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Uu


~mr-br9uc1-111
rmALIANr
A PARIS.
AV PALOAIS.
ON donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier icur de chaque Mois, & on
le vendra Trente fols relié ci Veau
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,au Palais, dans la
Salle des Merci ers, àlajustice.
T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie.
Et MICHEL GUEROUT, Court-neave
du Palais, au Dauphin.
M. DC. LXXXIX,
AVEC PRIVILEGE DV Ror.
r--Il-L~c1-L- R-CI'~--j -R~eEl,
CALN4T
FEVRIER1689.
"tt~a*-
11 4E Roy ne fait rien
qui ne soit digne
d'estre admiré de
toute la terre. Vous avez vû
jusqu'où sa moderation a esté,
lors que pouvant ajoûterconqueste
à conqueste, il a rcnoncé
a des avantages qui
luy estoient leurs en continuant
la guerre, pour avoir
celuy derendre le calme à
toute l'Europe. La cond uite
de ses Ennemis l'a forcé de
reprendre les armes. Il n'a
qu'à paroistre à la teste de ses
Troupes pour fc couvrir d'une
nouvelle gloire &ilaime
mieux la faire tomber sur
Monseigneur le Dauphin,
qui animé de l'exemple de
cet invincible Monarque, ne
sçauroit manquer de triompher
fous ses ordres. Sa Majessé
les donne toujours avec
une telle prudence, que le
succésn'en est jamais incertain.
C'est ce qui a donné
lieu aux Vers que vous allez
lire. MrBlanchard qui en est
l'Auteur, en a receu beaucoup
de louanges.
AU ROY,
SUR LA CONQUESTE
de Philibourg.
MA1Wr-1 l'ardeur de ton Cott.
rdv?, Monarquetoujours grand, toujours
victorieux
a
Ioüijfant en repos de tes faits gtorieux)
Abandonneton Fils au beau feu de
fin âge.
Ta gloire déformais ne peut aller
plus loin.
Regle sans te mouvoir3 le defin de
la France,
Et s'ilfaut du Batavearrcjterl'insilence
) [ siin.
Ton intrépidé Filssecharge de ce
Voy ce jeune Hérostriompher de
l'audace
Des Ennemis liguez,,jaloux de fil
grandeur.
Anime fis deffiins)laiffi agirson
grand coeur7
Les Cesars n'ontrien fait que sa
valeur nefface.
condtlitpar ta sagesse ton-foudre
a la main
) Ce Héros fait trembler & Batave
& Germain,
3L Et tous fies mouvemens ont du faire
connoifire
-1 « tu"en luy les coups d'ejfiyfontdt
vraiscoups de Maîjlre.
K Apres fCJgrandsexploits queneferat-
il pas?
Jj)ue ne devons-nous pas attendre
De ton génie & deson bras ?
Tout va plier, tout va si rendre.
T Tes Ennemis vaincus >ïampansr
hllnJitiez
,
>\]?our confierver la paix que ta bonté
leur donne
3 \ZSigaeroni deUurfinales droits de
ta Couronne
^Et des Princes heur,eux d'cjlre tes
AllieZ;
tÆMais dans ces grandsJticcésjecrains
leur impuifance ;
ils vontsurprendre ta clementt,
Enlever à ton Fils la moijjo-n de
Lauriers
,)tii flatte sa valeur & tes braves
guerriers,
Par la Paix ,/culobstacleasagloire
naiJlànte.
Pour punir les dcjfins de leur ligue
tremblantey
Laisse agir ton jeune Herps.
Grand Roy
3
laisse éclatersesactions
sublimes ,
La longue paix & le repos
Sont l'Eciúil dangereux des Princes
magnanimes.
Mr Bosquillon
J
Auteur de
divers Ouvrages que vous
avez leus avec plaisir,& entre
autres de la traduction d'une
Oraison funebre latine de
feu Mr le Chancelier, dont
ajje me souviens que je vous
jeay envoyé de tres beaux Inor,
sceaux -'
est presentement de l'Academie de Soissons. Il y fut receu le premier jour de
Décembre de l'année derniere?
& le compliment qu'il
ftfit à ceux qui composent
0 cette Illustre Compagnie,
>1 receut de grands applaudissenmens.
Mr l'Abbé de Heri-
3 cour, qui se trouvoitalors
Directeur
)
luy répondit avec
d beaucoup d'éloquence &
b d'honnesteté. Le mesme jour
ce nouvel Académicien leut
à la Compagnie ce Madrigal
de sa composition ; il fut
extremement applaudy
,
&
l'on ne s'étonna point qu'il
eust esté favorablement receu
des Personnes Augustes pour
qui il a esté fait.
A MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN
Sur ses premieres Conquestes. pRince, que vos dejJinssint
beaux!
Le Monarque put(pintquifit tremblerU
terre
Remet en vos mainsson tonnerre.
Vous punirrtfis injustes Rivaux,
, Vous mArcheZ sur fis pas, vous
uoltZj à la Gloire,
Pous faites les doux foins de l'aimable
VICTOIRE,
'1 Vous fçavcz, foudroyer le Rdmpart
le plusfort.
Vous brtlvet les faisons , vous affrontez
la mort,
Ci Sur les coeurs des Soldats vous avet
tout empire,
Rien ne peut resister àvos genereux
coups.
rXLa France vous benit
,
VVnivers
vous admire,
Et LOVIS efi content de vous.
Il y a quelque-temps que des personnes d'esprit ayant
commencé une conversation
assez enjoüée
,
la firent tomber
insensiblement sur la
quantité de Monosillabes
qu'il y a dans nostre Langue.
On ajoûta, que quoy que le
nombre en foit fort grand
3 il y auroit peut estre de l'impossibilité
à faireun Discours
où il n'entrast que de ces
fortes de mots. Un homme
de la Compagnie sur plus
hardy que les autres, & entreprit
d'en venir à bout. Il
tint parole, tk apporta dés
le lendemain la Lettre dont
je vous envoye une copie.
Cette nouveauté a quelque
chose de rare, & merite bien
que vous en fassiez part à
vos Amies. Des Dames qui
se trouverent à cette lecture
soûtinrent , que cette maniere
d'écrire ne pouvoit estre employée
pour elles, à cause
des mots d'amour
,
depassîon
de tendresse
3
qui estoient des
(X pressions significatives) ausquelles
il feroit facheux de
renoncer. Le Champ est ouvert
, & ceux qui voudront
en faire rcifay sur des matieres
galantes, nous apprendront
si la chose cft aussi
difficile qu'on le prétend.
DISCOURS
Qui n'est composé que de
mots d'une feule sillabe..
1 E fus à SaintCloud, mon
Cher, lors que le Duc> que
tu sçais qui est le Fils du fils
d'un grand Roy, & qui n'a
quun peuplusde deux fois six
ans>fit un fort, dont il fit seul
le plan, tant il efivif,sçait
tout ce qui efl de ce belArt.,Ille
prit, parjeu3 en trois jours: &
il nous a fait voir par ce coup,
qu'il a plus de coeur qu'il nejl
grand, &que sion te ruoit L'n
jour dans un njray camp; sur L
bord de la Lys
J ou du Rhin, ou
du Po, ou
'Vers SaintJean de
Luou "vers le Sas de Gand,
HornJAth, ou Bins. Mars tout
Alarsqu'ilcft)n'a pas fait ce
que je dois que ce Ducpeut dans
dix ans; &si dans ce temps- là
ilne bat les Turcsipliîsque n'ont
fait les gens du Nort à Cjran;
C ceux de Saint Marc, far
mer> &aChm>je veux voir
à jeclesand où est mis le Peut
neuf.
Q~u,and le Fort fut priss it 01
njis dans le CaYJj[) 1 - i>^ (!¡u.d el:
bon d'If, à six rangs de cloux
d'or
> & dont le ferest tres-fin.
Je le pris, &je men fers quand
j? vaisfcul aux champs
y & il
fut bon pour rnoy quejel'eus ce
jour-là ; car je fus au bout du
Pont qui efi fort long
3
&pour
le grand chaud qu'il fit tout le *
jour
s
je memis tout nud dans le
bain>près d'un pré plus plein de
jong fec3 que de *vray foin. Je
nj fus pas long tempsx que je
fuis un loup tout gris» vers les
Murs du bois
3.
qui ne me fit
point de peur, quoy qui sisi
fort grosy&qu'il- ne fusïpas
Loin d: moy. Je fors du baindY'un
plein faut). je me veflsy cOltyS Àgrands pas, mon
dard à la mainy & mon cor
aucclj (jr je n'eus pas si-tort
dit d'un ton haut & clairJ Au
loup
3 au loup, gr joint ces mots
au son demoncory qu'ilse mit
dans les bleds: & dans la peur
qu'ileut> il ne vit pas un gros
tronc qui le fit choir. Quand je
le vis à bas) je le pris par le
poil3mesgands aux mains> de
feur de sesdens; & quoy qu'il
fustsorts &qu'zlElf tout ce qu'il.
*putj je le mis à mort en un
xlin d'oeil, d'un seul coup de-
WJon dard.
Quand il fut mort, je le fis
voir à tous ceux de Saint Cloud:
on y court de tous les bourgs
qui n'en font pas loin, & l'on
me met dans la main de bon
or> & qui efl de poids) & des
oeufs frais dans mon sac
3
&
l'on fait voir par là que j'ay
fait un orand gain
, & pour
euxy& pour moy.
Il ny a eu que les gens du
Roy qui ontfoin du bois & des
Cerfs.Y qui m'ont fait un tour
qui ness pas bon) car ils ontmis
un des leurs au guet dans un
coin, paurvoirsi ce que fay
pris efl un Loup> ou un Cerf,,
&ce fou qui ne voit pas trop
clairy car il ria qu'un ail.,croit
que c'est un 'Daim. Il me dit
donc d'un ton qui ne me plut
pas3 & tout en feu
y
^u'as-tu
là ?jecrois que c'ejlun'Daimy
rens-le
, ou tu es mort, car je
veux qu'il foit veu de tout ce
qu'il y a de gens qui ont de
bons jeux.
Jefaisvoir a tous ceux qui
Jont dans le bois, que ce qutl.
dit eflfaux, je le mets en ses
mainsyilleprend> il le voit5
& il rien efl pas pasmoinsfou
Pour- ce que je dis) C ce qu'il
k voit:car sur le champ il me
rompt six dens d'un grand coup
de poing: ce qu'il n'a pas fi*
toflfiaity que je mets mon dftrd
& mon cor à bas, je le prens
par les mains, & le bas tant
que je tords fies doigtsyfies bras
3 &fion col, & je fends sifiort
fion neZ J
qu'il en fiort plus de
fang que d'un boeufiquand on le
met À mort,&le mal qu'ilfients
fait qu'il , court à fion tour plus
i
fiort que le Loup,
Ilfait de grands criss'en i
plaint à tous ceux qu'il voit;;
mais on s'en rit" & l'on dit i
quil est le sieus qui a tort de ce r qu'ilm'afiait,0* de ce qu'il a pris
pris un Loup pour un Daim>
qui a un bois au front; &
qu'un Loup n'en a point, il dit
qu'il a euplus de cent coupssur
l'oell dont il voit clair, sur le
dosj sur les reins, brefsur tout
le corps? mais on fait le sourd
à tant de mots qui font voir ce
qu'il ejl3 @J si fay mal fait)
moy qui ne veux que la paix
pour tout.
Mdisquand il fvoit que nul
ne leplaint,ils'en va eluBour([,
CI
ou, ilr b¿o'it d,u vin bblanc, qu'on
dit qui cIld'un tres-bon goufl*
mais qui cil si fort, qu'il fait
du rn.LI si on le boit pur, &
sans qu'on ait pris un peu de
pain & de la chair, ou des noix,
£$7* il en boit tant qu'ilperd le
Jr;ens)qu1, l na pas tropb,on quand
il n'apas bu; & quand il cft
sifou qu'il n'enpeut plus>je le
mets sur un lit., ou il dort en
porc tout lejour, &quoiqu'il
Joit plus gueux quunrat> on
dit quil en boit tous les jours
plus de trois pots tout pleins, &
qu'il dort au prix, & c' efî ce
qui fût qu'il efk (g,.tlS a lard\
Ü, si l'on n'en a foinJ il etl plus
p es de sa fin que l'on ne crcit.
On m'a dit qu'il y a neufou
dix jours qu'il eJ1 plus doux3
qu'il ne boit plus de rrvin, &
qu'il le hait plus que la mOit;,
qu'il efl long-temps a jrun les
bras en croix:qu'il fait des
VOEUX pour mcy) & pour tous
ceux de qui il a eu du mal, &
a qui il en a fait ;quefin coeur
cft pur dans la foy? &droit
dans ce que veut la loy; qu'il
- fait tout cc qu'on a pu voir
dans lesplus grands Saints; en
Sun mot., qtu'ileufl mort à tout. ? Il cft
vray>f;;sce qu'ilfût} & tu
te metsd>1eîet.~ ce f..î) crois- (') >
moy,monCotr, toutà icy.
Il n'y a jamais eu tant de
Vaisseaux en Europe que
l'année derniere
,
& si l'on
en peut juger par l'apparence,
il y en aura encore plus l'Esté
prochain. Cela m'engage à
vous faire part d'un Ouvrage
fortcurieux
,
dans lequel il
efl: traité detout ce qui regarde
la Navigation.C'est
une matiere d'une fort grande
étenduë, &qui doit faire
pdluaisir non feulement à ceux
mestier, mais mesme aux
indifferens, puis qu'il est fort
agreable de sçavoir unpeu
>dc tout , pour en pouvoir
parler dans le monde quand
l'occasion s'en offre.
DE L'ART DE NJVIGEK ENtre les Arts qui font
estimez les plus necessaires
aux hommes , celuy de
la Navigation a esté un des
premiers & des principaux.
L'obligation qu'il y avoit de
traverser les Rivieres, de pasfer
dans les Isles, & en d'autres
lieux, tant pour le Commerce
que pour la communication
des Habitans,les a
portez à inventer des machines
flotantes & capables de
les soûtenir sur les eaux, pour
les transporterd'un bord à
l'autre, avec ce qu'ils vouloient
y conduire , & cela se
faisoit alors sans aucun Pilote.
De là font venus les
Rats-d'eaux
,
les Bacs
J
les
Pontons, les Canots, les
Gondoles, les Balons, les
Nacelles, & une infinité
d'autres Barques
,
aurquelles
on a donné divers noms selon
l'usage & les Regions où elles
ont elle inventées, & ces
Vaisseaux pour la pluspart
estoient ordinairement faits
tout d'une Iiiece, comme de
troncs d'arbres creu sez
)
d'écorces
& de roleaux
, y en
avanr d'une grosseur & d'une
grandeur suffisante pourcela.
D'autresestoient faits de
joncs pliez & joints ensemble
; quelques-uns de bois
de sciage? & de planches
chevillées, & d'autres de
cuir cousu & end urcy. Il y
en avoit qui estant faciles à
plier, le pouvoient aifémenc
transporter d'un lieu à l'autre,
ou que l'on pouvoit porter
en leur efiarJ comme encore
aujourd'huy les Canots dans
les Indes, & les Balons dans
le Royaume de Siam, ou les
Gondoles à Venise, & les
Pontons ailleurs.
Comme l'usage de tous ces
Vaisseaux n'estoit d'ordinaire
que pour le courant des Rivieres
, ou pour leur trajet,
on n'avoit besoin pour les
conduire que de perches, de
rames, de cordages, de moulinets
3 ou de voiles; on y
employoit les uns& les autres
en ces premiers temps,
& l'on voit encore dans les
Pa ïs qu'on découvre de nouveau,
que leurs Habitans en
usent presque tous de la mes-
: me maniere. Ilyaaussi des lieux vers
le Nort , comme dans la
Norvegue & dans la Groelande
, où les Vaisseaux à
cause des glaces sont si portatifs
, qu'on les faitglisser
sur les neges pour les tranf-
: porter de Rmere à autre,
sans aucun débris,& vers la
Mer Glaciale; les Pyrates y
) ont des Vaisseaux de cuir si
bien fermez, qu'ils n'ont pas
de peine à les faire entrer
l profondement dans Teauj &L
pendant la nuit ils se glissent
sous les grands Vaisseaux)
les percent au fond de cale,
&.les font submerger
, pour
y exercer enfuire leur brigandage.
Voilà pour ce qui regarde
la construction la
matiere îz l'usage des premicrs
Vaisseaux.
On tient generalement que
les Egyptiens ont esté les
premiers qui ayent inventé
l'usage de ces petitsVaisseaux,
par la necessité qu'ils avoient :
des'en servir en certaine faûson
de l'année à cause des
inondations ordinaires que
[ le Nil fait tous les ans dans
leur Païs,ensorte que tou- tes les terresen sont couver- tes; ce qui oblige les Habirr
tans à y faire des Tranchées.
~&: des Fossez pour faciliter
lIes écoulemens de l'eau
, »5C
à se retirer avec leurs Familles
& leurs Troupeaux sur les
» éminences de leurs Terres;
) car ce Fleuve ne croist qu'à
une certaine mesure de hauteur.
Les Venitiens outre leurs,
Gondoles,se servent encore
) aujourd'huy de cette force de
[ petitsVaisseaux
)
qu'ils appellent
Fisoleroe,ils font ex- ;
tremement legers
,
& vont
aussiviste que le vent; c'est
pour la chasse de certains oiseaux
qu'ils appellent Fisoolæ,
& qui se fait sur l'eau avec
assez de divertisement. Outre
ce nom qu'ils donnent à leurs
Vaisseaux
)
ils les appellent
Fusoleroe à cause de leur vi--
tesse, ou parce qu'ils ressemblcnt
à des fuseaux, estant
ronds & pointus par les deux
bouts ; ou comme les Balons
de Siam, cymbala,longs &
ronds.
Les Syriens&lesAffricains
savoient emprunté l'usage de
olleurs Vaisseaux des Egyptiens.
Toutefois pour l'art de navviger
comme il estoit rude
5&& grossier en ce temps-là,
chaque Nation y ajoûta du
sien selon l'occasion
, & suivant
que leur propre ex perience
leur en donnoit lieu;
mais ce n'estoit pas encore our faire des voyages de
olong cours, ny pour sexposer
aux vents, & aux tempestes.
Ils ne faisoient que
costoyer les rivages, sans
entrer en pleine Mer, &
ixherchoient seulement leur
seureté en navigeant.
Il y a diversité d'opinions
entre les Auteurs àl'égard de
ceux qui ont esté les premiers
Inventeurs de la lonHruétion
des grands Vaisseaux, & des
instrumens qui fervent à la
Navigation. Quelques-uns
tiennent qu'A tlas inventa les
Navires & l'art de navi ger;
& d autres disent que ce furent
les Tyriens.
Ensuite les Copeens, habitans
de la Boeotie prés du
Fleuve Caphise, trouverent : l'usage des Rames & des Avi--:
rons. Dedale inventa le Mast ; «j
â.X. les Antennes, Icare, son
Fils, les Voiles. Les Tyrrremiens
forgerent les Ancres;
Mnacharsis fit les Harpons,
& Pericles les Crocs & les Agrafes
, pour servir dans les
combats demer. Les Platéens
J:onlpaiIcrent les premiers la uste largeur des Vaisseaux;
car auparavant ils estoient
oous bien plus longs que lar-
D'res) & toutefois capables de
recevoir beaucoup de personnes&
de bagage, selon la
ongueur des arbres, des ro- caux, ou des écorces dont
2ls estoient conitruits.
Quant à la difference des
Vaisseaux,& à leurs équipages
3
on donne à Tiphis
l'honneur d'avoir inventé
l'art & les regles de bien naviger
, & de conduire les
gouvernail comme un bon
Pilote. Minos composales
premier l'ArméeNavale.Eole
enseigna aux Nautonniers lai)
maniere de gouverner les
Voiles. Enfin on ajoûta tantii de découvertes à la Navigation
,
qu'elle commença àe
devenir plus parfaite, & alors
le desir de connoistre les>3
Regions &les Peuples, pOftaÕJ
ceux qui en avoient déja quelque
experience,àpasser en des
Païsun peu plus éloignez,&
à y transporter des vivres &
d'autres choses necessaires,
puur établir une espece de
commerce.
Entre ces Vaisseaux qui
commençoient déja à pouvoir
souffrir la Mer
3
les Galeres
semblerent d'un ufaec
aasfsletzzccoommmmooddeeppoouurrlleeuurrlele--
gereté & pour leur virefe;
Diodore dit que Sesostris Roy
d'Egypte
, & Successeur de
Moeris
, a esté le premier de
tous qui se soit servyde Galere
?
& qu'ayant dompté les
Habitans d'autour de la Mer
Rouge, il tâcha de conduire
un Canal navigable depuis le
Nil jusqu'à cette Mer.
Thucydide rapporte que
Damased'Erictée inventa
la premiere Galere à deux
bancs, & Aminocle de Corint
he,celle qui estoit à trois.
Aristote aécrit que les Carthaginois
formerent celle qui
en avoit quatre. Nesictonde
Salamine en fitune de cinq;
& selon le témoignage de
Polybej, lesRomains furent
les premiers qui firent construire
une Armée navale de
cette sorte deVaisseaux,dans
l'appareil de guerre contre
les Carthaginois. Xenagoras
de Syracuse inventa des
Galeres à six bancs. Mnefigethon
en composa juiqu'l
dix; Alexandre le Grand,
jusqu'à douze. Ptolemeus Soter
en fit faire une jusqu'à
quinze, Ainsi le progréss'en
augmentoit detempsen
temps, & selonles expcriences
& la force des Vaisseaux
? qui devoient tenir la mer ,
& y resister
,
& alors les rames
estoient autant en usage
que les voiles.
Mais quand le bruit se fut
répandu par toute la Grece,
que Jason commandé par le
Pvoy Pelias devoit entreprendre
un grand voyage par -
mer, pour aller en laColchideàla
conqueste de la Toison
d'or, toute la Fleur de la
jeunesse de Grece voulut avoir
part à cette fameuse navigation
dont tout le monde parloir.
C'est ainsi qu'en usent
les Volontaires dans les grandes
Expéditions. Le nombre
en fut de cinquante-quatre?
des plus braves & des plus
considerables de laGrece.
A ce sujet on construisit
une Galere à trente ttaçcs de
chaque costé,ce qui n'avoit
:, point encore esté fait jusques
alors. Ce fut Argus Fils d'Arestor,
qui en fut l'Architecte
,
&qui luy donna de son
nom celuy d'Argo
,
& ceux
qui le monterent furent delà
appeliezArgonautes, si l'on
encroitApollonius le Rhodien.
ToutefoisDiodore dit
que ce Vaisseau futainsi
nommé à cause de sa legereté;
& Ciceton assure que
cetre Galere portoit ce nom
à cause de celuy des Grecs,
qui s'appelloient alors Argi,
ve5,du nom de la Ville d'Argos
dont ils estoientoriginaires.
Typhis,commePilote
pour son experience, prit la
conduire de ce Vaisseau?qui
a esté si renommé dans la
Grece,& qui pourainsi dire
a merité d'estre transporté
dans le Ciel, pour y faire unes,
constellation entre les autres
Astres.
Moreri dans son Diéèion-I
naire historique, marque que
cette Navigation se fit en
l'année 2792. de la Creation
du monde, s'il y a quelque
ombre de verité en cette histoire
si fabuleuse. Tout le
mistere de cette Conqueste
rin'ciloit que le secret & la
b découverte de la Pierre Philosophale,
que les Anciens
couvroient des voiles decette
IFabïe.
Mais quel que éclat que cet-
,ne Navigation au eu, & quoy
pqu'on l'éleve au dessus de
toutes les autres entreprises
maritimes,elle n'est presque
nrien à l'égard de ces grandes
Navigations qui se sont faites
bdepuis dans toutes les mers
asses plus vastes
,
& jusquss aux
Regions les plus reculées, &
dont la découverte n'a pû
fc faire sans le secours de
l'Aimant & l'usage de lal
Boussole.
Les bancs des Galeress'aug-
-
menterent encore de nombre
,
puis que Ptolomeus Phi-
- ladelphus en fit faire une de
quarante, & Ptoloméus Phi- -
lopator; surnommé Triphon, (J
uneautre desoixante.
Mais de quelle quantité de 3
Vaisseaux
? & de quelle grandeur
Xerxes, Roy des perses,
<; necouvrit-ilpasl'Hellespont
avec son Aimée navale? Le
nombre en estoit du moins
de
bde mille. Quelle hauteur,
quelle force & quelle profondeur
n'avoient pas les Navires,
dont il fit faire un pont ilié de chaifnes pour joindre
l'Asie à l'Europe. Toutefois
avec ce grand appareil de
guerre sur mer) il fut vaincu
par Themistocle prés de Salanine
,
&: contraint de se sauver
avec une petiteBarque.
Aprés tout, l'on remarque
ussu'en ces temps-l à les Pilotes
¡;tn'dvoient point d'autres guiotes
que leurexperience, la
lécouverte des Isles & des
Terres qu'ils avoient euxmêmesveuës,
des Golphcs-oùi
ils étoieut arrivez, des banc
&des écueils qu'ils avoient
€vitez,desRéd uits &desSinus
qu'ils connoissoient, & l'ot<
fervation des Estoiles qui leult
servoient à se conduire; U
quand ils avoient perdu leutfj
tramontane,ils couroient riQ
que de faire naufrage. -Ju-nques
alors les Cartes marines
& les Mappemondes n'e-a
stoient point en usage; aussi
leurs Navigations n'estoient
elles pas fort grandes, & les]
naufrages pouvoient estre aie
sez frequens
Y
puis qu'il
alloit assurer sur la force de
ses bras, sur l'industrie des
Nautonniers, sur la conduite
les voiles & des rames, pour
se tirer des écueils, des bancs
de sable, & des détroits perilleux
quand on y tomboit.
Aussi remarque-t-on que
la pluspart faisoient ferrer
leurs Vaisseaux sur le devant
& fous la carene, pour les rendre
plus solides contre les vagues,
& pour en empescher
le débris contre les rochers
sachez.
On donnoit aussi ancienment
des noms specieux aux
Vaisseaux les plus considerables,
commeon le voit au * combat navaldécric par Virgile
dans le cinquième livre
de son Eneide, où il nomme
trois Vaisseaux, la Balene, le
Centaure, & la Chimere. Et
aujourd huy encore à Venise
n'ya-t-il pas le Bucentaure,
qui est un Vaisseau de solem-
- nité & d'apparat, d'une pro--
digieufe grandeur, qui se démonte,
& qu'on remet enn
efur quand le Doge fait la
ceremonie d'aller e pouser la
Mer. De mesme dans les Arméesnavales
il y a des VaiC-l;
séaux qu'on nomme le Grand

Amiral, le Vice -
Amiral, la
) Capitane, &c.
Les Anciens en avoienten-
) core de differente nature, les
uns decharge,& les autres de
3 guerre. Les premiers estoient
) ordinairement plats, & fervoient
au passage des gens
de guerre, du bagage, des
rl harnois & des chevaux. Ce
fut Hippius de Tyr qui les
inventa, & on lesappelloit
Hippagines
, non pas de son
nom, mais dumotGrec de
3 cheval. Les autres qui servoient
dans les combats d.,
mer, estoient gros & ronds)
munis de becs de fer & poin- !
tus> pour percer de roideur :
ceux des Ennemis à force de : bras, & par la violence des ;
rames, & les couler à fond.
Aussi estoient-ils appellez;
rostratæ na-La Navires à bec.
De là cft venu chez les Romains,
que le Senat estoit
apellé l\Eflra, & que pro rostris
dicere,veut dire haranguerdevant
leSena,parce que quand
Romains avoient pris des
Vaisseauxà bec sur les Ennemis
dans quelque combat
on leur coupoit ce bec., &..
~oon l'attachoit le long du
éIBarreau où se faisoient les
harangues, & où fevuidoient
}llcs causes; de mesme que l'on
fc attache aux voûtes des Temples
les Drapeaux & les Eten- bdardsqu'on prend sur les
3 Ennemis.
Ces mesmes Vaisseaux de
guerreavoientaussi des Tourelles
sur la poupe, d'où la
Milice combattoit à coups
) de dards & de Bêcbes) &
jettoit des feux & d'autres
machines de guerre dans les
Vaisseaux des ennemis,comme
du le mesme Virgile dans
la peinture qu'il fait du combat
naval de l'Empereur Auguste
contre Antoine &
Cleopatre.
1 Ces Vaisseaux avoient encore
les Pàvoijddes3 qui cG
toient des ceintures de boucliers
rangezsur le bord
>
avec lesquels la Milice se
mettoit à couvert contre les
traits des ennemis ; & l'usage
s'en garde encore maintenant
dans les grands Vaisseaux de
guerre, maisplûtost par parade
qu'autrement. Ce font
de grandes ceintures d'étose
ordinairement d'écarlate, tausquelles
on donne le nom.
de Pavesades, par le changement
de quelques Lettres.
Il faut maintenant parler
de l'usage de la Boussole
,
qui
estla conduite la plus reguliete
dont les Pilotes se fervent
avec le secours de la
Carte ou Mappemonde,pour
faire de grands voyages par
mer,& ellen'a estéd écouverte
que depuis trois ou quatre
cens ans,par le moyen de l'Aiman,
il estfacile de croire,
comme j'ay dit,que l'on ne se
conduisoit furmpr auparavant
quepar sa propre experience,
par les vents,& par les Af-
!
tres : ce qui se remarque dans
toute la Navigation des Anciens.
Mais il semble que la Divine
Providence avoit renfermé
tout le secret de la Boussole
dans le seul Aiman ; car
en effet sans le secours de :
cette Pierre, l'usage n'en au-«
roit pasesté connu. LaBoussole
que les Latins appellent:
ACHS Magnetica navicularia, Aiguilleaimantée, ou Pixis
nautica,àcausedesa boëte)
est un infiniment fort necessaire
àla navigation. Cest;
une découverte des derniers
ficcles. dont les Anciens
n'ont point eu l'urage. Il est
vray que les vertus & les facultez
de l'Aiman leur ont
esté connuës, en ce qu'il attire
à soy le fer; mais ils n'ont
pas sceu que ce mesme fer
touché de l'Aiman eustune
propriété pour se tourner vers leNord& le Midy; & c'est
là cette noble connoissance,,
qui a servy à découvrir les.
nouveaux Mondes, les Isles
inconnues
?
les Nations les
plus éloignées, & pour ainsi
dire, à enrichir l'Europe par
le commerce& par les frequentes
navigations qui se
font faires,& se font encore:
en toutes Izs parties diu
monde.
Quoy que les Anciensscessent
les vertus de l'Aiman,
&: qu'ils enayentécrit,
comme AnHore, Platon,
Pline,&plusieursautresdont
nous parleronsa on ne voit
rien dans leurs écrits de la
Boussole, & le temps que l'on
commença à se servir dans
l'Europe de l' Aimanaulieu
de Boussole
,
est environ dés
l'an 1260. que Paul Venitien,
ayant fait un voyage dans la
Chine, en apporta le secret.
Les Chinois s'en servoient
de cette maniere. Ils suspendoient
un morceau de la
pierre d'Aman sur un morceau
de Liege, & le laissoient
flotter sur l'eau dans un Basfin
ou un Cuveau, & ce
Liege avec l'Aiman nemanquoit
pas de tourner du
costé du Nort. C'estoit-là
leurBoussolequileurfaisoit
connoistre l'Etoile polaire,
&; la maniere de con duire
leurs Vaisseaux sur la Mer,
ce qui a duré chez eux jufques
au milieu du ficcle precedent.
Ce mesme usage de cette
forte de Boussole a duré aussi
en Europe un assez longtemps,
jusqu'à ce qu'un certain
Flavius Melphitanus,
trouva le secret de la Boussole
, & par cet instrument
il donna moyen aux Espagnols
de naviger au nouveau
Monde,&d'y découvrir
la Castille d'or, & d'autres
parties de l'Amérique,
comme la Riviere de Platoe
& de Parana; c'est ce que
rapporte Petrus Cic'{tt , en
son traité de la Marine. Collenutius
dans son Histoire de
Naples en fait aussi mention;
•ôcjonjitisappelle la Boussole,
la regle des Nautonniers ou
de la Marine.
Mais d'autres attribuent
cette découverte à un certain
Jean Gira, natif du Bourg
d'Amalphi dans la Campanie
au territoire de Rome,
environ l'an 1300. Cela a du
rapport avec ce qu'enécrit
Collenutius. Toutefois il se
peut faire que ce Gira ne
trouva feulement que le
secret de faire la Boussole ;
c'est a dire de faire la Boëtte
êc de suspendre les aiguilles
aimantées sur un pivot, pour
leur donner le mouvement
qu'elles ont. Mais on demande
si le Lys qui se
met en toutes les Boussoles
pour marquer le Pole ou le
Nort , en conduisant l'aiguille
sur ce Lys qui est la
marque du Midy, n'est pas
un indice, que lesFrançois
ont trouvé le secret de mettre
les Boussoles dans leur
perfection
, car toutes les
Boussoles font marquées de
cette fleur Royale, & mesme
en quelque Païs que cesoit
que l'on en fasse
, pourune
instruction generale on y
ajoute ce Lys.
Aussi est-cedepuis ce tempslà,
que l'Art de naviger a
acquis de la perfection,& est
ca si grande estime cheztoutes
les Nations, qu'on a tâché
dans Les deux derniers
Siecles à le porter à son plus
haut point de perfection &
qu'enfin fous le Regne de
Louis LE GRAND
, on Jo
proposé des recompenses
considerables pour ceux qui
y feroient quelques nouvelles
découvertes.
Eneffet, Comme le commerce
unit les Nations les
plus éloignées, & n'enfait
presque pour ainsidire qu'un
seul peuple, qu'il porte les
richesses dans les lieux les
plus infertiles qu'il y répand
l'abondance & qu'il fait
voir les Indes Orientales &
Occidentales, la Chine & le
Perou dans l'Europe, ne doiton
pas dire que la Boussole,
qui fait tant de merveilles,4 trll un ouvrage & un miracle
de l'Art,publique c'est sur
elle que l'onasseure sa vie,
ses biens & sa fortune, & que
l'on va sur toute forte de
Mers par son secours, aussi
aisement & avec autant de
seureté que sur rcrrc)& qu'enfin
l'onattire les peuples les
plus Barbares, & les moins
civilisez à des connoissances
qu'ilsn'auroient jamais euës,
& à des alliances qui ne se
(
seroient jamais faites,témoins
les Ambassadeurs d'Ardra
dans la Guinée, ceux de
Moscovie, d'Alger, de Maroc
de Fez, & de nouveau ceux
de Siam,& d'autres?
Comme l'aiguille aimantée
est la principale partie
& la plus noble de la
Boussole, on doit avoir un
grand foin de la mettre dans
sa perfection
, & dans une
liberté qui la laisse bien agir.
L'aiguille ayant esté frottée
de l'A iman) acquiert les
mesmes proprietcz que cette
pierre renferme en soy, & les
conferve des Siecles entiers.
La Boëte ou elle doit estre
enfermée,est ordinairement
de bois, ronde ou quarrée;
il n'importe, mais sur tout il
faut se donner de garde de ;
n'y mettre aucun clou de fer,
puis qu'il feroit une attraction
de l'aiguille. La grandeur
de la Boëte fera de cinq
ou six pouces de diamettre.
On plantera au milieu un pi-
-
vot à angles droits fait de
cuivre,c'est la matiere la plus
propre, décrivant avec le
Compas un Cercle Concentrique
en la mesme Boëte.
Ceux de Marseille ont acquis
a réputation d'y travailler
excellemment.
Au retour des grandsvoyages
, on doit laisser les Boussoles
en leur état & dans leur
situation naturelle; elles ne :
se gastent pas pour estre dans
le repos. Quelques-uns atta--
chent la roteavec l'aiguilles
pour luy donner plus de fermeté
; celle d'un Cadran solaire
est tropvive pour unn
Vaisseau qui est toujours
dans l'agitation,&on auroit
peine à s'y regler. Pour lasJ
figure de l'aiguille aimantée
cela dépend des habiles Ar..]
tisans, & qui en connoissentir
les défauts & la perfection.
On a remarqué du moin
vingt declinaisons de l'Ai
man ou de la Boussole, c'est
¥
a quoy les habiles Pilotes
prennent ordinairement gar- de,pour se regler sur leurs
Cartes &asseurer leur Navigation
; les. sçavans Auteurs
enseignent à les corriger.
Toutes les Nations del'Europe
se font accord ées à diviser
l'horison en trente-deux
Rumbs
,
qui font autant de
routes différentes
, que le
Vaisseau doit suivre par le
moyen de la Boussole, estant
pouffé du vent. Chaque
Rumb ou route est éloignée
l'une de l'autre de onze degrez
& un quart; & quoy
que cette division puisse s'e
tendre jusqu'à trois cens soi
xante degrez
,
la premiere est
l'ordinaire de tous les Pilotes
& sur laquelleils sereglent
& leurs Cartes font marquées
de ces trente-deux Rumbs:
qui font les vents, & ces
vents font les routes qui regardent
les parties du mon.
de. Je laisse aux Curieux à
visiter les Cartes,& à enapprendre
les noms qui y font
marquez, & principalement
sur la Boussole.
L'aiguille de la BoUssole.
ayant acquis la mesme vertu
de
de l'Aiman qui l'a touchée,
laconserve dans cette admirable
& surprenante proprieté
,
qu'elle tourne naturelle.
ment un de les bouts au Nort
& l'autre auSud, qui luy est
opposé; & le Lys qui en: en
la Rose legarde toujours le
Nort ; ainsi en suivant les lu
gnes qui font marquées en la
Boussole seulement avec
l'oeil, on peut connoistre
en touttempsl'end roit de
l'horison
,
les quatre Vents
principaux, & pareillement
tous les autres.
L'avantage que son tire
de la Boussole., qui rend la
conduite du Vaisseau tresaisée
, est qu'elle represente
toutes les routes dans la mesme
disposition qu'elles font
en effet
) & l'experience &la
pratique en font connoiftrc
lavérité.
C'eil: une chose merveilleuse,&
qui donne un grand
avantage à la Navigation;
que par la conduite de la
Boussole,le Pilote peut tel.
lement gouverner ion Vaisseau,
dans les plus épaisses
tenebres de la nuit qu'il n'a
besoin ny des Astres ny de
;
lumière,& mesme il le gouverne
aussi-bien estant dans
le fond decale, ques'ilestoit
sur la poupe ou sur le tillac.
Il ne leur importe de voir la
Mer, ou de ne la pas voir,
non plus que le Ciel, ny aucune
Estoile remarquable
qui puisse luy designer quelque
Region ou Cap.
Les habiles Pilotes portent
quelquefois plus d'une Bousfoie,
ou une pierre d'A iman
dans leurs voyages de long
cours, à cause des accidens
qui sont à craindre, & c'est
une précaution qu'il est bon
d'avoir. Ce n'est pas que l'aiguille
d'un Cadran ne pust
servir deBoussolleencasdecas denetr.
1 ", 1 cessitépourvûqu'on la mette
sur du liege flotant, sur de
l'eau dans un grand vase
, car
elle marquera toujours le
Nort, ou l'Estoile polaire.
C'est comme les Anciçns en
usoient.
Si l'Aiman ou l'aiguille
aimantée de la Boussole n'avoit
point de declinaison,
l'art de la Navigation Seroit
entierement allure en son
principe;& le Vaisseau suivant
si ligne marquée par le
ent ou le Rumb< ne s'écarteroit
jamais de sa route, ce
pgui ne se peur faire sans dé*-
sliner.
Enfin,comme jel'ay déjai
Hit,ilya un grand nombre
He declinaisons que les Carycs
enseignent, & les Auteurs
qui les marquent dans
eurs traitez, font à consulter.
Comme l'aiguille de la
Boussoleales mesmes vertus
yc proprietez que l' A iman , est à propos de parler de
cette Pierre, pour faire l'uion
de l'une avec l'autre.
PlusieursAuteursontécrie
de la nature & des vertus de
l'Aiman à l'égard du fer qu'il
attire,&en sontun prodige
denature. S. Augustin mesme
en saCité deDieu,Isidore,
Platon & Theophraste en
disent des merveilles, & pour
la découverte, Nicander
&'. Pline aprés luy rapportent
qu'il fut trouvépar ha"
zard de cette maniere.
Un Pasteur l10mnlé¡rAa.,
snety menant paistre son ,troupeau sur le montIda en
Phrygie,s'apperceut que M
fer de sa houlette & lescloud
de ses souliers le tenoient ans
resté. Il en fut surpris, & en
avertit ses Compagnons qui
meurent la curiosité de tirer
p quelquesunes deces Pierres
bdulieuoù elles estoient, &
bd'en faire l'experience, ce
quiayant réussi, ils nommeirent
l'Aiman Magnes, du
nom decePasteur,&ce nom
ulluy est demeuré depuis en
Latin. La chose se divulgua,
&&C cette vertu cachée & secrete
fut ainsidécouverte.
D'autres donnent le nom de Magnesà l' Aimant de
Celuy de Magnesie, Ville de
^Macédoine) tirantversle lac
*Boebti$3 où il se trouve sur le ;
mont appellé Capo virilichi
de Natolie; d'autres le nomment
encore Heraclion
,
du J
nom de la Ville d'Heraclée *t
parce qu'on y en trouve aux
environs;ou du nom d'Hercule,
i cau se de sa foreeattra--
ctive envers le fer.
Sotachus faitcinq especes
d'Aiman
>
& les divise de
cetre forte
,
le premier qui.
vient d'Ethiopie
)
le second,
qui se trouve en Phrygie ou àCapo-Virilichi,le troisiéme
prés d'Echium,Ville de Boeotie,
le quatriéme en Alexan-
,j
drie de Troade, & le cinquiéme
à Capo de S. Georgio
>W*7guiefeo> à une lieuë & den
mie de Prague. Il y en a de
maslme & de femelle, dont les
vertus font différentes. On
en voit de diverse couleur;
mais le bleu est le plus
excel lent & le plus precieux
b de tous. Il s'en trouve de
) cette especeen une Contrée
) sablonneuse appellée Zimiris.
Le blanc n'a pas tant de force,
) & les Italiens l'appellentCalamita
bianca. Ce n'est pas
) qu'il n'yen ait en Allemagne
) d'excellent; mais le meilleur
est celuy quiattirele fer d'une
costé, & lerepousse de l'autre.
Ainsi dans l'Aiman la partie
Boreale qui attire le fer, doit
regarder la Boreale,de mesme
que l'australe qui lerepousse,
doit regarder l'australe.
L'Aiman que l'on nomme
Theamedes,&que les Allemans
appellent Ein Bleser, n'est pas
uneespece difference;car tout
Aiman qui attire le fer, &
montre les plages du monde
par une de ses parties, le
repousse de la partie opposée.
On voit ainsi dans l'Aiman.
que les parties opposées font:
Il des effetsdifferens.
C'est une erreur que les
Vaisseauxqui ont des cloux de fer,demeurentattachez à.
u une Montagneversle Nort,
«» s'ils en approchent de trop- prés, à cause de rAitnan
qui s'y trouve, & qu'ils ont
peine à s'en tirer; mais c'est
une merveille qu'un fer libre
& plus leger qu'une pierre
> d'Aiman, y courtnaturellement,
&tache de s'y joindre,
& si le fer est attaché & plus
pesant que la pierre, l'Aiman,
, court au fer & s'y joint.
Il faut pour la conservation
de l'Aiman qu'il soit enfermé
dans la limaille de fer
..J

il conferve ses forces, les
augmente,& en fait sa nourriture
; de plus il communique
sa vertu au fer, comme
on le remarque aux anneaux
d'une chaisne, dont l'un attire
l'autre, parce que la
vertu de l'Aiman [rani pire,
& passe au travers de chaque
anneau jusqu'au bout de la
chaisne&dansl'estenduë ou
cercle de son activité. Dans
cette attraction il est necessaire
que l'Aiman soit plus
pesant que le fer
, autrement
,'lPAiman iroit au fer ; mais
quoy qu'il en soit, c'est toûjoursl'Aiman
qui attire selon
le sentiment de tous ceux qui en ont écrit.
Ce qui est encore de plus
merveilleux, l'Aimanne laissse
pas d'attirer le fer au travers
du bois,de la pierre &
du verre mesme
,
& ces corps
ne mettent point d'obstacle
sa vertuattractrice. Cette
vertu naturelle ressemble à
La lumiere
,
qui passe au travers
des corps diaphanes &
ransparens
, ou au son qui
raverse les corps les plus solides,
& vient fraper lesorei
les; maisc'est une chose a
sez étonnante que l'Aima
ayant tant de simpathie ave
le fer, se fortifiant dans
limaille, & y acquerant me
me de nouvelles forces,
n'agit pas également en tou
tes ses parties, que d'un cost
il l'attire
,
& de l'autre il
repousse. D'où luy vient ce
amour & cette aversion
un mesmetemps? Ce son
des merveilles qui doiven
estre admirées des hommes
& qui ne sçauroient estr
connuës.
L'onpourroit douter sil'Aiman
souhaite s'unir au fer,
ou lefer à l'Aiman pour se
revestir de ses vertus, combine
font, attirer un autre fer,
:Jx, montrer les plages du
)rmonde, & cette propriété
est sans doute la plus Dclle,
a plus curieuse & la plus
dmirable , puis que par le
)lnoyen d'une aiguille aimansèée
,enfermée dans une Boufole
,
l'on trouve le pole, l'on
onnoiftle point arctique&
antarctique, l'on parcourt
joutes les Mers aussi-bien la uit que le jour, & l'on peuc
adresserdes routes sans erreur
à toutes les parties du
monde, & mesme jusqu'aux
Antipodes.
Voicy uneexpérience aC
fez aisée pour connoistre
dans une pierre d'Aiman le
point boreal, & le poin
austral. Il faut la mettre dan
une écuelle de bois sur une
eau reposée dans un bassîn
Cette écuelle tournera assc,,:
long-temps sur l'eau, jusqu'
ce que le point boreal d
la pierre ait trouvé le pol.
boreal
,
& alors elle s'y an
restera, & cela donnera lier
de distinguer dans l'Aiman
v !!a partie boreale & l'australe.
[ La mesme experience se peut
encore faire avec un filet;
) car si vous suspendez une
pierre d'Aiman, elletournera
long-temps jusqu'à ce qu'elle aittrouvé son pole. Ilenest de mesme de l'aiguilleaimantéeenfermée
dans sa Boussole&posée (u-r
son pivot;elle ne se reposera
pas qu'elle n'ait trouvé son
ÎNortj&enle montrant elle
amontre toutesles autres parties
du monde dans le mesme
temps. Elle a la mesme aé\ivite
que l'Aiman, & la garde
pendant tout un siecle sans
en este dépoüillée, à moins;
de quelque accident, comme;
du feu.
!
Il y a encore un moyen de
découvrir le point concentrique
de l'Aiman. Il faut
mettre un fer surun ais bien
poly,& luy presenter la pierre
d'Aiman.Alors on y verra
le point d'attraction & d'activité
; d'abord le fer tremblera
& suivra l'Aiman pour
s'y attacher. C'est une mer-j
veille que l'esprit de l'Aiman.
s'épanche sur le fer fl-J
1
tost qu'il enest coucher dans
son irradiation il se forme
un cetc le où s'étend sa vertu
inspirée.
Theoprafte Paracelse écrit
que les forces de 1" Aiman
peuvent Cllre augmentées à
l'infiny ,jusqu'à arracher un
cloud attaché dans une mu,,
raille, ce qu'il a mesme ex*
perimenté.
Claudien qui a écrit du
temps de l'Empereur Theodose
en l'année427. a fait
une admirable descriprion
de la pierre d'Aiman & de
ses vertus en une de ses Elj-.
L
grammes. Il la represents
sous la figure de la Déesse
Venus,&le fer fous celle du
Dieu Mars, & nous donne
une merveilleuse peinture de
leur simpathie & de leur amour.
Aussi n'y a m1 rien de
plus éclatant en la nature,
& qui paroisse plus aux yeux
que cetteviveimpression qui
feO'ne entre cette pierre& le
fer. On se sert de cet exemple
pour montrer qu'il peut
y avoir d'autres fimpathies
en la Nature, sinon auni
fortes, du moins approchantes
,
telle que la poudre
de simpathie par le vitriol
Romain avec le fang
d'une playe.
* On tient qu'AlbertleGrand,
qui a traité de l'Aimanjavoit
aussi la connoissance de la.
Boussole. C'est la pensée de
Cardan au 7.liv. de la Subtilité,
où il parle amplement
des vertus & des propriétés
de l'Ainlan., de sa découverte,
de ses effets & de ses
especes.
Jean-Baptisse Porta, Napolitain
, a fait un traité particulier
des merveilles de cette
Pierre. Zuingerus en parle
beaucoup en son Theatre de
la Vie humaine; maisjamais
personne n'en a pû découvrir
la cause, &Dieu a voulu
que ce secret demeurait
caché dans la nature.
Ansclme Boëce de Bort,
en son histoire des Pierres
Precieuses, qu'il dédia àl'Empereur
Rodolphe II. dont il
estoit Medecin, & qu'il mit
en lumiere l'an
1 514. comme ;
aussîdans les Commentaites <
qu'il a faits sur la Pratique
dorée de Jean Stocher, im--
primez a Leyde l'an 1634,
parle àfond de l'Aiman^ôc>:
le préfere mesme à toutes les
Pierres les plus precieuses
pour ses vertus & ses proprie.
tez. Il dit que les unes ne
font que pour la couleur, le
brillant&labeauté, & pour
[
plaire
-
aux yeux, & l'autre
pour ravir l'esprit.
Mais à propos de la Bouf-
[ole, il y a encore une autre
L
merveille, que plusieurs Pi-
[ lotes ont ebservée dans leurs
[ Navigations. C'est que quand
[ le Vaisseauapasséau delà de
[ la Ligne meridionale,la Boussole
se sent affoiblir, & panche
ducollédu Pole Antarctique,
comme s'il y
avoit une autre montagne
d'Aiman dans l'extremité de
l'Amerique versle Pole Austral,
qui l'attiraft, cette quatrième
partie du Monde n'estant
pas encore entièrement : découverte.Quelques-uns;
mesme tiennent qu'il y en
peut avoir une, par les declinaifons
qu'ils remarquent en laBoussoleau delà de laLigne;
mais cette Boussole re- - prend toutes ses forces su tost
que le Vaisseau retourne au
dessous de la Ligne? en tirant
un peu vers le Nort:& par là
on
on presumeque cette aiguille
aimantée regarde plûtost les
IPoles que les plages du mon-
3 de. Ceux qui ont navigé le
iplus prés vers l' Amérique, se
sont apperceusque leurBous.
sole declinoit de quelques
bdegrez contre l'Occident, & ils ont remarquécela sur leur
Mappemonde par les hauteurs
du Pole Austral.
.: Comme le rond de la terre
est divisé dans saSphere
en360. degrez, & la Carte
bdes Pilotes en 32. Vents,qui
sont autant de plages;il leur
3eft facile de voir combien ils
sécartent de leur route ,6c
de la reprend re par le secours
de leur Boussole,ensupputant
les degrez. Cette aiguille:
(ertaufS de guide sur laterre;
4
ayant un Cadran solaire, on
y remarque le Nort, en la
faisant tourner sur la pointe:
du Midy, qui est la Fleur de :
Lys:&enconnoissant le Nort,
on connoist les autres parties,,
leMidy,l'Orient & l'Occi--
dent. On peutmesme par
son secours traverser les plus
vastes landes & les plus gran- -
des forests, l'aiguille mar--
quant toûjours le Pole Arctique.
LaBaussole sert aussi à
l'Ichnographie,quiest tracer
& décrirelafigure d'une
Ville, le plan d'un Chasteau,
ou d'une terre, ou d'unautre
lieu par ses éminencces,& par
les reduirs,en se servant de
;
pals ou de pieux pour marquer
lesd istances.
L'on a inventé encore
beaucoup d'autres secretscurieux
par l'usage de la Boussole,
& divers Jeux d'esprit
qui surprennent ceux qui
n'en sçavent pas le Cecree, &
qui se persuadent qu'il y a
de la magie ou de l'enchan..
tement. Boëtius en rapporte
de fort subtils en son histoire
des Pierreries,au chapitrede
l'Aiman.
Il nous reste à voir quelques
Navigations des plus
celebres qui se font faites depuisladécouverte
de cette
Boussole. Celle de Chriftophle
Colomb, natif de Gennés,
ne se fit que plus de cent
quatrevingt ans après ; il
découvrit la quatrième partie
du monde, qui est l'Amerique,
& ce fut l'an 1492.
pette partie futainsi nommée
&Arrimons Vespatius de
j Florence, qui y fit voile en-
1fuite
,
& l'an IJI?/.Ferdinand
ni Magellan trouva ledétroit
: qui porte son naIn, Magella-
„ nique, & fit le circuit du
1 monde. Mais aujourd'huy la
1 Navigation est élevée à un
1 point où elle n'avait point
| encore monré, &la France a | sesTyphis& ses Argonautes,
; qui n'apprehendent point les
écueils, les bancs, & les au-
<
tres perils de la Mer. Le nombre
s'en augmente tous les
l
jours, leur experience les rend
t maistres dés leurs premiers
voyages. De plusonnepeut
donner assez de loüanges, aux
habiles Cosmographes &
aux illustresMathématiciens,
dont les Ouvrages
célébrés onc beaucoup
servy à la Navigation; les
Arias que l'on a faits en
Hollande, pour la defeription
des Mers
1
des Régions
&des Terres, fonr encore
d.un grand secours aux habiles
Pilotes.
J'ajoute icy pour la curiosité
de ceux qui voudront
s'instruire de tout ce qu'on
peut connoistre sur la Navigation,
& sur toutes les parr
ties qui la regardent,un Catalogue
des Auteurs les plus
fameux qui ont écrit de cette
Pierre Nonius, célébré
Mathématicien Portugais, en
l'année 1330. fit un Livre de
la Navigation, divisé en deux
parcies, où il traite des Cartes
marines, & des instrumens
qui fervent pour trouver
l'élévation du Pole: il y
explique lanaturedes Lignes
Loxodromiques
,
quels font
les instrumens les plus propres
pour faire une heureuse
navigation, &lesReglesque
l'on doit suivre pour le mesmeeffet.
De plus) il donne
folurionauxquestionsqu'Alphonse
Sofa luy propose sur
ses doutes qui regardent les
vents & le lever du Soleil. Il
faut dela pénétration pour
un si sçavant Auteur, dont
les queitions font curieuses.
Pierre Medina, Espagnol
) mit au jour en l'année 1561.
un traite en sa langue, divile
en huit livres; où il expose
les principes de la Sphere,
& sur tout ceux qui regardent
la Navigation. il
parle de la Mer, des courans,
des-bancs de fable les plus
fameux
,
des presages de ta
tempeste, desvents & de
leur
- cours, de la hauteur
des Etoiles
,
de l'élévation
du Pole) de la declinaison
du Soleil, & de celles de la
Boussole ; de la Lune & de
ses effets à l'égard du flux'J
des connoissances parfaites
duCalcndtier, & d'autres qui
regardent la Marine. Cet
Ouvrage a semblé assez curieux
pour avoir esté traduit
en François par Nicolas Nicolas
du Dauphiné, Geographe
du Roy. On la imprimé
à Lyon.
Jacques Severrius, donnas
au Public en l'année ijp8,
un Livre intituléde ,-
Orbes
catoptrico, où l' Auteur ex-- ''-' plique plusieurs choses qui
regardent la parfaire Navi.,;
gation, & les regles que
l'on y doit suivre.
Jean Garcia
,
surnommé
Ferdinand, mit en lumiere
en l'année1598. un Traité
fort curieux pour les Pilotes;
& pour la conduite desVaisfcaux
; où sont expliquées:
diveifes matieres, comme Jar;
declinaison du Soleil; lan
maniere de prendre les latiuudes
par la hauteur de TEooile
polaire; & ce qui efi:
sle plus curieux, c'est la defrriprion
presque entiere des
oftes de France, d'Erpagne,
& de Flandre) & de leurs
)Oorrs.
André Garcia Cespedes,
~Eûatif d'Espagne, produisiten
s'année 1606. en sa Langue
, un Livre qui porte pourtitre
ï%epimento de Navigacion
)
diinse
en deux Parties. Il yenseigne
les princi pes de la
~phere
, .&. ajoûteles Tables
sftes declinaisons du Soleil ,&
sa maniere de trouver la hauteur
du Pole par l'Etoile po
laire De plus, il apprend lo
pratiques del'Astrolabe
, cz l'Arbateste, & de plusieur
autres instrumens necessaire
à la Sphere & à la Marine. 7
fait une entiere descriptio
de la Boussole., & de la ma
niere de s'en servir
,
& s'é~
tend sur plusieurs autres pal:J
ticularicez qui la regarden
Il traite de l'Hydrogaphie:
& des secrets pour la prati
quer ; & instruit à faire des
Ccarthes. eCe Lrivcreesht féort.ro
Simon Stevin Mathemai
xien du Prince d'Orange.
n l'année 1608. fit paroistre
Mémoires,divisez en six
livres.Il y traite de la Navigation
& detout ce qui la
regarde
, & de la Geographie,
sur tout il parle de la Navigation
Loxodromique&
lirculaire ; il y enseigne l'ugage
de l'Aiman &de la Boutole)
& de ses declinaisons,
vvec les pratiques ex. connoissances
duflux & reflux.
Guillaume Gilbert, Melecinde
Londres, en l'année
cvéïo. mit au jour un traité de
Aiman,où selon les principesdelaPhysique
,
il pari]
de lanature& de ses effets;
.& des moyens de s'en servin
Cet Ouvrage est Latin & son
curieux. C'est un des premiers
qui ait traité à fond de certl':
pierre.
VillebrordusSnellius en l'ann
née 1-62.0. fitparoistre son
Livre,intitulé Typhis Batavus
il donne une parfaiteconnoissance
des Lignes Loxodromiques,
& en explique h;
nature avec beaucoup de fo-i
lidité ; il y ajoute la methodo
de les réduire en tables; c'cor
jusqu'à presentceluy qui en
A parlé le plusà fond
Le cours de Conimbre parut
en i~.H y est traitede la
mature des vertus & des pro-
~prietez de l'Aiman, & de la
cBouflolc.
Nicolas Cabéc, Jesuite,mit
rmu jour en l'année1619. sa
Philosophie Magnétique,où
selon les principes de la Phisiique,
la nature,&les vertus
bde l'Aiman font expliquées,
àôc les secrets de la Boussole.
Adrianus Metius , donna n l'année1631. un traité du
premier Mobile, divisé en
xinq Livres, oùilenseigne
la Methode de naviger pan
le Globe, & pour l'usage des
Pilotes il y donne une Tables
des Lignes Loxodromiques,
qui est d'une grande érudition
&: utilité. C'est la pre-:
miere qui ait paru.
Jean Tassin, Geographe dun
Roy, en l'année 1633. donna,
au Public des Cartes desa;
costes de la Mer Mediterranée
& de l'Oceane, ce qui
est d'une merveilleuse commodité
pour laNavigation.
Georges Fournier) Jesuite,c:
en l'année1640. fitparoistre
son Hydrographie en François
,
où il traite de l'Art )de naviger ) & de quelques
particularitez qui regardenr
la Marine.
Barthelemy Morisot > en
[ l'année 1643. fit imprimer à
1 Dijon son Livre intitulé Orbis
maritimus. On y voit tout
ce qui Yeft passé de plus
:>
considerable sur laMer,tant
0 en Navigation
,
qu'en Combats
; & tout y est traité
b d'une manière historique. Cet
) Ouvrage est fort agreable & fort utile.
Jean Grandamy, Jesuite,
mit en lumiere en l'année
1646. un traite tres-curieux y
où il fait voir par une nouvelle
demonstration l'immobilitédela
terre par le moyen
de l'Aiman. Il détruit par là
toutes les opinions de ceux
qui onttenu le contraire, &
enseigne une methode d'avoir
la Ligne du Midy Magnétique
sans aucune décli-
Basson. Ses experiences font
admirables, & ses demonstrations
claires.
Nicolas Zuchi
,
de Parme,
Jesuite, publia en l'année
1649. un traité de l'Aiman,
quiestaussi fort curieux. Il
) en explique tous les effets,
) & les fonde sur des rairons,
& en produit des experiences,
sans approfondir la cause primitive
, ne s'attachant qua la finale.
Nous avons aussi un excellent
Traité de l'Aiman du
sçavant Kirker Jesuite,&Bibliothecaire
du Vatican. Cet
) Ouvrage est remplyd'experiences
tirées de cette Pierre,
&enrichi de figures; mais il
s'attache plutôt! aux prati-
) ques, qu'à donner l'explication
de sa nature. Ce fut en
1 l'année1654. qu'il parut.
Bernard Varenius nous
donna en 1660. sa Geographie
Universelle
,
où il traite
de la Navigation assez amplement,
& donne l'explicatior
des Lignes Loxodromiques.
Jean Riccioli,de Ferrare,
Jesuite, en l'année 1661. fil
voir le jour à sa Geographie:
où il ajoûte un traité de la
Navigation. Cet Ouvrage est
divisé en neuf Livres ; il y
joint les Tables Loxodromiques,
explique clairement la
Navigation circulaire, enseigne
la plus grande partie de
Problêmes nautiques, & donne
la maniere de faire des
Cartes hydrographiques.
La mesmeannée il parut
un Cours Mathématique de
Gaspar Schotus, Jesuite,où
il traite de l'art de naviger &
del'Hydrographie assez clairement
, mais avec peu de
démonstrations.
Mr Denis,Prestre,Hydro.
graphe & Professeur Royal
à Dieppe, en l'année 1666.
commença à donner au Public
ses Ouvrages par un trairé
de l'Aiguille aimantée ou
de laBoussole. Il enseigne les
moyens de trouver diverses
declinaisons del'Aimantée:
des Tables des amplitudes ortives.-? >.
Le mesme Mr Denis
xt
en l'année t6,6S. fit imprimer
une façon nouvelle deo
naviger par nombres, c'est à
dire, par Sinus, qui peut feulement
servir dans les Navirgations
de briefcours, & nonn
pas dans les longues.
En la mesme année Vin--l
cent Leontaut mit au jour un
traité de l'Aiman, dans le
quel il fait voir les directions
de la Boussole d'une maniere
nouvelle & solide. Cet Ou-u
ouvrage est d'un grand secours
pour la Navigation circulaire
'1{. Loxodromique.
.,
Le mesme M' Denis, en
année1669. donna au Puolic
un traitéintitulé, Dis
cours de la déclinaison du Soleil.
111 sert dans la Navigation à
observer la latitude en dioversesmanieres.
Le mesme Auteur en l'ananée1673.
mit au jour un autre ivre qui porte pour titre,
L'art de navigerensa plus haute
erfection
,
où il enseigne à
prouver facilement les laIluudes.
Claude - François Milleme
Dechales, Jesuite
> en l'année
1677. fit imprimer fonrii
Livre intitulé, tArt,rie nanji^v
ger, démontré parprincipes,&
confirmé par plusieurs observations
tirées de l'experience. Ce#3
Ouvrage est des plus solides
& est divisé en sept Livres,
avec quantitéde figures pour
l'intelligence, & des Table
fort amples. Il y traitede
grandeurs des Navires,avec
plusieurs circonstances de 1^1
Navigation sur les Rivières
& sur les Canaux; amplemen
de la Boussole & de sa constructionne
instruction;de la Sphere&dela
maniere d'observer la hauteur
tics Astres, des Lignes Loxo-
Hromiques, des Cartes hydrographiques,
des Latitudes
&C des Longitudes,enfindu
flus & du reflus de la Mer.
Maisoutretous ces Auteurs
jjque nous venons de citet,il y
ena encore d'autres qui ont
traitédela Navigation, sçavoir
Pierre AppianRodericus
Zamoranus , André Gaspar
Cespedius,DuRégime de la
'\Mfavigatïon-fèartholomoettsCrefr>:
entius> de Mauttcd Mediterrar,
nca-yAurufilnCoefareus; RoberItts
Dudlé, de arcanis maris
Jacques Colomb,d,ans; lo,
Flambeau de laNavigation
le Livre intitulé la Colomne
flamboyante; Pierre Herigon
en son Cours de Machematique;
Jean Janson, dans [OCI
Intioduction au Monde ma
ritime le P. Mersenne. Minime,
danssonIstiodromie:
LazarusBaytiusdere navali
J'ay leu en manufèrit L\
Phare de laMer, du Sr Bre
byon,Avocat à Dieppe, qui
mourut lors qu'on en impri
moitla premierefeüille.Ce
•Omvifieestoit divisé en si;:FI
ILivres.,& devoit avoir trente
ilfix gcran3de0s figures; le Sieur Bilaine en dévoit faire l'impression.
Il y est traitéàfond
de la Sphere, & de tout ce qui regarde une parfaite Navigation.
Il y a esperance que
aTes Héritiers le feront mettre
en lumiere dans quelque
Dzemps.11 avoit sesattestions
Ibde Mrs les Mathématiciens
ibde Paris.
Toutes les recherches que
vous venez delire sur l'Art
)hle la Navigation, ont este
faires par M Rouic,>deRouer.«i.
dont je vous ay déja envoyé
plusieurs Ouvrages quevous
avezestimez. Onest toujours
obligé a ceux qui par de femblables
foins facilitent au Public
ces fortes de connoiflances,
& qui luy épargnent les
longues lectures qu'il feroit
besoin de faire, pour s'infiruireun
peuàfond sur les
matieres de cette nature.
Mrle Baron de Spanheim,
Envoyé Extraordinaire de
Brandebourg, a eu audience
de congé de Sa Majesté, &
de toute la Maison Royale.
Le Roy luydit que Mr


l'lecteur son Maiitre conoistroit
mieux un jour ses
véritables interests ; que pour
uy il avoit toûjours recherché
la paix de l'Europe, &
qu'il ne cesseroit point de
ïiravailler pour en maintenir
nia tranquillité. Il marqua à et Envoyé qu'ilelloit fatifiVait
de sa conduite. MrSpanÉfiacim
a demeuré en France
cependant plusieurs années, &
sa pris plaisir à y voir souvent
les personnes distinguéespar
leur esprit.
Comme je vous envoyé
i tous les ans les Jettons nouveaux,
voicy ceux qui ont
eilé frapez cette année.Je
n'ay fait graver que les De..
vises. Vous n'ignorez pas que;
la face droite represente ceux,
que ces Jettonsregardent.
Je ne doute point qu'après
vous estre fait un
si
grand
plaisir des diversOuvrages
que je vous ayenvoyez sur
les Conquestes de Monseigneur
le Dauphin, vous ne
soyez extrêmement sâtisfaite
de celuy que vous allez lire.
Il estdeMr l'Abbé de Viani,
Prieur de l'Eglise de S. Jean
d'Aix, qui l'a adîefleà Mf:,
e Duc de Montausier.Cest
£.'a ParaphraseAllégorique
£Tun P/eaume que David
):zzomposa pour souhaiter à
Ton Fils Salomon) les vertus
rpqui luy estoient necessaires
pour bien regner. Vous y
werrez un juste rapport à tout
ixe qui est connu de lapiet,é
àôc des vertus admirables de
nostre Auguste Monarque.
C'est une matière jnépuifable
J
& qui renouvelle de
I( jour en jour.
PARAPHRASE
ALLEGORIQUE 1
Aux Victoires de Monfcïgneui
le Dauphin.
oDu PsEAUJvIE LXXI. - Onne,Seig&èar, AtéXiù.dté.
plusgrâtîdde nos Rois
1 Vamour ferme &- confiant de tes di^
vines Loix ; ,
Fais quesans s*écartet de la droite
lufiiee, -'
¡fa Pauvre ilfoittoujours fivcrible
& propice)
Et que ses lugemens des Peuples
¡zdgreZ,
Contre l'opprcjjlon les rendent assiren.
kVdiS que ceux qu'unhAut Rang at-.
tache àsaPersonne,
Soutenant a l'envy le poids de la
Couronne )
\Hin ftffint respecter £Augufie Majessé
) [leurVietéy
x'Sien mainspar leur Valeur que par
\*Et que les Magifirats qui dans leur
Rangsuprème
,
\Ont lesacrêdêpojt des droits du Dia*
dême,
\¥ou/fcZ de ton esprit,remplisde
leurdevoir
,
!3En fiachent menager le fouveraw
pouvoir? .-
7Wousverrons dans ces lieux la rAleu",
laPuiss.-.nce
,
Tfaire reg.icrU P:'; ,
la Vertu, VA- bondd
,
fiN&usverrons uj; '(.!i/u' Roy
,
leplus
grand desù Guera^/-s>
De la main definFils recevoir der-
Lauriers,
Etsentir le tranifport de cette doltce--
gloire
£)ne donne , aux leunes Coeurs lapremiert
Viffoire.
Nous verrons ce Vainqueur par fis
premiers exploits,
Biglerdes opprimeZ les légitimés
droits;
Etpar les beaux efforts desa valeur *
guerriere
Rétablir dansfies biens une Augufie
Héritiere.
Cesien vain, Thilisbourg
, que
ceint de toutes parts5 - far des Marais profonds) pardefermes
Rempartsy
Tu mépriflis les coups delàfiere
Tempefie : [ quefie3
De cejeune Héros tu fieras la Con,..
VSi deton Difevfenr le nomsifort
vanté3
-j?,r uniraplus célébré à lapofierrté>
'Q'avoir pu quelques jours arreflet
fin audace>
£^fte d*avoirsurmonté les efforts de
la rhrdce.
Martheinsuivra ta chcllle, &fin
JîerFalAtin
fuyant de ses Eflats le rigoureux
Jifin,
yprés avoir canfé cette cruelle
guerre,
Sentira le premier les éclats du Tonnerre.
Malgréses Bastions & ses fiperbes
Forts,
13frankendal tombera fins les nob, les
efforts
M'un Heros qui suivant sa course
glorieuse
>
Mangerafousses Loix & le Rhin di-
, laMeuse.
En vain,fer Hollandois de fii
grandeurjaloux,
Tu te crois dans tes eaux à couvert
de.fiscoups ;
On aJeu tedomptermalgrétes fortes
Digues,
Et trancherpar le Fer tes Traitez&
tes Ligues , Et te donnant ia Loy dans us propresEtats9
Te rendre le mépris de tous les Potentats..
Jïuinsidelie à fin Sang, à fin
Pere perfide>
Ton ingratProtecteurm:dite un Parricide
4
Jïuefier de ces Vaijjcaux
,
plein de
va/les projets, [ Sujets;
Il arme contre un Roy fis rebelles
*arfespremierssucc,éss*accoAutu,m0'a- n- t
aa crime, ( gitime,
gytfil traite en fippofél'heritier le.
St de la calomnieemprllntaitt le
pinceau, Quil attaque sans honte un Enfant
au Berceau,
\e Cielpour le punirformera des
orages5
Et le Prince anime par tant d'hen.
reuxpréfiges*
ïcrafcra ce Monstre ennemy de la Foy,
57surfinTroneAugufie affermira,
ce Roy.
Rome deceshautsfaits heureusement
sûrprise,
Voyant dans ce Héroslesoutien de
l'Eglifi,
De tous nos démèter, oubliant le
malheur, (Valeur.
De mon Roy
>
defin Fils bénira la
- Cefialors que LOFIS AU dejjk*
de l'Envie,
Prolongeant par fin Fils la gloire
deJaVie,
formera par fis foins des Frinces
genereNx,
Et si verra revivre encor dans siJs
Neveux,
Dont la posterité dessiécles reverée"
Aura du Firmament£éternelle
durée.;
Ettoujoursplus féconde en Héros
immortels,
Expofem fin Sang en faveur des
Autels ;
Et par elle bientost, les Sultans de
Bifance
Malgré , tous leurs efforts, & leur
vaste JNiffince,
rerront far les rayons de ce Soleil
naissant,
Çpbjcurcir a jamais leur funejïe
Croissant.
Ce DAFPHIN que la France&
que le Monde adn ire,
"SDes Fleuves & des Mers hornera
son Empire,
hJEt ses jalonx craignant la force de
son bras, [ pas.
Udifèront,par refpecl la trace deses
Les Flotes de Siam à travers les
orages
t porteront leurs Tresorssur nos heureux
Rivages,
i Et Us Barbares Rois des Peuples
basanez,,
Seront à sesgenoux humblement
profiernez
Le Pirated'Alger cent foisplus
redoutable
Au timideMarchand qu'un écûeil
efrojat-iei
Sous les débrisfumonsdeses MufSte
embrasez,,
Se reverra purty des maux q"
caufcT^.
Des méchants ilflra /'impitoyable
luge,
Des pauvres opprimez, ilfera h\
refuge,
Contre leurs ennemis il fera lettmrî
apuy ; [ lu
Etleur étatabjeEtferagrand devante
L'Indien parfin Orviendra le\
reconnoijlre,
Et les Peuples diversvoulantFavoirtw
pour Maifire
Par de riches Tributsobligeront
leurs Rois
De venirpromptement se foumetire
a ses Loix.
Sous un Regnesifiint, si remply
de lufiiee,
.!."a Vermfousfispiedspra tremblerleVice.
"Nas monts ou ne croisoient que
d'aridesbuissons,
Produiront sans travail de fertiles
moiffins,
\=-t ceux dont Dieu bénit le chasle
Mariage, [partage.
à(De Vertueux Ensansauront le doux
^>ui repeuplant nos Camps des plus
braves soldats
, ^Deviendront lejoûticn desesvases
Etats.
Apres tant de bcn-hcuricevrince
incomparable
Mura dans l'Vnivers une gloire
d/trable.
rTiés Ennernisfrilpe- de sa vivt
splendeur,
tenteront vainement d'affaiblir sa
grandeur,
Ori te verra briller d'une lè,2
lumiere,
Tant que fAstre dit jour fournirai
sa carriere.
Grand Dieu, de qui les Rois 0;;1\\
toute leurgrandeur,
jtjïnqunu Monde entier t'adore-v
avec ardeur GonfervedansLOV,IS ton plusw
p.zrJait ouvrage ;
Conflrve en son DArPHI NV
sa rejfemblantc image;
ParEux ton sacré Nom des Mor—\
tels refpcffê
,
Regnera dans son lufire di dansvt , sa Maio/fé.
liluftr* MOKTAFSIER , dcmÀf\
l'ame genereuse
A toâjous protégé la rerlll mal»'
heureuse s
2Toy qui receu du Ciel la Candeur,
la Bonté)
Et du mondenaissant l'antique
Probli'té;
uanddes Cygnes fameux
,
qui , charment tes oreilles ,
De ton jeune Heros annoncent les
merveilles
„ Daigne encore écouter ce quauxbords
du Jourdain
Pn Saint Roy prononça par un
esprit Divin,
Et ne refufl pas de presenter (lM;
PRINCE,
Ce tribut qui luy vient du fond
d'une Province.
Le Lundy 7. de ce mois,
Mr de Cailliere,&Mll'Abbé-
Renaudot furent receus b
l' AcademieFrançoise; le premier,
en la place de M1 Quinault&
le fécond) encelle
de Mr Doujat; & comme ils
succedoient à deux grands,
hommes, dont le mérité reconnu
de tout le monde, leur
fournissoit une tres-belle matiere,
& que d'ailleurs ils
avoient à soutenir le choix
que l'Academie avoit fait
d'eux dans un temps où elle
avoit Tentiere libertéde les
suffrages, il vousest facilede
penfer de quellebeautéfurent
les Discours qu'ils firentpour
remercier cette illustre Coiïh
pagnie de les avoir admis
dans sonCorps. MCharpentier,
qui comme Doyen se
trouva chargé delà parole,
sau défautde Mr deVillayer,
Directeur, &de M' Racine
Chancelier-, quine purent le
trouver àcetteAssèmblée,
[ leur répondit avec une
éloquence qui ne surprit
point, parce qu'elle luy est
ordinaire, mais qui ne laitia
[ pas de luy. attirer beaucoup
>
d'applaudissemens. Comme il
est à présumer que ces trois
Discours feront bien- tost
donnez au Public,félon la
> coutume, je ne vous rapporteray
aucun des endroits que
-
l'on en a retenus de peur de
les affoiblir par le changementdes
termes,qu'ilferoitau
moinsfort difficile
de mettre
dans le mesme arrangement.
Cette Seance finit par la lecture
dequelques Ouvrages
particuliers. Mr de Benserade
leut des Vers qu'il avoit faits
sur la prisc de PhiliJoourg;,
Mr le Clerc,un Sonnet sur ce
que l'homme cft capable
d'entreprendre; MT l'Abbé
Regnicr, une Version en
ProfcFrançoise, de son excellent
Panegyrique du Roy,
n Vers Latins,& Mr l'Abbé
Ht la Vau, des VersFrançois
fie Mr Boyer, pour meure au
dessous d'une Statuë de Sa
Majesté.
Quant aux deuxnouveaux
Académiciens, M1 de Cailiere
,
dont le Pcre estoit
lîouverneur de Cherbourg5
i cité employé en Savoye
>
!n Baviere, & en Pologne.
a beaucoup d'Amis, &
çait les belles Lettres autant
quê les peut sçavoirunhomme
du monde qui n'en fait
point profession,ou du moins
si peu9 qu'il n'y a que lezele
quiiv a pour le Roy quiala
pu l'obliger à se rendre Aureur,
mais la vie de ce Monarqueest
si remplie de merveilles,.
que ceux qui ne fd
font jamais mêlezdecrire:
se sont trouvez habiles poun
le louer.
Mrl'Abbé Renaudoteflf
Petit-fils du fameux Thco..4
phrafte - Renaudot, qui 8
inventé la Gazette. Il travail-J
le à cet Ouvrage, qui cfln
d'autant plus difficile, quoi
les Nouvelles y devant tou-i
jours estre resserrées à cause
du peu d'étendue qu'on as
pouiu
pour en parler, ceux qui y
travaillent ne peuvent leur
~Honner de tour où leur éloquence
ait de l'étend uë. Ils
peuvent encore bien moins
employerles raisonnemens,
pour faire paroistre leur esprit.
Les grands foins que Mr
TAbbe Renaudot donne à
cet Ouvrage, fori& cause que
aie Public n'en a jamais eu de
luy d'une autre nature.
Il y a souvent de la bizarn
rerie dans nos fentIMCIis &
occ qui a rompu depuis peu
un mariage qui estoit tout
prelt de le conclurre , en est
une preuve allez extraordinaire.
Une Demoiselle,toutà-
faitmaistresse de ses volontez
par la complaisance
que sa Mere avoit pour elle,
fc voyoit recherchée de tous
codez. Ses manieres engageantes
& honnestes charmoient
tous ceux qui la connoilloient
; elleestoit jeune
& brillante, & comme les
moindres chosesparoissent
spirituelles quand elles lonr:
dites par une jolie personne,
l'enjoüementde son humeur:
passoit pour vivacité d'esprit
pour peu qu'elle parlast,
~lle donnoit un grand agrément
à laconversation.Elle
voitperdu son Pere dés ses
remieres années, & sa Mere
~e se trouvant pas encore
~sans un âge extremement
vancé,conservoit toujours
~ulu goust pour le monde, &
~oyoit avec plaisir que sa
:i:iHe luy attirast bonne compagnie.
Son interest n'estoit
&tas de la marier si-tost. Elle
ngeoit bien que dés qu'elle
l'auroit plus avec elle, les
risites cesseroient, & qu'en
* hâtant de choisir unGendre,
elle chasseroit tous ceu
qui s'empressoient à la dü
vertir.Ainsi la Bclle trou
vant dans tous les Amallf
qui se declaroient, quelqu
defaut qui l'en dégoûtoit
estoit plûtost applaudie qaj
combattuë par sa Mere, qui
luy conseilloit toujours de f]
défier des mouvemens de ~son
coeur, & de n'écouter que si
raifbn., quand elle voudroi
penser à un établissemen
Elle estoit d'ailleurs naturell
lement assez incapable dl
s'attacher, & si elle avoir
quelque panchant, c'estoi
oour les gens d'Epée en general;
un homme de Robe
juy estoit insupportable, &
Ile n'en voyoit point qu'elle
n'éloignast par sa froideur.
Il arriva cependant qu'un
nomme de ce caractere en,
ireprit de vaincre cette aversion.
Ilavoit beaucoup d'esprit
& de bien, & estoitConseiller
dansunParlement des
pluséloignez. Une affaire
d'un mediocre interest qu'il
estoit venu terminer avec
des Particuliers, le retenant
à Paris depuis quatre mois,
il luy prit envie de courir le
Bal avec un de ses Amis a
commencement du Carna
val. Ils se déguiferenc for
proprement, & aprés avoi
esté en plusieurs endroits,il
finirent par une Assemblé
où la Belleestoit.LeConseil
ler fut frapé d'abord de c
qu'il vit de piquant en f;
personne. La parure luy avoi
donnédes beautez nouvelles
& ne trouvant rien plus digne
de l'occuper le reste du
soir, il s'approcha d'elle aprés
que son Amy luy eut
dit qui elle estoit. Ill'entretint
fort longtemps, &s'il
il
fut content de son esprit,
~selle ne le fut pas moins de
lia maniere delicate & fine
dontil tourna mille choses
obligeantes que l'honnesteté,
)ou plutost un commencement
d'amour luy faisoit dire.
LaBelle qui s'en trouvoit
agreablement flatée
,
aprés
avoir soutenu avec beaucoup
d'enj oüement une conwiUtion
de plus d'une heure,
eutenvie de voir à qui elle
avoit affaire. Elle luy dit
plaisamment qu'il suffisoit
d'estre Fille pour se montrer
curieuse & le pressa tellement
d'oster son masque
qu'il futobligé de la satis
faireIlestoit bien fait,&son
visage avoit je ne sçay cjuoy^
de noble qui prcvenoit tou
le monde en sa faveur. Comme
il luy estoit entierement
inconnu, elle voulue
sçavoir davantage, & [oru
accent luy marquant qu'il
estoit d'une Province éloignée
,elle le pria de luy a pprendre
ce qui l'avoit fait
venir à Paris, & s'il avoit a.
y demeurer long-temps. Il
l'asseura qu'iliroit chezelle
luyen rendre compte , & il
inobtint la permission. Lors
qu'il fut sorty du Bal, il fit
Ar^e questions à sonAmy sur
jsa conduite & sur le bien
isle la Demoiselle. Il n'entendit
rien que davantageux de
un & de l'autre, & cet Amy
~e voyant dans quelque dcfein
de se faire une affaire serieuse
de l'attachement qu'il
auroit pour elle, l'avertit du
peu de succés qu'il en devoit
esperer par le dégoust qu'elle
savoit toûjours fait voir pour
lles gens de Robe.Le Conseilner
crut qu'avec un peu de
ménagement. il viendroit à
•r
bout de cet obitacle, & qu
s'il pouvoit
, en habit dl
Cavalier, luy faire prendr
pour luy quelque favorabl
impression
,
la connoissanc
qu'elle auroit ensuite de 1
verité
) ne ~déttuiroit point le
sentimens qu'il auroit fai
naistre. Dans cette pensée
prit un Justeau ~corps for
brodé, un Chapeau avec de
plumes,&ce qui pouvoit con
venir le mieux à un.Cavalier
& comme il avoit - un Frer
qui avoit suivy la profession
des armes, & qu'ils estoien
assez ressemblans de traits &
)Se taille, il résolut de passer
mur luy. Dans cet équipage
Il alla rendre visite à la Belle,
& en fut receu avec rout l'accueil
que la bien- seance luy
)OOUVoit permettre. Il fit
connoistre d'abord la Maison
Bont il étoit,dit qu'il avoit un
Miné receu Conseiller depuis
six ans, & que pour luy., ayant
pris employ parmy les Trou-
Icpes dans sa plus grande jeumesse
,
il n'avoit encore soupiré
que pour la gloire,mais
Au'il craignoit bien que son
coeur ne fust forcé de changer
d'objet. Cette douceur
ne fut pas perduë. On la re
leva d'une maniere qui lu;;
fit connoistre que Ces assidui
tez ne déplairoient pas.
en eut beaucoup pour cett
aimable personne
,
qui ci
peu detemps le rendit for
amoureux. Il se déclara, &
luy offrit tous les avantage
qu'elle pouvoit esperer d'un
personne qui avoit un bien
considerable. Quoy qu'elle
ne le regardast que comme
Cadet,elle avoit lieu d'estre
satisfaite
, puis que par les informations
qu'elle avoit sais
faire fort soigneusement dan
Province, il estoit confiant
que ce Cadet joüissoit de plus
le vingt mille livres de rente,
D-e qui estoit tres-accommolant.
Une feule choseluy caudoit
de l'embarras. Toutes les
Lettres qui par loient du Cavalier
,
luy apprenoient que le
olaisir de paroistre luy avoit
toûjours fait faire une fort
grossedépense, & si d'un
costé elle ne pouvoit blâmer
wn panchant si noble, elle
apprehendoit de l'autre, que
pour soûtenir la mesme dépense
,
il ne s'avisast de la
releguer dans quelque Terre
où elle seroit reduite à vivr
fort resserrée. Elle sçavoir
que quantité d'Officiers en
usent de cette forte. Ils mec
tent leurs Femmes sur le petit-
pied,tandis qu'ils consument
la plus grande partie
de leur bien à servir le Rojj
avec éclat, & siquelquefois
un Gouvernement les en indemnife
,
leurs plus beauim
jours sont passez quand elle
partagent la bonne fortune
qui arrive à leurs Maris, &
en l'attendant elles menent
une vie fort desagreable.
Malgré toute la justice que
1Belle estoitforcéederene
au merite de son Amant,
n coeur estoit toûjours tout
elle, & l'amour n'ayant
ioint de part au choix qu'el-
) devoit faire pour ion étaiissement,
necombatit point
z's reflexions. Elles l'emporirent
sur son panchant natu- il, & luy firent prendre une
solution dontonnel'auroit
imais creüe capable. Ce fut
s'exiger du pretendu Cavaer
qu'elle voyoit si remili
d'amour,de luy prouver
entiere soumission qu'il juioit
avoir à ses volontez, en
renonçant à l'épée, & cho
sissant une Charge dans
Robe, qui l'empescheroit d
continuer les grandes deper
ses qu'il avoitaccoustumé d
faire à l'A rmée. Ellene pou
voit se figurer qu'il y eust aia
cune hontc pour elle dar
ce changement de goust
puis qu'on ne pourroit lu
reprocher que ce fust l'amou
qui l'y eust reduite, & qu'o
verroit au contraire qu'elle
auroit eu assez de pouvon
pour metamorphoser u
homme de guerre, ce qu
devoit estre un grand triom
olie pour sa vanité. Elle demanda
l'avis de sa Mere , qui
me manqua pas dela confirmer
dans ce dessein
, ne
doutant point quela proposition
ne fust rejettée par ion
Amant, & que son refus ne
•irompiftlemariage. Le mesme
jour,elle s'expliqua avec
lle faux Cavalier qui la prefifoie
toûjours de conclure, de
ne voulant pas luy laisser voir
qu'une raison d'interest fuit
>
cause de ce qu'elle avoit à
luy demander, elle luy dit
>
d'une maniere flateuse, qu'il iestoit si bien venu à bout de
toucher son coeur, qu'ily
avoit mis des sentimens trop
tendres pour luy, & qu'i
luy estoit impossible de consentir
à le laisser dans un
employ dangereux qui l'obligeoit
d'exposer sa vie à
tous momens ; qu'ainsic'étoit
à luy à examiner s'il
l'aimoit assez pour la vouloir
acheter aux despens d'un peu
de gloire, parce qu'à moins
qu'elle ne levist revestu de
quelqueCharge qui l'arrestant
auprés d'elle luy donnast
lieu de vivre en repos, elle
ne pouvoit se resoudre à l'é::
pouser. Imaginez-vous combien
le Conseillereut de
joye. Il se voyoit hors de
!l'embarras où le mettoit la
necessité de declarer qu'il
n'estoit point un homme
d'épée;il avoit d'ailleurs le
1 plaisir de connoitlre par la
1 crainte de la Belle qu'elle
avoit le coeur veritablement
touché> puis qu'elle n'auroit
1 pas pris tant d'interest à la>
conservation de sa vie,sielle
* n'eust eu dela tendresse pour
l) luy. Ill'asseura qu'elle pouvoit
ordonner de sa fortune,
* & que l'avantage de luy plaire
estoitleseulqu'ilenvisageoit.
Une complaisance si aveugle
qui est la marque d'un excés
d'amour, la flatasensiblement.
Elle s'en fit un bon*
neur, & sceut bon gré à ses
charmes de la victoire qu'ils
luyfaisoient obtenir. Cependant
comme elle vouloitautre
chose que des paroles, &
que les effets seuls luy pouvoient
répondre de tout le
pouvoir qu'elle avoit surson
Amant, elle le pria devoir ce
qui le pouvoit accommoder
dans laRobe,afinde luy oster
la tentation
-
où il pourroit
estre, aprésl'avoirépousée,
de ne point changer de profession
Tout ce qu'elleluy
dit là-dessus pendant huit
jours,futsifort & si pressans,
qu'il ne crut aucun peril à
luy dire que rien ne devoit
retarder leur mariage, puis
qu'il estoit ce qu'elle vouloit
qu'il fust. En suite illuy expliqua
la tromperie que son
amour luy avoit fait faire,
lors qu'on avoit voulu luy
persuader qu'elle ne pouvoit
souffrirque les gens d'épée
> &ilaccompagnatoutece qu'il
luy dit pour excuser son deguiement,
de tant demar
ques d'une vive passion, qu'i
ne douta' point que la faut,
dont il demandoit pardon
nefustoubliée sans peine pai
le motif qui l'avoit causée
Il en arriva pourtant tout au
trement. La Belle rougit, de
meura refveufe
)
& pria III
Conseiller de luy donner 1"
reste du jour pour demesle:
divcrs sentimens, qui se de:
truifoient les uns les autres
& qu'elle ne connoissoit pa
assezelle-mesme. Ainsiil ta.
obligé de la quitter sans [ça..!
voir à quoy devoit abouti
saresverie. Elle demeura dans
de cruelles agitations. Un
Cavalier devenu homme de
[Robe par le pouvoir qu'elle
auroit pris sur ses voloncez)
luy parut forc différent de
celuy que son propre choix
avoitattaché à cette profession.
Elle se representa
combien il devoir luy estre
honteux qu'on pust dire dans
[le monde que l'amour ou
l'interest, & peut-estretous
les deux ensemble, l'auroient
obligéeà changer de sentimens
,
après l'éloignement
quelleavoit toujours fait
voir pour toutes les perfore
nes de Magistrature. D'ailleurs
J
son Amant l'avoii
trompée, & il luy fembh
qu'elle ne pouvoit sans abait
sement le rendre la recom
pense de sa tromperie. Mille
autres choses luy passeren
dans l'esprit.Un homme qu
avoir eu l'adresse de se dé
guifer si bien, devoitman
quer de sincerité en toute
choses
s
& elle voyoit àcrain
dre que sa passionestant usés
par le mariage, cequi n'ar
rive quetrop ordinairement
il ne fust tout autre qu'il n
s'estoi
s'estoitfait connoistre. Le
rplus chagrinant de
*
tout,
c'estoit de s'estreviiitéequ"-
elle luy faisoit changerd'inclination
» en le red uifant à
quitter les armes) &que ce
fust elle qui parust en avoir
changé pour luy. C'estoit
un affront qu'elle voulut s'éoargner,,
& ces différentes
considerations luy en firent
orendre le dessein si fortement
j que son Amant luy
yant demandé le lendemain
>:e. qu'elle avoit resolu, elle
Inc balançapoint à luyréondre,
qu'elle feroit tou-
jours gloire d'estre sonAmie
mais que jamais elle ne i
se
roit sa Femme. Les raison
qui la portoient à ce change
ment, furentensuiteexpli
quées. Le Conseiller cru
cTa bord quelletvouloit l'é
, prouver, & il ne pouvoi
comprendre qu'elle eustsou
haité le voir dans l'estatoù i
eitoit) & qu'elle pull luy ei
faire un crime. Elle renon
çoit à un Party fort avanta
geux
, & ne pouvoit se met
tre au dessus d'une formal it:
ri dicule. Il y avoiren cell
beaucoup deca price,& quani
Évit qu'elle y persistoit obi,.
in'cnierit,milgr" tout l'a- -
,.'ou-r- qu'ilavoit pour el le, il
agir sa raison pour s'en
Aenr.tl crut meime que sluy estoit une espece de
oenheur de n'avoir point à
lasser sa vie avec une perfoncapable
d'une bizarrerie
liai forte que celle qui l'oigeoit
à cette rupture. Il it congé d'elle pour s'en
xourner dans sa Province,
lalaissa dans l'entiere Ii.
j:rtc de faire tel choix qu'- île voudroir. Il ne laissa pas
o
souffrir beaucoup, parce
qu'il n'est pas aile de se do
faire d'une forte passion
Heureux celuy qui peut o
sauver son coeur< & qui n
icaic point par experienu
que les douceurs de l'amor
ne font la pluspart qu'imag
jiaires. C'est là-dessus qu'on
fait les Vers que vous allJj
lire;ils ont esté mis en a
par un de nos plus sçavas
Musiciens.
AIR NOUVEAU..! AMour, tous tes plaisirs v
Jont qu'imaginaires,
Ne viens point surprendre m
cevur,


Sons tes esperances legeres.
Si tu devenaisfin vainqueur,
\rl ne [croit jamais dans un ejlat
paisible,
1 luy verrois former mille importuns
désirs,
tu le trouveraispeuî-ejîre plus
sensîble
,
A tes peints quà tes phifîrs.
Vous avez sceu le mariage
ui Prince de Toscane, Fils
uu Grand Duc de Florence)
wcc la Princesse YolandBeasix)
Soeur de M1 l'Elet1:cur
se Baviere, &: de Madame
aDauphine; il faut vous en
lire les particularitez. Le
- wlarqurs Corsini, GrandVeneur
& Ministre d'Estans
ayant tfté envoyé en qualiti"
d'Ambassadeur Extraordina
r-C) pour faire la demandeo
cette Princesse , arriva le ri
Novembre à Sentilm, éloa
gné d'un mille de Munie:
où le Comte Knmauser, Choi
valier de la Clef d'or) Con
seil-lerdeftat duPrince elc
ment de Bavière ,& Comi
mifliiredélégué> se rem o airlemesme jour avec di
Girofles. Ce Comte ayan:
avec luy trois Ecuyers de Son
Altesse$Elcétorale de Bavie:
ics]futrcceuparl'Ambaflài
eur au haut du degré.Voi-
{y dans quel ordre on arriva
Munie. Les Carrosses du
Comte Kamafsr, du Comte
le Praïfïi3 Grand Maréchal
le Cour; du Comte Fugher,
roremier Gentilhomme de la
chambre; du Baron Laibe-
Fing,Conseiller d'Estat; du
Trelldent de laclialiibre, &
Hu President du Conieil Aulique>
marchoient les premiers.
Ilsedoientvuides,&
cprecedoient quatre autres
Carrosses de laCour. Dans le
premier estoient le Maistre
Jtfe Chambre, le Grand Ecuyer,
& le Majordome dal
l'Ambassadeur avec un E-i
cuyer; dans le second, les
Comte Strozzi, le Chevalier
A lemanni,& unautreEcuyer;
dans le rroifiéulC
,
le Sr Fe---
deric Ricci, le MarquisPatrizzi,
Secretaire du Grand
Duc, & un troisiéme Ecuyer,
& dans le quatriéme le Marquis
Corsini, Ambassadeur,
&le Comte Kamauser, qui
ne voulut point se mettre à
costé de luy. Le Carrosse de
son Excellence marchoit en*
suite, puis les Pages à chc.
val, & après eux tous les gens
He livrée. Deux autres Carr:,-
offes de l'Ambassadeur suiwoient,
avec sa Litiere, onze
Caleches, & douze Mulets
chargez de bagage. Estant
arrivé à la Porte de la Ville,
il trouva la Milice rangée en
ordre, battant le Tambour.,
llx. fut conduit au Palais avec le mesme Cortege. Les Hallebardiers
estoient rangez de
xhaque costé de l'escalier
,
&
d'autres occupoient tous les
Corridors. Les Archers de la
Garde du Corps deSon A. E.
estoient partagez par toutes
)lcs Salles. L'Ambassadeur fut
receu au haut du degré par loi
Maréchal de la Cour, & à la
porte de l'Antichambre,paus
le premier Gentilhomme dofc
la Chambre. Mr l'Electeur
estoit hors la porte de la fe-:i
conde. Il avança deux pas x 2
& après qu'il en eut cfléàf
salüé) il se tira à mainni
gauche, faisant figne à*î
l'Ambassadeur qu'il eust àf
s'avancer sur la droite. Il s'enn
excusa par une profonde re;.,;"
verence. Ainsi M1TEleâ:curnj
passa devant, & son Excel--ls
lencele suivit,laissantpari
refpeél: un peu d'intervallesll
entre eux Les Chaires estoient
égales, mises en travers sur le
marche-pied. Son Altesse fit
couvrir l'Ambassadeur,après
quoy le Chevalier Monternagni
,
& les autres Gentilshommes
qui l'avoientaccompagné,
firent la reverence à
ce Prince. Au sortirde cette
Audience, il fut accompagné
par M l'Electeur jusqu'à
la porte de l'Antichambre, &
conduit ensuite par le premier
Gentilhomme de la Chambre
, & par le Maréchal de la
Cour, aux mesmeslieux où
ilsl'avoient esté recevoir. De
là il alla chez Madame l'Elesbrice,
& y fut receu avec les
mêmes honneurs. Il la trouva
debout fous un Dais? au milieu,
d'un double rangde Dames.
Elle s'avança trois pas
& avant que de parler, elle
l'obligea de se couvtir. Enfuite
il visita le Prince Clement.
qui sortit plus loin
hors de la porte de la pre-
, miere Antichambre , que n'avoit
fait S. A E. Les instances
de luy ceder la main furent
reiterées plusieursfois,
& l'Ambassadeur s'en excusa
aveclemesme respect. Li,
acheva ses visites par celle
qu'il rendit à la Princesse.
Elle observa les mesmes démarches
que Madame l'Electrice,
& il trouva les Dames
rangées auprès d'elle dans le
mesme ordre. On luy donna
un appartement dans le Palais,
composé d'une Salle,
d'une Antichambre,&d'une
Chambre d'audience avec un
Dais, fous lequel estoit une
petite table, untapis de pied,
& deux chaises de velours. A
costéestoit une autre chambreoùil
coucha.Il futfervy à
table par quatre Pages d'honneur
de Mr l'Electeur, & par
les trois Ecuyers qui avoient
accompagné le Comte Kamauser
,
lors qu'il avoit esté
le recevoir à Sentilm. Son
Excellence ayant esté invitée
à voit l'essay d'un Carrousel ,f
se rendità l'appartement de
Me l'Electeur, qui lemena
d'abord à la Messe. Il entra |
dans un balcon, où il yavoit
un tapis, avec un carreau, &
un fauteüil en face de l'Autel,
au coin des fenestres des
Princes qui estoient du costé
de l'Evangile. Ce Balcon se
trouva rempli des Seigneurs
bde cette Cour. La Messe finie,
xm allaau lieu duspectacle,
Mr l'Electeur ayant le Prince
Clement à sa droite,&l'Ambassadeur
à L1 gauche. Aprés
cela on prit le divertissement
bde la Comedie. LaChaisede
son Excellence estoit placée
sur l'estrade des Prince,avec
) cette seule difference que celles
de Leurs Altesses estoient
j directement tournées vers le
theatre, & celle del'Ambassadeur
estoitdecosté &
sans bras. Il eut une Audien-
> ce pirticuliere de la Prin-
)
cesse, ,en laquelle sa Dame
d'honneur le vint recevoirà lai
porte de la Chambre, & l'accompagna
de mseme en sortant,
Il visitaaussi le Prince:
de Neubourg,&fut receu par
son Maistre de Chambre aut
milieu du degré, & par ce
Prince à la porte de la Chambre
qui donnoit sur le degré-
Il ne voulut point non plus accepter
la main que cette Altesse
s'efforça de luy ceder.
Le 21. les Epousailles fea
firent dans la Chapelle quii
est au bout de la grandes
Salle. Aprés les Cavaliers des
la Cour, marchoit sonA.E..
ayant VA-mbaffidcur; à sa
droire
) & le Prince de Neubourg
à sa gauche. Madame
l'Electrice & la Princesse de
Baviere suivoient accompagnées
de toutes les Dames.
Les Archers estoient rangez
par les Corridors, avec des
livrées neuves d'un drap bleu,
galonné d'argent. Le Prince
Clement se trouva à la porte
de la Chapelle en habit de
ceremonie, &, donna de l'eaubenite
aux Princes & à son
Excellence. Il avoit avec luy
l'Evesque sustragant de Praissingen
habitsPontificaux
9.
qui donna trois coups d'encensoir
à leurs Alteffes &:
deux à l'Ambassadeur. Ce
Prelat fitlafonction de la
ceremonie de l'anneau. Du
costé de l'Evangile leurs Altess-
es Electoracl'es avoient
deux Fauteüil s sur uneestrade
assez élevée. La Princesse,
ayant le Prince de Neubourg
à sa gauche
,
estoit vis-à-vis
de l'Autel, & du costé de
l'Epistre on voyoit l'Ambassadeur
entre la Princesse & le
Prince Clement, mais reculé
deux pas en arriere. Ilavoit
untapis,&uncarreau avex
rune chaise de velours noir,
toutes les autres estoient de
velours rouge.On chanra la
Te Deum). & la ceremonie
estant achevée la Princesse
le retira dans son appartement,
où tous les Princes
l'allercntcomplimenter,ainsi
que l' Ambassadeur. Onsoupa
dans la mesme Salleoù
cette ceremonie avoir esté
faite. La Princessede Baviere
eut la premiere place , pais1-
PrinceClementle-rrince-
Prince Clémentôè te Prince
deNeubourg L'Ambassa
deur fut presentàunepartie
de ce repas r demeurant toûjours
couvert & fut traite
ensuite magnifiquement.
Vingt personnes des plus
qualifiées prirent place à la
table, & entre autres le pre
mier Ministre & le Maistre
de Chambre de Mr l'Electeur.
Il fut fcrvi par un Ecuyer
& par des Pages, & les
Gens de livrée servirent les
autres.Il y eut le foir uneScrenade.
Le Theatre qu'on avoit
élevé pour cette feste
,
estoit
dans un petit jardin du Palais,
où l'onavoitdressé une ten
te
.,
remplie de feuilles d'or)
& illuminée d'une infinité
He flambeaux & de divers
~uustres de Cristal. Au dessus
estoient deux loges pour cent
~siciens qui chanterent
30UC ce qui pouvoit convenir
au sujet de cette Feste.
Le 2.3. on eut le plaisir du
Carrousel.Il commença par
un excellent concert de Mil-
Lique. La Décoration du
Theatre où il fut fair) representoit
le Jardin des Hesperides.
Mrl'Electeur & le
~rince C lement y parurent
i.-iifemble avec beaucou p d'avantage,
le premier montrant
tant d'adressè& de bra
Voure en l'exercice du dard
de la lance, du pistolet&
l'épée,qu'il fut aisé de juge
combien ce Prince est redou
table àses Ennemis lors qu'i
est en campagne, Il y eut ba
au Palais le soir de ce mesm
jour. M1TElecteurl'ouvri
avec la Princesse de Toscane
Madame l'Electrice dans
aussi, mais fort peu àcause de
sa grossesse.
Le 24 son AltesseElecto
rale donna à disner à l'Ain
bassadeur. Le Prince de Neu
bourg, & cinq Chevalier
acre la Cour furent du repas.
Son Excellence y eut la quatrième
place, &unechaise
pareille àcelles de Leurs Alresses
; cellesdes autres n'awoient
point de bras.Il yeut
~e foir un nouveau concert
,,9-nz après souper des feuxd'ar-
~irifices. Le 25. au matin. l'Amoassadeur
prit l'audience de
congé, & annonça le depart
~oour le lendemain.Le peuple **
parccourut pour voir partir la
Princesse
,
qui en sortant de
sa porte de la Ville fut saluée
!:l)une décharge de tout le
Canon. Elle estoit dans le
MÉÉ
Carrosse de Madame rEle.
Ctrice. Leur separation qui se fitàunmille de Munic, fut
accompagnée de larmes. Le
27. on poursuivit le voyage
avec un grand nombre de
arrCiavrraosses, & le 28. au soir on à Mittevald sur les confins
de la Baviere. Mr l'Ele..
aeur s'y estoit rendu à cheval,
avant l'arrivée de la
Princesse, & ce fut là que
l'Ambassadeur presenta à Sor
Altesse Electorale, le Marquis
Ferdinand Capponi, pre
mierGentilhomme de 1;;
Chambre, le Marquis Ferdii
nand
nand-Alexandre de Gondy,
Coppiere ou Grand- Echanson,
le Marquis Hippolite-
Antoine Bagnesi, Grand
Tranchant, & après eux les
Pages destinez pour servir la
Princesse de Toscane. Si tost
qu'elle fut arrivée à Mittevald,
son Excellence luy prcsensa
la Marquise Bichi,
sa premiere Dame d'honneur
& plusieurs autres Dames,
qu'elle receut avec de tresgrandes
marques de bonté.
Le ig. au matin, M l'Ele-
Cteur se separa de cette Princesse
,
aprés un adieu fort
,tendre.,& rerourna à Munic.
Elle passa le mesme jour de.
vant laForteressedela Chiusa,
qui appartient à l'Empereurfut
saluéed'unedé-
chargedevingt quatre pieces
de Canon. Un peu plus
loin, elle receuc une Lettre
de l'Empereur qui envoya
la complimepter. Elle coucha
le soir à Sefelt, & le lendemain
estantà un demy mille
d'Inspruch,elle apperceut la
Reine Doüairiere de Pologne
,
qui venoit à & rencontre,
fUlvie/de douzeCarrosses,
Raccompagnée d'un grand
nombre de Soldats. Sa Majelé
ayant mis pied à terre,
embrassa la Princesse
,
& l'obligea
de monter dans son
Carrosse, où la Reine prit la
crémière place. La Princesse
c mit auprésd'elle dans le
ond,& lors qu'elles entrerent
lans la Ville ,le Canon comncnçA
à tiret avec quantité
le Boëtes. La Miliceestoit
angée en haye fous les armes
jusques au Palais,où les
Gardes & Trabans lesaccomagnerent.
Elles furent saluées
:n y entrant d'une décharge
le Mousqueterie. LaPrincesse
trouva l'appartemenr qu'or
luy avoit préparé remply de
Noblesse, &la Reine la quitta
un quart d'heure aprés l'y
avoir conduite. Elle receut
un compliment de la part
du Prince Charles de Lorraine,
qui quoy qu'il fust en
convalescence, ne pouvoit
encore quitter le lit.LaPrincesseluy
envoya faire compliment
a près, par le Marquis
Ferdinand Gondi. Les
deux petits Princes aisnez
vinrent ensuite la saluër, &
refuserentles chaises qui leur
furent presentées. Le complimentleurfut
rendu en ion
nom par le Marquis Patrizzi
qui alla les visiter de sa parr.
Peu de remps après elle se
rendit chez la Reine? qui la
receut à la porte de son antichambre,
estant environnée
d'un fort grand nombre de
Dames chargées de pierreries.
Ellesdisnerent feules
, & furent
servies par les Dames de
la Cour. L'Ambassadeuralla
incognitorendre, visîte au Prince
Charles de Lorraine, qui
le sitasseoir dansun fauteuïl,
& luy cémoigna beaucoup
de joyedu mariage du Prince
de Toscane avec !a Princesse
deBaviere. Le premier jour
de Décembrey la Reine
Doüairiere de Pologne &
cette Princesse, demeurerent
au Palais, où il y eut Bal
aprés soupé. La Princesse
dansa avec les deux petits
Princes, & le soupé fut drvy
ensuite dans l'appartement de
la Reine. Le lendemain elle
monta dans le Carrosse de Sa,
Majesté, qui la conduisit à un
mille dela Ville. Ce Carrosse
estoitprecedé de seizeautres
remplis de Seigneurs & de:
Dames de la Cour. La Milice
effoit rangée de la rnefmc
forte qu'au jour de l'entrée
de la Princesse. On tira encore
tout le Canon de la
Ville, & lors que la Reine
l'eut quittée au commencement
de laOMontagne,elle entra en Litiere, & continua
sa route à Motter, puis à
Sterzing. Le 6. elle arriva à
c? Bolzano, dont le Gouverneur
vint la recevoir à un
milleavec trois Carrosses
remplis de Seigneurs, &
quantité de Milice qui environna
sa Litiere,& la conduisit
jusqu'au lieu où elle
dévoit loger. Elle y fut roceuë
au bruit d'une décharge
Ai Boëtes. Le mauvais temps
l'obligeade s'y arrêter le 7.
Elle se fit apporter quantité
de choses de la Foire qui se
tenoit ce jour là,& fit des
presens à la Marquise Bichi,
& aux autres Dames, qui luy
luy avoient esté envoyées par
le Grand Duc, de ce qui pouvoir
leur estre propre. Le 8.
jour de la Conception, elle
fit ses devotions dans la Chapelle
du Palais, & partit l'aprésdînée
Le Gouverneur qui
la fit salüer en sortant d'une
pareille décharge de Mousqueterie
& de Boëtes, l'ayant
accompagnéejusqu'à deux
milles de là, luy laissacontinuer
son voyage. Le 10. elle
arriva à Trente, & fut aussitost
complimentée de la part
del'Evesque du lieu, qui luy
envoya un regale de quarante
bassins de toutes fortes de rafraischissemens.
Le 11. au foir
en passant devant une Forteresse
qu'on appelle Beseno,lle
fut saluée de plusieurs coups
de Canon,& receur les mêmes
honneurs en entrant à Rovereto,
où elle fut logée au
Palais de l'Empereur. Le
Comte Kinighil
)
Commisfaire
de Sa Majesté Imperiale,
& le Dépositaire Impérial,la
complimenterent à Borghetto
J
& elle trouva sur toute
la route un tres- grand concours
de Peuple. Le Marquis
Carlotti la regala splendidement
à Caprino,& à un mille
hors de Verone
3 cette Princesse
rencontra la Marquise
Canossa, laComtesse Monti,
la Comtesse Verita avec sa
Fille qui venoient la saluer,
suivies de plusieurs autres
Carrosses remplis de Scigneurs,
parmy lesquels estoit
le Marquis Allegri, envoyé
par la Republique pour luy
faire compliment. Elle trouva
les Milices des Gardes
fous les armes à la porte de
la Ville, & une foule de
Peuple dans toutes les ruës.
Le Palais du Marquis Carlotti,
où elle alla descendreet
estoit plein de Dames qui
l'attendoient
3
magnifiquement
parées. Les Recteurs
envoyerentà ce Marquisun
regale de rafraichissemens
pour cette Pxincesse, qui fit
des liberalitez au Maistre
d'Hostel qui l'accompagna,
& à ceux qui l'apporterent.
Le Duc de Modene luy dépescha
le Marquis Gherardini
pour l'inviter à passer dans
ses Etats, dequoy elle s'excusa
avec beaucoup de civiliré.
Il y eut Comedie le [air)
& le 16. le Marquis Carlotti
luy donna le Bal qui fut ouvert
par un concert de Mu"
sique. La Princesse qui estoit
incognito, ne voulut point y
danser
) & se tint fous la
porte de la premiere Antichambre
avec le Prince Clement
son Frere, qui l'avoit
toûjours accompagnée jusquelà.
Ils se separerent le
endemain avec de grandes
démonstrations de douleur
& de tendresse. Estantarrivée
L Ostilia
,
elle y fut logée
lans une maison magnifiquenent
meublée que luy avoit
fait preparer le Duc de Mantouë.
Ce Prince vint la visiter
en poste le 19. Le Marquis
Ferdinand Capponi
,
&
d'autres Seigneurs le receurent
lors qu'il descendit de
cheval
, & le Marquis Corfini
,
Ambassadeur., qui l'attendoitau
haut du degré, le
conduisit à la chambre de
la Princesse, avec laquelle il
demeura un demy
- quartd'heure,
l'un & l'autreestant
assis. Elle logea à la Mirandole
chez le Comte Boretti,
& fut invitée à un Bal où
elle alla incognito & masquée
suivie de la Marquise Bichi,
& d'autres Dames. Elle ne
vit ny le Duc ny la Duchesse
de la Mirandole, parce qu'ils
estoient indisposez,maistrois
de leurs Fils se rrouverent à
ce Bal
9
où s'estant placez
sans aucun ordre, ils s'approcherent
d'une manierelibre .- -- - - .-
dégagée du lieu oùestoit
ettePrincesse, & luy firent
ompliment. La chose se passa
omme en l'autre Bal, & elle
'y dansa point. A trois milles
le Buon-porto
)
le Comte
Negrelli vint au devant d'elle
vec trois Carrosses à six
chevaux. Le Duc de Modene
qui l'avait envoyé, vint la
visiter luy mesme à Buonoorto
,
où ellelogea au Pasais
du Marquis Rangoni. Le
2. elle prit la route de Bologne
,& elleenestoit à deux
milles, lors qu'elle rencontra
le Prince Jean Gallon de
Toscane , second Fils di
Grand Ducqui descends
de Carrosse pour luy faire
compliment.Aprés qu'ils si
furent tirez d'un passage dan
gereux où il luy donna l,
main, il s'avança pour fè
trouver à la porte de Palais
du Comte Ranuzzi
)
où quantitéde
Seigneurs &deDame
attendoient cette Princesse,
Le 23. elle receut les presens
du Grand Duc, qui consis- ,roientenunfort grand nombre
de pierreries. Le matin le
Cardinal Legatluy envoya
faire compliment, qu'elle luy
fitrend re par le Marquis Federic
Ricci. Cette Eminence
luy envoya aussi un fort beau
regale de toutes sortes de rafraichi
ffemens. L'aprésdinée,
on luy donna le divertissement
d'un Tournoy. Il y
avoit sixQuadrilles. Le Chef
de chacuneestoit assisté de
deux Parrains, & de quatre
Chevaliers. Deux Mestres de
Campavoient l'oeil à tout-
Chaque Quadrille se promena
feu le une fois l'une
aprés l'autre le long de la
Galerie. Elle estoit precedée
de Pages à cheval avec des
lances
, & suiviede quantité
de gens de livrée, ce qui
faisoit un tres-bel effet. Elles
se diviserent ensuite, &chacun
des six Chevaliers courut
cinq fois.La Cariere estant
finie,ils firent tous le tour
du Theatre, & s'arresterent
devant la Loge où estoient
la Princesse de Toscane & le
PrinceJean Gaston
?
les six
Chevaliers au milieu. La
diversité des habits tres-riches
&deslivrées qui se mêlerent
ensemble
, jointeà la
fierté des Chevaliers dont les
sixQuadrillesestoient composées,
formoitun tres- beau
îl)eétacle. Le soir ilyeut Bal,
& les principales Dames s'y
trouverent richement parées,
& vestuës à la Françoise.
Leurs Altesses danserent une
fois ensemble, & la Princesse
dansa deux foisavec d'autres:
Toutes les Dames le tinrent
de bout par rerpcêt c ha que
fois qu'elle dansa. Le 24. au
soir, elle allaauxJesuites, cuj
se recitoit un Dialogue sur
le mistere de la Nativt>ité &
ce fut là qu'elle vit le Cardinal
Légatquiluy ne compliment3
ainsi qu'au Prince ;
Jean Gaston.Le26. elle
coucha à Loiano
,
& le27.
à Firenzvola où toute la
Milice la receut fous les armes
avec des fal ves reïterées.
Le Marquis Riccardi, grand
Ecuyer du Grand Duc, vint
en ce lieu-là pour luy faire
compliment au nom du Prince
son Maistre, de la Grand
Duchesse Vittoria -; & du
Prince son Epoux, que quelquesaccès
de fièvreavoient
empesché de venir incognito
à Bologne, comme il l'avoit
resolu. Un peu après le Marquis
Alexandre Capponi,
grand Majordome du Cardinal
de Mcdicis
,
vint luy
faire de sa parc de semblables
complimens. Certe Princesse
estant partie le 28. au matin
pour se rendre à Florence,
trouva au haut de la MontagnedelGioço
une Compagnie
de trois cens Carabins qui
firent plusieursdécharges
pour la salüer. Ils l'accompagnerent
jusqu'à Scarperie
où J toutes les Milicesestoient
rangées dans la grande Place,
& dans les ruës où elle devoit
pauer. Ainfi ce ne furent
que salves de toutes parts.
Delà elle vintcoucher à Sali1
Piero Lors qu'elle fut à la
veuë du Pont qui est sur
la Riviere de Sieve, laCitadelle
bastie sur une Colline
fous laquelle est San Piero,
fit une décharge de tout son
Canon, & de quantité de
Boëtes. Le 25. le Prince de
Toscane arriva au mesme
lieu,&il disnaaveclaPrincesTe
,, après quoy ce Prince
partit pour l'aller attendre
en sa bellemaison de Pratolino
, où le Grand Duc & Je
l' Prince Cardinal essaientdéja
arrivez. La Princesse s'y reiv
,
dit. un peu avant le Soleil
couché, & le Grand Duc
l'ayant receuë à la descente
du Carrosse
,
la conduisità
l'appartement quiluy estoit
pre paré. Il retournale foir à
Florence, &le Prince Cardinal
demeura à Pratolino.
Cette Eminence en partit le
lendemain un peu avant elle,
ainsique le Prince de Toscane,
& le Prince Jean Gaston,
& la Princesse estant arrivée
à Florence incognito, trouva
en descendant de Carrosse à
une porte d'un petit degre
du Palais, le Grand Duc, la
Princesse sa Fille, & les trois
Princes ses Fils, qui la con- >; duifirent en son Appartement
,à l'entréeduquel elle
fut receuë par la Grand' Duchesse
Vittoria
, que son
grand âge avoit empeschée
dedescendreaubas du degré.
L'Appartement estoit richement
meublé
, & illuminé
par tout , & il se trouva remply
de toute la Cour, & de
la plus grande partie de la
Noblesse. Le 31. se passa en
visites réciproques , & à dépescher
un Courrier à Mu- <
ni#h, pour y porter la nou- - veUe.<
velle de son heureuse arrivée.
Le jour de son Entréepublique
à Florence ayant elle arresté
au9deJanvier,&toutes
chosess'étant trouvées prestes
pour cela,laPrincessepassapar
laporte à Pinti, &ayant fait
le tour d'une Eglise, appellée
la Madonna della Tossa, elle
arriva au Pont rouge ,
d'où
elle se rendit au lieu où elle
devoir estre couronnée. On
ry avoit dressé un Autel ri-
)c hement orné avec sixflambeauxd'or.
Elle se mit à
genoux devant cet Autel, &
le Grand Duc luy mit la
Couronne surla teste ;elle
luy avoit elle presentée par
un Prélat dans un bassin d'or.
Ensuitel'Archevesque de Sicne
y mitla main, & finit la
fonction par quelques prieres.
Cette ceremonie estant achevée
, on vit commencer la
Cavalcade. Quatre Commandeurs
à cheval marchoient à
la teste; puis on voyoit l'Erendard
& les six grands.
Flambeaux d'argent de la.
Cathed rale, avec l' Etendard
de l'Abbaye, dont tous les
Re igieux suivoient. Ils preccdounc
le Cierge des Pa~
roisses & des Eglises Collégiales.
GeluydelaCathédrale
marchoit le dernier avec
les huit Chantres ordinaires,
ayant leurs massesd'argent,
& revestus de Cbasubles.
Aprés eux venoit la Cavalerie
)
separée en huit Compagnies,
chacune d'une couleur
différente. Huit Trompettes
la precedoientavec trois Sergens
Généraux, & trois de
les principaux Officiers, qui
avoient tous une belle fuite
de livrée. LesCuirassiers alloient
quatre à quatre, &
chaque Compagnie avc
deux Trompettes. avec son
-
Capitaine à latesteOnvoyoit
ensuite douze' Trompettes
ayant les livrées du Prince
de ToUcanc.,,,,& deuxcens
Chevaliers habillez fuperbetntnt,&
tres bien montez.
Leur suiteestoit des plus éclatantes.
Les Marquis Corsi &
Salviati estoientles Mestres
deCamp Sur la fin de la Cavalcade
parurent douze Masfiers
à cheval,avec leurs
masles d'argent, &deshabits
de velours cramoi si.SixCommandeurs
estoient aullîa
cheval ayant un manteau
violet, & une baguette à la
main. Immediatement après
eux venoient les Chanoines
de la Cathédrale sur des mules
qui avoient des housses
noires. Ils estoient vestus de
leurs habits ordinaires, avec
le cha peau de Protonotaire
Apostolique sur laCalotei &
precedoient vingt Prelats pareillement
montez sur des
mules & avec des Surplis,
le petit manteau, & leurs
chapeaux comme de coutume.
La Cavalcade des Evêques
ayant passé) on vit venir les
Gardes du Prince clcToscane,
& un peu après le Prince-
Jean Gallon à cheval en habit
de campagne, &accompagnédedeux
Ecuyers, avec
des Pag',s> & autres gens de
livrée. Ensuite parutle Prince
de Toscaneaussi àcheval,
&avec deux Ecu y ers. Il estoit
en habit de Ville, environné
d'un tres-grand nombre
de Pages. Sa livrée estoit
àla Françoise. A quelque distance
suivoit la Princesse de
Toscane,ayant la Couronne
en teste. Son habitestoit de
toile d'argent brodée d'or,
avec le manteau,semblable.
Elle estoit dans unemam'erc
de Litiere découverte portée
par deux mules blanches;
Trente-deux jeunes Gentilshommes
magnifiquement vestus,
& tous de mesme parure,
portoient le Dais tour à
tour, huità la fois. On y avoit
attaché quatre cordons sur
les coins. Le Marquis Corfini,
Ambassadeur,& le Chevalier
Piero Capponi
,
Maître
de Chambre de la Princesses
marchoient à costé du
Dais,& derriere estoient les
principaux du Senat, montez;
sur de beaux chevaux. Ils
marchoient devant le Carrosse
de la Princesse
,
d'une
richesse extraordinaire
,
dans 1
lequel estoitlaMarquise Bi.
chiv sa Dame d'honneur,
j Aprés celuy-là paroissoit celuy
des Dames puis deux
autres Carrosses de cette même
Princesse,& un fort grand
nombre de ceux de la Cour.
Elle arriva dans cet ordre à la
Cathedrale, où l'A rchevesque
de Florence en habits.
pontificaux, la receut à la
porte de rEgliCe, Elle fut
conduite au Choeur, & lors
que chacun eut pris sa place,
ce Prelat entonna le Te Deum*
On retourna de là au Palais
dans le mesme ordre de Ca'-,t
valcade tant pour laCavalerie
que pour les Prélats & les
Chanoines. Le Grand Duc
qui l'attendoit, luy donna la.
main, & la conduisit jusqu'en
son appartement. Lors qu'elle
entra au Palais, les deux Forteresses
tirerent tout leur Ca- t.
non. Le 10. elle alla visiter
l'Eglisede l' Annonciade, &
se laissa voir au Peuple dans
la place de Sainte. Croix.Le
soir de ce mesme jour l'on fit
des Illuminations par toute
laVille,ilyeut desFeux
de joye au Palais pendant
trois jours.
J'ay à vo-tis apprendre la
mort de plusieurs personnes
considerables
) que nous avons
perduës,ces deux derniers
mois. En voicy les
noms & les qualitez.
Charles,second, du Nom)
Duc de laVieuville, Chevalier
des Ordres du Roy. Il
estoit Commandant au haut
& bas Poitou,Laudunoisde
Chastelraudois, & aussi des
Ville & Chasteau de Fontenay
le Comte, & a signalé
son courage & rendu des
preuves de sa valeur en diverses
occasions,ayant étéMestre
de Camp du Regiment de
Picardie, Lieutenant général
en Champagne, & Maréchal
desCamps & arméesduRoy.
Il a esté Chevalier d'honneur
-
de la Reine
, & choisi pour
estre Gouverneur de Monsieur
le Duc de Chartres. Il
avoit épouséFrançoise-Marie
de Vienne de Chafteauvieux,
Fille unique de feu René de
Vienne de Chasteauvieux
» dont il a eu plusieursenfans.
L'aisné est René-François,
Marquis de la Vieuville Chevalier
d'honneur de la Reine
en survivance de Mr son pere
Gouverneur dePoitou
, cydevant
Colonel du Regiment
de Navarre; le second,Charles-
Emanuel de la Vieuville
Comte de Vienne, Mestrede
Camp du Regiment de Cavalerie
du Roy,qui s'estmarie
en la Maison de Mittes
de Chevrieres de saint Chaumont;
le troisiéme François-
Marie de la Vieuville, Abbé
de Savigny,& de SaintMaurice
,
& le quatrième, le Che
valier de la Vieuville. Il y a..
eu trois Filles Religieuses en
l'Abbaye de Nostre-Dame
de Meaux,où l'aînée est Abbesse.
Le Pere de Mr le Duc
de la Vieuville estoit Charles,
premier du nom, Duc de la
Vieuville, Baron de Rugle,
Chevalier desOrdres duRoy,
Capitaine descardesduCorps,
Grand Fauconnier de France,
Sur-Intendant desFinances,&
Lieutenant General en Champagne,
&Rhetelois
,
quia eu
cinq Enfans de Marie Bouhier,
Dame de Beaumarchais,
sçavoir Charles Duc de la
Vieuville qui vient de mourir,
Charles-François de la
Vieuville Evesque. de Rennes;
le Chevalier de la Vieuville
mort au
Sieged'Estampes
,&deux Filles, dont l'une
estoit Abbesse de Nostre-
Dame de Meaux,l'autre épousaM,
le Duc de Bournonville,
Gouverneur de Paris
, & Chevalier d'honneur
de la Reine.L'Ayeul de ce
mesme Duc delaVieuville,
fut Robert
,
Marquis de la
Vieuville,Biron de Rugle,
Vicomte de Farbus, Chevalier
des Ordres duRoy
Grand Fauconnier de France
Gouverneur de Mezieres &
Lieutenant General du Païs
de Rethelois. Il eut deux
femmes, & de la premiere
qui estoit Guillemette de
Bossut,nâquit Henriette de
la Vieuville qui épousa le
Sei gneur de S. Lambert dela
Maison de Joyeuse.Etde la
seconde Femme qui estoit
Jaqueline dO,de l'ancienne
maison d'O de Normandie,
nâquit Charles premier Duc
dela Vieuville. Le Bisaieulde
cc luv dont je vous a p ^rens la
mort estoit Pierre de saVieuvilleSeigneur
de Farbus &
de Royaucourt,Chevalier de
l'Ordredu Roy & Gouverneur
de Mezieres. Cette Maison
de la Vieuville est originaire
des Pais bas? dont
les aisnezfont Seigneurs de
Steenwood. Elle porte écartelé
au 1. & 4. sicê d'or &
d'azur de huit pieces à trois
annelets de gueules brochants
sur la premiere & seconde
face qui est la Vleunjtlle* Au
2. (ij 3. d'hermines au chefendenté
de gueules qui est d'O ;
sur le tout d'argent àseptsoüilles
de boux d'azur. 3. 3. crf.
qui est Coskier.
Dame Marie de Bordeaux,
Fille de McfTireGy.;:Uume
de Bordeaux, Intendant des
i;in.mccs»Se Veuve de Mes-
1ir- Jacques Sanguin , Sev-1
prieur de Livry, premier
Maistred'Hôtel du Roy. La
facilité de foirhiîmeur & ta
generoficénaturelle lûy a-,,-:,
votent acquis un fortgrandnombre
d'Amisde Vun &',
de l'autre Sexe ,àlaCour &,
à la Ville,qu'ellea sceu conserver
jusqu'à sa inort. Son
Fils-est Louis Sanguin
,
Marquis
de Livry
,
Capitaine des
Chasses de la Forest de Livry
& Bondy
,
premier Maistre
d'Hôtel du Roy,& Mestre
de Campd'unRegimenc
de Cavalerie , qui aépousé:
Marie- Antoinette de Beauvilliers
, FIlle de feu Mr le {
Duc de Saint Aignan. Cette
Famille des Sanguin a donné
depuis le Régne de Loüis
XII. plusieurs. Pre fidens aux.
Enquesftes,Conseillers au.
Parlement & àla Cour des
Aydes de Paris, Prevost des
Marchands j> comme aussi
divers Evesques de Senlis.1
Dame Mairie de Modene,
Femme d'Emanuel
)
Marquis
d'Alegre., Jevous ay déjà-.
A
parlé plusieurs fois de l'alltiquité
de cette Maison.
Demoiselle Claude-FrançoisePhelypeaux>
Fille d'Antoine
Phelypeaux
,
Seigneur
du Verger, Intendant de Jufiice
en Bourbonnois & au-
, paravant Conseiller au Par-
,lement. SonAycul estoit Rcmond
Phelypeaux,Seigneur
d'Hcrbault) la Vrilierc&du
Verger,,Trésorier des Parties
Casuelles, puis Trésorier de
l'Epargne, & ensuite Secrétaire
d'Etat; & son Ayeule
Claude GobcHn! Fille de
Baltazar Gobelin; Trésorier
de l'Epargne
,
puis President
enla Chambre-des Comptes
de Paris? & d'Anne de Racomsjd'une
ancienne Famille,
de Savoye,alliée à celle de
Lingendes. Elle avoit pour
Oncles Baltazar Phelypeaux,
Seigneur d Herbault, Conseiller
au Parlement ,Trésorier
de l'Epargne,
> puis-
Conseiller d'Etat, & Louis
Phelypeaux de la Vriliere
,
Secretaire d'Etat, Prevost &
Qrand Maistre des Ceremonies
des Ordres du Roy:dont
est venu Mr de la Vriliere de
Çhateauneuf, Secretaire d'E-:
tat & des Ordres de Sa Mayefté-
yMichel Phelypeauxde
na Vrilliere - Archevesque &
IPatriarche de Bourges, &
Primat des Aquitaines
,
&
Madame la Comtesse de Tonnai-
charante. Les Tantes de
ceu Mademoiselle Phèlyoeaux
du Verger, furent
Anne Phelypeaux
, Femme
H'Henry du Buade
)
Comte
le Palluau Frontenac ,
Gouverneur
de Saint Germain en
aye ,
premier Maistre d'Hôel
du Roy; Marie Phelyeaux
»
Femme d'Henry de
Neuville , Comte de Bury,
Claude Phelypeaux
, Femme
de Jacques du Bled, Marquis
d'Uxelles, & Ysabelle Phelypeaux
, Femme de Loüis de
Crevant, Marquis de Humieres.
Son grand Oncle suc
Paul Phelypeaux, Seigneur
de Pontchartrain;
,
Secretaire:
d'Etat, qui eut un Fils &!
trois Filles d'Anne Beauharnois
de Miramion. Le Fils
fut Loüis Phelypeaux dfl,
Pontchartrain, President en
la Chambre des Comptes
qui de Dame Sufanne Talon
Avocat General au Parlement
de Paris, a eu Loüis Pheljj
peaux de Ponchartrain, Premier
President au Parlement
de Bretagne, puis Intendant
des Finances, dont les grands
emplois prouvent le mérité.
Les Filles ont esté mariées
dans les Familles de Bignon.
Habert de Montmor,Mangot
de Villarceau, de Hodic, &
autres fort considerables.
» Henry de Bullion, Seigneur
de Fontenay, Courcy
Se Bouzonville
,
Conseiller
Jen laGrand'Chambre du Parlement
de Paris, où il fut
receuen1647. Il avoir épouré
la soeur de Messire Charles
de Vaflan3President en
la Chambre des Comptes, &
auparavantConfeillcr au Parlement
de Paris. LeurFilsest
Jean- Loüis de Bullion,receu
en 1681.Confeilleren laCour
des Aydes.Cettefamillequi
est originaire de la Ville de
Mascon,a donné Jean de
Bullion,Maistre desRequestes
,
qui épousa Charlote
de la Moignon >- soeur de
Chrestien de la Moignon
Seigneur de Bafville
,
President
à Mortierau Parlementa
de Paris; & Tante de Guil-:
laume de la Moignon pre-o,
mîer
mier President dans ce mesme
Parlement. De ce mariage
nâquit Claude de Bulhan
Seigneur de Bonnelles,
Chanceolier des Ordres du
Roy, Presidentau Mortier
du Parlement de Paris, Sur-
Intcndant des Finances de
France, employé en plusieurs
Négociations d'Etat, & Ambassadespar
le Roy Louis le
Juste. Il épousa Angélique
Favre,Niece de Nicolas Brulart,
Seigneur de Sillery,
Chancelier de France, dont
il eut quatreFils &une Fille,
ravoir Noël de BullionMarquis
de Bonnelles, qui a
épousé Charlote de Prie,
Fille du Marquis de Tourcy
)
allié à la Maison de
Saint Gelais de Luzignan;
François de Bullion
,
Seigneur
de Mont- Loüet
, premier Ecuyer de la
Grande Ecurie du Roy;
Pierre de Bullion, Abbé de
Saint Pharon de Meaux,
Claudede Bullion, Seigneur
de Longchesne,& Marie de
Bullion, Femme de Pompone
deBelievre, Ambassadeur en
Angleterre
,
President au
Mortier au Parlement deParis,
puis premier President au
mesme Parlement, qui estoit
petitfils de Pompone de Believre)
Chancelier de France.
De cette Fami lleest Charles-
Denis de Bullion
)
Marquis
de Gallardon & de Bonnelles,
à present Prevost Paris. De
Bullion porte d'azur au Lion
d'or,issant de trois ondes d'argent,
ecartelé d'argent à la bande
de gueules, accompagnédesix
coquilles de mesme.
François Fraguier, Seigneur
de Longpperier & de
Quincy, Doyen des Conseillers
Clercs du Parlement de
Paris. Il est mort âgé de quatre-
vingt-trois ans, & avoit
esté receu Confeiileren 7641.
Son Fils est Nicolas Fraguier
receu Conseiller au Parle.
ment de Paris en la premiere
Chambre des Enqueftes le
31. Janvier 1676. Sa Fille a
épouséHenry Feideau
, Seigneur
de Calcnde
,
President
en la quatrième Chambre du
Parlement de Paris
,
& cydevanc
Conseiller au Grand
Conseil.
Jean-Baptiste Ravot, Seigneur
d'Ombreval, premier
Avocat General du Roy en
la Cour des Aydes à Paris.
Il estoit Fils de feu Mr
Ravot
,
Seigneur d'Ombreval
,
premier President au - Parlement de Metz,& auparavant
Avocat General en la
Cour des Aydes de Paris.
L'un & l'autrea fait paroistre
la force de son genie & la
grande capacité en l'exercice
de ces Charges pour le service
du Roy.
Charles Bailly, Seigneur
de Saint Mars
,
Maistre des
Com ptes à Paris, où il fut
recu en 1655, Tous ceux de
cette Famille ont toujours
servi nos Rois avec autant
de fidélité que dezele. Son
Pere CharlesBailly,étoitaussi
Maistredes Comptes à Paris.
Son AyeulCharles Bailly,
fut President en la mesme
Chambre des Comptes. Son
Bisayeul après avoir fait paroistre
sacapacité en la fonction
d'Avocat y fut auui receu
President. Mr Bailly de
Saint Mars qui vient de mou- rir a eu plusieurs Freres &
Soeurs
,
ravoir Guillaume
Bailly,Conseiller d'honneur
au grand ConCell, où il a esié
Avocat General; Thomas
Bailly, Maistre des Comptes
à Paris
,
où ilsurreceu en
1649 ; Alexandre-PaulBailly
d'Avrilly,Gentilhomme ordinaire
de MondeunFrere du
Roy; Ml'Abbé Bailly employé
aux Millions Ecrangeres;
Mr Bailly, Capitaine ;
Madame Lallemand) veuve
du Conseiller au Parlement
de Paris, dont la Fille a
épousé Mr de Leffeville,Pre..
fident en la Cinquième des
Enqueftes
,
& Madame Bitaut
, qui avoit épousé feu
M Bitault, Conseiller au
Grand Conseil, dont cfl venuM
Bitaultaussi Conseiller j
au Grand Conseil. SUE
Edmond de Fieux:Iviarquis
de Muis Bonnemare &
autres lieux , Maistre des Re 1
quelles. FeuM iTvcfque &
Comte de Toul estoit son Feeee. 1
Jean-Baptiste le Boulanger,«
aussiMaistre des Requenes. i
Pierre Chcrré,Seigileur de
Lorreau, cy-devant Maistre
des Comptes à Paris. Il estoit
pere d'Estienne-Joseph Cherré,
Seigneur de Lorreau
,
Ft
receu Maistre des Comptes à
Paris en 1661. & Frere d'Isaac
Cherré, Seigneur de la Houssaye
, aussi Maistre des Comptes
à Paris, receuen 1652..
Drme Anne Larcher, Femme
de Messire Jacques Pollart,
Seigneur de Villequoyles
Bois, S. Martin; Villarfault
& Chavenay
,
Conseiller
en la premiere Chambre
des Enquestes.
Dame Sufanne le Picart,
Femme de Messire Charles le
Cointe, Seigneur de Barentin
& du Mesnil les Selliés.
Grand-Maistre
,
général Reformateur
des Eaux & Forests.
au département de Normal
die.
Dame Marie Boyetet,Fem..
me de Messie Nicolas Pichon
)
Maistre des Comptes.
Amador de Gombault,
Gentilhomme ordinaire de
la Malson du Roy) & Envoyé
Extraordinaire en Italie,
où il a négocié plusieurs affaires
pour le service de Sa
Majesté.
Antoine de Courson
)
Seigneur
deCaillavel, Gouverneur
de la Ville de DJx, &
Capitaine au Regiment des
Gardes du Roy.
Mr rAbbédeFieubet,Fils
d'Anne de Fieubet-de-Laumac
,
Maistre des Requestes,
& Neveu de Gaspard de Fieubec,
Conseiller d'Estat ordinaire
)
Chancelier de la Reine.
Cette Famille a donné
des premier President au
Parlement de Toulouse,Confeillers
d'Estat Maistres des
Requestes, Tresoriers de l'Epargne
,& autres de con sideration
dans la Robe. La Femme
de feu Mr Nicolaï, premier
President en la Chambre
des Comptes, portoit le
nom de Fieubet.
Jacques Hela, Avocatau
Parlement de Paris. Il estoit
de Bretagne, & sort estimé.
Japprens tout prefentement
une autre mort qui
vous surprendra. C'est celle
deMadame la Marquise de
la Vieuville, Femme de Mr
le Marquis de la Vieuville,
Fils aiiné du défunt Duc.
Elle a esté attaquée de la petire,
verole qui l'a emportée
en fort peu de jours. Elle
s'appe*lloit Anne- Lucie de la
lvlotbe)& estoitNiepce de
Madame la Maréchale de la
oMthe..
Messire. Bonaventure Rossignol
)
qui estoit Conseiller
en la premiereChambre
des Enquestes, a esté receu
PrcfiJent en la Chambre des
Comptes, à la place de feu
M le President du Gué. Il
cft Fils de feuM Rossignol,
Maistre dcs.Comptes.
Messire Francois le Boindre
,
Fils de Messire Jean le
Boindre,conseiller en la
Grand Chambre du Parlement
de Paris a esté receu
conseiller dans le mesme
Parlement.
La Cure de Saint Sulpice,
dont Mr le Bottu de la Barmondiere,
Dotteur en Théologie
3 a fait les fondions
plusieurs années avec une as
siduité & une édification finguliere.,
a esté resignée depuis
peu de temps à M' Bauaran
, qui est du Séminaire
de cette mesme Paroisse
,

il a fait paroistre beaucoup
de vertu &de pieté.
Je ne sçay si je vous ay
parlé des avantages
-
dont
jouit presentement la Ville
de Riom, où les Robes Consulaires
font de damas violet.
On doit aux Consuls de l'annneéce
ddeerrnniier'e/non*seulement ic no-A
reu.lcmcnt
le Brevet par lequel Sa Majessé
leur a fait present de
ces marques d'honneur & de
dignité, mais encore les Lettres
patentes qui confirment
les prérogatives & les privileges
que les Rois ses Predeceffeurs
ont accordez à la
mesme Ville, d'estre la Capitale
du Duché d'Auvergne?
le premier Siege de la JuftU
ce qui s'exerce dans toute la
Province, & le lieu de l'Ar..
femblée generale de toute
la Noblesse du Pays
,
dans la
convocation du Ban & Arriereban.
Dans la derniere
Audience Senechale, après
que M Toutée eut partesur
ce sujet ,& que Mr dela
Lande, ancien Avocat » du
floy3 eut requis l'enregistrement
du Brevet, & des Lettres
patentes, Mr deCombes,
Lieutenant Geheral en la Seriechaussée
d' Auvergne, prononça
un tres-beau Discours
qu'il finit par l'Eloge du Roy,
& par celuy de Monseigneur
le Dauphin, qui s'estacquis
le nomdeLOUISLE
HARDY dans sa premiere
Conqueste ? qui feroit le
Chef d'oeuvre des Capitaines
les plus consommez dans
l'art de la Guerre.
L'usage d'élever des Monumens
publics à la gloire
des grands hommes, comme
on en dreffoitdans l'ancienne
Grece, & dans l'ancienne
Rome, ayant cessé pendant
plusieurs siecles, il falloit
un Monarque qui furprift
tout l'U nivers par desaclions
aussi étonnantes que celles
qu'on voit faire tous les jours à,LOUIS LE GRAND,
pour le rétablir. Cet utage a donc recommencé
,
mais ce
n'est encore que pour ce Monarque.
Toutes les Provinces
de son Royaume luy font étéver
des Statuës équestres
, ou
en pied, accompagnées de
plusieurs autres Figures pour
leur servir d'ornement, &
pour marquer la gloire de ce
grand Roy. Plusieurs Villes
en leur particulier ont fait
faire de ces grands monumens
,& elles ont esté imitées
par desCommunautez,
-
des mesmes Villes,qui en
ont fait aussi élever dans les
lieux de leurs Assemblées
>
à
proportion de leur pouvoir,
&de la grandeur deces lieux.
ceux qui n'ont pû faire faire
des Figures entieres
> ayant
fait faire desBusles. Quelques
particuliers ont fait la
me(me chose. Les Grands
Seigneurs ont commencé, &:
ils ont esté suivis de ceux qui
n'avoient pas moins de
zele,
quoy qu'ils fussent d'un rang
moins élevé. Mr du Bois,
Contrôleur de la Maison de
Madame la Dauphine, aesié
de ce nombre, & Monseigneur
le Dauphin accompagné
de Madame la Princesse
dç, Conty & d'un grand
nombre deSeigneurs&deDames
de la Cour, luy fit l'honneur
de venir chez luy le 6.
de ce mois pour voir la Statuë
qu'il a fait faire. Elle represente
le Roy qui foule aux
Eieds l'Heresie. Elle est de
huit pieds de haut, & habilléeà
la Romaine. La Statuë,
& l'Herehe qui paroist terraffée
sous ses pieds,sont d'un
leul bloc de marbre. Cet
Ouvrage est de MrleComte,
excellent Sculpteur. Il a employé
tous ses soins, & toute îon application pour la rendre
parfaire
,
mais il n'a pas
voulu finir le virage, & l'a
laisse à la ra pe, pour attendre
le jugement de ceux qui
sont capables d'en bien décider.
Cependant il a fait un
Masque, que Monseigneur
qui estfortbonConnoisseur,
j. tant par son bon goust naturel
, que parce qu'il designe
parfaitement bien, & qu'il a
beaucoup d'Antiques) a trouvé
fort ressemblant;& c'est
sur le modelle de ce Masque
que M le Comte achèvera le
Vvisoagiecdye la Figure du Roy. trois Inscriptions
Latines & une Françoise qui
ont esté faites pour estregravées
sur le piedestal.
I.
Per te Relligio tot ab boïlibus
una triumphat.
IL
Hoc Monstrum, indignante EreboJsub
vincula misi.
III
70puli amor,
Gentium terror>
Hostium debellatorr
Hoerefeos domitor.
IV.
Âpres avoir éteint le flambeau
de la guerre>
LOU1S sur les Enfers dé:
tourna,son tonnerrey
lEt ce Montre cent foisvaine*
ment combattu)
lEp le Monflre odieux,- dont il
purgea la terreY
[Et le fruit que le Ciel voulut de
sa Vt ttuy
On n'a encore f-ait choix
d'aucune) & ceux qui ont du
talent pour les Ouvrages de
cette nature,sont priez d'en
envoyer. Il n'importe que ces
Inscri ptions soient en Prose
ou en Vers,en Latin ou en
François, pourveu qu'elles
soient courtes.
Le Roy a fait present à Mr 1
du Bois de trois Médaillés?
d'argent, pour mettre dans le
: foc de la Statue Le tevers de
: la premiere represente la Religion
qui couronne Sa Majesté,
avec ces mots, Ob decies
centena millia Calvinianorum
ad Ecclesîam revocata. Celuy
de la seconde est la ruine
des Temples
,
& autour,
Templis Calvinianorumeversîs.
Le revers de la troisiéme est
l'Hcresiedétruite, & l'Eglise
Triomphante avec ces paroles
, Hoeresisextincta.
Mr du Bois a fait frapper
en
en bronze ces mesrnesMédailles
»
& les a n^ifes, toutes
trois dans le Piedestal Ilen
fera faire une quatrième,
dont la face droite representera
le Roy ,
ainsi quetoutes
les Médaillés qui regardent
ce Monarque. La Statuë que
iM< du Bois a fait faire sera
au revers, & ces mots aucour.
Car. du Bois-guerïn hoc monumentum
erexitA, R. S.H.1688.
XDette Médaille accompagner
ra les trois autres dans le foc
5& dans le Piedestal. | Lors que Monseigneur
monta en Carrosse en sortant
de chez M du Bois,il fut
salué de plusieurs coups de
Canon,& d'un grand nombre
de Boëtes qui estoient
dans le JardinduPalais
Royal, & comme ce Prince:
alla à l'Opera ce jour-là, le
;
metme Canon,& les mesmes
( BBo.ë,tes si rent encore une ddér--
charge lors' qu'il en sortit»t
M' du Bois ne pouvant le:
remercier que par là de l'hon--
neur qu'illuy avoit fait. Il !
témoigna encore sa joye sur
les dix heures du soir par un
grand nombre de fusées vo-i
lantes qu'il fit -1ti1rer..
Les Cartes du Pere Coronelli
ont tant de succés,
que vous ferez bien-aise d'apprendre
qu'il en a fait de
nouvelles ,sçavoir l'Europe,
>& l'Affrique, les deux Ametriques
, la partie Occidentale
de la nouvelle France avec
une Carte de la Hollande.
Onasseure qu'elles sont toutes
fort justes, & qu'elles
contiennent des choses trèsparticulières,&
très-curieuses
que l'on n'a point encore
sceuës. Elles se vendent chez
[le Sieur Nolin, sur le ~Qjay
del'Horloge du Palais.
On vient de me donner1
une Copiedu Dïscours que
M' de Callieres prononça à
l' Academie Françoise le jour
qu'il y fut receu , & je.' vous
l'envoye
,
afin que vous,ne
soyez pas plus long-temps
privée du plaisir de connoistre
par la beauté des
pensées, & par les traits d'É^
loquence dont il l'a rempiy , conibien il a répondu dignement
au choix qu'on a
faitde luy
?
pour succeder à
M Quinault. C'est de cet
illustre Académicien qu'i lI
parle au commencement de
ce Discours.
REMERCIEMENT
De Mr de Cailiieres à Mrs
•dTel'AcfadecmiefFrançoise. 1ESS1VRS,
L'honneur que je reçois au..
jourabuy excite en moy des paf.
fionsbiendifférentes.Il me cvmhic
depyede me voir admis
â.:nsir-cCompagnieaujjt celebreq:;
cLi rvoftre) &il me donne
Iulnneecrainte de ne pouvoir ;':e crainte pot4,voir
remplir dignement'tous les dei
loirs o que- vous mIIMPof,-z, par
msi grand bienfait.Vous ma--
a>c%cboifipour fuccedtr à un
Académicienillh(Irepar la beauté&
la fécondité de son genie>
par le tour heureux dr naturel
de fies productions, parsa don*
ccur)par sa politcffi) &parfes
Autres6jualite%perjonnelles qui
vous le Jont juflement rejeter.
T.' ,
,
Vous ma'l'l'Z asrrs:ociéaux premiers
hommes de l'Estat) @J aux
plussublimes Gentes de nostre
fiedey & vous m'avr^
, pour
ainsidireadopte dans la Famille
desMufes, pour me faire part.
de leurs tresors3 dont vous rfies
les propriétaireslégitimés
3
tje
les jufles dispensateurs.
Comment pourrajy~je> Mtffteursj'voustémoigner
toute la
rtconnoijjancequeje vous dois)
pour desgrâces sigrandessipeu
meritus?Je nenapperçois qu'un
jiul mrryen, qui efi de rt'ou.' fer-
Juader quej'en cannois le FÍ'i:,o
Permttte""-YJlú"l' donc, Mc^wurs,
pourJatisfaireenquelquejj.'tcà
mesobligations derendreicte- bmesobligationsdl'rendrete témoignage
qui ejat au au mente
extraordinaire de ruoilreil/ufire
Compagnie, & de nous renouoveuer
le Jouvenir agréable des
grandes uti/itez que la Francc a
tirées de son inlîitution.
LAcademie a elt?injtituee
pour perflecltonneri'Eloo^tence
& la Poefic Françoije
) en tra-
J' , i /,l, , vaillant à la puretéVà lt!erance
de noftrcLar.-gre. Avant Jon
e,tab'1l;ijrjfe.'ment> lie f(iil1e d1e dnos
Peres tenoit encore de >larudesse
& du mai;vus goujl des
siecles precedenr. Les uns cher.
chant à s'exbtimcrdans legenre
sublime
)
affeÛoientd:s dïscours
guindé^&enfle p-tr des figures
outrees &' par des termes
tire:{ des Langues mortes qui les
jettoient dans ïohjcurïtt.Les
jattes fenfantégayer leur maniere
de pariere aécrire
, rem->
plijjoicnt leurs discours &leurs
Ouvrages de jeuxdemots* d'équivoques>
de Proverbes> &
d*autres ptilTîlitezfort éloignées
de tilocjucnce majepue-se des
anciensOrateursCjrecs cm Latins.
VAcademie a purge l'Eloquence
Françoise de ces défauts
aZ,. f(J.1c' ;ens ept:rew't encor, e ci,iez.
les Nations voifines. Elle l'a
formée sur le modelle de ces
grands Originanxdel'Antiquité
qui font la réglé certaine du bon
goujl é7 de la njraye éloquence;
elleta reduite dans les homes dit
la droiteraison> dont ilne luy
efi plus permis de sortir four
courir après les pointes, &pour
Je parer du brillant de quelques
fauffis ptnsées. Elle l'a rendue
simple
j
naturelle, aisée
3
fjj*
cependantvive»noble&élevée
dans sa simplicité ; & elle .4
enfin atteint ee point de jufteffi
& de perfection si difficile À
trouver dans ce bel art, le plus,
utile&leplus excellent de tous
.les arts>quiayant pour but de pplai/re&~rd4e p-ersuaderr~) d~isopo/sce
a'fon gré des coeurs & des volonté^
des homrnes, qui les a tir,
oz, des forefis pour les faire
\ivre heureusement fous de jufies
(oix,qui après avoirfende les
Socictez,les Filles & les Etats,
apoly leurs moeurs, a élevé leurs
ftntzmrns &leurs pensées, qui
est l'organe & ïinterprète de lA
raisonJ &qui iuflruit & perft-
Ellonne la raison mesme.
La Poësie encore plusélevée
que l'EloquenceJ doit aux fxcrllens
Ouvragesde plusieurs de
vos celebres Academiciens, cette
keauté>cette juflejfe,&cette
yerfeflion où nous la voyons
aujourd'hujenJ^rance, Il n'y
a pre/que point d'efveces de Poisse
dontleurs Ouvrages ne sose;:.
de parfaits modelles. Les uns 0;.
forte là gloire duTheatre Francois
au plus haut pointoù elle
puissejam.tismorrr, Lesautres
ont excellé dans Li fine raillerie,
& dam le tour invenictix d.s
pensées-, dans la dél(i')cateffe3 la
tendrejje3 & la naivt té des
sentimens, dans la beauté& la
'vivacitédes descriptions, & ces
excellens Ouvrages fontégalement
élevcz &filides,Jfa<vans erpolh-
Lé1 Poëjie a eslê appellée par
toute ¡'Antiquité le langage des
Dieuxy pour faire connoijlre
qu'elle a quelque choje de divin.
Elle éleve lejprity elle touche,
elle échauffele coeur par. ses
cntoufiafaes. Ces hommes,fatnts
anime% de ïefprit de Dieu
1
ri!
fitr tout le Roy Prophète sen csi
fwvy
-
utilement pour.nous an,..
noncer les tA/ils grandesDeVtc^y * &.pour'nous exciter a la Penitence
parfin exemple.
L'ejfprudtienebresa emprunte
les charmes de ce bel art pour
tromper les hommes plus efficacerment,
par les Oracles qu'il attrihuoità
leursfeuffes.Divinité^3
&.leJ grandes délions des Heros
Je font perpetuécs dans la mermoire
des hommesypar les excel-
Lens Pceiesqui les ontxelebréesl
Cesi ce qui fit regreter à Alexandre
le qfand de riavoir pas
un homme pour immortalifier sa
gloire3 de mefnecjntiomcre
Avoit immortalisé celle dAchille>
& ceflce qui donna à ce
Maifiredel'Universune ve.
neration si parfaite pour les écrits
de ce grand Poète3 qu'il les
portoit par tout avec luy dans
cette richecajfiette qu'il avoit
trouvée parmy les dépouillés de
Darius
3
difiant qu'il ne pouvoit
placer assiz. richement le plus
precieux& le plus parfait ouvrage
de l'cfipnt humain.
Le CardinaldeRichelieu,
ce fubhmegenie qui a fait - de jtgrandes choses pour la gloire dr
1État &poursa propre gloire ,
4 parfaitement connu l'importance
&la necejjîtê de cultiver
I"Eloquence & la Poefie françoise.
Il a cru5 à l'exemple du
Grand^4lexandre,qu'il nefujfifoit
pas defaire des allions dignes
lune eternelle memoire3
ss"'iill ne ff5ormoit des esprits capables
de les faire paffer à la poflerité
; ila travaillé avec succes
à former des Homeres 0*
des Demojibenes, en creant l'A..
cademie.
Vous esses
,
MeJJteurs
,
les
dirnes Succe[jeurs de ces grands
HsIof~mimies3gJr~fvousrewi'hjjl'^ L dffenns
ialens t'attente de ualhe Fondateur
y
ainjîq:-iecelle de ce
siage Chancelier quilay a fïeecdé
dans la protection de voslre
Compagnie
» cm dont la memclre
wous efl. encore si vive Ë7 si
precieufè
Les Politiques ont judicieujement
remarque que les Etats
conserventd'ordinairel'ejbrit de
leurs Fondateurs, que ceux qui
ont efiéétablis par des Conque-
rans, ont continué après euxà,
stendre leurs Conquestes jvous
juftiftez
3
Mejjieurs> la vérité
de cette m.ix ime
, r¡;ous ave%
non feultmenthérité, de lejprit
& des lumier-estdrces drux:
excellens Minières quiontesié
lesInjlitmeursdel'Academiey
mats vous a<ve^ étendu tovfîderablement/
fsslimites. ..:1
Où'y
y
Mcifurs
JJ
jele'ptti*
dire à vosîre gloire, & les
Af^ncs de ces -deuxgrands
ffywmesrien feront jmnt jaloux
j
ilstionsven\tAcademie
cjueàjinsfort enfance) ils luj
ont apprit3pourainsi, dire
>
à
marcher dans lechemindetEloqmnve
.maiiUs exçellens
Ouvrages de p upeurs membres
de vojlre Illuflre Corps ontafleure
sespas> c. luy ont acquis
cette vigueur
, cette force &
fttte grandeur qui neJe trouvent
que dans l'âgeparfait.
Qejl à cette pfrfe&ion où vous
ilavez élevée quelle doit le
tomble de la gloire don,t elle
jouitdepuis que le plusgrand
des Rois l'a jugée digne de la
loger danssonpropre Palais
qu'il a joint a - tous fis glorieux
TitresJ celuy de Protecteur de
l'-jicademieFrancoise.
Vous aurez trouvé > MerficurJ)
enceï dugujîe ProuSieur
tout ce qui pouvoit exciter vos
desirs & remplir vos plus am*
bitieufes esperances
> vous y
avez trouve un cwonarque
accomply
)
qui vous donne une
ample & tlluflre mature de
puiser toutes les forcesde lEloqnence
&de la rpcèjîe,
,
pour *raconter à la poferité ses actions
inimitables.
Heureux, de pouvoir élever
vosideesAU plus haut peint de
perfection
,
où ellespiaffent jamais
monter en les formant
sur un Prince donné du Ciel,
pour faire l'admiration c les
délices dt la terre.) un Prince
toujours 'viàlorïeux & toujours
ri 1 /1 *
modéré 1
,
toujours clement> genéreux&
équitable, qui en
s,/' au 5 t'Levant drj()(U'J deess aduuttrness
Princes parJesheroiques Vertus,
a au mejme temps élevé g/ persectionné
toute la Nation Frantùife
J
qui lJartnduësi celebre
y
non feulement dans la guerre
p4r jes viéhires surprenantes,
mais encore dans les Sciences&
dans les beaux Arts3 ounos
François par Jes foins & par
jes bien-faits excellentaujourd'hui
sur toutes les Nations-
C'ejlic-y} Mejjieurs3quefiant
animé parUsouvenird'une-af}-
probationaussîglorieuseque.ceue.
que vous avez, donnée amon
cPanegirique du Roy) je me
Jens excité a vous faire un non*
veau crayon des vertus de ce
JFJeroï.
A vous. peindre sa valeur
pmblable à nn torrent impertueux
qui cntraz¡Ine j
qUI ravage >
qui détruit tout ce qui s'oppose
àsesefforts.
A vousrepresenter tous ses
Enn-erats vaincus
,
les uns captifs
oufournis>les autres effrayek&
éperdus
>
chercher follement leur
salut dans L'inondation deleur
propre Pays , (7 ne le trouver
que dans la clemence du Vainqueur..
Avous le representeravec un
visage auJli tranquille & aujji
serein au milieu desplusgrands
perils & dans la chaleur de(es
plus grandes viéloires
3 que lors
quaprès fon retour de fis glo*
rieuÇes Campagnes
>
il a receu
les témoignages de voflreadmiration
& de voflre joye pour -
dessuccés si furprenans.
A vous montrer cet arbitre.
de la Paix & de la querre);
t preferant le plaisir d'estre lAu-

teur du bonheur public à l*avan~
-
tage de Joâmettrc tant de Na.

tions intimidées par le bruit de
ses rxploits ,@J à vous le montrer
enfin par cette preuve si
extraordinairedesa moderation,
de mesme que par toutes ses autres
vertus j
leseul digne de
donner des Loix a toute la
Terse.
Q-ue s'il vient de reprendre les armes, ce n'efi que pour rétablir
le repos public, que des
espritsinquiets & jaloux de Ja
gloire ont troublépar de noirs
Artifices) par des deffiins injustes,
& pardes entrefrtfes odieuses.
Ilsne les ont pas plutojlfaitpa-
! oiflre quesanssortir de la tranquibtJdont
iljouiti l'ombre de
fies Lauriers, illeur a fait fintirlapefauteut
defit,main.
Un Héros Nuïffmt animé
de [on cJpYit CM de fin courage
prend au milieu de l'Hiver les
Plac-es les plu;,inprerublrs.) il
fioumet en moinsd'unmois de
grandes & riches Provinces
y &fiemblable à cette vive image
que le Soleil imprime de. luy*
mesme dans iar më3&quifait
paroiflre à rios jeux lin;ficond
Soleil,il montre à là terre un
autre LOVIS.
Un Grand^-vertnauxr-hio^
naxqmefl>opwïmtpdr d^nfarnes
trabifins
trakifons &parlamettedénaturée
de ses propres rnfnJ;
3
le
Roy luy tendles bras, ille refoit
avec toute la tendrejje d'un
véritable & genereux Frere
,
@J il ep prest teernployer sa
main toujours viftorieuÇe pour
le relever.
AiaiSi McfJicurSïjVj'iijfiue vous ave^ bien voulu me recevoir
dans voflre illufire Compagnie
,
je dois avant toutes chojestravailler
à profiter de vos fçavartes
infbuSlions& de vofh-c
exemple pour nie r.YLiïC p!ùdigne
de publieravecvous us
vertus de noflrc Hcrcs.
Q1uel bonheur pour 'moy de pouvoir déformais joindre ma
voix a. vos sçavans concerts
pour chanter les aéîions heroÍques
de L'AVqVSTE
L0VI S, mais quelle gloire
pour vous d'ejirepurs d'immortaliser
vos noms en eterfiifant
le fieni
Vos excellens ouvrages qui
raconterontà lapojleritéles merveilles
de son regne»feront des
titresauthentiques de la politejje
dont la France joüit, & des
beaux &féconds genies qu'elle
a produits en ce siecle si (clairé,
siecle seul digne d'enre comparé
auifceléD'JVGVSTE.
Jt croÙ, M.e\Jieurs, que vous
a'VcÜeïeZ pinspeine queccsi "À
la protection que le Rcjy donne
aux belles Lettres) que la Frafice
a la premièreobligation ac
cettepolitejje que vousrepandez
sur toute U Nation Jrançoif,
demcpnc o/ic nous devons asa
figejpe
)
a sa valeur @J' a son
humeur b i toutes les
Jente propperite^ de CEftrt.
Pour wov,M:jji-r:rs3qui ay
tant dde raiprns de ra,intircfjJje' r
en voflregloirejj:pabliray toûjours
avec autant Je joye que
de soumission> que c\st à voflre
feulegenerosite que le dois -
vchoix dont 'Vouswihonor4
,&' quequelcptëstêmoignagq
queje puiffr jamais vous donnai
dema reconnoissance> ilsjtroÀ
toujours au dcjjous du prix (§f J
la grandeurde uoflre bienfaitA
.M, r le Comte1 deRoussi
épousé Mademoiselle d'Ai
pajon ,
Fille de Madame
Duchesse d'Arpajon, Da«i
d'honneur de Madame
I>àuphine.lis furent fiantÉ
le 7.dece mois dans le £ahj
netdecette Princesse,& naâ
riez lelendemainen l'Eglise *•"*" -* 1
Roie de la Rochefoucaud3
Contre de Roussi
,
dont Je
vous parle
»
eli Fils de Frideric
Charles de Roie de la
Rochefoucaud
,
General de.s
Troupes de Dannemarck y'~
Chevalier del'Ordscde -l'Ele.
phant, & d'Isabelle de Durfortde
Duras.
Comme la Francen'r»des
ennemis que pour augmenter
sa gloire
,
quepl.selle
en a, plus on la voit momphante,
& que les Peuples
le reposent sur les soins du
Roy toujours vigilant>toujours
prudent, & touiQursvictorieux,
il'y a en beaucoup
de divertissemens dans le
temps du Carnaval. LesBals
ontesté frequens à Paris, &
chacun en a donné de magnifiques
selon sa qualité. Il
y en a eu deux au Palais
Royal donnez par Monsieur
le Duc de Chartres, avec
toute la magnificence qu'on
dévoieattendre d'un Prince,
né d'un Pere aussi galant qu'il
est somptueux en toutes choses.
Atfflî l'a-t-on regardé en
cette occasion, quoy que les
Bals fussentaunom du Fils.
Ce jeune Prince y parut avec
toute la bonne grace qui fuy,
estsi naturelle. Monseigneur
le Dauphin y vint deguisé&
il s'y trouva un nombre in-
; fini de personnes distinguées.
de la Cour &de la Ville.
M le Duc delaFeüillade
en a aussi donnéun ,qui fut
ouvert par Monsieur deChar-,
tres & par Mademoiselle.il
y avoit huit pieces,& une Galerie
manifiquement parées,
& tout ce qui servoit àles orner
fut trouve d'un trer-bon
goust. Monseigneur le Dauphin
s'y divertit beaucoup,&
y parut fous divers,habits.
Il y eut un grand repas aprés:
minuit,appelle mccha J'loche.
Le Balet donc je vous,ay'
fait la description le mois
passé, & qyii avoit esté préparé
pour le retour de Monseigneur,
a estédansé deux:
1 fois chaque semaine à Trianon
pendanttout le Carnaval,
5c l'Opéra de Thetis &
de Pelée y a esté joüéavec
lLeshabitls. Jce dissavec les ha- Opera
qui onrcité faits pour Paris,
ne font ordinairement representez
qu'en concert à la
Cour. Monseigneut estoit,
A.
venu voir plusieurs fois cet
Opéra, mais le Roy fx. Madame
la Dauphine ne l'avoient
point encore vû, & les
applaudisemensquils y donnerent
furent remarquez de
tout le monde. Sa Majesté
choisit les scenes qui luy plûrent
davantage, pour estre
chantées dans les Concerts
qui se font à Veifailles les
jours d'appartement. La Tra
gedie d'Esther dont je vous
ay déja parlé,aaussiétérepresensée
deux fois la semaine à
S. Cir pendant le Carnaval.
Le Roy a honoré de sa prefence
la plus grande partie des
representations. Touç ce qu'il
y a de personnes distinguées
à la Cour & à Paris ,prenoient.
un si grand plaisir à
voircettePiece,& enestoient
si édifiez,que chacunauroit
voulu clIre receu à la voir
aurant de fois qu'elle a cUé
representée; mais pour éviter
la confusion qui n'auroit pas
manqué d'arriver, on n'y
entroit point sans estre nom-
Iné, de forte qu'il ne s'y
trouvoit qu'autant de monde
que le lieu en pouvoir contenir
; ainsi jamais on n'a
goûté aucun divertissement
ny avec plus de tranquillité,
ny avec plus de plaisir.Ila
fait verser beaucoup de larmes
,& inspiré des sentimens
tout Chrestiens Le jeu des
Actrices a charmé, & Madame
de Quelus s'yest fait
admirer. Je vous ay déja parlé
des Choeurs, mais sans
vous dire que la Musique
en estoit de Mr Moreau ; elle
a plu à tous ceux qui l'ont
entendue.Elle entroit parfaitement
bien dans le sens des
paroles, & ex primoit si naturellement
ce qu'ellesfignisioient,
que plus on Tcntendoit,
& pjsf on y prenoit de
plaisir.Onpreparoit de grandes
Mascarades à Versailles
pour lesdeux derniers jours
du Carnaval) mais la nouvelle
de la mort de la Reinedfpagne
y ayant esté fccu'^ ;c
Dimanche,touslesdivert -
semens cesserentdés le mesme
jour,ladouleur prit
la place de la joye, ~j~
Cetre Princesse mourut le
12. de ce mois, d'unvomissement
qui.,-Iuy dura douze
heures
, & jamais auparavant
elle n'avoit eu uneTanïéj3liis
parfaite. Elle estoit née le 17.
Avril 1661. de Philippes de
France, Duc d'Orléans, Fils
du Roy Loüis XIII. & d'Anne
d'Autriche,& Frere unique
de SaMajesté,& d'Hennette
-
Anne d'Angleterre,
Fille de Charles 1. Roy de la
Grand' Bretagne, & de Henriette
Marie de France,que ce
Prince avoit épousée en premieres,
Nopces le 31.Mars1661.
Le31 Aouit 1679.elleépousa
Charles II. Royd'Espagne,
Fils de Philippes IV, Roy
d'Espagne,& de Marie-Anne
d'Autriche
,
Fille de l'Ena-*
pereur FerdinandIII. & Soeur
de l'Empereur aujourd'huy
regnant. Je ne vous dis rien
des pompes de ce Mariage,
dont je vous envoyay en ce
temps-là un volume particulier
& tres-curieux. On
admira de quelle maniere
l'envied'obéir & de satisfaire
à son devoir, la fit se resoudre
à s'éloigner d'une Cour
aussi agreable que celle de
France, & où l'on vit sans
contrainte, & avec une han.
nesteliberté, pour s'accoûtumer
aux manieres Espagnoles
beaucoup moins divertissantes&
piusreucrrees.
La docilité de son esprit,&
une bonté toute engageante,
luy firent meriter l'amour &
la confiance de ce jeune Roy,
.& l'estime generale des Peuples.
Ellea toûjours travaillé,
)&: travailloit encore au moment
de sa mort, pour maintenirla
tranquillité,& asseurer
la paix à l'Espagne. On
f auroit eu grand besoin de
ses conseils quand cette Coutonne
se déclara simal à proos
pendant 1.1. derniere Guerre
; ce qui la mit. dans un
trccîpice dont elle auroit
eu de la peine à se tirer,
le Roy ne luy eust faitéviter
sa ruine entiere par labonté
qu'il eut de donner alors la
Paix à toutes lesPuissances
de l'Europe, qui s'estoient
liguées contre la France. Je
puis dire 1ey) & peut-estre
n'est-il pas hors de sujet,que
deuxchoses empeschentordinairement
le bien d'uni
Etat; lapnflîon que quelques
membres, de cet Etat ont
pour d'autres Nations, soin
qu'ils y soient nez, soit qu'ibu
ayent des interests qui len:
portent à servir ces Nations
au prejudice de leur propre
Patrie, ou parce que les
"troubles leur font utiles, &
qu'ilsviennent à bout de
leurs desseins pendant les desordres.
Ces personne-là ai..
ment rarement l'union des
Rois avec les Reynes leurs
sT'îcnmiesl. Tout cela est gene- veu dans une in-
"fini[é de Royaumes. Ainsi
*quand je parle de la forte>
je ne pretens point entrer
o dans rHlHoile d'auj ourd'huy.
Elle appartient aux
fîec les futurs, & ce n'est jamais
que dans ce temps là*
que les grandes veritez font
dévoilees
,
la posterité rendant
justice à chacun. Je vous
diray seulementicy
, que la
Reine d'Espagne est morte avec
l'estime & le coeur duRoy
son Epoux, & en travaillant à
l'empescher de tomber dans
un precipice,où d'autres par
des veuës particulieres j avoient
peutestre dessein de
le pousser. Sa mort doit servir
d'exemple aux Femmes
Chrestiennes. Elle est morte
maiftreflp. d'elle-mesme
?
se
possedant malgré les douleurs
qu'elle fcntoit> pardonnant
à ses Ennemis, & ne
voulant pas mesme croire
qu'elle en eust. Toute, la
France
, toute, l'Espagne
, ou
plûtost toute l'Europe la
pl eure.La Cour enapris un
granddeüil.Monsieurquil'aimoitfort
ten^ïcnjcnp&.aveG
gjLii elle vivoiçcl'ijrçç manière
qui charmoit tout lemonde,
est inconsolabledesa perte
ainsi que Madame qui ne
sçauroitarrester ses larmes.
Si-tost que ce Prince eut appris
sa filOIt,) il donna ses
ordres pour luyfaire faire un
Service dans la Chapellede
Saint Cloud, ce qui fut executé
peu de jours aprés.
L'Enigme proposée le dernier
mois , avoit esté faire
fùr j les Souliers. Ceux qui
ont trouvé ce mot,sont Mr
l'Epinay Buretde Vitré en
Bretagne ; Mesdemoiselles
le Vasseur la jeune,de Lisieux,
& da Boquet;le Mouton
de la ruë Bctifi , le Limaçon
de la ruë Tircchape ;
l'Insensible de la ruë Saint
Christophe ; la Fidelle Paralelle
& la meilleure amie
,
&
le Patron sans patronnage.
Xoicy. nnc nouvelle Enigune
» dont l'Auteur ne m'a
point fait connoistre son
nom.
ENIGME
QVelque obscur que je puij/f
estre,
A ces marques aijem, ent
Wous pourrtz me reconnoifre.
Jefuis horrible ou fh.z¡m.¡nt
> Quelquefois dans un moment
üe reçois à"jeptrds l'efre.
We petit ie deviens grand
, iNul pourtant ne me voit croifre.
*jSi deux ont un diifercnd,
Je fais le tiers sans paroistre.
\7n JJNtheroM. coniré un hefire
Et le Mareschal ferrant
Sous mille coups mefont naiferc,
le cours avec un torrent lefais , par tout le Fapoltronquinestptisosonunrdere.
,
le lefais aller grand erre.
La nuit mabat ci" niatterre
,
le renais au point du tour.
Des qu'à table ou caffe un verre,
Lendonne avis alentour,
le regne dans Anglettrre
,
Sd;iS abandonner Fribourg,
le fuissansc:JJ.a la Guerre
l'habite le carrefour,
Les Haies plus que laCour;
Ilnejl nul coin sur la terre
Ou ie nefajefliolir.
Les paroles du second
Air nouveau que je vous en>
ve ,
donnent un conseil
De à toutes les Belles.
AIR NOUVEAU.
lez,,Jivous -ejlesfagc,
ARiezy trop aimable Iris ;
\i ne vo-tisfîed-*l{iev.wt4ge
, «•
'}'e coeurUpinsfiiuvâge
charmé d'un Ji beau ris.
Onn"vient deinom-mer»des officiers generaux.
,. Mr le Maréchal Duc de
ras doit commander sur
Rhin. Les Licutenans gerraux
sont, M .r le Comte de ChoiCcüil.,

Mrle Comte d'Auvergne.
Mrle Duc de Villeroy.
Mr le Baron de Monclar.
Mrle Marquis de Bouflers.
Mrle Marquis de Tilla-
- det.
Mrle Duc deVandosme.
Mareschaux de Camp.
MrleComtedeTessé.
Mrle Marquis deBeuvron-
- d'Harcour.
Mr le Comte deTallard.
Mr de Vivans.
M. de Neuchelles.
Mr le Marquis de S. Gelais.
Mr de Bifii commandera
en Lorraine.
Mri
Mrde Sourdis, dans le Pays
de Cologne.
M.deChamillyàStrasbourg.
M. deMontalàMont- Royal.
M.Catinatà Luxembourg.
Mr le Marquis d'Uxelles à
Mayence.
MrleMaréchal de Humieres
commandera l'Armée de
Flandre. Ses Lieutenans
Généraux sont,
M.le Comte de Maulevrier.
MrleDuc deChoiseüil,
M le Comte de Monbron.
M.leChevalier de Tilladet,
Les Maréchaux de Camp ne
sont pas encore nommez.
M' le Maréchal de Large
commandera en Guyenne,&
aura pour Lieutenans Généraux3
,> M. deCalvo.
M leJoyeuse.
M. deRubantel.
M. de S. Rue.
M.le Marquis de la Trousse.
Les Maréchaux de Camp
ne sont pas encore nommez.
.M. le Duc de Noailles
commandera en Roussillon,
& aura fousluy,
M. de Chaseron.
M. de Riverolles.
, M. de Langalerie.
-
Avantque de finircet,Article,
il faut vous parler de la
situation des affairesd'Allemagne.
L'Empereur n'afourny
qu'une patrie des Regiqiens
qu'il s'estoitengagé
d'envoyer sur le Rhin&ces
Regimens qui devoientestre
de douze cens hommes, ne
sontquedehuit Les Princes
Catholiques s'en plaignent,
-& lesProtestans s'en réjoüissent,
parce qu'estant par lâ
les plus forts, ils pourront
agir un jour contre l'Empire,
suivant que le prince d'Oran-
-
ggeesfeertaa aaf~Lfermyen Anglecttcerrzrce>,
ou non. LeClergé demande
la Paix avec la France, & refuse
de contribuer à une
guerre qui ne peutestre que
fatale à la Réligion,&servirà
l'affermissement d'unUsurpateurenAngleterre,
& à l'entiere
destruction de la Religion
Catholique dans les
trois Royaumes.Les Electeurs
;
& les autres Souverains Proteftans
d'A llemagne estant ;
su perieurs enforces aux Ca-
- rholiques, cherchent encore; à les assoiblir par toutes sortes ?
de moyens. Ils demandent : desContributions aux Villes s
Allemandes, qui non seulement
en ont déja payé aux
François, mais qui leur doivent
encore donner de l'ar-
; gent pour retirer leurs Ostages,
de sorte que ces Villes de
clarent que bienloin d'enpouvoirfournir,
ellesne peuvent
soutenirla Guerre si l'Empire
ne leur en donne. C'est ce
qu'il n'est pas en estat de faire,
ny mesme d'empescher, pour
surcroist de mal heur, que les
Protestans n'achevent de les
ruiner en logeant leurs Troupes
dans leur territoire.Ainsi
ceer-and nombre d'Alliez
unis contre la France, ne '1
produit qu'un cahos qui ruine
une partie de l'Empire >&a£-
foiblitlaReligion Catholique.
Cela fait qu'il estabsolumentnecessairepour
le bien
de laReligion, & pour sauver
l'Empire
a que le Roy
triomphe des Ennemis que
sa gloire luy a suscitez en
Allemagne
,
puis qu'il n'y a
que ce Monarque qui soit en
estat aujourd'huy d'imposer
encore la paix
)
de calmer
l'Europe
-'
de secourir les opprimez,
de rétablir les Souverains,
& de faire refleurir
laReligion Catholique, malgré
les Princes Catholiques
mesmes qui plus entestez du
t
desir des'élever, que de leur
Religion, sacrifient leurs Etats,
& ce qu ils doivent a
Dieu, pour travailler à l'abaissement
de la gloire d'un
Monarque, dont ils rchauf,
fent toujours l'éclat lors qu'ils
cherchent à l'affoiblir.
Sa Majesté Britannique donna
l'Odre d'Angleterre à
M leComte de Laufun
,
le
24 de ce mois, & ce Monarque
l'honora mesme de la
Médailledel'Ordre qu'il
portoit entourée d'un fort
grand nombre de beaux Diamans.
Il vint le lendemain
à Pari, & fit ses devotions à
Nostre Dame. Il y fut receu
par Mrl'A rchevesque qui
estoit revestuPontificalement,
& qui le conduific
jusqu'à son Prie Dieu, ayant
la droite sur ce Prince suivanr
l'usage, lors que les Prelats
sont en habits Pontifi..
caux, mais il eutla gauche
au retour, parce qu'il n'avoit
plusalorsny la Metre nyla
Crosle. Sa Majesté alla à
l'Archevesché où Elle det
meura quelque temps. Le mê-
: me jour Elle disna chez Mrle
Comte de Lausun, où le repas
ne fut pas moins bien entendu
que magnifiqueL'apresdinée
ceMonarque rendit vistre
à Mademoiselle d'Orléans à
Luxembourg, & au sortir de
l'A 0 parrement de cette Princeflè
,
il passa dans celu y, de
Madame de Guise, où setrouva
Madame la Grand' Duchesse.
Il y avoit un monde
infini dans tous les lieux où ilalla,& toutes les ruës par
lesquelles il passa en estoient
remplies. Il entra à Paris
trompettes sonantes
, & les
Gardes du Roy qui raccompagnoient
ayant l'épée haute.
A l'égard des Affaires
d'Angleterre, je ne vous en
feray point icy de détail,
puis que je le rcfcrve pour la
cinquième partie des Affaires
du temps, avec les raisons
contraires a tout ce qui a esté
fait. On n'avoit pour but
que de parvenir à ce qui fut
arreste le 16. de ce mois qui
est que le Prince
,
& la Princelfc
d'Orange seroient couronnez
Rov & Reine d' Any
gleterre. Lcry. il fut resolu
qu'ils seroient proclamez le
[ lendemain. Ainsi rien de ce
> que le Prince d'Orange a dit
pours'insinuer en Angleterre
n'est arrivé. Ses écrits & ses
paroles ne saisoient retentir
tout ce Royaume que du
deÍlr qu'ilavoit de faire convoquer
un Parlement libre,
& il n'a rien oublié pour
faire que l'Assemblée qui en
tient lieu, ne fust composée
que de Protestans de ses
creatures. Ils'est toujoursattaché
à publier qu'il n'en
vouloit point à la Couronne,
& cependant il travailloit
fous main à se faire nommer
Roy. Si cela n'avoit pas esté,
il auroit persisté à dire qu'il
n'estoit pas venu pour detrôner
le Roy son beau- pere,
&auroit seulementtravaillé
à l'affermissement de la Religion
Procédante ,& à l'union
des Peuples avec leur
Souverain legitimé ,en refusant
la Couronne. Quoy que
ce Prince soit parvenu au
rang qu'ilsouhaite, il a esté
nommé Roy avec tant de
violence, & par un si petit
nombre, qu'ill'est beaucoup
tmoins aujourdhuy que le
[Monarque qui s'est veu contraint
de sortir de ses Etats. *
Les Nouvelles d'Angleterre
du 21. portent) que le
[ Prince d'Orange n'avoit
point encore esté proclamé,
non feulement parce que les
capitulations n'estoient pas
reglées,maisaussi parce qu'on
ne sçavoit comment dresser
l'Acte, Un Peuple emporté l'anommé Roy, avant que
d'avoir pu convenir comment
le Trône est vacant, 8c
tous les Jurisconsultes ne sça- )vent quel tour donner à une
chose quinesçauroit estre.
Aussi beaucoup de Seigneurs
& de Prelats ont-ils protesté
contre la Declaration qui admet
cette vacance. Trentecinq
de la Chambre des Seigneurs
se font retirez,quoy
que dans cette Convention
elle n'ait pas esté de la moitié
de ce qu'elle doit estre
dans un Parlement, où elle
est toujours de plus de deux
cens. Il y a aussi des Villes
qui n'ont point envoyé de
Députez, de forte que tout **
ne se fait que par des Protestans,&
par la feule Chambre <
des Communes ,qui ne s'efi:
relâchée en rien de ce qu'elle
avoit promis au Prince d'Orange.
Selon toutes les Lettres
du 24. ce Prince fut proclamé
le 23.&la Proclamation
portoit, Acause de la desertion
duRoy. Aucun Duc, à l'exception
du Duc de Nolfoc,
ny aucun Evesque n'y assisterent.
Les dernieres Nouvelles
sont que la Princesse
d'Orange estoitarrivée en
angleterre. Je me tais sur
toutcela, parce que j'aurois
trop à dire.
Hier Dima he, Sa Majesté
parrit de Versailles aprés
le Sermon, & alla à S Germain
dire adieu au Roy
d'Angleterre, qui estoit venu
prendre congé d'Elle le jour
precedent. Ce Prince est party
aujourd'huypour se rendre
à Brest avec beaucoup de;
diligence. On croit qu'il ira
delà en Irlande
i
où les FidellesSujets
l'appellent, afin
qu'animez par sa presenceils
puissent mieux se défendres
de l'oppression dont ils fss
voyentmenacez. Le Comtes
de Tirconnel, Vice-Roy
de ce Royaume
, a défaite
~jun grand party qui s'estoit
~sarmé pour les interests du
Prince d'Orange,& il a pris ou
i tuf- plusieursOfficiers. LesIrlandoissont
nezCatholiques,
& ce Prince leur veut osterla
liberté deconscience dans le
] tem ps qu'il ne presche que laliberté. Mr le Comte de
Maillyaesté nommé par le
[Roy, pour faire rendre au
Roy d'Angleterre dans toutes
les Villes de France où il
[passera, les mesmes honneurs
qu'on rendroit à sa personne. [M1 le Comte d' Avauxl'accompagneen
qualité d'Ambassadeur
Extraordinaire.
On vienc de m'apprendre
que Mrle President Barentin
a esté trouvé mort aujour..
d'huy dans son Carrosse. Je
suis, Madame, Vostre, &c.
A Paris le 28. Février 16$p.
Madrigal.
Lettre qui n'ejî compofie que de 7nototi d'uneJyllabc, lfl'
, - # x •*
T ABLE.
('Z.)'A1*tt de nn1 .:vigcr.2S21
\4fidicr/cc de co;!g! donnée a M.le
Ba-oi Sp iheïm. 124. il- L ¡, ir/tphnifè /, -r .d!c:goriqtte aux Victoires
de Moïs.i^-ieur leDauphin. 126
jRi'o.ptlon de M. de Caidure & de
M.t'Abbé Renaudot à t'Academie
Françoise. 139
Vlijloire. 745.
fôiaria-iggee dit rPir-i.n~nccee de 7T-oosfccaannee d&r.
de la Princejfc de Bavière. r7;
fjiforts 226î
\M. Rojjlgnol rrceu Prejîdent en la
ChimbredesComptes. 2jj
W' le BpiJu¿/ê reaeu-Cçafiïlleren
Parlemint. 253
) Cure de s. Sulpice resignée. 2s3
Privilèges de la Ville de Riom en
Auvergne. 234
Statué elevée a lagloire du Roy. 257
N2ouv6elles7CartEes du Pere Coronelli. e ij
TABLE.
"DiscoursdeM. de Caillieres à l'¿..,
cademie Erancoife. 269
Mariage de M. le Comte de Roussî
c7 de Mademoiselle d'Arpajon.
25)2
DivertiJ/cmens du Carnaval. 2g3
Mort de la Rryned)Ffpagne. 300
Enigme Nouvelle. 309
officiers Generaux. 311
Nouvelles d'Allemagne. 315 Affairesd*Angleterre.3W
Mort de M. le Prejldent Barenfin.
CATALOGVE DES LIVRES
nouveaux qui Je débitent cheZ le
Sieur Guerout , Court-neuve d»
Falais.
AFfairesdu Temps. 4.vol. in 12.
6.liv.
Voyage du Chevalier Chardin.
2.vol. 4. l.10. f.
Abrégé nouveau de l'Histoire generale
d'Espagne
, contenant ce qui
sz>cfl passé dans les Pays dépendans de
cette Monarchie depuis son origine
jusqu'àpresent.3.vol. 4. liv.10. f.
Histoire Sommaire de Normandie.
1. l.10. f.
Notes de M. Corneille sur les Remarques
de M. de Vaugelas, suivant
le sentiment du PereBouhours, Se
de Messieurs Chapelain & Ménage,
avec les Remarques mesmes. 2. vol.
in douze. 4. liv 10. r.
Relation de l'Afrique ancienne &
moderne,enrichie de 80,figures,4..
volumes in douze. 8 liv.
Methode parfaite du Blason du Pere
Menestrier. 2. liv.
AArri~it,hhmm,é- -t,iIqque sa;s[aonnnnééee.I..1i..1l .0io. f.
,Secrets concernant la beauté & la
fanté. 3. 1.
Second Volume des secrets de la
Santé & de la Beauté. 3. 1.
Effets de la force de la contiguité
des Corps, par lesquelles on répond
aux ex periences dela crainte du vuide,
& à celles dela pesanteurde l'air. Par
le R. P. Cherubin,d'O rleans
,
Religieux
Capucin
,
de la Province de
Touraine. 2.liv.
Traité de la Transpiration. 1. Lio.f.
L'Art de laver. 1. l.
Histoire de Mahomet IV. dépossedé
,
Se de l'Elévation de Soliman III.
3. volumes in douze. 4. 1.10. f.
Histoire des Troubles de Hongrie.
9.liv.
Eloges des Personnes Illustresde
l'ancien Testament. 1. l. 10 .r.-
Dialogues Satyriques 8c Moraux.
2. vol. 3. 1.
Le Secretaire Turc. 1. l.10. f.
Le Mary Jaloux. 1.l.10. f.
L'Estat present de la Puissance
Othomane. 1. l. 10. f.
Chevalerieancienne&moderne,avec
la maniere de fairela preuve pourtous
les Ordres deChevalerie 1.l. 10. f.
Poësies Paflorales de M. de Fontenelle,
avec un Traité de la Nai
turedel'Eglogue, & une Digression
sur les Anciens & les Modernes. 1.
liv. 10. f.
Entretiens sur la pluralité desMondes,
de M. de Fontenelle
, augmentez
en placeursendroits, avec un sixiéme
Soir qui n'a point encore paru,
contenant les dernieres découvertes
qui ont eCté faites dans le Ciel.
1. 1. 10. f.
Traité des Fortifications enrichy de
23 Figures,contenant la Démonstration&
l'Examen de tout ce qui regardel'Artde
fortifier lesPlacestant régulieres,
qu'irregulieres
,
suivant ce
qui Ce pratique aujourd'huy
,
le tout
d'une maniere abregée, & fort aisée
pour l'instruction de la Jeunesse.
1. liv. 10. f.
Essais de Morale & de Politique,
où il est traité des Devoirs de l' Homme
confideré comme particulier, &
comme vivant en Société, i, vol. 1. 1.
Avis pourplacer les Figures LEs Jettons doivent regarder
lapage izc.
L'Air qui commencepar, Amour
tous tes plaisirs nesontqu'imaginaires,
doit regarder la page 172.
L'Air qui commence par, Riezsi
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le