vous en
avez déjà veu d'autres.
ENIGME.
JEfers datts un filais, comme dtns
nn Hdmtau.
vu je fuis ftojïtabU3 ou je mets a14
Tombeéu. 1el Il- f M4 demeure n'ep que aécailles :
Et qudndj'aureiscaufélestrijîesfum
nnailles
D'un homme de la Cour, ¿. mesme
d'ungrand. Roy,
Onnementreprendpoint;deux Gardes
prés de moy
Sontfeu!s chargez, de ma deffince,
Si malgré leursfoins on m'pfence.
on peut me rétablir
,
sans de fort
grands efforts,
ptme mettre enétatde rcntrtr dans
le Corps.
On A hefiill de moy dans la Paix,
dans la Guerre.
Onme portesurMer, onmeportesur
Terre.
-quoyquef., neceffiirtonme donne 4
vil prix,
Mais pour sen hienfirvir
, il faut voira
Je vous envoyé un Airnonveau,
sur une plainte fort ordinaire
aux Amans qui font
privez du plaisir de voir ce
qu'ils aiment.
AIR NOUVEAU. Fl'Uye:(
,
Tlalfirs j>
pourgoujlervos appas
De ma jufle-douleurjefuis trop
orcupéep
Vous paroijfe^envahi où mon
Bergernef: pas.
D'un coup mortel son départ
ma frappee.
Fuyez) Plaisirs,fuyez ; pour
gouftervosappas>
Demajufie douleur je fuis trop
occupée*
Le Sr Coignard
.J
Libraire
du Roy,rue S. Jacques, à la
Bible d'or, commence à debiter
Jephté,Tragédie de M'
Bover
,
del'Académie Françoise.
Vous devez avoir çnT
rendu parler de cette Piece,
aprés le grand nombre delectures
qui en ont esté faites
depuis un an chez Mr l'Abbé
Testu
,
dans de grandes
Assemblées , que l'on a veu
toûjours composées d'une infinité
de gens d'esprit,& de
personnes d'un rang distingué
dela Cour & dela Ville.
Si la lecture ne luy donnoit
pas routes les graces que les
Ouvrages de cette nature ont
accoûtuméde recevoir sur le
Theatre, des differens Acteurs
qui les representent, elle avoit
en récompenselesornemens
d'une excellente Musique, de
lacomposition deMr Oudot.
Tous les Choeurs estoient
chantez, &lechants'accommodoit
si bien aux paroles,
qu'il estoitimpossible de ne
pas entier dans les l11ouve.
mens de crainte, de douleur,
ou de joyc qu'elles exprimoient,
selon ce qui sepassoit
successivement. Aussi
peut-on dire que cet Ouvrage
a receu une approbation generale,&
qu'il estun des plus
beaux que nous ait donnez
son illustreAuteur. La beauté
des Vers y soutient par
tout celle du sujet, &quoy
qu'il ait esté oblige d'en re..
trancher, comme il le marque
dans sa Preface, tout ce
qu'il y a de plus vif& de plus
humain dans les Tragedies
ordinaires, c'est à dire, les
emportemens de l'amour propre,
fane il l'a si bien diveriffiér.
; par tout ce que la tend ressedu
l sang peut trouver de plus propre
à interelTer& à émouvoir
î le coeur, que rien ne languit
t dans l'action. Ce quevousad-
„ mirerez dans cette excellente
Tragedie) ceII que le princi-
„
palIncident du sujet, qui est
-
le Sacrifice d'une Fille par les
ord res de son Pere ,ayant esté
déja vû sur le Theatre, il l'a
-
conduit avec tant d'adresse,
qu'il luy a donné une forme
L
qui le fait paroistre tout nous
;vOeaun. vient d'imprimer un
autre Livre,intitulé, Des mots
à la mode, e des nouvelles manieres
de parler. Ce font deux
Discours en forme de Dialogues,
dont la lecture donne
beaucoup de plaisir. On y
trouve des tableaux faits d'aprés
la nature, de diverses
manières d'agir, & des'exprimer
de plusieurs gens de la
Cour&de laVille,&s'ilsne
plaisent pas égalementàtoutes
furres de gens,cela ne sçau- -j
roit venir que de ce que quel-
9.
ques - uns se reconnoissent
dans ces peintures générales,
quoy que l'Auteur affure qu'ilsi
De lesa faites pour personneen
particulier. Cependant quoy
qu'ils s'y trouvent avec leurs
defauts favoris, & qu'ils paroissent
avoir quelque sujet
de se plaindre, lors quel'on
fait remarquer cequ'ilyade
ridicule dans les effets de leur
vanité
,
ils ne doivent pas en
vouloir du mal au Peintre,
qui sans les connoistre les a
representez tels qu'ils font.
J1. %, 1 Cu. à eux à reformer les Originaux,
& à régler leurs
discours& leurs actions d'une
manierequi ne lesexposeplus
-.
la raillerie ny à la censure.
Ce Livre qui se vend chez le
Sr Barbin au Palais, contient
aussiun Di scours enVers sur
les mesmesmatieres. Je ne
vous diray rien de son Auteur,
dont le merite est assez
connu par d'autres Ouvra
ges,
On trouve chez le Sr Quinet
,
aussi Libraire au Palais,
,
une Nouvelle galante, qu'il
debite depuis peu fous le titre
Des Agremens f0 Chagrins du
Mariage. Comme il y a dm
pour & du concre,l' Auteur y )
a fait entrer beaucoup de pein.]
turcs agreables, & peut- estre
y a -t-il peu de personnes
qui n'ayent interest à
prendre partysurcette matiere.
QJOY que cet Ouvrage
puisse passer simplément pour
un Jeu d'esprit, en en peut
tirer de grandesutilitez. La
conversation de Philogame &:
d' Antigame, dont l'un défend
, & l'autre blâme ceux
qui fc marient
,
inspire les
sentimens de défiance que l'on
doit avoir du coeur humain,
& fait connoistre qu'il est
dangereux de s'engager dans
le Mariage par la seule veuë
duplaisir permis. Dans l'Histoire
de Syngamis& d'Agamis
Sophronie apprend aux
honnestes Femmes les maniéres
dont elles se doivent servir
pour retirer leurs Maris du
libertinage, & Scortinc fait
voir en mesme temps, qu'il
ne faut jamais fè confier â une
Filleque l'on voit dans le desordre.
Lavie & la mort de
l'un & de l'autre
,
je veux dire
de Syngamis&d'Agamis,
nous fervent d'instruction,&
nous apprennentqu'autant
qu'un homme sage & bien
reglé vit heureux & meurt
content, autant un débauché
vit inquiet& meurt malheureux
MonsieurleDuc deChar-,
tresayantfaitvoir déssa plus
grandejeunesse qu'il seroitun
Prince accomply )&qu'ilde..;.
vroit à son heureux gcnieJ à
son bon naturels auSang.augufte
dont il est forty, ce qur
la plus part de ceux d'une si
haute naissance ne doivent
qu'à- de grands soins,& à un
grand nombre d'années, vous
ne devez pas vous étonner si
j'ay souvent eu des occasions
de vous faire son éloge. On
ne pourvoit rien desirer en
2f4FA
luy, quand mesme il seroit
dans un âge beaucoup plus
avancé Il possede toutes les-
Sciences qu'un Prince doit
ravoir. Il aime non seulement
le métier dela Guerre,
mais il a toutes les lumières
; & toute la valeur neceffaire
pour l'exercer. Il n'a
pas moins toute la galanterie
que peut inspirer son
âge; ses manicres sont honnettes,&:
sans descend re de
son rang, il fait voir une
affabilité qui luy gagne tous
les coeurs. Toutes ces choses
luy ayant acquis l'estime du
Roy,& Sa Majesté voulant
luy en donner des marques
en le mariant ,a déclaréque
ce Prince épouseroisle mois
>
prochain Mademoiselle de
Blois. Les avantages que le
Roy. leur fait font si considerables
, que toutes les
parties en font extremement
satisfaites. Sa Majesté
unit par ce Mariage le plus
illuilre, & le plus beau Sang
du monde. Il joint le mérite
au mérite
,
l'esprit à l'esprit &
allie lavertuà lavertu. Leurs
AitcfTcsRoyales Monsieur
Fr
& Madame ont ~icccu sur ce
p
Mariage les Cornplimens de
toute laMaison Royale, des
Princes, & Princesses, & de
tour ce que la Cour & la France
ont de distingué.
Monfcigncur le Dauphin
étant venu au Palais Royal
la semaine derniere, y futtraité
parMonteur avec la magnificence
qui est ordinaire à
ce Prince. Il alla l'a prés- dî.
née voir l'Opera d'Armide»
après quoy il y eut grand jeu
au Palais Royale le Jeu fut
suivi du Bal, où l'on reccut
toutes les personnes de distin-
6cion, & tous les Marques)
de forte que plusieurs appartemcns
s'en trouvèrent remplis
aussi bien que la grande
j[ Galerie. Il y eut grande Colation?
& le Bal dura ;susque
bien avant dans la nuit.
On a eu avis de Rome, que
dans un des derniers Confia
noires)rAIchcveCchéde
Sens
avoit esté preconisé pour M'
de la Hoguette, Evesque de
Poitiers;l'Evesché de Mar-
IciI!e> pour Mr l'Abbé de
Vintimille de Luc, celuy de
Nifmcs pour MrPAbbe Flechicr
de l'Academie FrançoU
fc,&celuy de SoiflTons pour
-'/:-;r- ';!it.
Ml'Abbéde Sillery.Onappelle
préconifcr lors que dans
le Consistoire de Rome, un
Cardinal fait la proposition
deccluy qu'un Roy,ou un
Souverain, a nommé à que lque
Prélature
, en vertu des
Lettres dont il est porteur,
pour la faire agréer au Pape,
qui donne ensuite sa collation.
On n'enpreconisejimais
plus de quatre à la fois dans
unConsistoirepour une Couronne.
Je vousmanday la dernière
fois que Madame dela Vauguion
estoit morte. Le bruit
lb'yu-
-1*11 '1
t(tJtú
~~h
qui s'en tlxoic répandu s'est
trouvé faux. Je suis,Madame,
voste, &c.
A Paris, ce 31.Janvier 1692,-l m-Oncontinue les Entretiens
en forme de Pasquiades,
dont le dixième fera débité le
ij de Février. Le bonaccueil
que fait le Public à cet Ouvrage
»
oblige l'Auteur d'en
donner la fuite.Quand il au.
ra achevé l'Histoire du Prince
d'Orange, quine contiendra
plus que trois Entretiens,
il passera à d'autres maticres,
qu'il renfermera louvent dans
un seul, & qu'il poufferaquelquefois
jusques à deux
,
mais
sans l'étendre jamais davantage,
afin de faussaireceux qui
aiment lesnouveautez.
TABLE. Aut*e.749 Etablissement auneAcadtmie de
Peinture & de Sculpture à Bordedllx,
7/3
Mr de Prouvenza efi nommé premier
MtdecindeMlle d'orleans, 161 Livresnouveaux.163
Mr Toureitcflnommépourremplir la
place qui vaquoit à l'Acadtmie
Françoise par la mOIt de Mr le
Clerc. 174
Articles de la Capitulationde Lim1 e-
YIc. 177 jrrournal du Voyage du Roy d'Angle.
terre en Bretagne, avec la réception
qui luy a eslé faiie par les
lieux ou il a pjfé. 210
Benefces donnezpar le Roy. 220
}.forls. 227
Vers faits par une Dame deux jours
avantsa mort. 241
TABLE.
MariagedeM.leMarquis dUGUll.243
NouvrU"sparticlÛarittZ touchant le
Siège de Montmelian , avec la Capitulation.
147
Détail de ce qui s'eji pasé touchant
le secours que le Duc de Savoye
vouloit donner àcette Place. 263
Divers Ouvragesfaitssur la prise de
Montmelian. 273
Régiment de Mr de Braque donnéà
Mrde Vaudrey. 237
Aftion extraordinaire.292
Charges données par le Roy. içi
Article des Enigmes. 302
Autres Livres nouveaux. 370
Le Roy déclaré le Mariage de M r le
Duc de Chartres avec Mademoiselle
de Blois. jjp
Bal donné au Palais Royal, 321
Nouvelles de Rome. 315
Avis. 52.5
La Medaille doit regarder la page
288.
L'Air doit regarder la pagejoo.
CATALOGVE DES LIVRES
nouveaux qui se débitent chez, le
Sieur Guerout, Galerie-neuve du
Palais. HIstoirede Jeande Bourbon Prin.
ce de Carency. y vol. in douze,
4livres10lois.
Onzième partie des affaires dutemps,
remplie de Figures, & contenant trois
Entretiens des Plaintes de l'Europe
contre le Prince d' Orange, & trois
autres du Prince d'Orange travaillant
à son Histoire. 2. livres.
Affaires du Temps, dix Volumes
indouze, 15.
Reflexions sur les défauts ordinai-.
res des hommes, & sur leurs bonnes
qualitez.
La Duchesse de Medo, Nouvelle
galante & historique, deux Volumes,
Explication en Vers des Tableaux
de laGalleriedeVersailles, 15.f.
La DécouvertedesMisteres du
Palais toù1il est traité des Parties en
général, des Intendans des grandes
Maisons, des Procureurs, Avocats,
Notaires, & Huissiers. vol. in douze,
1. liv. 10. f.
La Vie de la seise Reine d'Angleterre,
dans laquelle outre sesactions
particalieres de pieté, on trouve ce qui
s'eftpaflédéplus remarquable pendant
les Régnés des Rois Charles I. &
Charles 1I. Vol. in S. - 2. I. 19. f.
Nouvelle Chirurgie, Medicale &
raisonnée de Michel Ettmuler, avec
une Dissertation sur l'infusion des li- ,
queurs dans les Vaisseaux. 1. 1. 10. f.
Pratique de Medecine speciale du
- rneûneEttmuler, sur les Maladifs propres
des Hommes, des Femmes & des
Enfans.' Vol. in 8- - 3. L
)
HistoireMonastique d'I rlande..
Traité de l'Artillerie,expliquant
la différence
,
les proportions ,
les portées,
les affuts, & tout ce qui concerne
les Canons dont on se sert en
France, tant sur Terre que sur Mer,
avec plusieurs Planches, par Monsieur
Gautier de Nismes. I. 1. 10.f.
Lettres sur toutes forcer de sujets. 2.
vol. in douze. 3. liv. 10. f.
Lettres Familières & autres sur differentes
matieres, par le Sieur Meilleran
- Professeur des Langues Françoise,
Allemande & Angloise
,
seconde
Edition
,
corrigée & augmentée de
plusdecentLettres. I. 1.10f.
Histoiredu Monde. 5.vol. in12. 9.l.
Etat nouveau de la France. l. vol.
in douze. -, 3. liv.
Histoire de l'établissement de la
,
République de Hollande, ou sa r-evolte.
2. vol. in 12.4. liv.
f Chevalerieancienne& moderne,avec
la maniere de faire la preuve pour tous
les Ordres de Chevalerie 1. 1. 10. f.
Histoire de l'Afrique ancienne. &
moderne, enrichie de 80. si gures, 4.
volumes in douze. 8liv.
Histoire de Normandie. 2. v. 3. 1.
Eloges des Personnes Illustres de
l'ancien Testament, par M. 1Do.u1ja.t,
Réflexions sur l'Acide & sur
l'Alkali.
I. liv.10. f.
Essais de Morale & de Politique,
où il est traité des Devoirs de l'Homme
confideré comme particulier, &
comme vivant en Societé. 2. vol. 2. l.
Observations de M. Spon sur les
Fiévres & les Febrifuges. J. 1.
Antiquitezdu mesme M. Spon, Ouvrage
enrichy de plusieurs Figures.
7. 1.
OEVVRES DE tgfr
deFontent lle.
Dialogues des Morts. 2.. vol. indouze.
3.l.
Jugement de Pluton sur les Dialogues
des Morts. 1.l. 10, s.
Entretiens sur la pluralité des Mondes,
augmentez en plusieursendroits,
avec un sixiéme Soir qui n'a point encore
paru, contenant les dernieres
découvertes qui ont esté faites dans leCiel,
1. l. 10. f.«
Histoire des Oracles. 1. liv.10f.
Poësies Pastorales avec unTraité de
la Nature de l'Eglogue, & une Dir,
gression sur les Anciens & les Modernes.
1. li.10. f.
Lettres galantes de M. le Cheva-
Aliecr da'dHeerm. 2i.veol. 3.l. 2, vol., 3.liv.
La Duchesse d'Estramene. 2. Vol.
2. liv.
Les Dames Galantes. 3.I.
Caractères de l'Amour. 1. 1. 10. f.
Sentimens sur les Lettres & sur
l'Histoire
, avec des Scrupules sur le
Stile. LI. 10. f.
Le Mary Jaloux. 1. l.10. s.
L'Illustre Genois.1.l. 10. f.
L'Ariostemoderne. 4.v. 6.l.
Secrets concernant la beauté & la
santé.2. vol. in octavo. 6. l.
Dialogues Satyriques & Moraux.
1. vol. 3. 1.
VDisceoursrSastyr.iq1ues &.Mloraux.en Fables nouvelles. 1. l.
Epistres en Vers de M. Sabatier
de l'Academie Royale d'Arles. i-1.
Le Chevalier à la Mode. 1. 1. 10. s.
7G-9i. : b' 1 J.y-1:-, - V - /- •-t ;---Y.'
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